Le Moniteur de l'exposition de 1889
-
-
- p.n.n. - vue 1/496
-
-
-
- //
- Le Moniteur
- DE
- CUL
- L’EXPOSITION DE 1889
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
- TROISIÈME ANNÉE
- Dimanche 2 Janvier 18S7.
- NUMERO io5.
- SOMMAIRE :
- i. Sous-commission de l’exploitation ; 2. Comité départemental du Cantal ; 3. Comité départemental de la Loire-Inférieure ; 4. La Tunisie à l’Exposition de 1889; 5. Les Expositions universelles en France et les / Gouvernements étrangers ; 6. L’Exposition du Havre ; 7. Échos ; 8. Les Livres ; 9. Les Théâtres ; 10. Les grandes inventions.
- SOUS-COMMISSION DE L'EXPLOITATION
- La sous-commission de l’exploitation s’est réunie le mercredi 29 décembre, à quatre heures, au ministère du commerce et de l’industrie.
- Elle a continué l’examen de la question du catalogue au point de vue de sa confection.
- Elle a adopté quelques modifications proposées par M. Berger et a renvoyé le projet à la commission, qui le représentera à la commission plénière.
- Le comité départemental de la Seine-Inférieure aura sa séance d’ouverture le 8 janvier, à Rouen.
- M. Georges Berger, directeur de l’exploitation de l’Exposition de 1889, invité à y assister, s’y rendra certainement.
- ----------Il - I ~l Ijjl .. m ----1-----
- COMITÉ DÉPARTEMENTAL
- DU CANTAL
- Par arrêté en date du 6 novembre 1886, le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a constitué comme suit le comité départemental du Cantal.
- i° Sous-comité de l’arrondissement d’Aurillac MM. Bastid, député.
- Bideau, président du tribunal de commerce.
- Cabanes, sénateur.
- Chapsal, fabricant.
- D’Haranguier de Quincerot, conservateur des forêts.
- Delzons, ancien député, membre de la chambre consultative d’agriculture et de la société centrale d’agriculture
- Degoul, propriétaire-agriculteur, maire de Thiézac.
- Devès, sénateur.
- Du Boys, ingénieur en chef.
- Garnier, conseiller d’arrondissement, maire de Raulhac.
- Gazard, conseiller municipal d’Aurillac, fabricant.
- Le maire d’Aurillac ou son délégué.
- Maisonobe, adjoint au maire d’Aurillac, agriculteur.
- Marty, maire de Vézac, membre de la société centrale d’agriculture.
- Palis, maire de Saint-Etienne de-Maurs, agriculteur.
- Périez, conseiller municipal d’Aurillac, fabricant.
- Petit, professeur d’agriculture.
- MM. Picon (Gabriel), membre de la chambre consultative d’agriculture.
- Pouget, président du conseil d’arrondissement, membre de la chambre consultative d’agriculture.
- Rames (Jean-Baptiste), vice-président de la société des sciences et des arts.
- Revel, président du comice agricole d’Aurillac, membre de la société centrale d’agriculture.
- Revel, conseiller municipal d’Aurillac, fabricant.
- Robert, inspecteur d’académie.
- 20 Sous-comité de /’arrondissement de Saint-Flour
- MM. Beaufils-Goste (Albert), agronome.
- Bert, conseiller général, industriel.
- Blaud, négociant.
- Brioude, conseiller d’arrondissement, maire de Neuvéglise.
- Chanson, député, agriculteur.
- Farradesse-Chaubasse, juge au tribunal de commerce.
- Galand, président du comice agricole de Saint-Flour.
- Hugon, agriculteur, adjoint au maire de Saint-Flour.
- Malafosse, conseiller municipal, industriel.
- Prat, agronome.
- Raché, conseiller général, maire de Massiac, industriel.
- Riol (docteur), maire de Pierrefort.
- Roussilhe, conseiller général à Chaude-saigues.
- Servant, maire de Ruines.
- Simon (Gabriel), négociant.
- Vidal, président du tribunal de commerce.
- 30 Sous-comité de Varrondissement de Mauriac
- MM. Alsac, conseiller d’arrondissement, vice-président du comice agricole de Saignes.
- Bergeron, maire d’Anglards de Salers, agriculteur.
- Calvinhac, conseiller général, président du comice agricole de Pleaux.
- Chansel, maire de Sainte-Eulalie, ancien négociant.
- Clary, conseiller d’arrondissement, maire de Moussages, agriculteur.
- Faure, conseiller d’arrondissement, vétérinaire.
- Geneix, maire de Trémouille, conseiller d’arrondissement, agriculteur.
- Guillaume, conseiller général.
- Laforce (de), maire de Beaulieu, président du comice agricole de Champs.
- Lascombes, député, président du comice agricole de Mauriac.
- Layac, maire de Salers.
- Monteil, adjoint au maire de Trizac, agriculteur.
- Robin, maire de Mauriac.
- Rouchy, conseiller d’arrondissement, pharmacien.
- Seroude, président du comice agricole de Riom, négociant.
- Tyssandier d’Escous, président du comice agricole de Salers.
- 40 Sous-comité de l’arrondissement de Murat
- MM. Benoid, président du comice agricole de Murat. *
- Bonnet (Charles), président du comice agricole d’Allanche.
- Bouscarel, agent-voyer d’arrondissement.
- Beyer, conseiller général, maire de Condat.
- Guibal, conseiller général, maire de Murat.
- Manhes, instituteur à Murat.
- Monteil. maire de Lugarde, vice-président du comice agricole de Marcenat.
- Tavel, inspecteur primaire.
- Valentin, président du comice agricole de Marcenat.
- --------------'".-XSKgH&O—' sa----------
- COMITÉ DÉPARTEMENTAL
- DE LA LOIRE-INFÈRIEURE
- Par arrêté du ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, le comité départemental de la Loire-Inférieure a été constitué comme suit :
- i° Sous-comité de l’arrondissement de Nantes
- MM. Abadie, vétérinaire, chef du service départemental des épizooties.
- Àndouard, directeur de la station agrono mique de la Loire-Inférieure, secrétaire général du comice agricole central.
- Babin-Chevaye, président de la chambre de commerce de Nantes, administrateur de la société des ateliers et chantiers de la Loire, ancien député.
- Berteaux, artiste peintre.
- Bordillon, ingénieur civil, adjoint au maire de Nantes.
- Brisse, ajusteur, délégué des syndicats ouvriers.
- Brissonneau aîné, constructeur, ancien adjoint au maire de Nantes.
- Clériceau, président de la société des architectes de Nantes.
- Cossé, industriel, membre de la chambre de commerce de Nantes.
- Gourbebaisse, directeur de l’établissement national de la marine à Indret.
- Crouan (Fernand), armateur, membre de la chambre de commerce de Nantes.
- Dagault, président du syndicat des négociants en grains et farines de Nantes.
- Barbée (de la), chef de division à la préfecture.
- Decroix, menuisier, délégué des syndicats ouvriers.
- Doré (Philbert), président de la commission de surveillance du musée municipal de peinture à Nantes.
- Douët, directeur de la manufacture nationale des tabacs à Nantes.
- Grignon-Dumoulin, négociant, ancien adjoint au maire de Nantes.
- Lebourg, statuaire.
- Léchât, industriel, ancien maire de Nantes, membre de la chambre de commerce.
- Leglas-Maurice, fabricant de meubles à Nantes.
- Lynier, avocat, président de la société de géographie commerciale de Nantes.
- Mekarski, directeur de la compagnie des tramways de Nantes.
- Meugy, ingénieur en chef du département de la Loire-Inférieure.
- Normand, maire de Nantes, membre de la chambre de commerce, conseiller général, industriel.
- Orieux, président de la société académique de la Loire-Inférieure.
- Paon, chapelier, délégué des syndicats ouvriers.
- Pergeline fils, négociant, armateur, directeur de l'établissement des mines de Blanzy, à Nantes.
- Pilon (Eugène), industriel.
- Renaud (Paul), constructeur de machines agricoles.
- Riom (Alfred), armateur, négociant, membre de la chambre de commerce de Nantes.
- Rivron, vice-président de la chambre de commerce, ancien président du tribunal de commerce de Nantes, industriel.
- Rouziou, président du conseil des prud’hommes.
- Sarrazin, président du syndicat des marchands de vins à Nantes.'
- Serpette, industriel à Nantes.
- Talvande, président du tribunal de commerce de Nantes, armateur.
- Page de titre n.n. - vue 2/496
-
-
-
- 446. — Troisième Année. — N° io5.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 2 Janvier 1887.
- 20 Sous-comité de Varrondissement d’Ancenis
- MM. Besset, directeur des mines de Montrelair-Mouzeil.
- Doizy, constructeur de machines agricoles à Ancenis.
- Rousseau, maire d’Ancenis.
- 3° Sous-comité de l’arrondissement de Châleaubriant
- MM. Dupré, constructeur de machines agricoles à Châteaubriant.
- Godefroy, directeur de l’Ecole nationale d’agriculture de Grandjouan.
- Grimault, maire de Châteaubriant, négociant.
- 4° Sous-comité de l’arrondissement de PaimbœuJ
- MM. Ecomard, propriétaire, agriculteur, maire de Sainte-Pazanne.
- Gariou, maire de Paimbœuh
- Hervé de Beaulieu, industriel au Pellerin.
- 5° Sous-comité de l’arrondissement de Saint-Nazaire
- MM. Andrade, ingénieur en chef de la compagnie générale transatlantique de Saint-Nazaire.
- Benoit fils, industriel au Pouliguen, conseiller d’arrondissement.
- Cognel, principal du collège de Saint-Nazaire, président de la société de géographie commerciale de Saint-Nazaire.
- David, directeur de l’usine à charbons de la maison Godard, à Saint-Nazaire.
- Duval, directeur de l’usine à gaz, président de la chambre de commerce de Saint-Nazaire.
- Fourchon, négociant à Saint-Nazaire.
- Gasnier, maire de Saint-Nazaire, négociant.
- Gourdon, président des syndicats ouvriers à Saint-Nazaire.
- Planche, directeur de l’usine métallurgique de Trignac.
- Robert, directeur de l’usine métallurgique de Couèron.
- Simon (Fidèle) fils, ancien député, propriétaire, conseiller général.
- Thévenet, ingénieur en chef de la société des ateliers et chantiers de la Loire.
- LA TUNISIE
- A L'EXPOSITION DE 1889
- rapport de M. J.-L. de Lanessan, délégué général aux Colonies et pays de protectorat, au Ministère du Commerce et de l’Industrie.
- J’ai tenu à ce que pendant mon séjour en Tunisie la question des conditions dans lesquelles la Tunisie participerait à l’Exposition de 1889 fût résolue en principe. Vous apprendrez, sans aucun doute, avec plaisir que j’ai pu, avant mon départ, atteindre ce résultat.
- M. le résident général, auquel j’ai fait part de mon désir, voulut bien provoquer, dès la fin du .mois de juillet, une première réunion dans laquelle il me mit en rapport avec les principaux chefs de service français, avec le ministre de la Plume du gouvernement tunisien, avec les représentants de la municipalité de Tunis, les présidents de la Chambre de commerce et de la Société d’agriculture, et un certain nombre de notables. Sur ma proposition, appuyée par M. le résident général, les membres de cette réunion décidèrent, en principe, la participation de la Tunisie à l’Exposition universelle de 1889, et furent d’avis qu’il y avait lieu de provoquer la nomination par S. A. le bey de Tunis d’un comité auquel serait confié le soin d’étudier et de résoudre toutes les questions relatives aux conditions dans lesquelles aurait lieu la participation de la Tunisie à l’Exposition de 1889. ainsi que de préparer et d’organiser l’Exposition tunisienne.
- Conformément à cet avis, S. A. le bey de Tunis promulguait bientôt un décret qui figure au Journal officiel de la Tunisie, avec la date du 23 chaonal 13o3 de l’hégire (2 5 juillet 1886).
- Sur la proposition de M. le résident général de France. Son Altesse a bien a-ou1u me confier la présidence d’honneur de ce comité, dont la présidence est donnée à M. le ministre de la Plume Mahomed Djellouli.
- Le 27 juillet 1886. le comité se réunissait au Darel-Bey, sous ma présidence. Après un échan-
- ge de paroles courtoises entre le ministre de la Plume et moi. le comité chargeait une commission de cinq membres de préparer sa répartition en un certain nombre de sous-comités ayant chacun une fonction spéciale. Il émettait ensuite, à l’unanimité, l’avis que « la Tunisie devait faire les frais de son Exposition particulière et l’organiser elle-même », et il chargeait son président d’honneur de transmettre immédiatement ce vœu au gouvernement tunisien et au résident général de France. Quelques heures plus tard, je mettais à exécution le vote du comité, en transmettant son avis, d’une part à M. le premier ministre du gouvernement tunisien, d’autre part à M. le résident général de France. Enfin, pour bien marquer sa résolution de se mettre à l’œuvre, sans perdre de temps, le comité décidait qu’il se réunirait de nouveau, le mardi 10 août, afin d’entendre le rapport de la commission désignée pour préparer l’organisation des travaux et la division des matières. Cette commission se réunissait à son tour dès le lendemain, elle élisait son président et son secrétaire, et, après une courte délibération, elle nommait son rapporteur.
- Par ce simple et bref récit des faits, il vous sera aisé, monsieur le ministre, de vous convaincre du désir qu’ont les colons français et le gouvernement tunisien de faire contribuer puissamment la régence à l’éclat de l’Exposition universelle de 1889.
- Vous serez également satisfaits de voir que la Tunisie, bien loin de demander à la France aucune subvention, est, au contraire, résolue à faire elle-même tous les frais qu’entraînera sa participation à l’Exposition que vous organisez.
- Le ministre de la Plume, présent à la séance du comité dans laquelle cette décision a été prise, s’est engagé à la soutenir auprès de son gouvernement. D’un autre côté, elle est entièrement approuvée par M. le résident général, qui en avait lui-même indiqué les avantages dans la première réunion dont j’ai parlé plus haut. J’ai à peine besoin d’ajouter que je l’ai de mon côté appuyée de toute mon influence.
- La dépense qu’occasionnera l’installation de l’Exposition tunisienne sera nécessairement considérable. Lors de l’Exposition internationale d’Amsterdam, les frais de cette installation, faits également par la régence elle-même, s’élevèrent à près de 400.000 fr. On peut estimer à une somme beaucoup plus considérable la charge que la Tunisie prendra à son compte en 1889.
- Le comité d’organisation a émis l’avis qu’en échange de cet important sacrifice la Tunisie devait conserver le droit d’organiser elle-même son Exposition particulière dans un local spécial et de façon à ce qu’elle ne pût être confondue ni avec celle de l’Algérie ni avec celle d’aucune autre colonie ou puissance étrangère. J’ai cru pouvoir assurer au comité que vous donneriez satisfaction à ce désir. Il est légitimé, à mon avis, non seulement par les sacrifices que s’imposera la Tunisie, mais encore par des considérations qui s’appliquent à tous nos établissements coloniaux et que je vous demande la permission d’exposer ici brièvement.
- Bien des raisons sur lesquelles il me paraît inutile de m’appesantir permettent de prévoir que les colonies françaises sont destinées à jouer un rôle considérable dans l’Exposition de 1889. Aussi avez-vous pensé qu’il était nécessaire de s’occuper d’elles d’une manière toute spéciale et m’avez-vous confié le soin d’aller préparer sur place leur participation à cette Exposition.
- Le nombre de nos établissements coloniaux, accru depuis quelques années dans des proportions considérables, la diversité de mœurs, d’industries, de cultures, etc., qu’ils présentent, permettent de tirer de leurs expositions les effets les plus utiles et les plus attrayants.
- Que peut-il. en effet, y avoir de plus instructif et de plus récréatif que l’exhibition au milieu de Paris des représentants si variés de l’espèce humaine qui peuplent nos divers établissements, de leurs habitations, de leurs instruments de travail, des produits de leurs industries ? Mais, en même temps, y a-t-il une chose plus utile
- que la révélation des besoins de chacune de nos colonies et celle des richesses que le génie de la France est susceptible d’en .extraire ?
- Mais pour que ces effets utiles soient obtenus, deux conditions sont indispensables.
- En premier lieu, il est nécessaire que chaque colonie se présente sur le terrain de l’Exposition avec tous ses caractères propres, je dirais volontiers avec son individualité ; il faut que d’un coup d’œil tout observateur attentif puisse voir ses besoins, ses richesses, les progrès dont elle est susceptible, les points sur lesquels doivent porter de préférence les efforts de l’agriculteur, du commerçant ou de l’industriel ; il faut, en un mot, que l’Exposition de chaque colonie soit complète et qu’elle soit indépendante des expositions de la Métropole, des nations étrangères et des autres colonies.
- Cette première condition ne pourra être réalisée que sur un emplacement assez vaste et moyennant des dépenses considérables.
- Vous n’hésiterez certainement pas à mettre au service de l’Exposition coloniale tout l’espace qui lui sera nécessaire, mais il est indispensable que le budget général de l’Exposition universelle trouve des secours dans les budgets coloniaux.
- Or, on peut être certain que chaque colonie s’imposera des sacrifices d’autant plus considérables qu’elle y sera davantage incitée par l’es-, poir d’en tirer elle-même profit et par le désir de se montrer égale, sinon supérieure aux autres.
- Pour que ces sentiments profitables au succès de l’Exposition universelle se manifestent dans les colonies et pour qu’ils les amènent à contribuer aux dépenses de l’entreprise, il faut que chacune d’elles conserve dans l’organisation de son Exposition particulière une indépendance proportionnée à ses sacrifices et à son importance.
- Je ne veux pas dire que les expositions des colonies et des pays de protectorat doivent échapper à la direction supérieure qui préside à l’installation de l’Exposition universelle et qui lui donne son unité, mais je considère comme indispensable de concéder à chaque établissement, ou du moins à chaque grand groupe d’établissements coloniaux français, un emplacement spécial, et de leur accorder une grande indépendance pour l’organisation de leurs expositions particulières, sous la surveillance de la haute autorité de quelques personnes compétentes.
- Dans ces conditions, on peut être certain que l’Algérie, la Tunisie, la Cochinchine, le Cambodge, le Tonkin, les Antilles, Madagascar, la Réunion, le Sénégal, etc., rivaliseront de zèle et s’imposeront des sacrifices qu’il serait peut-être difficile, sinon impossible, de leur arracher si leurs expositions devaient être confondues et si on leur enlevait toute initiative et toute indépendance.
- Je ne puis encore parler en connaissance réelle de cause que pour la Tunisie, mais je considère comme u'n devoir de vous dire que, d’après tout ce que j’ai vu et entendu, vous ne pourriez compter de sa part, ni sur aucun sacrifice sérieux en argent, ni sur aucun effort moral, si la direction supérieure de l’Exposition lui refusait d’organiser elle-même son Exposition particulière ou voulait la confondre avec toute autre. Bien des motifs me permettent de penser et de dire que les sentiments exprimés par le comité tunisien trouveront de l’écho dans tous ceux de nos établissements qui ont la conscience de leur importance.
- Telles sont, monsieur le ministre, les raisons principales qui me font insister auprès de vous pour que vous donniez satisfaction au vœu exprimé par le comité de la Tunisie dans sa séance du 27 juillet 1886 et pour que vous appliquiez, dans la mesure du possible, la même méthode à nos autres établissements coloniaux. J’y vois un double avantage : celui de provoquer entre nos colonies une concurrence profitable au succès de l’Expositiôn. et celui de les amener à consentir des sacrifices qui. en allégeant le budget général de l’Exposition universelle, vous
- p.446 - vue 3/496
-
-
-
- Troisième Année — N° io5.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE ïSSg.
- Dimanche 2 Janvier 18S7. — 447.
- permettront de reporter une portion de vos efforts sur d’autres parties'de l’œuvre.
- Je crois devoir ajouter qu’en attribuant à l’Exposition particulière de chacune de nos colonies ou de chaque groupe naturel de ces établissements un local spécial, il sera plus facile de procéder à des installations pittoresques et attrayantes que si toutes les colonies étaient réunies dans un même local. L’Exposition coloniale de Londres fournit à cet égard une leçon dont nous devons tirer profit. Quoique cette considération ait moins de valeur que les précédentes, elle 11e manque cependant pas d’importance, s’il est vrai que dans une exposition on doive toujours se préoccuper de rendre agréable l’enseignement pratique que l’on se propose de donner au public.
- J.-L. de Lanessan.
- LES
- EXPOSITIONS UNIVERSELLES
- EN FRANCE
- ET
- LES GOUVERNEMENTS ÉTRANGERS
- Plusieurs de nos lecteurs nous demandent de les fixer sur une question restée jusqu’à ce jour assez obscure, dans l’organisation de l’Exposition.
- Que compte faire le gouvernement français pour inviter les autres nations à participer à l’Exposition de 1889 ?
- Quelle marche a-t-il suivie en 1867 et 1878 pour adresser cette invitation ?
- Sur le premier point, il nous est assez difficile de répondre; jusqu’à ce jour aucun document officiel n’a été transmis par le ministère des affaires étrangères. Nous pouvons dire cependant que plusieurs ambassadeurs ont fait des ouvertures purement officieuses aux gouvernements auprès desquels ils sont accrédités et que toutes les réponses ont été favorables. A maintes reprises, M. Georges Berger a déclaré que le concours des principaux Etats nous était assuré. C’est tout ce que nous pouvons dire pour le moment.
- Quant à la deuxième question, il nous est facile d’y répondre et nous croyons intéressant de rapporter ici la marche suivie en 1867 et 1878.
- *
- * ¥
- Le 4 mars 1865, c’est-à-dire deux ans avant la date fixée pour l’ouverture de l’Exposition, la commission impériale, autorisée, à cet effet, par l’empereur, écrivit à M. le ministre des affaires étrangères pour le prier de convier les gouvernements étrangers à l’Exposition universelle de 1867 en leur notifiant les décrets qui l’avaient constituée.
- Cette invitation fut transmise aux pays les plus éloignés de la France; puisque tous répondirent à l’appel qui leur était adressé. Jusqu’alors l’occident de l’Europe avait, seul, pour ainsi dire, pris part aux Expositions internationales ; c’est à^peine si la Russie, la Turquie et les Etats-Unis y-,avaient été représentés. Une seule nation, la Chine, déclina l’honneur de figurer au concours de 1867.
- Pour combler cette lacune, la commission impériale chargea le commissaire général de Tunis, du Maroc et du Japon, assisté de commissaires spéciaux, de provoquer la réunion d’un certain nombre de produits chinois. Le ministère de l’agriculture, du commerce et des travaux publics voulut généreusement donner son concours à cette entreprise en allouant une somme de 58,000 fr. pour l’installation et la décoration de la section chinoise. Sur ces entrefaites arriva à Paris une mission conduite par un mandarin civil, accueillie avec égards par la commission impériale et par les commissaires de la Chine, elle fut mise à même de saisir le but et l’importance de l’Exposition et à son retour dans le pays, elle obtint de la cour de Pékin que les produits chinois destinés au Champ-de-Mars seraient exemptés des droits de douane à la sortie. Grâce à ses correspondants de Fou-Tchou et de Ning-Pô, grâce au concours d’amateurs et de marchands de Paris, le commerce de la Chine put remplir convenablement l’espace réservé à cette contrée dans l’Exposition. Parmi les objets qu’elle était parvenue à réunir, un certain nombre avaient été consignés directement par des négociants chinois/, ce fait, qui s’est produit alors pour la première lois, méritait d’être signalé.
- Les autres peuples envoyèrent successivement leur adhésion depuis le 3o mars 1865, époque de l’acceptation de la Grande-Bretagne, jusqu’au ie>' mars 1866, date à laquelle parvint le consentement du Royaume Hawaïen. Certaines de ces adhésions, par exemple celle du sultan du Maroc et celle des princes du Japon, furent données sur des rapports présentés à leur souverain par des
- ambassades ou des missions extraordinaires en-, voyées à Paris auprès du gouvernement français, pendant les préparatifs de l’Exposition universelle.
- Les pays étrangers qui avaient accepté l’invitation de la France constituèrent des commissions nationales pour organiser "leur participation à l’Exposition. Ces commissions, composéesen général d’hommes occupant des situations éminentes dans les scienees, les arts, l’industrie , le commerce, l’agriculture et l’administration publique, entrèrent immédiatement en rapport avec la commission impériale et pour la plupart accréditèrent auprès d’elle, d’une façon permanente, un représentant spécial : le commissaire délégué.
- Les commissaires delegués n’existaient pas dans les expositions antérieures ; l’expérience a démontré toute l’utilité de leurs fonctions et depuis lors à toutes les expositions, tous les gouvernements, sans exception, ont nommé un commissaire délégué.
- Les commissions et commissariats étrangers comprirent en 1867 882 membres dont 85g étrangers et 28 Français qui se répartissent de la manière suivante :
- Pays-Bas. — A La Haye, 21 ; à Paris, 4.
- Belgique. —A Bruxelles, 62; à Paris, 5.
- Prusse et Allemagne du Nord. — A Berlin, 20; à Paris, 16.
- Grand Duché de Hesse. — A Darmstadt, 3 ; à Paris, G.
- Grand Duché de Bade. —A Carlsruhe, 4; à Paris, 7.
- Wurtemberg. — A Stuttgard, 19 ; à Paris, 8.
- Bavière. — A Munich, 16 ; à Paris, 8.
- Autriche. — A Vienne, 24 ; à Paris, 5o.
- Suisse. --A Berne, 14; à Paris, G.
- Espagne. — A Madrid, 25 ; à Paris, 5.
- Portugal. —A Lisbonne, y5 ; à Paris, 14.
- Grèce. — A Athènes, 7 ; à Paris, 7.
- Danemark. — A Copenhague, 11 ; à Paris, 5.
- Suède. — A Stokholm, 25, à Paris, 7.
- Norvège. — A Christiania, 5 ; à Paris, 3.
- Russie. — A St-Pétersbourg, 40 ; à Paris 4.
- Italie. — A Florence, 36 ; à Paris, 3.
- Etats pontificaux. —A Rome, 18 ; à Paris, 7.
- Principautés roumaines, Turquie, Egypte, Perse, Chine, Japon, Maroc, Tunis, Siam. — A Paris, 5o.
- Etats-Unis d’Amérique. — A New-York, 24; à Paris, 4.
- Brésil. — A Rio-Janeiro, 9; à Paris, 14.
- Bolivie, Chili, Costa-Rica, Equateur, Haïti, Nicaragua, Paraguay, Pérou, Uruguay, Venezuela, Royaume Hawaïen. — A Paris, 29.
- République Argentine. —A Buenos-Ayres, 10; à Paris, 7.
- République de Salvador. — A Salvador, 4 ; à Paris, 1.
- Grande-Bretagne. — A Londres, 96; à Paris, 112.
- *
- * ¥
- En envoyant aux gouvernements étrangers, le 16 septembre 1876, par l’intermédiaire de leurs ambassadeurs, le règlement général et ses annexes ainsi que le plan du palais, on développait dans une circulaire spéciale les diverses considérations suivantes : les bases de la classification, le système de construction adopté, les réserves faites au sujet des espaces non attribués en dehors du palais et les conditions auxquelles on pourrait accorder de nouveaux emplacements à chaque pays.
- Ôn appelait l’attention sur le mérite que présenterait, au point de vue décoratif, la façade qui devait border la rue des Nations. On insistait particulièrement sur la nécessité de faire un choix sévère des objets à envoyer. Une exposition ne vaut en effet que par les produits distingués qu’elle renferme et l’acccumulation d’œuvres vulgaires impose bien vite aux visiteurs un ennui insurmontable. Dans cette circulaire se trouvaient spécifiés aussi les frais que chaque nation pourrait avoir à sa charge et ceux dont elle serait exonérée. Enfin, on exprimait le désir de voir les nations étrangères entrer, par leurs intermédiaires, en relations suivies avec le commissariat général.
- Malheureusement, au moment où cette circulaire fut lancée, les divers parlements n’étaient pas réunis, ce qui rendait impossible toute réponse officielle immédiate. Mais des pourparlers officieux s’engagèrent avec une certaine activité et l’on put constater que le projet rencontrait un bienveillant accueil.
- Cette circulaire ministérielle avait fixé au i5 octobre 1876 la constitution des commissariats étrangers et de leur représentation à Paris. Ce délai était bien court, surtout si l’on songe que les communications avec certains pays ne parviennent qu’au bout de deux mois à destination!
- L’Europe n’était pas encore remise de l’étonnement que l’annonce de l’Exposition, annonce faite cinq ans après nos désastres, lui avait causé et avait d’ailleurs les yeux fixés sur l’Orient, où, comme aujourd’hui encore tout faisait présager de graves complications.
- En évitant de prendre dès l’abord des engagements officiels, les diverses puissances ne se désintéressaient cependant pas de cette vaste entreprise.
- On le sentait aux démarches multipliées de leurs agents, à la manière dont ils cherchaient à préciser les conditions qui leur seraient faites.
- . Dès le mois d’octobre cependant, la Russie s’engagea officiellement, nomma ses commissaires, réclama de larges espaces et ne consentit jamais, même au plus fort de la lutte en Orient, à en céder une partie quelconque. Elle garda le tout et le remplit fort bien.
- Enfin les négociations officielles entrèrent dans une période décisive, grâce à l’attitude amicale et résolue de l’Angleterre. Dans les premiers jours de janvier de l’année 1877, le gouvernement de la Grande-Bretagne nomma une commission dans le sein de laquelle tous les grands noms des trois royaumes se trouvaient réunis et il donnait à cette importante commission le prince de Galles comme président, non pas honoraire, mais actif et agissant. Ce fut le signal de toutes les nations de l’Europe, l’Allemagne exceptée.
- Les Commissions nationales se constituèrent promptement, sans que les patronages royaux ou princiers leur fissent défaut, et chaque jour le ministre des affaires étrangères reçut l’annonce de la désignation de nouveaux commissaires, qui, aussitôt arrivés à Paris, s’empressèrent d’entrer en rapport avec le commissariat général. Les trois premiers mois de 1877 virent ainsi se former les commissions de la Belgique, des Pays-Bas, de l’Espagne, de l’Italie, de l’Autriche-Hongrie, de la Suède, de la Norvège, du Portugal,du Danemark et de la Suisse.
- En Europe, l’empire d’Allemagne, dont l’abstention était devenue officielle, et l’empire ottoman, dont la situation paralysait la bonne volonté, faisaient seuls défaut. Aux grands Etats s’étaient joints les petits; le grand duché de Luxembourg, Monaco, les républiques de Saint-Marin et d’Andorre'' avaient réclamé et obtenu l’invitation à laquelle leur donnait droit leur autonomie.
- A la fin du premier trimestre de 1877, l’adhésion des Etats-Unis n’avait pas encore de caractère officiel, mais elle n’était pas douteuse ; les républiques de l’Amérique centrale et méridionale ayant fait connaître leur intention de participer à l’Exposition. En Afrique, le Maroc, Tunis, l’Egypte entraient en négociations avec le commissaire général. L’Asie, la Perse, la Birmanie, Siam, l’Annam, la Chine et le Japon se préparaient à occuper des espaces qui leur avaient été concédés.
- Pour la première fois, la Chine et le Japon devaient organiser directement leurs expositions respectives, sans recourir, comme par le passé, à l’intermédiaire des négociants importateurs. Ainsi, après de longues incertitudes, l’impulsion était donnée et la participation des pays étrangers était acquise. L’Exposition de 1S78 méritait son titre d’Exposition internationale, et l’ardeur avec laquelle on se disputait les espaces faisait bien augurer du résultat.
- -------- ^ -mBÏT’— - -------
- L’EXPOSITION DU HAVRE
- Le Jardin. — Les Galeries des Quais. — La Passerelle. — Les Appointements.
- Dans une première excursion, nous avons fait visiter au lecteur, s’il a bien voulu nous suivre, les attractions rencontrées au passage dans tous les locaux du premier étage, parcourus de plain-pied, depuis la grande salle des Fêtes et Concerts jusqu’à l’exposition coloniale, en suivant les promenoirs du quai d’Orléans.
- Nous descendrons maintenant au rez-de-chaussée, et nous flânerons d’abord un peu dans le jardin qui occupe la place de la Mâture. Ce jardin, dessiné à la française, d’après les bons principes, bordé par des avenues d’arbres empruntées aux plantations de la place du Commerce, réunira toutes les richesses décoratives des serres de la ville et des expositions particulières. Au centre s’élèvera un kiosque élégant fourni par l’usine Gaudon. Là se donneront les auditions musicales qui seront une des attractions des promenades à l’exposition, car nous savons que la direction, a su former un orchestre de premier ordre pour toute la durée de l’Exposition.
- Le café restaurant, de 3o mètres de façade ; les pâtisseries et les boulangeries, puis, sur les côtés, une curieuse exposition du travail, réunissant des fabrications diverses, et, entre autres, des ateliers algériens et tunisiens, occuperont les galeries du pourtour, ouvertes sur le jardin.
- p.447 - vue 4/496
-
-
-
- 448. — Troisième Année. — N° io5.
- formant un cadre pittoresque et offrant aux promeneurs leurs produits divers. Une exposition métallurgique complétera l’ornementation.
- Par la grande porte donnant sur les jardins, nous entrons dans les galeries du quai d Orléans, où nous trouvons d’abord la suite des expositions d’exportation.
- Puis, nous accédons à la grande galerie des machines, occupant tout le quai d’Orléans, jusqu’au delà de la place du Commerce. Ce sera une des parties les plus vivantes de l’Exposition, quand tous ces engins industriels seront en mouvement et accompliront sous l’œil des visiteurs leurs travaux grandioses. Pour éviter les désagréments de la chaleur et de la fumee, les foyers des générateurs ouvriront à l’air libre, sur la galerie extérieure.
- Au bout delà galerie des machines nous trouvons les industries si spéciales et si variées de l’armement des navires, la mâture et le gréement, l’équipement, jusqu’aux matériaux de construction.
- Puis, l’importante section du bâtiment, où figurera, entre autres, une très intéressante exposition réunie par un grand syndicat du bâtiment de Paris.
- Arrivés à ce point extrême, nous franchissons* le bassin du Commerce sur la grande passerelle dans l’axe de la place du Commerce. Cette passerelle, de 96 mètres de portée et de 4 mètres de large, aura dans son centre un pont roulant, pour permettre le mouvement des navires.
- Par là, nous entrons dans les galeries du quai Lamblardie, où nous trouvons d’abord l’exposition très curieuse de la pêche, de la pisciculture et de l’ostréiculture. Puis, en suivant de l’Est à l’Ouest, la classe innombrable de la consommation, qui occupera une grande partie de la longueur du bassin, comme un buffet gigantesque offert à la vue et à la dégustation.
- Au cours de cette promenade, nous avons eu accès, par de nombreuses ouvertures, sur le promenoir des quais et ses appontements de six mètres de large, régnant sur toute la longueur, et formant un immense balcon sur l’exposition flottante. Là aura lieu encore une exposition de plein air où figureront toutes sortes d’engins et de curiosités marines.
- Pour passer l’écluse Lamblardie, la galerie et les appontements franchiront de plain-pied, la galerie se rétrécissant seulement un peu, pour enceindre le bâtiment du poste des pontiers.
- Nous rejoignons ainsi les galeries de la rue de Paris, en traversant une très riche exhibition des produits de la carrosserie française, où les plus importantes fabrications de Paris et de la province ont déjà place prise.
- On voit par ce rapide parcours avec quelle clarté de méthode sont distribuées les différentes classes de notre Exposition, avec quelle facilité d’accès l’étude en sera ménagée et comment l’intérêt des exposants y est combiné habilement avec l’agrément des visiteurs.
- . Dans la liste des récompenses de l’Exposition de Liverpool, que nous avons publiée dans notre dernier numéro, nous avons omis de citer M. Besson et Cia (Paris et Londres), qui ont obtenu une médaille d’or pour leurs instruments de musique.
- ÉCHOS
- Paris
- L’exposition des statues et tableaux anciens des collections particulières, des collections de l’Etat et de la Ville de Paris, organisée sous la direction de M. Rochefort, par le comité de la presse, au
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1S89.
- Dimanche 2 Janvier 1887.
- rofit des inondés du Midi, ouvre aujourd’hui, janvier, à l’Ecole des beaux-arts.
- * *
- Une exposition de croquis et dessins de Robida est ouverte à la galerie Bernheim jeune, 8, rue Laffitte, depuis le 20 décembre, et se prolongera jusqu’à mercredi prochain, 5 courant.
- * *
- Durant l’année 1885, il a été déposé en France 7.240 demandes de brevets, et 1,077 pour perfectionnements, soit ensemble, 8,917.
- Une exposition d’art américaine auralieu, l’année prochaine, à la galerie Sedelmeyer, rue de la Rochefoucauld.
- Par suite d’un arrangement conclu entre M. Sedelmeyer et le comité artistique de l’exposition américaine, tous les artistes américains pourront remettre entre les mains de M. Sedelmeyer qui les exposera dans ses galeries, du 1er au 3Ô mars, leurs œuvres qui seront ensuite dirigées sur Londres où l’exposition américaine ouvrira le 2 mai.
- * *
- La statistique du Bureau Veritas montre que la marine marchande du monde entier est, en 1886, par rapport à l’année 1885, en décroissance de 1,164 navires à voiles, représentant 205,881 tonnes.
- Par contre, elle s’est augmentée de 153 navires à vapeur d’un tonnage de 134,455.
- *
- * *
- L’académie des beaux-arts vient de fixer comme suit les concours des grands prix de Rome pour 1887 :
- Peinture. — Le programme du premier essai aura lieu le jeudi 31 mars, et le jugement définitif sera rendu le samedi 30 juillet par l’Académie et les jurés adjoints.
- Sculpture. — Le programme du premier essai aura lieu le jeudi 7 avril, et je jugement définitif sera rendu le vendredi 29 juillet.
- Architecture. — Le.programme du premier essai aura lieu le mardi 8 mars,^ et le jugement définitif sera rendu le lundi 1er août.
- Gravure en médailles. — Le concours, d’essai aura lieu le 9 mars, et le jugement définitif sera rendu le 20 juillet.
- Départements
- La Société des amis des arts du département de la Somme ouvrira, l’année prochaine, une exposition de peinture, du 15 mai au 30 juin.
- *
- * *
- Le concours général d’animaux, gras, volailles vivantes, fromages, beurres, machines et produits agricoles, de la Société départementale d’agriculture de la Nièvre, auquel les exposants de toute la France peuvent prendre part, aura lieu à Nevers, en 1887, du 26 au 30 janvier.
- Comme les années précédentes, une importante exhibition de taureaux nivernais-charolais et dur-ham, d’étalons, juments et pouliches de trait, de béliers south-down et dishley, ainsi que de reproducteurs de race porcine, sera annexée au concours d’animaux gras deNeveis.
- Le programme est envoyé/mneoauxpersonnes qui en font la demande à M. G. Vallière, secrétaire de la Société départementale d’agriculture de la Nièvre, à Nevers.
- La Société industrielle d’Amiens organise pour 1887 un concours de dynamomètres.
- (Dernier délai pour le dépôt des manuscrits ou modèles, chez le président, 30 avril 1887).
- * *
- A l’occasion du concours.régional agricole, une exposition artistique ouvrira à Rennes, le 5 mai 1887, pour clôturer le 20 juin suivant.
- Elle sera divisée en 2 sections : Beaux-arts et arts industriels.
- La première section recevra, sous les conditions déterminées par le règlement : 1° Les oeuvres des artistes et amateurs nés ou domiciliés dans la région ; — 2° Les œuvres des artistes français étrangers à la région (ces derniers ne pourront pas concourir pour les récompenses) ; — 3° Les tableaux de l'Ecole française moderne que leurs possesseurs voudront bien confier à la Commission.
- La seconde section recevra les objets fabriqués dans la région, la Commission se réservant d’exiger à cet égard toute justification qu’elle jugera utile.
- La circonscription régionale comprend les départements suivants : Calvados, Côtes-du-Nord, Eure, Eure-et-Loir, Finistère, Ille-et-Vilaine,
- Loire-Inférieure, Maine-et-Loire,Manche, Mayenne Morbihan, Orne, Sarthe, Seine-Inférieure.
- Seront admises dans la Section des beaux-arts les œuvres comprises dans les genres ci-après : Peinture ; —Dessins, aquarelles, pastels, miniatures, émaux, faïences, porcelaines, cartons de vitraux ou de fresques, vitraux artistiques ; —• Sculpture ; — Gravure en médailles et gravures sur pierres fines ; — Architecture ; — Gravure et lithographie.
- Seront admis dans la Section d.es Arts industriels les travaux rentrant dans les catégories ci-après : Imprimerie et librairie [le lœre et les illustrations);
- — Reliure ; — Matériel des arts de la peinture, du dessin et de la plastique ; — Epreuves et appareils de photographie ; — Instruments de musique ; Armurerie de luxe ; — Meubles ; — Tapis ; tapisseries ; tissus d’ameublement ; tenture décorative ;
- — Papiers peints ; — Dorure et encadrements ; — Bronzes et fontes d’art ; — Céramique ; — Serrurerie, plomberie et zinguerie d’art ; — Mosaïque ;
- — Marbrerie ; — Broderies ; — Fleurs artificielles ; — Orfèvrerie, joaillerie et bijouterie ; — Maroquinerie, tabletterie et vannerie fines.
- Nous renvoyons, pour tous autres détails, au Journal des Arts, du vendredi 24 décembre dernier.
- ETRANGER
- Allemagne
- Voici quelques détails complémentaires sur l’exposition internationale d’alimentation populaire et d’art culinaire, dont l’ouverture doit, si nos lecteurs se le rapoellent, avoir lieu dans quelques jours à Leipzig.
- Le comité d’honneur a pris part, le 11 décembre dernier, à la séance du comité de direction, et a pris connaissance de tous les travaux d’organisation. Il a annoncé que S. M. la reine de Saxe daignait accepter le haut patronage de l’exposition, dont l’inauguration aurait lieu sous la présidence de M. le premier bourgmestre Georgi.
- Les questions de l’alimentation populaire, du ravitaillement des armées, et en général de toutes les agglomérations étant de celles que l’entreprise actuelle a surtout pour but d’illustrer et d’étudier sous ses différentes faces, il sera fait, le premier et le second jour, à environ quinze cents hommes de la garnison, des distributions de viandes salées, de bœuf, de choucroute et de riz ; le troisième jour enfin, de grandes quantités de cacao seront réparties entre les personnes nécessiteuses.
- * *
- L’Association artistique industrielle de la Bavière s’est réunie à Munich, le 15 décembre dernier, en assemblée générale.
- Elle a décidé d’organiser, parallèlement à l’exposition artistique qu’elle prépare pour 1888, et à laquelle seront admis des exposants de tous les pays, une exposition nationale allemande d’art industriel.
- Elles seront toutes deux installées au Glaspalast considérablement agrandi par des constructions annexes.
- *
- * *
- Angleterre
- L’exposition internationale en préparation à Glasgow, pour l’année 1888, promet, à dire d’experts,. d’être exceptionnellement brillante et d’un haut intérêt.
- Le capital de garantie s’élève déjà au total de 200,000 livres, ou 5 millions de francs.
- *
- * *
- M. P. Leclerc, 7, rue d’Aboukir, à Paris, est nommé commissaire général pour la France, de l’exposition internationale des arts et des sciences appliqués à l’industrie, qu’organise pour 1887, à l’occasion du cinquantième anniversaire du régne de Sa Majesté, l’Ecole professionnelle de Saltaire-Bradford.
- * *
- Australie
- Une nouvelle exposition internationale se prépare dans la grande île océanienne et succédera à l’entreprise d’Adelaïde, dont nous avons parlé à différentes reprises.
- La Chambre de commerce de Melbourne vient en effet d’adopter , et de voter la réalisation d’un projet tendant à célébrer par une grande.exposition le centenaire de la Colonie, de Victoria..
- Les travaux préparatoires doivent parait-il être entrepris prochainement et très activement menés. La superficie couverte serait de beaucoup plus considérable que celle qui fut occupée en 1880. On aurait même le projet d’adresser une invitation au prince et à la princesse de Galles ; l’héritier de la couronne d’Angleterre présiderait la cérémonie d’inauguration.
- Voir la suite page 45o.
- p.448 - vue 5/496
-
-
-
- Troisième Année. — N» io5. LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1SS9. Dimanche 2 Janvier 18S7. — 449.
- H
- VUE A VOL D’OISEAU DE L’EXPOSITION MARITIME DU HAVRE EN 1887
- pl.449 - vue 6/496
-
-
-
- 45o. — Troisième Année — N° io5.
- LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 2 Janvier 1887.
- Chine
- Nous avons annoncé, il y a déjà quelque temps, la formation à Shang-Haï d’un comité de. notables, en vue de l’organisation dans cette ville d’une exposition internationale en 1888.
- Notre confrère anglais Invention nous apprend que parmi les plus ardents promoteurs de 1 entreprise se trouvent les consuls d’Angleterre, d’Autriche, de Russie, des Etats-Unis et du Japon, ainsi que M. Henry Morris, proprietaire du
- North-China-Dailij-Ncws.
- On espère que le gouvernement chinois donnera tout son concours pour assurer la réussite de l’entreprise.
- LES LIVRES
- xc
- Roméo et Juliette, tragédie de W. Shakespeare, traduite en vers français, par Daffry de la Monnoie, illustrée de dix grandes compositions, par Andriolli, gravées sur bois, par J. Huyot. — La Femme au XVIIIe siècle, par E. et J. de Concourt, illustrée de 60 gravures, d'après les originaux de l’époque. — Les Civilisations de l'Inde, par le docteur Gustave Lebon, ouvrage illustré de 7 chromo-lithographies et de 35o gravures ou héliogravures. Bibliothèque historique illustrée pour les prix. — L’Armée depuis le Moyen Age jusqu a Ta' Révolution. La Chevalerie et les Croisades, Henri IV. Louis XIII et la Fronde. Le Livre et les Arts qui s’y rattachent. Bibliothèque illustrée des mères de famille. — Etienne Marcel. La Famille du Baronnet. — E. Marlitt. Le Secret de la vieille Demoiselle. — Miss Mary an. La Faute du Père. Mme Marie Maréchal, L’Hôtel Woron^off. — Walter Scott illustré. La Fiancée de Lamermoor. - Cooper illustré. L’Espion. — Maison Firmin Didot et Cie.
- Au Tonkin et dans les mers de Chine, souvenirs et croquis, x883-1885, par M. Rollet de l’Isle, Ingénieur delà marine.
- — Lucien Biart. Quand j’étais petit, histoire d’un enfant racontée par un homme, illustrations de Boutet de Monvel.
- — IJEquitation puérile et honnête, par Crafty. — Nos Chéris, etc., par Mars. — Librairie Plon, Nourrit et Cie.
- Les Reines de France, par Mme Cellier. — E. Labesse e't H. Pierret. — Promenades en Forêt, 80 compositions gravées par Méaulle. ^ — Le Secret de MVe Marthe (l’Education d’André,), par Émile Desbeaux, ioo compositions gravées par Méaulle. — Paul Combes. La Rose Hère, mœurs et tribulations des habitants des eaux, 100 compositions gravées par Méaulle. — Librairie Paul Ducrocq.
- Bibliothèque de l’Éducation maternelle, Bébés d’Alsace et de Lorraine, dessins de Louis Bouisset. Maison Quantin.
- La grande maison Didot, qui tient la tête de librairies de Paris comme ancienneté et comme illustration a, cette année, brillamment fait honneur à sa réputation. Elle a tout d’abord payé tribut aux traditions auxquelles elle la doit par une publication contenant une traduction nouvelle, moitié prose, moitié vers, conformément à l’original, de ce drame si poétique de Roméo et Juliette où Shakespeare a déployé toutes les ressources de son génie, dans la peinture de la passion et de l’amour, après les avoir consacrées, dans Macbeth, à l’étude de l’ambition, dans Othello, à celle de la jalousie, dans Hamlet, à celle de la vengeance, comme ressorts principaux d'une action tragique.
- Cette publication a été exécutée sur le plan des célèbres éditions du Louvre, de Pierre Didot. On en a adopté l’harmonieux agencement du texte dans la page, les types si nets, la proportion des marges, en un mot, la belle et simple ordonnance typographique.
- Les compositions de M. Andriolli sont d’une grande exactitude de costume et de décor, d'un beau feu romantique, d’un grand mouvement, parfois d’une heureuse intensité d’expression et de vie. Les gravures de M. Huyot donnent une juste et favorable idée du point où des progrès incessants ont porté l’art de buriner le bois.
- Nous devons à notre conscience de critique de dire que la traduction en vers de M. d’Affry de la Monnoie, souvent trahi par les meilleures 'intentions du monde, est loin de rappeler le talent déployé, dans des essais semblables, par Emile Deschamps et Alfred de Vigny et de rendre inutile l’effort autrement puissant auquel se prépare., en se mesurant avec le même sujet, un poète à qui on ne saurait refuser le mérite d’une admirable facture.
- Nous sommes plus à l’aise pour l’éloge sans restriction avec la nouvelle édition du livre de MM. Edmond et Jules de Goncourt, où ces deux écrivains érudits et ingénieux ont .déployé, avec un vif talent, les défauts et les qualités de leur manière. C’est là le grand succès de la. maison.Didot et un des grands succès de l’année. Expliquons-nous tout d’abord sur cette illustration qui a renouvelé l’attrait d’un ouvrage déjà connu et classé comme un des meilleurs livres sur le xviii0 siècle, écrit d’après des procédés caractéristiques et qui ont fait école parmi la génération littéraire contemporaine.
- Ces gravures sur cuivre ne sont pas originales. Ce sont des reproductions héliographiques, d’après le procédé Dujardin, des gravures du temps. Mais ces reproductions sont, en général, assez
- parfaites pour donner l’impression et presque l’illusion de l’original. L’écueil, qui n’a pas toujours été évité, est dans la distribution de l’encre, de façon à rendre l’effet cherché par le burin. On ne grave plus sur cuivre ; on ne grave plus guère sur acier. La lithographie a fait son temps. On ne grave aujourd’hui que sur bois ou à l’eau-forte. Soixante gravures sur cuivre originales représenteraient une dépense et un temps inconciliables avec les nécessités de nos publications contemporaines. Le procédé héliographique Dujardin est venu à point au secours des éditeurs dans l’embarras. Il leur permet de donner des reproductions, des fac-similé véritablement étonnants., un peu empâtés et estompés et d’un effet grossissant quand il s'agit des scènes si finement et si délicatement tracées par le crayon de Moreau le jeune ou de Saint-Aubin, mais tout à lait heureux quand il s’agit des types si précis, si condensés de Chardin ou des pastels de la Rosalba et de La Tour, ou des estampes de modes de Leclerc et de Desrais, au coloriage rudimentaire.
- Avec le docteur Gustave Le Bon, chargé par le ministre de l’instruction publique d’une mission archéologique dans l’Inde, nous sommes bien loin et l’on peut dire aux antipodes du monde frivole et charmant que nous venons de traverser, de ce joli xvme siècle, de ce siècle prodigue et prodige qui a si spirituelllement et si gaiement enterré, dans une révolutiqn, une monarchie et une société.
- M. Le Bon nous introduit et nous fait pénétrer à sa suite dans ce monde lointain, mystérieux de l’Inde, non moins énigmatique et hiératique que celui'de l’Egypte. Nous nous enfonçons dans les problèmes des évolutions des races et des civilisations de l’Orient brahmanique, nous nous trouvons en présence de moeurs sur lesquelles ont passé successivement tant d’empreintes et dont le bou-dhisme et l’islamisme se disputent en ce moment, sous l’œil indolent de l’occupation anglaise, la domination définitive. Le docteur Le Bon n’est pas un anthropologiste, en chambre, un ethnographe de cabinet, un voyageur dans son fauteuil, ses livres sont le fruit de dangereuses et laborieuses expéditions dans les pays qu’il décrit. L’illustration en est faite d’après ses aquarelles ou ses photographies et elle emprunte à cette impression directe de la réalité, à ce d’après nature qui n’est point ici une étiquette usurpée, une profondeur d’accent, une intensité de vie tout à fait saisissantes.
- Après avoir visé surtout les hommes par cet important ouvrage, d’une philosophie faite pour les réflexions viriles et surtout les femmes par son charmant livre sur les mœurs du xvme siècle, la maison Didot s’adresse aux jeunes filles et aux jeunes gens par les deux nouveaux rayons qu’elle vient d’inaugurer dans sa bibliothèque d’éducation et de récréation.
- Par une heureuse et habile combinaison, qui concilie l’art, le goût, le luxe et le bon marché, elle a choisi dans l’œuvre du regretté Paul Lacroix des séries historiques et artistiques qui mettent à la portée des intelligences adolescentes et des bourses modestes ce que l’érudition et la reproduction des documents pittoresques offrent de plus curieux, de plus neuf, sur les trois derniers siècles de nos annales. Elle a ajouté quatre romans d’une élégance de style et d’une moralité irréprochables à la collection si habilement dirigée par Mme Emmeline Raymond, directrice de la Mode illustrée. Enfin, elle offre à la table de famille, pour les lectures du salon, deux ouvrages de Walter Scott et de Cooper, l’Espion et la Fiancée de Lamermoor qui ravivent et raniment en nous les plus heureux souvenirs de nos lectures de jeunesse.
- La librairie Plon a publié cette année entre autres ouvrages intéressants, les Souvenirs du Tonkin de M. l’ingénieur Rollet de Lisle, carnet de récits et de croquis d’une observation vive et juste, volontiers assaisonnée du sel humouristique. Il y a là un curieux mélange du dessin au trait, de fa pochade enlevée en quatre coups de crayon et du dessin colorié.
- Les albums de Kate Greeneway ont fait école en France et il n’est pas un éditeur qui ne cherche à se ménager l’attrait de ce procédé qui, pour l’illustration sommaire, rudimentaire destinée aux livres de récréation enfantine, donne des effets intensifs d’expression, pareils à ceux qu’on trouve dans les tableaux des primitifs. La maison Plon a donc eu ses albums amusants, d’un comique spécial combiné en vue des gaités enfantines, mais qui éveille aussi le sourire viril. Il y a d’abord celui de Craffy, Y Equitation puérile et honnête, recueil de charges de cavalerie civile où sont retracés ab ovo, par un artiste fantaisiste qui est aussi un chroniqueur spirituel et un sportsman expérimenté, les aventures et mésaventures de cette initiation aux joies de la vie élégante, les leçons parfois comiques dont on paye ses grades dans le sport et les tours que peut jouer à son conquérant novice le cheval, la plus belle conquête que l’homme ait jamais faite et même l’âne, cet ami des enfants, souffre-douleur qui a ses révoltes sur lequel les écuyers imberbes font parfois à leurs dépens l’apprentissage de l’équitation.
- Nos Chéris chez eux, à la ville, à la mer, à la campagne, dans le monde, sont une série de ta-
- bleaux de la vie enfantine, aux diverses saisons, de scènes de cette vie, croquées avec esprit et teintées avec une spirituelle élégance, que n’atteignent pas les aquatintes anglaises. Là, le goût français retrouve ses avantages, et il est impossible d’imaginer rien de plus frais, de plus gracieux que les enfants dessinés et peints par Mars, en peintre habile et en père heureux. Le texte n’est pas extraordinairement piquant, mais l’illustration est d’un crayon digne de commenter Monsieur, Madame et Bébé, le fameux livre de Gustave Droz, initiateur de ces élégances, de ces poésies, de ces tendresses, de cette galanterie au foyer conjugal, de ce raffinement dans l’amour paternel qui ont fait école.
- Quand j'étais petit, histoire d’un enfant racontée par un homme,est l’œuvre d’un romancier de talent qui, pour raconter son enfance, s’est fait parfois un peu trop petit garçon et a attaché trop d’importance aux événements de la vie puérile. Mais il y a là de jolis épisodes et l’illustration de M. Boutet de Monvel, un simple croquis linéaire, arrivant à un effet étonnant par la justesse et la souplesse du trait,donne un piquant attrait au livre qui ressemble à du Nodier un peu affadi dans une bonhomie à la Berquin et une malice à la Bouilly.
- Nous ne dirons pas grand’chose des Reines de France, de MUe Cellier, ouvrage estimable, aimable par places, dont le texte a été rajeuni, dont l’illustration a été renouvelée, et qui tiendra honorablement sa place dans la bibliothèque de la jeune fille. Mais nous ne marchanderons pas l’éloge aux trois ouvrages où se fait jour avec éclat, de façon à se créer une originalité dans un genre où il est, aujourd’hui surtout, très difficile de faire original,, la triple initiative de M. Paul Ducrocq, un éditeur jeune, intelligent, habile, plein de goût et cherchant le neuf, et de collaborateurs éprouvés comme M. Emile Desbeaux, l’écrivain, et M. Méaulle, le graveur, auquel revient en partie l’honneur de cette très remarquable illustration. M. Emile Desbeaux est dans ce genre de la science rendue amusante, du roman pédagogique sans pédantisme, et moral sans puritanisme, un créateur comme Jules Verne. Il a initié les jeunes garçons et les jeunes filles à tous les mystères et à tous les problèmes de l’histoire naturelle, de la botanique, de la physique, de la chimie, il leur a appris toutes les découvertes du temps d’une façon attrayante, en mêlant avec une extrême ingéniosité à l’intérêt de ses explications, celui d’une action romanesque, attachante, émouvante, piquante, dont la légère iatrigue se noue et se dénoue à la satisfaction du lecteur enfantin, unissant dans son souvenir, par une forte et double empreinte, la leçon scientifique et la leçon morale. M. Emile Desbeaux a fait école, il a écrit déjà huit volumes, dont quatre au moins sont des chefs-d’œuvre, des modèles, justement récompensés par l’Académie française,
- MM. Labesse et Pierret, dans leurs Promenades en forêt, imitent heureusement leur précurseur et maître. M. Paul Combes a trouvé et cherché un petit domaine, un petit monde nouveau, le monde aquatique, le domaine de la Roselière,où il écoute avec l’oreille de La Fontaine à droite et celle de Florian à gauche, ce que se disent les canards à la recherche d’une mare nouvelle, les grenouilles menacées d’invasion, le crapaud, le hibou,• la loutre, la fauvette et le ver luisant, conjurés pour lutter contre les ruses, les pièges, les embûches d’un rat d’eau machiavélique, méphistophélique, qui payera ses méchants tours d’un supplice expiatoire. Après avoir loué le texte, il faut louer l’illustration qui est, nous l’avons dit, tout à fait remarquable, souvent exquise. Il y a dans ces trois livres des portraits, des figures, des scènes, des paysages servant de cadre et de théâtre,aux explorations des herboristes forestiers, aux aventures de la folle qu’ils réconcilient avec la raison et avec la vie; des tableaux de la vie des mines, commentés par l’héroïque jeune fille qui fait à l’éducation de son frère André malade, le sacrifice heureusement rendu inutile au moment où il fut devenu irréparable, de son propre bonheur; enfin des épisodes de la vie intime ou publique des canards et des grenouilles, qui sont des merveilles, des bijoux d’invention, de disposition, d’exécution, si bien que nous n’hésitons pas à dire que ces trois volumes de l’éditeur Paul Ducrocq sont égaux sinon supérieurs à tout ce que la librairie parisienne a fait de mieux dans ce genre. Dans une exposition, la maison Ducrocq aurait, cette année, droit à une médaille.
- Nous n’insisterons pas sur la Bibliothèque enfantine dont la librairie Quantin a inauguré cette année une série. L’illustration en est, par suite d’une combinaison sacrifiant tout au bon marché, tout à fait médiocre, ratée et peu digne de cette grande maison qui a publié, cette année même, des ouvrages si beaux, si irréprochables au point de vue de l’art et du goût. Hors le petit Album les Bébés d’Alsace et de Lorraine, où il y a de jolis pastiches du genre Kabe Greeneway, les petits volumes enfantins de la maison Quantin sont inférieurs, sinon comme texte, du moins comme illustration, à tout ce que la librairie de Paris fait dans
- p.450 - vue 7/496
-
-
-
- Troisième Année. — N6 io5.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1SS9
- Dimanche 2 Janvier 1SS7. — 451.
- ce genre, où nous ne saurions l’engager à persévérer que si elle doit y chercher et y trouver, suivant son habitude, le mieux.
- M. de Lescure.
- LES THÉÂTRES
- Folies-Dramatiques. — Paris en général, revue en quatre actes et neut tableaux, de MM. Monréal, Blondeau et Gri-sier.
- Les revues de fin d’année, dont le nombre augmente depuis quelque temps d’une façon inquiétante, forment dans le courant de décembre un véritable feu d’artifice dont celle de MM. Monréal, Blondeau et Grisier a pris la douce habitude d’être le bouquet.
- Cette année, fidèles encore à une tradition rigoureusement observée depuis le début de leur collaboration, les auteurs applaudis de : Au clair de la Lime et de Pêle-Mêle-Ga^ette ont tenu à ce que leur nouvelle revue Paris en général ne vît le feu de la rampe qu’après que toutes les autres fussent passées :
- « Messieurs les Anglais tirez les premiers ! » et, cette fois encore, MM. Blondeau, Monréal et Grisier ont eu à se louer de cette tactique renouvelée de Fontenoy, et dont deux précédents succès leur avaient démontré l’excellence. Ils y ont réussi d’autant mieux qu’en général, les auteurs de revues avaient eu la main assez malheureuse dans les allusions aux incidents politiques dont l’an i8s6 s’est montrée assez fertile. Les auteurs de Paris en général ont eu le bon goût, et il les en faut féliciter, d’écarter de leur revue ce genre de plaisanterie trop facile et pour lequel le public a maintes fois manifesté sa désapprobation. Par contre, ils y ont introduit les éléments d’un gai vaudeville, et cette heureuse innovation qui élargit le cadre un peu étroit de la revue leur a permis de nous pré-
- senter les événements de l’année d’une façon plus originale qu’on n’était jusqu’ici accoutumé de le faire. C’est ainsi que les péripéties de leur scénario les conduisant dans l’intérieur d’une pharmacie, MM. Blondeau, Monréal et Grisier ont pu faire de leur sixième tableau : Paris-Malade quelque chose qui sort entièrement du moule ordinaire de la revue : ce tableau où viennent se faire soigner les ( diverses toquades qui ont été à tour de rôle la question du jour à Paris constitue, à mon avis, l’idée la plus heureuse de la revue et relève du bon vaudeville.
- Gela seul, n’est-ce pas, suffirait à justifier le succès très franc qui a accueilli Paris en général ! Eh bien ! ce n’est pas tout encore. Cette aimable revue compte de plus à son actif la fantaisie inimitable de Fusier et l’irrésistible comique de Gobin qui se partagent le rôle du compère dédoublé pour la circonstance.
- Fusier, c’est, dans l’affabulation de la revue, Floridon, l’artiste dramatique à qui l’oncle Pitan-chois (Gobin) refuse obstinément la main de sa nièce, Eglantine (la toute charmante Pitter). On voit d’ici quelles ressources ce cadre peut fournir à un artiste passé maître en l’art des transformations comme l’est Fusier ; quant à Gobin il a d’inénarrables effarements dans son personnage de provincial finaud, l’oncle Pitanchois. Sous les ordres de ces deux chefs de file, tout un bataillon de jeunes et jolies femmes que Job a dévêtues dans d’adorables costumes défile rondement au milieu d’une décoration à laquelle MM. Jules Brasseur et Henri Michau ont apporté le soin le plus artistique.
- Et ne voilà-t-il pas que non contentes de nous offrir le plaisir des yeux elles se mêlent aussi de charmer nos oreilles lorsqu’elles se nomment Mmes Chassaing, Decroza, Deval, Jeanne Buker, Fanzi, Norette.
- Une mention spéciale est due à Mme Nautierqm atteint au summum du genre dans une imitation de Mme Marie Laurent, à laquelle M. Guyon fils
- donne un pendant très réussi dans son imitation si parfaite de Saint-Germain. N’oublions pas à côté d’eux M. Marcellin qui m’a presque réconcilié avec la tyrolienne et Mme Riva qui prête à la Butte-Montmartre des appâts très couleur locale.
- En somme, les attractions abondent et dans ce Paris en général il me faut louer tout, en général, et chacun en particulier.
- Intérim.
- Il s’est produit la semaine passée dans le monde du Théâtre un petit incident, qui a eu naturellement son contre-coup dans le monde des lettres.
- Le « tout Paris » intelligent et instruit comptait, pour le mois de février prochain, sur le Père, de Jules de Glouvet, quand le bruit s’est répandu avec une certaine insistance que le Vaudeville reculait cette pièce aux calendes grecques. Renseignements pris, la nouvelle était en partie inexacte. M. Adolphe Dupuis, qui avait accepté la création du rôle le plus important, est en ce moment souffrant ; c’est le seul motif qui contraint M. Raymond Deslandes à retarder jusqu’en novembre la représentation d’une pièce qui assure à son théâtre un nouveau succès.
- Que chacun donc prenne patience et se rassure: le Père sera joué tout à fait au début de la saison prochaine et nous sommes même en mesure d’ajouter que le sympathique directeur du Vaudeville met tousses soins à trouver des.interprètes dignes de l’oeuvre.
- Le Gérant, GARREAU.
- Tours. — lmp. E. ARRAULT et O, rue de la Préfecture, 6;
- PARIS-NOËL
- Prime du MONITEUR DE L’EXPOSITION de 1889.
- L’administration du Moniteur de l’Exposition de 1889, d’accord avec les éditeurs de PARIS-NOEL, est enmesure d’offrir à ses ABONNÉS, dans des conditions exceptionnelles, cette splendide publication.
- A partir du 3o décembre, on pourra se procurer dans nos bureaux (1) à raison de 2 fr. 5o le numéro de PARIS-NOEL de 1886.
- On verra par le sommaire qui suit, si riche en signatures littéraires et artistiques, combien ce prix est modeste, comparé à celui clés livraisons du même genre, surtout si l’on considère que ce numéro de Noël est le seul qui contienne des eaux-fortes et des héliogravures supplémentaires.
- SOMMAIRE DU PARIS-NOEL
- HORS TEXTE
- Supplément artistique HENNER.— Sperata. (Eau-forte.) — LOUISE AB-BEMA. — Parisienne. (Eau-forte.) — EDOUARD DETAILLE. — La tournée d’inspection. (Héliogravure.)— ROYBET. —Trio (Héliogravure.) — CHARLES CHAPLIN. — La musique. (Dessin aux trois crayons.) — BOUTET DE MONVEL. — Ronde d'enfants. (Aquarelle.)
- Supplément littéraire VICTORIEN SARDOU. — Macbeth. (Traduction envers.) - FRANÇOIS COPPÉE. — L’Etoile des Bergers. (Poème).
- Supplément musical Chansons populaires, notées et illustrées par de Boisvray. — Ronde enfantine, musique de L. Dauphin, paroles de E. Blkmont. — Retraite Hongroise et Valse mélancolique, par L. Dauphin et Ch. Blanc.
- (î) Nos abonnés de la province et de Véfranger qui en feront la demande voudront bien ajouter la somme de 75 centimes, prix du port, pour que ce numéro leur soit adressé soigneusement emballé et leur arrive en bon état.
- 1 SLJ\. L XL
- THÉODORE DE BANVILLE. - Les saisons (Poésie.) — ALPHONSE DAUDET. — Le club (Nouvelle.) — JOSÉ MARIA DE HÉRÉDIA. -Épiphanie. (Sonnet.) - ARMAND SYLVESTRE Contes de féec. — PAUL ARENE. — Le'Noë des moineaux (Contes en vers.) — ÉDOUARI ROD. — A Londres. — PAUL HERVIEU. -Le Seigneur à la grosse tête. (Nouvelle.) -PAUL BOURGET. - Pensées. - GUSTAVI GŒTSCHY. - Réveillon.
- GRAVURES
- BONNAT. — La Cruche cassée. — J. WORMS. — Les fêtes de Noël en Espagne.— HEILBUTH.— La Visite de la supérieure. — TISSOT. — Sur mer. — Sur terre. — ROCHEGROSSE. — Les Saisons (tirage en couleurs). — JOHN LEWIS BROWN. — Rendez-vous de chasse (tirage en couleurs.) — POKITONOW. - Foire de Noël en petite Russie. — PINCHART.— Un début, (tirage en couleurs.) — ADRIEN MARRIE. — A Londres. — A. BRUN. — Conte de Noël. — A. F OUR1E.— Les petites légendes.- GIR ALDON. — Le Noël des moineaux. — Épiphanie. — BÉTHUNE. - Rêverie.
- COUVERTURE
- GIRALDON. — Composiiion générale. — THÉ-VENOT. — Figure principale (tirage en dix couleurs).
- L’impression sur grand papier de luxe (4j centimètres sur 3y) du PARIS-NOEL et ses reproductions artistiques ont été exécutées comme la livraison de 188S qui a eu un succès si retentissant. C’est une garantie de plus pour nos souscripteurs.
- Il sera tiré de cette publication 100 exemplaires sur grand papier impérial du Japon. — Prix 25 francs.
- Le premier numéro de Paris-Noëlparu en i885 dont il reste un petit nombre d'exemplaires sera vendu au prix de 4 fr.
- A toute personne non abonnée qui en fera la demande, le Paris-Noël de 1886 sera adressé au prix de 3fr. 5o, leport en sus.
- LES P U B LI C’A TI O N S ILLUSTRÉES. — PARIS-NOEL, prime du « moniteur de l’exposition de 1889 ” (Réduction au huitième de l’une des pages, illustrée par M. Rochegrosse.)
- p.451 - vue 8/496
-
-
-
- 452.— Troisième Année. — N° io5.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 2 Janvier 1887.
- LES GRANDES INVENTIONS
- Depuis que le monde est monde, il y a eu des inventeurs : mais on peut dire, en règle générale, qu’aucun de ceux qui ont vécu avant ce siècle n’a retiré, de son invention, un bénéfice quelconque pour lui-même ; bien heureux quand il n’était pas poursuivi comme sorcier et brûlé vif sur le bûcher de l’ignorance et de la superstition.
- De nos jours l’inventeur a plus de chance de faire connaître et apprécier son œuvre et d’en tirer un certain profit : néanmoins, beaucoup restent encore dans l’obscurité, et, s’ils ne sont pas brûlés comme autrefois, ils meurent souvent dans la misère, ayant dépensé tout ce qu’ils possédaient en perfectionnant leur invention, qui au dernier moment ne voit pas le jour, ou est exploitée par un autre, faute a’une somme souvent bien insignifiante.
- Que serait devenu le célèbre Edison, si des gens pratiques, comme le sont généralement les Américains, n’avaient pas deviné ce que pouvait produire un génie pareil, si on ne lui ouvrait un crédit illimité, afin que rien ne puisse entraver le développement de ses conceptions si ingénieuses et si remarquables. Tout le monde connaît le résultat de cette confiance de la finance dans un inventeur, et le monde scientifique et industriel, qui s’est enrichi des nombreuses découvertes d’Edison, doit des remerciements, non seulement à l’inventeur, mais encore aux capitalistes qui l’ont encouragé et aidé de leurs deniers.
- Nous sommes heureux de pouvoir dire qu’un fait semblable se présente actuellement en France : nous voulons parler de l’usine, 113, rue Saint-Charles, â Grenelle, de M. Crespin de la Jeannière; ce dernier est un inventeur lui-même, mais comme il possède une grande fortune, il en emploie une partie à venir en aide aux inventeurs, possesseurs d’une idée réalisable; le personnel nombreux de son usine est uniquement employé à mettre en pratique les idées scientifiques et c’est M. Crespin de la Jeannière qui dirige lui-même tous les essais sur les applications scientifiques nouvelles, aidant ainsi de son expérience et de son argent l’inventeur, qui, sans lui, serait resté dans l’ombre, et faisant en même temps voir le jour à de nouvelles machines appelées à rendre à l’industrie d’incontestables services.
- Nous avons visité cette usine et nous avons été tellement impressionnés par ce que nous avons vu et par les explications que nous a données son propriétaire, que nous croyons de notre devoir de faire connaître la vie de ce travailleur opiniâtre, car elle montrera à nos lecteurs où peuvent mener la persévérance et le travail continu.
- M. Crespin de la Jeannière s’engagea, à l’âge de 20 ans, comme simple ouvrier mécanicien dans la ire compagnie des mécaniciens de la marine, à Toulon, et passant successivement par^ tous les grades arriva à celui de premier maître de ire classe; il prit part aux campagnes de Crimée et de Chine et obtint ainsi la médaille militaire.
- Pendant cette période de sa vie, M. Crespin
- de la Jeannière se distingua par un acte de bravoure qui mérite d’être rapporté :
- Il était alors premier maître mécanicien à bord du La Place sous les ordres du commandant Amet, qui est aujourd’hui vice-amiral, et il fut assez heureux pour contribuer pour une large part à sauver le navire d’une perte certaine, dans les circonstances suivantes :
- Une tempête avait assailli le La Place, qui se trouvait dans les mers du Japon, et elle finit par le jeter à la côte sur des rochers; le navire
- M. CRESPIN DE LA JEANNIÈRE
- perdit une partie de sa fausse quille sur l’avant, le restant de la quille étant aussi fortement endommagé, le navire était donc en souffrance par suite de l’échouage et personne à bord pour faire les réparations nécessaires ; c’est alors que M. Crespin de la Jeannière se dévoua ; il revêtit un scaphandre et, pendant les huit jours que prirent les réparations, il resta, à aifférentes reprises, 56 heures sous l’eau et parvint à doubler la quille d’une feuille de cuivre, ce qui permit au La Place à reprendre la mer et à rentrer dans le dock flottant de Saïgon.
- Cet acte de courage et de dévouement n’a pas besoin de commentaires, même on peut dire hardiment que la France doit un de ses navires à M. Crespin de la Jeannière.
- De 1848 à 1873, il resta dans la marine et obtint sa retraite, après 2 5 ans de service, mais ce fut pour se remettre courageusement au travail ; grâce à son intelligence et à son esprit éminemment pratique, il entreprit de grandes opérations commerciales et industrielles à
- l’étranger, qui lui réussirent assez pour lui permettre, dans un laps de 14 ans, de réaliser des bénéfices considérables.
- Sa fortune acquise, il revint à ses études industrielles, et parmi ses inventions, nous pouvons citer les suivantes :
- iu Plusieurs systèmes d’ascenseurs et monte-charges avec frein de sûreté automatique ;
- 20 Un système de wagonnets fonctionnant à n’importe quel degré d obliquité et restant sur leurs freins automatiques en cas de rupture du câble de traction ;
- 3° En 1886, il a pris un brevet pour la fabrication des tondeuses pour chevaux, moutons et hommes ;
- 4° Il vient de breveter un appareil pour remplacer la vapeur d’eau par l’air surchauffé, donnant ainsi une économie de 5o 0/0 sur le combustible;
- 5° Il construit, pour le moment , dans son usine de Grenelle, une machine fonctionnant au moyen de l’électricité et qu’il destine à la direction des ballons ;
- 6° Il est aussi l’inventeur d’un nouveau genre de canon.
- Toutes ses inventions lui ont mérité plusieurs récompenses à diverses Expositions, entre autres une médaille d’or à l’Exposition de Paris 1885, pour ses ascenseurs, et il a été successivement décoré de la Croix militaire du Portugal et de celle de Russie.
- Il expose cette année à l’Exposition des sciences et des arts industriels au palais de l’Industrie, plusieurs types d’ascenseurs et de tondeuses ; mais ayant été nommé membre du jury, il s’est trouvé forcément hors concours.
- Ses monte-charges sont très ingénieux, et le peu d’emplacement qu’exige l’installation de ces appareils permet de les placer dans des endroits où ne pourraient fonctionner aucun autre genre de monte-charges.
- De plus le système de guidage par galets sur trois côtés, d’une construction spéciale, est très avantageux en ce qu’il facilite de beaucoup la manœuvre.
- Il est intéressant d’ajouter que, convaincu de la supériorité de ses monte-charges sur tout autre système, M. Crespin de la Jeannière se fait fort, dans le cas où les monte-charges du nouvel Hôtel des Postes ne fonctionneraient pas d’une façon satisfaisante, de ne prendre que deux mois pour substituer au système actuel des roues dentées et vis, dont la durée est très problématique, son nouveau système de tambours dont le fonctionnement régulier et durable ne laisse rien à désirer.
- C’est avec plaisir que nous avons eu l’occasion d’esquisser la vie d’un homme qui, tout en servant bravement son pays, a réussi à réaliser une fortune qu’il emploie dignement à aider les travailleurs et les chercheurs èt à développer les progrès de l’industrie -nationale.
- Paul Dejoux.
- p.452 - vue 9/496
-
-
-
- Le Moniteur
- DE
- L’EXPOSITION DE 1889
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
- TROISIÈME ANNÉE Dimanche 9 Janvier 1887. NUMÉRO 106.
- SOMMAIRE :
- 1. Commission de contrôle et de finances de l’Exposition de 1889; 2. Sous-commission des finances ; 3. Comité départemental de l’Ariège ; 4. Comité départemental de l’Aveyron ; 5. Comité départemental de l’Indre ; 6. Comité départemental de la Lozère; 7. Comité départemental de Belfort ; 8. Comité départemental du Calvados; 9. Comité départemental de la Charente ; 10. Comité départemental du Finistère ; 11. Comité départemental de la Haute-Garonne ; 12. Comité départemental du Morbihan; i3. Nos gravures; 14. Les Colonies à l’Exposition de 1889 ; i5. Le service du contentieux aux Expositions; 16. Revue de la Presse ; 17. Concours régional de Rennes ; 18. L’Exposition de 1889 et le Conseil municipal ; 19. Echos ; 20. Médailles d’honneur aux ouvriers et employés; 21. Les Livres ; 22. Avis commerciaux ; 23. Les Théâtres.
- COMMISSION DE CONTROLE
- ET DE FINANCES
- DE L’EXPOSITION DE 1889
- La commission de contrôle et de finances de l’Exposition universelle de 188g s’est réunie ce matin, sous la présidence de M. Edouard Lockroy, ministre du commerce et de l’industrie.
- Les sous-commissions des finances, de l’exploitation et des travaux avaient été respectivement invitées à examiner les questions à l’ordre du jour et à présenter des rapports.
- Ce travail préparatoire a permis à la commission des 43 de terminer dans la seule séance d’aujourd’hui l’examen du projet du cahier des charges relatif à l’adjudication du catalogue général et en même temps de trancher la grave question de la location des hangars destinés à abriter l’exposition d’agriculture.
- Le projet d’adjudication une fois adopté, la commission des 43 a examiné, à propos de la location des hangars, le principe même des locations. Seront-elles utilisées quand des occasions avantageuses se présenteront pour remplacer des adjudications ? Seront-elles au contraire la règle uniforme adoptée pour les travaux ?
- Une discussion s’est engagée sur cette question entre M. Christophle, M. le directeur général des travaux et après un résumé du ministre commissaire général, la commission des q3 a admis le principe des locations et a approuvé spécialement celle qui lui était proposée par l’administration d’une partie des hangars destinés à l’agriculture. La troisième question à l’ordre du jour, celle de l’exposition d’agriculture elle-même, a dû être remise à la prochaine séance de la commission des 43.
- ------- --— ijiMà)-®-® — » -
- SOUS-COMMISSION DES FINANCES
- La sous-commission des finances s’est réunie le mercredi 5 janvier, à 4heures, auministère du commerce et de l’industrie.
- Elle a étudié la question de l’exposition d’agriculture.
- Puis elle a décidé en principe que le système
- de l’adjudication serait employé pour le catalogue et la séparation distincte de cette adjudication et de celle de la publicité.
- Elle a en outre commencé la discussion des clauses et charges dans lesquelles aura lieu cette adjudication.
- M. Georges Berger a quitté Paris le vendredi 7 janvier se rendant à Rouen.
- Le directeur général de l’exploitation de l’Exposition de 1889, comme nous l’annonçions dans notre dernier numéro, doit présider la première séance du comité départemental de la Seine-Inférieure.
- COMITÉ DÉPARTEMENTAL
- DE L’ARIÈGE
- Par arrêté en date du 29 décembre 1886, le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a constitué comme suit le comité départemental de l’Ariège :
- i° Sous-comité de Varrondissement de Foix
- MM. Artaud, inspecteur d’académie à Foix.
- Barthe, publiciste à Foix.
- Bégué, industriel, fabricant d’aciers à Foix.
- Bellissen (de), président du conseil d’administration de la société des thermes d’Av à Foix.
- Clauda, inspecteur des forêts à Foix.
- Delmas, fabricant d’instruments agricoles à Niaux.
- Descola, publiciste à Labastide le-Sérou.
- Dresch, docteur-médecin, président de la société des sciences, lettres et arts de l’Ariège.
- Durandeau, filateur à Foix.
- Espelette, fabricant de faulx à Niaux.
- Garrigou, docteur médecin-chimiste à Ta-rascou
- L’ingénieur des mines à Vicdessos.
- Izard (Séverin), fabricant de clous à Ganac.
- Laffont de Sentenac, imprimeur-publiciste à Foix.
- Maniglier, chef d’exploitation des carrières de Tarascon.
- Mourié, tanneur aux Cabannes.
- Rieussec, négociant à Labastide-de-Sérou.
- Rives (Gabriel), industriel, fabricant d’aciers à Foix.
- Rousse, minotier à Foix.
- Soula, professeur d’agriculture à Foix.
- Soumain , exploitant d’eaux minérales à Rouze.
- Stahl, brasseur à Foix.
- Tersouly, ancien entrepreneur de travaux publics à Foix.
- Tresserre, fabricant de chocolat à Ax.
- Vaultrin, inspecteur des forêts à Foix.
- Vergnies, agriculteur, président du conseil d’arrondissement à Foix.
- 20 Sous-comité de l’arrondissement de Pamiers
- MM. Arabet (Mathieu), agriculteur à Carla-Baylé.
- Barrière, minotier à Pamiers.
- Bez (Léo), fabricant de peignes à Labastide-sur-l’Hers.
- Bez, tanneur à Léran.
- Bouscasse, agriculteur à Mazères.
- Cazals père, teinturier à Pamiers.
- MM. Chavanne, directeur des salines de Camarade.
- Coulon, fabricant d’objets en jais à Labas-tide-sur-l’Hers.
- Courtois (Louis), fabricant de peignes à Labastide sur-l’Hers.
- Estrade cadet, exploitant de scierie mécanique à Pamiers.
- Escande-Voltan, conseiller général, publiciste à Rieux.
- Gaillard, agriculteur, conseiller général au Fossat.
- Jaubert, directeur de la ferme - école de Royat.
- Laur'ens, président de la société d’agriculture à Saverdun.
- Maris aîné, taillandier, à Labastide - de -Lordat.
- Maurel, apprêteur de draps à Laroque.
- Ortel, fabricant de tuiles à Saverdun.
- Peuvergne, publiciste à Pamiers.
- Peyret, fabricant de cartons à Pamiers.
- Ronot, fabricant de machines agricoles à Pamiers.
- Roubichou, propriétaire-agriculteur, conseiller général à Besset.
- Soula, pharmacien, fabricant de liqueurs à Pamiers.
- Subra, président du syndicat agricole à Escosse.
- De la Vieuville, directeur de la société métallurgique de l’Ariège à Pamiers.
- 3° Sous-comité de l’arrondissement de Saint-Girons
- MM. Barthet (Joseph), propriétaire, président du comice agricole de Saint-Girons, à Mont-joie.
- Bergès, fabricant de papiers à Lorp (Saint-Araille).
- Bernève, propriétaire agriculteur à Mont-fort (Saint-Lizier).
- Bordes-Pagès, conseiller général, inspecteur des eaux d’Aulus à Seix.
- Cabaup, membre du bureau du comice agricole de Saint-Girons à Oust.
- Gazes (Firmin), fabricant de draps à Saint-Girons.
- Courteilh, propriétaire des eaux minérales de Sentein.
- Dupuy, propriétaire des eaux d’Audinac à Montjoie.
- Estrade, propriétaire, membre du bureau du comice agricole de Saint-Girons à Tourtouse et Lasserre.
- Eychenne (Léon), propriétaire-agriculteur, conseiller d’arrondissement à Rimont.
- Fouet, négociant en bois à Saint-Girons.
- Galy-Gasparrou, conseiller général, vice-président du comice agricole de Saint-Girons à Massat.
- Lapeyre, marchand de fer à Saint-Girons.
- Lescure, fabricant de papier à Saint-Lizier.
- Magnol, fabricant de suifs à Saint-Girons.
- Pauilhac de la Moulasse, fabricant de papier à Eycheil.
- Philouse, agriculteur propriétaire à Mer-cenac.
- Piquemal, propriétaire agriculteur à Soulon.
- Pujol, avocat publiciste à Saint-Girons.
- Regagnon (Firmin), marchand de draps à Saint-Girons.
- Souquet, médecin, propriétaire à Soulon.
- Souquet (Chrysostôme), négociant en draps et en épicerie à Soueix..
- Souquet, négociant en vins et en beurre à Saint-Girons.
- Timbart, négociant en vins à Castillon.
- Trinqué, conseiller général, maître de forges à Saint-Girons.
- p.453 - vue 10/496
-
-
-
- 454- — Troisième Année. — N° 106.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 9 Janvier 18S7.
- COMITÉ DÉPARTEMENTAL
- DE L’AVEYRON
- Par arrêté en date du 29 décembre 1886, _le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a constitué comme suit le comité départemental de l’Aveyron:
- i° Sous-comité de l’arrondissment de Rode7
- MM. d’André, professeur départemental d’agriculture à Rodez.
- De Barrau, vice-président de la société des lettres, sciences et arts de l’Aveyron.
- Béraldi, professeur de musique à Rodez.
- Boisse, président et délégué de la société des lettres à Rodez.
- Boulangier, inspecteur d’académie à Rodez.
- Buanton, pépiniériste, délégué de la société d’agriculture à Rodez.
- Caussanel, conseiller général, négociant à Sauveterre.
- l’abbé Cérès, membre délégué de la société des lettres à Rodez.
- Gonstans, mécanicien, conseiller municipal à Rodez.
- Courtès, colonel du 8ie de ligne à Rodez.
- Cœurdroit, agent-voyer en chef à Rodez.
- Denayrouze, agriculteur régisseur à Mont-rozier.
- Déron, trésorier-payeur général à Rodez.
- Ducos, inspecteur primaire à Rodez.
- Durand, propriétaire à Arsac, commune de Sainte-Radégonde.
- Ferrié, photographe à Rodez.
- Fournialis, délégué de la société d’agriculture, propriétaire au Gaussonet.
- Galtier, président du tribunal de commerce.
- Galtayries, concessionnaire des mines de Gages à Rodez.
- Gascheau, banquier et industriel à Rodez.
- Gaubert, négociant, adjoint au maire de Rodez.
- Guérard, inspecteur des forêts à Rodez.
- Hinglais, proviseur du lycée de Rodez.
- Istria, inspecteur primaire, à Rodez.
- Julia, ancien préfet, propriétaire à Gros.
- Lachaise, peintre-verrier, à Rodez.
- Lacombe, notaire, conseiller général et maire.
- Lacombe, sénateur, délégué de la société des lettres à Rodez.
- Laur, ingénieur en chef des mines, à Rodez.
- Lefèvre, photographie, à Rodez.
- Léger, directeur de l’école normale d’instituteurs, à Rodez.
- Lunet, secrétaire de la société d’agriculture, à Planèzes.
- Loup, imprimeur-lithographe, à Rodez.
- Mahoux, sculpteur, à Rodez. '
- Malrieu, briquetier aux Tavernières, commune d’Onet-le-Château.
- Mazars, négociant, adjoint au maire de Rodez.
- Plégat, serrurier-mécanicien, à Rodez.
- Pons, architecte du département, à Rodez.
- Raymond, marchand verrier, à Rodez.
- Recoules, banquier et manufacturier au Monastère.
- Rodât, ancien député.
- Rodât, propriétaire, à Olemps.
- Roques, fondeur, à Rodez.
- l’abbé Roquette, directeur de l’école des sourds-muets, à Rodez.
- Salles, ingénieur en chef des ponts et chaussées, à Rodez.
- Thomas, président de la chambre consultative des arts et manufactures, négociant, à Rodez.
- Vayssettes, président du conseil d’arrondissement de Rodez, à Moyrazès.
- Vergnes, président de la société centrale d’agriculture de l’Aveyron, à Rodez.
- 20 Sous-comité de Varrondissement d’Espalion.
- MM. Bardin, inspecteur primaire, à Espalion.
- Batut (Fleurus), délégué de la société d’agriculture, propriétaire à Soulage.
- Bélières, négociant, à Espalion.
- Bernié, conseiller général, à Saint-Chély.
- Blanc, propriétaire, ancien maire, à Sainte-Geneviève.
- Bonal, propriétaire, à Saint-Chély.
- Bonnaterre, capitaine en retraite, à Saint-Geniez.
- Brousse, médecin-vétérinaire, maire à Mur-de-Barrez.
- Burguière, secrétaire du comice viticole, à Espalion.
- Cayla, notaire et conseiller général, à Es-taing.
- Cazes, président du comice agricole de La-guiole, à Labro.
- Cocural, propriétaire, maire de Saint-Geneviève.
- MM. Fournier, docteur-médecin, maire à En-traygues.
- d’Hauterives, agriculteur, maire à Enguialès.
- Jordan de Puyfol, juge de paix à Mur-de-Barrez.
- Labarthe, conseiller général, maire de Mont-peyroux.
- de Louvrié, maire de Campouriez.
- Moulines, membre du jury des concours chevalins, notaire à Lagniole.
- Ouvrier, docteur-médecin, vice-président du conseil général, à Mur-de-Barrez.
- Palangié,fabricant, conseiller général, maire, à Saint-Geniez.
- Poulenc, tanneur, à Espalion.
- Rieu, maire, à Espalion.
- Thédenat, conseiller d’arrondissement, à Espalion.
- Toulon, médecin et conseiller général, à Saint-Arnaud.
- 3° ’Sous-comité de Varrondissement de Millau.
- MM. d’Albis de Gissac, délégué de la société d’agriculture, propriétaire à Peyre.
- Alric (Louis), fabricant gantier, à Millau.
- Arnal, délégué de la société d’agriculture, propriétaire au Rouquet.
- Beaumevieille (Achille), président du conseil de prud’hommes, à Millau.
- de Bonald, président des comices de Peyre-leau et de la Cavalerie, conseiller général au Mouna.
- Bonhomme, agriculteur, conseiller général à La Tàcherie.
- Bo.mpaire, docteur médecin à Millau
- de Carbon-Ferrière, sous-inspecteur des forêts à Millau.
- Clausel de Coussergues (Xavier), délégué de la société d’agriculture, propriétaire à Coussergues.
- Constans, potier à Millau.
- Fabié, notaire et maire à Peyreleau.
- Fabry, président de la chambre consultative des arts et manufactures à Millau.
- Faugières, principal du collège de Millau.
- Lacroix, inspecteur primaire à Millau.
- Lauret (Edouard), fabricant tanneur à Millau,
- Marcorelles (Eugène), ouvrier tanneur à Millau.
- Mas, docteur médecin, conseiller général et maire à Recoules.
- de Montéty, président du comice agricole de Saint-Georges.
- Pastre, conseiller d’arrondissement et maire à Naut.
- Plagues (Léon), fabricant gantier à Millau.
- Puech (Jules), ouvrier gantier à Millau.
- .Rey, architecte à Millau.
- Solanet (Gustave), fabricant tanneur à Millau.
- Virenque, président du tribunal de commerce à Millau.
- 4° Sous-comité de l’arrondissement de Saint-Afrique.
- MM. Bories, fabricant de gants à Saint-Affrique.
- Bourgougnon, tanneur à Saint-Affrique.
- Breugues (Pierre), agriculteur au Mazel.
- Caldier (Barthélemy), fabricant de chapellerie à Saint-Affrique.
- Caldier (Eugène), fabricant de molletons à Saint-Affrique.
- Carrière, propriétaire d’une cave à fromages à Roquefort.
- Coupiac (Etienne), propriétaire d’une cave à fromages, à Roquefort.
- Daumas, manufacturier à Lapeyre.
- Estienne, inspecteur primaire à Saint-Affrique.
- Fournol, conseiller général, président du comice agricole à Saint-Affrique.
- Galzin, agriculteur à la Grange, canton de Camarès.
- Mallevialle, docteur-médecin, conseiller général et maire de Belmont.
- Mazars de Mazarin, agriculteur à Camarès.
- Rachou (Emile), industriel à Camarès.
- Reynès (Joseph), propriétaire d’une cave à fromages, à Roquefort.
- Singla, agriculteur, ancien maire de Saint-Izaire.
- Suau, fabricant de chaudronnerie, à Saint-Sernin.
- Teissié-Solier, banquier et propriétaire à Saint-Affrique.
- Toulouse (Fleury), agronome à Saint-Affrique.
- 5° Sous-comité de Varrondissement de Villefranche
- MM. Albenque, juge d’instruction, à Villefranche, vice-président du conrice agricole.
- Blanc, inspecteur primaire, à Decazeville.
- Bos, distillateur, conseiller général et maire à Decazeville.
- MM. Boutonnet, conseiller d’arrondissement,propriétaire et maire à Monteil.
- Bras, tanneur et fabricant, adjoint au maire à Villefranche.
- Brajou, président de la chambre syndicale des mineurs, à Decazeville.
- Bris, directeur de l’usine à zinc, de la Vieille-Montagne, à Viviez.
- Coucoureux, propriétaire et conseiller général, à Rieupeyroux.
- Cot, fabricant de toiles, à Villefranche.
- Delamote, principal du collège de Ville-franche.
- Deltheil, inspecteur primaire à Villefranche.
- Descrozailles, vice-président du conseil d’arrondissement, maire à Aubin.
- Dupuy, régisseur des eaux minérales de Cronzac.
- Fabre, pharmacien, maire de Villefranche.
- Fages, architecte de la ville à Villefranche.
- Faure, propriétaire et maire de Saint-Sal-vadou.
- Fourgous, agronome, conseiller général et maire à Salvagnac-Saint-Loup.
- Furbeyre fils, propriétaire à Mayrignagues, commune de Villeneuve.
- Gleyrose, président du comice agricole de Montbazens.
- Héliot, administrateur de la société des houillères et fonderies de l’Aveyron, à Decazeville.
- Marty, notaire et maire à Najac.
- Marty, fabricant de nasses ratières, à Ville-franche.
- Raynal, fabricant de conserves alimentaires à Capdenac-gare.
- Roquelaure, fabricant de pâtés alimentaires à Capdenac-gare.
- Seibel, directeur des houillères de Campa-gnac, maire à Cronzac.
- Taragonet, ingénieur des mines à Aubin.
- Viguier, fabricant de draps, conseiller municipal à Villefranche.
- COMITÉ DÉPARTEMENTAL
- DE L’INDRE
- Par arrêté en date du 29 décembre 1886, le ministre du commerce et de l’industrie, commis^ saire général de l’Exposition universelle de 1889, a constitué comme suit le comité départemental de l’Indre :
- i° Sous-comité de l’arrondissement de Châteauroux
- MM. Balsan (Charles), manufacturier, président du tribunal de commerce et de la chambre consultative des arts et manufactures, à . Châteauroux.
- Boudier père, fabricant d’engrais à Châteauroux.
- Fieffé, juge de paix à Châteauroux.
- Gillet, conservateur du musée de Châteauroux.
- Grillon (Adrien), brasseur à Châteauroux.
- Guinon, directeur de la station agronomique.
- de Lestranges (baron), distillateur à Lau-cosme, commune de Vendœuvres.
- Marandon (Raymond), tanneur à Argenton.
- Petit (Paul), agriculteur à Vauzelles.
- Rayet (Victor), viticulteur à Buzançais.
- Sallé (Jules), minotier à Argenton.
- Baucheron de Lécherolles (Paul), président de la société d’agriculture à Mâron.
- Lefebvre (Silvain), président de la société vigneronne, à Châteauroux.
- Hidien, constructeur de machines agricoles à Châteauroux.
- Masquelier, vice-président de la société d’agriculture, à Saint-Maur.
- Cusson, fondeur à Châteauroux.
- Marchain, président du syndicat des agriculteurs de l’Indre.
- Flagel-Frétille, horloger à Châteauroux.
- Bourdier (O.), parcheminier àLevroux.
- 20 Sous-comité de Varrondissement du Blanc
- MM. Bonnarine, viticulteur, pharmacien au Blanc.
- de.Villeneuve (baron), vice-président de la société d’agriculture, conseiller général, à Concrémiers.
- Mestivier, docteur-médecin à Saint-Gaul-tier.
- Hénault, minotier à Oulches.
- Navert, agriculteur à Obterre.
- Pacton, agriculteur, maire de Bolâbre.
- Turlin-Wolcey, ancien négociant au Blanc
- Peyrot-Desgachons, négociant au Blanc.
- Rocher (Eugène), entrepreneur de travaux publics au Blanc.
- p.454 - vue 11/496
-
-
-
- Troisième Année. — N° 106.
- LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 9 Janvier 1887. — 455.
- 3° Sous-comité de Varrondissement de La Châtre
- MM. Périgois (Ernest), ancien député, agriculteur, à La Châtre.
- Decourteix (Ferdinand), ingénieur agronomique à La Châtre.
- Duvernet (Frédéric), agriculteur à Ver-neuil.
- Demay aîné, minotier, agriculteur à Mont-givray.
- Naud (Alexandre), industriel àVerneuii.
- Doré (Camille), industriel à La Châtre.
- Mapetite (Stanislas), banquier à La Châtre.
- Dardare, fabricant de voitures à La Châtre.
- Lureau, entrepr-eneur de peinture à La Châtre.
- Picaut (Silvain), entrepreneur de travaux publics à Crozon.
- Boulade (Théodore), notaire à Aigurande.
- Blavin (Jules), agriculteur à Eguzon.
- Amey, agriculteur à Tranzault.
- Alizard (Alban), agriculteur à Cluis.
- Desages (Luc), agriculteur à Urciers.
- Nicaud (Isidore), agriculteur à Feusines.
- de Villejovet, agriculteur à Nohant-Vic.
- Simons, agriculteur à Mers.
- 40 Sous-comité de Varrondissement d’Issoudun
- MM. Louet, industriel, président du tribunal de commerce, à Issoudun.
- Carcat, président de la chambre consultative des arts et manufactures, à Issoudun.
- Nouvellon, président du comice agricole à Issoudun.
- Brunet, vétérinaire, président de la société vigneronne à Issoudun.
- d’Aussigny, viticulteur, président de l’association vigneronne, maire de Saint-Florentin.
- de Bonneval, viticulteur, député, à Issoudun.
- Delorme, président du syndicat agricole, à Vatan.
- Voisin (Jules), agriculteur, vice-président de la chambre consultative des arts et manufactures, à Isso.udun.
- Hémeret-Rabussier, liquoriste à Issoudun.
- Motte (Anatole), industriel à Issoudun.
- Liger (Albert), horloger à Issoudun.
- Verdier, négociant en vins à Issoudun.
- Marat-Doré, tanneur à Issoudun. '
- Dargier, carrossier à Issoudun.
- • Jollivet, agriculteur, conseiller général, à Poulaines.
- Charbonnier, marchand de grains à Vatan.
- Desprez, agriculteur à Sainte-Fauste.
- Paul (François), parcheminier à Issoudun.
- Petit (Ernest), fabricant de savons à Issoudun.
- Deseglise, fabricant de brosses à Issoudun. --------------------------------------
- COMITÉ DÉPARTEMENTAL
- DE LA LOZÈRE
- Par arrêté en date du 29 décembre 1886, le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a constitué comme suit le comité départemental de la Lozère :
- i° Sous-comité de l'arrondissement de Mende
- MM. Roussel (Théophile), sénateur, président du conseil général.
- Bourrillon (Henri), propriétaire, président du comice agricole de Mende.
- Monteils, docteur-médecin, conseiller général, président de la société d’agriculture.
- Bourrillon, député, conseiller général, président de la chambre consultative des arts et manufactures.
- Lefranc, ingénieur en chef de la Lozère.
- Roussel, agent-voyer en chef de la Lozère.
- Deuxdeniers, inspecteur des forêts (service du reboisement).
- Adolphe, inspecteur des forêts (service ordinaire).
- Pouillot, inspecteur d’académie.
- André, archiviste départemental.
- Rouvière, conseiller général, maire de Bley-mard.
- de Colombet, conseiller général, propriétaire.
- Bonnet, conseiller général, maire. e Châ-teauneuf.
- Baffie, conseiller général.
- Crucize (Guillaume), conseiller général.
- Reboul, conseiller d’arrondissement, maire de Villefort.
- De Lescure, propriétaire, vice-président de la société d’agriculture.
- MM. Caussignac, négociant, secrétaire de'la chambre consultative des arts et manufactures.
- Rodier (Joseph), propriétaire à Langogne, lauréat de la prime d’honneur ( 1883).
- Mély (Honoré), manufacturier à Mende.
- Giral, agent-voyer à Langogne.
- Laviniole, manufacturier à Mende.
- Auricoste, chef de division à la préfecture.
- Favet, négociant,conseiller d’arrondissement à Mende.
- 20 Sous-comité de l'arrondissement de Florac
- MM. Jourdan, député, conseiller général.
- Boyer (Auguste), conseiller général.
- Teissier (Emile), conseiller général, maire de Molezon.
- Barrandon (Louis), conseiller général, propriétaire à Sainte-Enimie.
- Dufoix (Théophile), propriétaire, président du comice agricole de Florac.
- Pelatan, vétérinaire, chef du service sanitaire du département,secrétaire du comice agricole de Florac.
- Turc (Louis), conseiller général, maire de Saint-Germain de Calberte.
- Martin, adjoint au maire de Florac.
- Monestier, ingénieur des ponts et chaussées, conseiller général de Massegros.
- Monestier (Amédée), conseiller d’arrondissement, maire de Saint-Rome-de-Dolan.
- Pantel, conseiller général, maire du Pont-de-Montvert.
- Paradis, ingénieur ordinaire de l’arrondissement de Florac.
- Mersadier, négociant, conseiller d’arrondissement , adjoint au maire de Pont-de-Montvert.
- Vincent, négociant, maire de Meyruels.
- Lamarche (Hippolyte), propriétaire, maire de Barre.
- Mazauric, conseiller d’arrondissement, maire de Saint-Etienne-Vallée-Française.
- Bourbon (Théodore), tanneur à Florac.
- Vidal (Antonin), imprimeur à Florac.
- Albrand (Paul), ingénieur , directeur des mines et maire de Vialas.
- Germain (Jules;, filateur à Florac.
- Arnal (Fernand), pâtissier à Florac.
- Agussol (Louis), horlogerà Florac.
- Lalabric (Auguste), cordonnier à Espagnac.
- 3° Sous-comité de l'arrondissement de Marvejols
- MM. de Rozière, sénateur, conseiller général, maire de Malzieu.
- Pelisse, député, propriétaire à Saint-Chély.
- Daudé, conseiller général, maire de Marvejols.
- Rouffiac, conseiller général, maire de Cha-nac.
- Crueize (Hippolyte), conseiller général.
- Botton, conseiller général, maire d’Aumont.
- Dejean, conseiller général, maire de Nasbi-nais.
- de Brion, conseiller général.
- de Nogaret, conseiller général.
- Charrier, conseiller général, maire de Chirac.
- Mathieu, maire de Saint-Chély-d’Apcher.
- de Framond, président du comice agricole de Mende.
- Salanson, président du tribunal de Marvejols.
- Fabre, directeur de l’asile de Saint-Alban.
- Lamothe, ingénieur des ponts et chaussées, à Marvejols.
- Guiba’i, agent-voyer d’arrondissement, à Marvejols.
- Du Cayla, propriétaire àAumont.
- Grousset (Auguste), sous-directeur de la ferme-école de Recoulettes.
- Graisset (Régis), propriétaire à Chirac.
- Sinègre, propriétaire à Plagnes (Trelans).
- Reversât (Régis), contrôleur en retraite à la Canourgue.,
- Bouniol, propriétaire à Pradassaux (Plas-hers).
- Grousset, propriétaire, maire des Hermaux.
- Bessière hls, propriétaire à Samt-Bonnet-de-Chirac.
- Saltel, propriétaire, conseiller d’errondisse-ment, maire de Marchastel.
- Monestier, maire de Banassac.
- Du Chambon, conseiller d’arrondissement, à Fournels.
- Chassang, propriétaire , maire de Saint-Guéry.
- Cordesse, juge de paix à la Canourgue.
- Prunières, docteur-médecin archéologue.
- Barlet, horticulteur à Marvejols.
- Maxime, jardinier à Marvejols.
- Ollier (Alexis), manufacturier à Marvejols.
- Mendras, manufacturier à Marvejols.
- Roujon, manufacturier à Marvejols.
- MM. Talansier, manufacturier à Marvejols. Favier, industriel à Chapchiniès.
- Saltel (Abel), agriculteur à Malzieu.
- COMITÉ DÉPARTEMENTAL
- DE BELFORT
- Par arrêté en date du 29 décembre 1886, le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a constitué comme suit le comité départemental du territoire de Belfort :
- MM. Parisot, maire de Belfort.
- Boigeol, président du tribunal de commerce.
- Japy (Jules), président de la société d’agriculture.
- Guthmann, président du conseil des prud’hommes.
- Kœcklin (Georges), manufacturier à Belfort.
- Bornèque (Eugène), manufacturier à Beau-court.
- Lehmann (Salomon), banquier à Belfort.
- Straetmann, entrepreneur à Belfort.
- Schirmer, membre du comité de la société d’émulation à Belfort.
- Fréry, membre du conseil général à Belfort.
- Grisez, membre du conseil général à Lachapelle-sous-Rougemont.
- Japy. membre du conseil général à Beau-court.
- Warnod, membre du conseil général à Giro-magny.
- Barros, agriculteur à Fontaine.
- Keller, membre du conseil général à Saint-Nicolas.
- Drouin) trésorier général à Belfort.
- Poisat, maire à Delle.
- Boigeol (Louis), maire de Giromagny.
- Charpentier-Page, manufacturier à Valdoie.
- Canet, directeur du comptoir d’escompte à Belfort.
- Winckler, manufacturier à Rougemont.
- Viellard (Armand), manufacturier à Mor-villars.
- Erhard (Gaston), manufacturier à Rougemont.
- COMITÉ DÉPARTEMENTAL
- DU CALVADOS
- Par arrêté en date du 29 décembre 1886, M. le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a constitué comme suit le comité départemental du Calvados :
- i° Sous-comité de l'arrondissement de Caen
- MM. le président du tribunal de commerce, le président de la chambre de commerce, le président du conseil de prud’hommes, le maire de Caen.
- Berjot, chimiste.
- Bidgrain, armateur.
- Boreux, ingénieur en chef du département. Ditte, professeur à la faculté des sciences. Ferrari, entrepreneur des services de Beau-lieu.
- Gondouin, fabricant de cidres.
- Guérard Deslauriers, ingénieur civil.
- Knell, négociant en vins.
- Màlo, inspecteur général de l’agriculture en retraite.
- Morière, président de la société d’agriculture.
- Nicolas, architecte du département.'
- Rémy, tanneur.
- Tessier, professeur à la faculté des lettres. Zévort, recteur de l’académie.
- 20 Sous-comité de l’arrondissement de Bayeux
- MM. Bçrtot, ancien président du tribunal de commerce.
- Demagny, négociant en beurres à Isigny. Gardin-Villers, président de la société d’agriculture de Bayeux.
- Leclerc, ancien négociant à Bayeux. Lefébure, fabricant de dentelles à Bayeux. Lepetit, agriculteur à Deux-Jumeaux. Métais, orfèvre à Bayeux.
- Morlent, fabricant de porcelaines à Bayeux. Pagny, fabricant de chaux à Cartigny. Renaude, agriculteur à Crépon.
- p.455 - vue 12/496
-
-
-
- 456. — Troisième Année. — N° 106.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 9 Janvier 18S7.
- M. Savet, négociant, président du tribunal de commerce d’Isigny.
- 30 Sous-comité de Varrondissement de Falaise
- MM. Alix, président du conseil de prud’hommes à Falaise.
- Barbé-Noé, tanneur à Falaise.
- Bessirard-Darpentigny, négociant en bonneterie à Falaise.
- Gaugain, tanneur à Bretteville-sur-Laize.
- Geslain-Mallet, fabricant de bonneterie à Falaise.
- Honnis, directeur de la mine de Saint-Remy.
- Lepainteur, président du tribunal de commerce.
- Levavasseur, pépiniériste à Ussy.
- Docteur Turgis, maire de Falaise, président de la société d’agriculture.
- 4a Sous-comité de l’arrondissement de Lisieux
- MM. Bertre (Léopold), tisseur de draps à Lisieux.
- Bonnel, fabricant de rubans à Lisieux.
- Canet, cultivateur à Lessard-le-Chêne.
- Chalopin, cultivateur à Glos.
- Duchesne-Fournet, fabricant de toiles à Lisieux.
- Duval, négociant en vins et spiritueux à Orbec.
- Grison (Théophile), imprimeur sur étoffes à Saint-Jacques.
- Groult, avocat, fondateur des musées cantonaux.
- Oudin, horticulteur à Saint-Désir.
- Perrine,cultivateur à Sainte-Marguerite-de-Viette.
- Peulevey (Théodule), fabricant de draps à Lisieux.
- Ravant (Albert),fondeur à Saint-Jacques.
- Tissot (Amédée), bibliothécaire de la ville de Lisieux.
- Valois, fabricant de peignes pour tissages à Lisieux.
- 5° Sous-comité de l’arrondissement de Pont-Ï Evêque
- MM. Aubert, négociant à Honfleur.
- Floquet, fabricant de cidres, à Pont-l’Evê-que.
- Fouchet, négociant à Trouville.
- Goulley, président de la chambre de commerce de Honfleur.
- Julien, banquier, maire de Pont-l’Evêque.
- Lavalley, sénateur, entrepreneur de travaux publics.
- Lepecq, fromager à Pierrefitte-en-Auge.
- Maudelonde, cultivateur à Pont-l’Evêque.
- Michel, négociant à la Rivière-Saint-Sauveur.
- Michelon, président du' tribunal de commerce.
- 60 Sous-comite de l'arrondissement de Vire
- MM. Auger (Germain), tisseur àCondé.
- Berger, fabricant de draps à Vire.
- Delouey, agriculteur à Bény-Bocage.
- Dior, négociant à Vire.
- Gallet, président du tribunal de commerce.
- Germain (Jules), tisseur àCondé.
- Germain-Duforestel, filateur à Condé.
- Hallais, fabricant de granits taillésri Vire.
- Leboitteux, filateur à Condé.
- Legendre, négociant en bois à Saint-Sever.
- Legorgeu, fabricant de granits taillés à Vire.
- Lehugeur (Jules), tisseur à Condé.
- Manière, tanneur à Aunay-sur-Odon.
- Tricault, agriculteur à Vire.
- COMITÉ DÉPARTEMENTAL
- DE LA CHARENTE
- Par arrêté en date du 29 décembre 1886, le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a constitué comme suit le comité départemental de la Charente :
- i° Sous-comité de l’arrondissement d’Angoulême
- MM. Alamigeon (Edouard), fabricant de papiers à la Couronne.
- Allineaud (Adrien), marchand de bois de construction à Rouillac.
- Armelin (Edouard), bijoutier à Angoulême. Aulard, bibliothécaire à Angoulême. Bellamy, maire d’Angoulême.
- Bœekel (Henri), brasseur à Angoulême. Boiteau (Léonce), négociant en eau-de-vie, à Angoulême.
- Braun, photographe à Angoulême.
- MM. Cagnion (Adolphe), négociant à Blanzac.
- Canrobert, maréchal de France, sénateur, à Paris.
- Castaigne, président du tribunal de commerce à Angoulême.
- Chapelle (Louis), membre de la chambre de commerce à Angoulême.
- Chauveau (aîné), président de la chambre de commerce à Magnac-sur-Tonon.
- Chauveau (Alfred), fabricant de papiers, à Magnac-sur-Tonon.
- Darnal, conseiller général à Bonneville.
- Debect '(Léopold), agriculteur, conseiller d’arrondissement à Magnac-Lavalette.
- Débouchaud, président de la société d’horticulture à Nersac.
- Des Courtis, maire de Montbron.
- Dexmier ^(Eugène), fabricant de sucreries à Angoulême.
- Dubourg, professeur d’agriculture à Angoulême.
- Ducasse, président de la Ligue de l’enseignement à Angoulême.
- Duvaux (aîné), constructeur-mécanicien à Angoulême.
- Espitalier^ (aîné), inspecteur d’académie à Angoulême.
- Feuillet (Eugène), fabricant de feutres à Montignac.
- Ganivet, député, conseiller général à Angoulême.
- Gautret (Jean), fabricant d’instruments aratoires à Angoulême.
- Gellibert des Seguins, conseiller général à Ronsenac.
- Javanaud, président du conseil des prud’hommes à Ronsenac.
- Lacombe, conseiller général à Montbron.
- Lacroix (Oscar),- fabricant de papiers à Trois-Palis.
- Lacroix (JLucien), fabricant de papiers à Angoulême.
- Lacroix (Léonide), fabricant de papiers à cigarettes à Angoulême.
- Lagarde, exploitant de carrières à Vilhon-neur.
- Lambertye (de), président du comice agricole à Montbron.
- Laprairie (Adolphe), constructeur-mécanicien à Angoulême.
- Laroche-Joubert, député, conseiller général à Angoulême.
- Laubarière (de) (Robuste), président du comice agricole de Lavalette, à Ronsenac.
- Lassuze (Edouard), fabricant de faïences à Angoulême.
- Lièvre, président de la société archéologique à Angoulême.
- Magnant (Victor), fabricant de travaux en ciment à Angoulême.
- Marrot, conseiller général à Angoulême.
- Matignon (Ostein), secrétaire général de la préfecture à Angoulême.
- Maufras, propriétaire et maire à Hiersac.
- Mercenon (Emile), négociant à Angoulême.
- Mercier, général d’artillerie du 12e corps à Angoulême.
- Migeon (Lucien), fabricant de toiles à la Rochefoucauld.
- Montardy (de)., président du syndicat agricole de Saint-Amand-de-Boixe, à Aus-sac.
- Nadaud, propriétaire, maire de Chazelles.
- Nouël (Amédée), propriétaire, maire de La Couronne.
- Pan (du), colonel, directeur de la fonderie de Ruelle.
- Péraqui, chef de division à Angoulême.
- Plaptevigne, propriétaire à Marcillac-Lau-ville.
- Pouy, trésorier-payeur général à Angoulême.
- Prieur (Clément), conseiller général à Anais.
- Procop (Cclestin), fabricant de papiers à La Couronne.
- Procop (André), père, fabricant de feutres à Nersac.
- Prud’homme, général commandant la 46e brigade d’infanterie à Angoulême.
- Rossignol, minotier à Lhoumeau-Pon-touvre.
- Salliard (Alphonse), marchand sellier-har-nacheur à Angoulême.
- Sazerac de Forge, conseiller général à Angoulême.
- Sazerac, fabricant de céramique à La Rochefoucauld.
- Wegller (Lazare), manufacturier à Angoulême.
- Weiller (Antonin), fabricant de toiles mé-tailliques à Angoulême.
- le rédacteur en chef du journal le Charen-tais, à Angoulême.
- le rédacteur en chef du journal la Charente, à Angoulême.
- le rédacteur en chef du journal Undépendant charentais, à Angoulême.
- le rédacteur en chef du journal l’Etoile des Charentes, à Angoulême.
- MM. le rédacteur en chef du journal le Suffrage universel, à Angoulême. le rédacteur en chef du journal le Matin charentais, à Angoulême.
- 20 Sous-comité de Varrondissement de Barbepeux.
- MM. Arnous (Louis), député, conseiller général à Brossac.
- Bonlieu, conseiller d’arrondissement à Baignes.
- Boraud, propriétaire, à Saint-Hilaire. Boutelleau, vice-président du comice agricole, à Barbezieux.
- Daguerre, manufacturier à Saint-Séverin, Desvergnes, conseiller d’arrondissement à Aubeterre.
- Drilhon, banquier à Barbezieux.
- Got (Jean-Jacques), conseiller général à Baignes.
- Jaulin, maire, docteur en médecine, à Cha-làis.
- Laboureur (Louis), conseiller général, à Barbezieux.
- Lafargue, manufacturier à Laprade. Lajeunie (François), conseiller général à Saint-Quentin.
- Lavergne, banquier, maire à Aubeterre. Manny (de), docteur-médecin à Brossac. Mansière, négociant, à Saint-Christophe. Meslier, maire à Barbezieux.
- Mongourdier (Onésiphore), négociant à Chalais.
- Perodeau, propriétaire cà Boisbreteau. Sicard, propriétaire à Tonnerac.
- Sicard, maire à Saint-Eutrope.
- Tesnières (Maurice), conseiller général à Saint-Amant-de-Montmoreau,
- Trarieux (Ludovic), conseiller général à Aubeterre.
- Vallade, ancien notaire, maire à Montmo-reau.
- le rédacteur en chef du journal le Barbe-qilien, à Barbezieux.
- le rédacteur en chef du journal Y Opinion des Charentes, à Barbezieux. le rédacteur en chef du journal le Patriote, à Barbezieux.
- 3° Sous-comité de l’arrondissement de Cognac.
- MM. Barit, maire à Réparsac.
- Barraud, président du syndicat agricole de Segonzac.
- Bertaudeau, président du syndicat agricole de Segonzac.
- Bremond d’Ars (de), sénateur, à Cognac. Brisson, conseiller d’arrondissement, à Cognac.
- Clémanceau, propriétaire à Sainte-Sévère. Clerc, propriétaire à Richemond.
- Combeau (Pascal), conseiller d’arrondissement à Cognac.
- Cunéo-d’Ornano, député, conseller général à Bassac.
- Delamain, négociant, maire à Jarnah. Descoffre, président du comice agricole à Châteauneuf.
- Fichon père, fabricant de limonade à Cognac.
- Foucaud (Lucien), président du tribunal de commerce, à Cognac.
- Gautier, propriétaire et maire à Lignières. Guérin (Alexandre), propriétaire à Salles-d’Angles.
- Hine, conseiller d’arrondissement, négociant à Cognac.
- Lacroix, juge de paix à Segonzac.
- Laporte, négociant, conseiller d’arrondissement à Jarnac.
- Martell (Edouard), président de la chambre . de commerce, à Cognac.
- Michaud (Emile), négociant à Châteauneuf. Moquet-Lacoudray, propriétaire et maire à Saint-Même.
- Motard, industriel à Châteauneuf.
- Planat (Oscar), conseiller général et maire à Cognac.
- Pouzon, négociant et adjoint au maire à Réparsac.
- Rambaud de Larocque,président du conseil général, à Bassac.
- Richard aîné, négociant à Sigogne.
- Richard (Delisle), conseiller général à Châteauneuf.
- Rivière, propriétaire et maire à Mosnac. Roux, maire à Malaville.
- Tapon, agriculteur à Saint-Sulpice. le rédacteur en chef du journal l'Indicateur de Cognac.
- le rédacteur en'chef du journal l’Ere nouvelle, à Cognac.
- le rédacteur en chef du journal le Cognac, à Cognac. 0
- le rédacteur en chef du journal la Constitution, à Cognac.
- le rédacteur en chef du journal Y Echo cogna-çais, à Cognac.
- p.456 - vue 13/496
-
-
-
- Troisième Année — N° 106.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.'
- Dimanche 9 Janvier 1887. — 457.
- M . le rédacteur en chef du journal Revue viticole et commerciale de Cognac, Bordeaux et Reims, à Cognac.
- 4° Sous-comité de l’arrondissement de Confolens
- MM. Allées (des) père, propriétaire et maire à Saint-Cloud.
- Babaud-Laribière, maire à Confolens.
- Barret, maire à Chabanais.
- Bastide (de la), président du comice agricole, à Confolens.
- Bertrand, propriétaire à Taponnat.
- Borreau-Lajanadie, député à Confolens.
- Cassan, négociant à Confolens.
- Chauveau, manufacturier à Confolens.
- Corderoy, conseiller général à Confolens.
- Fougera’t, conseiller général à Saint-Mary.
- Jardet (Laurent), industriel à Chabanais.
- Labrousse, négociant à Confolens.
- Laurière (de), propriétaire et maire à Saint-Adjutory.
- Longeaud-Desbregères, conseiller général à Montembœuf.
- Maillard, conseiller général à Confolens.
- Marigné, conseiller général à Champagne-Mouton.
- Pascaud, propriétaire et maire à Chasse-neuil.
- Perrusson, négociant à Fontafie.
- Petit, négociant à Confolens.
- Polakowski, manufacturier à Roumazières.
- Ransonnet, propriétaire à Saint-Laurent-de-Céris.
- Roudier, propriétaire à Exideuil.
- Soulié, propriétaire à Confolens,
- le rédacteur en chef du Journal de Confolens, à Confolens.
- 5° Sous-comité de Varrondissement de Ruffec
- MM. Briand, fabricant de chaux à Echoisy.
- Brothier (Théophile), conseiller général à Saint-Front.
- Chaléroux (Ernest), brasseur à Ruffec.
- Champvallier (de) (Edgard), député, conseiller général à Bernac.
- Chauvet, notaire à Ruffec.
- David, propriétaire aux Gours.
- Delrue, propriétaire à Saint-Fraigne.
- Dexhandier, fabricant de pâtés à Ruffec.
- Duportal, maire à Ruffec.
- Gaudin, fabricant de limonade à Ruffec.
- Gautier, négociant en eau-de-vie, maire à Aigre.
- Gautier (René), conseiller général à Fou-queure.
- Hemery (d’) (Pol), conseiller général, à Bioussac.
- Madenel, lâbricant de chaux, à Echoisy.
- Serrein, maire à Taizé-Aizie.
- Poste, fabricant de pâtés, à Ruffec.
- Pouyaud, propriétaire à La Chévrerie.
- Rouil, négociant à Ruffec.
- Robin, maire à Mansle.
- Sicard, docteur en médecine, maire à Tus-son.
- Thiac (de), président de la société d’agriculture, à Puyréaux.
- le rédacteur en chef de Y Observateur de Ruffec, à Ruffec.
- le rédacteur en chef du Républicain, à Ruffec.
- COMITÉ DÉPARTEMENTAL
- DU FINISTÈRE
- Par arrêté en date du 29 décembre 1886, le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a constitué comme suit le comité départemental du Finistère :
- i° Sous-comité de l’arrondissement de Brest
- MM. Delobeau, maire de Brest.
- Chevillote, armateur, député, président de la chambre de commerce.
- Benoit, négociant en vins, président du tribunal de commerce.
- Poilleu, industriel, président du conseil des prud’hommes.
- Texier, industriel, fabricant de machines agricoles à Landerneau.
- Le Vavasseur, industriel, fabricant de produits chimiques au Conquet.
- Glaizot, industriel, fabricant de produits chimiques à Landéda.
- Belhommet, industriel, fabricant de bougies à Landerneau.
- Heuzé, industriel, directeur de la société li-nière à Landerneau.
- de la Bourdonnaye, président de la société d’agriculture.
- MM. Hautin, propriétaire agriculteur.
- Stears, propriétaire agriculteur.
- Estienne, inspecteur primaire.
- Miriel, professeur de dessin à l’école navale.
- 20 Sous-comité de l’arrondissement de Châteaulin
- MM. Bernard, président de l’association agricole de Carhais.
- Fenigon, vice-président de la société d’agri-griculture de Châteaulin.
- Hervieu, conseiller d’arrondissement, maire de Quéménéven.
- Le Roux, négociant à Châteaulin.
- Guéguen, conseiller général, ancien député, à Plonévez-du-Faou.
- Pelliet, conseiller d’arrondissement, à Cro-zon.
- Caurant, président du comice agricole du Faou, ancien député.
- Le Gall, président du comice agricole, conseiller général, à Huelgoat.
- Le Borgne, docteur en médecine, conseiller général, à Pleyben.
- Moysan, exploitant d’ardoisières à Pleyben.
- 3° Sous-comité de Varrondissement de Morlaix
- MM. Puvo, président de la chambre de commerce.
- Kerebel, president du tribunal de commerce.
- Cloarec, maire de Morlaix.
- Estrade, conseiller d’arrondissement, juge suppléant au tribunal de commerce.
- Vicb.ol, fabricant d’instruments aratoires à Morlaix.
- Andrieux, papetier à Pleybert-Christ.
- Miciol, ingénieur des tabacs à Morlaix.
- de Lescoël, président de la société d’agriculture de Morlaix.
- Drcuillard, président de la société hippique de Saint-Thégonnec, maire de Saint-Pol.
- de Champagny, ancien président de la société d’agriculture de Morlaix à Plou-jean.
- Parize, professeur au collège de Morlaix, directeur delà station agronomique.
- LeCam, adjoint au maire de Saint-Thégonnec, agriculteur.
- Le Goff, négociant, membre de la chambre de commerce, à Morlaix.
- Le Maître, tanneur, ancien maire de Landi-visiau.
- 40 Sous-comité de l’arrondissement de Quimper
- MM. Briol delà Mallerie, maire de Penhars.
- de Lécluse, à Kerfeunteun.
- Le Guyader, à Erqué-Gabéric.
- Belbéoch aîné, à Pouldergat.
- Feunteun, maire, à Erqué-Armel.
- Croissant (Yves), de Briec.
- Arnoult, conseiller général à Pont-l’Abbé.
- Quénerdu, président de la chambre de commerce.
- Ispa, à Douarnenez,
- Roulland, maire de Concarneau.
- Docteur Balestrié, à Concarneau.
- Richard, maire de Rosporden.
- Guillou père, conseiller d’arrondissement, à Concarneau.
- Beau, directeur du musée.
- Luzel, archéologue.
- 5° Sous-comité de l’arrondissement de Quimperlé.
- MM. Savary, industriel, maire de Quimperlé.
- de Kerjégu, conseiller général à Scaër.
- Guégan, conseiller général, maire de Mel-gven.
- Baron, directeur de l’école de Lézardeau.
- Gestalin, ostréiculteur, maire de Riec.
- Le Bihan, juge de paix de Bannalec.
- Gallic, maire de Guilligomarc’h.
- COMITÉ DÉPARTEMENTAL
- DE LA HAUTE-GARONNE
- Par arrêté en date du 29 décembre 1886, le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a constitué comme suit le comité départemental de la Haute-Garonne :
- i° Sous-comité de l’arrondissement de Toulouse.
- MM. le maire de Toulouse.
- le recteur die l’académie de Toulouse, Andrau, tapissier à Toulouse.
- André de Servelles (d’), président de la société d’agriculture, à Toulouse.
- MM. Besaucèle, conseiller municipal, membre de la société d’horticulture, à Toulouse.
- Bonamy jeune, pépiniériste à Toulouse.
- Bonnet, constructeur-mécanicien à Toulouse.
- Brusson, pâtes alimentaires, à Villemur.
- Caubet, directeur de l’école de médecine à Toulouse.
- Caussé, teinturier à Toulouse.
- Clos, directeur du jardin des plantes, président de la société d’horticulture, à Toulouse.
- Darolles, ferblantier-poêlier à Toulouse.
- Dentaux, constructeur-mécanicien à Toulouse.
- Donat, ouvrier ébéniste à Toulouse.
- Dubois, marchand de cristaux à Toulouse.
- Féréal (Isidore), conseiller général, propriétaire-éleveur, à Toulouse.
- Fourcade, président du tribunal de commerce, à Toulouse.
- Frayssinhes, inspecteur d’académie, à Toulouse.
- Garipuy, directeur de l’école des beaux-arts, à Toulouse.
- Girard, constructeur-mécanicien, à Toulouse.
- Henry, habillement, à Toulouse.
- Lafourcade, directeur de l’école primaire, supérieure, à Toulouse.
- Landes, délégué de l’union artistique, conseiller général à Toulouse.
- Laporte, sculpteur, à Toulouse.
- Mandeville, conseiller général, propriétaire, à Fronton.
- Montés, président des prud’hommes, contremaître distillateur, à Toulouse.
- Ournac, conseiller général, négociant de vins en gros, à Toulouse.
- Oustalot, négociant en nouveautés, à Toulouse.
- Ricard, imprimeur en étoffes, à Toulouse.
- Robinet, professeur d’arboriculture et d’horticulture, à Toulouse.
- Sirven (François), lithographe, à Toulouse.
- Thillet, architecte du département, à Toulouse.
- Tivollier, conserves alimentaires, à Toulouse.
- Viers, négociant, articles de voyage, à Toulouse.
- . Virebent, produits céramiques, à Toulouse
- 20 Sous-comité de Varrondissement de Villefranche
- MM. Calés fils, propriétaire, à Renneville.
- Fages, propriétaire, à Lanta.
- Lapeyrouse (de), propriétaire, à Labastide Beauvoir.
- Malafosse (de), propriétaire, à Varennes.
- Sarrat, conseiller général, maire de Revel.
- Trazit, propriétaire à Caraman.
- 3° Sous-comité de Varrondissement de Muret
- MM. Baylac, conseiller général à Saint-Lys.
- Cauvet, ingénieur, directeur de l’école cen-. traie à Cintegabele.
- Her (Louis), fabricant de faïences à Martres-Tolosane.
- Manadé (P.), conserves alimentaires, â Cazères. . ^
- . Pons, ingénieur à Auterive.
- Tachoires, directeur de la ferme-école de Castelnau-les-Nauzes.
- 40 Sous-comité de Varrondissement deSaint-Gaudens
- MM. Armelin, tanneur h Saint-Gaudgns.
- Courrégé, fabricant de tissus de soie à Montmaurin
- Courtis, fabricant de tricots à Miramont.
- Dorian, fabricant de faulx à Touille.
- Dufaur, conseiller général, propriétaire, à Boulogne.
- Fossat, propriétaire à Bouchalot.
- Lacroix, papetier à Mazères.
- Pichot, jardinier à Luchon.
- Rème, conseiller général, docteur médecin, maire de Montréjeau.
- COMITÉ DÉPARTEMENTAL
- DU MORBIHAN
- Par arrêté en date du 29 décembre 1886, le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a constitué comme suit le comité départemental du Morbihan :
- 10 Sous-comité de Varrondissement de Vannes.
- MM. Berthelin, fondeur.
- Broca (de), ancien officier de marine.
- p.457 - vue 14/496
-
-
-
- 458. — Troisième Année. — N° 106.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1SS9.
- Dimanche 9 Janvier 1S87.
- MM. Burgault, maire de Vannes, président du comice agricole.
- Charrier, architecte.
- Chevalier, professeur départemental d’agriculture.
- Cottreau, ingénieur en chef des ponts et chaussées.
- Dumoulin de Paillard, président de la société d’agriculture de l’arrondissement de Vannes.
- Galles (René), président de la société poly-matique.
- Jiibier, président du tribunal de commerce de Vannes.
- Le Beau, éditeur-imprimeur.
- Limur (de), archéologue.
- Marin, négociant.
- Normand, distillateur.
- Simon, ingénieur civil et agriculteur à Allaire.
- Vincent (Alfred), vice-président de la chambre consultative d’agriculture.
- Vincent (Charles, ostréiculteur.
- 20 Souscommité de F arrondissement de Lorient.
- MM. Barreau, fabricant de kirsch à Lochrist (Inzinazc).
- Beaubois, passementier à Lorient.
- Charles, ostréiculteur à Lorient.
- Ducros, propriétaire, ancien professeur d’agriculture.
- Guilloux, vice-président du conseil de prud’hommes.
- Guyonvarch, fils, propriétaire-agriculteur, à Plouay.
- Joubaud, président du tribunal de commerce.
- Jullien, négociant, président du comité d’initiative des intérêts lorientais.
- Le Boulch, maire de Brech, président du comice agricole de Pluvignèr.
- Le Dentec, juge de paix, président du comice agricole de Port-Louis.
- Le Floch, juge de paix, président du comice agricole de Plouay.
- Le Prédour de Kerambriec, président de la société bretonne de géographie.
- Ouizille (Georges), fabricant de conserves alimentaires, administrateur du comptoir de Lorient.
- Pascal, président du comice agricole de Belle-Isleen-Mer.
- Paubert, constructeur de bateaux.
- Rabouhan, président du conseil dé prud’hommes.
- Raisme (de), maire de Ploemeur, président du comice agricole,
- Sellier, président de la chambre de commerce.
- Trottier (père), vice-président de la Chambre consultative d’agriculture.
- Trottier (fils), directeur des usines et aciéries de Lochrist (Inzinzac).
- 3° Sous-comité de l’arrondissement de Ploërmel.
- MM. Allaire, notaire à Sérent.,
- Bossard,' conseiller général du canton de Mauron, marchand de bois.
- Carré, notaire à Réguiny.
- Druais, négociant en tissus.
- Duval, adjoint au maire de Guer, négociant en vins.
- Gaillard, vice-président de la chambre consultative d’agriculture, entrepreneur à Josselin.
- Gravier (du), imprimeur.
- Laduré, notaire à Saint-Jean-Brévelay.
- Lanoë, adjoint au maire de Malestrot, minotier.
- Lemarchand, conseiller d’arrondissement, fabricant de cidre et pépiniériste à la Trinité (Porhoët).
- Lemoine, propriétaire à Rohan, ancien instituteur.
- Lucas de Peslouan, notaire à Beignon.
- Perret, notaire, maire de Ménéac.
- Pinsard, conseiller d’arrondissement, maire de Mauron.
- Sergent (Pierre), entrepreneur à Josselin.
- 40 Sous-comité de l’arrondissement de Pontivy
- MM. Cadoret, conseiller général, notaire au Faouët.
- Fagot, industriel, conseiller municipal à Pontivy.
- Keiser, propriétaire, vice-président du comice agricole de Pontivy..
- Laudren (Narcisse), président du comice agricole, conseiller municipal à Pontivy.
- Le Bouëdec, président du comice agricole de Cléguérec.
- Le Bras, propriétaire à Moréac, président du comice agricole de Locminé.^
- Le Brigand, membre de la société polyma-thique du Morbihan à Pontivy.
- MM. Le Dain, propriétaire agriculteur à Pon-tivy.
- Le Guilchet, maire de Lanvénégen, président du comice agricole de Faouët.
- Le Fur, conseiller général, président du comice agricole de Guémené, maire de Lignol.
- Le Fur, maire de Pontivy, membre de la chambre consultative d’agriculture.
- Le Moine, industriel, propriétaire de la papeterie Boterneau-en-Melrand.
- Le Peutrec, fabricant de meubles bretons à Melrand.
- Le Sergent, propriétaire cultivateur, maire de Guénin, président du comice agricole de Baud.
- Bobo, conseiller général, président de la société d’agriculture, banquier à Pontivy.
- La nappe de neige assez épaisse qui recouvre actuellement le Champ-de-Mars a forcé l’administration des travaux de l’Exposition à suspendre momentanément les travaux de terrassement entamés depuis environ un mois.
- NOS GRAVURES
- Nous donnons aujourd’hui le portrait des présidents des comités techniques des machines et de l’électricité.
- M. PHILIPS (Edouard)
- Est né le 21 mai 1821. Membre de l’Institut et officier de la Légion d’honneur, il est doyen de la section de mécanique de l’Académie des sciences où il a été élu en juin 1868, eu remplacement de M. Foucault, de plus il est inspecteur général des mines (mis en retraite par limite d’âge, en mai 1886). Il a longtemps été professeur de mécanique appliquée à l’école centrale, et de mécanique et machines à l’école polytechnique. Il est actuellement examinateur des élèves sortants de cette dernière école pour la mécanique.
- Dans la première partie de sa carrière, il a été attaché aux compagnies de chemins de fer en qualité d’ingénieur.
- Lors dé l’Exposition de 1878, il était président du jury d’une des sections de mécanique.
- On doit à M. Philips de nombreux ouvrages scientifiques très estimés, parmi lesquels nous citerons : i° Des études sur les ressorts des chemins de fer ; 20 Sur la coulisse de Stephenson ; 3° sur la résistance des poutres métalliques, comme celles des ponts de chemins de fer, sous une charge en mouvement ; 40 des méthodes pour déterminer les conditions de la résistance des solides en repos ou en mouvement au moyen d’expé-riençes faites en petit sur des modèles ; 5® une théorie du spiral réglant des chronomètres, et les lois de la construction des courbes terminales de ces spiraux; 6° une nouvelle méthode pour déterminer les coefficients d’élasticité et les limites d’allongements permanents, basée sur les théories du spiral réglant des chronomètres.
- M. MASCAHT
- Est né le 20 février 1807, à Quarouble (Nord). En 1873, il était professeur au collège de France, et en 1878, il était nommé directeur du bureau central météorologique.
- Il fut chargé d’écrire le rapport du Congrès et de l’Exposition d’électricité en 1881.
- Il est membre de l’Institut depuis 1884, et officier de la Légion d’honneur.
- M. Mascart est également l’auteur d’un grand nombre d’ouvrages scientifiques des plus appréciés On lui doit : i° une méthode pour déterminer l’acide carbonique de l’air; 20 des travaux remarquables sur l’enregistrement des phéno-
- mènes météorologiques, sur la réfraction des corps organiques à l’état gazeux, sur l’électrisation de l’air, sur la théorie des courants d’induction, etc. M. Mascart a établi divers appareils scientifiques des plus intéressants, entre autres une boussole des tangentes, une boussole magnétique à induction, un appareil enregistreur des variations du magnétisme terrestre, etc., etc.
- Les recherches expérimentales sur les machines magnéto-électriques et ses recherches sur la détermination de l’ohm sont connues de tous ceux qui s’intéressent à l’électricité.
- ------ — _________——------
- LES COLONIES
- A L’EXPOSITION DE 1889
- M. de La Porte a adressé aux gouverneurs la circulaire suivante relative à la participation de nos colonies à l’Exposition universelle de 1889:
- Monsieur le Gouverneur,
- Résolue en principe par le décret du 8 novembre 1884, puis parla loi du 1^' août i885, l’Exposition universelle de 1889 a reÇu de la loi du 6 juillet 1886 une sanction définitive. Sans indiquer dans ses détails la combinaison financière à laquelle s’est arrêté le gouvernement et qui a reçu l’approbation des Chambres, je rappellerai qu’une somme totale de 43,000,000 a été affectée à l’Exposition universelle de 1889. Cette somme est constituée : i° par une allocation de 17,000,000 au compte du budget de l’Etat; 20 par une somme de 8,000,000 représentant la part contributive de la ville de Paris ; 3° enfin par un fonds de garantie de 18,000,000 pour lequel il a déjà été recueilli des souscriptions qui. dépassent ce chiffre.
- Les ressources financières sont donc largement assurées. Il ne reste plus au gouvernement et à l’initiative privée qu’à faire tous leurs efforts pour que la solennité internationale qui se prépare soit digne de la France et de la République.
- Nos colonies tiendront certainement à honneur d’y être brillamment représentées. Les sacrifices qu’elles s’étaient imposés pour participer aux concours internationaux d’Amsterdam et d’Anvers,les succès qu’elles y ont remportés sont de sûrs garants qu’elles ne négligeront rien pour que les produits si riches et si variés de leur sol et de leurs industries soient appréciés à leur juste valeur par les visiteurs de l’Exposition universelle de-Paris.
- Je vous prie d’adresser, dès la réception de la présente dépêche, un pressant appel aux industriels et aux agriculteurs et aux commerçants de la colonie, pour solliciter, de chaque initiative, un concours qui certainement ne vous fera pas défaut. Vous instituerez, en même temps, un comité d’organisation qui sera placé sous votre présidence et dont vous réglerez la composition en faisant une-large part aux représentants de l’industrie, du commerce et de l’agriculture. Ce comité aura une-double mission. Il devra, en premier lieu, se mettre en rapport avec les particuliers, leur fournir les renseignements nécessaires, stimuler leur zèle, préciser l’emplacement qu’il y aura lieu de prévoir pour chacun d’eux ; en second lieu, rechercher les meilleures dispositions qu’il conviendra d’adopter pour donner au public une idée frappante et exacte du caractère spécial de chaque pays. Sans accorder aux objets de pure curiosité une trop large place, il convient, en effet, de ne pas négliger, pour l’exposition de nos colonies, le côté pittoresque qui attire et retient le visiteur.
- J’attache également le plus grand prix à ce que-les indications destinées à faire connaître la configuration géographique des colonies, leurs productions agricoles, forestières ou minières, soient présentées sous formes de tableaux ou de cartes dressés à une grande échelle et accompagnés de-documents statistiques d’une lecture facile. Ces.
- p.458 - vue 15/496
-
-
-
- {
- L’EXPOSITION DE 1889
- COMITÉS TECHNIQUES
- M. MASGART M. PHILIPS
- Président du Comité technique d'Électricité Président du Comité technique des Machines
- Gn
- O
- ( D’après les photographies de MM. Reutlinger et Truchelut, dessins de M. P. Toussaint. )
- Troisième Année. — N° 106. LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889. Dimanche 9 Janvier 1887
- pl.459 - vue 16/496
-
-
-
- 460. — Troisième Année. — N° 106.
- LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE 1889
- Dimanche 9 Janvier 1887.
- tableaux géographiques et statistiques orneront les murs de la section coloniale française. L'administration des colonies se préoccupe, d’ailleurs, de préparer pour leur exécution des modèles qui vous seront ultérieurement adressés.
- Vous voudrez bien m’accuser réception de la présente dépêche et me rendre compte des mesures que vous aurez prises pour la constitution des comités locaux. Toutes les communications ou demandes relatives à l’Exposition devront me parvenir par votre intermédiaire. Je vous ferai connaître en temps utile les dispositions qui auront été arrêtées, de concert avec M. le ministre du commerce et de l’industrie, pour l’organisation à Paris de votre exposition coloniale.
- Je vous communique ci-joint à titre de renseignement... exemplaires du règlement général- de l’Exposition préparé par les soins du ministre du commerce et de l’industrie, ainsi que le texte de la circulaire adressée par M. Lockroy aux préfets pour la. constitution des comités départementaux.
- Recevez, etc.
- Signé : A. de La Porte.
- LE SERVICE DU CONTENTIEUX
- AUX EXPOSITIONS
- « Les organisateurs des expositions futures, s’ils « veulent créer une œuvre aussi vaste et aussi « complète que celle entreprise en 1867 devront « ajouter à leurs préoccupations premières celle « du contentieux ».
- Nous citons les lignes écrites par M. Leplay, commissaire général, dans son remarquable rapport sur l’Exposition de 1867.
- C’est là un sage avis que les directeurs de l’Exposition de 1889 devraient suivre dès aujourd’hui.
- En effet, agir dans des conditions exceptionnelles d’urgence et de célérité, sans avoir le temps nécessaire pour peser et prévoir toutes les conséquences des marchés et tout le parti qu’en pourront tirer un jour la mauvaise foi ou l’habileté d’un adversaire, subir et par suite imposer aux entrepreneurs les changements qu’exige le développement de l’œuvre; distribuer l’espace entre tant de milliers d’intéressés ; présider à leur installation ; surveiller dans une mesure déterminée l’arrivée, la conservation, l’enlèvement de leurs produits au milieu d’un chaos apparent ; régler les conditions de l’entrée parles exposants, leurs employés et les visiteurs : ce sont là des obligations qui peuvent donner naissance à plus d’un conflit. Mais les occasions de difficultés contentieuses s’augmentent dans une large proportion dès qu’il s’agit, en outre, d’organiser et d’installer tous les services réclamés par le public ; d’en faire l’objet de concessions obtenues à peu d’argent ; enfin de délimiter tous ces intérêts contigus, s’observant avec une attention jalouse, et toujours prêts à empiéter sur leur terrain respectif.
- Quelques adjudications pour l’Exposition de 1889 ont déjà eu lieu ; les cahiers des charges, que nous avons publiés dans nos colonnes, ont été fort bien rédigés; mais ne serait-il pas préférable de soumettre tous ces marchés à un service de contentieux pour l’examiner en dernier ressort ?
- Si par hasard une de ces adjudications donnait lieu à un procès, ce service aurait été à même dès le premier jour, soit de l’éviter, soit de le suivre plus efficacement. La nécessité de la création de ce service s’imposera absolument le jour où le commissariat général commencera à accorder les concessions.
- La sous-commission des finances est bien chargée de ratifier les marchés ; mais cette sous-commission aura-t-elle le loisir de tout examiner, de tout peser ?
- Examinons ce qui s’est passé aux expositions antérieures :
- Avant celle de 1867, les organisateurs des expositions françaises n’avaient pas eu un seul procès à soutenir. La commission de l’exposition de 1867 vit au contraire 241 actions intentées par elle ou contre elle, se répartissant comme suit :
- STATISTIQUE DU CONTENTIEUX
- au 3j juillet 186 g
- Affaires terminées [a]
- (a) Indépendamment des affaires terminées,' il existait au 3r juillet 1869 vingt affaires pendantes représentant un chiffre de 2.800.000 fr. de demandes.
- (b) La différence entre la somme réclamée et la somme allouée provient de réductions spontanées consenties par la Commission.
- Le grand nombre de ces procès tient aux vastes proportions de l’Exposition de 1867, et tient aussi à la sollicitude avec laquelle la commission s’est efforcée de satisfaire aux convenances des visiteurs, en créant, ce qui n’avait pas été fait aux précédentes expositions,: à côté d’elle de nombreux intérêts privés et par suite de fréquentes occasions de litige.
- M. Leplay justifie .ee grand nombre en disant : « La commission impériale, pour abriter sa responsabilité, a préféré l’adjudication publique à la concession de gré à gré, qui avait été adoptée dans les autres expositions et qui assurait un meilleur choix des concessionnaires. D’un autre côté, la commission, pénétrée de ses intentions pacifiques et trop confiante peut-être dans celles des autres, ne s’était pas suffisamment mise en garde contre les difficultés dont elle pouvait être menacée. Elle avait réservé ses efforts et son attention pour son œuvre véritable, telle que la construction, l’admission, l’installation, les récompenses, qui n’ont pas donné lieu à de sérieuses contestations ; mais elle ne s'était point préoccupée, dès l’origine, de s’armer pour la lutte et d’organiser fortement un service du contentieux qui révisât tous ses marchés et leur fit exactement rendre sa pensée, de façon à défier toute interprétation qui en dénaturerait l’esprit. N’ayant pas assez prévu ce déchaînement d’avidités sans précédents, la commission a cherché à le contenir en instituant un service spécial (Service du contentieux : M. Cheysson, ingénieur des ponts et chaussées, directeur, et M. Gouyon, avocat, chef de service), qui avec l’assistance du comité contentieux(MM.Barbier,Baroche,Demère, Guibal, Magne, Ozenne, Michel Chevalier, membres de la eommission impériale), a transigé dans toutes les affaires susceptibles d’être ainsi terminées, arrêté tous les procès naissants et suivi tous ceux qui étaient déjà engagés ».
- M. Krantz, commissaire général de l’Exposition de 1878, consacre dans son excellent rapport sur cette Exposition, les lignes suivantes au service du contentieux :
- « Il était de la plus haute importance pour les organisateurs de l’Exposition de 1867 de se mettre, dès le principe, en mesure d’éviter les litiges ou, s’ils ne pouvaient les empêcher de naître, de les
- résoudre au mieux des intérêts de l’Etat ; il fallait, pour cela, placer leurs décisions en matière d’interprétation des règlements ou des contrats, sous l’autorité d’un conseil de jurisconsultes dont la haute compétence fût au-dessus de toute contestation. C’est à cette nécessité que répondit la création d’un « comité consultatif du contentieux de l’Exposition institué par arrêté ministériel en date du 27 décembre 1886. »
- « L’Exposition de 1867, au point de vue du contentieux, avait laissé de fâcheux souvenirs. Des procès nombreux, importants quelquefois par le chiffre des demandes, avaient prolongé, bien au delà du terme qui pouvait lui être raisonnablement assigné, la liquidation de cette vaste entreprise. Il fallait à tout prix éviter le retour de pareils abus et, pour cela, on ne pouvait trop tôt se préoccuper de régler cette matière.
- « Pour les marchés de travaux dont l’importance était prépondérante, le cahier des clauses et conditions générales, le contrôle de la commission des marchés et surtout l’expérience consommée du chef de service constituaient des garanties de premier ordre. En outre, la faculté donnée au ministre par la loi du 29 juillet de recourir aux traités de gré à gré et le système des adjudications restreintes, qui en étaient la conséquence logique, permettaient, par l’élimination des entrepreneurs douteux, d’écarter une des causes de procès les plus fréquentes. De ce côté, on n’avait rien à redouter et, par le fait, la liquidation de toutes les entreprises de travaux n’a donné lieu à aucune difficulté sérieuse.
- Mais, en dehors des marchés de travaux, les questions contentieuses que pouvait faire naître l’Exposition étaient nombreuses et l’expérience de 1867 prouvait qu’il y avait, en pareille matière, des dangers à courir.
- Non seulement, les marchés divers, les concessions, les conventions, l’application des règlements pouvaient engager l’Etat dans des difficultés et des procès, mais, au point de vue des exposants eux-mêmes, les questions de propriété littéraire, artistique ou industrielle, ainsi que l’interprétation des législations relatives aux brevets d’invention pouvaient donner naissance à des contestations qui, pour ne point atteindre directement l’Etat, n’en étaient pas moins de nature à jeter de la perturbation dans l’Exposition.
- Divisé en trois sections, l’une dite du contentieux administratif, l’autre du contentieux international et la troisième de la propriété industrielle et artistique, le comité de quinze membres comptait dans son sein des membres éminents des deux Chambres et du Conseil d’Etat, des professeurs à la faculté de droit et des membres autorisés de la Chambre et du Tribunal de commerce. Il tint dê nombreuses réunions et, bien que l’Exposition de 1878 ait été fort heureusement à. l’abri de procès, il fournit, sur un certain nombre de questions importantes, des avis savamment motivés, dont l’utilité pratique fut incontestable.
- Ces avis seuls eussent suffi à justifier complètement la création de comité de contentieux ».
- Nous venons de citer l’opinion de deux personnes fort compétentes dans la matière, s’accordant à reconnaître l’utilité absolue de la création, dès le principe, d’un service complet de contentieux. Nul doute que M. le ministre du commerce, commissaire général, ne se préoccupe, dès aujourd’hui, d’organiser ce service en vue de l’Exposition de 1889.
- REVUE DE LÀ PRESSE
- Le Journal la Presse populaire austro-hongroise a publié l’article suivant dans son numéro du 15 décembre :
- La France se dispose à fêter le centième anniversaire du jour de la prise de la Bastille, par laquelle commença la grande Révolution, en préparant une ' Exposition universelle. L’immense Champ-de-Mars a été choisi.pour établir les bâtiments dans lesquels, en l’année 1889, seront concentrés les produits de toutes les industries des différents pays. Il y a peu de temps, le premier coup de pioche a été donné en présence de M. Alphand, directeur des travaux. M. Alphand est au service de la ville de Paris et celle-ci ne pouvait
- p.460 - vue 17/496
-
-
-
- Troisième Année. — N° 106.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 18S9
- Dimanche 9 Janvier 1887. — 461.
- confier la direction des travaux à de meilleures mains. M. Alphand est un maître dans son art. Il s’est formé à l’école des chefs-d’œuvre de la période Louis XIV et il a cherché àenrichirla splendeur de ces constructions, par son propre goût ; il a exécuté, à Paris, beaucoup de constructions qui lui ont attiré la plus grande estime de ses collègues et du grand public, mais les œuvres d’Alphand ont mérité non seulement l’estime,elles ont encore provoqué l’étonnement. Alphand a la réputation d’un architecte distingué et ce n’est qu’un acte de reconnaissance, de lui avoir confié la direction de la construction des palais de l’Exposition universelle. M. Alphand méritera la confiance que l’on place en lui. Le plan qu’il a dressé paraît la justifier et il n’est pas douteux que le palais de l’Exposition universelle de 1889 ne soit un des plus beaux qui aient jamais été construits dans ce but.
- VILLE DE RENNES
- Concours régional de 1887
- EXPOSITION DES BEAUX-ARTS
- ET
- DES ARTS INDUSTRIELS
- RÈGLEMENT GÉNÉRAL
- Article premier. — A l’occasion du concours régional agricole, une Exposition artistique régionale sera ouverte à Rennes, le 5 mai 1887, et close le 20 juin suivant. Elle pourra être prolongée jusqu’au 3o juin, si la commission le juge nécessaire.
- L’Exposition sera divisée en deux sections, savoir :
- i° — Beaux-arts.
- 20 — Arts industriels.
- Art. 2. — La première section recevra, sous les conditions déterminées par le présent règlement :
- i° Les œuvres des artistes et amateurs nés ou domiciliés dans la région ;
- 20 Les œuvres des artistes français étrangers à la région tces derniers ne pourront pas concourir pour le$ récompenses) ;
- 3° Les tableaux de l’Ecole française moderne que leurs possesseurs voudront bien confier à la Commission.
- La seconde section recevra les objets fabriqués dans la région, lacommission se réservant d’exiger à cet égard toute justification qu’elle jugera utile.
- La circonscription régionale comprend les départements suivants-:
- Calvados.
- Côtes-du-Nord.
- Eure.
- Eure-et-Loir.
- Finistère.
- Ille-et-Vilaine.
- Loire-Inférieure.
- Maine-et-Loire.
- Manche.
- Mayenne.
- Morbihan.
- Orne.
- Sarthe.
- Seine-Inférieure.
- Art. 3. — Seront admises dans la section des beaux-arts les œuvres comprises dans les genres ci-après :
- Peinture ;
- Dessins, aquarelles, pastels, miniatures, émaux, faïences, porcelaines, cartons de vitraux ou de fresques, vitraux artistiques ;
- Sculpture ;
- Gravure en médailles et gravure sur pierres fines ;
- Architecture ;
- Gravure et lithographie.
- Art. 4. — Seront admis dans la section des arts industriels les travaux rentrant dans les catégories ci-après :
- Imprimerie et librairie (le livre et les illustrations) ;
- Reliure ;
- Matériel des arts de la peinture, du dessin et de la plastique;
- Epreuves et appareils de photographie ;
- Instruments de musique;
- Armurerie de luxe ;
- Meubles ;
- Tapis; tapisseries; tissus d’ameublement; tenture décorative ;
- Papiers peints ;
- Dorure et encadrements ;
- Bronzes et fontes d’art;
- Céramique ;
- Serrurerie, plomberie et zinguerie d’art; Mosaïque ;
- Marbrerie ;
- Broderies ;
- Fleurs artificielles ;
- Orfèvrerie, joaillerie et bijouterie ;
- Maroquinerie, tabletterie et vannerie fines.
- Art. 5. — Ne seront pas admis à l’Exposition : i° Les copies, sauf celles qui reproduiraient un ouvrage par un procédé différent;
- 2° Les tableaux, dessins, gravures, photographies, etc., qui ne seraient pas encadrés;
- 3° Les tableaux, dessins, gravures, photographies, etc., ayant des cadres de forme ronde, ovale ou à pans coupés, à moins qu’ils ne soient ajustés sur des panneaux de forme rectangulaire :
- 40 Les ouvrages de sculpture dont le poids dépasserait trois cents kilogrammes;
- 5® Les sculptures en terre non cuite;
- 6° Les ouvrages anonymes.
- Art. 6. — Les tableaux ne devront pas excéder les dimensions suivantes :
- Hauteur ; 3m j , comnris Largeur : 5m i caü comPns-
- S’il était envoyé des tableaux non montés, le montages sur châssis et sur cadres serait fait à l’intérieur des salles d’Exposition, par les soins, aux frais, risques et périls, et sous la responsabilité des exposants.
- Art. 7. — L’admission des ouvrages présentés sera prononcée par un jury. •
- Art. 8. — Seront dispensés de l’examen d’admission :
- Les artistes, amateurs ou industriels ayant obtenu une récompense soit aux Salons de Paris, soit à une Exposition publique quelconque ;
- Les artistes, amateurs ou industriels qui auront reçu de la Commission une lettre d’invitation spéciale.
- Art. 9. —Les artistes ou industriels qui désirent exposer devront indiquer à la Commission, avant le Jer mars 1887, le nombre des oeuvres ou travaux qu’ils se proposent d’envoyer; ils indiqueront en même temps la surface qui leur est nécessaire.
- Les emplacements seront désignés par la Commission.
- Les lettres et les bulletins d’adhésion devront être adressés à M. Decombe, vice-président de la Commission de l’Exposition artistique, au Musée de Rennes (1).
- Les objets destinés à l’Exposition seront adressés au Nouveau Lycée, place Toussaints.
- Tous les colis porteront, en caractères bien apparents, le nom et l’adresse de l’expéditeur.
- Art. 1*0. — Tous les objets destinés à l’Exposition seront reçus jusqu’au 5 avril (terme de rigueur).
- Passé cette date, la Commission pourra refuser tout envoi et en opérer le retour à l’expéditeur, à ses frais, risques et périls.
- Art. 11. — La Commission supportera les frais de port (aller et retour) des œuvres d’art (ire section) qui lui seront expédiées de Paris ou d’une gare située dans la circonscription régionale. Ces envois seront faits par la petite vitesse.
- Les frais de port (aller et retour) des objets de la 2e section (arts industriels), seront à la charge des exposants.
- Art. 12. — Le transportdes ouvrages envoyés par grande vitesse restera à la charge des expéditeurs (condition de rigueur).
- Art. i3.— Pour jouir du transport franco, les œuvres d’art expédiées de Paris devront être remises en temps utile chez le correspondant qui sera ultérieurement désigné.
- Art. 14. — L’emballage et le réemballage resteront à la charge des exposants. Le port de retour sera à leur charge lorsqu’ils dirigeront leurs envois sur une localité autre que celle d’où ils ont été expédiés.
- Art. i5. — La Commission ne garantit pas contre les risques de route et d’emballage ; elle n’entend en aucun cas être responsable des accidents, même des détournements, soit pendant le transport, soit pendant la durée de l’Exposition.
- Elle ne garantit pas contre les risques d’incendie. Les exposants auront à faire assurer leurs produits à leurs frais s’ils le jugent utile.
- Art. 16. — Les exposants de la 2e section (arts industriels) organiseront eux-mêmes leur exposition à l’endroit qui leur aura été désigné par la Commission.
- Les frais de cette organisation, les arrangements et aménagements particuliers, tels que ; étagères, tablettes, vitrines et autres accessoires, seront à leur charge.
- Chaque exposant devra commencer son installation le 10 avril au plus tard.
- (1) Voir, à la suite du présent réglementée modèle du bulletin d'adhésion.
- La Commission disposera de l’emplacement réservé, dans le cas où l’exposant n’aurait pas commencé son installation le i5 avril au plus tard.
- Art. 17.—Aucun objet ne pourra être_ copié, photographié ou reproduit par un procédé quelconque sans l’autorisation écrite de l’exposant.
- Art. 18. — Les objets seront exposés sous. le nom du signataire de la demande d’admission (condition de rigueur).
- Art. 19. — Les exposants sont expressément invités à indiquer autant que possible le prix ^des objets exposés, tant pour faciliter le travail d’appréciation du jury que pour édifier le visiteur.
- L’exposant ne pourra, sous aucun prétexte, refuser la vente d’un objet au prix qu’il aura indiqué; en cas de vente, il ne pourra le retirer avant la clôture de l’Exposition.
- Art. 20. — Il sera institué un jury qui décernera des diplômes d’honneur, de i1'9, de 2e et de 3e classe.
- Il ne sera pas distribué de médailles. La somme qui aurait été affectée à ces récompenses sera employée en acquisitions d’œuvres d’art.
- Art- 21. — Il sera organisé une tombola d’œuvres d’art achetées exclusivement aux artistes exposants.
- Art. 22. — Pendant sa durée, l’Exposition sera ouverte de 9 heures du matin à 6 heures du soir.
- Les prix d’entrée seront ultérieurement fixés et portés à la connaissance du public par voie d’affiches spéciales.
- Art. 23. Une carte personnelle et non transmissible sera délivrée à chaque exposant.
- Cette carte sera valable pendant toute la durée de l’Exposition.
- Art. 24. — La Commission restera juge des cas non prévus par le présent Règlement.
- Fait et délibéré en Commission à Rennes, le 5 décembre 1886.
- Lavergne, A II, adjoint au maire, délégué aux Beaux-Arts, président.
- Decombe, A ||, directeur du Musée d’Archéologie, ancien président de la Société archéologique d’Ille-et-Vilaine, membre de la Commission du Musée, mce-qmésident. Beaufils, président de la Chambre de Commerce, trésorier.
- Contencin, artiste peintre, professeur à l’Ecole régionale des Beaux-Arts, secrétaire. Birotheau , artiste peintre, membre de la Commission du Musée et du Conseil de surveillance et de perfectionnement de l’Ecole régionale des Beaux-Arts;
- Boullet, capitaine commandant la compagnie des sapeurs-pompiers;
- Créchet, ingénieur civil, professeur à l’Ecole régionale des Beaux-Arts ;
- Dalipard, A II, avoué, secrétaire général du Comité d’organisation du Concours régional 1
- De Monthuchon, membre de la Commission du Musée ;
- Fénigan (Jules), propriétaire ;
- Gicquel, banquier, président du Tribunal de Commerce;
- Herbert, conseiller municipal, membre du Conseil de surveillance et de perfectionnement à l’Ecole régionale des Beaux-Arts ;
- Jan, A II, directeur du Musée de peinture, membre du Conseil de surveillance et de perfectionnement de l’Ecole régionale des Beaux-Arts ;
- Laloy, architecte du département ;
- Langlois, architecte, membre de. la Commission du Musée et du Conseil de surveillance et de perfectionnement de l’Ecole régionale des Beaux-Arts ;
- Lenoir, A P, statuaire, directeur de l’Ecole régionale des Beaux-Arts ;
- Loysel, directeur des Contributions indirectes :
- Maniez, conseiller municipal , membre du Conseil de surveillance et de perfectionnement de l’Ecole régionale des Beaux-Arts ;
- Martenot, architecte de la Ville, membre de la Commission du Musée et du Conseil de surveillance et de perfectionnement de l’Ecole régionale des Beaux-Arts ; Pastureau, -îfc, capitaine au 41e régiment d’infanterie ;
- Poulin, O #, I ||, trésorier-payeur général ; Poupard, ingénieur civil, conseiller municipal, membre du Conseil de surveillance et de perfectionnement de l’Ecole régionale des Beaux-Arts ;
- Riou du Cosquer, avocat, membre de la Commission du Musée ;
- Roy, A ||, artiste peintre, professeur à l’Ecole régionale des Beaux-Arts ;
- Vadot, secrétaire général de la Mairie.
- Vu et approuvé :
- Le Sénateur, maire de Rennes,
- E. le Bastard.
- p.461 - vue 18/496
-
-
-
- 462. — Troisième Année. — N° 106.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 9 Janvier 1887.
- L’EXPOSITION DE 1889
- ET
- LE CONSEIL MUNICIPAL
- (Extrait du compte rendu analytique)
- MODIFICATION DE LA CONVENTION AVEC LeTAT SUR L’EMPLACEMENT DE LA TOUR EIFFEL.
- M. Jacques, au nom delà commission de l’Exposition. — Dans votre délibération du 22 octobre dernier, concernant la mise à la disposition de l’Etat de l’emplacement nécessaire aux deux piles de la tour Eiffel, vous avez voté notamment un art. 3 ainsi conçu :
- « Art. 3. — Si quelque modification sur l’emplacement des deux piliers est nécessaire, elle pourra être faite sur l’avis conforme de la commission de l’Exposition. »
- Or, après les sondages opérés par l’administration, on a reconnu qu’il n’est pas possible d’établir sur le bord de la Seine les deux piliers de la tour Eiffel qui devaient figurer en dehors du jardin communal.
- M. le ministre du commerce nous a donc demandé de modifier à cet égard la convention intervenue entre la Ville et l’Etat.
- Bien que votre commission de l’Exposition, armée des pouvoirs que lui donne l’art. 3, pût introduire cette modification sans en référer au conseil, nous avons pensé qu’il convenait de vous demander votre ratification. •
- Voici le dispositif du projet de délibération que je suis chargé de vous soumettre :
- « Le conseil. • . . . .
- « Délibère :
- «Article premier. — L’emplacement indiqué dans le plan- et le projet de convention relatifs à l’exécution delà tour Eiffel, joints à la délibération du 22 octobre dernier, est modifié. Les quatre piliers de la tour Eiffel seront placés dans le jardin de la Ville, conformément aux indications du nouveau plan et du cahier des charges susvisés qui resteront annexés à la présente délibération.
- « Art. 2. — La liberté de circulation sera conservée autour des pieds de la tour.
- « Art. 3. — Les autres dispositions de la délibération susvisée du 22 octobre 1886 sont maintenues. »
- M.. Sauton.— Je prie M. le rapporteur de vouloir bien nous donner quelques explications. Il paraît que la construction de la tour Eiffel peut donner lieu à un différend entre la ville et les acquéreurs de terrains vendus par elle avec certaines conditions de jouissance ; je voudrais savoir, le cas échéant, à qui incomberait la responsabilité ?
- M. Réty. — Il y a déjà un procès d’engagé.
- M. Jacques, rapporteur. — La commission s’est préoccupée autant que M. Sauton de cette éventualité. Bien que, d’après les avis unanimes des ingénieurs et des jurisconsultes, il n’y ait absolument rien à craindre, tant pour la solidité de la tour que pour le résultat des instances qui pourraient être intentées à l’occasion de son établissement, nous avons pris nos précautions. Nous avons demandé que M. Eiffel soit substitué à la ville si, par impossible, celle-ci était obligée d’allouer une indemnité quelconque. Je suis heureux de pouvoir rassurer M. Sauton sur ce point.
- M. Sauton. — L’Etat n’intervient-il pas à son tour?
- M. Jacques, rapporteur. — Certainement. C’est l’Etat qui a invité M. Eiffel à prendre rengagement de garantir la ville de Paris de toute indemnité éventuelle. Mais, je le répète, il n’y a rien à craindre.
- M. Cernesson. — Cette affaire aurait, ce me semble, mérité un rapport écrit.
- M. Jacques. — Il s’agit d’une petite modification. Je dois rappeler, à ce propos, que, par l’art. 3 de sa délibération du 22 octobre dernier, le conseil s’était en quelque sorte dessaisi entre les mains de la commission de l’exposition. Si
- celle-ci a cru devoir demander au conseil de sanctionner la modification qu’elle lui propose, c’est un scrupule qui l’a poussée.
- Les conclusions de lacommission sont adoptées.
- ---------üï--- —-------
- ÉCHOS
- Paris
- Lundi dernier, 3 janvier, s’est ouverte au palais des beaux-arts l’exposition de tableaux de maîtres anciens et modernes organisée par les soins du comité de la presse au prolit des inondés du Midi. C’est M. Henri Iiochefort qui s’est chargé de recueillir les œuvres chez les principaux collectionneurs et de les assembler dans la salle Melpo-mène.
- L’exposition est des plus intéressantes ; les écoles française, hollandaise et flamande y sont en particulier très brillamment représentées.
- A citer, parmi les toiles les plus admirées : de Murillo : Une Sainte Famille ; de Rubens : le Triomphe cle la Religion, la Guerre ; Loth et ses filles ; des Goya, Ribeira, Franz Hais, Ruysdaël, Ténier, Van Dyck, etc.
- En somme, un vrai régal pour les amateurs et un gros succès en perspective.
- * *
- Elle indique également l’heure exacte pour chaque méridien, les différentes phases de la lune, et sonne minutes, quarts et heures.
- Elle comprend, dans son ensemble architectural, de nombreuses ligures automatiques,-artistiquement sculptées, symbolisant le Temps, le Christianisme, la vie humaine, des génies, la mort, un saint, les douze apôtres, le Christ, les quatre âges, les quatre saisons, les sept dieux de l’Olympe, qui ont donné leurs noms aux jours de la semaine, un chérubin, les douze signes du Zodiaque, etc.
- Le clairon qui embouche la trompette à midi, le veilleur de nuit qui sonne dans son cor, le coq chanteclair qui chante à l’aube, le coucou qui se fait entendre au printemps et en été, les anges attendant le Christ à sa dernière heure, le fossoyeur et le vieillard qui s’agenouillent en prière, complètent un ensemble unique.
- L’horloge met de plus en mouvement un certain nombre de peintures, telles que sept tableaux représentant la création, quatorze stations d’un chemin de croix etc.
- Au point de vue musical elle fait entendre de temps à autre des airs de flûte.
- Cette admirable construction consiste en 118 mouvements différents, dont 33 sections automatiques en façade seulement.
- Ce chef-d’œuvre doit, paraît-il, figurer à la première exposition internationale importante.
- Il y a donc des probabilités nombreuses pour que les visiteurs de l’exposition de Paris en aient la primeur, en 1889.
- * *
- L’ouverture du concours hippique annuel au palais de l’Industrie a été fixée au mercredi, 30 mars prochain.
- Clôture, le dimanche 17 avril.
- * *
- Le conseil des ministres s’est occupé la semaine dernière du cinquantenaire des chemins de fer projeté pour 1887, et dont nos lecteurs ont entendu parler à différentes reprises. On sait que le concours du gouvernement est sollicité par les organisateurs de cette fête commémorative.
- On a fait observer qu’un congrès des chemins de fer doit se tenir à Milan l’année prochaine, et ue ce congrès doit se tenir en 1889 à Paris afin e pouvoir coïncider avec l’Exposition. En cet état, le ministre des travaux publics a été chargé d’étudier la question et de rechercher comment il serait possible de concilier ces diverses conditions.
- D’autre part, on.annonce, que le comité d’organisation du cinquantenaire des chemins de fer français s’est réuni, sous la présidence de M. Montaut, député de Seine-et-Marne,pour examiner les divers projets de palais qui lui étaient présentés.
- Le comité a accepté les plans de M. Alfred Thomas. Ce palais de cristal, couvrant une superficie de 21,600 mètres carrés, sera édifié, dans le bois de Yincennes, sui la pelouse Daumesnil. Il sera terminé, paraît-il, le 1er avril, et l’exposition internationale ouvrira le 1er mai.
- ¥ *
- Nous croyons intéressant de donner ici, à l’occasion de ce cinquantenaire, la date d’inauguration du premier railway dans chaque pays :
- Angleterre, 27 septembre 1825 ; Autriche, 30 septembre 1828 ; France, 1er octobre 1828 ; Etats-Unis, 28 décembre 1829 ; Belgique, 3 mai 1835 ; Allemagne, 7 décembre 1835 ;Cuba, 1837 ; Russie, 4 avril 1838 ; Italie, septembre 1839; Suisse, 15 juillet 4844 ; Jamaïque, 21 novembre 1845 ; Espagne, 24 octobre 1848 ; Canada, mai 1850; Mexique et Pérou, 1850 ; Suède, 1851 ; Chili, janvier 1852 ; Inde, 18 avril 1853 ; Norvège, juillet 1853 ; Portugal, 1854 ; Brésil, 21 avril 1858 ; Victoria (Australie), 14 septembre 1854 ; Colombie anglaise, 28 janvier 1855 ; Nouvelle-Galles du Sud (Australie), 25 septembre 1855 ; Egypte, janvier 1856 ; Natal, juin 1860 ; Turquie, 4 octobre 1860.
- * *
- ETRANGER
- Allemagne
- L’exposition internationale d’alimentation populaire et d’art culinaire aura lieu au Krijstallpalast de Leipzig, du 27 au 31 courant.
- *
- * •¥•
- Un chef-d’œuvre d’horlogerie, unique en son genre et de beaucoup supérieur à tout ce qui a pu être antérieurement exécuté dans cette branche,_ vient, paraît-il, d’être achevé par l’horloger Christian Martin, de Villingen, petit village de la Forêt-Noire.
- L’horloge qu’il a construite, haute de3 mètres 50 cent., large de 2 mètres 75 cent., profonde de 56 cent., de style gothique, marque les secondes, les minutes, les quarts d’heures, les heures, les jours, les semaines, les mois, les saisons, les années simples et bissextiles, jusqu’en 90,999.
- Australie du Sud
- M. Lockroy, ministre du commerce et de l’industrie, s’est chargé de donner la publication officielle à l’exposition d’Adélaïde pour le centenaire rie la découverte de l’Australie.
- Le consul général de France en Australie sera probablement chargé de la protection des intérêts des exposants français. Un crédit de peu d’importance sera affecté à la réunion d’objets d’art français destinés à cette exposition.
- * *
- Asie centrale
- La Russie a fait dresser les plans pour l’établissement d’une voie ferrée destinée à relier Moscou à Pékin et Shanghaï, c’est-à-dire l’Asie centrale attaquée et traversée tout entière, et la civilisation européenne pénétrant pour la première fois par terre jusqu’au fond de l’extrême Orient.
- Le gouvernement russe n’a point encore rendu de décision sur les trois projets qui lui ont été soumis. Chacun a sa base à Iékaterine bourg, sur le versant oriental des monts Ourals (frontière européenne). Le premier court sur Pékin à travers la Sibérie méridionale et la Mandchourie, en passant par lrkoutsk, Tchita et Dolon-Voor. Le second sur Pékin également, a pour stations principales Kiatka et Ourga, c’est-à-dire un tracé se rapprochant beaucoup du premier, quoique plus au Sud.
- Le troisième projet, enfin, dirige sa ligne sur Shanghaï par Omsk et Hankow.
- Ce travail gigantesque s’attaquera à des difficultés de toute nature, surtout quand on se trouvera dans la Sibérie méridionale, où il faudra franchir l’énorme chaîne de l’Altaï.
- La dépense est évaluée à 250 millions de roubles, soit environ un milliard.
- *
- * *
- États-Unis
- L’ouverture de l’exposition des artistes français que devait organiser Durand-Ruel aux American Arts. Galleries, de New-York, vient d’être retardée jusqu’au printemps.
- *
- * *
- Chez Doll et Richard, à Boston, les amateurs peuvent admirer, en ce moment, une collection d’œuvres choisies des artistes américains le plus en vue.
- La Gazette de la Voie Ferrée, du 3 décembre, nous apprend que le réseau des chemins de fer aux Etats-Unis s’est augmenté en 1886, de 6,111 milles de nouvelles voies, contre 2,523 milles en 1885, 3,509 en 1884, 5,819 en 1883 et 9,574 milles en 1882.
- Le nombre des commerçants aux Etats-Unis s’est élevé durant les 10 premiers mois de l’année 1886, à 333,948 individus. Il n’avait atteint, dans la période correspondante de 1885, que le chiffre de 294,575.
- Italie
- Un peu de statistique.
- Il y avait en 1836, dans les anciens Etats aujourd’hui compris dans les limites de l'Italie Uni-
- p.462 - vue 19/496
-
-
-
- Troisième Année. — N? 106.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 18S9
- Dimanche 9 Janvier 18S7. — 460.
- fiée, 185 publications périodiques de tous genres ; il y en a maintenant 1,459, ce qui représente environ une multiplication par 8.
- L’Italie comptait, en 1830, 22 millions d’habitants ; il y avait donc un journal par 118,785 habitants. Aujourd’hui que ce même pays en compte 30 millions, il y a un journal pour 20,356 habitants.
- Sur les 1,459 publications paraissant actuellement, un grand nombre, le tiers environ, est consacré à la politique, 151 traitent d’agriculture, 90 dé sciences, de lettres et d’enseignement, 68 de médecine et de chirurgie, etc., 97 de musique et d’art dramatique, 14 enfin de beaux-arts.
- * *
- Brésil
- D’après la statistique officielle, il est arrivé au Brésil pendant le mois d’octobre dernier 2,179 immigrants.
- Au point de vue des nationalités, ces nouveaux venus se divisent ainsi : 1,229 Italiens, 693 Portugais, 115 Espagnols, 94 Allemands, 13 Français, 9 Autrichiens, 8. Anglais, 7 Belges, 11 de divers pays.
- Pendant la même période, 582 personnes ont émigré du Brésil pour l’Europe et 25 pour le Rio de la Plata.
- *
- * #
- Pays-Bas
- Nous avons, à différentes reprises, parlé de l’exposition internationale de travaux artistiques d’aiguille, organisée à Amsterdam, et inaugurée le 6 décembre dernier.
- La distribution des récompenses vient d’avoir lieu.
- Sur les quatre médailles d’or que le comité devait décerner aux exposantes plus méritautes, trois ont été obtenues, dans la section allemande par MmeS Herminie Wernigk, de Cologne, Elisa Bender, de Wiesbade, et Rosa Waier, d’Ulm.
- La quatrième médaille a été remportée par la section anglaise.'
- *
- * *
- République Argentine
- La chambre de commerce de Bordeaux a reçu de M. le consul de la République Argentine dans cette ville une communication annonçant, pour le 1er avril 1887, l’ouvertm’e d’une exposition générale à Parana, province d’Entre-Rios.
- Les règlements concernant cette exposition sont déposés à la chancellerie du consulat de la République Argentine, cours du Jardin Public, 4.
- Tonkin
- M. le ministre du commerce et de l’industrie vient de recevoir du résident général de la République française en Annam et au Tonkin un envoi d’échantillons de tissus divers de coton, de laine et de soie, de damas, tapis, couvertures en coton et en laine, foulards, grenadines et mousselines, de Cotonnades unies et imprimées, rouge d’An-drinople, etc.
- Ces échantillons représentent des produits de provenances française, anglaise ou suisse, et qui se vendent soit en Annam et au Tonkin, soit dans les autres régions de l’extrême Orient.
- Les articles composant la collection dont il s’agit et accompagnés des indications de longueur, largeur, prix de vente, usage, etc., sont à la disposition des intéressés au ministère du commerce et de l’industrie, 244, boulevard Saint-Germain (Direction du commerce extérieur. —Bureau des renseignements commerciaux).
- MINISTÈRE DU COMMERCE ET DE ^INDUSTRIE
- MÉDAILLES D’HONNEUR
- AUX OUVRIERS ET EMPLOYÉS
- Les demandes pour les me'dailles d’honneur instituées parle décret du 16 juillet 1886 en faveur d’ouvriers ou employés français restés pendant plus de trente ans dans le même établissement industriel ou commercial, doivent être adressées directement à M. le ministre du commerce et de l’industrie pour les candidats domiciliés dans le département de la Seine, et par l’intermédiaire des préfets pour ceux résidant en province.
- Ces demandes doivent être formulées sur papier timbré et indiquer d’une manière précise les noms, prénoms, âges, lieux de naissance, professions et domiciles des candidats, ainsi que la durée de leurs services, la nature des travaux auxquels ils sont
- occupés et la désignation exacte de l’établissement dans lequel ils travaillent.
- Si la demande est présentée par l’intéressé lui-même, il doit, autant que possible, produire à l’appui un certificat légalisé de son patron.
- Afin de faciliter l’examen des. dossiers, il est indispensable qu’une demande particulière soit faite pour chacun des candidats.
- 1 — Ml i>jl M 1— ---------
- LES LIVRES
- xci
- Mémoires pour servir à la vie de M. de Voltaire, écrits par
- lui-même, publiés par un bibliophile. — Collection des Petits
- chefs-d'œuvre. — Librairie des Bibliophiles. Jouaust et
- Sigaux, éditeurs.
- Une bonne recette pour inaugurer nos causeries littéraires de 1887. Quand vous sentez l’année vous gagner, la bile fermenter, quand vous tombez dans le pessimisme et du pessimisme dans la misanthropie, des lunettes noires aux lunettes rouges, quand vous prenez les hommes en dégoût, quand vous trouvez les femmes bien frivoles, quand vous êtes mécontent de votre maître, de votre maîtresse, de votre ami, de vous-même, au lendemain, par exemple, de ces fêtes delà banalité, de la médiocrité, de l’avidité universelle, qui ouvrent la nouvelle année, voulez-vous vous remettre en un instant de vos énervements, de vos agacements, voir s’écarter de vous le nuage chargé de vapeurs, recommencer à trouver la vie bonne, l’homme drôle, et à vous reprendre au goût de l’existence par le désopilement de rate que procure la triple volupté pour l’esprit de la curiosité, de la malignité satisfaite, et aussi de cette clarté, de cette gaîté du style qui font trop rarement la joie du lecteur ? eh bien, prenez dans votre bibliothèque un volume de Voltaire. Le remède est souverain. Essayez-en ; vous m’en direz des nouvelles. Mais il faut prendre du Voltaire du bon coin. Voltaire n’est jamais ennuyeux. Mais il n’est pas toujours également amusant.
- Du Voltaire du bon coin, du Voltaire d’étrennes, du Voltaire qui amuse, qui console, qui venge, c’est le Voltaire du pamphlet où il épanchait, sous forme de Mémoires, sa bile contre son ami, puis son ennemi intime Frédéric, en se réservant, suivant son habitude, souvent déçue par les indiscrétions des secrétaires, les fraudes des copistes et les spéculations des libraires, de ne pas voir, par crainte d’en être blessé, l’éclat de ces obus, de ces brûlots de médisance, qui, dans sa pensée, devaient demeurer posthumes.
- On trouvera dans la Notice tous les détails, fournis par un bibliophile dont l’incognito transparent et trop modeste trahit M. Bengesco, un Valaque qui sait son Voltaire mieux que personne en France et en Europe, qui peuvent éclairer les questions relatives à la composition et à la publication de ces fameux Mémoires de Voltaire.
- Nous avons hâte de les lire, d’en recommander la lecture au public, et de lui dire quels ragoûts assaisonnés du plus fin vinaigre aristophanesque, du plus piquant sel gaulois il y trouvera.
- Voltaire y raconte moins sa vie intime ou publique que l’épisode qui en occupe la plus grande partie, nous voulons parler de ses relations avec Frédéric depuis la lune de miel de ces relations, consacrée par un échange de prose et de vers, de compliments et d’épigrammes, le logement, la pension, la clef de chambellan, l’ordre du Mérite, jusqu’à la lune rousse, la disgrâce, la fuite, l’arrestation et l’ambassade menaçante du général chargé de venir réclamer au proscrit les poésies du roi son maître.
- Depuis de longues années le gouvernement prussien a présidé à la publication des œuvres de Frédéric et de sa correspondance, publication officielle, non sans lacunes, sans retenta, et toute combinée en vue de faire honneur à la mémoire du général, du politique, de l’administrateur de génie auteur de la grandeur de la monarchie et de la dynastie. Sainte-Beuve a longuement et minutieusement analysé ces volumes, au fur et à mesure de leur mise au jour.
- Ils sont d’un important appoint, d’une contribution décisive pour l’histoire définitive de la Prusse au xvin® siècle et de Frédéric. Ils font mieux connaître le roi. Mais on peut dire, tout en faisant réserve pour les malignités outrées et les révélations scandaleuses qu’il ne faut accepter que sous le bénéfice d’inventaire de la critique impartiale, qu’on ne connaît bien l’homme dans Frédéric, ni ses origines, ni les influences maîtresses qui formèrent son caractère, son esprit et dominèrent sa vie qu’à la condition d’avoir lu les Mémoires de sa sœur Wilhelmine, la margrave de Bareuth, si femme, si.Française de ton, de bon sens et d’esprit, un vrai Frédéric en jupons moins les vices, et surtout d’avoir lu les Mémoires de Voltaire.
- On ne le fera pas sans souscrire à ce mot de Joseph de Maistre, quisous la forme frivole d’une boutade a toute la profondeur d’un jugement : « Frédéric n’a pas été un grand homme, mais un grand Prussien ».
- Rien de plus amusant que ces Mémoires, de plus charmant, de plus vif d’allure, de plus ensorcelant par le charme de cette phrase courte, ailée, qui vole et pique comme l’abeille, et dont on peut dire, comme la duchesse du Maine le disait de l’abeille qu’elle avait prise pour emblème,que toute petite qu’elle est elle fait de grandes blessures.
- On ne se lasserait pas plus de citer qu’on ne se lasse de lire, et on ne peut tout citer, surtout les passages relatifs à la vie intime du roi de Prusse. Mais pour donner l’idée de cette nouveauté, de cette surprise charmante du langage de la conversation et du salon appliqué aux choses de l’his—' toire et de la politique, nous donnerons quelques traits de l’oraison funèbre du cardinal de Fleury.
- « Il laissa la réputation d’un esprit fin et aimable plutôt que d’un génie, et passa pour avoir mieux connu la cour que l’Europe.
- « J’avais eu l’honneur de le voir beaucoup chez Mme la maréchale de Villars, quand il n’était qu’ancien évêque de la petite vilaine ville de Fréjus, dont il s’était toujours intitulé évêque par l’indignation divine comme on le voit dans quelques-unes de ses lettres. Fréjus était une très laide femme qu’il avait répudiée le plus tôt qu’il avait pu. Le maréchal de Villeroi, qui ne savait pas que l’évêque avait été longtemps l’amant de la maréchale sa femme, le fit nommer par Louis XIV précepteur de Louis XV, de précepteur il devint premier ministre, et ne manqua pas de contribuer à l’exil du maréchal son bienfaiteur. C’était, à l’ingratitude près, un assez bon homme. Mais, comme il n’avait aucun talent, il écartait tous ceux qui en avaient dans quelque genre que ce pût être ».
- Voltaire avait dû succéder à l’Académie française au cardinal de Fleury et fut écarté du fauteuil par la jalousie de certains de ses amis et les intrigues de ses ennemis secondées par le fanatisme bigot de l’ancien évêque de Mirepoix, Boyer, celui que Voltaire appelait en jouant sur sa signature griffonnée, l’âne de Mirepoix et dont la persécution le jeta dans les bras du roi philosophe. Ce ne fut pas sans lancer sa flèche du Parthe.
- Ici il faut encore citer
- « Le roi de Prusse, qui n’y allait pas de main morte quand il fallait frapper sur les moines et sur les prélats de cour, me répondit avec un déluge de railleries sur l’âne de Mirepoix et me pressa de venir. J’eus grand soin de faire lire mes lettres et les réponses. L’évêque en fut informé. Il alla se plaindre à Louis XV de ce que je le faisais, disait-il, passer pour un sot dans les cours étrangères. Le roi lui répondit que c’était une chose dont on était convenu, et qu’il ne fallait pas qu’il y prît garde ».
- Encore un mot, car il faudra fermer le livre.Tout serait à citer. Et c’est un vrai régal de gourmet littéraire que ce récit alerte, espiègle qui se joue autour de l’idée et de l’avènement et enfonce toujours au bon point la flèche épigrammatique.
- « Soit économie, soit politique il (Frédéric), n’accordait pas la moindre grâce à ses anciens favoris et surtout à ceux qui avaient risqué leur vie pour lui quand il était prince royal. Il ne payait pas même l’argent qu’il avait emprunté alors; et comme Louis XII ne vengeait pas les
- p.463 - vue 20/496
-
-
-
- 464- — Troisième Année — N° 106.
- injures du duc d'Orléans, le roi de Prusse oubliait les dettes du prince royal ».
- Je finis comme j’ai commencé. Rien de réconfortant, de revivifiant, de ravigotant comme, au lendemain des jours d’étrennes, chers seulement'aux enfants et aux domestiques, la lecture de quelques pages de Voltaire. Et les Mémoires en comptent beaucoup du meilleur et du plus piquant cru de Voltaire.
- M. de Lescure.
- AVIS COMMERCIAUX
- CHINE
- Comité consultatif de Shanghaï
- M. Chapsal, président du Comité consultatif du commerce français et protégé français de Shanghaï, vient de faire part du fonctionnement de Ta nouvelle institution à M. le ministre du commerce et de l’industrie et lui a, en même temps, adressé les statuts et le règlement intérieur de ce comité.
- On trouvera ces documents dans le Moniteur officiel du commerce du 3o décembre dernier.
- ALGÉRIE
- Création d’un musée commercial a Philippeville
- M. le ministre du commerce et de l’industrie a, par décision du 21 décembre dernier, approuvé la création d’un musée commercial à Philippeville par M. Lalliermonet, courtier assermenté. Le nouveau musée est fondé avec le patronage de la Chambre de commerce de cette ville.
- ANNAM ET TONKIN
- Envoi d’échantillons
- M. le ministre du commerce et de l’industrie vient de recevoir un nouvel envoi du résident
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- général de la République française en Annam et au Tonkin, consistant en échantillons de costumes d’hommes, couvre-pieds garnis, hamacs, en tricots de coton, en foulards, fichus et tissus de soie, coussins brodés, pantoufles brodées, et en tissus de coton.
- Les articles de cette collection, accompagnés des indications de longueur, largeur, prix de vente, usage, etc., sont à la disposition des intéressés au ministère du commerce et de l’industrie, boulevard Saint-Germain, n° 244 (Direction du commerce extérieur. — Bureau des renseignements commerciaux).
- --------imTpp-—-----------------
- LES THEATRES
- Odéon. — Reprise du Lion amoureux, de François Ponsard. Bouffes-Parisiens.—Première représentation de Les Grenadiers de Mont-Cornette, opérette en trois actes de MM.
- Daunis, Delormel et Philippe, musique de M. Ch. Lecocq.
- L’Odéon a repris vendredi dernier, 3i décembre, le Lion amoureux de Ponsard. Cette reprise n’a pas, je me hâte de le constater, produit tout l’effet qu’on en attendait. A quoi cela tient-il ? Je ne me chargerai pas de l’expliquer, mais il m’a semblé que la prosodie légèrement somnifère de l’auteur de 1 ’Honneur et l'Argent n’était guère de nature à faire excuser par la critique le dérangement que lui imposait, à la veille du jour de l’an, la direction de l’Odéon.
- Dominé par la légitime appréhension du lendemain, le public de la première est venu sur la rive gauche en d’assez mauvaises dispositions et cette fâcheuse humeur ne s’est pas démentie de toute la soirée, la comédie de Ponsard n’étant pas de celles qui dérident les esprits prévenus. Vous m’excuserez donc de glisser rapidement sur ce Lion amoureux dont la réputation est déjà acquise, littérairement. Je me bornerai à en-dire que M. Paul Mounet a prêté au personnage que nous trouvions
- Dimanche 9 Janvier 1887.
- légèrement raseur du conventionnel Humbert l’autorité d’un talent déjà mûr et que M11® Passot, qui débutait dans le rôle de la marquise de Mau-pas, y a obtenu un double succès d’artiste et de jolie femme.
- Aux Bouffes, les Grenadiers de Mont-Cornette nous ont montré une lourde erreur d’un homme de talent. Je ne comprendrai jamais qu’un musicien de la valeur de Charles Lecocq ait pu accepter d’écrire de la musique sur un livret aussi dépourvu d’intérêt que l’oeuvre de MM. Daunis, Delormel et Philippe.
- A l’heure où paraîtront ces lignes, Mme Ugalde aura sans doute déjà fait disparaître de son affiche ces Grenadiers de Mont-Cornette, triste lendemain du grand succès de Joséphine vendue par ses sœurs. S’il en était autrement il faudrait juger sévèrement une direction qui n’aurait pas senti que derrière l’ennui noir que distillent ces trois actes il y a, dans les Grenadiers de Mont-Cornette, une offense au bon goût du public : le livret appartient au plus mauvais genre du café-concert, et l’on ne saurait trop protester contre l’envahissement de notre théâtre par un esprit et un style — pour ne pas dire absence d’esprit et absence de style— dont la liberté de fumer et de boire des bocks constitue le complément indispensable.
- Ceci dit, je me fais un véritable devoir de déclarer que M1Ie Marguerite Ugalde, qui faisait sa rentrée dans ces fâcheuses conditions, a défendu pied à pied son rôle avec toutes les qualités nombreuses qui font d’elle l’une de nos étoiles d’opérette les plus justement appréciées. Et franchement j’aurais voulu avoir à lui faire d’autres compliments que des compliments de condoléance.
- Georges Grisier.
- Le Gérant, GARREAU.
- Tours. — lmp. E. ARRAULT et Cie, rue de la Préfecture, 6.
- PARIS-NOËL
- Prime du MONITEUR DE L’EXPOSITION de 1889.
- L’administration du Moniteur de l’Exposition de 1889, d’accord avec les éditeurs de PARIS-NOEL, est en mesure d’offrir à ses ABONNÉS, dans des conditions exceptionnelles, cette splendide publication.
- A partir du 3o décembre, on pourra se procurer dans nos bureaux (1) à raison de 2 fr. 5o le numéro de PARIS-NOEL de 1886.
- On verra par le sommaire qui suit, si riche en signatures littéraires et artistiques, combien ce prix est modeste, comparé à celui des livraisons du même genre, surtout si l’on considère que ce numéro de Noël est le seul qui contienne des eaux-fortes et des héliogravures supplémentaires.
- SOMMAIRE DU PARIS-NOEL
- HORS TEXTE
- Supplément artistique HENNER.— Sperata. (Eau-forte.) — LOÜISE AB-BEMA. --Parisienne. (Eau-forte.) — EDOUARD DETAILLE. — La tournée d’inspection. (Héliogravure.)— ROYBET. —Trio. (Héliogravure.) — CHARLES CHAPLIN. — La musique. (Dessin aux trois crayons.) — BOUTET DE MONVEL. — Ronde d’enfants. (Aquarelle.)
- Supplément littéraire VICTORIEN SARDOU. — Macbeth. (Traduction en vers.) - FRANÇOIS COPPÉE. — L’Étoile des Bergers. (Poème).
- Supplément musical Chansons populaires, notées et illustrées par de Boisvray. — Ronde enfantine, musique de L. Dauphin, paroles de E. Blémont. — Retraite Hongroise et Valse mélancolique, par L. D iu-phin et Ch. Blanc.
- (l) Nos abonnés de la province et de l’étranger qui en feront la demande voudront bien ajouter ]a somme de 75 centimes, prix du port, pour que ce numéro leur soit adressé soigneusement emballé et leur arrive en bon état.
- S***rmm ét GEORGES ROCHEGROSSE
- TEXTE
- THÉODORE DE BANVILLE. — Les saisons. (Poésie.) — ALPHONSE DAUDET. - Le club. (Nouvelle.) — JOSÉ MARIA DE HÉRÉDIA. — Épiphanie. (Sonnet.) — ARMAND SYLVESTRE. Contes de fée*. — PAUL ARÈNE. — Le Noël des moineaux. (Contes en vers.) — ÉDOUARD ROD. — A Londres. — PAUL HERVIEU. -Le Seigneur à la grosse tête. (Nouvelle.) — PAUL BOURGET. - Pensées. - GUSTxYVE GŒTSCHY. — Réveillon.
- GRAVURES
- BONNAT. - La Cruche cassée. — J. YVORMS. -Les fêtes de Noël en Espagne.— HEILBUTH.— La Visite de la supérieure. — TISSOT. — Sur mer. — Sur terre. — ROCHEGROSSE. — Les Saisons (tirage en couleurs). — JOHN LEWIS BROWN. — Rendez-vous de chasse (tirage en couleurs.) — POKITONOW. — Foire de Noël en petite Russie. — PINCHART. — Un début, (tirage en couleurs.) — ADRIEN MARRIE. — A Londres. — A. BRUN. — Coûte de Noël. — A. F OURIE.— Les petites légendes.— GIR \LDON. — Le Noël des moineaux. — Épiphanie. — BÉTHUNE. - Rêverie.
- COUVERTURE
- GIRALDON. — Composiiion générale. — THÉ-VENOT. — Figure principale (tirage en dix couleurs).
- L’impression sur grand papier de luxe (4j centimètres sur 3y) du PARIS-NOEL et ses reproductions artistiques ont été exécutées comme la livraison de 188S qui a eu un succès si retentissant. C’est une garantie de plus pour nos souscripteurs.
- Il sera tiré de cette publication 100 exemplaires sur grand papier impérial du Japon. — Prix 25 francs.
- Le premier numéro de Paris-Noël paru en i885 dont il reste un petit nombre d’exemplaires sera vendu au prix de 4 fr.
- A toute per sonne non abonnée qui en fera la demande, le Paris-Noël de 1886 sera adressé au prix de 3 fr. 5o, le port en sus.
- LES PUBLICATIONS ILLUSTREES. — PARIS-NOEL, prime du « moniteur de l’exposition de 1889 »
- (Réduction au huitième de l’une des pages, illustrée par M. Rochegrosse.)
- p.464 - vue 21/496
-
-
-
- Le Moniteur
- DE
- L'EXPOSITION DE
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
- TROISIÈME ANNÉE Dimanche 16 Janvier 1887. NUMÉRO 107.
- SOMMAIRE :
- 1. Comité de direction; 2. Les travaux ; 3. Sous-commission des finances ; 4. Sous-commission des travaux ; 5. Exposition d’économie sociale, en 1889; 6. La salle Petit ; ,7. L’Italie à l’Exposition de 1889 ; 8. Comité départemental de la Manche ; 9. Comité départemental des Côtes-du-Nord ; 10. Comité départemental de l’Oise ; 11. Comité départemental des Basses-Pyrénées ; 12. Echos; i3. Sciences et Industrie; 14. Les grands travaux publics ; i5. Les Livres ; 16. Les Théâtres.
- COMITÉ DE DIRECTION
- Le comité administratif de direction de l’Expo-sition universelle s’est réuni ce matin sous la présidence de M. Lockroy, ministre du commerce et de l’industrie.
- M. de la Porte, sous-secrétaire d’Etat aux colonies, accompagné de M. Renard, sous-directeur au ministère de la marine et des colonies, assistait à la séance. La question de l’exposition des colonies a été examinée au double point de vue de l’emplacement et des surfaces à couvrir.
- Le comité administratif a enregistré avec satisfaction les assurances de M. le sous-secré-taire d’Etat relativemem à la participation de ses services, et dès maintenant on peut prévoir que cette exposition spéciale sera particulièrement intéressante, tant au point de vue pratique et colonial qu’au point de vue pittoresque.
- Les berges de la Seine fourniront aux services annexes des colonies une heureuse disposition, dans laquelle s’encadreront merveilleusement les installations multicolores des produits exotiques, la batellerie, la pêche, les habitations, etc., etc.
- M. le sous-secrétaire d’Etat a remercié M. le ministre de ses intentions à l’égard des colonies.
- Le comité administratif, après le départ de MM. de la Porte et Renard, a examiné ensuite :
- i° Diverses questions d’ordre intérieur, qui seront soumises sous peu à la commission des 43, concessions intérieures de l’Exposition, manutention, etc. ;
- 20 D’autres affaires, qui avaient été acceptées en principe par le comité des finances et de contrôle, mais pour lesquelles il s’agissait de pourvoir aux moyens d’exécution, chemin de fer intérieur, couverture en verre du palais central, etc. La séance a été levée à midi et demi.
- -------------> --------------—- -
- LES TRAVAUX
- L’approbation donnée aux plans et devis de l’Exposition par les sous-commissions des travaux et des finances, approbation qui sera ratifiée par la commission des 43, clôt définitivement la période d’élaboration de cette grande oeuvre. Les travaux vont désormais pouvoir être activement entrepris, et, aussitôt que le ministre du commerce et de l’industrie aura donné la signature indispensable, il sera procédé aux adjudications relatives aux diverses parties du palais du Champ-de-Mars.
- On se souvient que le plan comporte deux palais latéraux situés en bordure des avenues de Suffren et Labourdonnais, destinés aux beaux-arts et aux arts libéraux, un vaste palais central, contenant les sections françaises et étrangères, une immense galerie occupant le fond du Champ-de-Mars et destinée aux machines.
- L’adjudication des fondations et des fermes métalliques pour les sections françaises et étrangères a déjà eu lieu. Les autres adjudications auront lieu très probablement dans l’ordre suivant, déterminé par M. Alphand, directeur général des travaux :
- i° Fondation des palais des arts libéraux et des beaux-arts, confiés àM. Formigi, architecte;
- 20 Fondations et fermes métalliques de l’énorme galerie des machines, dont la construction est dévolue à M. Dutert, architecte;
- 3° Fermes métalliques du palais des beaux-arts et des arts libéraux. Ces adjudications pourront être échelonnées dans la deuxième quinzaine de février et de la première de mars.
- Les fouilles de la tour Eiffel ont été commencées hier, les travaux seront activement poussés.
- Ajoutons que la convention définitive a été signée, il y a quelques jours, par M. Lockroy, ministre du commerce et de l’industrie et M. Eiffel.
- SOUS-COMMISSION DES FINANCES
- La sous-commission des finances de l’Exposition universelle s’est réunie mercredi, à quatre heures, au ministère du commerce et de l’industrie, pour examiner les devis complets du palais du Champ-de-Mars, présentés par M. Alphand, directeur général des travaux.
- La sous-commission a approuvé ces devis à l’unanimité et a décidé que M. Jacques, conseiller municipal, présenterait en son nom un rapport favorable à la commission de contrôle et de finance.
- La sous-commission des finances a vivement félicité M. Alphand d’avoir, suivant les indications de la commission des 43, réduit les devis dans une large mesure, tout en conservant au palais de l’Exposition son caractère grandiose.
- La sous-commission des travaux ayant déjà, de son côté, approuvé, avant-hier, les projets, au point de vue technique, la commission des 43 se trouvera en mesure, dans sa prochaine séance, d’adopter définitivement les plans et les devis.
- SOUS-COMMISSION des TRAVAUX
- La sous-commission des travaux de l’Exposition s’est réunie mardi matin au ministère du commerce et de l’industrie, sous la présidence de M. Teisserenc de Bort, sénateur.
- M. Ecouard Lockroy étant retenu au conseil des ministres, le ministre a présenté, par l’organe de M. le directeur général des travaux, le projet d’ensemble du palais du Champ-de-Mars avec les plans et les devis des architectes.
- La séance a été employée à l’examen attentif de ces documents, qui passeront demain sous les yeux de la sous-commission des finances et seront définitivement examinés par la commission des 43, à la séance du 21 janvier.
- M. Ménard-Dorian a été nommé rapporteur de la sous-commission.
- Son rapport, qui résumera les opinions qui se sont fait jour dans la séance d’aujourd’hui, sera ultérieurement présenté à la commission des 43.
- Après un nouvel examen de la sous-commission, il portera sur les points suivants:
- i° Sur le plan du palais des beaux-arts, au sujet duquel la sous-commission désire revenir à une exécution plus simple.
- 20 Sur le palais des industries diverses, pour lequel la commission a invité l’architecte à réserver la possibilité d’un second étage.
- 3° Sur la galerie des machines, que la sous-commission désire voir exécuter, conformément au plan proposé, avec quelques modifications de détail.
- La sous-commission a eu à examiner ensuite, au point de vue des devis des travaux, l’ensemble des opérations auxquelles donnera lieu le nivellement du Champ-de-Mars et l’établissement du réseau général d’égouts.
- Elle a décidé qu’elle proposerait à la commission des 43 d’accepter les offres de l’adjudicataire du premier lot de terrassement et de fondations, qui s’engage à prendre avec un rabais de 33 5o o[o la nouvelle entreprise évaluée à environ 700,000 francs.
- Toutefois, nous croyons savoir que s’il se présentait des entrepreneurs sérieux, disposés à soumissionner avec un rabais supérieur, le ministre commissaire général procéderait à une adjudication.
- La séance a été levée à midi.
- EXPOSITION
- D’ÉCONOMIE SOCIALE EN 1889
- Une importante réunion a eu lieu, mercredi matin, dans le cabinet de M. Lockroy, ministre du commerce et de l’industrie, assisté de M. Georges Berger, directeur général de l’exploitation de l’Exposition de 1889. Après s’ètre mis d’accord avec ce dernier, MM. Lyonnais, Per-nollet, députés ; Charles Robert, Theysson, Re-maur.y, Lami, Ducret, Veyssier, Coffinou, Paul Bucquet: Marquot sont venus entretenir le ministre du projet d’une exposition d’économie sociale formant un groupe spécial, qui mettrait en relief toutes les institutions créées soit par
- p.465 - vue 22/496
-
-
-
- 466. — Troisième Année. — N° 107.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 16 Janvier 1887.
- les chefs d’industrie en faveur de leurs ouvriers, soit par l’Etat ou les villes pour améliorer la condition physique et morale des citoyens, les habituer à l’épargne, leur faire connaître les avantages delà mutualité, etc., etc.
- M. Lockroy a fort bien accueilli ces propositions et M. Georges Berger va se mettre à l’œuvre pour assurer la réalisation de cette exposition avec le concours d’une commission spéciale qui sera nommée.
- LA. SALLE PETIT
- Le 14 janvier a eu lieu, à la salle Petit, 8, rue de Sèze, l’ouverture d’une très intéressante exposition de 35o aquarelles dues au pinceau de M. Charles Toché.
- Ces aquarelles faites d’après nature en Italie, en Allemagne, en Espagne, en Orient, ces études d’une puissante originalité et d’un rare mérite, ont obtenu le plus vif succès.
- Ce sera une des expositions les plus goûtées de la saison.
- L’ITALIE
- A L’EXPOSITION DE 1889
- On lit dans le Diritto :
- Nous apprenons que quelques commerçants, industriels et producteurs, désireux de constituer un syndicat dans le cas où l’Italie prendrait part à l’Exposition universelle de Paris, ont demandé au comité central de cette Exposition des renseignements au sujet de leur participation éventuelle.
- Le comité a répondu que le gouvernement français se réserve d’inviter les nations étrangères à prendre part à l’Exposition le jour où l’organisation générale, administrative et technique de cette grande entreprise sera assez avancée pour pouvoir fournir immédiatement tous les renseignements et documents précis permettant aux commissaires délégués de faire des préparatifs d’une manière sûre et certaine. Le comité assure que le gouvernement croit
- que ce moment est très proche.
- *
- 4 4
- VOpinione dit qu’au point de vue économique l’Italie aurait toutes les raisons de refuser de participer à l’Exposition de Paris en 1889.
- D’après ce journal, les peuples peu avancés en industrie ont plus d’intérêt à étudier les expositions universelles qu’à y participer.
- C’est ainsi que l’Allemagne a préparé dans le silence de l’abstention ses victoires industrielles..
- Les premières expositions ont inauguré le régime du libre-échange ; l’exposition de Paris vient après l’établissement des tarifs les plus élevés, après le discours de M. Lockroy engageant l’ouvrier français à s’unir aux fabricants contre les producteurs étrangers.
- C’est un contre-sens de surélever les droits après avoir invité les peuples à concourir sur le terrain libre de l’économie.
- Néanmoins, YOpinione reconnaît que l’Italie ne peut pas s’abstenir de participer à l’exposition ; cette abstention ajouterait un malentendu déplus à tant d’autres qui ont surgi, non par sa faute, entre les deux-pays voisins et amis.
- Les rapports économiques des deux nations se tendraient au moment ou toutes deux ont besoin de s’entendre dans leurs négociations commerciales, maritimes et monétaires.
- Malgré une dépense sans grande utilité, l’Italie doit accepter l’imutation qu’on lui a adressée, d’autant plus qu’on fêtera à Paris, en 1889, les principes que l’Italie aime et défend également.
- COMITÉ DÉPARTEMENTAL
- DE LA MANCHE
- Par arrêté en date du 29 décembre 1887, le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a constitué comme suit le comité départemental de la Manche :
- i° Sous-comité de l’arrondissement de Saint-Lô.
- MM. Lenoël, sénateur, président du conseil général.
- Houssin-Dumanoir, membre du conseil général, maire de Saint-Lô.
- Breton, président du tribunal de commerce de Saint-Lô et de la chambre consultative des arts et manufactures, fabricant de papiers.
- Froidevaux, inspecteur général des haras.
- Marie-Cardine, inspecteur d’académie.
- Dolbet, archiviste départemental, membre de la société d’agriculture, d’archéologie, et d’histoire naturelle du département de la Manche.
- Rozeray, professeur départemental d’agriculture.
- Leparquois, ingénieur civil, fabricant de tissus.
- Huet (Ocellus), membre delà société d’agriculture, d’archéologie et d’histoire naturelle.
- Granger, ingénieur civil, directeur de la compagnie chaufournière du Hamel-Bazire, à Cavigny.
- Roux, ingénieur civil, directeur de la compagnie chaufournière de l’Ouest, à la Meauffe.
- Benech, fabricant d’instruments agricoles, à Saint-Lô.
- Colas, chef de division à la préfecture.
- Mallet, chef de division à la préfecture.
- Achard-Lebas, éleveur, ' marchand de chevaux à Saint-Lô.
- de la Gonnivière, vice-président de la société d’agriculture de l’arrondissement de St-Lô, à St-Eny.
- Allix-C.ourboy, propriétaire-éleveur, à Saint-Côme-du-Mont.
- Gillain (Victor), propriétaire-éleveur, à Ca-rentant.
- Sanson de la Valesquerie (Félix), agriculteur à St-Ebremond-de-Bonfossé.
- Raulline, propriétaire, maire à Remilly.
- Blouët, propriétaire, conseiller général, à Percy.
- Lehéricey, propriétaire, conseiller d’arrondissement, à Percy.
- Dr Bernard, conseiller général, à Saint-Clair.
- Manoury, vétérinaire, conseiller d’arrondissement, à Saint-Clair.
- Mignot, propriétaire, maire de Saint-Geor-ges-d’Elle.
- Lebas (François), propriétaire-éleveur à Saint-Fromont.
- Beaufis (Gilles), propriétaire, maire de Moyon.
- Dr Pommier, conseiller général à Torigny-sur-Vire.
- Cord’homme, propriétaire, conseiller d’arrondissement, à Guilberville.
- Duval (Albéric), propriétaire-éleveur à Condé-sur-Vire.
- 2e Sous-comité de l’arrondissement d’Avranches
- MM. Gautier, conseiller général, maire d’Avran-ches.
- Langlois (Jacques), vice-président de la nouvelle société d’agriculture d’Avran-ches.
- Debon (Léon), négociant à Avranches.
- Desfeux, négociant tanneur à Pons
- Riotteau, armateur, conseiller général, président de la chambre de commerce de Granville.
- Toupet, président du tribunal de commerce de Granville.
- Dior, (Lucien), fabricant d’engrais à Granville.
- Denis-Thieudière, conseiller général à Bré-cey.
- Debesne, agriculteur, maire à Saint-Nicolas-des-Bois.
- Laurent, agriculteur, maire de Cresnays.
- Baron, conseiller général à Ducey.
- Dupont (Armand), agriculteur, à Saint-Quentin.
- Fontaine, conseiller général, à laHaye-Pres-nel.
- . Lebourgeois, agriculteur, maire à la Lu-cerne-d’Outre-Mer.
- Blanchetière, maire de Pontorson.
- le Marquis de Verdun de la Crenne, président du comice agricole de Pontorson.
- Morel (Hippolyte), conseiller général, à Saint-James.
- Gautier (César), négociant à Saint-James.
- MM. Hélié (Jules), agriculteur, maire de Saint-Aubin-de-T erregatte.
- Martin, conseiller général à Sartilly.
- Godefroy, agriculteur, adjoint au maire de Sartilly.
- Tétrel (Jules), conseiller général, maire de Villedieu.
- Loyer, agriculteur, maire de la Trinité.
- Villain (Alfred), fabricant de chaudronnerie à Villedieu.
- Havard (Félix), négociant à Villedieu.
- Chesnay (Auguste), parcheminier à Ville-dieu.
- 3e Sous comité de l’arrondissement de Cherbourg
- MM. Liais (Emmanuel), maire de Cherbourg.
- Lejolis, président du tribunal de commerce à Cherbourg.
- Manger (Léon), président de la chambre de commerce à Cherbourg.
- Gouton, ingénieur en chef du service mar -time à Cherbourg.
- de Sesmaisons, ministre plénipotentiaire, conseiller général, président de la société d’agriculture de l’arrondissement de Cherbourg.
- Hainneville (Léon), négociant, vice-président de la société d’agriculture, secrétaire de la chambre consultative d’agriculture à Cherbourg.
- Renault, docteur-médecin, président de la société d’horticulture à Cherbourg.
- Menut, industriel, président de la société artistique et industrielle à Cherbourg.
- Jouan, capitaine de vaisseau en retraite, président de la société académique à Cherbourg.
- Daniel, brasseur à Cherbourg.
- Levéel, sculpteur-conservateur du musée à Cherbourg.
- Bouehard-Deslandelles père, agriculteur à Sotteville.
- Fleury, tilateur à Gonneville.
- Noyon, directeur et fondateur de l’école d’apprentissage d’ébénisterie et de menuiserie à Cherbourg.
- Mouchel, imprimeur à Cherbourg.
- Pontus (Bon), minotier à Tonneville.
- Lesage, fabricant de couvertures à Cherbourg.
- 40 Sous-comité de l’arrondissement de Coutances
- MM. Briens, président de la société d’agriculture de l’arrondissement de Coutances.
- Boisset-Dombreval, maire de Coutances, conseiller général.
- Baize, président du tribunal de commerce de Coutances.
- Girard (Henry), statuaire, conseiller municipal à Coutances.
- de la Bellière, conseiller général, maire de Bréhal.
- Guiilemette, conseiller général de Cerisy-la-Salle, secrétaire général de la société d’agriculture à Coutances.
- Savary, conseiller d’arrondissement, vice-président du comice agricole de Cerisy-la-Salle.
- Lecoupé, agriculteur, maire de Saint-Denis-le-Gast.
- Ducloux, maire de La Haye-Dupuits.
- Le Tertre, directeur de l’école départementale d’agriculture et de laiterie à Coigny.
- Galuski (Charles), agriculteur, maire de Créances, conseiller général.
- Dupray-Beuzeville, agriculteur, maire de Vesly.
- Quenault, conseiller général, à Montmartin sur-Mer.
- Legoulin (Henri), chaufournier à Orval.
- Régnault, conseiller général, maire de Pé-riers.
- Pignard - Dudézert, conseiller général à Saint-Malo-de-la-Lande.
- Dr Lemaître , conseiller général à Saint-Sauveur-Lendelin.
- 5° Sous-comité de l’arrondissement de Mortain
- MM. Labiche, sénateur, conseiller général, maire de Sourdeval
- de Baillencourt, maire de Mortain.
- Hallé, filateur de coton au Neufbourg.
- Blin, conseiller général à Barenton.
- Cornille. négociant à Buais.
- Grossin, conseiller général, agriculteur â Ju vigny.
- Turquetil , conseiller d’arrondissement à RufFeveille.
- Lechaptois, directeur de l’école de dressage de Bourigny.
- Guérin, agriculteur, conseiller d’arrondissement au Mesnil-Thébault.
- Lefresne, conseiller général à Saint-Hilaire-du-Harcouët.
- Genest, maire, minotier à Saint-Hilaire-du-Harcouët.
- Delaporte (Armand), industriel à Saint-Hilaire-du-Harcouët.
- Chancerel, négociant à Sourdeval.
- p.466 - vue 23/496
-
-
-
- Troisième Année. — N° 107.
- 6° Sous-comité de l'arrondissement de Valognes
- MM. Sébire, sénateur, maire de Valognes. _
- Hervé - Mangon, membre de l'Institut à Sainte-Marie-du-M ont.
- Bretel, fabricant de beurres à Valognes.
- Dr Lécannellier, conseiller général, maire de Barneville.
- de Lagorsse, inspecteur général des services administratifs, secrétaire général de,la société nationale d’encouragement à l’agriculture.
- Lebarbenchon, agriculteur, maire de Sotte-vast.
- le comte de Pontgibaud, conseiller général à Montebourg.
- Buhot, conseiller d’arrondissement, propriétaire éleveur au Ham.
- Levesque, constructeur de navires à Saint-Vaast-la-Hougue.
- COMITÉ DÉPARTEMENTAL
- DES COTES-DU-NORD
- Par arreté en date du 6 novembre 1886, le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a constitué comme suit le comité départemental des Côtes-du-Nord :
- i° Sous-comité de l’arrondissement de Saint-Brieuc
- MM. Pradal (Charles), négociant à Saint-Brieuc.
- de Séré, président delà société d’émulation.
- Carré-Kérisouët, président de la chambre de commerce.
- Besnier, armateur, à Binic.
- Limon, président du comice agricole de Quintin.
- Le Gai la Salle, président du comice agricole de Pléneuf.
- Baratoux (Charles), entrepreneur, à Saint-Brieuc.
- Gilbert, directeur des forges et aciéries de Saint-Brieuc.
- Pasquion, président du tribunal de commerce de Paimpol.
- Tiébaut, ingénieur en chef des ponts et chaussées.
- Ollivier, agriculteur à Tréverec.
- Allenou, propriétaire à L’hermitage-Lorges.
- 20 Sous-comité de /’arrondissement de Dinan
- MM. Deroyer, président du comice agricole de
- Dinan.
- Gagon, président honoraire du comice agricole de Plélon-le-Petit.
- Peigné, imprimeur à Dinan.
- Sébillot (Paul), membre de la commission mégalithique.
- Flaud, propriétaire à Dinan.
- Hirel, constructeur à Dinan.
- Barbé, agriculteur et industriel à Caulnes.
- Pellion, membre de la chambre de commerce de Dinan.
- de la Bintinaye, président du comice agricole d’Evran.
- Rémond, carrossier à Dinan.
- d’Aubert, président du comice agricole de Matignon.
- Lallemand (Camille), tanneur à Dinan.
- 3° Sous-comité de l'arrondissement de Guingamp.
- MM. Tanvez, président des comices agricoles de Guingamp, membre de ‘la chambre de commerce.
- Blanchard, négociant à Guingamp, membre de la chambre de commerce.
- Débordés, agriculteur, maire de Calanhel, vice-président du comice agricole de Callac.
- Chareton, négociant à Guingamp.
- Joret (Théophile), négociant à Guingamp.
- de Cuverville, président du comice agricole de Saint-Nicolas.
- Scolan, président du comice agricole de Belle-Isle.
- Huet (Ernest), industriel à Pontrieux.
- Loyer, président du comice agricole de Rostrenen.
- de Guébriand, président du comice agricole de Plouagat.
- Vallée (Adolphe), industriel à Belle-Isle.
- 4° Sous-comité de l’arrondissement de Lannion.
- MM. Le Berre, président du comice agricole de Lezardrieux et de la société d’agriculture de Lannion.
- Le Cornée, négociant à Lannion.
- Guillet, agriculteur à Lognivy-Plougras.
- de Kergariou, président du comice agricole de Lannion.
- Guyomarc’h, agriculteur àTrédarzec.
- Charton, négociant à Lannion.
- Hernot, sculpteur à Lannion.
- Le Goaster (Ollivier), armateur à Tréguier.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE il
- MM. Robo, industriel à Tréguier.
- de Troguindy, agriculteur à Touquédec.
- Vallée (Théodore), industriel à Plounevez-Moëdec.
- 50 Sous-comité de l’arrondissement de Loudéac.
- MM. Gautier, président du comice agricole de Loudéac.
- Morhéry, négociant à Loudéac.
- Leverger-Lavilleneuve, membre de la chambre de commerce, fabricant de toiles à Loudéac.
- Daniel, président du comice agricole de Goarec.
- Depaule, propriétaire de carrières kaolini-ques,
- Ollitrault-Dureste, président du comice agricole d’Uzel.
- Le Cerf, président du comice agricole de Mûr.
- Samsay, président du comice agricole de Merdrignac.
- Radenac, agriculteur industriel à Lamotte.
- Ragot, commerçant à Loudéac.
- Nicol de la Belleïssue, président du comice agricole de Plouguenast.
- COMITÉ DÉPARTEMENTAL
- DE L’OISE
- Par, arrêté en date du 29 décembre 1886, le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a constitué comme suit le comité départemental de l’Oise :
- i° Sous-comité de Varrondissement de Beauvais.
- MM. Badin, directeur de la manufacture nationale à Beauvais.
- Couard-Luys, archiviste de l’Oise à Beauvais.
- Froc-Robert, statuaire à Beauvais.
- Woillez, architecte à Beauvais.
- Beauvais, architecte à Beauvais.
- Maréchal, collections d’œuvres d’art à No-tre-Dame-du-Thil.
- Bourgeois, inspecteur d’académie à Beauvais.
- Boulée, principal du collège à Beauvais.
- Mutelet, directeur de l’école normale à Beauvais.
- Houdas, inspecteur primaire à Beauvais.
- Mouriez, inspecteur primaire à Beauvais.
- Laffineur, imprimeur à Beauvais.
- Père, imprimeur à Beauvais.
- Lamiable, imprimeur à Beauvais.
- Lapostolle, relieur à Beauvais.
- Fenet, photographie, astronomie, collections géologiques, à Beauvais.
- Caron, météorologie à Beauvais.
- Tabary, photographe à Beauvais.
- Gauthier, photographe à Beauvais.
- Tricot, fabricant d’instruments d’optique à Songeons.
- Orio, fabricant d’instruments d’optique à Méru.
- Cun, fabricant d’instruments de dessins, règles, équerres à Hermes.
- Pommart, fabricant de meubles à Beauvais.
- Guvinot, ingénieur en chef des ponts et chaussées (sénateur) à Berthecourt.
- Debauve, ingénieur en chef des ponts et chaussées à Beauvais.
- Lagout, ingénieur ordinaire à Beauvais.
- Feytou, professeur de dessin à Beauvais.
- Roussel père, fabricant de vitraux à Beauvais.
- Lévêque, fabricant de céramique à Beauvais.
- Boulenger, fabricant de céramique à Au-neuil.
- Colozier père, ancien fabricant de céramique à Saint-Just-des-Marais.
- Delaherche-Godin, fabricant de céramique à la Chapelle-aux-Pots.
- Bertrand, fabricant de carreaux vernissés à Ponchon.
- Têtard, manufacturier (tapis), à Beauvais.
- Letalle, manufacturier (tapis), à Beauvais.
- Dupont (Louis), manufacturier (tapis), à Beauvais.
- Aurientis, directeur de l’usine d’orfèvrerie à Bornel.
- Renard, fabricant d’horlogerie à Beauvais.
- Guiblet, fabricant d’horlogerie à Beauvais.
- Alavoine, ancien élève à l’école polytechnique, directeur de l’usine à gaz à Beauvais.
- Dupont, manufacturier (tabletterie) à Beauvais.
- Chevallier, ingénieur civil à Beauvais.
- Thomas, aîné, fabricant de brosses à Noailles.
- Dimanche 16 Janvier 1887. — 467.
- MM. Maurey, fabricant de brosses à Trye-Chà-teau.
- Fortin, directeur de la manufacture déboutons à Beauvais.
- Lemaire-Vallée, fabricant de boutons à Mesnil-Théribus.
- Zentz, manufacturier à Beauvais.
- Communeau, père, manufacturier à Beauvais.
- Detrimon, fîlateur à Saint-Just-des-Marais.
- Leclère, fabricant de passementerie à Saint-Just-des-Marais.
- Davenne-Matton, fabricant de bonneterie à Moliens.
- Prévôt (Gaston), fabricant de bonneterie à Moliens.
- Wallet, inspecteur du travail des enfants dans les manufactures à Beauvais.
- Denis-Bauchet et Cie, fabricants d'éventails à Sainte-Geneviève.
- Toupillier, fabricant d’éventails à Sainte-Geneviève.
- Giron, fabricant d’éventails à Méru.
- Dourain (Antonin), fabricant d’éventails à Audeville.
- Tellier-Denosse, fabricant de chaussures à Beauvais.
- de la Taille, inspecteur des forêts à Beauvais.
- Le Dret, inspecteur-adjoint des forets à Beauvais.
- Docteur Gérard, maire de Beauvais.
- Amiot, constructeur de machines agricoles à Bresles.
- Rousseau, produits alimentaires à Fossuse.
- Oudaille, fabricant de chocolat à Beauvais.
- Gall (Henry), directeur de la fabrique d’acide salicylique à Villers-Saint-Sépulcre.
- • Boudeville, produits pharmaceutiques à Méru.
- Lemaire, tanneur à Beauvais.
- Durand, tanneur à Trye-Château.
- Durand, verrier à Saint-Germer.
- Delafraye, fabricant de courroies à Maris-sel.
- Dupuis, fabricant de cordes à Beauvais.
- Létienne, inspecteur principal des chemins de fer du Nord à Beauvais.
- Lesobre, .électricien à Allonne.
- Delaherche, président de la chambre consultative des arts et manufactures à Beauvais.
- de Corberon, président de la société d’agriculture à Troissereux.
- Frain, agriculteur à Waluis.
- Delannoy, agriculteur à Hautépine.
- Cressonnier, agriculteur à Neuville-sur-Au-neuil.
- Gayant, agriculteur à Grez.
- Louvet, président du comice agricole à Chaumont.
- Delrunay, président du comice agricole à Formerie.
- Dubos, vétérinaire à Beauvais.
- Flisseau, fabricant de sucre à Méru.
- Mercier, fabricant de sucre à Bresles.
- Durand, distillateur à Ivry-le-Temple.
- Delaville, professeur d’horticulture à Beauvais.
- Decaye, président de la société d’horticulture à Beauvais.
- D1’ Bourgeois, vice-président de la société d’horticulture à Beauvais.
- l’abbé Hamard, archéologue à Hermes.
- Janet, ingénieur civil, géologue à Beauvais.
- Lesobre, instituteur (classification des insectes)) à Quincampoix.
- Chapron, instituteur (classification des insectes), à Pouilly.
- Godin,-instituteur (télégraphie optique), à Montjavoult.
- Morel, fabricant de mesures à Saint-Paul.
- Thourain, serrurier à Beauvais.
- 20 Sous-comité de l'arrondissement de Clermont
- MM. de Wuillefroy, artiste peintre àThury-sous-Clermont.
- Brispot, artiste peintre à Mouy.
- Maillard, artiste peintre à la Chaussée-du-Bois-de-l’Ecu.
- d’Astanières, artiste peintre à Moutiars.
- Rendu (Armand), ancien archiviste à Mai-gnelay.
- Dr Baudon père, collections scientifiques, à Mouy.
- Nimbaud, archiiecte à Clermont.
- Samson père, architecte à. Clermont.
- Féret, types pour mobiliers scolaires, à Noyers-Saint-Martin.
- Beuchin, principal du collège à Clermont,
- Boucher, inspecteur primaire à Clermont.
- Daix, imprimeur à Clermont.
- Mallet, imprimeur à Clermont.
- Bertrand, ingénieur ordinaire à Clermont.
- Bazin, directeur de la verrerie à Mesnil-Saint-Firmin.
- Houguenague, collection de céramique à Breteuil.
- p.467 - vue 24/496
-
-
-
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- 468. — Troisième Année — N° 107
- Dimanche 16 Janvier *887.
- MM. Josse, fabricant de papiers peints à Augy.
- Chouanard, fabricant de cartons à Etouy.
- Soulier, fabricant de boutons à Mouy.
- Bar, manufacturier à Rantigny.
- Gre'goire frères, manufacturiers à Crève-cœur.
- Fortin, manufacturier à Clermont.
- Macrez, manufacturier à Esquennoy.
- Prince (Camille), manufacturier à Mouy.
- Poiret frères, manufacturier à Bury-Saint-Epin.
- Lecomte, manufacturier au Crocq.
- de Mazade, fabrique de passementerie à Rouquerolles, commune d’Aguez.
- Dubuy-Raguet, fabricant de flanelles à Rau-tigny.
- Bolié, fabricant de bonneterie à Mouy.
- Dubois, fabricant de chaussures à Mouy.
- Ménard, maire de Clermont.
- Albaret, constructeur de machines agricoles à Rautigny. •
- Bajac,constructeur de machines agricoles à Liancourt.
- Delacroix, constructeur de machines agricoles à Royaucourt
- Bonamy, constructeur-mécanicien, à Saint-Just-en-Chaussée.
- Hainsselin, ancien élève de l’école polytechnique, ingénieur civil, à Saint-Just-en-Chaussée.
- Jules Labitte, président de la société d’agriculture à Clermont.
- Dubus, agrculteur à Clermont.
- Roussel (Ulysse), secrétaire de la société d’agriculture à Léglantiers.
- Leclerc, vice-président de la chambre consultative d’agriculture à Breuil le-Sec.
- Chantareau, vétérinaire à Clermont.
- Lefèvre-Stiévenart, fabricant de sucre à Tricot.
- Lalaude, fabricant de sucre à la Neuville-Roy.
- Lhote , fabricant de sucre à St-Just-en-Chaussée.
- Boullenger, agriculteur et distillateur à Moyenneville.
- Pennelier, distillateur à la Neuville-Roy.
- Cuignière, distillateur à Grandvillers-aux-Bois.
- Boulanger, distillateur à Catenoy.
- Descateaux, laiterie et fromagerie à Mon-treuil-sur-Briche.
- Labitte (Auguste), vice-président de la société d’horticulture à Clermont.
- Macrez, commis principal des contributions indirectes (ornithologie) à Clermont.
- Joly, fabricant de tarares à Ferrières.
- 3° Sous-comité de l'arrondissement de Compiègne.
- MM. Lagarde (Pierre), artiste peintre à Berneuil-sur-Aisne.
- Sorel, président du tribunal, ancien président de la Société historique à Compiègne.
- Méresse, ancien président de la société historique à Compiègne.
- Rendu, architecte à Compiègne.
- Troubat (Jules), bibliothécaire du palais de Compiègne.
- Noël, principal du collège à Compiègne.
- Gatinot, inspecteur primaire à Compiègne.
- Lefèvre, imprimeur à Compiègne.
- Mennecier, imprimeur à Compiègne.
- Audrieux, imprimeur à Noyon.
- Zugault, imprimeur à Noyon.
- Hideux, photographe à Compiègne.
- Colmont, fabricant d’instruments d’optique à Cuise-Lamotte.
- Derome, ingénieur en chef de la navigation de l’Oise à Compiègne.
- Dusuzeau, ingénieur ordinaire à Compiègne.
- Gendre, directeur de l’usine à gaz à Compiègne.
- Commelin, fabricant de brosses à Tracy-le-Mont.
- Mercier, fabricant de tissus à Chiry-Ours-camp.
- Crun, propriétaire à Cuts.
- Aconin , fabricant de bonneterie à Compiègne.
- Menget, fabricant de chaussures à Br.bceuf.
- Bruand, inspecteur des forêts à Compiègne.
- Moreau, inspecteur adjoint des forêts, à Compiègne.
- Serval, garde général des forêts à Compiègne .
- Meunier, garde général des forêts à Noyon.
- Chavet, maire de Compiègne.
- Cheneval, constructeur-mécanicien à Compiègne.
- Bienaimé, minotier à Clairoix.
- Noël, ingénieur civil, fabricant de produits chimiques à Noyon.
- Rabot, pharmacien à Compiègne.
- Choteau, blanchisseur à Compiègne.
- Ouarnier, fabricant de cordes à Compiègne.
- Boursier, président de la société d’agricul-
- ture et de la chambre syndicale de fécules de l’Oise à Chevrières.
- MM. Nollet, agriculteur, vice-président de la société d’agriculture à Venette.
- Moral, agriculteur à Chiry-Ourscamp.
- Jacquet, agriculteur et industriel à Compiègne.
- Viéville, agriculteur à Frénichet.
- Vecten, agriculteur à Autheuil.
- Quévin, président du tribunal de commerce, industriel et agriculteur à Compiègne.
- Pillon, agriculteur à Roye-sur-Natz.
- Vervel père , -vétérinaire à Estrées-Saint-Denis.
- Hongre-Bullot, féculier à Longueil-Sainte-Marie.
- Lefranc, fabricant de sucre à Berneuil-sur-Aisne.
- Denis, ancien fabricant de sucre à Noyon.
- Gallois, ancien fabricant de sucre à Fran-cières.
- Ducharron, agriculteur, fabricant de sucre à Pierrefonds.
- Bourdon, distillateur à Remy.
- de Maintenant, procureur de la République, vice-président de la société d’horticulture, à Compiègne.
- l’abbé Morel, archéologue à Chevrières.
- Patte, instituteur (classification des insectes), Elincourt-Sainte-Marguerite.
- Meunier, fabricant de boîtes à la Croix-Saint-Ouen.
- Lhéroudelle, ancien entrepreneur de menuiserie à Berlancourt.
- Carpentier, négociant en bois à Noyon.
- Dufour-Loise, négociant en bois à Noyon.
- Secret, brasseur à Longueil-Aunel.
- 4° Sous-comité de l’arrondissement de Senlis
- MM. Berthelot, architecte à Senlis.
- Halouin, inspecteur primaire à Senlis
- Payen, imprimeur à Senlis.
- Tourgis, imprimeur à Creil.
- Mussat, ingénieur ordinaire à Senlis.
- Clair, industriel à Crépy-en-Valois.
- de Renty, directeur de la faïencerie à Creil.
- Jaunez, directeur d’une usine de céramique à Pont-Sainte-Maxence.
- Raddez, directeur de l’usine de papiers peints à Balagny-sur-Thérain.
- Serrin, ingénieur civil à Neuilly-en-Thelle.
- Lefebvre, ingénieur civil à Pontpoint.
- Hochard, tabletier à Ully-Saint-Georges.
- Lahen, fabricant de brosses à Béthisy-Saint-Pierre.
- Patigny, manufacturier à Cramoisy.
- Pierre, filateur à Mello.
- de Bonneville, directeur de la société des forges àMontataire.
- Somasco, ingénieur civil à Creil.
- Denille père, directeur de l’usine de pointe-rie à Creil.
- Le Brun, ingénieur civil à Creil.
- Rabutté, garde général des forêts à Senlis.-
- Fontaine, maire de Senlis.
- Leblanc, maître-carrier à Saint-Maximin.
- Ouachée, maître-carrier à Saint-Leu-d’Es-serent.
- Civet , maître-carrier à Saint-Vaast-les-Mello.
- Dupuis, minotier à Pontarmé.
- Dupré, minotier à Chantilly.
- Dupriez , ingénieur civil à Neuilly-en-Thelle.
- Cabanellas, ancien officier de marine, électricien à Baron.
- Martin, président de la société d’agriculture à Ermenonville.
- Saguy, ancien agriculteur à Trumilly.
- Moquet, agriculteur à Brégy.
- Petit, agriculteur à Puiseux-le-Hauberger.
- Roland, agriculteur à Barbery.
- Devouge, agriculteur à Brasseuse.
- J.-B. Turquet, agriculteur à Saint-Léo-nard.
- Lagny, vétérinaire à Senlis.
- Eclancher, fabricant de sucre à Saint-Leu-d’Esserent.
- Lallouette, fabricant de sucre à Barbery.
- Rolland, distillateur à Montépilloy.
- Vernois, président de la société d’horticulture à Senlis..
- Thirion, vice-président de la société d’horticulture à Senlis.
- Amédée Margry, secrétaire du comité archéologique à Senlis.
- Leroy, receveur d’enregistrement (ouvrages sur les oiseaux de basse-cour), à Senlis.
- Dubaille, instituteur (classification des insectes), à Mesnil Saint-Denis.
- Berdin, ancien négociant en vins à Pont-Saint-Maxence.
- Velut, négociant en vins à Senlis.
- Dély, négociant en vins à Nanteuil.
- -SH5>-©-
- COMITÉ DÉPARTEMENTAL
- DES BASSES-PYRÉNÉES
- Par arrêté en date du 29 décembre 1886, le ministre du commerce et de l’industrie, commis saire général de l’Exposition universelle de 1889, a constitué comme suit le comité départemental des Basses-Pyrénées :
- i° Sous-comité de [l’arrondissement de Pau
- MM. le président du tribunal de commerce.
- le président de la chambre consultative des arts et manufactures, le président de la société d’agriculture, le président de la société d’horticulture, le président du comice agricole de Morlaas. le président de la société des sciences, lettres et arts de Pau.
- le président de la société des Amis des arts de Pau.
- le président de la société de secours mutuels des instituteurs, le maire de la ville de Pau. le conservateur des forêts, l’ingénieur n chef des ponts et chaussées (service ordinaire).
- l’ingénieur en chef des ponts et chaussées (service des chemins de fer), l’ingénieur ordinaire des mines, l’inspecteur d’académie, l’archiviste du département, le professeur départemental d’agriculture, l’architecte du département.
- Lauwick, vice-présideut de la société d’agriculture.
- Cassou, conseiller général, propriétaire à Lembeye.
- Quintaa, conseiller général, propriétaire à Garlin.
- Heïd, manufacturier à Pau.
- Brucker, manufacturier à Coarraze.
- Blanc (Prosper), de la maison Blanc frères, * manufacturiers à Nay.
- Navarre, fabricant de chapelets à Montaut. Ovide-Baron, fabricant de papiers à Montaut.
- Tournier, fabricant de toiles de Bé.arn à Coarraze.
- Berchon, fabricant d’articles de lainages à Nay.
- Planté-Montpribat, carrossier à Pau. Francez, tanneur à Pau.
- Castets, fabricant de chaussures à Pau. Arraca, pépiniériste à Pau.
- Garet (Léon), imprimeur typographe à Pau. Carassus, maraîcher à Lescar. de Castarède, propriétaire à Uzos. Etchepare, fabricant d’espadrilles à Bruges. Thierry, agriculteur et maire d’Artigue-louvè.
- Pisson-Abbadie, agriculteur et propriétaire, conseiller général à Nay.
- Lacoste, docteur en médecine, inspecteur des pharmacies à Pau, membre du conseil d’hygiène.
- Meunier, médecin-inspecteur des Eaux-Bonnes, membre du conseil d’hygiène.
- 20Sous-comité de Varrondissement de Bayonne
- MM. le président de la chambre de commerce, le président du tribunal de commerce, le président de la société médicale des Basses-Pyrénées.
- le président de la société des sciences et arts de Bayonne.
- le président de la société artistique de Bayonne.
- le président du Conservatoire de musique de Bayonne.
- le président de la chambre syndicale des patrons de Bayonne.
- le président de la chambre syndicale des ouvriers de Bayonne.
- le président du comice agricole d’Ustaritz-Espelette.
- l’ingénieur en chef du service maritime à Bayonne.
- le maire de Bayonne.
- le docteur Delvaille, commissaire général de l’Exposition de Biarritz, délégué de la société des sciences etdes arts de Bayonne, le directeur du chemin de fer de Bayonne-Biarritz, membre de la société Biarritz-Association.
- Bernain, maire d’Anglet, propriétaire. Fagalde, négociant à Cambo, conseiller d’arrondissement.
- Dr Lafont, conseiller général.
- Le Bœuf, pharmacien-chimiste.
- Thierry, directeur des douanes à Bayonne.
- 3° Sous-comité de l’arrondissement d’Oloron
- MM. le président du tribunal de commerce.
- le président de la chambre consultative des arts et manufactures.
- (Voir la suite page 4^3.)
- p.468 - vue 25/496
-
-
-
- Troisième Année. — N° 107.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1SS9
- Dimanche it> Janvier 18S7. — 469.
- LES GRANDS MAGASINS DE PARIS
- LE BON MARCHÉ
- ET
- MADAME BOUCICAUT
- Le Magasin de Nouveautés, avec les palais où nous le voyons installé maintenant, est une des innovations, un des luxes et un des attraits de notre Paris contemporain. Il n’y a dans le public qu’une opinion sur les merveilles qui s’y déploient, sur les surprises que nous réservent ces accumulations de marchandises s’écoulant et se renouvelant sans cesse, sur cette infinie variété de choix et de produits qui répand l’élégance et popularise le bon goût. Les grandes mises en vente, les expositions sont de véritables fêtes, les plus brillantes peut-être que nous ayons à cette heure. Elles durent plusieurs jours. Une population tout entière, et qui se compte par centaines de mille habitants, y prend part. On y vient de la province et de l’étranger. Il part de là comme un mot d’ordre qui a fait réaliser depuis un quart de siècle des progrès inouïs à tout ce qui touche au costume, à la décoration, au vêtement, à l’ameublement. Il en est résulté, pour la femme surtout, une assimilation des classes qui est, à nos yeux, un des faits les plus caractéristiques et les moins remarqués de notre époque. Cette extension un peu égalitaire de l’empire de la mode, c’est aux Grands Magasins que nous la devons.
- Mais ces observations ne visent que la face extérieure des choses ; elles ne nous en donnent que l’apparence. Pour peu que l’on ait de-réflexion dans l’esprit, ce qui étonne bien plus que cette surabondance de luxe industriel, c’est la façon dont ces établissements sont organisés et fonctionnent. Il y a là une force de hiérarchie et de discipline, un zèle commun qu’il serait difficile de retrouver ailleurs. Les plus hauts emplois sont égaux aux fonctions politiques les mieux rétribuées et cela va descendant, de degré en degré, jusqu’au labeur le plus modeste. Cette immense machine humaine où tout semble consister dans l’empressement, la bonne grâce, le savoir-faire, marche avec une régularité, une précision qui nulle part peut-être n’est indispensable au même point.
- On retrouve ces mêmes conditions dans des usines dont la population ouvrière, isolée, forme presque à elle seule un village. Elles existent aussi dans des institutions de l’Etat dont les employés doivent précisément à ces attaches avec le gouvernement un certain prestige et des garanties. Ici, elles sont d’autant plus remâr-quables que toute cette organisation est libre ; elle se maintient en plein Paris malgré les tendances à l’individualisme qui régnent dans une ville comme la nôtre ; elle se .distingue par la cohésion, la fixité. Les clients qui revoient toujours le même personnel aux mêmes comptoirs le savent mieux que personne.
- Ces résultats si considérables à des points de vue divers, qui intéressent la science sociale et l’économie publique, sont dus principalement à la mise en œuvre de procédés bien simples, formant le trait commun des établissements de cet ordre :
- Pour les commis chargés de la vente, l’intérêt sur le chiffre des objets vendus ;
- Pour les employés supérieurs, chefs ou sous-chefs de rayon, préposés aux ventes et souvent aux achats, inspecteurs, caissiers, une participation à l’augmentation, soit d’un rayon particulier, soit de l’ensemble de la Maison.
- Voilà, en principe, le lien entre le patron et ses collaborateurs à des degrés divers, la solidarité de l’intérêt. C’est la base sur laquelle se fonde l’importance d’une maison, importance que le public soupçonne sans en avoir une appréciation exacte. Un jour on est tout surpris et émerveillé d’apprendre que le chef d’un de ces établissements, Mme Ve Boucicaut, vient.de faire (le 16 octobre 1886) don d’une somme de quatre millions, à la Caisse des retraites de ses employés. En fondant cette Caisse le 4 août 1886, elle l’avait déjà dotée d’un premier million. Et pour que ce don parvienne tout entier à ceux à qui elle le destine, elle y ajoute, par surcroît, les 600,000 à 700,000 francs de droits de mutation que l’Etat va percevoir.
- C’est, en tout, un cadeau splendide de cinq millions et demi.
- * *
- Le nom de Mme Boucicaut n’était certes pas ignoré du public, qui a appris depuis longtemps à l’associer à l’existence de tant d’œuvres d’inépuisable charité. Néanmoins, une munificence semblable, quasi royale, a attiré sur la donatrice et sur les magasins mêmes du Bon Marché une attention plus vive. On a compris tout de suite que ce chiffre de cinq millions, si considérable qu’il parût, n’avait pas été pris au hasard, mais devait correspondre à des besoins d’avenir. On s’est dit qu’il ne s’agissait plus d’une simple entreprise de commerce dont la prospérité est noloire. Ce qu’on avait devant soi c’était une véritable institution grandement utile à tous ses adhérents, puisqu’une telle provision était jugée indispensable pour satisfaire aux intentions bienveillantes et bienfaisantes dont ils étaient l’objet.
- Et, disons-le, l’impression était exacte. Qu’est-ce, en effet, que le Bon Marché.
- Tout le monde connaît, au moins par la gravure, les magnifiques installations qui s’étendent au haut de la rue du Bac et le long de la rue de Sèvres. On dit qu’il se traite dans ce palais — nous répétons le chiffre sans garantir qu’il ne soit pas dépassé — 110 millions d’affaires par an. On y compte 3,000 employés de tout grade, et il n’y a pas exagération à dire qu’au dehors, un nombre égal d’auxiliaires, ouvriers de tous états, vivent de ce vaste mouvement de transactions.
- Le fondateur de cette puissante entreprise a eu du moins la joie de la voir dans son plein développement. M. Aristide Boucicaut était un négociant, dans l’ancienne et profonde acception de ce mot. Il avait le génie du négoce, de l’échange, du gain restreint mais rapide qui s’accroît en se répétant. Avec une sûreté d’instinct admirable, il a pressenti quelle œuvre on pouvait créer et à quels résultats financiers on pouvait atteindre en dirigeant, dans les diverses branches de la mode et de l’art industriel, le goût de notre public parisien et français : et avec une énergie égale à la grandeur de sa conception, il a réalisé dans toute son étendue ce plan qui était une nouveauté. Son principal appui dans le long chemin qu’il a dû parcourir depuis ses humbles débuts, a été dans une probité hors de pair qui lui a rendu possibles tous les efforts et tous les succès.
- Le titre du Bon Marché qu’il avait choisi n’était pas pour lui une enseigne banale, une sorte de réclame auprès du public ; c’était une doctrine ; nous dirions, une conviction : vendre à bon marché, à petit bénéfice, afin de vendre beaucoup ; c’était le renversement des anciens principes du haut commerce ; faire repasser son argent cinq ou six fois par an dans des échanges nouveaux au lieu de l’immobiliser pendant un
- an ou dix-huit mois comme on le faisait jadis, ç’a été la hardiesse de M. Boucicaut et l’une des sources .de sa fortune.
- En même temps que le Bon Marché grandissait, il se distinguait par le souci moral dont l’existence du personnel était l’objet et où il est facile de reconnaître la trace de la constante préoccupation de M'ne Boucicaut. Dans les établissements de cette nature, jeunes gens et jeunes filles vivent les uns près des autres dans des relations continues. Au Bon Marché, on s’est toujours attaché à ce que cette nécessité, qu’il fallait subir, ne fût suivie d’aucun inconvénient. La plus grande aménité est recommandée aux employés, non seulement vis-à-vis' du public, mais dans leurs rapports mutuels, et toute faute contre les convenances, surtout envers une femme, est punie d’une expulsion immédiate.
- Peu à peu, cette sollicitude d’un ordre si élevé a pris des formes plus précises. Les jeunes gens ont des cours d’anglais, et, pendant les vacances, on envoie les plus méritants passer quelques jours en Angleterre. Ils ont une salle d’armes, avec des assauts trimestriels et des concours accompagnés de prix. Enfin, ils ont formé une harmonie et une société chorale que tout Paris connaît et qui l’été se font entendre du public tous les samedis soir.
- Les jeunes filles sont logées dans un hôtel particulier où elles se réunissent le soir comme en famille, organisent quelquefois entre elles de petites sauteries ou font de la musique.
- Des soins analogues sont pris à l’égard des jeunes gens à qui l’inexpérience de leur âge pourrait rendre la liberté dangereuse. Ceux-ci trouvent dans une maison de la rue de la Chaise, installée dans ce but, tout le confortable qu’ils peuvent souhaiter. Et parmi les dettes de reconnaissance qu’ils peuvent contracter envers la Maison, ce 11’est certes pas le moindre service qu’on leur rende de préserver leur jeunesse de certains périls.
- Dans tout cela on reconnaît l’esprit et le cœur de la femme si ingénieuse au bien qui était toujours assurée d’obtenir, pour ses inspirations les plus généreuses, l’adhésion empressée de son mari.
- *
- * ¥•
- Au milieu de cette prospérité et de ce bonheur, la mort a fait un jour son apparition. M. Aristide Boucicaut a été enlevé à son œuvre et aux affections si dévouées et si nombreuses qui l’entouraient. Sa veuve cruellement atteinte n’a pas hésité à faire ce qu’elle a considéré comme son devoir. Elle pouvait, cédant aux sollicitations qui se multipliaient autour d’elle, se séparer de ces souvenirs et s’isoler dans son deuil. Elle a cru être plus fidèle à sa douleur en continuant à se dévouer aux grands intérêts groupés autour de son nom. Dans l’accomplissement de cette tâche qu’elle s’est assignée, elle a apporté, non seulement un esprit de bonté dont le cadeau récent de cinq millions peut donner la mesure, mais des vues particulièrement hautes et généreuses dignes de recommander l’exemple de son initiative à tous ceux qui s’intéressent au progrès social.
- En 1876, le 3i juillet, M. Boucicaut avait fondé une Caisse de prévoyance en faveur des employés du Bon Marché. Cette création existe encore sous le titre de : Prévoyance Boucicaut. Mais elle fait partie d’une organisation d’ensemble qui comprend :
- i° La Société du Bon Marché, Ve Boucicaut et Cie, société financière et industrielle dont nous verrons tout à l’heure l’objet et les conditions.
- Voir la suite page 4j2.
- p.469 - vue 26/496
-
-
-
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 16 Janvier 1887.
- 471. — Troisième Année. — N° 107.
- Mme Vve ' boucicaut
- (Dessin de JVC. G. VIJILLIBR. — Gravure de 3VE. J. ROBERT.)
- --'A
- p.dbl.n.n. - vue 27/496
-
-
-
- 472. — Troisième Année. — N° 107.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche iô Janvier i'<"7.
- 2° La Prévoyance Boucicaut dont nous venons de parler ;
- 3° Une Société civile du Bon Marché qui a, entre autres objets, la mission de fonder une Caisse spéciale de retraites ;
- 40 Enfin, cette Caisse elle-même qui a reçu récemment de Mme Boucicaut ce don de quatre millions.
- Reprenons, l’un après l’autre, chacun de ces éléments :
- La Société du Bon Marché. — Elle a été établie par acte passé les 10, 11, 12, i3 et 14 janvier 1880. Il est dit dans le préambule avec un accent de simplicité touchant :
- « Mme Boucicaut, désirant rendre hommage à la mémoire de son mari, fondateur du Bon Marché, a résolu d’associer à ses affaires un certain nombre de commis intéressés et divers employés de la Maison qui ont accepté avec reconnaissance cette proposition. »
- A l’origine, ils ont été 96 dénommés à l’acte et définitivement associés à la fortune de l’Etablissement. Ils ont apporté ensemble 7,500,000 francs qui, joints aux i2,5oo,ooo francs de Mme Boucicaut, ont formé le capital social de 20 millions de francs. — Mais personne ne saura jamais combien cet apport a été rendu facile à ceux pour qui ce versement aurait été une impossibilité ou seulement une gêne.
- Les parts sont fixées à 5o,ooo francs.
- La Société reçoit à bail, moyennant le prix .annuel de 5oo,ooo francs, les lieux dans lesquels l’entreprise a son exploitation.
- Quand on lit les Statuts, on est frappé à la lois des intentions bienveillantes qui les ont dictés et de la façon vigoureuse, nous allions dire nette et franche, dont s’accuse la personnalité de la fondatrice.
- Dans cette organisation, Mmo Boucicaut n’abdique pas : elle ne s’efface pas ; elle est partout présente, l’âfne et le foyer de la Maison. Elle opère à son profit un prélèvement de 60,000 francs par an. Elle a un droit d’option, d’après la valeur d’inventaire, sur les parts de tout commanditaire qui se retire ou meurt. Elle peut nommer un gérant, ou plusieurs. Mais en même temps quel souci de l’intérêt social ! Ce que Mme Boucicaut envisage avec le plus de soin, c’est l’éventualité de la mort. A ce moment la commandite simple se transforme en une commandite par actions. Il est nommé un conseil de surveillance, composé de cinq membres, et il est stipulé que les parts ou actions ne seront pas transmissibles à des personnes étrangères à la Société, si le transfert n’est pas agréé en assemblée générale par le quart au moins du capital social.
- La Prévoyance Boucicaut.— Elle comptait au 3 1 juillet 1886, 995 participants et elle possédait un capital de 1,009,130 fr. 10 c. A sa fondation, le 3i juillet 1876, c’est-à-dire onze ans auparavant, elle n’avait que 128 participants avec 62,020 fr. 40 c. de capital.
- Sont admis à participer aux bénéfices de cette Caisse tous les employés ayant cinq années de présence sans interruption dans la maison, au 3 1 juillet de chaque année.
- Par une disposition que nous retrouverons plus loin, « les employés qui ont un intérêt, soit sur les bénéfices, soit sur toutes les affaires de la maison, soit sur la vente générale de leur rayon, sont exceptés de la participation. »
- Chaque participant reçoit un livret. La répartition se fait proportionnellement au chiffre total des appointements reçus par chaque employé durant l’année commerciale, en prenant pour base un minimum de salaire de 3,000 francs et un maximum de 4,5oo francs.
- La société civile du BON MARCHÉ.— Elle a été constituée, le 4 août 1886, par Mme Ve Boucicaut et cent dix-huit autres participants.
- Ainsi que le dit le préambule de l’acte, « les comparants ainsi réunis et formés se proposent en certaines éventualités,de donner à la’ Société commerciale, Ve Boucicaut et Cie, et à ses employés, l’aide et l’appui nécessaires. »
- Le capital est de 400,000 francs en 400 parts de 1,000 francs ; il pourra être augmenté suivant les besoins sociaux.
- En réalité, la Société civile est instituée pour gérer les droits et prendre au besoin la défense de la Société commerciale. Elle est destinée à rendre définitive l’œuvre créée par M,lie Boucicaut lorsqu’elle a fondé du 10 au 14 janvier 1880 la Société du Bon Marché. C’est une caution et un appui. Elle a droit d’acquérir, moyennant un prix stipulé d’avance, de 14 millions les immeubles où est installée l’exploitation et qui valent au moins 18 millions. Elle a droit aussi de reprendre après la mort de Mrae Boucicaut les parts ou actions appartenant à cette dernière afin que la Société soit bien chez elle et ne puisse être troublée par aucune prétention. Puis, entre autres objets, elle a pour but, comme nous l’avons dit, la création d’une Caisse des retraites.
- La Caisse des retraites. — Elle a été fondée le même jour, le 4 août 1886. Mmé Boucicaut l’a dotée à l’origine d’un prélèvement d’un million sur sa fortune personnelle, et elle vient de lui faire un don net de quatre millions.
- Telle est cette organisation du Bon Marché au double point de vue des fonctions et des rétributions. Pour compléter ces détails, disons que les quatre-vingt-seize participants du début sont aujourd’hui deux cent soixante. Le nombre s’en accroît chaque année. L’octroi d’une fraction de part est une faveur ou plutôt une récompense. On demande une moitié, on obtient un quart ou un seizième.
- Les pensions de retraites, dont les employés intéressés sont exclus, avaient été d’abord fixées à 600 francs ; le maximum en a été porté graduellement à 1,200 francs et à i,5oo francs.
- La Société est, d’autre part, si favorable à la formation de l’épargne qu’elle prend à 6 oyo. bien entendu jusqu’à une limite de. 20,000 francs, les économies de ses employés, tandis que dans l’état actuel des placements, il ne lui est pas'possible d’en tirer plus de 3 i\2 à 4 oyo.
- Disons enfin que le bail consenti à la Société ne fait pas peser sur les bénéfices une charge de plus de 70 centimes par cent francs. La proportion est presque insignifiante.
- * *
- Nous avons maintenant sous les yeux le fonctionnement complet de cet organisme et nous pouvons en tirer les conclusions. A côté du mouvement qui fait monter les bénéfices par chacune des branches de cette industrie, comme par autant de canaux, jusqu’à la Caisse sociale, aux mains de l’associée gérante, la volonté bienveillante de Mm0 Boucicaut a créé en quelque sorte un mouvement inverse qui va distribuer une part de cette richesse jusqu’aux plus humbles collaborateurs de l’œuvre commune. Ce double courant nous présente l’image parfaite de la vie.
- Cette répartition, en dehors des bonifications et des salaires, se fait sous trois formes :
- Aux uns, à titre de revenu des parts qu’ils ont acquises.
- Aux autres, comme une augmentation de traitement, par la Prévoyance-Boucicaut, ou, comme une pension viagère, par la Caisse des retraites.
- Si nos lecteurs veulent bien y réfléchir, ils verront quel sens acquiert, placé dans son vrai cadre, le don que vient de faire M,ue Boucicaut. C’est plus qu’un acte de splendide munificence ; c’est l’effet d’une pensée généreuse et comme l’achèvement d’une construction vraiment remarquable.
- Il n’y a plus à faire l’éloge de la bienfaisance de Mme Boucicaut. Tout le monde sait qu’à Fontenay-aux-Roses, où elle demeure la plus grande partie de l’année, elle a fondé un asile pour les vieillards du pays. A Verjux en Bourgogne, son pays natal, elle a ouvert et doté des écoles, et, en ce moment même, elle fait construire un pont qui lui coûtera au moins 5oo,ooo francs, pour faire communiquer les deux communes de Verjux et de Gergy. Le souvenir de son mari est toujours présent à ces bonnes œuvres. A Bellême, où est né M. Boucicaut, elle entretient plusieurs lits à l’hôpital. Elle a donné 30,000 francs à l’œuvre des couvertures, inspirée par l’hiver rigoureux de 1879; i5o,ooo francs à l’Institut Pasteur. Nous ne voulons pas continuer une énumération qui ne finirait pas.
- Mais dans cette œuvre du Bon Marché, il semble qu’elle ait mis le meilleur de son cœur, quelque chose de plus profond et d’un ordre plus élevé, qui touche à la science sociale. Nous ne serions pas surpris que cette identité de tant de situations également dignes d’intérêt ait été une révélation pour M,ne Boucicaut. Il faut admirer seulement que, par un élan de bonté hardie, elle se soit élevée, à travers des combinaisons toutes personnelles, à une vue si nette des rapports équitables entre le capital et le travail.
- Elle a compris, avec une droiture de sens bien remarquable, qu’il y a parmi les hommes deux catégories de travailleurs :
- Ceux qui peuvent parvenir au patrimoine et, de là, à l’aisance ;
- Ceux qui, moins bien doués ou plus timides, ne peuvent pas s’éloigner du salariat et ont par conséquent toujours besoin de tutelle et de secours.
- Aux premiers, elle a ouvert l’accès d’une association qui est pour eux à la fois un honneur et une source de fortune ; et elle l’a fait d’autant plus libéralement, dans une conception démocratique d’autant plus sincère, qu’elle a fixé pour les administrateurs une limite d’âge où les anciens doivent faire place à des successeurs plus jeunes.
- Pour les seconds, elle a maintenu et fortifié la Prévoyance-Boucicaut et _ elle a institué et magnifiquement doté la Caisse des retraites.
- On peut dire qu’en tout cela sa piété de veuve l’a bien servie. En continuant et en complétant l’œuvre de M. Aristide Boucicaut, elle s’est honorée elle-même plus que sa modestie et sa bonté ne le souhaitaient assurément. Elle a trouvé et combiné une double formule d’association et d’assistance qui peut être considérée comme une excellente solution du problème social. Elle a agi avec désintéressement et intelligence, en grande et noble amie de l’humanité. Et, ce qui lui est plus précieux sans doute, elle a entouré de nouveaux respects et de nouveaux hommages un nom dont elle est si digne et qui, dans ce monde, lui est cher par dessus tout.
- BAILLE.
- p.472 - vue 28/496
-
-
-
- Troisième Année. — N° 107
- LE MONITEURDE L'EXPOSITION DE 1SS9
- Dimanche 16 Janvier 1SS7. — 473
- MM. le président du comice agricole de Monein.
- le président du comice agricole de la vallée d’Ossau.
- le président de la commission syndicale de la vallée de Josbaig.
- le président du syndicat du Bas-Ossau.
- le président du syndicat du Haut-Ossau.
- Laubet (Bertrand), juge au tribunal decom-merce.
- Ducos (Marcelin), juge au tribunal de commerce.
- Duhalde (David), membre de la chambre consultative des arts et manufactures.
- Mazères (Etienne), membre de la chambre consultative des arts et manufactures.
- Malère (Jean), maire de Monein, secrétaire du comice agricole de Monein.
- Laporte-Fray, maire de Pradies, vice-président du comice agricole de Monein.
- Loubière, tanneur à Oloron.
- Abbadie-Tourné (Gustave) , secrétaire du comice agricole de la vallée d’Ossau.
- Bonnecaze, maire de Bilhères-Laruns.
- Casamajor-Dufaur, docteur en médecine, inspecteur des pharmacies.
- 40 Sous-comité de l’arrondissement de Mauléon MM. le président du comice agricole de Mauléon-Tardets.
- le président du comice agricole de.Lizain.
- le président de la commission syndicale de Soûle.
- le président de la commission syndicale de Cize.
- le président de la commission syndicale de Mixe.
- le président de la commission syndicale d’Ostabaret.
- le président de la commission syndicale de Baigorry.
- le maire de Mauléon.
- Béguerie (Prudent), fabricant de sandales à Mauléon.
- Ségalas, marchand de laines à Tardets.
- Baratchart, maire de Saint-Palais, propriétaire agriculteur.
- Etchevers, maire d’Irissarry, propriétaire agriculteur.
- Reboul, ingénieur, directeur des mines de Banca.
- Péraud, inspecteur de pharmacie, docteur en médecine.
- 3° Sous-comité de l’arrondissement d’Orthe4 MM. le président du comice agricole de LagQr-Arthez.
- le président de la société départementale de médecine vétérinaire.
- le maire d’Orthez.
- de Dufourcq, vice-président du comice agricole de Lagor-Artez.
- Laborde, conseiller d’arrondissement, in-dustriel à Hagetau.bin.
- Rébeillé, ancien conseiller général, proprié-ta,re à Vignes.
- le D” Pomier, conseiller général du canton de Salies, membre du conseil d’hygiène départemental.
- Castéra, maire de Navarreux, propriétaire.
- Mirassor, ancien maire de Navarreux, propriétaire à Bugnein.
- Vidal, conseiller général, vice-président de la société d’agriculture.
- Numa Bétat, tanneur à Orthez.
- Lapelle dit Lateulère, minotier à Orthez.
- Mailles, fabricant de machines agricoles à Orthez.
- Lacau-Larroche, maire de Salies, propriétaire.
- Saint-Guily, directeur des salines de Salies et d’Oràas.
- Majoureau, tanneur, président de la société de secours mutuels de Sauveterre.
- Dr Dupourqué, médecin inspecteur des eaux de Salies, membre du conseil d’hygiène.
- Par arrêté en date du 11 janvier 1887, MM. Langlois, vice-président de la société d’émulation du commerce et de l’industrie, à Rouen, et Lebon (Emile), conseiller d’arrondissement, à Dieppe, ont été nommés membres du comité départemental delà Seine-Intérieure.
- ---------— hmr»'a»-<SH5K>-r~i«^~ ------
- Le Ministre du Commerce et de l’Industrie au Banquet annuel de la Chambre syndicale de la céramique et de la verrerie.
- M. Lockroy, ministre du commerce et de l’industrie, a assisté, hier, au banquet annuel de la chambre syndicale de la céramique et de la verrerie.
- M. Gustave Thierry, président de cette chambre syndicale, dans un langage très élevé et très apprécié, a porté un toast àM. Edouard Lockroy,
- en énumérant les desiderata de la chambre syndicale de la céramique et de la verrerie, desiderata qui sont un peu ceux du commerce et de l’industrie de la France.
- M. le ministre du commerce et de l’industrie a répondu parle discours suivant :
- Monsieur le Président, Messieurs,
- Je vous remercie d’abord pour l’accueil chaleureux et bienveillant que vous m’avez fait. Croyez bien que pour le ministre, c’est un grand plaisir, le plus grand qu’il puisse avoir, de se trouver au milieu d’hommes éclairés et intelligents qui peuvent le fortifier dans son travail.
- M. le président vient de vous faire un discours ' sur la question commerciale, sur notre commerce à l’étranger et sur notre prochaine Exposition.
- Je compte beaucoup sur les chambres syndicales pour les indications à donner au gouvernement; je suis tout à fait de l’avis du président et c’est un plaisir pour moi de me trouver en communauté d’idées avec lui.
- Une des plus importantes questions qui touchent notre commerce national c’est la représentation de notre pays au dehors. Je suis heureux d’entendre dire que nos agents en pays étrangers ont fait de grands efforts pour notre commerce et notre industrie.
- Autrefois la représentation commerciale de notre nation était surtout composée d’hommes qui poursuivaient uniquement la carrière diplomatique et ne s’occupaient nullement des affaires commerciales. (Approbations, c’est vrai.)
- Je me rappelle bien les voyages que j’ai faits en Orient et un peu partout et je voyais avec chagrin la manière dont nous étions représentés ; j’entendais très souvent (je parle de ma jeunesse) des consuls français répondre à des commerçants qui demandaient des conseils, d’aller à la maison d’en face chez le consul anglais. [Rires.)
- J’espère et je crois que cela ne se renouvellera plus. Pour ma part, je ferai tout ce qu’il me sera possible pour l’empêcher. Je crois que depuis cette époque, il y a un mouvement considérable dans une direction nouvelle. (Applaudissements.)
- Les consuls anglais sont quelquefois consuls de père en fils. Eux-mêmes sont des commerçants, ils connaissent les pays où ils demeurent, ils arrivent souvent à obtenir dans ces pays une autorité considérable et quand les marchands ou négociants de leur nation se mettent en rapport avec eux, ils trouvent les habitants prêts à les recevoir. Pour mieux dire, ils trouvent une clientèle prête.
- M. le Président a parlé encore de la nécessité pour les chambres syndicales de se réunir dans des congrès, une fois ou deux par an, et de discuter les questions qui intéressent l’industrie française.
- Je'crois que ces discussions aideraient le gouvernement de la République dans la tâche qu’il s’est imposée et que ce serait une manière utile de servir les intérêts de la nation. (Applaudissements prolongés.)
- Nous espérons que vous nous aiderez dans ce travail immense que nous avons à réaliser. Donnez-nous vos idées, vos vues , nous les recevrons et les examinerons avec soin, et nous emploierons tous nos efforts pour vous défendre et pour vous protéger. (Applaudissements.)
- Quant à l’Exposition de 1889, je crois qu’elle marquera une grande époque pour l’industrie et le commerce français. Je vois une sorte de renouvellement et déjà il me semble, d’après les statistiques, qu’il y a une reprise dans les affaires, un mouvement heureux ; je l’attribue à une certaine confiance dans la stabilité de notre gouvernement. (Applaudissements.)
- J’espère, Messieurs, que dans notre Exposition, la France remportera les premiers prix et qu’elle montrera qu’elle est encore une des nations les plus laborieuses et des plus commerçantes de l’Europe. Si nos efforts dans ce but réussissent, nous aurons fait beaucoup pour notre pays, nous aurons travaillé à une œuvre pacifique [Applaudissements prolongés) et de cette œuvre pacifique, soyez-en sûrs, l’Europe nous sera reconnaissante. (Applaudissements prolongés.)
- ÉCHOS
- Paris
- La section d’architecture de l’Académie des* beaux-arts a procédé au jugement des esquisses du concours Achille Leclère, dont le sujet donné était : Un établissement pour l’exposition des produits horticoles. Ont été réservés pour le concours définitif, les projets portant les nos 1, 3, 5, 6, 8, 11, 12, 14,15,17, 18,19 et 20. Le jugement définitif sera rendu le samedi 12 mars 1887.
- *
- * *
- Le Journal officiel a publié la semaine dernière les résultats du recensement général de 1880.
- La population recensée à cette époque s’élevait à 38,218,903 individus, soit une augmentation de 546,855.
- ¥ ¥
- On a reçu du Tonkin au ministère du commerce un nouveau lot d’échantillons consistant en costumes d’hommes, couvre-pieds garnis, hamacs, tricots de coton, foulards, tiss,us de soie, coussins et pantoufles brodés, etc.
- *
- * *
- Aujourd’hui à deux heures, au Conservatoire des arts et métiers, inauguration de la statue élevée à Denis Papin.
- ¥ ¥
- Départements
- Un concours général d’animaux de boucherie aura lieu à Bordeaux (marché aux bestiaux) les samedi 5 et dimanche 6 février 1887, sous la direction de la Société d’agriculture de la Gironde.
- ¥ ¥
- La Société des Amis des Arts de Bordeaux ouvrira sa 35e exposition annuelle le 12 mars 1887. Les ouvrages destinés à l’exposition devront être remis au siège de la Société du 1er au 10 février.
- *
- ¥ ¥
- Algérie
- M. le ministie du commerce et de l’industrie a, par décision du 21 décembre dernier, approuvé la création d’un musée commercial à Philippeville par M. Lalliermonet, courtier assermenté. Le nouveau musée est fondé avec le patronage de la Chambre de commerce de cette ville.
- ¥ ¥
- ETRANGER
- Angleterre
- L’exposition de Birmingham, bien que d’un cadre et d’une importance relativement restreints, a eu plus de succès, à tous points de vue, que beaucoup de ses sœurs plus ambitieuses.
- L’excédent de recettes ne sera pas moindre de 5,200 livres, soit 130,000 francs. De ce chiffre il faudra déduire, il est vrai, les dépenses occasionnées par le dernier congrès de l’association britannique pour l’avancement des sciences, déduction qui laissera encore un excédent de 1,311 livres, environ 32,775 francs.
- De tels résultats sont assez rares dans l’histoire des expositions d’outre-Manche pour mériter d’être signalés.
- *
- ¥ ¥
- Uue exposition d’alimentation et d’art culinaire a eu lieu ces jours derniers, à St-Stephen’s Hall, Westminster (Londres).
- ** 'k
- ¥ ¥
- Plusieurs expositions artistiques se sont encore ouvertes à Londres dans les premiers jours de janvier, notamment : une exposition de tableaux de maîtres anciens, d’œuvres. d’artistes anglais décédés, comprenant ûn choix d’aquarelles de W. Turner, et à la Grosvenor Gallery, une exhibition d’œuvres de Yan Dyck.
- ¥ ¥
- Notre confrère anglais Intention qui, entre parenthèses, nous paraît être une des meilleures publications spéciales de la presse des deux mondes, tant par la sûreté de ses informations, que par la valeur de ses articles, rappelle, à l’occasion de l’exposition internationale actuellement en préparation à Newcastle, pour 1888, que la première solennité industrielle de ce genre célébrée dans cette ville y eut lieu en 1848.
- On y remarquait une galerie artistique intéressante. Une salle portant le nom delà reine Victoria, et renfermant des curiosités de la Chine et de l’Orient, des collections d’histoire naturelle, des armes de tout genre, anciennes et modernes, des verreries, etc., tout cela dans un fouillis inextricable. Le Hall des machines et la galerie maritime eurent beaucoup de succès également.
- Le bureau des brevets en a enregistré, en 1886, 17,162, soit une notable augmentation sur 1884 et 1885, où les chiffres respectifs n’avaient, été que de 52 et 1.061.
- k
- ¥ ¥
- D’après un relevé récent, le nombre des téléphones existant en 1885 se répartissait ainsi :
- Etats-Unis. Canada. .
- Angleterre Berlin . Londres . Paris
- Stockholm Rome . .
- Manchester Liverpool . Glasgow .
- . . 325.574
- • • 18.000
- . . 13.000
- • • 4.248
- . . 4.193
- . . 4.054
- . . 3.825
- . . 2.054
- . . 1.171
- . . 1.169
- . . 1.046
- La capitale de l’empire d’Allemagne compte à
- p.473 - vue 29/496
-
-
-
- 474- — Troisième Année. — N° 107.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- Dimanche 16 Janvier 1SS7.
- elle seule, avec ses faubourgs, plus de 8,200 abonnés.
- * *
- Belgique
- Nous avons dit, dans un précédent numéro, que pour faire concurrence à la Tour Eiffel, on proposait d’élever à Bruxelles, à l’occasion du concours international de 1888, une tour en bois de 300 mètres.
- Ajoutons que les auteurs de ce projet sont les ingénieurs Hennebique et Nève ; que leur tour se composerait d’une pyramide régulière de50 mètres de côté à la base, sur 300 mètres de hauteur.
- Le centre est formé d’un noyau carré de 400 mètres superficiels, cantonné par 8 contreforts de 15 mètres de saillie sur 5 mètres d’épaisseur.
- C’est donc une gigantesque aiguille coupée par trois galeries posées respectivement à 60,200 et 275 mètres de haut.
- Chaque galerie, placée comme une bague sur la tour, outre le renforcement décoratif qu’elle produit, fournit les emplacements nécessaires à l’établissement d’un vaste kursaal avec restaurant, salle de concert, etc., occupant ensemble, à la galerie inférieure, plus de 1,000 mètres de superficie ; d’un belvédère avec terrasses de plus de 400 mètres carrés, à la galerie intermédiaire ; et enfin, d’un observatoire à la galerie supérieure.
- Indépendamment des escaliers, sept ascenseurs établis dans le noyau intérieur mèneraient les visiteurs aux divers étages de la tour, du haut de laquelle on découvrirait un panorama de 120 kilomètres.
- La tour, achevée dans le délai d’un an, contiendrait 10,000 mètres cubes de bois et son coût total ne dépasserait pas deux millions de francs.
- *
- * *
- Une nouvelle société de jeunes peintres, qui a pris pour titre Nooricarts(en avant !) s’est formée à Bruxelles, en vue d’y organiser des expositions annuelles.
- Le.premier de ses salons, ouvert depuis quelques jours, rue delà Croix-de-Fer, se compose de 140 toiles intéressantes par la vérité de l’observation et la franchise de l’exécution.
- Les exposants sont peu nombreux ; mais chacun d’eux a fourni un large contingent.
- •k
- * *
- États-Unis
- Le comité des affaires étrangères du Sénat vient de conclure, dans un rapport, à la constitution d’une compagnie pour le percement d’un canal interocéanique à travers l’isthme du Nicaragua.
- *
- * *
- Italie
- La Gazette officielle du 27 décembre a publié le décret royal et le règlement relatif au concours international de séchoirs à céréales, qui aui^a lieu à Milan, dans le courant de mai. Les récompenses à décerner seront : deux diplômes d’honneur avec une prime de 2,000 francs chacun, pour les meilleurs séchoirs à maïs et à riz.
- Le ministère de l’agricufture, du commerce et de l’industrie fera en outre l’acquisition de deux des appareils récompensés.
- *
- * ¥
- Il vient de se former à Bologne un comité qui se propose de préparer pour le printemps de 1888 l’ouverture, dans cette ville, d’une exposition régionale pour l’agriculture, nationale pour l’industrie et Jes beaux-arts, universelle pour la musique.
- Rappelons, à ce propos, qu’il a été un_ moment question d’organiser à Rome une exposition universelle, pour la même époque, projet qui semble du reste abandonné, à en juger par le silence qui s’est fait autour de lui.
- SCIENCES & INDUSTRIE
- Un nouveau bateau sous-marin
- M. Andrew Campbell est l’inventeur d’un nouveau bateau sous-marin dans lequel le déplacement vertical ou mouvement de montée et de descente est obtenu par le moyen très simple d’augmentation ou de diminution de la capacité flottante. Cette variation dans la capacité du bateau est produite, nous apprend la Nature, au moyen de chambres cylindriques lesquelles sont projetées ou retirées des côtés du bateau,à la façon d’un télescope.
- Le premier bateau construit sur ce principe est sorti des chantiers de MM. Fletcher fils et Fearnall, de Londres ; il est construit en tôle d’acier et a la forme d’un cigare ; sa longueur est de 18 mètres et son diamètre au maître couple, 2m40. Il déplace, lorsqu’il est complètement immergé, 5o tonnes. Ses deux hélices sont commandées par deux moteurs électriques d’une force totale de 45 chevaux ;
- les accumulateurs fournissant le courant servent aussi à l’éclairage électrique de l’intérieur. Une provision d’air comprimé, suffisante pour trois jours, est emmagasinée à bord. La provision de courant est également suffisante pour la même durée.
- A l’état normal de flottaison, environ 25 centimètres de la partie supérieure de la coque sont visibles au-dessus de l’eau, plus une tour centrale d’environ 3o centimètres de haut sur 40 de diamètre, et munie de quatre hublots. — L’équipage peut consister en six personnes. Le bateau peut monter et descendre, soit lentement, soit rapidement, et, dans toutes les manoeuvres, la quille reste parfaitement horizontale.
- Des. expériences très intéressantes et concluantes ont eu lieu le 27 novembre aux docks « West India », à Londres.
- *
- * *
- La production des laines en Australie
- L’élevage du mouton et la production de la laine en Australie prennent un accroissement prodigieux qui doit fixer au plus haut point l’attention des éleveurs européens. Voici les quantités de moutons qui existaient de 1878 à 1884, dans les différentes provinces de l’Australie:
- Nouvelle-Galles du Sud, 23,967,053 têtes ; Victoria, 9,379,376 ; Australie méridionale,6,377,812 ; Greensland, 5,564,465 ; Australie occidentale , 569,325 ; Tasmanie, 1,858,831 ; Nouvelle-Zélande, 13,069,338; ce qui fait un total de 60,786,200 têtes.
- La Nouvelle-Galles du Sud, qui comprend la vaste région située au sud-est du continent australien, englobait autrefois Victoria et Greensland, qui en ont été détachées il y a environ vingt-cinq ans ; elle a aujourd’hui un développement de côtes de 1,200 kilomètres, et compte au nombre de ses principaux ports Botany-Bay, Port-Jackson,Port-Hunter, Port-Stephens. La Nouvelle-Galles du Sud possède, comme villes principales : Sydney, Parawata, New-Castle-Martland, Bathurst, Col-burn et Port-Macquarie ; sa population, d’après le recensement du 3i décembre 1885, était de 980,173 habitants.
- L’accroissement de la production et des commerces lainiers y a été des plus rapides ; témoin les chiffres suivants que nous reproduisons d’après la Nature.
- En 1867, elle ne comptait que 11 millions et demi de moutons ; en 1878, le nombre en était porté à 25 millions de têtes ; et en mars 1884, les statistiques lui en attribuent un total de 35 millions.
- L’étendue des pâturages nécessaires à l’élevage s’est accru dans les mêmes proportions. En 1848, les prairies comprenaient, dans cette province, 41,700,000 acres ; de 1848 à 1860, ce territoire herbager s’est augmenté de 7,300,000 acres, et de 1860 à 1874, il s’y ajoute 180 millions d’acres,c’est-à-dire un espace sensiblement supérieur aux territoires réunis de la Grande-Bretagne, de la Belgique, de la Hollande, du Danemark, de la Suisse et de la Grèce.
- Enfin, l’exportation des laines qui, en 1867, n’é-tait que de 21,708,000 livres, est passée, en 1878, à 90 millions de livres (exactement 40,823,300 kilogrammes).
- La province de Victoria vient après la Nouvelle-Galles du Sud au point de vue de la production lainière ; elle est beaucoup plus petite (227,619 kilomètres carrés contre 800,763)— c’est même la plus petite de toutes, —mais elle est plus peuplée, car au 3i décembre 1884, on lui donnait 991,869 habitants. Elle forme la partie sud-est du continent australien ; sa capitale est Melbourne, sur les bords du Yarra-Yarra, près de l’extrémité de la baie de Port-Philippe. La production y prend un développement tout aussi considérable.
- * *
- Expériences sur la valeur des engrais
- MM. Rivoire père et fils, de Lyon, adressent la communication suivante :
- L’année passée, voulant nous rendre compte des différences de résultats que l’on obtient selon la façon dont les engrais sont employés, en même temps que nous voulions connaître pratiquement les valeurs respectives du fumier et du guano du Pérou, nous organisâmes les expériences suivantes : cent plantes de pommes de terre de Early rose furent fumées avec du fumier de mouton dont la composition chimique est, chacun le sait, excellente et de beaucoup supérieure au fumier de cheval. Cent autres plantes furent fumées au guano du Pérou dissous, mais l'engrais fut répandu sur
- le sol avant de le travailler et aussitôt après, labouré et planté. Cent autres plantes encore furent fumées avec ce même engrais (guano) ; mais, dans ce dernier cas, l’engrais ne fut mis dans le sol qu’une fois travaillé, en plantant les pommes de terre et autour d’elles. Les cent plantes cultivées au fumier de mouton produisirent 900 tubercules, pesant ensemble 44 kilogrammes. C’est dans cette série que se trouvait le plus grand nombre de petites pommes de terre. Les cent plantes cultivées dans le terrain où le guano dissous avait été mis avant de bêcher, produisirent 833 tubercules pesant ensemble 60 kilogrammes. Dans cette catégorie, les tubercules étaient plus gros que dans la précédente, et on peut se rendre compte de la différence énorme de production avec la catégorie dont nous parlons ci-dessus. Enfin, le meilleur résultat fut obtenu avec les plantes cultivées au guano, mais qui n’avaient reçu l’engrais qu’au moment de la plantation. Les cent plantes de cette série ont, en effet, produit 867 tubercules qui pesaient 69 kilogrammes. Les tubercules étaient très réguliers et gros. Inutile d’ajouter que ces essais différents ont été faits avec la même variété de pommes de terre (Early rose), dans le même terrain travaillé le même jour et que les mêmes soins furent constamment donnés aux trois catégories. Le guano du Pérou dissous employé dosait 6 pour.100 d’azote ammoniacal et 10 pour 100 d’acide phosphorique soluble dans l’eau.
- * ¥
- Le puits le plus profond du monde
- Grâce aux persévérantes recherches scientifiques de M. George Westinghouse, dit notre confrère Invention, la ville de Pittsburg (Etats-Unis) peut aujourd’hui se glorifier de posséder le puits le plus profond du monde. La Chine, cet antipode à la recherche duquel semble avoir été M. Westinghouse lorsqu’il dirigea ses instruments de forage, a longtemps et à tort passé pour avoir des puits profonds de 3,000 pieds. Le gouvernement bavarois surpassa ensuite l’Europe entière, en perçant à une profondeur d’un peu plus de 1,800 pieds, soit environ 100 pieds de plus qu’au puits de Grenelle. Dans quelques sections du champ d’extraction des huiles à gaz, dans le comté de Washington, on avait atteint, depuis, une profondeur de 3,ooo pieds, mais là s’étaient arrêtées les recherches, quand M. Westinghouse conçut le projet de pénétrer les passages souterrains encore vierges du trépan. Depuis qu’il s’occupe du développement de cette exploitation, appelée aujourd’hui territoire d’extraction du gaz de Homewood, ce chercheur a médité avec amour des théories auxquelles il a seul initié l’éminent géologue Ashburner, aujourd’hui son associé dans la recherche de ces tronçons de lumière sur les strates siluriennes que la morsure de l’acier peut, au prix de dix milliers de francs, apporter jusqu’à la surface.
- Le projet primitif consistait à forer jusqu’à 6,000 pieds ou beaucoup plus profondément, si possible. Le puits d’essai n° 7, où le forage avait été suspendu à 1,900 pieds environ , fut choisi tout d’abord et les opérations se continuaient avec succès quand un accident fâcheux amena un arrêt à 3,55o pieds.
- Les appareils, ou du moins, tout ce qui n’en avait pas été irrévocablement perdu, furent transportés au puits Dilworth, à environ 3oo mètres de l’Ecole publique de Homewood. La vapeur commença à fonctionner il y a environ un an et demi, et le forage se prolongea avec de rares interruptions jusqu’il y a quelques semaines, sous une attentive direction. A ce moment, le câble se rompit et le trépan se trouve aujourd’hui fixé à 4,750 pieds au-dessous du sol. Il y a aussi, dans le puits, environ 4,000 pieds de câble servant à la descente des outils, ce qui constitue une des plus épineuses opérations de sondage qu’ait connues la science moderne appliquée au forage.
- *
- * *
- Un nouveau fanal électrique
- Les conditions particulièrement difficiles, où se trouve placée une lampe électrique à arc, employée comme fanal d’avant d’une locomotive, font qu’il est nécessaire de la préserver des effets dé-sordonnants de la vibration, et de maintenir en même temps l’arc, au foyer du réflecteur. Cette nécessité a donné lieu à un grand nombre de procédés, dont le plus récent est celui de M. George G. Pvle, électricien de la Compagnie Américaine des fanaux électriques, d’Indianapolis, procédé signalé par Y Invention, l’intéressant journal scientifique anglais.
- M. Pyle maintient l’arc au foyer du réflecteur,
- p.474 - vue 30/496
-
-
-
- Troisième Année — N° 107.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 16 Janvier 18S7. — 475.
- en prenant pour électrode inférieur une barre de cuivre fixe, et pour électrode supérieure (la positive), le charbon ordinaire, réglé par un méca: nisme approprié. Pour donner de la stabilité à ce charbon, une bague emboîtée sur la barre de cuivre projette verticalement un bras coudé qui embrasse l’electrode de carbone, la guide et l’empêcher de dévier par les secousses de la machine. Ce guide est isolé, bien entendu. Le bras qui s’élève en avant des électrodes dans la direction des rayons de lumière est aussi mince que possible, de façon à ne pas leur créer d’obstacle. Dans le fonctionnement de ces lampes, la qualité du courant, par rapport aux lampes ordinaires, à deux électrodes de charbon, e t quelque peu modifiée, de façon à accroître l’intensité, en réduisant la force électromotrice, et l’arc employé est un peu plus court que d’ordinaire. Dans ces conditions, suivant M. Pyle, lorsque la lampe est en fonctionnement, du carbone, vaporisé du pôle positif, est projeté et déposé sur la pointe de cuivre du pôle négatif, y formant ainsi un enduit solide de carbone, continuellement maintenu par de nouveaux dépôts.
- Par ce moyen, paraît-il, le pôle de cuivre ne se consume et ne teinte pas la lumière de l’arc, d’une façon appréciable, et devient, moins ses inconvénients, l’équivalent du pôle de charbon. Ainsi l’arc, grâce au pôle négatif fixé et ne se consumant pas, est maintenu à un foyer constant, et de plus, grâce au bras qui enserre les électrodes et empêche ainsi, tout jeu, toute vibration latérale, cet arc est maintenu latéralement dans une position stable et déterminée.
- *
- ¥ ¥
- Le ballon électrique
- M. Eric Stuart Bruce, inventeur d’un nouveau système de signaux par ballons, en temps de guerre, vient de faire breveter une application de la lumière électrique aux ballons dans un but de publicité.
- L’appareil nouveau s’appelle « Ballon électrique translucide de publicité ». Surla surface d’un ballon, de matière aussi translucide que possible, est peinte une annonce, une image, etc. Dans l'intérieur, gonflé de gaz par les procédés ordinaires, sont placées plusieurs lampes incandescentes, faisant saillie sur un support sphérique de façon à distribuer la lumière sur toute la surface interne. Ces lampes incandescentes sont faites d’un circuit métallique, la source d’électricité se trouvant à terre ou sur le toit d’un édifice. Le ballon est captif. Le but de cet appareil est d’élever assez haut pour qu’il soit visible la nuit sur un large rayon le dessin ou l’annonce à faire voir. L’effet produit est celui d’un globe de feu, sur lequel se détachent en sombre les lettres imprimées.
- Parce temps de concurrence et de publicité à outrance,le ballon électrique est un mode nouveau et amusant d’attirer la nuit l’attention du public. Il se recommande à ce titre à toutes les maisons entreprenantes et aux directeurs d’établissements publics, ainsi que pour les illuminations, expositions, etc.
- *
- ¥ ¥
- L’électricité et l’agriculture
- Le propriétaire du journal russe Selsky Khosiane vient avec un grand esprit d’entreprise et de philanthropie, de faire une tentative pour apporter l’électricité au secours des agriculteurs si éprouvés de la Russie méridionale. On sait que les cultivateurs de blé de l’empire slave sont absolument ruinés par la concurrence américaine et indienne. Leur unique moyen de salut est de battre leurs grains et de les lancer sur leur marché pour l’exportation le plus rapidement possible. Il serait donc très désirable que les opérations de battage pussent être prolongées, le soir, aussi tard que possible. Mais battre à la lumière de lampes à huile, avec d’énormes quantités de paille en suspension, dans l’air ambiant, serait aller gratuitement au-devant d’un désastre certain. Pour obvier à cette difficulté, le directeur du Selsky Khosiane s’est intéressé à l’introduction de la lumière électrique.
- La batterie primaire Stepanoff, décrite comme une modification de celle de Daniell, a été, parait-il, employée avec succès à Riazin. Trois ou quatre lampes, d’un pouvoir éclairant de 8 bougies, ont été trouvées suffisantes.
- k
- ¥ ¥
- Pavage artificiel
- Des essais sont faits actuellement à Berlin, sur le pont de Charlottenbourg, avec un nouveau genre de pavés.
- Ces derniers sont formés d’une composition de scories de fer, de. coke et de ciment, et pèsent environ de 8 à 10 kilos chacun.
- On assure que ces nouvelles pierres, beaucoup meilleur marché que le pavé naturel, sont d’une durée bien supérieure. Elles sont pratiquées dans des forges de la haute Silésie.
- LES
- GRANDS TRAVAUX PUBLICS
- Nous empruntons au Constructeur l’intéressant article suivant :
- Le Pont sur la Manche
- M. Hersent, entrepreneur de travaux publics, président de la Société des Ingénieurs civils, vient de rédiger un avant-projet d’un pont sur la Manche. L’idée de relier l’Angleterre au continent par un pont n’est pas nouvelle, mais la plupart des projets proposés jusqu’à ce jour, dit M. Hersent, ont été insuffisamment étudiés ; tous ont été reconnus d’une exécution presque impossible. C’est alors qu’on a songé à creuser un tunnel sous-marin dont l’exécution ne paraît pas présenter de difficultés insurmontables. Mais, de leur côté, les partisans du pont ont étudié à nouveau la question, et ils sont convaincus que ce moyen de communication n’est pas impossible.
- Deux solutions se trouvent donc [actuellement en présence : le tunnel et le pont.
- Nous allons résumer ici le projet de M. Hersent.
- Le fer est devenu maintenant l’élément principal de la construction des grands ouvrages. Il permet d’exécuter économiquement des travaux qu’on est forcé d’admirer quand on les compare à ceux d’il y a cinquante ans seulement. Ainsi, le pont de Broocklyn a des fondations qui ont à leur base plus de 800 mètres carrés de surface à plus de 20 mètres sous l’eau, surmontées de piles en maçonnerie de 8i mètres de hauteur supportant les câbles métalliques auxquels s’attache le tablier dont la portée a près de 5oo mètres; le pont que l’on construit actuellement sur te Foorth , au nord de l’Angleterre, a des travées de 5oo mètres d’ouverture laissant, sur une longueur de 100 mètres, en leur milieu, une hauteur libre de 5o mètres au-dessus du niveau de l’eau. Ce pont repose sur des fondations exécutées au moyen de l’air comprimé.
- Il est évident, dit M. Hersent, qu’en présence de ces résultats, on peut envisager l’exécution d’un pont sur la Manche comme une chose sinon simple du moins possible, puisqu’en réalité ce ne serait que la répétition, sur une plus grande échelle, de travaux déjà existants.
- L’emplacement qui paraît devoir être préféré pour la construction d’un pont sur la Manche est une ligne brisée se détachant près du cap Gris-Nez, arrivant sur le banc du Colbart, passant par le banc de Varne et aboutissant à la côte anglaise un peu ,à l’ouest de Folkestone.
- La profondeur maximum de l’eau dans ce parcours, et seulement sur une faible longueur, est de 55 mètres. La longueur du pont serait de 14 kilomètres environ ; on est à peu près assuré, par les sondages déjà faits pour les études du tunnel, que le sol est suffisamment homogène pour supporter la chargç du pont.
- On construirait vers l’Angleterre, vers la côte de France, entre les bancs du Colbart et du Varne, des piliers espacés de 70 à 80 mètres l’un de l’autre, intercalés avec des ouvertures de 3oo à 400 mètres déportée, et pour les parties oùla mer est plus profonde (à partir de 40 mètres de profondeur) et où la dépense des appuis serait plus grande, on pourrait faire des ouvertures de 5oo mètres de longueur supportées par des piliers espacés de 100 mètres l’un de l’autre.
- Chaque appui serait formé de deux piliers fondés sur le sol et réunis entre eux au moyen d’un poutrage métallique ; cette opération peut s’exécuter facilement, même au milieu de la mer. On allongerait ensuite en porte-à-faux et également de chaque côté la construction métallique du pylône primitif jusqu’à 200 ou 220 mètres de longueur. Enfin, on réunirait chaque extrémité de demi-travée à la demi-travée voisine, au moyen de verrous à glissières, permettant aux dilatations de se produire isolément par chaque travée, en même temps que les extrémités des poutres seront bien réunies.
- M. Hersent fait remarquer que, grâce à cette disposition, il sera assez facile, dans la construction, de parer aux petites différences d’écartement qui peuvent se produire dans la position réelle des piliers, tant pour les petites ouvertures que pour les grandes. On écartera ainsi les difficultés de montage et les sujétions de précision mathématique pour les piliers. Quant à la partie du pont qui formera les petites ouvertures, elle pourra servir d’atelier et de magasins pour le montage des grandes travées, lesquelles pourront ainsi être exécutées aussi régulièrement que s’il s’agissait de la construction d’un pont ordinaire.
- Le principal aléa sera l’établissement des fondations des piliers de support du pont, d’abord parce que les constructions en mer présentent toujours des difficultés spéciales, ensuite parce que la profondeur de l’eau est assez grande ; enfin, parce que les laps de temps pendant lequel la mer est calme est court.
- Mais M. Hersent pense que ces difficultés peuvent être surmontées.
- Au point de vue des courants, dit-il, les piles construites ainsi qu’il a été expliqué, prendraient
- une largeur moyenne de 55 à 60 mètres par les deux supports, et pour 600 mètres de longueur de pont, c’est-à-dire moins de 1/10 de la section du détroit. L’augmentation de vitesse qui en résulterait pour les courants ne pourrait exercer aucune action nuisible sur le fond de la mer (ces courants variant de 1 mètre à 1 mètre 5o par seconde) ; les navires à vapeur pourraient donc effectuer la traversée du détroit comme iis le font actuellement ; seuls les navires à voiles devraient prendre certaines précautions pour éviter de heurter les piles.
- Grâce aux études de M. Thomé de Gamond et de M. de Lavalley, faites en vue du percement d’un tunnel, on sait que le fond du détroit se compose de couches régulières et uniformes de craies de divers natures. Le sol est donc résistant et suffisamment solide pour supporter les piles de ce gigantesque ouvrage ; on a reconnu aussi qu’il était homogène sur une grande surface.
- M. Hersent pense que ces craies et marnes de diverses natures peuvent être chargées sans inconvénient de 10 kilogrammes, au moins, par centimètre carré de surface.
- Les piliers de support du pont auraient en plan une forme elliptique dont le grand axe serait dirigé dans le sens des courants et perpendiculairement à la direction du pont. Ils auraient la forme d’un tronc de cône. La partie inférieure du caisson métallique destinée à protéger la maçonnerie du contact immédiat de l’eau et à faire flotter la construction pour l’amener à sa place, serait divisée en compartinîents séparés, munis d’écluses à air pour la visite du fofrd, la sortie des déblais, etc. ; et de cheminées spéciales pour le remplissage du béton de la partie inférieure.
- La base ainsi établie serait surmontée d’un socle en maçonnerie construit à l’abri de batardeaux en tôle et arasé à 10 ou 12 mètres au-dessus des hautes mers, pour être ensuite surmonté de constructions métalliques.
- Il est intéressant de faire connaître maintenant comment M. Hersent compte procéder pour la construction et la mise en place des piliers de support en mer ; c’est là, en effet, un point fort important.
- M. Hersent déclare qu’il n’hésiterait pas à travailler à l’air comprimé à des profondeurs de 35 et même de 40 mètres d’eau avec des appareils de compression bien étudiés, c’est-à-dire avec des écluses munies de robinets différentiels, pour graduer l’entrée et la sortie de l’air et en ayant surtout la précaution de réchauffer les hommes à leur sortie de l’écluse. Dans ces conditions, il pense que l’organisme humain n’aura pas à souffrir. L’emploi des cloches à dérochement a démontré que le réchauffement des muscles à la sortie de l’air comprimé par un exercice violent, comme la montée d’un escalier, est une excellente pratique qui conjure les congestions à la peau, que l’on a si fréquemment observées et qui ont, à un moment, contribué à jeter un certain discrédit sur les travaux à air comprimé.
- Il est donc possible de fonder les piliers à l’air comprimé jusqu’à 3o et 35 mètres de profondeur, et il est probable que le même système pourra aller jusqu’à 55 mètres et au-delà. Pendant quatre mois de l’année (mai, jüin, juillet et septembre), .on peut généralement travailler au large. Ces données serviront de base à la direction à donner aux travaux. Les caissons de fondation en fer ou en acier seront chargés de maçonnerie et, quand ils seront convenablement lestés, on les amènera par flottage à la place qui leur aura été assignée ; on les fixera par des amarres et on continuera à les maçonner intérieurement pour les .faire reposer sur le sol. La partie supérieure du caisson sera recouverte d’une espèce de coupole qui mettra à l’abri des vagues la partie intérieure de la maçonnerie et les ouvriers. Cette coupole qui sera démontée après l’élévation des , maçonneries au dessus du niveau des hautes mers, de façon à pouvoir être utilisée à plusieurs ouvrages du même genre, devra être assez forte pour supporter le choc de la mer et contenir les engins de levage et de manœuvres nécessaires. Quand une pile sera amenée à sa place avec le lest suffisant pour qu’elle touche presque le sol, elle devra y rester jusqu’au moment où on aura pu y ajouter le complément de maçonnerie nécessaire pour qu’elle touche le sol. Comme pour certaines piles cette opération ne pourra se faire pendant la même campagne, il faudra sans doute protéger les caissons par des brise-lames flottants. Ces brise-lames faciliteraient aussi l’accostage des navires chargés de matériaux et l’accès des travailleurs, ce qui permettrait d’augmenter le nombre des jours effectifs de travail chaque année.
- On a prévu un vide au milieu de chaque pile, afin que toutes les parties de là maçonnerie puissent être inspectées et qu’il soit possible d’observer les tassements s’il s’en produisait. Cette disposition permet aussi de fixer et de surveiller l’ancrage des colonnes métalliques à élever au-dessus delà maçonnerie.
- Quant aux dépenses probables d’un pareil ouvrage, il est difficile de fixer un chiffre exact, mais on peut néanmoins les évaluer avec une certaine approximation en calculant le volume de maçonnerie à exécuter.
- p.475 - vue 31/496
-
-
-
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1SS9.
- 476. — Troisième Année. — N° 107.
- Dimanche 16 Janvier 1887.
- Il y aurait 72 piles donnant un cube total de 2,654,400 mètres, ce qui, à 120 fr. par mètre cube, conduit à une dépense de 820 millions de francs. Si.on ajoute à ces chiffres 1/10 pour travaux accessoires, enrochements, etc., etc., soit 32,ooo,ooosi on compte 8,000,000 pour dépenses d’organisation des chantiers, études, matériaux, etc., on arrive, pour les fondations, à 860,000,000.
- Le prix du tablier métallique serait de 525,000,000 en comptant 35 tonnes par mètre courant, et le prix du métal à 40 fr. les 100 kilogrammes.
- Le total des frais d’établissement peut donc être évalué à 885,000,000 de fr.
- Le pont serait raccordé d’une part avec le chemin de fer du Nord par une voie ferrée se détachant de la ligne de Paris à Calais à la station de Marquise. Partant de la cote 46 mètres, la voie gravirait une rampe de 8 millimètres par mètre, pour atteindre la cote de 67 mètres ; après avoir traversé le chemin de Marquise à Ferques, le tracé se dirigerait en ligne droite vers le cap Gris-Nez.
- Cette deuxième partie de la ligne qui est en palier porterait quatre voies, comme le pont, le niveau du rail étant à 6 mètres au-dessus du niveau moyen de la Manche (cette cote de 67 mètres est celle du rail sur le pont). La longueur totale de la ligne du raccordement entre le chemin de fer du Nord et l’extrémité de la culée près de la mer est approximativement de i5 kilomètres. La dépense probable serait de 22 millions.
- En Angleterre, le pont serait raccordé avec le South-Eastern Railway dans des conditions analogues à celles du raccordement de la côte française. Ce raccordement aurait seulement g kilomètres de longueur et la dépense à faire serait d’environ i3 millions.
- La dépense totale des deux raccordements serait ainsi de 35 millions qm, ajoutés aux 885 millions calculés précédemment, donnent un total de 920 millions.
- --------—---«TT ~~ —--------
- LES LIVRES
- XCII
- Octave Gréabd, membre de l’Institut, vice-recteur de l’Académie de Paris. ILÉducation des femmes par les femmes.
- Etudes et portraits. — Un vol. in-18. Hachette, éditeur.
- La femme a eu aux deux derniers siècles, et a gardé au siècle où nous sommes, deux moyens de régner, deux instruments de domination qui lui appartiennent naturellement., légitimement et constituent sa part dans l’empire domestique; elle a été, elle est encore la reine du salon, la directrice de l’éducation. Comme épouse elle préside aux relations sociales de la maison et à l’hospitalité de ce foyer dont elle doit être l’honneur et l’ornement. Comme mère elle partage avec le père et exerce dès le début le gouvernement de l’éducation des enfants, gardant le plus souvent jusqu’au bout la haute main sur ses filles. En régnant dans son salon, en y tenant d’un doigt léger les rênes de la conversation, en exerçant cet empire de la sociabilité, de l’hospitalité dont le sceptre est un éventail, en travaillant à faire de ses enfants des hommes semblables ou supérieurs à leur père, de ses filles, des femmes qui seront son image, qui l’embelliront encore, la femme agit dans le sens de sa destination, elle marche dans la voie de sa vocation naturelle qui est d’être épouse et d’être mère.
- La plupart sont obscurément, modestement de bonnes épouses et de bonnes mères. Et qu’on ne s’y trompe pas, s’il faut des épouses et des mères héroïques pour tenir leur sexe en haleine, pour y entretenir l’émulation, pour empêcher de s’altérer, le modèle idéal de la femme et le type de sa mission dans la famille et dans le monde, c’est par la masse plus encore que par l'élite des épouses et des mères que s’entretient le feu sacré de l’honneur et du bonheur du foyer « Faites-nous des mères », disait Napoléon pour tout programme d’éducation, à Mme Campan. Et il ne disait pas « Faites-nous de grandes mères ». La supériorité dans ce genre, comme dans tous les autres, a ses avantages et aussi ses inconvénients. Dans l’armée domestique et sociale comme dans les autres, c’est par les soldats plus encore que par les capitaines que se gagnent les batailles. Et c’est par les vertus obscures et modestes d’une foule d’épouses et de mères qui n’auront pas et ne voudraient pas avoir d'histoire que s’entretient la perpétuité, la sécurité, la dignité de la famille. Mais enfin, si toutes les femmes ont plus ou moins une aptitude naturelle aux devoirs de l’épouse et de la mère,au gouvernement du salon, à la direction de l’éducation, aux succès de la conversation, aux succès épisto-laires et pédagogiques, il est un certain nombre de femmes privilégiées qui ont porté au plus haut degré ce génie, cet art de leur sexe.
- Quelques-unes ont formulé cet art de la conversation, de l’éducation en préceptes, et fourni à la bibliothèque du moraliste et du pédagogue des traités qui sont des chefs-d’œuvre; quelques-unes plus rares ont laissé à la fois d’excellentes leçons et des élèves modèles.
- Il est donc tout naturel que dans un temps comme le nôtre, qui s’est préoccupé plus qu’aucun autre de l’instruction et de l’éducation de la femme, de son égalité intellectuelle et morale avec l’homme, de son rôle comme institutrice, comme
- éducatrice publique ou privée, un homme qui a dû sa réputation, son autorité, ses succès universitaires et académiques à l’étude approfondie qu’il a faîte de la science pédagogique, ait tenu à honneur de nous faire connaître son opinion sur ce que les femmes ont écrit de mieux sur ce sujet.
- C’est ainsi qu’il a composé une galerie de portraits littéraires et sociaux, mais plus encore moraux et pédagogiques, où figurent les initiateurs, les précurseurs, les créateurs de cette philosophie de l’éducation des femmes par les femmes et les plus éminentes, les plus justement célèbres de leurs élèves. Ces deux maîtres de l’éducation des femmes par les femmes, ces deux pédagogues de génie au xviie et au xvme siècle, c’est Fénelon, c’est J.-J. Rousseau. Autour d’eux se rangent Mme de Maintenon, MJie de Lambert, Mm® d’Epinay, Mme Necker, Mme Roland.
- Un second volume qui ne sera pas moins intéressant que le premier conduira cette histoire critique de la pédagogie féminine jusqu’à nos jours, et contiendra les portraits de Mm® de Genlis, de Mme Campan, de Mme Guizot, de Mme de Rémusat, de Mme Necker de Saussure et des femmes qui tiennent la tête de l’école contemporaine.
- M. Gréard a placé son livre sous les auspices de Mme de Sévigné, reproduisant en épigraphe cette boutade de notre incomparable épistolaire, qui fut encore à la bien voir plutôt une admirable femme qu’une admirable mère : « Je dis toujours que si je pouvais vivre seulement deux cents ans, je deviendrais la plus admirable personne du monde ».
- En écrivant ainsi le 27 juin 1679, Mme de Sévigné indiquait sans doute sa foi dans son propre perfectionnement et sa foi dans le perfectionnement moral de l’humanité et surtout de son sexe, en matière d’éducation. Il est certain que si la première partie de ce vœu n’a pas été réalisée, la seconde l’est ou du moins est bien près de l’être. La théorie et la pratique de l’éducation des femmes sont certainement en voie d’efforts et de progrès décisifs.
- Ces efforts, ces progrès ne sauraient aboutir à leur but qu’en s’inspirant de la tradition, des exemples et des modèles qu’elle fournit. Et c’est ce que fait l’homme qui est, par sa situation officielle comme par ses écrits, à la tête du mouvement novateur, régénérateur. 11 le fait avec un sentiment d’impartialité, une solidité et un agrément de raison qui montrent qu’il a puisé aux bonnes sources. Il ne le cache pas et couronne de fleurs ces sources où il a puisé. Il s’incline d’abord avec raison devant le maître par excellence de la matière, Fénelon, dont le Traité de L'éducation des filles n’a pas vieilli, depuis deux siècles, parce qu’il est fondé sur la vérité et surl’expérience humaine. Nul n’était plus en mesure d’interroger avec succès la conscience universelle en madère d’éducation des femmes, que ce prélat au visage, au cœur et à l’esprit marqués à la fois des finesses viriles et des délicatesses féminines. Avant lui, saint Jean-Chry-sostôme, saint Augustin sont les deux Pères de l’Eglise qui ont le mieux connu les femmes — en tout bien tout honneur s’entend — et le mieux parlé d’elles. Après eux, la palme de cette supériorité dans l’art d’observer et de manier les consciences féminines appartient sans conteste à saint François de Sales et à ce saint profane qui fut l’archevêque de Cambrai, Bossuet, a sur l’âme féminine des vues profondes mais troublées. Il ne la voit bien que par éclairs. Massillon est un psychologue raffiné de la passion humaine plus qu’un directeur sûr. Ce don de direction, cet art de direction, Fénelon le posséda au plus haut degré, Rollin n’a fait que copier son traité. J.-J. Rousseau eut évité bien des erreurs en le faisant. M,ne Guizot et Mrae Necker de Saussure, deux protestantes, sont d’accord avec M,ne de Maintenon et Mm® de Lambert pour reconnaître cette suprématie de Fénelon et s’incliner devant elle. Chose étrange ! le précepteur du duc de Bourgogne, l’auteur du Télémaque, qui, en ce qui touche l’éducation virile, ne s’est pas préservé de plus d’une vue utopique et chimérique, le directeur de Mrae Guyon, de Mœe de la Maisonfort, de la duchesse de Beau-villiers, dont les lettres de spiritualité ne sont pas exemptes d’un mysticisme parfois dangereux, a déployé un bon sens infaillible dans son Traité de l’éducation des filles destiné à des laïques.
- M. Gréard en fait ressortir avec bonheur et avec succès tout ce qu’il contient encore de moelle salutaire et féconde, d’utiles conseils et de vues d’application pratiques.
- Mme de Maintenon et Mm0 de Lambert, l’une avec une solidité de raison un peu sèche, l’autre avec une délicatesse de sentiment parfois précieuse, ont accumulé les observations et les préceptes relatifs à l’éducation des hommes et des femmes en se plaçant,celle-ci à un point de vue rétréci par l’horizon conventuel, celle-là à un point de vue peut-être trop élargi, ayant trop de portée sur la cour, le monde, les salons. M. Gréard a fait de l’une et de l’autre des portraits fidèles, les mettant bien à leur jour, à leur point, à la fois par rapport à leur temps et au nôtre.
- Nous signalerons comme.très heureux et d’une vivacité qui anime sa manière un peu discrète son tableau du salon de Mme de Lambert, et son portrait de Mme Geoffrin qui sont, chacun en leur genre, dé petits bijouxde finesse et de malice.
- Avec Jean-Jacques Rousseau font leur entrée dans les théories d’éducation la philosophie déiste, le sentiment et le goût de la nature, la thèse de la passion conciliée avec le devoir, les vérités et les erreurs qui en font un maître aussi dangereux que séduisant. Mme d’Epinay, Mme Necker et Mme Roland sont toutes les trois des élèves, à des degrés divers d’exaltation, du philosophe, de Jean-Jacques. Le rôle de la famille, de la mère, de la lecture, de la culture intellectuelle et morale dans l’éducation leur doivent des vues ingénieuses et des préceptes utiles. Ce qu’il y a lieu de remarquer en terminant cette étude forcément superficielle, c’est que la théorie la plus ingénieuse, la plus éclairée n’est pas toujours ce qu’il y a de plus utile, de plus salutaire dans cet art difficile de former une femme exemplaire. Mmc de Sévigné a, en somme, très mal élevé ses enfants. Mœe de Grignon, la sèche, l’altière, la raisonnable et raisonneuse, l’égoïste mère qui sacrifie ses filles à son fils, ne se gêne pas pour le lui dire. Charles de Sévigné, qui tomba de la prodigalité et de la débauche dans l’avarice et dans la dévotion, ne fait pas honneur à sa mère comme élève. Le fils et la fille de Mme de Lambert furent de médiocres personnages. Le fils de Mme d’Epinay abreuva de soucis et de déceptions la vieillesse de sa mère. Mme Necker aboutit, dans Mme de Staël, à exalter les qualités intellectuelles au détriment des qualités morales Mme Roland fut une femme de grand esprit, de caractère viril, dont la mort héroïque a rejeté dans l’ombre les préjugés et les ridicules, mais dont l’élève, sa fille Eudora, ne fut qu’une honnête et modeste femme, sans relief autre que celui de la dévotion mystique où elle termina sa vie. Notre conclusion, c’est que pour l’éducation de la femme, l’exemple d’une mère vertueuse vaudra encore mieux que tous les traités, que toutes les théories, que toutes les lumières, qui risquent toujours, si elles ne sont pas sagement mesurées, de brûler une jeune âme plus encore que de l’éclairer.
- M. de Lescure.
- LES THÉÂTRES
- Théâtre des Variétés. — Reprise de Le Tour du Cadran.
- Les premiers jours de l’année sont d’ordinaire peu fertiles en nouveautés, et cela s’explique : dans le désir, très légitime d’ailleurs, de profiter de la période des fêtes, les théâtres rivalisent d’activité pour donner avant la fin de l’année leurs pièces nouvelles et se ménager ainsi de fructueuses étrennes. Aussi la critique chôme-t-elle une fois le jour de l’an passé et cette semaine, en fait d’événements théâtraux nous n’avons eu qu’une reprise de peu d’éclat du Tour du Cadran, aux Variétés, et, à Déjazet, la célébration du centenaire des Femmes collantes, la pièce si amusante de mon aimable prédécesseur, M. Léon Gan-dillot.
- Cette célébration d’un centième d’une jeune qui pour son coup d’essai a frappé un coup de maître a été pour M. Gandillot l’occasion d’un nouveau triomphe qui a dû être bien doux à son cœur de débutant. Au lieu du souper banal autant que traditionnel l’heureux auteur des Femmes collantes, d’accord en cela avec l’intelligent directeur de Déjazet M. Boscher, qui a eu le mérite de dénicher cette perle de gaîté parmi tant de manuscrits soumis à son choix, au lieu d’en faire un souper de centième, dis-je, auteur et directeur avaient préféré marquer cet événement inaccoutumé dans les fastes de Déjazet d’une pierre blanche et faire participer à leur légitime joie l’intéressante classe des artistes dramatiques.
- C’est donc par un don de mille francs à la caisse de secours de ia Société ainsi que par un autre don de cinq cents francs au profit des inondés du Midi que MM. Gandillot et Boscher ont voulu marquer la date de la centième des Femmes collantes ; ils y ont peut-être perdu quelques toasts plus ou moins sincères de bons petits camarades, mais ils y ont gagné, d’autre part, des bénédictions sans arrière-pensée, ce qui est bien une compensation.
- Quant au Tour du cadran, j’ai dit que cette reprise n’avait guère brillé d’un très grand éclat. Cela tient à ce que la pièce, sans avoir rien perdu de sa gaîté, a un peu vieilli par places. On aurait pu en supprimer, sans inconvénient, certains épisodes, tels que l’intercalation de l’Ours et la Sentinelle dans l’acte du cirque, plus vieilli encore que le reste, et le dressage des singes qui forme un spectacle forain beaucoup plus drôle à Saint-Cloud que sur la scène des Variétés.
- Cette reprise servait de rentrée à MUe Humberta que l’on a revue avec plaisir, toujours aussi jolie qu’autrefois et fort en progrès comme artiste.
- Du reste de l’interprétation je ne puis rien dire, ayant déjà épuisé tous les termes laudatifs dont.je dispose en faveur de la toujours excellente troupe des Variétés.
- Georges Grisier.
- Le Gérant, GARREAU.
- Tours. — lmp. E. ARRAULT et Cie, rue de la Préfecture, 6.
- p.476 - vue 32/496
-
-
-
- Le Moniteur
- DE
- L'EXPOSITION DE 1889
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
- TROISIÈME ANNEE Dimanche 23 Janvier 1887. NUMÉRO 108.
- SOMMAIRE :
- 1. L'Exposition universelle de 1889 ; 2. Rapport présenté au nom de la sous-commission dés travaux par M. Ménard-Dorian • 3. Sous-commissions des travaux et des finances; 4. Comité départemental de la Seine-Inférieure ; 5. Comité départemental de la Loire-Inférieure; 6. Adjudication en deux lots de la fourniture des verres striés; 7. Comité départemental des Hautes-Pyrénées; 8. Echos; 9. L'Exposition de Charles Toché à la salle Petit; 10. Le Cinquantenaire des chemins de fer; ti- Le Livre et les industries qui s’y rattachent! 12. Les Livres; t3. Avis commerciaux; 14. Les Théâtres.
- L’EXPOSITION UNIVERSELLE
- DE 1889
- Par exception, la commission de contrôle et de finances de l’Exposition s’est réunie ce matin dans le cabinet de M. Edouard Lockroy, ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général, qui avait tenu, malgré les prescriptions de ses médecins, à présider cette séance.
- La commission a entendu lecture des rapports présentés au nom de la sous-commission des travaux par M. Ménard-Dorian, député, et par M. Jacques, conseiller municipal de Paris, au nom de la sous-commission des finances.
- Les conclusions des deux rapports ont été adoptées à l’unanimité.
- Le rapport de M. Jacques approuve au point de vue financier les devis d’ensemble des travaux, s’élevant au chiffre de 19,472,132 fr.
- Le rapport de M. Ménard-Dorian entre dans l’examen détaillé de toutes les opérations de construction proposées par la direction generale des travaux, expose la discussion qui a ç,u lieu dans le sein de la sous-commission et propose l’adoption des opérations projetées :
- i° Nivellement et égouts, 780.000 fr. ;
- 20 Palais des beaux-arts et des arts libéraux, 6,295,725 fr.
- 3ü Galeries des expositions diverses, 5,900,179 francs ;
- 40 Palais des machines, 6.496,228 fr.
- Soit un total général de 19,472,132 francs.
- Après de courtes observations présentées par MM. Tirard, Hébrard, Alphand et Berger, la commission tout entière s’est prononcée pour l’adoption des rapports, qui ont été accueillis très favorablement.
- Ces rapports expriment la satisfaction éprouvée par la commission de contrôle et de finances de voir se préparer une œuvre digne de la grande solennité de . 1889, tout en restant dans les limites de la plus stricte économie.
- Le vote d’aujourd’hui permettra au ministre commissaire général d’activer les travaux, et on peut considérer l’Exposition comme entrée définitivement dans la période d’activité.]
- ' Il est maintenant certain que l’Exposition sera entièrement construite en moins de deux ans, e’est-à-dire au mois de janvier 1889. Par conséquent, elle sera ouverte, complètement organisée, à la date fixée, au iermai.
- M. Berger, directeur général de l’exploitation. continue ses tournées en province pour assister aux premières réunions des comités départementaux dans les grands centres industriels. M. Berger a rapporté hier d’Amiens la
- meilleure impression sur les dispositions des industriels et des agriculteurs de la Somme. Tout fait espérer que le nombre d’exposants de cette région de la Lrance excédera considérablement celui de 1878.
- L’arrondissement d’Abbeville, notamment pour le canton de Gamaches, organisera une collectivité de l’industrie de la serrurerie pour bâtiment et pour meubles qui montrera que ces articles peuvent défier toute concurrence étrangère, quoi qu’on ait pu dire.
- RAPPORT
- PRÉSENTÉ
- Au nom de la sous-commission des travaux par M. Ménard-Dorian, membre de la Chambre des députés, rapporteur sur les plans et devis du Palais du Champ- de-Mars.
- Messieurs,
- Votre sous-commission des travaux m’a chargé de vous soumettre le résultat de l’examen qu’elle a fait, dans ses séances des 11 et 17 janvier, des plans et devis des constructions à élever au Champ-de-Mars.
- Le budget de l’Exposition (chap. 2, art. T1') prévoit une dépense totale de 20 millions.
- Les devis présentés précisent les chiffres sui-
- vants :
- i° Nivellement et égouts...... 780,0006'.
- 20 Palais des beaux-arts et des arts
- libéraux........................ 6,295,725
- 3° Galeries des Expositions diverses............................... 5,900,179
- 40 Palais des machines............ 6,496,228
- Total général.............. 19,472,132
- La commission a'déjà émis un avis favorable à l’avant-projet des galeries des Expositions diver ses. Des adjudications ont été autorisées nir le ministre pour une somme totale de 2,346,568 fr. s’appliquant aux terrassements et maçonneries de fondation, et aux constructions métalliques de ces galeries. Les rabais obtenus s’élèvent à la somme de 35o,ooo fr.
- La dépense totale à faire, à ce jour, est donc réduite à 19,122,132 fr., au lieu de 20 millions portés à notre budget.
- Il serait prématuré d’affirmer que les adjudications à venir nous laisseront une marge aussi satisfaisante. Les dépenses imprévues, les majorations de devis reconnues indispensables à la dernière heure absorberont d’ailleurs bien vite ces bonis d’adjudication. Voilà ce qu’il ne faut pas perdre de vue.
- Nous ne voulons pas dire que les devis aient été établis à la légère.
- L’examen consciencieux que votre sous-commission des travaux en a fait l’a convaincue que les chances de mécomptes ont été réduites au minimum. Les terrassements et maçonneries ont été calculés à la série de prix du service des égouts qui ne comporte pas de plus-values. Les charpentes métalliques sont évaluées, suivant la nature et la difficulté des travaux, d’après les indications qui ont été données par les grandes maisons de construction elles-mêmes et contrôlées par le service placé sous la direction de M. Contamin. Seule, la décoration intérieure et extérieure des édifices laissera un certain aléa, puisqu’il ne s’agit plus là de travaux courants et faciles à apprécier. Mais si les architectes ont la tentation bien naturelle de donner à leur oeuvre le dernier degré de perfection, et si, dans cette préoccupation un peu exclusive, ils n’ont pas toujours l’œil fixé sur leur budget, le ministre et la commission ont pour rôle, — et ils ne l’oublieront certes pas — de défendre les subventions de l'Etat, de la ville et de la société de garantie.
- Rester dans les prévisions des devis serait d’ail leurs une originalité que nous nous permettons d recommander à M- le directeur général des tra vaux et à ses éminents collaborateurs.
- Examinons maintenant chacun des projets présentés.
- 1° NIVELLEMENT GÉNÉRAL ET CONSTRUCTION d’un RÉSEiVU D’ÉGOUTS
- L’opération du nivellement général nous a paru très bien conçue. Elle comporte un déblai d’environ'212,000 mètres cubes qui trouve son emploi à peu près intégral en remblais, à une distance moyenne de 5oo mètres. M. le directeur général des travaux estime que le prix de ces terrassements ne doit pas dépasser 1 fr. 5o le mètre cube.
- Le réseau d’égouts a été étudié de manière à assurer en même temps le service des eaux. M. Alphand a fourni à la sous-commission les explications les plus détaillées et les plus satisfaisantes. Indépendamment des égouts qui existent, notamment du côté de l’Ecole militaire, il faudra construire près de trois kilomètres d’égouts nouveaux.
- La dépense est ainsi prévue :
- Terrassements............. 3g9,o35fr. 38
- Egouts...................... 289,538 27
- Total............... 688,573 65
- Avec 10 0/0 d’imprévus et 5 0/0 de frais d’agence, le total s’élève à 780,000 francs.
- M. le Directeur général des travaux avait informé la sous-commission qu’un entrepreneur, déjà adjudicataire d’un lot de terrassements et maçonneries de 430,000 francs environ, avec un rabais de 33.60 0/0, offrait de traiter de gré à gré dans les mêmes conditions de rabais les travaux du nivellement général et du réseau d’égouts.
- La sous-commission, après une longue discussion, avait décidé qu’il y avait lieu de proposer à la commission des' Quarante-trois d’autoriser M. le Directeur général à traiter de gré à gré avec l’entrepreneur susdésigné, à moins que d’autres entrepreneurs, présentant d’ailleurs des garanties suffisantes, n’offrissent un rabais plus considérable ; cette dernière hypothèse s’est en effet réalisée dans l’intervalle des deux séances de la sous-commission : un second entrepreneur a remis entre les mains de M. le Directeur général un engagement de prendre les travaux avec un rabais supérieur à 33.6q p. O/o.
- Dans ces conditions, nous vous proposons de donner un avis favorable à la mise en adjudication des travaux de nivellement et de construction d’un réseau d’égouts.
- 2° PALAIS DES BEAUX-ARTS ET DES ARTS LIBERAUX
- Ces deux palais se développent à droite et à gauche du visiteur arrivant par le pont d’Iéna. Chacun d’eux se compose essentiellement d’une grande halle en fer de 5o mètres sur 200 mètres, couronnée au milieu de sa longueur par un dôme à revêtement polychrome, d’un effet décoratif très original.
- La grande halle est appuyée de galeries de i5 mètres ; sous ces galeries seront installés des cafés, des restaurants, dans l’agencement desquels la fantaisie internationale pourra se donner libre carrière. Ces cafés occuperont seulement la moitié de la largeur des galeries ; au-dessus seront disposées des salles d’exposition où l’on accédera soit par un escalier monumental placé sous le dôme, soit par de grands escaliers, plus simples, réservés à chaque extrémité de la grande halle. Dans les projets primitifs, la grande halle devait être flanquée à ses quatre angles de dômes rappelant le style du grand dôme central. Des raisons d’économie ont amené l’architecte à rechercher une simplification de cette partie du plan.
- Les devis qui ont été examinés par votre sous-commission s’élèvent au chiffre de 6,295,725 fr. ainsi répartis :
- p.477 - vue 33/496
-
-
-
- Troisième Année. — N° 108,
- LE MONITEURDE L’EXPOSITION DE 18S0
- Dimanche 28 Janvier 1887.
- 478.
- Maçonnerie et terrassements... 2,086,61 5 fr.
- Charpente en fer............... 2,794,816
- Menuiserie, couverture, vitrerie, peinture et décoration... 790,896
- Imprévus 8 p. 0/0................ 433,744
- Frais d’agence 3 p. 0/0.......... 170,154
- Une note de l’architecte auteur des plans ajoute : « L’estimation, dans son ensemble, ne peut être « réduite, mais les dépenses prévues pourront etre « reportées d’un chapitre sur l’autre si les études « nécessitent des changements dans la nature des « matériaux employés. »
- Dans ce total, la dépense du palais des Beaux-Arts est supérieure de 200,000 francs environ à celle du palais des Arts libéraux ; on en comprend facilement la raison.
- Les façades des deux palais sur le jardin central avaient d’abord été conçues par l’architecte dans un système qui accusait franchement les moyens de la construction, et qui présentait d’heureuses proportions et une ligne générale élégante dans sa simplicité.
- Les plans qui ont été soumis à votre sous-commission, plus travaillés, plus compliqués, semblaient s’attacher à masquer la charpente métallique sous des ornements dont la répétition rompait la ligne, sans ajouter un élément intéressant à la décoration de l’édihce.
- Votre sous-commission a pensé qu’il y avait lieu de demander à M. Formigé de revenir à sa première inspiration.
- Quant aux façades qui regardent la Seine, quelques membres de la sous-commission ont émis l’avis que l’aspect en était un peu maigre. Il leur a été répondu que l’effet décoratif n’avait pas été recherché en ce point tout à fait secondaire, que tout l’intérêt était de parti pris concentré sur le jardin central et que d’ailleurs, à raison de la position des piliers de la tour Eiffel, il serait à peu près impossible de voir ces petites façades en même temps que l’ensemble des décorations architecturales du grand jardin central.
- D’autres membres ont ajouté à ces considérations artistiques des considérations d’économie, et finalement, la sous-commission tout èntière s’est ralliée aux premiers projets de M. Formigé.
- 3° GALERIES DES EXPOSITIONS DIVERSES ET ANNEXES
- Au fond du jardin central, à la suite du palais des Arts, et séparées d’eux parles vestibules Rapp et Desaix, s’étendent, en fer à cheval, les galeries des Expositions diverses.
- Nous avons rappelé que des adjudications avaient eu lieu pour une somme de 2,346,568 fr. portant sur la maçonnerie et les constructions métalliques (ferme de 2 5 mètres) de toute la partie intérieure, soit environ 80,000 mètres carrés.
- Il reste à examiner les plans et devis de :
- i° Galeries intérieures et extérieures de i5 mètres ; .
- 20 Dôme central ;
- 3° Grande galerie de 3o mètres.
- L’ensemble de ces dépenses est évalué, y compris 10 p. °/0 pour imprévus et 3 p. % pour frais d’agence, à 3,553,6n francs.
- Les galeries extérieures sur le jardin central, qui se développent à la suite desvgaleries extérieures des palais des Beaux-Arts et des Arts libéraux sont d’un caractère sobre.
- L’architecte, M. Bouvard, a pensé avec raison que les palais des Expositions de la Ville et des Ministères donneraient suffisamment d’intérêt décoratif à cette partie du Champ-de-Mars. Les galeries des Expositions diverses ne comportent pas essentiellement de premier étage ; mais l’étude est faite pour réserver la possibilité d’en élever un, si l’insuffisance des surfaces mise à la disposition des exposants venait à être démontrée au cours de la construction. Nous croyons toutefois devoir indiquer que cette élévation d’un étage nuirait à l’effet du grand dôme projeté.
- Ce dôme est au fond du jardin, dans l’axe même des constructions : il sera l'entrée monumentale d’une grande galerie de 3o mètres qui conduira le visiteur à l’immense halle des machines.
- Le portique du dôme soutiendra une tribune d’où la vue s’étendra sur l’ensemble des jardins et sur la perspective duTrocadéro.
- L’ensemble de ces dispositions a reçu l’approbation complète de votre sous-commission.
- 4° PALAIS DES MACHINES (i)
- Lorsque le dispositif général des constructions à élever au Champ-de-Mars a été soumis à la commission des Qüarante-trois, la diiection des travaux avait indiqué que son intention était de réservera l’Exposition des machines un vaste rectangle de 420 mètres_sur_ 1 5o mètres environ, faisant face à l’Ecole militaire.
- Comment fallait-il couvrir cette immense surface ? Avant de vous proposer une solution, la direction des travaux a mûrement examiné tous les partis qu’on pouvait prendre. Dès le premier jour, l’idée d’une immense nef avait été mise en avant, et aussitôt les objections s’étaient produites, non pas des objections techniques, mais des objec-
- (1) Ce paragraphe a du être entièrement remanié par M. Ménard-Dorian. qui désirait, avant tout, ne pas se trouver en contradiction avec la majorité delà Sous-Commission.
- tions artistiques et d’économie. Il semblait à quelques personnes que l’ambition de faire grand ne devait pas primer toute autre considération,et que c’était payer un peu cher — du prix de 6 millions et demi — le plaisir de donner la réplique à la tour de 3oo mètres, par les fermes en acier de 110 mètres de portée Pour essayer de se représenter ce que serait une nef de 110 mètres de largeur, sur 38o mètres de longueur de 40 à 5o mètres de hauteur, on rappelait que la nef du palais de l’Industrie a seulement 45 mètres de large sur 190 mètres de long ; et on se demandait si, après l’étonnement admiratif de la première vue d’ensemble, le visiteur ne manquerait pas de point de repère dans cette immensité remplie de machines; et la conclusion était de restreindre à la fois les portées et la dépense probable.
- Ces opinions se sont fait jour dans votre Sous-Commission : elles ont été combattues à la fois par M. le directeur des travaux et par M. le directeur de l’exploitation.
- M. Alphand a déclaré que son service avait été amené à supprimer les points d’appui intermédiaires par la difficulté même d’asseoir de solides fondations dans cette partie du Champ-de-Mars, et que, à ce point de vue, il y avait grand avantage à se prononcer pour l’établissement d’une ferme unique couvrant la plus grande longueur possible. Il estime d’ailleurs que l’industrie métallurgique française est intéressée d’honneur à appliquer la hardiesse de ses conceptions et la sûreté pratique de son exécution à un travail véritablement utile. M. le directeur général des travaux a donc fait appeler à conseil les constructeurs les plus renommés. Tous ont déclaré que le problème était réalisable ; tous ont apporté des projets dont les principales données sont suffisamment concordantes entre elles et concordent avec les données principales du projet qui vous est soumis.
- De son côté, M. le directeur de l’exploitation a insisté sur les facilités que donnerait à son service la disposition d’un immense espace couvert, sans points d’appui intermédiaires ; la manutention des énormes pièces qui seront installées dan§ la galerie des machines se fera dans de meilleures conditions. Il ne craint pas, en ce qui le concerne, que la curiosité du visiteur soit comme lassée d’avance par l’immensité de l’espace à parcourir. Il y aura deux effets bien distincts, d’abord l’aspect imposant de la-galerie considérée comme œuvre d’architecture, puis l’aspect général de toutes ces machines diverses en mouvement ; au surplus, le visiteur ne sera pas sans points de repère ; les lignes de colonnes portant les transmissions de mouvements diviseront cette immensité, et serviront en quelque sorte de guide à l’œil tout d’abord un peu désorienté.
- La scus-commission s’est rendue à des diverses considérations, et a adopté le principe d’une nef unique pour la galerie des machines.
- Les plans et devis qui ont été présentés par M. Dutert comportent une dépense totale de 6,496.228 fr. 2 5 cent.; ils font ressortir le prix du mètre superficiel à io5. francs environ ; ils sont basés, en ce qui touche à la grande nef, sur un poids de 110 kilogrammes d’ossature métallique, par un mètre superficiel de surface horizontale couverte, et sur le prix de 45 francs les 100 kilogrammes. M. le Directeur des travaux nous a affirmé de la manière la plus formelle qu’aucun mécompte n’était à craindre sur des devis ainsi établis.
- M. Alphand a soumis à la sous-commission une question qui a divisé, paraît-il, l’architecte du palais des machines et l’ingénieur en chef chargé du contrôle des constructions métalliques. Ce palais sera-t-il fermé à ses extrémités par un pignon ou par une croupe ? L’architecte insiste pour cette dernière solution, qu’il trouve la seule conforme aux exigences artistiques. M. le directeur des travaux semble incliner vers l’avis de l’ingénieur en chef qui déclare la construction d’une croupe difficile et pleine d’inconnues redoutables. M. Alphand ajoute que, même en négligeant ces inconnues, il est dès aujourd’hui certain qu’une croupe serait beaucoup plus coûteuse. Ce n’est pas cette dernière considération qui a décidé votre Sous-Commission ; car elle est peut-être contestable, si l’on tient compte de la nécessité d’orner, de décorer convenablement les grandes surfaces verticales que présentera le pignon. Mais nous avons pensé que nous avions le devoir, en pareille matière, de nous ranger à l’opinion du contrôle technique, surtout quand cette opinion est celle de la prudence.
- La sous-commission, avant de terminer son rapport, tient à rendre un juste hommage au talent, fait d’originalité et de franchise, que M. Dutert a déployé dans l’étude de ses façades. La façade d’entrée du côté de l’avenue de la IVlothe-Piquet est tout à fait séduisante. Le caractère industriel y est accentué, sans que le goût artistique y perde rien ; il n’est pas jusqu’aux cheminées des générateurs à vapeur que l’architecte n’ait fait concourir à l’effet décoratif.
- Mais M. le Directeur général de l’exploitation, nous a donné tant et de si bonnes raisons techniques pour nous démontrer que ces cheminées
- seraient inutilisées que votre sous-commission est d’avis d’en demander le sacrifice à M. Dutert.
- En résumé, Messieurs, et sous le bénéfice des observations consignées au présent rapport, votre sous commission des travaux vous propose d’émettre un avis favorable à l’ensemble des projets dont elle a fait un examen aussi approfondi que possible.
- —^ ^ -iBTr-------------
- SOUS-COMMISSIONS DES TRAVAUX ET DES FINANCES
- La sous-commission des travaux et la sous-commission des finances, après avoir examiné à fond, tant au point de vue technique qu’au point de vue financier,les plans et devis du palais du Champ-de-Mars, ont chargé leurs rapporteurs—MM. Ménard-Dorian, député, pour la sous-commission des travaux, et M. Jacques, conseiller municipal, pour la sous-commission des finances — de présenter leurs rapports à la commission des 43 qui doit se réunir le 21 janvier, à 9 h. 1/2, au cabinet du ministre, quai d’Orsay (le ministre étant souffrant et ne pouvant se déplacer).
- La commission des 43 aura à approuver les rapports favorables aux projets des sous-commissions ainsi que le projet complet de nivellement et d’établissement de réseaux d’égouts au Champ-de-Mars. La sous-commission proposera la mise en adjudication.
- COMITÉ DÉPARTEMENTAL
- DE LA SEINE-INFÉRIEURE
- Le comité départemental de la Seine-Inférieure a constitué son bùreau comme suit :
- Président. — M. Besselièvre, industriel, conseiller général, ancien président de l’Exposition régionale de Rouen en 1884.
- Trésorier. — M. Thouroude, industriel à Rouen.
- Secrétaire. — (arrondissement de Rouen), M. Paul Pion, président de la chambre de commerce d’Elbeuf.
- Sous-comité de Varrondissement du Havre
- Vice-président. — M. Fouquet Lemaître, industriel, membre de la chambre de commerce de Bolbec.
- Secrétaire. — Flenri Desgentais, industriel à Lillebourne.
- Sous-comité de Varrondissement de Dieppe
- Vice-président. — M. Martin, armateur, membre de la chambre de commerce de Dieppe, président du conseil d’arrondissement.
- Secrétaire. —M. Mulot, industriel agriculteur à Puys près Dieppe.
- Sous-comité de l'arrondissement d’Yvetot
- Vice-président. — M. Saint-Regnier,agriculteur à Gerpouville, vice-président de la société d’agriculture de l’arrondissement d’Yvetot.
- Secrétaire. — M. Sannier, industriel, maire de Blanzy.
- COMITÉ DÉPARTEMENTAL
- DE LA LOIRE-INFÉRIEURE
- Le comité départemental de la Loire-Inférieure a constitué son bureau comme suit :
- Président. — M. Léchât, industriel, ancien maire de Nantes. ' .
- Vice-président. — M. Paul Renaud, constructeur de machines à Nantes.
- Vice-président. — M. Rivron, industriel, vice-président de la Chambre de commerce de Nantes.
- Secrétaires. — M. Grignon-Dumoulin, négociant à Nantes ; Eugène Pilon, industriel à Chantenay.
- Secrétaire-adjoint. — M. de la Barbée, chef de division à la préfecture.
- Membres. — M. Besset, directeur des mines de Montrelais-Mouzeil à Montrelais ; M. Godefroy, directeur de l’Ecole d’agriculture à Grandjouan ; M. Cariou, maire de Paimbœuf ; M. Simon, Fidèle, ancien député à Guemenée-Penfas.
- Sous-comité de Varrondissement de Nantes
- Président. — M. Léchât.
- Vice-présidents.— MM. Renaud et Rivron.
- Secrétaires. — MM. Grignon-Dumoulin et Pilon, Eugène.
- Secrétaires-adjoints. — M. de la Barbée.
- Tous les membres du bureau de ce sous-comité font partie du bureau du comité, départemental.
- Sous-comité de /’arrondissement d’Ancenis
- Président. — M. Besset.
- Ce sous-comité n’a nommé qu’un président. Sous-comité de Varrondissement de Châteaubriant
- Président. — M. Godefroy à Grandjouan.
- p.478 - vue 34/496
-
-
-
- 479- — Troisième Année. — N° 108.
- Ce sous-comité n’a également nommé qu’un président.
- Sous-comité de l’arrondissement de Paimbœuf Président. — Al, Carion, maire de Paimbœuf. Vice-président. — M. Ecomard, maire de Sainte-Pazanne.
- Secrétaire. — M. Hervé de Beaulieu, industriel au Pelerin.
- Sous-comité de l’arrondissement de Saint-Nazaire Président.— AI. Fidèle Simon.
- Vice-président. — Al. Gasnier, négociantà Saint-Nazaire.
- Secrétaire. — AI. Fourchon, négociant à Saint-Nazaire.
- DIRECTION GÉNÉRALE DES TRAVAUX
- ADJUDICATION EN D'EUX LOTS
- de la Fourniture des VERRES STRIÉS
- pour la Couverture des Combles du Palais du Champ-de-Mars
- 1. Le lundi 3i janvier 1887, à une heure de l’après-midi, il sera procédé publiquement, dans une des salles du Conseil de préfecture (palais du Tribunal de commerce), par le-préfet-de la Seine ou son délégué, assisté de deux membres du Conseil de préfecture et du directeur général des travaux ou de son délégué, à l’adjudication, au rabais, sur le prix de 2 fr. 60 porté au détail estimatif et par soumissions cachetées, de la fourniture en deux lots, des verres striés nécessaires à la couverture des combles du palais du Champ-de-Alars, lesquelles fournitures sont évaluées à 294,580 francs, somme à valoir pour imprévus comprise.
- Le cautionnement est fixé à 25,000 francs pour chacun des deux lots.
- 2. Le détail estimatif et le cahier des charges sont déposés à la direction générale des travaux, dans les bâtiments du Champ-de-Mars, à l’extrémité de l’avenue Rapp, où l’on pourra en prendre connaissance, tous les jours non fériés, de une heure à quatre heures.
- 3. Nul ne sera admis à concourir à l’adjudication s’il ne remplit les conditions imposées, par le cahier des charges générales. Chacun des concurrents devra adresser à l’agence des travaux du Champ-de-Mars, au directeur général de l’Exposition qui est chargé d’arrêter la liste des concurrents, cinq jours au moins avant la date de l’adjudication :
- i° Une déclaration écrite sur papier timbré, faisant connaître ses nom, prénoms, domicile, lieu et date de naissance;
- 20 Un extrait de son casier judiciaire ayant moins d’une année de date ;
- 3° Les pièces demandées par le cahier des charges générales, telles que certificats de capacité, etc.
- Le délai fixé ci-dessus pour le dépôt de ces pièces sera rigoureusement appliqué.
- 4. Chaque soumission, rédigée sur papier timbré, conformément au modèle ci-après, sera placée isolément sous un pli cacheté, et le paquet, portant le nom du soumissionnaire, sera renfermé, avec les pièces dont il a été parlé ci-dessus et avec le certificat de dépôt du cautionnement, sous une seconde enveloppe cachetée portant pour sus-cription : Exposition universelle de 1889. — Fourniture de verres striés pour la couverture des combles du Palais du Champ-de-Mars. — e Lot.
- Les soumissions qui ne seraient pas exactement conformes au modèle ci-après seront considérées comme nulles et non avenues.
- Les rabais seront énoncés en francs et décimes par. cent franc (sans fraction de décime) et porteront sur le prix du détail estimatif. Les rabais portant fraction de décime seront comptés au décime plein inférieur à la fraction exprimée.
- 5. Le jour de l’adjudication, les paquets seront remis au bureau d’adjudication, dans la salle du Conseil de Préfecture, au Tribunal de commerce, depuis midi jusqu’à une henre.
- Le paquets recevront un numéro dans l’ordre de leur présentation.
- b. A une heure, on remettra au bureau d’adjudication, et sous enveloppe cachetée, le minimum du rabais moyennant lequel l’adjudication pourra être prononcée; ensuite on procédera à l’ouverture des paquets.
- Le bureau d’adjudication, après vérification des pièces, arrêtera la liste des concurrents agréés.
- Immédiatement après, il sera procédé à l’ouverture des soumissions présentées par les concurrents admis.
- 7. Si aucun des rabais offerts dans les soumissions ouvertes n’atteint le minimum fixé, l’adjudication pourra être prononcée provisoirement ou ajournée, sur l’avis du bureau d’adjudication, qui en délibérera séance tenante.
- En aucun cas, le minimum fixé ne sera rendu
- Public.
- 8. Dans le cas où le rabais le plus fort aurait été souscrit par plusieurs soumissionnaires, un non- .
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1S89.
- Dimanche 23 Janvier 1887.
- veau concours sera ouvert, séance tenante, entre les soumissionnaires seulement.
- Les rabais de'la nouvelle adjudication ne pourront être inférieurs à ceux de la première.
- Si les soumissionnaires se refusaient à faire de nouvelles offres, ou si les rabais souscrits étaient encore égaux, l’adjudicataire serait désigné par la voie du sort.
- 9. L’adjudication n’est valable qu’après approbation par le ministre du commerce et de l’industrie ;
- 10. Les frais de publicité, d’expédition et d’impression, ceux de timbre et d’enregistrement, seront supportés par l’adjudicataire, qui devra en faire le dépôt dans un délai maximum de trois jours, à partir de la date de l’adjudication.
- 11. Toutes les conditions insérées dans la présente affiche sont obligatoires et déclarées annexées au cahier des charges.
- Fait à Paris, le 10 janvier 1887.
- Le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général,
- Edouard Lockroy.
- Modèle de soumission (sur papier timbré)
- Je soussigné
- demeurant à • après avoir pris
- connaissance des clauses et conditions générales imposées aux entrepreneurs de l’Exposition universelle de 1889, du cahier des charges spéciales pour la fourniture des verres striés destinés aux-combles du Palais du Champ-de-Mars,
- M’engage à Dire la fourniture dont il s’agit, formant le (en toutes' lettres) lot, évalué à la somme
- de cent trente^ mille francs environ, moyennant un
- rabais de (en toutes lettres). sur le prix indiqué
- de 2 fr. 60 (deux francs soixante centimes) le mètre carré.
- Je me soumets, en outre, à supporter tous.les droits d’affichage, de timbre, d’enregistrement à droit fixe ou autres auxquels la présente soumission pourra donner lieu, si elle est acceptée.
- Paris, le 1887.
- (Signature.)
- Les travaux de terrassement pour l’édification de la tour Eiffel vont commencer incessamment ; il faut déplacer pour l’instant 200 m. de longueur d’égout à l’emplacement de la tour-; ces travaux ont été confiés par M. Eiffel à AI. Manoury, entrepreneur du Ier lot des travaux de l’Exposition. Ces travaux d’égout'sont commencés depuis mercredi matin; nul doute qu’ils ne soient rapidement et parfaitement exécutés ; le nom de M. Manoury en est un gage certain.
- Les travaux de l’Exposition sont commencés malgré le temps rigoureux ; le sol étant gelé très fortement à la surface, les puits que l’on creuse en ce moment pour établir les fondations, sont très irréguliers. Comme formation du sol, on trouve dans ces puits des blocs de béton ; dans d’autres des blocs de pierre de taille, et enfin des murs de soutènement et des vieilles conduites *en ciment de Portland. Toutes ces trouvailles ne font pas les délices de l’entrepreneur.
- COMITÉ DÉPARTEMENTAL
- DES . HAUTES-PYRÉNÉES
- Par arrêté en date du 29 décembre 1886, le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a constitué comme suit le comité départemental des Hautes-Pyrénées:
- 10 Sous-comité de l’arrondissement de Tarbes MM. Dupré, sénateur, professeur honoraire à la faculté de médecine de Montpellier, conseiller général, président du comice agricole de Tarbes.
- Sempé, docteur-médecin, propriétaire éleveur, vice-président du comice agricole de Tarbes.
- Fitte, médecin vétérinaire, conseiller général, maire de Vie..
- Lupau, maire à Tarbes, président du tribunal de commerce, pharmacien à Tarbes.
- Michelier, ingénieur en chef des ponts et chaussées, conseiller municipal à Tarbes.
- Al'üller, ingénieur en chef des ponts et chaussées à Tarbes.
- de Lostalot, inspecteur d’académie à Tarbes.
- Herpin, conservateur des forêts à Tarbes.
- de La Fargue Tauria, directeur du dépôt d’étalons de Tarbes.
- Théron, ancien président du tribunal de commerce, négociant, directeur de la succursale du Crédit foncier à Tarbes.
- Nolli, conseiller municipal, sculpteur à Tarbes.
- Dastugue (Sylvain), conseiller municipal,
- directeur d’une fabrique de cuirs à Tarbes.
- MM. Jacomet, professeur départemental d’agriculture à Ossun.
- Lacube, marchand de bois, ancien juge au tribunal de commerce à Tarbes. Alontagnan fils, propriétaire-éleveur à Tarbes.
- Oustau, directeur d’une usine de produits céramiques à Aureilhan.
- Bardole, entrepreneur de travaux publics à Tarbes.
- Larrieu, architecte départemental à Tarbes. Laddau, architecte de la ville de Tarbes. Prosper, inspecteur des édifices diocésains à Tarbes.
- Faure, chef de division à la préfecture de Tarbes.
- 20 Sous-comité de /’arrondissement de Bagnères-de-Bigorre
- MM. Dumaret, président du tribunal civil et président de la société d’agriculture de l’arrondissement à Bagnères.
- Baudens, vice-président du conseil général, maire de Castelnau-Magnoac,propriétaire agriculteur.
- Laffranque, conseiller général, notaire,, commissaire de la société des courses à Bagnères.
- Lozès, conseiller général, propriétaire agriculteur à Tibiran-Jaunac.
- Geruzet, président du tribunal de commerce et directeur d’une marbrerie à Bagnères.
- Dousset, président du conseil d’arrondissement, directeur de la fruitière de Salé-chan.
- Cazalas, docteur-médecin, conseiller d’arrondissement à Bagnères.
- Nabonne, secrétaire d’ambassade, conseiller d’arrondissement.
- Calamun, conseiller d’arrondissement, industriel à Arreau.
- Dallas, conseiller d’arrondissement, propriétaire agriculteur à Castelnau-Magnoac. général de Nansouty, président de la société Ramond à Bagnères.
- Vaussenat, directeur de l’observatoire du Pic du Midi à Bagnères.
- Dejeanne, médecin inspecteur des eaux de Bagnères.
- Bosviel, négociant à Bagnères.
- Duras, directeur de la papeterie de Hèches. Bouchu, directeur de la société des ardoi-1 sières des Pyrénées à Labassère.
- Lafforgu.e, négociant, adjoint au maire de T uraguet.
- 3° Sous-comité de l’arrondissement d’Argelès
- MM. Cénac, docteur-médecin et conseiller général, à Argelès.
- Pomès, docteur-médecin et conseiller général à Lourdes.
- MM. Trelaün, docteur-médecin et conseiller général à Argelès.
- Despaux, conseiller général, président de la compagnie concessionnaire des eaux de Barèges et Saint-Sauveur à Tarbes. Duhoureau, docteur-médecin et maire de Cauterets.
- Grimaud, médecin inspecteur des eaux de Barèges.
- Caulet , médecin inspecteur des eaux de Saint-Sauveur.
- Bouyer, médecin inspecteur des eaux de Cauterets.
- Daudirac, docteur-médecin et membre de la commission syndicale de la vallée de Cauterets.
- Flurin, docteur-médecin à Cauterets.
- Dulau, président du conseil d’administration de la société des eaux de Cauterets.
- Gavillon, directeur des établissements thermaux à Cauterets.
- Lalaque, administrateur des établissements thermaux de Barèges et Saint-Sauveur à Nestalat -Pierrefitte.
- Abadie, prénident de la commission syndicale de la vallée de Saint-Savin à Adast. Lacabe-Plasteig, inspecteur primaire à' Argelès.
- ÉCHOS
- Paris
- Les expositions artistiques annuelles qui précèdent le Salon vont bientôt ouvrir leurs portes : les aquarellistes,_ chez Georges Petit, rue de Sèze, le mardi 1er février, les pastellistes, le vendredi 1er avril, le cercle artistique de la rue Volney, le dimanche 27 février.
- * *
- La magnifique exposition des œuvres de Charles Toché sera ouverte chez Georges Petit, 8, rue de Sèze, jusqu’au samedi 29 courant.
- ( Voir la suite page 482.)
- p.479 - vue 35/496
-
-
-
- 480 et 481 — Deuxième Année.
- N° 108.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 23 Janvier iSSG.
- L’EXPOSITION DE
- CHARLES
- A LA SALLE PETIT
- TOCHÉ
- ors de l’inauguration de la statue de Paul-Louis Courier, il y a quelques années, la gracieuse et fastueuse châtelaine de Chenonceau conviait la presse à une fête dont je garderai toujours le souvenir.
- Il y eut baignade dans le Cher, visite du château, feu d’artifice, illuminations et surtout un dîner pantagruélique dans la merveilleuse salle du rez-de-chaussée où nous étions, je crois, deux cents convives à la même table. C’était féerique.
- Or, voici que tout à coup un peintre se révèle, M. C taries Toché, qui s’est trouvé chargé de décorer, de compléter ce palais magnifique et qui soumet a l’appréciation de la critique ses cartons et aquarelles.
- Qui ça, Charles Toché?
- Un érudit de grand talent qui, jusqu’ici, ne s’était volontairement révélé qu’à une petite armée de connaisseurs et qui, tout à coup, sor:ant de sa retraite avec une œuvre complète, invite la critique à le juger, lui le quasi-ignoré d’hier, l’élu d’aujourd’hui, le n aître de demain.
- Charles Toché n’est pas tout à fa: : un inconnu pour les le:teu s du Moni-
- teur de l’Exposition qui ont certainement remarqué le frontispice si fin et en même temps si vigoureux de ce journal, signé de son nom.
- Petite préface amicale au grand travail qu’il préparait.
- Certes, c’est un bien curieux tempérament artistique qui se révèle tout à coup aux yeux de la foule. Elève de lui-même, on peut le dire, Charles Toché se dirige d’abord vers l’Italie, terre des grands éducateurs ; il s’imprègne de Tiepolo et de Véronèse avec une foi ardente et revient à Chenonceau,vers cet asile où règne une âme d’élite ardemment éprise du beau et du bien.
- Il se pénètre de la mission qui lui est confiée et, pour élever encore les sensations qui l’agitent, il repart vers l’Espagne où il étudie Goya, la Sicile, la Turquie, l’Asie Mineure, pour revenir, le cœur plein d’enthousiasme, se mettre à cette apothéose symbolique de Chenonceau qui va rendre à l’admirable domaine comme une nouvelle splendeur. Tel un croissant d’or placé au front de Diane la superbe.
- C’est à la galerie Georges Petit que Charles Toché a exposé son œuvre qui ne comprend pas moins de 2 57 numéros, conception formidable de fresques, de plafonds et de motifs de genre, où la fougue le dispute à la couleur et au dessin.
- Comme Gustave Doré,
- Toché a le trait large et sûr, et tout en tenant, comme je le disais plus haut, des maîtres aux larges envolées, il sait rester lui et présenter une personnalité bien nette et très tranchée.
- Amoureux de la couleur autant que de la forme, il a l’heur de plaire autant aux connaisseurs] qu’aux simples amateurs. C’est assurément une révélation qui fait autant d’honneur au peintre qu’à l’esprit élevé qui nous le révèle.
- Il est réellement intéressant d’étudier ce heurt de chairs vivaces, blanches ou bronzées avec les tons violents, quoique réels, des étoffes les plus chatoyantes; l’effet ne s’y produit pas par contraste comme chez Carolus Duran, par exemple, mais par harmonie.
- Il y a là mieux que du talent : du souffle.
- Voyez sa Charrette des jardiniers, quoi de plus vrai uni à l’exhubérancery Des paysans dans une charrette traînée par un baudet apportent des fleurs à la châtelaine assise sur une sorte de trône. Un personnage allégorique asiatique, richement costumé, les présente. Il porte un drapeau et laisse tomber de ses bras des fleurs et des branches d’olivier. A ses pieds gît le carquois guerrier.
- Voyez les tons merveilleux de cette esquisse magistrale.
- Que, si vous vous reportez au fragment n° 91, les Jardiniers, remarquez la vie et le naturel de ces trois campagnards, rendus' âvpc le soin le plus minutieux et le souci absolu de la vérité.
- Quelle exquise figure que celle de la Politique (n° 125), promenant son burin sur le monde ; la jambe gauche repliée sous le jarret droit est d’une rectitude de lignes admirable.
- La Tête de bouc ( 107) est très heureuse, campée sur son fond d’étoffe jaune et de fleurs.
- Dans les teintes vives, je citerai comme morceau hors ligne le Tonkinois (n° 40) casqué, le corps vêtu d’une tunique bleue ouverte, à parements jaunes richement brodés : il tient de la main droite un roseau à l’extrémité duquel se balance la lanterne chinoise en papier : un genou en terre, il offre un magnifique raccourci de la jambe gauche ployée, vue de face.
- Très beau également le Bachibou\ouck bulgare (n° 39) avec sa tête brune énergique ornée d’une moustache rousse qui émerge d’un turban
- Magellan (n° 127), vêtu d< la cuirasse, les jambes re pliées, est d’une [conceptior hardie.
- D’une finesse exquise et qu montre bien la souplesse de ce talent multiple, le Déguisement (n° 58), un enfant costumé en pierrot et les maim tenant un polichinelle et ur moulin de plumes.
- Le Majordome de la reint de Saba (n° 5g) est un rude gaillard vigoureusement musclé qui a jeté sur son dos un manteau rouge orné d’un floi de dentelles faisant valoir L nervosité de son corps nu.
- LEtude (n° 57) procède de même. Une sorte de batelier nu retient de l’avant-bras gauche sa veste bleue en même temps qu’il s’appuie, d’un beau mouvement en avant sur un long bâton.
- La copie de Cleopâtre, d après 1 iepolo, est tout bonnement délicieuse. La Céramique., allégorie ( n° 10) est personnifiée par une robuste femme ftue, casquee, se détachant sur un vitrail or parmi des faïences d’art.
- Le n° 4, Boucherie juive, nous offre une débauche de coloris et de tons d’une harmonie toujours parfaite.
- En plus vaste,Jœsquisse du Panneau de la Renaissance (n° 220) demeure dans les mêmes riches tonalités. Campé merveilleusement, le personnage indien appuyé sur une viole et richement vêtu de peaux et d’étoffes voyantes, le lourd manteau rouge traînant, le chef orné de marabouts et de plumes de paon. Je defie bien au plus rétif de ne pas s’extasier devant ce morceau.
- Le carton (n° 242LrePrésentant un Evêque des Indes portugaises allongé sur sa chaise, est d un maître.
- Jusqu’à cette r.tude pour plafonds (n° 2 17) reléguée au vestibule, où de
- savants raccourcis de Muses et une charmante tête de polichinelle se font remarquer.
- Il faudrait tout citer : Etude pour la lune de miel, plafond (n° 178), le plafond Amour sacré (n° 226), un délicieux Panneau Louis XV (n° 227), deuxPanneaux Renaissance (nqs iqôet 147),les Litanies de laVierge, plafond (n° io3), un Baptême espagnol (n° 251), les Trois Parques et l’Enfant (n° 256), etc., etc.
- Mais cette simple énumération très incomplète forcément est insuffisante et je ne peux que renvoyer les admirateurs de l’art véritable à cette exposition du talent le plus jeune et le plus brillant que l’on ait pu voir depuis de longues années.
- Alfred Delilia.
- p.dbl.n.n. - vue 36/496
-
-
-
- 4S2. — Troisième Année. — N° 10S.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 2 3 Janvier 1887.
- Le musée de l’Extrême-Orient, fondé par M. Guimet, sera inauguré en juillet, place d’Iéna.
- ¥ ¥
- D épartements
- L’exposition artistique de Nantes a été clôturée le samedi 15 janvier. La médaille d’honneur avait été décernée à M. Luc-Olivier Merson dont l’un des trois tableaux exposés, Saint François prêchant les poissons, a été acquis par la commission du musée.
- *
- ¥ ¥
- Nous avons dit que la Société des Amis des Arts de Bordeaux préparait pour le samedi 12 mars prochain sa trente-cinquième exposition annuelle.
- Les ouvrages de peinture, sculpture, architecture, gravure, dessin et lithographie que leurs auteurs désirent exposer devront être remis, du 1er au 10 février 1887, au siège de la Société, galerie de la terrasse du Jardin-Public.
- ¥ ¥
- La société artistique de l’Hérault ouvrira à Montpellier, le dimanche 17 avril prochain, sa quatorzième exposition des beaux-arts.
- Les ouvrages de peinture, sculpture, gravure et dessin doivent être adressés à M. le .Président de la Société artistique de d’Hérault, et rendus à destination le vendredi Ie1' avril.
- ¥ ¥
- La Société des artistes lyonnais (peintres, sculpteurs, architectes, dessinateurs) vient d’adresser au maire-et aux conseillers municipaux de Lyon une pétition pour qu'une- nouvelle salle dui, soit concédée en vue de son exposition annuelle.
- ¥ ¥
- ETRANGER
- Allemagne
- La première exposition internationale d’alimentation populaire et d’art culinaire, qui doit ouvrir à Leipzig, dans quelques jours, promet d’être, de tous points, intéressante.
- La liste des prix et récompenses ne comprend pas moins de trois cents numéros, parmi lesquels il convient de citer les huit prix offerts par le ministère d’Etat du royaume de Saxe; des prix de mille marks, décernéspour la section d’alimentation populaire, par la ville, qui contribue, déjà pour deux mille francs, aux dépenses occasionnées par les distributions quotidiennes d’aliments dont nous avons parlé ; enfin, de nombreuses médailles d’or et d’argent offertes par différentes Sociétés d’Autriche et d’Allemagne.
- Les adhésions ont été si nombreuses, surtout au dernier moment, que, vu les emplacements accordés, c’est à peine si la superficie totale pourra suffire. Les grandes distributions d’aliments se feront quotidiennement.
- Le premier jour, en présence de Leurs Majestés, le roi et la reine de Saxe, à deux bataillons d’infanterie, et à mille enfants des écoles ; les deuxième et troisième jours, à 2,000 personnes de la ville ; le quatrième et le cinquième jour enfin, cette répartition de produits alimentaires sera faite en faveur de 3,000 personnes des environs de Leipzig et 2,000 jeunes elèves des écoles.
- *
- ¥ ¥
- On prépare activement à Elberfold la fondation d’une exposition permanente industrielle.
- *
- * *
- L’association artistique (Kunstverein) de Hambourg prépare pour le printemps de cette année une grande exposition artistique à laquelle elle convie tous les artistes de différentes nationalités. Depuis quelques années, faute d’un local suffisant, l’association n’avait pu réunir qu’un nombre fort restreint d’œuvres d’art, mais grâce à son installation nouvelle au Kunsthalle, elle peut présenter au public amateur un plus grand nombre de travaux qui seront exposés dans les conditions les plus favorables.
- L’exposition de la Société aura lieu du samedi 5 mars au 3.1 mai et comprendra la peinture, la sculpture et les arts graphiques.
- Les adhésions seront reçues jusqu’au mardi 15 février ; les envois jusqu’au dimanche suivant, 20.
- Qidon nous permette ici de former un vœu désintéressé. C’est que nos artistes, comprenant que le vrai patriotisme n’est pas dans les abstentions mais dans l’action résolue, tiendront à honneur d’aller affirmer de l’autre côté du Rhin l’éclatante supériorité artistique de la France.
- Ajoutons que tous les renseignements nécessaires sont publiés par le Journal des Arts du 7 janvier.
- ¥ ¥
- Le sénat de l’académie royale des beaux arts de Berlin annonce que la prochaine grande exposition internationale d’artistes vivants aura lieu cette année en août et septembre.
- *
- * ¥
- Rappelons que l’Union artistique de Munich prépare, de son côté, une exposition internationale qui ouvrira dans le courant de 1888. Elle sera accompagnée d’une exposition annexe, exclu-
- sivement nationale, et consacrée aux arts industriels.
- *
- ¥ ¥
- Angleterre
- Nous avons dit, dans notre dernier numéro, que la Grosvenor Gallery de Londres s’était ouverte le mardi 4 janvier par une exposition des œuvres de Van Dvck. Ajoutons que cette merveilleuse collection, qui ne comprend pas moins de IGG numéros, est estimée à 300.U00 livres sterling, soit 7 millions 500,000 francs et que des mesures extraordinaires ont été prises pour la préserver de tout accident.
- *
- ¥ ¥
- Jeudi prochain, 27 courant, ouvrira, pour se prolonger jusqu’au samedi 5 février inclusivement, la dixième exposition annuelle de vélocipèdes, bicycles, tricycles et accessoires.
- Elle aura lieu dans les galeries du Royal Aqua-. rium (Westminster, Londres).
- *
- ¥ ¥
- Une-exposition de chats, national Cat Show, a eu lieu dernièrement au Crystal Palace.
- Le plus gros des quatre cents félins exposés pesait 23 livres anglaises, un peu plus de 10 kilos. Les cinquante-deux classes comprenaient une variété très grande d’animaux, parmi lesquels de curieux spécimens, tels que chats sans queue, ou àyeuxde différentes couleurs.
- ¥ ¥
- Autrich e - Hongrie
- Un comité de négociants et d’industriels vient de se constituer à Trieste pour organiser^ une exposition flottante qui porterait, dans les principaux ports de la Méditerranée et de la mer Rouge, les produits' les plus importants de l’industrie et du commerce austro-hongrois. . .
- Il paraît que la société de navigation du Lloyd autrichien serait disposée à concéder à ce syndicat un de ses steamers les plus vastes ët les mieux appropriés.
- ¥*¥
- On se montre très mécontent, dans les cercles parlementaires de la Hongrie, de l’énorme surcroît de dépenses qu’accuse le bilan de l’exposition nationale de Buda-Besth.
- Cette augmentation sur les prévisions primitives, qui était déjà de 1 million 140 mille florins, va encore, selon toutes probabilités, s’accroître de 250,000 florins.
- En résumé, le chiffre total des dépenses, fixé tout d’abord à environ 800.000 florins, se sera élevé, en fait, à 3 millions.
- *
- ¥ ¥
- Australie
- Le projet d’organisation à Melbourne pour 1888, d’une grande exposition internationale, sur laquelle nous avons déjà donné des détails à nos lecteurs, entre dans la période définitive de prépaiation. Une commission exécutive de quinze membres vient d’être nommée.
- La commission générale sera formée dans quelque temps.
- ¥ ¥
- Italie
- Le Bollettino delle Finalise Ferrovie e Industrie, notre excellent confrère de Rome, nous apprend que les travaux de l’exposition artistique de tissus et dentelles, dont nous avons parlé, à différentes reprises, se poursuivent activement. La commission continue à recevoir d’exposants de toutes les provinces du royaume de nouvelles et importantes adhésions, qui démontrent combien s’accroît de jour en jour l’intérêt qu’éveille cette exposition dans tout le pays. Aux municipes déjà signalés, se sont adjoints, en qualité de comités promoteurs, ceux de Florence, Pérouse et Mantoue. D’autres comités ont été formés par les chambres de commerce de Turin, Sassari, Reggio-Emilia, Bologne, Civita-Veccliia,'Bari, Crémone, Lodi, Forli, etc. •
- Pour faciliter le transport des objets envoyés à l’exposition, les Compagnies de chemins de fer et la société générale de navigation italienne ont accordé d’importants rabais.
- lui Chambre de commerce et d’arts de Romea eu l’excellente pensée de voter en faveur de l’Exposition une subvention de 1040 livres.
- Le 15 ont commencé au Palais des Beaux-Arts, via nazionale, les travaux d’installation. L’exposition, qui, par suite dep nouvelles adhésions, occupera tout le rez-de-chaussée du palais, y compris la grande galerie de cristal, ouvrira le mardi 1er mars.
- *
- ¥ ¥
- Voici quelques nouveaux détails sur l’exposition internationale d’appareils de mouture et de panification dont nous avons annoncé la préparation à Milan pour cette année.
- Le projet, émis à Bologne dans un congrès des minotiers italiens est désormais entré dans la période d’exécution.
- L’exposition ouvrira en mai et tout fait prévoir que cette fois encore Milan se fera honneur.
- Ajoutons que l’exposition ne sera pas limitée strictement à la meunerie et à la panification ; la
- pâtisserie, la confiserie y auront une large place. On parle encore de beaucoup d’autres projets, de fêtes, qui attireront, à n’en pas douter, un grand nombre d’étrangers.
- *
- * #
- Très belle exposition, organisée à Rome, pour 1 ouverture de son nouveau Cercle, par la société internationale des artistes, et inaugurée par le Roi. Belles œuvres et énorme succès.
- ¥ ¥
- La ville de Venise, à l’occasion de l’exposition des Beaux-Arts qui ouvrira en avril dans cette ville, a voté un crédit de 80.000 livres pour l’organisation de représentations théâtrales extraordinaires.
- *
- ¥ ¥
- Pays-Bas
- L’exposition internationale d’alimentation, dont nous avons annoncé la préparation à Amsterdam, va entrer incessamment dans la période de réalisation. Le capital de garantie, s’élevant à 100,000 florins, est entièrement souscrit à l’heure qu’il est. Les travaux commenceront prochainement. La superficie à couvrir est de G,480 mètres carrés.
- LE CINQUANTENAIRE
- DES CHEMINS DE FER
- On sait qu’un comité a pris l’initiative de célébrer, en 1887, par une exposition spéciale, à Vin-cennes,- un congrès et des fêtes, le cinquantenaire des chemins de fer français.
- Le comité, ayant tenté une nouvelle démarche afin d’obtenir le concours des six grandes compagnies de chemins de fer français, celles-ci n’ont pu que décliner la proposition qui leur a été faite, dans les ternies les plus courtois d’ailleurs, et persister dans leur résolution de ne point s’associer à cette œuvre. Elles sont unanimes pour la regarder comme contraire, non moins à la vérité historique qu’aux intérêts de l’Exposition qui se prépare pour le centenaire de 1789.
- Tout d’abord, comme elles l’ont fait remarquer,, l’inauguration de l’exploitation des chemins de- fer français remonte à une époque antérieure à l’année 1837, et célébrer en 1887 le cinquantenaire de nos chemins de fer ce serait donner à penser, contrairement à la réalité, que la France s’est laissé notablement devancer par les autres nations.
- D’autre part, organiser une exposition spéciale de l’industrie des chemins de fer et des industries si diverses qui s’y rattachent, deux ans seulement avant la grande manifestation industrielle de 1889, ce serait, ont ajouté les compagnies, enlever à celle-ci une partie de son attrait et de son éclat.
- Les six grandes comgagnies croient de leur devoir de réserver tous leurs efforts pour les fêtes nationales du centenaire. Enfin elles ont rappelé qu’un congrès semblable à celui que projette le comité du cinquantenaire a été institué par l’Association internationale de Bruxelles créée en 1885 et qui fonctionne depuis lors régulièrement avec le concours des délégués des divers gouvernements intéressés et des administrations de chemins de fer français et étrangers.
- L’Association internationale a décidé que le Congrès des chemins de fer siégerait à Milan précisément en 1887 et à Paris en 1889. Les compagnies ne sauraient comment cette réunion pourrait se concilier en ce qui les concerne avec le programme du comité.
- Dans ces conditions, les six grandes compagnies ont toutes, sans exception, refusé itérativement de participer à l’œuvre du comité dit du cinquantenaire.
- leTiyre
- et les Industries qui s’y rattachent
- Dans les derniers jours de l’année qui vient de-s’enfuir, un bruit est parvenu jusqu’à nous et. pourrait bien faire éclore une Exposition,digne du plus haut intérêt : les arts du livre et les industries-qui s’y rattachent.
- Sera-ce seulement un bruit ? ou bien ce pro-jet deviendra-t-il réalité ? Nous l’espérons et désirons vivement voir se réaliser une aussi bonne idée.
- Peut-être le Cercle de la Librairie n’est-il pas étranger à cette combinaison, et, si la place est trop exiguë dans le somptueux hôtel du boulevard St-Germain, ne pourrait-on obtenir le pavillon de la ville de Paris ? Après l’exposition d’horticulture, au mois de mai, le temps est clément (point d’humidité à craindre pour les collections), tout le monde est à Paris, les amateurs du beau, du bien, de l’art en un mot, venant au salon de peinture, ne manqueraient certes pas d’aller, pendant quelques heures, admirer les chefs-d’œuvre de Y Art du Livre.
- Mais objectera-t-on, la Société des Arts Industriels prépare une exposition rétrospective qui comprendra le papier ; cela importe fort peu,cette exhibition de livres déjà vus, de certains types anciens ne peut avoir qu’un intérêt relatif, tandis qu’une exposition générale tout à fait spéciale,
- p.482 - vue 37/496
-
-
-
- Troisième Année. — N° 10S.
- sous le patronage du Cercle de la Librairie serait évidemment une grande attraction, surtout au moment où Paris est chez lui, et où tous les étrangers y affluent. On ajoutera sans doute que l’Exposition universelle est proche ; quant à cela, il ne peut y avoir rien de commun entre ces deux expositions, la plupart des amateurs qui confieront des collections pour un mois ne les confieront certes pas pour une durée de six mois ; on aime ses livres et on n’aime pas à s’en séparer pour longtemps.
- Alors pourquoi ne pas faire cette exhibition au Cercle de la Librairie ? C’est tout ce qu’il y a de plus simple : nous l’avons déjà dit, mais 1 architecte lui-même a trouvé qu’on était à l’étroit. Laissons parler le poète, car M. Charles Garnier est poète à ses heures. Le jour de l’inauguration du Cercle, il a récité une pièce de vers dont il est l’auteur :
- Pas de tableaux en garniture Dans l’escalier! c’est indigent,
- C’est vrai, messieurs, mais la peinture,
- Ça coûte encore pas mal d'argent.
- Knfin, si quelque géomètre Trouve le Cercle rétréci,
- Vous lui répondrez que le mètre De terrain coûte cher aussi.
- Ainsi donc, pas moyen de faire grand. Allons donc tout de suite en un endroit sûr et spacieux. Le pavillon de la ville de Paris est admirablement bien disposé et se prêtera certainement très bien à une exposition artistique telle que le comportent les industries du Livre, de la Reliure, etc., et de l’Imprimerie, de la Gravure, sans compter le Papier et ses transformations à l’infini.
- Evidemment, tous les maîtres de l’art tiendront à honneur de montrer que la Révocation de l’Edit de Nantes, en chassant de France une partie de nos meilleurs ouvriers, n’a pas empêché le génie et l’art français de renaître de leurs cendres, et que nos artistes modernes surpassent tout ce que le goût a fait de plus gracieux jusqu’à ce jour.
- Nous ne parlerons pas des livres, souvent comparables à des joyaux, mais un peu des écrins magnifiques qui les habillent : un maître de l’éloquence occupe ici la place réservée aux littérateurs poètes ou prosateurs, et toutes les semaines il nous donne le dessus du panier de ce que le papier noirci a produit de nouveau, d’utile et d’agréable.
- C’est étonnant depuis,ces dernières années combien on s’occupe du Livre ; n’est-il pas temps, en cette époque d’enseignement, de mettre un peu au premier plan cet important véhicule de la science
- Tout d’abord ce fut la pierre ou l’airain ( i), le bois puis le papyrus, le parchemin et enfin, depuis le xe siècle, le Papier, et c’est seulement maintenant, après les récentes découvertes faites dans les contrées disparues de la civilisation, que l’on pense au livre et à ses origines et qu’à l’envi, les éditeurs publient des éditions qui se surpassent les unes les autres.
- D’après le docteur Albinus Rudal de Vienne, la production du monde entier de toutes les sortes de fabrication de Papier s’élève à environ 1,800 millions de livres, dont 180 millions pour d’enseignement, et 900,000 millions pour l’imprimerie ; il dit aussi que la consommation annuelle de papier peut être évaluée à 7 livres 1/2 pour le Français (qui n’arrive qu’en troisième rang).
- Il y a donc là une industrie qui, à tous les égards, mérite l’attention du public et il n’y a pas le moindre doute sur la réussite d’une aussi louable entreprise.
- Dans le recensement (qui dura 3 ans) fait par ordre de Louis XIV, en 1696, on trouve les. armoiries de plusieurs corporations de papetiers. Celles de Paris étaient :
- « D’Azur, semé de billettes d’argent à un livre « ouvert de même, brochant sur le tout. »
- Celles de Rouen :
- « D’Azur à cinq billettes d’argent posées en « sautoir. »
- Celles de Brest :
- « D’Azur à une Bible d’or. »
- Dans celles de Fougères, qui comprenaient les orfèvres et les potiers, on remarque :
- « D’Azur à deux chandeliers d’argent, passés en « sautoir, accompagnés en chef d’un livre ouvert « d’or », etc., etc.
- De tout temps, le livre a occupé l’attention des érudits et aujourd’hui plus que jamais.
- Nous n’en voulons pour preuve que la brève nomenclature que voici :
- Le livre et les industries qui s’y rattachent depuis les origines jusqu’à la fin du xviii® siècle par M. P. Louisy, ouvrage composé avec des documents du bibliophile Jacob, qui a le grand avantage d’être intéressant et même de plaire à tout le monde : c’est du Didot.
- Le Livre, impression et reliure par Bouchot,(2) o ù l’on retrouve les collections de la Bibliothèque nationale; fruits et recherches mis à la portée de tous.
- Nos Amis les Livres, épuisé dès l’apparition. Et cet autre volume que Fertiault composa de charmants sonnets : les Légendes du Livre (3) allant d’un bout du monde à l’autre, cherchant un peu partout et dans la nuitdes temps, critique, louanges tout.y est, et pour dernier sonnet il nous donne ce verdict :
- (1) Voiries numéros 49, 5o, 5i et 52, année 1885.
- (2) Bibliothèque de l'enseignement des Beaux-Arts.
- (3) Lemerre.
- :Æ MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- C’était sous Louis IX. Chefs-d’œuvre d'écriture,
- I es manuscrits tenaient les studieux charmés.
- Tout heureux possesseur les gardait enfermés,
- Car ces trésors sans prix étaient rare pâture.
- Sur leur vélin brillaient carmin, or et peinture,
- Déjà de phase en phase ils s’étaient transformés,
- Attendant Charles V, s’ils restaient inhumés.
- On leur ouvrait des nids d’opulente structure.
- Chez.les esprits ardents cet amour s’épendait,
- Aux splendeurs de l'habit quand le tond répondait,
- Le lecteur pour mieux lire eût voulu se survivre.
- Aussi le beau proverbe, en ces temps arboré Proclamait : « A bon droit il meurt déshonoré « Celui qui n’aima point le Livre ! »
- Mais ne faisons pas fausse route, nous ne devons ici nous occuper que de l’écrin sans oser regarder les joyaux qu’il contient.
- Un peu de curiosité cependant, pour voir ce qu’il y a dedans, n’est-ce pas naturel ? (la petite fille perçait bien le corps de sa poupée pour voir ce qu’il y a dedans), tout au moins avons-nous pour excuse de ne rien détériorer.
- Et cet autre ouvrage : la Reliure moderne artistique et fantaisiste, par Octave Uzanne (1), voilà qui est fait pour charmer. Quel goût et avec quel tact tout cela est présenté..Il faut bien reconnaître ici que 1 e Livre est une autorité.
- D’un autre côté, l’histoire des femmes écrivains de la France, puis les femmes bibliophiles, — mais évidemment la femme a bien le. droit de.nous charmer et d’avoir le goût fin et délicat qui fait aimer le livre autant que sa parure.
- Des grands et des petits, il y en a eu de toutes les sortes cette année : Nouveau guide de l’imprimerie, de la librairie delà papeterie', (2) Petite histoire de l’imprimerie, par Auguste Vitu ; ouvrage technique très sérieux, surtout pour la deuxième partie (3). Mais s’il nous fallait passer en revue tout ce qui touche à cette importante industrie du Livre, tant au point de vue théorique qu’au point de vue pratique, c’est un gros volume qu’il faudrait écrire sans compter la littérature.
- Jules Janin, Egger , Quatremère, Delon ont écrit de nos jours des pages littéraires, intéressantes et instructives. Etienne Dolet a subi le martyre, sa vie a été tout entière consacrée aux éditions supérieures. Sans parler' de tous les maîtres de l’art. Crapelet a laissé un ouvrage malheureusement inachevé qui est un modèle de théorie autant que de pratique.
- Paul Lacroix a lui-même décrit la reliure et les arts qui s’y rattachent. (
- Nous ne pouvons citer tous les auteurs qui se sont occupés du papier, de l’imprimerie, de la reliure, de ce qui en un mot, constitue le Livre, cet ami vrai qui, lorsque le coeur est bon,. est toujours le premier à nous consoler des chagrins de la vie.
- La reliure a eu depuis longtemps ses poètes et ses littérateurs, le moment est donc tout à fait propice pour réunir l’ensemble de ce qui a été fait depuis le commencement de ce. siècle et de ne pas le laisser disparaître sans avoir, d’une façon positive, déterminé un type caractéristique xixe siècle. *
- Là, nous retrouverons certainement les œuvres des modernes et on pourra comparer Fagniez, Monteil, Marius Michel, etc., sans oublier Dudin, Brunet, Peignot, Fournier, Lenormand, Petit et autres avec les contemporains qui, de nos jours, travaillent sans relâche à accréditer dans l’esprit public cette idée saine et grande. que le livre, le bon livre s’entend, est un des bienfaits de notre époque.
- Mais ce n’est pas seulement le livre que nous verrons à cette exposition. Sans y rencontrer tout le gros matériel de l’imprimerie, nous aurons le plaisir d’admirer de splendides spécimens de l’art typographique et lithographique. Les progrès ont été immenses depuis quelques années, aussi bien chez les fondeurs et graveurs tant pour la lettre que pour la vignette, qu’il y aura là certainement des surprises agréables. La chromolitho et typo auront aussi à cueillir des succès. La stéréotypie, la galvanoplastie, etc., etc., auront aussi de la nouveauté à faire connaître.
- Les ouvrages de recherches sur l’imprimerie sont très nombreux; les œuvres des. Didot, Dupont, Maignien, les marques des imprimeurs, etc., les œuvres de L. Delisle, Franklin, Aug.. Bernard et de tous nos bibliothécaires figureront à ce tournoi littéraire et artistique autant qu’industriel..
- Nous espérons bien y rencontrer aussi le papier, cet élément indispensable qui est la matière autant que la littérature et la poésie sont la lumière du livre. . . .
- L’industrie du papier qui, en 1876, produisait 1,413,920 quintaux représentant une valeur de 103,764,138 fr. est, malgré l’impôt, arrivée en 1882 (4) à 1,788,847 quintaux donnant une valeur de 120,805,905 fr. A la première date, il y avait 512 fabriques qui occupaient alors 32,371 ouvriers.
- Malgré l’impôt qui existait alors, on voit facilement la progression et il ressort de ces chiffres une évidence réelle des succès qui attendent toutes ces industries.
- La reliure classée dans la petite industrie se fait un peu partout, un seul département en France n’est pas représenté : la Lozère. Quant au papier,
- (1) Rouvevre.
- (2) Marpon et Flammarion.
- (3) Delagrave.
- (4) Dernier relevé statistique.
- Dimanche 23 Janvier 1887. — 484.
- qui est dans la catégorie de la grande industrie, dix-septdépartements sont indiqués comme n’avant pas de fabrique.
- Le département.de l’Isère reste le premier avec une production de 9,522,000 fr. Deux produisent plus de 7 millions et quatre plus de 6 millions chacun.
- Si peu que l’on regarde en arrière on s’en aperçoit, l’Imprimerie est venue à temps pour remplacer les copistes qui écrivaient en copiant des fautes qui n’existaient pas.
- Aujourd’hui, on se plaint, est-ce à tort ou à raison ? que les écrivains en général écrivent très mal ! Mais les compositeurs savent lire et redressent les erreurs ou les oublis. Il serait intéres-satn, à côté de la calligraphie de Nicolas Flamel, de voir les manuscrits d’avant le xe siècle pour comparer l’écriture moderne, quoique certains auteurs soient très habiles en l’art d’écrire : on cite entre autres maîtres : Charles Monselet et Eugène "Chavette qui écrivent très correctement sans une lettre plus haute que l’autre, avec les t bien barrés, les accents et les points sur les i bien à leur place. On cite aussi M. Barbey d’Aurevilly qui fait de la calligraphie à l’instar des anciens moines.
- Certainement le Cercle de la Librairie voudra se montrer à la hauteur de sa réputation pour faire des merveilles, ce que nous attendrons patiemment.
- Deux nouvelles pour terminer le trop long exposé d’une idée qui doit faire son chemin : l’inauguration de l’établissement de retraite (1) destiné aux écrivains, aux libraires et imprimeurs frappés par des revers de fortune à la fin de leur carrière doit être inauguré très prochainement. Enfin l’année 1887 nous réserve des surprises, citons seulement la publication sous presse d’un volume splendide : Le Manuel du Relieur et de l’Amateur de reliures, études historiques et bibliographiques, dû à la plume d’un maître de l’art de la reliure, M. L. Cruel, tirage unique à mille exemplaires. Souhaitons un plein succès à ce nouveau chef-d’œuvre qui ne manquera pas d’être apprécié, et puisse-t-il être
- Heureux livre, qui fais naître (2)
- Par ses champs fleuronnés d’or,
- Un charme qui nous pénètre Après cinq siècles encor !
- A. Ramé.
- LES LIVRES
- XCIII
- Comte Léon Tolstoï. — Mes Mémoires : Enfance, Adolescence, Jeunesse, traduit, avec l’autorisation de l’auteur par E. Halpérine. Paris, librairie académique Perrin et Cie, lib. éditeur, un vol. in-18.
- De tout temps, la littérature française s’est inspirée des littératures étrangères. Le courant espagnol, le courant italien, le courant anglais, le courant allemand ont tour à tour réveillé, réchauffé, revivifié notre fécondité épuisée. Dans cet échange d’influences, de bienfaits si l’on veut, la part de la France est assez belle pour qu’onne s’expose pasen niant la réciprocité, au reproche d’ingratitude. La France a toujours plus donné qu’elle n’a reçu. Elle ne nie donc pas ce qu’elle a pu devoir aux romans de Richardson, à sa Pamela, à sa Juliette Horlowe et au Werther de Goethe, pour ne parler que de ses derniers emprunts. Les romans de Walter Scott et de Cooper, les contes d’FIoffmann ont eu chez nous des échos prolongés, aujourd’hui bien affaiblis.
- Depuis quelques années, c’est du Nord que nous vient la lumière. Les circonstances aidant, la mode a pris chez nous sous sa protection les poètes et surtout les romanciers russes. Là, aussi, ce n’était qu’un rendu pour un prêté. La littérature russe, avant de s’émanciper jusqu’à une certaine originalité, jusqu’à faire acte d’indépendance, a été longtemps tributaire de.la nôtre.
- Nous avons vu sans peine ce mouvement dont les initiateurs ont été, vers 1855, les Mérimée, les Viardot et Ivan Tourgueneff, qui est mort en France, après y avoir longtemps vécu, et qui demeure encore pour sa patrie de naissance, comme pour sa patrie d’adoption, le vrai précurseur de la réaction naturaliste.
- Mais aujourd’hui l’engouement touche à l’excès. La période de satiété succède à la période de faveur enthousiaste. Le mouvement a dépassé les bornes, les mesures. Ce n’est plus une alluvion, c’est une inondation, ce n’est plus une rosée vivifiante , c’est un déluge stérile.
- Nous n’avons pas hésité à applaudir à cette infusion d’un sang jeune et frais, même un peu froid, dans les veines épuisées de notre inspiration littéraire. Mais aujourd’hui, il s’agit de savoir si l’originalité russe ou prétendue telle absorbera et étouffera l’originalité française, si nous nous mettrons, suivant notre habitude, en avant-garde, ou, contrairement à notre génie, en remorque, si nous cesserons de nous inspirer des romans russes, ou si nous nous bornerons tout simplement à les copier. Non vrainient , il y en a trop ; ils sont trop, comme disaient de leurs adversaires
- - (1) Hospice Galignani.
- (2) Manuel.
- p.483 - vue 38/496
-
-
-
- 4S4. — Troisième Année — N° 108
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 2 3 Janvier >887.
- sans cesse renouvelés, les grognards de Waterloo. Nous sommes allés de Gogol à Tourguenieff, de Tourguenieft à Tolstoï, de Tolstoï à Dos-toiewski ; maintenant nous tombons de Dos-toiewski à Gontcharoff et de Gontcharoff à Pi-semski. Le rayon russe dans nos libraires déborde. Si nous avons un conseil à donner aux éditeurs avisés, le moment est venu de fermep 1 écluse. L’ennui naquit un jour de l’uniformité..Su/ vrata biberunt. Nos prés ont assez bu. Le régime du.thé et du kummel, voire meme du caviar, a du bon. Mais toutes les délicatesses du sterlet du Ladoga, toutes les rudesses parlumées de 1 alcool d avoine, toutes les saveurs de la pâte brouillée jui lait aigre et aux œufs d’esturgeon ne nous empêcheront pas de dire, à cette invasion de la littérature et de la cuisine russe, nous menaçant d’indigestion : c’est assez. Oui, c’est assez et ce n’est pas seulement notre avis, c’est celui de l’écrivain très distingué qui a été chez nous le promoteur du mouvement, M. Melchior.de Vogué. Tout récemment, dans un article un peu découragé, un peu ironique, un peu amer de la Revue des Deux-Mondes, il confessait que le mouvement avait dépassé ses espérances, ses ambitions, que l’épreuve était faite, qu’il se trouvait trop de disciples, trop de soldats, et qu’il allait rentrer sous sa tente. Assez et même trop. Passe encore pour l’usage, mais l’abus est la mort des meilleures choses. Tel est, d’après M. de Vogué lui-même, le mot de la situation.
- Il est certain que nous avions quelque chose à apprendre, quelque fruit à tirer de notre commerce avec les romans russes, comme nous l’a-, vons fait pour les romans anglais, ceux de Dickens surtout.
- Nous avions à rajeunir, jusqu’à un certain point, nos formes, nos procédés, devenus à la fois raffinés et brutaux, à ces types, à ces modèles, d’un art plus simple, plus franc, plus humain. Gomme description minutieuse de la réalité, comme sentiment intime et profond de la nature, comme chaleur communicative et sympathique d’humanité, de charité, comme peinture des mœurs bourgeoises et populaires , nos. confrères russes et anglais avaient pris l’avance sur nous. Ils étaient revenus avant nous aux sentiments simples, aux tableaux d’intérieur, aux événements et aux émotions de la vie domestique, de la vie vulgaire. Mais il n’était pas besoin de la traduction de cinquante, de cent volumes pour étudier ces nouveaux procédés, ces nouveaux effets, et nous les assimiler. Il suffisait d’un chef-d’œuvre... ou de deux. Comme le remarque M. de Vogué, il faudra toujours en revenir et s’en tenir à ces deux ou trois chefs-d’œuvre de Tourguenieff et de Tolstoï, les maîtres incontestables, sinon incontestés du groupe et du genre.
- Mais il nous a fallu davantage. Après le naturalisme de Tourguenief et de Tolstoï, qui lui-même a dévié pour tomber dans le mysticisme, nous sommes allés aux subtilités de la psycholpgie aiguë de Dostoiewski, à son fantastique à outrance, qui dépasse les visions de l’ivresse d’Edgar Poë. Nous n’en sommes plus au naturalisme russe, nous en sommes au névrosime slave. Nous arrivons au goût dépravé de ces ouvrages longs et monotones comme un voyage en traîneau à travers les steppes neigeuses des plaines sans fin, ou le rayon lunaire, vacillant, prête des attitudes d’ombres chinoises, se détachant sur le ciel bas et cru, aux mornes*spectres des bouleaux.
- Les Souvenirs d’enfance et d'adolescence du comte Tolstoï sont précisément et à la fois caractéristiques du procédé russe et de la manière de Tolstoï lui-même. Ce n’est pas un récit auto-biographique suivi. Il n’y a pas d’événements. Le drame de la jeunesse de Tolstoï est tout intérieur et tout intime. C’est une série de tableaux domestiques, ruraux, sociaux, où on prend sur le vif cette façon de tout analyser qui en revient à tout décrire, et qui n’arrive laborieusement à l’effet que par une série de touches menues, de coups de détail. C’est toujours en petite monnaie que le romancier russe paye son lecteur. Les mille et une fibres, les plus ténus filaments nerveux chargés de transmettre l’impression au cerveau sont tour à tour touchés et pincés parfois cruellement par la main de l’opérateur. Le lecteur est un peu impatient et, en effet, ou le roman russe vous berce et vous endort comme un doux bruit de poêle qui ronfle, ou de samovar qui bout, ou il vous tire, vous pince par tous les nerfs avec son fantastique sombre et sa psychologie subtile, aiguë, byzantine, décomposant le sentiment en ses éléments infinitésimaux comme le scalpel de l’anatom'iste, débrouillant fil à fil un centre nerveux. Il est impossible déliré un roman russe sans éprouver une impression de tristesse, de lassitude mélancolique, de dégoût de soiet des autres. L’amertume pessimiste est au fond de la coupe. Ce sont des désabusés que les romanciers russes. Ils ont l’imagination naturellement triste, et tendue de noir comme une chambre mortuaire où veille le flambeau. Ils ont l’expérience découragée ; ils ont le vin sombre. Ils aiment le travail d’art patient et menu, un peu puéril comme tous les peuples à la fois vieux et jeunes. Il y a de la chinoiserie dans l’art byzantin et le Russe est un tvpe Slave mâtiné de Tartare et de Grec.
- On sent bien ce qui fait le fonds de la manière des romanciers russes, les qualités de cette manière
- qui ont fait son succès, les défauts de cette manière qui sont en train de faire succéder l’ennui au charme dans ces Souvenirs de Tolstoï, où il y a des parties exquises, qui touchent au chef-d’œuvre, et des parties ratées, fades, puériles, qui touchent au fatras.
- Le premier livre, consacré à l’enfance, est peut-être le meilleur. Il y a là des tableaux, des portraits de famille et de domesticité qui sont charmants, quoique avec moins de légèreté que ceux que tracent Topnfer et Dickens. La figure de la mère de famille, douce et mélancolique, victime du sacrifice conjugal , domine tout ce livre , et le lecteur pleure, comme ses enfants, sa mort prématurée. Tout ce premier livre d’éveil des sens, de l’esprit, du cœur, a une fraîcheur de printemps, un sourire de renaissance.
- Dans le livre de Y Adolescence et de la Jeunesse, Tolstoï nous présente un bon type de grand’mère et de princesse russe, avec quelques figures du grand monde bien observées. L’histoire de son précepteur allemand et de son gouverneur français, Saint-Jérôme, sont touchantes ou amusantes. Son entrée à l'Université, ses examens, sa première orgie, son initiation aux premières souffrances de la vanité virile, aux premiers plaisirs de l’amitié, aux premiers essais de l’amour, aux premières fatigues de la débauche, d’histoire du second mariage de son père, donnent lieu à des scènes où on trouve le maître. Mais on y trouve aussi cette observation à outrance , cette minutie d’analyse qui tombe dans la puérilité, cette subtilité de déduction agaçante qui caresse nos nerfs cérébraux à les crisper. On est comme un chat frotté à rebrousse-poil au sortir de ces dissertations par trop ingénieuses, par trop raffinées sur les gaucheries sentimentales d’un jeune homme, d’abord, comme tous les autres, amoureux de toutes les femmes et cherchant, à travers des embryons de passions fugitives et les déceptions de la réalité à atteindre ce fantôme de l’amour idéal qui séduit, entraîne et trompe tous les enthousiasmes de vingt ans. Certes, Stendhal n’est pas toujours amusant et sa préciosité n’est pas sans agacer souvent. Mais combien plus de finesse, de délicatesse, de malice et surtout de délicieuse clarté dans son livre de Y Amour que dans le chapitre analogue où Tolstoï s’est évertué à le singer et n’y réussit pas plus que l’ours à jouer de la flûte. A chaque peuple son génie national. Il y a bien de l’originalité ou, si l’on aime mieux, de la singularité, bien de l’élégance instnictive, bien de la poésie rudimentaire et du sentiment un peu puéril dans le génie russe ; mais il faut laisser au génie français le monopole qu’il gardera tonjours, de la clarté, de la raison et de la grâce. Il y a quelque chose de maladif, de mal équilibré, d’incurablement triste dans le génie russe. Le génie français est un génie bien ordonné, bien portant et qui a la gaieté de la santé. M. de Lescure.
- AVIS COMMERCIAUX
- ROUMANIE
- Emploi de la Lie des vins
- A une demande de renseignements sur l’emploi dont la lie des vins est l’objet en Roumanie, le représentant de la République française à Bucha-rest a adressé une réponse dont nous détachons les extraits suivants :
- Dans toute la Roumanie, la lie des vins n’est employée que pour la fabrication d’une certaine eau-de-vie qu’on nomme le « raki de droijdié ». Il n’y existe aucune usine pour l’extract on du bitartrate de potasse, du tartrate de chaux ou de l’acide tartrique. Les villes dans lesquelles ces produits pourraient être extraits, préparés et exploités dans les meilleures conditions sont : Dra-gachani, en petite Valachie, et Odobechti, en Moldavie. Ces deux villes, centres de régions vinicoles importantes, seront, dès l’année prochaine, reliées par des veies ferrées au réseau principal des chemins de fer roumains.
- PORTUGAL
- Travaux d’amélioration du port de Lisbonne
- Le gouvernement portugais vient d’approuver un projet d’amélioration du port de Lisbonne consistant dans la construction de nouveaux quais, docks et bassins et a décidé, en même temps, la mise en adjudication des travaux. A cet effet, un concours public, auquel l’industrie étrangère est appelée à prendre part, est ouvert, pendant une période de 90 jours, prenant fin le 26 mars prochain.
- On peut consulter, au Ministère du commerce et de l’industrie, 244, boulevard Saint-Germain (Direction du commerce extérieur. — Bureau des renseignements commerciaux) : i° une dépêche de M. le ministre de la République à Lisbonne relative à cette adjudication ; 20 un plan des travaux projetés, tel qu’il a été communiqué à la presse locale, et 3° le numéro du journal Diaro do Go-verno, contenant les conditions du concours et le cahier des charges de l’entreprise.
- LES THÉÂTRES
- Comédie-Française. — Francillon, pièce en trois actes de
- M. Alexandre’ Dumas.
- •Gymnase. — La Comtesse Sarah, pièce en cinq' actes de
- M. Georges Ohnet.
- Chateau cT'Eau. — Vidocq ou la police en 18... drame en
- cinq actes de MM. A. Jaime et Georges Richard.
- La semaine qui voit éclore, en même temps qu’une œuvre nouvelle de M. Alexandre Dumas, ce maître du théâtre moderne, une œuvre de M. Ohnet, ce non moins maître... de forges, qui est en même temps un charpentier émérite, cette semaine-là, dis-je, peut compter pour une grande semaine, et en présence de ce double événement, qui va donner à ma causerie hebdomadaire une étendue inusitée, MM.Georges Richard et A. Jaime, qui ont donné au Château-d’Eau un drame nouveau, Vidocq ou la police en 18... m’excuseront si je glisse un peu légèrement sur leur pièce en me bornant à en constater le très franc et très légitime succès, pour en arriver tout de suite à la Comtesse Sarah et surtout à Francillon, deux grandes dames qui s’accommoderaient mai de l’attente.
- A vous dire vrai, je n’aime guère cette Comtesse Sarah que la publicité du roman dont est tirée la pièce me dispense de tout raconter et que le public de la première a favorablement accueillie. Non que M. Ohnet s’y soit montré plus faible que dans les œuvres précédentes sur lesquelles s’est assise sa jeune réputation : la Comtesse Sarah procède évidemment du même genre de littérature scénique auquel nous devons le Maître de Forges et autres comédies, de même Serge Pa-nine ; les trucs et les ficelles sont les mêmes et non moins habilement manœuvres par un auteur qui a recueilli l’héritage de Scribe et sait en tirer parti et bon parti. Mais c’est justement cette habileté d’ouvrier mise au service d’une convention qui nous représente incessamment les mêmes personnages sans caractère original qui devient horripilante. Qu’il se nomme Philippe Darblay ou Canalheilles, qu’il soit ingénieur ou général, jeune ou vieux, c’est toujours le même personnage tout d’une pièce, muni dès le berceau d’une ligne de conduite qu’aucun événement n’ébranle, c’est toujours ce même être de convention, sans un cri, sans un doute humain que M. Ohnet plante, au milieu de son théâtre en l’entourant d’autres figures de même acabit, pantins en baudruche utilisables au moyen d’un changement de costumes à toutes les époques, et dans toutes les situations, bonshommes en toc que l’on revoit comme de vieilles connaissances qu’on ne reconnaît pas tout de suite parce qu’elles ont changé d’âge ou de condition, mais avec lesquelles on a vite renoué, dont on connaît d’avance le caractère et dont la banalité même est la raison d’être de leur succès.
- En somme, la vie manque à la Comtesse Sarah — et pour si grand et noble qu’il soit — philosophiquement parlant — le pardon du général de Canalheilles lorsqu’il vient d’apprendre de la bouche même de sa femme la trahison dont elle a récompensé ses bienfaits, ce pardon de l’homme qui répond à la femme coupable :
- — J’ai juré d’être pourvous plutôt un père qu’un mari, c’est le père qui vient de vous entendre, ce pardon n’est pas humain et ne m’émeut pas.
- Humain, M. Dumas fils l’est, par contre, et sa Francillon a triomphé, malgré le scabreux de la thèse par cette connaissance profonde de l’homme et par l’intensité de vie qui court dans les trois actes du maître, plus encore peut-être que par l’étincelant esprit qui les saupoudre àfoison. Francillon, c’est, vous le savez, une jeune femme aimant son mari par-dessus tout et qui, trompée par celui-ci, jure de lui appliquer la loi du talion. La thèse présentée par le maître et merveilleusement, développée dans les trois actes de Francillon, c’est que l’adultère du mari n’est pas plus excusable que celui de la femme, et ma foi, je vous assure qu’après les émouvantes scènes où les arguments pour ou contre se produisent si vécus que le spectateur empoigné croit réellement y être, la thèse est bien près de triompher, car ce n’est qu’après coup et à la réflexion que l’on se dégage du charme sous lequel on a été tenu et que l’on voit Francine de Riverolles pour l’exaltée un peu folle qu’elle est. Mais cette folle elle existe, elle vit, comme son benêt de mari, comme les amis de son mari à qui l’on ne peut réellement reprocher que d’être plus spirituels que nature.
- On voit bien qu’ils sont des fils de Dumas ceux-là. Il n’est pas d’ailleurs jusqu’à la petite Annette de Riverolles (MUc Reichemberg) qui ne tienne de son père un peu trop visiblement par ses raisonnements et ses mots à la Dumas.
- La troupe des Français a été merveilleuse comme toujours et Mlle Bartet plus merveilleuse encore que jamais. Quelle artiste incomparable et combien MUe Bartet, si vraie dans Francillon, fait ressortir tout ce qu’avait eu la veille de conventionnel et de superficiel le jeu de M,ne Hading dans ce personnage, peu exact d’ailleurs, de la Comtesse Sarah.
- Georges Grisier.
- Le Gérant, GARREAU
- Tours. — lmp. E. ARRAULT et C'y rue de la Préfecture, 6.
- p.484 - vue 39/496
-
-
-
- Le Moniteur
- DE
- L'EXPOSITION DE i
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
- TROISIÈME ANNEE.
- Dimanche 30 Janvier 18S7.
- NUMÉRO 109.
- SOMMAIRE :
- 1. Commission de contrôle et de finances ; 2. Sons-commission de l'exploitation; 3. Sous-commission des travaux; 4. Adjudication en un seul lot des travaux d’égoût et de terrassement ; 5. Adjudication des verres striés ; 6. Comités départementaux; 7. Compte-rendu des comités départementaux ; 8. Les bureaux des comités départementaux ; 9. Echos ; to. L’Exposition colonial ; 11. Sciences et Industrie; 12. Histoire anecdotique de la Presse en France; i3. L.es Livres ; 14. Les lhéâtres ; i5. Le Bon Marché.
- COMMISSION DE CONTROLE
- ET DE FINANCES
- Le comité administratif de l’Exposition universelle de 1889, composé de MM. Alphand, Berger et Grison, et de MM. Revoil et Haussmann, adjoints à ce comité pour la section des colonies, s’est réuni ce matin au ministère du commerce, sous la présidence de M. Lockroy.
- Le comité a étudié les emplacements destinés aux expositions particulières de la Cochinchine, de l’Algérie et des autres pays de protectorat.
- M. Berger a exposé un plan de manutention général qui a été provisoirement adopté par le commissaire général et qui sera développé par le directeur de l’exploitation devant la commission des 43.
- La commission du contrôle et des finances ne s’est pas réunie le vendredi 28 janvier. La prochaine séance est fixée à vendredi prochain. -----------------------
- A la suite de leur démarche d’hier à l’Hôtel-de-Ville, un certain nombre d’ouvriers terrassiers sans travail devaient aller ce matin aux chantiers ouverts au Champ-de-Mars afin de protester contre l’embauchage des ouvriers étrangers. On disait même qu’ils étaient décidés à empêcher par la force les étrangers de travailler. Ce matin, vers 6 heures, environ 100 ouvriers se sont présentés au Champ-de-Mars. 40 d’entre eux ont été embauchés immédiatement. Quant aux autres, on leur a fait espérer qu’on leur donnerait prochainement du travail. Us se sont alors retirés sans manifester. Les entrepreneurs ont obtempéré au désir des manifestants, qui d’ailleurs étaient très calmes. Sur le champ, les quelques ouvriers belges qui travaillaient au chantier ont été congédiés.
- SOUS-COMMISSION
- DE L’EXPLOITATION
- Séance du 24 janvier 1887
- Présidence d-e M. Tirard
- M. Tirard donne lecture des rapports contradictoires présentés par M. Tisserand, directeur de l’agriculture, et par M. Berger.
- Après un échange d’observations, ces derniers se sont mis d’accord pour faire adopter un projet qui consiste:
- i° A réunir dans un même ensemble les produits agricoles français et étrangers ;
- 20 A adjoindre à l’exposition internationale
- d’agriculture l’exposition internationale des produits alimentaires ;
- 3° Les hangars construits pour l’agriculture occuperont sur le quai d’Orsay environ 27,000 mètres. Le palais des produits alimentaires offrira une surface utile de 5,800 mètres, sous les caves destinées à l’exposition des vins, également sur le quai d’Orsay.
- L’agriculture aura encore à sa disposition 3,ooo mètres dans les jardins du Trocadéro pour l’exposition de l’administration des forêts.
- La part importante qui lui est légitimement due sera faite ainsi à l’agriculture, et les espaces couverts dont elle disposera en 1889 constitueront une augmentation considérable sur ceux qu’elle occupait internationalement en 1878.-
- SOUS-COMMISSIONSdesTRAVAUX
- Séance du 24 janvier 1881
- Présidence de M. Teisserenc de Bort
- La sous-commission approuve le principe de la construction d’un bâtiment affecté au service de la direction générale de l’exploitation, d’après les dessins et les devis en location présentés par MM. Alphand et Berger. Ce bâtiment, construit tout en bois, sera habitable dès le ier juillet prochain. Il s’élèvera le long de l’avenue de la Bourdonnais et il aura sa façade sur les jardins du ChampMe-Mars.
- La sous-commission s’occupe ensuite .d’une installation provisoire de water-closets destinés au service des travaux ; ces établissements provisoires seront construits aux places assignées pour les water-closets définitifs, dont la construction et l’exploitation seront l’objet d’une adjudication.
- Enfin elle décide l’établissement d’une gazon-nerie dans les terrains du Parc aux Princes, de façon qu’il ne soit pas nécessaire de semer hâtivement et au dernier moment les pelouses du Champ-de-Mars, celles-ci devant être établies par le placage des gazons préparés dès maintenant au Parc aux Princes et qui auront eu le temps d’acquérir une végétation et un enracinement suffisants.
- ADJUDICATION EN UN SEUL LOT
- DES
- Travaux de construction d'un réseau d'égcuts tt de terrassements généraux
- Clauses et conditions particulières
- Objet de Vadjudication
- Article premier. — L’adjudication a pour objet :
- i° La construction d’un réseau d’égouts destiné à desservir les palais et les jardins de l’Exposi-. tion ;
- 20 L’exécution des terrassements généraux, en dehors de ceux qui seront exécutés par les services d’architecture.
- Montant de VEntreprise
- Art. 2. — La présente adjudication est faite aux
- prix de la série ci-après. Le montant de l’entreprise est évalué à 688,573 fr. 65, non compris une somme de 91,426 fr. 35 pour dépenses en régie et frais d’agence.
- Cautionnement
- Art. 3. — Pour sûreté des obligations qu’il aura contractées, l’adjudicataire sera tenu de verser, à la Caisse des dépôts et consignations, un cautionnement dont la valeur sera de vingt-trois mille francs; ce cautionnement sera fourni soit en numéraire, soit en rentes sur l’Etat 4 1/2 ou 3 9/°. S’il est fait en argent, l’adjudicataire en recevra l’intérêt à 3 %; s’il est fait en rentes, il en touchera les arrérages.
- Chaque postulant devra du reste justifier, en déposant sa soumission, du versement préalable à la caisse ci-dessus désignée de ladite somme de vingt-trois mille francs.
- Par dérogation à l’article 2 du cahier des clauses et. conditions générales, les sociétés ouvrières ne sont pas dipensées dudit verseraient. '
- Ce cautionnement provisoire’ servira à l’adjudicataire de cautionnement définitif.
- Les autres cautionnements seront restitués aux ayants droit, aussitôt après l’adjudication.
- Délais d’exécution
- Art. 4. — L’adjudicataire commencera les.travaux dans un délai de trois jours après en avoir reçu l’ordre de l’ingénieur, faute de quoi il subira une retenue de trente francs par chaque jour de retard. La même retenue serait applicable dans le cas d’interruption des travaux ou de retard dans leur exécution, ou encore si l’atelier n’était pas composé conformément aux prescriptions des ordres donnés.
- En ce qui concerne les travaux d’égouts et de galeries,' l’entrepreneur devra organiser ses ateliers de manière à construire, chaque jour, vingt mètres courants d’égouts ou de galeries, ainsi que les regards et bouches compris dans cette longueur ; à l’expiration du délai calculé sur cette base, d’après la longueur totale de l’égout ou de la galerie, les enduits intérieurs devront être terminés, et l’égout ou la galerie devra pouvoir être mis en service.
- Il devra prendre ses dispositions pour que trois jours après la notification qui lui en aura été faite, le cube de déblai porté en remblai ou en dépôt, ou bien enlevé de l’atelier atteigne un minimum de 8oomcoo par jour.
- Dans le cas où il serait constaté que, pendant dix jours consécutifs, l’adjudicataire n’a pas déblayé et transporté 8,ooomcoo, il sera passible d’une amende de 10 francs par jour et pour chaque mètre cube non transporté.
- Les amendes ou retenues stipulées ci-dessus seront appliquées même en cas de saison pluvieuse ou rigoureuse.
- Dans le cas où l’entrepreneur serait entravé dans l’exécution de ses travaux par quelque circonstance de force majeure, il devrait le faire constater par le Directeur général des travaux, seul juge de la valeur de la réclamation et les délais seraient prolongés, s’il y a lieu, en raison du temps perdu; mais il ne serait dû à l’entrepreneur aucune indemnité pour ce fait.
- Métré des terrassements. Transport des déblais
- Art. 5. — Toutes les terres enlevé es seront généralement mesurées au lieu du déblai, d’après les nivellements qui auront été faits avant et après le travail.
- Dans le cas où cette façon de mesurer présenterait des difficultés, ce dont l’ingénieur sera seul juge, on tiendra attachement du volume enlevé par chaque tombereau ou wagonnet ; le cube réel de déblai sera alors mesuré en tenant compte d’un foisonnement de 1/4.
- Les voitures seront munies d’une plaque portant l’indication de la capacité constatée préalablement par un cubage contradictoire.
- L’adjudicataire ne pourra soulever aucune récla-
- p.485 - vue 40/496
-
-
-
- 4S6, — Troisième Année. — N° 109.
- LE MONITEURDE L’EXPOSITION DE 1889
- Dimanche 3o Janvier 18S7.
- mation et il n’aura droit à aucune indemnité pour transports faits dans l’embarras des étais ou des voies ferrées, pas plus que pour la gêne que pourraient lui causer pour ses transports, les dépôts de terre, de matériaux, ou les transports exécutés par les entrepreneurs ou tâcherons des service d’architecture et de jardinage.
- Eboulements. — Etalements
- Art. 6. — Lorsque dans les déblais il arrivera des éboulements par défaut de précaution de la part de l’entrepreneur, ils seront relevés à ses frais. Il sera d’ailleurs tenu de fournir et faire poser les étrésillons et étais nécessaires sans qu’il soit admis à réclamer aucune indemnité de ce chef.
- Transports par voies ferrées
- Art. 7. — L’entrepreneur pourra faire ses transports à l’aide de voies ferrées et de wagons. Dans ce cas, les prix seront les mêmes que pour les trans-portspar tombereaux, ainsi que cela est dit au bordereau desprix. Il installera ce système de transport à ses frais, risques et périls. Il ne pourra soulever aucune réclamation et n’aura droit à aucune indemnité, par suite de l’installation ou de l’existence de voies ferrées nécessaires aux divers autres services de l’Exposition. Il devra, de plus, ne gêner en rien les autres services.
- Ouvriers ou charretiers
- Art. 8. — Tout ouvrier ou charretier en état d’ivresse, ou qui refuserait d’obéir aux ordres donnés par les agents de l’Exposition, sera renvoyé immédiatement et il sera fait déduction de la journée à titre d’amende, indépendamment des frais qui seront faits pour assurer d’office le service et qui seront à la charge de l’adjudicataire.
- Les ouvriers fournis en régie par l’adjudicataire seront payés par lui, et il en sera tenu compte aux prix de la série, déduction faite du rabais de l’adjudication, et sans qu’il soit dû aucune allocation pour avance de fonds.
- Prix des terrassements
- Art. 9. — Les prix portés pour fouilles, déblais et remblais sont des prix moyens applicables, quelle que soit la nature du sol : glaise, marne, sable ou autres.
- L’administration se réserve le droit d’imposer à l’entrepreneur, aux prix portés à la série, déduction faite du rabais de l’adjudication, sans aucune plus-value, le ramassage et la mise en tas de la couche de sable qui recouvre actuellement le Champ-de-Mars, ainsi que son transport à un point déterminé.
- L’administration se réserve également la faculté de pouvoir faire pratiquer par l’adjudicataire des fouilles pour extraire et transporter au prix spécial porté à la série le cube de sable qu’elle jugerait convenable, et ces fouilles pourraient être comblées avec les terres destinées à être transportées aux décharges publiques, sans que celui-ci puisse prétendre à aucune indemnité.
- Le sable provenant des fouilles faites pour la construction des égouts étant, du reste, réservé sera transporté à la distance sur les points que l’ingénieur désignera.
- Conservation des ouvrages
- Art. 10. — Pendant le cours des travaux, l’entrepreneur devra prendre à ses frais toutes les • précautions nécessaires et ordonnées par l’ingénieur pour préserver de tout dommage les constructions existantes, ainsi que les plantations et les ouvrages de diverse nature qui s’exécuteront avant les siens ou concuremment avec eux.
- Importance relative des pièces d'adjudication.
- Modifications possibles
- Art. 11. — L’avant-métré, le détail estimatif et les divers dessins annexés aux présentes ne sont donnés qu’à titre de renseignement, et l’entrepreneur ne pourra en aucun cas se prévaloir des dispositions ou des quantités qui y sont portées, pas plus pour l’exécution des ouvrages que pour le règlement du décompte.
- L’administration se réserve le droit de modifier dans la proportion qu’elle jugera convenable pendant le cours des travaux, les dispositions, la nature, la qualité ou la quantité des terrassements et des diverses maçonneries d’égout indiquées ; quelle que soit cette modification, l’adjudicataire n’aura droit de ce chef à aucune indemnité.
- Devis, cahier des charges et bordereau des prix complementaires
- Art. 12. — Dans le cas d’exécution de travaux autres que ceux désignés à .la série qui suit, les prix adoptés seront ceux de la série spéciale des services des eaux et égouts et de la voie publique, pour travaux de maçonnerie, charpente, etc., entreprise d’entretien du Ier janvier 1886 au 3i décembre 1891.
- Les clauses et conditions du devis et cahier des charges de cette même entreprise seront applicables en tout ce qui n’est pas contraire aux présentes clauses et conditions particulières, ni aux clauses et conditions générales approuvées par M. le ministre du commerce et de l’industrie le 25 août 1886, et imposées à tous les entrepreneurs
- de l’Exposition ainsi qu’aux clauses et conditions du cahier des charges spéciales aux travaux de maçonnerie et terrassement, en date du 20 novembre' 1886.
- ministère du commerce et de l’industrie
- L’EXPOSITION UNIVERSELLE
- DE 1889
- DIRECTION GÉNÉRALE DES TRAVAUX
- Fourniture des VERRES STRIÉS
- pour la Couverture des Combles du Palais du Champ-dè-Mars
- ADJUDICATION EN DEUX LOTS
- ier lot. — Verres nécessaires à la partie du Palais située à l’est de la ligne droite partant de l’axe vertical du pavillon central de l’école militaire, parallèlement à l’avenue Suffren et partageant le Champ-de-Mars en deux parties sensiblement égales.
- Surface réelle environ, 5o,ooom2
- 2e lot. — Verres nécessaires à la partie du Palais, située à l’ouest de la ligne droite définitive ci-dessus.
- Surface réelle environ, 5o,ooom2
- Ensemble environ, ioo,ooom2
- CHAPITRE U-
- clauses et conditions particulières
- Objet de l’entreprise
- Art. Ier. — L’entreprise a pour objet la fourniture des verres striés nécessaires à la couverture des combles du Palais du Champ-de-Mars.
- Elle ne com’prend aucune fourniture pour les parties verticales de l’Exposition.
- Division en lots
- Art. 2. — Elle est divisée en deux lots : le premier, relatif aux verres nécessaires aux combles de la partie des bâtiments qui se trouve à l’est de la ligne droite partant de l’axe vertical du pavillon central de l’école militaire parallèlement à l’avenue de Suffren; le second,aux verres nécessaires aux combles de la partie qui se trouve à l’ouest de cette même ligne droite.
- Importance des lots
- Art. 3. — Chaque lot comprend lafourniture d’environ cinquante mille (5o,000)mètres carrés; mais ce chiffre ne doit être considéré que comme une indication, et l’administration ne saurait, à aucun degré, être recherchée pour une augmentation ou une diminution quelconque dans la masse des verres à fournir.
- Toutefois cette quantité sera ultérieurement déterminée par le directeur général des travaux de façon que l’adjudicataire connaisse, six mois, au moins, avant l’expiration du dernier délai de fourniture, l’importance des dernières livraisons, à un sixième près.
- Les délais de livraison sont fixés par l’art. 14.
- Conditions particulières de Vadjudication
- Art. 4. — L’entreprise sera donnée par adjudication restreinte ; l’administration appellera seulement à cette adjudication les maisons qu’elle jugera en état de soumissionner ces travaux et convenablement organisées pour leur exécution dans les délais prescrits.
- Prix
- Art. 5. — L’adjudication aura lieu, pour chaque lot séparément, par soumissions cachetées, au rabais exprimé en francs et décimes (sans fraction de décime) sur le prix unique de 2 fr. 60 (deux francs soixante centimes) le mètre carré.
- Réserve d’exclusion
- Art. 6. — L’administration se réserve la faculté d’admettre ou de ne pas admettre à concourir pour le second lot l’adjudicataire du premier.
- Cautionnement
- Art. 7. —• Chaque postulant à l’adjudication devra justifier, en déposant sa soumission du versement à la caisse des dépôts et consignations d’un cautionnement de 25,000 francs pour chacun des lots.
- Ce cautionnement provisoire servira au concessionnaire de cautionnement définitif pour la garantie des clauses et conditions du présent cahier des charges. La conversion devra être demandée dans les quinze jours qui suivront l’approbation de l’adjudication.
- Si le concessionnaire fait son versement en argent, il en touchera l’intérêt à 3 % à compter du 61e jour ; s’il le fait en rentes il en touchera les arrérages.
- Nature et qualité des verres
- Art. 8. — Les verres seront striés, d’une épaisseur minima de omoo5, 7 compris la hauteur des stries ; ils seront coupés suivant les indications des ordres de service, avec abouts circulaires quand il y aura lieu, et ils auront exactement les mêmes dimensions superficielles indiquées par ces ordres. Les longueurs seront, au maximum de: i° 2m22 pour une largeur comprise entre om45 et om5i et 2°3mi5 pour une largeur variant de om66 à om75. Aucune tolérance ne sera accordée pour l’épaisseur.
- Une glace des plus grandes dimensions devra à titre d’échantillon, être déposée, i5 jours au moins avant l’adjudication, au bureau technique de la direction générale des travaux, et l’administration pourra, sur le vu de cet échantillon, si elle le juge insuffisant, exclure le concurrent déposant de l’adjudication.
- Dans le cas d’acceptation, cet échantillon sera conservé comme type de qualité, d’épaisseur et de poids, de la fourniture à faire.
- Provenance des fournitures
- Art. 9.—Les verres devront être fabriqués par des maisons françaises, employant un personnel français, dans des usines situées en France, et agréés par l’administration.
- Surveillance de Vadministration
- Art. 10. —L’adjudication devra donner la libre entrée de ses usines aux représentants de la direction générale des travaux qui pourront y rester aussi longtemps qu’ils le jugeront utile et pourront procéder, au frais dudit adjudicataire aux épreuves essais et vérifications nécessaires pour s’assurer que les clauses du présent cahier des charges sont exactement remplies, sous le rapport de la bonne qualité, de la transparence, de la régularité et de la résistance des matières.
- Conditions de résistance imposées aux verres
- Les verres devront satisfaire aux conditions de résistance suivantes :
- Résistance a la flexion. — La charge qui produira la rupture, dans des essais faits à l’aide d’une machine Thomasset, sera, en moyenne, de 325 kilos par centimètre carré de section transversale ; c’est-à-dire que sur 20 feuilles soumises aux épreuves faites dans les conditions ci-après, dix, au moins, ne se rompront pas sous ce poids de 325 kilos. Aucune feuille de om5o à om6o de longueur sur une largeur de om200, et posées à plat sur deux couteaux émoussés en bois de gaïac, distants de ora400 d’axe en axe, le couteau qui transmet la pression ayant un méplat de omoo5 de largeur.
- Résistance au choc. — La résistance au choc sera mesurée de la façon suivante : On laissera tomber, sans vitesse initiale d’une hauteur de 7 mètres sur le milieu d’une feuille de om5o sur om5o, maintenue sur deux côtés parallèles par des bandes de caoutchouc, une balle de plomb de 7 grammes. La partie libre entre les bandes de caoutchouc sera de om45.
- On fera 20 expériences avec 20 feuilles différentes et io feuilles, au moins, sur 20, ne devront pas se briser.
- Toutes les glaces résisteront au choc d’une balle de 5 grammes, tombant de 7 mètres de hauteur sans vitesse initiale.
- Toutefois, l’accomplissement des conditions stipulées au présent article ne dispense pas l’entrepreneur de satisfaire aux obligations de l’article i3 ci-après :
- Livraisons. Procès-verbal cle réception
- Art. 12. — Les verres seront livrés sur wagons, en gare du Champ-de-Mars. La réception qui en sera faite et qui servira de pièce de comptabilité donnera lieu à un procès-verbal dressé par un agent de l’administration, en présence de l’adjudicataire et de l’entrepreneur de pose qui consigneront leur acceptation sur ledit procès-verbal. Toute pièce de verre cassée ou fendue sera refusée.
- Réception
- Art. i3. — Les quantités et la qualité des verres livrés seront constatées soit par l’acceptation pure et simple de l’entrepreneur de pose qui en prendra la responsabilité soit par une vérification de détail faite par l’agent de l’administration.
- Les frais que pourra entraîner cette réception seront à la charge des adjudicataires.
- Malgré cette réception provisoire de quantité et de qualité, les pièces de verres reconnues défectueuses au moment de la pose, celles qui ne seraient pas trouvées conformes à l’échantillon produit ou qui ne présenteraient pas les dimensions prescrites, seraient immédiatement remplacées par le fournisseur adjudicataire, à ses frais.
- Délais de livraison
- Art. 14. — La fourniture des verres commencera le Ier juillet 1887 pour être répartie sur les . 18 mois suivants, conforménaent aux ordres de service des architectes, établissant, deux mois au
- p.486 - vue 41/496
-
-
-
- Troisième Année, — N° iog.
- moins, à l’avance, les qualités à livrer et les dates de livraison.
- En cas de retard dans la livraison, le prix sera diminué de o fr, o5 le mètre carré par 5 jours ou fraction de 5 jours de retard, et ce nouveau prix sera appliqué à l’ensémble de la fourniture faisant l’objet de l’ordre de service.
- Remplacement des verres cassés
- Art. i 5. — L’adjudicataire s’engage à livrer aux entrepreneurs chargés de la pose, sur demande spéciale visée par l’architecte, les feuilles de verre qui seront destinées au remplacement de celles qui auront été brisées, soit pendant la pose, soit pendant la durée de l’Exposition.
- Ces verres seront facturés directement aux entrepreneurs de pose, seuls responsables du paiement au prix de 2 fr. 6o diminué du rabais d’adjudication.
- L’adjudicataire sera, en outre, tenu de fournir aux mêmes conditions, les verres de même nature qui seraient demandés par l’administration ou par les entrepreneurs 'des galeries annexes de l’Exposition pour la couverture desdites galeries.
- Paiements
- Art. iô.— Les paiements seront corformément aux conditions de l’article 4 du cahier des charges, imposées à tous les entrepreneurs de l’Exposition.
- Les situations seront établies déduction faite de la retenue pour garantie du dixième et de 1 °/0 pour le service médical. Cette dernière retenue est définitivement acquise à l’administration.
- Clauses et Conditions générales
- Art. 17. — L’adjudicataire sera soumis aux conditions du cahier des charges générales imposées aux entrepreneurs de l’Exposition pour tout ce en quoi il n’est pas dérogé par les présentes.
- COMITÉS DÉPARTEMENTAUX
- DE LA CORSE
- Par arrêté en date des 6 novembre 1886 et 28 janvier 1887, le ministre du commeree et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a constitué comme suit le comité départemental de la Corse :
- 10 Sous-comité de l’arrondissement d’Ajaccio MM. Peraldi, sénateur.
- Ceccaldi, député.
- Aude, trésorier-payeur général de la Corse.
- Dumoulin (Louis), architecte départemental.
- Giustiniani (D.), directeur de la Santé, à Ajaccio.
- Tavera, directeur du service sanitaire des pénitenciers de la Corse.
- Rocca (Joseph), président de la société d’agriculture et conducteur principal des ponts et chaussées, en retraite.
- Berfini (Ignace), négociant et conseiller municipal.
- Saliceti, conseiller général.
- Bonfante (Benoît), propriétaire.
- Leca (Jean-François), imprimeur, directeur du Journal de la Corse.
- Susini (François de), agriculteur.
- Campi (Dominique), marchand de fer.
- Lanzi (François), négociant.
- Felici (Vincent), négociant, juge au tribunal de commerce.
- Porri (Dominique), propriétaire, cultivateur.
- Laborde, industriel.
- Massimi, secrétaire de la société d’agriculture.
- Colonna, conseiller d’arrondissement.
- 20 Sous-comité de l’arrondissement de Bastia MM. Astirna, député.
- Orenga (Louis), président du tribunal de commerce.
- Ajaccio (Jean-Jacques), président de la chambre de commerce et président de la société d’agriculture.
- Casablanca (Luce de), conseiller général.
- Bonelli, maire de Bastia, conseiller général.
- Staffe, 1e1’ adjoint au maire.
- Anoletti (François), menuisier mécanicien.
- Bénedetti (César), agriculteur.
- Bourgeois (Louis), marchand de vins et spiritueux.
- Caffarelli (Jean), fabricant de pâtes.
- Frédiani (Nicolas), marbrier.
- Gandolfi (Sauveur), fabricant de chaux.
- Godinot de Vilaire, directeur de l’école d’ar-
- , boriculture et de jardinage.
- Giuseppi, maire de Luri, conseiller général.
- Ogliastro (Ignace), ébéniste.
- Pierangeli (Auguste), directeur delà société corse des mines de Meria.
- Stretti (Auguste), capitaine au long cours, ancien maire de Bastia.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE iSSq.
- 3° Sous-comité de l’arrondissement de Calvi MM. Casablanca (de), sénateur.
- Champeaux (de), (Etienne), président de la société d’agriculture.
- Puccinelli (François-Joseph) , négociant , propriétaire , agriculteur et maire de Calvi.
- Rocca Castellani, conseiller d’arrondissement, directeur de la Pépinière à Calvi.
- Costa (Antoine), avocat, propriétaire-agriculteur.
- Marchetti, conseiller général.
- Crimaldi (Pierre), conseiller général, propriétaire-agriculteur.
- Carli (Romulus) , conseiller d’arrondissement, propriétaire-agriculteur.
- Bartoli (Joseph-Auguste), médecin, propriétaire-agriculteur.
- Francisa (Joseph), négociant), agent de la société insulaire.
- Franceschi, conseiller général.
- Marini (Nicolas), ancien sous-préfet, propriétaire-agriculteur.
- Savelli (Jacques) , propriétaire-agriculteur et maire de Sant’Antonio.
- Rigollet (Etienne), propriétaire-agriculteur et conseiller municipal à Calvi.
- Blasin, maire de l’Ile-Rousse.
- Benet (Emile), propriétaire-agriculteur.
- Salvini (Nicolas), propriétaire à Santa-Re-parata.
- Cangioni, négociant à Muro.
- Malaspina (Jean-André), propriétaire-agriculteur et maire de Belgodère.
- Pinzuti (Antoine), conseiller d’arrondissement, maire de Feliceto.
- 40 Sous-comité de /’arrondissement de Corte MM. Arène (Emmanuel), député.
- Levie' Ramolino, président du tribunal civil.
- Mignucci, conseiller général, propriétaire.
- Nasica, conseiller général, propriétaire.
- Kornorobst, sous-inspecteur des forêts.
- Adriani, notaire à Corte.
- Schlinger, président de la société d’agriculture.
- Balda'cci (Mathieu), avoué, adjoint au maire de Corte.
- Pancrazy, directeur de l’école Paoli.
- Casanova (capitaine), propriétaire à Piedi-corte-di-Gaggio.
- Grimaldi (Toussaint), médecin de la maison d’arrêt.
- Battesti (docteur), membre du conseil d’hygiène et de salubrité.
- Ordioni (Pierre), négociant.
- Grimaldi d’Esdra (J.-M.), agriculteur à Cas-tifao.
- Giulj, directeur de la pépinière départementale.
- Gambinî, vétérinaire.
- Grisostomi, maire de Ghisoni.
- Dalmer-Casteil, capitaine en retraite et viticulteur.
- Marsilly, conseiller général.
- Chauvelon, entrepreneur de travaux publics.
- Mariani (Dr), agriculteur à Venaco.
- Giacometti, instituteur à Antisanti.
- Aquaviva, imprimeur, directeur du journal le Pascal-Paoli.
- 5° Sous-comité de Varrondissement de Sartène MM. Susini (de), député.
- Filippi, maire de Portovecchio.
- Lertora (Antoine) fils, viticulteur.
- Giacomoni (Jacques), conseiller général, viticulteur.
- Bernardini (Jean), négociant à Sainte-Lucie de Tallano.
- Barbezier, viticiilteur à Giovichi.
- Perucca, négociant à Sartène.
- Fieschi, maire de Propriano, fabricant de cigares,
- Ortoli (d’), président de la société d’agriculture.
- Serafino, maire de Bonifacio, sériciculteur.
- Roccassera (Gérôrne), viticulteur.
- Ortoli (Raphaël d’j, avocat, propriétaire à Sartène.
- Lertora (Jean), viticulteur.
- Visidary (Ch.), propriétaire du domaine de Solenzara.
- Benedetti (Charles), ancien conseiller général.
- Souchard, viticulteur et maire de Sartène.
- Gravier, inspecteur des forêts.
- Ortoli (Joseph - Antoine), notaire, ancien maire de Sartène.
- DU DOUBS
- Par arrêté en date du 23 janvier 1887, le ministre du^ commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a constitué comme suit le comité départemental du Doubs :
- Dimanche 3o Janvier 1887. — 4S7.
- 10 Sous-comité de l’arrondissement de Besançon MM. Ôudet, sénateur.
- Gaudy, sénateur.
- Beauquier, député.
- Gros, député.
- Sandoz (Charles), négociant en horlogerie à Besançon.
- Fermer (Gustave), fabricant d’horlogerie à Besançon.
- Flagey (Henri), fabricant de verreries, cristaux et céramiques à Besançon.
- Dubourg (Paul), administrateur des forges de Franche-Comté.
- Bersot (Louis), administrateur de la distillerie Bugnot-Colladon.
- Fanart (Antoine), artiste peintre à Besançon.
- Vieille (Gustave), architecte, commandant des sapeurs-pnmpiers à Besançon.
- Castan (Auguste), bibliothécaire* architecte à Besançon.
- Chauvelot (François - Xavier) , professeur d’horticulture à Besançon.
- Batifoulier, fondeur et fabricant de pompes à Besançon.
- Mayeux (Jacques), entrepreneur de bâtiments à Besançon.
- Mairot (Félix), président de la chambre de commerce à Besançon.
- Guichard (Albert), président du tribunal de commerce.
- Benoist (Envile). président de la chambre syndicale d’horlogerie à Besançon.
- Bruand, maire à Besancon.
- Ordinaire (Marcel), imprimeur à Besançon.
- Chatel, ingénieur en chef des ponts et chaussées à Besançon.
- Jeannet (Albert), négociant à Saint-Wit.
- Ordinaire (Edouard), ancien député, ancien préfet à Maizières.
- Le directeur de la fabrique de papier à Torpes.
- Jouffroy, notaire et agriculteur à Mouthier.
- Convers, directeur des usines de Vuillafans.
- Cusnier (Eugène), fabricant de liqueurs à Ornans.
- Boname (Alfred), photographe à Besançon.
- Bouttey (Paul), fabricant d’horlogerie, juge au tribunal de commerce à Besançon.
- Bouvard, bâtonnier de l’ordre des avocats à Besançon.
- Dodivers (Joseph), imprimeur à Besançon.
- Calame (Georges), horticulteur-pépiniériste à Besançon.
- Girod (Victor), directeur d’atelier d’horlogerie à Besançon.
- Maire, ingénieur en chef en retraite, à Besançon.
- Paillot (Justin), pharmacien à Besançon.
- Schœndœffer, ingénieur des ponts et chaussées à Besançon.
- Sire (Georges), essayeur de la garantie, à Besançon.
- Vaissier (Alfred), conservateur adjoint du musée des antiquités à Besançon
- Boudot (Léon), peintre paysagiste à Besançon.
- Demesmay (Camille), sculpteur, conservateur du musée à Besançon.
- Saint-Ginest, architecte départemental.
- Delavelle, ancien maire de Besançon, président de la société d’émulation.
- Ducat, architecte des bâtiments de l’Etat.
- Debray, conservateur de la société des amis des beaux-arts à Besançon.
- Gauthier, vice-président de la société d’agriculture à Besançon.
- Werlein (Henri), vice-président de la société d’agriculture à Besançon.
- Larmet, vétérinaire, secrétaire de la société d’agriculture à Besançon.
- Martin, vice-président du comice de Busy.
- Tardy père, directeur de la ferme-école de La Roche à Rigney.
- Jeanningros, vétérinaire à Ornans.
- Tramu, négociant, maire de Saint-Wit.
- Pâteux, entrepreneur à Besançon.
- Vermot (Théodore), membre du conseil de prud’hommes à Besançon.
- Bornet (Charles), graveur à Besançon.
- Brisebard, fabricant d’horlogerie à Besançon.
- Laurent, président du comice agricole à Pertans.
- Savoye, fabricant d’horlogerie à Besançon
- Mandereâu, vétérinaire à Besançon.
- Rollet, vice-président du comice agricole d’Amancey à Nans-sous-Sainte-Anne.
- Vernerev, trésorier du comice agricole à Amancey.
- Chenevier, conseiller général à Besancon.
- Tourneret, maire d'AuJeux.
- Bruand, président du comice agricole d’Au-deux à Chevigney.
- Lerch, conseiller général à Besancon.
- Poulet, maire de Boussières. **
- le comte de Jouhroy, président du comice agricole de Marchâux à Besançon, conseiller général.
- p.487 - vue 42/496
-
-
-
- 48S. — Troisième Année — N° 109.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 3o Janvier 1887.
- MM. Petitperrin, vice-président du comice agricole, maire de Marchanx.
- Jacoutot, vice-président du comice agricole à Marchaux.
- Proudhon à Ornans.
- Joufîroy, maire de Mouthier.
- Perrot, vice-président du comice agricole d’Ornans, maire deTrépot.
- Maréchal, docteur en médecine à Quingey.
- Humbertjean, maire de Liesle.
- Félix, fabricant d’horlogerie, conseiller municipal.
- Songeon, fabricant d’horlogerie, membre du tribunal de commerce.
- 20 Sous-comité de Varrondissement de Baume
- MM. Bernard, député.
- Fèvre, conseiller général, maire de Baume.
- Gouget, président du comice agricole à Baume.
- Outhenin (Alexandre), industriel à Baume.
- Converset (Charles), horticulteur à Baume.
- Vignaux, agent-voyer de l’arrondissement de Baume.
- Bobillier, maire de Glerval.
- Bassene, industriel à Chaux-les-Clerval.
- Nédey, négociant à Saucey-le-Grand.
- Muniër, maire de Géney.
- Michaud, docteur-médecin à l’Isle.
- Jacoutot, négociant à l’Isle.
- Laurent (Jules), entrepreneur à l’Isle.
- Vivot, maire de Flangebouche.
- Girardot (Emile), industriel à Germefon-taine.
- Faivre (Basile), industriel aux Maisonnettes.
- Roy, juge de paix à Pierrefontaine.
- Royer (Charles) à Avilley.
- Brouidel, entrepreneur de messagerie par eau à l’Isle-sur-le.Doubs ;
- Receveur, notaire à Cuse.
- Guérin, maire de Rougemont.
- Boudot (Emile), maire de Tallans.
- Bideaud, ingénieur à Bouclans.
- Cochet, juge de paix à Roulans.
- Gentelet, industriel à Laissey.
- Bainier, industriel à Ougney-Douvot.
- Vitte, maire de Chaux-les-Passavant.
- Cusenier, négociant, maire d’Etalans.
- Renaud (Ulysse), agriculteur à Hautepierre.
- Maille, adjoint à Longemaison.
- MM. Mairot, vétérinaire à Vercel.
- Mouchet, professeur à la faculté de droit de Dijon, ancien conseiller général.
- Mouchet, notaire à Onans.
- 3° Sous-comité de l'arrondissement de Montbéliard
- MM. Viette, député.
- Peugeot (Armand), manufacturier à Valenti-gney.
- Peugeot (Benjamin), manufacturier à Valen-tigney. -
- Reverchon (Honoré), directeur de forges à Audincourt.
- Sahler (Léon), filateur à Audincourt.
- Japy (Henry), fabricant de grosse quincaillerie à Badevel.
- Scellier (Henri), manufacturier à Voujeau-court.
- Wetzel (Charles), tanneur à Sochaux.
- Marti (Fritz), industriel à Vieux-Charmont.
- Beley (Frédéric), agriculteur à Dasle.
- Peugeot (Eugène), manufacturier à Heri-moncourt.
- Cuvier (Gustave), fondeur à Seloncourt.
- Boname (Louis), fabricant d’horlogerie à Seloncourt.
- Juillart , fabricant d’horlogerie à Selon-court.
- Menetrey (Fritz), agriculteur à Blamont.
- Parent (Victorin), marchand de bois à Mont-joie.
- Fostel (Louis), négociant à Saint-Hippo-lyte.
- Schom (Jules), marchand de vins à Monte-cheroux.
- Binetruy (Alcime), fabricant d’horlogerie à Charquemont.
- Joubert (Albin) , fabricant d’horlogerie à Fournet Blanche-Roche.
- D'elavelle (Alphonse), brasseur à Maîche.
- Berger (Henri), filateur à Montbéliard.
- Gauthier (Emile), directeur d’usine à Bart.
- Goguel (Charles), manufacturier, président du conseil de prud’hommes à Montbéliard.
- Berger (Charles) , imprimeur à Montbéliard.
- Rossel-Marti, fabricant d’horlogerie à Montbéliard.
- Arien, brasseur à Montbéliard.
- 111 (Jean), horticulteur à Montbéliard.
- Ablitzer-l’Epee , fabricant d’horlogerie à Sainte-Suzanne.
- Peugeot (Charles), manufacturier à Pont-de-Roide.
- Weité , fabricant de limes à Pont-de-Roide.
- Maquillet-Noblot, filateur à Colombies-Fon-taine.
- MM . Tiphine (Philippe), négociant à Bourguignon.
- Nappey (Charles), maître d’hôtel au Rus-sey.
- Cheval (Jules), fabricant d’horlogerie aux Fontenelles.
- Simonin, président du comice agricole à Maîche.
- Borne, docteur-médecin, conseiller général à Hérimoncourt.
- Japy (Albert), industriel à Dompierre-les-Bois.
- Bornèque (Eugène), industriel à Dompierre-les-Bois.
- Japy (Paul), industriel à Seloncourt.
- Parrot (Albert), industriel à Montbéliard.
- Gelin (Constant), fabricant d’horlogerie à Montbéliard,
- Beurnier, Dr, maire à Montbéliard.
- Faivre, conseiller d’arrondissement à Audincourt.
- Mégnin, maire à Hérimoncourt.
- Beucler (Frédéric), conseiller d’arrondissement, agriculteur à Bart.
- Xavier Plumet, à Badevel.
- Bugnon, maire à Valentigney.
- Parent (Eugène), industriel à Saint-Hippo-lyte.
- Sahler (Alphonse), vice-président du conseil général-à Montbéliard.
- Guental (Louis), fabricant d’outils, à Monté-chéroux.
- Rémond, directeur des forges à Saint-Hip-polyte.
- Fallût, conseiller général, pharmacien .à Montbéliard.
- Saillard (Armand) , industriel à Montbéliard.
- . Rolland-Liègue (Eugène), agriculteur à Pierrefontaine-lès-Blamont.
- 4° Sous-comité de l’arrondissement de Pontarlier
- MM. Dyonis Ordinaire, député.
- Beurey (Henri), agriculteur à la Chapelle-d’Huin.
- Pelletier, agriculteur à Villers-sur-Chala-mont.
- Descourvières (Raphaël), industriel à Levier.
- Mayet (Orner), usinier à Frasne.
- Saillard, docteur-médecin, conseiller général à Arc-sur-Cicon.
- Vaucheret (Vital), négociant à Saint-Gorgon.
- Faivre (Flavien), industriel à Montbenoît.
- Cuche, agriculteur à Aubonne.
- Chopard (Alexis), brasseur, conseiller général à Morteau.
- Marguet (César), fabricant d’horlogerie à Lecouvillers.
- Jacquot, usinier à Montlebon.
- Gauthier (Alphonse), fabricant d’horlogerie aux Gras.
- André (Sylvain), contre-maître à Morteau.
- Jouffroy, notaire, président du comice agricole à Mouthe.
- Vandel (Julien), maître de forges, à Jougne.
- Pelletier (Léonard), fabricant de faulx, à Jougne.
- Marandin (François), industriel, à Meta-bief.
- Renaud (Jules), usinier, aux Pontets.
- Pillod, conseiller général à Pontarlier.
- Vandel (Charles), industriel à Pontarlier.
- Gondy (Junius), fabricant d’horlogerie à Pontarlier.
- Junod (Arthur), distillateur d’absinthe à Pontarlier.
- Meunier (Joseph), herboriste à Pontarlier.
- Paquette (Amédée), maire des Hôpitaux-Neufs.
- Tissot (Edouard), entrepreneur à Pontarlier.
- DE L’EURE
- Par arrêté en date du 2 3 janvier 1887, le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a constitué comme suit le comité départemental de l’Eure :
- 10 Sous-comité de l’arrondissement d’Evreux
- MM. Angot, fabricant d’instruments de musique à Ivry-la-Bataille.
- Badois, ingénieur civil, constructeur d’appareils hydrauliques.
- Bénard, fabricant d’épingles à Gravigny.
- Bieth, brasseur à Evreux.
- Bérenger (Paul), ingénieur civil, constructeur de machines agricoles.
- Bocage (Louis-Aubin), vigneron à Saint-Marcel.
- Bonvalet, fabricant de meubles à Sainte-Colombe.
- Bourbon, archiviste du département, secrétaire de la société des amis des arts.
- Bourdon , marchand de confections à Evreux.
- MM. Bourgue, professeur départemental d’agriculture à Evreux.
- Bully, président de la chambre consultative d’agriculture d’Evreux, à Houbec-Co-cherel.
- Caméré, ingénieur en chef (navigation de la Seine), à Vernon.
- Chauvin, marchand de charbons à Evreux.
- Cordier, ingénieur en chef du département.
- Décorchemont, sculpteur à Evreux.
- Défert (Henry), fabricant de produits chimiques à Saint-Marcel.
- Denet, artiste peintre à Evreux.'
- Dubois, faïencier à Evreux.
- Duchesne, fabricant de moulures, président du syndicat professionnel du bâtiment à Evreux.
- Duguay, agriculteur à Fontaine-sous-Jouy.
- Ducy, maire d’Evreux.
- Ferray, pharmacien à Evreux.
- Girard, constructeur-mécanicien à Dam-ville.
- Gossart, architecte départemental à Evreux.
- Grosfillay, docteur-médecin à Nonancourt.
- Guignard, artiste peintre à Evreux.
- Guinebert, ancien faïencier à Evreux.
- Hellard, cultivateur à Gouville.
- Hemerdinger, manufacturier à Rugles.
- Hérissay, juge d’instruction, vice-président de la société des amis des arts.
- Hue, jardinier-fleuriste à Evreux.
- Isambart, docteur médecin à Pacy.
- Julienne, marchand de nouveautés, président du tribunal de commerce, à Evreux.
- Lair père, fondeur à Evreux.
- Lamiot, cultivateur à Evreux.
- Lasne (Albert), viticulteur à Saint-Just.
- Lavigne, vétérinaire à Nonancourt.
- Léponzé (Félix), président du syndicat agricole de l’Eure, à Pacy.
- Lesage, serrurier à Evreux.
- Leseur, agent-voyer en chef à Evreux.
- Lion, ingénieur ordinaire à Evreux.
- Maréchal, ingénieur civil, marchand de bois à la Vieille-Lyre.
- Michel, distillateur à Bacquepuis.
- Paque, vétérinaire sanitaire à Evreux.
- Papon frères, à Evreux.
- Perdrix, fabricant de coutils à la mécanique à Evreux.
- Piéton, directeur du jardin botanique d’Evreux.
- Prod’homme-Cohue, fabricant de quincaillerie, à la Guéroulde.
- Roussel, fabricant de peignes à Ezy.
- Steiner, fabricant de produits chimiques à Vernon.
- Thibouville frères, fabricants d’instruments de musique, à la Couture-Boussey.
- Thibouville (Eugène), fabricant d’instruments de musique, à Ivry-la-Bataille.
- Waddington, manufacturier à Nonancourt.
- Vaquelin (Ernest), fabricant d’instruments de musique à la Couture-Boussey.
- 20 Sous-comité de Varrondissement des Andelys MM. Crespin, farinierà Rosay.
- Delesque, agriculteur à Houville.
- Dumont, facteur d’orgues aux Andelys.
- Le Bref, directeur de la sucrerie d’Étrépa-gny.
- Lesage, secrétaire du syndicat agricole,maire d’Etrépagny.
- Pagnerre, propriétaire agriculteur, maire de Longchamps.
- de Pulligny, maire d’Ecos.
- Vigné, fabricant de sucre aux Andelys.
- 3° Sous-comité de l’arrondissement de Bernay
- MM. Beaussault, propriétaire cultivateur, maire d’Aclou.
- Bernays, cultivateur, membre de la chambre consultative d’agriculture, maire de Menneval.
- Bouchon, fabricant de sucre à Nassandres.
- Boullanger, maire de La Barre.
- Deshays (Albert), cultivateur, adjoint, à Aclou.
- Dejuif (Albert), fabricant de rubans, à Thh-berville.
- Lottin de Laval, propriétaire à Menneval.
- Pesteur, marchand de chevaux à Brionne.
- Picard (Paul), tanneur à Broglie.
- Sement (Pierre), président du tribunal de commerce et de la chambre consultative des arts et manufactures à Bernay.
- Vittecoq, minotier à Beaumontel.
- Vy (Augustin), filateur de coton à Serqui-gny, président du conseil de prud’hommes de Bernay.
- 40 Sous-comité de Varrondissement de Bouviers MM. Audresset, manufacturier à Louviers.
- Auzoux, docteur en médecine, fabricant de pièces d’anatomie.
- Bance, grainetier au Neubourg.
- Béguin, cultivateur à la Croix-Saint-Leu-froy.
- Bertin, ancien manufacturier, président du tribunal de commerce de Louviers.
- p.488 - vue 43/496
-
-
-
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1SS9
- Troisième Année. — N'5 109.
- Dimanche 3o Janvier 18S7. — 489.
- MM. Dannet(Georges), fabricant de draps à Lou-viers.
- Darcy, marchand d’ameublements anciens à Louviers.
- Dumont, négociant en fruits à Gaillon.
- Feugère, vice-président du comice, a Amfre-ville-la-Campagne.
- Lequeux, pharmacien à Pont-de-1’Arche.
- Lhermitte, constructeur d’instruments agricoles à Louviers.
- Mordret, ingénieur civil, maire de Louviers.
- Moulin, filateur, président du conseil de prud’hommes, à Louviers,
- Parjon, directeur de l’école pratique d’agriculture, au Neubourg.
- Poitevin (Charles), fabricant de draps, président de la Chambre consultative des arts et manufactures, à Louviers. _
- Thorel, conseiller municipal à Louviers'.
- 5° Sous-comité de Varrondissement de Pont-Audemer
- MM. Corbeau, tanneur à Pont-Audemer.
- Perrey, éleveur, à Montfort-sur-Risle.
- Guérie, fabricant de fonte malléable,à Pont-Audemer.
- Mattard, négociant en grains, maire de Bou-quetot, président de la chambre consultative d’agriculture.
- Montier, corroyeur,maire de Pont-Audemer, président de la société agricole et hippique de l’arrondissement.
- Nollent, ancien marchand de bois, président du tribunal de commerce, à Pont-Audemer.
- Petit, filateur et tissus de coton, à Pont-Audemer.
- To'cque, propriétaire cultivateur, à Boissy-le-Châtel.
- EURE-ET-LOIR
- Par arrêté en date du 23 janvier 1887, le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a constitué comme suit le comité départemental d’Eure-et-Loir :
- 40 Sous-comité de l’arrondissement de Chartres
- MM. Labiche, sénateur, président du conseil général.
- Maunoury, député, maire de Luisant.
- Milochau, député, vice-président du comice agricole de Chartres, maire de Béville-le-Cornte.
- Bourez, fabricant de sucre, aux usines de Béville-le-Comte et Vove.
- Bourgeois, architecte, conseiller général, adjoint au maire de Chartres. .
- Boutet, ancien vétérinaire, maire de Chartres.
- Brault fils, ingénieur, constructeur à Chartres.
- Corbière, ancien agriculteur, conseiller gérai, maire de Maintenon.
- Damiot.-président du tribunal de commerce de Chartres.
- Garcia, professeur départemental d’agriculture à Chartres.
- Javouhey, vice-président de la société d’agriculture, fabricant de pain d’épice à Chartres.
- Lejards (Albert), cultivateur-distillateur à Leveville, commune de Bailleau-Lévêque.
- Mouton (Henri), chaufournier-briquetier à Chartres.
- Savigny, négociant en cafés à Chartres.
- Truffaut, industriel à Maintenon.
- 20 Sous-comité de U arrondissement de Châteaudun
- MM. Dreux, sénateur.
- Allard, constructeur-mécanicien, conseiller d’arrondissement, président de la société de secours mutuels à Châteaudun.
- Baudin, industriel, maire de Brou.
- Benoist (Orner), agriculteur, conseiller d’arrondissement à Yèvres.
- Coûtant (Edouard), négociant à Châteaudun.
- Isambert (Gustave), publiciste, maire de Saint-Denis-les-Ponts.
- Méritte, conseiller général, maire de Bois-ganon.
- Michou, industriel, conseiller d’arrondissement à Châteaudun.
- Moissant, ancien vétérinaire, membre de la chambre consultative d’agriculture, vice-président du comice agricole, maire de Châteaudun.
- Roger, agriculteur à Thierville, Charrey.
- 30 Sous-comité de Varrondissement de Dreux
- MM. Deschanel, député.
- Mesquitte, ancien architecte, vice-président du conseil général, maire de Nogent-le-Roi.
- Renard, manufacturier, conseiller général à Saint-Lubin-des-Joucherets.
- MM. Beillard, directeur de l’école d’horlogerie d’Anet, conseiller d’arrondissement.
- Benoist (Oscar), agriculteur à Boutigny, membre de la chambre consultative d’agriculture de Dreux.
- Bloch,meunier, conseiller d’arrondissement, maire de Villiers-le-Morhiers.
- Didot (Firmin), manufacturier à Sorel-Moussel.
- Dubois, président du tribunal de commerce, maire de Dreux.
- Fortin (Emile), ingénieur-constructeur, conseiller d’arrondissement, à Dreux.
- Waddington (Evelyn), manufacturier, président du comice agricole de Dreux, à Saint-Rémy-sur-Avre.
- 40 Sous-comité de l’arrondissement de Nogent-le-Rotrou ’i MM. Noël-Parfait, député.
- | Gouverneur, ancien imprimeur, conseiller
- général, maire de Nogent-le-Rotrou.
- Ducœurjoly, agriculteur à Brunelles.
- | Fardouet, président de la société hippique
- percheronne à Nogent-le-Rotrou.
- Garnier (Théophile), agriculteur à Fontaine-Simon.
- Gâté-Richard, industriel à Nogent-le-Ro- j trou.
- Tirard, manufacturier, ancien ingénieur des constructions navales, président du conseil d’arrondissement à Nogent-le-Rotrou .
- VIENNE
- Par arrêté en date du 23 janvier 1887, le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire .général de l’Exposition- universelle de 1889, a constitué comme suit le comité.départemental de la Vienne :
- i° Sous-comité de l’arrondissement de Poitiers MM. Ardillaux, viticulteur à Dissais, conseiller d’arrondissement.
- Arren, doyen de la faculté des lettres à Poitiers.
- Audiguier, maire de Bonnes.
- Audoynaud, maire de Saint-Benoit.
- Autellet, propriétaire à Poitiers.
- Barrier (Placide), négociant à Poitiers.
- Bellanger, inspecteur d’académie à Poitiers.
- Benoist, ingénieur agriculteur à Frozes.
- Branthôme (Georges), négociant à Poi-tiers.
- Brunet, viticulteur, juge de paix à La Ville-' dieu.
- Ghaignet, recteur d’académie à Poitiers.
- Chartier, fabricant, conseiller municipal à Lusignan.
- Chédevergne, directeur de l’école de médecine à Poitiers.
- Girotteau, vétérinaire départemental à Poitiers.
- Denizot, adjoint au maire de Poitiers.
- Doucet, négociant à Poitiers.
- Drouin, vice-président delà commission des hospices à Poitiers.
- Dubois-Bastien, président du conseil des prud’hommes, à Poitiers.
- Durrande, doyen de la faculté des sciences à Poitiers.
- Gassan, conseiller d’arrondissement à Poitiers.
- Girault-Morin, maire de Neuville.
- Grange, agent-voyer en chef à Poitiers.
- Gril, carrossier à Poitiers.
- Guillon, médecin, conseiller général à Ay-ron.
- Guimbaud, industriel, conseiller général à Poitiers..
- Guitteau, professeur à l’école de médecine à Poitiers.
- Guitton, conseiller d’arrondissement, maire de Rouillé.
- Hambis, manufacturier à Ligugé.
- Isambert, membre du conseil d’hygiène, professeur à la faculté des sciences à Poitiers.
- Lafond, conseiller d’arrondissement, maire de Mirebeau.
- Larni, conseiller général, maire de Lusignan.
- Larclause (de), directeur de la ferme-école de Montlouis.
- Larvaron, professeur d’agriculture à Poitiers.
- Leseur, ingénieur des mines à Poitiers.
- Loiseau, premier président de la cour d’appel à Poitiers.
- Nivert, conseiller général à Mirebeau.
- Péret, procureur général à Poitiers.
- Pichot, industriel à Clan.
- Pineau, vice-président du conseil de préfecture, viticulteur à Poitiers.
- Pousset, président de la société d’encouragement à l’agriculture, à Poitiers.
- Bégnier, manufacturier à Papault, commune d’Iteul.
- MM. Richard, archiviste à Poitiers. .
- Salomon, conseiller d’arrondissement à Poitiers.
- Strohl,ingénieur en chef des ponts et chaussées à Poitiers.
- Tantin-Méniel, industriel, conseiller général à Poitiers.
- Thézard, maire de Poitiers.
- Thiault, agriculteur, conseiller d’arrondissement.
- Touchimbert (comte de), président de la société d’agriculture, belles-lettres, sciences et arts, à Poitiers.
- Vannier, négociant à Poitiers.
- Vayssié, inspecteur à la Nationale à Poitiers.
- Néron, président du tribunal de commerce à Poitiers.
- 20 Sous-comité de l’arrondissement de Châtellerault
- MM. Bachelier (Victor), président du tribunal de commerce de Châtellerault.
- Baudet-Desroches, conseiller général à Van-neuil-sur-Vienne.
- Brissonnet, conseiller général, à Pleumar-tin.
- Dieulefils, manufacturier à Châtellerault.
- Duhan, directeur de la manufacture d’armes à Châtellerault.
- Duraud, manufacturier à Châtellerault.
- MM. Duvau, conseiller d’arrondissement à Châtellerault.
- Girard-Molisson, fondeur à Châtellerault.
- Godard, banquier, maire de Châtellerault.
- Henry, entrepreneur de la manufacture à Châtellerault.
- Hérault, président du conseil général à Châtellerault.
- Jouet, fabricant de coutelleries à Cenon.
- Labbé (Raoul), banquier, membre du tribunal de commerce de Châtellerault.
- Liège d’Yray, ancien président du tribunal de commerce de Châtellerault.
- Limouzin, président du conseil de prud’hommes à Châtellerault.
- Maisonnay, propriétaire, conseiller d’arrondissement à Châtellerault.
- Martin (Ludovic) , agriculteur à Chene-velles.
- Massardière (de la), président du comice agricole à Châtellerault.
- Méreau, conseiller général à Leigné-sur-Usseau.
- Pagé, fabricant de coutelleries à Naintré.
- Simonneau, conseiller général à Lencloître.
- 3° Sous-comité de Varrondissement de Civray
- MM. Chargelaigue, maire de Couhé.
- Faugère, maire d’Availles, conseiller d’arrondissement.
- Guillaud-Vallée, maire de Civray.
- Grollier (Félix), agriculteur à Brux.
- Jacquault, ingénieur, conseiller d’arrondissement à Saint-Maurice.
- Merceron, conseiller général à Sommières.
- Mercier, juge de paix, propriétaire à Char-roux.
- Mesmain, agriculteur, conseiller d’arrondissement à Châteaugarnier.
- Pautrot , ancien notaire , membre de la chambre d’agriculture à Romagne.
- ' Pascault, agriculteur à Charroux.
- Pierron , ancien notaire, membre de la chambre d’agriculture à Civray.
- Rivière (Alphonse), agriculteur à Maupre-voir.
- Sureaux, agriculteur à Surirn
- Tafforin, docteur en médecine, conseiller général à Avaiiles.
- Teillé, maire de Gençay.
- 40 Sous-comité de l’arrondissement de Loudun
- MM. Bodin, agriculteur à Coussay.
- Boilaive, président de" la société agricole et industrielle à Laudunaise.
- Duméreau, maire de Loudun.
- Guesdin, maire de Ranton.
- Kalb aîné, négociant à Loudun.
- Maître, directeur de la fabrique de passementerie de Loudun.
- Pion, cordier à Loudun.
- 5° Sous-comité de l’arrondissement de Mont-morillon
- MM. Augry-Laudonnière, maire de PIsle-Jourdain
- Bost-Lamondie, maire de Montmorilion.
- Corderoy, conseiller général à l’Isle-Jour-dain.
- Demarçay (baron), conseiller général à Saint-Savin.
- Jourdanne, conseillergénéral à laTrimouille.
- Labergerie, propriétaire à Verrières.
- Lhéritier , conseiller d’arrondisssement à Saint-Savin.
- Penot, ingénieur civil, maire de Chauvigny.
- Robin, maire delà Trimouille.
- Raveau, maire de Saulgé.
- Renaud, brasseur à Saulgé.
- Thiaudière, maire de Lussac-les-Châteaux,
- Trouvé, conseiller général à Paizay-le-Sec.
- Voir la suite page 4g 2.
- p.489 - vue 44/496
-
-
-
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 3o Janvier i8S'
- 490 et 491 — Deuxième Année. — N° 109
- LES
- COMITES DÉPARTEMENTAUX
- RÉUNION
- DU COMITÉ DÉPARTEMENTAL
- DE LA SEINE-INFÉRIEURE
- g janvier 1887
- Présidence de M. Hendlé, préfet de la Seine-Inférieure
- M. le Préfet prenant place au bureau, assisté de de M. G. Berger, après avoir déclaré la séance ouverte, prononce les paroles suivantes :
- Messieurs,.
- Le gouvernement de la République a pensé que le plus bel hommage qu’il pût rendre au souvenir de la Révolution de 1789 était de fêter par une Exposition universelle cette date à jamais glorieuse, qui fut pour tous les peuples le point de départ d’une ère nouvelle. Paris s'apprête à réunir en 1889 toutes les œuvres du progrès que l’esprit humain a conçues et réalisées dans les arts et la science depuis un siècle, et la République convie toutes les nations civilisées à la plus noble et la plus pacifique des manifestations. Cette fois encore le génie de la France rayonnera sur le monde et dans ce généreux élan qui attestera la puissance de notre activité nationale, j’ai la certitude que le département de la Seine-Inférieure saura manifester avec éclat, dans ce domaine industriel, commercial, agricole, artistique, les forces vives de sa grandeur. Pour préparer et accomplir une telle œuvre, nous avons compté sur votre concours dévoué. Je vous remercie, messieurs, d’avoir répondu à l’appel de M. le ministre du commerce et de l’industrie et je déclare constitué.le comité départemental de la Seine-Inférieure pour l’Exposition universelle de 1889 (Applaudissements unanimes).
- M. Hendlé ajoute que, président d’honneur désigné du comité départemental de l’Exposition, il désire partager ce privilège avec un homme qui a été ministre du commerce et qui, en cette qualité, a donné le branle à l’Exposition de 1889. Il a désigné M. Lucien Dautresme.
- M. Lucien Dautresme est nommé président d’honneur par acclamation. Il propose à son tour à l’assemblée de voter d’ensemble pour la prési-dence effective du comité et désigne pour ces fonctions M. Besselièvre. « Il a été, dit-il, le président de l’Exposition de Rouen, qui a si bien réussi en 1884; son nom est un gage de succès. » M. Besselièvre est nommé par acclamation.
- M. Thouroude, de Rouen, est nommé de même, à l’unanimité, trésorier du comité.
- La séance est ensuite suspendue pour que l’as-semblée indique, par arrondissement, les membres du bureau. Il est définitivement constitué ainsi:
- Présidents d’honneur, MM. Hendlé et Lucien Dautresme.
- Président effectif, M. Besselièvre (Rouen). — Trésorier général, M. Thouroude. — Secrétaire pour Y arrondissement de Rouen, M. Paul Plon, d’Elbeuf.
- Arrondissement du Havre. — M. Fauquet-Le-maitre, industriel, vice-président; M. Henri Des-genétais, secrétaire.
- Arrondissement de Dieppe. — M. Martin, armateur, président du conseil d’arrondissement, vice-président; M. Mulot, secrétaire.
- Arrondissement d’Yvetot. — M. Saint-Requier, agriculteur, vice-président ; M. Fournier, secrétaire.
- Arrondissement de Neufchâtei. —M. Ménard-Guyan, agriculteur, vice-président ; M. Sagnier, industriel, maire de Blangy, secrétaire.
- M. Georges Berger, après les remerciements d’usage, déclare que l’Exposition de 1889 s’annonce sous les plus heureux auspices :
- « Nos services, dit-il, sont installés depuis cinq mois à peine et il n’a pas fallu plus de temps pour voir se dessiner le succès. Les souscriptions volontaires sont venues à nous plus abondantes qu’il ne le fallait pour . assurer le capital de garantie. Nous avons reçu des demandes nombreuses et importantes d’industriels et d’artistes de première marque. Déjà nous avons à notre disposition un nombre de chevaux-vapeur suffisant pour la plus grande manifestation de force motrice et électrique qui se soit produite jusqu’ici.
- « L’Exposition de 1889 se prépare donc dans des conditions exceptionnelles.Si on l’a envisagée avec crainte ou début, on peut être confiant aujourd’hui. On a pu discuter son opportunité ; du moment qu’elle est résolue, il faut qu’elle réus-
- sisse. L’honneur national y est engagé (Vifs applaudissements).
- M. Georges Berger montre ensuite les résultats économiques que F Exposition pourra donner. Il aborde le règlement de l’Exposition et ses conditions :
- « Nous comptons sur vous tous, dit-il aux membres du Comité, pour nous transmettre à bref délai les demandes d’admission de vos industriels et de vos agriculteurs les plus capables de vous représenter avec éclat. Vous serez vous-mêmes les juges de l’importance et de l’espace à accorder à vos exposants etvos décisions seront respectées. Nous encouragerons surtout les expositions collectives, d’abord parce qu’elles entraînent moins de_frais pour les exposants, ensuite parce qu’elles évitent ces accaparements d’espaces, si fâcheux dans les Expositions précédentes, si trompeurs souvent au point de vue de l’importance réelle des industries représentées.
- « Nous voulons faire une Exposition concrète et exacte où le jury trouve les produits courants des industriels et non des produits exceptionnels, fabriqués pour la circonstance et non répandus dans le commerce ».
- M. Georges Berger examine le plan de l’Exposition et montre les différentes places affectées aux beaux-arts, à l’agriculture, aux industries, etc. Il explique comment, par son étendue même, l’Exposition ne pouvait comporter un palais unique, si avantageux à tant d’égards, et surtout pour l’examen simultané et comparé des produits similaires internationaux.
- « Notre galerie des machines, dit-il, sera une chose unique, par son étendue, par sa richesse et même par sa construction. Elle sera d’une élévation inusitée, les fermes métalliques qui la couvriront ayant une hauteur sous clef de quarante [mètres, — quatre mètres de plus que la colonne Vendôme, — et une portée de cent dix mètres.
- dépourvue d’un certain caractère esthétique par l’harmonie de ses proportions.
- On nous a dit : « Votre Exposition sera écrasée par la tour Eiffel ! » Bah! Pas plus qu’une ville n’est écrasée par l’arc-en-ciel ! J’ai fait jalonner la place des piliers de la tour Eiffel. Quand on se rend au Champ-de-Mars, on aperçoit de loin ces longs piquets. Si, par la pensée, on imagine l’arc de quarante mètres qui les dominera, il semble que cet arc se perd dans les nuages. La tour Eiffel sera vue de très loin. A l’Exposition, ceux qui voudront la voir lèveront le nez en l’air. Les myopes passeront dessous sans la voir, à moins qu ils. ne se heurtent aux piliers.
- Mais il y a dans cette tentative un intérêt scientifique considérable. Les savants de l’Institut applaudissent à cette construction. Outre les expériences qui pourront être faites sur la chute des corps, n y en aura-t-il pas déplus curieuses encore sur les courants électriques de l’atmosphère ?
- La tour Eiffel recevra constamment la visite de la foudre, sans aucun danger, d’ailleurs, pour les promeneurs de l’Exposition. Qui sait si cette électricité ne pourra pas être utilisée sur place ?
- Qui sait si, dans vingt ou trente ans, il ne se construira pas un peu partout dans le monde des tours Eiffel pour recueillir sans effort, dans l’air, cette électricité que nous produisons aujourd’hui avec tant de peine ? »
- M. Besselièvre remercie l’assemblée de l’honneur qu’elle lui a fait et rappelle que l’Exposition de Rouen en 1884 a brillamment réussi parce que tous les membres du comité marchaient d’accord. Il compte que la même union conduira au même succès. Il y a dans le comité actuel beaucoup des membres au comité de 1884. Avec eux et avec le puissant concours de M. Berger et de M. Hendlé, la Seine-Inférieure marquera sa place à une Exposition qui sera tout à l’honneur de la France et de la République (Applaudissements).
- M. HENDLÉ, préfet de la Seine-Inférieure. - HENRI LOZÉ, préfet de la Somme.
- « Comme portée les Anglais avaient fait quelque chose d’approchant, mais l’arc partant du sol, la portée était appuyée par des tirants dissimulés. Chez nous il n’y aura ni tirants dissimulés ni tirants apparents, grâce au savoir de nos ingénieurs. C’est un véritable tour de force.
- _ << Dans cette galerie nous aurons à notre disposition pour faire mouvoir les machines exposées une force motrice de 2,5oo chevaux. Il y en avait 600 en 1867 et L900 en 1878. Si comme il est probable, nous employons l’électricité pour l’éclairage de l’Exposition ouverte le soir, une force motrice considérable nous est déjà assurée.
- « Les travaux de cette galerie sont déjà adjugés. Nous avons eu en cette circonstance une joie et une déception. En. raison de la crise persistante pesant sur les affaires, nous avions pensé obtenir un rabais de 3o 0/0. Nous avons eu le plaisir de
- voir ces travaux adjugés à des maisons françaises de premier ordre, avec un rabais de 9 0/0..
- M. Georges Berger entretient le Comité des espaces réservés à l’agriculture le long delà Seine; des expositions des divers ministères — notamment pour la guerre , d’une revue complète de l’histoire des costumes et de l’armement — de la participation des colonies, brillamment assurée d’après les dépêches de M. de Lanessan, etc., etc.
- «Je ne puis, dit-il, passer sous silence cette tour Eiffel, si connue déjà du monde entier et aussi tant de fois critiquée. Aujourd’hui, c’est une affaire décidée, et les derniers contrats entre M. Eiffel et l’Etat ont été signés avant-hier. Sans doute ce ne sera pas une œuvre-d’art, je le reconnais volontiers. Un phénomène industriel, un monstre métallurgique est difficilement artistique. Je crois cependant que la tour Eiffel ne sera pas
- M. Hendlé a invité ensuite les membres du co-nuté à réunir et à constituer les sous-comités dans les arrondissements. Puis, M. Lyonnais a demandé un kiosque pour une exposition ouvrière, mon-trant.ce quia été fait enFra nce et au dehors pour les ouvriers, soit par les patrons, soit par les commu-neU s°it par l’État, soit par l’initiative des ouvriers.
- M. Georges Berger reprend la parole:
- * Nous avons abandonné, dit-il, l’idée de recommencer la magnifique Exposition rétrospective des arts faites en 1878. Il y a à cela plusieurs raisons. Depuis cette époque, les collections auxquelles nous aurions fait appel se sont peu enrichies. Nous aurions répété 1878 en moins bien, car, pour des Expositions partielles, on a lassé et ecouragé les collectionneurs. On leur emprunte toujours leurs œuvres d’art si précieuses et parfois °h casse leurs bibelots.
- « Nous ferons une revue de l’histoire du travail, depuis la naissance de l’homme, depuis le squelette, première machine mise au service d’une volonté. A travers les âges, nous arriverons à 1789, qui n’est pas seulement une grande date politique et sociale, mais une grande date industrielle. Nous montrerons les premiers métiers de Philippe de Girard,de Jacquard,les morceaux du premier ballon de Montgolfier. Nous venons même de mettre la main sur unemachine à vapeur d’un type disparu.
- « Nous cherchions la machine à simple effet. Nous l’avons trouvée à la dernière fête des Tuileries, dans le cirque Corvi, théâtre des singes. Ce cirque avait pour produire son électricité une machine dans la coulisse. La vapeur poussait en l’air le piston ; un enfant ramenait celui-ci en tirant une ficelle. Nous avons la machine. Voilà comment on enrichit une exposition rétrospective. »
- RÉUNION
- DU COMITÉ DÉPARTEMENTAL
- DE LA SOMME
- 20 Janvier 1887
- Présidenge de M. Lozé, préfet de la Somme
- M. le préfet, prenant place au bureau assisté de M. Berger, directeur général de l’exploitation de l’Exposition, déclare la séance ouverte et prononce ensuite les paroles suivantes :
- Messieurs,
- Le gouvernement, avec l’assentiment des Chambres, a décidé qu’une exposition universelle s’ouvrirait à Paris, dans deux ans, pour rehausser l’éclat du Centenaire de la Révolution de 1789.
- . Il a considéré qu’aucun fait ne pouvait être plus significatif que la comparaison de ces deux époques ; il a pensé que ce serait rendre un suprême hommage à la puissance de l’esprit moderne, issu de la Révolution, que de montrer les progrès qu’il a fait faire à l’humanité, les découvertes dont il a enrichi lé domaine de la science et des arts dans l’espace d’un siècle.
- En conviant toutes les nations à prendre part à cette lutte pacifique la France sait qu’elle n’a pas à en redouter le résultat. C’est avec une ferme assurance qu’elle descendra dans l’arène. N’est-ce pas surtout au moment où la concurrence est si vive, où toutes les rivalités se donnent carrière, qu’il convient de prouver que les productions de son industrie, aussi bien que ces créations artistiques, sont toujours dignes du renom de distinction, d’élégance et de goût que leur assure le génie particulier de notre race? Et ne lui appartient-il pas aussi de montrer aux yeux de l’univers ce que les conceptions de ses ingénieurs et le labeur de ses savants ont fait pour la marche du progrès et de la civilisation dans le monde? Certes, sous ce rapport notre pays n’est pas déchu de son rang.
- Messieurs, j’ai la ferme confiance que, grâce à vous, notre département si laborieux, si riche, si remarquable par la variété et l’excellence des ses produits industriels ou agricoles, saura garder dans cette grande manifestation nationale où l’honneur est engagé, la place qu’il a si brillamment tenue dans le passé.
- Je déclare constitué le Comité départemental de la Somme.
- Ces paroles sont suivies de nombreux applaudissements.
- M. le préfet présente à l’assemblée M. Berger qui a bien voulu venir de Paris pour assister à cette réunion, mais avant de lui donner la parole, il invite le comité départemental à constituer son bureau.
- Sur sa proposition, MM. Goblet et Dauphin, représentants de la Somme, membres du gouvernement, sont nommés présidents d’honneur par acclamation.
- M. Ch. Labbé, président de la chambre de commerce d’Amiens, est proclamé président du comité départemental et M. Decais-Matifas en est nommé secrétaire-trésorier.
- La séance étant suspendue, un scrutin a lieu pour la désignation des présidents des sous-comités d’arrondissement qui, d’après la décision de l’assemblée, seront en même temps vice-présidents de l’assemblée départementale.
- Â Le dépouillement du scrutin donne des résultats d’après lesquels sont nommés :
- MM. E. Gallet, président du sous-comité d’Amiens ;
- Mondiaux, président du sous-comité d’Abbeville ;
- Magniez, président du sous-comité de Pé-ronne ;
- Jametel, président du sous-comité de Mont-didier.
- Les représentants de l’arrondissement de Doul-lens n’étant pas présents, il est décide que le président du sous-comité de cet arrondissement sera désigné dans une réunion ultérieure.
- M. le préfet propose que chaque sous-comité nomme son secrétaire dans la première séance.
- Invité par M. le préfet à venir siéger auprès de lui, M. Labbé remercie la. commission de l’honneur qu’elle vient de lui faire en le nommant son président. U sait que cet honneur s’adresse moins à l’homme qu’au chef des corps qui représentent le commerce et l’industrie de la région. Il n’en est
- p.dbl.n.n. - vue 45/496
-
-
-
- 492. — Troisième Année. — N° 109.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- Dimanche 3o Janvier 1887.
- .pas moins reconnaissant à ses collègues et il leur donne l’assurance qu’il unira tous ses efforts aux leurs pour que l’exposition départementale de 1889 ait le même succès qu’elle a eu dans les expositions précédentes (Applaudissements).
- M. le préfet donne alors la parole à M. Georges Berger, directeur général de l’Exposition. Celui-ci explique qu’il a commencé par être de ceux qui doutaient de l’opportunité et du succès de l’Exposition avant la mise en train effective des préparatifs de celle-ci. Ses idées se sont tellement modifiées depuis qu’il a été mis à la tête du service important et redoutable qu’il dirige, que la mission du ministre et des directeur généraux n’est plus tant de préparer un succès qui est certain que d’ordonner les éléments de ce succès, afin qu’il dépasse celui des expositions précédentes.
- « L’Exposition sera, dit M. Georges Berger, au « point de vue français, la démonstration de la « prodigieuse vitalité 'de nos industries à travers « les crises d’aftaires, à travers les commotions •« politiques qui, heureusement, ne déroutent « guère que les ambitions personnelles et qui, si « elles semblent arrêter parfois la marche, des « Etats, ne parviennent pas à ébranler la foi que « les peuples grands et libres ont dans la toute-« puissance, l’indépendance et le progrès de leur <> travail national.
- « Les préparatifs de l’Exposition de 1889 sont « une promesse de cette paix, dont le monde a « soif, après laquelle il aspire pour sa dignité et sa « prospérité. Chacun voudra venir, de toutes les « parties du monde, assister à la réalisation de « cette promesse.
- « L’Exposition sera une rencontre amicale des « peuples et des individus ; et aussi, je l’espère, « un terrain d’entente commerciale, une occasion « de renouer et de resserrer d’anciens liens de « commerce international. »
- M. Georges Berger refuse d’entrer dans la considération des questions économiques dont les moyens de solution divisent le monde et la France. Son rôle est la neutralité, en préparant toutes les facilités nécessaires pour que les visiteurs de 1889 se rendent compte des ressources réciproques des nations productives et trafiquantes.
- « Certains pays nous montreront ce qu’ils peu-« vent nous vendre abondamment, mais ce que « nous n’achèterons qu’à condition qu’ils achètent « aussi chez nous. Tels ou tels pays peuvent être « des producteurs doués de ressources souvent « vierges et quelquefois infinies ; aucun n’abdi-« quera cependant jamais devant eux les droits € naturels et les privilèges que lui confèrent son « climat et l’esprit ou l’ingéniosité de sa race. Les « peuples seront éternellement solidaires de la ré-« partition que la nature et les civilisations diver-« ses ont faite de tout ce qui est relatif aux be-« soins et aux jouissances de la vie. »
- C’est en envisageant à ce point de vue libéral les droits et les obligations de chacun, que M. Georges Berger compte, pour 1889, sur les hôtes étrangers habituels de la France ; « ceux-ci vien-« dront jouir de notre libérale hospitalité ; l’hospi-« talité française, la plus courtoise et la plus géné-« reuse des hospitalités parce qu’elle se place au-« dessus des préjugés de races, des rivalités de « partis, des luttes d’intérêts mesquins. Les étran-« gers viendront fraterniser, une fois encore, avec -« nous sans se départir toutefois des obligations « de la concurrence et de l’émulation, c’est-à-dire « du bon combat qu’il faut soutenir pour la vie « industrielle de chacun et pour l’existence écono-« mique des nations. »
- M. Georges Berger fait ensuite un chaleureux appel à l’esprit de propagande et d’initiative qui doit animer les industriels et les agriculteurs de la Somme en faveur de l’Exposition. Il compte sur le concours dévoué et patriotique de tous les organes de la Presse du Département ; il n’admet pas qu’on puisse reculer ou rester indifférent, maintenant que « l’exposition étant chose décidée « doit être considérée comme une campagne paci-« fique où l’honneur national est engagé. »
- M. Georges Berger continue en faisant une des- . cription détaillée des palais principaux de l’Exposition de 1889, delà répartition qui y sera faite des produits divers. Il annonce que les espaces consacrés à l’agriculture seront triples de ceux accordés en 1878. Il parle de l’éclairage électrique du Champ-de-Mars pendant les soirées ; des expositions horticoles et florales du Trocadéro ; des expositions coloniales de l’esplanade des Invalides; des expositions spéciales des ministères. La marine et la guerre occuperont spécialement des emplacements couverts et découverts « ornés de trophées où le « casque de Minerve remplacera provisoirement « celui de Bellone. »
- M. Georges Berger s’étend longuement sur les dispositions monumentales de la nef du palais des machines couverte par des arcs métalliques gigantesques d’une seule portée de 110 mètres. C’est là que des moteurs à vapeur, à gaz et à eau, représentant une force de plus de 8,000 chevaux, actionneront les appareils exposés à l’état non inerte et ceux destinés à produire les courants électriques nécessaires à l’éclairage.
- M. Georges Berger termine en défendant la cause de la tour Eiffel qui sera un tour de force métallurgique ; qui aura son genre de beauté, — sans être une oeuvre d’art véritable — grâce au respect des formes stéréotomiques les plus sûrement calculées qui assurent l’alliance naturelle de la formule mathématique avec la formule esthétique. La Tour Eiffel est un élan vers l’inconnu, un coup de noble audace digne de la France. Qui sait d’ailleurs les révélations scientifiques que nous réservent sa pénétration à travers les couches élevées de l’atmosphère chargées d’électricité et son immense verticalité.
- Ce discours écouté avec un vif intérêt est accompagné de nombreuses marques d’approbation.
- M. Ch. Labbé demande comment les Commissions départementales devront procéder, quels seront leurs moyens d’exécution, quels fonds auront-elles à leur disposition, où se réuniront-elles ?
- M. Berger entre dans des explications étendues sur les ressources financières de l’Exposition. Il fait remarquer que les 43 millions affectés à cette entreprise suffiraient avec peine aux demandes déplus en plus nombreuses et que dans ces conditions il ne lui est pas possible d’accorder des fonds aux comités départementaux. C’est pourquoi il fait appel à la générosité, à la bonne volonté et au désintéressement du Comité.
- M. Berger cite le Comité de Roueg dont les membres se sont cotisés pour i,5oo fa. et espère voir cette somme s’élever à 3,000 fr. par suite de la promesse de M. le préfet de la Seine-Inférieure de demander i,5oo fr. au Conseil général.
- Lne longue discussion s’engage sur cette question. Y prennent part MM. lé préfet, Berger, Ch. Labbé, Ponche, Gallet, Sibut, Hubault, Gavelle, Magniez, Cauvin, Honoré, Garette, Mondiaux, Decaix-Matifas.
- Plusieurs membres sont d’avis d’ouvrir une souscription entre les membres du Comité, les uns en fixant le chiffre de la cotisation, les autres en acceptant toutes les souscriptions petites et grandes. L’idée de s’adresser aux corps constitués est mise en avant.
- M. Gavelle propose l’amendement suivant :
- « Réserver pour plus tard le recours à une « souscription et demander que les Chambres de « commerce soient autorisées à prélever les fonds « nécessaires sur les ressources qu’elles pourront « créer. »
- Cet amendement est adopté.
- Il est fait observation par MM. Labbé et Mondiaux que les Chambres de commerce ne peuvent disposer que d’un crédit bien minime pour faire face aux' dépenses courantes, qu’il est trop tard pour faire appel aux patentes, que le rôle de 1887 étant réparti, il faudrait attendre jusqu’en 1888!
- Plusieurs membres prient M. le préfet de demander au Conseil général et à la Ville d’Amiens de vouloir bien contribuer aux dépenses du Comité départemental ; M. Lozé se déclare disposé à donner suite à cette proposition.
- Sur la remarque que des fonds sont nécessaires immédiatement, M. Labbé est autorisé à disposer d’une somme de 5oo fr. qui sera couverte par les fonds à recueillir.
- M. le préfet croit devoir exprimer les sentiments de l’assemblée en remerciant M. Berger d’avoir bien voulu honorer de sa présence cette première réunion des comités et dé lui avoir fourni d’aussi intéressants renseignements.
- M. Berger répond à M. le préfet en donnant quelques dernières explications, et en déclarant quetoujours il sera à la • disposition du comité.
- COMITÉ DÉPARTEMENTAL
- DE LA VENDÉE
- Par arrêté en date du 29 décembre 1886, le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 18S9, a constitué comme suit le comité départemental de la Vendée :
- i° Sous-comité de l’arrondissement de La Roche-sur- Yon.
- MM. Barbaud, archiviste du département.
- Batiot (Aristide), membre de la chambre consultative d’agriculture, propriétaire aux Essarts.
- Blandin, directeur de l’école de dressage.
- Brethé, docteur-médecin, président de la société d’émulation de la Vendée.
- Châtelain, ingénieur civil.
- Dugaste-Matifeux, homme de lettres.
- Frize, secrétaire général de la préfecture de la Vendée.
- Godet (Albert), membre de la Chambre consultative d’agriculture.
- MM. Gouraud, fabricant de papiers à Cugand.
- Guiet, membre du conseil supérieur des haras.
- Guibaud (Athanase), président du comice agricole de Chantonnay.
- Guyet, membre du comice agricole de Mareuil, président du syndicat viticole de Rosnay.
- Lasne, ingénieur en chef des ponts et chaussées.
- Loquet, architecte du département.
- Madeleine ingénieur des chemins de fer de l’Etat.
- Martel, inspecteur d’académie.
- Moreau, maire de la Roche-sur-Yon.
- Péquin, filateur à Cugand,
- Robin, membre du comice agricole de Chantonnay.
- de Thélin, directeur du dépôt d’étalons.
- Vauchez, professeur départemental d’agriculture.
- 20 Sous-comité de Varrondissement de Fontenay-le-Comte
- MM. Auger, ' président du syndicat agricole de Chaillé-les-Marais.
- Ayraud, président du comice agricole de Fontenay-le-Comte.
- Beaussire, président du syndicat agricole de Sainte-Hermine.
- Bienvenu,président du cercle vendéen de la ligue de l’enseignement
- Chabot, Karlen, membre de la société nationale d’agriculture.
- Charrier, architecte.
- Croissant, inspecteur de l’enseignement primaire.
- Dehayes, maire de Luçon.
- Devillaine, ingénieur civil à Vouvant.
- Friédérich, minotier et fabricant d’huile à Fontenay.
- Guillemet, de Fontenay-le-Comte.
- Hurtaud, éleveur à grues.
- Samain (Auguste), agriculteur à Cezais.
- Loiseau, fromager à Triaize.
- Nicolas, ingénieur des ponts et chaussées.
- Nils, conducteur des ponts et chaussées,
- Pubert, agriculteur à Luçon.
- de Rochebrune, aquafortiste.
- Séguinot, éleveur à Nalliers.
- Vrignaud, fabricant de liqueurs à Luçon.
- 5° Sous-comité de /’arrondissement des Sables-d'Olonne
- MM. Bastard, membre delà chambre consultative d’agriculture, agriculteur à Jard.
- Batiot père, vice-président du comice agricole des Sables-d’Olonne.
- Bourmaud, conseiller général aux Moutiers-les-Mauffaits.
- Cadou, membre de la chambre consultative d’agriculture à l’Ile-Dieu.
- Chauffeteau, constructeur aux Sables-d’Olonne.
- Cuissat, président de la société de prévoyance des marins des Sables.
- Doux, ingénieur des ponts et chaussées.
- Duret, inspecteur adjoint des forêts.
- Garnier, membre de la chambre consultative d’agriculture.
- Gillaizeau, propriétaire agriculteur, maire d’Avrillé.
- Giret, maire des Sables-d’Olonne.
- Herbert, membre de la chambre consultative d’agriculture, à Challans.
- Lafontaine, créateur de parcs à huîtres à Noirmoùtier.
- Lansier, membre de la chambre consutative d’agriculture.
- Leclerc, ingénieur civil, maire de Bonin.
- Luco, armateur à l’Ile-Dieu.
- Marotte, minotier à Beauvoir.
- Maulleau, éleveur à Soullans.
- Rayaud, président du comice agricole de Saint-Gilles-sur-Vie.
- Sigogneau fils, ostréiculteur aux Sables-d’Olonne.
- Signoquet, inspecteur primaire de l’arrondissement des Sables-d’Olonne.
- COMITÉ DÉPARTEMENTAL
- DES HAUTES-ALPES
- Présidents. — M. Edouard Faure, président de la société d’agriculture à Cap ; M. Pautrier, ingénieur des chemins de fer P.-L.-M. à Veynes.
- Secrétaires. — M. Menvielle, publiciste à Gap ; M. Allier, professeur départemental d’agriculture à Gap.
- p.492 - vue 46/496
-
-
-
- Troisième Année. — N° îoy.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889. Dimanche 3o Janvier 1887. — 493.
- Sous-comité de Y arrondissement de Briançon
- Président d'honneur. — Le sous-préfet de Brian-çon.
- Président. — M. Audoyer, directeur de l’usine Sainte-Catherine à Briançon.
- Vice-président. — M. Faure, pharmacien, maire de la ville de Briançon.
- Secrétaire. — M. Pison, inspecteur des forets à Briançon.
- COMITÉ DÉPARTEMENTAL
- DE LA CHARENTE-INFÉRIEURE
- Président. — M. E. Beltrémieux, vice-prési--dent du Conseil de préfecture, président de la société des sciences naturelles à La Rochelle.
- Vice-présidents. — M. le Dr Menudier, premier vice-président du Comité central d’études et de vigilance contre le phylloxéra à Chermignac, près Saintes ; M. Thurninger, ingénieur en chef du département à La Rochelle.
- Secrétaires. — M. Tord, professeur départemental d’agriculture à La Rochelle; M. le Dr Bourru, médecin en chef de la marine, professeur à l’Ecole navale, secrétaire de la société de géographie à Rochefort.
- COMITÉ DÉPARTEMENTAL
- DE L’OISE
- Président. — M. Cuvinot, ingénieur en chef des ponts et chaussées, sénateur à Berthecourt.
- Vice-présidents. — M. Debauve, ingénieur en chef des ponts et chaur ;ées à Beauvais ; M. Cèles-tin Lagache, sénateur â Courcelles-Epayelles ; M. Chavet, maire de Compiègne ; M. Serrin, ingénieur civil à Neuilly-en-Theke.
- Secrétaires. — M. Lagout, ingénieur ordinaire des ponts et chaussées à Beauvais; M. Fortin, manufacturier à Clermont ; M. Henri Lefebvre, imprimeur à Compiègne ; M. Halouin, imprimeur à Senlis.
- Trésorier. — M. Lagout, ingénieur ordinaire des ponts et chaussées, secrétaire du comité à Beauvais'.
- Sous-comité de l'arrondissement de Beauvais
- Président. — M. Cuvinot, ingénieur en chef des ponts et chaussées, sénateur à Berthecourt.
- Vice-présidents. — M. Debauve, ingénieur en chef des ponts et chaussées à Beauvais ; M. Gérard, maire de Beauvais.
- Secrétaires. — M. Lagout, ingénieur ordinaire des ponts et chaussées à Beauvais; M. Coüard-Luys, archiviste de l’Oise, à Beauvais.
- Sous-comité de l’arrondissement de Clermont
- Présidents. — M. Célestin Lagache, ingénieur civil à Just-en-Chaussée ; M. Albaret, constructeur de machines agricoles à Rantigny.
- Secrétaires. — M. Nimbeau, architecte à Clermont ; M. Fortin, manufacturier à Clermont.
- Sous-comité de l’arrondissement de Compiègne
- Président. — M Chovet, maire à Compiègne.
- Vice-présidents. — M. Bourlier, président delà Société d’agriculture et de la Chambre syndicale des fécules de l’Oise à Chevrières ; M. Po’rel, président du tribunal, ancien président de la Société historique à Compiègne.
- Secrétaires. — M. Henry Lefèvre, imprimeur à Compiègne; M. Jacques, agriculteur et industriel à Compiègne.
- Sous-comité de l'arrondissement de Senlis
- Président. — M. Perrin, ingénieur civil à Neuilly-en-Theke.
- Vice-présidents. — M. Le Brun, ingénieur civil à Creil ; M. Cagny, vétérinaire à Senlis.
- Secrétaires. — M. Dupriez, ingénieur civil à Neuilly-en-Theke ; M. Ralouin, inspecteur primaire à Senlis.
- (A suivre.)
- ÉCHOS
- la date d’ouverture, 27 février, au lieu de 27 janvier. Nos lecteurs auront rectifié d’eux-mêmes.
- Nous rappelons que l’Exposition annuelle des femmes peintres et sculpteurs ouvrira au Palais des Champs-Elysées, le lundi 28 février, pour clôturer le mercredi 16 mars.
- Les ouvrages de peinture, sculpture, dessins, aquarelles, cartons, faïences, etc., devront être rendus à destination les dimanche 20 et lundi 21 février.
- Les intéressés trouveront dans les journaux d’art tous les renseignements désirables.
- *
- * *
- _ Le conseil de l’Union centrale des arts décoratifs se réunira dans la première quinzaine de février pour examiner certains détails relatifs au relèvement des ruines de l’ancien palais de la Cour des Comptes, et fixer la date à laquelle on pourrait commencer les travaux ; l’Union des arts décoratifs désirant inaugurer son nouveau musée en 1889.
- •¥• •¥
- Le peintre Edmond Debon prépare une importante exposition d’aquarelles. Cette exposition aura lieu chez Chaine, 5, rue de la Paix, du 10 au 17 février. La,vente est fixée au 17.
- *
- * *
- Où la manie des expositions va-t-elle se nicher !
- Il paraît que l’administration aurait reçu, il y a quelque temps, et refusé bien entendu, une demande tendant à autoriser l’organisation au Palais de l’Industrie, d’une exposition d’articles pour funérailles, tels que, cercueils, tombes, urnes, catafalques, corbillards, couronnes, articles pour d euils, etc.
- Si Je fait est vrai, on avouera que la chose serait souverainement cocasse, si elle 11’était tout bonnement répugnante.
- * *
- Le concours agricole ouvre demain lundi 31 au Palais de l’Industrie, pour clôturer le jeudi 17 février.
- * *
- Une exposition de pastels par Feyen-Perrin, a lieu en ce moment, chez Martinet, boulevard des Italiens.
- *
- * *
- L’exposition de tableaux des maîtres anciens, ouverte en ce moment à l’Ecole des beaux-arts, au profit des inondés du Midi, clôturera le dimanche 20 février prochain.
- *
- * *
- La statue de Nicolas Leblanc, qui doit faire pendant à celle de Denis Papin, dans la Cour du Conservatoire des Arts et Métiers sera inaugurée dans le courant de la semaine de Pâques.
- Départements
- La société des Amis des Arts de la Côte-d’Or prépare une exposition qui s’ouvrira à Dijon le mercredi ,1er juin 1887 pour fermer le vendredi 15 juillet. Dépôt des .œuvres pour les artistes'de Paris, chez Pothier, 14 et 9, rue Gaillon, du vendredi 16 avril au dimanche 1er mai, délai de rigueur.
- *
- * *
- Une exposition des œuvres de l’artiste lyonnais Chatigny, s’est ouverte à Lyon, le lundi T7 janvier,_ à la salle des Réunions industrielles, au Palais de la Bourse. L’exposition est visible tous les jours ; l’entrée est gratuite.
- k
- * *
- L’exposition annuelle de la Société des beaux-arts de Nice ouverte le 20 décembre, au Palais des beaux-arts, clôturera dans les derniers jours de février.
- * ¥•
- A signaler encore :
- A Toulouse, une petite exposition de tableaux, rue de la Pomme.
- A Bordeaux, l’intéressante exposition de peinture organisée au profit des pauvres.
- *
- * *
- . Le marché annuel international de machines se tiendra à Breslau (Silésie), les 8, 9 et 10 juin.
- Angleterre
- Il est parait-il, question, dans les cercles industriels de Londres, de préparer pour octobre prochain, la première exposition annuelle internatio-nale_ de machines à coudre. Les négociations seraient pendantes et en bonne voie d’achèvement.
- O11 assure que les principaux fabricants ont donné leur adhésion et que le succès de l’entreprise semble, par suite, assuré.
- Les manufacturiers étrangers, ceux d’Allemagne surtout, seront largement représentés. Le secrétaire du Comité d’organisation est M. William, 59 et 60. Chancery Lane, London, E. C.
- * ¥
- On sait que le mardi 24 mai 1887 ouvrira à Newcastle-on-Tyne , une exposition internationale industrielle, minière et du génie civil.
- Les objets exposés d’une certaine dimension et qui nécessiteront un emplacement spécial devront être rendus au palais de l’Exposition, du 1er au 31 mars, et accompagnés de personnes compétentes pour leur installation.
- Les objets d’une dimension moindre pourront être reçus jusqu’au 14 avril, terme de rigueur, l’exposition devant être prête le 16 mai.
- * *
- L’exposition comprendra une section des beaux-arts, renfermant la peinture, l’aquarelle, le des-sir, l’eau-forte, la gravue et la sculpture (Journal des Arts, mardi 25 janvier.
- *
- * *
- Autriche-Hongrie
- La première exposition internationale annuelle de travaux d’art graphique, ouverte à Vienne, ainsi que nous l’avons enregistré à cette place, depuis le commencement du mois de décembre réunit un très bel ensemble des différents genres de gravure, burin, eau-forte, gravure sursois, lithographie et phototypie. O11 y voit aussi, mais entrés petit nombre, quelques dessins à la plume ou au crayon.
- Le catalogue illustré de cette exposition, rédigé avec soin par le D1' Oscar Berggruen, est édité luxueusement ; il contient 766 numéros.
- Sur la requête spéciale du Comité de l’Union artistique de Vienne, M de Matejko, directeur de l’Union artistique de Cracovie, et bien connu des visiteurs du Salon parisien, a consenti à envoyer à l’exposition de Vienne ses deux grandes compositions : L’ Hetnian mourant et l 'Entrée de Jeanne d'Arc à Rheims.
- La Société exposera aussi prochainement dans ses galeries, une série de tableaux venant de l’exposition jubilaire académique de Berlin, et de l’exposition deBuda-Pesth, ainsi que : « les Lubies du roi Nabuchodonosor , de notre compatriote Rochegrosse.
- *
- * *
- La Société agricole de Bohême s’occupe d’organiser à Prague des expositions périodiques, agricoles surtout, pour ces branches de l’agriculture qui demandent impérieusement des améliorations dans l’exploitation, la production et la qualité des produits.
- La série commencera cette année par nne exposition qui, pour certaines sections sera internationale, et qui, plus particulièrement consacrée au bétail, à la laiterie et aux perfectionnements agricoles, aura lieu les 8, 9, 10 et 11 septembre.
- *
- * «¥
- Belgique
- Le gouvernement belge vient de mettre à la disposition de l’Association des XX (vingt) une partie des locaux du musée de peinture, le palais des beaux-arts ayant, comme on sait, changé de destination. Le quatrième Salon annuel des XX s’ouvrira donc, comme précédemment, dans les premiers jours de février. Voici la liste, arrêtée définitivement, des artistes choisis par les membres de l’Association des XX pour prendre part à leur quatrième Salon international.
- Belgique. MM. Artan, Henri de Brackeleer, Constanin Meunier, Eugène Smits, Alfred Werhae-ren. — France. MM. Albert Lebourg,.AryRenan, J.-F. Raffaëlli, Auguste Rodin, Camille Pissaro, Georges Seurat, Mmes Berthe Morizot et Marie Cazin. — Angleterre. M. Walter Sickert. — Hollande. MM. Mathieu et Willem Maris, Marius Van der Maarel et Philippe Zilcken. — Norvège. M. Thaulow.
- *
- * *
- Le Journal des Artistes nous apprend que l’exposition du Cercle, à Gand, toujours assez restreinte quant au nombre d’œuvres exposées, dénote, de la part de ses organisateurs, de réels
- Paris
- L’exposition annuelle de peinture et de sculpture du cercle artistique et littéraire de la rue Volnev a été ouverte jeudi dernier, 7 janvier, etclôturera le jeudi 24 février.
- Elle sera suivie, du mercredi 2 au dimanche 13 mars, d’une seconde exposition, réservée, cette fois, aux aquarelles, dessins et gravures.
- C’est par une simple erreur que dans notre dernier numéro nous avions mis, en parlant de '
- ETRANGER
- Allemagne
- On prépare à Hanovre, pour le courant de l’automne prochain, une importante exposition provinciale d’agriculture. La réalisation en est dès maintenant assurée parle concours et les subventions du ministère de l’agriculture, de la province et de la ville de Hanovre, et enfin des associations centrales agricoles de Celle et Lüneburg.
- p.493 - vue 47/496
-
-
-
- 494- — Troisième Année. — N° 109.
- LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE 1SS9.
- Dimanche 3o Janvier 1S87.
- efforts pour favoriser les tendances nouvelles. Parmi les artistes qui se distinguent ici à divers titres, on remarque : Baertsœn, Lebrun, Van Aise, dont Eplorée et Prince africain sont très regardés ; de Kegliel, Maeterlinck, Mastelé, Tof-faert, Van Biesbroeck, Van der Straeten, Van Melle, Wytsmann ; Mmes de Vigne, Dumont, Maeterlinck, Peeters, Van Butsele et Trullemans.
- *
- * *
- L’exposition artistique ouverte à Malines, sur l’initiative de M. Geets, membre de l’académie des beaux-arts de cette ville, réunit avec des oeuvres de l’organisateur et de ses élèves, MM. Aerts, Coene, de Bruyne, des envois intéressants de MM. Emile Claus, Auguste Daël, De Cock, Den Duyts, Cari Nys, Rosseels, Tytgadt, Van Luppen, etc.
- *
- * *
- Une intéressante exposition de peinture est actuellement ouverte à Bruges avec un heureux succès.
- + *
- États-Unis
- La vingt-neuvième exposition du Boston Art Club a été ouverte le vendredi 14 janvier et clôturera le samedi 12 février.
- *
- * X
- La réouverture des galeries se fera peu de temps après par l’exposition des peintres et sculpteurs.
- *
- * *
- Les tableaux et sculptures composant la collection de M. Stewart seront vendus à New-York, les 24, 25 et 26 mars prochain, par les soins de l’American Association, La galerie Stewart renferme le 1807 et VArmée française à Friedland, de Meissonier ; un magnifique Troyon ; plusieurs Rosa Bonheur, entre autres le Marché aux chevaux ; le Police verso et la Course de Chars romains, de Gérome ; la Plage de Portici, de Fortuny, non achevée et qui est la dernière œuvre ' du maître ; le Camp de Saint-Maur, de Détaillé ; le Retour de la moisson, de Bouguereau ; le Triomphe de Jules César, d’Horace Vernet ; le Mois de mai, de Daubigny ; la Visite au bébé, de Munkacsy ; la Voie Appienne, de Boulanger ; le Génie d’Amérique, d’Yvon ;puis des Cari Hubner, des de Nittis, des Alfred Stevens, des Benjamin Constant, etc. La galerie Stewartcontient plusieurs marbres : ce sont, en grande majorité des œuvres de sculpteurs américains.
- *
- * ¥•
- Italie
- Nous avons, à diverses reprises entretenu nos lecteurs d’une exposition internationale artistique et industrielle, en préparation au Vatican, à l’occasion du cinquantième annive^aire de l’entrée dans les ordres du pape Léon XIII.
- Le comité de ce jubilé sacerdotal adresse aux journaux la circulaire suivante :
- A la fin de cette année doit avoir lieu, dans le palais du Vatican à Rome, une exposition internationale des produits de l’art et de l’industrie.
- Ce que cette exposition aura de particulier c’est que les objets exposés resteront la propriété du pape, auquel ils seront offerts à l’occasion de son Jubilé sacerdotal.
- Les frais d’envoi à Rome sont seuls à la charge des exposants, l’administration du Vatican ayant fait disposer de vastes locaux qu’elle met gratuitement à la disposition des divers Comités nationaux.
- Il est utile d’insister sur l’intérêt que les artistes et les industriels français peuvent avoir à prendre part à cette Exposition, dont le caractère chevaleresque et généreux est loin d’exclure les avan-ges commerciaux.
- Pour tous les renseignements, programmes, documents quelconques relatifs à. l’Exposition Vaticane de 1887, on peut s’adresser au Siège du Comité français, 107, rue de l’Université, Paris.
- *
- •¥• *
- La Société de Navigation générale italienne, accueillant favorablement la demande qui lui avait été adressée par le Comité de l’Exposition nationale artistique de Venise, pour l’année courante, accordera en vertu, d’une récente décision la concession toute spéciale d’un rabais de cinquante pour cent sur ses tarifs ordinaires, tant en faveur des exposants, jurés et visiteurs, que pour le transport des envois destinés à cette exposition.
- * *
- Le Comité exécutif de l’Exposition internationale de Meunerie et de Boulangerie (Milan, mai 1887), répondant aux demandes nombreuses de constructeurs qui lui demandaient de donner une plus grande importance à la classe des applications électriques, et d’en faire une section spéciale de l’Exposition, vient de de décider, que dans les jardins s’élèverait une construction appropriée,
- exclusivement destinée aux applications de l’électricité pour la lumière, la force motrice, les communications, téléphones, télégraphes, etc.
- Seront seules admises exceptionnellement les applications d’autre nature, qui portées sur le fécond domaine de l’électricité, seraient tellement importantes que l’on pût, en leur faveur, déroger au programme.
- De cette façon, le Comité, tout en contenant dans les limites voulues du programme la section spéciale d’électricité, lui donne une importance exceptionnelle, qui en fait une des tranches les plus utiles et les plus attrayantes de l’exposition.
- La construction des galeries a été confiée à la maison Arigelo Brambilla de Milan et les travaux commenceront sous peu.
- Des pavillons et kiosques pourront être élevés dans l’enceinte par les industriels qui voudraient installer des restaurants, cafés, bars, et autres établissements similaires.
- * *
- Une exposition des beaux-arts ouvrira à Rome au Palais du même nom, via Nazionale, le 24 février, pour clôturer le 24 avril.
- Pays-Bas
- Encouragée par le succès des expositions artistiques de 1880 et 1883, la Société dit het volk, voor het volk de Middelbourg, a décidé d’ouvrir en 1887 une troisième exposition de tableaux des maîtres vivants. On n’accepte que les œuvres des artistes qui ont été invités à exposer par la Société.
- Cette exposition sera ouverte du 7 au 25 avril 1887 à Middelbourg, au local du Edele Handboog.
- La première exposition de dessins et gravures du Nederlandsche Etsklub est ouverte à La Haye, depuis le 6 janvier, au panorama Mesdag. L’ensemble en est intéressant.
- *
- * *
- Russie
- On annonce l’ouverture à Varsovie, le dimanche 15 mai prochain, sous la présidence du Dr V. Szokalski, d’une exposition hygiénique.
- Elle sera divisée en cinq groupes et un grand nombre de classes.
- Le premier groupe comprendra les aliments, tant animaux que végétaux, les eaux potables, le lait et la laiterie, l’art culinaire, la conservation des produits alimentaires, les différents procédés d’analyse, etc. Le second groupe sera consacré aux vêtements et tissus. Le troisième renfermera tout ce qui a trait aux habitations, à leur construction, leur aménagement et leur entretien, à l’approvisionnement des eaux dans les villes, à la direction et à l’emploi des eaux ménagères et des matières fécales, au chauffage, à la ventilation, à l’éclairage, au sauvetage des personnes et des biens, aux mesures préventives contre l’incendie, au traitement de la peau et aux microorganismes pathogéniques. Le quatrième groupe est réservé aux écoles, atejiers et hôpitaux. Le cinquième, à des illustrations de statistiques vitales et de météorologie.
- Les articles de fabrication étrangère ne seront admis que hors concours, les diplômes d’honneur et mentions honorables deva.it être exclusivement réservés aux produits indigènes.
- L'EXPOSITION COLONIALE EN 1889
- Le Moniteur des colonies et des pays protectorat publie sur Texposition coloniale,de 1B89, l’intéressant article qui suit :
- M. de Lanessan, que M. le ministre du commerce a chargé d’organiser l’Exposition des colonies et des protectorats, a fait connaître, à propos de la Tunisie, quelle était à ce sujet et dans ses lignes générales sa manière de voir. Il pense qu’à chaque pays de protectorat, qu’à chaque colonie doit incomber le soin et la tâche de préparer et d’agencer sa propre exposition. Il estime que c’est avec ce système seulement que l’on pourra obtenir des pays de protectorat ou des colonies des sacrifices sérieux.
- Nous croyons que le délégué général a eu là une conception très juste. Il est évident que, dans l’hypothèse actuelle où il s’agit d’une Exposition qui doit être organisée à Paris, il n’est point nécessaire de constituer un comité, un commissariat central d’ordre bureaucratique. Une mesure qui est bonne quand il faut exposer dans un autre pays q'ue la France ne s’impose plus de la même façon en 1889. Il n’y aura pas, pour les pays de protectorat ou les colonies, les difficultés qui se sont produites
- dans les dernières expositions internationales à l’étranger où il fallait avoir des rapports et des rapports journaliers avec nombre d’administrations publiques. A la prochaine Exposition universelle, nos exposants coloniaux se trouveront, toute proportion de distance gardée, dans la même situation que les exposants algériens, qui font toujours leurs affaires eux-mêmes.
- Il est bien évident que si on laisse, comme le demande le délégué général et comme cela paraît indiqué, toute leur initiative, toute la liberté d’action aux protectorats et aux colonies, nous aurons là une Exposition spéciale plus complète, plus considérable, plus brillante et plus riche. L’esprit d’émulationvsera implicitement encouragé et se donnera carrière. Et puis, il y aura un intérêt direct. Telle colonie fera des sacrifices importants, parce qu’elle aura son pavillon et son commissariat, qui auraient envoyé une vingtaine de bocaux et sept ou huit morceaux de bois si elle avait dû figurer dans le même local que les autres colonies.
- Cependant, dira-t-on, certaines de nos possessions n’ont pas assez d’importance pour avoir leur pavillon spécial. C’est le cas de répondre qu’il y aura pavillon et pavillon. Certes, aucune de nos colonies n’aura la prétention de lutter soit avec la Cochinchine et le Cambodge, soit avec le Tonkin et l’Annam. Mais il est évident et le délégué général, croyons-nous, partage cette manière de voir, que des colonies se grouperont, se syndiqueront pour organiser leur expositions dans un local commun.
- Cela serait très pratique. On voit très bien nos deux Antilles et la Guyane exposer ensemble. Une exposition collective de toutes nos possessions de la côte occidentale d’Afrique offrirait le plus vif intérêt : le Sénégal, les Rivières du Sua, Porto-Novo, le Gabon, le Congo forment un groupe tout indiqué. Il en est de même de la Réunion, de Diégo-Suarez, de Nossi-Bé, d-e Mayotte et des Comores. Notre colonie et nos établissements privés des Hébrides pourraient également s’associer.
- Ainsi conçue, l’exposition, des colonies et des protectorats gagnerait en originalité, en imprévu. Elle ne serait plus, comme elle l’a presque toujours été jusqu’ici, glaciale. L’on n’aurait plus le bâtiment classique, avec murs-ornés de cartes et rempli de vitrines correctement alignées, ce bâtiment où le visiteur entre rempli d’un religieux effroi et dont il sort précipitamment.
- Nous ne nous dissimulons point que la thèse que nous venons d’exposer est quelque peu révolutionnaire pour ce pays-ci : Quoi, vouloir que quelque chose soit fait en dehors de l’administration ! Mais nos lecteurs des colonies anglaises, eux, souriront certainement. C’est que le cabinet de Londres laisse, dans les concours internationaux, ses colonies s’organiser comme elles le veulent et qu’il ne leur impose ni locaux ni commissariats. Aussi avons-nous eu quelquefois le très vif regret de constater que la colonie australienne de Victoria, par exemple, occupait à elle seule une étendue superficielle aussi grande que celle qu’avaient prise les colonies de la République française. •
- Notre délégué général demande que les vieux errements ne soient .pas suivis en 1889. Sa manière de voir est trop juste, trop conforme aux idées actuelles, pour qu’elle ne soit point partagée et adoptée par le Gouvernement.
- SCIENCES & INDUSTRIE
- Chauffage par l’Electricité
- Un nouvel appareil de chauffage pour les habitations, les voitures publiques, etc., vient d’être inventé par M. G.-B. Melott, de Kingston, et décrit par notre excellent confrère Invention.
- Cet appareil est fondé sur le principe de réchauffement de l’air produit par l’étincelle électrique.
- Pour arriver à ce résultat, M. Melott se sert de deux électrodes de charbon en forme de tubes, dont l’un est hermétiquement fermé à son extrémité, et l’autre, ouvert aux deux bouts, est mis en présence du premier, disposition donnée généralement aux charbons de l’arc voltaïque.
- Le tube ouvert est en communication à son extrémité opposée avec un réservoir d’air. Le fonctionnement se fait par le passage, au travers du tube ouvert, de l’air qui ne pefi.it s’échapper qu’en traversant l’étincelle voltaïque de forme circulaire, étincelle qui prend naissance entre les
- p.494 - vue 48/496
-
-
-
- Troisième Année. — N° rog.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 3o Janvier 1887. — 495.
- deux charbons sous l’influence, soit d un accumulateur, pour les voitures, soit d’une machine dynamo électrique, semblable à celles qu’emploient les Compagnies d’éclairage électrique. ^
- On connaît la haute température de i arc voltaïque; on comprendradonc quelle chaleur intense peut acquérir l’air qui le traverse.
- *
- * *
- Un nouveau téléphone
- Le mouvement d’un diaphragme ,composé de matières magnétiques en présence d une bobine, a servi de principe à différentes formes de téléphonés- Dans celui qu’a inventé M. Wm. J. Morton de New-York, et que nous fait connaître The Electrical World, le diaphragme consiste en une plaque d’acier très dur à laquelle on a communiqué une aimantation neutre par le procédé consistant, ainsi que l’indique le professeur Hughes, à soumettre cette plaque à l’action d’un fort aimant, qui lui imprime une orientation magnétique déterminée, puis à répéter l’opération en sens inverse, jusqu’à ce ç^ue la plaque soit comme profondément imprégnée d’actions magnétiques diverses, se contrariant et aboutissant à l’état neutre.
- Dans cet état, le moindre choc imprimé à la plaque rompra l’équilibre magnétique sans toutefois la faire vibrer et cet état magnétique instable induira un courant d’intensité également variée, dans la bobine de fil de fer placée en regard, et de là dans tout le réseau téléphonique.
- *
- * *.
- Procédé pour rendre le bois 'incombustible
- Voici un procédé, assez peu connu en général, pour rendre le bois incombustible.
- Il consiste à dissoudre dans un chaudron en fer, plein d’eau tiède, y5 parties en poids de sulfate de zinc, 11 de potasse, 22 d’alun et 11 d’oxyde de manganèse, et à ajouter graduellement 11 parties en poids d’une solution à 60 % d’acide sulfurique. Le bois à préparer est placé sur un grillage en fer, dans un récipient de forme convenable, les différentes pièces à deux centimètres d’intervalle les unes des autres. Le liquide est alors versé dans l’appareil et le bois maintenu complètement couvert pendant trois heures, est sèche ensuite à l’air.
- Le mode d’application décrit est, nous le craignons, un sérieux obstacle à l’usage général de ce procédé pour les bois de construction d’autant plus que le bois brut, avant d’être travaillé, pourrait seul être convenablement traité de cette manière. Si tous les joints, toutes les poutres de plafond, etc., pouvaient être, une fois en place, traités par une solution chimique, offrant une résistance éprouvée à l’action des flammes, il ne manquerait pas, croyons-nous, d’architectes pour mettre le procédé en usage.
- Avertisseur d’incendie
- Un mécanicien de Louisville (Kentucky, Etats-Unis) a, paraît-il, inventé un petit appareil qui ôtera l’envie de récidiver aux donneurs de fausses alarmes.
- Son appareil consiste en deux pinces magnétiques qui saisissent par le poignet toute personne qui toucherait le bouton d’alarme, la retiendraient captive jusqu’à l’arrivée des pompiers, lesquels pourraient seuls la délivrer en ouvrant le courant au moyen d’une clé. , ’
- On verrait ainsi à qui l’on a affaire, à personne sérieuse ou à mauvais plaisant.
- *
- *
- Le tunnel le plus long du monde
- Le plus long tunnel creusé par la main des hommes est celui de Schemnitz, en Hongrie; il a 16 kilomètres et demi, dépassant de i,5oom le tunnel du Saint-Gothard et de 4,000 celui du Mont-Genis. Il n’a il est vrai que imio de hauteur et im6o de largeur, et n’est pas destiné au passage des hommes, mais à celui des eaux des mines de Schemnitz vers les parties basses de la vallée. Ce modeste emploi est peut-être la cause qu’il est peu connu, et cependant il mérite mieux. Commencé il y a cent ans et terminé seulement de nos jours, son histoire est celle des travaux publics, des procédés que l’on y emploie, et du prix qu’ils ont coûté aux différentes époques., depuis un siècle.
- Cette œuvre, nous dit Le Cosmos, a été commencée en 1782, et le premier marché portait qu’elle serait terminée dans l’espace de trente ans et que l’entrepreneur toucherait environ 190 fr. par mètre de parcours ; on y travailla onze ans dans ces conditions ; mais les événements qui agitèrent l’Europe à cette époque élevèrent le prix de la main-d’œuvre et l’entreprise n’avanca que fort peu. *
- Une nouvelle activité fut donnée aux travaux, pendant les dix années qui suivirent, puis ils furent suspendus pendant vingt ans; mais les eaux menaçant de noyer la mine et de la ruiner, on se remit à cette œuvre et en 1878 on la terminait. A
- cette époque, le mètre courant coûtait 600 fr., plus du triple du prix payé au début.
- La dépense totale monte aujourd’hui à 25 millions, mais il y a une légère compensation : ce tunnel évite l’emploi de machines d’épuisement qui dépensaient 375,000 francs chaque année.
- Il résulte de ces quelques renseignements, que l’on peut constater une fois de plus que les marchés à longues échéances ont rarement leurs effets, et que nos pères, s’ils étaient moins bien outillés que nous, n’en travaillaient pas moins à bien meilleur compte. Il faut aussi rendre justice a l’esprit qui les guidait dans de semblables entreprises, et qui leur faisait accepter des dépenses considérables pour des œuvres dont leurs descendants seuls devaient bénéficier.
- HISTOIRE ANECDOTIQUE
- DE
- LA PRESSE EN FRANCE
- (Suite.)
- (Voir le Moniteur du iç décembre 1886)
- Toutefois, pendant la période des Cent-Jours, Napoléon témoigna de dispositions plus libérales à l’égard de la presse. Mais il était trop tard. Vingt journaux vinrent s’ajouter à la liste de ceux qui existaient déjà. Parmi ces journaux, nous signale-, rons, notamment le Constitutionnel, dont la fortune fut si grande, qu’elle balança un moment la fortune politique du Journal des Débats. Mais l’Empire était à jamais condamné. Napoléon, lui - même, qui avait fait choix de Carnot comme ministre de l’intérieur, comprit tout de suite que sa popularité n’existait plus. En ce qui concerne la tolérance dont il fit preuve à l’égard de la presse dans la période qui va du 5 mars au 20 juin 1815, il s’en est expliqué de la façon suivante dans le Mémorial de Sainte-Hélène : « J’aban-« donnai, dit-il, la presse à tous ses excès, con-« vaincu que l’interdiction ou la restriction de cette « liberté , dans un gouvernement représentatif « comme j’en voulais établir un, était une .anoma-« lie choquante, une véritable folie. »
- Nous le répétons : ce libéralisme venait trop tard. Depuis longtemps, l’histoire s’est prononcée sur ce sujet délicat. Napoléon est considéré par tous les esprits impartiaux, comme un des plus grands ennemis qu’ait jamais eus la liberté de la presse, en particulier, et le journalisme en général.
- La Restauration fut une des époques bénies du journalisme français. On peut dire, sans craindre d’être taxé d’erreur, que, de 1824 à i83o, rarement le journal eut autant d’influence. La chute de l’Empire amena le réveil de l’opinion libérale ; mais ce réveil faillit emporter le nouveau régime que la France s’était donné. De 1815 à 1819, la presse fit à l’autorité une lutte ardente. Ceux qui avaient imposé à Louis XVIII la fameuse charte de Saint-Ouen luttèrent, avec une admirable énergie, contre un pouvoir qui semblait avoir oublié toutes ses promesses. M.deSacy nous a conservé le souvenir de cette époque de transition politique et sociale. « Après quinze ans de silence, dit-il, la « France se précipitait tour entière vers les dis-« eussions de la tribune et de la presse. Elle « s’enivrait de ses institutions. »
- La liberté de la presse avait été solennellement proclamée; mais les Bourbons ne se crurent point liés par cette promesse. Les journaux devinrent la proie de la police; le fi«c s’appesantit sur eux, et, pour échapper à toutes ces rigueurs, on fut obligé de créer ce qu’on appela les recueils semi-périodiques, c’est-à-dire des feuilles n’ayant plus qu’une publicité irrégulière afin de tourner la loi sur la presse et d’en amortir les fâcheux effets. En 1819, une nouvelle législation fut établie à l’égard de la presse. Chaque journal fut tenu de verser un cautionnement et d’avoir un directeur responsable.De cette façon le monopole tombait, et la grande loi de la concurrence était établie.
- L’assassinat du duc de Berry, en 1820, eut pour effet immédiat d’attirer de nouvelles rigueurs à la presse politique ! On fit alors aux journaux qui attaquaient trop souvent le pouvoir ce qu’on a si bien appelé : des procès de tendance Dès qu’une feuille politique témoignait une opposition un peu trop énergique à l’égard du pouvoir, le ministère s’empressait de lui rendre la vie aussi dure que possible, sans parler des poursuites judiciaires les plus rigoureuses. M. de Villèle, connu comme un de nos hommes d’Etat les plus impopulaires,avait inventé ce système. Malheureusement pour le pouvoir, la plupart des feuilles de l’opposition étalaient un royalisme des plus purs. Elles réclamaient simplement une interprétation plus libérale de la Charte. Le ministère s’aperçut bientôt qu’à ce compte il risquait simplement''d’agrandir la popularité de. la presse. Ne pouvant donc ni suspendre ni éteindre les journaux par autorité de justice, le ministère résolut de les acheter, de les amortir, comme on disait alors.
- M. Hatin, qui connaît à fond toutes les questions relatives à la presse, a étudié consciencieu-
- sement cette audacieuse entreprise de Vamortissement des journaux sous Louis XVIII.« Le système était des plus simples, dit-il. Il existait à Paris, à cette époque, dix ou douze journaux politiques, dont la propriété se divisait en plusieurs parts. Or, si on parvenait à acheter et à placer en mains sûres la majorité de ces parts, et si, en même temps, toute autorisation de créer un nouveau journal était systématiquement refusée, on devenait, sans bruit, maître de la presse politique. A cet effet, un fonds considérable, que La Bourdon-naye, dans la séance du 12 juillet 1824, évaluait à plus de 2 millions, fut formé à l’aide de capitaux fournis par la liste civile, par les fonds secrets de la police, des ministères de l’intérieur et des affaires étrangères, et l’on se mit ardemment à l’œuvre. Un certain nombre de journaux de la contre-opposition royaliste furent successivement amortis et placés sous la direction d’un député ». Quand le ministère Villèle eût achevé cette œuvre de basse intrigue et de démoralisation politique, il se préoccupa de maintenir trois des journaux de la contre-opposition. De cette façon, on donnait le change à l’opinion publique. Les trois feuilles maintenues furent la Galette, le Journal de Paris et le Drapeau blanc, que dirigeait alors le farouche Martainville. L’opération coûta fort cher. Attaqué sur ce terrain délicat, Villèle répondit, en pleine Chambre, « que le gouvernement ne soutenait pas de journaux avec les fonds de l’Etat ». Cependant, le député Méchin répliqua, et prouva que le journal Y Oriflamme avait été acheté 400,000 fr. par le pouvoir. Il résulte des documents officiels trouvés aux Tuileries après juillet i83o, que la première Restauration avait dépensé au moins cinq millions de francs pour mettre la main sur la presse politique. Le Journal de Paris figurait, à lui seul, dans ce chiffre, pour plus de 984,000 fr.
- Chateaubriand, lui-même, malgré son royalisme ardent, condamna énergiquement les procédés du ministère. Il attaqua, à plusieurs reprises, « cette espèce de bande noire, qui s’était formée pour démolir la liberté de la presse et niveler toutes les opinions ». Bientôt, il ne resta plus à l’opposition qu’un seul journal, la Quotidienne. Michaud, qui la dirigeait depuis trente ans, fut violemment dépossédé par le pouvoir. Mais il s’adressa aux tribunaux; et un arrêt de la cour royale de Paris le rétablit solennellement dans sa propriété.
- T. M.
- (A suivre.)
- LES LIVRES
- XCIV
- P. Régnier, de la Comédie-Française. — Souvenirs et Etudes de Théâtre, avec un portrait de l’auteur. Paris , Paul Ollendorff, un vol. in-18.
- Régnier n’était pas seulement un acteur éminent. C’était un acteur savant, à qui rien de ce qui touchait à son art n’était étranger. 41 nous a laissé son testament littéraire dans un livre où il a résumé les découvertes de son érudition, les préceptes de son expérience d’acteur et de professeur, livre très agréable à lire pour les gens du monde et qui devrait être un des bréviaires, un des livres de chevet de tout comédien ambitieux de marcher sur ses traces. Cet ouvrage, où l’auteur mêle, dans un style familier^ naturel et correct, les souvenirs de sa jeunesse et de sa maturité, à l’appréciation raisonnée des talents qui ont illustré la scène, comprend six chapitres consacrés à J. Boutet de Monvel, à Mlle de Champmeslé, à Àdrienne Le Couvreur, à de curieuses recherches sur la fortune de Molière, à Talma et à Sedaine. Les études sur Boutet de Monvel, Adrienne Le Couvreur et Talma sont, de premier ordre. Ce sont des morceaux de maître. Les études sur MIle de Champmeslé et Sedaine sont plus superficielles. Nous allons les parcourir pour en extraire la moelle, à l’usage des lecteurs pressés qui veulent savoir tout d’abord ce qu’un livre contient de neuf, et peut leur apprendre d’agréable ou d’utile.
- Il faut lire l’article sur Boutet de Monvel pour se rendre compte de ce que l’érudition et l’expérience d’un patriarche du théâtre peuvent faire d’un sujet ingrat et de la biographie d’un illustre inconnu. Car qui se douterait, avant d’avoir lu ce jugement et ses motifs par un critique si autorisé, que Boutet de Monvel, le seul acteur parvenu aux honneurs de l’Institut (avec Picard qui fut surtout académisé en qualité d’auteur) fut, à son avis, un très grand acteur, peut-être le plus grand de la scène française ?
- « Oui, dit Régnier, peut-être le plus grand; je ne crois rien exagérer, car s’il est des renommées d’acteurs plus éclatantes, il n’en est pas qui aient reposé sur une valeur plus sérieuse, sur une science plus profonde, sur un goût plus sûr, sur une intelligence plus perspicace, sur un sentiment plus puissant de la beauté tragique, sur un souci plus constant de la vérité. C’est par la réunion de toutes ces qualités, acquises pour la plupart, que Monvel fut un grand artiste, et j’ai pensé qu’il devait être proposé à tous les comédiens comme
- p.495 - vue 49/496
-
-
-
- 4Q0. — Troisième Année. — N° 109.
- un mémorable exemple de ce que l’on peut obtenir par l’opiniâtreté et l’étude. »
- Petit, maigre, chétif, d’un visage ingrat, d’une voix frêle, Monvel parvint à triompher de tous ces obstacles naturels, à vaincre la nature par l’art, à suppléer à tout ce qui lui manquait, et cela par la force, par la vertu d’une qualité qui est la première de l’acteur suivant Régnier : / intelligence, l’intelligence grâce à laquelle un comédien dp laid devient beau, de petit devient grand, se fait une grâce qui vient de l’esprit, une voix «qui prend sa source dans le cœur, et comme Lekain, se transfigure au feu de la scène.
- Nous savions que Régnier avait collaboré avec M. Ravenel à un projet de publication des lettres d’Adrienne Le Couvreur, dont Sainte-Beuve avait utilisé les éléments pour son excellent article consacré à la grande actrice dans ses Causeries du Lundi.
- Nous étions donc tout alléchés par les révélations que semblait nous promettre une étude définitive de Régnier, faite sur ces éléments dont Sainte-Beuve avait tiré si bon parti. Nous avons été déçus en ce que l’étude de Régnier sur Adrienne Le Couvreur ne touche en rien, par une réserve excessive, à la biographie, à la vie privée de la .grande actrice, à sa liaison avec d’Argental, Voltaire, le maréchal de Saxe, à son talent d’épisto-laire, à son charme dans les relations d’intimité et de salon.
- L’étude de Régnier décevante à ce point de vue est très intéressante, très décisive au point de vue technique. Il a caractérisé à merveille la physionomie du talent d’Adrienne et définitivement marqué la place qui lui revient dans l’histoire de l’art.
- Il a surtout profité de sa connaissance approfondie des archives de la Comédie Française pour nous donner les détails les plus curieux sur son organisation, son administration pendant la Régence et le commencement du xvme siècle sur ces traditions en matière d’éclairage, de décor, de costume, de droit d’auteur.
- Régnier nous instruit et nous amuse tout d’abord avec ses rapprochements entre le luminaire du théâtre sur lequel jouait Adrienne Le Couvreur en 1718 (il était comme on sait, situé rue de l’An-cienne-Comédie, en face le caféProcope) et borné à45 francs de chandelles, et les réflexions qu’ils lui inspirent. En 1822, la salle du Théâtre-Français celle d’aujourd’hui n’était éclairée que par un lustre garni de quarante quinquets. Maintenant partout des becs de gaz et un lustre dont la puissance éclairante est de 120 lampes Carcel. Sans parler de ces herses lumineuses des frises et du gaz de la rampe qui sera bientôt remplacé par la lumière électrique. Régnier craint qu’on n’arrive à l’excès, à l’éblouissement de l’acteur et au mécontentement, du spectateur, qui y verra trop bien pour que l’illusion scénique n’en souffre pas.
- Les chiffres précis du bilan du théâtre en 1718, la part de sociétaire (mensuelle non annuelle), tombant pour le mois de juin à 75 livres sur lesquelles la jeune tragédienne débutante quin’a que demi-part touche seulement 33 livres 10 sols, la recette de la première représentation d’Artaxare, de Laserre, ne dépassant pas 461 fr., la Comédie-Française, agiotant pour refaire ses affaires et perdant au jeu des actions comme au jeu des pièces, réduite en 1723 à emprunter 4,000 livres pour rembourser MUe Quinault qui se retire, empruntant encore pour rembourser à Mile Gautier qui s’est faite religieuse à Lyon, les i3, i3o livres de sa part revendiquée et acceptée fort bien par la communauté quoique le théâtre, c’est-à-dire le diable, eut payé cette dot d’épouse de Jésus-Christ sont des renseignements pleins pour nous de nouveauté et de leçons.
- En 1718, les premières places coûtaient de 5 à 4 livres, on était debout au parterre moyennant une livre. Les places sur le théâtre les plus recherchées se payaient 5 livres 10 sols. La salle de la Comédie contenait 1,200 personnes environ. La plus forte recette de 2,000 livres. Les frais journaliers étaient de 263 fr. plus le quart de la recette pour les pauvres et le neuvième pour (les droits d’auteur.
- Quelques détails sur ces droits d’auteur. Le droit d’auteur de Voltaire sur les 40,266 fr., produits par les 3o représentations d’Œdipe, s’éleva à 3 310 fr. Aujourd’hui avec le même chiffre de recette Voltaire eut touché le double. Mais c’était déjà quelque chose. Et il y a eu quelque exagération dans les griefs et les plaintes des auteurs qui ont été surtout pour eux un prétexte à la proclamation de leur indépendance, à leur émancipation, au point de vue pécuniaire, des exigences et des caprices des comédiens.
- La seule fortune à laquelle.le théâtre ait contribué avant celles de Voltaire et de Beaumarchais, c’est celle de Molière qui; eut,d’après Grimarest, un revenu de trente mille livres.. .. ;
- M. Regnier examine de près, pièces et registres en mains, les sources diverses de ce revenu, et le décompose ainsi qu’il suit pour arriver au capital de sa fortune de 1658 au 17 février 1670, date de sa mort. Les droits d’auteur de Molière se bornent à 49,490 1. 3y. Ses deux parts — pour lui et sa femme — d’acteur lui rapportent 88,164 1- 12•
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 18S9.
- Comme homme de lettres pensionné, il toucha, dans cet espace de treize ans, 10,000 livres. Gomme valet de chambre du roi 4,377 1. 10. Le total de la fortune de Molière en capital s’élève à 02,041 liv. 39 s. qui en représentent presque le triple au taux de l’argent actuel comparé à celui du xvne siècle. Cela permet d’évaluer, en tenant compte toujours de la proportion, le revenu de Molière à 25 ou 3o,000 livres de rente. Il avait des laquais, un carrosse, une habitation aux champs, un bon train de maison. Et il pouvait se passer le luxe de la charité dont sa générosité naturelle lui faisait un besoin.
- On voit tout ce qu’on peut apprendre d’utile et d’agréable, de grave et de léger, de vieux et de neuf avec un guide aussi expérimenté, aussi philosophe dans le bon sens du mot, que Regnier, qui a non seulement la philosophie du théâtre, mais la philosophie delà vie. Là où il a fait le plus preuve éminente de l’une et de l’autre, là où il s’est révélé le mieux comme homme, comme artiste, comme maître, c’est dans cette étude sur Talma, la perle du volume, qui débute comme un chapitre d’autobiographie tour à tour humoristique et mélancolique, et qui finit comme un traité de critique dramatique, justifié par cinquante ans d’expérience et de succès.
- M. de Lescure.
- LES THÉÂTRES
- Théâtre des Nouveautés. — L’Amour mouillé, opérette en trois actes, de MM. J. Prével et Armand Livrât, musique de M. L. Varney.
- Est-ce que la guigne qui depuis longtemps poursuit l’opérette serait enfin conjurée? Voici que le coquet petit théâtre des Nouveautés vient de nous donner dans ce genre une œuvre pleine de fraîcheur et de gaieté qui nous paraît appelée à tenir longtemps l’affiche.
- L’Amour mouillé réunit, en effet, des qualités dont nous avaient malheureusement déshabitués depuis quelque temps les opérettes nouvelles qui nous ont été servies sur diverses scènes : livret suffisamment intéressant, mise en scène luxueuse, chanteuses agréables à entendre autant qu’à voir et surtout musique élégante pleine de rythmes originaux et de mélodies d’un tour alerte et facile qui seront bientôt sur tous les pianos.
- L’ouvrage d’Anacréon, qui a d’ailleurs inspiré à La Fontaine un de ses plus charmants contes, n’a guère fourni que son titre aux auteurs du dernier Amour mouillé. MM. Prével et Livrât y ont en effet apporté une affabulation personnelle tout à fait appropriée au cadre des Nouveautés et dans laqüelle Brasseur père et Brasseur fils ont trouvé l’un à côté de l’autre, l’emploi de leurs qualités comiques si remarquables.
- Les auteurs du livret nous montrent au premier acte la plage de Tarente où se dresse une statue fort abandonnée de l’Amour. Les Tarentaises professent même si peu d’enthousiasme pour le petit Dieu malin, qu’elles jettent à la mer sa statue. A ce moment, un orage éclate, et le jeune prince de Syracuse fait son entrée en compagnie de son écuyer Cascarino. La barque qui transportait ces personnages s’est échouée sur la plage de Tarente.
- Or, voilà que la princesse de Tarente à qui l’on veut faire conclure un ridicule mariage avec.un certain Ascanio, neveu du grotesque Pampinelli — tombe amoureuse du prince mouillé par suite de son naufrage et, pour se soustraire à l’hymen qui la menace, elle se réfugie dans un couvent dont les grilles complaisantes permettent à tous de se retrouver au second acte, sous des travestissements tellement compliqués, que je renonce à vous les expliquer. Qu’il vous suffise de savoir que tout s’arrange à la fin au grand contentement de tout le monde, des spectateurs surtout, qui sont tour à tour enchantés, charmés et égayés parle jeu si fin et si drôle à la fois de Mme Desclauzas, dont le succès a été énorme dans sa chanson du 3® acte de la marchande d’oranges, par les jolies voix de Mlles Niscau et Darcelle, pour qui cette soirée a été une véritable révélation, autant comme chanteuse que comme comédienne, par les grâces juvéniles de MUe Blanche Marie et enfin par la désopilante fantaisie des deux Brasseur qui se sont partagés les éclats de rire, je vous assure qu’ils ont été tous deux bien servis.
- Georges Grisier.
- LE BON MARCHE
- Exposition de blanc
- Nous apprenons qu’il y aura, le 7 février prochain, dans les splendides magasins du Bon Marché une exposition de « blanc » qui est appelée à avoir un grand retentissement.
- Le public parisien, habitué aux spectacles grandioses qu’il a quotidiennement sous les yeux, sera néanmoins surpris par la vue des merveilles qui lui sont réservées. Le mérite en est d’autant plus
- Dimanche 5o Janvier 1S87.
- grand que l’effet n’y est pas obtenu par la diversité de couleurs plus où-moins bien groupées, mais bien par une seule, le « blanc ».
- Il y a là un effet d’optique fort réussi qui ne peut manquer d’attirer l’attention du public.
- Des pièces entières de toile déroulées tombent en plis gracieux sur les étages inférieurs où s’étalent les articles les plus variés ; les rideaux de mousseline s’y mêlent aux layettes d'enfants et forment de ce hall immense comme un gigantesque berceau dans lequel sont entassés les produits de ce vaste établissement.
- Nous ne pouvons énumérer ici tous les objets qui se trouvent dans cette exposition, mais pour ne donner qu’une faible idée de la modicité des prix que la maison du Bon Marché est parvenue à établir, qu’il nous suffise de dire que toutes les classes de la société, depuis l’ouvrière jusqu’à la grande dame, attendent impatiemment ces expositions pour venir s’y approvisionner. Les articles sont d’ailleurs tous de bonne qualité, quel qu’en soit leur prix.
- C’est là un résultat dont nous ne saurions trop féliciter l’administration du Bon Marché et qu’il est de notre devoir de signaler.
- Ce qui, surtout, nous a frappés au milieu des merveilles amoncelées dans ces magasins, ce sont les services de toile damassée et ouvrée, dont les jolis dessins avec encadrement de couleur représentent le genre ancien du Béarn ; les draps en toile blanche dont toute la largeur est ornée d’une guirlande de broderie, garnie d’un entre-deux de guipure et d’un volant de dentelles.
- Ces différents dessins, exécutés spécialement pour le Bon Marché, sont sa propriété exclusive et donnent à ces articles une grande valeur marchande.
- Nous bornerons là nos citations que nouspour-rions multiplier à l’infini s'il fallait prendre en détail toutes les richesses contenues dans les différents comptoirs ; nous ne pouvons qu’engager nos lecteurs à s’y rendre et à juger par eux-mêmes.
- Mais il est un autre titre qui nous fait une obligation d’adresser ici tous nos éloges à la maison Boucicaut ; c’est d’avoir affranchi la France des tributs étrangers en faisant fabriquer directement des articles qui, jusqu’ici, avaient été l’objet d’un commerce extérieur. Les produits du Bon Marché sont donc exclusivement français exécutés par des manufactures françaises, et ont ainsi aidé au développement de l’industrie nationale.
- Cette considération patriotique ne doit pas être d’un faible poids dans la faveur dont jouit actuellement ce bel établissement ; la confiance s’y trouve justifiée par le système qui y est employé et dont, du reste, le Bon Marché a fait sa devise : « Vendre tout à petit bénéfice ».
- Chacun sait, en effet, que lorsque les acheteurs du Bon Marché ont fait une bonne affaire au point de vue commercial en obtenant sur un article un rabais inusité ou une moins-value dans le prix de la main-d’œuvre, le Bon Marché, au lieu d’encaisser à son profit le bénéfice ainsi réalisé y fait participer toute sa clientèle, et l’on parvient alors à se procurer pour une faible somme un objet dont on se serait certainement privé s’il eût fallu l’acheter ailleurs à un prix plus élevé. Comme on le voit, cette manière d’agir du Bon Marché lui assure une vente beaucoup plus étendue en ce sens qu’elle encourage l’acheteur en le mettant à même de satisfaire ses goûts à peu de frais. C’est ce que nous pourrions appeler de la bonne politique commerciale; en l’appliquant, la maison fait preuve d’une grande habileté ainsi que d’une profonde habitude des affaires.
- Cette exposition a, d’ailleurs, un autre résultat qui ne peut échapper à nos lecteurs, c’est de faire ressortir en quelque sorte les richesses de l’établissement du Bon Marché. En effet, en n’offrant aux regards que des articles d’une seule et même couleur, tous les produits d’autres nuances se trouvent effacés et si, par la pensée, on reconstitue toutes les marchandises invisibles, on voit de suite l’importance considérable de ce grand établissement. C’est absolument la mise en pratique de l’expérience si connue en physique du disque des couleurs.
- On sait, en effet, que si l’on dispose sur une palette les sept couleurs de l’arc-en-ciel et que l’on imprime à cette palette un mouvement de rotation rapide, on arrive à perdre la vision des couleurs pour ne plus distinguer que le blanc et ce n’est que peu à peu, à mesure que la rotation devient moins vive, que l’œil arrive à reconstituer la gradation. JR en est de même dans le cas de cette exposition ; le blanc a éclipsé les autres couleurs, mais il est facile, par les richesses que l’on-voit, de deviner celles qui sont invisibles. Ab uno disce omnes !
- Aussi, n’est-il pas étonnant que les expositions du Bon Marché obtiennent.chaque année un succès si complètement justifié.
- Le Gérant, GARREAU.
- Tours. — lmp. E. ARRAULT et Cie, rue de la Préfecture, 6.
- p.496 - vue 50/496
-
-
-
- Le Moniteur
- DE
- L'EXPOSITION DE
- Rédaction et Administration : i8f rue Bergère, 18, a Paris
- TROISIÈME ANNÉE Dimanche 6 Février 1887. NUMÉRO no.
- SOMMAIRE :
- i. Commission de contrôle et de finances; 2. Adjudication en un seul lot des travaux de nivellement général et du réseau d’égoûts ; 3. Résultats de l’adjudication des verres striés ; 4. Comité départemental de la Mayenne ; 5-, Comité départemental de la Somme; 6. Comité départemental du Nord; 7. Comité départemental des Deux-Sèvres; 8. Le Métropolitain de Berlin; 9. Exposition internationale de Toulouse ; 10. Le concours agricole de Paris ; 11. Echos; 12. Sciences et industrie ; i3. Le commerce métropolitain et les colonies françaises ; 14. Variétés ; i5. Histoire anecdotique de la
- Presse en France ; 16. Les Livres; 17. Avis commerciaux; 18. Les Théâtres.
- Dans notre prochain numéro, nos lecteurs trouveront encartées deux photographies du Cham p - de - Mars.
- Nous nous proposons de donner tous les quinze jours deux vues photographiques des différents chantiers qui, dés ce jour, sont en pleine activité. On pourra suivre ainsi toutes les phases des divers travaux de l’Exposition de 1889.
- MM. Broise et Courtier ont bien voulu se charger d’exécuter ces photographies, qui seront reproduites parles procédés de Sgap.
- Nous espérons offrir ainsi à nos lecteurs une série de documents d’une fidélité irréprochable qui permettront de constater les progrès successifs accomplis dans l’exécution de cette grande œuvre internationnale, à laquelle s’intéressent tous les hommes de progrès.
- COMMISSION DE CONTROLE
- ET DE FINANCES
- La commission de contrôle et de finances de l’Exposition a tenu au cabinet du ministre commissaire général. et sous sa présidence, une courte séance.
- Grâce au système qui consiste à présenter les affaires aux sous-commissions et à n’arriver devant les 43 qu’avec des rapports déjà adoptés, le travail se trouve utilement simplifié, et c’est en une heure qu’ont pu être examinées et votées les questions suivantes :
- i° Exposition de l’agriculture ;
- 20 Location de terrains :
- 3° Projet de construction pour les services de l’exploitation ;
- 40 Etablissement d’une gazonnière ;
- 5° Projet d'adjudication des water-closets ;
- 6° Projet relatif à l’enlèvement des terres végétales.
- AL Tirard, président de la sous-commission de l'exploitation: AL Berger, directeur général ; AL Tisserand, directeur de l’agriculture, ont successivement présenté des observations sur l’installation de l’exposition agricole.
- Cette exposition spéciale occupera une super-
- i ficie de 26,700 mètres le long du quai d’Orsay, j Les machines agricoles pourront, en outre, être j exposées dans des baraquements légers qui seront construits entre les rangées d’arbres de l’esplanade des Invalides.
- AL Clerc, rapporteur de la sous-commission des travaux, et M. Jacques, rapporteur de la sous-commission des finances,' ont donné lecture de leurs rapports pour les cinq projets encore à l’ordre du jour. Il s’agissait d’abord d’une proposition de l’administration tendant à prendre à bail un terrain situé aux angles de l’avenue de Suffren et d’une rue d’isolement qui se trouvera détruite et occupée pa'r les lignes de chemins de fer de l’exposition. La commission a décidé la location de ce terrain moyennant un prix imputable sur la réserve générale des fonds de travaux. Cette dépense sera d’ailleurs couverte amplement par la sous-location du terrain à un restaurant; des offres avantageuses dans ce but ont déjà été faites à la direction générale des travaux, et il est certain que de nouvelles propositions ne tarderont pas’à lui être soumises par des restaurateurs ou des limonadiers.
- La commission a adopté ' ensuite, sur la proposition des mêmes rapporteurs, le projet de construction d’un vaste bâtiment entièrement en bois, élevé en bordure de l’avenue, de. la Bourdonnaye et qui servirait à l’installation des services de l’exploitation et de divers services accessoires, tel que le poste central de secours contre l’incendie.
- Le chiffre total des dépenses .prévues s’élève à 133,ooo fr. environ. La moitié de cette somme s’appliquera à des travaux qui donneront lieu à j une prochaine adjudication.
- 1 MM. Clerc et Jacques ont soumis également ! à la commission l’adoption d’un rapport au j sujet des water-closets. La sous-commission I des travaux s’était mise d’accord avec la sous-j commission des finances pour proposer de j recourir à l’adjudication dans certaines condi-j tions de tarif et d’installation.
- J Enfin, la commission a adopté deux projets ! destinés l’un à permettre l’installation d’une j gazonnière pour l’établissement rapide et peu coûteux des jardins, l’autre autorisant dans le même but l’enlèvement momentané des terres végétales du square du Champ-de-Mars.
- Dans notre compte rendu de la séance de la commission de contrôle et de finances, nous n’avons pu donner le rapport présenté au nom de la sous-commission des finances parM. Ed. Jacques, conseiller municipal de Paris.
- Voici ce document :
- Messieurs,
- Vous savez que le crédit global ouvert au chapitre 2 du budget de l’Exposition, « construction du palais du Champ-de-Mars « s’élève à la somme de 20 millions. Or, l’ensemble des devis présentés par M. le directeur Alphand et approuvés par la sous-commission des travaux, n’arrive au total qu’à une prévision de dépense de 1.9,472,132 francs, ainsi formée :
- Nivellement du Champ-de-Mars et
- égouts........................... 780,000 fr.
- Palais des beaux-arts et arts libéraux ............................. 6,295,735
- Galeries des expositions diverses et
- annexes....................... 5,900,179
- Palais des machines............... 6,496,228
- Total général........... 10,472,132
- Il s’ensuit, messieurs, que, dès à présent, il se
- manifeste sur cet article du budget un boni de
- 527,868 francs, boni qui pourrait même arriver au chiffre inespéré de 3,5oo,ooo francs si, comme le fait présumer le rapport à M. le ministre, la moyenne du rabais des adjudications à faire n’est pas inférieure à la moyenne du rabais des adjudications déjà faites. Quelque réalisables que paraissent dès aujourd’hui ces espérances, nous croyons prudent de constituer, avec le boni déjà constaté et les rabais d’adjudication très probables, une réserve spéciale à l’article Ier du budget; vous serez ainsi en mesure, messieurs, de combler quelques lacunes qui se révèlent souvent dans les devis les mieux établis, comme aussi de donner satisfaction à quelques desiderata qui surviendraient au cours de l’exécution des travaux.
- Vous voyez, messieurs, que rien ne s’oppose à ce que vous donniez un avis qu’au nom de la sous-commission des finances j’ai l’honneur de vous demander.
- Avant de terminer, je crois devoir, messieurs, comme organe de la commission et après l’honorable M. Christophe, dont je suis ici l’écho, féliciter M. le directeur des travaux et ses collaborateurs de s’être ingéniés au point de préparer une œuvre digne de la grande solennité de 1889, en restant néanmoins dans les limites de la plus-stricte économie, en assurant, dès à présent,-une réserve spéciale qui pourra au besoin et sur votre avis parer à toutes les éventualités.
- ADJUDICATION EN UN SEUL LOT
- Des Travaux de nivellement général et du réseau d’égouts
- à exécuter dans le Champ-de-Mars
- 1. Le lundi 14 février 1887, à une heure de l’après-midi, il sera procédé publiquement,, dans une des salles dû conseil de préfecture (palais du Tribunal de commerce), par le préfet de là Seine ou son délégué, assisté de deux membres du conseil de préfecture . et du directeur générai des travaux ou de son délégué, à l’adjudication, au rabais, sur les prix de la série et par soumissions cachetées, de l’entreprise, en un lot, des travaux de nivellement1 général et du réseau d’égouts à exécuter dans le Champ-de-Mars, lesquels travaux sont évalués à 780,000 francs, somme à valoir pour imprévus comprise.
- Le cautionnement est fixé à 23,000 fr.
- 2. Le devis, la série, le cahier des charges et les plans sont déposés à la direction générale des travaux, dans les bâtiments du Champ-de-Mars, à l’extrémité de l’avenue Rapp, où l’on pourra en prendre connaissance, tous les jours non fériés, de une heure à quatre heures.
- 3. Nul ne sera admis à concourir à l’adjudication s’il ne remplit les conditions imposées par le cahier des charges générales.
- Chacun des concurrents devra adresser à l’agence des travaux du Champ-de-Mars, au directeur général des travaux de l’Exposition qui est chargé d’arrêter la liste des concurrents, huit jours au moins avant la date de l’adjudication. :
- i° Une déclaration écrite sur papier timbré, faisant connaître ses nom, prénoms, domicile, lieu et date de naissance ;
- 20 Un extrait de son casier judiciaire ayant moins d’une année de date ; .
- 3° Les pièces demandées par le cahier des charges générales, telles que certificats de capacité, etc. . ^
- Le délai fixé ci-dessus pour le dépôt de ces pièces sera rigoureusement appliqué.
- 4. Chaque soumission, rédigée sur papier timbré, conformément au modèle ci-après, sera placée isolément sous un pli. cacheté, et le paquet, portant le nom du soumissionnaire, sera renfermé, avec les pièces dont il a été parlé ci-dessus, et avec le certificat de dépôt du cautionnement, sous une seconde enveloppe cachetée portant pour suscription : Exposition universelle de 1889. —
- p.497 - vue 51/496
-
-
-
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 188g
- Dimanche 6 Février 1SS7.
- 4g?. — Troisième Année. — N° 110.
- Travaux de nivellement général et du réseau d’égouts à exécuter dans le Champ -de-Mars.
- Les soumissions qui ne seraient pas exactement conformes au modèle ci-après seront considérées comme nulles et non avenues.
- Les rabais seront énoncés en francs et décimes par cent francs (sans fraction dede'cime)_et porteront sur les prix de la série. Les rabais portant fraction de décime seront comptés au décime plein inférieur à la fraction exprimée.
- 5. Le jour de l’adjudication, les paquets seront remis au bureau d’adjudication, dans la salle du Conseil de Préfecture, au Tribunal de Commerce, depuis midi jusqu’à une heure.
- Les paquets recevront un numéro dans l’ordre de leur présentation.
- 6. A une heure, on remettra au bureau' de l’adjudication, et sous enveloppe cachetée, le minimum du rabais moyennant lequel l’adjudication pourra être prononcée ; ensuite on procédera à l’ouverture des paquets.
- Le bureau d’adjudication, après vérification des pièces, arrêtera la liste des concurrents agréés.
- Immédiatement après, il sera procédé à l’ouverture des soumissions présentées par les concurrents admis.
- 7. Dans le cas où une seule soumission serait déposée, l’Administration se réserve le droit de ne pas prononcer l’adjudication.
- 8. Si aucun des rabais offerts dans les soumissions ouvertes n’atteint le minimum fixé, l’adjudication pourra être prononcée provisoirement ou ajournée, sur l’avis du bureau d’adjudication, qui en délibérera séance tenante.
- En aucun cas, le minimum fixé ne sera rendu public.
- 9. Dans le cas où le rabais le plus fort aurait été souscrit par plusieurs soumissionnaires, un nouveau concours sera ouvert, séance tenante, entre ces soumissionnaires seulement.
- Les rabais de la nouvelle adjudication ne pourront être inférieurs à ceux de la première.
- Si les soumissionnaires sé refusaient à faire de nouvelles offres, ou si les rabais souscrits étaient encore égaux, l’adjudicataire serait désigné par la voie du sort.
- 10. L’adjudication n’est valable qu’après approbation par le Ministre du Commerce et de l’Industrie.
- 11. Les frais de publicité, d’expédition et d’impression, ceux de timbre et d’enregistrement, seront supportés par l’adjudicataire, qui devra en faire le dépôt dans un délai maximum de trois jours, à partir de la date de l’adjudication.
- 12. Toutes les conditions insérées dans la présente affiche sont obligatoires et déclarées annexées au cahier des charges.
- Fait à Paris, le 24 janvier 1887.
- Le Ministre du Commerce et de VIndustrie, Commissaire général,
- Edouard Lockroy.
- Modèle de soumission (sur papier timbré)
- Je soussigné, ^ entrepreneur
- de maçonnerie, demeurant à
- après avoir pris connaissance des clauses et conditions générales imposées aux entrepreneurs de l’Exposition universelle de 1889, du cahier des charges, spéciales aux travaux de terrassements et de maçonnerie ainsi que des dessins et des conditions particulières se rapportant directement à l’exécution des travaux de nivellement général et du réseau d’égouts à exécuter dans le Champ-de-Mars.
- M’engage à exécuter les travaux dont il s’agit, évalués à la somme de six cent quatre-vingt-huit mille cinq cent soixante-treize francs soixante-cinq centimes, moyennant un rabais de.... (en toutes lettres) sur les prix de la série spéciale de l’entreprise dont il s’agit.
- Je me soumets, en outre, à supporter tous les droits d’affichage, de timbre, d’enregistrement à droit fixe ou autres auxquels la présente soumission pourra donner lieu, si elle est acceptée.
- Fait à Paris, le 1887.
- (Signature).
- RÉSULTATS de L’ADJUDICATION
- De la fourniture des VERRES STRIÉS
- pour la Couverture des Combles du Palais du Champ-de-Mars
- Lundi dernier, a eu lieu une des. adjudications les plus importantes pour l’Exposition de 1889.
- Le ministre du commerce et de l’industrie demandait à l’industrie privée la fourniture du verre nécessaire à la couverture du palais du Champ-de-Mars, fourniture dont la dépense est évaluée à 294,580 francs.
- L’adjudication a été faite en deux lots et par soumissions cachetées sur la mise à prix au rabais de 2 fr. 60 par mètre carré.
- Fait peut-être sans précédent, deux soumissionnaires seulement avaient fait des offres : la Société
- de Saint-Gobain et la Société de Rocquignies Jau-mont et Aniche.
- La première de ces sociétés a été déclarée adjudicataire du premier lot, avec un rabais d’un dixième pour cent sur le prix de 2 fr. 60, et la deuxième a obtenu la fourniture du second lot j avec un rabais de 20 centimes pour cent sur le même prix de 2 fr. 60 par mètre carré.
- MM.
- COMITÉ DÉPARTEMENTAL
- DE LA MAYENNE
- Dans sa réunion du 27 janvier 1887, le comité départemental de la Mayenne a procédé à l’élection des membres des bureaux des comités et sous-comités.
- Président. — M. Denis, sénateur, manufacturier, président de la chambre consultative des arts et manufactures de Mayenne, à Fontaine-Daniel (St-Georges-Buttavent).
- Vice-Présidents. — M. Moreau, président du tribunal de commerce de Laval, à Laval.— M. Pi-chon, vétérinaire, vice-président du comice agricole de Château-Gontier, à Ghâteau-Gontier.
- Secrétaires. — M. Bretonnière, conseiller général industriel à Laval.— M. Coignard, agriculteur à St-Georges-Buttavent.— M. Rezé, agriculteur à Grez-en-Brouëre.
- Sous-comité de l’arrondissement de Mayenne
- Président. — M. Denis, sénateur, manufacturier, président de la chambre consultative des arts et manufactures de Mayenne, à Fontaine-Daniel (St-Georges-Buttavent).
- Secrétaire. — M. Coignard, agriculteur à St-Georges-Buttavent).
- Sous-comité de l’arrondissement de Laval
- Président. — M. Mo’reau, président du tribunal de commerce à Laval.
- Secrétaire. — M. Bretonnière, conseiller général, industriel à Laval.
- Sous-comité de l’arrondissement de Château-Gontier
- Président. — M. Pichon, vétérinaire, vice-président du conseil d’arrondissement de Château-Gontier, à Ghâteau-Gontier.
- Secrétaire. — M. Rezé, agriculteur à Crez-en-Bouëre.
- COMITE DEPARTEMENTAL
- DE LA SOMME
- Sous-comité de Varrondissement de Doullens
- Le bureau du s'ous-comité de Doullens qui, lors des élections des bureaux; du comité et des sous-comités de ce département n’avait envoyé aucun représentant, vient d’être constitué.
- Président. — M. Dusevel, marchand tanneur à Doullens.
- Secrétaire. — M. Chedeville, fabricant de papiers à Doullens.
- COMITÉ DÉPARTEMENTAL
- DU NORD
- Par arrêté en date du 1er février 1887, le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a constitué comme suit le comité départemental du Nord :
- i° Sous-comité de l’arrondissement de Lille.
- MM. le président du tribunal de commerce de Lille.
- le président du tribunal de commerce de Roubaix.
- le président du tribunal de commerce de Tourcoing.
- le président de la chambre de commerce de Lille.
- le président de la chambre de commerce de Roubaix.
- le président de la chambre de commerce de Tourcoing.
- le président de la chambre consultative des arts et manufactures d’Armentières.
- le président du conseil des prud’hommes de Lille.
- le président du conseil des prud’hommes de Tourcoing.
- Agache, manufacturier, membre de la chambre de commerce à-Lille.
- Allart (Léon), manufacturier, à Roubaix.
- Brassart, marchand de fers, à Lille.
- Boutemy, filateur, à Lannoy.
- 2°
- MM.
- Bourgeois, conseiller général, à Sainghin-en-Mellantois.
- Garron, directeur industriel, conseiller d’arrondissement, à Lille.
- Casse, fabricant de linge de table, à Lille.
- Catteau (Louis), fabricant de rubans, à Comines.
- Cornut, ingénieur en chef de l’association des propriétaires d’appareils à vapeur, à Lille.
- Crépelle-Fontaine, constructeur, maire de la Madeleine.
- Danel, membre de la chambre de commerce, imprimeur à Lille.
- Decherf, fabricant de toiles, à Armentières.
- Dubar, vice-président de la société des agriculteurs du Nord, économiste, à Lille.
- Duflo, chimiste agricole, conseiller municipal, à Lille.
- Faucheur, filateur de lin, président du comité linier, à Lille.
- Fremaux (Léon), secrétaire de la chambre consultative des arts et manufactures d’Armentières.
- Gavelle, filateur, adjoint au maire de Lille.
- Gossart, président de la chambre syndicale métallurgique de Lille et du Nord, à Lille.
- Harinckouk, fabricant à Roubaix.
- Hallez, docteur en médecine à Lille.
- Hellin, président du comice agricole dé Lille, à Bouplines.
- Berlin, conservateur des musées de Lille.
- Kolb, chimiste-ingénieur, directeur de la maison Kulman, à Lille.
- Lagache (Julien), industriel, membre de la chambre- de commerce, maire de Roubaix.
- Le Blan (J.), membre de la chambre de commerce, manufacturier, à Lille.
- Legrand (Géry), maire de Lille.
- Lehoucq, ancien fabricant, conseiller général, adjoint au maire de Tourcoing.
- Lemahieu (Ignace), filateur à Quesnoy-sur-Deûle.
- Lotthe, publiciste, conseiller municipal à Lille.
- Mahieu (Alfred), fabricant de toiles à Hal-lain.
- Mariage, conseiller général, négociant à Lille.
- Masure-Six, fabricant de tapis à Tourcoing.
- Mathelin, ingénieur, directeur de l’usine de Fives-Lille.
- Mathias, président de la société industrielle du Nord de la France à Lille.
- Motte (Alfred), teinturier à Roubaix.
- Pichon, ingénieur, associé-gérant de la maison Meunier, à Lille.
- Potié, agriculteur à Haubourdin.
- Pouchain (Victor), manufacturier, maire d’Armentières.
- Rigault, filateur, adjoint au maire de Lille.
- Ryo-Catteau (Alphonse), constructeur à Roubaix.
- Saint-Léger (Julien), fabricant de linge de table à Wervicq-sud.
- Sasselange, négociant en laine, adjoint au maire de Tourcoing.
- Scrépel, ancien industriel à Roubaix.
- Soubeyran, ingénieur des mines, directeur de l’institut industriel à Lille.
- Telliez (René), président de la société des agriculteurs du Nord, à Lille.
- Testelin, sénateur, président du conseil général à Lille.
- Thiriez (Alph.), membre de la chambre de commerce, manufacturier à Lille.
- Tiberghien (Ch.) peignage, tissage et filature de laine, à Tourcoing.
- Villard, manufacturier, à Armentières.
- Vinchon, membre de la chambre de- commerce, industriel à Roubaix.
- Viollette, doyen.de la faculté des sciences, adjoint au maire de Lille.
- Wallaert (Auguste), filateur à Lille.
- Sous-comité de l’arrondissement d’Avesnes
- Saulfort, conseiller général, président de la chambre consultative des arts et manufactures d’Avesnes.
- Belin (Charles), filateur, président de la société lainière, à Fourmies.
- Bernier (Charles), agent industriel, maire à Fourmies.
- Boulangé, agriculteur, conseiller général du Nord, à Salesches.
- Boulet, filateur, conseiller d’arrondissement à Anor.
- Boussus, manufacturier, conseiller général, à Wignehies. ‘ ’
- Carlier (Achille), négociant, conseiller d’arrondissement au Quesnoy.
- Clavon (Louis), maître'de verreries à Tré-
- lon. ’
- Deschamps (Georges), tanneur, conseiller d’arrondissement à Solre-Château.
- p.498 - vue 52/496
-
-
-
- Troisième Année. — N° iio.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 6 Février 1887. — 499.
- MM. Delattre, constructeur, à Ferrière-la-Grande.
- Demoulin, docteur en médecine, conseiller d’arrondissement à Landrecies.
- Dubois (Louis), ingénieur civil à Mau-beuge.
- Dubois (Edouard), publiciste, président de la Société de géographie de l’arrondissement d’Avesnes.
- Dumont (Victor), fabricant de fers a cheval à Louvroil.
- Flament (Eugène), filateur, maire à Aves-nelles.
- Henry, directeur de l'usine des produits chimiques, à Hautmont.
- Herbecq, notaire, conseiller d’arrondissement, à Maubeuge.
- Hiroux (Jules), filateur, agriculteur, conseiller général, à Sains-du-Nord.
- Imbert (Henri), maître de verreries, à Sars-Poteries.
- Lecomte (Maxime), avocat, membre de la société des agriculteurs du Nord, à Avesnes.
- Legrand (Célestin), tanneur à Solre-le-Châ-teau.
- Legrand (Ernest), avocat, vice-président du conseil général du Nord, président de la société d’agriculture de l’arrondissement d’Avesnes, à Avesnes.
- Lenglet, médecin, président du conseil d’arrondissement, à Englefontaine.
- Lesaffre (Ernest), maître de forges, secrétaire du comité des forges du Nord, à Ferrière-la-Grande.
- Motte, négociant, maire de Trélon.
- Pecquériaux (Paul), filateur, secrétaire de la chambre consultative des arts et manufactures, à Avesnelles.
- Pesant (Charles), fondeur mécanicien, à Maubeuge.
- Pigé (Louis) fils, ingénieur civil, filateur à Hautmont.
- Sandrart (Hector), négociant en laines, à Sains-du-Nord.
- de Schryver, constructeur de ponts et charpentes, à Hautmont.
- Staincq (Alphonse), filateur à Fourmies.
- Vauthier, directeur de la manufacture de glaces, à Recquignies.
- 3° Sous-comité de Y arrondissement de Cambrai
- MM. le président du tribunal de commerce de Cambrai.
- le président de la chambre de commerce de Cambrai.
- le président du conseil des prud’hommes de Cambrai.
- Bernard, agriculteur et fabricant de sucre à Aubencheul-aù-Bac, membre de la société des agriculteurs du Nord.
- Bertrand (Alfred), manufacturier à Cambrai.
- Bertrand (Edmond), manufacturier à Cambrai , membre de la chambre de commerce.
- Brabant, manufacturier à Cambrai, membre de la chambre de commerce.
- Cornaille (Georges), négociant à Cambrai, membre de la chambre de commerce.
- Desmoutiers (Alexandre), agriculteur à Varicelles.
- Doise, rédacteur en chef du Libéral à Cambrai.
- Durieux, archéologue, ancien professeur, membre de la Société d’émulation de Cambrai.
- Galland-Ruskone, ancien fabricant, maire de Cambrai.
- Hallette, fabricant de sucre, au Cateau, membre de la chambre de commerce.
- Larivière, fabricant de sucre, à Escau-dœuvres:
- Leconte (Achille) , manufacturier à Mar-coing.
- Loze, ancien fabricant, maire du Cateau.
- Macarez, agriculteur à Saint-Python, vice-président de la société des agriculteurs du Nord.
- Mallez (Paul),fabricant d’huiles à Cambrai, secrétaire de la chambre de commerce.
- Ménard (Henri),fabricant de batiste à Cambrai .
- Michaux, manufacturier à Beauvais.
- Millet-Bricout, agriculteur à Bantouzelles.
- Petit, brasseur à Solesmes.
- Ramette, fabricant de chicorée à Cambrai.
- Sauvé, manufacturier à Caudry.
- Seydoux, manufacturier au Cateau, membre du conseil supérieur du commerce et de l’industrie.
- Tilmant, fabricant de tulles à Caudry.
- Tofflin, fabricant de tulles à Caudry.
- Tribou, agriculteur à Hem-Lenglet, président du comice agricole de l’arrondissement de Cambrai.
- Valiez, agriculteur à Biastre, membre de la chambre consultative d’agriculture.
- 4® Sous-comité de Varrondissement de Douai
- MM. le président de la chambre de commerce de Douai.
- le président du conseil de prud’hommes de Douai.
- Bernard, conseiller général, président de la société d’agriculture de Douai.
- Brun, directeur des mines de l’Escarpelle.
- Cirier, conseiller général , secrétaire du conseil d’administration de l’Escarpelle.
- Couppé, agriculteur-industriel à Férin.
- Desmaisons, industriel à Archies.
- Farez, industriel à Douai.
- Hanotte-Goube, industriel à Douai.
- Hayez, maître de verreries à Aniches.
- Houssin, artiste-sculpteur à Douai.
- Hubert, maître de verreries à Marchiennes.
- Laffaille, publiciste à Douai.
- Maroniez, industriel à Montigny.
- Merlin, sénateur, maire à Douai.
- Miroux, agriculteur industriel à Cantin.
- Nolen, recteur, président de la société de géographie.
- Raison, directeur des fours à coke de Do-rignies.
- Renard, conseiller d’arrondissement, maire à Sin-le-Noble.
- Richez, inspecteur primaire à Douai.
- Simon (Jules), agriculteur à Auchy.
- Simon - Legrand, agriculteur et maire à Auchy.
- Sourd, maître de verreries à Somain.
- Trannin, agriculteur et industriel à Lam-bres, président du conseil d’arrondissement.
- Viltart, agriculteur industriel à Lécluse.
- Vuillemin, directeur des mines d’Aniches, président du comité des houillères du Nord et du Pas-de-Calais.
- 5° Sous-comité de l’arrondissement de Dunkerque
- MM. le président du tribunal de commerce de Dunkerque.
- le président de la chambre (de commerce de Dunkerque.
- Beirnaert (Emile), malteur, conseiller d’arrondissement à Bergues.
- Claeys (L.), brasseur, président du comice agricole de Bergues.
- Clère (P.), industriel, raffineur de pétrole à Coudekerque-Branche.
- Collet (Ch.), négociant, membre de la chambre de commerce à Dunkerque.
- Collette, distillateur aux Moères françaises.
- Dantu (Daniel), distillateur à Steene.
- Dardenne, ancien membre du conseil des prud’hommes à Dunkerque.
- Decoster (G.), négociant, juge au tribunal de commerce à Dunkerque.
- Dickson, filateur à Coudekerque-Branche.
- Deuriau (F.), docteur en médecine, président du conseil d’arrondissement, président de la société des lettres et des arts à Dunkerque.
- Duriez (Ed.), conseiller général, distillateur à Bourbourg-Campagne.
- Gaspard (A), propriétaire, docteur en droit, vice-président de la société d’agriculture de Dunkerque, à Dunkerque.
- Grisez, filateur à Dunkerque.
- Kerbart (L.), agent des compagnies d’assurances maritimes, membre de la chambre de commerce de Dunkerque.
- Hertfort (P.), contre-maître menuisier à Dunkerque.
- Hubert-Legaigneur, propriétaire, président de la société d’agriculture de Bourbourg, à Bourbourg.
- Josse Marchand, fabricant d’huiles à Dunkerque.
- Kyd (David), avocat, conseiller général, maire de Dunkerque,
- Maegherman , agriculteur, membre delà chambre consultative d’agriculture à Grande-Synthe.
- Stevenoot, agriculteur à Armbouts-Cappel.
- Trystram (Jean-Baptiste), député, conseiller général, président honoraire de la chambre de commerce de Dunkerque.
- Trystram (Jean) à Dunkerque.
- Vancauwenberghe-Bellenger (D), armateur constructeur de navires, membre de la chambre de commerce à Dunkerque.
- Vancauwenberghe (G.), filateur, conseiller d’arrondissement à Saint - Pol-lez-Dun-kerque.
- Vandenbroucque (Benjamin) , brasseur et malteur à Bourbourg.
- Vandenbroucque (Victor), brasseur à Bourbourg.
- 6° Sous-comité de Varrondissement d’Hazebrouck
- MM. le président du conseil de prud’hommes d’Hazebrouck.
- Benoist (Constant), contre-maître dans un tissage mécanique à Hazebrouck. <
- Borteel (André), contre-maître dans un tissage mécanique à Hazebrouck.
- MM. Chavatfe (Emile), contre-maître dans un tissage mécanique à Hazebrouck.
- Costenoble, cultivateur à Morbecque.
- Dehaene (Emile), brasseur à Saint-Sylves-tre-Cappel.
- Delerue (Charles), corroyeur à Hazebrouck,
- Dufour (Louis, père), marchand de houblons à Stenvoorde.
- Dutoict, industriel à Sercus.
- Ernout-Gisquière, scierie mécanique à Mer-ville.
- Fenart-Bossu, négociant à Estaires.
- Grillet-Desante, corroyeur à Merville.
- Hié (Emile), maire, fabricant de toiles à Bailleul.
- Leconte (Paul), industriel à Estaires.
- Margerie du Metz, président de la société d’agriculture d’Hazebrouck.
- de Palmart (Louis), propriétaire à Ebblin-ghem.
- Plancke (Henri), fabricant de toiles, à Hazebrouck.
- Pruvoât Delos, fondeur à Merville.
- Quilliot (Jules), marchand de beurre à Mé-teren.
- Singer-Donze, négociant à Estaives.
- Tersen (Gustave), fabricant de toiles, à Hazebrouck.
- 7° Sous-comité de l’arrondissement de Valenciennes
- MM. le président delà chambre de commerce de Valenciennes.
- le président du tribunal de commerce de Valenciennes.
- le président du conseil de prud’hommes de Valenciennes.
- Bertèche, chimiste à Valenciennes.
- Boucher, brasseur, conseiller municipal à
- . Valenciennes.
- de Carpentier, conseiller général, banquier à Valenciennes.
- Cerullet, fabricant de sucre, président de la chambre d’agriculture d’Haspres.
- Dassonvilie, conseiller général, agriculteur à Préseau.
- Davaine (Jonathan), agriculteur, adjoint au maire de Saint-Amand.
- Debiève, fabricant de pilons à Marly.
- Dècle (Julien), banquier, président du conseil académique de Valenciennes.
- Dervaux , conseiller général , maître de forges à Vieux-Condé.
- Guary, directeur général des. mines d’An-zin.
- Hamoir (Gustave), agriculteur, maire de Saultain.
- Jubeau, ingénieur, directeur des ateliers Cail et Cie à Denain.
- Lepez, publiciste, conseiller d’arrondissement. maire de Rajsmes.
- Macarez, agriculteur, maire d’Haulchin.
- Martelet, directeur général des forges et hauts fourneaux d’Anzin et de Denain.
- Nautz, négociant, consul de Belgique à Valenciennes.
- Pesier (Edmond), chimiste, vice-président de la société d’agriculture, vice-président du conseil d’hygiène de Valenciennes.
- Pesier (Paul), industriel, vice-président de la chambre de commerce de Valenciennes.
- Pillez, ingénieur, directeur des mines de Vicoigne à Raismes.
- de Quillacq, industriel à Anzin.
- Raverdy, constructeur de bateaux,président du syndicat de la maripe du Nord, à Condé.
- Sautteau, avocat, adjoint au maire de Valenciennes, membre du conseil académique -de Valenciennes.
- Sirot (César), maître de forges, à Trith-Saint-Léger.
- Sirot (Jules), conseiller général, maître de forges à Saint-Amand.
- Tirode, ingénieur, directeur des mines de Thivencelles et Fresney-Midi, à Fresnes.
- Wagret, maître de verreries, à Escaupont.
- Weil (Emile), imprimeur sur tissus, membre de la chambre de commerce de Valenciennes à Marly.
- ----------------
- COMITÉ DÉPARTEMENTAL
- DES DEUX-SÈVRES
- Par arrêté en date du 24 janvier 1887, le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition de 1889, a constitué comme suit, le comité départemental des Deux-Sèvres :
- i° Sous-comité de /’arrondissement de Niort
- MM. de la Porte, député, sous-secrétaire d’Etat au ministère de la marine et des colonies, président du conseil général.
- p.499 - vue 53/496
-
-
-
- 5oo, — Troisième Année. — N° no.
- LE MONITEURDE L’EXPOSITION DE 1SS0
- Dimanche 6 Février 1SS7.
- MM. Georges Richard, député.
- Antonin Proust, député.
- Baugier, conseiller général.
- Bernard, minotier, conseiller municipal à Mauzé.
- Blain, fabricant de chapeaux à Saint-Maixent.
- Bonnet, conseiller général à Saint-Maixent.
- Bounault (Prosper), entrepreneur, membre du tribunal de commerce de Niort.
- Breuillac, président de la chambre consultative des arts et manufactures de Niort.
- Caroit, maire de Frontenay-Rohan-Rohan, conseiller d’arrondissement.
- Coirier, conseiller général au Vanneau.
- Charrier, brassier à Niort.
- Dahair aîné, horticulteur à Niort.
- Dallemagne , fabricant de bonneterie à Saint-Martin-de-Saint-Maixent.
- Desaivres, conseiller général, membre de la société de statistique des Deux-Sèvres.
- Epron,confiseurà Niort.
- Gril, fabricant de gants à Niort.
- Hays, conseiller général, président de la chambre consultative des arts et manufactures de Niort.
- Janvier, président du conseil des prud’hommes de Niort.
- Laydet, agriculteur, conseiller d’arrondissement à Prahecq.
- D1’ Jousselin, conseiller général à Mauze.
- Lavoix, fabricant de chaux, conseiller d’arrondissement à Coulanges.
- Léoud, président de la société de statistique des Deux-Sèvres.
- Leclerc, agent-voyer en chef.
- Lhomme, vice-président de la société d’agriculture à Magné.
- Marot, fabricant de trieurs à Niort.
- Martin-Bastard, maire de Niort.
- Mercier, imprimeur à Niort.
- Naslin, vice-président du comice agricole de Saint-Maixent.
- Noirot, président du tribunal de commerce de Niort.
- Proust, fabricant de crins frisésffi Niort.
- Robin-Médard, fabricant de liqueurs à Niort.
- Robert, professeur départemental d’agriculture.
- Rodier, fabricant d’huiles, membre du tribunal de commerce de Niort.
- Roullet, distillateur à Breloux.
- Sagot-Delphin, vice-président de la société centrale d’agriculture.
- Savin, ingénieur en chef des ponts et chaussées.
- Solinger, bijoutier à Niort.
- Velluet, artiste peintre à Niort.
- 20 Sous-comité de l’arrondissement de Parthenay
- MM. Emile Garran de Balzan, sénateur, président du comice agricole de Ménigoute.
- Eugène Proust, conseiller générai.
- Albert, président du comice agricole de Parthenay.
- Boreau, géologue à Parthenay.
- Brémaud (Armand), agriculteur à Saint-Généroux.
- Chevallereau, conseiller généralà Parthenay.
- Gaby (Stanislas), conseiller d’arrondissement, agriculteur à Coutières.
- Hubelin (Théodore), banquier à Parthenay.
- Jouneau, sculpteur, fabricant de poteries artistiques à Parthenay.
- Pougnault (Constant), industriel à Parthe-nay.
- Proust (Eugène), agriculteur à Mazières.
- Rabourdin, artiste peintre à Parthenay.
- Richard (Marcel), conseiller général, agriculteur à Saint-Louis de Marnes.
- Richard (Pascal), conseiller général, agriculteur à Thénezay.
- 3° Sous-comité de l’arrondissement de Melle MM. Giraud, député.
- Aymé-Léo, conseiller à la cour de Poitiers, vice-président du conseil général.
- docteur Sauze, vice-président du conseil général à la Mothe-Saint-Héraye.
- Brillouin (Georges), artiste peintre, à Saint-Martin-lès-Meile.
- Donizeau, mécanicien à Saint-Romans.
- Gardrat, directeur de la sucrerie de Melle.
- Gaud, cordonnier à Chef-Boutonne.
- Giraudias, notaire à La Mothe.
- Goiraud, conseiller général, président du comice agricole de l’arrondissement de Melle.
- Guillaud, conseiller général à Briouce.
- Jollet, filateur à La Mothe.
- Perrain (Th.), conseiller général à Chef-.Boutonne.
- Rougier, filateur à Salles.
- Sache, pharmacien à Melle.
- Vaury, propriétaire agriculteur, maire de Sainte-Blandine.
- 40 Sous-comité de l’arrondissement de Bressuire
- MM. le docteur Bergeon.
- Bernard, maire de Bressuire.
- Jouffrault, député , président du comice agricole de l’arrondissement de Bressuire.
- Brillaud (Anatole), secrétaire du comice agricole de Bressuire.
- Chabauty-Capon, industriel à Bressuire.
- Damelon, industriel aux Aubiers.
- Durivault, propriétaire agriculteur à la. Fo-rêt-sur-Sèvre.
- Garsuault, industriel àThouars.
- Gorry-Bouteau, propriétaire à Thouars, membre de la société d’acclimatation.
- Grémillon, négociant à Argentan-Château.
- Jarry, industriel aux Aubiers.
- Leclerc, maire de Thouars.
- Martineau (Paul), industriel à Bressuire.
- Mousset, conseiller général à Saint-Varent.
- Proquin-Chabauty,'industriel à Bressuire.
- Primault, propriétaire agriculteur à Saint-Varent.
- Proust (Alfred), propriétaire agriculteur, maire de Saint-André-sur-Sèvre.
- Roboam, propriétaire agriculteur, maire de Montigny.
- LE MÉTROPOLITAIN DE BERLIN
- Au moment où l’on parle plus que jamais du chemin de fer parisien, il est peut-être intéressant de donner quelques indications précises sur l’arme de défense des Allemands.
- Pour cela, je n’ai eu la peine que de puiser dans la brochure si intéressante et si complète de MM. Paul Gaudin et Jean Zuber, deux ingénieurs dont la compétence est bien connue.
- Lorsque le gouvernement fut [maître de toutes les voies ferrées convergeant sur Berlin, avant de construire le métropolitain, il envoya des commissions à Londres, à New-York et à Vienne pour se rendre compte des résultats obtenus et des projets en cours d’exécution. Les études établirent qu’un métropolitain devrait, avant tout, servir au trafic-voyageurs et que le but à atteindre consistait à relier aussi intimement que possible les faubourgs et la banlieue aux quartiers centraux de la ville.
- C’est ce que j’ai toujours dit moi-même à propos de Paris ; si l’on veut absolument faire un métropolitain, il doit être excentrique et non pas concentrique car, au point de vue commercial, les deux ceintures ici suffisent parfaitement.
- Lorsque l’Etat prussien, dit M. Gaudin, a' pris en mains la construction de la stadtbahn et en a défini les conditions d’exploitation, il n’a pas eu comme but principal de remplacer quelques tramways suffisant très bien au trafic local des quartiers moyennement intéressants, il a visé plus haut : il a voulu relier complètement les lignes de l’est avec toutes les directions de l’ouest pour donner à une mobilisation éventuelle l’assurance absolue du succès.
- Ceci définit parfaitement le métropolitain berlinois qui est avant tout une voie stratégique, les voyageurs et le commerce ne viennent qu’ensuite dans les préoccupations gouvernementales.
- Berlin n’a pas une grande ceinture comme Paris, mais elle a une ceinture un peu plus grande que la nôtre et qui l’est d’autant plus que Berlin possède une population inférieure d’un million à la nôtre. Du reste, les lignes transversales plus loin suffisent parfaitement aux besoins du commerce général.
- La tingbahn présente, sous ses ramifications, un développement de '36 kilomètres environ, tandis que la petite ceinture de Paris mesure 3i kilomètres 3.
- La Prusse peut maintenant subitement déplacer vers l’ouest, c’est-à dire vers la France ou la Hollande, les 4 1/2 corps d’armée de l’est de Berlin et leur faire traverser la capitale sans rompre charge et sans rebroussement, aussi aisément que s’il s’agissait de la plus petite station de l’empire.
- N’est-il pas à ce sujet intéressant de rappeler ce que disait la National Zeitung le 7 février 1882 au moment de l’inauguration :
- «.... Le métropolitain qui sert de trait d’union
- entre le nord-est et le sud-est, avec le nord, le sud et l’ouest, est avant tout d’une très grande importance au point de vue stratégique. Il est curieux d’observer combien Berlin différé en cela de Paris. De l’investissement et de la prise de la capitale de la France par les Allemands, les hommes de guerre français ont tiré comme conclusion que les fortifications de Paris n’étaient ni suffisantes, ni assez étendues. Pendant les dix années qui viennent de s’écouler, ils ont entouré
- leur capitale d’une ceinture d’ouvrages, dont l’efficacité en cas de siège est bien douteuse, si l’on considère son développement insensé. Voilà donc Paris, tant par crainte que par bravade, qui se retranche et se muraille : c’est la défense avant tout qu’on y envisage. En Prusse, au contraire, toutes les forces dont dispose l’Etat prussien sont employées à donner à l’empire une force offensive formidable, et cela par la création du métropolitain. Les autorités militaires compétentes affirment que la réunion des réseaux aboutissant à Berlin diminue de toute une journée la durée de la mobilisation et de la concentration de nos armées. »
- La dernière phrase tout entière est soulignée. Exagération ou non, cela mérite cependant d’être retenu. Puis l’aimable gazette continue ainsi:
- « C’est peut-être une exagération, il n’en est pas moins vrai qu’au moment critique, alors que les heures, les minutes même peuvent faire basculer la balance, toute accélération présente un avantage incalculable. Or, il est manifeste que la mobilisation actuelle est notablement plus rapide qu’avant la création du métropolitain. Toutefois, la puissance offensive de l’Allemagne ne doit effrayer personne. Si nous sommes aujourd’hui, encore mieux qu’hier, en mesure de soutenir une guerre à la fois dans l’Est et dans l’Ouest, les sentiments du peuple allemand et de ses chefs sont là pour garantir que notre action n’agira jamais dans la balance que pour le maintien de la paix. La gare métropolitaine de la Friedrischstrasse est maintenant un centre important de la force de l’Allemagne et de la Prusse. Si l’on considère le faisceau de lignes qui s’en échappent, on conçoit de combien de foudres Jupiter tonnant peut accabler et la droite et la gauche.
- C’est au feld-maréchal de Moltke, c’est à l’appui si puissant de sa parole, que nous devons de pouvoir saluer aujourd’hui l’inauguration de notre chemin de fer métropolitain.___ »
- Inutile, n’est-ce pas, d’ajouter que l’ennemi de gauche c’est YErbfeind, l’ennemi héréditaire, c’est-à-dire la France.
- Deux choses ressortent très nettement de ces lignes déjà vieilles de cinq ans, c’est que le métropolitain de Berlin peut à un moment donné être une arme redoutable contre nous ; ensuite, au milieu de toutes ces fanfaronnades,'c’est que le cauchemar héréditaire de la Prusse, on. pourrait dire, c’est la Russie ; on crie très fort contre la France pour dissimuler sa peur du colosse du Nord.
- Il nous a semblé nécessaire, pour mieux définir la ligne, de faire intervenir les considérations d’ordre stratégiquequFprécèdent, parce que l’idée qui découle de l’étude générale, est que les nécessités du trafic de Berlin étaient encore loin de réclamer un appareil d’exploitation aussi formidable.
- Il n’est donc pas utile d’insister sur l’importance commerciale de la stadtbahn.
- Les auteurs de la brochure, MM. Gaudin et Zuber, ont absolument raison, cependant si nous, nous avions fait des raccordements faciles il y a trente ans, nous ne serions pas acculés aujourd’hui à faire des dépenses fantastiques.
- Il ne faut pas oublier que le métropolitain de Berlin n’est pas circulaire, mais bien un grand coup de sabre à travers la ville, c’est là ce qui constitue sa supériorité et son utilité à tous les points de vue.
- Précisément dans mon prochain article je parlerai rapidement du tracé et de la construction, la chose est assez importante pour nous pour que nous prenions la peine de l’étudier avec soin, avant de nous embarquer dans une entreprise grosse de dépenses et de surprises.
- (A suivre.)
- Paul Vibert.
- EXPOSITION INTERNATIONALE
- DE TOULOUSE
- Nous avons publié il y a quelques mois le règlement général et la classification générale de l’Exposition de Toulouse.
- Nos lecteurs trouveront encarté dans le présent numéro un plan en couleur qui permettra de saisir d’un coup d’œil l’importance de l’entreprise. L’Exposition occupe l’ensemble des promenades publiques de la ville, c’est-à-dire le
- p.500 - vue 54/496
-
-
-
- Troisième Année, — N° iio.
- Jardin des plantes, un des plus beaux de France, et le Grand-Rond, remarquable par ses plantations séculaires et les avenues qui rayonnent autour de lui. L'entrée principale de l’Exposition est immédiatement voisine de la préfecture et de la cathédrale, par conséquent au centre même de Toulouse. Un kilomètre à peine la sépare des gares de voyageurs et de marchandises. dites de Matabiau. qui sont les principales de la ville.
- La façade de l’entrée, dont nous publierons la \me dans un prochain numéro, est l’œu\rre d’un Toulousain, grand prix de Rome. M. Esquié. Elle atteint des proportions monumentales et ses tours polychromes n’ont pas moins de 40 mètres de hauteur.
- La galerie de l’industrie qui couvre toutes les allées Saint-Etienne (400 mètres de long sur 40 de large), a trois nefs. Celle du millieu s’élève à 18 mètres de hauteur. On s’accorde à louer cet immense vaisseau. La charpente est terminée depuis quelques jours et le resté de la construction est très avancé.
- Disons à ce propos que tous les bâtiments de l’Exposition seront prêts aux époques fixées par le comité administratif et que rien ne retardera l’ou\Terture ( 15 mai).
- Dans la galerie de l’industrie, les produits exposés seront classés méthodiquement. Il n’y aura d’exception que pour certaines séries que l’on pouvait déclasser sans inconvénients pour les faire contribuer à la décoration générale. C’est ainsi que les envois officiels français et étrangers seront groupés au centre de la galerie, autour du bassin figuré sur le plan. C’est là que l’on trouvera les produits des manufactures de l’Etat, par exemple les admirables tapisseries des Gobelins destinées au foyer de l’Opéra.
- Sur ce point central seront également les orgues et certains instruments de musique. Le public y pourra stationner au milieu de beaux massifs de plantes ornementales.
- La galerie des machines et la galerie du tra-vail s’étendent à côté de la galerie de l’industrie. On remarquera dans la galerie du travail de nombreux ateliers en activité, et l’exposition spéciale du gaz et de l’électricité.
- La promenade dite le Grand-Rond contient le kiosque de l’orchestre qui se fera entendre tous les après-midi et tous les soirs. Toulouse possède dans son grand théâtre un orchestre renommé dont les artistes vont ordinairement, chaque été, constituer les premiers sujets des orchestres des principales villes d’eau françaises, de Luchon à Vichy, et de Royan à Aix. Toulouse s’est imposé des sacrifices exceptionnels pour les conserver cette année. En outre, le comité exécutif se préoccupe des concerts exceptionnels qu’elle organisera avec le concours de certaines musiques militaires et sociétés d’harmonie françaises et espagnoles.
- Dans le Grand-Rond, le public trouvera les cafés-restaurants, le pavillon de la presse et quelques autres d’un ordre tout particulier, tels que ceux de la société de secours aux blessés et de la société des femmes de France.
- Le soir, les différents systèmes de lumière électrique seront simultanément employés afin qu’on puisse les comparer et les juger. Un bon nombre de villes du Midi attendent le résultat de ces 'expériences pour mettre en pratique ce mode d’éclairage.
- Le jardin des plantes, transformé en parc de l’exposition, offrira aux visiteurs le plus grand intérêt. Ils y rencontreront les expositions horticoles et agricoles, l’exposition spéciale de viticulture, la galerie des machines agricoles et ses nombreuses annexes pour les concours temporaires qui se succéderont pendant toute la durée de l’Exposition sous les beaux arbres de la Grande-Allée, au delà des limites du plan ci-joint.
- Ailleurs, seront les chalets des établissements et villes d’eau des Pyrénées. Des jeunes filles revêtues des costumes locaux y \-endront les produits particuliers des A'allées principales.
- Dans le superbe bâtiment que la ville vient
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- de construire pour loger sa faculté des sciences, seront installés les beaux-arts, l’art rétrospectif et l’exposition spéciale des Pyrénées. Comme les œuvres d’art exigent un jour excellent, le comité a fait couvrir deux vastes cours de cette construction et les a transformées en galeries qui ne laisseront rien à désirer au point de vue de la j lumière et de la décoration. Cette exposition-des beaux-arts est organisée avec le concours de M. de Dramard. président de la société fran çaise des amis des arts. Les exposants dans tous les groupes auront toutes les facilités pour transporter en temps utile à l’Exposition de Barcelone leurs œuvres ou leurs produits.
- Nous ne pouvons indiquer dans cet article la série des fêtes, concours et congrès que la ville et le comité administratif organisent pour toute la durée de l’Exposition. On s’est assuré de l’appui de nos divers ministères, et nous pointons dire déjà que le concours des orphéons et musiques et celui de tir auront une importance exceptionnelle.
- Ajoutons en terminant que l’association française pour l’avancement des sciences tiendra à Toulouse sa XVIe session, du 22 au 29 septembre.
- La ville de Toulouse a mis i5o,ooo francs à la disposition du comité administratif de direction dont \mici la composition :
- Président déhonneur : M. Kohn, O éfc, préfet de la Haute-Garonne.
- Président : M. Sirven, éfc, maire de Toulouse, manufacturier, membre de la chambre de commerce.
- Vice-président : M. Vidlaot, ingénieur en chef des ponts et chaussées.
- Secrétaire-général : M. Emile Cartaillac, O t|, conseiller municipal.
- Trésorier : M. le docteur Jeanbernat, conseiller municipal.
- M. Roques, ingénieur principal aux chemins de fer du Midi.
- M. Girard, industriel.
- M. le docteur Besancelle, conseiller municipal.
- Commissaire délégué: M. Nieuwenhuyzen, qr ingénieur de la section française à l’Exposition d’Anvers, ingénieur-directeur de la mécanique à l’exposition des sciences et des arts industriels, Palais de l’Industrie, Paris, 1886.
- Les personnes qui désirent des renseignements ou erwoyer leurs demandes d’admission jusqu’au i5 mars, doivent s’adresser au maire de Toulouse, bureau de l'Exposition.
- LE CONCOURS AGRICOLE
- DE PARIS
- Le concours géneTal agricole a été ouvert hier par l’exposition des machines. Installée comme tous les ans derrière le Palais de l’Industrie, cette Exposition s’étend de l’avenue d’Antin jusqu’à l’extrémité du cours la Reine, englobant le jardin de Paris et le pavillon de la Ville, transformé en une salle réservée aux instruments et aux machines qui craignent l’humidité.
- Dehors sont rangées des milliers de locomobiles, de charrues, de faucheuses, etc.
- L/ouverture du concours proprement dit n’aura lieu que samedi matin, 5 février.
- On y comptera, cette année, 288 taureaux 106 béliers et 22 verrats. Les vaches laitières seront au nombre de 141, sans compter 11 lots de 5 vaches présentées en bande.
- La volaille sera représentée à ce concours par les oies, les canards, pigeons, lapins et léporides, formant 982 lots.
- Après l’exposition des animaux reproducteurs viendra le concours des animaux gras et des produits agricoles qui sera ouvert le 12 février.
- Les bœufs seront exposés au nombre de 279, plus dix-neuf bandes de quatre à cinq bœufs chacune.
- Pour la race ovine, on compte 98 moutons, plus huit lots formant des bandes.
- La race porcine, représentée par io3 animaux, doit, en outre, fournir vingt-huit bandes.
- Les coqs, les poules et les pintades représentent les animaux de basse-cour dans le second concours.
- Il y a en tout 971 lots.
- Dimanche 6 Février 1SS7. — 001.
- Enfin le concours est complété par 871 lots de volailles grasses, 56o de fromages, 007 pour leg beurres et 7,082 de produits agricoles, sans compte^ l’exposition annexe et toujours fort intéressante des musées scolaires.
- Le concours sera clos le 17 février.
- ÉCHOS
- Paris
- La Société de l’Union des arts décoratifs avait résolu de ne plus organiser d’Exposition, avant la grande manifestation de 1881).
- Par suite de cette décision, l’Exposition triennale, qui devait avoir lieu l’année dernière, avait été abandonnée. Mais dans la réunion que nous annoncions il y a quelque temps, le conseil d’administration, revenant sur ses décisions antérieures a décidé de faire cette année même, au Palais de l’Industrie, du mois d’août à lin novembre, une nouvelle Exposition. Elle sera digne des précédentes, qui ont été si goûtées et appréciées du public.
- Elle offrira cet intérêt particulier, qu’au lieu de s’appliquer à telle ou telle classe spéciale, le fer, le cuivre, le verre ou le meuble, elle formera en quelque sorte une Exposition d’ensemble s’appliquant aux objets les plus Avariés.
- L’art rétrospectif proprement dit n’occupera, même dans cette Exposition, qu’une place relativement peu importante. Cette section se composera des précieuses collections exposées actuellement dans le musée de la Société, au premier étage du palais de l’Industrie, et de trois nouvelles salles à installer et qui seront attenantes à celles du musée.'
- L’Union des Arts Décoratifs commencera ses installations immédiatement après le Salon, c’est-à-dire vers le 12 juillet. D’ouverture de sa nouvelle Exposition pourra avoir lieu vers le 15 août.
- *
- Y Y
- M. F. A. Bridgman, l’artiste américain bien connu, est chargé de la sélection des œuvres envoyées de Paris à la section artistique de l'Exposition américaine. (Londres 2 mai 1887).
- Y Y
- ETRANGER
- Allemagne
- Une Exposition agricole d’une grande importance aura lieu dans le courant de l’année à Francfort-sur le-Mein. Elle est due à l’initiative des agriculteurs allemands.
- *
- Y Y
- La cinquième Exposition d’oiseaux de la Société « Omis » a eu lieu à Berlin du 21 au 25 jamûer.
- Y Y
- Angleterre
- L’Exposition de bicycles, tricycles et accessoires, organisée au Royal Aquarium de Londres, sous le nom de Stanley Show, est cette année fort intéressante, comme par le passé.
- A signaler parmi les futures attractions de l’Exposition Américaine une élégante villa, tout en paille, à deux étages, et couvrant un espace de 42 pieds sur 50. Actuellement en construction à Philadelphie, elle est composée depuis les fondations jusqu’à la toiture,' extérieurement et intérieurement, de matériaux incombustibles et manufacturés avec de la paille. Cette villa sera consacrée au Philadelphie commercial, financier et industriel et réunira toutes les photographies de ses banques, compagnies d’assurances, écoles, manufactures, etc.
- *
- Y Y
- Autriche - Hongrie
- Une Exposition intéressante d’objets artistiques de la Serbie a lieu actuellement à Vienne, dans une des salles du Musée Autrichien.
- *
- Y Y
- Le jury de l’Exposition des travaux d’art graphique de Vienne a décerné un certain nombre de récompenses, parmi lesquelles nous relevons : Une médaille d’-orà Robert Hoskin de NeAv-York, pour ses gravures sur bois ; un diplôme d’honneur à MM. Boussod, Valadon et Cie pour leurs photogravures. ,
- *
- * *
- Belgique
- Nous lisons dans le Moniteur industriel :
- Un musée commercial, industriel et ethnographique vient d’être installé a Anvers, dans le joli pavillon du_ Cambodge, dont le gouArernement français a fait cadeau à la ville, après l’exposition universelle de 1885. A ce musée est joint un
- p.501 - vue 55/496
-
-
-
- 5o2. — Troisième Année. — N° iio.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE i8Sq.
- Dimanche 6 Février 1887.
- bureau de renseignements où les industriels peuvent déposer leurs catalogues, tarifs, prix courant, etc. ; on pourra se procurer sans frais toutes les informations concernant le mode d’emballage, les frais de transport, les tarifs douaniers, etc. Les emplacements sont concédés gratuitement. Les objets fragiles seront exposés dans des armoires vitrées ou dans tout meuble approprié fourni par l’intéressé. Un compartiment spécial est réservé aux produits d’importation et d’exportation de l’Etat libre du Congo. Les commerçants et industriels qui désirent voir figurer leurs articles dans cette exposition permanente, doivent s’adresser au secrétariat du Musée commercial, à Anvers.
- •k
- ¥ ¥
- Il est question d’organiser cette année une Exposition ouvrière à La Rouvière. Elle serait ouverte du 9 juin au mois d’octobre.
- Cette Exposition comprendra tout ce qui touche au bien-être, à l’hygiène, à la sécurité des classes laborieuses ; elle accueillera toutes les améliorations à apporter aux ménages d’ouvriers, à l’éducation des enfants, aux repas, aux vêtements, aux habitations; les perfectionnements dans l’outillage, dans la disposition des ateliers ; les inventions nouvelles qui sauvegardent la vie des travailleurs ou tendent à diminuer les périls que leur métier les obligent à affronter.
- C’est l’administration communale de La Lou-vière qui a pris l’initiative de ce projet qui mérite d’être appuyé par tout le monde. L’idée a rencontré de nombreuses sympathies auprès des principaux industriels du pays. Ajoutons que le plan général a été approuvé par M. Emile de Laveleye, le savant économiste.
- Le choix de La Louvière pour pareille exposition se justifie d’ailleurs très bien, cette commune étant située au milieu d’établissements industriels nombreux et variés, tels que : verreries, hauts-fourneaux, charbonnages, .faïenceries, ateliers de construction, laminoirs, etc. D’autre part, le local est déjà tout trouvé : 011 installerait les galeries dans les vastes salles qui ont servi l’année dernière à l’exposition agricole et horticole.
- Pour peu que la province et l’Etat veuillent bien accorder leur concours effectif à l’entreprise, celle-ci a toutes les chances de réussite. Ce sera la première Exposition de ce genre qui aura été organisée en Belgique. L’œuvre humanitaire que l’on se propose de réaliser aura certainement un caractère sérieux et utile incontestable, et nous lui souhaitons sincèrement tout le succès qu’elle mérite.
- *
- * ¥
- Nous avons dit que Bruxelles aurait, l’année prochaine, sous le titre de « Grand Concours International des Sciences et de l’Industrie, » une série d’expositions spéciales. Il convient de signaler, entre autres, une Exposition d’importation et d’exportation, qui sera divisée en cinq sections, formant un total de quinze groupes. Des conférences y seront faites.
- *
- * 4
- États-Unis
- Lors de la fermeture de l’Exposition de la Nouvelle-Orléans, un certain nombre de toiles et oeuvres d’art, envoyées par des artistes français, sont restées dans les entrepôts de la douane américaine, d’où elles ne peuvent être retirées qu’après acquittement des droits de magasinage. A la suite d’une démarche que les artistes intéressés ont faite auprès de lui, démarche que M. de Freycinet a appuyée officieusement, le .ministre des Etats-Unis à Paris a appelé l’attention de son gouvernement sur la situation fâcheuse que subissent ces messieurs et a demandé que l’administration américaine fît toutes les concessions possibles pour les aider à en sortir. Bien que l’Exposition de la Nouvelle-Orléans fût une entreprise particulière, le gouvernement des Etats-Unis a pris en considération la demande de M. Mac-Lane, et le secrétaire du Trésor a donné les instructions nécessaires pour que toutes les facilités et dispenses que la loi permet d’accorder fussent données aux' artistes français dont les intérêts se trouvent si malheureusement compromis dans les résultats de l’Exposition de la Nouvelle-Orléans. M. Mac-Lane vient d’aviser M. Flourens des bonnes dispositions de la Trésorerie américaine.
- *
- ¥ ¥
- Les Expositions réunies du Sahnaguncli Club, de la « Société américaine du blanc et noir, » et de la Ligue Architecturale, ont été inaugurées le
- 10 janvier à New-York, aux American Art Galle-ries.
- „ *
- * ¥
- Italie
- Les travaux de l’Exposition internationale de myunerie, de Milan (1887), ont été inaugurés le
- 11 janvier dernier.
- Les galeries principales et la façade doivent être terminées à la lin du mois.
- Les adhésions sont très nombreuses et le succès est assuré.
- ¥ *
- A signaler parmi les Expositions artistiques récemment ouvertes à Rome, celle du Club Allemand, au Palazzo Campatelli, qui renferme également des œuvres intéressantes d’artistes anglais et américains.
- *
- * *
- Russie
- Une Exposition générale agricole du Caucase aura lieu à Tiflis, en 1888 ou 1889. Elle comprendra les produits des trois règnes.
- ¥ ¥
- Suisse
- Un statisticien allemand a calculé qu’il y avait, en Suisse, 1,000 hôtels, avec un total de 58,000 lits et un personnel de 16,000 individus. Il estime leurs recettes annuelles' à 42 millions de francs, soit une somme bien supérieure à celle des recettes de toute 1a, confédération, et leurs dépenses à 29 millions, Il a été consommé dans ces hôtels en 1886, pour 2,800,000 francs de vin ; 1,740,000 francs de volaille ; 1,000,000 de poisson ; 800,000 francs de légumes ; 480,000 francs de café ; 400,000 francs de sucre ; 192,000 francs de thé ; 160,000 francs d’huile, articles auxquels il faut ajouter les produits indigènes, évalués à 19 millions de francs.
- SCIENCES & INDUSTRIE
- Unification de l’heure
- L’unification de l’heure existe déjà dans certains pays, dit le Cosmos,au moins pour les horloges des chemins de fer ; il en est ainsi en France, et beaucoup de personnes estiment que la mesure devrait être étendue à l’heure civile ; quand le méridien d’origine est à peu près central dans un pays de la grandeur de la France, cela semble acceptable, puisque la différence de l’heure des horloges avec le temps moyen réel ne peut atteindre nulle part une demi-heure.
- Il est vrai que cette demi-heure s’ajoutant à l’équation du temps, donne à certaines époques trois quarts d’heure de différence avec l’heure solaire, ce qui peut présenter quelques inconvénients, au moins pour le matin et pour le soir.
- La Norvège, qui n’occupe pas un grand espace en longitude, passe outre aux considérations de ce genre, et le gouvernement vient de présenter aux Chambres un projet de loi fixant une heure officielle pour tout le pays. Mais, chose bizarre, on choisit un méridien en dehors des parties peuplées de la contrée. L’heure proposée serait celle de Greenwich, augmentée d’une heure.
- Elle correspond à peu près à celle du méridien des îles Loffoden. Nous ne saisissons pas les raisons qui ont pu déterminer ce choix.
- *
- ¥ ¥
- Nouveau procédé de cuisson des ciments
- La Nature nous fait connaître un nouveau procédé de fabrication, ou plutôt de cuisson, des plâtres et ciments, inventé récemment par M. Vallin. Au lieu de broyer la matière après la cuisson, M. Vallin lui fait subir cette opération avant de l’introduire dans les fours. Un broyeur concasse d’abord la matière en petits fragments qui sont transportés automatiquement à des meules verticales qui les réduisent en poudre fine. Cette poudre passe alors sur des tamis qui la distribuent dans des fours chauffes au gaz. Une série de palettes inclinées, animées d'un mouvement de rotation, agite la poudre dans chaque four et en soumet toutes les parties à l’action de la chaleur. Enfin, une disposition mécanique enlève le ciment et l’amène aux sacs.. Toute l’opération est ainsi continue et automatique, ce qui est déjà un grand avantage. Mais on en retire un autre beaucoup plus considérable et bien plus inappréciable du fait que toutes les molécules sont également cuites. M. Vallin estime que son procédé lui permet une économie de 3o pour 100 sur ceux généralement en usage. Outre l’homogénéité de la masse, on revendique encore, pour le nouveau système, plus de blancheur dans les produits, plus de durée, et l’absence de retrait inégal, ce qui amène si souvent des éclatements et des fissures au feu.
- ¥ ¥
- Nouveau fourneau à. moufle
- Le Moniteur industriel présente un nouvel appareil, le fourneau à moufle de M. François Cotton.
- Le principal avantage que possède cet appareil
- sur le fourneau à gaz ordinairement employé, est la régularité dans l’action de la chaleur, laquelle est d’une intensité de beaucoup plus sensiblement égale dans toutes les parties du moufle, que dans l’ancien four.
- Quatre becs de Bunsen au lieu de six, chauffent la partie destinée à recevoir les capsules, et le retour de flamme se fait par la partie postérieure au lieu de se faire sur les côtés.
- Avantage considérable, la partie utile de l’appareil est d’une capacité presque double de celle de l’ancien fourneau.
- Le chauffage se fait rapidement et régulièrement dans toutes ses parties à la fois.
- M. François Cotton a fait adapter à la rampe à gaz de certains modèles un robinet de commande, actionné par une longue tige, laquelle se meut sur quart de cercle repéré.
- Ce système permet d’obtenir la chaleur du rouge sombre si utile dans certaines opérations chimiques (par exemple, pour le dosage de la chaux sous forme de carbonate) avec une constance parfaite.
- (Nous appelons rouge sombre la température à laquelle se trouve portée le moufle, quand la couleur rouge ne se perçoit qu’à peine pendant le jour, mais apparaît avec netteté à la faveur de l’obscurité).
- Le constructeur, M. Adnet, a fait établir trois modèles de ce fourneau : un petit, un moyen, un grand.
- Ce dernier est à conseiller spécialement pour l’usage des fabriques de sucre, et pour les raffineries.
- L’idée paraît simple, mais elle est cependant très complexe, pour ceux qui ont un tant soit peu étudié ce qui touche à la combustion et au chauffage.
- L’inventeur a su éviter un grand inconvénient du four ordinaire qui souvent se brise dès le premier coup de feu. La façon dont se fait le retour de flamme protège les parois du fourneau contre la flamme directe et évite ainsi les causes de fractures.
- En un mot, cet instrument possède de précieuses qualités, qui, sans doute, seront appréciées, par le public compétent, auquel il est appelé à rendre de très réels services.
- *
- * ¥
- Canal de Pérékop
- MM. Hersent et Cie, entrepreneurs bien connus à qui ont été confiés les importants travaux du port dh\nvers, viennent d’obtenir du .gouvernement russe l’adjudication des travaux de percement de l’isthme de Pérékop. Les constructions seront: exécutées sous la direction de M. Louis Coiseau, l’ingénieur qui a mené à si bonne fin la rectification des quais de l’Escaut, à Anvers.
- Le canal de Pérékop coûtera 25 millions de roubles, son ouverture aura une importance considérable pour l’industrie et le commerce de la Russie, car elle permettra aux charbons du bassin du Don de faire concurrence aux houilles anglaises-vers la mer Noire.
- *
- ¥ ¥
- Vitesses comparatives des transatlantiques
- Il résulte d’expériences récentes que les nouveaux transatlantiques exécutés en France ont fait des voyages de New-York en sept jours seize-heures et sept jours quatorze heures. Ces traversées de sept jours seize heures et de sept jours quatorze heures sont comptées de la rade du Havre à l’entrée de l’Hudson, tandis que celles des paquebots anglais sont comptées de ce dernier point à Fastnet, qui se trouve au sud de l’Irlande, un peu avant d’arriver à Queenstown,. ce qui fait une différence d’environ dix-huit heures en faveur des paquebots-poste anglais. Les nouveaux paquebots de la Compagnie générale transatlantique font beaucoup d’honneur aux chantiers français qui les ont construits etàlaCom-pagnie qui les possède. Ces navires seront susceptibles de faire d’excellents croiseurs en temps de guerre, car leurs ponts ont été disposés pour pouvoir recevoir un certain nombre de pièces de canon de 14 centimètres ; de plus, la plus grande-partie de leurs machines et chaudières sont protégées par des soutes à charbon disposées ad hoc, tandis que leur capacité intérieure est divisée en treize compartiments étanches. Ces quatre paquebots sont les plus grands et les plus puissants qui aient été construits jusqu’à ce jour sur le continent européen. Complétons ces indications par un relevé de quelques-uns des chiffres pubkés par M. N. Bell, surintendant américain du service des malles étrangères, dans une étude sur les vitesses obtenues par les divers steamers transatlantiques :
- Compagnie générale transatlantique (Havre à New-York), paquebots la Champagne, la Gascogne, la Bourgogne et la Bretagne, 20 milles.
- Ligne hambourgeoise-américaine (Plymouth à New-York), steamers Hammonia, T Vieland et Lessing, 19 milles.
- p.502 - vue 56/496
-
-
-
- Troisième Année. — N° 210.
- Ligne Cunard (Queenstown à N.-Y.), Umbria, 20; Etruria, 19 ; Servia, 18 milles.
- Lloyd de l’Allemagne du Nord (Southampton a X.-Yj, Trave, 19; Saale et Eider, 18 milles.
- Ligne Guion (Queenstown â N.-Y.), Alaska, et Wisconsin, 18; Arizona, 17 milles.
- Ligne Nationale (Queenstown à N.-Y.), America, 18 milles.
- Ligne White Star (Queenstown à N.-Y.), Germanie et Britannic, 17 ; Celtic, i5 milles.
- Ligne Inman (Queenstown à N.-Y.), City of Berlin, City of Chicago et Baltic, i 5 milles.
- Ligne Cunard (Queenstown à Boston), Galha, i5 ; fiephalonia et Scythia, 14 milles.
- Red Star Line (Anvers à New-York), Western-land, 15 ; Noordland et Reynland, 14 milles.
- Anchor Line (Glascow à New-York), Ethiopia, 14; Furnesia, i3; Devoma, 12 milles.
- Ligne américaine (Queenstown à Philadelphie), Indiana, 1 3 milles.
- LE COMMERCE MÉTROPOLITAIN
- et les Colonies françaises
- Tout pays, dont le territoire n’est pas exclusivement continental et qui a des possessions extérieures, a une tendance très justifiée , toute naturelle , à chercher ses premiers débouchés commerciaux dans ses colonies mêmes et à revendiquer ces débouchés à titre exclusif.
- Pour des considérations diverses, ce desideratum si légitime des industriels et des commerçants de ce pays ne peut toujours être entièrement satisfait. Certaines colonies consomment des articles, des produits alimentaires, par exemple, qu’il n’est pas en situation de leur fournir. Pour d’autres articles, il ne serait à même de concurrencer l’étranger que si des taxes prohibitives étaient établies. Dans des cas donnés enfin, des colonies sont investies par la loi du droit de frapper d’une taxe tous les produits à l’importation, qu’ils soient nationaux ou étrangers, et, ce droit faisant partie pour ainsi dire'de leur charte constitutionnelle, le Gouvernement Métropolitain ne peut moralement le modérer qu’avec l’adhésion des colonies intéressées, adhésion que, d’ailleurs, elles 11e refusent et ne refuseront jamais.
- Dès lors, l’industrie nationale se trouve, vis-à-vie de cette partie extérieure de la France, dans une situation toute particulière et où elle a besoin du concours du Gouvernement de la République, dans la limite où il peut s’exercer.
- En cet ordre d’idées, le Gouvernement peut faire beaucoup pour l’industrie et le commerce. Tout d’abord, et cela a un grand prix pour la métropole, il est à même d’indiquer ici très exactement, le lendemain même de l’arrivée des courriers, quel est l’état des marchés des colonies, quelles adjudications doivent y avoir lieu, quels sont les articles dont les places commerciales ont besoin, et à quelles conditions ils peuvent y être vendus. MM. Félix Faure et Rousseau, qui ont en matière économique une compétence indiscutée, avaient parfaitement compris la situation. Lorsqu’ils étaient sous-secrétaires d’Etat, le Journal officiel. publiait très fréquemment une foule dTvis et d’informations qui avaient un grand intérêt pour le commerce métropolitain qui étaient accueillis par lui avec une véritable reconnaissance. Depuis, ce mode de communication, qui pouvait être si fécond en résultats, s’est ralenti et ce n’est qu’à de longs intervalles que l’on voit passer quelque note de la même nature dans l’organe _ du Gouvernement. Or, s’il ne faut' point « diriger le commerce », il importe de l’informer rapidement et avec exactitude : tel est le principe en honneur et appliqué avec autant de succès que de persévérance en Angleterre, en Belgique et en Allemagne.
- D’autre part, pourquoi ne pas consulter plus fréquemment les Chambres de commerce françaises à propos des questions coloniales ? Il arrive parfois qu une décision prise par le gouvernement froisse les intérêts de telle ou telle région: les Chambres de commerce et des manufactures de s’émouvoir et de protester immédiatement. On s’informe alors ; on étudie de nouveau la question et souvent d’v.ne manière plus approfondie ; on revient sur la mesure. Pourquoi donc n’avoir pas mit tout d abord appel aux lumières des Chambres de commerce ï Certes, leur avis ne peut être toujours, cela est humain, absolument impartial; mais combien doit être précieuse pour un gouvernement l’opinion d’hommes remplis d’expérience, vieillis dans les affaires et chargés par leurs pairs de formuler leurs aspirations, de défendre leurs tntéiets! N est-il pas, au reste, beaucoup plus politique de prévenir une difficulté que de la laisser naître pour avoir ensuite à la résoudre. L’administration n’est pas le temple de la casuistique, t dans quelle posture se trouve, à un moment
- onne, le gouvernement. Nous avons sous les )eux une lettre de l’un de nos amis de Marseille qui nous avise que, dans une négociation pendante avec une grande puissance à propos de la côte
- Afnque, le gouvernement français et le cabinet
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1SS9.
- étranger ont dû modifier un tarif douanier sur les représentations de la Chambre de commerce de sa ville, informée de la négociation en cours par une feuille commerciale de Hambourg. Cela n’est-il point regrettable ; n’y a-t-il pas là, tout au moins, du temps inutilement perdu ?
- Notre conclusion se devine. Elle est la conséquence logique des déductions qui précèdent. Pour nous, il est indispensable qu’une union plus intime s’établisse entre l’administration et l’industrie et le commerce, ces deux sources principales de la prospérité du pays.
- VARIÉTÉS
- LE GRAND PLAN EN RELIEF DES PYRÉNÉES
- A l’exposition DE TOULOUSE
- Un des Alpinistes le plus en renom, M. H. Russell Killough, n’hésite pas à proclamer nos Pyrénées les plus belles montagnes du globe. Sans aucun doute, les visiteurs de l’Exposition toulousaine subiront aussi cette attraction entraînante vers cette barrière neigeuse qui termine avec tant de majesté notre région ; ils voudront voir, connaître nos cimes méridionales.
- Les organisateurs de l’Exposition l’ont compris, et pour donner pleine et entière satisfaction à ce désir, ils ont décidé la création d’une section des Pyrénées, et celle-ci doit réunir les renseignements les plus complets sur la géographie, l’histoire, la faune, la flore, la géologie, l’ethnographie de cette contrée.
- Chose singulière et digne de remarque, les Pyrénées sont longtemps restées une des régions les moins connues de l’Europe ; les représentations cartographiques incomplètes ou erronées ne donnaient qu’une idée fausse sur l’ensemble de cette chaîne de montagnes, et l’on peut dire que jusqu’à ces dernières années le versant français seul était connu grâce aux levers de l’état-major français.
- Il convient cependant de rappeler qu’une carte d’ensemble, d’une exactitude suffisante pour l’échelle à laquelle elle a été dressée, a été publiée par un Toulousain de sympathique mémoire, M.Lézat.
- Malgré tout, il faut convenir que lé versant espagnol était presque totalement inconnu, car la seule carte publiée, celle de Capitaine, fourmille d’erreurs et d’erreurs énormes.
- Fort heureusement, depuis 1870, des géographes de talent ont entrepris de combler cette regrettable lacune, et les travaux de M. le colonel espagnol Coelîo, de MM. Schrader, Prudent Blanchot, Wallon, Gourdon, de Saint-Saux, permettent déjà de faire sortir le versant sud de l’état hypothétique et d’èn préciser les lignes principales.
- Malgré le manque d’ensemble de ces divers travaux, nous possédons aujourd’hui une carte générale de la chaîne qui rétablit les choses en leur place; M. Schrader a en effet publié, il y a quelques mois à peine, une carte au a—0-ü5d, qu’il qualifie modestement d’esquisse et dont certaines parties renferment de véritables révélations.
- Mais la Commission chargée d’organiser la section des Pyrénées n’a pas cru devoir représenter nos montagnes par une simple carte ; elle a pensé qu’aujourd’hui où l’enseignement par les yeux est devenu le système à la mode, une carte en relief s’imposait, et que l’occasion était excellente pour tenter une représentation modelée de la chaîne tout entière.
- Elle ne pouvait oublier le succès que.les reliefs des montagnes de Luchon obtiennent auprès des étrangers, et l’exemple donné par le regretté Lézat lui traçait en quelque sorte une voie assurée.
- L’échelle adoptée est celle du ~L_., ce qui donnera une surface totale de 44 métrés carrés ; dimensions suffisantes pour donner une idée juste de l’ensemble de la chaîne, et qu’il aurait été difficile de dépasser, en tenant compte surtout de la pauvreté des renseignements sur certains points.
- M. Charles Decomble s’est chargé de ce travail et nul plus que lui n’était à même de réunir les conditions voulues pour mener à bien une œuvre aussi considérable. A côté de son père, il avait vu et parcouru toutes les vallées, dessinant les sites les plus remarquables, et apprenant ainsi à voir et à comprendre la montagne; ingénieur et artiste à la fois.
- Le ministère de la guerre a gracieusement mis à la disposition de la Commission les minutes au rujïïn de Uétat major, travail considérable et qui a rendu possible l’exécution rapide du relief.
- A ceci, sont venus se joindre les levés faits par le service, des ponts et chaussées pour les études des chemins ^de fer par le versant espagnol; la carte du dépôt des fortifications du commandant Prudent les esquisses du colonel Coello, et surtout les feuilles publiées, des Pyrénées centrales, de M. Schrader, sans oublier la" vallée d’Aran et l’Andorre, du colonel Blanchot* et les levés de MM. Wallon, Gourdon et de Saint-Saux.
- La carte dessinée tout d’abordsur des panneaux de 1 mètre de côté, est nivelée en premier lieu dans les vallées, puis des profils mathématique-
- Dimanche 6 Février 18S7. — 8o3.
- ment relevés tracent les crêtes ; un modelage termine le tout. L’échelle des hauteurs " a été légèrement augmentée, afin de donner une physionomie vraie à la montagne, mais elle est telle qu’on ne pourra lui opposer qu’elle fausse les proportions.
- Déjà une surface considérable est terminée, et le résultat dépasse toutes les espérances ; sans doute les difficultés de cette entreprise sont considérables, la rapidité d’exécution ne permet pas de pousser complètement les détails un peu minutieux ; aussi M. Decomble ne veut-il regarder son œuvre que comme une maquette; mais il est permis de prédire à cette partie de l’Exposition pyrénéenne un véritable succès, aussi bien auprès des gens du monde qu’auprès des hommes de science.
- HISTOIRE ANECDOTIQUE
- DE
- LA PRESSE EN FRANGE
- (Suite.)
- (Voir le Moniteur du 3o janvier 188/)
- Le ministère Vifièle, persécuteur attitré de la presse, finit par céder devant les réclamations de l’opinion publique. Le ministère Martignoc,qui le remplaça, en 1828, s’empressa d’abolir la censure préventive, le monopole et les procès de tendance. On entrait donc dans une voie des plus libérales. Malheureusement, on sait que ces velléités de bonne politique ne durèrent pas longtemps et que Charles X gâta tout en appelant au ministère le trop fameux prince de Polignac.
- Mais voyons quelle était la situation exacte du journalisme parisien à la fin de la Restauration*.
- En 1818, les journaux de Paris étaient au nombre de cent cinquante. Les Débats et le Mercure tenaient la tête de la presse dite littéraire.-Ce dernier journal compta, parmi ses collaborateurs, les noms les plus retentissants de l’époque : Filpn, Fauffret, De Wailly, Luce de Lancival, Bignon, Leclercq, Quicherat, Naudet. C’est dans le Mercure que Louis XVIII, roi de France, inséra ses prëmiers essais de journalisme. Il avait même déjà contribué à la fondation d’une feuille littéraire entièrement rédigée en langue latine, Y Hermès romanus. De tout temps, en effet, ce prince rechercha les succès littéraires, faisant de l’esprit sous l’anonyme dans les journaux, comme on en fait au bal sous le masque. Il glissait, de temps à autre, soit dans la Galette, soit dans le Journal de Paris, de petits articles, de petites lettres, dans lesquels il attaquait à la sourdine tel homme qui ne s’y attendait guère, sauf à se venger en prince de l’imprudent qui l’attaquait comme auteur. Et, cho-se curieuse, c’est que le canard, le vrai canard renforcé, tel qu’on n’ose plus le faire, le canard vampire, le canard monstre-marin, est une invention du royal mystificateur.
- Dans la petite presse, le roi de France collabora plus particulièrement au Nain Jaune, dont les directeurs officiels étaient Merle et Cauchois-Lemaire. Le premier de ces deux écrivains raconte même de curieux souvenirs touchant la collaboration royale, dont le Nain Jaune fut honoré. « La pensée du journal, écrit-il, fut de nous moquer du ridicule de tous les partis, de flétrir toutes les lâchetés et toutes les défections, de relever la gloire de la France en présence des baïonnettes étrangères, et de rire aux dépens des prétentions exagérées, — et ils le faisaient par la plume et par le crayon, et par de folles inventions, comme celles de l’Ordre de l’Eteignoir et de l’Ordre des Girouettes. Dans ces attaques, nous avions pour auxiliaire Louis XVIII, qui fut un de nos * pre-mieis abonnés, qui lisait avec empressement tous nos numéros, qui en riait de bon cœur, et qui nous envoya plusieurs fois des articles très bien tournés, fort spirituels et parfaitement malins, écrits de sa main royale, et qui nous arrivaient par la Bouche de fer, nom que nous avions donné à une boîte placée à la porte du cabinet de Cauchois-Lemaire ».
- Le père de la Charte, d’ailleurs, on le sait, était un latiniste consommé. Il avait traduit Horace.
- Comment vivaient tous ces journaux? Quelles étaient les conditions matérielles dans lesquelles s’exercait leur publicité ? Un rapport de 1824 va nous l’apprendre.
- En 1824, le Gouvernement avait pour lui 6 journaux, qui comptaient ensemble 14,844 abonnés, savoir : le Journal de Paris, 4,170 ; Y Etoile, 2,740 ; la Galette, 2,3/0 ; le Moniteur, 2,280 ; le Drapeau Blanc, 1,900; le Pilote, 900. L’opposition comptait également 6 journaux : le Constitutionnel, qui réunissait à lui seul 16,280 abonnés ; les Débats qui en comptaient 14,000; la Quotidienne, organe de la contre-opposition de droite, 5,800 abonnés ; le Courrier français, 3,000 ; le Journal du Commerce, 2,38o ; YAristarque, 928 abonnés. Total, environ 41,300 abonnés environ. Différence en faveur de l’opposition, 27,000 abonnés environ. Il est à remarquer que la presse de l’opposition pre-
- p.503 - vue 57/496
-
-
-
- Soq. — Troisième Année — N° iio.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 6 F'évrier 1887.
- nait de plus en plus de l’importance. A la fin de l’anne'e 1825, elle comptait environ 31,000 abonnés de plus que la presse du Gouvernement.
- En ce tewips-là, le Journal des Débats n’occupait plus que le second rang dans la presse parisienne. Le premier appartenait au Constitutionnel. La popularité de cette seconde feuille était vraiment considérable. Fondée avec quelques actions de mille francs, dont le capital n’avait pas même, été complètement versé, elle voyait bientôt le chiffre de ses abonnés s’élever à 22,000, chiffre considérable pour l’époque. Les bénéfices annuels du Constitutionnel étaient de 600,000 fr. environ.
- M. Thiers fit ses premières armes de journaliste au Constitutionnel, en 1821, et sous les auspices du député Manuel.
- Nous avons de curieux détails sur l’organisation du Constitutionnel. Cette petite république, dont les bureaux étaient situés rue Montmartre, était gouvernée par trois dictateurs, qui exerçaient chacun à son tour le pouvoir suprême et absolu. C’étaient MM. Fay, Etienne et Evariste Dumoulin. Autour de ces trois rédacteurs principaux, venaient se grouper : Tissot, ancien professeur, le caustique Cauchois-Lemaire, le nébuleux Sénan-cour, l’auteur d’Obermann, Alexandre de Lameth, qui commandait la brigade des vieux constituants, Gilbert des Voisins, qui partageait avec Lanjuinais le commandement de la division des jansénistes ; enfin le Provençal Adolphe Thiers, qui écrivit 1 ’Histoire de la Révolution sous l’inspiration de Lafayette.
- De 1815 à i83o, il parut en France environ 35o journaux.
- En 1826, le Figaro avait été fondé. Cette feuille légère paraissait tout d’abord destinée à soutenir les théories artistiques et littéraires de la nouvelle école, le romantisme, dont Victor Hugo était le grand-prêtre. Mais le Figaro ne tarda pas à critiquer les actes du gouvernement. Il comptait d’ailleurs, parmi ses collaborateurs, les écrivains les plus spirituels de l’époque : Maurice Alhoy et Lepoitevin-Saint-Alme qui l’avaient fondé, puis Jules Janin, Nestor Roqueplan, Léon Gozlan et Alphonse Karr. La petite presse parisienne actuelle descend en droite ligne du Figaro de 1826.
- --——55ii— RtBBsrsî—-
- LES LIVRES
- xcv
- Paul de Molènes. — Les Commentaires d’un soldat, avec une préface par Paul de Saint-Victor. Librairie des bibliophiles Jouaust et Sigaux. i voléin-S avec une eau-forte d’Armand Dumaresq.
- Les Commentaires d’un soldat sont l’œuvre la plus caractéristique des idées et du talent de Paul de Molènes, dont la librairie Jouaust publie avec succès les Œuvres choisies. Paul de Molènes est lui-même un type accompli de ce que nous appellerons le romantismé héroïque. Ses Aventures du temps passé (Briolan) que nous avons analysées et appréciées il y a quelque temps, à cette, placeront un curieux modèle du genre dont M. Barbey d’Aurevilly est à peu près seul aujourd’hui le représentant et le pontife. Mais Paul de Molènes n’a pas été seulement un romancier du romantisme de cape et d’épée, de fantaisie, d’aventure, du romantisme chevaleresque et fanfaron, à panache et à bottes éperonnées. Il a été un romancier et surtout un historien militaire. Et c’est une chose étrange que dans la littérature d’un peuple très patriote, très épris de la gloire militaire comme le nôtre, et aimant à faire rimer lauriers avec guerriers, cette branche soit si pauvre. Nous avons depuis Vernet, Charlet et Raffet, toute une école de peintres militaires encore aujourd’hui brillamment représentée par les Protais, les Dupray, les Détaillé, les Berne-Bellecour. Nous n’avons que très peu d’écrivains militaires, nous entendons par là non des historiens de nos victoires, conquêtes et revers, car notre médaille en a, mais des peintres— à la plume — de la vie militaire, des mœurs militaires. Balzac se proposait de faire entrer dans le plan, trop vaste pour une vie d’homme, de sa Comédie humaine, toute une série de romans de la vie militaire. Le rayon est demeuré à peu près vide. Et M. Zola, qui a à peu près toutes les ambitions, n’a pas affiché celle-là. Dans ce pays qui a toujours fait la guerre, qui l’a toujours aimée, et-qui a toujours aimé à en parler, car le Français d’aujourd’hui est le fils de ces Gaulois dont César définissait le caractère en deux mots : bien se battre et bien parler, nous ne pourrions guère citer que deux écrivains qu’a séduits comme type d’étude, le type militaire, qui ont tous deux peint b vie militaire, dans ses grandeurs et ses servitudes, dans ses joies et ses douleurs, ses noblesses et .ses misères, après l’avoir tous deux vécue et avoir porté le harnois et l’épée : Alfred de Vigny et Paul de Molènes.
- Le premier, d un génie plus haut, le second d’un talent plus vif, qu’il est curieux de comparer un instant. Alfred de Vigny a été un poète soldat,
- poète de vocation, de grande envergure, de haut vol, trop négligé, trop ignoré aujourd’hui, précurseur de Victor Hugo, de Lamartine, de Musset, qui a été relégué au second rang et qui mérite le premier. Poète de vocation et de style, Alfred de Vigny a été soldat d’occasion, de point d’honneur, de devoir, et bientôt d’ambition refoulée, d’espérance déçue, dégoûté par cette servitude qu’ennoblit seule la guerre, et que rendent si insupportable à l’esprit et au cœur les minuties de la discipline et les monotonies de l’exercice en temps de paix et de garnison. La révolution, où le soldat fait la police à coup de sabre et l’ordre à coups de fusil achève de dégoûter Vigny qui se retire dans la tour d’ivoire de sa contemplation aussi philosophique que poétique, avec les souvenirs et regrets d’un simple capitaine d’infanterie. L’auteur de Servitude et grandeur militaires a laissé quatre nouvelles qui sont quatre chefs-d’œuvre, mais qui, admirables au point de vue littéraire, sont au point de vue militaire, d’un désabusé, d’un désespéré, et ne sont certes pas de nature à exciter la jeunesse à boire à cette coupe amère de la gloire dont il repousse loin de lui la décevante ivresse. Alfred de Vigny, le poète, a parlé de la guerre et de la vie militaire en philosophe et en philosophe découragé. C’est un Hamlet militaire. Au contraire, c’est en poète que Paul de Molèhes voit et sent la guerre. Il a les enthousiasmes d’Othello, racontant ses campagnes et séduisant Desdemone à ce récit noble et fier. Paul de Molènes admire et aime la guerre. Il la respire par ses yeux enflammés, par ses narines palpitantes, par ses lèvres entr’ouvertes sur le commandement, par sa façon de tenir la plume comme une épée. Il admire et aime la guerre pour ses grandeurs morales, pour ses poésies pittoresques, pour son exaltation de sentiment du devoir, de l’esprit de sacrifice, du mépris de la mort, pour son ivresse de domination et de pardon pour ses clairons sonnant, ses tambours battant, ses plumes au vent, ses miroitements de cuirasse, ses étincellements d’épées,ses roulements de canon, tonnerre proche ou lointain, son feu d’artifice d’obus, ses veilles et ses marches nocturnes, sous le rayon discret de l’étoile complice, ses bivouacs semant la plaine noire de foyers vacillants, ses tentes paradant au soleil dans leur blancheur de barques accroupies sous leur voile. Paul de Molènes aime tous ces spectacles si variés, et il en peint le tableau à merveille. Son livre des Commentaires d’un soldat est un bréviaire de soldat, un livre de chevet pour la tente. L’art y fait aimer le métier, comme l’aimait, comme l’aima à en mourir Paul de Molènes lui-même, épargné par la mort sublime sur vingt champs de bataille et périssant à la fleur de sa virilité,déjà lieutenant-colonel, et fait pour être général, de la fatalité ridicule d’une chute de cheval.
- Le livre comprend quatre chapitres : les Premiers jours de la guerre de Crimée ; L’Hiver devant Sébastopol ; les Derniers jours de la guerre de Cri-mée ; la Guerre d’Italie.
- C’étaient là avec quelques combats de rue et quelques escarmouches d’Afrique, toutes les campagnes de Paul de Molènes. Passé de la garde mobile dans les spahis et en Crimée et en Italie; officier d’ordonnance du général Canrobert, son initiation à tous les mystères, à tous les contrastes delà vie militaire était ainsi complète. Il avait, comme un troupier de l'empire qui du soleil de Marengo et d’Austerlitz, serait passé aux neiges de Smolensck et aux brumes de la Bérésina, il avait eu son épreuve de congélation dans les tranchées de Sébastopol, et son épreuve d’insolation en Kabylie et en Italie. Il avait passé par toutes les phases si dures de la guerre obsidionale, par cet ennui morne de la tranchée où le soldat souhaite l’assaut comme une fête, et goûté dans toute sa volupté le contraste de la guerre au printemps en plein air, en pleine verdure, en plein azur, dans le décor plantureux de l’agriculture lombarde, au milieu de la poésie pittoresque de . la plus belle nature du monde, et des promptes victoires, et des longs retours triomphants sous les pluies de fleurs "et les patriotiques baisers des plus belles femmes du monde. Ce contraste de la sombre et triste guerre de Grimée, au milieu des tombeaux et de la courte, claire, joyeuse campagne d’Italie, au milieu des verdures, des marbres, des femmes et des fleurs, a été admirablement saisi, et admirablement exprimé par Paul de Molènes, dont le récit est plein de paysages, de portraits, de mots qui ont une vérité, une ressemblance, une vie. une éloquence singulière. Nous voudrions pouvoir citer. Mais la place nous manque. Nous ne pouvons que conclure en résumant notre impression sur ces récits vibrants, ces tableaux d’un pittoresque intense, ces observations mâles et ces réflexions généreuses. C’est un livre à lire pour tous ceux qui voient dans la guerre autre chose qu’une immense entre-tuerie pour tous ceux qui aiment à trouver dans ceux qui se mêlent d’en parler le peintre et le patriote et le soldat. Paul de Molènes fut tout cela à ce degré de personnalité qui mérite le rare nom d’originalité.
- M. de Lescure.
- AVIS COMMERCIAUX
- SERBIE
- Entreprise de l’éclairage au gaz et établissement des conduites d’eau de la ville de Belgrade.
- Le conseil municipal de Belgrade vient de décider la mise en adjudication de l’éclairage au gaz et de l’établissement des conduites d’eau de cette ville. L.es soumissions des entrepreneurs seront reçues jusqu’au 10/22 mars prochain.
- On se procurera des renseignements sur cette double adjudication au Ministère du Commerce et de l’Industrie, 244, boulevard Saint-Germain. (Direction du commerce extérieur. — Bureau des renseignements commerciaux.)
- CHILI
- Navigation entre l’Europe et le Chili
- Le Consul de France à Valparaiso annonce1 que deux nouvelles lignes de steamers viennent de s’ajouter à celles qui unissaient les ports d’Europe aux ports du Chili.
- L’une d’elles (Gulf-Line), qui a son siège à Glasgow, doit expédier un navire chaque six semaines. Son fret de retour serait assuré par l’exploitation de gisements de manganèse récemment découverts un peu au nord de Valparaiso.
- La seconde (Hamburg-Pacific-Dampfschiff-Linie)' dont les départs mensuels auront lieu de Hambourg, avec escales à Anvers et au Havre, semble créée spécialement en vue de l’émigration.
- L’une et l’autre ont inauguré leur service.
- LES THEATRES
- Théâtre du Palais-Royal : Franc-Chignon, parodie salade en. trois nattes, de MM. William Busnach et Vanloo.
- Le très grand succès de Francillon à la Comédie-Française devait nécessairement inspirer à nos auteurs comiques l’idée de parodier l’œuvre nouvelle du maître Alexandre Dumas. Aussi n’aurais-je été que médiocrement surpris de voir annoncer une véritable avalanche de ce genre de pièces. Dieu merci ! la verve comique de nos auteurs semble s’être ralentie dans ce genre et Francillon n’aura guère donné naissance qu’à deux charges sérieuses — sans parler bien entendu des scènes sur ce sujet dont l’adjonction s’imposait à la plus grande partie des revues de fin d’année, actuellement encore en cours de représentations.
- De ces deux parodies sérieuses — si je puis me servir de ce mot pour cette chose — l’une a été représentée mardi sur la scène du Palais-Royal et l’autre verra sous peu de jours le feu de la rampe du théâtre des Variétés.
- En ces sortes de choses, il est toujours bon d’arriver premier. Fort heureusement pour MM. Monréal et Blondeau qui, cette fois, se sont adjoint pour troisième un nouveau collaborateur, M. Lemonnier, la Franc-Chignon de leurs concurrents, MM.. Busnach et Vanloo pour arriver première n’a pas été ce quel’on peut appeler une bonne première. Non que la parodie de l’œuvre de M. Dumas ait paru terne et sans gaîté, au contraire : il y a dans ces trois petits actes beaucoup d’humour et s’ils n’ont pas reçu du public un accueil aussi chaleureux que les auteurs étaient en droit de l’attendre, c’est sans aucun doute que le genre ne jouit plus d’une aussi grande faveur qu’autre-fois.
- Avec ses tendances actuelles, il me semble — ceci n’est qu’une opinion personnelle — que le public ne saurait plus guère s’intéresser à une parodie que si, sous une forme légère, elle présentait une critique de son modèle, une satire amusante et sans pédanterie de l’œuvre à succès envers laquelle elle jouerait le rôle du joueur de flûte des triomphes anciens. A vrai dire, cette note ne se trouve pas dans Franc-Chignon qui se contente de suivre pas en pas en les travestissant grossièrement ou en les outrant les situations de Francillon. De là un insuccès relatif de première que le public des représentations suivantes ne ratifiera sans doute pas, car, je le répète, il y a dans la fantaisie de MM. Busnach et Vanloo des choses qui forcent le rire, et peut-être n’en faut-il pas. demander davantage.
- Quant à la Petite Francillon de MM. Monréal, Blondeau et Lemonnier, dont j’aurai prochainement à vous rendre compte, je suis persuadé que j’y trouverai, éléments indiscutables de succès, les. qualités de tact et de bon goût dont sont coutumiers les auteurs, au tour de main si sûr, de Au Clair de la Lune, de Pêle-Mêle-Ga^ette et de Paris en général.
- Georges Grisier.
- Le Gérant, GARREAU.
- Tours. — lmp. E. ARRAULT et O, rue de la Préfecture, 6.
- p.504 - vue 58/496
-
-
-
- Le Moniteur
- DE
- L'EXPOSITION DE 1889
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
- TROISIÈME ANNÉE. Dimanche 13 Février 1887. NUMÉRO m.
- SOMMAIRE :
- 1. L’Exposition universelle de 1889; 2- Circulaire de M. Georges Berger; 3. Comité' départemental de l’Ain; 4. Comité départemental de l’Aisne; 5. Comité départemental de Vaucluse; 6. Bureau du comité départemental de l’Ailier; 7. Les Produits alimentaires de l’Exposition de 1889; 8. Echos; 9. L’Exposition d’Hanoi; 10. L.’Exposition de Toulouse; 11. L’Exposition des aquarellistes; 12. Le concours agricole de Paris; i3. Sciences et Industries; 14. Les Livres; i5.Avis Commerciaux; 16. Les Théâtres.
- Nos lecteurs trouveront encartée dans le présent numéro la reproduction d’une vue photographique du chantier de la Tour Eiffel au Champ-de-Mars. Ainsi que nous le disions la semaine dernière nous nous proposons de donner tous les quinze jours deux vues photographiques des différents chantiers qui, dès ce jour, sont en pleine activité. On pourra suivre ainsi toutes les phases des divers travaux de l’Exposition de 1889.
- MM. Broise et Courtier ont bien voulu se charger d’exécuter ces photographies, qui seront reproduites parles procédés de Sgap.
- Nous espérons offrir ainsi à nos lecteurs une série de documents d’une fidélité irréprochable qui permettront de constater les progrès successifs accomplis dans l’exécution de cette grande œuvre internationnale, à laquelle s’intéressent tous les hommes de progrès.
- —— ' ..........— ~
- L’EXPOSITION UNIVERSELLE
- DE 1889
- Le comité administratif de direction de l’exposition s’est réuni ce matin sous la présidence de M. Lockroy, ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général.
- Il a définitivement arrêté l’emplacement de l’exposition des forêts sur la pente gauche du jardin du Trocadéro. La pente droite a été réservée à l’exposition spéciale du ministère des travaux publics, qui se propose d’y élever un phare gigantesque.
- Les autres parties du jardin du Trocadéro serviront à l’exposition de la Société Nationale et Centrale d’horticulture de France.
- Une tente de 3,ooo mètres de superficie abritera le complément de cette exposition spéciale.
- Le comité a examiné ensuite la question de l’éclairage et celle des traités à intervenir avec les sociétés d’électricité, ainsi que le programme des fêtes de nuit. Le projet d’ensemble préparé
- par la direction générale de l’exploitation pourra être soumis prochainement à la commission des 43, ainsi que le projet de la manutention. Les entrepreneurs utiliseront leur voies pour le transport à bon marché des visiteurs dans les différentes parties de l’exposition. Enfin la question de l’exposition ouvrière a été traitée par le comité.
- Avant de se séparer, il a examiné les divers moyens d’attraction destinés à augmenter le caractère pittoresque de cette exposition : Trottoir roulant, pont volant, chemin de fer funiculaire électrique, éclairage de la Tour Eiffel, illumination de jets d’eau.
- Du côté de l’École militaire, les escouades de terrassiers creusent les fondations de la galerie des machines. Vers le centre, d’autres équipes coulent du béton dans les puits faits pour les fondations du bâtiment des sections industrielles. Du côté de la Seine, on travaille à la Tour Eiffel.
- Les comités d’adhésion sont à la veille d’être nommés par le ministre.
- Les premiers projets d’installation des exposants français et étrangers dans la section industrielle et dans la galerie des machines seront sous peu soumis à la commission supérieure.
- ------------- T, ------------------
- CIRCULAIRE
- Adressée par M. Georges Berger, directeur général de l’Exploitation, aux présidents des comités départementaux. __________
- Paris, le 20 janvier 1887.
- Monsieur le Président,
- L’article i3 du règlement général, visé par la circulaire ministérielle du 17 septembre 1886, adressée aux préfets au sujet de la formation des comités départementaux, et par l’arrêté ministériel du 3 novembre 1886 concernant ces comités, me confère le droit de correspondre directement avec ces derniers, par l’intermédiaire de leurs présidents ou de tous autres membres régulièrement désignés.
- En conséquence, j’ai l’honneur de me mettre à votre entière disposition pour vous fournir les renseignements de nature à faciliter les travaux du comité de votre département et des sous-comités de ses arrondissements.
- Je vous serai reconnaissant de vouloir bien, pour la facilité de ma correspondance, me transmettre les noms, qualités et adresses de ceux de vos honorables collègues qui auront été appelés à former les bureaux de votre comité départemental et de ses sous-comités, en m’indiquant les personnes qui ont qualité spéciale pour correspondre au nom de ces assemblées.
- Je crois devoir profiter de l’occasion de la présente lettre pour appeler votre attention sur certaines questions qui concernent l’organisation générale de la participation française à l’Exposition de 1889, me réservant de vous répondre au sujet de toutes autres questions spéciales ou locales sur lesquelles il pourra vous sembler utile de m’interroger.
- Je vous rappellerai d’abord que l’Exposition comprendra quatre grandes divisions dans l’ensemble de son installation effective :
- RÉPARTITION DES PRODUITS DANS LES ENCEINTES DE
- l’exposition
- i° Champ-de-Mars. — Section des machines ; Section des produits industriels divers; Section des arts libéraux ; Section des beaux-arts.
- 20 Quai d’Orsay, — de l’avenue de la Bourdonnais à l’esplanade des Invalides, et partie de l’esplanade des Invalides : — Section des produits et appareils de l’agriculture ; — Section des produits alimentaires.
- 20 Esplanade des Invalides : — Exposition des colonies françaises et des pays de protectorat ; — Expositions des ministères.
- 40 Jardins du Trocadéro — Exposition d’horticulture.
- Les expositions comprises dans les divisions nos 1, 8 et 4 seront internationales et partagées, autant que possible, en compartiments distincts affectés les uns à la France, les autres aux diverses nations étrangères participant à l’Exposition. Dans la section des produits industriels divers, notamment, une large avenue couverte, — de 3o mètres de largeur, — séparera le compartiment français (45,000 mètres carrés environ) du compartiment de dimension égale, réservé pour les étrangers.
- GRATUITÉ DES EMPLACEMENTS
- Conformément à la tradition hospitalière des expositions internationales de 1855, 1867, 1878 et 1881, qui ont eu lieu à Paris, les exposants français et étrangers admis, n’auront aucun loyer à payer pour l’occupation de leurs emplacements d’exposition.
- DÉPENSES D’INSTALLATION A LA CHARGE DES EXPOSANTS
- L’Administration fournira des locaux couverts pour les produits non exposables en plein air des groupes mécaniques, industriels, agricoles, des arts libéraux et des beaux-arts. Les exposants auront à leur charge la totalité de leurs frais d’installation et de décoration comprenant; la fourniture, le pose, la garniture et l’ornementation des cloisons séparatives, des vélums ou faux plafonds, des vitrines et meubles d’exposition ; ils auront aussi à payer les planchers des salles d’exposition, l’Administration ne devant que ceux des chemins de la circulation générale, le tout conformément à l’art. 16 du règlement. Ën ce qui concerne spécialement les planchers, l’Administration pourra en vue d’un travail plus homogène et plus économique, faire la pose générale de ceux-ci, quitte à se faire rembourser de la portion afférente à chaque exposant, qui sera, en outre, pécuniairement responsable des dégradations qui pourront se produire par sa faute ou celle de ses agents, pendant les périodes d’installation et d’enlèvement des objets.
- GARDIENNAGE
- Les exposants de chaque salle auront aussi à comprendre, dans leurs frais généraux d’installation, le salaire et l’habillement des gardiens chargés du nettoyage et de la surveillance.
- BATIMENT SPECIAL DES PRODUITS ALIMENTAIRES
- Les exposants français et étrangers de produits alimentaires (Groupe VIII. — Classes 67 à 73) seront invités à se cotiser pour la construction d’un pavillon spécial à élever sur le quai d’Orsay, au milieu de la section agricole. Les produits de ce groupe ont, jusqu’à ce jour, été placés dans des parties forcément sacrifiées et disséminées des palais communs d’exposition, et leurs exposants ont toujours eu néanmoins des frais considérables à payer par mètre carré occupé. Tout compte fait, eu égard au nombre toujours considérable des exposants de cette catégorie et à l’emplacement relativement réduit dont chacun a besoin, ceux-ci auront tout avantage et tuute économie à se répartir proportionnellement les frais qu’entraînera l’édification d’un pavillon spécial, d’architecture et de dispositions simples sans cesser d’être élégantes et pratiques, dont le plan pourra être étudié par l’administration, d’accord avec leurs délégués et où ils auront le privilège sans précédents d’être chez eux.
- SECTION DES MACHINES
- Dans la section mécanique, nous ferons appel aux constructeurs de chaudières et de machines
- p.505 - vue 59/496
-
-
-
- 5o6. — Troisième Année — N° iii
- afin d’utiliser leurs appareils, soit pour la fourniture de la force motrice que l’administration doit suivant les termes de l’article 3q du règlement général, soit pour la production des courants électriques nécessaires à l’éclairage du soir, si celui-ci vient à être décidé. Je me permets d’insister afin que les.demandes concernant les classes du groupe VI (outillage et procédés des industries mécaniques-électricité) soient parmi les premières qui nous seront envoyées.
- EXPSOITION D’HORTICULTURE
- Un règlement spécial fera connaître comment seront organisées les expositions permanentes et temporaires du groupe de l’horticulture , dans quelles conditions certains exposants pourront avoir la jouissance de serres chaudes ou tempérées.
- EXPOSITION DES ANIMAUX VIVANTS
- Si une exposition d’animaux vivants a lieu, comme cela semble devoir être, sans qu’aucune décision ait encore été prise à cet égard, un règlement spécial sera publié à ce sujet.
- EXPOSITIONS COLLECTIVES
- Je ne saurais assez vous recommander l’organisation d’expositions collectives dans la section des produits industriels et dans celle des produits agricoles, spécialement. C’est le moyen d’éviter aux exposants des dépenses exagérées d’installation et de supprimer les accaparements d’espaces, où l’entassement d’objets identiques n’a souvent pour but que d’induire à conclure faussement à une importance équivalente de la maison qui expose. Veuillez vous joindre à moi pour demander que les exposants appartenant à une même industrie ou à une même production agricole dans une même région, se groupent collectivement en présentant, chacun sous Je volume le plus judicieusement réduit, les meilleurs échantillons de sa fabrication ou de sa production courante, sans prétendre jamais à l’étalage d’articles confectionnés très extraordinairement pour la circonstance, et sans que cette dernière condition soit interprétée comme un obstacle à la révélation du plus haut degré de perfection qu’un produit peut atteindre sans cesser d’être véritablement marchand. Si tous les comités départementaux veulent bien suivre mon conseil en préparant des expositions collectives, je pourrai servir d’intermédiaire entre les délégués ou représentants des collectivités similaires des différents départements, de façon à abohtir, avec le secours des comités parisiens d’admission qui correspondront d’ailleurs avec vous, à former des expositions collectives centralisées des mêmes industries, groupées dans un même local, par collectivités régionales. _
- Cette organisation concrète de l’Exposition ne saurait s’opposer à l’appréciation complète des mérites de chaque exposant. En effet, lorsque le jury des récompenses fonctionnera, nous inviterons ses membres, après qu’ils auront examiné les produits au point de vue du travail exécuté et du prix, à s’enquérir des antécédents et delà situation industrielle de l’exposant, afin que la récompense aille sûrement au producteur méritant, au lieu d’être motivée par le simple aspect du produit qui peut constituer une exception préméditée à l’allure ordinaire de la fabrique ou de l’atelier d’où il sort.
- ROLE DES COMITÉS DÉPARTEMENTAUX
- Je n’ai aucun commentaire à ajouter aux termes des circulaires et arrêtés ministériels qui ont présidé à la constitution des comités départementaux; ces documents sont très explicites.
- Nous réclamons, de la part des comités départementaux, une propagande active et patriotique en faveur de l’Exposition ; nous attendons d’eux l’envoi rapide de demandes sérieuses, raisonnées, signées par les industriels et agriculteurs les plus capables de représenter avec éclat et véracité l’état productif de leurs régions. Ces demandes seront nécessairement soumises à l’èxamen des comités d’admission formés à Paris, qyi ont charge de statuer en dernier ressort, et taire la répartition des espaces qui pourront être mis à la disposition des différentes classes. Mais les décisions de comités d’admission seront toujours prises de façon à respecter tous les intérêts, dans la mesure compatible avec, les exigences administratives, et les vœux des comités départementaux ne cesseront jamais d’être tenus en très sérieuse considération, comme cela doit être.
- Je serai, d’ailleurs, constamment à votre disposition pour examiner les réclamations que vous croirez devoir formuler, et pour m’efforcer de donner à chacun la satisfaction la plus complète que je pourrai ; je suivrai en cela les instructions formelles qui m’ont été données par M. le ministre du commerce et de l’industrie.
- TRANSPORTS ET MANUTENTION
- Toutes les précautions seront prises pour faciliter les transports, la manutention sur place et l’installation des produits expédiés des départements.
- Les Compagnies des chemins de fer du réseau
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- français sont disposées à se conformer à la tradition des précédentes expositions, en accordant des abaissements de tarifs dans une mesure que j’aurai l’honneur de vous faire connaître officiellement.
- L’Administration, tout en laissant aux exposants français la plus grande liberté, s’efforcera de mettre à leur portée, dans les conditions les plus pratiques et économiques, les appareils et le personnel qui pourront leur être nécessaires pour le déchargement et le déballage des colis.
- CATALOGUE GÉNÉRAL
- Conformément à l’article i5 du règlement général, il sera rédigé un catalogue général de l’Exposition (format in-8° raisin).
- D’après les termes du projet du cahier des charges, clauses et conditions de l’adjudication de l’impression et de la publication de ce catalogue, chaque exposant aura droit, pour son inscription dans chacune des classes où il aura été admis à exposer :
- i° Gratuitement : à une ligne pleine, ou à deux lignes pleines, — si la première ne suffit pas, — pour l’inscription de son nom ou de sa raison sociale, et de son adresse, et pour la dénomination des produits exposés par lui ;
- 20 Au prix uniforme de 10 francs la ligne : à un certain nombre de lignes supplémentaires destinées à compléter la nomenclature des objets exposés, et à relater au besoin, sous sa responsabilité, les récompenses obtenues par lui dans les précédentes expositions universelles internationales. Ces lignes ne pourront servir, sous aucun prétexte, à donner une appréciation des mérites artistiques, industriels ou commerciaux de l’exposant ou de la qualité de ses produits.
- ENTRÉES GRATUITES
- L’article 8 de la convention passée en date des 27, 29 mars 1886 entre l’Etat, la Ville de Paris et l’Association de garantie de l’Exposition de 1889, contient un premier paragraphe ainsi rédigé : « Il « ne sera délivré aucune entrée gratuite en dehors « des cartes exclusivement personnelles distribuées « aux exposants et au personnel. »
- Cela veut dire que les abus qui ont été signalés en 1867 et en 1878, en ce qui concerne les entrées gratuites, ne seront plus tolérés. La question même des cartes de représentants d’exposants,en dehors des cartes de service qui pourront être créées sous la réglementation d’un contrôle exceptionnellement sévère, — est réservée. Si le principe des expositions collectives est admis et pratiqué, comme je crois devoir le demander dans l’intérêt de tous, les délégués des différentes collectivités dont parle le paragraphe 4 de l’article 11 du règlement général,seront les représentants naturels et officiels des exposants compris dans ces collectivités.
- OCTROI DE PARIS
- Par décret présidentiel en date du 2 5 août 1886 (annexe n° 3 du règlement général), les locaux affectés à l’Exposition universelle de 1889 seront constitués en entrepôt réel des douanes. D’autre part, M. le Préfet de la Seine, par lettre en date du 28 octobre 1886, a informé M. le ministre du commerce et de l’industrie que le même régime serait appliqué aux enceintes de l’Exposition, en ce qui concerne l’octroi de Paris.
- APPEL A FAIRE AUX SOCIÉTÉS SAVANTES, ARTISTIQUES, ETC.
- Vous avez certainement remarqué que, dans sa circulaire en date du 17 décembre 1886, M. le ministre du commerce et de l’industrie invite MM. les Préfets à faire appel aux diverses sociétés savantes, artistiques, archéologiques, etc. N’y a-t-il pas lieu, en effet, d’amener les membres de ces Sociétés, dont la généreuse et constante préoccupation est d’encourager les efforts de nos savants, de nos industriels et de nos artistes dans tous les genres, à considérer que l’Exposition peut devenir pour elles une occasion de montrer ce qu’elles ont fait et ce qu’elles peuvent faire ? Pourquoi ces Sociétés ne feraient-elles pas, en 1889, des actes d’initiative effective proportionnés à leurs ressources, en demandant, par exemple, à placer dans les enceintes de l’Exposition des reproductions d’anciens types d’architectures provinciales de la France ? Ces constructions, dont quelques-unes pourraient être utilisées, seraient réalisées au moyen de cotisations ; leurs matériaux et leurs éléments constitutifs seraient considérés comme objets d’exposition, sous les noms des entrepreneurs, des architectes, des artistes qui auraient collaboré. Certaines de ces Sociétés, dont l’importance et les services rendus méritent d’être signalés, placeraient dans ces édicules l’exposition de leurs travaux, de leurs statuts, de leurs annales, etc.
- Nous pourrions, me semble-t-il, compter sur l’appui de ces Sociétés pour préparer et même faciliter pécuniairement certaines expositions collectives agricoles, ou d’objets du Groupe II (éducation et. enseignement. — Matériel et procédés des arts libéraux), concernant les applications des beaux-arts et de la science à l’industrie. L’Exposition française de 1889 doit être, en effet, la ma-
- Dimanche i3 Février 1887.
- nifestation éclatante, en concurrence avec l’étranger, non seulement de tout ce que notre sol, nos arts et nos industries peuvent produire de plus parfait, mais aussi des ressources que notre pays puise en lui-même, dans sa propre initiative et son esprit d’association, pour obtenir tant de beaux résultats qui intéressent le progrès en toutes choses.
- Je n’ai pas la prétention de vous avoir renseigné sur tous les points intéressant la participation des exposants des départements. Pour l’instanp il me suffira de vous dire que je répondrai courrier par courrier à toutes vos demandes, et que je serai d’autant plus honoré de mes rapports avec vous que ceux-ci seront plus fréquents et plus confiants.
- J’ai l’honneur de vous remettre des copies de la présente circulaire destinées aux sous-comités des arrondissements de votre département.
- Agréez, monsieur le Président, l’assurance de ma haute considération.
- Le Directeur général, Signé : G. Berger.
- -------- iQl w IQÜ III ----
- COMITÉ DÉPARTEMENTAL
- DE L’AIN
- Par arrêté en date du 5 février 1887, le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a constitué comme suit le comité départemental de l’Ain :
- i° Sous-comité de l’arrondissement de Bourg
- MM. Goujon, sénateur, conseiller général.
- Morellet, sénateur.
- Philipon, député.
- Pochon, député, conseiller général.
- Tondu, député, vice-président du conseil général.
- Authier, président du tribunal de commerce, imprimeur à Bourg.
- Belaysoud, ancien maire de Bourg, négociant en fer.
- Buiron, maire de Bagé-la-Ville, membre de la chambre consultative d’agriculture.
- Chambaud fils, fabricant de tuiles à Péron-nas.
- Cheyssel, agent-voyer eu chef à Bourg.
- Curtet (Victor), fabricant de poterie à Bourg.
- Convert (Jules), marchand de grains et far -nés à Bourg.
- Delestrac, ingénieur en chef à Bourg.
- Fauchier, juge suppléant au tribunal de commerce à Bourg.
- Ferret, architecte départemental à Bourg.
- Fier, juge suppléant au tribunal de commerce, président de la chambre syndicale des entrepreneurs du bâtiment et des in-triels de l’Aindus à Bourg.
- Fornet, fabricant de bijouterie à Bourg.
- Grandvoinnet, professeur départemental d’agriculture à Bourg.
- Habert, inspecteur d’académie à Bourg.
- Herbet, conseiller général, maire de Pont-de-Vaüx.
- Hudellet, docteur-médecin, directeur de l’école d’accouchement à Bourg.
- Jarrin, président des sociétés d’émulation et de géographie à Bourg.
- Loiseau, avoué, secrétaire de la société de géographie à Bourg.
- Melin, maire de Bourg.
- Moyret, président de la société d’horticulture à Bourg.
- Pochon, président de la chambre syndicale des ouvriers typographes à Bourg.
- Verné, conseiller général, ancien négociant à Bourg.
- Vuillod, fabricant de sabots à Bourg.
- 20 Sous-comité de l’arrondissement de Belley
- MM. Giguet, député, vice-président du conseil général.
- Carrier, conseiller général, maire de Su-trieu.
- Definod, conseiller général, avocat à Belley.
- Fournier, maire à Ambronav, agriculteur.
- Lourdel, ‘fabricant de chaux à Virieu-le-Grand.
- Malo (Léon), ingénieur-directeur de la compagnie des asphaltes de France, à Py-rimont-Seyssel.
- Margand, propriétaire à Lhuis, agriculteur.
- Martelin, conseiller général, manufacturier à Saint-Rambert.
- M artinand, maire de Passin, conseiller général, président de la société départementale d’agriculture de l’Ain.
- Mehier, conseiller général, maire de La-gnieu.
- Paccard, maire à Massignieu-de-Rives.
- Quinson, manufacturier, maire de Tenay.
- Sage, architecte, pépiniériste à Ambérieu.
- p.506 - vue 60/496
-
-
-
- Troisième Année, — N° iii.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE ibog.
- Dimanche i3 Février 1887. — 007.
- MM. Sourd, maire de Villebois, exploitant des carrières de pierre. '
- Thiévon, greffier à Lagnieu, viticulteur, du Vachat, juge à Belley, membre de la chambre consultative d’agriculture, propriétaire à Conand.
- Warnery (Emmanuel) , manufacturier à Tenay.
- 3° Sous-comitô de l’arrondissement de Gex
- MM. Pradon, député.
- Châtelain, maire de Ferney-Voltaire. Chevalier, fabricant de semoirs à .Ornex. Crepel, maire de Pougny, industriel.
- Donet (Auguste), diamantaire à Gex.
- Emery, maire à Ségny, trésorier du comice agricole de Gex.
- Goudard père, diamantaire à Gex.
- Hecler, fabricant de poterie artistique à Ferney-Voltaire.
- Laurençon, ancien maire.
- Marion, conseiller général, notaire à Coupy. Poulat père, tréfilerie à Saint-Genis-Pouilly. Regad, opticien à Gex.
- Regad, négociant à La Faucille-Gex.
- Tardy, maire de Gex, négociant.
- Vuaillet, conseiller général, président du comice agricole de Gex.
- 40 Sous-comité de Varrondissement de Nantua
- MM. Mercier, sénateur, président du conseil général.
- Bachoud, conseiller d’arrondissement, négociant en tournerie.
- Bollet, ancien notaire, représentant des fabriques de chaux et de ciments de Juju-rieux.
- Baudin, conseiller général, maire de Nantua. Bolliet, négociant en vins à Cerdon. Carrier, adjoint au maire de Grand-Aber-gemont, agriculteur.
- Dumont, entrepreneur électricien à Belle-garde.
- Dupont, manufacturier à Condamine.
- Favre , fabricant d’objets de tournerie à Dortan.
- Main, conseiller d’arrondissement, fabricant d’ustensiles de cuivre à Cerdon.
- Picquet, maire de Groissiat, pisciculteuh Prenat, président du comice agricole à Vo-lognat.
- Pugnaire, négociant en peignes et tabletterie à Oyonnax.
- Richard, directeur des manufactures de soie à Jujurieux.
- Roset, président de la commission départe- mentale à Brion.
- Salendre, industriel à Cize-Bolozon.
- Verdet, fabricant de peignes, maire d’Oyon-nax.
- 3° Sous-comité de Varrondissement de Trévoux
- MM. Ducher, député, conseiller général.
- Bayard, conseiller général, président d’honneur des courses de Chalamont, à Châ-tillonMe-Palud.
- Bollet, propriétaire, maire de Basseins, agriculteur.
- Charbonnet (Claudius), tréfileur d’or et d’argent à Trévoux.
- Edouard, maire de Châtillon-sur-Chala-ronne, négociant.
- Fontenelle, conseiller général, maire de Saint-Trivier-sur-Moignans. de Monicault, président du comice agricole à Versailleux.
- Perrusset, président du conseil d’arrondissement, agriculteur, maire de Chanoz-Chatenay:
- Rigaud, président de la société départementale de viticulture, juge de paix à Montluei. -
- de Romans-Ferrari, président de la société hippique à Romans.
- Tabourin, chimiste et teinturier en soie, adjoint au maire de Miribel.
- --------—------—----------------------
- COMITÉ DÉPARTEMENTAL
- DE L’AISNE
- Par arrêté en date du 18 janvier 1887, le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a constitué comme suit le comité départemental de l’Aisne :
- i° Sous-comité de Varrondissement de Laon MM. Bonnot, conseiller municipal, tanneur à Laon.
- Bugnicourt, imprimeur à Chauny.
- Chevalier, ancien juge au tribunal de commerce, entrepreneur de travaux publics à Chauny.
- Fischer, "conseiller général, fabricant de produits chimiques, à Chaillevoîs.
- MM. Fouquier d’Hérouël, lauréat de la prime d’honneur , cultivateur , à Vaux-sous-Laon.
- Fouquet, ancien député, conseiller général, membre de la chambre consultative d’agriculture, fabricant de sucres, à Sin-ceny.
- Gentilliez, conseiller général, président du comice agricole de Marie, fabricant de sucres, à Marie.
- Gérard, ingénieur en chef des ponts et chaussées, à Laon.
- Glatigny, maire, à Laon.
- Gravier, trésorier-payeur général, à Laon.
- Evrard (Louis), conseiller municipal, contrôleur au service de la société de Saint-Gobin, à Chauny.
- Mazuriez, conseiller général, fabricant de sucres, à Pouilly-sur-Serre.
- Mention, juge au tribunal de commerce de Chauny, fabricant de sucres à Tergnier.
- Midoux, membre de la société académique de Laon, conservateur du musée.
- Nice, conseiller général, président du comice agricole de Laon, à Vauclerc-et-la-Vallée-Foulon.
- Paquet, agriculteur, maire, à Bosmont.
- Vaillant, directeur de l’école normale des instituteurs, à Laon.
- Zeller, inspecteur d’académie, à,Laon.
- de Vienne, ingénieur à la compagnie des glaces dé Saint-Gobain.
- 20 Sous-comité de Varrondissement de Saint-Quentin
- MM. Baëlde, conseiller municipal, président du syndicat des brasseurs,_ à Saint-Quentin.
- Blandiaux, fabricant de tissus à Saint-Quentin.
- Bossuat, fabricant de tissus, secrétaire du comité de la société industrielle, à Bo-hain.
- Braun, conseiller municipal, membre du conseil des prud’hommes, négociant, à Saint-Quentin.
- Barlier (Alfred), président du comice agricole de Saint-Quentin, lauréat de la prime d’honneur, agriculteur, fabricant de sucres à Remaucourt.
- Caron, président du conseil des prud’hommes, à Bohain.
- Cogne, fabricant de lingerie à Saint-Quentin.
- Daix, constructeur-mécanicien à Saint-Quentin.
- Degagny (Ch.), conseiller d’arrondissement, membre de la chambre consultative d’agriculture, agriculteur, à Beauvois.
- Delahaye-Obry, constructeur d’instruments agricoles à Bohain.
- Delhorbe (Victor), vice-président du conseil- des prud’hommes, ouvrier tisseur, à Bohain.
- Demonchaux, juge au tribunal de commerce, fabricant de broderies, à Saint-Quentin.
- Denglehem, président de la société industrielle de Saint-Quentin et de l’Aisne, fabricant de broderies et lingerie, à Saint-Quentin
- Doublet, fabricant de tissus à Bellicourt.
- Ducrot, président de la chambre syndicale de commerce de l’épicerie, des vins et spiritueux de Saint-Quentin et de l’Aisne, à Saint-Quentin.
- Fontaine-Thomas, fabricant d’accessoires de tissage à Bohain.
- Garcin, conseiller municipal, secrétaire du syndicat des ouvriers mouleurs en fer et cuivre, à Saint-Quentin.
- Hamelle, conseiller municipal, membre de la chambre de commerce, ancien, président de la société industrielle, à Saint-Quentin.
- Hugues (Emile), juge au tribunal de commerce, membre de la chambre de commerce, ancien président de la société industrielle, manufacturier (tissage de fil et de coton), à Saint-Quentin.
- Hugues (François), maire de Saint-Quentin, industriel (tissage de fil et coton).
- Huget, fabricant de tissus nouveautés à Seboncourt.
- Jonquoy, conseiller municipal , président du comité de la société industrielle, à Bohain.
- Letac, président du tribunal de commerce, président de la chambre syndicale des entrepreneurs des travaux de bâtiment, à Saint-Quentin.
- Mariolle-Pinguet, conseiller général, ancien maire de Saint-Quentin, administrateur des chemins de fer du Nord, président honoraire du conseil des prud’hommes, membre delà chambre de commerce, à Saint-Quentin.
- Monfourny, président de la chambre syndicale des ouvriers brodeurs, vice-président
- du conseil des prud’hommes , à Saint-Quentin.
- MM. Monnier (Ed.), président de la société académique, à Saint-Quentin.
- Robert (Ernest) , conseiller général, vice-président du comice agricole, à Mont-Saint-Martin.
- Rousseau (Emile), président de la chambre de commerce, membre du conseil supérieur de l’enseignement technique, à Saint-Quentin.
- Thivel, fabricant de tissus à Fresnoy-le-Grand.
- Trocmé, juge au tribunal de commerce, fabricant de tissus, à Saint-Quentin.
- Viéville (Victor), conseiller d’arrondisse-sement, membre de la chambre consultative d’agriculture, fabricant de sucres, à Chevresis-Monceau.
- 3° Sous-comité de Varrondissement de Vervins
- MM. Brucelle, président du tribunal de commerce, adjoint au maire, à Vervins.
- Coste, vannier à Origny-en-Thiérache.
- David, filateur à Saint-Gobert.
- Duflot,- propriétaire agriculteur-producteur de cidre à Fontaine-lès-Vervins.
- Gallas, maire d’Hirson.
- Garin, constructeur de machines agricoles, à la Vallée-aux-Bleds.
- Godin,. ancien député, fondeur, fondateur et directeur du familistère de Guise, à Guise.
- Gobert, filateur à Any-Martin-Rieux.
- Labbé, adjoint au maire, banquier, à Guise.
- Lagasse, vannier, à Etréaupont.
- Maréchal-Loubry, vice-président du conseil des prud’hommes, chef mécanicien au familistère de Guise, à Guise.
- Martin, juge suppléant au tribunal de commerce de Vervins, brasseur, à Vervins.
- Moroy, filateur, à Sains-Richaumont.
- Modesse-Berquet, conseiller général, membre de la chambre consultative d’agriculture, propriétaire de haras, à Any-Martin-Rieux.
- Moret, conseiller général, filateur, à La Neuville-lès-Dorengt.
- Penant-Vendelet, président du comice agricole de l’arrondissement de Vervins.
- Picot-Delhorbe, président du conseil des prud’hommes, à Guise.
- Savart, fabricant de chaussures à Saint-Michel.
- Thévenin, juge au tribunal de commerce, conseiller municipal , industriel, à Vervins.
- Béthune, négociant en tissus à Etreux.
- 40 Sous-comité de Varrondissement de.Soissons
- MM. Beauchamp, conseiller municipal, distillateur, à Soissons.
- Bègue, ^conseiller d’arrondissement, meunier, à Ciry-Salsogne.
- Caillez, maire à Soissons.
- Desmarets, fabricant de biscuits, à Villers-Goteret.
- Desplanches, président du conseil d’arrondissement, agriculteur et maire, à Cutry.
- Deviolaine, ancien député, conseiller général, directeur de la verrerie de Vauxrot, à Cuffies et Soissons.
- Gaillard, juge au tribunal de commerce, maire, fabricant de sucre, à Villeneuve-Saint-Germain.
- Labarre, président du tribunal de commerce, négociant en gros, a Soissons.
- Lambin, professeur d’horticulture, à Soissons.
- Riglet, négociant en rouennerie, à Soissons.
- Truchy, président de la société des architectes de l’Aisne, à Soissons.
- 5° Sous-comité de l’arrondissement de Château-Thierry
- MM. Brejon, maire de Pavant, industriel à Pavant.
- Carré, vice-président du comice agricole maire d’Epieds, agriculteur à Epieds.
- Charbonniez, ingénieur civil, fabricant de bonneterie à Fère-en-Tardenois.
- Colin (Joseph), propriétaire, ancien cultivateur à Fère-en-Tardenois.
- Colmont, agriculteur, maire à Pargny-la-Dhuys.
- Couesnon (Félix), agriculteur et fabricant d’instruments de musique à Château-Thierry.
- Deville, conseiller général, maire à Château-Thierry.
- Gaillard (Arthur), agriculteur, maire de Monnes (Cointicourt).
- Harant, membre de la société historique, agent-voyer d’arrondissement honoraire, à'Château-Thierry.
- p.507 - vue 61/496
-
-
-
- 5o8.— Troisième Année. — N° iii.
- : LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE i83q.
- Dimanche i3 Février 2887.
- COMITÉ DÉPARTEMENTAL
- DE VAUCLUSE
- Par arreté en date du 5 février. 1887, le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 188g, a constitué comme suit le comité départemental de Vaucluse :
- 1° Sous-comité de l'arrondissement d’Avignon
- MM. Naquet, sénateur.
- Saint-Martin, député.
- Poncet (Paul, maire d’Avignon.
- Dumas (Honoré), membre de la chambre de commerce d’Avignon.
- Léenhard, membre de la chambre de commerce d'Avignon. *
- Fourmon, négociant à l’Isle.
- Brun-Champein (aîné) à l’Isle.
- Favier, négociant à Vedènes.
- Naquet (père), négociant à Avignon.
- Pernod, président de la chambre de commerce d’Avignon.
- Fabre (F.), secrétaire de la chambre de commerce d’Avignon.
- Caizergue (aîné), entrepreneur de travaux publics à Avignon.
- Tacussel (cousin), industriel à Vaucluse.
- Desfonds (aîné), maître de forges à Avignon.
- Chave, marchand de fer à Avignon.
- Verdet (Ernest), négociant à Avignon.
- Franquebalme (Auguste), président du conseil des prud’hommes d’Avignon.
- Birret, serrurier, membre du conseil des prud’hommes d’Avignon.
- de Seyne, propriétaire-rentier à Avignon, membre de l’Académie de Vaucluse.
- Pays, colonel d'artillerie en retraite à Avi-gnon.
- Verdet (Gabriel), président du tribunal de commerce d’Avignon.
- Reynard-Lespinasse, juge au tribunal de commerce d’Avignon.
- Roux, juge suppléant au tribunal de commerce d’Avignon.
- de l’Espine, président de la société d’agriculture de Vaucluse.
- Arnavon, secrétaire général de la société d’agriculture de Vaucluse.
- Maureau (fils), secrétaire de la société d'agriculture de Vaucluse.
- Liotier, ancien ingénieur de la marine, membre de la société d’agriculture de Vaucluse.
- 20 Sous-comité de l’arrondissement d’Apt
- MM. Laguerre, député.
- Argaud (Casimir), minotier à Apt.
- Roux (Auguste), raffineur de soufre à Apt.
- Reboulin (Eugène), fabricant de fruits confits à Apt.
- Anselme (Lucien), industrie des ocres à Apt.
- Appy (Jean-Pierre) de Lacoste, agriculteur.
- Ravel (Daniel), fabrique de vannerie à Ca-dener.
- Vayson (Bruno), conseiller général du canton de Gordes.
- le D1’ Ferry de la Bellone, président du comice agricole à Apt.
- Mathieu (Joseph), maire de Roussillon, industrie des ocres.
- Nicolas (Louis), négociant à Permis, industrie des soies.
- 3° Sous-comité de l'arrondissement de Carpentras MM. Michel, député.
- Bonfils (Charles), conserves alimentaires à Carpentras.
- Long (Louis), fabricant de fruits confits à Carpentras.
- Poulet (Ernest), directeur de l’exploitation des plâtrières de Vaucluse à Velleron.
- Corbon (Léon), minotier à Pernes.
- Meynard (Hippolyte-Denis), filateur de soies à Caromb.
- Malavard (Auguste), fabrication des ocres et commerce des truffes à Villes.
- Mourgeon (Amiot), fabricant de vannerie à Sarrians.
- Aulagne (fils aîné), artificier à Monteux.
- Maurel (Camille), propriétaire agriculteur à Carpentras.
- Courtois (François - Denis), propriétaire-agriculteur à Pernes.
- Loubet, viticulteur, président du comice agricole de Carpentras.
- Valabrègue (Adrien), négociant en tissus à Carpentras.
- Lagier (Félix) père, commerce des peaux et cuirs, à Carpentras.
- Vialis (Paul), commerce des produits du pays, à Mormoiron.
- Sautel (Hippolyte), fabrication et commerce des vins à M’azan.
- 4° Sous-comité de Varrondissement d’Orange MM. Gent, sénateur.
- Gaillard, député.
- Favier (Adrien), agriculteur à Orange.
- de Gasparin (Paul), agriculteur à Orange.
- Roux (Auguste), propriétaire viticulteur à Orange.
- Robert (Urbain), sériciculteur à Orange.
- Bourges, directeur de l'usine de la Mosaïque à Orange.
- Berger (André), fabricant de terres réfractaires à Bollène.
- Gleizal (Albert), fabricant de poteries à Bollène.
- Dailhe (Maximin), filateur de soies, à Sainte-Cécile.
- Reynaud de Lagardette, terres réfractaires et poteries à Bollène.
- Geoffroy (Ferdinand), fabricant de papiers à Malaucène.
- Barjol (Etienne-Michel), viticulteur à Malaucène.
- Roustan (Joseph-Eugène), mécanicien à Valréas.
- Nerson (Henri), fabrique de cartonnages à Valréas.
- Bérard (Auguste), viticulteur à Beaumes.
- Rossin (Henri), constructeur de machines hydrauliques à Orange.
- COMITÉ DÉPARTEMENTAL
- DE L’ALLIER
- MM . Bruel, sénateur ; président.
- Paput, négociant ; vice-président. Chantemille, sénateur ; id.
- Labussière, député ; id.
- Manigler, directeur de mines ; vice-président.
- Seuillet, conseiller général ; secrétaire. Jouffroy, professeur d’agriculture; id.
- sous-comités d’arrondissements Arrondissement de Moulins
- MM. Paput, négociant ; président.
- Sorrel, tanneur ; vice-président. Domnet-Adanson, président de la Société d’horticulture ; vice-président.
- Taintz, négociant ; trésorier.
- Seuillet, conseiller général; secrétaire. Jouffroy, professeur d’agriculture; secrétaire.
- Arrondissement de Montluçon
- MM. Chantemille, sénateur; président.
- Aujame, député ; vice-président.
- Mesuré, directeur de l’usine Saint-Jacques ; vice-président.
- Blanchonnet, juge au tribunal de commerce ; trésorier.
- Beynard, président au tribunal de commerce; secrétaire.
- Labrande, inspecteur primaire ; secrétaire.
- Arrondissement de Gannat
- MM. Labussière, député ; président.
- Glachet, minotier; vice-président.
- Desfilhes, médecin ; id.
- Guyot-Doërr, malteur ; trésorier. Chanssard, brasseur; secrétaire.
- Verne, pharmacien ; id.
- Arrondissement de Lapa lisse
- MM. Manigler, directeur de mines ; président. Cornillon, médecin ; vice-président ; Bongarel, imprimeur; secrétaire.
- Tantôt, adjoint au maire; secrétaire-trésorier.
- LES PRODUITS ALIMENTAIRES
- A L’EXPOSITION DE 1880
- Lors des précédentes Expositions, les produits alimentairesavaienttoujours été un peu sacrifiés; ils se trouvaient forcément disséminés et relégués dans des galeries secondaires : les exposants n’avaient pas moins des frais considérables d’installation à supporter.
- Devant le grand nombre d’exposants de cette section, et devant le peu d’espace dont chacun d’eux a besoin, il semble qu’il serait plus économique et plus avantageux pour ces exposants de consacrer l’argent qu’ils dépensent ordinairement pour s’installer dans le palais commun aux autres industries, à l’édification d’un bâtiment spécial.
- Cette idée fort pratique semble devoir être adoptée.
- Le palais des produits alimentaires serait
- placé au quai d’Orsav, à cheval sur la chaussée du quai et la berge de la Seine ; cette situation l’aiderait à avoir un aspect à la fois pittoresque et élégant.
- ÉCHOS
- Paris
- L'Exposition annuelle de peinture et sculpture du cercle del’Union Artistique, place Vendôme, 18, est ouverte depuis lundi dernier 7 février et se prolongera jusqu’au samedi 12 mars.
- (Tous les jours, de 11 h. à4 h. dimanche 27 février excepté.)
- ¥ *
- On peut visiter, depuis le 1er février, à l’Exposition permanente des colonies, palais de l’Industrie, à Paris, une importante collection de produits du Cambodge rapportés par M. Calixte Imbert, chargé d’une mission dans ce royaume par l’administration des colonies.
- Les éléments de cette collection consistent surtout en minerais, bois, matières textiles, cotons, ouates végétales, soies, os, cornes, écaille, cire, suifs, résines, gommes et laques, cuirs, pelleteries, poivres, etc., et en spécimens des principaux objets et tissus importés au Cambodge.
- Départements
- La société des Amis des Arts du département de la Somme prépare sa vingt-huitième Exposition, qui ouvrira à Amiens, le dimanche 15 mai prochain, dans une annexe du nqusée de Picardie, et clôturera le jeudi 30 juin.
- Elle sera consacrée à la sculpture, la peinture, l’aquarelle, le pastel, l’architecture, la gravure et la lithographie, et ouverte aux artistes français et étrangers.
- Les artistes, habitant Paris, pourront déposer leurs œuvres chez Guinchard et Fourniret, 11, rue Lepic, du 1er au 20 avril, au plus tard.
- La société recevra jusqu’à la même date (délai de rigueur) les ouvrages qui lui seront directement adressés à Amiens, au musée de Picardie. Ce délai est prolongé jusqu’au 25 pour les artistes de la localité. Ajoutons que les intéressés trouveront tous les détails nécessaires dans les journaux artistiques.
- *
- * *
- Une Exposition des beaux-arts, placée sous la direction supérieure de l’administration municipale, aura lieu àPoitiers, à l’occasion du concours régional, du samedi 14 mai au jeudi 14 juillet.
- Cette exposition comprendra deux sections, consacrées à l’art moderne et à l’art rétrospectif.
- Pourront être admises toutes les œuvres d’artistes français des genres suivants : Peinture, dessins, aquarelles, pastels, miniatures, émaux, porcelaines, faïences, cartons de vitraux, gravures, lithographies, photographies artistiques, sculpture et architecture.
- Ne concourront pour les récompenses que les œuvres des artistes vivants des départements suivants : Vienne, Gers, Dordogne, Basses-Pyrénées, Vendée, Landes, Deux-Sèvres, Ariège, Charente-Inférieure, Hautes-Pyrénées, Gironde, Haute-Garonne, Charente, Lot-et-Garonne, Haute-Vienne, Indre-et-Loire et Maine-et-Loire. — Chaque artiste ne pourra envoyer que deux œuvres en chaque genre.
- La deuxième section, celle, de l’art rétrospectif, se composera d’objets d’art et d’archéologie de toute nature, appartenant à des départements appelés à concourir. Le nombre des objets que l’on peut présenter est illimité.
- Dans ce but, un appel est fait au bon vouloir de toutes les familles qui possèdent des œuvres d’art et surtout des objets intéressants pour l’histoire du pays.
- Les demandes d’admission doivent être adressées au maire de Poitiers, avant le 15 avril, les envois, du 15 au 25.
- *
- * *
- Le Journal des Arts, du mardi 8 février, publie le règlement de la cinquième exposition artistique organisée à Dijon, par la société des Amis des Arts de la Côte-d’Or.
- Cette Exposition de peinture, sculpture, dessin, aquarelle, architecture, gravure, lithographie, et céramique d’art ouvrira le 1er juin pour clôturer le 15 juillet.
- Les envois de Paris seront remis chez Pottier, rue Gaillon, 14, le, 1er mai au plus tard ; ceux des départements, au siège de la société, du 1er au 15 mai.
- * *
- Un musée industriel et commercial a été .créé à Toulouse, par les soins de lasociéié académique franco-hispano-portugaise.
- * *
- p.508 - vue 62/496
-
-
-
- !
- i
- [
- y
- V,
- t
- !'
- T.
- -v- .u,.„ .yi-yy
- , -t • - , * : v : • -
- O ’ ^ - * '* ,,
- < V.- t ‘
- >%..
- . ' * '" .-./ ' '• " '* ï ’V . ' ' ' vv
- .bA,°:•>: ' : . !-Mèy.\ y . ^ ^,-„iy
- -frmyn yniy^ay/yyyy ^byyyÿ:-^ •,'• <?- ' ' "
- r-y,
- yxf'y'h'^y'ÿy
- •V:
- 'xy^cc.^yyy j'fv.
- i.
- ; à
- r’<ê.--
- t
- p.n.n. - vue 63/496
-
-
-
- LE MONITEUR DE JJ EXPOSITION DE 1889
- Dimanche i3 Février i887
- N° 11
- 1
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1889
- +
- plaques de M.M.GuilleminotetC
- Sgap,<3. rue de l’Echelle; Paris
- VUE GÉNÉRALE DES CHANTIERS POI IRi LA CONSTRUCTION DE LATOUR EIFFEL
- p.dbl.n.n. - vue 64/496
-
-
-
- p.n.n. - vue 65/496
-
-
-
- Troisième Année. — N° 111.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 13 Février 18S7. — 509.
- ETRANGER
- Allemagne
- La première Exposition internationale d’alimentation populaire et d’art culinaire a été inaugurée le jeudi 27 janvier dernier, au Krystallpalast de Leipzig, en présence de LL. MM." le roi et la reine de Saxe accompagnés du prince Georges. Le docteur Georgi, premier bourgmestre, a reçu le couple royal et remercié la reine pour le haut patronage qu’elle a bien voulu accorder à l’entreprise. Puis le professeur Hofmann, directeur de l’Institut hygiénique universitaire a, dans une courte allocution, fait ressortir l’importance de cette première tentative, si intéressante et heureusement menée à bien. La solennité s’est terminée par une visite de l’exposition, que le cortège royal a parcourue dans toutes ses sections.
- * *
- Nous avons déjà, à différentes reprises, entretenu nos lecteurs de l’Exposition internationale des beaux-arts, en préparation à Munich, pour 1888.
- Nous avons dit, aussi, que l’on désirait y adjoindre une exposition nationale d’art industriel.
- Voici, à ce sujet, les résolutions adoptées, dans sa dernière réunion générale, par l’association locale artistique :
- 1° La réunion générale, tout en appréciant pleinement les intérêts des industries artistiques, ne se croit pas en mesure de prendre dès maintenant une décision définitive, quant à la question d’organisation commune et de célébration simultanée en 1888, de la troisième exposition internationale de beaux-arts, et de l’exposition artistique industrielle, projetée pour la même époque.
- 2° Elle charge le comité directeur d’entrer en négociations avec l’association bavaroise des industries d’art et d’examiner le projet tant au point de vue de la possibilité que de l’utilité de sa réalisation.
- Italie
- C’est définitivement le samedi 5 mars prochain qu’aura lieu l’ouverture, primitivement fixée au mardi 1er, de la troisième exposition spéciale organisée par le musée artistique et industriel de Rome, et consacrée aux tissus artistiques et dentelles.
- La cérémonie d’inauguration sera présidée par Leurs Majestés accompagnées des membres du gouvernement, des autorités municipales et de toutes les notabilités.
- L’EXPOSITION D’HANOÏ
- Une des dernières oeuvres de Paul Bert a été l’Exposition d’Hanoï ; c’est une idée vraiment heureuse quand on se rappelle le grand succès obtenu, en 1883, par l’Exposition de Calcutta, où la Cochinchine, le Cambodge et le Tonkin occupaient une place brillante et remportèrent de nombreuses récompenses.
- L’Inde et l’Indo-Chine sont des pays où les expositions s’adaptent admirablement à l’esprit éminemment curieux des indigènes.
- Notre regretté résident général, quand il prit cette mesure, avait surtout pour but de démontrer aux Asiatiques que nos produits français étaient souvent supérieurs aux articles fabriqués par nos concurrents d’Europe et d’Amérique.
- Quoiqu’il connût parfaitement l’apathie de nos commerçants en ce qui touche les expositions lointaines, il espérait pouvoir réunir un certain nombre de collaborateurs et, avant sa mort, il a été assez heureux pourvoir que le résultat obtenu avait dépassé de beaucoup ses espérances.
- 700 exposants français ont envoyé à Hanoï leurs produits, représentant un ensemble d’environ 1,200 tonneaux de marchandises.
- 3oo tonneaux furent expédiés gratuitement par le transport de l’Etat qui.sortit du port de Toulon le 20 novembre dernier ; 800 tonneaux partirent du même endroit le 10 décembre par le Galat7, que le gouvernement fut obligé d’affréter pour subvenir aux nombreuses demandes qui dépassaient toutes les prévisions.
- Les 100 tonneaux restant furent envoyés par les Messageries maritimes aux frais des destinataires qui s’étaient décidés trop tard à exposer.
- D’après les'derniers télégrammes reçus par le ministre des affaires étrangères, le Galat7 est arrivé au Tonkin le 16 janvier et le débarquement a commencé immédiatement, mais l’ouverture de l’Exposition, qui avait été fixée pour le i5 janvier, a été reculée jusqu’au i5 février.
- On peut dire que toutes les industries françaises
- se trouveront représentées, plus ou moins, à cette Exposition.
- Parmi les exposants présentant le plus d’importance, on peut citer : les chemins de fer Decau-ville, la Société des forges de Châtillon Commen-try, celles de Commentry Fourchambault, qui ont envoyé des types de maisons coloniales ; les verreries de la Meuse et de la Moselle, les draps d’Elbeuf, les machines à glace, les tissus en tout genre, les voitures, les vins, les liqueurs et les produits alimentaires y sont aussi largement représentés.
- Les détails nous manquent un peu sur cette Exposition, à laquelle nous croyons qu’on aurait dû donner plus de publicité ; nous sommes à meme néanmoins de donner les renseignements suivants :
- Les produits naturels et ouvrés de la France, ses colonies et des pays soumis â son protectorat ont été les seuls admis.
- L’emplacement est fourni gratuitement aux exposants ainsi que les aménagements qu’exige l’étalage de leurs produits.
- L’entrée de l’Exposition est gratuite également. Le jury de l’Exposition pourra distribuer, à titre de récompenses, pour chaque groupe :
- 1 médaille d’or.
- 2 médailles de vermeil.
- 10 médailles d’argent.
- 20 médailles de bronze.
- A ces récompenses le résident général se propose d’ajouter, avec l’approbation du Gouvernement de la République et du roi d’Annam, certaines distinctions honorifiques. .
- Des achats seront faits et une loterie sera établie par les soins de l’administration des protectorats.
- Tout fabricant ou industriel qui fera un envoi d’échantillons au musée commercial de Saïgon aura droit à une insertion gratuite, plusieurs fois répétée, faisant connaître son nom, son adresse et la matière de ses produits. Cette insertion aura lieu, par les soins de l’administration, non seulement dans le Journal officiel de la Cochinchine française, mais aussi dans le Gia-Dinh-Bao, organe officiel publié en annamite.
- L’emplacement choisi pour l’Exposition d’Hanoï a été le Camp clés lettrés et des journaux de l’extrême Orient nous apprennent qu’une pagode a été aménagée pour le service de la buvette-restaurant qui a été mise en adjudication.
- Nous tenons des mêmes sources que, par un arrêté, le gouverneur de la Cochinchine considère qu’un crédit de 4,000 piastres (16,000 francs), est nécessaire pour faire face aux dépenses qu’occasionnera l’Exposition d’Hanoï et ouvre un crédit pour cette-somme au président de la commission chargée des achats, au compte de la colonie, pour cette Exposition.
- Quarante-huit heures après que cet article paraîtra, l’Exposition d’Hanoï sera ouverte au public, et nous tiendrons nos lecteurs au courant en eu publiant les compte rendus que doit nous envoyer notre correspondant spécial à Hanoï.
- Paul Dejoux.
- ------------- • ----------------
- L’EXPOSITION DE TOULOUSE
- Les travaux de l’Exposition de Toulouse sont poussés avec la plus grande activité.
- Nous venons de recevoir une photographie prise pendant la pose de la dernière ferme du bâtiment principal.
- Nous avons surtout été frappé par les dimensions vraiment grandioses de ce bâtiment qui sera entièrement couvert le i5 courant.
- Les demandes d’admissions arrivent en grand nombre au comité de Paris et à la commission de Toulouse.
- Plusieurs de nos lecteurs de Paris et delà région du Nord, qui ont sous les yeux le plan de l’Exposition que nous avons donné dans notre dernier numéro, nous demandent s’ils doivent adresser directement leur demande à la mairie de Toulouse, ainsi que l’indique la note publiée au bas de ce plan.
- C’est par erreur qu’il n’a pas été mentionné sur ce document que les exposants de Paris et de la région du Nord (au-dessus de la Loire), doivent adresser leurs demandes au comité de Paris, dont le siège est situé 18, rue Bergère.
- Le comité administratif de l’Exposition de Toulouse a fondé un journal portant le nom de :
- Journal officiel de l’Exposition de Toulouse, et qui est le seul organe officiel du comité.
- Il paraît deux fois par mois et publie les arrêtés, décisions, règlements et tous les avis que le comité^ présidé par le maire, juge nécessaire de porter à la connaissance du public.
- Le Journal officiel est envoyé à titre gratuit.
- Un certain nombre de personnes ont créé des offices de représentation. Ces agences n’ont et ne peuvent avoir aucun caractère officiel ; elles ne constituent aucun monopole. Ce sont des entreprises privées qui n’engagent en rien l’administration et en dehors desquelles les exposants restent libres de se faire représenter à leur guise.
- Le jury sera nommé dans le courant du mois-de juin, moitié par le comité administratif, moitié par les exposants; il fonctionnera dès le 1er juillet, suivant un règlement spécial.
- La distribution solennelle des récompenses, aura lieu dans le courant du mois de septembre-.
- LA NEUVIÈME EXPOSITION
- DES
- AQUARELLISTES FRANÇAIS
- L’aquarelle fait décidément en France de rapides, progrès et jamais ce genre si fin, si élégant, si léger, n’a réuni autant d’adeptes de talent.
- C’est au point que M. Georges Petit a dû augmenter la surface murale au service des exposants en divisant sa charmante galerie en trois petits salons, par des cloisons mobiles.
- Ce qui me plaît avant tout chez nos aquarellistes c’est que l’on rencontre parmi eux peu de barbouilleurs ; que le sentiment du beau et du vrai y demeure constant, bref que l’on peut contempler leurs œuvres sans s’y voir exposé aux soubresauts-ou aux haut-le-cœur que l’on éprouve souvent.... ailleurs.
- Le catalogue de cette année ne comprend pas moins de 024 numéros, tous recommandables, quelques-uns seulement admettant la discussion..
- Un.nouveau venu, M. Besnard n’a pas hésité à. encombrer l’exposition de quarante aquarelles, pas-une de plus, mais pas une de moins. Il y a là-dedans beaucoup de flou et beaucoup de lâchage à côté d’un réel talent qui s’affirme par moments dans toute sa plénitude.
- Exemples :
- VAdolescence (n° 7) nous montre une jeune fille violette, aux cheveux rouges, à la robe mauve, tenant sur les bras je ne sais quoi de jaune. C’est horrible.
- La Fortune (n° 43), une esquisse dont la tête seule est finie, mais quelle tête idéale ! L’expression du visage est d’une sérénité parfaite, les yeux sont adorablement alanguis, le bras est d’une-courbe aristocratique. C’est ravissant.
- De M. Boutet de Monvel, je devrais citer les-dix numéros, aquarelles et croquis. Je note les Scènes des champs et de la ville (59 et 60) d’une touche discrète, d’un dessin charmant et ses trois jolis portraits d’enfants (63, 65 et 66).
- M. John-Lewis Brown. Vous attendez bien j'espère des cavaliers se profilant immenses au bord de la mer petite. Cela s’appelle cette fois Lilith (71)..
- En revanche, un Starting (72), d’une belle venue. Quel dommage que le cheval violet du second plan ait la tête à l’envers. Un Repos (jb), halte de chasseurs civils et militaires, d’une grande finesse.
- De M. Max Claude, dix envois très réussis. Je recommande surtout l'Effet de soir sur la route de la Fère (80) d’un naturel étonnant et d’une teinte-de mélancolie vraiment curieuse.
- M. Robert de Cuvillon expose un bien intéres sant portrait de M. Auguste Flameng en seigneur-flamand (94) et une délicieuse Fantaisie (98). Sur fond blanc, une exquise Parisienne drapée à la grecque d’une tunique jaune et rose, gratte de la mandoline ; cela est fin et délicat au possible.
- M. Edouard Détaillé nous offre sa série d’aquarelles pour Y Armée française (102). L’éloge de cet ouvrage et du peintre impeccable qui d’illustre n’est plus à faire. Ne pouvant tout citer, je signale: la Garde du camp, le Cavalier indigène, sur fond bleu, le Cuirassier rouge, la Tranchée, le Coup de feu par des chasseurs à cheval, etc. M. Dubufe fils a-t-il voulu s’amuser? A côté des belles études de-nu qui s’appellent Hébé (107), Medjé (108), Bep-pina (109), il nous a offert des Danseuses (105 et: 106) bien étonnantes. Sur une double page de musique, des ballerines fort jolies, du reste, en costume de deuil, semblent toutes avoir embrassé le charbonnier de l’Opéra, car elles ont du noir aux lèvres et au menton. A moins que ça ne soit une barbe naissante ! Quelle singulière idée !
- Dix-huit morceaux de M. Nicolas Escalier ç parmi les meilleurs, un Malandrin (119Ï bien campé et deux envois non catalogués : le Pont du château (appartenant à Mme Madeleine Lemaire), ainsi qu’une charmante petite femme bleue allongée sur sa chaise d’osier et abritée par une ombrelle-rouge.
- *M. François Flameng est toujours, lui aussi, la perfection même. Voyez Torre del Greco (139),. avec la délicieuse créature en costume de directoire qui, la lèvre entr’ouverte, se tient assise sur le sable. Voyez encore, non cataloguée, cette jeune femme jolie comme un cœur, toquet en tête, raide dans son haut corselet de velours rouge brodé, l’éventail au poing. Est-ce. assez coquet, est-ce assez complet comme coloris.
- Aimez-vous les fleurs vivaces, chatoyantes, em-
- p.509 - vue 66/496
-
-
-
- io. — Troisième Année. — N° m.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- Dimanche i3 Février 1887.
- baumant ? Voici l’Averse (14.9) de M. Victor Gilbert avec sa charrette fleurie exposée à l’ondée qui donne une fraîcheur et un attrait à cette attrayante marchandise. Je cite encore la Charrette de chrysanthèmes (148), le Jour de Fête ( 153) et une Ecureuse ( 1 5o) d’un travail très sérieux. _
- Quatre compositions à effet de M. Lucien Gros, dont l’œuvre capitale Un guet-apens {1 54) ne me plaît que modérément. C’est tourmenté et d un fouillis de couleur un peu trop cherché.
- M. Georges Jauniot ne compte pas moins de quatorze envois tous réussis. Sa Pointe d avant-garde (181) est bien saisie ; et ces deux morceaux parfaits quoique d’un genre différenr : la Route (178.) et l’Exercice aux fortifications (171) avec ce type hors ligne du clsiron qui sc réchciune les mains, au premier plan. Enfin un très charmant portrait de Mlle M. G (182) bleu de roi sur fond pensée, d’un effet très fin.
- M. Roger Jourdain s’est livré à une savante et excellente étude de la symphonie du vert avec huit numéros (184 à 191) de paysages joyeux à l’œil. Une gaie teinte rouge au milieu de tout cela, les Coquelicots (186).
- De M. Lambert, des chats, naturellement. Et irréprochables, non moins naturellement.
- M. Eugène Lami abuse de la couleur. Notamment son Bal sous Henri III (206) est une fantaisie polychrome que je ne saisis pas. L’art ne consiste pas précisément à jouer la difficulté et le tour de force n’implique pas forcément du talent.
- M. Maurice Leloir n’attend plus son éloge et je cî'te par acquis de conscience sa jolie Fileuse (216) d’un abandon de pose si agréable, l’Eventail (214) et le Portrait (215).
- De même pour Mme Madeleine Lemaire, si je vous disais que ses six aquarelles pour l’Abbé Constantin (220) sont exquises, que ses Framboises (222) et ses Raisins (223) risquent le sort du tableau d’Appelles — je n’apprendrais rien de nouveau aux amateurs.
- Une amusante excursion dans le genre comique, son Pensionnat (226) avec ses jeunes filles bavardant sous l’œil grincheux d’une sèche sous-maîtresse.
- M. Loustaunau nous a donné un bon portrait presque ressemblant, mais d’une bonne attitude, de M. Lafontaine dans la Comtesse Sarali. Les deux autres aquarelles, d’une facture si délicate, méritent des éloges.
- Le talent d’aquarelliste de M. Adrien Marie se fortifie de jour en jour, tout son envoi, serait à citer : Une Vénitienne (249) ; Sur le Quai des Es-clavons (262); Sur le pont de Londres (255); le Marché de Menton (257) sont de petits bijoux de couleur et de composition.
- Ch. Meissonnier expose un bien heureux Pêcheur à l’échiquier (264), mais il nous offre également des musiciens ambulants Au bord de l’eau (267) d’une facture crânement pittoresque.
- Il faut savoir gré aux gens du monde de .se livrer à l’étude et de s’y adonner au point d’atteindre la perfection comme Mme la baronne Nathaniel de Rothschild, je ne sais lequel plus admirer de la Balmassa (292), délicieux coin de maisons tout fleuri et enverduré, de la rue de Villefranche, triomphe de coloris harmonieux, ou du coquet petit port de Beaulieu si pittoresque et si plein de rêverie.
- . Enfin, M. Henri Zuber,.qui s’est voué à la reproduction des choses de la rive gauche, nous a donné une très bonne Fontaine de l’Observatoire (320), par la neige et une belle vue de la Terrasse du Luxembourg (323), auxquelles je préfère cependant ses moutons paissant Dans la Dune, d’un pinceau très sûr et d’une expression on ne peut mieux naturelle
- A citer encore les belles marines de Maurice Courant; la Sortie delà Messe (100), de M. Ch. Delort; les charmantes vues de M. Harpignies, notamment les Environs de Nice (159) ; le Départ (274), de M. Adrien Moreau; les Chiens (278 à 283), de M. de Penne ; les Vues du Palais de Versailles (284 à 288), de M. Paul Pujol ; les Cardinaux (295 à 298) de M. Vibert; les Portraits (299 et 3oo) d’une si délicate expression de M. J. Worms et les dix-huit paysages du maître Edmond Yon.
- Alfred Delilia.
- CONCOURS GÉNÉRAL AGRICOLE
- DE PARIS
- L’agriculture française tient en ce moment dans les vastes nefs du Palais de l’Industrie ses grandes assises annuelles avec le concours général agricole qui vient d’y être inauguré.
- Ce concours est devenu plus que jamais une véritable solennité nationale, qui marque l’aurore de la saison printanière et, prépare à l’application des progrès nouveaux et à l’amélioration des méthodes culturales. En effet, depuis 1860, grâce à ces concours chaque année plus importants, nous
- avons vu défiler dans l’immense palais et dans les jardins qui l’entourent, les preuves irréfutables des progrès accomplis dans toutes les branches des industries agricoles, depuis l’élevage jusqu’à la culture intensive, depuis les instruments perfectionnés, jusqu’aux produits de la ferme et de la basse-cour.
- L’administration de l’agriculture, qui a, on le sait, la direction de ces grandes manifestations agricoles, les organise avec tant de soins, a pensé qu’il était intéressant d’ajouter aux concours d’animaux gras, des concours de reproducteurs, et, cette création nouvelle qui ne date que de deux ans, a présenté cette année des sujets très remarquables.
- Depuis longtemps on se complaît, en France, à vanter l’importance et la beauté des expositions agricoles anglaises ; nous n’avons point l’intention d’en diminuer la valeur, mais nous sommes en état d’affirmer qu’il n’en est point qui surpassent celles qu’il nous est donné d’admirer en ce moment aux Champs-Elysées, et que jamais manifestation agricole nationale n’a été plus considérable et plus parfaite à la fois que le groupement offert par le concours général de 1887, non seulement dans sa première partie, spéciale aux reproducteurs ët aux produits divers des cultures, que dans la seconde afférente aux animaux gras et aux produits si nombreux de la laiterie et de la ferme. Cette seconde partie s’installe en ce moment et s’ouvre samedi.
- Le concours de 1887 a pour commissaire général un inspecteur général de l’agriculture des plus sympathiques, M. Vassilière, qui dirigeait du reste celui de l’an dernier, et qui a su charmer la foule des visiteurs par ses créations décoratives et les parfaits ensembles des organisations qu’une pareille exposition nécessite. Il était assisté de trois inspecteurs d’agriculture; M. Hérisson pour le bétail; M. de Brésenaud, pour les produits ; et enfin un jeune inspecteur de l’enseignement a’gri-cole, M. Grosjean.
- L’ensemble du concours est splendide. Lorsqu’on entre au Palais de l’Industrie par la porte centrale, on a, à droite et à gauche les longues files parallèles des boxes du bétail, et au milieu de la perspective, un tertre gracieux recouvert d’un tapis de verdure, orné par des plantes vertes, dominé par des palmiers, offre une plate-forme de laquelle on découvre le concours d’animaux tout entier. Tout autour ont été installées des chaumières rustiques aux toits de chaume, qui abritent de charmantes vendeuses de lait, de fruits ou de fleurs. Un peu partout sont disséminés des massifs de verdure qui reposent agréablement le regard.
- Si, quittant la grande nef du bétail, on monte au premier étage où sont installés les produits, la première salle qui s’offre aux yeux émerveillés forme un magnifique jardin d’hiver, chauffé par des thermo-syphons Lebœuf, dans lequel, corbeilles et massifs présentent un délicieux fouilli de feuillages verts et de feuilles diaprées, d’où jaillissent les délicates aigrettes des orchidées et les rouges spathes des anthuriums. Dans les salles voisines, sont les expositions fruitières, les plantes maraîchères, les légumineuses des grandes cultures, les graines et les produits fourragers, et, tout au bout, employant trois grandes salles, les remarquables expositions de l’Algérie, des colonies et des pays de protectorat, déroulant aux yeux des visiteurs les nombreuses séries de produits aussi riches que divers, et l’importante classification des vins rouges et blancs, chaque année supérieure, grâce à une vinification perfectionnée.
- C’est en sortant de ces expositions que le grand escalier monumental du palais ramène au bétail.
- Ainsi que nous le disions en commençant, le concours général a été divisé en deux parties : i° animaux reproducteurs ; 20 animaux gras. Nous n’avons aujourd’hui à nous occuper que de la première partie qui vient de se terminer. L’inscription administrative présentait les chiffres suivants : 288 taureaux; 192 vaches laitières; 108 béliers ; 23 vérats ; et, enfin 922 lots de volailles.
- Les produits agricoles comprenaient : 7,421 numéros, parmi lesquels i,i5o consacrés aux arbustes d’ornement et aux plantes fleuries. L’ex-
- position algérienne et coloniale offrait un classe-, ment imposant de 721 spécimens, de ce que notre France d’outre-mer produit de meilleur et du. plus beau.
- Les jurys ont fonctionné sans désemparer, les jeudi 3 et vendredi 4 février, leurs décisions fixent nos choix et nous n’apprécierons que les principaux prix décernés.
- Dans le gros bétail, la race Durham avait une exposition importante, comprenant des types remarquables par la finesse de leur ossature. Cette race d’origine anglaise a des facultés exceptionnelles pour la production de la viande et par conséquent pour la boucherie, elle est représentée cette année par 56 sujets d’élite, presque tous semblables par les formes, au pelage blanc rouan, ou rouge marron, aux reins rigides,au col solide; magnifiques à tous égards.
- Les taureaux Mark (10 mois 14 jours), pie rouge, à M. Massé de Germigny (Cher) ; Roméo (19 mois 21 jours), pelage rouan à M. Grollier de Durtal (Maine-et-Loire) ; et Artewelde (3o mois), rouan à M. le comte de Blois, de Bourg-d’Iré (Maine-et-Loire), offraient des formes et une ampleur parfaites.
- La race normande, si éminemment française, était brillamment représentée, elle avait 53 animaux, dont la beauté rendait les décision^ du jury plus difficiles.
- C’est à elle que le prix d’honneur des reproducteurs a été décerné avec un magnifique taureau bringé au superbe pelage brun foncé, présentant le type accompli de la bonne conformation ; il appartient à M. Noël, de St-Waast-la-Hougue (Manche).
- Notons encore dans la race normande un taureau Caille-Blond, de M. Guesdon, propriétaire éleveur à St-Germain-la-Blanche-Herbe (Calvados).
- Pour les races flamande, bretonne, charolaise, nivernaise, salers, garonnaise et bazadaise, on rencontrait de forts beaux types, parmi lesquels les animaux appartenant à MM. de Noyelles, propriétaire à Blandecques (Pas-de-Calais), flamand rouge foncé ; Candal, propriétaire-éleveur à Vannes (Morbihan), breton pie noir ; Joyon, propriétaire éleveur à Langeron (Nièvre), charolais blanc ; Caillaud, propriétaire-éleveur à Châtenet-en-Dognon (Haute-Vienne), limousin froment ; Ed. Parrv, propriétaire-éleveur à Limoges (Haute-Vienne), limousin rouge à courte et fort encolure ; Lapeyre, propriétaire-éleveur à Ytrac (Cantal), salers rouge brun foncé, à très forte ossature ; Régimon, propriétaire-éleveur à St-André-du-Garn (Gironde), garonnais froment clair, de bonne conformation ; Cathalo, propriétaire-éleveur à Bordeaux (Gironde), bazadais gris foncé, de beaucoup d’ampleur.
- Dans les races parthenaise, choletaise, nantaise et vendéenne, peu d’animaux, mais quelques sujets à citer, entre autres un parthenay gris, de iq mois 1 5 jours, appartenant à M. Aristide Nadaud, propriétaire-éleveur à Dun-les-?alleteau (Creuse). La race mancelle n’était pas représentée.
- Le type hollandais avait quelques beaux sujets, entre autres un animal pelage noir et blanc, remarquable par sa finesse de tête et d’encolure et sa parfaite conformation, exposé par M. Petit-Moreau, de Charbogne (Ardennes). Dans les animaux de plus de 24 mois, M. Gesle, propriétaire-éleveur à Auxerre (Yonne), présentait un sujet de 48 mois, noir et blanc, d’une conformation accomplie. Dans la race schwitz, notons un taureau pelage souris à M. Bertraudus, propriétaire-éleveur à Igny (Seine-et-Oise) et un animal gris foncé, à M. Chénon , propriétaire - éleveur au Subdray (Cher). Les autres races possédaient encore quelques types qui méritent d’attirer l’attention.
- Les reproducteurs de l’espèce ovine avaient exposé nos meilleurs types. Dans la première catégorie, mérinos et métis mérinos, signalons un de ces derniers qui a obtenu le ier prix appartenant à M. Hincelin, de Loupeigne (Aisne).
- Dans les Dishley-mérinos, M. Camille Tribou-let, d’Assainvillers (Somme), l’a emporté avec un sujet d’une très belle conformation. Dans les races étrangères pures à laine longue (Dishley), M.
- p.510 - vue 67/496
-
-
-
- Troisième Année. — N° m.
- LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche i3 Février 1887.— 511.
- Massé, propriétaire-éleveur à Germigny l’Exempt (Cher), a obtenu le ier prix; tandis que pour les laines courtes (Southdown), la palme revient à M. Nouette-Delorme, propriétaire-éleveur à Ou-zouer-des-Champs (Loiret).
- La race porcine normande l’emporte cette année sur les craonnais, avec un normand blanc de six mois, dont le propriétaire est M. Gillet, de Bonneuil (Seine), et dans les races étrangères le Ier prix a été décerné à M. Noblet, deChâteaure-nard (Loiret), pour son magnifique Yorkshire blanc.
- La division des vaches laitières à lait était fort importante, et toutes les bonnes races étaient bien représentées. Dans les flamandes, on trouvait de beaux types pairmi lesquels une flamande rouge de 6 ans à M. Derboreu, de Paris. Dans les normandes, de superbes bêtes au pelage bringé, de M. Nicolas, d’Arcy-en-Brie ; une bretonne de 4 ans 7 mois à M. Feuntenn, de Penhars (Finistère), de très petite taille, offrait une ossature très fine. A signaler encore les hollandaises, Schwitz, jersiaises, etc.
- Le prix d’honneur de bandes de vaches laitières a été'décerné par le jury à M. Legrand, à Contre-moulins (Seine-Inférieure), pour une magnifique bande de vaches laitières normandes de pelage bringé.
- Le concours de volailles vivantes comprenait un très bel ensemble ; au nombre des exposants, citons : MM. Lemoine à Crosne (Seine-et-Oise); Voitellier à Mantes ; Bouchereaux, etc.
- M. Lemoine a obtenu cinq premiers prix dans les variétés diverses de dindons d’Amérique, mâles et femelles, et dans les catégories de canards de Rouen, d’Aylesburg et autres.
- Parmi les pigeons, on remarquait particulièrement dans les Montauban, les mondains et les boulants ; et parmi les races dites de volières, de beaux types de capucins, de polonais et un lot de queues de paon, n° 540.
- Dans les léporides, quelques lots de lapins béliers, russes et angoras méritent de fixer l’attention.
- Le prix d’honneur décerné au plus beau lot exposé a été obtenu par M. Voitellier, de Mantes, pour un superbe lot d’oies de Toulouse (deux mâles et deux femelles).
- Tel est le rapide résumé des concours de reproducteurs. Il nous reste à examiner prochainement l’importante division des produits des cultures agricoles qui complètent la première partie du concours général agricole de Paris; nous continuerons par les animaux gras, les produits de la ferme et de la basse-cour, et enfin nous terminerons pas les magnifiques expositions des machines et outils agricoles et horticoles de ce beau concours général, le plus important que nous ayons eu à étudier jusqu’ici.
- Noël Bretagne.
- ------------------------------ ------
- SCIENCES & INDUSTRIE
- Lampe à incandescence du Dr Cari Auer von Welsbach de Vienne
- Cet appareil, qui décrit Y Invention, se compose d’un brûleur de Bunsen coiffé d’un petit capuchon de coton. Ce tissu en forme de treillage est imprégné de la solution saturée d’un oxyde métallique non inflammable.
- La flamme du gaz brûle d’abord le coton en respectant l’oxyde métallique qui revêt cette charpente incandescente. Sa lueur incandescente se maintient sans que le corps qui la produit se consume. La lumière de cet appareil est blanche et analogue à celle produite par les lampes électriques à incandescence. Son pouvoir éclairant mesuré au photomètre est égal à dix-sept bougies. Dans l’expérience qui en a été faite, on a réuni 56 brûleurs formant rampe _ sur un même tube ; la dépense est égale à 56 décimètres cubes.
- La durée moyenne des armatures de coton varie entre 800 et 2,000 heures.
- ¥ *
- Appareil inhalateur au chlorure d’ammonium
- On sait que le chlorure d’ammonium est employé depuis quelque temps en médecine, pour les affections du larynx, du pharynx et des fosses nasales.
- Son emploi, sous forme de pastilles, présente le grand inconvénient de localiser son action sur une partie de la muqueuse, au détriment des autres et par conséquent son action, quoique bienfaisante, est des plus incertaines. Pour obvier à cet inconvénient, MM. Burroughs, Welcome et Ci0, de Snow Hill Buildings, London E.-G. ont inventé l’appareil qui suit.
- Une caisse quadrangulaire renferme trois flacons, dont un gros et les deux autres d’une taille moyenne.
- Ces deux derniers contiennent une solution d’ammoniaque et d’acide chlorhydrique fumant, dans des proportions définies.
- Le grand flacon contient de l’eau pure, à i/3 de sa hauteur.
- Ces vases sont fermés par des bouchons de caoutchouc, percés de deux ouvertures donnant passage, l’une à un tube qui se rend au fond, l’autre à un tube qui affleure le bouchon intérieurement.
- Les deux petits flacons sont reliés entre eux par un tube de caoutchouc en forme de T dont deux extrémités s’enfoncent sur les petites tubulures, et la troisième sur le tube qui se rend au fond du grand flacon. Sur la petfte tubulure de ce dernier s’enfonce un tube également en caoutchouc, muni d’un embout, et servant d’inspirateur.
- Le fonctionnement de cet appareil est des plus simples. Le malade aspire; un vide se produit à la partie supérieure du gros flacon vide qui appelle le gaz en voie de formation dans les deux autres. Ce gaz, en traversant l’eau contenue dans le grand flacon est lavé, et si les proportions du mélange ont été bien observées, le malade respire des vapeurs de chlorure d’ammonium pur. Ajoutons que l’acide chlorhydrique du commerce est celui dont l’emploi est le plus favorable à l’opération.
- *
- Jf. *
- Soudure électrique
- U Electricien décrit un procédé de soudure électrique imaginé par le professeur Elihu Thomson, qui consiste à faire usage de courants alternatifs, à transformer ces courants pour en augmenter l’intensité en réduisant proportionnellement leur tension, et à former entre les pièces à souder une sorte de foyer électrique dont la température est assez élevée pour obtenir la fusion superficielle des surfaces en contact et, par suite, leur soudure.
- Une note présentée le 9 décembre dernier à VAmerican Society of Arts, par le professeur Elihu Thomson, contient d’intéressants renseignements sur les progrès du nouveau procédé.
- Dans l’usine de la Thomson-Houston Company, toutes les soudures entre les fils de cuivre et de fer sont actuellement faites électriquement. Le plus gros cylindre de cuivre actuellement soudé jusqu’ici par ce procédé avait i2llim de diamètre; il fallait un courant d’environ 20,000 ampères. Ce même courant permettrait de souder une barre de fer de 2 5mm de diamètre, en tenant compte de la grande résistance électrique et de la plus faible conductibilité du métal. Les fils les plus fins soudés jusqu’ici onto,5 miîl de diamètre.
- La méthode a été appliquée à la soudure de tubes en fer, laiton, cuivre et plomb. Des spécimens ont été montrés par l’auteur, qui se propose d’appliquer le même procédé aux lames de scies sans fin, aux jantes de roues, aux cercles de tonneaux, aux chaînes de fer et d’acier, à l’allongement ou au raccourcissement des outils, etc. L’auteur réclame, en faveur du procédé, une économie de temps et d’argent.
- Voici comrhent on opère : les pièces à souder sont nettoyées, rapprochées et fixées entre les mâchoires disposées aux extrémités du circuit induit de grande intensité. On met un fondant sur le joint : du borax en poudre si le point de fusion est élevé, du chlorure de zinc, de la résine ou du suif pour le plomb, le zinc et les métaux dont le point de fusion est bas. On envoie le courant ; les extrémités des pièces à souder deviennent rouges, puis blanches et se soudent au moment où elles atteignent le point de fusion. On supprime alors le courant, on retire les parties soudées en desserrant les écrous, et la pièce peut être enlevée lorsque le joint est encore rouge. Lorsqu’on veut réunir des pièces de sections inégales, il faut réduire la section de la plus grosse à celle de la plus petite. Dans certains cas, il est bon de travailler la soudure au marteau pendant le passage du courant.
- Voici comment l’auteur explique la répartition uniforme du courant nécessaire pour obtenir une bonne soudure. Supposons qu’en certains points le contact soit meilleur que dans d’autres : la plus grande partie du courant passera par ce point de moindre résistance, il s’échauffera, sa résistance augmentera, le courant se répartira alors sur les parties les. plus froides, qui s’échaufferont à leur tour, et ainsi de suite jusqu’à ce que toutes les parties en regard se trouvent également chauffées.
- En attendant que des mesures précises fassent connaître la résistance mécanique des pièces électriquement soudées, des essais pratiques ont mon-
- tré que le point soudé est aussi solide que le reste. M. Thomson a montré un canif à la monture duquel on avait soudé une nouvelle lame pour remplacer celle qui était cassée, sans démonter le manche en écaille, qui n’a nullement souffert de l’opération.
- Un autre canif, auquel on avait soudé une nouvelle lame, a été cassé, mais la rupture s’est produite en un point different de celui de la soudure .
- Nous assistons donc aux premières manifestations d’un nouvel art, l’art de la soudure électrique, et il semble probable que l’industrie n’aura pas à attendre longtemps le moment d’en tirer de sérieux profits et d’utiles et nombreuses applications.
- LES LIVRES
- XCVI
- Emile Montégut. — Choses du Nord et du Midi. Paris, Hachette, 1 vol. in—18.
- M. Emile Montégut est un de nos meilleurs essayits. Il a fait les beaux jours, un peu gris, de la Revue des Deux Mondes, où l’étoile de M. Brune-tière a éclipsé la sienne. Il a failli, contre François Coppée, être de l’Académie comme M. de Mazade. Depuis , il boude la capitale et s’est retiré des pompes et des œuvres, souvent si décevantes de la vie parisienne, dans la vie provinciale et le bonheur conjugal. Ce livre est dédié à sa femme, ce qui est d’un bon exemple. Il contient, comme son titre permet de le deviner, une série de ces articles dans lesquels M. Montégut excelle : sur les derniers vikings et les premiers rois du Nord, sur Sixte-Quint, sur les confessions d’un révolutionnaire italien, sur l’exil de la jeune Irlande, sur un missionnaire de la cité de Londres, sur les excursions en Lyonnais et en Auvergne qui complètent ces excursions en Bourgogne, en Bourbonnais et en Forez, qui ont inauguré chez nous une sorte de genre nouveau de critique d’après nature et d’histoire d’après les monuments.
- Le principal intérêt de ces recueils d’études historiques et littéraires, en dehors de celui que leur assure la juste réputation de l’auteur, est dans leur variété.
- C’est ainsi que l’étude sur les vikings de la Baltique coudoie l’étude sur Sixte-Quint.
- Les vikings de la Baltique étaient une association de pirates et d’aventuriers qui exerçaient sur la côte une sorte de féodalité, vivaient d’excursions et de rapines, et firent trembler plus d’une fois en le secouant de leurs mains hardies, l’édifice précaire des royautés du Nord à leur début.
- Le roman historique de M. Dasent et le livre de Thomas Carlye sur les Anciens rois de Norvège ont fourni les couleurs de ces tableaux et de ces portraits qui donnent une dramatique idée des mœurs Scandinaves au xe siècle.
- Il y a là des types héroïques de courage, d’énergie et de fourberie. Il y a des combats sihguliers qui rappellent ceux de YIliade et des scènes de vie patriarcale qui rappellent celles.de Y Odyssée. Il y a surtout une exaltation de l’individualité, sans cesse aux prises avec la malice des hommes ou la malice des choses qui est résumée par ce mot caractéristique. « — A quoi crois-tu? demandait saint Olaf à un de ses soldats — Je crois en moi, » répondit le guerrier.
- C’est aussi, quoique dans un temps plus raffiné et d’une figure dont l’énergie n’a rien de barbare, un homme qui est un bel exemple du triomphe de la volonté, et de la foi en soi qu’il faut avoir pour parvenir que ce Sixte-Quint, arrivé au pontificat de la modeste ferme où il gardait les troupeaux de son père. M. Montégut 'a peint avec d’heureux reliefs le portrait de ce pape, le dernier de la grande époque héroïque. Il clôt la série, inaugurée par Paul III, des pontifes plus politiques encore que religieux qui ont entraîné l’Eglise dans, des luttes d’abord triomphantes, expiées par deux siècles de trouble et de décadence, et ont modifié son gouvernement. La principale création dans ce sens de Sixte-Quint est l’institution des congrégations, système qui domine encore et assure au pape, dont le contrôle des consistoires contrariait l’autocratie, les bénéfices et aussi les dangers d’une décision pleinement libre et souveraine. C’est un remarquable ouvrage de M. de Hübner qui a fourni à M. E. Montégut les principaux traits de son étude sur Sixte-Quint. C’est l’ouvrage de M. Rufini, écrit en anglais, et intitulé Lorenjo Benoni, phases cle la vie d'un Italien qui lui a fourni le thème de son étude sur les illusions et les déceptions caractéristiques des anciens révolutionnaires italiens de l’école de Mazzini, membres de l’association de la jeune Italie.
- Ce parti de théoriciens à outrance et de conspirateurs machiavéliques a abdiqué l’influence entre les mains du parti d’action, le garibaldisme, qui a disparu lui-même dans la personne de son chef. Les confessions de M. Rufini n’ont donc plus qu’un intérêt purement rétrospectif et historique. Il y a plus d’intérêt encore actuel, d’enseignements et de
- p.511 - vue 68/496
-
-
-
- 512. — Troisième Année. — N° iii
- LE MONITEURDE L’EXPOSITION DE 1889
- Dimanche i3 Février 1887.
- leçons utiles dans l’étude écrite à l’occasion de la publication du journal de déporté de John Michel. La Révolution irlandaise n’est pas close. Elle commence à peine ou du moins elle entre dans une phase décisive qui ajoute un grand profit à l’attrait de cette étude intitulée : l’Exil de la jeune Irlande. On trouvera le même profit de renseignements positifs et de révélations mélancoliques •dans les tableaux de la misère à Londres et de ses repaires, tracés en i85q—et toujours ressemblants— par la main d’un de ces pieux philanthropes qui s’intitule tristement missionnaire de la cité de Londres. Il contient en effet en plein épanouissement et en plein orgueilleux triomphe de la civilisation des parties sauvages, où la misère traditionnelle et le vice héréditaire croupissent dans le cynisme d’une sorte de retour à la bar-barie.
- Nous trouvons des tableaux plus agréables dans ceux qu’inspire à notre auteur son voyage en Lyonnais et en Auvergne. Il est à regretter que sa santé ne lui permette plus ces excursions destinées à achever ce qu’il appelait justement le Tableau, ce qu’il eût pu appeler plus justement encore le Portrait de la France étudiée dans ce que sa physionomie nouvelle a gardé des traits anciens.
- Il y a là sur Fléchier et les grands jours d’Auvergne des pages curieuses et intéressantes. Mais, grand Dieu ! qu’a donc fait ce pauvre abbé De-lille, ce versificateur habile et harmonieux, plus que grand poète à coup sûr, qui n’en a pas moins écrit des vers qui sont ingénieux, touchants, charmants, dans des oeuvres autrefois trop vantées, aujourd’hui trop dépréciées. C’était un homme d’esprit que cet abbé Delille, et fort aimable en dépit de sa vanité. M. Montégut traite bien nerveusement et avec un dédain qui va jusqu’à lui reprocher l’origine naturelle (trop naturelle) dont il ne saurait être rendu pourtant responsable, ce pauvre abbé, bâtard d’une institutrice et d’un jeune avocat qui oublia de le reconnaître (et non d’une demoiselle de qualité et d’un jeune homme de condition comme le dit l’auteur).
- S’il méprise Delille un peu plus que de raison, en revanche, M. Montégut estime Marguerite de Navarre un peu plus qu’il ne convient. Il cite textuellement un acte par lequel la prodigue et galante princesse fait à son geôlier et à son favori Canillac, qui fut aussi sa victime et sa. dupe, une donation dont les termes ne coûtaient rien à Marguerite, non plus qu’ils ne rapportaient rien à ses amants. M. Montégut a eu le tort de prendre au sérieux cette donation qui peut figurer à côté du billet à La Châtre parmi les plus jolis monuments de la coquetterie et de la duplicité féminines.
- M. de Lescure.
- P.-S. — Nous consacrerons nos prochaines études aux romanciers et aux romans dont on parle en ce moment, et qui sont à la mode du jour •qui n’est pas toujours celle du lendemain: M. Guy de Maupassant et son Mont-Oriol, M. Paul Bourget et son André Cornélis.
- M. de L.
- AVIS COMMERCIAUX
- ITALIE
- EXPOSITION INTERNATIONALE D’APPAREILS POUR LA
- MEUNERIE, LA BOULANGERIE , ETC. , A MILAN ,
- EN 1887.
- Une exposition internationale d’appareils pour la meunerie, la boulangerie et les industries qui s’y rattachent aura lieu au mois de mai prochain.
- Les délais pour les demandes d’admission, qui •avaient été primitivement fixés au i5 janvier dernier, ont été prorogés au i5 février.
- Les intéressés peuvent prendre connaissance du programme de cette exposition au ministère du commerce et de l’industrie (Direction du commerce extérieur, 3e bureau), 244, boulevard Saint-Germain.
- ANNAM ET TONKIN
- COMMERCE ET INDUSTRIE DE LA VILLE DE HANOI
- M. le ministre du commerce et de l’industrie vient de recevoir la communication suivante de M. le résident général de la République en Annam -et au Tonkin :
- L.’industrie est considérable à Hanoï. Elle a une •originalité absolument locale, mais ne fournit encore à l’exportation que peu d’articles, dont quelques-uns sont susceptibles de prendre dans l’avenir une très grande importance sur les marchés d’Europe. Le reste est consommé, soit dans la ville même, soit dans l’intérieur du Tonkin. Les principaux produits de l’industrie locale sont :
- Les tissus de soie de toutes qualités fabriqués à Hanoï et dans les environs ;
- Les tissus de coton tout à fait ordinaires fabriqués surtout dans la campagne et apportés à hanoï.
- Les objets laqués de toutes sortes, surtout les meubles ou coffrets, plateaux et panneaux incrustés ;
- Les objets en bambous, très variés, dont quelques-uns sont des œuvres d’art remarquables ;
- Les éventails fabriqués en grand, mais à bas prix ;
- Les éventails mandarins, en plumes, très rares et d’un grand effet décoratif;
- Les broderies de soie ;
- L’amidon ;
- Le papier, en écorce de papyrus, non collé et spongieux ;
- Les hamacs ;
- Les objets en fer et en bois primitifs pour l’agriculture;
- Les objets en bois tourné et sculpté, pour pagodes et boudhas d’intérieur;
- Les stores ;
- Les peintures sur papier ;
- Les teintures ;
- Le sucre ;
- Les objets en bois de tous genres ;
- Les objets d’étain et de fer-blanc;
- Les souliers et sandales en cuir, d’une forme particulière, destinés à la classe mandarine, qui, seule, ne marche pas pieds nus ;
- Les soques en bois ;
- Les confitures de tous fruits ;
- Les pâtisseries ;
- Les alcools de riz et de fleurs de nénuphar ;
- Les lanternes en papier et en colle de poisson ;
- Les chapeaux de toutes formes ;
- Les peignes, pour hommes et pour femmes annamites, les hommes portant les cheveux longs et relevés en chignon ;
- Les bougies annamites ;
- Les objets en papier ;
- La boissellerie en tous genres ;
- Le vermicelle de riz ;
- Le mouvement commercial comprend tous les produits d’alimentation et d’usage journalier, tous les instruments nécessaires à l’Annamite, soit récoltés ou fabriqués dans les environs, soit provenant de l’intérieur de la Chine.
- Bac-Ninh envoie des objets en fer et en cuivre, ces derniers quelquefois ciselés et martelés;
- Son-Tay, du sucre ;
- Ba-Tang, des briques, des tuiles, des carreaux et des faïences grossières ;
- Hung-Yen, des nattes ;
- Nam-Dinh, du coton, des moustiquaires ;
- Hung-Hoa, de l’huile à laquer, des huiles d’arachides et de cocos ; •
- Tuyen-Quang, des radeaux de bambous ;
- Lang-Son, de l’anis étoilé, de l’huile de badiane, des médecines ;
- Lao-Kay, de l’opium, de l’étain, des écailles de fourmilliers, de la cire d’abeilles et de la cire végétale, des médecines de toutes sortes, de la cannelle ;
- Thang-Hoa, du coton, de la cannelle et du bois de bonne qualité;
- Une des importantes marchandises d’exportation de Hanoï est le cunao (faux gambier), qui sert à teindre les étoffes en marron et en noir. .Le cunao vient de toutes les directions : de Lao-Kay, de Tuyen-Quang, de Hung-Hoa surtout.
- La Chine fournit des médecines en grande quantité, et la plus grande partie des matières tinctorales employées à Hanoï. Presque toutes ces teintures sont de provenance anglaise. De plus les faïences chinoises de tous genres et de toutes formes abondent sur les marchés.
- CHEMINS DE FER DU TONKIN
- Conformément aux instructions ministérielles, l’adjudication de la construction et de l’exploitation de lignes ferrées au Tonkin, précédemment fixée au ier janvier 1887, est reportée au ier juillet 1887.
- Un avis ultérieur fera connaître les nouvelles bases sur lesquelles aura lieu cette adjudication.
- LES THEATRES
- Théâtre du « Chat-Noir ». — L'Epopée, par M. Caran d’Ache.
- Depuis déjà longtemps mon intention était de vous entretenir de l’œuvre si intéressante et si réellement nouvelle que M. Caran d’Ache — un jeune artiste que je qualifierais volontiers de jeune maître si cette appellation n’était prise dans une acception légèrement ironique — vient de produire dans un cadre presque aussi original que l’œuvre elle-même, de cette Epopée qui fait en ce moment courir tout Paris au théâtre du « Chat-Noir ».
- Aussi, l’actualité théâtrale faisant grève cette semaine, ne saurais-je mieux faire que de consacrer à Y Epopée, à ses interprètes, et à son théâtre, ma causerie hebdomadaire et que de vous initier ainsi à l’une des plus puissantes manifestations d’art qui se soient produites depuis longtemps à Paris.
- Vous connaissez certainement le « Chat-Noir » cette fondation d’un cabaretier-artiste de génie à laquelle le succès n’a fait que sourire depuis sa
- création; vous savez sans doute qu’en ce cabaret artistique se réunit toute une pléiade de poètes, de littérateurs et de dessinateurs dont la verve fantaisiste et joyeusement frondeuse répandue le long des colonnes d’un journal fondé sous l’égide du « Chat-Moir », assura la fortune de cet établissement.
- Mais ce que vous ignorez peut-être, c’est qu’aux attractions artistiques de l’ancien « Chat-Noir » son directeur Rodolphe Salis rêvait d’en joindre une dernière en donnant asile à côté de la peinture, de la littérature et de la poésie, à un art jusqu’alors négligé par l’école de Montmartre : l’art dramatique.
- C’est de là qu’est venue l’idée du théâtre du Chat-Noir, un théâtre d’un genre tout particulier, comme vous l’allez voir.
- Au fond d’une salle artistement décorée, aux murs recouverts de toiles et de dessins signés Willette, Caran d’Ache, Steinlen, Rivière et autres jeunes noms déjà connus, se dresse, flanqué d’un piano, un guignol dont la façade est ornée des masques grimaçants des célébrités du lieu. Sur la baie demi-circulaire que découvre le rideau levé, une toile blanche est tendue, sur laquelle vont se projeter les ombres qui sont les personnages du drame.
- Car c’est un théâtre d’ombres chinoises que le théâtre du « Chat-Noir » ; mais quelles ombres ! D’une perfection de dessin admirable, avec des effets de couleur et de perspective merveilleux, elles vous donneront dans l’Epopée, avec une intensité remarquable, la sensation du vécu. Elles vous promèneront à travers la légende napoléon-nienne, parmi le bruit des batailles et les ovations des foules, les défilés chamarrés et les aisants endiablés avec une telle saisissante vérité, qu’il vous semblera que ce sont les ombres mêmes des héros de la Grande-Armée qu’un songe fantastique évoque sous vos yeux. Et je vous assure que devant l’imprévu du résultat, la simplicité des moyens employés pour le provoquer disparaît et que c’est une émotion réelle, comme en peut seule produire l’art, le grand art, qui s’empare du spectateur devant ces tableaux héroïques d’Austerlitz, de la revue passée par l’Empereur sur le front de bataille des troupes, de la charge de cavalerie et de l’assaut de la redoute qui sont des pages de maître.
- Un côté comique tout à fait remarquable vient se joindre chez M. Caran d’Ache à un grand talent de dessinateur et fait de l’Epopée une œuvre absolument scénique. Je signalerai dans cet ordre d’idées les scènes de foule sur la place de la Concorde avant et après le défilé de la Grande-Armée, enlevées avec un brio étonnant, et surtout cette réelle trouvaille la promenade mélancolique d’une baïonnette que l’on voit saillir au-dessus du mur d’une redoute et qui donne par ses tressaillements désordonnés au moment de la chute d’un obus l’intense sensation de l’effroi de la sentinelle : c’est une scène sans personnages, plus complète à elle seule qu’un long dialogue, c’est du bon théâtre, et même du meilleur.
- Je ne puis sans injustice ne pas mentionner, à côté du succès foudroyant de l’Epopée qui a fait en ces temps derniers du « Chat-Noir» le rendez-vous de toutes les notoriétés parisiennes, politiques, artistiques ou mondaines, les intermèdes variés qui concourent à faire de ces soirées un spectacle unique et des plus curieux.
- Désopilantes chansons de Jules Jouy, un humoriste féroce dont le Rêve du paysan, d’une cruelle ironie, fait passer un frisson dans le dos, et de, Meusy, un satirique bon enfant qui a pris en grippe le conseil municipal, monologues étourdissants de Mac-Nab dont Y Expulsion et la ballade des Fœtus sont chaque soir demandées d’acclamation, alternent avec les poésies d’un grand souffle des Le Mouël et des Ogier d’Ivry. Parfois, Jean Rameau récite avec cette fougue dont il a le secret quelqu’une de ses étranges compositions, ou bien Masson fait vibrer les cordes de sa lyre aimable, aux parisiennes élégances.
- Enfin, je dois mentionner encore ceux qui concourent dans un rôle modeste et effacé à l’exécution et partant au succès de l’Epopée : c’est Tin-chaut, auteur de la partition, pianiste de talent doublé d’un poète exquis, à qui les délicats doivent un charmant volume de chevet : Sérénités; c’est Alphonse Allais, le fantaisiste rédacteur en chef du Chat Noir, qui exerce dans la coulisse son réel talent sur la caisse et le tambour ; c’est Henri Rivière, le peintre délicat, machiniste en chef de l’Epopée et dont nous verrons bientôt surle même théâtre une étude complète de la Rue à Paris ; c’est Auriol, pyrotechnicien le soir, littérateur dans la journée, et entre temps causeur spirituel et fumiste déconcertant; — c’est enfin quelques amateurs dont l’enthousiasme pour Y Epopée s’accommode des plus humbles fonctions.
- Avec de tels éléments, quoi d’étonnant à ce qu’il faille s’y prendre quinze jours à l’avance pour trouver place aux soirées du « Chat Noir ?»
- Georges Grisier.
- Le Gérant, GARREAU.
- Tours. — lmp. E. ARRAULT et Cie, rue de la Préfecture, 6.
- p.512 - vue 69/496
-
-
-
- Le Moniteur
- DE
- L'EXPOSITION DE [889
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
- TROISIÈME ANNÉE. Dimanche 20 Février 1887. NUMERO 112.
- SOMMAIRE :
- 1. L’Exposition de 1889; 2. L’éclairage du Champ-de-Mars;
- 3. Résultats de l’adjudication des travaux de nivellement;
- 4. Adjudication des travaux de terrassements ; 5. Les artistes contre la Tour Eiffel ; 6. Première réunion du Comité départemental des Côtes-du-Nord; 7. Comité départemental des Basses-Pyrénées ; 8. Comité départemental de l’Ardèche ; 9. Comité départemental de l’Aube; 10. Comité départemental des Basses-Alpes ; n. Exposition du Hâvre ; 12. Concours général agricole de Paris ; i3. Echos; 14. Une mission française à Haïti; 15. Exposition internationale de Toulouse; 16. Sciences et industries ; 17. Le langage international continental; 18. Les Livres; 19. Le Bon Marché; 20. Les Théâtres.
- L’EXPOSITION DE 1889
- La commission de contrôle et de finances a tenu séance ce matin.
- M. Lockroy, ministre du commerce et de l’industrie, presque complètement rétabli, présidait la séance,
- L’ordre du jour appelait l’examen des propositions relatives à la manutention dans l’exposition.
- M. Tirard, président et rapporteur de la sous-commission de l’exploitation, a pris la parole et a exposé le système examiné, par la sous-com-mission et qui consiste à laissef aux exposants toute liberté au point de vue de la manutention de leurs produits. Cependant, les moyens nécessaires seraient mis à leur disposition pour l’exécution rapide des opérations de manutention. Ces moyens consistent, les produits une fois apportés, dans leur transport sur l’emplacement désigné à chaque exposant, dans l’ouverture et le déballage des colis, dans le remisage des caisses pendant la durée de l’exposition, dans le remballage et le transport à l’issue des opérations.
- M. Jacques, rapporteur de la sous-commission des finances, établit ensuite qu’il a paru impossible de recourir à l’adjudication, puisque la liberté pleine et entière devait être laissée aux exposants de recevoir les produits à leur guise. Il ne pouvait s’agir, en effet, que de la concession d’une autorisation d’offres de services, concession qui, par son caractère même, échappe à l’adjudication. M. Berger, directeur général de l’exploitation, expose ensuite quelle série de concours il faudrait grouper pour mener à bien l’entreprise délicate de la manutention.
- Il s’est adressé, pour le personnel, aux Compagnies de chemin de fer, qui amèneront à Paris 70 0/0 des colis: pour l’emmagasinage, à la Chambre de commerce, qui, si elle renonce pour 1889 à l’opération de la manutention, ne se désintéresse pas cependant de l’Exposition elle-même et pourrait prêter ses magasins en vue du remisage.
- M. Berger a eu enfin des conférences avec le Syndicat général des emballeurs, et il est en pourparlers avec une maison importante qui fournirait aux exposants les conditions de bon marché et de sécurité réclamées par les deux sous-commissions.
- Ce système, mis aux voix par le ministre, a été adopté par la commission.
- La question des entrées à l’Exposition le soir et de l’éclairage vient ensuite à l’ordre du jour : mais, sur la demande de M. Christophe, gou-
- verneur du Crédit Foncier et président? de la société de garantie, la discussion est remise à la prochaine séance en vue de l’examen supplémentaire dans-les sous-commissions et de la distribution d’un rapport spécial de M. le directeur général de l’exploitation.
- L'ECLAIRAGE DU CHAMP-DE-MARS
- Les sous-commissions des travaux et de l’exploitation ont examiné mardi dernier conjointement, avant sa transmission à la sous-commission des finances, le projet présenté par M. Georges Berger pour l’éclairage de l’enceinte du Champ-de-Mars.
- Cet éclairage, qui atteindra une intensité lumineuse de 3oo,ooo becs carcel, équivalant par conséquent à cinq fois environ celle produite par tout l’éclairage municipal au gaz de la ville de Paris, serait réalisé par le syndicat de tous les électriciens français et étrangers qui s’occupent spécialement de lumière électrique.
- L.a combinaison projetée n’entraînerait aucune dépense supplémentaire de la part de l’administration. Elle avait été étudiée préalablement par le comité technique d’électricité, qui avait donné un avis favorable.
- RÉSULTATS de L’ADJUDICATION
- des Travaux de nivellement général et de construction du réseau d’égouts
- Une des plus importantes adjudications relatives à l’Exposition a eu lieu lundi dernier au palais du tribunal de commerce.
- Cette adjudication avait pour but l’exécution de travaux de nivellement général et de construction du réseau d’égouts du Champ-de-Mars.
- Elle a été faite en un seul lot, sur la mise à prix de 780,000 francs, avec obligation pour l’adjudicataire de fournir un cautionnement de 23,000 fr.
- Seize concurrents avaient fait des offres pour cette grande entreprise. MM. Huguet, Vouillet et Appy ayant offert un rabais' de 43 fr. 3o 0/0, ont été déclarés adjudicataires.
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1889
- DIRECTION GÉNÉRALE DES TRAVAUX
- ADJUDICATION EN UN ILOT
- Des Travaux de terrassements et de maçonnerie
- à exécuter pour les fondations des Palais des Beaux-Arts, des Arts libéraux, des Galeries Rapp et Desaix et de leurs annexes, dans le Champ-de-Mars.
- 1. Le lundi 28 février 1887, à une heure de l’après-midi, il sera procédé publiquement, dans une des salles du conseil de préfecture (Palais du Tribunal de Commerce), par le préfet de la Seine ou son délégué, assisté de deux membres du Conseil de préfecture et du directeur général des travaux ou de son délégué, à l’adjudication, au rabais, sur les prix de la série, et par soumissions cachetées, de l’entreprise, en un lot, des travaux de terrassements et de maçonnerie à exécuter pour les fondations des Palais des Beaux-Arts, des Arts libéraux, des Galeries Rapp et Desaix et de leurs annexes, dans le Champ-de-Mars ; les-
- quels travaux sont évalués à 460,692 fr. 39 cent., somme à valoir pour imprévus comprise.
- Le cautionnement est fixé à 25,000 francs.
- 2. Le devis, la série, le cahier des charges et les plans sont déposés à la direction générale des travaux, dans les bâtiments du Champ-de-Mars, à l’extrémité de l’avenue Rapp, où l’on pourra en prendre connaissance, tous les jours non fériés, de une heure à quatre heures.
- 3. Nul ne sera admis à concourir à l’adjudication s’il ne remplit les conditions imposées par le cahier des charges générales.
- Chacun des concurrents devra adresser à l’agence des travaux du Champ-de-Mars, au directeur général des travaux de l’Exposition qui est chargé d’arrêter la liste des concurrents, cinq jours au moins avant la date de l’adjudication :
- i° Une déclaration écrite sur papier timbré, faisant connaître ses nom, prénoms, domicile, lieu et date de naissance ;
- 2°, Un extrait de son casier judiciaire ayant moins d’une année de date ;
- 3° Les pièces demandées par le cahier des charges générales, telles que certificats de capacité, etc.
- Le délai fixé ci-dessus pour le dépôt de ces pièces sera rigoureusement appliqué.
- 4. Chaque soumission, rédigée sur papier timbré, conformément au modèle ci-après, sera placée isolément sous un pli cacheté, et le paquet, portant -le nom du soumissionnaire, sera renfermé, avec les pièces dont il a été parlé ci-dessus, et avec le certificat de dépôt du cautionnement, sous une seconde enveloppe cachetée portant pour suscription : Exposition universelle de 188g. — Travaux de terrassements et de maçonnerie pour les fondations des Palais des Beaux-Arts, des Arts libéraux, des Galeries Rapp et Desaix et de leurs annexes dans le Champ-de-Mars.
- Les soumissions qui ne seraient pas exactement conformes au modèle ci-après seront considérées comme nulles et non avenues.
- Les rabais seront énoncés en francs et décimes par cent francs (sans fraction de décime) et porteront sur les prix de la série. Les rabais portant fraction de décime seront comptés au décime plein inférieur à la fraction exprimée.
- 5. Le jour de l’adjudication, les paquets seront remis au bureau d’adjudication, dans la salie du conseil de préfecture au Tribunal de commerce, depuis midi jusqu’à une heure. Les paquets recevront un numéro dans l’ordre de leur présentation.
- 6. A une heure, on remettra au bureau d’adjudication, et sous enveloppe cachetée, le minimum du rabais moyennant lequel l’adjudication pourra être prononcée ; ensuite on procédera à l’ouverture des paquets.
- Le bureau d’adjudication, après vérification des pièces, arrêtera la liste des concurrents agréés.
- Immédiatement après, il sera procédé à l’ouverture des soumissions présentées par les concurrents admis.
- 7. Dans le cas où une seule soumission serait déposée, l’administration se .réserve le droit de ne pas prononcer l’adjudication.
- 8. Si aucun des rabais offerts dans les soumissions ouvertes n’atteint le minimum fixé, l’adjudication pourra être prononcée provisoirement ou ajournée, sur l’avis du bureau d’adjudication, qui en délibérera séance tenante.
- En aucun cas, le minimum fixé ne sera rendu public.
- 9. Dans le cas où le rabais le plus fort aurait été souscrit par plusieurs soumissionnaires, un nouveau concours sera ouvert, séance tenante, entre ces soumissionnaires seulement.
- Les rabais de la nouvelle adjudication ne pourront être inférieurs à ceux de la première.
- Si les soumissionnaires se refusaient à faire de nouvelles offres, ou si les rabais souscrits étaient encore égaux, l’adjudicataire serait désigné par la voie du sort.
- 10. L’adjudication n’est valable qu’après appro-
- p.513 - vue 70/496
-
-
-
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE iSS9
- Dimanche 20 Février 1887.
- 514. — Troisième Année. — N° 112.
- bation par le ministre du commerce de l’industrie.
- 11. Les frais de publicité,, d’expédition et d’impression, ceux de timbre et d’enregistrement, seront supportés par l’adjudicataire,_ qui devra en faire le dépôt dans un délai maximum de trois jours, à partir de la date de l’adjudication.
- 12. Toutes les conditions insérées dans la présente affiche sont obligatoires et déclarées annexées au cahier des charges.
- Fait à Paris, le 7 février 1887.
- [Le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire• gén éra l,
- Edouard Lockroy.
- Modèle de soumission (sur papier timbré)
- Je soussigné, • entrepreneur
- de maçonnerie, demeurant à
- après avoir pris connaissance des clauses et conditions générales imposées aux entrepreneurs de l’Exposition universelle de 1889, du cahier des charges spéciales aux travaux de terrassements et de maçonnerie ainsi que des dessins et des conditions particulières se rapportant directement à l’exécution des terrassements et des maçonneries pour fondation des palais des beaux-arts, des arts libéraux, des galeries Rapp et Desaix et de leurs annexes, dans le Champ-de-Mars, '
- M’engage à exécuter les travaux dont il s’agit, évalués à la somme de quatre cent six mille six cent treize francs huit centimes, moyennant un rabais de...-(en toutes lettres) sur le prix de la série spéciale de l’entreprise dont il s’agit.
- Je me soumets, en outre, à supporter tous les droits d’affichage, de timbre, d’enregistrement à droit fixe ou autres auxquels la présente soumission pourra donner lieu, si elle est acceptée.
- Fait à Paris, le 1887.
- [Signature).
- ----------T—--- ,bw-------------------
- LES ARTISTES
- CONTRE LA TOUR EIFFEL
- La protestation suivante a été envoyée à M. Al-phand :
- Monsieur et cher compatriote,
- Nous venons, écrivains, peintres, sculpteurs, architectes, amateurs passionnés de la beauté, jusqu’ici intacte de Paris, protester de toutes nos forces, de toute notre indignation, au nom du goût français méconnu, au nom de l’art et de l’histoire français menacés, contre l’érection, en plein cœur de notre capitale, de l’inutile et monstrueuse tour Eiffel, que la malignité publique, souvent empreinte de bon sens et d’esprit de justice, a déjà baptisée du nom de « tour de Babel ».
- Sans tomber dans l’exaltation du chauvinisme, nous avons le droit de proclamer bien haut que Paris est la ville sans rivale dans le monde. Au-dessus de ses rues, de ses boulevards élargis, le long de ses quais admirables, du milieu de ses magnifiques promenades, surgissent les plus nobles monuments que le génie humain ait enfantés. L’âme de la France, créatrice de chefs-d’œuvre, resplendit parmi cette floraison auguste de pierre. L’Italie, l’Allemagne, les Flandres, si fières à juste titre de leur héritage artistique , ne possèdent rien qui soit comparable au nôtre, et de tous les coins de l’univers Paris attire les curiosités et les admirations. Allons-nous donc laisser profaner tout cela ? La ville de Paris va-t-elle donc s’associer plus longtemps aux baroques, aux mercantiles imaginations d’un constructeur de machines, pour s’enlaidir irréparablement et se déshonorer ? Car la tour Eiffel, dont la commerciale Amérique elle-même ne voudrait pas, c’est, n’en doutez point, le déshonneur de Paris. Chacun sent, chacun le dit, chacun s’en afflige profondément, et nous ne sommes qu’un faible écho de l’opinion universelle, si légitimement alarmée. Enfin, lorsque les étrangers viendront visiter notre Exposition, ils s’écrieront, étonnés : « Quoi ! c’est cette horreur que les Français ont trouvée pour nous donner une idée de leur goût si fort vanté ? » Et ils auront raison de se moquer de nous, parce que le Paris des gothiques sublimes, le Paris de Jean Goujon, de Germain Pflon, de Puget, de Rude, de Barye, etc., sera devenu le Paris de Monsieur Eiffel.
- Il suffit, d’ailleurs, pour se rendre compte de ce que nous avançons, de se figurer un instant une tour vertigineusement ridicule, dominant Paris, ainsi qu’une gigantesque et noire cheminée d’usine, écrasant de sa masse barbare Notre-Dame, la Sainte-Chapelle, la tour Saint-Jacques, le Louvre, le dôme des Invalides, l’Arc de Triomphe, tous nos monuments humiliés, toutes nos architectures ra-
- petissées, qui disparaîtront dans ce rêve stupéfiant. Et pendant vingt ans nous verrons s’allonger sur la ville entière, frémissante encore du génie de tant de siècles, nous verrons s’allonger comme une tache d’encre l’ombre odieuse de l’odieuse colonne de tôle boulonnée.
- C’est à vous, monsieur et cher compatriote, à vous qui aimez tant Paris, qui l’avez tant embelli, qui tant de fois l’avez protégé contre les dévastations administratives et le vandalisme des entreprises industrielles, qu’.appartient l’honneur de le défendre une fois de plus. Nous nous en remettons à vous du soin de plaider la cause de Paris, sachant que vous y dépenserez toute l’énergie, toute l’éloquence que doit inspirer à un artiste tel que vous l’amour de ce qui est beau, dé ce qui est grand, de ce qui est juste. Et si notre cri d’alarme n’est pas entendu, si vos raisons ne sont pas écoutées, si Paris s’obstine dans l’idée de déshonorer Paris, nous aurons du moins, vous et nous, fait entendre une protestation qui honore.
- Ont déjà signé :
- E. Meissonier, Ch. Gounod, Charles Garnier, Robert Fleury, Victorien Sardou, Edouard Pailleron, H. Gérôme, L. Bon-nat, W. Bouguereau, Jean Gigoux, G. Boulanger, J.-E. Lenepveu, Eug. Guillaume, A. Wolff, Ch. Questel, A. Dumas, François Coppée, Leconte de Lisle, Dau-met, Français, Sully-Prudhomme, Elie Delaunav, E. Vaudremer, E. Bertrand, G.-J. Thomas, François, Henriquel, A. Lœnoir, G. Jacquet, Goubie, E. Duez, de Saint-Marceaux, G. Courtois, P.-A.-J. Dagnan-Bouveret, J. Wencker, L. Dou-cet, Guy de Maupassant, Henri Amie, Ch. Grandmougin, François Bournaud, Ch. Baude, Jules Lefebvre, A. Mercié, Chevi-ron, Albert Jullien, André Legrand, Limbo, etc., etc.
- De son côté, M. Ed. Lockroy a adressé la lettre suivante à M. le directeur général des travaux :
- Mon cher directeur,
- Les journaux publient une soi-disant protestation à vous adressée par les artistes et les littérateurs français. Il s’agit de la tour Eiffel, que vous avez contribué à placer dans l’enceinte de l’Exposition universelle. A l’ampleur des périodes, à la beauté des métaphores, à l’atticisme d’un style délicat et précis, on devine, sans même regarder les signatures, que la protestation est due à la collaboration des écrivains et des poètes les plus célèbres de notre temps.
- Cette protestation est bien dure pour vous, monsieur le directeur des travaux. Elle ne l’est pas moins pour moi. Paris « frémissant encore du génie de tant de siècles », dit-elle, et qui « est une floraison auguste de pierres parmi lesquelles resplendit l’âme de la France, », serait « déshonoré » .si on élevait une tour dont « la commerciale Amérique » ne voudrait pas. « Cette main barbare », ajoute-t-elle dans le langage vivant et coloré qu’elle emploie, gâtera le « Paris des gothiques sublimes », le Paris des Goujon, des Pilon, des Barye et des Rude.
- Ce dernier passage vous frappera sans doute autant qu’il m’a frappé, car « l’art et l’histoire français », comme dit la protestation, ne m’avaient point appris encore que les Pilon, les Barye, ou même les Rude fussent des gothiques sublimes. Mais quand des artistes compétents affirment un fait de cette nature, nous n’avons qu’à nous incliner. Si d’ailleurs vous désiriez vous édifier sur ce point, vous pourriez vous renseigner auprès de M. Charles Garnier, dont « /’indignation » a dû rafraîchir la mémoire. Je l’ai nommé, il y a trois semaines, architecte-conseil de l’Exposition.
- Ne vous laissez donc pas impressionner par la forme qui est belle, et voyez les faits. La protestation manque d’à-propos. Vous ferez remarquer aux signataires qui vous l’apporteront que la construction de la tour est décidée depuis un an et que le chantier est ouvert depuis un mois. On pouvait protester en temps utile : on ne l’a pas fait, et « l’indignation qui honore » a le tort d’éclater j uste trop tard.
- J’en suis profondément peiné. Ce n’est pas que je craigne pour Paris. Notre-Dame restera Notre-Dame et l’Arc de Triomphe restera l’Arc de Triomphe. Mais j’aurais pu sauver la seule partie de la grande ville qui fût sérieusement menacée : cet incomparable carré de sable qu’on appelle le Champ-de-Mars, si digne d’inspirer les poètes et de séduire les paysagistes.
- Vous pouvez exprimer ce regret à ces messieurs. Ne leur dites pas qu’il est pénible de ne voir à l’avance attaquer l’Exposition universelle
- que par ceux qui devraient la défendre ; qu’une protestation signée de noms si illustres aura du retentissement dans toute l’Europe et risquera de fournir un prétexte à certains étrangers pour ne point participer à nos fêtes ; qu’il est mauvais de chercher à ridiculiser une œuvre pacifique à laquelle la France s’attache avec d’autant plus d’ardeur à l’heure présente qu’elle se voit plus injustement suspectée au dehors. De si mesquines considérations touchent un ministre : elles n’auraient point de valeur pour des esprits élevés que préoccupent avant tout les intérêts de l’art et l’amour du beau.
- Ce que je vous prie de faire, c’est de recevoir la protestation et de la garder. Elle devra figurer dans les vitrines de l’Exposition. Une si belle et si noble prose signée de noms connus dans le monde entier ne pourra manquer d’attirer la foule et, peut-être, de l’étonner.
- Signé : Ed. Lockroy.
- ------— n— —------------
- PREMIÈRE RÉUNION
- DU COMITÉ DÉPARTEMENTAL
- DES COTES-DU-NORD
- 5 Février 1887
- Présidence de M. G. Delatte, préfet.
- Les membres du Comité départemental des Côtes-du-Nord pour l’Exposition universelle de 1889 se sont réunis à la préfecture sous la présidence de M. Delatte, préfet des Côtes-du-Nord, assisté de MM. d’Auriac, sous-préfet de Loudéac, et Lombard, sous-préfet de Guingamp.
- M. le préfet, après avoir ouvert, la séance et donné communication des lettres d’excuses adressées par les personnes empêchées de se rendre à la réunion, a remercié les membres présents des arrondissements de Saint-Brieuc, Dinan, Guingamp, Lannion et Loudéae, de l’empressement qu’ils avaient mis à répondre à la convocation préfectorale.
- Après avoir donné lecture de l’arrêté de M. le ministre du commerce et de l’industrie en date du 6 novembre 1886, nommant les membres du comité départemental des Côtes-du-Nord pour l’Exposition universelle de 1889, M. le préfet déclare ce comité constitué.
- M. le Préfet demande ensuite à l’Assemblée comment elle entend composer le bureau du comité départemental. Désire-t-elle, comme en 1878,. désigner simplement un président, un vice-président et un secrétaire? Veut-elle, au contraire, décider, comme cela vient d’avoir lieu dans plu-sieurs départements, qu’il y aura un président, un secrétaire et que tous les présidents des sous-comités d’arrondissements seront vice-présidents de droit du comité départemental.
- A l’unanimité, l’assemblée décide que le bureau du comité sera composé de M. G. Delatte, préfet des Côtes-du-Nord, président d’honneur, d’un président, d’un vice-président et d’un secrétaire auxquels seront adjoints, comme membres de-droit, les présidents des sous-comités d’arrondissement ou leurs délégués.
- La séance est suspendue pendant un quart d’heure et il est procédé au scrutin qui donne lès résultats suivants :
- Président. — M. Pradal, conseiller général, maire de Saint-Brieuc, chevalier de la Légion d’honneur.
- Vice-président. — M. Baratoux, conseiller général, vice-président du syndicat des entrepreneurs de travaux publics de France.
- Secrétaire. —- M. Gilbert, directeur des forges et aciéries de Saint-Brieuc.
- Le sous-comité de l’arrondissement de St-Brieuc est ainsi constitué :
- Président. — M. Besnier, conseiller général, armateur à Binic ;
- Vice-président. — M. Thiébaut, ingénieur en chef des ponts et chaussées ;
- Secrétaire. — M. Limon, ' conseiller général,, agriculteur à St-Brandan.
- Il est décidé que les autres sous-comités d’arrondissement devront être définitivement constitués dans un délai de quinzaine.
- M. le préfet fait un chaleureux appel au dévouement, au zèle et à l’activité des membres du comité ; il espère que le département des Côtes-du-Nord si laborieux et si remarquable parla variété de ses produits agricoles, maritimes et industriels, voudra réclamer une place d’honneur à l’Exposition de 1889 et s’associer à une grande et pacifique manifestation à laquelle doivent prendre part, toutes les nations civilisées.
- p.514 - vue 71/496
-
-
-
- Troisième Année, — N° 112.
- LF, MONITEUR DE L’EXPOSITION DE iboo.
- COMITÉ DÉPARTEMENTAL
- DES BASSES-PYRÉNÉES
- Président. — M. Proszyinski, ingénieur des ponts et chaussées.
- Vice-Présidents. — M. Roussel, président du tribunal de commerce de Pau; M. Detroyat, président de la chambre de commerce, banquier à Bayonne; M. Dambourges, président du comice agricole, à Mauléon Tardet ; M. Aries, président de la chambre consultative des arts et manufactures, négociant à Oloron ; M. Vidal, conseiller général, vice-président de la société d’agriculture à Orthez.
- Secrétaire général. — M. Beaugey, ingénieur des mines à Pau.
- Secrétaires. — M. le D1' Devaille, délégué de la société des sciences et des arts à Bayonne ; M. de Souihy, maire de Mauléon ; M. Duhalde, membre de la chambre consultative des arts et manufactures à Oloron; M. Cescas, président de la société départementale de médecine vétérinaire à Orthez.
- Assesseurs. — M. de Castarède, président de la société d’agriculture, maire à Uzos ; Foulon, président du tribunal de commerce, conseiller général à Bayonne ; M. Baratchard, propriétaire et maire à Saint-Palais ; M. Souveron, présidentdu tribunal de commerce, négociant à Oloron; M. de Lestapis, président du comice agricole de Largor, Orthez, propriétaire à Mont (Largor).
- Sous-comité de l’arrondissement de Pau
- Président.— M. Roussille, président du tribunal de commerce à Pau.
- Vice-président. — M. de Castarède, président de la Société d’agriculture, maire à Uzos. *
- Secrétaire. — M. Beaugey, ingénieur des mines à Pau.
- Sous-comité de l’arrondissement de Bayonne
- Président.—M. Detroyat,président de la chambre de commerce, banquier à Bayonne.
- Vice-président. — M. Houlon, président du tribunal de commerce, conseiller général à Bayonne.
- Secrétaire. — D1’ Devaille, délégué de la Société des sciences et des arts à Bayonne.
- Sous-comité de l’arrondissement d’Orthe7
- Président. — M Vidal, conseiller général, vice-président de la société d’agriculture à Orthez.
- Vice-président. — M. de Lespatis, propriétaire à Mont (Lagor).
- Secrétaire. — M. Cescas, président de la société départementale de médecine vétérinaire à Orthez.
- Sous-comité de l’arrondissement d’Oloron
- Président. — M. Aries, président de la chambre des arts et manufactures, négociant à Oloron.
- Vice-président. — M. Souveron, président du tribunal de commerce, négociant à Oloron.
- Secrétaire. — M. Duhalde, membre de la chambre consultative des arts et manufactures à Oloron.
- Sous-comité de Varrondissement de Mauléon
- Président. — M. Dambourges,. président du comice.agricole à Mauléon-Tardet.
- Vice-président. — M. Baratchart, propriétaire et maire à St-Palais.
- Secrétaire. — M. de Souihy, maire de Mauléon.
- COMITÉS DÉPARTEMENTAUX
- DE L’ARDÈCHE
- Par arrêté en date du 10 février 1887, le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a constitué comme suit le comité départemental de l’Ardèche :
- i° Sous-comité de l’arrondissement de Privas MM. Pradal, sénateur.
- Cfauzel, député,
- Fougeyrol, député.
- Armand, propriétaire à Saint-Montant.
- Barrés (Victor), industriel et propriétaire à Saint-Julien-en-Saint-Âlban.
- Blanchon (Gaston), président du syndicat des filateurs à Saint-Julien-en-Saint-Al-ban.
- Brunot, industriel au Teil.
- Cuchet (Léopold), président du tribunal de commerce et du syndicat des filateurs et mouliniers en soie de la circonscription d’Aubenas.
- Giraud (Gaston), industriel en soie à Vals-les-Bains.
- Lauzun (François), industriel à Bourg-Saint-Andéol.
- Levêque, directeur de l’usine au Pouzin.
- Perrin, président de la société ardéchoise d’encouragement à l’agriculture.
- Seibel (Albert), propriétaire à Aubenas.
- 20 Sous-comité de l’arrondissement de Largen-tière
- MM. Deguilhem, député.
- Vielfaure, député.
- MM. Arnaud (Adrien), tanneur à Joyeuse.
- Glaron (Jacques), père, tanneur à Vallon.
- Claron (jeune), élève de l’école d’agriculture, de Montpellier, propriétaire-agriculteur à Vallon.
- Colomb (Albin), propriétaire et exploitant de mines de houille, à Banne.
- Deroch (Léon), tuilier, à Largentière.
- Destremx (Léonce', agriculteur.
- Fuzet du Pouget, docteur-médecin,propriétaire-agriculteur à Casteljau.
- Hugon (Ernest), brasseur, à Vallon.
- Mansard aîné , propriétaire-viticulteur , à I.aurac.
- Ollier de Marichard (Jules), propriétaire-agriculteur à Vallon.
- Prat (Michel), industriel en soie à Labia-chère.
- Prat (Paul), ancien industriel en soie à Largentière.
- Tarandon (Henri), industriel en soie à Mey-ras.
- 3° Sous-comité de l’arrondissement de Tournon
- MM. Chalamet, sénateur.
- Boissy-d’Anglas, député.
- Saint-Prix, député.
- Bertrand (Emile), fabricant de gélatine à Annonay.
- Bochirol, fabricant de liqueurs à Sarras.
- Charras (Alphonse), négociant à Annonay.
- Darnaud (Désiré), mégissier à Annonay.
- Dufour, moulinier à la Chapelle-sous-Cha-néac.
- Gallix (Louis), ancien négociant à Tour-non.
- Garnier (Marcellin), mégissier à Annonay.
- Johannot (Henri), fabricant de papiers à Annonay.
- Juveneton (Marius), ancien mécanicien à Tournon.
- Maisonneuve (Alexandre), négociant à Ver-noux.
- Mataresche, moulinier en soie à Dornas.
- Moutin, président du syndicat viticole à Tournon.
- Sauzet (Joseph), négociant au Cheylard.
- Saint-Prix (René), négociant en vins à Saint-Péray.
- DE L’AUBE
- Par arrêté en date du 29 janvier 1887, le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a constitué comme suit le comité départemental de l’Aube :
- i° Sous-comité de l’arrondissement de Troyes
- MM. le président de la société académique ou ' son délégué.
- le président de la chambre de commerce ou son délégué.
- le président de la société horticole, vigneronne et forestière ou son délégué.
- le président du comice agricole de l’Aube ou son délégué.
- . le président du conseil des prud’hommes de Troyes.
- le président du tribunal de commerce ou son délégué.
- le président de la société médicale de l’Aube.
- le président de la société vétérinaire de l’Aube.
- le président de la société des architectes de l’Aube.
- le président de la société des Amis des Arts.
- le maire de Troyes.
- Marcel Dupont, professeur départemental d’agriculture.
- Raufmant, ingénieur principal des chemins de fer de l’Est.
- Lefebvre, inspecteur principal des chemins de fer de l’Est.
- Couturat, industriel, conseiller général.
- Buxtorf (Emmanuel), ingénieur-mécanicien.
- Biche, ancien chef d’institution, conseiller général.
- Douine (Ernest), filateur.
- Baltet (Ernest), horticulteur, conseiller général.
- Masson (Gustave), fabricant de ganterie, secrétaire-trésorier de la chambre de commerce.
- Mortier (Auguste), directeur de filature, ingénieur civil.
- Poron (Armand), filateur.
- S a m u e 1 - M a r o, m e u n i e r.
- Pierret, ancien avoué, ancien maire de Troyes.
- Godard-Pillaveinne, fabricant d’aiguilles.
- Mennesson, mécanicien.
- Brouard, architecte.
- Finot, président du syndicat des marchands de vins.
- Dimanche 20 Février 1887. — 515.
- MM. Masson, briquetier à Piney, ancien conseiller général.
- Rambourgt, conseiller général à Coursan.
- Herbin (Jules), fabricant de bonneterie, membre de la chambre de commerce.
- Aubert, négociant en bonneterie, conseiller général à Aix-en-Othe.
- de Cossignv, ingénieur des mines à Clérey.
- Bruley, négociant en bonneterie,à Estissac.
- Pinsot-Houzelot, marchand de grains,maire de Bouillv.
- Royer, professeur de dessin.
- Bertrand (Ferdinand), secrétaire et fondateur du syndicat des marchands de vins, distillateurs et débitants de boissons.
- Vauthier, médecin.
- 20 Sous-comité de Varrondissement d’Arcis-sur-Aube
- MM. Delacour, juge de paix, vice-président du conseil général, à Troyes.
- Contât, propriétaire, conseiller d’arrrondis-sement, à Méry.
- Quignard, tapissier.
- Luminot, fabricant de tissus.
- Gouverne, meunier.
- Lasnier, meunier à Méry.
- Schmitt, brasseur.
- Milliot, docteur en médecine , conseiller d’arrondissement, à Chavanges.
- 3° Sous-comité de Varrondissement de Bar-sur-Aube -
- MM. Messirel, directeur.de verrerie à Bayel.
- Guerrapain, ancien vétérinaire.
- Mielle, fabricant de poterie à Radonvil-liers.
- Jaquot, marchand de bois à Brienne.
- Truelle (Paul), tanneur.
- Maugras, directeur d’usine pour la fabrication du plâtre à Clairvaux.
- Barillier, meunier, maire d’Arsonval.
- Croissant, agriculteur, conseillerd’arrondis« sement, à Traunes.
- Berrard, maire de Bar-sur-Aube.
- Thierry-Delanoue , conseiller général , à Soulaines.
- 40 Sous-comité de Varrondissement de Bar-sur-Seine
- MM. Pinson-Henneton, directeur de la papeterie.
- Saillard (Emile), avoué.
- Sainton, docteur en médecine.
- Guilleminot, conseiller général, à Etourvy.
- Freminet, ancien vétérinaire, conseiller d’arrondissement, à Chaource.
- Comte-Taupe, ancien négociant en vins et viticulteur, à Landreville.
- Fèvre, instituteur en retraite et viticulteur, maire de Noé-les-Mallets.
- Dubreuil, négociant en vins et viticulteur, conseiller d’arrondissement, à Gyé-sur-Seine.
- Rabiat, négociant en vins et viticulteur, maire de Gyé-sur-Seine.
- Chapotot, notaire, conseiller général, aux Riceys.
- Maison , constructeur-mécanicien aux Riceys.
- Têtevuide, ancien instituteur, maire de Bal-nat-sur-Laignes.
- 5° Sous-comité de l’arrondissement de Nogent-sur-Seine
- MM. le président du conseil de prud’hommes de Romilly-sur-Seine.
- Gillot, ancien notaire, conseiller général, maire de Romilly.
- Clément, cultivateur, conseiller d’arrondissement à Arvilliers.
- Corpelet, fabricant de bonneterie à Romily.
- Boudios (Emile), fabricant de bonneterie à Romilly.
- Renaudat, agriculteur, conseiller d’arrondissement au clos de Mâcon-Nogent-sur-Seine.
- Barsanty, entrepreneur de travaux publics.
- Benoist-Devinat, marchand de fromages.
- Foy, carrossier.
- Etancelin, agriculteur à Traînel.
- Morin, fabricant de bonneterie, maire de Marigny-le~Châtel.
- Carré-Miziot , fabricant de bonneterie à Pâlis.
- Geslin, tanneur à Villenauxe.
- DES BASSES-ALPES
- Par arrêté en date du 3 décembre 1886, le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a constitué comme suit le comité départemental des Basses-Alpes :
- i° Sous-comité de /’arrondissement de Digne
- MM. Andrieux (Louis), député.
- Proal (Jules), député.
- p.515 - vue 72/496
-
-
-
- 5i
- MM.
- 6. — Troisième Année — N° 112 LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Chaix (Prosper), banquier à Digne.
- Blanc (Jules), propriétaire-agriculteur, ancien maire.
- Garcin, président de la commission départementale.
- Ollivier, docteur ès-sciences.
- Martin, conseiller général.
- Tartanson, conseiller général.
- Poutingon, avocat.
- Amiel (Romain), ancien procureur de la République, à Valensolle.
- Proal, docteur en médecine, propriétaire à Riez.
- Bec, conseiller général à Mezel.
- Henrv (Fernand), licencié en droit à Riez.
- Andréoletty, pharmacien à Riez.
- Isnard (Hippolyte), architecte.
- Segond (Romain), négociant, ancien maire.
- Blanc (Pierre), fils, commerçant.
- Rigoard (Jean-Milan), cultivateur à Riez.
- Vaillant, ferblantier à Riez.
- Espariat (Joseph), propriétaire, ancien ouvrier charron.
- Burle, maire à Saint-Martin-de-Drôme.
- Fraizier, notaire à Gréoulx.
- Dolléon (Gustave), propriétaire agriculteur, à Valensolle.
- Laurent, docteur en médecine, propriétaire agriculteur à Oraison.
- Nans (Jules) fils, négociant à Quinson.
- Aymes, propriétaire, ancien maire, à Rou-moules.
- Manuel, propriétaire viticulteur, conseiller municipal de Les Mées.
- docteur Richaud, à Seyne.
- Vernet (Jules), négociant en truffes et fruits, à Montagnac.
- Allibert (Paul), propriétaire agriculteur à Valensolle.
- Moiroud, docteur à Riez.
- Combe, maire d’Estoubion.
- Lantelme (Emile), propriétaire, Les Mées.
- Cotte, notaire à Riez.
- Lapelouze, négociant.
- Bouche, notaire à Bras-d’Asse.
- Veyan (Saturnin), banquier, Les Mées.
- Boeuf, docteur en médecine à Valensolle.
- Boffier maire de Bras-d’Asse.
- Chaix, notaire à Valensolle.
- Ravel (Emile), fabricant de draps à Bar-rême. •
- Soustre (Marius), propriétaire à Digne. _
- Allart-Théus (Louis), propriétaire-agriculteur à Digne.
- Fruchier (Alexandre), propriétaire, docteur-médecin à Digne
- Sieyes (François), agriculteur, négociant en fruits secs, à Digne,
- Colomb (Antoine) , bijoutier graveur à Digne.
- Martin (Paulin), artiste peintre à Digne.
- Gleize (Joseph) fils, ébéniste à Digne. .
- Banon (Jules), fabricant de draps à Digne.
- Derbez (Désiré) , fabricant de draps à Digne.
- Robert (Hippolyte), agriculteur, notaire à La Javie.
- Honnorat, arboriculteur à Brusquet.
- Arnoux (Louis-Gabriel), ancien officier de marine à Mées.
- Gombert (Théodore), maire à Malijai.
- Denans, industriel à Allemagne.
- Gorde (Apollinaire), agriculteur sériciculteur à Mées.
- Laugier (Ambroise), sériciculteur à Oraison.
- Reyne (Elzéard), marchand drapier à Oraison .
- Aymes (François), propriétaire-agriculteur, à Bras-d’Asse.
- Martin (Edouard), propriétaire-agriculteur à Estoublon.
- Berbegier (Auguste) , propriétaire-agriculteur, avocat à Moustiers.
- Turrel (Baptiste), papetier à Moustiers.
- Girieud (Toussaint), agriculteur à Riez.
- Aillaud (César) , fabricant de meubles à Riez.
- Aymes (Louis), serrurier à Riez.
- Dalbis (Antonin), tanneur à Riez.
- Bonnet (Jean), à Riez.
- de Mazan (Auguste), propriétaire-agriculteur-meunier à Riez.
- Burle (Jules), brasseur à Riez.
- Roux (Jules), commerçant de salaisons à Puimoisson.
- Avond (aîné), commerçant à Quinson.
- Monge. (Louis), commerçant de fruits secs et truffes, a Montagnac.
- Estardy (Jean-Joseph), propriétaire-agriculteur, maire à Seyne.
- Juramy (Joseph), propriétaire-agriculteur a Seyne.
- Jaubert (Désiré), propriétaire-agriculteur à Seyne.
- Savornin (Joseph-François) , propriétaire-agriculteur à Seyne.
- Bayle ( Laurent), propriétaire-agriculteur à Vernet.
- MM. Gorde, directeur de l’enregistrement à Digne.
- 2° Sous-comité de /’arrondissement de Barcelonnette
- MM. Liotard, conseiller général.
- Honorât (François), négociant à Barcelonnette.
- Combe, maire, Le Lauzet.
- Tron, conseiller d’arrondissement à Revel.
- Berlie, notaire à Barcelonnette.
- Devars, docteur-médecin à Barcelonnette.
- Lieutaud, propriétaire, adjoint au maire de Saint-Paul.
- Costa, professeur à Barcelonnette.
- Donneaud, maire de Larché.
- Gassier (Aimé), propriétaire à Barcelonnette.
- Plaisant, propriétaire, maire de Barcelonnette.
- 3° Sous-comité de Varrondissement de Castellane
- MM. Proal (Louis), conseiller général à Senez^
- Garcin, négociant, président de la société de secours mutuels, à Castellane
- Pascal, conseiller général, à Saint-André.
- Colomb, conseiller d’arrondissement, à Castellane.
- Tartanson,receveur des finances en retraite, propriétaire à Senez.
- Eyssautier, greffier du tribunal, à Castellane.
- Bonnetty, adjoint au maire.
- Viton, conseiller général.
- Robion, maréchal-ferrant.
- Honnorat, avocat, conseiller général.
- Féraudy, notaire à Entrevaux.
- Barbaroux, docteur en médecine, conseiller général à Colmars.
- Allard (Jean-Baptiste), propriétaire-agriculteur à Annot.
- Arnaud (Bénonin), fabricant de draps à Saint-André.
- Balp (Aimable), rentier à Saint-André.
- Balp (Benjamin), propriétaire à Thorame-Haute.
- Barnaud (Alexandre), fabricant de draps à Entrevaux.
- Gauthier (Joseph), négociant à Colmars._
- Gaymard (Augustin), propriétaire à Saint-André.
- Gibert (Irénée), meunier à Vergons.
- Martel (Jacques), ferblantier à Castellane.
- Matty (Gustave), négociant à Entrevaux.
- Rignol (Mathurin), banquier à Castellane.
- Trotabas (Jean-Baptiste), fabricant de draps à Beauvezer.
- 40 Sous-comité de Varrondissement de Forcalquier
- MM. Estelle (Anaclet, agriculteur, notaire à Si-miane.
- Jourdan (Toussaint), agriculteur à Saint-Etienne.
- Chabux (Joseph), distillateur à Cruis.
- Turin (Nénée), marchand de grains à Ongles.
- Arnauld (Camille), banquier à Forcalquier.
- Planchut (Eugène), pharmacien, viticulteur à Forcalquier.
- de Berluc-Pérussis, président de l’Athénée à Forcalquier.
- Depieds (Emile), propriétaire à Forcalquier.
- Avril (Louis), ébéniste à Forcalquier.
- Nalin (Henri), minotier à Mane.
- Magnan (Eugène), entrepreneur à Forcalquier.
- Henry (Augustin), négociant en grains à Forcalquier.
- Aresten (Joseph), ébéniste à Mane.
- Honnoraty (Antoine), fabricant de pâtes alimentaires à Manosque.
- Braiier (Victor), brasseur à Manosque.
- Borel, notaire à Manosque. _
- Docteur Joseph à Forcalquier.
- Découl, maire de Sainte-Tulle.
- Emeric, chapelier à Manosque.
- Buisson, directeur des mines à Manosque.
- Lieutaud (Dosithée), propriétaire.
- Blanc, distillateur.
- Granier, maire de Pierrevert.
- Eyriès, commerçant à Manosque.
- Juliany (Joseph/fils, commerçant.
- Bonnet (Marius), commerçant.
- de Selle, professeur à l’école centrale, propriétaire à Fontienne.
- Moynier, conseiller général à Banon.
- Audibert, propriétaire-agriculteur à Reil-lanne.
- Férévoux (Fortuné), viticulteur à Pierre-vert.
- Roubaud (François), entrepreneur de travaux publics à Peyruis.
- Richard (Philippe), agriculteur à Peyruis.
- Bergier (Prosper), agriculteur à Lurs.
- Reyne (Joseph), négociant, agriculteur à La Brillanne.
- Miane (Léopold), notaire, propriétaire à Reillanne.
- d’Ermitanis (Camille), propriétaire à Reillanne.
- Arniaud (Denis), propriétaire à Reillanne.
- Dimanche 20 Février 1887.
- MM. Chassan (Pierre-Paul), officier de santé, propriétaire à Céreste.
- d’Aillaud (Adolphe), propriétaire à Céreste.
- 5° Sous-comité de l'arrondissement de Sisteron
- MM. Suquet, député.
- Bontoux (Félix), propriétaire à Sisteron.
- Gunz (Hippolyte), fabricant de papier à Sisteron.
- David (Louis),^représentant de commerce à Sisteron.
- Latil (Louis), tailleur d’habits à Sisteron.
- Brès (Fortuné), sériciculteur à Peipin.
- Heyriès (Jacques), agriculteur à Volonne.
- Tourrès (François), agriculteur à Sisteron.
- Thélène (François), agriculteur à Sisteron.
- Charnier (Elie), propriétaire à Sisteron.
- Tourrès (Joseph), tailleur de pierre à Sisteron.
- Eysséric (Saint-Marcel), propriétaire à Sisteron.
- Bucelle (François), notaire, propriétaire à Turriers.
- Cougourdan (Félicien), notaire, propriétaire à La Motte.
- Givaudan (Edouard), négociant à La Motte.
- de Bermond de Vaulx, propriétaire à Noyers.
- Paulôn (Jacques), entrepreneur à Valonne.
- Jourdan (Ernest), notaire à Noyers.
- • Arnaud (Désiré), agriculteur à l’Escaie.
- Ricard, commandant en retraite, maire de Château-Arnoux.
- Bardonnenche, maire de Mison.
- ' EXPOSITION DU HAVRE
- Dans de précédents articles, nous faisions connaître l’état déjà très avancé des travaux.
- Favorisés par un temps magnifique, ils ont marché rapidement depuis et la partie monumentale est aujourd’hui au diapason du reste.
- Le monument est partout couvert et il ne restera, pour le clore complètement, qu’à poser les grandes glaces et les beaux vitraux des trois façades.
- Le jardin, bien en harmonie avec les lignes du palais, paraît assez vaste, grâce au voisinage du bassin, malgré sa superficie un peu restreinte.
- La circulation y sera facile et, sans l’entraver, les visiteurs pourront, dans un espace largement suffisant, stationner dans les differentes allées et sur les terrasses pour entendre la musique autour du kiosque élégant qui occupera une excellente place au centre du passage principal.
- Nous ferons connaître, dans un prochain article, spécialement consacré à l’orchestre, les noms des principaux artistes des théâtres de Paris et des concerts Lamoureux dont M. Gabriel Marie, le chef bien connu, s’est assuré le concours et qui formeront le plus remarquable ensemble qu’il ait été donné de former dans notre ville.
- La salle des fêtes, dans laquelle il se fera entendre toutes les fois que le temps ne permettra pas le concert dans le jardin et régulièrement tous les samedis soirs, pour des auditions d’un caractère spécial, pourra contenir un millier de personnes.
- Grâce à la réunion des œuvres des artistes peintres de marine qui en orneront toutes les surfaces principales, les deux arts associés de la musique et de la peinture tiendront sous le charme les oreilles et les yeux à la fois.
- Prochainement, nous parlerons de l’éclairage du jardin, des promenoirs sur le bassin et de la partie monumentale, du temple cambodgien qui abritera une grande partie des produits coloniaux et des autres attractions projetées.
- Nous donnons aujourd’hui deux règlements spéciaux de la section artistique internationale des peintres de marine et de la section d'hygiène navale organisée sur la corvette la Favorite en route pour notre port.
- Les délais d’admission pour ces deux sections étant portés au i5 mars, cette date est adoptée pour toutes les demandes d’emplacement, sans exception, tant et autant que les surfaces non retenues ne seront pas absorbées par les contingents étrangers attendus.
- Section spéciale d’hygiène navale, sous le patronage de la Société d’hygiène du Havre
- L’Exposition maritime internationale qui va s’ouvrir eut présenté une véritable lacune si elle n’avait compris une section spéciale d'hygiène navale. Les découvertes scientifiques modernes ont reçu des applications nombreuses, dans l’assainissement des navires, dans l’amélioration des conditions d’existence des marins et des passagers, dans l’établissement d’hôpitaux maritimes. Qu’il s’agisse du chauffage, de l’aération ou de la désinfection des navires, de grands progrès ont été réalisés ; de plus grands restent encore à faire.
- Une Exposition d’hygiène navale en appelant les industriels soit nationaux, soit étrangers à mettre sous les veux du public des appareils perfectionnés, sera d’une utilité incontestable. Aussi l’idée
- p.516 - vue 73/496
-
-
-
- Troisième Année. — N° 112.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1SS9
- Dimanche 20 Février 1SS7. — 517.
- en a été accueillie avec une grande faveur par la plupart des hygiénistes auxquels nous nous sommes adressés ; la liste de leurs noms si connus suffira à mettre en évidence l’importance que les questions d’hygiène ont prise de nos jours.
- L’Exposition aura lieu sur la corvette la Favorite que le ministre de la marine a gracieusement mise à la disposition du comité dans le bassin du commerce.
- RÈGLEMENT
- § Ier. — DISPOSITIONS GÉNÉRALES
- Article premier. — Une section spéciale d’hygiène navale (bâtiments et hôpitaux), est organisée par les soins de la Société d’hygiène dans le bassin de l’Exposition maritime internationale du Havre, qui ouvrira le 1e1' mai 1887.
- Elle sera installée sur le transport de l’Etat Favorite, mis à la disposition du Comité d’organisation par M. le ministre de la marine vice-amiral Aube.
- Art. 2. -- Cette Exposition , d’un caractère essentiellementtechnique et scientifique comprendra les appareils, modèles, plans et ouvrages qui se rapportent à l’assainissement des navires de guerre ou marchands, des logements, casernes, hôpitaux de marine, notamment en ce qui concerne : l’étude de l’atmosphère des cales et logements des bâtiments affectés au transport d’émi-grants, de troupes, d’animaux destinés aux services des armées, à l’alimentation des équipages, à l’étude et l’aménagement du sol et sous-sol des établissements de la marine, l’amenée et la distribution des eaux, l’évacuation des immondices, les appareils à désinfection, les laboratoires affectés à l’étude des questions d’hygiène , la géographie médicale, etc.
- Art. 3.— Le Comité prendra des mesures pour garantir de toute avarie les objets exposés; mais il ne sera en aucune façon responsable des accidents, incendies , dégâts ou dommages dont ils auraient à souffrir quelle qu’en soit la cause ou l’importance. Il laisse aux exposants le soin d’assurer leurs produits directement et à leurs frais.
- Il ne sera nullement responsable des, vols et des détournements qui pourraient être commis.
- Art. 4. — Aucun objet exposé ne pourra être retiré avant la clôture de l’Exposition.
- Art. 5. — Une carte d’entrée gratuite et personnelle sera délivrée à chaque exposant ou représentant de la raison sociale exposante.
- § II. — ADMISSION
- Art. 6. — Toutes les personnes appelées à prendre'part à cette Exposition devront faire parvenir leur demande d’admission avant le 15 mars 1887, à l’adresse de la Direction de l’Exposition maritime internationale du Havre, rue de Paris, 1 18.
- Art. 7.— Sont exclues de l’Éxposition, les matières détonnantes, fulminantes ei, en général, toute matière dangereuse.
- Art. 8. — Dès que le Comité aura statué sur les demandes, un certificat d’admission sera adressé à l’exposant avec la mention de l’espace et de l'emplacement qui lui auront été définitivement attribués.
- § III. — INSTALLATION
- Art. 9. — L’emplacement accordé aux exposants est gratuit.
- Art. ,io. — Ils ont à supporter tous les frais d’installation à bord de la Favorite, de manutention, magasinage, conservation des caisses vides, gardiennage.
- Art. 11. — Le Comité se réserve de faire modifier par les exposants toute installation particulière dont l’aspect serait de nature à nuire à l’effet d’ensemble.
- Art. 12. — Les exposants seront responsables des dommages que leurs installations apporteraient aux planchers, cloisons, murailles, dont ils auront l’usage.
- Section artistique
- Une section spéciale des Beaux-Arts sera organisée dans les galeries des Fêtes du Palais de l’Exposition, du ier mai au 3o septembre 1887 avec faculté de prorogation jusqu’au i5 octobre. Cette manifestation artistique, bien que limitée aux œuvres des peintres de marine sera, par son caractère même, le brillant complément de l’œuvre d’ensemble entreprise par la ville du Havre.
- EXPOSITION MARITIME INTERNATIONALE DU HAVRE
- Section artistique
- (Peintres de marine)
- RROGRAMME
- Ar,t. icr — L’ouverture de l’Exposition artistique des peintres de marine aura lieu le 1e1' mai 1887 sa clôture le 3o septembre et au plus tard le i 3 octobre.
- Art. 2. — Elle ne comprendra que les œuvres de Peinture, les Dessins et Gravures des artistes vivants. .
- Aucune copie ne sera admise à moins qu’elle ne soit en un genre différent de l’original.
- Art. 3. — Les artistes ne pourront exposer plus de quatre ouvrages.
- Art. 4. — Les tableaux, dessins et gravures devront être dans leurs bordures. — Les cadres ronds ou ovales seront placés sur plateaux carrés. Leur plus grande dimension ne pourra excéder deux mètres, cadre compris, sauf pour de rares exceptions qui exigeront un accord préalable avec la Direction.
- Art. 5. — Les invitations d’exposer seront personnelles et donneront droit à MM. les artistes qui les auront reçues à la gratuité du transport sur les Chemins de* fer FrançaiSj en petite vitesse, tant à l’aller qu’au retour.
- Art. 6. — Tous les envois devront parvenir au plus tard le 16 avril, à l’adresse du Directeur de l’Exposition maritime internationale du Havre.
- Art. 7. — Tout envoi voyagera aux risques et périls des expéditeurs.
- Dès qu’ils seront parvenus aux, mains de la Direction, celle-ci apportera les plus grands soins à la conservation des ouvrages qui lui seront confiés, sans toutefois assumer la responsabilité des accidents de toute nature qui pourraient se produire, y compris les risques d’incendie.
- Art/8. — Aucun ouvrage ne pourra être retiré de l’Exposition avant sa clôture.
- A moins d’indications contraires , toutes les œuvres exposées seront, à la clôture de l’Exposition, retournées aux adresses indiquées sur les notices.
- Art. 9. — Les artistes devront faire parvenir leurs notices remplies au plus tard du ierau i5 mars.
- Nota,. — En dehors des achats qu’elle fera au nom du Comité, la Direction facilitera aux artistes la vente de leurs œuvres, conformément aux instructions qu’elle recevra d’eux.
- CONCOURS GÉNÉRAL AGRCOLE
- DE PARIS
- Horticulture, Arboriculture, Produits, Enseignement
- La Nature an Génie a 'lit : « Ecoute-moi.
- Tu vois tous ces trésors ; ccs trésors sont à toi.»
- De Lille.
- C’est avec un soin méticuleux et un tact tout particulier que, cette année, l’intelligent commissaire général, qui, depuis plusieurs années, dirige le concours général agricole, a fait une heureuse innovation. Des arbres et des fleurs, il y en a partout. C’est le renouveau qui déjà chante le printemps. Douze degrés, voilà bien de quoi faire sortir tout Paris, et certes nul ne pourra regretter une visite à cette grande maison qui a nom le Palais de l’Industrie.
- Des massifs de plantes vertes auxquels le lau-rier-thym sert de bordure, sont disposés dans les angles du vestibule. En entrant nous retrouvons les grands pépiniéristes qui ont tenu à honneur non seulement de participer à l’ornementation, mais qui plus, est d’apporter là :
- Ces forêts d’arbrisseaux, de plantes, de buissons,
- Montant, tombant en grappes, en touffes, en festons.
- La splendide exposition de MM. Croux et fils, composée de plus de cent variétés, tant en conifères qu’en arbustes à feuillages persistant, leur a valu la seconde récompense, ces massifs d’une belle variété, méritent l’attention, malheureusement le jour fait un peu défaut et empêche d’admirer cet ensemble comme il le mérite. D’autre part, ces exposants présentent des arbres à fruits, une très grande et très belle variété de pommiers à cidre de première, deuxième et troisième saison, et enfin dans la huitième division une collection de fruits frais, pommes et poires qui sont très bien conservés. La belle collection de pommiers dénote une grande étude pour la multiplication des espèces, ces plants spéciaux de pommes à cidre sont le résultat de sérieuses études et nous ne doutons pas de voir prochainement de tels résultats récompensés comme il convient de le faire.
- En faisant le tour de la nef où sont placés les animaux reproducteurs, trois grands massifs disposés au-dessous du grand escalier par M. Defresne, lui ont valu la médaille d’or. Dans le massif du centre on remarque un Wellingtonia gigantea, puis un Ilex aquifolium magistratum pendulum., des Evonimus Japonicus, Cedrus deodora, Biota orientalis elegantissima, etc., à droite, dans le milieu, un magnifique Cedrus libani et un gigantesque Magnolia grandiflora galisoniensis, des llex aquifolium ciliatum et fl anima aurea ; Hedera arborea, sciadopitys verticillata, etc., enfin à gauche, dans le milieu, un très joli Hex aquifolium calamistratum, sur le devant, d’autres espèces, madame Briot et bicolor, puis des Cerasus lusita-nica, Cryptomeria elegans, Biota orientalis nana aurea, etc. Aux extrémités des stalles réservées aux animaux, il y a aussi des massifs de plantes
- vertes au nombre de dix (1),au centre un monticule.' garni de plantes vertes et fleuries, puis des chalets rustiques dans lesquels de gracieuses bouquetières offrent aux amateurs de jolies fleurs montées par Bories, puis des oranges, des fruits exotiques, etc.
- Près de la sortie, M. Paillet expose une collection de plantes exotiques parmi lesquelles nous citerons le Cedrus deodana, de l’Himalaya, le Cephalqtaxus fortuneii de la Chine, un très beau Criptomeria punjuns du Japon, un Crupressus lawsoniana erectaviridis de Californie, un très joli petit Juniperus hybernica compressa d’Irlande, etc., etc.; somme toute, très belle collection qui a obtenu une médaille d’argent de même qu’à M. Landry qui a présenté lui aussi de très beaux arbustes, des Areca, des Chamærops, des Cocos flexuosa et Australis, des Phœnix, des Cycas revo-luta et terkaissi, des Aspidistra, Dracæna, etc.
- Montons au premier étage par l’escalier d’entrée ; avant de pénétrer dans le grand salon qui nous réserve des surprises, il convient de remarquer les arbres présentés par M. Paillet, que nous venons de voir tout à l’heure, il présente une série d’arbres fruitiers, à tige, à forme pyramide, à forme fuseau, eu cordons, etc., fruits à noyau ou à pépins depuis un an jusqu’à six ans.
- Entrons dans ce grand salon dont les portières sont baissées. '
- Des gazons l’ont couvert, et de sa main vermeille
- Flore sur leurs tapis a versé sa corbeille.
- D. F.
- Une grande serre, une véritable serre tempérée, chauffée par un système spécial ; le vélum traditionnel est remplacé par un plafond de verre.
- D’étranges végétaux habitent sous ce verre.
- Deux grands massifs de plantes vertes sont disposés avec beaucoup d’art par M. Chantin qui, ayant cueilli tous les lauriers, a été nommé membre du jury par le ministère et, par ce fait, se trouve hors concours.
- C’est bien à lui la palme; du reste, sans citer tous les arbustes qui composent ces deux massifs, nous n’en indiquerons que les principaux : dans chacun d’eux, le milieu est occupé par un splendide Kentia, l’un Balmoreana, l’autre Forsteriana, ces deux plantes gigantesques sont du plus bel effet ; puis un Chamærops hystrix, palmier de la plus grande rareté dont le tronc est défendu par des épines noires, longues, raides et fines comme des aiguilles à tricoter ; un Rhapis Sierotsich, espèce très rare, sujet excessivement remarquable par sa vigueur, le nombre de ses tiges, la fraîcheur et le fourni de son feuillage ; un Chamærops Mar-tiana, autre palmier très rare, aux pétioles laineux, à la face inférieure des feuilles argentée ; un Cocos Mikaniana, cocotier peu répandu quoique cependant très beau.
- Enfin, il ne faut pas oublier de remarquer dans le massif de droite une touffe d’Aspiditra elatios à feuilles panachées, qui est tellement énorme que lorsqu’elle a été apportée, il a fallu ouvrir la porte du salon à deux battants. Magnifique ensemble.
- (Lest mieux que la nature et cependant c’est elle ;
- C’est un tableau parfait qui n’a point de modèle.
- Mais à côté, ces corbeilles de cinéraires n’attirent-elles pas le regard des amateurs, des connaisseurs? Ne pas reconnaître leur mérite serait grave erreur! Ces cinéraires hybrides à grande fleur, sont très beaux, les bleu d’azur plus jolis, et les cinéraires à fleurs doubles sont magnifiques. Dans le grand salon Nord-Ouest, nous les retrouverons encore avec l’ensemble de l’exposition de MM. Vilmorin, Andrieux et Cie, qui dans un autre parterre, présentent des primevères ; sur la cymaise une longue table réunit des cyclamens, des jacinthes, des tulipes, des narcisses, des anémones, etc., qui font une admirable garniture à ce salon ; disons que pour les plantes fleuries bulbeuses, la médaille d’or (premier prix) est échue à cette importante maison. Sur la droite, en suivant, une belle collection de violettes de Parme attirent les dames désireuses d’admirer les nouveautés et de respirer en passant le doux parfum de la timide violette; une espèce nouvelle de 1886 gloire de Bourg-la-Reine, à grande feuille, est digne de remarque.
- Cet exposant, M. Millet, a obtenu la première récompense pouiTensemble de sa collection. Plus loin ;
- De son panache aussi l’œillet s'enorgueillit.
- MM. Lévêque et fils ont placé là une jolie collection d’œillets qui n’ont pas l’air d’être bien à l’aise près d’une porte, quoique les tuyaux de chauffage passent sous la tablette. Continuons le tour du salon et nous trouvons les ananas de M. Cre'mont jeune, puis des figuiers en pot, des pruniers et un pêcher en fleur et deux vanillers aromatiques ; quant aux fraises, véritable tour de force, dont nous ne parlerons que pour mémoire, de même que pour M.Crémont ainé qui présente seulement six ananas dont un de Cayenne qui est très joli, Voir la suite page 52 0.
- (il Ces jardins ontolé établis par M. Pierre Cottant.
- p.517 - vue 74/496
-
-
-
- 5ïS et 519 — Deuxième Année. — N° 112
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 20 Février iSSt
- L’EXPOSITION DE
- 1889
- M. LAFOURCADE
- jardinier en chef du service des parcs et jardins de l’exposition
- c
- M. Jules LION
- ingénieur à la direction des travaux de l’exposition
- M. Georges DELATTE
- préfet, président du comité départemental des cotes-du-nord
- M. J OSEPH LAFOURCADE
- JARDINIER EN CHEF DU SERVICE DES PARCS ET JARDINS DE L’EXPOSITION DE 1889
- Lafourcade (Joseph), Jardinier en chef du Service des Parcs et Jardins, chevalier de l’ordre du Mérite Agricole, né en 1826, à Saint-Barthélémy-sur-l’Adour.
- M. Lafourcade a fait son éducation professionnelle à l’école d’horticulture de Mettray et a, depuis 1855, collaboré comme architecte paysagiste aux travaux de jardinage et d’embellissement de la ville de Paris.
- M. J ULES LION
- INGÉNIEUR DES TRAVAUX
- Lion (Jules) est entré dans l’administration des Ponts et Chaussées à sa sortie de l'Ecole des arts et métiers de Châlons, et a débuté dans le département du Pas-de-Calais
- comme conducteur des Ponts et Chaussées. Dès 1861, M. Alphand, alors Ingénieur en chef des Promenades et Plantations de Paris, l’attacha à la transformation des anciens boulevards extérieurs de la rive droite, de la rive gauche, ainsi qu’à celle de la place du Trône (place de la Nation) ; et, en 1870, aui travaux de défense de la porte de la Muette et de la porte Dauphine. Sous la haute direction de M. Alphand il collabore depuis 1861 à toutes les fêtes nationales ou de bienfaisance, et, lors des expositions de 1867 et 1878, il fut attaché à divers grands travaux, notammentà la construction delà place, du bassin et du parc du Trocadéro. Au mois de juillet 1887 d fut chargé de l’établissement des deux grands cimetières parisiens de Pantin et de Bagneux, inaugurés le 16 novembre dernier ; et, en octobre 1886, des travaux de soutènement de la butte Montmartre. M. Lion a ôté nommé inspecteur des promenades de Paris le icr janvier 1883. Il est attaché à la direction générale des travaux de l’Exposition de 1889 en qualité d’Ingénienr chargé du nivellement général des égouts et des travail- de toute nature du service de l’Ingénieur ; il fait partie du conseil des travaux. Ses puthcations d histoire et d’archéologie lui ont valu les palmes d’ofïlcier de l’Instruction pblique et la croix de chevalier de l’ordre d’Isabelle-la-Catholique.
- M. Georges DELATTE
- PRÉFET, PRÉSIDENT D’HONNEUR DU COMITÉ DÉPARTEMENTAL DES COTES-DU-NORD
- Le Président d’honneur du comité départemental des Côtes-du-Nord, dont nous donnons aujourd’hui le portrait, est entré de bonne heure dans la carrière administrative et, quoique jeune encore, a de brillants états de service. M. Georges Delatte est né en 1849, Chef de cabinet du préfet du Gers, secrétaire général du Gers en 1877, il fut révoqué au 16 Mai. Rétabli dans ses fonctions au mois de décembre de la même année, il fut successivement secrétaire général de la Corse, secrétaire général de l’Isère en 1879, secrétaire général de la Loire en 1880.
- Nommé préfet du Gers en juin /88r, M. Georges Delatte occupa ces délicates fonctions jusqu’en 1885, où il fut appelé à l’importante préfecture des Côtes-du-Nord.
- p.dbl.n.n. - vue 75/496
-
-
-
- 52o. — Troisième Année. — N° 112.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1S89.
- Dimanche 20 Février 1S87.
- puis aussi des figuiers. Tous deux ont obtenu, pour ces beaux produits, chacun une médaille d’or.
- Suivant sur le côté, les orchidées de M. Régnier méritent un moment d’attention : ne voyez-vous pas ces magnifiques phajus species du Cambodge, est-ce assez fin, assez gracieux,_ et le lot de pha-lœnopsis amabilis des fies Philippines, ^ est-ce assez délicat î trop délicat peut-être : placés entre deux portes, dans un courant d’air, ces magnifiques spécimens souffraient déjà, lorsque la clémence du temps s’est envolée et la température sibérienne nous est revenue, fia fallu, les garnir de ouate, sans quoi tout se serait aplati. Plus loin, MM. Billard et Barré présentent soixante pots de cyclamens panachés, variés, semis de 17 mois, issus d’une même plante ; pour lesquels ils ont obtenu la seconde récompense médaille d’argent.
- C’est aussi la même récompense qui a été décernée à. M. Touchais pour son élégant muguet. Quant aux cyclamens de M. Robert, .disons. de suite qu’ils n’ont point rencontré la moindre rivalité et que c’est sans conteste que la médaille d’or a été décernée à cette collection. Maintenant, revenons un peu au centre, une belle corbeille de lilas blanc et de lilas de Marly, Charles,X, Virginal et Trianon, présentée par MM. Lévêque et fils dont nous avons vu les œillets tout à l'heure et qui juste en face ont installé un très joli massif de camélias. On n’en parlait plus depuis quelque temps (des camélias!, ou du moins fort peu ; quand on pense qu’il a fallu plus d’un siècle pour en arriver presque à l’oubli de ces jolis ternstræmia-ce'es, on sera bien étonné.
- Introduits en France en 1739,1m siècle plus tard, on vendait la boîte de douze camélias cinquante francs et aujourd’hui l’on vend douze francs la boîte de cinquante camélias ; cependant ils n’ont rien perdu de leur mérite. L’exposition de MM. Lévêque et fils, qui ont obtenu une médaille d’or pour jette belle collection, mérite d’être examinée, tout y est magnifique : le perlecta rubra, rouge à fleur de cactus, Duchesse d’Orléans, rose pâle panaché, Prince Albert, rose double, Daniepi, rouge double, Donklarii, panaché.
- Il nous faudrait tout citer, ainsi le beau camélia rose pâle qui est au coin est certes une des plus belles espèces, malheureusement il a été saisi par le froid et aura de la peine à ouvrir ; pour ,s’en dédommager, il faut admirer 1 ’lmperator, superbe rose corail qui est au centre. La dame au camélia reviendra et le goût et la mode aussi, espérons-le, de se parer comme autrefois avec des fleurs aussi belles que les camélias de M. Lévêque et fils. Faisons un demi-tour, nous nous trouvons en face d’un massif d’orchidées disposé avec beaucoup d’art :
- Que de variété, que de pompe et d’éclat !
- Le pourpre, l’orangé, l’opale, l’incarnat
- De leurs riches couleurs étalent l’abondance.
- D. L.
- C’est l’œuvre de M. Truffaut que nous devons admirer à loisir de très jolis azaléa roses, placés au second plan, intercalés avec de très beaux Iman-tophyllum fleuris, font valoir encore davantage ces habitants des airs, de la Cordillière des Andes et de l’Himalaya. Il faut remarquer les palmiers nouveaux qui forment le centre, puis les variétés d’Odontoglossum aux longues et élégantes tiges couvertes de fleurs blanches et jaunes, les Lycaste Skinerii du Guatémala, les Cattleya oncidium, en un mot toutes les plus belles espèces de cette brillante famille des orchidées si en vogue aujourd’hui. N’oublions pas de citer les magnifiques Cyclamens de Perse à fleurs doubles, c’est la première fois que nous les remarquons dans les expositions horticoles.à Paris. Dans ce même salon, M. Mosser a placé un massif de Rhododendrons, composé de .beaux spécimens qui sont tous de très bonne venue. Juste en face M. Laudry nous présente un groupe de plantes vertes-tout à fait irréprochables, nous regrettons cependant qu’il ait tenu en réserve de bien plus beaux spécimens. La collection d'Hellébores de M. Dugourd est composée de nombreuses variétés, mais les nuances ont entre elles trop d’analogie, les couleurs vives font presque complètement défaut ; cette plante est recommandable à cause de sa nombreuse floraison abondante, surtout à l’époque de la saison rigoureuse.
- Enfin dans cette serre improvisée nous avons vu également diverses plantes présentées par M. Torcy-Vannier, qui a obtenu une médaille d’argent pour son parterre de primevères, une autre médaille d’argent pour ses tulipes et crocus, et une médaille de bronze pour ses cyclamens. Ces exposant qui fait de grands efforts, a également présenté des légumes frais que nous retrouverons plus loin. Nous pensons avoir tout bien examiné
- Dans ce jardin paré de poétiques fleurs.
- Quittons un moment ce salon de fleurs et de verdure afin d’y revenir admirer tant de merveilles, mais en attendant ce retour, qu’il nous soit permis de féliciter l’organisateur ; cet eden, c’est lui qui l’a rêvé et qui d’un rêve a fait une réalité qu’il espère grandir encore, il pense que c’est peu, et voici son avis :
- C’est peu : tout doit répondre à ce riche ornement ; Que tout prenne à l’entour un air d’enchantement. Persuadez aux yeux que d’un coup de baguette Une fée, en passant, s’est fait cette retraite.
- D. L.
- Bravo! Monsieur Vassillière, nous n’en attendions pas moins de vous, mais pour l’an prochain nous espérons encore davantage.
- Les deux salons qui suivent sont garnis de beaux fruits, fruits exotiques, etc., l’eau en vient à la bouche ; dame ! ne dit-on pas. que l’on conserve une poire pour la soif ? eh bien ! fi y en a là et de très belles, mais ne vous y fiez pas, les plus gros morceaux ne sont pas les meilleurs. Sur dix-huit exposants nous en avons vu trois, déjà. Quinze médailles ont été décernées dont trois en or et cinq en argent.
- A. Ramé.
- (A suivre.)
- ÉCHOS
- Paris
- • C’est aujourd’hui dimanche, 20 février que clôture à l’hôtel de ville l’exposition des projets de concours du second degré pour la décoration artistique de la mairie de Pantin.
- Cette Exposition comprend des fragments, à grandeur d’exécution, envoyés par les artistes choisis lors du premier concours et sur lesquels sera prononcé le jugement définitif.
- *
- * *
- Un concours ouvrira le mercredi 1er juin prochain au ministère de l’agriculture, pour la fourniture des objets d’art décernés en primes aux lauréats des concours régionaux.
- Dans chacun des huit concours régionaux tenus chaque année dans les départements, on décerne, en effet comme récompenses, avec les médailles et les primes en argent, des objets d’art de diverses valeurs. Le chiffre s’en élève généralement à seize par concours ; soit : un objet d’art de 3,500 fr. ; un de 2,000 fr. ; neuf de 500 fr. quatre de 300 fr. et un de 150 fr.
- Ces objets d’art représentent, pour les huit concours régionaux de province, et sans parler de celui de Paris, une valeur annuelle de 90,000 fr.
- Comme nous le disions plus haut, le ministère de l’agriculture ouvrira, ie 1er juin, un concours pour la production de maquettes, pàrmi lesquelles seront choisies les pièces à décerner pour une période de huit années, de 1888 à 1897.
- Le jugement sera rendu en juillet, et les propriétaires ou auteurs de maquettes désignées, seront déclarés adjudicataires.
- *
- * *
- A signaler et à visiter surtout : la très belle exposition des lots offerts à la tombola de la Société française de sauvetage, au 1er étage de la maison Boudet (ancien Giroux), 43, boulevard des Capucines.
- A voir, entre autres, les dons de l’Etat : potiches, vases, statuettes de Sèvres ; tapisseries de Beauvais et d’Aubusson ; de beaux dessins de Bougue-reau, Puvis de Chavannes, Flameng, Jules Breton ; des aquarelles de Toudouze ; des tableaux de .Laurens, Guillemet, Cormon, etc., etc.
- L’exposition est ’ publique et restera ouverte jusqu’au 15 avril.
- *
- * *
- Départements
- Une exposition scolaire aura lieu à Melun, le lundi 21 mars prochain, à l’occasion du concours régional. On y admettra les travaux personnels des maîtres et maîtresses des divers établissements publics d’enseignement primaire : écoles normales, primaires supérieures, professionnelles, élémentaires, enfantines et marternelles, et ceux des élèves de ces établissements. Les maîtres et maîtresses qui voudraient participer à cette exposition sont priés d’en informer, dans le plus bref délai possible, l’inspecteur primaire de leur , circonscription.
- *
- * *
- ETRANGER
- Allemagne
- On projette à Mannheim, pour le courant de cette année, une exposition destinée à illustrer l’état actuel de la civilisation et de la culture intellectuelle en Amérique, et à faire ressortir la grande part qui revient dans cette œuvre de développement, à l’Allemagne et à ses émigrants.
- Un comité puissant ëst formé et l’exposition est, au point de vue pécuniaire, définitivement assurée.
- Après la clôture, les objets exposés deviendront, sous le nom de Grand Musée Central des produits américains, le noyau d’une exposition permanente agricole, forestière, minière, scientifique et industrielle, destinée au développement des relations commerciales entre l’Allemagne et les Etats-Unis.
- Angleterre
- Un groupe important sera, dit-on, formé à la prochaine exposition internationale de Newcastle, par une exposition des lampes de mineurs.
- *
- * *
- Australie
- Nous avons, à diverses reprises, parlé de l’exposition internationale de Melbourne (1888).
- La commission exécutive a décidé que l’inauguration aurait lieu le 1er avril et que l'exposition aurait une durée d’environ six mois.
- Une large place y sera faite, à côté des articles manufacturés, aux procédés mêmes de fabrication.
- *
- A *
- Autriche-Hongrie
- L’exposition rétrospective et contemporaine d’art religieux de Vienne, précédemment annoncée à cette place, aura lieu au musée Autrichien du milieu de mars à la fin d’avril. Le comité a reçu jusqu’ici 130 adhésions, représentant plus de 600 objets d’art. Les trésors des cathédrales de Vienne, Prague, Salzbourg, St-Polten, Agram et Zara enverront leurs plus belles pièces, ainsi que les trésors artistiques de cinquante monastères ou cures, et les musées de Brünn, Bregenz, Buda-Pesth, Leitmeritz, Lemberg, Olmütz, Eisenerz, Villach, Salzbourg, la Bibliothèque privée de l’Empereur, les bibliothèques universitaires de Vienne, Gratz, Prague, l’imprimerie d’Etat, les corporations des orfèvres et les collections parti -culières,
- * *
- Belgique
- La Chambre de commerce de Liège vient d’instituer dans cette ville, avec le concours de la municipalité, un musée commercial.
- Cet établissement a deux sections ; l’une comprenant les produits importés en Belgique, l’autre les produits qui en sont exportés.
- Au musée sont annexés une bibliothèque et un office d’informations commerciales.
- États-Unis
- Les expositions réunies de la société américaine du blanc et noir et de la Ligue architecturale ont été clôturées le 26 janvier aux American Art Galleries.
- Les deux expositions étaient toutes deux fort intéressantes, celle des architectes surtout.
- Les ventes ont été fort nombreuses dans la première ; il a été vendu environ cent ouvrages, représentant un total de 4,000 dollars.
- *
- * *
- L’exposition de l’Académie de Philadelphie ouvrira en mars ; différents prix seront décernés, entre autres : un prix de 100 dollars pour le meilleur ouvrage (portraits exceptés), par une femme artiste résidant à Philadelphie ; deux prix de 200 et 100 dollars respectivement, aux deux meilleures-œuvres exposées par des élèves, de l’Académie. Une somme de 5,000 francs, sera consacrée à l’acquisition d’œuvres intéressantes et de médailles à décerner à des artistes américains.
- *
- * *
- La soixante-sixième exposition annuelle de peinture et sculpture, de la National Aeademij, ouvrira à New-York, le 4 avril prochain, pour clôturer le 14 mai.
- Les adhésions et notices sont reçues jusqu’au 4 mars inclusivement, les envois du 7 au 10.
- Le prix Dodge sera décerné pour la première fois cette année aux femmes exposantes. Le prix principal de 300 dollars sera décerné, .comme par le passé, sans restriction d’àge et de nationalité.
- Les Etats-Unis, dit le Travail, sont destinés à devenir le pays ie plus vinicole de l’univers. On estime que d’ici à dix ans le produit des vins d’Amérique atteindra un million de gallons (environ 5,000,000 de litres) et que, même arrivée à ce degré, l’industrie vinicole serait encore dans l’enfance. La partie de la Californie la plus favorable à la culture du raisin n’a pas même été exploitée jusqu’à présent. Cet Etat, à lui tout seul, possède autant de terres à vigne que la France entière, et la France, il y a peu d’années, produisait encore jusqu’à 1,176,000 gallons dans sa récolte annuelle. Or, la Californie ne représente qu’une faible partie du territoire vinicole do l’Améiàque. Il y aura bientôt dans les Etats-Unis trois grands centres de production. Le premier sera la côte du Pacifique, le second la côte du Piémont, c’est-à-dire le plateau situé entre les monts Alleghang et le Blue-Ridge, y compris l’Etat de Virginie, la Caroline du Nord et du Sud, la Géorgie et une portion de Kentucky et du Tennessee ; le troisième sera le territoire indien co reprenant une grande partie du Nouveau Mexique et de l’Arizona et quelques parcelles du Kansas et de l’Arkansas. En outre, le Texas commence à
- p.520 - vue 76/496
-
-
-
- Troisième Année. — N° 112.
- LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE 1SS9
- Dimanche 20 Février 1887.— izi,
- s’annoncer comme un grand centre de production vinicole. Les vignes prospèrent déjà dans l’Etat de Missouri ; l'Ohio, dans ses parties riveraines des lacs, se livre aussi sur une grande échelle à la culture de la vigne; dans le voisinage de New-York se rencontrent également dévastés terrains consacrés à cette culture. On peut dire que les Etats-Unis ont cent acres de vignobles contre un que possède la France. La Californie, quand elle aura complété ses plantations, pourra à elle seule rivaliser avec la France.
- Italie
- Nous avons, dans un précédent numéro, parlé de l’exposition flottante qu’organisent à Gênes, sur l’initiative de MM. Canepa et Ricchini, les cercles industriels et commerciaux.
- Un appel est fait pour la réalisation de cette entreprise, à la coopération de tous ceux qu’intéressent la prospérité et le développement du commerce et de la production en Italie.
- UNE MISSION FRANÇAISE
- A HAITI
- Une intéressante mission quitte Paris à destination de Port-au-Prince.
- Vingt-deux jeunes Français vont dans notre ancienne colonie pour y propager l’usage de la langue française et y perpétuer la vieille affection des Haïtiens pour leur mère-patrie.
- On sait qu’après s’être longtemps débattue dans les angoisses de la guerre civile, la République haïtienne jouit depuis plusieurs années d’un calme réparateur et fécond sous le gouvernement paternel et ferme du général Salomon.
- Pour tous ceux qu’intéressent les questions coloniales, il y a le sujet d’une bien curieuse étude dans les efforts de cette jeune nation qui se hâte d’atteindre ses aînées dans la voie du progrès.
- L’industrie se développe, les plantations et les usines se multiplient, les déserts se défrichent.
- Le 12 février dernier, s’est ouverte au théâtre de l’Al-hambra , à Rome , l’exposition annuelle des vins italiens à laquelle prennent part environ 140 producteurs et négociants avec plus de 300 qualités devin.
- Notre excellent confrère, le Bolletino delle Finanze, Ferrome e Industrie, auquel nous empruntons ces détails, ajoute que les provinces méridionales du royaume ont donné le plus grand nombre de concurrents, avec une quantité assez importante de vins. Puis viennent les deux îles principales ; la Sicile avec 18, la Sardaigne, avec 8 concurrents.
- Il importe de signaler le nombre plutôt important des concurrents appartenant à la région émilienne, formé surtout par les producteurs des Romagnes, qui après les succès remportés , en 1882 , au concours agraire régional de Forli , et l’été dernier, à l’exposition œnologique de Rimini, se présentent assez nombreux, au concours national, avec leurs vins rouges.
- La Toscane est largement représentée, bien que beaucoup de producteurs de ces régions prennent part à l’exposition œnologique récemment inaugurée à Livourne.
- Le Latium aussi a une assez importante exposition. Le Piémont et la Ligurie sont moins bien représentés et ont, sans doute, préféré prendre part à l’exposition oenologique qui doit ouvrir Gênes, dans les derniers jours du Carnaval.
- Pays-Bas
- Nous avons, à différentes reprises , eu l’occasion de parler d’un projet d’exposition d’alimentation à Amsterdam.
- Cette exposition aura lieu, de juin prochain à septembre suivant, sur l’emplacement de l’exposition coloniale de 1883 ; elle aurapour objet toutes les denrées alimentaires et en outre tout ce qui sert à la préparation, la conservation, l’expédition des denrées alimentaires ; tout es qui peut servir à leur examen, ou à leur meilleure connaissance ; tout ce qui peut ou doit figurer sur une table ; nappage, ustensiles divers, faïence, porcelaines, verres, cristaux, ornements, etc. Pendant la durée de l’exposition, des cours seront donnés par plusieurs professeurs des deux sexes, quelle que soit leur nationalité et leur langue. De plus, on organisera plusieurs concours. Le Comité demande entre autres: un cours d’enseignement pour école de cuisine ; des traités sur divers sujets en rapport avec le but principal de l’Exposition. Un prix d’excellence de 500 florins et la médaille d’or seront décernés aune cuisine économique (bouillon ou restaurant pour tous), entièrement organisée et en activité.
- LE GÉNÉRAL MANIGAT Ministre de l’Instruction bublique d’Haïti.
- celle de ce général, devenu proviseur d’un lycée, dont nous donnons aujourd’hui le portrait.
- De haute taille, maigre, légèrement courbé, la barbe grisonnante, l’œil très doux, éclairant étrangement un visage aux contours accentués, il a toutes les allures de nos vieux savants
- La ressemblance s’accuse davantage, encore quand il parle. Volontiers silencieux, il sait écouter. Mais, de temps à autre, dans une langue qui sait toutes nos finesses et qui a gardé de l’éducation première un très . vivant accent parisien, il émet une réflexion toujours juste, souvent lumineuse, que parfois sa bonté très réelle ne réussit pas à défendre contre une nuance de malice.
- Citons un trait qui peindra bien l’homme.
- Il était élevé à Paris, au collège Monge, aux frais de son gouvernement. Une révolution éclata à Haïti et la pension du jeune étudiant fut supprimée. La direction du collège Monge continua à parfaire son éducation, le fit recevoir bachelier.
- De retour dans son pays et parvenu à une haute situation, il n’oublia jamais ceux qui, en France, lui avaient fourni les moyens de l’instruire. Au premier voyage qu’il fit à Paris, il se rendit aussitôt à son collège auquel il fit un don considérable.
- Il était président de la Chambre des députés, lorsque le général Salomon entreprit la réforme de l'instruction publique. Guillaume Manigat descendit de son siège et offrit au président sa science et son dévouement.
- Nommé proviseur du lycée de Port-au-Prince, le plus important établissement d’instruction de la République, il s’appliqua d’abord à en organiser le fonctionnement et à y attirer les élèves.
- Puis comprenant qu’il importait d’infuser à son personnel enseignant un peu de sang nouveau, afin de pouvoir le conduire jusqu’aux hauteurs vers lesquelles il tendait, il se souvint de ce qu’il avait vu faire dans son enfance et vint demndera du renfort à Paris.
- La tâche était ingrate ; car les Français ne s’expatrient pas volontiers, et Guillaume Manigat étaitseul pour accomplir sa mission, sans autres forces que la sympathie et la confiance qu’il sait ins-pireret les relations qu'il avait pu conserver en France. Mais les amitiés que le général inspire sont de celles qui triomphent des années, et il eut, dès l'abord, le bonheur d’etre présenté au ministre de l’instruction publique et au ministre de la guerre.
- Partout l'accueil fut bienveillant, et bientôt devint chaleureux. Les difficultés naissant de l’isolement du négociateur furent aplanies, et, mardi dernier, M. Manigat, retenu à déjeuner par Le président de la République, recevait de M. Jules Grévy, avec des félicitations pour ses sympathies toutes françaises, les vœux les plus cordiaux pour le complet succès de son entreprise patriotique.
- Détournée des luttes stériles de la politique, l’ardeur des Haïtiens donne un démenti de plus en plus formel à nos préjugés séculaires contre la race noire.
- Avec la netteté de vues qui le caractérise, le président Salomon a compris que ce progrès ne pouvait être durable que s’il était dirigé et contenu par le développement de l'instruction publique et, depuis son avènement à la présidence, les écoles et les lycées se sont rapidement multipliés sur toute l’etendue du territoire.
- Il eut le bonheur de trouver sous sa main deux de ses compatriotes, deux cousins germains, élevés en France et convaincus, par ce qu’ils avaient vu chez nous, de la sagesse des projets du président.
- Il fit du premier son ministre de l’instruction publique. L’autre, le général Guillaume Manigat, vient de passer plusieurs mois en France et part a la tête de la mission dont nous avons parlé.
- Curieuse et bien sympathique physionomie que
- Ce succès nous semble assuré, car le général Manigat a pu choisir et emmener avec lui une troupe d’élite : trois licenciés ès-sciences, quatre licenciés ès-lettres, deux licenciés en droit, un ancien préparateur de chimie à l’Ecole polytechnique-un professeur d'économie politique ; c’est là plus qu’il ne faut pour donner au personnel déjà si méritant du lycée de Port-au-Prince une émulation féconde.
- Six jeunes institutrices, toutes pourvues du brevet supérieur, accompagnent la mission et vont fonder un lycée de jeunes hiles.
- C'est avec confiance que nous voyons partir nos jeunes émigrants. L’hospitalité haïtienne leur sera large, et l'accueil enthousiaste..
- Quand ils reviendront, après s'être formé de dignes remplaçants, ils pourront dire qu’ils ont fait acte de patriotisme. Grâce à eux, l’élite de la population haïtienne aimera de plus en plus la France et les Français.
- p.521 - vue 77/496
-
-
-
- 522. — Troisième Année. — N° 112.
- LE MONITEURDE L’EXPOSITION DE 1SS9
- D/ manche 20 Février 1SS7.
- EXPOSITION INTERNATIONALE
- DE TOULOUSE
- Les préparatifs de l’Exposition de Toulouse, dirigée par la municipalité avec le patronage de l’Etat, sont activement poussés : rien ne retardera l’ouverture, fixée au i5mai. La galerie monumentale de l’industrie qui couvre quatorze mille mètres carrés est terminée : on construit la galerie des machines, et toutes les annexes disséminées dans le parc.
- L’Exposition des beaux-arts, organisée avec le concours de M. de Dramard. président de la Société Française des Amis des Arts, occupera les constructions nouvelles que Toulouse destine à sa Faculté des sciences. Elle sera digne de a ville qui compte parmi ses enfants actuelle, ment vivants sept grands prix de Rome.
- L’exposition de l’électricité aura une importance réelle et le parc sera subdivisé entre les principaux systèmes d’éclairage.
- Parmi les envois de l’Etat français, nous pouvons dès à présent signaler l’Exposition de la Manufacture des Gobelins qui présentera les tapisseries destinées au foyer de l’Opéra, et celle de l’Aministration des forêts qui mettra en évidence ses bois, ses travaux de reboisement et ses fruitières des Pyrénées. L’Espagne, le Portugal et l’Italie seront officiellement et grandement représentés.
- Pendant la durée de l’Exposition auront lieu de nombreuses fêtes internationales, concours de musique, de tir, de gymnastique, etc. : les concours de machines agricoles auront une importance exceptionnelle. Enfin, parmi les congrès qui auront lieu en même temps, on peut citer le congrès international d’agriculture et de viticulture, du 17 au 22 septembre, dans lequel toutes les grandes nations se feront représenter, et la session annuelle de l’Association française pour l’avancement des sciences, du 22 au 29’ septembre ; les dépenses seront couvertes par une subvention de i5o,ooo francs votée par la ville.
- Les personnes qui désirent prendre part à l’Exposition et aux Concours doivent, avant la fin de février, adresser au maire de Toulouse leurs demandes de renseignements ou d’admission.
- SCIENCES & INDUSTRIE
- Forage des puits en Chine
- L’abbé Hue a donné, et d’après lui Y Invention, la description du procédé usité en Chine pour le forage des puits artésiens.
- Voici en quoi il consiste :
- Un tube en bois s’enfonce à environ 2 mètres de profondeur, dans la couche superficielle du terrain.
- A son extrémité supérieure il est terminé par une pierre quadrangulaire, fixée à la surface du sol, et percée à son centre d’un orifice égal au diamètre du tube de bois. Dans ce tube s’enfonce une pièce de forme cylindrique, en fer, pesant de 3oo à 400 livres, concave à sa partie supérieure, convexe à la partie inférieure, munie d’encoches latérales, qui forment autant de circonférences tranchantes à angles supérieurs.
- Ce mouton est suspendu au moyen d’une corde en rotin, de la grosseur du doigt et aussi solide que le catgut, à une pièce de bois formant un levier du premier genre. Sur l’extrémité de ce levier se tient un homme fort, légèrement vêtu, qui lui imprime, en dansant, un mouvement d’ascension et de descente. Le mouton s’élève d’environ deux pieds, pour retomber par son propre poids.
- Le levier peut être mobilisé latéralement, pour permettre au travailleur de verser quelques seaux d’eau dans le tube, ramollir le roc et le réduire en parcelles.
- L’ascension de ce résidu est . facilitée, parles encoches latérales, dont est muni le mouton, par le mouvement de vis a tergo. L’ouvrier qui manœuvre le levier est remplacé, au bout de six heures, par un autre, qui après le meme laps de temps est relevé lui-même par un troisième, et ainsi de suite, nuit et jour.
- Le mouton s’enfonce d’environ 2 pieds par 24 heures. Les hommes retirent le tube, avec les matériaux dont il est chargé, tous les six centi-
- mètres et continuent avec ces seules interruptions l’opération qui dure environ trois ans. Les puits ont une moyenne de i5 à 1,800 pieds, sont rigoureusement perpendiculaires et aussi polis qu’une surface vitrifiée.
- C. H.
- *
- * *
- Machine à air chaud perfectionnée
- M. Thomas J. Rider vient de perfectionner son modèle bien connu de machine à air chaud, sortant des Delamater Iron works, de New-York.
- Dans ce genre de machines, le piston central, qui est généralement de forme cylindrique, fonctionne dans une garniture de cuir ou de matière analogue, susceptible de se détériorer par la chaleur supérieure. Celle-ci repose directement sur une surface métallique, sans discontinuité avec les parois du cylindre.
- La chaleur, se propageant dans le métal, attaque surtout les extrémités de la garniture qui, pour ce motif, et à défaut de grandes précautions, est promptement hors d’usage.
- Pour obvier à cet inconvénient on entourait jusqu’ici le cylindre d’un manchon, laissant entre lui et le cylindre un espace dans lequel on faisait circuler de l’eau froide.
- Mais M. Rider, à en juger par la description de Y Invention, se basant sur ce principe de physique que des surfaces métalliques en contact amoindrissent le pouvoir conducteur des métaux qui les composent, a imaginé de remplacer l’eau par un manchon, soit métallique, soit d’une substance non conductrice, et par cette disposition, d’après le principe énoncé ci-dessus, s’oppose à la localisation de la chaleur sur un point donné, notamment sur l’extrémité du cylindre en contact avec la garniture de cuir.
- C. H.
- *
- * ¥
- Le télantographe
- On mande de Chicago qu’une compagnie vient de se former dans cette ville, sous le nom de Gray Telantograph Company, avec un capital de 10,000 dollars.
- Cette compagnie a pour but principal l’exploitation d’une invention du Dr Gray consistant en.un télégraphe autographiant. Il paraît que l’invention est déjà ancienne, mais que le docteur instruit par l’expérience a gardé sa trouvaille loin des regards profanes et jaloux.
- On jugera, lorsqu’elle verra le jour, de la valeur de cette précieuse invention.
- L’un des Congrès les plus importants qui se tiendront à Paris pendant l’Exposition universelle est celui qui aura à statuer sur l’adoption d’un langage international conventionnel. Ce congrès aura à créer et à soumettre à l’acceptation de tous les peuples civilisés, non pas la chimère d’une langue universelle, destinée à se substituer aux langues existantes, mais un simple langage conventionnel, permettant aux hommes qui ne parlent pas la même langue d’échanger leurs idées, principalement par correspondance, mais aussi par la parole.
- La question n’est pas neuve ; bien des savants ont, depuis lexviie siècle, proposé diverses solutions de ce problème. Mais la plupart d’entre eux, trop amoureux de leur oeuvre, ont versé dans l’ornière ouverte sous leurs pas, et se sont laissé entraîner à la recherche de cette pierre philosophale qu’on appelle la langue universelle ; aussi les solutions qu’ils ont proposées ne répondent pas aux exigences de la pratique. Ils ont voulu dépasser le but et ne l’ont pas atteint.
- Cependant leurs études contiennent des éléments utiles et peuvent fournir des renseignements précieux au Congrès. Comme introduction aux travaux de ce congrès, nous commençons aujourd’hui la publication d’un mémoire consacré à l’examen critique de toutes les langues universelles proposées jusqu’à ce jour. Ce mémoire est dû à l’un des hommes les plus compétents en cette matière, M. Em. Dormoy, ingénieur en chef des mines, qui a voyagé dans les quatre parties du monde, et étudié toutes les langues vivantes ; il Intéressera certainement nos lecteurs.
- LE LANGAGE INTERNATIONAL
- CONVENTIONNEL
- Le problème de la création d’une langue universelle, qui, au xvne siècle, a tant préoccupé les savants, a pris de nos jours une actualité nouvelle ; ce n’est plus au nom de la science, mais au nom de la pratique et des besoins commerciaux qu’il s’impose à l’attention du monde entier. Le perfectionnement des voies de communication, le développement des relations commerciales entre tous les peuples, nous font ressentir plus vivement chaque jour les difficultés de tout genre qui naissent de la diversité des langues. On s’est donc remis à l’œuvre ; et, depuis un demi-siècle, de nombreuses tentatives ont été faites en vue d’établir un langage conventionnel, commun 'à tous les peuples civilisés. Ce problème est-il susceptible de recevoir une solution pratique ? Pour résoudre cette question préliminaire, il faut distinguer, et spécifier nettement le but que l’on se propose d’atteindre.
- Si l’on avait la prétention de créer de toutes pièces la future langue universelle de l’humanité, c’est-à-dire une langue nouvelle, destinée à se substituer progressivement aux langues usuelles, comme une monnaie neuve se substitue à de vieilles pièces démonétisées, il est permis d’affirmer que l’on poursuivrait une entreprise chimérique et irréalisable. Chaque peuple est, à bon droit, amoureux de sa propre langue : d’abord par esprit national, et ensuite parce que toute langue usuelle, véritable trésor de richesses amassées par l’esprit, par le goût, par les inventions de générations innombrables, est nécessairement plus féconde qu’une langue artificielle, créée de main d’homme. Une langue artificielle, son nom l’indique, sera toujours, vis-à-vis d’une langue usuelle, ce qu’est une fleur artificielle auprès d’un bouquet de roses.
- Mais on peut être moins ambitieux dans ses prétentions. On peut chercher simplement à créer un langage conventionnel, qui laisse subsister toutes les langues usuelles, et qui serve seulement d’intermédiaire entre elles. Dans cet ordre d’idées, il ne s’agit plus que de convenir d’une sorte de chiffre, de clef, de truchement, permettant aux hommes qui voudront en apprendre le mécanisme de se comprendre entre eux, bien qu’ils parlent des langues différentes. Une semblable convention rendrait encore d’immenses services, principalement pour les correspondances commerciales; et, réduit à cette modeste visée, il est certain que le problème est susceptible d’une solution satisfaisante.
- C’est à ce point de vue que je voudrais examiner les nombreuses langues universelles qui ont été proposées depuis le xvne siècle.Les premières tentatives qui ont été faites à ce sujet n’avaient guère pour objectif que la création d’une écriture universelle, ou pasigraphie. C’est seulement de nos jours que l’on a réellement abordé le problème plus compliqué de la création d’une langue à la fois écrite et parlée.
- PASIGRAPHIES
- On appelle pasigraphie l’art d’écrire dans la seule langue que l’on connaisse, de manière à être lu et compris par ceux qui ne connaissent pas cette langue ; c’est vers la recherche de systèmes pasi-graphiques que se sont d’abord dirigés les efforts des savants qui se sont occupés de la question des langu'es universelles. Descartes (H- i65o), Leibnitz (+ 1716), d’Alembert (+ 1783), Kant (4- 1804), n’ont guère fait que poser à ce sujet quelques principes généraux. « Si j’étais plus jeune, écrit Leibnitz, j’espérerais donner une sorte de spécieuse générale, où toutes les vérités de raison seraient réduites à une façon de calcul. Ce pourrait être en même temps une sorte de langue ou d’écriture universelle, mais infiniment différente de toutes celles qu’on a projetées jusqu’ici, etc... » (1) L’une des pasigraphies auxquelles il est fait allusion dans ce passage est celle qu’avait proposée Wilkins en 1668 (2). Wilkins s’occupe d’abord de la formation des radicaux, et il cherche à les créer par voie de classification des idées humaines. Il divise toutes les idées humaines en six grandes classes qui comprennent :
- Les idées transcendantes,
- Les substances,
- Les quantités,
- Les qualités,
- Les actions,
- Les relations.
- Il subdivise ces six classes en quarante catégories qu’il représente chacune par un caractère dA-criture spéciale. Il fractionne chaque catégorie en trois sections, qu’il représente en ajoutant, en bas et à gauche de la lettre ou du signe affecté à la catégorie, un angle droit, aigu ou obtus. Chacune
- (1) Leibnitz, Opéra omnia, Genève, 1708, tome V.
- (2) Essai d’un caractère graphique et réel et d’une langue philosophique, par J. Wilkins, Londres, 1668, in-folio.
- p.522 - vue 78/496
-
-
-
- Troisième Année. — N° 112.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 20 Février 1887. — 523.
- des sections est enfin divisée en espèces, qu’il caractérise par des lignes ajoutées à l’autre extrémité du caractère distinctif de la catégorie.
- Voilà donc tous les radicaux figurés par des signes graphiques ; pour indiquer les flexions grammaticales, pluriel, déclinaison;, conjugaison, Wilkins emploie encore de petits signes, des cercles, des points, des virgules, des lignes courbes, etc.; enfin il exprime les désinences au moyen de petits crochets apposés en haut et en bas du caractère.
- La langue écrite est alors formée; pour la traduire en langue parlée, Wilkins représente chacune de ces 40 catégories par des syllabes, telles que ba be bi, etc. ; il ajoute une co’nsonne pour passer à la section, et une voyelle ou diphtongue pour indiquer les espèces : à chaque espèce c’est-à-dire à chaque idée correspond ainsi un mot que l’on peut prononcer, et la langue parlée est par conséquent créée. Mais la classification philosophique des idées que Wilkins avait adoptée est devenue tout à fait défectueuse, à cause des nombreux progrès que les sciences ont fait depuis la publication de son ouvrage ; de plus, son écriture est très compliquée: bref, son système ne s’est jamais généralisé.
- En 1797, M. de Mainrieux, major allemand, publia un système de pasigraphie, fondé sur les mêmes bases que celui de Wilkins. Il emploie douze signes écrits, ou caractères, et il représente l’idée principale inhérente à un mot par cinq de ces caractères groupés ensemble ; il exprime les flexions ou modifications que le mot doit subir par de petits signes accessoires, placés en dehors du caractère principal.
- En 1799, le même auteur transforme cette langue écrite en une langue parlée, .qu’il appelle une pasilalie ; et pour cela , il lui suffit de donner à chacun de ses signes une valeur phonétique.
- Mais la classification des idées, qui sert de base à tout le projet, n’a jamais pu être faite.
- En 1866, M. Aldrick Gaumont reprend la tentative de Wilkins (1) ; il demande que l’on prépare un répertoire logique de toutes les idées humaines, et qu’on inscrive en regard de chacune d’elles son expression dans les principales langues du globe.
- A chaque ligne, on ajoutera un numéro d’ordre, et il suffira d’indiquer ce numéro pour faire comprendre à tout le monde l’idée que l’on a voulu exprimer. M. Gaumont ne fait qu’indiquer le travail à entreprendre, et il se borne à en donner, dans 20 tableaux, un spécimen, qu’il est d’ailleurs bien facile de se représenter.
- Une tentative de ce genre est parfaitement réalisable, et il n’est pas même nécessaire qu’elle ait pour base une classification raisonnée des idées humaines; il sulfit de prendre un dictionnaire, écrit dans la première langue venue; et c’est ce qu’a fait M. Moses Païc, en 1859, avec un dictionnaire allemand (2). On écrit un nombre en regard de chacun des mots du dictionnaire, et il n’y a plus qu’à reporter le même nombre en face du mot correspondant, dans les dictionnaires de toutes les autres langues. Les pluriels, les déclinaisons, les conjugaisons sont représentés par un second nombre qu’on relie au premier au moyen d’un trait d’union. Quelques exemples suffiront pour faire comprendre toute l’économie du système de M. Païc.
- Je est représenté par.... 11.
- De moi : .. . . 12.
- A moi 1 3.
- Nous 011.
- Bon 123 1.
- Du bon 123 1 -2.
- L’homme 2439.
- De l’homme 2489-2.
- A l’homme 2489-8.
- Les hommes 2489-0.
- Aimer 3 I 2Q .
- J’aime 101 — 3129.
- Tu aimes 102 — 8129.
- J’aimerai 141 —- 8129.
- Je suis aimé 8129 — 401, etc
- M. Daum, de Leipzig, et M. Bachmaier ont également composé des systèmes pasigraphiques analogues à celui de M. Païc.
- M. le général Tcheug-ki-Tong a composé un dictionnaire dans lequel les mots de la langue chinoise sont traduits par les nombres qui leur correspondent dans le catalogue de M. Bachmaier.
- Le grand défaut inhérent aux systèmes de ce genre, c’est qu’ils obligent le traducteur à s’asservir à la construction particulière à sa propre langue, ce qui rend souvent la phrase bien difficile à comprendre dans une autre langue. Déplus, traduisant les phrases mot par mot, ils paraissent insuffisants pour faire passer d’une langue dans une autre les idiotismes qui abondent partout. Enfin, ils ne permettent que d’écrire et non de parler. Aussi, bien qu’ils soient aptes à rendre quelques services pour la transmission des idées
- (1' I.a langue universelle de l’humanité, par Aldrick Caumont, i856, in-folio.
- (2) Pasigraphie mittels Arabischcr Zahl\eichen, von Moses Paie, Semlin, 1809.
- simples, on ne peut pas les considérer comme donnant une solution satisfaisante du problème d’un langage international. N
- Emile Dormoy.
- (.A suivre.)
- LES LIVRES
- XCVII
- Guy de Maupassant. — Mont-Oriol, Paris, Victor Havard, éditeur.
- M. Guy de Maupassant est jeune encore et déjà célèbre. Il est de l’école de Flaubert et de Zola, mais avec des nuances d’originalité, des touches personnelles qui affirment chaque jour de plus en plus son individualité, et en feront à son tour un chef d’école. Il l’est déjà peut-être. Le talent est rare ; l’art est long ; la vie est courte, et il ne manque pas de jeunes écrivains, qui en cherchant leur voie, prennent volontiers les routes déjà explorées, où on ne s’égare point et où l’on risque de rencontrer le public. Il est plus facile de se faire une clientèle en copiant habilement un modèle à la mode, qu’en se fiant à l’inspiration et à la nature.
- Pour en revenir à M. Guy de Maupassant, il a débuté, quand il cherchait sa voie, par des vers où il y en avait de remarquables. Il n’a pas persisté longtemps. Il est de bonne race française qui voit juste et net, et n’aime pas à attendre. Il vit très bien que de longtemps il n’y aurait une place à prendre qui ne fut tenue déjà magistralement par des poètes accrédités auprès du public. Après Alfred de Vigny, Alfred de Musset, Victor Hugo et Lamartine, faire des vers en ce siècle est d’une témérité si naïve qu’elle est ridicule, à moins d’être Gautier, Banville, Lecomte de FIsle, Goppée ou Sully-Prud’homme. C’est ce que comprit vite M. Guy de Maupassant, qui accrocha son luth dans un coin comme Anatole France, Jules Le-maitre, Paul Bourget, André Theuriet l’ont fait, et il se mit à écrire des nouvelles et des romans, avec plus d’invention et d’art de récit que Flaubert, avec plus d’observation d’après nature et moins de brutalité que Zola.
- L’art d’observer, l’art de dessiner d’un trait juste et précis, l’art de raconter, l’art de faire vivant en un mot, voilà la grande qualité, la grande supériorité de M. Guy de Maupassant ; et nous sommes de ceux qui pensent, comme l’a imprimé récemment M. Anatole France, qu’il excelle surtout dans la nouvelle, qu’il est surtout un conteur, que là il ramasse un talent qui perd de ses avantages, de sa saveur à s’étaler, à prendre ses aises, comme un homme de courte haleine perd à faire de longs discours.
- Ce qui caractérise donc Guy de Maupassant et fait qu’il a réussi et a conquis rapidement un public, c’est qu’il voit juste, peint vivant, fait vivant commue on dit, et raconte à merveille. Beaucoup de ses nouvelles sont de vrais petits chefs-d’œuvre pleins de sève et de sel gaulois, d’un raccourci puissant où le dessin garde toute sa valeur et où la sobriété de la couleur, loin de nuire au relief, l’augmente.
- J’ajoute que, peignant d’après nature, non de chic en plein air, non dans le cabinet, Guy de Maupassant garde dansson œuvre l’impression même de la réalité, derrière laquelle il s’efface. Il a, on l’a dit, l’impassibilité, sinon l’indifférence de la nature, delà réalité elle-même. Il y a telle de ses histoires qui tourne à la mélancolie. Le plus souvent il est gai. La vie est plus souvent ironique que triste. Il y a plus de rires que de larmes dans les choses. Peu importe donc que cette fidélité à copier la réalité expose l’auteur à paraître cruel (intellectuellement, parlant bien entendu). C’est la vérité qui est cruelle, non l’artiste qui la reproduit et préfère son attrait sombre à tous les autres. Aujourd’hui nous avons affaire à un roman d’une certaine envergure, où des figures assez nombreuses, celles du premier plan très étudiées, se meuvent à la fois et tour à tour dans une comédie de mœurs et un drame domestique.
- Mont-Oriol : c’est la comédie de la vie des eaux : c’est le drame de l’adultère qui s’v noue assez souvent; c’est la leçon de l’amour coupable: le mari (le plus heureux des trois), absorbé par les affaires , victime souriante, inconsciente dupe ; la femme perdue par l’oisiveté et la curiosité, l’amant romanesque, égoïste, jaloux, oublieux, infidèle, la femme abandonnée devenue mère, — et ici est la nouveauté et la moralité du dénouement,— sauvée par la maternité, relevée, rédimée par l’enfant.
- L’œuvre est-elle inférieure, supérieure aux précédentes? Y a-t-il progrès ou recul dans la santé littéraire de l’auteur, changement dans sa manière ? Toutes ces questions prendraient trop de temps et trop de place pour être seulement examinées. Nous dirons qu’il nous a semblé que le paysage tenait plus de place que d’habitude dans ce dernier roman et nous ne nous en plaignons pas ; il nous a semblé aussi que les tableaux de mœurs et de genre étaient supérieurs aux portraits. Non pas qu’ils ne soient dessinés d’un trait juste, animés d’une fine touche, non pas qu’Andermatt ne soit une étude très réussie de banquier brasseur
- d’affaires unissant l’habileté juive et le puffisme gascon, et de mari fait pour être ce qu’il est. Non pas que le marquis son beau-père, Gontran son beau-frère, ne soient des figures ressemblantes, sans être typiques. Non pas que le père Oriol et son fils ne soient eux, au contraire, peints d’une série de traits menus et d’une vie intense, d’une ressemblance exagérée jusqu’à la caricature , comme les eût peints Balzac en belle humeur. Le personnage qui nous semble le moins réussi, le dirons-nous, c’est le héros, c’est l’amant, poussé au lyrisme et au Baudelairisme avec outrance et qui parle avec une sensualité brutale, parfois bestiale, la langue de l’amour, qui est antipathique et faux de détail, quoique vrai par le trait final, par l’épreuve décisive. C’est ce Paul Brétigny qui nous gâte un peu le roman.
- Il ne 'serait guère possible de faire passer son rôle par l’épreuve chère à Ludovic Halevy, de le lire à haute voix sans provoquer, dans l’auditoire le moins bégueule, la révolte que provoque l’affectation la pire de toutes, l’affectation de crudité, ou les rires que provoquent les exagérations. Quel singulier mignard d’amour, quel Antony bizarre que ce Paul Brétigny, à la fois si raffiné et si sauvage, si sensuel et si mystique qui a une façon à lui d’admirer un paysage et d’être sensible à la musique, se comparant, dans le premier cas, à un homme qui mange et boit le bois qu’il a en face de lui, et dans le second à un écorché vif sur lequel tous les instruments jouent, pinçant les nerfs et les fibres et soufflant dans les vaisseaux (p. 86 et 92). Get homme qui, après avoir chauffé à blanc les sens réveillés de Christiane jusque-là endormie dans un mariage sans passion, la saisit dans ses bras comme une proie et la « cueille comme un fruit mûr » ; cet homme aux enfantillages de volupté un peu ridicules, qui se traîne sur l’ombre de la femme adorée et baise son image dans la poussière ; cet homme si toqué d’apparence, lâche la femme adorée et la traite de « crampon » sitôt qu’elle devient enceinte, et il cherche une autre proie, et il veut tâter de l’innocence et de l’acidité de la grâce féminine, en fruit vert. Il épouse Charlotte Oriol, la fille du paysan parvenu, tandis que Christiane passe par toutes les douleurs, toutes les leçons de la jalousie, de l’abandon, et se sauve du désespoir non par le repentir, non par le retour à l’affection conjugale, mais par le devoir maternel. Le livre finit par une scène admirablement touchée, qui n’est pas à l’honneur du séducteur, auquel Christiane signifie un congé éternel en lui défendant de souiller d’un baiser l’enfant de la faute commise qui n’est plus que sa fille.
- Cette scène trouvée relève et ennoblit un peu le roman, qui en avait besoin, car cette double chasse de Paul à la maîtresse et de Gontran à la femme sont écœurantes, car ce marquis, père de Christiane Andermatt, est bien insouciant et frivole, car Christiane est bien crédule et se défend bien mal, car cet Andermatt, homme d’affaires, avant tout, s’occupe par trop peu de ses affaires de ménage, car tout ce monde, d’une ressemblance générale, n’atteint pas à l’exactitude caractéristique, typique.
- Là où M. de Maupassant a fait le plus preuve d’observation, de finesse, de malice, de talent d’écrivain, de talent de romancier, c’est dans le paysage, dans la peinture, sous divers jours et à divers points de vue de cette nature d’Auvergne, si pittoresque dans la région des volcans éteints, et si grasse, si fraîche, si douce, d’un charme si reposant, si insinuant, si énervant à la longue de cette Limagne, une petite Lombardie française ; c’est surtout dans les tableaux des mœurs et de la vie des eaux. La fondation de l’établissement de Mont-Oriol, ses auteurs et ses collaborateurs, les types de casino et d’hôtel, les types de médecins et de malades, le bonhomme Cloviche, le faux paralytique aux jambes de faucheux, qui se noue et se dénoue à volonté suivant qu’on lui paie ou qu’on refuse de lui payer le miracle laïque, les Oriol père et fils sont des épisodes, des portraits où abondent les trouvailles d’observation et les intensités de vie comique qui appellent le rire. C’est plus amusant, plus réussi que les récits d’amour. M. de Maupassant ne devrait pas fausser son talent. Il n’est pas lui-même quand il fait triste ; il l’est tout à fait quand il fait gai, et que son récit s’illumine des ironies de la réalité et du rire des choses.
- M. de Lescure.
- LE BON MARCHÉ
- GANTS ET DENTELLES
- Dans une de nos précédentes visites aux magasins du Bon Marché, nous ayons eu la satisfaction de constater le degré de perfection atteint dans la fabrication des différents articles, grâce à l’énergique persévérance de la direction qui préside aux destinées de cette maison véritablement de premier ordre.
- Nous apprenons que la maison Boucicaut va prochainement donner un nouveau témoignage de sa constante préoccupation à satisfaire les goûts et les besoins de sa nombreuse clientèle par son
- p.523 - vue 79/496
-
-
-
- 52-}..— Troisième Année. — N° 112.
- exposition de gants, de dentelles, de fleurs, plumes et chaussures.
- Les superbes galeries de ce vaste édifice du Bon Marché, où l’on a en abondance de l’air et de la lumière, sont presque entièrement consacrées à ces produits de tous genres et renferment des spécimens qui attestent la vitalité du génie français. On admire ces produits en applaudissant aux efforts patriotiques qui ont été faits pour soutenir la réputation du goût de notre pays, efforts d’ailleurs couronnés de succès puisque, à l’Exposition de 1878, le gant Boucicaut a obtenu la plus haute récompense: la médaille d’or.
- Est-il rien qui puisse mieux se prêter au développement du goût que le gant, ce complément obligé de tous les costumes. Il ne paraît pas que les gants fussent connus des anciens et pourtant Homère, dans son Odyssée, nous montre Laërte arrachant des épines dans son jardin, les mains préservées par des gants de cuir. Mais il en est lait mention dès le vie siècle de notre ère, bien que sans doute alors ils différassent beaucoup de ceux dont nous faisons usage aujourd’hui. Au moyen âge, ils faisaient partie de l’armure ; mais, à cette époque, ils étaient de cuir plus ou moins épais et ordinairement revêtus de lames métalliques imbriquées : c’étaient les gantelets. C’est sous Henri III que les gents commencèrent à faire partie de la toilette des dames ; elles portèrent d’abord des gants de soie tricotés. Ce fut seulement sous Louis XIV qu’elles adoptèrent les gants dé peau •et c’est sous le Directoire qu’elles portèrent ces gants, très longs, à un nombre considérable de boutons, si à la mode de nos jours.
- Depuis cette époque, l’usage des gants a pris une telle extension qu’à cette heure, ils font une partie indispensable de l’habillement des deux sexes. Mais il y a loin du gant d’autrefois à celui que fournissent actuellement les manufactures du Bon Marché. Nos mondaines les plus élégantes s’empressent de venir s’y approvisionner, et les jours d’exposition sont, pour ainsi dire, des réunions very selected de la haute société parisienne et en même temps que la grande dame, la bourgeoise et l’ouvrière viennent faire leur choix parmi les articles mis en vente. Ce rapprochement si singulier au premier abord n’a rien cependant que de bien naturel; c’est que la maison Boucicaut s’est appliquée à fournir ses articles à des prix abordables pour tous. Ce qu’il faut surtout signaler, c’est que chaque prix correspond à un maximum de qualité, de là l’immense succès obtenu par toutes les expositions du Bon Marché.
- La ganterie comporte d’ailleurs tant de variétés que chacun peut y trouver de quoi satisfaire ses goûts et ses besoins. Aux gants desoie qui rappellent les beaux jours de la cour de Louis XIV et l'époque coquette de Louis XV viennent se joindre les gants de tricot, de fil et de peau ; ce dernier, dont la confection exige tant de soins, est l’objet d’une exécution particulièrement soignée.
- En effet tous les gants qui sont livrés aux magasins du Bon-Marché sont, avant d’être mis en vente, soumis à un contrôle scrupuleux qui vérifie les pointures, les coutures, les boutons ainsi que la qualité des peaux employées et le public est assuré que la qualité de l’article répond absolument au prix d’achat.
- Le .gant n’est pas seulement un objet de luxe c’est aussi un article d’utilité journalière; le gant •de chamois pour la chasse, le gant de castor, le gant en peau de chien pour conduire, les gants pour les officiers. Enfin les.gants de Suède brodés •de soie pour soirées, constituent une variétés de produits qui sont offerts au public dans les meilleures conditions et aux prix exceptionnels que le Bon-Marché est à même d’établir.
- A côté des gants qui sont l’accessoire indispensable de toute toilette féminine, les dentelles qui en sont l'ornement vont être aussi l’objet d’une exposition digne d’attirer l’attention de nos lectrices. La maison Boucicault est parvenue à fournir, à des prix les plus avantageux, des vraies Valenciennes, des garnitures complètes en véritable Chantilly, et des volants en dentelles duchesse.
- La fabrication des dentelles remonte à une époque très reculée ; on croit même qu’elle n’était pas inconnue des anciens; mais elle 11’a commencé à acquérir une certaine importance qu’à partir des Croisades, et c’est en Italie, à Venise surtout, qu’elle a fait ses premiers progrès.
- L’exposition des dentelles du Bon-Marché va fournir aux dames une occasion rare de se composer une toilette à la fois élégante et riche et afin de permettre à toutes les bourses, de participer aux bénéfices de cette exposition, le Bon-Marché met également en vente, à des prix minimes, des dentelles en imitation de Chantilly, de Malines, de Valenciennes et des mantilles en blonde de soie. Chacun peut ainsi satisfaire ses goûts sans être obligé de faire une dépense souvent onéreuse, de telle sorte que ce qui serait une cause _ d’éloignement pour le public devient au contraire une attraction ; en effet la pensée générale que font naître ces expositions est la suivante : J’irai parce que je suis sûr d’y trouver ce qu’il me faut. Cette intéressante mise en vente se complète par une magnifique collection de dentelles modernes pour corbeilles de mariage et robes de soirée.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Nous ne saurions trop engager nos lectrices à visiter cette exposition unique ; elles pourront se rendre compte des progrès immenses que l’industrie dentellière a faits depuis quelques années, grâce à l’initiative de la maison du Bon-Marché, qui ne recule devant aucun sacrifice pour défier toute concurrence.
- A côté des pièces rares des xvne et xvm® siècles, seront exposées des dentelles nouvellement fabriquées, véritables chefs-d’œuvre de dessin et d’exécution en point d’Alençon, des volants, des 'mouchoirs, des robes, des voiles de mariées en point à l’aiguille, des écharpes et des garnitures en point d’Angleterre, ainsi qu’une grande quantité de "dentelles fantaisies, faites au fuseau et à l’aiguille. Tous ces articles habilement disposés ont un effet des plus agréables et forment un ensemble des plus gracieux.
- Pour terminer cet aperçu sommaire, disons quelques mots de ce qui complète l’Exposition.
- Au milieu de toutes ces dentelles aux plis ondoyants qui en forment pour ainsi dire l’enveloppe, se détachent les couleurs vives et multiples d’un véritable parterre de fleurs. On se croirait transporté dans une vaste serre, et il ne leur manque que le parfum pour faire de cette vision une réalité, tant est parfaite l’exécution, cependant toujours si difficile, de la nature. C’est là un très grand progrès dont l’utilité pratique est d’une constante application.
- Quel est en effet pour le salon le plus riche comme pour la chambre la plus modeste l’ornement à la fois le plus agréable, le plus flatteur et le moins coûteux, si ce n’est la fleur artificielle. Pouvoir remplacer les produits de la nature, toujours chers par suite de la nécessité de les renouveler au bout d’un temps plus ou moins long, par des produits artificiels tout aussi jolis et d’une durée pour ainsi dire indéfinie, n’est-ce pas là un résultat remarquable au point de vue économique ? La décoration des appartements n’étant pas le seul emploi de ces fleurs puisqu’elles constituent également l’une des parties essentielles des garnitures de chapeaux, la maison Boucicaut a joint à cet article ce qui en forme le complément : la plume. On sait que les diverses formes de chapeaux comportent toutes une garniture de fleurs ou de plumes et quelquefois la réunion de ces deux objets dont le mélange combiné par la main d’une modiste constitue une coiffure gracieuse et élégante. Nos lectrices y trouveront, à des prix très avantageux, de bien jolis modèles, depuis la plume amazone, la plume panache jusqu’au pouf Autruche.
- Nous allions oublier de dire quelques mots de la chaussure et cependant pour cet article, comme pour tous les autres, la maison du Bon-Marché donne entière satisfaction aux exigences les plus sévères. L’idée de mettre les pieds à l’abri de l’humidité ou de les préserver des atteintes des pierres et des ronces, est si naturelle, qu’il serait tout à fait ridicule de rechercher à quelle époque ont été inventées les chaussures. Cette invention a précédé de beaucoup les temps historiques, et l’on s’étonne de voir Pline faire honneur de cette découverte à un Béotien, nommé Tychius qui doit être le même que le Tychuis d’Hylé dont parle Homère. Dans tous les temps et dans tous les pays, la chaussure a subi des variations infinies. Malgré cela on peut ramener toutes les espèces de chaussures à trois types principaux, le soulier, la botte et la bottine, et dans ces trois types tout ce qu’on peut désirer comme formes, nuances, élégance et bonne qualité en chaussures cousues, se trouve dans la maison Boucicaut. Aussi pouvons-nous annoncer comme un nouveau succès, bien mérité d’ailleurs, l’exposition qui va s’ouvrir au Bon Marché le 28 février prochain.
- Baille.
- ------r-îis»-<SHSHS>«s-i--
- LES THÉÂTRES
- Théâtre du Chateau-d’Eau. — M Absente,drame en 5 actes, de MM. Villemer et Segonzac
- Théâtre de la Renaissance. — Ma Gouvernante, comédie-vaudeville en 3 actes, de M. Bisson.
- Théâtre de l’Ambigu. — Les Mystères de Paris, pièce en 5 actes et 12 tableaux, tirée du roman d'Eugène Süe, par M. Ernest Blum.
- Théâtre des Menus-Plaisirs. — Les Vacances du mariage, comédie-vaudeville en 3 actes, de MM. Valabrègue et Maurice Hennequin.
- Théâtre des Bouffes-Parisiens. — Reprise des Petits Mousquetaires (MUe Marguerite Ugalde, M. Piccaluga).
- Theatre de l’Odéon. — Numa Roumestan, pièce en 5 actes, deM. Alphonse Daudet.
- Pour une semaine chargée, voilà une semaine chargée et celle qui vient menace de ne le céder en rien à celle dont le sommaire ci-dessus vient de vous donner un aperçu. Devant une telle abondance de matières, iEne sied fguère de s’arrêter aux bagatelles de la porte et d’entamer le chapitre des _ considérations générales ; entrons donc dans le vif du^sujet et procédons par ordre.
- Au Chateau-d’Eau, Y Absente, de MM. Villemer et Segonzac, a été froidement accueillie ; plus froidement peut-être que ne le méritait la pièce qui n’est pas, en soi, plus mauvaise que beaucoup d’autres et qui contient même, de ci de là, quel-
- Dimanche 20 Février 1887.
- ques scènes bien traitées qui auraient dû décider de l’indulgence du public en faveur d’une œuvre de débutants ; mais, voilà, MM. Villemer et Segonzac ont commis la lourde faute de laisser trop longtemps le spectateur dans l’attente d’un secret dont la confidence, remise d’acte en acte, a fini par agacer le spectateur qui n’aime guère, en fait de charades, que celles qui ne durent pas longtemps. Au jeu de casse-tête chinois auquel on a voulu l’intéresser, il s’est vite lassé et Y Absente en a recueilli une absence de succès qui tient à l’absence totale de la critique au moment où le fameux secret a été révélé ; tout le monde avait renoncé à percer un mystère si bien gardé et auquel je serais bien empêché de vous initier aujourd’hui.
- Cette clarté qui manque au drame du Château-d,Eau a, le lendemain, décidé du très franc succès de Ma Gouvernante, trois actes bien amusants et bien faciles à suivre, que M. Bisson vient de trousser pour la Renaissance, décidément désengui-gnonnée. Ma Gouvernante nous montre un vieux savantaire de province qui ne s’est marié que pour avoir quelqu’un qui lui tienne son ménage en ordre —une gouvernante économique et dévouée en un mot — et qui, après un voyage à Paris où il s’initie au rôle de la femme dans la société, est absolument reconquis par sa propre femme légitime, par cette gouvernante dont il reconnaît tardivement les qualités précieuses, qu’il n’apprécie que lorsqu’il se trouve menacé de les perdre. L’intrigue, un peu légère et pas précisément nouvelle, est rehaussée dans cette comédie par des détails exquis et par de l’esprit à foison que font très bien valoir les excellents artistes chargés de défendre la pièce, MM. Saint-Germain, Delaunay, Raymond, Galipaux, Mmes Jeanne Debay, Mary Gillet, Mario.
- Aux Menus-Plaisirs, les Vacances du mariage, une pièce du même genre que Ma Gouvernante, a également réussi brillamment, un peu par les mêmes bonnes raisons, dissimulant le même défaut. Là encore, la faiblesse de l’intrigue se sauve par le comique des détails et par un feu roulant de mots où se trouve la griffe, déjà cotée, de Valabrègue, dont le nom seul suffit à donner maintenant à toutes ses œuvres un passe-port pour la centième. Le canevas des Vacances du mariage est de ceux qu’il ne faut pas tenter d’expliquer ; je ne puis que vous conseiller d’aller vous en rendre compte vous-même, c’est une soirée que vous ne regretterez pas.
- A l’Ambigu c’est encore un succès que nous avons à enregistrer avec le drame nouveau que M. Ernest Blum a tiré du roman si connu d’Eugène Süe, les Mystères de Paris.
- Les aventures touchantes ou comique de Fleur-de-Marie, du prince Rodolphe, de Jacques Ferrand, du Maître d’école, du Chourineur, personnages aujourd’hui légendaires, sont très heureusement portées à la scène où on les revoit avec plaisir. M. Rochard a fait des folies pour cette pièce, luxueusement et artistiquement montée, et dans laquelle Mme Zulma Bouffar, depuis trop longtemps éloignée de la scène, a fait une rentrée triomphale dans le joli rôle de Rigolette qui n’aurait pu trouver une plüs gracieuse et plus adroite interprète.
- Enfin, à l’Odéon, nous avons eu la pièce si longtemps attendue de M. Daudet, Numa Roumestan, fine satire du caractère méridional, peinture souvent cruelle, sous sa forme légère, de nos mœurs parlementaires.
- Le transporté la scène du roman, — adaptation que M. Daudet a tenu à exécuter lui-même, et seul, cette fois — a nécessairement laissé dans l’ombre plus d’un détail charmant de l’œuvre qui n’en reste pas moins intéressante, bien que la pièce manque un peu de cohésion et de lieu.
- M. Paul Monnet a joué avec une faconde suffisante le rôle redondant du méridional Nurna, M. Albert Lambert donne de l’autorité au rôle du président Le Quesnoy et Mme Favart est bien touchante dans la scène où elle met à nu, pour empêcher sa fille (M1La Lisos), de guetter son mari, les blessures de son cœur. L’interprétation excellente de tous points, est complétée par M. Du-mény, Colombey, Kéraval, Mmes Cerny, Lainé et Lynnès qui ont su, dans des rôles de second plan, participerai! succès dans une bonne mesure.
- Pour compléter cette semaine si bien employée j’ajouterai un mot sur la reprise aux Bouffes-Parisiens, des Petits Mousquetaires avec la rentrée de Mlle Marguerite Ugalde dans sa création de Dartagnan. Le chaînant opéra-comique et sa non moins charmante interprète ont retrouvé dans le cadre des Bouffes tout le succès qu’ils avaient eu à l’origine aux Folies-Dramatîques. De plus, une attraction nouvelle réside en la prise de possession par M. Piccaluga du rôle d’Aramis au service duquel le charmant chanteur a mis sa jolie voix; elle nous a valu quelques adjonctions musicales des mieux venues à ce rôle qui concourt à donner à la reprise des Petits Mousquetaires l’attrait d’une nouveauté.
- Georges Grisier.
- Le Gérant, GARREAU.
- Tours. — lmp. E. ARRAULT et O, rue de la Préfecture, 6.
- p.524 - vue 80/496
-
-
-
- Le Moniteur
- DE
- L'EXPOSITION DE 1889
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
- TROISIÈME ANNÉE, Dimanche 27 Février 1887. NUMÉRO n3.
- SOMMAIRE :
- 1. L’Exposition de 1889; 2. Adjudication ; 3._ Notre Gravure ; 4. Comité départemental de la Sarthe ; 5. Echos ; 6. La nouvelle école d’horlogerie; 7. Sciences et industries ; 8. Concours général agricole de Paris (fin) ; 9. Langage international conventionnel (suite) ; 10. Histoire anecdotique de la Presse en France ; 11. Les Livres; 12. Le Bon Marché; i3. Les Théâtres ; 14. Notice Bibliographique.
- L’EXPOSITION DE 1889
- Le comité consultatif de l’Exposition s’est réuni vendredi sous la présidence de M. Lockroy.
- Il s’est occupé de l’exposition spéciale de l’Algérie. Il a fixé l’emplacement de cette exposition au bord du quai, sur la partie droite de l’Esplanade des Invalides. Les devis des travaux s’élèveront à 200.000 fr. environ.
- En face de cette exposition , sur la partie gauche de l’Esplanade, sera placée l’exposition de la marine et de la guerre.
- Derrière l’Algérie , s’élèvera le pavillon de l’exposition tunisienne. Les autres pays de protectorat seront placés derrière la Tunisie.
- Les colonies feront suite à la marine et à la guerre et s’étendront, d’un autre côté, vers les pays de protectorat.
- Le comité s’est ensuite occupé des moyens de transport dans l’intérieur de l’Exposition, tant au point de vue de la manutention qu’au point de vue des facilités à fournir aux exposants pour la visite de l’Exposition.
- M. Alphand a fait connaître l’état des travaux de fondations. Il a donné des indications sur la situation géologique du Champ-de-Mars.
- Le comité a décidé l’impression du rapport de M. Berger au sujet des entrées du soir et de l’éclairage électrique. Ce rapport sera examiné et discuté par le comité avant la prochaine séance des 43, fixée à vendredi.
- ADJUDICATION EN UN LOT
- PALAIS DU CHAMP-DE-MARS
- Palais des Beaux-Arts et des Arts libéraux Galeries Rapp et Desaix
- TERRASSEMENTS ET MAÇONNERIES POUR FONDATIONS
- CHAPITRE PREMIER Clauses et conditions particulières
- Article premier. — Les travaux à adjuger comprennent les fouilles, déblais et remblais, bétons et maçonneries diverses formant fondations, sous-sol et arases des palais des Beaux-Arts et des Arts libéraux, ainsi que des galeries Rapp et Desaix jusqu’au sol du rez-de-chaussée, pour tous les murs et arcs et jusque sous les patins en fer des piliers isolés, ainsi qu’ils sont figurés aux deux feuilles de dessins ci-annexés et décrits aux présents.
- Art. 2. — Chaque postulant à l’adjudication devra justifier, en déposant sa soumission, du versement préalable à la caisse des dépôts et consignations d’un cautionnement de vingt-cinq mille francs.
- Par dérogation à l'article 2 du cahier des clauses
- et conditions générales, les sociétés ouvrières ne sont pas, dans ce cas particulier, dispensées dudit versement.
- Ce cautionnement provisoire servira à l’adjudicataire de cautionnement définitif, pour la garantie de l’exécution de son marché.
- Les autres cautionnements seront restitués aux ayants droit, aussitôt après l’adjudication.
- Si l’adjudicataire fait son cautionnement en argent, il en touchera l’intérêt à 3 p. 0/0, à compter du soixante-et-unième joui'du versement; s’il est fait en rentes, il en touchera les arrérages.
- Délai d’exécution
- Art. 3. — Les travaux commenceront aussitôt que l’ordre de service aura été donné par l’architecte, et ils seront continués sans interruption jusqu'à leur achèvement. Ils devront être complètement achevés dans le délai de trois mois, à dater du jour de l’adjudication, époque à laquelle doit s’opérer la mise au levage des constructions métalliques.
- Ils seront conduits de telle sorte que l’importance du travail fait chaque mois représente le tiers de la quantité totale adjugée, sauf les terrassements et maçonneries des puits placés aux extrémités des galeries Rapp et Desaix, qui ne seront exécutés qu’ultérieurement.
- Pour l’application de cet article, l’architecte aura le droit d’imposer,à la fin du premier mois, l’importance du travail à faire le mois suivant ainsi que le nombre d’ateliers à ouvrir.
- Ordre d’exécution
- Art. 4. — Les travaux seront commencés et continués sur les points et suivant l’ordre qui sera établi par l’architecte, de façon à faciliter l’approche, la manutention et la pose des fers, ainsi que l’exécution des ouvrages, des entreprises diverses qui se poursuivront simultanément avec celle des maçonneries.
- L’entrepreneur ne pourra exiger de ce chef aucune plus-value et n’aura droit à aucune indemnité, lors meme que l’application des ordres donnés lui occasionneront des mains-d’œuvre et frais supplémentaires.
- L’adjudicataire sera tenu d’avoir toujours sur le chantier les quantités de matériaux ou approvisionnements et le nombre d’ouvriers prescrits par l’architecte.
- Il ne pourra détourner pour un autre service aucun ouvrier, ni aucune partie de matériaux approvisionnés.
- Pénalités pour retards
- Art. 5. —En cas de retards sur l’un quelconque des délais fixés à l’article 3 ci-dessus, et en cas de non-exécution des clauses d’exécution établies à l’article 4, et quelle que puisse en être la cause, serait-ce même une saison pluvieuse ou rigoureuse, l’entrepreneur subira une retenue de 1 p. 100 sur le montant total de son entreprise, par chaque semaine de retard. Ce chiffre, que l’entrepreneur déclare expressément accepter, est établi et fixé comme compensation du préjudice causé à l’administration.
- Ces retenues sont acquises à l’administration par le seul fait des retards et sans qu’il soit besoin de mise en demeure ou autre formalité préalable.
- Dans le cas où l’entrepreneur serait entravé dans l’exécution de ses travaux par quelque circonstance de force majeure, il devrait le faire constater par le directeur général des travaux, seul juge de la valeur de la réclamation et les délais seraientprolongés, s’il y a lieu, en raison du temps perdu; mais il ne serait dû à l’entrepreneur aucune indemnité pour ce fait.
- Invariabilité des prix de série
- Art. 6. — Les prix, portés à la série qui suit, comprennent les travaux absolument complets et parfaits.
- Il est expressément entendu que ces prix ne pourront subir de changement, même pour cause d’erreur ou d’omission et qu’aucune plus-value
- d’aucune sorte ne sera admise pour quelque motif que ce soit.
- Accessoires des travaux de maçonnerie
- Art. 7. — Les prix de maçonneries diverses comprennent toutes fournitures et main-d’œuvre, transports, bardage, descente ou montage au treuil, à la hotte, au seau, à la brouette, au tombereau ou vagonnet, tous règlements de longueur et de largeur, toute plus-value de faible ou forte épaisseur, de grande ou petite portée, de parties circulaires ou courbes, de piliers isolés, tous travaux accessoires, tels que : échafaudages, engins de toute sorte, frais de cintre^, en terre et tous cintres en charpente ou. autres, gabarits, étalements de toute nature, difficultés d’exécution, d’approche ou d’accès de chantiers, épuisement écoulement des eaux pluviales, mesures préservatrices d’ouvrage, déchets de matériaux, enlèvement des décombres, épures, calibres, gabarits, modèles, frais et faux frais divers.
- Accessoires des travaux de terrassements
- Art. 8. — Les prix portés pour fouilles, déblais et remblais sont des prix moyens applicables quelle que soit la profondeur de la fouille ou la nature du sol : remblais ou vieux murs, glaise, marne, sable ou autres.
- Ces prix comprennent également tous montages comme ci-devant, jets sur berges ou banquettes, relais, chargements, roulage, transports, étendage, régalage et damage, s’il y a lieu sur les points désignés par l’architecte dans le périmètre de l’Exposition compris entre la galerie Rapp et le parc du Champ-de-Mars.
- L’entrepreneur n’aura aucune observation à pré* senter, quel que soit le point où l’architecte lui fera transporter , dans l’étendue ci-dessus indiquée, les déblais en remblais, et il ne sera pas admis à en déduire une distance moyenne comme donnant droit à une réclamation.
- Les prix de série comprenant en outre les étré-sillons, couchis, blindages, cercles, étais et autres systèmes de précautions à prendre pour le maintien des terres, ainsi que tous les frais d’épuisements, de désinfection, etc., sont à la charge exclusive de l’entrepreneur, comme faisant partie des prix debase établie.
- En conséquence, l’entrepreneur supportera à ses frais les excédents de béton nécessaires pour combler les vides résultant des éboulements qui pourraient se produire, ainsi que les parties de blindages, étais, couchis ou cintres qu’il faudrait abandonner dans les fouilles.
- L’administration se réserve le droit d’imposer à l’entrepreneur, sans aucune plus-value, le triage et la mise à part de la couche de sable qui recouvre actuellement le Champ-de-Mars, dans la limite de la partie fouillée, ainsi que son transport en un point déterminé, dans l’étendue du lot.
- Conservation des ouvrages
- Art. 9. — Pendant le cours des travaux l’entrepreneur devra prendre, à ses frais, les précautions nécessaires et ordonnées par l’architecte pour préserver de tout dommage les constructions existantes, ainsi que les plantations et les ouvrages de diverse nature qui s’exécuteront avant les siens ou concurremment avec eux.
- Composition des mortiers, bétons et maçonneries
- Art. 10. — La composition des mortiers, bétons et maçonneries sera exactement celle indiquée à la série.
- Exécution des chapes
- Les chapes ou enduits en ciment de Portland, avec renformis pour bases des. piliers, seront exécutés avec un soin tout particulier, de façon à former une portée parfaitement plane et horizontale.
- L’entrepreneur n’emploiera, pour ce travail, que des ouvriers spéciaux et d’une habileté reconnue, qui devront être agréés par l’architecte.
- La surface sur laquelle ces. aires seront faites sera d’abord garnie de . meulières concassées, de manière à former un lit régulier sur lequel on
- p.525 - vue 81/496
-
-
-
- 226. — Troisième Année. — N° ii3.
- LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE 1SS9-
- Dimanche 27 Février 1887.
- CHAPITRE IV
- DÉTAIL ESTIMATIF
- PALAIS DES BEAUX-ARTS ET GALERIE RAPP
- NUMÉROS DE SÉRIE NATURE DES TRAVAUX QUANTITÉS PRIX PRODUITS
- fr. c. fl'. c.
- I. Fouilles en excavations (cube) 4.6o7mooo 1 53 7.048 71
- 2. Fouilles en rigoles pour murs et arcs, compris toutes
- façons, transports et étendages (cube) 2.097 4^° 1 83 3.838 33
- 3. Fouilles de puits de toutes formes et à toutes profon-
- deurs, compris blindages et épuisements 4.121 325 3 40 14.012 5i
- 4- Béton de cailloux et mortier de chaux hydraulique,
- qualité supérieure (cube) 4.947 025 17 00 84.OQ0 43
- 5. Cube de maçonnerie de meulière neuve hourdée en
- mortier de chaux hydraulique comme ci-dessus pour 1
- murs en fondations et sous-sol (cube) 1.807 97° 22 10 41.945 14
- 6. Cube de maçonnerie de meulière neuve et mortier de
- chaux hydraulique comme ci-dessus, pour voûtes et
- arcs en fondation sur forme de terre. (cube) 0 0 VD 00 23 00 66.690 80
- 7- Superficielle de chapes en ciment de Boulogne ou
- analogue de 4 centimètres d’épaisseur... .(surface) I.264 00 2 47 3.122 08
- 8- Superficielle de voutins et hourdis de planchers en
- béton Coignet, compris dallage (surface) i. 344 00 8 00 10.752 00
- Q. Superficielle de briques, façon Bourgogne, de 11 cen-
- timètres hourdée en mortier de chaux hydraulique
- de même nature qu’au n° 4 de la série de prix, (surface) 480 00 5 00 2.400 00
- Total 233.909 OO
- Somme à valoir pour imprévus et dépenses en régie (10 p. 0/0) 23.390 90
- Ensemble 257.299 90
- Honoraires et frais d’agence (3 p. 0/0) 7.718 97
- Total général • • • 265.018 87
- CHAPITRE V
- DETAIL ESTIMATIF
- PALAIS DES ARTS LIBÉRAUX ET GALERIE DESAIX
- en
- O g
- cd 2
- -M 'W g 1/3 P O
- NATURE DES TRAVAUX
- en excavation.
- .(cube)
- Fouilles] en rigoles.........................(idem)
- Béton....................................... (idem)
- Meulière S pour murs......................• • •
- Chape en ciment.......................... (surface)
- H ourdis de planchers.........................(idem)
- Briques, façon Bourgogne......................(idem)
- Total...............
- Somme à valoir pour imprévus et dépenses en régie (10 0/0)
- QUANTITES
- Honoraires et frais d’agence (3 p. 0/0).
- Ensemble.
- .157mooo .565 25o .613 o35 ,733 o35 237 970 .917 405 ,264 00 ,344 00 480 00
- Total général
- PRIX
- fl'. c.
- 1 53
- 1 83 3 4o
- 17 00
- 22 10
- 23 00
- 2 47 8 00 5 00
- PRODUITS
- fr. c.
- 6.36o 21 2.804 41 12.284 32 63.461 60 27.359 14 44.IOO 32 3.122 08 10.752 00 2.400 00
- 172.704 08 17.270 41
- 189.974 49 5.699 23
- 195.673 72
- CHAPITRE VI Récapitulation
- appliquera le mortier de ciment, suivant toutes les règles de l’art.
- L’enduit sera de 4 centimètres au minimum. Le mortier sera composé de 500 kilogrammes de ciment par mètre cube de sable de rivière parfaitement pur.
- Parements de maçonneries
- Art. 11. — Les prix de maçonneries et meulières comprennent tous renformis, rocaillages et rejoin-toiements de façon des parements pleins, convenablement dressés.
- Ils comprennent également toutes, plus-values d’angles saillants ou rentrants, arêtes, ébrasements, tableaux, arcs, linteaux, plates-bandes et façon de portes et soupiraux. .
- Les vides des portes seuls seront déduits du cube des maçonneries, ceux des soupiraux resteront comptés comme compensation des ébrasements.
- Les arcs joignant les puits seront mesures suivant leur cube réel.
- Passage de conduits divers
- Art. 12. — L’entrepreneur sera tenu, sans indemnité ni plus-value sur les prix de maçonneries, de ménager, dans les murs et piles, tous les vides et trous qui lui seront indiqués pour passage d’égouts, conduits d’amenée d’air et tuyaux d’arrivée ou d’écoulement d’eau.
- Il devra, en outre, moyennant les prix portés pour maçonnerie, faire les scellements des ancres, tirans, harpons, chaînes, filets et solives nécessaires aux diverses constructions.
- Série complémentaire
- Art. i3. — Dans le cas d’exécution de travaux autres que ceux désignés à la série qui, suit, les prix adoptés seront ceux de la série spéciale, des travaux des eaux et égouts et de la voie publique de la ville de Paris, édition de 1886, et, à défaut, des prix établis par analogie.
- Tous ces prix supporteront les frais d’adjudication.
- Propositions de payements
- Art. 14. — Dans les propositions de paiements à établir, conformément aux condition? de l’article i5 du cahier des charges générales, on n’acceptera, comme matériaux approvisionnés, que ceux déposés sur les chantiers mêmes dès travaux et acceptés provisoirement comme bons par l’architecte.
- Cette acceptation provisoire ne préjugera en rien leur admission définitive, et l’administration restera toujours libre de les faire remplacer par d’autres, si elle leur découvre des défauts à l’emploi.
- Importance relative des pièces d'adjudication. Modifications possibles
- Art. i5. — L’avant-métré et le détail estimatif qui suivent, ainsi que les plans ci-annexés, aux présentes, ne sont donnés qu’à titre de renseignements, et l’entrepreneur ne pourra, en aucun cas, se prévaloir des dispositions ou des quantités qui y sont portées, pas plus pour l’exécution des ouvrages que pour l’établissement des mémoires et comptes de dépenses.
- L’administration se réserve le droit de modifier, dans la proportion qu’elle jugera convenable ou pendant le cours des travaux, les dispositions, la nature, la qualité ou la quantité des terrassements et des diverses maçonneries indiquées ; quelle que soit cette variation] les prix de la série seront seuls appliqués, sans aucune indemnité.
- Prise de possession des constructions
- Art. 16.— Au fur et à mesure que certaines parties des constructions seront terminées, l’administration aura le droit de les mettre en état de réception provisoire et d’en prendre livraison ; mais le délai de la réception définitive ne partira que de l’époque d’achèvement complet de tous les travaux.
- Cahiers des charges générales .et spéciales et affiche
- Art. i-, — Indépendamment des conditions énoncées ici, l’adjudicataire sera soumis aux clauses et conditions générales approuvées par M. le ministre du commerce et de l’industrie le 2 5 août 1886 et imposées à tous les entrepreneurs de l’Exposition, ainsi qu’aux clauses et conditions du cahier des charges spéciales aux travaux de maçonnerie et terrassement en date du 00 novembre 1886 et aux conditions de l’affiche d’adjudication.
- Clause additionnelle
- Art. 18. — Les palais des beaux-arts et des arts libéraux pouvant être conservés, toqs les travaux devront être exécutés suivant les règles de lart. En conséquence, les articles 1792 e1- *797 du Code civil seront toujours applicables en cas de malfaçon, et l’entrepreneur ne pourra pas prétendre qu’il a pu considérer ces travaux comme provisoires.
- Palais des Beaux-Arts et galerie
- Rapp............................ 265,oi8 f. 87
- Palais des Arts libéraux et galerie
- Desaix.......................... 19 692 59
- Total général. . 460,602 59
- Soit : Quatre cent soixante mille six cent quatre-vingt-doiqe francs cinquante-neuf centimes.
- Modèle de soumission
- Je, soussigné,
- Entrepreneur de maçonnerie, demeurant à
- après^ avoir pris connaissance des clauses et conditions générales imposées aux entrepreneurs de l’Exposition universelle de
- 1889, du cahier des charges spéciales aux travaux de terrassements et maçonneries, ainsi que des dessins et des conditions particulières se rapportant directement à l’exécution des terrassements et maçonneries pour fondations des palais des Beaux-Arts et des Arts libéraux, des galeries Rapp et Desaix et leurs annexes,
- M’engage à exécuter les travaux dont il s’agit, évalués à la somme de
- moyennant un rabais de (en toutes lettres) par cent francs
- sur le prix de la série spéciale de l’entreprise dont il s’agit.
- Je me soumets, en outre, à supporter tous les droits d’affichage, de timbre, d’enregistrement à droit fixe ou autres, auxquels la présente soumission pourra donner lieu, si elle est acceptée.
- Paris, le 1887.
- Signature.
- p.526 - vue 82/496
-
-
-
- Troisième Année. — N° n3.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1SS9
- Dimanche 27 Février 1SS7.
- NOTRE GRAVURE
- Nous donnons aujourd’hui une seconde vue photographique des chantiers de la Tour Eiffel sur laquelle nous croyons intéressant de donner quelques renseignements précis.
- La Tour, comme on le sait, mesurera 3oo mètres de hauteur. Les quatre pieds en maçonnerie sur, lesquels elle reposera, dont deux font face à l’Ecole militaire et dont les deux autres sont dans l’axe du pont d’Iéna, auront40 mètres de côté à la partie supérieure et 3o mètres à la base, les fouilles qu’ils nécessitent sont déjà commencées depuis plusieurs jours. Du point central d’un des pieds de la Tour au centre de l’autre, la distance sera de 101 m. 40. Les fondations exigeront i5,ooo mètres cubes de maçonnerie.
- On peut calculer à raison de 1,05o mètres cubes par jour le déblai, qui primitivement avait été transporté par tombereaux dans la banlieue, mais que l’on conserve maintenant pour servir au remblai des piles maçonniques.
- Les fouilles entreprises aux piles du pont d’Iéna nécessiteront un travail plus important, car tandis qu’à 7 mètres 5o on trouvait encore aux piles faisant face à l’Ecole militaire une couche de sable appréciée à plus de 8 mètres, à cette profondeur on rencontrait déjà aux premières la nappe d’eau : On a dû creuser des puits, mais le lit de sable n’ayant pu être atteint a cause de la hauteur des eaux, on va être obligé d’employer des caissons à air comprimé ; à cet effet, une machine à vapeur de dix chevaux a commencé à fonctionner jeudi.
- Pour les autres piles, celles de l’École mili-faire, le travail est plus avancé, car on a déjà coulé le béton dans les fouilles et commencé la maçonnerie en moellons des carrières de Souppes.
- Tel est, à la dernière heure, l’état d’avancement de la Tour Eiffel.
- COMITÉ DÉPARTEMENTAL
- DE LA SARTHE
- Par arrêté en date du 10 février 1887, le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a constitué comme suit le comité départemental de la Sarthe :
- i° Sous-comité de l'arrondissement du Mans
- MM.. Cordelet, sénateur.
- Rubillard, sénateur.
- Le Monnier, sénateur.
- Legludic, député.
- Ducléré, député.
- Galpin, député.
- Héry, président du conseil de prud’hommes, marchand de glaces et objets d’art, au Mans.
- Hucher père, conservateur du musée archéologique.
- Renouard (Louis), artiste peintre au Mans.
- Poivet, architecte départemental au Mans.
- Gentil, président de la société d’agriculture, sciences et arts de la Sarthe, professeur de sciences physiques et naturelles au lycée.
- l’inspecteur d’académie.
- Delauney, agent-voyer en chef.
- Bodereau, chirurgien en chef des hospices, au Mans.
- Lepeltier, directeur du service des épizooties de la Sarthe.
- Nano, ingénieur, secrétaire de la société météorologique.
- Séguin, directeur de l’usine à gaz, au Mans.
- Rebourcier, sculpteur au Mans.
- Maire-Bourdelois, marchand de papiers peints au Mans.
- Jacquier, peintre-verrier, avenue de Paris, au Mans.
- Ranssilliat aîné, fabricant de toiles au Mans.
- Lebert, président de la chambre de commerce, au Mans.
- Janvier, directeur de filature, au Mans.
- Perrin, ingénieur en chef des mines, au Mans.
- Chappée, fondeur au Mans.
- Carel aîné, marchand de bois au Mans.
- Martin, fondeur au Mans.
- Emile Barrier, exploitant de carrières au Mans.
- Rault, ingénieur, directeur de la manufacture des tabacs, au Mans.
- Bollée père, ancien fondeur de cloches au Mans.
- Crochard, fabricant de chaussures au Mans.
- Poiret, directeur des tramways, au Mans.
- Etienne, ingénieur en chef au Mans.
- — 527.
- MM. Le Bail, chirurgien des hospices au Mans. Goussault, ingénieur au Mans.
- Leroux, président du tribunal de commerce, minotier au Mans.
- Pellier (Gustave), fabricant de conserves au Mans.
- Philippart, marchand de vins et cidres, au Mans.
- Toublanc, distillateur au Mans.
- Ligneul (Paul) fils, minotier au Mans. Verney, président de l’Association des voyageurs de commerce de la Sarthe, au Mans.
- Jacquier (Emile), fabricant de conserves au Mans.
- Launay, professeur d’agriculture, au Mans. Boitelle, propriétaire-agriculteur à Savigné-l’Evêque.
- Courboulay, trésorier delà société des agriculteurs de la Sarthe.
- Hamme, président de la chambre syndicale des vins et spiritueux, au Mans.
- Folie, colonel en retraite, président de la société d’horticultüre. l’inspecteur des forêts.
- Bollée (Ernest), ingénieur hydraulicien, adjoint au maire, au Mans.
- Mercier, pépiniériste à Ballon.
- docteur Le Bêle (Jules), médecin au Mans.
- 20 Sous-comité de /’arrondissement de Mamers
- MM. Allain (Léon), propriétaire à La Ferté-Ber-nard.
- L.èques, receveur des finances à Mamers, l’inspecteur primaire.
- Godard, docteur-médecin à Mamers. Berger-Gallet, marchand de faïences à Mamers.
- Hervé-Lunel, fabricant de filets à Mamers. Henri Verdier, marchand de toiles à Fres-nay.
- Tessier, marchand de toiles à La Ferté-Bernard.
- Hédin, ingénieur civil, maître de forges, à Montre uil-le-Chétif.
- Richard, tanneur à La Ferte'-Bernard. Virette, fondeur à La Ferté-Bernard. Scipion-Petit, serrurier à La Ferté-Bernard.
- Broussin, fabricant de cidres à Mamers. Bilard, minotier à La Ferté-Bernard.
- Guy, fabricant de cidres à Louvigny.
- Hubert, agriculteur à Lignières-la-Carelle, Durand, agriculteur à Avezé.
- Dallier, président du tribunal de commerce de Mamers.
- Denis, horticulteur à Mamers.
- 3° Sous-comité de l’arrondissement de La Flèche MM. Fontaine, président delà société des lettres, sciences et arts, à La Flèche.
- Braun, receveur des finances à La Flèche, l’inspecteur primaire.
- Gaudineau, fabricant de papiers à La Flécher
- Gourdin, fabricant d’horlogerie à Mayet. Chardon, fabricant de poteries à Mali-corne.
- Robineau, cardeur à Vaas.
- Denis, négociant à Sablé.
- Emile Bouttevin, négociant à Mayet. Burgevin, marchand de fer à Sablé.
- Morin, tanneur à La Flèche.
- Lesourd, pharmacien à La Flèche.
- Jamois, mécanicien à Sablé.
- Meignan, carrossier à Sablé.
- Bouet, minotier à Juigné-sur-Sarthe. Coutard, marchand de grains à Sablé. Auché, fabricant d’huiles au Lude.
- Martin, président des expositions de volailles, à La Flèche.
- Courtillier, propriétaire-agriculteur à Pré-cigné.
- Boisard, propriétaire agriculteur à Auvers-le-Hamon. *
- Souchard, propriétaire-agriculteur à Ver-ron.
- Bône, propriétaire-agriculteur au Lude. Sénegon , propriétaire-agriculteur à Vion. Guéret, propriétaire-viticulteur à Chenu, de Chalus, médecin à Bazouges.
- Pineau, horticulteur à La Flèche.
- ÉCHOS
- Paris
- Une exposition publique desœuvresdu regretté graveur, Ferdinand Gaillard, récemment décédé, aura lieu à l’Ecole des beaux-arts, du dimanche ü mars au samedi 2 avril 1887.
- :k
- ¥,*¥
- Le jury du concours organisé par la préfecture de la Seine pour la décoration picturale de la mairie de Pantin, vient de rendre son jugement définitif.
- M. Schommer a obtenu le prix, — M. François Lafon a obtenu la première prime, d’une valeur
- de 1,000 fr. — M. Henri Lévy la seconde, d’une valeur de 500 fr.
- Aux termes du programme, M. Schommer est, en conséquence, chargé de l’exécution des peintures mises au concours et s’élevant ensemble à la somme de 36,000 francs, MM. Lafon et Lévy recevront chacun la commande d’un panneau du prix de 8,000 francs.
- ¥ ¥
- Nous avons dit que l’Union Centrale des arts décoratifs a décidé d’organiser cette année, au Palais de l’industrie, une exposition récapitulative des industries d’art. Cette exposition, qui ouvrira le 1er août pour clôturer le 25 novembre, sera consacrée aux dessins et modèles, au bois, à la pierre, à la terre et au verre, au métal, aux tissus, au papier, aux dépouilles animales, aux ensembles décoratifs.
- Les journaux artistiques publient le règlement et les renseignements détaillés.
- *
- * ¥
- ETRANGER
- Allemagne
- La première exposition internationale d’horticulture aura lieu à Dresde, du 7 au 14 mai, sous le haut patronage de S. M. le roi Albert de Saxe. Cette exposition, sur ,laquelle nous avons, depuis deux ans, souvent donné des détails à nos lecteurs, promet d’être des plus brillantes.
- L’emplacement choisi pour sa célébration est une grande prairie de onze hectares, bordée, d’un côté, par l’allée principale du jardin public (Grosze Garten), de l’autre, par le jardin zoolo-gique.
- Les travaux de construction sont, à l’heure qu’il est, en pleine activité et la superficie totale des espaces couverts sera de 6,416 mètres carrés. Seront en outre édifiés par des maisons ou des groupes d’exposants : un grand jardin d’hiver, deux serres, trois ponts et un certain nombre de pavillons.
- Il y aura 392 concours avec trois prix chacun.
- La commission des prix a, en outre, à sa disposition, une somme de 10,600 marks, qu’elle pourra répartir suivant les cas et selon qu’elle le jugera convenable.
- ¥ ¥
- Les fabricants de fleurs et plumes de la ville de Dresde s’occupent d’organiser une exposition générale de plumes pour modes et fleurs artifi- cielles, qui ouvrira dans le courant de mars au musée d’art industriel.
- *
- * *
- Une exposition similaire ouvrira prochainement à Berlin, organisée par les fabricants de cette ville qui fait, dans cette industrie, une grande concurrence à Dresde.
- ¥ ¥
- Nous avons dit que le Kunstvereiii de Hambourg (association artistique) organisait une exposition internationale des beaux-arts, dont l’inauguration aura lieu le samedi 5 mars pour clôturer à la fin de mai. Plus de quinze cents invitations ont été lancées. Il y aura des exposants de l’Italie, delà France, de l’Angleterre, de la Belgique, de la Hollande, du Danemark et de la Norvège.
- *
- ¥ ¥
- La 18e exposition de l’Association des éleveurs d’oiseaux de Leipzig a été ouverte au KrystaU palast, le 12 février. On y comptait 1,231 groupes et variétés diverses.
- *
- ¥ ¥
- Angleterre
- La 27° exposition annuelle de serins des Canaries et d’oiseaux de volières britanniques et exotiques est ouverte au Crystal palace.
- *
- ¥ ¥
- La Société Royale de météorologie de Londres organise, 25, Gréât Georges Street, une exposition d’instruments et appareils de météorologie marine.
- Désireux de réunir des collections aussi nombreuses et aussi importantes que possible, le comité d’exposition adresse un appel à tous les intéressés. Il sera particulièrement heureux d’accueillir et d’exposer les instruments et appareils inventés ou construits depuis mars dernier, ainsi que les photographies et dessins ayant un intérêt météorologique.
- L’exposition aura lieu du 15 au 18 mars.
- , *
- ¥ ¥
- Belgique
- Le Cercle artistique d(Anvers a ouvert, cette année encore, une Exposition d aquarelles hollandaises envoyées par la Société « Pulchri Studio » de La Haye." Ces aquarelles, pour la plupart fort intéressantes, sont de MM. P.-J.-C. Gabriel, Mes-dag père et fils, Josselin de Jong, Offermans, Melis, Bauff, Weissenbruck, Comte, Ivoster, Trel-man, Bastert, Oppenoorth, Bilders, Van Bosse, Dekker, Jansen, Ter Meulen, Stortenbeker, Tholen et autres, de Mmes Rosenboom et Bilders van Bosse.
- ¥ ¥
- p.527 - vue 83/496
-
-
-
- rcS. — Troisième Année — N° 113.
- Il y a quinze jours, dit le Journal des Aidistes, s’est" ouverte à Bruxelles, au Musée du Nord, Vexposition universelle burlesque, organisée par YEssor.
- Il y a, dans la section des beaux-arts, 250 tableaux de toutes les dimensions et appartenant à toutes les écoles, un grand nombre de sculptures et une originale galerie d’hommes célèbres d’un genre à peu près inédit.
- Les essoriens et leurs « complices » ont dépensé beaucoup d’esprit, et souvent du plus lin ; il se sont appliqués à ne pas se contenter de vulgaires calembredaines, comme celles qui figuraient en trop grand nombre au dernier salon des Incohérents parisiens.
- *
- * *
- Un concours national d’animaux reproducteurs et une exposition universelle d’agriculture et de laiterie ouvriront à Nivelles, le samedi 25 juin prochain, par les soins de la Société agricole du Brabant-Hainaut.
- Les exposants recevront trois prix d’honneur, consistant en médailles d’or, des primes en argent et des médailles.
- Les adhésions et inscriptions sont reçues avant le 15 avril, chez le secrétaire de la Société, rue Verte, 66, à Bruxelles.
- Voici d’après le Moniteur Industriel quelques nouveaux détails sur la prochaine exposition de Bruxelles (1888) :
- Une convention vient d’être signée entre le gouvernement belge et la Société anonyme du Grand Concours International des sciences et de l’industrie. Cette convention assure à celle-ci et aux participants belges et étrangers un grand nombre d’avantages parmi lesquels nous citons : L’usage des bâtiments définitifs à ériger par le Gouvernement; la jouissance et l’usage des jardins.
- La Société du Grand Concours est autorisée à procéder à une installation d’art rétrospectif dans le pavillon définitif de droite.
- Un commissariat général sera institué à l’intervention du Gouvernement, dans des conditions analogues à celles qui ont été adoptées pour l’Exposition universelle d’Anvers 1885.
- Le Gouvernement instituera une loterie qui pourra comprendre plusieurs séries d’un million de billets chacune ; le bénéfice de cette loterie sera affecté à des achats aux exposants qui s’inscriront avant une date à déterminer et à des oeuvres d’intérêt national.
- Les halles du Grand Concours seront raccordées au chemin de fer de l’Etat ; le développement des voies à établir à l’intérieur des halles et jardins pourra atteindre six kilomètres, l’usage des dites voies sera autorisé pour les sections étrangères.
- Le Gouvernement assure aux exposants et participants : A. Le transport gratuit sur les lignes de l’Etat à l’aller et au retour des produits d’origine belge qui seront envoyés au Grand Concours ; cette gratuité s’étendra aux matières premières devant servir à la fabrication pendant la durée du’ Concours ainsi qu’aux caisses vides ayant servi à l’expédition des objets. B. L’application du tarif n° 10 sur toutes les lignes ferrées de l’Etat pour les produits étrangers. C. L’établissement d’un bureau des postes et télégraphes. D. L’organisation d’un service de la douane. E. Les mesures nécessaires pour protéger en Belgique les inventions susceptibles d’être brevetées, les dessins et modèles industriels, ainsi que les marques de fabrique ou de commerce.
- *
- * *
- Parmi les demandes extraordinaires de crédits déposées parle gouvernement belge, on remarque la suivante :
- Un crédit de 1.800.000 fr. destiné à établir un Musée d’art monumental et industriel à l’ancien Champ des Manœuvres de Bruxelles et à subsi-dier le grand concours industriel de 1888. Suivant l’exposé des motifs, le gouvernement laisserait la responsabilité financière et la direction générale de l’entreprise à la Société elle-même. Il lui prêterait un concours efficace en mettant à la disposition de l’Exposition les constructions du futur Musée, en les raccordant au chemin de fer de ceinture et en organisant sur les mêmes bases qu’à Anvers un commissariat général. Il reprendrait, en outre, une partie des installations et assurerait aux industriels belges, qui prendraient part au concours, des avantages spéciaux. La dépense totale est évaluée à fr. 2,100,000.
- *
- * *
- Égypte
- Le Canal maritime de Suez sera, à partir du l«r mars, livré à la navigation de nuit.
- *
- * *
- États-Unis
- Le Journal des Arts du vendredi 18 février nous apprend qu’une exposition internationale aura lieu à New-York, du mardi 22 mars au samedi 2 avril 1887.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Les envois devront être adressés àl’Association, 122, West, 31, Street, New-York City, et rendus à destination le samedi 19 mars (dernier délai).
- * *
- Espagne
- L’exposition nationale des beaux-arts ouvrira à Madrid le samedi 21 mai prochain.
- Les envois sont reçus du mardi 26 avril au jeudi 5 mai.
- * +
- Italie
- Aujourd’hui, 27 février, ouvre à Rome l’exposition, annoncée à cette place, des Arniatori e Cultori delle Belle-Arti.
- Rappelons, à ce propos, que les ouvrages exposés à Rome pourront être retirés le 21 mars, afin d’être rendus le 31 à Venise, où doit être inaugurée, le 25 avril suivant, l’exposition artistique. Toutefois, les délais fixés pour le dépota Venise des tableaux et statues, commençant le 15 mars, il est bien entendu que le comité donnera les premières places aux premiers arrivants. Les adhésions sont déjà au nombre de 1,657.
- On sait que l’exposition comprendra : la peinture, la sculpture, la mosaïque, la verrerie, la céramique, l'orfèvrerie et tous autres produits de l’art appliqué à l’industrie.
- *
- * *
- Une exposition internationale de. photographie ouvrira à Florence, dans ies premiers jours de mai, pour se prolonger jusqu’au 30 juin. Tout ce qui, par exécution ou destination, se rapporte à la photographie y aura une place.
- Les adhésions d’exposants européens sont reçues jusqu’au mardi 15 mars et doivent être adressées au président de la Commission exécutive de la première exposition italienne de photographie, 33, via San Galli, Florence.
- *
- * *
- Pays-Bas
- L’association internationale artistique d’Amsterdam ouvrira, en mai prochain, une exposition d’aquarelles, consacrée à l’histoire et à l’illustration des costumes nationaux.
- A l’issue de l’exposition, une sélection sera faite parmi les œuvres réunies dans les galeries de l’Association, et la collection choisie, ainsi formée, sera exposée dans les principales villes étrangères.
- f *
- Nous avons plusieurs fois parlé, et notamment dans notre dernier numéro, de l’exposition d’alimentation qui aura lieu cette année à Amsterdan, de juin à septembre.
- Ajoutons aujourd’hui qu’elle a pour but do développer la connaissance des produits alimentaires, fournis par la nature à l’homme, dans le règne animal et le règne végétal; d’encourager, par une comparaison réciproque, les tendances vers l’amérioration et le perfectionnement, tant de la production que de la préparation de ces produits ; de combattre, enfin, les préjugés qui s’opposent encore vivement à l’adoption et à la consommation de certaines matières comestibles.
- L’exposition se divisera en deux parties principales. L’une sera une réunion des produits alimentaires les plus en usage avec leurs préparations.
- L’autre se composera de conférences, d’exercices pratiques, de démonstrations, etco
- L’exposition est originellement et principalement consacrée à la Hollande et aux produits néerlandais. Mais les producteurs et fabricants étrangers pourront y prendre part, s’ils sont représentés par des agents néérlandais, résidant ordinairement dans les Pays-Bas ou du moins pendant la durée de l’exposition.
- *
- * *
- Russie
- Les efforts que fait l’industrie russepour s’affranchir de la tutelle étrangère sont largement encouragés par le gouvernement.
- C’est ainsi qu’une exposition scientifique et industrielle de la Sibérie et des monts Ourals, organisée par les soins de la Société Ouraliennc ouvrira à Iekaterinbourg le 15/27 mai prochain, pour une durée de quatre mois. Cette entreprise a pour but de faire mieux connaître aux industriels de la Russie d’Europe, ceux de l’Oural et de la Sibérie, et réciproquement, et d’établir entre eux une coopération plus étendue que par le passé. On en attend de très heureux résultats pour les industries métallurgiques et minières de l’Oural dont, chose curieuse, orfne connaît pas assez la richesse productive dans les,cercles commerciaux de la Russie.
- Dimanche 27 Février 1887.
- 11 NOUVELLE ÉCOLE D'HORLOGERIE
- DE PARIS
- L’assemblée générale des membres de la Société de l’école d’horldgerie de Paris , présidée par M. Rodanet, a adopté définitivement les plans et le devis descriptif qui lui ont été soumis par M. Chancel, architecte, pour la construction de la nouvelle école d’horlogerie de Paris.
- Ces bâtiments seront construits sur le terrain situé 04, rue Manin(ige arrondissement), terrain qui appartient à la société de l’école.
- Un marché à forfait, pour l’entreprise générale, a été passé avec MM. Sudrot, Devillette et Bouté. Les entrepreneurs ont immédiatement commencé les travaux; ils se sont engagés à livrer l’immeuble le 1e1' décembre 1887.
- La pose de la première pierre aura lieu fin avril prochain, et l’inauguration de la nouvelle école en février 1888.
- SCIENCES & INDUSTRIE
- A propos du « Sucking Telegraph »
- L’Electrician de Londres a signalé ce récepteur nouveau et original d’invention américaine , et dont le Cosmos a parlé dans les termes suivants :
- « Le nom de cet instrument ne dérive pas du « nom de son inventeur, mais bien du verbe to 1. suck (sucer).
- << On sait que les employés des télégraphes « finissent par être atteints de troubles nerveux « causés par le mouvement perpétuel des appareils « qu’il s’agisse, comme en Amérique, de sounders « (dépêches transmises parle bruit du contact), de « touch sounders (dépêches reçues par l’impression « du contact sur le doigt) ou de simples galvano-« mètres munis de miroirs (dans lesquels l’œil suit « les déplacements d’un point lumineux sur un « tableau). Une névrose spéciale s’empare de l’o-« reille, de la main ou des yeux, suivant les cas. « Voici qu’enfin un inventeur philanthrope arrive « avec le sucking telegraph gui permettra aux mal-« heureux employés des télégraphes de poursuivre « leur carrière sans aucune fatigue physique ou « morale. Il a reconnu que les nerfs de la langue « et du palais, quoique très délicats, sont capables « de supporter sans fatigue, un travail continu. Il « modifie donc les récepteurs actuels, qui désor-« mais seront placés dans la bouche, d’où le nom « de son appareil.
- « Les bureaux télégraphiques prendront un as-« pect tout à fait nouveau quand ce système sera « adopté, et dans les grandes stations, comme « celle du bureau central à Paris, où tous les « appareils sont occupés par des jeunes filles, on « obtiendra enfin ce silence auquel l’administration « tient tant et que jusqu’à présent elle n’a pas su « faire régner. »
- Qu’on nous permette une simple question.
- Il s’agit de savoir comment peut agir le fluide électrique, en pareille circonstance, pour donner à la langue une sensation quelconque.
- Nous savons, depuis longtemps, que les deux pôles, placés sur la langue, donnent une sensation salée au moment de la fermeture du courant. Les physiologistes nous ont appris également que cette sensation n’était pas un phénomène purement électro-dynamique, mais était dû au pouvoir électrolytique des deux pôles qui, au contact de la muqueuse et des liquides buccaux, décomposent ces liquides. On sait encore que les produits de cette décomposition sont ou alcalins ou acides, selon qu’ils se rendent au pôle positif ou au pôle négatif. De là, la sensation saline.
- Mais pour que cette sensation ait lieu, il faut que le circuit soit fermé; il faut également que l’électricité se soit propagée jusqu’au bulbe rachidien, ait traversé le mésocéphale, pour produire ultérieurement le phénomène sensation. Et nous nous demandons si les employés, soumis à chaque instant et même dans des fractions de seconde, à une telle gymnastique cérébrale, n’arriveront pas plus sûrement à la névrose spéciale que l’auteur veut justement éviter.
- Cette névrose existe, d’après lui, par une simple sensation de l’oreille, de la main ou des yeux, suivant les cas, et suivant les appareils employés. Et cependant, dans ces cas particuliers, l’électricité ne traverse pas l’organisme. Nous craignons donc fort que son procédé n’ajoute à une névrose connue un état d’excitabilité nerveuse et de surexcitation cérébrale, inconnue jusqu’à ce jour.
- C. H.
- * *
- Nouvelle serrure de coffre-fort à permutateur électrique
- Le cadran qui fait partie intégrante des coffres-forts ordinaires et qui y est très apparent, est indépendant dans cette nouvelle invention. Il peut être placé à de très grandes.distances et n’est relié au coffre-fort que par un circuit métallique plus ou moins long. On a pu établir ce système avec succès entre New-York et Chicago. Il se compose
- p.528 - vue 84/496
-
-
-
- p.n.n. - vue 85/496
-
-
-
- N° 113
- LE MONITEUR DE p EXPOSITION DE 1889
- Dimanche 2j Lévrier. , i887
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1889
- Sgap,3,pue de l'Echelle Pae/s
- Plac/ues </eWWGui]leminoi:& C'
- A. Broise & Courtier, Phot,
- v
- CHANTIERS DU CHAMP-DE-MARS
- p.dbl.n.n. - vue 86/496
-
-
-
- :’'"• -•-. : -’v
- !’;V:.oV^N>'
- *" V'; -'.: '. -•
- ;
- p.n.n. - vue 87/496
-
-
-
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1809.
- 1 roisième Année, — N° 11S.
- Dimanche 27 Février 1SS7. — 720 .
- essentiellement d’une plaque d’ébonite circulaire, présentant à sa surface plusieurs contacts métalliques qui correspondent aux lettres du cadran. Ces contacts sont reliés au moyen de fils de ligne ou tous autres, avec des électro-aimants situés dans le coffre, et qui, sous l’influence du courant, attirent des pièces de fer doux, qui mettent en jeu les divers organes de la serrure soit que cette serrure soit mue par des ressorts à levier, soit que les verrous soient mus au moyen del’air comprimé.
- Le cadran peut être détaché de la plaque d’ébonite et gardé dans la poche du caissier, sans laisser, par conséquent, aucune trace de la combinaison établie au moment de la fermeture. Les fils qui relient cet appareil au coffre pénètrent dans ce dernier par le bâti de la porte en décrivant une course très sinueuse, impossible à suivre et à découvrir jusqu’à la paroi intérieure.
- Le coffre, grâce à ce système, ne présente, sauf une poignée d’ouverture, aucun point d’appui, aucune aspérité pouvant donner prise, ni aucun point fusible, attaquable au chalumeau.
- On peut employer différentes piles, dont l’immersion est pratiquée au moment de la combinaison, par le caissier qui fait manœuvrer l’appareil.
- C. H.
- CONCOURS GÉNÉRAL AGRICOLE
- DE PARIS
- Horticulture, Arboriculture, Produits, Enseignement
- La Nature au Génie a dit : « Ecoule-moi.
- Tu vois tous ces trésors ; ces trésors sont à toi.
- De Lille.
- En première ligne se trouve l’Union des propriétaires de Nice, oranges, citrons, bigarades, cédrats, etc. Il y a dans cette exposition des variétés très remarquables, des fruits doubles,contenant deux fruits l’un dans l’autre, tel est le Citrus Aurecatium Duplex, puis le bigaradier cornu, le fruit représentant la fleur, Citrus vulgaris Corni-culata.
- Nous remarquons également le Folio crispo, ainsi que le Multiflora et le Florifer, pnis le bigaradier chinois à fleur de myrte, Myrtifolia. Le limettier à fruit étoilé, Citrus limetta fructu Stel-lato, mérite aussi l’attention, nous regrettons vivement de ne pouvoir nous étendre plus longuement sur cette importante exposition, la plus remarquable de la 8e division. Médaille d’or. Un mandarinier garni de ses fruits exposé au milieu de la salle a été offert au jardin d’acclimatation.
- M. Chevalier présente de très belles poires qui doivent être très bonnes, elles en ont bien l’air, et les pommes donc ! pour ce magnifique ensemble (sans pêchés, hélas!) médaille d’argent. Viennent ensuite M. Jourdain avec quatorze espèces de poires et treize de pommes, très belle exposition. M. Courtois, poires et pommes, M. Boucher avec vingt-deux espèces de poires et dix-sept de pommes parmi lesquelles figure l’excellente petite pomme de pigeon. Enfin M. Hamot et M. Lambert, en plus petite quantité, de belles espèces de poires et de pommes. M. Rigault, qui n’a eu qu’une médaille de bronze pour ses fruits, méritait mieux ; il fait de grands efforts pour obtenir de nouvelles variétés et les chercheurs ont besoin de se voir encouragés, il présente des variétés de pomme api, ainsi que de belles rainettes ; mais pour le raisin c’est autre chose, il arrive second avec une médaille d’or, tout comme ses raisins, doré et doré extra.
- Puisque nous avons parlé du raisin, disons de suite qui est le maître en cette culture et en l’art de conserver ce fruit de nos premiers pères, M. Salomon conserve annuellement de 120,000 à 1 5o,000 grappes ; les dix-neuf vingtièmes sont des chasselas dorés et des Frankenthal, et cela par des procédés réfrigérants, dans des fruitiers, sans arriver à la congélation. Dans une vitrine isolée, au milieu de la salle, et qui ne contient pas moins de .quarante-huit variétés bien distinctes, dont nous avons déjà cité les deux premières, il faut remarquer le chasselas rose royal, Dodrelasi, Black Alicante, Gradiska, Muscat d’Alexandrie, Requiem, San Antoin, Saint-Jacques, etc., etc., qui sont les principales espèces figurant dans cette petite maison de verre ainsi que quelques pots de raisins frais sur tige.
- Mais, si M. Salomon obtient d’aussi beaux résultats, c’est qu’il a demandé à Phœbus :
- Sur ces coteaux divers et sur ceux d’alentour Qu'il darde son soleil, père des poésies,
- Lt glisse dans le sang des grappes cramoisies Un rayon de splendeur, de chaleur et d'amour.
- P. H.
- Voilà son secret, mais ne le trouve pas qui veut.
- Le prix d’honneur — un objet d’art — a été attribué à M. Salomon pour sa splendide exposition M. Louis a obtenu une médaille de vermeil et M. Jourdain une médaille d’argent.
- Plus loin, nous trouvons les fruits secs, comestibles. La médaille d’or a été décernée à M. Leydet
- pour l’ensemble de son exposition, amandes, noisettes, pruneaux fleuris, pistoles, etc., puis ensuite seulement trois médailles de bronze. Nous arrivons aux huiles où nous avons le plaisir de retrouver M. Leydet qui cueille encore une médaille d’or, la seule distribuée sur trois prévues à l’arrêté pour les deux classes; l’année n’est pas bonne et seule l’exposition d’huile d’olive à goût de fruit a présenté des produits irréprochables. Pour les olives, c’est encore M. Leydet qui obtient la première récompense, elles sont tellement bonnes qu’on en mangerait presque comme des bonbons.
- Tout en suivant notre chemin, nous voici arrivé au miel et à la cire.
- Parfois il arrive à l'abeille De rentrer aux ruches, le soir,
- Lasse et rompue et sans avoir Pu remplir de miel sa corbeille.
- Ce n’est pas le cas cette fois, elles ont bien travaillé, les charmantes ouvrières et l’ont fait supérieurement beau ce miel délicieux. Tous au contraire ils sont rentrés
- Les travailleurs courbés sous leurs fardeaux trop lourds.
- Il faut les voir, —au temps où bouillonnent les sèves,
- Où fleurissent les lins, les sauges et les fèves,
- Où la lande sauvage étale son trésor, —
- Il faut les voir entrer, partir, rentrer sans trêves,
- Couvertes au retour d’azur, de pourpre et d'or.
- Prenant, dès le matin, les coteaux ou la plaine,
- Selon que le zéphir parfume son haleine
- Des fleurs de la bruyère ou des fleurs des ajoncs,
- Ou qu’il faut rapporter sa trompe toute pleine De l’eau vive qui court en chantant sur les joncs.
- O doux bourdonnement flottant sur les prairies !
- Tourbillons envolés des collines fleuries Où le pâtre pensif promène son troupeau !
- Rumeurs sortant, le soir, comme des causeries De la ruche opulente où dort le miel nouveau !
- F. F.
- Contrairement à la classe qui précède, la section des miels et cires est très bonne cette année. M. Asset a recueilli le miel nouveau tant et si bien que, quoique non prévu à l’arrêté, il lui a été décerné un diplôme d’honneur pour ses miels surfins et pour ses miels en rayons présentés d’une façon tout à fait artistique. Il a été décerné ensuite une médaille d’or à M. Beuve, puis un rappel et quatre médailles d’argent.
- Le prix d’honneur de l’ensemble des exposants producteurs a été décerné à M. Cordier, directeur de l’établissement de St-Remv (Haute-Saône) pour sa remarquable exposition. Ôn voyait dans cette exhibition : d’énormes choux cabus d’Alsace, plusieurs variétés de haricots et de carottes ; des choux-raves, des raves et des navets et un grand nombre de variétés de pommes de terre précoces. Citons aussi les variétés d’huile dont la qualité a fait décerner une médaille d’argent.
- Une collection de plantes qui laisse le gros public indifférent mérite cependant d’être signalée, l’ère des simples n’est pas encore à bout, et je sais tel ou tel grand docteur qui dicte des pilules à ses clients et qui souvent pour lui prendrait une infusion de synanthérées quelconque. M. Gagnet expose soixante espèces de plantes médicinales, stimulantes, dépuratives, émollientes et narcotiques, qui lui ont valu la médaille d’or.
- Jetons un coup d’œil sur les pommes de terre. M. Joseph Rigault expose deux cent soixante-dix espèces. Dix variétés sont plus particulièrement cultivées en vue de la grande culture et pour l'industrie féculière. Quatre nouvelles variétés présentées ont été obtenues de semis et ne sont pas encore dans le commerce, ce sont :
- Souvenir de Parmentier, Ferdinand de Lesseps, Pasteur et professeur Chevreul. Il présente des graines en végétation et des semis de ire, 2e, 3e et 4e année de culture.
- Il est très difficile, dans une aussi grande variété, de citer plus spécialement telle ou telle sorte, il y en a évidemment pour tous les goûts et aussi pour toutes les sauces ; en général, cet exposant passe pour être le premier dans ce genre de culture auquel il s’est adonné d’une façon toute spéciale. Ce qui est bien prouvé par le rappel de médaille d’or.
- Notons cependant l’espèce dénommée Joseph Rigault, qui^ a le grand avantage de pouvoir s’accommoder à toutes les sauces, etc.
- Nous voici dans le grand salon Nord-Ouest. C’est grandiose, mais que dire, lorsqu’il s’agit de parler des produits de la maison Vilmorin, An-drieux et Cie? D’abord, qu’ils ont obtenu comme précédemment le rappel de prix d’honneur et que le jury ne se trouvant pas satisfait a demandé un objet d’art. Lorsque M. le président de la République est venu visiter ce magnifique salon, accompagné de M. Develle, ministre de l’agriculture, l’objet d’art a été accordé, un vase de Sèvres sera remis, comme prix d’honneur. Maintenant, nous pourrions peut-être examiner un peu ce magnifique ensemble ; d’abord, il y a une chose qui m’empoigne toujours, les légumes ; certes c’est beau, les massifs de choux frisés, légumineuse de décors, c’est mieux, mais les fleurs c’est bien au-dessus de tout cela ! Que voulez-vous ? tout le monde ne peut pas avoir le même goût. Voyons, n’est-ce pas assez joli ces rangées de jacinthes, il y en a de simples, de doubles, puis il y en a de toutes les couleurs, tout le monde peut se récréer la vue :
- Je sais que dans Harlem plus d’un triste amateur Au fond de ses jardins s’enferme avec sa fleur,
- Pour voir sa renoncule, avant l'aube s’éveille,
- D’une anémone unique adore la merveille.
- D. L.
- Ici ce n’est pas le cas et l’on peut sans gêne admirer ces plantes bulbeuses de Hollande, et les crocus et les tulipes donc, ces belles tulipes chantées par La Bruyère. Dans un pavillon, il y a aussi vingt-cinq spécimens de fleurs de la région du midi de la France, toutes très remarquables.
- Mais nous ne pouvons que faire des redites, aussi nous bornerons-nous à dire que les cultures de Verrières et d’Antibes ont fourni leurs plus beaux sujets pour cette exposition supérieure.
- Nous passons à côté du salon où M. Delahaye a dressé son exposition ; un rappel de grande médaille a consacré les progrès réalisés cette année.
- Dans le salon suivant, voici sur la cymaise une bordure en germination : ce sont les essais de graines de la maison Forgeot et Cie, il y en a comme cela tout autour de ce grand salon, on peut juger en voyant la graine derrière puis la plante dressée sur le mur. Disons que ces Messieurs soumettent leurs graines à la station d’essai de l’Institut, ce qui est une grande garantie poar l’acheteur. Nous y trouvons en dehors des blés et autres graminées de grande culture, les plantes industrielles, pois, haricots, fèves de toutes espèces, des racines, betteraves à sucre et autres, carottes potagères et fourragères, navets, choux, etc., puis une très belle collection de pommes de terre composée de cent quinze variétés, trente-six sortes de graines d’arbres et de reboisement complètent cette série, qui est représentée en spécimens de semis ; il y a là aussi des légumes frais, des.choux, choux de Bruxelles, oignons, poireaux,, chicorée de Bruxelles, céleri, et une nouveauté céleri nain pommé à forme de scarole. Ce'groupement est un des plus complets du concours, aussi a-t-il obtenu la grande médaille d’or, la plus haute récompense prévue à l’arrêté. En sortant de ce salon nous arrivons sur le palier du grand escalier de la nef, d’où le regard plonge sur l’ensemble du concours des animaux reproducteurs qui composent la première série et des animaux gras qui sont la seconde ; parfois, on entend la voix des taureaux beuglant, puis aussi le gloussement ennuyeux des dindons, mais par contre en descendant tout à l’heure vous entendrez le charmant roucoulement des pigeons. Avant d’entrer en Algérie, admirons cette splendide exposition de fleurs qui est dans ce petit salon peut-être un peu sombre; que tout cela était joli au premier jour, jacinthes, tulipes, cyclamens, cinéraires et violettes, quelle fraîcheur, mais les primevères sont encore supérieures à tout cela, aussi MM. Forgeot et Cie ont-ils obtenu la médaille d’or, pour les.plantes, bulbeuses, médaille de vermeil, puis trois médailles d’argent pour les cyclamens, cinéraires et violettes.
- Voilà des exposants qui devront être satisfaits, s’ils se sont donné du mal, ils sont arrivés à présenter des produits hors ligne, le résultat couronne l’œuvre. M. Forgeot soutient dignement, par sa splendide exposition, la réputation qu’il s’est acquise comme fondateur d’une maison de premier rang.
- Mais hélas !
- La neige tombe par les rues !
- Il pleut, il vente, il neige..., à cette heure il grésille.
- Pauvres fleurs! vous baissez la tête, quel dommage, il faisait si beau hier — c’en'est fait, le sombre froid ne vous a pas épargnées. Tout le monde rentre au logis et déserte le concours ; du reste, il y a trois jours d’intervalle pendant lesquels on cogne, on frappe, ce n’est peut-être pas gai.
- Les moineaux seuls avaient raison ;
- Devançant le temps-où nous sommes,
- Us établissaient leur maison
- Dans la foule et le bruit des hommes.
- P. H.
- Passons en Algérie, il n’y fait pas plus chaud mais, tout y est chatoyant, ôn a tapissé les murs d’objets orientaux, puis les plantes vertes, qui occupent un grand massif dans la deuxième salle attirent les amateurs; tout était vendu dès les premiers jours.
- Cette année 1 Algérie et les colonies forment un groupe particulier, avec un jury spécial jugeant tous les produits. Une médaille d’or grand module, quatre médailles d’or, quinze d’argent grand module et quinze d’argent, en ajoutant quarante de . bronze et les mentions, voilà un joli bilan, et qui est bien fait pour encourager les colonisateurs à poursuivre l’œuvre entreprise.
- L’exposition administrative des colonies a obtenu une médaille d’or en dehors de celles ci-des-sus, de même que la société nationale d’agriculture d’Alger ; rendons hommage à M. Rivière c’est à lui que l’on doit les envois de ces magnifiques plantes vertes qui font l’admiration des visiteurs.
- Les comices de Médéah et de Coléah, médaille d’argent grand module et médaille d’argent pour le comice de Tizi-Ouzou. Il est très difficile de passer en revue tous les exposants.
- M. Rivière et M. Desvallons ont organisé avec le soin méticuleux qui leur est particulier, là plus
- p.529 - vue 88/496
-
-
-
- ïôo. — Troisième Année. — N° 11 3.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- Dimanche 27 Février 1887.
- grande partie de l’Algérie et, à cet égard, on ne peut que les féliciter de nouveau.
- En entrant dans les salles réservées pour l’Algérie, on trouve l’exposition de M. Bure de l’Ouï-der, dans laquelle il y a lieu de remarquer deux planches de liège Fernen, mesurant six mètres de longueur sur un mètre cinquante de largeur. Ces planches de liège d’une aussi grande dimension, sont chose bizarre et digne de remarque ; il présente aussi une collection complète de graines, minéraux, bois, fruits, vins, émanant du même domaine de l’Ouïder. Signalons à cette occasion une série très remarquable de plantes nouvelles. La Reana luxurians, graminée des Pampas, connue sous le nom de téosinte, est une plante très vivace et très productive.
- Dans l’exposition des colonies, le comité de la Pointe-à-Pitre (Guadeloupe) a présenté des ignames, de la cire, de la filasse de Carata et autres produits divers; cet ensemble a obtenu une médaille d’or. Parmi les autres colons, signalons : M. Sa-gers-Petit à Petit-Bourg, médaille d’argent pour ses ananas, et M. Wachter, de la Pointe-à-Pitre, pour son rhum-tafia ; trois médailles de bronze à MM. Figuières de Marie-Galante, rhum, et tafia; Limbo, à la Guadeloupe, rhum et Lyphoy à Saigon pour son envoi de thé de la Cochinchine.
- En parcourant les diverses salles,nous trouvons pour la section Légumes, les asperges de M. Lhé-rault et les salades de M. Buisson, tous deux médaille d’or; puis M. Joseph Rigault avec une belle variété de légumes qui lui ont valu une médaille d’argent ; puis, ce sont MM. Cousin pour ses primeurs, Chemin pour ses asperges et champignons et Torcy-Vannier pour sa belle collection de bet-teraves-potagères, ont aussi obtenu une médaille d’argent.
- Parmi les exposants marchands, il convient de citer d’abord trois rappels de médaille d’or. — M. Petit pour ses miels, cires et huiles ; M. Gerbout pour ses raisins, et de très belles corbeilles de pommes et poires ; Hédiard pour l’ensemble de son exposition, fruits exotiques, parmi lesquels nous remarquons les Kakis du Japon, les coings de Chine, les petits citrons des colonies, des oranges sanguines de Blidah et des mandarines. On a beaucoup remarqué trois branches ou régimes du Rajia sagoutées garnies de graines, des ignames de la Martinique, etc.,quatre médailles d’or. MM. Beaudouin pour ses fruits exotiques, ananas, grenades, cédrats, oranges, cocos, etc. ; Michel pour ses fruits frais et légumes exotiques ; Lecaron pour sa collection de légumineuses et Laloy et Riot pour l’ensemble de leur exposition : miels, huiles olives et fruits secs. Sept médailles d’argent parmi lesquelles nous remarquons Mme veuve Brunet et fils, pour leurs beaux miels du Gatinais, Mme veuve Place, fruits et légumes exotiques, et enfin Battut, pour trois très beaux lots de pommes, poires et légumes frais et champignons.
- Maintenant un coup d’œil aux collections d’enseignement parmi lesquelles celle de M. Montagne qui se compose de cent vingt-cinq numéros, mérite d’être remarquée. Les tableaux d’enseignement de M. Armengaud ; quelques jolies boîtes d’insectologie nos 7299 et 7300, puis les publications périodiques du Moniteur d’horticulture, des ouvrages spéciaux à l’Algérie, le Journal des campagnes, la Revue des concours agricoles, les herbiers de M. Delahaye et de M. Vacher, et la belle collection de plantes artificielles admirablement préparées par MUe Fortier, éditée par la maison Hachette.
- La Bibliothèque de l’enseignement agricole (1) publie une série d’ouvrages techniques, parmi lesquels il nous faut citer : Prairies et herbages pour M. Boitel, avec 120 figures dans le texte, très utile aux agriculteurs, ainsi qu’aux botanistes.
- Cet ouvrage contient une appréciation sur la valeur des plantes ; sur les moyens de développer les bonnes espèces et d’éliminer celles qui sont nuisibles ; sur les rendements et la valeur alimêE> taire des fourrages, suivant les sols, les espèces et les soins d’entretien. L’ensemencement des prairies avec les graines les mieux appropriées aux diverses conditions fait l’objet d’une étude approfondie.
- Il sera toujours un guide sûr pour les agriculteurs dans l’amélioration des surfaces engazonnées et la création des nouvelles prairies.
- Enfin il contient en deuxième partie la description des prairies et des herbages des diverses régions de la France, de la Suisse et de l’Algérie. Les Plantes vénéneuses par M. Cornevin, puis parmi les huit volumes sous presse, La Richesse agricole de la France, par M. Tisserand,conseiller d’Etat, directeur au ministère de l’agriculture, ouvrage très précieux à consulter. Remarquons en passant que, comme toujours, M. le directeur ne manque jamais l’occasion d’être utile à ses concitoyens en particulier et à l’agriculture en général.
- Disons également que parmi les poésies de publication récente deux volumes sont très intéressants à lire : La poésie des Bêtes, par François Fabié et Aux Champs, par Paul Harel, ouvrage auquel nous avons emprunté quelques citations dans ce compte-rendu.
- (1) Firmin-Didot et Cie, éditeurs.
- Il nous reste à parler des vins et des cidres, des beurres et fromage enfin du matériel de basse-cour. Vingt-trois producteurs ont été récompensés parmi les exposants qui ont envoyé des échantillons de leurs produits : M. Gaston Bazille (hors concours), médaille d’or M. Bastide, M. Hé-brard ; médaille d’argent grand module, M. Allier-Bouzanquet et M. Ausset, tous quatre producteurs dans le Gard (vignes américaines), viennent ensuite six médailles d’argent, etc.
- Pour les cidres : M. Floquet (hors concours), deux médailles d’or, M. le baron de Fontenay (Orne), cidre de 1887; M. Vardon (Eure), cidre et eau-de-vie de cidre, puis quatre médailles d’argent et neuf de bronze ; les principaux envois sont du Calvados.
- Dans les produits de la laiterie, des médailles d’or grand module remplacent les primes d’honneur.
- Pour les fromages, la première récompense a été décernée à M. Fleuriot au Renouard, département de l’Orne. Quant aux beurres, deux médailles d’or ont été attribuées l’une à M. Leneveu à Deux-Jumeaux (Calvados), l’autre, à M. Emile Bazin, exposant marchand.
- En ce qui concerne le concours spécial des appareils d’industrie laitière, il est très complet, il se composait de huit catégories dénommées, plus une pour les imprévus. Il a été décerné huit médailles d’or, neuf d’argent et huit de bronze, il est très difficile d’entrer, ici, dans le détail de tous les objets exposés et, si faire se peut, nous reviendrons sur cette partie.
- Dans le grand salon N.-E. on peut admirer les divers systèmes de couveuses artificielles, tous les instruments exposés par M. Voitellier sont très intéressants et très bien compris, c’est là que l’on voit naître les petits poulets.
- Chacun sort du cachot qu’il brise.
- Jetons un coup d’œil sur l’ensemble du second concours, celui des animaux gras: nous verrons au centre un nivernais et une limousine aux cornes d’or, ce sont les lauréats des primes d’honneur.
- Pour les volailles c’est la race de Crèvecœur qui l’emporte. Gependant nous avons vu là de bien beaux coqs, un surtout qui chantait à ravir.
- correspondent au même nombre de mots ou phrases usuelles et celles-ci, de leur côté, sont traduites dans toutes les langues au moyen des dictionnaires nautiques. Il suffit donc que chaque navire possède un exemplaire du dictionnaire nautique de sa propre langue pour que tous puissent correspondre ensemble en pleine mer. Un mot important est généralement représenté par une combinaison de trois pavillons, et une phrase par une combinaison de quatre pavillons. Au besoin, chaque lettre de l’alphabet est représentée par un groupement de trois pavillons ; mais l’on ne peut alors correspondre que dans une seule langue. Enfin, les 764 syllabes les plus usitées sont traduites par 764 groupements de quatre pavillons et permettent de représenter ou les noms propres, ou même les mots de la plupart des langues.
- La langue nautique est assez développée pour permettre d’échanger ses idées, non seulement sur les sujets qui touchent à la marine, mais encore sur presque tous les autres. Elle est journellement employée soit entre deux navires, soit entre un .navire et un sémaphore ; un bâtiment qui est en opérations à proximité des côtes cause avec un détachement placé dans l’intérieur du pays par l’intermédiaire du. sémaphore et du télégraphe optique ou électrique. Cette langue est donc parfaitement appropriée à son but spécial. De plus, elle peut s’écrire avec l’alphabet romain, car aux 18 pavillons correspondent les 18 consonnes de cet alphabet, et une combinaison de 4 lettres représente ainsi, pour tous les peuples qui connaissent notre alphabet, l’une des phrases du dictionnaire nautique. Ainsi, par exemple :
- D P R signifie : dîner. •
- C SGN signifie : à quelle heure le dîner ? Sera-t-il prêt ?
- Si la langue nautique ne constitue pas un langage international, c’est parce qu’elle ne peut pas se parler, car son alphabet ne se compose que de consonnes. Mais il serait facile de lui donner cette qualité ; il suffirait pour cela de forger 15,000 mots de deux syllabes dont chacun correspondrait à l’une des combinaisons de pavillons, et par conséquent à l’une des phrases déjà cataloguées par le code.
- LANGUE DE M. SUDRE
- C’était bien le vrai coq gaulois,
- A l’œil rouge, à la crete altière,
- se regorgeant dans, son jabot multicolore, et faisant briller l’azur émeraudé de son ]oli plumage. Il faut aller voir aussi une série de petites familles de volière.
- En résumé, ce concours est de beaucoup supérieur. attendons-nous à des surprises pour l’an prochain.
- A. Ramé.
- LE LANGAGE INTERNATIONAL
- CONVENTIONNEL
- LANGUE NAUTIQUE
- La langue nautique, qui est employée pour l’échange des communications en mer, est une sorte de pasigraphie, qui a été combinée sans aucune idée préconçue sur la classification des pensées humaines, mais uniquement en vue des exigences, de la pratique. Pour la créer, on a formé, non pas un dictionnaire de mots, mais un dictionnaire de phrases, et l’on a évité ainsi le plus redoutable écueil contre lequel viennent échoper la plupart des langues universelles. Celles-ci, en effet, traduisant les mots un à un, sont• souvent impuissantes à représenter, d’une manière parfaitement claire, les idiotismes, les tournures de phrases particulières qui abondent dans toutes les langues usuelles.
- En 1818 et en 1820, les codes marchands de Tynn et de Squire, en Angleterre, avaient donné une première solution de ce problème; en 1836, paraissait également celui de Philipp. Le plus connu de ces ouvrages a été longtemps celui du capitaine Marryat, dont la dernière édition (i85q) est contemporaine du code français Reynold ainsi que du code américain Rogers. En 1864, une commission anglo-française refondit tous ces travaux et un décret du 25 juin 1864 adoptait officiellement le Code international de signaux, auquel se sont ralliés successivement toutes les nations maritimes du globe, y compris celles de l’extrême Orient.
- Le dictionnaire nautique, auquel le décret du 25 juin 1864 donne force de loi, comprend 17,135 mots ou phrases, dont 3,600 noms géographiques et 13,535 mots ou phrases usuelles ; chacun de ces mots ou phrases est représenté par une combinai-son.de pavillons, que l’on arbore au grand mât du navire. Le matériel se compose de 18 pavillons, qui sont arborés par deux, trois ou quatre à la fois et qui peuvent ainsi former 78,642 combinaisons différentes. Sur ces combinaisons, 13,535
- Théorie et pratique de la Langue universelle. Tours, imprimerie Rouillé.
- M. Sudre, professeur de musique à Tours en 1825, a créé une langue universelle qu’il a appelée Solresol-domido. Cette langue a été soumise, en 1827, à l’examen de l’Institut ; il en a été publié depuis cette époque plusieurs grammaires et dictionnaires.
- L’alphabet de cette langue ne comporte ni voyelles ni consonnes isolées ; il ne se compose que de sept syllabes, qui sont les noms des sept notes de la musique :
- do, re, mi, fa, sol, la, si.
- 11 n’emploie donc ni le son ou, ni les consonnes b, k, t, v, etc. ; et, sur plusieurs milliers de syllabes que la bouche humaine peut facilement prononcer, il n’en utilise que sept. C’est évidemment se condamner, dès le principe, à une pauvreté sans remède, et, en effet, il résulte de là, pour la langue de M. Sudre, trois grands défauts primordiaux.
- Le premier, c est que la plupart des mots seront composés (de quatre ou cinq syllabes et que la même syllabe sera souvent répétée dnns un même mot.
- Le second défaut, c’est que la plupart des mots se ressemblent et ne laissent plus de prise à la mémoire. Par exemple, resoldofa signifie cacher-resoldosi signifie dépenses et resolsido signifie nécessaire ; voilà donc un verbe, un substantif et un adjectif qui représentent des idées sans analogie entre elles,et dont les formes sont absolument semblables.
- Le troisième défaut, c’est qu’à la lecture ou à la' prononciation, tous les mots semblent absolument former corps, et qu’on ne sait jamais où un mot finit et où un autre mot commence ; et, comme tous les mots se ressemblent, on prononce de la même manière des phrases qui n’ont entre elles aucune analogie. Par exemple, famisi domido signifie porter Vunivers, et failli sidomido signifie cette place.
- Parmi les six consonnes que M. Sudre admet dans son alphabet,, figure malheureusement la lettre r, qui est si difficile à prononcer pour les Orientaux; elle se présentera nécessairement dans un très grand nombre de mots de la langue et en rendra la prononciation absolument inintelligible. Se figure-t-on un Chinois, qui ne peut pas prononcer le r du mot français, obligé de dire : dore rere lamire, j’ai écrit ! '
- Pour l’écriture, M. Sudre emploie les caractères romains ; il permet d’abréger, en remplaçant chaque note par sa consonne initiale, ce qui’revient à dire que d se prononce do, que r se prononce re et ainsi de suite. Le s minuscule représente sol’ et le S majuscule représente si, ce qui peut ame-ner des erreurs.
- p.530 - vue 89/496
-
-
-
- Troisième Année. — N° 113.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1SS9.
- Dimanche 27 Février 1887. — 531.
- Formation des radicaux
- M. Sudre a cherché à former ses radicaux en soumettant toutes les idées humaines à une classification raisonnée ; mais le peu d’éléments que possède son alphabet lui a rendu cette entreprise absolument inexécutable. Il établit sept clefs, ou divisions, dans lesquelles les mots ont respectivement pour premières syllabes : do, re, mi, etc. ; dans chaque clef, six races, qui sont, pour la clef de re, par exemple, les races : redo, remi, rela, etc... Puis, la race redo se subdivise encore en trente-six familles, redo redo, redo remi, redo mido, etc... Mais cette classification n’a pas été logiquement suivie, et ne pouvait pas l’être : un seul exemple suffira pour le prouver.
- La race domi représente le genre humain, et la race doîa les actions, qualités et vertus. Dans la race domi, l’on trouve les mots domiiâla, qui veut dire grand, et domifâsi, qui veut dire fort. Or, les épithètes de grand et de fort ne s’appliquent pas seulement au genre humain ; et en tous cas, ce sont des qualités, qui devraient se trouver dans la race doîa, au même titre que domisôlmi et domisôlîa, qui signifient magnanime et intelligent. Mais la race doîa était probablement encombrée, et a dû rejeter bon nombre de ses mots dans la race domi.
- Un autre principe, qui jette une grande perturbation dans les classes et dans les races de mots, est celui des mots inverses, M. Sudre pose comme règle que : « les sens inverses des idées s'obtiennent en renversant les mots qui les représentent ».
- Ainsi : domiresi signifie : entendre et sire-mido signifiera : être sourd.
- Or, domiresi dépend bien de la race domi, le genre humain ; mais siredomi, son inverse, devrait, par la même raison, lui appartenir également. Au contraire, par ses deux premières syllabes sire, . il paraît venir se ranger dans la classe sire, qui est celle des idées de gouvernement. Nous trouvons dans cette dernière classe : sire-miîa, empereur; siremisol, roi; tandis que siremido, qui ressemble étrangement aux deux mots précédents, signifie : être sourd! On pourrait croire qu’il y a un jeu d’esprit dans ce rapprochement tout fortuit ; mais il y à cent exemples du même genre.
- D’ailleurs, le principe des mots inverses n’est pas non plus général ; et bien souvent, en renversant un mot, l’on en obtient un autre qui n’exprime nullement l’idée contraire Ainsi, dosidomi, signifie : légume; et son inverse, midosido, signifie sacrifice.
- M. Sudre n’a appliqué le principe des mots inverses que quand cela lui a paru utile ou possible. Mais qui pourra deviner dans quel cas on est autorisé à faire cette inversion de syllabes ? Et si je connais le mot midosido, sacrifice, qui me dira si en le renversant j’obtiens ou je n’obtiens pas l’idée inverse de celle de sacrifice. Il semble qu’il y ait là, au lieu d’une facilité, un piège tendu ; et les exemples se comptent encore par centaines.
- (.A suivre.)
- Emile Dormoy.
- HISTOIRE ANECDOTIQUE
- DE
- LA PRESSE EN FRANCE
- (Suite.)
- (Voir le Moniteur du 6 février 188j)
- On sait dans quelles conditions put s’établir en France la monarchie dite de Juillet. La plupart des hommes d’Etat de ce nouveau régime appartenaient à la presse. En cette qualité, ils avaient fort à se plaindre de la monarchie royale. On conçoit que la monarchie constitutionnelle ait tenu, dès lors, à ménager la presse et même, en principe, tout ce qui tenait une plume. Ne lui devait-elle pas ces fameuses protestations contre les Ordonnances,protestations qui amenèrent la chute des Bourbons ? Quoi qu’il en soit, le nouveau gouvernement se fit remarquer par une grande bienveillance envers la presse ; et l’on peut même dire qu’à aucune époque les écrits périodiques ne jouirent d’autantde liberté.
- Une telle situation n’était pas sans danger pour le. trône de Louis-Philippe. En effet, les différents partis qui se disputaient le pouvoir, socialistes, autoritaires et libéraux, se livrèrent aux attaques les plus violentes contre le pouvoir. Vers i832, un journal représentait un élément d’excitation politique, en même temps qu’un élément de discussion. De là ces émeutes qui ensanglantèrent Paris, à plusieurs reprises, et contre lesquelles l’armée dût se mettre en mouvement. Dans les Misérables, Victor Hugo nous a laissé le récit et la description épiques d’un de ces soulèvements populaires. Le moment vint où Louis-Philippe s’émut de la tournure que prenaient les choses ; et il fut décidé qu’on retournerait aux mesures de rigueur.
- Les journaux dont le langage était trop violent
- furent déférés aux tribunaux. Malheureusement, ces derniers ne suivirent pas toujours le pouvoir dans la voie de la répression. L’indécision de la jurisprudence, la faiblesse des jurés, donnèrent lieu à de nombreux acquittements, ce qui amena une certaine recrudescence dans les attaques. Les procès de presse furent excessivement nombreux. Un tableau, dressé en 1833 par les soins du ministère de la justice, en porte le nombre à 411 ; mais il n’y eut que iq3 condamnations de prononcées. Ces 143 condamnations se chiffrent par un total de 65 années de prison et 35o,ooo francs d’amende. Le seul journal la Tribune encourut plus de cent poursuites dans l’espace de quatre années. Elles aboutirent à 20 condamnations formant un total de 49 années de prison et de 1 57,600 fr. d’amende. '
- En présence de l’insuccès des procès de presse, le gouvernement chercha son salut dans une législation plus répressive. Le 4 août 1835, il fit présenter aux Chambres des lois restrictives qui ne tardèrent pas à être-adoptées et qui entrèrent dans la pratique sous le nom de lois de septembre. Toutefois cette nouvelle arme n’entraîna la presse qu’à des modifications matérielles destinées à assurer son succès. Une nouvelle révolution se produisit dans les écrits périodiques. Emile de Gi-rardin créa le grand journal politique à 40 fr. par an. A partie Temps, les Débats et le Figaro, qui coûtent, de 64 à 72 fr. par an, nos grands journaux actuels ne s’écartent pas beaucoup du prix d’abonnement de l’ancienne Presse. On conçoit qu’une telle mesure eut pour conséquence immédiate de doubler le nombre des lecteurs et de faire pénétrer les journaux dans les classes populaires.
- Jusqu’en 1835, le journal n’avait été, pour ainsi dire, que l’apanage de la bourgeoisie et des professions libérales. La presse s’était démocratisée dans ses dogmes et ses tendances politiques; mais elle n’avait pour public qu’un élément aristocratique. En effet, cette même année la politique centrale ne comptait que 20 journaux ayant 50,200 abonnés, dont 9,000 pour les journaux ministériels et 40,200 pour les feuilles de l’opposition. C’était peu pour une population de 3g millions d’âmes. Aussi Emile de Girardin produisit-il sa réforme dans des conditions absolument favorables. Le journal qu’il fonda, la Presse, venait à son heure. Aussi, du premier coup, son succès fut-il assuré.
- La combinaison de. Girardin reposait sur la diminution du prix d’abonnement, qui descendait de 80 à 40 francs, et sur une exploitation plus intelligente et plus adroite de la page d'annonces et des annonces en général. Il était incontestable que le journal le plus lu, par suite de son bon marché exceptionnel, attirerait à lui la plus grande publicité. C’est le ier juillet 1836 que parut la Presse, un des journaux qui ont fourni la meilleure carrière. Chose fort compréhensible, Girardin s’attira les plus vives attaques, à cause du tort que sa réforme faisait aux confrères. Ce fut un journal démocratique, le Bon Sens qui dirigea la campagrîe. Le directeur de la Presse et sa rédaction furent en proie aux plus vives attaques. Bref, la polémique devint si passionnée de part et d’autre qu’un duel s’en suivit entre Girardin et Armand Carrel. On sait qu’il coûta la vie à ce dernier.
- En dix mois, la Presse comptait 20,000 abonnés. Mais la mort d’Armand Carrel lui avait causé un grand préjudice moral.
- Le Siècle fut fondé sur la même donnée économique qt la même doctrine politique que la feuille de Girardin. Bien rédigé, supérieurement administré, le Siècle comptait 38,oôo abonnés après quelques années d’exercice. Il n’était point d’estaminet, de cercle, d’établissement public où on ne le trouvât. De là lui est venu son surnom populaire de Journal des marchands de vins.
- Toutefois, la réforme de 1836 n’était pas complète. C’était beaucoup d’avoir abaissé le prix du journal et de l’avoir fait pénétré dans les masses ; c’était beaucoup d’avoir étendu le champ de l’annonce et d’en retirer une source considérable de profits, tout en rendant service au commerce, à l’industrie, à la finance. Mais le résultat moral n’était pas atteint ; il fallait démocratiser moralement le journalisme, après l’avoir démocratisé matériellement. Girardin,. qui se flattait d’avoir « une idée par jour », en trouva une, en effet, qui ne tarda pas à être des plus productives. 11 créa le roman-feuilleton. Les écrivains, ayant tout avantage à la nouvelle combinaison, s’empressèrent d’accourir; et la Presse publia successivement, et avec beaucoup de succès, les meilleurs romans de Balzac, d’Eugène Sue, d’Alexandre Dumas, de Paul Féval, de Théophile Gautier. La France entière se passionna pour les Mousquetaires, pour Vautrin et pour les héros dramatiques des Mystères de Paris. Une fois de plus, le triomphe était avec Emile de Girardin. Il venait de démontrer qu’il était non seulement le premier lanceur de journaux de son temps, mais encore.que nul, mieux que lui, ne s’entendait à en varier le contenu.
- T. M.
- (A suivre.)
- -©
- LES LIVRES
- xcvm
- Paul Bourget. — André Cornélis, Alphonse Lemerre, éditeur.
- M. Paul Bourget .est un poète, un critique, un essayist de premier ordre. Il a une finesse d’observation, une dextérité dans l’analyse, une acuité du regard retourné sur l’intérieur, du regard psychologique, radius inflexus, comme nous disions en philosophie, un art de bien dire ce qu’il est le plus difficile d’exprimer, qui lui ont conquis une autorité précoce, lui ont donné la victoire en pleine jeunesse et ont fait de lui, par le talent, le succès, la réputation, un des chefs de la jeune école contemporaine. Un critique, qui a si curieusement, si heureusement analysé les œuvres et l’influence de Stendhal, de Balzac, de Taine, de Renan et qu’on doit considérer comme un des plus brillants élèves de ces maîtres, ne pouvait manquer d’appliquer au roman ses rares facultés d’observateur, de psychologue, d’écrivain, et de se créer dans ce genre sans règles,sans frontières,sans autorité centrale, où par groupes ou par individualités isolées et jouissant de leur isolement, nos écrivains en vogue se sont taillé des fiefs, un domaine à part dans un coin, semi-boisé, semi-découvert de ce « coteau modéré » cher à Sainte-Beuve.
- Là l’auteur qui a, tour à tour, ses heures d’entraînement et d’enivrement mondain, et ses heures de dégoût du monde, de fuite dans la retraite ou de course à travers les paysages et les spectacles étrangers, l’auteur, qui est un délicat, un difficile, un mélancolique avec pointe d’enjouement, peut goûter en liberté la volupté de l’indépendance et de l’originalité. Il peut déployer à l’aise les ressources de son talent ingénieux, habile à peindre les paysages de demi-teinte , les sentiments à nuances, à dévoiler les mystères de l’intimité, à résoudre les problèmes de la conscience. Là, il peut fouiller à loisir des coins de nature humaine, s’amuser à suivre dans ses subtilités, ses détours, ses replis, la casuistique de la passion, inventer et animer des types étranges dont la composition offre le piquant contraste d’éléments empruntés à l’idéal et au réel, à la fantaisie poétique et à l’expérience la plus intense. Là il peut, défiant du fond de sa tour d’ivoire la frivolité et l’indifférence contemporaines, les obliger, par la grâce insinuante, la force faite surtout de finesse de son talent, à se passionner pour un drame intime ou plutôt intérieur, un cas psychologique vieux comme le monde, comme le mariage , comme l’adultère, comme l’assassinat,comme la vengeance, comme Oreste, comme Hamlet.
- Hamlet c’est la donnée d’André Cornélis, qui n’est pas autre chose que le récit des vicissitudes, des angoisses d’âme par lesquelles passe un fils dont le^père a été assassiné par l’amant de sa mère, impatient de succéder au mort, ne pouvant détrôner le vivant, et qui venge l’assassinat et l’usurpation par un meurtre de justicier. Il faut avoir toutes les audaces du talent et cette crâneriedela probité d’art qui nous plaît tant pour risquer et pour gagner la partie deux fois hasardeuse d’un roman sans amour, d’un roman sans femmes, et d’une donnée qui semble épuisée depuis Shakespeare. Mais comme il arrive souvent, jamais la femme n’est plus présente que là où elle semble absente, et c’est dans l’admirable étude de femme de la mère d’André, si peu épouse du temps de son premier mari, si peu mère du temps du second, si peu vertueuse dans sa vertu, c’est dans l’admirable étude de tante vieille fille, la tante d’André, que l’auteur a déployé ce talent d’analyse qu’il pousse jusqu’à la subtilité, servi par cette expérience à la douce amertume des hommes qui connaissent trop les hommes et les femmes pour ne pas les mépriser et les aimer à la fois.
- C’est ce mépris tendre, c’est cette tristesse enjouée de l’expérience de Paul Bourget qui donne un si rare et si piquant ragoût à son observation. Il a donc rajeuni la thèse de l’assassinat par devoir de piété filiale, de l’assassinat expiatoire de la plainte d’une chère mémoire grâce, à ce caractère de la mère, coupable innocente et complice inconsciente du crime. Il l’a rajeunie par la lutte de l’humanité dans André contre cette fatalité inhumaine et surhumaine qui le conduit à tuer froidement, sans colère, presque sans haine, un criminel qu’il ne peut mépriser car il porte fièrement et sans peur une passion qui n’est pas sans reproche et s’offre sans baisser les yeux aux représailles, et parle repentir, par le regret,par le remords d’André à la suite de cette exécution stérile.
- Le livre, où l’action tient en quelques pages, où le drame .intérieur en occupe 3oo par ses vicissitudes, ses analyses, ses enroulements progressifs de corde tortionnaire, ses phases scrupuleusement notées d’engrenage dans l’idée fixe, ses bruits de pensée tombant goutte à goutte et creusant, comme l’eau creuse la pierre, l’âme d’André partagé, disputé entre le goût de la lumière et de la vie et l’attrait de l’ombre,, de l’abîme où il s’enfonce le poignard à la main, le livre n’est pas et ne pouvait être un livre gai. C’est un livre triste... comme la vérité. Il devait heurter plus d’un préjugé, déranger plus d’une quiétude, braver la
- p.531 - vue 90/496
-
-
-
- 532.
- Troisième Année. — N° ii3
- LE MONITEURDE L’EXPOSITION DE 1SS9
- Dimanche 27 Février 1SS7.
- mauvaise humeur du lecteur roulé comme . le héros sur le lit d’épines sans roses, de ce supplice aux mille douleurs de l’incubation, de la gestation de ce projet atroce : tuer le second mari de sa mère parce qu’il a été l'assassin, du premier.
- Ce n’est pas là un de ces récits où j’égaye et se joue la verve railleuse, la gaieté volontiers caricaturale de ce talent normand, sanguin et observateur à fleur de peau de Guy de Maupassant, dont nous avons étudié l’autre jour Mont-Oriol. C est^ un récit d’une trame serrée maille à maille, d’une observation subtile et pénétrante, d’une action toute intérieure, volontairement contenue, concentrée pour éclater dans le coup de théâtre final. Il y a là deux talents très différents, deux tempéraments très différents, deux styles très différents. Et si nous avions à comparer, chose toujours oiseuse, à donner le prix à celui dont la flèche part du plus haut et va le plus loin, c’est encore à Paul Bourget que nous le donnerions. Nous ne savons pas, dans la littérature contemporaine, d’écrivain capable de tirer plus profondément parti d’un sujet volontairement réduit à ses côtés austères et de défiler plus sûrement, plus hardiment le câble de la descente dans la mine d’une conscience humaine aux prises avec le problème.le plus ardu de la lutte entre les mobiles contradictoires d’une action héroïque.
- On a reproché à l’auteur la minutie de certains détails qui semble puérile, dans son portrait de Mrae Cornélis. Pour nous, cette femme aux formes physiques et aux formes morales également vagues, qui ne perd jamais le calme des natures gracieusement stagnantes — un lac couvert de fleurs et sans abîme — cette femme, si femme, c’est-à-dire si douce, si frivole, si amoureuse de ses aises, si régulière dans ses actions, qui ne devinera jamais la double et terrible énigme de la mort de son premier mari et de la mort du second, et qui se meut si naturellement en pleine tragédie., est une trouvaille et la création d’un esprit supérieur.
- C’est aussi une marque de profonde connaissance du cœur humain que d’avoir fait André Cornélis si flottant,.si indécis, si hésitant sur son devoir, si vrai dans ses scrupules, dans ces doutes de la lucidité d’un esprit contemporain aux prises avec une fatalité si peu en rapport avec notre scepticisme et notre égoïsme. Toutes ces analyses, toutes ces vues psychologiques sont d’une sagacité magistrale. L’épisode de la mort de la tante Louise est un petit chef-d’œuvre et atteste un talent aussi fort dans la peinture extérieure que dans la peinture intérieure des sentiments. En somme, un. des livres les plus intéressants pour le lecteur sérieux et délicat de ce temps, signé par un écrivain qui est un véritable artiste en ce sens qu’il ne demande le succès qu’à la probité dans son art et a osé le chercher et le trouver dans un sujet tout à.fait en dehors et au-dessus des mollesses et des frivolités de l’âme contemporaine.
- M. de Lescure.
- LE BON MARCHÉ
- Comme nous l’avons annoncé dans un de nos articles précédents, c’est demain 1e1' mars que s’ouvre au Bon Marché l’exposition de gants et de dentelles.
- La maison va prochainement convier sa nombreuse clientèle à une nouvelle surprise : l’inauguration des agrandissements de ses magasins.
- Recherchant avant tout l’intérêt du public, le Bon Marché a résolu cette question si difficile de contenter tout le monde. En effet, l’entrée principale des magasins placée dans la rue du Bac a nécessité des démolitions et des constructions qui ont eu pour conséquence d’élargir considérablement cette voie et de faciliter la circulation en cet endroit si passant. Situés entre la rue de Sèvres, la rue du Bac, la rue de Babylone et le square qui leur doit son nom, les magasins du Bon Marché forment un vaste quadrilatère d'un hectare de superficie dont l’intérieur constitue, dans son ensemble, un véritable musée des produits industriels qui dirigent, pour une grande part, les évolutions de la mode.
- Il ne reste actuellement de l’ancien emplacement des magasins que ce qui fut le berceau de la maison, le coin des rues de Sèvres et du Bac, partie qui est destinée à être reconstruite. Nous n’aurons rien en France, ni dans l’industrie privée, ni même dans l’aménagement des services publics, qui puisse être comparé à ce colossal établissement qui est en même temps une magnifique œuvre d’art architecturale. Qu’il nous suffise de citer en passant le nouvel escalier qui est à lui . seul .un chef-d’œuvre comme forme, élégance, décoration et harmonie dans l’ensemble et qui, grâce à une habile disposition, permettra aux nombreux visiteurs de circuler facilement entre les différentes galeries nouvelles.
- Cette inauguration donnera un attrait tout particulier à l’exposition d’ouverture de saison annoncée par le Bon Marché pour les 7, 8 et 9 mars, jours où seront étalés aux yeux du public les innombrables étoffes et articles de toilette constituant la nouveauté actuelle.
- A chacune de ces expositions, les dames trouvent à bénéficier de quantités d’occasions provenant d’affaires traitées en fabrique par stocks complets.
- L’affluence de la clientèle a bien vite fait d’enlever ces articles si nombreux qu’ils soient, mais le Bon Marché sait renouveler ses occasions et les retardataires même sont toujours sûrs d’en trouver d’équivalentes.
- Dans chaque comptoir s’étale le plus merveilleux amoncellement d’étoffes : soieries, laine, faille, satin, s’y mêlent au cachemire et forment un assemblage à la fois gracieux et coquet. Les costumes pour dames depuis le peignoir et le costume de voyage jusqu’à la toilette de ville tous empreints du bon goût que personnifie le Bon Marché, sont mis en vente à des prix exceptionnels ; nos lectrices y trouveront des vêtements en cheviotte, en tissu sanglier et en guipure ainsi que des jaquettes, des visites du plus joli modèle ; des robes de chambre en cachemire ou lainage uni, de teintes fines, avec côtés garnis d’une dentelle brodée se détachant sur un devant en tulle écru brodé ; des matinées en cachemire garnies de peluche avec la juge plissée et des jerseys en tissu fin bordés d’une tresse.
- Il y a là une collection complète d’articles nouveaux dont le cachet à la fois élégant et gracieux ne peut manquer d’attirer l’attention et qui témoignent, une fois de plus, du soin qu’apporte la maison Boucicaut à la fabrication des objets qu’elle met en vente. Les vêtements pour hommes et pour enfants offrent également un choix des plus variés.
- Citons en terminant les charmants trousseaux d’enfants que contient le comptoir des layettes depuis le chapeau bébé jusqu’à la douillette piquée garnie d’un volant et d’un entre-deux ; ainsi que la richesse des marchandises contenues dans les comptoirs des linges de table et de toilette.
- Fidèles à leur devise les Magasins du Bon Marché offrent tous ces articles avec une entière confiance et les vendent à petit bénéfice, aussi le succès couronne leurs efforts et c’est justice.
- Baille.
- LES THÉÂTRES
- Cluny. — Rigobert, comédie bouffe en trois actes, de MM. Paul Burani et Grenet-Dancourt.
- Variétés. — Le Coup de Foudre, comédie-vaudeville en trois actes et quatre tableaux, de MM. Ernest Blum et Raoul Toché.
- Théâtre de Paris. — Le Ventre de Paris, pièce en cinq actes et sept tableaux, tirée du roman de M. Emile Zola, par M. William Busnach.
- Gaîté. — Reprise d'Orphée aux Enfers,
- Palais-Royal. — La Vie Commune, comédie en trois actes, de MM. de Gastyne et'Feugère.
- Je me garderai bien d’entreprendre de vous raconter par le menu les diverses péripéties auxquelles donne lieu la recherche d’un enfant, recherche qui fait le canevas sur lequel MM. Burani et Grenet-Dancourt ont brodé les trois actes désopilants de leur Rigobert dont nous avons eu cette semaine la première représentation à Cluny. Qu’il vous suffise de savoir que ce Rigobert abandonné par sa famille finit par se retrouver au troisième acte au grand contentement des spectateurs chez qui le rire, si un dénouement inévitable n’y venait mettre ordre atteindrait ce summum d’intensité où cela commence à être une véritable souffrance que de s’amuser. Dans ces sortes de folies, le mieux est de s’abstenir de chercher le fil. Il suffit qu’il serve à lier une succession de scènes amusantes et celles de Rigobert sont les plus cocasses du monde. On y reconnaît en plus d’un endroit la dextérité de l’auteur de Trois femmes pour un mari, et l’on peut affirmer sans crainte que Cluny est avec Rigobert revenu à l’ère des longues séries de représentations. La vaillante troupe de Cluny donne avec un ensemble parfait dans cette amusante pièce que mènent rondement et gaiement MM. Dorgat, Duard, Lureau, Mmes Aciana, Billy, Fanny Genat et Andrée Nora.
- Le Coup de Foudre de MM. Blum et Toché a non moins réussi aux Variétés. Ici nous sommes dans une note moins bon enfant et d’une fantaibie plus recherchée. Un M. Plumeau poursuivi par les déclarations d’une horizontale — déclarations qui s’adressent non à lui, mais à son gendre qui, pour se débarrasser de la dame, s’est fait passer pour ledit Plumeau — se trouve, par suite de circonstances aussi diverses que fâcheuses pour un bon bourgeois attendu chez lui pour la signature d’un contrat, en butte à toutes sortes de mésaventures. Obligé de s’enfermer dans un placard par suite de l’arrivée inopinée du protecteur de l’horizontale Colette de la Glacière, il se voit forcé de conduire la dame aux Ambassadeurs où elle débute et où lui, Plumeau, doit chanter sur la scène pour sauver je ne sais plus quelle situation. Cela nous vaut d’entendre chanter par Baron l’amusante chanson d’Ugène que le succès de Joséphine vendue par ses sœurs a rendue populaire et tout finit selon la formule par autant de mariages qu’il y a de couples amoureux.
- Je liquiderai rapidement avec la Vie commune, le
- stock des pièces gaies. La pièce nouvelle deM. de Gastyne et Feugère ne me semble guère appelée à faire sortir encore cette fois le Palais-Royal du marasme où se débat cette scène classique du genre-léger.
- L’idée première en est cependant originale et est à proprement parler une idée de comédie. Il s’agit de deux vieux amis qui se retrouvant, aux environs de la cinquantaine, l’un vieux garçon, l’autre veuf, songent à reprendre la vie en commun qu’ils ont menée alors qu’étudiants tous deux ils vivaient au quartier latin. Cette combinaison ne tarde pas à leur paraître insupportable par suite de leur égoïsme mutuel et ils s’aperçoivent que pour rester amis le mieux est pour eux de vivre chacun de son côté. Cette idée, amusante en soi, est malheureusement noyée dans des éléments de vaudeville d’une fraîcheur douteuse et dans une double intrigue féminine dont les effets identiques pour les deux amis nous valent tout le long de la pièce un dédoublement des mêmes scènes : on dirait deux pièces semblables juxtaposées et cette répétition pour produire quelques scènes drôles ne laisse pas que d’être fatigante A part Daubray, Milher, Pellain et Numa, la chose est d’ailleurs aussi mal jouée que possible par une jeune troupe à laquelle c’est rendre service que de n’en point parler. J’en excepterai cependant une jeune personne, Mme Beehr, qui m’a semblé dans un rôle empreint de gaucherie provinciale faire une assez amusante charge d’Alice Lavigne.
- Je glisse sur la reprise d’Orphée aux Enfers que la troupe d’excellents chanteurs réunie par la Gaieté m’a semblé jouer trop solennellement. Superbement montée, la folie de M. Crémieux et d’Offenbach perd en joyeuseté ce qu’elle gagne sous le rapport de l’interprétation et du cadre. Ce n’est plus notre Orphée des Bouffes.
- J’ai gardé pour la fin le Ventre de Paris qui a été le grand événement de la semaine. Pour faire un drame du roman si connu qui commença la célébrité de Zola, M. William Busnach a dû réaliser un tour de force. Dans l’œuvre purement descriptive de l’illustre romancier, ce qui manque le plus, en effet, c’est l’élément scénique, l’action en un mot.
- Pour trouver dans cette physiologie magistrale des Halles une pièce de théâtre, M. Busnach a dû construire de toutes pièces cette action, et l’on peut dire qu’il l’a fait avec bonheur, car c’est surtout par les points étrangers au roman que la pièce a réussi au théâtre de Paris.
- M. Busnach a gardé du Ventre de Paris primitif les personnages et surtout le cadre : il y a adjoint un épisode dramatique que je résume en deux mots. Mme Méhudin, une honnête marchande de poisson, a une fille Louise qui, à l’insu de sa mère, a eu un enfant d’un nommé Florent Quence, qui a été déporté au 2 décembre. Ce Florent, au début de l’action, s’est évadé de Cayenne et depuis son retour Louise l’a revu. La mère qui tout en ignorant les suites de cette intrigue connaissait l’amour de Louise pour Florent, amour auquel elle s’est toujours montrée hostile, dénonce à la police l’évadé de Cayenne. Alors Louise exaspérée avoue sa faute. Il y a là une scène superbe que Mme Marie Laurent a supérieurement interprétée. Avec une admirable puissance elle a montré la succession des sentiments par lesquels passe la mère Méhudin qui dans le premier mouvement de colère chasse la fille coupable et son enfant et chez qui se réveille sur un mot de ce dernier le sentiment maternel. Cette unique scène suffirait au succès de la pièce qui trouve d’ailleurs dans les épisodes empruntés au roman le prétexte à une décoration très curieuse et très réaliste que tout le monde voudra voir.
- Je suis d’autant plus heureux d’avoir à constater pour M. Busnach ce très grand et très personnel succès que depuis le commencement de l’année la fortune n’avait guère semblé lui sourire. Le Ventre de Paris réparera tout cela.
- Georges Grisier.
- NOTICE BIBLIOGRAPHIQUE
- Les Contemporains, études et portraits littéraires, par Jules Lemaître, i vol. in-18 jésus, broché 3 fr. 5o (Lecène et Oudin, 17, rue Bonaparte).
- Un livre à lire, c’est celui que publie aujourd’hui, chez Lecène et Oudin, M. Jules Lemaître. Ce nouveau volume forme la troisième série de ses Portraits contemporains ; l’auteur y étudie successivement Octave Feuillet, les frères de Goncourp Pierre Loti, Jean Richepin, Henry Fouquier, Henri Rochefort, Paul Bourget, etc. Le public lettré trouvera dans ces nouvelles études la finesse de l’analyse, la souplesse et le charme du style, en un mot toutes les qualités qui ont assuré à M. Lemaître la première place parmi les critiques de notre époque.
- Le Gérant, GARREAU.
- Tours. — lmp. E. ARRAULT et Cie, rue de la Préfecture, 6,
- p.532 - vue 91/496
-
-
-
- Le Moniteur
- DE
- L'EXPOSITION DE 1889
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
- TROISIÈME ANNEE. Dimanche 6 Mars 1837. NUMÉRO 114.
- S OMMA1RE :
- 1. L’Exposition de 1889; 2. Rapport de M. Berger; 3. Les Travaux du Champ-de-Mars ; 4. Adjudication en un lot; 5. Entreprise des water-closet ; 6. Résultat de l'adjudication ; 7. Comité départemental des Ardennes ; 8. Comité départemental de la Charente ; 9. Comité départemental des Côtes-du-Nord ; 10. Comité départemental de la Vendée ; 11. Comité départemental de la Gironde ; 12. Concours général agricole de Paris; i3. LT.xposition de Toulouse; 14. Notre gravure ; i5. Le langage international conventionnel; 16. Echos; 17. Sciences et industries; 18. Les Livres; 19. Avis commerciaux ; 20. Les Théâtres.
- L’EXPOSITION UNIVERSELLE
- DE 1889
- La commission consultative de l’Exposition s’est réunie ce matin sous la présidence de M. Lockroy, ministre du commerce et de l’industrie.
- La séance a été occupée tout entière par l’examen du rapport adressé par le directeur général de l’exploitation sur l’ouverture du soir et l’éclairage électrique.
- Sur la question de savoir si les portes de l’exposition seraient ouvertes le soir, la commission a été unanime à penser qu’il y avait lieu d’adopter les conclusions du rapport. Il s’agit seulement pour la commission de déterminer dans quelles conditions l’ouverture pourra avoir lieu.
- On sait que les différentes sociétés d’électricité ont demandé à se grouper pour se charger de l’éclairage des parties de l’exposition qui seront livrées au public le soir. Les frais de cette installation seraient payés par une redevance à prendre sur le prix supplémentaire des entrées du soir.
- A ce propos, la commission a été appelée à donner son avis sur les entrées gratuites. Elle s’en est référée aux' termes de l’article 8 des conventions passées entre l’Etat et la Société de gararrtie, qui prohibe les entrées gratuites;
- Les autres questions soulevées par le rapport de M. Berger, à savoir à quelle heure le prix supplémentaire commencerait à être exigé, quels seraient les moyens de contrôle, qu’elle part reviendrait à l’État au delà d’un certain bénéfice réalisé par la ' société des électriciens, ont été ensuite examinées.
- Enfin, le maximum de 2 francs comme prix pour les entrées du soir, et, sur la proposition de M. Tolain , le maintien du prix unique de 1 franc pour les entrées du dimanche, serviront de base aux pourparlers à engager entre l’administration et la société des électriciens.
- EXPOSITION DE 1889
- OUVERTURE DU SOIR
- Eclairage électrique
- RAPPORT
- Adressé à la Commission du contrôle et des finances par le directeur général de l’exploitation
- Lprs.de l’Exposition universelle de 1867 a Paris, il fut décidé que le parc du Champ-de-Mars, les établissements publics qu’il contenait et ceux situés au pourtour du Palais, resteraient ouverts, après la fermeture générale, de 6 heures à 11 heures du soir.
- Les soirées de l’Exposition n’eurent aucun succès. L’éclairage au gaz y était insuffisant. Quelques représentations sans grande originalité, dans un théâtre mal disposé, quelques concerts donnés dans les salons du Cercle international, les parades en plein vent du jardin chinois, la musique de deux ou trois cafés concerts et la cuisine internationale des restaurants où le public allait plus volontiers déjeuner, ne parvinrent pas à attirer la foule qui, au bout de peu de semaines, préféra décidément rester dans Paris.
- On se garda bien de renouveler pareille tentative en 1878.
- Depuis que la lumière électrique est devenue d’un usage pratique pour l’éclairage usuel et l’illumination des grands espaces, les Expositions, telles que celles de Paris en 1881 au Palais de l’Industrie, celle de Milan sur les rives du Pô en 1884, et celles de Londres dans les jardins de South-Ken-sington en 1885 et en 1886, ont ouvert leurs portes, le soir, avec un succès assez grand pour qu’il semble difficile de faire autrement en 1889, à moins de se résoudre à ce que l’attente et la curiosité du public soient fâcheusement déçues. En dehors de l’attrait permanent et considérable qu’il ne saurait cesser d’offrir par lui-même, l’éclairage électrique facilite l’installation et l’exploitation d’établissements de consommation ou de plaisir, dans des conditions particulièrement séduisantes ; il permettra, en outre, l’organisation de fêtes d’un éclat incomparable, dans un local aussi vaste et aussi pittoresquement aménagé que le sera l’enceinte du Champ-de-Mars.
- Il convient d’ajouter que l’industrie de l’éclairage électrique a pris, depuis une dizaine d’années, un développement extraordinaire, que ce développement devient de plus en plus considérable dans tous les pays et qu’il est essentiel de permettre aux co-nëtructeurs d’exposer leurs appareils en état de fonctionnement, ce qui n’est possible que le soir.
- Les rapports des jurys internationaux des récompenses des Expositions de 1862, 1867, 1878 et 1881 fournissent un aperçu partiel, mais suffisamment édifiant, des progrès successivement réalisés par la science et par l’industrie, dans l’éclairage électrique produit par des courants autres que ceux des piles.
- À l’Exposition universelle de 1862, à Londres, on relata seulement deux machines magnéto-électriques d’un usage pratique, toutes deux dérivant de l’ancienne machine de démonstration de Clarke. La première, exposée par la compagnie française l’Alliance, avait été imaginée par Nollet, professeur de physique à l’Ecole militaire de Bruxelles, pour servir à la décomposition de l’eau dans le but de produire du gaz destiné à produire la lumière. Les perfectionnements apportés à cette machine par M. Masson, professeur à l’Ecole centrale, permirent ensuite de l’utiliser pour actionner des régulateurs à charbon (lampes à arc) ; dès l’année 1863, elle servit à l’éclairage des phares de la Hève. Dans la section anglaise figurait la machine magnéto-électrique de Holmes. On remarqua de plus, à l’Exposition de 1862, le régulateur Dubosq, qui n’était qu’un perfectionnement de celui présenté par Foucault à l’Académie des sciences en 1840, et le régulateur automatique de M. Serrin, qui est encore en usage dans le service des phares.
- En 1867, à Paris, à côté des machines électrostatiques de Holtz et de Siemens, on ne signala encore que deux machines magnéto-électriques : en France, celle de l’Alliance, totalement modifiée, grâce aux perfectionnements apportés par M. Van Malderen, et celle de M. Ladd, dans la section anglaise. L’année 1867 a Vlb en dehors de l’Exposition, l’apparition de la machine dite dynamoélectrique , destinée à convertir l’énergie sous forme de mouvement mécanique en énergie sous forme de courants électriques, ainsi que l’a défini son constructeur, le docteur VV. Siemens en la présentant, le 17 janvier 1867, à l’académie de Berlin. Une machine analogue, mais moins usuelle, imaginée par un Anglais, M. Wilde, paraît avoir précédé, en 1866, celle du docteur W. Siemens.
- En fait de lampes régulateurs, l’Exposition de 1867 vit figurer celles de M. Gaiffe (France) et celles de M. Jaspar (Belgique), à côté des anciens types de M. Dubosq et de M. Serrin.
- En 1878, c’est dans la section française que se trouvèrent exposées toutes les machines à lumière électrique. On y retrouva la machine de Y Alliance, qui partagea le grand prix d’honneur avec une nouvelle venue, la machine Gramme, qui avait fait brillamment sa première apparition à l’Exposition de Vienne, en 1873. La machine dynamo-électrique de M. Gramme eut immédiatement sur la machine de Y Alliance l’avantage d’être d’un volume restreint, d’un prix abordable et d’une construction simple. A côté de son type primitif de machines à courants continus, M. Gramme exposa, en 1878, des machines à courants alternatifs, destinées aux bougies Jablochkoff, qui venaient de permettre de greffer sur une seule machine plusieurs foyers d’une intensité modérée. Ce ne fut qu’après l’Exposition de 1878 que M. Jablochkoff parvint à construire un commutateur destiné à prolonger la durée d’éclairage de ses lampes, en faisant passer automatiquement le courant de la bougie consumée dans une autre bougie dressée parallèlement. Ce fut pendant l’Exposition de 1878 que M. Lontin rendit plus décidément industriel l’emploi de la lumière électrique, en obtenant sa divisibilité, dont le compoundage des machines dynamo-électriques devait, bientôt après, assurer le principe et la possibilité. Un assez grand nombre de régulateurs de différents systèmes se trouvèrent exposés en 1878 au Champ-de-Mars ; celui de M. Carré, avec son mouvement d’horlogerie, et celui de M. Lontin, avec sa bobine de dérivation, furent très remarqués, à côté de ceux de MM. Serrin, Dubosq, Hallé et Demersanne. Concurremment avec ces appareils de lumière électrique à arc, apparurent les lampes.à incandescence dans l’air, imaginées par M. Régnier.
- Il est à peine besoin de rappeler les immenses et rapides progrès accomplis pendant les trois années suivantes et qui furent révélés par l’Exposition internationale d’électricité ouverte à Paris, en 1881, dans le palais de l’Industrie. Les lampes à incandescence dans le vide y firent leur première apparition en France et furent un des principaux éléments du succès obtenu. L’éclairage électrique de cette Exposition utilisa une force motrice d’environ i,35o chevaux-vapeur,avec tous les systèmes connus de générateurs d’électricité ; cet éclairage comporta le fonctionnement de i,383 foyers électriques de 24 types différents ; l’intensité lumineuse produite fut de 5o,ooo à 60,000 becs Carcel, supérieure par conséquent à l’éclairage public de Paris, qui n’équivalait, à cette époque, qu’à 49,000 becs Carcel.
- . L’éclairage électrique de l’Exposition d’électricité de 1881 fut assuré pendant 84 soirées, du 27 août au 18 novembre, par un syndicat d’exposants à la tête duquel était placé M. H. Fontaine, président de la Chambre syndicale des industries électriques. L’administration accordait au syndicat une somme fixe de 10,000 fr. et un prélèvement de 5o centimes par visiteur payant, le soir; le prix d’entrée.dela soirée étant de 1 fr. 5o par personne en semaine et de 1 franc le dimanche. A ces conditions, le syndicat se chargeait d’éclairer toutes les parties du palais de l’Industrie dans lesquelles la lumière ne serait pas répandue d’une façon suffisante au moyen des appareils divers exposés en état de fonctionnement par les constructeurs français et étrangers. Il fournissait, en outre, gratuitement, les courants pour les expériences nécessaires aux travaux du Congrès international des électriciens, qui fut réuni pendant la durée de l’Exposition.
- Le nombre des visiteurs payants s’est réparti ainsi qu’il suit ;
- Entrées payantes
- Matinée et après-midi (du n août au 18 nov.) 297,600 t. Soirée (du 27 août au . 18 novembre). 377,696
- 675,296 f.
- p.533 - vue 92/496
-
-
-
- 534' — Troisième Année — N° 114.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE iSSq.
- Dimanche G Mars 1887.
- Le syndicat a touché, pour son prélèvement, 189,130 fr. 33 cent.
- Une partie des dépenses du syndicat a été compensée, d’autre part, par sa fourniture aux exposants, de la force motrice et des courants nécessaires pour actionner les appareils autres que ceux de l’éciairage, à un prix arrêté d’accord avec l’administration.
- Se référant aux précédents de l'exposition internationale de l’électricité de Paris, en 1881, le. directeur général de l’exploitation a pensé qu un semblable'système pourrait être adopté pour assurer l’éclairage électrique, et, par suite, l’ouverture de l’Exposition de 188g, pendant les soirées, sans entraîner l’administration dans un chiffre exagéré de dépenses supplémentaires, et surtout, sans lui faire courir des risques réels de pertes d’argent.^
- En conséquence, il a adressé, dès le 21 août 18S6, la lettre suivante au président de la chambre syndicale des industries électriques :
- Paris, le 21 août 1886.
- Monsieur le président,
- « Un de mes premiers soins, en prenant possession de mes fonctions de directeur général a été de m’inquiéter de l’éclairage électrique des locaux couverts et découverts de l’Exposition de 1889.
- J’estime, en principe, qu’il conviendrait d’établir comme je l’avais fait sur une plus petite échelle en 1881, au palais de l’industrie, une entente entre l’administration de l’Exposition et les exposants électriciens.
- En 1881, je m’étais adressé, tout d’abord, au président de la chambre syndicale d’électricité. Je considère que j’ai le devoir d’agir de même aujourd’hui.
- Je vous serai donc obligé de vouloir bien saisir vos honorables, collègues de cette question, qui demande à être étudiée longuement et sérieusement.
- La démarche que je fais aujourd’hui auprès de vous sera l'origine de pourparlers entre nous,. qui me mettront à même de présenter à M. le ministre et à la commission de l’Exposition les bases d’un projet et, peut-être, d’un contrat.
- Je suis tout à votre disposition pour vous fournir les renseignements qui pourront vous sembler utiles.
- Agréez, Monsieur le président, l’assurance de mes. sentiments les plus distingués. »
- Le directeur général,
- Signé : G. Berger. »
- Le directeur général de l’exploitation a reçu,, en date du 7 février 1887, la lettre suivante, qui lui avait été annoncée par le M. le président de la chambre syndicale des industries électriques, en accusant réception, de la communication du 21 août 1886 :
- Paris, le 7 février 1887.
- A Monsieur le directeur général de l’exploitation de l’Exposition universelle de 188g
- Monsieur le directeur général,
- Votre lettre du 21 août_dernier au président de la chambre syndicale des industries a été communiquée aux intéressés et a donné lieu à divers pourparlers entre les représentants des principales compagnies françaises s’occupant d’éclairage
- électrique. .
- Ces compagnies se sont mises d accord pour vous présenter, sous le patronage de la chambre syndicale des industries électriques, le. projet suivant :
- « Les soussignés,
- « Fontaine (Hippolyte), agissant au nom et poulie compte de la société des machines magnéto-électriques Gramme, dont le siège social est a Paris, 15, rue Drouot, et de la compagnie électrique, société anonyme au capital de i,5oo,ooO' fr., dont le siège social est à Paris, 42, avenue Phi-lippe-Auguste ;
- « Lemonnier (Paul), agissant au nom et pour le compte de la société en commandite Sautter-Le-monnieret Ciu, au capital de.2,000,000 de francs, dont le siège social est à Péris, 26, avenue de Sui-
- fren ; .
- « Martin (Eugène), agissant au nom et pour le compte de l’éclairage électrique, société anonyme au capital de 2,750,000 francs, dont le siège social est à Paris, 260, rue Lecouroe ;
- « Rau (Louis), agissant au nom et pour le compte de la compagnie continentale Edison, société anonyme au capital de 3,5oo,ooo de francs, dont le siégé social est à Paris, 8, rue Caumar-tin ;
- « Et Sciama (Gaston), agissant au nom et pour le compte de la maison Breguet, Société anonyme au capital de 3,000,000 de francs, dont le siégé social est à Paris, 3g, quai de 1 Horloge ; .
- « Ont l’honneur de vous exposer qu apres avon pris connaissance du plan des différentes panies de l’Exposition dont l’éclairage pourrait, etre décidé, et après s’être rendu compte des.frais que nécessiterait cet éclairage, ils seraient disposes a l’entreprendre aux conditions, suivantes :
- « Les soussignés prendraient à leur charge, risques et périls, la construction et la pose de
- toutes les machines et appareils exigés par ledit éclairage, et son entretien pendant toute la durée de l’Exposition. L’appareillage des terrasses découvertes du palais principal, du palais des Beaux-Arts et du palais des Arts libéraux, serait fourni par l’administration de l’Exposition. L’appareillage de la galerie des machines, des jardins et des espaces découverts, serait exécuté parles soussignés à leurs frais, et sur dessins approuvés par l’administration de l’Exposition.
- « Pour mener cette oeuvre à bonne fin, les soussignés s’engageraient à former un syndicat, et à admettre dans ce syndicat tous les exposants d’éclairage électrique, sans distinction de nationalité, qui adhéreraient aux conditions imposées par l’administration et aux statuts du syndicat, et qui participeraient à tous les avantages de l’entreprise sans aucune exception.
- « De son côté, l’administration de l’Exposition donnerait aux soussignés et à leurs adhérents la moitié des entrées du soir, étant entendu que le prix d’entrée par personne ne pourra pas être inférieur à 2 francs, sans le consentement des deux parties contractantes.
- « L’administration donnerait également aux soussignés et à leurs adhérents la concession exclusive de l’éclairage des divers locaux : cafés, théâtres, restaurants, water-closets, etc., concédés dans les parties de l’Exposition ouvertes le soir. Cette concession serait faite à des conditions de prix et d’entretien approuvées par l’Administration.
- « Si ces conditions vous a gréent,_ les soussignés pourraient vous soumettre un projet de convention, et préparer sans retard la formation du syndicat international dont il vient d’être question ».
- Veuillez agréer, Monsieur le Directeur général, l’assurance de notre respectueux dévouement.
- Signé : Pour la Société Gramme., l'administrateur, Fontaine ;
- Pour la Société Saulter-Lemonnier et Cie,, P. Lemonnier;
- Pour la maison Breguet, le directeur, Sciama ;
- Pour l’éclairage électrique, le directeur,
- E. Martin ;
- Pour la Ci8 continentale Edison,
- Louis Rau ;
- Pour la Cis électrique., le président du Conseil,
- Fontaine.
- Dans l’intervalle écoulé entre l’échange des deux lettres ci-dessus, le directeur général de l’exploitation s’était mis d’accord avec M. le ministre du commerce et de l’industrie, et M. le directeur général des travaux pour déterminer les parties de l’Exposition qui devraient rester ouvertes le soir, et être éclairées électriquement.
- Il a été convenu, sauf avis contraire de la Commission du contrôle et des finances, que l’enceinte du Champ-de-Mars resterait seule accessible au public pendant les ouvertures du soir, et que, dans cette enceinte, les bâtiments des sections industrielles, le palais des Arts libéraux et le palais des Beaux-Arts,, à l’exception de leurs vestibules et des galeries latérales, réservées aux concessionnaires, ainsi que du passage couvert de 3o mètres qui conduit à la grande nef des machines, seraient fermés à partir de six heures...
- En conséquence, il s’agirait d’éclairer :
- i° L’ensemble du parc du Champ-de-Mars, avec les bandes de jardins comprises entre la grande nef des machines et les bâtiments des sections industrielles;
- 20 La grande nef des machines ;
- 3° Le grand passage couvert de 3o mètres, qui conduit à la grande nef des machines ; et les deux vestibules qui séparent le palais des Beaux-Arts d’une part et le palais des Arts libéraux de l’autre, des bâtiments des sections industrielles ;
- 40 Les bâtiments de service et les établissements publics, qui pourraient être placés dans l’enceinte du parc du Champ-de-Mars ;.
- 5° Les galeries latérales de i5 mètres occupées par les concessionnaires.
- Si les propositions contenues dans la . lettre adressée au directeur général de l’exploitation doivent être prises en considération, et, en tenant compte des précédents de l’Exposition de 1881, il y a lieu de distinguer dans la nomenclature des parties de l’enceinte du Champ-de-Mars à pourvoir de lumière électrique, celles que le syndicat éclairerait pour l’administration de l’Exposition, et celles qu’il éclairerait pour le compte des concessionnaires.
- Seraient éclairés pour l’administration : l’ensemble du parc et des jardins, la grande nef des machines, le grand passage couvert de 3o mètres, les deux vestibules qui séparent les palais des Beaux-Arts et des Arts libéraux des bâtiments des sections industrielles, les bâtiments de services où seront placés les postes de police et de pompiers, le service des douanes et de l’octroi egle service médical, ainsi que les guichets de contrôle aux entrées. Les appareils, d’éclairage de ces parties de l’Exposition seraient choisis et répartis d’accord avec le directeur général des travaux,
- ainsi que les appareils spéciaux destinés à illuminer les cascades et eaux jaillissantes.
- . Seraient éclairés pour le compte des concessionnaires tous les établissements publics installés dans les galeries latérales de i5 mètres, ou situés dans les parcs et jardins. L’éclairage des établissements installés dans les galeries de i5 mètres comporterait deux zones : la zone intérieure, c’est-à-dire l’ensemble des espaces clos sur une profondeur de 7u’5o entre les murs des palais et les devantures des établissements ; la zone extérieure, c’est-à-dire l’ensemble des espaces laissés libres., en terrasses couvertes, depuis les devantures jusqu’à l’alignement des colonnes extérieures La zone intérieure serait éclairée au choix de. concessionnaires au gaz, ou à la lumière électriques par incandescence, étant entendu que, dans le cas où ils préféreraient ce dernier mode d’éclairage, ils seraient tenus de s’adresser exclusivement au syndicat ; l’administration engagerait ce dernier à établir des prix qui, à intensité égale, ne seraient pas sensiblement supérieurs à celui, du gaz fourni aux particuliers, frais d’appareillage compris. La zcne extérieure, où les concessionnaires pourraient établir des tables sur une largeur de 3my5, en laissant 3my5 en bordure pour la circulation du public, serait éclairée exclusivement à la lumière électrique, au moyen de régulateurs.
- Les régulateurs seraient répartis d’accord avec le directeur général des travaux de manière à ce que leur aspect d’ensemble soit en harmonie avec l’architecture des galeries; afin que ce dernier résultat soit complètement obtenu, l’administration fournirait les enveloppes et les supports de ces régulateurs dont les formes constitutives va rient nécessairement suivant les systèmes.
- Le syndicat fournirait tout l’appareillage (supports et suspensions) des autres locaux éclairés par lui,, d’accord avec l’administration.
- La question de l’éclairage de la tour Eiffel serait réservée.
- Le tableau ci-dessous indique les superficies à éclairer dans chacun des cas qui viennent d’être prévus.
- I. Surfaces devant être éclairées par l’administration
- Surfaces.
- Surfaces découvertes :
- i° Parc du Champ-de-Mars............. 241,725mCf-
- Bandes de jardins comprises entre la grande nef des machines et les bâtiments des sections industrielles.. io,5oo Surfaces couvertes :
- 20 Grande nef des machines (surface
- horizontale).................63,000
- 3° Grand passage couvert de 3o mètres, qui conduit à la grande nef des
- machines.......................... 5,25o
- Vestibules séparant les palais des beaux-arts et des arts libéraux des bâtiments des sections industrielles................................. 7,200
- 4° Bâtiment du service de l’exploitation................................ . 1,800
- Bâtiment des pompiers, etc............... 800
- II. Surfaces devant, être éclairées
- POUR LE COMPTE DES CONCESSIONNAIRES
- 5° Galeries latérales de i5 mètres occupées parles restaurants,cafés,bars,etc. 14,470 Total général..............'..........' 344,745 ~
- Nota. — Ce tableau ne contient pas les espaces à éclairer comportés par les établissements qui pourront rester ouverts dans le parc.
- Les signataires de la lettre adressée au directeur général de l’exploitation s’engagent, d’autre part, en leurs noms propres et au nom du syndicat à former, à prendre à leur charge, risques et périls, la construction et la pose de toutes les machines et appareils exigés par ledit éclairage. L’administration aurait à stipuler que ces machines et appareils seront choisis exclusivement parmi ceux admis par les comités d’admission français, ou compris dans les expositions étrangères ; en un mot, que ces machines et appareils seront des objets d’exposition. En ce qui concerne la force motrice nécessaire, le- syndicat serait tenu de faire ses efforts pour mettre en évidence le plus grand nombre possible de moteurs acceptables au point de vue mécanique, quitte à demander aux exposants de ces moteurs de supporter le supplément des dépenses de toute nature que pourrait entraîner leur fonctionnement, comparativement à celui demachines non supérieures comme travail accompli, mais plus économiques ; il en serait de même à l’égard des exposants en état de fournir la force par transmission à distance au moyen de l’électricité, de l’eau comprimée, de l’air comprimé ou raréfié. Il serait convenu aussi que, pour le bon aspect de l’Exposition, aucun fil ou câble, ne pourrait traverser aériennement les perspectives du parc du Champ-de-Mars. Les circuits seraient posés dans les meilleures, conditions d’isolation et hors de portée de la main des visiteurs ; les projets de l’installation de l’éclairage électrique devraient d’ailleurs être soumis, avant toute exécution, à l’examen du comité technique d’électricité,
- p.534 - vue 93/496
-
-
-
- Troisième Année. — N° 114.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1SS9.
- Dimanche 6 Mars 1SS7. — 535
- nommé pour assister le directeur général de l’exploitation.
- L’administration tiendrait la main à la stricte exécution de la clause du contrat, qui spécifierait que le syndicat serait largement ouvert à tous les exposants d’éclairage électrique sans distinction de nationalité. Le directeur général de l’exploitation sait de bonne source que les statuts du syndicat seront rédigés dans un sens très libéral, et que tous les industriels-constructeurs s’occupant sérieusement d’éclairage électrique sont disposés, dès maintenant, à adhérer; il a reçu, entre autres, deM. Thomas Edison, une.lettre personnelle par laquelle ce célèbre électricien promet son concours dans la plus large mesure. Il n’y a donc pas lieu de redouter la formation du moindre syndicat concurrent, qui serait en droit d’attaquer le soi-disant monopole accordé à celui qui est sur le point de se former. L’administration ne traitera d’ailleurs avec ce dernier que lorsqu’elle connaîtra sa composition.
- L’éclairage total des parties de l'Exposition du Champ-de-Mars laissées ouvertes pendant la soirée aurait une intensité de 300,000 becs Carcel, c’est-à-dire équivalente à quatre fois et demie environ l’intensité lumineuse de l’éclairage municipal actuel au gaz de la ville de Paris. Le syndicat fournirait à peu près 25o,ooo becs Carcel, et les 5o,ooo autres seraient dus aux exposants électriciens qui tiendront à avoir leur exposition particulière d’éclairage électrique, en dehors de toute participation à l’éclairage dû parle syndicat. La force motrice nécessaire pour obtenir cet éclairage serait de 3,000 chevaux-vàpeur ; mais, afin de parer à tout accident qui pourrait amener des extinctions partielles , l’administration exigerait des machines à vapeur et des machines dynamoélectriques de secours pour une force motrice de 1,000 chevaux. Les dépenses du syndicat dans ces conditions, en admettant i5o à 180 soirées d’éclairage, seraient de 2,5oo,ooo à 3,000,000 de francs. Le syndicat ne s’engagerait qu’à la condition que l’Exposition fût ouverte tous les soirs ; sinon, il -qui serait impossible de récupérer sa dépense, attendu qu’entre autres frais qui deviendraient excessifs, il aurait à payer son personnel comme s’il travaillait chaque soir, afin de pouvoir compter sur lui.
- Le syndicat aurait droit, comme première rémunération, à la moitié des entrées du soir, dont le prix serait fixé ordinairement à 2 francs par personne, de telle façon que l’administration de l’Exposition soit, de son côté, assurée comme pendant la journée, d’une recette minima de 1 franc par visiteur.
- Gomme seconde rémunération, le syndicat aurait le payement de l’éclairage qu’il fournirait aux concessionnaires suivant un tarif approuvé par l’administration, dont les bases ne sauraient être encore établies même approximativement. Si des fêtes extraordinaires du soir venaient à être décidées avec un prix d’entrée supérieur à 2 francs, le syndicat continuerait à ne toucher que 1 franc par visiteur payant ; mais si l’organisation de ces fêtes •comportait un éclairage électrique supplémentaire, les frais de celui-ci seraient remboursés intégralement au syndicat par l’administration.
- Il serait entendu, en outre, que dans le cas où le syndicat viendrait, en fin de compte, à réaliser un bénéfice net supérieur à 5oo,ooo francs, l’excédent serait partagé, par moitié, avec l’administration.
- Si l’administration est autorisée à traiter dans les conditions ci-dessus énoncées avec le syndicat de l’éclairage électrique, le produit des entrées et celui des redevances payées par les concessionnaires sera considérablement augmenté, car tout porte à espérer que le public cosmopolite que l’Exposition aura attiré à Paris et les Parisiens eux-mêmes se porteront en foule, le soir, à l’Exposition brillamment illuminée et rendue attrayante par beaucoup de moyens auxquels l’éclairage électrique permettra d’avoir recours. Vingt mille entrées par soirée feraient, pendant i5o soirées, une recette de 3 millions de francs. Mais l’administration aurait à supporter des dépenses supplémentaires qu’il est possible d’évaluer comme il suit :
- Appareillage extérieur de l’éclairage des terrasses des galeries latérales de i5 mètres (120 lanternes de régulateurs, à 100 francs l’une)..,.. i2.ooofr. Mise en mouvement des machines exposées, pendant i5o soirées........ 200.000
- Frais de police et de surveillance, personnel supplémentaire........... 45.000
- Total
- 2 5 7.000 fr.
- Le directeur général de l’exploitation se plaît à reconnaître que les signataires de la lettre qu’il a reçue font preuve, dans leurs pourparlers, d’une largeur d’idées et d’un désintéressement relatif, qui seront partagés, il faut l’espérer, par tous les membres du syndicat. Celui-ci aura néanmoins à sauvegarder des intérêts considérables et des observations ont été faites, en conséquence, au sujet du grand nombre d'entrées gratuites qui pourront être accordées._ Si tous les membres des commissions, des comités et des jurys fonctionnant près
- l’Exposition obtiennent des cartes permanentes d’entrée, quitte à l’administration à s’entendre à cet égard avec l’association de garantie, conformément à l’article 8 de la convention du 27 mars 1886, le nombre des entrées payantes, le soir, pourra être singulièrement diminué. N’y aurait-il pas lieu de scinder l’Exposition en deux, celle de la journée et celle du soir, et de décider:
- i° Que les cartes des exposants, dont les installation seraient établies dans des enceintes et des locaux non ouverts le soir, ne seraient valables que pour la journée;
- 20 Que les exposants dont les installations seraient situées dans des enceintes et locaux maintenus ouverts le soir recevraient, indépendamment de leur carte d’entrée diurne, une carte d’un modèle différent, valable pour le soir ;
- 3° Que les membres des commissions, comités et jurys fonctionnant près l’Exposition, n’auraient droit à aucune carte d’entrée gratuite, mais qu’ils auraient le privilège d’acquérir, moyennant 24 ou 3o francs, une carte permanente d’entrée diurne, et que, moyennant un supplément de 6 francs, cette carte serait valable le soir.
- L’administration tiendrait alors compte au syndicat de l’éclairage électrique de 3 francs par carte de cette dernière catégorie valable pour le soir.
- Une difficulté. matérielle assez sérieuse se présente, quant aux moyens d’assurer au syndicat, aussi intégralement que possible, la perception de
- I franc par visiteur passant la soirée à l’Exposition.
- II serait difficile, en effet, de faire évacuer totalement, à six heures du soir, l’enceinte du Champ-de-Mars quitte à en rouvrir les portes une heure après, au prix de 2 francs par personne, afin de permettre qu’on puisse y dîner. Les personnes venues dans l’après-midi avec l’intention de rester jusqu’à une heure avancée de la soirée ne toléreraient pas l’obligation d’une sortie momentanée; il serait également difficile de faire payer aux visiteurs restant dans le Champ-de-Mars après six heures le prix du soir ou même une taxe supplémentaire de 1 franc ; le contrôle, qui deviendrait nécessaire pour cela, serait aussi vexatoire pour le public qu’illusoire pour l’administration.
- Le meilleur parti à prendre serait d’exiger le .prix du soir (2 francs) à toutes les portes de l’Exposition, à partir de quatre heures et demie ou cinq heures de l’après-midi. Chaque visiteur entrant dans ces conditions jusqu’à onze heures du soir recevrait un billet timbré à la date du jour, sur lequel il serait inscrit : i° que les portes de l’Exposition seront fermées à six heures du soir et que les seuls visiteurs munis d’un semblable billet pourront fréquenter l’enceinte du Champ-de-Mars après cette heure ; 20 que la présentation de ce billet ne pourra jamais servir pour entrer par une porte quelconque sans acquitter le prix réglementaire ; 3° que ce billet devra être présenté à toute réquisition des agents de la surveillance intérieure. Cette dernière clause serait de nature à faire réfléchir beaucoup de visiteurs entrés avant quatre heures et demie ou cinq heures au prix de 1 franc, qui auraient la tentation de rester dans le Champ-de-Mars pour la soirée.
- Les billets délivrés aux visiteurs du soir seraient numérotés par séries de couleurs variables et serviraient decontrôle pour la vérification des sommes dues au syndicat. Ce dernier s’engagerait, dans son contrat, à subir les conséquences d’un état de choses auquel la condition de ne pas fermer les portes de l’enceinte du Champ-de-Mars entre l’heure d’ouverture du matin et onze heures du soir empêcherait de porter absolument remède.
- S’il venait à. être décidé que l’enceinte du Troca-déro resterait ouverte le soir, les règles ci-dessus prévues pour la seule enceinte du Champ-de-Mars pendant la soirée seraient appliquées aux deux enceintes réunies en une seule. L’administration aurait, comme dépense nouvelle à supporter, celle de l’éclairage au gaz du Trocadéro et du pont d’Iéna.
- Les observations contenues dans le présent rapport ont été soumises au Conseil administratif de direction, à la sous-commission de l’exploitation réunie à celle des travaux et à la sous-commission des finances, qui ont émis des avis favorables sur le principe de l’ouverture du soir et de l’éclairage par un syndicat accessible internationalement à tous les industriels, ainsi qu’à toutes les sociétés s’occupant d’éclairage électrique ou de construction de moteurs à vapeur et autres appropriés à ce mode d’éclairage.
- Le directeur général de l’exploitation, Georges Berger.
- LES
- TRAVAUX DU CHAMP-DE-MARS
- Les travaux de nivellement et le réseau d’égouts du Champ-de-Mars, commencé le 21 février dernier, sont poussés avec une grande activité par l’entreprise Huguet, Versifie et Appay. Huit cents
- mètres d’egouts sont déjà terminés et l’adjudicataire en livre tous les jours 60 mètres environ.
- Les travaux de nivellement ne le cèdent en rien comme activité aux ateliers d’égouts ; quatre attaques sont poussées avec énergie, 5oo hommes sont occupés à ces travaux.
- De nombreux tombereaux opèrent le déblai sur l’emplacement que doit occuper le palais des machines. On.installe aussi sur ce point un chemin de fer à voie étroite, pour le transport des terres en remblai.
- -------==»-6HS^©-sSSS=====--
- ADJUDICATION EN UN LOT
- De l’entreprise de construction, d’installation et d’exploitation
- DES WATER-CLOSET
- Dans le Champ-de-Mars
- 1. Le lundi 14 mars 18S7, à une heure de l’après-midi, il sera procédé publiquement, dans une des salles du conseil de préfecture (palais du tribunal de commerce), parle préfet delà .Seine ou son délégué, assisté de deux membres du conseil de préfecture et du directeur général des travaux ou de son délégué, à l’adjudication, aux enchères, sur soumissions cachetées, de l’entreprise de construction , d’installation et d’exploitation des water-closet, dans le Champ-de-Mars.
- Le cautionnement est fixé à 10,000 francs.
- Les frais d’adjudication devront être versés, sous peine de déchéance, dans un délai de trois jouis à dater de l’adjudication.
- 2. Le cahier des charges et les plans sont déposés à la direction générale des travaux, dans les bâtiments du Champ-de-Mars, à l’extrémité de l’avenue Rapp, où l’on pourra en prendre connaissance, tous les jours non fériés, de une heure à quatre heures.
- 3. Nul ne sera admis à concourir à l’adjudication s’il ne remplit les conditions imposées par le cahier des charges générales.
- Chacun des concurrents devra adresser à l’agence des travaux de l’Exposition, au directeur général des travaux qui est chargé d’arrêter la liste des concurrents, cinq jours au moins avant la date de l’adjudication :
- i° Une déclaration écrite sur papier timbré, faisant connaître ses noms, prénoms, domicile, lieu et date de naissance ;
- 20 Un extrait de son casier judiciaire ayant moins d’une année de date ;
- 3° Les pièces demandées par le cahier des charges générales, telles que certificats de capacité, etc.
- Le délai fixé ci-dessus pour le dépôt de ces pièces sera rigoureusement appliqué.
- 4. Chaque soumission sera conforme au modèle ci-après; elle sera rédigée sur papier timbré, placée isolément sous pli cacheté, et le paquet, portant le nom du soumissionnaire, sera renfermé, avec les pièces dont il a été parlé ci-dessus, et avec le certificat du dépôt du cautionnement, sous une seconde enveloppe cachetée portant pour suscription : Exposition universelle de 188g. — Construction, installation et exploitation des water-closet dans le Champ-de-Mars.
- Les soumissions qui ne seraient pas exactement conformes au modèle ci-après seront considérées comme nulles et non avenues.
- Les offres seront énoncées en francs et décimes. Toute fraction de décime sera nulle et ne pourra compter pour la préférence à donner à l’un des concurrents. .
- 5. Le jour de l’adjudication, les paquets seront déposés sur le bureau, en séance du conseil de préfecture, depuis midi jusqu’à une heure ; passé ce délai, il n’en sera plus reçu. Les paquets recevront un numéro dans l’ordre de leur présentation.
- 6. A une heure, on déposera sur le bureau, et sous enveloppe cachetée, le minimum de redevance moyennant lequel l’adjudication pourra être prononcée définitivement ; ensuite on procédera à l’ouverture des paquets.
- 7. Si aucun des prix offerts dans les soumissions ouvertes n’atteint le minimum fixé, l’adjudication pourra être prononcée provisoirement ou ajournée sur l’avis du conseil, qui en délibérera séance tenante.
- 8. En aucun cas le minimum fixé ne sera rendu public.
- g. Dans le cas où une seule soumission serait déposée, l’administration se réserve le droit de ne
- pas prononcer l’adjudication.
- 10. Dans le cas où plusieurs soumissions contiendraient le plus fort prix offert, les signataires de ces soumissions seront admis à présenter, séance tenante, et sous pli cacheté, une augmentation sur le montant de la redevance primitivement consentie.
- Si aucune enchère n’est faite sur les redevances déjà souscrites, ou si la même majoration est faite, l’adjudicataire sera désigné, par la voie du sort, parmi lesdits concurrents.
- p.535 - vue 94/496
-
-
-
- 536. — Troisième Année. — N° 114.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- Dimanche 6 Mars 1SS7.
- 11. L’adjudication n’est valable qu’après approbation par le ministre du commerce et de l’industrie.
- 12. Les frais de publicité', d’expédition et d’impression, ceux de timbre et d’enregistrement, seront supportés par l’adjudicataire, qui devra en faire le dépôt dans un délai maximum de trois jours, à partir de la date de l’adjudication.
- 13. Toutes les conditions insérées dans la présente affiche 1 sont obligatoires et déclarées annexées au cahier des charges.
- Fait à Paris, le 21 février 1887.
- Le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général,
- Edouard Lockroy.
- Modèle de soumission (sur papier timbré)
- Je soussigné (noms, qualités, demeure)
- après avoir pris connaissance du cahier des clauses et conditions imposées au concessionnaire de l’exploitation de water-closet de l’Exposition universelle de 1889, dans le Champ—de-Mars, ainsi que des dessins se rapportant directement à cette entreprise.
- M’engage à exécuter les clauses et conditions du cahier des charges et en outre à payer une redevance de par mille visiteurs entrés
- dans l’enceinte de l’Exposition pendant la période d’exploitation de ladite Exposition.
- Je me soumets, en outre, à supporter tous les droits d’affichage, de timbre, d’enregistrement à droit fixe ou autres auxquels la présente soumission pourra donner lieu, si elle est acceptée.
- Paris, le 1887.
- (Signature).
- ENTREPRISE
- DES
- WATER-CLOSET DU CHAMP-DE-MARS -
- Cahier des charges
- CHAPITRE 1er Objet de l’entreprise
- Article premier. — La présente entreprise a pour objet la construction et l’installation ainsi que l’exploitation des water-closet à établir dans le Champ-de-Mars, soit à titre définitif pendant la période de l’Exposition, soit à titre provisoire, pendant la durée des travaux.
- CHAPITRE II Water-closet définitifs
- Emplacements
- Article 2. —Ces établissements sont répartis en dix groupes.
- Savoir :
- Le premier, près de la porte Rapp, dans le Palais ;
- Le deuxième, près de la porte Desaix, également dans le Palais ;
- Le troisième, dans le pavillon construit par l’administration pour le service de l’exploitation de l’Exposition ;
- Le quatrième près du pavillon de la Douane dans le parc du Champ-de-Mars ;
- Enfin les deux derniers aux abords de la galerie des machines, du côté de l’avenue de la Motte-Piquet.
- Ces différents groupes sont figurés sur les trois plans joints au dossier et présentent les dimensions suivantes :
- Ceux qui seront dans le palais auront 18 mètres de longueur, sur 6 m. 7S de largeur.
- Ceux du bâtiment de l’Exposition seront répartis dans trois compartiments : l’un pour les cabinets pavants, de 6 m. 4 5 sur .5 m. 90 et les. deux autres pour urinoirs et cabinets gratuits, de 5 m. 90 sur 2 m.40 et de 5 m. 90 sur 2 m. 83.
- Et enfin, ceux formant chalets ou pavillons isolés auront 10 mètres sur 6 mètres.
- Division des établissements
- Art. 3. — Chaque établissement comprendra trois parties absolument séparées ; l’une pour les hommes, l’autre pour les dames, et la 3e partie, pour des urinoirs.
- Indépendamment de ces trois postes communs à tous les établissements, le groupe du bâtiment de l’exploitation comprendra deux autres compartiments pour urinoirs, et sept cabinets gratuits à l’usage du personnel de l’administration et personnel de service.
- Deux cabinets gratuits seront en outre réservés au personnel d’administration et de service, soit dans le bâtiment de la douane, soit dans le chalet situé auprès.
- Charges de l'entreprise
- Art. 4. — L’administration fournit à l’adjudicataire les emplacements qui sont situés dans l’intérieur du palais, couverts, et dans le bâtiment de
- l’exploitation également couverts et de plus entourés de murs.
- L’adjudicataire les reçoit en cet état dont il s’est rendu compte, et se charge de terminer, à ses frais, les constructions et les installations.
- Quant aux trois autres water-closet, ils seront entièrement construits par l’adjudicataire et à ses frais.
- Celui-ci prend, en outre, à sa charge, la canalisation d’arrivée, la distribution et la fourniture des eaux et du gaz, avec les services qui s’y rattachent, ainsi que les conduits et frais d’évacuation, du découlement des eaux et des matières, en un mot, toutes les dépenses nécessaires pour parachever les water-closet, toilettes et urinoirs, et en assurer le fonctionnement.
- Le concessionnaire devra présenter, dans le délai de un mois, après qu’il aura été déclaré adjudicataire, les plans et le devis descriptif les établissements avec leur distribution et détail d’installation.
- Ces projets ne seront exécutoires qu’après avoir été revêtus de l’approbation du directeur général des travaux, qui se réserve, en outre, le droit absolu de faire plus tard compléter et améliorer celles de ces dispositions qui ne lui paraîtront pas suffisamment correctes.
- Dans tous les cas, l’administration aura le droit d’apporter, au choix et à la disposition des emplacements ainsi qu’à la distribution des cabinets, actuellement prévus, tels changements ou modifications qu’elle jugera convenables, et cela sans que le concessionnaire puisse prétendre à aucune indemnité de ce fait.
- L’adjudicataire est prévenu qu’il devra, au point de vue de l’hygiène, se conformer au projet du règlement relatif à l’assainissement de Paris, adopté par la commission supérieure de l’assainissement.
- Tarifs
- Art. 5. — Le nombre des cabines, leur répartition et leur distribution par édicule ou groupe, sont établis aux plans ci-annexés ; mais ces plans ne doivent être considérés que comme donnant des indications générales sur les dispositions à adopter.
- Les urinoirs seront gratuits; les cabines seront payantes à l’exception de celles indiquées à l’article 3 ci-dessus, comme devant être gratuites pour les services d’exploitation et de la douane.
- Le tiers de ces cabinets payants, installés sans luxe, donnera lieu à une perception de 5 centimes par personne.
- Les deux autres tiers, installés plus luxueusement, donneront lieu à une perception de i5 centimes par personne.
- Le concessionnaire pourra réduire le nombre des cabines à 1 5 centimes, et les remplacer par un plus grand nombre de cabines à 5 centimes.
- En ce qui concerne les cabiaets, dits de toilette, le tarif sera fixé par le concessionnaire.
- Ce tarif devra toutefois être agréé par le directeur général des travaux et affiché d’une manière apparente.
- Clauses et conditions générales
- Art. 6. — L’adjudicataire sera soumis aux clauses et conditions générales qui sont imposées aux exposants et aux permissionnaires admis à construire dans l’intérieur de l’Exposition.
- Police
- Art. 7. — L’adjudicataire devra veiller au bon ordre à l’intérieur et dans les dépendances de ses établissements aussi bien dans les postes gratuits que payants ; il devra les tenir avec la plus grande propreté, faire procéder à l’enlèvement des détritus aux heures et dans les conditions fixées 'par les règlements et se conformer à toutes les conditions de la police spéciale de l’Exposition.
- Entrée du personnel
- Art. 8. — L’adjudicataire aura le droit de faire entrer gratuitement dans l’enceinte de l’Exposition le personnel nécessaire à l’exploitation de son établissement, mais il devra en dresser la liste nominative et la soumettre au directeur général des finances.
- Cette liste sera déposée aux directions générales de l’exploitation et des finances et constamment tenue à jour.
- Concurrence
- Art. 9. — Il est entendu que la présente adjudication ne concerne que le monopole des cabinets d’aisance publics dans le Champ-de-Mars.
- Le droit pour l’administration de concéder l’autorisation d’établir des installations analogues dans n’importe quelle autre partie de l’Exposition reste entier.
- Les propriétaires de cafés, restaurants et autres établissements analogues établis dans le Champ-de-Mars, auront du reste le droit d’avoir dans leurs établissements des urinoirs et des water-closet qu’ils pourront mettre gratuitement à la disposition de leur personnel et de leurs clients.
- Epoque de l’ouverture
- Art. 10. _— L’adjudicataire devra, sous peine des conditions inscrites à l’art. 18, avoir terminé
- tous ses établissements et les mettre à la disposition le jour de l’ouverture de l’Exposition, pour en continuer le service jusqu'à sa clôture. Ces établissements resteront à la disposition du personnel de service des exposants et ouvriers, jusqu’à la fin de la démolition des constructions.
- CHAPITRE III Water-closet provisoires
- Emplacements
- Art. 11.-- Quinze jours après l’approbation de l’adjudication et jusqu’à l’achèvement complet des travaux, l’entrepreneur sera tenu de mettre à la disposition des ouvriers de l’Exposition, cinq cabinets d’aisance dans chacun desquels seront installés : six cabines, dont cinq gratuites et une seule payante au taux de 0 fr. o5, avec cinq stalles d’urinoirs également gratuits.
- Pour ces établissements provisoires, l’entrepreneur est autorisé à se servir de la carcasse définitive des chalets qu’il doit construire pour l’exposition, soit près de l’avenue de la Motte-Piquet, soit ptès des pavillons de la douane, l’aménagement intérieur définitif de ces trois édicules pouvant n’être fait que le mois qui précédera l’ouverture de l’Exposition.
- Quant aux deux autres établissements, ils seront, conformément aux plans joints au présent devis, installés près des emplacements définitifs, dans des baraques provisoires, sans gêner toutefois, en quoi que ce soit, les constructions du Palais.
- Tous ces emplacements seront, du reste, soumis à l’acceptation de l’administration qui aura le droit de les modifier avant l’établissement des constructions.
- Mode de construction
- Art. 12. — Ces chalets, tout en étant construits aussi simplement que possible, devront satisfaire, au point de vue de l’hygiène, à toutes les règles ci-dessus désignées pour les chalets définitifs/
- Etat de propreté
- Art. i3. — L’administration s’engage à donner gratuitement l’eau et le gaz pour ces chalets provisoires, mais elle exigera que la propreté soit aussi complète que s’il s’agissait de chalets définitifs.
- L’entrepreneur est prévenu que l’entretien, l’exploitation et le service de ces chalets provisoires, font absolument partie de son entreprise, et que toute infraction qui serait commise pendant la période des travaux, entraînerait tout aussi bien le retrait de la commission que s’il s’agissait de la période de l’Exposition.
- En ce qui concerne le personnel du service des water-closet, pendant la période d’exécution des travaux de l’Exposition, le concessionnaire sera soumis aux obligations de l’article 8.
- l.a liste de ses agents devra en outre être remise à la direction générale des travaux.
- Dépenses
- Art. 14. — Toutes les dépenses concernant les installations et l’exploitation de ces chalets provisoires seront à la charge de l’entrepreneur.
- Enlèvement des cabinets gratuits
- Art. i5.— Dès que l’entrepreneur aura reçu l’ordre de faire disparaître les cabinets gratuits, il devra procéder à leur enlèvement dans un délai de 8 jours, passé lequel l’administration exécutera ce travail d’office et aux frais de l’adjudicataire.
- CHAPITRE IV Dispositions générales
- Propriété des édicules
- Art. 16. — Tous les édicules ou distributions établies par l’entrepreneur à l’intérieur des bâtiments, sont et resteront sa propriété, et il aura le droit, sous le contrôle de l’administration, d’utiliser l’intérieur de tous les étalissements et l’extérieur de ceux entièrement construits par lui, pour la publicité.
- Il est formellement spécifié qu’en aucun cas ces édicules et agencements ne pourront être démolis et enlevés par l’entrepreneur qu’après la clôture de l’Exposition aux époques et dans la proportion qui sera indiquée par l’administration suivant l’état d’avancement des démolitions des constructions.
- Cette condition sera applicable même dans le cas de résiliation du présent marché ou de retrait de concession pour l’une des causes portées au présent cahier des charges.
- Etant expliqué que la continuation de l’exploitation, soit en régie, soit autrement, ne donnera droit à aucune réclamation de la part de l’entrepreneur.
- Cautionnement
- Art. 17. — Chaque postulant à l’adjudication devra justifier, en déposant sa soumission, du versement préalable à la caisse des dépôts et consignations d’un cautionnement de dix mille francs (10,000 fr.).
- Ce cautionnement provisoire servira au conces-
- p.536 - vue 95/496
-
-
-
- Troisième Année.
- N° 114.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- Dimanche 6 Mars 1887. — 537.
- sionnaire de cautionnement définitif, pour la garantie de l’exécution des clauses et conditions du présent cahier des charges.
- Les autres cautionnements seront restitués aux concurrents après l’adjudication.
- Si le concessionnaire fait son versement en argent, il en touchera l’intérêt à 3 0/0 à compter du 61e jour; s’il est fait en rentes, il en touchera les arrérages.
- Le cautionnement sera restitué dans les six mois qui suivront l’enlèvement des édicules et distributions, sur le vu du certificat du directeui général des finances, constatant que le concessionnaire a rempli toutes ses obligations envers l’administration.
- Obligation d’exploiter
- Art. 18. — L’adjudicataire ne pourra, sous aucun prétexte, interrompre, même momentanément, son exploitation.
- Toute infraction à cette clause, régulièrement constatée, entrainera immédiatement le retrait de la concession, sans aucune espèce de droit à l’indemnité pour l’adjudicataire; et l’administration est autorisée, par le seul fait de la constatation régulière de cette infraction, à exploiter en régie, aux frais de l’adjudicataire, jusqu’à la nouvelle adjudication dont les conséquences seront supportées par l’adjudicataire sortant.'
- Les frais de l’exploitation en régie feront masse et seront ajoutés aux frais de l’adjudication nouvelle, proprement dits et payés en même temps qu’eux.
- Surveillance
- Art. 19. — L’entrepreneur devra considérer comme une des clauses de son marché, pouvant entraîner une résiliation immédiate, la condition qui lui est faite de maintenir dans l’intérieur de ces établissements le bon ordre et les convenances.
- La vente de tous objets autres que ceux nécessités par lés besoins essentiels de son exploitation, lui est interdite sous peine de résiliation.
- Redevance
- Art. 20. — La redevance à payer au Trésor sera réglée d’après le nombre officiel de visiteurs payants admis dans toutes les enceintes de l’Exposition.
- Ce nombre sera constaté par les comptes du Ministre des finances.
- La redevance est fixée à par mille
- visiteurs, (chiffre à écrire dans la soumission).
- Dans le compte des redevances mensuelles, on négligera les fractions de nombres au-dessous de mille visiteurs. Ces fractions seront reportées au compte du mois suivant.
- Dans l’établissement du compte final pour solde, le millier entamé sera compté comme s’il était complet.
- Epoque de paiements
- Art. 21. — Le concessionnaire devra verser, le, (5 de chaque mois, à la caisse du Trésor, le montant de sa redevance pour le mois précédent.
- Il devra, aux mêmes époques, payer également sa redevance pour l’eau, le gaz et, en un mot, pour toutes dépenses mises à sa charge.
- L’administration s’engage à fournir l’eau, à raison de o fr. 04 le mètre cube, et le gaz, a raison de o fr. 20 le mètre cube et à autoriser le tout à l’égout.
- Timbre, enregistrement
- Art. 22. — Les droits de timbre et d’enregistrement, ainsi que cous les frais auxquels donnera lieu la présente adjudication, seront à la charge de l’adjudicataire.
- Art. 23. — L’adjudicataire sera, en outre, soumis aux clauses et conditions générales imposées aux entrepreneurs de l’Exposition, en tant qu’il n’y est pas dérogé par les‘présentes.
- Dressé par l’architecte soussigné;
- Paris le 9 janvier 1887.
- Signé : Bouvard.
- Vu et présenté par le Directeur général des Travaux.
- Paris, le i3 janvier 1887.
- Signé: Alphand.
- Vu et approuvé par le Ministre du Commerce et de l’Industrie.
- Paris, le 21 février 1887.
- Signé : Edouard Lockroy.
- Modèle de soumission (1)
- Je soussigné... (noms, qualités et demeure),
- après avoir pris connaissance du cahier des clauses et conditions imposées au concessionnaire de l’exploitation des water-closet de l’Exposition universelle de 1889, dans le Champ-de-Mars, ainsi que des dessins se rapportant directement à cette entreprise.
- M’engage à exécuter les clauses et conditions dudit cahier des charges, et, en outre, à payer une redevance de
- par mille visiteurs
- (1) Sur papier timbré à o fr. 60.
- entrés dans l’enceinte de l’Exposition pendant la période d’exploitation de ladite exposition.
- Je me soumets, en outre, à supporter tous les droits d’affichage, de timbre, d’enregistrement à droit fixe ou autres, auxquels la présente soumission pourra donner lieu, si elle est acceptée.
- Paris, le 1887.
- RÉSULTATS de L’ADJUDICATION
- des Travaux de terrassement
- Mardi Ier mars, au tribunal de commerce, il a été adjugé pour une somme de 460,692 fr. de travaux à exécuter au Champ-de-Mars pour l’Exposition de 1889.
- Ces travaux comprennent les terrassements et les ouvrages de maçonnerie à faire pour l’établissement des fondations du palais des beaux-arts, du palais des arts libéraux, du pavillon de la porte Rapp et des galeries du Champ-de-Mars destinées ' à l’Exposition projetée.
- L’adjudication a été faite en un seul lot. Douze concurrents y ont pris part.
- M. Mannoury (Joseph), ayant offert le rabais le plus considérable (2S 0/0), a été déclaré adjudicataire.
- COMITÉ DÉPARTEMENTAL
- DES ARDENNES
- Par arrêté en date du 5 février 1887, le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a nommé membres du comité départemental des Ardennes :
- i° Sous-comité de l’arrondissement de Méqières
- MM. Mialaret, président du syndicat des agriculteurs des Ardennes, maire de Mézières.
- Joye, maire de Charleville.
- Grandry-Grandrv, fabricant de ferronnerie à Nouzon.
- Lambert père, filateur à Signy-l’Abbaye.
- Jeunehomme (Auguste), fabricant de ferronnerie à Nouzon.
- Mernier (Joseph), fabricant de ferronnerie à Braux.
- Ballot, fabricant de boulons à Thilay.
- 20 Sous-comité de l’arrondissement de Rocroi MM. Lartigue, maire de Givet.
- Colin, ancien maire, directeur d’ardoisières à Fumay.
- Morel, maître de forges à Saint-Nicolas (Rocroi).
- Vachia, ingénieur, directeur d’ardoisières à Haybes.
- 3° Sous-comité de l’arrondissement de Sedan
- MM. Franquin (Eugène), fabricant de draps à Sedan.
- Klein, juge au tribunal de commerce de Sedan.
- --------------------
- COMITÉ DÉPARTEMENTAL
- DE LA CHARENTE
- Par arrêté en date du 5 février 1887, ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a nommé membres du comité départemental de la Charente :
- Sous-comité de Varrondissement d’Angoulême
- MM. Perrot, conseiller municipal à Angoulême, ancien négociant en gros.
- Vignon (Emile), négociant en gros, habillements confectionnés à Angoulême.
- Holfeld, ingénieur civil, directeur de la Société générale des carrières de la Charente.
- Sous-comité de l’arrondissement de Confolens
- M. Nivet (Maurice) , ingénieur agronome à Chasseneuil.
- Par arrêté en date du 26 février 1887, le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a nommé membre du comité départemental de la Charente, M. Marchand (Gabriel), négociant en vins et eaux-de-vie à Cognac.
- COMITÉ DÉPARTEMENTAL
- DES COTES-DU-NORD
- Président d’honneur. — M. G. Delatte, préfet des Côtes-du-Nord.
- Président. — M. Pradal, conseiller général, maire de Saint-Brieuc.
- Vice-président. — M. Baratoux, conseiller gé-
- néral, vice-président du syndicat des entrepreneurs de travaux publics de France.
- Secrétaire. — M. Gilbert, directeur des forges et aciéries de Saint-Brieuc.
- Sous-comité de l’arrondissement de St-Brieuc
- Président. — M. Besnier, conseiller général, armateur à St-Brieuc.
- Vice-président. — M. Thiébaut, ingénieur en chef des ponts et chaussées.
- Secrétaire. — M. Limon, agriculteur à St-Brandon.
- -------------iarïïTiMgHSHgH-—; rrssr-—-
- COMITÉ DÉPARTEMENTAL
- DE LA VENDÉE
- Par arrêté en date du 5 février 1887,le ministre du commerce et de l’industrie a nommé M. Guy, inspecteur d’académie, membre du comité départemental de la Vendée (sous-arrondissement de la Roche-sur-Yon), en remplacement de M. Martel.
- COMITÉ DÉPARTEMENTAL
- DE LA GIRONDE
- Par arrêté en date du 26 février 1887, le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1880, a constitué comme suit le comité départemental de la Gironde :
- 10 Sous-comité de l’arrondissement de Bordeaux
- MM. le comte de Lur-Saluces, sénateur.
- Raynal, député.
- Cazauvieilh, député.
- Fernand Faure, député.
- Monis, député.
- Mérillon, député.
- Achard, de la maison Marie-Brizard et Roger.
- Auguin, artiste peintre, membre de l’académie.
- Barreyre, propriétaire, conseiller général, secrétaire de la commission départementale, à Barsac.
- Bayssellance, ingénieur de la marine, membre du conseil municipal.
- Beaucourt, propriétaire, maire de Margaux.
- Berniard, président de l’union des syndicats girondins.
- Bertrin (Clément), secrétaire général de la chambre syndicale des vins et spiritueux de la Gironde.
- Beylard, négociant armateur, membre delà chambre de commerce.
- Bichon, constructeur maritime, membre de la chambre de commerce.
- de Boissière, propriétaire à Audenge.
- Bonnefous, négociant, conseiller d’arrondissement, maire de Cadillac.
- Bonnet (Adrien), président de la société des amis des arts.
- Brandeuburg, juge suppléant au tribunal de commerce.
- Brunet (Henri), vice-président de la chambre de commerce.
- Cavalié, propriétaire, conseiller général, maire de Blanquefort.
- Cazauvieilh (Eugène), docteur-médecin, président du conseil d’arrondissement.
- Gazes, ingénieur en chef de la voie, au Midi.
- de Choisy, ancien commissaire général delà marine, propriétaire à Captieux.
- Clouzet, négociant en bonneterie, propriétaire, conseiller général, maire de Pessac.
- Colin (L.), ingénieur civil des arts et manufactures, vice-président de la chambre syndicale des vins-.
- Comme, président de l’Union des chambres syndicales ouvrières.
- Cruse (Adolphe), de la maison Cruse fils et frères.
- Couat, doyen de la faculté des lettres, adjoint au maire.
- Daney (Alfred), négociant, maire de Bordeaux.
- Darriet, ingénieur civil, adjoint au maire.
- Delfaud, vjce-président du conseil de prud’hommes.
- Dormoy, fondeur en bronze, adjoint au maire.
- Dubroca, négociant, maire de Cérons.
- Durand (Charles), architecte de la ville. MM. Duru, fabricant de coffres-forts, conseiller d’arrondissement.
- Duvigneau, vice-président du conseil général, à Audenge.
- Ferret, maire au Bouscat.
- Fol-Latour (John), maître de forges à Bé-guey.
- Fourcade, adjoint au maire de Bordeaux, négociant en vins.
- Voir la suite page 540.
- p.537 - vue 96/496
-
-
-
- LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE 1889
- Dimanche 6 Mars 18S7
- FÆO-SIMILE DIT DIPk°^E DE LIVERPOOL
- p.dbl.n.n. - vue 97/496
-
-
-
- 540. — Troisième Année. — N° 114.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1SS9.
- Dimanche 6 Mars 1887.
- MM. Gélot, ancien entrepreneur de travaux publics, maire de Lormont.
- Gilbert-Martin, publiciste.
- Godet, capitaine au long cours, pre'sident de la société de sauvetage.
- Gounouilhou (Gustave), imprimeur.
- Grotte (des), propriétaire, conseiller général maire de l’Isle-St-Georges.
- Gruet, secrétaire général du syndicat des saindoux et salaisons, conseiller municipal.
- Guiraut (G.), président de la chambre syndicale du commerce en gros des vins.
- Hameau, docteur-médecin, président de la société scientifique d’Arcachon.
- Kissel, trésorier de l’union générale des syndicats girondins, président du. syndicat des ébénistes, conseiller d’arrondissement.
- Labrunie, négociant en vins, membre de la chambre de commerce.
- Lagache (Alfred), juge au tribunal de commerce, administrateur de la société anonyme des produits chimiques agricoles de la Gironde.
- Lalande (Paul-Ernest), courtier en vins à Bordeaux.
- Lanneluc, vice-président de l’union générale des syndicats girondins ; vice-président de la société de géographie ; président du syndicat des capitaines au long cours.
- Lanoire, négociant propriétaire, conseiller général.
- Larroude (Eugène), membre de la chambre syndicale des vins.
- Larroque, ostréiculteur, conseiller d’arrondissement, maire de Gujan.
- Le Belin de Dionrie, directeur général de la société anonyme des chantiers et ateliers de la Gironde.
- Lawton (William), courtier en vins à Bordeaux.
- Lespiault, professeur d’astronomie et de mécanique rationnelle à la faculté des sciences.
- Levieux, docteur-médecin, vice-président du conseil central d’hygiène.
- Maran,.secrétaire général de l’union générale des syndicats girondins, président du syndicat des maîtres tailleurs, membre du conseil des prud’hommes.
- Montel, industriel, maire de Podensac.
- Nuyens (Eugène), secrétaire de la chambre syndicale des vins.
- Pain, président delà chambre syndicale des entrepreneurs de menuiserie.
- Pasqueau, ingénieur en chef du service maritime.
- Piganeau, banquier.
- Quancard, propriétaire, adjoint au maire de Saint-André-de-Cubzac.
- Renaud (J.-E.), membre de la chambre syn-dycale des vins, juge suppléant au tribunal de commerce.
- Rœdel, fabricant de conserves alimentaires.
- Roumestan, inspecteur d’académie.
- Saignat (Léo), avocat, président de la société pkilomatique.
- Saint-Martin, membre du conseil de prud’hommes, président de la chambre syndicale des entrepreneurs de maçonnerie.
- Salva, ingénieur en chef du département.
- ' Sarrail, président du conseil de prud’hommes.
- Saugeon, propriétaire, vice-président du conseil général, président de la commission départementale, à Latresne.
- Schroeder, juge au tribunal de commerce.
- Segrestaa, président du tribunal de commerce.
- Serr (Georges), négociant, propriétaire à Saucats, canton de Labrède.
- Servan, président de la chambre syndicale de bijouterie.
- Sonneville (de), propriétaire à Sainte-Eula-lie, président de la société d’agriculture.
- Soubiran, président de la chambre syndicale des marchands de papiers peints.
- Troye (Emile), ancien président du tribunal de commerce.
- Valleton, architecte du département et du gouvernement.
- Vieillard, manufacturier.
- Vital, ingénieur en chef des mines.
- VVolff, inspecteur général des ponts et chaussées, directeur des eaux de la ville.
- 20 Sous-comité de U arrondissement de Ba^as
- MM. Galien, sénateur.
- Laroze (Alfred), député.
- Baritault (de), propriétaire, conseiller général, maire de Castellan-de-Castets.
- Boudey, conseiller d’arrondissement.
- Brassens, banquier, propriétaire àLangon.
- Courrégelongue, propriétaire, secrétaire général de la société d’agriculture.
- Darquey, maître de forges, propriétaire, maire de Bernos.
- Dupart, industriel, conseiller général, maire de Saint-Symphorien.
- MM. Dutrénit, notaire, propriétaire.
- Fontans, propriétaire, conseiller général, maire de Préchac.
- Joret (Edouard), propriétaire à Cudos.
- Lamothe, négociant, conseiller général, maire de Roaillan.
- Léon (Alexandre), négociant, conseiller général à Bordeaux.
- 3° Sous-comité de Varrondissement de Blaye
- MM. Dupouy, sénateur.
- Gilbert, député.
- Bagniard (V ), propriétaire à Plassac.-
- Daleau (François), archéologue à Bourg.
- Delumeau, négociant, juge au tribunal de commerce.
- Froin, docteur médecin, propriétaire, conseiller général, maire de Saint-Ciers-Lalande.
- Gervais, courtier de vins, conseiller général, à Saint-Christoly.
- Lacourtiade, conseiller municipal à Merlet, propriétaire à Lafosse.
- Pinaud, président du tribunal de commerce.
- Pujo, conseiller d’arrondissement, maire de Saint-Ciers-de-Canesse.
- Rochet, constructeur de navires à Gauriac.
- Roy, fabricant de machines agricoles à Saint-Ciers-Lalande.
- 40 Sous-comité de Varrondissement de Lesparre
- MM. Lalande, député.
- Bert, propriétaire et maire de Talais.
- Castéja, notaire, propriétaire, conseiller général à Bordeaux.
- Chaloureau, propriétaire à Saint-Laurent.
- Clauzel, propriétaire à Vertheuil.
- Goudineau, propriétaire, conseiller général, à Jau-Dignac-Loirac.
- Guidon, propriétaire à Queyrac.
- Jeanty, propriétaire à la Cardonne-Blai-gnan.
- Merman, (G.), courtier de vins, propriétaire, conseiller d’arrondissement, à Bordeaux.
- Morange propriétaire, conseiller général, à Saint-Laurent-
- Périer, pharmacien, maire de Pauillac.
- du Périer de Larsan, propriétaire, maire de Soulac-les-Bains.
- Fauchey, docteur-médecin, conseiller d’arrondissement, à Saint-Vivien.
- 5° Sous-comité de l’arrondissement de Libourne
- MM. Obissier Saint-Martin, député.'
- Steeg, député.
- Boiteau, vétérinaire à Villegouge.
- Chaperon, propriétaire, conseiller général.
- Dupas (Ulysse), propriétaire, adjoint au maire de Saint-Denis-de-Pilles.
- MM. Jaubert (J.-O.), directeur de l’usine de La-bardemont (Coutras).
- Lacroix (Frédéric), propriétaire à Lugon.
- Marrot, propriétaire à Sainte-Foy.
- Morange (Edmond), négociant à’Libourne.
- Poitou, propriétaire, conseiller général.
- Roudier, propriétaire à Juillac.
- Surchamp, négociant, conseiller général, maire de Libourne.
- 6° Sous-comité de Varrondissement de La Réole
- MM. Caduc, sénateur.
- Issartier, sénateur.
- Laroze (Léon), député.
- du Boscq, propriétaire, conseiller général, maire de Baigneaux.
- Cazenave, propriétaire à La Réole.
- Cousteau, fabricant de tonnellerie, maire de Saint-Maixent.
- Couraud, directeur de la ferme-école de Machorre à Saint-Martin-de-Sescas.
- Esteve, pharmacien.
- Herbet, vétérinaire.
- Jullidière, propriétaire, conseiller général, à Saint-Germain-de-Graves.
- Laborde, industriel, président du conseil d’arrondissement, maire de Gironde.
- CONCOURS GÉNÉRAL AGRICOLE
- DE PARIS 1887
- Nous avons parlé il y a quelques semaines de la première partie (animaux reproducteurs) du concours général agricole de 1887 ; il y a huit jours à peine, un spécialiste des plus compétents, M. Ramé, entretenait nos lecteurs des beautés horticoles et fruitières de cet important concours.
- Il nous appartient de parler aujourd’hui des animaux gras, dont l’exposition remarquable avait pris la place des reproducteurs, dans l’immense nef du palais de l’Industrie.
- La race bovine était représentée par 284 sujets exposés par 83 éleveurs provenant de 24 départements et, plus particulièrement, de la Nièvre, de la Charente, de la Haute-Vienne, de l’Ailier et de la Gironde. Si nous examinons les races dominantes, nous remarquons que celle charolaise-nivernaise,
- est représentée par 48 types ; que la race Limousine a 43 sujets et qu’enfin on peut compter 48 croisements Durhams à côté de i3 Durhams purs et cent animaux divers appartenant à nos meilleurs races françaises, bazadaises, garonnaises, normandes, parthenaises, etc.
- Si l’on examine l’ensemble du concours, on ne peut hésiter à reconnaître que la plupart des animaux exposés présentaient de réelles qualités de boucherie.
- Dans les jeunes bœufs, section qui comprenait 33 sujets, le premier prix a été obtenu par un Durham-Charolais pie-rouge, de 32 mois, pesant 992 ldi. C’est un type accompli de belle conformation, taille au-dessus de la moyenne, ossature fine et duquel on peut aisément attendre un rendement de 70 pour cent de son poids vif. Il appartenait à M. Signoret, propriétaire à Nevers.
- Dans la deuxième catégorie, animaux nés depuis le Ier janvier 1882 et possédant 3q sujets, M. Bel-lard, propriétaire à Gimouille, près Nevers, a obtenu à la fois le premier prix de la catégorie et le prix d’honneur de la division avec un Charo-lais, pelage blanc, de 46 mois, de taille moyenne, mais remarquable de conformation et présentant le type accompli du véritable animal de boucherie.
- Les races charolaises et nivernaises avaient treize types, tous de grande taille, de pelage blanc et de bonne conformation, le premier prix a été décerné à M. Bardin, Frédéric, de Chevenoux (Nièvre).
- Nous trouvons onze sujets dans la race normande, remarquable aussi par sa grande taille, son pelage rouan ou bringé et la finesse de ses cornes; le premierprix a été obtenu par M.Aumont, à Victot-Pont-Fol (CalvadosL Dans la race limousine, l’une des plus importantes parmi les races françaises et qui possède de réelles aptitudès pour l’engraissement, M. Paris, Louis, à Limoges, a obtenu le premier prix pour un sujet au pelage fro ment foncé fort remarquable.
- Signalons onze animaux garonnais froment clair; neuf bazadais pelage gris enfumé; sept salhersau pelage rouge brun, de grande taille et de forte conformation ; six parthenay-choletais, froment moucheté ; dix flamands, boulonnais pie-rouge, remarquables par la finesse de leur ossature, et dont les premiers prix ont été obtenus par MM. Chambaudet, de Meilhan, Cathalot, de Bordeaux, Nicolle, de Villars-en-Pons, Regnier, de Mars-sur-Allier, etc.
- Les races béarnaises et bretonnes étaient peu représentées. Dans les durhams purs aux pelages variés et si remarquables par la finesse de leur ossature et la régularité de leur conformation, le premier prix a été obtenu par un sujet de quatre ans, du poids de 1,124k.il., appartenant à M. Chambaudet (Michel), propriétaire à Bassannes près La Réole (Gironde), et dont le rendement en viande nette atteindra probablement 70 pour cent de son poids vif.
- Dans les croisements divers, M. Bellard, de Gimouille, l’a emporté avec un durham-charolais de belle conformation.
- La catégorie des vaches de races françaises présentait vingt-quatre types.
- Le premier prix et le prix d’honneur ont été obtenus par une bête limousine froment de 48 mois du poids de y38 kilog., remarquable par la régularité de sa conformation et la finesse de son ossature ; elle appartenait à M. le comte de Briey, à Magné-en-Gençay (Vienne),; M. Tabourt, à Vallon-en-Sully (Allier), a obtenu le premierprix des races étrangères.
- Les prix de bandes étaient très disputés. — Le prix d’honneur et le premier prix de la première section, animaux nés depuis le ier janvier 1883 a remporté par M. le baron Desgraviers, à Marlac (Charente), avec quatre bœufs Durhams au pelage' rouge brun moucheté, remarquables par leur grande taille, leur belle conformation et leur aptitude à l’engraissement.
- L’Exposition ovine du concours général de Paris comprenait 336 têtes dont 46 lots de moutons, 26 lots de brebis et huit bandes, exposés par 21 éleveurs, venant de quatorze départements et plus particulièrement du Loiret, du Cher, de la Somme et de la Seine-Inférieure.
- Nous aurions souhaité de voir nos races françaises représentées en plus grand nombre; contrairement à ce qui s’est passé par l’espèce bovine, ce sont les race étrangères Southdown et Dishley qui l’emportent, aussi bien dans les races pures que dans les croisements.
- Pour les jeunes moutons, c’est M. Nouette-Delorme, — le grand éleveur d’Ouzouer-des-Champs (Loiret) qui l’emporte dans les deux catégories. — Dans la deuxième classe, le premier prix de la première catégorie, race mérinos et métis-mérinos, appartient à M. Conseil-Triboulet et celui de la seconde catégorie Dishley-mérinos, à M. Camille Triboulet à Assainvillers (Somme), dont l’élevage subit chaque année des perfectionnements considérables.
- Les races de la Charmoise, du Berry, de la Sologne, etc., ont trouvé en M. Guyot de Ville-neuve , Pierre Edme , Tiersonnier , Bignon fils , Raoul Duval, Poinet,etc., d’excellents représen-
- p.540 - vue 98/496
-
-
-
- roisième Année. — N° 1:4.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1SS9
- Dimanche 6 Mars 18S7. — 54 f.
- tants, surtout dans la classe des femelles de races françaises.
- Ainsi que nous le disions, les races étrangères étaient fort bien représentées et particulièrement par MM. Nouette-Delorme, Tiersonnier, Béglet et Camille Tribouiet.
- La division des moutons avait trois prix d’honneur, qui unt été décernés ainsi qu’il suit : i° A M. Nouette-Delorme, pour trois jeunes moutons Southdown, des agnelages de l’automne 1885, de l’hiver et du printemps de 1886 ; 20 A M. Béglet à Trappes (Seine-et-Oise), pour trois brebis Dishley remarquables par leur engraissement ; 3° A M. Béglet pour une bande de quatorze moutons Dishley.
- Les concours des porcs gras développait 153 animaux jeunes pour la plupart et venant particulièrement de Seine-et-Oise, de la Seine, de l’Ailier, de la Nièvre etjde la Corrèze, etc., en tout dix-sept départements. Cette exposition était intéressante, parce qu’elle est la preuve des perfectionnements apportés à l’engraissement.
- Les premiers prix ont été ainsi répartis : races craonnaise et normande pures, à M. Bertrandus à Igny, pour un craonnais blanc. Croisements entre races françaises et étrangères, à M. Félix Petit à St-Menoux (Allier), pour une yorkshire craonnaise blanche. Races étrangères croisées entre elles ; au meme, pour un yorkshire-berkshire blanc.
- M. Félix Petit a obtenu aussi le prix de bandes et les deux prix d’honneur affectés à la division porcine.
- L’Exposition des volailles vivantes: coqs, poules et pintades, présentait un effectif de 971 lots exposés par des éleveurs d’un rare mérite, tels que MM. Lemoine de Crosne, qui a tant apporté de perfectionnements à la basse-cour ; Farcy frères, de Foulletourtre (Sarthe), remarquables dans l’élevage des Crèvecœurs et de la Flèche ; Voitel-lier,de Mantes, Voisin, de la Suze, etc.
- Le premier prix des Crèvecœurs a été obtenu par M. Voisin. Celui des races de la Flèche et du M ans par MM. Farcy frères, ainsi que ceux des races françaises diverses. M. Lemoine l’a emporté avec les races de la Bresse et les poules de Barbe-zieux ; M. Voitellier a eu le premier prix pour la race cochinchinoise ; M. Normand pour les Brah-ma-Poutra ; M. Lemoine partage avec Mme Gorin les deux premiers prix de la race Dorking ; avec M. Voitellier, ceux de la race espagnole, et si Mme Gorin l’emporte dans les deux sections de la race de Langsham, M. Lemoine obtient les deux premiers prix de la race de Padoue et celui de la première section des races de Hambourg et de Campine.
- Le prix d’honneur des volailles a été décerné à M. René Voisin, de la Suze, pour sa magnifique exposition de volailles de Crèvecœurs.
- Telle est la troisième partie du concours général agricole de Paris.
- Nous allons étudier successivement et sans désemparer les produits agricoles, les essais de matériel de laiterie et l’exposition des machines en faisant ressortir comme il convient les perfectionnements apportés.
- Noël Bretagne.
- NOTRE GRAVURE
- Les Exposants récompensés à Liverpool vont recevoir sous peu leurs médailles.
- Nous donnons aujourd’hui un fac-similé du superbe diplôme qui leur sera remis en même temps. M. Léo Caubet, consul général de France à Liverpool et ancien commissaire général de l’Exposition qui eut lieu dans cette ville l’année dernière, vient de se rendre à Paris pour conférer avec le ministre du commerce et de l’industrie au sujet des récompenses honorifiques à accorder aux exposants et aux membres du jury de 1886.
- Nous espérons pouvoir publier sous peu la liste de ces récomponses.
- LE LANGAGE INTERNATIONAL
- CONVENTIONNEL
- LANGUE DE M. SUDRE
- (Suite)
- Grammaire
- M. Sudre n’a pas donné de règle générale de construction ; il traduit les phrases françaises en laissant les mots dans leur ordre, même quand elles présentent des inversions, ce qui rend le sens plus difficile à comprendre pour les peuples autres que les Français.
- La grammaire de la langue Sudre présente un défaut capital : c’est que l’accentuation des mots y
- joue un rôle très important : elle sert à différencier le singulier du pluriel, le masculin du féminin, et les diverses parties du discours les unes des
- autres.
- Exemple :
- Propager Propagation L’homme qui propage
- Au pluriel,
- La femme qui propage
- Au pluriel
- Propagé par
- Par la propagande de
- Solsisolre, sans accent. Solsisolre.
- Solsisolre, avec accent bref sur i. Solsisolre, avec accent prolongé sur i.
- Solsisolre.
- Solsiisolre.
- Solsisolre.
- Solsisolrê.
- Or, comme l’accentuation des mots est justement ce qu’il y a de plus difficile à régler et à rendre uniforme entre des hommes habitués à parler des langues différentes, l’adoption d’une semblable base paraît tout à fait malencontreuse.
- L’article est supprimé. Le substantif peut être masculin ou féminin. L’adjectif s’accorde en genre et en nombre avec le substantif.
- Pour la numération, M. Sudre crée un radical spécial pour chacun des nombres de 1 à 20, et pour chaque dizaine, 3o, 40, 5o, etc. On ne voit dans la succession de ces radicaux, ni symétrie, ni ordre logique, ainsi qu’on peut en juger par les exemples suivants.
- 1 redodo.
- 2 remirai.
- 8 mimire.
- IQ mimisol.
- I I miraila.
- 80 îadodo.
- IOO farere.
- Le système décimal n’imprime donc pas ici sa marque, et la numération parlée s’éloigne, plus encore que dans les langues usuelles, delà numération écrite. De plus, un nombre de deux chiffres seulement est déjà très long à énoncer verbalement ; ainsi 22 se traduit par fafare reraimi. Je n’en dirai pas davantage sur la numération, qui ne me parait pas avoir été heureusement traitée.
- Les pronoms personnels : je, tu, il, se, se traduisent par : dore, dorai, dofa, dosol ; ils forment leur féminin et leur pluriel, comme les substantifs, par une accentuation plus ou moins prolongée. Il est fâcheux d’avoir besoin de deux syllabes pour traduire des mots qui reviennent aussi souvent dans toutes les phrases.
- Les pronoms et adjectifs possessifs ressemblent un peu aux pronoms personnels ; mais ils ne se forment pas d’eux par une loi régulière de dérivation, ainsi que le prouve le tableau suivant :
- Je Doré Mon, le mien Redo
- Tu Domi Ton lierai
- II Doia Son lieia
- Nous Doré Notre Resol
- Vous Domî Votre Rela
- Ils Doïà Leur Resi
- Ainsi l’adjectif mon se traduit en renversant le mot qui veut dire : Je ; tandis que les adjectifs ton et son se traduisent en remplaçant do par re dans les mots qui signifient tu et il; et les adjectifs notre, votre, leur ont de leur côté des modes de formation différents. Il y a loin de là à la simplicité, à l’unité de conception qui sont indispensables dans une œuvre de ce genre.
- Les autres pronoms ne sont pas indiqués d’une manière complète dans la grammaire de M. Sudre ; mais beaucoup d’entre eux, par leur forme, se rapprochent d’une manière malencontreuse d’autres mots qui sont des verbes, des adverbes, des locutions, etc. En voici des exemples :
- Pour Qui
- Duquel
- Bien faire
- Voici
- Bonsoir
- Avec
- Ceci
- Bonne chose
- Mido Mire Mifa Misol Mila Misi F are L'ami Fala, etc.
- L’infinitif du verbe est formé, comme je l’ai dit, par le radical même de l’idée. La conjugaison est très complète, abondance qui me semble, en cette matière, avoir plus d’inconvénients que d’avantages.
- Dans la conjugaison, le radical du verbe reste toujours invariable. Pour l’indicatif présent, on emploie simplement les pronoms; pour les autres temps, on ajoute aux pronoms un préfixe composé de deux syllabes, plus les verbes auxiliaires être et avoir.
- Exemples :
- Ecrire, lara ire.
- Avoir, îaraisol,
- J'écris, dore lamire.
- Nous écrivons, doré lamire.
- J’écrirai, dore mimi lamire.
- J’aurai écrit, dore mirai famisol lamire.
- Je crois inutile d’entrer dans de plus longs détails au sujet de la conjugaison des verbes; ces exemples suffisent pour mettre en évidence la longueur des expressions et la difficulté qu’il y a à distinguer les coupures des mots.
- Les adverbes se forment généralement avec le radical, dont on déplace simplement l’accent. Les adverbes les plus usités sont de petits radicaux de deux syllabes ; on forme leur comparatif par le redoublement d’une lettre.
- Mal, solmi.
- Plus mal, solmrai.
- Il est difficile que la prononciation puisse rendre de pareilles nuances
- Les prépositions et les conjonctions sont également de petits radicaux, généralement de deux syllabes ; les prépositions sont souvent sous-entendues, quand cela ne nuit pas à la clarté de la phrase. Dans les conjontions, on a suivi trop servilement les tournures de la langue française ; ainsi, le mot mire traduit également la conjonction que et le pronom qui, que, lequel. C’est une infraction aux lois de la grammaire générale.
- M. Sudre n’a pas pris la précaution de créer des affixes qui, se plaçant avant ou après les radicaux, en modifient le sens et permettent, sans en augmenter le nombre, de créer une foule de mots dérivés. Du reste, le petit nombre de syllabes dont il disposait ne lui aurait guère permis de mener à bien cette tâche.
- En résumé, le système proposé par M. Sudre ne possède presque aucunes des qualités indispensables pour constituer un langage international ; il ne peut pas en jouer le rôle. C’est plutôt un système ingénieux de téléphonie musicale ou optique ; il permet, en effet, d’échanger quelques idées à l’aide de sept notes de musique ou de sept chiffres, de sept couleurs, de sept signes ou signaux convenus à l’avance. C’est, du reste, une propriété que l’auteur se plaît à faire ressortir ; il la considérait, à juste titre, comme la qualité dominante de son invention.
- Il est juste d’ajouter qu’à l’époque où M. Sudre publia son travail, la question des langues universelles était encore dans l’enfance ; aussi, sa tentative, bien que peu satisfaisante en elle-même, fut-elle encouragée à plusieurs reprises par des approbations officielles. M. Sudre reçut, pendant plusieurs années, de petites subventions de l’Etat et de la ville de Tours pour faire, dans cette ville, des cours gratuits de sa langue universelle. Mais cette langue présente trop de parties faibles pour qu’elle ait pu se propager, et elle n’est plus guère connue aujourd’hui que de la veuve de son inventeur.
- Monde primitif ou Grammaire universelle, par M. Court de Gebelin, chez Boudet, imprimeur-libraire, rue Saint-Jacques, Paris, 1774.
- L’ouvrage que M. Court de Gebelin a publié en 1774 est une grammaire comparée des principales langues connues : c’est une bonne introduction pour l’étude des langues universelles.
- Palais de soixante-quatre fenêtres, par J.-P. de Ru, de B animes, en Suisse, à Pétersbourg, 1788,
- L’ouvrage que M. de Ria a publié sous ce titre est un essai de classification de tous les sons, voyelles et consonnes, que la bouche humaine peut émettre, joint à un projet de réforme rationnelle de l’orthographe.
- LANGUE DE M. VIDAL
- Langue universelle et analytique, par E. Vidal. Paris, Sirou, imprimeur, 37, rue des Noyers, 1845.
- Alphabet
- M. Vidal admet dans son alphabet 27. voyelles ou diphtongues, dont i3 nasales, plus 23 consonnes, ce qui lui donne 5o lettres. C’est beaucoup trop; un grand nombre d’entre elles ne pourront pas être prononcées distinctement par tels et tels peuples ; on peut même .dire que bien peu de personnes pourraient arriver à différencier d’une manière suffisante la prononciation de 27 sons-voyelles.
- M. Vidal, pour la reproduction écrite de sa langue, pose les bases d’une écriture toute spéciale, formée de boucles, de lignes droites et de crochets, et analogue à une sténographie; mais pour le moment, il imprime, dans son ouvrage, tous les mots de sa langue avec les caractères romains, auxquels il ajoute quelques chiffres pour représenter ses nombreuses voyelles. Cette précaution qu’il a prise d’employer lui-même les caractères romains est une preuve irréfutable de la complication que l’adoption d’une écriture spéciale vient jeter dans la question de la langue universelle.
- Formation des radicaux
- Le radical de l’idée est le substantif. M. Vidal a cherché à classer toutes les idées humaines pat-catégories, classes, sections et sous-sections, et à caractériser chacune de ces divisions au moyen d’une lettre. Comme il possède à peu près autant de voyelles que de consonnes, il peut alterner voyelle's et consonnes, et la succession des lettres qui caractérisent chaque division finit par former un mot, qui est la traduction du mot à reproduire.
- M. Vidal a publié un vocabulaire contenant environ 10.000 radicaux composés de cette ma-
- p.541 - vue 99/496
-
-
-
- 542. — Troisième Année. — N° 114.
- nière. Un exemple fera mieux comprendre leur mode de formation.
- Tous les substantifs, radicaux, commencent par une consonne. Tous les noms d’animaux vivants commencent par un B. Les noms des quadrupèdes commencent par Bu; les noms des oiseaux par Bou ; les noms des poissons par Bé, etc. Le mot chien se traduit par Buniu, et les noms des diverses espèces de chiens, barbet, lévrier, épagneul, roquet, etc., se traduisent par : Blimé, But» i, Bubé, Bupi, etc. Pour qu’un classement de ce genre fût satisfaisant, il aurait fallu y apporter une rigueur qu’il paraît impossible de.réaliser. Ainsi, le nom générique du chien eût été Bum, et les noms des diverses espèces ou variétés eûssent été caractérisées par une voyelle différente, en qualité de quatrième lettre. Par exemple, buma aurait signifié chien barbet; bume, chien lévrier ; bumi, chien épagneul ; bimio, roquet, etc., etc. Mais nous sommes loin d'une pareille régularité. La classe Bu embrasse tous les quadrupèdes, dans lesquels il faut certainement plus de divisions importantes qu’il n’y a de consonnes. Une seule espèce ne devrait donc pas absorber à elle seule plusieurs consonnes pour sa troisième lettre ; or, nous voyons que cela se présente pour l’espèce canine, puisque certains noms de chiens commencent par Bum, d’autres par Bub , d’autres par Bup.
- Em. Dormoy.
- (A suivre.)
- L’EXPOSITION DE TOULOUSE
- Nous avons donné, dans un de nos derniers numéros un plan qui permettait de saisir d’un coup d’œil l’importance de l’œuvre entreprise par la municipalité deToulouse. L’Exposition occupe l’ensemble des promenades de la ville, c’est-à-dire le Jardin des Plantes, un des plus beaux de la France, et le Grand-Rond, remarquable par ses plantations séculaires et par les avenues qui rayonnent autour de lui. L’entrée principale de l’Exposition est immédiatement voisine de la préfecture et de la cathédrale, par conséquent au centre même de Toulouse; 800 mètres à peine la séparent des gares de voyageurs et de marchandises, dite de Matabiau, qui sont les principales de la ville.
- La façade de l’entrée, dont nous publierons la vue dans un prochain numéro, est l’œuvre d’un jeune architecte toulousain, grand prix de Rome, M. Esquié. Elle atteint des proportions monumentales, et ses tours polychromes n’ont pas moins de 40 mètres de hauteur.
- La galerie de l’industrie, qui couvre toutes les allées Saint-Etienne (400 mètres de long sur 40 de large), a trois nefs. Celle du milieu s’élève à 18 mètres de hauteur. On s’accorde à louer les proportions de cet immense vaisseau, construit sur les plans du directeur des travaux de la ville, M. Arban. La charpente est terminée depuis quelques jours et le reste de l’édifice est très avancé.
- Disons, à ce propos, que tous les bâtiments de l’Exposition , seront prêts aux époques fixées par le Comité administratif et que rien ne retardera l’ouverture (i5 mai).
- Dans la galerie de l’industrie, les produits exposés seront classés méthodiquement. Il n’y aura d’exception que pour certaines séries, que l’on pouvait déclasser sans inconvénients pour les faire contribuer à la décoration générale. C’est ainsi que les envois officiels français et étrangers seront groupés au centre de la galerie, autour du bassin figuré sur le plan. C’est là que l'on trouvera les produits des manufactures de l’Etat, par exemple les admirables tapisseries des Gobelins, l'exposition particulière du ministère de la guerre et celles de nos colonies.
- Le public y pourra se reposer au milieu de beaux massifs de plantes ornementales.
- La galerie des machines et la galerie du travail s’étendent à côté de la .galerie de l’industrie. On remarquera dans la galerie du travail de nombreux ateliers en activité, et l’exposition spéciale du gaz et de l’électricité.
- La promenade dite le Grand-Rond contient le kiosque de l’orchestre qui se fera entendre toutes les après-midi et tous les soirs. Toulouse possède, dans son grand théâtre, un orchestre renommé dont les artistes vont ordinairement, chaque été, constituer les premiers sujets des orchestres des principales villes d’eaux françaises, de Luchon à Vichy et de Royan à Aix. Toulouse s’est imposé des sacrifices exceptionnels pour le conserver cette année. En outre, le Comité exécutif se préoccupe des concerts exceptionnels qu’il organisera avec le concours de certaines musiques militaires et sociétés d’harmonie françaises et espagnoles.
- Dans le Grand-Rond, le public trouvera les cafés-restaurants, le pavillon de la presse et quelques autres d’un ordre tout particulier, tels que ceux de la Société de secours aux blessés et de l’Union des Femmes de France.
- Le soir, les différents systèmes de lumière élec-
- LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE 1889. Dimanche 6 Mars 1SS7.
- trique seront simultanément employés afin qu’on puisse les comparer et les juger. Un bon nombre de villes du Midi attendent le résultat de ces expériences pour mettre en pratique ce mode d’éclairage.
- Le Comité compte pouvoir emprunter la force nécessaire pour actionner une partie des machines aux turbines du Moulin-du-Château, établi sur les bords de la Garonne à 600 mètres de distance. Cet essai de transmission de force à distance aura la plus grande importance.
- Le Jardin-des-Plantes, transformé en parc de l’Exposition, offrira aux'visiteurs le plus grand intérêt. Ils y rencontreront les expositions horticoles et agricoles, l’exposition spéciale de viticulture, la galerie des machines agricoles et ses nombreuses annexes pour les concours temporaires, qui se succéderont pendant toute la durée de l’Exposition sous les beaux arbres de la Grande-Allée, au delà des limites du plan que nous avons donné. Ailleurs seront les chalets des établissements et villes d’exux des Pyrénées. Des jeunes filles, revêtues des costumes locaux, y vendront les produits particuliers des vallées principales.
- Dans le superbe bâtiment que la ville vient de construire pour loger sa Faculté des sciences, seront installés les beaux-arts, l’art rétrospectif et l’exposition spéciale des Pyrénées. Comme les œuvres d’art exigent un jour excellent, le Comité a fait couvrir deux vastes cours de cette construction, et les a transformées en galeries qui ne laisseront rien à désirer au point de vue de la lumière et de la décoration. Cette exposition des beaux-arts est organisée avec le concours de M. de Dra-mard, président de la Société française des Amis des Arts.
- Un chemin de fer Decauville sera établi dans le parc, sur un parcours de i,5oo mètres, et les trains feront halte devant les principales expositions.
- Nous ne pouvons parler, dans cet article, de la série des fêtes, concours et congrès que la ville et le comité administratif organisent pour toute la durée de l’Exposition. On s’est assuré de l’appui de nos divers ministères, des grandes Sociétés spéciales, et nous pouvons dire déjà qu’ils auront tous une importance exceptionnelle.
- ÉCHOS
- Paris
- La Société des Artistes indépendants ouvrira le 26 courant, au Pavillon de la Ville de Paris, derrière le palais de l’Industrie, aux Champs-Elysées, son exposition annuelle qui durera un mois.
- L’exposition sera ouverte aux œuvres des genres suivants : 1° Peinture. —2° Sculpture, gravure en médaille et sur pierres fines. — 3° Gravure et lithographie.— 4° Dessins, cartons, aquarelles, pastels, miniatures, vitraux, émaux, porcelaines, faïences. — 5° Architecture.
- Seront seuls admis à exposer, les sociétaires. Il faut, pour obtenir ce titre : Signer son adhésion aux statuts ; verser les six premiers mois de cotisation ; la cotisation mensuelle est de 1 fr. 25. — Verser également 1 fr. de droit d’adhésion.
- Le droit d’exposition est de 10 fr., il doit être versé au moment delà remise des œuvres. Toutefois les sociétaires domiciliés en dehors des départements de la Seine et de Seine-et-Oise sont dispensés du payement de cette somme à partir du jour où ils comptent un an de sociétariat.
- Les ouvrages doivent être déposés du 14 au 20 mars inclusivement, de 0 h. à 6 h. du soir, au local de l’Exposition.
- Il n’y a pas de jury d’admission.
- Nous renvoyons pour plus amples détails aux journaux artistiques.
- *
- * *
- La Pavillon de la Ville de Paris sera, aussitôt après la clôture de cette exposition, affecté à l’exposition de l’hygiène de l’enfance, qui y aura lieu du 10 juin au. 1er août.
- Départements
- Une exposition typographique s’organise à Rouen, pour célébrer en mai prochain, le quatrième centenaire de la typographie rouennaise. (anniversaire de la publication des Cronicques de Normendie, par Guillaume le Talleur).
- L’exposition comprendra trois sections : lre Section. — Histoire de la typographie a Rouen et dans la Seine-Inférieure.
- 1° Tous livres imprimés antérieurement à 1550 ; — 2° Spécimen des travaux de tous, les imprimeurs, depuis 1550 jusqu’à nos jours ; 3° Caractères anciens, bois, planches gravées, jusqu’à la fin du XVIII siècle ; — 4° Ouvrages imprimés au dehors, mais par des imprimeurs originaires de la région, antérieurement à 1550.
- 2e Section. — Cëuvres de Pierre et de Thomas Corneille.
- 1° Editions originales et traduction contempo-
- raines ; — 2° Principales éditions postérieures ; — 3o Principaux ouvrages relatifs à la personne ou à l’œuvre de Pierre Corneille.
- 3e Section. — Histoire de la cathédrale et du
- CHAPITRE DE ROUEN.
- l°Tous imprimés concernant cette histoire ; — 2° Tous ouvrages composés par des chanoines ou des chapelains de l’Eglise métropolitaine.
- Cette exposition aura lieu dans les salles du Trésor et de la Bibliothèque du Chapitre de Rouen, qui seront ouvertes au public.
- Le grand désir du Comité serait de pouvoir réunir principalement les pièces rares ou peu connues que renferment les bibliothèques particulières, et l’on conçoit sans peine l’intérêt qu’aura le catalogue d’une telle exhibition, si les bibliophiles normands ou étrangers veulent bien répondre à l’appel.
- Les communications doivent être adressées avant le 15 mars, à M. l’abbé Sauvage, secrétaire de la commission, à la cathédrale de Rouen. (Portail des libraires).
- *
- * *
- ETRANGER
- Allemagne
- Une exposition spéciale de céramique chinoise, formée des collections laissées par le défunt baron Charles-Mever de Rothschild, a été ouverte le 14 février dernier, dans les galeries de l’Association d’art industriel, de Francfort-sur-le-Mein. Cette précieuse collection renferme 150 pièces diverses,
- * *
- Une exposition de la race bovine, un marché de machines, et une exposition ornithologique, auront lieu du 21 au 23 mai prochain, à Kulmbach, à l’occasion du vingt-huitième congrès des agriculteurs bavarois.
- L’exposition de la culture des Tourbières, organisée par l’Association allemande pour le développement de cette culture, avec le concours des gouvernements prussien, saxon, et mecklem-bourgeois et de la société allemande d’agriculture, a été ouverte à Berlin, le 16 février dernier.
- Quatre-vingt-sept exposants, parmi lesquels quelques Danois, Suédois et Russes, y prennent part.
- *
- * *
- Autriche - Hongrie
- En septembre prochain, aura lieu à Cracovie, en même temps qu’une exposition internationales de moteurs et machines auxiliaires, pour l’agriculture et l’industrie, une exposition provinciale galicienne, agricole, artistique et industrielle.
- *
- * *
- Angleterre
- U Invention nous apprend, sans y donner son approbation, vu les nombreuses entreprises similaires déjà annoncées, l’existence d’un projet d’exposition à Liverpool, pour le courant de l’année, à l’occasion du jubilé de la Reine. Sous le titre de « Victoires pacifiques et guerrières, » cette exposition doit illustrerles progrès accomplis parles Colonies et les Indes.
- Des sections spéciales exposeront les résultats des explorations, les progrès de l’industrie des machines, des constructions mécaniques, du génie civil, des appareils de sauvetage. Une autre section illustrera, par ordre chronologique, les victoires guerrières.
- Une division particulière, réservée à Liverpool et ses environs, comprendra les arts et les industries du district. Qu’on ajoute à cela l’érection d’un ancien village du comté de Lancaster et l’on aura, à peu de chose près, les points les plus essentiels du projet.
- *
- * ¥•
- Cette nouvelle entreprise, porte à quatre le nombre des grandes expositions organisées en Angleterre, cette année, à l’occasion du jubilé de la Reine.
- Trois d’entre elles, celles de Manchester, Newcastle, Saltaire près Bradford, seront internationales. Celle de Liverpool, sous le nom de Impérial Jubilee Exhibition, sera exclusivement consacrée à l’industrie nationale.
- La huitième exposition annuelle de chevaux de trait a lieu à l’Ayricultural Hall (Islington, Londres) et est cette année, paraît-il, d’une importance particulière.
- * *
- Australie du sud
- La Colonie de l’Australie du Sud, qui, chose curieuse, s’étend jusqu’aux côtes septentrionales de l'Australie, puisqu’elle a, du Nord au Sud, une longueur de 1,850 milles, et une superficie quinze fois supérieure à celle de l’Angleterre, a une population de près de 350,000 àrnes, et constitue
- p.542 - vue 100/496
-
-
-
- i roisième Année. — N° 114.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE ibog.
- Dimanche 6 Mars 18S7. —
- une des colonies les mieux administrées de l’empire britannique.
- Elle a maintenant cinquante ans d’existence, puisque c’est en mars 1837 que les colons choisirent leurs lots urbains dans remplacement où s’élève aujourd’hui Adélaïde.
- Le cinquantième anniversaire de la Colonie concordant ainsi avec celui de l’avènement au trône britannique, de la reine Victoria, la Colonie a, ainsi que nos lecteurs le savent, résolu de célébrer ce double jubilé par une exposition internationale dont l’ouverture aura lieu le 20 juin prochain.
- Des invitations ont été adressées à l’Angleterre, l’Irlande, l’Ecosse, les Colonies Britanniques, l’Inde et les nations étrangères.
- Le prince de Galles et ses deux fils ont accepté le patronage de l’exposition, dont la présidence appartient au gouverneur, Sir W.-C.-F. Robinson ; la vice-présidence, àM. E.-T. Smith.
- Les fonctions de commissaire exécutif sont confiées à sir Samuel Davenport, assisté d’un conseil exécutif.
- *
- * *
- Italie
- Le comité exécutif de l’exposition nationale des beaux-arts de Venise a nommé le jury chargé de l’admission des œuvres à exposer.
- Les artistes des principaux centres artistiques de l’Italie en font partie.
- *
- * *
- Nos lecteurs savent que l’on prépare à Bologne, pour 1888, une grande exposition.
- Le comité d’organisation a publié, le mois dernier, un manifeste que nous traduisons, d’après notre excellent confrère de Rome, le Botletino delle Finalise, Fer rosie e Industrie.
- Une délégation de citoyens des provinces de l’Emilie, réunis en Assemblée, a acclamé la proposition tendant à organiser à Bologne, en 1888, une exposition régionale pour l’agriculture et l’industrie, nationale pour les beaux-arts, internationale pour la musique, et à laquelle seront adjointes des expositions spéciales, principalement pour les œuvres de bienfaisance, de prévoyance et pour l’enseignement.
- La souscription est ouverte pour le tout, depuis le 31 mars prochain, près les succursales de la Banque Nationale du royaume et les établissements correspondants.
- C’est la première fois que les provinces de l’Emilie sont appelées à expérimenter, dans une exposition régionale, leurs forces et leur valeur au point de vue de la vie économique de la nation, et l’importance d’un tel événement ne peut échapper à personne.
- Ces provinces qui, en 1859, surent avec de généreuses aspirations et une sage fermeté, revivre à la liberté, montreront, dans ces fêtes de l’industrie et des arts qu’elles ont, en quelques années d’une laborieuse paix, efficacement contribué à la résurrection économique de la patrie.
- C’est plein de cette confiance que le comité a entrepris cette difficile tâche et qu’il compte sur le concours des habitants de l’Emilie.
- Pérou
- Rappelons que le 1er octobre prochain ouvrira à Lima l’exposition générale minière que prépare le gouvernement péruvien. Cette exposition, dans laquelle figureront toutes les richesses minéralogiques du pays, ainsi que tous les appareils et machiues en usage dans les industries métallurgiques, offrira, à 11’en pas douter, un très haut intérêt et fera mieux connaître toutes les ressources de ce beau pays dans le domaine minéral. *
- * *
- Suisse
- Voici quelques details statistiques sur la production de l’horlogerie en Suisse :
- En 1885, l’exposition de l’horlogerie d’or représentait une valeur de 29 millions 223,000 francs; celle de l’horlogerie d’argent, 35 millions 207,000fr. les catégories inférieures, 6 millions 687,000 fr. Soit un total de 71 millions 407.000 fr Le marché principal de cette industrie est l’Allemagne, qui a reçu une valeur de 16,000,000 de fr.
- Viennent ensuite comme marchés les plus importants et comme centres principaux d’importation de ces produits suisses, les Etats-Unis avec 12 millions, la France avec 4 millions 1/2.
- L’exportation pour l’Italie n’atteint qu’un million.
- SCIENCES & INDUSTRIE
- Propulseur sans frottement
- Pour divers usages industriels, on a souvent besoin d’appareils chargés de transporter, à diverses distances, des matériaux de toutes sortes. Jusqu’à ce jour, ces appareils ont eu pour principe la poussée obtenue par un pas de vis sans fin
- contre les parois ’d’un récipient quelconque. Le mouvement, dans ces appareils, devait toujours s’exécuter en ligne droite, ce qui présentait souvent de graves inconvénients et même faisait rejeter leur emploi. Pour éviter cet écueil, la compagnie de l’Anti-Friction Gonveyor (5g, Mark-Lane, London, E. G.) a construit, ainsi que nous l’apprend Y Invention, un appareil formé de boîtes cylindriques chargées de contenir les matériaux, et l’organe propulseur est formé d’une barre d’acier tournée en spirale, dont les extrémités sont fixées à un arbre moteur qui reçoit directement le mouvement d’une courroie sans fin. Ce ressort, grâce à sa flexibilité en tous sens, permet de donner à l’appareil qui le contient une courbe plus ou moins grande et de transmettre le mouvement, même à angle droit, avec son point générateur.
- C’est, en somme, en grand, l’appareil, à spire flexible qui sert dans l’art dentaire pour le fraisage des cavités.
- Quand le mouvement à transmettre est en ligne droite, on peut se servir d’un axe central autour duquel évolue le- ressort en spirale. Dans les courbes aiguës-, cet axe est supprimé et le mouvement s-eul est transmis par l’axe métallique hélicoïdal..
- Et c’est précisément cette disposition hélicoïdale qui lui fait éviter toute sorte de frottement contre les parois, tout engorgement des matériaux qu’il est chargé de propulser sans toutefois perdre le moindre contingent de sa force initiale. La progression des matières est très rapide,, grâce à révolution de l’axe hélicoïdal qui peut être évaluée à i,5oo tours par minute. L’état plus ou moins rugueux de la matière à transmettre n’a aucun effet sur le mouvement et ne produit aucune détérioration, que ce soit un minerai, ou du charbon, ou bien, des céréales que l’on transmette.
- *
- * *
- Nouveau frein automatique pour tramcars
- Ce frein, de Price, construit par MM. J. Bagshaw (Victoria Foundry, Batley, Yorkshire), a été expérimenté,. en Irlande, par le général Hutchinson, qui, après avoir multiplié et varié indéfiniment les cas, s’en est, dit Y Invention, montré très satisfait.
- Le principe de l’appareil est fondé sur le déplacement centrifuge d’une bascule, située sur l’axe des roues. Cette bascule meut un levier à ressort qui communique son action à un tambour métallique, également situé sur l’axe des roues, tambour sur lequel s’enroule une chaîne servant de tenseur à l’appareil et rapprochant les sabots.
- Le fonctionnement de cet appareil est très simple.
- Plus la vitesse augmente, plus la bascule tend à s’écarter de l’axe des roues, entraînant dans son mouvement le tambour et le forçant à produire automatiquement l’enroulement de la chaîne de tension. Get enroulement permet un contact, plus*ou moins immédiat, des sabots contre les roues, et leur pression est en raison directe de la vitesse.
- * *
- Pendule électrique d’appel on d’alarme
- Cet appareil, inventé par M. J. Warmishaw (1 Cannon Street, Hanging Ditch, Manchester), est formé d’une sonnerie ordinaire qui est reliée à une horloge par un réseau de fils, et peut être placé dans différentes chambres d’une, habitation.
- La pendule possède le mécanisme ordinaire des réveils, avec cette seule modification que. le déclanchement du réveil, au lieu de mettre directement en mouvement une sonnerie, établit ici simplement le contact entre deux pièces métalliques et ferme ainsi le circuit électrique. A ce. moment précis, le timbre entre en vibration et son mouvement ne. peut être arrêté que par la rupture du courant au moyen d’un commutateur à vis placé sur l’horloge elle-même. De telle façon que la personne réveillée est obligée de se rendre auprès de l'horloge pour arrêter la sonnerie, ce qui ne peut guère sourire aux domestiques dormeurs !
- La pile peut fonctionner pendant deux ans et être renouvelée pour un prix minime.
- k
- * *
- Ressort de tension pour les vélocipèdes
- L’appareil, breveté par MM. T. M. Lowcock et Gie (Slavonia Works, Washford Road,. Sheffield), se compose d’un curseur métallique, pouvant être fixé à différentes hauteurs sur la barre dorsale du vélocipède. Ce curseur d’après la description qu’en fait Y Invention, et dont voici les traits principaux, est surmonté d’un éperon sur lequel sont fixés dèux ressorts, en spirale, terminés par deux tiges métalliques a crochets, qui viennent se fixer sur la partie antérieure et supérieure du vélocipède près du guide à main.
- Ce ressort suit donc une ligne parallèle très rapprochée de la barre dorsale, ce qui facilite, dans une large mesure, la locomotion et l’application de la force et du mouvement, sans fatigue inutile. Il soutient le siège, et grâce au déplacement que l’on peut donner au curseur, permet de proportionner la tension du ressort au poids du veloceman.
- C. H.
- LES LIVRES
- XCVIX
- Histoire du blé en France. — Le Pacte de famine, histoire-
- légende, par Gustave Bord. Paris, A. Sautou, 1 vol. in-8.
- La plaie de l’histoire, c’est la légende. Il y a des légendes. quQ sont simplement parasites et relativement inoftensives. Il y en a d’autres qui sont vénéneuses et dangereuses. Parmi celles qui ont encombré et empoisonné l’histoire de la Révolution et qui, après avoir causé des crimes, sont l’occasion de préjugés, de préventions, de controverses qui durent encore, dont on trouve l’influence . jusque dans les discussions récentes , économiques ou parlementaires, sur la question des céréales, il faut citer celle du pacte de famine.
- Les romanciei s et les dramaturges Elle Berthet et Paul F ou cher ont contribué à accréditer cette légende qui a ti ouvé un écho dans un ouvrage plus seiieux, celui consacre a Paris et a ses divers organes, par M. Maxime Du Camp.
- Toute légende, pour devenir populaire, s’incarne dans un homme, un héros, un martyr, dont les titres à l’admiration ou à la pitié, le plus souvent très contestables, examinés de près, donnent quelque peu raison à la fameuse boutade de Proudhon : « Après les héros, ce que je déteste le plus au monde, ce sont les martyrs. »
- Oui le monde , le panthéon légendaire sont pleins.de faux héros, de faux martyrs, qui ont piofite de ces moments favorables ou la crédulité et la foi populaires sont dans l’attente de leur nouvel objet, de. leur nouveau Messie, où des récits habilement combinés pour l’effet voulu mettent lg leu aux poudres de l’imagination des foules, où. des plaintes et des reproches éloquents contre le despotisme, et des appels passionnés en faveur de ses victimes, les poussent à ces attendrissements inextinguibles, aussi naïfs que leurs colères sont féroces. Que de larmes n’ont pas fait verser l’histoire, et surtout le roman de la captivité et de la délivrance de Latude, personnage moins intéressant de près que. de loin, qui avait tout au moins imprudemment bravé et provoqué même la persécution dont il se plaignit plus tard assez bruyamment pour être soupçonné de l’exploiter. C’est un autre imprudent, un autre intrigant, un autre fanfaron de persécution, un autre fou, celui-là dangereux et méchant, qui devait personnifier une forme particulière de la lutte contre la tyrannie et de la vengeance de cette tyrannie. Latude se posait en victime de la courtisane régnante, de la favorite trop puissante de Louis XV. Le Prévost de Beaumont, autre hôte fameux de la Bastille et de Vincennes, ne prétendait à rien moins qu’à être considéré comme la victime non plus du roi débauché mais du roi spéculateur, du roi ogre, dévorant la substance de ses sujets, s’engraissant de leur maigreur s’en-1 ichissant de leur faim, en sa qualité de protecteur de complice , de co-partageant, de croupier des bénéfices d un monstrueux système d’accaparement et de monopole du commerce du grain nourricier, du blé.
- Voilà la fable, car c’en est une, la calomnie, car c’en est une.
- Un curieux fouilleur et découvreur, c’est-à-dire plein de tact, de flair, et d’une main heureuse qui est en même temps un historien plein de sens critique et un écrivain distingué, M. Gustave Bord, dont le nom est bien connu de l’érudition provinciale et parisienne, a entrepris de déraciner la légende du pacte de famine, en montrant sur quelles confusions, sur quelles erreurs, sur quelles contradictions elle est plantée, de quels préjugés, de quelles passions elle s’est nourrie, et de quel juste mépris est digne, l’aventurier, le maître chantent, le fou ties raisonnable au point de vue de ses interets et de ses rancunes, qui a eu l’audace, profitant comme Latude, comme Gamain, le serrurier collaborateur de Louis XVI, empoisonné,disait-il, par Marie-Antoinette, des occasions révolutionnaires, de l’accréditer parmi les vérités historiques.
- On comprend que nous ne saurions ici entrer dans le détail de la démonstration menée ab ovo avec un grand train d’érudition spéciale sur les approvisionnements de Paris, les greniers d’abondance, les blés du roi, les circonstances qui ont pu, exploitées par les haines et les cupidités de certains meneurs, donner une apparence, un corps spectral, à des accusations démenties par les pièces, par les faits les plus probants, les plus déterminants. Il a fallu une époque critique, pleine d'effervescence dans les cerveaux et de trouble dans les consciences, où le signal de la révolte contre la loi partait parfois des sièges mêmes des juges,etoùle Parlement de Rouen, dans ses remontrances, croyait devoir défendre le roi contre les soupçons populaires dans un langage perfide qui les accréditait, pour que l’opinion ait pu prendre le change. Elle ne le peut plus aujourd’hui, après cette discussion serrée maille à maille, appuyée sur des pièces décisives, qui ne laisse’rien subsister des allégations, des imputations d’un homme
- p.543 - vue 101/496
-
-
-
- 544- — Troisième Année. — N° 114.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- Dimanche 6 Mars 18S7.
- que l’histoire de sa vie et les témoignages trop nombreux qu’il a donnés de sa vanité cupide et féroce à la fois suffiraient à rendre suspectes. ^
- M. Gustave Bord a restitué, détail par détail, cette histoire demeurée mystérieuse jusqu’ici, du prétendu prisonnier d’État, du prétendu héros et martyr de la plus courageuse des dénonciations, de la plus inégale des luttes. Il n’y. a là qu’un fruit sec, furieux d’avoir raté la gloire littéraire et la fortune financière, un homme à projets., à réformes, un envieux que la jalousie et le dépit poussent à l’hypocondrie, qui, mêlé à des négociations d’affaires non occultes mais parfaitement licites, se considère comme possesseur d’un secret terrible, offre de vendre sa discrétion à ceux qu’il accuse, se venge de leur refus en les dénonçant, grossit sa plainte en y mêlant le nom du roi, fait du scandale de façon à être emprisonné, n’est que trop bien traité pour ce qu’il vaut, car il ne méritait qu’un cul de basse-fosse et il est ménagé comme un malheureux et soigné comme un malade, avec des égards de pitié dont il fait des pudeurs ou des craintes.
- On sait le rôle qu’a joué pendant tout .le xviii® siècle la question si difficile de l’approvisionnement de Paris, de l’aménagement des subsistances et de l’équilibre moyen des prix. La difficulté des communications et des transports, les incertitudes, les variations, les contradictions des régimes douaniers, plus tard les calculs intéressés de quelques accapareurs ou de quelques meneurs politiques, osant faire de la disette un moyen de parti et un instrument de révolution, ont fait de cette question des subsistances, du prix du blé, de l’approvisionnement de Paris, un des problèmes les plus ardus et les plus dangereux de l’administration. La popularité de Turgot et celle de Malesherbes n’ont pas survécu à des déceptions inévitables.
- C’est ainsi que les raisons de douter d’un pacte de famine, le grenier du roi, alimenté par le roi et les libéralités d’une compagnie qui perdait deux millions par an à ce jeu de la bienfaisance, qui coûte si cher dans tous les sens du mot en temps critique, sont devenues des raisons d’y croire. Et après s’être fait pensionner par la Convention, Le Prévost de Beaumont a tenté, par ses pamphlets déclamatoires et ampoulés, de faire chanter la postérité après les contemporains. Il n’y réussira pas, et après avoir lu le livre si consciencieux, si curieux, si décisif d’informations et de preuves, de M. Gustave Bord, nul écrivain, nul lecteur sérieux ne pourra pas plus désormais croire à la légende du pacte de famine qu’à celle du Collier. Celle-là est aujourd’hui également percée à jour, par des témoignages authentiques, irrécusables, qui ont démontré la crédulité coupable du frivole cardinal de Rohan, dupé tout le premier, l’infernal manège de l’intrigante de haute volée, la Lamotte-Valois, la vente à Londres, par son digne mari, des diamants escroqués à Bœhmer et l’innocence éclatante de la malheureuse reine dont cette première injustice commença l’impopularité. ;
- M. de Lescure.
- AVIS COMMERCIAUX
- CHARLER01
- COMPTE RENDU DES TRAVAUX EN 1886
- Nous signalons à l’attention de nos lecteurs l’extrait suivant du rapport lu à l’assemblée générale de la chambre de commerce française de Charleroi :
- ... Nous projetons de compléter notre musée commercial et d’entrer dans une voie nouvelle : celle d’envoyer aux fabricants français des spécimens d’objets allemands et anglais dont la consommation est considérable en Belgique, nous nous mettrons ainsi à même de lutter plus efficacement avec les produits étrangers.
- Si la Chambre a beaucoup fait déjà, elle a le désir et le projet de faire encore plus pour arriver à rendre tous les services dont elle est susceptible, et pour tirer un parti sérieux et véritablement profitable de tous les moyens qui peuvent être mis en œuvre .pour assurer le développement du commerce national. Aussi, nous ne cessons de le répéter a nos compatriotes, notre institution a pour but de faciliter leurs relations en Belgique, et, pour y arriver, nous sommes entièrement à leur disposition pour leur procurer, autant que possible, à titre gracieux, tous les renseignements dont ils peuvent avoir besoin : renseignements techniques ou commerciaux, solvabilité de leurs clients, etc.
- Nous leur chercherons des agents, nous nous occuperons même de leurs affaires litigieuses, et nous voudrions donner à ces lignes toute la publicité possible pour voir les fabricants et les négociants français nous mettre à contribution.
- POSSESSIONS ANGLAISES D’ASIE
- COMMERCE DES VINS ET DES SPIRITUEUX A SINGAPORE
- Nos importations de vins et de spiritueux ont triplé depuis cinq ans, écrit le Consul de France à Singapore.
- Si ces marchandises échappent, à l’origine, à l’intermédiaire de l’étranger, il n’en est pas absolument de même au moment de la vente. En effet, à l’exception de quelques compatriotes qui vendent au détail des denrées alimentaires, ce sont les grandes maisons anglaises et allemandes qui opèrent l’écoulement de nos produits. Ces maisons, bien que faisant des chiffres considérables d’affaires générales, ne dédaignent pas de vendre des vins et des alcools en caisses, et les plus importantes ne se distinguent des autres que par un minimum de cession de trois caisses à la fois. Le détail, la vente à la bouteille est effectuée par les grands shopkeepers européens, chez lesquels se trouvent réunis tous les produits occidentaux, par les Français signalés plus haut, et parles petits boutiquiers indiens et chinois.
- ... Les négociants en vins de France s’adressent fréquemment à ce consulat pour être renseignés sur la manière d’obtenir des débouchés dans les détroits. S’ils ne veulent pas se décider à établir des succursales à Singapore pour y lutter directement contre l’étranger, nous leur conseillerons de se mettre en rapport avec nos compatriotes de la place sans chercher à traiter avec les maisons anglaises, qui, toutes liées par des contrats avec d’anciens importateurs, ne répondront pas à leurs ouvertures. Pour la vente de quelque importance, nous pouvons indiquer MM. V.-Ch. Valtriny et Cie, comme bien placés pour prendre en mains les intérêts non encore représentés ici; pour la vente au détail, MM. Favre et Cie, ainsique MM. Tulli frères sont à recommander.
- MONNAIES ÉTRANGÈRES
- Le Moniteur officiel du Commerce du 17 février publie une liste alphabétique des monnaies métalliques et fiduciaires des divers Etats du monde indiquant leur rapport avec les monnaies françaises.
- >
- LE PIRÉE-ATHÈNES
- M. le ministre du commerce et de l’industrie vient d’être informé de la constitution d’une Chambre de commerce française au Pirée-Athènes.
- On trouvera dans le Moniteur officiel du Commerce du 24 février les. statuts adoptés par les fondateurs de la nouvelle Chambre.
- GALATZ
- NOTES SUR LE COMMERCE FRANÇAIS EN BULGARIE
- Le Bulletin commercial de la Chambre de commerce française de Galatz contient les renseignements suivants qui sont adressés de Bulgarie à cette compagnie par le directeur de son Agence commerciale :
- Le commerce français en Bulgarie est encore très restreint. Tous les articles que l’on voit exposés dans les magasins sont de provenance allemande ou autrichienne, bien que les étiquettes soient en français ou en aient, du moins, la prétention. Les fers et articles de cette catégorie viennent, pour la plupart, d’Angleterre.
- Le représentant de l’Agence, d’accord en ce point avec M. le vice-consul de France à Roust-chouk, qui s’est rendu parfaitement compte de l’état du pays, assure que le commerce de notre métropole pourrait devenir très florissant en Bulgarie, si les producteurs et négociants français voulaient suivre le système de leurs concurrents étrangers. Ceux-ci, au lieu de se contenter d’envoyer des voyageurs ou de remettre leurs échantillons à des commissionnaires, installent maintenant des dépôts de leurs produits, ce qui est un immense avantage. C’est ainsi qu’une maison de Cronstadt (Transylvanie.) a mis, à Roustchouk, en dépôt, différents produits de l’industrie austro-hongroise, parmi lesquels se trouvent en première ligne les chaussures communes, les cuirs, les peaux, les chaises en bois courbé, les outils, les tissus et confections en laine cpmmune, etc. Cette maison qui, jusqu’à présent, n’avait pu faire en Bulgarie que des affaires insignifiantes, a pu les porter en quelques mois à un chiffre considérable, grâce à la faculté qu’avait son représentant de pouvoir livrer immédiatement une marchandise payable sur place et facturée en monnaie du pays.
- Il faut reconnaître, comme nous l’avons déjà mentionné plusieurs fois, que les étrangers créent à leurs représentants ou dépositaires des situations particulièrement favorables. Celui de la maison en question peut vendre la marchandise à six mois de la date de livraison, ce qui représente le triple du crédit moyen accordé par les commerçants français. De plus, il lui est accordé une remise très large avec garantie de ses frais pour loyer, voyages, etc.
- Il est certain que l’article français plaît beaucoup ; mais il est inconnu, c’est-à-dire que le client a été si souvent trompé qu’il ne peut croire à la provenance de ce qui lui est offert et qu’il n’a plus foi en l’étiquette. 11 serait à désirer que, pour quelque temps du moins, le représentant de l’Agence pût avoir en dépôt les articles les plus courants. Une fois les marqués connues et la supériorité du produit constatée, les commandes se prendront facilement.
- Nous donnerons dans le prochain Bulletin la liste des articles qui auraient intérêt à être tenus en dépôt en Bulgarie et dont un certain nombre sont réclamés déjà de différentes parts.
- -------— --------------------
- LES THEATRES
- C’est la détente. Après l’encombrement de la dernière semaine, nous sommes en plein calme plat, et la chronique dramatique n’aurait rien à se mettre sous la dent si M. Emile Zola, dans sa réponse à l’article consacré par M. Sarcey à la première du Ventre de Paris ne venait encore une fois de soulever l’intéressante question du théâtre naturaliste.
- Dans un très remarquable article qu’a publié ie Figaro, le grand maître de l’école houspille quelque peu M. Francisque Sarcey, et en relevant non sans malice nombre de contradictions à l’actif de mon éminent confrère il plaide éloquemment la cause du Ventre de Paris. Il n’y aurait guère là matière à discussion, si, élevant le débat, M. Zola 'n’étudiait l’influence de M. Sarcey sur le théâtre moderne en général et ne l’accusait, en propres termes, d’être un obstacle sérieux à son évolution.
- Je ne saurais mieux faire que de citer la conclusion de M. Zola :
- « Pour finir, mon cher confrère, me permettez-vous de vous demander si vous faites parfois votre examen.de conscience; j’entends par là si, certains soirs, en vous couchant, vous pesez le bien et le mal.que vous avez pu faire depuis trente ans dans la littérature dramatique ?
- Vous avez fait beaucoup de mal, cela est certain, car vous avez toujours découragé les tentatives nouvelles, vous avez toujours été contre les écrivains et les poètes, en faveur Me la banalité et de la médiocrité. C’est un peu à cause de vous que les directeurs tremblent devant les audaces, que le public s’attarde, que les forces vives de notre jeune littérature vont au roman. Vous obstruez. »
- Ainsi mis en cause, M. Sarcey ne peut faire autrement que de répondre et je suis certain qu’il le fera et se défendra mieux que personne de ces accusations. Mais, sans attendre les arguments que M. Sarcey pourra produire pour sa défense, on peut dès à présent poser en principe que l’influence de M. Sarcey sur le public tient justement à ce que l’opinion de M. Sarcey n’est qu’un fidèle écho des sentiments de ce même public en matière de théâtre, ou qu’en faisant le procès de M. Sarcey, c’est le procès même du public qu’instruit M. Zola, qui ne saurait en vouloir sérieusement à M. Sarcey, si ce dernier, ayant à choisir entre le rôle d’éducateur des foulés et celui du simple reflet de leurs impressions, a trouvé plus facile et plus dans ses moyens d’exercer celui-ci. Ceci est affaire de constitution.
- Que M. Sarcey se trompe aujourd’hui et que son opinion ne soit pas, sur le Ventre de Paris, celle du grand public, c’est ce que l’avenir nous apprendra. Pour ma part, je le pense et je souhaite être dans le vrai.. Cependant il me parait exagéré d’attribuer au critique du Temps une aussi néfaste influence que celle que lui prête M. Zola sur l’avenir de notre théâtre, et je crois sincèrement, en ce qui concerne la réforme qu’il réclame, que le jour où M. Zola nous donnera une pièce conçue selon sa formule, une œuvre dramatique bien personnelle, toute l’obstruction de M. Sarcey ne saurait empêcher de se manifester les tendances artistiques d’un public à qui l’on aura donné l’œuvre qu’il attend depuis longtemps, à la condition toutefois qu’on lui donne cette œuvre et non autre chose.
- Mais où M. Zola me paraît se faire une singulière conception du. rôle de la critique, c’est lorsqu’il s’écrie :
- Vous avez parfois des complaisances pour les insanités du vaudeville. Mais, qu’il y ait quelque part un théâtre qui ait besoin du succès, un théâtre méritoire où une société d’artistes de grand talent fasse une expérience des plus intéressantes et combatte au nom de la littérature dramatique, vous devenez aussitôt de cervelle dure et d’esprit maussade, vous tapez à poings fermés, sans savoir au juste pourquoi ni comment.
- Il est assez singulier de voir M. Zola aborder cette théorie de l’indulgence en faveur des théâtres ayant « besoin du succès ».
- A cette plaie de la camaraderie qui entrave si souvent la sincérité des jugements de la critique, je ne puis croire que M. Zola ait pu penser un instant à en substituer une autre, ce qui arriverait forcément avec des théories dans le genre de celle des entreprises sympathiques.
- Du jour où elle entrerait dans ces considérations, c’en serait fait de la critique qui a déjà quelque peine actuellement à se dégager des influences extérieures.
- Georges Grisier.
- Le Gérant, GARREAU.
- Tours. — lmp. E. ARRAULT et Cie, rue de la Préfecture, 6.
- p.544 - vue 102/496
-
-
-
- Le Moniteur
- DE
- L'EXPOSITION DE 1889
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
- TROISIÈME ANNÉE, Dimanche 13 Mars 1887. NUMÉRO n5.
- SOMMAIRE :
- j. L’Exposition de 1889; 2. Comité départemental de la
- Corrèze ; 3. Réunion du Comité départemental de la Charente ; 4. Réunion du Comité départemental de la Gironde ; 5. Les Travaux du Champ-de-Mars ; 6. Echos ; 7. L’Exposition de Toulouse ; 8. L’Exposition de Nevcrs ; 9. Le grand concours à Bruxelles-, 10, Sciences et industries; n; Le langage international ; 12. Les Livres ; i3. Les Théâtres; 14. Bibliographie.
- L’EXPOSITION UNIVERSELLE
- DE 1889
- Le comité de direction de l’Exposition a tenu ce matin sa séance sous la présidence de M. Lockroy, ministre du commerce.
- Il s’est occupé tout d’abord des moyens d’assurer l’admission des sociétés ouvrières à certains travaux de l’Exposition et des conditions exceptionnelles qui pourraient leur être faites dans ce but.
- Le plan général du classement par groupe des différents produits a été ensuite abordé, et il a été procédé à un premier examen des emplacements qui seraient accordés dans les différents palais à chaque groupe, et dans chaque groupe à chaque classe.
- Cet examen a été pratiqué d’après les données fournies soit par les demandes d’admission déjà reçues, soit par la statistique des espaces occupés aux précédentes expositions.
- Le même plan a été examiné pour les emplacements réservés aux expositions étrangères. Dans ce dernier classement, le plan du directeur général de l’exploitation prévoit, à l’extrémité droite du palais du Champ-de-Mars, une sorte de terrasse qui s’appellerait la Terrasse du Pays du Soleil. Sur cette terrasse déboucheraient les expositions de la Chine, du Japon, de la Perse, de Siam et du Maroc.
- COMITÉ DÉPARTEMENTAL
- DE LA CORRÈZE
- Par arrêté en date du 26 février 1887, le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire générale de l’Exposition universelle de 1889, a constitué comme suit le comité départemental de la Corrèze :
- i° Sous-comité de F arrondissement de Tulle MM. le général Billot, sénateur.
- baron Lafond de Saint-Mür, sénateur, de Sal, sénateur.
- Vacher, député.
- Borie, député.
- Bruyère, propriétaire, maire de Tulle. Houdie, ingénieur en chef du département.
- Bardon, architecte du département. Bourdon, directeur de la manufacture d’armes.
- Vidalin, vice-président du conseil général, le docteur Billot, président de la commission départementale.
- Audubert, docteur médecin, conseiller général.
- Leymarie, pharmacien à Tulle, président du tribunal de commerce.
- Renaudie, conseiller général.
- Vachal, ancien député, conseiller général.
- MM. Couthuron, architecte-expert, à Tulle.
- Queuille, propriétaire, maire de la Cha-pelle-Spinasse.
- Galinon (Auguste), membre de la chambre consultative d’agriculture à Albussac.
- Delort, propriétaire agriculteur.
- Bardou des Places, propriétaire agriculteur.
- Buge fils, horticulteur.
- Bourdou, directeur de la société industrielle de la Corrèze.
- Vergne, brasseur à Tulle.
- Fournaud, fabricant de conserves alimentaires à Tulle.
- Mariau, juge au tribunal de commerce de Tulle.
- Gay (Edmond), membre du tribunal de commerce.
- Melon de Pradou, président de la société des lettres, sciences et arts.
- Lombard (Louis), ancien entrepreneur de
- travaux publics.
- Bonne, filateur au Coupard, près Tulle.
- Personne (Henri), architecte.
- Jeanne, tanneur à Argentât.
- Layotte, conseiller municipal à Saint-Ju-lien-au-Bois.
- Boucheteil, maire de Ghanteix.
- Bousseyrol , propriétaire à Orléac-de-Bar.
- Grandchamp, juge de paix àTreignac.
- Verdier, instituteur à Seilhac.
- Vialaneix, pharmacien distillateur à Egle-tons.
- Hourtoule, propriétaire-agriculteur à La-besse de Saint-Privat.
- Galvaing, docteur en médecine, propriétaire-agriculteur à Auriac.
- Fage (Emile), vice-président du conseil de préfecture.
- Hugues, archiviste de la Corrèze.
- Chassagnard, chef d’atelier des machines à la manufacture d’armes de Tulle.
- Faucher, photographe à Tulle.
- Saule, carrossier à Tulle.
- 20 Sous-comité de Varrondissement de Brive
- MM. Le Cherbonnier, sénateur.
- . Labrousse, député.
- Brugeilles, député.
- Roche, négociant, maire de Brive.
- Martine, propriétaire, président du tribunal de commerce de Brive.
- Aubert (Louis), président de la commission d’examen pour les brevets de capacité.
- Auvart, propriétaire agriculteur.
- Mazeyrat, conseiller général.
- Gouyon, notaire, conseiller général.
- Dubois, propriétaire, conseiller général.
- de Lasteyrie, conseiller général.
- Massénat (Elie), manufacturier.
- Imbert, propriétaire agriculteur à Vigeois.
- Mavidal, maire de Branceilles.
- Seignolles, instituteur à Chartriers-Fer-rières.
- Galandy, instituteur à Allassac.
- Entraygues, président de la société de sauvetage de la Corrèze, à Brive.
- Lobbé, ingénieur à Beaulieu.
- Borie, négociant à Beynat.
- Gaston, ingénieur civil, directeur des ardoisières de Travassac.
- Sage (Emile), fabricant de conserves alimentaires.
- Rilhac, fabricant de conserves.
- Borderie, fabricant de conserves.
- Rupin (Ernest), président delà société scientifique, historique et archéologique.
- Latande (Philibert), économe des hospices, secrétaire général de la société scientifique.
- Lachaud, docteur en médecine.
- Beynié, photographe.
- Saulière, patron de la corporation des sabotiers.
- Labesse, ouvrier de la corporation des sabotiers.
- 30 Sous-comité de Varrondissement d’Ussel
- MM. Dellestable, député.
- Calary, avocat général à la cour de Paris, président du conseil général.
- Puyvarge,conseiller d’arrondissement, maire d’Ussel.
- Laumond, ancien député, conseiller à la cour d’appel de Limoges.
- Moncourrier-Beauregard, président du tribunal civil et de commerce d’Ussel, propriétaire-agriculteur.
- Dr Longy, conseiller général à Eygurande.
- Bayle, conseiller général, à Bugeat.
- Tinlot, juge de paix à Aix.
- Calary (Adrien), à St-Angel.
- Lafont, propriétaire-agriculteur, adjoint au maire d’Ussel.
- Coudert (Yves), maire de Saint-Pardoux-le-Vieux, conseiller général.
- Delmas, conseiller général, maire de Meymac.
- Grange, propriétaire à Saint-Angel.
- le comte d’Ussel, propriétaire, directeur de la ferme-école des Plaines, à Neuvic.
- Dellestable père, propriétaire à Neuvic.
- Fortin, attaché à la ferme-école des Plaines.
- Dupeyrix, propriétaire, conseiller d’arrondissement, maire de Sornac.
- Mignot, directeur du moulinage de soie de la Cascade, près Bort.
- Mégemont, fabricant de chapeaux à Bort.
- Chavigné, brasseur à Bort.
- Gilbert, directeur des fours à chaux de Gioux.
- Delpauve, directeur de la société industrielle de la Corrèze (rideaux brodés), à Meymac.
- Pouloux, propriétaire-agriculteur, ancien membre du conseil général, maire de Saint-Setiers.
- Michelou, distillateur à Neuvic. '
- Malgat, fabricant de meubles, conseiller municipal à Meymac.
- Gauthier (Eugène), distillateur à Bort.
- Eyboulet, photographe, conseiller municipal à Ussel.
- RÉUNION
- DU COMITÉ DÉPARTEMENTAL
- DE LA CHARENTE
- Le lundi 7 mars, à deux heures, a eu lieu à la préfecture d’Angoulême, la première réunion du comité départemental de la Charente, sous la présidence de M.le préfet Graux.
- Un grand nombre de membres des sous-comités d’arrondissement assistaient à cette réunion.
- M. Marrot est proclamé président, et M. le préfet l’invite à venir prendre place au bureau.
- Sont nommés vice-présidents : M. Planat, maire de Cognac, etM. Paul Sazerac de Forge, conseiller général et ancien maire d’Angoulême. '
- Secrétaires : MM. Lassuze, marchand de faïences à Angoulême, et Péraqui, chef de division à la préfecture..
- Trésorier : M. Guéroult, trésorier-payeur général de la Charente.
- L’élection du bureau terminée, M. le préfet donne la parole à M. Berger, qui dans un langage très clair et concis tout à la fois, fait une conférence fort intéressante sur le but de l’exposition future et les moyens à employer pour la faire réussir.
- Douze cents ouvriers sont occupés actuellement à transformer le Champ-de-Mars, où aura lieu l’exposition.
- p.545 - vue 103/496
-
-
-
- 546. — Troisième Année. — N° ii5.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1SS9
- Dimanche i3 Mars 1SS7.
- Le gouvernement veut que cette exposition soit une œuvre de pacification générale et qu’elle resserre les liens internationaux ; dès aujourd’hui le succès de l’exposition est assuré, quoiqu’on ait dit que certaines puissances se soient montrées rebelles à cette démonstration pacifique. _
- M. le directeur général de l’exploitation passe en revue la culture, l’industrie, le commerce du département de la Charente; il ne doute pas. que, malgré la crise particulière subie par ce dernier et la crise générale, la Charente ne figure avec honneur à l’exposition.
- L’orateur recommande spécialement la collectivité par groupes d’exposants, d’objets de même nature et du même département, moyens qui permettent de ne pas perdre d’espace.
- Elève de M. Le Play, M. Berger adopte la classification par groupes due à cet éminent économiste : aliments, habillements, habitations et meubles qui en dépendent.
- L’exposition sera composée de trois parties : palais des beaux-arts, arts libéraux, grande nef des machines, sections industrielles.
- (On fait passer sous les yeux des assistants de grandes cartes contenant le plan de l’exposition.)
- Il y aura également une exposition du travail ; on fait appel à tous les collectionneurs, on classera méthodiquement leurs richesses scientifiques et archéologiques.
- M. Berger ne se borne pas à donner la note politique en l’honneur de 1789, il fait ressortir avec justesse et vérité qu’à partir de la fin du siècle dernier, l’essor scientifique a commencé à se faire jour; il cite : Volta et l’invention de la pile qui porte son nom (1709) ; Fulton, inventeur du navire à vapeur ; les ascensions aérostatiques des Montgolfier ; Stephenson, inventeur de la locomotive ; il rappelle le gamin anglais, Humphry Potter, le paresseux de génie, qui, pour pouvoir aller jouer avec ses camarades, perfectionne la machine à vapeur de Newcomen, en attachant une ficelle reliant les robinets au balancier.
- Par une heureuse circonstance, dit M. Berger, une de ces machines figurera à l’Exposition. Elle a été retrouvée dernièrement aux environs de Paris, dans une baraque de marchand forain qui s’en servait comme moteur d’un appareil électrique destiné à éclairer sa loge, et, — détail intéressant,il y avait encore un enfant chargé de tourner les robinets — Humphry Potter n’avait pas fait école.
- Cette conférence est interrompue plusieurs fois par les applaudissements unanimes de l’auditoire.
- M. Paul Sazerac de Forge remercie, au nom de l’assemblée, M. le directeur général de l’exposé si lumineux qu’il vient de faire sur l’entreprise à laquelle il se dévoue si ardemment, et des détails donnés avec le rare talent d’érudition spécial à l’orateur.
- RÉUNION
- DU COMITÉ DÉPARTEMENTAL
- DE LA GIRONDE
- Le mardi 8 mars, à deux heures de l’après-midi, a eu lieu, à la salle de l’Académie, à Bordeaux, la première réunion du comité départemental de la Gironde. M. Grélot , secrétaire général de la Gironde, présidait, en attendant l’arrivée de M. de Selves, retenu à la préfecture. A la table de la présidence avaient pris place : M. Berger, directeur général de l’Exposition de 1889; M. Daney, maire de Bordeaux; MM.Alexandre Léon et Goudineau, conseillers généraux. On procède à l’élection des présidents, vice-présidents et du secrétaire du comité et dessous-comités.
- M. le préfet, et à son défaut M. le secrétaire général, sont nommés présidents d’honneur du comité girondin; M. Daney, maire de Bordeaux, est nommé président. Sont vice-présidents de droit, les présidents des sous-comités d’arrondissement. Enfin, M. Buhan est nommé secrétaire.
- On passe ensuite aux sous-comités. A l’unanimité de ses membres, le sous-comité de Bordeaux, dont le préfet est président d’honrteur, décide que l’élection de son président sera ajournée à la prochaine réunion. Les membres des sous-comités de La Réole et de Blaye n’étant pas en nombre suffisant, l’élection de leurs présidents est également ajournée.
- Sont nommés présidents : du sous-comité de Lesparre, M. • Goudineau, conseiller général ; du sous-comité de Bazas, M. Alexandre Léon, conseiller géuéral ; du sous-comité de Libourne, M. Surchamp, conseiller général. Les sous-préfets sont désignés comme présidents d’honneur du sous-comité de leurs arrondissements respectifs.
- Les élections terminées, la parole est donnée à M. Berger, auquel M. Grélot cède le fauteuil de la présidence. Le directeur général prononce le discours suivant :
- « Je ne me plaindrai pas que la lourde tâche et l’écrasante responsabilité que m’imposent mes fonctions de directeur général soient sans compensation, puisque ces fonctions me donnent en-
- trée dans une assemblée aussi sympathique et distinguée que celle motivée aujourd’hui par la première réunion du Comité départemental de la Gironde.
- « Je suis satisfait que mon voyage à Bordeaux ait été décidé après la dispersion des nuages menaçants qui ont un instant assombri l’horizon politique de l’Europe, car c’est avec l’espoir et l’assurance de la paix qu’on aime à parler d’une entreprise de pacification intérieure, de pacification universelle, nous l’espérons. Oui, Messieurs! nous préparons la fête de la paix et du travail, car l’Exposition de 1889 sera d’une beauté assez puissante pour imposer une trêve aux agitations stériles, aux antagonismes de races, aux animosités politiques et économiques; elle hâtera, j’en ai le pressentiment, la fin de cette crise douloureuse qui pèse si lourdement et partout sur les affaires ; de cette crise dans laquelle beaucoup d’esprits déconcertés ont trouvé des arguments spécieux pour déclarer que notre œuvre est inopportune !
- « Comme s’il n’était pas toujours opportun d’instruire , d’intéresser , d’enthousiasmer les masses par quelque démonstration grandiose de l’état inventif et productif du monde ! On a dit aussi qu’une grande Exposition ne peut être qu’une entreprise des époques vraiment heureuses ; cela serait vrai s’il ne s’agissait que de réjouissances futiles. En dehors de ses attraits agréables et du régal des yeux, l’Exposition de 1889 aura un caractère exceptionnellement élevé ; les renseignements qu’elle fournira sont de ceux qui ne cessent pas d’être importants et profitables, parce que les exemples dont ils découlent révèlent momentanément un état précaire dans la fortune industrielle et agricole ; mais, Messieurs, dans toutes les nations civilisées, le courage et le génie de l’homme s’exaltent devant la difficulté ; la nécessité ou le désir de vaincre celle-ci devient le plus sûr garant du progrès.
- « Je n’ai pas besoin d’aller loin pour trouver des preuves à l’appui de mon dire: la région girondine me les fournit. Vos vignobles qui sont votre richesse et votre gloire ont vu maladies sur maladies s’abattre sur eux depuis trop d’années; vos viticulteurs souffrent, mais ils luttent; presque partout l’efficacité et l’ingéniosité des remèdes appliqués et inventés ont réussi à prévenir ou à déjouer la malignité du fléau. Il sera noble et utile de montrer ces victoires de votre énergie et de votre patience ; aussi avons-nous tenu à inscrire dans le système de classification générale de 1889 une classe spécialement affectée à la viticulture, comme nous avons conservé la classe des vins et spiritueux. Qui sait si l’étude cosmopolite qui sera faite ainsi de l’étendue du mal et des palliatifs présentés ne déterminera pas la découverte prochaine du remède souverain qui ne peut vous échapper, car la nature se refuse à l’anéantissement des espèces bienfaisantes qu’elle a créées. Avec l’aide de celle-ci, l’homme, qui a tiré la vigne de l’état sauvage pour lui faire porter ces fruits savoureux dont le jus donne la force et la gaîté, saura bien la tirer de la maladie. Vous viendrez encore, en 1889, faire déguster et célébrer ces vins admirables qui ne veulent pas avoir dit leur dernier mot, ces vins si haut placés dans les productions de notre territoire national, ces vins sans lesquels le caractère et le tempérament français perdraient certainement beaucoup de leurs qualités aimables ou brillantes.
- « Nous comptons sur les Girondins, qui seront fidèles au drapeau de la France, dans un concours où l’émulation étrangère sera vivement excitée, où, par conséquent, notre honneur national sera engagé. Apportez-nous les meilleurs et les plus beaux de vos produits ; venez montrer que les chantiers de constructions navales des bords de la Garonne méritent encore leur vieille renommée ; faites-nous connaître les. procédés de vos exploitations des bois des landes et de la cueillette de vos résines ; envoyez-nous un choix d’échantillons des produits de vos minoteries, de vos distilleries, de vos ateliers de céramique et de construction métallique! Soyez soucieux de joindre à vos bouteilles des boîtes de vos conserves alimentaires réputées dans l’univers gastronomique ! Qui donc me disait encore que rien ne pouvait être mieux logé que les vins de Gironde, que personne ne pouvait être mieux chaussé qu’une Bordelaise ! Eh bien ! préparez-nous des modèles de vos coquettes barriques et des modèles de votre cordonnerie d’excellence traditionnelle !
- « Il me sera agréable de communiquer à M. le ministre du commerce et de l’industrie la bonne impression que je vais rapporter de notre entrevue. Si j’avais osé douter de vos bonnes dispositions, j’aurais été vite rassuré devant la personnalité du président que vous venez d’élire. En désignant M. Daney, l’éminent maire de Bordeaux, vous avez rendu un hommage mérité à un patriote sur lequel nous pouvons compter, parce qu’il possède hautement le sentiment du devoir envers le pays et de l’abnégation personnelle devant l’intérêt de tous. »
- Ce discours a été fréquemment interrompu par des applaudissements.
- M. Berger a fait ensuite une intéressante cause-
- rie sur l’état actuel des travaux de l’Exposition et sur l’ensemble des plans qui sont en exécution. M. le préfet, qui était entré pendant le discours de M. Berger, a levé ensuite la séance, en remerciant, comme l’avait fait déjà M. Grélot, les délégués qui avaient répondu avec tant d’empressement à l’appel de leur président d’honneur.
- -------Tm —---------- -
- LES
- TRAVAUX DU CHAMP-DE-MARS
- La plus grande activité règne en ce moment sur toute l’étendue du Champ-de-Mars et la température exceptionnelle de ces jours derniers a permis de donner une impulsion vigoureuse aux travaux qui sont sortis de la période préparatoire pour entrer dans une phase tout à fait pratique ; partout les ouvriers travaillent aux terrassements qui avancent rapidement et c’est un spectacle très intéressant que celui de cette animation et de ce continuel mouvement de chariots et de wagonnets dont les rails sillonnent le terrain en tous sens.
- De tous côtés on rencontre des fouilles et des remblais qui bossellent le sol, et dans ce terrain accidenté on reconnaîtrait difficilement la plaine relativement unie qu’on était habitué à voir, relativement, disons-nous, car cette horizontalité n’était qu’apparente et en réalité il existait, quelquefois d’un point à un autre, une assez grande différence de niveau dont l’œil ne se fendait pas compte à cause de la très grande surface que la vue pouvait embrasser.
- Nous avons parcouru tout le Champ-de-Mars afin de nous rendre un compte exact de l’état des travaux et nous avons été considérablement aidé dans notre travail par M. Lion qui nous a très gracieusement donné toutes les explications que-nous désirions et que sa grande compétence a rendues très claires.
- Toute la plaine est entourée de clôtures qui isolent absolument les chantiers dans lesquels on peut ainsi travailler en toute liberté sans être gêné par le public qui ne manquerait pas d’accourir sans cette précaution. Un seul passage a été réservé permettant la circulation entre l’avenue Rapp et la rue Desaix; une rue, limitée de chaque côté par un rang de palissades, partage ainsi le Champ-de-Mars en deux parties dont l’une s’étend jusqu’à l’Ecole militaire et l’autre jusqu’au quai.
- Le chantier de M. Manoury est en pleine activité et les fondations du palais des industries diverses sont en bonne voie; d’autre part le tracé du palais des arts libéraux est en cours d’exécution et les-remblais ont déjà atteint une hauteur de 1 m.; quant aux bâtiments des beaux-arts, plusieurs de ses voûtes de fondations sont déjà achevées et nettement visibles au-dessus du sol, ce qui est un bon résultat, car, pour saisir toute la difficulté de ces-travaux en sous-sol, il faut se rappeler que ces terrains ayant été déjà souvent remués à fond, n’offrent plus l’assiette que présente en général un terrain naturel et il faut agir avec beaucoup de prudence et d’habileté pour éviter les mécomptes.
- L’exécution du déblai des fondations de la galerie des machines, située en face l’Ecole militaire, a permis de constater que le sol était beaucoup moins mauvais qu’on ne le supposait et presque sur toute l’étendue la couche de sable rencontrée est assez épaisse pour assurer une stabilité absolue ; quelques points seulement, sur la façade qui regarde l’Ecole, offrent des difficultés parce qu’en ces endroits le sable a été exploité antérieurement sur une assez grande profondeur, mais on remédiera à cela, en enfonçant des pieux battus de-8 m. 5o de longueur, il en faudra probablement
- i6.
- Les tranchées pour les égouts sont également bien avancées et on peut voir déjà se dessiner la plus grande partie du réseau.
- Enfin, sur le chantier de M. Eiffel on déploie une énorme activité pour les travaux de la tour de 3oo m. dont on exécute actuellement la fondation des quatre piliers avec tout le soin et les précautions que nécessite une pareille entreprise; c’est en ce point du Champ-de-Mars qu’il est le plus facile de juger de la rapidité avec laquelle on travaille.
- Le pilier n° 1, c’est-à-dire celui en bordure sur la Seine, côté de l’avenue Rapp, est indiqué par une immense excavation dont on devra continuer l’approfondissement au moyen de l’air comprimé, on y exécute actuellement une grande tranchée-pour installer la machine nécessaire à ce travail.
- Le pilier n° 2, entre le n° 1 et l’Ecole militaire, est le plus avancé, les fouilles en sont entièrement terminées et on a déjà coulé du béton qui repose à 8 m. de profondeur sur une forte assise de sable et de gravier d’une épaisseur de 6 m. 5o.
- Le pilier n° 3, opposé en diagonale au pilier n° 1, est en bonne voie, le bétonnage va commencer ; on peut voir encore des portions de constructions datant de l’Exposition de 1867, notamment des. égouts que les fouilles ont mis à découvert.
- Enfin, le pilier n° 4, en bordure sur la Seine, côté de Grenelle, est bien avancé aussi, il va falloir continuer à extraire les terres au moyen d’un
- p.546 - vue 104/496
-
-
-
- Troisième Année. — N° ii5.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1SS9
- Dimanche i'3 Mars 18S7. — 547.
- monte-charge à plan incliné, les chevaux ne pouvant plus suffire à cette besogne qu’ils effectuent encore pour le moment, ainsi que le montre la vue photographique qui accompagne ce numéro du journal et qui, malgré l'immobilité inhérente à une gravure, donne cependant une idée de l’activité qui règne sur ce chantier.
- Les quatre piliers seront donc tous fondés sur du béton qui recevra des massifs de maçonnerie, d’une hauteur de 6 m. 10, en pierre de souppe, sur lesquels seront à leur tour posés les sabots métalli-•ques.
- On remarquera par cet aperçu général que, bien qu’invisibles pour la plupart, puisqu’ils sont en contre-bas du sol, les travaux sont poussés avec toute la rapidité qu’on peut désirer et nous en suivrons pas à pas les progrès qui ne peuvent manquer d’offrir d’intéressants renseignements.
- H. de Baecker.
- ÉCHOS
- Paris
- L’exposition publique des projets envoyés pour le concours du prix de Beauvais 1886-87 (seconde épreuve) a eu lieu à l’école des beaux-arts, salle des Bronzes, les mardi, mercredi, jeudi, vendredi derniers.
- *
- * *
- L’exposition annoncée des œuvres du graveur Gaillard a été ouverte, jeudi dernier 10 mars, à l’Ecole des beaux-arts, pour se prolonger jusqu’à la fin du mois.
- *
- * *
- A signaler parmi les œuvres que nos lecteurs pourront admirer au prochain Salon :
- Le Lendemain de Salamine, grande toile de Cor-mon ; les Nuits,_ d’après Musset, par E. Thirion, grande composition en quatre parties, traitée avec un rare talent, et un sentiment délicat, et qui excitera certainement un vif intérêt ; une Hèrodiade de Henner ; Une leçon du docteur Charcot, de Gervex, Une leçon du docteur Peter, de Brouillet ; la Nymphe et VAnnonciation de Bouguereau ; Une Noce juive du regretté Guil-laumet ; un grand panneau historique de François Flameng, etc.
- * ¥
- ETRANGER
- Allemagne
- L’exposition Sud-Américaine de Berlin vient de clôturer avec un déficit assez important, dit-
- on.
- * *
- Une exposition artistique aura lieu, dans le courant de l’année, à Francfort-sur-le-Mein, dans la maison où naquit Goethe.
- Elle contiendra des œuvres de Rethel et Schwind, artistes dont beaucoup d’œuvres, encore inconnues du grand public, se trouvent dans des collections particulières de la région.
- ¥ ¥
- Les peintres allemands tiendront à Cologne, du 22 au 27 octobre prochain, leur dixième réunion générale. Ils organisent, à cette occasion, une exposition spéciale à laquelle prendront part non seulement les peintres en bâtiment, mais les écoles spéciales professionnelles, les fabricants de matières, de produits ou d’instruments en usage dans cette industrie, les éditeurs d’ouvrages spéciaux, etc.
- ¥ ¥
- Nous avons parlé, il y a quelques mois, de la première exposition nationale agricole, en préparation à Bautzen, pour le Royaume de Saxe. L’inauguration en aura lieu en septembre prochain._
- Tous les plans sont achevés.
- La superficie totale des emplacements sera de 100,860 mètres carrés.
- ' A l’exposition agricole et horticole s’ajoutera une exposition de pêcherie.
- ¥ ¥
- Une vente de belles aquarelles anciennes et de dessins à la plume a eu lieu il y a une quinzaine de jours à Berlin.
- La collection comprenait des œuvres de Raphaël Van Ostade, Michel-Ange, Dürer, le Titien, Rubens, Guido Reni, Jordaens, Van Dyck, Murillo, Watteau, etc., qui se sont bien vendues à des prix variant entre 105 et 665 marks.
- *
- ¥ *
- Angleterre
- La vingt-sixième exposition d’œuvres d’artistes modernes est actuellement ouverte à Glasgow, dans les galeries de V Institute of fine Arts.
- Spécialement consacrée à la peinture, elle renferme environ 850 toiles, auxquelles sont venues s’ajouter quelques dessins d’architecture et un certain nombre de sculptures.
- Les artistes anglais et écossais y sont en majorité ; la Belgique'et la Hollande y sont bien représentées et la France a fait de nombreux envois.
- L’exposition clôturera à la fin d’avril.
- ¥ ¥
- La dix-huitième exposition annuelle des anciens maîtres est ouverte à Burlington House. Les portraits y tiennent une place remarquable. Citons-en * rapidement quelques-uns : Thomas Gainsb orough, par Johan Zophany ; la princesse Marie, fille de Charles Ier et mère de Guillaume III, par Van Dyck ; Jean-Baptiste Greuze et sa mère peint par l’artiste lui-même ; Murillo, par lui-même, etc...
- A signaler encore deux superbes toiles de Velasquez.
- ¥ ¥
- Le peintre russe Werescliagin organisera, l’hiver prochain, à la Grosvenor Gallery de Londres, une exposition de ses œuvres.
- On sait que sa collection a déjà fait pour ainsi dire le tour de l’Europe avec des étapes succes7 sives à Berlin, Vienne, St-Pétersbourg-, etc.
- Parmi les tableaux exposés pour la première fois en Angleterre seront des vues de Palestine, très curieuses d’observation et de vérité, des vues rapportées de l’Inde anglaise et parmi lesquelles on remarquera l’entrée à Jeypore du prince de Galles qui, entre parenthèses, s’intéresse tout particulièrement à cette entreprise artistique.
- La 8e exposition annuelle de l’architecture et des industries du bâtiment ouvre demain lundi 14 mars, au Royal Agricultural Hall de Londres, pour clôturer le 28 courant.
- La société des Architectes décernera des médailles de première, seconde et troisième classe.
- *
- ¥ ¥
- Parmi les expositions que l’on signale comme devant avoir lieu prochainement à l’Olympia de Londres, signalons d’après VInvention, 'l’exposition du Sportman, accompagnée, pour la première fois, d’une exposition canine sportique ; en mai, le grand concours hippique de Londres, suivi d’une exposition de chevaux pour l’armée, et de l’exposition canine du Kennel Club.
- Australie
- Les commissaires exécutifs de l’exposition internationale de Melbourne, organisée pour célébrer le Centenaire de la Colonie de Victoria, viennent d’adresser une circulaire à la Grande-Bretagne, aux autres Etats de l’Europe et aux Etats-Unis d’Amérique.
- Le préambule dit que le gouvernement de Victoria a décidé d’organiser une exposition des arts, manufactures et industries, exposant les procédés de fabrication dans tous les pays du globe.
- L’inauguration en aura lieu le 1er août 1888, pour célébrer le centenaire de la fondation de la colonie nommée Nouvelle-Galles du Sud et la durée en sera de six mois. Les constructions s’élèveront dans les Carlton Gardons.
- La commission invite les gouvernements britannique, étrangers et coloniaux, à prendre part à l’entreprise et espère, qu’ils prendront promptement toutes les mesures nécessaires pour assurer à cette solennité leur représentation la plus complète possible.
- Elle fait remarquer que la population de l’Australasie est de 3,500,000 âmes, que les produits britanniques importés atteignent, chaque année, une valeur de 32 millions de livres sterling (800 millions de francs), que 7,700 milles anglais de chemins de fer sont ouverts au trafic, que 2,000 autres milles sont en construction.
- La commission désire recevoir, avant la fin d’août 1887, toutes les demandes d’emplacement qui pourront lui être adressées ; avant le 1er mai 1888, les objets d’exposition ; avant juin de la même année tous les détails nécessaires à la confection du catalogue. L’installation des sections doit être achevée le 15 juillet, quinze jours avant l’inauguration. Les emplacements et la force motrice sont gratuits.
- La commission est animée du vif désir de rendre cette exposition intéressante, au point de vue de la fabrication des machines en fonctionnement, et du travail manuel. Il y aura aussi une galerie de tableaux, éclairée par l’électricité.
- Les récompenses seront décernées par un jury régulier dont les membres étrangers seront élus par les représentants de leurs'pays respectifs.
- On décernera des médailles d’or, d’argent, de bronze et des certificats de mention honorable.
- * ,
- ¥ ¥
- États-Unis
- L’exposition consacrée à J.-J. Millet, par M. Fré-dérick Keppel, de New-York, et récemment ouverte, au public, renferme des impressions successives de toutes les planches gravées par notre grand artiste; toutes ses héliogravures,
- lithogravures, gravures sur bois, quinze dessins originaux et quelques gravures à l’eau-forte des principales œuvres de Millet.
- Cette collection, la seule complète, dit-on, est celle d’Alfred Sensier, le biographe du peintre.
- ¥ ¥
- La vente, à New-York, de la galerie de tableaux Graves a produit un total de 156,240 dollars (781,200 fr. environ'; celle des œuvres de sculpture, du bric-à-brac et de l’ameublement, faite aux American Art Galleries, a donné 34,176 dollars (170,880 fr.).
- La dernière vacation de la vente des tableaux a eu lieu le vendredi 11 février dernier. Quelques toiles ont atteint de haut prix ; « Un Paysage avec figures, de Corot, 10,000 dollars; le Jour, de Bouguereau, 5,500 dollars ; un Rousseau, 5,100 dollars.
- Puis viennent deux Troyon à 3,250 et 1,500 dollars ; un Daubignv, 3,400 dollars, etc., etc.
- ¥ ¥
- La collection de tableaux A.-T. Stewart, dont on a déjà annoncé la vente, sera dispersée aux enchères à New-York, Chickering Hall, vers la fin de ce mois. Il y aura trois vacations, les 24, 25 et 26 mars.
- L’exposition en aura lieu d’abord aux American Art Galleries.
- Le transport à cette galerie d’exposition a été commencé le 14 février et confié à l’entrepreneur qui a déjà effectué celui des collections Morgan, John Taylor Johnston, Ferdinand Ward.
- U est opéré avec le plus grand soin. Les lourds cadres dorés sont tout d’abord détachés, et transportés debout sur des camions, maintenus par des cordes et surveillés par une équipe de porteurs. Quelques-uns d’entre eux pèsent jusqu’à 500 livres.
- Puis les toiles sont roulées, enveloppées avec soin de diverses matières d’emballage, quelques-unes renfermées dans des caisses.
- Les sculptures et autres objets d’art sont traités avec le même soin.
- Le 1807 de Meissonnier, payé 300,000 fr., a été porté à la salle de vente le 15 février.
- Italie
- La société promotrice des beaux-arts ouvrira le samedi 7 mai prochain, dans son palais de Turin, l’exposition qu’elle organise chaque année, pour une durée d’environ un mois.
- Nous renvoyons pour tous autres détails, au Journal des Arts, du vendredi 4 mars, où les intéressés trouveront le règlement in extenso.
- *
- ¥ ¥
- La société de secours mutuels des menuisiers et forgerons de Faenza, qui fêtera, en juin prochain, son 50e anniversaire, a pris l’initiative d’une exposition industrielle provinciale pour tous les travaux en bois, en fer, et les arts qui s’y rapportent.
- Cette exposition commencera le 29 mai prochain, pour prendre fin le 12 juin suivant. Le comité exécutif a désigné, comme récompenses, 50 médailles d’argent et 90 de bronze, outre les primes qui pourront être décernées par le gouvernement et le comice agricole.
- *
- * *
- Russie
- Nous rappelons qu’une exposition agricole caucasienne aura lieu à Tiflis, au printemps prochain.
- Y seront exposés, les produits des règnes animal, végétal et minéral.
- L’EXPOSITION DE TOULOUSE
- M. le ministre des affaires étrangères a envoyé à M. le maire de Toulouse la dépêche suivante :
- « Paris, 3 février 1887.
- « Monsieur le maire,
- « Par une lettre en date du 27 décembre dernier, vous m’avez fait l’honneur de m’informer qu’une exposition des œuvres d’art et des produits de l’industrie et de l’agriculture de la France, de l’Espagne, du Portugal et de lTtalie, organisée par la municipalité de Toulouse, s’ouvrira, dans cette ville, du i5 mai au i5 octobre prochain.
- « Pour satisfaire au désir que vous m’avez exprimé, j’ai prié les représentants de la République à Madrid, Rome et Lisbonne de porter ce concours à la connaissance des gouvernements près desquels ils sont accrédités, afin qu’il y soit donné toute la publicité nécessaire.
- « Recevez, monsieur le maire, l’assurance de ma considération très distinguée.
- « Signé : Flourens. »
- *
- ¥ ¥
- M. le général Boulanger, ministre de la guerre a fait l’accueil le plus sympathique aux demandes du maire de Toulouse.
- p.547 - vue 105/496
-
-
-
- 54§- — Troisième Année. — N° 115.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 183g
- Dimanche i3 Mars 1887.
- Voici des extraits de sa de'pêche, en date du 5 février courant :
- « Les instructions nécessaires seront données pour qu’un certain nombre de modèles employés dans l’artillerie et le service de santé soient mis à la disposition du Comité d’organisation dont vous êtes le président.
- « Les chefs de service de l’artillerie, des services administratifs et du service de santé, à Toulouse, seront autorisés, de leur côté, à exposer du matériel pris sur place. »
- Enfin, M. le ministre de la guerre propose gracieusement au Comité de choisir lui-même, dans le Catalogue du service géographique de l’armée (dépôt de la guerre), toutes les cartes qu’il désirera voir exposer.
- Nous sommes ainsi assurés d’avoir une galerie du plus réel intérêt, et qui rehaussera d’un grand éclat l’Exposition de Toulouse.
- *
- * *
- M. le directeur des beaux-arts a informé le Comité administratif qu’il peut mettre à l’Exposition de Toulouse quelques-unes des tapisseries exécutées par la manufacture nationale des Gobe-lins.
- Quatre de ces tapisseries sont déjà désignées. Ce sont les suivantes :
- Le Thé. — Artistes tapissiers : MM. F. Munier et E. Hupé.
- Le Café. — Artistes tapissiers : MM. Maloisel, A. Duruy et Vernet.
- La Chasse. — Artistes tapissiers : MM. A. Gre-liche, C. Duruy et A. Duruy.
- Les Fruitsi — Artistes tapissiers : MM. Marie, de Bracas et Cochery.
- Ces œuvres admirables, exécutées d’après les modèles de M. Mazerolle, sont destinées à décorer après l’Exposition le foyer de l’Opéra.
- * ¥
- La Cochinchine figurera à l’Exposition de Toulouse ; c’est ce que nous apprend la lettre suivante écrite par un Toulousain, capitaine d’état-major du corps expéditionnaire :
- « Saïgon, le 5 janvier 1887.
- « J’ai remis moi-même, dès mon arrivée à Saïgon, à M. le gouverneur de la Cochinchine, la lettre que vous m’avez confiée.
- « Je suis heureux de vous dire que M. le gouverneur a fait à vos propositions l’accueil le plus empressé et le plus bienveillant. Il se propose de soumettre d’urgence la question au Conseil en l’appuyant de tout son pouvoir.
- « Vous pouvez compter sur les envois de la Cochinchine à l’Exposition de Toulouse. »
- VILLE DE NEVERS
- EXPOSITION INDUSTRIELLE
- A l’occasion
- DU CONCOURS RÉGIONAL
- Du 28 Mai au ier Juillet i88j.
- Une Exposition industrielle sera ouverte, à Nevers, du 28 mai au 1er juillet 1887 inclusivement.
- ^ Les exposants de tous les départements de la France seront admis à y prendre part.
- Les demandes d’admission devront être adressées à la mairie de Nevers avant le 10 avril 1887.
- Les demandes devront mentionner la natuie et le nombre des objets exposés, l’espace nécessaire à leur installation, c’est-à-dire la dimension en longueur, largeur et hauteur, ainsi que leur valeur pour que l’assurance contre l’incendie, qui est obligatoire, en soit faite par les soins de la commission .
- Les objets exposés à couvert seront assujettis à une rétribution de dix francs pour le premier mètre carré et d’un franc cinquante centimes pour chaque mètre ou fraction de mètre occupé en plus.
- Les mêmes prix seront perçus pour les produits exposes contre les parois verticales de la construction.
- Pour les produits exposés à découvert, les prix seront réduits de moitié.
- Les jurys appelés à décerner les récompenses seront nommés par les exposants.
- Les récompenses à décerner consistent en diplômes d’honneur, médailles d’or, de vermeil, d’argent et de bronze, et en mentions honorables.
- Des exemplaires du règlement de l'Exposition et des formules d’adhésion sont déposés dans les préfectures et les sous-préfectures. On peut également s’en procurer en s’adressant au président de l’Exposition industrielle, mairie de Nevers.
- PRÉSIDENTS D’HONNEUR :
- MM. Grenier, préfet de la Nièvre ;
- le général Carmier, commandant la subdivision :
- le Maire de Nevers ;
- Mérijot, président du Tribunal civil.
- COMITÉ DE L’EXPOSITION INDUSTRIELLE :
- MM. G. Valette, industriel, Président de la Chambre syndicale du commerce et de l’industrie de l’arrondissement de Nevers, président ;
- Thévenard-Matisse, Président du tribunal de commerce, chevalier de la Légion d’honneur, vice-président ;
- Faucard, négociant, Pigalle fils, négociant, secrétaires ;
- Dorein, négociant, trésorier.
- RÈGLEMENT
- Article premier.
- Une Exposition industrielle sera ouverte, a Nevers, du 28 mai au 101' juillet 1887 inclusivement.
- Art. 2.
- Sont appelés à exposer leurs produits les négociants ou industriels des départements delà Nièvre, de l’Ailier, du Cher, de l’Indre, d’Indre-et-Loire, de Loir-et-Cher et du. Loiret, et ceux des départements de l’Ain, de la Côte-d’Or, de la Creuse, du Doubs, de la Haute-Saône, du Jura, du Puy-de-Dôme, de Saône-et-Loire, de l’Yonne, et du Territoire de Belfort.
- Les Exposants venus des départements non désignés ci-dessus seront admis au même titre que ceux des départements dénommés.
- Art. 3.
- Les demandes d’admission devront être adressées à la mairie de Nevers avant le 10 avril 18S7. Toutefois, ^ur la demande motivée faite à l’avance par l’Exposant, le Comité pourra, par exception, accorder un nouveau délai.
- Les demandes devront mentionner la nature et le nombre des objets exposés, l’espace nécessaire à leur installation, c’est-à-dire la dimension en longueur, largeur et hauteur, ainsi que leur valeur, pour que l’assurance contre l’incendie, qui est obligatoire, en soit faite par les soins de la commission.
- Art. 4.
- Tous les colis, outre l’adresse, porteront sur une pancarte et en caractères très apparents, ces mots: Exposition industrielle de Nevers, et à la suite les noms, profession et demeure des Exposants, ainsi que la désignation exacte des objets contenus dans chaque colis.
- Art. 5.
- Tout Exposant qui n’accompagnera pas ses produits devra indiquer, au Président du Comité, un mandataire qui fera opérer le déballage, installer les produits et le représentera pendant toute la durée de l’Exposition.
- Art. 6.
- Tous les frais de transport et de camionnage seront à la charge des exposants, ainsi que les frais d’assurance contre l’incendie.
- Art. 7.
- Tous les objets à'exposer pourront être admis en entrepôt pendant la durée de l’Exposition.
- Art. 8.
- Les objets exposés à couvert seront assujettis à une rétribution de dix francs pour le premier mètre carré et d’un franc cinquante centimes pour chaque mètre ou fraction de mètre occupé en plus.
- Les mêmes prix seront perçus pour les produits exposés contre les parois verticales de la construction.
- Pour les objets exposés à découvert, les prix seront réduits de moitié.
- Le payement des emplacements sera effectué au comptant par les exposants entre les mains du trésorier.
- Art. 9
- Les frais de déballage, de montage, de mise en place et de réemballage, demeureront à la charge des exposants, ainsi que les arrangements et aménagements particuliers, tels que gradins, tablettes, supports, suspensions et accessoires.
- Art. 10
- Tous les exposants seront tenus de se conformer aux prescriptions du Comité organisateur, dont les décisions sont définitives et sans aucun recours.
- Art. 11
- L’indication du prix de vente est facultative, mais désirable, et le jury la prendra en considération pour les récompenses à décerner.
- Le prix affiché sera obligatoire pour l’exposant à l’égard de l’acheteur.
- Art. 12
- Les objets exposés ne pourront être retirés avant la fin de l’Exposition.
- Il en sera de même pour les objets vendus dans le cours de l’Exposition.
- Art. i3
- L’administration municipale prendra toutes les mesures nécessaires pour préserver les objets exposés de toute chance d’avarie.
- Cependant, si malgré ces précautions, des dégâts ou dommages se produisaient, par incendie ou toute autre cause, la ville n’en sera pas responsable.
- Art. 14
- La commission pourra exclure de l’Exposition les matières inflammables ou explosibles, ainsi que les objets répandant de mauvaises odeurs.
- Art. i3
- Les jurys appelés à décerner les récompenses seront nommés par chaque catégorie d’exposants. Il sera, pour chaque classe, nommé un juré par cinq exposants ou fraction de ce nombre. Toutefois, le jury de chaque catégorie sera composé de trois membres au minimum. Les exposants seront prévenus à l’avance du jour choisi par le jury pour examiner leurs produits.
- Art. 16
- Les récompenses consistent en diplômes d’honneur, médailles d’or, de vermeil, d’argent et de bronze, et en mentions honorables.
- La distribution des récompenses aura lieu en séance publique, à la suite de l’Exposition.
- Art. 17
- Les exposants qui auront accepté les fonctions de membre du jury seront mis hors concours.
- Les membres de la commission d’organisation ne pourront fi-ire partie du jury.
- Art. 18
- Chaque exposant sera muni d’une carte d’entrée. Cette carte sera valable au maximum pour trois personnes de sa famille directe (femme et enfants).
- Les droits d’entrée pour les personnes non exposantes sont fixés à 5o centimes par personne et appartiennent à la ville. La commission se réserve d’augmenter le prix à certains jours déterminés.
- En outre, il sera délivré des cartes de souscripteur au prix de dix francs, donnant droit à l’entrée personnelle du souscripteur et de sa famille à l’Exposition industrielle pour tous les jours d’Ex-position publique. Cette carte ne pourra servir qu’au père, à la mère et aux enfants non mariés habitant avec eux ; le nombre des personnes de la même famille entrant avec une seule carte étant toutefois limité à cinq.
- Le souscripteur aura droit à une place à la séance de distribution des récompenses.
- Art. 19
- Il sera créé des billets de loterie dont le produit sera affecté à l’acquisition d’objets exposés.
- Ces objets et ceux offerts par les exposants ou le gouvernement seront mis en loterie et tirés au sort immédiatement après la clôture de l’Exposition. La Commission fixera le prix de chaque billet. Les souscripteurs des cartes de famille auront droit gratuitement à deux billets de cette loterie.
- Art. 20
- Les demandes de renseignements, réclamations, etc., devront être adressées au président de l’Exposition industrielle, mairie de Nevers.
- Nevers, le 16 février 1887.
- Le président de l’Exposition, G. Valette.
- Approuvé par le maire :
- Balandreau-Buy,
- Premier adjoint, faisant fonctions de maire.
- Nota. — Des exemplaires du présent règlement et des formules de déclarations à remplir par les exposants sont déposés aux mairies des chefs-lieux des départements et arrondissements dénommés à l’article 2.
- CONCOURS INTERNATIONAL
- DES
- SCIENCES ET DE L’INDUSTRIE à Bruxelles (1888)
- Une pensée de progrès et le désir de ramener dans les transactions de la production et de l’échange une activité trop longtemps ralentie a inspiré le projet d’organiser à Bruxelles un grand concours international des sciences et de l’industrie, dont la durée sera de six mois et demi, à partir du i5 avril 1888.
- Forte des sympathies que le roi des Belges a daigné exprimer aux promoteurs et assurée de l’appui moral et matériel du gouvernement et de la ville de Bruxelles, cette entreprise, par son but, vise une portée plus haute et plus utile que les expositions qui se sont succédé jusqu’à ce jour. — C’est, du moins, ce que nous disent les organisateurs.
- p.548 - vue 106/496
-
-
-
- p.n.n. - vue 107/496
-
-
-
- \r°11
- LE MONITEUR DE I; EXPOSITION DE 1889
- Dimanche !-3 Mahs u887
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1889
- Sgap,.3,rue de l’Echelle Pans
- __^ •»* ty.
- ^*c*r ' *- ^ *â
- 'lkr'T> • \ A4 'V?^ *ir ** «y^üT 7a
- v*' •'- *> *#ysj
- • -.H^asC
- ; • • • &*•**» .,., •- .^CM..N'^yi ï8 ' -.:->-'.SifeE^.Nr-?^
- |V>
- Plaques de M ^ Guilleminot & C"
- A.Broise & Courtier,
- CI IANTILR ET CHAMP - DE -MARS
- p.dbl.n.n. - vue 108/496
-
-
-
- p.n.n. - vue 109/496
-
-
-
- Troisième Année. — N° ii5.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1S89.
- Dimanche i3 Mars 1887. — 54g.
- « Il ne s’agit pas, en effet, d’une exposition où l’on étale, où l’on achète et où l’on vend ; le concours international, qui comprendra treize concours spéciaux, aura pour objet caractéristique de faire naître le progrès dans les diverses branches des sciences et de l’industrie.
- « Ce résultat bienfaisant, il s’efforcera de l’atteindre^ en proposant à l’esprit d’investigation et de perfectionnement une série de problèmes dont la solution représente en quelque sorte le « desideratum » dans chaque ordre de production.
- « Pour stimuler le zèle des producteurs et offrir à ceux qui réussiront un dédommagement des sacrifices de temps et d’argent provoqués par les recherches et les essais, le Comité exécutif du concours a décidé d’accorder des primes très importantes en espèces aux exposants qui se seront ' rapprochés le plus de la solution des problèmes J mis au concours .»
- Le i5 décembre dernier eut lieu, à Bruxelles, une séance de la commission d’organisation du grand concours. M. Somzée, le promoteur de l’entreprise, prononça un remarquable discours pour expliquer le but à atteindre. Nous citerons ies principaux passages de cette allocution.
- « Nous sommes bien d’accord, Messieurs, j’en ai la certitude, sur le point de départ.
- Les temps sont durs pour les travailleurs, à quelque degré de l’échelle sociale qu’ils se trouvent placés.
- Nulle éclaircie n’apparaît à l’horizon économique.
- D’autre part, une population croissante, de plus en plus industrieuse, se presse sur le sol natal, où elle s’obstine à chercher un aliment à son activité et une rémunération à son travail.
- Trouvera-t-elle longtemps encore l’une et l’autre ?
- Grave problème social, gros de difficultés et de périls.
- Il semble insoluble, et, cependant, la solution s’impose.
- La concurrence étrangère s’ingénie à nous inonder de ses produits. Elle barre la voie aux nôtres.
- Lutter de bon marché ? nous l’avons fait, parfois avec succès ; cependant de ce côté les dernières limites paraissent atteintes.
- Lutter de perfection ? nous le faisons ; car c’est l’obligation inéluctable du moment ; mais dans cette voie, il reste encore beaucoup à faire.
- Aussi, est-ce le terrain que nous avons choisi, pour en faire le champ clos d’un tournoi, où toutes les bannières porteront : SCIENCE — INDUSTRIE.
- Tous ceux qui, par un labeur opiniâtre, ou par une aptitude supérieure, sont devenus maîtres en leur art, quelque modeste ou quelque relevé qu’il soit, se sentent arrêtés souvent, dans la voie du progrès, par des obstacles qui soulèvent des problèmes, non encore résolus.
- Ainsi, dans l’industrie de la glacerie et de la verrerie, le fabricant ne s’est-il pas heurté jusqv’ici à des difficultés d’exécution considérables ?
- Le coulage de grandes pièces, d’une pureté parfaite, n’est-il pas un point presque irréalisable ?
- D’autre part, beaucoup d’industries n’attendent-elles pas, pour prendre un nouvel essor, que certains métaux, tels que l’aluminium, par exemple, si abondant dans les combinaisons naturelles, mais dont l’extraction est si coûteuse encore, puissent leur être fournis au même prix que les métaux usuels ?
- Préciser, pour chaque sphère d’action, dans chaque branche d’une même industrie, le problème, dont la solution constituerait un progrès fécond en applications, serait rendre déjà un service signalé à l’humanité.
- Une œuvre pareille réclame le concours dévoué de tous les spécialistes, qui possèdent des connaissances techniques approfondies, de tous les travailleurs de la pensée, qu’éclaire une instruction supérieure, de tous ceux qu’enflamme le gé-nie des inventions.
- Poser les problèmes, telle était la première difficulté. — Grâce à vous, Messieurs, elle sera surmontée.
- Les résoudre, sera désormais l’objectif de tous les hommes de bonne volonté, à qui nous faisons appel. Leur zèle sera stimulé parla perspective de récompenses nationales, dont nous parlerons plus tard.
- Aussi, fut-il jamais moment plus opportun que celui de la crise actuelle, qui représente la plus impérieuse des nécessités, pour stimuler le génie créateur de tous ceux qui possèdent le feu sacré ?
- Une étude attentive de la situation nous a convaincus, du reste, qu’un grand nombre d’industries sont dans la détresse, parce qu’elles sont stationnaires.
- Chaque fois que, dans quelque branche de la production industrielle, il surgit une amélioration marquante, on voit cette fabrication renaître en promettant de fournir une nouvelle et longue carrière d’activité.
- Et si les jeunes industries sont prospères, parce qu’elles créent des_ besoins nouveaux, n’est-il pas possible de rajeunir nos industries épuisées parla
- stagnation, ou compromises par la routine, en infusant dans leurs veines taries le sang généreux et réparateur du Progrès i
- N’y a-t-il pas, dans toutes, quelque côté imparfait ou inexploré, quelque problème non résolu, qui arrêtent leur marche et les retiennent dans l’ornière.
- Arrivent ce perfectionnement, cette solution, et elles reprendront leur robuste vitalité d’antan.
- Dégager ces problèmes de toute obscurité, les énoncer en formules claires et précises, les montrer pour ainsi dire du doigt,comme buta l’investigation ; voilà, Messieurs, quel sera votre rôle, comme le nôtre sera de récompenser les efforts heureux, les résultats acquis.
- Le grand concours international des sciences et de l’industrie n’a pas d’autre but.
- Ce que nous désirons organiser n’est pas une simple exposition d’objets, plus ou moins intéressants ; mais un concours entre les productions, qui réaliseront la solution des problèmes proposés.
- Nous voulons donner aux chercheurs une direction précise, et leur assurer une rémunération, en cas de réussite.
- A ceux dont le succès couronnera les efforts, ou qui, sans atteindre complètement le but, s’en seront le plus rapprochés, il sera décerné des récompenses .
- Sur ce point encore, nous entendons innover.
- En dehors de diplômes, de médailles et de mentions honorables, nous espérons obtenir la création d’un insigne spécial, destiné, désormais, à signaler le mérite du producteur industrieux.
- De plus, comme stimulant et compensation des sacrifices que les recherches et les essais imposeront aux inventeurs, nous décernerons des primes en espèces, dont certaines atteindront même la limite de 5o,ooo francs.
- Nous sommes heureux de constater que notre projet a rencontré, de toutes parts, les sympathies les plus encourageantes.
- Je craindrais, messieurs, d’abuser de vos moments en vous exposant en détail les perspectives brillantes que nous avons devant nous, et les offres qui nous sont faites de toutes parts.
- Je désire toutefois vous entretenir de notre espoir de voir s’organiser, sans retard, une loterie de trois millions, qui mettrait à la disposition du gouvernement des sommes importantes, dont les classes nécessiteuses profiteraient largement.
- Le tirage de la première série aurait lieu même avant l’ouverture du grand concours.
- Des lots seraient acquis jusqu’à concurrence de bo 0/0 du capital, et ils seraient choisis, de préférence, chez les participants, inscrits à la date du tirage.
- Le restant du capital serait affecté à l’encouragement d’œuvres telles que des écoles professionnelles ou d’apprentissage.
- D’autre part, l’exposition de la brasserie belge, projetée pour 1887, sera probablement retardée, de manière à coïncider avec le grand concours de 1888, dont elle ne sera pas la moindre attraction.
- Parmi les industries alimentaires,la boulangerie entre autres, promet encore d’être brillamment représentée. Il en est de même de la classe d’hygiène, de sauvetage, de pisciculture, etc., etc.
- Dans un autre ordre d’idées, quel intérêt puissant notre entreprise n’obtiendrait-elle pas, par l’adjonction au concours du grand congrès des chemins de fer ?
- Notre pays qui, un des premiers en Europe, a établi des voies ferrées, marche encore à la tête des nations, au point de vue du développement de son réseau et surtout de l’organisation si importante des chemins de fer vicinaux.
- A ce titre, le grand congrès dont j’ai l’honneur de vous entretenir ne serait pas déplacé dans notre capitale.
- Ne serait-ce pas un moment bien choisi, Messieurs, que celui de ce véritable congrès du progrès, pour examiner à nouveau les questions si importantes qui se rattachent à la propriété industrielle ?
- Il est évident pour beaucoup d’entre nous que celle-ci n’est pas suffisamment garantie et qu’on doit y avoir autant égard qu’à la propriété littéraire, car elle est plus personnelle encore que celle-ci.
- Notre comité a, dans ses projets, réservé une large part aux choses de l’ordre artistique.
- Une exposition d’art rétrospective notamment sera organisée par ses soins.
- Une attraction artistique sans rivale et sans précédent serait la réunion de quelques œuvres capitales : tableaux et sculptures des meilleurs maîtres des grandes écoles qui, mises en présence et en parallèle à cette occasion, formeraient un concours esthétique de la signification la plus élevée.
- Nous ne nous dissimulons pas qu’il sera bien difficile de décider les musées étrangers à se dessaisir momentanément de trésors inestimables.
- Notre projet paraîtra peut-être téméraire. Nous ferons tous nos efforts pour prouver qu’il n’est pas irréalisable.
- Nous n’avons pas oublié, messieurs, dans notre
- projet, la classe ouvrière, si digne d’intérêt.
- La.récente enquête sur le travail a révélé l’obligation de chercher des atténuations à la situation désastreuse qui pèse sur nos populations laborieuses .
- Remonter à l’origine du mal, n’est-ce pas, jusqu’à un certain point, en rencontrer le remède ?
- Bien que les causes de ce mal soient nombreuses et complexes,, il en est une qui frappe plus fortement l’esprit : c’est la suppression presque générale des petites industrie, qui jadis occupaient accessoirement des mén'ages d’ouvriers aussi bien dans les villes que dans les campagnes et leur apportaient un surcroît de ressources bien précieux.
- Le grand concours, en encourageant la création d’industries capables d’occuper l’ouvrier, aura donc aussi pour objet de récupérer une situation, sinon totalement perdue, du moins gravement compromise.
- Nos compatriotes sont-ils donc inférieurs, au' point de vue de l’intelligence et des aptitudes, aux habitants d’autres pays ?
- Ne pourraient-ils pas consacrer les longs loisirs des veillées et les heures perdues pour les travaux habituels, à quelque occupation rémunératrice ?
- Tout doit les engager à suivre l’exemple donné par certains pays, où des villages entiers se sont faits un véritable monopole de certains travaux, tels que ceux du bois et de la manufacture des pièces d’horlogerie, de la lunetterie, etc., etc.
- _ C’est le travail en chambre. L’habitation de l’ouvrier se transforme en un atelier, muni d’un outillage spécial et peu coûteux.
- Quoi qu’il en soit, je n’hésite pas à croire que l’introduction, le relèvement ou la propagation de petites industries accessibles aux classes ouvrières compléteraient de la manière la plus heureuse les services que les enquêtes économiques sont en voie de rendre au pays.
- Nous avons donc eu surtout en vue de faire servir le concours de point de départ à la création ou à l’extension de ces petites industries. Nous poursuivrons cette étude et notre intention est non seulement d'ouvrir des concours spéciaux dans ce but, mais de provoquer une exposition du travail de ces petites industries.
- Enfin, le développement de nos relations commerciales avec l’étranger a fait aussi l’objet de nos préoccupations. Aussi, nous avons jugé indispensable d’annexer au concours proprement dit une exposition d’importation et d’exportation.
- Cette exposition renfermera une section spécialement organisée au point de vue d’un échange de produits avec les contrées coloniales et notamment avec le Congo.
- Messieurs, le grand concours que nous ouvrons est international.
- Tous ceux qui, dans l’univers entier, s’occupent de science et d’industrie seront conviés à y prendre part.
- La crise étant universelle, toutes les nations ont un intérêt commun à sortir des voies battues et à ouvrir au progrès des horizons nouveaux.
- Toutes sont appelées à recueillir les avantages d’une telle situation.
- Nous avons les meilleures assurances que notre appel sera entendu. »
- Nous croyons devoir reproduire ici la note explicative adressée à messieurs les membres de la commission chargée d’organiser le concours et d’encourager la participation des producteurs belges.
- Le grand concours international des sciences et de l’industrie a pour but de contribuer au relèvement de nos industries en souffrance.
- Intéresser toutes les ressources de l’esprit d’investigation et de perfectionnement à la réalisation des moyens conduisant immédiatement à une production meilleure et moins coûteuse, telle est la base fondamentale de son programme.
- Jusqu’ici, la classification des produits mis en présence dans les expositions s’était faite sans autre ordre, sans autre lien que la nationalité ; sans autre préocupation que celle de l’effet architectural ou décoratif. Au concours international il n’en sera pas ainsi ; les produits seront groupés selon leur nature, de manière à permettre l’étude immédiate et complète d’une branche d’industrie, parla comparaison de produits similaires chez les différents peuples.
- Ce système de groupement facilitera l’enquête sur les desiderata de chaque industrie ; on pourra, de cette manière, se rendre facilement compte des résultats obtenus dans la fabrication, et des améliorations qu'il importe d’y apporter. Cette disposition n’est pas incompatible avec l’admission dans les compartiments des concours internationaux de produits que le comité exécutif jugera utile d’y faire placer.
- Les comités chargés d'organiser le grand concours auront donc, — chacun pour la branche d’industrie qui les regarde, — à organiser leur concours spécial représenté par des produits et par des documents.
- Ces documents, tels que mémoires descriptifs, notices, exposés, dessins, plans, croquis, etc., seront admis à figurer au concours, mais à titre de renseignements seulement.
- p.549 - vue 110/496
-
-
-
- 55o. —- Troisième Année — N° 115.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche i3 Mars 1887.
- Il pourra cependant être dérogé à cette règle par exception et en vertu d’une décision formelle et spéciale en faveur de documents relatifs à des produits ou à des objets dont la représentation matérielle, en grandeur d’exécution ou tout _ au moins à une échelle réduite, ne serait pas possible dans l’enceinte du concours.
- A chaque concours correspondra un comité organisateur et un jury spécial.
- Chaque comité réunira tous les participants, belges et étrangers : A. Pour les concours dans le compartiment ' international réservé à la branche d’industrie dont il a à s’occuper. B. Pour l’exposition dans le compartiment national désigné.
- Il ne sera pas inutile de faire suivre ici une courte explication, de nature à faciliter les travaux de MM. les présidents et membres des commissions d’organisation.
- Palais des concours. — Dans une partie du palais seront réunis les 39 concours affectés aux diverses branches d’industrie et énumérés dans une nomenclature ci-jointe. Cet emplacement est divisé en 3q compartiments internationaux où seront exposées, groupés suivant leur nature, les produits et les documents, sans distinction de nationalité. C’est aux participants des classes respectives qu’incomberont la décoration, l’ornementation et l’installation de ces compartiments, dans les termes prévus par le règlement général et par la classification générale.
- Les collectivités seront admises avec l’agréation du comité.
- Exposition internationale d’importation et d'exportation. — Dans une partie du palais, aura lieu l’exposition d’importation et d’exportation, dans laquelle chaque pays exposera ses produits dans un compartiment national. Cette exposition se composera également de 3q compartiments correspondant aux 39 subdivisions indiquées plus haut. Chacun de ceux-ci sera placé sous la direction de MM. les commissaires ou des commissions chargés par les gouvernements respectifs de la représentation de leurs nationaux.
- Dans ces compartiments figureront les produits quelconques d’une même catégorie, classés par pays, comme dans toutes les expositions universelles.
- Participation. — Les producteurs ont la faculté de prendre part, séparément soit au grand concours, soit à l’exposition d’exportation et d’importation, soit à l’un et à l'autre simultanément.
- CLASSIFICATION GÉNÉRALE
- A. — Classification des Concours
- PREMIÈRE SECTION
- Enseignement. — Arts libéraux. — Arts industriels. — Tissus. — Vêtements et accessoires
- PREMIER GROUPE
- ENSEIGNEMENT SPECIAL
- Concours n° 1. — Enseignement professionnel.
- — Enseignement primaire et secondaire préparant à l’entrée des écoles professionnelles, d’apprentissage , industrielles, techniques supérieures et d’application , militaires et maritimes. — Enseignement professionnel.— Enseignement militaire à tous les degrés. — Enseignement maritime à tous les degrés.
- Concours n° 2. — Enseignement industriel. — Enseignement industriel. — Enseignement technique comprenant l’enseignement supérieur et d’application. — Enseignement agricole et horticole.
- — Enseignement commercial. — Musées scientifiques. — Laboratoires d’enseignement et de recherches.
- DEUXIÈME GROUPE ARTS libéraux
- Concours n° 3. — Journaux, publications diverses envisagées au point de vue littéraire, scientifique et industriel.
- Concours n° 4. — Imprimerie et métiers poly-graphiques.
- Concours n° 5. — Librairie et papeterie.
- Concours n° 6. — Applications des arts du dessin, de la plastique et de la sculpture décorative.
- Concours n°j.— Sciences géographiques et cosmographiques. — Cartes et appareils de géographie et de cosmographie.
- Concours n° 8.— Instruments de précision.
- Concours n° 9. — Appareils , procédés et produits de la photographie.
- Concours n° 10. — Instruments de musique.
- Concours n° 11. —Médecine, chirurgie,hygiène, balnéologie, assistance publique, Croix-Rouge.
- TROISIÈME GROUPE arts industriels
- Concours n° 12. — Appartements : A. — De luxe ; B. — Ordinaire; C. — Ouvrier. — Meubles à.bon marché et meubles de luxe. Ouvrage du tapissier et du décorateur. Tapis, tapisseries et autres tissus d’ameublement. Papiers peints. Maroquinerie, tabletterie et vannerie. Bimbeloterie. Horlogerie d’ameublement.
- Concours n° i3. — Cristallerie, glacerie, gobe-leterie et céramique.
- Concours n° 14. — Fontes et ferronnerie d’art, métaux repoussés.
- Concours n° i5. — Joaillerie, bijouterie, orfèvrerie, horlogerie artistique.
- Concours n° 16.—Coutellerie et armes portatives de .luxe et de chasse.
- Concours n° 17. — Appareils et procédés de chauffage.
- Co?icours n° 18. — Appareils et procédé d’éclairage.
- QUATRIÈME GROUPE
- TISSUS, VÊTEMENTS ET ACCESSOIRES
- Concours n° 19. — Produits de tissage.— Fils et tissus de coton. Fils et tissus de lin, chanvre, etc. Fils et tissus de laine peignée et cardée. Soie et tissus de soie.
- Concours n° 20. — Toilette. — Habillement des deux sexes. Articles de bonneterie et de lingerie. Objets accessoires du vêtement. Châles divers. Dentelles, tulles, broderies et passementeries.
- Concours n° 21. —Objets de voyage et de campement. — Objets de voyage et de campement.
- DEUXIÈME SECTION
- Industrie
- CINQUIÈME GROUPE
- INDUSTRIES EXTRACTIVES, OUTILLAGES, PRODUITS BRUTS ET OUVRÉS
- Concours n° 22. — Exploitations minières et métallurgie. — Matériel et procédés de l’exploitation des mines et de la métallurgie. Produits de l’exploitation des mines et de la métallurgie.
- SIXIÈME GROUPE
- PRODUITS, PROCÉDÉS ET MATÉRIEL DE L’AGRICUL-
- TURE, DE L’HORTICULTURE ET DE LA SYLVICULTURE.
- Concours n° 23. — Matériel agricole et horticole.
- _ Concours n° 24. — Industries agricoles (brasserie, distillerie, meunerie, boulangerie, sucrerie, vinaigrerie, huilerie,tannerie).
- Concours n° 2 5. — Procédés et matériel de la chasse.
- SEPTIÈME GROUPE
- PRODUITS DIVERS. — PROCÉDÉS
- Concours n° 26. — Carrosserie et charronnage.
- Concours n° 27. — Bourrellerie et sellerie.
- Concours n° 28. — Matériel, procédés et produits des arts chimiques et pharmaceutiques.
- HUITIÈME GROUPE
- OUTILLAGE ET PROCÉDÉS DES INDUSTRIES MÉCANIQUES
- Concours n° 29. — Outillage et procédés des industries mécaniques.
- Concours n° 3o. — Machines à vapeur.
- Concours n° 3i. — Matériel de chemin de fer et de traction mécanique.
- NEUVIÈME GROUPE
- GÉNIE CIVIL
- Concours n° 32. — Génie civil, travaux publics, agriculture et matériaux de construction.
- DIXIÈME GROUPE
- Concours n° 33. — Matériel et procédés de l’art militaire.
- ONZIÈME GROUPE
- PRODUITS ALIMENTAIRES
- Concours n° 34. — Produits alimentaires. — Céréales, et produits farineux avec leurs dérivés. Produits de la boulangerie et de la pâtisserie. Corps gras alimentaires : laitage et œufs. Viandes et poissons. Légumes et fruits. Condiments, stimulants, sucres et produits de la confiserie. Boissons fermentées.
- TROISIÈME SECTION
- Navigation et sauvetage. — Pêche et pisciculture
- DOUZIÈME GROUPE
- NAVIGATION ET SAUVETAGE
- Concours n° 35. — Génie maritime.
- Concours n° 36. — Matériel d’incendie et de sauvetage pour les divers cas d’accident.
- TREIZIÈME GROUPE
- PÊCHE ET PISCICULTURE
- Concours n° 3y_ — Pêche et pisciculture. — Bateaux et matériel de pêche. Pêche en eau douce. Conditions économiques des pêcheurs. Commerce et économie. Eaux douces et eaux salées. Histoire et bibliographie.
- QUATRIÈME SECTION
- Commerce d'importation et d’exportation QUATORZIÈME GROUPE
- IMPORTATION ET EXPORTATION
- Concours n° 38. — Objets d’importation et d’exportation pour les colonies et spécialement pour
- le Congo. — Bibliographie et législation. Importations. Exportations. Articles d’exportation à l’usage des indigènes des contrées non civilisées. Musées commerciaux.
- CINQUIÈME SECTION
- Electricité
- QUINZIÈME GROUPE
- ÉLECTRICITÉ
- Concours n° 3g. — Applications de l’électricité. — Etude et enseignement delà science électrique. Moteurs et dynamos. Paratonnerres et parafou-dres. Télégraphie et téléphonie. Fils et câbles. Transportée la force à distance. Lampes à arc et à incandescence. Piles, accumulateurs et transformateurs d’électricité. Applications diverses: électro-chimie, galvanoplastie, etc.
- B. — Classification de l’Exposition d'importation et d’exportation
- • (Même classification que pour les Concours).
- C. — Concours spéciaux. — Concours temporaires.
- Congrès et conférences.—Fêtes et attractions
- SIXIÈME SECTION
- Concours spéciaux SEIZIÈME GROUPE
- EXPOSITIONS HORTICOLES PERMANENTES
- Concours n° 40. — Expositions horticoles permanentes dans les jardins.
- DIX-SEPTIÈME GROUPE
- ORNEMENTATION GÉNÉRALE ET INSTALLATION
- Concours n°4i.— Ornementation générale.
- Concours n° 42. — La plus belle installation dans les galeries.
- Concours n° 43. — La plus belle installation dans les jardins.
- SEPTIÈME SECTION
- Concours temporaires. — Congrès et conférences.
- Fêtes et attractions
- DIX-HUITIÈME GROUPE
- AGRICULTURE
- DIX-NEUVIÈME GROUPE
- HORTICULTURE
- VINGTIÈME GROUPE
- CONGRÈS ET EXPOSITIONS. — CONFERENCES
- VINGT ET UNIÈME GROUPE
- FÊTES ET ATTRACTIONS *
- * *
- RÉCOMPENSES
- Le Comité exécutif sollicitera, à l’occasion du grand concours international, du gouvernement la création d’un ordre.de mérite. Pour l’attribution des récompenses, il sera tenu compte de tous les objets, qu’ils fassent partie du concours international des sciences et de l’industrie proprement dit ou de l’exposition internationale d’importation et d’exportation. Les récompenses consisteront enj
- i° Prix de progrès : Le Comité exécutif espère pouvoir distribuer des primes en espèces jusqu’à concurrence de 5oo,ooo francs.
- Chacune de ces primes sera accompagnée d’un diplôme.
- 20 Prix d’honneur : Médaille d’or avec diplôme;
- 3° Prix d’excellence : Médaille d’argent avec diplôme ;
- 40 Premier prix : Diplôme de médaille d’or avec médaille dorée ;
- 5° Deuxième prix: Diplôme de médaille d’argent avec médaille argentée ;
- 6° Troisième prix : Diplôme de médaille de bronze avec médaille de bronze.
- *
- * *
- LA TOUR DE 3oo MÈTRES EN BOIS
- Paris devant posséder une tour de 3oo mètres, nous n’étonnerons personne en annonçant que Bruxelles va sous peu être dotée... d’une tour de 3oo mètres. MM. Hennebique et Nève sont les auteurs d’un projet qu’ils soumettent au public avec les lignes suivantes :
- « On parle beaucoup en ville depuis quelques jours d’un projet soumis par MM. Hennebique et Nève au comité du grand concours international des sciences et de l’industrie.
- Il ne s’agit de rien moins que d’une tour de 3oo mètres, en bois, à ériger pour 1888 dans l’enceinte de l’Exposition dont elle serait la grande attraction.
- Les auteurs de la tour belge, constructeurs, ingénieurs et architectes, sont partis de cette idée technique : la tour Eiffel est présentée au public comme le summum de ’arlt de la construction moderne au point de vue de l’utilisation des matériaux et de l’économie.
- p.550 - vue 111/496
-
-
-
- Troisième Année. — N° 11 5.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1809.
- Dimanche i3 Mars 18S7. — b b c.
- MM. Hennebique et Nève ne croient pas te'mé-raire de s’inscrire en faux contre cette thèse et, passant de la théorie à la pratique, ils ont proposé au comité de l’exposition belge non une contrefaçon de la t^ur française, mais une expression pratique et tangible de leur thèse à eux.
- La tour en bois se compose essentiellement d’une pyramide régulière de 5o mètres de côté à la base sur 3oo mètres.de hauteur. Le centre est formé d’un noyau carré de 400 mètres superficiels cantonné par 8 contreforts de i5 mètres de saillie sur 5 mètres d’épaisseur.
- C’est donc une gigantesque aiguille coupée par trois galeries posées respectivement à 60, 200 et 275 mètres de haut.
- Chaque galerie, placée comme une bague sur la tour, outre le renforcement décoratif qu’elle produit, fournit les emplacements nécessaires à l’établissement d’un vaste kursaal avec restaurant, salle de concert, etc., occupant ensemble plus de 1000 mètres de superficie, à la galerie inférieure ; d’un belvédère avec terrasses de plus de 400 mètres carrés, à la galerie intermédiaire et enfin, d’un observatoire à la galerie supérieure.
- Indépendamment des escaliers, sept ascenseurs établis dans le noyau intérieur mèneraient les visiteurs aux divers étages de la tour du haut de laquelle on découvrirait un panorama de 120 kilomètres, c’est-à-dire 24 lieues ! Le spectateur embrasserait l’horizon de Mons à Turnhout, de Terneuzen à Namur, d’Audenarde à Hasselt.
- Outre le succès de curiosité, la science et l’étude ne perdraient par leurs droits : divers points des sciences physiques et mathématiques pourraient obtenir leur solution ainsi que l’observation astronomique, l’observation militaire et l’éclairage électrique à grande distance.
- La tour, achevée dans le délai d’un an, contiendrait 10,000 mètres cubes de bois et son coût total ne dépasserait pas deux millions de francs.
- On voit d’ici quel coup de fouet cette entreprise donnerait au commerce des bois en Belgique, sans compter l’ouvrage donné à la classe ouvrière.
- On a estimé en effet que la construction de la tour représente 000,000 journées d’ouvriers, ou 1,000 ouvriers par jour pendant un an.
- La combinaison financière destinée à faire les fonds se trouverait assez aisément, étant donné le coût modique de premier établissement, la tour belge étant évaluée à deryc millions, en regardée la tour française estimée au minimum à six millions de francs.
- Si on se rappelle que l’ascension au ballon captif de Paris en 1878 coûtait 20 fr., il est à présumer que la tour belge sur 1 1/2 million de visiteurs à l’Exposition projetée, compterait sûrement 400,000 clients à 5 francs, ce qui permettrait à la Société de rentrer dans ses avances.
- . La tour demeurant parmi les « Bruxelles-Attractions » après la clôture de l’Exposition, servirait indubitablement de but d’excursion, à plus de 5,ooo voyageurs, anglais, américains, etc., qui parcourent la capitale dans le courant de l’été.
- A priori, et sans vouloir rien préjuger de la décision que les commissions techniques prendront, ce projet est à appuyer énergiquement au pointée vue de l’attrait du grand concours international et des intérêts bien compris de Bruxelles-Capitale. »
- -------—-îïiar»-© n~ --------
- SCIENCES & INDUSTRIE
- La Lampe Shaftesbury
- IA Invention décrit cette nouvelle lampe de sûreté, appelée à un grand avenir et due à M. Edward Phillips.
- Nous devons cependant faire des réserves sur la modicité de son prix qui toutefois n’est pas très élevé, puisqu’il ne dépasse pas trois francs, bien que soninventeur pense pouvoirlalivrer à meilleur prix, en lui faisant subir des transformations ultérieures.
- Cette lampe, construite en métal, selon les formes usitées, est munie d’un appareil extincteur automatique que nous allons décrire.
- Un tube central contient la mèche. Il est aplati latéralement et surmonté d’un petit chapeau extincteur, dont le fonctionnement s’établit automatiquement toutes les fois qu’on déplace la lampe.
- Pour arrivera ce résultat, on a donné à ce chapeau la disposition suivante : Un petit cadre métallique quadrangulaire est fixé par deux pivots latéraux au tube de la mèche, creusé, à cet effet, de deux fentes latérales, qui permettent au centre de pivotement un déplacement de bas en haut. Sur le côté opposé de ce cadre est fixée une tige métallique pivotant elle-même, grâce à une disposition en croix et s’enfonçant dans une direction parallèle au tube central, contenant la mèche. Cette tige traverse donc la lampe, à frottement doux, dans un petit tube, sans toutefois avoir aucune communication avec le liquide intérieur. Elle est en outre terminée à son extrémité inférieure par une boule métallique pesante et qui
- vient reposer sur le plan occupé par le pied de la lampe. Toutes les fois que la lampe est soulevée, ou bien si elle vient à être renversée, cette boule pesante entraîne la tige à laquelle elle est fixée et partant le chapeau, bascule et vient écraser la mèche qui s’éteint. D’ailleurs,la fixité du chapiteau, quand on soulève la lampe, est obtenue au moyen d’une bague à pression, située sur le pied. Nous voyons donc que, grâce à cet appareil, l’attention est toujours tenue en éveil si on vient à déplacer la lampe, et l’extinction est absolument assurée, si, faute d’attention, la lampe est soulevée ou renversée.
- *
- * ¥
- Nouvelle application de l’électricité
- ,M. James Semple, de Cincinnati, secrétaire correspondant de l’Association nationale des maîtres-plombiers, vient de trouver le moyen d’ouvrir, à distance, les soupapes de décharge des réservoirs d’eau, que ces réservoirs alimentent les cabinets de toilette ou les water-closet. Cet appareil permet de disposer le réservoir à distance et dans le local le mieux approprié à cette destination. L’ouverture de la soupape, qui livre passage à l’eau, se fait au moyen d’un clapet à bascule, muni à son extrémité opposée à la soupape d’une pièce métallique en fer doux, soumise à l’action d’un électroaimant. La fermeture du courant, chargé de mettre en action l’électro-aimant et secondairement de faire ouvrir la soupape, est obtenue au moyen d’un bouton analogue à celui des sonneries électriques et placé, par exemple, près de la cuvette à irrigation. Une petite pile actionne l’appareil, dans le cas où l’on n’a pas à sa disposition le courant qui alimente les sonneries électriques.
- ¥ ¥
- Statistiques
- En 1886 , les Etats-Unis 'ont importé pour 21,807,896 dollars de jute, de lin, de chanvre, de cordages et de toile à sac; pour environ 7,000,000 de dollars de verrerie ; 4i,63o,688 dollars de fers et d’aciers ; 6,688,195 dollars de cuirs ; 29,596,836 dollars de soies et d’articles d’habillement ; 78,914,084 dollars de sucres, mélasses et confiserie ; environ 7,000,000 de dollars de vins ; 17,403,099 dollars de laines et 43,995,212 dollars d’objets manufacturés de laines.
- En somme, le total des importations pour 1886 s’est élevé à663,4i5,845 dollars contre 699,519,430 dollars pour les exportations.
- Les navires américains ont transporté pour plus de 72 millions de dollars de ces objets d’exportation.
- *
- ¥ ¥
- Une statistique récente établit qu’il a été consommé l’année dernière aux Etats-Unis pour une valeur de 235 millions de dollars de tabacs de tous genres. L’augmentation est énorme pour les vingt années écoulées dans la production des cigares. Elle était, en 1866, de 35o millions et la consommation, vingt ans plus tard, atteignait presque 3,000,600,000.
- *
- ¥ ¥
- La Revue industrielle allemande de Kuhlow nous apprend qu’il a été exporté d’Allemagne, Tannée dernière, 375,700 kilog. d’éther et de col-lodion contre 704,400 kilog. en 1885. La France, sur ce chiffre, a reçu i58,ooo kilog., l’année dernière, contre 3,700 en i885, soit une augmentation de 154,3oo kilog. Il a été exporté, en 1886, 53,3oo kilog. d’acide picrique contre 32,700 en 1885, soit une augmentation de 20,600 kilog. L’exportation de l’éther et de l’acide picrique accuse cette année, pour janvier, un accroissement respectif de 17,000 et 7,400 kilog., accroissement dû au développement du commerce d’exportation avec la France. Celle-ci a reçu, en effet, en janvier 1887, 22,800 kilog. d’éther et 10,000 d’acide picrique contre 3oo kilog. d’une part et zéro de l’autre, en janvier 1886.
- C. H.
- LE LANGAGE INTERNATIONAL
- CONVENTIONNEL
- LANGUE DE M. VIDAL
- (Suite)
- J’ai choisi là comme exemple l’un des ordres d’idées les plus simples, ce qui permet d’affirmer que, pour les idées abstraites, une semblable classification est à peu près impossible à mener correctement à bon port; au’moins M. Vidal n’a-t-il pas résolu ce problème. C’est cependant pour y parvenir qu’il a encombr'é sa langue d’un alphabet si développé, ne contenant pas moins de 5o lettres ; car, sur ses 27 voyelles, il y en a 21 qui ne sont pour ainsi dire jamais employées dans la partie grammaticale, et qui ne servent que pour la formation des radicaux.
- Voici, au sujet de ce mode de classification, un autre exemple pris dans des idées d’un ordre différent :
- Flovu signifie ou — é — a —
- i —
- o —
- blanchissage.
- dégraisseur.
- savon.
- passer.
- amidon.
- étreindre.
- Or, en quoi les mots passer et étreindre viennent-ils se rattacher à l’idée de blanchissage ? par un bien petit nombre de leurs divers modes d’emploi. Ceci fait bien comprendre la défectuosité du système : si une classification de ce genre n’est pas parfaite — et il paraît impossible qu’elle le soit jamais — elle doit arriver à induire très souvent le lecteur en erreur.
- Grammaire
- ivi. viuai n a pose aucune réglé generale pour la construction des phrases. Il caractérise les classes de mots qui forment les diverses parties du discours par le nombre de lettres dont ils sont formés, et aussi par leur lettre finale.
- Un mot d’une seule lettre :
- Si c’est une voyelle, est un des temps du verbe être.
- Si c’est une consonne, est un pronom personnel.
- Un mot de deux lettres, une consonne suivie d’une voyelle, est le pronom personnel joint au verbe être.
- Un mot de trois lettres :
- Si la dernière est a, est un article.
- — i, o, — pronom.
- — é, — préposition.
- — œ, ou, — adverbe.
- — un son nasal, — conjonction.
- Enfin, tout mot de plus de trois lettres, s’il finit par une voyelle, est un substantif, et s’il finit par une consonne, est un adjectif.
- L’adjectif se forme en ajoutant après l’une des voyelles du substantif radical ou du verbe l’une des cinq lettres : 11, s, 1, x, gn. Chacune de ces lettres ajoutées a sa signification particulière. Ainsi:
- i° La lettre n, ajoutée après l’avant-dernière voyelle, forme les adjectifs qui ont en français la forme de participes présents ; ajoutée à la fin, elle forme le participe présent lui-même.
- Exemple Saisir, Tidi.
- Saisissant (adjectif), Tindi.
- Saisissant (participe), Tidin.
- 20 La lettre s, ajoutée à la fin du mot, forme les adjectifs participes passés.
- Ex. : Saisi, Tidis.
- 3° La lettre 1, ajoutée à latin du mot, indique la possibilité d’être, comme les désinences able et ible en français.
- Ex. : Saisissable, Tidil.
- 4° La lettre x, qui se prononce ch, indique la nature des êtres, comme eux en français :
- Grandeur, Nouno.
- Grand, Nounox.
- 5° La lettre gn forme le gérondif:
- En saississant, Tidign.
- L’adjectif ne s’accorde pas avec le substantif.
- Le verbe être a une conjugaison complète ; chaque temps consiste, comme je l’ai dit plus haut en une simple voyelle. C’est d’ailleurs, à proprement parler, le seul verbe de la langue de M. Vidal. Pour traduire tous les autres verbes, on emploie le verbe être comme auxiliaire, en le faisant suivre d’un participe présent ou passé.
- Exemple : Saisir Tidi
- Il G
- Est i
- Saisissant Tidin
- Il saisit, traduit par M. Vidal :
- il est saisissant Gi tidin
- C’est un système ingénieux, qui ne manque pas de simplicité, et auquel il n’est pas plus difficile de s’habituer qu’à tout autre mode de conjugaison.
- Le principal défaut de la langue de M. Vidal consiste donc dans un nombre de lettres beaucoup trop grand. A la prononciation, il sera impossible de les différencier nettement les unes des autres ; et pour les écrire ou les imprimer, il faudra créer des caractères nouveaux.
- De plus, M. Vidal n’a pas complètement exposé les principes de sa grammaire, et il y a bien des difficultés qu’il a passées sous silence. Mais il a, le premier après M. Sudre, et beaucoup plus correctement que celui-ci, cherché à mettre en pratique des procédés simples et généraux. Le mode de formation de ses radicaux a dû servir de guide à M. Letellier ; et son système de conjugaison des verbes a dû mettre également M. de Rudelle et M. Schleyer sur la voie de l’invention des types que ces deux savants ont adoptés.
- LANGUE DE M. OCHANDO
- Projet d’une langue universelle par M. l’abbé Bonifacio Soros Ochando, Paris, Lecoffre , 29, rue du Vieux-Colombier 185 5. ’
- M „ l’abbé Ochando, prêtre espagnol, a publié en i855 l’ouvrage dont le titre est ci-dessus indiqué.
- p.551 - vue 112/496
-
-
-
- LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE 1889.
- 552. — Troisième Année. — N° ii5.
- Dimanche i3 Mars 1887.
- Comme M. Vidal, il émet l’idée que les radicaux doivent être formés d’une manière systématique, ; mais il n’en donne que quelques exemples, et n’a point essayé d’entreprendre la classification des conceptions humaines. Il n’a émis sur, la plupart des points que des idées générales, et l’on ne peut guère le considérer comme ayant proposé une langue universelle.
- LANGUE DE M. PIRRO
- Langue universelle, par Pirro. Rétaux, éditeur, x5, ° rue Cujas, 1868
- M. Pirro, linguiste italien, a publié en 1868 un ouvrage où il propose une langue universelle. M. Pirro emprunte ses radicaux principalement, et même pour ainsi dire d’une manière exclusive à la langue latine; et il ne donne que des indications insuffisantes sur les règles de grammaire qu’il adopte, qu’il rejette, ou qu’il croit devoir laisser facultatives.
- Pour conjuguer le verbe, il laisse le radical invariable, et il le fait précéder des pronoms personnels. Ainsi, le verbe être se conjugue comme suit :
- Etre Esen Etant Esant Eté Esed.
- Je suis Tu es Il est
- Nous sommes Vous êtes Ils sont
- ï ese Tu ese 11 ese Nos ese Vos ese lli ese.
- On trouve encore dans ces pronoms personnels une reproduction presque littérale de la langue latine, au lieu d’une certaine analogie de formes, qui aurait permis à la mémoire de les retenir plus facilement, et qui en même temps les aurait rendus plus simples.
- M. Pino ajoute : « Nous ne donnons pas de règles de syntaxe ; chacun est libre de suivre les usages de sa propre langue. Cependant nous conseillons la construction employée dans ses exemples ». Cette construction, que M. Pirro suit plus ou moins strictement dans les phrases citées dans son ouvrage, est à peu près la construction française : Sujet, verbe, régime direct, régime indi-rect.
- L’œuvre de M. Pirro doit donc être considérée comme n’étant pas suffisamment complète; il n’a guère donné que l'aperçu d’un projet de langue universelle.
- Emile Dormoy.
- (A suivre.)
- LES LIVRES
- c
- Lettres inédites de MVe de Lespinasse à Condorcet, à d’Alembert, à Guibert. au comte de Grillon publiées avec des lettres de ses amis, des documents nouveaux et une Etude par M. Charles Henry, x vol.in-18. E. Dentu, éditeur, 1887.
- MUe de Lespinasse a beaucoup aimé et, quoiqu’elle ait beaucoup écrit, il lui a été pardonné parce qu’elle a aimé sincèrement et qu’elle a écnt éloquemment. C’est même elle, on peut le dire, qui a, la première et presque la seule en ce siècle charmant, mais quelque peu égoïste et frivole, dont Sénac de Meilhan disait que les grandes passions y étaient aussi rares que les grands hommes, parlé le langage de la passion. C'est ce qui rend ses Lettres en dehors de l’étude psychologique qu’elles permettent de pousser à fond sur un cœur de femme que dévore la passion tout entière à sa proie attachée, si intéressantes pour le moraliste qui y cherche et y trouve un document décisif sur les variations du langage et des mœurs de l’amour en cette période de 1760 à 1775, c’est-à-dire à la fin du règne de Louis XV. L’influence de Rousseau domine encore et se fait sentir jusque dans les confidences si sincères, les plaintes si pénétrantes d’une Julie qui vit son roman, qui n’est pas non plus comme son ennemie intime, Mme du Deffand se vantait de l’être, sans tempérament, qui éprouve les sentiments qu’elle dépeint en traits de feu, qui en vit et qui en meurt, la flamme ayant bientôt, à ce feu terrible, consumé le boisseau. Un peu plus tard, nous aurons .l'amour Louis XVI, l’amour à la sensibilité, à la bienfaisance, l’amour mêlant l’homme et l’humanité et prenant la nature à témoin de ses vicissitudes, de ses transports, de ses espérances, de, ses joies, de ses douleurs, de ses désespoirs. La nature tient peu de place dans les passions de Mlle de Lespinasse. Ce.sont des passions intimes, dont le drame est tout intérieur, qui regardent couler le sang de leurs blessures et les larmes de leurs regrets dans la solitude d’un salon ou d’un boudoir, sous les rideaux de l’alcôve où veille l’insomnie, ou devant la table à écrire où la plume galope à bride abattue sous l’aiguillon du sentiment et brode de variations inépuisables un thème monotone.
- Sous Louis XVI, l’amour est plus tendre, plus doux. Il a la curiosité,le goût des costumes étran-
- gers et des paysages nouveaux. Il va au théâtre, au bal, il court les eaux, à Barèges ou à Spa, il est rêveur et langoureux, et charmant quand il s’exprime par la plume d’une femme dont la beauté chiffonnée, la grâce mutine ont précisément le charme. Madame de Sabran, par exemple, écrivant au chevalier de Boufflers exilé, et recevant, en échange des commérages de Versailles, les pages du gouverneur du Sénégal, où l’on entend comme un prélude de ce sentiment nouveau de la nature que Bernardin de Saint-Pierre et Chateaubriand apprendront aux générations suivantes
- Sous Louis XVI on fait l’amour à l’anglaise, à la Richardson, à la Paméla, à la Clarisse Harlove, en attendant qu’on le fasse sous le Directoire et sous l’Empire à la Werther et à la René, avec l’habit bleu barbeau et le pistolet du premier, avec le manteau de rêverie nocturne et la harpe ossia-nesque du second.
- Mais revenons à notre sujet, et disons que l’intérêt littéraire et l’intérêt moral des lettres de Mme de Lespinasse tiennent précisément à ce que nous leur devons l’impression juste, la sensation vraie et par moments émouvante, d’un sentiment sincère et profond, parlant à la fois la langue de son temps et la langue de tous les temps, à ce qu’elles constituent, en un mot, à la fois un témoignage historique et, puisque le mot est à la mode aujourd’hui, un document humain.
- Ce n’est pas que la publication très intéressante de M. Charles Henry, précédée d’une Etude un peu vive de ton, et frappant un peu fort mais du moins frappant juste, appartienne à la série des Lettres d’amour. La gamme a été épuisée par les lettres au comte de Guibert déjà tant de fois publiées depuis le jour où Mme de Courcelles, comtesse de Guibert, eut l’idée de publier les Lettres à son mari de la femme malheureuse et charmante qui fut sa maîtresse, antérieurement et peut-être postérieurement au mariage, comme un trophée du triomphe de sa beauté ou un témoignage de sa clémence envers une rivale et un infidèle posthumes : le tout à l’instigation et avec la collaboration de Barère, qui fut peut-être aussi le consolateur de la veuve. Quoi qu’il en soit de ses mobiles,nous lui devons ce monument d’éloquence dans la passion, ce chef-d’œuvre de la langue et du style de l’amour qui s’appelle les Lettres au comte de Guibert, successeur du comte de Mora dans le cœur de l’ardente et perpétuelle inamo-rata, appassionata.
- Julie de Lespinasse, enfant de l’amour et de l’amour adultère, celui qui rougit et se cache et rase les murs pour embrasser son fruit à la dérobée, après avoir été quelques années la demoiselle de compagnie d’une vieille jadis galante, puis sceptique, spirituelle comme. Voltaire (la femme-Vol-taire, a dit Villemain), Mrae du Deffand, qui ajoutera aussi au clavier de l’égoïsme et de l’ennui des notes nouvelles, rompt brusquement avec son acariâtre bienfaitrice pour avoir commis le crime de cultiver furtivement ses amis, de lui voler ou de lui prendre, car ils se donnèrent volontiers, les habitués de son salon. Ces usurpations, ces infidélités, ces rivalités de domination 11e se pardonnent pas, entre femmes surtout. De là, conflit non sans scandale, et élévation de puissance contre puissance, de salon contre salon. Lès amis, les amies se coalisent, se cotisent et l’expulsée du couvent Saint-Joseph(aujourd’hui le ministère de la guerre) prend un petit appartement qu’elle paie qo livres par an, et s'installe dans la maison rue Saint-Dominique, où elle a bientôt d’Alembert pour colocataire et pour commensal. Pendant sept ans, elle s’essaye à l’amour avec cet homme peu fait pour l’amour, ce géomètre, ce philosophe qui avait un cerveau à la place du cœur, comme Fon-tenelle. Puis, c’est le marquis de Mora, jeune et noble Espagnol, qui réalise l’idéal rêvé, au point que, à 3o ans, il meurt poitrinaire, laissant Julie toujours hystérique, quelque peu phtisique et inconsolable, jusqu’au jour où elle rencontre le comte de Guibert qu’elle aime de toutes les forces du dernier amour, alors qu’il a bien de la peine à se maintenir au niveau de la tendre amitié, et qu’il se marie enfin raisonnablement, laissant Julie de Lespinasse se refaire, à force d’amitiés variées, la monnaie de l’amour qui lui manque.
- M. Charles Henry nous donne les lettres à Condorcet, c’est-à-dire les lettres de l’amie. Mais les femmes mettent de l’amour jusque dans l’amitié et c’est une amitié tout à fait tendre que celle qui unit Julie à Condorcet, à Turgot, à Suard. Il serait bien intéressant pour nous d’avoir les lettres du comte de Mora à Julie et les lettres de Julie au comte de Mora.' Mais d’Alembert, sur un ordre testamentaire, a brûlé les premières, non sans les lire peut-être malgré la discrétion imposée. Poulies autres, Mlle de Lespinasse les réclama en vain et chercha en vain à les ravoir. Elles font partie des papiers de la succession du comte mort à Bordeaux. Peut-être un jour les découvrira-t-on. Nous n’avons, en ce moment, en fait de lettres d’amour de Julie que celles à Guibert, et en fait de lettres d’amitié que celles à Condorcet. Ces deux groupes de.lettres sont caractéristiques, typiques. Il faut savoir gré à M. Charles Henry de nous avoir donné les lettres à Condorcet, où il y a plus d’un trait, plus d’un mot décisif à glaner au point
- de vue de la connaissance de la femme en général, de la femme dans Julie et de l’étude de ce sentiment complexe qu’on appelle l’amitié entre homme et femme.
- En somme, volume intéressant, très étudié, très bien annoté qui fait honneur à son éditeur, et qui doit prendre place dans ce rayon choisi où les hommes d’esprit et les femmes de goût donnent l’hospitalité, aux poètes, aux héros et aux victimes de l’amour.
- M. de Lescure.
- —=--rrsHSHg)^^—1—=-—
- LES THEATRES
- Nouveau-Cirque : La Fëria de Sdvilla, pantomime.
- En fait de nouveautés dramatiques, la semaine qui vient de s’écouler — vraie semaine de carême — ne nous a offert que la primeur d’une pantomime au Nouveau-Cirque de la rue Saint-Honoré. Et encore peut-on douter que le cadre ingénieux qui sert de prétexte à M. Oller, pour nous montrer sous une nouvelle face toutes les ressources dont dispose le Nouveau-Cirque, réunisse bien les éléments de la pantomime.
- Momentanément privé d’eau et par suite forcé de supprimer de son programme les exercices nautiques qui firent la fortune de son établissement, M. Oller a dû s’ingénier à trouver le moyen d’utiliser quand même sa piscine mise à sec et d’éviter que cette fâcheuse situation s’étendit jusqu’à sa caisse. La Féria de Séville, en espagnol, de ce côté-ci des Pyrénées la Foire de Séville, a apporté à ce problème la plus heureuse des solutions.
- Les exercices équestres et gymniques qui remplissent, comme dans tout Cirque qui se respecte, les deux premières parties du programme terminés,on apporte sur la piste un plancher mobilesur lequel se dressent des tables surchargées de grenades et de pastèques : voici pour le décor. Ceci, étant donnée l’absence d’eau qui fait ressembler au Mançanarès la piscine du Nouveau-Cirque ne manque pas de couleur locale. Mais voici qu’Es-pagnols et Espagnoles, tous des plus authentiques, entrent en scène et les divertissements commencent amenés par une intrigue simple et facile à suivre. Un jeune hidalgo pauvre comme Job courtise une Manola que sa mère lui refuse absolument pour cause de pauvreté. Mais voilà que le dieu Amour, favorisant* le candidat évincé, lui fait gagner le gros lot à la loterie. Revirement immédiat delà duègne et célébration des fiançailles au milieu d’une tête très espagnole dans laquelle on a applaudi à tout rompre le pas de la Petenara dansé par Mlle Carmencita, la pantomime du Toréador jouée et dansée par Mlle Cuença, et la Nina chantée avec accompagnement de castagnettes par Mlle Dolorès, trois appétissantes tra-los-montaises.
- Jusque-là le rôle de la piscine est assez effacé, mais rassurez-vous. Sur un signe, voici que le plancher mobile s’enfonce découvrant peu à peu un décor, reproduction très heureuse d’une arène espagnole : voici le toril et la loge de l’alcade,,où la prima-spada vient recevoir la clé. Dans ce décor très gai et très exact se discutent les péripéties grotesques d’une course espagnole dans laquelle le taureau est figuré par deux clowns manœuvrant un mannequin, tandis que les toréadors sont les autres clowns du Nouveau-Cirque. Puis, le plancher s’enfonce à nouveau pour vous montrer dans le second dessous, dans le chatoiement des costumes bariolés, le triomphe du toréador auquel prend part une estudiantina très bien conduite par M. Ostolange.
- Ces deux dernières parties, par l’ingéniosité de leur mise en scène, ont décidé d’un succès qui va permettre à M. Oller d’attendre sans impatience le moment où .remise en état, la fameuse piscine du Nouveau-Cirque pourra être rendue à sa destination première.
- Georges Grisier.
- BIBLIOGRAPHIE
- Les Poèmes à tou£ crins par Tancrcde Martel, 1 vol.
- (Alplfonse Lemerre, éditeur)
- La maison Lemerre vient de mettre en vente un volume de vers d’une inspiration à la fois émue et légère, et où tous les secrets, toutes les séductions de l’art rythmique sont prodigués. Les Poèmes à tous crins, de M. Tancrède Martel, fourmillent de jolies pièces. Il y a là des ballades d’un tour bien parisien et des sonnets qui dénotent un réel tempérament lyrique. Sans compter que l’auteur est un des derniers fervents de la belle et vieille langue française, claire et alerte. Qui ne voudrait lire la Ballade (déjà célèbre) des deux Coquelin et la spirituelle pièce où l’auteur demande une statue pour Théophile Gautier ?
- Le Gérant, GARREAU.
- Tours. — lmp. E. ARRAULT et Cie, rue de la Préfecture, 6.
- p.552 - vue 113/496
-
-
-
- Le Moniteur
- DE
- L'EXPOSITION DE 1889
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
- TROISIÈME ANNEE. Dimanche 20 Mars 1887. NUMÉRO 116.
- SOMMAIRE :
- 1, L’Exposition de 1889 ; 2. Arrêtés ; 3. Comité départemental du Gard ; 4. Comité départemental de l’Aude ; 5. Comité départemental de l’Ariège ; 6. Comité départemental du Nord ; Adjudication en en lot ; 8. Notre Gravure ; 9. Echos ; 10. Sciences et industries ; 11. Les Livres ; 12. Avis commerciaux.
- ARRÊTÉ
- Relatif aux Comités d’admission de l’Exposition de 1889
- Le ministre du commerce et de l’industrie, Arrête :
- Vice-président
- M. Kaempfen, directeur des beaux-arts.
- Secrétaire
- M. Baumgart, chef du bureau des travaux d’art et des manufactures nationales.
- Secrétaire adjoint
- M. Bigard Fabre, sous-chef du bureau des travaux d’art et des manufactures nationales.
- Membres
- classe 1 : Peinture à l'huile. —classe 2 : Peintures diverses et dessins
- Arago (Etienne), conservateur du musée national du Luxembourg.
- Bonnat (Léon-J.-P’.), artiste peintre, membre de l’Institut.
- Bouguereau (William-A.), artiste peintre, membre de l’Institut.
- Boulanger (Gustave-A.), artiste peintre, membre de l’Institut.
- Breton (Jules-A.), artiste peintre, membre de l’Institut.
- Cabanel (Alexandre), artiste peintre, membre de l’Institut.
- Gabat (Louis-Nicolas), artiste peintre, membre de l’Institut.
- Clément (Charles), critique d’art.
- Cormon (Fernand), artiste peintre.
- Delaunay (Elie) , artiste peintre, membre de l’Institut.
- Français (François-L.), artiste peintre.
- Gérôme (Jean-L.), artiste peintre, membre de l’Institut.
- Guillaumet (Gustave), artiste peintre.
- Harpignies (Henri), artiste peintre.
- Havard (Henry), critique d’art.
- Hébert (Ernest), artiste peintre, membre de l’Institut.
- Henner (J.-J.), artiste peintre.
- Laurens (Jean-Paul), artiste peintre.
- Lefebvre (Jules-J.), artiste peintre.
- Lenepveu (Jules-E.), artiste peintre, membre de l’Institut.
- Mantz (Paul), directeur général honoraire des beaux-arts.
- Meissonier (Jean-L.-E.), artiste peintre, membre de l’Institut.
- Moreau (Gustave), artiste peintre.
- Muller (Gharles-L.), artiste peintre, membre de l’Institut.
- Pu vis de Chavannes (Pierre), artiste peintre.
- Robert-Fleury (Joseph-N.), membre de l’Institut.
- Rousseau (Philippe), artiste peintre.
- Signol (Emile), membre de l’Institut. classe 3. — Sculptures et gravures en médailles
- Barrias (Louis-E.), sculpteur statuaire, membre de l’Institut.
- Bonnassieux (Jean), sculpteur statuaire, membre de l’Institut.
- Burty (Philippe), inspecteur des beaux-arts.
- Gavelier (Jules~P.), sculpteur statuaire, membre de l’Institut.
- Chaplain (Jules-C.),graveur en médailles,membre de l’Institut.
- Chapu (Henri-J.-M,),sculpteur statuaire, membre de l’Institut.
- David (Adolphe), graveur sur pierres fines.
- Degeorge (Charles-J.M.), sculpteur, graveur en médailles.
- Delaplanche ('Eugène), sculpteur statuaire.
- Dubois (Paul), sculpteur statuaire, membre de l’Institut.
- Falguière (Jean-A.-J.), sculpteur statuaire, membre de l’Institut.
- Frémiet (Emmanuel), sculpteur statuaire.
- Guillaume (Claude-J.-B.-E), sculpteur statuaire, membre de l’Institut.
- Lafenestre (Georges), inspecteur des beaux-arts.
- Mercié (Marius),"sculpteur statuaire.
- Millet (Aimé), sculpteur statuaire.
- Ronchaud (de), directeur des musées nationaux et de l’école du Louvre.
- L’EXPOSITION UNIVERSELLE
- DE 1889
- La commission de contrôle et de finances ne s’est pas réunie vendredi dernier.
- M. Lockroy, ministre du commerce, doit réunir lundi ou mardi prochain tous les jurys d’admission de l’Exposition, dans une séance générale qui aura lieu à la salle Saint-Jean, à l’Hôtel de ville.
- Le nombre des membres ainsi convoqués est de 1,5oo.
- M. Lockroy doit leur adresser un discours dans lequel, après avoir rappelé le mode d’organisation et de fonctionnement de l’Exposition, il indiquera les devoirs qui incombent aux différents jurys.
- ARRÊTÉ
- Complétant le système de classification générale de l’Exposition universelle de 1889
- Le ministre du commerce et de l’industrie, Arrête :
- Il est ajouté au neuvième groupe de la classification générale deux nouvelles classes, savoir :
- classe n° 84. — Agronomie. — Statistique agricole
- Etudes sur le sol, les eaux, les climats, les populations rurales ; répartition des territoires, des cultures.
- Statistiques agricoles ; _ cartes agrologiques, hydrographiques, climatériques ; cartes agronomiques. Tableaux, dessins, modèles.
- Stations agronomiques, laboratoires agricoles.
- Syndicats, sociétés et comices agricoles.
- Institutions de crédit, de bienfaisance, de protection pour les populations rurales, crédit foncier, banques agricoles, banques populaires ; caisses d’assurance, d’épargne, etc.
- Mesures législatives ; code rural; lois spéciales. Administration officielle de l’agriculture ; travaux et publications. Missions agricoles.
- classe n° 85. — Organisation, méthode et matériel de l’enseignement agricole
- Plans, modèles et programmes des écoles primaires agricoles, des orphelinats agricoles, des fermes-écoles ou écoles d’apprentissage.
- Méthodes et matériel d’enseignement, champs d’expériences, etc...
- Travaux des élèves.
- Plans et modèles des écoles pratiques d’agriculture, des écoles spéciales de viticulture, d’horticulture, de sylviculture, etc.
- Méthodes et matériel d’enseignement.
- Travaux des maîtres; spécimens des travaux des élèves.
- Plans et modèles des écoles nationales d’agriculture, des académies agricoles. — Ecoles vétérinaires. — Ecoles de sylviculture. — Ecoles supérieures d’agriculture; instituts agronomiques.
- Méthodes et matériel d’enseignement.
- Travaux des professeurs ; spécimens des travaux des élèves.
- Edouard Lockroy.
- Art. 1e1'.— Il est institué à Paris, auprès de la direction générale de l’exploitation, 84 comités d’admission, le premier pour les classes 1 et 2 de la classification générale, et les quatre-vingt-trois autres correspondant aux classes 3 à 85.
- Art. 2. — Ces comités sont chargés d’examiner toutes les demandes d’admission provenant de Paris, des départements, des colonies françaises et des pays placés sous le protectorat de la France.
- Art. 3. — Le bureau de chaque comité de classe est nommé à l’élection.
- Il se compose d’un président, d’un vice-président, d’un rapporteur et d’un secrétaire.
- Art. 4. — Il est institué, en outre, pour chaque groupe, un comité de groupe.
- Ce comité se compose des présidents de tous les comités de classe du groupe. $
- Il élit son président et appelle aux fonctions de secrétaire le secrétaire de la classe'dont le président a été élu président du comité de groupe.
- Les rapporteurs des comités de classes assistent à ses séances avec voix consultative.
- Art. 5. — Le comité de groupe connaît de toutes les contestations qui peuvent s’élever, soit dans un comité de classe du groupe, soit entre les différents comités de classe du même groupe, au sujet de la répartition des espaces à occuper, des renvois de demandes d’admission d’une classe à l’autre et des communications ou agencements communs à établir entre les différentes stalles ou galeries affectées aux classes du groupe.
- Art. 6. —Il est institué enfin un comité supérieur de révision, composé des présidents de tous les comités de groupe.
- Son bureau est composé d’un président,de deux vice-présidents et de deux secrétaires nommés par le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général, en dehors des membres des comités d’admission.
- Les secrétaires des comités de groupe assistent à ses séances, avec voix consultative.
- Art. 7. — Le comité supérieur de révision connaît de toutes les contestations qui peuvent s’élever entre les différents groupes, et il est chargé de dresser la liste générale et définitive des exposants français admis.
- Art. 8. — Le directeur général de l’exploitation peut assister à toutes les séances des comités de classe, des comités de groupe et du comité supérieur de révision.
- Il peut se faire suppléer par le chef du service des sections françaises, le chef du service mécanique et électrique et le chef du service des installations intérieures, en ce qui concerne leur service respectif.
- Paris, le 11 mars 1887.
- Le ministre du commerce et de l'industrie, commissaire général,
- Edouard Lockroy.
- --- —.------»-----------------------------
- ARRÊTÉ
- Nommant les membres des Comités d’admission de l’Exposition de 1889
- (classe i à la CLASSE 29)
- Le ministre de l’instruction publique et des beaux-arts,
- Arrête :
- Le jury d’admission de l’Exposition nationale des beaux-arts en 1889 est constitué ainsi qu’il suit :
- Président
- Le ministre de l’instruction publique et des beaux-arts.
- p.553 - vue 114/496
-
-
-
- 554- — Troisième Année. — N° 116.
- LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE 1889. Dimanche 20 Mars 1887.
- Thomas (Gabriel-J.), sculpteur statuaire, membre de l’Institut.
- Classe 4. — Dessms et modèles d’architecture
- André (Louis-J.), architecte, membre de l’Institut.
- Bailly (Antoine-N.), architecte, membre de l’Institut.
- Baudot (Joseph-E.-A. de), architecte.
- Bœswillwald (Emile), architecte.
- Comte (Jules), directeur des bâtiments civils et palais nationaux.
- Daumet (Pierre), architecte), membre de l’Institut.
- Diet (Arthur-N.), architecte, membre de l’Institut.
- Garnier (Jean-L.-C.), architecte, membre de l’Institut.
- Ginain (Paul), architecte de la ville de Paris, membre de l’Institut.
- Guillaume (Edmond-J.-B.), architecte du Gouvernement, architecte des palais nationaux du Louvre et des Tuileries.
- Poulin, directeur honoraire des bâtiments civils et palais nationaux.
- Questel (Charles-A.), architecte du service des bâtiments du Sénat, membre de l’Institut.
- Ruprich-Robert, architecte, inspecteur général des monuments historiques.
- Vaudremer (Joseph-Auguste-Emile), architecte de la ville de Paris, membre de l’Institut.
- classe 5. — Gravures et lithographies
- Bertinot (Gustave), artiste graveur, membre de l’Institut.
- Delaborde (vicomte Henri), secrétaire perpétuel de l’académie des beaux-arts.
- François (Alphonse), artiste graveur, membre de l’Institut.
- Hédouin (Edmond), artiste graveur.
- Henriquel - Dupont (Louis), artiste graveur, membre de l’Institut.
- Le ministre de l’instruction publique et des beaux-arts, Berthelot.
- Le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général,
- Edouard Lockroy.
- Le ministre du commerce et de l’industrie, Arrête :
- Sont nommés membres des comités d’admission pour les classes 6 à 85, savoir :
- GROUPE II
- classe 6. — Education de l’enfant. — Enseignement primaire. — Enseignement des adultes
- Bersier (le pasteur) (Eugène), de l’Eglise réformée de Paris.
- Bonjean (Georges), président de la société générale de protection pour l’enfance abandonnée ou coupable.
- Brœunig, sous-directeur de l’école alsacienne.
- Brueyre, chef de la division des enfants assistés de la Seine à l’assistance publique.
- Buisson (F.), inspecteur général de l’instruction publique, conseiller d’Etat.
- Chariot (Marcel), président de l’union française de la jeunesse.
- Guissart, inspecteur primaire.
- Dreyfus (Ferdinand), ancien député, membre du conseil supérieur de l’agriculture.
- Franck-Puaux, membre du conseil supérieur des colonies.
- Gaufrés, conseiller municipal de Paris.
- Grosselin, chef du service de la sténographie à la Chambre des députés.
- Hérédia (de), député de la Seine, président de l’association philotechnique.
- Joseph (le frère), supérieur général de l’institut des frères des écoles chrétiennes.
- Lapommeraye (Henri de), homme de lettres, président de l’association philotechnique.
- Macé (Jean), sénateur., président de la ligue de l’enseignement.
- Maillé, inspecteur primaire honoraire.
- Mézières, député de Meurthe-et-Moselle, membre de l’Académie française.
- Resbecq (E. de Fontaine de), ancien sous-directeur de l’enseignement primaire.
- Robertet, chef de bureau au ministère de l’instruction publique et des beaux-arts.
- Schrader (Franz), secrétaire général du club
- alpin. , . , , .
- Suzanne, fabricant de materiel scolaire.
- Trélat (Emile), architecte, professeur au conservatoire national des arts et métiers.
- Vian, industriel, conseiller général de Seine-et-Oise.
- classe 7. — Organisation et matériel de l’enseignement secondaire
- Bailly, chef de bureau au ministère de l’instruction publique et des beaux-arts.
- Baudot (Aude), architecte du gouvernement.
- Beaujean, inspecteur de l’Académie de Paris.
- Billotte (René), chef de bureau au ministère de l’instruction publique et des beaux-arts.
- Bœswillwald, architecte de la Sainte-Chapelle, inspecteur général des monuments historiques.
- Bos, inspecteur de l’Académie de Paris.
- Boutan, inspecteur général de l’enseignement secondaire.
- Cahen (Albert), vice-président de la société des anciens élèves des écoles d’arts et métiers.
- Dupré, inspecteur de l’Académie de Paris.
- Gay, chef de bureau au ministère de l’instruction publique et des beaux-arts.
- Girard (J ), proviseur du lycée Condorcet.
- Glachant, inspecteur général de l’enseignement secondaire.
- _Godart(A.), membre du conseil supérieur de l’instruction publique, directeur de l’école Monge.
- Grenier, proviseur du lycée Henri IV.
- Hardy (L.-Amédée), architecte du gouvernement.
- Jacquemart (Paul), ingénieur civil, inspecteur général des écoles d’arts et métiers et de renseignement technique.
- Jourdan (E.), ingénieur civil, directeur de l’école des hautes études commerciales.
- Lenglier, proviseur du lycée Charlemagne.
- Morel, inspecteur de l’Académie de Paris.
- Sée (Camille), ancien député, conseiller d’Etat.
- Siegfried (Jacques), membre de la commission permanente du conseil supérieur de l’enseignement technique.
- Vaudremer, architecte, membre de l’Institut.
- Zévort, inspecteur général de l’enseignement supérieur, conseiller d’Etat, directeur de l’enseignement secondaire au ministère de l’instruction publique et des beaux-arts.
- Classe 8. — Organisation, méthodes et matériel de l’enseignement supérieur
- Angot (Alfred), météorologiste titulaire au bureau central météorologique.
- Arsonval (A. d’), directeur du laboratoire de physique biologique au collège de France.
- Barbe (le général), commandant l’école polytechnique.
- Becquerel (Henri), ingénieur des ponts et chaussées.
- Beudant, doyen de la faculté de droit de Paris.
- Boutmy, membre de l'institut, directeur de l’école libre des sciences politiques.
- Cauvet, directeur de l’école centrale des arts et manufactures.
- Charmes (Xavier), directeur du secrétariat et de la comptabilité au ministère de l’instruction publique et des beaux-arts.
- Dreyfus-Brissac (Edmond), rédacteur en chef de la Revue internationale de l’enseignement.
- Gréard (Octave), membre de l’Académie française et de l’académie des sciences morales et politiques, vice-recteur de l’académie de Paris.
- Hébert, membre de l’Institut, doyen de la faculté des sciences de Paris.
- Jaccoud, membre de l’académie de médecine.
- Jannetaz, aide naturaliste au Muséum.
- Liard, directeur de l’enseignement supérieur au ministère de l’instruction publique et des beaux-arts.
- Marie, directeur du commerce extérieur au ministère du commerce et de l’industrie.
- Nénot (H.-P.), architecte de la Sorbonne.
- Perrot, membre de l’Institut, directeur de l’école normale supérieure.
- Planchon, directeur de l’école supérieure de pharmacie, membre de l’académie de médecine.
- Rouché, professeur au Conservatoire national des arts et métiers.
- Saint-Arroman (Raoul de), secrétaire de la commission des missions artistiques et littéraires.
- Classe 9. — Imprimerie et librairie
- Alary, ouvrier typographe, président du conseil des prud’hommes pour les industries diverses.
- Barré (R.), directeur de l’association ouvrière de 1’ « Imprimerie nouvelle »
- Beraldi, vice-président du conseil d’administration des chemins de fer de l’Etat.
- Cassigneul (D.), imprimeur.
- Chaix (A.), imprimeur éditeur.
- Charpentier (Georges), libraire-éditeur.
- Delalain (Paul), libraire-éditeur, président du cercle de la librairie.
- Desjardins (G.), chef du bureau des archives au ministère de l’instruction publique et des beaux-arts.
- Doniol, membre de l’Institut, directeur de l’Imprimerie nationale.
- Dupont (Paul), libraire éditeur.
- Durand, éditeur de musique.
- Fouret (René), de la maison Hachette et Cie.
- Gauthier-Villars, libraire-éditeur.
- Hetzel (Jules),libraire- éditeur.
- Heumann, typographe.
- Jezierski, directeur du Journal officiel.
- Jouaust père, imprimeur typographe.
- Jousset (Gabriel), imprimeur typographe , président de la chambre syndicale des imprimeurs.
- Lahure, imprimeur.
- Ledeiey, phototypeur.
- Magimel (Edmond),de la maison Didot, libraire-éditeur.
- Masson (Georges), libraire-éditeur.
- May (Henri), de la maison Quantin, libraire-éditeur.
- Ollendorff (Paul)? libraire-éditeur.
- Plon (Eugène), libraire-éditeur.
- classe 10.— Papeterie, reliure, matériel des arts, de la peinture et du dessin
- Beraldi (Henri), bibliophile.
- Blancan (Ch.), fabricant d’enveloppes de lettres.
- Choquet, fabricant de papiers, président de la chambre syndicale du papier et des industries qui le transforment.
- Codet (Jean),ancien député, président de l’union des fabricants de papier de France.
- Dumont, directeur des papeteries du Marais et de Sainte-Marie.
- Engel (père), relieur.
- Firmin-Didot (Paul), fabricant de papiers.
- Fortin (Ch.), papetier-imprimeur.
- Gratiot (Georges), négociant en papiers, président de la chambre syndicale des marchands de papiers en gros.
- Haro (Jules), peintre expert.
- Hild, fabricant de cartes en feuilles.
- Laroche-Joubert (A.), député, fabricant de papier.
- Adent (A.), fabricant de papiers.
- Vacquerel (Eugène), fabricant de cartons.
- Valdampierre, fabricant de cartonnages.
- classe 11. —Application usuelle des arts du dessin et de la plastique
- Bapst (Germain), publiciste d’art.
- Bouasse-Lebel, éditeur d’estampes et d’objets de piété.
- Boussenot (G.), membre du syndicat des graveurs dessinateurs.
- Caïn (Georges), artiste peintre.
- Champenois, imprimeur lithographe, vice-président de la chambre des imprimeurs lithographes de Paris.
- Chardon (Charles) ainé, imprimeur en taille douce, membre des comités d’installation à l’Exposition de Paris 1878.
- Flandrin (A.), sculpteur ornemaniste, membre des comités d’installation à l’Exposition de Paris 1878.
- Galland, artiste peintre, directeur des travaux d’art de la manufacture nationale de tapisseries-des Gobelins.
- Gaulard, graveur en camées.
- Gillot (Charles), graveur héliographe.
- Grimaud (B.-P.), fabricant de cartes à jouer.
- Lavastre (J.-B.), peintre décorateur de l’Opéra.
- Lechevalier-Chevignard, artiste peintre,
- Louvrier de Lajolais, directeur de l’école nationale des arts décoratifs.
- Proust (Antonin), député, ancien ministre des arts, président de l’union centrale des arts décoratifs.
- Rossigneux (Charles), architecte décorateur.
- Roty, graveur en médailles.
- Valadon, éditeur d’ouvrages artistiques.
- Vidal (Léon), publiciste, vice-président de la chambre syndicale de la photographie.
- classe 12. — Epreuves et appareils de photographie
- Audrat, photographe.
- Balagny, photographe.
- Colson (René), capitaine du génie.
- Darlot, opticien, conseiller municipal de Paris.
- Davanne (A.), président du comité de la société française de photographie.
- Fleury-Hermagis, fabricant d’instruments d’optique et de fournitures pour la photographie.
- Fribourg (Arthur-Sylvain), chef de bataillon du génie hors cadre
- Guilleminot, fabricant de produits et appareils pour la photographie, vice-président de la chambre syndicale de la photographie.
- Kraft (Hugues), photographe.
- Lévy (Georges), photographe, président de la chambre syndicale de la photographie.
- Poulenc, fabricant de produits chimiques.
- classe i3. — Instruments de musique
- Ackermann, gérant de la société ouvrière des facteurs de pianos.
- Blondel (de la maison Erard), facteur de pianos.
- Boll, fabricant de caisses pour pianos.
- Bord, facteur de pianos.
- Cavaillé-Coll, facteur de grandes orgues, président de la chambre syndicale des instruments de musique.
- Couesnon, fabricant d’instruments de musique.
- Dumoustier de Fredilly, chef de bureau au ministère du commerce et de l’industrie.
- Gand, luthier du conservatoire et de l’Opéra.
- Lecomte (Eugène), amateur et collectionneur.
- Lion (Gustave), directeur de la maison Pleyel Wolff et Cie.
- Mille, fabricant d’instruments de musique.
- Mustel, fabricant d’instruments de musique.
- T h i b o u v il 1 e - L a m y, fabricant d’instruments de musique, vice-président de la chambre syndicale des instruments de musique.
- Thomas (Ambroise), membre de l’Institut, directeur du conservatoire national de musique et de déclamation.
- p.554 - vue 115/496
-
-
-
- Troisième Année. — N° 116.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1SS9.
- Dimanche 20 Mars 1887.
- 555.
- Classe 14. — Médecine et chirurgie. — Médecine vétérinaire et comparée Berger (Paul), chirurgien des hôpitaux. Bourneville, député de la Seine, médecin des hôpitaux.
- Charcot, membre de l’Institut et de l’académie de médecine.
- Charrin, docteur en médecine.
- Chauveau, membre de l’Institut.
- Collin, fabricant d’instruments de chirurgie. Corail, sénateur de l’Ailier, membre de l’académie de médecine.
- David, docteur en médecine, directeur de l’école dentaire.
- Fournier (Alfred), membre de l’académie de médecine.
- Gosselin, chirurgien des hôpitaux.
- Goubaux, membre de l’académie de médecine, directeur, professeur à l’école vétérinaire d’Al-fort.
- Grancher, professeur à la faculté de médecine. Grandjux (Adrien-Pierre-Léon), vétérinaire principal.
- Guyon, membre de l’académie de médecine. Landouzy (L.)
- Lereboullet, ancien professeur agrégé au Val-de-Grâce, rédacteur en chef de la Galette hebdomadaire de médecine et de chirurgie.
- Liouville (Henri), député de la Meuse.
- Mathieu (Raoul), fabricant d’instruments de chirurgie.
- Trélat (Ulysse), membre de l’académie de médecine.
- Verneuil, membre de l’académie de médecine. Vulpian, secrétaire perpétuel de l’académie des sciences, membre de l’académie de médecine.
- classe i5. — Instruments de précision Bardoux fils, constructeur d’instruments d’optique.
- Becquerel (Edouard), membre de l’Institut. Brunner (Emile), constructeur d’instruments de précision, membre du bureau des longitudes.
- Cabanellas (Gustave), ancien officier de marine, ingénieur électricien.
- Chappuis, professeur à l’école centrale des arts et manufactures.
- Cornu (Alfred), membre de l’Institut.
- Defforges (Gilbert-Etienne), capitaine breveté d’infanterie.
- Ducretet (Ed.), constructeur d’instruments de précision.
- Dumoulin-Froment (P.), constructeur d’instruments de précision.
- Janssen (J.-C.), membre de l’Institut, directeur de l’observatoire d’astronomie physique à Meudon.
- Laussédat (le colonel), directeur du conservatoire national des arts et métiers.
- Manceron (Victor), chef d’escadron.
- Marey, membre de l’Institut.
- Mascart, membre de l’Institut.
- Mouchez (le contre-amiral), membre de l’Institut, directeur de l’Observatoire de Paris.
- Nachet (Alfred), constructeur d’instruments d’optique.
- Romieux, capitaine du génie.
- Teisserenc de Bort (L.), météorologiste.
- classe 16. — Cartes et appareils de géographie et de cosmographie. — Topographie. — Modèles. — Plans et dessins du génie civil et des travaux publics.
- Bouquet de la Grye, membre de l’Institut. Callandreau (Octave), astronome adjoint à l’Observatoire de Paris.
- Cloué (le vice-amiral), ancien ministre de la marine et des colonies.
- Delagrave (Charles), libraire-éditeur.
- Erhard, graveur.
- ' Foville (de), professeur au conservatoire national des arts et métiers.
- Germain (Adrien), ingénieur hydrographe de la marine.
- Grandidier (Alfred), membre de l'Institut.
- Hatt (Philippe), ingénieur hydrographe de la marine.
- Hermant (père), architecte.
- Levasseur, membre de l’Institut.
- Martinie, contrôleur général de l’administration de l’armée.
- Maunoir, secrétaire général de la société de géographie.
- Perrier (le général), membre de l’Institut.
- GROUPE III
- classe 17. — Meubles à bon marché et meubles de luxe
- Audoynaud (chaises).
- Bourdeley (A.), (bronzes).
- Boison (J.), (meubles).
- Grépinet (A.), architecte du gouvernement. Damon(E.) (meubles).
- Darcel, directeur du musée des Thermes et de l’hôtel de Cluny.
- Dasson (Henry) (bronzes).
- Guéret aîné (meubles).
- L’Epine (Louis), sculpteur.
- Lemoine (H.) meubles).
- L’Hoste père (meubles).
- Meynard (ébénisterie d’art).
- Pérol.(Félix) (meubles).
- Poupin (G.), directeur de l’association ouvrière « l’Ebénisterie générale parisienne ».
- Soubrier (Louis) (meubles).
- Classe 18. — Ouvrages du tapissier et du décorateur
- Caussinus (de la Drôme) (métallisation du plâtre.) Duval (tapissier).
- Ganay (comte de), vice-président de l’union centrale des arts décoratifs.
- Gilbert (sculpteur ornemaniste).
- Lameyre (Charles), artiste peintre.
- Legriel (G.) (tapissier).
- Loichemolle (marbrier).
- Parfoury (marbrier).
- Penon (tapissier décorateur).
- Plaisant (tapissier décorateur).
- Verrebout (Auguste) (meubles d’église).
- Classe 9. — Cristaux, verreries et vitraux Appert (Léon), verrier.
- Balliman, président de la chambre syndicale des verres à vitres.
- Brocart (émaux sur verre.)
- Clémandot (Louis), ingénieur civil.
- Didron (vitraux).
- Feil (objectifs astronomiques.)
- Landier, directeur des cristalleries de Sèvres et Glichy réunies.
- Luynes (Victor de), professeur au conservatoire national des arts et métiers.
- Maës (G.), président de la chambre syndicale des fabricants de cristaux et verreries.
- Oudinot (Eug.), peintre sur verre.
- Renard (Léon), député du Nord, administrateur de verreries.
- Rose (A.), manufacturier, directeur du dépôt des cristalleries de Baccarat.
- Rousseau, fabricant de faïences d’art.
- Classe 20. — Céramique Boulenger (H.) (faïences.)
- Deck (Th.) (faïences d’art.)
- Dubreuil (Alfred), président de la chambre de commerce de Limoges.
- Empereur (Paul), ingénieur civil.
- Gastellie-r, député de Seine-et-Marne, président de l’Union céramique et chaufournière de France. Guilbert-Martin, mosaïste.
- Guillaume (E.), architecte du Gouvernement, architecte des palais du Louvre et des Tuileries. Hache (Ad.) (porcelaines).
- Lauth (Ch.), chimiste, directeur de la manufacture nationale de Sèvres.
- Lœbnitz (faïences).
- Pillivuyt (porcelaines).
- Redon (M.) (porcelaines).
- Thierry (*G.), fabricant de porcelaines, président de la chambre syndicale de la céramique et de la verrerie.
- Vogt (Georges), chef des travaux chimiques à la manufactura nationale de Sèvres.
- classe 21.— Tapis, tapisseries et autres tissus a’ ameublement
- Badin, administrateur de la manufacture nationale de tapisseries de Beauvais.
- Boyer (étoffes pour meubles).
- Croué fils (tissus d’ameublement).
- Davoust (toiles cirées), conseiller municipal de Paris.
- Defosse (de la maison Braquenié et Ciô), tapisseries pour ameublements).
- Duplan (tapisseries et soieries).
- Gerspach, administrateur de la manufacture nationale de tapisseries des Gobelins.
- Legrand (Victor) (étoffes pour ameublements). Louvet (Henri) (étoffes pour ameublements). Muntz (Eugène), bibliothécaire à l’école des beaux-arts.
- Quénardel (cuirs artistiques pour ameublements).
- Thierry-Mieg (tissus imprimés pour ameublements).
- Tresca (tissus pour ameublements).
- classe 22. — Papiers peints Bezault (papiers peints).
- Desfossé père, id.
- Follot (Félix), id.
- Hoock, id.
- Jouanny, _ id.
- Leroy (Isidore) père, id.
- Numa-Morel (enseignes).
- Pacon (Victor) (papiers peints).
- Villeneuve (E)., (papiers de fantaisie).
- classe 2 3. — Coutellerie Cardeilhac, père (coutellerie orfèvrerie).
- Galante (instruments de chirurgie).
- Languedocq (coutellerie).
- Piault (Jules), id.
- Thellet, id.
- Transon, id.
- Vitry, id.
- classe 24. — Orfèvrerie Chenaillier (Henri), ancien orfèvre.
- Christofle (orfèvrerie, argenture et galvanoplastie).
- Fannières (orfèvrerie).
- Fray, id.
- Froment-Meurice, id.
- Mégemond, id.
- Odiot, id.
- Poussielgue-Rusand, orfèvrerie religieuse. Trioullier, id.
- classe 2 5. — Bronzes d’art, fontes d’art diverses, métaux repoussés
- Barbedienne (bronzes et objets d’art).
- Colin (E.) (bronzes d’art et d’ameublement). Durenne (A.) (fontes d’art).
- Fould (Léon), négociant commissionnaire. Gagneau (J.) (bronzes).
- Houdebine, id.
- Lerolle (bronzes et objets d’art).
- Monduit, père (plombs d’art et cuivres repoussés).
- Ranvier (zinc et bronzes d’art).
- Servant (G.), expert en bronzes et objets d’art. Thiébaut (Jules) (bronzes d’art et d’ameublement).
- classe 26. — Horlogerie Collin, ancien fabricant d’horlogerie.
- Diette (horlogerie).
- Drocourt (Alfred), id.
- Fenon (chronomètres).
- Garnier (Paul) (horlogerie).
- Henry-Lepaute, id.
- Leroy (Théodore) (chronomètres pour la marine de l’Etat).
- Réquier (Ch), (horlogerie).
- Rodanet (H.), id.
- Saunier (Claudius), id.
- Savoye (G.), ancien fabricant de montres à Besançon.
- classe 27. — Appareils et procédés de chauffage.— Appareils et procédés d’éclairage non électrique Allez (Adrien) (fourneaux et appareils de chauffage). .
- Beau (H.) (de la maison Beau et Bertrand-Ta.il-let) (bronzes d’éclairage).
- Beudin (Gustave), ingénieur, directeur du service technique de la compagnie générale des allumettes chimiques.
- Beynet, ancien fabricant d’appareils de chauffage et d’éclairage au gaz.
- Geneste (Eugène), ingénieur civil (appareils de chauffage).
- Lacarrière (bronzes et appareils d’éclairage). Langlois (chauffage et ventilation).
- Muller (Emile), ingénieur civil.
- Ser (L.), id.
- classe 28. — Parfumerie Chouët (A.), de la maison du docteur Pierre. Coudray (Edmond) (parfumerie).
- Gallet père, id.
- Guerlain (Aimé), id.
- Lecaron (de la maison Gellé) id.
- L’Hote, chef du laboratoire du conservatoire des arts-et-métiers.
- Piver (parfumerie).
- Prot (Paul) (de la maison Lubin) id.
- Raynaud (A.) id.
- classe 29. — Maroquinerie, tabletterie, vannerie et brosserie
- Amson (G.) (articles de Paris).
- Boudinet (vannerie).
- Gahen (brosses).
- Carré, ancien négociant.
- Dupont (E.) (brosserie fine et tabletterie). Giraudon (S.) (maroquinerie de luxe).
- Leruth (nécessaires).
- Masson (tabletterie).
- Maurey-Deschamps (brosserie fine). Moreau-Vauthier (A.) statuaire et sculpteur sur ivoire.
- Pierrat (D.) (peignes).
- Pitet (aîné) (brosses et pinceaux).
- Schloss (Adolphe), négociant-commissionnaire. Sormani (Paul) (maroquinerie). Tarbouriech-Nadad fils, négociant-commissionnaire.
- Thiébault, membre du syndicat des ouvriers portefeuillistes-maroquiniers.
- i (A suivre.)
- COMITÉ DÉPARTEMENTAL
- DU GARD
- T Par arrêté en date du 22 février 1887, le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a constitué comme suit le comité départemental du Gard :
- i° Sous-comité de l’arrondissement de Nîmes MM. Dide, sénateur.
- Bousquet, député.
- Gilly, député.
- Jamais, député.
- Guérin (Louis), conseiller général.
- Bertrand, conseiller général.
- Castelnau (Paul), agriculteur à Saint-Lau-rent-d’Aigouze, conseiller général.
- Delafont, négociant à Nîmes, conseiller général.
- p.555 - vue 116/496
-
-
-
- 55b. — Troisième Année. — N° 116.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1SS9.
- Dimanche 20 Mars 1SS7.
- MM. Penchinat, conseiller général à Vauvert..
- Carcassonne, avocat à Beaucaire, conseiller général.
- Gazelle (Jean), conseiller général.
- Causse (Albin), président de la chambre de commerce.
- Claveî, ancien président du tribunal de commerce.
- Maruéjol, maire de Nîmes.
- Bruneton (Fernand), président de la société d’agriculture du Gard.
- Benoit Germain, président du conseil de prud’hommes.
- Verdier, vice-président du conseil de prud’hommes.
- Olivier (Alphonse), président de la chambre consultative des arts et manufactures de Sommières.
- Deïépine, président de l’académie.
- Robert (Victor), vice-président de la commission des beaux-arts.
- Flaissier (Ulysse), président de la commission de surveillance de l’école de fabrication de Nîmes.
- Martin, vice-président de la commission de surveillance de l’école nationale de musique.
- Lamouroux, président du syndicat des vins et spiritueux du Gard, à Nîmes.
- le docteur Carcassonne, vice-président du conseil central d’hygiène.
- Clément, président honnoraire ee la société d’études des sciences naturelles.
- Lador, président de la société d’études des sciences naturelles.
- Mastier, inspecteur d’académie.
- Chardon, proviseur du lycée.
- Chapellier, inspecteur primaire.
- Boyer, directeur de l’école normale des instituteur du Gard.
- Barte de Saint-Fare, conservateur des forêts.
- André, ingénieur en chef des ponts et chaussées.
- Lenthéric, ingénieur en chef des ponts et chaussées.
- Cormerois, agent voyer en chef du Gard, à Nîmes.
- Spuller, trésorier-payeur général du Gard.
- Puget, directeur de la succursale de la Banque de France.
- Tévenet, directeur delà succursale du Crédit foncier.
- Cochet, directeur des postes et télégraphes.
- Commandant Thiéry, chef du génie.
- Arnaud (Joanin), fabricant de tapis.
- Baleydier, directeur des forges de Beaucaire.
- Bondurand, archiviste du Gard.
- Bergeron (Emile), constructeur-mécanicien.
- Boissier (Jules), propriétaire, à Nîmes.
- Boyer (Félix), chimiste.
- Cambon (Adrien), agriculteur, conseiller de préfecture, à Nîmes.
- Causse (Louis), lauréat de là prime d’honneur.
- Chauzit, professeur départemental d’agriculture à Nîmes.
- Coudert, vice-président de la chambre syndicale des ouvriers tonneliers de Nîmes, à Nîmes.
- Coulet, fabricant de tapis.
- Dejardin.
- Denis, vice-président de la chambre syndicale des ouvriers cordonniers.
- Dombre (Tony), administrateur des hospices.
- Duret-Soulier, propriétaire, conseiller d’arrondissement à Vauvert.
- Favre-de-Thierrens, fabricant de lacets.
- Filhiot (Paul), fabricant d’étoffes d’ameublement.
- Gaidan (Louis), membre de la commission des beaux-.arts.
- Gravier, fabricant de tapis.
- Guiraud (Léonce), ancien président de la chambre de commerce.
- Jouve (Daniel), ancien.négociant.
- Léon, professeur d'histoire au lycée.
- Mouret, négociant en vins, juge au tribunal de commerce de Nîmes.
- Massé, juge au tribunal de Nîmes.
- Martel, fabricant de bière.
- Noël, vice-président de la chambre syndicale des ouvriers menuisiers.
- Picheral (Alfred), fabricant de tapis et de nouveautés.
- Revoil (Henri), architecte diocésain et des monuments historiques.
- Rouvière, conseiller municipal.
- Salles (Jules), peintre.
- Serrière, vice-président de la chambre syndicale des ouvriers tailleurs.
- Teissier (Auguste), président de la chambre syndicale des ouvriers chapeliers.
- Thibal (Hippolyte), négociant, membre de la chambre de commerce.
- Villaret, fabricant de vêtements, membre du conseil de prud’hommes.
- Crouzet, conseiller d’arrondissement d’Ai-gues-Mortes , maire de Saint-Laurent-d’Aigouze.
- MM. Lhousteau, conseiller d’arrondissement du canton de Sommières.
- 20 Sous-comité de Varrondissement d'Alais MM. Cazot (Jules), sénateur.
- Claris, sénateur.
- Desmons, député.
- Gaussorgues, député.
- Pin, membre de la commission départementale.
- Delon-Soubeyran, membre de la commission départementale.
- Boudon, conseiller général.
- Gradin, conseiller général, directeur de la compagnie des mines de la Grand’-Combe.
- Silhol, conseiller général.
- Veillon, conseiller général, constructeur de machines.
- Rigaud, ingénieur en chef des mines.
- Martel Teulon, ancien président du tribunal de commerce d’Alais.
- Gervais, président du tribunal de commerce d’Anduze..
- Espérandieu, maire d’Alais.
- Darbousse, président de la société d’agriculture de l’arrondissement d’Alais.
- Destremx, président du comité d’études et de vigilance contre le phylloxéra de l’arrondissement d’Alais.
- Saillens, président du conseil de prud’hommes d’Alais.
- Pagès (Frédéric), vice-président du conseil de prud’hommes d’Alais.
- Rennes, président du conseil de prud’hommes d’Anduze.
- Delbos, vice-président du conseil de prud’hommes d’Anduze.
- Dr Roch, vice-président du conseild’hvgiène de l’arrondissement d’Alais.
- Labbé, président de la société littéraire et scientifique d’Alais.
- Porte, inspecteur primaire de l’arrondissement d’Alais.
- Aubrespy, banquier à Saint-Ambroise.
- Ausset, fabricant de teinture à Génolhac.
- Barbut, président de la Chambre syndicale des ouvriers maçons et tailleurs de pierre d’Alais.
- Barre, vice-président de la société d’agriculture d’Alais.
- Bessard, directeur des mines de houille de Chamborigaud.
- Chalmeton, directeur de la compagnie houillère de Bessèges.
- Crespon, délégué du conseil d’administration de la compagnie des mines,fonderies et forges d’Alais.
- Dupuy, entrepreneur de menuiserie, à Alais.
- Fabre, inspecteur des forêts, à Alais.
- Francezon, filateur de cocons à Alais.
- Gsiloffre, fabricant de chapeaux à Anduze.
- Guisquet, agriculteur à Saint-Ambroise.
- Jouguet, directeur de la compagnie des forges de Bessèges.
- De Laroque directeur de verrerie à Alais.
- Laurent de l’Arbousset, directeur de Y Agriculteur cévenol d’Alais.
- Mazel, horticulteur à Générargues.
- Mazer, ouvrier forgeron à Bessèges.
- Nègre, propriétaire, maire de Laval.
- Péchiney, directeur de la compagnie des produits chimiques de Salindres et de la Cammargues, à Salindres.
- de Place, directeur de la compagnie des mines de houille de Rochebelle, à Alais.
- Teissonnière (Albin), banquier à Alais.
- Vernet agriculteur.
- 30 Sous-comité de /’arrondissement d’Uzès MM. Crémieux, député.
- Cazagne, vice-président du conseil général.
- Bonnefoy-Sibour , secrétaire du conseil général.
- Coste, membre de la commission départementale.
- Vouland, conseiller général.
- Mossé, maire d’Uzès.
- Huguet (Gaston), président de la société d’agriculture de l’arrondissement d’Uzès, à Nîmes.
- Blanc, vice-président du conseil d’hygiène de l’arrondissement d’Uzès.
- Jean, inspecteur primaire à Uzès.
- Aubrespy, fabricant de réglisse à Uzès.
- Aufève, ouvrier serrurier à Pont-Saint-Esprit.
- Ausset, viticulteur, propriétaire à Collias.
- Calderon (Thomas), propriétaire à Vers.
- Carénou et Tur, fabricants de réglisse à Moussac.
- Fabre frères, pépiniéristes à Bagnols.
- Gazagne, filateur de cocons à Aiguèze.
- Hébert, fabricant de machines agricoles à Pont-Saint-Esprit.
- Lombard-Dumas, chimiste-géologue à Sommières.
- Mathieu (Henri), filateur de cocons à Uzès.
- Mathieu, agriculteur à Aubussargues.
- MM. Parc'eint, directeur de l’exploitation de phosphates à Tavel.
- Pascal (Léonce), propriétaire à Saint-Vic-tor-des-Oules.
- Thibaud. pépiniériste à Bagnols.
- Vignal, filateur de cocons à Saint-Pons-la-Calmette.
- 40 Sous-comité de l’arrondissement du Vigan MM. le colonel Meinadier, sénateur.
- général Perrier, membre de l’Institut.
- de La Marche, membre de la commission départementale.
- Baumier-Gay, conseiller général, maire du Vigan.
- Cabane de Florian, conseiller général.
- Cambacèdes, docteur en médecine, conseiller d’arrondissement.
- Bourguet, tanneur, ancien juge au tribunal de commerce de Saint-Hippolyie-du-Fort.
- Mazel, président du tribunal de commerce d e_ Saint-H ippoîv te-du-Fort.
- Jeanjean à Saint-Hippolyte-du-Fort.
- Ricard (Henri), président de la chambre consultative des arts et manufactures du Vigan.
- Soulier (Adrien), à Saint-Hippolyte-du-Fort.
- Dr Puech, vice-président du conseil d’hygiène de l’arrondissement du Vigan.
- Combet, inspecteur primaire de l’arrondissement du Vigan.
- Auzébv, directeur des mines de zinc, à Saint-Laurent-le-Minier.
- Brun (Louis), fabricant de bonneterie à Arre.
- Carrière (Paul), filateur de soie, conseiller d’arrondissement, à Saint-André-de-Ma-jencoules,
- Cavalier (Auguste), ouvrier mécanicien au Vigan.
- Ducamp (Albin), agriculteur à Quissac.
- Ducros (Adolphe), fabricant de tonnellerie à Sumène.
- Gourdin (Albert), viticulteur à Saint-Hippolyte-du-Fort.
- Guérin (Achille;, mégissier à Saint-Hippo-lyte-du-Fort.
- Lèques (PauF, directeur d’une corderie de soie au Vigan.
- Du Luc, directeur de la colonie du Luc à Alzon.
- Mazauric (Frédéric), filateur de cocons à Saint-André-de-Valborgne.
- Mourier (Paul), propriétaire à Vic-le-Fesq.
- Trabuc (Emile;, taillandier à Saint-Hippolyte-du-Fort.
- Perrier (François), tanneur à Quissac.
- Planchon (Adolphe), ancien président du tribunal de commerce de Saint-Hippolyte-du-Fort.
- COMITÉ DÉPARTEMENTAL
- DE L’AUDE
- i° Sous-comité de l'arrondissement de Carcassonne
- MM. Barrié, secrétaire de la chambre de commerce.
- Bouchy, maire à Capendu.
- Castel, président de la société centrale d’agriculture de l’Aude.
- Charlet, négociant à Tribes.
- Chavanettes, médecin à Tuchan.
- Coste, pharmacien.
- Devret, négociant.
- Durand, président du tribunal de commerce.
- Grimes, ancien conseiller général à Cannes. Guerre, négociant.
- Hyvert, président du syndicat des vins et spiritueux de l’arrondissement.
- Lacroix, président du conseil des prud’hommes.
- Lapeyre, mécanicien.
- Mairie, agent-yoyer en chef honoraire, propriétaire-agriculteur.
- Milhau, négociant.
- Oustric, conseiller d’arrondissement.
- Rives, maire de Cuxac-Cabardès.
- Roger (Joseph), ingénieur civil.
- Satgé, président de la chambre de commerce.
- Sabatier, président de la société des arts et des sciences.
- Le maire de Carcassonne.
- 20 Sons-comité de l’arrondissement de Castel-naudary
- MM. Alibert, mécanicien.
- Buisssn, président du comice agricole. Combéléran, fabricant.
- Liaras, maire du Mas-Sainte-Puelles. Marfan, docteur en médecine, conseiller général.
- Maury, président du tribunal de commerce. Maury (Achille), minotier.
- p.556 - vue 117/496
-
-
-
- Troisième Année. — N° iiô. LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE i88q.
- MM. Mir (Eugène), conseiller général, propriétaire-agriculteur.
- Mir (Emmanuel), maire de Cennes-Mones-tiès.
- Le maire de Castelnaudary.
- 3° Sous-comité de /’arrondissement de Limoux MM. Authier, président du comice agricole.
- Ciffre (Romain), ancien manufacturier à Es-péraza.
- Coll, président du tribunal de commerce. Dujardin-Beaumetz, directeur du musée. Esparceil, secrétaire de la société des amis des arts.
- Munier (Honoré), manufacturier à Quillan. Salvaire (Alexandre), banquier.
- Tailhan (Frédéric), négociant.
- Vanduren, négociant.
- Le maire de Limoux.
- 4° Sous-comité de l’arrondissement de Narbonne MM. Baïsset, négociant en vins de Beauxhostes, président du comice agricole.
- Bertrand, architecte.
- Bourdel (Achille), conseiller général, propriétaire à Bize.
- Gros, raffineur de soufre.
- Fages, architecte.
- Gauthier (Gaston), propriétaire.
- Gauthier, négociant en vins à Fitou. Gerbaud, négociant en vins.
- Jamme, propriétaire à Névian.
- Leroy d’Audéric, président de la commission syndicale des vins.
- de Marvin (Louis), docteur en médecine. Miquel, maire de Fraisse-des-Corbières. Nicolas, négociant en vins.
- Raynal, président du tribunal de commerce. Rech, maire de Boutenac.
- Sarrère, vice-président de la chambre de commerce.
- Tallavignes, avocat.
- Le maire de Narbonne.
- COMITÉ DÉPARTEMENTAL
- DE L’ARIÈGE
- Sous-Comité de l’arrondissement de St-Girons Président. — M. Bordes-Pagès, docteur-médecin à Seix.
- Vice-président. — M. Pujol, avocat à St-Girons. Secrétaire. — M. Gazes (Firmin), négociant à St-Girons.
- COMITÉ DÉPARTEMENTAL
- DU NORD
- Président d’honneur. — M. Saisset-Schneider, préfet du Nord.
- Président. — M. Ch. Seydoux, conseiller général, industriel.
- Vice-présidents. — MM. Agache, filateur ; Flori-mon.d Desprez, cultivateur ; Wagret, maître de verreries ; Farez, fabricant de produits chimiques ; Wallerand, président de la chambre de commerce à Cambrai ; Sculfort, industriel, conseiller général ; Trystram, député, .; conseiller général P. Leconte, industriel.
- Secrétaires. — MM. Gornut, ingénieur de l’association des propriétaires d’appareils à vapeur; Dubar, vice-président des agriculteurs du Nord.
- ADJUDICATION EN UN LOT
- (marché a forfait invariable)
- De la construction au Champ-de-Mars d’un bâtiment en bois pour l’installation des services de l’Exploitation.
- (Adjudication fixée au 4 avril i88y)
- CHAPITRE PREMIER Dispositions générales
- Article premier
- L’entreprise a pour objet l’exécution au Champ-de-Mars des travaux relatifs à la construction, en location, et à l’entretien foncier jusqu’au 3i décembre 1890 d’un bâtiment destiné aux ^divers services de l’exploitation.
- Ce bâtiment, comprenant un rez-de-chaussée et deux étages carrés au-dessus avec comble, sera construit en pans de bois avec remplissages en menuiserie et parties de briques, conformément aux plans, coupes, élévation et détails déposés, et suivant les conditions du présent cahier des charges spéciales.
- Art. 2
- L’emplacement sera livré prêt à recevoir les constructions en élévation, c’est-à-dire que les
- murs de fondation, dans tout le périmètre extérieur de la construction, ainsi que ceux de refend et des piles sous les points d’appui intérieurs seront livrés arasés de niveau jusqu’à la hauteur de la semelle en chêne destinée à recevoir les pieds de poteaux et pans de bois de remplissage. Cette arase se trouve environ à 3 mètres de hauteur au-dessus du trottoir de l’avenue de la Bourdonnais sur laquelle le bâtiment projeté forme bordure.
- Art. 3
- Ne font pas partie de l’adjudication les travaux et les fournitures désignés ci-après :
- i° Les toiles décoratives;
- 20 Les treillages décoratifs des façades extérieures ;
- 3° Les sonneries électriques ;
- 40 La petite distribution des cabinets d’aisance du rez-de-chaussée en dehors des pans de bois ou de briques deomi5 et de om25 d’épaisseur ;
- 5° L’installation desdits cabinets d’aisance et urinoirs du rez-de-chaussée;
- 6° Les appareils de chauffage mobiles tels que poêles et cheminées .portatives non . figurés au plan ;
- 70 Le compteur d’eau et la prise sur la voie publique ;
- 8° Le compteur à gaz et .le branchement sur la voie publique ;
- 90 Les appareils d’éclairage au gaz ;
- io° Les stores des fenêtres;
- ii° Les casiers et porte-manteaux intérieurs.
- Art. 4
- En dehors des exceptions spécifiées aux deux articles précédents, tous les travaux de construction et de décoration du bâtiment, de quelque nature qu’ils soient, font partie de la présente adjudication et sont compris dans le chiffre au forfait.
- La valeur de ces travaux est évaluée à la somme de quatre-vingt mille' francs, sur laquelle portera en bloc le rabais d’adjudication.
- Le prix ainsi réduit du rabais d’adjudication formera le montant total fixe et invariable du forfait moyennant lequel l’entrepreneur sera tenu de réaliser dans les meilleures conditions d’exécution le bâtiment complet des services de l’exploitation, tel qu’il est décrit et détaillé aux pièces du marché.
- Art. b
- Le prix indiqué à l’art. 4 ci-dessus comprend non seulement l’ensemble de tous les transports, fournitures et mains-d’œuvre, mais aussi toutes les dépenses, tous les frais et faux frais nécessaires au travail principal, tels que échafaudages divers, étaiements de toute nature, cintres, étrésillons et couches, encastrements, entailles, trous, percements, scellements, hourdis, remplissages, garnissages, calages et scellements de semelles et des diverses pièces de la construction, tirants, chaînes, ancres, trémies d’aération, etc..., tranchées, rainures, feuillures, trous et scellements des menuiseries ; châssis, portes, ferrures, pattes, gonds, calfeutrements, vitrerie, peinture, etc..., canalisation d’eau et de gaz, écoulement des eaux vannes et eaux ménagères à l’égout, et tous tuyaux de fumée, trémies de protection, cheminées, foyers et enchevêtrures, tous seuils ou marches en pierre, aux baies des portes, tuyaux de descente des eaux pluviales, colliers en fer forgé, cuvettes de trop-plein, etc..., tous coltinages, chargements, barda-ges, montage ou descente de matériaux, difficultés d’accès de chantier, etc..., toute difficulté et responsabilité de construction spéciale, tous l'es jeux à donner et tous les raccords à faire par suite de ces jeux et tous entretiens fonciers des bâtiments jusqu’à la fin de la location ; toute démolition, enlèvements des constructions à la fin de l’occupation, y compris enlèvement de tous décombres, gravois ou matériaux en provenant.
- Art. 6
- Chaque postulant à l’adjudication devra justifier, en déposant sa soumission, du versement préalable à la Caisse des dépôts et consignations, d’un cautionnement de cinq mille francs.
- Ce cautionnement provisoire servira à l’adjudicataire de cautionnement définitif pour la garantie de l’exécution de son marché.
- Les autres cautionnements seront restitués aux ayants-droit aussitôt après l’adjudication.
- Si l’adjudicataire fait son cautionnement en argent, il en touchera l’intérêt à 3 p. 100 à compter du soixante et unième jour de versement; s’il est fait en rentes, il en touchera les arrérages.
- Art. 7
- Les travaux commenceront aussitôt que l’ordre de service en aura été donné par l’architecte et ils seront continués sans interruption et avec toute l’activité possible jusqu’à leur achèvement. Ils devront, dans tous les cas, être complètement achevés le i5 juillet 1887.
- Art. 8
- Pour la marche de ces travaux, l’entrepreneur devra suivre l’ordre qui lui sera indiqué par l’architecte.
- Il prendra toutes les dispositions convenables pour permettre l’exécution des ouvrages réservés à l’article 3 des présentes conditions, concurremment avec ceux du forfait, de façon à ce que l’en-
- Dimanche 20 Mars 1887, — 557.
- semble de la construction puisse être achevé à l'époque ci-devant fixée.
- Art. 9
- En cas de retard sur le délai fixé ci-devant, et quelque puisse en être la cause, serait-ce même une saison pluvieuse ou rigoureuse,l’entrepreneur subira une retenue de 1 p. 100 sur le montant total de son entreprise, par chaque semaine de retard.
- Ce chiffre, que l’entrepreneur reconnaît expressément accepter, est établi et fixé comme compensation du préjudice causé à l’Administration.
- Ces retenues seront acquises à l’administration par le seul fait des retards et sans qu’il soit besoin de mise en demeure, ou autre formalité préala-ble.
- Dans le cas où l’entrepreneur serait entravé dans l’exécution de ses travaux par quelque circonstance de force majeure, il devrait le faire constater par le directeur général des travaux, seul juge de la valeur de la réclamation, et les délais seraient prolongés, s’il y a lieu, en raison du temps perdu, mais il ne serait dû à l’entrepreneur aucune indemnité pour ce fait.
- Art. 10
- Pendant le cours des travaux, l’architecte et ses agents auront le droit d’en suivre l’exécution, non seulement sur l’emplacement de la construction mais encore et surtout dans les chantiers de l’entrepreneur.
- Dans le cas où la marche suivie à l’atelier ou sur le tas ferait craindre que les constructions ne puissent être terminées et livrées à l’époque prescrite, l’administration aurait le droit, sur le rapport de l’architecte, soit de résilier le marché, soit de faire continuer l’entreprise en régie, aux frais de l’entrepreneur.
- Art. 11
- Dans les propositions de paiement à établir, conformément aux conditions, de l’article 45 du cahier des charges générales , on n’acceptera comme matériaux approvisionnés que ceux déposés sur les chantiers même des travaux et acceptés provisoirement comme bons par l’architecte.
- Cette acceptation provisoire ne préjugera en rien leur admission définitive et l’administration restera toujours libre de les faire remplacer par d’autres, si elle leur découvre des défauts à l’emploi.
- Le dixième de garantie ne sera payé à l’entrepreneur qu’après la démolition et l’enlèvement des constructions louées. La retenue de 1 p. 100poulie service de secours reste définitivement acquise à l’administration.
- Art. 12
- Au fur et à mesure que certaines parties des constructions seront terminées, l’administration aura le droit de les mettre en état de réception provisoire et d’en prendre livraison.
- Art. i3
- L’entrepreneur aura à sa charge tous les frais de police et de chantier, tels que clôtures provisoires, fourniture d’eau, éclairage , gardiennage, etc.
- 11 devra prendre, à ses frais, toutes les précautions nécessaires pour préserver de toute détérioration les plantations, candélabres et autres objets avoisinant la construction.
- CHAPITRE II
- Qualité des matériaux et façon des ouvrages
- TRAVAUX DE MAÇONNERIE
- Art. 14
- Toutes les maçonneries à faire au-dessus de l’arase des murs en fondations recevant les semelles en charpente font partie du présent forfait.
- Art. i5
- Le sol, entre les murs de pourtour, au niveau du rez-de-chaussée, sera disposé selon les indications de l’architecte, de façon à prévenir l’infiltration des eaux sous les planchers. Il sera parfaitement régalé et pilonné pour recevoir le parquet sur le bitume du rez-de-chaussée.
- Les semelles en charpentes reposant sur les murs en fondations seront callées et scellées avec soin en petite meulière et ciment surcuit du bassin de Paris avec solins en même ciment.
- Le surplus de largeur de ce s murs en dehors de la semelle sera également renfermé et enduit en ciment sur rocaillage en meulière pour former pente dans toute la hauteur de cette semelle.
- Art. 16
- Tous les seuils et marches aux baies des portes ainsi que les marches de départ de chaque esca-.lier sera moulurée à volute.
- Tous les parements de dessus et de face seront de sciage, ragréés et passés au grès.
- Les arêtes seront arrondies au ciseau.
- Art. 17
- Partout où cela est indiqué et en principe dans toute la partie des cabinets d’aisance, urinoirs et violons, ainsi que sur tous les points où seront placés les cheminées, poêles et conduits de fumée, on remplacera le bois par des cloisons en briques pleines, posées entre poteaux rainés, placés à distances convenables.
- p.557 - vue 118/496
-
-
-
- :i3 et 559 — Deuxième Année.
- N° i iG
- LE MONITEUR RE L'EXPOSITION DE 1889.
- FAÇADE PRINCIPALE DE L’EXPOSITION DE TOULOUSE (.887)
- Dimanche 20 Mars 18S7
- PROJET DE M. PAUL ESQOE (dessin de m. p. Toussaint)
- p.dbl.n.n. - vue 119/496
-
-
-
- 56o. — Troisième Année. — N° 116. LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 18S9
- Dimanche 20 Mars 1SS7.
- Ces remplissages en maçonnerie seront enduits en plâtre sur les deux faces et formeront affleurements avec les parements contigus.
- Art. 18
- Tous les planchers seront hourdés en plâtre avec augets sur lattes, espacés de omio, d’axe en axe et enduits en plâtre à la face du plafond.
- Des trémis seront établies partout où cela sera nécessaire pour le passage des tuyaux ; elles seront hourdées pleines en plâtras et plâtre avec enduit de plafond à la face apparente.
- Art. 19
- Les conduits de fumée, aussi bien pour les poêles que pour les cheminées, seront en poterie rectangulaire de omi9 sur om22, adossés aux cloisons en briques avec pieds d’aile de om3o au moins et maintenus par des ceintures en fer. Ils seront revêtus en tous sens d’un enduit en plâtre de on,04 d’épaisseur.
- Ces tuyaux seront prolongés au-dessus du comble par des souches montant à un mètre en contre-haut de faîtage.
- Les souches de cheminées seront enduites en tous sens en plâtre teinté de om04 d’épaisseur, imitant la brique, avec joints, tirés au crochet et remplis en blanc.
- Lesdites souches seront couronnées par un bandeau saillant, en plâtre teinté avec coupe-larmes et le dessus enduit circulairement. Au-dessus chaque conduit de fumée sera terminé par un mitron en poterie.
- Art. 20
- Il sera fait tous les trous et scellements nécessaires à la serrurerie ; la menuiserie et la charpente, les cuvettes et tuyaux de descentes en fonte. Les tuyaux de chute en fonte des cabinets et urinoirs du premier et du deuxième étage, les seuls qui soient compris dans le forfait, seront posés sur ciments avec collets. Ces tuyaux seront prolongés jusqu’à un mètre au-dessus du toit et surmontés d’une lantërne d’aération.
- Art. 21
- Les vestibules et couloirs de service seront carrelés en carreaux céramiques du dessin choisi par l’architecte. Ledit carrelage posé sur béton de ciment.
- La cuisine du concierge sera carrelée en carreaux ordinaires de terre cuite.
- Travaux de charpente
- Art. 22
- En dehors des semelles ci-après indiquées, en chêne, toutes les pièces de charpentes seront en bois de sapin de qualité, parfaitement sec, non échauffé, sans flaches ni fentes, ni aubiers, ni mauvais nœuds.
- Art. 23
- Tous les poteaux auront leurs pieds reposés et assemblés sur une semelle en chêne de om3o de largeur sur omio d’épaisseur, avec chanfrein de pente à l’extérieur.
- Cette semelle sera convenablement garnie et scellée sur les murs de fondations , livrés construits à l’entrepreneur. Les joints, ainsi que les angles, seront assemblés et reliés par des plates-bandes en fer. Les assemblages à la semelle et au pied des poteaux seront goudronnés.
- Les semelles des poteaux intérieurs seront reliées à celles du pourtour par des plates-bandes en fer ; elles porteront comme elles sur les murs de fondations.
- Art. 24
- Tous les poteaux, aussi bien ceux des façades que ceux de l’intérieur, auront au moins à leur partie la plus faible l’équarrissage de om25 sur om2 5 porté aux dessins; mais cet équarrissage n’étant indiqué qu’à titre de minimum, il sera élevé jusqu’à om28, sans augmentation de prix sur tous les points où cela sera jugé nécessaire, et notamment pour les poteaux portant planches et poteaux cormiers.
- Art. 2 5
- Tous les bois apparents seront refaits, ceux de l’intérieur corroyés et blanchis.
- Toutes les arêtes des poteaux non engagés dans les cloisonnements seront parfaitement arrondies ou chanfreinées dans la hauteur des étages.
- Art. 26
- Les planchers des étages seront supportés par des solives ou madriers posés sur de fortes moises formant poutres et reliant les poteaux à chaque travée.
- Ces moises, d’un équarrissage minimum de o m. 3a X 16 à 18 pour chacune des pièces, seront reliées par des cales et boulons et soulagées par des liens et poteaux sur tous les points ou cela sera nécessaire et possible avec la décoration ou disposition intérieure des pièces. Le joint de jonction des deux moises sera couvert par un champ.
- Le faux plancher sous comble sera formé par des bastings de champ entre les moises qui relient la tête des poteaux ; ces bastings assemblés contre ces moises par un fort tasseau vissé seront en nombre suffisant pour recevoir l’auget en plâtre et le plafond et pour permettre la circulation dans ce comble.
- Les indications et les dimensions portées à la coupe n° 19 pour le cas d’un lambris de plafond en bois seront modifiées en conséquence de cette nouvelle disposition de plafonds ordinaires en plâtre. Toutes les enchevêtrures nécessaires aux cheminées, poêles et tuyaux de fumée seront établies avec le plus grand soin.
- Art. 27
- Les fermes seront composées de pièces assemblées entachées et moisées.
- Les arbalétriers, contre-fiches, entraits, entraits retroussés, poinçons et faux poinçons, jambes de force, liens, pannes, faîtages, chevrons, entretoises, etc., tant pour le comble que pour les chéneaux seront disposés suivant les indications et les dimensions minima indiquées aux dessins ci-an-nexés.
- Dans tous les cas, leur combinaison, leur force et leur résistance devront être suffisantes pour recevoir les charges d’une toiture ordinaire, des tuyaux et souches de cheminées et les surcharges de vents et de neiges.
- Art. 28
- Indépendamment des moises transversales indiquées ci-devant, on placera des moises longitudinales à la hauteur de chaque plancher, de façon que tous les poteaux soient reliés entre eux dans les deux sens du bâtiment.
- Les pièces de bois destinées à ces moises auront toute la longueur possible ; celles qui seraient trop courtes devraient être assemblées entre elles et reliées par une double plate-bande à talons.
- Art. 29
- Des poteaux intermédiaires, liens, croix de Saint-André et décharges en nombre suffisant, seront posés à chaque étage, dans le plan des façades et dans les cloisons de refend pour assurer la solidité absolue du bâtiment.
- Des goussets et croix seront également placés dans le plan des planchers pour prévenir tous les roulements ou déformations.
- Art. 3o
- Toutes les pièces de charpentes seront reliées et maintenues entre elles, suivant le cas, par des boulons , plate-bandes , brides, colliers, étriers, goussets, harpons, tirants, vis, chevillettes et clous d’épingles nécessaires à la parfaite solidité, résistance et rigidité du travail.
- Les boul ons auront deux rondelles, une à l’écrou et l’autre à la tête, pour former un serrage convenable.
- Art. 31
- Les escaliers indiqués aux plans seront exécutés dans les dimensions fixées, en bois de chêne ; lesdits à l’anglaise, avec les marches de omo54 d’épaisseur avec moulure composée d’un boudin et d’un filet, contre-marches de om027, limons, crémaillères, paliers de repos, marches palières, etc.
- Travaux de menuiserie
- Art. 32
- Comme pour la charpente les bois de menuiserie seront en sapin du Nord, première qualité, parfaitement secs, non échauffés, sans flâches ni fentes, ni aubiers, ni mauvais nœuds.
- Les parties en chêne sont spécialement indiquées aux articles qui suivent :
- Art. 33
- Les planchers bas de chaque étage seront parquetés en frises de sapin de om027 d’épaisseur sur o11111 de largeur, à l’anglaise, posées sur les solives en charpente et replanies.
- Ceux du rez-de-chaussée seront en sapin dito om027 suromn de large, à bâtons rompus, posés sur bitume et forme de sable.
- Art. 34
- Les parois ou bardages extérieurs des murs et cloisons de clôture, seront en planches de om027 d’épaisseur sur omi6 de largeur au plus, parfaitement dressés sur les rives, posés avec symétrie et cloués jointifs et verticalement avec champ de omoi3 d’épaisseur sur omo5 de largeur formant recouvrement et calfeutrement sur tous les joints.
- Tous ces bardages seront posés à recouvrements formant larmiers sur les pièces transversales ; ils comprendront tous les calfeutrements, solins, faces inclinées, bandeaux et moulures de garantie et de décoration.
- Ce travail devra être fait avec les plus grands soins pour assurer le bon écoulement des eaux pluviales à l’extérieur, la parfaite étanchéité des pans de bois et éviter absolument tout courant d’air.
- Art. 35
- Les parois intérieures dans les couloirs escaliers, vestibules, antichambres, postes de pompiers et de police, et cabinets ou dans toutes les autres pièces de public indiquées par l’architecte seront en frises de choix de om027 d’épaisseur sur omii de largeur assemblées à rainures et languettes avec joints moulurés à baguettes et parement apparent blanchi pour être encollé et verni.
- Toutes les parties qui se gondoleraient, seraient immédiatement déposées et replacées par l’entrepreneur, et tous les joints qui s’ouvriraient seraient resserrés sans délai, pour assurer, ainsi que cela
- est dit à l’article précédent, la constante et parfaite clôture et prévenir tout passage d’eau ou d’air.
- Art. 36
- Le surplus des parois intérieures dans toutes les pièces principales et bureaux en planches de om27 sur omi6 de large, blanchies, assemblées à rainures et languettes pour être recouvertes de toiles formant tentures.
- Art. 37
- Les cloisons de distributions intérieures seront formées de pans de bois des épaisseurs indiquées aux dessins avec revêtement sur les deux faces, absolument semblables suivant le cas, à ceux des articles précédents nos 3q et 35 d’après la destination des pièces.
- Dans le haut de ces cloisons, sur les couloirs et dans toutes les parties qui seront désignées par l’architecte, il sera établi des châssis vitres avec petits bois en chêne moulurés.
- Art. 38
- Un cours de stylobates de om22 de hauteur et omoi8 d’épaisseur régnera au pourtour de toutes les salles, pièces, cabinets et couloirs.
- En outre, dans tous les bureaux des chefs de service ou chefs de bureau, il sera posé au-dessus de ces stylobates un cours de cimaises moulurés.
- Art. 39
- Les portes d’intérieur seront en lambris d’assemblage à un ou deux vantaux, bâtis de omo34, panneaux de omoi8 avec plate-bande simple aux deux faces. Celles du cabinet du directeur général de l’exploitation au premier étage et celles du salon d’attente seront à grands cadres.
- Les portes extérieures de fermeture du bâtiment seront en lambris d’assemblage à glace et plates-bandes simple avec deux parements, avec bâtis chêne de om04i et panneaux sapin de om027-
- Sur les points désignés parl’architecte, les panneaux du haut seront vitrés.
- Au-dessus de ces portes, dans tous les couloirs, pièces et cabinets éclairés en second jour, les impostes seront vitrées dans des châssis en sapin moulurés et ouvrants. Toutes les portes en cloisons et pans de bois, auront des huisseries en sapin de toute épaisseur desdites cloisons et pans de bois.
- Les portes des violons seront en chêne arasé de 0'mo34 d’épaisseur.
- Art. 40
- Les croisées ainsi que tous les châssis ouvrants seront tous en sapin, avec petits bois, en chêne moulurés ; les dites croisées ouvrant à noix et gueule de loup, jet d’eau et pièce d’appui, bâtis dormants de omo54 et châssis de omo34.
- Ces croisées sexont à plusieurs vantaux sur la largeur, avec meneaux de omo8, quand il y a lieu, et imposte ouvrant séparément dans la partie haute. Une double pièce d’appui en chêne de om04i d’épaisseur avec pente à l’extérieur, garantira l’épaisseur du pan de bois contre toute infiltration.
- Art. 41
- Les châssis intérieurs, soit au-dessus des portes soit dans les cloisons, seront tous posés en feuillure de façon à pouvoir être ferrés suivant les besoins de l’éclairage et de la ventilation.
- Art. 42
- Sur toutes les faces des portes et croisées dans toutes les pièces tendues de toiles décoratives, on établira une moulure de chambranle en sapin avec socles pour le bas.
- Pour le surplus des ouvertures, portes, fenêtres, châssis, ainsi que pour tous les angles saillants uorentrants formés par les murs en cloisons, entre eux, ou avec les plafonds, les joints seront calfeutrés par des tringles, champs, baguettes, ou demi-baguettes, suivant le cas.
- Art. 43
- Au 2e étage, dans la partie indiquée au plan, il sera établi deux cloisons mobiles en menuiserie, avec portes de commmunication, le tout en lambris d’assemblage avec poteaux et huisseries et combinées de telle sorte que le montage et le démontage puissent se faire facilement et sans aucune dégradation.
- Art. 44
- Il sera installé pour les cabinets d’aisance du Ier et du 2e étage huit sièges en chêne à l’anglaise, avec abattement et soubassement au-dessus, une plinthe en chêne de omo8 de hauteur.
- Tablettes d’angle sur tasseaux.
- Art. 45
- Dans les violons, bancs de sapin de omo54 d’épaisseur posés sur potences ou consoles, suivant les indications de l’architecte.
- Art., 46
- A toutes les baies de croisées seront placées des barres d’appui en chêne à gorge, fixées aux balcons, en fonte ou fer.
- Art. 47
- Dans tous les escaliers, mains courantes en chêne ou noyer, profil à gorges poncées et vernies sur le bas des murs, socles de marches, rampantes en sapin de omoi8.
- p.560 - vue 120/496
-
-
-
- Troisième Année, — N° 116.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1809.
- Art. 48
- Aux faux planchers, pour le service des toits, seront établies, deux trappes en lambris arasé et à glace, avec bâtis dormants de omo5q.
- Art. 49
- Au rez-de-chaussée, une armoire en sapin avec dessus, côtés et portes, sera faite à la demande pour renfermer le compteur à gaz.
- TRAVAUX DE COUVERTURE ET PLOMBERIE
- Art. 5o
- Toute la couverture sera en tuiles plates à crochets ou ardoises métalliques du modèle adopté par l’administration, ou en zinc n° 12 par feuilles de om65 posées à dilatation libre, avec tasseaux et couvre-joints sur voligeage jointif en sapin de omi 1 de largeur sur omoi4 d’épaisseur.
- Art. 5i
- Les noues, chéneaux, gouttières, cuvettes, arêtiers, bondes et bavettes seront en zinc n° 12.
- Art. 52
- Les tuyaux de descente des eaux du toit seront en zinc jusqu’à 2 mètres du sol ; les 2 mètres de la partie basse seront en tuyaux de fonte avec dauphins ou coudes se raccordant avec la canalisation souterraine. Les tuyaux de descente seront en nombre suffisant et de dimensions convenables pour assurer le prompt et complet écoulement des eaux des toitures et parles plus grandes pluies sans fuite. A la partie supérieure de ces tuyaux de descente., seront des cuvettes en zinc estampé, avec trop-plein.
- Art. 53
- Toutes les bandes de rives, bandes de batelle-ment, bandes de solins,bavettes et calfeutrements nécessaires en plomb ou zinc, soit pour les châssis de toiture, soit pour toute autre ouverture, seront exécutés avec le plus grand soin pour garantir absolument toutes les parties du bâtiment contre to te fuite ou infiltration d’eau.
- Des crapaudines seront placées à chaque tuvau de descente.
- Des chattières en terre cuite ou en zinc estampé et grillagé seront établies au nombre de dix au moins pour assurer une bonne ventilation des combles.
- Une ventilation complémentaire devra, en outre, être faite au faîtage et au-dessous des chéneaux. Pour le service des toits, quatre châssis en fer avec dormant, petits bois, vitrerie, crémaillère et pitons, bavettes en zinc pour le bas, et dessus en plomb de omoo2.
- Art. 54
- H uit cabinets d’aisance au premier et au deuxième étage, avec garde-robe à effet d’eau, cuvette à siphon et chute, le tout établi suivant le système du tout à l’égout, avec réservoir de chasse, conformément aux derniers règlements de la commission supérieure de l’assainissement de Paris.
- Trois urinoirs, avec revêtement en ardoise ou en toute autre matière imperméable, seront établis au premier ou au deuxième étage avec leur agencement complet, gargouille, terrasson en plomb et décharges, rampes en cuivre percées de trous, bouchons de raccords en cuivre aux extrémités, membrons en zinc et bandes en plomb de omoo2 d’épaisseur.
- Pour le service, un poste d’eau potable avec robinet en cuivre, terrasson en plomb, et conduit de vidange, sera établi au rez-de-chaussée et à chaque étage.
- Les conduits d’arrivée et de distribution de ces réservoirs, cabinets d'aisance et postes • d’eau, à partir du compteur, sont comprises dans le forfait avec tous leurs accessoires, robinets d’arrêts et de décharges, noeuds de soudure, percements et raccords nécessaires.
- L’écoulement des eaux et des matières des postes, urinoirs et cabinets, sera conduit en raccord avec la canalisation des water-closet du rez-de-chaussée établis par un entrepreneur spécial en dehors de la présente adjudication.
- TRAVAUX DE SERRURERIE
- Art. 55
- La serrurerie et la quincaillerie seront celles dites de première qualité, revêtues d’une estampille aux initiales indiquées par l’architecte.
- Art. 5ô
- Les croisées seront ferrées de paumelles laminées de omoig à nœuds bouchés et bagues en cuivre, entaillées et vissées à vis tournées.
- Il y aura trois paumelles sur la hauteur de chaque châssis.
- Un crémone de omoi8 en fer avec tous les accessoires pour la fermeture.
- Les impostes seront ferrées sur les côtés de chacune des baies par deux paumelles et par un loqueteau à crapaud en fonte, petit modèle avec septin de tirage à chaque vantail de châssis, quatre équerres en tôle de omi9, entaillées et vissées avec vis tournées.
- A l’extérieur un balcon en fonte ornée ou fer du modèle choisi par l’architecte.
- Art. 5i
- Les portes sont ferrees de paumelles semblables
- aux croisées, d’une serrure-pène dormant demi-tour avec rondelles ou foliot, avec pêne à nervure, âvec chanfrein de 32°, et d’un bouton double en cuivre à portée n° 6.
- Les impostes et châssis de cloison, ferrées également de paumelles, d’un loqueteau à crapaud en fonte avec septin de tirage.
- Les portes extérieures auront une serrure de onii6 de sûreté à gorges, pêne à nervure, chanfrein 32° avec chaînette et bouton.
- A toutes les portes à deux vantaux, deux verrous pour le vantail dormant, en fer et à tige demi-ronde polie, marquéé avec bouton platine boîte en cuivre et conduits.
- Art. 58
- Les portes des violons et bancs intérieurs seront munies de ferrures spéciales, paumelles, serrures, verrous, judas, grillage, etc., selon les indications de l’architecte et les prescriptions de police.
- Art. 5q
- Les ferrui es complètes des deux cloisons mobiles au 2e étage, ainsi que celles des trapes de sortie sur les toits, seront disposées pour une manœuvre facile.
- Les abattants des cabinets d’aisance seront ferrés, de deux pivots en cuivre, entaillés, et d’un bouton de tirage en cuivre.
- Art. 60
- Les escaliers seront ferrés de plates-bandes, boulons d’écartement, platines, etc.
- La rampe à col de cygne, barreaux ronds de omi8 avec rosaces en ionte, astragales et chapi-taux.
- Au départ, un pilastre en fonte avec boules de cuivre.
- Art. 61
- Pour les cabinets d’aisances, les tuyaux de chute seront en fonte de omi9 de diamètre, avec embranchements, culottes et tous raccords maintenus au moyen de colliers de fer forgé à pattes ou à scellements.
- Art. 62
- Tous les clous à bateaux, rappointis et gros fers nécessaires seront fournis dans les différentes parties de la construction pour le ferrage de la charpente.
- Art. 63
- A l’extérieur, sur les murs de clôture de la cour, grilles dormantes en fer forgé à barreaux ronds, avec des arcs-boutants, sommiers et traverses, culots ou lances en fonte par le haut et pontets par le bas. Ladite de im5o de hauteur.
- Travaux de peinture et de vitrerie
- Art. 64
- Toutes les boiseries intérieures, à l’exception des parois de cloisons et pans de bois en frises destinées à rester apparentes, seront peintes à l’huile, trois couches, sur toutes faces, avec rebouchage et réchampissage deux tons'.
- Dans le salon d’attente et dans le cabinet du directeur général, ces boiseries seront enduites à la céruse avec ponçage, peintes en tons unis à trois tons avec emploi de couleurs fines à l’état pur ou façon de décors et vernis suivant le cas, avec tous filages nécessaires et travaux accessoires.
- Art. 65
- Les parois des cloisons et pans de bois en frises devant rester en bois naturel seront encollées, rebouchées au mastic et vernies à deux couches Les parties de murs enduites en plâtre seront égrenées et peintes à l’huile, trois couches avec rebouchage.
- Art. 66
- Les surfaces apparentes des plafonds seront égrenées de plâtre et peintes à la colle, deux couches avec rebouchages. Dans les pièces principales ci-dessus, les plafonds seront teintés et à deux tons.
- Art. 67
- Les faces extérieures des bâtiments, y compris les chéneaux, tuyaux de descente, balcons, grilles, etc., seront peintes à l’huile, trois couches, réchampies de trois tons formant décoration en panneaux, coutil, etc., avec emploi de couleurs fines à l’état pur, compris tous filages et travaux accessoires.
- Art. 68
- Les rampes d’escaliers seront peintes à l’huile, trois couches et vernies, les contre-marches, crémaillères, limons, etc., peints également à l’huile trois couches avec rebouchage.
- Art. 619
- Toutes les croisées, impasses et châssis seront vitrés en verre simple de troisième choix et peints à l’huile trois couches.
- Travaux de fumisterie et marbrerie
- Art. 70
- Les chambranles des cheminées seront en marbre noir français, à la capucine dans les pièces secondaires ; à médaillons, marbre rouge ou noir dans les bureaux des chefs, et à consoles dans le salon d’attente et le cabinet du directeur général, le tout avec foyers assortis.
- Les intérieurs seront rétrécis en faïence, avec contre-cœurs en briques, soubassements, goussets,
- Dimanche 20 Mars 1SS7. — 561.
- châssis à rideaux avec encadrement en cuivre, plaques de fonte et âtres en carreaux de terre cuite.
- Pour chaque cheminée un conduit d’air froid pour ventouse sera disposé entre deux solives au moyen d’un tuyau en tôle rond ou méplat, amenant l’air extérieur et fermé au départ par une grille à jour en fonte.
- Art. 71
- Un fourneau et une pierre d’évier avec arrivée et écoulement d’eau seront établis dans la cuisine du concierge, où l’on établira également des tablettes et barres pour casseroles.
- Travaux de canalisation pour le gaz
- Art. 72
- Toute la canalisation du gaz depuis le compteur fait partie du forfait ; elle sera disposée suivant les indications de l’architecte et avec les dimensions nécessaires pour l’alimentation de deux cents appareils destinés à l’éclairage de tous les couloirs, escaliers, dégagements, salles d’attente, antichambres, salles de commissions, bureaux, postes et dépendances ; en un mot pour tous les services, avec robinets de sûreté et de barrage, siphons, régulateurs, et compris tous tuyaux de plomb, fourreaux, nœuds de soudure, tous percements et raccords.
- Les patères également comprises dans le forfait, seront à scellement de omn, carrées, posées sur murs ou plafonds, avec raccords en cuivre et bouchons.
- Celles posées sur murs auront leurs raccords en cuivre, avec robinet-amorce porte-caoutchouc.
- Les appareils d’éclairage proprement dits seuls, ne sont pas compris dans le présent forfait.
- TRAVAUX D’ENTRETIEN
- Art. 73
- Moyennant le prix du forfait, l’adjudicataire devra maintenir ses constructions en parfait état d’entretien et de conservation jusqu’à la date fixée pour la démolition.
- CHAPITRE III
- DISPOSITIONS SPÉCIALES
- Art. 74
- Réclamations non admises. — Comme résumé et comme complément de ce qui a été établi ci-devant, il est spécialement expliqué que tous les travaux comprenant le bâtiment à construire seront absolument complets et parfaits, que ces travaux seront exécutés suivant toutes les règles de l’art et que les matériaux seront de la meilleure qualité de l’espèce indiquée.
- Il est formellement stipulé , en conséquence, que le prix du forfait comprend toutes les dépenses prévues et imprévues nécessaires pour l’exécution entière du bâtiment projeté, en dehors des réserves expressément faites aux art. 2 et 3 du présent cahier des charges , que ce bâtiment doit répondre exactement et complètement à l’usage indiqué, et qu’en conséquence, il ne sera tenu compte d’aucune réclamation, en dehors du prix de l’adjudication, pour quelque cause que ce soit, '•même pour cause d’erreur ou d’omission.
- Art. 75
- Démolition.— Dès que l’ordre lui en sera donné, l’entrepreneur devra, dans un délai de deux mois, procéder, à ses frais, à la démolition et à l'enlèvement de la construction et des décombres en provenant. Faute de s’y conformer, il sera passible de la retenue stipulée article 9 ci-devant.
- Art. 76
- Responsabilité de l’entrepreneur. — L’adjudicataire, restant propriétaire du bâtiment qu’il doit établir dans de bonnes conditions de solidité et entretenir jusqu’au Ier janvier 1890 en bon état de réparations foncières, il aura la responsabilité entière de tous accidents, dégâts ou détériorations provenant d’un défaut de solidité .ou d’une insuffisance d’entretien. En conséquence de cette responsabilité, ih aura la faculté d’augmenter les forces des pièces de construction qui ont été indiquées ci-devant, et aux dessins ci-annexe's, avec leurs dimensions les plus faibles ; mais cette augmentation de force, dont il aura dû se rendre compte avant l’adjudication, ne pourra modifier en aucune façon le chiffre du forfait qui sera établi par la soumission, ce chiffre de forfait se rapportant à un bâtiment capable de répondre complètement à l’usage auquel il est destiné et de résister au mouvement d’un public nombreux à chaque étage.
- Art. 77
- Détérioration. — L’adjudicataire reste responsable de toutes les détériorations qui pourraient survenir à ses constructions, même par intempéries, même par la faute des tiers, même par la malveillance ou par le vol, sauf son recours contre qui de droit et sans que l’administration puisse jamais être mise en cause.
- Il ne pourra réclamer ni indemnité, ni dommage outre le prix de son forfait, pour dégâts causés à ses constructions par l’occupation des services de l’Exposition, ni par l’installation de l’ameublement, ni par l’exécution des travaux réservés en dehors de l’adjudication, art. 3 du pré-
- p.561 - vue 121/496
-
-
-
- 5ç2. — Troisième Année — N° il6.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1SS9.
- Dimanche 20 Mars 1887.
- sent cahier des charges, ni par les plantations qui doivent être établies le long des murs et en élévation contre eux.
- L’adjudicataire propriétaire resterait également responsable de son bâtiment en cas d incendie, et l’administration pourra exiger.qu’il souscrive une assurance comprenant tous risques de garantie, avec une société acceptée par elle.
- Art. 78
- Modifications. — L’administration se réserve le doit de modifier, soit avant, soit pendant le cours des travaux, les dispositions ou distributions de certaines parties de la construction, sans que ces modifications puissent entraîner un changement en plus ou en moins du prix du forfait, les chiffres de dépense étant maintenus les mêmes par système de compensation.
- Art. 79
- Retenues. — La retenue de 1 %, especes sur les décomptes en vertu des art. 17 et 44 du cahier des charges et conditions générales pour le service médical, constituent essentiellement une œuvre charitable qui laisse entière, la responsabilité de l’entrepreneur en fcas d’accident. L’entrepreneur sera tenu, en conséquence, sous sa responsabilité particulière, de veiller a ce que toutes les précautions soient prises dans l’établissement de ses étaiements, échafauds, ponts de service, équipages et engins pour la sûreté des ouvriers et des agents de'l’administration.
- Art. 80
- Valeur relative des conditions. — En cas de désaccord ou de différence entre les dessins ci-annexés et les présentes conditions particulières, il est formellement stipulé que ce sont toujours les dites conditions particulières qui prévaudront.
- Art. 81
- Frais d'adjudication. — Les frais de timbre et d’enregistrement à droit fixe, ainsi que tous les autres frais auxquels donnera lieu la.présente adjudication seront à la charge de l’adjudicataire.
- Art. 82
- Conditions générales. — Indépendamment des conditions précédentes, formant la base du forfait, l’adjudicataire sera soumis aux clauses et. conditions générales approuvées par M. le ministre du commerce et de l’industrie le 25 août 1886. et imposées à tous les entrepreneurs de. 1 Exposition pour tout ce en quoi il n’est pas dérogé par les sentes.
- Dressé par l’architecte soussigné, Paris, le 5 mars 1887.
- Signé : Bouvard.
- Vu et présenté :
- Paris, le 8 mars 1887.
- Le Directeur général des travaux Signé: Halphand.
- 0 Vu et approuve :
- Paris, le 8 mars 1887.
- Le Ministre du Commerce et de l’Industrie Signé : Edouard Lockroy.
- Modèle de soumission
- Je soussigné . , .
- après avoir pris connaissance des clauses et conditions generales imposées aux entrepreneurs de l’Exposition universelle de 1889, du cahier des charges spéciales concernant la construction, a forfait par voie d’entreprise generale d un batiment en charpente pour 1 installation des services de l’exploitation, au Champ-de-Mars.. ' .
- M’engage à exécuter à forfait invariable les travaux dont il s’agit, évalué à la somme de
- moyennant un rabais de (en toutes lettres), par cent francs.
- Je me soumets, en outre, à supporter tous les droits de timbre, d’enregistrement à droit fixe, ou autres auxquels la présente soumission pourra donner lieu, si elle est acceptée.
- Paris, le 1887.
- (Signature).
- NOTRE jmVURE
- Nous donnons aujourd’hui une vue de la façade principale de l’Exposition de Toulouse.
- M. Paul Esquié, architecte, ancien prix de Rome, est l’auteur de cè projet.
- La pétition, suivante adressée au ministre de l’instruction publique et des beaux-arts circule dans le monde des arts :
- Les soussignés, artistes, français, ont 1 honneur de soumettre à M. le ministre le vœu suivant.'.
- « Partisans du suffrage universel et des élections pour la formation des jurys,
- « Nous sollicitons l’élection par les intéresses de l’élément artistique du jury pour la section des beaux-arts de l’exposition universelle de 1889.
- « Agréez, etc. ».
- Cette pétition, qui émane de la Société libre des artistes français, aurait gagné à venir avant le décret que nous insérons plus haut.
- ÉCHOS
- Paris
- Voici la suite des envois au prochain Salon :
- M. Cabanel : une Cléopâtre. M. Benjamin Constant, deux toiles magistrales, Théoclora et Orphée. M. Puvis de Chavannes, les cartons de sa grande composition allégorique pour la décoration du Grand amphithéâtre de la nouvelle Sorbonne. M. Edmond Debon, les Foins en Normandie. M. Rochegrosse, La mort de César et Salomé dansant devant Hérode. M. Dawant, Embarquement d’Emigrants au Havre.
- Le titre de la grande composition de M. Roll est la Guerre.
- A signaler encore deux envois, tous d’actualité : de M. Bin, un portrait du général Boulanger, de M. Croisy, le sculpteur, un buste du général.
- *
- * •¥
- M. E. Bernard, organisateur des précédentes expositions du blanc et noir, annonce que, faute d’avoir pu trouver un local actuellement libre, l’exposition du blanc et noir est remise, pour cette année, au mois d’octobre.
- *
- * ¥
- On annonce la constitution d’une Société depuis longtemps projetée, et qui est destinée à exercer une grande influence sur le mouvement des arts en France et à l’étranger. Cette Société, qui compte parmi ses fondateurs les artistes et les amateurs les plus éminents, portera le titre de Société artistique franco-américaine. C’est rue Laffite et rue Le Peletier, dans les anciennes galeries des aquarellistes, que la nouvelle Société établit son siège. En dehors d’une salle d’exposition permanente, il y aura des salons de lecture, de correspondance et de conversation, de façon à permettre aux artistes et aux amateurs des deux mondes de se rencontrer et d’entrer en relation directe. Un bureau d’expertise sera en outre adjoint à la Société franco-américaine, bureau d’expertise sérieux qui mettra les acheteurs à même de se prémunir contre les agissements de certains spéculateurs peu scrupuleux.
- *
- * *
- D épartements
- La trente-cinquième exposition de la société des Amis des Arts de Bordeaux s’est ouverte samedi dernier 12 mars.
- A citer : les envois de MM. Harpignies, Gervex, Luminais, Luc-Olivier Mërson, Chaplin, Toul-mouche, Princeteau, Veyrassat, etc.
- ¥ *
- La Société des Amis des Arts du Havre prépare une exposition des beaux-arts ' qui doit ouvrir le 23 juillet prochain,' pour clore le 23 octobre.
- Cette exposition, installée dans un édifice spécial, comprendra les oeuvres d’artistes vivants , dans les genres suivants : peinture, sculpture, dessin et gravure.
- Les oeuvres, venant de Paris et des pa.ys étrangers, devront être déposées chez M. Guinchard, 11, rue Lepic, du 20 juin au 1er juillet ; celles provenant du Salon jusqu’au 8 ; les œuvres, enfin, venant d’autres points de la France, doivent être envoyées avant le 5 juillet, à l’exposition des beaux-arts, chaussée des Etats-Unis, à M. Platel, secrétaire de la Société.
- *
- * *
- Il vient d’être créé à Toulouse, sur l’initiative de la Société académique francodiispano-por-tugaise, un nouveau musée où seront centralisés les échantillons de toutes les marchandises et produits industriels provenant de l’Europe et du monde entier.
- Le but que la Société se propose, c’est de faire profiter le commerce français des enseignements qui Miseront donnés parla production des échantillons soumis à son examen. Tous les ans, des récompenses seront décernées aux exposants dont les produits auront le plus* de mérite.
- Une bibliothèque commerciale comprenant plus de 10,000 volumes sera mise à la disposition des visiteurs.
- *
- * •¥•
- Exposition circulaire à travers la E rance. — Sous ce titre, une exposition roulante est en voie de formation à Bordeaux, son point de départ, où elle sera inaugurée vers le mois de juillet prochain si'à cette époque les adhérents sont en nombre suffisant.
- Le but poursuivi par les promoteurs de cette exposition, MM. E. Vignes et Ch. Lombard, est de propager les connaissances utiles et de favoriser le développement du commerce et de l’industrie. Le programme de cette exposition contient les dispositions suivantes :
- _ L’exposition, ouverte à tous les produits de l’industrie française, sera, au début, composée de cent voitures-galeries, d’un modèle spécial, d’une longueur de (3 mètres sur 2 de largeur et 2 de hauteur.
- Les voitures, divisées par une cloison, auront deux faces distinctes ; elles pourront, suivant
- l’emplacement, être placées sur trois, quatre ou cinq rangs parallèles, séparées par des galeries couvertes d’une largeur de 5 mètres. L’exposition sera ouverte de 0 heures du matin à 9 heures du soir, elle sera éclairée à la lumière électrique. L’entrée sera gratuite. Des employés connaissant au moins une langue étrangère seront à la disposition des exposants et du public. Deux heures après son arrivée dans chaque ville, l’exposition pourra être prête à recevoir des visiteurs.
- Chaque exposant aura à payer 400 fr. par mètre de largeur et par an. Il ne sera pas délivré d’emplacement au-dessous d’un mètre.
- Partant de Bordeaux, l’exposition suivra un itinéraire qui sera publié un mois avant l’inauguration. Elle stationnera de deux à huit journées selon l’importance des villes.
- Son arrivée sera annoncée à l’avance. En deux années environ, elle aura parcouru la France entière, s’étant arrêtée dans les villes d’au moins 10,000 habitants.
- L’administration fera imprimer et distribuer gratuitement le catalogue des produits exposés. Ce catalogue aura un tirage de un million d'exemplaires.
- Après chaque tournée, des récompenses seront décernées aux exposants.
- Pour toutes demandes ou communications, s’adresser à l’administration de l’exposition circulaire à travers la France, 4, Cours de Tournon, à Bordeaux.
- k
- ETRANGER
- Allemagne
- On nous écrit de Hanovre que la cinquante-cinquième exposition artistique y a été ouverte, comme les années précédentes, au musée, le 24 février dernier. La catalogue comprend 631 numéros.
- *
- * *
- Nos lecteurs savent qu’une exposition industrielle du Haut-Rhin a lieu cette année à Fribourg-en-Brisgau.
- Le comité d’organisation adresse à tous les chasseurs, amateurs de sport cynégétique et fabricants de tous articles pour chasse un appel les invitant à prendre part dans la section qui leur est spécialement réservée, à l’exposition industrielle.
- Seront seulement admis les envois faits par des personnes habitant la région pour laquelle est organisée l’exposition, o’est-à-dire, la Haute-Bade jusqu’à IaRench et la Haute-Alsace jusqu’à Strasbourg inclusivement.
- *
- * *
- Dans les derniers jours d’octobre prochain doit s’ouvrir à Düsseldorf, pour les provinces Rhénane et de Westphaïie, une exposition d’alimentation populaire, d’art culinaire et d’économie domestique.
- *
- * <¥•
- Le 4 mars s’est ouverte à Halle l’exposition organisée par l’Association ornithologique de Saxe et de Thuringe, avec le concours du Club des éleveurs allemands et austro-hongrois.
- Cette exposition est une des plus importantes de ce genre qu’ait organisées l’Allemagne.
- *
- * *
- L’Association d’art industriel de Berlin a résolu d’examiner s’il n’est pas possible d’organiser dans le courant de cette année, simultanément et conjointement à l’exposition des beaux-arts, une exposition générale des industries artistiques.
- La commission formée pour les travaux préparatoires est chargée d’étudier en même temps s’il ne conviendrait pas, pour le but que se propose h Association, de joindre chaque année à l’exposition des beaux-arts, une manifestation analogue à celle que l’on projette pour cette année.
- •*
- ¥• ¥
- Le musée royal d’art industriel de Dresde renferme actuellement une exposition d’un tout nouveau genre.
- On sait que depuis un certain nombre d’années, la chromolithographie a pris, au point de vue de la vulgarisation de l’art, une importance tout à fait exceptionnelle, surtout depuis que les industries d’art s’en sont emparées au degré que l’on sait. C’est pour ces industries que le musée a fait acquisition dernièrement d’une collection d’environ 14,000 feuilles, réunie dans tous les pays et dont il expose aujourd’hui environ cinq mille spécimens, cartes de félicitations, menus, etc.
- Les articles allemands et autrichiens sont en majorité, mais la France, l’Angleterre et l’Amérique sont largement représentées.
- *
- * *
- Une importante exposition d’œuvres d’artistes indigènes et étrangers ouvrira le 14 mai, à la Concert-Halle de Berlin.
- Angleterre
- Le conseil de la cité de Manchester a voté une résolution tendant à adresser une invitation au
- p.562 - vue 122/496
-
-
-
- Troisième Année. — N° 116.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1SS9
- prince et à la princesse de Galles, et priant le couple princier, qui, selon toutes prévisions, se rendra à ce désir, de présider, en mai prochain, l'inauguration de l’exposition internationale de Manchester.
- Les altesses royales" résideront à l’hôtel de Vide. _
- U Invention nous apprend aussi que le comité a chargé la société locale des architectes de former pour l’exposition une collection de dessins architecturaux.
- * *
- La princesse Béatrice, dernière fille de la reine Victoria, et son mari le prince Henry de Batten-berg-, frère d’Alexandre, ex-prince de Bulgarie, acceptant l’invitation qui leur en avait été faite, inaugureront, le G mai prochain, l’exposition internationale de Saltaire (comté d’York), organisée pour célébrer le jubilé royal.
- La presse entière s’accorde à reconnaître que l’exposition américaine de Londres, dont l’ouverture se fera le 2 mai, constituera la collection la plus riche et H plus variée de produits et d’articles des Etats-Unis, jusqu’ici soumise au public, en pays étranger.
- On assure que l’inauguration sera une véritable surprise et que l’organisation entière sera de tous points achevée.
- On sait que la tradition voulait jusqu’ici qu’il en fût autrement et que dans toute exposition ouvrant ses portes, le visiteur n’eût à admirer que des caisses d’emballage.
- L’éclairage électrique est confié à MM. Laing, Wharton et Doeon, agents anglais de Thomson Houston.
- La Royal Acadeiny of Arts, de Londres, annonce qu’elle vient de fixer de la manière suivante les dates de dépôt des œuvres pour sa prochaine exposition : peinture, les 25, 26 et 28 mars ; sculpture, le 29 mars.
- *
- * *
- Belgique
- Voici quelques nouveaux détails sur l’exposition internationale de machines et instruments d’agriculture, et de laiterie, dont nous annoncions, dans un précédent numéro, l’ouverture à Bruxelles pour le 25 juin prochain.
- Les exposants devront faire connaître avant le 15 avril au secrétaire de la société agricole du Brabant (Bruxelles, rue Verte, 66), la dénomination, l’usage et le prix de chaque instrument ou appareil avec les perfectionnements apportés par l’exposant. Les machines agricoles ne seront pas, quand elles seront réexportées, sujettes à des droits et le transport sur les chemins de fer belges s’en fera avec un rabais de 5 0/0. Les envois devront être adressés au comité de l’exposition, en temps utile, pour que tout soit prêtpour le 24 juin.
- *
- * *
- Italie
- La commission internationale du congrès des chemins de fer a transmis aux administrations adhérentes le questionnaire et le règlement pour la session qui aura lieu à Milan, en septembre prochain.
- Voici, d’après le Bolletino dette Finanse Ferro-vie e dIndustrie, quelle est la teneur de ce règlement :
- 1° Conformément au vœu émis dans la première session du congrès, tenue à Bruxelles en 1885, l’organisation et la direction de la seconde session sont confiées à la commission internationale du congrès des chemins de fer, instituée à Bruxelles.
- 2° Le but du congrès est de favoriser les progrès de l’industrie des chemins de fer.
- Les gouvernements et les administrations ont été invités à continuer leur concours au congrès, et à s’y faire représenter.
- 3° Le congrès se compose :
- 1° De la commission internationale et des secrétaires de section nommés par elle ;
- 2° De délégués des différents gouvernements ;
- 3° De délégués des Compagnies de chemins de fer.
- Le bureau du congrès est élu par l’Assemblée, et comprend :
- Un président ; des vice-présidents ; un secrétaire général ; des secrétaires.
- Les travaux de l’exposition internationale de meunerie et de boulangerie de Milan, dont l’inauguration doit, on le sait, avoir lieu le 1er mai prochain, sont très activement menés.
- Le projet primitif a reçu de nombreuses modifications, par suite de l’augmentation journalière du nombre des. exposants au delà de tous les calculs et prévisions delà première heure.
- Les galeries ont dû être élargies, de nouvelles ont été érigées et la disposition générale transformée.
- Un grand nombre de maisons de l’Orient se sont présentées pour concourir avec les maisons italiennes.
- Beaucoup de celles-ci envoient des moulins et machines pour la préparation des chocolats, des pâtisseries, etc.
- La Société de gymnastique, Forsa e Coraggio, ayant proposé d’annexer à l’exposition sa propre exposition internationale d’appareils de gymnastique, d’escrime et de tir à la cible, cette offre a été acceptée.
- Une galerie annexe sera élevée, dans ce but, dans l’enceinte de l’exposition.
- C’est à l’occasion des fêtes d’inauguration de la façade que la célèbre cathédrale Santa Maria del Fiore qu’ouvrira à Florence, le 1er mai, sous le patronage du syndic de la ville, la première exposition italienne et internationale de photographie dont nous parlions dans notre dernier numéro.
- SCIENCES & INDUSTRIE
- Une nouvelle balance
- M. William Kloen (77, Saint-Peter’s Road, Bir-- mingharn) vient d’inventer un nouveau système de suspension, applicable à toutes les balances et décrit par Y Invention.
- On sait que, jusqu’ici, le point de suspension était produit par des rainures d’acier, pivotant sur un couteau d'acier, dont le tranchant représentait le point mathématique du centre de gravité. Malgré le poli de ces surfaces et leur dureté, on voit généralement le tranchant d’acier s’émousser, l’oxydation se charge également de détruire le fil du tranchant et de là une cause d’irrégularité assez fréquente dans les pesées. C’est là la cause la plus fréquente de cet état particulier qu’on appelle en physique « balance folle ».
- Pour obvier à ces inconvénients, l’inventeur a pris la disposition suivante : deux pointes métalliques, situées sur le même plan, pivotent sur deux tourillons d’agate, creusés en cône, de telle façon que le sommet du cône et la pointe forment un centre mathématique de pivotement. Le contrat n’a donc lieu que par deux points d’une ténuité extrême, ce qui communique à la balance une sensibilité et une précision vraiment remarquables.
- Le plan qui supporte les deux pointes est lui-même suspendu par un système spécial analogue à celui employé par les lampes de navires et permet au dispositif de conserver toujours la position horizontale, quelque déplacement brusque que l’on vienne à imprimer aux plateaux de la balance. Pour compléter l’appareil, l’inventeur a muni les extrémités du fléau, sur lequel reposent les plateaux, de systèmes analogues à celui que nous venons de décrire, ce qui donne à cette balance, quelle que>soit sa grandeur, une sensibilité remarquable et la met à l’abri de l’usure et du déplacement du centre de gravité, en lui assurant une parfaite précision.
- *
- * *
- Régulateur à gaz « Stott »
- Cet appareil, comme l’indique son nom, est destiné à compenser les différentes pressions qui surviennent dans l’écoulement du gaz, toujours irrégulier dans les grandes villes, où l’on voit constamment, à des heures précises ou bien à des moments que nul ne peut prévoir, une grande quantité de becs ouverts ou fermés alternativement.
- Ces irrégularités d’écoulement impriment à la masse gazeuse contenue dans les gazomètres des alternatives de condensation et de réfraction auxquelles il était urgent d’obvier, les Compagnies étant obligées d’augmenter, de jour en jour, les pressions des gazomètres, ce qui les a fait accuser bien souvent de spéculation par le consommateur qui voit, dans le montant toujours croissant de ses débours, l’expression d’un résultat sans en connaître la cause.
- Le régulateur ci - dessus mentionné et dû à MM. James Stott et Cle (174, Fleet Street, London, E. C.) est composé d’un cylindre, muni à sa partie inférieure de deux branchements tubulaires, l’un permettant l’arrivée, l’autre la sortie du gaz. Dans ce cylindre est creusée une gorge métallique, annulaire, contenant du mercure et dans laquelle s’engage, à frottement doux, un manchon cylindrique terminé, à sa partie supérieure, par un hémisphère formant comme une voûte sur laquelle vient s’exercer la pression du gaz. Au centre de ce tambour est fixée une tige métallique qui commande deux soupapes lenticulaires: l’une, qui, par son ascension, restreint la sortie du gaz en rétrécissant l’orifice ; d’autre qui, par son ascension également, restreint l’orifice d’entrée. De telle façon que si la pression augmente, elle communique son pouvoir d’expansion au manchon cylindrique qui se soulève en glissant dans la rainure pleine de mercure, entraînant la tige qui commande les soupapes et les oriente comme il a été mentionné ci-dessus, c’est-à-dire qu’à un excès de pression répond un excès de fermeture ; à une
- Dimanche 20 Mars 18S7. — 563.
- pression moyenne, un écoulement moyen ; à une pression presque nulle, un écoulement presque nul.
- Cet appareil, jugé supérieur dans son rapport, par la section du gaz de l’Exposition internationale de gaz et d’électricité (1882-88) peut paraître à son inventeur offrir tous les avantages de sécurité et de régularité, mais pour nous il nous semble bien moins simple et beaucoup plus coûteux qu’un appareil inventé, il y a déjà longtemps, par M. Aristide Cavaillé, facteur bien connu de grandes orgues à Paris, appareil qui a été le sujet d’un mémoire présenté par son auteur à l’Académie des sciences.
- Il consiste en une petite boîte rectangulaire, formée de deux compartiments et fermée à ses parties supérieure et inférieure par deux planchettes. Sur l’une de ces planchettes est placé un petit soufflet angulaire communiquant d’une part avec un des compartiments, d’autre part avec l’autre, par deux orifices situés en regard.
- Sur la surface interne de la paroi mobile du soufflet est fixée ur.e soupape lenticulaire qui, suivant le mouvement d’expansion de la paroi mobile, restreint l’orifice d’entrée. Une tringle de fer fixée parallèlement à la surface extérieure du soufflet et munie d’un petit curseur en plomb permet, en avançant ou en reculant celui-ci, d’augmenter ou de diminuer la résistance de la paroi mobile et par conséquent de faire écouler le gaz à un maximum de pression que l’on peut déterminer d’avance, selon les besoins et la dépense de gaz que l’on a à faire.
- Le fonctionnement est très simple. Le gaz arrivant dans le compartiment où se trouve la soupape passe dans le soufflet, lui communique un mouvement d’expansion égal à sa pression, mouvement qui, soulevant la soupape, met en équilibre la pression et le passage du gaz, qui ressort par l’orifice du second compartiment.
- Si, pour une cause quelconque, comme par exemple la fermeture d’un très grand nombre de becs, la pression vient à augmenter brusquement, la force expansive vient s’user contre les parois du soufflet sans pouvoir se communiquer à l’orifice de sortie, grâce à l’extrême sensibilité de la soupape mue par cette paroi mobile. Pour s’opposer à la déperdition du gaz causée par les poses des matières employées dans la construction de ce petit appareil, on tapisse son intérieur d’une baudruche qui assure l’imperméabilité, tout en conservant à l’appareil une grande souplesse. Le prix modique de ce régulateur le met à la portée de tout le monde et en cela il nous paraît supérieur au premier système que nous avons décrit et qui offre le grave inconvénient d’être coûteux, par l'emploi des substances qui entrent dans sa fabrication telles, par exemple, que le mercure. L’appareil^ de M. Cavaillé doit être vulgarisé dans l’intérêt de tous et c’est pour cela que nous avons tenu à le signaler.
- *
- * ¥
- Statistique
- L’année dernière n’a pas été très heureuse en Allemagne au point de vue des accidents de chemins de fer. Ceux-ci se sont élevés, en effet, au chiffre de 2,175, dont 867 déraillements et 241 collisions. Lepombre des personnes tuées ou mortes dans les vingt-quatre heures a été de 476, soit 2" voyageurs, 291 fonctionnaires et ouvriers des chemins de fer et 158 personnes diverses. La liste des blessés, comportant 1,178 noms,, comprend 84 voyageurs, 895 employés et 199 autres personnes. Le mois le plus défavorable a été décembre dernier. On a constaté, dans cette période, 241 accidents, avec un total de 60 morts et 126 blessés. Sur 142 tentatives de suicide, i3i ont abouti à la mort immédiate, 11 à des blessures plus ou moins sérieuses.
- Voilà des chiffres qui méritent d’êtrç médités ! 1
- C. H.
- --------------------------------------.
- LES LIVRES
- ci
- Le Mariage d’un roi (1721-1725), par Paul de Raynal.
- Calmann-Lévy, éditeur, 1887, in-18.
- Les mariages de rois méritent l’attention et l’intérêt de l’historien et du moraliste, à cause de l’influence qu’ont ces unions souveraines, par l’exemple qui en ressort, sur les mœurs et les événements. Mais il est rare que cette attention et cet intérêt suffisamment justifiés par leur objet, soient récompensés par des observations bien curieuses et des révélations bien neuves. C’est la raison d’Etat qui préside le plus souvent, à l’exclusion de la raison de cœur, dont les politiques ne tiennent guère de compte, à ces mariages royaux, gages de paix entre deux nations rivales, conséquences de la victoire et quelquefois de la défaite, moyens de facile agrandissement et de conquête par contrat pour les nations qui, comme la peu scrupuleuse Autriche, peuplent de leurs filles les cours européennes et exploitent utilement la fécondité de leurs souveraines. On se souvient de l’épigramme
- p.563 - vue 123/496
-
-
-
- fôq- — Troisième Année. — N° 116.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- Dimanche 20 Mars 1887.
- proverbiale : Tu felix Austria, nube... On se.sou-vient aussi de cet exemple caracteTistique, typique, de ces unions qui symbolisent l’accord entre deux peuples sans le réaliser entre les conjoints,^ le mariage de Louis XIV et de Marie-Thérèse d’Espagne, digne pendant, pour ses leçons et ses disgrâces, du mariage encore franco-espagnol entre Anne d’Autriche et Louis XIII.
- C’est cette déception mutuelle de deux époux enchaînés par la politique et séparés par tout le reste, qui rend quelque peu triste et monotone l’histoire de ces mariages royaux où, le plus souvent, l’ennui n’est tempéré que par l’infidélité... de celui seulement des époux, bien entendu, qui jouit du privilège d’être infidèle impunément ; car, lorsque les reines se mêlent de représailles, on ne badine pas avec ces faiblesses et l’exemple des reines disgraciées et enfermées au Château-Gaillard, comme les femme et belles-sœurs de Louis le Hutin — seules, Marguerite de Bourgogne et Isabeau de Bavière semblent avoir eu le privilège de l’adultère impuni, — des Mathilde de Danemark et des Caroline d’Angleterre rappellent des drames expiatoires qui n’ont rien de séduisant. Pour moins qu’un soupçon, Henri VIII fait trancher la tête à la victime et l’envoie, du lit royal à la tombe des suppliciées avec une férocité sournoise de Barbe-Bleue. Seul Gustave III, incapable d’avoir des enfants par lui-même aurait, selon une légende accréditée par Joseph de Maistre lui-même, dans sa correspondance officielle comme étant de l’histoire, non seulement autorisé mais encouragé un adultère pour le bon motif et légitimé, par sa complicité pour le moins originale, l’usurpation d’un suppléant de son choix et l’enfant qui fut le fruit de ce sacrifice à trois, où l’on ne sait à qui, de l’époux, de la femme ou de l’amant, il convient de donner la palme de l’abnégation.
- Revenons à notre sujet, c’est-à-dire à un mariage royal, où du moins les espérances de l’amour mutuel, de l’amour heureux préludèrent aux déceptions de l’inévitable disgrâce, de la fatale infidélité dont la garde qui veille aux barrières du Louvre ne défend pas les reines où, du moins, il fut tenu compte du vœu du cœur, du choix réciproque par la raison d’Etat abdiquant les vieilles sécheresses, les mépris traditionnels et se faisant, pour une fois, aventureuse et romanesque.
- M. Paul de Raynal a renouvelé et rajeuni, par d’heureuses contributions dues à ses recherches aux archives des affaires étrangères et à la bibliothèque de l’Arsenal, dans les papiers inédits du maréchal Du Bourg, ami et correspondant de Stanislas, l’intérêt de cette histoire du mariage de Louis XV avec Marie Leczinska, qui ressemble tour à tour à une comédie d’intrigue et à un roman d’aventures, l’une et l’autre esquissées déjà par la plume ironique de l’académicien Le-montey.
- Quel imbroglio, en effet, que ce mariage d’un roi de France charmant et malingre, à l’humeur sauvage d’un Hippolyte épris seulement de la chasse avec une princesse pauvre et sans autres attraits que ceux de la vertu, vivant avec son père et sa mère détrônés et exilés, dans la vieille com-manderie de Weissembourg, ayant passé l’âge où l’on coiffe sainte Catherine et, née en iyo3, âgée de six ans et demi de plus que son futur époux, né en 17.10! Par quelle série de vicissitudes et de revirements ce mariage, le dernier auquel il fut possible de songer, en l’état respectif des parties, fût-il celui auquel finirent par s’arrêter, à bout de négociations et d’intrigues, le duc de Bourbon, régent, et la femme artificieuse, coquette et galante qui le gouvernait et par lui gouvernait la France ?
- Le duc d’Orléans, premier régent, en dépit du testament de Louis XIV, avait songé à établir une de ses filles, MUe de Montpensier, dans la maison royale d’Espagne et, par suite, sur le trône où monta, en effet, son gendre, le prince des Asturies, par suite de l’abdication de Philippe V. Ce mariage, qui comblait les ambitions de la maison d’Orléans, avait pour contrepartie un autre hymen qui serrait d’un nouveau nœud les deux branches, l’aînée et la cadette de la maison de Bourbon, 'la branche espagnole et la branche française.
- L’infante d’Espagne, encore à la poupée, avait été fiancée au jeune .roi Louis XV et semblait destinée à devenir — au bout de dix ans — sa femme en réalité comme elle l’était en projet quand la mort subite du duc d’Orléans, emporté par l’apoplexie dans les bras de la duchesse de Phalaris, « son confesseur ordinaire », disent les mauvaises langues du temps, et l’abdication du roi d’Espagne contrarièrent ces projets d’hommes d Etat trop préoccupés du présent, pas assez de 1 avenir et qui ne calculaient pas plus avec la mort qu’avec l’amour. En vertu de l’union qui a toujours régné entre les diverses branches de la famille royale de France, le duc de Bourbon, second régent, avait pris pour règle de sa conduite et de sa politique de faire exactement le contraire de ce ^qu’avait fait son prédécesseur. Il suffisait qu’il eût recherché l’amitié de l’Espagne pour que le duc de Bourbon cherchât à lui substituer l’alliance anglaise. Il suffisait qu’il eût projeté le mariage de Louis XV avec une princesse espagnole pour que dans les conciliabules de Chantilly, on courût le risque de rom-
- pre ce mariage. Après un an de séjour à la cour de France, l’infante fiancée fut, en effet, renvoyée en grande pompe à ses parents. Et on chercha en Europe quelle princesse pourrait la remplacer.
- De là négociations plus furtives qu’ouvertes poursuivies par des diplomates d’aventure, avec les cours d’Angleterre, de Russie, d’Allemagne. De là, échange de rapports, de portraits, de confidences et d’indiscrétions domestiques, à l’appui ou au détriment de toutes les combinaisons nuptiales possibles ou impossibles. Pendant ce temps, le jeune roi Louis XV, sous l’œil paterne et sournois de son précepteur Fleury, qui caressait sourdement l’ambition de devenir, comme il le devint, en effet, cardinal et premier ministre, continuait son éducation, faisait manœuvrer son régiment imberbe de Royal-Terrasse, cavalcadait dans le bois de Boulogne, s’amusait à tuer des biches à coups de flèches et n’accordait aux œillades féminines dont il était l’objet qu’un sourire mélancolique et distrait.
- La marquise de Prie avait d’abord songé à trouver une femme pour son amant, c’est-à-dire une rivale commode et à son gré. Elle avait songé, pour ce rôle sacrifié, à diverses princesses, et notamment à la pauvre, vertueuse et laide Marie Leczinska. En même temps elle songeait à marier le roi avec une des sœurs du duc de Bourbon, dont la plus jolie, Mlle de Vermandois, éluda avec mépris, comme on repousse un piège, ses gracieuses avances.
- Par suite de cette déception, Marie Leczinska monte en grade et de candidate •— à son insu — à la main du duc de Bourbon est promue — toujours à son insu — au rang de candidate à la main du roi lui-même. La favorite avait fait ce calcul, si souvent déjoué par l’événement qu’une princesse qui lui devrait tout, lui permettrait tout. Elle ne devait pas tarder à reconnaître, à la disgrâce de son amant, à son propre exil, combien c’est bâtir sur le sable que fonder son avenir sur la reconnaissance d’un roi égoïste et d’une reine sans crédit.
- Toujours est-il que c’est grâce à ces vues intéressées, à ces manèges coupables, que leur objet innocent, la naïve et pieuse Marie Leczinska, qu’un marquis de Courtenvaux avait refusée parce que cette fille du roi de Pologne ne pouvait se flatter d’obtenir à la cour un tabouret de duchesse, devint la femme de Louis XV et la reine de France.
- Ils furent d’abord heureux et eurent beaucoup d’enfants. En 1732, le roman est fini, l’histoire le remplace, et cette histoire est triste. Les maîtresses succèdent à la femme et la reine est réduite aux plaisirs et aux devoirs, pour lesquels elle était faite d’une viç tout intérieure, toute bourgeoise, toute domestique, consacrée aux regrets discrets de l’épousé délaissée, et aux soins de la mère d’une nombreuse famille.
- Marie Leczinska ne trouva donc pas le bonheur dans cette élévation, qu’elle se prit plus d’une fois à regretter, moins favorisée en cela que la France qui, à cette union disgraciée, gagna la Lorraine.
- M. de Lescure.
- -----------ilwT. --------
- AVIS COMMERCIAUX
- CHARLEROi
- ENVOI D’ÉCHANTILLONS COMMERCIAUX. — CONCOURS
- INTERNATIONAL DES SCIENCES ET DE iflNDUSTRIE A
- BRUXELLES EN I888.
- La Chambre de commerce française de Charle-roi vient d’adresser les circulaires suivantes aux chambres de commerce et aux chambres syndicales de France :
- Monsieur le président,
- La Chambre de commerce française de Charle-roi, voulant ne laisser de côté aucune des mesures qui peuvent aider au développement du commerce français à l’extérieur et à l’expansion des produits de l’industrie française à l’étranger, a pensé qu’il serait utile aux commerçants et aux industriels français de connaître la nature et la qualité des produits consommés dans sa région, les prix auxquels ils sont offerts sur le marché, et de leur fournir ainsi toutes facilités pour étudier les moyens démener leurs produits à entrer, avec chances de succès, en concurrence avec les produits similaires étrangers.
- La Chambre a réuni dans son musée commercial un certain nombre d’échantillons de produits anglais et allemands, qui viennent malheureusement, sur le marché belge, supplanter nos produits nationaux. Elle se propose, peur atteindre le but qu’elle a en vue, de demander le concours des Chambres de commerce et syndicales françaises et de les prier de vouloir bien recevoir dans leurs locaux, pendant le temps qui sera jugé nécessaire, un certain nombre de ces échantillons pour les mettre à la disposition des fabricants de leur région qui pourraient trouver en Belgique un nouveau débouché pour leurs produits.
- Nous venons donc vous demander, monsieur le président, de vouloir bien nous faire savoir si
- votre Chambre serait disposée à nous accorder son concours dans cette œuvre patriotique.
- Il est bien entendu que notre Chambre prendrait à sa charge l’envoi de tous ces échantillons et des renseignements de toute nature qui pourraient être nécessaires.
- Espérant que vous réserverez bon accueil à notre demande, nous vous prions d’agréer, monsieur le président, l’assurance de notre parfaite considération .
- Le Président de la Chambre de commerce française cle Charleroi, Valère Mabille.
- Le Secrétaire,
- A. Robin.
- Monsieur le président,
- Il s’ouvre à Bruxelles, en 1888, sous la présidence de M. Léon Souzée, avec l’intervention et l’appui du gouvernement belge, un concours international des sciences et de l’industrie.
- La-Chambre de commerce française de Charleroi a vu dans cette institution un moyen d’ouvrir encore de nouveaux débouchés à notre industrie nationale et vient, dans un but patriotique, offrir ses services à tous les Français qui voudront bien mettre son zèle à contribution.
- Vous pourrez juger de l’utilité, pour notre pays, de prendre part à cette lutte pacifique et de l’importance pour lui d’être dignement représenté à ce concours, par l’extrait que nous donnons ci-dessous d’une circulaire adressée par M. le président du comité exécutif aux membres de la Commission, le 10 décembre dernier.
- La nomination de M. Valère Mabille, président de notre Chambre, à la vice-présidence d’une des classes, nous met à même de fournir aux intéressés tous les renseignements qui pourront leur être utiles.
- Nous nous mettons donc entièrement à la disposition de nos compatriotes pour faire gratuitement, en ce qui nous concerne, les démarches nécessaires, leur faire connaître les conditions d’exposition , leur chercher des agents prêts à s’occuper de leurs installations, etc., les faire profiter, en un mot, de toutes les ressources que nous pouvons posséder nous-mêmes.
- Espérant, Monsieur le président, que vous voudrez bien donner à la présente la plus grande publicité possible, nous vous prions d’agréer l’assurance de notre parfaite considération.
- Le Secrétaire,
- A. Robin.
- Le président de la Chambre de Commerce française de Charleroi, Valère Mabille.
- Extrait de la note explicative adressée le 10 décembre 1886 à MM. les membres de la Commission chargée d’organiser le concours.
- « Chacune des subdivisions appelées à concourir exposera ses produits dans un compartiment international.
- « Les galeries du concours international présenteront donc une série d’expositions spéciales, dont chacune sera réservée aux objets d’une même catégorie qu’elle comprendra tous sans exception.
- « En donnant lieu à une comparaison immédiate basée sur les éléments complets, mis en présence, cette disposition nouvelle offre l’avantage de faciliter singulièrement l’étude des procédés industriels et des produits qui en dérivent.
- « Dans chacune des subdivisions, il sera ouvert un concours spécial, lequel portera sur le problème dont la solution constitue, en quelque sorte, un desideratum pour le groupe appelé à ce concours.
- « Des récompense honorifiques et des primes en espèces seront attribuées à la solution de ces problèmes.
- « Au grand concours sera annexée une Exposition internationale d'importation et d’exportation, dans laquelle chaque pays exposera ses produits dans un compartiment national. »
- Signé : L. Souzée.
- ITALIE
- EXPOSITIONS PERMANENTES D’ÉCHANTILLONS
- a l’étranger
- Le consul général de France à Gênes écrit que le ministère du commerce avait invité les négociants et industriels du royaume à lui faire parvenir, directement ou par l’entremise des musées commerciaux de Milan et de Turin, des échantillons de leurs articles destinés à être envoyés, par ses soins et à ses frais, aux Chambres de commerce italiennes à l’étranger, et à former des expositions permanentes de produits nationaux.
- Plus de quarante maisons ayant répondu à cet appel, les échantillons recueillis ont été transmis à la Chambre de commerce italienne de Buenos-Aires, auprès de laquelle doit avoir lieu le premier essai des expositions dont il s’agit.
- Le ministère a décidé qu’une seconde expédition serait opérée dans les mêmes conditions.
- Le Gérant, GARREAU.
- Tours. — lmp. E. ARRAUI.T et Cie, rue de la Préfecture, 6.
- p.564 - vue 124/496
-
-
-
- Le Moniteur
- DE
- L'EXPOSITION DE 1889
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
- TROISIÈME ANNÉE. Dimanche 27 Mars 1887. NUMÉRO 117.
- SOMMAIRE :
- 1. Première réunion des membres des comités ; 2. Les travaux du Champ-de-Mars ; 3. La Société d’encouragement; 4. Les brevets d’invention ; 5. Les Effets de l’électricité sur la Tour Eiffel; 6. Comité départemental du Nord ; 7. Comité départemental de la Haute-Garonne; 8. Comité départemental de Maine-et-Loire; 9. Comité départemental de la Vienne; 10. Adjudication en un lot; n. Les Echos; 12. Science et industrie; i3. Le Métropolitain de Berlin; 14. .Les Livres; i5. Le langage international conventionnel ; 16. Avis commerciaux; 17. Le Bon Marché; 18. Les Théâtres.
- PREMIÈRE RÉUNION
- DES MEMBRES DES COMITÉS
- D’ADMISSION
- Les comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889 se sont réunis pour la première fois le vendredi 2 5 mars à deux heures et demie, à l’Hôtel de Ville, salle Saint-Jean.
- M. le ministre du commerce et de l’industrie a ouvert cette séance d’inauguration en prononçant le discours suivant :
- Messieurs,
- Je vous remercie de bien vouloir donner votre concours à la grande oeuvre de l’Exposition universelle de 1889 ; vous remplirez avec éclat, j’en ai l’assurance, la tâche délicate et difficile qui vous est confiée ; je n’en veux pour garants que votre esprit d’équité, votre expérience, votre dévouement à la chose publique et l’ardeur de votre patriotisme.
- L’Exposition est désormais constituée; elle l’est par l’arrêté qui vous a nommés, elle l’est par votre présence dans cette enceinte. Aussi bien pouvons-nous jeter les yeux sur le passé avec la conscience du devoir accompli. Il y a un an â peine, rien n’était seulement ébauché, et dans ce court espace de temps nous avons fait appel au concours de l’initiative privée et nous avons constitué une société de garantie ; nous avons obtenu de la Ville de Paris, si généreuse toujours quand il s’agit d’un intérêt public, une large subvention ; nous avons arrêté un plan d’Exposition, un budget et des devis ; nous avons, avec le concours de la commission de contrôle et de finances, examiné un à un tous les crédits, préparé la manutention, réglé les questions de détail ; nous avons formé et réuni, dans tous les départements, des comités qui doivent associer à notre- oeuvre la France entière ; nous avons procédé à de nombreuses adjudications ; nous avons ouvert les chantiers du Champ-de-Mars, creusé des fondations, construit des égouts, commandé à l’industrie métallurgique nos fermes et, dans la mesure du possible, donné un élément à l’activité nationale, du travail et du pain aux ouvriers.
- Ce labeur immense nous a été rendu facile par le dévouement de tous. Je manquerais à mon devoir si je ne saisissais pas cette occasion pour rendre nommage à MM. les membres de la commission des finances et de contrôle, à mes éminents collaborateurs MM. Alphand, directeur des travaux de Paris ; Berger, directeur de l’exploitation ; Grison, directeur de la comptabilité.
- Crâce à leurs infatigables efforts, nous pouvons envisager l’avenir sans crainte et, à moins d’événements qu’il est impossible aux hommes de prévoir, considérer comme certain le succès de notre grande oeuvre.
- 'L’Exposition de 1889 ne devait prendre pour modèle aucune de celles qui l’avaient précédée. Il lui fallait trouver une organisation nouvelle en harmonie avec nos ressources et nos besoins, empreinte de l’esprit démocratique de la société moderne, pratique en même temps, et donnant au pays les garanties indispensables d’honorabilité dans 1 exécution.et de sévérité dans le contrôle.
- Tout d’abord, il m’a semblé qu’il fallait attribuer les fonctions de commissaire général au ministre du commerce, dépendant comme tous ses collègues du pouvoir parlementaire.
- C’était, vous le voyez, soumettre l’Exposition
- elle-même à la surveillance incessante des représentants de la nation, auxquels rien ne doit échapper; c’était, en même temps, supprimer les conflits toujours à craindre entre un commissaire général désireux d’assurer son indépendance et un ministre naturellement soucieux de sauvegarder sa responsabilité.
- Après lui avoir assuré l’unité de direction, il fallait pourvoir aux nécessités administratives. J’ai pensé qu’autour de nous il nous était possible de rencontrer de bons modèles, et j’ai choisi le mien dans l’organisation de nos chemins de fer. C’est ainsi que furent créées les trois directions : celle des travaux, celle de l’exploitation et de l’installation, celle de la comptabilité.
- Leurs attributions, sévèrement définies, nous mirent à l’abri des rivalités et des embarras qui se rencontrent parfois dans des entreprises de ce genre.
- Aucune force n’a donc été perdue, et nous avons pu marcher au but d’un pas ferme et assuré.
- L’organisation administrative réglée restait l’organisation financière ; il m’a paru que si l’Exposition ne pouvait demander tout son budget à l’Etat et à la Ville ou se créer comme on l’avait proposé un instant, enfaisantappel a l’initiative privée, elle devait s’adresser à la fois à l’Etat parce qu’elle était une grande œuvre nationale ; à la Ville parce qu’elle s’installait dans la capitale de la France; à l’initiative privée, parce qu’elle devait à son succès toutes les forces vives du pays.
- Vous savez quel fut le succès de cette première opération: le Parlement nous accorda sans marchander les crédits que nous lui demandions ; le conseil municipal augmenta d’un tiers sa subvention ordinaire; l’initiative privée, au lieu de dix-sept millions, nous en a apporté vingt-quatre.
- La manière dont avait été trouvé le capital nous indiquait suffisamment comment on devait constituer le contrôle ; des représentants de l’Etat, de la Ville, de la société de garantie furent, appelés à se réunir en une commission consultative à laquelle sont soumis aujourd’hui les plans, les devis, les dépenses et les recettes.
- Cette commission entrera à son heure dans le « grand conseil de l’Exposition », dont la composition sera bientôt connue, et qui, chargé de ce que volontiers j’appellerais la partie intellectuelle de l’Exposition : congrès, conférences, recherches historiques, auditions théâtrales, et musicales ; composé des hommes les plus éminents parmi les savants, les artistes, les industriels, les commerçants, les administrateurs, les soldats, les ouvriers manuels, les cultivateurs, résumera et, pour ainsi .dire, synthétisera devant les deux mondes conviés à notre fête de 1889 la société française moderne telle que l’ont faite un siècle d’épreuves, de luttes, de secousses, de' recherches, de transformations successives et d’enfantements incessants ; telle que l’ont faite son incomparable civilisation et son prodigieux labeur.
- Telle est, messieurs, dans ces grandes lignes, notre conception administrative, financière, morale de l’Exposition universelle. Nous avons voulu que le travail fût honoré dans toutes ses formes ; pour la première fois vous trouverez dans les jurys et dans le grand conseil des ouvriers manuels et agricoles, et cette glorification du travail sera l’affirmation éclatante des sentiments pacifiques qui animent notre pays.
- Quant à vous, messieurs, je n’ai point, à vous tracer vos devoirs. Vous les connaissez à l’avance. Vous aurez à statuer librement et en dernier ressort sur les demandes d’admission qui. vous seront présentées. Vous contribuerez ainsi de la façon la plus utile au succès de la. grande œuvre nationale. C’est en dehors des services administratifs, au sein de vos réunions que seront prises les deux juridictions supérieures des . comités de groupes et du grand comité de révision. Ai-je besoin de vous recommander d’être très circonspects dans vos choix ? Non, sans doute. Vous, pensez, comme moi, que l’admission à l’Exposition universelle est déjà une première récompense pour les exposants.
- L’espace ne nous fera pas défaut. L’Exposition de 1889 dépassera en étendue toutes les expositions précédentes ; mais aussi les objets exposés seront infiniment plus nombreux.
- L’agriculture, à elle seule, occupera une place double de celle qu’elle occupait en 1878. C’est aussi pour cela, messieurs, que j’ai tenu à réunir les jurys d’admission plus tôt qu’on ne les réunit d’ordinaire. C’est dix-huit mois seulement avant l’ouverture de la . dernière Exposition que les jurys ont été réunis ; vous, messieurs, vous avez devant vous deux ans.
- Vous les emploierez bien messieurs. Déjà les demandes d’admission abondent ; déjà vous allez avoir à commencer vos difficiles et laborieux examens. Tâche ingrate et lourde peut-être ! Mais elle vous paraîtra légère quand vous songerez que vous travaillez pour votre pays, que de vos soins dépend le succès d’une œuvre nationale dont le monde entier se préoccupe aujourd’hui, que l’Exposition donnera le signal du réveil pour nos industries, notre agriculture, notre commerce concurrencé et menacé ; que vous contribuerez à mettre en relief et en vue ces supériorités que nous gardons encore et que nos rivaux ne pourront point nous ravir.
- Ah ! messieurs, veillez surtout à ce qui nous reste de gloire. Attachez-vous à montrer ce que peut la France, ce qu’est son génie, sa puissance créatrice, sa fécondité, sa grandeur industrielle, commerciale, artistique. Aidez-nous à lui préparer une année de joie et de légitime orgueil, l’apothéose du travail dans un inoubliable anniversaire !
- LES
- TRAVAUX DU CHAMP-DE-MARS
- Bien que le froid exceptionnel que nous subissons ait arrêté certains travaux, une animation incessante règne toujours au Champ-de-Mars, tant à l’intérieur de l’enceinte, où les chantiers rivalisent d’activité qu’à l’extérieur où les curieux se pressent autour des palissades, afin de contempler les travailleurs. Le public qui, d’ordinaire, examine avec une simple curiosité les ouvriers attaquant la terre à coups de pioche, ouvrant des tranchées, les consolidant, rejetant les déblais dans des tombereaux ou des wagonnets qui les emmènent au loin s’intéresse réellement cette fois au travail qu’il a sous les yeux et suit avec complaisance les différentes phases des opérations.
- Ce qui semble frapper surtout c’est l’ordre et la régularité qui président à tous ces. mouvements en apparence sans liaison entre eux ; et de cette coordination complète de tous les efforts se dégage un sentiment d’intérêt qui captiverait même les indifférents et les ferait rester à suivre les progrès du travail.
- Combien parmi les spectateurs s’en trouvent-ils ayant une idée du labeur intellectuel auquel il a fallu se livrer avant d’arriver à la période d’exécution et comprenant que cet ensemble qu’ils admirent sur le chantier résulte d’une conception habile et d’une prévision intelligente de la part de ceux qui dirigent ?
- Et pourtant que de difficultés à vaincre, que de détails à prévoir, que de précautions à prendre \ Pas une motte de terre dont l’extraction n’ait été calculée et l’emploi prévu, pas une manœuvre qui n’ait été arrêtée à l’avance; et il ne faudrait pas que cette minutie dans les prévisions soit inutile, et non plus le fait d’un esprit étroit se noyant dans les détails ; rien n’est plus indispensable, et la moindre omission dans la-conception.d’un projet pourrait en compromettre la réalisation et avoir de graves conséquences lors de l’exécution, soit au point de vue des accidents qui se produiraient peut être, soit chose moins grave quoique bien importante encore, comme perte de temps résultant de fausses manœuvres ; Ainsi il est bien évident que la période d’inaction qui s’écoule iné-
- p.565 - vue 125/496
-
-
-
- 566. — Troisième Année. — N° 117.
- vitablement entre la décision prise et la mise à exécution serait préjudiciable si elle n’était rachetée par une grande rapidité des travaux, conséquence d’une prévision exacte de tous les détails. C’est du reste ce qui permet de finir, dans les délais prévus, un travail dont la mise en charge semble tardive à ceux qui ne jugent que le côté superficiel des choses.
- Les travaux de maçonnerie des fondations des palais consacrés aux arts libéraux et aux industries diverses ont dû être suspendus à cause de la gelée de ces derniers jours; malgré ce contre-temps, ils sont en très bonne voie etleur degré d’avancement est tel qu’on peut affirmer qu’ils seront terminés pour l’époque fixée par les prévisions.
- Pendant ce temps M. Manoury déploie la plus grande activité à faire exécuter des déblais sur l’emplacement que devront occuper les sous-sols dont l’étendue est considérable.
- Le déblais du terrain qu’occupera la galerie des machines marche également avec une grande rapidité et les terres qui proviennent de la fouille sont mises en remblai pour constituer le nivellement général du sol dont la cote sera 35m6o.
- Le service de ce double mouvement du déblai et du remblai est assuré par un petit chemin de fer à voie étroite établi sur l’emplacement de la galerie des industries diverses et sur lequel circulent incessamment des trains de wagonnets. Ce petit chemin de fer a un développement de 2,000™, il est constitué par des petits rails à patins omo8 de hauteur, écartés de om8o l’un de l’autre .et fixés sur des traverses en bois; cette simplicité d’installation se prête très bien au caractère provisoire d’un pareil chemin de fer et s’accommode parfaitement des accidents de terrains dont un chantier est nécessairement parsemé.
- MM. Huguet, Versifié et Appay ont donné une impulsion des plus vigoureuses à leurs travaux qui, exécutés à une assez grande profondeur au-dessous du niveau du sol, n’ont, pour ainsi dire, pas eu à souffrir du retard occasionné presque partout ailleurs par le froid réellement excessif pour la saison.
- Le réseau des égouts avance avec une rapidité remarquable;les deux qui sont situés sur les côtés sont terminés et on commence celui qui doit exister entre la galerie des machines et le palais des industries diverses ; on entame également l’égout central; quant à celui qui longe l’avenue Labour-donnais, son exécution en béton Cogniet, se poursuit sans discontinuer.
- Les chantiers de la tour Eiffel ont forcément subi un temps d’arrêt, la gelée ayant interrompu les travaux de maçonnerie, et on n’a pu que continuer les terrassements là où ils n’étaient pas encore complètement achevés ; néanmoins l’ensemble est satisfaisant et ne laisse aucun doute sur le résultat final.
- *
- * #
- La reprise de l’hiver pendant ces derniers temps a considérablement gêné les travaux qui, forcément. n’ont pu avancer que d’une très faible quantité, bien que tout le monde y mît du bon vouloir, mais il est des choses plus fortes que la volonté et la gelée est un de ces faits devant lesquels il n’y a qu’à s’incliner, c’est du reste le plus redoutable, adversaire que puissent rencontrer des travaux, car si on peut, dans une certaine mesure, s’abriter de la pluie et de la neige ou même les braver, il n’en est pas ainsi du froid qui prend comme complices les matériaux eux-mêmes et force à déserter les chantiers; en effet non seulement des maçonneries exécutées dans ces conditions n’offriraient aucune garantie, mais encore il est matériellement impossible d’utiliser du mortier ou du béton qui se durcissent à mesure de la confection par suite de la congélation de l’eau qu’ils renferment.
- Quoi qu’il en soit, le temps n’a pas été entièrement perdu, d’abord, parce qu’on a utilisé tous les instants qu’on a pu disputer à l’inclémence de la température, ensuite parce qu’on a profité de cette accalmie forcée dans les travaux proprement dits pour s’occuper de mille détails secondaires et pour préparer des matériaux et les amener à pied-d’œuvre ; au reste ces pertes de temps dues aux intempéries sonttoujours prévues dans les projets et on en tient compte, aussi approximativement que possible, dans l’évaluation de la durée de l’entreprise.
- Enfin,espérons que le mois de mars en finissant va emmener avec lui le froid et les bourrasques et que jusqu’à l’hiver prochain, nous en aurons fini avec la gelée et la neige.
- L’emplacement des sous-sols du palais des industries diverses est extrêmement dégagé , les terres enlevées forment, parallèlement à l’avenue Labourdonnais , une énorme tranchée de i3o mètres de longueur sur 8 mètres de largeur.et. 2 de profondeur, qui se dirige vers l’École militaire et se retourne ensuite perpendiculairement à droite avec les mêmes dimensions sur une longueur de 75 mètres; elle représente un déblai d’environ 3,ooo mètres cubes.
- De l’autre côté du Champ-de-Mars, c’est-à-dire suivant'une ligne parallèle à l’avenue de Suffren, une tranchée semblable est terminée, elle se retourne à gauche, à la même hauteur que l’autre
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1S89
- Dimanche 27 Mars 1SS7.
- dont elle viendra rejoindre la branche parallèle à l’école ; les deux branches seront séparées par le dôme central. Les sous-sols du palais des industries diverses auront une hauteur de 2,n75 et seront séparés du sol dudit palais par un plancher d’une épaisseur de om25.
- La vue photographique que nous publions aujourd’hui permet de constater l’avancement qu’ont reçu les fondations de la pile n° 2 de la tour, on y distingue bien maintenant les maçonneries qui reposent sur leur lit de béton et on peut déjà juger de l’aspect résistant qu’offriront de pareils massifs. On y remarquera les diverses installations nécessaires à l’exécution de l’ouvrage ainsi que le tube qui plonge dans le massif central et est destiné au paratonnerre dont nous aurons à reparler; de plus, on voit, dans le fond, l’atelier où se fait, au moyen d’un petit caisson à air comprimé, un sondage pour la pile n° 1, ce sondage a été poussé jusqu’à 1 5mgo au-dessous du sol et a permis de constater que le terrain était meilleur qu’on ne s’y attendait ; du reste, le tableau ci-joint indique les diverses couches rencontrées.
- Sondage de la pile n° 1
- ÉPAISSEUR
- NATURE DES COUCHES DES COUCHES
- Altitude du sol naturel...................................
- Terrains pierreux et débris de démolitions................
- Couche de béton...........................................
- Sable glauconnieux un peu argileux et morceaux de
- de calcaire grossier..................................
- Argile ligniteuse sableuse................................
- Sable glauconnique (traces de quartz) ....................
- Sable quartzeux argilo-ligniteux..........................
- Sable quartzeux; coupé de veines argilo-ligniteuses (débris de bois.............................................
- Sable et gravier calcaire un peu terreux..................
- Sable et gravier semi-calcaire............................
- Sable pur et gravier calcaire et siliceux...................
- Sable et gravier calcaire.................................
- Sable et gravier calcaire et siliceux.....................
- Banc de calcaire gris.....................................
- Gravier calcaire et siliceux mélo de sable................
- Banc de calcaire gris.....................................
- Sable et gravier jaune vert, calcaire et sMiceux..........
- Calcaire gris. ..............................•............
- Sable glauconnieux, mêlé de morceaux de calcaire gris.. Calcaire chlorité.........................................
- omoo
- o 75 o 27 o q.5 017
- 1 21 o 44 o 12 1 3 4 o 16 o 57 o 11 o 26 o 19 o 29 o 17 o 46 1 3o
- i5m9o
- Pour effectuer ce travail, les ouvriers descendaient par un tube dans une cloche qui se trouvait à la partie inférieure et où l’air comprimé fournissait la pression nécessaire à combattre l’envahissement ; la fondation de cette pile n° 1 sera poussée jusqu’à 1 om20 en contre-bas du terrain naturel, c’est-à-dire dans la couche de sable quartzeux.
- On continue la fouille de la pile n° 4 qui va être pourvue d’un caisson métallique dont on est en train d’amener les diverses pièces et au montage duquel on va procéder incessamment.
- Le travail interrompu quelques jours reprend activement à la pile n° 3 dont les fondations commencent à se dessiner d’une façon bien nette.
- En somme, l’état général des chantiers est satisfaisant et l’agrément que procure la constatation de l’avancement du travail compense bien les difficultés que l’on éprouve à parcourir le Champ-de-Mars transformé en un gigantesque lac de boue dans lequel on enfonce comme à plaisir.
- H. de Baecker.
- LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- A L’AGRICULTURE
- ET L’EXPOSITION DE 1889
- M. le ministre de l’agriculture a reçu, samedi dernier, une délégation de la Société nationale d’encouragement à l’agriculture composée de MM. Foucherde Careil, Devès, Récipon, de Lagorsse, qui a réclamé contre l’organisation des groupes et classes de l’Exposition de 1889, en ce qui concerne l’agriculture.
- Il résulte, en effet, de l’arrêté du ministre du commerce, concernant les jurys d’admission, que les divers produits de l’agriculture sont disséminés dans des groupes et classes diverses, au lieu d’être réunis dans un tableau rationnel et synthétique.
- Cet éparpillement de l’agriculture est de nature à nuire considérablement à l’Exposition de la première de nos industries nationales, disent les membres de la délégation.
- M. Develle a écouté avec la plus grande bienveillance cette réclamation et engagé le bureau de la Société nationale à s’adresser à son collègue le ministre du commerce, qui a la décision en ces matières.
- Le lundi le même bureau a été reçu successivement par M. Berger, et par M. Lockroy.
- Il résulte des explications qui ont eu lieu que les produits de l’agriculture, qui sont un peu disséminés dans le règlement qui a paru, seront en fait centralisés dans un même espace, contigu allant de l’esplanade des Invalides au Trocadéro.
- Les produits agricoles de toutes les nations y seront groupés, de manière à former un tableau de comparaison saisissant ret instructif. Ainsi, les produits agricoles alimentaires et les produits forestiers, qui d’après le règlement, figurent dans un certain nombre de groupes différents, auront
- des pavillons spéciaux dans l’enceinte même de-l’exposition agricole.
- De même, en ce qui concerne la mécanique-agricole, les instruments et machines seront également rattachés au groupe de l’agriculture dont ils font naturellement partie.
- M. le ministre du commerce a assuré la délégation de son vif désir de donner à l’agriculture toutes les satisfactions possibles. U a annoncé la publication prochaine de rapports et documents officiels qui mettront en lumière un classement rationnel.
- . Il a ajouté que le gouvernement avait le projet d’organiser , pendant l’Exposition, un congrès international agricole, et il a fait appel, pour cette œuvre, au dévouement et à la collaboration de la Société nationale d’encouragement.
- Enfin il a annoncé la prochaine nomination de la commission de trois cents membres dont la mission sera de coordonner les travaux des comités-d’admission, en leur imprimant une direction supérieure et une harmonie nécessaire.
- Dans cette commission supérieure figurera un comité spécial à l’agriculture, dont les intérêts seront ainsi largement représentés.
- LES BREVETS D’INVENTION
- ET LES SAISIES
- A L’EXPOSITION DE 1889
- Au conseil des ministres du 22 mars,M. Lockroy,. ministre du commerce, a fait signer un projet de loi ayant pour objet — suivant un usage constant — de préserver de la déchéance les brevets d’invention concernant les produits brevetés qui figureront à l’Exposition universelle de 1889.
- Aux termes de ce projet, la période pendant laquelle les brevets d’invention sont valables sera suspendue pendant toute la durée de l’Exposition et ne recommencera à courir qu’à la clôture. En outre, les projets exposés ne pourront être saisis-que par description, suivant le terme consacré, c’est-à-dire que la saisie sera notifiée par exploit, mais ne pourra s’exécuter matériellement qu’à la clôture de l’Exposition.
- ------ ---------------------
- LES EFFETS DE L’ÉLECTRICITÉ
- SUR IA TOUR EIFFEL
- MM. E. Becquerel et Massart, membres de l’Institut, accompagnés de M. Georges Berger, directeur général de l’Exploitation, se sont rendus sur les chantiers du Champ-de-Mars, afin d’examiner les précautions prises dans les fondations de la tour Eiffel, pour mettre les parties métalliques de celles-ci en communication constante avec les couches aquifères du sol du Champ-de-Mars. C’est à cette dernière condition seulement que les effets de l’électricité atmosphérique seront sans danger pour les personnes qui fréquenteront la tour Eiffel.
- Deux lignes de tuyaux de fer d’un diamètre de om6o. seront noyée au pied de chacun des quatre massifs de fondation. Ces tuyaux seront reliés à l’ossature métallique de la Tour par des tiges de cuivre dont les contacts avec le fer pourront être fréquemment vérifiés. Les travaux exécutés à cet effet par M. Eiffel, dans les fondations d’une pile-ont été reconnus bons.
- PREMIÈRE RÉUNION
- DU COMITÉ DÉPARTEMENTAL
- DU NORD
- Séance du ig février 1887
- La séance est ouverte à 2 heures et demie sous-la présidence de M. Saisset-Schneider, préfet du Nord.
- M. G. Berger, directeur général de l’exploitation de l’exposition, assiste à la séance.
- Allocution de M. le préfet
- M. le préfet déclaré qu’il se sent grandement honoré de se trouver, dès le début de son administration dans le Nord, en présence des représentants autorisés de l’enseignement, des arts, de l’agriculture, de l’industrie et du commerce; et il affirme que si, dans la grande entreprise qui motive la réunion d’aujourd’hui, un département est appelé à prendre uîie part considérable, c’est assurément le département du Nord, lequel, dans toutes les manifestations du génie national, a toujours occupé le premier rang.
- Il rappelle les hommages que les agronomes ont rendu à nos procédés de culture : le Nord a toujours été à la tête du progrès agricole. Toutes les industries rurales y sont réunies et organisées
- p.566 - vue 126/496
-
-
-
- Troisième Année.#— N° 117.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- avec une puissance exceptionnelle : les fabriques de sucre, les distilleries de betteraves, de mélasse -et de maïs, les brasseries, les fabriques d’amidon, de fécule, de glucose, etc.
- L’industrie proprement dite y est pratiquée dans toutes ses spécialités, dans toutes ses transformations, sous toutes ses formes. Qui ne connaît les mines de houille d’Anzin, d’Aniches, de l’Escar-pelle, les immenses ateliers de la compagnie de Fives, du chemin de fer du Nord, de la maison Gail, les aciéries de Denain et d’Anzin, les fabriques de zinc de la compagnie Asturienne et les ateliers de construction mécanique et de chaudronnerie si nombreux et si remarquables par la perfection de leurs produits dans la seule ville de Lille ?
- Les industries textiles sont la gloire du département : on y produit et on y transforme le lin depuis la culture jusqu’aux méthodes et aux procédés les plus fins de confection, Lille, Armen-tières, Halluin, Pérenchies, Lannoy ont conservé leur supériorité incontestée dans ces industries, ces centres ont su s’assimiler des fabrications spéciales qui avaient été longtemps le monopole d’autres régions de la France, et déjà on parle d’inventions nouvelles, de procédés améliorés, qui témoignent de l’énergie et de la persévérance des industriels du Nord. Le coton est représenté par les filatures les plus importantes et les mieux outillées de toute la France.
- Quant à l’industrie de la laine, elle vous appartient presque tout entière, continue M. le Préfet. C’est à vous que revient l’honneur d’avoir créé de toutes pièces cette magnifique industrie de la laine peignée, qui perfectionne sans cesse son outillage et qui sait si bien se prêter aux exigences et même aux caprices de la mode.
- Avec de tels éléments, l’Exposition du département du Nord témoignera en 1889 que la France est toujours la grande nation industrielle. S’il fallait au comité un argument de plus pour décider ceux qui hésitent, on pourrait l’engager à leur dire : Vous avez à réclamer du gouvernement et des chambres des mesures utiles à l’agriculture et à l’industrie ; le . moyen sûr d’être écouté, c’est de faire connaître à tous combien les intérêts que vous défendez sont considérables, c’est de montrer votre importance, c’est d’affirmer votre suprématie.
- « Messieurs, dit en terminant M.Saisset-Schnei-der, je suis l’interprète de l’assemblée pour exprimer tous nos sentiments de gratitude à M. Berger, l’éminent directeur général de l’exploitation, qu’on retrouve dans toutes les œuvres intéressant la .grandeur du pays et qui est venu au milieu de nous pour bien témoigner encore qu’il est toujours à la tâche alors que d’autres ne le voient qu’à' l’honneur. Mais j’ai aussi à vous remercier vous-mêmes, Messieurs, au nom de M. le ministre du commerce et de l’industrie, au nom du gouvernement de la République, qui, dans la grande lutte à laquelle il nous convie, a compté sur vous et sur votre patriotisme. »
- (Applaudissements prolongés.)
- M. le préfet propose de procéder à la constitution des bureaux conformément à la règle indiquée dans les circulaires ministérielles et suivie jusqu’à ce jour par les autres départements.
- Le bureau du comité départemental plénier pourrait être formé ainsi qu’il suit :
- Un président ;
- . Comme vice-présidents, les présidents des sous-comités d’arrondissement, et à raison de l’importance exceptionnelle de l’arrondissement de Lille, le président et le ier vice-président du comité de cet arrondissement ;
- Deux secrétaires ;
- Les sons-comités d’arrondissement compléteraient ensuite leur bureau comme ils le jugeraient convenable.
- Afin d’éviter, le cas échéant, des scrutins successifs, et de ménager ainsi les instants de rassemblée, M. le préfet pense que les désignations pourraient avoir lieu à la majorité relative.
- M. le préfet demande si personne n’a d’observations à présenter concernant ces propositions.
- M. Dubar fait remarquer qu’en nommant un seul vice-président par arrondissement, les principales industries du Nord ne seront pas représentées dans le bureau du Comité. Ainsi l’arrondissement de Lille qui possède presque seul les trois grandes industries de la filature du lin, du coton et de la laine, sans compter les peignages et les tissages de Roubaix, de Tourcoing et d’Armen-tières, l’arrondissement de Lille, qui a d’importantes industries de construction mécanique, de chaudronnerie, sans compter l’agriculture et les arts, ne pourra être représenté au sein du bureau que par deux membres. Ce n’est pas assez.
- Peut-être eût-il mieux valu diviser les membres du comité départemental en quatre groupes, et constituer chacun de ces groupes, correspondant au^quatre grandes divisions de l’Exposition elles-mêmes, agriculture, textiles, industries mécaniques et extractives, arts libéraux. Chacun de ces groupes aurait délégué quatre ou cinq, membres pour constituer le bureau.
- Si on s’en tient à l’organisation proposée par M. le préfet, j’insiste pour que chaque arrondis-
- sement délègue deux ou trois membres, afin que toutes les grandes industries soient représentées dans le bureau.
- M. Berger dit qu’en principe, M. Dubar a raison ; mais l’application de sa proposition ne lui paraît pas trop nécessaire. Ainsi que vient de l’expliquer M. le préfet, il s’agit d’abord de former le bureau du comité départemental plénier Ce bureau se composera d’un président unique et de vice-présidents élus par les sous-comités d’arrondissement. Et vu l’importance de la population et du nombre des industries qui se trouvent dans l’arrondissement de Lille, le premier vice-président de cet arrondissement sera en même temps vice-président du comité plénier; cette combinaison donne en partie satisfaction à M. Dubar.
- Les sous-comités d’arrondissement pourront travailler individuellement, former des bureaux, nommer des vice-présidents et des secrétaires pour leurs travaux particuliers. Quant à la division des membres du comité départemental plénier et des membres des sous-comités d’arrondissement proposée par M. Dubar, elle ne paraît pas nécessaire.
- Il est évident que le travail des sous-comités sera confié à des compétences particulières et que les travaux primordiaux consistant dans la propagande en vue de recruter des exposants, ou dans la confection de demandes à envoyer à Paris, seront faits par des groupes divers. Il serait utile que les groupes du comité départemental fussent formés dès aujourd’hui conformément aux instructions ministérielles et à ce qui s’est fait dans les autres départements. Quant aux comités d’arrondissement, ils seront absolument libres de compléter leurs bureaux comme ils l’entendront.
- M. de Carpentier rend justice à la compétence et à l’impartialité de ceux qui ont dressé les listes, mais il s’est produit des lacunes dans l’arrondissement de Valenciennes.
- Voici, dit M. de Carpentier, la proposition que que j’ai été chargé de faire au nom d’un certain nombre de mes concitoyens. Il y a des industries très considérables qui ne sont pas représentées. Je citerai d’abord la distillerie de grains, de betteraves qui paie des droits énormes au Trésor, puis une industrie artistique qui a fait pendant longtemps la gloire de notre pays, particulièrement des arrondissements de Douai et de Valenciennes, et qui a presque disparu ; je veux parler de l’in-'dustrie céramique. Une société s’est chargée de rechercher ses produits. Lorsque j’ai parlé de ces lacunes à l’honorable M. Berger, il m'a dit qu’il était trop tard. Je ne crois pas que nous puissions nous arrêter à une question de forme. Les lacunes que j’ai signalées se sont produites dans d’autres départements''et M. le ministre les a comblées.
- Je demande que des représentants soient nommés pour ces deux industries. Ils ne pourront pas prendre part au vote aujourd’hui, mais leur présence dans les réunions des sous-comités sera très utile.
- M.. Berger. — Je suis disposé à transmettre à qui de droit les observations de M. de Carpentier, mais je dois dire que M. le Ministre ne tient pas à ce que le nombre des membres des sous-comités soit augmenté. Pour rassurer M. de Carpentier, je lui dirai que dans un département important comme celui-ci, il est difficile de représenter chacune des grandes industries. Je suis convaincu que les membres du sous-comitéde Valenciennes seront assez soucieux des intérêts de cet arrondissement pour défendre comme elles le méritent les deux industrie* très intéressantes, d’ailleurs, dont il vient d’être parlé. Quoiqu’il en soit, je soumettrai, je le répète, les propositions de M. de Carpentier à M. le Ministre, mais je doute qu’il veuille y donner une suite conforme à ses désirs. _ . _
- M. de Carpentier. — Je n’insiste pas, mais si des vacances se produisent pour un motif quelconque, je demande qu’on tienne compte de ma proposition.
- M. Berger. — Il faut espérer qu’il ne se produira pas de vacances.
- Les propositions de M. le Préfet sont mises aux voix et adoptées.
- Le scrutin est ouvert pour l’élection du Président.
- RÉSULTAT DU SCRUTIN
- Votants............120
- MM. Charles Seydoux. . . ii3 voix.
- Trystram............ 4 •
- Sculfort............ 1
- Charles Delsalle. . . 1
- Bulletin blanc ... 1
- M. le préfet proclame M. Charles Seydoux président du comité départemental plénier, et le prie de venir prendre place au bureau.
- (Applaudissements.)
- Allocution de M. Charles Seydoux
- J’étais loin de m’attendre à l’honneur qui m’est fait. Je suis profondément touché de l’unanimité de vos suffrages. Il me semble que vous auriez pu trouver une personne plus autorisée et mieux placée que moi par rapport au chef-lieu pour présider le comité départemental.
- Vous en avez décidé autrement. Je m’incline devant votre décision. Toutefois, je me demande
- f
- Dimanche 27 Mars
- si je serai à la hauteur de la tâche que vous me confiez. Je dirai oui, s’il ne faut que de la bonne volonté, parce que personne plus que moi ne désire que notre beau département occupe la place qui lui revient dans ce grand concours qui témoignera, j’en ai la conviction, du relèvement définitif de notre chère patrie. (Applaudissements prolon-gés.)
- M. le préfet invite l’assemblée à se diviser par sous-comité d’arrondissement à l’effet de procéder à l’élection du président de chaque sous-comité et d’un 1e1' vice-président pour le sous-comité de Lille, qui tous seront vice-présidents du comité départemental plénier.
- La séance est suspendue pendant dix minutes.
- A la reprise de la séance M. le préfet proclame les résultats suivants-:
- Sous-comité de Lille. — Président : M. Edouard Agache ; ier Vice-président : M. Florimond Desprez.
- Sous-comité d’Avesnes. — Président : M. Henry Sculfort.
- Sous-comité de Cambrai. — Président : M. Wallerand.
- Sous-comité de Douai. —Président : M. Farez.
- Sous-comité de Dunkerque. — Président : M. Trystram.
- Sous-comité d’Hazebrouck. — Président : M. Paul Leconte.
- Sous-comité de Valenciennes.
- Guary (nommé à Valenciennes le
- Le scrutin secrétaires.
- est ouvert pour
- Président : M. 6 février), l’élection de deux
- RESULTATS DU SCRUTIN
- Votants... 112
- MM. Cornut. 74 voix
- Dubar. 53
- Jules Hiroux. 33
- Ryo. 10
- Voix perdues. 6
- Bulletins blancs. 3
- M. le préfet proclame MM. Cornut et Dubar, secrétaires du comité départemental plénier.
- En conséquence le bureau du comité départemental plénier est constitué ainsi qu’il suit :
- Président d’honneur^'— M. le préfet du Nord ;
- Président. — M. Charles Seydoux ;
- Vice-présidents. —MM. Ed. Agache, Fl. Desprez, Henry Sculfort, Wallerand, Farez, Trystram ; Paul Leconte, Guary (ce dernier nommé dans une réunion tenue à Valenciennes le 26 février).
- Secrétaires. — MM. Cornut et Dubar.
- M. le préfet rappelle que le comité départemental et les sous-comités d’arrondissement dont il est formé ont pour mission :
- « i° De faire connaître dans toute l’étendue du département, les règlements concernant l’organisation de l’Exposition et de distribuer des formules de demandes d’admission, ainsi cjue tous les autres documents relatifs à l’Exposijion ;
- « 20 De signaler, le plus tôt possible, les principaux artistes, agriculteurs et manufacturiers dont l’admission à l’Exposition universelle semblera particulièrement utile à l’éclat de cette solennité ;
- « 3° De provoquer les expositions des produits industriels, agricoles et horticoles du département ;
- « 40 De provoquer'et d’organiser, s’il y a lieu, le groupement collectif des produits similaires du département, et d’accréditer un délégué chargé de représenter chaque exposition collective ;
- « 5° De préparer, s’il y a lieu, par voie de sous cription ou par toutes autres mesures, la création d’un fonds spécial destiné à faciliter la visite et l’étude de l’Exposition universelle à un certain nombre de contre-maîtres, d’ouvriers et de cultivateurs du département. »
- M. le préfet donne la parole à M. G. Berger, directeur général de l’exploitation de l’Exposition de 1889.
- Allocution de M. Berger
- M. G. Berger remercie M. le Préfet des paroles de bienveillance trop flatteuses qu’il a bien voulu lui adresser.
- L’Administration supérieure de l’Exposition, dit-il, s’est volontairement et consciencieusement abstraite de toutes préoccupations étrangères à la conduite normale de son œuvre. Je continuerai toujours à lire dans les préparatifs de celle-ci les promesses d’une pacification universelle et d’une entente internationale dont le Champ-de-Mars verra l’éclatante réalisation.
- L’Exposition de la section française aura un succès sans précédent ; l’Exposition étrangère ne sera pas moins complète et brillante, car la France, peut d’après des indices rassurants, compter sur ses hôtes habituels ; mais il y aura lutte, lutte pacifique avec les armes que chacun doit savoir manier au nom de la concurrence industrielle, de l’amélioration commerciale et intellectuelle qui assure et hâte le progrès nécessaire à la vie économique des nations.
- M. G. Berger espère que les producteurs du département du Nord, de ce. département dont la puirsance productive est si magnifiquement en rapport avec l’étendue de son territoire et la densité de sa population — y seront dignement représentés. Les dispositions de ces producteurs sem-
- p.567 - vue 127/496
-
-
-
- 568. — Troisième Année. — N° 117. LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- blent d'ailleurs excellentes, si l’on en juge par la composition magistrale qui vient d’être faite du bureau du comité départemental.
- En choisissant M. Ch. Seydoux pour son président, le Comité départemental a rendu hommage à un homme qui personnifie admirablement la grande industrie française avec sa tradition d’honneur, d’action progressive et de succès légitime. En plaçant M. Ch. Seydoux à la tête de vos travaux, vous donnez au gouvernement la garantie que ceux-ci seront aussi sérieux que féconds et je me plairai à en apporter la certitude à M. le ministre du commerce et de l’industrie.
- M. Berger explique ensuite en détailles dispositions générales adoptées pour les bâtiments principaux de l’Exposition. Il n’y aura pas, comme autrefois, de Palais unique; en un mot, l’ordre disséminé sera substitué à l’ancien ordre compact.
- Du côté delà Seine et indépendants l’undel’autre le Palais international des Beaux-Arts et le Palais international des arts libéraux où seront exposés le matériel et les procédés des travaux intellectuels.
- Du côté de l’Ecole Militaire, la grande nef internationale des machines, longue de 410 mètres, large de i5o mètres, entourée d’une galerie en étage et dont la toiture, vitrée en partie, sera supportée par des arcs métalliques gigantesques. Ces arcs seront d’une seule portée de 110 mètres avec une élévation de 45 mètres, et séparés par des vestibules monumentaux d’accès ou de larges bandes de jardins intérieurs.
- Les galeries des produits industriels, qui participent à la fois aux applications de la science et à celle des Beaux-Arts, couvriront un espace total de 91,000 mètres divisé en deux, parties égales pour la France et pour les pays étrangers, entre lesquelles régnera une riche et monumentale avenue de 200 mètres de longueur sur 3o de largeur ornée de vitraux.
- Des jardins en terrasse, avec eaux jaillissantes, s’étendront de ce groupe principal de construction jusqu’à la Seine, avec perspective sur les pentes du Trocadéro.
- A l’entrée du pont d’Iéna s’élèvera la tour Eiffel. M. G. Berger prend ia défense de ce monument si critiqué.
- La tour Eiffel n’a pas la prétention d’être une œuvre d’art, puisqu’elle entre dans le genre colossal. Elle aura néanmoins sa beauté d’aspect particulière. Somme toute, œuvre d’ingénieur, construite suivant les règles de la stéréotomie la plus étudiée ; car la formule mathématique ne refuse jamais son alliance avec la formule esthétique, autrement dit l’harmonie des proportions relatives d’une œuvre si gigantesque qu’elle puisse être, découle toujours de la stricte adoption des formes commandées par les calculs de la résistance à donner à l’ensemble et aux parties, pour que la stabilité soit assurée simplement. »
- M. G. Berger s’étend ensuite sur les services que la tour Eiffel, le chef-d’œuvre moderne de l’art métallurgique, pourra rendre aux savants avec sa verticalité de 3oo mètres irréalisée jusqu’à ce jour, avec sa transmission constante des fluides électriques de l’atmosphère.
- Les jardins du Trocadéro seront consacrés aux expositions florales renouvelées de mois en mois.
- Sur le quai d’Orsay, 3o,ooo mètres de hangars élégants seront réservés à l’agriculture internationale qui n’avait eu en 1878 qu’un espace de 18,000 mètres.
- L’esplanade des Invalides sera réservée aux pavillons des expositions des grandes administrations de l’Etat, aux constructions coloniales françaises et étrangères, aux expositions de l’Algérie et des pays de protectorat.
- Des tramways,, à traction funiculaire, électrique à vapeur, relieront les diverses parties de l’Exposition.
- Des établissements de consommation, des salons de repos et de conversation seront répartis au pourtour des bâtiments principaux du Champ-de-Mars. Le directeur général de l'exploitation affirme que l’Exposition sera gaie, amusante, pittoresque, ainsi qu’intéressante à tous les degrés.
- L’enceinte du Champ-de-Mars sera ouverte le soir ; elle deviendra la fête de l’électricité qui répandra une lumière obtenue par tous les systèmes modernes de lampes à arc ou à incandescence dont l’intensité atteindra 3oo mille becs carcel, c’est-à-dire 5 fois environ l’intensité de l’éclairage municipal au gaz de tout Paris.
- Les constructeurs d’appareils à vapeur ne cessent d’envoyer leurs offres pour la fourniture de six à sept mille chevaux nécessaires pour actionner cet éclairage fantastique et satisfaire aux autres besoins mécaniques de l’Exposition.
- M. G. Berger parle ensuite du projet d’organiser une exposition rétrospective de l’histoire du travail, surtout depuis 1789, qui est la date de l’émancipation des intelligences et de toutes les forces nécessaires au travail uuiversel. En dehors de tout souvenir politique, 1789 est une grande date industrielle et scientifique : Volta et Galvani rivalisent de génie pour fonder les sciences électriques dont les applications révolutionnent le monde moderne ; Fulton vient de prendre ses
- brevets, ses recherches, avec celles de Watt, vont continuer l’œuvre de Newcomen en préparant celle de Stephenson ; Philippe de Girard et Jac-quart dotent l’industrie des textiles de leur merveilleux appareils mécaniques ; les frères Montgol-fier viennent d’opérer leurs premières ascensions.
- Ou est déjà à l’œuvre pour retrouver des appareils authentiques qui, dans cette exposition d’un genre nouveau, formeront la démonstration des progrès successivement réalisés dans la mécanique et dans les appareils de fabrication.
- M. Georges Berger termine en recommandant les expositions collectives. Il faut renoncer aux dépenses exagérées d’installation qui correspondent généralement à de fâcheux et inutiles accaparements d’espace, qui, trop souvent, font conclure faussement à une importance proportionnelle de la maison qui* expose !
- Il faut que les producteurs d’une même région dans une même industrie se groupent pour exposer collectivement ; les récompenses du jury ne seront pas moins attribuées aux exposants individuels. Le produit exposé sera la fiche de présence de l’Exposant, sur la situation et les antécédents industriels duqul le jury fera son enquête.
- Il est temps de rendre les Expositions attrayantes et abordables par une concentration bien ordonnée des produits substitué à des disséminations aussi oiseuses que fatigantes pour les visiteurs. (Applaudissements).
- M. le Préfet prie l’Assemblée de faire connaître les observations et les demandes de renseignements qu’elle pourrait avoir encore à formuler.
- Personne ne demandant la parole, M. le Préfet déclare la séance levée.
- Il est quatre heures et demie.
- PREMIÈRE RÉUNION
- DU COMITÉ DÉPARTEMENTAL
- DE LA HAUTE-GARONNE
- M. Berger, directeur général de l’exploitation de l’Exposition universelle, a assisté, il y a une quinzaine de jours, à l’organisation du comité départemental de Toulouse pour l’Exposition universelle de'-1889. La séance était présidée par M. Colin, préfet de la Haute-Garonne, qui a souhaité la bienvenue à M. Berger et prononcé des paroles unanimement applaudies sur le centenaire de la Révolution. Il a fait appel au concours de tous pour le succès de l’Exposition.
- M. Sirven, maire de Toulouse, a été élu par acclamation président du comité de la Haute-Garonne. M. Ournac, négociant en vins, conseiller général, vice-président ; M. de Lapeyrouse, agriculteur, secrétaire ; M. Regnis, journaliste, secrétaire-adjoint.
- M. Berger a prononcé une allocution très applaudie, dans laquelle il a remercié le préfet pour ses paroles trop élogieuses. Parlant de l’Exposition, qui est une œuvre pacifique, civilisatrice, le directeur général a dit que le « Champ-de-Mars deviendrait une arène neutre. Les préoccupations étrangères récentes qui ont inquiété l’Europe ont disparu. »
- M. Berger ajoute que la Haute-Garonne, pays de blé et de vin, tiendra une place importante à l’Exposition. Grâce aux efforts du gouvernement et des comités pour étudier les besoins de l’agriculture, traversant actuellement une crise, il espère que l’Exposition agricole de 1889 sera deux fois plus importante que celle de 1878. Il a espoir dans le plein succès de l’exposition agricole, grâce à la composition du comité départemental. < M. Sirven personnifie, a conclu M. Berger, la probité commerciale, le dévouement désintéressé. »
- Ces dernières paroles ont été couvertes d’applaudissements.
- COMITÉ DÉPARTEMENTAL
- DE MAINE-ET-LOIRE
- MM. Fouilleul, directeur des mines de houille de Beaulieu - Chalonnes, à Chalonnes - sur-Loire.
- Liard, fabricant de chaussures à Angers.
- Hamard, fabricant de chaussures à Angers. . ,
- Boutreux, carrossier a Angers.
- Chouteau, carrossier à Angers. (Sous-comité de l’arrondissement d’Angers).
- Belliard, docteur-médecin, président du comice agricole de Saint-Florent, à Mont-jean.
- Lallemand (Jules), fabricant de toiles à Tré-mentines.
- Ouvrard (Calixte), manufacturier à Cholet.
- Brevet, manufacturier, maire de Bégrolles.
- Lambert (Victor), manufacturier à Cholet.
- Godineau (Alphonse") , manufacturier à Cholet. (Sous-comité de l’arrondissement de Cholet).
- -------—Q Q tüwii» — -
- Dimanche 27 Mars 1887.
- COMITÉ DÉPARTEMENTAL
- DE LA SARTHE
- (Sous-comité de l’arrondissement de Saint-Calais), MM. Bonamy (Emile), négociant à Châ-teau-du-Loir, et Donnay (Félix), industriel à Cha-teau-du-Loir.
- COMITÉ DÉPARTEMENTAL
- DE LA VIENNE
- (Sous-comité de l’arrondissement de Poitiers), MM. Babinet, président de la société académique d’agriculture, à Poitiers ; Arbellot, viticulteurj à Saint-Georges.
- ADJUDICATION EN UN LOT
- Des Travaux de vitrerie en verres striés
- Pour la couverture des combles du palais des Expositions diverses au Champ de Mars
- Le lundi 4 avril 1887, à une heuie de l’après-midi, il sera procédé publiquement, dans une des salles du Conseil de préfecture (palais du Tribunal de Commerce), par le préfet de la Seine ou son délégué, assisté de deux membres du conseil de préfecture et du directeur général des travaux ou de son délégué, à l’adjudication, en un lot, au rabais, sur les prix portés au détail estimatif et par soumission cachetées, des travaux de vitrerie en verres striés pour la couverture des combles du Palais des Expositions diverses au Champ-de-Mars, lesquels sont évaluées à 44,200 francs, somme à valoir pour imprévus comprise.
- Le cautionnement est fixé à 4,000 francs.
- 2. Le détail estimatif et le cahier des charges sont déposés à direction générale des travaux, dans les bâtiments du Champ-de-Mars, à l’extrémité de l’avenue Rapp, où l’on pourra en prendre connaissance, tous les jours nonfériés, d’une heure à quatre heures.
- 3. Nul ne sera admis à concourir à l’adjudication s’il ne remplit les conditions imposées par le cahier des charges générales.
- Chacun des concurrents devra adresser à l’agence des travaux du Champ-de-Mars, au directeur général de l’Exposition qui est chargé d’arrêter la liste des concurrents, cinq jours au moins avant la date de l’adjudication :
- i° Une déclaration écrite sur papier timbré, faisant connaître ses noms, prénoms, domicile, lieu et date de naissance;
- 20 Un extrait de son casier judiciaire ayant moins d’une année de date ;
- 3° Les pièces demandées par le cahier des charges générales, telles que certificats de capacité, etc.
- Le délai fixé ci-dessus pour le dépôt de ces pièces sera rigoureusement appliqué.
- 4. Chaque soumission, rédigée sur papier timbré, conformément au modèle ci-après, sera placée isolément sous un pli cacheté, et le paquet, portant le nom du soumissionnaire, sera renfermé, avec les pièces dont il a été parlé ci-dessus et avec le certificat de dépôt du cautionnement, sous une seconde enveloppe cachetée portant pour suscrip-tion : Exposition universelle de 188g. — Travaux de vitrerie en verres striés pour la couverture des combles du Palais des Expositions diverses au Champ-de-Mars.
- Les soumissions qui ne seraient pas exactement conformes au modèle ci-après seront considérées comme nulles et non avenues.
- Les rabais seront énoncés en francs et décimes par cent francs (sans fraction de décime) et porteront sur le prix du détail estimatif. Les rabais portant fraction de décime seront comptés au décime plein inférieur à la fraction exprimée.
- 5° Le jour de l’adjudication, les paquets seront remis au bureau d’adjudication, dans la salle du conseil de préfecture, au tribunal de commerce, depuis midi jusqu’à une heure.
- Les paquets recevront un numéro dans l’ordre de leur présentation.
- 6° A une heure, on remettra au bureau d’adjudication, et sous enveloppe cachetée, le minimum du rabais moyennant lequel l’adjudication pourra être prononcée : ensuite on procédera à l’ouverture des paquets.
- Le bureau d’adjudication, après vérification des pièces, arrêtera la liste des concurrents agréés.
- Immédiatement après, fl sera procédé à l’ouverture des soumissions présentées par les concurrents admis.
- 70 Si aucun des rabais offerts dans les soumissions ouvertes n’atteint le minimum fixé, l’adjudication pourra être prononcée provisoirement ou ajournée, sur l’avis du bureau d’adjudication, qui en délibérera séance tenante
- En aucun cas, le minimum fixé ne sera rendu public.
- 8° Dans le cas où le rabais le plus fort aurait été
- p.568 - vue 128/496
-
-
-
- Troisième Année. — N° 117. LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE iS8g.
- souscrit par plusieurs soumissionnaires, un nouveau concours sera ouvert, séance tenante, entre ces soumissionnaires seulement,
- Les rabais de la nouvelle adjudication ne pourront être inférieurs à ceux de la première.
- Si les soumissionnaires se refusaient à faire de nouvelles offres, ou si les rabais souscrits étaient encore égaux, l’adjudicataire serait désigné par la voie du sort.
- 9° L’adjudication n’est valable qu’après approbation par le ministre du commerce et de l’industrie.
- io° Les frais de publicité, d’expédition et d’impression, ceux de timbre et d’enregistrement seront supportés par l’adjudicataire, qui devra en faire le dépôt dans un délai maximum de trois jours, à partir de la date de l’adjudication.
- ii° Toutes les conditions insérées dans le présent avis sont obligatoires et déclarées annexées au cahier des charges.
- Fait à Paris, le 14 mars 1887.
- Le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général,
- Edouard Lockroy.
- CLAUSES ET CONDITIONS SPÉCIALES
- Aux travaux de vitrerie des combles
- Article premier
- Les entreprises auxquelles se rapportent les présentes conditions comprennent l’exécution et l’entretien, jusqu’au Ier juin 1890, des travaux de vitrerie en verres striés et ouvrages accessoires qui s’y rapportent, relatifs aux lanterneaux et combles des Palais du Champ-de-mars. Elles ne comprennent pas les verrières verticales des faces des galeries ou autres.
- Art. 2
- L’étendue de la surface à laquelle s’expliquera chaque entreprise sera déterminée par l’avant-métré y relatif. Toutefois, les chiffres de ces avant-métrés ne doivent être considérés que comme une indication, et l’Administration ne saurait, à aucun degré, être recherchée pour une augmentation ou une diminution quelconque dans la masse des travaux à exécuter.
- Art. 3
- L’entrepreneur sera tenu d’exécuter aux conditions de son adjudication les travaux de vitrerie analogues à ceux soumissionnés, qui lui seraient demandés par l’administration ou par les entrepreneurs des galeries annexes de * l’Exposition, pour la couvertures de ces galeries.
- Art. 4
- Les travaux seront exécutés avec les verres qui seront livrés dans les conditions indiquées aux articles 5, 6 et 7 ci-après. Ces verres dits striés, de 5 à 6 millimètres d’épaisseur et de grandes dimensions variables jusqu’à 3m20 de longueur et o, 75 de largeur seront, autant que possible, fournis avec leurs dimensions d’emploi ; mais toutes les coupes de raccords et d’ajustements nécessaires seront faites par l’entrepreneur de pose avec toute la précision désirable.
- Tous ces travaux, du reste, doivent être l’objet du plus grand soin. Le mastic sera composé d’huile de lin bien pure et de première qualité, et de blanc de Meudon, parfaitement sec, dans la proportion de 19 kilos d’huile pour 100 kilos de blanc de Meudon.
- Les verres devront s’appliquer sur les deux tiers au moins de la largeur des feuillures ; les feuillures étant au préalable remplies d’un lit de mastic mou, les verres seront ensuite scellés par des solins de mastic parfaitement serrés et dressés et occupant toute la largeur des fers.
- Dans les parties où les verres ne reposeront pas sur les feuillures, ils seront placés à recouvrements libres, ou avec tringles, suivant l'ordre qui en sera donné par l’architecte. Les bords inférieurs seront, toutes les fois que cela sera ordonné, coupés en arc de cercle pour concentrer les gouttes au milieu.
- La pose des vitreries se fera au moins après l’application des deux premières couches de peinture sur les fers, par l’entrepreneur de serrurerie. Deux couches de peinture, données par l’entrepreneur vitrier, recouvriront les solins en mastic. Après l’achèvement des travaux de peintures décoratives ou autres, les vitreries seront nettoyées avec soin, au moment où l’architecte en donnera l’ordre.
- Toutes les vitreries devront être d’une imperméabilité parfaite.
- Dans le cas où l’administration jugerait utile de faire placer, soit pendant, soit après la pose des verres, sur les solins de mastic, des bandes d’étain, l’entrepreneur de vitrerie serait tenu de se conformer aux ordres qui lui seraient donnés à cet effet. Dans ces cas, les deux couches de peinture prévues ci-dessus seront remplacées par un enduit spécial pour obtenir une adhérence parfaite; elles devront recouvrir les solins sur toute la largeur.
- Art. 5.
- Les verre seront livrés, en vrac sur wagons, en gare du Champ-de-Mars.
- La réception qui en sera faite et qui servira de pièce de comptabilité, donnera lieu à un procès-verbal dressé par un agent de l’administration, en présence du fournisseur de verres et de l’entrepreneur de pose, qui consigneront leur acceptation sur ledit procès-verbal.
- Toute pièce de verre cassé ou fendue sera refusée.
- Art. 6.
- Les quantités et la qualité des verres livrés seront constatés soit par l’acceptation pure et simple de l’entrepreneur de pose qui en prendra la responsabilité, soit par une vérification de détail faite par l’agent de l’administration.
- Les frais que pourra entraîner cette réception seront à la charge du fournisseur de verres.
- Malgré cette réception provisoire de quantité et de qualité, les pièces de verres reconnues défectueuses au moment de la pose, celles qui ne seraient pas trouvées conformes à l’échantillon produit ou qui ne présenteraient pas les dimensions prescrites, seraient immédiatement signalées par l’entrepreneur de pose, à l’architecte des travaux, qui apprécierait, s’il y a lieu, de les faire remplacer par le fournisseur.
- Art. 7.
- Après livraison faite dans la forme indiquée ci-devant, l’entrepreneur aura en charge les verres livrés dont il deviendra responsable jusqu’au moment de leur dépose.
- En conséquence, il devra remplacer, à ses frais, toutes les feuilles cassées ou disparues, soit dans la manutention, le déballage, le transport ou la monture, soit dans la pose, soit par vol ou malveillance, soit par toute autre faute des tiers, contre lesquels il aura seul à recourir, sans que l’administration ait à intervenir pour l’exécution de cette clause.
- Le fournisseur des verres livrera à l’entrepreneur chargé de la pose, sur demande spéciale visée par l’architecte, les feuilles qui seront destinées au remplacement de celles qui auront été brisées, soit pendant la période d’exécution des travaux, soit pendant la durée de l’Exposition.
- Ces verres seront facturés directement aux entrepreneurs de pose, seuls responsables du paiement de 2 fr. 60, diminué du rabais de l’adjudication de la fourniture des verres.
- “Art. 8
- Les travaux devront être exécutés conformément aux ordres de service de l’architecte, et au fur et à mesure de l’avancement des constructions, et de telle manière que tous les vitrages soient mis en place un mois au plus tard après l’achèvement des dernières charpentes ou des couvertures, suivant le cas. En conséquence, les travaux seront commencés et poursuivis sur autant de points qu’il sera jugé nécessaire par l’architecte, pour satisfaire à cette condition.
- En cas de retard sur le délai fixé et quelle que puisse en être la cause, sauf le cas de force majeure, régulièrement constaté, l’entrepreneur subira une retenue de cent francs (100 fr.) par jour de retard. Ce chiffre - que les adjudicataires déclarent expressément accepter, est établi et fixé,comme compensation du préjudice causé à l’administration.
- Ces retenues seront acquises à l’administration parle seul fait des refards, et sans qu’il soit besoin de mise en demeure ou d’autres formalités préalables.
- Dans le cas où l’entrepreneur serait arrêté dans l’exécution de ses travaux par des retards survenus dans les autres parties de la construction, ou dans la livraison des verres, il devrait le faire constater par le directeur général des travaux, et le délai ci-dessus serait prolongé en raison du temps perdu, mais il ne sera dû, pour ce fait, aucune indemnité à l’entrepreneur.
- Art. 9
- Pour .la garantie de l’exécution des clauses et conditions du présent cahier des charges, chaque concurrent à l’adjudication devra, en déposant sa soumission, justifier du versement à la caisse des dépôts et consignations d’un cautionnement dont le chiffre sera fixé par les conditions particulières de l’adjudication.
- Ce cautionnement provisoire servira au concessionnaire de cautionnement définitif pour la garantie des clauses et conditions du marché. La conversion devra être demandée dans les quinze jours qui suivront l’approbation de l’adjudication.
- Si le concessionnaire fait son versement en argent, il en touchera les intérêts à 3 °/_0, à compter du soixante-et-unième jour ; s’il le fait en rentes, il en touchera les arrérages.
- Art. 10
- Depuis le commencement des travaux de vitrerie jusqu’à la dépose, l’entrepreneur est chargé de l’entretien de tous ses ouvrages, qui devront toujours être en parfait état de propreté et d’étanchéité. En cas d’avaries ou de fuites, de quelque nature qu’elles soient, ou quelle que soit la cause qui les ait produites, sauf le cas de cyclone ou d'incendie, l’entrepreneur devra faire immédiatement
- Dimanche 27 Mars 1887. — b6o
- et à ses frais, toutes les réparations nécessaires, sans qu’il soit même nécessaire que l’architecte lui en donne l’ordre.
- Dans le cas où il ne se conformerait pas à ces prescriptions, l’administration aura le droit de faire faire les réparations aux frais de l’entrepreneur par tout moyen qu’elle jugera convenable, et sans autre formalité.
- Le montant des dépenses ainsi faites sera déduit des sommes dues à l’entrepreneur.
- L’entrepreneur restera responsable, d’ailleurs, tant envers l’administration qu’envers les tiers, des dommages qui pourraient résulter de ces avaries.
- Art. 11
- L’entrepreneur s’étant rendu compte de toutes les difficultés et sujétions résultant de l’exécution et de l’entretien des travaux de vitrerie et ouvrages accessoires, au milieu d’entreprises diverses et des installations des exposants, se poursuivant simultanément, et les prix de la série soumissionnée étant établis en conséquence, il ne lui sera accordé aucune indemnité ou plus-value en raison de ces difficultés ou sujétions.
- Il aura le droit de faire passer ses ouvriers sur les toitures des bâtiments, tant pour l’exécution que pour l’entretien de ses ouvrages ; mais ces passages n’auront lieu que sur le petit nombre de points possible, qui seront désignés par l’architecte.
- Il devra prendre, à ses frais, toutes les mesures nécessaires pour éviter d’endommager les charpentes, couverture et autres travaux exécutés avant ou en même temps que les siens.
- Il sera responsable de tous les dégâts qui pourraient y être faits par ses ouvriers.
- Art. 12
- Les prix sur lesquels porteront les adjudications, seront fixés par les conditions particulières de chaque entreprise. Ils comprendront :
- i° Les transports, montage, pose et entretien des verres striés pour combles et lanterneaux, quelles qu’en soient la mesure et la forme (ces verres devenant la propriété de l’entrepreneur après l’exposition) ;
- 20 La fourniture et la pose des verres en remplacement ou en entretien jusqu’au 1e1' mars 1890 ;
- 3° La fourniture, la pose et la peinture du mastic en premier établissement ou entretien ;
- 40 Le remplacement en entretien des tringles et bandes d’étain ;
- 5° Le maintien des verres en état constant de propreté ;
- 6° Toute responsabilité de casse ou détérioration ;
- 70 Tous frais accessoires d’échafaudages et passages de services, peinture de mastic, mains-d’œuvres diverses, faux frais et bénéfices. On comptera à l’entrepreneur la surface réelle des verres mis en place, cette surface mesurée par équarrissement.
- Art. i3
- Les paiements seront faits conformément aux conditions du titre IV du cahier des clauses et conditions générales, sous la déduction de la retenue de garantie du dixième, et de celle de 1 °/0 pour le service médical.
- Toutefois l’entrepreneur ne sera payé de son travail qu’autant qu’il justifiera du paiement des verres qui lui auront été fournis en remplacement des verres cassés dans les conditions de l’art. 7 ci-devant.
- La retenue de garantie ne sera payée, s’il y a lieu, qu’après le ier mars 1890, et sous déduction des sommes que l’administration pourrait avoir à répéter.
- La retenue de 1 °/0 pour le service médical sera définitivement acquise à l’administration.
- Cette retenue de 1 °/0 constitue essentiellement une œuvre charitable, qui laisse entière la responsabilité de l’entrepreneur en cas d’accident.
- L’entrepreneur sera tenu, en conséquence, sous sa responsabilité particulière et à ses frais, de veiller à ce que toutes les précautions soient prises dans l’établissement de ses échafauds, ponts de service, chemins et équipages, pour la sûreté des ouvriers et des agents de l’administration.
- Art. 14
- Pour faciliter l’établissement des comptes et la régularisation des dépenses , l’administration pourra, si elle le juge convenable, procéder partiellement à la réception provisoire des travaux, en raison de leur état d’avancement.
- Art. 1 5
- Après l’achèvement complet des objets exposés, en tous cas, le 1e1’ juin 1890 au plus tard, et d’après l’ordre qui en sera donné par l’architecte, les verres qui auront été posés et entretenus par l’entrepreneur seront déposés par lui et à ses frais. Tous ces verres resteront la propriété de l’entrepreneur qui devra, pour leur enlèvement du chantier, se conformer aux ordres et délais qui lui seront donnés, ces délais d’enlèvement ne devant pas dépasser deux mois.
- Les prix de la série soumissionnée seront établis précisément en tenant compte de ce droit de propriété pour l’entrepreneur.
- p.569 - vue 129/496
-
-
-
- 570. — Troisième Année. — N° 117.
- LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 27 Mars 1887.
- Art. iG
- Les entrepreneurs sont prévenus que l’administration est dans l’intention de prolonger, dans l’intérieur de l’Exposition, la ligne du chemin de fer qui s’arrête aujourd'hui à la gare du Champ-de-Mars.
- Si cette ligne est établie au moment où l’entrepreneur devra exécuter ses travaux, il pourra utiliser ce moyen de transport, en s’entendant, pour les conditions d'exploitation, avec la compagnie exploitante.
- Aucune réclamation de ce chef ne pourra d’ailleurs être adressée à l’administration.
- Art. 17
- L’entrepreneur sera , en outre, soumis aux clauses et conditions générales imposées aux entrepreneurs de l’Exposition, en tant qu’il n’y est pas dérogé par les présentes, ainsi qu’aux obligations particulières établies pour chaque adjudication ou marché.
- Dressé par les architectes soussignés.
- Paris, le 23 novembre 1886.
- Signé : Bouvard, Dutert, Formigé.
- Vu et présenté.
- Paris le 3o novembre 1886.
- Le Directeur général des Travaux, Signé : Alphand.
- Vu et approuvé :
- Paris, le 6 décembre 1886.
- Le Ministre du Commerce et de VIndustrie} Signé : Edouard Lockroy.
- CHAPITRE PREMIER
- Clauses et conditions particulières
- Article premier
- Les travaux qui font l’objet de la présente adjudication sont ceux relatifs à la pose des verrres striés formant couverture du palais des expositions diverses dans les conditions indiquées au cahier des charges spéciales ci-annexé, du 23 novembre 1886.
- Us comprennent tout ce qui se rapporte aux vitreries des toitures et lanterneaux des galeries de 25 mètres, des galeries intérieures et extérieures de i5 mètres, de la galerie de 3o mètres, des pavillons d’angles et de raccordement, du dôme central.
- Art. 2
- Le cautionnement tant provisoire que définitif à fournir pour garantie de l’adjudication est fixé à la somme de quatre mille francs.
- Art. 3
- Les travaux de pose seront exécutés à partir du mois de juillet prochain, conformément aux ordres de service de l’architecte, au fur et à mesure des livraisons de verres faites à l’entrepreneur.
- lisseront poursuivis dans la forme sur les points et suivant les dispositions qui seront fixées aux dits ordres de service, le tout de façon à faciliter l’exécution des ouvrages des entreprises diverses qui se poursuivent simultanément avec celle de la vitrerie.
- Art. 4
- L’entrepreneur étant responsable des verres qui lui seront livrés et ayant à sa charge tous déchets d’exécution, les quantités de verres mis en place seront seules considérées comme recevables dans l’établissement des comptes.
- Dans le cas où la quantité livrée excéderait la quantité posée et reconnue par un métrage sur place, l’entrepreneur aurait à tenir compte de la différence à l’administration, soit en restituant les verres non employés, soit en remboursant, au prix de l’adjudication du fournisseur, la valeur des verres qui auraient disparu pour une cause ou pour une autre.
- L’entrepreneur ne pourra détourner du chantier du palais des expositions diverses aucun des verres qui lui auront été livrés pour ce chantier.
- Art. 5
- L’avant-métré et le détail estimatif qui suivent comprennent tous les verres de couvertures des expositions diverses, mais il est particulièrement spécifié que l’administration aura le droit d’en distraire tout ou partie des quantités prévues pour les galeries intérieures de i5 mètres, des pavillons d’angle et du dôme central, si elle jugeait convenable d’y appliquer un autre système de vitrerie ou de couverture, et cela sans que l’entrepreneur puisse prétendre à aucune indemnité ni réclamation de ce fait.
- L’Administration se réserve du reste le droit de modifier dans la proposition qu’elle jugera convenable, avant ou pendant le cours des travaux les dispositions et les quantités des vitreries indiquées. Quelle que soit cette variation, les prix de la série seront seuls applicables sans autre indemnité.
- Art. 6
- Au fur et à mesure que les travaux de vitrerie seront exécutés, l’Administration aura le droit d’en prendre livraison sous les conditions énoncées au cahier des charges spécial de la vitrerie ci-dessus visé.
- CHAPITRE II
- Série des prix
- tel
- «
- P
- OS
- O
- Q
- k
- 1
- 2
- NATURE DU TRAVAIL
- ET DÉTAIL DES OUVRAGES
- UNITÉS
- Pose de verres striés en couverture de toutes formes et de toutes dimensions, conformément aux conditions du cahier des charges spéciales, en date du 23 novembre 1886.
- Lesdits verres de 5 à 6 millimétrés d’épaisseur, par feuilles de dimensions variables; jusqu’à j’m20 de longueur, de om75 de largeur, placées longitudinalement ou transversalement, suivant le cas, et posés sur fer avec double mastic tendre aux rives et tringles Collin ou tringles analogues en métal ou en caoutchouc aux recouvrements, compris tous entretiens, dépose et travaux divers indiqués article 12 du cahier des charges précité. Soixante centimes le mètre carré de surface réelle, ci.......
- (Les verres et les tringles étant fournis à l’entrepreneur qui en deviendra propriétaire après la dépose.)
- Plus-value pour vitrerie du dôme central, avec dispositions spéciales et difficulté. Un franc le mètre carré de surface réelle, ci................
- 0.60
- Mètre
- superficiel
- 1.00
- Id.
- CHAPITRE III
- Avant-métré et détail estimatif
- Article premier
- Verres striés posés avec double mastic sur les rives et tringles aux recouvrements
- 1° GALERIES DES EXPOSITIONS Dl-
- verses (Fermes de 25 mètres). 24.800 verres de 2.m20 sur o.m47 25.Ô43.m20
- 24.800 verres de 2.*"07 sur o.m47 1.280 verres de 2.m20 sur o.m04 1.280 verres de 2.“07 sur o.m64 24.127.“92 I .802.m24 1 .Ô95.m74
- 2° galeries extérieures de 15 mètres (Avenue de la Bourdonnais et avenue de Suffren). 5.120 verres de 2.moo sur o.m47 310 verres de 2.moo sur o.œ64 4.812.m8o 3y6.m8o
- 3° GALERIES DE I 5 MÈTRES SUR LE
- JARDIN CENTRAL.
- 1.54.0 verres de 2.œoo sur o.m47 90 verres de 2.moo sur o.mÔ4 4° GALERIES INTÉRIEURES DE I 7 O O <£> « Tfr- M ^ -
- MÈTRES.
- 1.160 verres de 2.“oo sur o.m47 70 verres de 2.moo sur o.mÔ4 1.090.m40 89,m6o
- 5° PAVILLONS D’ANGLE 16 faces de 6.moo sur 6.moo 576.moo
- 6° DOME CENTRAL 4 faces de i8.m sur i4.moo 1 .oo8.moo
- 7° PARTIES DIVERSES ÉVALUÉES 394.m5o
- Surface totale. 63.200.moo
- A 0 fr. 60 le mètre. 37.920 fr.
- Art. 2.
- Plus-value pour la vitrerie du dôme central, surface : i.oo8ra à i fr. 1.008 fr.
- Art. 3.
- Objets divers évalués à 72
- Total. Somme à valoir pour imprévus et dépenses en régie io o/o Sy.ooo 3.qoo
- Ensemble. Honoraires et frais d’agence 42.Q00 1.3oo
- Total général. 44.200
- Dressé par l’architecte de l’Exposition soussigné, Paris, le 5 mars 1887.
- Signé : Bouvard.
- Vu et présenté :
- Paris, le 8 mars 1887.
- Le Directeur général des travaux Signé: Alphand.
- Vu et approuvé :
- Paris, le 8 mars 1887.
- Le Ministre du Commerce et de l’Industrie Signé : Edouard Lockroy.
- ANNEXE
- Modèle de soumission
- Je soussigné
- entrepreneur de vitrerie, demeurant à
- après avoir pris connaissance des clauses et conditions générales imposées aux entrepreneurs de l’Exposition universelle internationale de 1889, en date du 2 5 août 1886, du cahier des charges spéciales aux travaux de vitrerie des combles, du 23 novembre 1886, ainsique des conditions particulières se rapportant directement à l’exécution de la vitrerie du palais des expositions diverses, au Champ-de-Mars, en date du 5 mars 1887.
- M’engage à exécuter les travaux dont il s’agit, évalués à la somme de trente-neuf mille francs, moyennant un rabais de (en toutes lettres), par cent francs, sur les prix de la série spéciale de l’entreprise.
- Je me soumets, en outre, à supporter tous les droits d’affichage, de timbre, d’enregistrement à droit fixe, ou autres auxquels la présente soumission pourra donner lieu, si elle est acceptée.
- Paris, le 1887.
- (Signature).
- Conditions particulières des constructions métalliques de la grande nef.
- ENTREPRISE EN DEUX LOTS
- La grande nef se compose de 19 travées, savoir: 2 d’extrémités mesurant 2 5m2g5 ; 16 intermédiaires de chacune 2im5o et 1 travée au milieu de 2Ôm40. Toutes ces travées mesurées d’axe en axe des fermes.
- La grande nef comprend 20 fermes dont 2 plus fortes.
- Ces fermes à deux versants, portent, au sommet, 2 pannes de faîtage avec chemin et garde fou, 8 pannes à treillis et 2 poutres pleines au droit des chéneaux.
- Entre fermes, chaque travée est divisée en quatre parties, par 3 longerons assemblés aux pannes. Ces longerons reçoivent les petites pannes et les fers à vitrage de la couverture.
- L.atéralement, les fermes sont reliées entre elles par des poutres à treillis, au niveau du plancher du premier étage des bas-côtés, et, sous le chéneau, par des arcs à treillis et des parties pleines avec châssis ouvrants.
- La construction métallique des bas-côtés, complétant l’ensemble du Palais des machines, fera l’objet d’une adjudication indépendante du présent marché. A cet effet, les constructeurs de la grande nef devront préparer en attente et conformément aux dispositions qui leur seront indiquées, tous les trous et équerres d’assemblage, fourrures, etc., nécessaires à la construction ultérieure de ces bas-côtés.
- Désignation des lots
- Premier lot. — Dix travées complètes de la grande nef, côté de l’avenue de la Bourdonnais, comprenant :
- 10 fermes dont une de pignon plus forte.
- L’ossature de ces dix travées.
- « La tribune adossée au pignon, les grands escaliers, les marquises et le remplissage vertical du pignon de la grande nef sont réservés. »
- L’ajustement et le rivage des pannes de la travée du milieu aux attaches laissées en attente de la première ferme du deuxième lot sont à la charge de l’entrepreneur du premier lot.
- Deuxième lot. — Neuf travées complètes de la grande nef, côté de l’avenue de Suffren, comprenant :
- 10 fermes dont une de pignon plus forte.
- L’ossature de ces neuf travées.
- « La tribune adossée au pignon, le grand escalier et le remplissage vertical du pignon de la grande nef sont réservés. »
- A la ferme séparant les deux lots, l’entrepreneur devra préparer, en attente et conformément aux dispositions qui lui seront indiquées, tous les trous, équerres d’assemblage, fourrures, etc., nécessaires à l’ajustage et au rivage des pièces faisant partie du premier lot.
- CHAPITRE PREMIER
- Clauses et conditions particulières
- Article premier
- Objet de l’entreprise. — Les travaux à exécuter en deux lots comprennent la construction métallique de la grande nef du 'Palais des machines, telle qu’elle est décrite ci dessus, et conformément aux dispositions indiquées aux feuilles de dessins ci-annexées.
- Les travaux à adjuger comprennent la fourniture et la mise en place des aciers et fers de toute nature, y compris fers à vitrage, de remplissage, de décorations et autres, pour le remplissage vertical des deux pignons de la grande nef, les escaliers, les tribunes et les marquises, avenue de La Bourdonnais, qui ne font pas partie des lots, l’administration se réserve la faculté de traiter, de gré à gré, soit avec les entrepreneurs choisis, soit avec tout autre constructeur.
- Art. 2
- Désignation des métaux à employer.—Les fermes et les pannes à treillir, les longerons, les poutres pleines du chéneau et les petites pannes et pivots et coussinets seront en acier.
- Les fers à vitrage, le garde-fou de la couverture, le chéneau, les consoles du dit chéneau, les tympans pleins au-dessus des grands arcs, les susdits grands arcs à treillis, la poutre du plancher reliant les pieds de ferme, les équerres, goussets fourrures, etc, pour liaison avec les galeries annexes, seront en fer.
- Art. 3
- Soumissions. — Les.concurrents seront admis à présenter des propositions, sous plis cachetés, pour les deux lots.
- Ces offres devront être adressées à la direction générale, le mercredi 24 mars, avant 5 heures. Elles seront ouvertes en Conseil des travaux, sous la réserve des deux observations qui suivent:
- p.570 - vue 130/496
-
-
-
- p.n.n. - vue 131/496
-
-
-
- N° 117
- LE MONITEUR D£ , EXPOSITION DE 1889
- Dimanche 27 Map s 188
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1889
- Sgap, <3, we de !’Echelle Pan/s
- Plaques de M. M. Guilleminot & C '!
- A.Broise & Courtier, Phot.
- FONDATIONS DE LA TOUR EIFFEL (CHANTIERS DU CHAMP-DE - MARS )
- p.dbl.n.n. - vue 132/496
-
-
-
- ft i tiljii-.' ,4». f ~ ' ...... • :
- li
- £:
- Y0,
- é
- %' ..
- .vilfel*»-'
- , t,v -
- (.v» * ' ii,? ’*
- ;. : - U 0
- p.n.n. - vue 133/496
-
-
-
- Troisième Année. — N° 117.
- l
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- Dimanche 27 Mars 18S7. — 571.
- L’adjudicataire du Ier lot pourra retirer la soumission qu’il aura déposée pour le-2e lot.
- Par contre, l’administration se réserve la faculté d’admettre ou de ne pas admetre à concourir pour le 2e lot l’adjudicataire du premier.
- Les deux concurrents présentant les conditions les plus favorables seront proposés, pour l’exécution, à M. le ministre du commerce et de l’industrie.
- Art. 4
- Cautionnements. — Les concurrents choisis par l’administration devront justifier, dans les vingt-quatre heures qui suivront la décision du Conseil, qu’ils ont versé, à la Caisse des dépôts et consignations, un cautionnement deqo.ooo francs pour chaque lot.
- Ce cautionnement provisoire servira, à chaque entrepreneur de cautionnement définitif, pour la garantie de l’exécution de leur marché.
- Les entrepreneurs ayant fait leur cautionnement en argent, en toucheront les intérêts à 3 °/0 à compter du soixante et unième jour du versement ; s’il en est fait en rentes, ils en toucheront les arré-
- TcISCS .
- Art. 5
- Base du rabais. — Les proportions sous pli cacheté auront lieu, pour chaque lot, séparément au rabais exprimé en francs et décimes (sans fractions de décimes) sur les prix ci-dessous, communs aux deux lots.
- Quarante et un centimes le kilogramme pour tous fers et aciers de la construction propre de la grande nef, ci..............................0,41
- Trente centimes le kilogramme pour tous les fers de la construction des arcs verticaux à treillis, des parois latérales y compris leurs pieds droits, les tympans au-dessus jusqu’à la poutre pleine du chéneau et les poutres à treillis des planchers, ci o,3o.
- La quincaillerie employée dans les parties ouvrantes, sera réglée suivant les prix de la série de la ville de Paris, édition 1882,diminués de 25 0/0. Ces prix ainsi composés, seront passibles du rabais consenti par les entrepreneurs.
- Les prix fixés ci-dessus s’appliquent à l’ensemble des travaux métalliques, de toute nature, des ouvrages précédemment décrits. Ils comprennent toutes fournitures, main-d’œuvre, droits d’octroi ou autres faux frais et bénéfices, tous transports, chargements et déchargements, bardages, coltinages, montages à toutes hauteurs et poses ; tous engins, matériel et échafaudage nécessaires; toutes plus-values de grandes ou petites dimensions et de formes spéciales ; d’ajustements ou assemblages droits, courbes ou biais; des parties ouvrantes dans les parties verticales, à bascule ou à tout autre système, de tôle découpée, garde-fous, etc., quels que soient leur nombre et leur nature, les plus-values d’assemblage avec le bois ; toutes difficultés d’accès du chantier, ou de raccord avec les autres entreprises qui doivent se poursuivre simultanément avec celle de la ferronnerie ; tous percements de trous ; toutes fournitures de brides, plates-bandes, boulons et rivets pour fixer les différentes pièces entre elles, soit aux constructions adjacentes (maçonneries et charpentes métalliques ou autres)/soit pour supports et attaches de tuyaux de descente d’eau, fourrures, chéneaux, couvertures, vitreries, menuiseries, caissons, staffs, terre cuite et ornements divers, arbres de transmission, attaches d’appareils d’éclairage, etc., prévus aux dessins ou à déterminer en cours d’exécution.
- Art. 6
- Peinture. — Ces prix comprennent aussi la peinture qui sera exécutée, tel qu’il est indiqué à l’art. i5 du cahier des charges particulières aux constructions métalliques, avec cette réserve,[toutefois, que la dernière couche (3e avec ton indiqué par rarchitecte) ne sera donnée qu’après l’achèvement des couvertures, des vitreries, des travaux de maçonnerie et autres.
- Art. 7
- Invariabilité des prix. — En un mot, les prix indiqués ci-dessus comprennent un travail complètement et parfaitement exécuté, posé et peint dans les conditions imposées au cahier des charges générales et au cahier des charges particulières aux constructions métalliques, ci-annexées, sans admissien d’aucune plus-value d’aucune sorte.
- Art. 8
- Délais d'exécution. — Les travaux commenceront aux ateliers des entrepreneurs, aussitôt que les ordres de service auront été délivrés par l’architecte.
- Ils seront conduits de telle sorte que la mise au levage des fermes du centre, sur les chantiers de l’Exposition, commence, dans chacun des deux lots, au plus tard le i0r juillet prochain, époque à laquelle les maçonneries des fondations seront presque terminées.
- L’ensemble des travaux, faisant l’objet des présentes entreprises, devra être complètementachevé, pour chacun des deux lots, le Ier mars 1888, date de rigueur.
- Les travaux de montage seront commencés, dans chaque lot, pour la travée du milieu ; ils se-
- ron/continués, sans interruption, jusqu’à l’autre extrémité, de façon que le montage, exécuté chaque mois, représente le huitième du total de chaque entreprise.
- L’administration aura le droit de prendre possession des diverses travées, au fur et à mesure de leur achèvement, afin de faciliter la pose des galeries adjacentes.
- Art. 9
- Ateliers sur les chantiers. — L’administration accorde aux entrepreneurs, pour la grande ferme seulement, la faculté d’installer, sur les chantiers et dans le périmètre de chacun des lots, des ateliers d’ajustage et de montage, mais à la condition expresse que ces ateliers ne seront cause d’aucune gêne ou empêchement, pour les travaux à exécuter par l’administration ou ses entrepreneurs.
- Ils seront déplacés ou supprimés aussitôt que l’architecte en donnera l’ordre, sans que l’entrepreneur puisse réclamer une indemnité à ce sujet, la faculté accordée n’étant qu’une simple tolérance.
- Art. 10
- Détails d’exécution. — La direction des travaux arrête les tracés et dessins d’exécution ; les entrepreneurs devront, avant de procéder à l’exécution de leurs travaux, présenter à l’administration leurs tracés et dessins, grandeur d’exécution. Ils ne pourront introduire aucune modification sans l’approbation de l’administration.
- Il sera d’ailleurs pris, aux frais des entrepreneurs, toutes les précautions utiles pour assurer la parfaite concordance des pièces métalliques exécutées par les deux entrepreneurs.
- Art. 11
- Pénalités pour retard. — En cas de retard sur l’un quelconque des détails fixés à l’article 8 ; ou, en cas de non-exécution à l’une des clauses établies, et quelle que puisse en être la cause sauf les cas de force majeure, régulièrement constatés, l’entrepreneur subira une retenue de un pour cent sur le montant total de son entreprise, par chaque semaine de retard, chiffre que les entrepreneurs déclarent accepter comme représentant le préjudice causé à l’administration.
- Ces retenues seront acquises à l’administration par le seul fait des retards, et sans qu’il soit besoin de mise en demeure ou autre formalité préalable.
- Dans le cas où l’un des entrepreneurs serait entravé dans l’exécution de ses travaux par quelque circonstance ne provenant pas de son fait, il devrait le faire constater immédiatement par le directeur général des travaux, et les délais seraient prolongés, s’il y a lieu, en raison du temps perdu ; mais il ne serait dû à l’entrepreneur aucune indemnité pour ce fait. Toute réclamation tardive sera considérée comme nulle.
- Art. 12
- Conservation des ouvrages. — Pendant le cours des travaux, chacun des entrepreneurs devra prendre, à ses frais, les précautions nécessaires pour préserver de tout dommage les constructions existantes ainsi que les plantations et ouvrages de diverse nature qui s’exécuteront avant les siens ou concuremment avec eux.
- Art. i3
- Proposition de paiements. — Dans les propositions de paiements à établir conformément aux clauses et conditions générales, les acomptes seront limités à six dixièmes (6/10) de la valeur des ouvrages exécutés et reçus à l’usine ou aux ateliers du constructeur, lorsque ces objets pourront être reconnus et marqués de manière que leur distinction soit parfaitement établie. Trois dixièmes (3/io) pourront ensuite être payés après le montage définitif sur les chantiers de l’Exposition et réception provisoire.
- Les paiements effectués n’auront, dans aucun cas, pour effet de diminuer la responsabilité du fournisseur, qui restera pleine et entière.
- Art. 14
- Importance relative des pièces d’adjudication. — L’avant-métré et le détail estimatif qui suivent, ainsi que les dessins annexés aux présentes, ne sont donnés qu’à titre de renseignements, et l’entrepreneur ne pourra, en aucun cas, se prévaloir des dispositions ou des quantités qui y sont portées, pas plus pour l’exécution des ouvrages que pour l'établissement des mémoires et comptes de dépenses.
- Art. -i5
- Modifications possibles. — L’administration se réserve le droit de modifier, dans la proportion qu’elle jugera convenable, pendant le cours des travaux, les dispositions, la nature, la qualité ou la quantité des constructions métalliques. Quelle que soit cette variation, les prix fixés plus haut seront seuls appliqués sans aucune indemnité.
- Cependant, si les parties modifiées avaient déjà reçu un commencement d’exécution et que la modification apportée soit une cause réelle de perte de fourniture ou de main-d’œuvre pour l’entrepreneur, ce dernier pourrait, par exception à la clause ci-dessus, être indemnisé du travail déjà exécusé, et ce à dire d’expert, et le chiffre de cette indemnité serait basé sur les prix acceptés, dimi-
- nués du rabais consenti, et en tenant compte de toutes les obligations de l’entreprise.
- Art. 16
- Prise de possession des constructions. — Ainsi qu’il est dit plus haut, au fur et à mesure que certaines parties des constructions seront terminées, l’administration aura le droit de les mettre en état de réception provisoire et d’en prendre livraison ; mais le délai de réception définitive ne partira que de l’époque d’achèvement complet de-tous les travaux.
- Art. 17
- Chemins de fer. — L’entrepreneur est prévenu que l’administration est dans l’intention de prolonger, dans l’intérieur de l’Exposition, la ligne du chemin de fer qui s’arrête, aujourd’hui, a la gare du Champ-de-Mars. Si cette ligne est établie,, au moment ou l’entrepreneur devra apporter ses fers sur le chantier, il pourra utiliser ce moyen de-transport, en s’entendant, pour les conditions d’exploitation, avec la Compagnie exploitante. Aucune réclamation de ce chef ne pourra, d’ailleurs, être adressée à l’administration.
- Art. 18
- Service de santé. — Les entrepreneurs sont prévenus que la retenue de 1 0/0 opérée sur les décomptes, en vertu de l’article 17 du cahier des charges et conditions générales, pour le service médical, constitue essentiellement une œuvre charitable, qui laisse entière la responsabilité de l’entrepreneur, en cas d’accident.
- Art. 19
- Responsabilités. — La durée du Palais des machines étant subordonnée aux décisions de l’administration supérieure, les entrepreneurs ne sont nullement déchargés des responsabilités qui leur incombent en droit, et, notamment, des charges imposées par les articles 1792 et 1797 du Code civil.
- Art. 20
- Cahier des charges spéciales et générales. — Indépendamment des conditions énoncées ici, les entrepreneurs seront soumis aux clauses et conditions générales, approuvées par M. le ministre du commerce et de l’induetrie, le 25 août 1886,. et imposé à tous les entrepreneurs de l’Exposition ainsi qu’aux clauses et conditions du cahier des charges spéciales aux travaux des constructions métalliques, en date du 4 novembre 1886, avec annexes pour les conditions de réception adoptées pour les tôles, cornières et fers spéciaux des tabliers métalliques, et pour l’emploi de l’acier dans la construction du Palais des machines, pour tout ce à quoi il n’est pas dérogé par les présentes stipulations.
- CHAPITRE II Avant-métré
- C/> 'W POIDS
- INDICATION H z- <* - -,
- DES OUVRAGES DE PARTIEL
- £ cy l’unité
- POIDS
- TOTAL
- PREMIER LOT
- Grande nef, côté de l’avenue de la Bourdonnais
- kilos I
- Grandes fermes . . Fermes de tète. . . Travées de panne . — de couverture ..............
- Tr«vées de poutre pleine, avec chéneau ..............
- Garde-fous de faîtage Travées de poutre à treillis portant le plancher du premier étage .... Travées d'arcade à treillis, y compris
- piédroits........
- Quincaillerie : la ferrure des parties ouvrantes, composée chacune de deux pivots, un ressort, un loqueteau à queue, une corde de septain et un pied de biche . .
- 9 I 10 kilos 160.000 240.000 42.3oo
- 10 60.900
- 10 10 L5 Ce en c 0 O O
- 10 20.400
- 10 26.000
- 10 »
- i .440.000',
- 240.000 42d.oooi
- 609.000)2 840.000
- 125.000;
- 3.ooo‘
- 204.000)
- 260.000;
- 464.000
- DEUXIEME LOT Grande nef, côté de l'avenue Suffren
- 1.440.000! 240.000] 380.700/
- I Grandes fermes. . . 9 160.000
- 2 Ferme de tête . . . I 240.000
- 3 4 Travée de panne. . — ,de couver- 9 42.300
- 5 ture Travée de porte 9 60.900
- 6 pleine Garde-tous des faî- 9 12.500
- 7 tages Travées d’arcades à treillis, y compris 9 3oo
- 8 piédroits Travées de poutre à treillis portant le plancher du pre- 9 26.000
- 9 mier étage . . . Quincaillerie : ferrure des parties ouvrantes, comme il est dit au ier lot 9 20.400
- 548.100 )2.724.000 I12.500 2.700
- 234 000
- i83.6oo
- 417.600
- p.571 - vue 134/496
-
-
-
- bj2. — Troisième Année — N° 117.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1SS9.
- Dimanche 29 Mars *887.
- CHAPITRE III
- ANNEXE N° 2
- Détail estimatif
- INDICATION
- DES OUVRAGES
- POIDS
- PRODUIT
- Grande nef,
- Fers et aciers de toute nature pour fermes, pannes, longerons, poutres, chevrons, fers à vitrage, supports, tôles, etc........
- Fers pour arcs à treillis, y compris piédroits, tympans au-dessus et poutres à treillis des planchers.........
- Quincaillerie : la ferrure des parties ouvrantes à régler d’après les prix de la série de la ville de Paris, édition 1882, diminués de 25 0/0, comme il est dit aux conditions particulières. Ensemble..........
- PREMIER LOT
- côté de l’avenue de la Bourdonnais kilos
- 2.840.000
- 464.000
- 40.000
- o 41
- I.164.400
- 139.200I
- >1.304.000 »
- 400
- DEUXIÈME LOT
- Grande nef, côté de l’avenue de Suffren
- F ers et aciers de toute nature, comme il est dit au Ie*' lot 2.724.000 0 41
- Fers et aciers de toute nature pour arcs à treillis, etc., comme ci-dessus au Ier lot 417.600 0 3o
- Quincaillerie : id.
- Total.
- 1.1 i6.8oo\
- >1.242.
- 125.280'
- 400/
- Sommes à valoir pour imprévus et dépenses
- en régie.............................5 0/0
- Honoraires et frais d’agence.......3 0/0
- 2.546.480 »
- 127.324 » 80.214 12
- Total général.
- 2.754.018 1:
- Dressé par l’architecte soussigné.
- Paris, le 8 mars 1887.
- Signé : DUTRET.
- Vu et présenté :
- Paris, le 8 mars 1887.
- Le Directeur général des travaux, Signé : ALPHAND.
- Vu et approuvé :
- Paris, le 8 mars 1887.
- Le Ministre du commerce et ae l’industrie, commissaire général,
- Signé : Édouard LOCKROY.
- ANNEXE N° 1
- Nomenclature des feuilles de dessin d’exécution, visées à l’article 1er ci-devant, jointes au dossier d’adjudication.
- NATURE DES DESSINS
- ÉCHELLE
- 1
- 2
- 3
- 4
- 5
- 6 7
- 9
- 10
- 11
- 12
- i3
- 14
- 15
- 16
- !9
- 20
- 21 22
- 23
- 24
- 25
- 26
- 27
- 29 3 o
- 31
- 32
- Plan d’ensemble de la grande nef . Ensemble de la coupe transversale de la grande nef et des bas-côtés . Coupes longitudinales sur les travées milieu, courantes et d’extrémités .
- Plan d’une travée de 2[m5o.........
- Plan d’une travée de 26n,40........
- Plan d’une travée des extrémités . . Elévation d’ensemble de la grande
- ferme............................
- Monographie du tracé du gabarit de
- la grande ferme..................
- Monographie du tracé complet de la
- grande ferme.....................
- Detail de l’articulation au pied . . . Détail de l’articulation au sommet -Détail du panneau circulaire concentrique adjacent à l’articulation au
- pied ........................ .
- Détail du panneau curviligne adjacent à l’articulation au sommet . . . . Détail du panneau curviligne adjacent à l’échantignolle à la base du comble Elévation des pannes au faîtage 2ïm5o Elévation des pannes intermédiaires
- 2im5o ...........................
- Elévation de faîtages des extrémités.
- — — intermédiaires.
- — des pannes de faita^es2Ôm40
- — — intermediaires .
- — des chevrons 1,2.....
- _ _ 2, 3.........
- — des pannes de vitrages courants omi 5...........
- Elévation des pannes de vitrages
- courants om25................ . •
- Elévation des pannes de vitrages
- courants om35.............. . . .
- Elévation des pannes de vitrages
- courants om45....................
- Elévation complète de l’arc vertical de 2i™5o avec chéneau et tympan Entretoisement des fermes de tète . Elévation de la panne de vitrage au faîtage............................
- 0.0025 par mètre 0.01 par mètre 0.01 par mètre
- Modèle de soumission
- Je soussigné
- entrepreneur-constructeur, demeurant à
- après avoir pris connaissance des clauses et conditions générales imposées aux entrepreneurs de l’Exposition universelle de 1889, du cahier des charges spéciales aux constructions métalliques en fer et en acier ; ainsi que des dessins et des conditions particulières se rapportant directement à l’exécution des charpentes et fermes en fer et acier formant la grande nef du Palais des machines au Champ-de-Mars ;
- M’engage à exécuter les travaux dont il s’agit formant le (1) lot, évalué à la somme de moyennant un rabais de (1)
- sur les prix moyens indiqués aux clauses et conditions particulières.
- Si ma proposition est acceptée, je m’engage à verser dans les vingt-quatre heures, à compter de la date de la présente soumission, le cautionnement fixé à la somme de quarante mille francs, et je me soumets, en outre, à supporter tous les droits d’affichage, de timbre, d’enregistrement à droit fixe ou autres, auxquels la présente soumission pourra donner lieu.
- Paris, le 1887.
- Signature.
- ECHOS
- Paris
- Veudredi dernier 25 mars, a eu lieu au Pavillon de la ville de Paris, derrière le palais des Champs Elysées, le vernissage de l’exposition organisée par la Société des Artistes indépendants.
- Le Président de la République a bien voulu visiter l’exposition dans le courant de la journée. Des invitations avaient été adressées également à M. le préfet de la Seine et aux conseillers municipaux.
- *
- * ¥
- Le 1er avril, ouvrira une autre exposition d’indépendants, à laquelle prendront part : MM. Degas, Odilon, Redon, Forain, Pissaro, Gauguin, Zandomeneghi, Mme Marie Bracquemond, etc.
- *
- ¥ ¥
- Le 1er avril également ouvrira chez Georges Petit, rue de Sèze, l’exposition des pastellistes français, avec des envois de MM. Emile Adan, J. Lewis, Brown, Duez, Hameng, Gervex, Heilbuth, Jean Béraud, Jacquet, Cazin, Lhermitte, L.-O. Merson, Roll, Yon, Puvis de Chavannes, Jules Lefebre, Mme Madeleine Lemaire, etc.
- ¥ ¥
- A cette exposition succédera le 15 mai, dans les mêmes galeries, l’exposition internationale de peinture à laquelle prendront part : MM. Gervex, de Egusquiza, Madrazzo, Roybet, VanBurs, Edel-feldt, Raffaëlli, Pokhitow, etc.
- *
- ¥ ¥
- Un comité, qui a pour président M. Eugène Guillaume, s’est formé en vue d’ériger un monument national au peintre J.-F. Millet, et a décidé de demander au Gouvernement le Palais des Beaux-Arts, pour y organiser, prochainement, la première exposition des. œuvres du grand artiste.
- *
- * ¥
- Le regretté Guillaumet demande, par testament, qu’une exposition de ses œuvres soit faite à l’Ecole des Beaux-Arts, et charge du soin de l’organiser MM. Eugène Mouton, Durand-Gerville, Busson et Alfred Vanier.
- Suite des envois au salon :
- M. Armand Dumaresq : Portrait du Général Boulanger ; seul de ses nombreux portraits pour lequel le ministre de la guerre ait posé.
- M. Luminais': le Sauvetage et un Ami blessé.
- M. Oliva : le Cardinal de Lanigerie, buste en marbre.
- M. Scherrer : une grande page historique : Entrée de Jeanne d’Arc à Orléans.
- M. Carolus Duran : un portrait de la Vicomtesse de Greffülhe.
- M. Chartran : Mounet-Sullg dans Hamlet.
- M. Schlesinger : Sacher-Masoch, le célèbre romancier galicien.
- M. Bonnat : Alexandre Dumas, etc.
- ¥ ¥
- D épartements
- Rappelons que c’est le dimanche 10 avril pro-c hain qu’ouvrira à Roubaix, dans le local de la S ociété artistique de Roubaix-Tourcoing, l’expo-
- (1) Le numéro du lot et le taux du rabais devront être écrits en toutes lettres.
- sition annoncée des Arts Décoratifs, qui comprendra les meubles, les tentures, les métaux, la céramique et la verrerie. Envois, avant le 31 mars.
- ¥ ¥
- ETRANGER
- Allemagne
- Une curieuse exposition, formée d’une collection d’environ trois cents cadres anciens et modernes, a été récemment ouverte au musée d’art et d’industrie de Berlin.
- On a tiré des galeries du Kronprinz, des galeries nationales et de beaucoup de collections particulières une variété de spécimens choisis qu’on a réunis pour cette exposition, exposition dont le but est d’offrir aux artistes un choix de modèles pour l’encadrement de leurs œuvres, aux sculpteurs et doreurs, le moyen de diversifier et de perfectionner le style et le dessin de leurs productions.
- *
- ¥ ¥
- L’exposition internationale artistique, dont nous annoncions précédemment l’ouverture, a été inaugurée le 4 mars à la Kunsthalle de Hambourg.
- Les envois sont si nombreux qu’il a fallu, faute de place, se résoudre à former trois séries, dont chacune sera exposée à son tour durant un mois. Parmi les centres artistiques allemands, Munich se signale par Te nombre et la qualité de ses envois. Puis viennenten secondeiigne le Danemark, la Belgique et l’Italie.
- ¥ ¥
- La vingt-quatrième exposition spéciale artistique, consacrée aux œuvres de feu Eduard Von Steinle, est ouverte en ce moment dans les salons de la Galerie Nationale de Berlin.
- *
- ¥ ¥
- Angleterre
- Comme nous le disions dans notre dernier numéro, le prince et la princesse de Galles, acceptant l’invitation qui leur avait été adressée par le conseil municipal, présideront, le mardi 3 mai prochain, l’inauguration solennelle de l’Exposition internationale de Manchester..
- *
- * *
- La huitième exposition annuelle d’architecture et des industries de bâtiment a été ouverte le 14 mars, à VAgricultural Hall de Londres, sous les auspices de la Société des Architectes, et avec le plus heureux succès.
- L’installation n’était pas tout à fait achevée le jour de l’inauguration, mais elle a été rapidement menée à bonne fin, si bien que l’exposition, au dire d’un de nos confrères d’outre-Manche, présente aujourd’hui un très heureux ensemble. La quantité des objets exposés, légèrement inférieure cette année, le cède à la qualité, et la Société des Architectes n’aura, pour la distribution de ces médailles et de ses diplômes, que l’embarras du choix. La clôture aura lieu demain lundi 28 mars.
- *
- ¥ ¥
- La Sports man"s Exhibition aura lieu, comme nous le disions dans un précédent numéro, à l’Olympia de Londres. En effet, du 20 au 30 avril prochain, le grand palais d’Addison Road, actuellement occupé par l’Hippodrome de Paris, dont les représentations très courues ont eu pour couronnement une visite de la Reine, sera le théâtre de la plus grande exposition d’appareils sportiques encore organisée dans le monde. La Sportsman's Exhibition, créée en 1882, a vu ses dimensions et son cadre s’accroître, d’année en année, pour acquérir cette fois des proportions dignes du bâtiment colossal où elle trouvera l’hospitalité. L’exposition sera cette année particulièrement complète et renfermera d’intéressantes attractions pour les amateurs de- chasse, de pêche, de sport hippique, de billard, de rowing, de vélocipède, de cricket, de lawn-tennis, de tous les sports enfin et de tous les passe-temps. Qu’on ajoute à ces attractions un tournoi de billard et une exposition canine sportique, et l’on se fera une idée de la foule des visiteurs qui voudront visiter l’Olympia durant cette charmante exposition.
- *
- ¥ ¥
- L’organisation de l’exposition impériale Jubilaire de Liverpool, sur laquelle nous avons, dans nos précédents numéros, donné de nombreux détails, est poussée très rapidement, sous la direction d’un certain nombre de comités spéciaux de direction. Il y aura des expositions de fleurs et de fruits, des illuminations à la lumière électrique, et des auditions de grande musique.
- *
- ¥ ¥
- Autriche-Hongrie
- L’association agricole du Vorarlberg fête cette année son vingt-cinquième anniversaire. Elle organise à cette occasion, à Bregenz une exposition régionale industrielle et agricole.
- p.572 - vue 135/496
-
-
-
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1SS9.
- Dimanche 27 Mars 1887. — 573.
- Troisième Année. — N° 117.
- Espagne
- Notre excellent confrère anglais F Invention, confirmant l’existence d’un projet que nous avons, il y a déjà quelque temps, eu l’occasion de signaler à cette place, annonce qu’une exposition maritime ouvrira à Cadix cette année, dans le courant du mois d’août.
- Il parait que le projet a éveillé parmi la population de la région, un très vif intérêt et que l’on a déjà recueilli, en vue de l’exposition, une somme d’environ 500.000 francs.
- Belgique
- Le Cercle artistique et littéraire de Bruxelles a ouvert du 22 au 28 mars une exposition d’études faites d’après nature, en Italie (Sicile), France (Bretagne), Allemagne, Bohême, Hongrie, Suisse, Hollande, Belgique, par M. Gustave Walchiers.
- Italie
- La Société des Beaux-Arts a ouvert, le dimanche 13, dans les galeries de la Via Nazionale, sa cinquante-huitième exposition annuelle.
- Cette exhibition, qui ne comprend pas moins de cinq cents numéros, est, paraît-il, au-dessous de la moyenne ordinaire.
- *
- ¥ ¥
- Une exposition internationale de machines et instruments d’agriculture aura lieu à Parme en septembre prochain.
- Les récompenses consisteront en soixante et onze diplômes d’honneur, quatorze médailles d’or, vingt-six d’argent, et trente et une de bronze.
- Les adhésions sont reçues du 30 avril au 30 juin. Le dernier délai pour les envois de grandes dimensions est fixé au 15 août.
- ¥ ¥
- permet d’imprimer le caractère, tandis que la main gauche, saisissant un bouton qui commande la crémaillère, que nous avons mentionnée, produit un déplacement latéral égal à l’intervalle d’une lettre ou de plusieurs selon que l’on veut espacer les caractères. Chaque lettre en s’imprimant conserve sa netteté, grâce à une petite pointe s’engageant dans un trou situé à côté de chaque lettre, et qui s’oppose à tout déplacement du tambour, pendant cette opération. Comme on le voit, cet appareil, grâce à sa simplicité et à la remarquable modicité de son prix, est appelé à un très grand et très légitime succès.
- ¥ ¥
- Statistique
- Le Brésil a 8,3cj5 kilomètres de voies ferrées ; la République Argentine, 5,991 kilomètres, dont la moitié environ placée sous le contrôle de l’Etat et de la province de Buenos-Ayres, le reste appartenant à des compagnies privées. La Bolivie possède 33 kilomètres de railway, le Chili 2,ç>65 kilomètres, dont le tiers environ dirigé par l’Etat. Les voies ferrées des Etats-Unis de Colombie, appartenant toutes à des Compagnies privées, ont une étendue de 210 kilomètres. Enfin, le Paraguay a 67 kilomètres, le Pérou, 2,340 kilomètres, l’Uruguay, qo5 kilomètres et le Vénézuela, 558 kilomètres de chemins de fer.
- *
- ¥ ¥
- Il y a aux Etats-Unis 2,269 brasseries, produisant annuellement 460,537,400 gallons, environ 2,202,687,000 litres, soit 7 gallons, 35 litres par tête. L’Allemagne, elle, compte 23,940 brasseries, qui représentent une production annuelle de 4,5oo,ooo,ooo de litres, ou plus d’un hectolitre par tête. En Angleterre enfin, ou plutôt dans le Royaume-Uni, on compte 26,214 brasseries qui produisent, chaque année, 1 ,o5o,ooo,ooo de gallons, environ 5,25o,ooo,ooo de litres, soit par tête 3o gallons, à peu près 1 5o litres.
- remblai entre deux murs de soutènement, elle est en remblai ordinaire dans les prairies de Charlot-tenburg, dans toute la traversée proprement dite de la ville elle est en viaduc.
- Des boutiques comme celles des chemins de fer de Vincennes sont établies sous les voûtes, mais avec beaucoup plus d’élégance et de confortable. On avait prévu que la location des voûtes couvrirait largement l’écart des dépenses entre la construction d’un viaduc au lieu d’un remblai, l’expérience a donné pleinement raison aux ingénieurs allemands, sans compter que le viaduc est la vie et que le remblai aurait été la mort pour la ville.
- Il est bien entendu que je ne donne ici que les indications capitales, surtout au point de vue économique, pour toute la partie purement technique, je ne puis que renvoyer mes lecteurs à la savante brochure de MM. Gaudin et Zuber.
- « Les voûtes sont toutes circulaires sans exception, presque toutes également sont rectangulaires en plan, sauf dans le voisinage des gares et des stations où par suite de l’élargissement de la voie pour les quais, le plan devient trapézoïdal, on a recouvert l’extrados de toutes les voûtes d’une couche de briques creuses, percées de deux trous dans le sens de leur longueur. Ces briques sont posées de telle manière que les trous se correspondent dans toute la longueur du viaduc, et le traverse de part en part. Il y a ainsi, au-dessus de la voûte, une circulation d’air qui a pour but de balayer l’humidité provenant des maçonneries supérieures. Cette couche de briques est en outre recouverte d’une chape d’asphalte ou de ciment. »
- Les fondations et les parties extérieures du via-duc sont presque entièrement construites en briques ; les voûtes sont établies avec une brique très dure et très résistante, appelée Klinder en Allemagne. C’est là avec le mortier à base de chaux hydraulique un excellent système et je voudrais avoir la place ici pour mettre sous les yeux de nos lecteurs la curieuse étude publiée par la Zeitschrift fur Bauwesen en 1884, pages 114 à 121, sur la résistance extraordinaire de ces-briques.
- Inutile de dire que la dépense a varié considérablement, suivant les points; cependant, tout: compte fait, le prix n’a pas été très élevé. Le prix moyen du mètre cube est resté au-dessous de l’estimation des premiers devis, soit : 26 m. =. 32 fr. 5o.
- En deux ou trois points, l’arête extérieure du viaduc touche les murs des maisons voisines. Mais, après l’ouverture de la rue parallèle du Kœnigs-graben, le viaduc sera bordé de rues sur une longueur de 2,370 m., soit §ff!) ou à peu près le quart de sa longueur totale. Il n’est question bien entendu dans ces 9,787 m. que de la partie en via-duc, le reste en remblai aux extrémités de la ville ne présente qu’un faible intérêt commercial.
- « Il est évident que le commerce et l’industrie ne peuvent s’installer avantageusement sous les voûtes du viaduc que là seulemeut où il existe une rue latérale; partout ailleurs, ces locaux sont loués à vil prix aux propriétaires des maisons voisines qui les emploient comme remises, magasins, etc.
- Les deux établissements les plus importants-sous le viaduc sont deux brasseries qui se font concurrence : Zum Franciskaner (au Franciscain)' et Zum Praelaten (au Prélat). La première est située Georgenstrasse et occupe les six premières voûtes à l’est de la Friedrichstrasse. La seconde aura sa façade sur la future rue du Kœnigsgrabert et occupe les six premières voûtes à l’est de la gare à’Alexanderplat^, toutes deux sont installées, avec grand luxe en style Altdeusch. »
- Le style Altdeutsch (vieil allemand) est très à 1a. mode à Berlin et dans toute l’Allemagne. C’est la reproduction de l’art de la Renaissance allemande au xve siècle.
- Dans sa Die familie Buchholt7, Julius Stinde dit : « Quelques fenêtres de verre bouteille et un pot de couleur noirâtre suffisent pour donner le style-Altdeutsch à un local absolument quelconque. »-
- L’écrivain allemand a raison, seulement ce qui me fait de la peine, c’est de voir que depuis quelques années les Parisiens ont eu la même toquade des brasseries allemandes en culs de bouteilles ; pourquoi ne pas rester Français?
- Parlerai-je encore du cabaret Altdeutsch sous, le viaduc du métropolitain dans les jardins de l’Exposition? Nous laissons aux Berlinois leur bière, leur pipe et leurs... filles !
- Il y a encore sous le viaduc des marchands de tabac, de primeurs et même près de Jannowit^brücke un établissement de bains froids, là où la ligne-passe dans la Sprée.
- L’année dernière, l’Etat a retiré de la location des voûtes du viaduc, la somme de 196,709 marks, soit 245,885 fr. et cette somme augmente chaque année.
- La brasserie Zum Franciskaner donne pour six voûtes de 1 5m5o sur 10 m. 36,100 marks ou 45,12.5 francs, tous les frais d’installation ont été supportés par le locataire, et cependant après dix ans de loyer, elle deviendra propriété de l’Etat. Vous voyez si l’on vend des chopes là-bas !
- J’aurai encore beaucoup^ dire sur cette organi-
- Le roi et la reine, accompagnés de la duchesse de Gênes, ont inauguré à Rome, le 17 mars, l’exposition des tissus et dentelles, organisée, sous le patronage du duc Tornolia, syndic de Rome, par le Museo artistico industriale. Dans son discours, le commandeur Placidi, président du comité d’organisation, a adressé à la France, représentée par l’administration des beaux-arts, l’Académie de France à Rome, et l’Union des Arts Décoratifs, les paroles les plus symphatiques et les remerciements chaleureux, du comité pour cette magnifique participation à une manifestation artistique aussi importante.
- *
- ¥ ¥
- On écrit, à propos de l’exposition du jubilé de Léon XIII, que la vaste cour Délia, Pigna, spécialement aménagée en hall gigantesque, est reconnue insuffisante, et qu’il faudra étendre l’exposition à plusieurs galeries du Vatican.
- *
- ¥ *
- Norvège
- Une exposition norvégienne de semences aura lieu à Drontheim. du 4 au 10 juillet, à l’occasion du huitième congrès général des agriculteurs de la Norvège. Elle sera accompagnée de conférences, d’études pratiques et d’une exposition annexe de pêcherie.
- ---------TH---. @ «> «il fliBBi»—--
- SCIENCES & INDUSTRIE
- Nouvelle machine à écrire
- La « Universal simplex Type-Writer Company, limited » (n,Poultry, London. E. C.), vient de produire un nouveau type de machine à imprimer soi-même qui par la modicité de son prix (i3 fr. environ), la simplicité de son mécanisme, sa solidité, ses dimensions restreintes, ne le cède en rien à toutes celles qui ont été inventées jusqu’à ce jour. Son maniement est si facile qu’un enfant même peut la faire fonctionner très rapidement ; (3o mots en moyenne par minute), son poids est minime et elle peut être démontée de façon à tenir, dans la poche. Voici sa construction, d’après F Invention.
- Une petite tablette horizontale est munie, dans le sens de sa longueur de deux glissières parallèles, en cuivre, dont l’une est entaillée de dents à la façon des crémaillères. Entre ces deux guides glisse une pièce métallique supportant un cylindre sur lequel sont fixés des caractères en caoutchouc, à la façon de la roue à types des appareils télégraphiques.
- Ce cylindre qu’on fait mouvoir au moyen de la main droite, et cela par la simple pression des doigts, présente successivement tous ses caractères à une petite brosse à encre. Un guide situé à la partie supérieure et sous les yeux, indique la lettre qui se trouve à ce moment précis, présenter sa face, à la partie inférieure du cylindre, c’est-à-dire sur le plan tangent formé par la feuille de papier. A ce moment, un petit déclanchement
- LE MÉTROPOLITAIN
- DE BERLIN
- II
- Après avoir démontré que la ligne était avant tout stratégique, il convient d’exposer rapidement sous quel esprit elle a été construite et comment elle est exploitée à l’heure présente.
- Le seul métropolitain souterrain est celui de Londres et s’il y a longtemps qu’il est jugé dans l’esprit de tous les ingénieurs, voilà pourquoi celui de Berlin est aérien dans tout son parcours.
- Afin de diminuer autant que possible les expropriations, on fit passer la ligne en viaduc, dans le lit même de la Sprée, avant d’arriver au Kœnigs-graben (station de Jannowitsbrücke) ; c’est là un point fort important pour nous, car si l’on veut bien se souvenir que le petit chemin de fer de l’Exposition à Paris doit avoir son terminus au pont de l’Alma, et que la tranchée est même établie au Champ-de-Mars depuis 18^8, on verra de suite que le seul métropolitain possible à Paris serait simplement la continuation de cette ligne le long des quais de la Seine avec raccordement facile avec les lignes d’Orléans, de Lyon et de Vincennes qui deviendrait tête de ligne, étant raccordée après Brie-Comte-Robert, il n’y aurait ainsi ni expropriation, ni frais considérables ; nous aurions comme à Berlin le grand coup de sabre répondant à tous les besoins stratégiques et commerciaux, mais voilà, c’est trop simple pour que l’on y pense. On sait également que de l’autre côté, la ligne serait tout naturellement reliée à l’ouest avec celles de Versailles, de l’Etang-la-Ville, des Mou-linaux, etc.
- A Berlin la Sprée n’a point l’importance de la Seine et cependant chez nous-mêmes les quais ne sont pas très vivants, c’est fatal aussi. C’est maintenant la Stadtbahn qui est la principale artère, tout le mouvement s’est porté sur les bords de la ligne. Depuis l’ouverture du métropolitain, les | constructions se sont élevées comme par enchantement, et dans dix ans, comme le font très judicieusement remarquer MM. Paul Gaudin et Jean Zuber, le métropolitain aura transformé Berlin.
- Chez nous, qui avons les grands boulevards intérieurs, il pourrait parfaitement aussi modifier les bords de la Seine en y apportant la vie et le mouvement. Et que l’on ne vienne pas nous dire que toutes les lignes ne seraient pas réunies au centre de la métropole, il suffit da prendre un plan de Berlin pour voir que les terminus des grandes lignes, Potsdomer Bhf Anhalter Bhf, Gorlit^er Bhf, Siettiner Bhf par exemple, ne sont pas raccordées au métropolitain, par cette excellente raison que nous ne saurions trop rappeler et que l’on oublie trop chez nous: à savoir qu’un métropolitain est destiné à relier la banlieue et la province à la capitale et non pas à promener les voyageurs dans le centre, ce qui est absolument inutile.
- La longueur du métropolitain de Berlin, entre ses gareslimite d’axe en axe, est de 11,260 mètres, à l’Est du Schlesischer Bahnhof la voie est en
- p.573 - vue 136/496
-
-
-
- i'74' — Troisième Année. — N° 117.
- sation bizarre et bien nationale qui fait qu’à Berlin : métropolitain, bière, pipes et servantes de brasseries ne fqnt qu’un — civilisation et dépravation moderne — ce sera pour la première fois.
- III
- Les trépidations sont si faibles que c’est à peine si l’on perçoit les trépidations sous le viaduc ou passage d’un train. La question du chauffage et de la ventilation offrait plus de difficultés, elle a été également bien résolue.
- Les grandes brasseries, dont nous parlions dans notre dernier article, sont chauffées par une circulation de vapeur fort ingénieuse.
- Les foyers et les générateurs sont installés en dehors du viaduc, du côté qui n’est pas bordé par la rue, les cuisines sont également en dehors.
- MM. Paul Gaudin et Jean Zuber se demandent quel sera l’avenir de ces installations ?
- Il est clair qu’à mesure que s’ouvriront de nouvelles rues latérales, le nombre des boutiques sous le viaduc de la Stadtbahn ira en augmentant.
- Au banquet qui eut lieu le 7 février 1882, pour célébrer l’inauguration de la Stadtbahn, on a débité une foule de chansons et de poésies de toutes les couleurs; je donne ici la traduction de la pièce qui a eu le plus grand succès, parce qu’elle montre l’avenir du Métropolitain berlinois sous son véritable jour, il y a là tout un programme national, bien amusant et qu’il est curieux de connaître :
- « N’importe ce qui gronde là-haut, ce qui remue dans l’immensité ?
- « Nous sommes ici-bas,bien àl’aise, partout où coule la bière, et nous bénissons la ville qui pos- -sède tant de belles arcades.
- « Quelle aimable image des temps à venir ! quelle ; bénédiction ! En longue file, je vois des cabarets1 et encore des cabarets ! de l’est à l’ouest, partout, ce n’est qu’une colossale brasserie ! »
- N’est-ce pas que ce petit échantillon ne manque pas de couleur locale ? Espérons qu’un jour tous ces pots à bière seront des pots de terre !...
- Entre la Friedrnchtrasse et le Lehrter Bahnhof se trouve tout près du viaduc, côté nord, un hôpi-. tal, la Kœniglich-Charité, les malades ne souffrent ' ni des trépidations, ni du bruit; au début, les coups de sifflet seuls les incommodaient ; aujourd’hui, les signaux acoustiques ont été réduits autant que possible dans la traversée de la ville, de sorte que l’on peut dire que la Stadtbahn présente beaucoup plus d’avantages que d’inconvénients, pour les riverains.
- Les stations métropolitaines, en y comprenant les deux gares extrêmes, sont au nombre de dix de l’est à l’ouest. Ce sont : Schlesischer Bahnhof, Jannowitqbrücke, Alexanderplatq, Borse, Fried-richstrasse, Lehrter-Bahnhof, Bellevue, Thiergar-ten, Zoologischer-Garten et Charlottenburg.
- Je ne puis entrer ici dans la description des gares, ce qui m’entraînerait trop loin ; comme chez nous, sur la ligne de ceinture, il n’y a qu’une seule salle d’attente et, quoique très petite, comme à Paris également, elle est presque toujours vide, les trains étant fréquents ; aussitôt muni de son billet, le voyageur se rend sur le quai.
- Tout est compris d’une façon pratique, particulièrement l’installation des monte-charges qui mériteraient une description spéciale.
- Le sol est au niveau du trottoir de la rue, ce qui facilite singulièrement l’entrée et la sortie des bagages; les différents locaux sont :
- La salle des Pas-Perdus.
- Les bureaux de recettes (pour le service local stadt-und Ringbahn Verkehr, et pour le service des grandes lignes et de la banlieue Fern-und Vorort Verkehr).
- Les salles de réception et de distribution des bagages.
- Les salles d’attente de ire, 2e, 3e et 4e classes (les buffets, restaurations sont dans les salles d’attente). C’est là une excellente coutume que l’on devrait bien introduire en France : le buffet partout et à bon marché.
- Les différents bureaux pour les services de l’exploitation et de la voie.
- Un bureau de télégraphe.
- Un bureau de change.
- Un poste de police.
- Les water-closet et cabinets de toilette.
- Dans les salles des Pas-Perdus des gares principales, il y a. toujours un bureau de change, dont le service est assuré par un changeur de la ville, devenu concessionnaire.
- Comme conséquence de l’admission de la poste, du télégraphe, d’un office de change et par suite des transactions que l’administration engage avec les voyageurs, il est mis à la disposition du public un pupitre, à hauteur d’homme, debout, avec encre et plume.
- Cela constitue des avantages particuliers pour le public avec les buffets de salle d’attente sur lesquels nous ne saurions trop attirer l’attention des Compagnies françaises.
- L’affichage en évidence, avec une bande en lavis bleue ou rouge, des heures de tous les trains de la journée est fait avec un soin tout particulier : encore un exemple à imiter.
- Chose singulière, la publicité commerciale n’existe pas dans les gares, on n’a pas voulu dé-
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1809.
- Dimanche 27 Mars 1887.
- parer les monuments, je constate, voilà tout ; du reste, les affiches du service, seules, couvrent parfaitement les murs, ainsi à la station A Alexander-platq, par exemple, il v a cinquante affiches diverses qui vous renseignent sur le service des trains, des bateaux, des lignes allemandes, danoises, anglaises, hollandaises, belges, suisses, italiennes, autrichiennes ou russes ; voilà encore un exemple bien pratique dont nous pourrions nous inspirer.
- Détail bien typique : la France seule, parmi les puissances européennes,est rigoureusement exclue : c’est là de la haine puérile !
- Je reviens aux buffets ; en Allemagne et plus particulièrement sur le métropolitain, les restaurations ne font qu’un, avec les salles d’attente, elles se divisent en deux groupes.
- I — i1'0 et 2e classes.
- II — 3e et 4e classes.
- Toutes sont installées avec le plus grand luxe, tables, sièges mobiles, rien n’y manque ; comme en Hollande, le buffet est installé le long d’un des côtés de la salle, des garçons servent les voyageurs et l’on fume, malgré les écriteaux. Une salle d’attente ressemble à une brasserie, c’est possible, mais c’est commode et pratique. On trouve au buffet de quoi manger, boire, fumer, écrire, etc., et l’on attend deux heures un train sans ennui, et sans perte de temps, ce qui n’arrive pas en France, où le buffet est un mythe coûteux, quand il y en a, pour ne pas dire une mauvaise plaisanterie.
- Je ne parle pas ici du métropolitain éventuel de Paris, mais je dis que cette organisation devrait exister dans toutes les gares de France.
- A Berlin on fait sur les voies publiques, aussi bien que dans les gares l’expérience de toutes espèces d’appareils à gaz; les plus intéressants sont les brûleurs Siemens, à gaz surchauffé et à récupérateur, qui donne une lumière d’une grande puis-
- sance.
- Rien n’est simple et pratique comme les monte-charges hydrauliques : peut-être, chez nous, le nouvel hôtel des postes pourrait y trouver des indications intéressantes.
- « Un plateau reçoit, au niveau du sol, le chariot qui s’engage très facilement dans les deux guide-roues en fer. On manœuvre ensuite un levier, et ce plateau, montant en 10 ou 12 secondes, amène au niveau du quai le facteur et le chariot. Il n’y a plus que quelques mètres à parcourir sur le quai, pour atteindre le fourgon en chargement.
- « La disposition de l’appareil au niveau du quai est très ingénieuse : deux plaques de tôle, à charnières, ferment la cage sur le quai. Quand le plateau monte, elles sont doucement soulevées par l’arc de fer qui surmonte le porte-chariot et s’ouvrent à droite et à gauche ; une fois le plateau au niveau du quai, le facteur est libre en avant et en arrière. Quand le plateau redescend, les deux plaques de tôle se referment d’elles-mêmes. »
- La description des gares m’entraîneraient trop loin, mais dans un prochain article, je parlerai cependant du matériel, car il y a là encore matière à plus d’un enseignement et à plus d’une réflexion intéressante pour nous.
- Paul Vibert.
- (A suivre.)
- LES LIVRES
- en
- Bibliothèque de,l’enseignement des Beaux-Arts. — L'Archéologie égyptienne, par G. Maspéro. — La Faïence, par Th. Deck. Maison Quantin, Compagnie générale d’impression et d'édition.
- La bibliothèque de l’enseignement des Beaux-Arts, une des plus intelligentes et des plus habiles entreprises d’une maison renommée pour ses initiatives, poursuit le cours de son succès, et justifie par deux nouveaux volumes, encore supérieurs aux précédents, les éloges de la critique. Le premier est un manuel d’archéologie égyptienne justement demandé à l’homme qui était le plus capable de l’écrire, au directeur du musée de Bou-lacq, au digne héritier de Mariette, à celui par qui la tradition des Champollion et des Rouge continue de leur survivre, et qui a donné à leur doctrine une physionomie nouvelle, plus jeune, plus vive, plus libre, plus spirituelle, plus animée, plus faite pour la vulgarisation.
- Les études de M. Maspéro, et avant lui de M. F. Lenormand, ont renouvelé, revivifié l’histoire ancienne des peuples d’Orient par la multitude de faits inconnus qu’ils y ont fait entrer. Les travaux de M. Maspéro, qui est non seulement un historien, mais encore un archéologue, non seulement un érudit, mais un artiste, un égyptologue de race et d’expérience, qui n’a pas appris à l’école ou dans sort cabinet, mais sur les lieux, d’après nature, dans le plein air ardent que rafraîchit à peine la brise du Nil, l’archéologie égyptienne, sont de nature à exercer une vivifiante influence sur l’histoire de l’art égyptien, dont ses prédécesseurs s’étaient moins occupés que de l’histoire proprement dite ou de la langue.
- Pour un artiste digne de ce nom, l’étude de l’archéologie est nécessaire, indispensable même. Il lui doit la connaissance comparée des formes, des types, dans les différents temps et les différents milieux ethnographiques. Un bon artiste, même sans se vouer à la carrière de l’archaïsme, doit avoir des notions précises sur l’art étrusque, l’art romain, et surtout l’art égyptien, qui a précédé et initié les autres et demeure revêtu de formes hiératiques, si bien faites pour tenter, par le mystère, la curiosité intelligente. L’apprenti artiste, l’apprenti orientaliste, celui que tentent les lauriers archaïques des Gérôme, des Alma Tadema, des Tissot, des Lecomte de Nouy, trouvera à glaner plus d’un épi fécond, à la suite de cette belle moisson de renseignements neufs, fournis par un homme pour lequel l’ombre des hypogées n’a pas de secrets, sur l’architecture civile, militaire, religieuse de l’ancienne Egypte, sur ses tombeaux, ses hypogées, ses pyramides, sur la peinture et la sculpture, sur les arts industriels en Egypte. _
- Ce qui rend l’étude de l’art égyptien, dans ses diverses manifestations, particulièrement savoureuse, c’est le rapport étroit qui lie en Egypte l’art et les mœurs. Nulle part ni jamais ce lien ne fut plus serré. De là de perpétuels rapprochements singulièrement curieux.
- On sent que nous ne pouvons pas entrer ici dans les détails, ce qui déborderait de beaucoup les limites de notre cadre.
- Nous ne pouvons qu’indiquer ce qu’on trouvera dans ce livre substantiel, sur les divers types d’architecture, la construction des temples, leur aménagement, leur décoration interne et externe, les formes variées de chapiteaux qui couronnent leurs colonnades, leurs statues colossales, leurs obélisques, leurs avenues ornées de sphinx, d’an-driosphinx, de criosphinx. On y apprendra que les pyramides ne sont autre chose que des tombes royales et que les hypothèses dont elles ont été l’objet ne valent pas même la discussion. On s’initiera à la théorie et à la pratique de la peinture et de la sculpture, à leurs procédés, aux maladresses de perspective du dessin égyptien parfois heureu sement compensées par la recherche de l’attitude, du geste caractéristiques. C’est à ce principe que les ligures des statues et statuettes connues, et dont notre musée du Louvre contient de notables spécimens, doivent une étonnante intensité d’expression et de vie. L’art industriel égyptien, surtout dans la joaillerie, offre de bizarres et parfois bien ingénieuses combinaisons du végétal, de l’animal et de l’homme. Il y a tel de ces bijoux qui est une merveille d’invention et d’agencement. Mais il faut quitter ce sujet attrayant et passer à un autre qui ne l’est pas moins, quoique fort différent.
- Le directeur et l’éditeur de la Bibliothèque de l'enseignement des beaux-arts ont pensé avec raison que nul ne parle mieux d’un art que celui qui y est passé maître, et à qui l’expérience a enseigné une à une les lois qui président à sa pratique.
- Ils ont demandé à l’héritier actuel de la tradition de Bernard Palissy, au faïencier dont la renommée est européenne, et dont les chefs-d’œuvre ne se comptent plus, M. Deck, l’histoire et la théorie de son art. M. Deck qui n’ignore pas avec quel sentiment profond et ingénu de la nature et de l’art, Bernard de Palissy a écrit sur son métier de modeleur de rustiques figulines, a fait comme son devancier et a parlé de la faïence en maître pour qui tout ce qui s’y rapporte n’a pas de secrets.
- C’est un bien curieux et pittoresque défilé que celui des types divers, comme formes, émaux et couleurs, de la céramique depuis l’époque de Darius, dont le Louvre a reçu de la mission Dieulafoy de si étonnants trophées, jus-qu’aux chefs-d’œuvre d’Urbino, de Gubbio, aux vivants reliefs des Lucca délia Robbia, aux plats éblouissants de l’art hispano-moresque, aux faïences de Bernard Palissy, d’Oiron, de Rouen, de Nevers, de Strasbourg.
- Les collections publiques et surtout les collections privées, parfois plus riches, comme la collection Spitzer, ont fourni, pour le commentaire illustré du livre, des séries de spécimens qui permettent de suivre dans chaque pays et à chaque époque les progrès de l’art de cuire et de décorer la faïence jusqu’à cette décadence contemporaine qui, grâce à M.^Deck et à quelques autres, jette encore un suprême éclat.
- La partie historique du livre de M. Deck es surtout un résumé des ouvrages spéciaux dont il a dressé la consciencieuse et utile bibliographie à la fin de son travail. Mais là où son initiative et son originalité se donnent pleine carrière, c’est dans la seconde partie de son ouvrage, absolument nouvelle. C’est un manuel technique de son art, non une exposition sèche et aride à l’usage exclusif des fabricants, mais un recueil d’explications simples, claires, décisives, portant toutes la marque de l’expérience d’une longue vie, dont les céramistes de profession sauront tirer de précieux enseignements et où les amateurs trouveront des moyens nouveaux d’investigations et de sûrs conseils critiques.
- Le livre se termine par une utile suite de marques et de monogrammes, au nombre de 120,
- p.574 - vue 137/496
-
-
-
- Troisième Année.
- N° 117.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1880.
- Dimanche 27 Mars 1SS7. — 575.
- permettant à l’acheteur de faire son choix avec certitude et de déjouer les fraudes des truqueurs.
- En finissant, nous donnerons de justes éloges à la perfection de l’illustration qui forme un commentaire du livre à la fois des plus instructifs pour l’esprit et des plus agréables pour l’œil.
- M. DE LESCURE.
- LE LANGAGE INTERNATIONAL
- CONVENTIONNEL
- (Suite)
- LANGUE DE M. DE RUDELLE
- (Grammaire primitive d’une langue commune à tous les peuples,
- par !.. de Rudelle. Bordeaux, 43, rue des Trois-Conils. De-
- lalain, éditeur, 1858}.
- Alphabet
- M. de Rudelle admet les cinq voyelles a, e, i, O, il, cette dernière se prononçant comme en français ; il représente le son simple ou par les deux lettres o et 11 comme en français. Il admet les consonnes redoublées ; il admet la lettre h qui ne se prononce pas isolément et qui ne sert que dans les lettres doubles ch, sh, gh, lesquelles se prononcent tche, che, gue. M. de Rudelle n’a donc pas pris pour base ce principe si logique et si simple dont presque tous les autres inventeurs ont compris l’importance capitale, savoir : que chaque lettre doit se prononcer isolément et toujours de la même manière.
- Pour l’écriture , il fait usage de l’alphabet romain.
- M. de Rudelle place l’accent sur la dernière syllabe quand le mot est terminé par une consonne, et sur l’avant-dernière quand il est terminé par une voyelle. C’est là une complication et la règle posée est d’autant plus malheureuse que, dans les verbes, la dernière lettre est toujours une voyelle. J’aime, j’aimais, j’aimerai se traduisent, comme on le verra plus loin, par ed amara, ed amare, ed amaro ; si l’accent est fortement marqué sur la seconde syllabe, ces diverses formes se confondront à la prononciation.
- Formation des radicaux
- Pour le choix de ses radicaux, M. de Rudelle ne suit pas de système particulier. Il emprunte principalement aux langues romanes ceux dont il s’est, servi dans son ouvrage, à titre d’exemples ; mais il n’a publié ni dictionnaire, ni vocabulaire abrégé de radicaux.
- Grammaire
- M. de Rudelle n’a pas donné de règle générale pour la construction de la phrase, ce qui est pourtant bien précieux pour ia clarté du discours. Dans les exemples qu’il a cités, il paraît suivre la construction française et en admettre les inversions.
- M. de Rudelle admet les trois articles le, un, du. Ces articles prennent le masculin, le féminin, le neutre et le pluriel; ils doivent s’accorder avec le substantif. C’est sur les articles que porte la déclinaison ; elle comprend quatre cas : le génitif, le datif, l’accusatif et l’ablatif.
- Cette déclinaison en elle-même ne possède pas la régularité nécessaire ; ainsi le pronom le, au singulier masculin, se décline comme suit :
- el, del, zel, lem, fel.
- L’article un se décline comme suit :
- en, den, zen, nem, fen.
- L’article du a son accusatif dol semblable au nominatif dol.
- M. de Rudelle admet pour les substantifs trois genres : le masculin, le féminin et le neutre, qui se forment du même radical suivi des lettres e, a, o. Ce système est la source de graves complications. En effet, cette distinction entre les substantifs n’a aucune utilité pratique et elle conduira l’auteur à rendre obligatoire l’accord en genre des articles, des adjectifs, des pronoms et des participes. De plus, elle allonge tous les radicaux d’une lettre. Et enfin, elle conduit l’auteur à disposer sans nécessité des finales a, e, o, qui sont si précieuses dans une langue internationale, soit pour les conjugaisons, soit pour la formation des mots que l’on veut faire dériver des radicaux.
- Le pluriel des substantifs se forme en ajoutant au radical la désinence ci; on emploie donc pour cet objet deux lettres et une syllabe au lieu d’employer la simple lettre s, qui n’augmente pas le nombre des syllabes.
- Le substantif ne se décline pas.
- M. de Rudelle n’a pas indiqué de règle générale pour former l’adjectif au moyen du substantif radical qui exprime la même idée. L’adjectif s’accorde en genre et en nombre avec le substantif. On conserve donc ici toute la complication des langues les plus élégantes et les plus perfectionnées.
- Les noms des nombres sont compliqués et sans analogie de forme les uns avec les autres ; ainsi, tetro veut dire 4, et pento signifie 5. La multiplication par 10 conserve l’irrégularité que l’on constate dans les langues vivantes ; 1 se dit ono,
- et 10 deko ; 2 se dit dyo, et 20 venteko ; 3 se dit tro, et 3o trenteko.
- Les adjectifs numéraux: premier, second, double, etc., sont formés des noms de nombre par un procédé de dérivation très simple.
- Les pronoms personnels ont le masculin et le féminin ; ils se déclinent en partie ; ainsi le pronom je se traduit par e au nominatif masculin, et par em à l’accusatif.
- Les pronoms et adjectifs possessifs et démonstratifs se déclinent et s’accordent en genre et en nombre avec les substantifs.
- Le verbe, pas plus que l’adjectif, ne se forme du substantif radical correspondant par un procédé général de dérivation. M. de Rudelle admet pour l’infinitif des verbes trois terminaisons, ar, er, ir; guidé sans doute par le désir d’obtenir un peu de variété, il a laissé subsister cette complication qui crée l’une des difficultés de l’étude des langues usuelles.
- L’indicatif présent se forme de l’infinitif en ajoutant la voyelle a comme désinence. Les différentes personnes sont indiquées par les pronoms, et le verbe reste invariable. Exemple : e amara, a amara,y’nime, suivant que c’est un homme ou une femme qui parle ; te amara, ta amara, tu aimes, suivant qu’on parle à un homme ou à une femme.
- Les autres temps du verbe se forment en ajoutant au radical une voyelle autre que a; ces voyelles sont e, i, o, u, iy, y, œ. Il y aura là des difficultés de prononciation ; et je ne crois pas qu’un aussi grand nombre de temps soit nécessaire dans un langage international.
- Le participe se décline comme les adjectifs.
- Toutes les prépositions gouvernent l’accusatif. Il y a au moins là une règle uniforme ; mais il eût été plus simple d’admettre que toutes gouverneraient le nominatif.
- La langue de M. de Rudelle, trop calquée sur les langues romanes, ne possède donc pas la simplicité qui est indispensable pour un langage international. Mais il faut remarquer que le travail de l’inventeur a été publié en 1858 ; la solution imparfaite qu’il a donnée du problème a dû faciliter les études subséquentes, et permettre à a’autres inventeurs de présenter des solutions plus perfectionnées, dans le sens de l’uniformité et de la simplicité.
- LANGUE NATURELLE DE M.. MALDANT
- (Chabé Abané)
- La langue naturelle, par M. Eugène Maldant. Paris, 21, rue d’Armaillé, 1886
- Alphabet
- M. Maldant admet 27 voyelles ou diphtongues : ce nombre est beaucoup trop considérable pour qu’on puisse distinguer nettement leurs sons. De plus les voyelles longues et nasales, souvent très difficiles à prononcer pour certains peuples, sont employées pour la formation des pronoms, mots d’un usage très fréquent ; et les diphtongues, dont la prononciation est toujours délicate, sont de leur côté utilisées pour un grand nombre de verbes.
- Il y a 16 consonnes, ce qui conduit à employer quelques articulations trop peu ^distinctes entre elles : par exemple j et ch, ou s et 7. La lettre r, la terreur des Orientaux, figure aussi dans l’alphabet.
- M. Maldant emploie une écriture entièrement nouvelle, logiquement formée de lignes courbes pour les voyelles et de lignes droites pour . les consonnes; il y ajoute sept accents différents pour représenter ses voyelles accessoires ; c’est un peu compliqué. D’ailleurs, je ne suis pas partisan d’une écriture nouvelle, qui me paraît apporter un obstacle de plus à l’adoption d’un langage international.
- Formation des Radicaux
- M. Maldant s’est surtout préoccupé du mode de formation des radicaux, et son objectif principal est de les former avec le plus petit nombre de lettres possible : il n’admet pas de radicaux ayant plus de cinq lettres. Ayant calculé tout d’abord qu’il peut fermer 1,800 mots de trois lettres,
- 15,ooo de quatre lettres, et plus de 200,000 de, cinq lettres il réserve les plus courts pour représenter les radicaux les plus importants. Il n’emprunte donc ses radicaux à aucune des langues existantes ; il les forme par voie de classification des idées humaines, et il suit pour cela une marche tout à fait analogue à celle de M. Sudre et de M. Vidal.
- Au moyen des 16 consonnes et des 5 voyelles principales, il forme 80 grandes classes, qu’il appelle des racines (ba, be, bi, ea, ce, etc.) ; puis 16 fois 80 ou 1,280 catégories, qu’il appelle des radicaux (bab, bac, beb, bec, etc.) ; puis, au moyen des 5 voyelles, 5 fois 1,280, ou 6,400 substantifs dérivés (le quatre lettres (baba, babe, baca, etc.) ; enfin 16 fois 6,400 ou 102,400 noms tertiaires ou substantifs. Voilà les radicaux de la langue formés ; examinons maintenant comment M. Maldant les adapte à la traduction des mots usuels, répartis en catégories systématiques. Quelques exemples suffiront pour prouver que, pas plus que ses devanciers, il n’a réussi dans cette
- tâche. Je prendrai ces exemples dans le vocabulaire de 3,700 radicaux que M. Maldant a publié ; et, choisissant l’un des ordres d’idées les plus simples, je n’examinerai que la classe des animaux.
- Emile Dormoy.
- (A suivre.)
- AVIS COMMERCIAUX
- VALENCE
- CRÉATION D’UNE EXPOSITION PERMANENTE DE PRODUITS FRANÇAIS
- La Chambre de Commerce française de Valence vient d’informer M. le ministre du commerce et de l’industrie que, désireuse de procurer aux fabricants français un moyen facile de faire connaître leurs produits dans cette province, en les mettant à l’abri des contrefaçons et imitations, elle a décidé la création d’une Exposition permanente de produits français.
- La Chambre invite les intéressés à se mettre directement en rapport avec elle afin de procéder à l’organisation de cette exposition dans le plus bref délai possible.
- TURQUIE D’EUROPE
- PLACEMENT DES MARCHANDISES FRANÇAISES
- Le consul de France à Salonique rappelle que le mouvement des marchandises importées annuellement de France dans cette ville varie entre quatre et sept millions de francs et représente une moyenne de quarante à cinquante articles principaux. Notre agent passe les plus importants de ces articles en revue dans un rapport publié par le Moniteur officiel du Commerce du 10 mars courant et, qui se termine par les observations suir vantes :
- Il résulte de l’étude des vingt-quatre articles qui précèdent :
- i° Que la supériorité des produits français est marquée dans les bougies, les drogueries, les tissus de coton et de laine et les soieries ;
- 20 Qu’il y a lieu de serrer de plus près les prix des concurrents étrangers pour les alcools, les cuirs, les draps, le papier, la parfumerie, les pointes, les sucres et la verrerie ;
- 3° Que les farines, les .alcools, les graines de vers à soie et les huiles sont des articles dont le placement suit une fluctuation relative à l’état des récoltes locales et des besoins annuelles.
- On peut conseiller à nos fabricants de verrerie, de sucre et de pointes, par exemple, d’imiter les fabricants de Lyon et ils arriveront « premiers » sur un marché qui leur reste ouvert par tradition et par sympathie.
- Les bougies, les draps, les tissus de laine et de coton, les nouveautés, la parfumerie, les pointes, les sucres, les soieries et la verrerie sont à signaler au point de vue de leur placement avantageux en Macédoine, à condition de tenir compte des ressources moyennes de l’acheteur au détail, du goût des indigènes pour les articles à bon marché quoique peu durables, en opposition des produits meilleurs, mais plus chers.
- JAPON
- RENSEIGNEMENTS DIVERS. —ENVOI D’ÉCHANTILLONS
- On trouvera dans le même numéro du Moniteur officiel du Commerce la reproduction d’une lettre du vice-consul de France à Kobé qui contient d’intéressants renseignements sur les ventes publiques au Japon, sur les salaires., les chemins de fer, les télégraphes, les routes, les canaux, les travaux publics exécutés ou projetés, les beaux-arts, les prix d’achat de terrains et d’immeubles,la législation et les usages administratifs, la population et le mouvement général du commerce.
- En même temps que ce document, M. le ministre du commerce et de l’industrie a reçu une collection d’échantillons des principales matières qui, avec le thé et le riz, dont un prochain envoi est d’ailleurs annoncé, peuvent être exportées du Japon par les négociants français. Ces échantillons sont à la disposition des intéressés, 244, boulevard Saint-Germain. (Direction du commerce extérieur. — Bureau des renseignements commerciaux).
- POSSESSIONS ANGLAISES D’OCÉANIE. — AUSTRALIE
- ADJUDICATIONS DE MATÉRIEL POUR CHEMINS DE FER
- Le consul général de Belgique à Melbourne fait remarquer que, pour les adjudications publiques, les gouvernements des colonies australiennes ont définitivement adopté l’habitude de fixer des délais très courts pour la remise des soumissions.
- Cette mesure a pour conséquence de favoriser les manufacturiers et les commerçants locaux ; les industriels étrangers ou les représentants et correspondants des maisons européennes qui ne sont pas préparés pour communiquer économiquement, par câble sous-marin, avec leurs commettants en Europe, se trouvent dans l’impossibilité de concourir avec ceux qui, plus avisés,se sont mis en mesure de parer à de semblables éventualités.
- p.575 - vue 138/496
-
-
-
- — Troisième Année. — N° 117.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- Dimanche 27 Mars 1887.
- MM. Gibbs, Brigth et Cie, représentants à Melbourne de la maison Krupp, d’Essen, ont récemment été déclarés adjudicataires pour une fourniture de bo,ooo tonnes de rails d’acier destinées à la colonie de Victoria.
- -------—lyl-Q '
- LE BON MARCHÉ
- Costumes, Confections et Ombrelles
- La Maison Boucicault prépare, pour le 4 avril, une magnifique exposition spéciale de costumes, confections, ombrelles, chapeaux, etc. Tout ce qui touche à l’empire de la mode, à l’industrie du vêtement, à la toilette est, on le sait, une préoccupation constante de cette importante maison ; il est donc facile de s’expliquer comment le Bon Marché arrive toujours à offrir à sa nombreuse clientèle des merveilles d’élégance et de bon goût.
- Sans vouloir faire ici l’historique des costumes et de la toilette des dames, nous dirons quelques mots des vêtements chez les anciens pour lesquels ce sujet avait, comme il a de nos jours, une très grande importance.
- Dans l’antiquité, les dames connaissaient déjà tous les accessoires de la toilette appelés Miindus Muliebris par les latins ; la description de la toilette de Junon dans le XIVe livre de Y Iliade, nous en offre un exemple. La déesse entre dans le Tha-lamos que lui a construit son fils Vulcain, et, pour s’y livrer aux soins de sa toilette, elle en ferme les portes. Les Athéniennes portaient comme vêtement de corps : i° une tunique blanche qui s’attachait sur les épaules avec des boutons ou des agrafes ; 20 une tunique plus courte souvent avec des manches qui arrivaient jusqu’à la moitié du bras, laquelle se serrait sur les hanches avec un ruban et était garnie parle bas de glands qui pendaient aux coins ; 3° un pallium, sorte de toge ou pièce d’étoffe carrée ou ronde, qui, tantôt roulé en forme d’écharpe, tantôt déployé, semblait, par ses plis, destiné à dessiner les formes du corps ; souvent ce pallium était remplacé par un léger manteau.
- La dame romaine était revêtue de la stola, du pallium et de la tunique qui descendait jusqu’aux pieds.
- A l’époque de la conquête romaine, les Gaulois avaient complété leur habillement par une étroite tunique, avec des manches de couleur différentes, qui descendait un peu plus bas que les genoux comme la blouse moderne. En hiver on recouvrait la tunique d’un long manteau et d’une casaque à capuchon.
- Si les témoignages de l’antiquité fournissent des renseignements sur le costume des Gaulois^ nous n’avons que peu de détails sur la toilette dès Gauloises, une chemise, une tunique large et plissée, dentelée par le bas, un tablier court et des sandales constituaient l’habillement des,dames.
- Ce n’est qu’à l’époque de la puissance carlovin-gienne que le costume franc fut complètement transformé. Un récit relatif à Charlemagne donne la description d’une chasse à laquelle assistaient les huit filles de Charlemagne. On y voit quel était en 790 le costume des princesses de ce temps. « La « reine Luitgarde est la première ; des bande-« lettes de pourpre s’enlacent dans ses cheveux et « serrent ses tempes éblouissantes de blancheur, « des fils d’or attachent sa chlamyde ; un béryl est « enchâssé dans le métal de son diadème. Son « habit est de fin lin teint en pourpre, et son cou « étincelle de pierreries. Rhodrude la suit enve-« loppée d’un manteau que retient une agrafe d’or « enrichie de pierres précieuses ; des bandes « d’étoffe violette se mêlent à sa blonde chevelure ; « sa tête est ceinte d’une couronne d’or diaprée « de pierreries. Telle est aussi la coiffure de « Berthe ; mais ses cheveux disparaissent sous un « réseau d’or et de riches fourrures d’hermine « couvrent ses épaules. Des chrysolithes parsèment « les feuilles d’or de ces vêtements. Gisèle porte « un voile rayé de pourpre et un manteau teint « avec des étamines de mauves. Rhodaïde vient « ensuite, montée sur un cheval superbe. Une « agrafe d’or dont la tête est garnie de pierreries « ferme sa chlamyde de soie. Le manteau de Théo* « drade est de couleur d’hyacinthe, rehaussée par « un mélange de peaux de taupes ; les perles « étrangères scintillent à son beau col ; elle est « chaussée du cothurne de Sophocle. »
- Comme on vient de le voir, il ne fallait pas de grands efforts d’imagination pour créer les toilettes des dames de l’antiquité et de nos jours le problème est bien autrement difficile à résoudre.
- En dehors des conditions invariables du beau, le vêtement d’une dame varie et doit être modifié selon sa taille, son teint et son âge ; mais si nombreuses que soient les variétés de la toilette, on peut les ramener à trois caractères principaux : la sévérité, la grâce, la magnificence.^ C’est ce qui est si bien compris au Bon-Marché où l’on sait considérer, pour habiller chaque dame, l’air de son visage, et l’avenant de sa personne. Il faut pour arriver à ce résultat beaucoup d’intelligence et de tact.
- A notre avis, c’est un artiste consommé celui qui, aux prises avec une créature humaine, fait
- de son vêtement une décoration qui permet de la vêtir ou de l’habiller selon sa stature et sa tournure, selon la couleur de ses cheveux et la nuance de son teint, suivant le degré de la distinction, et on peut dire qu’au Bon Marché les créateurs des modèles nouveaux sont des artistes hors pair, ainsi qu’on pourra le constater en visitant le 4 avril la nouvelle exposition. Les costumes, confections et modes si remarquables par leur beauté, la bonne qualité des étoffes, l’harmonie des nuances et toutes les formes nouvelles, affirment la puissance créatrice de la Maison Boucicaut.
- Mes lectrices trouveront aussi à cette exposition des ombrelles dont le choix est considérable et varié, ce qui est important pour les dames, car cet objet de coquetterie ne sert pas simplement à préserver leur teint contre les ardeurs du soleil, mais leur fournit ce besoin de jeter une pénombre sur leur visage et elles en voudraient au soleil, s’il ne leur donnait aucun prétexte de se défendre contre ses rayons! Dans cette œuvre d’art qui s’appelle la toilette d’une dame, l’ombrelle joue le rôle du clair-obscur. Elle produit cet effet que Rubens a imité en maître dans le portrait qui est célèbre sous le nom du chapeau de paille, et qui consiste à effacer les ombres de la figure, à les marier avec le clair et à fondre ainsi le tout dans une demi-teinte lumineuse.
- Aux costumes, confections'et ombrelles se lient étroitement les modes qui demandent un si grand art pour adapter le chapeau à la tête et l’assortir à l’ensemble de la parure.
- On trouve au Bon Marché des chapeaux de toutes formes et d’un goût exquis. Nous avons admiré la remarquable série de chapeaux ne couvrant pas la tête et qui, loin de cacher les cheveux, les relèvent, les font bouffer, les crêpent, les étalent et y ajoutent même une abondance artificielle, aussi bien que les chapeaux qui couvrent tout ou partie de la tête, comme en France, au temps de la Restauration. Toutes les formes se trouvent réunies dans ces magasins du Bon Marché que les dames de conditions si diverses aiment toutes à visiter,.
- Sans aucun doute l’exposition dont nous venons de parler obtiendra le 4 avril un grand et légitime succès que les nobles et intelligents efforts de la maison Boucicaut méritent à juste titre.
- Baille.
- 1 il ~ liimi
- LES THEATRES
- Vaudeville. — Monsieur de Morat, pièce en quatre actes de M. Edmond Tarbé.
- M. Edmond Tarbé avait fait avec Martyr un trop heureux début au théâtre pour rfy pas prendre goût.
- Malgré les très réelles qualités qui distinguent sa nouvelle pièce, Monsieur de Morat, que le Vaudeville nous donnait mardi dernier, je crains qu’elle n’ait pas le même sort que sa devancière. Il manque encore à M. Tarbé une certaine pratique de la scène qui a failli un instant compromettre le succès, mardi, et si la bataille s’est terminée par une victoire, il faut reconnaître que cette victoire ne s’est décidée qu’assez tard, assurée, il est vrai, par deux ou trois scènes bien venues, suffisamment originales et supérieurement jouées par Mlle Brandès qui y a déployé toutes les ressources d’un talent qui s’affirment chaque jour davantage.
- Mal mariée à un homme léger, frivole et inconstant, Germaine de Morat, à la suite d’une découverte cruelle, — Régine, sa meilleure amie, la femme d’un de ses proches parents, est devenue la maîtresse de M. de Morat, — a adopté à l’égard de son mari,, le régime de la séparation de fait, dissimulée pour le monde sous les dehors de la vie commune. Tandis que son mari se livre sans aucune retenue à ses penchants, et continue, âu vu et au su de tout le monde, — sauf bien entendu le mari, — sa liaison avec Régine, Germaine .refoule au plus profond de son cœur, l’amour qu’elle éprouve pour M. de Sauves, un ami d’enfance dont elle n’a appris la passion qu’après son mariage avec M. de Morat et au moment même où son affection pour son mari s’effondrait dans la découverte de sa liaison avec Régine.
- Sous l’empire de la jalousie, M. de Morat fatigué aussi un peu de sa maîtresse, une aimable poupée, qui répond à ses élans d’amour par de graves dissertations sur ses costumes, tente un rapprochement que sa femme repousse avec hauteur. 11 veut alors user de ses droits et dans une scène de brutalité il perd toute retenue vis-à-vis de Germaine qui outrée, se retire chez sa mère, où M. de Morat vient la chercher, la menace à la bouche, décidé à faire usage de toutes lés prérogatives que lui donne la loi.
- Germaine se trouve donc en face de ce dilemme : ou accepter qu’un amant la défende contre les tentatives de son mari, tentatives vis-à-vis desquelles la loi la laisse sans défense, ou subir la vie commune avec l’homme qui l’a blessée dans tous ses sentiments de femme et d’épouse. Si la seconde solution répugne à la femme, la première ne répugne pas moins à l’honnête femme qui repousse l’offre que lui fait M. de Sauves d’aller provoquer son mari.
- A cette situation tendue le mari de Régine vient apporter un dénouement. Un incident de bal, des bavardages de femme lui ont désillé les yeux ; il à obtenu de Régine, à qui, dans une très belle scène, Germaine a pardonné, l’aveu de sa faute, et il tue en duel M. de Morat.
- Germaine pourra sans honte se laisser aller à son amour pour M. de Sauves et goûter, dans un second mariage, les joies que le premier lui a refusées.
- Assez languissantes au début, l’action se resserre dans les deux derniers actes qui ont été plusieurs fois vigoureusement applaudis et ont décidé d’un succès douteux pendant la première partie de la soirée.
- J’en suis, pour ma part, très heureux pour M. Edmond Tarbé, qui fera certainement d’excellent théâtre quand sa manière personnelle se sera dégagée d’influences étrangères et souvent contradictoires.
- Mme Brandès, comme je l’ai déjà dit, a fait beaucoup pour le succès de la soirée. A côté d’elle, il convient d’ajouter dans le même éloge, MM. Dieu-donné, Michel, Montigny et M. Jancey qui, débutait au Vaudeville dans le rôle du mari de Régine; Mmes Réjane (Régine), d’Harcourt, Cécile, Caron et J. Marin, qui, dans son personnage de la marquise de Talazan, la mère de Germaine de Morat, a su faire apprécier de réelles qualités d’élégance, de distinction et de tact.
- *
- ¥ *
- Palais-Royal. — Durand et Durand, comédie en trois actes, de MM. A. Valabrèque et Ordonneau.
- Renaissance : Les Dossiers Jaunes, vaudeville en trois actes, de M. Eugène Morand.
- Le'théâtre du Palais-Royal vient d’être désensorcelé et la guigne noire qui le poursuivait dans toutes ses créations nouvelles est éloignée pour longtemps, grâce à l’amusante pièce de MM. Valabrèque et Ordonneau, Durand et Durand, dont avant toute autre chose je tiens à proclamer très haut l’éclatant succès.
- Durand et Durand ce sont deux cousins, l’un épicier obscur, mais riche ; l’autre avocat brillant à l’universelle renommée. C’est cette renommée qui permet à Durand l’épicier de devenir l’heureux époux d’une demoiselle Coquardier qui le prend pour Durand l’avocat, sans que le malheureux ose faire cesser une confusion qui lui vaudra par la suite plus d’un désagrément. Durand l’avocat, de son côté, est sur le point de faire un brillant mariage avec une demoiselle de la Haute-Tourelle. Par malheur ladite demoiselle.se rencontrant avec Mme Durand-Coquardier, apprend que celui qui aspire à sa main es.t déjà marié. Je m’arrête car je finirais par m’embrouiller au milieu des quiproquos sans nombre qui jaillissent de la situation initiale, pourtant bien simple, mais dont les auteurs ont su tirer des effets d’un irrésistible comique.
- Ces situations folles qu’un seul mot suffirait à faire tomber , ont été soutenues pendant trois actes avec une verve et une adresse merveilleuses par les auteurs ; et le public ahuri mais charmé, a trouvé dans Durand et Durand l’occasion d’un long éclat de rire. MM. Dailly, Calvin, Numa, Pel-lerin, Mmes Mathilde, Lavigne, Bergé, d’Escorval et Clem mènent la pièce et la mènent rondement. C’est une brillante victoire dont doivent se féliciter, plus encore que les heureux auteurs, les directeurs du Palais-Royal, qui pour une fois ont eu la main heureuse.
- A la Renaissance les Dossiers Jaunes ont été favorablement accueillis bien que la pièce, malgré une excessive dépense d’esprit, ait paru un peu hésitante comme facture. Les mésaventures conjugales et extra-conjugales de l’avoué Montche-vreuil, — spécialité pour divorces, — qui après avoir infligé comme punition à sa femme qui le trompe, l’obligatiou de vivre avec celui qu’il croit être son complice, court de son côté la prétentaine avec la femme d’un de ses clients en instance de divorce, en font les frais. Les situations comiques abondent, mais le fil qui les relie est assez ténu et on le perd quelquefois au milieu des scènes épisodiques dont l’auteur a émaillé sa pièce, le plus souvent pour le seul plaisir de placer un mot drôle, mais inutile.
- Je dirai en outre que, sauf le côté féminin, ou Mmes Debay, Mignon, Mary Gillet et Marie Patry, rivalisent de beauté et de grâce, et que Mme Irma Auboys agrémente de son jeu d’un comique très fin, l’interprétation exception, faite encore pour M. Delarmoy, laisse à désirer beaucoup. Le comique de M. Raymond, quoique très prisé à ce qu’il m’a paru, est à mes yeux d’une monotonie agaçante au possible et j’avoue ne rien comprendre à l’engouement professé par le public pour M. Galipaux, qui paraît ne pas se douter de ce que c’est que le naturel.
- Les autres rôles d’homme, quoique insignifiants, sont poussés au queue rouge par MM. Bellot et Regnard, que j’ai vus quelquefois mieux inspirés.
- Georges Grisier.
- Le Gérant, GARREAU.
- Tours. — lmp. E. ARRAULT et Cie, rue de la Préfecture, 6.
- p.576 - vue 139/496
-
-
-
- Le Moniteur
- DE
- L'EXPOSITION DE 1889
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
- TROISIÈME ANNÉE. Dimanche 3 Avril 1887. NUMÉRO 118.
- SOMMAIRE :
- 1. Décret, projet de loi; 2. Chambre des députés; Les travaux de l’Exposition ; 4. Première réunion du comité départemental des Ardennes; 5. Première réunion du comité départemental de la Sarthe ; 6. Comités d’admission; 7. Les artistes et l’Exposition de 1889; 8. Les Echos; 9. Notre gravure; 10. Sciences et industries ; 11. Les Livres ; 12. Avis commerciaux ; i3. Les Théâtres; 14. Bibliographie.
- DÉCRET
- Le Président de la République française, Décrète :
- Le projet de loi dont la teneur suit sera présenté à la Chambre des députés par le Ministre du Commerce et de l’Industrie, qui est chargé d’en exposer les motifs et d’en soutenir la discussion :
- Art. Ier. — Toute personne brevetée en France ou ses ayants-droit pourra, sans en courir de déchéance, y introduire les objets fabriqués à l’étranger et semblables à ceux garantis par son brevet, qu’elle aura été admise à faire figurer à l’exposition universelle de 1889.
- Art. 2.— La déchéance sera encourue si ces objets ne sont pas réexportés dans le délai de trois mois à partir du jour de la clôture officielle de l’Exposition.
- Art. 3. — Toute personne brevetée en France qui aura fait figurer à l’Exposition- universelle de 1889 un objet semblable à celui qui est garanti par son brevet, sera considérée comme ayant exploité sa découverte ou son invention en France, depuis la date de l’ouverture officielle de cette exposition.
- La déchéance prévue à l’article 32 § 2 de la loi üu 5 juillet 1844, sera interrompue; le délai de la déchéance courra à nouveau , à partir de la clôture officielle de l’Exposition.
- Art. 4.— Les objets figurant à l’Exposition universelle de 1889 et pour lesquels il aura été pris, en France, un brevet d’invention ou sur lesquels seront apposés une marque de fabrique ou de commerce déposée en France, en vertu de la loi du 23 juin 1857, et qui seront argués de contrefaçon, ne pourront être saisis que par description dans l’intérieur de l’Exposition.
- Les objets exposés par des étrangers ne pourront être saisis ni à l’intérieur ni à l’extérieur de l’Exposition, si le saisissant n’est pas protégé dans le pays auquel appartient le saisi.
- Toutefois, ces objets ne pourront être vendus en France, et ils devront être réexportés dans le délai fixé par l’article 2.
- Le président de la République française, Signé: Jules Grévy.
- Par le président de la République,
- Le ministre du commerce et de l'industrie, Signé : Edouard Lockroy.
- PROJET DE LOI
- portant dérogation à la loi du 5 juillet 1844 sur les brevets d'invention, et à la loi du 23 juin j85j sur les marques de fabrique, pour les produits admis à l’Exposition universelle de 188g. Présenté au nom de M. Jules Grévy, président de la République, par M. Edouard Lockroy, ministre du commerce et de /’ industrie.
- Exposé des motifs Messieurs,
- Nous avons l’honneur de soumettre à votre approbation un projet de loi tendant à donner aux personnes qui prendront part à l’Exposition universelle de 1889 toutes facilités pour introduire en France les objets destinés à figurer à cette Exposition, et à leur assurer en même temps la protection la plus large pour lesinventions susceptibles d’être brevetées, pour les dessins et modèles industriels, et pour les marques de fabrique et de commerce.
- Déjà des lois, en date du 8 avril 1878 et du 5 juillet 1881, ont apporté une dérogation à l’article 42 § 2 et 3 de la loi du 5 juillet 1844 en faveur des titulaires de brevets d’invention ou de leurs ayants droit qui ont pris part à l’Exposition universelle de 1877, et à l’Exposition internationale d’électri-té de 1881.
- Ces paragraphes sont ainsi conçus :
- Sera déchu de tous ses droits :*
- § 2. — Le breveté qui n’aura pas mis en exploitation sa découverte ou invention, en France, dans le délai de deux ans, à dater du jour de la signature du brevet, ou qui aura cessé' de l’exploiter pendant deux années consécutives, à moins que, dans l’un ou l’autre cas, il ne justifie des causes de son inaction.
- § 3. — Le breveté qui aura introduit en France des objets fabriqués en pays étrangers et semblables à ceux qui sont garantis par son brevet.
- Néanmoins, le ministre de commerce et de l’industrie peut autoriser l’introduction : i° de modèles de machines : 20 d’objets fabriqués à l’étranger destinés soit à des expositions publiques, soit à des essais faits avec l’assentiment du gouvernement.
- Les lois intervenues en 1878 et en 1881 ont disposé que les personnes brevetées en France ou leurs ayants cause pourraient introduire, sans encourir de déchéance, les objets fabriqués à l’étranger, qu’elles auraient été admises à faire figurer à l’Exposition universelle de 1878 et à l’Exposition internationale d’électricité, et ont interrompu, en leur faveur la déchéance pour cause de non exploitation dans le délai de deux ans.
- De plus, la loi de 1881 a décidé que les objets admis à l’exposition internationale d’électricité, qui seraient argués de contrefaçon, ne pourraient être saisis que par description dans l’intérieur de l’Exposition, et que les objets - exposés par des étrangers ne pourraient être saisis, niàl’intérieur, ni à l’extérieur de l’Exposition, si le saisissant n’était pas protégé dans le pays auquel appartenait le saisi. Toutefois, les objets saisis ne pouvaient être vendus en France et devaient être réexportés dans un délai de trois mois après la clôture officielle de l’Exposition.
- Ces dispositions ont été adoptées dans le but de prévenir le retour de conflits qui sont survenus à l’occasion de la saisie d’objets figurant à l’Exposition universelle de 1878, et argués de contrefa-çon.
- Nous avons pensé, Messieurs, qu’il y avait lieu d’accorder les mêmes avantages à ceux qui prendront part à l’Exposition de 1889, et d’étendreaux marques defabrique et de commerce la dérogation apportée à la loi de 1844, sur les brevets d’invention, en ce qui concerne la saisie des objets argués de contrefaçon. Si l’on se reporte, en effet, au rapport présenté au Sénat par l’honorable M. Bo-zérian, au nom de la Commission chargée d’examiner le projet de loi de 188r, la disposition que nous venons de rappeler ne s’appliquait qu’aux objets brevetés.
- Il nous parait indispensable de décider également, et pour les mêmes motifs, que les objets qui figureront à l’Exposition universelle de 1889 et revêtus de marques de fabrique ou de commerce, qui seraient argués de contrefaçon, ne pourront être saisis que par description et dans les conditions déterminées par la loi du 5 juillet 1881.
- Ces mesures libérales pourront contribuer à augmenter le nombre des exposants et à donner ainsi plus d’éclat à la solennité industrielle de 1889. Elles ont, d’ailleurs, aujourd’hui, un caractère' d’équité qui mérite d’être signalé.
- En effet, aux termes de l’article 5 de la Convention internationale du 20 mars 1883, pour la protection de la propriété industrielle, les titulaires de brevets d’invention délivrés en France et qui sont sujets ou citoyensd’un des Etats contractants peuvent . introduire sur le territoire de la République, sans encourir la déchéance prévue par l’article 3283 de la loi du 5 juillet 1884, des objets
- semblables à ceux qui sont garantis par leurs brevets. Or, un certain nombre de pays qui, au point de vue industriel ont une importance considérable n’ont pas encore adhéré à la Convention du 20 mars 1883 ; ce sont, notamment, l’Allemagne, l’Autriche-Hongrie, la Russie, la Hollande, les Etats-Unis d’Amérique, etc.... Le projet de loi que nous avons l’honneur de vous soumettre aura pour résultat d’accorder aux Exposants de ces pays une faveur semblable à celle dont jouiront les Exposants appartenant aux pays de l’Union.
- ---------•^=-S^^<gHSH5K--ai^ ----
- CHAMBRE DES DÉPUTÉS
- Extrait du compte rendu de la séance du lundi 24 mars
- Adoption, après déclaration d’urgence, d’un projet de loi concernant l’ouverture et l’annulation d’un crédit.
- M. le président. — L’ordre du jour appelle la discussion du projet de loi portant ouverture au ministre du commerce et de l’industrie, sur le budget deTexercice 1887, d’un crédit de ir,85o,ooo francs au chapitre 41 (part contributive de l’État dans les dépenses de l’Exposition de 1889) et annulation de pareille somme sur le budget de 1886.
- Le rapport n’ayant été distribué qu’aujourd’hui, il y a lieu de déclarer l’urgence.
- Je consulte donc la Chambre sur la déclaration d’urgence ?...
- (L’urgence est déclarée. —- La Chambre décide ensuite qu’elle passe à la discussion des articles du projet de loi.)
- M. le président. — Quelqu’un demande-t-il la parole ?...
- Je donne lecture de l’article icr.
- « Art. Ier. — Sur les crédits ouverts au ministre du commerce et de l’industrie par la loi du 6 juillet 1886, au titre du budget ordinaire de 1886, par imputation sur le prêt de la Banque de France autorise par la loi du i3 juin 1878, une somme de u,85o,ooo francs est et demeure annulée au chapitre 40 : Part contributive de l’Etat dans les dépenses de l’Exposition de 1889, sauf report au budget ordinaire de l’exercice 1887. »
- (L’article ier, mis aux voix, est adopté.)
- « Art. 2. — Il est ouvert au ministre du commerce et de l’industrie, au titre du budget ordinaire de l’exercice 1887 un crédit extraordinaire montant à la somme de 11 millions 85o,ooo fr. et applicable au chapitre 41 : Part contributive de l’Etat dans les dépenses de l’Exposition de 1889.
- « Il sera pourvu au crédit extraordinaire ci-dessus au moyen du report à l’exercice 1887 de la ressource affectée, par imputation sur le prêt de la Banque de France, au crédit annulé par l’article 1e1' de la présente loi. » — (Adopté).
- Il est procédé, sur l’ensemble du projet de loi, à un scrutin dont le dépouillement donne les résultats suivants:
- Nombre de votants................ 320
- Majorité absolue................. 164
- Pour l’adoption.......... 324
- Contre................... 2
- La Chambre des députés a adopté.
- --------« » ig «-rar—--------------
- LES
- TRAVAUX DU CHAMP-DE-MARS
- Les travaux qui avaient été ralentis pendant la période précédente ont repris, avec une nouvelle ardeur et dans tous les chantiers on s’efforce de réparer le petit retard causé parle mauvais temps. La température est plus clémente, les jours plus longs. Aussi la semaine qui vient de s’écouler
- p.577 - vue 140/496
-
-
-
- SpS. — Troisième Année. — N° 118.
- a-t-elle été utilement employée par les entrepreneurs dont la besogne a sensiblement avancé. _
- Bien entendu ce sont toujours les fondations auxquelles on travaille et cette partie des travaux a l'inconvénient de n’être intéressante, voire même compréhensible, que pour les spécialistes qui seuls peuvent se rendre un compte exact de l’œuvre, des difficultés qui se présentent et des efforts faits pour les vaincre; quant à la majorité du public elle ne peut guère faire de différence d’une semaine à l’autre dans l’état des travaux ; pour les passants, ce sont toujours à peu près les memes trous qu’on creuse ou qu’on comble, les mêmes tas de matériaux accumulés et ils sont tentés de croire qu’aucun progrès n’a été réalisé, alors même qu’une grande somme de travail a été fournie.
- Evidemment, lorsque les fondations et les travaux en sous-sol serontterminés, il sera plus facile et plus agréable de suivre les. diverses phases de l’ouvrage, car on verra s’élever les constructions, on les verra se dessiner, en un mot on assistera à un genre de travail qu’on est habitué à voir exécuter partout et qu’on peut par cela même, estimer plus aisément.
- Au reste il serait faux de croire que les préparatifs de l’Exposition ne donnent d’occupation que sur le Champ-de-Mars même ; là est l’exécution proprement dite, le dernier terme de la question et en quelque sorte la concentration des nombreux travaux préparatoires exécutés un peu partout.
- Dans les carrières, dans les chantiers où on prépare les bois, dans les fabriques de chaux et de ciment, dans tous les ateliers fournisseurs de cette grande entreprise, l’activité est aussi considérable que sur les lieux d’emploi.
- Dans les bureaux où se prépare la besogne, on n’a plus le temps de se reposer, car ces bureaux représentent réellement l’âme de cette vaste organisation qui sans eux se trouverait subitement arrêtée); aussi y réalise-t-on des prodiges pour tout élaborerœt tout prévoir jusque dans les moindres détails.
- Mais le spectacle le plus intéressant est assurément dans les usines métallurgiques où se travaillent ses innombrables et gigantesques pièces qui doivent constituer l’ossature de l’Exposition, que l’on pourrait dénommer l’Exposition du fer tant ce métal, sous toutes ses formes, joue un rôle prépondérant dans toutes les constructions. Au reste, des renseignements techniques et les descriptions ultérieures permettront de se rendre compte de la part immense prise par la métallurgie dans l’ensemble des travaux.
- Dans notre dernière tournée nous avons fait les constatations suivantes :
- On continue de remblayer les parties du terrain qui n’avaient pas le-niveau voulu ; à cet effet, une petite voie de chemin de fer, déplaçable à volonté, côtoie le remblai et guide les trains de petits wagonnets à bascule remplis de terre qu’ils vont chercher aux fouilles et qu’ils déversent sur le talus de la partie déjà surélevée. La traction de ces petits trains est opérée au moyen de chevaux. A mesure que les terres transportées constituent une certaine largeur du remblai,, on fait passer les rouleaux compresseurs qui égalisent le sol et le tassent pour lui donner la consistance voulue. _
- Les fondations des bâtiments des industries diverses ont atteint le niveau du sol, celles du palais des beaux-arts et des arts libéraux sont en voie d’exécution et se dessinent d’une manière appréciable ; quant aux sous-sols de ces divers palais, 80 ouvriers en préparent l’aménagement avec une grande rapidité, on voit positivement sortir de terre, comme par enchantement, les maçonneries constituant les murs de ces parties des* constructions. Enfin les travaux du côté de la galerie des machines sont aussi vivement poussés que possible et de façon à marcher de front avec les autres.
- Au chantier de la Tour on a continué Taffouille-ment du pilier n° i dans lequel le plan incliné, actionné par la vapeur, fonctionne toujours avec beaucoup de régularité. Les maçonneries du n° 2 seront bientôt terminées et on peut facilement en étudier dès maintenant la disposition tant pour les quatre massifs principaux, réels soutiens de la tour, que pour les autres plus petits, destinés à servir de fondations au soubassement. Dans l’un des grands massifs on peut voir le vide réservé pour former la cage de l’ascenseur.
- On travaille aussi au pilier n° 3, mais c’est au n° 4 qu’il est intéressant de s’arrêter, car le montage des énormes caissons métalliques se fait avec une extrême rapidité, il y en a déjà deux, en place et sans cesse des chariots amènent les différentes pièces des autres auprès d’une grue qui les descend dans la fouille en les faisant glisser sur un. plan incliné constitué par des madriers et des rails en fer.
- La machine qui doit fournir l’air comprimé à ces caissons est installée sous un petit hangar élevé à droite de la fondation, mais on commencera le travail à la pression ordinaire, les ouvriers acceptant d’opérer dans l’eau pendant le premier mètre d’avancement ; une fois cette première partie achevée, l’air comprimé sera envoyé aux
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE
- caissons et le travail se poursuivra comme on le fait toujours dans ce cas.
- D’ici peu on va commencer la pose de la ligne de chemins de fer destinée à desservir les diverses parties de l’exposition, ce sera une voie normale de 1 m. 5o qui se reliera à la station du Champ-de-Mars et qui, au moyen de plaques tournantes, permettra d’amener les matériaux dans toutes les directions.
- H. de Baeckf.r.
- PREMIÈRE RÉUNION
- DU COMITÉ DÉPARTEMENTAL
- DES ARDENNES
- Le samedi 2(3 mars a eu lieu à l’Hôtel de Ville de Mézières la première réunion du comité départemental des Ardennes. M. Georges Berger, au cours de la séance, a prononcé le discours suivant:
- <' Messieurs. J’étais, il y a quarante-huit heures, à Toulouse, me voici parmi vous à l’extrémité Nord-Est de la France : c’est vous dire que mes fonctions rendent ma vie passablement nomade, je ne m’en plains pas. Je constate ainsi combien nos chers concitoyens sont, partout et toujours, bien disposés chaque fois qu’il s’agit d’une œuvre de progrès pour la réalisation de laquelle le gouvernement fait appel au dévouement, à l’amour-propre, au patriotisme de tous. J’ai à vous parler d’une entreprise dédiée à la paix et au travail universel ; je suis donc sûr d’être écouté favorablement par vous qui, naguère, avez vu de si près les horreurs de la guerre, qui avez eu la puissance de réparer en peu d’années vos ruines et de reprendre votre imposante activité industrielle. »
- « Vous avez peut-être été, Messieurs, au nombre de ceux que le mauvais état des affaires disposait mal à l’égard de l’ouverture d’une nouvelle exposition universelle, au nombre de ceux qui estiment qu’une solennité de ce genre ne . peut appartenir qu’aux époques de grande et véritable prospérité. Si tels ont été d’abord vos sentiments, j’aurais mauvaise grâce à vous faire un reproche. J’ai presque été d’abord au nombre des incrédules, moi aussi ! j’ai dû répondre à la confiancç du gouvernement et, j’ose le dire aussi, à celle du pays qui me désignait pour cette nouvelle campagne d’exposition avec un grade très élevé et une responsabilité énorme.
- « Je croyais aller à un échec tant je voyais de tiédeur et même d’indifférence autour de moi. Mais le tableau a changé subitement : le Parlement a accordé sans discussion les crédits demandés ; les capitaux auxiliaires de garantie sont venus abondamment ; les demandes d’admission signées par des exposants de marques ont afflué. Ce revirement heureux est un indice dont il faut comprendre la signification : on pressent que l’exposition apportera une diversion salutaire aux idées actuelles trop généralement tournées vers les discussions politiques stériles, vers les controverses économiques intéressées ou partiales. On comprend, maintenant surtout que l’horizon politique de l’Europe s’est décidément éclairci, qu’il y a nécessité vitale à connaître par des leçons de choses et .par des comparaisons effectives, le véritable état productif et marchand de toutes les contrées, afin de prendre des mesures, de faire chacun de son côté des réformes qui permettent de sortir enfin, pour n’y plus rentrer s’il est possible, de cet état de malaise et même de détresse qui pèse sur le monde entier, bien que le besoin et le désir de consommer subsistent intenses et se manifestent d’une façon latente, mais certaine, pour être un jour plus largement satisfaits que jamais par la production nationale et par les échanges internationaux.
- L’Exposition de 1889 sera une œuvre de paix; mais il y aura lutte entre les exposants, lutte féconde et loyale avec les armes sacrées que l’esprit de concurrence et d’émulation, indissolublement lié à l’esprit de progrès, met aux mains de ceux qui soutiennent le bon combat pour la vie de chacun par le travail et pour l’existence économique réciproque des peuples.
- « Le département des Ardennes, grâce aux deux forces qu’il possède, l’industrie et l’agriculture, fournira de vaillants champions à la section française de l’Exposition.
- « Envoyez-nous des échantillons variés de vos laines peignées et tissées, de vos draps universellement renommés. Que vos usines métallurgiques vos fonderies, vos clouteries, vos tréfileries, vos forges d’accessoires pour les chemins de fer et l’artillerie viennent se faire représenter brillamment à l’égal de vos cuivreries, de vos ateliers où se fabriquent les pipes, les crayons, la bouderie.
- « Avec vos graines, vos betteraves, vos sucres, expédiez-nous aussi vos ardoises, cet autre produit de votre sol privilégié.
- « Je me plairai à rapporter à M. le ministre du commerce et de l’industrie l’assurance de vos bonnes dispositions.
- « Vous venez d’attester celles-ci parla composition magistrale de votre bureau. Pour ne citer que
- 1889. Dimanche 3 Avril 1887.
- votre éminent président ; car portant vos suffrages-par acclamation sur M. Boutmy, vous avez dési=-gné l’une des hautes personnalités de l’industrie du Nord de la France, un travailleur qui a la tradition de la probité et du devoir auquel son abnégation personnelle si connue rendront faciles les sacrifices de son temps et de sa peine pour l’intérêt et la gloire de son département... »
- PREMIÈRE RÉUNION
- DU COMITÉ DÉPARTEMENTAL
- DE LA SARTHE
- Le comité départemental de la Sarthe s’est réuni le vendredi 25 mars, dans la salle du conseil général, à la préfecture, sous la présidence de M. le préfet.
- Environ cent membres assistaient à cette réunion; c’est dire que le comité était presque au grand complet.
- En ouvrant la séance, M. le préfet a prononcé une courte allocution qui a été fort goûtée. Il a remercié les membres du comité de l’empressement qu’ils avaient mis à répondre à la convocation du président.
- Travailler au succès de l’Exposition universelle, c’est faire œuvre patriotique, a-t-il dit en terminant,, car le monde entier y viendra constater les efforts que la République a faits, depuis seize ans, pour rendre la France prospère et florissante !
- Sur l’invitation de M. le préfet, tous les membres présents se sont groupés par arrondissement pour s’entendre au préalable sur le choix des candidats-à élire en qualité de présidents, vice-présidents et secrétaires.
- Nous sommes heureux de constater que, pour la présidence du comité départemental, les quatre groupes ont spontanément fait choix de M. Arthur Lebert, président de la chambre de commerce, dont l’élection a été acclamée, à l’unanimité des votants.
- L’assemblée ayant ensuite décidé qu’il y avait lieu de faire représenter par trois vice-présidents, l’Agriculture, l’Industrie, le C-ommerce, et plusieurs membres proposant des candidatures multiples, le scrutin secret a été demandé et a donné les résultats que nos lecteurs trouveront d’autre part.
- Avant de se séparer, l’Assemblée prie M. le préfet de demander au conseil général dès sa prochaine session, le vote d’un crédit à déterminer, pour couvrir les frais d’affichage, prospectus, imprimerie, bureau, etc.
- Cette réunion préparatoire a vu s’accomplir une bonne besogne qui fait bien augurer de la réussite de notre patriotique et grande entreprise. ----------------------------------------
- ARRÊTÉ
- Nommant les membres des comités d’admission à l’Exposition de 1889
- (classe 3o a classe)
- (Dans notre dernier numéro, nous avons omis de comprendre M.'Leys parmi les membres du jury d’admission de la classe 18.)
- GROUPE IV
- classe 3o. — Fils et tissus de coton
- Berger (fils et tissus de coton).
- Gocquel (tissus).
- Descat (fils et tissus de coton).
- Dupuis-Putois, (rouennerie et doublures en gros),
- Grellou (A.), négociant.
- Huges (E.) (tissus de coton).
- Méline, député des Vosges.
- Meslier (Fd.), ancien fabricant de calicots pour meubles et doublures.
- Paraf (tissus).
- Ponnier (tissus de coton).
- Roy (G.) (fils et tissus de coton).
- Sédillot (Ch.), (calicots et percales).
- Trouillier (de la maison David, Trouillier et Adhémar), de Tarare, Saint-Quentin et Alsace..
- Waddington, manufacturier, député delà Seine Inférieure.
- classe 3i.— Fils et tissus de lin, de chanvre, etc.
- Cassé (J.) (linge de table, rideaux, guipures et velours pour ameublement.)
- Hovyn (toiles fines).
- Le Blan (J.), filateur.
- Levesque (Ch.), (toiles).
- Magnier, négociant.
- Saint (Ch.), (tissus).
- Simonnot-Godard, négociant.
- Trystram, député du Nord.
- Widmer, manufacturier.
- classe 32. — Fils et tissus de laine peignée. — Fils et tissus de laine cardée
- Balsan (A.), manufacturier.
- p.578 - vue 141/496
-
-
-
- Troisième Année. — N° 118.
- Baudot (draps).
- Bréant (châles).
- Cousin, vice-président de la chambre syndicale de la draperie.
- Dannet (Georges), manufacturier.
- Dauphinot, sénateur de la Marne.
- Gaussen(M.), ancien fabricant.
- Grandgeorge (tissus).
- Hamelle-David, manufacturier.
- Huot (J.) (de la maison David etHuot) (lainages et cachemires).
- Leclerc (draps).
- Legrand (Léon), tissus.
- Levallois (de la maison Levallois et Debon) (lainages et nouveautés).
- Montagnac (draps).
- Sieber (H.-A.) de la maison Seydoux et Sieber) (lainages).
- Talamon (F.), (draps).
- Thézard (A.) (draps.
- classe 33. —Soies et tissus de soie Arbelot (de la maison Marcilhacy, Arbelot et Cie) (soieries, draps et lainages).
- Dupont (E.), (soieries).
- Germain (L.) (de la maison Germain, Roux et Lavigne), (soiesgrèges et ouvrées).
- Hamelin (soies teintes et écrites).
- Hatet (draperies).
- Hecht (E). (de la maison Hecht et Lilienthal, de Lyon), négociant commissionnaire.
- Hervieu (de la maison Hervieu, Potard, Boucher, Neveu et Cie) (étoffes et rubans de soie). Louvet (E.) (soieries).
- Raimon (rubans).
- Rondot (N.), membre de la commission permanente des valeurs en douanes.
- Sevene, président de la chambre de commerce de Lyon.
- Tabourier (étoffes de soie).
- classe 34. — Dentelles, tulles, broderies et passementeries
- Biais aîné (ornements d’églises).
- Binot (passementerie).
- Blazy(L.-P-) (tapisseries et ouvrages à la main). Damay (G.-H.), officier d’administration. Dieutegard (E.) (passementerie).
- Heuzey(dela maison Lecomte) (dentelles. Langlois (passementerie et boutons).
- Laporte, inspecteur du travail des enfants dans les manufactures.
- Lefebure (E.) (dentelles et blondes).
- Lepeltier (guipures et dentelles).
- Loiseau (A.), (dentelles et blondes).
- Moch (Camille), (dentelles).
- classe 35. — Articles de bonneterie et de lingerie. Objets accessoires du vêtement Bacot (Raymond) (de la maison Bapterosses). Boussard (F.), (gants).
- Corbière (E.), (de la maison Lepetit-Charollet, (lingerie).
- Depasse-Laridan (bonneterie).
- Emile (A.), coupeur-chemisier.
- Falcimaigne (Ch.), (parapluies).
- Farcy, (corsets).
- Gilbert-Breton (E.), (lingerie).
- Hayem (J.), (chemises et cols-cravates).
- Hugot (V.), (éventails).
- Klotz (E.), (cravates).
- Loroue (A.), (chemises, cohet cravates).
- Parent (boutons).
- classe 36 : Habillement des deux sexes Bessand (P.), (vêtements confectionnés). Danglehem (H.), président de la société industrielle de Saint-Quentin.
- Fanien (chaussures).
- Ferrand (P.), membre du syndicat des ouvriers chapeliers.
- Galloyer, (chaussures).
- Guillâumou, député.
- Haas (chapeaux de paille, feutres et casquettes). Hattat (chaussures).
- Hériot directeur des magasins du Louvre. Hiélard (L.), (plumes pour parures).
- Jumelle (passementerie).
- Leduc (chapeaux).
- Lévy (E.), négociant commissionnaire.
- Muzet (A.), président du syndicat général de l’union des chambres syndicales.
- Plassard, directeur des magasins du Bon Marché.
- Tirard (chapeaux).
- Toussaint (D.),directeur de l’association générale des ouvriers tailleurs.
- Touzet(H.) (chaussures).
- Vivier (J.), tailleur pour enfants.
- Worth (Gaston) (nouveautés confectionnées).
- Classe oj. — Joaillerie et bijouterie Achard (E.), joaillier.
- Aucoc (Louis),.fils, fabricant bijoutier.
- Bapst (Paul), joaillier.
- Boucheron. (F.), joaillier.
- Decle, bijoutier-chaîniste.
- Fouquet (A.), fabricant bijoutier-joaillier diamantaire.
- Labié, bijoutier en doublé.
- Marret, joaillier bijoutier-orfèvre.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1SS9.
- Dimanche 3 Avril 1SS7. — ryo.
- Martial Bernard, président honoraire de la chambre syndicale de bijouterie, joaillerie et orfèvrerie.
- Murat, bijoutier en doublé.
- Piel (A.), bijoutier en doré.
- Soufflot (P.-J ), bijoutier-joaillier.
- Classe 38. — Armes portatives. — Chasse Bauret (J.-F.-J.), capitaine à l’état-major particulier de l’artillerie.
- Bonini, capitaine-instructeur à l’école normale de gymnastique.
- Bonnelle, capitaine au 3 Ie rég. d’infanterie. Debertrand (de la maison Lochet et Deber-trand), fabricant de colliers et articles de chasse. Gastinne- Renette, arquebusier.
- Gévelot (de la société anonyme française des munitions de chasse, de tir et de guerre), député de l’Orne.
- Gras (le colonel), inspecteur des manufactures d’armes au dépôt central de l’artillerie._
- Guise, capitaine au 36e rég. d’infanterie..
- Joubert (L.-V.-A.), capitaine d’infanterie. Maurouard, directeur des poudres et salpêtres. Myszkowski (C.-C.), capitaine à l’état-major particulier de l’artillerie.
- Riéger (Henri) (armes).
- Classe 3q. — Objets de voyage et de campement Brochard (Ed.) (nécessaires et trousses de voyage).
- Chenue, emballeur de meubles et objets d’art. Constant (Etienne-Louis), officier d’administration.
- Dupuy, président de la chambre syndicale des emballeurs.
- Froquet, sellier pour articles de chasse.
- Gobron, administrateur délégué de la société générale de fournitures militaires, député des Ardennes.
- Guilloux (tentes et objet de campement).
- Paris (C.), emballeur pour glaces et objet d’art. Sriber (A.), manufacturier.
- Classe 40. —Bimbeloterie Chauvin de la maison Quérat et Chauvin (jouets) Derolland (jouets en caoutchouc).
- Jullien (bimbelotterie, tabletterie et jeux). Jumeau (E.) (poupées).
- Mercier(H.) (jouets).
- Péan (C.) (jouets).
- Sevette (jouets).
- Steiner, ancien fabricaut de jouets et bébés mécaniques.
- GROUPE V
- classe 41. — Produit de /’exploitation des mines et de la métallurgie.
- Arbel, sénateur de la Loire, maître de forges à Rive-de-Gier.
- Boutan, ingénieur au corps des mines. Chenailler, constructeur-mécanicien.
- Daubrée, membre de l’Institut, inspecteur général des mines.
- Delaville le Roux (P.), ingénieur civil.
- Evrard (Alfred), ingénieur civil.
- Friedel, membre de l’Institut, professeur à la faculté des sciences.
- Fuchs (E.), ingénieur en chef des mines.
- Gignou (E.), entrepreneur serrurier.
- Hallopeau (A.), ingénieur civil.
- Laveissière (E.), négociant en métaux.
- Lépine, directeur de la société de laminage du nickel.
- Lhéritier, chef de bataillon.
- Lousteau, ingénieur civil.
- Mallard, inspecteur général des mines.
- Mangin, directeur de l’association des ouvriers en limes.
- Martelet, ingénieur en chef des mines. Ménard-Dorian, député de l’Hérault, maître de forges.
- Meyer, ancien élève de l’école polytechnique. Mignon, ingénieur civil.
- Nivoit (E.), ingénieur en chef.
- Oeschger père (métaux).
- Salmon (fers).
- Selle (de), ingénieur civil. classer. — Produits des exploitations et des industries forestières.
- Chambrelent, inspecteur général honoraire des ponts et chaussées.
- Gabé, directeur de l’administration des forêts au ministère de l’agriculture.
- Gallien-Valléry, tanneur.
- Maupâté, négociant.
- Mérandon, conservateur des forêts.
- Ouvré (bois de charpente et bois à brûler). Pingault, négociant.
- Poupinel, négociant.
- Samson (matières tannantes).
- Serval, inspecteur général des forêts.
- Tassy, ancien professeur à l'Institut agronomique:
- Viguès fils, négociant.
- classe q3. — Produits détachasse. —Produits, engins et instruments de la pêche et des cueillettes .
- Bresson (pelleteries).
- Calvet, ancien préfet.
- Chapal (pelleteries).
- Cherville (de), homme de lettres.
- Clermont (fourrures, et poils de chapellerie.)
- Daubrée (L.-A.-L.), inspecteur des forêts.
- Devismes, négociant en éponges.
- Edwards, (Milne) membre de l’Institut.
- Jacques, sénateur d’Oran.
- Moriceau (G.), fabricant d’ustensiles pour la pêche et la chasse.
- Puton, directeur de l’école forestière.
- Renault, fabricant de brosserie.
- Reunes (A.-G.-M.), fabricant de brosserie.
- Révillon (Th.), négociant en fourrures.
- Sarrasin (E.), fabricant de matières premières pour la tabletterie.
- Sédillot, conservateur des forêts au ministère de l’agriculture.
- Sée, inspecteur général des forêts.
- Servant (A.), négociant en pelleteries et fourrures.
- classe 44. — Produits agricoles non alimentaires
- Belhomme, ingénieur de la manufacture des tabacs.
- Chevrier, chimiste, pharmacien de ire classe.
- Frémv, membre de l’Institut, directeur du muséum d’histoire naturelle.
- Lecouteux (E.), président de la société nationale d’agriculture de France.
- Sciama, agriculteur, ancien ingénieur en chef au canal de Suez.
- Tellier, président de la société des agriculteurs du Nord.
- classe 45. — Produits chimiques et pharmaceutiques
- Armet de Lisle, delà société du traitement des quinquinas.
- Barbe, député de Seine-et-Oise, administrateur délégué de la société générale pour la fabrication de la dynamite.
- Blouet (A.), fabricant de gélatines, colles et huiles. , /
- Bonnard (de), (de la maison Coigniet et Ce), ingénieur civil.
- Chiris (L.), sénateur des Alpes-Maritimes.
- Clermont (Ph. de), sous-directeur du laboratoire d’enseignement chimique à la Sorbonne.
- Debray, membre de l’Institut.
- Dehaynin (F.), membre de la chambre de commerce.
- Gernez (D.), professeur à l’école centrale des arts et manufactures.
- Gicquel (A.), pharmacien de ire classe.
- Guibal (C.), fabricant de caoutchouc.
- Hardy (E.), chef des travaux chimiques de l’académie de médecine.
- Houët, fabricant de couleurs et vernis.
- Kolb (J.), administrateur-délégué de la société anonyme des manufactures des produits chimiques du Nord.
- Lindet, chef de laboratoire des cours de chimie industrielle au conservatoire des arts et métiers.
- Linget, ingénieur civil des mines, fabricant de glycérine.
- JYlasson (N.-V.), pharmacien-major de ire classe, attaché à la direction du service de santé.
- Naquet, sénateur de Vaucluse.
- Péligot (E.), membre de l’Institut, professeur au conservatoire des arts et métiers.
- Poirrier (A.), industriel, président de la chambre de commerce.
- Riche (A.), membre de l’académie de médecine.
- Scheurer-Kestner, sénateur.
- Troost, membre de l’Institut.
- Vée (A.), droguiste.
- Wurtz (F.), chimiste.
- classe 46. — Procédés chimiques de blanchiment de teinture, d’impression et d'apprêt
- Chappat (F.), teinturier sur étoffes.
- Chartier (A.), fabricant de rouenneries et lainages en gros.
- Cordier, sénateur, manufacturier.
- Deverly (E. Qapprêteur à Saint-Quentin.
- Esnauit-Pelterie, négociant en tissus.
- Guillaumet (L.), teinturier sur étoffes.
- Journé, négociant en doubure de coton.
- Persoz (J.), directeur de la condition des soies et laines à la chambre de commerce de Paris..
- Raffard (P.l, négociant-commissionnaire.
- Schutzenberger, professeur au collège de France
- Vallet (L.), fabricant de tissus de laines écrues. classé 47. — Cuirs et peaux
- Bourgoin (G.-H.), fabricant de peaux pour gants.
- Combes (A.), fabricant de peaux de chevreau.
- Dufort, peaussier , veaux et chevreaux pour chaussures.
- Durand (H.), tanneur, fabricant de cuirs, peaux chamoisées et, dégras.
- Faure (Félix), négociant en cuirs et peaux, député de la Seine-Inférieure.
- Floquet père, fabricant de peaux teintes et ma- roquinées.
- Fortier-Beaulieu(Ad.), tanneur.
- Grebert-Borgnis, fabricant de fourrures.
- Gruhier, trésorier de l’union des chambres syn dicales ouvrières de France.
- Guillou (Marius), fabricant de peaux de chèvres pour chaussures.
- p.579 - vue 142/496
-
-
-
- 58o, — Troisième Année. — N° 118.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1SS9
- Dimanche 3 Avril 1SS7.
- Hugo (E.), fabricants de cuirs vernis pour chaussures, sellerie et carrosserie.
- Marcelot (Léon), tanneur et corroyeur de cuirs et peaux pour chaussures.
- _ Poullain (Ch.), tanneur et corroyeur pour sellerie, courroies et peaux pour cordes et filatures.
- GROUPE VI
- classe 48. — Matériel de l'exploitation des mines et de la métallurgie.
- Carnot, ingénieur en chef des mines.
- Castel, inspecteur général des mines.
- Curnenge, ingénieur en chef des mines.
- Deligny, ingénieur civil, membre du conseil municipal de Paris.
- Dru (Léon), ingénieur-mécanicien.
- Jordan, ingénieur civil.
- Ledoux (Ch.), ingénieur en chef.
- Lenicque, ingénieur civil (de la maison Jaco-métryet Lenicque).
- Létrange (L.), négociant en métaux.
- Lippmann (Edouard), iugénieur civil.
- Lodin, ingénieur des mines.
- Luuyt, inspecteur général des mines.
- Olry, ingénieur en chef des mines.
- Parran, ingénieur en chef des mines.
- Petitjean, administrateur de la société anonyme des houillères et fonderies de l’Aveyron, à Deca-zeville.
- Schneider (Henri), ingénieur civil.
- Secrétan (E ), administrateur-directeur de la société industrielle et commerciale des métaux. Wurgler, ingénieur civil.
- classe 49. — Matériel et procédés des exploitations rurales et forestières
- Albaret, constructeur de machines agricoles. Chabrier (E.), ingénieur civil.
- Comberousse (Ch. de), ingénieur civil.
- Debize, ingénieur en chef à la manufacture nationale des tabacs.
- Decauville (P.), ingénieur.
- Demontzey, inspecteur général des forêts. Durand-Claye, ingénieur en chef des ponts et chaussées.
- Hervé-Mangon, membre de l’institut.
- Marchais, ingénieur chimiste.
- Risler, directeur de l’institut national agronomique.
- Tresca (A.), professeur à l’Ecole centrale.
- classe 5o. — Matériel et procédés des usines agricoles et des industries alimentaires Barier, ingénieur attaché au moulin de la manutention militaire du quai de Billy.
- Boire, ingénieur civil.
- Calmettes, ingénieur, directeur de la raffinerie et de la glucoserie Gallet, Gibout et Cie.
- Champonnois, membre de la société nationale d’agriculture.
- Claudon (G.), négociant distillateur.
- Desprez (F.), agriculteur.
- Egrot, chaudronnier-constructeur.
- Fouquet, fabricant de sucre.
- Girard (A.), professeur au conservatoire des arts et métiers.
- Hignette, ingénieur-constructeur.
- Joulie, pharmacien en chef de la maison municipale de santé.
- Laîné, directeur de la société des moulins de Corbeil.
- Lombart, ancien fabricant de chocolat.
- Millot, professeur à l’école de Grignon.
- Rouart (Henry), ingénieur civil.
- Savary, distillateur.
- classe 5i. — Matériel des arts chimiques de la pharmacie et de la tannerie Berendorf (E.), (machines et appareils pour tanneries).
- Camus (Em.), ingénieur en chef des ponts et chaussées.
- Deutsch (H.), (huiles minérales et végétales). Ellissen (A.), ingénieur civil, administrateur de la compagnie générale du gaz pour la France et l’étranger.
- Genevoix, directeur-gérant de la pharmacie cen-trale.
- Grimaux (E.), professeur de chimie à l’école polytechnique.
- Grimet, fabricant de produits chimiques. Jungfleisch (E.), professeur à l’école supérieure de pharmacie.
- Lebon (E.), ingénieur civil.
- Le Chatelier, ingénieur.
- Limousin (S.), pharmacien.
- Lutz (G.), outils pour tanneurs, et corroyeurs. Morane jeune, ingénieur-mécanicien.
- Perret (M.), administrateur de la société anonyme des manufactures de glaces et produits chimiques de Saint-Gobain, Chauny et Cyrey.
- Petit (Ch.), administrateur de la stèarinerie française.
- Truelle (L.), ancien négociant.
- Vincent (C.), ingénieur civil.
- classe 52. — Machines et appareils de la mécanique générale
- Bougault (A.), ingénieur civil.
- Boulet, ingénieur-mécanicien.
- Bourdon (E.), ingénieur-mécanicien.
- Boussières (A.), chef de bataillon du génie. Camelinat, député.
- Chaligny, ingénieur-mécanicien.
- Collet (A.), directeur de la société anonyme des générateurs inexplosibles système Collet. Crozet-Fourneyron, député de la Loire. Delaunay (de la maison Belle ville et Cie), constructeur de générateurs à vapeur.
- Domange (A.), (courroies de transmission). Duval, directeur général de la compagnie de Fives-Lille.
- Farcot (J.), constructeur de machines à vapeur. Féray (L.), ingénieur civil.
- Hirsch (J.), ingénieur en chef des ponts et chaussées.
- Imbert, député de la Loire.
- Lavalley, sénateur du Calvados.
- Léauté, ingénieur des manufactures de l’Etat. Lecouteux père, ingénieur-mécanicien.
- Liébaut (A.), ingénieur civil.
- Lévy (M.), ingénieur en chef des mines.
- Marotel, président du syndidat des contremaîtres des industries métallurgiques.
- Piat (A.), fondeur-mécanicien.
- Plichon (E.), fondeur en fer.
- Renard (M.-J.-P.-T.), capitaine à l’état-major particulier du génie.
- Richard (G.), ingénieur civil.
- Souchet, chauffeur-conducteur.
- Tissandier (G.), aéronaute et publiciste.
- classe 53. — Machines-outils.
- Bariquand (E.), ingénieur-constructeur.
- Bouhey, constructeur-ingénieur.
- Contresty, chef d’escadron.
- Delahaye (V.), ouvrier mécanicien.
- Elwell, (T.), ingénieur-mécanicien.
- Kern (E.), ingénieur civil.
- Larrivet, chef de bataillon.
- Léon, ingénieur principal du matériel à la Compagnie.
- Mathias (F.), ingénieur de la traction au chemin de fer du Nord.
- Mounier, chef d’escadron..
- Palmade, capitaine du génie.
- Pernolet (A.), député du Cher, ingénieur civil. Pihet (A.), président honoraire de la chambre syndicale des mécaniciens.
- classe 54. -- Matériel et procédés du filage de la corderie.
- Bessonneau, (cordes et cordages).
- Cartier (de la maison Cartier-Bresson), ingénieur civil.
- Claude, manufacturier, sénateur des Vosges. Féray (A.), manufacturier.
- Fouinât (Ch.), (câbles métalliques).
- Gresland (G.), filateur de coton pour mèche. Imbs (J.), ingénieur civil.
- Kcechlin (N.), administrateur de la société alsacienne de constructions mécaniques.
- Max-Richard, manufacturier.
- Noblot, sénateur de la Haute-Saône.
- Simon (E.), ingénieur expert.
- classe 55.— Matériel et procédés du tissage Bernheim (H.), (nouveautés pour robes). Bossuat (tissus).
- Camichaël (R.), (sacs et toiles).
- Collin, chef d’atelier des tapisseries à la manufacture des Gobelins.
- Danzer (H.), ancien professeur de l’école de filature et de tissage mécanique de Mulhouse.
- Denis (G.), (cotons), sénateur de la Mayenne. Flavien (E.), ingénieur civil.
- Gros-Hartmann (de la manufacture de Wesser-ling), (toiles peintes et calicots).
- Guertn (de la maison Pinon et Guérin), (draps). Hamot (G.), (étoffes de soie et tapis).
- Levoix (E.), (tissus).
- Reyrel, (grenadines, lainages et nouveautés).
- classe 56. — Matériel et procédés de la couture et de la confection des vêtements
- Agnellet-Parfait (tuiles, crêpes et fournitures pour modes).
- Avrial, (machines à coudre).
- Coudreau (G.), membre de la chambre syndicale des coupeurs en chaussures.
- Decourdemanche (caoutchouc manufacturé). Delatour (chaussures).
- Godillot (A.), ancien fabricant de fournitures militaires.
- Hurtu (machines à coudre).
- Légat (D.), ingénieur civil (machines à presser et à coudre pour chapellerie, et d’appareils automatiques pour l’industrie).
- Peugeot (B.), constructeur-mécanicien.
- classe 5y. — Matériel et procédés de la confection des objets de mobilier et d'habitation
- Armengaud, jeune, ingénieur-conseil pour les brevets d’invention.
- Chevalier (A.-R), (briques).
- Damon (A.), (meubles).
- Donnay (Ch.), ingénieur, constructeur.
- Gérard, ingénieur-mécanicien.
- Haret père, ancien fabricant de menuiserie. Marsoulan, constructeur-mécanicien.
- Mayer (G.), (de la maison Mongin et Cie), fabricant de scies.
- Meiser, scieur à la mécanique.
- Panhard, constructeur-mécanicien.
- Radot, (briques et tuiles).
- Simonet, entrepreneur de menuiserie.
- classe 58. — Matériel et procédés delà papeterie, de s teintures et des impressions.
- Beaudoir (T.), fondeur en caractères.
- Boucheron, ingénieur civil.
- Darblay(P.), manufacturier.
- Decaux, ingénieur civil.
- Dufay (A.), (papiers peints.)
- Ermel (F.), ingénieur civil.
- Gaudineau, sénateur de la Vendée.
- Horteur, député de la Savoie.
- Lespermont (L.), ingénieur civil.
- Michaud (J.), de la maison Marinoni, ingénieur civil.
- Outhenin-Chalandre (A.), (papiers.)
- Ravasse (E.), ingénieur-mécanicien.
- Turquetil (J.), (papiers peints).
- classe 59. — Machines, instruments et procédés usités dans divers travaux
- Besançon (limes et outils d’horlogerie).
- Bonnet (A.), ingénieur civil.
- Chauvel (E.), lamineur de cuivre.
- Deny, constructeur-mécanicien.
- Dumas (E.), essayeur à la monnaie.
- Hartog. (J.), boutons.
- Lévy, ingénieur civil.
- Périssé (S.), ingénieur civil, expert.
- Regnard (P.), ingénieur civil.
- Ruau, directeur général des monnaies et médailles.
- classe 60. — Carrosserie et charronnage. — Bourrellerie et sellerie
- Belvallette (A.), carrossier.
- Binder (H.), carrossier.
- Buttel (T.), membre du syndicat des ouvriers selliers-bourreliers.
- Camille (A.), (équipements militaires).
- Forsang (H.-F.-M. de), lieutenant-colonel.
- Guiet, carrossier.
- Krafft (E.), éleveur agriculteur.
- Lasne (A.), sellier-harnacheur.
- Marion (E.), administrateur de la compagnie générale des voitures à Paris.
- Mauclerc, directeur des ateliers delà compagnie générale des omnibus de Paris.
- Quenay (de la maison Binder aîné), carrossier. Thibout, fabricant d’articles de charronnage.
- classe 61. — Matériel des chemins de fer.
- Agneilet, ingénieur principal des études et travaux neufs à la compagnie du Nord.
- Blage, ingénieur des ponts et chaussées.
- Brame, inspecteur général des ponts et chaussées.
- Bruniquel,ingénieur en chef des ponts et chaussées.
- Cendre, ingénieur en chef des ponts et chaussées. Clérault, ingénieur en chef du matériel et de la traction de la compagnie de l’Ouest.
- Cuvinot, ingénieur en chef des ponts et chaussées.
- Glasser, ingénieur des ponts et chaussées. Gottschalk (A.), ingénieur civil.
- Henry (E.-R.), chef de bataillon du génie. Henry, ingénieur en chef des mines.
- Herteau, ingénieur en chef des mines.
- Jacqmin, inspecteur général honoraire des ponts et chaussées.
- Lax, ingénieur en chef des ponts et chaussées. Lesguil.lier, ingénieur des ponts et chaussées. Level, ingénieur civil.
- Marin, ingénieur en chef des ponts et chaussées.
- Morel-Thibaut (voitures et wagons).
- Noblemaire, ingénieur en chef des mines.
- Pader, ingénieur en chef des ponts et chaussées.
- Peaucelier (le général).
- Pérocheau, président de la « Société fraternelle des ouvriers et employés des cheminsde fer ».
- Pérouse, ingénieur en chef des ponts et chaussées.
- Picard, id.
- Rousseau, ancien député, conseiller d’Etat. Salomon, ingénieur civil.
- Sartiaux, ingénieur en chef des ponts et chaussées.
- Vicaire, ingénieur en chef des mines.
- classe 62. — Electricité.
- Augier, capitaine du génie.
- Barbier, de la maison Leclanché, ingénieur mécanicien.
- Berthon, ingénieur.
- Bouilhet (H), ingénieur.
- Carpentier, constructeur électricien.
- Cael, inspecteur des télégraphes.
- Cance, ingénieur électricien.
- Clérac (H.), inspecteur ingénieur au ministère des postes et télégraphes.
- Dumont, inspecteur principal, chef des ser-
- p.580 - vue 143/496
-
-
-
- EXPOSITION DE 1889
- M. KOHN, préfet
- Président d’honneur du comité départemental de la Haute-Garonne
- Troisième Année. — N* 118. LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 18S9 Dimanche 3 Avril 1887. — 58i.
- pl.581 - vue 144/496
-
-
-
- 582. — Troisième Année. — N° 118.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- Dimanche 3 Avril 1887.
- vices télégraphiques au chemin de fer de l’Est.
- Fontaine (Hipp.), administrateur délégué de la chambre syndicale de l’électricité.
- Fribourg, directeur des postes et télégraphes.
- Gaiffe-(instruments de précision).
- Gambiey, capitaine du génie.
- Jarriant (appareils de sonneries électriques).
- Lemonnier (Paul) (de la maison L. Sautter, Lemonneri et Cie) (phares et électricité).
- Le Roux (F.-P.), professeur à l’école supérieure de pharmacie.
- Ménier, industriel.
- Mors (L.) (sonneries et appareils électriques).
- Picou (R.-V.), ingénieur-électricien.
- Postel-Vinay, constructeur-électricien.
- Sciama, ingénieur civil.
- classe 63- — Matériel et procédés du génie civil des travaux publics et de l'architecture.
- Bernard , inspecteur général des ponts et chaussées.
- Bertrand, entrepreneur de charpente.
- Boutillier, ingénieur en chef des ponts et chaussées.
- Brulé, entrepreneur de travaux publics.
- Galien (E.), administrateur délégué du Journal des travaux publics.
- Goignet (E.), ingénieur civil.
- Courtois-Suffit (O.), architecte.
- Gousté (J.), entrepreneur de maçonnerie.
- Denfer, ingénieur civil.
- Dervillé, marbrier.
- Dulau, entrepreneur de travaux publics.
- Eiffel (G.), ingénieur-constructeur.
- Francastel, entrepreneur de pavages.
- Guillotin, entrepreneur de travaux publics.
- Hersent, ingénieur civil.
- Henri-Lepaute (L.), ingénieur civil.
- Hubert Garnier, entrepreneur de canalisation d’eau et de gaz.
- Lagrange, inspecteur général des ponts et chaussées.
- Lecluse (Henri), membre du syndicat des ouvriers tailleurs de pierres.
- Michau, entrepreneur de travaux publics.
- Moisant, entrepreneur de travaux publics.
- Molinos, ingénieur civil.
- Mozet, entrepreneur de travaux publics.
- Mulot (Albert), ingénieur civil.
- Ouaches (C.-E.), entrepreneur de travaux publics.
- Pesson (A.), ingénieur en chef des ponts et chaussées.
- Petit (P.), chef de bataillon du génie.
- Raymond (F.), ancien entrepreneur de travaux publics.
- Veyssier, peintre en bâtiments.
- Villard, ingénieur-constructeur.
- Violet, ingénieur civil.
- Vitali, constructeur de chemins de fer.
- classe 64. — Hygiène et assistance publique.
- Bechmann, ingénieur en chef des ponts et chaussées.
- Belleau (G.-J.), médecin-major,
- Bergeron, médecin honoraire des hôpitaux de Paris.
- Brouardel, médecin des hôpitaux.
- Cazelles, docteur en médecine.
- Cernesson, architecte.
- Cheysson (E.), ingénieur en chef des ponts et chaussées.
- Dujardin-Beaumetz, médecin des hôpitaux.
- Durand-Fardel, docteur médecin.
- Faure-Dujarric, architecte, inspecteur du ministère du commerce et de l’industrie.
- Dr Gestin, directeur des services de santé au ministère de la marine.
- Herscher (C.), ingénieur constructeur.
- Jacquot, inspecteur général des mines.
- Jéramec, fermier exploitant d’eaux minérales.
- Martin (A.-J.), docteur en médecine.
- Mesureur, président de la chambre syndicale des entrepreneurs de la plomberie de Pans.
- Napias, docteur en médecine.
- Nicolas, conseiller d’Etat, directeur au ministère du commerce.
- Pasteur (L.), membre de l’académie des sciences, de l’academie française et de l’académie de médecine. .
- Peyron, docteur en medecme.
- Pouchet (G.), professeur agrégé à la Faculté de médecine. A .
- Proust (A.), médecin des hôpitaux.
- Robinet (G.), docteur en médecine.
- Roussel (T.), docteur en médecine.
- Vauthier, ingénieur civil,
- Wilm, professeur à la faculté des sciences de Lille.
- classe 65. — Matériel de la navigation et du sauvetage
- Archinard, chef d’escadron d’artillerie de marine,
- Cabrol (de), administrateur-délégué de la société anonyme des forges et chantiers de la Loire.
- Carrié, administrateur-délégué de la société anonyme des forges et chantiers de la Méditerranée.
- Coustou (le colonel), commandant le régiment des sapeurs-pompiers de Paris.
- Daymard, ingénieur en chef de la compagnie générale transatlantique.
- Doré, administrateur, délégué de la société centrale de sauvetage des naufragés.
- .Duracier, bibliothécaire au ministère de la marine et des colonies.
- Fleuret, président du cercle nautique de Paris.
- Godron, directeur des constructions navales au ministère de la marine et des colonies.
- Masson (E ), capitaine de frégate.
- Mathieu, ancien ingénieur en chef des ateliers de construction du Creuzot.
- O Neill, contre-amiral.
- (A suivre.)
- LES ARTISTES
- ET L’EXPOSITION DE 1889
- Un groupe important d’artistes, à la suite d’une réunion tenue chez M. H. Gervex, s’est rendu chez MM. Berthelot et Lockroy.
- Le but de la visite était d’obtenir des ministres l’introduction dans le jury de l’Exposition de 1889 d’un certain nombre d’artistes nommés à l’élection.
- MM Lockroy et Berthelot ont promis de faire le possible pour répondre à cette demande.
- NOTRE GRAVURE
- Nous donnons aujourd’hui les portraits de M. Kohn, préfet, président d’honneur du comité départemental de la Haute-Garonne (Dans notre dernier numéro nous avons inséré le compte rendu deia première séance de cecomité), et de M. Savoye, le sympathique chef de cabinet de M. Grison, directeur générai de la comptabilité de l’Exposition de 1889.
- M. Savoye, avocat, secrétaire général de la direction générale des. finances des travaux de l’Exposition de 1889, est né à Besançon en 1860.
- Il fut secrétaire de M. Clamageran, en dernier lieu attaché au cabinet de M. le ministre du commerce et de l’industrie.
- ......— ^ ——--------
- ÉCHOS
- Paris
- Une exposition d’aquarelles et fusains, par M. Allongé, a été ouverte lundi dernier, au Cercle artistique et littéraire de la rue Volney.
- Clôture demain lundi 4 avril.
- *
- , * *
- Les envois au Salon :
- M. Gabriel Ferrier : Le fumeur de Kif et l'Ecole Arabe, déjà remarquée au Cercle des Mirlitons.
- M. Lecomte du Nouy : Rhamsès clans son harem.
- M. Brispot : Surpris par l'orage et Une demande en mariage.
- M. Maillart, La mile de Paris instruisant ses enfants, grand plafond destiné à la mairie du Iüe arrondissement.
- M. J.-J. Weerts, Les franchises de Limoges, plafond commandé par l’Etat pour la mairie de cette ville.
- Mu® Jeanne Gonzalès, Le café sur l'herbe.
- *
- ¥• *
- Le jury d’admission pour la peinture a terminé ses travaux, mardi dernier, quant à cette section, deux mille quatre-cent-cinquante-cinq tableaux ont été admis.
- *
- * *
- Départements
- La Société des Amis des Arts de Seine-et-Oise, prépare sa trente-quatrième exposition annuelle qui ouvrira le dimanche 10 juillet dans les salles du musée de Versailles, pour clôturer le dimanche 2 octobre.
- Nous renvoyons pour tous autres détails au Journal des Arts du mardi 29 mars, qui a publié le règlement in extenso.
- *
- * *
- A l’occasion du concours régional agricole, la ville de Nevers ouvrira, du samedi 28 mai au lundi 4 juillet une exposition des beaux-arts à laquelle pourront prendre part tous les artistes français.
- Cette exposition comprendra les genres suivants : peinture, sculpture, architecture, gravure,
- dessin, aquarelle, pastel, photographie, céramique et verrerie artistique. Envois : du 15 avril au 1er mai.
- *
- ¥ ¥
- Le Temps nous apprend que pour célébrer dignement les fêtes du quatrième centenaire de la réunion de la Provence à la France, la ville d’Aix prépare une exposition provençale dont l’ouverture aura lieu le 10 juin 1887.
- Cette exposition embrassera les départements des Bouches-du-Rhône, de Vaucluse, des Hautes et des Basses-Alpes, du Var et des Alpes-Maritimes.
- Elle formera deux groupes : 1° exposition rétrospective ; 2° exposition artistique contemporaine.
- Les exposants devront être Provençaux ou habiter la Provence.
- La durée de cette exposition est fixée à un mois, et la ville d’Aix prend à sa charge les transports, aller et retour, après avis et entente préalables.
- Des médailles seront décernées par un jury spécial aux exposants récompensés.
- Toutes les demandes doivent être adressées à M. le maire et à M. Honoré Gibert, directeur de l’école de dessin et musée, à Aix.
- *
- *
- ETRANGER
- Allemagne
- L’exposition académique des beaux-arts aura lieu cette année à Berlin du vendredi 29 juillet au vendredi 2 septembre.
- *
- *• *
- L’Association pour l’amélioration de la race canine en Allemagne prépare sa troisième exposition internationale, qui aura lieu à Hanovre, du jeudi 19 au dimanche 22 mai.
- Les récompenses consisteront en médailles d’Etat, décernées par le ministère de l’agriculture, et de prix de différentes catégories, offerts par des particuliers.
- *
- * *
- Angleterre
- Une importante agitation a pris, il y a quelque temps, naissance, et se poursuit actuellement parmi les artistes du Royaume-Uni. Elle a pour objet la constitution d’une base satisfaisante, sur laquelle serait organisée l’exhibition nationale des Arts.
- Le projet qui rencontre le plus de faveur parmi les intéressés,, est celui qui consiste à prendre parmi les artistes, et à soumettre à l’élection de ces derniers, les jurys, chargés de la sélection et du placement des œuvres d’art.
- Les meetings préliminaires ont eu pour résultat l’adhésion de plus de quatre cents artistes, qui ont nommé un comité provisoire, d’environ cinquante membres, chargé d’étudier les moyens le plus propres à assurer l’application du principe admis. Le comité dirigera d’abord ses efforts vers un premier point : assurer, dans les expositions de la Royal Academy, la représentation des Arts, sur les bases du suffrage des peintres, sculpteurs, architectes, graveurs et dessinateurs.
- * *
- La Société des Dames Artistes de Londres a ouvert, la semaine dernière, son exposition dans The Egyptian Hall, Piccadilly.
- *
- * x
- Autriche-Hongrie
- L’Association artistique de Bohème prépare une exposition des beaux-arts, qui aura lieu à Prague, du lundi 25 avril au mercredi 15 juin.
- *
- * *
- Le 19 mars dernier, a été inaugurée à Vienne, par le ministre de l’instruction publique D1' von Gautsch, l’exposition d’art religieux dont nous avons parlé à différentes reprises et qui occupe plusieurs, salles du musée autrichien d’art et d’industrie.
- *
- * ¥•
- États-Unis
- Un correspondant • du Scientific American a écrit dernièrement à ce journal pour émettre une idée qui ne peut manquer de faire son chemin, et dont nous verrons certainement la réalisation.
- On sait que la première loi sur les brevets fut promulguée aux Etats-Unis, le 10 avril 1790.
- Le correspondant du journal scientifique voudrait que les inventeurs préparassent, pour 1890, le centenaire de cette date et qu’ils le célébrassent en se réunissant alors pour montrer la marche progressive parcourue depuis lors, sous la protection. dp la loi, par le génie inventif de l’Amérique. Notre confrère propose que New-York soit le théâtre choisi pour cette solennité. La loi sur les brevets fut portée, en effet, par le premier congrès des Etats-Unis, dont les deux premières sessions eurent lieu à New-York ; la première, du 4 mars au 29 septembre 1789; la seconde, du 4 janvier au 12 août 1790. Notre confrère croit que l’on pourrait, organiser, à cette occasion, une exposition d’inventions, des premières productions des pionniers de l’art, et que cette maintes-
- p.582 - vue 145/496
-
-
-
- Troisième Année.
- N° n8.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1SS9.
- Dimanche 3 Avril 1S87. — 583.
- tation concourrait -puissamment à l’éclat du centenaire.
- *
- ¥ Y
- L’exposition de printemps de la New-York Academy sera ouverte au public demain lundi 4 avril. Le vernissage a eu lieu vendredi dernier 1er avril.
- Y Y
- L’ouverture privée de la cinquante-septième exposition annuelle organisée par l’Académie des beaux-arts de Philadelphie a eu lieu le jeudi 10 mars dernier. Le lendemain, l’exposition ouvrait ses portes au public avec un très heureux succès. Les ouvrages d’artistes américains sont en très grande majorité.
- *
- Y Y
- La Société des Artistes américains annonce qu’elle s’est assurée, pour sa neuvième exposition, la nouvelle galerie Yandell, de New-York.
- L’exposition ouvrira le lundi 18 avril et clôturera le mardi 14 mai. Vernissage, le 15.
- Y Y
- Les trois vacations de la vente Stewart, à New-York, ont produit deux millions et demi de francs.
- Le Friedland 1807, de Meissonier, a été vendu 330,000 francs ; le Marché aux chevaux de Rosa Bonheur, qui a produit 65,000 francs de plus qu’il n’avait coûté, a été acquis, au prix de 265.000 fr. par M. Cornélius Vanderbilt, qui l’a offert au musée de New-York.
- *
- Y Y
- Italie
- L’exposition internationale de machines agricoles, dont nous parlions dans notre dernier numéro, et qui ouvrira à Parme en septembre prochain, promet, dit notre confrère Invention, d’être un grand succès.
- Les concurrents auront à se partager soixante diplômes et un nombre égal de médailles.
- Les maisons anglaises y seront représentées par leurs agents de Milan, et l’Allemagne ne restera pas en arrière. La Revue Industrielle allemande de Kulilow nous apprend, en effet, que l’on commence, de l’autre côté du Rhin, à comprendre que l’Italie peut être un important débouché pour les produits allemands. Leipzig n’est éloigné en effet de Parme que de 27 heures de chemin de fer.
- Est-il besoin, après ceci, d’exprimer le vœu que nous inspire cette activité étrangère toujours croissante ?
- Est-il besoin de dire que nous voudrions voir l’industrie française participer largement à l’exposition de Parme, pour laquelle elle trouverait, dans l’excellente chambre de commerce française de Milan, un utile et. avantageux intermédiaire, lutter avec ses concurrentes étrangères sur les marchés italiens, et y assurer sa prépondérance en y affirmant, par sa seule présence, la qualité de nos produits trop ignorés !
- k
- Y ¥
- Leurs Majestés, le roi et la reine, présideront, le lundi 25 avril, à Venise, l’inauguration de l’exposition internationale des beaux-arts.
- Le nombre des exposants s’élève à plus de dix-sept cents.
- ¥ ¥
- La direction des chemins de fer méridionaux annonce que, modifiant les dispositions de sa circulaire du 28 janvier, elle prolonge jusqu’au 10 avril le délai d’application des réductions accordées aux objets expédiés à destination de l’exposition nationale artistique de Venise.
- Les mêmes réductions sont applicables, dans les mêmes conditions que pour l’exposition artistique, à l’exposition d’art ancien qui aura lieu, durant la même période, â Venise.
- *
- ¥ ¥
- Notre excellent confrère de Rome, Bolleùno delle Finance, Fer rode e Industrie, nous donne quelques nouveaux détails sur l’exposition internationale de meunerie et do boulangerie, en préparation à Milan.
- Le comiié, dans sa dernière réunion, a déterminé et achevé de fixer les modalités relatives à la distribution des récompenses.
- Des diplômes d’honneur de différents degrés seront attribués aux inventions et aux perfectionnements notables apportés aux machines et appareils de divers genres, et des diplômes de mérite pour les qualités et le fini de la construction.
- On active les opérations pour la formation du jury qui se composera de techniciens spécialistes italiens et étrangers, et qui, dans certaines sections, sera suppléée par des jurys spéciaux.
- De plus, le ministère a fait des démarches auprès des gouvernements allemand et austro-hongrois afin que ceux-ci intéressent leurs compagnies de chemins de fer à l’exposition de Milan et obtiennent d’elles des réductions de tarif.
- ¥ ¥
- L’exposition annuelle des aquarellistes a été ouverte â Rome, le samedi 12 mars.
- ¥ ¥
- Pays-Bas
- Une exposition internationale, consacrée à la musique, aura lieu à Amsterdam, en septembre et octobre prochain.
- Elle renfermera tous les instruments de musique connus, même les orgues de Barbarie et les boîtes à musique, les appareils ou accessoires en usage dans l’enseignement musical, les imprimés et manuscrits, des portraits d’artistes et compositeurs, etc.
- SCIENCES & INDUSTRIE
- Nouvelle méthode électrolytique pour traiter les minerais.
- Cette méthode, qui s’applique aux différentes combinaisons de plomb, argent, fer, sulfures divers, contenant du cuivre, et qui est destinée à séparer ce dernier métal des précédents, vient d’être trouvée par M. Eugène Marchese, ingénieur italien.
- Le principe de cette méthode est basé sur la décomposition des anodes qui servent à l’électro-lyse, et qui, dans le cas particulier, sont formés de sulfites de fer, se transformant, par l’action électrochimique, en sulfates de fer.
- Les minerais contenant le cuivre et les galènes argentifères sont accompagnés de gangue ferrugineuse plus ou moins soluble dans les acides. Dans le cas présent,la masse traitée par lixivation, c’est-à-dire divisée et lavée dans des cuves spéciales, est reprise sous forme pâteuse et grillée selon les procédés ordinaires. De cette masse, produit du grillage, on tire 'les anodes formés de plaquettes contenant deux équivalents de fer pour trois équivalents de cuivre contenus dans le mélange.
- La masse qui reste, et qui par conséquent a perdu deux équivalents de fer, est traitée par l’acide sulfurique formant ainsi du sulfate de cuivre et un peu de sulfate de fer. Ces sulfates deviennent la base de la solution dans laquelle doit s’opérer l’électrolyse. La décomposition a lieu comme suit : l’action du courant décompose le sulfate de cuivre de la solution, mettant en liberté l’acide sulfurique qui, se portant sur les anodes, s’empare du fer, mettant également en liberté l’acide sulfurique du sulfate de fer de façon à régénérer continuellement cet acide dans la solution.
- Cette double décomposition de la solution par les anodes solubles, et des anodes par la solution, produit également une action électrolytique secondaire, qui venant s’ajouter à l’action électrolytique principale, renforce le courant et permet ainsi d’employer un nombre beaucoup moins considérable de piles, ou de diminuer considérablement la surface de la machine dynamo-électrique, si l’on se sert de cette dernière.
- Pour favoriser ces actions, il est utile de mettre en mouvement le liquide de lixivation, de façon à ce que les particules non solubles, tenues en suspension, subissent l’action du courant. Les anodes, au nombre de i5 ou 20, sont suspendus par des crochets de cuivre, emprisonnés dans leur masse, au moment de la fusion, à des tringles de cuivre placées parallèlement à 12-16 centimètres au-dessus de la cuve, selon les procédés ordinaires, usités en galvanoplastie. Pour fermer le courant, on se sert de plaques de cuivre placées entre les anodes et en communication avec le pôle négatif, plaques sur lesquelles se dépose le cuivre à l’état libre. Au fond de la solution se forme un précipité de sulfures libres, d’oxydes et de sulfites de fer, de plomb, d’argent, et quelquefois d’une petite quantité d’oxyde de cuivre. Si ce dernier, par sa présence, venait à gêner la fusion subséquente du plomb argentifère, traité par fcoupellation, on devrait griller de nouveau ces minerais et les traiter par le même procédé.
- Cette méthode nous paraît appelée à un très grand avenir, car en traitant ainsi différentes gangues métalliques, dont les éléments échappent souvent à la fusion, on pourra s’emparer, au moyen d’une action chimique d’autant plus sûre qu’elle est exercée par des électrodes solubles, de différents métaux, bien souvent inséparables.
- La solubilité des électrodes, l’action électrochimique secondaire, qu’ils produisent favorisent la décomposition de certains corps, en leur restituant un élément utile à leur formation, tout en employant une force électro-motrice restreinte, doublée de l’action électro-chimique secondaire.
- C. H.
- LES LIVRES
- cm
- Ernest Legouvé, de l’Académie française. — Soixante ans de souvenirs. Deuxième et dernière partie. Paris, J. Hetzel et O, éditeurs, 1887, un vol. in-8.
- A la fin de cette belle carrière, honorée par tous les mérites, par tous les succès, qui est bien
- vraiment le soir d’un beau jour, M. Legouvé prend plaisir à se recueillir et à se souvenir, et à ajouter à sa physionomie littéraire, déjà si variée, l’attrait imprévu d’une originalité de plus. Il a été original, il a été neuf dans le genre où il est le plus difficile de l’être. Original? en quoi? D’abord en ce qu’il a été aimable. Et il n’y a pas de genre plus égoïste que celui des Mémoires, où, par suite, il soit difficile de dissimuler assez son moi pour que le public ne le haïsse point. Et ce qu’il y a de pire, au point de vue de la difficulté à vaincre, c’est qu’il n’est pas moins dangereux de n’y être pas assez personnel, que de l’y être trop. Parler trop de soi est un écueil, n’en pas parler assez en est un autre. Si le public ne s’intéresse pas à un auteur qui parle sans cesse de lui dans un livre dont il est l’objet, il s’intéresse encore moins à un auteur qui n’en parle pas du tout. Trop s’afficher nuit, il en cuit de trop s’effacer. Dans le premier cas, le public vous prend en aversion parce que vous vous vantez, dans le second il vous prend en méfiance ou indifférence parce que vous vous cachez. Il faut beaucoup de tact en pareille matière, pour en avoir assez et pour rencontrer la juste mesure où- on fait assez la confession des autres pour se faire pardonner la sienne et réciproquement.
- M. Legouvé a triomphé admirablement de ce premier inconvénient, de ce premier écueil du genre. Il est trop auteur dramatique pour ne pas respecter la première et la plus indispensable des unités, l’unité morale, l’unité d’intérêt nécessaire aux livres comme aux pièces, le public, dans un livre comme dans une pièce, cherchant toujours un objet de sa curiosité et de sa sympathie, et s’y attachant d’autant plus qu’il est unique. C’est donc l’auteur, c’est donc M. Legouvé qui forme naturellement l’objet de l’intérêt du lecteur, dans le récit intime et familier de cette seconde moitié de sa vie, qui s’est écoulée de 1836 à 1876. Comme c’est un galant homme, et un homme d’esprit dans toute la force du terme, nous n’avons pas de peine à nous plaire à cette conversation pleine de leçons aimables, de portraits pris sur le vif et d’anecdotes caractéristiques. Comme c’est aussi un homme très fin, il possède et pratique à merveille ce premier précepte de l’habileté honnête et non puérile, qui consiste à donner à un portrait d’heureux fonds, des accessoires et au besoin des repoussoirs bien choisis. M. E. Legouvé n’a jamais fréquenté que la bonne compagnie, mais il a été très bien servi par le hasard, ou par son goût qui lui ont toujours fourni les compagnons, les témoins de sa vie les plus propres à mettre ses qualités dans leur lumière et dans leur jeu, et à le faire valoir toute sa valeur. Cette existence si bien ordonnée qu’elle en semble plus remplie, où un talent des plus souples et des plus variés donne l’illusion de la puissance, où l’habileté, se voile sous la bonhomie et à qui un gracieux et galant sourire a tout fait pardonner, depuis le talent jusqu’au bonheur, est unê jolie pièce bien faite, et bien jouée. Souvent, nous avons pensé, en songeant à M. Legouvé, à ce mot de Mme d’Epinay sur Mme d’Houdelot : « C’est une jolie âme. » M. Legouvé, dans ses Souvenirs, nous donne bien l’idée de cela. C’est un homme d’une jolie âme, qui n’a pas eu seulement de belles qualités, mais qui en a eu l’économie, qui a su garder en tout la mesure jusque dans la vertu, qui a su non seulement avoir beaucoup d’amis, mais les bien choisir, et qui, s’il eut été capable d’avoir des ennemis (peut être en a-t-il eus, je ne lui en connais pas), eut encore trouvé moyen de les bien choisir.
- M. Legouvé a' bien choisi ses amis, et il en. parle en homme qui les a bien connus, c’est-à-dire bien aimés. Aimer les gens, c’est encore le meilleur moyen de les bien connaître. Heureux et rares sont les voyageurs qui ne parlent que de ce qu’ils ont vu. Heureux et rares sont les auteurs de Souvenirs qui ne parlent que des gens qu’ils ont connus. C’est inouï tout ce qu’on apprend dans ce livre sur des personnages sur lesquels on croyait avoir peu de choses à apprendre. M. Legouvé excelle dans l’art de vous rappeler ce que vous saviez et de vous apprendre ce que vous ne saviez pas. Il renouvelle le connu par la forme dont il le revêt. Et, toujours grâce à cette forme, il ajoute à l’inconnu l’attrait d’une saveur piquante.
- Qu’y a-t-il donc dans ce second volume que l’auteur intitule dernier et qui ne le sera pas, car le succès desserrera pour un nouveau volume où nous trouverons ses souvenirs de 1876 à 188... ces lèvres aimables qui ne se sont scellées qu’à demi et que rouvrira bientôt un sourire?
- Il avait placé pieusement son premier volume sous les auspices de son père. Il met le second sous les auspices de son grand-père. Il se flatte, avec raison,de tenir de l’un et de l’autre, de l’avocat de 1737 émule de Gerbier et du poète d'Epi-charis et Néron et du Mérite des Femmes. Au premier, par un singulier hasard, il doit une partie de sa fortune. Un de ses plus riches clients, un banquier lui avait donné en payement cinq ou six arpents de terrain situés aux Champs-Elysées et formant ce qu’on appelait l’allée des Veuves. Son tuteur vendit ce qui demeurait de ce terrain à la
- p.583 - vue 146/496
-
-
-
- 5S4. — Troisième Année — N° nS.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1SS9-
- Dimanche 3 Avril 1887.
- famille 129,000 francs au marquis d’Aligre, qui ne perdit pas sur son marché, suivant son habitude, car ce terrain est devenu le beau quartier^ François Ier. Si l’éloquence semble un^don héréditaire clans la famille, il en a été de même du goût du théâtre. L’avocat avait fait une Attilie en cinq actes et en vers, qui n’eut pas de succès meme auprès de son auteur, qui eut l’esprit de rire de sa tentative. Son petit-fils, avocat aussi, a fait des pièces qui ont mieux réussi auprès du public et auprès de leur auteur, qui ne saurait les trouver mauvaises, le public les ayant trouvées bonnes. C’est l’histoire de ses pièces, de leur genèse, de leurs vicissitudes, depuis le Soleil couchant, la première jusqu’à Médée en passant par Louise de Lignerolles et Adrienne Le Couvreur et les Cigales et le* Fourmis, qui fait le grand intérêt de la première partie du livre, comme l’histoire de ses ouvrages non dramatiques et surtout Y Histoire morale des femmes fait le grand intérêt de la seconde. Ce n’est pas seulement parce que l’auteur excelle dans ces récits. C’est parce qu’il y mêle des anecdotes et des portraits, les unes fort spirituellement contées, les autres touchés d’un trait juste et sobre, presque toujours caractéristique. L’auteur a une grande qualité pour un peintre. Il fait ressemblant. Il ne flatte pas son modèle, et il le fait aimer. Il est impossible de refuser sa sympathie à ses figures de Prosper Goubaux, d’Adolphe Nourrit, d’Eugène Scribe, de Jean Reynaud. A côté de ces grands morceaux de peinture littéraire et historique, il y a des profils, des silhouettes enlevées avec une finesse et une légèreté qui font œuvre d’art d’un simple croquis. Le fondateur de l'ho-mœopathie, Samuel Hahnemann, et le musicien mystique, Chrétien Uhran,sont des physionomies qui se fixent dans la mémoire. L’étude sur Scribe et sur MUe Rachel sont singulièrement intéressantes et vivantes. Les méthodes et: les procédés de travail de Scribe, sa fécondité d invention, son ingéniosité de détails, le contraste si étonnant et si humrin de l’humeur fantasque et de la verve comique de la grande tragédienne qui se dédommageait des contraintes du péplum yur la scène par de véritables accès de gaminerie à la ville sont mis en relief de main de maître. Le triomphe de l’admiration et de l’affection que M. Legouvé a vouées à Jean Reynaud, son initiateur en matière de philosophie morale, est de les faire partager, jusqu’à un certain point, à des espr’ts moins favorablement prévenus et qui trouveraient, s’üs étaient moins séduits, plus d’une réserve a faire sur le système et sur le_ style de l’auteur de Terre et Ciel. Germain Delavigne, le Thomas Corneille de Casimir, le Pierre Corneille du romantisme bourgeois, le conseiller dramatique et collectionneur Mahérault ont leur place dans cette galerie de portraits, où l’on trouve aussi une curieuse étude, un peu romancée peut-être, comme on disait de certaines compositions de Nodier consacrée ÿ. M. Schœlcher. Dans ses exagérations optimistes, M. Legouvé sait d’ailleurs s’arrêter à temps et se sauve de l’excès par le tact et la mesure. Peut-être voit-il ses amis un peu plus grands que nature. Mais c’est là un beau défaut. En revanche, il ne pousse jamais la malice jusqu’à la malignité. Il n’est impitoyable que pour Ecouchard Le Brun. Le duel d’épigrammes entre le faux Pindare et le faux Ossian, Le Brun et Baour-Lormian est bien amusant. Sur Lamartine, M. Legouvé nous fournit deux ou trois notes personnelles, qui ajoutent à la connaissance de l’homme et du poète. Et il cite à propos d’Alfred de Musset une lettre de femme qui nous explique à fond les contrastes et les contradictions de l’auteur de Rolla en amour et soulève le voile qui nous cachait un des côtés les plus énigmatiques, les plus mystérieux de sa vie intime.
- M. Legouvé écrit son livre dans la maison hospitalière de la rue Saint-Marc, où il est né^en 1807, qu’il n’a jamais quittée et où ses amis s’as-seoient encore devant cette statue de la Frileuse d’Houdan qu’ont contemplée à la même place les amis et les hôtes de son père. Il y a dans cette fidélité au logis natal, au foyer où l’ombre des ancêtres plane sur les vivants et dont les lares reçoivent les hommages d’un siècle et demi de pieté domestique, quelque chose de rare, de touchant et de très parisien. Le Parisien a le culte des morts et la piété des ancêtres au plus haut degré. Et si nous voulions chercher le mot décisif qui peint bien le caractère particulier du talent de l’esprit et du cœur de M.. Legouvé ,, nous dirions que c’est un vrai Français, espece d hommes plus rare qu’on ne pense, et un vrai Parisien, espèce d’hommes plus rare encore.
- M. de Lescure.
- AVIS COMMERCIAUX
- LA HAVANE
- M. le ministre du commerce et de l’industrie a reçu du comité consultatif du commerce français de la Havane la note suivante relative à l’importation des tissus dana l’ile de Cuba :
- Les tissus de coton sont importés dans File de Cuba en grandes quantités, mais il est à remarquer que les provenances françaises sont à peu près nulles. Tous ces tissus arrivent d’Angleterre et d’Allemagne, ainsi que d’Espagne et des Etats-Unis.
- Les droits protecteurs dont sont favorisées les marchandises de provenance espagnole rendent aux étrangers le commerce difficile pour les tissus que l’Espagne nous envoie (ce sont, en général, des coutils pour matelas, oreillers, tentures, etc.) ; mais il n’en est pas de même pour les tissus venant d’Angleterre et d’Allemagne.
- Nous nous sommes rendu compte que les produits français pourraient avantageusement lutter avec ceux des pays ci-dessus , non seulement comme prix, mais aussi, et surtout comme qualité et fantaisie de dessins. Nos importateurs sont unanimes à déclarer que si les fabricants français se prêtaient à fabriquer dans le goût de l’acheteur de ce pays, ils pourraient placer, annuellement, de fortes quantités de leurs produits.
- Il y a d’abord la question d’apprêt : les tissus de coton qui se reçoivent ici ont un apprêt spécial, ils sont moelleux,'doux à la.main, ont le toucher du drap. En général, les tissus de coton français sont trop apprêtés, trop raides.
- Il y a également la question de largeur ; toute étoffe dépassant 64 à G5 centimètres de large, ne convient pas ; ce n’est plus la mesure marchande pour ce pays. Tout ce qui dépasse cette largeur est en déchet.
- Or, les tissus français ont de 75 à 80 centimètres réduits à la largeur ^ci-dessus, ils pourraient être livrés parles fabricants meilleur marché.
- Autre point important : les fabricants anglais, allemands, américains n’attendent pas que l’acheteur aille à eux. Ils ont tous des agents sur nos places, à qui ils envoient, à chaque saison, des échantillons de tous leurs produits, avec leurs prix. Ces agents visitent constamment nos principales maisons d’importation , et prennent des ordres, donnant le plus souvent des facilités de paiement qui ne sauraient être consenties par un fabricant placé à grande distance, mais que l’agent peut accorder en raison du crédit dont jouissent surplace les clients avec lesquels il traite.
- Voilà ce que devraient faire nos négociants français, et nous n’hésitons pas à leur assurer d’avance un heureux résultat s’ils entrent dans cette voie.
- Notre comité se ferait un véritable plaisir de fournir aux fabricants qui voudraient bien lui soumettre les échantillons des tissus de leur fabrication les renseignements susceptibles de leur être utiles pour des opérations avec ce pays.
- Afin d’éviter toute erreur de transmission, il conviendrait que les fabricants adressassent leurs lettres au président du comité consultatif français au consulat général de France à la Havane (Cuba).
- Les observations précédentes s’appliquent non seulement aux tissus de coton, mais aussi à tous les tissus en général (fil de coton, fil, draps, soieries, etc.).
- POSSESSIONS ANGLAISES D’AFRIQUE. — LE CAP
- IMPORTATION DE MACHINES
- Le consul de France au Gap fait remarquer que l’envoi des machines destinées à l’extraction de For, et qui sont, aux termes du nouveau tarif, admises en franchise dans la colonie, prend une importance chaque jour plus considérable. J’appelle de nouveau, écrit-il, l’attention de nos établissements métallurgiques sur les bénéfices que réalisent actuellement leurs rivaux d’Angleterre dans cette branche d’industrie, car je suis fermement convaincu qu’à l’époque des pluies les transports par la voie de Delagoa-Bay à destination de Bar-beton et de Witwatersrand seront assez faciles pour qu’ils puissent leur disputer ce monopole. Un agent devrait être envoyé, toute affaire cessante, par un syndicat à l’effet d’étudier la question sur place.
- LES THÉÂTRES
- nouveautés. — Ninon, opéra-comique en trois actes, de MM. Emile Blavet, Paul Burani et Emile André, musique de M. Léon Vasseur.
- menus-plaisirs. — Le Tigre de la rue Tronchet, vaudeville en trois actes, de MM. Pierre Decourcelle et Henri Kéroul.
- Dans la carrière amoureuse si bien remplie de la fameuse Ninon de Lenclos les auteurs de la Ninon dont les Nouveautés nous ont donné cette semaine la primeur, ont choisi l’épisode qui pouvait le plus passer pour une primeur, je veux dire le premier pas de la célèbre horizontale dans la voie où elle devait par la suite s’illustrer comme on sait.
- Un horoscope tiré par le _ savant astrologue Christian a prédit que la première chute de Ninon dans le sentier de la vertu doit se produire à 3 heures 17 minutes le jour oùcommence la pièce. Un autre horoscope, non moins folichon, assigne au cardinal de Richelieu le n° 2 sur la liste des amants que cette même Ninon doit conduire jusqu’à un chiffre fabuleux, à ce que dit l’histoire. Or Richelieu a rêvé les délices inédits du n° 1, et,
- grâce à sa puissance, il se met en tête de faire mentir l’horoscope.
- Fort heureusement pour l’immoralité de la chose, tous les calculs du cardinal-ministre sont déjoués par le dieu Amour qui pour le triomphe des saines doctrines a assigné le n° 1 au peintre Mignard devenu éperdument amoureux de Ninon à la suite d’une séance que ladite Ninon donne clans l’atelier du célèbre peintre, où elle pose pour son célèbre Triomphe de Vénus.
- Prétexte à costumes variés et décolletés surtout, la Ninon des Nouveautés a été favorablement accueillie quoique le livret ne soit pas toujours d’une ingéniosité parfaite, ni que la musique nous élève au-dessus du niveau ordinaire. Au contraire, il m’a semblé que M. Vasseur avait cette fois été un peu dérouté dans sa verve légère par la solennité du titre d’opéra-comique imposé par l’affiche à son œuvre et que sa muse s’est guindée plus qu’il n’aurait convenu pour une trame aussi folichonne.
- Ce sera-t-il un gros succès auprès du public payant? Laissez-moi, à cette question peut-être indiscrète, m’abstenir d’une réponse catégorique et m’en tirer en ne disant ni oui ni non. Par exemple ce qui ne saurait être mis en doute c’est le succès personnel de chacun de ces interprètes de choix qui se nomment Cooper (Mignard), Théo (Ninon) , Lantelme, Berthelier et Albert Brasseur qui. ont le don de forcer le rire le plus récalcitrant.
- Le Tigre de la rue Tronchet c’est, vous le pensez bien, un simple mouton (ainsi, du reste, se nomme-t-il dans la pièce, par ün artifice de nom très ingénieux, comme vous voyez), qu’un concours de circonstances pour lequelles le mot abracadabrantes semble avoir été inventé jette dans les aventures les plus belliqueuses.
- Ce n’est ni très neuf, ni très fouillé, mais c’est •parfois drôle grâce à un dialogue ai hoc et cela peut plaire. Saint-Germain apporte à la chose sa finesse habituelle de diseur et ce. n’est pas toujours inutile pour faire passer un poisson qui a besoin de rechercher dans la sauce les condiments qui le doivent faire passer.
- Nous avons eu cette semaine, au cercle de la presse, une soirée charmante dont une pantomime en un acte de M. Raoul de Najac, pour le livret, et d’un jeune compositeur déjà estimé, M. André Martinet, pour la musique, a fait les frais.
- Le Retour d'Arlequin, tel est le titre de cette pochade mimée avec beaucoup de goût par le librettiste et à laquelle une musique sans pose, mais d’une allure très franche et très personnelle, a assuré un succès qui pour n’être pas bruyant, n’en est pas moins de bon augure pour l’avenir du . compositeur.
- Cette pantomimette, à un seul personnage, a d’ailleurs été jouée l’hiver dernier dans nombre de salons et sera, je n’en doute pas, sur le programme de toutes les fêtes villégiaturesques qui sont le complément obligé de la vie de château.
- La partition et le livret, très élégamment illustrés, sont en vente chez l’éditeur Hennuyer, 47, rue Laffite, et nous engageons vivement nos lecteurs à se procurer cette œuvre charmante qui est l’une des plus aimables choses que l’on puisse représenter dans les salons cet été.
- Georges Grisier.
- ---------- 1 - ~-------------
- BIBLIOGRAPHIE
- Plusieurs journaux ont déjà annoncé que la vente de la Bibliothèque littéraire du général Pittié aurait lieu à la salle Silvestre, rue des Bons-Enfants, 28, de Ier au i5 avril prochain.
- Disons, à notre tour, quelques mots de cette vente qui promet d’être des plus suivies, On sait, en effet, que le regretté secrétaire général de la Présidence de la République était un bibliophile passionné et que, poète lui-même, il avait notamment réuni une collection très intéressante de tous les poètes français anciens et modernes, de belles éditions princeps de Ronsard du Bellay, Rémy Belleau et autres membres de la Pléiade ; parmi les lions modernes, un nombre considérable d’éditions originales de Victor Hugo, Lamartine, Alf. de Vigny, Brizeux, Félix Arvers Fauteur des. Fleurs perdues, etc., recherchées aujourd’hui.
- Outre cette collection spéciale et véritablement unique en son genre, mentionnons encore, d’après le catalogue dressé par le libraire expert A. Duret, quantité de livres de luxe, parmi lesquels il convient de citer en première ligne les publications si artistiques des librairies Quantin, Jouaust Lemerre, Conquet, etc...
- La vente, qui se fera par le ministère de Mes Delestre et A. Soyer, commissaires-priseurs, comprendra huit vacations principales auxquelles il faut en ajouter quatre autres, consacrées à la vente isolée de plus de six mille volumes, romans, revues, etc., qui n’ont pas été catalogués.
- Le Gérant, GARREAU.
- Tours. — lmp. E. ARRAULT et Cie, rue de la Préfecture, 6.
- p.584 - vue 147/496
-
-
-
- Le Moniteur
- DE
- L'EXPOSITION DE 1889
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
- TROISIÈME ANNÉE. Dimanche 10 Avril 1887. NUMÉRO 119.
- SOMMAIRE :
- 1. Les Travaux du Champ-de-Mars ; 2, Arrêté modifiant l’arrêt du 14 janvier3. Comités d’admission; 4. Bureau des comités d’admission; 5. Comité départemental de la Creuse; 6. Exposition des insectes; 7. Echos; 8. Sciences et industries; 9. Le Métropolitain; 10. Le langage international ; 11. Les Livres. 12. Avis commerciaux; i3. Les Théâtres; 14. Bibliographie; i5. Avis de la ville de Poitiers; 16. Exposition américaine.
- LES
- TRAVAUX DU CHAMP-DE-MARS
- La vue encartée dans le présent numéro du journal permet de bien juger le degré d’avancement des fondations du pilier n° 4 delà tour Eiffel; on y voit les quatre grands caissons en place; tout sera bientôt terminé et l’affouillement suivra son cours régulier. L’un des caissons, celui qui est le plus dans la direction de Grenelle, et qui a été monté le premier, est déjà enfoncé d’une quantité notable et aura, sous peu, entièrement disparu.
- Cette photographie offre un intérêt tout particulier car elle prend sur le vif un chantier en pleine activité et fait voir, en cours d’exécution, une phase de ces travaux à l’air comprimé qui jouent un si grand rôle dans l’art de la construction moderne et qui ont permis d’obtenir d’une manière relativement facile des résultats auxquels on eût eu grand’peine à parvenir sans ce mode d’action.
- Précisément pour ce motif les fondations de cette pile sont très intéressantes à suivre, caries autres, tout en donnant lieu à de grands et remarquables travaux, rentrent, somme toute, dans la catégorie des ouvrages habituels et n’en diffèrent que par l’importance et les soins particuliers qu’il faut apporter à un travail dont l’exécution parfaite est une des conditions qui assureront le succès de cette entreprise colossale. C’est ici le cas de dire qu’il est de toute nécessité que l’œuvre ne pèche pas par la base; aussi s’est-on entouré de toutes les garanties pour que les matériaux utilisés fussent irréprochables et leur emploi absolument judicieux.
- Ces caissons s’enfonceront de deux ou trois mètres au-dessous du niveau auquel les eaux peuvent atteindre et serviront d’assises aux massifs de maçonnerie formant les fondations proprement dites.
- Depuis quelques jours ce chantier a reçu une installation complète de la lumière électrique et de ci de là on voit de grands poteaux qui supportent des lampes à arc dont les fils conducteurs, courant d’un soutien à l’autre, donnent un aspect curieux à ce coin du Champ-de-Mars; du reste c’est un fait à remarquer que bien qu’entrée en grande partie dans nos usages, la lumière électrique conserve encore de son premier prestige et chacune de ses applications attire toujours l’attention soit dit sans vouloir faire allusion à l’éclat incomparable de cet éclairage grâce auquel la nuit n’existe plus et qui permet qu’un chantier soit occupé sans discontinuité.
- Dans la pile n° 2 les quatre massifs destinés à supporter les parties constituant le pied de la tour sont pour ainsi dire achevés et les maçonneries devant servir d’appui au soubassement sont suffi-sament élevées pour qu’on puisse en bien juger la valeur; naturellement cette partie de l’ouvrage n’ayant pas un effort aussi considérable à supporter n’est pas faite avec les mêmes matériaux que les massifs pour lesquels on a choisi des pierres absolument résistantes dont l’appareillage a été l’objet d’une attention toute spéciale.
- La pile n° 3 commence à se dessiner d’une façon satisfaisante, ses massifs sont très avancés et l’entourage se présente également dans de bonnes conditions; ayant peu cette pile sera au même point que la pile n° 2 ; dans ces deux emplacements on peut voir déjà, noyées dans la maçonnerie, les énormes tiges destinées à relier la "masse
- métallique à ses fondations. Ces tiges, au nombre dedeux parmassif, sont protégées pardes tuyauxen fonte dans lesquels on coulera du ciment léger ayant pour but de préserver les tiges de l’oxydation qui pourrait les ronger. »
- La fouille générale du pilier n° 1 est presque achevée et on va creuser les tranchées qui doivent recevoir le béton formant le support inférieur des fondations ; rien ne donne mieux une idée de l’importance de ces travaux que cet énorme trou béant au fond duquel les ouvriers semblent des nains, et l’antithèse est frappante dans la disproportion qui existe entre l’œuvre et ceux qui l’ont exécutée.
- Les travaux en sous-sol des palais des industries diverses sont rondement menés et pour marcher encore plus vite, une grue rotative vient d’être installée , qui permet d’amener directement le béton dans les fouilles où il doit être employé.
- De même les terrassements et les égouts ont avancé d’une façon très appréciable ; on commence à se rendre compte, en voyant les parties déjà remblayées et nivelées, de l’inégalité qne présentait le sol du Champ-de-Mars pris dans son ensemble et du mouvement de. terre considérable que nécessite son nivellement.
- Les travaux de la ligne de chemin de fer que doit desservir l’Exposition sont entamés, la traversée de l’avenue de Suffren est exécutée et on a déjà posé environ 200 m. de voie, on continue à y travailler.
- La portion de terrain qu’occupera la galerie des machines doit être un peu abaissée, environ om8o ou 1 m., pour atteindre la cote générale de 35m6o, le niveau de cette galerie sera donc en contre-bas de l’avenue de Labourdonnais ; pour éviter le mauvais effet que produirait cette disposition et les inconvénients qu’elle présenterait, on vient de soumettre au comité des travaux un projet d’abaissement de l’avenue depuis la rue du Champ-de-Mars jusqu’à l’Ecole militaire afin de dégager l’entrée du palais des machines et d’en permettre l’accès de plein-pied. L’avenue ayant actuellement une pente dans la direction du Tro-cadéro, on donnera ainsi naissance, vers la. rue du Champ-de-Mars, à un point haut d’où partiront deux pentes opposées. Du reste cette modification, portant sur une assez grande longueur, sera absolument inappréciable à l’œil lorsqu’elle aura été exécutée.
- H. de Baecker.
- -------- TT—» Q| <> O CSB1Η--
- ARRÊTÉ
- Modifiant l’arrêté du 14 janvier 1887 sur le jury d’admission à l’Exposition nationale des beaux-arts en 1889.
- Le Ministre de l’instruction publique et des beaux-arts,
- Vu l’arrêté du 14 janvier 1887 constituant le jury d’admission à l’Exposition nationale des beaux-arts de 1889, par application de l’article i5 du règlement du 28 juillet 1882 relatif à la constitution du jury d’admission à l’Exposition nationale des beaux-arts de 1889,
- Arrête :
- Art. ier. — L’arrêté du 14 janvier 1887 portant que « l’admission des ouvrages à l’Exposition nationale des beaux-arts en (889 sera prononcée par nn jury composé pour moitié de membres de l’académie des beaux-arts et pour l’autre moitié de membres nommés par le ministre » est modifié ainsi qu’il suit :
- L’admission des ouvrages d’art à l’Exposition universelle de 1889, sera, de même qu’à l’Exposition universelle de 1878, prononcée par un jury composé :
- Pour un tiers, de membres de l’académie des beaux-arts ;
- Pour un tiers, de membres nommés à l’élection ;
- Pour un tiers, de membres nommés par le ministre de l’instruction publique et des beaux-arts.
- Art. 2. — Le jury reste divisé en quatre sections :
- i° Classe i et 2. — Peintures, dessins, aquarelles, pastels, miniatures, émaux, porcelaines,
- cartons cle vitraux.
- 14 membres de l’académie des beaux-arts (section de peinture).
- 14 membres élus.
- 14 membres nommés par le ministre.
- 20 Classe 3. — Sculpture. — Gravure en médailles et sur pierres fines
- 9 membres de l’académie des beaux-arts (sculpture et gravure).
- 9 membres élus.
- 9 membres nommés par le ministre.
- La liste des membres élus devra comprendre au moins un graveur en médailles et un graveur sur pierres fines.
- 3° classe 4. — Architecture
- 8 membres de l’académie des beaux-arts (architecture).
- 8 membres élus.
- 8 membres nommés par le ministre.
- 40 classe 5. — Gravure et lithographie
- 3 membres de l’académie des beaux-arts (section de gravure).
- 3 membres élus (dont un graveur au burin, un graveur à l’eau-forte ou sur bois et un lithographe).
- 3 membres nommés par le ministre.
- Art. 3. — Sont électeurs tous les artistes français remplissant l’une des conditions suivantes :
- i° Membres de l’académie des beaux-arts ;
- 20 Artistes décorés de la Légion d’honneur pour leurs œuvres ;
- 3° Artistes ayant obtenu aux salons annuels soit une médaille, soit le prix du Salon ou une bourse de voyage.
- 40 Artistes ayant remporté le grand prix de Rome.
- Art. 4. — Le vote pour la désignation des membres du jury qui doivent être nommés à l’élection aura lieu le jeudi 14 avril 1887, au palais des Champs-Elysées (porte n° 1), de dix heures à cinq heures.
- Art. 5. — Les artistes électeurs seront admis à voter après avoir apposé leur signature sur un registre spécial.
- Chacun d’eux déposera dans celle des quatre urnes qui correspondra à sa section un bulletin portant les noms des jurés choisis par lui.
- Les artistes électeurs qui, domiciliés hors de Paris ou absents momentanément, ne pourraient se rendre au palais des Champs-Élysées 1<? jeudi 14 avril, auront la faculté d’adresser par la poste, à M. le-directeur des beaux-arts (au commissariat général des expositions, palais des Champs-Elysées, porte n° 1) un pli cacheté signé d’eux, contenant leur bulletin de vote également cacheté.
- Ces votes seront mentionnés sur le registre des électeurs.
- Art. 6. — Le dépouillement du scrutin aura lieu le vendredi i5 avril, à deux heures de l’après-midi, en présence de M. le directeur des beaux-arts et des artistes qui voudront assister à cette opération.
- Art. 7. — S’il y a lieu de pourvoir au remplacement d’un ou de plusieurs jurés élus, les suppléants seront choisis parmi les artistes qui auront obtenu le plus de voix à la suite.
- Art. 8. — L’arrêté dyu 14 janvier 1887 est maintenu, ainsi que l’arrêté complémentaire du 2 5 mars 1887, pour la désignation des membres du jury nommés par le ministre.
- Art. 9. — Font partie de droit du jury d’admission:
- Le ministre de l’instruction publique et des beaux-arts ;
- Le directeur des beaux-arts ;
- p.585 - vue 148/496
-
-
-
- 586. — Troisième Année — N° 119.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 10 Avril 1887.
- Le chef du bureau des travaux d’art, expositions et manufactures nationales;
- Le sous-chef du bureau des travaux d’art, expositions et manufactures nationales.
- Art. 10. — Le jury d’admission, sections réunies, sera présidé par le ministre de l’instruction publique et des beaux-arts ou bien, en son absence, par le directeur des beaux-arts.
- Les fonctions de secrétaire seront remplies par ! le chef du bureau des travaux d'art, expositions et manufactures nationales et celles de secrétaire-adjoint par le sous-chef du bureau des travaux d’art, expositions et manufactures nationales.
- Art. 11. — Dans chaque section, les président, vice-président et secrétaires seront élus par les membres de la section.
- Fait à Paris, le 3o mars 1887.
- Berthelot.
- Le ministre du commerce et de l'industrie, commissaire général,
- Edouard Lockroy.
- ARRÊTÉ
- Nommant les membres des comités d’admission à l’Exposition de 1889
- (classe 65 a classe 85)
- (Suite) I
- Percin (de), lieutenant de vaisseau.
- Pollard, ingénieur de la marine.
- Renaud, ingénieur des travaux hydrauliques. Roswag (H.), chef d’escadron.
- Rothschild (le baron Arthur de), membre du comité nautique du Yacht-Club de France.
- Soubeyran, secrétaire rédacteur à la Chambre des députés.
- Thierry, capitaine de vaisseau.
- Turquet, député.
- Vésigné, membre du conseil d’administration des messageries maritimes.
- Vivien, ancien lieutenant de vaisseau.
- classe 66. —Matériel et procédés de l’art militaire Babin de Grandmaison (H.-A.), chef d’escadron de cavalerie.
- Bange (le colonel de), directeur de la société des anciens établissements Cail.
- Barret, contrôleur de ire classe à l’administration de l’armée.
- Boulanger (J.), capitaine du génie.
- Boute, chef de bataillon.
- Chabbert (G.), rédacteur au cabinet du ipinis-tère de la guerre.
- Cha-mbé, médecin principal de 2 e classe. Désortiaux, ingénieur des poudres et salpêtres. Détaillé(E.), artiste peintre.
- Duteil d’Ozanne, chef delà division administrative, à la grande chancellerie de la Légion d’honneur.
- Fischer, capitaine.
- Helbronner (A.), manufacturier.
- Isle de Falconde Saint-Geniès (de 1’), capitaine. Jeanson, chef de bureau au cabinèt du ministre de la guerre.
- Jung (le général), chef du cabinet du ministre de la guerre.
- Lippman (M.), ancien directeur de l’entreprise des manufactures nationales d’armes de guerre de Saint-Etienne.
- Meissonnier (J.-L.-E.), artiste-peintre.
- Perrot, ancien contrôleur de la manufacture nationale de tapisseries de Gobelins.
- Petitgrand, chef d’escadron de cavalerie.
- Priou, chef d’escadron.
- Robert (le colonel), conservateur du musée d’artillerie àl’hôtel des Invalides.
- "Simon, sous-intendant militaire.
- Talrich, statuaire-modeleur de la faculté de médecine de Paris.
- Thierry, capitaine de vaisseau.
- GROUPE VII
- classe 67. — Céréales, produits. farineux avec leurs dérivés
- Boitel , inspecteur général de l’enseignement agricole.
- Boursier, agriculteur.
- Chapu(A.), fabricant de pâtes alimentaires. Fagot, député des Ardennes.
- Faucher (G.), ancien fabricant de fécules et de glucoses.
- Groult (C.), manufacturier.
- Heuzé, inspecteur général honoraire de l’agriculture.
- Schribaux, directeur de la station d’essais de graines de l’institut agronomique.
- Simon-Legrand, agriculteur.
- Têtard, agriculteur.
- Truffaud, meunier.
- Vilmorin, négociant grainier.
- Way (H.-A.), négociant-commissionnaire en grains, farines, huiles sucres et trois-six.
- classe 68. — Produits de la boulangerie et de la pâtisserie
- Bobier (F.-D.), officier d’administration.
- Cornet, négociant.
- Crétaine, ancien négociant.
- Guillout, fabricant de biscuits.
- Lépine, ouvrier boulanger.
- Ramé, ancien président delà chambre syndicale de la boulangerie.
- Sigault fils, fabricant de pain d’épices.
- Vaury, fabricant de biscuit de troupe.
- classe 69. — Corps gras alimentaires, laitages et œufs
- Chirade (A.), négociant en beurres, œufs et fromages .
- Dodé, négociant en beurres, œufs et fromages. Duclaux, professeur à la faculté des sciences et à l’institut national agronomique.
- Leydet, député des Bouches-du-Rhône. Raudoing, inspecteur général de l’agriculture. Rouiller-Arnoult, aviculteur.
- classe 70. — Viandes et poissons Bouchon-Brandely, secrétaire du Collège de 1 France.
- Marguery, président du comité de l’alimentation parisienne.
- Noël-Bretagne, publiciste agricole.
- Pourpoint (G.), (conserves alimentaires).
- Prevet (C.), (conserves alimentaires).
- Richard, médecin-major.
- Riotteau, manufacturier.
- Varey (C.), publiciste.
- classe 71. —Légumes et fruits Bivort (G.), courtier en marchandises.
- Caubert, agriculteur.
- Hédiard, négociant en fruits.
- Laporte, sénateur de Lot-et-Garonne.
- Lapparent (de), inspecteur général de l’agriculture.
- Potin (J.), négociant en denrées alimentaires. Salomon, viticulteur.
- 1 classe 72.— Condiments et stimulants) sucres et produits de la confiserie Delizy (de la maison Delizy et Doisteau fils) distillateur.
- Desmarais (Henri), raffîneur de pétrole et épurateur d’huiles.
- Bureau, directeur du Journal des fabricants de sucre.
- Gaillard (G.), député du Puy-de-Dôme.
- Germain (L.), négociant en droguerie.
- Guy (T.), distillateur,
- Ledoux (C.), négociant en cafés.
- Mahy (de), député de la Réunion.
- Ménier (G.), fabricant de chocolat.
- Pelpel (E.), ancien négociant.
- Wehly, ouvrier confiseur.
- classe y3. — Boissons fermentées Allain (A.), négociant.
- Berthaudin, agriculteur, fabricant de cidre. Boullay, député de Saône-et-Loire.
- Bourlier, député d'Alger.
- Cavé (J.-G.), négociant en vins.
- Célérier (L.), négociant en vins.
- Chandon de Briailles (Paul), de la maison Moët. et Chandon, fabricant de vins de Champagne. Desmoulins, rédacteur au Moniteur v intco le. Dollfus, président de la compagnie vinicole d’Amourah (province d’Alger).
- Droin, juge au tribunal de commerce.
- Dumesnil, président honoraire de la chambre syndicale des brasseurs.
- Duval, distillateur.
- Gabriel, négociant en vins.
- Hennessy (M.), propriétaire viticulteur.
- Hurard, député de la Martinique.
- Jarlauld (F.), négociant en vins.
- Magnin, sénateur, gouverneur de la Banque de France.
- Mestreau, sénateur de la Charente-Inférieure. Pavard , brasseur, syndic des brasseurs de France.
- Richard (E.), membre du conseil municipal de Paris.
- Taquet (P.), directeur du Midi vinicole. Velten, sénateur des Bouches-du-Rhône.
- GROUPE VIII
- classe 74. — Spécimens d’exploitations rurales et d’usines agricoles
- Bornot (C.), agriculteur.
- Dehérain (P.-P.), professeur au muséum d’histoire naturelle.
- Grandvoinnet, professeur à l’institut national agronomique.
- Japy (A.), constructeur mécanicien.
- Lavalard (E.), administrateur de la cavalerie et des fourrages à ia compagnie générale des omnibus.
- Lemoine, agriculteur.
- Philippe, directeur de l’hydraulique agricole au ministère de l’agriculture.
- Tisserand, conseiller d’Etat, inspecteur général et directeur de l’agriculture au ministère de l’agriculture.
- Vassilière , inspecteur général de l’agriculture.
- classe y5. — Viticulture
- Bazille (G.), sénateur de l’Hérault.
- Bourlier, député d’Alger.
- Couanon (G.), inspecteur des services du phylloxéra.
- Derevoge (Th.), député de la Marne.
- Ferrouillat, professeur à l’école d’agriculture de Grignon.
- Lalande, député de la Gironde.
- Lur-Saluces (comte H. de), sénateur de la Gironde.
- Pulliat, professeur à l’institut national agronomique.
- Rathier, député de l’Yonne.
- Roy (G.), ancien président de la chambre de commerce, propriétaire-viticulteur.
- Salis, député de l’Hérault.
- classe 76. — Insectes utiles et insectes nuisibles
- Balbiani, professeur au collège de France. Blanchard (E.), membre de l’Institut.
- Henneguy (F.), professeur à l’école d’horticulture de Versailles.
- Menault (E.), inspecteur de l’agriculture.
- Ramé, vice-président de la société d’insectolo-gie.
- classe 77. — Poissons, crustacés et mollusques
- Chaboî-Karlen, membre associé de la société-nationale d’agriculture.
- George, sénateur des Vosges.
- Lacaze-Duthiers (H. de), membre de l’Institut. Vaillant (L.), professeur-administrateur au Muséum d’histoire naturelle.
- GROUPE IX
- classe 78. — Serres et matériel d’horticulture André (E.), directeur de la Revue horticole. Beigmann (F.), membre de la société nationale . d’horticulture.
- Hardy (A.-F.), directeur de l’école d’horticulture de Versailles.
- Isambert, constructeur de serres.
- Joly (G.), • vice-président de la société nationale d’horticulture.
- Sohier (G.), constructeur de serres.
- 1 classe 79. — Fleurs et plantes d’ornements
- Carrière, directeur de la Revue horticole. Choiseul (H. de), ancien député.
- Cornu (M.), professeur administrateur au Muséum d’histoire naturelle.
- Lévêque, horticulteur.
- classe 80. — Plantes potagères Curé, horticulteur.
- Joigneaux, député de la Côte-d’Or.
- Joret, membre delà société nationale d’horticulture.
- Laizier, maraîcher.
- | classe 81. — Fruits et arbres fruitiers Baltet, horticulteur.
- Jo.libois-Roch, jardinier du Luxembourg. Michelin, membre de la société nationale d’horticulture.
- Mussat, professeur à l’école d’agriculture de Grignon.
- classe82. —« Graines et plantes d’essences forestières
- Charlemagne (E.-N-), conservateur: des forêts.
- ( Forgeot, grainier-fleuriste.
- Lepaute, conservateur des forêts au service de la ville de Paris.
- Rivet, inspecteur des forêts.
- classe 83. — Plantes deserre.
- Bleu, horticulteur.
- Chantin, horticulteur.
- Moser, (J.-A.), horticulteur-pépiniériste. Truffaut, horticulteur.
- classe 84. — Agronomie statistique agricole Cheysson (E.), ingénieur en chef des ponts et chaussées.
- Foucher de Careil, sénateur de Seine-et-Marne. Grandeau, directeur delà station agronomique de l’Est.
- Guyot (Y.), député de la Seine.
- Müntz (A.), chef des travaux chimiques à l’institut agronomique.
- Schlœsing, membre de l’institut.
- classe 85. — Organisation, méthode et matériel de Venseignement agricole
- Grosjean, inspecteur de l’enseignement agricole.. Laverrière (J.), publiciste agricole.
- Nocard, professeur à l’école vétérinaire d’Al-fort.
- Philippar, directeur de l’école d’agriculture de Grignon.
- Prillieux (E.), inspecteur général de l’enseignement agricole.
- Risler, membre de la société nationale d’agriculture.
- p.586 - vue 149/496
-
-
-
- BUREAUX
- DES
- COMITES
- D’ADMISSION
- m*
- Président Vice-Président. .... Rapporteur Secrétaire classe 6 Mézière. Buisson. Maillé. Chariot. classe 7 Zévort. Camille Sée. Jacquemard, Gay. CLASSE 8 Gérard. Cauvet. Angot. . Delorme. classe 9 Delalain. Alary. René Fouret. J. Hetzel. CLASSE 10 Laroche-Joubert. Choquet. Gratiot. Charles Fortin. CLASSE 11 Rossigneux. Lechevalier-Chevignard Germain Bapst. Bouasse-Lebel. CLASSE 12 A. Davanne. Georges Levy. Léon Vidal. Andra. CLASSE l3 A. Thomas. Gand. Dumoustier de Frédilly. Blondel. CLASSE 14 Tarnier. Gonfaux. Berger. Charvin. CLASSE l5 - 1 Faye. ^ Laussédat. 0 Manceron. 7; Teisserenc de Bort p
- Président Vice-Président Rapporteur Secrétaire classe 16 Vice-amiral Cloué. Bouquet de la Grye Mannoir. Callandreau. classe 17 Lemoine. Darcel. Lépine. Meynard. classe 18 F. Gilbert. Leys. Legriel. CLASSE 19 Victor de Luynes. Clémandot. Didron. L. Appert. CLASSE 20 Lauth. Th. Deek. Lcebnitz. P. Empereur. CLASSE 21 Davoust. Tresca. Thierry-Mieg. Henri Louvet. CLASSE 22 Leroy. Bézault. Follot. Jouanny. CLASSE 23 Piault. Galante. Cardeilhac. Languedoc. classe 24 P. Poussielgue-Rusand. Odiot. Froment-Meurice. Christofle. CLASSE 25 F. Barbedienne. G. Gagneau. J. Thiébaut. E. Colin.
- Président Vice-Président Rapporteur Secrétaire ....... classe 26 A.-H. Rodanet. Saunier. Paul Garnier. Charles Requier. CLASSE 27 Muller. Geneste. Ser. Beau. classe 28 Guerlain. L’Hôte. Lecarron. Coudray. classe 29 Emile Dupon-. Paul Sormani. Georges Amson. Tarbouriech-Nadal. classe 3o Méline. Trouillier. G. Roy. CLASSE 3l Magnier. Casse. Widmer. Simonnot-Godard. CLASSE 32 Dauphinot. Balsan. Grandgeorge. Talamon. CLASSE 33 Natalis Rondot. Tabourier. Eugène Dupont. Léopold Germain. classe 34 Biais. E. Dieutegard. A. Loiseau. Binot. r 0, M CLASSE 35 — S Julien Mayem. O Victor Hugot. 2 Abel Lorone. H Eugène Farcy. £3 70
- Président Vice-Président Rapporteur Secrétaire classe 36 A. Muzet. Armand-Dumaresq. Leduc. Paul Bessand. CLASSE 87 Martial Bernard. Hiel. Marret. Louis Aucoc. CLASSE 38 Le colonel Gras. Gévelot. Claudin. Capitaine Joubert. CLASSE 3p Gobron. Brochard. Paris. Sriber. classe 40 Péan. Jumeau. Chauvin. Mercier. classe 41 Daubrée. Martelet. Fuchs. Boutan. CLASSE 42 Chantbrelant. Samson. Mérandon. Ouvré. CLASSE 43 Félix Faure. Milne-Edwards. Bresson. Daubrée. classe 44 Fremy. Lecouteux. Sciama. Chevrier. Ü CLASSE 45 M — V Scheurer- Kestner. ^ Troost. x Riche. Suilliot. ^ H
- Présidmt ....... Vice-Président Rapporteur Secrétaire CLASSE 46 Cordier. Schutzemberger. Persoz. Guillaumet. CLASSE 47 Fortier-Beaulieu. Marius Guillon. Pinaut. Ch. Poullain. CLASSE 48 I.unyt. Jordan. Petitjean. Lodin. CLASSE 49 Hervé-Mangon. Risler. Durand-Claye. Marchais. classe 5o Aimé Girard. Fouquet. Joulie. A. Rouart.' classe 5i Perret. Petit. Bardy. Henry Deutsch. CLASSE 52 Lavalley. Liébaut. Hirsch. Bourdon. CLASSE 53 Léon. Contresty. Pihet. Emile Kern. classe 54 Max Richard. Bouard Simon. Imbs. Cartier. r, O CLASSE 55 2 Denis. Gros-FIartmann. Danzer. 00 Flavien. ™
- Président Vice-Président Rapporteur Secrétaire CLASSE 56 Agnellet (Parfait). Hurtu. Godillot. ‘ Légat. CLASSE 57 Haret. Meyer. Armengaud jeune. Donnay. CLASSE 58 Ermel. Beaudoire. Horteur. Henri Boucheron. CLASSE 59 Silvain Périssé. Ru an. Bongarel. Bonnet. classe 60 Guiet. Quénay. Camille. Belvallette. CLASSE 61 Picard. Brame. Clérault. Glasser. classe 62 Hippolyte Fontaine. Fribourg (Gerson). Postel-Vinay (André). Dumont (Georges). CLASSE 63 Michau. Lagrange. Molinos. Courtois-Suffit. classe 64 Brouardel. Th. Roussel. A. J. Martin Bechmann.] CLASSE 65 Contre-amiral O’Neill. Godron. Piau. Paul Soubeyran. ü
- Président Vice-Président Rapporteur Secrétaire ....... classe 66 Général Yung. Thierry. Jeanson. Chabert. classe 67 Boitel. Henzé. Vilmorin. Scribeau CLASSE 68 Vaury. Guillout. Cornet. Sigaut. CLASSE 69 Victor Leydet. Armand Chirade. Cabaret. Dodé (Victor). classe 70 Ch. Pi de La] J. Poti Ch. V< CLASSE 71 ’évet. iparent. n. irey. classe 72 De Mahy. Desmarais. Ledoux. Germain Thomas. classe y3 F. Jarlauld. Dumesnil. L. Gabriel. Allain. classe 74 Récipon. Lavalard. Dehérain. Bornot. > CLASSE 7 5 0 œ H Gaston Bazille, sénateur Roy. 0 Couanon. > Ferrouillat. ^ r
- Président Vice-Président Rapporteur Secrétaire ....... CLASSE 76 Seront nommés le 20 avril CLASSE 77 Georges (des Vosges). Raveret-Watteh CLASSE 78 Hardy. André. Sohien - CLASSE 79 Seront nommés le 20 avril classe 80 Joigneaux. Laizier. Curé. CLASSE 81 Charles Baltet. Jolibois (Roch). Michelin (Henri); Mussat. CLASSE 82 Lepaute. Charlemagne. Rivet. Forgeot. classe 83 Antoine Chantin. A. Bleu, A. Truffant. J; — J. Moser» CLASSE 84 Foucher de Careil. Schlœsing. Grandeau. Hardon. CO CLASSE 8a j*3 Tisserand. | Prilleux. Laverrière. ^ Grosjean.
- Troisième Année. — N° 119. LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1SS9. Dimanche 10 Avril 1887.
- p.587 - vue 150/496
-
-
-
- 588. — Troisième Année. — N° 119.
- LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 10 Avril 1887.
- COMITÉ DÉPARTEMENTAL
- DE LA CREUSE
- i° Sons-comité de Varrondissement de Guéret.
- MM. Augé (Jean), fabricant de chaussures à La Souterraine.
- Besge, fabricant de draps à Chamborand.
- Brutinot, minot., maire de Moutiers-d’Ahun.
- Byasson, docteur en médecine.
- Cessac (de), président de la société des sciences naturelles et archéologiques de la Creuse à Saint-Sulpice-le-Guérétois.
- Chandeliier, inspecteur d’académie.
- Cornillon-Savary, imprimeur-typographe.
- Coquelet, entrepreneur de travaux publics, maire de Moutiers-Malcard.
- Defumade, conseiller général à St-Vaury.
- Desjardins, peintre paysagiste.
- Favry (Emile), constructeur-mécanicien, à La Souterraine.
- Florand, pharmacien.
- François, minotier à La Celle-Dunoise.
- Gratevrolle, artiste peintre.
- Lacôte, député, à Dun-le-Palleteau.
- Laroche, sénateur.
- Masquelez, ingénieur en chef des ponts et chaussées en retraite.
- Pimpaneau, négociant, à Dun-le-Palleteau.
- Quéroy (Sylvain), tanneur, à La Souterraine.
- Raymonfils, régisseur à Grand-Bourg.
- Rousseau (Gervais), propriétaire.
- Séguy de Beaumont, propriétaire à Saint-Yrieix-les-Bois.
- Vallet, menuisier-sculpteur à St-Sébastien.
- Villard, docteur en médecine, maire de Guéret.
- 20 Sous-comité de Varrondissement d’Aubusson MM. Benoit, négociant des mines à Lavaveix-les-Mines.
- Bernaux, manufacturier, professeur à l’école nationale d’art décoratif.
- Bona, médecin-inspecteur des eaux thermales d’Evaux, conseiller général, maire d’Evaux.
- Boucheron, professeur à l’école municipale de dessin, à Felletin.
- Bournaret, manufacturier.
- Brunaud, manufacturier, à Felletin.
- Cazaud, manufacturier.
- Cornudet, député, maire de Grocq.-
- Desfemmes, vétérinaire, à Felletin.
- Gardavaux, conseiller général, à St-Chabrais.
- Goussaud, manufacturier.
- Hamot, manufacturier.
- Jabin, secrétaire de la chambre syndicale des ouvriers tapissiers.
- Jorrand, manufacturier, président de la chambre consultative des arts et manufactures.
- Leclerc, conseiller général.
- Louillat, manufacturier.
- Louvrier de Lajolais, directeur de l’école nationale d’art décoratif.
- Martinon, président de la chambre consultative d’agriculture à Blessac.
- Mounet, pharmacien.
- Piala, directeur des mines à Lavaveix-les-Mines.
- Richen, manufacturier.
- Roby-Pécot, ouvrier tapisssier.
- Rougat, fllateur à Felletin.
- Rousseau, président de la chambre consultative des arts et manufactures à Felletin.
- Salandrouze (Henri), manufacturier.
- Tissier (Frédéric), manufacturier.
- Treille, médecin des houillères à Lavaveix-les-Mines.
- Tricot, présid. du conseil de prud’hommes.
- 3° Sous-comité de l’arrondissement de Bourganeuf.
- MM. Authier (le comte du), propriétaire, maire d’Auriat.
- Delage, industriel, conseiller général.
- Dessaix, fils aîné, négociant et agriculteur à Bénévent.
- Deville, ingénieur des mines, directeur des houillères de Bosmoreau-les-Mines.
- Filhoulaud (Emile), fabricant de porcelaines.
- Guéraud (Pierre), directeur de l’école primaire supérieure,
- Jabely, (Albat), docteur en médecine à Bénévent.
- Lagrange (Emile), marchand de vins en gros à Monteil-au-Vicomte.
- Magadoux, conseiller général à Saint-Martin-Château.
- Nadaud (Martin), député à Soubrebost.
- Quéroy (Adolphe), tanneur à Bénévent.
- Riffaterre (Paulin), négociant.
- 40 Sous-comité de l’arrondissement de Boussac MM. Aucouturier, propriétaire-agriculteur.
- Bourdon, président du comice agricole.
- Charrier, membre de la chambre consultative d’agriculture, à Lépaud.
- Cousset, député, à Bussière-Saint-Georges.
- Douarre, propriétaire à La Celle-sous-Gou-zon.
- MM. Dr Bernard, au Buis.
- Bertrand, conseiller général à Séderon. Bonfils, négociant, conseiller général au Buis.
- Cornud, négociant.
- Debiez (Henri), industriel.
- Dupuy (Charles), chimiste.
- Espieu, meunier à Barret de Liourre. Gabinel, marchand de tourteaux, au Buis. Gamet, agriculteur à Beauvoisin.
- Gauthier, maire de Sahune.
- Gleize, maire de Mirabel.
- Gras, moulinier en soie. d’Hyvert, agent-voyer d’arrondissement, à Nyons.
- Labaeume, maire de Piégon. docteur Laurens, conseiller général, maire de Nyons.
- Pélissier, fabricant de chaux hydraulique. Peyronnet, négociant.
- Pez, agriculteur à Lemps.
- Porte (François), négociant à la Charce. Ravoux, pharmacien.
- Reynaud, marchand de cuirs à Séderon.
- EXPOSITION
- Des insectes utiles et de leurs produits. — Des insectes nuisibles et de leurs dégâts
- Par les soins de la Société centrale d’Apiculture et d’insectologie
- La Société centrale d’apiculture et d’insectologie poursuit les exhibitions d’insectes utiles et d’insectes nuisibles qu’elle a inaugurées en iSfiô, au Palais de l’Industrie, à Paris.
- Sa prochaine exposition bisannuelle des insectes {la neuvième) aura lieu en septembre prochain.
- Par ses exhibitions et son enseignement, la Société centrale d’apiculture et d’insectologie cherche : d'une part, à préconiser les meilleures méthodes pour propager les insectes utiles, les préserver de toutes maladies épidémiques et tirer le plus grand profit de leurs produits; de l’autre, à étudier les insectes destructeurs de nos cultures, de nos jardins, de nos forêts, de nos vergers et de nos constructions, et s’efforcer par tous les moyens dont la science et l’observation disposent d’atténuer leurs ravages, et de les faire disparaître. Gomme auxiliaires de ses efforts, la Société signale les parasites que la nature prévoyante place toujours à côté des êtres malfaisants pour empêcher qu’ils ne se développent outre mesure; elle recommande la conservation des petits mammifères, des reptiles et des oiseaux qui se nourrissent d’insectes nuisibles et contribuent, de cette manière, à la conservation de nos récoltes.
- Le programme de l’Exposition de 1883 comprenait cinq divisions, qui ont été conservées, mais la quatrième a été mise hors cadre. La première embrasse tous les insectes utiles rangés en six classes. Chaque espèce, autant que possible, doit être présentée à ses divers états d’œuf, de larve, de chrysalide et d’insecte parfait. En cas d’affections morbides, on devra exposer des sujets ayant la maladie à ses différentes périodes. Il en sera de même des produits que l’on en retire ; on les exhibera à leurs divers degrés de transformation. Chaque série d’insectes devra être accompagnée des végétaux dont elle se nourrit. Les mémoires, monographiques et autres documents imprimés ou manuscrits relatifs à chaque espèce figureront également à l’exposition, quand bien même ils ne seraient point accompagnés de collections. En outre, les concurrents sont invités à joindre à leurs échantillons une note sur leurs méthodes d’éducation, en indiquant le prix de revient de leurs produits et les prix auxquels le commerce les achète. On indiquera aussi les dommages causés parles maladies. — Les pertes que la séricul-ture seule éprouve par suite de la gattine s’élèvent depuis iSSq, à plus de 60 millions par année.
- La seconde division est consacrée aux insectes nuisibles, qui forment dix classes. Ici deux voies s’offraient à la Société. Fallait-il classer les insectes nuisibles d’après les familles et les espèces, abstraction faite des végétaux qui les nourrissent, ou bien fallait-il prendre pour base de la classification les plantes elles-mêmes qu’il s’agit de protéger, et considérer à part chacune des espèces qui les dévorent ? La Société aura à préférer cette dernière classification, qui n’est point scientifique, il est vrai, mais qui est plus facile à saisir de la part des praticiens et se prête beaucoup mieux à leurs recherches. Les six premières classes de la seconde division embrassent donc tous les végétaux employés dans nos cultures, y compris les arbres fruitiers etforestiers. La septième classe est spéciale aux insectes qui attaquent les bois employés dans les constructions; la huitième, aux insectes destructeurs des matières organiques sèches, les crins, plumes, laines, etc. ; la neuvième aux parasites de l’homme et des animaux domestiques. Enfin la dixième classe comprend les insectes nuisibles à la pisciculture.
- Ce qu’il y a de particulier à dire de cette division, c'est que bon nombre de destructeurs dont elle estforméesont presque microscopiques, et que,
- parfaitement décrits et classés par les entomologistes, on ignore encore les mœurs et les transformations de quelques-uns, chose la plus essentielle à connaître.
- Ici, comme pour les insectes utiles, les collections devront, autant que possible, offrir des sujets à leurs divers états d’œufs, de larve, de chrysalide et d’être parfait. A côté de chaque destructeur on placera les végétaux qu’il dévore, afin que l’on ait un tableau fidèle de ses dégâts. Les notes explicatives insisteront principalement sur les diverses transformations que subit l’espèce et quel serait, à travers toutes ces métamorphoses, le moment le plus opportun pour la saisir et la détruire. En l’absence de collection les mémoires sur l’histoire naturelle de chaque insecte sont également admis à concourir. Mais dans les travaux qu’ils nous destinent, les entomologistes devront moins s’appliquer à la description des espèces, qui est à peu près connue, qu’à la recherche des mœurs et des métamorphoses restées un mystère, et qui sont les seules utiles à connaître au point de vue agricole. Il est à désirer que la science ne s’occupe pas seulement de la théorie, mais surtout des applications utiles.
- Les pertes que les insectes nuisibles causent à l’agriculture chaque année se chiffrent par des centaines de millions. Il nous suffira de rappeler la cécydomye et 1 ’alucite pour les céréales; le phylloxéra, la pyrale et 1 ’eumolope pour la vigne; le dacus pour l’olivier, etc.
- La troisième division comprend tous les auxiliaires : d’abord les insectes carnassiers, tels que carabiques, staphylins, etc., qui font une guerre sans relâche aux innombrables pucerons, papillons, etc. ; puis les mammifères, les reptiles et les oiseaux insectivores. Ici nous innovons: nous ouvrons des concours pour les animaux vivants de cette utile divis’on; nous créons des primes pour les bandes les plus complètes et les sujets les plus présentables. C’est une ménagerie de ces animaux qui ont tous besoin de protection et de multiplication, que la Société d’apiculture et d’insectologie veut montrer, s’il est possible, au public.
- Une quatrième .division hors cadre est formée d'animaux différents des insectes, puisqu'ils appartiennent aux Mollusques, mais que les agriculteurs sont habitués à confondre avec les insectes, nuisibles, et par les ravages et par les moyens employés à leur destruction ; ce sont les limaces et les escargots. — Une division complémentaire réunira tout ce qui a trait aux arts et aux industries dans lesquels les insectes figurent.
- Pour que les expositions donnent tout ce qu’on doit attendre, il ne suffit pas de réunir les produits et de rapprocher les hommes, il faut encore que ces derniers puissent conférer, enseigner et s’instruire mutuellement. C’est ce qui a eu lieu à chacune des précédentes expositions : des conférences publiques y ont été faites et des questions d’insectologie, posées à l’avance, ont été traitées en congrès. — Aux dernièrss expositions des projections oxhydriques des insectes microscopiques et de leurs dégâts ont vivement intéressé le public.
- La Société centrale d’apiculture et d’insectologie fait appel aux entomologistes français et étrangers, aux agriculteurs et à tous ceux que la question des insectes intéresse, pour les engager à préparer, dès maintenant, des éléments qui rendront instructive et brillante son Exposition de 1887.
- L’Exposition aura lieu à Paris du 27 août au 28 septembre 188p. Les exposants des colonies et des pays étrangers seront admis. Ils pourront se faire représenter, ainsi que les exposants français.
- Les personnes qui désirent prendre part à cette Exposition devront en faire la déclaration avant le i5 août prochain. Cette déclaration sera adressée franco au Secrétariat de la Société, rue Monge, 67, à Paris.
- Les exposants devront joindre à leur déclaration ou demande d’admission : i° la liste des objets qu’ils désirent exposer: 20 l’emplacement superficiel qu’ils peuvent occuper; 3° une note explicative indiquant les procédés de production, les divers emplois, enfin tous les détails qui peuvent être utiles pour le jury et les visiteurs.
- Les exposants de produits, d’appareils et d’instruments, sont invités à indiquer, autant que possible, le prix de vente.
- Les objets d’exposition devront être envoyés avant le 2 5 août, et installés avant la veille du jour de l’ouverture. Ils seront adressés franco au Commissaire de l’Exposition.
- Les frais généraux d’installation pour tout ce qui a trait à la science et à l’agriculture seront supportés par la Société ; mais les exposants auront à leur charge les frais de montres et de vitrines spéciales qu’ils voudraient établir. En outre, les exposants-marchands auront à payer 4 francs le métré d’étendue.
- Le secrétaire général de la Société est le délégué de la Commission d’organisation. Il sera chargé de la direction de l’Exposition. Il lui sera adjoint un commissaire général chargé de l’organisation des salles. M. Ramé, archiviste de la Société a été désigné pour cet objet.
- Les récompenses consisteront en : abeilles d’honneur, diplôme de mérite, médailles d’or et d’argent
- p.588 - vue 151/496
-
-
-
- p.n.n. - vue 152/496
-
-
-
- N° 119
- LE MONITEUR ^POSITION DE 1889
- Dimanche 10 Avril. :QQj
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1889
- ^âaP '3, Pue de l 'Echelle. 'Parts
- Placjues de MAt. Guillemmot&C"’
- A. Broise & Courtier, Phot.
- FONDATIONS DE LA TOUR EIFFEL (CHANTIERS DU CHAMP-DE - MARS)
- CAISSONS Aéitalliques
- p.dbl.n.n. - vue 153/496
-
-
-
- p.n.n. - vue 154/496
-
-
-
- Troisième Année. — N° 119.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1SS9.
- Dimanche 10 Avril 1S87. — 58o.
- du ministre, médailles de première, deuxième et troisième classe de la Société. Les médailles de i10 classe en bronze doré sont assimilées à l’or: celles de 2e classe (bronze argenté) à l’argent. Il pourra en être accordé en nickel et melchior. L’attribution en sera laissée à la disposition du jury qui, dans chaque classe, pourra donner tel ordre de distinction qu’il jugera nécessaire.
- Un concours est ouvert entre les instituteurs qui enseignent l’insectologie (culture des insectes utiles, ’pr°tect;ion des auxiliaires, et destruction des insectes nuisibles). Le concours sera fermé le, 25 août. Des primes en argent (100 — 5o — 25 fr.), des livres et des médailles seront donnés aux plus méritants. Les concurrents devront envoyer des travaux d’élèves qui pourront eux-mêmes être récompensés.
- Ces travaux figureront à l’exposition des insectes de 1887.
- — Un congrès d’insectologie générale et un congrès d’apiculture auront lieu pendant le cours de l’Exposition, dans la salle des conférences. Les intéressés sont priés de faire connaître les questions qu’ils pourraient avoir à traiter ou qu’ils désireraient y voir discuter. Adresser au secrétariat de la Société, rue Monge, 67.
- Voici la liste des membres de la Commission d’organisation :
- MM. de Hérédia, député de la Seine, président; Wilfrid de Fonvielle, Malessard, vice-présidents ; H. Hamet, secrétaire général ; J. Fallou, président de la section d’insectologie;, Frédéric de Boulle-nois, président de la section de sériciculture; Ramé, archiviste et vice-président de ladite section ; Deli-notte et Sevalle, secrétaires de la section d’apiculture ; Ch. Joubert et E. Savard de la section d’insectologie ; baronne de Pages de la section de sériciculture ; Asset, Bourgeois et Saint-Pee, trésorier.
- CLASSIFICATION
- Des insectes nuisibles et de leurs dégâts
- PREMIÈRE DIVISION Insectes utiles
- irc Classe. — Insectes producteurs de cire et de miel.
- 2e Classe. — Insectes producteurs de soie.
- 3e classe. — Insectes tinctoriaux.
- 4e classe. — Insectes comestibles.
- 5e classe. — Insectes employés comme amorce de pêche.
- 6e classe. — Insectes employés en médecine.
- 7e classe. — Insectes employés comme ornement.
- DEUXIÈME DIVISION Insectes nuisibles
- Première classe. — Insectes qui attaquent les céréales.
- 2e classe. — Insectes nuisibles à la vigne.
- 3e classe. — Insectes nuisibles aux plantes industrielles.
- 4e classe. — Insectes nuisibles aux plantes fou-ragères, potagères, ornementales, etc.
- 5e classe. — Insectes nuisibles aux arbres fruitiers et aux fruits.
- 6e. classe. — Insectes nuisibles aux arbres forestiers et d’alignement.
- A. Essences feuillues. — B. Essences résineuses.
- 7e classe. — Insectes qui attaquent les bois employés dans les constructions.
- 8e classe. — Insectes destructeurs des matières organiques sèches, et des provisions de nos demeures.
- 9e classe. — Insectes carnassiers nuisibles à la pisciculture.
- 10e classe. — Parasites de l’homme et des animaux domestiques.
- 1 ie classe. — Annelés, entozoaires de l’homme et des animaux.
- TROISIÈME DIVISION Les Auxiliaires
- Première classe. — Collections.
- 2e classe. —Animaux vivants,
- 3e classe. — Instruments divers.
- QUATRIÈME DIVISION
- Mollusques (Hors cadre)
- Mollusques nuisibles à l’agriculture.
- DIVISION COMPLÉMENTAIRE
- Insectologie appliquée aux arts et à l’industrie.
- F. S. — A partir de juin on pourra se procurer, au secrétariat de la Société, rue Monge, 67, des feuilles pour les demandes d’exposition. Ces feuilles contiendront des renseignements sur le mode d’envoi, etc.
- -------------- ------------------
- ÉCHOS
- Paris
- Très brillante soirée, samedi dernier, à l’Hôtel de Ville, où nos édiles et M. le préfet de la Seine donnaient leur premier bal. Malgré le nombre des
- invitations, onze mille environ, aucune cohue ne s’est produite, grâce aux dispositions prises par ,M. Alphand, qui s’est vraiment surpassé et a prouvé, une fois de plus, combien sont grandes ses qualités si appréciées d’artiste délicat et d’organisateur minutieux.
- La décoration des vingt-quatre salles était charmante ; partout des bosquets de verdure, des glaces recouvertes de treillages d’or tout enguirlandés de plantes grimpantes, des tapisseries, des tentures arrangées avec un goût exquis. Et tout cela, baignant dans des flots de lumière électrique, qui versaient, sur la foule compacte des danseurs et des curieux, comme des ruisseaux d’or rutilant, leurs rayons éclatants et chauds, enveloppant de leurs chatoyants reflets, les jolies femmes et les jolies toilettes, fort nombreuses.
- Deux orchestres, l’un dans la grande salle des fêtes conduit par Arban, l’autre, dans le salon du milieu, dirigé par Desgranges, ont, jusqu’au matin, fait tourbillonner le flot des danseurs aux accords de leur enlevant répertoire.
- MM. Poubelle, préfet de la Seine, et Mesureur, président du Conseil municipal, faisaient les honneurs de cette brillante soirée à leurs invités parmi lesquels on remarquait plusieurs membres du Cabinet, MM. Sarrien, garde des sceaux, Flou-rdns, ministre des affaires étrangères, Lockroy, ministre du commerce et de l’industrie, Boulanger, ministre de la guerre, M. Floquet, président de la chambre, et Mme Floquet, des députés en grand nombre, entre autres MM. Rouvier, Clémenceau, Anatole de la F’orge, Tony-Révillon, Laisant ; tous nos conseillers municipaux, puis au hasard, MM. Ferdinand de Lesseps, le général Riu, Naquet, Ruiz Zorilla, etc., etc.
- En somme, très belle soirée et grand succès, qui se renouvellera demain soir au second bal qu’ont obtenu, par leur excellente initiative, MM. Paul Strauss et Emile Richard.
- *
- ¥ ¥
- ETRANGER
- Allemagne
- L’exposition annuelle internationale de machines ouvrira à Breslau le mercredi 8 juin prochain, pour une durée de trois jours.
- Le dernier délai pour les envois expire le 5 juin.
- •*
- * ¥
- Le résultat financier de l’exposition internationale d’alimentation qui a eu lieu à Leipzig, en janvier dernier, semble devoir être des plus favorables. Les recettes totales se sont élevées à 75,000 francs et les bénéfices nets seront d’environ 30,000 francs. Sur ce chiffre, 10,000 francs seront versés à des œuvres de bienfaisance, 20,000 francs consacrés à la fondation d’une école de perfectionnement pour les apprentis cuisiniers.
- *
- ¥ ¥
- La direction du musée industriel bavarois de Nuremberg vient de publier la liste des exposants qui prennent part à son exposition permanente industrielle et commerciale. Ceux-ci sont au nombre de 103 ; 67 de Nuremberg et 36 de différentes villes de Bavière ou d’autres centres industriels d’Allemagne, tels que Berlin, Hambourg, Dresde, Stultgard, Karlsruhe, Cologne, Dentz et Mayence.
- ¥ ¥
- L’Association pour l’amélioration des races canines en Allemagne organise sa troisième exposition internationale, ouverte aux chiens de toutes races, qui aura lieu au Champ de Courses de Hanovre, du 10 au 22 mai.
- *
- ¥ ¥
- On sait que le mois prochain doit ouvrir à Dresde l’exposition internationale d’horticulture dont nous avons parlé à diverses reprises, et qui promet d’obtenir le plus brillant succès.
- Le comité des fêtes vient d’arrêter dans ses lignes générales le programme des réjouissances et divertissements, concerts, banquets, excursions, etc.
- Le comité des prix a aussi dressé la liste et déterminé l’attribution des nombreuses récompenses d’honneur offertes par différentes personnalités princières ou souveraines, ministères, Sociétés diverses ou particuliers.
- Le prix d’honneur offert par l’empereur d’Allemagne sera attribué à la meilleure exposition d’arboriculture pomologique ; celui du roi de Saxe à la plus belle exposition de roses.
- ¥ ¥
- Angleterre
- Le bilan officiel de l’exposition des chefs-d’œuvre artistiques, qui eut lieu à Folkestone, dans le courant de l’année dernière, et dont nous avons, à diverses reprises, entretenu nos lecteurs, accuse un déficit d’environ 29,000 livres, 725,000 francs.
- ¥ ¥
- C’est le mercredi 20 courant qu’ouvrira à l’Olympia de Londres, l’exhibition sportique dont
- nous avons parlé ; elle sera suivie, du samedi 14 au vendredi 15 mai, par le grand concours hippique de Londres auquel succédera, du mercredi 1er au vendredi 3 juin, une exposition hippique militaire.
- ¥ ¥
- Une exposition locale ouvrière a été inaugurée, la semaine dernière, à Sunderland.
- ¥ ¥
- La Société des aquarellistes français a transporté son exposition, après la clôture des galeries Georges Petit, rue de Sèze, dans les salons de MM. Boussod, Valadon et Cie, dans New-Bond Street, à Londres.
- ¥ ¥
- Alsace-Lorraine
- La délégation d’Alsace-Lorraine a accordé une subvention, une fois donnée, de 40,000 marks, (50,000 francs) au musée d’art industriel actuellement en création à Strasbourg.
- La ville fournira pour son entretien un crédit annuel de 25,000 marks, 32,000 francs environ.
- Le noyau du musée est formé par une très belle collection de serrurerie et ferronnerie d’art, par l’exhibition de laquelle la direction a commencé la série d'expositions artistiques spéciales qui entrent dans le cadre des institutions de ce genre.
- ¥ ¥
- Autriche - Hongrie
- L’exposition d’objets d’art religieux, récemment inaugurée au musée autrichien de Vienne, ren-lerme un ensemble extraordinairement riche et tout à fait remarquable d’objets anciens ; par contre la section d’art moderne est assez pauvre.
- La section rétrospective renferme 1,047 numéros, parmi ceux-ci, il est vrai, quelques expositions collectives.
- ¥ ¥
- Belgique
- Une exposition d’agriculture, d’horticulture et de pomoîogie aura lieu à Ixelles, dans le courant du mois de septembre prochain.
- *
- ¥ ¥
- Une exposition postale internationale organisée par la Société du Palais de l’Industrie et consacrée au timbre-poste et à son histoire aura lieu à Anvers en mai prochain.
- Des invitations nombreuses ont été lancées et l’on compte sur un grand concours de collectionneurs et d’amateurs.
- Les adhésions doivent être adressées à M. Th. van Haesendonck, 53, rue Van-Arteveldt, secrétaire de la Société.
- SCIENCES & INDUSTRIE
- Nouveau signal d’alarme
- . La Compagnie du frein à air comprimé Westinghouse a adopté un nouveau système de signaux d’alarme à l’usage des voyageurs.
- Cet appareil qui a également pour agent principal l’air comprimé par la machine pour le fonctionnement du frein, est composé d’un sifflet à signaux situé sur le tender, et mis en action au moyen d’une soupape.
- Cette soupape est reliée à un diaphragme mobile divisant en deux parties le réservoir d’air. L’une des parties est en communication avec un long tube qui s’étend à tous les wagons, l’autre partie avec le réservoir ; de telle façon, qu’à l’état normal la pression s’exerçant également sur ses deux faces, le diaphragme reste immobile et le sifflet d’alarme silencieux.
- Le conduit qui relie entre eux tous les wagons présente au-dessus de chaque compartiment une soupape mue au moyen d’un cordon fixé à la portée du voyageur, à la place qu’occupe ordinairement la sonnette d’alqrme.
- En exerçant une traction sur le cordon, la soupape correspondante se ferme, et alors la pression du réservoir du tender l’emportant sur la pression du tube distributeur, le diaphragme est mis en action, entraînant par son mouvement, la soupape du signal d’alarme, sans qu’il y ait aucune perte d’air comprimé, là pression restant la même, mais grâce à ce mécanisme étant orienté de façon à produire l’effet voulu.
- LE LANGAGE INTERNATIONAL
- CONVENTIONNEL
- (Suite.)
- La classe tu, qui est une des 80 racines primordiales, est celle des animaux. Elle contient bien les mammifères, tuv, les singes, tud, etc.; mais elle ne contient ni les poissons, qui forment la classe vi, ni les insectes, qui forment la classe
- p.589 - vue 155/496
-
-
-
- fqo. — Troisième Année. — N° 119.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- Dimanche 10 Avril 1887.
- vo, ni le cheval, ni le cerf, ni le mouton, etc. Ce sont cependant là des animaux. Le chien, tule, n’est compris ni dans la catégorie des mammifères, tuv, ni dans celle des animaux qui aboient, tuma, ni dans la classe delà domestication, va. Mais cette dernière comprend le hurlement, vala ; la baleine, vate; le dauphin, vaze. La catégorie du gloussement, vep, ne contient pas le dindon, xe,je; et celle de la faisanderie, vez, ne contient pas le faisan, vepe. La catégorie roucoulement, ver, contient le merle, vera, et non le pigeon, vêla, etc., etc. Qu’est-ce alors que les catégories ? Ne sont-elles pas pour nous un piège plutôt qu’un guide ? Et que conclure de ces quelques exemples, si ce n’est que la classification logique des idées humaines en divisions et sous-divisions, est une tâche absolument irréalisable, ou au moins qui n’a pas été réalisée ici?
- Le Dictionnaire des radicaux re contient que des substantifs; le verbe doit se former au moyen du substantif correspondant. Mais cette formation du verbe sera souvent bien difficile à mettre en pratique. Par exemple, le verbe moudre correspond aux substantifs meule, moulin, meunier, meunerie, blé, farine, son, etc.; lequel d’entre eux servira de point de départ pour la formation du verbe ? Et comment ces divers mots dériveront-ils à leur tour les uns des autres ? L’auteur ne le dit pas ; il n’indique pas non plus de règle pour la formation des mots composés.
- Tous les substantifs commencent par une consonne ; tous les autres mots commencent par une voyelle. Mais ces autres mots ne se distinguent pas entre eux par leur forme : articles, pronoms, adjectifs, adverbes, etc...., ont tous la même physionomie, tandis qu’il est toujours possible, dans un système bien pondéré, de différencier entre elles les diverses classes de mots qui composent le discours, ce qui donne un résultat bien plus satisfaisant.
- Quelquefois aussi les radicaux accessoires sont créés sans égard aux lois de la grammaire générale : ainsi le pronom relatif que, le pronom quoi ? et la conjonction que sont traduits par le même mot : iz.
- Telles sont en résumé les critiques auxquelles me parait prêter la formation des radicaux.
- Grammaire
- 11 y a des substantifs masculins et d’autres féminins, ce qui ne me parait avoir aucune utilité. L’article est conservé.
- Il se décline, ainsi que le pronom ; mais cette déclinaison ne comprend que le génitif et le datif, cas auxquels les prépositions de et à suppléent avec avantage : elle ne possède pas l’accusatif, le seul cas qui puisse paraître nécessaire pour la clarté de certaines phrases. Le substantif reste invariable; il ne se décline pas et ne prend pas non plusla marque du pluriel qui est portée par l’article et le pronom.
- L’adjectif qualificatif est invariable, tandis que l’adjectif simple (?) peut prendre le masculin et le féminin, le singulier et le pluriel. Il y aura là matière à quelque confusion.
- En plaçant devant le substantif les sept préfixes :
- a, e, i, o, u, ié, iéou,
- on forme l’adjectif, le participe présent, le participe passé, l’adverbe, l’adjectif contraire, la répétition de l’action, et l’action en sens contraire. Mais les deux derniers préfixes ne sont pas d,un usage général : « ils s’emploient surtout pour les
- participes et les adverbes ». Exemple: Richesse nib
- — Riche anib
- — Enrichissant enib
- — Enrichi inib
- — ? unib
- — Enrichissant de nouveau iénib
- — Appauvrissant ? iéounib
- Et d’autre part, nous trouvons pour pauvreté un radical spécial : nimé, au lieu de unib ; de sorte que pour traduire appauvrissant, nous ne savons pas s’il faut écrire : iéounib, ou bien énimé.
- Le verbe être est le seul qui se conjugue; il sert d’auxiliaire à tous les autres. Les verbes n’ont pas d’infinitif; ils n’ont qu’un participe présent et un participe passé, dont je viens d’indiquer la forme. Pour dire : je vois, je verrai, on traduira : je suis voyant, je serai voyant.
- Ce système de conjugaison est exactement le même que celui de M. Vidal; dans ce dernier, cependant, la forme est plus simple. Par exemple, pour traduire l’indicatif: il voit, M. Vidal emploie deux mots gi {il est) tanen (voyant), tandis que M. Maldant en emploie trois: al ib (il est) ebod (voyant).
- M. Maldant n’indique pas de règle générale pour la construction de la phrase, point qui est cependant d’une grande importance. Il prescrit ou permet de placer l’adjectif tantôt avant, tantôt après le substantif.
- Enfinil passe sous silence, et laisse sans solution up grand nombre des difficultés de la grammaire internationale.
- En somme, la langue Chabé abané ne me pa-
- raît ni assez simple, ni coordonnée sur tous ses points d’une manière assez complète pour répondre aux exigences de la pratique.
- LANGUE DE M. LETELLIER
- Divers ouvrages sur la Langue Internationale, par M. LeteL' lier. 9 volumes. i85a à 1886. Caen, io5, rue de Bayeux.
- Alphabet
- M. Letellier admet 16 consonnes, plus 10 voyelles, donc cinq qu’il appelle douces :
- a, e, i, o, u,
- et cinq voyelles fortes, qui sont les mêmes avec un accent :
- â, ê, î, ô, ù (ou).
- Il y a là, dès le vestibule de l’édifice que M. Letellier a voulu élever, le germe de certaines difficultés. En effet, les voyelles fortes nécessiteront constamment des' accents dans l’écriture et l’imprimerie ; et, dans la prononciation, elles se confondront souvent avec les voyelles douces. En ce qui concerne ses consonnes, la lettre r est très fréquemment employée par M. Letellier, parce qu’étant liquide, elle est, en effet, très commode pour les flexions grammaticales des mots ; mais on sait combien elle est difficile à prononcer pour les Orientaux. De plus, les articulations J et Ch, qui se distinguent si difficilement l’une de l’autre, sont toutes les deux admises.
- M. Letellier propose une écriture spéciale, formée de lignes droites et de lignes courbes; mais, pour le moment, il se sert, dans ses ouvrages, des ouvrages romains. M. Chérié, l’un de ses disciples, a proposé certaines modifications à son système d’écriture (1).
- Formation des mots radicaux
- Les mots radicaux sont les substantifs. M. Letellier a cherché à former ses radicaux par voie de classification des idées humaines, et il a apporté à lepr confection beaucoup de science, de travail et de soin. Tous les radicaux commencent par une voyelle, et c’est pourquoi l’auteur s’est laissé entraîner à admettre dix voyelles : cela lui permet, en effet, de répartir toutes les idées humaines en dix grandes classes, qui, au moyen des lettres suivantes, se divisent et se subdivisent en catégories et sections ; il ajoute ainsi au radical autant de lettres qu’il en faut pour atteindre l’idée qu’il veut exprimer, dans toutes ses nuances. En voici un exemple.
- La lettre U est l’initiale de tous les radicaux qui répondent à l’idée de : Correspondance des hommes entre eux: Cette idée se divise comme suit :
- UB correspond à l’idée de Langage.
- UG — Ecriture.
- UD — Demande.
- UV — Supplique,
- etc., etc.
- La troisième lettre sert à spécialiser davantage. Ainsi, dans la classe UB :
- UBA correspond à l’idée de Parole.
- UBÉ — Dénomination.
- UBÏ — Discours.
- UBO — Conversation.
- UBU — Récit,
- etc., etc.
- La quatrième lettre, et au besoin la cinquième et la sixième servent à descendre encore plus dans le détail. Mais la plupart des radicaux pourront se former avec 4 ou 5 lettres, 6 au plus ; car 5 lettres (voyelles et consonnes alternées) donnent déjà 2 56_,ooo combinaisons, et avec 6 lettres on en obtient plus de quatre millions. Mais une classification générale des idées humaines, présente des difficultés colossales; et bien que M. Letellier ait consacré à cette tâche' quarante années de travail, et qu’il ait publié un dictionnaire de radicaux assez complet, je ne crois pas que son œuvre donne de ce difficile problème une solution irréprochable.
- Grammaire
- Les diverses parties du discours se reconnaissent par leur lettre initiale. Les substantifs sont les seuls mots qui commencent par une voyelle ; et sur les 16 consonnes de son alphabet, M. Letellier en utilise i3 pour servir d’initiales, indiquant chacune une partie spéciale du discours ; adjectif, pronom, verbe, etc. Ainsi, l’adjectif qualificatif commence par un b ; l’adjectif déterminatif par un P ; le pronom par un d ; les verbes . actif, passif et neutre par g, p, ou 1 ; toutes les prépositions commencent par t; toutes les conjonctions par v ; etc.
- Les substantifs peuvent être masculins, féminins ou neutres. Au masculin, la voyelle finale suit immédiatement le radical ; quand le substantif est féminin, on intercale un r ; quand le substantif est neutre, on intercale un s.
- Les adjectifs, les pronoms, les participes s’accordent en genre et en nombre avec le substantif ; ils forment le pluriel, le féminin et le neutre de la même manière.
- (1) La Langue Internationale, Chérié, éditeur, 36, rue Hallé, Paris, 1886.
- Le rôle que chaque mot joue dans la phrase est indiqué par une voy elle finale, qu’on ajoute comme désinence au radical. Ainsi :
- Le sujet du verbe prend pour finale un Le régime direct du verbe —
- — d’un autre mot —
- — indirect du verbe —
- — — d’un autre mot —
- a.
- e.
- i.
- o.
- u.
- Tout ceci s’applique au singulier; pour indiquer le pluriel on emploie comme finales, les mêmes voyelles avec accent circonflexe.
- Le verbe, dont la lettre initiale indique la nature, forme sa conjugaison complète au moyen de trois lettres finales comme désinences La dernière voyelle indique la personne :
- Au singulier, je, tu, il a, e, i.
- Au pluriel, o, û, ô.
- Les temps du verbe sont indiqués par une autre voyelle qui précède la finale :
- Au présent, cette voyelle est supprimée.
- Au passé imparfait " cette voyelle est un é.
- Prétérit — — i.
- P. q. parfait — — ê.
- Antérieur — — î.
- Au futur simple — — o.
- Passé — — ô.
- Enfin le mode est indiqué par une consonne placée immédiatement avant la ou les deux dernières voyelles.
- Le mode indicatif est caractérisé par 1.
- — conditionnel — m.
- — impératif — n.
- — subjonctif — r.
- — infinitif — s.
- Exemple : on veut traduire ces mots : Je viendrais
- Akig est le radical de l’idée de venir ; mais akig, commençant par une voyelle, est un substantif. On le transforme en verbe neutre en le faisant précéder d’un 1, et l’on obtient lakig pour le radical du verbe. Je est la première personne du singulier : la dernière lettre sera donc un a. Le temps est le futur ; l’avant-dernière lettre devra par conséquent être un o. Enfin le mode est le mode indicatif ; en conséquence, la dernière consonne, précédant les voyelles finales, sera un 1. La désinence sera donc: loa ; et le mot : je viendrai se traduira par lakigloa.
- Au lieu de la synthèse, veut-on faire l’analyse ou la traduction d’un verbe ? Supposons qûe l’on trouve écrit le mot gidudamio, et qu’il s’agisse de le traduire. On le décomposera de la manière suivante :
- Le g comme initiale indique un verbe actif; ensuite commence le radical. Pour isoler ce radical, il faut étudier la désinence, qui forme la conjugaison. La lettre o indique la première personne du pluriel, nous ; la voyelle i, qui précède indique le prétérit ; et la consonne m qui est avant le i marque le mode conditionnel. Le radical s’arrête toujours avant la dernière consonne ; ce radical est donc iduda. On le cherchera dans le dictionnaire et on trouvera iduda, adoration. Nous sommes donc en présence du verbe adorer, et le mot gidudamio se traduira en français par : nous aurions adoré.
- Toutes les prépositions, comme je l’ai dit, commencent par la lettre t. Leur seconde lettre sert à établir entre elles une classification. Ainsi :
- Ta caractérise les prépositions suivies de l’infinitif.
- Té — les prépositions de possessions.
- Ti — — . de situation.
- To — — de temps.
- Tu — — de quantité.
- Ta — — de comparaison.
- Tê — — de lieu.
- Tî — —. de but.
- Tô — — de cause.
- Tû — — de manière.
- La troisième et la quatrième lettre correspondent aux idées représentées en français par à et pour. Exemple :
- De à pour
- Ta tab tabé avec un infinitif.
- Te téb tébé avec idée de possession.
- Ti tib tibé avec idée de situation, etc.
- Em. Dormoy.
- (A suivre.)
- LE MÉTROPOLITAIN
- DE BERLIN
- IV
- J’aborde aujourd’hui avec MM. Paul Gaudin et Jean Zuber qui sont des guides compétents, un des points les plus intéressants delà question, je veux dire : le matériel.
- La sécurité des trains très nombreux de la Stadtbahn est occassionnée d’une façon absolue par le Block System qui permet de limiter l’intervalle entre les trains au temps nécessaire pour parcourir la distance entre deux postes consécu-
- p.590 - vue 156/496
-
-
-
- Troisième Année. — N° 119.
- LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE 1SS9
- Dimanche 10 Avril 18S7.
- tifs, la ligne est divisée en cantons ; les postes qui déterminent ces cantons se trouvent aux stations du service local. Tant qu’un train est engagé dans un canton, ce canton est fermé au train suivant.
- Les signaux sont donnés par des sémaphores à bras mobiles, et transmis par des appareils électriques du système Siemens et Halske.
- M. Coossmann disait à ce sujet dans la revue générale des chemins de fer de septembre 1881;
- « On sait que dans ce système chaque poste ne peut se bloquer et débloquer simultanément le poste précédent, qu’autant qu’il met à l’arrêt l’aile de son sémaphore, et qu’il ne peut se débloquer que lorsque le poste suivant s’est lui-même bloqué. Il s’établit donc là dans la ligne ininterrompue du block une sorte de continuité.... et il suffit qu’un train soit annoncé dès l’origine de la ligne du block pour que la sécurité soit matériellement garantie d’une extrémité à l’autre de son parcours ; car si le stationnaire d’un poste fait défaut, la section en arrière reste indéfiniment bloquée ; des retards en résultent, mais il n’y a aucun accident.»
- Chez nous le matériel étant limité à 7 mètres de longueur, on se trouve très loin des plaques tournantes. il n’en n’est pas de même en Allemagne où le matériel roulant a souvent, comme en Amérique, des proportions inusitées.
- Gomme la houille est à leur compte et les plaques tournantes souvent inutiles, on fait les manoeuvres à la machine et la Stadtbahn n’a pas de plaques tournantes.
- Les ponts tournants n’existent qu’aux rotondes des dépôts.
- On pourrait parfaitement n’avoir 'qu’une classe unique dans un métropolitain, comme dans nos bateaux, nos omnibus ou nos tramways, comme enfin cela se pratique pour les Elevated Railroads de New-York : en Allemagne on n’est pas assez démocrate pour en arriver là, on a supprimé simplement deux classes sur quatre, il ne reste plus que la 2e et la 3e classe.
- Les voitures de 2e classe ont 3a places et celles de 3e classe 5o places ; un train est composé de la manière suivante : trois voitures au moins de 3e classe, un compartiment à l’avant sert décaissé de choc (Schutscoupee), un autre compartiment à l’arrière, ayant le même but, reçoit le chef de train.
- Il ne reste donc que i3o places, sauf aux heures d’ouverture et de fermeture des ateliers, 6 heures à 8 heures matin et soir, la place occupée dépasse à peine le i/3 de la place offerte, comme on le voit il y a,moins de voyageurs que de Paris à Auteuil par exemple, sur notre ceinture.
- Matin et soir on met deux voitures de 3e en plus, les jours de fêtes et dimanche il peut y avoir jusqu’à 7 voitures de 3° classe, chiffre maximum, ce qui présente donc 362 places au plus. Les trains ordinaires ne contiennent qu’une seule voiture de 2e classe, soit 40 places, toujours située au milieu du train.
- Il est juste d’ajouter que les trains sont très nombreux : 280 réguliers, 72 facultatifs et 112 de grande ligne. Ce qui représente le joli chiffre de 464 trains par jour, circulation maxima.
- L’administration, en présence d’un service de grandes lignes en vigueur depuis longtemps, a agi très sagement en établissant une seconde double voie.
- Ce sont des considérations d’ordre purement stratégique qui ont fait adopter les quatre voies parallèles et c’est ce qui explique les 464 trains quotidiens dont je parlais plus haut.
- C’est à la gare Saint-Lazare que s’effectue à Paris le plus grand mouvement de trains qui monte jusqu’à 55o pour la banlieue et 1 10 de grandes lignes, soit 660, ce qui est un chiffre' vraiment colossal.
- Les mœurs, à Berlin, sont bien différentes des nôtres, aussi les employés ont-ils beaucoup moins de mal que chez nous. Les voyageurs berlinois sont peu nombreux à chaque gare ; répartis en cinq groupes, ils s’embarquent méthodiquement sous la surveillance d’un conducteur par 1, 2 ou 3 voitures ; ils emportent à la main une grande partie de leurs bagages, la franchise de 3o kilogrammes n’existent pas en Allemagne.
- C’est, comme l’on voit, le militarisme et la discipline appliqués partout, même aux voyageurs ; c’est, en un mot l’antipode de ce qui se passe un jour de courses, si l’on veut, dans la salle des pas perdus de la gare Saint-Lazare... et même tous les jours !
- Les bagages de tout un train express ou omnibus n’exigent presque jamais plus d’un fourgon. Ce service est bien moindre que. chez nous, ce qui diminue singulièrement les pertes de temps et les difficultés de l’exploitation. Cela se comprend le voyageur ne tient pas à payer pour ses bagages.
- Mais là je constate et j’avoue que je préfère notre système de la franchise des 3o kilogrammes ; ça gêne la compagnie, mais c’est l’avantage du voyageur.
- Je dois dire cependant qu’il y a une compensation : en dehors du service des dépêches, tel qu’il existe chez nous, les postes impériales acceptent, pour toute l’Allemagne, le transport des colis sans limite de poids ou de volume. Ce système est si commode, qu’à l’heure présente la messagerie est passée tout entière aux postes impériales. Aussi dans toutes les gares, les poules ont des aménage-
- ments spéciaux presque aussi importants que ceux du service même de l’exploitation.
- A propos des billets, un fait bien curieux à signaler à Berlin même, dans le pays du militarisme par excellence : la réduction du tarif pour militaires est Limitée aux stations qui correspondent aux garnisons.
- La contradiction n’est qu’apparente; c’est encore la discipline qui a dicté cette mesure et naturellement la compagnie ne s’en plaint pas.
- Les règlements concernants les amendes sont fort sagement conçus ; la constatation du flagrant délit entraîne, comme en Angleterre et en Autriche, une condamnation avec paiement immédiat; voilà ce qui étonnerait bien les Normands!
- « Ce mode de répression, disent justement MM. Gaudin et Zuber, purement pécuniaire, est à tous les points de vue avantageux. Le service exploitant en a immédiatement terminé sans correspondance ni procès, souvent onéreux pour lui-même ; le coupable en est quitte à bon compte; on peut même dire que l’équité y gagne, car cette procédure rapide supprime toutes les démarches un peu scandaleuses auxquelles ne manquent pas de se livrer le voyageur sous le coup d’un procès verbal. Il est indispensable que la sanction pénale soit simple et sommaire, que le voyageur connaisse bien la taxe de la peine encourue et soit bien assuré de l’encaissement de ce qu’il verse ; la réglementation remplit ces conditions. »
- La progression des amendes ou forcements est d’ailleurs très rationnelle, il y a des billets de chiens pour la stadtbahn et la ringbahn de oimo, à omqfo et de oimo à om7°> mais comme il n’y a pas de fourgon pour eux, les voyageurs les gardent dans les voitures ; Berlin est le paradis des vieilles filles et des chasseurs à ce poin-t de vue !
- Comme considération à ce que je disais plus haut à propos des bagages, il convient de citer l’article XI des règlements tout entier, car s’il est encore bien allemand et bien militaire.
- « Il n’y a aucun service de bagages et l’administration décline toute responsabilité pour les colis qui pourraient être mis, soit au fourgon, soit dans le compartiment réservé. Le voyageur doit pourvoir à la manutention, tant à l’arrivée qu’au départ. »
- Est-ce assez joli de simplicité et de brutalité? Et les monte-charges ? la poste fait tout, le public le reste et les employés regardent. Pratiques les Prussiens ! très pratiques même ?
- Les pancartes indicatrices sont bien conçues ; pour donner une direction , on appuie sur un levier, de façon à faire dévier la pancarte de 1/4 de cercle, on la fixe ensuite dans la coche correspondante aù moyen d’une douille.
- Ces sémaphores ne sont pas nouveaux mais les dispositions en sont si bien étudiées que l’on doit les citer comme modèles.
- L’appel du départ n’est fait en réalité que pour les trains de grande ligne ou de banlieue dans les salles d’attente-buffets, communs aux services locaux et de grande ligne. Un employé, casquette à la main, vient indiquer l’heure du train et il agite une sonnette à main.
- Cette coutume, d’ailleurs excellente, peint bien encore le caractère militaire de l’Allemagne ; pas de civils, tout le monde sous les armes !
- Tout est prévu pour éviter du mal à la compagnie et souvent aussi aux voyageurs, il faut le reconnaître ; tout en suivant la queue on peut préparer sa monnaie sur une table circulaire qui sert de guide.et la présenter facilement au guichet sur des rayons en bois; tous les prix, ainsi que l’établit bien le barême, sont invariablement arrondis par dix, ce qui rend le calcul et le comptage extrêmement simples.
- L’augmentation de omio, pour passer de la 3e classe à la 2e, quelle que soit la distance, est excessive ou très minime. Cela a été fait dans le but évident de simplifier la comptabilité.
- Ces mesures presque arbitraires montrent combien les Allemands, si paperassiers d’habitude ont voulu faire très simple avec leur métropolitain ; ils y sont arrivés d’ailleurs.
- Paul Vibert.
- {A suivre.)
- -€m5HSp
- LES LIVRES
- CIV
- Le Temps passé. Mélanges de critique littéraire et de morale par M. et Mme Guizot, 2 vol. in-18. Paris, librairie académique, Didier, Perrin et Cie, libraires-éditeurs.— Gustave Geoffroy, Notes d’un journaliste. Vie, littérature, théâtré, 1 vol. in-18. G. Charpentier et Cie, éditeurs.
- Nous n’aimons pas beaucoup, en général, les recueils d’articles de journal. L’improvisation parfois heureuse mais le plus souvent hâtive qu’exige le journal ne semble pas devoir favoriser les qualités de réflexion et de style qui font l’effet et le succès du livre. Toutefois, il n’y a pas de règle sans exception. Il y a article et article, comme il y a fagot et fagot. Et tout d’abord il faut distinguer entre le journalisme dans sa phase classique, celle qui va de 1789 à i83o et le journalisme tel que l’ont fait depuis les exigences croissantes du be-
- soin d’information, de plus en plus vorace quant à la quantité et indifférent quant à la qualité. Les maîtres journalistes de ces deux phases, Mirabeau , Camille Desmoulins, Loustalot, Brissot, Riv.arol, Richer de Serisy, Rœderer, Suard, Fiévée, Michaud, Benjamin Constant, Lacretelle, Guizot se lisent encore avec plaisir et nous nous souvenons d’en avoir pris un extrême, mêlé à beaucoup de profit, à lire les Recueils de leurs articles, qui forment une partie de leurs œuvres. Avec i83o commence une nouvelle école de journalistes plus actifs, plus ambitieux, d’une influence directe sur la chose publique. Il suffit de citer les Thiers, les Mignet, les Armand Carrel, les Armand Marrast, les Emile de Girardin, les Granier de Cassagnac, les Louis Veuillot. Avec eux le journalisme poli-litique, de moins en moins philosophique, de moins en moins littéraire et où le talent ne rencontre qu’au hasard les bonnes fortunes du style, supporte encore la réimpression, mais le second coup frappé sur le public le trouve généralement aussi indifférent que le premier l’a trouvé passionné et trop souvent ne s’adresse qu’à un sourd.
- Néanmoins nous admettons pour ces trois périodes, où les journaux n’étaient pas multipliés comme aujourd’hui, se faisant l’âpre concurrence des succès, du reportage et organisés à l’anglaise et à l’américaine, nous admettons pour cès trois périodes de la presse française qui s’écoulent de 1789 à 1815, de 1815 à i83o, de i83o à i85o, l’intérêt historique littéraire et même moral que peuvent avoir des recueils d’articles.
- A partir de l’époque contemporaine, nous ne comprenons le Recueil d’articles qu’à titre de très rare exception. Nous feuilletons ceux de Silvestre de Sacy, triés avec un soin pieux et une sage discrétion. Nous regrettons un excerpta des meilleurs morceaux de John Lemoinne Nous allons dire en quoi ceux de M. Gustave Geoffroy méritent l’attention. Mais nous croyons qu’en général le plus sage est de laisser la feuille de journal aller où vont la feuille de rose et la feuille de laurier. Nous croyons que comme l’éphémère, dont la vie est bornée à un jour, il a rempli sa destinée quand il a brillé... éclairé, brûlé même quelque chose ou quelqu’un, pendant vingt-quatre heures. Vingt-quatre heures, c’est aujourd’hui la limite de la célébrité et de la popularité d’un chef-d’œuvre de ce genre d’illumination rapide qui a la flamme et surtout la fumée, l’éclat et surtout la fragilité du lampion. La plus grande partie des articles de journal de ce temps est faite pour s’éteindre comme la fusée du feu d’artifice après avoir un instant pétillé et rayonné dans la nue pour s’ensevelir bien vite dans son obscurité. Un bâton de fusée dédoré et noirci, voilà bien l’effet de l’article de la veille lu le lendemain.
- J’ai dit pourquoi il n’en était pas de même au temps où il y avait peu de journaux, où ils étaient rédigés par les chefs d’un parti, où ils représentaient des groupes considérables d’opinions, où la philosophie dirigeait encore la politique, où le journaliste se piquait de bien voir et de bien dire et où, dans la polémique il observait les règles de l’escrime académique. Les articles et les lettres de Camille Desmoulins, de Mirabeau, de Rivarol, de Fievée, de Rœderer, de Suard, de Benjamin Constant, de Guizot, de Rémusat, de Th.iers, d’Armand Carrel, d’Emile de Girardin, de Louis Veuillot, sont encore d’un vif intérêt pour l’historien, d’un attrait plus tempéré, mais encore sensible pour le critique. Ils racontent l’histoire des idées, des passions et des mœurs de leur temps. Ils permettent des comparaisons curieuses et piquantes entre ce qui passionnait les grands-pères etlespères etce qui passionne les petits-fils et les fils. Ils permettent de mesurer la vanité de l’éloquence, la brièveté de la gloire, les caprices de la popularité, de voir que pour vingt vaisseaux chargés lourdement qui partent avec confiance pour la postérité ce n’estle plus souvent qu’une chaloupe, un brûlot léger, qu’une coque de noix qui évite le naufrage et arrive à son adresse.
- Je ne connais pas de choix de recueil d’articles qui réponde mieux aux impressions que je viens de résumer, qui provoque plus de réflexions fécondes et d’utiles et piquantes comparaisons que le recueil, réuni par la piété filiale de Mme de Witt renfermant les principaux articles de Mlle Pauline de Meulan et de M. François Guizot son collaborateur masqué d’abord, puis à découvert, son ami et son mari de 1812 à 1828., où la mort dénoua sans les séparer deux âmes unies par tant d’affinités et d’intimités intellectuelles et morales.
- Ce sont d’abord des articles de critique dramatique où il est piquant de comparer avec le jugement de Geoffroy, le tyran du théâtre en ce temps là, les opinions plus libres, plus fines, plus délicates d’une femme en qui le goût n’était pas une passion grossière et brutale comme chez le détracteur de Talma, mais une probité naturelle de l’esprit attendri à propos par le cœur. Jamais l’admiration ou la critique n’ont eu plus de grâce dans la raison que sous la plume de cette femme d’esprit, réduite par l’adversité aux travaux de la femme de lettres mais qui sait toujours garder dans ses jugements la décence et l’enjouement du salon, et serait fort dépaysée dans cette classe tenue sous la terreur par la férule de ce cuistre
- p.591 - vue 157/496
-
-
-
- 592. — Troisième Année. — N° 119.
- LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE 1SS9
- Dimanche 10 Avril 18S7.
- sublime nommé Geoffroy. Si l'on considère que c’est à l’époque où Pauline de Meulan et François Guizot débutaient dans la critique littéraire que parurent les lettres de Mme de la Fayette, de Mme de Lambert, de Ninon de Lenclos, de MUe Aïssé, et surtout de Mme du Deffond et de Mlle de Lespi-nasse, on comprendra quel intérêt et quel ragoût il y a pour le lecteur à connaître l’opinion de critique de la première heure sur des personnages aussi distingués de notre histoire littéraire.
- De même il n’est pas sans saveur de lire l’avis d’une femme comme Pauline de Meulan sur les mémoires d’Alfiériou les romans de Mmc Riccoboni. Et ce n'est pas sans curiosité que nous entendons M. Guizot nous parler de Vauvenargues, ou des Martyrs de Chateaubriand. Il y a là une série de ricochets de coups de curiosité, d’objets d’intérêt et de sympathie que j’ai essayé d’expliquer, sans pouvoir entrer dans le détail. Le lecteur lettré y pénétrera avec plaisir et profit très bien guidé par une notice préliminaire de Charles de Rémusat et par des extraits de la notice de Sainte-Beuve de façon à ne pas trop regretter l’absence d’une table analytique de noms et de matières qui n’eut pas été inutile.
- Avec M. Gustave Geoffroy, le chroniqueur littéraire et dramatique de la Justice, nous sommes aux antipodes du recueil de Mélanges intitulé : le Temps passé. Il est bien passé, en effet, le temps où avaient crédit et autorité des opinions qui sembleraient aujourd’hui piteusement démodées et surannées à toute une école de jeunes hommes, qui s’intitulent naturalistes ou modernistes, et professent pour les traditions et les règles de l’ancien goût le genre de respect tempéré parla pitié qu’ils témoignent au pastel ou au clavecin d’aïeule que leur antiquité et leur naïveté sauvent du ridicule. Certes M. et Mm8 Guizot ne sont pas M. et Mme Denis. Ce sont des esprits libres, tolérants, qui paraissaient hardis aux lecteurs de leur temps. Mais ce qui était hardi en 1806, ne l’est plus guère en 1886, et risque, fort de paraître rococo et perruque aux partisans du nouveau, n’en fut-il plus au monde; àl’école des Zola,des Goncourt,des Daudet et même des Bouvier dans le roman, et en poésie des Maurice RollinatetdesLouiseAkermann. Mais peu importe qu’on ne soit pas toujours d’accord avec l’auteur. M. Geoffroy est certainement un homme de tempérament et de talent qui a des idées, qui en a le courage, et qui écrit dans une forme attestant de sérieuses qualités littéraires. C’est un critique de verve, à l’emporte-pièce, qui a l’ironie un peu grosse et la colère un peu hyperbolique. Mais il y a tel de ces morceaux qui est plein de saveur et d’humour. Et c’est encore un plaisir de curieux, un régal de gourmet que de comparer sur les livres, les hommes et les choses de 1885 à 1887, les opinions de M. Gustave Geoffroy avec celles de M. et Mme Guizot sur les hommes, et les choses et surtout sur les livres publiés de 1806 à 1812.
- M. de Lescure.
- AVIS COMMERCIAUX
- ATHÈNES-P1RÉE
- STATUTS DÉFINITIFS. — ÉLECTION DES MEMBRES DU COMITÉ ET DU BUREAU
- Le Moniteur officiel du Commerce du 17 mars publie les statuts définitifs de la Chambre de commerce française d’Athènes-Pirée, ainsi que la liste des membres qui composent le comité et le bureau de la nouvelle institution.
- POSSESSIONS ANGLAISES D’ASIE. — INDE
- ENVOI D’ÉCHANTILLONS DE THÉ
- Le Gérant du Consulat général de France à Calcutta vient d’adresser des échantillons de thé, représentant les qualités courantes vendues sur le marché de cette ville et sur celui de Londres, avec l’indication des prix obtenus. Notre agent a pensé que la comparaison de ces produits avec les provenances similaires de la Chine et du Japon pourrait présenter de l'intérêt pour les importateurs français.
- Ces échantillons sont à la disposition des personnes qui désireraient en prendre connaissance au.Ministère du Commerce et de l’Industrie, 244, boulevard Saint-Germain. (Direction du Commerce extérieur. — Bureau des Renseignements commerciaux.)
- AUSTRALIE
- EXPOSITION INTERNATIONALE A MELBOURNE, EN 1888
- Le Consul de France à Melbourne annonce qu’une exposition internationale sera ouverte dans cette ville en mars 1888. Les règlements relatifs à cette exposition n’ont pas encore été publiés.
- SUÈDE ET NORVÈGE
- CRÉATION D’UNE SOCIÉTÉ D’EXPORTATION
- Il vient de se fonder à Stockholm, écrit le ministre de France, sur le modèle d’associations étrangères analogues, une société ayant pour objet de faciliter l’exportation des produits suédois.
- L'association n’a pas l’attention de faire elle-
- même des affaires. Elle voudrait ménager à ses membres de nouvelles occasions d’écouler leurs produits, en centralisant les renseignements les plus complets sur les débouchés possibles, sur les prix, le crédit, le fret, etc.
- Pour arriver à ce but, elle se propose d’installer à l’étranger, dans le plus grand nombre décentres qu’elle pourra, des agents commerciaux, possédant une connaissance suffisante de la place où ils résident. Le devoir de ces agents ne sera pas seulement de renseigner, mais d'entrer en rapport avec les producteurs suédois et de faire des affaires pour leur compte.
- Ces agents recevront également des dépôts de marchandises et organiseront des expositions de produits suédois. Avec le concours des consuls des Royaumes-Unis, ils s’emploieront à réunir et'à expédier en Suède les échantillons et les modèles des articles les plus demandés à l’étranger, et qui seraient déjà ou qui pourraient être fabriqués par l’industrie nationale. Ces modèles et échantillons seront rassemblés dans un dépôt central d’exportation à Stockholm.
- L’association aura un journal spécial, où seront publiées les communications des agents, ainsi que les rapports des consuls de Suède et Norvège. Un catalogue illustré des produits suédois sera rédigé par les soins communs des agents de la société et des consuls du Royaume.
- --------—--:-~------------------
- LES THEATRES
- Bouffes-Parisiens : La Gamine de Paris, opéra-bouffe en 3 actes d'Eugène Leterrier et M. Albert Vanloo, musique de M. Gaston Serpette Châtelet : Reprise de la Chatte Blanche.
- A chaque opérette nouvelle la question se pose de savoir si un livret intéressant peut faire passer une musique médiocre, ou si c’est par les qualités musicales que peut se sauver un livret d’un intérêt... mettons moyen pour être poli.
- La question s'est encore agitée à propos de la Gamine de Paris que l’on vient de représenter aux Bouffes; elle a été résolu, cette fois, en faveur du musicien, mais rien n’empêche qu’à la première occasion ce soit le contraire qui se produise.
- Des trois auteurs de la Gamine c’est donc M. Serpette qui a été le terre-neuve de l’affaire : encore faut-il que je vous explique en partie ce qu’il avait à sauver.
- Il avait à sauver d’abord une absence d’action que ne pouvaient dissimuler — quelque peine qu’ils eussent prise à les faire drôles — des détails oiseux; puis un anachronisme qui dans une pièce qui se déroule en 1841 nous montre des costumes du plus pur style i83o. Enfin le musicien avait encore à lutter contre une erreur de distribution qui donnait à MUe Marguerite Ugalde c.e rôle de gamine, dont sa plastique actuelle devrait semble-t-il lui interdire l’abord.
- Je me hâte de dire que plastique à part Mlle Ugalde a été aussi bien que possible dans ce rôle qu’on a mis de force à sa taille et qu’elle a réussi à ne pas faire craquer. Comme chanteuse elle a participé en somme au succès final de la Gamine de Paris, pour une large part, mais combien son succès n’eût-il pas été plus grand s’il n’avait pas fallu que les plus indulgents applaudissent les yeux fermés, cette gamine.
- Ce sont là, direz-vous, des critiques de détail : soit ! Mais ces détails ont leur importance, et c’est souvent d’eux que dépend le succès final.
- L’intrigue de la Gamine de Paris est mince, jugez-en. Célina de la Roche-aux-Mouettes fiancée par sa tante Tepida à un ridicule personnage, le prince des Acacias, se laisse enlever par son amoureux Hercule. Au Temple où ils se rendent pour vendre des diamants ils vont être arrêtés par le gardien du marché lorsqu’une des marchandes, Titine, qui est elle-même sur le point de se marier s’intéresse à leur sort, et négligeant son propre bonheur s’ingénie à faire celui des deux amoureux : elle y réussit, grâce à la découverte dans la doublure d’une vieille robe de la baronne Tepida de la Roche-aux-Mouettes, vieille robe qu'elle achète comme marchande à la toilette, d’une correspondance amoureuse. Titine, la Gamine de Paris, met donc le marché en main à la baronne qui, pour prix de la restitution de ses lettres consentira au mariage de Celina et d’Hercule. Ce n’est pas plus malin que ça.
- Ce livret d’un intérêt peu soutenu est cependant habilement coupé par la musique, qui je le répète; a eu les honneurs de la soirée. Les couplets de la robe déchirée, ceux de la poupée, la ronde de la Gamine de Paris, le duo d’amour sont écrits d’une main légère et d’un goût parfait, comme en général tout ce que chante Mlle Ugalde.
- Quant à l’interprétation elle est parfaite. Mlle Milly-Meyer — la voilà certes la vraie gamine — est on ne peut plus amusante dans le rôle de la baronne Tepida de la Roche-aux-Mouettes. A côté de [ces deux étoiles, Milly-Meyer et Marguerite Ugalde, MM. Piccaluza et Lamy font valoir leurs excellentes qualités de chanteurs et M. Maugé est toujours une bien spirituelle ganache, quelque rôle qu’il ait à jouer.
- Avec la nouvelle version de la Chatte Blanche que vient de nous donner le théâtre du Châtelet, nous sommes en plein éblouissement de mise en scène : l’action ici importe peu et c’est surtout par les yeux que se prend le plaisir dans ces sortes de choses. La Chatte Blanche, nouvelle manière vous en donnera tant et plus. Impossible d’imaginer rien de plus riche et de plus beau que les décors et les costumes dont le Châtelet a paré la classique féerie dont elle a fait effacer les rides du dialogue par deux Parisiens éprouvés, MM. Blavet et Prével.
- Un truc, surtout, fera courir tout Paris, celui des régates de la Ville Joyeuse, clou de premier ordre et qui peut être considéré comme le dernier mot du naturalisme au théâtre. Figurez-vous la scène énorme du Châtelet transformée en un lac, aux bords merveilleux duquel s’étend toute une ville, et dans ce lac en eau, s’il vous plaît, passent des bateaux, et même un steamer, des courses nautiques s’organisent avec distributions de récompenses, orphéons, fanfares et tout le cérémonial connu. Puis le ciel se couvre et soudain tombe du cintre la pluie, la vraie pluie liquide, dans laquelle se jouent les rayons des lumières, cela est absolument merveilleux de goût comme de réalisme ! Pendez-vous, maître Zola, Busnach n’avait pas encore songé à cela.
- Si le succès a été grand je n’ai pas besoin de vous le dire, et la Chatte Blanche verra se renouveler le cours de sa déjà longue carrière, absolument comme si personne ne la connaissait.
- Voilà que la saison s’avance et bientôt notre causerie hebdomadaire ne trouvera plus dans l’actualité son élément naturel. Pour la période des vacances, j’aurai donc le plaisir de faire à votre intention un travail qui peut être intéressant : la revue rétrospective et critique des nouveautés de l’année, succès et autres. Ce memento fera l’objet de l’une de mes prochaines chroniques.
- Georges Grisier.
- RIRLIOGRAPIIIE
- Le Vade-mecum usuel pour f88j, ouvrage de renseignements divers et de statistique sur Paris, la France et les colonies, publié sous la direction de M. Gaston Fournier, licencié en droit. — Paris, maison Quantin. — Prix, cartonné: 3 francs.
- Pour la première fois paraît un élégant petit volume de format pratique et commode contenant tous les renseignements que jusqu’ici l’on était obligé de rechercher dans les divers annuaires, dont le prix est élevé et qui forment, parleur réunion, une collection encombrante.
- On y trouve la liste complète des maisons souveraines, des corps diplomatiques et consulaires, des sénateurs et députés, du personnel des grands corps de l’Etat ; l’ordre de la Légion d'honneur, l’armée, la marine, les finances, les colonies et pays de protectorat, le chiffre de la population de la France depuis le dernier recensement, les différents calendriers, les monnaies étrangères, la réduction des heures à midi de Paris, etc., etc. Tous ces renseignements ont été puisés aux sources officielles, leur exactitude est absolue ; l’impression de ce Vade-mecum est parfaite. Nous n’avons donc qu’à féliciter la maison Quantin de cette heureuse innovation, que son prix met à la portée de tout le monde.
- VILLE DE POITIERS
- EXPOSITION ARTISTIQUE DE 1881
- AVIS
- Les Tableaux et Objets d’art doivent être déposés par les Artistes de Paris, du 10 au 20 Avril prochain,
- Chez M. DANGLETERRE fils, doreur-encadreur, 16, rue Labié, qui se chargera, sans frais, de l’envoi à l’Exposition de Poitiers.
- MM. les Artistes sont priés de donner la notice et le prix de leurs tableaux.
- EXPOSITION AMÉRICAINE
- Le lundi 2 mai 1887, à 3 heures de l’après-midi, aura lieu définitivement à Earl’s Court, Kensington, Londres, l’inauguration de l’Exposition américaine dont la durée sera de six mois. Elle comprendra exclusivement les arts, les inventions, les produits du sol, les produits manufacturés des Etats-Unis. Son but est d’attirer l’attention de l’Europe sur la variété des ressources industrielles, sur l’habileté et l’adresse des ouvriers américains et de développer le commerce avec l’étranger.
- Le Gérant, GARREAU.
- Tours. — lmp. E. ARRaULT et Cie, rue de la Préfecture, 6.
- p.592 - vue 158/496
-
-
-
- A'' ;
- Le Moniteur
- *• '!;]
- v&sÿ»" Asao
- DE
- L'EXPOSITION DE 1889
- Rédaction et Administration : 18, rwe Bergère, 18, a Paris
- TROISIÈME ANNÉE.
- Dimanche 17 Avril 1S87.
- NUMERO 120.
- SOMMAIRE :
- Les Travaux du Champ-de-Mars ; 2. Adjudication; 3. Rectification ; 4. Comité départemental de la Marne; 5. Comité départemental de l’Aube ; 6. Comité départemental du
- Calvados; 7. Revue de la presse; 8. La Galerie des machines en 1878; 9. L’Exposition de Toulouse; 10. Exposition des pastellistes; 11. Le Langage universel ; 12. Le Métropolitain de Berlin; i3. Les Livres ; 14. Les Avis commerciaux; i5. Les Théâtres.
- LES
- TRAVAUX DU CHAMP-DE-MARS
- Le réseau des égouts sera bientôt terminé, d’ici peu la terre en aura recouvert les voûtes, et de cet important travail il ne restera plus de traces visibles pour le public jusqu’au jour cependant où un nouveau bouleversement du terrain viendra découvrir ces nombreuses et importantes galeries souterraines comme l’ont fait les terrassements actuels pour les égouts et conduites qui avaient été construits lors des expositions précédentes, et qu’on a rencontrés en divers points, notamment dans les fouilles de la pile n° 4 des fondations de la tour.
- Ces travaux, pour cachés qu’ils soient, n’en offrent pas moins un grand intérêt et leur exécution demande autant de soins et de précautions que la plupart des autres constructions, car dans une entreprise aussi considérable que celle de l’exposition, le service de l’assainissement tient une place immense tant au point de vue de l’utilité proprement dite qu’au point de vue de l’hygiène; il ne faut pas oublier que pendant six mois le Champ-de-Mars sera transformé en une véritable ville des plus importantes, laquelle, à cause de sa concentration, exigera dans son service de canalisation, une régularité de fonctionnement d’autant plus parfaite qu’en cas d’accidents les réparations seraient extrêmement difficiles, et risqueraient de porter un grave préjudice à l’exploitation.
- La quantité de résidus et de débris de toutes sortes, dont il est urgent de se débarrasser, est immense, et un arrêt dans le fonctionnement de l’expulsion amènerait vite une accumulation de détritus dont la présence, surtout au milieu des , chaleurs de l’été, serait un danger pour la santé publique.
- MM. Huguet, Versillé et Appay, les adjudicataires de cette entreprise, en ont compris l’importance et ont apporté tous leurs soins à l’exécution de ce travail ; grâce à leur direction intelligente toutes les précautions ont été prises pour qu’aucun accident ne fût à craindre et bien qu’ayant, en même temps, à s’occuper aussi du nivellement général du Champ-de-Mars, qu’ils ont également soumissionné, iis n’ont cessé de veiller avec la plus grande attention à la confection des égouts dont l’achèvement est proche.
- Voici quelques renseignements techniques qui nous ont été communiqués et qui offrent un certain intérêt. Pour que les explications puissent être suivies facilement, nous donnons à une échelle réduite (omoi25 pour 100 mètres), un plan général du Champ-de-Mars sur lequel nous avons tracé la canalisation souterraine en employant des traits différents afin de distinguer tout de cuite chaque type d’égout, soit les nouveaux construits, soit ceux qui existaient déjà et qu'on a utilisés en s’y raccordant; de plus de petites flèches indiquent la direction de la pente qui, comme on le voit, est dirigée de l’école militaire, vers la Seine. Le même petit plan montre l’emplacement de la tour de 3oo m. et nous avons donné à chaque pied le numéro sous lequel il est désigné habituellement.
- Les égouts anciens, indiqués par une ligne poin-tillée, forment 4 tronçons dont deux, situés vers le haut du Champ-de-Mars, se réunissent au point F et les deux autres, près de la tour, sont reliés par une petite branche récemment construite.
- Les égouts exécutés par MM. Huguet, Versillé et Appay sont de deux types : le premier est employé pour les deux tronçons DE et OM;il est nommé collecteur et sa forme elliptique a pour dimensions i“8o en hauteur et im6o en largeur; à la partie inférieure l’ellipse est déformée par une banquette de om70 de largeur destinée à recevoir des tuyaux de canalisation de om6o de diamètre ; les parois, d’une épaisseur de om20, sont faites en meulière et ciment de Vassy reçoivent un revêtement de ciment pur ayant pour but d’assurer l’étanchéité. La longueur de ces deux tronçons est d’environ 65om.
- Le deuxième type indiqué sur le plan par des lignes en traits interrompus forment plusieurs branches qui, prenant naissance sur les anciens égouts, suivent la pente naturelle et viennent se réunir au point O où elles se jettent dans le collecteur O M.
- La section de cet égout est une ellipse aplatie en bas et ayant ini8o et imio pour dimension de ses axes ; quant aux parois elles ont la même épaisseur que celles du premier type et sont construites de la même façon. On compte une longueur d’environ i,8oom de ce deuxième type.
- La profondeur moyenne à laquelle a dû être exécuté le terrassement nécessité par ce travail est de 6m8o, il a donc fallu prendre de grandes précautions pour soutenir latéralement les parois de la fouille dans laquelle les bois nécessaires au blindage et à l’étayement formaient un curieux enchevêtrement.
- Sur le côté gauche du plan, on voit un autre tronçon T V, cette partie a été construite par M. Coignet, avec le béton qui porte son nom et dont on a pu apprécier toutes les qualités dans les nombreux travaux qui ont été exécutés à l’aide de ce procédé.
- Ce béton est suffisamment connu pour que nous n’entrions pas dans de grands détails sur sa fabrication ; on sait qu’il est composé de sable mélangé à de la chaux, quelquefois additionnée de ciment ;
- l’avantage de ce système est de donner une maçonnerie extrêmement compacte, car la petite dimension des matériaux employés diminue d’une façon notable les vides qui existent forcément dans la maçonnerie de béton ordinaire, fabriqué avec des cailloux ou du gravier; déplus, si le mélange a été bien fait et qu’on ait eu soin de choisir du sable assez régulier, à grains un peu anguleux, chaque particule se trouve enveloppée d’une sorte de gaine qui le relie d’une façon absolue à la particule voisine.
- En dehors du choix d’un bon sable et d’une chaux plus ou moins hydraulique, la réussite de la confection de ce béton repose surtout dans le mélange intime de ces matières et dans leur parfaite trituration avec le minimum d’eau nécessaire à l’opération du malaxage.
- Au Champ-de-Mars ces diverses phases de la fabrication se font au moyen d’une bétonnière spéciale actionnée par une locomobile ; une noria adaptée à l’appareil puise le sable mis en tas devant elle et le déverse dans la cuve de jaugeage où l’ouvrier, chargé de la direction de la machine, jette la chaux et le ciment dans la proportion moyenne de ie5 kil. de chaux et de 5o kil. de ciment lent pour 1 m. cube de sable de rivière ; dans ce récipient des lames métalliques hélicoïdales, montées sur un arbre horizontal, remuent constamment la masse de façon à en opérer le mélange intime ; au bout d’un certain temps l’ouvrier ouvre le fond et les matériaux tombent dans un réservoir auquel un mécanisme spécial imprime des secousses rapides, ce réservoir étant incliné, la matière mélangée avance peu à peu et finit par glisser dans une autre boîte placée en dessous, elle,y tombe en nappe mince humectée au passage par de nombreux filets'd’eau tout l’écoulement peut être réglé à volonté, la pâte grossière ainsi formée est puisée dans la boîte par la partie inférieure de deux grandes vis métalliques inclinées, entourées d’un tube, et animées d’un mouvement de rotation qui, tout en opérant le malaxage, élève progressivement le béton dans le tube et le déverse à la partie supérieure des vis dans les wagonnets amenés en ce point pour le recevoir et l’emporter au lieu d’emploi.
- Cette bétonnière peut fabriquer jusqu’à 401m. cubes par jour. L’égout construit par M. Coignet ayant une longueur d’environ 5oo m. à sa tête au point T et il vient se jeter au point V dans un égout existant qui s’écoule par la rue Montessuy ; vers ce point V, le système de canalisation présente une cote plus élevée de sorte que, pour les autres égouts, l’écoulement a lieu dans la direction opposée, c’est-à-dire vers le point M.
- Pour cet ensemble on a adopté le système du tout à l’égout préconisé depuis quelque temps et que l’on tend à généraliser bien qu’il soulève de nombreuses objections, lesquelles ont donné lieu à des discussions toujours pendantes.
- Les terrassements avancent avec une égale rapidité et seront certainement achevés pour l’époque bxée, car on remue jusqu’à 1,000 m. cubes par jour alors que les obligations imposées aux entrepreneurs ne comportent qu’un cube de Soo.m.
- Les autres travaux marchent avec non moins d’activité, mais on ne peut aussi facilement s’en rendre compte par une simple visite des chantiers, sauf toutefois pour celui de la Tour pù. la nature particulière du travail permet déjuger, à l’inspection des lieux, les progrès réalisés.
- Les piliers‘nùs 2 et 3 sont, près . d’etre achevés, car les massifs sont pour ainsi dire terminés, de même que les murs d’entourage, soutiens de soubassement; l’espace compris entre les massifs et ces murs sera remblayé pour le pilier n° 2, et laissé vide dans le pilier n° 3, car on se servira de cet espace pour loger de nombreux appareils devant servir a l’exploitation, nous aurons l’occasion d’en reparler.
- Au pilier n° 1, on commence à monter les caissons qui doivent y être employés, attendu que l’on rencontre en cet endroit les mêmes difficultés naturelles qu’au n° 4. Sur ce^ point les^ caissons commencentàs’enfoncer;l’un d’eux estmême muni
- p.593 - vue 159/496
-
-
-
- 594- — Troisième Année. — N° 120,
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- Dimanche 17 Avril 1SS7.
- 1
- t
- de ses deux sacs à air, et on rajoute de nouvelles plaques métalliques destinées à augmenter sa hauteur au fur et à mesure du fonçage ; la pression dans ce caisson est maintenue au chiffre très minime de deux à trois dixièmes d’atmosphères ainsi que le constate le manomètre fixé à l’appareil.
- Enfin, entre les quatre caissons on opère, tou-mrs au moyen de l’air comprimé, un sondage profond, qui doit donner exactement la nature du terrain en dessous de la couche liquide.
- H. de Baecker.
- ADJUDICATION EN DEUX LOTS
- DES
- FERMES MÉTALLIQUES
- De la grande nef du Palais des Machines au Champ-de-Mars
- i° Le lundi 2 5 avril 1887, à une heure de l’après-midi, il sera procédé publiquement, dans la salle du conseil de préfecture, au tribunal de commerce, par le préfet ou son délégué, assisté de deux membres du conseil de préfecture et du directeur général des travaux ou de son délégué, à l’adjudication, au rabais, sur les prix du devis et par soumissions cachetées, de l’entreprise, en deux lots, des travaux à exécuter pour établissement des fermes métalliques de la grande nef du palais dés machines ; lesquels travaux sont évalués à 3,227,142 fr., somme à valoir pour imprévus comprise..
- Le cautionnement est fixé à 40,000 francs pour chacun des deux lots.
- 20 Le devis, les cahiers des charges et les plans sont déposés à la direction générale des travaux, dans les bâtiments du Champ-de-Mars, à l’extrémité de l’avenue Rapp, où l’on pourra en prendre connaissance, tous les jours non fériés, de une heure à quatre heures.
- 3° Nul ne sera admis à concourir à l’adjudication s’il ne remplit les conditions imposées parole cahier des charges générales.
- Chacun des concurrents devra adresser à l’agence des travaux du Champ-de-Mars, au directeur général des travaux de l’Exposition, qui est chargé d’arrêter la liste des concurrents, dix jours au moins avant la date de l’adjudication :
- i° Une déclaration écrite sur papier timbré, faisant connaître ses nom, prénoms, domicile, lieu et date de naissance ;
- 20 Un extrait de son casier judiciaire ayant moins d’une année de date ;
- 3° Les pièces demandées par le cahier des charges générales, telles que certificats de capacité, etc.
- Le délai fixé ci-dessus pour le dépôt de ces pièces sera rigoureusement appliqué.
- 40 Les concurrents seront admis à présenter des soumissions pour les deux lots et ils devront présenter autant de demandes séparées qu’ils voudront soumissionner de lots.
- 5° Chaque soumission, rédigée sur papier timbré conformément au modèle ci-après, sera placée isolément sous un pli cacheté, et le paquet, portant le nom du soumissionnaire, sera renfermé, avec les pièces dont il a été parlé ci-dessus, et avec le certificat de dépôt du cautionnement, sous une seconde enveloppe cachetée portant pour suscrip-tion : Exposition universelle de 188g. — Fermes métalliques de la grande nef du palais des machines 6 lot.
- Les soumissions qui ne seraient pas exactement conformes au modèle ci-après seront considérées comme nulles et non avenues.
- Les rabais seront énoncés en francs et décimes par centfrancs (sans fraction de décime) et porteront sur les prix du devis. Les rabais portant fraction de décime seront comptés au décime plein, inférieur à la fraction exprimée.
- 6. Le jour de l’adjudication, les paquets seront remis au bureau d’adjudication, dans la salle du conseil de préfecture, au tribunal de commerce, depuis midi jusqu’à une heure. Les paquets recevront un numéro dans l’ordre de leur présenta-tion.
- 7. A une heure, on remettra au bureau d’adjudication, et sous enveloppe cachetée, le minimum du rabais moyennant lequel l’adjudication pourra être prononcée; ensuite on procédera à l’ouverture des paquets.
- Le bureau d’adjudication, après vérification des pièces, arrêtera la liste des concurrents agréés.
- Immédiatement après, il sera procédé à l’ouverture des soumissions présentées par les concurrents admis.
- 8. Dans le cas où une seule soumission serait déposée, radministration.se réserve le droit de ne pas prononcer l’adjudication.
- 9. Si aucun des rabais offerts dans les soumissions ouvertes n’atteint le minimum fixé, l’adjudication pourra être prononcée provisoirement ou ajournée sur l’avis du bureau d’adjudication, qui délibérera séance tenante.
- En aucun cas le minimum fixé ne sera rendu public.
- 10. Dans le cas où le rabais le plus fort aurait été souscrit par plusieurs soumissionnaires, un
- nouveau concours sera ouvert, séance tenante, entre ces soumissionnaires seulement.
- Les rabais de la nouvelle adjudication ne pourront être inférieurs à ceux de la première.
- Si les soumissionnaires se refusaient à faire de nouvelles offres, ou si les rabais souscrits étaient encore égaux, l’adjudicataire serait désigné par la voie du sort.
- 11. L’adjudication n’est valable qu’après approbation par le ministre du commerce et de l’industrie.
- 12. Les frais de publicité, d’expédition et d’impression, ceux 'de timbre et d’enregistrement seront supportés par l’adjudicataire, qui devra en faire le dépôt dans un délai maximum de trois jours, à partir de la date de l’adjudication.
- 13. Toutes les conditions insérées dans la présente affiche sont obligatoires et déclarées annexées au cahier des charges.
- Fait à Paris, le 4 avril 1887.
- Le Ministre du Commerce et de l’Industrie, Commissaire général,
- Edouard Lockroy.
- Modèle de soumission (sur papier timbré)
- Je soussigné, , entrepreneur
- constructeur, demeurant à ,
- après avoir pris connaissance des clauses et conditions générales imposées aux entrepreneurs de l’Exposition universelle de 1889, des cahiers des charges spéciales aux constructions métalliques, ainsi que des dessins et des conditions particulières se rapportant directement à l’exécution des charpentes et fermes métalliques de la grande nef du palais des machines au Champ-de-Mars.
- M’engage à exécuter les travaux dont il s’agit, formant le (en toutes lettres) Lot évalué à la somme de (en toutes lettres) moyennant un rabais de (en toutes lettres), sur les prix
- moyens indiqués au détail estimatif.
- Je me soumets, en outre, à supporter tous les frais d’affichage, de timbre et d’enregistrement à droit fixe ou autres auxquels la présente soumission pourra donner lieu, si elle est acceptée.
- Paris, le 1887.
- (Signature.)
- RECTIFICATION
- Le bureau de la classe 67 est ainsi constitué :
- Président, Vice-Président, Rapporteur, Secrétaire,
- MM. Boitel.
- Heuzé,
- Way.
- Gustave Foucher.
- COMITÉ DÉPARTEMENTAL
- DE LA MARNE
- Par arrêté en date du 11 avril 1887, R ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition de 1889, a constitué comme suit le comité départemental de la Marne :
- i° Sous-comité de l’arrondissement de Châlons-sur-Marne
- MM. Faure, député, à La Chaussée.
- Estienne (Auguste) , agriculteur à Saint-Martin-aux-Champs.
- Doutté, professeur départèmental d’agriculture à Châlons.
- Aumignon, président de la société d’agriculture , commerce, sciences et arts de la Marne à Châlons.
- Ponsard, agriculteur, président du comice central, conseiller général, à Omey.
- Goerg, viticulteur, conseiller gén. à Vertus.
- Goerg, ancien député, négociant en vins de Champagne à Châlons.
- Buirette, manufacturier, conseiller d’arrondissement, à Suippes.
- Galichet, président du tribunal de commerce à Châlons.
- Grantil père, fabricant de papiers peints à Châlons.
- Moncé, fabricant de bière au Petit-Sagnières, près Châlons.
- le directeur de l’école nationale des arts et métiers de Châlons-sur-Marne.
- Rogé, président du conseil de prud’hommes, à Châlons.
- Mathieu, président de la chambre consultative des arts et manufactures de Châlous.
- Machet ainé, horticulteur à Châlons.
- Rigollet, membre de la chambre consultative d’agriculture, professeur à l’école des arts et métiers à Châlons.
- Aumignon, président de la société vétérinaire de la Marne, à Châlons.
- Gillet, conservateur du musée de la ville de Châlons.
- Belley, ingénieur des ponts et chaussées,
- attaché au chemin de fer de l’Est, à Châ— Ions.
- MM. Vagny, architecte, conseiller d’arrrondisse-ment à Châlons.
- Henry, ingénieur en chef des ponts et chaussées à Châlons.
- Martin, imprimeur, directeur du Journal de la Marne, à Châlons.
- Le Roy, imprimeur, directeur du journal le Progrès, à Châlons.
- Gillot, imprimeur, directeur du journal le Libéral, à Châlons.
- Giraux, président de la société météorologique de la Marne.
- Gillet-Thierry, agriculteur, conseiller d’arrondissement, à Courtisols.
- 20 Sous-comité de /’arrondissement d’Epernay
- MM. Blandin, député, à Epernay.
- Gaillandre, architecte de la ville d’Epernay.
- Lavy-Bruaux, lithographe à Epernay.
- Luquet, ancien président du tribunal de commerce à Epernay, président de la délégation cantonale.
- Bonnedame (Raphaël), imprimeur lithographe à Epernay.
- Roger (Albert), chimiste et viticulteur à Epernay.
- Fourman-Piat, conseiller d’arrondissement, à Soilly.
- François-Benoist, fabricant d’optique à Sé-zanne.
- Collet Mary, adjoint au maire d’Esternay.
- Gérard, manufacturier, conseiller général, maire d’Epernay.
- Dejeans, ingénieur, directeur des ateliers des chemins de fer de l’Est, à Epernay.
- Robinet, chimiste, à Epernay.
- Couillaud, docteur, médecin en chef des épidémies, à Epernay.
- Guéraut-Godard, fabricant de fromages à Fère-Champenoise.
- Gallice (Henri), négociant en vins de Champagne à Epernay.
- Mercier, négociant en vins de Champagne à Epernay.
- Vix-Bara, président du tribunal de commerce d’Epernay, négociant en vins de Champagne, à Avize.
- Mérendet, président du comice agricole, à Epernay.
- de Peyronnet, président du comice agricole à Sézanne.
- Poirier, agriculteur, conseiller général, maire d’Esternay.
- Mousseaux, agriculteur à Moslins.
- Harlay, chimiste à Epernay.
- Lemaire-Pigeot, fabricant d’appareils pour les vins à Epernay.
- Pansin (Charles), fabricant d’objets de liège, bouchons, etc., à Epernay.
- Gomet (Joseph), fabricant de bouchons à Epernay.
- Auban et Chandon, négociants en vins de Champagne à Epernay.
- 3° Sous-comité de l’arrondissement de Reims.
- MM. Dauphinot,'sénateur.
- Diancourt, sénateur.
- Derevoge, député.
- Mennesson, député.
- le président de la chambre de commerce, à Reims.
- le président du tribunal de commerce, à Reims.
- le président du conseil des prud’hommes de Reims.
- le vice-président de la chambre d’agriculture, à Reims.
- le président du comice agricole, à Reims.
- le président de la société d’horticulture, à Reims.
- le président de la société industrielle, à Reims.
- le président de l’académie, à Reims.
- le président de la société des amis des arts.
- le président de la société médicale.
- le président de la chambre syndicale patronale du bâtiment, à Reims.
- le président deQa chambre syndicale des. ouvriers du bâtiment, à Reims.
- Bauche (Gustave), fabricant de coffres-forts à Reims.
- Brisset, fabricant de biscuits à Reims.
- Charbonneaux, maître de verreries à Reims.
- Chauffert, négociant en tissus à Reims.
- Dauphinot (Georges), manufacturier à Reims.
- Dubarle, professeur d’horticulture, à Reims.
- Gosset (Alphonse), architecte à Reims.
- Grandval, professeur à l’école de médecine et de pharmacie, à Reims.
- Holden (Jonathan), manufacturier à Reims.
- Heurot (Henri),. docteur, professeur à l’école de médecine, maire de Reims.
- Jolicceur, docteur, secrétaire du comité départemental contre le phylloxéra, à Reims.
- Legros-Guimbert, manufacturier à Pont-Faverger.
- Lelarge (Frédéric), manufacturier à Reims.
- p.594 - vue 160/496
-
-
-
- Troisième Année. — N° 120.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1SS9.
- Dimanche 17 Avril 1S87. — 5o5.
- MM. Lemaître, viticulteur, commissionnaire en vins à Ay.
- Mabille (Léon), constructeur de machines agricoles à Reims.
- Mailler-Valser, secrétaire général de la société des amis des arts de Reims, conseiller d’arrondissement à Reims.
- Mathieu (Eugène), ingénieur des arts et manufactures, constructeur de machines industrielles à Reims.
- Maldan (Théodore), agriculteur à Reims.
- Margotin (André), apprêteur à Reims.
- Martin-Ragot, courtier, commissionnaire en tissus à Reims.
- Montlaurent, meunier à Cormontreuil.
- Nouvion (Auguste), manufacturier à Pont-Favergeret à Reims.
- Piot-Fayet, agriculteur, conseiller d’arrondissement à Saint-Gemme.
- Poirrier, teinturier à Reims.
- Portevin, ingénieur civil à Reims, ancien élève de l’école polytechnique.
- Poulot, manufacturier à Reims.
- Quenardel de Warcy, propriétaire-vigneron, conseiller d’arrondissement, à Ver-zenay.
- Renard-Matra , agriculteur à Luthernay (Bouvaucourt).
- Reynaud, manufacturier à Bétheniville.
- deTassigny (Alfred), brasseur à Reims.
- de Tilly, teinturier à Reims.
- Valser, professeur à l’école de médecine et de pharmacie à Reims.
- Warnier-David, négociant en tissus à Reims.
- Justinart, imprimeur, directeur, administrateur du journal ïIndépendant rémois, à Reims.
- Bugg, imprimeur, directeur du journal le Courrier de la Champagne à Reims.
- Devaux, imprimeur, directeur du journal Y Avenir de. I Est, à Reims.
- 40 Sous-comité de l’arrondissement de Sainte- , Menehould
- MM. Margaine, député, questeur de la Chambre des députés, à Sainte-Menehould.
- Thiéry (Frédéric), agriculteur, vice-président de la chambre consultative d’agricul-
- ' ture, à la Neuville-au-Pont.
- Chaudron (Arsène), agriculteur, vice-président du comice agricole, au Vieil-Dam-pierre.
- Chémery (Alfred), agriculteur, lauréat des concours régionaux pour l’élevage du bétail, à Mairemont.
- Michel-Bession, agriculteur, membre de la chambre consultative d’agriculture, à Dommartin-la Planchette.
- Chevallier (Eugène) père, agriculteur à Braux-Sainte-Cohière.
- Prin (Charles), agriculteur, propriétaire à B raux-Saint-Rémy.
- Rogez (Hippolyte), agriculteur à Epense.
- Adrien, fabricant de fromages à la Cha-pelle-Felcourt.
- Lefert (Désiré), agriculteur, conseiller d’arrondissement et maire, à Auve.
- Etienne, fabricant, constructeur de machines à Givry-en-Argonne.
- Chaudron (Célestin), agriculteur, à Sivry-sur-Aute.
- Demmanget (Arsène), agriculteur à Sivry-sur-Aute.
- Bassuel (Jules), agriculteur à Eclaires.
- Bellanger, conducteur des ponts et chaussées, faisant fonctions d’ingénieur de l’arrondissement.
- Noël, maire, à Remicourt.
- Lambert-Musquin, agriculteur, conseiller d’arrondissement, à Ville-sur-Tourbe.
- Collignon (Anatole), agriculteur, membre de la chambre consultative d’agriculture, propriétaire à Malmy.
- Lefèvre-Lefèvre, agriculteur à Laval-sur-Tourbe.
- Collet-Varenne, agriculteur à Sommepy.
- Vernimont (Léon), conseiller d’arrondissement, marchand de bois, à Servon.
- Collin (Maximin), commerçant à Passavant.
- Duval, directeur du journal la Revue de la Marne.
- Gardien (Emile), marchand de bois, maire de Moiremont.
- Hanus (Emile), marchand de bois, maire de Florent.
- François (Henri), fabricant de bonneterie à Vienne-le-Château.
- Madaye (Emile), fabricant de bonneterie à Vienne-le-Chàteau.
- 5° Sous-comité de ï arrondissement de Vitry-le-François
- MM. Guyot, député, à Vitry-le-François.
- Prignet, vice-président du conseil d’arrondissement, président de l’association agricole, à Saint-Amand.
- de Felcour, conseiller général, président du comice agricole, maire de Maisons.
- Pouilliot, président du conseil d’arrondissement, vétérinaire à Iieiltz-le-Maurupt.
- MM. Denonvilliers (Maurice), maître de forges à Sermaize.
- Daldrieu (Jules), fabricant de ressorts d’horlogerie à Sermaize.
- IIuguenot-Thévenet, tuilier à Pargny-sur-Saulx.
- Louis (Victor), fermier à Saint-Remy-en-Bouzemont.
- Vast, docteur, membre de la société des sciences et arts, officier d’académie, à Vitry-le-François.
- Richon, médecin, membre du comité contre le phylloxéra, à Saint-Amand.
- Vinciennes , meunier, maire de Vitry-en-Perthois.
- Thivet (Emile), meunier à Ari igny.
- Rouy-Heurat, meunier à Merlaut.
- Courtois, constructeur de bateaux à Vitry-le-François.
- Cosson, constructeur de machines agricoles à Charmont.
- Amand, architecte à Vitry-le-François.
- Laurent, ancien conseiller général à Thié-blemont.
- Loisy (Achille), agriculteur à Sapignicourt.
- Chevreux, membre de la chambre consultative d’agriculture, à Somsois.
- Maurice, agriculteur, conseiller général, à Pringy.
- Jacquier, membre du conseil d’hygiène, ancien membre du conseil supérieur de l’instruction publique,à Vitry-le-François.
- André, ingénieur d’arrondissement, à Vitry-le-François.
- Arbeaumont (Gabriel), horticulteur à Vitry-le-François.
- COMITÉ DÉPARTEMENTAL
- DE L’AUBE
- *Président. — M. E. Buxtorff.
- Vice-présidents. — M. Gustave Huot, président du comice agricole ; Ernest Baltet.
- Secrétaire général. — M. Riche. Secrétaires-adjoints. — MM. Jules Herbin ; Marcel Dupont.
- Sous-comité de l’arrondissement d’Arcis-sur-Aube Président. — M. Delatour, conseiller général. Secrétaire. — M. Contact, conseiller d’arrondissement.
- Sous-comité de l’arrondissement de Nogent-sur-Seine
- Président. — M. Gillot, conseiller général. Vice-président. — M. Renaudat, conseiller d’arrondissement.
- Secrétaires. — M. Paul Geslin de Villenanxe, M. Félix Gorpelet, de Romilly-sur-Seine. Sous-comité de l’arrondissement de Bar-sur-Aube Président. — M. Thierry-Delanoue. Vice-président. — M. Croissant.
- Secrétaire. — M. Berrard.
- Sous-comité de l’arrondissement de Bar-sur-Seine Président. — M. Têtevuide.
- Secrétaires. — M. Camille Saillard ; M. Charles Dubreuil.
- Sous-comité de l’arrondissement de Troyes Président. — M. Gustave Masson.
- Secrétaire. — M. Godard-Pillaveinne.
- •------mrgiiiiüüp-» rù> fini* (&> **wiiüi»i|[n»'i--
- COMITÉ DÉPARTEMENTAL
- DU CALVADOS
- président. — MM. Lavalley (A.), président de la Société des ingénieurs civils, sénateur du Calvados.
- Vice-président. — M. David Beaujour, conseiller général, président de la chambre de commerce de Caen.
- Secrétaire. — M. Morière, doyen de la Faculté des sciences de Caen.
- Secrétaire-adjoint. — M. Guérard-Deslauriers, ingénieur civil.
- Sous-comité de l’arrondissement de Caen
- Président. — M. David Beaujour, président de la chambre de commerce de Caen.
- Secrétaire. — M. Morière, doyen de la Faculté des sciences de Caen.
- Sous-comité de Varrondissement de Bayeux
- Président. — M. Bertot, membre de la chambre de commerce de Caen.
- Vice-président. — M. Demagny, maire d’Isigny.
- Secrétaire. — M. Métais, orfèvre à Bayeux.
- Sous-comité de l’arrondissement de Falaise
- Président. — M. le docteur Turgis, maire de Falaise.
- Vice-président.— M . Bessirard-Darpentigny, président de la chambre consultative des arts et manufactures.
- Secrétaire. — M. Noé Barbé, tanneur à Falaise.
- Sous-comité de l’arrondissement de Lisieux
- Président. — M. Penlevey, maire de Lisieux.
- Vice-président. — M. Grison, manufacturier à St-Jacques-de-Lisieux.
- Secrétaire-adjoint. — Groult, avocat à Lisieux. M. Tissot, secrétaire en titre élu, est décédé depuis la constitution du bureau.
- Sous-comité de /’arrondissement de Pont-VEvêque Président. — M. Lavalley, sénateur. Vice-président. — M. Goulley, président de la chambre de commerce de Honfleur.
- Secrétaire. — M. Floquet, fabricant de cidres, à Honfleur.
- Sous-comité de l’arrondissement de Vire Président. — M. Gallet, président du tribunal de commerce de Vire.
- Vice-président. — M. Germain-Duforestel, manufacturier à Condé-sur-Noireau.
- Secrétaire. — M. Tricault, agriculteur à Vire.
- ------------y ir - im------------
- REVUE DE LA PRESSE
- M. Adrien Marx, ayant eu l’occasion dêinterviewer M. Lockroy, publie dans le Figaro, sur l’Exposition de 188g, un intéressant article duquel nous détachons les lignes suivantes :
- Nous aurions tout d’abord — au centre du Champ-de-Mars, converti en parc-jardin, avec palais, kiosques et pavillons isolés — un portique qui fera tout le tour des importantes bâtisses réservées aux exposants. Imaginez, en grand, les arcades de la rue de Rivoli, et, sous ces arcades, des restaurants, des bars, des tavernes,des bazars, des boutiques de tous les pays, avec leur personnel indigène et leurs consommations, leur musique et leurs marchandises nationales — le tout éclairé, la nuit, à la lumière électrique. Le ministre entend que l’Exposition soit aussi fréquentée et mouvementée le soir que dans la journée,
- — en quoi il innovera, car jusqu’alors les expositions devenaient des nécropoles à partir de 8 heures : nous aurons le soir, au Trocadéro, de grandes fêtes artistiques, des ballets auxquels concourront isolément ou simultanément des danseurs de toutes les écoles et de toutes les contrées — des représentations théâtrales de tous les répertoires français et étrangers — des festivals où l’on entendra des mélodies exécutées par tous les virtuoses et tous les orchestres connus — depuis les masses instrumentales et chorales européennes, jusqu’aux troupes sauvages armées de harpes, de tam-tam et de flûtes aux accents criards et primitifs. Ce sera, en action, l’histoire ancienne et contemporaine de la danse, du théâtre et de la musique.
- C’est une commission de 400 membres choisis dans toutes les académies et dans toutes les corporations fameuses, qui aura la direction intellectuelle de l’Exposition. Elle présidera non seulement au programme des fêtes, mais aussi au groupement et à l’aménagement des objets, animés ou non, destinés à l’enseignement « vécu » des choses du passé.
- — Ainsi, ajoutait M. Lockroy, je voudrais une Exposition rétrospective du travail qui permît de s’édifier, tout d’un coup, sur les costumes, les mœurs et les industries d’autrefois. Une maison du moyen âge, par exemple, racontera le moyen âge, non seulement par la fidélité de son apparence extérieure, mais aussi par son mobilier, ses habitants et les occupations courantes de ces habitants. Les gens qui nous prêteront leur concours dans cette comédie instructive devront être de véritables acteurs, intelligents, pénétré de leur rôle et imbus de l’importance scientifique de leurs agissements.
- *
- * *
- On sait que l’esplanade des Invalides donnera asile à l’exposition du ministère de la guerre et à l’exposition du ministère de la marine, mais, ce qu’on ignore, c’est la façon dont les expositions coloniales et exotiques seront entendues. Il v. aura des villages tonkinois, sénégalais et arabes peuplés de gens de ces zones lointaines, accoutrés comme chez êux et vivant de leur vie avec leur matériel familier et les denrées alimentaires de leur patrie... Des navires, affectés spécialement par la marine à ces transports, déposeront au Havre des hordes de sauvages et de types océaniens qui nous exhiberont au centuple, dans un groupement ethnographique, ce que le Jardin d’Acclimatation nous a montré isolément avec ses Ethiopiens, ses Cynghalais, etc., etc. On fera le tour du monde en une après-midi plus fructueusement et plus sûrement que les navigateurs les plus hardis. Tous les livres de voyage et tous les bulletins géographiques seront dépassés par cet ensemble animé des mondes inexplorés.
- Signalerai-je le Pavillon que la République de Taïti doit construire elle-même pour y abriter ses produits et qu’elle fera garder par un détachement de ses propres troupes? Ajoutons, pour rassurer ceux qu’alarmerait la pensée de contempler des soldats tous nus, coiffés de casques ornés de plaques de boîtes de sardine, que l’armée taï-tienne est moins sommairement vêtue à cette heure qu’il y a trente ans. Ses fantassins ont des
- Voir la suite page 5g S.
- p.595 - vue 161/496
-
-
-
- 596 et 597. — Deuxième Année. — N° 120
- Dimanche 17 Avril 1887
- LE MONITEUR jg L'EXPOSITION DE 1889.
- LA GALERIE DES
- L A
- GALERIE DES MACHINES
- EN 1878
- Nous avons déjà dit quelques mots de la galerie des machines qui doit s’élever au Champ - de-Mars, en 1889. Nos lecteurs savent que ce sera une des parties les plus attrayantes de l’Exposition.
- Nous espérons pouvoir leur donner, sous peu, une idée exacte de ce que sera dans deux ans ce véritable palais (c’est le nom que l’on donne, à juste titre, pensons-nous, à la prochaine galerie des machines).
- En attendant, il nous a paru intéressant de rappeler ce que fut en 1878 cette même galerie. On pourra ainsi établir une comparaison d’où il résultera clairement que les organisateurs de l’Exposition de 1889 n’ont rien négligé pour atteindre le but qu’ils s’étaient proposé : construire un véritable palais destiné à abriter les machines, ces puissants auxiliaires de l’homme dans la lutte de chaque jour qu’il a entreprise pour arracher à la nature ces secrets dont dépendent le bien-être général des peuples et les progrès incessants de la civilisation.
- Le plan d’ensemble de l’Exposition de 1878 comprenait deux grands palais se faisant vis-à-vis, celui du Champ-de-Mars et celui du Trocadéro, situés sur les deux rives de la Seine, entourés et réunis par un vaste parc dans lequel s’élevaient un grand nombre d’annexes et de constructions diverses.
- Le palais du Champ-de-Mars était bordé de deux grandes galeries longitudinales, dites des machines, de 65o mètres de longueur sur 35 mètres 60 de largeur. Dans ces galeries, réservées l’une à la Erance, l’autre aux nations étrangères,'devaient être réunies les industries se servant de procédés mécaniques. Vers la fin de l’année 1877, le programme de l’Exposition ayant pris une extension considérable, on fut obligé, malgré l’ampleur des proportions du palais du Champ-de-Mars et des emplacements primitivement réservés aux machines, de prendre rapidement des mesures pour répondre au flot envahissant des demandes et de décider la construction de deux annexes importantes.
- Par suite de ces nouvelles dispositions, les emplacements réservés à l’Exposition française des machines furent, en chiffres ronds, déduction faite des passages, de 2,500 mètres carrés dans la grande galerie du palais, plus les emplacements occupés par les machines motrices en divers points de la galerie, soit environ 3,ooo mètres carrés ; plus 2,5oo mètres carrés dans les deux annexes. La superficie totale était donc 5,5oo mètres carrés, non compris les superficies occupées en différents points des parcs.
- Pour les sections étrangères, les emplacements primitivement réservés aux Expositions de la mécanique générale furent également insuffisants et on fut également obligé de créer une série d’annexes, dont
- quelques-unes de fort grandes dimensions, qui furent établies dans le parc le long de la galerie des machines.
- La répartition dans ces divers emplacements des objets exposés avait été faite, pourla France, en réservant pour la grande galerie comprise dans le palais proprement dit toutes les pièces qui, par leur éclat, leur forme, ou la beauté de leurs proportions, devaient contribuer à la décoration générale. Les objets moins brillants avaient été répartis dans une des annexes, enfin les pompes et les appareils hydrauliques avaient été réunis dans la seconde annexe située sur la berge de la Seine. Dans les sections étrangères, l’ordon-
- nance était différente et variait forcément d’une nation à l’autre suivant les besoins divers et l’importance relative de la classe de la mécanique générale comparée aux autres. Ce fut donc en partie dans la galerie des machines du palais et en partie dans les annexes que furent répartis les divers machines et engins mécaniques exposés par les autres nations. En dehors de ces groupes principaux, un assez grand nombre d’appareils d’origine française ou étrangère furent dispersés dans le parc ou dans des pavillons particuliers.
- En ce qui concerne la mise en mouvement des appareils, il fut admis en principe que la force motrice
- à distribuer aux exposants serait uniquement demandée à la vapeur d’eau et qu’elle serait répartie entre un certain nombre de machines à vapeur installées, selon les besoins, en différents points de l’Exposition. La puissance ainsi créée devait être communiquée à des arbres de couche sur lesquels les exposants auraient à prendre le mouvement au moyen de poulies et de courroies.
- Quant à la vapeur nécessaire à tous les services, la fabrication en fut confiée à plusieurs usines différentes installées, par mesure de prudence, dans le parc ou dans les annexes et en des emplacements choisis de telle sorte que les conduites de vapeur
- n’arrivaient pas à un développement exagéré. Les transmissions étaient constituées par des arbres en fer, actionnés par les machines motrices et transmettant la puissance par poulies et courroies.
- Dans la galerie française des machines, deux arbres de couche pareils couraient sur toute la longueur, interrompus seulement au droit des grands passages. Ils étaient supportés par un double portique de colon- ! nés de fonte à la fois élégant et robuste sous lequel j on circulait facilement. Dans les annexes, sauf un ou deux passages où la transmission était souterraine, les arbres de couche étaient également disposés au-dessus du sol, portés par des supports d’un aspect
- plus simple que dans la grande galerie et à une hauteur convenable afin de ne pas gêner la circulation.
- Dansles sections étrangères les transmissions avaient été établies suivant les besoins à satisfaire.
- La fourniture de ces diverse s transmissions, non compris celle des transmissions secondaires, avait été j faite, pour la section française, par vingt et un expo-• sants, et, pour les sections étrangères, par trois expo-| sants.
- { La vue que nous reproduisons aujourd’hui repré-j sente la galerie de la section anglaise qui était caractérisée non pas seulement par le mouvement mais p ar une espèce d’amoncellement un tant soit peu disparate. Voici d’abord une énorme locomotive qui ouvrant en quelque sorte la marche, semble indiquer que la puissance moderne de l’Angleterre vient de ce que, la première, elle a compris l’importance des transports rapides et économiques. Elle a fait sa toilette, cette belle machine : ses cuivres reluisent comme de l’or et les fers apparents de ses organes brillent comme l’argent. Plus loin, voici les découpeuses de ! bois qui livrent aux visiteurs des spécimens moins
- I
- | recherchés ici qu’ils ne l’ont été à Philadelphie, où le petit fauteuil à décomposition en douze ou quinze morceaux faisait fureur. Voici également ces puissantes scies mécaniques débitant d’énormes billes d’acajou d’un mètre et plus d’épaisseur, puis les appa-j reils de filature et les métiers qui, après la houille,
- | font la richesse de l’Angleterre ; batteurs-éplucheurs, j batteurs-étaleurs et cardeuses prennent le coton à j l’état brut pour le nettoyer, le démêler et le transfor-J mer en neige blanche, l’étirer en ruban que le drawing trame double et étire, que la mull jenny transforme en un fil fin qui s’enroule sur une centaine de bobines ou broches, d’où il passe sur le dévidoir et Yourdis-seur., et de là au métier à tisser, où, tendu en chaîne et tramé par le rapide va-et-vient de la navette, le coton devient enfin calicot, toile ou mousseline. Le jeu automatique de ces appareils, le mouvement de , chemin de fer des mull jennies, l’action pressée de la navette qui se hâte, se dépêche, va-et-vient comme si elle avait le diable au corps, tout ce travail, que les 1 mécaniques opéraient avec une conscience , une ardeur, une vélocité qui ferait honte à l’ouvrier le mieux doué, était bien fait pour captiver la foule. A I son tour, le fer se montrait tordu, raboté, percé avec une aisance singulière, les marteaux tombaient et se relevaient, le sol tremblait sous leur choc, tout était mouvement, tout était vie dans cette galerie anglaise, qui nous montrait tout à la fois et les engins de travail et leurs oeuvres, et les machines de Manchester, de Belfast et de Leeds, et celles des houillères de Newcastle, et les machines agricoles, répandues dans le monde entier, alors que les nôtres, peut-être plus simples, plus robustes et plus économes du combustible, ont tant de peine à se répandre.
- p.dbl.n.n. - vue 162/496
-
-
-
- 5gS. — Troisième Année — N° 120.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1SS9.
- Dimanche 17 Avril <887.
- uniformes complets où la pudeur la plus farouche ne trouverait rien à ajouter.
- La Tunisie payera, de ses deniers, le palais qu’elle-projette depuis le jour où elle a e'té avisée. Elle se propose une série de tableaux prodigieux d’exactitude qui édifieront le public non seulement sur ses moeurs et son commerce, mais encore sur sa flore et sa faune. Elle transportera au besoin de la terre tunisienne pour que ses plantes et ses animaux domestiques s’épanouissent et caracolent sous nos yeux sans malaise, avec la crànerie de végétaux et de quadrupèdes qui se sentent « protégés » par une grande et intelligente nation.
- Enfin, l’Asie et l’Amérique, comme l’Europe et l’Afrique, concourront par l’installation de fermes et de maisons à cette « instruction par les yeux » qui est la louable marotte de notre ministre du commerce. L’Angleterre, elle, lui a promis une ville indienne avec ses rajahs étincelants et ses superbes cipayes, — auprès desquels nos munici payes feront triste figure sous leur tenue sobre et sévère. Ab une disce omnes.
- L’exposition du ministère de la guerre nous réserve l’étalage des uniformes de toutes les armées du monde depuis plusieurs siècles et des engins de guerre employés depuis que les hommes s’entretuent. La marine procédera de même.
- Un mot encore.
- Sur la Seine, exhibitions fluviales et maritimes sans précédents. Tous les types d’embarcations connus partout et à toutes les époques — depuis la pirogue primitive creusée dans un tronc d’arbre jusqu’aux cuirassés modernes, en passant par les yachts, les bateaux de courses, les torpilleurs, etc., etc. Histoire anecdotique de la navigation racontée par les trirèmes antiques comme par les grands trois-ponts de Louis XIV. Et puis des jonques chinoises et des yoles grecques et des barques de pêche de tous les pays. Est-ce tout? Non. Sur les bords du fleuve, installation d’un village fluvial monté sur pilotis, et reconstitution d’une cité lacustre. Allez dire après cela qu’on n’aura pas cherché à être complet !
- Pour me résumer, je crois que jamais l’Enchantement et l’Utile n’auront été associés d’une façon plus séduisante, et qu’il ne peut ressortir de toutes ces merveilles qu’un surcroît de renom pour cette France dont chaque jour efface le revers et rétablit la suprématie.
- *
- * *
- Cependant, je serais heureux d’assurer dès, aujourd’hui, au ministre du commerce, des moyens indubitables d’exécution en provoquant une souscription dont l’idée m’est venue à la suite de notre rencontre. La voici; je l’imprime pour ce qu’elle vaut :
- Depuis de longues années, la France et Paris offrent asile à une certaine quantité de banquiers étrangers qui sont archi-millionnaires et ne peuvent nier qu’ils ont, sinon fait, du moins accru leur fortune chez nous.
- Eh bien ! l’occasion s’offre à eux de nous remercier à la fois de l’hospitalité cordiale qu’ils reçoivent à notre foyer et des bénéfices qu’ils ont réalisés en utilisant sur notre territoire leurs capitaux, leur intelligence et leur activité. Quelques millions ne les rendront pas plus pauvres, puisque ces millions seront garantis par un matériel et une exploitation certainement productifs. Us retrouveront leurs avances avec un intérêt probablement sérieux et ils auront participé à la réussite d’une entreprise ou F Univers civilisé trouvera son profit..
- Cette fois-là, ils auront bien mérité de leur patrie d’adoption et c’est nous qui, à notre tour, serons leurs obligés.
- -----------------------------------:--
- L’EXPOSITION DE TOULOUSE
- Le succès de cette exposition est dès aujourd’hui assuré : quinze cents exposants sont déjà inscrits ; dans ce chiffre ne sont pas compris les exposants à titre gratuit (Ministères, manufactures de l’Etat, colonies françaises, envois officiels des nations étrangères, beaux-arts, sciences, horticulture), soit un total de 2,5oo exposants.
- *
- * *
- Les exposants qui ont pris des emplacements sur cloison sont avertis qu’ils ne disposent que d’une profondeur maximum de 20 centimètres.
- . Leurs produits ou leurs cadres doivent pouvoir s’accrocher à la cloison, et ils ne peuvent dans aucun cas s’appuyer sur le sol.
- Une vitrine d’un poids élevé ou ayant besoin de s’appuyer sur le sol ne peut être admise que dans les emplacements payés au mètre superficiel.
- Un chemin de deux mètres longera les cloisons qui constituent le pourtour des galeries.
- Les exposants qui ont pris des emplacements adosses sont avertis qu’ils ne doivent compter sur aucun mur ni cloison ; le sol est livré avec plancher nu. Le mot adossé veut dire que les empla-ments sont contigus, juxtaposés.
- . ^es exposants sont invités à se servir de caisses vissées et non clouées.
- Ils ont îeçu quelques exemplaires des étiquettes
- dont ils doivent faire usage. Ils doivent demander la quantité qui leur est nécessaire.
- Ils doivent écrire très lisiblement sur les étiquettes leur nom et le numéro d'ordre porté sur la feuille d’admission.
- Les colis, sur les lignes de France, sont envoyés en port payé au tarif ordinaire ; le retour sera gratuit.
- En Algérie et à l’étranger, quelques compagnies de chemins de fer et de navigation ont fait des conditions spéciales qu’on signalera sur demande aux ayants droit.
- L’Exposition ne reçoit aucun colis avant le i5 avril.
- M. le sous-secrétaire d’Etat au Ministère de la marine et des colonies, par lettre en date du i5 mars informe M. le m'aire, président du Comité administratif, qu’il est disposé à faire figurer à Toulouse des échantillons de produits coloniaux, et il l’autorise à choisir, dans les collections de l’Exposition permanente au palais de l’Industrie, les échantillons qui lui paraîtront devoir plus particulièrement intéresser les négociants et les industriels de la région du sud-ouest de la France. *
- ¥ *
- Le Comité départemental de la Haute-Garonne de la Société de secours aux blessés militaires (croix rouge française) prépare une Exposition qui couvrira plus de 5oo mètres. Elle comprendra une tente d’ambulance (Riant), une baraque d’ambulance avec ossature en fer (système Tollet), un abri pour huit voitures d’ambulance, du matériel meublant et d’ambulance de toute sorte. Cette Exposition, la plus considérable en ce genre qu’on ait vue en province, mettra en évidence tous les progrès réalisés dans ces dernières années et les puissantes ressources de la Société de secours.
- *
- * *
- Le Jury sera nommé dans le courant du mois de juin, moitié par le Comité administratif, moitié par les exposants; il fonctionnera dès le ier juillet, suivant un: règlement spécial.
- La distribution solennelle des récompenses aura lieu dans le courant du mois de septembre.
- EXPOSITION DES PASTELLISTES
- La Société des pastellistes français vient d’ouvrir, dans les galeries de la rue de Sèze, une nouvelle exposition.
- Il est charmant ce petit salon,en grand progrès, et digne de tout l’intérêt des connaisseurs. On y passe des instants aimables dans l’étude d’un art poussé au fini.
- C’est un ancien prix de Rome, M. Besnard, qui tient la tête par la vigueur de son coloris et la grâce de ses compositions. Quelle nervosité dans cette jolie étude de cheval de grandeur nature. Et à côté de ce passage plein de force voici un portrait de Rousse exquis de finesse et d’élégance. Puis un Devant le feu charmant et un Printemps bien légèrement crayonné. Ceci au milieu d’une vingtaine d’envois particulièrement réussis.
- Le talent si gracieux de M. Gervex ((éclate dans ses portraits de Mme X... et B. D..., deux œuvres des plus vivantes ; très remarquables aussi ceux de MM. John Lemoine et Hottinguer ; enfin un délicieux paysage pris à Aix-les-Bains complète l’œuvre de l’excellent artiste et jeune maître.
- De M. Duez un beau portrait de Mlle Jeanniot et d’autres têtes,d’enfants d’une vérité absolue, de très bons paysages, un 14 juillet très enlevé et une bien belle étude intitulée la Nuque de MmQ X... Tous nos compliments à Mme X...
- M. Hellen, qui a brillamment débuté l’an dernier, tient vaillamment les promesses données avec le portrait de Mm0 H..., Alice et Bleu et jaune d’une élégance achevée.
- Plus durs sont les vastes pastels de M. Dubufe, fils, qui s’il a fait grand n’a pas toujours fait juste. Je ne citerai sincèrement que son étude de jeune fille intitulée Quinze ans très vivante et d’une savante gracilité.
- L’envoi de M. Léon Lhermitte est des plus complets et pour ne pas faire un éloge de détail qui semblerait banal s’appliquant à chacune de ses œuvres, je tirerai hors de pair les Couturières, dont la facture me paraît l’emporter encore sur les autres et la Soupe du vieux faucheur d’une vérité émue.
- De Mmo Madeleine Lemaire, une délicieuse figure de jeune Anglaise. Rien que ce pastel, mais il en vaut plusieurs.
- En peinture, aquarelle ou pastel, j’ai toujours sur le talent de M. John Lewis Brown la même façon de penser, c’est un composé de bien et de mal, de fini et d’inachevé qui me laisse indifférent.
- M. Cazin envoie une exposition d’une véritable valeur. Il nous offre, cette fois, une délicieuse rue de village par une nuit d’été d’un charme très profond et d’une pénétrante réalité ; son Lever de Lune est parfait et son Dégel des plus réussis.
- M. Fr. Flameng présente un singulier portrait de femme.
- M. Roll donne comme toujours sa note puis-
- sante avec une Etude très soignée et vigoureusement traitée. Les contours en sont modelés avec une hardiesse des plus habiles.
- Le paysage trouve en M. Montenard un de ses plus chauds partisans ; une lumière d’une vérité intense et d’un coloris surprenant placent cet artiste aux premiers rangs de nos pastellistes.
- De même M. Edmond Yon, qui, lui, s’en prend à la nature poétique, aux frais ombrages, aux eaux claires et transparentes.
- M. Machard touche au réalisme avec des Etudes qui semblent quelque peu prises aux dalles de l’amphithéâtrh par leurs tons cadavériques.
- Citons encore MM. Emile Lévy, Adrien Moreau et Moignan.
- Alfred Delilia.
- LE LANGAGE INTERNATIONAL
- CONVENTIONNEL
- . (Suite.)
- Ce qui caractérise le système de M. Letellier, c’est qu’il n’impose ni construction de phrase, ni syntaxe particulière : il se plie à celles de toutes les autres langues. Chacun écrira d’abord dans sa propre langue, et transformera ensuite chaque mot de sa phrase en suivant les règles d’analyse grammaticale que l’auteur a posées, et dont je viens de donner un aperçu succinct. On conservera la construction de la phrase. On cherchera pour chaque mot quel est le radical du mot ou de l’idée, et on le remplacera par le radical Letellier ; on reproduira le singulier et le pluriel, le masculin, le féminin et le neutre tels qu’on les trouve dans sa propre langue. On passera ensuite à j’analyse grammaticale de la phrase; et, suivant qu’un mot sera sujet, régime direct ou régime indirect, régime d’un verbe ou d’un mot autre que le verbe, on lui ajoutera les désinences nécessaires pour caractériser son rôle. La phrase sera alors transformée, c’est-à-dire écrite dans la langue nouvelle.’ Pour la comprendre, le lecteur aura à faire l’opération inverse. Il traduira les radicaux; il cherchera quels sont les substantifs, les verbes, les prépositions, etc., les sujets, les régimes ; puis il rétablira la construction de la phrase d’après les règles usitées dans sa propre langue, qui lyi est connue.
- Je vais éclaircir ces indications par un exemple : Je suppose que, ne connaissant que la langue latine, on veuille traduire dans la langue Letellier la phrase latine suivante :
- Deum œternum in templo ejus venio ad adoran-dura.
- On procédera mot par mot de la manière suivante :
- Deum est le substantif Deus ; c’est un radical que le dictionnaire Letellier traduit par ibé. Le sens de la phrase latine indique que c’est le régime direct d’un verbe ; on fera donc suivre ce radical de.la lettre é ; le premier mot de la phrase transformée sera donc: ibéé. Dans le second mot, œternum, l’idée radicale est éternité, qui se traduit par olvaju ; c’est un adjectif qualificatif : on ajoutera donc un b comme première lettre ; c’est un régime direct: on ajoutera donc é comme désinence, et l’on écrira : bolvajué.
- La préposition in est un radical ; elle indique une idée de situation et non de mouvement ; on la traduira par tit.
- Le mot templo a pour radical transformé uîé ; il est le régime indirect du verbe : on lui donnera donc o comme désinence, et l’on écrira uféo.
- Ejus est un pronom, qui signifie de lui ; il est au génitif, ce qui marque possession ou dépendance. Ce rapport de possession se traduira par là préposition té; quant au pronom il ou lui, il se traduit parle radical di ; et comme il est régime direct d’un mot autre que le verbe, il faut lui ajouter la désinence i : on écrira donc dii.
- Venio est un verbe ; le radical de l’idée de venir est akig. On mettra comme première lettre un 1 pour indiquer un verbe neutre ; on ajoutera pour désinence : la, ce qui caractérise le mode indicatif, parce que la consonne est un 1; le temps présent, parce qu’il n’y a qu’une voyelle ; et la première personne du singulier parce que cette voyelle est un a , On écrira donc lakigla.
- La préposition ad, pour, dans le dessein de, se traduira par tîbe.
- Le mot adorandum a pour radical l’idée d’adoration, qui se traduit par iduda ; on le transforme en verbe actif en préfixant un g, ce qui donne gi-duda. Enfin, le mot est au gérondif qui peut être considéré ici comme un infinitif, régime indirect d’un verbe. On ajoutera donc un s pour indiquer l’infinitif, et un o pour donner la qualité du régime et l’on écrira : gidudaso.
- La phrase transformée sera donc la suivante : Ibéé bolvajué tit uféo té dii lakigla tîbe gidudaso.
- Supposons maintenant qu’une personne, ne connaissant que la langue française, veuille traduire en français la phrase qui précède; elle devra faire le travail inverse, et raisonner comme suit :
- Ibée ne peut être qu'un substantif, régime direct
- p.598 - vue 163/496
-
-
-
- Troisième Année. — N° ;20.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1SS9
- d’un verbe. Le radical est ibé, Dieu ; dans la construction française, je reporterai ce mot après le verbe, quand j’aurai trouvé le verbe.
- Iîolvajué, adjectif qualificatif, également régime direct ; il vient donc qualifier le mot Dieu. Le radical est olvaju, éternité; donc ici, éternel', le régime du verbe sera donc un, ou le Dieu éternel.
- Tit est un mot radical qui signifie dans uîéo, radical ufé, temple. La désinence o indique que ce mot est régime indirect du verbe
- Te signifie de.
- Dii, radical Di, lui; et de plus régime direct d’un mot autre que le verbe. Ce mot doit être la préposition de. Donc, il faut lire ici : dans temple de lui; en français : dans son temple.
- Lakigla, verbe neutre, indicatif présent et première personne du singulier. Radical akig, venir; dont \je viens.
- Tîbe, mot radical : pour, avec l’idée de but.
- Gidiulaso, verbe à l’infinitif, adorer; régime direct d’une préposition. Il faut donc comprendre ici : pour adorer, dans le but d’adorer.
- Pour écrire maintenant la phrase e'n français, il faut placer tous ces mots dans l’ordre prescrit par la construction française.
- D’abord le sujet : on n’en a trouvé aucun exprimé ; il est donc sous entendu, et incorporé au verbe : Je viens. Ensuite, le régime direct; il y en a bien un dans la phrase, mais, il ne peut pas se rapporter au verbe venir, qui est neutre; il doit donc se rapporter au verbe actif adorer, et il fait par conséquent partie d’un membre de phrase qupforme un régime indirect. Dès lors, il y a deux régimes indirects; l’un est : dans son temple, et l’autre '.pour adorer le Dieu éternel.
- Enfin, comme la préposition dans indique ici situation, et non mouvement, la traduction exacte de la phrase sera, en supprimant le mot pour, qui en français n’est plus nécessaire : Je viens adorer l’Eternel dans son temple.
- Il faut remarquer que si l’on se proposait de transformer directement cette phrase, de la langue française dans la langue Letellier, on n’obtiendrait pins la même phrase, ni dans la construction, ni dans le nombre des mots,nidans les formes grammaticales et l’on serait conduit à écrire: I)a lakigla gidudas é olvajué tit pio uléo. Néanmoins, on pourrait encore comprendre cette phrase sans savoir le français, en en faisant l’analyse grammaticale comme* ci-dessus.
- La traduction d’une phrase d’une langue usuelle dans la langue Letellier, et réciproquement, exige donc une analyse grammaticale très . approfondie et très correcte ; c’est là l’écueil du système.
- Il est trop savant.
- Il exige que l’on résolve à chaque instant des problèmes de langue, de grammaire et de syntaxe; or, parmi les personnes qui voudront échanger entre elles des correspondances commerciales, y en a-t-il beaucoup qui auront le temps et les connaissances nécessaires pour trouver les solutions correctes, je ne dis pas en parlant, mais même en écrivant, et à l’aide de mûres réflexions ? Je ne le crois pas.
- D’ailleurs, la langue de M. Letellier , outre la complication grammaticale qu’elle ne peut éviter, puisqu’elle est obligée de s’astreindre à la fois aux règles particulières à toutes les autres langues, présente encore un autre grave défaut. Elle a pour principe de traduire, ou plutôt de transformer une phrase quelconque en la reproduisant servilement mot par mot; il lui sera donc impossible de traduire d’une manière intelligible les idiotismes qui abondent dans toutes les langues naturelles. Aussi, je crois qu’en résumé le système Letellier, malgré toute la science dont son auteur a fait preuve, et bien qu’il soit parfaitement coordonné dans toutes ses parties, ne présente ni la simplicité ni la clarté nécessaires pour constituer un langage international satisfaisant aux exigences de la pratique.
- Em. Dormoy.
- (A suivre.)
- LE MÉTROPOLITAIN
- DE BERLIN
- V
- Il y a des prix intermédiaires pour les abonnements de 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10 et 11 mois de durée et des prix pour 1 mois ou une année.
- Ces tarifs groupés suivant deux catégories de parcours sont d’une grande simplicité avec des divisions de durée très étendues.
- Le bon marché est extrême : ainsi le voyageur de 3e classe avec un abonnement de ire catégorie paie pour l’année complète environ O, M, 10 par jour en moyenne et O, M, 20 avec l’abonnement de 2e catégorie.
- En 3° classe on délivre des cartes hebdomadaires aux ouvriers, valables du lundi matin au dimanche soir, pour un seul voyage, aller et retour, par jour au prix de 1 marc, soit 1 fr. 25, l’aller avant 8 heures du matin et le retour après 4 heures du soir.
- Il y a également des abonnements d’écoliers à
- très bas prix, il faut bien reconnaître que nous n’avons rien de semblable, pas même sur la ceinture où les abonnements sont relativement plus élevés.
- Les trains contiennent peu de monde, comme je l’ai déjà dit : 162 places minimum, 362 places maximum ; il y a 38 rames complètes en service pour la Stadtringbahn, indépendamment des réserves et du matériel aux ateliers, cependant le minimum suffit largement surtout pour la 2e classe, ainsi à Friedrhchstrasse où le mouvement est le plus important, il n’y a que 6,000 voyageurs par jour en moyenne.
- En 1885 le nombre des voyageurs par jour en moyenne suy le Métropolitain, non compris la banlieue et les grandes lignes était de 28,208.
- A la gare St-Lazare, nous trouvons au contraire le chiffre de 24,000,000 de voyageurs, dont 3,ooo,ooo seulement pour les grandes lignes ; à la gare St-Lazare la moyenne des voyageurs par jour est déplus de 60,000, soit dix fois plus qu’à Friedrichstrasse, la gare centrale de Berlin.
- Le 27 juin 1886, jour du grand prix, la gare St-Lazare a transporté 207,000 voyageurs et quelle augmentation si l’on donnait ici des facilités d’abonnement comme à Berlin !
- Paris a donc avec sa population beaucoup plus de vie et de mouvement que Berlin, là-bas le nouveau service a reporté sur l’artère centrale les principaux trains, si bien que quatre grandes gares : Dresdener - Nord, Hamburger et Ost-Bohnhof ont été supprimées, le Gorlit^er-Bahnhof subira vraisemblablement le même sort, de sorte qu’il ne restera plus à Berlin que quatre grandes gares en dehors de celles de la Stadtbahn.
- Le service des Halles centrales est remarquablement assuré à Berlin parle métropolitain.
- Il y a là entre autres, six monte-charges, construits comme ceux dont j’ai déjà parlé, d’un tonnage de 1,000 kilogr. chacun et quatre d’un tonnage de 75o kilogr. qui vont jusque dans les sous-sols et dans les caves des halles ; les premiers partent du milieu du quai extérieur et les secondes des galeries extérieures. Aussi i5o,ooo kilogr. de marchandises contenues dans 3o wagons peuvent être déchargés en une heure et demie de temps, de sorte que les deux trains des halles sont vidés en trois heures. .
- Le chemin de fer accorde un délai de 4 heures, on espère obtenir une demi-heure en plus et pouvoir ainsi avec un troisième train décharger toutes les nuits 450,000 kilogr. de denrées alimentaires aux halles centrales de Berlin.
- C’est là à coup sûr un résultat pratique digne d’être retenu.
- Ce métropolitain a-t-il coûté cher?
- En chiffres ronds pour douze kilomètres, la dépense a été de 84,000,000 de francs, soit 7,000,000 fr. par kilomètres.
- Les dépenses annuelles de l’exploitation peuvent être estimées à 5,000,000 de francs.
- Les recettes de la Stadtbahn sont fournies par le trafic, les loyers des concessionnaires de buffets dans les gares, la location des voûtes du viaduc, etc.
- En 1885 les dépenses ont été de : 4,744,007 fr. 10 c., les recettes totales de : 3,172,821 fr. 40 c.
- A la différence en moins, il faut ajouter les intérêts du capital engagé dans les constructions à 5 % soit 4,192,812 fr. 5o c.
- L’Etat supporte donc une perte annuelle de : 5,764,098 fr. 20 c.
- Cette somme, disent MM. Paul Gaudin et Jean Zuber, est considérable, il faut remarquer toutefois que la plupart des trains de voyageurs des grandes lignes aboutissant à Berlin, circulent sur la Stadtbahn, ces grandes lignes sont toutes exploitées par l’Etat, et par suite ne payent pas de péage annuel à l’administration de la Stadtbahn.
- C'est donc dans les recettes de ces lignes, qui sont une source importante de revenus, qu’il faut chercher cette différence de 5.764.098 fr. 20 c. puisque ces lignes, tirant profit de la communauté, doivent participer à ses charges. »
- La conclusion tout entière du remarquable travail de MM. Gaudin et Zuber est à citer. J’ai souvent écrit dans le même sens et je redis cela presque chaque soir dans mes conférences.
- Il ressort de là, de la façon la plus claire, que la population de Berlin subit un mouvement centrifuge, comme c’est le cas pour toutes les villes qui sont en période d’accroissement. (Paris grandit peu et cependant ce mouvement est très accentué chez nous) Mais ce mouvement, qu’aucune enceinte fortifiée ou fiscale ne venait entraver, a été accéléré à Berlin, par la création de la Stadtbahn, qui par ses raccordements avec la Ringbahn dessert tous les faubourgs et les communes voisines (Chez nous les droits d’octroi ne font qu’activer ce mouvement centrifuge, il ne faut pas l’oublier.)
- L’ouvrier, le commis, le petit employé qui logeait jadis au centre de la ville, à l’étroit dans un appartement malsain, s’est empressé de profiter de la facilité qui lui était offerte, pour prendre un logement salubre et à bon marché, en dehors de 1 agglomération urbaine, et ce mouvement vers l’extérieur n’est pas seulement le fait de la classe pauvre. La bourgeoisie de Berlin, elle aussi, a
- Dimanche 17 Avril 1887. — 599.
- émigré en grand nombre. Les rives si pittoresques de la Sprée, de la Havel, se couvrent de coquettes habitations, où l’industriel, le financier, le professeur, vient le soir rejoindre sa famille.
- «Aussi, abstraction faite de son importance stratégique, le métropolitain est devenu, en peu d’années, indispensable à Berlin. Si, un jour, le service de la Stadtbahn cessait de fonctionne r, ce serait un malheur quifrapperait la population entière.
- « Dans ces conditions, peut-on regretter la construction de la ligne, même si son exploitation est une charge pour l’État ? — Nous ne le croyons pas. Il nous semble même que les résultats obtenus à Berlin sont de ceux que l’on doit chercher à obtenir chez nous. »
- Tout ceci est absolument vrai, à la condition, cependant, que l’on fasse à Paris comme à Berlin le grand coup de sabre tant indiqué de la gare de l’Alma à la gare d’Orléans en suivant la Seine, à condition en un mot, que l’on fasse un métropolitain centrifuge qui répondra aux besoins de la population et non pas concentrique, comme on en a malheureusement que trop parlé.
- Dans ces conditions, la chose est possible à tout les points de vue. même financier, autrement ce serait une folie.
- Paul VlBERT.
- LES LIVRES
- cv
- Camille Doucet, secrétaire perpétuel de l'Académie française.
- Concours littéraires. Rapports annuels 1875-1885, un vol.
- in-18, Calmann-Lévy, éditeurs.
- L’Académie française est une des dernières sinon la dernière institution du passé qui ait survécu à la Révolution. Non pas que la Révolution l’ait épargnée. Les Révolutions en général sont désirées, appelées, préparées, provoquées par des gens d’esprit, mais ne sont pas faites par des gens d’esprit, et les gens d’esprit n’en profitent guère ni les choses de l’esprit. Chamfort devait l’apprendre à ses dépens. Après avoir recherché les faveurs de l’ancien régime, après avoir brigué et obtenu les couronnes de l’Académie et enfin le fauteuil académique, il s’avisa de contribuer par ses écrits, par sa parole, par sa bourse ce qui est plus rare à la chute de ce régime auquel il devait tout et à la réforme de ces abus dont il avait vécu. Il fournit des notes à Mirabeau, pour le discours à la suite duquel l’Académie fut supprimée non violemment, mais implicitement. On ferma ce salon dont la lumière et les lumières offusquaient la démagogie triomphante. Il n’y a pas que les tyrannies d’en haut pouravoir l’horreurdes réverbères. Brefl’Académie ne résista pas plus que les antres vestiges des anciennes distinctions, des anciennes supériorités, au niveau égalitaire qui est l’instrument que les révolutions manient le mieux. Heureux quand elles se bornent à le passer sur les choses et ne le passent point sur les têtes! L’Académie et les Académies ne payèrent qù’individuellement, isolément, la dette de la vertu et du talent à l’échafaud des jalousies et des vindictes populaires. Ce sont là pourtant deux supériorités, deux aristocraties qui n’ont rien à voir avec les hasards de la naissance qui font la noblesse et peuvent faire la fortune.
- Il n’importe : briser les plumes, briser les presses éteindre les lumières importunes, fermer les salons moqueurs, ce sont là jeux de prince et surtout jeux de peuple. En vain Mirabeau et Chamfort avaient-ils fait au Minotaure le sacrifice de leurs adversaires, de leurs rivaux, de leurs maîtres. Mirabeau n’eût pas évité s’il eût vécu ou n’eût évité que par l’émigration la mort de Lavoisier, de Condorcet, du fils de Buffon que ne sauva pas le nom de son père, d’André Chénier et de Roucher qui eussent été sans doute mais n’étaient pas de l’Académie. Pour Chamfort,revenu de ses illusions, repentant de ses fautes, suspect malgré tout, parce qu’il avait de l’esprit et parce qu’il ne pouvait toujours retenir son mépris, incapable de ce cacher comme Morellet ou de faire le terroriste pour échapper à la terreur, comme La Harpe il fut emprisonné, et pour n’être pas de nouveau soumis aux geôliers ou aux garnisaires il se coupa la gorge, il se tua par désespoir et par dégoût de l’ingratitude révolutionnaire qui punissait son ingratitude, son parricide académique, pendant que Florian, autre illusionné, autre désabusé, mourait de langueur et de mélancolie, à la vue des crimes qu’on commettait au nom de la liberté et dont il avait failli être victime.
- Et l’Académie? Elle traversa la tourmente dans la personne de quelques-uns de ^es membres, Morellet, Suard, qui conservaient 'sa tradition et ses archives et s’en partageaient, comme les soldats fugitifs le font des lambeaux du drapeau, les débris sacrés. Et aussitôt que la Révolution, dans ce qu’elle avait d’inutile, d’injuste, de passager, de funeste, eut expiré à son tour devant la réaction de pitié et de mépris qui termine toujours les oigies populaires de sang et de vin, d’envie et de haine, de terreur et de bêtise mêlés à la dose que ne supporte plus et que vomit une nation intelligente et généreuse, l’Académie reparut, releva, à l’abri du pouvoir restaurateur, des bases de toute
- p.599 - vue 164/496
-
-
-
- 6oo. — Troisième Année. — N° 120.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- Dimanche 17 Avril 1887.
- société et de tout gouvernement, sa tête de roseau pensant qui plie, mais ne rompt pas sous la tempête; et ces feuilles de l’immortel roseau elle les mêla aux palmes d’Egypte et aux lauriers d’Italie.
- Depuis l’Académie a suivi sa carrière, tout entière au plaisir de vivre, de durer, de fronder (qui dit salon dit fronde, jamais il n’y a eu que des salons d’opposition), mais incapable d’acheter la durée par la servitude et le salut par une lâcheté, redoutée des puissances, estimée de l’élite, courtisée et haïe par la médiocrité, indifférente à la foule qui se presse autour de ses fêtes, comme autour de tout ce qui brille, sans les comprendre. L’Académie, où toutes les variétés, toutes les dignités, toutes les utilités, tous les agréments de l’esprit français, toutes les illustrations intellectuelles et sociales n’ont pas cessé d’être représentées par 40 membres, et qui n’a pas cessé de travailler, Pénélope industrieuse et quelque peu sceptique,au Dictionnaire des variations de la langue et de l’usage, a sous d’autres rapports essentiels, beaucoup modifié sa physionomie. Elle s’est montrée amie du progrès, soucieuse du nouveau autant que respectueuse de la tradition. Elle n’a pas reculé devant quelques heureuses hardiesses. Elle a compris à merveille, surtout depuis 1870, que sa mission était moins encore de distinguer, à la , façon intelligente de l’aristocratie anglaise qui se recrute, se renouvelle et se rajeunit incessamment par l’accession d’honorables ou d’illustres parvenus, les talents qui doivent entretenir ou accroître son crédit, son prestige, que de veiller avec une sollicitude à la fois égoïste et bienfaisante, généreuse et habile, à l’éclosion et au développement de talents dont beaucoup sans elle, sans ces prix nourriciers qui ont arraché à la misère des débuts les Marmontel, les La Harpe, les Ghamfort, ne seraient point parvenus à la-maturité. L’Académie a succédé, avec avantage, aux rois, aux princes, aux grands, aux ministres dans cette mission de protection, d’encouragement, de secours pour la littérature militante ou souffrante, dont les gouvernements s’acquittent avec cette- inconsciente maladresse qui pave l’enfer de bonnes intentions. Aujourd’hui l’homme de lettres ne peut accepter sans dommage pour son indépendance ou sa dignité que l’appui de ses pairs ou de ses maîtres. Il ne peut accepter que les secours delà Société des gens de lettres, Société de secours mutuels, et que les prix de l’Académie française dont la compétence et l’impartialité ne sauraient, pas plus que la vertu de la femme de César, être soupçonnée.
- Cette mission de l’Académie qui la protège contre les vissicitudes .des éyénements,„.conîre les suspicions ou les représailles politiques, contre les jalousies, les rancunes, les ingratitudes littéraires (car il y aura toujours des Chamfort pour l’ingratitude, sinon pour l’esprit), contre tous ces dangers enfin dont elle n’aura rien à craindre tant que l’opinion publique n’en sera pas complice, cette mission, le succès n’en dépend pas, heureusement ou malheureusement suivant les cas, de l’Académie. Tous les corps et les savants plus que les autres, parce que l’activité y est moindre, s’incarnent, se personnifient dans un homme, dans une fonction. A l’Académie française , le secrétaire perpétuel est tout. C’est l’Académie elle-même. C’est le secrétaire perpétuel qui fait ou défait l’Académie dans l’opinion. C’est lui qui conduit sa barque au port ou au naufrage. L’histoire de l’Académie, de ses succès, de ses bienfaits, de ses erreurs, de ses malheurs (elle n’est pas infaillible et n’a pas fait un pacte avec la fortune) de ses éclipses, de ses triomphes, c’est l’histoire de ses secrétaires perpétuels. Elle tient en quelques noms, en quelques portraits. Si vous voulez avoir l’idée de son influence, de son crédit, de son action sur les lettrés et sur les autres, songez à d’Alembert, à Marmontel. La période discrète, tempérée, un peu terne et paterne se caractérise par des noms comme ceux de Conrart dont le silence prudent est demeuré proverbial, d’Andrieux, un talent de demi-voix, un caractère de demi-sourire, de M. Patin, plus estimable qu’agréable, plus correct qu’élégant, plus digne que ferme. L’Apogée de l’influence du crédit de l’Académie, c’est quand elle s’incarne dans M. Villemain, qui demeurera le secrétaire perpétuel caractéristique, typique, idéal, inimitable dans quelques-unes de ses qualités et aussi heureusement dans quelques-uns de ses défauts.
- Il était difficile, il semblait impossible, après tant d’illustres devanciers, de se montrer original, de dégager une personnalité accusée, une physionomie vivante de ce groupe aux figures si variées, aux attitudes si diverses. Il fallait pour le rôle nouveau qu’imposaient au' secrétaire perpétuel la nécessité de faire autrement, la légitime ambition de faire mieux sans laquelle on ne ferait pas bien, pour le fardeau sous lequel fléchissaient déjà les épaules de Villemain, et que M. Patin ne portait pas sans une fatigue que partageaient ses auditeurs pour ce fardeau et qu’avaient accru encore la multiplication des prix, des concours et des concurrents,il fallait un homme plein de finesse, de tact et doué de cette faiblesse herculéenne, capable d’efforts et de travaux héroïques, mais sans grimace, sans cesser de sourire que possèdent dit-on, certaines Parisiennes. Il fallait enfin,
- et c’est là que je dirais qu’éclate la faveur providentielle dont jouit l’Académie, si je ne craignais de la compromettre, il fallait précisément cet homme rare, cet homme heureux, toujours excellent, souvent exquis, habile à triompher de toutes les difficultés à force de tact, dont l’œil malin, la lèvre fine, la tête de jeune vieillard, couronnée de cheveux blancs, le sourire voltairien, les bons mots discrets, les bonnes actions encore plus discrètes, font le si digne représentant et la si vivante image de l’Académie nouvelle telle que l'ont faite et devaient la faire la religion du passé, la foi dans l’avenir, le respect de la tradition, le goût du progrès, l’amour pour les lettres, l’estime pour les sciences qui sont sa raison d’être, son moyen de vivre, sa force, sa vertu et son salut. Lisez ces dix rapports, où il y a sans désordre tant de noms mis à leur place, tant de livres mis à leur rang, tant d’éloges sans monotonie, tant de critiques sans malveillance, tant de traits heureux, tant de jugements en un mot, et où le mouvement littéraire contemporain se trouve résumé en trois cents pages de bibliographie exacte et de juste critique aussi agréables à lire qu’à entendre. Vous comprendrez alors en quoi M. Camille Doucet, pour le bien de l’Académie, diffère des Villemain et des Patin et en quoi pour son honneur il leur ressemble par un trait commun à tous les secrétaires perpétuels, mais qu’il porte plus allègrement, plus légèrement, plus spirituellement que les autres, le goût des choses de l’esprit et des gens d’esprit.
- M. de Eescure.
- AVIS COMMERCIAUX
- ITALIE
- importation de morue
- L’importation totale de la morue en 1886, écrit le consul général de France à Naples, s’élève en chiffres ronds, à environ 2,oo5,ooo kilogrammes.
- La morue d’origine française gagne beaucoup dans la faveur du public napolitain et la consommation a plus que doublé en 1886, par comparaison avec les chiffres de 1885- On la trouve de meilleur goût et mieux préparée que celle importée d’Angfeterre. Elle atteint le prix moyen de 5o à 52 francs, tandis que le produit similaire anglais ne fait que 40 à 5o francs les 100 kilogrammes. La maison anglaise Maingay et Robin, qui a, pour ainsi dire, le monopole de cet article, a importé elle-même de fortes quantités de poissons français Les morues provenant directement de Cette et de Bordeaux sont préférées à celles tirées des entrepôts.
- ROUMANIE
- conseils aux importateurs
- Le vice-consul de France à Jassy rappelle, dans un récent rapport sur la situation du marché de cette place, que les marchandises françaises, à moins qu’elles ne proviennent d’une maison universellement connue, doivent être accompagnées d’un certificat d’origine mentionnant la raison sociale et l’adresse ; par surcroît de précaution, il serait bon de prier le magistrat qui doit légaliser d’indiquer dans sa formule de legalisation le genre d’industrie ou de commerce et le domicile du requérant.
- Quant aux demandes de renseignements sur les commissionnaires qui se proposent comme représentants, il serait désirable que ces demandes fussent adressées avant d’avoir accepté ledit représentant et non après. En thèse générale, l’on peut assurer que le postulant s’adresse en même temps à plusieurs maisons ayant la même spécialité. A Jassy, le nombre des commissionnaires patentés est restreint; les autres abondent, et trop souvent nos producteurs se laissent tenter. Il y aurait un moyen de parer à ces éventualités ; à Galatz, a été créée, sous le patronage de notre chambre de commerce, une agence commerciale française, ayant maintenant à Bucharest, Braïla et Jassy des représentants parfaitement au courant des besoins du pays et plus à même que personne de donner des renseignements sur la solvabilité probable de chacun ; je dis probable, car les faillites sont si fréquentes que l’on ne saurait se porter absolument garant.
- M. le consul de France à Galatz, dans un rapport publié par le Moniteur officiel (français) du Commerce, du 2 décembre dernier, a appelé l’attention de nos exportateurs sur la sus-dite agence, en ajoutant qu’avant dé traiter on pourrait se procurer toutes informations à sa chancellerie, à la chambre de commerce française à Galatz et à la Banque de Roumanie, également à Galatz.
- L’agio est toujours fort élevé, 18 p. 0/0. Il y aurait lieu de prévenir que l’on doit bien spécifier que les traites envoyées en Roumanie doivent être payées en or: il a été constaté, à maintes reprises, .que cette mention omise ou, remplacée par « en francs effectifs » avait occasionné des contestations et causé à nos nationaux souvent des pertes et toujours des retards.
- ----------XSHft-r-Sîir: 1—-------------
- LES THÉÂTRES
- folies-dramatiques. — Le Bourgeois de Calais, opéra-comique
- en trois actes de Ernest Dubreuil et M. Paul Burani, musique
- de M. André Messager.
- comédie-française. — Reprise de Baja^et, Mlle Hadamard,
- M. Albert Lambert fils.
- Le Bourgeois de Calais, que l’on a représenté cette semaine aux Folies-Dramatiques, appartient au genre du vieil opéra-comique et ce n’est pas sans étonnement que l’on a vu une pièce de ce genre mi-sérieux, mi-badin sur la scène des Folies-Dramatiques, habituée à de plus joyeux flons-flons. Le premier mouvement de stupeur passé, le public en a pris bravement son parti et c’est sans aucune réticence que l’on a applaudi la musique sérieuse dans sa légèreté dont M. André Messager a agrémenté ces trois actes avec un réel bonheur d’inspiration.
- M. André Messager est certainement de tous nos jeunes musiciens le mieux doué pour faire revivre la f( rtnule, hélas délaissée à laquelle nous devons tant d’œuvres charmantes, et il est regrettable qu’il n’ait pas été mis à même de s’exercer sur la srmie d’élection de l’Opéra-Comique — vouée ai1 mrd’hui au drame lyrique, à l’instar de l’Opéra. —• On ne peut que louer la direction des Folies-Dramatiques d’avoir tenté d’acclimater chez elle un genre qui, quoi qu’on dise, saura toujours plaire lorsque sur un livret suffisamment intéressant viendra se greffer une musique mélodique à franches inspirations comme en sait faire M. Messager.
- Aussi ne serais-je nullement surpris que le Bourgeois de Calais fournît une honorable carrière et plaise à tout un public sevré depuis longtemps de nouveautés dans son genre préféré, encore que malheureusement le livret n’ait pas servi le compositeur aussi complètement qu’il l’aurait pu désirer.
- L’aventure historique de la reprise de Calais sur les Anglais par le duc de Guise, forme le fond sur lequel les librettistes ont brodé leurs trois actes d’épisodes d’un intérêt moyen.
- Les oppositions scéniques qui résultent de la lutte entre le devoir et l’amour dans le cœur d’un beau militaire, fût-il de l’époque de la Renaissance, sont un moyen un peu bien vieillot et qui pourrait sans inconvénient être rajeuni, et le Balafré, du haut du ciel, sa demeure dernière, aurait pu, ce me semble, désirer chez son historiographe une poésie un peu plus large que celle qui anime la versification de M. Paul Burani. Mais ne chicanons pas. Le musicien a fort heureusement réussi à faire taire' ces critiques de détail et,dans son succès final, décidé du sort de la pièce, fort bien défendue d’ailleurs par MM. Morlet et Gobin et quelques jolies femmes agréables à voir et même,ce qui est plus rare, à entendre.
- La Comédie-Française nous a donné cette semaine une intéressante reprise de Baja\et pour la continuation des débuts de Mlle Hadamard et de M. Albert Lambert. Le succès des deux débutants y a été complet. M. Albert Lambert a rendu avec talent les nuances multiples de ce tempérament vague et indécis du Bajazet racinien et les hésitations, peu normales, d’un irrésolu ballotté entre deux amours, dans la lutte entre sa passion et le rôle trop lourd pour ses faibles épaules. Quant à Mlle Hadamard, elle a déployé dans un rôle ingrat toutes les qualités que nous lui connaissions déjà et qui en font une tragédienne que nous verrons, je n’en doute pas, dans des rôles de premier plan, et ce pour le plus grand plaisir de tous.
- Il est bien fâcheux que Mlle Dudlay ne puisse décidément pas assouplir les violences de son tempérament aux passages de tendresse : quelle merveilleuse tragédienne nous posséderions là.
- Le défilé des revues qui a été énorme, cette année, s’est encore accru d’une manière supplémentaire. Il est vrai que cette revue en retard est jouée entre amateurs et devant un public restreint d’invités. N’importe, la revue que le cercle Pigglle nous a donnée sous ce titre fantaisiste Fat'ma le plaisir d'y venir mérite les honneurs delà critique.
- C’est assurément l’une des plus drôles et des plus amusantes de l’année, et pour avoir été composée et jouée par des amateurs sans prétention elle peut soutenir la comparaison entre celles de plus d’un faiseur rompu aux ficelles du métier.
- Je ne ferai à cette joyeuse pochade qu’un seul reproche: forts.de l’absence de censure les auteurs ont un peu abusé de la personnalité du général Boulanger qu’ils ont mis en scène d’une façon qui ne laisse pas que-d’être d’un goût douteux.
- Mais cette erreur est rachetée par tant d’exubérante gaîté, par une si franche jeunesse, qu’il n’en faut pas garder rancune aux auteurs anonymes de la revue du cercle Pigalle qui nous ont fait passer une charmante soirée.
- Georges Grisier.
- Le Gérant, GARREAU.
- Tours. — lmp. E. ARRaULT et Cie, rue de la Préfecture, 6.
- p.600 - vue 165/496
-
-
-
- Le Moniteur
- DE
- L'EXPOSITION DE 1889
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
- TROISIÈME ANNÉE. Dimanche 24 Avril 1887. NUMÉRO izr.
- SOMMAIRE :
- 1. Les travaux du Champ-de-Mars ; 2. Exposition militaire; 3. La participation des puissances; 4. Comité départemental de l’Indre; 3. Comité départemental de l’Isère; 6. Additions aux comités départementaux; 7. Bureaux des comités départementaux; 8. Erratum; 9. Palais des machines ; 10. Spus-commission des travaux; 11. Echos; 12. Exposition du Havre; i3. Exposition deVincennes; 14. Les Livres ; i5. Avis commerciaux ; 16. Le Bon Marché ; 17. Les Théâtres.
- LES
- TRAVAUX DU CHAMP-DE-MARS
- Il n’est guère possible de mener plus rapidement un travail que ne l’a été celui des fondations des palais des industries diverses, des beaux-arts et des arts libéraux ainsi que les maçonneries des sous-sols qui doivent être utilisés par les cafetiers, restaurateurs et autres industriels qui seront locataires des bâtiments en bordure sur le jardin central ; c’était une entreprise très importante et qui présentait de réelles difficultés. M. Manoury, le concessionnaire, s’en est tiré d’une façon remarquable et a su organiser ses chantiers de telle sorte que tout le travail a été terminé en cinquante jours, du 24 février au 14 avril, encore onze jours ont-ils été perdus par suite des gelées et des fêtes de Pâques, pendant lesquels il n’a pas été possible de travailler.
- Les maçonneries étant encore découvertes, on peut se rendre compte du soin apporté dans leur construction, ainsi que de la bonne qualité des matériaux employés ; là où on peut le mieux juger de l’excellence du travail c’est dans cette énorme enfilade de caves qui, longeant les bâtiments, se retournent deux fois à angle droit en suivant le contour du jardin.
- A l’heure qu’il est, on voit sur le sol se dessiner une sorte de plan donnant la configuration exacte de l’ensemble de l’Exposition, seulement ce plan n’est, en bien des endroits, indiqué que par des points placés sur des lignes parallèles, ces points sont les puits de béton et de maçonnerie qu’on a établis à chaque emplacement où doit reposer une colonne ou le pied d’une ferme ; les uns sont ronds, d’un diamètre de 1 m. 5o, les autres carrés et ont pour dimensions 1 m. de large sur 2 m. de long; ils s’enfoncent tous dans le sol d’une profondeur variant de 6 à 7 m. ; la presque totalité de cette profondeur est constituée par le béton sur lequel repose une assez faible épaisseur de meulière recouverte, à son tour, par une couche de ciment pur, parfaitement dressée et formant une table sur laquelle sera fixée la pièce métallique ; le niveau de toutes ces tables a été rigoureusement repéré afin d’obtenir exactement, pour ces points d’appui, les cotes prévues dans les projets.
- On comprend aisément qu’il a fallu apporter un soin tout particulier à l’exécution de ces piliers de fondations, car c’est sur eux seuls que portera tout le poids des divers bâtiments et un seul d’entre eux venant à céder, tout l’ensemble pourrait être compromis, surtout si l’on songe au poids considérable des énormes masses métalliques constituant l’ossature des palais ; on s’est donc vu obligé de pousser les fondations de ces puits jusqu’au sol résistant et en maints endroits, où on a rencontré d’anciennes maçonneries provenant des expositions antérieures, on a enlevé, par surcroît de précaution, lesdites maçonneries afin de ne rien laisser au hasard dans le cas où elles n’auraient pas été fondées sur un terrain absolument sûr.
- Un simple détail donnera une idée de l’importance du travail des fondations et de l’activité qu’il a fallu déployer pour le terminer en aussi peu de temps : Plus de 600 puits ont été nécessaires et la longueur des murs pleins dépasse 3,000 mètres, encore dans ces chiffres ne sont pas comprises les maçonneries de la galerie des machines qui ne sont pas encore commencées.
- Dans le 1ei> lot il a fallu déblayer 21,000 mètres cubes de terre pour les fouilles nécessaires à l’établissement des fondations qui comprennent 4,5oo mètres cubes de béton et 8,000 mètres cubes de constructions en meulière et mortier; le nombre des ouvriers occupés à ces travaux a quelquefois été de plus de 3oo.
- Pour la fabrication de son béton, M. Manoury a organisé une installation qu’il a fait fonctionner devant nous afin que nous puissions l’étudier dans tous ses détails : c’est très bien compris et on s’explique comment, à l’aide de ce système, il a pu constamment arriver à produire, dans le temps voulu, le béton qu’exigeait la confection des nombreux puits. Nous allons donner une rapide description de cette installation qui, sans être à proprement parler une innovation, pourra néanmoins être prise comme type dans tous les cas où le béton doit être utilisé en des points disséminés et éloignés du centre de sa fabrication.
- Deux malaxeurs actionnés par une locomobile sont placés sur le bord d’une tranchée au fond de laquelle est une petite voie ferrée munie d’un croisement à deux directions pour l’arrivée et le départ des véhicules dont les mouvements, de cette façon, ne peuvent pas se contrarier; sur cette voie ferrée circulent des chariots roulants pouvant porter des bennes qu’on remplit, jusqu’à un niveau déterminé, de cailloux de choix cassés à la grosseur voulue, environ omo6, suivant le type adopté par les ponts et chaussées ; on achève le remplissage des bennes en les amenant sous l’orifice de sortie des malaxeurs qui y déversent le mortier ; à ce mbment, une grue mobile sur pivot et semblable à celle qu’on voit fonctionner sur les quais de la Seine, vient prendre, au moyen d’une chaîne à crochet, la benne remplie et l’enlève pour venir la conduire au-dessus d’une plate-forme en charpente servant de support aux bétonnières proprement dites ; le fond de la benne étant mobile, la grue en opère automatiquement l’ouverture, et le contenu, cailloux et mortier, tombe sur la plateforme, cette chute produit un premier mélange y pour le rendre tout à fait intime les ouvriers placés sur la plate-forme font glisser avec des pelles la masse dans le cylindre des bétonnières ; de ces cylindres le béton fabriqué coule dans des wagonnets qui font le service entre la bétonnière et les lieux d’emploi sur un petit chemin de fer Decauville dont les rails s’allongent dans toutes les directions en donnant un développement de plus de 2 kilomètres.
- Cette bétonnière permet de fabriquer jusqu’à i5o mètres cubes de béton par journée de dix heures.
- Puisque nous parlons des fondations, ajoutons que celles de galeries qui constitueront les deux vestibules indiqués sur le plan sont également commencées depuis plusieurs jours; ces galeries seront sur l’emplacement de la voie de communication séparant actuellement le Champ-de-Mars en deux parties et qui sera supprimée pendant la durée de l’Exposition.
- La suppression de cette rue sera certainement une gêne pour la circulation, car on sera forcé de faire un assez long détour, mais il était bien difficile d’àgir autrement: un passage supérieur n’aurait pu que nuire à l’aspect général et un passage 'inférieur, s’il avait été possible, aurait formé une sorte de souterrain tout à fait inacceptable.
- Enfin, on a entamé les travaux en sous-sol pour le pavillon de l’exploitation, quelques puits sont déjà creusés et, selon toute probabilité, on aura terminé pour le mois de juillet.
- * *
- Dans la partie du palais des industries diverses qui se trouve près des arts libéraux, les forges de Saint-Denis ont apporté quelques-unes des fermes métalliques qui doivent être dressées à cet endroit; le montage ne tardera pas à coihmencer et bientôt un autre entrepreneur, M. Roussel, va amener des fermes destinées également au même palais, mais dans la partie qui touche la galerie
- des machines du côté de l’avenue de Labourdon-nais, il est probable qu’à la fin du mois quelques pièces métalliques seront déjà élevées, le spectacle sera alors bien plus intéressant et les travaux ayant lieu à la surface du sol leur progrès pourront être constatés sans difficultés. On assistera ainsi peu à peu à l’édification de ces vastes charpentes formant comme le squelette de ces énormes palais qui, déserts immenses pendant la période d’exécution, seront peut-être encore trop exigus, lorsque la foule des visiteurs s’y pressera pour admirer contenant et contenu.
- Le mouvement des terres qui se continue de la façon la plus rationnelle fait avancer régulièrement le travail de nivellement et bientôt la vaste étendue du Champ-de-Mars offrira l’aspect d’une plaine parfaitement dressée dont l’uniformité ne sera rompue que par les amas de matériaux disséminés de part et d’autre.
- Nous publions aujourd’hui une vue photographique qui offre un grand intérêt, car elle permettra aux personnes qui n’ont pas l’occasion de suivre régulièrement les travaux, de se rendre compte de leur avancement en comparant cette gravure avec celle publiée dans le numéro du 10 avril ; ces dessins ont été-pris presque au même endroit et représentent tous deux le chantier de la pile n° 4 de la fbur de 3oo mètres.
- Dans la première vue on est occupé à opérer le montage des caissons métalliques dont plusieurs sont inachevés et non encore en état de fonctionner ; dans la seconde,_ au contraire, on voit les caissons terminés, déjà enfoncés d’une notable quantité et celui de gauche muni des deux sas ou cloches au moyen desquels on peut effectuer le travail à l’air comprimé.
- Ces sas sont des sortes de chambres hermétiquement closes qui communiquent à volonté, soit avec l’intérieur du caisson, soit avec l’air extérieur afin de permettre l’entrée ou la sortie des ouvriers et des matériaux, sans laisser échapper l’air comprimé ; à cet effet, si nous supposons qu’un homme veuille entrer dans le caisson, on ferme la porte qui met celui-ci en communication avec le sas dont on ouvre la porte donnant à l’extérieur, l’ouvrier la franchit et on la referme sur lui, puis on ouvre celle qui avait été tenue formée en donnant ainsi accès à l’intérieur ; pour la sortie on opère la manœuvre inverse.
- De plus ces sas serventaussi à éviter, chose quelquefois fort dangereuse, que les ouvriers passent brusquement d’un milieu dans un autre présentant une grande différence de pression avec le premier. Pour arriver à ce résultat,les hommes séjournent dans le sas pendant un temps plus ou moins long, au milieu d’un air dont on peut diminuer progressivement la pression, de sorte qu’en sortant ils n’éprouvent pas de ces réactions brusques qui peuvent amener des accidents et compromettre sinon la vie du moins la santé de ceux qui y sont exposés.
- Une réunion des plus intéressantes a eu lieu hier au Champ-de-Mars; M. Brüll, président de la Société des ingénieurs civils, avait adressé une lettre à tous ceux que ces grands travaux intéressent, pour les convier à venir écouter sur place les explications données par les chefs des services eux-mêmes ; deux à trois cents personnes avaient répondu à cette invitation et la réunion a été favorisée par un temps splendide ; en deux heures grâce à des .indications fort claires, on a passé en revue tout ce qui a été fait depuis l’ouverture des chantiers et on a pu ainsi juger exactement à leur valeur des efforts considérables qu’il a fallu faire pour amener les travaux au point où ils sont actuellement.
- La visite a commencé par l’inspection des fondations de la tour. M. Eiffel, dans une causerie fort agréable, a fait l’hLtorique du projet, puis, passant aux explications de détail, a montré sur le sol les différentes couches du terrain qu’il a fallu creuser pour obtenir les énormes massifs sur lesquels reposeront les quatre bases de la tour;
- p.601 - vue 166/496
-
-
-
- Ô02.
- Troisième Année. — N° 121.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- Dimanche 24 Avril 18S7.
- sur remplacement du pilier n° 2, il a ensuite indiqué par quels moyens le nombre des pièces métalliques pourrait être effectué ; sur les massifs en pierre de Souppe, on établira une assise en pierre de Château-Landon, qui recevra lesplaques de fonte sur lesquelles s’appuieront des pièces en acier forgé recevant à leur tour les pièces formant les arbalétriers ou arêtes de la construction. Les grosses tiges métalliques, dont nous avons déjà parlé et qui émergent des fondations, serviront de point d’appui pour commencer à élever les premières parties qui, à l’aide d’échafaudages de 3o à 40 m. de hauteur, seront ainsi montées en porte à faux jusqu’au niveau que doit occuper le premier étage, c’est-à-dire à une soixantaine de mètres du sol; une fois cette hauteur atteinte, les quatre pieds étant reliés entre eux, le montage n’offrira plus d’autres difficultés que celles inhérentes à un travail exécuté à une élévation à laquelle on n’est pas habitué.
- Au pilier n° 4, l’intérêt a été plus vif encore, car nous avons pu opérer une descente dans l’un des quatre caissons établis en ce point ; éclairés par la lumière électrique, nous sommes descendus dans dans l’intérieur de cette masse métallique et, une fois arrivés au fond, on a laissé échapper l’air comprimé qui maintenait le caisson; celui-ci n’étant plus soutenu par la poussée de l’air s’est mis à descendre d’une façon régulière avec une vitesse d’environ omi2 en cinq minutes ; l’effet produit est des plus curieux, car on ne peut se défendre d’un certain sentiment de malaise en voyant peu à peu ce plafond de métal s’abaisser, et on éprouve une vague crainte que, ce monument.ne s’arrêtant pas, on se trouve écrasé, mais on est hnmédiatement rassuré en voyant le mouvement s’arrêter, dès que, sur un simple commandement, l’air cesse de s’échapper.
- M. Eiffel espère que les travaux de fondations, commencés le 28 janvier, seront terminés le 3o juin, et qu’à cette époque le montage pourra de suite être entrepris.
- De là, guidés par M. Berger, directeur de l’exploitation, qui, chemin faisant, nous a donné un aperçu sur l’ensemble des dispositions et quelques1 détails sur les points les plus importants, nous nous sommes rendus sur l’emplacement de la galerie des machines où M. Contamin, ingénieur en chef des constructions métalliques, nous a fait une conférence sur l’installation de cette galerie et sur les études auxquelles il a fallu se livrer pour rendre exécutable cet immense édifice sans précédent dans les annales de la charpente métallique, tant par la grandeur de ses dimensions que par la hardiesse et la légèreté de sa construction ; en effet, bien que les fermes métalliques aient nom de portée et 48™ de hauteur, on est arrivéà n’avoir, par un emploi judicieux des matériaux, qu’une charge d’environ 118 kil. par mètre carré.
- Dans cette partie on a eu également des difficultés au sujet des fondations qui devaient soutenir ce vaste édifice, mais, commelesautres, elles ont été vaincues et avant un an d’ici on verra s’élever cette gigantesque charpente.
- En somme cette tournée sur les chantiers a été tellement intéressante que nous attendrons avec impatience le moment où on en fera une autre qui sera certainement aussi fertile que la première en enseignements de toute nature.
- H. de Baecker.
- EXPOSITION UNIVERSELLE
- DE 18 8 9
- EXPOSITION MILITAIRE
- (Classe 66)
- CLASSIFICATION
- œuvres d’art
- Tableaux tirés des collections de la guerre et de la marine ; armes et armures anciennes j tableaux, portraits, groupes, statues et bustes militaires provenant des collections particulières.
- service géographique de l’armée Instruments de géodésie et de topographie. Photographie appliquée à la confection des cartes
- Topographie, cartographie, géographie. — Carte de France et d’Algérie, carte de France au '50f000, carte de Tunisie, carte du Tonkin, etc...
- Plans reliefs. — Systèmes de fortifications et types d’ouvrages fortifiés français et étrangers.
- Bibliographie militaire française et étrangère. — Les industriels seront autorisés à présenter et à exposer également les modèles de leur invention.
- infanterie
- Matériel de casernement. •— Lits, planches à effets, tables, etc.
- Matériel d’éducation et d'enseignement militaire.
- Matériel de gymnastique, d’escrime, de boxe. — Installation d’une salle d’école ; matériel, livres, spécimens des travaux des différentes écoles régimentaires.
- Modèles de fourneaux en service dans les casernes. — Les ustensiles de cuisine, percolateurs, etc.
- Les industriels seront autorisés à présenter et à exposer également les modèles de leur invention.
- CAVALERIE
- Harnachement. — Tous les modèles en usage dans la cavalerie (officiers et troupe). Une selle complète de cavalerie légère, modèle 1874 modifié; une selle complète de cavalerie de ligne, modèle 1874 modifié ; une selle complète de cavalerie de réserve, modèle 1874 modifié; une bride complète, modèle 1874, de cavalerie légère; une bride complète, modèle 1874, de cavalerie de ligne ; une bride complète, modèle 1874, de cavalerie de réserve.
- Arçonnerie. — Outillage nécessaire à la fabrication des arçons de troupes; un arçon ferré, nu, sans siège, Le cavalerie légère, modèle 1874 modifié ; un arçon ferré, nu, sans siège, de cavalerie de ligne, modèle 1874 modifié ; un arçon ferré, nu, sans siège, de cavalerie de réserve, modèle 1874 modifié; une série de pièces constituant un arçon.
- Art vétérinaire. — Instruments et appareils à l’usage de la médecine vétérinaire : une voiture de pharmacie vétérinaire d’approvisionnement de corps d’armée; deux fourgons de campagne, dont un de montagne ; une cantine de pharmacie-vétérinaire et accessoires ; un appareil de soutien; une boîte de chirurgie-vétérinaire ; un microscope avec boîte à réactifs ; matériel de contention ; cautères divers.
- Maréchalerie. — Différents modèles de ferrure et outillage de la maréchalerie. Ferrures ordinaires à glace pathologiques; voitures et forges de cam-pagne.
- Les industriels seront autorisés à présenter et à exposer également les modèles de leur invention.
- ARTILLERIE
- Appareils de visite et d’exploration de l’àme des bouches à feu et des armes portatives. Vérification des objets confectionnés.
- Collection des étoiles mobiles servant à la visite des bouches à feu et des armes portatives des divers calibres.
- Appareil électrique proposé par M. le commandant Manceron, pour l’exploration de l’âme des bouches à feu ;
- Instruments en usage pour les vérifications faites dans les établissements de l’artillerie;
- Appareils employés à l’atelier de précision de la section technique pour les vérifications délicates ;
- Machine à diviser, installée depuis 1876 à l’atelier de précision pour le fonctionnement parl’élec-tricité.
- Atelier de photographie de la section technique de l’artillerie.
- Tableaux reproduisant, par divers procédés photographiques, les principaux objets du matériel de l’artillerie.
- Fabrication des armes portatives. — Tableaux présentant les pièces d’armes principales dans les différentes phases de leur fabrication.
- Atelier de montage des pièces composant des armes portatives.
- MATÉRIEL DES ÉQUIPAGES MILITAIRES
- Modes de paquetage. — Harnachement. — Un cheval sellé et paqueté, tenue de campagne ; un attelage à deux chevaux, harnais et paquetage de campagne ; un cheval portant le harnais de limo-nière, modèle 1878; deux mulets portant le harnais de montage, l’un avec bât de pièce, l’autre avec bât d’affût.
- Le matériel présenté par l’industrie privée sera admis après examen de la Commission. Cet examen a pour but de constater qu’il n’y a aucun inconvénient, au point de vue de la défense du pays, à autoriser l’exposition projetée par les inventeurs.
- GÉNIE
- Objets du matériel du génie appartenant, soit aux écoles, soit aux parcs. Appareils électriques de mise du feu aux mines. Appareils de défense. Appareils d’éclairage électrique et de télégraphie optique. Spécimens de photographies obtenues à la section technique du génie. Atlas renfermant des dessins d’établissements militaires.
- Les industriels seront autorisés à présenter et à exposer également les modèles de leur invention.
- SERVICES ADMINISTRATIFS
- I. Effets d’habillement de grand et de petit équipement (propositions des directions de l’infanterie, de la cavalerie, des services administratifs et de la marine).
- i° Uniformes réglementaires des armées de terre et de mer et des troupes coloniales (montés sur mannequins). Effets réglementaires de grand et petit équipement.
- 20 Modèles d’uniformes d’effets, de grand et de petit équipement, proposés par les industriels.
- 3° Procédés, ustensiles et machines employés dans la confection des uniformes et des effets de grand et de petit équipement.
- 40 Matières premières employées à la confection des fournitures militaires.
- 5° Uniformes des armées étrangères.
- 6° Ordres de chevalerie : Insignes «honorifiques français et étrangers.
- 70 Exposition rétrospective d’uniformes organisée à l’aide des modèles fournis par les départements de la guerre et de la marine, s’il y a lieu, et par les collectionneurs.
- Le Musée d'artillerie de l’Hôtel des Invalides sera considéré comme une annexe de ! Exposition militaire.
- IL CAMPEMENT. — Propositions du service de l'infanterie. — i° Matériel de campement proprement dit. — Tentes-abri, différents modèles de tentes pour officiers (marquises, bonnet de police), tente-baraque ; différentes sortes de cantines ; sacs, sacoches, bidons, gourdes, couvertures.
- 20 Matériel à la suite des armées. — Fours roulants, cuisines roulantes, filtres portatifs, filtres, roulants, cribles, voitures régimentaires, caissons-de bataillon.
- Propositions de la direction des services administratifs. — i° Une tente conique, de six mètres-de diamètre, à muraille, intérieurement garnie de huit couchages auxiliaires complets, avec outils, ustensiles, et équipements au porte-manteau de de sa tablette.
- 20 — Une tente de conseil conique avec table et pliants.
- 3° — Une tente de marche, d’officier, munie de son péplum, et contenant un sac de couchage en. peau de mouton, avec courroie d’attache, un pliant et une table pliant.
- 40 — Une tente Waldéjo présentant un abri pour un homme ou pour deux.
- 5° — Un manteau d’armes de piquet.
- 6° — Un manteau d’armes de compagnie.
- Les industriels seront autorisés à présenter et à exposer également les modèles de leur invention.
- III. SUBSISTANCES MILITAIRES. — Propositions du service de l’infanterie. — i° Grains et farines employés dans les manutentions militaires.
- 20 Produits manufacturés destinés à aider à la subsistance des armées :
- Viandes en boîte, conserves de boeufs, extraits de viande, légumes en boite, potages, saucisses de pois, bouillies, tablettes de bouillon, boissons rafraîchissantes et autres.
- Expérimentation des produits conservés, sous les yeux du public (quelques cuisines pourront être installées à cet effet.
- Propositions de la direction des services administratifs. —Biscuiterie Bernadou, fours roulants et portatifs Geneste et Herscher, tente Favret: avec le matériel de boulangerie nécessaire chargé sur des mulets bâtés.
- Les inventeurs seront également autorisés à présenter et à exposer leur matériel spécial.
- Collection d’outils en bois et en fer.
- SERVICE DE SANTÉ
- I. Service de santé à l'intérieur. — Installation d’une chambre d’officier à un lit, d’une chambre-d’hommes de troupe à deux lits.
- Arsenal chirurgical.
- Collection des sondes, bougies, instruments élastiques divers.
- Appareils hydrothérapiques :
- Pulvérisations à vapeur et autres appareils.
- Etuves à désinfection.
- Procédés de vaccination.
- IL Service de santé en campagne. —- Ier Service' de santé régimentaire. — Installation et fonctionnement. — (a) de l’infirmerie régimentaire pendant les séjours ; — (b) du poste de secours pendant le combat : une voiture médicale régimentaire à deux roues, une paire de cantines médicales, une paire de paniers de réserve, un .sac d’ambulance, un rouleau de secours.
- 20 Service de santé dans les ambulances.,— Deux voitures de chirurgie, deux voitures d’administration, deux voitures d’approvisionnement, deux voitures à quatre roues pour le transport des blessés, une voiture à deux roues, une voiture pour tentes et bagages, une voiture à deux roues pour le transport du personnel, bâts pour cacolets et litières brancards articulés.
- 3° Hôpital de campagne. — Ce matériel est transporté sur huit fourgons et destiné à cent malades ; une partie restera sous les voitures, l’autre pourra être installée sous les grandes tentes Jollet ou Mahon.
- 40 Service des évacuations. — Trains sanitaires improvisés représentés par un wagon ; appareils Try. Trains sanitaires permanents figurés par six wagons : quatre servant au transport des blessés, un pour les médecins, un pour la cuisine.
- Les fabricants et inventeurs seront également admis à exposer dans cette section.
- ------------ 1 ----------------------
- p.602 - vue 167/496
-
-
-
- Troisième Année. — N° 121.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1SS9.
- Dimanche 24 Avril 1SS7.
- 6o3
- LA
- PARTICIPATION DES PUISSANCES ÉTRANGÈRES
- A l’Exposition de 1889
- La presse française s’occupe beaucoup en ce moment de la participation des puissances étrangères à l’Exposition de 1889. Un jour on assure que telle nation a accepté l’invitation de la France, le lendemain on dément l’information.
- Différents journaux ont annoncé que l’Italie ne devait pas prendre part à l’Exposition. Or voici la dépêche que l’on nous communique à ce sujet :
- L’ITALIE ET L’EXPOSITION
- Rome, 20 avril. — Au parlement italien, MM. Louis Ferrari et Bosdari, députés radicaux, annoncent une interpellation au sujet de la participation officielle de l’Italie à l’Exposition de Paris en 1889.
- M. Depretis répond que le gouvernement n’a pas encore exmaminé la question. Rien n’est •donc encore résolu.
- MM. Ferrari et Bosdari retirent leur ques-ion.
- Nos confrères devraient attendre que les réponses officielles des divers gouvernements soient parvenues au ministère des affaires étrangères. Ils seraient sûrs de ne pas donner des indications contraires qui ne peuvent que nuire au succès de l’œuvre entreprise.
- COMITÉ DÉPARTEMENTAL
- D’INDRE-ET-LOIRE
- Par arrêté en date du 19 avril 1887, le ministre du commerce et. de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a constitué comme suit le comité départemental d’Indre-et-Loire :
- 10 Sous-comité de l’arrondissement de Tours MM. Guinot, sénateur, président du conseil général, maire d’Amboise.
- Belle, député, président de la société d’horticulture d’Indre-et-Loire, à Rouziers.
- Pesson, député, à Châteaurenault.
- Rivière, député, à Tours.
- Lesourd, raflineur de pétrole, président de la chambre de commerce de Tours.
- Pénilleau, ancien président du tribunal de commerce, à Tours.
- Mazereau, imprimeur, président du conseil des prud’hommes, à Tours.
- Voiry-Mardelle, président du syndicat vini-cole de la Touraine, à Tours.
- Drake, conseiller général, président de la société des amis des arts de la Touraine, à Monts.
- Briand, secrétaire général de la société des amis des arts, à Tours.
- Trochon, avocat, secrétaire général de la société de géographie, à Tours. •
- Thiphaine, conseiller général, maire, président du comice agricole de l’arrondissement de Tours, à Monnaie.
- Bénardeau, propriétaire-agriculteur à Na-zelles.
- Bruzon, fabricant de blanc de ce'ruse, consul d’Italie, à Saint-Cyr.
- Démonté, fabricant de soieries, à Saint-Symphorien.
- Foucher, tanneur à Châteaurenault.
- Gaucher, négociant, maire de Montlouis.
- Gaultier (Jules), professeur d’histoire au lycée de Vanves, conseiller municipal, à Saint-Ouen.
- Mabille (Emmanuel), fabricant d’instruments agricoles à Amboise.
- Mabille (Ernest) , fabricant d’instruments agricoles à Amboise.
- Martineau, négociant en cuirs à Tours, membre du conseil central d’hygiène d’In-et-Loire.
- Pathault (Brice), manufacturier à Amboise.
- Testu-Jodeau, tanneur, maire de Châteaurenault.
- 20 Sous-comité de l'arrondissement de Chinon MM. Joubert, député, à Chinon.
- Mahoudeau, vice-président du comice agricole de Chinon, à Ste-Maure.
- Bienvenu, propriétaire, maire de Mazières.
- Blain, négociant à Richelieu.
- Gaillard, propriétaire-agriculteur à Pussi-
- g^y-
- MM. Gasté, docteur en médecine, conseiller d’arrondissement, à St-Epain.
- Girault-Banne, conseiller général, à l’Isle Bouchard, négociant en vins.
- Herpin, avoué, conseiller général, maire de Chinon.
- Lasaulaie, banquier, trésorier du comice agricole, à Chinon.
- Martin-Tipheneau, propriétaire-agriculteur à Ste-Maure.
- Plancher, propriétaire, maire d’Avoine.
- Renauit-Gouin, constructeur-mécanicien à Sainte-Maure.
- Vaissier, conseiller général , président du syndicat des papetiers de France, maire d’Azay-le-Rideau.
- 3° Sous-comité de l'arrondissement de Loches MM. Wilson, député, à Loches.
- Loubère, président de la société de géographie, à Azay-sur-Indre.
- Avril, président du comice agricole de Loches, à Preuilly.
- Adam, directeur de la filature de laine, à Loches.
- Bluteau, fabricant d’articles de chasse, adjoint au maire, conseiller d’arrondissement, à Loches.
- Dardy, président de la commission départementale, au Grand-Pressigny.
- Dauxerre, propriétaire-agriculteur à Fer-rière-Larçon.
- Fuzier-Hermann, propriétaire-agriculteur à Varenne.
- Gillet, conseiller municipal, à Loches.
- Leroux, architecte départemental de l’arrondissement de Loches.
- Mardelle, brasseur à Loches.
- Nioche, ancien député, avocat à Loches.
- Remy, propriétaire-agriculteur, à Montré-sor.
- Roche,_ marchand de bois, conseiller d’arrondissement, à Genillé.
- Voisin, conseiller général, maire de La Haye-Descartes.
- -----------------------------------
- COMITÉ DÉPARTEMENTAL
- DE L’ISÈRE
- Par arrêté, en date du 19 avril 1887, le ministre du commerce et de l’industrie , commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a constitué comme suit le comité départemental de l’Isère :
- i° Sous-comité de l’arrondissement de Grenoble MM. Eymard-Duvernay, sénateur.
- Rivet, député.
- Aristide Rey, député.
- Durand-Savoyat, député.
- Guillot (Louis), député.
- Abel, président du conseil des prud’hommes à Grenoble.
- Béthoux, maire de Vizille.
- Biron (Jules), fabricant à Grenoble.
- Bévière, inspecteur du service des épizooties, à Grenoble.
- Dr Bordier, professeur d’anthropologie, conseiller municipal, au Gua.
- Borel, président du tribunal de commerce, à Grenoble.
- Charvet, conservateur des forêts, à Grenoble.
- Courtois, ingénieur en chef des ponts et chaussées, à Grenoble.
- Cholat (Michel), manufacturier, maire de Voiron.
- Castain, sous-intendant militaire, à Grenoble.
- Chiou-Ducollet, maire de la Mure.
- Dufour, médecin en chef de l’asile de Saint-Robert.
- Duhamel, président du club alpin, à Gières.
- Gâché, conseiller général, à Grenoble.
- Gérard, recteur de l’académie, à Grenoble.
- Gruyer, conseiller général à Sassenaye.
- Guigonnet, doyen des notaires, conseiller municipal, à Grenoble.
- Jay (Stéphane), gantier à Grenoble.
- Jore (Auguste), agriculteur conseiller d’arrondissement, maire de Saint-Ismier.
- Kuss,_ ingénieur des mines à Grenoble.
- Menvielle, rédacteur en chef du Réveil du Dauphiné.
- Merceron-Vicat, ingénieur en chef des ponts et chaussées, en congé.
- Musset, professeur à la faculté des sciences, à Grenoble.
- Naquet, rédacteur en chef du Petit Dauphinois.
- Panckouke, trésorier-payeur général du département de l’Isère, à Grenoble.
- Payen, commissionnaire en ganterie, conseiller général.
- Porteret, fabricant de ciments à Grenoble.
- Poulat (Félix), brasseur, conseiller municipal.
- MM. Rey (Edouard), maire de Grenoble.
- Riondel, architecte, à Grenoble.
- Robequain, conseiller d’arrondissement, à la Mure, fabricant de clous.
- Rochas, fabricant de papiers à Pontcharra.
- Rouault, professeur d’agriculture, à Grenoble.
- Trouillon, propriétaire à Brié-et-Agonnes, ancien conseiller général.
- Tessier, ingénieur-voyer d’arrondissement à Grenoble.
- 20 Sous-comité de l’arrondissement de Vienne MM. Couturier (Louis), sénateur.
- Lombard, député.
- Chaumartin, agent-voyer, inspecteur, à Vienne.
- Chollier, ancien président du tribunal de commerce, à Vienne.
- Couturier fils, agronome à Vienne.
- Dumas, fabricant à Vienne.
- Dumoulin, conseiller d’arrondissement, à Saint-Jean-de-Bournay.
- Gaillard, conseiller général à la Verpillière.
- docteur Gigard, adjoint au maire de la Côte Saint-André.
- Gris, fondeur, président du tribunal de commerce, à Vienne.
- Jouffray (Antoine), cadet, ancien constructeur-mécanicien à Vienne.
- Jouffray, maire et conseiller général, à Vienne.
- Lhuillier-Manin, constructeur-mécanicien à Vienne.
- Morand, maire au Péage du Roussillon.
- Pareire, pépiniériste à Vienne.
- Picard, conseiller général, à Saint-Jean-de-Bournay.
- Puzin, imprimeur, directeur du Moniteur viennois.
- Roé (Marc), président du comice de Saint-Laurent-de-Mure.
- Saulnier, propriétaire à Meyzieu, conseiller général.
- Troue!, propriétaire, maire de Pont-Evêque.
- Trémeau, président du tribunal de commerce, à Vienne.
- Windeck (Joannès), vice-président du comice agricole, à Vienne.
- 3° Sous-comité de l’arrondissement de la Tour-du-Pin MM. Marion, sénateur.
- Bovier-Lapierre, député.
- Antonin Dubost, député.
- Allier, propriétaire, à Crémieu.
- André, neveu, manufacturier à la Tour-du-Pin.
- Bérieu, maire de Virieu.
- Bédor, maire de Bourgoin.
- Chamberot, architecte à la Tour-du-Pin.
- Clavel (Jean-Baptiste), manufacturier,tisseur en soieries, à Pont-de-Beauvoisin.
- Desvignes (André), manufacturier, à la Tour-du-Pin.
- Diéderichs, industriel, à Bourgoin-Jallieu.
- Drevon, conseiller d’arrondissement, maire de Veyrins, minotier.
- Fuzier, propriétaire, maire de Montrevel.
- Gallois, propriétaire à Passins.
- Michal-Ladichère (Henri), manufacturier à Saint-Geoire, conseiller général.
- Mortier, fabricant de papiers à Saint-Victor-de-Cessieu.
- de Montgolfier, fabricant à Charavines.
- Pascal, manufacturier aux Esparres.
- Perregaux, imprimeur sur étoffes, à Bourgoin-Jallieu.
- Varvarande, maire de Montalieu-Vercieu, maître carrier.
- 40 Sous-comité de l'arrondissement de Saint-Marcellin
- MM. Saint-Romme, député.
- Achard, adjoint au maire de Saint-Jean-de-Moirans.
- Boirivant,'fabricant à Réaumont.
- Chalvet, docteur-médecin, maire de Saint-Marcellin.
- Chenavas, conseiller général,maire de Saint-Etienne-de-Saint-Geoirs.
- Chevalier, conseiller général, maire de Vi-nay.
- Dutruc, fabricant de liqueurs à Saint-Marcellin.
- Gotton (Ernest), agriculteur, conseiller d’arrondissement, maire de Saint-Siméon-de-Brescieu.
- Gabert, à Rives.
- Giraud, industriel, adjoint au maire de Moi-rans.
- Guillet, conseiller général, à Pont-en-Royans.
- Manecy, fabricant de papiers à Fures.
- Perret’(Michel), président du conseil départemental d’agriculture, à Tullins.
- Perret (Jules), banquier à Saint-Marcellin.
- Perrin, négociant, ancien maire, conseiller municipal, à Tullins.
- Veyret, négociant à Viriville.
- p.603 - vue 168/496
-
-
-
- N° 12 1.
- LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 24 Avril 18S7.
- 604. — Troisième Année.
- Par arrêté en date du 19 avril 1887, le ministre du commerce et de l'industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a nommé membres du comité départemental de la Charente-Inférieure :
- MM. Bourdil, ingénieur civil, ancien délégué du gouvernement à l’exposition de Sydney.
- A. Huvet, négociant à Saintes.
- P. Beaudouin, négociant à Pons (sous-comité de l’arrondissement de Saintes).
- Membres du comité départemental de la Corrèze :
- MM. Fleyssac, conseiller général, canton de Treignac.
- Chaulanges, carrossier à Tulle (sous-comité de l’arrondissement de Tulle).
- Choumeils de Saint-Germain, greffier du tribunal de commerce de Brive.
- J. Verlhac, négociant en draperies à Brive.
- Rellier, vétérinaire principal du haras de Pompadour.
- Latreille, négociant, maire de Pompadour.
- Marbouty, maire de Lubersac.
- Condamine, adjoint au maire de Meyssac.
- Lacoste (Emile), conseiller général, à Brive.
- Denoix (Louis), liquoriste à Brive (sous-comité de l’arrondissement de Brive).
- Membres du comité départemental du Nord :
- MM. Darche-Levent, industriel, conseiller général à Bavay.
- Eliez, conseiller général à Betlaimont.
- Gravés aîné, conseiller d’arrondissement à Louvignies-Bavay.
- Stavaux (Clovis),, filateur à Sains.
- Wallenne (Eugène), vice-président du comité marbrier du Nord.
- Céli-Hénaut, marbrier à Coulsore.
- Sand, fabricant de produits céramiques à Feignies (sous-comité de l’arrondissement d’Avesnes).
- Membre du comité départemental de l’Aude (sous-comité de l'arrondissement de Carcassonne): M. Théodore Rousseau, inspecteur des forêts à Carcassonne.
- BUREAUX DES
- COMITES DÉPARTEMENTAUX
- DE LA CREUSE
- Sous-comité de ïarrondissement d’Aubusson
- Président. — M. Rousseau, président de la chambre des arts et manufactures à Felletin.
- Vice-président. — M. Benoit, ingénieur civil.
- Secrétaires. — MM. Martinon, membre de la chambre consultative de l’agriculture à Blessac; Boucheron, professeur à l'école nationale d’art décoratif d'Aubusson et à l’école municipale de dessin de Felletin.
- Sous-comité de Varrondissement de Bourganeuf
- Président. — M. Martin-Nadaud, député de la Creuse, questeur de la Chambre des députés.
- Vice-président. — M. Magadoux, conseiller général, notaire, maire de St-Martin-Château.
- Secrétaires. — MM. Riffaterre, conseiller d’arrondissement, négociant à Bourganeuf; Guérand , directeur de l’école primaire supérieure à Bourganeuf.
- Sous-comité de Varrondissement de Boussac
- Président. — M. Aucouturier, propriétaire-agriculteur, maire de Boussac.
- Vice-président. — M. Dufoussat, conseiller général, vice-président de la chambre consultative d’agriculture à Soumans.
- Secrétaires. — MM. Sol, fabricant de chapeaux à Chambon; Trébuchet, agriculteur à Boussac-Bourg. __________
- DE LA CORRÈZE
- Sous-comité de l’arrondissement de Brive
- Président. — M. Roche, maire de Brive.
- Vice-président. — M. Rupin, conservateur du musée de Brive, président de la société archéologique de la Corrèze.
- Secrétaire. — M.. Lalande, receveur des hospices de Brive, secrétaire général de la société archéologique de la Corrèze.
- Secrétaire-adjoint. — M. Beynié, photographe à Brive.
- Sous-comité de Varrondissement d’Ussel
- Président. — M. Dellestable (François) député), maire de Neuvic, président du conseil d’arrondissement.
- Vice-président. — M. Puivarge (Jean-Baptiste), maire d’Ussel, conseiller d’arrondissement à Us-sel.
- Secrétaire.— M. Tinlot (Antoine), juge de paix du canton d’Eygurande, à Aix.
- DU NORD
- Président.— M. Ch. Seydoux, manufacturier au Cateau, membre du conseil supérieur du commerce et de l’industrie.
- Vice-présidents pour l’arrondissement de Lille.— MM. Edouard Agache, manufacturier, membre de la chambre de commerce de Lille ; Florimond Desprez, agriculteur, à Cappelle-Lille. — Pour l’arrondissement d’Avesnes — Henri Sculfort, conseiller général, président de la chambre consultative des arts et manufactures d’Avesnes. — Pour l’arrondissement de Cambrai — Wallerand, teinturier, président de la chambre de commerce de Cambrai. — Pour l’arrondissement de Douai — Farez, industriel, à Douai. — Pour l’arrondissement de Dunkerque — Trystram (Jean-Baptiste), député, conseiller général, président honoraire de la chambre de commerce de Dunkerque. — Pour l’arrondissement d’Hazebrouck — Paul Leconte, industriel à Estaires. — Pour l’arrondissement de Valenciennes — Caullet, agriculteur, fabricant de sucre à Haspres.
- Secrétaires.—MM. Cornut, ingénieur en chef de l’association des propriétaires d’appareils à vapeur, à Lille ; Dubar, vice-président de la société des agriculteurs du Nord, économiste à Lille.
- Sous-comité de l’arrondissement de Lille Président. — M. Edouard Agache, manufacturier.
- Vice-présidents.— MM. Florimond Desprez,agriculteur, à Capelle-Lille ; Danel, imprimeur à Lille ; Leblanc (Julien), filateur à Lille ; Lagache (Julien), fabricant de tissus à Roubaix; Mathelin, directeur de l’usine de Fives-Lille.
- Secrétaire.—M. Soubeyran, ingénieur des mines, directeur de l’Institut industriel, à Lille.
- Sous-comité de /’arrondissement d’Avesnes Président. — M. Plenry Sculfort, conseiller général.
- Vice-présidents: Industrie lainière. — M. Bous-sus, manufacturier, conseiller général à Wignehies. Métallurgie. — M. Lesaffre, maître de forges, secrétaire du Comité des Forges du Nord, à Fer-rière-la-Grande. Marbrerie, verrerie, glacerie. — M. Clavon, maître de verreries, àTrélon.
- Secrétaire. — M. Edouard Dubois, publiciste, président de la société de géographie de l’arrondissement d’Avesnes.
- Sous-comité de Varrondissement de Cambrai Président. — M. Wallerand,teinturier, président de la chambre de commerce de Cambrai.
- Vice-président. — M. Galland-Ruskoné, ancien fabricant, maire de Cambrai.
- Secrétaire. — M. Durieux, archiviste, à Cambrai.
- Sous-comité de Varrondissement de Dunkerque Président. — M. Trystram, député. Vice-présidents. — M. le président de la chambre de commerce de Dunkerque ; MM. Lemaire (Gustave), avocat, conseiller général, maire de Dunkerque ; Clayes (Léon) Brassem, conseiller général, président du comice agricole de Bergues.
- Secrétaires. — MM. Herbart (L.), agent des compagnies d’assurances maritimes, membre de la chambre de commerce de Dunkerque ; Decoster (G.), négociant, juge au tribunal de commerce de Dunkerque.
- Trésorier. — M. Vancanwenberghe (Georges), filateur, conseiller d’arrondissement, maire de Dunkerque.
- Sous-comité de Varrondissement d’Hazebrouck Président. — M. Paul Leconte, industriel, à Estaires.
- Vice-président. — M. Deregnaucourk (Arthur), président du conseil des prud’hommes d’Hazebrouck.
- Secrétaire. — M. Planche (Henry), fabricant de toiles à Hazebrouck.
- Sous-comité de l’arrondissement de Douai Président. —M. Farez, industriel à Douai. Vice-président. — M. Brun, directeur des mines de l’Escarpelle, à Douai.
- Secrétaire. — M. Richez, inspecteur-primaire,à Douai.
- Sous-comité de l'arrondissement de Valenciennes Président. — M. Auguste Caullet, agriculteur, fabricant de sucre, à Haspres.
- Vice-présidents. — MM. Jules Sirot, conseiller général, maître de forges_ à St-Amand ; Davaine (Jonathan), agriculteur-adjoint au maire de St-Amand.
- Secrétaire. — M. Santteau, avocat-adjoint au maire de Valenciennes.
- ERRATUM
- Une faute d’impression s’est glissée dans le tableau des bureaux des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889 publié dans notre numéro du 10 courant.
- A la classe 5y, nous avons.imprimé M. Meyer, vice-président, c’est M. Mayer qu’il faut lire. M. Mayer est l’honorable syndic du conseil municipal de Paris.
- PALAIS DES MACHINES
- Conditions particulières des constructions métalliques de la grande nef.
- Nous avons dernièrement donné les conditions générales et particulières de cette adjudication.
- Quelques modificaiions ayant été apportées à U avant-métré et au détail estimatif, nous croyons devoir reproduire ces documents avec les changements que l'on y a introduits :
- AVANT-MÉTRÉ
- M
- a CO POIDS
- INDICATION h POIDS
- H
- a DES OUVRAGES a DE L’UXXTE PARTIEL TOTAL
- =
- PREMIER LOT
- Grande nef, côté de l’avenue de la Bourdonnais
- kil. I kil.
- 1.53q.oooI 246.000/
- 529-3l0)3.045.310 609.000
- Grandes fermes compris pivots en acier fondu et cous- kil.
- sillets en fonte. . . 9 171.000
- Ferme de tète . . I 240.000
- Travées de panne. Travées de cou- 10 52.931
- verture Travées de poutre 10 60.900
- pleine, avec chéneau Garde - fous de 10 12.5oo
- faitage Travées de poutre à treillis portant le I 0 3oo
- plancher du Ier ét. Travées d’arcade à treillis, y corn- 10 20.400
- pris pieds-droits . . Quincaillerie : La ferrure des parties ouvrantes composée chacune , de deux pivots, un ressort,un loqueteau à queue, une corde septain 10 26.000
- et un pied de biche. 40 »
- 125.000
- 3.000/
- 2°4-00V 464.000
- r \
- 200.000/
- DEUXIEME LOT
- Grande nef côté de l’avenue de Suffren
- Grandes fermes . Ferme de tête . . Travées de panne. Travées de couverture ...........
- Travées de poutre
- pleine.............
- Garde - fous des
- faîtages...........
- Travées d’arcade à treillis, y compris pieds-droits . . . .
- Travées de poutre à treillis portant le plancher du Ier ét.
- Quincaillerie : Ferrure des parties ouvrantes :
- Comme il est dit au ur lot..........
- INDICATION
- DES O UVRAG E S
- kil. kil. kil.
- 9 171.000 1.539.000
- I 2-10.000 240.000
- 9 52.931 76.379
- 9 60.900 548.100 2.918.679
- 9 12.500 II2.5oo
- 9 3oo 0 0 D- C*
- \
- • 9 26.000 234.0001 417.600
- 9 20.400 i83.6oo
- 36
- IL ESTIMATIF
- POIDS
- PRODUIT
- PREMIER L Grande nef, côté de l’avenue
- Fers de toute nature pour fermes, pannes, longerons, poutres, chevrons, fers à vitrage, supports, tôles, etc.
- Fers pour arcs à treillis, y compris piédroits, tympans au-dessus et poutres à treillis des planchers..........
- Quincaillerie : la ferrure des parties ouvrantes à régler d’après les prix de la série de la ville de Paris, édition 1882, diminués de 25 0/0, comme il est dit aux conditions particulières. Ensemble...........
- kilos
- 3.045.310 0 45
- 464.OOO 0 38
- M- <1 £. cf P
- O* E3
- 40 10 »
- OT
- de la Bourdonnais
- 1370.389 5o\
- 176.320 Ȕ
- >1,547.109 5o
- 400
- DEUXIEME LOT
- Grande nef côté de l’avenue de Suffren
- Fers de toute nature, comme il est dit au 1e1' lot. . . . 2.918.679 0 45 i3i3.4o5 55 \
- Fers de toute na-
- ture pour arcs à treillis, etc., comme ci - dessus au 158.688 » 1.472.493 55
- Ie' lot 417.600 0 38
- Quincaillerie : Id. 400 )>
- Sommes à valoir pour imprévus et dépenses 127J24 95
- Honoraires et frais d agence . . 80.214 »
- Total général. 3.227.142 »
- MODÈLE DE SOUMISSION Je soussigné
- Entrepreneur-Constructeur, demeurant à
- , après avoir
- p.604 - vue 169/496
-
-
-
- p.n.n. - vue 170/496
-
-
-
- .N® 121
- Dimanche 24 Avril 168/
- LE MONITEUR De l-EXPOSITION DE 1889
- exposition universelle de 1889
- SâaP - 3, pue de l'Echelle, Pap/s
- Plaques de Guilleminotà C'.
- A. Broise & Courtier, Phot.
- VUE DES CHANTIERS DU CHAMP-DE - MARS
- p.dbl.n.n. - vue 171/496
-
-
-
- p.n.n. - vue 172/496
-
-
-
- Troisième Année. — N° 121.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 18S9.
- Dimanche 24 Avril 1SS7. — 6o5.
- pris connaissance des clauses et conditions générales imposées aux Entrepreneurs de l’Exposition Universelle de 1889 ; du cahier des charges spéciales aux constructions métalliques en 1er et en acier ; ainsi que des dessins et des conditions particulières se rapportant directement à l’exécution des charpentes et fermes en fer et acier formant la grande nef du Palais des Machines au Champ-de-Mars ;
- M’engage à exécuter les travaux dont il s’agit formant le (1) lot, évalué à la somme
- de
- moyennant un-rabais de (1)
- sur les prix moyens indiqués aux clauses et conditions particulières.
- Si ma proposition est acceptée, je me soumets à supporter tous les droits d’affichage, de timbre, d’enregistrement à droit fixe ou autres, auxquels la présente soumission pourra donner lieu.
- Paris, le 1887.
- «
- SOUS-COMMISSION des TRAVAUX
- La sous-commission des travaux de l’Exposition de 1889 a approuvé:
- i° La, livraison des verres striés destinés à la couverture de la galerie des machines ;
- 20 Les termes d’une convention à passer avec la ville pour la fourniture de l’eau destinée à l’alimentation de l’Exposition.
- ------- — - <a -s» gKüi~,...—-
- ÉCHOS
- Paris
- L’exposition canine de la Société centrale aura lieu cette année, comme les précédentes, au Cours-la-Reine, du mardi 24 au mardi 31 mai.
- La quatrième exposition libre des beaux-arts (sans jury d’admission), organisée par le groupe des Artistes Indépendants, aura lieu dans les Baraquements des Tuileries, du jeudi 5 mai au lundi 20 juin.
- L’exposition des œuvres de Millet aura lieu dans les galeries de l’Ecole des beaux-arts, du dimanche 1er mai au lundi 20 juin.
- *
- * *
- L’exposition des diamants de la Couronne, dont la vente doit avoir lieu prochainement, a été ouverte jeudi 21 avril, au Pavillon de Flore et se prolongera jusqu’au 8 mai, période durant laquelle l’exposition sera publique les mardi, jeudi, samedi et dimanche. Les mercredis et vendredis sont réservés aux personnes munies de cartes délivrées par l’administration des domaines.
- Enfin, tous les matins, les joailliers, munis d’une autorisation spéciale, peuvent visiter la collection et l’examiner en détail.
- *
- * *
- L’Union centrale des Arts décoratifs a décidé d’instituer^ à l’occasion de l’exposition qu’elle organise cette annee au Palais de l’Industrie, du 25 juillet au 30 septembre, une série de concours auxquels sera consacrée une somme de 30,000 fr. Les concours seront au nombre de trois : 1° entre les peintres, pour une partie de décoration ; 2° entre les sculpteurs, pour une maquette en cire d’un objet mobilier ; 3° entre les architectes, pour un ensemble décoratif. Une sous-commission a été désignée pour arrêter le programme de ces trois concours. En outre, d’accord avec le ministre de l’Instruction publique et des beaux-arts, l’Union centrale institue un prix qui sera disputé par les élèves des écoles de Paris et des départements. Enfin, elle donnera un grand prix de voyage et une bourse d’étude.
- *
- * *
- On sait que, le 23 mars dernier, le conseil municipal a pris une délibération portant qu’une commission de 32 membres serait nommée avec mission de préparer un programme d’ensemble de la décoration intérieure de l’Hôtel de Ville, décoration qui devait être attribuée pour moitié à la commande directe, l’autre moitié devant être réservée au concours libre.
- En conformité de cette décision, M. le préfet de la Seine vient de désigner les membres qui devront composer cette commission. Ce sont :
- MM. Poubelle, préfet de la Seine, président ; Alphand, inspecteur général des ponts et chaussées, directeur des travaux de Paris ; Bailly, architecte, membre de l’Institut; Bracquemond, artiste graveur; Cernesson, conseiller municipal ;
- (1) Le numéro du lot et le taux du rabais devront être écrits en toutes lettres.
- (2) Signature du soumissionnaire.
- Charles Clément, critique d’art; Collin, Delhomme, Léon Donnât, Hattat, Hovelacque, Alphonse Humbert, Levraud, Longuet, Emile Richard, Sauton, Strauss, Vauthier, membres du conseil municipal; Yves Guyot et Henry Maret, députés ; Dalou, statuaire ; "d’Echérac, critique d’art ; Formigé, architecte de l’Hôtel de Ville ; Eugène Guillaume, membre de l’Institut ; Lavastre, artiste peintre-décorateur ; Liouville, membre de la commission administrative des beaux-arts ; de Perthes, architecte de l’Hôtel de Ville; Henri Rocliefort, publiciste; Thulié,_ ancien conseiller municipal ; Vaudremer, architecte, membre de l’Institut; Eugène Véron, critique d’art.
- M. Armand Renaud, inspecteur en chef des beaux-arts et des travaux historiques, remplira les fonctions de secrétaire ; il aura pour secrétaire adjoint M. Brown, chef de bureau au même service.
- *
- Y- y
- Départements
- C’est demain lundi 25 avril qu’expire le délai prolongé, pour l’envoi des adhésions à l’exposition industrielle de Nevers, dont l’ouverture reste fixée au 28 mai.
- *
- * #
- Les artistes sont informés que le dernier délai pour les propositions à faire en vue de l’exposition des beaux-arts qui doit s’ouvrir à Aix le 10 juin prochain, est irrévocablement fixé au 30 avril courant.
- Les adhésions sont reçues au bureau du Journal des Arts, 47, rue Le Peletier. Nous rappelons que les ouvrages de grande dimension ne devant être qu’exceptionnelïement admis, les intéressés sont invités à faire sommairement connaître la nature de leur envoi.
- Transport à la charge de Ta Ville. — Récompenses décernées par un jury spécial.
- Nota. — La condition d’origine faite dans le principe aux exposants n’en est plus une aujourd’hui.
- *
- Y- Y
- ETRANGER
- Allemagne
- Une importante exposition de beaux-arts, à laquelle participeront un grand nombre d’artistes, ouvrira le samedi 14 mai prochain, au Concerthans de Berlin. La direction propose trois prix d’honneur qui seront attribués aux trois meilleures productions artistiques. Mais aucun jury ne sera chargé de les décerner.
- Le nouveau règlement veut, en effet, que le jugement appartienne au public.
- Chaque visiteur recevra, dans ce but, un bulletin de vote sur lequel il indiquera le numéro d’ordre du tableau ou de tout autre œuvre d’art qui aura obtenu ses préférences.
- Le bulletin sera déposé dans une urne fermée, placée dans une des salles de l’exposition, et qui sera ouverte à l’issue de celle-ci. -
- L’exposant qui aura réuni sur son envoi le plus grand nombre de suffrages, recevra la première des récompenses d’honneur.
- *
- * *
- La grande exposition internationale d’œuvres d’artistes vivants, organisée par l’académie des beaux-arts de Berlin, ouvrira le dimanche 31 juillet prochain, au Palais d’exposition, près la gare de Lehrte (Lehrter Bahnhof). Le clôture est fixée au jeudi 20 octobre.
- *
- * *
- Le prince Luitpold, régent de Bavière, a accepté le haut patronage de l’exposition internationale artistique en préparation à Munich, pour 1888.
- Nous avons dit, dans un précédent numéro, que l’on s’occupait de l’organisation simultanée d’une exposition nationale d’art industriel.
- Il est dès maintenant décidé que les deux expositions auront lieu parallèlement, mais dans des locaux séparés, les négociations engagées n’ayant pu aboutir sur ce point.
- La direction de l’Association d’art industriel se propose de faire édifier ses galeries d’exposition sur le terrain qui s’étend entre la Kaistrasse et la Zweibrückcnstrasse, sur la rive gauche de l’Isar.
- *
- * *
- Une exposition d’hygiène domestique et populaire ouvrira à Leipzig, en septembre prochain.
- *
- * *
- A l’occasion du Congrès des agriculteurs de la province de Saxe, on annonce 'l’organisation, à Weiszenfels,. d’une exposition d’agriculture qui ouvrira le dimanche 31 juillet pour prendre fin le mardi 2 août.
- *
- Y Y
- Une exposition d’art culinaire, de confiserie, de pâtisserie et d’alimentation populaire aura lieu à Düsseldorf, en novembre prochain. Le capital de garantie, s’élevant à 12,000 marks, est entièrement souscrit.
- *
- Les adhésions sont arrivées et arrivent si nombreuses à l’exposition internationale d’horticulture de Dresde, la première et la plus importante de ce genre, nous l’avons déjà dit, qu’il ne reste, malgré tous les agrandissements apportés à diverses reprises au plan primitif, presque plus d’emplacements à distribuer. La commission s’est donc vue forcée de maintenir strictement au 15 avril le dernier délai pour les adhésions. Plusieurs congrès auront lieu à Dresde pendant la durée de l’exposition.
- * ¥
- L'exposition de plumes d’ornement et de fleurs et plantes artificielles, organisée au musée d’art industriel de Dresde, par l’Association des fabricants, a été ouverte le 28 mars dernier.
- Un goût parfait a présidé à l'installation de cette exposition qui est, paraît-il, charmante, et constitue un intéressant et instructif tableau de ces deux industries importantes.
- ¥ ¥
- Le rédacteur et éditeur de la Revue de Construction des Instruments de musique, M. Paul de Wit, a ouvert récemment à Leipzig (Thomas-kirchhof, 16) une exposition rétrospective d’instruments de musique.
- *
- ¥ ¥
- L’exposition agricole allemande de Francfort-sur-le-Mein aura une importance plus grande qu’on rie l’avait cru tout d’abord. Les adhésions sont si nombreuses qu’il a fallu annexer de nouveaux emplacements.
- *
- Y- ¥
- Autriche-Hongrie
- Les samedi 7, dimanche 8, et lundi 9 mai prochain, aura lieu à Budapesth une importante exposition nationale agricole.
- La section des machines agricoles est ouverte aux industriels de tous pays ; la taxe d’emplacement y est d’un florin par mètre carré.
- Les envois doivent être rendus dans les locaux de l’exposition avant le 5 mai.
- ¥ ¥
- La dix-septième exposition annuelle des beaux arts a été ouverte au Künstlerhans de Vienne par S. M. l’empereur.
- Les exposants sont au nombre de 286 avec un total de 335 envois.
- *
- ¥ ¥
- Une exposition générale d’apiculture , organisée par la Société d’apiculture de Vienne, dans les galeries de la Société horticole, a été inaugurée le samedi 2 avril.
- Outre Vienne et la Basse-Autriche, la plupart des pays de la Couronne ainsi que la Hongrie y sont représentés.
- On a remarqué aussi un certain nombre d’exposants de Copenhague, Milarq Francfort-sur-le-Mein, Breslau, Dresde, Leipzig, Strasbourg, Zurich.
- *
- ¥ AA
- Angleterre
- Une exposition historique et religieuse du judaïsme en Angleterre a lieu en ce moment à l’Albert-Hall de Londres.
- Une exposition de peinture ouvrira en mai au Crvstal-Palace de Londres, à l’occasion du Jubilé Royal.
- AA ¥
- Australie
- Le consul de France à _ Melbourne annonce qu’une exposition internationale sera ouverte dans cette ville en mars 1888. Les règlements relatifs à cette exposition n’ont pas encore été publiés.
- Les commissaires de cette exposition ont ouvert un .concours pour les plans des annexes. L’exposition, y compris les constructions permanentes, couvrira une superficie de treize hectares.
- ¥ ¥
- Brésil
- La chambre de commerce française de Rio-de-Janeiro vient de recevoir du ministre français du commerce et de l’industrie, une subvention annuelle de 500 fr.
- *
- * *
- Belgique
- Notre excellent confrère le Moniteur Industriel nous apprend que la cinquième exposition spéciale organisée par les soins de la Société Belge des ingénieurs et industriels a été ouverte le vendredi 15 avril, au Palais delà Bourse de Bruxelles, dans les locaux de la Société.
- Cette exposition, relative aux matériaux de construction d’origine belge, se prolongera jusque vers la fin de mai.
- *
- ¥ *
- ¥ ¥
- p.605 - vue 173/496
-
-
-
- 6o6. — Troisième Année — N° 121.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1SS9.
- Dimanche 24 Avril 1887.
- Le Moniteur Belge publie un arrêté royal décidant qu’une exposition générale d’œuvres d’artistes vivants, belges et étrangers, aura Heu à Bruxelles, du samedi 20 août au samedi 15 octobre.
- *
- * *
- La Société royale belge des aquarellistes vient d’ouvrir, à Bruxelles, sa vingt-septième exposition annuelle.
- * X
- Italie
- C’est demain lundi 25 avril que le Roi et la Reine présideront, à Venise, l’ouverture solennelle de l’exposition nationale. Cette cérémonie sera suivie de l’inauguration de la statue équestre de Victor-Emmanuel. L’exposition se prolongera jusqu’au mardi 25 octobre.
- Le programme des fêtes, qui auront lieu pendant sa durée, est des plus brillants. A signaler entre autres :
- Les grandes illuminations de la Riva degli Schiavoni, les régates à la voile des pêcheurs de Chioggia, la représentation de YOtello de Verdi au théâtre Fenice, des courses de vélocipèdes, la reconstitution d’un tournoi donné en 1400 sur la place Saint-Marc, par la République de Venise en l’honneur de Pétrarque, un tir aux pigeons international, une fête au Lido, deux grandes sérénades sur le Grand Canal, un tournoi de billard international, des régates sur le Grand Canal, un grand feu d’artifice sur la Piazzetta, etc.
- *
- X X
- Une exposition internationale de musique, dont nous avons déjà dit quelques mots, aura lieu à Bologne en 1888. Le maestro Verdi a accepté la présidence d’honneur que lui offrait le comité.
- L’exposition se divisera en sections de musique scénique, symphonique et religieuse et comprendra tout ce qui a trait à la musique instrumentale et vocale,
- *
- X X
- Notre excellent confrère le Bollettino delle Finanze, Ferrovie e industrie, nous apprend qu’en septembre doit se réunir à Milan un Congrès international de délégués des différentes Sociétés pour la crémation, et qu’on prépare, à cette occasion, une exposition internationale d’objets ayant trait à la nouvelle méthode de funérailles.
- Le comité promoteur du Congrès et de l’exposition s’est adressé au ministre des travaux publics pour obtenir qu’il fît des démarches auprès des compagnies de chemins 'de fer, afin que celles-ci accordent des réductions de tarif pour le voyage des congressistes et le transport des objets d’exposition.
- Le comité a prié le ministre de faire, par la voie diplomatique, les mêmes démarches auprès des administrations étrangères.
- Tous rôtisseurs ! For Ever ! !
- 'k
- X X
- Pays-Bas
- Une intéressante exposition artistique, comprenant environ 200 ouvrages d’artistes belges et hollandais, est ouverte actuellement à Middel-bourg.
- X X
- La Gazette allemande des Consulats, confirmant une nouvelle que nous avons donnée, il y a déjà quelque temps, à cette place, annonce que l’Association pour l’exportation (Export-Verein) du royaume de Saxe vient d’établir, à Amsterdam, un musée commercial où sont représentés plus de 100 membres des différentes branches de l’industrie.
- X X
- République Argentine
- Les consulats argentins annoncent que, par suite de difficultés nombreuses résultant de l’épidémie cholérique, aujourd’hui, il est vrai, complètement disparue, l’ouverture de l’exposition de Parana est retardée du 1er avril au 1er octobre prochain.
- X X
- Suisse
- La cinquième exposition agricole suisse aura lieu à Neuchâtel, du dimanche 11 au mardi 20 septembre prochain. Elle comprendra onze sections, consacrées respectivement: au progrès agricole dans ses différentes manifestations ; à l’élevage des races hippique, bovine, ovine, etc ; aux volatiles, à, la laiterie, à l’horticulture, la pomologie et la culture potagère ; aux machines et appareils accessoires ; aux produits agricoles et aux produits auxiliaires.
- Seule, la section des machines, outils et instruments, sera ouverte aux envois étrangers qui ne pourront d’ailleurs recevoir aucune distinction. La subvention fédérale de 80,000 francs sera tout entière consacrée aux récompenses.
- Les délais d’adhésion expirent, pour les produits vivants, le 1er mai, pour tous autres produits ou envois, le 1er juillet.
- -------------
- EXPOSITION DU HAVRE
- On nous écrit du Havre :
- L’exactitude étant la politesse des rois, l’Exposition du Havre en remontrerait aux cours les plus polies. Elle a fixé pour date d’ouverture le 7 mai; depuis un mois les galeries sont livrées aux exposants, prêtes à recevoir leurs produits. Les retards, désormais, ne seront imputables qu’à ceux qui attendent imprudemment le dernier moment pour s’installer.
- Il y a pourtant grand intérêt pour les exposants à hâter leur préparatifs, de façon à se trouver sous les armes pour l’inauguration officielle.
- M. Goblet, président du conseil, l’amiral Aube, ministre de la marine et M. Granet, ministre des postes et des télégraphes, viendront présider cette solennité, à laquelle le plus grand éclat sera donné.
- Nous avons pu juger de visu l’ensemble architectural de l’Exposition, et nous pouvons affirmer qu’elle sera la plus complète et la plus brillante que la province ait jusqu’ici organisée.
- Le développement des galeries et des promenoirs, autour du bassin du commerce, que l’Exposition comprend dans son enceinte, produit l’effet le plus nouveau et le plus pittoresque.
- Le jardin à la française où s’élève une cascade tombant en glace de cinq mètres de hauteur, est un cadre ravissant pour les concerts de jour et de nuit qu’y fera entendre un orchestre hors ligne, composé de l’élite des concerts de Paris, sous la direction de M. Gabriel Marie, second chef des auditions Lamoureux.
- Sur le jardin, la grande façade monumentale, décorée à l’orientale, terminée par de magnifiques verrières, élève ses deux phares et son immense coupole, représentant le globe terrestre avec ses continents. Déjà les drapeaux de toutes les nations flottent aux haubans du sémaphore qui la surmonte, et cet appareil maritime, aux clairs rayons du beau soleil du printemps, forme le décor le plus séduisant et le plus pittoresque à cette fête de l’industrie et du commerce.
- La salle des fêtes et de réception, décorée avec un grand goût, recevra une très intéressante exposition de peintres de marine. Déjà ses trois immenses tympans ont reçu des toiles décoratives représentant les trois grands ports de France : Marseille, Bordeaux et le Havre.
- Le soir, la lumière électrique éclairera somptueusement tout cet ensemble. Une force motrice de 255 chevaux y sera employée.
- Les vastes galeries, développées sur une longueur de i,5oo mètres, se remplissent des produits de l'Industrie du monde entier.
- L’exposition Coloniale, qui suffirait à elle seule à constituer une attraction de premier ordre, se forme des richesses de toutes nos possessions, véritable musée exotique groupé autour d’un temple cambodgien, habile et luxueuse restitution des architectures asiatiques.
- Ajoutons que plus de deux mille cinq cents exposants se sont rendus à ce grand concours. Le commerce français a compris, en effet, qu’il y a là, pour la première fois sans doute, une occasion exceptionnelle de faire valoir et connaître ses produits, en les présentant sur ce grand marché.
- Cette exposition est en même temps une véritable bourse d’échange, et le Syndicat du commerce en gros des vins et spiritueux de la Gironde, qui y organise une exposition collective des produits du Bordelais, définit admirablement l’importance de ces assises du commerce national, dans une circulaire où il s’exprime ainsi:
- « La situation géographique et l’importance du « port du Havre lui assurent des communications « fréquentes avec le monde entier et particulière-« ment avec l’Amérique : son Exposition Internais tionale offrira une occasion des” plus favorables « pour placer sous les yeux des visiteurs de tous « pays, notamment de l’Angleterre, les produits « de notre commerce d’exportation. »
- Il faut donc s’attendre à un succès complet à tous les points de vue :
- Pour les touristes et pour les promeneurs, les fêtes qui vont se succéder pendant trois mois dans notre grand port de la Manche, au centre des plages balnéaires les plus fréquentées, offriront un attrait irrésistible ;
- Pour les commerçants et pour les industriels, s’y ajoutera un puissant intérêt pratique.
- L’EXPOSITION DE VINCENNES
- Le Moniteur de l’Exposition a déjà eu l’occasion de parler de l’Exposition du cinquantenaire des chemins de fer. Quand nous avons eu l’occasion d’en entretenir nos lecteurs, rien n’était prêt ; aujourd’hui, au contraire, tout est terminé ou à peu près.
- Deux mois et demi se sont à peine écoulés depuis l’inauguration des travaux pour l’Exposition du Cinquantenaire des chemins de fer français h Vin-cennes, et toute cette région, naguère si déserte, est à peine reconnaissable aujourd’hui. «
- Cette transformation si rapide, si vertigineuse, due aux efforts combinés de deux architectes du comité, MM. Fouquiau et A. Thomas, et de ses deux ingénieurs, MM. Sautereau de Glatigny et Sincholle, frappe d’étonnement et d’admiration les nombreux visiteurs qui se pressent chaque jour sur les pelouses Daumesnil, munis des cartes de circulation que le comité délivre à tous ceux qui en font la demande.
- L’idéal poursuivi, et qui sera réalisé par les organisateurs de l’Exposition et des fêtes du cinquantenaire est de joindre dans la plus grande proportion possible, l’agréable au sérieux, la distraction à l’instruction, la décoration et les plaisirs à la science et à l’industrie.
- En attendant la prochaine inauguration qui nous fournira naturellement l’occasion de revenir plus au long sur toutes les merveilles qui attireront pour la première fois vers l’Est le mouvement parisien, la très courte énumération suivante en peut donner comme un avant-goût à ceux qui n’ont pas encore voulu ou pu aller voir par eux-mêmes.
- Voici le palais de l’Exposition, construction métallurgique d’une hardiesse inouïe et dont les flancs hospitaliers sont déjà tout prêts à recevoir et à abriter les produits qui vont s’y entasser.
- Voici la tribune du jury, décorée avec un goût exquis; voici la salle des Fêtes, tout ornée d’élégantes sculptures : voici l’Allée des Nations, bordée de mâts vénitiens et que termine, avec son tunnel béant, l’ancienne gare de Saint-Germain, méticuleusement reconstituée dans ses moindres détails ; voici l’enchevêtrement des rails pour les chemins de fer et les tramways ; voici le réseau ferré qui permettra de faire en quelques minutes une sorte de tour du monde avec arrêt à des gares et buffets russes, suédois, espagnols, américains, etc. ; voici des kiosques, des pavillons de tout ordre et de tout style, des bars, des trinkhalls, des modèles de fermes. Voici une rue tout entière de la vieille cité de Londres, et un village français du treizième siècle ressuscité de pied en cap avec ses corps de métier en exercice.
- Voici, un peu plus loin, le lac Daumesnil lui-même qui va prêter à une véritable féerie le cadre de son décor magique ; des bateaux de toutes les formes et de toutes les nations se joueront sur ses flots limpides, au-dessus desquels se dresse déjà le fac-similé du phare du Havre, en attendant d’autres réductions des principaux ports du monde.
- Plus loin encore, voici la mine, qui ne sera sûrement pas l’un des moindres clous de l’Exposition du cinquantenaire, mais dont nous préférons laisser toute la surprise à ses futurs visiteurs.
- Que.de choses encore nous aurions à citer, car il semble que, dans cette œuvre vraiment nouvelle et nationale, l’imagination se soit donné une inépuisable carrière.
- Terminons en annonçant que chaque jour apporte de nouveaux concours au comité, tant de l’étranger que des divers points de la France.
- C’est ainsi que le prince de Galles, qui a accepté le haut patronage de la section anglaise, enverra des types de bateaux-pêcheurs ; que les ministères des postes et du commerce d’Angleterre feront exposer l’un des wagons-poste avec appareils pour le chargement et le déchargement des sacs de dépêches pendant la marche des trains, l’autre le matériel complet d’une station de sauvetage sur les côtes britanniques.
- Patience donc, et à bientôt l’un des spectacles les plus originaux et les plus intéressants qu’il ait encore été donné à Paris de contempler.
- — ^agîirtÜrifï’iiiüTr~T-| I -—
- LES LIVRES
- CVI
- Comte Léon Tolstoï. — Polikouchka, traduit avec l’autorisation de l’auteur, par E. Halphérine, 3e édition. Librairie académique Didier, Perrin et Cie, libraires-éditeurs.
- Matyas Vallady. — Filles d’Allemagne, Paris, Paul Ollendorff.
- Encore du Tolstoï. Ne nous plaignons pas. Avec des talents qui, comme celui-là, confineraient au génie s’ils étaient plus disciplinés, mais qui mêlent à la dose héroïque, épique, en nos temps prosaïques, comme l’esprit russe lui-même, les inspirations d’une culture raffinée avec les instincts persistants, d’un fruste à peine émoussé, de l’imagination orientale et de la sensibilité slave, il y a du bon grain à glaner jusque dans l’ivraie et les herbes d’une luxuriance parasite. D’ailleurs, si l’on veut bien connaître Tolstoï, et il en vaut la peine, c’est moins dans ses compositions achevées, comme la Guerre et la Paix et Anna Karénine qu’il faut rechercher les qualités et les défauts de son procédé, le bon et le mauvais de sa manière, que dans les nouvelles comme Polikouchka et celle qui la suit, qui ne sont que des ébauches, que des croquis, du dessin farouche et du relief brutal de la fresque. Polikouchka et une Tourmente de neige ne sont que des études. Mais par places on y sent le maître. Point d’intrigue, point d’action. Le premier de ces récits es.t l’histoire d’un pauvre diable de serf, intrigant et aventureux, qu’un caprice de pitié de la Barinia, de la châtelaine, élève, malgré ses méfaits, à la dignité
- p.606 - vue 174/496
-
-
-
- Troisième Année. — N° 121.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 18S9
- Dimanche 24 Avril 18S7. — 607.
- d’agent de confiance, qui est chargé du recouvrement d’une forte somme, qui résiste aux tentations de la misère et de l’ivrognerie, qui revient vers la maison porteur du pli précieux, le perd en route et se pend de désespoir. C’est bien simple, comme on voit, trop simple même. Mais les détails du paysage, du costume, des caractères, sont peints d’après nature et fouillés au vif.
- Le caractère indécis et fantasque de la barinia, son incapacité administrative, son mélange d’égoïsme et de générosité, l’élan de confiance qui la pousse à charger le malheureux Polikey de la mission qui lui coûtera la vie, sa terreur superstitieuse plus forte que sa pitié, quand elle apprend sa fin tragique, l’insouciance avec laquelle elle abandonne au premier venu, porteur de la nouvelle, le contenu de l’enveloppe pleine de roubles qu’il a ramassée sur la route, sont étudiés et rendus avec cette désespérante fidélité d’un peintre sans illusions et sans complaisance. Dans le même ton, sobre et cru, de la même touche forte et dure sont peints l’intendant Egor, les types principaux de l’assemblée des chefs de famille chargée de désigner les apprentis soldats dus par le domaine et de fournir sa proie au Minotaure du recrutement militaire. Les scènes d’auberge au départ et à l’arrivée des recrues,leur désespoir morne passant, grâce à l’ivresse, par tous les délires d’une sorte de folie spleenetique, la découverte du malheureux Polikey pendu à la solive du grenier, le navrant désespoir de sa femme faisant contraste avec l’indifférence des uns, les terreurs superstitieuses des autres : ce récit, sans autre leçon que celle de la plus amère expérience, sans autre moralité que celle de la résignation à la fatalité de l’égoïsme humain, dont l’indifférence est pareille à l’impassibilité avec laquelle la surface de la nature, comme celle de l’eau, est à peine ridée par le léger ricochet des convulsions, des chutes, des catastrophes privées, laisse dans l’esprit et dans le cœur une impression âpre et triste, comme la vérité. On en veut un peu à l’auteur de nous intéresser, de nous attrister avec des scènes de mœurs disparues, avec des misères aujourd’hui effacées du martyrologe du paysan russe, dont l’abolition du servage a émancipé le travail, qu’elle a libéré de toute dette autre que celle de l’impôt de la terre et de l’impôt du sang. Les romans qui roulent sur le servage, dont la plaie est fermée, n’ont plus qu’un intérêt rétrospectif et il nous en coûte de pleurer au récit des misères de ce régime féodal aboli, comme de compatir aux infortunes conjugales dont le divorce rétabli peut briser le joug et détacher les chaînes jadis éternelles.
- Ce qui demeure toujours d’actualité dans un tableau de paysage et de mœurs russes, c’est la neige c’est l’ouragan de neige dont la seconde nouvelle, si l’on peut donner ce nom à un récit sans autre action qu’un grand danger couru, et un providentiel salut obtenu, nous donne une description d’un artsavant et nuancé. C’est une sorte de symphonie du blanc, dans toutes ses variétés, dans toutes ses teintes, depuis le blanc tranquille, pur et doux de la campagne, pâle sous sa robe blanche, et encore souriante comme une jeune vierge qui vient de mourir, jusqu’au blanc irrité, fulgurant de la poudre glacée, souffletant le visage sous le coup de fouet incessant d’une tempête sans tonnerre. Nous assistons au départ du traîneau aux joyeuses clochettes, suivant la route frayée. Puis l’ouragan arrive sournois. L’horizon est borné à deux pas. La route a disparu sous la neige. Plus de vestige humain. Pas d’étoile conductrice. On erre étonné, étourdi, au hasard, envahi par le froid, paralysé des extrémités, le cerveau gagné par la terrible fièvre, qu’on pourrait appeler blanche, par opposition à la fièvre rouge de l’insolation. C’est l’histoire d’une de ces nuits d’épreuve, souvent de catastrophe dont les dangers sont conjurés, les angoisses terminées par une rencontre libératrice, qui est contenue dans ces pages d’une exactitude de procès-verbal. Leur minutie raffinée est parvenue à rendre les émotions et les sensations de ce passage entre la réalité et le rêve, entre le positif et le fantastique, entre la vie et la mort, où se débat le malheureux voyageur en proie à une tourmente de neige.
- Au sortir de ces récits poignants et réfrigérants, il faut une diversion, un contraste. Si vous en voulez un, jovial et cordial, qui vous donne l’impression de la friction au chaud, après le supplice de la douche glacée, lisez ce qui suit.
- Les Filles d’Allemagne, par Matyas Valady, sont les aventures d’un Télémaque parti sans préjugés et revenu sans illusions d’un voyage et d’un stage d’Université en Allemagne, consacré surtout à la recherche de l’amour idéal et de la femme idéale. Les découvertes ont été peu en rapport avec les ambitions et avec les espérances. Notre Télémaque ferait dresser les cheveux sur le front de Mentor, si Mentor ce n’était pas nous, curieux ou philosophes de la vie qui ne demandons qu’à rire de tout de peur d’en pleurer, à la pensée de tant de myosotis, de tant de marguerites respirés, effeuillés, pour arriver à une moins conclusion voisine de la tenace espérance de Faust que de l’ironique scepticisme de Méphistophélès. Où est la vraie femme, la femme qui vaut la peine d’être aimée? C’est en vain que Matyas l’a cherchée et qu’il nous
- la fait chercher avec lui à travers les mangeries et les beuveries des brasseries, des cafés germaniques, car selon lui toute passion teutonne a pour commencement, pour milieu et pour fin une indi* gestion à deux, et on mange et on boit à tous les actes de l’amour allemand. Il y a de bien curieuses histoires aussi sur le puritanisme des maîtres d’hôtels allemands et les accommodements d’idées, en vertu desquels ils satisfont le décorum en refusant au voyageur d’amener à l’hôtel une femme qui n’est pas la sienne, sauf, pour concilier le décorum avec le commerce, à lui en fournir une, s’il demande une chambre garnie. L’euphémisme est délicieux. Choucroute garnie, chambre garnie, toute l’Allemagne galante est là, qui fait l’amour décemment et cyniquement à la fois, qui ale cœur tendre et l’estomac exigeant, qui mange des saucisses et des caresses, qui boit des baisers et des bocks, qui se passe au besoin de tout cela, et au moyen de la chambre garnie, garnie d’une gretchen fournie au plus juste prix par l’hôtel même, achète tout cela tout fait.
- Tout cela est conté avec une belle humeur sans trop d’ironie, une expérience sans rancune et des détails de mœurs ec des traits de caractère qui ravissent le dilettante collectionneur des curiosités, des bizarreries, des chinoiseries germaniques et françaises. Caria seconde partie du livre est consacrée à la recherche de la femme comme elle devrait être pour la découvrir telle qu’elle est dans le monde comme il en faut. De là l’histoire de Turquoise, type assez réussi de la lorette de 1886 et l’épisode bien amusant et suffisamment vrai de l’amour en province, où fleurissent les Estelle et où sont trompés et contents les Bocateau. Figurez-vous du Paul de Kock des bons temps, des bons crus, de ce Paul de Kock dont raffolait le pape Grégoire XVI, qui, comme les honnêtes femmes, ne détestait pas les gaillardises, du Paul de Kock moins bonhomme, plus malin, disons le mot, plus roué, plus philosophe, si l’on veut grossir jusqu’à ce mot une expérience dont le désabusement n’abuse pas de Schopenhaueï' et dont le pessimisme à la bonne franquette est encore celui qui vous force de rire en vous riant dans les yeux, et au besoin en vous tapant sur le ventre.
- - M. de Lescure.
- AVIS COMMERCIAUX
- LISBONNE
- M. le ministre du commerce et de l’industrie vient d’être informé de la création d’une Chambre de commerce française à Lisbonne, sous la présidence d’honneur du ministre de France.
- Le Moniteur officiel du commerce publiera prochainement les statuts et la liste des membres du Conseil de la nouvelle Chambre.
- 6ALATZ
- ARTICLES d’importation EN BULGARIE
- Le Bulletin commercial, du i5 mars, de la Chambre de commerce française de Galatz indique les articles suivants, d’une vente courante en Bulgarie, comme étant demandés en dépôt par le représentant de l’Agence commerciale française à Roustchouk :
- Cuirs et peaux préparés, de qualité moyenne, » fournitures pour chaussures: clouterie, outils, etc. ; cognacs bon marché, sardines de toutes qualités, conserves alimentaires, huiles d olives en estagnons et flacons, ciments et chaux hydrauliques, couleurs préparées, plomb en grenaille, outils et instruments pour toutes industries, quincaillerie, papiers en tous genres, papiers à cigarettes, champagnes, briques et tuiles, fusils de chasse et revolvers, chemises, caleçons et tricots, bas et chaussettes, parfumerie fine, cartes à jouer, arachides, machines pour l’agriculture, machines à tisser, à filer, à tricoter, etc., pratiques et facilement transportables.
- JAPON
- COLONIE française
- Le consul de France à Yokohama écrit que les grandes maisons de commerce et d’industrie qui ont un courant régulier d’affaires au Japon sont, en général, également représentées à Yokohama et à Kobé. Au premier rang, il faut citer les « Messageries maritimes ». Il mentionne aussi les maisons de Vigan, Oppeinhetmer et Bing, qui ont des agents dans les deux villes et qui font toutes sortes d’opérations commerciales.
- Le « Bon Marché » entretient au Japon depuis bien des années un acheteur permanent.
- De grands établissements industriels tentent, avec plus ou moins de succès, de se créer des affaires au Japon : ce sont d’abord les « Forges et chantiers de la Méditerranée », puis les établissements Cail, Fives-Lille, Commentry et Fourcham-bault », etc. Mais comme ces établissements cherchent à obtenir des commandes plutôt du Gouvernement que des particuliers, ils ne sont représentés qu’à Yokohama et généralement d’une manière temporaire. Plusieurs d’entre eux se sont constitués en syndicats en vue du développement
- des débouchés de l’industrie française en extrême Orient : ces syndicats ont, à ce titre, des agents à demeure.
- Les Français qui sont venus créer au Japon, pour leur propre compte, des établissements plus ou moins importants sont une trentaine à Yokohama, sept ou huit à Kobé, quatre ou cinq à Nagasaki. L’ensemble de leurs affaires ne représente pas un très gros chiffre, mais ils sont, en général, dans une situation honorable et aisée. Les cas d’indigence sont très rares dans notre colonie.
- A cette catégorie de Français, on doit rattacher les inspecteurs de soies qui sont employés, tantôt par des maisons de notre nationalité, tantôt par des maisons étrangères. L’inspection des soies est un art tout français.
- ANNAM ET TON Kl N
- ARTICLES DE DROGUERIE. — ENVOI D’ÉCHANTILLONS ET DE RENSEIGNEMENTS
- M. le ministre du commerce et de l’industrie a reçu de M. le résident général de la République française en Annam et au Tonkin, 21 caisses d'échantillons d’articles de droguerie récoltés et préparés dans le pays. Ces échantillons ont été transmis aux chambres de commerce de Bordeaux, Paris, Lyon, Marseille, Pontarlier, Cette, Nantes, le Havre, Lille, Roubaix, Béziers, *Dijon, Mazamet, Castres, Cholet, Roanne, Rouen, Sedan, Elbeuf, Amiens et Troyes, auxquelles ils étaient destinés.
- On trouvera dans le Moniteur officiel du commerce, du 7 avril, un résumé des renseignements qui accompagnaient l’envoi des collections dont il s’agit.
- LE BON MARCHÉ'
- Exposition des toilettes ds campagne
- Le printemps, qui a eu tant de peine à faire son apparition, semble enfin vouloir nous faire oublier les jours froids d’un hiver rigoureux et prolongé; la verdure commence à couvrir les arbres de nos promenades et de nos jardins. Espérons que l’été, dont la brusque et bienfaisante chaleur de ces derniers jours annonce la prochaine éclosion, ne tardera pas à donner à Paris cette animation si goûtée des étrangers qui viennent au mois de mai et de juin admirer les charmantes toilettes de nos élégantes. Le mouvement va bientôt renaître aux Champs-Elysées, au Bois et dans les nombreuses réunions qui retiennent jusqu’au grand prix les Parisiennes et les Parisiens, cependant si amoureux de la belle nature et de la villégiature, mais qui ne peuvent se priver du délicieux séjour de la capitale au début de l’été et préfèrent retarder les réunions dans les châteaux, bien que les parcs en soient cependant fort attrayants en mai, grâce à la floraison des arbres et des plantes aujourd’hui si bien cultivés par nos jardiniers devenus de véritables artistes.
- Le moment est donc proche où toutes nos élégantes vont arborer ces délicieux vêtements aux couleurs harmonieuses et chatoyantes, qui affirment le goût exquis de la mode parisienne, dont la suprématie n’a plus besoin d’être constatée. Les dames trouveront dans la visite qu’elles se préparent à faire au Bon Marché un choix des plus variés et des plus élégants de vêtements charmants, de robes de voyage et de costumes de bains de mer sur lesquels nous tenons à attirer leur attention, car le Bon Marché, qui a cependant offert tant de surprises à sa clientèle, nous paraît s’être surpassé cette année.
- Quel serait l’étonnement de nos grand’mères en voyant cette exposition si luxueuse, si elles comparaient les prix auxquels ces charmants chiffons sont aujourd’hui offerts, et ceux des robes qu’elles portaient jadis, robes qui n’étaient renouvelées que rarement et non pas à chaque saison, comme elles le sont de nos jours. Quelles tentations devant ces étoffes de qualité réellement incroyable que l’industrie française prépare pour la maison Boucicaut, et que, fidèle à sa devise, celle-ci livre à un prix relativement minime. L’ajustement en est de meilleur goût ; aussi peu de bourses resteront fermées après une promenade dans les magniques magasins du Bon-Marché, si coquettement décorés pour cette superbe exposition de vêtements d’été.
- Commençons notre promenade par les costumes de dames pour la terminer par ceux des enfants et les vêtements pour hommes, sans oublier de nous arrêter dans les galeries où sont exposés les ameublements et meubles confortables, destinés à orner les châteaux, les maisons de campagne et les villas de nos plages de Bretagne, de Normandie, etc.
- Il nous faut faire un choix parmi ces merveilles de bon goût et de bon ^marché. Voici d’abord le peignoir du Bon-Marché en cretonne à fond uni avec petites rayures et bande de fantaisie ; nous laissons aux visiteurs la surprise de connaître le prix de ce vêtement qui leur sera si utile dans les journées caniculaires; plus loin le peignoir confortable et élégant en mousseline de laine rayée
- p.607 - vue 175/496
-
-
-
- 6o8. — Troisième Année. — N° 121.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- Dimanche 24 Avril 1S87.
- avec gilet et garnitures de velours avec cordelière à la taille, ainsi que de ravissants modèles en cachemire noir ou en cachemire d’écosse.
- Arrêtons-nous devant les matinées, ces vêtements très goûtés des dames ; elles sont confectionnées en vichy, en beige, en cretonne, ou en lainage, avec chemisette et jupe retroussée, la matinée en beau lainage uni, garnie de galon brodé, simulant les bretelles, avec un devant bouffant maintenue à la taille par deux attaches, et une jupe plissée mérite une mention particulière, ainsi que celle en cheviotte ou en.cachemire noir dont la jupe est gracieusement plissée, la chemisette, le col et les parements sont en très beau crêpe.
- La robe de chambre a été aussi spécialement étudiée par la maison Boucicault, qui offre à ses clients une élégante robe en cachemire d’écosse, avec un devant en crêpe français fort gracieux. A côté se trouvent des modèles d’une grande simplicité, et de bien bon goût en serge, avec bandes de broderie en cachemire brodé à petits pois ; cette dernière est serrée à la taille par un corselet qui sera très apprécié.
- Les visiteuses du Bon-Marché ne manqueront pas de s’arrêter devant l’exposition des ravissantes chemisettes, les déshabillés bretons en étoffe rayée avec garniture de velours assorti et les déshabillés en flanelle foulée avec chemisette, revers brodé et volant.
- L’exposition des jupes est des plus variées et des plus élégantes, comment n’être point coquette devant ces merveilles. Citons parmi les meilleures modèles la jupe nouvelle en étoffe fantaisie de laine à petites rayures blanches et large bordure unie, celle en tissu pure laine à jour avec fond dentelle à pastilles, la jupe de voyage en très belle étoffe de laine à petites rayures ou bien unie. Celle en bafiste de laine à jour, garnie de faille française. Ce modèle se retrouve aussi en surah noir et mauve ou en bengaline unie et rayée. Terminons par la jupe en dentelle guipure de soie très solide, relevée avec nœuds de ruban et jais sur un magnifique fond, et par celle si coquette et bien drapée en étamine de laine à petites rayures ou en serge unie avec soutaches. Les modèles de jupe en vigogne et ceuxdes jupes devisite en magnifique faille française sont du meilleur goût et ceux en cretonne imprimée d’une ravissante simplicité. Ces jupes affirment la supériorité des artistes qui président aux confections de la maison du Bon Marché.
- Le comptoir des costumes de bains nous offre des vêtements que toutes les visiteuses de la maison Boucicault voudront acheter, car il est difficile de trouver d’aussi jolis modèles que ceux présentés; ces costumes permettent aux dames de montrer que l’élégance ne perd pas ses droits même au bain surtout quand la baigneuse se sait regardée par les nombreux curieux assis sur la plage. Le ravissant costume « hussard » avec garnitures de galons et de tresses ou le costume breton avec ancre brodée sur la poitrine en bleu, noir ou grenat, dénotent le meilleur goût, ainsi que le gentil costume blouse à grand col pour fillettes de 6 à 14 ans. Ces costumes peuvent être complétés par d’élégantes chaussures de bains en toile grise avec garniture ruchée et semelles en végétale avec intérieur en liège.
- Pour se couvrir au sortir du bain, on trouvera , au Bon-Marché de chauds peignoirs en tissu éponge avec broderies, pour se rendre, sans risquer un refroidissement, delà mer aux cabines sur la plage.
- Les mères qui, dans cette visite, ont déjà éprouvé tant de tentations pour elles, trouveront à satisfaire aussi leur désir de coquetterie et pourront parer leurs enfants avec les ravissants costumes exposés , parmi lesquels les plus remarquables nous ont paru être le costume en jersey rayé formant blouse avec jupe de broderie, la vareuse courte en cheviotte marine avec ancre brodée au col, le costume pour fillette de 3 à 12 ans ainsi que celui pour fillettes de 13 à 16 ans.
- Quelles tentations et quelle joie pour ces jeunes élégantes en contemplant le soin, au foyer domestique, les ravissants costumes choisis par leurs mères et qu’elles montreront avec un vif plaisir à 'eurs pères, qui n’hésiteront pas à faire, à leur tour, une visite au comptoir des vêtements pour hommes dans lequel ils trouveront un grand choix de costumes complets, de vestons d’alpaga, de cheviotte ou de draps de fantaisie, ainsi que des pantalons, pardessus les plus solides pour domestiques, tout cela à un prix bien inférieur à celui demandé par les,tailleurs.
- N’oublions pas de dire aussi quelques mots sur le choix considérable de chapeaux d’été de toutes formes et de toutes nuances pour dames, pour' fillettes, pour hommes et jeunes garçons. Il serait trop long d’énumérer la variété des modèles que la maison du Bon-Marché va offrir à sa nom--breuse clientèle, cependant, signalons, comme haute nouveauté, la forme canotier, la forme cigale avec pointe très relevée, et les chapeaux paillasson léger, pour hommes ainsi que la ravissante forme marin.
- Miscuit utile dulci, dit le poète, c’est aussi l’adage qui s’applique à l’exposition du Bon-
- Marché. La maison Boucicault a tenu à affirmera ses clientes que si elle savait les habiller des vêtements les plus élégants, elle pouvait aussi orner leurs appartements des meubles et ameublements les plus confortables à des prix de beaucoup inférieurs à ceux des tapissiers parisiens qui ne peuvent s’approvisionner dans, des conditions aussi économiques que la maison Boucicault, laquelle, par des traités passés avec les plus grandes manufactures d’ameublement, peut livrer à sa clientèle tous les meubles et ameublements dont elle a besoin presque à prix de revient du fabricant.
- Ameublements. — L’ameublement de salle à manger est particulièrement remarquable, et nous recommandons les buffets à étagère et à crédence en noyer, chêne ou acajou, le beau buffet vieux chêne sculpté à crédence, et les modèles Louis XIII, en noyé ciré, teinté d’un goût irréprochable, les beaux buffets Henri II, l’un à trois portes avec crédence à galeries en noyer ciré, teinté et des plus luxueux. Les tables rondes et carrées accom-gnent dans le même style ces différents buffets Henri II ou Louis XIII; les chaises exposées sont d’une grande solidité et d’une ornementation fort gracieuse.
- L’ameublement de chambre comprend un choix de beaux lits en acajou, palissandre, bambou, avec armoires à glace, tables de nuit, armoires à portes pleines, commodes, toilettes-commodes, toilettes à étagères et glace, ou à marbre blanc.
- Un choix de magnifiques bibliothèques en acajou, palissandre, bois noir ciré, et de bureaux Louis XV, Louis XVI, et de tous les modèles, de vitrines, etc., est des plus remarquables.
- L’ameublement d’antichambre comprend des tables, porte-chapeaux, etc., de modèles du meilleur style.
- Les meubles de salons et de chambre sont garnis d’étoffes riches et solides appropriées au goût du jour.
- Les tentures, décors de lits et de croisées sont des plus élégantes.
- Nous terminerons en recommandant à l’attention des visiteurs et visiteuses du Bon-Marché, les meubles en pitch-pin, sorte de sapin, qui convient admirablement bien à l’ameublement des appartements de campagne, et que l’on retrouve dans les villas et les châteaux les plus élégants.
- Satisfaire une clientèle rendue si difficile par les précédentes expositions du Bon-Marché, semble un problème bien difficile; nous pouvons affirmer que la nouvelle exposition d’été de cette année prouvera que la maison Boucicault a pleinement réussi dans cette tâche, grâce à des administrateurs sans cesse occupés à réunir les merveilles de l’industrie française.
- Baille.
- ---- --------- |i~i y lui -*Sâ—.......
- LES THÉÂTRES
- Vaudeville. — Renée, çièce en 5 actes, de M. Emile Zola. Gymnase : Reprises du Gentilhomme pauvre et du Meurtrier de
- Théodore.
- M. Zola a-t-il, avec la Renée représentée ces jours-ci au Vaudeville, apporté à l’art dramatique un élément nouveau ? A-t-il renouvelé notre vieille formule théâtrale? Telle est la question du jour. Sans épiloguer sur ces pointes d’aiguilles j’estime pour ma part que M. Emile Zola a écrit une œuvre intéressante et forte, digne d’éveiller notre curiosité blasée, et si l’œuvre est empreinte dans son ensemble d’un pessimisme que d’aucuns trouveront peut-être exagéré, elle n’en est pas moins conçue avec les rares qualités de droiture et d’honnêteté littéraire qui caractérisent l’auteur de l’Assommoir, et lui font dans la littérature moderne une place à part. Sous l’empire d’un tempérament qui lui fait voir toutes choses sous un jour défavorable, M. Zola depuis longtemps s’est appliqué à mettre en pleine lumière les taches etles verrues sociales dont nos vieilles sociétés sont atteintes. Il le fait avec une froide exactitude d’analyste et une grande sincérité d’exécution, ne reculant devant aucun tableau de nos misères morales, quelque triste que puisse être cette besogne.
- Encore une lois, ceci est affaire de tempérament et j’estime qu’on ne peut faire à un auteur de reproches quant aux sujets qu’il traite lorsqu’il le fait.avec l’incontestable talent que possède M. Emile Zola.
- Aussi avouerai je ne pas comprendre grand’-chose à l’accueil fait par le public de la première à Renée. Après avoir écouté avec intérêt la première partie du drame dans laquelle l’auteur pose ses. prémisses et établit longuement la suite de fatalités ataviques qui doit pousser son héroïne à la chute finale, il s’est gendarmé contre les conséquences naturelles'de cette exposition. Acceptant la donnée de l’œuvre il en a repoussé la conclusion et le développement logiques, encore que, — et c’est là pour les fanatiques du théâtre nouveau un grief sérieux contre Renée — l’auteur ait fait aux sentiments du public plus d’une concession et ait traité les situations scabreuses avec une habileté scénique que ne désavouerait pas son collaborateur habituel M. Busnach.
- Je ne vois donc pas ce qui a pu dans Renée éveiller les susceptibilités du public de la première et l’insuccès de Renée, si, ce que je ne pense pas, l’opinion du grand public venait ratifier celle du tout Paris, serait d’un fâcheux augure, car il démontrerait que la force dramatique est incompatible avec la sincérité dans l’étude de nos mœurs et que le théâtre ne saurait s’accommoder que de personnages et de situations conventionnels et faux, plus faux dans leur vertueuse beauté que ne sont odieux dans leur réalisme les personnages et les situations de Renée.
- En somme, cette Renée peut nous choquer par sa nature vicieuse, mais elle n’en a pas moins tout l’attrait capiteux de certaines vicieuses que nous coudoyons chaque jour et dont l’étude nous intéresse comme la solution d’un troublant problème. Et ce personnage est traité avec un art infini par M. Emile Zola qui a su en rendre sensibles, dans de fort belles scènes qui sont d’un homme de théâtre, les différents aspects. Que peut-on donc reprocher à l’auteur? Cette laideur morale; mais c’est cela justement qu’il a voulu peindre et il l’a fait comme avant lui peu d’auteurs dramatiques y ont jamais réussi.
- Si l’on doit maintenant tenir pour défauts à la scène ce fait que les caractères de Renée se développent avec l’implacabilité de leur logique et que les situations s’y succèdent avec des brutalités de conséquences inévitables, il n’y a plus qu’à renoncer à tout mouvement en avant et à s’en tenir aux sucreries du Gentilhomme pauvre dont le Gymnase, au lendemain de Renée, nous offrait la reprise, comme pour nous permettre une comparaison, toute à l’avantage de M. Zola; ce qui ne veut pas dire que ce Gentilhomme pauvre ne soit un chef-d’œuvre dans son genre. Mais combien toutes ces vertus, dont le spectacle fait couler de nos yeux de douces larmes nous semble fausses et peu en rapport avec la réalité chaque jour observée 1
- Au théâtre qui nous montre une société idéale où fleurissent l’amour du prochain, la dignité de soi-même, le dévouement, l’amour et toute la ferblanterie retentissante des beaux sentiments qui n’existent plus qu’à l’état d’exception , il faudra bien qu’on se résolve à voir succéder un théâtre humain et vrai où se réflèteront comme en un miroir, nos vices et nos platitudes. Et le personnage sympathique qui passe encore pour une nécessité scénique, devra céder la place à d’autres chez qui l’intérêt résidera dans l’exactitude et le vécu, tant pis pour nous si pour ces peintures vraies nous ne pouvons plus trouver de modèles sympathiques.
- Quoi qu’en disent les détracteurs de Renée, la-, pièce nouvelle que MM. Deslandes et Carré ont eu le courage de monter telle que l’avait conçue M. Emile Zola, fera faire un grand pas dans cette voie à notre théâtre, et si la partie engagée entre l’auteur de Y Assommoir et la vieille routine dramatique n’est pas encore absolument gagnée, ce résultat définitif ne peut tarder à se produire. La lassitude du public pour maintes œuvres chauffées à blanc par la réclame est déjà d’un bon augure. Je crois sincèrement que le vrai public en appréciant dans Renée un véritable effort artistique apportera aux partisans d’un théâtre vécu un argument décisif et enverra dans l’oubli des vieilles lunes et des vieilles rengaines, la théorie du personnage sympathique, indispensable au succès d’une œuvre dramatique.
- Si par son originalité même Renée ne devait attirer au Vaudeville un nombreux publiera pièce trouverait dans son interprétation vraiment remarquable un élément de succès certain.
- Mlle Brandès et M. Raphaël Duflos y tiennent le premier plan dans les rôles de Renée et de Sac-card dont ils ont fait de vibrantes créations. M118 Brandès a rendu avec toutes ses nuances multiples le personnage troublant de Renée avec une autorité et un talent de premier ordre : c’est une création qui met MUe Brandès tout à fait hors de pair. Quant à M. Raphaël Duflos son talent, depuis longtemps consacré, a trouvé dans le personnage de Saccard un rôle à sa taille.
- A côté d’eux, Mme Dagnes- Grassot interprète avec tact et finesse le rôle assez difficile à tenir de Mlle Chuin, sorte d’entremetteuse dont elle a bien compris l’inconsciente canaillerie. Succès de beauté pour Mlle Marguerite Caron ; quant à M. Ganaud, j’espère que revenu des émotions de la première, il donne maintenant au rôle de Maxime Saccard une moins piteuse attitude.
- Entraîné déjà bien au delà du cadre ordinaire de cette causerie, je me vois obligé de remettre à la semaine prochaine le compte rendu de Mademoiselle de Bressier à l’Ambigu. Mais je ne veux pas remettre à huitaine de dire que c’est un grand, très grand succès, amené par de tout autres moyens que celui de Renée, ce qui prouve qu’au théâtre, il n’est qu’une seule formule : l’intérêt.
- Georges Grisier.
- Le Gérant, GARREAU.
- Tours. — lmp. E. ARRAULT et Cie, rue de la Préfecture, 6.
- p.608 - vue 176/496
-
-
-
- Le Moniteur
- DE
- L'EXPOSITION DE 1889
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
- TROISIÈME ANNEE, Dimanche 1er Mai 1887. NUMÉRO 122.
- SOMMAIRE :
- 1. Les Travaux du Champ-de-Mars; 2. Bureaux des Comite's départementaux; 3. Echos; 4. L’Achèvement du Boulevard Haussmann ; 5. Le Langage international conventionnel; 6. L’Exposition d'Appareils de cuisine ; 7. Les Livres; 8. Bibliographie; 9. La Grande Encyclopédie ; 10. Exposition artistique de Nevers.
- EXPOSITION UNIVERSELLE
- DE 1889
- LES TRAVAUX DU CHAMP-DE-MARS
- Une visite semblable à celle que la société' des ingénieurs civils a faite au Champ-de-Mars, et nont nous avons rendu compte dans le précédent duméro, a eu lieu mardi dernier, seulement cette fois c’était la société centrale des architectes à laquelle on faisait les honneurs des chantiers; ainsi que leurs prédécesseurs les nouveaux visiteurs ont été émerveillés de la façon dont on avait utilisé le peu de temps écoulé depuis que le terrain a été livré aux ouvriers ; du reste, pour quiconque sait ce que sont des travaux, cet étonnement est naturel quand on envisage la grandeur de l’œuvre entreprise et les difficultés présentées par son exécution, car il faut bien apprécier qu’on ne se trouvait pas ici en présence de travaux ordinaires pour lesquels on n’avait qu’à suivre des errements habituels et dont presque jamais rien ne vient modifier la marche prévue à l’avance ; dans le cas actuel, au contraire, en dehors des prévisions inhérentes à tous les projets, il y avait, notamment pour les fondations, à surmonter des difficultés se présentant au fur et à mesure, en outre plusieurs entrepreneurs travaillant à la fois, il était indispensable qu’ils ne se gênassent pas mutuellement ce qui serait certainement arrivé avec une organisation moins bien comprise ; en somme, sauf dans les cas de force majeure tels que ceux causés par le mauvais temps, pas une heure n’a été perdue et si l’œuvre se continue comme elle a été commencée, il est évident que tout sera terminé pour les époques arrêtées et le public aura alors le spectacle, assez rare en général, d’une exposition prête au jour fixé.
- Bien que les nombreuses expositions qui ont déjà eu lieu aient dû servir de leçons et mettre en garde contre les retards, il ne faut pourtant pas trop s’étonner et critiquer quand il s’en produit ; la multiplicité des détails est telle qu’il est matériellement impossible de tout prévoir exactement; les études préparatoires sont si longues, il arrive si souvent des faits de nature à rendre obligatoires des changements dans ce qui avait été primitivement décidé que, quelquefois, le temps assigné pour l’exécution se trouve un peu court, et puis enfin, chose contre laquelle on ne peut presque rien, les exposants eux-mêmes, malgré les pressants appels qui leur sont adressés, arrivent fréquemment en grand nombre à la dernière minute et alors, quelque diligence qu’on apporte dans l’installation, il y a toujours des choses inachevées. Evidemment on indique bien des dates au delà desquelles les envois ne sont plus reçus, mais si les retardataires sont très nombreux, il est bien difficile d’appliquer les règlements dans toute leur rigueur, car on aurait d’énormes surfaces inoccupées et, dans l’ensemble, des vides fort disgracieux à l’œil ; les exposants savent cela et escomptent bien un peu cette indulgence forcée, mais il est probable que, cette fois, on se montrera d’autant plus sévère que les avertissements auront été envoyés plus tôt et plus fréquemment.
- Quoi qu’il en soit, afin que les seuls retards, s’il devait s’en produire, fussent uniquement dus à cette cause, on se hâte pour que nul reproche ne puisse être adressé à l’organisation proprement dite, aussi met-on partout à profit le beau temps et la longueur croissante des journées; dans le
- terrain de M. Eiffel, on utilise même la lumière électrique qu’il a fait installer afin de travailler la nuit.
- A cet égard nous ne connaissons rien de plus curieux à observer que l’aspect d’un chantier éclairé à la lumière électrique, les ombres vives, ces foyers lumineux donnent aux hommes et aux choses une apparence toute spéciale qu’on ne rencontre que là,et l’intensité de ces ombres tirant violemment l’œil au détriment des objets réels, ces derniers, surtout s’ils sont animés, prennent un caractère fantastique encore accru par le ton de cette lumière qui, aussi vive que le soleil, n’en a pas l’éclat aveuglant et semble émanée de quelque lune monstrueuse. C’est une magnifique promenade à faire pour un amateur de pittoresque que d’aller, par une belle soirée, le long du petit parc situé près des chantiers, au bord de la pièce d’eau les arbustes qui y sont plantés projettent sur le sol, sous l’action des lampes à arc, des ombres d’une netteté et d’une finesse admirables, les moindres détails peuvent être étudiés et comme tout est dans un meme plan, ce fouillis de branches et de feuilles, piqué de quelques taches lumineuses, ressemble à un vaste herbier qui, de temps en temps, semble s’animer lorsque la brise vient agiter les plantes, c’est réellement féerique et vaut certainement le déplacement.
- Ce sujet nous a entraîné un peu loin et il est temps de revenir à nos travaux. Voici quelques détails sur ce qui a été fait pendant la semaine qui vient de s’écouler : Rien n’est venu interrompre les terrassements qui ont fait de grands progrès et dont la marche régulière modifie peu à peu l’aspect du sol ; on apprécie bien maintenant les différences de niveau qui existaient avant que le nivellement fût entrepris, car parfois le remblai atteint près de 2 m. de hauteur; lorsqu’un train de wagonnets vient déverser son contenu sur le bord de la portion déjà faite des terrassements, le résultat obtenu, comparé à celui à obtenir, est, -pour ainsi dire, inappréciable et fait songer à un véritable travail de fourmis apportant chacune son grain de terre pour concourir à l’œuvre commune, c’est alors qu’on estime exactement ce que peuvent la persévérance et l’accumulation, sur un même point, d’une multitude de petites forces particulières.
- On s’occupe toujours des fondations des deux grands vestibules ; par place, on creuse des puits dont on retire les terres au moyen de treuils à bras ; autre part, on exécute les maçonneries des puits déjà creusés, partout le travail est poursuivi sans relâche afin d’être prêt bien avant le montage des pièces métalliques pour que les assises aient le temps de prendre du corps et soient aptes à supporter les poids énormes qui leur sont destinés.
- Les convois des différentes parties constituant les fermes commencent à se succéder d’une façon régulière, les pesants chariots entrent, parfois à grand’peine, par une brèche faite dans la palissade de l’avenue Labourdonnais, et viennent se placer près d’une grue rotative qui soulevant les pièces une à une, les range sur le sol dans un ordre prévu à l’avance ; du reste, chacune de ces pièces porte un numéro qui se rapporte au plan d’ensemble et permettra d’éviter toute confusion lors du montage ; cette partie de l’ouvrage commencera bientôt ; déjà, près des envois de fer de l’usine Roussel, on installe tout ce qui est nécessaire et, de l’autre côté du Champ-de-Mars, les usines de St-Denis, qui apportent également leurs matériaux, font espérer que le montage sera entrepris dans une huitaine. Pour le moment, les forges expédient les éléments des fermes de 1 5m, ce sont celles qui bordent, de chaque côté, les palais des industries diverses, des beaux-arts et des arts libéraux ; par leurs' faibles dimensions, elles ne présenteront pas de difficultés, mais ce sera toute autre question quand viendra le tour des fermes de 5om et surtout de iiom, il' y aura là de véritables prodiges à réaliser et ce ne sera pas un des moindres attraits pour les visiteurs que de voir s’élever ces immenses membrures métalliques
- dont, par manque de termes de comparaison, on ne se fait qu’une idée imparfaite ; il est évident que les entrepreneurs devront faire preuve d’imagination et avoir recours à toutes les ressources de l’art de l’ingénieur.
- Les chantiers de la tour changent véritablement d’aspect à vue d’œil ; le pilier n° 1, où ne se trouvaient il y a huit jours que des pièces éparses, est aujourd’hui muni de ses quatre caissons sur le point de fonctionner. Au pilier n °4, un des caissons, arrivé à fond depuis quelque temps est déjà recouvert d’un massif de maçonnerie ; quant aux autres leur enfoncement est presque terminé et on coule le béton qui doit les remplir; les murs de soutien du soubassement s’élèvent aussi avec rapidité.
- L’achèvement des deux autres piliers étant presque complet, on y a peu travaillé sauf pour y terminer certaines parties incomplètement finies et pour parachever la pose des tuyaux qui doivent recevoir le paratonnerre.
- Au sujet des fondations, réparons une omission faite dans notre dernier article : nous avons expliqué que sur les massifs reposeraient une plaque de fonte et une plaque d’acier, mais comme il fallait prévoirie tassement possible des maçonneries sous l’action de la charge qui s’y appuiera, on a eu l’idée ingénieuse de réserver entre ces plaques un emplacement pour des vérins hydrauliques d’une force de 900 tonnes qui, au besoin, permettront de soulever partiellement la masse afin de racheter l’affaissement produit et de maintenir exactement les pieds de la tour au niveau voulu.
- H. de Baeker.
- LE PERSONNEL DE L’EXPOSITION
- Un journal a publié une liste donnant l’organisation des services de l’Exposition ainsi que les noms des fonctionnaires qui les dirigent. Bien que ce travail ait déjà paru dans nos colonnes au fur et à mesure des nominations, nous croyons utile de le donner aujourd’hui dans son ensemble, cela nous permettra en même temps de rectifier diverses erreurs qui avaient échappé à notre confrère.
- Ces renseignements ainsi condensés seront d’une grande utilité à tous ceux qui peuvent avoir des rapports avec l’administration de l’Exposition ; ils sauront exactement où s’adresser dans chaque cas particulier, ce qui leur évitera des mécomptes et des pertes de temps souvent considérables.
- Conseil général
- M. Edm. Lockroy, ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général.
- MM'. Alphand, directeur général des travaux.
- Georges Berger, directeur général de l’exploitation.
- M. Grison, directeur général des finances.
- Ce conseil se réunit tous les vendredis, sous la présidence du ministre au ministère du commerce et de l’industrie.
- Direction générale des travaux
- M. Alphand, inspecteur général des ponts et chaussées ; directeur général des travaux de Paris et de l’Exposition de 1889.
- 1° SERVICES CENTRAUX
- Secrétariat de La direction générale
- M. de Mallevoue, secrétaire de la direction générale, chef de service.
- M. Saillard, sous-chef.
- Service technique
- M. Délions, secrétaire du service technique, chef de service.
- MM. Rosier, chef du bureau technique.
- Rieffer, chef du bureau de comptabilité.
- Inspection principale
- M. Violet, inspecteur principal.
- 2° SERVICES EXTÉRIEURS OU D’EXECUTION
- M. Garnier, Charles, architecte-conseil.
- p.609 - vue 177/496
-
-
-
- 6io. — Troisième Année — N° 122.
- Contrôle des constructions métalliques
- MM. Contamin, ingénieur en chef, chef de service. Charton, ingénieur en chef adjoint. Pierron, ingénieur.
- Services d’architecture
- MM. Bouvard, architecte, chef de service. Gravigny, Ulysse, 1e1' inspecteur.
- Bergon, 2e inspecteur.
- Lesueur, vérificateur.
- Dutert, architecte, chef de service. Blavette, ier inspecteur.
- Deglone, 2e inspecteur.
- Porneim, vérificateur.
- Formigé, architecte, chef de service. Hénard, Gaston, ie*'inspecteur.
- Devienne, 2e inspecteur.
- Morisset, vérificateur.
- Service des jardins
- M. Laforcade, jardinier en chef, chef de service. Nivellement général, égouts et travaux de toute nature du service de l’ingénieur M. Lion, ingénieur, chef de service.
- conseil des travaux
- Le conseil des travaux examine et arrête tous les projets relatifs à l’exécution des travaux; il détermine les moyens qu’il juge les plus convenables pour réaliser ses décisions.
- Il se réunit tous les jeudis au pavillon du Champ-de-Mars et est composé de MM. :
- Alphand, directeur général des travaux, prési-dçixt.
- MM. Garnier, architecte conseil..
- Contamin, ingénieur en chef.
- Charton, ingénieur en chef, adjoint. Bouvard, )
- Dutert, . > architectes.
- Formigé, )
- Laforcade, jardinier en chef.
- Lion, ingénieur.
- Delion, secrétaire technique, de Mallevoue, secrétaire de la direction générale.
- Assistent au conseil :
- MM. Pierron, ingénieur.
- Rosier, chef du bureau technique.
- Direction générale de l’exploitation
- MM. Georges Berger, directeur général.
- Thurneyssen, secrétaire de la direction générale.
- MM. Qssude, attaché principal.
- Melchior, commis archiviste.
- Valentin Smith, attaché.
- Dupuich, attache).
- Borne, rédacteur.
- Section française
- MM. Monthiers, chef du service.
- GirouP, chef adjoint.
- Vincent, attaché principal.
- Maindron, chef du service du catalogue. Lenoir, chef du bureau des expéditionnaires. Legrand, attaché..
- Advenant, attaché, de Moulignon, rédacteur.
- Sections étrangères
- MM. Amaury et Lacretelle, secrétaire.
- Marc Mii.las, secrétaire.
- Service mécanique et électrique
- MM. Vigreux, chef du service._
- Collignon, inspecteur principal.
- Cantagrel, attaché, de Soubeyran, attaché.
- Doumerc, chef du 6e groupe.
- Ringuier, dessinateur.
- Service des installations intérieures MM. Paul Sédille, chef du service.
- Litou, attaché.
- Marchegay, dessinateur.
- Comité technique des machines Président. — M. Philipps.
- Vice-présidents. — MM. Laurence, Haton de la Goupillière, Duval.
- Secrétaires. — MM. Edmond Halphen, René Délions.
- Comité technique d’électricité Président. — M. Mascart.
- Vice-présidents. — MM. Becquerel, Maurice Lévy, Caël, Lemonnier, Paul.
- Secrétaires.—MM. de Nansouty, Sehgmann-Lui.
- Direction générale des finances
- M. Grison, directeur général.
- M. Léon Savoye, secrétaire de la direction générale.
- Servicè de la comptabilité MM. Chabbert, chef du service, caissier central. Bertin, comptable.
- Laval, comptable.
- Service du matériel MM. Renard, chef du service.
- Gobert, attaché.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 18S9.
- CONFÉRENCE DE M. GEORGES BERGER
- L’Exposition ouvrière
- Un groupe de révolutionnaires a fait auprès de M. Lockroy, ministre du commerce et de l’industrie, une démarche relative à l’exposition ouvrière qu’ils veulent organiser à l’Exposition universelle de 1889. Cette exposition devait être « collective, utilitaire et anonyme, » les révolutionnaires pensant que la simple utilité des produits industriels et l’anonymat dans leur fabrication sont les conditions essentielles de l’existence d’une société collectiviste.
- M. Berger, directeur de l’Exposition de 1889, a fait mercredi, à ce sujet, une conférence fort intéressante. Il les a blâmés de ne rechercher dans leur exposition que le but simplement utilitaire; il leur reproche d’oublier que l’art appliqué à l’industrie doit donner au. contraire aux objets les plus usuels une saveur immatérielle.
- « Nos comités d’admission, di't M. Berger, ont établi, dans la section industrielle, des compartiments où seront exposées les ébauches des ouvriers que les patrons ont pris comme collaborateurs. Cela ne sera que la première partie, et non la moins intéressante, de l’exposition ouvrière. Les collectivistes sont venus nous demander, en effet, l’autorisation de faire une exposition partielle. Nous leur accorderons l’emplacement qu’ils sollicitent. Hélas ! cette fraction indépendante, qui veut se passer de patrons et de capital, n’obtiendra peut-être pour tout résultat que des déceptions cruelles. »
- M. Berger termine par ces mots :
- « N’éprouvons aucune crainte de ce que les collectivistes veulent exclure l’art de l’industrie comme étant une superfluité. Ces apôtres de la résurrection de la barbarie industrielle exigent bien aussi l’anonymat; ils ne veulent pas que les oeuvres portent une signature, ils ont peur qu’elle dénonce le talent d’un des leurs 1 Cependant ils nous demandent une subvention, eux, les ennemis du capital! J’y vois la négation des principes qui rendent solidaires le patron et l’ouvrier! J’y vois l’abaissement de la dignité du travailleur ! J’y vois le ravalement du déshérité, à qui on ne permet meme plus d’avoir conscience de sa valeur! Eh bien, nous éblouirons ces aveugles, nous les obligerons de voir, nous les obligerons de comprendre que leur propagande est mauvaise. Et ce ne sera pas un des moins beaux résultats de l’Exposition de 1889 que cette influence morale exercée par les arts décoratifs. »
- RÉSULTAT DE L’ADJUDICATION
- Des fermes métalliques du Palais des machines
- Lundi dernier, à une heure, a eu lieu, au Palais du tribunal de commerce, l’adjudication en deux lots des fermes métalliques de la grande nef du palais des machines, au Champ-de-Mars.
- Cette adjudication était une des plus importantes, les travaux étant évalués à 3,227,142 francs.
- Le premier lot a été adjugé à M. Duval, directeur général, agissant au nom de la compagnie de Fives-Lille, moyennant un rabais de o fr. 200/0.
- Le second lot a été adjugé, moyennant uu rabais de o fr. 10 0/0, à M. de Bange, directeur général, agissant au nom de la Société des anciens établissements Cail.
- L’EXPOSITION DE LA VILLE DE PARIS
- M. le ministre du commerce et de l’industrie ayant manifesté le désir de voir la ville de Paris organiser une exposition spéciale à l’Exposition de 1889, M. Poubelle, préfet de la Seine, a chargé une commission d’étudier cette question. Cette commission vient de déposer son rapport. La ville de Paris pourra, pour son exposition particulière, disposer d’une superficie maxima de 3,000 mètres sur la terrasse du Champ-de-Mars, en face de la galerie conduisant aux machines et vis-à-vis de l’emplacement réservé aux expositions spéciales du ministère des beaux-arts.
- La dépense occasionnée par la participation des différents services municipaux à cette Exposition s’élèverait, pour les deux préfectures et l’Assistance publique à la somme de 357,200 fr.
- En outre, pour installation . et frais généraux, une somme égale à celle déjà allouée en 1878 pour le même objet, soit 180,000 fr., est accordée ainsi qu’une somme de 5o,ooo fr. comme réserve pour dépenses imprévues.
- La dépense de la construction étant évaluée à 3oo,ooo fr., il en résulte que l’exposition spéciale de la ville de Paris coûtera à elle seule 887,200 fr.
- SESSION DE L’INSTITUT INTERNATIONAL De statistique en 188g
- L’Institut international de statistique, réuni à Rome il y a quelques jours, s’est préoccupé de choisir le lieu de sa prochaine session qui, aux termes des statuts, doit avoir lieu dans deux ans, c’est-à-dire en 1889.
- Washington et Vienne ont été successivement proposés.
- Dimanche ier Mai 1887.
- Mais le délégué français, M. Levasseur, a fait valoir qu’en 1889 une Exposition universelle internationale devait s’ouvrir à Paris et que les membres de l’Institut y trouveraient certainement un accueil empressé. Paris a été désigné à l’unanimité.
- Cette délibération à laquelle ont pris part deux membres du gouvernement italien : MM. Magliani, ministre des finances, et Grimaldi, ministre de l’agriculture et du commerce, paraît être une indication précieuse des dispositions de l’Italie.
- M. CASTELAR ET L’EXPOSITION DE 1889
- El Globo publie un long article de M. Castelar invitant les nations et les gouvernements . européens à prendre part à l’Exposition de Paris en 1889. Il y dit que tous les pays doivent trop aux principes proclamés par la Révolution Irançaise pour former une coalition monarchique contre la commémoration de son centenaire. M. Castelar soutient surtout que l’Espagne, gouvernée par les anciens partis progressistes, dont M. Sagasta est le représentant, ne peut pas refuser son concours, pas plus que la Belgique, l’Italie, issues également des révolutions populaires.
- BUREAUX DES
- COMITÉS DÉPARTEMENTAUX
- DE L’EURE
- Sous-comité de l’arrondissement de Pont-Audemer
- Président. — M. René Lecompte, négociant, président du tribunal de commerce à Pont-Aude-mer.
- Vice-président. — M. Mattard, négociant à Bour-gachard.
- Trésorier. — M. Noient, ancien négociant, à Pont-Audemer.
- Secrétaire. — M. Guérie, négociant, à Pont-Audemer.
- ÉCHOS
- Paris
- Aujourd’hui, jour d’ouverture du Salon, le prix d’entrée est fixé à 5 fr. ; demain lundi 2 mai (par exception) les portes ouvriront à 8 h. et l’on paiera 2 fr. le matin, 1 fr. l’après-midi.
- Pendant la durée du Salon, les entrées restent fixées comme suit : le dimanche de 8 h. à midi 1 fr. ; à partir de midi, entrée gratuite ; le vendredi 5 fr.; les autres jours 2 fr., de 8 h. à midi, et 1 fr. de midi à 6 heures.
- Ouverture des portes à midi seulement le lundi.
- *
- * *
- En attendant la création impatiemment attendue d’un musée de gravure, on annonce qu’1141 comité est en formation pour organiser dans les galeries Georges Petit une exposition d’œuvres choisies de nos graveurs les plus en renom.
- Cette exposition aura lieu en octobre, et tout fait espérer un brillant succès.
- *
- * *
- Aujourd’hui 1er mai à l’Ecole des beaux-arts, ouverture de l’exposition des œuvres de J.-F. Millet.
- Cette collection d’œuvres inimitables aura le plus vif succès.
- *
- * *
- M. G. Dubufo est chargé par le ministre des beaux-arts de la décoration entière du foyer du théâtre de l’Opéra-Comique. Cette décoration devra être terminée avant l’exposition universelle. Elle sera fort importante, puisqu’elle comprendra quatorze toiles de trois à quatre mètres carrés en moyenne : cinq plafonds, six tympans semi-circulaires, trois grandes arcades percées de portes, etc. Une partie du travail sera faite pour la réouverture de cet hiver et l’ensemble sera achevé le lor mai 1889.
- ETRANGER
- Allemagne
- On prépare à Brême une exposition des produits de la Nouvelle-Guinée. L'ouverture doit en avoir lieu prochainement.
- * *
- Une exposition ayant trait à tout, ce qui concerne la brasserie aura lieu à Berlin, du 20 au 24 mai, dans le jardin d’hiver du Centrcdhotel.
- *
- * *
- p.610 - vue 178/496
-
-
-
- Troisième Année. — N° 122.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1SS9.
- Dimanche 1e1' Mai 1S87. — 611-
- L’exposition agricole du royaume de Saxe s’organise à Bautzen avec une très grande activité.
- Une somme de 20,000 marks est consacrée aux récompenses et sera distribuée sous forme de primes en argent, médailles d’or, d’argent, de bronze et diplômes ou mentions.
- *•
- * ¥•
- Angleterre
- Le comité de l’exposition jubilaire de Manchester s’est vu obligé de renoncer à ses intentions primitives, qui consistaient à laisser, dans la section des beaux-arts, autour de chaque toile, un espace de mur. Les galeries sont insuffisantes pour le nombre d’œuvres envoyées. De plus, dit VInvention, parlant à la requête du comité, les difficultés que l’on a éprouvées pour obtenir les mesures des tableaux, surtout ceux des artistes vivants, qui d’autre part ont semblé rivaliser quant à la dimension de leurs envois, font que le groupement a été difficile, impossible même dans certains cas.
- * j
- * * '
- Les travaux de l’exposition de Newcastle sont
- très activement menés.
- *
- * ¥
- La très intéressante exposition sportique, organisée à l’Olympia de Londres sous le nom de Sportsmaris Exhibition, et sur laquelle nous avons donné des détails précédemment, a été close hier 30 avril.
- *
- * *
- Australie
- Le prince de Galles a accepté la présidence d’honneur de l’exposition internationale du centenaire colonial en préparation à Melbourne pour l’année prochaine.
- *
- * *
- Autriche-Hongrie
- L’accueil favorable fait en 1884 à l’exposition autrichienne d’art culinaire de Vienne a encouragé le comité de cette exposition à préparer une nouvelle manifestation du même genre.
- L’ouverture de cette exposition aura lieu en janvier 1888 ; le produit en sera consacré à des œuvres humanitaires.
- *
- * *
- Italie
- Nous avons dit qu’une exposition nationale agricole ouvrira en septembre à Parme. Elle sera accompagnée d’une exposition internationale de laiterie divisée en dix classes, à chacune desquelles sont attribuées un certain nombre de médailles d’or, d’argent et de bronze. Les adhésions sont reçues à Rome, jusqu’au 30 juin, au ministère de l’agriculture, du commerce et de l’industrie.
- *
- * *
- Le deuxième congrès international des chemins de fer aura lieu à Milan, du 17 au 25 septembre prochain.
- •¥ *
- Une foire-exposition de bétail a eu lieu, ces jours derniers, à Modène.
- *
- * *
- Russie
- On signale, parmi les expositions qui ont récemment eu lieu à Saint-Pétersbourg, celle des cadeaux offerts à Antoine Rubinstein, organisée au profit d’œuvres artistiques ; l’exposition annuelle de l’Académie des beaux-arts, comprenant environ 40u numéros, et enfin l’exposition es aquarellistes, la septième du genre.
- L'ACHEVEMENT DO BOULEVARD HAUSSMAM
- Cette intéressante question si souvent mise à l’étude et si souvent enfouie dans les fameux cartons... que l’Europe nous envie semble aujourd’hui devoir être définitivement résolue.
- Un architecte, M. A. Letorey, vient de proposer au Conseil municipal de prendre toute l’opération à sa charge, expropriations et constructions, sous cette seule condition de lui donner une garantie de revenus, basée sur le revenu du mètre superficiel (avec 5 étages) dans les immeubles actuels, et de le dégrever de cette garantie au fur et à mesure de la vente des immeubles. Somme toute, la combinaison ne fera courir aucun risque, affronter aucun aléa à la ville, qui aura pour rien cette voie nouvelle dont le sol, de plus de 8,000 mètres carrés, vaut plus de iS millions.
- M. Letorey, pour appuyer sa proposition, a fait construire d’après ses plans une maquette qu’il a mise sous les yeux des conseillers municipaux de Paris, à l’Hôtel de ville, et qu’il se propose d’exposer ensuite en public.
- Cette maquette, un pur chef-d’œuvre, pleine d’air, de lumière et de perspective, est due à MM. Rubé, Chaperon et Jambon, les fameux décorateurs de l’Opéra.
- L’illusion y est complète, on y voit à gauche le boulevard des Italiens, que l’on reconnaît aux bâ-
- timents du Crédit lyonnais et de la New-York (Café Riche) — et, à droite, la voie nouvelle qui se prolonge indéfiniment jusqu’au delà du boulevard Malesherbes. L’intersection des deux grandes artères se produit à l’endroit même où se trouve actuellement le passage de l’Opéra et la première rue que l’on aperçoit à droite est la rue Chauchat.
- La voie nouvelle, qui relie le boulevard Hauss-mann au boulevard Montmartre, sera l’un des « clous » de l’Exposition de 1889.
- Par concours, M. Letorey conviera tous les architectes et ingénieurs français à donner aux constructions de cette voie les derniers perfectionnements connus dans l’art du bâtiment, du décor, de l’aménagement et de l’ameublement.
- Au mois d’août dernier, M. Letorey fit une inté-iessante conférence, à la mairie delà rue Drouot, pour expliquer à un auditoire d’élite les points principaux de son entreprise et donner une idée des merveilles qu’il compte réunir autour de cette voie nouvelle. Nous citerons quelques passages de cette conférence :
- « Je voudrais, entre autres chose, puisque le ciel n’est pas toujours clément à notre égard, remédier, autant que possible, à cette inclémence ; je voudrais que, désormais, sur ce point prédestiné, l’averse subite, pas plus que la pluie continue, ne privent nos visiteurs de la quiétude et du charme que l’on goûte à se reposer confortablement assis, devant un café, sur le boulevard, ou sous un square.
- Je voudrais pourtant ne pas faire là un nouveau passage couvert, où l’on cherche précipitamment un refuge accidentel, où l’on s’entasse et où souvent l’on souffre d’une élévation de température étouffante, on fuit ces passages aussitôt que l’averse cesse, on les déserte dans la belle saison.
- Je voudrais éviter la couverture vitrée, abritant, au-dessus du toit,.la totalité de la voie, combinaison déjà proposée sous le nom de Passage des Nations, et qui condamnerait les habitants des immeubles en bordure à demeurer dans une sorte de gare ou de marché.
- Je voudrais enfin réunir les avantages d’abri offerts par les passages couverts, aux avantages d’aération et de gaieté, pourrais-je dire, des voies à ciel ouvert ; offrir, de plus, sur tous les points du parcours et des deux côtés, la facilité d’accès en voiture, sans avoir besoin de recourir au parapluie, à la montée ou à la descente, en cas de mauvais temps ; évitant ainsi, autant que possible, les défauts des deux systèmes, pour en grouper les qualités.
- Créer ainsi des promenoirs uniques au monde, où les étrangers qui, de l’univers entier, ne man-j queront pas d’affluer à l’Exposition de 1889, trouveraient groupés, appliquées, toutes les découvertes qui ont marqué d’un .sceau particulier notre siècle, en ce qu’elles ont de réellement pratique et de confortable, pour la construction, l’aménagement, la décoration, l’éclairage et le chauffage des habitations ou des établissements commerciaux, industriels de tous genres; pour les facilités de communications télégraphiques, télé-| phoniques, pneumatiques, etc.
- Tous les immeubles en bordure seront, ^quelles que soient les diverses dispositions de'détails adoptées, munis de marquises vitrées au-dessus du rez-de-chaussée, abritant le trottoir en entier et formant une légère saillie sur la chaussée, permettant de descendre de voiture ou d’y monter à couvert.
- Ces marquises, en deux parties distinctes : la première, légère, gracieusement inclinée en s’élevant vers le centre de la voie, de façon à atténuer la lumière aussi peu que possible, composée de panneaux de glace mobiles, mus par un système hydraulique de préférence, afin d’obtenir un mouvement immédiat et simultané dans toute la longueur de la voie, la couvrant ou la découvrant, selon l’état du temps.
- La seconde, longeant la construction au niveau du plancher de l’entresol, formant promenoir dallé, suivant des dessins décoratifs, à l’aide de verres de grosse épaisseur, de manière à former dans leurs parties inférieures des combinaisons également décoratives.
- Ces deux parties delà marquise seront séparées par une jardinière formée en partie par les tôles entrant dans le système de construction couvrant le cheneau destiné à recevoiries eaux pluviales ou de lavage du promenoir ou de la marquise.
- Cette jardinière, tout en restant dans des proportions combinées à l’avance pour l’harmonie générale, pourra être plus ou moins richement décorée d’objets d’art, statues, vases, candélabres artistiques, au gré des occupants de cette partie' des immeubles qui auront charge de leur entretien.
- Les colonnes de support d’éclairage seront combinées de façon à servir d’appui à la charpente légère et élégante de ces marquises à promenoirs, formant appendices de la construction générale. Ces colonnes, en outre de la distribution de la lumière par des foyers supérieurs et inférieurs à la marquise, conduiront également une distribution d’eau destinée à laver, plusieurs fois par jour si besoin est, trottoir et marquise, et, en été, à con-
- server, par pulvérisation, une fraîcheur agréable pendant les heures d’ardent soleil.
- Ces colonnes et les traverses qui les rejoindront seront munies de supports et de mécanismes nécessaires au fonctionnement des panneaux mobiles et des stores verticaux qui compléteront l’abri contre le soleil et au besoin, contre les grandes pluies chassantes.
- Un système de déblaiement des glaces et neiges sera étudié pour atténuer, à l’aide de procédés chimiques, les effets de ces phénomènes atmosphériques.
- Le sous-sol se prolongera jusque sous le trottoir, et des descentes spéciales seront ménagées pour communiquer de ce sous-sol avec la chaussée du boulevard, de façon à permettre le service direct entre les voitures, tombereaux ou fardiers amenant des marchandises ou des provisions ménagères à destination des immeubles en bordures.
- Des ascenseurs spéciaux seront étudiés pour ce service, conduisant le plateau, muni d’un wagonnet, jusqu’au niveau des voitures ou fardiers, et faciliteront singulièrement la manutention des marchandises ou objets mobiliers lourds et encombrants. Puis les vagonnets seront en sous-sol, dirigés vers un monte-charge disposé à l’intérieur des immeubles de manière à faire la répartition silencieuse, à chaque étage, par des ouvertures ménagées à cet effet dans la distribution générale.
- Les enlèvements ou vidanges de toutes sortes se feront par les mêmes moyens et un règlement fixera les heures où ces organes pourront être utilisés, afin de ne pas affecter désagréablement la vue des promeneurs ni gêner leur circulation.
- Les orifices seront clos de trappes et masqués en outre par des kiosques élégants, servant à la vente de fleurs, journaux ou rafraîchissements. Leurs panneaux, dans l’alignement du trottoir, se déplaceront aux heures de service, et ceux de soubassement, disposés ad hoc, serviront à l’aération.
- Les immeubles seront desservis, jusqu’à la hauteur de l’entresol, par des escaliers de grande largeur, bien éclairés, donnant accès aux promenoirs ; ces escaliers partant de préférence des rues adjacentes.
- Les accès en voiture seront ménagés par un arrangement spécial à étudier avec les escaliers permettant ainsi, sans double emploi, de donner plus d’ampleur aux proportions. Les voitures pourraient par des plans inclinés ou des appareils hydrauliques, gagner des remises et écuries installées dans le sous-sol.
- Les concierges seront à mi-étage l’entresol et des dispositions particulières seront adoptées pour les services confiés à leurs soins.
- Chaque locataire aura sa case fermée où pourront être déposés, parles facteurs, ouïes porteurs eux-mêmes, les lettres, dépêches, etc., case munie d’une sonnerie spéciale et d’un mécanisme particulier, faisant parvenir, chez le locataire après l’avoir averti, les correspondances qui lui seront destinées. Un simple déclanchement d’arrêt dans le cas de sortie du destinataire, fera demeurer les dépêches en bas où ce destinataire les trouvera, à sa rentrée.
- Ce moyen sera utilisable pour les communications de bas en haut et évitera de monter ou descendre, même aux visiteurs ayant ainsi la facilité de s’assurer de l’opportunité de leur déplacement.
- Les dispositions adoptées pour les promenoirs de l’entresol, les escaliers y conduisant, des passerelles disposées à chaque carrefour avec point d’appui sur les refuges et escaliers pour descendre ou monter également sur ces ponts, permettront d’installer tout l’étage-entresol en magasin, bureau d’affaires, etc.
- Les sous-sols seront soigneusement aménagés de façon à offrir les meilleures conditions hygiéniques. Des caves seront, en outre, réservées au-dessous de ces premiers sous-sols.
- La distribution de la chaleur à domicile par des usines spéciales, sera étudiée de façon à ce que les sous-sols eux-mêmes puissent facilement être chauffés et rendus absolument habitables ou utilisables. Les moyens les plus perfectionnés, quant à cette distribution, seront appliqués, ainsi que pour la ventilation.
- Il sera étudié un moyen pratique de mettre les cuisines dans les combles, pour les restaurants, hôtels, etc., de façon à éviter les émanations si désagréables aux promeneurs, sur nos voies, même les plus luxueuses.
- Le dessous de la voie centrale sera divisé en deux ou trois couloirs voûtés destinés aux divers services de la voirie,_ des canalisations, égouts, etc. Des communications seront réservées entre ces couloirs ainsi que des accès par les sous-sols des immeubles en bordure.
- Ou bien encore les égouts passant en siphon pourront, comme l’indique l’esquisse, laisser le sous-sol de la chaussée libre pour de bons magasins.
- Telles sont les.grandes lignes du projet Letorey. Nous avons cru intéresser nos lecteurs en les entretenant d’une question dont toute la presse s’occupe de ce moment.
- -----------TiT ȍ<m-----n----------
- p.611 - vue 179/496
-
-
-
- 6i2 et 613. — Troisième Année. — N° 122.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- Dimanche Ier Mai 1887.
- L’ACHEVEMENT DH BOULEVARD HAUSSMANN
- Le percement de la Voie Nouvelle. — Etat actuel de la Rue Taitbout au boulevard Haussmann.
- Vue de la Voie Nouvelle et du boulevard des Italiens
- (D’après la maquette exécutée suivant les plans de M. Letorey, par MM. Rubé, Chaperon et Jambon, décorateurs.)
- p.dbl.n.n. - vue 180/496
-
-
-
- 614. — Troisième Annee. — N° 122
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- Dimanche Ier Mai 1887.
- LE LANGAGE INTERNATIONAL
- CONVENTIONNEL
- (Suite.)
- LE VOLAPÜK
- Grammatik der universalsprache, von J. Schleyer. Constance, i885
- Alphabet
- M. Schleyer, l’inventeur de la langue Volapük, admet dans l’alphabet huit voyelles, dont les prononciations sont les suivantes :
- a, é, i, o, ou, ê, eu, u.
- J’estime qu’il serait préférable de se borner aux cinq premières, attendu que le son ê se confondra très facilement avec é ; et que les sons eu et u sont difficiles à prononcer pour bien des peuples, qui ne les possèdent pas dans leur langue.
- Il y a 19 consonnes, parmi lesquelles figure 1er si difficile à prononcer pour les Orientaux, et le h, dont la prononciation, même aspirée, n’est pas assez distincte ; tous deux devraient être supprimés. J’en dirai autant des trois consonnes suivantes :
- C, qui se prononce tsch,
- En effet, ce sont là des articulations doubles, et il est inutile, pour les représenter, d’augmenter l’alphabet de trois signes d’écriture spéciaux.
- .Indépendamment de cet alphabet, M. Schleyer en donne encore un second plus complet, dans lequel il a cherché à faire entrer toutes les articulations usitées dans les langues vivantes. Cet alphabet, composé de 38 lettres, est destiné à reproduire les mots des langues vivantes que l’on veut citer textuellement sans les traduire. C’est là une complication dans laquelle il vaut mieux ne pas se lancer ; et M. Kerckhoffs, qui le premier a vulgarisé le Volapük en France, n’a pas reproduit ce second alphabet dans sa grammaire (1).
- Formation des radicaux
- Le radical de l’idée est le substantif; tous les
- substantifs commencent et finissent par une consonne. M. Schleyer a emprunté un grand nombre de ses radicaux aux langues germaniques et latines, en les simplifiant bien entendu ; d’autres radicaux ont été formés de toutes pièces. On peut regretter qu’il n’ait pas puisé également dans les autres langues de l’Europe et de l’Orient ; chaque peuple aurait alors retrouvé dans le langage international quelques mots qui lui eussent été déjà familiers.
- Grammaire
- SUBSTANTIF
- L’article est supprimé. Le substantif peut être masculin ou féminin ; il est regrettable que l’on ait introduit dans la langue la distinction des genres, qui ne sert absolument à rien, et qui viendra compliquer la déclinaison des pronoms et la conjugaison des verbes.
- Le substantif forme son pluriel par l’addition d’un s. Il se décline comme suit :
- Un monsieur sol
- Monsieur! ' o sol
- De monsieur sôla
- A monsieur sole
- Monsieur (accusatif) soli
- On a proposé de supprimer le vocatif comme superflu ; je crois qu’il serait préférable de supprimer complètement la déclinaison, aussi bien pour les substantifs que pour les pronoms , et pour les adjectifs pris substantivement. Ce serait certainement un simplification, et l’on aurait en outre l’avantage de laisser disponible les désinences a, e, i, qui sont précieuses par leur simplicité, et que l’on serait heureux de pouvoir affecter à d’autres emplois.
- NOMS PROPRES
- M. Schleyer traduit les noms géographiques les plus importants ; quant aux noms d’hommes, il en imite la prononciation nationale au moyen des lettres du Volapük. Ainsi, le nom anglais Johnson James est écrit par lui Consn Cems ; et le nom français Michaux s’écrit Mijo.
- Ces mots sont peut-être reconnaissables à la prononciation pour les personnes quisaventparfai-tement l’anglais et le français ; mais je crois qu’ils seraient difficilement compris par la plupart des négociants qui auront à correspondre ensemble dans un langage convenu.
- De plus, M. Schleyer soumet les noms propres à la déclinaison, comme les autres substantifs ; il traduit donc :
- A Johnson James par Consne Cemse, ce qui rend le nom absolument méconnaissable.
- M. Fieweger, son principal disciple, a proposé d’ajouter au nom propre, écrit dans ce système, le nom lui-même, reproduit avec l’orthographe du pays d’origine (2). M. Kerckhoff a proposé de
- (1) Cours complet de Volapük, par Aug. Kerckhoffs. Paris, librairie I.e Soudier, 1886.
- (2) Unterriclusbriefe fur das Selbst-Studium der Schleyerschen Weltsprache, von Fieweger; Breslau, 1886.
- reproduire les noms étrangers avec l’orthographe de leur pays d’origine, et en supprimant pour eux toute déclinaison.
- ADJECTIF
- L’adjectif se forme du substantif par l’addition de la désinence ik.
- Exemple. Chaleur, \am ; chaud, vamik.
- M. Schleyer permet de placer l’adjectif soit avant, soit après le substantif ; il le décline lorsqu’il précède le substantif, ou lorsque, le suivant, il en est séparé par un mot, ou encore lorsqu’il est pris substantivement ; mais il le laisse invariable lorsqu’il suit immédiatement le substantif. Tout cela est bien compliqué; je reviendrai sur ce sujet à propos des pronoms.
- L’adjectif possède un comparatif et un superlatif, qui se forment par l’addition des désinencee um et ün. Je crois qu’il serait préférable de supprimer encore ces deux flexions, et de former les degrés de comparaison, comme en français, par l’addition d’un mot devant l’adjectif.
- NUMÉRATION
- Les neufs premiers noms de nombre sont les suivants :
- 1. Bal
- 2. Tel
- 3. Kil
- 4. Fol
- 5. Lui
- 6. Mal
- 7. Yel
- 8. Jôl
- 9. Zül
- On voit que les huit voyelles se succèdent dans leur ordre alphabétique, la voyelle e étant seule répétée deux fois. Mais pourquoi les consonnes initiales sont-elles arbitrairement choisies ? N'obtiendrait-on pas une série encore plus facile à retenir en prenant aussi ces consonnes initiales dans leur ordre alphabétique, ou en conservant la même consonne initiale pour tous les noms de nombre ?
- Pour multiplier un nombre par 10, il suffit de lui ajouter la lettre s.
- M. Schleyer permet de décliner les noms de nombre ; c’est un raffinement qui ne conduit qu’à les défigurer, et dont on n’aperçoit pas l’utilité.
- M. Bauer, professeur hongrois, qui a proposé quelques modifications à la langue Volapük, forme les neuf premiers noms, de nombre au moyen des mots :
- ik, ek, ak, ok, uk, ip, ep, ap, op (1)
- PRONOMS PERSONNELS '
- Les pronoms personnels sont les suivants :
- Je ob Nous obs
- Tu ol Vous ois
- Vous, au singulier ons Vous, au pluriel
- Forme d’étiquette Formes d’étiquette onss
- II om llk oms
- Elle ol Elles ois
- On on
- Il (neutre), cela os
- Se, soi ok
- Cette nomenclature peut être simplifiée, en vertu des considérations suivantes :
- i° Le tutoiement est inutile dans une langue internationale ; car quand on se tutoie, on parle toujours quelque langue actuelle commune. On peut donc supprimer les formes ons et onss ;
- 20 Etant admis que l’on supprime pour les substantifs toute notion de genre masculin ou féminin, les formes of et ois disparaissent d’elles-mêmes ;
- 3° Ces éliminations faites, il ne reste plus que cinq pronoms personnels : je, vous, il, on, cela. Tous se composent de deux lettres, et commencent par un o ; mais y a-t-il une raison pour leur donner comme seconde lettre des consonnes arbitrairement choisies? Ne vaut-il pas mieux que ces consonnes se succèdent dans l’ordre alphabétique ?
- M. Bauer a proposé une modification pour les pronoms personnels ; il les forme au moyen d’une simple voyelle :
- i, e, a, o, u, ü, etc.
- Pronoms et adjectifs possessifs
- Les pronoms et adjectifs possessifs se forment des pronoms personnels par l’addition de la désinence ik.
- Exemple : Mon, obik. Le mien, obik ou obikel.
- Ton, olik. Le tien, olik [ou olikel.
- Ces mots ne se déclinent pas quand ils sont de véritables adjectifs, et qu’ils se placent après le substantif ; mais ils se déclinent soit quand ils précèdent le substantif, soit quand ils sont de véritables pronoms, remplaçant le substantif absent. Cette règle, dont la seconde partie est certainement logique, exige, pour être correctement observée, une certaine finesse d’analyse grammaticale ; et elle exposera bien des personnes à écrire incorrectement. De plus elle conduit à des anomalies apparentes, qui choquent un peu l’œil et l’oreille. Ainsi, pour traduire cette phrase : j’écris.à tes amis
- (1) Sprachwissens chafliche Kopibinalorik, von Prof. Juraj Bauar, Zagreb in Kroasien, 1880.
- et aux miens, on doit écrire (Penob signifiant j'écris, et îlen signifiant amis).
- Penob ilenes olik e obikes
- car olik est ici adjectif et ne se décline pas, tandis que obik devient pronom et doit se décliner.
- C’est sans doute pour remédier à cette anomalie que M. Schleyer permet d’employer la forme obikel pour traduire le mien, qui est pronom. On dirait alors :
- Penob Ilenes olik e obikeles
- Mais l’on arrive alors à traduire un pronom très simple par un mot de quatre syllabes ; aussi a-t-on proposé de supprimer la forme obikel. On éliminerait la difficulté en supprimant la déclinaison, pour les pronoms aussi bien que pour les substantifs et les adjectifs. Quant au pluriel, on serait libre d’en donner la marque, dans tous les cas, aux pronoms et aux adjectifs, quand cela serait utile pour la clarté de la phrase.
- On trouve encore dans le Volapük de nombreuses dérivations des pronoms personnels, telles que :
- obéi, le moi.
- obo, de ma part.
- obo, à cause de moi
- oko, en soi.
- okel, okelos, , le soi, etc.
- Ce sont là, pour un langage international, des richesses superflues et encombrantes ; et l’on peut en dire autant des nombreuses formes dérivées que peuvent' affecter les pronoms démonstratifs ce, celui-ci, etc.) ; at, et, ut, üt, aet, usât, isat, ot, ot, it, atos, os-at, os-isat, etc.
- Il en est encore de même du pronom interrogatif qui: il se traduit par kel, mais il possède les flexions : kelol, oî-kel, kel-ji, ji-kel, kelos, os-kel.
- Le pronom interrogatif qui} se.traduit parkim? et conduit aux flexions : kif, of-kim, ji-kim, kis, kiom, kiol, oï-kiom, kios, kimik, kisik, kiosik, etc. Ce sont là des taillis exubérants dans lesquels il y a beaucoup à élaguer.
- Verbe
- L’infinitif se forme en ajoutant la désinence on au substantif radical.
- Exemple : Œil, log. Voir, logon.
- L’indicatif se forme en ajoutant au radical les pronoms personnels comme désinences :
- Exemple : Je vois, Logob.
- Il voit, Logom.
- Elle voit Logo!, etc.
- M. Bauer adopte le même type, en faisant suivre le radical de ses propres pronoms personnels, plus simples que ceux du Volapük. Sa conjugaison, à l’indicatif, est la suivante :
- Logi,
- Loge,
- Loga,
- Logo, etc.
- M. Schleyer a donné au verbe un nombre très considérable de temps différents ; non seulement il traduit par des flexions diverses tous les temps des conjugaisons, déjà si compliquées, des langues vivantes ; mais encore il en crée beaucoup d’autres, qui semblent poursuivre l’idée exprimée par le verbe dans tous les modes, dans toutes les nuances qu’elle peut affecter. Son verbe possède trois impératifs pour exprimer prière, commandement, ou ordre impérieux, et dans chacun d’eux le présent, le passé et le futur ; un mode éventuel, avec tous ses temps (je pourrais bien voir) ; un mode de continuité, avec tous ses temps (je vois continuellement) ; trois infinitifs et trois participes, présent, passé et futur. On forme des infinitifs et des participes avec toutes les personnes des differents temps de l’indicatif. (Exemple : tou devenir, vedo-lon). On décline les infinitifs; on peut donner aux participes le comparatif et le superlatif, etc.
- La conjugaison du verbe, ainsi comprise, devient une forêt dont la végétation luxuriante obscurcit la lumière du jour, c’est-à-dire fait disparaître la clarté de la phrase.
- M. Kerckhoff a proposé de supprimer presque tous les temps nouveaux dont l’auteur l’a surchargée ; mais je crois qu’il faut aller encore beaucoup plus loin, et supprimer presque tous les temps que l’usage a introduits dans nos langues vivantes, et qui rendent la conjugaison si difficile à étudier. Dans un langage international, en dehois de l’infinitif qui est le radical du verbe, trois temps peuvent suffire ; le présent, le passé et le futur. M, Schleyer a adopté comme préfixe d’interrogation le préfixe li de la langue russe ; il laisse la faculté de le placer avant ou après la négation, ou même de l’intercaler dans la contexture du verbe. Il y a là une licence qui crée des difficultés, sans même avoir l’excuse d’une nuance quelconque à traduire. Il serait à désirer en outre que l’on fit commencer tous les adjectifs et adverbes d’interrogation pour ce meme préfixeli, tandis qu’ils commencent tous par ki.
- adverbes, prépositions, conjonctions
- On peut toujours former un adverbe en ajoutant
- p.614 - vue 181/496
-
-
-
- Troisième Année.
- N° 122.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1SS9
- Dimanche ier Maii 887. — 615.
- la désinence kio à la suite du radical ; on a même la faculté d’ajouter simplement la lettre o.,
- Ex. : chaleur, vam
- chaud, vamik
- chaudement, vamiko ou vamo.
- Ne serait-il pas préférable d’avoir une seule forme, au lieu de deux formes facultatives ?
- Les prépositions gouvernent toutes le nominatif, sauf vingt et une, qui gouvernent l’accusatif. M. Kerckhoffs a proposé de supprimer cette anomalie, qui est plus nuisible qu’utile; elle disparaîtrait d’elle-même si l’on supprimait la déclinaison. Quelques conjonctions gouvernent le subjonctif; c’est encore une anomalie dont M. Kerckhoffs a demandé la suppression, et qui disparaîtrait d’elle-même si la conjugaison du verbe était simplifiée.
- Les adverbes, prépositions et conjonctions ne se distinguent ni d’avec les substantifs, ni les uns d’avec les autres, soit par la lettre initiale, soit par la lettre finale. On pourrait introduire ce perfectionnement qui ferait gagner quelque chose à la clarté de la phrase.
- Le volapük admet des interjections ; on pourrait les supprimer sans inconvénient.
- MOTS DÉRIVÉS
- On forme des mots dérivés en ajoutant aux radicaux des suffixes ou des préfixes.
- Les suffixes sont formés de deux lettres, une voyelle et une consonne. Un grand nombre d’entre eux ont une signification générale, dont ils viennent imprimer le cachet au radical auquel on les ajoute.
- Ainsi, el sert à désigner la personne qui s’occupe de la chose exprimée par le radical.
- Paiement, Pet. Payeur, Peiel.
- Les noms de métiers sont indiqués par en.
- Bière, Bil. Brasserie. Bilen
- Les noms de sciences se terminent en av.
- Dieu, God. Théologie, Godav.
- Il y a encore en volapük beaucoup d’autres suffixes impliquant des idées générales. Il y en a même un trop grand nombre; car pour les appliquer correctement, il faut faire revivre en partie le problème de la classification systématique des idées humaines ; et d’autre part, l’auteur a voulu exprimer par des suffixes différents des nuances d’idées trop délicates.
- Ainsi, les trois désinences el, al, an s’appliquent aux noms de personnes ; mais le suffixe el caractérise les industries ou fonctions ; al rend la même idée, mais avec un degré de supériorité ; et an n’attache pas toujours aux noms qu’il termine une idée d’activité.
- Exemples : Ted, commerce. Tedel, commerçant.
- Tedal, négociant.
- Gel, orgue. Gelan, organiste.
- Nal, navire. Nafan, pilote.
- Autre exemple: La désinence aî caractérise les noms d’animaux; mais cette propriété ne lui a pas été réservée correctement jusqu’au bout; car nous trouvons :
- Chien Dog.
- Cheval Jeval.
- Lion Letn, etc.
- et d’autre part : Lotogaî, orthographe.
- Lu nal, barque,
- Laf, moitié, etc.
- La signification générale attribuée à cette désinence est donc de nature à. induire souvent le lecteur en erreur ; et l’on pourrait citer beaucoup d’autres suffixes qui sont dansée même cas.
- Les préfixes prêtent aux mêmes critiques que les suffixes. Les unes comportent une idée générale, comme par exemple :
- Le, qui est un augmentatif:
- maison, Dom. Palais, Ledom Lu, qui est un péjoratif :
- hutte, Ludom.
- Ne, qui indique négation :
- Ami, flen. Ennemi, Neflen.
- De, qui marque dérivation, éloignement :
- Tourner, ilekon. Détourner, dellekon.
- Venir, komon. Dériver, dekomon.
- Mais cette application d’un même préfixe à une même idée générale n’est pas toujours correctement observée. Ainsi, le verbe aller se traduit par golon ; et s’en aller, qui semblerait devoir prendre le préfixe de, et se traduire degolon, prend le préfixe mo, qui ne diffère de de que par une nuance, et se traduit mogolon. D’autre part, un grand nombre de mots commencent par de sans que ces deux lettres leur impriment le caractère de dérivation ou d’éloignement.
- Exemple : Depad, députation.
- Desid, désir.
- Demal, emblème, etc.
- On forme facilement des mots composés en juxtaposant deux mots, entre lesquels on intercale un a.
- Exemple :
- Mot, Yod. Livre, Buk. Dictionnaire, Vodabuk. Œil, log. Cheveu, ïiel. Cil, Logahel.
- Monde, Vol. Langue, pük.
- Langue universelle, Volapük.
- CONSTRUCTION DE LA PHRASE
- M. Schleyer n’a pas indiqué de règles fixes pour la construction de la phrase, et, dans ses écrits, il ne donne pas de places fixes au sujet, au verbe, ni aux régimes. M. Fieweger indique un usage habituel, mais ajoute formellement que la construction en volapük est facultative. C’est là se priver, dans un simple but de variété ou d’élégance, d’un précieux élément de clarté dans la phrase. Aussi, M. Kerckhoffs a-t-il cherché à combattre la construction facultative ; il réclame la construction uniforme et obligatoire, ce qu’on ne saurait trop approuver. Que l’on choisisse la construction française, qui paraît la plus logique (sujet, verbe, régime direct, régime indirect), ou bien que l’on en adopte une autre, mais au moins qu’on rende obligatoire celle que l’on aura choisie. De cette manière, la seule position du mot indiquera le rôle qu’il joue dans, la phrase, ce qui aidera beaucoup à faire comprendre le sens de celle-ci.
- Emile Dormoy.
- (A suivre.)
- EXPOSITION SPÉCIALE
- d'appareils de cuisine destinés à la préparation des aliments de la troupe dans les établissements militaires.
- RÈGLEMENT
- Art. Ier. — Aux termes d’une décision de M. le ministre de la guerre, en date du 3 mars 1887, une exposition d’appareils de cuisine destinés à la préparation des aliments de la troupe dans les divers établissements militaires sera, ouverte à Paris, le 17 septembre 1887. Sa durée sera de vingt jours. Elle aura lieu au pavillon de la ville de Paris, aux Champs-Elysées.
- Art. 2. — Les exposants devront, pour être admis, justifier de leur qualité de Français, et les appareils présentés devront être exclusivement fabriqués en France.
- Art. 3. — Cette exposition recevra tous les appareils satisfaisant aux conditions suivantes, qui sont d’ailleurs obligatoires pour tous les systèmes proposés.
- i° Chargement du foyer se faisant en dehors de la cuisine proprement dite. Dans le cas d’appareils à feu directs, cette condition ne devra d’ailleurs pas avoir pour conséquence d’éloigner le foyer des récipients destinés à la cuisson des aliments ;
- 20 Appareils permettant la préparation de repas variés : soupes, ragoûts, légumes, rôtis, café. Ces appareils ne pourront pas être présentés isolément, mais devront former un système complet pour un bataillon ;
- 3° Nombre et dimensions des récipients permettant à volonté l’alimentation par compagnie ou l’alimentation par bataillon (1);
- 40 Récipients disposés de façon à obtenir et à maintenir simultanément à des températures différentes les diverses substances à cuire, de façon à réduire au minimum les pertes de poids et de qualité nutritive résultant de la cuisson ;
- 5° Exclusion du chauffage par injection directe de la vapeur dans les aliments ;
- 6° Simplicité du service tendant à réduire le personnel d’une cuisine à un cuisinier permanent, assisté d’un petit nombre d’aides ou d’hommes de corvée ;
- 7° Solidité et simplicité des appareils ; manœuvre, nettoyage et entretien facilement assurés sans qu’il soit nécessaire d’un apprentissage compliqué ;
- 8° Consommation minimum de combustible en assurant toutefois, outre la cuisson des aliments, le chauffage de l’eau pour le service de la laverie et permettant de maintenir chauds les aliments des hommes absents aux heures des repas ;
- 9» Obligation, pour les exposants, de fournir, sous forme de dessin ou d’un relief à petite échelle, le modèle d’une cuisine (annexes comprises) pour, un bataillon, approprié au système d’appareils proposé et montrant les dispositions adoptées pour l’écoulement des eaux, l’évacuation des buées, la distribution des rations, etc... Les annexes comprendraient : local contenant la source de chaleur, local pour l’épluchage des légumes, laverie, cabinets aux provisions, au combustible, aux issues, réfectoire ;
- (1) La compagnie compte environ 80 hommes vivant à l’ordinaire. Pour la soupe, on compte i litre par homme ; la ration de viande est de i5o gr. par repas; celle du café, de o^So. Le bataillon comprend 4 compagnies.
- io° Obligation de fournir également un devis détaillé établissant exactement le prix de revient des appareils proposés.
- Art. 4. — Les exposants d’un système de cuisine seront admis à présenter, en outre, quelques appareils accessoires, tels qu’instruments servant à l’épluchage des légumes, au partage des rations, à la distribution des aliments, au lavage des récipients, à la manœuvre des appareils, etc... Cette adjonction est d’ailleurs facultative.
- Art. 5. — Les demandes d’admission seront conformes à la formule annexée au présent règlement.
- Elles devront être adressées au ministère de la guerre, génie, section technique, avant le icr août.
- Elles.devront indiquer exactement les dimensions de l’emplacement nécessaire à l’installation des produits exposés. La surface occupée ne devra d’ailleurs pas dépasser 25 m. 2.
- Ces demandes d’admission devront être accompagnées de l’acte de naissance de l’exposant ou de tout autre acte authentique constatant qu’il es Français. t
- Art. 6. — Les appareils destinés à l’exposition seront expédiés au pavillon de la ville de Paris (exposition d’appareils de cuisine), de façon à y être rendus à partir du ier septembre.
- Ils seront reçus par la commission chargée d e l’organisation et installés par les soins des exposants.
- Aucun envoi ne sera plus admis dans l’enceinte de l’exposition après le 10 septembre.
- Art. 7. — Les exposants n’auront à payer aucun. loyer pour la place qu’ils occuperont.
- Ils auront à supporter toutes les dépenses d’installation de leurs appareils, comprenant les fondations s’il y a lieu, la fourniture et la pose des planchers , carrelages, aménagements de toute sorte, ainsi que les frais de transport, aller et retour.
- Toutefois , l’eau sera concédée gratuitement dans le local de l’exposition, l’établissement des canalisations particulières restant à la charge des exposants.
- Art. 8~ — L’exposition sera ouverte au public tous les jours, de neuf heures du matin à six heures du soir.
- L’entrée sera gratuite le dimanche. Les autres jours une rétribution de 5o centimes par personne sera perçue par les soins et au profit de la société : « l’Union des femmes de France. »
- Elle sera gratuite en tout temps pour les officiers et sous-officiers en ténue ou pouvant justifier de leur identité.
- Art. 9. — Pendant toute la durée de l’exposition, les exposants auront la faculté de mettre en marche les appareils présentés. Cette disposition n’est d’ailleurs pas obligatoire.
- Art. 10. — Une commission, nommée par le ministre de la guerre, sera chargée de l’examen des systèmes présentés.
- Art. 11. — Ên outre, après clôture de l’exposition, un concours sera ouvert entre les divers systèmes retenus par la commission d’examen, à l’issue duquel l’Etat se réserve absolument le choix des appareils qu’il y aurait lieu d’adopter pour les établissements militaires, et dans la proportion qu’il jugera convenable.
- ----------------------
- EXPOSITION D’HYGIÈNE
- DE L’ENFANCE
- L’exposition d’hygiène de l’enfance, qui s’ou vrira le i5 juin, au Pavillon de la ville de Paris, sous la présidence d’honneur de MM. Lockroy et Mesureur, et la présidence effective du docteur Chassaing, s’annonce comme devant être un succès.
- Elle constitue d’ailleurs, en notre pays, une utile innovation, et nous sommes persuadés que, pour la propagande de toutes les importantes questions d’hygiène infantile, elle viendra combler une lacune laissée par l’enseignement de la parole et du livre.
- Les personnes qui désirent participer à cette exposition, et prendre connaissance de ses statuts, sont priées de s’adresser sans retard à M. En-gammare, secrétaire de l’Exposition, 27, rue Condorcet.
- La place étant restreinte, il importe aux iutéres-sés d’être agréés le plus tôt possible par le jury d’admission.
- p.615 - vue 182/496
-
-
-
- 616. — Troisième Année. — N° 122.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- Dimanche ier Mai 1887.
- LES LIVRES
- CVII
- Ferdinand de Lesseps^ sa vie, son œuvre: avec cartes et portraits, par Alphonse Bertrand et Emile Ferrier, i vol. m-8. G. Charpentier et Cie, éditeurs, rue de Grenelle, 11, 1087»
- Il n’y a pas d’homme qui soit à la fois plus célèbre et moins connu que M. Ferdinand de Les-seps. En France on apprend vite, on oublie vite, on parle beaucoup, on lit peu, trop peu. La gloire, la fortune, le talent y tiennent plus aux apparences qu’aux réalités. On est riche parce qu’on le paraît on est célèbre parce qu’on le croit ou qu’on le fait croire, en a du talent parce qu’on le fait dire, Très peu de gens y savent à fond ce dont ils parlent, ont vu l’homme qu’ils jugent, ont lu le livre qu’ils apprécient. Très peu de gens y ont, sur les questions dont ils dissertent, leur dossier. Tout se passe en conversations où l’on se répète, en articles où l’on se copie, en bruits qui se répercutent d’écho en écho, et qui, selon leur puissance et leur multiplicité, donnent une mesure de notoriété qui est la réputation ou du moins ce qui lui ressemble le plus, car ceux qui s’en contentent se payent, en somme, d’un son qui passe, d’une fumée qui fuit. Ils ont reçu une récompense vaine comme eux. Receperunt mercedem suam, vani va-nam, dit l’Ecriture.
- Heureusement, il est pour l’honneur de l’humanité des hommes dont la noble ambition né se paye pas de mots, mais de faits ; et pour l’honneur de l’opinion, il est aussi des avocats qui possèdent leur dossier, et des critiques qui ne jugent l’ouvrier qu’à l’oeuvre.
- M. de Lesseps est de ces hommes dont la gloire consolatrice des déceptions et des humiliations de notre pays est fondée sur des oeuvres ; et ses der- ' niers biographes qui ont entrepris la tâche patriotique de raconter sa vie, la possèdent grâce à un intime commerce avec l’homme et avec l’œuvre, dans ses moindres éléments, dans ses moindres détails. C’est ainsi que MM. Alphonse Bertrand et Emile Ferrier ont dignement rempli leur objet et réalisé leur triple ambition d’historiens, de moralistes et d’artistes. En leur qualité d’historiens, ils avaient le désir de bien faire connaître le temps et l’hommejde faire du temps où l’homme a vécu un tableau exact, de faire de l’homme un portrait fidèle, ressemblant, qui sans le flatter, le fasse estimer et le fasse aimer. En leur qualité de moralistes, ils voulaient faire ressortir de l’histoire de cette vie une moralité, un exemple, une leçon. Enfin en leur qualité d’écrivains, c’est-à-dire d’artistes, ils voulaient que leur histoire fût digne du héros, que le drame de sa vie fût raconté de façon à intéresser, à émouvoir, à amuser le lecteur.
- Ils y ont admirablement réussi. Pour la première fois la figure du grand Français revit, respire, parle, agit dans un portrait ressemblant, frappant, avec cet air jovial, cordial, martial, qui en font une figure typique de notre race, caractéristique de notre époque. Pour la première fois, après tant d’analyses de détail qui ont plutôt dimi nué que grandi ce mâle visage, et en ont fait flotter, ondoyer les traits épais dans l’esprit de beaucoup de contemporains d’une façon irrégulière et meme contradictoire, nous possédons la synthèse de cette vie ramenée à l’unité-puissante d’une idée et d’une œuvre.
- Nous savons nettement en quoi consistent cette idée maîtresse, cette œuvre immortelle, quelles ont été les phases de l’idée, quelles ont été les vicissitudes de l’œuvre. Nous possédons enfin un ensemble de notions précises, de faits exacts, de conclusions justes sur un homme aujourd’hui triomphant, mais dont la vie fut longtemps militante, l’œuvre longtemps contestée et souffrante. Si bien qu’il était tout à fait indispensable que cette histoire fût une bonne fois racontée et appuyée sur preuves et sur pièces afin d’opposer à des calomnies intéressées, aux retours périodiques, à des critiques stipendiées des témoignages décisifs, irrécusables , et d’imposer à l’hostilité jalouse de l’Angleterre, qui n’a jamais digéré l’affront du succès d’une entreprise faite sans' elle, à l’ambitieuse méfiance de l’Amérique, qui regrette que le perceur d’isthmes ne soit pas Américain au point de lui en vouloir un peu de ne l’être pas, le frein de la vérité qui oblige les nations, comme, les individus, à être justes.
- On ne sait pas assez, on ne saura jamais trop tout cela, même en France, surtout en France, où l’on dit si volontiers du mal des Français, et où l’on a toujours'si volontiers dit du bien des étrangers. « Nul n’est prophète en son pays » est un proverbe bien français. Chose étrange et digne de remarque, c’est le peuple audacieux , inventeur, novateur, initiateur, vulgarisateur , propagateur par excellence, le peuple dont le caractère a cette vertu magnétique, ce sympathique don de prosélytisme signalé par tous les observateurs depuis César jusqu’à Joseph de Maistre, le peuple armé de cette langue gracieuse comme la clarté, sûre comme la probité, considérée comme l’instrument le meilleur, comme le véhicule le plus commode de la pensée en affaires, en diplomatie, en galanterie, au bureau, au cabinet, au salon, au boudoir,
- c’est ce peuple français qui s’est toujours engoué d’une influence étrangère, qui a passé tour à tour par l’italomanie, la spanomanie, l’anglomanie, la teutomanie, qui flotte actuellement entre l’améri-comanie et la russomanie. C’est ce peuple français qui a tour à tour chanté, dansé, mangé, duellé, aimé à l’espagnole et à l’italienne, puis pensé et senti à l’anglaise, à l’allemande, et encore à l’heure qu’il est byronise et werthérise à l’occasion, cite Darwin et Shopenhauer qu’il n’a pas lus, patine et rêve à la russe, mange du caviar et s’éprend de Kropotkine après Tourguenief et de Dostoiewski après Tolstoï. Ce peuple si crédule aux étrangers, qui après tant de déceptions scandaleuses ou ridicules, est encore une proie facile aux rastaquouè-res, ce peuple est incrédulé aux siens et ignorant de leurs titres, llcroit plus facilement au génie de M. de Bismarck, qui n’est qu’un joueur heureux et sans scrupules, qu’à celui de M. de Lesseps qui n’a rien dû de son succès aux caprices du hasard, ni au mépris du droit, qui n’a eu dans sa vie qu’une idée, mais qui l’a eue au degré héroïque, qui n’a eu dans sa vie qu’une œuvre, mais une œuvre utile, bienfaisante, féconde, une œuvre faite pour favoriser les bons rapports entre les nations, les échanges nourriciers, commerciaux, moraux, intellectuels, qui constituent le progrès et intéressent l’humanité autrement que l’unité allemande et l’unité italienne, machines de discorde et de guerre.
- Tout le monde en France sait l’âge exact de M. de Bismarck. Il y a à cela^ des raisons ^de crainte et d’espérance. Il n’y a à connaître l’âge exact de M. de Lesseps que des raisons d’étonnement et d’admiration pour cette toujours verte, toujours gaie, toujours infatigable vieillesse. Aussi l’ignore-t-on. Il y a aussi à cela des raisons de coquetterie héroïque. M. de Lesseps, qui n’a rien d’une femme que la finesse et la délicatesse, et le sentiment juste et galant qu/il partage avec beaucoup d’autres penseurs plus austères que lui, comme La Rochefoucauld, La Bruyère et Joseph de Maistre, de l’influence des femmes sur les affaires de ce monde, de leur ardent et dévoué prosélytisme dans les grandes questions d’humanité et de patriotisme, a cela de féminin qu’il n’aime pas à dire son âge. Il a si peu celui qu’il devrait avoir ! Faisons lui violence en disant et en apprenant à beaucoup de nos lecteurs qu’il est né à Versailles, le 19 novembre i8o5, qu’il a par conséquent quatre-vingts ans depuis le 10 novembre 1885 et en ce moment 81 ans et cinq mois. Il les porte gaillardement comme chacun peut voir, car il n’est pas de ceux qui cachent leur vie. Ce qu’il a à montrer lui fait et nous fait tant d’honneur, qu’il le montre avec une crânerie qui n’a rien de commun avec la modestie ni avec la vanité, qui est de cet aimable, généreux et sympathique orgueil, pareil à celui d’Alexandre Dumas, racheté par la bonhomie et la malice, qui sourit et fait sourire dans son inoffensive fanfaronnade.
- M. de Lesseps sait ce qu’il vaut. S’il ne le savait pas, il n’eût pas fait ce qu’il a fait. Il a dû plus d’une fois, pour ne pas céder à la fatigue ou au découragement, se réfugier dans la conscience de son droit, de son devoir, de son talent. Ce talent où l’Académie des sciences et l’Académie française ont récompensé les initiatives et les audaces de l’homme d’action, et le tempérament et les instincts de l’orateur et de l’écrivain, plutôt que la science proprement dite ou l’art raffiné, est un talent sui generis, fait du don de bien exposer, de bien discuter, de trouver à la fois la solution de la difficulté présente et le mot heureux de la situation. Ce talent très français, fait de netteté, de clarté, de bon sens spirituel et de belle humeur courtoise devant l’obstacle ou devant l’adversaire, explique et justifie la popularité de M. de Lesseps^. Il y a des hommes qui ne correspondent pas à leur œuvre, dont on ne s’explique pas qu’ils l’aient conçue et accomplie. Pour qui le connaît un peu, M. de Lesseps est bien l’homme de son œuvre. Il est issu d’une famille de diplomates, sorti d’une de ces bonnes races de commis, de premiers commis, lieutenants utiles et laborieux, parfois obscurs, de nos grands ministres et pour ne parler que du xvme siècle, les Tercier, les Hennin, les Du Bucq, les Barthélemy, les Le Brun, Les Gérard de Rayneval, les Lesseps. C’est Dominique qui commence l’éclat de la famille anoblie dans sa personne en 1701 « à titre de justice plutôt qu’à titre de grâce », ainsi que le disent les lettres-patentes. Son oncle Barthélemy de Lesseps,son père Mathieu, furent navigateurs, explorateurs, le premier, compagnon de Lapeyrouse, échappé par une jnission antérieure au désastre de son chef, puis consuls généraux et des plus actifs, des plus zélés, d’un zèle intelligent et généreux, auquel, pour Mathieu, qu’il connut à Saint-Pétersbourg, Joseph de Maistre rend hommage.
- Ferdinand de Lesseps, consul général et ministre plénipotentiaire, brise sa carrière en 1849, a suite d’un acte qui l’honore d’indépendance et de prévoyance. Alors, comme il est de ces hommes qui ne peuvent demeurer sans'rien faire, et^ qui sont doués de ce levier de volonté, d’habileté, de patience, d’à-propos qui soulève le monde, il cherche, pour s’occuper, une entreprise digne de lui et digne de la France. C’est ainsi qu’il entre-
- prend de réunir la mer Rouge et la Méditerranée, comme plus tard il entreprendra de marier l’Atlantique et le Pacifique. L’histoire de ces deux entreprises dans leurs moindres détails, depuis le germe modeste et combattu de 1852 et de 1882, jusqu’au fruit triomphant de 1869 et de 1886, est dans ce livre que nous ne saurions analyser, mais qui est d’une lecture si intéressante, si vivifiante, si réconfortante, si consolante, puisqu’il nous montre la lutte et le succès final d’un homme qui n’a jamais désespéré de Dieu, de la France et de lui. On devrait le donner en prix dans nos écoles, dans nos lycées, dans nos facultés. On devrait le mettre par une édition populaire à la portée des 35o,ooo souscripteurs des actions du Suez, des 600,000 _ souscripteurs des actions du Panama. Ce serait une chose utile, presque une bonne action, et comme M. de Lesseps porte bonheur à tout ce qu’il touche, ce serait une bonne affaire.
- M. de Lescure.
- Deux maximes, deux dictons, deux proverbes ont inspiré et dominé la carrière de M. de Lesseps. Nous les plaçons ici en P. S., en vedette, pour l’instruction et l’éducation de nos contemporains :
- x° Si dans le cours de votre vie vous avez quelque chose de très important à faire, c’est sur vous seul qu’il faut compter. Si vous êtes deux, il y en a un de trop.
- 20 Les chiens aboient, la caravane passe.
- ---------—« — — -T- ~ -in— -----
- BIBLIOGRAPHIE
- La Liquidation sociale, par notre collaborateur M. E. Mansuy, L. Michaud, éditeur, 14 rue de Grammont, 1 vol. 3 fr. Nous avons tenus à signaler à nos lecteurs l’apparition de ce volume trop important pour que nous n’en fassions pas un compterendu. L’œuvre de M. E. Mansuy mérite toute l’attention de nos lecteurs. Nous l’analyserons dans un prochain numéro.
- LA. GRANDE ENCYCLOPÉDIE
- H. Lamirault et Cie, 61, rue de Rennes, à Paris
- Nous venons de recevoir le troisième volume de La Grande Encyclopédie. Il était attendu avec impatience malgré la rapidité avec laquelle se succèdent les diverses livraisons de l’ouvrage. Rien ne saurait intéresser davantage les spécialistes comme le public, que ce dictionnaire universel, immense répertoire de faits et d’idées, résumé des connaissances humaines au xixe siècle. Les méthodes actuelles et les résultats les plus récents de toutes les sciences profondément renouvelées par les découvertes modernes y sont exposés d’une manière complète ; une part équivalente est faite aux lettres que la complète intelligence des littératures classiques a entièrement rajeunies. La Grande Encyclopédie sera l’ouvrage le plus compréhensif et le plus parfait qui ait encore paru en ce genre. Ce brillant résultat est obtenu par l’organisation sans précédent jusqu’ici d’un comité de direction composé d’hommes d’une compétence indiscutable et d’une haute notoriété.
- MM. Berthelot (sciences physiques), Deren-bourg (Orient), Dreyfus (politique, économie politique et administration), Giry (histoire), Glasson (droit), Dr Hahn (sciences naturelles), Laisant et Laurent (sciences mathématiques), Levasseur (géographie), Marion (philosophie) Müntz (beaux-arts), Waltz (antiquité classique).
- Ils ont groupé autour d’eux un corps de rédacteurs dont beaucoup sont aussi des savants ou des écrivains d’une grande valeur. Il suffit de parcourir les volumes parus pour voir qu’il s’agit bien d’une .collaboration effective ; „ la plupart des articles sont signés de nom connus : alchimie (Berthelot), Alpes (Levasseur), amortissement (Dreyfus), amour (Marion), anthropoïdes (Troues-sart), appel (Glasson), archives (Giry), argot (Bru-netière), Aristote (Boutroux), etc.
- Pour terminer, il faut dire un mot des cartes qui seront au nombre de deux cents, et formeront un bel atlas, et de l’illustration très abondante qui complète utilement le texte et repose le lecteur.
- EXPOSITION ARTISTIQUE DE 1887
- DE NEVERS
- Les tableaux et objets d’art doivent être déposés par les artistes de Paris jusqu’au 5 mai.
- Chez M. DANGLETERRE fils, doreur-encadreur, 16, rue Labié, qui se chargera, sans frais, de l’envoi à l’Exposition de Nevers.
- MM. les artistes sont priés de donner la notice et le prix de leurs tableaux.
- Le Gérant, GARREAU.
- Tours. — lmp. E. ARRAULT et Cie, rue de la Préfecture, 6.
- p.616 - vue 183/496
-
-
-
- Le Moniteur
- DE
- L'EXPOSITION DE 1889
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, i8t a Paris
- TROISIÈME ANNEE. Dimanche S Mai 1887. NUMÉRO i23.
- SOMMAIRE :
- 1. Les Travaux du Champ-de-Mars ; 2. Arrêté nommant le bureau du comité supérieur ; 3. Présidents des groupes des jurys d'admission; 4. Comité départemental de la Nièvre ; 5. Comité départemental de,la Gironde ; 6. Comité départemental de l’Oise ; 7. Comité départemental du Rhône ; 8. Bureaux des Comités départementaux ; 9. Arrêté rattachant les les classes 85 et 84 ; 10. Décision ministérielle ; n. Membres des jurys des beaux-aits; 12. Revue de la presse ; i3. Echos; 14. Le Salon ; i5. Exposition d’Hanoi ; 16. Les Concours de TUnion centrale ; 17. Société d’Horticulture ; 18. Les Livres ; iq. Avis Commerciaux; 20. Les Théâtres.
- LES
- TRAVAUX DU CHAMP-DE-MARS
- Nos prévisions se sont réalisées : le montage des fermes a été commencé cette semaine, et à l’heure où paraîtront ces lignes plusieurs d’entre elles seront édifiées. A partir de ce moment, il est évident qu’on sort de la période pour ainsi dire préparatoire des travaux pour entrer en plein dans l’exécution proprement dite.
- Jusqu’à présent, en effet, tout avait eu pour but de mettre les différentes parties du Champ-de-Mars en état de recevoir les constructions qui doivent s’y élever : on avait procédé au nivellement, au piquetage, aux fouilles, aux fondations, à la canalisation des égouts, mais tout cela n’était guère visible à la surface du sol et, à part quelques accessoires tranchant sur sa monotonie, le terrain de l’exposition était toujours la grande plaine que l’on sait.
- Aujourd’hui, on va assister à l’édification régulièrement progressive des bâtiments, puis peu à peu la ville universelle prendra naissance, et ceux qui ne peuvent suivre les progrès de l’œuvre que par ce qui se voit en dehors des chantiers, auront sous les yeux un autre spectacle que celui des terrassiers et des wagonnets: ils verront les carcasses des palais qui graduellement sembleront sortir de terre et quiconque s’intéresse au détail des choses apprendra de quelle façon et au prix de quels efforts on parvient à mettre en place et à faire tenir debout toutes ces masses métalliques.
- Lorsqu’on est présent au montage d’une de ces charpentes en fer, la première remarque faite est celle de la somme des forces qu’il faut dépenser pour exécuter ce travail, et pourtant c’est peu de chose quand on envisage toutes les puissances qu’il a fallu mettre en œuvre pour préparer les diverses pièces et les amener sur le lieu d’emploi ; on n’en finirait pas si l’on devait énumérer les phases successives par lesquelles chacune d’elles a passé,et comme lesdites transformations n’ont pu être opérées sans certains efforts, l’addition de ces derniers donnerait un total formidable dont il est impossible aux visiteurs de se rendre compte lorsqu’ils voient toutes choses en place.
- Ce sont les forges de Saint-Denis qui ont débuté en dressant les fermes de la portion du palais des industries diverses qui longe l’avenue S de Suffirent ; cette partie du bâtiment d’environ j 125 m. de longueur sur y5 m. de largeur est j
- composée de trois travées placées côte à côte et reliées entre elles de telle sorte que le même poteau métallique sert d’appui aux abouts de deux fermes voisines; chaque ferme, de 25 m. de portée reposant sur des poteaux de 8 m. de hauteur, laisse entre le sol et son intrados une hauteur de 11 m. ; la ferme proprement dite d’un poids de 6,000 kilog. est en fer a treillis simple et les supports, pesant 2,000 kilog., sont formés de deux treillis distants d’à peu près o m. 35 ; deux supports d’une même travée sont séparés par un intervalle de 8 m. 33 ; toutes ces espèces de colonnes métalliques reposent sur les tables en ciment des puits de fondation dont nous avons parlé; elles seront noyées à leur base de o m. 60 dans le sol et reliées à leur sommet par des pièces également à treillis pesant chacune 2 5o kilog. et supportant le chéneau; chaque galerie est surmontée d’un lanterneau.
- Le montage s’effectue au moyen de chèvres munies de treuils à bras et chaque portique, constitué par une ferme et ses supports, est immédiatement rattaché à son voisin par les pannes pour éviter les mouvements d’oscillation et former un tout rigide.
- A mesure qu’une ferme est montée, on déplace les . chèvres tout en les maintenant avec des haubans ; ce mouvement s’obtient à l’aide de pinces. Il nous semble qu’étant donnée la hauteur des chèvres, 14 m. environ, un chariot roulant eût été préférable et aurait permis un déplacement plus prompt et plus commode ; quoi qu’il en soit, le travail s’effectue rapidement et les charpentes une fois dressées ont une légèreté qu’on ne leur soupçonnerait pas lorsqu’elles sont étalées sur le sol.
- L’arrivage des fermes de l’usine de Roussel a lieu d’une façon régulière et permet de penser que, de ce côté-là aussi, l’opération du montage pourra bientôt être entreprise ; c’est encore de fermes de 2 5 m. qu’il s’agit ici, et elles sont de même destinées au palais des industries diverses, mais dans la moitié de la grande nef,qui comprendra 7 travées semblables à celles que nous venons de décrire; on attend probablement que la quantité du matériel accumulée permette de mettre les chantiers en activité sans crainte d’avoir à les arrêter, et sur piace on emploie ce temps à construire les chèvres et les charpentes indispensables aux opérations à venir.
- Le nivellement se continue d’une façon très active. Pour aller plus rapidement, on a augmenté le nombre d’ouvriers et, notamment vers l’Ecole militaire, on a attaqué le sol sur divers points à la fois, de sorte que cette partie du Champ-de-Mars est très mouvementée, sillonnée ainsi par une masse de petites voies où circulent les wagonnets pleins de terre ; non loin de là, on met la dernière main au grand égout dont nous avons précédemment donné la description et qui traverse toute l’Exposition en allant de l’avenue de Suffren à l’avenue de
- Labourdonnais. On a rencontré sur ce point de grandes difficultés tenant à la nature du so qui, tantôt très friable, nécessitait des étais nombreux, tantôt compact offrait une très grande résistance due souvent à la rencontre d’anciennes fondations.
- Le centre d’activité des travaux de fondations s’est déplacé, il se trouve maintenant transporté' vers les palais des arts libéraux et des beaux-arts, et c’est près de ce dernier qu’on a installé la bétonnière à vapeur dont le fonctionnement continue à attirer l’attention et fait arrêter de nombreux curieux le long de la palissade basse qui borde la rue du Champ-de-Mars; beaucoup même cherchent à enfreindre la consigne et à pénétrer sur le chantier afin de voir de plus près la manœuvre de cette machine, mais les ordres sont sévères et bien peu réussissent à tromper la vigilance des agents. A cet égard, l’affluence est non moins grande vers les issues donnant sur le quais et conduisant aux chantiers de la tour qui fait toujours les frais de presque toute les conversations et donne lieu à des discussions sans fin dans lesquelles on surprend parfois au passage l’énoncé d’opinions ultra fantaisistes.
- Les piliers, sauf celui n° 2 où on ne travaille pas en ce moment, sont toujours le siège d’une animation sans pareille ; c’est un va-et-vient perpétuel d’hommes et de choses qui donne à ces fouilles un caractère tout à fait spécial, car ordinairement les chantiers sont plus étendus que cela et le cas d’une telle agglomération dans un espace relativement restreint se rencontre rarement; malgré cela, il ne se produit aucune confusion et pas une fausse manœuvre n’est faite : chacun, ayant sa besogne indiquée, son poste assigné et sa route toute tracée, peut travailler en toute liberté et sans gêne ni pour lui ni pour ses voisins.
- Les terres extraites des caissons remontent à la surface à l’aide de treuils et sont immédiatement chargées dans des brouettes que des manœuvres emmènent pendant que d’autres, faisant la navette entre la bétonnière, toujours en fonction, et le sac, apportent du béton qui vient prendre la place du déblai enlevé; ceci se passe dans la fouille même. Au dehors, les mécaniciens entretiennent les machines qui font marcher les malaxeurs ou qui fournissent aux travailleurs l’air comprimé et l’électricité don ils ont besoin ; plus loin encore, on décharge et on transporte les énormes plaques de tôle formant le corps des caissons dont elles serveni aussi à augmenter la hauteur à mesure qu’ils s’enfoncent ; du reste ils sont tous bien avancés et quelques-uns, surtout dans la pile n° 4. sont devenus tout à fait invisibles cachés qu’ils sont par les massifs de maçonneries auxquels iis servent de support; dans cette meme pile un de ces caissons, arrivé à fond de course mais encore visible, permet de juger de l’effort considérable
- p.617 - vue 184/496
-
-
-
- 6iS. — Troisième Année. — N° 123.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 8 Mai 1887.
- qu’exercent les terres dans lesquelles il est enseveli: sa membrure, malgré sa solidité, est entièrement gondolée et certains plis, en dépit des 8 millimètres d’épaisseur de la tôle, sont aussi nettement accusés que s’ils étaient faits sur une feuille de papier.
- Au pilier n° 2 on remblaie les espaces vides laissés entre les maçonneries, et on commence à apporter les pierres de taille du soubassement, elles arrivent toutes taillées et prêtes à être utilisées.
- Au pilier n° 1, où l’on travaille à l’air comprimé ainsi qu’au n° 4, où ce mode d’opérer est terminé, on élève les fondations des soubassements, et en somme il est certain, lorsqu’on apprécie les progrès réalisés d’une semaine à l’autre, que ces fondations seront terminées pour l’époque prévue.
- La commission de la tour s’est réunie mardi dernier sous la présidence de M. Collignon. MM. Berger, Menard-Dorian, Hersent, Molinos, etc..., ont examiné et visité tout avec le plus grand soin, auquel s’est vite joint un vif intérêt, aussi à l’issue de la réunion, la commission a-t-elle chargé son secrétaire de témoigner à M. Eiffel toute sa satisfaction et de lui adresser des félicitations sur la manière exceptionnelle dont les travaux étaient compris, dirigés et exécutés.
- ARRÊTÉ
- Nommant le bureau du Comité supérieur de révision
- Le ministre du commerce et de l’industrie,
- Vu la loi du 6 juillet 1886;
- Vu l’article 5 du décret du 28 juillet 1886 ;
- Vu l’arrêté du 26 août 1886, portant règlement général de l’Exposition universelle de 18S9;
- Vu l’arrêté du 11 mars 1887, réglant l’organisation et le fonctionnement des comités d’admission, et spécialement l’article 6, ainsi conçu :
- « Il est institué un comité supérieur de révision, composé des présidents de tous les comités de groupe. Son bureau est composé d’un président, de deux vice-présidents et de deux secrétaires nommés par le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général, en dehors des membres des comités d’admission» ;
- Vu les présentations faites par le directeur général de l’exploitation ;
- Sur la proposition du directeur du cabinet du personnel,
- Arrête :
- Le bureau du comité supérieur de révision est constitué comme suit :
- M. Teisserenc de Bort, sénateur, ancien ministre de l’agriculture et du commerce, président.
- MM. Diez-Monnin, sénateur, ancien président de la chambre de commerce de Paris, et Poirier, président de la chambre de commerce de Paris, vice-présidents.
- MM. Trélat (Marcel), auditeur au conseil d’Etat, et Hetzel (Jules), membre et secrétaire du comité d’organisation de l’exposition d’Amsterdam en 1883, secrétaires.
- Présidents des Groupes du Jury d’admission
- Président du groupe II. — M. Gréard, vice-rec-teur de l’Académie de Paris.
- Président du groupe III. — M. H. Lemoine, fabricant de meubles, président de la chambre syndicale de l’ameublement.
- Président du groupe IV. — M. Dauphinot, sénateur de la Marne.
- Président du groupe V. — M, Frémy, de l’Institut, directeur du Muséum d’histoire naturelle.
- Président du groupe VI. —- M. Hervé Mangon, de l’Institut, ancien ministre de l’agriculture.
- Président du groupe VII. — M. Charles Prevet, député de Seine-et-Marne.
- Président du groupe VIII. — M. Foucher de Careil, sénateur, membre du conseil supérieur de l’agriculture.
- Président du groupe IX. — M. Hardy, directeur de l’école dTgriculture de Versailles.
- COMITÉ DÉPARTEMENTAL
- DE LA NIÈVRE
- Par arrêté en date du 19 avril 1887, L ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a nommé membres du comité départemental de la Nièvre :
- i° Sous-comité de /’arrondissement de Nevers MM. A. Massé, sénateur.
- Laporte, député.
- Turigny, député.
- N. Massé, propriétaire et conseiller général.
- Berroyer, fabricant de chapeaux à Nevers.
- Chaussin, meunier à Fours.
- Clamamus, verrier à Decize.
- Dominique (Michel), architecte à Nevers.
- Valette, produits chimiques, à Nevers.
- Ramond (Jules), épicier à Nevers.
- Sotty (Antoine), agriculteur expert, à Saint-Pierre-le-Moutier.
- Thévenard-Matisse, tissus, à Nevers.
- Hugon, fabricant de chaudronnerie à Nevers.
- Bougriot, fabricant de galoches à Nevers.
- Pouillat, contre-maître de M. Bougriot, à Nevers.
- Lhomme, directeur des usines à Fourcham-bault.
- Frébault, fondeur à Fourchambault.
- Bondoux, à Decize.
- Bazinet, horticulteur à Nevers.
- Trousseau, fabricant, de faïences à Nevers.
- Panet,contre-maître de M. Trousseau, à Nevers.
- Constant, aîné, mercier à Nevers.
- Berthélemy, fabricant de chaux au Gué-dTIeuillon.
- Barillet, lithographe, peintre, à Nevers.
- Molher, peintre à Nevers.
- Ballet, sculpteur à Nevers.
- Mounier, fabricant de fleurs artificielles à Fourchambault.
- Michaud-Sallé, à Nevers.
- Potin, laines filées, à Nevers.
- Bouveault, architecte à Nevers.
- Groslard, bijoutier à Nevers.
- Roger, contre-maître de M. Jambon, à Nevers.
- Bertrand, contre-maître usine Valette, à Nevers.
- Lhéritier, ancien premier adjoint, ouvrier ébéniste à Nevers.
- Jarry, délégué de la société nivernaise d’instruction populaire à Nevers.
- le président de la chambre consultative d’agriculture.
- Saglio, président de la chambre consultative dès arts et manufactures.
- l’ingénieur en chef du département.
- l’inspecteur des forêts.
- Bardin, maire de Chevenon, agriculteur.
- Clair (Ferdinand), agriculteur à Luthenay.
- Guerrin, vétérinaire à Nevers.
- Mancheron, professeur départemental d’agriculture à Nevers.
- Hanoteaux, artiste peintre à Cercy-la-Tour.
- Loriot (Jérôme), commerçant à Cercy-ia-Tour.
- Goujat (Claude), arbitre près les tribunaux de commerce, propriétaire à Rouy (canton de Saint-Saulge).
- 20 Sous-comité de l’arrondissement de Château-Chinon
- MM. Berger, député, maire de Chiddes, agriculteur.
- Gaillard, maire de Château-Chinon.
- Loiseau-Saclier, entrepreneur à Château-Chinon.
- Boillerault (Hubert), agriculteur, président de la chambre consultative d’agriculture, à Limanton.
- Léveillé, maire de Moulins-Engilbert.
- Petit (Charles), agriculteur à Moulins-Engilbert.
- Ravizy (Pierre), entrepreneur à Châtillon.
- Frébault, pharmacien à Châtillon.
- Cognet (Ferdinand), maire à La Roche-Millay, agriculteur.
- Chandioux, maire de Luzy, négociant.
- Cottet, maire, agriculteur à Villapourçon.
- Perrot, agriculteur, maire de Millay.
- Personne, entrepreneur, maire de Moux.
- Meunier (Théodore), négociant en vins à Saint-Brisson.
- Guétrot (Alexis;, négociant en vins à Ou-roux,
- Lécuyer, fabricant de voitures à Château-Chinon.
- Girard-Martin, négociant à Saint-Honoré-les-Bains.
- Martin-Desplantes, fabricant de chaux à Moulins-Engilbert.
- Alboury, agriculteur à Alluy.
- 3° Sous-comité de Varrondissement de Clamecy'. MM. Tenaille-Saligny, sénateur.
- Hérisson, député.
- MM. Bendell-Vannereau, négociant à Clamecy. Fouliéron, négociant à Clamecy.
- Gaudry, banquier à Clamecy.
- Comte., fabricant de bateaux à Clamecy. Âlapetite, receveur particulier à Clamecy. Renard, maire de Breugnon.
- Guillien, tanneur à Clamecy.
- Moreau, meunier à Surgy. ^
- Picq, ouvrier mécanicien à Clamecy.
- Adam (Gustave), maire de Chevannes-Changy.
- Salle, agriculteur à Grenois.
- Boulet, maire de Corbigny.
- Gally, filateur à Corbigny.
- Rigaud, maire de Marigny-sur-Yonne.' Tardy, conseiller général, maire de Lormes. Colas-Pelletier, banquier à Lormes.
- Roy, maire de Saint-Martin-du-Puy.
- Bezou, viticulteur àTannay.
- Grosjean, agriculteur, maire de Monceau-le-Comte.
- Ducaroy, maire de Varzy.
- Boulard, papetier à Corvol-l’Orgueilleux. Jullien, délégué de la société scientifique
- 40 Sous-comité de Varrondissement de Cosne.
- MM. Ducoudray (Félix), député, propriétaire à Saint-Malo.
- Baruel, tanneur à Cosne.
- Bernot-Serjot père, négociant à La Charité. Chavannes, propriétaire à Arquian. Dequenne, fabricant de limes à Varennes-les-Narcy.
- Dubois (Octave), négociant à Donzy.
- Du Colombier (Anatole), propriétaire à Narcy.
- Durand (Ernest), propriétaire à'Garchy. Frigolet (François), maire de Prémery. Limet (Pierre-Hippolyte), fabricant de limes à Cosne.
- Maringe (Charles), agriculteur, maire de Champlin.
- Monin(Gustave),fils, fabricant de chaussures à la Charité.
- Montignot (Edouard), propriétaire à Donzy. Ouagm, agriculteur à Celle-sur-Nièvre. Paponot (Eélix), ingénieur, ancien maire de Cosne.
- Picardeau (Léon), fabricant de ciment à la Charité.
- Quétin, vétérinaire à Cosne.
- Richard, vétérinaire à Prémery.
- ---------" --------------------------
- COMITÉ DÉPARTEMENTAL
- DE LA GIRONDE
- Par arrêté en date du 22 avril 1887, le ministre du commerce et de l’industrié, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a nommé membres du comité départemental de la Gironde :
- MM. Prom (Hubert), président de la chambre de commerce de Bordeaux.
- Léo Barbier, secrétaire général de la chambre syndicale du commerce en gros des vins et spiritueux de la Gironde.
- Laly-Huillet, fabricant de futailles, conseiller d’arrondissement du canton de Poden-sac. (Sous-comité de l’arrondissement-de Bordeaux).
- Servière, conseiller général, maire de Ba-zas (Sous-comité de l’arrondissement de Bazas).
- COMITÉ DÉPARTEMENTAL
- DE L’OISE
- Par arrêté en date du 11 avril 1887, le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a nommé membres du comité départemental de l’Oise :
- MM. Benaut, ancien chef d’institution, demeurant à Compiègne (sous-comité d’arrondissement de Compiègne).
- Hallopeau (Alfred), ingénieur civil à Pont-point (sous-comité de l’arrondissement de Senlis).
- - COMITÉ DÉPARTEMENTAL
- DU RHONE
- Par arrêté en date du 9 avril 1887, le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a constitué, comme suit, le comité départemental du. Rhône.
- i° Sous-comité de l’arrondissement de Lyon MM. Munier, sénateur.
- Ballue, député.
- p.618 - vue 185/496
-
-
-
- Troisième Année. — N° iaS.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 8 Mai 1SS7. — 619.
- MM. Burdeau, député.
- Chavanne, député.
- Guillaumon, député.
- Jacquier, député.
- Lagrange, député.
- Rochet, député.
- Thévenet, député.
- Thiers, député.
- le président du conseil général.
- le président de la chambre de commerce.
- le président des prud’hommes de la soierie.
- le président des prud’hommes du bâtiment et du ter.
- André (Gaspard), architecte.
- Armand Gaillat, fabricant d’orfèvrerie.
- Aynard, président du conseil d’administration des musées et de l’école des beaux-arts.
- Bouffier, adjoint au maire.
- Chabrières-Ârlès, membre de la commission exécutive de la société des amis des arts.
- Dissart, conservateur du musée.
- Echernier, architecte.
- Gayet (Ernest), président de la société des amis des arts.
- Giraud, conservateur du musée.
- Guimet (Emile).
- Hédin, directeur de l’école des beaux-arts.
- Hirsch, architecte en chef de la ville.
- Rebatel, conseiller général.
- Terme, conservateur du musée.
- Miciol, président de la société des artistes lyonnais.
- Mathelin, vice-président de la société des artistes lyonnais.
- Molleron, facteur d’instruments de musique.
- Arloing, président de la société d’agriculture du Rhône.
- Boiron, agriculteur, conseiller général, maire de Saint-Laurent-de-Chamousset.
- Bonnand, négociant en vins, conseiller général.
- Grolas, docteur-médecin, professeur à la faculté de médecine, vice-président du comité départemental de vigilance contre le phylloxéra.
- Locard, ingénieur, conservateur de la société d’agriculture.
- Lorenti, secrétaire de la société d’agriculture, professeur à la Martinière.
- Plessonnier fils, constructeur de machines agricoles.
- Sublet, agriculteur, maire de Vénissieux.
- Vautier, ingénieur, président de la société de viticulture.
- Viviand-Mosel, secrétaire de l’association horticole lyonnaise, à Villeurbanne.
- Bonnet (Edouard), associé de la maison Debiaune et Cie, fabricants de chaudronnerie à Vaise, ingénieurdes arts et manufactures.
- Buffaud, ingénieur mécanicien.
- Chavanne, ingénieur à la Buire.
- Descourts, fabricants de fers et fontes.
- Febvre, constructeur mécanicien.
- Fauché, fondeur en cuivre, président du tribunal de commerce.
- Gallon, ingénieur des constructions navales.
- Mancey, constructeur-mécanicien, président du syndicat de la métallurgie.
- Piguet, mécanicien constructeur.
- de la Rochette (Fernand) fils, maître de forges, ingénieur des arts et manufactures, à Givors.
- Berthoud, directeur de la Société des cirages français.
- Cazeneuve, docteur-médecin, professeur à la faculté de médecine.
- Chevallier, fabricant de sels minéraux à Villeurbane.
- Fayolle, directeur de la compagnie Saint- j Gobain. j
- Ferrand, pharmacien-chimiste. j
- Jaquand, membre de la chambre de com- S merce. !
- Lyonnet, président du syndicat industriel j de la droguerie.
- Mulaton, fabricant de produits chimiques à Lyon, membre de la chambre de commerce.
- Raulin, professseur de chimie appliquée à la faculté des sciences, directeur de la station agronomique de Pierre-Bénite.
- Weiss, stéarinier à Vaise. .
- Gourd, fabricant de soieries, membre de la chambre de commerce.
- Lilienthal, marchand de soie, membre de la chambre de commerce.
- Paule, fabricant de soieries.
- Jandin, membre de la chambre de commerce.
- Chaveut, fabricant, membre de la chambre de commerce.
- Permezet (Léon) , président honoraire de l’union des chambres syndicales, membre de la chambre de commerce.
- Lamy, président de la chambre syndicale de la fabrique de soieries.
- MM. Cathelin, président de la chambre syndicale des marchands de soie.
- Henri (J.-A.), président du conseildesprud’-hommes de la soierie.
- Bonnetain, fabricant, président de la chambre syndicale de la fabrique lyonnaise.
- Guérin, membre de la chambre de commerce, président de la chambre syndicale de l’Union des marchands de soie.
- Corron, président du cercle des teinturiers.
- Vulliod, président de la chambre syndicale des teinturiers en tissus.
- le président de la chambre syndicale des tisseurs de la rue Donnée.
- le président du syndicat.de l’Union des tisseurs et similaires.
- le président de la chambre syndicale ouvrière des teinturiers.
- le président de la chambre syndicale ouvrière des apprêteurs.
- Gillet (Joseph), teinturier.
- Chatel, fabricant de soieries.
- Bérard, membre du conseil municipal de Lyon.
- Bardon, fabricant.
- Ducôté, fabricant.
- Tresca (Joseph), fabricant.
- Martelin, filateur de chapes.
- Chabrières (Aug.), commissionnaire.
- Renard, teinturier.
- Pravaz, fabricant.
- Chevillard, fabricant.
- Dufêtre (Georges), fabricant.
- Vignet, appreteur.
- Payen (E.) marchand de soieries.
- Seux, marchand de soieries.
- Causse, conseiller général, négociant en vins, président de l’union des chambres syndicales.
- Guichard, conseiller général, ancien imprimeur.
- Grinand, conseiller général, graveur.
- Duc (Marius), membre de la chambre de commerce.
- Bonnardel (Jean), président delà compagnie générale de navigation.
- Faurax, conseiller d’arrondissement, fabricant de carrosserie.
- Claret, entrepreneur de travaux publics.
- Duché, entrepreneur, président du conseil des prud’hommes.
- Séguin, négociant, tissus anglais.
- Andrié-Rohrer, fabricant de liqueurs.
- Vachon, président de la chambre syndicale de la meunerie.
- Sornay, président de la chambre syndicale de l’ameublement.
- Mallier, président de la chambre syndicale de la joaillerie et bijouterie.
- Félizat, conseiller prud’homme pour la chapellerie.
- Roesch, président de la chambre syndicale de la carrosserie.
- Ferrand, vice-président de la chambre syndicale des négociants en vins, spiritueux et liqueurs de Lyon.
- Coint-Bavarot, fabricant de peignes à tisser.
- Claret, bourrelier harnacheur.
- Thivollet (Henri), négociant en glaces.
- Legrand, mégissier, maire de la Mulatière.
- Raffin (Guillaume), fabricant de parapluies.
- Arnceud, impprimeur lithographe.
- Mougin-Rusand, imprimeur, directeur du Moniteur judiciaire.
- Gallet, imprimeur.
- Storck, imprimeur.
- Le directeur de l’imprimerie nouvelle.
- Le directeur du Courrier de Lyon.
- Le directeur de Y Express.
- Le directeur du Lyon Républicain.
- Le directeur du Nouvelliste.
- Le directeur du Progrès.
- Le directeur du Petit Lyonnais.
- Le directeur du Salut public.
- Bouvet, président de la commission administrative de la Martinière ;
- Gaillemer, doyen de la faculté de droit;
- Charles, recteur de l’académie ;
- Dubois, adjoint au maire de Lyon;
- Fortier, directeur de l’école centrale ;
- Lang, directeur de la Martinière ;
- Lortet, doyen de la faculté de médecine, directeur du muséum :
- Nolot, chef d’institution, vice-président du conseil général.
- Mangini (Félix), président de la société d’en-gnement professionnel du Rhône.
- Penot (Saint-Cyr), directeur de l’école de commerce.
- 20 Sous-Comité de Varrondissement de Ville-franche
- MM. Guyot, sénateur.
- Perras, sénateur.
- Marmonnier, député.
- Million, député, président du comité départemental de vigilance contre le phylloxéra.
- !
- i
- MM. Champalle, conseiller général, industriel à Thizy (cotonnades).
- Savigny-Couturier, président du tribunal de commerce de Villefranche.
- Poizat-Coquard, industriel à Bourg-de-Thizy (cotonnades, couvertures).
- Poizat (Claudius), industriel à Cours (couvertures).
- Milliat (Nicolas), industriel à Amplepuis (couvertures).
- Condemine (Honoré), industriel à Grandris (cotonnades).
- Chazay-Giraud, industriel à Villefranche (cotons filés).
- Descroix, manufacturier à Villefranche, président du tribunal de commerce.
- Bernand (Etienne), manufacturier à Ville-franche.
- Chatelard, fabricant à Tarare.
- Vermorel, fabricant de machines agricoles à Villefranche.
- Parent, constructeur mécanicien à Ville-franche.
- Martin fils, à Tarare.
- Berthillier, conseiller général, négociant en vins, maire de Belleville.
- Bender, président honoraire de la société de viticulture du Rhône, à Villefranche.
- Lassalle, conseiller général, agriculteur à Châtillon-d’Azergue.
- Mongoin, agriculteur à Blacé, conseiller général.
- Pulliat, viticulteur à Chiroubles.
- Passot (Pierre), viticulteur à Saint-Georges-de-Refneins.
- Ruffier, président du tribunal de commerce de Tarare.
- Relachon, tanneur à Villefranche.
- Sornay, conseiller général, directeur du champ d’expériences de Villié-Morgon.
- Virfollet (Eugène), carrossier à Villefranche.
- Gherpin (Victor) fils, fabricant de couvertures à Cours.
- Aumoine, négociant en vins à Villefranche.
- Gulliet, marchand de vins à Belleville.
- Juvanon, président de la société d’horticulture de Villefranche.
- BUREAUX DES
- COMITÉS DÉPARTEMENTAUX
- . DE L’AIN
- Président. — M. Mercier, sénateur.
- Secrétaires. — MM. G. Loiseau, avoué à Bourg ; V. Authier, président du tribunal de commerce.
- DE L’ARDÈCHE
- Président. — M. Fougeirol, député et maire aux Ollières.
- Vice-Présidents. — M. Hugou (Ernest), brasseur,.conseiller général à Vallon ; M. Juveneton (Marius), ancien- mécanicien, conseiller général à Tournon.
- Secrétaires. — M. Perrin, président de la société ardéchoise d’encouragement à l’agriculture, conseiller général à Saint-Lager-Bressac ; M. Bertrand (Emile), fabricant de gélatine à Annonay.
- DE BELFORT
- Président d’honneur. — M. Bresson, administrateur du territoire de Belfort.
- Président.— M. Boigeol (Louis), manufacturier à Giromagny.
- Vice-Président. —‘ M. Japy (Jules), manufacturier à Beaucourt.
- Secrétaire-Trésorier. — M. Drouin, trésorier-payeur général à Belfort.
- Secrétaire..— M. Kœcklin (Georges),manufacturier, rue Heim, à Belfort.
- D’INDRE-ET-LOIRE
- Président. — M. Guinot, sénateur, président du conseil général, maire d’Amboise.
- Vice-Présidents. — MM. Dardv, président de la commission départementale, au Grand-Pressigny ; Démonté, fabricant de soieries, à St-Svmpborien.
- Secrétaires.— MM. Briand, secrétaire général de la Société- des Amis des Arts, à Tours ; Mabille (Ernestj, fabricant d’instruments agricoles, à Am-boise.
- Trésorier. —M. Martineau, négociant en cuirs, membre du conseil central d’hygiène, à Tours.
- DU GARD
- Président. — M. le général Perrier, président du conseil général.
- Vice-présidents. — M. Albin Gausse, président de la chambre de commerce; M. Fernand Bruneton, président de la société d’agriculture du Gard;
- p.619 - vue 186/496
-
-
-
- 6.20. t— Troisième Année. — N° 123.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1S09.
- Dimanche 8 Mai iSS7.
- M. Graffin, directeur des mines de la Grande-Combe; M. Teissier, président du syndicat des ouvriers chapeliers, de Nîmes.
- Secrétaires. — M. Albin_ Lamouroux, president du syndicat des vins et spiritueux; M. Louis Gai-dan, membre de la commission des beaux-arts à Nîmes; M. Lombard-Dumas, géologue, à Som-mières ; M. Hébert, fabricant de machines agricoles, à Pont-St-Esprit.
- ARRÊTÉ
- Rattachant les classes 84 et 85 au 8e groupe sous les numéros 73 bis et 73 ter
- Par arrêté en date du 1e1' mai 1887, le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général, a décidé que la classe 85 (Agronomie. — Statistique agricole) et la classe 85 (Organisation, méthode et matériel de l’enseignement agricole) feraient partie du huitième groupe -du système de classification générale et prendraient les'numéros 7 3 bis et 73 ter.
- DÉCISION MINISTÉRIELLE
- Nommant de nouveaux membres du Comité d’admission
- Par décision en date du ier mai 1887, le ministre'du commerce et de l’industrie, commissaire général, .a nommé membres des comités d’admission :
- classe 6 '
- Allain-Targé, directeur du personnel et du secrétariat au ministère de l’intérieur.
- Barodet, député.
- Fumouze (le Dr), pharmacien de irfi classe, ancien juge au tribunal de commerce, président de la délégation cantonale de Saint-Denis.
- Hément (Félix), inspecteur de l’enseignement . primaire.
- Herbette, conseiller d’Etat, directeur de l’administration pénitentiaire au ministère de l’intérieur.
- Mathé, député.
- Petit (A.), président de l’association générale des.pharmaciens de France.
- - classe 8
- Himly, membre de ^institut, doyen de la faculté des lettres de Paris,-membre-des comités d’admission et du jury des récompenses à l’exposition de Paris 1878. . '
- ; Langlois de Neuville,, ancien directeur de la comptabilité générale au ministère de l’instruction publique et des beaux-arts.
- De Lapparent, ingénieur au corps des mines, professeur à l’école libre des hautes études scientifiques et littéraires, membre des comités, d’ad-'mission et d’installation à l’Exposition de Paris 1878.
- ' Manuel, inspecteur général de l’instruction publique. '
- Merveilleux du Vignaux, doyen de la faculté libre de droit de Paris.. .
- classe 9
- Flogny,: typographe.
- .Froidefond, typographe.
- classe 10
- Levainville (Georges), fabricant de vernis et couleurs.
- Vaissier (J..), fabricant de papier, vice-président de l’union des fabricants de papier de France.
- classe II'
- Baume (Edmond), architecte,' secrétaire général de l’union du bâtiment de la ville de Paris. .
- Gorroyer (Edouard),, membre de la société centrale des architectés.
- Grost, chef du bureau de l’enseignement et des musées au ministère de l’instruction publique et des beaux-arts.
- classe 12
- Levet, député. . '
- classe i3
- Lavoix (IL), administrateur de la bibliothèque Sainte-Geneviève."
- classe 14
- Kuhn, médecin-dentiste.
- De Pezzer, docteur-médecin.
- Redard (le docteur), médecin en chef des chemins de fer de l’Etat.
- Wickham, président de la chambre des apprentis de l’art médical.
- classe i5
- Possien, membre de la société des lunetiers.
- classe 17
- Sanguineti (A.), architecte décorateur, expert près le tribunal de première instance de la Seine, arbitre-expert près le'tribunal de commerce.
- CLASSE 23
- Marmuse, fabricant de coutellerie.
- Pérille, fabricant de coutellerie.
- classe 2 5
- Coutelier (Edmond), fabricant d’ornements en zinc estampé.
- Hottot (Louis), édition de sculpture d’art.
- classe 27
- . Du Mesnil (le Dr), auditeur au comité consultatif d’hygiène publique de France.
- CLASSE 3I
- Faucheur, président du. comité linier du nord de la France, à Lille.
- CLASSE 32
- Lepoutre, député.
- Pénicaud (Georges), ancien fabricant de tissus de laine et tissus fantaisie.
- classe 34
- Darquer (Adolphe), fabricant de dentelles, vice-président de la chambre de commerce de Calais.
- Hénon (Henri), fabricant de dentelles, vice-président de la chambre syndicale des fabricants de tulle de Calais.
- Herbelot, fabricant de dentelles, secrétaire de la chambre de commerce de Calais.
- classe 3y
- Falize (Joseph-Louis), orfèvre-joaillier.
- Ocho (Alphonse), négociant en diamants, trésorier de la chambre syndicale des négociants en diamants, pierres précieuses et lapidaires.
- classe 38
- Driant (Emile), capitaine au 4e zouaves, officier d’ordonnance du ministre de la guerre.
- Falletans (le marquis de).
- classe 40
- Chapel, fabricant de jouets en caoutchouc, secrétaire de la chambre syndicale du caoutchouc.
- Le Montréer, président de la chambre syndicale des négociants en bimbeloterie et articles de Paris en gros.
- Panifier, président de l’alliance de la fabrication française des jouets.
- Rossignol, fabricant de jouets.
- -classe 43
- Déséglise (Victor), ancien membre du tribunal de commerce, membre de la commission permanente des valeurs en douane, membre des comités d’admission, d’installation et du jury des récompenses à l’Exposition de Paris 1878.
- Falco (A.), négociant en pierres fines, vice-président de la chambre syndicale des négociants en diamant, juge suppléant au tribunal de commerce.
- classe 45
- Blum (Fernand), président de. la chambre syndicale des représentants de fabrique et de commerce.
- Ferrand, membre de la société de pharmacie, membre des comités d’admission et d’installation et du jury des récompenses à l’Exposition de Paris 1878. .
- Vernière, député.
- • Vigier, pharmacien, ancien président de la société de pharmacie, membre de la commission du Codex.
- classe 47
- Denant, marchand de cuirs.
- classe 3i
- Crinon, pharmacien, membre de la société de pharmacie, secrétaire général de l’association générale des pharmaciens de France.
- Desnoix, président de la société de pharmacie, vice-président de l’association générale des pharmaciens de France.
- Hart, ingénieur des ponts et chaussées, administrateur de la compagnie parisienne du gaz.
- Thibault (Paul), pharmacien, secrétaire de la société de pharmacie de Paris.
- CLASSE 52
- Couronne, inspecteur des machines des eaux de Paris.
- CLASSE 57
- Douillard (Marie-Lucien), membre de la société centrale des architectes.
- Hénard (J.), membre de la société centrale des architectes.
- CLASSE 58
- Wolff, ancien fabricant de papiers.
- classe 61
- Banderali (D.), ingénieur, chef du service central du matériel et de la traction au chemin de fer du Nord.
- Leplus (le colonel), chef du 4e bureau de l’état- major général au ministère de la guerre.
- Mayer, ingénieur en chef de la compagnie des chemins de fer de l’Ouest, membre du comité de l’exploitation technique des chemins de fer au ministère des travaux publics, membre des comités d’admission à l’Exposition de Paris 1878.
- Tissier, président de l’association ' des chemins de fer français.
- classe 63
- Favaron, directeur de l’association des charpentiers de la Villette.
- Hermant, vice-président de la Société centrale des architectes.
- Raulin, membre de la. société centrale des architectes.
- classe 65
- Cacheux, membre du conseil d’administration delà société française d’hygiène. .
- Farcy, député. *
- classe 66
- Munier (Christophe-Amédée), capitaine breveté au 82e rég. d’infanterie, attaché à la section technique de télégraphie au ministère de la guerre.
- classe 67
- Monin (E.), docteur-médecin.
- classe 68
- Leneuf, ancien président de la chambre syndicale de la boulangerie.
- classe y3
- Achard, député.
- Boniface, agriculteur-distillateur.
- Cusenier (Elysée), distillateur.
- Dubois (H.-A.), député.
- Esclavy, fabricant et distillateur de cidres.
- Marquet de Vasselot, président du syndicat des distillateurs de betteraves, grains et mélasses.
- Montard (J.-V.), courtier assermenté.
- Roux (Jean-Paul), directeur de la Revue universelle de la brasserie et de la malterie.
- classe y3 bis
- Flechey, chef du bureau de la statistique agricole au ministère de l’agriculture.
- Hardon (Alphonse), ingénieur de l’école centrale des arts et manufactures, agriculteur, et viticulteur.
- Lafont, député.
- Mussat, professeur de botanique à l’école d’agriculture de Grignon, préparateur de botanique à la faculté de médecine.
- Ronna, ingénieur agronome, membre du conseil supérieur de l’agriculture.
- classe 73 ter
- Gauvain, maître des requêtes au conseil d’Etat, professeur de droit administratif à l’institut national agronomique.
- Mamelle , chef du bureau de l’enseignement agricole au ministère de l’agriculture.
- CLASSE 'Jdj.
- Decroix (Alyr), architecte, président dé l’union du bâtiment de la ville de Paris.
- Etienne, membre.de la société centrale des architecte. ........ .
- CLASSE 77
- Perrier (Edmond), professeur administrateur du Muséum d’histoire naturelle, président de, la société des conférences aux dlégués ouvriers de l’Exposition de Paris 1878.
- classe 79
- Charquerad, professeur d’arboriculture de la ville de Paris.
- Dibowsky, répétiteur à l’école nationale de Grignon.
- Sallier, doyen des jardiniers de la Société d’horticulture.
- Thibault, horticulteur à Sceaux, ancien vice-président de la société des horticulteurs de Paris.
- Verdier, vice-président de la société nationale d’horticulture.
- De Vilmorin (Maurice), membre de la société nationale d’horticulture. '
- classe 83
- Duchartre, membre de l’institut, membre de la société nationale d’agriculture et d’horticulture.
- ---------, —-- ---------------------
- Une erreur de mise en pages a retardé la publication du document suivant:
- MEMBRES DU JURY DES BEAUX-ARTS
- Pour l’Exposition de 1889 DESIGNES LLNE LES ARTISTES
- Jeudi 14 avril a eu lieu au palais de l’industrie le scrutin pour l’élection des membres du jury des beaux-arts pour l’Exposition universelle de 1889. qui devaient être désignés par le suffrage des artistes.
- Le dépouillement du scrutin a eu lieu vendredi et a donné les résultats suivants :
- Section de peinture
- 14 jurés à élire. — Nombre de votants : 3y6.
- Ont été nommés : MM. Vollon, 22Q voix ; Tony Robert-Fleury, 212 voix ; Détaillé, 2*10 voix ; Ca-rolus-Duran, 202 voix ; Busson, 191 voix ; Roll,
- 1 56 voix ; Barrias, i3y voix ; Humbert, 134 voix; Duez, 129 voix; Gervex, 128 voix ; Pelouse, 124 voix ; Dernier, 122 voix; Vayson, 111 voix : Da-gnan-Bouveret, 110 voix.
- Voir la suite page 625.
- p.620 - vue 187/496
-
-
-
- Troisième Année. — N° 123.
- LE MONITEUR PE L’EXPOSITION DE 1SS9.
- Dimanche 8 Mai 1887. — 621.
- SALON DE 1887
- Jules Lefèvre
- 1457. Portraits de MUe Mary et de M. Robert G***
- pl.621 - vue 188/496
-
-
-
- SALON DE 1887 (Suite)
- 622
- . — Troisième Année — N° 128.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1SS9.
- Dimanche 8 Mai 1887.
- Roll, — 2064. Marche en avant,
- SALON DE 1887 (Suite)
- Troisième Année
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 18S9
- Dimanche 8 Maii 887
- . — N°
- 123
- 628.
- Jean Béraud. — 183. Au Palais
- p.dbl.n.n. - vue 189/496
-
-
-
- SALON DE 188 7
- o>
- to
- 4>-
- I
- l
- i
- i
- i
- Troisième Annee. — N° 123. LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1SS9 Dimanche S Mai 188
- pl.624 - vue 190/496
-
-
-
- Troisième Année. — N° ia3.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 8 Mai 1887. — 625.
- Viennent ensuite : MM. de Vuillefroy, 108 voix ; Luminais, 107 voix ; Protais, io5 voix ; Yon, io5 voix; Guillemet, io3 voix;Cazin, 100 voix; Aimé Morot, 86 voix ; Emile Lévy, 85 voix; Luc-Oli-vier-Merson, 81 voix ; Hector Le Roux, 80 voix.
- Section de sculpture
- 9 jurés a élire. — Nombre des votants : 168.
- 'Ont été nommés : MM. Mathurin Moreau, io3 voix ; Etienne Leroux, 89 voix ; Leviilain, graveur en médaille, 74 voix ; Bartholdi, 69 voix ; Gauthe-rin, 64 voix ; Vaudet, graveur sur pierres fines, 60 voix ; Paris (Auguste). 5i voix ; Alb. Lefeuvre, 49 voix ; Cambos, 49 voix.
- Viennent ensuite : MM. Aube, 4.5 voix; Galbrun-ner, 4.5 voix ; Tony Noël, 33 voix ; Cain, 3o voix; Alphée Dubois, 3o voix.
- Section d’architecture'
- 8 jurés à élire. — Nombre de votants: 77.
- Ont été nommés : MM. Pascal, 54 voix ; Coquart, 53 voix _; Anceiet, 5a voix ; Raulin, 5o voix; Mayeux, 38 voix ; Guadet, 3a voix ; Normand, 3o voix ; Thierry, 2 5 voix.
- Viennent ensuite : MM. Laloux, 24 voix ; Corroyer, 22 voix ; Hénard,i8 voix; Loviot, i5 voix; Sedille, 12 voix.
- Section de gravure et de lithographie
- 3 jurés à élire — Nombre de votants : 76.
- Ont été nommés : MM. Chauvel, lithographe, 54 voix ; Pannemayer, graveur sur bois, 3q voix ; Léopold Flameng, graveur au burin, 34 voix.
- Viennent ensuite : MM. Waltner, 33 voix; Robert, 23 voix, et Gilbert, 8 voix.
- REVUE DE LA PRESSE
- U Evénement publie l’intéressant article qui suit:
- Exposition circulaire à travers la France
- Voici une innovation intéressante pour le commerce français qui n’en a guère l’habitude, en dépit des annonces de toutes sortes et de ses réclames tapageuses.
- Les avantages des expositions, en général, ne sont plus à démontrer. Mais à-côté de ces avantages, il y a les inconvénients et les défauts. Une exposition, locale ou régionale, ne peut produire que des résultats restreints. N’ayant lieu qu’à une certaine date et dans de certains centres, le rayon qui en profite est naturellement borné.
- L’Exposition circulaire embrassant la France entière en deux années environ, tous les habitants, à peu d’exceptions près, auront pu la visiter en détail. L’entrée, en étant constamment ouverte et gratuite, les visiteurs y pourront stationner à leur gré.
- L’Exposition circulaire sera, au début, composée de cent voitures-galeries d’un modèle spécial. Ces voitures auront les dimensions suivantes: longueur, G mètres, largeur, 2 mètres. On aura ainsi une ligne de 1,200 mètres, laquelle s’étendra au fur et à mesure des nouvelles, adhésions.
- L’Exposition sera ouverte le matin à 9 heures et fermée le soir à 9 heures. L’éclairage sera donné par cent foyers électriques. Cinquante employés, en tenue, seront à la disposition du public pour fournir tous les renseignements utiles et assurer la surveillance des objets exposés.
- L’aspect décoratif, la puissante attraction de la nouveauté, l’originalité de .cette exposition d’un genre absolument nouveau suffiront pour y attirer tout le monde. C’est par millions qu’il faudra évaluer le nombre des visiteurs.
- Comme elle ira partout, grâce à son installation, les chances de vulgarisation des produits exposés sont considérablement augmentées pour les exposants. Un fabricant pourra envoyer ses circulaires et, annonçant le passage de l’Exposition à date fixe, inviter les intéressés à y aller voir les spécimens de sa fabrication, ses albums, etc.
- Il parait même que l’Exposition circulaire sera à Paris pendant l’Exposition universelle de 1889 et qu’elle y fera un séjour de trois mois, pour faire profiter ses adhérents de l’affluence considérable de visiteurs qui v seront attirés.
- Dans ces moments de crise, ou plutôt dans cette période d’évolution industrielle et commerciale, on ne peut qu’applaudir à toutes les tentatives courageuses, à tous les essais des novateurs hardis qui tendent à relever le niveau des transactions et à redonner aux marchés français leur vogue et leur prédominance.
- Le temps n’est plus,où la demande cherche le producteur; à l’heure qu’il est — c est une vérité devenue banale — le consommateur, assailli par les offres concurrentes, perd un peu de la curiosité d’autrefois pour les nouveaux produits et se dérange difficilement. L’idée de l’Exposition circulaire répond à cette inertie du consommateur et la combat ; sa nécessité était vaguement ressentie, mais son exécution n’était pas encore venue à l’esprit des chercheurs amis des progrès utiles.
- L’inauguration de l'Exposition circulaire est jusqu’à présent fixée à juillet 1887.
- *
- Sous le titre suivant :
- L’Exposition de 1889 et les États Étrangers
- on lit dans le Mémorial diplomatique :
- Pendant que les travaux de l’Exposition universelle de 1889 sont poussés avec une activité dont le public commence déjà à apercevoir les effets, nous remarquons, avec une certaine surprise, que la presse étrangère répand, au sujet de la participation des divers pays à ce grand concours international, des nouvelles absolument inexactes, que nous tenons à rectifier d’après des renseignements recueillis à bonne source.
- D’abord nous devons prémunir le public contre un bruit qui est devenu légende et sur lequel telle ou telle puissance avait d’ores et déjà refusé son concours à l’Exposition. Aucune invitation n’ayant encore été adressée officiellement à ces gouvernements, ces derniers n’ont pu faire connaître leurs décisions à cet égard : on a pu pressentir leurs dispositions éventuelles, voilà tout. Une autre assertion, qui court la presse étrangère et dont quelques journaux français se sont également fait l’écho, consiste à dire que la date de 1889 constituerait pour les gouvernements monarchiques un obstacle à leur participation. C’est là une erreur. Nulle part, autant qu’il est permis de le constater d’après des conversations extra-officielles, on n’a paru choqué d’une date qui se rattache à la fondation de la monarchie constitutionnelle, c’est-à-dire d’un régime qui est aujourd’hui celui de la presque totalité de l’Europe, y compris des Etats aussi foncièrement monarchiques que l’Autriche et la Prusse.
- Après avoir établi qu’aucun gouvernement jusqu’ici n’a refusé son concours, il ne nous reste plus qu’à parcourir la série des Etats pour indiquer les prévisions telles qu’elles résultent de conversations, nous le- répétons, sans caractère officiel. On considère comme probable la participation de la Russie et de l’Autriché-Hongrie ; de l’Allemagne, au moins pour les beaux-arts; de l’Angleterre, de l’Italie, de l’Espagne, du Portugal, de la Hollande, de la Belgique, delà Suisse, delà Suècfe et du Danemark. L’Orient européen sera représenté au grand complet : la Turquie, la Grèce,-la Roumanie et la Serbie paraîtront à l’Exposition. On-y verra la Perse, le Japon et la Chine, qui ont promis des merveilles. Les Indes Orientales et toutes les colonies anglaises seront largement représentées. Enfin,tous les Etats américains du nord, du centre et du sud ont fait connaître leur intention de se rendre à l’appel pacifique de la France, qui n’épargnera rien pour que ce grand concours des nations surpasse ceux qui l’ont précédé en splendeur comme en éléments instructifs.
- ----------^ a* —- ---—----
- ÉCHOS
- Paris
- Dimanche prochain 15 mai, ouverture de l’exposition libre des beaux-arts, dans les baraquements des Tuileries.
- *
- *. *
- L’exposition des œuvres de J.-F. Millet à l’Ecole des beaux-arts n’a point été ouverte le 1er mai. La date d’inauguration n’est point encore fixée, croyons-nous, à l’heure où nous écrivons.
- Le Président de là République, accompagné de M. Wilson, de sa maison militaire, a visité vendredi, veille du vernissage, le Salon, dont les honneurs lui ont été faits par le comité de la Société des artistes et le jury.
- On a compté le jour, du vernissage 2,100 entrées payantes, ce qui représente une recette de 21,000 fr. destinée à la caisse de secours de la Société des artistes.
- * *
- L’exposition des chiens, qui doit avoir lieu sur le Cours-la-Reine, du 25 au 31 mai, s’annonce comme devant être très brillante au point de vue de la qualité et de la valeur des animaux exposés. Parmi les chiens déjà inscrits, figurent de nombreux lauréats des expositions de Londres et de Bruxelles acquis à grands frais par des amateurs français dans le but de mettre l’élevage national des races canines à la hamteur de l’élevage anglais. Les engagements de chiens sont reçus au siège de la Société, 46, rue des Matliurins, jusqu’au 10 mai prochain.
- * *
- La Société internationale des études brésiliennes ouvre à son siège social, 14, rue Grange-Batelière, une série d’expositions, dont la première est spécialement consacrée aux produits naturels et manufacturés de la province de Pernambuco.
- Les nombreux amis de M. Joanne, distillateur, chez qui avait eu lieu le terrible accident du quai de la Tournelle, apprendront avec plaisir que M. le Président de la République lui a accordé sa grâce par décret du 13 avril dernier.
- * *
- D épartements
- Le maire de Reims vient de prendre l’initiative d’une souscription destinée à la construction d’un musée qui renfermerait à la fois les collections de peinture, sculpture, archéologie, lapidaire ei histoire naturelle que possède la ville.
- Chaque coupon de souscription, portant un numéro d’ordre, sera de 1,000 francs ; la somme à réunir, qui devra atteindre 3 à 400,000 fr., sera prêtée à la Ville sans intérêt et remboursée par tirage au sort annuel en quinze ou vingt années par le.budget municipal.
- La souscription ne deviendra définitive qu’après le vote du conseil municipal et l’approbation, par les Chambres, de cet emprunt.
- *
- * #
- ETRANGER
- Allemagne
- C’est hier samedi matin 7 mai qu’a eu lieu l’inauguration officielle, à Dresde, de l’exposition internationale d’horticulture.
- La cérémonie était présidée par S. M. le roi de Saxe accompagné des commissions et de toutes les notabilités.
- * *
- Une exposition d’histoire locale, organisée par la Société d’histoire, dans une des salles de ï’FIôtel de Ville, a été ouverte à Brême, le 18 avril. L’exposition constitue une riche collection de monuments historiques, empruntés aux archives municipales et aux collections particulières, et embrasse environ 7 siècles de l’histoire locale.
- if ¥
- L’Association artistique de Barmen. a ouvert, le 10 avril dernier, sa vingt-deuxième -exposition de peinture qui comprend environ 450 numéros.
- "** ....
- *
- A signaler-encore, une intéressanteœxposition d’aquarelles récemment organisée au Polytcch-nikurn de Brunswick.
- •*
- ¥ if
- Angleterre
- C’est demain qu’aura lieu à Londres, à Earl’s Court, l’inauguration de l’exposition américaine.
- On 'sait que la date de cette cérémonie avait d’abord été fixée au 2 mai.
- *
- if if
- Le marquis de Lorne, et sa femme la princesse Louise, fille de la Reine, ont bien voulu accepter l’invitation qui leur était faite de présider à l’inauguration de l’exposition de Liverpool. Cette cérémonie est fixée au lundi 16 mai.
- La Royal Academy a ouvert à Burlington House sa cent-dix-neuvième exposition qui est, paraît-il, excellente dans l’ensemble. Elle comprend 1,946 numéros, dont 1,052 pour la peinture à l’huile, 271 pour l’aquarelle, 90 pour la miniature, 169 pour la gravure, 198 pour le dess-in d’architecture et 166 pour la sculpture.
- A signaler encore l’exposition de MM. Hollender et Cremetti, à Ilanover Gallery, plus spécialement consacrée à l’Ecole française.
- -k
- if if
- Belgique
- Le gouvernement doit mettre prochainement en adjudication la construction des Halls de l’exposition internationale de Bruxelles pour 1888.
- if if
- Voici quelques détails sur les résultats financiers de l’exposition d’Anvers:
- Le capital souscrit était de 1,500,000 francs.
- Les taxes payées- par les exposants se sont élevées à 2,164,831 francs ; les entrées d’autre part ont produit 1,726,527 francs.
- D’un autre côté les constructions ont occasionné une dépense totale de 2,555,505 et les frais ont atteint 1,438,433 francs.
- L’excédent des recettes sur les dépenses est donc de 1,283,387 francs, ce qui permet do rembourser 90 % du capital versé.
- Ce dit capital pourra même être .restitué en entier, si la Société voit régler à son profit quelques procès actuellement en cours.
- Ce résultat, comme le fait remarquer notre excellent confrère de Rome, Je Boletino clelle Finance, Ferrovie e Industrie n’a jamais été atteint encore par aucune exposition, et il est
- * *
- if ¥
- p.625 - vue 191/496
-
-
-
- 626. — Troisième Année. — N° 120.
- LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 8 Mai 1887.
- d’autant plus remarquable que l’exposition d’Anvers 11’avait reçu aucun subside gouvernemental. Les 500,000 francs accordés parle gouvernement belge ayant été en effet uniquement consacrés à abaisser le prix de location des emplacements occupés par les exposants belges.
- *
- ¥ ¥
- Italie
- C’est lundi dernier 2 mai, et non le 25 avril comme il avait été dit précédemment, qu’a été inaugurée officiellement à Venise, en présence du Roi et de la Reine, l’exposition nationale des beaux-arts.
- * ¥
- Le gouvernement italien a inscrit au budget du ministère de l’agriculture, du commerce et de l’industrie, un crédit de 60,000 livres qui sera accordé comme subvention à l’exposition internationale de meunerie et de boulangerie de Milan.
- Le jour précis de l’inauguration de cette intéressante exposition n’est point encore définitivement fixé. L’ouverture n’aura cependant pas lieu plus tard que le 12 mai.
- ¥ ¥
- Suède
- Une exposition de salaisons de harengs a eu ieu du 20 au 23 avril à Gothenburg.
- *
- ¥ ¥
- Russie
- Une exposition générale de produits agricoles, de machines, instruments- et outils d’agriculture s’ouvrira à Kbarkow (Russie) du 20 septembre-1er octobre au 10-20 octobre 1887.
- L’exposition se divisera en neuf groupes.
- I. Chevaux, ânes, mulets, bêtes à cornes, brebis, porcs, volailles et abeilles.
- II Elevage du bétail.
- III. Produits de l’agriculture.
- IV. Produits de l’horticulture, de la culture maraîchère et de la sylviculture. — Industries agricoles. —Machines et instruments agricoles. — Industrie villageoise. — Engrais artificiels. Combustible minéral. Sel. — Sciences appliquées à l’agriculture.
- Les groupes I et VI (animaux domestiques, machines et instruments agricoles) sont ouverts aux produits étrangers.
- Toutes les communications et demandes de renseignements peuvent être adressées au comité de la Société d’Economie rurale de Kharkow avant e ler-13 mai.
- SALON DE 1887
- Ni meilleur ni pire que les autres, le Salon de 1887, environ 6,000 ouvrages exposés, ce qui dénote, sans compter les oeuvres refusées, une facilité de production que l’on me permettra de qualifier d’effrayante.
- Où vont toutes ces peintures, tous ces marbres, toutes ces gravures ? C’est ça qui donne une crâne idée des consommateurs.
- Pas de page à sensation cette année. Beaucoup de beau et de bon et, cela va sans dire, énormément d’inutilités. 11 est vrai que le bien excuse beaucoup de mal, surtout en matière d’art.
- Et maintenant. A la tâche !
- VESTIBULE
- 1621. Marée basse. 1622. Plage. Deux excellentes marines de M. J. Masure. Dans la seconde, un joli reflet de soleil dans les eaux bleues.
- 379. Les voilà qui passent. Touchant souvenir de 1871, par M. Jean Brunet. Un régiment prussien défile par la rue étroite d’une petite ville. Des enfants qui sortent de l’école les regardent avec des sentiments divers , l’expression de leurs physionomies est très habilement rendue.
- A ce propos je féliciterai un certain nombre de peintres militaires d’avoir enfin secoué la torpeur qui empêchait ce genre de toucher aux choses de l’année terrible. Sans se départir d’un certain tact, il est évident que de grands, enseignements doivent sortir de la dernière invasion et que les peintres ont le droit de contribuer pour leur part à l’édification et à l’éducation de la génération qui nous pousse. Les sujets patriotiques ne sauraient donc être retenus indéfiniment dans les ateliers sous le fallacieux prétexte.que les Allemands ont été nos vainqueurs. Ceci dit, je passe.
- 102. Trois amis. MUe Antonia Banuclos^est certainement une des meilleures élèves de Chaplin. Son bébé demi-nu et ses deux chiens sont très vivants et d’une touche habile.
- 1965. Carton de la peinture destinée au grand. amphithéâtre de la Sorbonne. Vous avez deviné déjà qu’il s’agit de M. Puvis de Chavanne. Je reprends mon antienne ; cet art du paravent me laisse froid ; 'ces divinités symboliques en façon d’épinaleries ne me disent rien. Les discuter, je m’en garderais bien. M. Puvis a ses partisans, que dis-je, des fanatiques de ce talent plus bruyant que
- brillant, plus massif que ciselé. C’est le Wagner de la peinture. J’ai bien l’honneur de le saluer.
- A citer : 1818, les Rameaux, de J. Geoffroy.
- SALON CARRÉ
- D42. Les Funérailles de Victor Hugo. M. Clairin nous montre avec une grande vigueur la veillée dernière. Le catafalque de Victor Hugo est éclairé par la garde républicaine à cheval portant des torches. La muse ailée plane sur le cercueil, tenant des palmes dans la main. Il y a là un très beau contraste entre la lueur blanche qui entoure la muse et la lumière rougeâtre des torches.
- 2281. Désespéré. Un peintre très à son aise, si j’en juge à l'élégance de son pantalon, de sa chemise et de sa chaussure, se roule à terre avec une balle dans la tête, devant sa toile crevée. Evidemment, puisqu’il n’a pas l’excuse de la misère, il a eu tort de désespérer, mais M. Tessier a eu raison de nous offrir des chairs très réussies et une tête des plus énergiques bien crispée par l’agonie finale.
- i5o8. Saint Louis enjant distribuant des aumônes, par M. Lesur. La finesse de visage du jeune roi est rendue dans la perfection.
- 253. Junon. Un joli panneau de M. Blanchard. Un peu moderne peut-être sa Junon, mais les chairs en sont si palpitantes et si belles, par exemple le paon a l’air empaillé.
- 820. Le Soir. Eh bien ! oui, c’est de Duez, mais c’est égal, je ne suis pas séduit cette fois. Dans un pâturage si vert qu’on jurerait qu’il est peint ou épousseté, des vaches demeurent ahuries en voyant une mer si bleue.
- 594. Les Vainqueurs de Salamine. Très belle cette 1 composition de M. Gormon, d’une large allure et d’un mouvement indiscutable. Cette foule de vieillards, d’adolescents et d’éphèbes marche avec une vie intense.
- 1649. En Sologne. Un bord de rivière délicieux esquissé de main de maître. Il est vrai que ce maître est M. Damoye.
- A citer 406, Portrait par M. Cabane ; 8<*o, Portrait très réussi de notre confrère Adolphe Jullien, par M. Fantin-Latour ; et i33o, Un Coin de mon jardin, exquise toile d’un Alsacien, M. Alexis Kreyder, représentant des bleuets, des lys et des coquelicots. Les trois.couleurs. Bravo !
- NOS DESSINS
- Avant de passer à l’étude salle par salle du reste du Salon, je tiens à présenter les ouvrages reproduits dans le numéro actuel du Moniteur de l’Exposition de 188g.
- 363. Une leçon clinique à la Salpêtrière est certainement l’une des plus belles œuvres du Salon. Non seulement M. Brouillet y a montré comme portraitiste un talent hors de pair, mais le dessinateur a su y présenter dans des attitudes excessivement étudiées tous ces personnages assemblés à la leçon de l’éminent praticien. Voyez l’attention que prêtent le docteur Paul Richer prenant des notes, le calme réfléchi de l’habile docteur. Vigoureux, l’électricien bien connu dont la spirituelle tête blanche se dessine finement sous la calotte de velours ; M. Naquet qui observe; M. Jules Claretie, l’aimable administrateur de la Comédie-Française, préparant son roman l’interne, e te., et l’affaissement bien naturel de l’hystérique tombant aux mains du docteur Babinski, chef de clinique. Evidemment, cette toile fait honneur à son auteur.
- 2064. Marche en avant. M. Roll a voulu ou prétendu nous donner une image de la guerre, je ne vois pas qu’il y ait bien réussi. Le jeune artiste a fait montre de son énergie habituelle, mais le voulu de la teinte grise finit par lasser ; la poussière du chemin, la fumée de la poudre ne sauraient donner à l’ensemole de ses personnages et. du paysage cette couleur terne qui les assombrit et les annihile. Au premier plan, un télégraphiste est bien mal placé ; il va être certainement renversé et écrasé avec son appareil par le détachement qui arrive de droite.
- Mais si je proteste contre la façon de voir tout en gris pour laquelle le jeune peintre montre une tendance, je me hâte de constater la franchise du dessin et le mouvement vigoureux qu’il imprime aux sujets qu’il traite.
- Ça n’est pas un recul que je lui reproche, c’est un stationnement. Quand on a son nerf et sa verve, on ne doit pas piétiner sur place.
- 1457. Portrait de Mlle Mary et de M. Robert G..., par M. Jules Lefebvre. J’aurais mauvaise grâce à présenter l’artiste à mes lecteurs et je ne pourrais que me répéter en disant que le portrait n’a pas de plus habile exécutant. J’applaudis donc sans commentaires.
- 183. Au Palais. Encore un pour lequel il me faut reprendre la même formule. Il est su et vu que Jean Béraud est le Parisien parisiennant de nos Peintres. Sa physionomie de la salle des Pas-perdus au Palais de Justice est prise sur le vif et ne le cède en rien à ses Femmes au Dépôt d'e l’an dernier. Quelle animation, quelle vérité dans les types. Vovez le minois éveillé de la petite dame qui plaide certainement en divorce ; les explications accompagnées de gestes du client qui confère à droite avec son avocat et les attitudes de
- tout ce monde affairé, enfiévré. C’est là mieux qu’une jolie toile, c’est une œuvre excellente.
- J’étudierai, à sa salle, le Cantique, du même auteur.
- Alfred Delilia.
- (A suivre.)
- -------—BSüiü»-® «SI «ÜB—--------
- L’EXPOSITION D’HANOI
- {De notre correspondant particulier)
- Enfin, l’Exposition d’Hanoï n’est plus une chimère, et un véritable tour de force vient d’être réalisé. Dans un pays éloigné de la mère-patrie de 8,07- milles marins, où il n’y a d’autres moyens de transport que le fleuve aux innombrables sinuosités, d’une navigation très difficile et permise seulement à des chaloupes de peu de tonnage, ayant un faible tirant d’eau, on a pu apporter près de 1,100 tonnes de marchandises, appareils, machines, etc., débarquer à force de bras, sans grue, ni aucun des appareils usités dans les ports européens, et sur une berge élevée et presque à pic ; des caisses cubant près de trois mètres cubes et pesant environ 4 tonnes; et les amener jusque sur le terrain de l’Exposition.
- Une autre difficulté était de trouver un emplacement convenable. On choisit le « Camp des lettrés », ainsi nommé parce que c’est dans l’une des pagodes élevées dans cette enceinte que les futurs mandarins venaient passer leurs examens. Véritable Sorbonne annamite, ce terrain, d’une superficie de 40,600 m. carrés, et entièrement clos de murs, a servi autrefois de casernement à nos troupes qui sont maintenant logées dans la citadelle bâtie par les Annamites vers 1776, d’après les plans, et sous la surveillance d’un colonel français du nom d’Olivier.
- Le « Camp des lettrés » renfermait huit pagodes recouvertes en tuiles et occupant 1,450 m. carrés. On croyait pouvoir abriter dans ces huit pagodes les produits attendus pour l’Exposition, mais l’élan avec lequel les fabricants français répondirent à l’appel du chef du Protectorat obligea de construire à la hâte treize paillottes fermées, et dix hangars recouvrant une superficie abritée de 5,45o m. carrés.
- Ces constructions supplémentaires, reconnues nécessaires au dernier moment et les délais dans l’expédition des marchandises de Toulon, résultant de la quantité d’envois faits par le commerce français, à l’enthousiasme et à la prodigalité duquel on était loin de s’attendre ici, retardèrent considérablement l’ouverture de l’Exposition et c’est grâce au concours intelligent et dévoué de tous ceux qui ont contribué à son organisation qu’on a pü en faire l’inauguration aujourd’hui, car on s’occupait encore du débarquement des colis le ier mars, i5 jours avant l’ouverture et, au moment où nous écrivons, il arrive encore des lots de caisses en retard.
- Monsieur le résident général et sa suite, accompagné de Monsieur le général Munier et son état-major, de son Excellence Trong-Hiep (Kinh-Luœ ou vice-roi) du Tonkin p. i., ainsi que de leurs excellences Phra Jolathan Vinichai et Kun Prêcha Kadi-Kich, ambasadeurs envoyés par le roi de Siarn à l’occasion de l’Exposition, s’est rendu ce matin à neuf heures, au « camp des lettrés ».
- M. Vial prend la parole en ces termes :
- « Monsieur le résident général,
- « Nous avons l’honneur de vous souhaiter la bienvenue. Je ne me permettrai pas de recommander à votre bienveillance éclairée M. le commissaire de l’exposition et MM. les exposants. Ils se recommanderont eux-mêmes par la vue de leurs œuvres.
- « Ce que je dois dire, c’est qu’ils ont été inspirés surtout par le désir d’être utiles à leur pays.
- « Les uns et les autres, monsieur le résident général, nous saisissons avec empressement cette occasion d’exprimer notre respectueuse confiance au magistrat éminent qui représente parmi nous le gouvernement de la République. »
- M. le résident général a répondu :
- « Mesdames, messieurs,
- « Le souvenir de M. Paul Bert domine, vous le sentez tous, cette cérémonie. Je tiens à l’évoquer et à le célébrer au moment où je déclare ouverte l’exposition d’Hanoï.
- « Mon glorieux prédécesseur avait conçu la pensée dont la réalisation va se dérouler devant nous. Il voulait grouper tous les produits du Tonkin et ceux de notre France, à la fois pour faire entrevoir à nos compatriotes les richesses que leur activité contribuera à mettre en valeur et pour faire apparaître aux yeux des Annamites les avantages que leur réserve le génie de notre nation. Il comptait que de ce rapprochement naîtraient des industries nouvelles, des relations commerciales plus vivaces, un sentiment plus précis de l’étroite communauté qui lie désormais l’Annam et le Tonkin à la France, une certitude plus raisonnée du succès de nos efforts pacifiques, enfin une confiance plus profonde dans l’œuvre que la République française ne désertera pas.
- « Que n’est-il à cette place, le martyr de la foi
- p.626 - vue 192/496
-
-
-
- Troisième Année. — N° 12.3.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1SS9.
- Dimanche 8 Mai 1SS7. — 627.
- patriotique, pour vous redire, dans la langue forte et entraînante dont il n’a pas légué le secret, les inspirations qui dirigeaient son esprit et les espoirs qui échauffaient son cœur? Dans ce rôle, je ne tenterai pas de le remplacer, et je laisse à leurs souvenirs tous ceux d’entre vous qui ont eu la bonne fortune de l’entendre.
- « Je remercie les exposants français et annamites qui ont répondu à notre appel, les hommes dévoués qui ont collaboré à l’organisation de cette solennité, les hôtes distingués qui nous font l’honneur d’accepter notre invitation, et je vais parcourir avec vous, mesdames et messieurs, cette exposition qui attestera à tous les regards la puissance intellectuelle de la France, les ressources grandissantes du Tonkin, surtout les résultats heureux que nous devons attendre de l’union définitive de l’empire d’Annam avec la République française. »
- Le cortège a ensuite rapidement visité toute l’Exposit’on et s’est rendu chez Son Excellence le King-Luoc (dont le nouveau palais est situé dans le « Camp des lettrés » où un lunch avait été préparé Détail bien caractéristique : des jongleurs et des équilibrâtes chinois sont venus divertir un . instant les illustres hôtes du vice-roi p. i.
- Les Annamites ont été ensuite admis librement dans l’Exposition et s’y sont précipités en foule. On en a compté plus de sept mille la première journée, et le nombre augmentant constamment d’une façon inquiétante pour la sécurité des objets exposés, il a été décidé qu’on percevrait à l’avenir un droit d’entrée de dix centimes (deux cents) par personne ; mesure très sage et qui tendra beaucoup à diminuer le vol, art dans lequel l’Annamite est passé maître, d’autant plus que dans leurs mœurs, voler n’est pas un crime, au contraire. Des bazars et étalages en plein vent dans le genre de celui de l’Hôtel de Ville risqueraient fort d’être entièrement dévalisés en vingt-quatre heures ici et sous l’œil même des surveillants qui, n’y verraient goutte.
- La visite rapide du cortège à la suite duquel j’étais ne m’a pas permis de me rendre un compte exact des détails de cette Exposition, une visite consciencieuse sera nécessaire pour renseigner sérieusement nos lecteurs, mais j’ai pu juger suffisamment l’ensemble et j’ep sors émerveillé. Etant donné le peu de ressources dont on dispose dans notre nouvelle colonie ce résultat fait le plus grand honneur à M. Paulin Vial notre résident supérieur et à M. John Elayton, beau-frère du défunt résident général, qui en dépit d’une indifférence manifeste et même-d’une espèce d’hostilité sourde de la part de bien des colons, a tenu à cœur de mener à bien la tâche dont il avait accepté la responsabilité : tâche d’autant plus difficile et plus ingrate, que la tête qui avait conçu l’œuvre n’était plus là pour le conseiller, et le bras du puissant représentant de la France pour le soutenir et le protéger au besoin.
- Avec l’appui du résident supérieur, il a courageusement lutté contre toutes les difficultés, tenu tête à toutes les cabales et tourné habilement les obstacles insurmontables. C’est en quelque sorte l’âme de notre grand savant qui a continué à présider à son œuvre dans la personne de M. J. Clay-ton et de M. P. Vial et c’est grâce à leur énergie commune et à leur ardent patriotisme que nous devons le succès de cette manifestation de la puissance commerciale française au Tonkin.
- On s’occupe en ce moment d’établir le catalogue définitif de l’Exposition et le jury commence sa tâche; par le prochain courrier je vous enverrai un compte rendu des différentes sections.
- Voici en attendant la liste du jury :
- PREMIÈRE SECTION
- Ier groupe : Produits du sol.
- 2e groupe : Produits du sous-sol.
- MM. Nogier, médecin en chef ; Joffre, capitaine du génie; Jacquet, agriculteur; R. P. Bon, missionnaire, botaniste; Jame, négociant; de Vésine-Larue, ingénieur-adjoint; Voinier, vétérinaire en Ier; Balansa, naturaliste; Lafont, chef du bureau des douanes à Hanoï; Koai-ky, négociant ; Foa-hung, négociant; Bourgoin-Meiffre, négociant.
- DEUXIÈME SECTION
- 3e groupe : Machines.
- 4e groupe : Habitations et travaux publics.
- MM. Heintz, colonel d’artillerie ; le colonel Gillet, chef d’état-major ; de Beaumont, commandant de la marine ; le colonel Granade, commandant le génie; le commandant Pâlie, directeur du parc d’artillerie; Roques, capitaine, du génie.; Destraumieux, mécanicien de la marine ; Schneider, imprimeur; Huardel, entrepreneur ; Fau-quier, ingénieur-adjoint; Robert, capitaine d’artillerie; Leyret, architecte; Trémoulet, vice-président de la commission consultative ; de Guesnet, commissaire de la division navale ; Grandjean, directeur de la Banque de l’Indo-Chine ; le Quan-Bo de Hanoï.
- TROISIÈME SECTION
- 5° Groupe : Meubles et ustensiles usuels.
- 6e Groupe : Vêtements.
- MM. Boulanger, intendant; Daubons, officier
- djadministration ; Simonin, capitaine ; Hugot-Der-ville, capitaine; Wibaux, négociant; Jeanning, négociant; du Crouzet, négociant; Champin, négociant ; Robert, médecin principal ; Rivais, capitaine d’artillerie ; Chambard, pharmacien militaire ; Faa-hing, négociant
- QUATRIÈME SECTION
- 7e Groupe : Objets de luxe.
- 8e Groupe : Sciences, Beaux-Arts, Collections.
- MM. Berthault, commandant ; Halais, vice-résident de Hanoï; Motty, médecin-major ; Wehrung, négociant ; Luce, capitaine d’artillerie ; Laurent, inspecteur des finances ; Voinier, vétérinaire en Ier; Les Tong-Doc, quan-bo, quan-an, et doc-huoc de la province d’Hanoï.
- CINQUIÈME SECTION
- 9e Groupe: Animaux vivants.
- MM. Garrig, sous-intendant; Huet, officier des subsistances; Voinier, vétérinaire en 1e1’; Sandrin, vétérinaire en 2e; Deschamps, lieutenant-commandant la remonte; Félix, capitaine du train ; Delmas, négociant ; Jacquet, agriculteur.
- SIXIÈME SECTION
- 10e Groupe: Batellerie fluviale.
- MM. de Beaumont, commandant de la marine; Fellonneau, agent des Messageries fluviales ; Mi-chaëli, capitaine de pontonniers ; Lafont, chef du bureau des douanes.
- ------ ----^=r-j— -U -tfîfrrTlrrfinr- -
- LES CONCOURS
- de l’Union centrale des arts décoratifs
- L’Union centrale des arts décoratifs a décidé de consacrer une somme de trente mille francs à l’institution d’une série de concours entre les artistes français. Ces concours ont pour but de ramener les artistes à des traditions qui ont été l’honneur de toutes les époques, et qui ont particulièrement fait la gloire et la richesse de la France.
- Voici les programmes des trois concours institués à l’occasion de la neuvième exposition que l’Union centrale organise au Palais de l’Industrie du ier août au 26 novembre 1887 :
- Premier concours. — Un carton de panneau décoratif destiné à décorer la salle des conférences du futur Musée des arts décoratifs. Sujet : la Glorification du Travail.
- Dimension maxima : 4 m. 60 sur 6 m. de largeur, y compris la bordure. Les concurrents indiqueront comment doit être traduite leur composition : tapisserie, céramique, mosaïque ou peinture. Ils auront à fournir une maquette au quart d’exécution, en y ajoutant un fragment à leur choix de 1 m. i5 sur 2 m. en grandeur d’exécution. Us y joindront un angle du panneau donnant la bordure grandeur d’exécution.
- Il sera attaché à ce concours: un premier prix de 7,000 Ir., un deuxième prix de 2,000 fr., un troisième prix de 1,000 fr.
- Deuxième concours. — Une pièce décorative destinée à être exécutée en métal et pouvant prendre place sur une table de salle à manger.
- Le modèle, présenté en grandeur d’exécution, devra être en plâtre. La plus grande dimension de cette pièce, en longueur, ne devra pas dépasser 80 centimètres.
- Il est attaché à ce concours : un premier prix de 7,000 fr., un deuxième prix de 2,000 fr., un troisième prix de 1,000 fr.
- Troisième concours. — Une tribune saillante réservée pour les invités ou des musiciens dans la salle principale du Musée des arts décoratifs.
- Le plancher de cette tribune sera à 4 m. 5o du sol. Elle présentera une ouverture de 3 m. 5o de large, non compris les décorations, et occupera le petit côté de la salle ayant 10 mètres de largeur sur 20 de longueur et 15 de hauteur non compris voussures ou plafond à caissons. La plus grande liberté est laissée à l’artiste pour l’emploi des matériaux qui devront servir à la construction et à la décoration de cette tribune. Les concurrents auront à fournir une maquette au quart d’exécution en y ajoutant un fragment à leur choix de 2 mètres sur 1 mètre à grandeur d’exécution.
- Il est attaché- à ce concours : un premier prix de 7,000 fr., un deuxième prix de 2,000 fr., un troisième prix de 1,000 fr.
- Pour concourir, il faut être Français.
- Les compositions destinées aux concours devront être signées de leurs auteurs et remises au plus tard le 3o septembre, à quatre heures du soir, au palais de l’industrie (Champs-Elysées), où elles seront exposées publiquement dans les salles de l’exposition de l’Union centrale des arts décoratifs.
- Les œuvres non primées resteront la propriété de leurs auteurs et pourront être reprises par ces derniers. Toutefois, ces œuvres ne leur seront restituées qu’après la clôture de l’exposition de l’Union centrale des arts décoratifs.
- SOCIÉTÉ NATIONALE d’hORTICULTURE DE FRANCE
- EXPOSITION GÉNÉRALE DE 1887
- Ouverte du 25 au 30 mai inclusivement
- Dans le pavillon de la ville, aux Champs-Elysées
- RÈGLEMENT ET PROGRAMME
- DISPOSITIONS GÉNÉRALES
- La Société nationale d’Horticulture de France invite MM. les horticulteurs, amateurs, jardiniers, instituteurs, directeurs de jardins publics et scientifiques de tous les pays, à prendre part à l’Expo-tion générale des produits de l’horticulture qu’elle organisera à Paris, en mai 1887.
- Les artistes et les industriels seront admis à exposer les produits se rapportant à l’horticulture.
- Les récompenses consisteront en prix d’honneur (objets d’art et médailles d’honneur), médailles d’or, grandes médailles de vermeil, médailles de vermeil, grandes médailles d’argent, médailles d’argent, médailles de bronze et mentions honorables.
- Il sera donné un diplôme avec les médailles aux exposants qui en auront fait la demande à la Société, au plus tard quinze jours après la fermeture de l’Exposition.
- Les. médailles et prix que la Société pourrait obtenir exceptionnellement de la munificence du Gouvernement et de la Ville de Paris seront considérés comme médailles et prix d’honneur.
- Des médailles seront mises à la disposition du Jury pour récompenser, s’il y a lieu, les apports non prévus au programme.
- _ Enfin, à l’occasion, de cette Exposition, la Société, décernera _les récompenses qu’elle est dans l’habitude d’attribuer, chaque année, aux personnes qui s’en sont rendues dignes et qui ont obtenu des Rapports favorables émanant d’une Commission spéciale : aux jardiniers, pour leurs longs services dans la même maison ; aux auteurs d’instruments et d’appareils nouveaux ; aux propagateurs de nouvelles méthodes ; enfin à toutes les personnes qui ont contribué au perfectionnement de l’art des jardins.
- Avant l’ouverture de l’Exposition, la Société fixera le nombre de médailles d’honneur et de médailles d’or qu’elle mettra à la disposition du Jury.
- . Toutes les récompenses seront laissées à la libre appréciation du Jury.
- Dans les genres de plantes où il y a plusieurs Concours, le même Exposant ne pourra recevoir plusieurs médaillespour ce même genre de Plantes.
- Dans, les concours de collections, il ne sera accepté qu’un spécimen de chaque variété.
- La même espèce ou variété de Plantes ne pourra figurer dans plusieurs concours du même Exposant.
- Chaque présentation formant un concours devra être nettement séparée.
- Les concours existeront entre horticulteurs, amateurs, jardiniers, instituteurs, directeurs ou jardiniers-chefs des établissements subventionnés.
- Les lots collectifs seront acceptés et ne pourront concourir avec les lots individuels.
- Ne seront admis avec la mention hors concours que les produits des jardins publics ou scientifiques.
- Les autres présentations non soumises aux délibérations du Jury ne porteront aucune inscription autre que le nom et l’adresse de l’Exposant.
- Les lots présentés hors concours ne pourront recevoir aucune récompense.
- . Pour plus amples renseignements, voir le programme.
- La Société ouvre les concours suivants :
- § Ier. PLANTES DE SERRES
- A. — Plantes nouvelles, 4 concours
- B. — Belle culture, 4 concours
- C. —Culture spéciale
- . 9e Concours. — La plus belle collection de cinquante plantes fleuries ou à feuillage, cultivées en vue de l’approvisionnement des marchés.
- D. — Plantes en collections
- 81 concours, comprenant les plantes de serre chaude et de serre tempérée, les plantes à feuillage coloré, panaché, maculé, etc., les Orchidées, les Gesnéracées, les Broméliacés, les Aroïdées, les Cycadées, Pendanées, Cactées, etc., etc. Les plantes de la Nouvelle-Hollande, les plantes de Java et de l’Himalaya.
- E. — Concours entre amateurs
- 916 Concours. — La plus belle collection de plantes de serre, fleuries ou non, à quelque genre qu’elles appartiennent, présentée par des amateurs.
- § 2. — PLANTES DE PLEINE TERRE
- F. — Plantes nouvelles, 4 concours
- G. — Belle culture, 4 concours
- H. — Culture spéciale, 2 concours
- I. — Plantes en collections
- 52 concours dont 6 pour les rosiers, puis les plantes vivaces, les plantes annuelles et bisannuelles fleuries, les plantes aquatiques, les plantes
- p.627 - vue 193/496
-
-
-
- 628. — Troisième Année. — N° 128.
- LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE 1889
- ligneuses pour rocailles, ainsi que celles employées pour la mosaïculture.
- J. — Concours entre amateurs 154e Concours. — La plus belle collection de plantes fleuries ou non, à quelque genre qu’elles appartiennent, présentée par des amateurs.
- K. — Fleurs coupées, 6 concours L. — Bouquets et garnitures d'appartements,
- 7 concours
- § 3. ARBORICULTURE ET FRUITS Six concours comprenant les arbres et arbustes fruitiers forcés, en pots, portant leurs lruits, les fruits mûrs forcés, les fruits comestibles, conservés frais, fruits exotiques, etc.
- § 4. CULTURE MARAÎCHÈRE Vingt concours, légumineuses de toutes sortes, melons, asperges, fraises, ananas, etc. Solanées comestibles.
- § 5. INSTRUCTION HORTICOLE Cinq concours, ainsi que les ouvrages concernant l’horticulture, les publications horticoles, ainsi que les plans de jardins, pourront figurer à l’Exposition.
- § 6. ARTS ET INDUSTRIES HORTICOLES Seront admis à l’Exposition tous les objets et produits des arts et industries se rapportant directement à l’horticulture et classés dans quatre sections.
- Les autres produits non désignés ci-dessus, mais pouvant se rapporter à l’horticulture, seront soumis à l’appréciation de la Commission, qui se réserve le droit absolu de les admettre ou de les refuser.
- Attendons-nous à voir les merveilles de la flore moderne et à admirer les raretés que nous réservent sans cesse les exhibitions de la société nationale d’horticulture de France.
- A. Ramé.
- ------------------------------------
- LES LIVRES
- CVIH
- Une maîtresse de Henri IV. Henriette de Balzac d’Entragues, par A. Jacques Ballieu. Paris, A. Dupret, éditeur, 1 vol. m-18.
- Etude historique et biographique sur Théroigne de Méricourt, par Marcellin Pellet avec deux portraits et un fac-similé d’autographes, 1 vol. in-18 Maison Quantin, Compagnie générale d’impression et d’édition.
- Le hasard des envois de librairie et de nos lectures fait se rencontrer sur notre table de travail deux ouvrages qui sollicitent l’attention de la critique à des titres très différents et concernent deux personnages féminins appartenant à deux régimes qui peuvent être considérés comme aux deux extrêmes, aux deux antipodes l’un de l’autre. Le premier est la biographie d’une maîtresse de roi, unefavorite comme dirait M. Joseph Prudhomme ; le second est la biographie d’une maîtresse du peuple, d’une courtisane politique. Abordons ces deux ouvrages de sujet, sinon d’inspiration si divers, sans fausse pruderie. Il y a à apprendre partout. Il y a dans toute vie humaine un drame et une leçon. L’histoire ne doit pas avoir de bé-gueulerie. Elle doit tout voir et tout dire. Nous avons la religion, pour ne pas dire la superstition, de l’impartialité. Examinons donc, avee le soin qu’exige notre état, quand même l’ouvrage ne le mériterait pas, et ce n’est pas ici le cas, l’histoire de ces deux dames qui furent sans peur, mais ne furent pas sans reproche.
- Henri IV ne- fut pas nommé pour rien le Vert-Galant. Il eut de nombreuses maîtresses. Nous en avons compté jusqu’à cinquante-six, plus ou moins connues. Il eut aussi sa demi-douzaine de bâtards. On respire durant tout son règne l'odor cli femina. C’est d’une des dernières, la pire par le cœur, non la moins charmante par l’esprit, la grâce, la malice, qu’il s’agit dans l’ouvrage de M. Jacques Ballieu, écrit dans le style familier et avec l’abondance anecdotique qui conviennent au sujet. Cet ouvrage ne nous apprend rien de bien nouveau sur Flen-riette de Balzac d’Entragues, marquise de Ver-neuil. Elle succéda à Gabrielle d’Estrées dans la faveur d’un prince qui ne pouvait se passer du mouvement, de l’entrain, de la gaîté que mettent dans une vie militante souvent absorbée jusqu’à l’ennui par les calculs de la politique, les bruits joyeux de jupes et de rires, les frivoles et malins caquets, les , bruyants ébats de la femme et des enfants. A cette galanterie d’Henri IV, qui fut longtemps aventureuse, romanesque, soldatesque comme son existence de roi de campagne chevauchant à la conquête de son royaume, et usant plus de bottes que de souliers, puis, sur la fin, chimérique, chevaleresque et don quichottesque, au point de songer à la guerre pour reprendre au prince de Condé une femme capable de lui jouer le tour de s’enfuir avec son mari, il y a certaines excuses. D’abord ses maîtresses, si elles firent faire pas mal de sottises à l’homme, n’entamèrent jamais en lui le caractère du roi. Il garda un esprit viril, toujours occupé des intérêts de la monarchie et de
- Dimanche 8 Mai 1887.
- l’Etat, toujours libre pour les nobles sollicitudes de la politique, au-dessus des entraînements des sens et des faiblesses du cœur. Le peuple, bon juge en ces matières, ne lui garda pas rancune de ses passions dont le joug pesa toujours légèrement sur le roi et le royaume. S’il s’oublia jusqu’à la pensée de placer Gabrielle auprès de lui sur le trône, il y a lieu de considérer qu’il ne lui sacrifia jamais Sully, et que bien des circonstances permettent de douter de la sincérité de ses intentions quant à ce mariage toujours promis et toujours différé. Il avait la promesse de mariage facile. Corisandre d’Andouins, duchesse de Gramont, et Henriette d’Entragues se laissèrent prendre à ces engagements, qui, bien que signés de son sang, ne furent jamais que des billets de La Châtre. Il sut fort bien, quand l’intérêt de sa dignité ou de sa sécurité l’exigèrent, réclamer impérieusement et reprendre ces actes illusoires, estimant que dans ces sortes d’affaires, il vaut mieux être fripon que dupe. Ce fut assez pour lui, et beaucoup trop aux yeux de Sully que d’avoir payé de cent mille écus la bonne fortune d’une nuit aux prémices problématiques. Il fit Henriette d’Entragues marquise, il lui donna des châteaux et des rentes, il engraissa l’insatiable avidité de ses parents, il apanagea, après les avoir reconnus, les enfants qu’il avait d’elle, mais il sut aussi montrer les dents au besoin, emprisonner, faire juger, condamner, exiler, disgracier les d’Entragues et leur séquelle quand ils s’avisèrent de passer du mécontentement à la rébellion. Enfin, il est incontestable que si Henri IV eut de mauvaises mœurs, ce furent celles de son temps, qu’il ne fut ni meilleur ni pire sous ce rapport que la plupart de ses contemporains et qu’il valut mieux sous beaucoup d’autres. Il y a lieu surtout de lui accorder les circonstances atténuantes comme mari infidèle, quand on songe aux infidélités de sa première femme, Marguerite, et à l’humeur acariâtre et aux médiocres attraits de la seconde.
- Tout cela dit non pour justifier, mais pour excuser Flenri IV, il faut reconnaître que par l’esprit, la grâce, la malice, le charme un peu malsain de son humeur piquante, l’empire que Henriette d’Entragues exerça dix ans sur lui, s’explique à merveille. C’était une fine mouche que cette fille de l’ancien mignon d’Henri III et de l’ancienne maîtresse de Charles IX. Nous n’avons pas ses lettres. Mais on peut induire de celles que lui écrivit Henri IV et que nous possédons, qu’elle était de celles qui savent ensorceler et faire endêver un homme fut-il roi. Sa conversation devait être comme son caractère, pleine de traits et de grâces d’une captivante félinité.
- M. Jacques Ballieu, dans son intéressant et amusant récit, n’a peut-être pas tiré tout le parti qu’il eut pu et dû tirer de cette correspondance. Il semble avoir préféré pour écrire son histoire frivole, les sources du roman et du pamphlet aux documents plus authentiques. Nous ne pouvons entrer ici dans une critique de détail. Nous nous bornerons à dire que sur plus d’un point nous avons noté au passage des assertions bien hasardées, celle, par exemple, d’après laquelle Henri IV aurait été marié à Marie de Médicis par ses conseillers, sans son aveu et presque à son insu (p. 48). Il suffit de lire sa correspondance pour se convaincre du contraire. L’importance historique et politique donnée (p. 108) au bas-relief de la porte du château de Verneuil, nous a aussi quelque peu étonné. Enfin le jugement final sur le caractère de la marquise de Verneuil et sur la déposition de la demoiselle ’ d’Escoman, à propos de la part qu’elle prit à la conspiration qui amena la fin tragique d’Iienri IV, nous a paru entaché de considérations contradictoires. En somme, livre agréable, et qui, sans doute, ne visait pas à plus qu’à amuser.
- Nous avons affaire,dans Théroigne de Méricourt, à la courtisane politique, l’amazone populaire du 6 octobre et du 10 août, la victime des réactions non toujours aveugles, mais des châtiments toujours brutaux de la multitude, la folle de la Salpêtrière, à une autre personne qu’Henriette de Balzac, et dans son biographe à un historien plus consciencieux, plus informé, d’une critique plus sûre et plus sévère que M. Jacques Ballieu. M. Marcellin Pellet emploie depuis quinze ans les loisirs de la vie politique à des études sur la Révolution qui ont établi sa compétence. Ses ouvrages sur Lous-talot, sur les Actes des Apôtres, ses variétés d’histoire révolutionnaire, attestent un commerce intime et approfondi avec les témoins et les documents de l’époque quia ses prédilections. Son étude sur Théroigne de Méricourt est d’un fouillé duquel ressort avec l’énergie de la vie, la figure de la galante, éloquente et tragique Liégeoise. Nous ne pouvons lui reprocher non dans" le choix, mais dans l’interprétation des témoignages, qu’une tendance excessive, selon nous à l’indulgence, pour une héroïne qui ne. mérite pas ces illusions optimistes. Si l’ouvrage de M. Marcellin Pellet n’est pas à proprement parler une apologie, il incline certainement à la réhabilitation d’une femme qui, à certains moments de son rôle, lui inspire une sorte d’admiration et à la fin. dans sa chute et son expiation, obtient de lui plus que de la pitié. Pour nous, nous ne saurions confondre la courtisane
- démagogique, la femme d’action, l’héroïne d’émeute, conduisant en habit rouge et en plume noire, le sabre haut sur son cheval de cirque, les futures,tricoteuses et furies de club et de guillotine, à l’assaut de Versailles ou des Tuileries, soufflant le meurtre de Marie-Antoinette et participant à l’assassinat de Suleau, avec les ambitieuses, mais généreuses exaltées comme Mma Roland et Mme de Staël, enivrées de la théorie et non de la pratique révolutionnaire, gardant intact, à travers bien des erreurs et des faiblesses, leur idéal de régénération et d’émancipation humaine, de progrès social et de liberté politique.
- Théroigne, grisée par l’ambition d’un rôle plus fort que son talent, n’eut pas beaucoup à faire pour glisser du vice qui l’avait nourrie au crime qui l’illustra jusqu’à la prompte désillusion de son impuissance, et au cruel mais non tout à fait injuste supplice de son impopularité. L’expiation de la lessée cynique et. publique dont la honte l’affola, est de celles qui ne nous inspirent que la pitié mêlée d’horreur, dont doivent seulement bénéficier les victimes coupables des revirements populaires. Nous ne gardons notre pitié sans mélange qu’aux victimes innocentes, assez rares pour que ce sentiment, ne s’épuise pas. Ces réserves faites sur les intentions ou tout au moins sur l’effet du livre de M. Marcellin Pellet, nous confessons volontiers qu’il y a profit ât plaisir à lire cet ouvrage, fruit sérieux, et solide d’une enquête minutieusement poursuivie à travers les traces d’une existence des plus accidentées, dont il a résolu plus d’un problème, s’il n’en a pas dissipé tous les mystères.
- M. de Lescure.
- -------
- avis commerciaux
- PAYS-BAS
- ADJUDICATION MUNICIPALE DE FOURNITURES A ROTTERDAM
- N° 627. Le mardi 10 mai prochain, au local dit « Timmerhuis» Haringvliet, 2, il sera procédé par voie de soumission écrite à l’adjudication en trois lots des fournitures suivantes, savoir :
- Ier lot. Clapets d’arrêt avec pièces de réserve.
- 2e lot. Robinets à incendie avec pièces de réserve.
- .3e lot. Matériel accessoire en métal fondu pour pièces de réserve de toute nature.
- Le tout pour les services de distribution d’eau potable de la ville.
- Le cahier des charges peut être consulté tous les jours ouvrables au bureau des travaux publics de la ville, au susdit local « Timmerhuis », et on p eut se le procurer avec les dessins annexes, au prix de deux florins, à l’imprimerie veuve P. van Waesberge et fils, Houttuin, 78, à Rotterdam.
- PORTUGAL
- CONCESSION D’UN SERVICE SUBVENTIONNÉ DE NAVIGATION. ENTRE LE PORTUGAL, MOSSAMÈDES ET
- MOZAMBIQUE.
- N° 628. Il est ouvert à Lisbonne, jusqu’au 20 mai prochain, un concours pour la concession d’un service subventionné de navigation entre le Portugal, Mossamèdes et Mozambique.
- M. le .Ministre de France vient d’adresser un exemplaire du programme et cahier des charges relatifs a cette concession. Ces documents sont à la disposition des intéressés au ministère du commerce, et de. l’industrie, 144, boulevard Saint-Germain. (Direction du commerce extérieur. — bureau des renseignements commerciaux).
- ÉTATS-UNIS
- CONSTRUCTION d’uNE LIGNE DE CHEMIN DE FF,R
- N° 629. Le Vice-Consul de France à Galveston 'annonce qu’une compagnie est sur le point de se constituer dans cette ville, en vue de la construction et pie l’exploitation d’un chemin de fer devant relier Galveston à Paris (Texas). Le montant des dépenses de cette entreprise est évalué à 12 millions de dollars, soit 62 à t 3 millions de francs pour une longueur de rails de 5oo milles, près de 810 kilomètres.
- Il résulte des renseignements pris par notre agent que. les usines françaises de métallurgie peuvent laire des offres de service pour prendre part aux travaux de la nouvelle ligne.
- LES THÉÂTRES
- Une indisposition de notre collaborateur Georges Grisier nous empêche de donner aujourd’hui le compte rendu de la représentation du Lohengrin, de Wagner , Ce sera pour la semaine procliaine’.
- M. Lamoureux a du reste renoncé spontanément, vu les circonstances, à représenter de nou-eau cet ouvrage.
- Le Gérant, GARREAU.
- Tours. — lmp. E. ARRAULT et O, rue de la Préfecture, 6.
- p.628 - vue 194/496
-
-
-
- Moniteur
- DE
- L’EXPOSITION DE i
- Rédaction et Administration : i8, rue Bergère, 18, a Paris
- TROISIÈME ANNEE
- SOMMAIRE :
- i. Les Travaux du Champ-de-Mars; 2. Comités d'admission; 3. Bureaux des comités départementaux ; 4. Comité départe-temental du Lot; 5. Comité départemental de l’Aisne; 6. Comité départemental de l’Orne; 7. Comité départemental de la Meuse.: 8.l'Italie et l’Exposition de 1889; 9. Les Echos; 11. Le Salon de 1887; 12. Le langage universel ; i3. Les Livres; 14. Avis commerciaux; i5. Les Théâtres.
- LES
- TRAVAUX DU CHAMP-DE-MARS
- Pour quiconque voudrait suivre d’une façon régulière la marche des travaux de l’Exposition, il serait nécessaire de ne pas quitter le Champ-de-Mars tant les transformations sont rapides sur les chantiers dont l’aspect change continuellement et d’une manière. très sensible d’une semaine à l’autre. Nous qui faisons à l’emplacement de la future Exposition des visites fort fréquentes, nous sommes chaque fois frappé des progrès réalisés depuis notre dernière tournée : là où se trouvait une grande excavation, le sol apparaît nivelé ; ici on revoit, déjà presque achevé, un mur qui était à peine commencé, dans cet autre endroit le terrain qu’on avait vu sensiblement uni montre un énorme trou prêt à recevoir des fondations, partout enfin des changements frappent la vue et attirent forcément l’attention.
- A voir même la vitesse avec laquelle la besogne avance, on serait tenté de se demander pourquoi on s’y prend autant à l’avance et sur quoi sont basées les craintes que l’on manifeste à chaque tentative de ce genre de n’être pas prêt au moment voulu. Il est clair, en effet, qu’en s’arrêtant seulement aux apparences, on serait en droit de croire à l’achèvement anticipé de tout le travail préparatoire ; mais, par contre, si, en étudiant la question de plus près et en se pénétrant de la multiplicité des détails que comporte une telle entreprise, on voit le temps que demande la solution de chacun des petits problèmes dont se compose le grand problème total, alors on ne peut que se réjouir de l’activité déployée et elle est loin de paraître inutile.
- Jusqu’à présent, heureusement, nul reproche ne peut être adressé à aucun des nombreux collaborateurs de ceux qui dirigent cette œuvre colossale, tous se multiplient et, oubliant qu’il s’agit pour eux d’une question commerciale, rivalisent de zèle et consentent à tous les sacrifices moraux et parfois même matériels pour mener à bien cette grande manifestation pacifique qu’on nomme une Exposition universelle. Espérons, du reste nous en sommes convaincu, que cette honorable rivalité et tous ces efforts seront couronnés de succès et donneront un résultat qui, surpassant ceux précédemment obtenus, permettra de dire, en prenant la phrase dans sa 'bonne acception : les Expositions se suivent et ne se ressemblent pas.
- De fait celle-ci, en se basant sur les plans et projets élaborés par les hommes les plus compétents, sera réellement magnifique et dépassera assurément ce qui a été fait dans ce sens jusqu’à ce jour ; tout ce que la science, les arts et l’industrie peuvent rêver de merveilleux y sera
- Dimanche 15 Mai 1837.
- réuni et l’imagination la plus capricieuse ne pourra rien entrevoir dont elle ne trouve la réalisation dans cette immense agglomération où chaque nation aura apporté les plus belles manifestations de son genre et de sa puissance.
- Le caractère dominant de l’Exposition de 1889 sera le grandiose; on tend de plus en plus à produire énorme sans cependant cesser de faire élégant et les constructions géantes auxquelles on s’est arrêté auront sans contredit un aspect à la fois majestueux et gracieux dont les exemples sont rares, car jusqu’ici, les moyens matériels faisaient défaut pour élever des édifices aussi considérables. C’est grâce aux progrès faits dans l’art de travailler le fer qu’on peut aujourd’hui donner corps à des conceptions aussi audacieuses que celles de la tour de 300 m. et de là galerie des machines, c’est-à-dire exécuter des travaux que nul n’avait encore osé entreprendre, aussi tout en admirant le génie de ceux qui les ont conçus faut-il rendre hommage aux praticiens qui les ont rendus réalisables et qui ont montré jusqu’où pouvait aller la puissance humaine.
- En attendant que ces admirables palais soient construits, on prépare tout ce qui est nécessaire à leur édification, et les arrivages de pièces métalliques ne cessent de se produire, c’est un défilé interminable de chariots lourdement chargés que traînent avec effort de vigoureux chevaux, travailleurs obscurs et sacrifiés dont le concours est pourtant indispensable.
- Les fers une fois enlevés des chariots sont amenés à la place qu’ils devront occuper au moyen d’un petit chemin de fer portatif; la pièce est placée en équilibre sur un truc poussé par des ouvriers qui, arrivés à l’endroit désigné, opèrent le déchargement sur le sol et dessinent ainsi peu à peu une sorte de plan pour les bâtiments.
- Les usines qui doivent fournir la charpente du palais des industries diverses sont au nombre de quatre, les forges de St-Denis et de Roussel dont nous avons parlé, et les ateliers Joret et Fourchambaut qui ont aussi commencé l’envoi de leurs matériaux ; malgré la quantité de convois, le grand nombre des pièces et les diverses manutentions successives qu’elles subissent, tout s’y fait dans un ordre parfait et chaque chantier s’organise avec la plus grande régularité. Avant peu, le montage commencera dans les trois parties du palais où il n’est pas encore entrepris ; quant à la quatrième partie, les fermes s’y élèvent avec une rapidité qui tient du prodige et donne une animation considérable à cette partie du Champ-de-Mars ; pendant que certains ouvriers dressent des colonnes de support sur leur massif de fondation, hissent les fermes à l’aide de chèvres, les ajustent sur les poteaux et les relient entre elles par les pannes et les sablières, d’autres travailleurs, installés autour d’une forge en plein vent, redressent les pièces qui ont été faussées pendant le transport, donnent le dernier coup à celles qui vont être employées et opèrent la réunion, au moyen de rivets rougis au feu, des divers morceaux dont est composée une ferme trop grande et trop pesante pour être amenée tout
- NUMÉRO 124.
- assemblée. Ce travail ordinairement si bruyant dans un atelier perd presque toute son acuité sur un aussi vaste terrain, et il est possible de suivre ces intéressantes opérations sans que les oreilles aient à en souffrir.
- L’usine de St-Denis a déjà 6 fermes complètement terminées, et les suivantes prêtes à être montées; quant aux autres ateliers, leurs dispositions préalables sont sur le point d’être achevées et bientôt de tous côtés s’élèveront simultanément les charpentes métalliques.
- Une grande partie du chemin de fer qui doit desservir l’exposition est déjà posée, les wagons, s’embranchant à la station du Champ-de-Mars, peuvent arriver jusqu’à la hauteur du pavillon de l’administration et apporter les matériaux sur les lieux d’emploi. Cette ligne ferrée se compose d’une voie d’aller, d’une de retour, et d’une voie de garage, et les croisements se trouvent placés environ en face du palais des arts libéraux; l’écartement des rails est celui adopté normalement par toutes nos compagnies, c’est-à-dire 111151 d’axe en axe des rails, ces derniers sont à double champignon.
- Dans les chantiers de M. Eiffel, les terrassiers opèrent le nivellement du sol entre les piliers de la tour ; une partie des terres enlevées est rejetée dans la fouille du pilier n° 2 qui est presque entièrement comblée et ne laisse plus guère apercevoir que la partie inclinée des maçonneries avec ses boulons et ancrages, ainsi que la tête des tuyaux des paratonnerres.
- Les quatre massifs du pilier n° 4 sont à peu près arrivés à la hauteur voulue et on s’occupe du mur de soutien du soubassement; à ce pilier il a fallu modifier le genre de construction du massif central qui doit servir de logement à la cage de l’ascenseur les murs ; latéraux au lieu d’être en maçonnerie pleine de 0,70 d’épaisseur sont formés de pans de fer constitués par des poutres verticales réunies à la partie supérieure au moyen d’une pièce horizontale, les intervalles entre les poutres sont remplis avec une maçonnerie en briques de Bourgogne; cette disposition a été imposée par la largeur du caisson qui n’est que de 6 m. alors que les autres massifs ont près de 7 m., l’espace nécessaire à la cage étant réservée, il n’y aurait plus eu la largeur nécessaire pour associer les murs qui se fussent trouvés en porte à faux. C’est pourquoi on a eu recours à l’emploi du métal pour obtenir la même résistance sous une épaisseur moindre et sans sortir des limites de la surface du caisson.
- De curieuses trouvailles ont été faites dans les fondations de ces divers piliers, des ossements et des espèces de boulets en pierre ont été ramenés à la surface du sol, la forme de ces boulets semblerait indiquer qu’ils datent de la fin du xve siècle, ils sont en très bon état de conservation et offrent cette particularité qu’arrondis à un bout ils sont légèrement coniques de l’autre, leur forme se trouve donc être un peu voisine d’un ovoïde; quant aux ossements auxquels un naturaliste, que l’annonce de ses trouvailles avait attiré, donnait une origine très reculée il paraîtrait, d’après l’opinion du directeur du musée Carnavalet, qu’ils proviendraient
- p.629 - vue 195/496
-
-
-
- 65o. — Troisième Année. — N0 124.
- LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche i5 Mai 1887.
- tout simplement d’une boucherie qui aurait été installée là autrefois.
- Dans notre dernier article, une erreur d’impression, à la 3e colonne, nous fait mettre le mot sac à la place du mot sas que nous avions écrit, les lecteurs auront d’eux-mêmes rectifié cette faute.
- COMITÉS D’ADMISSION
- classe 5.
- GRAVURE
- Bureau :
- Président. — M. le vicomte Henri Delaborde, de l’Institut.
- Vice-Président. — M. François, de l’Institut. Secrétaire-rapporteur. — M. Sirouy.
- BUREAUX DES
- COMITÉS DÉPARTEMENTAUX
- ARDÈCHE
- Sous-comité de Varrondissement de Privas
- Président. — M. Léopold Cuchet, négociant en soies à Aube nas.
- Vice-président. — M. Armand, propriétaire à St-Montant.
- Secrétaire. — M. Lévêque, directeur de l’usine au Pouzin.
- BASSES-ALPES
- Président. — M. Proal, docteur en médecine, à Riez.
- Vice-président. — M. Martin, avoué à Digne.
- Secrétaire. — MM. Fernand Henry, avocat, à Riez:; Gleire, ébéniste à Digne.
- Sous-comité de Varrondissement de Digne
- Président. — M. Jules Blanc, avocat-avoué à Digne..
- Vice-président. — M. Appolinai-re Gorde, sériciculteur aux Mées.
- Secrétaire. — M. Tartaxon, avocat-avoué à Digne. _______
- MANCHE
- Président. — M. Emile Lenoël, sénateur, président du Conseil général..
- Vice-Président. — MM. Riotteau, député, conseiller général, maire de Granville ; Froidevaux, inspecteur général des haras, officier de la Légion d’honneur à St-Lô; Breton, président du Tribunal de commerce de St-Lô.
- Secrétaires. — MM. Manoury, conseiller d’arrondissement, secrétaire delà Société d’agriculture de St-Lô ; Nozer-ay, professeur départemental d’agriculture ; Alphonse Colas, officier d’Académie, chef de division à la préfecture de la Manche.
- Sous-comité de Varrondissement de St-Lô
- Président. — M. Houssin-Dumanoir, conseiller général, maire de St-Lô.
- Vice-Président. — MM. Granger, ingénieur civil directeur de la Compagnie chaufournière du Hamel-Bazire, à .St-Lô; Àmiard, ancien préfet, conseiller d’arrondissement à St-Lô.
- Secrétaire-. — MM. Manoury, conseiller d’arrondissement; Rozeray, professeur départemental d’agriculture.
- MEUSE
- Président. — M. P. Varin-Bernier, banquier, fabricant de papiers, président du tribunal de commerce, secrétaire de la Chambre de commerce.
- Vice-Présidents. — MM. Jules Drappier, négociant en bois., maire delà ville de Stenay; Salmon, maître de forges à Abainville, président de la Chambre de commerce; Paul Justin, banquier, juge au tribunal de commerce de Verdun.
- Secrétaires.— MM. Grosdidier, maître de forges à Commercv ; Ch. Collin, ingénieur des arts et manufactures.
- Sous-comité de l’arrondissement de Montmédy
- Président. — M. J. Drappier, maire de Stenay.
- Vice-Président. — M. Philogène Pierrot, imprimeur-éditeur à Montmédy.
- Secrétaire. — M. Sommeiller, de Montmédy.
- Sous-comité de l'arrondissement de Verdun
- President. — M. Paul Justin, banquier, juge au tribunal de commerce de Verdun.
- Vice-Président. — M. Van Weerssen-Bernard, industriel à Sommedierre.
- Secrétaire. — M. Louis Camille, marchand de bois, juge au tribunal de commerce de Verdun.
- Sous-comité de Varrondisse ment de 'Commercy
- Président. — M. Salmon, maître de forges à
- Abainville, président, de la Chambre de commerce.
- Vice-Président. — M. Grosdidier, maître de forges à Commercy.
- Secrétaire. — M. Prudhomme, professeur départemental d’agriculture à Commercy.
- Sous-comité de l’arrondissement de Bar-le-Duc
- Président. — M. Bala, pharmacien, maire de Bar-le-Duc.
- Vice-Président. — M. Massé, ingénieur en chef du département.
- Secrétaire.— M. Ch.Collin, ingénieur des arts et manufactures.
- MORBIHAN
- Président. —M. Trottier père, conseiller général, maire d’Hennebont.
- Vice-Présidents. — MM. Burgault, maire de la ville de Vannes ; Bossard, conseiller général, marchand de bois à Mauron.
- Secrétaire-Trésorier.— M. Chevalier, professeur départemental d’agriculture à Vannes.
- Sous-comité de l'arrondissement de Vannes
- Président. — M. Jubier, président du tribunal de commerce, négociant à Vannes.
- Vice-Président. —M. Dumoulin de Paillard,président de la société d’agriculture de Vannes, à Sarzeau.
- Secrétaire-Trésorier. —M. Alfred Vincent, vice-président de la chambre consultative d’agriculture, propriétaire à Vannes.
- Sous-comité de Varrondissement de Lorient
- Président. —. M. Trottier père, conseiller général, maire d’Hennebont,
- Vice-Président. — M,. Charles, ostréiculteur à Lorient.
- Secrétaire-Trésorier. —M. Ouizillc, banquier, fabricant de conserves alimentaires à Lorient.
- Sous-comité de l'arrondissement de Pontïvy
- Président. — M. Fagot, industriel à Pontivy.
- Vice-Président. — M. Le Moine, industriel, propriétaire de la papeterie de Boterneau-en- Mel-rand.
- Secrétaire-Trésorier. — M. Le Dain, propriétaire-agriculteur à Malguénac.
- Sous-comité de l'arrondissement de Ploërmel
- Président. —M. Gaillard, entrepreneur à Josselin .
- Vice-Président.—M. Druais, négociant à Ploërmel.
- Secrétaire-Trésorier. — M. du Gravier, imprimeur à Ploërmel.
- VENDÉE
- Présidents d'honneur. — MM. le préfet de la Vendée; Beausire, membre de l’Institut.
- Président. —M. Madeleine, ingénieur des chemins de fer de l’Etat, à la Roche-sur-Yon.
- Vice-Présidents. — MM. Gandriau, manufacturier à Fontenay ; Garnier, membre de la chambre consultative d’agriculture aux Sables ; Guiet, membre da conseil supérieur des haras.
- Secrétaires. — MM. Barbaud, archiviste du département à la Roche-sur-Yon ; Nicolas, ingénieur des ponts et chaussées, à Fontenay; Sigo-gneau fils, ostréiculteur, aux Sables-d’Olonne ; Vaucher, professeur départemental d’agriculture, à la Roche-Sur-Yon.
- Sous-comité de Varrondissement de la Roche-sur-Yon
- Président. — M. Guiet, membre du conseil supérieur des haras.
- Secrétaire. — M. Barbaudyarchiviste d,u département, à la Roche-sur-Yon.
- Sous-comité de l'arrondissement ,de Fontenay-le-Cointe
- Président. — M. Gaudriaux, manufacturier à F ontenay.
- Secrétaire. — M. Nicolas, ingénieur des ponts et chaussées, à Fontenay.
- Sous-comité de l'arrondissement des Sables-d’Olonne
- Président. — M. Garnier, membre de la chambre consultative d’agriculture, aux Sables.
- Secrétaire. — M. Sigogneau, ostréiculteur, au Sables-d’Olonne.
- -----—y -Hiirr —
- COMITÉ DÉPARTEMENTAL
- DU LOT
- Par arrêté en date du 22 avril 1887, le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889 a constitué comme suit le comité départemental du Lot :
- i° Sous-comité de l’arrondissement de Cahors. MM. Béral, sénateur, maire de FYavssinet-le-Gelat.
- MM. Cambornac, pharmacien à Catus.
- Cambres , président du conseil général à Cahors.
- Sirech, maire de Cahors.
- Reilhié, conseiller général à Cahors.
- Delport, conseiller général à Cahors.
- Talon, conseiller général à Cahors.
- Rey, président de la société agricole et industrielle du Lot, médecinàLSaint-Denis, canton de Catus.
- Andurand-Rolland , propriétaire à Cahors.
- Dufour, directeur de la ferme-école de Montât.
- Deloche, ingénieur en chef du département à Cahors.
- Cangardel, banquier, président du tribunal de commerce de Cahors.
- Rodelosse, architecte départemental de Cahors.
- Laur, vétérinaire départemental à Cahors.
- Savre, professeur départemental d’agriculture à Cahors.
- Bergougnoux, percepteur de la Réunion de Saint-Géry à Cahors.
- Delpech, distillateur, conseiller municipal à Cahors.
- Vincens, horticulteur, conseiller municipal, à Cahors.
- Brassac, imprimeur industriel, à Cahors.
- Courbebaisse, marchand de tissus à Cahors.
- Course, marchand de tissus à Cahors.
- Cayla (Henri), correspondant de la compagnie des chemins de fer à Cahors.
- Boutet, liquoriste à Cahors.
- Pradines (Georges), propriétaire à Limo-gne.
- Bergon, maire de Luzech, conseiller général.
- Cayla, maire de Saint-Géry, conseiller d’arrondissement, minotier.
- Valat, maire de Montcuq, conseiller d’arrondissement.
- Pons, vétérinaire à Luzech..
- Malinswski, ancien professeur à Cahors.
- Vincens, propriétaire à R aux, commune de Labastide-Marnhac.
- Laffargue., constructeur mécanicien à Prays-sac.
- Henras, négociant à Cahors.
- Tailhade, maire de Castelnau.
- Daymard, huissier à Duraval.
- 20 Sous-comité de L arrondissement de Figeac
- MM. Rozières, ancien député, conseiller général, à Bagnac.
- Duphénieux, conseiller général, membre de la chambre consultative d’agriculture, à Cajarc.
- Fraysse. médecin, conseiller général, maire de ia Chapelle-Marival.
- Pauliac, conseiller général, agriculteur-éleveur à Figeac.
- Vaissié, conseiller général, membre de la chambre consultative d’agriculture, à Li-vernon.
- Vival, conseiller général, .maire de Figeac.
- Vernéjouls, médecin, conseiller d’arrondissement, agriculteur à Cornac.
- Longpnechconseiller d’arrondissement , propriétaire à Figeac.
- Laparra, conseiller d’arrondissement, agriculteur à Cardaillac.
- Méret, agriculteur-éleveur directeur de l’asile de Leyme.
- de Colomb, président du comice agricole de Saint-Céré.
- Boudon, propriétaire à Larnagol.
- Froment, membre de la chambre consultative d’agriculture,à Combes.
- Bruel (Louis), négociant, adjoint au maire de Carjeac, membre de la société agricole du Lot.
- Vasseur, négociant et industriel à Figeac.
- Lherm, maire de Saint-Céré.
- 3° Sous-comité de /’arrondissement de Gourdon MM. de Verninac, sénateur, à Sarrazac.
- Lachièze, maire et conseiller general, à Martel.
- Faurie, conseiller général, à Souillac.
- Linol, notaire, adjoint au maire de Gourdon..
- Iscard, conseiller d’arrondissement, maire de Payrac.
- Cocula, vétérinaire, maire de Saint-Germain.
- Olive, maire de Souillac.
- Cabanès, chimiste à Gourdon.
- P. Taillade, fabricant d’huiles à Gourdon.
- Bruel . (Osmin), banquier et industriel à Souillac.
- Baleste (Albin), agriculteur, conseiller mu-cipal à Gourdon.
- docteur Layrac, conseiller d’arrondissement à Carennac.
- Souladié, agriculteur, maire de Saint-Mi-chel-de-Banières.
- p.630 - vue 196/496
-
-
-
- Troisième Année. — N° 124
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1SS9.
- Dimanche i> Mai 1SS7. — 63t.
- COMITÉ DÉPARTEMENTAL
- DE L’AISNE
- Par arrêté en date du 2 mai 1887, le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a nommé membre du comité départemental de l’Aisne M. Girod, secrétaire général de la préfecture de l’Aisne.
- COMITÉ DÉPARTEMENTAL
- DE L’ORNE
- Par arrêté en date du 11 avril 1887, le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a constitué comme suit le comité départemental de l’Orne :
- i° Sous-comité de Varrondissement d'Alençon MM. Marchand-Saillant, maire d’Alençon, conseiller d’arrondissement, industriel.
- Bodé, président du tribunal de commerce d’Alençon.
- Fresnais, président de la chambre consultative des arts et manufactures d’Alençon.
- Chesnel, président du conseil des prud’hommes d’Alençon.
- Larobertie, chef du cabinet du préfet.
- Houel, président du syndicat des agriculteurs de l’Orne et membre de la chambre consultative d’agriculture.
- Anger, conseiller d’arrondissement et membre de la chambre consultative d’agriculture.
- Rigaux, ingénieur en chef des ponts et chaussées.
- Poucin, conservateur des forêts.
- Bricon, inspecteur d’académie.
- Arnoul, architecte du département.
- Lheureux, architecte, conseiller municipal à Alençon.
- Croisé, agriculteur, maire de Ménil-Er-reux.
- Romet, négociant et conseiller d’arrondissement à Alençon.
- Leguerney, industriel et conseiller municipal à Alençon.
- Ponche, industriel, membre de la chambre consultative des arts et manufactures, à Alençon.
- Boissière (père), industriel à Tanville.
- Richer-Levêque, filateur à Alençon.
- Huignard, fabricant de point d’Alençon à Alençon.
- Guy, imprimeur à Alençon.
- Langlois, professeur départemental d’agriculture à Alençon.
- Lyonnel-Brioux, peintre et conservateur du musée à Alençon.
- 2° Sous-comité de Varrondissement d'Argentan MM. Ozenne, président du tribunal de commerce d’Argentan.
- Girard, président du tribunal de- commerce de Vimoutiers.
- le comte de Vigneral, conseiller général, président du comice agricole de Putan-ges, membre du conseil supérieur des haras.
- Boschet, conseiller général, maire d’Argen-tan.
- Léon Grégoire, éleveur à Almenesches.
- Bertheaume (Edouard), éleveur, maire de la Génevraie et membre de la chambre consultative d’agriculture.
- Lemonnier, agriculteur et négociant à Trun.
- Trigout aîné, négociant et industriel à Gacé, membre du tribunal de commerce de Vimoutiers.
- docteur Bouteiller, conseiller général, à La Ferté-Fresnel.
- Visage, négociant et conseiller d’arrondissement, à Ecouché.
- Decaux, conseiller général, membre de la chambre consultative d’agriculture, à Vil-lebadin.
- Boulet, industriel à Pontchardon.
- Vimont,directeur de la société Flammarion, à Argentan.
- 3° Sous-comité de l’arrondissement de Domfront MM. Albert Christophle, président du conseil général de l’Orne, gouverneur du Crédit foncier.
- Gévelot, député, président du comice agricole de l’arrondissement.
- Duperron, conseiller général, maire de Fiers, président d’honneur de la chambre consultative des arts et manufactures.
- Lelièvre, président du tribunal de commerce et de la chambre consultative des arts et manufactures de Fiers.
- MM. Salles, président du conseil de prud’hommes, à la Ferté-Macé.
- Lebaillif, membre de la chambre consultative des arts et manufactures et du de conseil de prud’hommes, à la Ferté-Macé.
- Mauduit (Philémon), fabricant de quincaillerie, membre de la chambre consultative des arts et manufactures, à Tinchebray.
- Maillot (Cyprien), président du conseil de prud’hommes, à Tinchebray.
- Pichereau aîné, membre du comice de la Ferté-Macé.
- Lemeunier de la Raillière,conseiller général, maire de La Ferté-Macé.
- Blanchetière, maire de Domfront, membre de plusieurs sociétés savantes.
- Guérin, président du comice cantonal de Domfront, membre de la chambre consultative d’agriculture.
- Gouault, président du comice cantonal et membre de la chambre consultative d’agriculture, à Juvigny-sous-Andaines.
- Daligault, membre du comice central de l’arrondissement, à Fiers.
- Crué,membre du comice central de l’arron-rondissement, à La Ferté-Macé.
- Raux, maire de Mesnil-Hubert-sur-Orne, membre du comice central de l’arrondissement de Domfront, agriculteur.
- Amyot, conseiller municipal à Fiers.
- Poignant, industriel, à la Ferté-Macé.
- Dubois (Eugène), fabricant de clouterie à Saint-Gornier-des-Landes.
- Levée (Jean-Baptiste, membre du conseil de prud’hommes de Tinchebray.
- 40 Sous-comité de Varrondissement de Mortasne
- ' O
- MM. Bansard des Bois, conseiller général, président du comice agricole et maire de Bel-lême.
- Le Guay (Albert), conseiller général, président de la société hippique de Mortagne et du comice agricole de Pervenchères.
- Beau (Amédée), président du comice agricole des cantons de Moulins-la-Marche, Laigle et Tourouvre.
- Marais, président du tribunal de commerce de Laigle.
- Bohin (Paul), président de la chambre consultative des arts et manufactures de Laigle.
- Lherminier, conseiller général et industriel à Laigle.
- Fleury, conseiller général, membre de la chambre consultative des arts, et manufactures, à Auguaise.
- Aveline, membre de la chambre consultative d’agriculture, éleveur à Verrières.
- Mouchel (Olivier), manufacturier à Rai.
- Nocher fils, fabricant de chaussures à .Laigle.
- Abadie (Egbert), manufacturier, conseiller général, maire du Theil.
- Perier, directeur de la verrerie à Tourouvre
- Guillin (Edmond) fils, fabricant de toiles à Mortagne,
- Hurel-Lemée (Edouard), tanneur à Mortagne.
- Aubert, fabricant de meubles à Mortagne.
- -----------iïïi ^ WR tgl «nETiTTm _ -
- COMITÉ DÉPARTEMENTAL
- DE LA MEUSE
- Par arrêté en date du i5 avril 1887, le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général^ de l’Exposition universelle de 1889, a constitué comme suit le comité départemental de la Meuse :
- i° Sous-comité de l’arrondissement de Bar-le-Duc
- MM. Boulanger, sénateur à Bar-le-Duc.
- Develle (Louis-Charles-Edouard), sénateur à Bar-le-Duc.
- Develle (Paul-Jules), député, ministre de l’agriculture.
- Gillet (Antoine - Joseph - René), député, à Beauzée.
- Bala (Rémy-Emile), pharmacien, maire de Bar-le-Duc.
- Barrois (Eugène), inspecteur primaire à Bar-le-Duc.
- Baudot (Jules), fabricant de tissus à Bar-le-Duc.
- Bernet (Louis-Alcide), fabricant de charrues à Ménil-sur-Saulx.
- Bister (Alcide), fabricant d’engrais minéraux à Villotte-devant-Louppy.
- Boinette (Alfred-Mausuy), viticulteur à Bar-le-Duc.
- Bradfer (Jean-Baptiste), maître de forges à Bar-le-Duc.
- Brouaux (Scipion), apiculteur à Erize-Saint-Dizier.
- MM. Burgux (Joseph-Emile), constructeur-méca nicien à Bar-le-Duc.
- Champenois (Alexandre), fabricant de roues en fer à Cousances-aux-Forges.
- Champigneulle (Emmanuel) , peintre sur verre à Bar-le-Duc.
- Chapiron (Charles-Antoine), tanneur à Bar-le-Duc.
- Chevallier (Paul-Onésime), sellier à Longe-ville.
- Collin (Charles-Jean-Baptiste), ingénieur civil à Bar-le-Duc.
- Collinet (Philippe), agent-voyer e-n chef à Bar-le-Luc. '
- Comte (Xavier), imprimeur néographe à Bar-le-Duc.
- Contant-Laguerre (Antoine-Arthur), imprimeur à Bar-le-Duc.
- Coutenot (François-Emile), agriculteur à Stainville.
- Coyen (Mathieu-Alphonse), fabricant d’instruments mathématiques à Ldgny.
- Dallée (Pierre-Jules), confiseur à Bar-le-Duc.
- Delacourt (Jean-Baptiste), maître de fonderie à Robert-Espagne.
- Démoget (Louis-Charles), architecte à Bar-le-Duc.
- Deschamps (Louis-Narcisse), fabricant de produits chimiques à Lisle-en-Rigault.
- Deullin (Edouard-Adolphe), fabricant de tissus à Bar-le-Duc.
- Duhoux (Charles-Emile), exploitant de verrerie à Fains.
- Dyckoff (Frédéric), constructeur-mécanicien à Bar-le-Duc.
- Etienne (François), peintre à Bar-le-Duc.
- François (Victor-Joseph), négociant en grains à Longeville.
- Goblet (Laurent-Louis), ébéniste à Bar-le-Duc.
- Grandpierre (Eugène), marchand de bois à Bussy-la-Côte.
- Grougnard (Marcel), marchand grainetier à Bar-le-Duc.
- Guillaume (François-Paul), viticulteur à Bar-le-Duc.
- Igier (Auguste-Anème), marchand de bois à Vaubecourt.
- Jénot (Charles-Louis-Frédéric), membre de la chambre consultative d’agriculture, à Montiers-sur-Saulx.
- Konarski (VVladimir),vice-président du conseil de préfecture, président de la société des lettres, sciences et arts de Bar-le-Duc.
- Küss (Charles), ingénieur des ponts et chaussées à Bar-le-Duc.
- Labbé (Gustave-Girard), exploitant de moulins à Longeville.
- Lallement (Jean-Baptiste), fabricant de fromages à Stainville.
- Langrognet (François), inspecteur d’académie, à Bar-le-Duc.
- Lapied (Charles), horticulteur à Bar-le-Duc.
- Lardin fils (Paul-Emile), armurier à Bar-le-Duc.
- Laurent (Marie-Alexandre), membre de la chambre consultative d’agriculture, à Bar-le-Duc.
- Lesure (Ernest), viticulteur à Bar-le-Duc.
- Magron (Jules), fabricant de fromages à Noyers.
- Maréchal (Charles), peintre à Bar-le-Duc.
- Marlier (Dominique-Joseph), fabricant de tricots à Bar-le-Duc.
- Martin (Charles-Paul), bijoutier à Bar-le-Duc. '
- Massé (Albert), ingénieur en chef des ponts et chaussées, à Bar-le-Duc.
- Maupoix (Engelbert-Victor-Parfait), fabricant de machines agricoles à 1 riaucourt.
- Mérion (Auguste-Léon), fabricant de vins mousseux à Bar-le-Duc.
- Mignien (Just-Edmond-Alexandre), notaire à Nubécourt.
- Millon (Claude), agriculteur à Lisle-en-Bar-rois.
- MoatJJules), fabricant de ressorts d’horlogerie à Revigny.
- Mouilleron (Louis-Auguste), fabricant de vitraux peints à Bar-le-Duc.
- Munerel (Emile-Auguste), entrepreneur de maçonnerie à Bar-le-Duc.
- Nicolas (Alfred), exploitant de moulins à Bar-le-Duc.
- Nûcas (Eugène-Nicolas), marchand de bois à Bar-le-Duc.
- Péruy-Vilbois (Victor), fabricant de tissus à Bar-le-Duc.
- Petiot (Félix), exploitant de carrières à Sa-vonnières-en-Perthois.
- Porcherot (Emile), proviseur du lycée de Bar-le-Duc.
- Radouan (Charles-Auguste), agriculteur à Re-mennecourt.
- Richalet (Adolphe), jardinier à Bar-le-Duc.
- Roulard fils (Paul-Henri), exploitant de scierie mécanique à Bar-le-Duc.
- p.631 - vue 197/496
-
-
-
- TA
- ’-: ,--.'!r-
- : :.', ;A
- ' y î y • ryx '>Qr ‘;y--s ^yyi .y -y' 'y"*y
- --'f.
- 632. — Troisième Année. — N° 124.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1S89
- Dimanche i5 Mai 1887.
- MM. Salin (Auguste-Hyacinthe), maître de fonderie à Dammarec.
- Seyboth (Paul), brasseur à Bar-le-Duc.
- Simon (Théodore), banquier, fabricant d’optique à Ligne.
- Simonnet (Justin), fabricant de tricots à Bar-le-Duc.
- Simonnet (Marie-Frédéric-Léon), fabricant de produits chimiques à Bar-le-Duc.
- Stiegler (Georges), fabricant de corsets à Bar-le-Duc.
- Suchaux (Marie-Ferdinand), conservateur des forêts à Bar-le-Duc.
- Thé venin (Pierre-Clément-Jean-Jules-Auguste), exploitant des carrières à Aulnois-en-Perthois.
- Ulrich-Vivien (Henry-Justin), fabricant de corsets à Bar-le-Duc.
- Varien-Bernier (Jean-Remy-Paul), banquier, fabricant de papiers à Bar-le-Duc.
- Varin (Michel), vice-président de la chambre consultative d’agriculture à Vavin-court.
- Varinot (Charles), agriculteur à Talnois.
- Viard (Jules-Hyacinthe), exploitant de fours à chaux àTronville.
- Vigneulles (Nicolas-Gabriel), carrossier à Bar-le-Duc.
- Yung (Alfred), professeur à Bar-le-Duc.
- 20 Sous-comité de l'arrondissement de Commercy.
- MM. Liouyille (Henri), député à Commercy.
- André (Charles-Joseph), inspecteur primaire à Saint-Mihiel.
- Barbier (Henri), brasseur à Gondrecourt.
- Bastien (Emile-François), lithographe à Vaucouieurs.
- Boulet (Jules), fabricant de fromages à So-rey.
- Cabeley (Gustave), marchand de bois à Hou-delaincourt.
- Cochard (Fernand), fabricant de chaussures à Commercv.
- Colson (Jules), agriculteur à St-Aubin.
- Daget (Emile), viticulteur et conseiller d’arrondissement à Saint-Maurice.
- Davion (Nicolas-Joseph), fondeur en cuivre à Saint-Mihiel.
- Didiot (Jean-Baptiste-Jules), maître brodeur à Sampigny.
- Doyen (Emile), directeur de l’école primaire départementale agricole Descomtes à Ménil-la-Horgne.
- Drouin (Emile), tanneur à Commercy.
- Duboachet (Honorât), maître de forges à Commercy.
- Duc (Ladislas) fabricant de gilets de flanelle à Vaucouieurs.
- Garnier (Charles), tanneur à Gondrecourt.
- Gasne (Louis-Antoine), propriétaire-exploitant de la fonderie de Tusey, secrétaire de la chambre syndicale des métaux de Paris, à Vaucouieurs.
- Gautier-Varinot (Gustave), exploitant de carrières à Lérouville.
- Godard (Paul), tanneur à Vaucouieurs.
- Grosdidier (René), maître de forges à Commercy.
- Henry (Gustave), professeur de dessin à l’école normale et au collège, à Commercy.
- Malard (Auguste), propriétaire à Commercy.
- Mansuy (Emile), minotier, à Saint-Mihiel.
- Merlier (Léopold-Hippolyte) , lunetier, à Saint-Mihiel.
- Messain (Alexandre-Léopold), mécanicien à Vaucouieurs.
- Phasmann (Augustin), adjoint au maire, à Saint-Mihiel.
- Pierson (Martin), sculpteur à Vaucouieurs.
- Poincaré (R.), conseiller général.
- Prud’homme (Napoléon-Alexandre), professeur départemental d’agriculture à Commercy.
- Quilly (Joseph-Oscar), cultivateur et conseiller d’arrondissement, à Taillancourt.
- Raulx (Etienne-Adolphe), membre de la chambre consultative d’agriculture, à Vil-lotte-devant-Saint-Mihiel.
- Renaud (Jean), inspecteur primaire, à Commercy.
- Salmon (Félix-Albert), maître de forges,président de.la chambre de commerce de Bar-le-Duc, à Abainville.
- Simon (Théodore-Jean-Baptiste), brasseur à Vaucouieurs.
- Thouin (Louis-Gustave), cultivateur et con-. seiller d’arrondissement, à Bislée.
- Vaissade (Albert), directeur de l’école normale des instituteurs delà Meuse, à Commercy. ,
- Véraud (André), imprimeur à Saint-Mihiel.
- Verneau (Alphonse), architecte départemental, à Commercy.
- o° Sous-comite de /’arrondissement de Montmédy
- MM. Royer (Gabriel-Antoine), député, à Spin-court.
- MM. Baudson (Edouard), bois sciés, parquets, à Dun-sur-Meuse.
- Beauzée (Nicolas), broderies, à Stenay.
- Charpentier (Eugène), bois de placage, à Dun-sur-Meuse.
- Chevillard (Nicolas), imprimeur lithographe à Stenay.
- Cochard (Achille) , fourrages conservés, à Montmédy.
- Cochon (Auguste), fabricant de biscuits et macarons à Stenay.
- Dagognet (Jean-François) père, tabletier à Amel.
- Delayre frères, marchands tailleurs à Montmédy.
- Drappier (Jules), négociant en bois à Stenay.
- Hohweiller (Edouard), tabletier à Senon.
- Lagosse (Adolphe), architecte à Montmédy.
- Lhote (Joseph), boissellerie à Eton.
- Michaux (Charles), fabricant de chaussures à Montmédy.
- Mistouflet (Joseph), tapissier - ébéniste à Montmédy.
- Montrichard (de) (Gérard), inspecteur des forêts à Montmédy.
- Neveux (Joseph-Auguste), forgeron à Montmédy.
- Nicaise (François-Barthélemy), tabletier à Amel.
- Parent (Jules), broderies, à Stenay.
- Périquet (Emile), fromagerie, à Mouzay.
- Picoré (Alexandre-Cécile), horticulteur à Montmédy.
- Pierron (Charles) , inspecteur primaire à Montmédy.
- Piarrat (Philogène), imprimeur-éditeur à Montmédy.
- Pilard (Albert), filateur de laines à Pouilly.
- Poterlat (Edouard), horticulteur à Stenay.
- Purson (Adrien), fabricant de baignoires pour chevaux à Stenay.
- Renette, directeur du conseil d’administration des forges, fonderies, laminoirs, aciéries, à Stenay.
- Roussel (Edmond), sous-ingénieur des ponts et chaussées à Stenay.
- Sommeillier (Jules), distillât, à Montmédy.
- Sommeillier (François-Xavier), brasseur à Montmédy.
- Visseaux (Emile), minotier à Stenay.
- 40 Sous-comité de l'arrondissement de Verdun
- MM. Buvignier (Jean-Charles-Victor), député à Verdun.
- Aron-Blum (Léonard), fabricant de lingerie à Verdun.
- Baudot-Mabille (Louis), ancien confiseur à Verdun.
- Belot (Léon), brasseur à Verdun.
- Biaise (René), secrétaire de la société d’agriculture à Verdun.
- Boudeaux (Edouard-Henry-Alexandre), fabricant de chaises à Verdun.
- Brouette-Vessely, fabricant de tuiles à Clermont.
- Chenevrier (Paul), architecte à Verdun..
- Chompreq (Alexandre), distillateur et agriculteur à Foameix.
- Couten (Louis), minotier à Verdun.
- Eustache, distillateur à Hertnéville.
- Faillette (André-Jules-Emile), agriculteur à Varennes et Charpentry.
- Floquet (Félix), mécanicien à Etain.
- Frizon (Nicolas-Ursin), bibliothécaire de la ville, à Verdun.
- Godfrin (Alfred), docteur en médecine à Clermont.
- Guy (Eugène), agriculteur à Verdun.
- Henry (Emile), marchand de bois à Thier-ville.
- Henry (Ferdinand), propriétaire à Bras.
- Hochedé (Pierre-Joseph-Auguste), mercier à Verdun. _
- Lambert, agriculteur à Etain.
- Larzilière (Félix-Hippolyte), inspecteur des forêts, à Verdun.
- Laureaux (Bernard), conducteur faisant fonctions d’ingénieur des ponts et chaussées, à Verdun.
- Laurent (Numa-Victor), propriétaire à Her-beuville.
- Laurent (Charles), imprimeur à Verdun.
- Leblan (Léon), agriculteur à Woël.
- Lecourtier (Emile), agriculteur à Bras.
- L’hôte (Edouard), inspecteur primaire, à Verdun.
- Lœvenbruck (Paul), agriculteur à Eix.
- Lombard (Jean-Nicolas-Edmond), professeur de dessin au collège de Verdun.
- Louis (Camille), marchand de bois à,Verdun.
- Louis (Théophile) , mécanicien à Sou-hesmes.
- Marche, mécanicien à Rouvre.
- Marlœuge (Emile-Victor), constructeur-mécanicien à Verdun.
- Maury (Louis), ancien fabricant de passementerie, à Verdun.
- MM. Mercier (Jules), entrepreneur à Verdun.
- Mitaine (Jean-Baptiste),principal du collège de Verdun.
- Molinet (Henry), propriétaire à Dieppe.
- Paul (Justin), négociant à Etain.
- Pérignon (Louis), entrepreneur à Verdun.
- Pérignon (Pierre-François), propriétaire à Heippes.
- Prud’homme-Havette (Louis), fabricant de bonneterie à Etain.
- Robat (Albert), agriculteur à Auzéville.
- Sautt (Charles-Prosper), tanneur à Etain.
- Schemouder (Louis), filateur à Ornes.
- Tourte (Théophile), fleuriste à Verdun.
- Toussaint, mécanicien à Châtiilon.
- Valentin (Bernard-Nicolas), pépiniériste à Fresnes-en Woèvre.
- Van-Weerssenn (Bernard), fabricant de chaises à Sommedieux.
- Vignon-Créauge (Jean-Baptiste), agriculteur à Dugny.
- Vincent (Eugène-Henri) , directeur de l’usine des produits chimiques, à Aubré-ville.
- Willemin (François), propriétaire à Moge-ronville.
- L’ITALIE
- ET L’EXPOSITION DE 1889
- La Tribuna,]ournal officieux de Rome, a publié, dans son numéro du 21 avril, l’article dont nous donnons plus bas la traduction, article qui, par les sentiments de sympathie qu’il exprime pour la grande œuvre de 1889, a eu un énorme retentissement de l’autre côté des Alpes. Reflet de l’opinion libérale, expression des vœux de la majorité du pays, il nous assure — ce n’est pas nous avancer que de l’affirmer dès maintenant — la participation de cette puissance amie, sœur et alliée naturelle dont la place fut toujours remplie avec tant d’éclat dans nos solennités industrielles.
- Nous savons d’ailleurs qu’une active campagne est menée là-bas par des hommes d’une incontestable valeur et d’un libéralisme éclairé, tels que le commandeur Carpi, qui fut délégué à notre précédente exposition universelle, représentant du gouvernement italien à Anvers, à Amsterdam, à différents congrès, en un mot dans toutes les manifestations importantes de la vie internationale et qui, nous l’espérons, viendra en 1889 organiser avec la compétence qu’on lui connaît l’exposition de l’Italie à Paris où son aimable courtoisie a laissé les meilleurs souvenirs.
- Voici la traduction de l’article de la Tribuna :
- Sur la foi d’informations, prises aux sources mêmes, nous avons démenti il y a quelques jours, la nouvelle que l’on nous adressait de Paris, d’un refus fait par l’Italie de participer en iSSgàTexpo-sition française.
- L’assurance à nous donnée et publiée ici, que l’invitation officielle n’était point encore parvenue à notre gouvernement, pouvait, nous a-t-on fait observer depuis, être fondée et conforme à la vérité quant au ministère de l’agriculture et du commerce auquel nous nous étions adressés mais qu’on n’en pouvait dire autant du ministère des affaires étrangères auquel devait parvenir .naturellement et est parvenue peut être l’invitation elle-même, sans que, jusqu’ici, cette invitation ait été communiquée aux autres départements intéressés.
- Nous ne pouvons vérifier ce qu’il y a de vrai dans cette hypothèse.; Elles seraient d’ailleurs passablement extraordinaires les raisons qui, si nous en devions croire le Popolo Romano, Conseilleraient un si long et si minutieux examen de la matière par le ministère des affaires étrangères.
- Défait, ce ne sont pas seulement nos rapports avec la France, l’état de notre. industrie et la situation de nos finances, qui doivent, dans la circonstance présente, déterminer notre conduite. Il est, dit le Popolo Romano, des égards, des raisons de convenances, envers d’autres puissances, dont nous ne pourrons ne point tenir compte.
- Et ces puissances, qui ont toujours eu une certaine antipathie pour l’événement dont le Centenaire coïncide avec l’exposition, montrent d’autant plus de répugnance qu’elles se sont donné en tâche la mission providentielle de sauver la Société en décadence en la ramenant au sain régime de la politique conservatrice.
- Les cloches du Vatican ont sonné la fin du Carnaval, les gens bien pensants, les monarchies conservatrices ont commencé le carême. Elles
- Voir la suite page 63 y.
- p.632 - vue 198/496
-
-
-
- Troisième Année. — N° 124.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE iSSg.
- Dimanche 16 Mai 1SS7. — 633.
- SALON DE
- (Suite)
- L. Bonnat. — Portrait d’Alexandre Dumas.
- Carolüs Duran.'— Andromède.
- F. Flameng. — Abélard sur la montagne Sainte-Geneviève. — (Fragment.)
- pl.633 - vue 199/496
-
-
-
- 634 et G35i — Troisième Année. — N° '.24
- LE MONITE^g ^EXPOSITION DE 1889.
- SALON Je 1887
- (Suite)
- Dimanche 16 Mai 1SS7
- t
- » Ch. Chaplin. — Dans les rêv& " Dessin original aux trois crayons.
- p.dbl.n.n. - vue 200/496
-
-
-
- 636. — Troisième Année — N° 124,
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1SS9.
- Dimanche 16 Mai 1887.
- SALON DE 1887 (Suite)
- Karbowski. — Décoration.
- A. Fourié. — Un Repas de noces à Yport.
- pl.636 - vue 201/496
-
-
-
- Troisième Année. — N° 124.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche i5 Mai 1SS7.— 637.
- font maigre, vont au sermon, se réconcilient avec Dieu. L’Italie voudra-t-elle agir autrement qu’elles et aller à Paris célébrer les saturnales de la liberté ?
- Ces graves considérations préoccupent à juste titre le Popolo Romano ; nous n’y avions, pour notre part, point songé , il le faut confesser. Les événements d’il y a cent ans, que d’autres ne mentionnent point sans un sentiment mal dissimulé d’horreur et sans rappeler, à côté des torrents de lumière qu’il ont versés, les ténèbres et les souillures, ces événements, nous croyons qu’on ne pouvait les rappeler en Italie avec d’autres sentiments que la joie et l’orgueil.
- C’est d’eux que date notre troisième résurrection morale, intellectuelle et politique ; ils sont le fondement, la base de notre droit public, des institutions qui nous régissent. L’admirable élan de la pensée- humaine, les progrès de l’industrie et du crédit, n’eussent pas été possibles sans eux.
- Leur lumière a converti les plus aveugles ; s’il est des monarchies qui croient devoir s’irriter à leur souvenir, il en est d’autres qui ne méconnaissent pas qu’elles sont filles de la Révolution et n’ont de meilleur désir que de marcher avec la Liberté et la Démocratie.
- La politique conservatrice aura triomphé ailleurs ; mais l’essai qu’on a fait de l’acclimater chez nous a eu tant de îortune qu’il s’est terminé par l’inéluctable nécessité d’appeler au pouvoir deux vaillants amis de la liberté et de la démocratie.
- Est-ce dans un tel moment que prévaudront les conseils de prudence, les égards délicats, les conséquences qui devraient dissuader l'Italie de prendre part à l’Exposition française en 1889 i Nous ne l’avons jamais cru. La conviction que l’Italie devrait, dans le cas présent, suivre son propre conseil, les inspirations de son caractère, de son histoire, est unanime. Le général de Robilant lui-même, sous le ministère duquel s’ouvrirent les premières négociations, n’hésitait pas à déclarer que l’Italie devait participer à l’Exposition.
- Et aujourd’hui que nous avons entendu avec quel genre d’arguments, avec quel respect de notre dignité, de notre personnalité on soutient le contraire; aujourd’hui que nous savons que notre refus digne en vérité de ceux qui se se cas-traverunt propter regnum cælorum, n’aurait d’autre but que d’embellir le triomphe de la politique conservatrice; aujourd’hui nous sommes encore' plus persuadés que l’Italie, avec le concours du gouvernement, prendra à l’Exposition la part qui lui appartient.
- ÉCHOS
- Paris
- Lundi dernier, grande affluence au Palais des beaux-arts, quai Malaquais, pour l’ouverture, d’abord fixée au 1er mai puis remise au 9, de l’exposition des œuvres de J.-F. Millet.
- Un peu après deux heures sont, arrivés M. le Président de la République, Mnie Wilson, M. le Président de la Chambre et Mme Charles Floquet, M. Berthelot, ministre de l’instruction publique, M. Kaempfen, directeur des beaux-arts.
- Les honneurs étaient faits par MM. Guillaume et Bonnat.
- Dans l’assistance, MM. Charles Garnier, Alfred Stevens, Willefroy, Puvis. de Chavannes, Burtv, Mesureur, Auguste Vacquerie, Feyen-Perriii, Tony-Robert Fleury, la famille de Millet, etc.
- Grand, très grand succès!
- ¥ *
- Les artistes et amateurs désireux de parliciper à l’Exposition historique de Montmartre sont invités à s’adresser pour tous renseignements à M. Rodolphe Elina, 27, rue Tholozé. Les envois devront représenter un sujet ayant trait à Montmartre ancien ou moderne; ils seront reçus dès maintenant et pendant toute la durée de l’Exposition (G mois), qui sera prochainement. ouverte dans un baraquement construit rue Caulaincourt, sur l’emplacement de la butte.
- Dimanche dernier 8 mai s’est ouverte à la galerie Georges Petit, rue de Sèze, la sixième exposition de la Société internationale de peinture et de sculpture.
- Parmi les exposants français : M. Cazin, le maître paysagiste, avec neuf tableaux, MM. John-Lewis-Brown, Monet, Raffaelli et Rodin.
- Parmi les étrangers, MM. Kroyer, Iiarrison, Pokhitonovv, etc.
- *
- ¥ ¥
- Un groupe d’artistes a vu, dans le bruit et la spéculation qui se font autour des œuvres de quelques étoiles, une sorte d’étouffement d’artistes distingués, dont les œuvres ne se connaissent ni ne se vendent, faute d’être lancées par le marchand et de provoquer, par le nom de leurs auteurs, un mouvement de spéculation et de réclame; d’autre part, l’anéantissement de l’ama-
- teur modeste qui achète les œuvres pour elles-mêmes et parce qu’il les aime.
- Il ne faut pas que l’art prenne ainsi une tendance mercantile.
- Le groupe a pensé que l’artiste ne pouvant rien par lui-même, ayant besoin d’intermédiaires, de locaux, de publicité, d’une action commerciale, en un mot, il était nécessaire de constituer une Société, qui mît à sa disposition tout ce que nous avons.énuméré et par cela même de plus grandes facilités de vente.
- Cette Société faciliterait aussi les achats de l’amateur, en lai présentant œuvres et prix les plus divers, et cela par des expositions fréquentes et variées, organisées par elle, tant dans ses galeries qu’en province et à l’étranger.
- Les premiers jalons de l’entreprise sont posés; il s’agit maintenant de tenter un essai préliminaire.
- Notre confrère, le Journal des Artistes, a publié dans son numéro de dimanche dernier d’intéressants détails, auxquels nous renvoyons les intéressés, sur cette entreprise intéressante et sur l’organisation de la série d’expositions préliminaires.
- Ajoutons que les adhésions sont reçues chez M. E. Debon, artiste peintre, secrétaire général de la Société libre des artistes français, 99, rue de Vaugirard, et chez M. A. Reichardt, 25, rue Etienne-Marcel, qui seront chargés: M. E. De-bon de la direction des affaires artistiques ; ,M. Reichardt de la direction matérielle.
- , En cas d’adhésions suffisantes, une première exposition pourrait s’ouvrir à bref délai.
- * *
- Départements
- Aujourd’hui dimanche 15 mai a lieu à Amiens, dans une annexe du Musée de Picardie, l’ouverture de la vingt-septième exposition de la Société des Amis des Arts de la Somme.
- *
- * *
- A signaler encore parmi les expositions de province : l’intéressante exposition artistique de l’Hérault à Montpellier, et la très belle exposition des Arts industriels de Roubaix, organisée par les soins de la Société artistique de Roubaix-Tourcoing. Tapisseries, tentures, meubles, bronzes, faïences, émaux, en un mot tous les spécimens de l’art décoratif y figurent.
- *
- * ¥
- ETRANGER
- Allemagne
- Il est très sérieusement question d'organiser à Hambourg, en 1889, une grande exposition où prendront place, à côté des productions de toutes les industries particulières à la ville, les produits allemands exportes par ce port et les matières premières importées par les manufacturiers fabricants et industriels de l’Allemagne.
- Cette exposition serait surtout organisée en vue d’importants changements dans l’organisation douanière, depuis quelque temps à l’étude ou en préparation, et dont l’achèvement est l’affaire de quelques semaines.
- *
- * *
- Ajoutons que l’Association industrielle et la Société des industries artistiques ont nommé deux commissions, qui, dans une réunion générale se sont prononcées pour l’organisation de cette exposition, qui aurait lieu de mai à septembre 1889.
- *
- ¥ *
- La Société centrale de géographie commerciale de Berlin a pris une délibération en faveur d’une participation de l’industrie allemande à l’exposition de Narbonne (1888). Cette résolution insiste sur l’importance et l’utilité d’une telle participation, choisie, sérieuse et nombreuse, au point de vue du commerce d’exportation, et charge le comité directeur de la Société de faire des démarches auprès du gouvernement impérial, pour obtenir de lui l’envoi à Melbourne d’un commissaire général et un appui officiel pour les exposants allemands.
- * -¥
- Une importante exposition internationale de boulangerie, organisée par l’union dés boulangers allemands à l’occasion de son 8e congrès, aura lieu à Dresde en août prochain.
- •*
- * *
- Angleterre
- Une série d’inaugurations vient d’avoir lieu.
- C’est d’abord, le mardi 3 mai, l’ouverture, par leurs A. R. le prince et la princesse de Galles de l’exposition de Manchester, la première en date des nombreuses solennités industrielles dont la Grande-Bretagne verra cette année l’éclosion.
- Puis le jeudi 5 mai, l’inauguration par la princesse Béatrice, fille de la Reine, accompagnée du prince Henry de Battenberg, son mari, de l’exposition jubilaire du comté d’York, à Saltaire.
- C’est enfin, le 9 mai. l’ouverture à Earl’s Court de l’exposition américaine, et le mercredi 11 mai, l’inauguration officielle par le duc de Cambridge, accompagné du vice-roi d’Irlande, de l’exposition industrielle et minière de Newcastle.
- ¥ *
- Rappelons qu’une exposition internationale des arts, des sciences et de l’industrie, due à l’initiative privée, aura lieu à Glasgow, en 1888. Le secrétariat général de l’exposition est à Glasgow, 27, St-Vincent Place.
- Belgique
- Une subvention de 250,000 francs, proposée par le Collège communal de Bruxelles, en faveur du concours général des sciences et de l’industrie (1888), vient d’être votée par le conseil communal de cette ville.
- * *
- Chili
- Le mardi 1er novembre 1887 ouvrira à la Quinta normale d’agriculture de Santiago un concours spécial de machines à main ou à moteur pour le traitement et la préparation du lin, quant à la séparation de la pulpe, des tiges, feuilles et autres parties inutiles.
- La meilleure machine ou série de machines recevra un prix de cinq mille francs que décernera tin jury de cinq membres nommé par le conseil de direction de la Société du Fomento Fabril.
- Le jury s’attachera aux conditions suivantes : degré de perfection dans la production; prix de revient de celle-ci; simplicité des appareils, leur solidité et leur prix.
- Russie
- Tout fait prévoir que la prochaine exposition dTekatherinburg, dont nous avons déjà parlé à cette place, aura un réel succès et constituera un attrayant et intéressant tableau des productions de la Sibérie et de l’Oural.
- On assure à notre confrère Invention que le moment le plus favorable pour visiter cette exposition sera tout le mois de juillet et la première quinzaine d’août.
- Un comité spécial est chargé de recevoir les visiteurs, de leur donner tous les renseignements nécessaires sur la ville et les détails du séjour.
- EXPOSITION DU HAVRE
- Il nous est impossible défaire un compte-rendu détaillé de l’inauguration de l’Exposition du Havre, n’ayant pas reçu d’invitation pour cette solennité.
- Nous emprunterons au correspondant du Temps les textes des discours qui ont été prononcés à cette occasion :
- Le samediy mai, à 3 heures etdemie,MM.Goblet, président du conseil des ministres, et Lockroy, ministre du commerce et de l’industrie, arrivaient avec leur suite au Palais de la Bourse.
- M. Latham, président du comité de l’Exposition, a pris le premier la parole. Son allocution simple, courte, débitée avec une belle aisance flegmatique, est très applaudie ; il a remercié les ministres et les autorités qui étaient venus honorer cette cérémonie de leur présence ; puis il a fait un rapide historique des transformations que le Havre a subies pendant ces dernières années. « Nous avons,, a-t-il dit, doublé nos aménagements commerciaux, reconstruit deux bassins, creusé un bassin neuf, le bassin Bellot, et un canal, le canal de Tancarville, bâti la Bourse, le cercle Francklin, un lycée de filles, percé le boulevard Maritime, installé des tramways, enfin établi les innombrables écoles qui placent notre ville au premier rang de celles qui se sont imposé des sacrifices pour instruire le peuple et le rendre plus heureux.
- M. Bénard, organisateur de l’exposition, a parlé après M. Latham. Il a rappelé que le Plavre avait déjà eu une exposition immédiatement après celle de Paris en 1867 ; mais le Havre ne pouvait toujours vivre de ces souvenirs. Après le succès des expositions d’Anvers et de Liverpool, il se devait à lui-même de donner, dans une nouvelle tentative, la mesure de son initiative et de ses ressources. Et M'. Bénard indique les raisons ingénieuses qui ont donné l’idée d’établir cette exposition au cœur même de la ville, « autour de ce vieux bassin du Commerce dont la destinée a été associée à toutes les vicissitudes de notre fortune ».
- Le dernier avant les ministres, se lèveM. Hendlé. Il parle d’abondance avec une facilité charmante. La partie de son discours où il loue l’initiative si remarquable des Havrais, qui cette fois encore n’ont demandé au gouvernement « que ses sympathies et un concours moral », a un vif succès. On n’accueille pas avec moins de faveur ce qu’il dit
- p.637 - vue 202/496
-
-
-
- 638. — Troisième Année, — N° 124.
- de l’accord des chambres de commerce de Rouen et du Havre au sujet des travaux à exécuter à l’embouchure de la Seine.
- Puis M. le président du conseil se lève pour répondre.
- Il remercie les Havrais de l’accueil chaleureux qu’ils ont fait aux ministres. Il rappelle que,, personnellement, il a déjà eu l’occasion de venir au Havre quand il était ministre de l’instruction publique, pour présider le congrès international des instituteurs et inaugurer le lycée de filles. Puis il ajoute :
- « Messieurs,
- « C’est une chose digne de remarque que ce grand essor qu’a pris la ville du Havre ne date que de quelques années. Auparavant, le Havre était déjà une grande ville maritime, notre port principal vers l’Océan, comme Marseille sur la Méditerranée. Sans doute les communications avec les pays d’outre-mer n’étaient ni aussi fréquentes ni aussi rapides qu’elles le sont devenues.
- « Vous n’en étiez pas moins la porte de la France, ouverte sur les contrées du Nord et sur l’Amérique, comme Marseille sur les pays d’Orient. Déjà le Havre, comme Marseille, était appelé à rivaliser avec les grands ports des nations voisines. Mais tandis qu’Anvers et que Gênes grandissaient à l’envi, de notre côté qu’avait-on fait pour soutenir la concurrence ? Et cependant, dans la lutte universelle où les peuples se disputent les divers marchés du monde, la victoire appartient aussi aux plus forts et aux mieux armés. . '. . . .
- « Votre seconde exposition,consacrée-également aux choses de la marine, nous offre le spectacle des perfectionnements de la navigation universelle à vapeur ou à voile, ainsi que des ressources des industries diverses qui se rattachent à la navigation. Navires de toute sorte, depuis les bâtiments de grandes dimensions de la. marine militaire ou de la marine de commerce jusqu’aux bateaux de pêche et aux simples canots et yatchs de plaisance, modèles de constructions, machines, armement, outillage de la pêche, produit des colonies: tel est le vaste ensemble de choses maritimes que vous avez réunies et qui, indépendamment de vos expositions accessoires et de vos divers concours, vont, durant plusieurs mois, attirer la foule et l’instruire en l’intéressant.
- Mais il ne vous suffisait pas de vous comparer à vous-mêmes, afin de mesurer les résultats acquis; vous avez voulu que cette exposition fût internationale, et je remarque que c’est le caractère que vous donnez volontiers à vos fêtes, puisqu’il en était de même de ce congrès d’instituteurs que je rappelais il y a un instant. Ainsi le veut notre nature. Dans ces relations lointaines que nous ouvre notre commerce, dans ces échanges avec toutes les nations du globe, bien loin de chercher des sujets de rivalités ou de conflits, vous ne voyez que l’occasion de rencontres pacifiques, et votre premier mouvement est toujours.de traiter les étrangers en amis. Votre exposition internationale est une manifestation nouvelle des véritables sentiments de ce pays, qui ne demande qu’à vivre en bonne intelligence avec les autres, et à poursuivre dans la paix le développement de sa grandeur industrielle et commerciale.
- « Puisse cette exposition préparer les voies à celle que nous avons projeté d’ouvrir dans deux ans, et à laquelle mon honorable collègue et ami, M. le ministre du commerce et de l’industrie, consacre un zèle et une activité bien dignes d’être récompensés par le succès. »
- M. Lockroy parle dans le même sens : l’exposition du Havre lui apparaît comme la préface de la grande Exposition de 1889. Le ministre du commerce ajoute :
- On dit en vain : Prenez garde, les expositions sont dangereuses, l’étranger y surprend vos secrets, emporte vos modèles, trouve là des éléments de concurrence. Non, messieurs, les faits l’ont démontré : ce n’est pas dans les expositions que le danger existe, c’estdans les manufacturesetdans les usines qu’on peut surprendre les secrets de fabrication ; c’est dans les étalages permanents des magasins de vente qu’on peut copier les modèles
- Les expositions nationales ou internationales ne sauraient jamais compromettre en rien le commerce ni l’industrie de la France. Mais ce à quoi elles servent, c’est à entretenir entre les producteurs du pays une émulation salutaire, c’est à les pousser à une production plus parfaite, à diriger leurs efforts vers le progrès ; c’est à accroître de plus en plus, par une ardeur plus grande au travail, la prospérité, la richesse du pays.
- Chaque exposition, soit à . l’étranger, soit en France, a marqué, depuis 1870, une étape vers le relèvement de la patrie. C’est là seulement, sur le terrain neutre des expositions, qu’elle a pu témoigner encore de sa vitalité et de sa force, et peut-être a-t-elle étonné les nations ses voisines quand, après ses défaites, on l’a retrouvée encore si puissante dans les luttes de l’industrie et du travail. Oui, c’est là qu’elle s’est manifestée pour la première fois, qu’elle est apparue telle qu’elle était avant 1870, et le monde a compris qu’il fallait encore compter avec elle, alors qu’on la croyait
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1809.
- morte, ses industriels, ses commerçants, ses ouvriers l’ont montrée vivante !
- Elle a refait son entrée sur le champ de bataille pacifique, grandie peut-être par le malheur, digne toujours de l’admiration du monde et quelquefois de sa jalousie. Et quand elle a appelé toutes les nations chez elle au grand concours de 1878, ne i’avons-nous pas sentie revivre de la vie internationale ?
- Que ceux-là qui craignent les expositions se rassurent donc. La vôtre, messieurs, est aussi bien que les autres, plus encore peut-être, une preuve de rare énergie vitale. Elle est aussi, comme celle de 1889, dont les travaux avancent rapidement, la démonstration irréfutable de son dessein de maintenir la paix. (Applaudissements.)
- Oui, ces palais qui s’élèvent, ces forges allumées où la fonte, le fer et l’acier se courbent en galeries immenses, pour abriter les produits des deux mondes, ces invitations adressées à toutes les nations pour concourir à une exposition universelle, les travaux gigantesques qui se continuent paisiblement, sont une réponse permanente, une réponse visible et palpable à ceux qui, si légèrement. nous accusent de vouloir nous lancer dans des aventures guerrières. (Applaudissements répétés.) Mais, si ces travaux sont une réponse à des accusations et à des assertions si peu fondées, n’attestent-ils pas aussi, messieurs, la puissance d’un pays décidé à ne laisser attenter ni à sa sécurité ni à son honneur ? (Applaudissements longtemps répétés.)
- SALON DE 1887
- (Suite.)
- SALLE N® IO
- 1735. Bataille de Reischoffen. M. Aimé Morot a donné là une composition assez animée, malheureusement son coloris manque de verve et offre un peu les teintes plates d’Epinal. A gauche, un cheval de cirque exécute en l’air des exercices sur une corde raide imaginaire.
- 1736. Portrait de Afüe ***. Même défaut chez cet ouvrage du même artiste, les tons des chairs sont plats. En revanche, le satin de la toilette est très heureusement traité.
- 1727. Portrait de Mm0 et de Mlle ***. Deux beaux portraits bien vivants par M. Moreau, de Tours ; mais cette maman me paraît avoir eu son bébé un peu tard, en pleine maturité. Il est vrai qu’il est toujours temps pour bien faire.
- 1734. Solitude. M. Morlot n’a pas voulu manquer à la tradition ; il nous a offert le plat d’épinards sans lequel il n’y a pas de bonne exposition de peinture. Après vous, s’il en reste.
- 1724. Une Mascarade au XVIP siècle. Très aimable toile de M. Adrien Moreau. C’est pimpant, d’une grande richesse de ton et en même temps d’une grande facilité d’exécution. Lé chatoiement des costumes ne laisse rien à désirer.
- 1722. Portrait de Mile Rachel Boyer, de l’Odéon. M. Boutet de Monvel a représenté M118 Rachel Boyer en Diane chasseresse avec sa fameuse mèche sur le front qui n’a rien de mythologique. Elle ramène sur ses épaules une peau de tigre qui se refuse à cacher la poitrine galamment décolletée. Jamais trop, à mon goût. La ressemblance du visage est parfaite bien qu’un peu violacée à la façon de Chaplin. En somme, portrait fort réussi et'digne du modèle.
- 1701. Sur le chemin de l’école. Comme le bien regretté Moullion, M. Minet, qui est un. excellent élève de Guillemet, nous montre deux fillettes de paysans, d’un naturel très étudié et ne sacrifiant rien à la convention, arrêtées le long des blés où elles cueillent des coquelicots. Beaucoup de vérité et une excellente facture.
- 1757. La charité, s’il vous plaît, de M. Ch. L. Muller. Une pauvre petite vendeuse de fleurs au visage souffreteux, appuyée contre une vitrine de joaillier tend la main aux passants. La conception est touchante et le rendu d’un talent qui n’est plus à juger.
- A signaler : 1820 Che7 le chaudronnier,
- d’excellents cuivres et étains par M. Otemar ; 1709, Portrait de M. Buffet par M. Monchablon ; i63o, le retour du Bayard, très belle marine de M. Mathon ; iy38, la Visite de la marquise par M. Mosler; 17m et 1716, l’Etang de Mauvernet et Prairie au soleil de M. Camille Monnier.
- SALLE N° 8
- 1698. Rafsund (Norvège). Toujours les mêmes cabanes au bas des mêmes montagnes moussues, le même vapeur sur les mêmes eaux transparentes, mais enfin il faut bien reconnaître que les paysages de M. Adelsten Normannsonttoujoursmerveilleux, attrayants et brossés de façon hors ligne.
- 1777. Les Affligés. On a bien souvent traité ce sujet archiclassique d’Adam et Eve portant le corps inanimé d’Abel, mais il faut avouer que M. Némoz a particulièrement réussi son travail. En teiate de grisaille d’une grande nervosité, l’énergie du visage d’Adam, la tête éplorée d’Eve appuyée sur celle inerte d’Abel, le reflet verdâtre du cadavre placé sur l’épaule d’Adam sont réellement traités avec
- Dimanche i5 Mai 1SS-7.
- habileté. Seul le raccourci de la jambe droite du dernier me semble un peu exagéré.
- 6733. Lancement d’un bateau de sauvetage. Il y a une vie intense et une force extraordinaire dans cette toile qui est en outre une fort belle peinture de M. Antoine Morlon. La mer déferle au premier plan sur les braves sauveteurs avec une telle violence qu’on se sent mouillé dès qu’on approche.
- i5oo. Samson. Au risque de m’attirer une méchante affaire avec le tombeur de Philistins, je dois déclarer que ce Samson ne m’a pas l’air d’une force bien féroce. En tout cas il tourne sa meule sans conviction et ses muscles ne craqueront pas de ce coup-là. De même, M. Paul Leroy a donné à son jeune gardien une physionomie qui fleure diantrement son faubourg Antoine.
- 1458. Morning-Glory, de M. Jules Lefebvre dont j’ai déjà cité deux portraits dans mon précédent article. Elle est délicieuse cette fillette d’un blond éthéré, sa ceinture mauve retenant mal sa tunique de gaze ; elle place des fleurs dans ses cheveux pat-un mouvement charmant et d’une grâce exquise.
- 1783. Combat de Hoff. M. Gustave Neymark, un des jeunes qui donnent les plus solides promesses, nous présente une excellente oeuvre destinée à la salle d’honneur du 10e régiment de cuirassiers. Dans le ciel gris, se détachant sur la neige qui se ternit, les cuirassiers français dont les sabots des chevaux s’enfoncent, chargent et détruisent l’arrière-garde russe. Belle perspective bien observée avec des groupements et un mouvement d’ensemble parfaits.
- 1423. Le ier septembre. M. Laurent-Gsell a reproduit la séance qui eut lieu à cette date chez M. Pasteur, au moment où il inocule le virus rabique à un jeune enfant. Très bon morceau. Le bébé' qui tressaille sous la piqûre en tournant la tête; l’air bien contemplatif de l’Arabe et de paysans russes qui regardent ; le visage finement observateur de M. Pasteur et de ses aides font de cette toile une œuvre animée et comprise.
- i3y3. Judith-, U74, Algérienne. Deux jolis motifs, bien fins de tons et d’une bonne œuvre. Vous me direz que tous les peintres font bien les Judith ; cela ne retire rien au mérite de celle-ci auquel l’artiste a donné le physique énergique de Mma Segond-Keber. Quant à Y Algérienne, elle est charmante de paresse, de nonchalance en grattant son tambourin.
- 1671. Soleil couchant. Une splendide marine. M. Mesdac nous montre tout simplement, avec un ciel qui s’assombrit, une mer reflétant les dernières lueurs du soleil. Il y a là une impression d’nifini admirable.
- i5q3. Petit berger. Un enfant contrefait. Fi le vilain 1
- 1469. Portrait de Mlle P... Eh bien M1Ie P... est des plus agréables à voir avec sa coiffure en Tour Eiffel. L’expression du visage est vivante au possible et fait honneur à la titulaire d’abord et à M. Lehmann, l’habile artiste qui l’a offerte à notre, admiration.
- 1610. Ugolin. M. H.-G. Martin a peint dans un cachot noir, un Ugolin noir avec ses enfants noirs sur un cadavre vert. C’est-peut-être la vérité, mais, toute vérité n’est pas bonne à peindre. Il va. sans dire que cette toile n’est pas destinée à une salle à manger, ni à un salon, ni à une chambre à coucher, ni à une antichambre. Mais alors à quoi. A une galerie de tableaux ? heu, heu !
- A signaler : 1662, Combat dans une église (Mer-lette) très bien compris. 1712.. Forge de la garde républicaine (Monge). 1807. Georges de Balîedent (Odier). 1627. Portrait (Mathey). 1791. Cour dé Ferme (Nobillet). 1631Coup de vent à Préfailles (Matifa). 1601. Portrait (Marquet) et 1477, Une Source (Le Lièvre), paysage délicieux.
- SALLE N° 4
- i8o5. La Femme au singe. Elle a piquante mine, cette Parisienne de M. Nys, galamment vêtue de gaze mauve, en contemplation devant les audaces, d’un singe. Fantaisie très heureuse.
- 1613. Les Morvandiaux. Peinture manquant un peu de relief, mais dessin irréprochable. M. Martin des Amoignesa saisi.sur le vif toutes ces curieuses physionomies d’écoliers.
- 1690. Enfant malade. M. Michelena nous a donné là un tableau de genre bien sérieusement brossé. Toutes ses figures sont bien faites, mais celle de l’enfant malade est absolument traitée de main de maître, c’est un passage admirable et qu’il faut voir.
- 1799. Nuit d’été à Svolvœr-Lafoten (Norvège). J’ai déjà dit, salle n° 8, en quel estime je tenais, le talent impeccable de M. Normann, sa Nuit d’été est la réussite la plus complète que j’aie vue encore d’un effet lumineux. Sur le paysage norvégien traduit dans la perfection que vous savez, une lueur rouge d’aurore boréale, d’une intensité inouïe, éblouit le spectateur et l’aveugle dans la réalité. Il y a là un résultat extraordinairement intéressant.
- 151 g. La Fenaison. Enfin voilà donc des paysans qui sont des paysans ; des foins qui sont des foins et du vrai sans convention. Tout l’honneur en revient à M. Lhermitte.
- 1602. La Fin de la journée... et de la peinture. Chromolithographie et rien de plus.
- p.638 - vue 203/496
-
-
-
- Troisième Année. — N° 124.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1S89.
- Dimanche i5 Mai 1887. — 609.
- 1558. Nadiedja. Nadiedja possède une singulière façon de se vêtir que je 11’ai rencontrée jusqu’ici que près des petites dames posant chez le photographe. Un sein nu, de l’autre épaule retenant un manteau de velours bleu bordé de fourrure, laissant émerger à peine la dentelle d’une chemisette, ce qui laisse supposer qu’elle est dans le simple appareil de la pseudo-vertu, etc. N’importe, M. Machard nous offre là une rousse délicieuse dont les chairs sont exquises et d’un merveilleux modelé. Félicitations sans réserve.
- 1767. Portrait de Mmo C. de B. M. Louis Muraton est de race artistique bien réelle et le portrait qu’il expose est réussi dans la perfection. Cette jeune femme à la chair d’un brun un peu mat, est coquettement présentée avec une toque, un manteau de velours, cravate cerise et corsage de foulard groseille rayé noir. La finesse du travail dénote une science absolut, qui 11e peut que se classer au premier rang.
- 1 352. La Récolte des betteraves. Du Puvis de chavannisme encore. Oh 1 non.
- A signaler : 1606, le Dessert (L. H. Michel). 1516, Portrait de M. le contre-amiral M... (E. Lévy).
- SALLE N° 5
- ièqy. Aérostation militaire. Le talent de M. Loustuanau vient de s’affirmer de la façon la plus franche ; voilà une toile enlevée de main de maitre et qui attirera l’attention des connaisseurs. Une équipe d’aérostiers et de soldats du génie fait traverser une rivière à un aérostat, à l’aide d’un bac. Dans un autre bac, le général et son état-major président à la réussite de l’entreprise. Sur la berge les équipages attendent le résultat. Ce tableau militaire est retracé avec une verve bien naturelle ; les figures en sont des plus heureusement posées et concourent à l’action comme chacune à son plan. Ce n’est pas du chic, c’est de la vérité. S’il y a un jury sur la terre...
- 1278. Captives. Tableau de genre aimable comme on nous en sert beaucoup maintenant que la peinture au lieu de rester un art est devenue une profession. Pour plaire à l’acheteur, M. Janet a représenté un janissaire noir gardant deux esclaves, Tune brune et l’autre blonde — naturellement. C’est gentil et. pour ma part, je ne m’y oppose pas.
- 1813. Une Averse. J’aime mille fois mieux ce sujet naïf, mais ravissant dans sa simplicité'. Auteur : M. Olivie. Il pleut ; un garçonnet, une fillette et un chien sont assis sous un parapluie rouge au pied d’un arbre, en face d’une flaque d’eau attendant impatiemment que l’ondée ait pris fin. Les trois physionomies sont charmantes : Le garçonnet calme, la fillette apeurée et le chien résigné. Mais comme on sent que tous trois trouvent le temps long.
- A signaler : i3ot>, les Bords de la Varenne (Jour-deuil) et 1482, Portrait de AI. de AI... (J. Lay-rand).
- Alfred Deulia.
- {A suivre.)
- LE LANGAGE INTERNATIONAL
- CONVENTIONNEL
- (Suite.)
- Ou peut conclure de l’exposé qui précède que la langue volapük est beaucoup plus perfectionnée que celles qui l’ont précédée ; qu’elle est également plus simple, mais que cependant elle n’.a pas encore atteint un degré suffisant de simplicité ; amoureux de son œuvre, son auteur est arrivé à la faire beaucoup trop riche. En effet, une langue artificielle ne le sera jamais assez pour lutter de nuances, de variété, d’élégance avec n’importe quelle langue naturelle; il ne faut donc chercher à créer artificiellement qu’un langage international, destiné à exprimer des idées simples et sommaires ; dès lors, la simplicité et la clarté sont les deux qualités suprêmes auxquelles il faut sacrifier absolument tout le reste, et en première ligne l’élégance et la variété. Sous ce rapport, il y a encore beaucoup de perfectionnements à apporter au volapük.
- PRINCIPES GÉNÉRAUX
- Chacune des langues que je viens d’examiner possède des qualités et des défauts; en utilisant les unes et en cherchant à éviter les autres, on peut facilement créer un nouveau langage international, plus satisfaisant que tous ceux qui l’ont précédé. Il faut d’abord poser quelques règles générales qui lui serviront de base. Le principe d’où doivent découler toutes ces règles, c’est que la simplicité et la clarté sont les deux seules qualités nécessaires à la langue nouvelle à créer ; quanta la richesse et à la variété, il faut avoir le courage de n’en faire aucun cas.
- La création d'un langage international comprend nécessairement trois parties distinctes : d’abord l’adoption d’un alphabet écrit et parlé, qui forme son matériel ; puis la création des mots ra-
- dicaux; enfin l’adoption des règles de syntaxe auxquelles ces mots seront assujettis.
- Alphabet
- On ne doit admettre, dans l’alphabet international, que des lettres dont la prononciation soit parfaitement distincte ; de plus, leurs sons devront déjà faire partie des principales langues du monde civilisé, ou au moins pouvoir être facilement prononcés par les peuples qui ne les posséderaient pas encore comme voyelle, les sons :
- a, é, i, o, ou
- Sont les seuls qui satisfassent pleinement à ces deux conditions.
- Les) sons u et eu pourraient peut-être aussi être admis; cependant bien des langues, même en Europe, ne les possèdent pas; et en conséquence il sera plus sage d’y renoncer. Les sons nasaux de la langue française, an, in, 011, un, manquent dans un grand nombre d’autres langnes; on ne devra donc pas les admettre, non plus que les diphtongues.
- On rejettera également, comme trop subtile, la distinction des voyelles en longues et brèves ; et le meilleur parti sera de se borner aux cinq voyelles indiquées ci-dessus, le son ou étant naturellement figuré par la simple lettre u, comme dans un grand nombre de langues vivantes.
- En fait de consonnes, je ne vois à admettre que les 14 suivantes :
- b, d, î, g, j, k, I,
- m, n, p, s, t, v, y.
- Voici les raisons qui doivent faire éliminer les autres consonnes appartenant à l’alphabet français :
- Le c et le q forment double emploi avec le k ; on conservera le k comme étant la lettre dont la prononciation est la moins douteuse. La lettre II n’a pas une prononciation assez marquée. La lettre r a des prononciations très differentes dans les diverses langues; et elle offre des difficultés insurmontables aux peuples de l’extrême Orient. Le W fait double emploi avec le v; la prononciation du Z se rapproche trop de celle de s; enfin le x forme une articulation double, que l’on peut toujours figurer par ks. Le q et le s se prononceront toujours durs; le j sera conservé à la condition de se prononcer clt, articulation plus usitée et plus facile que celle du j français; le y sera une consonne, se prononçant comme les 11 mouillées du français et de l'espagnol.
- AvecUes 19 lettres ci-dessus, l’on possédera un alphabet satisfaisant, et bien assez étendu pour les besoins d’un langage international. Chaque lettre devra se prononcer isolément, et toujours de la même manière; toutes les syllabes devront être prononcées aussi distinctement les unes que les autres, ce qui revient à dire qu’il faut supprimer l’accentuation des mots, ou faire porter un accent, très peu marqué, sur la dernière syllabe, comme on le fait en français.
- Il reste à choisir la forme matérielle des signes que l’on devra employer pour représenter par l’écriture et par l’imprimerie les 19 éléments ci-dessus. Pour cela, l’on peut, ou créer un alphabet écrit entièrement nouveau, ou adopter l’un des alphabets actuellement existant. La première solution permettrait d’adopter des signes de formes analogues, d’une part pour les voyelles, d’autre part pour les consonnes ; on pourrait aussi donner à ces signes des formes un peu plus simples que les formes des lettres actuelles. Mais ce seraient là des avantages minimes; et l’on s’assure un avantage beaucoup plus positif en adoptant simplement l’alphabet romain, qui est déjà employé dans toute l’Amérique et dans une grande partie de l’Europe. Tous les accents, cédilles, trémas en seront éli-minés.
- Formation des Radicaux
- Plusieurs inventeurs de langues universelles ont cherché à former leurs radicaux de toutes pièces, par voie de classification logique des idees humaines; dans ce système, chaque lettre d’un radical représente un des degrés successifs delà classification. Mais, pour le mettre en pratique, il faut généralement alterner les consonnes et les voyelles ; aussi les inventeurs qui ont entrepris cette tache ont-ils été conduits à admettre dans leur alphabet beaucoup de voyelles, qui à la prononciation ne peuvent pas se distinguer nettement les unes des autres, et qui exigent la création de nouveaux signes d’écriture. De plus, il parait à peu près impossible de mener à bon port une œuvre aussi délicate que celle de la classification de toutes les idées humaines; enfin il est probable que des radicaux ainsi composés ne laisseraient pas une prise suffisante à la mémoire.
- En somme, il est plus pratique d’emprunter les radicaux aux langues usuelles, en les simplifiant. Cette simplification consistera, d’une part, aies débarrasser des lettres parasites qui ne se prononcent pas; d’autre part à les raccourcir, en ne laissant subsister que les syllabes nécessaires pour que les radicaux se différencient nettement les uns des autres.
- Pour choisir ces radicaux, on devra mettre à contribution toutes les langues ; les langues romanes, germaniques, slaves, orientales, etc., cha-
- que peuple retrouvera ainsi dans le langage international quelques mots qui lui seront déjà familiers.
- Une même idée peut se présenter à l’esprit sous la forme d’un substantif, d’un verbe, d’un adjectif ou d’un adverbe ; mais le substantif est la forme la plus générale ; car beaucoup de substantifs ne possèdent ni verbe, ni adjectif, ni adverbe correspondants, tandis que l’inverse est assez rare. On admettra donc comme règle que le radical principal de l’idée sera toujours le substantif. Le verbe, l’adjectif et l’adverbe correspondants se formeront en faisant subir à ce radical des modifications ou flexions aussi simples et aussi régulières que possible.
- Indépendamment de ces radicaux substantifs, qui forment le fonds de la • langue, il en existe d’autres, qui sont les noms de nombre, les pronoms et adjectifs pronominaux, les adverbes, prépositions et conjonctions. Ces divers radicaux devront être créés avec des formes similaires, indiquant de suite à quelle catégorie ils appartiennent.
- Enfin, l’on devra adopter quelques procédés uniformes pour créer des mots dérivés et composés à l’aide des radicaux et économiser aussi le nombre de ces derniers.
- On aura alors épuisé la partie lexicographique, qui est en réalité la partie essentielle d’un langage international; car un simple catalogue de radicaux suffit déjà pour exprimer et faire comprendre un grand nombre d’idées.
- Em. Dormoy.
- (A suivre.)
- ©-
- LES LIVRES
- cix
- Profils vendéens, par Sylvanecte ('Mme Georges Graux). Préface par Jules Simon. 1 vol. 111-18. Librairie Plon, 1887.
- L’auteur de la Préface qui suffirait à attirer vers le livre que nous allons analyser une curiosité que ce livre sait ensuite fort bien retenir, a raison de dire « qu’il n’y a rien de plus connu et de moins bien connu que l’insurrection vendéenne ». Rien de plus connu en effet dans le détail quoique légèrement romancé, rien de moins connu quant aux causes premières, à l’esprit général des faits dont on n’a voulu voir que la lettre, ou qu’on a interprétés avec une passion rétrospective en sens divers. C’est une femme à l’imagination vive, au talent généreux qui a entrepris cette tâche virile de détruire la légende parasite de cette histoire, assez belle pour que la vérité lui suffise ; c’est une femme qui a tenté ce grand effort de critique et d’impartialité de remettre les faits sous leur jour et les gens à leur place. Tout en rendant justice au livre demeuré classique quoique reconnu aujourd’hui vulnérable en plus d’un point, et qui a conservé le mérite de l’ouvrage premier venu, de celui qui vient à l’heure où on l’attend et qui monopolise avec sa fleur , le charme d’un sujet, Mme Georges Graux pense que les Mémoires de M“ede La Rochejacquelein, don t M. de Barante a revu et corrigé le manuscrit, ne sont pas d’une impartialité difficile, il est vrai, à concilier avec les passions et les intérêts d’un parti. Ecrit pour contribuer, en même temps qu’à la glorification d’une héroïne et d’une famille au succès du royalisme militant, dans la lutte des opinions, engagée sous la Restauration, et dont l’histoire n’est pas moins émouvante moins dramatique que celle de la lutte à main armée de 1793, le récit de Mme de La Rochejacquelein ne peint qu’un coin du tableau, celui où chevauche entre son premier mari et l’ami qui sera le second la fière et brillante amazone. Son point de vue est un peu étroit, anecdotique, épisodique et à travers la générosité des idées, laisse percer l’égoïsme des préventions et des jalousies personnelles. Mmo de La Rochejacquelein et son clan de héros dévots et frivoles, aventuriers romanesques et chevaliers courtisans, ne pardonnent ni à Bonchamp, ni à d’Elbée, ni à Charette, c’est-à-dire aux trois personnages les plus distingués militairement, les plus indépendants de l’influence étrangère dans le patriotisme qu’ils gardent même au milieu de la guerre civile, leur talent, leur succès, et jusque dans la mauvaise fortune et la déroute finale la grandeur tour à tour épique et tragique qui assure à leur mémoire des hommages d’admiration et de pitié, une popularité même plus avarement partagée à leurs émules, sauf Cathelineau. Il y a eu pour l’histoire de la guerre civile en Ecosse le même phénomène de deux partis dans le même parti, de dissidences jalouses dans la défense de la même cause, et de la même lutte pour la domination entre le groupe romanesque des héros d’aventure et des amazones dont le panache garde quelque chose de l’allure théâtrale des amazones delà Fronde et le groupe historique où paradent moins qu’ils n’agissent les chefs à talents militaires et politiques, ceux qui voient Vau delà de la lutte.
- Ceux-là sont peints ici pour la première fois avec un relief vengeuiyde la banalité de disgrâce imposée à leur noble visage, désormais éclairé de
- p.639 - vue 204/496
-
-
-
- 640. — Troisième Année — N° 124.
- lumières décisives, par la rancune jalouse de leurs adversaires royalistes. Il n’y a rien comme les gens brouillés d’un même parti pour s’entendre aux portraits noirs de méchanceté? Peut-être pourrait-on penser que leur historien actuel lesyenge lui aussi, un peu trop au delà^du nécessaire, et en leur payant plus largement qu’il ne conviendrait l’arriéré qui leur est dû. Toujours est-il, et ce n’est pas un mince mérite, que même en tenant compte d’une certaine exagération d’admiration et de pitié dont une femme, fut-elle, d’un esprit viril, a tant de peine à se défendre, les figures de Bonchamp et de d’Elbée,de leurs dignes et héroïques femmes ressortent admirablement et sympathiquement vivantes de ce livre qui n’est pas un récit suivi, une histoire d’une trame serrée mais qui est un album d’études, un recueil d’ébauches, tableaux et portraits, mais tableaux d’après la nature et portraits d’après les témoignages conciencieusement analysés et comparés. Trois choses neuves et hardies rendent intéressant ce livre sur un sujet qu’on croyait à tort épuisé par les ouvrages des Beauchamp, des Sa-vary, des Crétineau-Joly, des Théodore Muret.
- La première de ces nouveautés hardies et heureuses c’est que Mme Georges Graux a admirablement compris, senti que l’insurrection vendéenne est un fait local, que cette guerre est sortie toute armée, au simple coup de pied d’un paysan révolté, des entrailles d’une terre fatalement destinée à être le théâtre de cette guerre civile originelle qui ne ressemble à aucune autre, espagnole ou écossaise, qui ne pouvait faire naître et pousser ses lauriers et ses cyprès ailleurs qu’en Vendée. Le rapport entre l’homme et le sol, dans le Bocage et le Marais, le caractère si différent de la lutte suivant qu’elle est soutenue par les compagnons de Cha-rette et les compagnons de Bonchamp, la physionomie particulière de cette lutte dont l’initiative appartient aux paysans, à laquelle les préparaient les influences traditionnelles et pour ainsi dire fatales de leurs races et où les prêtres et les nobles ne survinrent que tardivement, après les premiers coups, souvent malgré eux, non sans crainte et sans scrupules, l’élan impérieux, implacable, menaçant pour toute contradiction même amie : ce sont là des traits désormais acquis, désormais victorieux, placés au-dessus de toute controverse et qui n’avaient jamais été aussi énergiquement mis en lumière d’une guerre civile mise injustement par l’ignorance de la passion à la charge d’une inspiration féodale ou cléricale qui lui fait absolument défaut. Prêtres et nobles suivirent le paysan révolté contre la constitution civile du clergé, qui plaçait à la tête de ses paroisses des prêtres assermentés et qui mettait ses enfants en coupe réglée de recrutement pour des guerres lointaines. Ils le suivirent, il faut le répéter, souvent malgré eux, faute de pouvoir faire autrement sans pouvoir se faire illusion sur les horreurs inévitables, et la stérilité finale d’une lutte si inégale. Ils le suivirent comme l’on suit la fatalité d’une destinée qui conduit ou entraîne selon l’assentiment ou la résistance : volentem ducunt nolentem trahunt.
- Mme Georges Graux a admirablement pensé et prouvé qu’on ne comprend l’esprit et les vicissitudes de l’insurrection vendéenne que si l’on connaît à fond les paysages, les costumes, les traditions, les usages, les mœurs, les légendes, les chansons du Bocage et du Marais. Les Mémoires de Mmo de La Rochejacquelein débutent par un tableau célèbre, à la fois académique et romantique du théâtre de la lutte ; mais on y sent la légèreté d’aperçu, la frivolité d’œil et de main des historiens de toilette et de salon. On y sent le convenu, non le vu, le vécu. Mme Georges Graux a passé des mois dans le pays, s’y est installée, a interrogé, sinon les derniers survivants de la lutte, ceux du moins qui en avaient recueilli les premiers la tradition orale, elle est allée du château à la chaumière, des cérémonies nuptiales aux cérémonies funéraires. Elle a interrogé, battant encore à peu près des mêmes sentiments contraires, le cœur de la Vendée royaliste et républicaine. Et elle a tracé un tableau de paysage et de mœurs, qui est d’une observation curieuse, d’une'vérité vivante. La lumière qui rayonne de ce tableau préliminaire, éclaire et dégage tous les autres. On comprend très bien que les seuls généraux vendéens ont été d’Elbée et Bonchamp, que le coup de grâce porté à la force et à la durée de l’insurrection a été l’instinctif, l’aveugle, le funeste passage de la Loire qui séparait le révolté de la terre natale, du paysage familier, de la maison nourricière. On comprend très bien le' caractère particulier d’irrégularité et de férocité de la guerre de partisans menée par Charette, si en dissonance, souvent si en contradiction avec la campagne de ces chefs qu’il jalousait, auxquels il refusa, en leur refusant son intervention, la victoire et le salut.
- Mme Georges Graux a trouvé et donné des détails tout à fait intéressants et neufs sur la famille, les origines, les antécédents, le rôle des d’Elbée et des Bonchamp,et l’état de leurs descendants actuels. Nous voudrions qu’elle eut été tentée par une œuvre semblable de critique et de vérité définitive, sur Charette, dont la figure d’aventurier, de partisan, a gardé encore plus d’un trait mystérieux, énigmatique, contradictoire.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Le dernier chapitre de son intéressant et émouvant ouvrage est consacré à l'histoire résumée de la part patriotique et héroïque prise aux combats de 1870-1871, par les compagnons du petit neveu de Charette. Nous n’avons pas très bien compris le rapport logique ou historique qui peut unir avec le corps principal de l’œuvre ce chapitre final; mais, qu’il soit eu non un hors-d’œuvre, il est plein d’intérêt et il respire comme le livre tout entier, un généreux esprit de vérité et de justice, d’indépendance et d’impartialité.
- M. de Lescure.
- AVIS COMMERCIAUX
- PAYS-BAS. — ROUMANIE. — TURQUIE
- Le Moniteur officiel du Commerce du 5 mai publie les statuts et le règlement intérieur de la nouvelle Chambre de commerce française des Pays-Bas. Il reproduit également les bulletins commerciaux d’avril des Chambres françaises de Galatz et de Constantinople.
- TURQUIE D’ASIE
- COMMERCE DES CUIRS
- Le vice-consul de France à Erzeroum écrit que l’importation des articles de cordonnerie, qui était effectuée jusqu’à ces derniers temps presque exclusivement de France, perd de jour en jour de son ancienne importance : depuis quelque temps des maisons allemandes, établies à 1 Constantinople, envoient sur cette place, en compte-consignation, les produits de l’Autriche et de l’Allemagne. Le bon marché de ces articles permet aux débitants de soutenir la concurrence contre les provenances de Marseille. Les produits italiens aussi trouvent un écoulement facile, grâce à leur prix de revient encore plus bas. En ce moment, sur la quantité des cuirs et des peaux préparées vendue à Erzeroum, à peine un quart arrive de France, tout le reste est importé de Trieste, de Vienne, de Syra et de Gênes.
- PAYS-BAS
- TRAVAUX HYDRAULIQUES DE L’ÉTAT. ----- CANAL DE
- JONCTION D’AMSTERDAM AVEC LA « MERWEDE »
- Le mercredi 18 niai 1887, à 11 heures du matin, il sera procédé, sauf approbation du ministre du Waterstaat, du commerce et de l’industrie, dans le local de son département à la Haye, à l’adjudication :
- De la construction d’une partie d’un canal avec travaux accessoires depuis le Saint-Anthoniedyk (commune de Diemen) jusqu’au « Oude Vecht » à Nigtevecht, faisant partie des travaux pour l’établissement d’un canal de jonction d’Amsterdam avec la « Merwede ».
- (Estimation : 1,400,000 florins ou environ 2,920,000 francs)
- On pourra prendre connaissance du cahier des charges n° 66, après le 4 mai, au ministère du Waterstaat, du commerce et de l’industrie, dans les locaux des gouvernements provinciaux, et l’on peut se le procurer à l’avance, par demande affranchie, chez les frères Van Cleef, libraires au Spui, n° 28, à la Haye, et, par leur entremise, dans les principales communes du Royaume.
- L’indication nécessaire sera donnée sur place le 11 mai 1887, à 11 heures du matin, à partir de la maison « Zeeburg » leg. Amsterdam ; ensuite des informations plus précises pourront être prises au bureau de l’ingénieur en chef, M. Wellan, à Utrecht, Schoolstraat, n° 6, et chez l’ingénieur M. Kluit, à Amsterdam, P.-G. Hoofstraat, n° 95.
- BELGIQUE
- CONSTRUCTION d’uN NOUVEL HOTEL DU GOUVERNEMENT PROVINCIAL A BRUGES ET d’un BATIMENT
- CONTIGU DESTINÉ AU SERVICE DES POSTES ET DES
- TÉLÉGRAPHES.
- Le consul, chargé du vice-consulat de France à Ostende, fait savoir que l’administration belge vient de mettre au concours la construction d’un nouvel hôtel du gouvernement provincial à Bruges et d’un bâtiment contigu destiné au service des postes et des télégraphes.
- La dépense pour ces deux entreprises est évaluée à 705,660 fr.
- Les soumissions devront être remises à la poste le 17 mai courant au plus tard. L’adjudication aura lieu le 21 du même mois.
- Un exemplaire des conditions du concours, du devis et du cahier des charges est à la disposition des intéressés au ministère du commerce et de l’industrie, boulevard Saint-Germain, n° 244 (Direction du commerce extérieur. —• Bureau des renseignements commerciaux).
- LES THEATRES
- Pendant les deux semaines où une indisposition légère m’a tenu éloigné de vous, amis lecteurs, j’ai laissé s’accumuler nombre d’événements dra-
- Dimanche i5 Mai 1887.
- matiques sur lesquels je dois revenir rapidement. Dans ce coup d’œil en arrière sur les affiches de spectacles, nous rencontrerons plus d’une œuvre dont la durée éphémère m’obligera à parler sur une tombe là où je devrais vous tenir au courant des nouveautés. Mais qu’importe si ce feuilleton a l’air d une oraison funèbre : au théâtre comme ailleurs les morts vont vite et le succès d’hier s’ensevelit souvent dans bouffi de demain.
- Au nombre de ces disparues, la plus ancienne en date est cette Mne de Brossier dont l’accueil fait le premier soir ne préjugeait point d’un sort aussi rigoureux. Dans les quelques lignes que je lui consacrais à la fin de mon dernier article, j’avais employé le mot succès et franchement je pensais et je pense encore que la pièce de M. Delpit ne méritait pas la froideur qui s’est manifestée pour elle dans le public. L’échec, puisqu’échec il y a, ne doit être imputable qu’au milieu dans lequel se déroule l’action dramatique deMlle deBressier et le drame a sombré sous des impressions particulières, démontrant ainsi qu’une période de seize ans ne suffit pas à éteindre complètement dans le cœur d’un peuple le souvenir des graves événements de son histoire. Quelque tact qu’on y mette, certains épisodes sont encore trop près de nous pour qu’on les laisse sans danger transporter à la scène et trop de gens de notre génération ont été directementmêlés à ceux que rappelle Mlle de Bressier pour qu’on les puisse envisager froidement et sans qu’une pénible impression en résulte.
- I /insuccès de Mlls de Bressier dû à ces causes particulières ne saurait donc en rien atteindre son auteur, et M. Delpit, mieux inspiré une autre fois, né tardera pas à prendre une revanche complète et que nous lui prédisons d’avance le succès.
- Voici les morts de la quinzaine liquidés ; parmi les vivants, arrive en première ligne Clo-clo, de MM. Va-labrègue et Pierre Decou: celle, dont le théâtre Cluny nous a donné cette semaine la première représentation. Imbroglio touffu, émaillé de la gaieté communicative et un peu à côté qui constitue le caractère particulier de la marque Valabrègue. Gela n’ajoutera rien à la gloire naissante du jeune auteur du Bonheur Conjugal, pas plus qu’à celle deM. Pierre Decourcelle, mais servira à écouler quelques billets à droits de la Société Derembourg et Marx qui me paraît depuis quelque temps se complaire à lâcher la proie pour l’ombre.
- Avec la reprise des Beaux Messieurs de Bois-Doré, la Porte-Saint-Martin nous a offert un véritable régal artistique, qui sera vivement apprécié des connaisseurs et qui pourrait bien être un excellent traitement Pasteur appliqué aux morsures du Crocodile. C’est en ce moment l’une des plus agréables soirées théâtrales à passer, et toute l’excellente troupe de la Porte-Saint-Martin est à voir, M. Dumaine en tête, dans les Beaux Messieurs de Bois-Doré. Il est d’ailleurs merveilleusement entouré dans les premiers plans par Mmes Segond-Weber et Eugénie Lemercier, MM. Pierre Berton et Volny.
- Autre reprise de George Sand avec Claudie à l’Odéon et non moins grand succès ; il semble que le naturalisme de Renée ait suscité partout une réaction et un retour à la littérature idéaliste. Pour ma part, je n’y trouve aucun inconvénient estimant avec le poète que tous les genres sont bons, sauf le genre ennuyeux, et j’ai retrouvé aux belles phrases romantiques et aux beaux caractères inexacts de Claudie et des Beaux Messieurs de Bois Doré le même plaisir qu’aux sincères et navrantes réalités de Renée. Cette reprise de Claudie était accompagnée à l’Odéon de la première représentation du Privilège de Gargantua, un petit acte en vers bien tournés de M. Truffier, qui a été des mieux accueillis.
- Enfin, l’Ambigu, dont je suis obligé de m’occuper deux fois dans ce même article, a commencé la série des reprises avec Marie-Jeanne ou la Femme du peuple, le vieux drame de d’Ennery où MUe Tessandier s’est taillé un succès colossal. J’ai entendu plusieurs personnes, le soir de la première, comparer MUe Tessandier à l’immortelle Dorval. N’ayant pas connu Mme Dorval, le point de comparaison m’échappe, mais je me figure que le plus bel éloge que l’on pourra faire dans cinquante ans à i’artiste qui s’essaiera dans le rôle écrasant de Marie-Jeanne sera de la comparer à MUe Tessandier. Me voici remis à peu près à jour.
- D’ailleurs, les premières ne vent pas tarder à chômer et la seule que nous ayons en vue est celle du Roi malgré lui, à l’Opéra-Comique. Après cela, la saison sera terminée et les soirées parisiennes se passeront en plein air, à ce jardin de Paris que'M. Zidler a su reconstituer et qui nous promet des merveilles pour cette année - Ce sera alors le moment de commencer la revue rétrospective à travers l’année théâtrale dont je vous ai déjà parlé et dans laquelle j’espère, amis lecteurs, que vous voudrez bien me suivre sympathiquement.
- Georges Grisier.
- Le Gérant, GARREAU.
- Tours. — lmp. E. ARRAULT et Cie, rue de la Préfecture, 6.
- p.640 - vue 205/496
-
-
-
- Le Moniteur
- DE
- L’EXPOSITION DE 1889
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
- TROISIEME ANNEE
- Dimanche 22 Mai 1887.
- NUMERO 125.
- SOMMAIRE :
- 1. L’Exposition universelle de 1889, les travaux du Champ-de-Mars ; 2. Les jurys des beaux-arts ; 3. Adjudication ; 4. La section coloniale”; 5. La participation des puissances ; 6. Comité départemental de la Haute-Loire ; 7. Comité départemental de la Charente; 8. Comité départemental du Gard; 9. Comité départemental de la Marne; 10. Comité départemental de l’Oise ; 11. Echos; 12. Sciences et industrie; i3. L’Exposition du Havre ; 14. Le Salon de 1887; i5. Le cinquantenaire des chemins de fer; 16. Les Livres; 17. Avis commerciaux; 18. Les Théâtres.
- EXPOSITION UNIVERSELLE
- DE 18 8 9
- LES TRAVAUX DU CHAMP-DE-MARS
- La semaine qui vient de s’écouler et qui nous rapproche autant du terme assigné à l’exécution des travaux a, comme les précédentes, été utilement employée. Chacun dans la mesure de ses moyens, depuis le chef de service jusqu’au plus moâeste employé, a fourni la somme d’efforts dont il était capable et tout le monde apporte à l’accomplissement de sa tâche une bonne volonté et un entrain qu’on ne rencontre pas toujours dans d’autres circonstances; c’est, en effet, le propre de cette entreprise d’exciter parmi le personnel qui y est attaché une émulation qu’on ne voit nulle part poussée à un tel point, chaque agent, quel que soit son rang et en dehors de la question de loyauté qui l’oblige à exécuter le travail qui lui est confié, prend un véritable intérêt à cette besogne et semble regarder comme sienne l’œuvre collective.
- Ce bon vouloir général est naturel et s’explique aisément si on considère que l’Exposition qui, pendant sa période d’exploitation sera internationale est, quant à sa conception et à son exécution, un projet national auquel chacun met une certaine fierté à apporter son concours si minime soit-il; on tient à ce qu’il ne puisse s’établir aucune comparaison désavantageuse dans l’esprit de ceux qui ont souvenir des expositions précédentes, à prouver que notre siècle mérite bien son titre de siècle du progrès, et que le niveau de toutes les branches artistiques et industrielles, loin de s’être abaissé ou seulement d’être resté stationnaire,s’est au contraire considérablement élevé. Mais ce résultat ne s’obtient pas sans quelque peine et pour atteindre le but qu’on se propose, il faut faire de nombreux efforts que personne ne marchande du este et dont nul ne songe à s’affranchir.
- Pendant que, dans les bureaux, les architectes étudient les détails des projets dont les grandes lignes sont arrêtées, que les ingénieurs cherchent les moyens de les exécuter et que les calculateurs aidés des dessinateurs font les devis et les plans indispensables, sur les chantiers, les travaux suivent leur cours ordinaire, c’est-à-dire se continuent activement, le mouvement des terres, le transport des matériaux, l’élévation des charpentes, les maçonneries, tout marche simultanément, de sorte qu’il n’est pas un seul endroit du vaste terrain livré aux ouvriers qui ne présente l’animation la plus grande.
- Il est un travail dont on s’est fort peu occupé et qui, pourtant, a une importance capitale : nous voulons parler du tracé du plan sur le sol et de l’implantation des innombrables fondations que nécessitent les constructions ; la configuration exacte du Champ-de-Mars ayant été relevée et, sur ce plan, l’emplacement des divers bâtiments ayant été rapporté avec tout le soin voulu, il s’agissait d’indiquer d’une façon absolument rigoureuse sur le sol les points où se trouveraient les puits marqués sur le dessin, pour cela au moyen d’instruments très précis maniés par des opérateurs habiles, on traça de grandes lignes d’axe dans le sens de la longueur, puis d’autres furent tracées coupant les premières à angle droit, on divisa ainsi le Champ-de-Mars, au moins fictivement, en parallélogrammes dont les côtés étaient
- dirigés suivant les files de puits à creuser ; à la place de chacun de ces derniers, on mit un piquet de repère et on délimita de la même façon les fouilles qui devaient être faites ainsi que les angles des différents murs de fondation ; on inscrivit sur chaque piquet le même numéro que portait le puits indiqué sur le plan et c’est seulement lorsque ce travail fut terminé qu’on livra le terrain ainsi préparé aux terrassiers chargés de creuser les fouilles jusqu’à la cote qui avait été prévue à la suite des sondages préparatoires indiquant la nature des diverses couches. Cette opération , quoique rendue plus facile par les dispositions des puits en lignes droites, n’en était pas moins très minutieuse et la moindre erreur aurait eu des conséquences graves en ce sens que ces piliers doivent recevoir des pièces faites quelquefois au loin et dont les écartements n’auraient plus coïncidé avec ceux de leurs points d’appui. La même exactitude a dû être exigée pour l’établissement de la couche de béton formant le niveau supérieur des fondations, car, sans cela, c’est dans le sens de la hauteur qu’on eût trouvé des inégalités fâcheuses; nous avons cru utile de donner ces détails et de faire ressortir l’importance d’un ouvrage auquel on apporte peu d’attention en général et qui, bien que considérable, ne laisse aucune trace visible.
- Les fondations du palais des beaux-arts s’élèvent d’une manière suivie, presque tous les arcs sont terminés et servent déjà de support à une épaisseur de maçonnerie assez considérable; ces arcs qui reposent sur les piliers ont, suivant leur situation, tantôt 6 m., tant 9 m. o5 ou g m. 20 d’ouverture et environ 3 m. i5 de hauteur; quant à leur épaisseur, elle est de o m. 65; il a fallu creuser, selon les endroits, jusqu’à 4 m. ou 6 m. de profondeur pour rencontrer le sol résistant, et si on mesure le développement de toutes ces maçonneries, on arrive à un total dépassant 1,400 m. ; nous n’entrerons pas ici dans la description des caves qui sont semblables à celles dont nous avons donné le détail dans un précédent article.
- Les terrassements touchent à leur fin, du moins ce qui reste à faire est bien moins important que ce qui a déjà été exécuté ; le cube total des terres qu’on a dû manier dépasse 200,000 m., la plus forte proportion a été utilisée à remblayer les parties basses et le reste a été envoyé aux décharges publiques, encore dans ce calcul nous ne tenons pas compte des fouilles nécessaires aux quatre pieds de la tour et dont le total est supérieur à 40,000 m.; ces chiffres ont leur éloquence et font voir, étant donné le peu de temps écoulé depuis le commencement du travail, combien ce dernier a été rondement mené.
- Les fers affluent de toutes parts, chaque jour on voit arriverdes quantités considérables des diverses usines concessionnaires et le montage, actuellement limité au chantier de St-Denis, sera incessamment entrepris de tous les côtés à la fois ; le temps écoulé depuis l’arrivage des premières fermes, n’a pas du reste été perdu, car on l’a employé à préparer tous les accessoires qui seront utiles pour le dressage des charpentes, il y a donc en présence deux systèmes, celui des entrepreneurs qui assemblent les pièces au fur et à mesure de leur arrivée et celui des constructeurs qui attendent que tous les matériaux soient rendus à pied d’œuvre pour les utiliser. Nous verrons quel est le mode d’opérer qui sera le meilleur, au surplus cela n’offre d’intérêt que pour les spécialistes, car la liberté la plus absolue ayant été laissée aux métallurgistes, quant au mode de procéder, on ne peut leur demander qu’une chose, c’est d’être prêts dans les délais fixés et tout fait prévoir qu’ils le seront.
- Les ateliers de Saint-Denis en sont à leur douzième ferme, et les opérations avanceront d’autant plus vite maintenant que les premières charpentes étant complètement terminées, on a des points d’appui qui facilitent beaucoup le montage des autres, pièces;.la vue photographique que nous publions aujourd’hui donnera une idée
- exacte de l’état du chantier à ceux qui ne peuvent s’en rendre compte de visu.
- Pour prendre cette vue, on s’est placé de manière à pouvoir embrasser à la fois tous les détails de la construction, les ateliers mobiles pour le travail du fer, et les instruments employés pour le levage; en étudiant un peu ce dessin on voit que, bien que ces fermes soient parmi les plus petites, leur montage était déjà chose sérieuse et on peut ainsi se rendre compte de ce que sera le travail analogue, lorsqu’il s’agira des fermes de 5o m. et surtout de celles de 110 m. destinées à la galerie des machines.
- L’usine Roussel a presque terminé ses préparatifs, elle emploira pour le montage des galeries dont elle a l’entreprise un système d’échafaudage roulant qui est déjà à peu- près achevé et dont nous rendrons compte dans notre prochain article.
- Actuellement près du pavillon de l’administration et à côté de l’extrémité opposée à l’école militaire. on construit un pavillon pour les cabinets d’aisance et on recule les palissades de clôture afin de donner plus d’espace aux ouvriers de l'usine Roussel qui commenceront leur travail de ce côté.
- A l’autre bout du Champ-de-Mars, c’est-à-dire vers la Seine, on construit en bordure de l’avenue de Labourdonnais deux bâtiments annexes; l’un en matériaux divers sera affecté au service de l’imprimerie, et l’autre, entièrement en bois et comprenant deux étages, est destiné à recevoir les bureaux des architectes de l’Exposition ; ce dernier, sur l’emplacement duquel rien ne se voyait, il y a huit jours encore, montre déjà sa charpente en grande partie terminée.
- Fêtes et dimanches on travaille constamment dans la vaste étendue de terrain cédée à M. Eiffel pour y ériger sa tour, et rien n’arrête la vigoureuse impulsion donnée aux travaux des fondations au sujet de l’exécution desquelles les prévisions se réaliseront à coup sûr; jetons un rapide coup d’œil sur l’état où se trouve chacun des quatre pieds.
- Pilier n° 1. — Sur quatre caissons deux sont arrivés à fond de course et les maçonneries y sont commencées ; des deux autres l’un est presque en place et l’autre, s’enfonçant progressivement, atteindra bientôt la limite de sa descente, il ne s’en faut plus guère que de la hauteur d’une hausse, c’est dire que d’ici à quelques jours les massifs pourront être entrepris.
- Pilier n° 2. — Les fouilles sont entièrement remblayées et la pose des assises de couronnement en pierre de Château-Landon se fait avec tout le soin que comporte cette partie de l’ouvrage ; toutes les pierres sont remises au moyen de ciment et de goujons enfer qui en empêchent le glisser suivant la pente du massif.
- Le pilier n° 3 reste stationnaire quant à présent; du reste, son achèvement est presque complet et bientôt on va également entreprendre la pose du couronnement.
- Enfin le pilier n° 4 sera sous peu aussi avancé que les deux précédents, déjà deux des massifs d’appui sont terminés, le troisième est en bonne voie et le quatrième commence à s’élever.
- Pendant que les puisatiers et les maçons travaillent aux fondations, les terrassiers continuent à niveler l’espace compris entre les piliers et à enle-vei\les monticules formés par les terres extraites des fouillés, une bonne partie de cette besogne est déjà terminée.
- H. de Baecker.
- M.. Colin (Armand), éditeur d’ouvrages classiques, a été élu secrétaire du comité d’admission de la classe 9 à l’Exposition universelle de 1889, en remplacement de M. Hetzel (Jules), nommé secrétaire du comité supérieur de révision.
- p.641 - vue 206/496
-
-
-
- 642. — Troisième Annee. — N° iz5.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- Dimanche 22 Mai 1887.
- LES JURYS DES BEAUX-ARTS
- Le jury des classes 1 et 2 (peinture, dessin, aquarelle) a composé son bureau comme suit: Pie' sident, M. Meissonnier; vice-président, M. Bou-guereau ; rapporteur, M. Tony Robert-Fleui y ; secrétaire, M. Humbert. , , AT
- La classe 3 (sculpture) a nomme: president, AI. Guillaume ; vice-président, M. de Ronchaud ; secrétaire-rapporteur, M. Lafenestie.
- Le bureau de la classe 4 (architecture) se compose de : président, M. Bailly; vice-président, M. Garnier; rapporteur, M. Pascal ; secrétaire, M. Maveux.
- Les graveurs (classe 5) ne s étant pas trouves en nombre, l’élection de leur bureau est renvoyée à jeudi.
- ADJUDICATION EN UN SEUL LOT
- DES TRAVAUX DE COUVERTURE, PLOMBERIE ET ZINC.4GE A EXÉCUTER EN LOCATION POUR LES GALERIES DES EXPOSITIONS DIVERSES DANS LE CHAMP-DE-MARS
- Le lundi 13 juin 1887, à une heure de Vaprès-midi.
- Clauses et conditions particulières
- Article premier. — L’entreprise a pour objet l’exécution en location, avec entretien pendant toute la durée de l’Exposition, et la déposé ensuite, des couvertures des chéneaux et des tuyaux de descente d’eau avec tous raccordements, aux galeries des expositions diverses, c’est-à-dire la couverture et les travaux d’écoulement d’eau de toutes les parties non vitrées des toitures des galeries de 2 5 mètres, des galeries intérieures et extérieures de 15 mètres, de la galerie de 3o mètres,^des pavillons d’angle et de raccordement et du dôme central.
- Art. 2. — Le mode de couverture à employer n’est pas rigoureusement déterminé. Le travail pourra être fait, ainsi qu’il est expliqué à la série, en ardoises ou en feuilles métalliques, en ardoises de tôle galvanisée, en ardoises ou en feuilles de zipc, ou suivant tout autre système accepté par l’Administration et offrant toutes garanties de solidité et d’étanchéité.
- A cet effet, chaque postulant à l’adjudication devra déposer à l’Agence des travaux du Champ-de-Mars, porte Rapp, dix jours au moins avant la date fixée pour ladite adjudication, tous les éléments et documents capables de faire apprécier son système, et notamment un modèle de grandeur d’exécution d’une portion de couverture indiquant exactement la nature, la disposition, la force, les dimensions, les assemblages, etc., des éléments employés.
- Ces documents et modèles seront conserve comme type du travail à faire.
- Il en sera de même pour les chéneaux et les tuyaux de descente.
- En conséquence, l’avis du conseil des travaux et la décision du Directeur général chargé d arrêter la liste des concurrents porteront sur les échantillons produits^en même temps que sur les entrepreneurs eux-mêmes.
- Art. 3. — Pour la garantie de l’exécution des clauses et conditions du présent cahier des charges, chaque concurrent a 1 adjudication devra, en déposant sa soumission, justifier du versement, à la Caisse des dépôts et consignations, d’un cautionnement de dix mille francs. Ce cautionnement provisoire servira au concessionnaire de cautionnement définitif pour la garantie des clauses et conditions du marché. La conversion en cautionnement définitif devra être demandée dans les quinze jours qui suivront 1 approbation de 1 adjudication.
- Si le concessionnaire fait. son^ versement en argent, il en touchera les intérêts a a p. °/° a compter du soixante et unième jour ; s’il le fait en rentes, il en touchera les arrérages.
- Art. 4. — Les travaux de pose seront exécutés à partir du mois d’août prochain, conformément aux ordres de service de l’Architecte, au fur et à mesure de l’avancement des constructions et de telle manière que toutes les couveituies soient terminées deux mois au plus après 1 achèvement des charpentes. En conséquence, les travaux, seront commencés et poursuivis sur autant de points qu’il sera jugé nécessaire par 1 Aichitecté pour satisfaire à cette condition. . ;
- En cas de retard sur le délai fixé et qu elle qu en puisse être la cause, sauf le cas de force majeure régulièrement constaté et dont le Directeur general des travaux reste seul juge, 1 entrepi eneui subira une retenue de 1 p. °/o sur le montant total de son entreprise pour chaque semaine de letaid. Ce chiffre, que les adjudicataires déclarent expies-sèment accepter, est établi et fixé, coinme compensation du préjudice causé à ^administration.
- Ces retenues seront acquises a l’administration par le seul fait des retards.et sans qu il soit besoin de mise en demeure ou d’autres formalités préalables.
- Dans le cas où l’entrepreneur serait arrêté dans l’exécution de ses travaux par des retards survenus
- dans les autres parties de la construction ou par des causes de force majeure, il devrait le faire constater par le Directeur général des travaux, et le délai ci-dessus serait prolongé, s’il y avait lieu, en raison du temps perdu, mais il ne sera dû, pour ce fait, aucune indemnité à l’entrepreneur.
- Art. 5. — Les travaux seront commencés et continués sur les points et suivant l’ordre qui sera établi par l’architecte, de façon à faciliter l’exécution des ouvrages et des entreprises diverses qui se poursuivront simultanément avec celle de la couverture et l’installation des objets d’exposition.
- L’entrepreneur ne pourra exiger de ce chef aucune indemnité, lors même que l’application des ordres donnés lui occasionnerait des mains-d’œuvre et frais supplémentaires.
- L’adjudicataire sera tenu d’avoir toujours sur le chantier les quantités de matériaux ou approvisionnements et le nombre d’ouvriers prescrits par l’architecte.
- Il ne pourra détourner pour un autre service aucun ouvrier, ni aucune partie de matériaux approvisionnés.
- Art. 6. — Les prix sur lesquels portera l’adjudication et qui sont fixés à la série qui suit comprennent : i° la fourniture en location de tous les matériaux relatifs aux couvertures, chemins de faîtage ou autres, bandes, arêtiers, noues et raccords de toutes sortes ; chéneaux, gouttières et tuyaux de descente ; 20 tous transports et montages, toutes façons, poses et raccordements; 3° toutes coupes droites, biaises ou cintrées, toutes tranchées , pentes , cales , pattes, soudures , agrafes, bagues, vis, gaines, bavettes, brides, tous couvre-joints, bourrelets, boudins, tasseaux clouages, calfeutrements, collets, ressauts, supports, colliers, scellements, coulisseaux, crochets, clous, vis, boulons, etc. ; 40 toutes visites, tous travaux, fournitures et responsabilités d’entretien, toutes réparations diverses et remplacements de pièces détériorées, depuis l’époque d’exécution des ouvrages jusqu’à huit mois après la clôture de l’Exposition, de façon à prévenir toute fuite età maintenir constamment hors d’eau les galeries des expositions diverses et leurs dépendances; 5° la démolition et l’enlèvement de tous les ouvrages en fin d’opération ; 6° tous travaux accessoires d’échafaudages, équipages, engins et passages de service tous frais de police des chantiers et de gardiennage tous bénéfices, toutes responsabilités de constructions spéciales sur plans divers avec formes variées d’embarras d’étais, de liaison avec les fers, toutes sujétions d’entreprises, diverses se poursuivant simultanément ; tout intérêt d’avances de fonds, et frais d’assurance au compte de l’entrepreneur ; 70 en un mot, tous les frais et faux frais à l’exécution d’un travail complet et parfait, donnant pleine garantie de sécurité.
- Art. 7. — Le plan, l’avant-métré et le détail estimatif qui suivent comprennent toutes les couvertures des expositions diverses ; mais il est parti-ticulièrement spécifié que l’Administration aura le droit de distraire tout ou partie des quantités prévues pour les pavillons d’angles, pavillons de raccordement et dôme central, si elle jugeait convenable d’y appliquer un autre système de couverture, ou d’en concéder le travail à des exposants, et cela sans que l’entrepreneur puisse prétendre à aucune indemnité, ni réclamation de ce fait.
- Art. 8. — L’adjudicataire restera propriétaire de tous les matériaux fournis par lui. Après la clôture de l’Exposition et dans un délai quine^devra pas excéder huit mois, il commencera, sur. Tordre de service qui lui en sera donné, la démolition et l’enlèvement de ces matériaux ainsi que des déchets, graviers ou détritus en provenant. Ce travail de démolition et d’enlèvement ne devra pas durer plus de quatre mois.
- Jusque-là, l’entrepreneur restera responsable de toutes détériorations qui pourraienpsurvenir a ses ouvrages, même par intempéries, même par faute des tiers, par malveillance ou par vol, sauf, son recours contre qui de droit et sans que l’administration puisse être mise en cause.
- Art. 9. — Au fur et à mesure que les travaux de couverture seront exécutés, l’administration aura le droit d’en prendre livraison après réception provisoire. La réception définitive ne sera prononcée qu’au moment où sera donné Tordre de démolition, et le dixième de garantie ne. sera payé qu’après enlèvement de tous les matériaux.
- Art. 10. — Le plan ci-annexé, l’avant-métré et le détail estimatif qui suivent ne sont donnés qu’à titre de renseignements , et l’entrepreneur ne pourra jamais s’en prévaloir, pas plus, pour les dispositions que pour l’exécution, ou l’établissement des comptes.
- Les conditions particulières de la série forment seules les bases de l’entreprise.
- Art. 11. — Indépendamment des présentes conditions, l’adjudicataire sera soumis aux clauses et conditions spéciales relatives aux travaux de couverture de l’Exposition, en date de ce jour, ainsi qu’aux conditions générales approuvées par .M. le le ministre du commerce et de l’industrie, le 25 août 1880, et imposées à tous les entrepreneurs de l’Exposition, pour tout ce en quoi il n’est pas dérogé par les présentes.
- NATURE DU TRAVAIL
- ET DÉTAIL DES OUVRAGES
- Article premier. — Couverture en ardoises métalliques, tôle galvanisée ou ardoises de zinc 110 10, ou feuilles de zinc n° 12 à dilatation libre, compris tous ressauts nécessaires, tasseaux, couvre-joints, talons, calottins, agra-fures, bandes de toutes natures et de toutes dimensions, angles, noquets, recouvrements, ressauts, pliures, gaines, boudins, bourrelets, rives, égouts, coupements, ajustements, calfeutrements, raccords, soudures, etc , surface mesurée au parement vu à partir de l'arête des chéneaux, sans développement de tasseaux, recouvrements ni pliures, travail en location, le voligeage jointif établi par l’Administration.
- Le mètre carré : Un franc quatre-vingts centimes.....................................
- Art. 2. — Plus-value pour raccordement de bandes contre les montants des verrières et les faces de murs ou cloisons, compris en-gravures, scellements, clouages, et tous travaux accessoires.
- Le mètre linéaire de longueur réelle : Un franc........................................
- Art. 3. — Plus-value pour façon spéciale de chemins de service en faitagé ou autres, avec emploi de zinc n° i3 sur les parties où cela sera nécessaire.
- Le mètre linéaire de longueur réelle : Un franc........................................
- Art. 4. — Plus-value pour couverture spéciale du dôme et des pavillons d’angle ou de raccordement, avec ardoises façonnées et. surfaces courbes et verticales, arêtiers, pénétrations et autres travaux accessoires, non compris les zincs ou plombs moulurés ou d’ornement dont l'exécution est réservée.
- Le mètre carré, surface vue : Deux francs.
- Art. 5. — Bandes en plomb de omooi5 à omoo2 d’épaisseur sur om20 de largeur moyenne, clouées contre la planche de rive, et rabattues sur les verres des lanterneaux .
- Travail en location, compris tous travaux accessoires comme ci-devant, engravures, soudures, recouvrement à dilatation libre, clouages, pliures, etc.
- Le mètre linéaire de longueur réelle : Un franc .......................................
- Art. 6. — Chéneaux en fonte, tôle, acier ou zinc n° 14 à ressauts et dilatation libre, avec toutes pentes nécessaires, garnitures intérieures, tasseaux, cales, et autres travaux accessoires, comme à l’article ci-devant : bandes, gaines, agrafures, coupes droites ou biaises,' parties cintrées, percements, moignons et crapaudines, en un mot, chéneaux absolument complets à établir dans les encaissements en bois, construits par l’Administration aux dimensions maxima de om6o sur ora6o.
- Travaux en location comprenant toutes plus-values.
- Le mètre linéaire de longueur réelle : Neuf francs.......................................
- Art. 7. — Crochets de service en fer à placer sur demande de l’architecte et suivant le cas.
- La pièce : Six francs.....................
- Art. 8. — Tuyaux de descente de omi8 à omi9 de diamètre en tôle ou autre métal en zinc n" i3, soudés et emboîtés, lesdits à bagues, posés à l’intérieur des piliers de fermes en treillis, supportés et maintenus par des colliers faits exprès à charnière et double branche, fixés aux constructions métalliques à raison de cinq au minimum par tuyau de 8raoo, compris coudes droits ou cintrés, embranchements, raccords et tous travaux accessoires.
- Le mètre linéaire de longueur reelle : Quatre francs.......................................
- rf l"i
- o< £
- fr. c.
- t 80
- 6 00
- 4 00
- UNITE
- Mètre
- carré,
- sùrface
- vue.
- Mètre linéaire de long, réelle.
- Id.
- Mètre
- carré,
- surface
- vue.
- Mètre linéaire de long, réelle.
- Id.
- La pièce,
- Mètre
- linéaire.
- CHAPITRE III
- Avant-métré et détail estimatif
- Article premier
- Couverture en ardoises métalliques 'ravail en location ne comprenant pas le voligeage tvées de 2 5 mètres . 37.392 m. 00
- lerie de 3o mètres . 6.3oo 00
- leries extérieures de 5 mètres sur l’avenue e Labourdonnais . . 5.712 00
- leries de i5 mètres ur le jardin central. 5.848 00
- leries intérieures de
- 5 mètres................ 972 °°
- villon de raccorde-
- nent................... 2-7!? 00
- me central............ 1.875 00
- emins de faîtage .. . 5.186 40
- enfin d’accès au fai-
- age................ t.027. 20
- Article 2
- Plus-value pour raccor- ,
- dements de bande. . 10.088 00 a 1 fr. 00, soit 10.588 fr. 00
- Plus-value pour chemins de service en faîtage ou autre . . .
- Plus-value pour couverture spéciale du dôme et des pavillons
- Bandes en plomb de omoo t5 à o 002 d’épaisseur sur om2o largeur
- Chéneaux en fonte, tôle ou zinc n° 1 -j....
- Artigle 3
- 5.200 00 à 1 fr.00, soit 5.200 fr.00
- Article 4
- 4.587 00 à 2fr.00, soit 9.174^.00
- Article 5
- 14.900 00 à 1 fr. 00, soit 14.900 fr. 00
- Article 6
- 6.082 00 à 9 fr. 00, soit 54.738fr.oo
- p.642 - vue 207/496
-
-
-
- Troisième Année. — NJ 125.
- Article 7
- Crochets de service. . . 60 00 à 6 fr. 00, soit 36ofr.oo
- Article 8
- Tuyaux de descente . . 2.460 00;i4fr. 00, soit g.yaofr.oo
- Article q
- Objets diverse! appointements............... 674 fr. 28
- Article 10
- Somme à valoir pour imprévus et dépenses en régie (10 0/0)............................... 22.600fr.oo
- Ensemble............. 248.6oofr. 00
- Frais d'agence et honoraires 3 0/0............... 7.468 00
- Total général................ 25ô.o58fr. 00
- Modèle de soumission
- Je, soussigné,
- demeurant à
- après avoir pris connaissance des clauses et conditions générales imposées aux entrepreneurs de l'Exposition universelle de 1889, en date du 25 août 1886, du cahier des charges spéciales aux travaux de couverture, plomberie et zingage, en date du 20 avril 1887, ainsi que des dessins et des conditions particulières se rapportant directement à la couverture, à la plomberie et au zingage pour les galeries des expositions diverses au Champ-de-Mars,
- M’engage à exécuter les travaux dont il s’agit, évalués à la somme de deux cent vingt-six mille francs, moyennant un rabais de (en toutes lettres) par cent francs
- sur les prix de la série spéciale de l’entreprise dont il s’agit,
- Je me soumets en outre à supporter tous les droits d’affichage, de timbre, d’enregistrement à droit fixe ou autres auxquels la présente soumission pourra donner lieu si elle est acceptée.
- Paris, le 1887.
- Signature.
- LA SECTION COLONIALE
- M. Sauvestre, l’architecte de la tour Eiffel, vient d’être nommé architecte de la section coloniale française à l’Exposition de 1S89.
- Cette exposition se composera d’un palais central de 1,800 mètres, accompagné de pagodes indoues et cambodgiennes, de villages habites par des nègres africains des bords de l’Ogooué et du Congo, envoyés par M. de Brazza ; d un palais cochinchinois, d’une maison créole, d’un lac intérieur portant pirogues et sampans, et bordé de cases et de huttes sénegaliennes, le tout en matériaux des différents pays.
- LA PARTICIPATION DES
- PUISSANCES ÉTRANGÈRES à !’Exposition de 1889
- Chaque jour, le télégraphe nous apporte la nouvelle du refus de la participation d’une puissance étrangère à l’Exposition de 1889. Le lendemain, il est vrai, une nouvelle dépêche dément le bruit répandu la veille.
- Nous croyons utile de rappeler ici ce qui s’est passé, lors de l’Exposition de 1878, quand le gouvernement français voulut obtenir l’adhésion des autres pays.
- Nous citerons des extraits du rapport du com- . missaire général, M. le sénateur Krantz, relatifs à cette question.
- Le 14 septembre 1876, le ministre de l’agriculture et du commerce adressait aux nations étrangères l’invitation du gouvernement français ; il taisait, en outre, parvenir aux ambassades et aux délégations une circulaire accompagnée du plan et de la coupe transversale du palais du Champ-de-Mars, d’un exemplaire du reglement, suivi du système de classification générale d’après lequel lés divisions du palais avaient été arrêtées, et d’une copie autographiée de l’avant-projet des façades nationales.
- Le plan faisait connaître à chaque puissance la position et l’importance de la bande ou section provisoirement réservée à ses exposants.
- Dans la circulaire, après avoir décrit les dispositions principales des bâtiments affectés à l’exposition des beaux-arts et les précautions prises pour écarter tout danger d’incendie, le ministre indiquait les principes généraux qui devaient présider aux installations des groupes II à VII dans les galeries du palais.
- Il rappelait ensuite qu’aux termes de l’article 2 du règlement, les espaces des parcs et jardins qui ne seraient pas attribués, soit aux expositions agricoles et horticoles, soit à la circulation des visiteurs, devaient rester à l’entière disposition du Commissariat général
- Le ministre faisait ensuite ressortir les avantages stipulés dans l’article i3 du règlement, qui, non seulement, n’exigeait de la part des exposants aucun loyer pour les places qu’ils occuperaient à l’Exposition, mais accordait encore la fourniture gratuite du plancher dans la plupart des galeries.
- Ii proposait la construction des façades natio-
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 18S9
- nales projetées, sans renoncer pour cela à un système de décoration spécial, moins complexe pour-; tant qu’en 1867 , des façades établies sur les i chemins transversaux du palais.
- ! Enfin, il invitait les puissances étrangères à ; désigner sans retard des commissaires qui pussent ; entrer en relations suivies avec l’administration,
- ; dès le ier octobre suivant, et venir y recevoir les renseignements les plus détaillés concernant le régime des douanes françaises, l’octroi de la ville de Paris et les conditions faites par les compagnies 1 de chemins de fer ou de transports maritimes.
- Malheureusement, au moment où cette circu-j laire était adressée aux gouvernements étrangers,
- 1 aucun Parlement n’était réuni; on ne pouvait donc I espérer de réponse#officielle immédiate, i Néanmoins, des * pourparlers officieux s’engagèrent avec une certaine activité. Dès le commencement d’octobre, l’ambassadeur d’Autriche-Hon-I grie et le ministre suisse recevaient des instruc-: tions pour entrer en rapport avec l’administration, j Le Bersagliere de Rome annonçait que le ministre j du commerce d’Italie avait désigné un de ses hauts i fonctionnaires, M. le commandeur Ellena, et un ; architecte du gouvernement, M. le professeur i Basile, pour se rendre immédiatement à Paris, et j cette bonne nouvelle ne tardait pas à être confir-1 mée par l’ambassade d’Italie. Les Pays-Bas, de j leur côté, entraient en relation avec la direction j des sections étrangères par l’intermédiaire du j consul général, M. Martin-Coster, et des corres-j pondances étaient échangées entre le commissaire j général et S. E. M. de Boutowski, directeur du commerce et des manufactures de Saint-Pétersbourg, représenté à Paris par S. E. M. Robert de Thaï, conseiller privé.
- La question des emplacements à affecter aux expositions nationales des beaux-arts, question qui avait été réservée, fut immédiatement soulevée de tous côtés. A la suite d’une première étude, une division des locaux fut faite entre la France et les nations étrangères.
- Les négociations entamées ne pouvaient qu’encourager les efforts du commissariat général et faire concevoir des espérances de succès. Les derniers jours d’octobre virent arriver la nomination de M. Frédéric Wolfhagen comme commissaire général du Danemark, et apportèrent la nouvelle de la formation d’une commission impériale en Russie. Malgré la crise qui se préparait en Orient on commençait à espérer que les bonnes dispositions des chambres de commerce de l’empire d’Allemagne parviendraient à vaincre les résistances du cabinet de Berlin, et l’on était presque en droit de compter sur le succès des démarches entamées de part et d’autre. M. le baron Jules de Lesseps était officiellement désigné en qualité de commissaire général de la Ttmisie. Enfin, le ministre du Japon à Paris venait de faire part des excellentes dispositions de son gouvernement, et se chargeait de transmettre à S. M. I. le Mikado une lettre, par laquelle le président de la République sollicitait l’envoi d’objets d’art anciens qui 11’étaient jamais sortis dû pays.
- Pendant ces négociations, la direction des sections étrangères avait fait dresser un premier projet de répartition des salles des beaux-arts, et ce projet était officiellement envoyé à tous les pays étrangers. On leur communiquait en même temps, sur leur demande, le règlement spécial relatif à l’envoi, à la réception, à l’instaliation et à la réexpédition des produits.
- Le commencement du mois de novembre ménageait à l’administration des satisfactious nouvelles. L’Espagne envoyait son adhésion, en désignant M. Vallejo Miranda comme son commissaire. Le même jour le gouvernement de Bruxelles notifiait la nomination de M. le prince de Caraman-Chi-may, gouverneur de la province de Hainaut, au poste de président de la commission royale de Belgique. Deux jours après, c’était le tour du Portugal : M. José da Silva Mendès Léal faisait officiellement connaître ses dispositions favorables. Enfin d’après des avis officieux, on pouvait espérer le concours des Etats Scandinaves, ainsi que celui de la Grèce et de la plupart des Républiques de l’Amérique centrale et méridionale.
- L’élan était donné et, dès ce moment déjà, on pouvait prévoir qu’il y aurait insuffisance d’espace dans les galeries du palais. La Russie, malgré ses préoccupations militaires, était décidée à participer avec beaucoup d’éclat au concours de 1878, et se plaignait hautement du peu d’étendue des emplacements dont elle disposait. L’Autriche-FIon-grie et la Belgique n’étaient pas plus satisfaites de la part qui leur avait été allouée. Il devenait nécessaire de mettre les retardataires en demeure de se prononcer, afin de disposer des places vacantes et de commencer la distribution des espaces des parcs du Champ-de-Mars et du Trocadéro non compris dans les zones réservées ou dans celles affectées à la section française.
- Le grand-duché du Luxembourg, qui avait longtemps hésité, se décida à réclamer sa part d’espace par l’entremise du ministre plénipotentiaire de Belgique et de son consul général, M. Bastin. On apprit en même temps que, malgré l’intensité de la lutte que se livraient les divers partis politiques aux Etats-Unis pour l’élection du
- Dimanche 22 Mai 1SS7. — 648.
- président de la République, un grand mouvement se prononçait en faveur de l’Exposition. Vers le milieu de décembre, un grand nombre d’Etats de l’Amérique centrale et méridionale, parmi lesquels la République Argentine et le Pérou, envoyèrent leur adhésion. D’un autre côté, le ministre plénipotentiaire de Suède et de Norvège informait le commissariat général de la nomination de M. Chris-tophersen comme commissaire général de Norvège, et les Pays-Bas déclaraient officiellement leur participation.
- Ces résultats favorables furent malheureusement contrebalancés par l’effet fâcheux que produisit l’abstention de l’empire d’Allemagne. Dès qu’elle fut connue, un refroidissement notable se manifesta de divers côtés. Sous prétexte de se recueillir, l’Autriche-FIongrie sembla chercher des motifs de retraite, malgré les concessions importantes qu’on n’avait pas hésité à lui faire. Le Parlement danois parut, de son côté, peu disposé à poursuivre les pourparlers entamés.
- L’administration eut alors un rôle pénible à remplir. Le bruit s’était subitement répandu que l’Exposition serait retardée d’un an ; dans certains pays même, on affirmait que l’entreprise avait complètement échoué. Il fallut démentir toutes ces fausses nouvelles et soutenir partout le zèle, parfois défaillant, des commissions nationales étrangères, en rappelant que la guerre allumée en 1866 entre la Prusse etT’Autriche n’avait empêché aucune de ces deux nations de paraître aü Champ-de-Mars en 18(37, et en faisant savoir que, malgré ses armements et ses légitimes préoccupations, la Russie ne ralentissait aucunement ses préparatifs.
- Le 5 janvier 1877, un premier avis arriva d’Angleterre annonçant comme certaines les nominations de L. A. R. le prince de Galles aux fonctions de président de la commission royale britannique, et de M. Philip C-unliffre Owen en qualité'de secrétaire de cette même commission. Une seconde communication officieuse vint confirmer cette bonne nouvelle, au moment où se répandait le bruit que le Reichsrath Autrichien refusait de voter les fonds nécessaires à l’Exposition, et où les articles de la Galette de l’Allemagne du Nord semaient les plus vives inquiétudes.
- Il n’y avait cependant pas lieu de désespérer. L’adhésion officielle du Portugal ne tardait point, en effet, à parvenir à Paris. Le comte de Flandre acceptait, au même moment, le présidence d’honneur de la commission royale de Belgique. M. Mariette-Bey écrivait du Caire que le khédive autorisait et patronnait une exposition égyptienne, et le Gouvernement recevait avis de la formation d’une commission impériale chinoise,, sous la présidence de M. Robert Hart, inspecteur général des douanes européennes en Chine. Enfin, M. Philip Cunliffé Owen arrivait à Paris le 24 janvier 1877, précédé par la publication de la liste de la commission royale anglaise, où figuraient les noms les plus illustres du Royaume-Uni et de ses colonies. Ce double événement exerça une action décisive sur l’opinion européenne.
- La Suisse nomma, comme commissaire délégué à Paris, M. Lardy, conseiller de légation. Les exposants Danois se mirent, de leur côté, à étudier les moyens de participer à l’Exposition, malgré le refus ministériel de leur allouer des fonds. On reçut l’acceptation de la Perse et de certains Etats retardataires de l’Amérique centrale et méridionale, en même temps qu’arrivaient les nouvelles du vote, par la Chambre Italienne d’un premier crédit de 700,000 francs, et de la nomination de S. A. R. le prince Henri des Pays-Bas aux fonctions de président d’honneur de la commission royale Néerlandaise.
- Jusqu’alors le refus de l’Allemagne n’avait aucun caractère officiel ; mais, à la suite de la publication d’une lettre adressée à un exposant allemand par la direction des sections étrangères, pour informer celui-ci que sa demande d’admission devait être envoyée aux autorités de Berlin, l’ambassadeur d’Allemagne alla, le 9 février, trouver le ministre des affaires étrangères pour lui faire part de son étonnement, et, quelques jours après, une lettre du grand chancelier vint décliner formellement l’invitation du gouvernement français. Ce refus était formulé d’une façon tellement catégorique, que toutes les questions accessoires se trouvaient tranchées du même coup, et le gouvernement français dut se considérer comme tenu de repousser toutes les demandes individuelles qui émaneraient, soit de l’Allemagne proprement dite, soit des provinces annexées d’Alsace-Lorraine.
- A la date du 19 février, le commissariat général français invita les présidents et les représentants des commissions des États de l’Amérique centrale et méridionale à faire désigner des délégués pour former un syndicat chargé de gérer les intérêts communs, tout en garantissant l’autonomie de chaque exposition nationale, c’est-a-dire ayant mission de répartir et d’amenager économiquement les travées réservées à la collectivité des Etats. M.Torres Caïceno, ministre plénipotentiaire du Salvador à Paris, fut promu aux fonctions de président, qu’il garda jusqu’à la clôture de l’Exposition. Les travaux du syndicat furent longs et pénibles; les renseignements que possédait"cha-
- p.643 - vue 208/496
-
-
-
- 644* Troisième Année. — N° 123.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 22 Mai 1887.
- cun des membres sur les décisions prises dans le pays qu’il représentait manquaient souvent de précision ; la diversité des intérêts nationaux rendait parfois l’entente bien difficile. Mais il faut ajouter que, grâce au bon vouloir et au zèle de chacun, les résultats ont été excellents, et que la section des Etats de l’Amérique centrale et méridionale a été aussi brillante qu’intéressante.
- Au ier mars, la participation de l’empire Ottoman semblait irrévocablement compromise. En revanche, des avis officieux annonçaient que la réponse affirmative de la Suède n’était retardée que par des questions d’administration intérieure. On comptait sur la prochaine arrivée à Paris de S. M. l’empereur du Brésil pour connaître ce qu’il y avait lieu d’espérer de Rio-de-Janeiro. Enfin les nouvelles les plus rassurantes parvenaient de New-York et imposaient le devoir de conserver intacts les espaces attribués aux Etats-Unis.
- Les négociations entamées avec les puissances qui hésitaient encore à s’engager se poursuivaient avec la plus grande activité. L’Autriche-Hongrie ne subordonnait son acceptation définitive qu’à la solution de questions de détail ; mais elle déclinait absolument l’obligation d’édifier à ses frais un tronçon de façade nationale. La Suède faisait enfin connaître son désir de prendre part à l’Exposition; mais elle demandait un compartiment séparé de celui de la Norvège, avec une façade spéciale. Cette question de dualité de deux pays n’ayant à Paris qu’un seul agent diplomatique se présenta aussi avec l’Autriche et la Hongrie, et souleva, par la suite, des difficultés qui renaissaient chaque fois qu’une décision d’ordre général devait être prise. Néanmoins la nomination de M. Julhin Dennfelt, en qualité de commissaire général du royaume de Suède, ne tarda point à être notifiée à Paris.
- Le Danemark était toujours indécis; mais cependant il demandait une augmentation d’espace et le dégrèvement de certains frais laissés à la charge des Commissions nationales. En Turquie, une circulaire ministérielle, répandue dans les provinces de l’empire, faisait savoir que, par suite des désastres et des dépenses occasionnés par la guerre, le gouvernement de la- Sublime Porte ne pourrait allouer aucun subside, mais qu’il prendrait sous son patronage les industriels qui désireraient exposer leurs produits. Le Mexique était, d’autre part, très activement sollicité par des intermédiaires officieux, auxquels le Gouvernement français laissait dire qu’il verrait avec plaisir l’Exposition opérer un rapprochement entre les deux pays, séparés diplomatiquement depuis la dernière guerre. La Grèce désignait pour ses Commissaires délégués M. Delyanni, chargé d’affaires, et M. le colonel Nicolaïdy. S. E. don José Emilio de San-tos arrivait d’Espagne, avec le titre de commissaire général.
- Les demandes d’augmentation d’espace affluaient de tous côtés, et il fallut se décider à supprimer le compartiment de la Turquie et celui du Brésil,qui avait laissé entendreque certaines difficultés financières empêcheraient le gouvernement de Rio-de-Janeiro de répondre à l’appel de la France.
- Les premiers mois de 1877 avaient été très favorables à l’Exposition, et un plein succès semblait devoir couronner les efforts faits depuis près d’une année.
- Mais la période du 16 mai au 14 décembre faillit être fatale à l’Exposition. Les inquiétudes n’étaient pas moins vives à l’étranger qu’en France ; les nouvelles les plus alarmantes y étaient colportées. On parlait de tous côtés de l’ajournement et de la remise de l’Exposition à une époque qu’on ne pouvait préciser; on allait même jusqu’à affirmer qu’on renonçait absolument à cette entreprise. La promenade officielle que M. le président de la République vint faire au Champ-de-Mars et au Tro-cadéro et l’allocution qu’il prononça à cette occasion ne suffirent point à rassurer les hésitants.
- Afin de réagir contre le découragement général, la correspondance étrangère fut conduite avec une activité nouvelle. Le Times et le Daily Telegraph furent invités à publier deux lettres, par lesquelles le Commissariat général cherchait à rassurer l’opinion publique en Angleterre. On s’efforça de prévenir l’impression défavorable qu’aurait pu produire le désistement de certaines nations, telles que l’Autriche-Hongrie, qui commençait à hésiter de nouveau, et le Danemark, dont le Gouvernement et les exposants ne pouvaient se décider à entrer dans la voie des préparatifs vraiment sérieux. On ne recula devant aucune peine pour faciliter leur travail aux Commissions étrangères et réchauffer leur zèle bien attiédi.
- Bientôt des symptômes plus rassurants se manifestèrent. Les adhésions des pays de l’extrême Orient parvinrent à Paris, ainsique celles de petits États européens. Deux nouveaux Syndicats furent organisés : l’un comprenant la Tunisie, le royaume d’Annam, celui de Siam, l’empire du Maroc et la Perse ; l’autre, le grand-duché de Luxembourg, la principauté de Monaco, et les républiques d’Andorre et de Saint-Marin.
- Après bien des pourparlers et des négociations, on put enfin arrêter au i5 novembre 1877 la répartition définitives entre les puissances étran-
- gères, des espacescomprisdans le palais du Champ-de-Mars.
- L’acceptation des États-Unis faisait encore défaut à cette époque, mais elle pouvait être considérée comme certaine, et elle arriva dans les premiers jours de l’année 1878. M. l’ingénieur Petit, investi des pleins pouvoirs de la commission centrale de New-York, débarquait en France vers le 20 janvier.
- Enfin, au commencement du mois de mars suivant, l’empire d’Allemagne se décida à revenir en partie sur son refus primitif. Le prince de Hohenlohe, ambassadeur à Paris, fit savoir que l’Empereur autorisait les artistes allemands à envoyer leurs œuvres au Champ-de-Mars, sans concourir toutefois pour les récompenses. Malgré ces conditions exceptionnelle, l’Administration française accueillit avec satisfaction une nouvelle qui indiquait une tendance heureuse de rapprochement entre les deux pays.
- COMITÉ DÉPARTEMENTAL
- DE LA HAUTE-LOIRE
- Par arrêté en date du 14 mai 1887, le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a constitué comme suit le comité départemental de la la Haute-Loire.
- i° Sous-comité de l’arrondissement de Domfront
- MM. Vissaguet, sénateur.
- Dupuy, député.
- Rumillet-Charretier, député.
- le secrétaire général de la préfecture.
- l’inspecteur d’académie.
- l’ingénieur en chef des ponts et chaussées.
- l’inspecteur des forêts.
- Achard (Hippolvte), secrétaire de la chambre syndicale des dentelles.
- Alirol (Arthur), conseiller d’arrondissement du canton de Pradelles.
- Alirol (Hippolyte) , négociant, maire, du Puy.
- Arssac, ancien président du tribunal de commerce.
- Assérat (Auguste), propriétaire à Masfreyt (commune de Cayres).
- Aymard , archiviste honoraire, inspecteur des monuments historiques.
- Badiou de la Tronchère, directeur des écoles professionnelles.
- Barrier, fabricant de dentelles à Craponne.
- Bérard, meubles sculp'tés.
- Berbigier, maire de Lissac.
- Besson (Auguste), dentelles.
- Blanc-Mathory, maire de Brives-Charen-sac.
- Bonnet (Alexandre), ouvrier graveur.
- Bonnet-Malmazet, distillateur.
- Braud, président de la chambre syndicale des dentelles.
- Boyer, conseiller général, à Loudes.
- Chacornac, serrurerie.
- Ghaudier, directeur de la ferme-école de Molhac, près Saint-Paulien.
- Chorand, agriculteur, maire de Saint-Chris-tophe-sur-.Oolaizon.
- Claude Bernard, maire de Beaulieu.
- Coiombet (Claudius), fabricant de bas.
- Couderchet, vice-président du comice agricole.
- Coudeyrettes, dentelles.
- Guoq, juge de paix à Allègre.
- de Ribier, fabricant de dentelles, maire de Saint-Paulien.
- Dulac (Justin), vice-president de la chambre syndicale des liquides de la Haute-Loire.
- Falcon (César), membre de la chambre syndicale des dentelles.
- Farigoules (Pierre), dentelles.
- Faure (Victor), ancien président du tribunal de commerce.
- Fayolle-Badiou, président du tribunal de commerce et de la chambre consultative des arts et manufactures.
- Ferry-Bonon, dentelles.
- Forestier, conseiller municipal.
- Gauthier, propriétaire, maire de Saint-Jean-de-Nay.
- Girard-Gory, dentelles.
- Hérisson, professeur départemental d’agriculture.
- Jacotin (Antoine), archiviste du département.
- Jouve, ancien député, conseiller général.
- Leculée, architecte, secrétaire de la chambre consultative des arts et manufactures.
- Limosin, conseiller d’arrondissement à Sau-gues, membre de la commission de surveillance du travail des enfants.
- Malègue, ancien cçnducteur des ponts et chaussées.
- Marchesson (père), ancien imprimeur.
- MM. Mauras (Emile), maire de Saint-Julien-C.hapteuil, président du comice agricole.
- Ménard, maire de Saugues.
- Moiselet, dentelles.
- Morel, docteur-médecin, président de la société agricole et scientifique.
- Pellissier (Charles), négociant.
- Portal-Avond, dentelles.
- Robert, dentelles, à Lavoûte-sur-Loire.
- Robert, passementisr.
- Rogues-Boyer, industriel à Espalv, près le Puy.
- Roure, dentelles, à Craponne.
- Rousset, dentelles, conseiller d’arrondissement, au Monastier.
- Rubod, distillateur.
- Solvain-Planté, président du conseil des prud’hommes.
- Surrel, dentelles, maire de Craponne.
- Terrasse Maroudier, ancien fabricant de dentelles au Puy.
- Vallon, cirier à Vals-près-le-Puy.
- Veysseyre (Isidore).
- Vibert, docteur-médecin.
- Vissaguet (Adrien), docteur-médecin.
- 20 Sous-comité de /’arrondissement de Brioude
- MM. Edmond de Lafayette, sénateur.
- Saint-Ferréol (Amédée), député.
- Bard (Pierre), propriétaire à Gizaguet (commune de Saint-Géron).
- Begou, propriétaire, maire de Saint-Didier-sur-Doulon.
- Chambfort (Félix), fabricant de dentelles à Chanteuges.
- Chambriard, directeur de scierie mécanique.
- Ghantelauze, conseiller général, maire de la Chaise-Dieu.
- Chatillon (Emmanuel), propriétaire de fonderie d’antimoine.
- Chonet, découpeur sur bois.
- Dorfaut, propriétaire, maire de Couteuges.
- Faucher, propriétaire, maire de Pinols.
- Faure-Pomier, président du comice agricole.
- Ferraud, propriétaire-viticulteur.
- Gasquet, maire de Sainte-Florine.
- Gueyffier, propriétaire à Beissat (commune de Saint-Beauzire).
- Guillemot, inspecteur primaire.
- Hermet, ingénieur, directeur des mines de houille à Sainte-Florine.
- Lavialle, propriétaire, conseiller général, à Bleslc.
- Marsset, propriétaire, conseiller d’arrondissement, à Lavoûte-Chilhac.
- Parrier (Auguste), fabricant de perles à Langeac.
- Ravoux (Camille), à Langeac.
- Rostan, ingénieur des mines de Marsauges, à Laugeac.
- Saint-Ferréol (Ernest), propriétaire.
- Saurou, propriétaire, conseiller d’arrondissement, à la Chaise-Dieu.
- Segoud (Louis-Jules), propriétaire d’une usine de céramique à Lubières (commune de Vergongheon).
- Servant-Faye, propriétaire, à Lavoûte-Chilhac, conseiller d’arrondissement.
- Servant (Jean-Baptiste), propriétaire, maire de Chazelles.
- Trioullier, propriétaire-viticulteur, maire de Villeneuve-d’Allier.
- Valeix, propriétaire, conseiller d’arrondissement à Lorlangues.
- Vesseyre (Jean), vice-président du comice agricole.
- Vignaucourt, propriétaire à la Bageasse (commune de Vieille-Brioude).
- Virollet, ingénieur civil à Vergongheon.
- Sous-comité de Varrondissement dTssingeaux
- MM. Binachon, député, métallurgiste.
- Adhémard, dentelles.
- Binachon (Joannès), directeur des usines de Pont-Salomon.
- Borel, fabricant de meubles sculptés.
- Borne, dentelles, commissionnaire, maire de Retournac.
- Briat (Johannez), industriel à Saint-Didier-la-Séauve.
- Canie, architecte, industriel.
- Charreyre, docteur médecin.
- Collard (Camille), propriétaire-viticulteur, conseiller d’arrondissement, à Bas.
- Curé, inspecteur primaire.
- Drevet, conseiller général, à Tence.
- Durieu, distillateur à Monistrol-sur-Loire.
- Ferréol, industriel au Grouzet (commune de Saint-Didier-la-Séauve).
- Fraisse (Auguste), dentelles.
- Freydier, propriétaire à Lapte, président du comice agricole.
- Glo de Besse, maire de Montfaucon.
- Jamot, industriel à Riotord.
- Laroue, maire de Saint-Vey, conseiller général.
- p.644 - vue 209/496
-
-
-
- .-Y'-YY'si- ' . -" •;-i*‘'''.''••;' r
- ; . kw,f
- , t-
- n.vrf.
- T V
- :V;-
- ...r-tif
- sÿ,?A-/ï Ç-v' .•• •:• •' *
- ! -f ? - .-! ; U : ''
- X4? ëkv
- /
- p.n.n. - vue 210/496
-
-
-
- N°125
- LE MONITEUR De L-EXPOSITION DE 1889
- Dimanche 22 Mai i887
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1889
- LES PREMIÈRES'FERMES METALLIQUES DE L’EXPOSITION
- p.dbl.n.n. - vue 211/496
-
-
-
- p.n.n. - vue 212/496
-
-
-
- Troisième Année.
- N° 125.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE i88q.
- MM. Marthouret, serrurerie, à Monistrol-sur-Loire.
- Meyer, dentelles, maire de Lapte.
- Mounier (Zéphirin), horticulteur.
- Néron (Alphonse), conseiller général, maire de Monistrol-sur-Loire.
- Néron (Emile), agriculteur à Martinas, commune de Monistrol-sur-Loire.
- Peyrache (Jules), industriel, président du conseil des prud’hommes de Saint-Didier-la- Séauve.
- Soubeyran, propriétaire, maire du Cham-bon-de-Tence.
- Taix, maire de Saint-Didier-la-Séauve.
- Véron (Théodore), fabricant de papiers au Crouzet, commune de Saint-Didier-la-Séauve.
- --------------SHâHg^si-------------
- COMITÉ DÉPARTEMENTAL
- DE LA CHARENTE
- Par arreté en date du 7 mai 1887, le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a nommé membre du comité départemental de la Charente :
- Sous-comité de Varrondissement de Cognac M. Pellisson, négociant en eau-de-vie, à Cognac.
- COMITÉ DÉPARTEMENTAL
- DU GARD
- Par arrêté en date' du 11 avril 1887, le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a nommé membres du comité départemental du Gard :
- MM. le président du tribunal de commerce de Nimes (sous-comité de l’arrondissement de Nîmes).
- Conduzorgues (Eugène), maire de Sauve.
- Devèze-Verdier, négociant en bonneterie à Sauve.
- Dumas (Rodolphe), négociant en bonneterie Sauve (sous-comité de l’arrondissement du Vigan).
- COMITÉ DÉPARTEMENTAL
- DE LA MARNE
- Par arrêté en date du 7 mai 1887, le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a nommé membre du comité départemental de la Marne:
- Sous-comité de l’arrondissement de Reims MM. le docteur Thomas, ancien député, président du syndicat agricole et viticole de la Marne.
- Walbaum-Florens, président du syndicat du commerce des vins de Champagne, à Reims.
- Kuq (Paul), négociant en vins de Champagne, secrétaire du syndicat de commerce.des vins de Champagne, a Reims.
- Sous-comité de l’arrondissement de Sainte-Menehould
- M. Payard, président du comice agricole de l’arrondissement de Sainte-Menehould.
- Sous-comité de l’arrondissement de Vitry-le-François
- MM. Barré, directeur de la station agricole de Vitrv-le-François.
- Pessez, gérant de l’imprimerie du Messager de la Marne.
- Tavernier, imprimeur, directeur de VImpartial de la Marne.
- COMITÉ DÉPARTEMENTAL
- DE L’OISE
- ÉCHOS
- Paris
- Une exposition des œuvres du peintre Ribot est ouverte depuis le jeudi 12 mai à la galerie Bernheim jeune, 8, rue Laffitte.
- Cette très intéressante exposition qui réunit 78 tableaux et à peu près le même nombre de dessins ou aquarelles, se prolongera jusqu’au dimanche 12 juin.
- ¥ ¥
- L’exposition générale de la Société nationale d’horticulture de France sur laquelle on a pu lire d’intéressants détails dans un de nos précédents numéros, aura lieu de mercredi prochain 25 mai au lundi 30 mai, dans et près le pavillon de la Ville de Paris aux Champs-Elysées.
- La commission d’organisation a pris toutes les dispositions nécessaires pour que cette exposition surpasse en attrait et en nouveauté, celles qui l’ont précédée.
- *
- * ¥
- C’est aujourd’hui dimanche 22 mai que doit avoir lieu l’inauguration officielle, au parc de Vincennes, de l’exposition internationale du Cinquantenaire des chemins de fer français.
- *
- * *
- Mercredi prochain 25 mai, ouverture de l’exposition canine au Cours-la-Reine.
- *
- ¥ ¥
- ETRANGER
- Allemagne
- La grande exposition académique de Dresde n’aura pas lieu cette année, faute de local.
- En présence de ce fait, le comité de l’Association des Artistes de Dresde a décidé d’organiser une exposition d’aquarelles, de dessins et de pastels qui aura lieu en août et septembre, au Polyteeh-niku/n. L’exposition 11e prendra pas le nom d’internationale, mais la plupart des artistes, les plus marquants de l’étranger seront invités à y participer.
- *
- ¥ ¥
- La Société Bavaroise d’horticulture avait organisé récemment une exposition horticole qui a lieu au Palais de Verre (Glaspalast) de Munich, du 30 avril au 8 mai.
- ¥ ¥
- Le collège communal de Munich vient de souscrire une somme de 15,000 marks pour la formation du capital de garantie de l’exposition internationale des beaux-arts (1888; et 50,000 marks, pour l’exposition nationale d’art industriel (1888) dont les dépenses sont évaluées à 800,000 marks.
- L’Etat a accordé des subventions de 34,500 et 50,000 marks respectivement.
- L’Association des Artistes a décidé récemment, d’autre part, que l’inauguration de l’exposition internationale des beaux-arts n’aurait pas lieu avant le 1er juin 1888, afin que l’ouverture n’en coïncide pas. avec l’exposition que projettent les artistes de Vienne pour les mois de mars, avril et mai 1888, et sur laquelle on trouvera des détails plus loin.
- ¥ ¥
- Une exposition artistique formée d’emprunts faits aux collections particulières de la région a été ouverte dimanche dernier 15 mai dans le foyer du théâtre de Mayence. Elle comprend 500 toiles environ.
- *
- ¥ ¥
- L’exposition de l’Union des Artistes de Berlin compte environ 200 envois intéressants.
- * *
- Angleterre
- Le Temps nous apprend que mercredi dernier 18 mai a été ouverte à Londres une exposition française de cuisine internationale.
- *
- ¥ ¥
- On évalue à trente mille environ le nombre des personnes qui ont assisté, la semaine dernière, à l’inauguration de l’exposition américaine de Londres.
- *
- * *
- Dimanche 22 Mai 1887. — 645
- Autriche-Hongrie
- A l’occasion du 40e anniversaire de l’avènement de l’empereur, la Société des Artistes Viennois se-propose d’organiser en mars, avril et mai de l’année prochaine, une grande exposition qui offrirait un tableau général du développement artistique de l’Autriche sous le règne de l’empereur François-Joseph, et un aperçu du niveau de l’art en général.
- Les artistes étrangers seront donc appelés à y participer aussi bien que les artistes indigènes.
- *
- ¥ ¥
- Belgique
- Une exposition internationale de timbres-poste,, dont nous avons eu l’occasion de parler, a été ouverte le 1er mai au Palais de l’Industrie d’Anvers.
- Les plus belles collections ont été envoyées par trois amateurs de Bruxelles, Leipzig et Anvers-La plus importante, qui comprend un million de-spécimens, appartient à un exposant d’Utrecht. Parmi les variétés les plus remarquables citons : un timbre-postal du xvne siècle ; deux enveloppes de Sardaigne, 1819 et 1821 ; une collection complète des Etats du Pape ; une série de cartes postales du premier congrès de Volapük, toutes écrites en langue universelle ; une carte-postale qui a fait le tour du monde en 90 jours, etc.
- L’exposition durera jusqu’à la fin du mois.
- *
- ¥ ¥
- Espagne
- C’est mercredi prochain 25 mai qu’aura lieu à Madrid, dans le nouveau palais récemment construit, l’ouverture de l’exposition internationale des beaux-arts. Les toiles qui y figureront sont au nombre d’environ huit cents parmi lesquelles, on signale un chiffre assez élevé d’envois de l’étr'anger.
- Sa majesté la Reine-Régente doit rentrer à. Madrid, pour présider l’inauguration.
- États-Unis
- L’exposition organisée à la American’ Art Gallery a été ouverte le 30 avril dernier.
- *
- ¥ ¥
- Italie
- L’exposition internationale de _ photographie dont nous avons à différentes reprises mentionné l’organisation à cette place, a été inaugurée à Florence, dimanche dernier, et a reçu, le lendemain, la visite de LL. MM. le roi et la reine.
- ¥ ¥
- Une exposition industrielle et agricole aura, lieu à Chiavari du 24 juin au 10 juillet. Elle se divisera en huit groupes, dont 6 pour la section industrielle, 2 pour la section agricole. Ce sont r
- 1° Beaux-arts et leurs applications.
- 2° Art naval et accessoires mécaniques.
- 3° Objets manufacturés en bois, en métal, et autres objets d’usage domestique.
- 4° Objets fabriqués, en soie, laine, toile et coton.
- 5° Denrées alimentaires.
- 6° Produits de l’industrie chimique.
- 7° Produits agricoles.
- 8° Floriculture.
- (Bollctlino clelie Finance.)
- SCIENCES & INDUSTRIE
- L’âge de télégraphe électrique
- Notre excellent confrère, le Cosmos, a publie sous ce titre, l’intéressant entrefilet que voici :
- Un de nos lecteurs nous adresse un bien curieux passage d’un vieil ouvrage dans lequel le télégraphe-électrique à cadran, tel qu’il existe aujourd’hui, est décrit avec la plus grande exactitude.
- Pour que la ressemblance soit parfaite, il ne manque qu’un fil, et peut-être ce fil existait-il, et l’inventeur le cachait-il pour rendre plus merveilleux encore des effets obtenus.
- L’ouvrage est intitulé :
- L’incredulite et mescreance dv sortilège piaulement convaincue.
- Par P. de F Ancre, conseiller du Roy en son conseil d’Estât
- à Paris.
- cheq Nicolas Bvon, rué Sainct-Jacques, à l’enseigne Sainct-Claude et de VHomme-Sauuage.
- MDC XXII
- La citation est tirée de la page 247 :
- « A l’Arithmantie se peut aussi raporteiy, ce-« grand et beau secret qu’un Allemand fit voir au « Roy Henry le Grand, qui est l’industrie et fiexté-« rité de faire parler et entendre les hommes absens.. « pour esloignez qu’ils soient et, ce par le moyen « de l’aimant. Il frotta premièrement deux aiguilles.
- Par arrêté en date du 7 niai 1887, le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889,, a. nommé membres du comité départemental de 1 Oise :
- Sous-comité de l’arrondissement de Clermont MM. Tailpouis, ancien fabricant de bonneterie, à Saint-Just-en-Chaussée.
- Touzé, fabricant de bonneterie à Saint-Just-en-Chaussée.
- --- '—ai» Q w i .— -
- Australie
- L’exposition internationale de Melbourne, dont nous avons parlé à différentes reprises, ouvrira i le 1er août 1888 pour clôturer le 31 janvier 1889.
- Elle comprendra : l’art, l’enseignement, les machines, la métallurgie et les industries extractives, l’industrie, l’agriculture et l’hygiène.
- Les adhésions sont reçues jusqu’au 31 août au secrétariat de la Dcntennial International Exhibition (1888) à Melbourne.
- ¥ ¥
- p.645 - vue 213/496
-
-
-
- 646. — Troisième Année — N° 120. LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1809.
- Dimanche 22 Mai 1SS7.
- « d’aimant, et puis les attacha séparément en deux « diuers horloges, autour desquels estoient escri-« tes et-grauées en rond les vingt et quatre lettres « de l’Alphabet : Si bien que lorsqu’on vouloit « dire ou faire entendre ce qu’on désiroit : on re-« müoit et dressoit la pointe de l’esguille sur les « lettres qui estoient nécessaires pour composer « et signifier tous les mots et parolles qu’il falloit : « et à mesvre qu’on tournoit et dressoit vne aiguille « esguilie, celle de l’autre horloge pour si distant «et séparé qu’il fust, suivoit entièrement ce « mesme mouuement. Le Roy royant vn si beau « secret luy deffendit de le diuulguer , comme « pouuant porter des très dangereux aduertisse-« mens es armées et villes assiégées. »
- Les vers à soie au Tonkin
- La Galette géographique a récemment appris qu’une expérience des plus intéressantes pour l’avenir de la colonie a eu lieu à Ha'iphong. M. Ar-nal a apporté de France des graines de vers à soie et les a fait éclore. Ces graines tenues en glacière pendant toute la traversée, ont éclos à Haïphong dès qu’elles ont été mise à l’incubation, avec une température constante de 220. Les vers à soie sont très vigoureux et mangent beaucoup, maintenant qu’ils sont sortis de la deuxième maladie. La feuille du mûrier du pays parait leur convenir ; l’expérience est concluante sur ce point que, pour utiliser la graine française, on pourra se servir des mûriers nains, au lieu d’être obligé de faire des plantations de mûriers de France, ce qui demanderait au moins dix ans. Il semble aussi que la feuille du mûrier nain soit très soyeuse en février. M. Arnal pense que le rendement sera supérieur à celui de juin. Si l’importation de la graine française réussit complètement, — et c’est aujourd’hui hors de doute, — le Tonkin en retirera de grands avantages, car le rendement de la race française est beaucoup plus rémunérateur que celui des races du pays. Quand 9 à i3 kilogrammes de colons frais de race française suffisent pour r kilogramme de soie valant de 70 à 90 francs, il faut 20 à 20 kilogrammes de cocons frais de race tonkinoise pour un kilogramme de soie dont la valeur est quatre ou cinq fois moins élevée.
- -- ......................
- EXPOSITION DU HAVRE
- Dans notre dernier numéro nous n’avons pas pu reproduire le discours de M. Bénard, le sympathique directeur de l’Exposition du Havre.
- Nous sommes heureux de publier aujourd’hui cette intéressante allocution qui retrace l’historique de l’Exposition et nous montre le but poursuivi et brillamment atteint par ses organisateurs.
- DISCOURS DE M. BÉNARD
- Monsieur le président du Conseil,
- Messieurs,
- Il y a dix-neuf ans que la ville du Flavre, au lendemain de l’Exposition universelle de 181.7, inaugurait sa première Exposition maritime. C’est presque à la veille du Centenaire de 1889 que nous vous convions à ouvrir la seconde.
- Si l’une eut le mérite incontesté d’être la première manifestation importante de cette nature en province, l’autre donne la mesure des forces acquises par le commerce et l’industrie de notre cité,, depuis, qu’ils se sont associés dans un même esprit d’initiative, de progrès et de solidarité.
- En portant nos regards sur cette période de vingt années, dont nous marquons aujourd’hui la dernière étape, nous voyons le régime économique en Europe comme en Amérique profondément modifié.
- Des pays, jusqu’alors tributaires des nations les plus anciennement outillées, ont fait, à côté de celles-ci, d’énergiques efforts. Des industries, qui n’avaient eu longtemps qu’une existence végétative, se sont progressivement développées, faisant face aux besoins de la consommation intérieure, et se créant par surcroît, sur les marchés extérieurs, des débouchés devenus indispensables.
- Cette grande poussée de production a pu rompre momentanément l’équilibre des échanges internationaux ; elle a donné, par contre, à la marche du progrès, une impulsion pleine de grandeur et de promesses.
- Elle a fait naître cette fièvre salutaire de l’initiative, de l’audacé commerciale, et l’expansion coloniale est devenue le Credo de toutes les grandes nations civilisées.
- C’est par cet effort universel que s’explique le phénomène de la multiplicité des Expositions spéciales.
- L’émulation des nations entre elles s’est étendue aux différentes contrées d’un même pays, et chaque centre commercial, agricole ou industriel a été conduit à mettre en relief sur son propre terrain les ressources que son activité a su mettre en valeur.
- La ville du Havre, messieurs, ne pouvait se tenir à l’écart de ce grand tournoi pacifique.
- Après Anvers et Liverpool, la tâche semblait difficile.
- Une lacune existait toutefois : nous avons voulu la combler.
- Trouvant au cœur même de notre cité un champ d’expériences qui nous a paru merveilleusement préparé pour mettre en lumière et en contact les deux agents principaux de notre expansion commerciale, la matière exportable et Je matériel perfectionné qui en est le véhicule par mer, le Syndicat général du Commerce et de l’Industrie prenait, dès 1885, la résolution d’y organiser l’Exposition maritime de 1887.
- Lien naturel d’un grand nombre d’initiatives privées, plus libre dans ses allures que les corps élus, dont les prérogatives sont étroitement limitées par la loi, il lui appartenait de prendre cette œuvre en main et de la faire aboutir.
- S’il en a assumé les principales charges, hâtons-nous de le dire, il a trouvé dans les administrations intéressées, dans notre Conseil municipal, dans notre Chambre de commerce, dans le Conseil général de la Seine-Inférieure, et auprès du ministère des travaux publics, l’accueil sympathique et le concours efficace sans lesquels les plus légitimes entreprises se traînent péniblement vers leur but ou se liquident par un aveu d’impuissance. Tous ces concours ne pouvaient nous faire défaut.
- La ville du Havre qui, il y a vingt ans, élevait son Exposition sur les fronts nivelés des fortifications jugées inutiles, n’avait-elle pas à montrer par quelle succession de travaux, qui, à peine achevés, devenaient insuffisants, elle avait élargi son périmètre, doublé le chiffre de sa population et rempli avec énergie le rôle assigné à son port dans le grand concert de la production nationale et des apports de l’étranger.
- Le projet de cette Exposition que nous eûmes l’honneur de soumettre à l’état d’ébauche à nos deux honorables députés, M. Jules Siegfried, maire du Havre à cette époque, et M. Félix Faure, reçut leur chaude approbation, et c’est fort d’un appui qui ne s’est jamais démenti un seul instant que nous avons pu entrer dans la voie de la réalisation.
- L’idée d’une telle démonstration sur un bassin, au centre de la ville, pouvait paraître neuve et féconde ; elle n’en soulevait pas moins tout un cortège de difficultés.
- Si elles ont été vaincues, nous devons en reporter le mérite, non seulement aux souscripteurs du capital de garantie, dont la confiance et l’entrain ont dépassé nos espérances; non seulement à la presse qui, dès le premier jour, s’est montrée favorable, mais encore à l’adhésion définitive de ceux de nos concitoyens dont la responsabilité professionnelle légitimait le plus les hésitations.
- En esquissant notre programme, Messieurs, nous voulons avant tout rappeler qu’il valut à l’œuvre entreprise, l’honneur du haut patronage de M. le ministre des affaires étrangères, de M. le ministre de la marine et des colonies, de M. le ministre du commerce et de l’industrie.
- Ce patronage, qui donnait un grand relief à notre Exposition, avait encore le mérite d’en bien marquer le caractère.
- Internationale pour toutes les industries se rattachant à la marine, à la pêche et à l’électricité, l’Exposition du Havre ne pouvait devenir un diminutif confus d’Exposition universelle. Elle est donc restée nationale pour toutes les industries d’exportation. Cette limitation nécessaire devait restreindre la coopération de beaucoup de puissances amies et rendre plus difficile la tâche de leurs, dignes représentants.
- Permettez-nous, Messieurs les commissaires étrangers et Messieurs les consuls, de vous en témoigner, pour les résultats obtenus, une plus entière reconnaissance.
- Si les éléments du concours international ont été moins nombreux, leur classification n’en a que mieux conservé sa méthode et sa clarté.
- Sans devancer le jugement qui pourra être porté sur cette Exposition, et qui fera plus tard, après les travaux du 1 ary, l’objet d’une étude raisonnée, nous avons la satisfaction de voir, dès à présent, son cadre complément rempli.
- La Marine, la Pêche et le Sauvetage sont largement représentés. Aux échantillons flottants qui peupleront successivement notre bassin, viennent se joindre les plus magnifiques collections de modèles qu’il ait été donné de réunir.
- Le visiteur suivra, avec un grand profit pour son instruction, les différentes phases de la construction du navire, de son armement perfectionné et des aménagements pleins de confort offerts aux voyageurs de notre époque.
- Il saisira sur le fait, dans leur physionomie et leurs costumes, ces dévoués pêcheurs dont le labeur périlleux, incessant, assure pour une large part le stock alimentaire dans le monde entier.
- A côté de tous ces spécimens de construction, c’est avec un véritable luxe de démonstration technique que les travaux des ports développeront leurs séries de plans et d’études appliquées, et l’on n’est pas moins frappé en les contemplant, de la somme d’intelligence et de travail qu’il a fallu y consacrer, que de l’étendue des sacrifices
- qu’ils imposent sans relâche à l’activité humaine.
- Dans le domaine de la mécanique les progrès sont affirmés avec non moins d’éclat.
- Par différents systèmes, la vapeur, les gaz combinés, l’électricité, distribuent dans tous les sens la vie et le mouvement. Les machines-outils et les machines motrices, sous des volumes que l’art du constructeur a merveilleusement réduits, développent une puissance plus grande.
- Par mille applications variées, l’électricité se prête à de nouveaux besoins. Ici c’est une pompe qu’elle actionne à distance : là ce sont des voitures ou des bateaux qu’elle fait mouvoir. Dans un réseau formé de circuits sans nombre, elle enveloppe la façad,e de notre monument, les phares, la coupole, et d’un éclair qui se fixe au lieu de disparaître, les inonde de lumière.
- A l’aide d’un simple fil de bronze, elle fait parler les nations entre elles. La France échange avec la Belgique des paroles d’amitié.
- Dans cette rapide revue .nous ne pouvons que mentionner sans détails les diverses industries d’exportation et celles qui concourent à l’ameublement et à l’alimentation des bâtiments de mer.
- Par le nombre et le mérite des exposants, par l’immense variété des produits présentés, elles attestent l’importance de notre marché et l’intérêt qui s’attache aux débouchés qu’il assure.
- Nous arrivons enfin à cette section coloniale, dont le succès nous a tant préoccupé.
- Malgré notre désir de ne demander au gouvernement qu’un appui moral, dont nous sentions tout le prix, malgré notre respect pour la grande œuvre nationale de 1889, dont on ne peut se laisser distraire par aucun intérêt parasite, il nous semblait impossible que dans une Exposition maritime, au Havre, les colonies françaises ne fussent pas dignement représentées.
- Nous avons eu la bonne fortune de trouver dans M. le sous-secrétaire d’Etat aux colonies l’auxiliaire sans lequel tous nos efforts eussent été stériles. Grâce à sa haute bienveillance, les belles collections de l’Indo-Chine française et de nos anciennes colonies sont venues se marier aux riches productions de l’Algérie ; l’étude comparative sera complète et les éléments d’échange apparaîtront dès le premier examen.
- Tout en restant fidèles à notre programme, nous n’avons pu oublier qu’une section des beaux-arts est le complément naturel de toute Exposition française. Nous avons pour cet objet fait appel aux peintres de marine des pays voisins. Aidé dU'pré-cieux concours de M. le commissaire officiel du gouvernement belge, nous avons pu réunir, dans un même Salon, à côté des envois de l’Angleterre, de l’Allemagne, de l’Espagne et des principaux artistes français, un femarquable ensemble de la nouvelle Ecole flamande. Ce Salon, où les arts de nations diverses se donnent fraternellement la main, fera, nous n’en doutons pas, le plus grand honneur à tous ceux qui l’auront composé.
- Je n’ai pu que rappeler à grands traits les cléments constitutifs de notre Exposition. Ils suffisent, Messieurs, à donner la mesure de la tâche accomplie par tous nos collaborateurs.
- Dès le mois de septembre 1885, le comité d’organisation n’a cessé, dans de fréquentes réunions, d’étudier le mécanisme administratif et financier, d'en assurer et d’en contrôler le fonctionnement.
- Vous excuserez, en raison des sentiments qui m’animent, la liberté que je prends vis-à-vis de notre honorable président, en rendant un public hommage au dévouement dont il a donné tant de preuves, à sa grande bienveillance, à l’influence si légitime dont l’œuvre adoptée par lui a recueillir les bénéfices.
- Nos comités techniques, nos commissions spéciales ainsi que le comité de Paris ont rivalisé de zèle. Citer les noms de leurs présidents ou vice-présidents, MM. R. Nicole, Lemâle, Caza-van, Bossière, Gaillard, G. Sandoz, Lemoine, c’est rappeler leur vaillante coopération de chaque jour.
- Pour l’organisation de certaines sections spéciales nous avons vu se mettre à l’œuvre, dès le premier appel, des hommes de savoir, amoureux passionnés des tâches difficiles, notre concitoyen Lennier pour les pêches ; M. Bottard pour l’hygiène maritime; M. Bilbaut pour les colonies, et dans le camp des artistes: MM. Courant, Lhuil-lier, Genty, Fleury, Adeline; MM. Bœswiiwald, Blavet.
- C’est à M. Harel, architecte, que l’on doit le plan de la partie monumentale de l’Exposition.
- M. Pombla a été l’entrepreneur de tous les bâtiments. Actif, habile et persévérant, malgré de sérieux obstacles, il a mérité les suffrages des hommes compétents et justifié la confiance du comité.
- Dans un sommaire aussi incomplet vous relèverez, Messieurs,'de nombreuses omissions. Les administrations publiques, civiles et militaires, nous ont fourni de précieux collaborateurs, mais le Livre d’or de l’Exposition de 1887 est encore tout grand ouvert et nous aurons, avant de le fermer, à y inscrire bien des noms.
- Nous adressons à tous les hommes éminents qui, dans l’armée et la marine, le Parlement, les administrations publiques, l’industrie et le com-
- p.646 - vue 214/496
-
-
-
- Troisième Année. — N° 123.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1SS9.
- Dimanche 22 Mai 1SS7. — 647.
- merce, ont concouru à former notre comité d’honneur, l’expression de notre bien respectueuse gratitude.
- C’est dans leur appui toujours empressé que nous avons plus d’une fois trouvé le salut.
- Quand, après avoir traversé des phases douloureuses, quand, sous un ciel subitement assombri et au milieu de poignantes préoccupations, nous voyons tout ce monde d’industriels, de commerçants, d’artistes, dont les travaux ne s’épanouissent que dans un atmosphère de paix, se remettre à l’œuvre d’un front calme, nous ressentons tous, Messieurs, une profonde admiration, et nous nous laissons envahir par l’espérance.
- Quels prodiges enfanteraient tant d’abnégation, de génie et d’efforts, s’ils pouvaient tous converger vers ce but si noble : le progrès de l’humanité sans déchirements et sans ruines.
- Centenaire de 89, c’est dans cette pensée que la ville du Havre t’annonce et te saluera bientôt ! »
- Nous publierons la semaine prochaine un premier compte rendu de l’Exposition du Havre, qui dès aujourd’hui est entièrement terminée, et reçoit chaque jour la visite de plusieurs milliers de personnes.
- SALON DE 1887
- (Suite.)
- SALLE N° 3
- 1761. La Prière. Toile bien franche et d’une composition parfaite. Deux fillettes blondes, dans leur chaste chemisette blanche, agenouillées l’une près de l’autre, font leur prière du soir. Leur visage reflète leur candeur et l’innocence de leur hymne, la pensée est bien au ciel. M. Emile Meunier a certainement droit aux plus sincère^ éloges.
- 1449. Ramsès dans son harem. Une page antique merveilleuse. Le pharaon, dit la légende de Théophile Gautier, entouré de ses femmes Amensé-Taïa, Hont-Reché, joue aux échecs avec la belle Ewea. Et M. Lecomte du Nouya reconstitué avec un art exquis cette scène charmante. Nul mieux que l’éminent artiste ne pouvait rendre ces physionomies noires, jaunes, vertes, brunes et sous des gazes transparentes découvrir plus savamment les nus dans lesquels il excelle.
- 1470. Les sept œuvres de la miséricorde. Miséricorde! Miséricorde! Dans un tryptique « Vestire nudos. Excipere peregrinos. Potare sitientes » M. Lehoux nous exhibe une collection de gens contrefaits , capable d’enlever la foi aux plus endurcis.
- 1271. En drame à l’âge de pierre. M. Jamin a voulu faire joujou et franchement c’est dommage, sa peinture vaut beaucoup mieux que son sujet charivarique. Un homme primitif revenant à la grotte où il a laissé sa compagne, la trouve à moitié dévorée par un lion de belle encolure. Gomme disent les échotiers : « Tête du mari ! »
- Et de fait rien de plus ridicule que la mine épouvantée de notre individu et la bouche énorme qu’il ouvre. C’est dommage, le coloris a de la finesse et de la valeur, mais le dessin est bon pour le Journal amusant.
- 1623. Vision de Jeanne d’Arc au moment de son entrée à Reims. De la couleur, mais un tableau compliqué à plaisir. M. Matejko a compliqué à plaisir son œuvre par un fouillis indescriptible de personnages.
- A signaler : i3i 1. Clélia,ppar Paul de Katow,un de nos plus aimables confrères qui manie avec autant d’art la plume que le pinceau. Excellente toile. i3io. Fragments d’une décoration. Galant tryptique en teinte pâle exécuté par M. Karbowsky.
- 1 3 17. Nuit claire de Norvège par MUe Kitty Lange Kielland. i383. La Cour de la Sorbonne en 1886 par Lansyer.
- salle n° 7
- 1548. De retour au pays. Par M. J. Lubin. Un talent de composition très sérieux et une vigueur de brosse indiscutable. Un fantassin portant les médailles militaire et du Tonkin, raconte sa dernière campagne dans l’auberge du village devant les gendarmes et les principaux du pays. 11 y a là une étude approfondie de? physionomies réellement intéressante et de premier ordre.
- 1158. Dans mon atelier. M. Hall a tenté une expérience, la symphonie du violet et s’est tiré adroitement de la difficulté. Une dame ayant fait glisser devant la fenêtre un rideau bleu contemple à la lueur tamisée et décomposée du jour un tableau posé sur un chevalet. La dame et l’appartement ont pris ainsi une teinte violacée assez originale. Etant admise la chose, l’effet est habilement rendu.
- 1408. Portrait. Un grande jeune fille blonde à l’air maussade, sans doute dans le but d’effrayer le gibier, s’est vêtue tout de rouge pour aller à la chasse. Si elle abat des perdrix, c’est qu’elles seront frappées de cécité. Peintre de ce singulier modèle M. La Touche.
- 1Q28. Sentier du plaisir à Marlotte. Une bien jolie étude de M. A. Kreutzer, représentant parla neige qui couvre le sentier un pauvre petit lapin mort rougissant la nappe blanche sur laquelle s’avance déjà un corbeau. Sujet mieux que pittoresque, très heureusement traité.
- 1192. Jours d’été. Signé Heiibuth. Naturellement comme travail c’est parfait, mais voyez les trois personnages : la dame a l’air désagréable, le monsieur indifférent et le chien empaillé. Si c’est l’été qui leur donne ces têtes là, qu’est-ce que ce sera donc l’hiver. Evidemment ces gens viennent de se disputer. Alors ils ne valaient pas l’honneur que leur a fait un peintre de cette valeur.
- A signaler : Un bibliophile, une petite merveille de fini et de jeu de lumière, par M. Edouard Gelhay, et 1010. Aux enfants assistés, du même. 1021. Portrait de M. PI. Z...,parM. Georges Sauvage. 1288. Bords du Lignon,par Jeanniot.
- salle n° 9
- 1266. L'Enchanteresse Armide abandonnée par Renaud. J’ignore quelle est l’opinion de M. Jacquet, mais je comprends parfaitement que Renaud abandonne cette Armide en confiture de groseille, malgré le joli modelé de sa cuisse gauche. Une belle jambe étant insuffisante à retenir un amoureux plus épris des formes en général que de la forme en particulier. Et puis il n’aime peut-être pas cette couleur-là, ce bon Renaud.
- 1481. Dans les champs. Peu de chose. Sur une pierre jetée là au coin de blés verts, une moisson de fleurs des champs vivaces, d’un coloris éclatant, d’une vérité bien franche. Délicieux envoi de M. Louis Lemaire.
- 993. Vivcy joyeux. Très gaie, cette page de M. Jules Garnier qui rappelle volontiers le faire d’Emile Bayard ; très vivants ces soudards et escholiers ribaudant sous une tonnelle avec des filles de mine hospitalière. Mais pourquoi le peintre a-t-il cru devoir doter tous les hommes de nez fortement proéminents. Y aurait-il entendu malice? ô Rabelais !
- 944. Les petits profits. MUe Consuelo Fould expose une jeune bohémienne peut-être trop blanche pour une fille de truands, mais bien jolie et bien appétissante sous son costume aux couleurs vives. Elle fait la quête et tend son tambour de basque où sont déjà quelques pièce de monnaie; elle récoltera certainement aussi les bravos du public.
- 1275. Les Champs. M. Monchablon n’a pas son supérieur pour la poétique champêtre ; il faut louer sans réserve ces prairies magnifiques, ces herbages d’un fini étonnant. Il ferait aimer la nature aux citadins les plus endurcis.
- 1168. Une Sortie. Belle marine de M. Maquette.-Ses matelots ont une vigueur exceptionnelle, on entend craquer leurs muscles sur les avirons.
- 1169. La Femme du matelot. Du même artiste, mérite les. mêmes éloges. Debout sur l’estrade, l’enfant à la main, la femme de matelot avec une émotion poignante suit son mari du regard. C’est la note émue à côté de la note de vigueur.
- A signaler : io35. Etude, excellent portrait de jeune fille de.M. Jean Gigoux. 983 Le Matin, charmant paysage de M. Garaud. 1285. Un Champ de pavots, très beau morceau de M. Georges Jeannin.
- salle n° 11
- ïiio. La Popotte. Le talent de M. Grolleron comme peintre militaire s’affirme de plus en plus, Sa « popotte » est un excellent épisode bien animé et surtout pas trop léché. Des soldats préparent le rata dans la cour d’une maison. Je recommande aux amateurs l’artilleur qui épluche un chou ; il est parfait de pose et de vie.
- 1144. Le Berceau du mousse. Une pêcheuse aux chairs bien propres, aux ongles bien taillés. C’est une pêcheuse en chambre ou une future pécheresse que M. Guillou nous présente ainsi.
- io38. Marché d’automne. Ecoutez, voici une toile qui a le don d’attirer la foule et pour laquelle l’auteur a évidemment montré une rare application; eh bien ! malgré cela, je refuse de m’extasier. Très jolie, certes, la marchande du premier plan, sous sa robe indigo, son tablier d’une propreté irréprochable ; joli le garçon qui prend de l’eau, jolie celle-ci, joli celui-là ; tout le monde est joli à la halle de M. Victor Gilbert. Et c’est précisément tout ce joli-là que je trouve faux.
- 1322. En octobre. M. Knight est un amant de la vérité; sa halte dans les champs ne cède rien à la fantaisie... iantaisLte. Le dessin en est parfait et la composition naturelle ; de plus, c’est excellemment brossé.
- 1196. Hérodiade. Je suis enchanté de pouvoir dire de M. Henner tout le bien que j’en pense quand il ne se voue pas de parti pris aux nymphes cadavériques. Sa jeune Hérodiade aux chairs marmoréennes est tout simplement admirable. C’est l’art dans toute sa beauté. Voilà une petite toile qui est d’un grand maitre.
- 1195 Une Créole. Du même. Qualités semblables de finesse et de modèle. Tête altière rappelant volontiers le profil de Mllc Croizette.
- A signaler : _ 1048. Les révoltés de Fouesnant, par kl. Jules Girardet.
- 1082, En Rade, de M. Raoul Gradis. 1012. Setter Gordon de M. Gaston Gélibert, excellent panneau de chasse. 1235. La Rentrée des vaches, de M. William How et 2042. La Pêche, de M. Albert Girard.
- Alfred Delilia.
- (.A suivre.)
- LE CINQUANTENAIRE
- DES CHEMINS DE FER
- Le comité de direction du cinquantenaire des chemins de fer avait convié hier la presse à une sorte de répétition générale de la fête d’inaegura-tion qui doit avoir lieu dimanche dans le bois de Vincennes.
- Malheureusementla foule avait envahi l’enceinte, et cet encombrement n’a pas permis de donner à la visite de l’Exposition tout le développement que comporte ce vaste ensemble.
- On a dû notamment supprimer le tour circulaire sur une grande voie, le long de laquelle sont construites des gares étrangères.
- Les invités ont pris place dans un coquet petit ehemin de fer installé au centre de l’Exposition et qui les a transportés devant un bâtiment reproduisant assez exactement la gare de Saint-Germain. Ce chemin de fer a parcouru près de trois kilomètres, puis a ramené les voyageurs à l’entrée de la salle des fêtes et des conférences, non encore achevée; c’est là qu’un lunch a été offert aux invités.
- Ceux-ci ont visité ensuite les galeries de l’Exposition, dont l’aménagement n’est point non plus terminé.
- ---------—nümrr-»" ----------
- LES LIVRES
- ex
- Georges Cadoudal et la Chouannerie, par son neveu Georges
- de Cadoudal, ouvrage orné d’un portrait et accompagné d’une
- carte, in-8°. Librairie Plon.
- Les livres vont par séries, comme les bonheurs et les malheurs. Il y a des sujets dans l’air qui attirent à la fois, de divers côtés, le choix des travailleurs et l’attention de la critique. D’ailleurs, parmi les sujets toujours et aujourd’hui plus que jamais à l’ordre du jour, il y a-t-il lieu de s’étonner de trouver l’histoire des événements, des épisodes, des personnages de la Révolution? Tout un groupe de chercheurs travaille dans ce champ que le passage des Thiers, des Mignet, des Louis Blanc est loin d’avoir épuisé, et où il y a encore pour longtemps non seulement à glaner dans les parties explorées, mais à moissonner, dans les parties encore peu connues et presque vierges, comme l’émigration et la contre-révolution. Depuis quelque temps, on entend, dans Ce côté jusqu’ici peu favorisé par le goût des chercheurs et vers lequel se porte tout à coup la curiosité publique, rassasiée sur d’autres points, le bruit méthodique des laborieuses faucilles. Nous avons étudié et apprécié la semaine dernière l’ouvrage de Mme Georges Graux sur les caractères et les héros de l’insurrection vendéenne. Aujourd’hui il s’agit d’un livre sur la guerre civile bretonne, très différente de la vendéenne, sur la chouannerie et son chef, ce^ personnage historique et légendaire dont la figure était demeurée pour beaucoup assez énigmatique, avant d’être éclairée de la décisive lumière de cette biographie. Elle émane d’un descendant, d’un coreligionnaire, et il ne faut pas s’attendre à y trouver, nous ne disons pas la vérité, mais la vérité tout entière. Cependant aujourd’hui les conditions de la publicité et les exigences de la critique sont telles, qu’un ouvrage historique trop partial n’aurait pas de lecteurs et que même un annaliste de famille est tenu dans l’intérêt de sa cause à une certaine somme indispensable d’impartialité. Cette impartialité, cette probité historique, nous les trouvons, avec une agréable surprise même à un degré inattendu, inusité, dans l’ouvrage posthume de M. Georges de Cadoudal consacré à l’homme illustre, selon lui, à l’homme fameux, nous contenterons-nous de dire de cette gloire aventureuse et diffamée du grand partisan qu’il est intéressant et curieux de comparer à l’autre condottiere du royalisme militant, à Charette.
- Charette était de race noble; il avait été officier de vaisseau. Il se décida sans enthousiasme à sortir de sa gentilhommière où il vivait en épicurien, pour se mettre à la tête de ses Maraischins, taillés comme lui héréditairement pourles querelles et les festins, pour les fatigues de la guerre d’embuscade et pour les vulgaires délices des bivouacs de Ca-poue célébrant la victoire au bruit des brocs, des baisers et des violons. Charette, d’humeur tour à tour sceptique et farouche, avec ses gouailleries, ses galanteries, et ses férocités de chef de bande, son impertinence envers les princes . toujours absents, sa jalousie égoïste qui le poussa toujours à s’isoler des autres généraux vendéens, et à leur refuser son concours,est une figure très différente de celle de Georges Cadoudal. Ils ne se ressemblent
- 1
- p.647 - vue 215/496
-
-
-
- •648- — Troisième Année. — N° 125.
- .pas plus physiquement que moralement. Cha-rette a le masque énergique, mais vulgaire, ridé, usé, rusé, à l’œil fauve, au rire sardonique, au menton paillard du partisan ami des brusques et courtes escarmouches, du butin et de l’orgie. Il y a toujours noces et festins au camp de Charette. Il est assez débraillé, porte volontiers le mouchoir de Chollet noué autour des tempes sous son chapeau poudreux. Il y a dans ce visage du satyre, du chat tigre, comme dans celui de Marat.
- Tout autre est Georges, fils de paysan riche mais de paysan, né sous le chaume, élevé par les prêtres qui toujours garda les mœurs patriarcales, les habitudes religieuses, la foi et la pureté austères de son origine et de son éducation. Georges est un beau gars, d’une râblure athlétique, d’une force herculéenne, dressant entre des épaules massives, une tête colossale de géant armoricain, aux yeux gris et aux cheveux frisés. Ce n’est pas un chat, un lélin comme Charette, c’est un bovin, c’est un taureau. Il est intelligent, mais d’une intelligence assez étroite et bornée, ne se piquant pas d’esprit, incapable de bassesse, mais non de ruse, faisant la guerre avec plus de loyauté que de générosité, inaccessible à la corruption mais non insensible aux plaisirs de la vanité et aux calculs de l’ambition, apprenant sans cesse à la meilleure école celle de l’expérience et du malheur. Sur la fin il est devenu politique avisé et général habile, fidèle aux princes quand même, désabusé souvent, jamais sceptique comme Charette. Dégrossi vite au commerce des courtisans, et sans rien perdre de sa fierté et de sa rudesse natives, sans tomber dans les ridicules du parvenu, il goûte ingénûment les joies tardives de l’élégance, du luxe, du confoit, se carrant sans "insolence mais non sans plaisir sous le ruban •rouge empourprant une chemise fine à jabot de dentelle, du chevalier grand-croix de Saint-Louis, portant haut le chapeau à panache blanc du général en chef et faisant claquer son sabre sur ses bottes éperonne'es d’or.
- Le côté original de cette figure, de ce caractère du héros chouan est dans cette naïveté, tempérée par la malice et la finesse du général paysan, dans sa fidélité obstinée, sa dévotion vivace, son désintéressement, sa pureté de mœurs ; il y a dans sa vie deux épisodes : l’un touchant, l’autre sublime, qui lui attirent et lui méritent la pitié et l’admiration de la postérité comme ils lui assurèrent les sympathies et l’estime même de ses adversaires, de ses juges, de ses bourreaux.
- Voici pour l’épisode touchant. Georges, nous Tavons dit, était de mœurs austères, et jamais femme ou fille autre que les mères ou sœurs de ses soldats qui suivaient les bandes en qualité d'indicatrices et d’espionnes pour guider leur marche à travers les pièges républicains, ne souilla ses 'bivouacs, des chants, des danses et des festins qui retentissaient aux campements de Charette. Il n’y avait derrière les bandes chouannes ni filles de joie ni vivandières, ni goujats. Georges avait d’ailleurs le cœur pris par une passion profonde autant que -chaste qui fut l’unique faiblesse de cette mâle et rude nature. Il se laissait aller parfois à faire le rêve d’un mariage heureux et fécond, récompense de ses services à lui plus chère que les titres et les cordons d’une restauration.
- Il aimait la sœur de son meilleur ami, de son fidèle compagnon Mercier, dit le général Mercier fia Vendée. Née en 1776 elle avait cinq ans de moins que le fiancé (né en 1771) dont elle était .itère. Aussi quand une trêve lui permettait un peu de repos, il en profitait pour se rendre au Lion d’Angers et faire la cour à sa promise. C’est à elle -qu’il pensait dans les travaux et les loisirs de son refuge de prédilection l’île de Locoal ou île Fortunée. C’est auprès d’elle qu’il attendait les résultats de la conférence de Pouancé entre les chefs de la rive droite et de la rive gauche de la Loire, où il s’était fait représenter par son frère.
- C’est elle qu’il espérait en vain épouser, et qui me le rejoignit dans la mort qu’après une longue attente sous le voile des ursulines de Château-Gontier. Ce n’est qu’en 1831, vingt-cinqaprès la fin tragique et héroïque de Georges, que Lucrèce Mercier, en religion la mère. Saint-Paul, mourut en baisant le reliquaire précieux, pieux présent de fiançailles du rude et tendre partisan.
- L’épisode sublime, le voici maintenant. C’est la scène où dans une double entrevue le premier consul essaya en vain sur lui la séduction du génie et la tentation d’un appât de vanité et d’un appât de fortune. Georges, sans se laisser éblouir par le génie et la gloire de son interlocuteur, refusa dignement, simplement le grade de général de division dans l’armée du général Moreau, et cent mille livres de rente à la condition de vivre tranquille en dehors de toute politique. Si la première proposition put flatter le soldat la seconde n’obtint qu’un sourire et un haussement d’épaules d’un homme qui méprisait l’argent au point de renvoyer à l’amiral anglais Keats les deux millions de subsides qu’il lui apportait sous' prétexte que la force des circonstances l’obligeant à faire la paix il ne pouvait recevoir les fonds destinés à la guerre.
- Cette austérité de mœurs du partisan breton, cette répugnance à verser le sang dans des représailles inutiles, cette fidélité désintéressée à sa cause lui créent une supériorité sur Charette, et l’estime de ses adversaires eux-mêmes lui vient
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- Dimanche 22 Mai 1887
- légitimement quand ils apprennent, par une discussion qui semble irréfutable, de sa prétendue complicité dans l’attentat de nivôse alléguée sans preuves par M. Thiers, que le chef de l’insurrection bretonne s’il fut un ennemi irréconciliable, ne cessa pas de se battre à armes loyales, et conspira en soldat et non en assassin.
- M. de Lescure.
- ---------1, ,------------
- AVIS COMMERCIAUX
- PORT-LOUIS
- envoi d’échantillons
- M. J. Rouhier, membre du comité consultatif commercial français de Port-Louis (Maurice), vient d’adresser à M. le ministre du commerce et de l’industrie une collection d’échantillons d’articles de clouterie et de produits fibreux qui sont l’objet de transactions dans cette ile.
- Ces échantillons, accompagnés des indications nécessaires d’origine, de prix, etc., sont à la disposition des intéressés au ministère du commerce et de l’industrie, boulevard Saint-Germain, n° 244. (Direction du commerce extérieur. — Bureau des renseignements commerciaux.)
- ZANZIBAR
- conseils aux importateurs
- Le consul de Belgique à Zanzibar, après avoir passé en revue dans un rapport reproduit par le Moniteur officiel du Commerce du 12 mai, les articles qui font l’objet du commerce d’importation de ce pays, donne les conseils suivants aux négociants expéditeurs :
- « Nos industriels ne sauraient être assez prudents dans le choix des maisons avec lesquelles ils désireraient établir des relations d’affaires. On ne saurait trop leur recommander d’expédier des marchandises qu’après s’être, au préalable, mis d’accord sur toutes les conditionts de ventes, de frais divers et de recouvrements. C’est pour n’avoir pas pris ces précautions que certains fabricants ont eu à subir souvent des pertes considérables.
- « La plupart des établissements importants qui existent ici font l’importation et .l’exportation de tous les articles, mais presque tous ne sont que des succursales de grandes maisons d’Europe ou d’Amérique, dont ils reçoivent directement les marchandises. »
- --------:-----------------------------
- LA POULE AU POT
- Henri IV voulait la poule au pot pour tous ses sujets. Eprise du même idéal, mais sûre d’atteindre son but, La Ménagère a décrété le confortable pour tout le monde.
- Pourquoi en suis-je réduit à une nomenclature aride et à ne pouvoir citer que les articles de jardin, qui humilient les fleurs, les articles d'écurie, orgueil d’un siècle chevaleresque, les mobiliers complets de tout style, sauf le style ennuyeux, les appareils hydrothérapiques et la Lessiveuse Boqé-rian, ce luxe des hommes et des choses, et enfin,, deux rayons nés d’hier, celui de la chaussure inusable et celui des irrésistibles bijoux. Avec les et cœtera, La Ménagère pourrait meubler palais et mansardes.
- Envoi franco du catalogue, 20, boulevard Bonne-Nouvelle, à Paris. V. N.
- ----------------- ------------
- LES THEATRES
- L’Opéra-Populaire ou théâtre du Château-d’Eau.— Opéra-Comique : Le roi malgré lui, opéra-comique en 3 actes de MM. de Najac et P. Burani, musique de M. Chabrier.
- L’intéressante tentative de l’Opéra-Populaire déjà favorablement accueillie l’an dernier vient d’être renouvelée cette année dans la même salle du Château-d’Eau et par le même imprésario, M. Mil-liaud, et les résultats très satisfaisants obtenus par la direction montrent que l’on a bien fait au début de faire crédit à l’entreprise.
- On peut dire aujourd’hui que l’Opéra-Populaire existe et que cette scène comble une lacune réelle en mettant à la portée du public, à qui le prix excessif des places rend l’Opéra inaccessibles les chefs-d’œuvre d’un répertoire délaissé.
- Il serait à souhaiter que la direction d’été du Château-d’Eau se vît accorder le privilège de monter quelques œuvres non encore rayées du répertoire courant de nos principales scènes musicales. Il y aurait ainsi œuvre véritablement utile de vulgarisation.
- Quoi qu’il en soit et de quelques moyens restreints que dispose M. Miiliaud, il faut le féliciter du soin qu’il apporte à nous rendre les œuvres intéressantes, abandonnées par les entreprises officielles et que l’on revoit chez lui avec un réel plaisir.
- Aussi, je ne doute pas'que la saison qui commence pour l’Opéra-Populaire ne soit fructueuse. Le public qui déjà l’an dernier a commencé d’apprendre le chemin du Château-d’Eau, voué à la musique, a pu se rendre compte des réels efforts
- qu’on y fait pour l’y maintenir, et des progrès très sérieux réalisés sous le rapport de l’interprétation des œuvres qu’on lui sert.
- Au début de la saison on nous a donné YErnani de Verdi, très consciencieusement monté et que l’on a accueilli avec la curiosité qu’on aurait mise à une véritable première.
- L’orchestre de l’Opéra-Populaire dirigé par M. de la Chaussée est très remarquable ; la troupe, qui s’est améliorée de jour en jour depuis le début de l’entreprise, est aujourd’hui une excellente troupe d’ensemble et, si aucune étoile n’y brille d’un éclat particulier, on peut être assuré que rien d’un autre côté n’y détonne.
- Encore une fois, il y a dans l’Opéra-Populaire conduit au point où il est actuellement par M. Miiliaud une tentative réellement intéressante et qu’il faut encourager.
- L’Opéra-Comique a clos cette semaine la série des nouveautés théâtrales de la saison avec le Roi malgré lui, l’ouvrage nouveau de M. Chabrier, et avec ce Roi malgré lui on peut dire que l’année théâtrale clôture sur un succès.
- Le Roi malgré lui est tiré, pour le livret, d’un vieux vaudeville d’Ancelot, représenté en 1856 au théâtre du Palais-Royal.
- Henri de Valois vient d’être, contre sa volonté, nommé roi de Pologne. Pour éviter cette couronne importune,le nouveau roi imagine de s’introduire dans une conspiration dirigée contre lui-même. Il est servi dans ce dessein par l’un des chefs delà conspiration tombé en son pouvoir et qui. en échange de la vie, lui facilite les moyens d’être introduit auprès des Polonais mécontents, dont aucun ne connaît son visage squs le nom du comte de Nangis, son favori.
- Or, ce même Nangis, amoureux d’une esclave au service du chef de la conjuration, le palatin Luski, s’introduit, pour retrouver sa belle Minka, dans le palais où les conjurés tiennent leurs séances. Il s’y trouve en présence du roi qui se fait passer pour lui et, sur son ordre, Nangis est obligé de se faire, à son tour, passer pour le roi. Cette substitution de personnes n’est d’ailleurs la source d’aucun danger pour Nangis, car les conjurés, bons princes, ont simplement décrété l’exil du roi, et Nangis, faux roi, va être tout simplement reconduit à la frontière, grâce aux relais préparés par les conjurés et en compagnie d’Henri de Valois, le faux Nangis. Tout le monde doit donc être content et la supercherie finirait de bien innocente façon si les conjurés ne s’avisaient subitement de changer d’avis et de préférer tout à coup la mort du tyran à un exil trop doux, Les choses se compliquent d’autant plus que c’est justement le faux Nangis, le roi, que le sort désigne pour mettre à mort le faux roi, Nangis.
- L’esclave Minka arrive à propos pour faciliter alors à son bien-aimé, qu’elle croit désormais le roi, une fuite nécessaire. Cette fuite jette le trouble dans la conjuration et les conspirateurs.cherchent à leur tour, dans une fuite prudente, une garantie contre les justes représailles de leur victime. Devant ces chemins ouverts, Henri de Valois n’a plus qu’à utiliser les relais que les conjurés ont fait préparer à son intention et il va, par la fuite, échapper à l’ennui de régner lorsque Minka vient encore se mettre à la traverse. Celle-ci, qui croit Nangis le vrai, victime du faux Nangis, fait arrêter Henri comme meurtrier du roi, c’est-à-dire de lui-même. Vous voyez que cela s’embrouille, mais nous sommes au dénouement.
- Un mot suffit à Henri pour faire tomber l’imbroglio, mais pris dans ses propres filets il est bien obligé d’accepter cette couronne qui fait son cauchemar, Il est vrai que ce n’est pas pour longtemps, si vous voulez bien vous en rapporter à l’histoire. Ce livret, assez mouvementé, a été parfaitement utilisé par le compositeur, M. Chabrier, qui a su en tirer tous les effets qu’il comporte. De l’ouverture au finale sa musique est pleine de verve, ses phrases bien coupées et l’harmonie, ce qui ne gâte rien est des plus savantes.
- A signaler parmi les morceaux les plus remarquables, les couplets en ut du premier acte que l’on a redemandé à M. Fugère (Fritelle) de même ceux en sz bémol du troisième acte ; ceux de Nanzio en la : « Je suis le roi » très gais et d’une coupe originale et amusante.
- Une des rares qualités de cette ouvrage et celle que selon nous lui assurera un succès durable, c’est que l’intérêt pour la musique comme pour le livret y va croissant du début à la fin; le troisième acte est absolument délicieux sous ce double rapport.
- Mlle Isaac chante à ravir le rôle de l’esclave Minka: elle y a été d’un bout à l’autre acclamée et a partagé avec M. Fugère le plus gros du succès de la soirée. MM. Bouvet, Delaguinière, Bar-nolt et MUe Mizeray ont aussi eu leur bonne part des applaudissements. En somme, le Roi malgré lui a consacré d’une façon définitive et complète le talent de M. Chabrier, déjà apprécié des connaisseurs et nous ne doutons pas d’avoir à applaudir bientôt le jeune compositeur sur notre première scène lyrique.
- Georges Grisier.
- Le Gérant, GARREAU.
- Tours. — lmp. E. AREaLJLT et Cie, rue de la Préfecture, 6.
- p.648 - vue 216/496
-
-
-
- Le Moniteur
- DE
- L’EXPOSITION DE 1889
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
- TROISIEME ANNEE
- Dimanche 29 Mai 1887.
- NUMERO 126
- SOMMAIRE :
- 1. Les travaux de l’Exposition de 1889: 2. Les plans du Palais des Colonies; 3. Comité départemental de la Haute-Savoie; 4. Comité départemental de l’Hérault; 5. Comité départemental de Meurthe-et-Moselle ; 6. Première réunion du Comité départemental de la Vienne; 7. Bureaux des Comités départementaux; 8. M. Ernest Maindron; 9. Echos; 10. Inauguration du Cinquantenaire des Chemisns de fer; 11. Le Salon de 1887; 12. Sciences et industrie; i3. Le Langage international conventionnel ; 14. Les Livres; i5. Le Bon Marché.
- LES
- TRAVAUX DU CHAMP-DE-MARS
- En annonçant dans notre dernier article la description d’un système spécial pour le montage des fermes nous avons, par erreur, attribué cette installation à l’usine Roussel alors que c’est l’usine Joretqui en est l’organisatrice. Voici les principaux détails permettant d’en comprendre le fonctionnement :
- Deux pylônes de charpentes ont été élevés au moyen de fortes pièces de bois assemblées et moisées de la façon la plus rigide avec des boulons, ils se composent de quatre montants d’angles munis à la partie inférieure d’arcs-boutants et réunis entre eux par des croix de Saint-André; ces pylônes d’environ 12 à i3m de hauteur sont pourvus de distance en distance de paliers auxquels on accède soit par des échelles, soit par des tassaux fixés sur un des montants de l’échafaudage.
- Des poutres d’un fort équarissage sont placées horizontalement en porte à faux à la partie supérieure et servent de point d’appui aux poulies ; ces poutres jouent un rôle analogue à celui de la volée dans les grues ordinaires, et de fait, l’ensemble du système constitue bien une grue en charpente dont la forme se rapproche un peu de celle des appareils employés dans certains ateliers et sur.quel-ques points des quais de Paris. L’analogie est d’autant plus grande que ces espèces de grandes tours en bois sont également mobiles et peuvent être transportées dans deux directions perpendiculaires l’une à l’autre. A cet effet les pieds du pylône ont été garnis de huit galets à gorges, quatre dans un sens et quatre dans l’autre, qui roulent sur des rails fixés à des longrines disposées les unes suivant la longueur du palais à édifier, et les autres suivant sa largeur; lorsqu’on veut changer de direction on amène l’échafaudage en regard de la nouvelle voie qu’il doit parcourir puis, après l’avoir soulevé au moyen de quatre crics, jusqu’à ce que les galets ne portent plus sur les rails où ils reposent, on les redescend afin que les autres galets viennent s’engager dans les rails perpendiculaires aux premiers; ce double mouvement permet de passer d’une ferme à l’autre et de se transporter le long d’une même ferme pour y fixer à leur place respective les pannes qui la relient aux voisines.
- La chaîne de traction, à l’extrémité de laquelle pend le crochet servant à prendre les masses métalliques, passe dans la gorge des poulies fixées aux poutres horizontales de la partie supérieure et repose dans un autre galet qui la guide, puis redescend verticalement pour venir s’enrouler sur le tambour du treuil à engrenage, maintenu entre deux moises de la charpente du pylône. Ce procédé permet d’élever les pièces sans qu’elles éprouvent de frottement, ce qui rend leur guidage plus facile; en somme, l’organisation du chantier est bien comprise, et ce système de chariot-roulant est bien celui que nous souhaitons voir appliquer pour le montage, des charpentes métalliques ; la seule critique qu’on serait tenté de faire en voyant la grandeur de ces échafaudages et le matériel assez considérable qui est mis en œuvre par l’usine Joret, consisterait en ce fait que les moyens employés, alors qu'il ne s’agit ici que de fermes de 25 m., ont une importance trop grande et peu en rapport avec le but qu’on se propose d’atteindre, mais enfin, le résultat est bon, et du reste nous croyons que cette installation, après avoir servi au
- Champ-de-Mars, doit être utilisée ailleurs 'pour des travaux plus importants que ceux auxquels elle est actuellement affectée ; aussi cette remarque n’est-elle faite que parce qu’elle répond à l’impression produite au premier abord en comparant la grandeur des pylônes et la petitesse relative des pièces métalliques.
- Cette usine, dont le lot se compose de la partie du palais des industries diverses qui s’étend parallèlement à l’avenue de. Labourdonnais, a commencé son travail par l’extrémité située du côté du Trocadéro. Actuellement, 7 fermes sont déjà en place; or, le travail n’ayant été entrepris que lundi, cela fait plus d’une_ ferme par jour, c’est un joli résultat et nous ne sérions pas étonné qu’on arrivât à monter deux charpentes par jour.
- Les ateliers de St-Denis continuent leurs opérations avec le même entrain qu’au début, toute une travée est établie, et d’après le peu de temps qu’on y a passé, on est en droit de penser que les autres travées seront lestement enlevées ; du reste, la deuxième est en cours d’exécution et s’annonce comme devant avancer encore plus vite que la première, cela pouvait se prévoir d’ailleurs, car les ouvriers sont plus familiarisés avec ce genre de besogne et la travée existante est d’une grande utilité car elle fournit de nombreux points d’appui.
- Les . deux autres usines concessionnaires dont les lots, un peu plus importants, comprennent la partie centrale du palais reçoivent toujours leurs approvisionnements et tous ce fers, quoique disséminés sur une assez grande étendue, finissent par former un ensemble donnant une idée-fort exacte de l’importance du travail ; sur ces chantiers seront employés deux systèmes de montage auxquels on travaille en ce moment et dont nous pourrons étudier le fonctionnement et apprécier la valeur lorsqu’on les utilisera; disons en attendant que celui employé par l’usine Roussel se compose de trois chèvres roulantes d’assez grandes dimensions dont deux élèveront les poteaux tandis que celle du milieu servira pour les fermes; les forges de La Franche-Comté utiliseront des chariots roulants dont le degré de construction n’est pas encore assez- avancé pour qu’on puisse juger de leur manœuvre.
- Les fondations des deux palais latéraux marchent bien, celui des beaux-arts voit tous les jours ses maçonneries s’augmenter d’une quantité notable et.M. Manoury dirige ce chantier avec la même rapidité qu’il a déployée pour le travail analogue, nécessité par le palais des industries diverses ; quant au palais des arts libéraux, ses fouilles sont fort avancées et les ouvriers continuent à extraire régulièrement la terre qu’emmènent les wagonnets. Bientôt la vaste excavation nécessaire à rétablissement des fondations sera entièrement dégagée et laissera le terrain prêt à être occupé par les maçons.
- Nous ne recommanderions pas de faire ces jours-ci la promenade que nous avions conseillée il y a quelque temps pour admirer les effets de la lumière électrique dans les chantiers de M. Eiffel, la température hivernale que nous subissons ne la rendrait pas agréable, et les pluies constantes qui ne cessent d’arroser le terrain l’ont transformé en un immense marécage pour la traversée duquel de fortes bottes sont utiles, mais, du moment qu’on a eu soin de se munir.de chaussures imperméables, on peut se risquer au milieu des nombreux lacs boueux qui se sont formés un peu partout. Nous avons donc fait notre tournée habituelle et enfonçant par-ci, nous raccrochant par-là, franchissant tantôt un petit précipice, tantôt une rivière en miniature, ou bien encore escaladant un soupçon de colline, nous sommes allés successivement aux quatre piliers et nous avons constaté que le mauvais temps n’avait eu aucune influence sur l’ardeur des travailleurs, dont la besogne a notablement avancé.
- On continue à munir les massifs des piliers 2 et 3 des deux assises en pierre de Château-Landon qui doivent servir de base aux parties métalliques, ce travail offre une difficulté par suite de la présence des boulons de scellement qui font saillie et
- doivent traverser les deux assises. On a donc été obligé de réserver dans certaines pierres des trous ronds pour le passage des boulons et on est forcé d’élever ces pierres à l’aide d’une chèvre jusqu’à la hauteur de la tête des tiges métalliques qu’on introduit dans les trous ménagés en prenant toutes les précautions voulues afin de ne pas écorner les pierres ; du reste, pour éviter ce genre d’accident, on a garni de chiffons l’extrémité supérieure des pièces métalliques.
- Au pilier n° 4, la construction des massifs se poursuit activement ; en même temps on poursuit le remplissage des fouilles au moyen des terres provenant en partie du nivellement et en partie des matériaux mêmes qu’on a extrait desdites fouilles.
- Le pilier n° 1 verra bientôt se terminer le travail à l’air comprimé, deux des caissons sont déjà surmontés sur forte couche de maçonnerie et le troisième sera sous peu rendu à fond de course; quant au quatrième, l’emploi de l’air comprimé a pu être évité et on a réussi à l’enfoncer en se servant exclusivement de pompes à bras.
- Bien entendu que pendant le travail des quatre piliers, on n’a pas arrêté le nivellement du terrain qu’ils délimitent et sur une assez grande surface le sol est au niveau qu’il doit conserver; en résumé, visite satisfaisante en tous points.
- Le terrassement nécessaire pour la mise à la cote générale de l’espace qu’occupera le jardin central est entrepris depuis jeudi dernier ; on a attaqué le déblai en trois points différents pourvus chacun d’une équipe complète et d’un service de chemin de fer à voie étroite; mené ainsi, ce travail ne demandera probablement pas bien longtemps pour être terminé quoique le cube de terre à enlever soit d’une certaine importance, le sol présentant à cet endroit un renflement assez accentué.
- On a encore posé une bonne longueur de la voie du chemin de fer qui, partant de la station du Champ-de-Mars, doit desservir l’Exposition, deux plaques tournantes ont été mises en place et des wagons amènent constamment les matériaux nécessaires à l’établissement de cette voie.
- H. de Baecker.
- LES
- PLANS DU PALAIS des COLONIES
- Le commissariat de la section coloniale à l’Exposition universelle de 1889 vient d’arrêter les plans définitifs du palais spécial des colonies sur l’esplanade des Invalides et des pavillons annexes, dressé par MM. des Tournelles," ingénieur et Sauvestre, architecte. Ce palais couvrira une surface de 2,000 mètres environ.
- L’administration des colonies prépare, entre autres exhibitions curieuses, une série de cartes de nos possessions d’outre-mer à une grande échelle.
- La carte de la Cochinchine n’aura pas moins de 104 mètres carrés.
- De chaque côté du Palais, seront construits une série de bâtiments indigènes de l’aspect le plus pittoresque, affectés à l’exposition particulière de chaque colonie : un palais cambodgien, une pagode hindoue, une habitation créole, une case canaque, une maison concessionnaire de la Nouvelle-Calédonie, la tour de Salde (Sénégal).
- COMITÉ DÉPARTEMENTAL
- DE LA HAUTE-SAVOIE
- Par arrêté en date du 16 mai 18S7, le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition de 1889, a constitué comme suit le comité départemental de la Haute-Savoie:
- p.649 - vue 217/496
-
-
-
- 65o. — Troisième Année. — N° 126.
- i° Sous-comité de Varrondissement d’Annecy
- MM. Chaumontel, sénateur.
- Philippe (Jules), député.
- Grivaz, maire de la ville d'Annecy.
- Dunant, conseiller de préfecture honoraire, président de la société florimontaine, à Annecy.
- Laeuffer, directeur général des manufactures de coton d’Annecy et Pont.
- Aussedat, directeur de la papeterie de Cran-Gévrier. ,
- Ract-Madoux, directeur des fonderies de Cran-Gévrier.
- Agnellet, conseiller général, manufacturier, à Thônes.
- Piron, directeur de la manufacture de soieries de Faverges.
- Aussedat, industriel, conseiller d’arrondissement, à Cran-Gévrier.
- Salabert, artiste peintre à Annecy.
- Cabaud, artiste peintre à Annecy.
- Tavernier, directeur de la succursale du Crédit foncier à Annecy, conseiller général.
- Mugnier, horloger à Annecy.
- Voirin, inspecteur des forêts, président de la société d’agriculture d’Annecy.
- Collet, professeur d’agriculture à l’école primaire supérieure de Rumilly.
- Dr Girod, industriel à Annecy.
- Koziorowicz, ingénieur en chef du département.
- Lamy, inspecteur d’académie.
- D1' Thonion, secrétaire du conseil central d’hygiène.
- Ruphy, architecte du département.
- Mangé, architecte de la ville d’Annecy.
- 2e Sous-comité de Varrondissement de Bonneville
- MM. Chardon, sénateur.
- Ducroz, député.
- Benoît, directeur de l’école nationale d’horlogerie de Cluses.
- Orsat (Constant), propriétaire, maire de Bonneville.
- Rey, agriculteur à Bonneville, président honoraire de la société d’agriculture et de commerce.
- Tairraz (Joseph), propriétaire et négociant à Chamonix.
- Métrai, géomètre, propriétaire et négociant à Passy.
- Morel-Fredel, président de la société d’agriculture et de commerce.
- Clerc (Pierre), vice-président de la société d’agriculture et de commerce.
- Payen (Charles-Henri), industriel à Saint-Gervais-les-Bains.
- Pissard (Antoine), industriel à Sallanches.
- Mouthon (Jacques), industriel à Sallanches.
- Buchet (Joseph), industriel à Marnaz.
- Humbert (Jean-Claude), ancien négociant à Taninges.
- Dancet (Alexis), négociant, horloger, à Cluses.
- Reymillet (François), négociant à la Tour.
- Soudan (Louis), négociant-industriel à'La Roche.
- Riondel (François), propriétaire et géomètre à Samoëns.
- Delavenay (Bernard), propriétaire agriculteur à Amancy.
- 3° Sous-comité de Varrondissement de Saint-Julien
- MM. Duval, député.
- Chautemps, médecin, conseiller général, à Saint-Julien.
- de Lavenay, médecin, cons eiller général, à Dessigny.
- Goy, médecin, conseiller général, à Rei-gnier.
- Perréard, notaire, conseiller général, maire d’Annemasse.
- Dusonchet, avocat, propriétaire, conseiller général, à Cruseilles.
- Chatenoud, propriétaire, conseiller général, àtFrangy.
- Tapponnier, propriétaire-agriculteur, président du conseil d’arrondissement.
- Chautemps, président du comice agricole.
- Demole, agronome à Bossey.
- Excoffier, avoué adjoint au maire de Saint-Julien.
- Souvairan, industriel à Vétraz-Monthoux.
- Alméras, industriel à Annemasse.
- Camps, industriel à Annemasse.
- Hénon, agronome à Ville-la-Grand.
- Gandolphe, pharmacien, _ maire de Seyssel.
- Favre, agriculteur à Thairy.
- Taponier, négociant à Beaumont.
- Excoffier (François), propriétaire à Saint-Biaise.
- Daudens (Joseph), propriétaire à Saint-Biaise.
- Dunant (John), propriétaire à Saint-Julien. 40 Sous-comité de Varrondissement de Thonon
- MM. Folliet (André), député.
- Mercier, avocat, conseiller général, à Thonon.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- Dimanche 29 Mai 1SS7.
- MM. Thorens, maire de Thonon.
- Duplan, maire d’Evian-les-Bains.
- Mouchet, conseiller général, juge de paix à Abondance.
- Maître, ingénieur civil à Thonon.
- Comte de Challaye, directeur des carrières de marbre de La Vernaz et de la scierie-marbrerie de Bioge.
- Taberlet, maire de Douvaine.
- Lugrin (Philippe), négociant à Lugrin.
- Dantand (Justin), négociant à Thonon.
- Dupas, propriétaire, président du conseil d’arrondissement.
- Folliet (Gaspard), propriétaire, conseiller général, à Abondance.
- Chevallet, agriculteur, maire de Vailly.
- Genoud, propriétaire-agriculteur, à Mes-sery.
- Duverney, jardinier-pépiniériste à Thonon.
- Viollaz, jardinier-pépiniériste à Evian-les-Bains.
- Gerecke, propriétaire, producteur de vins, de fromages et de beurres, à Maxilly.
- Besson (Charles-Albert), directeur de l’établissement thermal d’Evian-les-Bains.
- COMITÉ DÉPARTEMENTAL
- DE L’HÉRAULT
- Par arrêté, en date du 7 mai 1887, le ministre du commerce et de l’industrie , commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a constitué comme suit le comité départemental de l’Hérault :
- i° Sous-comité de Varrondissement de Montpellier
- MM. Bazille (Gaston), sénateur, propriétaire, ancien président de la société d’agriculture de l’Hérault, à Montpellier.
- Deandreis, député, membre de la chambre de commerce de Montpellier.
- Ménard-Dorian, député.
- Salis, député.
- Michel (Ernest), grand prix de Rome, directeur de l’école régionale des beaux-arts de Montpellier.
- Castelnau (Eugène), président de la société artistique de l’Hérault.
- Baussan, professeur de sculpture à l’école régionale des beaux-arts de Montpellier.
- Fournel, sculpteur sur bois à Montpellier.
- Lefèvre, sculpteur décorateur à Montpellier.
- Goûtés, architecte, professeur à l’école régionale des beaux-arts de Montpellier.
- Laissac, conseiller général, maire de Montpellier.
- Chancel, recteur de l’académie.
- Cathala, docteur en médecine à Cette.
- Thomas, conseiller général, à Cette.
- Bonhoure, inspecteur primaire, à Montpellier.
- Moitessier, fabricant d’instruments de musique à Montpellier.
- Gariel, directeur du Petit Méridional, à Montpellier.
- Cauvet, président honoraire à la cour d’appel de Montpellier.
- Théron, conseiller municipal, directeur de la Tribune du Midi, à Montpellier.
- Cavalier, parfumeur à Montpellier.
- Bretonville, président de la chambre consultative des arts et manufactures de Ganges.
- Carrière, filateur de soie à Ganges, maire et conseiller général.
- Dellon, ingénieur en chef du service maritime du département, à Montpellier.
- Simon, ingénieur directeur des mines de Graissessac à Montpellier, membre de la chambre de commerce.
- Blanc, agent-voyer en chef, à Montpellier.
- Martin, président du tribunal de commerce, conseiller général, à Montpellier.
- Giraud, conseiller général, tanneur à Aniane.
- Faulquier (Rodolphe), fabricant de bougies à Montpellier.
- Jager, fabricant de cordes harmoniques à Montpellier.
- Pezet, docteur en médecine, pharmacien, conseiller municipal, à Montpellier.
- Cros, ingénieur, directeur des ateliers méridionaux, à Montpellier.
- Formis (Benoit), mécanicien à Montpellier.
- Crova, professeur à la faculté des sciences de Montpellier.
- Féraud (Jean-Baptiste), marchand de bois de construction.
- Caizergues (Eugène), négociant à Montpellier.
- Cousin (Elie), négociant en vins, président du syndicat vinicole, à Montpellier.
- Leenhardt (Charles), négociant, président de la chambre de commerce de Montpellier.
- Leenhardt (Jules), négociant en vins à Montpellier.
- MM. Matte (Louis), fabricant de chocolat, conseiller d’arrondissement, à Montpellier.
- Biquet (Jules), négociant à Montpellier.
- Gempp-Pernod, fabricant d’absinthe à Lu-nel.
- Simorre, conseiller général, négociant en vins à Frontignan.
- Bouliech, conseiller général, négociant en vins à Mèze.
- Peyret, marchand de bois de réglisse en gros, maire de Cette.
- Olive, négociant armateur à Cette.
- Sauvaire, négociant, conseiller d’arrondissement, à Cette.
- Coulon, président du tribunal de commerce à Cette.
- Defarge, capitaine au long cours, conseiller municipal à Cette.
- Rieunier-Vivarès, président de la Chambre de commerce, à Cette.
- Comolet (Jacques), armateur à Cette.
- Fraissinet, représentant de la compagnie de navigation Fraissinet, à Cette.
- Vivarès (B.), conseiller municipal à Cette.
- Martel, maire de Lunel, propriétaire.
- Bastide, maire de Cournonterral, agriculteur.
- Maillot, directeur de la station séricicole à l’école d’agriculture de Montpellier.
- Planchon, professeur à la faculté de médecine de Montpellier.
- Bastide, viticulteur à Fabrègues, lauréat de la prime d’honneur.
- Vialla (Louis), président de la société d’agriculture de l’Hérault, à Montpellier.
- Foëx (G.), directeur de l’école d’agriculture de Montpellier.
- Castelnau, trésorier de la société d’agriculture, propriétaire, à Montpellier.
- Cazalis (Frédéric), vice-président de la société d’agriculture, directeur du Messager
- . ;agricole, propriétaire à Montpellier.
- Marès (Henri), secrétaire perpétuel de la société d’agriculture,propriétaire à Montpellier.
- Delon, propriétaire à Labruyère, maire de Saint-Christol.
- Icard, propriétaire aux Matelles.
- Sabatier (Alexis), président du comice agricole de Ganges.
- Jonquet (Paulin), négociant à Grabels.
- 'Lafont (Gabriel), secrétaire du comice agricole de Ganges.
- Hortolès, horticulteur à Montpellier.
- Bœhm (Charles), imprimeur à Montpellier,
- Baissette (Claude), conseiller d’arrondissement, vétérinaire à Fabrègues.'
- Bousquet (Marius), président de la société des commis et employés à Montpellier.
- Lafont (Victor), conseiller général, à Cas— tries.
- Pomier-Layrargues (Emile), propriétaire à Baillargues.
- Gervais-Mion, directeur de la compagnie-des Salins du Midi.
- Teule (Ferdinand), mécanicien à Montpellier.
- Tissié (Alphonse),banquier à Montpellier.
- Bompard, président du conseil des prud’-hommes, à Montpellier.
- Dervieux (Michel), négociant à Montpellier.
- Allien, conseiller général à Montpellier.
- Saint-Pierre, maire à Saint-Georges.
- Fabre-Coulon, négociant à Cette.
- Déjean (Antoine), fabricant de vermouth à Cette.
- Franke (Georges), négociant à Cette.
- Michel, directeur de l’école primaire supérieure de Montpellier.
- Winberg (Charles), négociant à Cette.
- Gaffinel (Adrien), négociant à Cette.
- Sahut (Félix), vice-président de la société d’horticulture de Montpellier.
- Messine (Hippolyte), négociant, membre de la chambre de commerce de Montpellier.
- Proché (Adolphe), professeur aux ateliers professionnels, à Montpellier.
- 20 Sous-comité de l'arrondissement de Béliers
- MM. Griffe, sénateur, conseiller à la cour d’appel de Paris.
- Combescure, sénateur, docteur en médecine.
- Vernhes, député, à Béziers, docteur en médecine.
- Vernière, député, manufacturier à Montpellier, membre du comité d’admission-de l’Exposition universelle de 1S89.
- Paget (Paul), pharmacien à Béziers.
- Labor (Charles), conservateur du musée de Béziers.
- Fabre, directeur de l’école supérieure de Béziers.
- Dental, conseiller général, négociant, à Flo-rensac.
- Bernard, conseiller général, propriétaire, à Nissau.
- Cazals, maire de Béziers.
- Brunei (Eugène), peintre décorateur, prud’homme à Béziers.
- p.650 - vue 218/496
-
-
-
- Troisième Année. — N° 126.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 29 Mai 1S87. — 651.
- MM. Bonnes (Barthélemy), ébéniste, prud’homme, à Béziers.
- Salasc ("Benjamin), négociant, président de la chambre consultative des arts et manufactures, à Bédarieux.
- Vilarel (Félix), fabricant de draps, à Bédarieux.
- Carrière (Jacques), commissionnaire en laines, à Bédarieux.
- Chabaud (Léopold), directeur des mines, conseiller général, à Saint-Gervais.
- Rascle (Mathieu), directeur des mines, à Graissessac.
- Bompayre (Paulin), tanneur-mégissier, à Bédarieux.
- Brunet (Joseph), mégissier, à Bédarieux.
- Lafoé (Pierre), entrepreneur, président du conseil de prud’hommes de Béziers.
- Carrière (Paulin), serrurier, prud’homme, à Béziers.
- Lincou (Jean), doreur, prud’homme à Béziers.
- Regraffe (Jules), constructeur-mécanicien à Bédarieux.
- Cère (P.), propriétaire des bains thermaux de Lamalou.
- Tongas (Léon), négociant, président du tribunal de commerce de Béziers.
- Mongeaud, ingénieur, architecte à Béziers.
- Calvet (Jean), négociant, juge au tribunal de commerce de Béziers.
- Prunet (Paulin), négociant à Béziers, membre de la chambre de commerce de Montpellier.
- Giret, président du comice agricole de Béziers.
- Cannat, professeur d’histoire naturelle, secrétaire du comice agricole à Béziers.
- Bringuier, directeur du journal Y Agriculture, secrétaire du comice, à Béziers.
- Arbieu-Fesquet, propriétaire-agriculteur à Béziers.
- Vidal (Ferdinand), propriétaire-agriculteur à Béziers.
- Bisset (François), propriétaire, ancien élève de l’école polytechnique, à Béziers.
- Ricard (Emmanuel de), propriétaire à Saint-Louis, commune de Bessan ;
- Grozals (de), propriétaire, président du syndicat du commerce des vins, à Béziers.
- Richard, directeur du Languedocien, à Pé-zenas.
- Vernazobres (César), propriétaire à Bédarieux.
- Jaussan (Léon), horticulteur à Béziers.
- André (Joseph), conseiller général de Rou-jan.
- Rolland, négociant, maire de Montblanc.
- Trézic (Camille), président du tribunal de Pézenas.
- Gédéon-Arnaud, propriétaire à Montagnac.
- 3° Sous-comité de Varrondissement de Lodève MM. Galtier, député.
- Ronzier-Joly, conseiller général, docteur en médecine, maire de Clermont.
- Heulz, conseiller général de Gignac, fabrique de verdets, industriel à Saint-André-de-Sangonis.
- Mourgues, inspecteur primaire à Lodève.
- Lambert (Edmond), directeur des verreries du Bousquet-d’Orb.
- Maistre (Jules), membre de la chambre de commerce de Montpellier (fabrique de draps).
- Olivier (Emile), membre du conseil de prud’hommes à Lodève.
- Puech (Ernest), président de la chambre consultative des arts et manufactures (draps de troupe), à Lodève.
- Rouquet (Benjamin), président de la chambre consultative des arts et manufactures de Clermont (draps de troupe).
- Rouquet (Léon), manufacturier à Clermont (draps de troupe).
- Hugounenq (Pascal), conseiller général, manufacturier à Lodève.
- Galzin (Jean), fabricant tanneur, maire d’A-vesne.
- Ducornot, ingénieur civil, à Lignac.
- Roques (Hippolyte), vice-président du conseil de prud’hommes de Clermont.
- Pinmartin, directeur des mines de houille du Bousquet-d’Orb.
- Trinquier (François), président du conseil de prud’hommes, à Lodève.
- Fobis (César), membre de la chambre consultative des arts et manufactures de Clermont, négociant.
- Nègre (Emile), négociant en vins, à Paul-han.
- Vidal (Etienne) , propriétaire et maire, à Saint-Maurice.
- Rességuier, propriétaire, à Lunas.
- Teisserenc (Ernest), président du tribunal de commerce de Lodève, propriétaire.
- Fournier (Charles), ouvrier teinturier à Lodève.
- Tédenat, docteur en médecine, conseiller d’arrondissement, à la Vacquerie.
- MM. Railhac (Ernest), négociant, ancien maire, à Lodève.
- Bonnel, horloger à Lodève.
- Salze (Auguste), fabricant de pâtes grasses (fromages), au Caylar.
- Rémézy, conseiller d’arrondissement, maire de Gignac.
- Grat (Xavier), pharmacien à Lodève.
- Goubin (Dominique), président du tribunal de commerce de Clermont-l’Hérault.
- Crouzet (Auguste), docteur en médecine, à Lodève.
- 43 Sous-comité de Varrondissement de Saint-Pons.
- MM. Razimbaud, conseiller général, à Saint-Chinian.
- Fraisse (Gustave), propriétaire, fabricant de draps, conseiller d’arrondissement, à Riols.
- Calas, fabricant de draps, à Saint-Pons..
- Fraisse, propriétaire, ancien fabricant de draps, à Saint-Chinian.
- Fontès (Jean), apprêteur de draps, à Pré-mian.
- Escande (Marie), filateur, à la Salvetat.
- Gros (Louis), chapelier, à la Salvetat.
- Salles (Oscar), agent-voyer d’grrondisse-ment, à Saint-Pons.
- Bec (Joseph), tanneur, secrétaire de la chambre consultative des arts et manufactures, à Saint-Pons.
- Adgé, tanneur à Olargues.
- Guittard, teinturier à la Salvetat.
- Gardes, tailleur de pierre à Saint-Pons.
- Gil (Henri), conseiller d’arrondissement.
- Martin (Joseph), propriétaire des eaux minérales de Saint-Julien.
- Rouquier (Marie), négociant à Aigues-Vives.
- Cauquil (Germain), négociant à la Salvetat.
- Azaïs (Charles), propriétaire, président de la commission cantonale d’agriculture, à Saint-Pons.
- Bergasse, propriétaire (vignobles), à Cesse-non.
- Pagès (Jean), propriétaire, maire de Pierre-rue, membre de la commission cantonale d’agriculture.
- Bertrand (Albin), propriétaire, conseiller général, président de la commission cantonale d’agriculture, à Olonzac.
- Bourdie', propriétaire, conseiller d’arrondissement, viticulteur, à Beaufort.
- Malafosse (Marcel), propriétaire, conseiller d’arrondissement, viticulreur, à Cesseras.
- Calvet (Léon), propriétaire, maire à Aigne, viticulteur.
- Bertrand Saint-Clair, propriétaire, viticulteur, maire de la Livinière.
- Hortala (Auguste), propriétaire, conseiller 4’arrondissement, président de la commission cantonale d’agriculture, à Mons.
- Lognos (Alphonse), propriétaire, conseiller d’arrondissement, membre de la commission cantonale d’agriculture, à Ro-quebrun.
- Bournier (Auguste), président de la commission cantonale d’agriculture, à la Salvetat.
- Laborde, propriétaire à Saint-Roger, près Saint-Pons.
- Fourcade, propriétaire à Saint-Chinian (vin et troupeaux).
- Granel (Maurice), propriétaire à Tholo-miers, commune de la Livinière.
- COMITÉ DÉPARTEMENTAL
- DE MEURTHE-ET-MOSELLE
- Par arrêté en date du 14 mai 1887, le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a constitué comme suit le comité départemental de Meurthe-et-Moselle :
- 1° Sous-comité de U arrondissement de Nancy
- MM. Volland, sénateur.
- •Duvaux, député.
- Noblot, député.
- Munier, député.
- Mourin, recteur de l’académie.
- Mellier, inspecteur d’académie.
- Gromaire, directeur de l’école normale. Puton, directeur de l’école forestière. Jasson, architecte de la ville de Nancy. Léderlin, doyen de la faculté de droit. Tourdes, doyen de la faculté de médecine. Bichat, professeur de physique à la faculté des sciences.
- Blondelot, professeur de physique à la faculté des sciences.
- Haller, professeur de chimie à la faculté des sciences.
- Debidour, président de la société de géographie.
- MM. Wolguemuth, directeur de l’école professionnelle de l’Est.
- Sidrot, membre de la commission def bâtiments civils.
- Steinmetz, président du conseil des prud \ hommes.
- Chassignet, président de l’académie de Sta< nislas.
- Lepage, président de la société d’archéologie lorraine.
- Baradez, président du tribunal de commerce.
- Norbert, membre de la chambre de commerce.
- Adt (Emile), fabricant d’objets laqués à Pont-à-Mousson.
- Galle', fabricant de cristaux d’art.
- Daum, directeur de la verrerie.
- Majoreile fils, fabricant de faïences d’art.
- Kaufer, orfèvre.
- Constantin (Jules), fabricant d’appareils à gaz et de chauffage.
- Jacquot, luthier.
- Lang, manufacturier.
- Gaudchaux-Picard, manufacturier.
- Spire, fabricant de chaussures.
- Herbin-Tisserand, fabricant de chaussures.
- de Langenhagen, fabricant de chapeaux.
- Wild, fabricant de chapeaux.
- Mouët, directeur du comptoir des salines.
- Maringer, administrateur de salines.
- Vender, directeur de la saline de Varangé-ville.
- Fould, maître de forges à Pompey.
- Rogé, maître de forges à Pont-à-Mousson.
- Gouvy, maître de forges à Dieulouard.
- Hatzfeld, manufacturier,
- Frühinsholz, manufacturier.
- Maguin, administrateur de la Soudière de la Madeleine.
- Kuhnmann, directeur de la Soudière de Dombasle.
- Luc, fabricant de cuirs et peaux.
- de Meixmoron, président de la société centrale d’agriculture, "fabricant d’instruments agricoles.
- Lanique, fabricant de machines.
- Demonet, constructeur-mécanicien.
- Grandeau, doyen de la faculté des sciences, chimiste agricole.
- Thiry, directeur de la ferme-école.
- Bloch, fabricant d’amidon à Tromblaine.
- Vilgrain, minotier àFrouard.
- Tourtel, brasseur à Tantonville.
- Bonnette, maiteur.
- . Courrier, viticulteur à Pagny.
- Colin, fabricant de confiserie à Nancy.
- Léon-Simon, président de la société d’horticulture.
- Crousse, horticulteur.
- Lemoine, horticulteur.
- 20 Sous-comité de Y arrondissement de Briey
- MM. Mézières, député.
- Piquet, inspecteur primaire.
- d’Huart, fabricant de faïences à Longwy.
- Colas, directeur de la manufacture d’habillements militaires à Pierrepont.
- Raty, maître de forges à Saulnes.
- Ferry, maître de forges à Miche ville (Vil-lerupt).
- Mussy, ingénieur des mines, directeur des aciéries de Longwy.
- Comon, président du conseil général de Meurthe-et-Moselle, président du comice agricole de Briey.
- Hild, inspecteur des forêts à Briey.
- 3° Sous-comité de l’arrondissement' de Lunéville
- MM. Viox, député.
- Petitbien, ancien député.
- Stolz, inspecteur primaire.
- Michaut, directeur de la cristallerie de Baccarat.
- Bauquel, directeur de la glacerie de Cirey.
- Guérin, de la fabrique de faïence Keller et Guérin.
- Mazerand, fabricant de papiers peints à Cirey.
- Fénal, fabricant de faïence et de poterie à Badonviller.
- Erard, minotier.
- Genay, président du comice agricole de Lunéville.
- Voelcker, fabricant de chicorée.
- Maj.orelle, inspecteur des forêts à Lunéville,
- 40 Sous-comité de Varrondissement de Toul
- MM. Marquis, sénateur.
- Cordier, député.
- Ledroit, inspecteur primaire à Toul.
- Aubry, fabricant de faïence.
- Manginat, ancien fabricant de chapeaux de feutre.
- Stef, viticulteur à Thiaucourt.
- Rollet, viticulteur à Thiaucourt.
- Lefebvre, inspecteur des forêts à Toul.
- p.651 - vue 219/496
-
-
-
- 652. — Troisième Année. — N° 126.
- LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE 18S9.
- Dimanche 2q Mai 18S7.
- PREMIÈRE RÉUNION
- DU COMITÉ DÉPARTEMENTAL
- DE LA VIENNE
- Le comité départemental de la Vienne s’est réuni à Poitiers, le 20 mai, à l’hôtel de la préfecture, sous la présidence de M. Cleftie, préfet de la Vienne, et a constitué son bureau comme suit :
- Président. — M. Hérault, président du conseil général.
- Vice-Présidents. —• MM. Baron Demarçay, conseiller général de Saint-Savin ; Péret, procureur général.
- Secrétaires. — MM. Bazile, conseiller général ; Guillaud-Vallée, maire de Civray.
- Sous-comité de l’arrondissement de Poitiers
- Président. — M. Péret, procureur général.
- Vice-Président. — M. Hambis, manufacturier à Ligugé;
- Secrétaire. — M. O. Pineau, vice -président du conseil de préfecture.
- Sous-comité de Varrondissement de Châtellerault
- Président. — M. Hérault, président du conseil général.
- Vice-Présidents. — MM. Godard, maire de Châtellerault; Duban, colonel, directeur de la manufacture d’armes.
- Secrétaire. — Du vau, conseiller d’arrondissement.
- Sous-comité de l’arrondissement de Loudun
- Président. — M. Bazile, conseiller général.
- Secrétaire. — M. Boilaive, président de la société agricole et industrielle de Loudun.
- Sous-comité de Varrondissement de Montmorillon
- Président. —M. le baron Demarçay, conseiller général.
- Vice-Président.— M. Trouvé, vice-président du conseil général.
- Secrétaire. — M. Bost-Lamendie, conseiller d’arrondissement, maire de Montmorillon.
- Sous-comité de Varrondissement de Civray
- Président. — M. Guillaud-Vallée, maire de Civray.
- Vice-Présidents. —MM. Chargelaigue, maire de Couhé; Jacquault, ingénieur, conseiller d’arrondissement.
- Secrétaire. — M. Pascault, agriculteur à Char-roux.
- Trésorier. — M. Tafforin, conseiller général.
- Après une allocution de M. le préfet, rappelant en quelques mots le but de l’Exposition de 1889, et les fonctions des comités départementaux, la séance est levée-
- ---------«T- IM " ------'
- BUREAUX DES
- COMITÉS DÉPARTEMENTAUX
- AIN
- Président. — M. Mercier, président du conseil, avenue Rapp. Cité de l’Alma, 2, Paris,
- Vice-Présidents. — MM. Goujon, sénateur, conseiller général, maire du XIIe arrondissement, place Daumesnil, 1 i>, à Paris ; Giguet, député, conseiller général, maire à Corbonod (Ain) ; Pradon, député, rue d’Alençon, 1, à Paris ; Roset, président de la commission départementale, à Brion (Ain) ; Ducher, député, conseiller général, rue de Penthièvre, 19, Paris; Authier, président du Tribunal de commerce, imprimeur, directeur du Courrier de l’Ain, à Bourg (Ain; Loiseau, avoué, à Bourg (Ain).
- Sous-comité de l'arrondissement de Bourg
- Président. — M. Goujon, sénateur.
- Vice-Président. :— M. Belaysoud, négociant en fers, à Bourg.
- Secrétaires.— MM. Authier, président du Tribunal de commerce, à Bourg ; Grandvoinnet, professeur départemental d’agriculture, à Bourg.
- Sous-comité de l’arrondissement de Belley
- Président. — M. Giguet, député, conseiller général.
- Vice-Présidents. — MM. Martelin, conseiller général, manufacturier, à St-Rambert (Ain) ; War-nery, manufacturier, à Tenay (Ain).
- Secrétaire. — M. Definod, avocat, conseiller général, à Belley (Ain).
- Vice-Secrétaire. — Sage, architecte, pépiniériste, à Ambérieu.
- Sous-comité de l’arrondissement de Gex
- Président —• M. Pradon, député.
- Vice -Président. — Marion, conseiller général, notaire à Coupy-Vanchy (Ain).
- Secrétaires. — M. Laurençon, notaire, à Col-longes (Ain) ; Tardy, négociant, maire, à Gex.
- Sous-comité de l’arrondissement de Nantua
- Président.— M. Roset, président de la commission départementale.
- Vice-Président. — Baudin, docteur, conseiller général, maire, à Nantua.
- Secrétaire. — Bachoud, négociant, président du conseil d’arrondissement, à Nantua.
- Sous-comité de l’arrondissement de Trévoux
- Président. —M. Ducher, député.
- Vice-Président. — M. Bayard, conseiller général, négociant, à Lyon. Domicile, Chatillon La Palud (Ain) ;
- Secrétaires. — MM. Gharbonnet. tréfileur, à Trévoux (Ain) ; Rigaud, président de la société de viticulture, juge de paix à Montenel (Ain).
- AUDE
- Président. — M. Durand, négociant, président du tribunal de commerce de Carcassonne.
- Vice-Présidents. — MM. Coural, maire de Narbonne ; Mairie, agent-voyer en chef honoraire, propriétaire agriculteur à Carcassonne ; Mir (Eugène), conseiller général, propriétaire agriculteur, à Castelnaudary; Tailhan, négociant à Limoux.
- Secrétaire-général. — Rousseau, inspecteur des forêts à Carcassonne.
- Secrétaires-adjoints.— Coste, pharmacien à Carcassonne; Drevet, négociant à Carcassonne.
- Trésorier. — Satgé, négociant à Carcassonne.
- Sous-comité de l’arrondissement de Carcassonne.
- Président. — M. Durand, président du tribunal de Commerce de Carcassonne.
- Vice-Président. —M. Mairie, agent-voyer en chef honoraire.
- Secrétaires. — MM. Rousseau, inspecteur des forêts à Carcassonne; Drevet, négociant à Carcassonne.
- Sous-comité de l'arrondissement de Castelnaudary.
- Président. — M. Eugène Mir, conseiller général, propriétaire agriculteur à Castelnaudary.
- Vice-Président. — M. Marfan, conseiller général, docteur en médecine à Castelnaudary.
- Secrétaire. — M. Lliaras, maire du Mas-Saintes-Puelles.
- Sous-comité de l’arrondissement de Limoux
- Président. —M. Tailhan (Frédéric), négociant à Limoux.
- Vice-Président. — M. Chiffre-Romain, ancien manufacturier, conseiller général à Espéraza.
- Secrétaires. — MM. Dujardin-Beaumetz, directeur du musée de Limoux ; Esparceii, secrétaire de la Société des Amis des Arts de Limoux.
- Sous-comité de T arrondissement de Narbonne.
- Président. — M. Coural, maire de Narbonne.
- Vice-Présidents. — MM. Cros, raffineur de soufre à Narbonne; Raynal, négociant, président du tribunal de commerce de Narbonne.
- Secrétaire. — M. Bertrand, architecte à Narbonne.
- BASSES-ALPES
- Sous-comité de l’arrondissement de Castellane
- Présidents. — MM. Honnorat, avocat à Castellane, membre du Conseil général des Basses-Alpes.
- Vice-Présidents. — MM. Bonnety, adjoint au maire de Castellane ; Garcin, négociant à Castellane.
- Sous-comité de l’arrondissement de Forcalquier
- Président.—'M. Arnaud, banquier, conseiller général, maire de Forcalquier.
- Vice-Président. — M. Borel , notaire à Ma-nosque.
- Secrétaire.— M. Planchud, pharmacien à Forcalquier.
- Sous-comité de l’arrondissement de Sisteron
- Président. — M. le commandant Ricard, maire de Château-Arnoux.
- Vice-Présidents. — MM. Latil, conseiller général ; Gunz, industriel à Sisteron.
- Secrétaire. — M. Charnier, avocat-avoué à Sisteron.
- Sous-comité de l’arrondissement de Barcelonnette
- Président. — M. Liotard, avocat-avoué à Gap, conseiller général des Basses-Alpes.
- Vice-Président. — M. Berlie, notaire à Barcelonnette.
- Secrétaire. — M. Devars, docteur-médecin à Barcelonnette.
- INDRE
- Sous-comité cle Varrondissement de Châteauroux
- Président. — M. Charles Balsan, manufacturier, président du tribunal de commerce et de la Chambre consultative des arts et manufactures de Châteauroux.
- Vice-président. — M. Masquelier Valéry, vice-président de la société d’agriculture à St-AIaur.
- Secrétaire. — M. Guinon, directeur de la station agronomique, à Châteauroux.
- Trésorier. —M. Gillet, conservateur du musée, à Châteauroux.
- Sous-comité de l’arrondissement du Blanc
- Président. — M. Turlin Wolsey, ancien négociant, au Blanc.
- Vice-président. — M. Navers, agriculteur, à Obterre.
- Secrétaire. — M. Peyrot-Desgachons, négociant, au Blanc.
- Sous-comité de l’arrondissement de La Châtre
- Président. — M. Périgois, ancien député, agriculteur à La Châtre.
- Vice-président. — M. Duvernet (Frédéric), agriculteur à Verneuil.
- Secrétaire. — M. Decourteix, ingénieur-agro-eome, à La Châtre.
- Sous-comité de l’arrondissement à Issoudun
- Président. — M. Nouveilon, président du comice agricole, à Issoudun.
- Secrétaire. — M. Liger, horloger à Issoudun.
- NIÈVRE
- Sous-comité de l’arrondissement de Nevers
- Président. — M. Talette, industriel à Nevers*
- Vice-présidents. — MM. Thévenard; d’Asis Gail lisans. _
- Secrétaire. — M . Georges Lefebvre.
- Trésorier.— M. Jules Ramond.
- Secrétaire-adjoint. — M. Jarry.
- Commissaires. — MM. Bardin, agriculteur; Berroyer, fabricant de chapeaux; Clair (Ferdinand), agriculteur; Clamamns, deSt-Léger; Lhé-ritier, ébéniste ; Frébault, de Fourchambault.
- Sous-comité de l’arrondissement de Château-Chinon
- Président. — M. Gaillard, maire de Château-Chinon.
- Vice-président. — M. Berger, député.
- Secrétaire. — M. Chadioux, maire de Luzy.
- Sous-comité de l’arrondissement cle Clamecy
- Président. — M. Hérisson.
- Vice-président. — M. Alapetite.
- Trésorier. — M. Gaudry.
- Secrétaire. — M. Bendell.
- Sous-comité de l’arrondissement de Cosne
- Président. —M. Ouagne, agriculteur, maire de la Celle sur-Nièvre.
- Vice-président.— M. Paponot (Félix), ingénieur, ancien maire de Cosne.
- Secrétaire. — M. Picardeau (Léon), fabricant de ciment, adjoint au maire de la Charité.
- Trésorier. — M. Quétin, vétérinaire, à Cosne.
- ALPES-MARITIMES
- Président. — M. Eugène Abbo, président de la Chambre de commerce de Nice.
- ier Vice-Président. — M. Edmond Chiris, parfumeur à Grasse.
- 2e Vice-Président. — M. le Dp Raynaud à Cannes.
- Secrétaire. — M. Hallauer, inspecteur des forêts, chef du reboisement à Nice.
- Sous-comité de Varrondissement de Nice
- Président. — M. Brun, architecte à Nice.
- ier Vice-Président. — M. Balestre, docteur, conseiller général, chef du service d’hygiène, à Nice.
- 2e Vice-Président. — M. Aimé Martin, négociant conseiller général à Nice.
- Secrétaire. — M. Jules Ravel, négociant en huiles à Nice.
- Sous-comité de l’arrondissement de Grasse
- Président. — M. Cresp, président du tribunal de commerce à Grasse.
- ier Vice-Président. — M. Albin Marcy, propriétaire à Grasse.
- 2e Vice-Président. — M. Clément Massier, manufacturier au golfe Juan (Vallauris).
- Secrétaire. — M. Pomel, professeur de physique au lycée de Grasse.
- Sous-comité de l’arrondissement de Puget-Théniers
- Président. — M, Edmond Empereur, propriétaire au Villars.
- Ier Vice-Président. — M. Basile Baréty, propriétaire à Puget-Théniers.
- 20 Vice-Président. — M. Antoine Olivier, négociant à Saint-Martin d’Entraumes.
- Secrétaire. — M. Ernest Viborel, négociant à Puget-Théniers.
- ARDÈCHE
- Sous-comité de l’arrondissement de Largentière
- Président. — M. Ernest Hugon, brasseur, conseiller général à Vallon.
- Vice-Président. — M. Adrien Arrhand, tanneur à Joyeuse.
- Secrétaire. —M. Paul Prat, ancien industriel à Largentière.
- p.652 - vue 220/496
-
-
-
- Troisième Année
- . — N° 12(5.
- M. ERNEST MAINDRON
- Chef du catalogue de l’Exposition
- M. E. Maindron est né à Paris le 9 décembre 11? 38.
- Attaché au secrétariat de l’Institut depuis plus de 20 ans, l’Académie des sciences lui doit la reconstitution de ses archives et la publication de nombreux documents se rapportant à ses règles et à son histoire. Sous la direction de M. J.-B. Dumas, secrétaire général, M. Maindron a organisé les missions qui ont été chargées de l’observation astronomique du passage de Vénus sur le soleil en 1874 et en 18S2.
- M. Maindron est un collectionneur émérite. Son cabinet, dans lequel sont classées avec méthode bien des merveilles, est l’un des plus intéressants qu’il soit possible de voir. Voici plus de trente ans qu’il y réunit laborieusement, surtout pour ce
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1SS9
- qui concerne notre époque, des milliers de documents qui feront plus tard la joie des historiographes.
- Il a publié en 1874, chez Lechevalier, les Murailles politiques, excellent recueil des _ affiches françaises et allemandes apposées à Paris ou en province depuis le 4 septembre 1870 jusqu’à la fin du me is de mai 1871. Au sujet de cetouvrage, Paul Bert lui écrivait : « Je l’ai parcouru avec le plus vif intérêt, avec orgueil, et avec chagrin. Quel beau mouvement patriotique, quels élans généreux, et, à côté, quelles sottises, et parfois quels crimes !
- « Vous avec rendu un grand service en conservant à l’Histoire, et en rendant accessibles à tous, ces souvenirs si divers et si précieux. »
- En 1886, il a donné un superbe ouvrage intitulé : Les Affiches illustrées. L’éditeur, M. Lau-nette, en a fait un livre de luxe, dans lequel sont reproduites les pièces capitales de la collection de l’auteur, et qui a pris une place méritée
- Dimanche 29 Mai 1887. — Obi.
- dans les bibliothèques artistiques les mieux conçues.
- La Revue scientifique a publié de M. Ernest Maindron des études sérieuses, complètes et pleines d’intérêt sur l’Académie des sciences, ses règlements, ses installations successives et sa bibliographie-, sur la Fondation de l’Institut national ; sur Bonaparte, membre de l'Institut.
- Gauthier-Villars a imprimé pour lui un beau volume in-40, portant pour titre: Les Fondations de prix à l’Académie des Sciences ; les lauréats de l’Académie 1814-I880. La Nature a reproduit aussi plusieurs notes fort curieuses sur d’anciennes estampes scientifiques et sur quelques points d’histoire qui méritaient d’être fixés. Enfin, le Bulletin de la Société chimique a inséré sous le titre : Jean-Baptiste Dumas et son œuvre, l’indication bibliographique des travaux scientifiques et littéraires de l’illustre chimiste.
- Ce dernier travail, l’auteur tient à ce qu’on le sache, n’est pas autre chose qu’un respectueux
- M. Ernest MAINDRON Chef du Catalogue de l’Exposition.
- hommage à la mémoire du maître pour lequel il professe un culte véritable.
- M. le Ministre ducommeree, sur la présentation de M . Georges Berger, directeur de l’Exposition, vient de nommer M. Ernest Maindron chef du Catalogue de l’Exposition universelle de 1889. Il nous semble qu’il était difficile de trouver un homme qui, par ses travaux antérieurs, fût mieux préparé à l’accomplissement de la mission dont il est chargé.
- ÉCHOS
- Paris
- Un de nos confrères a dressé le curieux inventaire, que l’on_ trouvera ci-dessous, des œuvres d’art qui depuis la guerre ont figuré aux Salons annuels:
- Peinture et dessins Sculpture et médailles Architecture Gravure Tulaui
- 1872. 1.530 334 55 142 2.067
- 1873. 1.491 419 43 189 2.142
- 1874. 2.628 633 104 292 3.657
- 1875. 2.827 666 105 264 3.862
- 1876. 3.0J9 666 76 262 4.033
- 1877. 3.554 673 83 306 4.616
- 1878. 3.987 685 56 257 4.985
- 1879. 4.746 716 94 339 5.895
- 1880. 6.042 731 111 355 7.239
- 1881. 3.559 850 130 385 4.924
- 1882. 4.050 937 154 471 5.612
- 1883. 3.263 1.093 158 429 4.943
- 1884. 3.242 784 165 474 4.665
- 1885. 3.271 1.188 188 457 5.034
- 1886. 3.415 1.325 174 502 5.416
- 1887. 3.563 1.092 187 476 5.314
- Total en 16 ans. . . 74.408
- ¥ *
- D épartements
- Une exposition des Beaux-Arts ouvrira à Boulogne-sur-Mer, au Château Coligny, parc de Châtillon, le vendredi 1er juillet, pour clôturer le vendredi 30 septembre 1887.
- Les artistes français et étrangers peuvent y prendre part.
- L’exposition sera ouverte aux genres suivants :
- I. Peintures à l’huile. — II. Peintures diverses, dessins, cartons, etc. — III. Sculptures, gravures en médailles et pierres fines. — IV. Architecture. — V. Gravures et lithographies. — VI. Photographies, produits et procédés de reproduction qui en découlent; instruments, appareils, matières premières, matériels d’ateliers, phototypie, glvptie, photogravure en creux et en relief, photo-'typo-gravure, chromolithographie. — VII. Vitraux peints, céramiques, marbres ouvrés, terres cuites, laves émaillées, faïences fines, porcelaines, tapisseries, bronze d’art, métaux repoussés. — VIII. Musique et littérature. — IX. Matériel des arts de
- p.653 - vue 221/496
-
-
-
- 654- — Troisième Année — N° 12C. LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 18S9.
- la peinture et du dessin ; papier, pâtes à papier, cartons, encres, fournitures de bureau ; des classes de peintres, de dessinateurs, de graveurs, de sculpteurs.
- Il n’y aura pas de jury d’admission et aucune adhésion ne sera reçue après le samedi 25 juin. Nous renvoyons pour plus amples détails au Journal des Artistes du dimanche 22 mai.
- ¥ *
- Le Journal des Arts du 21 mai nous apprend qu’une exposition des œuvres de M. Th. Devilly, le maître regretté de la jeune génération artistique humaine, est actuellement ouverte dans le grand salon de l’Hôtel de Ville de Nancy. Ce salon est divisé en trois parties, la première contient les tableaux ; les aquarelles sont réunies dans les deux autres. Cette exposition est une révélation et en même temps une consécration du talent réel de cet artiste convaincu et modeste, qui avait consacré ses dernières années au professorat.
- *
- * *
- ETRANGER
- Allemagne
- Le samedi 14 mai a été ouvert à Berlin, au Centraloiehhof, le treizième concours-exposition d’animaux de boucherie. Le catalogue compte 905 numéros, comprenant 1.205 spécimens, donff 539 pour la race bovine, 102 pour la race ovine, 264 pour la race porcine. Les exposants sont au nombre de 167. Une section annexe réunit plusieurs expositions de machines, instruments, appareils et outils d’agriculture.
- *
- * ¥
- Le vendredi 15 juillet ouvrira à Aix-la-Chapelle la 2e exposition industrielle régionale.
- ¥ ¥
- Une grande exposition de chiens de luxe doit ouvrir, en septembre, à Stuttgart.
- ¥ ¥
- Italie
- Notre excellent confrère le Bollettino delle Finance, Ferroviee Industrie, nous donne quelques détails sur l’ouverture à Milan de l’exposition de boulangerie et de meunerie.
- Voici ce que nous en extrayons :
- L’inauguration a eu lieu le jeudi 19 mai, au milieu d’une grande affluence, sous la présidence du roi accompagné de l’honorable M. Grimaldi, ministre de ses maisons civile . et militaire, du comité de l’exposition, des députations de la Chambre et du Sénat, et de toutes les autorités locales.
- Des discours très applaudis ont été prononcés par le sénateur Robecchi, président du comité de l’exposition et par le ministre Grimaldi, qui, après une éloquente allocution, a déclaré l’exposition ouverte au nom du roi. Sa Majesté très acclamée a ensuite parcouru les les galeries de l’exposition suivi du cortège officiel et a à diverses reprises exprimé toute sa satisfaction.
- Nous reviendrons sur cette intéressante exposition dans un prochain numéro.
- L’INAUGURATION
- du Cinquantenaire des Chemins de fer
- L’inauguration officielle du Cinquantenaire des chemins de fer a eu lieu dimanche dernier, à deux heures.
- On peut estimer à près de cent mille le nombre des personnes qui s’y sont rendues ; et très certainement ce nombre eût été plus que doublé, si nous avions eu une température plus clémente.
- De grands progrès ont été accomplis depuis notre visite faite jeudi dernier. Le palais central se peuple d’exposants ; la salle des Fêtes est presque achevée, la reproduction de la gare Saint-Germain est admirée par tous les visiteurs, ainsi que l’exposition du ministère de la marine et les sections étrangères.
- Dès une heure, la tribune d’honneur se remplissait de notabilités, parmi lesquelles nous remarquons : MM. Tony Révillon, député de la Seine ; de Ménorval et Deligny, conseillers municipaux de Paris (ce dernier l’un des survivants parmi ceux qui contribuèrent à construire le chemin de fer de Paris à Saint-Germain, et qui l’inaugurèrent) ; Biny, commissaire général; Fouquiau et Thomas, architectes ; de Jarcieux, secrétaire général ; Sautereau de Glatigny, ingénieur et membre du comité d’organisation ; Roulaud, l’éminent sculpteur qui a fait les belles statues monumentales qui décorent le Palais et que tout le monde a tant admirées, etc., etc.
- A deux heures, M. de Ménorval, conseiller municipal, a déclaré l’Exposition ouverte et a donné la parole à M. Charles-J. Biny, le sympathique commissaire général, qui a prononcé le discours suivant :
- « Messieurs,
- « L’Exposition destinée à fêter le Cinquantenaire des chemins de fer est ouverte.
- « On ne pouvait laisser passer sans manifester l’anniversaire du chemin de fer de Paris à Saint-Germain et l’idée d’organiser une exposition internationale spéciale aux moyens de transport par la vapeur, est venue à la pensée des imitateurs de l’œuvre que nous inaugurons aujourd'hui. (Applaudissements.)
- « Cette idée est belle, messieurs, et les illustrations de la politique, de l’industrie et du commerce qui nous ont honorés de leur patronage, l’avaient bien compris. Nous les remercions vivement du grand appui qu’ils ont donné à notre œuvre.
- « Nous ne vous dirons pas que l’Exposition est complètement prête, mais je puis vous dire que c’est un véritable tour de force, d’avoir pu, en trois mois, exécuter les travaux que vous voyez dans le bois de Vincennes, tout étonné de se voir à pareille fête.
- « Le palais dont vous admirez l’aspect monumental est l’œuvre de M. Fouquiau, architecte; les statues, si réussies, sont dues au ciseau de M. Roul-leau, statuaire ; la salle des fêtes et les gares d’un si joli aspect, sont l’œuvre de M. Alfred Thomas. (Acclamations.)
- « Tout le monde, du reste, s’est dévoué à l’œuvre, et les constructeurs, les entrepreneurs des différents travaux ont tous rivalisé de zèle; au nom du comité, je leur adresse mes vifs remerciements .
- « La fin de nos installations a été complètement entravée par un mauvais temps exceptionnel, mais donnez-nous encore quelques jours, et vous pourrez constater l’importance de l’Exposition du Cinquantenaire !
- « Vous pourrez voir alors les objets envoyés par la Belgique, la Hollande, l’Angleterre, l’Autriche, les Etats-Unis, le Danemark, l’Italie, la Russie, la Suède et la Norvège et la Suisse; et dans un musée rétrospectif des moyens de transport, vous admirerez les objets précieux que nous avon s pu obtenir du ministre de la marine des musées et collections officielles , des particuliers et aussi de Leurs Altesses la princesse de Galles , le duc d’Edimbourg, le ministère du commerce, et le ministère des postes d’Angleterre. (Bravos répétés.) •
- « Nous nous faisons un devoir de dire à la presse combien nous lui sommes reconnaissants de l’appui qu’elle nous a donné, nous lui devrons une grande part de notre succès. Nouslui demandons de continuer cet appui, et d’avance je suis convaincu qu’il ne nous fera pas défaut.
- « Si, au nom du comité, nous avons adressé des remerciements aux collaborateurs de l’Exposition du Cinquantenaire, nous ne devons certes pas-employer le même mot pour le Conseil municipal de Paris.
- « C’est lui, en effet, qui a bien voulu nous accorder la concession de l’immense et splendide parc que nous occupons ; son appui constant, efficace, a été pour nous si précieux, que je suis heureux de lui offrir l’expression de notre gratitude.
- « Tous les services dépendant de la ville de Paris nous ont favorisés, et, du haut en bas de l’échelle administrative, nous avons toujours rencontré la meilleure bonne volonté.
- « Nous vous demandions, messieurs, quelques jours de crédit pour terminer notre œuvre, accor-dez-les, et quand vous reviendrez, vous comprendrez que l’Exposition du cinquantenaire aura des résultats importants pour notre industrie nationale et aussi pour le commerce parisien. (Triple salve d’applaudissements).
- « Nous organisons des fêtes, nous glorifierons les Papin, les Stephenson, les Marc-Seguin et tant d’autres, à qui nous devons cette merveilleuse industrie des chemins de fer, qui a complètement changé la face du globe depuis un demi-siècle! »
- Après ce discours qui a été très applaudi, M. de Ménorval s’est levé et a prononcé une excellente allocution dans laquelle il a montré que son plus grand souci a toujours été de sauvegarder les intérêts des habitants de la région-est de Paris.
- M. Deligny a pris ensuite la parole pour rappeler que le chemin de fer de Saint-Germain avait été le point de départ du-grand mouvement industriel qui a déterminé la construction de notre grand réseau national. C’est enfin lui qui, le premier, a fait le vrai service des voyageurs à Paris, — et Paris est le phare lumineux qui éclaire toutes les grandes idées !
- Enfin, il a rendu un hommage mérité à tous ceux qui « furent alors ses maîtres >> : Flachat, Clapeyron, Pereire, Lamé, Perdonnet et toute cette illustre pléiades d’ingénieurs.
- Le train officiel a ensuite été formé ; les divers chemins de fer et le chemin de fer Decauville, si gracieux et si coquet, ont amené les voyageurs à la gare de Saint-Germain et aux diverses stations. Puis la foule s’est répandue jusqu’à une heure très avancée de la journée dans le palais, le parc et les diverses parties de l’Exposition.
- --------- “JJUŒl-J ----------
- L’EXPOSITION DE TOULOUSE
- Le 26 mai a été inaugurée l’exposition internationale de Toulouse, en présence du général
- Dimanche 29 Mai 1887.
- Bressonnet, commandant le 17e corps d’armée; de MM. Colin, préfet de la Haute-Garonne; Fabreguettes, premier président de la Cour d’appel de Toulouse, et de plusieurs sénateurs et députés du département.
- Au banquet qui a eu lieu le soir, M. Sirven, maire de Toulouse, a porté un toast au président de la République et au préfet du département.
- M. Plassan, premier adjoint, a remercié la presse locale, parisienne et étrangère.
- Enfin, le consul d’Espagne a parlé de la nécessité de l’union des races latines.
- SALON DE 1887
- (Suite. )
- SALLE N° I O
- 1137. La Baie de M or saline s. Je suis las d’appeler Aristide le Juste. M. Guillemet qui est un de nos premiers peintres de marine expose une toile exquise de vérité. Sous un ciel orageux offrant une timide éclaircie, assise au bord d’une plage sablonneuse, une chaumière qu’égaie un coin de verdure — pas plus ; mais comme "c’est brossé de main de maître et qu’il règne là-dedans une poésie tranquille.
- 775. Joueurs de boules. Très bien en couleur l’envoi de M. Deyrolle, ses paysans ont bonne mine, mais quelle idée de les faire tenir face au public comme s’ils envoyaient leurs boules dans les quilles des spectateurs. On dirait à voir leur attitude qu’un photographe est placé devant eux, qui vient de prononcer le sacramentel : « Ne bougeons plus ».
- 945. Un repas de noces à Yport. Il faut croire que ce tableau de M. Fourié rencontre des amateurs, puisque la gravure s’est empressée de le populariser, moi, je n’y trouve rien de saillant.
- yo5. Charge du 72e hussards à Marengo, par M. E. Delahaye. A la bonne heure, cela remue, cela vit, cela grouille, il y a de l’admiration là dedans, et ces hussards jaunes sont franchement emballés dans l’épaisse fumée du combat.
- 737. Surpris par l'orage. Un chasseur tout de blanc habillé, cachant sous sa veste la batterie de son fusil est surpris par une pluie diluvienne. La peinture de M. Denneulin vaut beaucoup mieux que ce sujet comique qui n’est qu’une charge de rapin. Ne soyons pas poncifs, mais demeurons sérieux, que diable !
- 1027. Avant l'opération. Une des belles œuvres d’Henry Gervex qui possède la science du nu dans la perfection, il va sans dire que les physionomies qui entourent la jeune femme anesthésiée sont de la plus scrupuleuse ressemblance , mais quelle finesse dans l’exécution de ce corps demi-nu, où le sang circule malgré l’apparence inerte du sujet. Il y a bien du talent chez ce jeune maître qui passe avec une parfaite virtuosité du plaisant comme sa Femme au masque, au sévère comme Avant l'opération, et du profane comme Rolla au sacré comme son panneau pour la salle des mariages de la mairie du XIIe.
- 895. Le Hallier, de M.Fath. Une des plus jolies études de paysage du. Salon. Il y a là dans un brossé savant un délicieux fouillis d’arbres et de verdure qui force l’admiration.
- A signaler : 702. A Pâques, de M. Delachaux ;
- 1140. L’Eté, de M. Eugène Guillon ; 778. Les Bois au printemps, de M. Dezobry, et 745 Les Fonds de Limagne, de M. Jean Desbrosses, une toile des plus méritantes.
- salle n° 3o
- 2126. Un conseil de Guerre. Je ne comprends pas comment le jury n’a pas encore médaillé un artiste de la valeur de M. Salzedo. Tous ses envois sont d’une conscience achevée, et celui de cette année est certainement d’une réelle valeur. Son tribunal militaire est savamment étudié; très émouvant ce malheureux artilleur qui pleure pendant qu’un cuirassier dépose à la barre. Tout cela est d’une étude indiscutable qui appelle une récompense.
- 143. Ils ne l'auront pas. M. Beaumetzfait partie de la phalange solide de nos meilleurs peintres militaires. Sous le feu de l’ennemi un clairon et un camarade enfouissent dans la terre le drapeau lâché par le porte-étendard tombé mort à côté. Voilà qui est bien animé et bien groupé sans être théâtral.
- 144. Guignol au village, de Mme Beaumetz-Petiet. Une charmante fantaisie, très vivante et habilement composée.
- 1975. Comment entra dans Paris monseigneur le Dauphin de France. Des cavaliers aux armures étranges, bizarres, défilent devant l’église Sainte-Catherine sur les marches de laquelle gisent les cadavres d’Etienne Marcel et des siens. 'L’allure de ces cavaliers ainsi accoutrés est crâne, étonnante et pas ridicule. De plus, ce qui ne gâte rien, d’une excellente facture. Auteur : M. Henri Ra-chou.
- p.654 - vue 222/496
-
-
-
- Troisième Année. — N° 126.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 18S9.
- Dimanche 29 Mai 1SS7,
- 655.
- 2267. Portrait de M. Richepin. M. Léon Tanzi nous montre Jean Richepin en costume de bain assis à sa table de travail et recevant crûment sur la figure la lumière d’un phare placé hors cadre. On peut faire plus mal, mais on peut donner mieux aussi.
- 489. L'Œuvre de M. Capy. Etonné de voir que sa maîtresse couchée, a le sein sur l’épaule gauche, un rapin s’empresse de la croquer. Un point, c’est tout.
- 1 Byo. Fantaisie. Exquise cette charmante ombre blanche, rose, blonde, qui se résume en une délicieuse tête féminine signée P. Franc Lamy.
- A signaler : 940. Nature morte : Un chaudron, un homard, un canard plumé et un vif succès pour M. Fouace. 244. Une après-midi de septembre, de M. Victor Binet. 428. Etude : une liseuse nue, vue de dos, très réussie. 14. Lande de Cap Breton, de M. Louis Auguin.
- salle 22
- 282. Portrait de M. Alexandre Dumas, par M. Léon Donnât, un des grands succès du Salon. Il est en effet impossible non seulement de mieux copier un modèle mais de lui communiquer aussi franchement la vie, la chaleur et l’esprit du modèle. M. Bonnat n’en est plus à attendre des compliments et cependant on est forcé de lui en faire devant des œuvres d’une telle vigueur.
- 316. Portrait de Mm& R... Je regrette bien que M. Boulanger ne nous ait pas donné le nom de son joli modèle. Elle est piquante, cette brune aux yeux noirs, au nez retroussé, très appétissante sous sa robe pompadour bleue, et bien galamment rendue par le peintre.
- 3io. L’Amour vainqueur, de M. Bouguereau, car nous sommes dans le coin des grands maîtres. C’est musclé, fin et délicat. Blaguez, jeunes artistes, mais tâchez seulement d’en faire autant. Maintenant quand M. Bouguereau voudra sortir de la mythologie,nous n’y verrons aucun inconvénient. A condition pourtant de ne pas dépenser son talent au service de sujets anémiques comme celui qu’il nous présente sous le n° 311, Portrait de MUe G... C...
- A signaler : 3o8. Bruyère à la lisière d'un bois, par M. Léon .Boudot ; 323, Juin-Villerville, un charmant petit chemin creux au coin d’un bois, par M. E. Bourgeois.
- Alfred Delilia.
- (A suivre.) ,
- SCIENCES & INDUSTRIE
- Fonctionnement économique des moteurs
- Nous empruntons à la Nature l’intéressant entrefilet suivant :
- Voici un exemple typique des résultats obtenus pendant ces dernières années dans la voie du perfectionnement des moteurs à vapeur appliqués à la navigation. Nous le résumons d’après Engineering, qui l’extrait iui-même d’une communication faite parM. J. W. T. Harvey devant la section d’ingénieurs de la Société des naturalistes de Bristol. La Junon est un steamer qui fonctionnait d’abord avec un condenseur à injection, remplacé par un condenseur à surface et transformé finalement en machine compound. On a ainsi le même navire fonctionnant dans trois conditions différentes : l’économie ne peut donc être attribuée qu’aux changements apportés dans la machine. Le moteur fonctionnait à l’origine à une pression de 3o livres par pouce carré, produisait i6o5 chevaux indiqués, imprimait au navire une vitesse de 14,1 nœuds etconsommait 92tonnes de charbon par voyage. En changeant les chaudières, conservant la même pression et la meme vitesse, mais en substituant un condenseur à surlace au condenseur à injection, la consommation s’abaisse à84,5tonnes par voyage, soit une économie de 9 pour 100. En présence delà concurrence, on dut viser à l’économie en compoundant le moteur à un prix aussi peu élevé que possible et en travaillant avec de la vapeur à la pression de 80 livres par pouce carré fournie par des chaudières cylindriques. La machine ne produisait plus que 1270 chevaux-vapeur indiqués, soit 355 chevaux-vapeur de moins qu’auparavant et la vitesse n’était plus que de 1 3,4nœuds, soit 0,7 nœud de moins, mais la consommation s’abaissa à 49 tonnes par voyage. La consommation de charbon ramenée en cheval-vapeur est représentée respectivement dans les trois cas par les nombres : 100—91—67—La consommation par voyage est respectivement proportionnelle à 100—91 — 53. Les chiffres relatifs à la consommation par cheval sont, à notre avis, ceux qui donnent l’idée la plus exacte des économies réellement réalisées, car chacun sait que la puissance nécessaire à la propulsion d’un navire, variant comme le cube de la vitesse, la moindre diminution de celle-ci correspond à une réduction considérable de la consommation. Cette remarque n’enlève rien au mérite des modifications apportées à la Junon, car l’économie de 33 pour 100 réalisée par la transformation de son moteur est très satisfaisante.
- * *
- Un nouveau téléphone
- L’usine électro-technique de M. Alwin Hempel, à Dresde, vient de produire un téléphone, qui, paraît-il, est supérieur comme résultat général à tous ceux que l’on a imaginés jusqu’ici.
- S’il faut en croire la Revue industrielle allemande de Kuhlow et notre excellent confrère d’outre-Manche Invention, cet appareil unit à une parfaite solidité de construction une sensibilité extraordinaire, ne s’altère pas par l’usage, ne se dérange pas et n’a donc besoin d’aucun réglage. L’audition est parfaite, que la personne qui parle se tienne à l’appareil et y murmure sa communication, ou qu’elle s’en trouve éloignée de quelques mètres. Grâce à cet avantage les inventeurs assurent que l’on peut converser avec une personne à une distance de quelques lieues, sans qu’un tiers présent au moment de l’envoi du message puisse saisir aucune syllabe. Si l’on rapproche la membrane et qu’on y parle à intonations normales, la voix est reproduite assez bruyamment pour que le destinataire ne puisse percevoir les mots en tenant le récepteur à l’oreille et se trouve obligé pour entendre distinctement chaque mot de s’éloigner à quelques mètres de l’appareil.
- C’est là une des meilleures qualités que puisse avoir un microphone.
- La clarté, la netteté absolue des sons transmis ne varie que suivant le degré de puissance de la voix sans qu’il y ait à tenir compte de la distance. La plupart des autres systèmes exigent une modulation attentive de la voix et la présence des interlocuteurs à des distances fixes.
- Le téléphone Hempel est, dit-on, admirablement adapté à l’audition de la musique et les résultats, donnés par quelques appareils à Berlin, Dresde et quelques autres -villes, ont été excellents ; il est aussi, par sa construction même, tout à fait approprié comme instrument de contrôle et de surveillance.
- Optique
- La manufacture de nouveau verre optique du professeur Abbe à Iéna vient, paraît-il, de produire une lentille grossissante bien que présentant sur ses deux faces une surface absolument plane.
- Cette lentille est formée d’un disque unique dont la densité varie, de façon que la puissance de réfraction aille en décroissant régulièrement de la surface à l’intérieur.
- ------—«mh» .-in—— ----
- LE LANGAGE INTERNATIONAL
- CONVENTIONNEL
- (Suite.)
- Syntaxe
- La syntaxe ne doit édicter que le plus petit nombre de règles possible ; car toute règle est un lien, que l’on impose à tous ceux qui voudront apprendre la langue. On peut réduire le nombre de ces règles à trois : une qui fixe la construction de la phrase, une qui permet de former le pluriel, et une qui établit un type de conjugaison pour les verbes.
- CONSTRUCTION DE LA PHRASE
- Pour que la phrase soit aussi facile que possible à comprendre, on devra s’astreindre à une construction uniforme. On pourra adopter cette base générale que le mot déterminant doit toujours se placer après le mot qu’il détermine ; on placera donc d’abord le sujet, puis le verbe, puis le régime direct, et enfin les régimes indirects. C’est la construction qui parait la plus claire, et elle devra rester obligatoire.
- SUBSTANTIF
- L’article sera supprimé. — Tous les substantifs commencent et finissent par une consonne. Cette règle est celle qui donne pour la formation des radicaux le plus grand nombre de combinaisons. De plus, elle permet d’ajouter les cinq voyelles après le radical pour former la conjugaison des verbes.
- Dans la plupart des langues, il y a des substantifs masculins et féminins, quelquefois même des substantifs neutres, ce qui tient à ce que la distinction des sexes a paru, à l’enfance des sociétés, avoir une importance capitale. Cette distinction jette de la variété dans le discours; mais comme elle est la source de grandes complications, et qu’elle n’a aucune utilité réelle, elle ne devra pas être admise. La notion du genre des substantifs disparaîtra donc complètement. Afin d’économiser les radicaux, on pourra employer le même radical pour désigner un être du sexe masculin, et le même être du sexe féminin, en ajoutant un préfixe ou en exprimant les adjectifs : mâle, femelle. Mais il n’y aura là aucune distinction de genre, qui puisse venir se répercuter, en les compliquant, sur les adjectifs, les pronoms et les verbes.
- La déclinaison du substantif, qui, dans les lan-
- gues anciennes, comprenait un grand nombre de cas, a été, dans les langues modernes, en diminuant graduellement d’importance; elle a complètement disparu dans le français et dans les langues romanes. C’est une preuve quelle n’est pas indispensable, et je pense dès lors qu’il est plus simple de ne pas l’admettre dans une langue internationale.
- Le substantif restera invariable, et la manière dont il se relie aux autres mots de la phrase sera indiquée par la construction, et par l’emploi des prépositions nécessaires. Pour représenter le pluriel d’un substantif, on ne peut rien trouver de plus simple que l’addition d’un s, procédé qui est déjà usité dans plusieurs langues.
- NOMS PROPRES
- La traduction des noms propres, d’une langue usuelle dans une autre, est un problème qui n’a pas reçu et ne peut pas recevoir de solution uniforme. Les noms des grands Etats et des villes capitales devront être traduits, comme les substantifs ordinaires ; quant aux autres noms géographiques, ainsi qu’aux noms d’hommes, on se bornera généralement à reproduire les lettres qui les forment dans leur pays d’origine. xVlais cette dernière solution n’est pas applicable lorsque ce pays ne fait pas usage de l’alphabet romain; dans ce cas, l’on ne pourra qu’imiter, tant bien que mal, la prononciation de la langue d’origine.
- . ADJECTIF
- L’adjectif, le verbe et l’adverbe se formeront du substantif qui exprime la même idée par l’addition de désinences finales. La désinence la plus simple que l’on puisse employer est une voyelle unique ; on pourra donc adopter le trois premières voyelles :
- a pour former l’adjectif, e pour former l’infinitif du verbe, i pour former l’adverbe.
- On obtiendra ainsi des mots faciles à prononcer puisque tous les radicaux se terminent par une consonne. Si l’on traduit le mot : doute par le radical dut, on traduira :
- douteux par du ta, douter par dute, avec doute par (loti.
- Quelques langues possèdent des désinences spéciales pour former le comparatif et le superlatif des adjectifs ; dans d’autres langues, on n’a pas recours à ces formes perfectionnées, et l’on emploie les adverbes plus, le plus. Je considère ce dernier procédé comme plus simple et plus clair; je crois en conséquence que c’est celui qu’il faut adopter dans une langue internationale.
- Lorsque le substantif est au pluriel, il n’y a aucune utilité, à. prescrire, sous peine d’incorrection, soit le pluriel, soit le singulier pour l’adjectif qui s’y rapporte. D’ailleurs il arrive souvent ou que l’adjectif se rapporte à un substantif sous-entendu, ou que l’adjeptifest pris substantivement. Vouloir établir des distinctions tranchées entre ces divers cas, et adopter des règles obligatoires différentes pour l’emploi ou pour le rejet de la forme du pluriel pour les adjectifs, ce serait se lancer dans des minuties; car bien des personnes, faute d’une analyse assez attentive, dérogeraient souvent aux règles que. l’on aurait établies, et commettraient des incorrections. Il est bien plus raisonnable de dire que, dans tous les cas, il est également correct de donner ou de ne pas donner à l’adjectif la marque du pluriel, soit que le substantif se trouve exprimé, absent ou sous-entendu, soit que l’adjectif soit pris substantivement. On sera libre alors de donner à l’adjectif la marque du pluriel quand on le croira utile pour la clarté de la phrase.
- LES LIVRES
- CXI
- Un royaliste libéral en 17S Q . Jean-Joseph Mounier, sa vie. politique et ses écrits, par L. de Lanzac de Laborie, avocat à la Cour d’appel. Un vol. in-8» librairie Plon.
- Le Cabinet Noir (Louis XVII. Napoléon. Marie-Louise), par le comte d’Herisson. Un vol. in-18. Paul Ollendorff, éditeur.
- Mounier et Malouet, tous deux monarchistes constitutionnels et libéraux, tous deux populaires puis disgraciés pat la faveur publique, en butte comme tous les esprits modérés, tous les esprits juste milieu, centre gauche, si l’on veut, en temps de révolution aux coups des deux partis extrêmes, trop royalistes pour les républicains, trop républicains pour les royalistes; tous deux poursuivis par les calomnies et les injures de l’émigration, tous deux ralliés, sans enthousiasme, à l’Empire, tous deux emportés par une mort précoce, à l’heure des espérances comblées et des réparations certaines, offrent dans leur existence et sa fin, comme on voit, de nombreuses analogies.
- Malouet, moins orateur, mais plus écrivain que Mounier, a pris la précaution de se défendre devant la postérité. Il a chargé du soin de la cause d’intéressants Mémoires, loués par Sainte-
- p.655 - vue 223/496
-
-
-
- 656. — Troisième Année. — N° 126.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- Dimanche 29 Mai 1887.
- Beuve, souvent invoqués par Taine, et qui nous font bien connaître cet honnête homme dont on peut dire comme Mme de Staël l’a dit Justement de Mounier: « C’était un homme passionnément raisonnable ».
- C’est bienlà lecaractère du promoteur, del’initia-teur de ce grand mouvement de résistance et de réforme qui donna à la Révolution avant les Etats généraux et l’Assemblée nationale sa première charte et ses premiers représentants, dans l’Assemblée de Vizille dont le château des Lesdiguières,
- toujours propriété de lafamillePerier, verra bientôt, grâce à la même hospitalité, célébrer le centai-naire, en présence de délégués non moins enthou- ( siastes que leurs précurseurs _du 21 juillet 1788, mais beaucoup plus sûrs de l’issue de la lutte depuis longtemps terminée par la victoire.
- Mounier le fauteur, l’inspirateur, le rédacteur des délibérations de l’assemblée de Vizille, le président de l’Assemblée nationale à Versailles, lors de l’émeute et de l'invasion de la populace parisienne et des fameuses et funestes journées d’octobre, Mounier, bientôt désillusionné, désabusé, méconnu, menacé, émigré des premiers temps, involontaire, mais émigré, n’a laissé sur sa vie publique que des mémoires apologétiques, polémiques, qui peuvent fournir leur contribution à son histoire et à celle de son temps,_ mais qui ne sont que des matériaux de l’histoire définitive. Cette histoire définitive, sur ces matériaux, complétée par les papiers mêmes de Mounier, appuyée sur les résultats critiques d’une controverse établie depuis le lendemain même de la- Révolution entre ses partisans et ses adversaires, M. de Lanzac de Laborie a tenté de l’écrire, et il a réussi tout au moins à faire un livre plein d’intérêt qui se fait lire jusqu’au bout, malgré l’aridité de certaines discussions nécessaires, avec plaisir et avec profit.
- Comment, que direz-vous, rattachez-vous, dans vos analyses qui doivent avoir un lien logique, au moins en apparence, par un rapport si lointain qu’il soit, un ouvrage consacré à la biographie du constituant Mounier et le plat de révélations plus ou moins épicées du Cabinet Acir?
- Je vais vous le dire. Jean-Joseph Mounier, ancien constituant, conseiller d’Etat et baron de l’Empire comme Malouet, et commandeur de la Légion d’honneur, mort prématurément à quarante-sept ans, le 26 janvier 1806, laissa un fils, le. baron Edouard Mounier, secrétaire de Napoléon, puis collaborateur favori du duc de Richelieu, et pendant son ministère, directeur de la sûreté publique avec l’entrée au Conseil, pair de France, mort en 1840.
- Or, c’est dans les papiers du baron Mounier, directeur de la sûreté générale en des temps encore troublés, papiers provenant en grande partie du secret de la poste, (voilà un secret bien gardé), et du butin de hasard des indiscrétions officielles que M. le comte d’FIérisson a puisé ce fond de chronique scandaleuse et de commérages de police qui contribue à donner à son livre le ragoût d’un piquant un peu vulgaire qui le rend d’une lecture plus amusante que profitable, plus frivole que sérieuse.
- Le cabinet noir est une institution de police, toujours niée, dont les gouvernements se sont défendus avec des mines de tartuferie indignée, et qui a toujours fonctionné, au moins pendant les régimes monarchiques. Louis XV délectait sa curiosité blasée aux indiscrétions, parfois utiles, du secret violé de la poste, dont le directeur Jeannelle était au nombre de ses confidents attitrés. Il paraît que Louis XVIII, après Napoléon, ne se privait pas de ce régal, et on juge des bonnes fortunes pour l’anecdotier de ce recueil de racontars dont la malignité publique profitera à son tour, plus que l’histoire, qui ne saurait se contenter de témoignages anonymes spéculant trop souvent sur la passion politique et la crédulité qui en est la conséquence et le châtiment. Nous comprenons bien que pour ce temps de décadence M. d’Hérisson, voulant surtout faire un livre amusant et curieux — à quoi il a réussi — ne se soit pas cru obligé de servirai! public un plat plus, délicat que celui qu’il mérite. Nous aurions aimé toutefois à le voir se mettre en plus grand frais de'choix, de critique, et nous servir un commentaire plus sérieux que le sien, qui se préoccupe surtout d’être piquant et malin et de faire passer le poisson. C’est une débauche historique d’homme d’esprit que cet ouvrage qui agite sans le résoudre le problème de l’existence de Louis XVII, qui. ajoute quelques grains de sel à la chronique intime du palais im- ! périal ou du manoir de Sainte-Hélène, et qui ac- j cable d’une méprisante pitié cette triste impératrice j Marie-Louise faite non pour les grandeurs tragiques I auxquelles elle fut malgré elle associée, mais pour j le terre à terre de la vie bourgeoise, et les faiblesses sans poésie d’une galanterie pot au feu.
- Sur les problèmes et les mystères de la légende qu’il cherche à ériger au rang des révélations historiques, de l’existence de Louis XVII, miraculeusement échappé au Temple et menant, sous la figure de Naundorff, une existence aventureuse que toute l’éloquence de Jules Favre n’a pu sauver de l’odieux et du ridicule des prétentions non justifiées, M. d’Hérisson se montre plus soucieux
- d’échafauder un système paradoxal sur quelques coïncidences spécieuses et quelques témoignages sans autorité que de l’appuyer sur des preuves positives et décisives. Après l’avoir lu, la question semble un peu plus embrouillée, voilà tout.Et s’il est difficile d’établir que Louis XVII n’a pas survécu aux mauvais traitements de Simon, et à la persécution conventionnelle, il demeure encore plus difficile d’établir le contraire. Louis Blanc croyait à Naundorff'et à ses allégations. Jules Favre, qui avait défendu ce prétendant, y croyait aussi. Mais il demeurerait à déterminer la part que la passion politique peut avoir eue dans cette crédulité bien tentante pour un historien et un avocat qui ont peut-être cédé avec trop de complaisance au plaisir de narguer la légitimité, et décerner à Louis XVIII et à Charles X les titres imprévus d’usurpateurs.
- Napoléon a, de son côté, et par les petits côtés, payé son tribut, à la légende, et M. d’Hérisson ne se fait pas faute sur le témoignage de lettres interceptées (et quelles lettres 1) et de racontars de police, de prendre le grand homme au piège et de l’incriminer d’attentats incestueux pour que l’assimilation césarienne demeure complète. Sur ces matières, nous pensons qu’il y a plus d’une raison de douter. Nous avons jadis défendu contre les calomnies rimées du pamphlet de La Grange, Chancel, défendu le Régent de l’accusation d’inceste en le défendant comme il convenait, moins par ses vertus que par ses vices. Nous inclinons à croire que Napoléon, qui ne se piquait pas de vertu, n’a pourtant pas été jusqu’à ces par de là odieux. Et quand on nous affirme sans preuves (il est difficile d’en avoir sur ces accusations-là) soit son crime, soit son innocence, nous sommes toujours prêts à répéter le mot sceptique de Mme de Lassay à son mari, lui opposant la vertu de Mme de Maintenon : « Comment faites-vous, monsieur, pour être sûr de ces choses-là ».
- Il était intéressant d’avoir sur le séjour de Napoléon à bord du Northnmberland et la coulisse de Sainte-Hélène,le témoignage d’un témoin suffisamment éclairé et désintéressé. A cetitre le Journal et la Correspondance du docteur Warden sont le document le plus curieux, le plus sûr, exploité par M. d’Hérisson. De même, il y a de l’intérêt dans ses révélations, sur la conduite, le caractère et les moeurs de Marie-Louise. Là la médisance peut s’en donner à cœur joie: car il s’agit d’une femme tout à fait inférieure à son rôle, même à son rang, et que, nous en convenons, il était difficile de calomnier.
- M. de Lescure.
- ------:--Twsaiim^'^» «$> j—».----
- LE BON MARCHÉ
- Soldes et Occasions
- Dans quelques jours, après s’être dit un dernier adieu au Bois de Boulogne et avoir assisté au grand Prix, le monde élégant va faire ses préparatifs de départ pour la campagne, les eaux et les bords de la mer. Toutefois, avant de quitter la capitale, nous croyons devoir conseiller à nos lectrices d’aller visiter la grande mise en vente de soldes et occasions de nouveautés d’été que préparent les magasins du Bon Marché. Cette Exposition, dont l’ouverture est fixée au 6 juin prochain, s’annonce comme une des plus intéressantes de l’année ; les étoffes les plus variées sont mises à la disposition du public à des prix exceptionnellement avantageux. Il y a vraiment lieu de s’étonner, après examen de tous les articles, que la maison Boucicaut ait pu réussir à diminuer ainsi le prix de vente de toutes ces belles choses ; mais pour tous ceux qui connaissent sa manière intelligente et honnête de travailler, cela n’a rien d’extraordinaire, surtout en présence des énormes ressources qu’elle n’hésite jamais à mettre à la disposition des fabricants. En effet, l’intérêt du fabricant est d’assurer l’écoulement rapide de sa marchandise et, pour cela, de se contenter d’un faible bénéfice.
- Le plus souvent, malgré tous les sacrifices auxquels il est disposé, le producteur se trouve encombré et ne peut réussir à placer tous ses produits, c’est alors qu’apparaît le rôle du Bon-Marché qui devient la Providence. Fidèle à sa devise, cette maison qui, dans toutes ses affaires, ne recherche que les intérêts de sa clientèle, utilise les capitaux considérables dont elle dispose pour acheter en bloc les marchandises qui lui sont offertes par le fabricant heureux d’écouler ainsi sa production sans craindre un chômage ruineux. Les industriels qui s’adressent toujours de préférence aux grands magasins du Bon Marché, possèdent des établissements qui exigent la mise en œuvre de capitaux importants et l’emploi d’un nombreux personnel. Il leur serait donc impossible de régler leur production sur les commandes faites sans être obligés à des changements continuels dans le nombre d’ouvriers et la quantité des matières premières manipulées. Il faut donc travailler à tout prix d’une façon constante, et le fabricant préfère accepter un bénéfice insignifiant, mais être assuré I du placement de ses produits. Dans ces conditions le consommateur est celui qui fait la meilleure affaire et le but de la maison Boucicaut se trouve
- ainsi réalisé, car elle arrive à satisfaire sa clientèle et à lui faire constater la supériorité de tous ses articles.
- Cette année grâce à d’heureux marchés opérés par ses acheteurs dans les principales villes de fabrique telle que Lyon, St-Etienne, Roanne, Tarare, Roubaix, Tourcoing, etc., où le Bon Marché entretient des maisons d’achats chargées de le renseigner sur toutes les affaire avantageuses qui se présentent, les soldes et occasions vont être livrés à des prix exceptionnellement réduits, et le public, toujours si friand de ces expositions, qu’il attend avec impatience, pourra se rendre compte une fois de plus des soins qui ont été apportés à cette mise en vente.
- Ces ventes ont encore un but que nous croyons utile de signaler, c’est de liquider les marchandises à chaque saison, mesure nécessaire puisque la mode change d’année en année et que la maison Boucicaut ne met jamais en vente que des articles qui affirment son bon goût et sa constante préoccupation de rester toujours à la tête du progrès.
- Comme nous l’avons ditplus haut, grâce à ses capitaux, cette maison est parvenue à vendre au détail à des prix inférieurs à ceux que peut trouver chez le fabricant l’acheteur en gros. L’industrie y trouve également son intérêt. En effet, l’industrie se compose de deux parties distinctes dont les intérêts sont communs : le patron et l’ouvrier.
- Les produits étant écoulés, la fabrication continue et l’ouvrier est assuré de son salaire. Le problème est ainsi résolu, mais tout à l’avantage du consommateur.
- La modicité des prix aurait pu quelquefois faire douter de la bonne qualité des articles mis en vente, ce que nous venons de dire l’explique suffisamment.
- En dehors des avantages que nous venons d’énumérer, il en est un sur lequel nous ne saurions trop insister, nous voulons parler de la commodité du service des expéditions dont l’administration a assuré le fonctionnement avec une perfection absolue. Désirant avant tout que sa nombreuse clientèle parisienne pût, à quelque moment et dans quelque centre que ce soit, se faire adresser ses acquisitions, le Bon Marché a organisé son service d’expéditions pour la banlieue, la province et l’étranger dont on a pu déjà apprécier les services en même temps que la rapidité et l’économie.
- C’est ainsi que sont desservies tous les jours, dimanches et fêtes exceptés, toutes les localités qui entourent Paris dans un rayon de quarante kilomètres environ.
- La vaste zone, qui comprend Saint-Cyrà l’ouest, Ecouen au nord, Lognes à l’ouest, Longjumeau et Villeneuve-Saint-Georges au sud est parcourue par les voitures du Bon Marché qui desservent continuellement les localités qui y sont comprises et les livraisons s’effectuent à l’entière satisfaction des acheteurs qui reçoivent promptement et sans le moindre dommage les objets choisis ou demandés par eux. Un service a même été organisé les dimanches et jours de fête pour les commandes pressées.
- L’expédition en province et à l’étranger est également faite avec une grande célérité et un ordre parfait qui empêche, grâce à un soigneux contrôle, toute erreur de direction et toute confusion dans les articles demandés.
- Cette bonne organisation du service des expéditions prouve jusqu’à quel point la maison Boucicaut tient à suivre la clientèle loin de Paris et pour lui donner toujours une entière satisfaction, elle ne recule devant aucun frais.
- La température dont nous jouissons ne semble guère indiquer que nous devons nous prémunir contre les chaleurs de l’été ; mais cette anomalie ne peut se prolonger et brusquement le soleil viendra nous rappeler qu’il nous doit sa bienfaisante chaleur. La visite que nous conseillons a, nos lectrices de faire aux magasins du Bon Marché, le 6 juin et les jours suivants, leur permettra de faire un heureux choix à des prix exceptionnellement modérés, parmi les toilettes de campagne, les costumes de bains de mer et les étoffes les plus riches et les plus variées que le Bon Marché a su acquérir chez nos plus grands fabricants français.
- Baille.
- ---------— ---------------- ---------
- CANAL MARITIME DE CORINTHE
- ASSEMBLÉE GENERALE DU l8 JUIN 1887
- MM. les actionnaires et propriétaires de vingt actions et plus sont convoqués en assemblée générale ordinaire pour le samedi 18 juin 1887, à 4 heures de relevée, au Comptoir d’Escompte de Paris, 14, rue Bergère. Les actionnaires titulaires d’ac-tionsau porteurdevrontles déposer dans les caisses du Comptoir d’escompte ou dans celles de MM. LULL1N et Cie, banquiers à Genève. Les actionnaires nominatifs recevront directement leur carte d’admission.
- Le Gérant, GARREAU.
- Tours. — lmp. E. ARRaULT et Cie, rue de la Préfecture, 6.
- p.656 - vue 224/496
-
-
-
- Le Mon
- DE
- L’EXPOSITION DE 1889
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
- lteur
- !â':
- !p
- . TROISIÈME ANNÉE
- SOMMAIRE :
- 1. M. Dautresme; 2. Les travaux du Champ-de-Mars ; 3. Adjudication; Echos; 5. Nos gravures; 6. L’Exposition de Toulouse; 7. L’Exposition du Havre; 8. Le concours régional de Poitiers ; 9. L’Exposition d’horti.culture; 10. Sciences et industrie; 11. Les Livres ; 12. Avis commerciaux; i3. Les Théâtres,
- M. DAUTRESME
- Ministre du commerce et de l’industrie
- Le commerce et l’industrie ont accueilli avec une vive satisfaction l’entrée ou, pour parler plus exactement, la rentrée de M. Dautresme, député de la Seine-Inférieure, au ministère du commerce et de l’industrie.
- Homme plein d’initiative et d’activité, M. Dautresme, depuis de longues annés, n’a cessé d’étudier les plus importantes questions relatives au commerce tant intérieur qu’international. D’un abord des plus affables et d’une parfaite courtoisie, il joint à une rare connaissance de ces questions un esprit très pondéré et très sage. Nous ne doutons pas qu’il ne mène à bien cette œuvre délicate et laborieuse de l’Exposition universelle de 1889, qui a toujours eu ses plus vives sympathies. Il en a été l’un des initiateurs et comme ministre contribua largement à en faire passer l’exécution du domaine des idées dans le monde des faits.
- Il présida à la Chambre la commission qui fit adopter le projet de loi concernant l’Exposition, qu’il désire voir mener très promptement à bien.
- L’honorable M. Edouard Lockroy ne pouvait avoir un plus digne successeur, et nous ne saurions trop féliciter le nouveau ministère, qui, avec tant déraison, a insisté dans son programme sur la nécessité de mener à bien l’œuvre de M. Rouvier, de s’être adjoint un collaborateur aussi précieux et aussi compétent.
- LES
- TRAVAUX DU CHAMP-DE-MARS
- Allons-nous enfin avoir le beau temps et l’e'té va-t-il se décider à succéder à cet interminable hiver qui semblait ne pas vouloir s’en aller ? Espérons que c’en est fait de cette affreuse période de pluie, de vent et même de froid ; souhaitons-le pour tout le monde en général, car il est toujours bon que les saisons arrivent à leur époque, mais désirons-le surtout pour les travaux et les ouvriers du Champ-de-Mars. A la rigueur, les travaux n’ont pas trop à souffrir de cet état de choses, car les gelées n’étant plus à craindre on peut travailler aux maçonneries et les terrassements sont plutôt gênés qu'empêchés par de trop longues pluies, mais pour les ouvriers, il est préférable d’avoir du beau temps, fût-il même un peu chaud, au lieu que cette température riche en maux de toutes sortes que nous avons subie si longtemps; évidemment l’excès de chaleur est parfois bien désagréable pour les ouvriers, mais en thèse générale elle vaut encore mieux, en ce sens qu’elle n’est guère jamais qu’une gêne, tandis que le froid et la pluie sont souvent une véritable souffrance, ot amènent fréquemment des maladies qu’on n’a pas à craindre avec le soleil, dont l’arrivée est saluée avec enthousiasme par presque
- Dimanche 5 Juin 1887.
- tout le monde, en dépit des orages que l’été peut amener et qui, s’il faut en croire certaines prophéties, seront nombreux cette année.
- A ce sujet, bien des personnes émettent des craintes à propos de la prodigieuse quantité des matériaux conducteurs réunis au même point et semblent appréhender que tous ces amas de fer et ces charpentes métalliques se dressant vers le ciel jouent le rôle d’autant de paratonnerres qui, relativement isolés sur leurs massifs de fondations, seraient une continuelle source de dangers pour les ouvriers ou les voisins vers lesquels ils attireraient la foudre ; c'est surtout quand il s’agit de la fameuse tour de 3oo m. que ces appréhensions se manifestent et de nombreuses personnes déclarent les précautions prises insuffisantes et proclament ne pas vouloir monter au sommet de ce monument n’ayant aucune envie d’être foudroyées, disent-elles. Comme nous nous proposons de revenir plus tard sur cette question de l’électricité atmosphérique et de la traiter avec quelques développements, nous n’en parlerions pas aujourd’hui s’il ne nous paraissait utile de rassurer les timorés et de prouver l’inanité des craintes qui ont été émises à plusieurs reprises et dont quelques-uns se sont faits les colporteurs, renchérissant encore sur ce qu’ils avaient entendu et se faisant l’écho des racontars les plus fantaisistes avec ce superbe aplomb, apanage des gens traitant les questions qui leur sont inconnues.
- Au sujet des charpentes métalliques et des amas de matériaux bons conducteurs de l’électricité, nous dirons seulement que ces chantiers n’offrent pas plus de danger que tout autre point où on travaille les me'.taux, et en particulier le fer, et que, de plus, les pièces que l’on dresse journellement ne constituent pas un travail spécial exécuté pour la première fois, bien d’autres constructions métalliques, pour le moins aussi importantes, ont été faites sans qu’on ait eu à déplorer des accidents imputables à leur rôle attractif vis-à-vis de la foudre. De ce côté on peut donc être rassuré et en tous cas si quelque chose était à craindre toutes les précautions voulues seraient prises par les hommes compétents chargés spécialement de ce soin.
- Quant à la tour, nous* avons parlé à plusieurs reprises des moyens employés pour rendre les orages inoffensifs et assurer l’écoulement, dans le sol, de l’électricité attirée par cette immense colonne métallique. Nous avons dit qu’au pied de chaque massif se trouverait un gros tuyau de fonte dans lequel passerait le paratonnerre qui serait relié à la masse; or ces tuyaux sont déjà e_n place pour les massifs terminés et leur liaison à la tour sera faite aussitôt que l’élévation de celle-ci le rendra utile. On peut donc bannir toute frayeur et s’habituer à considérer les bâtiments de l’Exposition comme des constructions quelconques et n’offrant pas plus de chances d’accidents qu’un autre édifice.
- •¥ *
- A l’exception de la galerie des machines et de quelques points secondaires, tous les chantiers étant en activité, le travail de cette semaine a été le même que celui de la semaine précédente, nous n’avons donc rien de nouveau à signaler et il n’y a qu’à constater les progrès réalisés, en chaque point, dans la marche des travaux; pourtant bien que ce soit une besogne semblable à celle que nous avons décrite précédemment, il faut noter que les usines Roussel et de la Franche-Comté ont entrepris le montage de leurs fermes de 25 m. en se servant des appareils qui leur ont paru le plus convenables à remplir cet office. Nous avons donc en présence quatre modes de procéder différents et cette espèce de concours ne manque pas d’intéresser, on pourra voir qui arrivera premier. Mais en parlant ainsi nous n’entendons pas dire que le premier sera celui qui aura fini avant les autres, cela ne signifierait quelque chose que si tous avaient^ des lots identiques et avaient commencé en même temps, ce qui n’est pas, et dans ces circonstances, il faudra tenir compte de l’importance du travail et de la date d’ouverture des chantiers.
- NUMÉRO 127.
- Nous publions aujourd’hui une vue photographique prise sur le terrain qu’occupe l’usine Roussel. Pour s’en rendre bien compte il faut se supposer placé dans l’angle formé par l’avenue de Suffren et l’avenue de Lamothe-Piquet, tournant le dos à l’Ecole militaire et regardant le pavillon de l’administration ; on voit en plein fonctionnement les appareils utilisés en cet endroit pour le montage et qui, ainsi que nous le disions la dernière fois, se composent de trois chèvres de deux types différents, l’une affectée spécialement aux fermes proprement dites et à la panne faîtière et les deux autres servant aux poteaux d’appui ainsi qu’aux pannes ordinaires. Nous allons donner quelques indications sur cette installation.
- Chèvre centrale. — Elle est fixée sur une plateforme munie de galets de roulement permettant son transport suivant l’axe de la travée à construire ; la tête est munie de deux bras métalliques en porte à faux, dont l’un, situé au-dessus de la plate-forme, porte les poulies de renvoi amenant les chaînes de traction jusqu’aux deux treuils, et dont l’autre, d’une longueur égale à làmoitié de la distance-de deux fermes, s’avance dansjle vide et sert également d’appui à deux poulies placées directement au-dessus des pièces à enlever, la première poulie placée tout près de la chèvre est affectée au montage de la ferme qui est soulevée par l’un des treuils, la deuxième, à l’extrémité de la volée, est employée exclusivement pour l’élévation de la panne faîtière que monte le second treuil, moins puissant que le premier ; l’ensemble de cet échafaudage ne se déplace donc qu’une fois pour chaque charpente.
- Chèvres latérales. — Elles ont un double mouvement, l’un suivant la direction de la travée et l’autre perpendiculaire au premier. A cet effet elles sont, comme les cintres, garnies de roulettes portant sur des madriers de glissement; le premier mouvement a pour objet le passage d’un poteau à l’autre, tt la translation dans l’autre sens est donnée à là chèvre pour permettre le montage de la sablière et des pannes intermédiaires ; ces appareils présentent la particularité que leur tête, portant la poulie, est mobile verticalement, c’est-à-dire que la pièce constituant cette tête peut monter ou descendre dans les glissières, et s’arrêter à une hauteur déterminée au moyen d’un crochet. Cette disposition assez ingénieuse a pour effet d’obtenir une chèvre dont l’élévation est proportionnelle à celle de la pièce à soulever, et on l’a adoptée à causes des pannes qui, par suite de l’inclinaison de la toiture, ne sont pas toutes au même niveau.
- En employant ce dispositif l’usine Roussel a ainsi élevé une dizaine de fermes en huit jours.
- Puisque nous passons en revue les moyens d’action des quatre usines concessionnaires, terminons par une description sommaire de l’installation des forges de la Franche-Comté, dont le mode d’opérer diffère complètement de celui des autres usines. En effet, ces forges ont entrepris leur montage perpendiculairement à la direction générale des travées, c’est-à-dire en mettant leurs fermes bout à bout et à la fois sur deux rangées reliées par les pannes tandis que dans les autres chantiers on dresse d’abord complètement une travée, puis on passe à une autre parallèle à la première, et ainsi de suite.
- Les échafaudages employés par les ateliers de la Franche-Comté se composent de deux plates-formes à roulement, présentant quelque analogie avec celles de l’usine Joret, mais elles en. diffèrent en ce que chaque plate-forme porte deux chèvres à demeuré, de hauteur différente et tournées vers deux directions perpendiculaires ; chaque chèvre est munie d’un treuil qui lui est spécial, l’un, très puissant, pour les fermes et les appuis et l’autre, plus faible, pourles pannes et le faîtage.
- Lorsque deux rangées de charpentes métalliques seront terminées on passera à deux autres rangées parallèles aux premières, seulement les échafaudages n’étant pas munis de galets dirigés dans le sens nécessaire à leur translation, pour ce cas particulier nous ignorons quel sera le moyen
- p.657 - vue 225/496
-
-
-
- 658. — Troisième Année. — N° 127.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1SS9
- Dimanche 5 Juin 1887.
- qu’on emploiera pour opérer ce transport ; il est probable qu’à notre prochaine visite nous serons fixé à cet égard mais nous ne serions pas étonné qu’on fit faire aux charpentes de montage un double mouvement de conversion à l’aide d’une sorte de plaque tournante. Cette usine a commencé son travail le Ier juin et quand paraîtra cet article il y aura probablement six fermes complètement montées.
- Les ateliers de Saint-Denis et de la Société des ponts et travaux métalliques ont continué leur travail et en sont, les premiers à leur vingt-cinquième ferme et les seconds à leur dixième, de sorte qu’en très peu de temps on a vu s’élever une cinquantaine de portiques métalliques qui donnent au Champ-de-Mars un aspect vivant que ne pouvaient lui donner au même point les autres travaux exécutés jusqu’ici soit sur le sol, soit même en contre-bas, ce qui les rendait peu apparents.
- On a poursuivi activement le nivellement du jardin central et les fondations des palais latéraux, ces derniers ne tarderont pas à être terminés.
- Quant à la tour de 3oo m., on a continué à niveler l’espace compris entre les quatre pieds ; ce travail marche bien et il en est de meme de celui des fondations au sujet desquelles nous ne dirons aujourd’hui qu’une chose : c’est qu’elles ont encore fait des progrès et approchent de leur achèvement, à partir duquel on commencera le montage des pièces métalliques, entreprise qui ne manquera pas de présenter le plus grand intérêt.
- H. de Baecker.
- On s’est inquiété à tort des conséquences que pourrait avoir le changement du ministre du commerce sur l’Exposition de 1889. Nous pouvons rassurer le public, car il y a à la tête de tous les services de l’Exposition trois directeurs généraux qui ont fait leurs preuves et qui assurent son succès. Rien ne saurait être changé à cette organisation sans préjudice pour l’œuvre. Le conseil de direction, présidé par le ministre et composé des trois directeurs généraux, continuera de fonctionner comme auparavant.
- En ce qui concerne les travaux, toutes les décisions importantes ont été prises ; on est en pleine période d’exécution, qui se poursuit avec une activité que les visiteurs du Champ-de-Mars constatent chaque jour. Quant à l’exploitation, les comités d’admission sont organisés et travaillent d'u’ne façon régulière, c’est-à-dire que toutes les questions de ce service qui nécessitaient des solutions immédiates ont été résolues.
- ---------------i»-<SHSHë>-SS^rTTT—---
- ADJUDICATION EN UN LOT
- Des Travaux de Terrassements et de Maçonnerie à exécuter pour les fondations du Palais des Machines au Champ-de-Mars.
- 1. Le lundi 20 juin 1887, à une heure de l’après-midi, il sera procédé publiquement, dans une des salles du Conseil de préfecture (palais du Tribunal de commerce), par le Préfet de la Seine ou son délégué, assisté de deux membres du Conseil de préfecture et du Directeur général des travaux ou de son délégué, à l’adjudication, au rabais, sur les prix de la série et par soumissions cachetées, de l’entreprise, en un lot_, des travaux de terrassements et de maçonnerie à exécuter pour les fondations du palais des machines au Champ-de-Mars, lesquels travaux sont évalués à 493,620 fr. 32 cent., somme à valoir pour imprévus comprise.
- Le cautionnement est fixé à 20,000 francs.
- 2. Le devis, la série de prix, les cahiers des charges et les plans sont déposés à la direction générale des travaux, dans les bâtiments du Champ-de-Mars, à l’extrémité de l’avenue Rapp, où l’on pourra en prendre connaissance, tous les jours non fériés, de une heure à quatre heures.
- 3. Nul ne sera admis à concourir à l’adjudication s’il ne remplit les conditions imposées par le cahier des. charges générales.
- Chacun des concurrents devra adresser à l’agence des travaux du Champ-de-Mars, au Directeur général des travaux de l’Exposition qui est chargé d arrêter la liste des concurrents, cinq jours au moins avant la date de l’adjudication :
- i° Une demande d’admission à l’adjudication sur papier timbré, faisant connaître. ses nom, prénoms, domicile, lieu et date de naissance ;
- 20 Un extrait de son casier judiciaire ayant moins d’une année de date;
- 3° Les pièces demandées par le cahier des charges générales, telles que certificats de capacité, etc.
- Le délai fixé ci-dessus pour le dépôt de ces pièces sera rigoureusement appliqué.
- 4. Chaque soumission, rédigée sur papier timbré, conformément au modèle ci-après, sera placée isolément sous un pli cacheté, et le paquet, portant le nom du soumissionnaire, sera renfermé, avec les pièces dont il a été parlé ci-dessus et avec le certificat de dépôt du cautionnement, sous une seconde enveloppe cachetée portant pour suscrip-tion : Exposition universelle de 188g. — Travaux de terrassements et de maçonnerie pour les fondations du palais des machines, au Champ-de-Mars.
- Les soumissions qui ne seraient pas exactement conformes au modèle ci-après seront considérées comme nulles et non avenues.
- Les rabais seront énoncés en francs et décimes par cent francs (sans fraction de décime) et porteront sur les prix de la série. Les rabais portant fraction de décime seront comptés au décime plein inférieur à la fraction exprimée.
- 5. Le jour de l’adjudication, les paquets seront remis au bureau d’adjudication, dans la salle du conseil de préfecture, au tribunal de commerce, depuis midi jusqu’à une heure. Les paquets recevront un numéro dans l’ordre de leur présentation.
- 6. A une heure, on remettra au bureau d’adjudication, et sous enveloppe cachetée, le minimum du rabais moyennant lequel l’adjudication pourra être prononcée ; ensuite on procédera à l’ouverture des paquets.
- Le bureau d’adjudication, après vérification des pièces, arrêtera la liste des concurrents agréés.
- Immédiatement après, il sera procédé à l’ouverture des soumissions présentées par les concurrents admis.
- 7. Dans le cas où une seule soumission serait déposée, l’administration se réserve le droit de ne pas prononcer l’adjudication.
- 8. Si aucun des rabais offerts dans les soumissions ouvertes n’atteint le minimum fixé, l’adjudication pourra être prononcée provisoirement ou ajournée, sur l’avis du bureau d’adjudication qui en délibérera séance tenante.
- En aucun cas, le minimum fixé ne sera rendu public.
- 9. Dans le cas où le rabais le plus fort aurait été souscrit par plusieurs soumissionnaires, un nouveau concours sera ouvert, séance tenante, entre ces soumissionnaires seulement.
- Les rabais de la nouvelle adjudication ne pourront être inférieurs à ceux de la première.
- Si les soumissionnaires se refusaient à faire de nouvelles offres, ou si les rabais souscrits étaient encore égaux, l’adjudicataire serait désigné par la voie du sort.
- 10. L’adjudication n’est valable qu’après approbation par le Ministre du commerce et de l’industrie.
- 11. Les frais de publicité, d’expédition et d’impression, ceux de timbre et d’enregistrement seront supportés par l’adjudicataire, qui devra en faire le dépôt dans un délai maximum de trois jours, à partir de la date de l’adjudication.
- 12. Toutes les conditions insérées dans la présente affiche sont obligatoires et déclarées annexées au cahier des charges.
- Fait à Paris, le 20 mai 1887.
- Le Ministre du commerce et de l’industrie, Commissaire général,
- Edouard Lockroy.
- Modèle de soumission sur papier timbré
- Je soussigné, entrepreneur
- de maçonnerie, demeurant à
- après avoir pris connaissance des clauses et conditions générales imposées aux entrepreneurs de l’Exposition universelle de 1889, du cahier des charges spéciales aux travaux de terrassements et de maçonnerie, ainsi que des dessins et des conditions particulières se rapportant directement à l’exécution des terrassements et des maçonneries pour fondation du palais des machines, au Champ-de-Mars.
- M’engage à exécuter les travaux dont il s’agit, évalués à la somme de quatre cent cinquante quatre mille cinq cent vingt-neuf francs quarante-six centimes, moyennant un rabais de (en toutes lettres)... sur le prix de la série spéciale de l’entreprise dont il s’agit.
- Je me soumets, en outre, à supporter tous les droits d’affichage, de timbre, d’enregistrement à droit fixe ou autres auxquels la présente soumission pourra donner lieu, si elle est aceptée.
- Fait à Paris, le 1887.
- (Signature.)
- ÉCHOS
- Paris
- L’Etat vient de faire au Salon de 1887 l’acquisition des toiles suivantes :
- Falguière: Madeleine.
- Renner : Une Créole.
- Jappy: Soirée de septembre.
- Mesdag (H.-W.J Soleil couchant.
- Rapin: Le matin au bords clu Doubs. Rochegrosse : La Curee.
- Tattegrain : Les Casselois dans les Marais de Saint-Omer.
- *
- ¥ ¥
- Depuis le 30 mai, l’entrée de l’exposition Millet est fixée à un franc, tous les jours sans exceptiou. *
- ¥ ¥
- Demain, à l’Ecole des'Beaux-Arts, ouverture du Congrès annuel des Architectes français.
- •k
- Départements
- L’ouverture de l’Exposition artistique de Boulogne-sur-Mer, primitivement fixée au 1er juillet est remise au T0 juillet afin de donner plus de temps aux artistes, surtout aux exposants du Salon qui ne clôture qu’à la fin de juin.
- Les ouvrages sont reçus à Paris, chez M. Dan-gleterre, 4G, rue Brunei jusqu’au 25 juin Le délai court jusqu’au 0 juillet pour les exposants du Salon.
- ¥ ¥
- La Chambre de Commerce de Rouen est en train de procéder actuellement à l’installation dans le Palais des Consuls d’une des plus riches collections particulières d’étoffes anciennes et des tissus qui existent. Cette exposition, qui peut fournir d’excellents modèles aux industries textiles de la Normandie et du Nord de la France, sera ouverte d’ici à quelques jours.
- ¥1 ¥
- .ETRANGER
- Allemagne
- L’exposition des Beaux-Arts actuellement ouverte au Conceiithaus de Berlin réunit 472 toiles, dont 60 signées par des artistes femmes. L’exposition comprend également un nombre restreint d’aquarelles^et de sculptures.
- ¥ ¥
- La septième exposition hippique de Dresde a eu lieu dans cette ville du 21 au 23 mai, dans l’ancienne caserne de la cavalerie de la Garde.
- Les exposants étaient au nombre de 46 et présentaient 755 spécimens, parmi lesquels quelques bêtes d’un grand prix. Le nombre des transactions-a été très élevé. Une intéressante exposition industrielle spéciale était annexée à l'exposition hippique.
- Une exposition consacrée à l’art japonais aura lieu à Uim du 1er août à la mi-octobre.
- ¥ ¥
- Les archives municipales de Carlsruhe avaient organisé, du 7 au 16 mai, une exposition consacrée au développement et aux embellissements architecturaux de la ville.
- *
- ¥ ¥
- Notre confrère Invention nous , apprend qu’on prépare à Dresde, sous le haut patronage de la Reine de Saxa, une exposition culinaire internationale qui ouvrira en août prochain et qui comprendra la meunerie, la boulangerie, la confiserie, la pâtisserie, etc.
- ¥ ¥
- Angleterre
- Une exposition consacrée aux industries diverses de East-Dondon (Londres-Est) a été ouverte le 26 mai, au nouveau Palais du Peuple par la comtesse Rosebery, accompagnée du marquis de Lomé, gendre de '"la reine, du baron Ferdinand de Rothschild et d’un grand nombre de personnalités officielles.
- Les principales industries qui sont représentées-à cette exposition sont celles des tissus de soie et de velours de Spitalfulds et Bethnalgreen, de l’armurerie, des raffineries de sucre, de la confiserie, de la construction .navale, etc.
- ¥ ¥
- L’exposition de Paris (1889) a fait le sujet d’une question adressée au gouvernement par un desmembres delà Chambre des Communes. M. Harry Davenport interpellait le gouvernement sur le point de savoir quelles facilités ce dernier était disposé à accorder au> exposants anglais qui voudraient participer à l’exposition de Paris. Sir James Fergusson a répondu que ces facilités dépendraient du nombre et des vœux des exposants futurs et que des arrangements seraient pris quand l’organisation de l’Exposition de 1889 serait définitivement établie.
- Notre confrère Invention, qui enregistre cet écho parlementaire, espère que malgré l’abstention officielle du gouvernement anglais, les producteurs et les industriels se réuniront en grand nombre pour représenter dignement la Grande-Bretagne au grand tournoi qui se prépare.
- '•*
- ¥ ¥
- Autriche-Hongrie
- La troisième grande exposition des Beaux-Arts de Salzbourg ouvrira dans cette ville le 15 juin. Aujourd’hui expire le délai d’envoi des ouvrages à exposer.
- *
- * #
- Belgique
- Le Gouvernement belge a institué une commission chargée de préparer le concours international des sciences et de l’industrie qui aura lieu l’année prochaine à Bruxelles, et de lui assurer la participation de tous les producteurs belges. ’
- Cette commission se subdivise en 56 Comités, dont les présidents forment un Comité cenlral permanent.
- p.658 - vue 226/496
-
-
-
- Troisième Année. — N° 127.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 5 Juin 1S87. — 65g.
- Italie
- Un décret royal du 16 mai vient de reconnaître la personnalité civile au comité de l’Exposition industrielle, agricole, artistique et musicale qui se tiendra à Bologne dans le courant de 1888 et dont nous avons eu l’occasion de parler à différentes reprises.
- * *
- Espagne
- L’ouverture de l’Exposition internationale de Barcelone est remise au 8 avril 1888.
- Le dimanche 29 mai, a eu lieu, au restaurant Borel, le banquet annuel de la Fédération des chauffeurs, conducteurs et mécaniciens du département de la Seine, sous la présidence deM. Georges Berger, directeur général de l’exploitation de l’Exposition, assisté de MM. Fouchet, Laussédat, directeur du Conservatoire des arts et métiers, Guichard, Lyon-Allemand , Patenne et Lefebvre-Roncier, conseiller municipal, de M. Vigreux, professeur de mécanique à l’Ecole centrale, de M. Liébault, président de la Chambre syndicale des mécaniciens, chaudronniers et fondeurs.
- Au dessert, M. Berger a prononcé un important discours que le défaut de place nous oblige à reporter à notre prochain numéro.
- --------—rri-- Bg—--------
- NOS GR4VURES
- Dans notre numéro du Ier mai 1887 nous avons donné un compte rendu détaillé du projet d’achèvement du boulevard Haussmann,de M. Létorey, architecte.
- Nos gravures représentent d’une part une vue générale de cette nouvelle voie et d’autre part une grande passerelle sur le boulevard et les kiosques abritant les monte-charges.
- ----— --«aan» e w <Ü> - -Tirn» --
- L’EXPOSITION DE TOULOUSE
- La jeudi le 26 mai, ainsi que nous l’avions annoncé dans notre dernier numéro, a eu lieu l’ouverture de l’Expositioninternationale de Toulouse.
- Toutes les autorités civiles et militaires y assistaient. M. Sirven, maire de Toulouse, a prononcé l’allocution suivante :
- « Messieurs,
- « Nous inaugurons aujourd’hui l’Exposition de 1887.
- « Au non de la municipalité et de la ville de Toulouse, je vous remercie d’être venus rehausser par votre présence l’éclat de cette fête et juger du. résultat de nos efforts.
- « Nos expositions précédentes avaient été limitées à l’enceinte d’un édifice public. Nous avons voulu prouver aujourd’hui que Toulouse était capable, par son importance commerciale et par l’influence qu’elle exerce sur la région qui l’entoure, d’offrir aux produits nationaux ainsi qu’aux produits étrangers, un vaste champ d’expériences et d’études et de réaliser ainsi une œuvre d’une portée considérable. Ce n’est plus dans l’enceinte d’un monument public, c’est au centre de nos magnifiques promenades que nous ouvrons aujourd’hui l’arène à ces luttes pacifiques et fécondes de l’intelligence et du travail dans leurs plus utiles manifestations.
- « Vous allez juger si l’entreprise réalisée est digne de la grande ville qui l’a conçue et des nombreux étrangers qu’elle a conviés à y prendre part.
- < Au nom de la ville de Toulouse, je déclare ouverte l’Exposition de 1887. »
- Le cortège officiel s’est aussitôt mis en marche et a visité les galeries, le Grand-Rond, l’Exposition des beaux-arts et le Jardin des Plantes.
- On évalue à 6,000 le nombre des personnes qui se trouvaient, à trois heures, sur les terrains occupés par l’Exposition.
- Un banquet de 25o couverts a eu lieu, le soir, à sept heures, au réfectoire des Jacobins.
- La salle avait été décorée avec beaucoup _ d’art et de goût par M. Gautié, chargé à la mairie du service des fêtes.
- Les tables, dressées par les soins de M. Tivolier, olfraient de séduisants aspects par la disposition des mets et l’ornementation générale.
- M. Sirven, maire de Toulouse, ayant à sa gauche M. Fabreguettes et à sa droite M. le général Bres-sonnet, présidait la fête.
- A la table d’honneur se trouvaient MM. les sénateurs et députés de la Haute-Garonne, M. le préfet, MM. Faye et Félix Hément, inspecteurs généraux de l’Université ; M. le recteur Perroud; M. Fraissinhes, inspecteur d’académie ; M. Sour-bès, procureur de la République ; M. Espinasse, président du tribunal de commerce ; M. Niewen-huysen, commissaire général; M. Gartailhac, secrétaire général de l’Exposition, etc., etc.
- Des tables spéciales étaient réservées aux conseillers généraux, aux conseillers municipaux, aux fonctionnaires, à l’industrie toulousaine et à la presse parisienne, régionale et locale.
- Au dessert, M. Sirven a prononcé le discours suivant que nous sommes heureux de reproduire et qui donne une idée fort exacte de l’œuvre entreprise par la municipalité de Toulouse :
- « Messieurs,
- « Il y a une année à peine que le projet d’ouvrir à Toulouse une Exposition internationale de l’industrie et des beaux-arts prit naissance au sein de l’administration municipale. Ce ^ projet, je. m’empresse de le dire, fut accueilli, dès l’origine, avec une faveur qui seule pouvait nous encourager à le mettre à exécution.
- « C’est que depuis longtemps Toulouse n’avait pas eu d’exposition, et pour en trouver une qui mérite véritablement ce nom, il faut remonter jus-qu’àl’année i865. L’Exposition de 1865, qui surpassa de beaucoup en importance et en intérêt toutes les expositions précédentes, fut aménagée dans l’église et les bâtiments de l’ancien monastère des Jacobins. Mais depuis cette époque, vous le savez, Messieurs, Toulouse, placée au centre d’une région riche par son industrie et son commerce, et dont elle est, pour ainsi dire la capitale, Toulouse a acquis un développement considérable. Sa population s’est augmentée ; son renom artistique agrandi; ses relations commerciales, accrues par la facilité et la rapidité des communications, se sont étendues dans d’énormes proportions ; son industrie enfin a suivi cette marche constante vers le progrès qui, depuis cette époque, a transformé notre pays. Dès lors, Messieurs, notre entreprise, pour être en harmonie avec la situation actuelle de Touloùse, devenait une œuvre considérable. On ne pouvait songer, comme autrefois, à utiliser des locaux déjà existants. Enfermée dans l’espace limité d’un édifice public, notre Exposition eût été mal à l’aise. Il fallait élever sur de vastes emplacements de grandioses constructions entourées de jardins afin de donner aux étrangers qui allaient venir à nous, une hospitalité digne de notre cité.
- « L’exécution d’un pareil programme exigeait des sommes importantes, et l’administration ne pouvait songer à faire supporter par la caisse municipale la totalité des avances nécessaires pour faire face aux dépenses prévues.
- « Elle eut recours à la bonne volonté de tous et demanda à la population de concourir à la constitution d’un capital de garantie. L’appel fut entendu et le succès dépassa nos espérances.
- « Le conseil municipal, à l’unanimité, s’était inscrit en tête de la liste de souscription pour la somme de i5o,ooo francs. Toutes les branches de l’industrie et du commerce toulousain vinrent s’inscrire à côté de lui, désireuses de contribuer à une œuvre éminemment patriotique, et, en quelques jours, la somme de 5oo,ooo francs que nous avions demandée était obtenue et dépassée.
- « Ce ne fut pas ..tout, et pour échapper aux sages, mais lentes formalités administratives auxquelles sont soumis les actes municipaux et qui auraient pu, en cas d’urgence, entraver la marche rapide des travaux, dix de nos souscripteurs s’engagèrent à fournir un capital spécial de 200,000 francs, destiné à parer aux éventualités de ce genre.
- « Get élan spontané, cet enthousiasme général étaient pour la municipalité un témoignage de confiance auquel elle fut d’autant plus sensible qn’elle y voyait, de la part de la population toulousaine, l’ambition légitime d’édifier son Exposition sur ses propres ressources.
- « Pour ma part, Messieurs, c’est avec une profonde satisfaction que je saisis, aujourd’hui, l’occasion d’offrir aux nombreux souscripteurs du capital de garantie l’hommage public de ma reconnaissance, et de les remercier devant vous qui, les premiers, avez pu apprécier l’œuvre que leur dévouement patriotique nous a permis de mener à bonne fin.
- « Libre de toute préoccupation financière, l’administration put alors dresser un projet d’ensemble qui, sonmis à un comité composé de sept personnes, puis contrôlé par une commission de cent membres, reçut définitivement l’approbation du conseil municipal. On put, dès lors, se mettre résolument à l’œuvre.
- « En même temps, le comité entreprenait et poursuivait activement la mission d’appeler à lui des exposants. A ce moment-là, vous l’avouerai-je ? nous eûmes un instant de crainte. La crise économique persistante qui pèse si lourdement sur les affaires, des complications politiques qui à diverses reprises ont ralenti le mouvement commercial de notre pays et des nations voisines, enfin la concurrence de deux Expositions rivales : l’une au Havre, pour qui la proximité de Paris était un grand avantage ; l’autre à Barcelone, cité riche et puissante, dont le voisinage était pour nous un danger; tout nous causait les plus vives appréhensions.
- « Mais ce découragement ne fut pas de longue durée ; grâce aux mesures prises, grâce à une correspondance des plus actives, l’affluence des expo-
- sants devint de jour en jour plus grande et notre cadre, qui menaçait d’être trop vaste, de vint bientôt trop étroit.
- .< Et cependant, en parcourant tout à l’heure les divers locaux de notre Exposition, vous avez pu vous convaincre que nous avons fait largement les choses : dans la nef immense des allées Saint-Etienne sont groupés les produits industriels et les machines ; dans les -bâtiments de la Faculté des sciences, nos expositions des beaux-arts et des arts rétrospectifs ont trouvé un asile digne d’elles ; sous le même toit, l’exposition pyrénéenne déploie ses richesses variées et, entre toutes, ce magnifique plan en relief de la chaîne des Pyrénées, que nous devons aux laborieuses études et au talent de M. Charles Decomble; enfin, dans les vastes jardins semés de nombreux kiosques aux formes élégantes et variées, les sections de l’agriculture et de l’horticulture ont pu se développer à leur aise et compléter l’ensemble grandiose de l’Exposition toulousaine.
- « Pardonnez-moi, Messieurs, si je me laisse entraîner à parler de notre Exposition en termes peut-être trop flatteurs ; mais constater le succès de l’œuvre est le meilleur moyen de remercier ceux dont le concours l’a assuré, et vraiment je ne saurais trop remercier tous ceux qui sont venus à notre aide.
- « C’est d’abord M. le ministre de la guerre qui, à la demande de nos autorités militaires, a bien voulu ajouter aux diverses curiosités que nous pouvions réunir l’attrait toujours recherché d’une Exposition militaire ; puis la presse qui a encouragé nos efforts en nous prêtant l’appui indispensable d’une large publicité ; les Compagnies des chemins de fer du Midi et d’Orléans, qui nous envoient des spécimens de leurs machines les plus nouvelles et de leurs appareils les plus perfectionnés ; l’Université, qui a rassemblé pour la circonstance les types les plus intéressants de ses nouvelles constructions et les documents propres à mettre en évidence la haute valeur de ses méthodes.
- « Je ne terminerai pas , messieurs, sans vous parler'de ceux dont le travail et le dévouement ont mis en œuvre le projet de l’administration municipale et l’ont conduit au point où vous l’avez vu aujourd’hui. Je veux parler des membres du Comité d’organisation. Vous les connaissez, messieurs, et, sans doute, vos éloges ont précédé les miens.
- « M. Vidalot a mis au service du Comité, dont il est le vice-président, sa haute compétence d’ingénieur en chef des ponts et chaussées. Il a étudié avec nous tous les détails de cette vaste organisation, et c’est sous son contrôle qu’ont été exécutés les projets si bien conçus de M. le directeur des travaux de la ville.
- « M. Gartailhac, notre secrétaire général, s’est, dès l’origine, consacré tout entier à nos travaux, dont il a fait son occupation exclusive. Son zèle infatigable a su triompher de toutes les difficultés et de tous les obstacles. Il a été véritablement l’âme de l’entreprise.
- << M. Roques, ingénieur des chemins de fer du Midi, nous a apporté les conseils d’une expérience acquise dans des entreprises analogues. Nous lu devons l’élégante passerelle qui relie le Boulingrin au Jardin des Plantes.
- « C’esyM. le docteur Besaucèle qui a dessiné et improvisé en quelque sorte le nouveau Jardin des Plantes, auquel il a relié la Grande-Allée, et qui a transformé cette partie délaissée de nos promenades en un merveilleux jardin.
- « A M. le docteur Jeanbernat a été dévolue la tâche si. délicate de la direction de nos finances. C’est lui qui aura à supporter le poids de la liquidation si laborieuse d’une entreprise qui embrasse des détails infinis et demande, pour être bien conduite, l’intelligence la plus alerte et le zèle le plus actif.
- « M. Girard, avec l’ardeur de la jeunesse et l’expérience d’un grand industriel, a pris une large part à nos travaux et a élaboré nos divers règlements.
- « Enfin, Messieurs, nous avons eu la bonne fortune de pouvoir confier la tâche si ingrate, si difficile, d’organiser et d’administrer matériellement l’Exposition à un homme dont l’expérience avait été éprouvée dans plusieurs circonstances analogues. M. Nieuwenhuysen, que j’avais jugé à l’œuvre dans la dernière Exposition du palais de l’Industrie et dont j’ai tenu à m’assurer le concours dès la première heure, a pleinement justifié la confiance du comité par sa compétence absolue et par l’énergie et l’activité qu’il a déployées et qu’il a su imprimer à ses collaborateurs, parmi lesquels je citerai M. l’ingénieur Espinasse.
- « Vous serez d’accord avec nous, Messieurs pour reconnaître que c’est au concours si dévoue des divers membres de ce comité que nous devons un succès assuré désormais.
- « Quant à eux, ils trouveront la récompense ‘de leurs efforts dans ce succès même, aussi bien que dans l’utilité de notre œuvre. M
- et Cette utilité est incontestable, et l’expérience a démontré suffisamment la bienfaisante influence des entreprises de ce genre. Elle n’intéresse pas seulement la ville ou la région : elle mérite* de
- p.659 - vue 227/496
-
-
-
- 66o et 661
- Troisième Année
- LE MONITEUR ÛE ^EXPOSITION DE 1889,
- Dimanche 5 Juin 1SS7
- . — N® 127
- L’ACHÈVEMENT DU BOULEVARD HAUSSMANN
- Projet de M. H. Schmit, architecte
- KIOSQUES ET PASSERELLE
- p.dbl.n.n. - vue 228/496
-
-
-
- 662. — Troisième Année. — N° 127.
- fixer les regards de la France tout entière et de convier les nations les plus voisines aux généreuses émulations du progrès pacifique. L’honneur de Toulouse sera d’avoir puisé dans son patriotisme le courage de tenter une entreprise périlleuse, mais féconde entre toutes. Son exemple sera suivi, j’en suis sûr, et c’est avec fierté, que nous nous souviendrons alors d’avoir travaillé non seulement pour sa prospérité matérielle, , mais aussi et plus encore pour sa vieille renommée.
- L’EXPOSITION DU HAVRE
- La grande attraction de l’été 1887 pour les touristes, pour les curieux de nouveauté, aussi bien que pour ceux qui cherchent les manifestations de la rivalité industrielle et commerciale du pays, est trouvée.
- Ce sera l’Exposition maritime internationale du Havre. Jamais exposition de province n’a eu ces proportions, cette entente de l’ensemble, cet intérêt spécial, cette portée commerciale unie à une mise en scène d’un pittoresque aussi achevé.
- Un bassin transformé en exposition flottante, où les yachts les plus renommés prennent place, où d’un coup d’œil on embrasse tous les progrès de l’hygiène navale, aménagés spécialement dans la frégate La Favorite ; les navires de pêche déployant leurs voiles, étalant leurs engins au milieu même des galeries; l’exposition des modèles, merveilleuses réductions des constructions navales de tous pays, voilà pour les attractions scientifiques offertes au public.
- Un jardin coquettement installé au bord d’un bassin qui occupe le centre de la ville ; un orchestre hors ligne, conduit par M. Gabriel Marie, un merveilleux éclairage électrique illuminant chaque soir tout l’établissement havrais ; une exposition très intéressante des peintres de marine, voilà pour le plaisir des yeux, des oreilles et du goût.
- Dimanche et lundi a eu lieu un grand concours musical auquel ont pris part huit mille exécutants. C’était le début des fêtes qui, sans interruption, accidenteront toutes les semaines de l’Exposition du Havre, dont nous commencerons un compte rendu détaillé dès notre prochain numéro.
- CONCOURS RÉGIONAL
- DE POITIERS
- Le concours régional de Poitiers a été ouvert le 14 mai dernier, sous la haute direction de M. de Lapparent, inspecteur général au ministère de l’agriculture.
- Ce concours offrait ceci de particulier que pour la première fois il embrassait une région de dix-sept départements, depuis la Bretagne jusqu’aux Pyrénées. Aussi, les animaux de toutes catégories étaient-ils plus nombreux et toutes les races de Bretagne, de Vendée, de Gironde et des Pyrénées étaient-elles largement représentées. Le cadre merveilleux du jardin de Blossac,que la ville avait mis gracieusement à la disposition du commissaire général, lui permettait de transformer ce concours en une véritable fête qui eut certainement attiré à Poitiers tous les agriculteurs de la région, si le mauvais temps n’avait en quelque sorte contrarié ses efforts. Cependant, au point de vue de la quantité et de la beauté des animaux exposés, nous pouvons dire que ce concours a été remarquable, et; de l’avis de tous les connaisseurs, l’amélioration des races françaises est en grand progrès.
- Si de l’Exposition des animaux nous passons aux machines et instruments agricoles, dont plus de deux mille ornaient le grand pré de Blossac, nous avons trouvé réuni tout ce que l’art et la science moderne ont perfectionné pour améliorer la terre, diminuer le nombre de bras, combattre les maladies qui affectent aussi bien les plantes que les animaux; en un mot, produire en plus grande quantité et à meilleur compte.
- Cette partie du concours a été suivie avec un intérêt marqué par tous les fermiers intéressés à perfectionner leur outillage, qui voyaient fonctionner sous leurs yeux toutes ces puissantes machines, faucheuses, moissonneuses, pompes de toutes sortes, etc.
- A ce concours régional, sous l’intelligente direction de son premier adjoint, la ville avait eu l’heureuse idée de réunir une exposition hippique et une exposition canine des plus réussies. Il nous a été donné d’admirer à l’exposition hippique les superbes juments poulinières vendéennes avec leurs produits. Par suite d’un . croisement intelligent, les propriétaires éleveurs sont arrivés à obtenir un cheval d’une rare élégance pouvant servir indistinctement à la selle et au trait. Nous sommes convaincus que, dans un avenir prochain, notre cavalerie de ligne trouvera dans la remonte de ces produits ses meilleurs chevaux, durs à la fatigue et, supportant toutes les privations.
- Pour l’exposition de la race canine, il suffit de dire que les grandes meutes du Poitou et de la
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- Vendée y étaient représentées, pour avoir donné de suite à ce concours un intérêt et un attrait des plus puissants. En voyant ces vaillantes bêtes qui ont toujours chassé si heureusement le loup, le sanglier ouïe cerf, nous constations que les races françaises n’ont rien perdu de leur vigueur et que, pendant longtemps encore, les étrangers viendront recruter en France ces magnifiques races poitevines, vendéennes, saintongeaises, qui n’ont pas leurs pareilles.
- Le concours a été terminé par un banquet offert àM. Foucher de Careil, sénateur, président de la Société d’encouragement à l’agriculture de France, et auquel s’étaient joints les autorités et les exposants. Dans une allocution des plus heureuses, l’honorable sénateur, regrettant l’absence du ministre de l’agriculture, qui devait présider ce concours, a été bien inspiré en promettant de demander au Parlement que, de même qu’au mois de décembre de chaque année, on est d’accord pour faire ce qu’on a appelé la trêve des confiseurs, à l’époque des concours régionaux on fasse aussi la trêve des agriculteurs. L’assemblée a souligné ces paroles des applaudissements les plus chaleureux.
- EXPOSITION GÉNÉRALE
- DES
- PRODUITS DE L’HORTICULTURE
- A. PARIS
- Cette année,les organisateurs ont abandonné les pelouses et les petites corbeilles. De belles plates-bandes, disposées avec beaucoup de goût, en jardin français, permettent de suivre agréablement et en détail chaque collection de plantes.
- La Revue horticole a eu l’heureuse idée de relever exactement le plan d’ensemble qui est très gracieusement offert à chaque visiteur dès son entrée dans l’exposition.
- Tout d’abord, un massif de Chrysanthèmes (comtesse de Chambord), composé de neuf pieds seulement, attire le regard. Celui du centre mesure 8 m. 40 de circonférence. Ce sont de splendides arbustes pour lesquels M. Poiret-Delau a obtenu une médaille d’argent. En face un massif de Cactées fleuries a valu à M. Simon une grande médaille d’argent.
- A droite de la porte d’entrée, présentés par M. H. Defresne, des arbustes à feuillage persistant, des Ilex parmi lesquels de forts jolis produits ; à gauche une belle variété de conifères, exposés par M. Paillet fils*.
- Pénétrons maintenant dans l’intérieur du Pavillon : l’œil est absolument ébloui.
- Au fond, se dressent, en rideau de verdure, les splendides Palmiers de M. Chantin que nous examinerons tout à l’heure.
- A la droite et à la gauche du visiteur, des'mas-sifs de Palmiers, dont un en fleur, des touffes d’Aspidistra, des Dracœna parmi lesquels un magnifique Lineata également en fleur. Les autres parterres qui suivent sont composés de Géraniums présentés par M. Foucard fils, de Géraniums et Héliotropes envoyés par M. Poirier, au milieu, de très beaux Calcéolaires et des Nyctérines envoyés par la maison de Vilmorin, Andrieux etCiB; viennent ensuite en face l’un de l’autre : les envois de Chantrier frères, belle collection de Crotons multicolores, des Anthurium, deux sujets superbum sont en fleur. Nous remarquons dans ce groupe une plante nouvelle Alocasia Chantrierii. Dans le groupe de gauche se trouve les apports de M. Cappe, Cypripedium de Bornéo, du Pérou, des Indes orientales, toutes plantes très remarquables, puis la jolie variété à! Anthurium et A Alocasia de M. Delavier auprès de laquelle se trouve la seconde partie de l’exposition présentée par M. Cappe, des Nidularium, Achnea Fulgens dis-color et Bilbergia quadricolor.
- Nous arrivons ensuite au massif de Caladium dans'lequel M. Bleu, secrétaire général de la Société, présente plusieurs espèces nouvelles; en face M. Bréchet a placé une collection de ces mêmes Aroïdées et des Bégonias rhizomateux à feuilles ornementales.
- Nous voici au centre de l’exposition formé par une large plate-bande circulaire.
- C’est la principale partie des Orchidées. M. Bleu y présente de nombreuses raretés, Brassia verru-cosa major du Guatémala. Lcelia purpurata du Brésil et un magnifique Vanda tricolor de Java. Très beaux envois aussi , ceux de M. Régnier, plantes nouvelles, parmi lesquelles nous citerons une petite merveille le Saccolabium miniatum de Ccchinchine, et par M. Duval qui montre aussi des raretés telles que Odontoglossum triumphans et O. sceptum, puis des Cattleya. A côté M. Martin a placé des Orchidées rustiques d’une belle venue.
- Nous avançons entre deux longues plates-bandes garnies de magnifiques Rhododendrons ; à droite, les pépinières de MM. Croux et fils, ont fourni une collection supérieure dé Rhododendrons, comprenant soixante variétés de un à deux mètres de haut, choisis dans plus de cinq cents pièces, et montrant toutes les couleurs possibles
- Dimanche 5 Juin 1887.
- et imaginables, depuis le rouge vif jusqu’au blanc pur; à citer parmi eux; le Scipio et The Gem, ces deux espèces sur tige avec tête de trois mètres de diamètre, couverts chacun de plus de mille bouquets de fleurs. Puis viennent les Azalées mollis du Japon et américains offrant soixante variétés rustiques dont une « le Chevalier A. de Réalis », de couleur jaune paille, donne une grande fleur à odeur. Les Azalées américaines sont odorantes et rappellent beaucoup le chèvrefeuille ; au milieu de ce groupe émergent trois magnifiques Kalmia latifolia. Disons que les mêmes exposants ont, d’autre part, présenté de superbe Magnolias de la Gallissonnière, qui ont cinq mètres de haut, ainsi qu’un groupe d'Erables du Japon, à feuillage pourpre qui sont absolument splendides. Aussi, ont-ils obtenu cinq médailles, or, vermeil et argent. Si nous nous reportons à gauche, nous retrouverons la même répétition, sauf les arbustes du milieu, qui cette fois sont d’énormes Chamœ-rops, dont quelques-uns en fleur.
- En quittant les collections d’Orchidées, on rencontre deux gracieux parterres : l’un de charmantes violettes et l’autre de jolis muguets.
- Au milieu du pavillon, en suivant ces deux plates-bandes, nous trouvons les Bégonias tubé-reux simples et doubles de M. Valleraud, puis en face, présentée par M. Robert, une variété de Bégonias, qui est de toute beauté, puis les Gloxinias de M. Couturier, les magnifiques Azalées de l’Inde de M. Boyer ; les fougères herbacées de serre envoyées par M. Elie, à côté desquelles se trouve la rose nouvelle, Triomphe de Margottin, exposée par M. Margottin père ; cette fois, voici une nouveauté qui fait honneur à celui qui l’a produite.
- Mais faisons un demi-tour: nous voici devant le rideau de verdure aperçu dès l’entrée. C’est une forêt de palmiers, approchons :
- Au centre nous voyons un Epidendron vitellum majus, à gauche un magnifique Odontoglossum vexillarium, à droite un Brassavola perrini onci-dium saraodes, et enfin un énorme Cymbidium lowianum. Voilà une partie seulement de l’Exposi. tion présentée par M. Chautin ; mais nous ne pouvons citer toutes les raretés réunies dans cette petite forêt, et c’est à regret que nous quittons cette ensemble si remarquable.
- Là, a côté, sur la droite, où la foule se presse, ce sont des fleurs coupées posées de ci de là ; attendons, suivons le flot qui lentement s’avance pour admirer deux grands vases de lilas séparés par une hotte de roses ; un piquet magnifique de fleurs de saison, jeté sur un paillasson avec un naturel exquis ; une corbeille de table où les orchidées s’envolent du milieu des fougères ; des garnitures de salon; des bouquets à la main. Le tout forme un ensemble d’une grâce artistique exquise qui a valu à M. Debrie, outre de nombreuses médailles, un prix d’honneur bien mérité.
- A gaache, c’est un portique couvert de roses, au milieu duquel sont placés divers gros bouquets ; puis sur le devant, de belles corbeilles de table ; un joli coussin de fleurs d’oranger et gardénias ; de grands vases garnis de lilas blanc. Tel est l’ensemble de l’Exposition de Mme Lion. A côté nous trouvons l’exhibition de M. Jeangirard ; ce sont également des fleurs coupées, une très jolie couronne blanche, un vase garni de fleurs et un oiseau en myosotis.
- -En traversant le jardin pour nous rendre sous la tente, nous trouvons deux massifs de jolis rhododendrons de MM. Croux et fils, puis en entrant 'deux massifs de plantes fleuries annuelles et vivaces et deux de capucines et réséda très habilement disposés par M. Lecaron.
- Prenons à droite pour admirer les variétés de rosiers exposés par M. Verdier, roses toutes plus belles les unes que les autres ; à la suite M. Gré-mont a présenté des melons , des ananas, des figuiers, des pruniers, des pêchers et des fraisiers, qui tous sont de beaux spécimens.
- Nous retrouvons ici M. Chantin avec de nouvelles et merveilleuses raretés parmi lesquelles nous admirons un massif de, Fougères arborescentes 'et herbacées, véritables petites forêts. Devant celle de droite, M. Simon expose une autre collection de plantes grasses où brille un superbe Phyllocac-tus grandiflorus en fleur.
- Voici maintenant un énorme et splendide massif accompagné d’une plate-bande cintrée de chaque côté, composé de plantes vivaces annuelles ; c’est un rayonnement, un scintillement très chatoyant et dont la disposition gracieuse permet de prolonger l’examen. Que dire, sans se répéter, delà maison Vilmorin, Andrieux et Cie? Tout le monde sait que les cultures de Verrières fournissent toujours les plus beaux spécimens ; il en est de même de leur culture maraîchère, qui présente quelques nouveautés, une romaine roucje d’hiver, et une romaine panachée sang, de même qu’une laitue frisée d’Amérique : ces espèces, paraît-il, sont de qualités hors ligne. L’ensemble de ces produits horticoles et maraîchers sont, comme toujours, à la hauteur d’une vieille réputation qui ne s’arrête pas en route.
- En suivant, nous trouvons, tournant à gauche, les rosiers présentés par M. Rotberg, qui arrive premier pour sa collection de cinquante
- p.662 - vue 229/496
-
-
-
- Troisième Année. — N'J 127. LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE 18S9
- rosiers thés haute tige en fleurs. — A droite se trouvent les collections d’une maître rosiériste, Levêque et fils. Cette maison remporte un prix d'honneur, plus sept autres médailles or, vermeil et argent. Que dire, qui ne soit pas banal, lorsqu’on a vu tant de belles fleurs, c’est sûrement ce qu’il y a de mieux, de plus beau.
- Il faut admirer parmi les variétés nouvelles de roses : Madame de Watteville, Comtesse Horace de Choiseul, et la fameuse William Bennett.
- Deux grandes plates-bandes de milieu contiennent les magnifiques plantes annuelles et bisannuelles, fleuries, ont valu à M. Lecaron la médaille d’or; de même que sa belle disposition de massifs de plantes fleuries, annuelles et vivaces, lui a mérité la première récompense, vermeil grand module. Cet exposant fait de réels progrès qui frappent tous les connaisseurs et nous sommes très heureux de constater le résultat de ses sérieux efforts.
- Y Nous voici devant un exposant qui fixe non seu-ement l’attention des amateurs mais qui flatte sérieusement la vue, le goût et l’odorat.
- Deux hottes, flanquées de chaque côté, offrent aux gourmets des primeurs réunis, du chasselas, des pêches, des figues, des fraises : ces fruits sont des plus appétissants.
- Au centre du massif s’élève une pyramide de douze variétés de raisins conservés, avec toute leur fraîcheur; puis ce massif contient des arbres garnis de fruits tels que pruniers mirabelle, figuiers, groseillers épineux greffés sur ribès, vingt-cinq variétés de ceps de vigne parmi lesquelles nous remarquons le Chasselas dotât, à feuille échi-quetée, le Muscat d’Alexandrie, obtenu par forçage malgré la difficulté que présentait cette espèce!
- N otons aussi les magnifiques cerises, les superbes pêches sur pied.
- Mais, hélas, je vois qu’il faut que j’abrège, encore ne pourrai-je dire tout ce qu’il faut citer. M. Margottin, lui aussi, a exposé de très beaux spécimens de fruits forcés, ainsi que de très jolis rosiers ; pour ses divers produits, il a obtenu cinq médailles en or, vermeil et argent.
- En sortant, nous trouvons un grand triangle garni de plantes à feuillages persistants et de Conifères, c’est le plus gros massif de l’exposition de M. H. Defresne qui en plus d’un prix d’honneur a obtenu deux médailles d’or.
- Passons maintenant du côté des légumes : le lot d’ensemble de légumes et salades forcés de la saison a donné comme résultat deux prix d’honneur et une médaille d’or.
- lin exposant qui, quoique n’étant pas le premier, nous parait devoir atteindre un jour ce rang, c’est M. Lizerand, de Vergigny, qui nous montre des asperges, violettes hâtives, superbes et d’une venue excessivement régulière, ce cultivateur s’occupe surtout de l’amélioration de cet excellent légume.
- Nous trouvons en passant les anémones et les renoncules de M. Delahaye et celles de M. Thiébault, puis à côté les fruits conservés frais de M. Bertrand.
- Quant aux pommes de terre, c’est toujours M. Rigault qui remporte le premier prix ; il est juste de dire qu’il a beaucoup travaillé et travaille sans cesse pour améliorer ce précieux tubercule, et qu’il obtient toujours de nouvelles espèc’es par les semis. Le même exposant a obtenu un autre prixpour un lot de poireaux monstres de Carentan ( 15 à 18 centimètres de circonférence) que l’on peut manger comme légume d’entremets, à la sauce ou en purée et qui, parait-il, ont aussi de sérieuses propriétés médicinales.
- Avant de quitter l’Exposition, passons par ce pavillon en bois qui est près de la sortie : il est réservé à l’enseignement horticole. Nous y retrouvons MUe Fortier, avec ses herbiers artificiels. Dix vitrines contenant des espèces nouvellement préparées présentent un ensemble fort bien composé en vue d’un musée scolaire, plus loin une belle collection d’insectologie, destinée au musée scolaire du seizième arrondissement, dans laquelle nous avons remarqué de très beaux spécimens d’Attaciens séricigènes.
- Sur une grande table sont exposées les diverses publications agricoles et horticoles. La bibliothèque de l’enseignement agricole sous la direction de M. A. Muntz (1). La maison Hachette et Cie présente plusieurs ouvrages spéciaux, physiologie et culture du blé, petit ouvrage très bien traité par Eug. Risler. Le nouveau Dictionnaire de botanique, par H. Bâillon; ce dictionnaire renferme tout ce qui est relatif à l’histoire de la botanique et à la biographie, à la paléontologie végétale et au langage botanique. Il est destiné non seulement à donner aux gens du monde tous les renseignements nécessaires sur les mots de botanique connus, mais encore à devenir le vade-mecum et le répertoire des botanistes de profession. Puis c’est le dictionnaire d’agriculture, encyclopédie agricole complète par J.-A. Barrai, ouvrage renfermant la culture des terres, l’élevage et l’entretien des animaux domestiques, la viticulture, la culture maraîchère et fruitière, l’horticulture, la sylviculture, la sériciculture, la pisciculture,la chasse, la pêche, l’apiculture, l’entomologie agricole, les industries annexées aux exploitations rurales, la mécanique
- agricole, l’architecture rurale, l’art vétérinaire, l’économie et la législation rurales, les irrigations et le drainage, la géographie et la biographie agricoles, la comptabilité, l’hygiène rurale, etc.
- Enfin la Vie des Plantes, par le docteur H. Boc-quillon, ouvrage faisant partie de la Bibliothèque des Merveilles, un des plus utiles à consulter. Savants qui échafaudez des théories, poètes qui voulez du merveilleux, cessez d’inventer; observez, expérimentez, car la nature, c’est toute vérité, et c’est aussi toute poésie. Lisez ce livre agréable.
- Plus loin les publications de la Maison Rustique avec ses belles aquarelles (fac-similé) : la Revue horticole qui est près de sa soixantième année d’existence, prouve bien que son concours est d’une utilité incontestable et du reste incontestée. Parmi les ouvrages récents qui sont présentés, il faut citer le Mildiou et son traitement, par le docteur Gabriel Patrigeon. Cet ouvrage très sérieux fait partie de la Bibliothèque agricole et est appelé à rendre de réels services.
- Viennent ensuite le Moniteur d’horticulture, qui, sous la direction de M. L. Chauré, en est à sa dixième année et beaucoup d’autres exposants qui présentent des publications relatives à l’horticulture, l’agriculture ou à leur enseignement.
- Plusieurs collections d’herbiers ont aussi été exposées pour lesquelles trois médailles ont été décernées.
- Enfin les photographies de MM. Moreau frères, représentant des fleurs et des fruits avec leur couleur naturelle, dénotent une étude approfondie. Les sujets admirablement choisis peuvent servir, soit pour l’étude de la botanique, soit pour réunir des collections de la flore tropicale, aussi bien que pour la flore de nos contrées. Leurs efforts soutenus ont été couronnés par une médaille d’argent bien méritée ; nous espérions même une récompense plus élevée.
- vwwwws/^
- DÉCISIONS DES JURYS
- Grand prix d’honneur : Objet d’art delà manufacture de Sèvres, offert par M. le président de la République, à M. Bréauté, pour sa collection d’Qrchidées.
- PRIX D’HONNEUR
- Médaille offerte par M. le ministre de l’agriculture. à M. Cousin, pour son lot de Légumes variés.
- Médaille offerte par M. le préfet de la Seine, à MM. Lévêque et fils, pour leur collection de Rosiers.
- Médaille offerte par M. le ministre de l’agriculture, à M. Chantin, pour ses grandes Plantes de serre chaude.
- Médaille offerte par M. le maréchal Vaillant, à M. Desfresne (H.), pour ses Plantes à feuillage persistant et C onileres.
- Médaille offerte par M. le docteur Andry, à M. Massange, de. Louvrez, pour ses Orchidées.
- Médaille offerte par MM. de Vilmorin, à M. Salomon, pour ses Fruits forcés et conservés.
- Médaille offerte par les Dames patronesses, à M. Moser, pour ses Rhododendrons et Azalées.
- Médaille offerte par la Société, à M. Debrie, ancienne maison Lachaume, pour son ornementation en Fleurs coupées.
- Médaille offerte par la Société à l’Association des jardiniers maraîchers de la Seine, pour ses Légumes variés.
- Médaille offerte par la Société, à M.. Bourin, pour ses Plantes de serre.
- Le jury adresse ses plus vives félicitations à M. Laforcade, jardinier en chef de la ville de Paris, pour les beaux végétaux de serre et de plein air qui ont concouru à l’ornementation de l’Exposition.
- De vives félicitations sont adressées à M. Joli-bnis, jardinier en chef du Luxembourg, pour sa collection de Broméliacées.
- Sur 185 exposants inscrits au catalogue, une grande partie des horticulteurs, fleuristes, pépiniéristes ou maraîchers prenaient part à plusieurs concours. Plus de i5o récompenses ont été décernées pour cette première partie ; quant à celle concernant les arts et industries horticoles, y5 récompenses ont été attribuées, parmi lesquelles 5 en or, 7 vermeil grand module, 6 vermeil, i3 argent grand module, 25 argent, fetc. Ne pouvant citer les noms de tous les lauréats par concours, nous citons les principales récompenses :
- Bleu, 2 méd. or. — 1 méd. vermeil.
- Chantin (1), 1 méd. or. — 1 méd. vermeil. —
- 1 méd. argent g. mod. — 2 méd. argent.
- Chautrier frères, 2 méd. or. — 1 méd. argent.
- Croux et fils, 1 méd. or. — 2 méd. vermeil g.
- mod. — 1 méd. vermeil. — 1 méd. argent.
- Debrie ( 1), 1 méd. or. — 2 méd. argent g. mod. —
- 2 méd. argent.
- Deîresne H. ( 1 ), 2 méd. or.
- Gallais, 1 méd. or. — 1 méd. vermeil.
- Lévêque et fils (1), r méd. or. — 4 méd. vermeil g. mod. — 1 méd. vermeil. — 1 méd. argent g. mod.
- Dimanche 5 Juin 1SS7. — 663.
- Lecaron, 1 méd. or. — 1 méd. vermeil g. mod. — 1 méd. bronze.
- Lhérault, 1 méd. or.— 1 méd. vermeil g. mod. -1 méd. argent g. mod.
- Moser (1), 2 méd. or. — 1 méd. argent.
- Margottin Jules, 1 méd. or. — 1 méd. vermeil g. mod. — 2 méd. vermeil. — 1 méd. argent.
- Salomon (1), 3 méd. or. — r méd. argent g. mod.
- Vilmorin, Andrieux et Cie, 1 méd. or. — 1 méd. vermeil g. mod. — 4 méd. vermeil.
- Verdier, 1 méd. or. — 1 méd. argent g. mod. —• 1 méd. argent.
- Dupanloup, 1 méd. or, et Mlle Fortier, 1 méd. or pour ses plantes artificielles.
- Bréchet, 1 méd. vermeil g. mod. —1 méd. argent.
- Crémont aîné, iméd. vermeil g. mod. —• 1 méd. argent g. mod.
- Paillet, 1 méd. vermeil g. mod. — 1 méd. vermeil.
- Rotberg, 1 méd. vermeil g. mod. — 3 méd. vermeil. •— 2 méd. argent g. mod.
- Rigault, 1 méd. vermeil g. mod. — 1 méd. argent.
- Boyer, Davillard, Falaise, Granger, HédJard, Peeters, Renard, méd. vermeil g. mod.
- Lange, 1 méd. vermeil. — 2 méd. argent.
- Simon, 1 méd. vermeil. — 2 méd. argent g. mod. — 2 méd. argent.
- Bertrand, Cogneau, Delavier, Robert, Schmitt, Yon, méd. vermeil.
- Mme Lion. 1 méd. argent g. mod. — 1 méd. argent. — 1 méd. bronze.
- Poirier, 2 méd. argent g. mod. — 1 méd. argent.
- Battut, Gappe, Thiébault aîné, 2 méd. argent g. mod.
- Barbier, Dugoure, Elye (Alfred), Jacqueau, Lahaye-Viard, Lemoine, Leuret, Mantin, Michel, Poirier-Delan, Société de secours mutuels des jardiniers de la Seine, méd. argent g. mod.
- Landry, Lerosier, Régnier, 2 méd. argent.
- Enfin, une médaille d’argent à chacun des exposants dont les noms suivent : Boyson, Boucher, Crépeaux, Christen, Couturier, Délahaye, Ducroq et Lasseux, Doublet, Fayard, Girardin/M™® Jean-Girard, Jourdain père, Margottin père, Mary, Millet, Moreau frères, Place, Picard, Ramé, Vàl-lerand. ^
- En résumé, malgré le mauvais temps, une très grande affluence de visiteurs et surtout de charmantes visiteuses n’a cessé de venir admirer cette exhibition que la société d’horticulture dispose toujours d’une façon merveilleuse.
- A. Ramé.
- SCIENCES & INDUSTRIE
- Eclairage électrique des wagons
- La compagnie du chemin de fer de la Connecticut River,- aux Etats-Unis, vient, nous apprend l’Invention, d’expérimenter un nouveau système d’éclairage électrique des wagon-s.
- Le compartiment des bagages contient un moteur dynamo-électrique activé par le mouvement du train, et communiquant son électricité propre à des accumulateurs situés dans chaque wagon et reliés à un réseau de lampes électriques. On a pu en établir jusqu’à dix dans chaque voiture et deux sur les plates-formes.
- La marche du train fournit assez d’électricité pour alimenter les lampes et accroître la tension électrique des accumulateurs qui rayonnent en sens inverse pendant les arrêts du train et pourvoient à l’éclairage durant ce temps.
- La seule objection que l’on puisse faire à ce système, qui paraît très ingénieux, est celle-ci : supposons un train arrêté en gare depuis vingt-quatre heures ; les accumulateurs ayant épuisé leur action, tout le système est condamné à l’inertie jusqu’à ce que le train, remis en marche, accumule de nouvelles quantités d’électricité et partant, produise de la lumière. Or, depuis le moment du départ jusqu’à l’instant précis dont nous venons de parler, les voyageurs seront voués à l’obscurité.
- *
- ¥ *
- Nouvelles montres amagnétiques
- M. Carl-A. Gaillard, le célèbre constructeur de Ganève, vient de découvrir un nouveau moyen de mettre les montres à l’abri des influences magnétiques de toutes sortes qui exercent une action fâcheuse sur le mouvement, et nuisent à leur justesse et à leur .précision.
- On sait que le balancier des montres, pièce très délicate et la plus importante du mécanisme, est formé de métaux divers, cuivre et acier, destinés à la compensation. Le ressort spiral lui-même, organe actif du balancier, est en acier et la roue d’échappement à ancre est également de même métal. Or, l’acier, par ses propriétés magnétiques, et le cuivre par ses propriétés électriques, subissent les influences nombreuses de l’extérieur, qui, changeant leur orientation moléculaire, leur communiquent un pouvoir électrique plus ou moins puissant. Ces influences sont aujourd’hui multipliées par les applications innombrables de l’élec-
- (1) Firmin-Didot.
- (1) Cités au prix d’honneur.
- (1) Cités aux prix d'honneur.
- p.663 - vue 230/496
-
-
-
- 664- — Troisième Année. — N° 127.
- LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE 18S9.
- Dimanche 5 Juin 1887.
- tricité ajoutées aux causes naturelles de production. Les montres sont donc plus^ que jamais exposées aux perturbations qui en dérivent, aussi bien dans certaines professions spéciales, en contact immédiat avec cet agent naturel, que chez le simple particulier. Pour ne citer que quelques exemples , mentionnons : le frottement seul du boîtier contre la poche du gilet ; la température dii corps qui, agissant sur les métaux de densités diverses, produit de véritables couples thermo-électriques ; la présence d’aimants, qui communiquant leur magnétisme aux pièces d’acier du balancier , produisent une adhérence à la roue d’échappement ; telles sont les causes de perturbation les plus vulgaires et celles qui ôtent aux. instruments les plus précieux et les plus soignés toute précision.
- M. Paillard eut l’idée d’employer l’or dans' la fabrication de ces différentes pièces, mais, outre son prix excessif, il ne put lui.communiquer les propriétés qu’exige la construction des pièces spéciales, élasticité et ténacité ; de là l’usure des ressorts qui,perdant leur tension, venaient ajouter une nouvelle cause de perturbation et d’irrégularité.
- Après bien des travaux et de patientes recherches, il est arrivé à trouver un alliage de palladium, métal absolument amagnétique, et qui peut acquérir par le travail toutes les propriétés nécessaires à la confection des ressorts et balanciers.
- Cette invention précieuse, et sur l’importance de laquelle on ne saurait trop insister, aura un retentissement considérable dans l’industrie d’horlogerie. Une compagnie s’est formée pour son exploitation et livrera, paraît-il, sous peu au commerce au même prix que les montres ordinaires, — ce qui les mettra à la portée de tous, — les nouvelles montres amagnétiques.
- C. H.
- --------—------—------------------
- LES LIVRES
- CXII
- Le chevalier Dorât et les poètes légers au xvin8 siècle, par Gustave Desnoiresterres, ouvrage orné du portrait du chevalier Dorât, de la comtesse Fanny de Beauharnais et de Dorat-Cubières. Un vol. in-18. Librairie académique, Didier-Perrin et C’8, lib., éditeurs.
- M. Gustave Desnoiresterres est un de nos meilleurs historiens du genre que j’appellerai après le marquis d’Argenson minutiste, c’est-à-dire anecdotique. L’auteur des Cours galantes et de Voltaire et la Société an xvme siècle, deux chefs-d’œuvre de ce genre modeste, mais aussi utile qu’agréable, ne s’offensera pas de ce titre, que nous revendiquons pour nos propres ouvrages. Il y a quelque fierté dans la modestie avec laquelle nous nous résignons en fort bonne et spirituelle compagnie à n’être que les chroniqueurs du passé. Ce sont les mœurs et non les lois qui font et défont les sociétés. Les hommes s’agitent et les femmes les mènent. C’est la petite histoire qui fait la grande, comme les petites causes font les grands effets. Il n’y a donc pas à s’offusquer du titre d’historien minutiste qui assure à un livre plus de lecteurs et surtout plus de lectrices que le titre d’historien dogmatique, doctrinaire, à thèses et à considérations, c’est-à-dire plus ou moins solennel et plus ou moins ennuyeux.
- Nous préférons de beaucoup aux aperçus philosophiques et aux synthèses des gens qui ne savent voir que de haut et de loin, avec un lorgnon à la Guizot, les choses et les gens de l’histoire, et n’osent pas se commettre, même en note avec un joli mot ou avec une jolie femme.
- Cachez, cachez ce sein que je ne saurais voir !
- les historiens sans parti pris de bégueulerie hypocrite ou de fausse pruderie, sont d’honnêtes gens sans système, visant à instruire le lecteur, mais ne se défendant pas de l’amuser, quand l’occasion s’en présente, et permettant à leur discours l’allure aisée, la familiarité de bon ton, et même les petites malices de la conversation dans un salon du monde où l’on ne s’ennuie pas.
- Nous avons défini le caractère de l’ouvrage de M. Desnoiresterres, du genre dont il est un des plus curieux, des plus érudits, des plus aimables représentants. Il nous reste à donner l’idée des révélations piquantes qu’il nous fait sur Dorât et sur son école, c’est-à-dire sur l’histoire intime et publique de cette poésie légère, dont les héros, aujourd’hui bien oubliés, et hormis .des lettrés, ne sont plus connus que par leur nom et quelque vers solitaire,, comme disait Rivarol de celui qui a dévoré la fragile renommée de Lemierre. C’est Voltaire qui est le général, le patriarche de tous ces faiseurs de petits vers érotiques, anacréon-tiques, idylliques, épigrammatiques dont nos anthologies n’admettent dans leurs herbiers que quelques rares fleurs aux ailes de papillons fanées.
- Dorât, le premier lieutenant de Voltaire, parfois brouillé avec son général, le respect mutuel n’étant pas le faible de ces étourdis spirituels, galants et frivoles, qui escomptaient leur gloire éphémère en succès de boudoir, et ne professaient à l’endroit du grand railleur qu’une véné-
- ration tempérée par l’ironie. Dorât, le chef, le maître de cette école, le Martial de ces Catulle, de ces Tibulle et de ces Properce, qui se nommeront Parny, Bertin, Dorat-Cubières, savez-vous qu’il n’a pas laissé moins de vingt volumes d’œuvres, où tout estloin d’être indigne de durer et d’où l’on tirerait encore un volume exquis d’Ex-cerpta ? L’auteur des Baisers et de tant d’autres jolis petits chefs-d’œuvre, musqués en biscuit de Sèvres poétique, qu’on n’achète plus aujourd’hui, mais qu’on paye fort cher dans les ventes à cause des charmantes gravures d’Eisen, savez-vous que les frais de cette illustration le ruinèrent, d’accord avec son insoucieux épicurisme, ce goût de la toilette et du luxe qu’il garda jusque devant la mort, ne voulant recevoir que galamment étendu sur son ottomane, drapé dans les plis de sa robe de de chambre à nœuds de rubans, coiffé, poudré et bichonné et tignonné en gala, la visite de la bergère des dernières amours, de la blafarde et de la camarde à la sinistre faucille ?
- Ce Dorât, qui ne fit pas l’enfant à l’épreuve suprême, comme Voltaire et d’Alembert, méritait mieux que son sort qui fut de n’être rien qu’un mousquetaire de lettres, et pas même académicien, disputant aux critiques de La Harpe et aux satires de Le Brun, les restes de sa petite gloire flétrie même de son vivant, et aux embûches de recors, et aux apres requêtes de créanciers sans littérature les débris de sa fortune. Il était aimable et il fut beaucoup aimé, périssant de bonne heure pour avoir trop donné et reçu de l’amour. Il eut des amis qui lui demeurèrent fidèles jusqu’au bout. Nous ne parlons pas de Pezay, dont l’étonnante fortune, la mystérieuse disgrâce et la courte vie avaient fini si prématurément. Nous parlons de Beaumarchais, qui secourut si généreusement une détresse si joliment portée, qu’elle gagnait jusqu’aux bonnes grâces de l’église, et qu’un curé homme d’esprit, faisait tomber dans des mains si profanes, la dîme des oboles sacrées, et que celui qui dînait des fruits du théâtre, déjeuna plus d’une fois des fruits de l’autel. Nous parlons de toute cette école qu’il avait éblouie de ses succès parfois scandaleux, et qui après avoir enivré sa précoce vieillesse de ses louangesfrivoles, paya à son ombre le tribut d’hommages et de regrets émus, et orna sa statue couronnée de myrtes et de lauriers artificiels, de cyprès quine l’étaient pas.
- Mais c’est aux femmes que ce poète des femmes dut les meilleures heures de sa vie, et les plus douces consolations de son agonie. Rivales sans jalousie, n’ayant plus que l’émulation du dévouement, Mlle Fanier et la comtesse Fanny de Beau-harnais, furent les Providences des derniers jours de Dorât, que nous ne savions pas marié. Il le fut si peu ! Il le fut cependant assez pour avoir, d’une femme qui ne fit pas parler d’elle,une fille mort-née et un fils mort employé du ministère de la guerre, et modeste littérateur.
- Sur les rivaux et les émules littéraires de Dorât, sur La Flarpe, Le Brun et surtout sur Golardeau, figure pleine de feu, de grâce et de la mélancolie du pressentiment d’une fin précoce, sorte de Millevoye avant la lettre ; sur Mlle Verrières l’aînée, et la comtesse de la Vieuville, les deux Muses, l’une la courtisane, l’autre l’honnête femme, de cette vie partagée entre le plaisir et le travail, le vice et la vertu; sur la famille aux types caractérisés du poète de Pithiviers; sur les amies de Dorât, Mlle Dubois, Mme de Gassini, sœur de son ami Pezay. Mlle Fanier, et surtout la comtesse Fanny de Beauharnais ; sur le salon de cette dernière ; sur Dorat-Cubières, le successeur du poète dans le salon et dans la chambre à coucher ; sur les derniers de ces anacréontiques, de ces érotiques, Bertin, Porny, Laus de Boissy, qui eux, du moins, ne firent point de politique et ne se déguisèrent point du bonnet rouge pour se faire pardonner leur talon rouge, il y a dans ce livre intéressant, amusant, beaucoup de tableaux et de portraits de cette société du xvme siècle, tout à fait réussis, qui font honneur à l’historien de Voltaire. Ils donnent une juste idée de ce siècle prodigue, qui sera sauvé en somme parce qu’il a beaucoup aimé, et parce qu’il a eu beaucoup d’esprit. C’est par la galanterie, c’est par L’esprit, c’est par les soupers où le rôti était souvent remplacé par une bonne histoire, par les bons mots, les vers malins et les femmes de moyenne vertu, mais élégantes, délicates et fines, que s’est tiré d’affaire, échappant tour à tour à l’odieux et au ridicule, ce siècle de Voltaire et de Rousseau, ce siècle de Beaumarchais qui a ri de tout de peur d’en pleurer, ce siècle de Dorât, qui, comme son poète favori, a été doux envers la vie, doux envers la mort, qui n’a pas plus fait l’enfant quand le moment est venu, devant le bourreau que Dorât devant le médecin, et s’il n’a pas su bien vivre, a su du moins bien mourir.
- M. de Lescure.
- --—---------
- LES THÉÂTRES
- Voici la saison officielle terminée pour la plupart de nos scènes parisiennes et quant à l’autre, la saison des sous-locations et des entreprises auda-
- cieuses qui maintiennent en haleine et surtout sur les dents cette pauvre chronique dramatique pour laquelle il n’est pas de vacances, voilà, dis-je, que la saison d’été s’ouvre au milieu des inquiétudes et des hésitations résultant de l’affreuse catastrophe qui vient de jeter le désarroi dans tout le monde des théâtres.
- Le Théâtre des Bouffes, qui devait s’ouvrir avec une direction intérimaire, s’est déjà vu refuser par la préfecture le droit de passer la main pour les trois mois de la saison d’été. Il n’est partout question que de réformes urgentes et par un effet de réaction fort naturel, en somme, après l’insouciance qui a produit la catastrophe de i’Opéra-Comique, on entretient en éveil l’inquiétude du public, en exagérant les mesures qu’il importe de prendre en vue de la sécurité.
- Certes, nous demandons autant que personne que la terrible leçon du 2 5 mai ne reste pas sans fruit, et nous pensons que tout doit être mis en œuvre pour empêcher le retour de semblables désastres ; mais d’autre part, il ne faudrait pas que cette excellente pensée eut pour résultat de priver le public d’un de ses plaisirs favoris, par suite de l’espèce d’affolement dans lequel on le tient à l’égard des dangers qu’il court au. théâtre. A en croire l’administration, il semblerait que toutes les salles de Paris fussent des souricières destinées à prendre fatalement feu un jour ou l’autre, et à ensevelir sous ses décombres une hécatombe de spectateurs. C’est évidemment pousser un peu loin le pessimisme, et le nombre est en somme restreint des salles de spectacle d’où le public ne pourrait se retirer facilement, même en cas d’incendie.
- Aussi la mesure radicale qui exigerait que tous les théâtres fussent fermés jusqu’au jour où ils se seraient mis en mesure avec les nouveaux règlements que produiront les résultats de l’enquête qui se poursuit en ce moment au sujet du sinistre de la salle Favart serait-elle fâcheuse à bien des points de vue, en même temps que pratiquement inutile. Que l’on rassure simplement le public inquiet au moyen d’une surveillance sévère et de tous les instants, que l’on prenne les mesures les plus urgentes pour éviter les chances d’incendie. — établissement de la lumière électrique, incom-bustibilisation des décors et des costumes, — que l’on impose aux directeurs l’obligation de tenir les portes de dégagement ouvertes tous les soirs, qu’on multiplie les contrôles si tant est que l’avis du colonel Coustou, qui pense que la première pensée d’un spectateur est de s’enfuir par la porte par laquelle il est entré, est juste, que l’on augmente les portes de secours, et partant les hommes de garde pendant une représentation, et ce, tant dans la salle que sur la scène, et il y aura assez de sécurité pour le spectateur jusqu’au moment où l’on pourra raisonnablement exiger les grosses réformes qui tiennent aux modifications à apporter à la construction même des salles de spectacle. Joignez à cela la suppression définitive des strapontins et des petits bancs; l’établissement d’un couloir central aux fauteuils d’orchestre et aux galeries et en quelques jours vous aurez mis en état la plus défectueuse de nos salles, sans exiger sa fermeture qui ne servirait qu’à entretenir dans le public une inquiétude préjudiciable et mal fondée.
- Quelque rapidité qu’ait mis le feu à se communiquer à la salle de l’Opéra-Comique, et la fumée à envahir les couloirs, il est certain que la seule panique des spectateurs a produit le nombre des victimes qui ont trouvé la mort dans cet effroyable sinistre. Or, cette panique ne s’est guère produite que par suite de la non ouverture des portes de dégagement qui eurent permis à tout le monde de sortir et contre lesquelles sont venus s’étouffer des malheureux qui croyaient trouver là le salut.
- C’est donc cette question des portes de sortie qu’il importe de régler au plus vite, et il est plus de théâtres parisiens qu’on ne pense qui pourraient, sur ce point, se conformer en vingt-quatre heures à ces légitimes exigences.
- Et du jour où le public sera rassuré sur ce point, dès qu’il saura qu’à l’instant du danger il trouvera ouverte la porte par laquelle il est entré, pour peu que ces portes soient assez nombreuses pour fractionner en groupes relativement peu nombreux les spectateurs, nous ne verrons plus se produire des paniques comme celle de l’autre soir, car le public sera convaincu de ce fait, que sans y mettre plus de hâte que d’habitude il sera hors de l’atteinte des flammes en moins de cinq minutes, ce qui, on me le concédera bien, est le maximum du temps que puisse mettre un incendie à devenir redoutable.
- Et c’est là, nous le répétons, un résultat auquel l’administration peut atteindre dès à présent pour la plupart des théâtres actuellement existants, et sans surexciter par des fermetures multipliées une émotion déjà préjudiciable à la plupart des théâtres.
- Georges Grisier.
- Le Gérant, GARREAU'.
- Tours. — lmp. E. ARRAULT et Cie, rue de la Préfecture, 6.
- p.664 - vue 231/496
-
-
-
- \
- Le Moniteur
- DE
- L’EXPOSITION DE i
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
- TROISIÈME ANNÉE. Dimanche 12 Juin 1887. NUMÉRO 12S.
- SOMMAIRE :
- 1. L'Exposition de 188g : Les travaux du Champ-de-Mars ; 2. Décret; 3. Les comités départementaux; 4. Les bureaux du commissariat général ; 5. Le conseil de direction; 6. Les paratonnerres de l’Exposition; 7. Bureaux des comités départementaux; 8. La presse à l’Exposition de 1889; 9. Echos; 10. L’Exposition du Havre; 11. Le salon de 1887; 12. Sciences et industrie ; i3. Les Livres; 14. Les Théâtres.
- EXPOSITION UNIVERSELLE
- DE 1889
- LES TRAVAUX DU CHAMP-DE-MARS
- C’est vraiment incroyable avec quelle rapidité les gens changent d’opinion et tiennent un langage diamétralement opposé à celui qu’ils tenaient fort peu de temps auparavant. Cette réflexion nous est inspirée par les conversations qu’on entend soit aux environs du Champ-de-Mars, soit en tout autre lieu où on cause de l’Exposition, ce qui veut dire à peu près partout, car c’est un sujet intarissable et qui, quel que soit le milieu où on se trouve, revient fatalement au bout d’un moment de conversation. Pour en revenir à ce que nous disions, beaucoup de personnes, pendant la période préliminaire, manifestaient la crainte que les travaux ne fussent pas finis à temps ; elles se basaient sur ce que, revenant sur le terrain après quelques jours écoulés depuis leur première visite, elles retrouvèrent les choses dans le même état, au moins quant à l’aspect, et ne voyant rien s’élever au-dessus du sol concluaient qu’on allait trop lentement pour être prêt ; maintenant c’est tout le contraire et depuis que, le montage étant commencé, les fermes se dressent promptement et font des progrès journaliers, les mêmes personnes qui préjugaient de l’inachèvement s’extasient sur la marche rapide du travail et disent qu’on aura terminé bien avant l’époque voulue. Evidemment il y a erreur dans les deux cas, le premier raisonnement était faux en ce sens que les visiteurs jugeaient d’après les apparences, sans savoir que ces sortes d’ouvrages de taupes, dont on ne voyait presque rien à la surface du sol, sont très longs, ont une importance capitale et que de leur bonne et soigneuse exécution dépend tout le reste, mais le second jugement porté n’est pas plus j juste que le premier car l’élévation des fermes I métallique, du moins de celles actuellement en j cours de montage, n’est ,qu’une infime partie du travail qui reste à faire. Évidemment notre intention n’est pas d’entrer dans tous les détails et d’énumérer point par point ce dont se composera l’ensemble de l’œuvre, mais néanmoins nous pouvons faire remarquer qu’en dehors des constructions à achever dont les fermes ne sont que la carcasse, en quelque sorte, le plus long sera l’aménagement intérieur des dites constructions et demandera un temps considérable, l’éclairage, le chauffage de certaines parties, la ventilation, les conduites d’eau, de gaz, de vapeur, les peintures, la décoration, tout cela ne se fait pas en un jour. Encore, en disant l’aménagement, nous ne voulons pas dire l’installation des produits qui, elle aussi, exigera des efforts longs et multipliés. Aussi tout en constatant que l’ensemble des travaux est en bonne voie, qu’il n’y a pas eu de perte de temps, il faut souhaiter qu’on. continue ainsi, et se dire qu’après tout si on arrivait ^ave.c un peu d’avance, ce qui du reste n’est pas sûr, il ne faudrait que s’en féliciter car cette avance permettrait de faire face aux cas imprévus.qui sont en général une des causes les plus habituelles des retards appportés à l’inauguration d’une solennité de la nature de celle que nous attendons pour 1889.
- Le souhait que nous formulions dernièrement s’est enfin réalisé, le soleil a fini par triompher et, comme c’est son droit à pareille époque, son installation paraît devoir être de longue date; espérons que n’ayant pas eu de printemps nous jouirons au moins d’un bel été. Du reste, si le dicton populaire
- est. vrai, nous aurons une série de beaux jours, puisque le fameux saint Médard a bien voulu, contre son habitude, ne pas laisser couler ses pleurs le jour de son anniversaire.
- Le terrain du Champ-de-Mars s’égalise de plus en plus. En le voyan ttel qu’il est aujourd’hui, on ne reconnaîtrait plus le sol tourmenté et semé de fondrières dans lesquelles on risquait de tomber à chaque pas. Il n’y a pas lieu de s’en plaindre, car la visite des travaux en est singulièrement facilitée et on éprouve un certain plaisir à ne plus être obligé de franchir des tas de terre, plus ou moins boueuse, pour se rendre d’un point à un autre ; c’est surtout dans le chantier de la tour que l’aspect s’est le plus profondément modifié, car les énormes fouilles des piliers avaient produit une quantité de terre qui formait des cavaliers d’une assez grande hauteur et leur disparition permet maintenant à l’œil d’embrasser d’un seul coup tout l’espace occupé ; la presque totalité de ses terres a servi à combler les vides existant autour des massifs et le surplus a été transporté aux décharges publiques.
- Puisque nous sommes chez M. Eiffel, voyons où en sont ses constructions : Les piliers nos 2 et 3 étant pour.ainsi dire terminés, ont été un peu délaissés ces temps derniers et tous les efforts ont été dirigés vers les piliers nos 1 et 4 afin de les amener le plus vite possible au même point que les deux autres et de pouvoir commencer la partie intéressante de l’œuvre, c’est-à-dire le montage.
- Nous venons d’appeler le montage la partie intéressante de l’œuvre, c’est la plus intéressante que nous aurions dû dire, car toutes les phases de ce gigantesque travail offrent un véritable intérêt, seulement, comme cela arrive généralement, les fondations étant à peu près achevées, on oublie un peu le plaisir qu’on éprouvait à en suivre les progrès et on est impatient de voir s’élancer dans les airs ces colossales poutres métalliques qui deviendront à leur tour le point au profit duquel toute l’attention sera détournée ; du reste, la chose en vaudra la peine et ceux qui auront assisté à son exécution garderont assurément un souvenir durable de cette tentative audacieuse et sans précédent.
- Aux piliers 1 et 4 les caissons ont définitivement disparu, enfoncés qu’ils sont dans la terre et recouverts des massifs en maçonneries dont la hauteur atteindra bientôt la cote prévue par les projets, ceux du n° 4 sont même arrivés au niveau voulu et ne nécessitent plus que quelques travaux d’achèvement; quant ûu pilier n° 1, deux des massifs sont faits, le troisième l’est à moitié et le quatrième est déjà commencé ; les échafaudages nécessaires à sa construction sont en place ainsi que les gabarits qui doivent délimiter chacune de ses faces; nous pensons que rien n’empêchera M. Eiffel d’entreprendre le montage à l’époque qu’il a annoncée, c’est-à-dire vers le commencement de juillet; les fondations n’aurontdonc pris que cinq mois, ce qui est un résultat extrêmement rapide étant donné les difficultés nombreuses qui surgissaient à chaque instant et les proportions tout à fait inusitées d’un tel travail.
- Le chemin de fer arrive maintenant jusqu’à remplacement de la galerie des machines, il est à voie unique depuis la station du Champ-de-Mars jusqu’à la rue qui joint les deux avenues, se prolonge jusqu’au bout du lot des forges de St-Denis puis se divise en cet endroit en trois branches dont deux munies des plaques tournantes dont nous avons annoncé la pose ; ces trois branches se rejoignent par un aiguillage vers l’extrémité de la concession des forges de la Franche-Comté ; la visite de la partie déjà terminée de cette voie a été faite ces jours-ci, et l’autorisation de faire circuler les wagons a été accordée ; pour éviter les accidents lorsque les véhicules, passant sur le chemin de fer, traversent la rue du milieu du Champ-de-Mars, on a établi à cet endroit un service de cantonniers qui ouvrent et referment à chaque fois les clôtures habituellement fermées.
- Les forges de St-Denis en sont à leur 3oe ferme, c’est-à-dire qu’elles ont monté deux travées sur
- lesquelles on fixe actuellement les pièces verticales qui doivent supporter les détails de la toiture et le lanterneau; plusieurs chevrons sont déjà en place et tous les approvisionnements sont à pied d’œuvre, de sorte que le montage se poursuit maintenant sans aucun arrêt.
- Vis-à-vis de ce lot et en face le pavillon de l’administration, l’usine Joret a monté entièrement sa première travée et meme 6 fermes de la. seconde, là encore on commence la pose des chevrons et l’avancement de ce travail est suffisant pour qu’on puisse juger de l’aspect que présentera la toiture de cette partie du palais des industries diverses.
- Les forges de Fourchambault, employant le système que nous avons décrit dans notre dernier numéro, ont dressé 14 fermes placées sur deux files parallèles dirigées suivant une ligne joignant l’école militaire au Trocadéro, ces premières fermes sont les plus difficiles à établir, car il faut créer des points d’appui artificiels, tandis que pour les autres les appuis seront tout trouvés puisqu’ils seront constitués par les charpentes déjà en place. Attendons donc avant de formuler un jugement sur la valeur du moyen employé en cet endroit.
- Quant à l’usine Roussel la rapidité avec laquelle sa première travée a été mise en place nous a positivement surpris et nous ne nous attendions pas à voir des appareils, qui nous paraissaient un peu compliqués à première vue, donner un tel résultat en si peu de temps ; on en est à la vingtième ferme, ce qui fait, en défalquant les quatre charpentes en place lors de notre dernière tournée, environ seize fermes en une semaine, c’est tout à fait satisfaisant.
- On travaille simultanément aux fondations du palais des beaux-arts et à celle des bâtiments des arts libéraux, ces dernières n’ayant été entreprises que bien après des autres sont naturellement moins avancées, pourtant elles commencent à se dessiner, la plupart des arcs d’appui sont maçonnés et prêts à recevoir les murs qui doivent s’y appuyer ; quant au palais des beaux-arts si on compare ce qui a été fait à ce qu’il y avait à faire, on peut presque considérer ses fondations comme achevées, il n’y a plus pour ainsi dire qu’à y exécuter des travaux de second ordre.
- La vue dont nous parlions dans notre dernière chronique n’a pas pu paraître, car un accident arrivé au cliché en a rendu l’insertion impossible, il était trop tard pour en faire un autre et comme nous n’avons été avisé de ce contre-temps qu’à la dernière limite, le journal étant composé, il ne nous a pas été loisible de modifier ce que nous disions au sujet de cette photographie ; quant aux détails techniques ils restent ce qu’ils étaient et nous espérons les avoir exposés assez clairement pour qu’on ait pu les saisir, au moins en partie, sans le secours des dessins.
- H. de Baecicer.
- DÉCRET
- Nommant trois membres de la Commission de contrôle et de finance
- Le Président de la République française,
- Vu le décret du 8 novembre 1884 ;
- Vu la convention intervenue, à la date du 29 mars 1S86, entre le ministre du commerce et de l’industrie, représentant l’Etat, le. préfet de la Seine, représentant la ville de Paris, et le . gouverneur du Crédit foncier.de France, agissant pour le compte de l’association de garantie constituée en vue de l’Exposition universelle de 1889;
- Vu spécialement l’article 7 de cette convention, portant : « Il sera institué auprès du ministre du commerce et de l’industrie une commission de contrôle et de finances composée de membres représentant l’Etat, la ville de Paris et l’Association de garantie dans la proportion des contributions respectives des trois parties contractantes. Les membres de cette commission seront nommés par décrets du Président de la République, insé-
- p.665 - vue 232/496
-
-
-
- 666. — Troisième Année. — Nu 12S.
- LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE 18S9.
- Dimanche 12 Juin 18S7.
- res au journal officiel. Elle sera présidée par le ministre ; »
- Vu la loi du 6 juillet 1886, et spécialement l’article ier approuvant la convention sus-visée;
- Vu le décret du 28 juillet 1886;
- Vu l’arrêté ministériel du 26 août 1886, portant règlement général de 1 Exposition universelle de 1889, et l’arrêté du 9 octobre modifiant l’article 6 dudit règlement ;
- Vu le décret du 14 octobre 1886;
- Sur la proposition du ministre du commerce et de l’industrie ;
- De l’avis du conseil des ministres,
- Décrète :
- Article premier. — Est nommé membre de la commission consultative de contrôle et de finances de l'Exposition universelle de 1889, sous la présidence du ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général (pour représenter l’Etat), en remplacement de M. Dautresme, nommé ministre du commerce etdel’industrie, M. Edouard Lockroy, député, ancien ministre du commerce et de l’industrie.
- Art. 2. — Le ministre du commerce et de l’industrie est chargé de l’exécution du présent décret, qui sera publié au Journal officiel de la République française.
- Fait à Paris, le 4 juin 1887.
- Jules Grévy.
- Par le Président de la République :
- Le ministre du commerce et de l’industrie,
- Lucien Dautresme.
- Le Président de la République française.
- Vu le décret du 8 novembre 1884;
- Vu la convention intervenue, à la date du 29 mars 1886,. etc., etc.
- Décrète :
- Article premier.— Sont nommés membres de la commission consultative de contrôle et de finances de l’Exposition universelle de 1889, Sous la présidence du ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général (pouf représenter l’Etat), MM. Richard Waddington et Charles Prévet,. députés, en remplacement de MM. Rouvier, ministre des finances, et de Hérédia, nommé ministre des travaux publics.
- Fait à Paris, le 7 juin 1877.
- Jules Grévy.
- Par le Président de la République :
- Le ministre du commerce et de l’industrie,
- Lucien Dautresme.
- LES COMITÉS DÉPARTEMENTAUX
- M. Dautresme, ministre du commerce et de l’industrie, qui tient à donner une grande impulsion à l’oeuvre considérable de l’Exposition de 1889, procédera sous peu de jours à la nomination de tous les comités départementaux non encore constitués, au nombre de 25 ; de plus, 37 seulement des comités constitués ayant élu leurs bureaux, le ministre va inviter les autres à suivre cet exemple dans le plus bref délai.
- De cette façon, les exposants de la France entière pourront immédiatement s’adresser à eux pour leurs demandes d’admission, ainsi que, pour tous renseignements concernant l’Exposition.
- LES
- BUREAUX DU COMMISSARIAT GÉNÉRAL
- Les bureaux du cabinet du ministre du commerce et de. l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889 sont transférés, de l’hôtel du quai d’Orsay à l’hôtel du ministère des postes et télégraphes, rue de Grenelle.
- LE CONSEIL DE DIRECTION
- Le conseil de direction de l’Exposirion universelle s’est réuni au pavillon Rapp, sous la présidence de M. Alphand, directeur général des travaux, qui, aux termes du décret d’organisation de l’Exposition, doit présider en l’absence du ministre.
- Le conseil a examiné le projet relatif aux constructions métalliques des palais des beaux-arts et des arts libéraux, dressé par M. Formigé, et en a arrêté les dispositions, afin que l’adjudication puisse en avoir lieu dans un délai très rapproché.
- LES
- PARATONNERRES DE L’EXPOSITION
- Une commission chargée d'étudier en détails la question relative à l’établissement des paratonnerres sur les divers bâtiments de l’Exposition va être nommée incessamment, le directeur général va faire les propositions nécessaires à sa création et nous en ferons connaître la constitution aussitôt que les nominations auront été faites.
- BUREAUX DES
- COMITÉS DÉPARTEMENTAUX
- EURE-ET-LOIR
- Président. — M. Labiche, sénateur, président du conseil général.
- Vice-Présidents. — MM. Damiot, président du tribunal de commerce de Chartres; Baudin, industriel, maire de Brou ; Fortin (Emile), ingénieur-constructeur, conseiller d’arrondissement à Dreux ; Tirard, manufacturier, ancien ingénieur des constructions navales, président du conseil d’arrondissement, à Nogent-le-Rotrou.
- Secrétaires. —MM. Benoist (Orner), agriculteur, conseiller d’arrondissement à Yèvres ; Renard, manufacturier, conseiller général à St-Éubin-des-Joncherats.
- Sous-comité de Yarrondissement de Chartres Président. — M. Damiot.
- Secrétaire. — M. Henri Mouton, chaufournier-briquetier à Chartres.
- Sous-comité de l’arrondissement de Châteaudun Président. — M. Baudin.
- Secrétaire. — M. Méritte, conseiller général, maire de Boigasson.
- Sous-comité de l’arrondissement de Dreux Président. —M. Fortin (Emile).
- Secrétaire. — M. Bloch, meunier, conseiller d’arrondissement, maire de Villiers-le-Mortier.
- Sous-comité de Varrondissement de Nogent-le-Rotrou Président. — M. Tirard.
- Secrétaire. — X.
- GARD
- Sous-comité de Y arrondissement d’Alais Président.— M. Boudon, conseiller général, filateur de cocons, à St-Jean-du-Gard.
- Vice-Présidents.— MM. Destrems, ancien député, agriculteur à St-Christol-lès-Alais ; Péchiney, directeur de l’usine des produits chimiques de Salindres; Bessard, directeur des mines de la Josse, à Chamborigand ; Dupuy, adjoint au maire d’Alais, ancien menuisier tnécanicien.
- Secrétaires. — MM. Laurent de L’Arbousset, directeur du journal Y Agriculteur Cévenol à Alais ; Labbé, inspecteur-adjoint des forêts, vice-président de la société scientifique et littéraire d’Alais.
- Sous-comité de Y arrondissement du Vigan Président. — M. Jeanjean, président du comice agricole, à St-Hippolyte-du-Fort.
- Vice-Présidents. — MM. Lèques (Paul), directeur d’une carderie de soie, au Vigan ; Ducamp (Albin), agriculteur à Quissac.
- Secrétaires. — MM. Cambassédès, docteur en médecine, au Vigan ; Clauzel de Saint-Martin-Valogne, conseiller général, maire de Saint-Hip-polyte-du-Fort ; Ricard (Henri), président de la chambre consultative des arts et manufactures du Vigan, au Vigan; Brun (Louis), fabricant de bonneterie, à Arre.
- Sous-Comité de l’arrondissement d’U^ès Président. — M. Cazagne, ancien sénateur, à Remoulins.
- Vice-présidents. — MM. Pascal, administrateur des grands magasins du Bon-Marché, propriétaire à St-Victor-des-Oules; Goste, conseiller général, à Uzès.
- Secrétaires. — MM. Thibaud, pépiniériste, à Bagnols; Eybert, fabricant de machines agricoles, à Pont-St-Ésprit.
- GIRONDE
- Sous-comité de l’arrondissement de la Réole
- Président. — M. Caduc, sénateur.
- Vice-Président. — M. Estève.
- Secrétaire. — M. Herbet.
- LA PRESSE A L’EXPOSITION
- DE 1889
- Les représentants des associations et syndicats de la presse française ont eu ce matin une entrevue avec M. Dautresme, ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’exposition, au sujet de l’organisation du Pavillon de la Presse. ^ Le ministre a fait le meilleur accueil aux. délégués et leur a promis son bienveillant appui pour la solution des questions qui lui ont été soumises.
- -------- -----h 1 -
- ÉCHO S
- Paris
- La Société de prévoyance des dessinateurs et graveurs vient d’organiser au Cercle de la librairie, HT, boulevard St-Germain, une exposition
- de livres illustrés et accompagnés chacun d’une œuvre originale se rapportant au texte de l’ouvrage. Ces illustrations sont signées d’artistes connus, tels que MM. Appian, Bayard, Bida, Ferdinandus, Fraipont, Giacomelli, Gilbert, J.-p’ Laurens, Lavieille, Pille, Régamey, Vollon, etc." Cette exposition restera ouverte chaque jour, de 10 h. à 5 h., jusqu’au 20 juin.
- *
- * *
- Départements
- Une exposition exclusivement réservée aux artistes de l’Aisne, ouvrira prochainement, dit le Journal des Arts, dans le foyer du théâtre de St-Quentiu.
- L’exposition ouvrira le 19 courant pour clôturer le 31 juillet.
- *
- * *
- Le Comité du Cercle des Exposants, situé 2, allées Lafayette, à Toulouse, organise dans ses salons une Exposition permanente des œuvres des artistes qui, pour une raison ou pour une autre, n’auraient pas trouvé place dans les galeries de l’Exposition des beaux-arts, installée dans la future faculté des sciences. Pour tous renseignements, s’adresser au secrétaire du Cercle des Exposants, 2, allées Lafayette, Toulouse.
- * *
- ETRANGER
- Allemagne
- La grande exposition d’apiculture projetée à l’occasion du deuxième congrès de l’Association centrale des apiculteurs allemands, aura lieu à Hanovre, du jeudi 22 au dimanche 25 septembre prochain.
- Ce sera hexposition la plus importante de ce genre qui ait encore eu lieu de l’autre côté du Rhin. Les adhésions arrivent chaque jour, très nombreuses, au comité d’organisation.
- *
- * *
- Nous avons annoncé, dans notre dernier numéro, que l’on préparait à Dresde, pour le mois d’août, sous le haut patronage de la reine de Saxe, une grande exposition de meunerie, boulangerie, confiserie, pâtisserie, etc.
- .Cette exposition aura lieu dans le Grand Hall Central de l’exposition internationale d’horticulture récemment, clôturée.
- D’importants travaux d’agrandissement et d’installation doivent être commencés prochainement.
- » *
- États-Unis
- La soixante-deuxième exposition artistique annuelle delà New-York Aeadeny/ a été clôturée le samedi 14 mai. Bien que moins importante que les précédentes, cette exposition a obtenu beaucoup de succès. Les ventes, plus nombreuses que les années passées, ont atteint le chiffre de 30,000 dollars.
- *
- * *
- Italie
- On mène très activement, au Vatican, les préparatifs de l’exposition d’art religieux organisée, à l’occasion du jubilé sacerdotal de S. S. Léon NII1.
- Les cadeaux, les présents affluent de toutes les parties du monde catholique. A signaler: une magnifique chasuble de brocart d’or garnie de velours, un surplis de fine dentelle, trois étoles, un calice d’argent finement travaillé et un bel ostensoir ancien, offerts par le comité des Dames de Reggio d’Emilie ; douze calices et douze ciboires d’argent offerts par les villes de Novare et de Lucca, et un trône d’or, hommage des ouvriers catholiques de Naples.
- .— ^•-Trii|'lBéB^ëHyK§)l^^lwàgaTm^l'•^"^
- L’EXPOSITION DU HAVRE
- (Premier article)
- L’Exposition du Havre, dont on trouvera le plan ci-contre, est, de toutes les expositions organisées en province durant ces dernières années, l’une des plus importantes et surtout des plus intéressantes. Elle obtient un réel succès auprès du public havrais et des nombreux étrangers qu’elle attire chaque jour. Le dimanche le nombre des entrées payantes s’élève à plus de 7,000. C’est là un fort beau résultat qui n’a pas lieu de nous surprendre et qui assure aux exposants une large et fructueuse publicité.
- La presse anglaise a déjà constaté la grande portée commerciale de l’exposition du Havre.
- Le Times l’a appelé « un événement commercial » et le Daily News, en deux longues correspondances, en a fait la description complète. Le journal anglais insiste surtout sur le caractère pittoresque du plan suivant lequel a été .construite l’exposition:
- « L’exposition du Havre, dit-il ne se tient pas dans quelque faubourg éloigné, difficile d'accès, mais au centre même de la ville. Un vaste quadrilatère, situé en face du théâtre, a été aménagé de
- p.666 - vue 233/496
-
-
-
- Troisième Année.
- N° 12S.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE i83q.
- Dimanche 12 Juin 18S7.
- façon à ne pas interrompre la circulation. Cette disposition offre un grand avantage, en ce sens qu’à l’intérieur des bâtiments qui forment un parallélogramme d’environ un demi-mille de longueur, se trouve englobé le bassin du Commerce, vaste étendue d’eau qui sera remplie de navires de guerre, de yachts, de navires de commerce, etc. »
- De son côté, le Field, grand journal de sport, recommande aux yachtsmen anglais l’intérêt qu’offre pour eux cette disposition et les engage vivement à. faire figurer dans cette exposition flottante, si bien organisée, leurs plus beaux modèles de navires de course et de plaisance.
- On se rendra parfaitement compte de la disposition et de l’importance des galeries en examinant notre plan. Les salles I. K. J. sont situées au-dessus de la rue de Paris et sont surmontées de l’immense mappemonde — sémaphore dont nous avons déjà donné une vue. — Le bassin du Commerce abrite de nombreux yachts, une ancienne frégate et un bateau restaurant ; la presence de tous ces navires anime l’intérieur de l’Exposition et en marque le côté original.
- Nous allons parcourir les differentes salles en pénétrant dans l’exposition par l’entrée située vis-à-vis la rue de l’Hôpital et nous vendant au premier étage., où nous trouvons la
- ire salle (I)
- Dont l’exposition si complète et si intéressante des Ateliers et Chantiers de la Loire occupe le centre. Tous les visiteurs admirent le modèle du torpilleur à grande vitesse l’Ouragan : c’est un véritable objet d’art, en bois et argent, reproduisant .avec une fidélité rigoureuse l’un des plus beaux et des plus perfectionnés torpilleurs de la marine française. U Ouragan, en effet, mesure 46 mètres de longueur; son tirant d’eau 11’est que imo5. Il possède une machine de 1700 chevaux qui lui permet d’atteindre une vitesse de 2 5 nœuds à l’heure. Nous remarquons encore le modèle d’un cuirassé de ire classe, à grande vitesse (19 nœuds) et fort de 8262 chevaux.
- Voici maintenant Y Eros, le célèbre yacht de M. le baron de Rothschild dont le pavillon a flotté sur toutes les mers et qui nous est présenté sous la forme d’une gracieuse et coquette réduction mesurant plus d’un mètre.
- Plus loin sont disposés d’une manière très artistique par M. Abel Lemarchand, agent général, au Havre, du Registre Maritime, trois superbes modèles de navires de course qui semblent tirer des bordées sur une mer agitée et dont les voiles immenses paraissent se gonfler sous une forte brise.
- Signalons encore un plan en relief très pittoresque du port de St-Pierre-Réunion avec ses maisons, ses jardins, ses quais, ses navires, exposé par la municipalité de cette ville.
- Toute la seconde moitié de cette salle est occupée exclusivement par l’Exposition du Bureau Veritas. Cette société, fondée en 1828, classe les navires de tout tonnage et en surveille la construction ; cette surveillance comprend l’essai des matériaux employés à la construction des coques, machines et chaudières, le contrôle de la main-d’œuvre et la vérification des objets d’inventaire.
- La classification des navires est exprimée dans le Registre Veritas (dont une collection complète, i828à 1887, est exposée) au moyen de signes adoptés par la société, dès son origine, et qui constituent une formule de cotation, laquelle est l’œuvre et la propriété personnelle de l’administration. En outre des visites de classification, les Experts du Bureau Veritas (disséminés sur les côtes de tous les continents et de toutes les lies, ainsi que le prouve la Mappemonde placée à l’entrée de la salle et, sur laquelle une quantité innombrable de petits drapeaux marque la résidence de chacun de ces agents), se chargent de toutes les expertises et estimations d’avaries, de la surveillance des réparations, etc. La société publie annuellement le Répertoire général de la marine marchande à voiles et à vapeur, qui contient la nomenclature de tous les navires de mer, à partir de 5o tonneaux pour les voiliers et de 100 tonneaux pour les vapeurs.
- On se rend compte, par ce qui précède, de l’importance des services que rend à la marine une telle institution.
- Le Bureau Veritas expose sous 351 numéros, les modèles et les demi-modèles d’une quantité considérable de navires de toutes sortes, construits sous sa surveillance dans les principaux chantiers de France, de Belgique, d’Autriche-Hongrie, d’Allemagne, de Russie, d’Espagne, de Hollande, d’Italie, du Danemark, de Suède, Norvège et de la Grande-Bretagne. La même société nous montre des collections d’échantillons de fers, d’aciers et de bois ; des dessins de presses hydrauliques, appliquées au travail des métaux, de différentes machines-outils, de dragues, etc. ; des photographies d’avaries survenues à quelques-uns de ses navires, etc., etc.
- En quittant cette remarquable exposition, nous entrons dans la
- SALLE DES FETES (K)
- ornée de peintures décoratives très remarquables de M. Genty, représentant les trois prévoir la suite page 6~o.
- (Av/?’. & ci
- v \\1
- fi T J-O 7 Y. te T Z C /l
- i fi[
- lij 0Uc.li
- Jdct 33 L n. ofç /a 3 a ,
- p.667 - vue 234/496
-
-
-
- --^-v-'^i •' -' 'Tv- - rr--;^"-, -vv-vv^y^vWHS'’^* sv.*r~^\%-:‘^:<-
- :;-V''X - --"^'AÆ-^''rv-./r ;EAL *s ‘vy. X.V'-'^A-. :/' A-^TyA'AA- '•;' t. '.. '•' ';' .'^ * r~
- G68 et GGq. — Troisième Année. — N° 128.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE iS?q.
- Dimanche 12 Juin 188;
- M. DA U TRES M E
- ^Àr~ -"'*- 1 V'f '
- Ministre du Commerce et de VIndustrie
- p.dbl.n.n. - vue 235/496
-
-
-
- 670. — Troisième Annee. — N° 128
- Dimanche 12 Juin 1S87.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1S89
- mières villes maritimes de France. De fort beaux vitraux ornent une immense baie donnant sur un balcon d’où la vue s’étend sur le parc, le bassin du Commerce et sur l’ensemble des galeries. Dans cette salle se trouve l’exposition de peinture sur laquelle nous reviendrons plus tard. On y voit des oeuvres absolument remarquables comme l’Epave de M. Renouf, mais on y rencontre aussi, avouons-le, des toiles peu dignes de figurer dans une telle exposition, surtout parmi les envois des peintres belges.
- Nous continuons notre route et passons à la 2e salle (J)
- où nous trouvons une cabine de luxe de la Champagne, le superbe paquebot de la Compagnie Transatlantique, dont les lecteurs du Moniteur ont eu une description complète lors de son premier départ pour New-York. Cette cabine est aménagée avec un confort auquel les plus exigeants ne trouveront rien à reprocher, avec un luxe inouï et avec un goût et une élégance que les Leys, les Lemoine et les Duval ne voudraient pas renier.
- La flotte de la Compagnie générale Transatlantique, qui se compose de 05 vapeurs, jouit d’une grande réputation, même chez nos voisins d’ou-îre-Manche. On sait que cette compagnie est chargée du service postal du Havre à New-York et qu’elle possède deux groupes de lignes principaux. Le premier, celui des Antilles, avec départs du Havre, St-Nazaire, Bordeaux et Marseille, dessert les Antilles, les Guyanes, Le Venezuela, la Colombie, le Mexique, le centre Amérique, le sud et le nord Pacifique; le deuxième, celui de la Méditerranée, avec départs de Marseille, Cette et Port-Vendre assure le service de l’Algérie, la Tunisie, l’Italie, la Corse, Malte, du Maroc, l’Espagne et de Tripoli.
- Les Messageries maritimes nous montrent un superbe modèle du paquebot Le Portugaise mesurant pas moins de 8 mètres de longueur et se détachant gracieusement sur un ciel très bien peint, montant presque jusqu’au plafond de la salle. C’est un des plus beaux et des plus consciencieux modèles qu’il nous ait été donné d’admirer.
- Les Messageries maritimes sont une puissante compagnie dont les paquebots font la traversée du Havre à Marseille en 7 jours. Elle possède en outre des lignes pour les côtes de la Méditerranée de la mer Noire , de l’océan Indien, de l’océan Atlantique (départs de Bordeaux avec les services postaux), pojr l’Australie, la Nouvelle-Calédonie, la Réunion, Madagascar et Mozambique.
- Voici un charmant petit modèle en ivoire, représentant la corvette cuirassée La Délivrante. C’est une oeuvre d’art, et surtout de patience, exécutée par M. Bertha, qui expose en outre un navire minuscule avec ses mâts, ses vergues, etc., le tout renfermé dans une bouteille ordinaire !
- Les Forges et Chantiers de la Méditerranée présentent le modèle de la France, paquebot de la Société générale des transports maritimes de Marseille et celui du Parana de la Compagnie française de navigation à vapeur les Chargeurs réunis qui font un service régulier entre le Havre, le Brésil et la Plata. La flotte de cette dernière compagnie est fort estimée ; elle comprend 22 vapeurs dont la puissance varie de 1,600 à 750 chevaux et cubent de 3,5oo à i,5oo tonneaux. 4 nouveaux steamers de 3,600 tonneaux et 1,800 chevaux sont actuellement en construction.
- Le siège social des Chargeurs réunis a été transféré, il y a fort peu de temps, au n° 11 du boulevard des Italiens, immeuble adossé à l’Opéra-Comique, mais qui n’a pas eu à souffrir du terrible incendie quia détruit ce théâtre.
- La Chambre de. commerce du Havre a décoré cette deuxième salle d’une façon fort pittoresque .avec toutes sortes d’engins maritimes. Elle expose en outre des collections très complètes de principaux objets et denrées d’importation qui sont débarqués sur les quais du Havre, et qui' proviennent de toutes les parties du monde.
- A signaler tout particulièrement les cotons de la Nouvelle-Orléans, les cafés du Brésil, les laines, les cuirs et les cornes de la Plata. Un superbe plan en relief de la ville et du port du Havre orne le centre de cette salle, où l’on remarque enfin les appareils de météorologie du Bureau central.
- Revenons sur nos pas, traversons la salle des fêtes et parcoürons les
- GALERIES
- du ier étage qui dominent la salle de l’ameublement.
- Un certain nombre de fabricants d’appareils photographiques ont envoyé leurs instruments les plus nouveaux.
- M. Audouin expose un grand appareil très complet, très pratique et surtout d’un transport très aise. Il est renfermé, avec tous les produits et accessoires nécessaires, dans une élégante valise de voyage.
- La nouvelle lanterne pliante de M. Martin nous semble d’un maniement très simple. Nous remarquons. surtout son objectif obturateur central à trois vitesses variables qui nous parait devoir rendre bien des services aux amateurs de photographie.
- MM. Paul Rousseau et Ci3 ont envoyé des
- échantillons de leurs célèbres produits chimiques, scientifiques, industriels, et quelques-uns de leurs appareils de physique et de chimie. A signaler leur machine à vapeur, en miniature, qui est un véritable bijou, et enfin leur balance d’analyse (modèle Rousseau), appréciée par tous les savants.
- Plus loin, nous trouvons une collection complète des manuels Roret, dont nous n’avons plus à faire l’éloge et que tous nos lecteurs connaissent.
- Voici un navigomètre ou loch constant, système Sonnet et Lerrède, qui nous semble fort pratique, mais dont il nous est impossible de parler, car il est renfermé dans une vitrine, et personne n’est là pour donner des explications ; de plus, il nous a été impossible de trouver dans le catalogue trace de cet instrument.
- MM. À. Broise et Courtier envoient quelques-unes de leurs superbes autographies. Nos lecteurs, qui ont reçu le plan de l’Exposition, exécuté par cette maison, savent qu’il est difficile de voir un travail plus net, plus précis et plus soigné.
- Du reste, MM. Broise et Courtier, passés maîtres dans leur art, sont aujourd’hui appelés à faire partie de nombreux jurys..
- Parmi les planches exposées par eux, nous avons aperçu un grand plan figurant le tracé du canal maritime projeté entre Paris et Rouen.
- Ce projet, qui intéresse particulièrement les Havrais, est fort remarqué et discuté, mais il ne paraît pas qu’il soit compris parla plupart des visiteurs. Il devrait être pourvu d’une légende suffisamment explicative.
- L’auteur de ce projet aurait grand intérêt, croyons-nous, à faire donner des renseignements par un agent spécial et à mettre à la disposition du public des notices sans lesquelles cette exposition ne nous paraît guère profitable.
- C’est là une remarque presque générale. La plupart des exposants non seulement laissent leurs installations sans agent spécial, mais encore négligent de laisser des cartes ou prospectus à la portée des visiteurs. Ils comprennent bien mal leurs intérêts. Quel profit peuvent-ils donc obtenir de leur exposition? Et le public, quel enseignement peut-il tirer de ses ‘visites à l’Exposition ?
- Il faut aussi croire que les imprimés coûtent fort cher, car nous connaissons bien des personnes qui ont demandé des prospectus et qui n’ont pu en obtenir !
- Puisque nous sommes sur ce chapitre, qu’on veuille bien nous permettre une simple remarque. Un seul agent représente dans une exposition un certain nombre d’industriels, de fabricants. Vous examinez une vitrine d’appareils photographiques, par exemple, située au premier étage et vous désirez avoir des renseignements suiTundeces instruments.
- — Personne pour vous les donner ; — mais vous lisez ces mots écrits sur une pancarte : « Prière de s’adresser à M. X..., représentant, dans le jardin, » ou bien: « à M. Z..., dans la galerie des machines. »
- Il est évident que vous, visiteur, n’allez pas descendre une trentaine de marches, parcourir une galerie de 5oo mètres pour... apprendre que MM. X..Z. sont allés déjeuner ou entendre l’orchestre de M. Gabriel Marie ou autre maestro.
- Il est bien plus logique d’agir comme l’ont fait MM. Chevallié père et fils qui ont groupé les exposants qu’ils représentent dans une seule salle, (fort coquettement décorée par leurs soins disons-le en passant). Le bureau de ces représentants est situé dans la meme salle et on trouve toujours quelqu’un pour fournir les explications demandées sur tel ou tel produit.
- Avant de quitter les galeries, jetons un coup d’œil sur les instruments de précision de MM. Bequ-ILausser et Cie qui nous montrent de fort belles épreuves photographiques obtenues avec leurs objectifs panoramiques.
- Nous devons admirer les vitraux de MM. Cham-pigneulle, de Paris, qui ornent l’escalier conduisant à la
- SALLE DE l’ameublement (A)
- Où l’on trouve immédiatement les superbes expositions des facteurs de piano Pleyel et Wolf, Erard et Gouttière. Ce sont là des noms absolument hors de pair, dont on n’a plus rien à dire, si ce n’est pour les louer sans réserve. Nous n’aimons ni la forme, ni le son des pianos Gaveau.
- A côté, sous une belle vitrine, sont présentés les , célèbres instruments de musique à vent, Besson, qui jusqu’à présent ont remporté 42 médailles dans toutes les expositions où ils ont figuré.
- Nous avons tout lieu de croire que le Salon de la maison Damon sera superbe; il nous est impossible d’en parler aujourd’hui, car lors de notre visite il n’était pas terminé.
- Le grand dépôt de faïences de la rue Drouot a une fort belle installation, que nous avons déjà admirée à l’Exposition des sciences et des arts industriels..
- Nous devons encore appeler l’attention des connaisseurs sur un envoi modeste mais qui dénote chez son auteur un talent hors ligne. Nous voulons parler des panneaux de M. A. pirod, découpeur en marqueterie. L’un d’eux consacré à une j composition allégorique , représentant la ville du Havre, est un œuvre d’une grande allure; nous !
- préférons cependant une simple plaque d’érable dans laquelle est incrusté un bouquet d’œillets : c’est là un travail d’un goût délicieux et d’un fini irréprochable.
- La maison Leveillé-Rousseau présente quelques-uns des modèles d’objets de porcelaine ou faïence qui sont sa propriété, non seulement parce qu’ils ont été déposés mais encore parce qu’ils sont... inimitables. Ses verreries artistiques soutiennent parfaitement la comparaison avec les beaux produits de Venise. Nous allons maintenant parcourir les
- DIVERSES GALERIES (B C D)
- de l’Exposition. Nous relaterons, au hasard des notes que nous avons pu prendre au cours de notre rapide excursion, les noms des exposants dont les installations nous ont le plus frappé.
- Nous prions ceux que nous aurions négligé de citer de bien vouloir nous excuser; du reste, nous aurons l’occasion de visiter l’Exposition en détail et de réparer les omissions involontaires que l’on ne devra imputer qu’au peu de durée de notre séjour au Havre.
- *
- * *
- Les graisseurs automatiques de R. Henry, constructeur-mécanicien, pour cylindres, boîtes à vapeur, paliers et têtes de bielles sont d’un maniement aisé et offrent le grand avantage de laisser apercevoir le niveau du liquide et d’en régler le débit à volonté.
- M. P. Dutheil expose des voitures de sauvetage, des brancards et des fauteuils de malades, dont tous les postes de secours devraient être pourvus. Leur grande légèreté, jointe à une solidité éprouvée, en fait des appareils d’un usage facile et commode-; ce qui est bien rare à trouver dans cette catégorie de meubles.
- L’Association des Dames françaises, la Société des secours aux blessés et la Société centrale du sauvetage des naufragés, œuvres poursuivant un but dont l’éloge n’est plus à faire et qui, chaque jour, dans les guerres, les sinistres, les épidémies rendent des services inappréciables, ont envoyé d’intéressantes collections d’appareils de transport et de pansement ; des voitures d’ambulance, des cuisines portatives, des brancards, des appareils pour fractures, des canots de sauvetage munis de leur armement, etc., etc. Les modèles de tous ces objets ont été établis sur les plans et dessins fournis par les directions de ces Sociétés.
- MM. Gaillard frères, les constructeurs-mécaniciens du Havre, dont la réputation a depuis longtemps franchi les limites..... de la Seine-Inférieure, nous montrent des appareils de levage hydrauliques, si simples qu’un enfant pourrait les manœuvrer, des grues, des treuils, des quindeaux à vapeur et à main d’une fabrication irréprochable. Rappelons que l’établissement de MM. Gaillard frères, situé à côté des grands bassins et des cales sèches, est muni d’un outillage et d’approvisionnements spéciaux pour les réparations immédiates des coques de navires, les machines, etc. Aussi est-ce à eux que s’adressent presque tous les armateurs qui ont des avaries à faire réparer.
- L’ensemble de l’exposition de MM. Sautter, Lemonnier et Cie est des plus intéressants et des plus instructifs à examiner avec soin. Le cadre de cet article ne nous permet pas de nous étendre sur les machines dynamo-électriques, sur les moteurs, les lampes électriques, les projecteurs pour navires, les tableaux de distribution d’éclairage par arc et par incandescence, les sirènes, etc. Nous nous proposons de le faire plus tard; aujourd’hui contentons-nous de dire que si, comme dans les salons de peinture où l’on vote un Prix du Salon, il y avait, au Havre, un prix de l’Exposition, il est bien probable qu’il aurait été accordé à MM. Sautter et Lemonnier.
- Lors de l’Exposition d’électricité, organisée par M. G. Berger, à l’Observatoire, nous avons rendu compte des appareils et bijoux électriques de M. Aboilard, qui vient encore de les perfectionner.
- MM. Fontenille et Delattre, qui, depuis longtemps, ont fait avec succès de nombreuses applications de l’électricité, présentent des sonneries électriques d’une rare puissance, le mécanisme des tableaux indicateurs nous semble très simple et peu susceptible de se dérégler.
- Les téléphones de MM. Ch. Mildé et fils sont d’une application très pratique et leurs puissants paratonnerres sont pour donner confiance aux plus timorés.
- M. P. Desfeux est un des premiers fabricants de carton-cuir pour toitures ; on sait que cette industrie a pris une extension considérable. Ces produits d’un emploi si commode et si peu coûteux sont aujourd’hui universellement employés dans les constructions légères et économiques.
- Voici un élégant kiosque en hois entièrement construit par les élèves de l’école d’apprentissage du Havre.Cette école, qui forme d’excellents sujets, admet des jeunes garçons de 12 à i5 ans et en trois années leur apprend un métier. Nous avons examiné avec le plus grand intérêt une collection de dessins linéaires exécutés par les apprentis des trois classes ; les progrès accomplis par les enfants sont prodigieux, même au bout de la deuxième
- p.670 - vue 236/496
-
-
-
- Troisième Année. — N° 128.
- LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE 1889
- Dimanche 12 Juin 1SS7. — O71.
- année d'études. Le kiosque qui se compose d’une salle à manger et d’une cuisine, renferme des échantillons de bois découpés, sculptés, tournés par les élèves et une collection d’outils fabriqués par eux, et qui ne feraient pas mauvaise figure dans les rayons de la Ménagère.
- L’un des apprentis surveille le kiosque et fournit aux visiteurs, d’une façon très intelligente, tous les renseignements qui lui sont demandés.
- Il faut entendre en quels termes reconnaissants il parle du directeur de l’Ecole, M. Albert Joutel ! Celui-ci doit trouver dans ce seul fait la récompense de ses travaux et de ses efforts incessants.
- La Ligue protectrice des enfants abandonnés et des orphelins du Havre, ainsi que de l’Institut agricole et industriel de Sauvie ont des expositions similaires, mais l’absence de documents relatifs à ces intéressantes institutions ne nous permet que de les signaler.
- MM. Milinaire frères nous montrent dans la galerie des machines et dans le Jardin de l’Exposition quelques modèles de leurs constructions si élégantes et si solides tout à la fois. —’ Nous avons remarqué une instadation d’écuiie entièrement métallique qui nous semble appelé à rendre de réels services aux grandes compagnies de voitures, d’omnibus, etc, et une grille d entrée à deux vantaux qui montrent bien que la serrurerie d’art n’a pas de secret pour MM. Milinaire.
- M. Noël Chadapaux nous montre plus de cent appareils pour canalisations d’eaux vannes et ménagères, en fonte de fer brute et émaillée ainsi qu’en grès vernisé. Tous nos hôtels, nos appartements devraient posséder de tels appareils avec lesquels aucune émanation délétère n’est à craindre.
- M. A. Pombla, le constructeur de toute la charpente de l’Exposition du Havre, nous montre des modèles de hangars et charpentes économiques pour exploitations rurales, établissements industriels, docks, halles, ambulances, etc., etc., établi d’après Je système si ingénieux qui porte le nom de son inventeur, M. Pombla.
- Plus loin, nous apercevons des Salamandres, ces cheminées roulantes, à feu visible, qui ont obtenu un si grand succès à Paris depuis deux hivers.
- MM. Rolet et fds présentent quelques spécimens de leur lessiveuse La Normande, avec rechauffeur à injecteurs et retour d’eau, leur système isolateur breveté en fait une des lessiveusesTes plus perfectionnées.
- Nous retrouvons ici les fûts et tonneaux en fer servant à loger, conserver et transporter tous les liquides qui ont valu à M. Pierre Legrand de nombreuses récompenses.
- Les machines à vapeur de MM. Boulet et Cie, successeurs de MM. Plermann-Lacïiapelle, sont trop connues pour que nous ayons à parler d’elles dans ce rapide compte-rendu. Leurs appareils à fabriquer les boissons gazeuses sont très remarquables et permettent de fabriquer, sans le moindre danger, une quantité considérable de sypkons et de bouteilles de limonade, et cela en fort peu de temps.
- Les fils Chamberland établis suivant le système Pasteur par MM. Boulet ecCie,sont les seuls dont l’efficacité était reconnue.
- Les amateurs de découpage de bois sont aujourd’hui nombreux ; cela ne doit pas nous surprendre car c’est là un agréable passe-temps. Ils trouveront dans l’exposition de M. Tiersot dé précieuses indications. Les industriels eux-mêmes seront séduits par la bonne exécution et le grand début que l’on obtient avec les scies alternatives, sans fin et circulaires pour marcher au pied, à la main, ou au moteur.
- Nous voici arrivés devant les chemins de fer portatifs Decauville auxquels nous consacrerons une étude spéciale prochainement. L’importance des ateliers de Petit-Bourg, les nombreuses applications de ces chemins de fer exigent de nous plus qu’un sommaire exposé.
- La société anonyme des Aciéries et forges de Fir-miny nous montre une véritable curiosité : un obus de om42 en acier chromé, pesant jbo kil., ayant traversé une plaque d’acier de oul55 d’épais-teur. Cet obus est presque intact,, on voit à peine près du culot quelques rayures. Un fil d’acier de 0va002r7 de diamètre, supporte ce formidable engin 1
- (A suivre.) P. Patte.
- SALON DE 1887
- (Suite.)
- SALLE N°t5
- 728. Le Pain. Beaucoup de vérité dans la toile de M.,ne Demont-Breton, l'homme qui enfourne le pain est nerveux et bien éclairé, mais les enfants qui reposent auprès de leur mère me semblent un peu bouffis. Excès sans doute de peinture et de bonne nourriture.
- 94g. Velleda. La prophétesse des Gaules en captivité avec les siens sent l’inspiration l’éclairer et prophétise devant les malheureux groupés autour d’elle. M. Edouard Fournier a bien rendu le sentiment qui transfigure Velléda et illumine son
- visage dans la double vue. Il y a une grande nervosité dans les attitudes diverses des prisonniers.
- 678. Portrait du général Boulanger. La gravure et l’enluminure se sont déjà emparées du tableau de M. Debat-Poussan et lui ont au moins donné la popularité del’image. Le général est bien campé et le portrait fort réussi.
- 490. Une Femme, des Fleurs. M. Louis Chalon a eu une idée poétique. « Une Femme, des Fleurs » c’est charmant comme enseigne. Malheureusement les fl eurs sont artificielles etla femme qui possède un déboîtement de la hanche gauche attend l’orthopédiste.
- 1 i3o. Dans la Lande. Un bien joli morceau, un coin de nature pris sur le vif par M. Gaston-Guignard, et rendu avec une grande habileté: des vaches en pleine lande enfoncées jusqu’au poitrail dans l’herbe jaune. C’est bien vivant, bien réel.
- 912. La Couleuvre. Enfin voici donc le gracieux maitre Feyen-Perrin sorti des Cancalaises. Très finement brossée sa femme nue couchée sur le dos qui compare une orange aux merveilleux fruits dont le ciel l’a dotée. Il y a là une étude d’une douce lascivité qui est digne des plus sincères éloges.
- A signaler: 676. Un Embarquement d'émigrants. Composition très vécue de M. Dawant et 679 Portrait de M. Granet par M. Debat-Pousan déjà nommé.
- salle n° 17
- 958. Sommeil léger, par M. José Frappa. Elle est ravissante, cette jeune femme bionde qui, le sein au vent, le sourire à la lèvre, achève dans une délicieuse somnolence un rêve voluptueux. M. Frappa a saisi de la façon la plus heureuse ce moment mystérieux et il en a fait bénéficier les amateurs du beau.
- G55. Un Moulage sur nature. M. Edouard Dan-tan a mêlé agréablement la matière et la vie. Ce modèle féminin qui offre sa jambe au moulage est parfait: le sang coule sous la chair au milieu des plâtres qui en font valoir la teinte rosée. Les deux praticiens sont bien à l’œuvre et ne cherchent pas par une pose savante à influencer le publie.
- Portrait de Mme D... et de ses enfants. Evidemment M. Carolus-Duran fait de la belle peinture ; évidemment les portraits de ce tableau doivent être ressemblants. Et pourtant je ne suis p^s satisfait, il y a quelque chose qui me gêne, qui me choqué, qui m’agace, dans cette perfection. Quoi donc ? Ah ! j’y suis. Les yeux des personnages sont en émail.
- 1007. Pêcheur à la ligne. Sur un mauvais paysage impressionniste, M. René Gilbert nous présente un vieux pêcheur attentif et tout à son affaire, d’une exécution hors ligne — pardon, je m’aperçois que c’est un calembour.
- A signaler : 922. Marine de M. Auguste Fla-meng ; 629. La Femme au-livre de M.'Croche-pierre ; 824 Domèvre (Vosges) de M. Camile Dufour. ‘
- SALLE 19
- 543. Portrait de Mme P... Ceci vous représente... une dame bien ahurie d’être faite de dos par Clairin.
- 498. Dans les rêves par Chaplin, le peintre des crèmes fouettées, de la poudre de riz et del’opopo-nax. Cette jeune personne au buste nu, aux chairs merveilleuses, dont le tronc est perdu dans un nuage de dentelles, a tout le charme et le flou des œuvres de l’excellent maitre. C’est délicieusement faux et si l’on n’éveille promptement cette enfant, elle aura certainement un coup de sang ; mais c’est bien joli tout de même.
- 406. Cléopâtre. La toile de M. Cabanel a fait sensation entre toutes. C’est qu’elle est splendide cette Cléopâtre à la chair d’un vert mat avec son tigre aux yeux verts, aussi férocement impassible que sa maîtresse et sa suivante qui suit curieusement l’effet des poisons sur les prisonniers condamnés à mort. Cela est cruellement grand et beau.
- 448. Andromède. Autre motif, très réussi, de M. Carolus-Duran.
- 1029. Crépuscule parisien. M.Gœneutte, qui est un oseur de talent, a tenté la symphonie du bleu avec une réuss’ite rare. C’est le soir, dans la nuit bleue, une jeune femme vêtue de bleu attend sur le ponton qui se balance sur la Seine bleue, l’arrivée d’un bateau omnibus qui point à l’horizon. C’est fort bien imaginé et d’une touche absolument sûre d’elle. M. Norbert Gœneutte est un des artistes avec lesquels il faut compter.
- 533. Boules de neige. Müe Marie Chirade est un peintre de fleurs d’une délicatesse exquise. La main féminine a des légèretés et en même temps un brio spécial que l’on retrouve pleinement dans la charmante œuvre de MUe Chirade.
- 36y. Hohenlinden. Un paravent par M. John Lewis Brown, où dgs soldats en plomb combattent sur des chevaux de bois. Glissez, spectateurs, n’appuyez pas.
- A signaler : 3g. Roussoite. Une jolie étude de M. Antoniadi ; 2001. Portrait de MUe Vasselon, par l’auteur, une tête bien vivante qui fait beaucoup d’honneur à l’artiste et au modèle ; 744. Mont-Dore, par Jean Desbrosses ; 849. Fleurs des champs, un tableau excellent par Mme Dury-Vas-
- selon ; 8y3. Le Coin abandonné, par M. Errazuris et 53c. Pêche interrompue, par M. Alexandre Chigot.
- Alfred Delii.ja
- (A suivre.)
- SCIENCES & INDUSTRIE
- Canal Interocéanique du Nicaragua
- O11 sait qu’il est, depuis quelque temps, question d’ouvrir à travers l’Amérique centrale, sur le territoire du Nicaragua, une nouvelle voie maritime entre les deux grands océans.
- Le Panama Stardand Herald dit que la question du Nicaragua entre dans une nouvelle phase. Le télégraphe a annoncé en effet que le projet élaboré par Al. Menocal a reçu l’approbation du Congrès du Nicaragua et que l’ingénieur en question est parti pour New-York afin d’y prendre les dérniers arrangements nécessaires au commencement des travaux. L’entreprise est gigantesque, dit notre confrère, et si elle est mise à exécution, les effets les plus heureux en résulteront pour le Nicaragua et les contrées environnantes. En supposant même que le canal ne fût pas percé d’une mer à l’autre, on prévoit que l’ouverture des bouches du Rio San-Juan et même sa canalisation partielle auront les résultats les plus salutaires pour le Nicaragua et Costa-Rica.
- *
- ¥• *
- Application de la galvanoplastie à la reproduction des cuirs ouvrés
- Notre confrère allemand, le Ledermarkt (marché des cuirs) donne un procédé pour la reproduction par la galvanoplastie des cuirs, peau d e crocodile, veau marin, etc.
- La peau à reproduire, d’abord bien dégraissée, est induite au flaireau d’une couche mince de plombagine, puis plongée dans une solution au sulfate de cuivre.
- Sur cette peau, se dépose une couche galvanique de cuivre pur, reproduisant exactement et très finement les détails de la peau.
- On pousse l’opération jusqu’à ce que la couche de cuivre ait environ trois millimètres d’épaisseur. La plaque métallique ainsi obtenue sert au frappage des cuirs, en leur communiquant les détails les plus parfaits et les plus minutieux d’un rendu étonnant.
- C. H.
- LES LIVRES
- CXHI
- Mme Marie Dronsart, Le Prince de Bismarck, sa vie et son œuvre, Calmann Lévy, éditeur.
- Nous avons pour principe, nos lecteurs lesavent, de ne leur rien laisser ignorer de ce qui se publie d’important, d’essentiel, sur l’Allemagne et les Allemands, sur l’empereur d’Allemagne ou le prince chancelier. Le critique est un observateur, un éclaireur, un initiateur, un vulgarisateur. Tout mouvement d’idées caractéristique, sinon décisif, doit obtenir son attention et motiver un de ses ràpports à l’opinion. Nous n’avons pas négligé de le faire, en tenant autant que possible le public au courant des vicissitudes de ce mouvement d’engouement et d’imitation, qui nous a portés vers ia littérature russe, et a fait de nous des admirateurs un peu trop enthousiastes, et parfois des plagiaires maladroits de la manière et des procédés des Tolstoï et des Dostoiewski.
- De même, dans quelques jours nous étudierons l’influence sur le cerveau de nos romanciers, des théories et des découvertes médicales, plus que scientifiques nouvelles, à propos des mystères de la suggession, des miracles de l’hypnotisme.
- En ce qui touche les publications sur l’Allemagne et le prince de Bismarck,nous nous croyons tenus par devoir patriotique autant que critique de n’ep laisser passer aucune inaperçue, qui mérite un examen et un jugement.
- C’est ce que nous faisons aujourd’hui à propos du livre dont le titre sert d’enseigne à cet article. L’ouvrage est intitulé modestement Esquisse biographique. Il tient au delà de ce qu’il promet. Il est aussi un portrait philosophique et politique, un tableau historique. Nous nous serions un peu méfiés de l’infériorité évidente, de la lutte inégale d’un talent féminin, aux prises^ayec un tel modèle si le peintre n’avait moins visé à nous faire connaître l’homme d’Etat dans le prince de Bismarck, que l’homme. Or, pour bien analyser, pour bien juger un homme, rien ne vaut encore mieux que
- p.671 - vue 237/496
-
-
-
- 672. — Troisième Année. — N° 128.
- l’observation pénétrante, aiguisée par la malice d’une femme. Gela est vrai surtout quand elle a, comme Mme Marie Dronsart, établi sa compétence par des études qui, pour ne parler que des Portraits d’Outre-Manche, attestent une connaissance approfondie de l’histoire, de la littérature et des mœurs anglaises et allemandes.
- M<ne Marie Dronsart nous offre donc cette première garantie de conscience et d’impartialité, qu’elle a pu recourir aux sources de première main, aux sources allemandes.
- Ayant tenu à sa disposition ces documents de première main, elle a pu y faire un choix sagace et nécessaire. Car, quoiqu’il affecte le dédain brutal de la presse et de l’opinion, le chancelier ne néglige aucun moyen de se servir de l’une et de faire l’autre, en l’éclairant ou en la trompant, suivant le cas. Cet homme qui a toujours l’air de se moquer de l’histoire et de se soucier de la postérité comme un poisson d’une pomme, est au contraire très préoccupé de ce que la postérité pensera, de ce que l’histoire dira de lui et de son œuvre. Il a mis, avec une crânerie de défi qui pourrait bien cacher des caresses de coquetterie et des artifices de duplicité, sous les yeux du public, de son vivant, tous les éléments, de cette enquête, tous les matériaux de ce jugement qu’il se plaît à fournir lui-même. C’est autant de gagné sur la malveillance et aussi quelquefois sur la vérité. Cet homme qui n’est pas un grand homme, au regard de l’humanité, car il n’a rien fait pour elle et pour son progrès, mais qui est un grand Prussien, comme Joseph de Maistre le disait de Frédéric, cet homme dont les paroles et les actes ont malheureusement une si grande influence sur nos destinées, car il ne nous aime pas, a tout sacrifié à la force, à l’intérêt, au succès de son prince et de son pays. Homme idolâtre de ces deux idoles, la force et le succès, il s’attend, le jour où il perdrait l’un et l’autre, à de terribles et implacables retours d’impopularité. Il n’y aurait pas alors, il le dit lui-même, assez de huées et d’injures pour le bouc expiatoire des fautes et des malheurs de la Prusse, comme il n’y a pas aujourd’hui en dehors delà sphère parlementaire où son astre a pâli, assez d’hommages, de fleurs, de présents, pour celui qui incarne le génie prussien, qui personnifie le triomphe de la puissance prussienne. C’est donc moins en vue du présent, qu’en vue de l’avenir, en vue des trahisons plus que des faveurs de la fortune que le prince de Bismarck avec une franchise plus apparente que réelle et une finesse un peu cousue de fil blanc, a jeté au public, dans un pêle-mêle voulu, dans un désordre fallacieux, le contenu de ses tiroirs, lettres de jeunesse, de voyage et d’amour, correspondances intimes avec sa sœur et sa femme, correspondance politique et diplomatique. Ah! le secret d’Etat, a peu d’adversaires plus convaincus de la vanité de ses bandelettes et de ses sceaux, que ce peu hiératique chancelier qu’il serait aussi imprudent de ne pas croire que de trop croire, auquel il ne faut jamais se fier, mais dont on aurait tort de négliger les confidences et les indiscrétions, tout en en recherchant soigneusement le but. Car cet homme ne fait rien pour rien. Il a toujours un but et un but d’intérêt personnel ou national.
- Il serait donc sot de l’aimer, mais il le serait encore plus de le mépriser, et il faut tenir le plus grand compte, mais le plus dénué de confiance et d’illusions, de ce qu’il lui a plu de dire ou de laisser dire sur lui-même. Il lui a plu souvent de se déboutonner ainsi en public. Le nombre des publications où il se montre à découvert, en buste, en pied, de trois quarts, de face, de profil, le nombre> des recueils de ses correspondances ou de ses discours, de ses conversations d’avant ou d’après dîner, de ses entretiens familiers, de ses choix de bons mots et de maximes est considérable, et en 1885, lors du triomphal soixante-dixième anniversaire de sa naissance, les libraires de Berlin firent dresser et publièrent un Bismar-kiana bibliographique, biographique, anecdotique qui forme un volume.
- Nous soupçonnons plus d’une de ces images familières du chancelier peint par lui-même d’être légèrement romancée, endimanchée.
- Mais on a beau faiiœ, la vérité l’emporte malgré nous sur toutes les fictions; le naturel qu’on a beau chasser, revient au galop, et pour l’observateur, surtout pour l’observatrice habile, dont le patriotisme affine la clairvoyance, le choix des traits, l’assemblage des couleurs, le tact des nuances, permettent de composer d’après la palette garnie par lui-même, un portrait de M. de Bismarck, plus ressemblant que flatté et plus différent qu’il ne pense, de l’idéal officiel qu’il voudrait imposer au présent, grâce au reptilisme, et à l’avenir, grâce à l’optimisme allemand.
- Quelles sont les origines, les influences héréditaires et traditionnelles, de race et de milieu, les antécédents, les circonstances qui ont contribué à la formation du caractère, des idées, des desseins, de la politique, de la philosophie, de la littérature, de l’éloquence de M. de Bismarck, que nous avons tant d’intérêt à bien connaître?
- C’est à ces questions que répond l’ouvrage de Mme Marie Dronsart, avec des finesses d’analyse, des abondances de renseignements intéressants,
- ' 'V - ' '•
- - U
- -f-v;
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- Dimanche 12 Juin 1S87.
- curieux, utiles, tout à fait topiques et qui ne laissent rien à désirer.
- Il en résulte surtout que ce qui fait la force et la faiblesse du chancelier, ce qui assure à son œuvre l’empire du présent et la menace dans l’avenir, c’est qu’il n’a pas beaucoup d’idées. A tout prendre, il n’en a même qu’une qu’il domine ou qui le domine tour à tour, celle de la prépondérance de la Prusse dans l’œuvre de l’unité allemande, et du nouvel équilibre européen, par tous les moyens possibles. L’homme d’une seule idée, comme l’homme d’un seul livre est à considérer, à redouter. Mais cet égoïsme transcendant qui fait sa force, peut faire sa faiblesse. L’empire du monde n’est pas toujours aux politiques d’égoïsme et aux nations égoïstes. Il y a des revanches pour la générosité et des consolations pour le sacrifice. La politique de l’intérêt et du succès ne l’emporte pas toujours sur celle du droit et du devoir. Le propre de la force, a dit Pascal, c’est de protéger. Le caractère de ce qui est violent, a-t-il dit aussi, c’est de durer peu. L’histoire nous démontre par l’exemple des tyrannies romaine, grecque, par la vanité de l’œuvre conquérante et despotique des Alexandre, des César, des Louis XIV, des Frédéric, des Napoléon, que les politiques de domination et les nations de proie,périssent par l’excès même de leur principe et de leur appétit. Ce qu’il y a de plus habile au monde, c’est encore d’être honnête. Il n’y a de durables et de fécondes que les politiques, que les philosophies qui sont au-dessus de la mort et du succès, et qui fondent, comme la justice leur triomphe, quelquefois tardif, mais toujours certain sur le droit, l’humanité et la liberté. C’est là la conclusion, c’est là la moralité qui se dégage de ce livre plein d’aperçus intéressants et de leçons utiles, sur l’histoire intime et publique du colosse allemand et de son auteur qui parfois, aux heures de clairvoyance et de repentir, doit se dire qu’il suffit d’un moment d’oubli de la fortune pour détruire l’œuvre de la fortune,qu’il suffit d’une défaillance de la force pour défaire ce que la force a fondé, et que l’idole de l’hégémonie prussienne sur l’Allemagne et de l’hégémonie allemande sur l’Europe, en dépit de sa cuirasse de fer et de son casque d’or, a des pieds d’argile.
- M. de Lescure.
- LES THÉÂTRES
- Les émotions de la semaine dernière où toute la question des théâtres se confinait autour de l’Opéra-Comique m’ont mis en retard pour vous parler des deux premières qu’avait données quelques jours auparavant la Comédie-Française. Il y a là un oubli que j’ai hâte de réparer car, alors même que le succès n’y réponde point complètement, une œuvre nouvelle de M. Theuriet est toujours un régal pour les délicats et ce serait de l’ingratitude de ma part que de ne point lui savoir gré des heures charmantes que j’ai passées à entendre cette Raymonde qui, si elle est grosse de défauts au point de vue spécial d’ouvrage dramatique, n’est pas moins une succession de scènes bien charmantes où l’on retrouve toute la délicatesse de touche avec laquelle M. Theuriet sait peindre les mœurs intimes de la campagne, et ce monde demi-paysan, demi-citadin auquel nous ont initiés ses romans.
- Le premier acte de Raymonde constitue en effet l’un des plus charmants tableaux de mœurs intimes, dans ce monde spécial qu’affectionne M . Theuriet, qui se puisse voir au théâtre.
- Dans une petite maison forestière, deux braves gens, le père, garde-forestier et la mère, femme simple, bonne ménagère, cœur d’or, femme de tête et d’esprit autant que de cœur, se réjouissent. Ils viennent de recevoir une lettre de leur fils, Antoine Verdier, qui leur apprend qu’il vient leur faire visite. Cet Antoine Verdier, ses parents ont eu de l’ambition pour lui; ils en ont fait un monsieur. Il vient de passer ses derniers examens, il a été reçu agrégé et en attendant de prendre posssesion de la chaire à laquelle il a été nommé au Muséum, il prend trois mois de vacances qu’il vient passer en famille. Voilà ce qu’apprend aux braves gens la lettre de leur fils: la mère pleure de joie et comme le garçon ne va pas tarder à arriver, le père Verdier part au-devant de lui avec un parapluie, car le temps s’est mis à l’orage.
- La précaution du vieux Verdier n’était pas inutile, car, à peine est-il parti que la pluie se met à tomber, une pluie diluvienne. On frappe : c’est MIla Raymonde de la Tremblaye accompagnée de son prétendu, M. Osmin de Préfontaine, qui viennent demander un abri. Elle est toute ruisselante, la pauvre demoiselle. Aussi la mère Verdier s’em-presse-elle de lui donner des vêtements à elle, tandis que M. de Préfontaine retourne à la Maison Verte, habitation des la Tremblaye, pour y chercher des vêtements secs avec lesquels Raymonde pourra rentrer chez elle. En attendant, celle-ci habillée en paysanne par les soins de Mme Verdier se réchauffe à un bon feu,'tandis que Mnie Verdier s’occupe dans la maison à quelque besogne domestique.
- Tandis que Raymonde rêve tournant le dos à la
- porte d’entrée, celle-ci s’est ouverte doucement, un homme est entré sur la pointe du pied et s’approche furtivement. Arrivé derrière le fauteuil il mit ses deux mains sur les veux de Raymonde et l’embrassa joyeusement à pleine bouche en criant : « Ma mère ! » Elle, à son tour, pousse un cri de frayeur, puis part de rire devant la mine embarrassée d’Antoine, car c’est Antoine. Il a pris un chemin de traverse, et tandis que son père le cherche à la gare il est arrivé là pour le bel ouvrage que vous savez.
- Ainsi entouré, la connaissance est vite faite ; d’ailleurs voici tout le monde qui 'revient, les la Tremblaye cherche leur fille, Verdier qui a appris à la gare qu’il avait manqué Antoine, Mme Verdier qui met le couvert, Osmin de Préfontaine qui apporte des habits, et Noël, le personnage mystérieux qui sera le nœud de la pièce et peut-être aussi sa pierre d’achoppement, un seul ami des Verdier, sorte de misanthrope vivant au fond des bois.
- Antoine, qui a déjà lié connaissance avec Raymonde, séduitM. de la Tremblave — un botaniste enragé, — par les connaissances qui lui ont valu la chaire de physique végétale et voilà que les trois mois de vacance vont se passer dans une intimité relative entre le jeune professeur et le père de Raymonde. La botanique, vous l’avez deviné, sera pour les jeunes gens la porte par laquelle entre l’amour.
- Au second acte il est entré, et à partir de ce moment le succès de la pièce de MM. Theuriet et Morand, décline. Le premier acte charmant sur lequel je me suis peut-être un peu étendu, les nécessités d’une action dramatique vont faire suivre une série d’invraisemblances. Raymonde, on l’a pressenti n’aime pas Osmin de Préfontaine à qui ses parents vont la marier. Son amour s’est porté tout entier sur Antoine Verdier, et celui-ci apprenant le projet d’union formé entre Raymonde et Osmin, projet qu’on s’étonne de ne pas lui voir connaître depuis longtemps, puisque le spectateur y est initié dès le début de la pièce, Antoine, dis-je, crie à la trahison et se répand — soutenu en cela parle bonhomme Noël qui ne manque jamais une occasion de placer sa misanthropie — en imprécations contre les femmes en général et sa fiancée en particulier, tant et si bien que celle-ci, désespérée court se jeter à l’eau. Fort heureusement Osmin de Préfontaine, l’amoureux dédaigné, l’eu retire et la transporte évanouie pour le dénouement dans une espèce de caverne où vit le misanthrope Noël et où tout le monde va se retrouver tout à l’heure. Noël se laisse attendrir par le désespoir des deux jeunes gens, et alors, nous apprenons, non sans stupeur, qu’il est en son pouvoir de faire conclure ce mariage dont jusqu’à présent il a tout fait pour détourner Antoine Verdier ; et voici pourquoi : c’est que Noël, le farouche Noël, est le père légal de Raymonde, car il est le mari de Anne de la Tremblaye, laquelle n’est par suite que la maîtresse du gentilhomme qui l’a enlevée il y a vingt ans. Noël peut donc légalement revendiquer la paternité de l’enfant de sa femme. Devant la menace de cette révélation d’un douloureux mystère et du scandale qui en résultera, les la Tremblaye renoncent à leurs projets et Antoine épouse Raymonde.
- A part le premier acte, de tous points adorable, et où se sent.à chaque réplique la délicate manière de M. Theuriet, Raymonde a, comme je'le disais tout d’abord, peu réussi. Le drame est fait de ficelles un peu grosses pour aboutir à une situation finale, discutable au point de vue de la vraisemblance, et sur laquelle le drame est mal assis, car pour y arriver à cette situation, pour rendre l’intervention de Noël nécessaire, on a multiplié autour de l’amour de Raymonde et d’Antoine, des obstacles sans consistance et qui tomberaient devant un seul acte de volonté, parfaitement compatible avec le caractère de l’héroïne. De sorte que leurs douleurs nous semblent artificielles et que nous ne nous y intéressons pas.
- L’interprétation est excellente. M. de Féraudy donne à ce rôle d’Osmin de Préfontaine — un de ceux encore où se sente la marque Theuriet, personnage de demi-teinte, bonne âme de modeste, ouverte à tous les sacrifices et se sacrifiant presque inconsciemment, par tempérament — une expression de vérité très pénétrante. — M. Febvre a vaillamment défendu le rôle de Noël, rôle légèrement agaçant. MM. Le Bargy, Leloir, Dupont-Vernon, Mmes Montaland, Baretta et Lloyd impriment aux autres rôles le caractère, l’énergie ou la grâce qui leur conviennent.
- En même temps que Raymonde, la Comédie nous.donnait un petit acte en vers de M. Pierre Barbier. Vincenette est le roman d’une fille pauvre séduite par un homme placé par le hasard dans une condition sociale supérieure à la sienne. La seule originalité que l’auteur a mise là-dedans, c’est de placer l’action en cette Provence, dont il semble qu’on abuse un peu depuis quelque temps. Cela finit selon la formule par un mariage et puis c’est en vers. Quand on les aime, après tout!...
- Le Gérant, GARREAU.
- Tours. — lmp. E. ARRAULT et Cie, rue de la Préfecture, 6.
- p.672 - vue 238/496
-
-
-
- Le Moniteur
- DE
- L'EXPOSITION DE 1889
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
- TROISIÈME ANNÉE Dimanche 19 Juin 1887. NUMÉRO 129.
- SOMMAIRE :
- 1. L’Exposition de 1889; 2. M. Dautresme et l’Exposition ; 2. Arrêté instituant une exposition d’économie sociale; 3. Classification de l’exposition d’économie sociale; 4. Arrêté nommant les membres des comités d’admission; 5. Décret réduisant à trois le nombre des membres du comité administratif de l’exposition ; 6. Décret nommant un membre de la commission de contrôle et de finances; 7. Résultat de l’adjudication ; 8. Les travaux du Champ-de-Mars ; 9. Bureau des comités départementaux ; 10. Echos; 11. L’Exposition du Havre; 12. Le concours régional de Melun ; i3. Le Salon de 1887; 14. Les Livres; i5. Avis commerciaux ; 16. Les Théâtres.
- EXPOSITION UNIVERSELLE
- DE 18 8 9
- M, DAUTRESME ET L’EXPOSITION
- Au président de la chambre de commerce de Paris, l’honorable M. Poirier, le ministre a renouvelé l’assurance que l’Exposition universelle aurait bien lieu en 1889.
- Il a en outre déclaré au président du tribunal de commerce de la Seine qu’il s’entendrait avec son collègue de la justice pour détacher du projet de loi sur la réforme des faillites ce qui concernait les liquidations amiables, afin d’arriver à un vote rapide de cette modification si impatiemment attendue par le commerce.
- Aux membres du conseil des prud’hommes de Paris, M. Dautresme a annoncé qu’il acceptait le projet de loi de M. Lockroy, sauf quelques points de détail.
- ment, dans un tableau d’ensemble, auquel iljoindra, d’ailleurs, les réponses originales.
- §3. — Les exposants sont particulièrement invités à joindre aux documents, statuts, rapports, livres et mémoires qu’ils pourront produire, des objets de nature à attirer l’attention, tels que modèles, dessins, plans en relief, photographies 'sous verre, en albums ou encartons, tableaux graphiques, etc., etc.
- § 4. — Pour chaque catégorie des matières comprises dans l’exposition, il y aura une bibliothèque composée des livres et documents les plus importants concernant cette catégorie (lois, règlements, enquête et rapports officiels, congrès scientifiques ou autres, projets de lois, ouvrages divers, Journaux et publications spéciales ayant pour objet les questions sociales et les institutions de prévoyance). Chaque bibliothèque fera l’objet d’un catalogue imprimé.
- g 5. — Les institutions patronales, exposées dans la section 14, seront, en même temps, indiquées au catalogue des diverses sections auxquelles, par leur nature, elles peuvent se rattacher.
- § 6. — Un exposant pourra réunir, dans une seule et même exposition, des objets ou des institutions appartenant à deux ou à plusieurs sections.
- § 7. — Plusieurs exposants pourront se réunir pour faire, dans une même section, une exposition collective de leurs institutions, ou des objets qu’ils présentent
- § 8. — L’administration de l’exposition pourra placer d’office, dans une ou plusieurs des habitations ouvrières exposées dans la section XI, des collections ou des spécimens de mobiliers, de costumes, de vêtements et d’objets de ménage.
- § 9. — L’administration de l’exposition pourra mettre en activité, sous les yeux du public, de petits ateliers, appartenant aux industries domestiques indiquées dans le programme de la section XV.
- § 10. — A l’exposition d’économie sociale seront rattachés les congrès et les conférences qui ont trait aux matières diverses rentrant dans les classifications et programmes de ladite exposition.
- Art. 3. — Seront institués à l’exposition d’économie sociale des comités d’admission, composés chacun de six membres français et correspondant aux quinze sections indiquées dans l’annexe jointe au présent arrêté. Les présidents et les vice-présidents de ces comités d’admission sont nommés par le ministre.
- Une commission, composée des présidents des quinze comités d’admission, est chargée, conjointement avec le directeur général de l’exploitation, d’organiser l’exposition d’économie sociale.
- En cas d’absence ou d’empêchement d’un président, il est suppléé par le vice-président de son comité d’admission.
- La commission d’organisation constituée par le paragraphe précédent est spécialement chargée de préparer le questionnaire de l’enquête prescrite par l’article 2 du présent arrêté, d’en dépouiller les dossiers et de rédiger un rapport général, tant sur les résultats de cette enquête que sur les travaux des sections et sur l’exposition d’économie sociale.
- Art. 4. — Les quinze comités d’admission et la commission d’organisation, institués par l’article précédent, serviront de base, pourles récompenses à décerner dans l’exposition de l’économie sociale, à la formation des jurys internationaux de section, et du jury international de révision chargé de statuer définitivement sur les récompenses proposées par chaque jury de section. Ce règlement déterminera, notamment, le nombre des membres français, celui des membres étrangers? ainsi que le choix des présidents et vice-présidents français et étrangers.
- Paris, le 9 juin 1887.
- Lucien Dautresme.
- M. Dautresme, en prenant possession du ministère du commerce et de l’industrie et du commissariat général de l’Exposition universelle, en recevant les directeurs généraux de cette dernière, MM. Alphand, Berger et Grison. a prononcé une allocution de tous points excellente, et qui ne peut manquer d’avoir dans les rangs des intéressés, c’est-à-dire des futurs exposants, le plus favorable retentissement.
- Avec beaucoup d’à-propos et en réponse à certaines rumeurs que l’on s’était plu à propager dans divers journaux, M. Dautresme a affirmé que l’Exposition se fera et qu’elle sera ouverte à la date indiquée en 1889.
- Cette déclaration officielle a produit et produira la plus vive impression.
- Elle est un encouragement précieux pour les exposants. Ils redoubleront d’efforts afin de faire honneur à la France qui saura faire aux représentants de toutes les nations un accueil digne d’eux et digne d’elle-même.
- Voici l’allocution de M. Dautresme.
- Messieurs les directeurs,
- C’est mon honorable prédécesseur qui vous a placés à la tête des grands services que vous dirigez ; je n’éprouve donc aucun embarras à vous dire combien je m’applaudis du choix qu’il a fait. Entre vos mains, l’Exposition ne court aucun risque, et son succès est assuré. Je serai heureux de collaborer avec vous, et mon approbation est d’avance acquise à toutes les mesures, que vous croirez propres à en augmenter l’éclat. Je n’y mets qu’une condition : c’est que nous ne sortirons pas des crédits qui ont été votés par les Chambres et que, sous aucun prétexte, je n’entends dépasser. Sur ce point, vous me trouverez inflexible.
- Maintenant, puisque j’en ai l’occasion, permettez-moi d’en profiter pour démentir un bruit qui court, depuis quelques jours, dans une fraction de la presse parisienne.
- On a prétendu que j’avais l’intention d’ajourner l’Exposition. C’est inexact, et rien dans mes actes ni dans mes paroles n’autorise cette allégation. Il convient, d’ailleurs, de rappeler que la date à laquelle l’Exposition doit avoir lieu a été fixée par une loi ; une loi nouvelle serait par conséquent nécessaire pour la modifier, et aucun de mes collègues ni moi ne songeons à la présenter.
- Continuez donc, messieurs, les travaux que vous avez si bien commencés: continuez-les avec plus d’activité encore, s’il est possible, car le temps marche vite, et il faut que tout soit prêt pour le ier mai 1889, pour votre honneur, pour l’honneur de la France et de la République.
- ARRÊTÉ
- Instituant une exposition d’ECONOMIE SOCIALE à l’Exposition de 1889.
- Le ministre du commerce et de l’industrie,
- Vu l’article 5 du décret du 28 juillet 1886;
- Vu l’arrêté ministériel du 26 août i886_, et l’annexe n° 1 contenant le système de classification générale de l’Exposition de 1889,
- Arrête :
- Art. ier. — Une exposition d’économie sociale est instituée à l’Exposition universelle de 1889. Cette exposition s’applique à l’industrie et à l’agriculture. Elle est divisée en quinze sections, comprenant les objets dont l’énumération sommaire est indiquée dans l’annexe jointe au présent arrêté.
- Art. 2. — Sont applicables aux diverses sections de l’Exposition d’économie sociale les règles suivantes :
- § Ier. — L’Exposition d’économie sociale comprend, dans chacune des sections qui la composent d’une part les œuvres d’initiative privée, créées soit par les patrons, soit par les ouvriers, soit par une entente entre les patrons et les ouvriers pour améliorer la condition morale et matérielle de ces derniers, et, d’autre part, les institutions et les établissements créés et entretenus dans le même but par l’Etat, les villes et autres circonscriptions ou autorités compétentes, ainsi que par les associations et les particuliers.
- § 2. — Une enquête préalable sur les objets, les institutions et les œuvres ressortissant à l’exposition d’économie sociale, préparera cette exposition, servira à prononcer l’admission des exposants et à classer d’après des bases à déterminer, leurs mérites respectifs, en vue des récompenses sur lesquelles il sera statué ultérieurement.
- Un questionnaire méthodique sera préparé par la commission d’organisation instituée par l’article 3 du présent arrêté, de manière à guider les déposants et les enquêteurs, tant en France qu’à l’étranger, à faciliter le dépouillement et le classement des réponses, enfin à augmenter l’intérêt pratique de leur rapprochement en les rendant comparable entre elles.
- Pour les pays étrangers, cette enquête aura lieu par les soins de leurs commissaires respectifs.
- Pour la France, elle sera confiée, dans chaque département, à son comité départemental, qui pourra, s’il y a lieu, conformément à l’article 4 de l’arrêté du 3 novembre 1886, demander au préfet de proposer au ministre la nomination de membres adjoints désignés par leur compétence.
- Le comité départemental recueillera les dépositions écrites de toutes les personnes, sans en exclure aucune, qui voudront prendre part à l’enquête et s’adresser, pour provoquer leurs réponses, à celles dont le concours lui semblerait désirable.
- Après avoir contiôlé, s’il y a lieu, ces divers documents par des observations directes, il les coordonnera et les présentera, pour le départe-
- p.673 - vue 239/496
-
-
-
- Troisième Année. — N° 121).
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- Dimanche 19 Juin 1887.
- Classification de l’Exposition d’économie sociale
- SECTION I
- Rémunération du travail. — Formes et' conditions, expresses ou tacites du louage d’industrie, ou contrat de travail. Pe'riodicité et modes du payement des salaires.
- Primes ou sur-salaires, alloués à la quantité produite, à la qualité du produit, ou à l’économie sur la matière première et le combustible.
- Contrat de fermage. Rémunération en nature des ouvriers agricoles.
- Travail des femmes et des enfants dans les manufactures.
- Encouragement au travail. Médailles et prix. Habileté de l’ouvrier industriel ou agricole et récompenses à la durée de ses services.
- section 11
- Participation aux bénéfices.— Associations coopératives de production. — Participation dans les bénéfices. Systèmes divers adoptés. Mode d’emploi du produit de la participation.
- Règlements et statuts. Modèles de comptabilité. Métayage.
- Associations coopératives ouvrières de production. Systèmes divers adoptés pour la constitution de la gérance, les intérêts du capital et la rémunération des auxiliaires.
- SECTION ni
- Syndicats professionnels.— Syndicats professionnels. Chambres syndicales patronales. Chambres syndicales ouvrières. Chambres syndicales mixtes. Trades-Unions. Institutions coopératives diverses.
- Syndicats agricoles.
- Chômages. Grèves. Arbitrage obligatoire ou facultatif.
- Prud’hommes. Bourses du travail. Placement des ouvriers et des employés.
- Sociétés savantes, industrielles ou autres, fondées pour l’étude des questions d’économie sociale dans les centres manufacturiers. Statuts et travaux de ces sociétés.
- SECTION IV
- Apprentissages. — Contrat d’apprentissage. Enseignement technique donné dans l’atelier même, ou dans des écoles et des cours fondés, soit par l’usine, soit par une réunion de chefs d’industrie, soit par les ouvriers eux-mêmes (1).
- Ecoles ménagères. Orphelinats industriels et agricoles.
- Etablissements destinés aux enfants moralement abandonnés.
- Sociétés de patronage pour les apprentis.
- Enseignement aux futurs ouvriers et aux futurs patrons des notions économiques, sociales et industrielles, et du fonctionnement pratique des institutions de prévoyance.
- SECTION v
- Sociétés de secours mutuels. — Sociétés de secours mutuels. Soins médicaux. Médicaments. Indemnité de chômage. Secours à domicile. Dispensaires. Séjour à l’hôpital. Soins de convalescences. Séjour aux eaux. Frais funéraires.
- Pensions de retraite servies par les sociétés de secours mutuels.
- Avantages accordés aux sociétés de secours mutuels approuvées, pour leur permettre de contracter sur la tête de leurs membres une assurance collective en cas de décès.
- Admission des femmes. Secours accordés à l’occasion de la naissance d’un enfant.
- Tableaux statistiques des maladies.
- SECTION VI
- Caisses dé retraite et rentes viagères. — Caisses nationales des retraites pour la vieillesse.
- Pensions et rentes viagères immédiates ou différées constituées par l’Etat, les compagnies d’assurances et les particuliers.
- SECTION VII
- Assurances contre les accidents et sur la vie. — Assurances individuelles ou collectives au profit des ouvriers contre les accidents en cas d’incapacité de travail, temporaire- ou permanente, par blessure ou mutilation,- ou en cas de mort. Retenues opérées d’office dans ce but sur les salaires des ouvriers. Prélèvements faits pour le même objet sur les frais généraux ou les bénéfices.
- Systèmes divers tendant à faire assurer l’ouvrier contre les accidents par l’Etat, parles compagnies privées à primes fixes ou mutuelles, par des syndicats industriels constitués à cet effet obligatoirement et, d’office aux termes de la loi.
- Assurances par les compagnies _ au profit du patron, contre sa responsabilité civile en cas d’accidents.
- Assurances sur la vie : en cas de décès, mixtes, à terme fixe, différées et combinaisons diverses, par l’Etat, les syndicats ou les compagnies d’assurances. Primes ou demi-primes d’assurance payées pour les ouvriers par les patrons ou par des sociétés créées dans ce but.
- (1) Pour l'apprentissage général donné dans des écoles municipales ou entretenues par l'Etat, voir à l'enseignement technique (classe vi de la classification générale publiée dans notre numéro du 29 août 1886).
- Taoles de mortalité.
- Statistique des accidents de toute nature.
- Assurances diverses : incendie, grêle, épizooties.
- SECTION vm
- Epargne. — Caisses d’épargne nationales et postales.
- Caisses d’épargne scolaires.
- Caisses d’épargne placées sous la surveillance de l’Etat.
- Sociétés d’épargne pour l’achat, en commun, de valeurs à lots, système de la Fourmi.
- Systèmes divers d’encouragement à l’épargne.
- Taux de l’intérêt. Subventions. Adoption d’un taux supérieur pour les dépôts les plus faibles.
- Systèmes divers adoptés ou proposés pour la conservation provisoire ou le placement définitif de l’épargne individuelle ou collective des ouvriers et employés.
- Dépôt en compte courant dans la caisse de la maison.
- Dépôt dans une caisse publique.
- Placement obligatoire ou facultatif de l’épargne ouvrière en parts d’intérêts, ou actions de rétablissement industriel.
- Constitution du patrimoine de l’ouvrier pendant son séjour dans l’usine, par voie de capitalisation à intérêts composés, sur livret industriel, du produit de la participation aux bénéfices, des dividendes d’une société coopérative de consommation, ou des subventions du patron, avec ou sans retenue opérée sur le salaire.
- SECTION IX
- Associations coopératives de consommation. — Associations coopératives de consommation.
- Systèmes de vente au prix courant ou au prix coûtant d’aliments, de vêtements, d’objets de ménage. Cuisines et réfectoires. Boulangeries économiques. Règlements, statuts, comptes et budgets. Spécimens d’objets vendus, avec la double indication du prix coûtant et du prix courant.
- section x
- Associations coopératives de crédit. — Associations coopératives de crédit. Systèmes divers adoptés. Responsabilité illimitée, ou engagements restreints. Banques populaires. Banques agricoles Raffeisen. Crédit agricole.
- Avances faites par l’Etat ou par des sociétés financières aux associations ouvrières de production, ou aux ouvriers.
- Prêts d’honneur. Caisse de prêts pour aider au mariage.
- SECTION XI
- Habitations ouvrières (1). Systèmes d’habitations ouvrières isolées, avec ou sans cour et jardin, dont il est possible de devenir propriétaire par annuités, comprenant le loyer et l’amortissement.
- Systèmes des grandes maisons contenant beaucoup de logements agglomérés.
- Logements garnis pour ouvriers célibataires.
- Plans d’habitations salubres et à bon marché.
- Associations coopératives ouvrières pour la construction, l’appropriation, la vente ou la location de maisons ouvrières. Building societies.
- Location au prix courant avec attribution à l’ouvrier locataire, sur un livret de retraite ou d’épargne, de la différence entre ce prix courant et le prix de revient.
- Encouragements à construire des maisons ouvrières par prêts à taux réduit de l’Etat et des villes et par dégrèvement d’impôt ou autres avantages.
- SECTION XII
- Cercles d’ouvriers. — Récréations et jeux. — Cercles d’ouvriers. Working men’s clubs. Construction.1 Organisation. Bibliothèques. Collection, cours, conférences, jeux, récréations, exercices. Orphéons, fanfares, tir et gymnastique.
- SECTION XIII
- Hygiène sociale. Lois, règlements et statuts relatifs à l’hygiène sociale. Alcoolisme, moyens employés pour le combattre. Statistique et documents.
- Sociétés de tempérance et installations qui en dépendent. Système de Gothembourg. Salles de rafraîchissement.
- Protection des enfants du premier âge, des apprentis et des femmes en couches.
- Bains et lavoirs. Piscines.
- Salubrité et sécurité des ateliers.
- Précautions contre les accidents de fabrique. Règlements d’usines.
- SECTION XIV
- Institutions diverses crées par les chefs d’exploitation en faveur de leur personnel. —Gratifications, parts d’intérêt, participation individuelle.
- Subventions sur frais généraux, ou prélèvements, à quelque titre que ce soit, sur les bénéfices pour des institutions de secours, de prévoyance, d’épargne, d’éducation et d’instruction. Crèches, asiles, écoles.
- Enseignement professionnel donné dans l’usine.
- Caisses de secours de mines et fabriques avec
- (1) Voir à la classe xvi de la classification générale.
- ou sans retenues sur les salaires. Infirmeries, secours aux malades, aux blessés, aux femmes en couches, aux veuves et aux orphelins.
- Ouvroirs de fabriques.
- Dots aux jeunes ouvriers.
- Caisses des retraites et asiles pour les vieillards ou les mutilés. Assurances contre les accidents et sur la vie, sur les frais généraux, avec ou sans retenues sur les salaires.
- Caisses d’épargne particulières des usines et fabriques.
- Economats et cantines. Réfectoires économiques.
- Avances gratuites aux ouvriers
- Logements gratuits ou à prix réduits.
- Chauffage gratuit. Location ou vente à bon marché, par les patrons aux ouvriers, de terrains pour cultiver ou construire. Avances laites spécialement dans ce but.
- Institutions particulièrement applicables aux exploitations rurales. Droits d’usage._ Secours médicaux et hospices pour les ouvriers agricoles.
- Etablissements qui, d’une manière générale, ont fait les efforts ies plus grands et.les plus heureux, tant pour améliorer la condition matérielle et morale de leur personnel, que pour mieux établir la solidarité entre les facteurs de la production.
- section xv
- Grande et petite industrie. — Grande et petite culture. —« Statistiques et documents relatifs à la concentration de l’industrie dans de grands établissements. Petits ateliers. Efforts laits pour les propager. Industries domestiques et application de la force motrice à ces industries. Travail de la femme au foyer domestique. Alliance du travail industriel et du travail agricole.
- Grande et petite culture.
- Emigration et repatriement. Stations hospitalières.
- Recettes et dépenses de la famille ouvrière.
- ARRÊTÉ
- Nommant les membres des Comités d’admission de l’Exposition d’économie sociale
- Le ministre du commerce et de l’industrie,
- . Vu l’article 5 du décret du 28 juillet 1880 ;
- Vu l’article 5 de l’arrêté du 20 août 1886, portant règlement général de l’Exposition universelle de 1889.
- Vu l’article 3 de l’arrêté du 9 juin 1887, relatif à la création d’une exposition d’économie sociale à l’Exposition universelle de 1889,
- Arrête :
- Art. 1e1’. — Sont nommés membres des comités d’admission de l’exposition d’économie sociale :
- section ire — Rémunération du travail MM. Jules Simon, sénateur, membre de l’Académie française, secrétaire perpétuel de l’académie des sciences morales et politiques, président.
- Frédéric Passy., député, membre de l’académie des sciences morales et politiques, vice-président.
- Brialou, député.
- Glasson, membre de l’académie des sciences morales et politiques, professeur à la faculté de droit.
- MM.. Paul-Leroy-Beaulieu, membre de l’académie des sciences morales et politiques, rédacteur en chef de Y Economiste français.
- Malapert, professeur au Conservatoire des arts et métiers.
- section 11. — Participation aux bénéfices. — Associations coopératives de production MM. Charles Robert, président de la Société pour l’étude pratique de la participation du personnel dans les bénéfices, président.
- E. Laroche-Joubert, député, vice-président.
- Abel Davaud, comptable à la société coopérative des lunetiers.
- Constant Deville, ouvrier joaillier-bijoutier.
- Marquot, gérant de l’ancienne maison Le-claire, entreprise de peinture en bâtiments.
- Tuleu, fondeur en caractères. section ni. — Syndicats professionnels MM. Lyonnais, député, président.
- Mozet, président du conseil d’administration des chambres syndicales de l’industrie et du bâtiment, vice-président.
- J.-L. Havard, secrétaire perpétuel du comité central des chambres syndicales.
- Muzet, membre du conseil municipal, président des chambres syndicales patronales de la rue de Lancry.
- Hubert Valleroux, avocat, lauréat de l’Institut.
- F. Veyssier, délégué de l’union des chambres syndicales ouvrières de France.
- p.674 - vue 240/496
-
-
-
- Troisième Année. — Ns 129.
- LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE 1SS9
- Dimanche 19 Juin 1887. — 675.
- section iv. — Apprentissage
- MM. Tolain, sénateur, président.
- A. Chaix, directeur de l’imprimerie des chemins de fer, vice-président.
- Aug. Desmoulins, ancien membre du con-' seil municipal.,
- Alarsoulan, conseiller municipal.
- Paul Moutier, entrepreneur de serrurerie.
- Nusse, avocat, secrétaire de la société de protection des apprentis et des enfants employés dans les manufactures.
- section v. — Sociétés de secours mutuels
- MM. Paul Bucquet, ancien inspecteur général des
- établissements de bienfaisance, président.
- Remaury, ingénieur civil des mines, ancien directeur des forges d’Ars-sur-Moselle et Pompey, vice-président.
- Georges Bonjean, juge suppléant, président
- de la société de l’enfance abandonnée ou coupable.
- Corbon, sénateur.
- Goste, lauréat du concours Pereire.
- Denis Poulot, fabricant de produits pour le polissage, ancien maire du 11e arrondissement.
- section vi. — Caisses de retraite et rentes viagères
- MM. Hippolyte Maze, sénateur, président.
- Audiffred, député, vice-président.
- Delombre, rédacteur au journal le Temps.
- Haas, membre de la chambre de commerce, président du syndicat de la chapellerie.
- Benoit Malon, publiciste.
- Mesureur, député, ancien président du conseil municipal.
- section vu. — Assurances contre les accidents et sur la vie
- MM. Léon Say, sénateur, membre de l'Académie française et de l’Académie des sciences morales et politiques, président.
- Aucoc, membre de l’académie des sciences morales et politiques, vice-président.
- Albert Chaufton, avocat au conseil d’Etat et à la cour de cassation, lauréat de l’Institut.
- Alfred de Courcy, administrateur de la compagnie d’assurances générales.
- L. B. Gauthier, de la maison Gaget-Gau-thier et Gie, entrepreneur de couvertures et cuivrerie d’art.
- Dietz-Monnin, sénateur, ancien président de la chambre de commerce de Paris.
- section xiii. — Epargne
- MM. A. de Malarce, secrétaire perpétuel de la société des institutions de prévoyance, président
- Ch. Tranchant, vice-président de la section économique et sociale du comité des travaux historiques et scientifiques, vice-président.
- Georges Bolle, directeur de la société d’épargne la Fourmi.
- de Foville, professeur d’économie industrielle et de statistique au Conservatoire des arts et métiers.
- Frédéric Mallet, président de la chambre de commerce du Havre.
- hipp. Mourceau, fabricant d’ameublements.
- section ix. — Associations coopératives de consommation
- MM. Pernolet, député, président.
- Ernest Brelay, membre de la société d’économie politique, vice-président.
- de Boyve, trésorier de la fédération des sociétés coopératives.
- A. Fougerousse, secrétaire général de la fédération des sociétés coopératives.
- Gibon, directeur des usines de Commentry.
- Heurteau, directeur du chemin de fer d’Orléans.
- section x. — Associations coopératives de crédit
- MM. Ricard, député, président.
- Eugène Pereire, ingénieur civil, vice-président.
- Th. Audéoud, président de la Vieille-Montagne et de la Société des houillères d’Epinac.
- André Cochut, directeur honoraire du Mont-de-Piété.
- Clément Juglar, vice-président delà société d’économie politique.
- René Lavallée, lauréat de l’Institut.
- section xi. — Habitations ouvrières
- MM. Jules Siegfried, député, ancien maire du Havre, président.
- Georges Picot, membre de l’académie des sciences morales et politiques, vice-président.
- le docteur Duménil, médecin de l’asile d’ouvriers convalescents de Vincennes.
- Godin, fondateur du familistère de Guise.
- Emile Muller, ingénieur civil, professeur à l’école centrale des arts et manufactures.
- Emile Trélat, architecte, professeur au Conservatoire des arts et métiers, directeur de l’école spéciale d’architecture.
- sectionxii.— Cercles d’ouvriers, récréations et jeux MM. E.-O. Lami, directeur de la société du dictionnaire encyclopédique de l’industrie et des arts industriels, rapporteur du jury de la classe III à l’exposition d’Anvers, président.
- H. Escoffier, directeur du Petit Journal, vice-président.
- Gruhier, ouvrier en fourrures, administrateur du Moniteur des syndicats ouvriers.
- Limousin, publiciste.
- Georges Michel, membre de la société d’économie politique, lauréat de l’Institut, rédacteur au Journal des Débats.
- Patenne, conseiller municipal.
- section xii. — Hygiène sociale.
- M. le docteur J.-F. Rochard, membre de l’académie de médecine, inspecteur général du service de santé de la marine, président.
- le docteur A.-J. Martin, médecin-auditeur du comité consultatif d’hygiène publique de France, secrétaire général adjoint de la société de médecine publique et d’hygiène professionnelle, vice-président.
- Feillet, chef du cabinet du préfet de la Seine.
- Charles Herscher, ingénieur civil de la maison Geneste, Herscher et Cie.
- le docteur Javal, député.
- Franck Puaux, publiciste.
- section xiv. — Institutions diverses créées par les
- chefs d’exploitation en faveur de leur personnel. MM. Cheys son, ingénieur des ponts et chaussées, ancien président de la société d’économie sociale, ancien directeur du Greuzot, président.
- Ch. Besselière, fabricant d’indiennes à Ma-romme (Seine-Inférieure), vice-président.
- Ed. Goffinon, ancien entrepreneur de travaux publics.
- Griollet, administrateur du chemin de fer du Nord.
- Albert Piat, fondeur-mécanicien.
- Seydoux, manufacturier au Cateau (Nord).
- section xv..— Grande et petite industrie. Grande et petite culture.
- M. E. Levasseur, membre de l’académie des sciences morales et politiques, professeur au Collège de France et au conservatoire des arts et métiers, président.
- MM. Baudrillart, membre de l’académie des sciences morales et politiques, professeur au Collège de France, vice-président.
- . Ducret, président de la chambre syndicale des industries diverses.
- Grandeau, doyen de la faculté des sciences de Nancy.
- Morel, president du conseil des prud’hommes des industries diverses.
- Risfer, professeur d’agriculture, directeur de l’institut national agronomique.
- Art. 2. — MM. Jules Simon, Charles Robert Lyonnais, Tolain, Paul Bacquet, Hippolyte Maze, Léon Say, A. de Malarce, Pernolet, Dietz-Monnin, Jules Siegfried, E.-O. Lami, le docteur Rochard, Cheysson et Levasseur, présidents des quinze comités d’admission institués par l’article précédent, forment, conformément à l’article 3 de l’arreté susvisé du 9 juin 1887, la commission d’organisation de l’exposition d’économie sociale.
- En cas d’absence ou d’empêchement, ils seront respectivement suppléés, conformément aux même article, par MM. Frédéric Passy, E. Laroche-Joubert, Mozet, A. Chaix, Remaury, Audiffred, Aucoc, Ch. Tranchant , Ernest Brelay , Eug. Pereire, Georges Picot, Escoffier, le docteur A.-J. Martin, Ch. Besselièvre et Baudrillart, vice-présidents des mêmes comités.
- M. Léon Say, sénateur, membre de l’Académie française et de l’académie des sciences morales et politiques, est nommé président de la commission d’organisation.
- M. Jules Siegfried, député, est nommé vice-président.
- M. E.-O. Lami est nommé secrétaire.
- Art. 3.. — Chaque section pourra présenter à la nomination du ministre un secrétaire choisi hors de son sein.
- Fait à Paris, le 9 juin 1887.
- Lucien Dautresme.
- DÉCRET
- Réduisant à trois le nombre des membres du Comité administratif de l’Exposition
- Le Président de la République française,
- Vu le décret du 8 novembre 1884;
- Vu la loi du 6 juillet 1886 ;
- Vu le décret du 28 juillet 1886, et spécialement l’article 10 portant : Le ministre réunit auprès de lui, toutes les semaines, un comité administratif composé des trois directeurs généraux et du directeur du cabinet et du personnel au ministère du commerce et de l’industrie » ;
- Sur la proposition du ministre du commerce et de l’industrie,
- Décrète :
- Art.^ ier. — Le paragraphe Ier de l’article 10 susvisé dtp décret du 28 juillet 1886 est modifié comme suit : « Le ministre réunit auprès de lui, toutes les semaines, un comité administratif composé des trois directeurs généraux. »
- Art. 2. — Le ministre du commerce et de l’industrie espchargé de l’exécution du présent décret.
- Fait à Paris, le 11 juin 1887 .
- Jules Grévy.
- Par le Président de la République.
- Le ministre du commerce et de l’industrie Lucien Dautresme.
- COMITÉS D’ADMISSION
- Par arreté en date, du 8 juin 1887, D ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général, a nommé membres des comités d’admission de l’Exposition universelle de I8S9 :
- Classe 3o. — M. Dehollain (E.), négociant en tissus de coton pour doublures.
- Classe 45. — M. Lorilleux (Charles), fabricant d’encre d’imprimerie et de couleurs.
- Classe 51. — M. Capgrand-Mothes, président de la chambre syndicale des fabricants de produits pharmaceutiques de France, en remplacement de M. Limousin, décédé.
- Classe 58. — M. Debié (E.), directeur d’un bureau d’études et d’installation de papeteries, membre des comités d’installation à l’Exposition de Paris 1878, en remplacement de AI. Lesper-mont, décédé.
- Classe 67. —M. Gibou (Edouard), président de la chambre syndicale des fécules de Paris, en remplacement de M. Boursier, décédé.
- DÉCRET
- Nommant un membre de la commission de contrôle et de finances.
- Le Président de la République française,
- Vu le décret du 28 juillet 1886 ;
- Vu le décret du 14 octobre 1886;
- . Sur le rapport du ministre du commerce ‘et de l’industrie,
- Décrète :
- M. Magnin, sénateur, gouverneur de la Banque de France, est nommé membre de la commission consultative de contrôle et de finances de l’Expo-sition. universelle de 1889, en remplacement de M. Millaud, sénateur, nommé ministre des travaux publics.
- Fait à Paris, le 2 décembre 1886.
- Jules Grévy.
- Par le Président de la République.
- Le ministre du commerce et de l’industrie Edouard Lockroy.
- . DÉCRET
- Nommant deux secrétaires de la Commission de Contrôle et des Finances de l’Exposition.
- Le Président de la République française,
- Vu le décret du 8 novembre 1884;
- Vu la convention du 29 mars 1886 ;
- Vu la loi du 6 juillet 1886 ;
- Vu le décret du 28 jui’let 1886;
- Vu l’arrêté ministériel du 26 août 1886, portant règlement général de l’Exposition, et l’arrêté du 9 octobre modifiant l’article 6 dudit règlement ;
- Vu le décret du 14 octobre 1886 ;
- Sur la proposition du ministre du commerce et de l’industrie ;
- De l’avis du conseil des ministres,
- Décrète :
- Art. ier. — Sont nommés secrétaires de la commission consultative de contrôle et de finances de l’Exposition universelle de 1889 :
- MM. Dautresme (David), chef du cabinet du ministre du commerce et de l’industrie, en remplacement de M. Georges Payelle.
- Rouehé (Jacques), sous-chef du cabinet du ministre du commerce et de l’industrie, en remplacement de Al. Georges Paulet.
- Art. 2. — Le ministre du commerce et de l’industrie est chargé de l’exécution du présent décret qui sera publié au Journal officiel de la République française.
- Fait à Paris, le i3 juin 1887.
- Jules Grévy,
- Parle Président de la République :
- Le ministre du commerce et de l’industrie,
- Lucien Dautresme.
- p.675 - vue 241/496
-
-
-
- 676. — Troisième Année. — N° 129.
- LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE 18S9.
- Dimanche 19 Juin 1887.
- Par arrêté en date du i3 juin 1887, et vu le décret du i3 juin 1887, le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général, a affecté les secrétaires de la commission consultative de contrôle et de finances de l’Exposition aux trois sous-commissions des' travaux, de l’exploitation et des finances, de la manière suivante :
- Sous-commission des travaux: M. David Dau-tresme, chef du cabinet du ministre du commerce et de l’industrie.
- Sous-commission de l’exploitation: M. Jacques Rouché, sous-chef du cabinet du ministre du commerce et de l’industrie.
- Sous-commission des finances: M. Méliodon, secrétaire général du Crédit foncier de France.
- RÉSULTAT DE L’ADJUDICATION
- des travaux de couverture et plomberie
- Lé lundi i3 juin, à une heure, il a été procédé, au conseil de préfecture, à l’adjudication en un lot des travaux de couverture, plomberie et zin-gage à exécuter en location pour les galeries des expositions diverses dans le Champ-de-Mars.
- Ges travaux, évalués à 256,o38 francs, ont été adjugés à MM. Samson et Cie, moyennant un rabais de 26,70 0/0
- LES TRAVAUX DU CHAMP-DE-MARS
- Nous publions aujourd’hui deux vues photographiques permettant d’embrasser d’un seul coup d’œil l’ensemble de deux des ateliers concessionnaires des fermes métalliques de 2 5m.
- Ces ateliers sont ceux des forges de St-Denis et de l’usine Joret qui sont chargés de construire les corps de bâtiments faisant partie du palais des industries diverses, situés, le premier, parallèlement à l’avenue de Suffren , et le second, suivant la direction de l’avenue de Labourdonnais, tous deux en regard l’un de l’autre; l’usine de St-Denis ayant commencé plus tôt (4 mai) se trouve en avance sur l’autre qui proportionnellement travaille tout aussi rapidement, grâce à son installation de deux pylônes que nous avons décrits en détail précédemment et qu’on peut apercevoir sur la gauche du dessin ; l’aspect robuste de ces engins et leurs dimensions que nous trouvions même trop fortes inspirent toute confiance sur l’issue de l’opération, toujours un peu dangereuse, du dressage de charpentes métalliques. Cette confiance a été heureusement justifiée jusqu’à ce jour dans cet atelier; il en est du reste de même dans les autres, aucun accident ne s’est encore produit. Comme les nécessités du tirage obligent à prendre la vue photographique quelques jours avant la publication du journal, on ne compte sur le dessin représentant les ateliers de l’usine Joret que 20 fermes en place ; bien qu’en réalité il y en ait davantage aujourd’hui; en effet, leur membre s’éièveà 3odont uu certain nombre sont garnies de leurs chevrons et petits fers à vitrage tant pour la toiture proprement dites que pour le lanterneau.
- Quant à l’autre dessin, chantiers de St-Denis, on y peut voir deux travées entièrement terminées et les chèvres ordinaires qui ont servi à faire cet ouvrage ; actuellement on travaille à la toiture et nous ferons ici, au sujet de l’avancement de la besogne la .même remarque relative au temps écoulé depuis la prise de la vue jusqu’au tirage ; la troisième travée est entamée.
- Aujourd’hui et par exception les photographies-que nous publions sont toutes deux de grand format, nous avons pris cette décision afin de donner à nos lecteurs la faculter de juger dans leur ensemble les deux chantiers dont nous parlons et de pouvoir établir des comparaisons ; en donnant des gravures de dimensions moindres, bien des détails auraient échappé qui présentent un véritable intérêt ; si on examine attentivement le travail accompli, en se rappelant que les quatre ateliers sont sensiblement aussi avancés les uns que les autres et si on réfléchit qu’il n’y a guère qu’un mois écoulé depuis le commencement du
- montage, on ne peut s’empêcher d’admirer la promptitude qui y a été apportée et de constater que ce court laps de temps ne pouvait être plus utilement mis à profit.
- L'usine Roussel et les forges de la Franche-Comté avant toute l’avance nécessaire pour leur approvisionnement de matériel ne subissent aucun arrêt dans les diverses opérations du montage, toutes les pièces sont symétriquement rangées sur le sol à l’endroit où elles doivent etre employées et il n’y a qu’à amener les appareils, chèvres, treuils, etc..., pour opérer leur dressage, c’est là une bonne organisation qui fait regagner
- et au delà le temps passé à déposer au préalable chaque pièce à sa place respective.
- Chez M. Roussel il ya3i fermes entièrement montées et les ateliers de la Franche-Comté qui, ainsi que nous l’avons dit, n’opèrent pas de la même manière que les trois autres concessionnaires, en sont à leur trente et unième charpente. Sans pouvoir rien préjuger encore nous ne serions pas étonné que ce chantier l’emportât sur les autres comme vitesse d’exécution; au total il y a actuellement 126 fermes montées sur les 400 environ que comportera le palais des industries diverses. Dans cette proportion toutes ces charpentes pourraient être dressées vers la fin du mois d’août.
- Nous faisons remarquer précédemment que grâce aux dispositions adoptées, aux précautions prises et à l’attention des ouvriers, aucun accident n’était à déplorer jusqu’à ce jour; il faut d’autant plus s’en féliciter que cette heureuse chance est malheureusement rare car le maniement d’objets métalliques aussi grands et aussi pesants n’est pas Toujours sans danger, il suffit d’une fausse manœuvre, d’une attache venant à céder pour que les ouvriers soient atteints par une de ces énormes poutres ; espérons que rien de pareil ne se produira et que nos chantiers si gais et si encourageants à voir continueront à bénéficier de la chance qu’il faut souhaiter à toute œuvre utile et humanitaire. A ce propos il est un fait curieux à signaler, c’est que lamajeurepartie des accidents ne sont pas dus aux engins les plus dangereux en apparence, ils ont souvent une cause que le public chercherait vainement à deviner et qui n’est autre que la chute de petits morceaux de fer tels que boulons, rondelles et autres pièces de minimes dimensions et très légères par conséquent; au premier abord cela peut paraître surprenant mais si on tient compte du nombre de ces pièces employées journellement on ne trouve rien d’étonnant à ce qu’il en tombe beaucoup, de plus la hauteur de chute étant considérable ces petits objets acquièrent en descendant une force qui les rend redoutables et peut occasionner de sérieuses blessures.
- Comme travaux de terrassement nous avons la continuation des déblais que nécessite le jardin central et l’achèvement de la mise à niveau de la partie du Champ-de-Mars comprises entre les deux branches latérales du palais des industries diverses. Dans cet endroit la quantité de terre à remuer n’est pas trop considérable, le terrain étant, naturellement, assez horizontal, niais par contre le cube à manier pour l’établissement du jardin est important puisqu’en certains points la cote sera de 35m6o alors que la cote générale de 35moo, ce qui fait une différence de niveau de 2m.
- Dans les chantiers des fondations la partie du travail primitivement déterminée touche à sa fin, les maçonneries du palais des arts libéraux sont entièrement achevées, et au bâtiment des beaux arts il n’y a plus qu’un sous-sol à terminer, tout peut être fini d’ici une quinzaine de jours et il y aura alors à exécuter les travaux relatifs aux dômes, travaux qui eux aussi présenteront une certaine importancet ant par leur valeur réelle que par les soins tout particuliers qu’ils nécessiteront.
- La voie ferrée se continue activement, l’artère principale va maintenant presque jusqu’à la limite, c’est-à-dire jusqu’à l’avenue de Lamotte-Piquet et on commence le terrassement nécessaire à la pose d’une artère transversale qui, branchée sur une des plaques tournantes que nous avons signalées, ira suivant le sens de la largeur du Champ-de-Mars pour aboutir non loin du pavillon de l’administration; quelques traverses sont déjà en place.
- Il n’y a presque plus de déblai à enlever sur le chantier de M. Eiffel, quelques petits monticules restent seuls qui seront utilisés pour combler les vides du pilier n° 1, presque terminé.
- Dans les autres piliers on procède toujours à la pose des assises en pierre de taille avec toutes les précautions et tous les soins que nous avons décrits ; on peut considérer les fondations de la tour comme terminées et actuellement les pièces métalliques commencent à arriver de l’usine de Levallois-Perret ; bientôt ce sera une procession ininterrompue de convois lourdement chargés venant déposer au Champ-de-Mars les masses de fer travaillées d’avance à l’usine et n’attendant plus que l’assemblage, partie délicate du travail et dont, à coup sûr, on suivra les diverses phases avec une grande curiosité à laquelle se joindra forcément un peu d’émotion.
- Pour décharger les chariots et poser les matériaux sur le sol on a installé une grande charpente roulante portant à sa partie haute un treuil à
- engrenage; cette disposition offrira toute commodité et surtout une entière sécurité.
- Dans notre numéro du 8 mai 1887, nous disions qu’il était nécessaire de baisser le niveau de l’avenue de Labourdonnais et qu’une décision avait été prise à ce sujet ; on peut voir aujourd’hui cette modification en pleine période d’exécution ; le chantier occupe toute la partie de l’avenue qui s’étend depuis la rue du Champ-de-Mars jusqu’à l’école militaire. Naturellement la circulation des voitures ne peut plus s’effectuer par ce tronçon, aussi s’efforce-t-on d’aller aussi vite que possible pour rendre minirna la durée de cette gêne inévitable.
- Il v a quelques jours, le congrès des architectes français est allé visiter les travaux du Champ-de-Mars, le rendez-vous avait été pris pour le matin à neuf heures au pavillon Rapp. Afin de rendre plus clairs les détails qui devaient être fournis sur place, M. le directeur des travaux a réuni les membres du congrès et leur a donné rapidement des explications sur l’ensemble de l’exposition, leur faisant voir sur le plan l’emplacement des divers bâtiments à élever ainsi que celui des diverses annexes ; puis ces messieurs ont parcouru les chantiers, ont constaté l’état d’avancement des travaux et se sont assurés de visu de la parfaite exécution des différentes entreprises.
- Fl. de Baecker.
- BUREAUX DES
- COMITÉS DÉPARTEMENTAUX
- MANCHE
- Sous-Comité de l’arrondissement d’Avranches
- Président — M. Morel, conseiller général, ancien député, à St-James.
- Vice-présidents. — MM. Tétrel, conseiller général, maire de Villedieu ; Langlois, vice-président de la nouvelle société d’agriculture d’Avranches, à Avranches ; Dior (Lucien), fabricant d’engrais, à Granville.
- Secrétaires. — MM. Debon (Léon), négociant à Avranches ; Hélie (Jules), agriculteur, maire de St-Aubin-de-T erregatte.
- Sous-Comité de Varrondissement de Cherbourg
- Président. — M. Manger (Léon), président de la Chambre de commerce de Cherbourg, à Cherbourg.
- Vice-président. — M. Jouan, capitaine de vaisseau en retraite, président société académique de Cherbourg, à Cherbourg.
- Secrétaires. — MM. Noyon, directeur de l’école d’apprentissage d’ébénisterie et de menuiserie à Cherbourg ; Hainneville (Léon), négociant, vice-président société agriculture, à Cherbourg ; Lesage, fabricant de couvertures, à Cherbourg.
- Sous-Comité de /’arrondissement de Coutances
- Président. — M. Briens, ancien député, ancien préfet, maire de Cerences.
- Vice-présidents. — MM. Régnault, ancienjde'puté, maire de Périers ; Boissel-Dombreval, conseiller général, maire de Coutances.
- Secrétaires.— MM. Guillemette, conseiller général, juge de _ paix, à Coutances ; Le Coupey, agriculteur, maire de St-Denis-le-Gast.
- Sous-Comité de Varrondissement de Mortain
- Président. — M. Labiche, sénateur, conseiller général, maire de Sourdeval.
- Vice-présidents. — MM. Lefresne, conseiller général, conseiller à la Cour d’appel de Caen, à St-Hilaire-du-Harcopët ; de Bailliencourt, maire de Mortain, à Mortain.
- Secrétaire. — M. Guérin, agriculteur, conseiller d’arrondissement, maire du Mesnil-Thibault.
- Sous-Comité de /’arrondissement de Valognes
- Président. — M. Sébire, sénateur, maire de Valognes.
- Vice-présidents. — MM. Bretel, fabricant de beurre, à Valognes ; Buhot, conseiller d’arrondissement, propriétaire-éleveur, au Ham.
- Secrétaire. —M. Lebarbenchon, agriculteur, maire de Sotteras.
- PAS-DE-CALAIS
- Président. — M. Camescasse, ancien préfet.
- Vice-Présidents. — MM. Baudelocque, conseiller général, maire de Boulogne-sur-Mer; Leloup, conseiller général, président de la chambre de commerce d’Arras.
- Secrétaires. — MM. Jonnart, conseiller général, chef de bureau au ministère de l’intérieur à Paris; Comon, professeur départemental d’agriculture à Arras ; Elie Ledieu, président du tribunal de commerce, négociant à Arras.
- Sous-Comité de l’arrondissement d’Arras
- Président. — M. Elie Ledieu, président du tribunal de commerce.
- l
- p.676 - vue 242/496
-
-
-
- p.n.n. - vue 243/496
-
-
-
- N9129
- LE MONITEUR De L.^POSITION DE 1889
- Dimanche 19 Juin 188'
- JL
- EXPOSITION UNIVëRselle de 1889
- CHANTIERS DE LA SOCIÉTÉ DES ATELIERS DE ST DENIS
- Sgap.^rue de l'Echelle Papta
- Plaques, de W^üilleminotàC1
- A. Broise & Courtier, Phot.
- CHANTIERS DE M.AV JORET & C,E
- p.dbl.n.n. - vue 244/496
-
-
-
- p.n.n. - vue 245/496
-
-
-
- Troisième Année. — N° 129.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 19 Juin 1887. —677.
- Vice-Président. — M. Deconinck (Jules), négociant à Arras.
- Secrétaire. — M. Demory, artiste-peintre, à Arras.
- Secrétaire-adjoint. — M. Gousseaume (Julien), artiste-peintre, à Arras.
- Sous-Comité de Y arrondissement de Béthune
- Président. — M. Déprez (André), conseiller général, maire d’Harnes.
- Vice-Président. — M. Leroy, directeur des mines de Bruay, maire de Bruay.
- Secrétaire. — M. Hanicotte (Léon), distillateur, conseiller municipal à Béthune.
- Sous-Comité de Y arrondissement de Boulogne-sur-Mer
- Président. — M. Huret-Lagache, conseiller général, président de la chambre de commerce, maire de Condette.
- Vice-Présidents. —• MM. Fournier, président de la chambre de commerce de Calais ; Farjon, membre de la chambre de commerce, de Boulogne.
- Secrétaires. — MM. Sauvage, directeur de la station agricole de Boulogne ; Lelièvre, ancien professeur, à Boulogne ; Chanson, ingénieur, à Calais ; Brunet-Roch, agriculteur aux Attaques.
- Sous-Comité de l’arrondissement de Montreuil-sur-Mer
- Président. — M. Manier, conseiller général, maire de Montreuil.
- Vice-Président. — M. Guyot, conseiller général, maire d’Ecquemicourt.
- Secrétaires. — MM. Charpentier, avoué à Montreuil ; Reisenthel, propriétaire à Bernienlles. _
- Trésorier. — M. Pruvost-Caron, conseiller d’arrondissement, à Fruges.
- Sous-Comité de l’arrondissement de Saint-Omer
- Président. — M. Forion, président de la Chambre de commerce de Saint-Omer, maire de VVar-drecques.
- Vice-Président. — M. Ringot, conseiller d’arrondissement. maire de Saint-Omer.
- Secrétaires. — MM. Blanquet (Paul), juge suppléant au tribunal de commerce de Saint-Omer, brasseur à Saint-Omer; Brillaud, industriel à Saint-Omer.
- Trésorier. — M. Vasseur, adjoint au maire de Saint-Omer.
- Sous-Comité de l’arrondissement de Saint-Pol
- Président. — M. Georges Graux, conseiller général, à Saint-Pol.
- Vice-Président. — M. Héroguelle Victor, maire de Saint-Pol.
- Secrétaire-Trésorier. — M. Pillot (Clément), principal du collège, à Saint-Pol.
- ÉCHOS
- Paris
- C’est demain lundi 20 .juin que clôture l’exposition dès œuvres de Millet à l’Ecole des beaux-arts. Avis aux retardataires qui n’ont encore pu visiter cette collection unique.
- *
- * •¥
- Demain également, clôture de l’exposition des peintures décoratives exécutées par M. E. Cliar-lemont pour le théâtre impérial de Vienne.
- Cette exposition est ouverte depuis mercredi 15 juin au musée des Arts décoratifs, Palais de l’Industrie, porte VII, près le Cours-la-Reine.
- * ¥
- C’est dans la seconde quinzaine d’octobre qu’aura lieu à l’École des Beaux-Arts l’exposition des envois de Rome.
- * *
- Samedi dernier la Société centrale des_ architectes français a procédé à la distribution des récompenses à ses lauréats. La cérémonie a eu lieu dans la salle de l’Hémicycle des beaux-arts.
- Voici la liste des récompenses décernées :
- 1 «Architecture prime.— Grandes médailles d’aro-ent: MM. Boileau, architecte à Paris; Garros, architecte à Bordeaux. — Médaille d’argent: jurisprudence : M. Alfred Normand, architecte à paris. _ Archéologie: M. Charles Chipiez, architecte à Paris.
- 2° Ecole de France à Athènes. — Grande médaille d’argent: M. Fougères, membredel’Ecole de France à Athènes (Fouilles de Délos).
- 3° Ecole nationale des bcaux-aHs. — Grandes médailles d’argent: MM. Eustache et Bernard, élèves de M. Ginain.
- 4° Ecoles prioèes d’architecture. — Grande médaille d ’argent : M. Raphel, élève de M. Raulin.
- 5° Ecole nationale des arts décoratifs. — Grande médaille d’argent: M. Judas, élève de M. Ruprich Robert,
- 6° Industries d’art,. — Médaille d’argent: M. Froment Meurice, orfèvre à Paris
- 7° Ecole municipale cl’apprentis. — Ecole Diderot. — Médaille d’argent : M. Beauhaire. — Médaille de bronze: M. Godfrin.
- 8° Cercle des maçons et tailleurs de pierre. — Médaille d’argent: M. Salles, — Médaille de bronze: M. Marcou.
- 9° Personnel du bâtiment.— Médailles d’argent: MM. Jugand, entrepreneur de menuiserie à Paris; Pillet, entrepreneur de charpente bois et fer à Paris; Salesse, entrepreneur de serrurerie à Oullins (Rhône); Sudrot, entrepreneur de maçonnerie à Paris. — Grandes médailles de bronze : MM. Bienvenu, maître compagnon plombier; Chapuzet, peintre. — Médailles de bronze : Dufour, contremaître carrier ; Lambert, céramiste; Maf-frand, appareilleur ; Pangaud, maître compagnon maçon ; Lamy, charpentier ; Coville, charpentier; Fourgeot, contremaître serrurier; Chevallier, contremaître de constructions métalliques ; Bas-saler, maître compagnon couvreur ; Boïeldieu, maître compagnon couvreur ; Désarnaud Lozet, Margerin, contremaîtres menuisiers; Liandier, maître compagnon fumiste ; Marie, marbrier ; Ricard, pavage et terrasse, e,t Lavieuville, contremaître d’appareils à gaz.
- •*
- * *
- ETRANGER
- Allemagne
- L’Association Centrale industrielle des Pays Rhénans et de la Wesplialie a organisé dans les galeries de l’Union industrielle de Dortmund une intéressante exposition d’objets d’art industriel.
- *
- * *
- Les résultats financiers de la quatrième exposition régionale industrielle, organisée l’année dernière à Augsbourg, pour la Souabe, présentent un excédent de 8.800 marks.
- *
- * *
- Une exposition scientifique aura lieu prochainement à Wiesbade, à l’occasion du sixième Congrès des naturalistes et médecins allemands. Strictement scientifique et exclusive de tout caractère mercantile, elle aura pour but de réunir les instruments et appareils les plus récents et les plus perfectionnés, mis dans ces dernières années à la disposition du médecin et du savant.
- Tous les objets qui ne répondront point à ce programme seront. rigoureusement exclus. Aucune taxe ne sera perçue pour les emplacements et l’insertion au Catalogue. Le comité prend à.sa charge les frais d’assurance contre l’incendie.
- *
- ¥ *
- La première grande exposition générale qu’organisait la Société allemande d’agriculture, a eu lieu à Francfort-sur-le-Mein du 9 au 13 juin.
- Elle renfermait environ 1.400 machines, appareils et instruments, dont environ 200 charrues de constructions variées.
- Les exposants au nombre de 100 étaient les premières maisons d’Allemagne et de l’étranger.
- Cette exposition est la première d’une série de manifestations analogues que se proposent d’organiser les promoteurs et qui permettra aux constructeurs de machines de recueillir tous les avantages d’une grande publicité en exposant une fois par an au lieu de transporter leurs produits d’un endroit à l’autre, sans grand profit.
- L’agriculteur aura, de son côté, l’occasion de connaître les progrès chaque année dans la machinerie agricole, et l’avantage de pouvoir faire ses choix dans une grande variété de spécimens.
- *
- * *
- Angleterre
- L’Académie Royale d’Écosse prépare une exposition d’aquarelles qui aura lieu à Edimbourg dans le courant de juillet. Le Journal des Arts nous apprend que les envois seront reçus jusqu’au 1er juillet.
- ¥ *
- La troisième exposition annuelle de carlins a eu lieu dans St-Stephen’s Hall au Royal Aquarium Westminster.
- *
- ¥ ¥
- Brésil
- L’Assemblée législative provinciale de la province d’Amazonas vient d’être saisie d’une demande de crédit de 150.000 francs pour l’organisation d’une section spéciale de l’Amazone à l’Exposition de Paris 1889.
- *
- * *
- Belgique
- La seizième exposition des Beaux-Arts organisée à Spa, sous les auspices du Gouvernement et de l’administration communale, ouvrira le 10 juillet dans de nouvelles galeries, pour clôturer dans la deuxieme quinzaine de septembre.
- Nous renvoyons, pour tous autres détails, aux journaux artistiques.
- * *
- Danemark
- Une exposition Scandinave industrielle, agricole et artistique, d’une très grande importance aura lieu à Copenhague, l’année prochaine.
- Les sections artistiques seront internationales. L’inauguration est fixée au 18 mai 1888, la fermeture au 30 septembre. Cependant le Comité se réserve de retarder la clôture jusqu’au mois de novembre.
- * *
- Italie
- Une exposition internationale typographique dont l’ouverture aura lieu en août prochain, s’organise à Milan par les soins des Sociétés locales et de l’Institut typographique Pie.
- Le comité d’initiative vient de lancer ses invitations.
- * *
- L’exposition annuelle des travaux des pensionnaires de l’Académie de France, à Rome, est ouverte à la villa Médicis, depuis le 1er juin.
- Notre excellent confrère le Bollettino delle Finanse, Fer rode c Industrie, nous apprend que l’on prépare à Turin, à l’occasion du congrès des pompiers italiens, qui s’y tiendra prochainement, une exposition internationale de machines et appareils servant à l’extinction des incendies, aux sauvetages de tous genres, ainsi que d’équipement et d’habillement des corps spéciaux.
- Seront admis comme exposants :
- 1° Les corps de pompiers indigènes et étrangers.
- Les constructeurs de machines et appareils, pour l’extinction des incendies, pour le sauvetage et les représentants des industries d’habillement et d’équipement des pompiers.
- 3° Les auteurs de projets d’édifices publics ou autres, étudiés au point de vue de la sécurité générale.
- 4° Les sociétés d’assurances sur la vue, contre l’incendie et les cas fortuits, pour tout ce qui a trait aux variétés et aux conditions diverses d’assurance.
- Les exposants, en faisant leurs demandes, devront transmettre au comité une nomenclature des objets qu’ils entendent exposer et indiquer à peu près la superficie nécessaire.
- Les emplacements seront concédés gratuitement, tous les frais d’emballage, de transport aller et retour et d’installation restant d’ailleurs à la charge de l’exposant.
- Un jury, composé de personnalités compétentes, désignées par le comité et les exposants, présidera aux expériences et aux essais d’appareils qui' se feront sur la demande de l’exposant et décernera des attestations constatant les résultats obtenus.
- * *
- Une exposition des industries locales a été inaugurée àFaènza le 7 juin.
- * *
- République Argentine
- Le gouvernement de la République Argentine a institué récemment, à l’étranger, des offices spéciaux d’informations, chargés de fournir gratuitement, en français, anglais, allemand, italien et espagnol, à tous ceux qui en feront la demande, les renseignements les plus complets sur le pays, sa législation et ses produits.
- Ces bureaux doivent aussi réunir et' coordonner toutes les nouvelles et les renseignements les plus importants sur les pays où ils sont établis.
- Jusqu’ici des offices d’informations ont ôté installés à Paris, Londres, Berlin, Vienne, New-York Bruxelles et Berne et la directeur du Bureau de Paris est aussi inspecteur des autres offices d’Europe.
- Le gouvernement argentin s’occupe actuellement de réunir des séries complètes d’échantillons de produits indigènes, qui seront envoyés à ces offices étrangers.
- Russie
- Une exposition consacrée à l’industrie de la naptlie et à la question de l’éclairage aura lieu de novembre 1887 à février 1888, sur l’initiative de la société technique de Saint-Pétersbourg.
- Les adhésions sont reçues jusqu’au 13/ 1er août. *
- * *
- Suède
- Les Chambres suédoises ont rejeté la proposition que leur soumettait le Gouvernement, de voter un crédit de 50,000 couronnes, pour assurer la participation de la Suède àla grande exposition Scandinave, qui aura lieu en 1888à Copenhague et dont il a été parlé plus haut :
- Le motif allégué est que le Danemark n’est pas un débouché pour les produits de l’industrie suédoise.
- iéih 1 T* -rf- ssr— _
- p.677 - vue 246/496
-
-
-
- Dimanche iq Juin 1887.
- 67S. — Troisième Année. — N° 129.
- EXPOSITION MARITIME
- DU HAVRE
- L’Exposition maritime du Havre a définitivement inauguré la semaine dernière son éclairage électrique et le public y est dès maintenant régulièrement admis tous les soirs. L’installation électrique, prête dès le jour de l’ouverture officielle, a dû attendre le montage des moteurs et des chaudières, qui n’ont pris le service quôtidien que tout dernièrement.
- Dès l’origine, M. Bénard, l'intelligent directeur de l’Exposition s’était préoccupé d’assurer à la nouvelle exposition l’attrait d’un éclairage électrique, afin de lui permettre d’ouvrir ses portes aux nombreux visiteurs de nos bains de mer, pendant une saison toujours très fréquentée. — L’électricité rentrait du reste dans le programme de l’Exposition : rien de plus logique que d’en faire une application probante sur une grande échelle, qui devait fournir eu même temps une démonstration aussi scientifique qu’utile.
- L’éclairage de la façade de l’Exposition, des promenoirs à couvert établis sur pilotis le long du bassin du Commerce, du jardin intérieur avec son kiosque de musique fut donc décidé, et la compagnie continentale Edison chargée de l’installation.
- Elle s’adjoignit la société F Eclairage Electrique, qui devait illuminer au moyen de foyers Jablochkoff les espaces découverts de l’Exposition. L’éclairage de la galerie des machines fut réservé aux diverses autres sociétés qui auraient désiré exposer leurs appareils.
- L’éclairage par incandescence comprend 1,200 lampes Edison de 10 bougies, et.4.00 de 16 bougies, et absorbe une force d’environ 200 chevaux-vapeur mis à la diposition de la compagnie Edison par l’Exposition, et répartis en deux moteurs de la maison Windsor de Rouen. L’un de iro chevaux est une machine à balancier système Woolf, à détente variable par le régulateur, système Hall-Windsor, l’autre, une machine horizontale à déclic, à distribution par soupapes équilibrées et à échappement par tiroirs circulaires.
- Quatre dynamos Edison de 120 volts et de 3oo ampères chacune, fournissent le courant nécessaire à l’alimentation de toutes les lampes allumées simultanément.
- Les machines sont placées dans le bâtiment construit le long du quai d’Orléans, à peu près au milieu de la galerie des machines. La longueur des circuits, qui s’en détachent, et qui sont au nombre de vingt-quatre environ varie de i5oà 200 mètres.
- Enfin les dynamos de la société l’Eclairage Electrique sont actionnées 'par deux machines à vapeur, horizontales, de la maison Obryet Grand-demange de Paris, l’une fixe de 35 chevaux, l’autre mi-fixe de 20 chevaux.
- Constatons dès maintenant que ces installations marchent à souhait, et que la lumière est d’une fixité remarquable, et réalise une illumination brillante.
- ; Voici maintenant la répartition des lampes dans l’Exposition et la désignation des locaux éclairés :
- La grande salle des fêtes sur la place du Théâtre-Français comprend 400 lampes de 16 bougies groupées sur des lustres; celui du centre n’en compte pas moins de i5o.
- La façade intérieure de l’Exposition sur le jardin est éclairée au moyen de 920 lampes de 10 bougies, dont 375 pour chaque côté et 170 pour le motif central.
- Les lampes attachées en cordons de feu le long de toutes les arêtes du bâtiment, encadrent de guirlandes incandescentes les arceaux mauresques des fenêtres, et dessinent la silhouette élancée des deux tours latérales et du couronnement de la coupole représentant le globe terrestre au centre de la façon de l’Exposition.
- Le coup d’œil depuis la passerelle mobile établie sur le bassin du Commerce est magnifique, et l’effet de la silhouette enflammée du Palais de l’Exposition sur le fond noir de la nuit, vraiment grandiose. _ b
- Le kiosque de musique, au milieu du jardin, en avant de la façade, renferme 100 lampes de 10 bougies.
- Enfin deux cents lampes ont été réparties dans le jardin, aux abords du kiosque, et attachées directement aux arbres, au milieu du feuillage, étoilant ainsi de points lumineux et brillants les allées obscures du jardin. C’est la reproduction de l’effet heureux de ce genre d’éclairage que l’on a pu voir fonctionner l’année dernière aux Expositions de Londres.
- Il nous reste à mentionner les quarante foyers Jablochkoff répartis le long des promenoirs à couvert établis sur pilotis parallèlement aux quais du bassin du Commerce, et dans le jardin de l’Exposition.
- Sur le bassin lui-même, un café flottant installé sur un bateau tout gréé, reçoit également du courant des dynamos Edison "et s’éclaire à l’incandescence.
- L, installation qui a été exécutée en moins d’un
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- • -
- mois et demi, fait le plus grand honneur à l’Exposition, qui en a eu l’initiative, et à la Compagnie qui a su la mener à bonne fin.
- *
- * *
- Dans notre précédent article nous avons signalé les envois, de nos premiers facteurs de pianos; nous avons surtout remarqué l’Exposition Gouttière et il nous paraît intéressant de donner quelques détails sur la fabrication de cette maison qui marche résolument dans la voie du progrès.
- On sait que les pianos droits, par leur volume restreint, réalisent la forme par excellence, forme à laquelle ils doivent leur vulgarisation immortelle, bien que la puissance sonore du piano à queue soit plus considérable. Cependant, il est probable, et nous ne faisons ici que reproduire l’opinion de quelques facteurs compétents, il est probable, disons-nous, que, eu égard aux avantages incontestables du piano droit, et la tendance des facteurs étant toujours d’en augmenter la sonorité, le piano droit finira par égaler l’ampleur du piano à queue.
- Dans ce but, on a imaginé une disposition qui constituait déjà un grand progrès, ce fut la pose oblique des cordes, ce qui augmentait leur longueur et leur sonorité par conséquent.
- En Allemagne et en Amérique, les cordes étant montées sur châssis en fonte, l’instrument résonne désagréablement par ce fait, ce qui nous ramène à cette règle bien connue : qu’un piano doit contenir le moins possible de fer. Enfin les châssis étant fondus d’une pièce peuvent ne pas être d’une belle venue.
- Or, la maison Elcké et Cie, que M. Gouttière (N. C.), ancien associé, dirige depuis quelques années, ne s’est pas attachée à chercher de nouveaux systèmes, mais bien à perfectionner le mécanisme des pianos et à obtenir une facture irréprochable, la netteté de son et de perfection, surtout de la table d’harmonie.
- Ses pianos sont solides et élégants et ne présentent pas cette lourdeur des pianos allemands et américains. On peut leur appliquer ces paroles de Mozart parlant de Stein, d’Augsbourg : «...Ses pianos sont de longue durée. La solidité de la table d’harmonie en est garantie. Lorsqu’elle en termine une, elle l’expose à l’air, au soleil, à la pluie, à la neige, afin qu’elle se fende ; alors elle remplit les crevasses ; lorsqu’une table est ainsi préparée on peut affirmer qu’il ne lui arrivera aucun accident, car la maison Elcké possède de grandes réserves de bois et une scierie à Auteuil où ils sont débités, puis transportés dans des magasins où ils séjournent plusieurs années avant d’être employés, ce qui est une des conditions principales de solidité et de qualité pour cet instrument.
- Les amateurs et artistes les plus compétents ont proclamé particulièrement la supériorité des pianos à cordes croisées de cette maison qui ont valu à M. Gouttière douze récompenses de premier ordre aux grandes expositions et le diplôme d’honneur à Anvers. On se souvient que le jury de la classe des instruments de musique de cette dernière exposition était présidé par un des plus célèbres pianistes de notre temps, M. Camille St-Saens. Ce dernier n’a pas caché la vive satisfaction qu’il avait éprouvé en se servant des pianos Goultière.
- Ces instruments à cordes croisées, qui ont des vibrations aussi puissantes que celle d’un piano à queue, offrent cette particularité que le sommier prolongé en fer est si bien combiné avec les proportions de la table d’harmonie, que l’oreille ne perçoit pas le passage résultant de l’entrecroisement des cordes ; en outre, les cordes reposent Sur des taquets en bronze doré pour éviter l’oxi-xidation ; ces taquets, bien préférables aux agraffes, facilitent la netteté de l’accord et donnent à l’instrument un timbre fort agréable.
- Ajoutons en terminant que M. Gouttière, le propriétaire de la maison Elcké, lui a donné une extension considérable depuis qu’il la dirige. C’est ainsi que la maison fait annuellement 700 pianos et qu’elle en est aujourd’hui à son i5e mille.
- En résumé le but atteint par cette maison est un fait à citer, puisque les produits de sa fabrication se répandent chaque jour dans le monde entier.
- *
- * *
- Nous devons aujourd’hui signaler les ornements en zinc, cuivre et plomb de MM. Javon et Rivière qui sont de véritables œuvres d’art. Une applique en plomb entièrement exécutée au marteau et représentant une grappe de fruits est un pur chef-d’œuvre. Un spécimen de couverture en plomb martelé, avec une tête de lion colossale, attire l’attention de tous les architectes et ingénieurs.
- A citer encore les générateurs inexplosibles Collet ; nous ne manquerons pas d’en faire ultérieurement la description sérieuse qu’ils méritent.
- MM. Lochet et Debertrand nous montrent une merveilleuse collection de colliers de chiens , est-ce de la sellerie, est-ce de la bijouterie ? Nous sommes embarrassés, pour le dire.
- Voici les bébés Jumeau, les plus recherchés et les plus connus. — Cet intéressant jouet, bien français et bien parisien, a valu à M. Jumeau de nom-
- breuses récompenses, et à l’Exposition d’Anvers une distinction honorifique bien méritée.
- La Corclerie Centrale (Frété et Cie) de Paris expose des câbles en chanvre et des câbles métalliques ; ces derniers plus souples et plus légers que les premiers, vont bientôt les remplacer sur les navires de l’Etat. Des essais déjà faits sur plusieurs navires en ont prouvé la supériorité.
- La maison Frété est la seule, à l’exception de Teste, de Lyon, dont ce n’est pas la spécialité, qui fabrique les câbles métalliques. Ceux qu’elle nous montrent, construits sur les données de M. Bouchey, mesurent 43 et 5i millimètres de diamètre, 140 et 160 millimètres de circonférence et ne pèsent que 5 et 6 kilog. par mètre.
- En corderie, elle nous paraît la seule importante àl’Exposition, et comme elle fréquente malheureusement peu les Expositions, nous sommes heureux de la signaler au passage.
- Nous n’avons pas encore abordé l’exposition d’alimentation que nous gardons pour la bonne bouche, mais, par cette chaleur tropicale, nous faisons avec plaisir une halte devant la vitrine de MM. GeorgesBertin et Cie, de Bordeaux ; l’aimable M. Roqié, l’associé de la maison, nous fait goûter son rhum St-Georges, comme le dit l’étiquette : « goûtez et vous apprécierez ».
- Terminons l’article de cette semaine en témoignant notre regret de ne pas voir au Havre la carte de France par départements de 100/100 que nous avons admirée dans presque toutes les expositions de ces dernières années.
- L’œuvre de l’ingénieur Anthoine si fidèle et si intéressante se poursuit, nous le savons, avec zèle, et il serait utile de la vulgariser, car elle est à nos jours la plus pratique et la plus intéressante .
- (A suivre.) P. Patte. '
- ----------------^SH5Hgw;r-7^-^===.---
- CONCOURS AGRICOLE RÉGIONAL
- DE MELUN
- Du samedi 21 au lundi 3o mai 1887
- Tout d’abord nous avions pensé réunir en un même article les six concours régionaux, mais quelques-uns étant terminés depuis plusieurs jours déjà et les autres n’étant pas encore inaugurés, nous ne parlerons aujourd’hui que du Concours agricole régional de Melun, celui-ci, ouvert le 21 et clos le 3o mai, a donné de sérieux résultats qui, nous l’espérons, engageront à l’avenir les absents à ne pas rester éloignés de ces concours qui les intéressent au plus haut degré.
- Les régions du Nord et du Nort-Est réunies, comprennant quinze départements dontla richesse agricole est bien connue, étaient largement représentées.
- Disons que le nombre des animaux de l’espèce bovine inscrits atteignait 453 ; celui des lots de l’espèce ovine, ip5 ; celui ces lots de l’espèce porcine, une centaine environ.
- Les animaux de basse-cour, volailles et lapins étaient annoncés par 229 lots ; enfin les machines arrivaient au nombre de 1,756.
- Ne pouvant prendre chaque exposant en particulier nous citerons seulement dans chaque catégorie les plus remarquables.
- La Prime d'honneur, objet d’art, a été attribuée à M. Nicolas, domaine d’Arcis, pour ses vaches normandes de plus de 3 ans et un magnifique taureau bringé de 2 ans et 29 jours. Ce même producteur a obtenu huit autres prix pour ses bestiaux, dont deux premiers prix, et la médaille d’or pour l’ensemble des produits, 9e catégorie ; tous les animaux présentés appartiennent à la race normande pure et proviennent du Cotentin.
- Un objet d’art avec prime a été également décerné à M. Nicolas et à M. Leroy, comme prix culturaux. Cinq prix ont été décernés pour les spécialités, quatre pour le concours de fromagerie, également quatre pour le concours de céréales et cinq concernant le concours pour l’emploi d’engrais commerciaux.
- La prime d’honneur à l’arboriculture a été décernée à M. Ausseur-Sertier, pépiniériste horticulteur.
- LES PRIX D’ENSEMBLE
- Pour l’espèce bovine ont été décernés. — Race normande pure, à M. Nicolas; races françaises diverses, à M. le comte de Noyelles; races" Durham et croisements, à M. de Clercq ; races étrangères diverses à M. 1 iers.
- Pour l’espèce ovine. — Race mérinos, à M. De-lizy; Dishley-mérinos, à M. Triboulet; races étrangères, à M. Béglet.
- Pour l’espèce porcine, à M. Gillet.
- Rappel du prix d’ensemble. — M. Nouette-De-lorme pour ses moutons southdown. —-- M. Voitel-lier pour ses animaux de basse-cour.
- Il y avait là de beaux taureaux flamands et de magnifiques normands.
- Passons maintenant aux produits: les quatre premières catégories comprenaient les fromages de belle et bonne qualité, mais trop peu nombreux de production. Nous avons remarqué l’envoi de
- p.678 - vue 247/496
-
-
-
- Troisième Année. — N° 129.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1SS9.
- Dimanche 19 Juin 1SS7. — 679.
- M. Boulet qui, ce nous semble, méritait une récompense supérieure à celle qui lui a été attribuée.
- Cinquième catégorie. — Toisons de laine mérinos <— beaux envois.
- Sixième catégorie. — Produits de l’horticulture et de l’arboriculture : Médaille d’or à M. Forcy-Vannier pour ses magnifiques collections de calla-diums du Brésil, et de bégonias bulbeux fleuris, — très beaux spécimens que la place n’avantageait pas, et le temps encore moins. — Le même exposant a présenté un magnifique lot de légumes de primeurs d’une très belle venue, haricots verts, asperges, etc., on voit de très sérieux progrès réalisés par un travailleur habile et intelligent. Nous retrouvons là les peupliers régénérés de M. Fouquet.
- Septième catégorie. — Exposition scolaire ; M. Chandora, médaille d’or pour ses plans; M. Monthiers, médaille d’or pour ses plans de ventilation et carte géologique.
- Huitième catégorie. — Médaille d’or, société d’agriculture comice agricole et syndicat de Meaux.
- Neuvième catégorie. — Rappel médaille d'or, baron d’Avène, blés et avoines ; Emmanuel Meyer pour l’ensemble de son exposition dans laquelle on remarque divers spécimens d’alcool rectifié de qualité supérieure. Ce producteur, par unnouveau procédé et des appareils perfectionnés, est parvenu à fabriquer une grande partie des alcools qui s’emploient tant dans le commerce que dans l’industrie. Ses efforts ont, paraît-il, été couronnés de succès par sa nomination de chevalier du Mérite agricole. La deuxième section, c’est-à-dire la petite culture, est représentée par seize exposants seulement. — Nous y retrouvons M. Rigault avec ses fameuses pommes de terre et ses poireaux monstres de Carentan, médaille d’or, ainsi qu’à M. Asset pour son miel blanc surfin et ses miels en rayons présentés d’une façon très artistique ; le même exposant a présenté* une eau-de-vie de prunes de Reine-Claude de qualité vraiment digne dé remarque. Quant aux exposants marchands, en tête se présentant MM. Forgeot et Cie, médaille d’or pour l’ensemble de leur exposition tout à fait supérieure, céréales et primeurs, petits pois, salades, etc. Nous retrouvons toujours cette maison sérieuse avec de nouveaux progrès. C’est ainsi qu’ils obtiennent une médaille d’or pour la pureté de leurs graines et une de vermeil pour leur collection de primeurs.
- Les machines locomobiles et les batteuses sont rangées sur deux lignes, formant avenue à partir de l’entrée du concours ; malheureusement elles ne fonctionnent qu’à vide, ce qui empêche de pouvoir comparer le soin avec lequel elles nettoient le grain et elles ménagent la paille dont la vente est un élément considérable de produit aux environs de Paris. On ne voit que des locomobiles ; on a compris que les machines fixes de petite force ne sont pas plus avantageuses comme consommation de charbon et offrent des difficultés sérieuses d’installation.
- Dans un centre de culture intensive, on devait s’attendre à voir une lutte intéressante entre les divers constructeurs d’instruments aratoires; tous sont représentés par des collections complètes. On voit des brabants de toute forme et de toute puissance ; les polysocs doubles sont décidément en faveur et chaque fabricant en expose plusieurs.
- Dans toute l’exposition des instruments, on rencontre à chaque pas les faucheuses et les moissonneuses ; on peut dire que ces machines sont à l’ordre du jour dans les préoccupations des agriculteurs. Leur emploi a toujours été précieux ; il devient de jour en jour indispensable. Le Crédit agricole a envoyé un attirail complet de ses outils de saison. Il faut citer en première ligne la moissonneuse - lieuse « la Victorieuse » d’Hornsby, avec son porteur de gerbes, qui économise bien des journées de voitures, comme son appareil-lieur épargne des journées d'ouvriers aux champs ; puis une série de râteaux à cheval et de faneuses,et la moissonneuse-combinée ainsi que la moissonneuse-indispensable, qui réunissent toutes les innovations réalisées dans les années courantes à ce genre de machines. La faucheuse la Triomphante, avec ses roues élevées, ses engrenages renfermés dans une boîte, ses facilités d’embrayage et de débrayage est bien ce qu'on peut trouver de plus complet et de plus perfectionné.
- Disons aussi que 14 récompenses ont été décernées aux agents d’exploitation, 1 5 aux journaliers ruraux, i5 aux serviteurs à gages et enfin 25 aux serviteurs ruraux, grande culture, ainsi que 12 aux serviteurs ruraux, petite culture.
- En même temps avait lieu une très belle exposition d’horticulture, exhibition départementale, dans laquelle nous remarquons l’exhibition de M. Salomon, le roi de la contrée, les grappes blondes et vermeilles, les pêches de M. Salomon, etc., etc.
- On doit à M. Vassillière, inspecteur général de l’agriculture et président du concours, l’excellente organisation qui a permis à tout le monde de placer les produits dans de très bonnes conditions.
- La distribution des prix a eu lieu le lundi sous la présidence du préfet de Seine-et-Marne,
- qui a fait un charmant discours, ainsi que M. le commissaire général Vassillière qui, dans un excellent rapport, a exposé les différentes cultures du département et les progrès obtenus grâce aux efforts persévérants des agriculteurs.
- A> Ramé
- ----------æ»-#- igi & '~~rîr 1——----
- SALON DE 1887
- (Suite.)
- salle 21
- 808. Diane. Mlle Angèle Dubos est assurément une remarquable élève de Chaplin dont elle procède directement. Sa Diane décèle une grande délicatesse de touche et une délicieuse finesse de coloris, mais je reprocherai à l’artiste de s’être un peu trop inspirée de son modèle pour le dessin de la figure. Ces traits-là ne sont pas ceux d’une déesse, mais bien de quelque jolie première de la maison Paméla et Cie (Robes et manteaux).
- 42. Les marais de Vireux. Un des plus beaux ouvrages d’Appian. Revissant ce coin de marais assombri par l’orage prochain et baignant un coin de bois roussi. Si je ne. craignais de faire un pitoyable jeu de mots, je dirais que l’on éprouve devant cette excellente peinture une sensation de fraîcheur.
- 551. Bergère Louis XV. Encore l’œuvre d’un élève de Chaplin qui décidément laissera — le plus tard possible— de brillants héritiers. M. Clau-die à fait de sa Bergère le plus gracieux personnage que l’on puisse imaginer. Non moins réussie sa Clorinde (n° 552). Des mignardises tant que l’on voudra ; des fraises-et de la crème. Mais cela est si doux au palais et à la vue.
- 2288. Les Nuits de Musset. Il était délicat de toucher à ces ineffables rêveries du poète. M. Thi-rion l’a fait avec un tact et une réussite parfaits. Elles portent à l’âme, ces nuits empreintes d’un charme douloureux dans la pénombre bleue où Musset et la muse s’étreignent.
- 1565. Eu Ville de Paris instruisant ses enfants. Ce panneau a été commandé à M. Maillart pour la mairie du IIIe arrondissement, qu’il ornera et honorera, car la composition en est d’une belle envergure et l’exécution magistrale.
- 224. La Tache noire. C’est à un messin, M. Bet-tassier, que nous devons cette toile patriotique. D’une note sévère, ainsi qu’il sied ; d’une dureté vraie, elle représente le maître d’école montrant à ses élèves sérieux et réfléchis la tache noire qui personnifie les pays annexés. L’œuvre a certainement profité de l’émotion ressentie par l’artiste. Le résultat en est excellent.
- A signaler : 3gi. Le Faucheur de M. Burnand ; 6o5. Convoitise du feu Pierre Cottin ; 670 Dans le port et 671 Entrée dans la rade de Toulon, deux merveilleux panneaux maritimes de M. Eugène Dauphin destinés à décorer le musée de Toulon ; 2100. Cythérée de M. Lionel Royer; 324. Dans les graves à Villerville de M. E. Bourgeois.
- salle 24
- 2190. Après le duel. Un morceau très étudié bien qu’il ait le tort de rappeler le duel de Pierrot de célèbre mémoire. Cette fois les combattants sont en tenue de ville, c’est l’automne, tandis que le vainqueur s’éloigne avec ses témoins, le blessé soutenu par deux amis regagne péniblement le landau dont le cocher tient la portière ouverte.
- Le mouvement de tout ce monde est fort naturel et le taire de M. Picard est irréprochable.
- 201 b. L’Edit. D’une richesse de coloris réellement brillante, le tableau de M. EdouardToudouze comptera parmi les meilleurs de l’éminent peintre.
- Le gentilhomme est tombé comme une masse au pied même du poteau portant l’édit lancé par Louis XIII contre le duel. Le groupement des personnages qui arrivent concorde bien à un ensemble vivant et papillottant.
- salle 16
- 1998. Une Epave deM. Reinhardt. Le sujet n’est pas très gai ; ce cadavre verdâtre rejeté parla mer sur la grève. Mais les physionomies des pêcheurs et des bonnes femmes assemblés pour contempler cette épave humaine sont très consciencieusement étudiées.
- 2363. Coin d’atelier. Un débutant, M.. Eugène Vavasseur, mais qui manie déjà la brosse avec une sûreté qui lui garantit un avenir réel. Ce Coin d'atelier a de l’œil, le jeune artiste s’y révèle comme un peintre de goût qee nous attendrons avec confiance au prochain Salon, dans un sujet moins intime.
- 2119. Zina. M. Saint-Pierre est le peintre idéal des belles Orientales provocantes dans leurs langueurs et leur morbidesse. Elle chante, la jolie Zina et sa chanson nous arrive aux oreilles. Ses seins transparaissent dans sa tunique de gaze et ses pieds nus bien cambrés sous la jupe rose reposent sur un tapis indien merveilleux de dessin et de rendu.
- 2042. Laminage de l’acier. Une bonne page de M. Rixens. Ses lamineurs sont solides et bien dé-
- couplés ; ils sont surtout éclairés de façon hors ligne.
- 2020. Près Chantilly. Un sentier à la lisière de la forêt, frais, suave, tranquille, exquis. Signé : Léon Richet.
- 2366. Le coteau de Ville-d1 Av ray. Charmant paysage d’une touche bien sincère et d’un naturel très observé par M. André Vautier.
- A signaler : 1937. Etang de Mornand de M. Porcher, 2377. Maison de campagne de M. Verdier; 2098. Le colonel Charlier tué à Buffalora de M. Ma-rius Roy.
- Alfred Delilia-
- (A suivre.)
- LES LIVRES
- CXIV
- Gmr de Maupassant. — Bel-Ami, 3ie édition, Victor Havard éditeur, I vol. in-18.
- M. Guy de Maupassant, en un temps où il est si difficile d’avoir et de dégager une originalité, en a une et l’a dégagée. C’est un conteur doué de ce génie tout français mais si rare qui consiste à effacer assez habilement l’art devant la nature pour faire vivant. Il donne l’impression de la vie. Les personnages sont de notre sang, de notre chair, de notre chair surtout, car ils ne se piquent pas plus qu’il ne convient de poésie ni d’idéal. Le sang qui coule dans leurs veines est du sang humain non du sang bleu ou plutôt du lait bleu des aristocraties idéalistes et romanesques. Et pourtant l’auteur de la Maison Bellier, de Mont-Oriol, à’Yvette a été poète et poète de grande promesse. Il a réuni ces premiers essais sous ce titre dédaigneux : Des Vers, laissant à quelques gens de goût le soin d’admirer et de regretter qu’il n’ait pas laissé mûrir de si belles espérances. Il a rompu net sur le dos du premier passant venu comme l’hidalgo mécontent à qui sa belle a fait la sourde oreille sa guitare de sérénade, et il s’est mis à écouter, à observer, à raconter, ce qui était véritablement sa vocation, car il fait ressemblant, il fait vivant, il fait humain, il fait vrai. Aussi accuse-t-on de pessimisme ce copieur hardi de la réalité, d’indifférence cet implacable observateur de l’humanité, de brutalité ce résurrecteur de la vie, d’insolence ce peintre à qui la vérité n’a jamais fait baisser les yeux. Ces reproches n’ont pas contrarié son succès, au contraire. La popularité va naturellement aux forts. Or, M. de Maupassant a un talent de beau mâle, plus fort que fin, et plus crâne encore que fort. Il n’a peur de rien, comme don Juan. Il ne semble pas croire à grand’chose, si ce n’est à lui. Il adore la gloire et il la méprise, en voyant de quoi elle est faite. Tout mystère l’attire, tout problème moral, social ou simplement littéraire le provoque. Dernièrement il n’a pu assister sans rire à tant d’essais avortés de littérature d’hypnotisme et de suggestion. Eh quoi ! Il a lu Sean Bogar, et les autres chefs-d’œuvre du vampirisme, et Hoffmann et Edgar Poe. Et il a écrit le Horla pour montrer qu’il était capable de jouer du fantastique, tout comme un autre et mieux qu’un autre.
- Mais c’est un conteur de tempérament plus que de roman que M. de Maupassant, il excelle dans la nouvelle, vive, courte, cinglante, d’une philosophie sans phrase, bonne enfant ou amère. Il triomphe dans le roman de mœurs et depuis Balzac nul, pas même M. Zola, n’a mieux fouillé un caractère. Et tout cela bravement, sans avoir l’air d’y toucher, sans étaler son biceps. Son Bel Ami, par exemple, son chef-d’œuvre selon nous, et selon le public, qui en aura bientôt acheté — contraste piquant ! — autant d’éditions que du Maître de Forges, est bien celui de ses ouvrages où l'on peut le mieux juger de ses qualités, de ses défauts, de son admirable talent de faire vrai, vivant, brutal comme la vie, triste comme la vérité. Est-il moral? demande le bourgeois de l’air dont Mazarin demandait : Est-il heureux? Il faut s’entendre, Bel Ami n’est pas moral, certes comme un sermon. Il est moral ou immoral comme la nature, comme la vérité, comme la vie. Est-ce que quelqu’un pourrait soutenir que la nature est pudique, que la vie est exemplaire, que la vérité est vertueuse ? En ce cas il n'y aurait plus sur la terre de mal, de vice, de crime. Et le diable sait que nous sommes loin de cette innocence éde'ni-que, de cette Acadie, et que jamais n’ont mieux montré le bout de l’oreille et le bout de la queue, et grincé de leur mâchoire, le chien, le porc, le loup qui sont dans l’homme. Il ne faut donc pas reprocher à M. de Maupassant d’avoir fait dans Bel Ami un roman immoral. 11 faut le féliciter de l’avoir fait ressemblant à la réalité, copié sur la nature, taillé sur le patron même de la vie. Certes, son Bel.Ami est un rude gredin. Il n’a rien de byronien, ni d’académique, cet homme qui fait si audacieusement, si cyniquement son chemin par les femmes. Mais il est vrai, d’une sale et triste vérité humaine. Et comme il se détache bien campé dans son triomphe sur ce fond bien vrai aussi fait de la bêtise des gens d’esprit et de 1 ingénuité des femmes rouées. Car il triomphe, par-
- p.679 - vue 248/496
-
-
-
- o8o. — Troisième Annee. — N° 129
- bleu ! Et du coup, et d’un coup qui porte et portera longtemps, M. de Maupassant a renversé, a brisé l’idole des vieilles bienséances, des vieilles conventions, des vieilles rengaines classiques. Il faut voir comme il se fiche des vieilles lois, des vieilles constitutions du roman comme il faut, du roman à thèse morale, à héros sympathique, à leçon exemplaire, à dénouement heureux. M. de Maupassant ne fait pas de romans comme il faut, mais comme il en faut. Il ne présente pas à l’humanité un miroir qui la flatte. Il prend dans la réalité ses types, dans l’humanité ses passions, et fi sert chaud et saignant à ce public anémié, blasé, et qui a bien ainsi les romans qu’il mérite, ] ces quartiers de chair nue , de vérité presque vivante et palpitante encore.
- C’est pour cela qu’il a obtenu et.vraiment gagné j son succès, cet homme sans illusions qui montre la bête humaine telle qu’elle est et non telle qu’elle doit être, qui déshabille sans façons pudibondes, son voleur ou sa fille, et qui met en scène hardiment ses procès-verbaux de police ou ses arrêts de justice, prêtant à ses personnages leur langage de café, de boulevard, de boudoir, et ne reculant pas plus que Zola et avant eux Cam-bronne devant le mot propre ou mal propre. C’est ainsi qu’il ne remplace plus par les feuilles de vignes de la ligne de points la nudité cynique de certains vocables de mauvaise compagnie et dit et imprime tranquillement « bougrement, foutu, sale rosse » et autres aménités qui sentent leur quai de la Râpée et leur Port-au-Foin. C’est là que selon Malherbe lui-même la langue a dû aller fortifier son sang, et quitter les pâles couleurs de la préciosité. C’est là le signe, plus encore que l'effet de cette révolution littéraire dont M. de Maupassant est un des héros, et qui consiste à régénérer par l’expression absolue de la vérité et de la vie, le roman qui n’en a été le plus souvent que la pâle ou trompeuse image. Ce régime peut et doit avoir ses partisans. Il peut se soutenir, se plaider comme le régime de la viande crue, des bains de boue à Saint-Amand et des verres de sang à la Villette.
- Donc Bel Ami triomphe ; il était au début du roman employé de chemin de fer à i,5oo fr. par an, plein d’appétits inassouvis, réduit au strict nécessaire, lui gaillard gonflé des économies qu’un vaniteux fait dans l’humilité, et qu’un voluptueux fait dans la frugalité, pour qui le nécessaire c’est le superflu. Une rencontre d’ancien camarade du 6e hussards et des absinthes d’Algérie décide de son sort. Forestier est rédacteur politique à la Vie française et y gagne largement sa vie dans un métier auquel il lui propose de l’initier. Georges Duroy objecte naïvement son ignorance, son insuffisance ; qu’à cela ne tienne ! répond Forestier, avec le sang-froid des parvenus de la publicité, fi n’est pas nécessaire d’être un savant pour être journaliste. Le fait est qu’il s’est créé depuis 1870 un journalisme à l’américaine., un journalisme .de puffisme et que pour y réussir il n’est pas nécessaire d’être un lettré, un savant, un écrivain, au contraire. C’était bon autrefois, du temps de la politique classique et de la polémique académique. Aujourd’hui, s’il faut en croire cette étude des mœurs nouvelles du journalisme qui est un des tableaux à sensation du roman, il suffit, de n’être pas un imbécile (peu importe qu’on soit un sot), de n’avoir pas de scrupules gênants, et d’être un homme à ne reculer ni devant un scandale de plume ni devant un duel. Il suffit surtout d’avoir à défaut de maîtresse une femme ou une amie comme Madeleine Forestier, qui a le génie du journalisme et entre deux cigarettes tourne un article comme | personne et le dicte complaisamment à son mari ou à son ami. Pour des amants, elle n’en prend pas. Elle n’a pas le temps. Cette figure de Madeleine Forestier, entre nous, est peut-être celle qui, avec des côtés de vive réalité, offre les aspects les plus contestables. Elle ne se tient pas entièrement bi«n. Aussi est-elle jouée par Bel Ami qu’elle a eu. la sottise de déniaiser, d’épouser, d’enrichir, et qui s’en débarrasse par un divorce habilement machiné pour épouser Mlle Walter, la fille de son patron, la fille de sa vieille' maîtresse, tout en gardant pour son plaisir, pour son en-cas,la jeune maîtresse Mme de Marelle, type curieux de bourgeoisie vicieuse et gentiment dépravée et canaille. Ah I c’est un joli monde. Mais c’est bien, paraît-il, un certain monde ou demi-monde dans la presse, la politique, la finance, et quand on est un peu initié à ce demi-monde, on sent passer dans ce livre vu, vécu, de joyeuses et impertinentes bouffées de l’air brutal dé la réalité.
- M. de Lescure.
- ---------------- ----------------
- AVIS COMMERCIAUX
- CHILI
- EXPOSITION DE MACHINES POUR LA PRÉPARATION DU LIN, A SANTIAGO, EN 1887
- N° 637. Jusqu’à présent, le lin est cultivé au Chili presque exclusivement en vue de l’obtention delà graine et de l’huile ; la fibre n’est généra-
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1S89
- lement pas utilisée, à cause de l’absence de machines convenables.
- La société Fomento Fabril, de Santiago, ouvrira le 1e1' novembre prochain, dans cette ville, une exposition de machines pour le travail du lin. Une prime de 200 livres sterling sera accordée au fabricant de la meilleure machine. Le jury tiendra compte des points suivants: perfection du produit obtenu par la préparation ; prix de la préparation; simplicité des machines ; solidité et prix des machines.
- Les appareils destinés à l’exposition pourront entrer en franchise, en ce sens que l’exposant devra souscrire une traite à douze mois, du montant des droits d’entrée : cette traite lui sera restituée s’il réexporte les machines dans le délai d’une année. La société fournit gratuitement la force motrice et la matière première nécessaire aux essais.
- Pour tous renseignements complémentaires, s’adresser au Consul général du Chili, 185, Piccadilly, à Londres.
- GALATZ
- AGENCE COMMERCIALE FRANÇAISE
- N° 636. L’Agence, en présence du développement toujours croissant de ses opérations, et pour répondre à un désir que lui ont exprimé à plusieurs reprises ses principaux commettants français, transporte en ce moment à Bucarest son siège central et sa direction.
- A l’occasion de cette transformation, et en présence des résultats matériels obtenus pendant les huit mois d’existence de cette entreprise, une nouvelle société se forme pour augmenter d’une façon notable le capital de l’Agence qui, de son côté, apporte à son organisation des améliorations destinées à simplifier son mode de fonctionnement et à étendre le champ de ses opérations.
- D’ici à quelque jours, une circulaire officielle de l’Agence fera connaître les nouvelles bases sur lesquelles elle va marcher, et qui ne sauront manquer de répondre au but que lui avait tracé la Chambre de commerce française de Galatz, c’est-à-dire l’extension et le développement du commerce français en Roumanie et dans les pays sur lesquels s’étend son action.
- LES THÉÂTRES
- Vaudeville. La Comtesse Frédégonde, drame en vers de feu Jules Anugues.
- M. Raymond Deslandes et Albert Carré, à qui nous devons déjà cette année la très intéressante tentative artistique de Renée, ont également tenu à honneur d’ouvrir les portes de leur théâtre à une œuvre dont les diverses pérégrinations à travers tous les cabinets directoriaux de ce temps constituent un chapitre intéressant de nos mœurs théâtrales et pour les jeunes auteurs qui se destinent à la carrière dramatique un encouragement qu’on ne saurait trop les engager à méditer.
- On sait que Jules Amigues, l’un des tempéraments les mieux doués de ce temps-ci, homme de tous les enthousiasmes généreux et de tous les efforts artistiques, après s’être dépensé un peu dans toutes les carrières où il voyait un débouché à sa remarquable activité, voulut un jour se mesurer au théâtre. Il en résulta un Maurice de Saxe représenté avec succès à la Comédie-Française. Encouragé dans cette voie par l’accueil sympathique que le public avait fait à ses débuts, Amigues se mit violemment à l’œuvre et peu de temps après il apportait au comité de la rue Richelieu cette Comtesse Frédégonde qui devait s’échouer quelques années plus tard au Vaudeville.
- A la lecture l’impression avait été très grande : ce drame puissant, écrit avec l’exubérance coutumière d’Amigues qui savait rencontrer çà et là de superbes envolées, plut au comité qui l’accueillit sous réserves de quelques modifications que l’auteur apporta immédiatement à son œuvre. Mais dans l’intervalle le vent avait tourné; peut-être encore à une seconde audition l’effet produit sur le comité fut-il moindre qu’à la première. Toujours est-il que rebuté par les objections que lui fit M . Perrin , objections qui portaient entre autres choses sur les frais considérables de mise en scène que nécessitait la Comtesse Frédégonde, Amigues retira la pièce en échange de la commande d’un autre ouvrage, auquel il s’attela aussitôt et qu’il était en train d’écrire lorsque la mort vint suspendre pour lui tout travail.
- Entre temps la Comtesse Frédégonde avait déjà commencé sa course à travers les cabinets directoriaux.
- A l’Odéon, l’auteur s’était buté aux mêmes objections qui lui avaient déjà été faites à la .Comédie, et M. Porel,touten déplorant que sa situation de directeur pour théâtre subventionné ne
- Dimanche 19 Juin 1S87.
- lui permit pas de risquer l’argent du gouvernement dans cette entreprise, avait rendu le manuscrit.
- Amigues mort, ses fils, dans un sentiment de piété filiale dont on ne les saurait assez louer, conçurent le projet de continuer les démarches de leur père et de mettre au jour l’œuvre sur laquelle il avait fondé tant d’espérances. Les courses à travers les cabinets directoriaux recommencèrent de plus belle. Econduits partout, les fils de l’auteur dela Comtesse Frédégonde ne se rebutèrent pas. Ils s’étaient jurer de donner à la mémoire de leur père cette satisfaction, rien ne leur coûta pour arriver à leur but. A la suite d’une lecture dans un salon où la pièce avait fait le plus grand, effet sur la critique, assemblée ils décidèrent, puisqu’il ne se trouvait pas à Paris un directeur assez hardi pour risquer la partie de jouer un drame en vers, de s’improviser directeurs, de recruter une troupe, de mettre à la scène l’œuvre paternelle et d’attendre pour la produire en public que l’été leur fournît de sous-louer l’une des salles que leur clôture annuelle rendraient disponibles.
- Tout était prêt, les artistes recrutés, la . pince répétée et sue, le théâtre arrêté — ce devait être celui des Variétés — quand survint la catastrophe de l’Opéra-Comique et la panique administrative succédant à la panique du public.
- La pauvre Comtesse Frédégonde devait encore subir les caprices d’un sort contraire et être victime de l’épouvantable sinistre qui après avoir jeté l’affolement parmi les spectateurs devait faire perdre la tête à ceux qui sont chargés de veiller à la sécurité publique. Emportée par un souffle puissant de réformes, l’administration qui raisonne en effet très logiquement en pensant que la suppression de tous les théâtres serait un moyen infaillible d’éviter que le feu s’y déclarât à l’avenir, l’administration, dis-je, ne pouvant du coup fermer tous les théâtres, s’avisa de décréter que ceux qui étaient fermés pour cause de vacances ne pourraient s’ouvrir sous une direction intérimaire qu’autant que tous les travaux prescrits par une commission aux abois seraient exécutés.
- Du coup, voilà la Comtesse Frédégonde encore une fois sur le pavé.
- C’est alors que, se souvenant de l’accueil fait par MM. Raymond Deslandes et Albert Carré à la tant décriée Renée de M. Zola, MM. Amigues fils se décidèrent à venir demander pour la pièce de leur père l’hospitalité du Vaudeville qui leur fut accordée sans coup férir.
- J’ai voulu raconter par le menu la longue série de déboires qu’eut à souffrir la Comtesse Frédégonde cela montre qu’il n’y a peut-être aujourd’hui dans Paris que deux directeurs de théâtre — et je parle des théâtres dits littéraires — qui soient vraiment dignes de ce nom et capables de risquer une partie sur le seul intérêt littéraire d’une pièce.
- Mais passons. La soirée du Vaudeville a été pour les fils de Jules Amigues ce qu’elle devait être, c’est-à-dire la juste récompense d’une piété filiale qui ne s’est rebutée d’aucun effort, qui n’a reculé devant aucun obstacle. Le succès de première qui pouvait tenir à diverses considérations auxquelles cette respectable ténacité n’était peut-être pas étrangère, se tranformerait, j’en suis certain, en succès de public, si, par nécessité la Comtesse Frédégonde n’avait dû être jouée à une époque de l’année où le théâtre compte pour peu dans les préoccupations du Parisien.
- Le drame vigoureux et fort qui met en scène la rivalité des deux princesses, la touchante Théa, belle-fille du grand Electeur du Hanovre, le grand duc Ernest-Auguste de Brunswick, et l’impérieuse comtesse de Platen, la comtesse Frédégonde autour de l’amour du séduisant Philippe de Kœnigs-mark, le drame, dis-je, est bien construit, avec çà et là, des scènes d’une haute envolée, et touchant presque au sublime.
- Il a résisté, ce qui est beaucoup, à l’écueil d’une interprétation peu homogène, bien que soignée et, si le bruit qui en court est fondé que MM. Deslandes et Carré aient l’intention de garder cette pièce pour ouvrir avec elle la prochaine saison, je pense qu’ils auraient là pour leur réouverture quelques soirées fructueuses auxquelles le vrai public s’associerait de grand cœur.
- L’Opéra-Populaire nous a donné cette semaine une nouveauté Kérim dont il est, selon nous, plutôt charitable de ne rien dire afin de ne pas augmenter le légitime chagrin que doivent avoir de leur insuccès, directeur, auteurs et artistes.
- La Fantasia Arabe de l’Hippodrome a le privilège d’attirer les grands artistes et les officiers supérieurs. — Nous avons remarqué hier dans la salle bondée, Messieurs (Jérôme, Boulanger, Carolus Duran et Tissot et nous y avons compté jusqu’à cinq généraux de notre armée d’Afrique.
- Le Gérant, GARREAU.
- Tours. — lmp. E. ARRAULT et Cie, rue de la Préfecture, 6.
- p.680 - vue 249/496
-
-
-
- S^.^rT;."
- DÏS 4
- Le Moniteur
- ag
- VS iil&v
- v v*'
- V,
- DE
- L’EXPOSITION DE 1889
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
- TROISIEME ANNEE.
- Dimanche 26 Juin 1887.
- NUMERO 13o.
- SOMMAIRE :
- 1. Bulletin; 2. Les travaux du Champ-de-Mars ; 3. La Tunisie à l'Exposition ; 4. Nomination d’un membre de la commission de contrôle et de finances ; 5. Nomination de membres du Jury d’admission ; 6. Bureaux des comités départementaux ; 7. Adjudication en quatre lots; 8. Adjudication en un lot; 9. Résultat de l'adjudication ; 10. Notre gravure, l’éclairage électrique à l’Opéra; ti. Echos; 12. Exposition permanente des Colonies; i3. Le Salon; 14. Sciences et industrie ; i5. Les Livres ; 16. Les avis commerciaux; 17. Les Théâtres.
- EXPOSITION UNIVERSELLE
- DE 1889
- BULLETIN
- Dans un de ces brillants articles comme il sait les écrire de sa plume magistrale, avec ce bon sens si lucide et si français qui est sa qualité maîtresse en tant qu’écrivain, M. Jules Simon publiait dans le Matin du i5 juin une étude sur l’Exposition de 1889. Il conclut que le meilleur parti à prendre serait de reculer jusqu’à 1890.
- C’est là Ain moyen terme que nous ne saurions admettre. Ce serait tout simplement subordonner la question industrielle à une question politique et sortir du vrai terrain sur lequel doit être placée la grande manifestation du progrès entreprise par le gouvernement français.
- Il est possible que la date de 89 soit antipathique aux puissances monarchiques. M.Castelar a traité cette question et prouvé que le xixe siècle, avec ses libertés, son progrès, sa marche en avant, est l’œuvre de la Révolution. M. Jules «Simon dit à son tour que 89 est une « révolution légale, pacifi-« que, libérale ». Et il ajoute que c’est là une question européenne plutôt qu’une question purement française. « Toute l’Europe vient de quatre-« vingt-neuf et défend sa vie contre quatre-vingt-« treize. Voilà la vérité exacte qu’il s’agit de défen-.< dre pour notre honneur et notre salut. »
- Mais, nous le répétons, toute question politique doit être écartée. Telle est l’intention fermement arrêtée du gouvernement, confirmée tout récemment encore par M. Berger, directeur général de l’exploitation de l’Exposition, dans une lettre que nous donnons plus loin.
- L’étranger n’en fait pas davantage une question politique, puisque le gouvernement italien, en déclarant qu’il ne prendrait pas une part officielle à l’Exposition, argue seulement de ses conditions financières « qui ne lui permettent pas, tandis « qu’on impose au pays de très lourds sacrifices, « de proposer au Parlement de grever l’Italie des « charges qui résulteraient pour elle de sa parti-« cipation officielle à l’Exposition de Paris ».
- Cette cause n’est pas particulière à l’Italie. Les autres Etats sont aussi obérés, souffrent des mêmes embarras financiers. Et quand bien même on reculerait à 1890, leur prospérité n’en serait pas plus grande, ni leur situation financière en meilleur état. On se heurterait donc aux mêmes impossibilités.
- Au reste, il n’y a plus à avoir le moindre doute sur la date officielle de l’Exposition. Elle aura lieu en 1889 ; toutes les déclarations du gouvernement en font foi.
- Tout dernièrement encore nous reproduisions ici même les paroles de M. Dautresme à ce sujet.
- Les puissances étrangères laissent à leurs nationaux toute liberté de répondre à l’appel de la France, elles promettent même de leur accorder toutes les facilités à cet effet.
- Il n’est pas douteux que les industriels étrangers ne viennent en grand nombre à cette fête de l’in-
- dustrie, de tous les points du globe, certains d’être bien accueillis chez nous et d’être officieusement facilités par leurs gouvernements respectifs.
- Deux systèmes se trouvent alors en présence:
- Les industriels de chaque nationalité peuvent se grouper, former un syndicat sous la présidence d’un commissaire spécial nommé par le gouvernement français. C’est ce que firent les Allemands à l’Exposition d’Anvers. Us s’étaient syndiqués, avaient orné à leurs frais leur section et s’étaient fait remarquer par l’agencement de leur Exposition et son ordonnance pratique. Ils avaient même organisé un bureau de renseignements industriels et commerciaux qui rendit les plus grands services.
- L’autre système, qui, d’après la lettre de M. Berger, du Petit Nord, semble définitivement adopté, consiste à admettre les étrangers aux mêmes conditions que les Français.
- L’Exposition serait donc vraiment internationale, bien que les gouvernements n’y prennent pas une part officielle. Plus de sections nationales; un concours universel pour toutes les branches du travail et de l’industrie'. Les objets, les produits de même nature se trouveraient ainsi rapprochés sans distinction de lieu d’origine. La concurrence n’en serait que plus vivement stimulée. Il n’y aurait, en un mot, d’autres divisions que celles des différentes branches de l’art, du commerce et de l’industrie. Le règlement serait unique et les récompenses égales pour tous.
- Telles sont les conséquences qui paraissent devoir ressortir de la lettre suivante de M. Georges Berger-au directeur du journal le Petit Nord qui dernièrement publiait un article sur l’Exposition de 1889, dans lequel il se plaignait de l’inertie des comités départementaux et invitait le directeur général de l’exploitation à tracer aux exposants des départements leurs devoirs.
- Paris, 18 juin 1887.
- Mon cher monsieur Simon,
- L’article important que vous venez de consacrer dans le Petit Nord à la question de l’Exposition de 1889 n’est pas de ceux qui peuvent passer inaperçus et rester sans réponse.
- J’aurais bien à vous reprocher les termes élo-gieux dans lesquels vous appréciez la personne et la façon d’agir du directeur général de l’exploitation, mais je préfère vous rappeler sans préambule que, mes honorables collègues et moi, nous sommes infatigablement dévoués à notre tâche, parce que nous avons le sentiment de notre responsabilité dans une entreprise qui importe à l’honneur et aux intérêts les plus sacrés du pays.
- Je reconnais avec vous que les travaux des comités départementaux ne sont pas poussés très activement ; mais cette situation ne m’inquiète pas. Nos collaborateurs de province ont été impressionnés plus que ceux de Paris, qui sont mieux placés pour connaître rapidement la vérité, par le bruit répandu de la remise de l’Exposition à l’année 1890. Les paroles que M. Dautresme a prononcées dernièrement à cet égard, et qui ont été publiées, auront suffi, je l’espère, pour dissiper tous les doutes. L’Exposition aura lieu en 1889, et nous serons prêts pour la date fixée.
- Les gouvernements étrangers n’ont pas cru devoir répondre jusqu’à ce jour qu’ils donneraient à la participation de leurs nationaux le caractère officiel d’autrefois. Il n’est pas moins certain que nous aurons à compter, dans toutes les sections importantes de l’Exposition, un nombre considérable de producteurs et d’industriels étrangers que nous accueillerons en les soumettant aux mêmes conditions d’admission et de classement que les Français. L’Exposition de 1889 sera ainsi plus essentiellement internationale, et les articles de même classe, juxtaposés dans les salles communes, quelle que soit la provenance nationale de chacun d’eux, se prêteront d’autant mieux aux
- études comparatives dont la possibilité et la facilité sont le but important des expositions.
- Il suffirait de faire appel au patriotisme des industriels du Nord pour vaincre leurs hésitations, si celles-ci pouvaient existerais se rendront compte, d’autre part, qu’il y a pour eux un intérêt indiscutable à prendre part à un concours qui sera aussi fertile en révélations utiles à leurs affaires qu’en satisfactions données à leur amour-propre professionnel.
- Les présidents des comités départementaux ont reçu de moi toutes les instructions dont ils pourraient avoir besoin, et je corresponds journelle-menravec eux pour leur fournir les compléments d’informations qu’ils jugent nécessaire de me demander.
- Dans quelques jours je serai à même de fixer les constructeurs de générateurs et de machines à vapeur sur les conditions auxquelles ils pourront devenir à la fois exposants et fournisseurs de la force motrice que l’administration doit mettre à la disposition des intéressés.
- Les grands ateliers de construction du département du Nord viendront certainement nous proposer leurs appareils pour les faire fonctionner à côté de ceux envoyés par les autres régions de la France et des pays étrangers. Il est important que les demandes concernant l’Exposition et le service mécanique me soient envoyées avant toutes autres. Je m’en suis entretenu dernièrement avec M. Cor-nut, ingénieur en chef de l’Association de propriétaires d’appareils à vapeur du nord de la France, secrétaire du comité départemental du Nord, à Lille.
- M. Lockroy, pendant toute la durée de son ministère, et M. Dautresme ensuite, n’ont jamais cessé de dire très loyalement que l’Exposition de 1889 serait exempte" de toute allure politique. Je suis autorisé, à affirmer plus que jamais qu’elle sera un terrain neutre où se rencontreront pacifiquement et amicalement tous les hommes qui se préoccupent sincèrement de la richesse industrielle du monde, de la prospérité du travail national et du progrès dans toutes les branches des arts et métiers.
- Agréez, etc.
- Le directeur général de l'exploitation,
- G. Berger.
- LES TRAVAUX DU CHAMP-DE-MARS
- L’événement de la semaine est la visite que M. Dautresme, ministre du commerce et de l’industrie, a faite mercredi dernier aux travaux de l’Exposition en compagnie de son chef de cabinet, M. David Dautresme.
- Le ministre est arrivé à 8 h. du matin au pavillon de l’administration, dit pavillon Rapp, où. il a été reçu par MM. Alphand, Berger et Grison, les trois directeurs généraux; Bouvard, Formigé, Dutert et Eiffel, architectes de l’Exposition ; Contamin, chef du service des constructions métalliques: Lyon, ingénieur chargé des travaux ; et par un certain nombre d’autres fonctionnaires.
- Le cortège s’est d’abord rendu dans les bureaux où on a présenté au ministre les plans, projets, dessins, devis, etc..., en un mot, tout ce qui concerne ' le travail préparatoire, M. Dautresme a pris, avec un vif intérêt, connaissance de tous ces documents et a félicité les directeurs sur l’organisation et la tenue de leurs services respectifs.
- Oîi s’est ensuite rendu sur le Champ-de-Mars pour visiter successivement chaque chantier ou des explications particulières ont été données relativement aux façons de procéder à l’état actuel des ouvrages et à leur durée probable ; la dernière visite a été pour la tour Eiffel
- p.681 - vue 250/496
-
-
-
- 6<-2. — Troisième Année. — N° i3o.
- dont le sol nivelé et les fondations achevées permettaient d’embrasser à la fois tout le chantier et de suivre d’une manière pratique les détails donnés sur ce qui a déjà été exécuté et ce qui reste encore à faire, et surtout sur les moyens employés pour opérer le montage de cette immense colonne avec toute la sécurité et la célérité désirables.
- Entre temps, l’ambulance a été aussi inspectée, on a pu voir combien son organisation était heureusement comprise et finalement le ministre s’est retiré charmé de la façon dont les choses sont conduites et ayant pu se convaincre que, sauf l’imprévu,dont personne n’est le maître, tout sera grandement prêt aux époques fixées par les prévisions.
- . En dehors de cette visite officielle, il ne s’est rien produit, dans le courant de cette semaine, qu’on puisse qualifier de nouveau, en ce sens qu’aucun travail autre que ceux en cours d’exécution n’a été entrepris ; du reste, on ne crée pas tous les jours de nouveaux ateliers et ceux qui sont actuellement occupés offrent assez d’animation et de diversité dans la besogne qu’on y fait pour défrayer la curiosité des gens qui ne voient dans les installations du Champ-de-Mars qu’un motif à distractions .sans cesse renouvelées et s’inquiètent fort peu de l’intérêt technique présenté par l’organisation de telle ou telle usine ; évidemment l’attrait de l’inconnu ne perd jamais ses droits et on préfère regarder les ouvriers qui entament un travail dont le résultat est à deviner plutôt que ceux qui ne font que continuer ce qu’on a déjà vu plusieurs îois, mais néanmoins pour l’observateur il est également agréable de suivre les progrès d’un bâtiment ou d’un ouvrage quelconque, de se rendre compte des moyens employés et d’étudier sur place les procédés par lesquels la force et la persévérance parviennent à édifier ces magnifiques produits du génie humain.
- A cet égard, le spectacle le plus curieux est, sans contredit pour le moment, celui du montage des fermes de 2 5 m. qui se dressent positivement à vue d’œil, l’émulation qui règne entre les différentes usines leur faisant accomplir de véritables prodiges d’adresse et d’activité ; peu à peu, le sol se débarrasse des innombrables pièces de fer qui l’encombraient et se couvre d’une véritable forêt métallique présentant dans son fouillis apparent une régularité parfaite et donnant au terrain dénudé, il y a encore peu de temps, l’aspect animé qui caractérise les manifestations de, l’industrie ; constatons les progrès réalisés par chaque usine en faisant le compte des fermes actuellement mises en place.
- L’usine Jovet, continuant l’emploi, qui lui réussit si bien, de ses deux tours en charpente, a entamé sa troisième travée dont 12 fermes sont dressées, ce qui donne pour ce chantier 42 charpentes sur lesquelles les ouvriers s’occupent de fixer les pièces de plus petites dimensions constituant la toiture proprement dite.
- Dans l’usine Roussel les deux premières travées étant terminées, on a commencé la troisième et on peut compter aujourd’hui 45 arcades prêtes à recevoir leurs accessoires relatifs à la couverture.
- Les ateliers de la Franche-Comté, procédant toujours de la façon que nous avons signalée, dressent des rangées de charpentes, construisant ainsi toutes les travées à la fois ; chaque rangée comprend b fermes et actuellement 6 rangées ont été installées ; la septième et la huitième étant entreprises, on arrive en ce point à un totale 42 fermes. .
- Quant'à l’usine Saint-Denis, ses efforts s’étant plus spécialement portés sur l’établissement de la toiture, il y a eu relativement moins de charpentes dressées, néanmoins, on en est à la douzième arcade de la troisième travée, ce qui fait en tout 42 portiques terminés.
- Le total général des fermes montées à ce jour est donc de 171 ; or le total étant de 126 il y a huit jours, on a donc dressé cette semaine 45 arcades. A ce travail, il faut joindre celui qu’a demandé le montage des fers constituant la toiture : pannes secondaires, montants de lanterneau, chevrons, etc...dont le nombre est déjà
- considérable.
- Non loin des chantiers de la Franche-Comté, on a commencé la pose des poutres métalliques qui serviront d’ossature au plancher du sous-sol de cette partie du palais des industries diverses ; cette pose est assez délicate à exécuter car il faut que les poutres soient non seulement mises à des places et suivant des directions par-
- LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE 18S9.
- faitement déterminées, mais encore rigoureusement scellées au niveau fixé par les projets, les erreurs qui se produiraient dans ce travail pouvant nécessiter un remaniement difficile et coûteux, aussi apporte-t-on au scellement de ces pièces métalliques toute l’attention désirable, et il faut voir avec quel soin les ouvriers s’assurent de la position et de l’horizontalité parfaites des poutres avant de les fixer définitivement.
- Les quatre piliers de la tour sont maintenant complètement terminés, du moins en tant que maçonneries brutes ; il reste encore à poser quelques-uns des couronnements en pierre de taille, mais cela ne demandera plus longtemps. Du reste, en prévision de l’achèvement rapide des fondations, on continue à amener les matériaux de la cour proprement dite, et on peut voir auprès de chaque massif les énormes sabots en fonte qui doivent reposer sur la pierre et n’attendent plus que le moment d’être mis en place; en somme, l’aspect du chantier de M. Eiffel s’est complètement transformé et autant, il y a deux mois à peine,il présentait l’image d’un chaos apparent, autant maintenant il y règne un air de netteté et de régularité qui charme l’œil. Cette transformation a été extraordinairement rapide et a étonné ceux qui n’avaient pas été à même de visiter les travaux depuis quelque temps ; elle a, de plus, prouvé que les prévisions de M. Eiffel étaient rigoureusement justes au point de vue du temps nécessaire à l’exécution.
- 0,n a encore enlevé une certaine quantité de terre dans la partie centrale qui sera occupée par le jardin, et l’excavation produite a presque atteint le niveau fixé.
- La branche latérale du chemin de fer dont nous parlions la dernière fois est en cours d’exécution, les poseurs sont à l’ouvrage et on a mis une plaque tournante sur cette branche à la hauteur de la rencontre, dans le palais des industries diverses, des deux portions à angle droit, vers l’avenue de Labourdonnais ; bientôt les trains pourront circuler en facilitant le transport des matériaux aux lieux d’emploi.
- L’abaissement de l’avenue pour racheter la différence de niveau de l’entrée de la galerie des machines vers l’avenue Bosquet est mené activement ; on a mis une palissade qui isole le chantier et permet aux ouvriers de travailler en toute liberté : ce travail ne durera probablement pas longtemps.
- H. de Bae-cker.
- LA TUNISIE A L’EXPOSITION DE 1889
- Un concours pour la construction du pavillon tunisien à l’Exposition universelle de Paris en 1889 est actuellement ouvert à Dar-el-Bey de Tunis par le comité de l’exposition tunisienne.
- Les • conditions de ce concours sont les suivantes :
- Le concours sera clos, le 3i octobre 1887. Tous les projets devront être déposés avant ledit jour, à cinq heures du soir, au secrétariat de l’exposition à Dar-el-Bey de Tunis. Après un délai de quinze jours, le jugement du jury sera notifié aux intéressés.
- Une prime de 5,000 piastres sera accordée à l’auteur du projet classé le premier.
- Une prime de 2,5oo piastres sera attribuée au projet classé le second.
- Nota. — Le cours moyen du change à Tunis de la piastre tunisienne en monnaie française est, en général, légèrement supérieur à o fr. 60 par piastre.
- La dépense totale ne devra pas excéder une somme de 224,000 piastres.
- Tout projet dont après vérification le devis dépasserait ce chiffre sera écarté du concours. Des exemplaires du programme détaillé du concours sont déposés :
- A Paris :
- Au ministère des affaires étrangères ;
- Au commissariat général de l’Exposition ;
- Chez le délégué du comité de l'exposition tunisienne, M. Sanson, n° 34, rue de Berlin.
- A. Tunis :
- A la résidence générale de France ;
- Au secrétariat du comité.
- Nomination d’un membre de la Commission de contrôle et de finances
- M. Antonin Proust, député, est nommé membre de la commission consultative de contrôle et de finances de l’ExpositiQn universelle de 1889, en remplacement de M. Etienne, député, nommé sous-secrétaire d’Etat au ministère de la marine et des colonies.
- Dimanche 26 Juin 1887.
- Nomination de membres du Jury d’admission
- Classe 40
- M. Gerbau, fabricant de ménages d’enfant et de soldats de plomb.
- Classe 41
- M. Bère, ingénieur en chef des mines.
- Classe 81
- MM. Chevalier, pomologue, membre de la société nationale d’horticulture de France.
- Coulombier, ancien pépiniériste, membre de la société nationale d’horticulture de France.
- Jamin, pépiniériste, ancien vice-président de la société nationale d’horticulture de France.
- Vitry, horticulteur, vice-président de la société nationale d’horticulture de France.
- BUREAUX DES
- COMITES DÉPARTEMENTAUX
- INDRE-ET-LOIRE
- Comité départemental
- Président. — M. Guinot, sénateur, président du conseil général, maire d’Amboise.
- Vice-Présidents. — MM. Dardy, président de la commissiondépartementale, maire du Grand-Pres-signy ; Foucher, tanneur à Châteaurenault.
- Secrétaires. — MM. Briand, secrétaire général de la société des Amis des Arts, à Tours ; Mabille " (Ernest), fabricant d’instruments agricoles à Am-boise.
- Trésorier. — M. Martineau, négociant en cuirs, membre du conseil central d’hygiène, à Tours.
- Sous-comité de /’arrondissement de Tours
- Président. —- M. Lesourd, raffineur de pétrole, président de la Chambre de commerce, à Tours.
- Vice-Président. — M. Foucher, tanneur à Châ-teaurenault.
- Secrétaires. —MM. Trochon, avocat, secrétaire général de la société de Géographie, à Tours; Éruzon, fabricant de blanc decéruse, consul d’Italie, à Saint-Cyr.
- Trésorier. — M. Mazereau, imprimeur, président du conseil des prud'hommes, à Tours. Sous-comité de Varrondissement de Chinon
- Président. — M. Girault-Banne, conseiller général, négociant en vins, à l’Ile-Bouchard.
- Vice-Président. — M. Mahoudeau, vice-président du comice agricole de Chinon, à Sainte-Maure.
- Secrétaire-trésorier. — M. Lasaulaie, banquier, trésorier du comice agricole, à Chinon
- Sous-Comité de "arrondissement de Loches
- Président. — M. Dauxerre, propriétaire agriculteur, à Ferrière-Larçon.
- Vice-Président. — M. Bluteau, fabricant d'articles de chasse, adjoint au maire, conseiller d’arrondissement, à Loches.
- Secrétaire. — M. Leroux, architecte départemental de l’arrondissement, à Loches.
- Trésorier. — M. Mardelle, brasseur à Loches.
- INDRE
- Comité départemental
- Président. — M. Guinon, directeur de la station agronomique, à Châteauroux.
- Vice-Présidents. — MM. Turlin, ancien négociant, au Blanc ; Périgois, ancien député, à La Châtre; Jolivet, conseiller général, à Poulaines ; Marandon, tanneur, à Argenton.
- Secrétaire général. — M. Hidien (Auguste), constructeur, à Châteauroux.
- Secrétaires. — MM. Moroux, conseiller générai, à Saint-Gilles; Alizard, agriculteur à Cluis ; Brunet, conseiller général, à Issoudun ; Rayet, viticulteur, à Buzançais.
- Trésorier. — M. Gillet, conservateur du musée de Châteauroux.
- JURA
- Sous-comité de /’arrondissement de Saint-Claude
- Président. — M. Jeantet (Raymond), président de la Chambre consultative des arts et manufactures à Saint-Claude.
- Vice-Présidents. —MM. Fontanez (Aubin), président de la Chambre consultative des arts et manufactures à Morez ; Cayron (Charles), à Saint-Claude.
- Secrétaires. — MM. Genoud (Henri), manufacturier à Saint-Claude ; Boudier (Alphée), expéditeur à Longchaumois.
- p.682 - vue 251/496
-
-
-
- Troisième Année. — N° i3o.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 26 Juin 1S87. — 683.
- ADJUDICATION EN QUATRE LOTS
- DES CONSTRUCTIONS MÉTALLIQUES DES BAS-COTÉS DU PALAIS DES MACHINES AU CHAMP-DE-MARS
- 1. Le lundi 18 juillet 1887, à une heure de l’après-midi, il sera procédé publiquement, dans la salle du conseil de préfecture au tribunal de commerce, parle préfet ou son délégué, assisté de deux membres du conseil de préfecture et du directeur général des travaux ou de son délégué, à l’adjudication, au rabais, sur les prix du devis et par soumissions cachetées de l’entreprise, en quatre lots, des ti avaux à exécuter pour l’établissement des constructions métalliques des bas-côtés du palais des machines; lesquels travaux sont évalués à 1,160,292 fr. 41 cent., somme à valoir pour imprévus comprise.
- Le cautionnement est fixé à 8,000 francs pour chacun des quatre lots.
- 2. Le devis, les cahiers des charges et les plans
- sont déposés à la direction générale des travaux, dans les bâtiments du Champ-de-Mars, à l’extrémité de l'avenue Rapp, où l’on pourra en prendre connaissance, tous les jours non fériés, de une heure à quatre heures. t
- 3. Nul ne sera admis à concourir à l’adjudication s’il 11e remplit les conditions imposées par le cahier des charges générales.
- Chacun des concurrents devra adresser à l’agence des travaux du Champ-de-Mars, au directeur général des travaux de l’Exposition qui est chargé d’arrêter la liste des concurrents, dix jours au moins avant la date de l’adjudication:
- i° Une demande d’admission à l’adjudication sur papier timbré faisant connaître ses nom, prénoms, domicile, lieu et date de naissance ;
- 20 Un extrait de son casier judiciaire ayant moins d’une année de date;
- 3° Les pièces demandées par le cahier des charges générales, telles que certificats de capacité, etc.
- Le délai fixé ci-dessus pour le dépôt de ces pièces sera rigoureusement appliqué;
- 40 Les concurrents seront admis à présenter des soumissions pour les deux lots et ils devront présenter autant de demandes séparées qu’ils voudront soumissionner de lots.
- 5. Chaque soumission, rédigée sur papier tim-
- bré, conformément au modèle ci-après, sera placée isolément sous un pli cacheté, et le paquet, portant le nom du soumissionnaire, sera renfermé, avec les pièces dont il a été parlé ci-dessus et avec le certificat de dépôt du cautionnement, sous une seconde enveloppe cachetée portant pour sus-cription : Exposition universelle de 108g.— Constructions métalliques des bas-côlés du palais des machines, 6 lot.
- Les soumissions qui ne seraient pas exactement conformes au modèle ci-après seront considérées comme.nulles et non avenues.
- Les rabais seront énoncés en francs et décimes par cent francs (sans fraction de décime) et porteront sur les prix du devis. Les rabais portant fraction de décime seront comptés au décime plein inférieur à la fraction exprimée.
- 6. Le jour de l’adjudication, les paquets seront remis au bureau d’adjudication, dans l,a salle du •conseil de préfecture, au tribunal de commerce, depuis midi jusqu’à une heure. Les paquets recevront un numéro dans l’ordre de leur présentation.
- 7. A une heure, on remettra au bureau d’adju dication, et sous enveloppe cachetée, le minimum du rabais moyennant lequel l’adjudication pourra être prononcée ; ensuite on procédera à l’ouverture des paquets. .
- Le bureau d’adjudication après vérification des pièces, arrêtera la liste des concurrents agréés.
- Immédiatement après, il sera procédé à l’ouverture des soumissions présentées parles concurrents admis.
- 8. Dans le cas où une seule soumission serait déposée, l’administration se réserve le droit de ne pas prononcer l’adjudication.
- 9. Si aucun des rabais offerts dans les soumissions ouvertes n’atteint le minimum fixé, l’adjudication pourra être prononcée provisoirement ou ajournée, sur l’avis du bureau d’adjudication, qui en délibérera séance tenante.
- En aucun cas, le minimum fixé ne sera rendu public.
- 10. Dans le cas où le rabais le plus fort aurait été souscrit par plusieurs soumissionnaires, un nouveau concours sera ouvert, séance tenante, entre ces soumissionnaires seulement.
- Les rabais de la nouvelle adjudication ne pourront être inférieurs à ceux de la première.
- Si les soumissionnaires se refusaient à faire de nouvelles offres, ou si les rabais souscrits étaient encore égaux, l’adjudicataire serait désigné par la voie du sort.
- 11. L’adjudication n’est valable qu’après approbation par le ministre du commerce et de l’industrie.
- 12. Les frais de publicité, d’expédition et d'impression, ceux de timbre, d’enregistrement seront supportés par l’adjudicataire, qui devra en faire le dépôt dans un délai maximum de trois jours, à partir de la date de l’adjudication.
- 13. Toutes les conditions insérées dads la présente affiche sont obligatoires et déclarées annexées au cahier des charges.
- Fait à Paris, le 11 juin 1887.
- Le Ministre du commerce et de l'industrie Commissaire général,
- Lucien Dautresme.
- Modèle de soumission (sur papier timbré).
- Je soussigné, entrepreneur
- constructeur, demeurant à
- après avoir pris connaissance des clauses et conditions générales imposées aux entrepreneurs de l’Exposition universelle de 1889, des cahiers des charges spéciales aux constructions métalliques en fer, ainsi que des dessins et des conditions particulières se rapportant directement à l’exécution des charpentes et fermes en fer formant les bas-côtés du palais des machines, au Champ-de-Mars,
- M'engage à exécuter les travaux dont il s’agit, formant le (en toutes lettres) Lot évalué à la somme
- de... (en toutes lettres) moyennant un rabais de
- (en toutes lettres)..., sur les prix moyens indiqués au détail estimatif.
- Je me soumets, en outre, à supporter tous les frais d’affichage, de timbre et d’enregistrement à droit fixe ou autres auxquels la présente soumission pourra donner lieu, si elle est acceptée.
- Fait à Paris, le 1887.
- (Signature.)
- L’adjudication des charpentes métalliques des galeries latérales du palais des machines aura lieu le 18 juillet prochain.
- Tous les constructeurs qui désirent prendre part à cette adjudication doivent adresser le 8 juillet au plus tard, à M. le directeur général des travaux, une demande d’admission sur papier timbré, leur casier judiciaire, les certificats de capacité.
- Les demandes antérieurement adressées à l’administration, soit pour prendre part à une adjudication déterminée, sont pour être admis d’une façon générale, ne dispensent en rien les entrepreneurs des formalités ci-dessus spécifiées.
- Les devis, cahier des charges, plans de l’entreprises sont dès maintenant à la disposition des entrepreneurs au bureau technique, pavillon Rapp, Champ-de-Mars.
- ADJUDICATION EN UN LOT
- DES TRAVAUX DE CHARPENTE EN BOIS ET GROSSE
- MENUISERIE A EXECUTER EN LOCATION POUR LES
- COMBLES DES GALERIES DES EXPOSITIONS DIVERSES
- ET ANNEXES DANS LE CHAMP-DE-MARS.
- 1. Le lundi 11 juillet 1887, à une heure de l’après-midi, il sera procédé publiquement, dans une des salles du conseil de préfecture (palais du tribunal de commerce), parle préfet ou son délégué, assisté de deux membres du conseil de préfecture et du directeur général des travaux ou de son délégué, à l’adjudication, au rabais, sur les prix de la série et par soumissions cachetées, de l’entreprise, en un lot, des travaux de .charpente en bois et grosse menuiserie à exécuter en location pour les combles des galeries des expositions diverses et de leurs annexes, dans le Champ-de-Mars; lesquels travaux sont évalués à 356,047 fr. 80, somme à valoir pour imprévus comprise.
- Le cautionnement est fixé à 14,000 fiancs.
- 2. Le devis, la série, le cahier des charges et les plans sont déposés à la direction générale des travaux, dans les bâtiments du Champ-de-Mars, à l’extrémité de l’avenue Rapp, où l’on pourra en prendre connaissance, tous les jours non fériés, de une heure à quatre heures.
- 3. Nul ne sera admis à concourir à l’adjudication s’il ne remplit les conditions imposées par le cahier des charges générales.
- Chacun des concurrents devra adresser à l’agence des travaux du Champ-de-Mars, au directeur général des travaux de l’Exposition, qui est chargé d’arrêter la liste des concurrents, huit jours au moins avant la date de l’adjudication :
- i° Une demande d’admission à l’adjudication sur papier timbré, faisant connaître ses nom, prénoms, domicile, lieu et date de naissance ;
- 20 Un extrait de son casier judiciaire ayant moins d’une année de date ;
- 3° Les pièces demandées par le cahier des charges générales, telles que certificats de capacité, etc.
- Le délai, fixé ci-dessus pour le dépôt de ces pièces sera rigoureusement appliqué.
- 4. Chaque soumission, rédigée sur papier timbré, conformément au modèle ci-après, sera placée isolément sous un pli cacheté, et le paquet, portant le nom du soumissionnaire, sera renfermé, avec les pièces dont il a été parlé ci-dessus, et avec le certificat de dépôt du cautionnement, sous une seconde enveloppe cachetée portant pour suscription : Exposition universelle de j88c). — Travaux de charpente en bois et grosse menuiserie à exécuter en location pour les galeries des Expositions diverses et leurs annexes dans le C h a mp-d e-Ma rs.
- Les soumissions qui ne seraient pas exactement conformes au modèle ci-après seront considérées comme nulles et non avenues.
- Les rabais seront énoncés en francs et décimes par cent francs (sans fraction de décime) et porteront sur les prix de la série. Les rabais portant fraction de décime seront comptés au décime plein inférieur à la fraction exprimée.
- 5..Le jour de l’adjudication, les paquets seront remis, au bureau d’adjudication, dans la salle du conseil de préfecture, au tribunal de commerce depuis midi jusqu’à une heure. Les paquets recevront un numéro dans l’ordre de leur présentation.
- 6. A une heure, on remettra au bureau d’adjudication, et sous enveloppe cachetée, le minimum du rabais moyennant lequel l’adjudication pourra être prononcée ; ensuite on procédera à l’ouverture des paquets.
- Le bureau d’adjudication, après vérification des pièces, arrêtera la liste des concurrents agréés.
- Immédiatement après, il sera procédé à l’ouverture des soumissions présentées par concurrents admis.
- 7. Dans le cas où une seule soumission serait déposée, l’administration se réserve le droit de ne pas prononcer l’adjudication.
- 8. Si aucun des rabais offerts dans les soumissions ouvertes n’atteint 1 e minimum fixé, l'adjudication pourra être prononcée provisoirement ou ajournée sur l’avis du bureau d’adjudication, qui en délibérera séance tenante.
- En aucun cas le minimum fixé ne sera rendu public.
- 9 Dans le cas où le. rabais le plus fort aurait été souscrit par plusieurs soumissionnaires, un nouveau concours sera ouvert, sémee tenante, entre ces soumissionnaires seulement.
- Les rabais de la nouvelle adjudication ne pourront être inférieurs à ceux de la première.
- Si les soumissionnaires se refusaient à faire de nouvelles offres, ou si les rabais souscrits étaient encore égaux, l’adjudicataire ' serait désigné par la voie du sort.
- 10. L’adjudication n’est valable qu’après approbation par le ministre du commerce ét de l’industrie.
- 11. Les frais de publicité, d’expédition et d’impression, ceux de timbre et d’enregistrement seront supportés par l’adjudicataire, qui devra en faire le dépôt dans un délai maximum de trois jours, à partir de la date de l’adjudication.
- 12. Toutes conditions insérées dans la présente affiche sont obligatoires et déclarées annexées au cahier des charges.
- Fait à Paris, le 11 juin 1887.
- Le ministre du commerce et de l'industrie commissaire général,
- Lucien Dautresme.
- Modèle de soumission (sur papier timbré).
- Je soussigné,
- entrepreneur de menuiserie, demeurant à
- . après avoir pris connaissance des clauses et conditions générales imposées aux entrepreneurs de l’Exposition universelle de 1889 en date du 22 août 1886, du cahier des charges spéciales aux travaux de charpente en.bois et. de grosse menuiserie, en date du 18 mai 1887, ainsi que des dessins et des conditions particulières se rapportant directement aux travaux de charpente et de grosse menuiserie, en location, pour les combles des galeries des Expositions diverses au Champ-de-Mars,
- M’engage à exécuter les travaux dont il s’agit, évalués à la somme de deux cent quatre-vingt-seize mille six cents francs, moyennant un rabais de.... (eu toutes lettres), sur . le prix de la série spéciale de l’entreprise dont il s’agit.
- Je me soumets, en outre, à supporter tous les frais d’affichage, de timbre et d’enregistrement à droit fixe ou autres auxquels la présente soumission pourra donner lieu, si elle est acceptée.
- Fait à Paris, le i887.
- (Signature.)
- {Voir la suite page 6S6.)
- p.683 - vue 252/496
-
-
-
- C84 et 685. — Troisième Année. — N° i 3o
- Dimanche 26 Juin 1887
- LE
- MONITEUR de EXPOSITION DE 1889.
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE A L’OPÉRA
- Les travaux de construction des bâtiments principaux de l’Exposition de 1889 sont poussés avec une telle activité qu’il faudrait dès à présent s’occuper de l’aménagement intérieur afin d’éviter tout retard.
- Une des plus importantes questions à étudier est celle de l’éclairage, les dernières expositions nous ayant habitués à un service de nuit et à des fêtes que l’exposition en projet ne peut manquer d’organiser.
- Mais il faut un éclairage qui se plie aux diverses exigences du service: éclairage intense pour les jardins, les halles, salles de machine, etc.; éclairage doux, par petits foyers, pour les salons et salles d’exposition; le gaz se prêterait difficilement à ces nécessités et aurait l’inconvénient d’amener des chances d’accident, tout en coûtant fort cher d’installation.
- L’éclairage électrique, au contraire, qui a fait son apparition à l’Exposition de 1881 avec un succès sans précédent, et qui depuis a été unanimement apprécié partout où il a été employé, et spécialement dans les expositions de Philadelphie, Melbourne, Londres, Bordeaux, Nice, etc., peut seul remplir les conditions,prescrites.
- Dès la fin de l’année dernière, les principales sociétés s’occupant d’éclairage électrique s’étaient réunies et formaient un syndicat qui proposait à la commission l’éclairage général de l’Exposition.
- Une commission a été nommée pour fixer la part dé chacun dans l’éclairage, les jardins, les halles et salles de machines devant êtrejéclairés par des arcs de diverses intensités et de foyer Jablochkof,les salles d’exposition, salons, etc., étant réservés à la lumière à incandescence.
- Mais pour diriger tous ces travaux, organiser ce service, il faut un homme spécial, ayant, en dehors des connaissances techniques nécessaires, la pratique indispensable pour mener à bien ce projet. Qui, plus que M. H. Fontaine, le savant électricien, pourra être proposé ? Président et administrateur des trois sociétés Gramme ; président de l’exposition de 1881, et de nombreuses expositions faites depuis, ses qualités administratives et sa haute compétence comme électricien l’appellent à présider la commission actuelle.
- La diversité des locaux à éclairer permettra à chaque système de se faire valoir et le public jugera des avantages d’un éclairage qui se prête avec la plus grande facilité aux exigences du service.
- Nos grands magasins de nouveautés, les gares de chemins de fer, les jardins publics, les grandes usines métallurgiques, peuvent nous donner une idée de l’effet que produira la lumière à arc ou les bougies Jablochkof, jetant leur vif éclat dans les jardins et les grandes salles de l’Exposition.
- Mais à côté de cet éclairage général, si nous passons dans les salons et salles d’exposition, les lampes à incandescence régneront sans conteste : Lustres, giran-
- doles, rampes, lampes isolées, etc., chaque local pourra être éclairé de la façon la plus propre à faire ressortir les objets exposés.
- Sous le péristyle, nous les voyons dans les lanternes anciennement éclairées au gaz.
- Dans le grand escalier, elles viennent s’intercaler au milieu des becs de gaz, des candélabres et des girandoles. Dans le foyer, dans le grand lustre, elles sont disper-
- Nous avons chaque jour sous les yeux des exemples de la facilité avec laquelle l’incandescence se prête aux exigences du service.
- se'es au milieu des cristaux dont elles font jouer les facettes. Si nous passons sur la scène, les portants, la rampe les herses, tout est à l’électricité ; faut-il obtenir des effets de lumière comme on le fait avec le gaz, un jeu de régulateur placé sous la scène permet à un seul
- Entrons par exemple à l’Opéra, cette magnifique installation, la plus considérable qu’il y ait actuellement n0n seulement en France mais en Europe ; nous trou-
- homme de modifier l’intensité de n’importe quel portant °u herse. É’aut-il faire un effet général, une seule pièce à Manoeuvrer et toutes les lampes de la scène passent progressivement ou instantanément du feu vif à l’extinction P°ur reprendre leur éclat par la manoeuvre inverse.
- vons réunis dans un seul édifice 6,5oo lampes de 16 à 10 bougies et tout le matériel nécessaire pour la production du courant destiné à l’alimentation.
- Et si nous quittons cette partie des bâtiments pour monter dans les frises ou descendre dans les dessous de la scène, nous trouvons partout des lampes Edison dans des lanternes grillagées, donnant un éclairage régulier sans aucune chance d’accident.
- Plus d’incendie à craindre ; si un choc brise la lampe, le charbon incandescent se volatilise immédiatement.Les fils parfaitement isolés sont, par surcroît de précaution, protégés par des moulures couvertes ; des coupe-circuits avec plomb fusible garanissent contre tout accident.
- Dans les sous-sols, les lampes suspendues à la voûte-éclairent tous les passages et nous conduisent à la partie-réservée aux machines fournissant l’électricité.
- Cinq générateurs Belleviler pouvant produire 9,85o k._ de vapeur sèche à l’heure, fournissent la vapeur nécessaire aux machines suivantes :
- Une machine Earliov de 3oo chevaux et 4 machines pilon Compound Weyh et Rell de 140 chevaux commandent les 5 dynamos de 5oo lampes Edison, et 4 dynamos de 1,000 lampes Edison et 1 dynamo alternatif Gramme pour le service de foyers extérieurs Jablochkoff.
- En outre,une machine Armington et Suirs de 100 chevaux actionnant deux dynamos Edison de 400 lampes est en réserve. A côté de ce matériel, nous trouvons tousses-accessoires : cheminée de 39 mètres de hauteur et in,3oo« de diamètre, établie dans une courette pour le service des générateurs ; pompe d’alimentation ; pompe de condensation avec leur moteur; réservoirs d’eau, etc. ; un puits, de 40 mètres de profondeur fournit l’eau nécessaire; la, pompe est commandée par une dynamo Edison actionnée par transmission électrique de force.
- Le courant électrique produit par les dynamos est distribué par un tableau entre les différents circuits alimentant les lampes. Un jeu de régulateur permet de régler les dynamos suivant les exigences du service.
- Le cliché que nous donnons aujourd’hui représente la grande salle renfermant une partie de l’installation mécanique.
- Cette vaste installation, qui fait le plus grand honneur à la Compagnie Continentale Edison qui l’a entreprise, a été faite dans un délai de six mois et sans nuire en rien au service du théâtre.
- Ce rapide aperçu sur une installation curieuse à tous les points, peut servir d’exemple sur ce que l’électricité est en mesure de faire et la variété des services qu’on peut lui demander.
- Il ne nous reste plus qu’à faire des vœux pour que les décisions soient prises promptement au sujet de l’éclairage des autres théâtres de Paris, afin de les mettre dans-les mêmes conditions de sûreté que l’Opéra.
- Quant à l’exposition, nous espérons que sous peu la question de l’éclairage entrera dans la voie d’étude sérieuse pour l’exécution.
- p.dbl.n.n. - vue 253/496
-
-
-
- oS6. — Troisième Annee. — N° i3o.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- Dimanche 2G Juin 1SS7.
- DÉTAIL ESTIMATIF
- NATURE DES TRAVAUX
- Sapin neuf, 4sciages, de toutes formes et de toutes dimensions , assemblé avec fers, en location . .... .(cube) Plus-value pour charpente des combles du dôme et des pavillons ................(cube)
- Plus-value de corroyage et rabotage éventuel de bois de
- charpente.............(surf.)
- Nota. — Ce travail ne sera fait que sur un ordre de service spécial.
- Plus-value de chanfreins et baguettes d'angles sur bois de charpente dans les mêmes conditions . . . .(longueur) Chemins de faitage et bandes
- ...................(surface)
- Encaissements de chenaux et jouées en sapin de omo27, rainé, collé, assemblé, un parement blanchi, .(surface) Voligeage de combles en sapin brut, jointif, de omu sur
- omoi4..............(surface)
- Voligeage en frisés de sapin de omo27 sur omii, rainé et blanchi, avec baguettes et pose en point de Hongrie ou
- diagonale..........(surface)
- Nota. — Ces planchers sont tous comptés au prix maximum; mais, à l’exécution, la répartition en sera faite conformément aux ordres de service qui seront donnés, suivant le genre de voligeage demandé, et en se rapportant aux indications de la série. Plus-value pour voligeage des pavillons d'angles ou ^ de raccordement et du dôme
- central.............(surface)
- Plus-value pour emploi éventuel de bois de omo34 au
- lieu de omo27.........(surf.)
- Ce travail ne sera fait que sur ordres .de service spéciaux.
- Divers.............
- Total des Travaux prévus ...........
- Somme à valoir pour imprévus, dépenses en régie 10 7»
- QUANTITES
- i.94.6mcioo
- 200mc000
- 2.000mt1000
- 5.ooo™qoo©
- [o)3oom(iooo
- [2.5oomqooo
- 5.Ç)OOmqoOO
- 5b.ooomqooo
- Ôoomqooo
- 5oomqooo
- PRIX PRODUITS
- fr. c
- 60 >1
- o 5o
- O 13
- 1 5o
- o 5o 0 35
- Ensemble .......
- Frais d’agence et honoraires 3%
- Total général ....
- fr.
- i16.766
- 730 »
- 1 ô.qôo »
- 26.2 00 )) 5.900 »
- 123.200 »
- 2.300
- 4.Q25
- 59
- 196.600 » 29.660 »
- 326.260 9.787 80
- I336.047 80
- RÉSULTAT DE L’ADJUDICATION
- Des travaux de terrassements et de maçonnerie de la fondation
- Lundi dernier, à une heure, a eu lieu au conseil de préfecture, l’adjudication, en un lot, des travaux de terrassements et de maçonnerie à exécuter pour les fondations du palais des machines au Champ-de-Mars.
- Les travaux, évalués à 493,620 fr. 32., ont été adjugés à M. Joseph Manoury, entrepreneur de travaux publics, moyennant un rabais de 3 fr. 10 c. par 100 fr.
- ÉCHOS
- Paris
- L’exposition nationale des produits et appareils propres à la fabrication de la bière, organisée sur l’initiative de M. Barbe, ministre de l’agriculture, aura lieu en octobre prochain, aux Champs-Elysées, dans le pavillon de la vilie de Paris.
- Y *
- D épartements
- La société des amis des arts de Douai ouvrira, le dimanche 10 juillet, dans la galerie d’exposition de l’Hôtel de Ville, sa trente-deuxième exposition annuelle.
- Les œuvres d’art, peinture, dessin et gravure envoyées par les artistes de toutes nationalités, seront reçues jusqu’au 3 juillet à Paris, chez M. Dupuy-Vildieu, emballeur, 5 et 8, rue de 1 Echiquier ; au local de l’exposition, pour les envois d’autre provenance. L’exposition clôturera le dimanche 31 juillet.
- *
- * Y Y
- L'exposition artistique d’Ancenis clôturera jeudi prochain, 30 juin.
- * y
- ETRANGER
- Allemagne
- Une intéressante exposition artistique est ouverte, depuis quelques jours, à la galerie Schulte, de Berlin.
- La première exposition générale agricole, organisée par la société allemande d’agriculture, et dont nous annoncions l’ouverture, dans notre
- dernier numéro, a été inaugurée, le jeudi 9 juin, à Francfort-sur-le-Mein, en présence du prince Wied. Le premier bourgmestre, Dr Miquel, a prononcé, au nom des autorités municipales, une allocution de bienvenue.
- *
- Y Y
- Le comité promoteur de l’exposition d’art industriel en préparation à Munich pour 1888, a décidé que la souscription pour constitution d’un capital de garantie étant à peu près couverte, les travaux d’organisation commenceraient prochainement.
- *
- Y Y
- Autriche - Hongrie
- Un journal autrichien a publié récemment, et tous les journaux allemands l’ont reproduit d'après lui, un article consacré à l’Exposition de Paris 1889 et signé d’un industriel autrichien rentré*récemment à Vienne après un séjour dans la capitale française.
- L’inventif écrivain dissuade ses compatriotes, en l’absence du concours officiel de l’Autriche, de participer à l’exposition à leurs frais.
- Il assure, qu’en fait de constructions, on ne voit encore rien au Champ-de-Mars !! Que de plus, tous les fonds disponibles ont été dépensés pour la canalisation non prévue du Champ-de-Mars, que par suite les travaux sont suspendus et que le renvoi à une époque de l’Exposition ultérieure s’impose.
- Tout ceci se passe de commentaires.
- *
- Y Y
- Belgique
- La Chambre des représentants a voté le crédit demandé par le gouvernement pour le grand concours international qui doit avoir lieu à Bruxelles en 1888, savoir: 1,809,000 pour les constructions définitives et 1 million pour la reprise des galeries à construire par la Société.
- La Chambre a aussi voté toutes les autres demandes du gouvernement se rapportant à cette entreprise.
- Ajoutons que cette grande exposition, placée sous le patronage du roi et la présidence d’honneur du comte Pnihppe de Flandre, sera inaugurée le 3 mai ; que 30,000 mètres carrés ont été mis à la disposition des exposants indigènes, et que la ville de Bruxelles a constitué un capital de garantie de,250,000 francs.
- *
- Y Y
- États-Unis
- Le Christ devant Pilate de Munkacsy acheté par M. John Wanamaker est actuellement exposé à VAgricultural Hait de Boston.
- *
- Y Y '
- Italie
- Ci Invention dit qu’une maison de Gènes vient de publier une circulaire exposant un projet d’expo-sftion flottante de produits italiens agricoles, industriels et artistiques. Le staemer spécialement équipé pour cette destination visitera Saint-Vincent Rio-de-Janeiro, la côte du Brésil jusqu’aux Indes occidentales, l’Amérique centrale, le Mexique, la Havane, la Jamaïque, Saint-Thomas, Madère, etc.
- *
- Y Y
- . Nous avons parlé, dans notre dernier numéro, d’une exposition internationale d’appareils pour la prévention, l’extinction des incendies, les sauvetages, etc.
- Cette exposition placée sous les auspices de la municipalité de Turin, et dont l’inauguration est fixée au dimanche 7 août, sera la première de ce genre que l’on ait organisée dans la péninsule apermine. Toutes les communications sont reçues par le président Signor Bollati, hôtel de ville, à Turin.
- *
- Y Y
- Une exposition organisée sur l’initiative de la Société d’encouragement pour l’enseignement moral et industriel et placée sous sle haut patronage de S. A. R. le prince Thomas de Savoie, duc de Gênes, ouvrira à Spezia, le mercredi 10 août prochain.
- Cette exposition comprendra cinq divisions se subdivisant chacune en sections spéciales.
- La première division est industrielle et comprend l’art naval, les industries minière, mécanique, manufacturière et les pêcheries.
- La seconde, agricole, réunit les produits du sol, de l’industrie agricole, la viticulture, ia silvi-culture, l’hygiène rurale et les animaux de basse-cour.
- La troisième division artistique renferme les sections de peinture, de sculpture, la photographie, la photolithographie, la phototypie, les objets d’art antique, la musique (compositions et instruments).
- La quatrième division est didactique ; la cinquième réunit les expositions collectives de municipalités, œuvres de bienfaisance, instituts scolastiques, sociétés coopératives et de secours mutuels.
- Les dépenses de l’exposition sont supportées par la ville, un grand nombre d’actionnaires,
- l’administration provinciale et les ministères de la marine, de l’agriculture, de l’instruction publique, qui décerneront des récompenses spéciales.
- Y Y
- Le musée des arts décoratifs de Paris, qui, sur l’initiative de M. Autonin Proust, avaitpris part à l’exposition rétrospective d’art industriel de Rome (tissus et dentelles) vient de recevoir, à la distribution des récompenses de cette exposition, un diplôme d’honneur et une médaille d’or.
- Pays-Bas
- Le mercredi 15 juin a été ouverte à Amsterdam, en présence des autorités et d’une nombreuse assistance, la grande exposition alimentaire dont nous avons, à diverses reprises, eu l’occasion de parler.
- *
- Y Y
- Russie
- Aujourd’hui a eu lieu à Iekatherinburg, sous }a présidence du grand-duc Michel, l’ouverture de l’exposition ouralienne, scientifique et industrielle, dont nous avons parlé à cette place.
- Cette exposition, la première ouverte en Sibérie, a une importance exceptionnelle, car elle révélera l’existence de richesses naturelles inestimables, surtout au point de vue minéralogique et. métallurgique.
- Un grand nombre de notabilités de la science et de représentants de la presse doivent assister à l’ouverture.
- *
- Y Y .
- Suisse
- Le 2 juin a eu lieu à Zurich l’ouverture de la grande exposition cynologique depuis ' longtemps projetée. 025 spécimens de toutes les variétés' de la race canine avaient été envoyés par des . exposants de Suisse, d’Autriche, d’Allemagne et d’Angleterre. .
- Très remarquées, les expositions de St-Bernard et de chiens-courants suisses.
- .......... 0 Lf1 - -------
- EXPOSITION PERMANENTE
- DES COLONIES
- L’exposition permanente des colonies qui a été fermée momentanément à cause de la préparation des envois destinés à l’exposition internationale du Havre, est ouverte de nouveau tous les jours au public (les lundis et vendredis exceptés), de midi à 5 heures.
- Entrée par la porte n°.8 du Palais de l’Industrie (côté du quai).
- L’exposition permanente des colonies renferme des spécimens de tous les produits coloniaux qui peuvent être utilisés par l’industrie, métropolitaine.
- Elle comprend, en outre, un musée commercial destiné à faire connaître les produits de fabrication française ou étrangère qui sont de vente courante aux colonies.
- Chaque échantillon est accompagné d’une notice indiquant la nature du produit, son origine, son prix, etc.
- La conservation de l’exposition se tient à la disposition du public pour tous ies renseignements complémentaires que les commerçants ou industriels auraient intérêt à fournir.
- SALON_DE 1887
- (Suite.) salle 27
- 89. Le Marmiton. Il est bien campé,’ bien attentif et surtout joliment exécuté ce marmiton qui, sa bassine de cuivre sur la jambe, contemple son œuvre avec une certaine Satisfaction. M. Joseph Bail a enlevé cela hardiment Nature vivante et nature morte sont brossées de main de maître. C’est là assurément un des meilleurs morceaux du Salon et une seconde médaille bien méritée.
- 267. Combat de la Guyonnière (27 pluviôse an IV). Une des plus rudes épisodes de la guerre des bleus contre les blancs. A la porte de la vieille église moussue, Charrette, blessé d’un coup de feu à la tête, se tient très crânement en face des troupes républicaines. M. Alexandre Bloch a de la vigueur et du nerf.
- 2dj. La Fin du Jour par M. René Billette. Un sous verre très fin et très bien conçu nous montre le canal de Crozat par une nuit toute bleue.
- 176. Théodora. La Théodora de M. Benjamin-Constant procède directement du Justinien tant admiré ; assise dans son étroite chaise de marbre , fauteuil. Et après Xavier de Maistre on peut, quand on est Xavier Marinier, nous donner un volume de pensées, de réflexions, d’anecdotes, de souvenirs de voyage ou de lecture, dont l’esprit, le sentiment, la jovialité philosophique, l’honnête cordialité sont dignes de ses devanciers : le moraliste et l’humouriste savoisien ou le moraliste et rhumouriste génevois : Toppfer.
- p.686 - vue 254/496
-
-
-
- Troisième Année. — N° i‘3o.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1SS9.
- Dimanche 26 Juin 1SS7. — 6S7.
- étonnante avec son teint basané, le visage éclairé, tranchant sur sa robe où brillent les pierreries, elle est admirable dans sa sévère et impérieuse majesté. Le talent impeccable de l’auteur n’est du reste plus à mettre en cause.
- 184. Le Cantique. C’est le second envoi de Jean Béraud qui nous promène à travers les phases les plus diverses du monde parisien. Cette procession de hdèles dont la théorie serpente à travers les chantiers du Sacré-Cœur possède toutes les qualités de vie et de réalité qui sont l’apanage de cet artiste. Après les caquetages du palais, les religio-sités de la cathédrale se trouvent rendues avec le même bonheur.
- salle 18
- 2045.La Leçon d’escrime. De très bonne mine ce petit bonhomme auquel M. Robaudi a donné les traits gamins et chafouins de la gentille Marie Durand de la Porte-Saint-Martin. Le gaillard a l’air décidé et ne paraît pas craindre de s’attaquer à forte partie.
- 2002. Mort du lieutenant-colonel Froidevaux. Ce tableau qui fait le plus grand honneur à M. Emile Renard est destiné à la salle de réception du régiment des sapeurs-pompiers de Paris. La mort dramatique du colonel Froidevaux est rendue avec une vigueur extraordinaire. L’incendie qui crépite et' se reflète sur le poli des casques, les physionomies singulièrement énergiques des sapeurs accourant vers leur chef, tout contribue à rendre le poignant et la mâle horreur de cette situation.
- 2058. La Curée. Un morceau à effet, comme M. Rochegrosse les affectionne. De grands éclats de couleur au premier plan, des teintes plates au dernier ; sans vouloir que celui-ci empiète sur celui-là, on pourrait demander que le fond n’ait pas l’air d’une esquisse non terminée ou d’un rideau de théâtre destiné à être vu sous une certaine optique. Je préfère de beaucoup sa Salomé dansant devant le roi Hérode (n° 2059), d’un mouvement très lascif et d’un groupement de personnages habilement conçu.
- A signaler: 2109 Pensierosa et 2110 Portrait par M. Edouard Sain ; 2086 Nature morte par M. Emmanuel Rousseau; 2155 Plaine de Châtil-Ion par M. Paul Schmitt ; 2288 Portrait de MU1°.L.G., par MUe Rosalie Thévenin ; 2071 Crépuscule à Venise, par M. Amédée Rosier; 2136 Plage de Heyst, par M. Marcel Sauvaige.
- salle 14
- 1855. La. Source Bergerette. Un bien suave paysage de M Pelouse. Cette source touffue et ombragée à plaisir est rendue dans la perfection.
- 1874. Marion. M. Albert Pesnelle a repris le poème de Musset pour nous représenter la Ma» rion si magistralement reproduite par Gervex dans son fameux tableau intitulé Rolla et dontM. Pesnelle s’est légèrement souvenu. Cependant sa Marion est jolie de pose et de teinte, bien qu’un peu trop violette.
- 2o65. L’Entrée au couvent. Mlls Jeanne Rongier dans une scène touchante d’une grande valeur comme composition et d’une réelle finesse de coloris, nous montre un père et une mère faisant leurs adieux à deux fillettes qui entrent au couvent. Le père embrassant l’aînée est notamment d’une pose bien émue. De très bon goût l’uniforme couleur pensée que portent les pensionnaires, mais pourquoi sont-elles toutes blondes ? Est-ce que l’exclusion des brunes serait prononcée dans cette institution.
- 2231. Le Vin nouveau. Un tonnelier bien compris lève son verre et déguste déjà de l’œil la lampée de vin nouveau qu’il va prendre. Toile excellente de M. Pa.d Soyer.
- A signaler : 1988 Fleur de Pervenche très bonne étude de Mlle Virginie Porgès et 2076 Portrait de Müe B..., par M11® Augusta Roszmann, d’une douceur et d’un modelé parfaits.
- salle 26
- 2249. Episode des massacres de Septembre 179V. L’anecdote de MUe de Sombreuil et du verre de sang — ou de vin — a fourni à M. Julian Story le motif d’un tableau plein d’animation et d’une tonalité fort réussie. Les mégères qui montrent le poing à la jeune fille sont d’une allure naturelle ; le sans-culotte qui lui présente le fameux verre est d’une bonne pose. Il y a mieux que des promesses dans cette toile d’une grande sincérité.
- 2266. La Mare de Courtbuisson.M. LéonTanzi, dont j’ai déjà parlé à propos du portrait de Jean Richepin, a réussi tout particulièrement ce paysage d’une vérité saisissante et d’une rare perfection d’exécution. La mousse qui flotte sur Peau dormante dans ce coin sombre, ces arbres feuillus qui ombragent la mare, donnent vraiment la sensation de la réalité. C’est exquis.
- 2268. Les Casselois dans les marais de Saint-Omer. Par une pluie battante, agenouillés dans l’eau et la boue, les Casselois se rendent à la merci de Jean le Bon.M. Francis Tattegrain s’était attaqué à une'dure mission , celle de rendre la situation des vainqueurs et des vaincus par l’orage qui fouette et dont les torrents diluviens, à la traverse de ses personnages, pouvait atténuer la grandeur des effets. L’artiste s’en est très heureusement
- tiré et l’œuvre d’une large envergure est à son plus grand éloge : Son Jean le Bon campé calme et fier sur son cheval au milieu de la tourmente est à lui seul une maîtresse page.
- 2001 .Les Huns. Bonne facture, mais d’un dessin incorrect. C’est bien par la force du raisonnement que M. Constantin Renard fait tenir une femme sur la jambe du guerrier à cheval.
- A signaler : 2801. Cerises et Abricots de M. Thur-ner ; 2298 Fleurs d’automne, de M. Ch. Thomas.
- salle 28
- 65. Une vraie Patriote. La seule toile de cette salle qui soit vraiment de premier plan. Elle est pimpante et coquette, cette charmante Parisienne avec son écharpe aux trois couleurs et sa canne ornée de la cocarde nationale. Son teint est d’une finesse exquise et sa physionomie a conscience de l’affirmation qu’elle fait de ses sentiments par son accoutrement élégamment patriotique. Peintre : M. Aussandon.
- salle 29
- Dans cette petite salle semblent avoir été réunis à plaisir les épisodes militaires. Sans être au-dessus d’une bonne moyenne comme talent, ils dénotent néanmoins généralement d’excellentes aptitudes. Je cite :
- 332 Le 7e de ligne à l’assaut de Malakoff par M. Emile Boutigny; bon ouvrage destiné à la salle d’honneur de ce régiment.
- 2185. Combat d’Oued-Halleg, par M. Sergent. D’un mouvement et d’une ardeur parfaits. Tableau destiné à la salle d’honneur du ier chasseurs d’Afrique.
- 780. Prise de Wissembourg, par M. Alfred Didier.
- 2208. Bataille de Jemmcipes, par M. Sinibaldi. Tableau destiné à la salle d’honneur du 104e de ligne.
- 544. L’Interrogatoire, par M. Claris, d’une facture parfaite.
- Enfin, avant de passer à la sculpture, je tiens à réparer une omission au détriment de M. Théo-bald Chartran, l’éminent peintre de portraits. Son Mounet-Sully dans le rôle d’Hamlet est brossé avec une puissance hors ligne. L’expression du visage est d’une rare énergie de tons et le jeune artiste compte là comme son modèle un réel succès de plus.
- (A suivre.)
- Alfred Delilia.
- SCIENCES & INDUSTRIE
- Le secret des luthiers de Crémone
- Un amateur bien connu, M. Henry Lake, écrivait, il y a déjà quelque temps au Standard, une lettre .dont voici la teneur : Ceux qui connaissent les qualités tout à fait spéciales et extraordinaires des vieux instruments italiens de l’école de Crémone, savent quelle est leur valeur marchande, sans parler de leur inestimable valeur artistique et de la douceur et du charme de leur son.
- Ces belles qualités si appréciées n’ont jamais pu être reproduites par la facture moderne la plus soignée, et les véritables instruments de Crémone ont atteint de ce fait les prix fabuleux que l’on sait.
- Quel était donc le secret des luthiers, italiens ? C’est ce que nous apprend un manuscrit récemment découvert en Italie, écrit, partie en italien, partie en français, par Antonio Pavardone et marqué de la mention : « Ex bibliotheca de Car-dinas ».
- Les Jésuites évangélisèrent, dès le xve siècle, la Chine sous la conduite du père Melheo Pucci. Un des leurs, le P. Martino Martini, mentionnait en i665, un vernis dont les Chinois se servaient journellement dans l’ameublement. La formule qu’il donna fut modifiée par un moine de l’ordre de Saint-Augustin, le P. Eustache Gamert, qui produisit un vernis de qualité supérieure à celui des Chinois, vernis qui servit de base à tous ceux qu’employa l’école de Crémone. Ce vernis réunissait les qualités d’éclat à une densité particulière lui permettant de se fusionner avec les éléments du bois enformantun tout homogène. Nous ne parlons pas des autres qualités essentielles à.la construction des instruments de Crémone, qualité depuis longtemps étudiées et déterminées par les hommes les plus compétents, mais qui laissaient subsister une inconnue, un desiderata aujourd’hui comblés par la connaissance de cet important manuscrit.
- *
- *
- Nouveau téléphone Swinton
- L’appareil que nous décrivons et que produit la Equitable Téléphoné Association, est essentiellement différent des téléphones déjà connus, par ce seul fait qu’il est basé s.url’emploi de microphones multiples. On connaît l’extrême sensibilité du microphone formé par la juxtaposition de deux charbons, dont le contact est modifié par le moindre bruit, et permet ainsi au circuit électrique des ondulations magnétiques, qui se succèdent
- dans un ordre défini, en reproduisant, par des variations d’intensité, les moindres vibrations de la parole. C’est en prenant cet appareil pour base que M. A.-A. Campbell-Swinton a inventé l’appareil qui suit. Sur une planchette verticale se 'trouve fixé un cadre en plomb, au sommet duquel est tendu un fil de platine.
- A ce fil est appendue une série de petits charbons cylindriques, reposant tous, par la base, sur un bloc également en charbon et isolé.
- Le cadre est lui-même suspendu et isolé au moyen de caoutchouc, de façon à le soustraire à toute vibration extérieure. Il "est aussi mobilisable et, dans ses inclinaisons variées, fait varier la pression des charbons verticaux sur le charbon horizontal.
- Grâce à la multiplication des charbons, cet appareil acquiert une sensibilité, une intensité et une clarté d’articulation inconnues jusqu’à ce jour. Il est à l’abri des influences extérieures par la suppression des bobines inductrices qui, dans les grands centres, sont une source de perturbations.
- L’appareil récepteur également fixé sur la planchette est formé d’un petit électro-aimant, en regard duquel est fixé, au moyen d’un petit dra-phragme en matière souple et non conductrice, un disque -de fer doux. La batterie nécessaire pour actionner cet appareil est très petite, d’une faible intensité, ne peut produire aucune induction dans le circuit, et peut être placée, à distance de l’appareil, dans le lieu le plus convenable.
- En somme, avec cet appareil, grande simplicité, suppression des causes les plus ordinaires de perturbation, et grande netteté d’articulation.
- * *
- Encres invisibles pour cartes-postales
- Notre excellent confrère Invention donne, d’après lë Stationer and Printer, les recettes suivantes, en vue d’obtenir des encres invisibles :
- i° Prendre de l’acide sulfurique dilué; une partie d’acide pour sept d’eau. L’écriture, faite avec cette encre, laisse subsister au premier abord, quelques rugosités, qui disparaissent d’ailleurs, sans laisser aucune trace, lorsqu’on a laissé la carte sécher quelque temps. On ne doit se servir naturellement que d’une plume d’or ou d’une plume d’oie. Veut-on éviter la singularité d’une carte postale blanche, qui pourrait donner des soupçons, on écrit en travers avec de la teinture d’iode qui pâlira par l’action de la chaleur, action qui, d’autre part, fera apparaître l’encre invisible.
- 20 Employer une solution de sulfate de fer et. faire réagir avec une solution de prussiate de potasse,
- 3° Se servir d’une solution de ferrocyanure de potassium ( 1 pour 5o) ; après avoir écrit, mouiller avec une éponge humide, et les caractères disparaîtront en séchant.
- On pourra faire apparaître l’encre de différentes façons ; Le sulfate de fer la fera vernir en bleu, le sulfate de cuivre en brun foncé. A noter, l’écriture en encre ordinaire ne sera nullement altérée, ce qui permettra de l’employer concurremment.
- En exposant la carte à des vapeurs d’acide chlorhydrique ou en la plongeant dans le même acide légèrement dilué, on obtiendra l’encre invisible en vert bleuâtre et l’encre ordinaire disparaîtra.
- G.-H.
- LES LIVRES
- cxv
- Rêveries et réflexions d'un voyageur, par Xavier Marmier, de l'Académie française, i vol. in-18 ; Lahure, imprimeur-éditeur.
- Le voyageur érudit, le conteur ingénieux, le poète délicat, l’aimable causeur du salon et du cabinet d’étude sur lequel les longues bibliothèques étendent l’ombre fraîche de leurs allées de livres, Xavier Marmier, toujours vert comme les forêts, toujours sain comme les montagnes,, toujours riant comme les vallées de son cher Jura, toujours instruit de l’histoire, toujours habile à tourner un roman ou à demander à ses souvenirs un récit de voyage, comme ses compatriotes, Weiss, Francis Wey et Charles Nodier, vient d’ajouter un pendant exquis en prose à ce charmant volume devers de tous les temps etde tousles pays. Ce frère cadet des Poésies d’un voyageur s’appelle Rêveries et réflexions d’un voyageur. Xavier Marmier, bien que toujours alerte dans sa robuste vieillesse, bien qu’ayant gardé cette joie de l’esprit qui en atteste laforce, peinte sur ce visage coloré de l’incarnat de la santé, couronné de longs cheveux blancs, animé de grands yeux où passent à travers la bonhommie du patriarche Francklin des étincelles de la malice du patriarche Voltaire, aime à se reposer, il en a conquis le droit, dans les rêveries du souvenir, à l’ombre de son passé, et ne voyage plus guère que de sa bibliothèque à l’Académie, et parfois même tout simplement il ne voyage plus qu’àutour de sa chambre. Mais on peut faire le tour du monde sans quitter son
- p.687 - vue 255/496
-
-
-
- 688. — Troisième Année. — N° 13o.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 26 Juin 1887.
- Après le portrait de l’auteur ou plutôt l’ébauche du portrait de l’auteur, il nous reste à donner au lecteur l’idée de la physionomie de l’œuvre. Pour cela, il n’y a qu’à feuilleter et à citer. L’œuvre est modeste, mais elle a le droit d’avoir sa fierté, comme toute œuvre sincère.
- « Tout homme, quelle que soit sa condition, doit faire en ce monde l’œuvre du jardinier, semer le germe d’une bonne action, d’une bonne pensée, et repéter aussi : « Je te semai, Dieu te bénit ».
- Ce n’est pas une chose inutile, par exemple, que de réagir contre le dénigrement systématique des étrangers et même contre l’opinion qui a des partisans en France, le Français ayant toujours aimé à se calomnier, et qui se formule ainsi : « Les Français ne savent pas coloniser ».
- Le voyageur fait à cette assertion intéressée et pessimiste une éloquente réponse.
- « Ce serait une histoire des plus intéressantes que celle des Français dans l’Amérique du Nord, histoire de nos explorations, de nos découvertes et de nos œuvres de civilisation dans cette immense contrée où vous avez fondé un royaume qui s’appelle la Nouvelle-France, dont nous avons été dépossédés en une heure à jamais néfaste.
- «... Les Français sont entrés dans cette région quand elle était encore dans son état primitif et sauvage et en ont eux-mêmes ouvert les différentes voies à ses maîtres actuels.
- « C’est un marin français, le valeureux Jacques Cartier, qui a découvert le Saint-Laurent. C’est un prêtre français, le père Marquette, qui a •découvert le cours du Missisipi. C’est un gentilhomme français, le vaillant La Salle, qui descendit le premier ce grand fleuve jusqu’à son embouchure. Ce sont les Français qui les premiers fondèrent des établissements agricoles sur les rives de l’Ohio, dans la Caroline du Sud et sur les confins du golfe du Mexique. Ce sont les Français qui colonisèrent l’Acadie dont un illustre poète, Longfellow, a raconté en termes touchants les derniers désastres, et le Canada, où subsistent encore pleinement la langue et le souvenir de la France, et la Louisiane... etc... Nous laissons au lecteur le soin de continuer la page où s’épanche avec une abondance irrésistible cet éloquent développement de la thèse, appuyant à chaque ligne la conviction sur des faits caractéristiques.
- Le philosophe ne se livre pas souvent à ces grandes et graves considérations historiques ; il préfère les récits, les réflexions de plus courte haleine. Il se complait aux tableaux de la nature alpestre ou tropicale, aux rapprochements ingénieux, aux vifs et courts aperçus sur la vie des humbles, des simples, des pauvres, qui ont toute sa généreuse sympathie. Il a le.culte des morts et des monuments qui les rappellent. Il regrette l’éloignement des champs de repos, des lieux de -sépulture, écartés par l’égoïsme ou l’indifférence du voisinage des vivants. Il cite volontiers les exemples contraires.
- « Je me rappelle les cimetières de Péra et de Scutari, épanouis au soleil près des flots azurés du Bosphore. Les cyprès les ombragent de leurs verts rameaux ; les amandiers y répandent leurs fleurs de pourpre ; les habitants de la ville les traversent à tout instant pour se rendre d’un quartier à l’autre, et souvent s’y arrêtent comme dans un jardin, Là, le dos appuyé contre la pierre sépulcrale d’un de ses parents ou de ses amis, le Turc fume en silence son chibouck. Là, le passant fatigué se repose tranquillement sur la tombe d’un fougueux soldat ou d’un juge redouté, d’un riche marchand ou d’un pacha ; là, les femmes assises sur le gazon s’entretiennent de leurs préoccupations journalières ou de leurs projets, tandis que les enfants jouent autour d’elles, et cueillent les fleurs écloses sur les cercueils de leurs aïeux ».
- Le tableau est charmant de douceur et de mélancolie, et le serait plus encore si le peintre n’avait négligé deux gracieux éléments du décor : les fontaines jaillissantes au murmure mystérieux, et les colombes nichées sur les platanes et les sycomores ou le fronton des tombes enturbanées et glissant dans le ciel en blanches troupes. Pareilles à ces fontaines au doux murmure, pareilles à ces colombes tour à tour familières ou effarouchées, les pensées du rêveur s’épanchent dans son livre avec une fraîcheur salutaire ou le traversent en blancs essaims, au vol élégant, au naïf roucoulement.
- L’histoire du myosotis (p. 46), la légende du rouge-gorge (p. 56), sont de petits chefs-d’œuvre fie grâce et de sentiment. Voici, pour finir, un bouquet de pensées délicates qui ne font pas moins d’honneur à l’homme qu’à l’écrivain :
- « Je suis sûr que la Providence a des trésors de petites joies secrètes, de petits bonheurs mystérieux pour les êtres dont le sort nous paraît le plus lamentable. Il y a des mousses qui germent sur les rochers nus ; il y a des fleurs qui naissent dans les mines souterraines et se développent dans les ténèbres; il doit y avoir aussi des fleurs d’espoir et de consolation qui surgissent dans le deuil des âmes désolées ».
- Quelle jolie histoire, à la Bernardin de Saint-Pierre que celle (p. 58) de l’hirondelle morte sur son nid en accomplissant la corvée maternelle de l’incubation. On l’enlève.
- « Aussitôt, le mâle prit sa place et soit qu’il fût ennuyé de la tâche qu’il avait entreprise, ou que son instinct lui révélât qu’il ne pourrait l’accomplir, au bout de deux heures, il se leva, prit son vol et disparut. Ceux qui l’observaient pensèrent qu’il abandonnait à jamais sa malheureuse demeure; mais quelques instants après, on le vit revenir avec une autre femelle, probablement une veuve qu’il avait découverte, et qu’il épousait pour donner une mère à ses petits. Elle le suivit docilement à l’endroit où il la conduisait, elle se posa sur les œufs et y resta jusqu’à ce qu’ils fussent éclos. »
- Et l’on dit que les bêtes n’ont pas d’âme ! M. Xavier Marmier croit à l’âme des bêtes, âme diminuée, âme mineure, mais où il reste encore assez d’intelligence et de sentiment pour faire honte à certaines âmes humaines. Le Coran le penseaussi, puisque c’est une touchante croyance des musulmans qu’au jour du jugement Dieu ne jugera pas seulement la conduite des hommes envers leurs semblables, mais envers les animaux (p. 153).
- Terminons par quelques autres pensées, toujours dans le meme goût délicat et tendre :
- — « Pourquoi n’avons-nous pas dans notre langue, comme les autres peuples dans la leur, l’adjectif de ce doux et spécial sentiment ? Sisterhj tendernes ! disent les Anglais. Pour traduire cette qualification nous serions obligés de dire : tendresse sovorelle, et la rigide commission du Dictionnaire de l’Académie condamnerait cette expression comme un néologisme.
- — « Ceux qui n’ont pas souffert ensemble ne connaissent pas les liens du cœur les plus puissants.
- — « Dum spires, spera, dit la devise d’une ancienne famille de l’aristocratie anglaise : « Tant que tu respires, espère » ; et moi je dirai : « Dum spires, ama », car lorsqu’on cesse d’aimer, on cesse d’exister.
- — « On dit que les perles déposées dans un écrin deviennent malades, et qu’elles reprennent peu à peu leur éclat si on les porte sur soi assidûment.
- « Il en est de même des affections, perles du cœur, qui s’affaiblissent et s’alanguissent si on les délaisse, qui se ravivent si l’on s’en rapproche ».
- C’est assez. Il suffit, n’est-cepas, de ces quelques extraits pour justifier notre conclusion, hommage à sa bonté, qui flattera plus notre écrivain que tout éloge sur son esprit, ce qui achève de le peindre : « Ah ! le brave homme! ».
- M. de Lescure.
- AVIS COMMERCIAUX
- ROUMANIE
- création projetée de docks et de voies ferrées
- A JASSY
- Dans un récent rapport reproduit par le Moniteur officiel du commerce du 16 juin, le vice-consul de France à Jassy fournit des renseignements détaillés sur les projets de travaux publics, docks, magasins d’entrepôt et voies ferrées, discutés au Conseil municipal de cette ville.
- A ce document soint jointes deux cartes qu’on peut consulter au Ministère du commerce et de l’industrie, 244, boulevard Saint-Germain. (Direction du commerce extérieur. — Bureau des renseignements commerciaux.)
- CHINE
- ENVOI D’ÉCHANTILLONS DE THÉ
- La maison russe Piatkoff, Molchanoff et Gie, de Hankéou, a offert au ministère du commerce et de l’industrie une collection des différentes espèces de thé de sa fabrication.
- Ces échantillons, accompagnés d’une notice explicative, sont tenus par le Ministère à la disposition des personnes qui désirent en prendre connaissance.
- EXPOSITIONS
- ESPAGNE
- EXPOSITION MARITIME A CADIX
- Une exposition maritime ayant un caractère purement national s’ouvrira à Cadix (Espagne), du i5 août au 3i octobre prochain.
- Dans l’enceinte de l’Exposition sera établi un bazar de vente composé de quarante comptoirs ouverts exceptionnellement aux produits étrangers de toute nature.
- Les personnes qui désireraient louer un des comptoirs devront adresser une demande à la Commission de direction de l’Exposition, avant le 3o juin, en faisant connaître,- d’une façon précise, la nature des objets qu’elles se proposeraient de mettre en vente et en s’engageant à acquitter les droits de location, fixés à i5 francs par jour pour chaque comptoir et payables par mois et d’avance.
- Les articles étrangers envoyés à l’Exposition seront admis temporairement en franchise, à la condition d’être réexportés dans le délai de trois mois à dater du jour de la clôture del’Expcsitionc ADJUDICATIONS
- BELGIQUE
- CONSTRUCTION d’un HANGAR A PÉTROLE A ANVERS
- La ville d’Anvers a décidé la mise en adjudication des travaux relatifs à la construction d’un
- r\
- hangar à pétrole au quai sud du bassin America Les devis etje cahier des charges de cette entreprise sont à la disposition des intéressés au Ministère du commerce et de l’industrie.
- LES THÉÂTRES
- Bilan dramatique de la saison
- I
- Les nouveautés faisant défaut, le moment est peut-être venu de jeter un coup d’œil en arrière et de présenter au lecteur le bilan dramatique de la saison qui se termine.
- A tout seigneur tout honneur! L’Opéra ne nous a donné qu’une seule nouveauté qui a été d’ailleurs un très grand succès et dont s’est enrichi le répertoire de notre première scène musicale : Patrie, de MM. Victorien Sardou et Paladilhe a, en effet, brillamment réussi au double point de vue de la musique et du livret, et sa place est désormais acquise sur l’affiche de l’Académie nationale de musique et de danse.
- Au Français, la saison s’est ouverte par une brillante reprise d’Hamlet (adaptation d’Alexandre Dumas), favorablement accueillie par la critique, mais les véritables événements ont été Monsieur Scapin, de Jean Richepin et la fameuse Francil-lon, de M. Alexandre Dumas fils. La première de ces pièces a été la dermere création à Paris de M. Coquelin aîné et son départ en a interrompu le succès.
- Quant à Francillon, si discutée qu’en ait été la donnée, le public n’a. pas manqué d’y venir en foule, comme d’ailleurs à toutes les pièces signées de ce nom magique, Alexandre Dumas, garantie d’un esprit mordant et d’un régal littéraire de haut goût.
- Entre temps, la Comédie a recueilli à son répertoire une pièce en un acte de l’auteur de la Parisienne et des Corbeaux, M. Henri Becque. Ne pouvant ou n’osant pas prendre la Parisienne, la Comédie-Française s’est rabattue sur les Honnêtes femmes, un seul acte très vertueux, contrastant avec le théâtre ordinaire de M. Becque, mais tout rempli de bonne et saine observation et écrit dans une langue très personnelle. Autres reprises intéressantes, celles du Cercle ou la Soirée à la Mode de Poinsillon et de Y Anglais ou le Fou raisonnable accueillies avec faveur, surtout la première, par la critique et le public.
- L’Opéra-Comique avait été moins heureux quant aux nouveautés au cours de cette saison 1886-87. qui devait se terminer pour lui d’une façon si déplorable. Juge et Partie, le Signal, Egmont, Proserpine et le Roi malgré lui, telles sont les nouveautés que M. Carvalho nous avait offertes au cours de cette campagne et aucun des titres que je viens de transcrire n’éveille dans l’esprit l’Idée d’un succès complet. Seule, la Proserpine, de M. Saint-Saëns pourra-t-elle retrouver dans une reprise une consacration à l’accueil qui lui a été fait au début et dans lequel entrait une forte dose de respectueuse sympathie envers un musicien estimé. Mais en somme, nous .sommes loin, avec tout cela, de ce genre si français de l’Opéra-Comique qui avait depuis longtemps déserté le bâtiment à lui affecté avant d’être aujourd’hui sur le pavé. Il serait à souhaiter que l’incendie qui a détruit ce théâtre, en nécessitant sa reconstruction, fit en même temps délimiter d’une façon définitive ses attributions et que le futur Opéra-Comique ne soit plus comme l’ancien une succursale de l’Opéra ouverte au drame lyrique, à l’exclusion d’un genre que l’on ne fait rien pour encourager.
- A l’Odéon, les deux grands événements de la saison ont été la Renée Mauperin de M. Céard, d’après le roman de MM. de Concourt, et le Fuma Roumestan de M. Daudet. Ni l’un ni l’autre n’ont pu attirer d’une façon continue le public au second théâtre français. Les deux tentatives n’en sortent pas moins de l’ordinaire et celle de M. Céard surtout était intéressante au point de vue de cette évolution du théâtre dont Renée nous donnera plus tard un antre exemple. A vrai dire, il ne semble pas que le public soit encore mûr pour cette transformation. A signaler encore un acte en vers de M. François Nious,la Bourse ou la Vie, et les Fils de Saël, drame en vers de Mme Simone Arnaud qui a obtenu au début de la saison mieux qu’un succès d’estime sinon un succès d’argent.
- Avec la reprise du Lion amoureux, de Ponsard, et celle de Michel Pauper, de M. Henri Becque, M. Porel a complété une année très intéressante au point de vue artistique et a justifié largement l’emploi de la subvention faite au second théâtre français qui, s’il n’est pas toujours des plus heureux quant aux recettes, est l’un des rares théâtres où l’on ait quelque souci d’encourager les tentatives littéraires et de faire de l’art alors même que c’est au détriment de la caisse.
- (A suivre.)
- Le Gérant, GARREAU.
- Tours. — lmp. E. ARRaULT et Cie, rue de la Pre'fecture, 6.
- p.688 - vue 256/496
-
-
-
- Le Moniteur
- DE
- L'EXPOSITION DE 1889
- Rédaction et Administration : /S, rue Bergère, 18, a Paris
- TROISIÈME ANNÉE. Dimanche 3 Juiillet 1887. NUMÉRO i3i.
- SOMMAIRE :
- 1. Bulletin; 2. Les travaux du Champ-de-Mars ; 3. Les dé-penses de l'Exposition; 4. Arrêtés et décrets; 5. Comités départementaux; 6. Bureaux des comités départementaux; 7. Adjudications; 8. M. de Lesseps et l’Exposition de 1889 ; 9, Les médaillers; 10. Exposition du Havre; 11. Echos; 12. Salon; t3. Les livres.
- EXPOSITION UNIVERSELLE
- DE 1889
- BULLETIN
- L'idée politique semble définitivement écartée de l’Exposition de 1889. Les idées monarchiques ou républicaines n’ont rien à y voir. La discussion récente qui a un instant ému la Chambre des députes du royaume d’Italie le prouve complètement. Elle n’a fourni qu’un prétexte de beaux discours éloquents à MM. Crispi et Cavallotti.
- L’Exposition ne sera donc qu’une lutte pacifique et fraternelle des industries nationales. Les gouvernements laissent les peuples et les individus libres d’y concourir, et les peuples y viendront.
- Déjà, en Italie, un syndicat privé, en dehors de toute ingérence gouvernementale ou politique, est en voie de formation.
- Plusieurs journaux donnent à ce sujet une note ainsi conçue :
- Les promoteurs du comité italien pour l’Exposition de Paris se sont réunis hier à Rome.
- Les députés présents étaient au nombre de 2 5.
- M. Dobelli, directeur du journal la Capitale, a déclaré, au nom de M. 'Edouard Sonzogno, que celui-ci mettait 5o,oo0 francs à la disposition du comité, pourvu que ce comité n’ait aucun caractère de parti.
- M. Massarani, sénateur, a offert une somme de 1,000 francs.
- MM. Seismit, Doda et Sciarra, sénateurs, ont
- aussi adhéré.
- La prochaine réunion aura lieu le 5 juillet.
- M. Villa, président provisoire, est chargé de rédiger un programme.
- D’autres nations suivront Jfinitiative de l’Italie et nous verrons concourir côte à côte avec les industriels et les commerçants français, non seulement les peuples latins, mais aussi tous ceux qui ont souci du progrès et qui voudront bien fraterniser sans envie, mais avec émulation, avec le progrès français.
- LES TRAVAUX DU CHAMP-DE-MARS
- Le Champ-de-Mars va bientôt présenter quelques nouveaux sujets d’étude, et offrir d’autres aliments à la curiosité publique qui commençait à trouver un peu monotone le montage des fermes ; l’empressement des visiteurs est toujours le même, seulement après avoir constaté les progrès réalisés et fait le compte des charpentes dressées, ils n’apportaient plus qu’une attention distraite aux manœuvres des engins élevant les pièces métalliques, ce spectacle leur était devenu familier, ils souhaitaient avoir autre chose à admirer ou à critiquer, ce désir va être réalisé sur deux points bien opposés : d’abord M. Eiffel, du côté de la Seine, va commencer à dresser les arêtes de sa fameuse pyramide de 3oo m., ensuite du côté de l’Ecole militaire on va procédera l’installation des chantiers pour les travaux nécessités par les fondations de la galerie des machines; ainsi qu’on a pu le voir dans le précédent numéro du journal, ces fondations dont le prix total est évalué à 490,620 fr., ont été adjugées à M. Manoury, l’habile entrepreneur qui a déjà exécuté les travaux analogues pour le palais des industries diverses, ainsi que pour ceux des beaux-arts et des arts
- libéraux; ces derniers qui ont été menés si activement et présentent une facture si satisfaisante, sont un sûr garant de la parfaite exécution de la nouvelle entreprise dont plus d’un détail, assez délicats, donneront à M. Manoury l’occasion de montrer son savoir faire.
- Bien que le cahier des charges que nous avons publié décrive assez minutieusement les differentes opérations, ces fondations sont d’une telle importance qu’il nous paraît utile de commenter quelques-uns des détails donnés par le document officiel afin de faire ressortir les principales difficultés qu’on aura à vaincre.
- Nous ne reviendrons pas sur les explications que nous avons données il y a quelque temps au sujet de l’implantation, mentionnons seulement cette partie^ du programme dont l’importance n’échappera à personne lorsqu’on aura remarqué qu’il n’y a pas moins de 284 puits ou piliers à construire dont l’emplacement devra être rigoureusement déterminé; aussi la plus grande minutie sera-t-elle nécessaire pour tracer les grandes lignes de cet ensemble.
- L’implantation terminée, il faudra procéder aux fouilles et ce ne sera pas là une mince besogne, car si d’une part leur cube s’élève au chiffre respectable de 35,5oo m., d’autre part, le cahier des charges prescrivant d’asseoir les massifs sur un terrain parfaitement sec, il faudra parfois creuser assez profondément, ce qui force à étayer solidement les fouilles, et d’autres fois on sera obligé de procéder à des épuisements peut être considérables et qui, devant être opérés la nuit afin de ne pas entraver la marche du travail, amèneront des complications, lesquelles doivent entrer en ligne de compte dans les prévisions de l’organisation des chantiers ; du reste, tout prévoir à l’avance c’est, pour un entrepreneur, la grosse question d’où dépend non seulement la bonne exécution des prescriptions, mais encore son propre intérêt, car si les précautions n’ont pas été prises tout d’abord, il est bien difficile de sortir dans de bonnes conditions des difficultés qui peuvent surgir inopinément, nous ne parlons bien entendu que des imprévus d’une certaine gravité et non de ces petits détails qui se présentent journellement sur tous les chantiers, et dont la pratique des travaux a vite raison.
- Le battage des 464 pieux qu’on a jugés utiles dans certains endroits où le sol semblait trop peu sùr exigera beaucoup de temps, de soins et de peine, ce n’est pas une petite affaire de forcer des pièces de bois de 9 mètres de long et de om33 de diamètre à pénétrer dans la terre et ceux qui ont déjà assisté à cette opération doivent se rappeler combien cet enfoncement est parfois pénible ;non seulement le battage lui-même est laborieux, mais encore si le pieu rencontre un corps dur un peu volumineux il se trouve dévié de ,1a verticale et doit être arraché, ce qui rend nuis les efforts faits jusqu’à ce moment. On aura une idée de la somme du travail absorbé par la mise en place de ces pièces de bois en remarquant que sous le choc du mouton, pesant 1200 kilos et tombant d’une hauteur de imbo, elles ne pénétrent que de quelques centimètres et qu’on n’arrête le battage que lorsque 2 séries de 10 chocs successifs ne produisent plus aucun enfoncement, la deuxième série étant séparée de la première par un intervalle de 4 semaines; c’est cette dernière clause qui est la plus défavorable en obligeant à recommencer tout le travail au bout du laps de temps indiqué.
- Les fouilles étant faites, les pieux étant battus et recépés à la longueur convenable, il faudra exécuter les maçonneries comprenant les puits, les arcs de décharges, les. piliers d’appui des fermes, etc ; les matériaux qui seront nécessaires à la confections de ces diverses parties représentent un cube i3.044ra dans lequel le bé,ton entre à lui seul pour un volume de 5.488mc, il y aura encore là pour l’entrepreneur une belle occasion d’utiliser la bétonnière qui a donné de si bons résultats lors des fondations des autres palais.
- Enfin, à ces différentes opérations que nous venons d’analyser, si nous joignons la taille des
- pierres dures, leur pose, la mise en place des pièces métalliques, telles que boulons de scellement, semelles, tuyaux en fonte pour enveloppes et conduites et les mille petits détails qu’il serait oiseux d’énumérer, on a un aperçu assez complet de l’ensemble de l’entreprise et des efforts qu’elle exigera pour être menée à bien ; en tous cas, il n’y a pas de temps à perdre, car les fondations devant être achevées le 1e1’ octobre 1887, on n’a donc que.trois mois pour tout installer et tout finir, aussi les géomètres sont-ils déjà à la besogne pour le tracé et les premiers coups de pioche vont être donnés incessamment.
- MM. Huguet, Appay et Versifié continuent à extraire les terres sur l’emplacement du jardin central, l’excavation est déjà considérable et les terrassiers ainsi que les trains de wagonnets donnent une certaine animation à cette pantie du Champ-de-Mars qui, sans cela, serait très morne eu égard aux autres endroits où règne la plus grande activité ; le déblai nécessité par l’installation du jardin représente un cube de 70,000 m. ; le fond de la cuvette ainsi formée sera de im70 environ en contre-bas du terrain général et on creusera encore à peu près sur une épaisseur de om3o pour pouvoir rapporter la terre végétale indispensable aux plantations.
- Les petits drapeaux arborés au faîte des charpentes métalliques par les usines Joret et de Saint-Denis annoncent que ces entrepreneurs ont terminé le montage proprement dit des fermes qui composaient leur lot, pourtant il ne faut voir là qu’un usage et ne pas croire que tout est entièrement achevé ; au contraire, il reste encore beaucoup à faire pour que l’ossature de ces parties du palais des industries diverses soient utilisables et prêtes à être livrées aux autres entrepreneurs ; de nombreuses pièces de la toiture sont encore à poser et leur multiplicité rendra ce montage assez long ; de plus, diverses parties des sablières ne sont pas en place et leur assemblage demandera également un certain, temps, ce qui fait que ces chantiers ne seront pas désertés de si tôt.
- L’usine Roussel a monté entièrement trois travées, elle poursuit son œuvre et en même temps s’occupe de la toiture dont une certaine surface est déjà terminée.
- Quant aux forges de la Franche-Comté, elles en sont à leur huitième rangée, ce qui représente 48 fermes ; cette usine fait marcher de front avec son montage l’établissement des pièces de toiture.
- En . somme, le nombre des charpentes métalliques en place s’élevait jeudi dernier à 198, ce qui représente environ la moitié du travail à exécuter, sans tenir compte bien entendu des détails accessoires.
- A la tour Eiffel, il n’y a plus que le pilier n° 1 qui soit incomplètement terminé,encore ne reste-t-il qu’à y poser les assises en pierre de taille, car les massifs proprement dits sont achevés ; les autres piliers sont munis de leurs sabots en fonte, garnis eux-mêmes de leur cuvette de réglage; on a même apporté près de chaque massif un certain nombre des tubes métalliques quadrangulaires, dont se composeront les arbalétriers. Il ne reste plus que quelques petites précautions finales à prendre pour pouvoir commencer l’assemblage auquel on assistera avant peu. Sur le sol on a tracé, au moyen de jalons verticaux, la position exacte des diagonales qui doivent servir de témoins et guider pendant le dressage des montants.
- Le 27 juin, M. Dautresme, ministre du commerce et de l’industrie, a signé deux arrêtés portant approbation de deux projets présentés par M. Lion et relatifs au passage dit de la tranchée du quai d’Orsay.
- Le premier arrêté vise la mise en état de viabilité de cette tranchée qui sera livrée à la circulation du public pendant l’Exposition et qui comprendra une chaussée de 5 mètres de largeur bordée de chaque côté par un trottoir de im5o, on estime que ce travail exigera une dépense de 23,200 francs.
- Le second arrêté concerne l’éclairage de cette voie; l’installation générale en est confiéé à la
- p.689 - vue 257/496
-
-
-
- 6go. — Troisième Année. — N° i3i.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 3 Juillet 1887.
- compagnie parisienne d’éclairage et de chauffage par le gaz et la dépense prévue s’élève à 2,472 fr.
- Grâce à ces dispositions, la circulation ne sera pas entravée le long du quai d’Orsay, ce qui évitera de longs et ennuyeux détours.
- Rien de nouveau à signaler sur le chantier de l’avenue de Labourdonnais où on continue activement l’abaissement de la chaussée selon que nous avons précédemment expliqué.
- H. de Bâcler.
- Art. 2. —Le ministre du commerce et de l’industrie est chargé de l’exécution du présent décret, qui sera publié au Journal officiel de la République française.
- Fait à Paris, le 28 juin 1887.
- Jules Grévy.
- Parle Président de la République :
- Le ministre du commerce et cle l'industrie,
- Lucien Dautresme.
- LES DÉPENSES DE L’EXPOSITION
- Aux termes de la convention avec la société de garantie visés dans l’art. 1e1' de la loi du 6 juillet 1886, les dépenses de toute nature à effectuer pour l’Exposition universelle de 18S9 ont été limitées à la somme de 40 millions de francs, plus une réserve de 3 millions pour travaux imprévus ou modifications des devis en cours d’exécution.
- Ce crédit de 40 millions a été réparti, avec l’approbation de la commission de contrôle et de finances, en cinq grandes divisions :
- 3,35o,ooo fr. 29,650,000 5,000,000
- 2,000,000
- 3,ooo,ooo
- i° Administration.
- 20 Travaux ......................
- 3° Exploitation..................
- 40 Crédit spécial pour les travaux de l’Esplanade des Invalides,les appontements du quai d’Orsay et la reproduction des monuments historiques . . . .
- 5° Réserve générale..............
- Voici quelles étaient au 3i mai les opérations engagées sur chacun des crédits qui précèdent :
- Sur le crédit de 3,35o,ooo francs affecté au chapitre de l’administration, les dépenses autorisées s’élèvent en chiffres ronds à 35o,ooo francs. Cette somme est relativement faible, mais il importe de remarquer que le personnel, actuellement fort réduit, s’augmentera à mesure que les travaux deviendront plus actifs et qu’il faudra pourvoir aux besoins nouveaux et toujours croissants de l’exploitation.
- Sur le chapitre des travaux, dont le crédit est de 2g,65o,ooo francs, le montant des dépenses autorisées dépasse 8 millions 600,000 francs. Pour les travaux de nivellement du Champ-de-Mars, les travaux de maçonnerie pour la galerie des industries diverses, le palais des beaux-arts, etc... les diverses adjudications ont donné un rabais total de 860,000 francs ; par contre, sur les constructions métalliques de la galerie des machines, etc., l’adjudication a produit un mécompte de plus de 5oo,ooo francs auquel il faudra ajouter au moins 200,000 francs pour les suppléments de poids reconnus depuis indispensables. D’où il suit que, pour les travaux, les mécomptes se trouvent balancés à peu près par les boni.
- Aucune opération n’a été engagée sur le chapitre de l’exploitation, ni sur le crédit spécial dont nous avons parlé plus haut.
- Comme nous l’avons dit, la réserve générale est de 3 millions ; d’autre part, sur le chapitre 2, travaux, il a été constitué une autre réserve s’élevant à 3 millions 25o,ooo francs, soit pour les deux, 6,25o,ooo francs. Sur cette somme, on a déjà dû prendre i,5oo,000. francs pour la tour Eiffel et 3o,ooo francs pour une location de terrain. En outre, il faut remarquer que les dépenses de certains services n’ont pas été prévues, notamment celles de la police et de la douane qui dépasseront 5oo,ooo francs. Enfin, dans les derniers mois qui précéderont l’ouverture de l’Exposition, il est certain que des besoins nouveaux se produiront et qu’il y faudra faire face dans un délai très court. De là, une augmentation inévitable de dépenses qu’il faudra payer sur les 6 millions de la réserve, déjà.réduits de plus de 2 millions.
- En définitive, on peut résumer la situation, au 3i mai, en disant que sur le crédit de 43 millions, lejS dépenses autorisées s’élèvent à près de 10 millions.
- DÉCRET
- Portant nominations de membres de la commission consultative de contrôle et de finances.
- Le Président de la République française,
- Vu le décret du 8 novembre 1884;
- Vu la convention du 29 mars 1886, et spécialement l’article 7 de cette convention ;
- Vu la loi du 6 juillet 1886 ;
- Vu le décret du 28 juillet 1886 ;
- Vu l’arrêté ministériel du 26 août 1886, portant règlement général de l’Exposition universelle de 1889, et l’arrêté du 9 octobre modifiant l’article 6 dudit règlement;
- Vu le décret du 14 octobre 1887 ;
- Sur la proposition du ministre du commerce et de l’industrie ;
- De l’avis du conseil des ministres,
- Décrète :
- Art. Ier.— MM. Cernesson, Lefèvre-Romieu et Lopin, conseillers municipaux de la ville de Paris, sont nommés membres de la commission consultative de contrôle et de finances de l’Exposition universelle de 1889, pour représenter la ville de Paris, en remplacement de MM. Jobbé-Duval, Monteil et Voisin.
- ARRÊTÉ
- Nommant un membre adjoint de la commission consultative, de contrôle et de finances Par arrêté en date du 25 juin 1887, le ministre du commerce et de l’industrie nomme M. Chevrey-Rameau (Léon-Louis), directeur général de la comptabilité publique au ministère des finances (représentant le ministère des finances), membre adjoint de la commission consultative de contrôle et de finances de l’Exposition universelle de 1889 en remplacement de M. Couder.
- ARRÊTÉ
- Nommant un nouveau membre du comitéjd’admission
- Par arrêté en date du 28 juin 1887, le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a nommé M. Reinach (Joseph), directeur politique du journal la République française, membre du comité d’admission de la classe 8.
- COMITÉ DÉPARTEMENTAL
- DES LANDES
- Par arrêté en date du 23 juin 1887, le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a constitué comme suie le comité départemental des Landes :
- i° Sous-comité de Varrondissement de Mont-de-Marsan
- MM. Boucau (Albert), député, président de la société landaise d’encouragement à l’agriculture, à Levignacq des Landes.
- Jumel (Henri), député, à Mont-de-Marsan.
- Bacon, juge de paix à Labouheyre.
- Balhadère (Ariste), docteur en médecine, conseiller général, à Pissos.
- Bernos, fabricant de parquets, négociant en bois à Mont-de-Marsan.
- Boignères, médecin vétérinaire, secrétaire du comice agricole républicain de Ville-neuve.
- Bony de Cabaré, président du comice agricole de Roquefort, maire de Sarbazan.
- Bouffartigue, conseiller d’arrondissement, à Ychoux.
- Bourdel, inspecteur d’académie, à Mont-de-Marsan.
- de Broca (Joseph), propriétaire à Mauvezin.
- Brouqueyre (Paul), secrétaire général du comice agricole de Labrit, juge de paix à Maillère.
- Brouqueyre, conseiller général, maire, à Callen.
- Cadrihon (Jules), président du comice agricole républicain de Villeneuve, maire d’Onesse-Lahairie.
- de Cardailhac, inspecteur des forêts à Mont-de-Marsan.
- Cazade, négociant en eaux-de-vie à Mont-de-Marsan.
- Clavé, fabricant de produits résineux à Ygos.
- Darmuzey (Léopold), conseiller général, maire de Parentis-en-Born.
- Darrasse (Maurice), vice-président du conseil de préfecture, à Mont-de-Marsan.
- Darrasse, docteur en médecine à Mont-de-Marsan.
- Destouesse (Xavier), géomètre expert, à Mézos.
- Dibos, docteur en médecine à La Bastide-d’Armagnac.
- Didelin (René), professeur de dessin au lycée de Mont-de-Marsan.
- Dives (Paul), pharmacien de ire classe à Ustaritz (Basses-Pyrénées).
- Dorian (Paul), industriel mécanicien à Mont-de-Marsan.
- Dubibé, industriel à Mont-de-Marsan.
- Dubo (Fort), président du comice agricole, maire de Sore.
- Dubroca, maire de Saint-Avit, négociant en bois.
- Ducournau (Orner), chaux hydraulique et briqueterie mécanique.
- Duvin, pharmacien -de ir0 classe à Mont-de-Marsan.
- Froustey, docteur-médecin, conseiller général, maire de Mimizan.
- Gleize, négociant, maire de Lugaut.
- Gobert (Emile),' docteur en médecine à Mont-de-Marsan.
- Grandeur, pharmacien de ireclassse à Mont-de-Marsan.
- Lacroix (Adrien), vice-président du conseil général à Mont-de-Marsan.
- Laton (Paul), adjoint au maire de Pissos.
- Lapelle-Lateulère , négociant-minotier à Mont-de-Marsan.
- Lareillet (Armand), propriétaire agricole à Arengosse.
- Laudet (Paul), propriétaire agricole à Par-leboscq.
- Loisy, ingénieur aux forges de Labouheyre.
- Loubéry-Pens, adjoint au maire de Bas-cons.
- Loustau, agent-voyer en chef, à Mont-de-Marsan.
- Mars, ingénieur chimiste à Mont-de-Marsan, fabricant de produits résineux.
- Maumen, architecte départemental à Mont-de-Marsan.
- Pancaut (Joseph), fabricant de produits résineux à Mont-de-Marsan.
- Pazat (Childebert), avocat, vice-président de la société landaise, maire de Mont-de-Marsan.
- Pettit, ingénieur en chef à Mont-de-Marsan.
- Poucy, négociant en bois (scierie mécanique) à Morcenx.
- Régis (J.), avocat, publiciste, conseiller municipal à Mont-de-Marsan.
- Salés, chimiste-fabricant à Mont-de-Marsan.
- Salvat, fabricant de produits résineux à Morcenx.
- Sarran, docteur-médecin, conseiller général, à Sabres.
- Soubabère, agriculteur à Saint-Justin.
- Tartiôre (Henri), archiviste départemental, à Mont-de-Marsan.
- Tinarrage (Thomas), conseiller d’arrondissement, maire de Brocas.
- Valmy-Dupin, négociant en bois et produits résineux à Mont de-Marsan.
- Ypousteguy, négociant, conseiller d’arrondissement, à Labouheyre.
- 20 Sous-comité de l’arrondissement de Saint-Sever
- MM. Sourrigues, député, maire de Mommy.
- Barros, négociant, conseiller d’arrondissement, à Graune.
- de Cès-Caupenne (Alfred) , président du comice agricole de Mugron, vice-président du conseil général à Caupenne.
- Degos, docteur-médecin à Mugron.
- Deyris (Louis), négociant, maire de Tartas.
- Domecq, médecin-vétérinaire, adjoint au maire de Hagetmau.
- Dubalen, archéologue, directeur du muséum de Mont-de-Marsan, à Mentsoué.
- Duboy (Hippolyte), banquier, conseiller général, à Hagetmau.
- Ducrey, conseiller-maître à la cour des comptes, conseiller général, à Montsoué.
- Duleau (Théodore), docteur en droit, maire de Castelnau-Chalosse.
- Hiard (Léon) , vice-président du comice agricole de Mugron.
- Just, pharmacien à Hagetmau.
- Laborde (Léonard) , publiciste, à Saint-Sever.
- Lajard, négociant, entrepreneur de travaux publics à Aire-sur-l’Adour.
- Laussuy, président du comice agricole d’Amou, conseiller général, à Pomarez.
- Lemée, ancien sous-préfet, docteur-médecin à Saint-Sever.
- L’huillier (Eugène), conseiller général à Bahus-Soubiran.
- Lourdes (Victor), docteur-médecin, conseiller général, à Aire-sur-l’Adour.
- Navarre, négociant, conseiller général, à Tartas.
- Pouey, docteur-médecin, conseiller d’arrondissement à Tartas.
- Robert, industriel, adjoint au maire, à Aire-sur-l’Adour.
- Tartas, président du conseil général, docteur en médecine à Rion.
- Trébucq, inspecteur primaire à Saint-Sever.
- 3° Sous-comité de l’arrondissement de Dax
- MM. Léglise (Félix), député, à Saint-Martin-de-Seignan.
- Loustalot (Gustave), député, à Dax.
- Albaret, constructeur-mécanicien , conseiller municipal à Dax.
- Armand, ingénieur des ponts et chaussées, à Dax.
- Baron (Louis), ancien préfet conseiller général, à Saint-André-de-Seignan.
- Barthe de Santford, docteur en médecine à Dax.
- Bastiat, scierie mécanique à Dax.
- Bernettes, ostréiculteur à Capbr.eton.
- Biraben, adjoint au maire de Dax.
- Biron, apiculteur à Lit.
- p.690 - vue 258/496
-
-
-
- Troisième Année. — N° i 3 i.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 3 Juillet 1887. — 691.
- MM. Du Bouché (Henri), président de la société archéologique de Borda, à Dax.
- Corta (Paul), maire de Tercis.
- Coudanne, pharmacien de i1'8 classe à Dax.
- Coyola, propriétaire à Nousse.
- Cuzacq, expert-géomètre à Tarnos.
- Dalbouze, constructeur mécanicien à Dax.
- Dastarrac (Albert), directeur des forges de Buglose, à Saint-Vincent-de-Paul.
- Delestan, constructeur mécanicien à Dax.
- Delmas, fondateur des thermes de Dax.
- Demoulins de Riols, docteur en médecine, conseiller général à Saint-Lox.
- Denis (Théodore), avocat, adjoint au maire de Dax. '
- Duffburcq-Bazin, professeur départemental d’agriculture, à Dax.
- Forsans, propriétaire du Courrier de Dax.
- Fortassié (Gustave), membre de la chambre consultative de commerce à OeyTegave.
- Franck, ingénieur aux salines de Dax.
- Frois (Théodore), négociant, conseiller d’arrondissement, maire de Saint-Martin-de-Seignan.
- Gassauné, fabricant de produits chimiques à Dax.
- Houdas, fabricant de produits résineux, à Benesse-Marenne.
- Janots, entrepreneur des carrières à Saint-Barthélemy.
- Jocou, rédacteur en chef du Daçois.
- Labat, docteur en médecine, conseiller d’arrondissement, à Ozourt.
- Laborde, pharmacien de ire classe, à Dax.
- Lacombe (Antoine), constructeur-mécanicien, adjoint au maire de Dax.
- Laffitte (Théogène), conseiller général, vice-président» de la société landaise d’encouragement à .l’agriculture , à Saint-Jean-de-Marsacq.
- Laffitte, président du tribunal de commerce à Dax.
- Lafont (Albert), fabricant de produits résineux, à Benessé-Marenne.
- Lageste, fabricant de bouchons à Dax.
- Larran, minotier, maire de Gauneille.
- Lassègue, docteur en médecine, conseiller général, à Pouillon.
- Lestage, docteur en médecine, conseiller général, à Poyanne.
- Magnin, directeur des forges de Tarnos.
- Miliiès-Lacroix (Raphaël), maire de Dax.
- Mora, docteur en médecine, à Dax.
- Nougaro, docteur en médecine, à Dax.
- Raillard, directeur de l’établissement thermal de Baignots.
- Roger-Gaillard, expert-géomètre, à Lévi-gnacq.
- Saint-Jean, minotier à Peyrehorade.
- Saint-Jours père, propriétaire à Linxe. _
- Sempé, docteur en médecine, conseiller d’arrondissement, à Soustons.
- Senac, industriel, conseiller général, à Soustons,
- Sintas (Hippolvte), avocat, conseiller général, à Dax.
- Taillebois (Emile), archiviste de la société archéologique de Borda, à Dax.
- COMITÉ DÉPARTEMENTAL
- DES VOSGES
- Par arrêté en date du 24 juin 1887, le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a constitué comme suit le comité départemental des Vosges :
- i° Sous-comité de l’ arrondissement d'Epinal
- MM. Georges, sénateur.
- Kiener, sénateur.
- Brugnot, député.
- Juillard, industriel, membre de la commission de surveillance du musée départemental à Epinal.
- Voulût, conservateur du musée départemental à Epinal.
- Ballande, artiste peintre, professeur de dessin à Epinal.
- Chevreux, archiviste départemental à Epinal.
- Ganier, juge d’instruction à Epinal.
- Clasquin, architecte départemental à Epinal.
- Pellerin, imagiste à Epinal.
- Poirot, géomètre, vice-président de la ligue de l’enseignement à Epinal.
- Thouvenin, inspecteur d’académie à Epinal.
- Douliot, principal du collège et directeur de l’école industrielle à Epinal.
- Ohmer, proviseurhonoraire,maire d’Epinal.
- Haillant, secrétaire perpétuel de la société d’émulation à Epinal.
- Le Moyne, directeur des postes et des télégraphes, président de la société d’émulation à Epinal.
- Gley, ancien professeur, membre de la société d’émulation à Epinal.
- MM. Boucher, papetier, président de la chambre de commerce à Epinal.
- Masure, secrétaire de la chambre de commerce à Arches.
- Châtel, industriel, secrétaire de la ligue de l’enseignement à Epinal.
- Lapicque, vétérinaire, chef du service sanitaire à Epinal.
- Fournier, docteur en médecine à Ramber-villers.
- Garnier, conducteur, des ponts et chaussées à Epinal.
- Dautel,_ directeur des magasins généraux à Epinal.
- Couleru, commissionnaire en calicots, tisseur de coton, juge au tribunal de commerce à Epinal.
- Hirsch, fabricant de papiers peints à Epinal.
- Favre, filateur et tisseur de coton, vice-président du syndicat cotonnier à Epinal.
- Geistodt, tisseur de coton, secrétaire du syndicat cotonnier à Epinal.
- Hartmann, tisseur de coton à Epinal.
- Kiener fils, tisseur de coton à Epinal.
- Laederich, filateur et tisseur de coton, membre de la chambre de commerce à Epinal.
- Mégnin, tisseur de coton à Epinal.
- Péters, filateur de coton à Nomexy.
- Vélin (Armand), fabricant de draps à Ram-bervillers.
- Kampmann, fabricant de chapeaux, juge au tribunal de commerce à Epinal.
- Chavanne (Paul), maître de forges à Bains.
- Mougeot, docteur en médecine à Laval.
- Burel, conservateur des forêts à Epinal.
- Zurcher, chimiste à Epinal.
- Boeriuger, imprimeur sur tissus à Epinal.
- Lederlin, directeur de blanchisserie et de teinturerie à Thaon.
- Haffner, tanneur, juge au tribunal de commerce à Epinal.
- D1’ Bailly, inspecteur des eaux de- Bains.
- Marchand aîné, carrossier à Epinal.
- Renel, inspecteur des chemins de fer de la compagnie de l’Est à Epinal.
- Gauliard, agent-voyer en chef du service vicinal à Epinal.
- Thouvenot , entrepreneur , président du conseil des prud’hommes à Epinal.
- Delatte, directeur de l’usine à gaz à Epinal.
- Delestre, inspecteur du service des enfants assistés à Epinal.
- Gebbart, pharmacien, secrétaire du conseil central d’hygiène à Epinal.
- I> Lafite, médecin des épidémies à Epinal.
- Florion, féculier, président du tribunal de commerce à Epinal.
- Guilgot, ancien syndic de la féculerie à Epinal.
- Morel, fabricant de pâtes alimentaires à Epinal.
- Schupp-Humbert, fabricant de glucose à Epinal.
- Lemaire, brasseur à Fontenoy-le-Château.
- Pernet, conseiller général, distillateur à Rambervillers.
- Champion, brasseur à Xertigny.
- Maud’heux, président du comice agricole à Epinal.
- Thomas, éleveur à Gigney.
- Denys, ingénieur en chef des ponts et chaussées à Epinal.
- Lebrunt, président de la société d’horticulture à Epinal.
- Etienne, horticulteur, vice-président de la société d’horticulture à Epinal.
- Pêcheur, horticulteur, dessinateur à Epinal.
- 20 Sous-comité de l’arrondissement de Mirecourt
- MM. Bresson, député.
- Bastien, professeur de dessin à Mirecourt.
- Graillet, directeur de l’école normale à Mirecourt.
- Thibouville, fabricant d’instruments de musique à Mirecourt.
- Rodier, manufacturier (bois façonnés) à La Hutte.
- Cuchelet, directeur de verrerie à Clairey.
- Mougin, conseiller général, directeur’ de verrerie à Portieux.
- Foinant, fabricant de tuiles à Lerrain.
- Dupas, fabricant de dentelles à Mirecourt.
- Romaire, fabricant de couverts à Darney. '
- Woegelé, tonnelier à Charmes.
- Dr Lafosse, inspecteur des eaux de Vais, à Vittel.
- Dr Joyeux, médecin des épidémies à Mire-court.
- Evrard, banquier, trésorier de la chambre de commerce à Mirecourt.
- de Bourgogne, brasseur à Vittel.
- Hanus, brasseur à Charmes.
- Didelot, conseiller d’arrondissement, agriculteur à Œileville.
- Finot, membre de la chambre consultative d’agriculture à Gugney-aux-Aulx.
- Louis George, agriculteur, vice-président du comice agricole à Mirecourt.
- MM. Grandvallet, cultivateur à Dompaire.
- Lebeuf, délégué dans les fonctions de professeur départemental d’agriculture à Mirecourt.
- Leblanc, directeur de la ferme-école à Le Beaufroy.
- Vuidart, cultivateur, membre de la chambre consultative d’agriculture à Vaubexy.
- Pagot, président de la société d’horticulture à Mirecourt.
- 3° Sous-comité de Varrondissement de Neufchâteau MM. Pontlevoy, député.
- Bailly, conseiller général, ancien fabricant de meubles à Saint-Ouen-les-Parey.
- Petit (Edouard), directeur d’atelier de menuiserie et de serrurerie à Beauséjour (Neufchâteau).
- Prils, fabricant de meubles antiques à Liffol-le-Grand).
- Biaise, fabricant de draps, membre de la chambre de commerce à Neufchâteau.
- Garnier, fabricant de chaînes à Neufchâteau.
- Lambert, conseiller général, ancien inspecteur des forêts à Châtenois.
- Dr Gillet, inspecteur des eaux de Martigny à Lamarche.
- Dr Crussard, médecin des épidémies à Neufchâteau.
- Mathieu, fabricant de pâtes alimentaires à Villars.
- Favre, président du syndicat agricole à Neufchâteau.
- Perdrix, président du comice agricole de Neulchâteau à Bazoilles.
- Fournier-Maurel, cloutier à Grand.
- Millot, viticulteur à Mandres-sur-Vair.
- 40 Sous-comité de l’arrondissement de Remiremont MM. Méline, député.
- Imbert-Kœchlin, fabricant de calicots à Ra~ monchamp.
- André, filateur de coton à La Bresse.
- Bertrand, ancien commissionnaire de marchandises à Remiremont.
- Bluche, tisseur de coton à Le Thillot.
- Forel, tisseur de coton, membre de la chambre de commerce à Rupt.
- Geliot, filateur et tisseur de coton à Remiremont.
- Grauss, tisseur de coton à Thiéfosse.
- Humbel, filateur et tisseur de coton à Eloyes.
- Humbert, filateur et tisseur de coton, membre de la chambre de commerce à Corni-mont.
- Schwartz, filateur de coton à Remiremont.
- Stehéiin-Scheureur, tisseur de laine à Le Thillot.
- Pottocher, fabricant de couverts à Bussang.
- Moeds, chimiste à Remiremont.
- Dr Liétard, inspecteur des eaux de Plombières
- Guth, filateur de coton à La Bresse.
- Dr Guvot, maire de Remiremont.
- Dr Zeller, médecin des épidémies à Remiremont.
- Brunei, directeur de l’école pratique d’agriculture à Saulxures.
- Charles Claude, propriétaire à Saulxures.
- Humbert Claude, fabricant de fromages à Tendon.
- Perrin , fabricant de fromages à Révillon (Saint-Etienne).
- Rapin, agriculteur à Granges-de-Plombières. 5° Sous-comité de l’arrondissement de Saint-Dié MM. Jules Ferry, député.
- Albert Ferry, député.
- Aubry, membre de la société philomatique à Saint-Dié.
- Bardy, président de la société philomatique à Saint-Dié.
- de la Comble, membre de la société philomatique à Saint-Dié.
- Bichelberger, papetier à Etival.
- Boucher (Henri), papetier à Géradmer.
- Douvier, papetier à Souche-d’Anould.
- Didierjean, président de la chambre consultative des arts et manufactures à Saint-Dié.
- Burlin, fondeur à Saint-Dié.
- Werner - Wilfrid, fondeur-mécanicien à Saint-Dié.
- Gillotin, filateur et tisseur de coton à Fraize.
- Lung (Albert), conseiller général, tisseur de coton à Moussey.
- Walter, filateur et tisseur de coton à Granges.
- Garnier, tisseur de lin, membre de la cham-’ bre de commerce à Géradmer.
- Kelsch, fabricant de toiles à Géradmer.
- Lanne, tisseur de laines à Senones.
- Larue, filateur à Senones.
- Lévy, fabricant de tissus en couleurs à Saint-Dié.
- Lung (Gustave), banquier à Saint-Dié.
- Duceux, bonnetier à Saint-Dié.
- Humbert (Camille), marchand de bois à Saint-Dié.
- p.691 - vue 259/496
-
-
-
- 6q2. — Troisième Année. — N° 131.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION*DE 1809.
- Dimanche 3 Juillet 1SS7.
- MM. Koehler, conseiller général à Saint-Dié.
- Trimbach, apprêteur à Saint-Dié.
- Chrétien, tanneur à Saint-Dié.
- Vincent, filateur, tisseur, membre de la chambre de commerce à Senones.
- Frienz (Henry), entrepreneur de menuiserie à Saint-Dié.
- Pierrat, féculier à Saint-Dié.
- Gérard, conseiller d’arrondissement, agriculteur à Hurbache.
- Michel, conseiller d’arrondissement, président du comice agricole à Saint-Dié.
- COMITÉ DÉPARTEMENTAL
- DU CHER
- Par arrêté en date du 27 juin 1887, le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a constitué comme suit le comité départemental du Cher :
- i° Sous-comité de l’arrondissement de Bourges MM. P eaudecerf, sénateur.
- Brisson (Henri), député.
- Pernolet, député.
- Boulard, président du conseil général, l’inspecteur d’académie, le directeur de l’école nationale des beaux-arts.
- le président de la chambre de commerce, le président du tribunal de commerce, l’ingénieur en chef des ponts et chaussées, le.conservateur des forêts, le professeur départemental d’agriculture. Anthime, ouvrier menuisier, vice-président du conseil des prud’hommes.
- Bonneville, fabricant de porcelaine.
- Boyer, archiviste, président de la société historique du Cher.
- Brouhot, mécanicien à Vierzon.
- Halot, chimiste et industriel à Mehun-sur-Yèvre.
- Chedin, fabricant de toile cirée à Bourges. Chaumoneau (Léon), directeur delà pointe-rie de Vierzon.
- Delalande-Delisle, vétérinaire.
- Debeaume, négociant, cultivateur et conseiller général aux Aix-d’Angillon. Goussard, entrepreneur de ferblanterie et de chaudronnerie, président du conseil des prud’hommes.
- Hersent, propriétaire à Plaimpied-Givau-dins.
- Larchevêque, entrepreneur de serrurerie artistique à Mehun-sur-Yèvre.
- Décompté, ingénieur à Bourges.
- Lamy (Théophile), négociant, marchand de bois à Bourges.
- Leprince, secrétaire général de la société d’horticulture à Bourges.
- Longuet, docteur-médecin, président de la société de gymnastique à Bourges.
- Merlin, fabricant de machines agricoles à Vierzon.
- Meunier, industriel, marchand de bois,conseiller général à Bourges.
- Moreau, maire d’Avord, membre de la chambre consultative d’agriculture de l’arrondissement de Bourges.
- Pascault, architecte départemental.
- Pillivuyt (Louis), fabricant de porcelaine à Mehun-sur-Yèvre.
- Presson, fabricant de machines agricoles à Bourges
- Fleury, propriétaire à Lury, vice-président de l’association agricole de Lury-Vierzon-Braçay.
- 20 Sous-comité de b arrondissement de Saint-Amand
- MM. Girault, sénateur.
- Lesage, député.
- Pajoc, député.
- Le maire de Saint-Amand.
- Aupy (Anatole),-agriculteur à Bannegon. Berthon, négociant à Nérondes, conseiller d’arrondissement.
- Péaloux, négociant et maire de Nérondes. Bergeron de Charon, secrétaire du conseil général, à Saint-Amand.
- Bonnelat (Emile), meunier à Saint-Amand. Bonnelat (Antoine), propriétaire-agriculteur, maire de Saint-Maur, conseiller d’arrondissement.
- Colle, ingénieur civil à Sancoins.
- Charles, négociant, adjoint au maire de Culan.
- Coulon, horticulteur à Dun-sur-Auron. Dindeau, propriétaire-éleveur, maire de Cours-les-Barres.
- Denoux, membre de la chambre consultative d’agriculture de l’arrondissement de Saint-Amand, à Orval.
- Fougeat, mécanicien, conseiller municipal à Lignières.
- Gestat, propriétaire, maire de Sagonne. ^ Lebeu, horloger, maire de La Guerche.
- MM. Massé (Auguste), agriculteur à Germigny, membre de la société d’agriculture du Cher, propriétaire-éleveur.
- Lalliot (Baptiste), agriculteur, maire d’Epi-neuil-le-Fleuriel.
- Mativon (Auguste), agriculteur, à Bannegon.
- Mauger, corroyeur à Dun-sur-Auron.
- Meslet, marchand de bois à Saint-Amand, membre de la chambre de commerce.
- Tourraton, propriétaire, conseiller général à Châteaumeillant,
- Neiret, conseiller général, propriétaire-éleveur à Châteauneuf.
- Pallielle, directeur de la ferme-école de Laumoy, conseiller général et président de la commission départementale.
- Périot, tanneur à Dun-sur-Auron.
- Régnault (Emile), marchand de charbons.
- Serre, maire de Saint-Vitte, propriétaire-éleveur.
- Turquet (Ernest), négociant en fer à Sancoins.
- 3° Sous-comité de Varrondissement de Sancerre MM. Henry Maret, député.
- F. Mellot,député.
- Le maire de Sancerre.
- Ardoin, propriétaire et maire de Sancer-gues.
- Bitard, banquier à Sancerre, adjoint au maire.
- Chollet (Louis), propriétaire, conseiller d’arrondissement, à Saint-Satur.
- Cannier, ancien entrepreneur, maire de Saint-Satur, conseiller d’arrondissement.
- Chevalier, mécanicien à Vailly.
- Chollet (Léon), président du comice agricole d’Aubigny.
- Daumy (Charles), industriel à la Guerche, maire de Jouet-sur-l’Aubois.
- Jossant, propriétaire agriculteur, maire à Montigny.
- Deschamps (Ernest), conseiller municipal, négociant à Henrichemont.
- Cirodde, propriétaire, adjoint à Henrichemont.
- Fortin-Hermann, ingénieur à Brinon.
- Foucher-Cousin, distillateur, conseiller général, et maire d’Henrichemont.
- Gandilhon, négociant, adjoint à Aubigny.
- Girard (Aimé), propriétaire à Sancergues.
- Guiliemin-Desfossés, pépiniériste à Henrichemont.
- Herpin, agriculteur, maire d’Assigny.
- Houard (Patient), négociant à Léré.
- Jublot, agriculteur, maire de Villegenon.
- Lassailly, agriculteur à Aubigny-Villacq.
- Mingasson. ancien député, conseiller d’arrondissement , propriétaire vigneron , membre de la chambre consultative d’agriculture de l’arrondissement de Sancerre.
- Moyreau, menuisier, maire de Lachapelle-•d’Angillôn.
- Naudet, tanneur à Sancerre.
- Pellé, propriétaire agronome, conseiller général et maire d’Argent.
- Regnard (Maurice), agriculteur à Beîleville.
- Robelin, propriétaire, maire de Savigny-en-Sancerre.
- COMITÉ DÉPARTEMENTAL
- DE SEINE-ET-MARNE
- Par arrêté en date du 28 juin 18S7, le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a constitué comme suit le comité départemental de Seine-et-Marne :
- i° Sous-comité de Varrondissement de Melun MM. Foucher de Gareil, sénateur, président du conseil général.
- Humbert, député à Dammarie-les-Lvs.
- Cotelle, fabricant de produits chimiques à Ponthierry-Saint-Fargeau.
- Hardon, conseiller général, maire de Cour-quetaine.
- Morin, conseiller général, maire de Guignes.
- Nivet, conseiller général, à Melun.
- Thomas, conseiller général du canton du Châtelet, à Fontainebleau.
- Aubrat, ingénieur des ponts et chaussées, à Melun.
- Bancel, secrétaire de la société d'agriculture, maire de Melun.
- Brandin (Arthur), agriculteur à Réau.
- Bulot, architecte du département, à Melun.
- Caille (Adolphe), agriculteur, maire de Cri-senoy.
- Caille (Théodore), agriculteurà Moissy-Cra-mayel.
- Chabrier, ingénieur au château de Villemain (Grisy-Suisnes).
- Chandora (Drainage), à Moissy-Cramayel.
- Chertemps, agriculteur, maire de Mormant.
- MM. Decauville, agriculteur, conseiller d’arrondissement,. à Egrenay (Combs-la-Ville).
- Froc, agriculteur, à Féricy.
- de Gayffier, conservateur des forêts \ Melun. ’
- Jacquin, industriel à Dammarie-les-Lys.
- Labarre, président du tribunal de commerce à Melun.
- baron de la Rochette, président de la société d’agriculture, à la Rochette.
- Margerid, ingénieur en chef des ponts et chaussées, à Melun.
- Pestelard, inspecteur d’Academie, à Melun.
- Rémond (Emile), agriculteur, vice-président de la société d’agriculture.
- Rémond (Hector), membre de la chambre d’agriculture, maire d’Audrezel.
- Sertier, président de la société horticole botanique, à Melun.
- Vaury, agriculteur, maire de Moissy-Cramayel.
- 20 Sous-comité de /’arrondissement de Coulommiers
- MM. Gastellier, député, industriel à Fresnes.
- Chazal, vice-président du conseil général à Saint-Ouen. ’
- Bastide, conseiller général, à la Houssaye.
- Clavelle-Bertrand, conseiller général et industriel, à Coulommiers.
- Delbet, conseiller général et maire de La Ferté-Gaucher.
- Aubin, ingénieur des ponts et chaussées, à Coulommiers.
- Berthault, fabricant de galoches, à Fontenay-Trésignv. J
- Beslier, fabricant de produits chimiques à Coulommiers.
- Brodard (Paul), imprimeur, à Coulommiers.
- Decante, vice-président de la société d’agriculture, à Courpalay.
- Delaplace, négociant et maire de Pommeuse.
- Demarle, négociant en grains et conseiller municipal, à Coulommiers.
- Dufour, fabricant de chapeaux, à Rosoy.
- Henri-Bertrand, ancien tanneur, à Coulommiers.
- Jullien, fabricant, d’articles de Paris, conseiller d arrondissement à Villeneuve-sur-Beliot.
- Jullien, vice-président de la société d’agriculture, à Vaudoy.
- Leblanc (Abel), meunier à Coulommiers.
- Liénard (Armand), négociant à Coulommiers.
- Marie, directeur de la sucrerie, à Coulommiers.
- Marmottin, architecte, à Coulommiers.
- Notté, ancien architecte, conseiller d’arrondissement à Coulommiers.
- Pluchet, cultivateur à Saints.
- Rieffel, agriculteur et maire de Crèvecœur.
- Toiray-Maurin, fabricant de cire à Jouy-sur-Morin. J
- 3° Sous-comité de l’arrondissement de Fontainebleau
- MM. Lefebvre, député maire, d’Avon.
- Ledru, agriculteur, conseiller général, à Dormelles.
- Lefebvre, architecte, conseiller général et maire de Montereau-Faut-Yonne.
- Ouvré, conseiller général, à Château-Lan-don.
- Pinguet, conseiller général, à Fontainebleau.
- Reglsmanset, conseiller général, à Fontainebleau.
- Roux, conseiller général, à Nemours.
- Bernard, directeur de la verrerie de Ba-gneux.
- Bertin, conseiller d’arrondissement, constructeur de machines agricoles à Monte-reau.
- Bonneau, maire de Fontainebleau.
- Cendré, directeur de la manufacture de porcelaine à Montereau.
- Charmeux (Rose), membre de la chambre d’agriculture, à Thomery.
- Delavierre (Pierre), directeur de la sucrerie à Souppes.
- Guyon, président de la société d’agriculture de Fontainebleau, à la ferme du Chapitre, commune de Larchant.
- Imbert, ingénieur des ponts et chaussées, à Fontainebleau.
- Montagnan, conseiller d’arrondissement, manufacturier à Souppes.
- marquis de Paris, président de la société d’horticulture, à la Brosse-Montceaux.
- Sachot, président du tribunal de commerce à Montereau.
- Salomon, viticulteur à Thomery.
- Thierry (Ernest), maire de Chatenoy.
- Thomas-Froideau, inspecteur des "forêts à Fontainebleau.
- 40 Sous-comité de /’arrondissement de Meaux
- MM. Dufraigne, sénateur, maire de Meaux.
- Prévet (Ch.), député, manufacturier, prési-
- p.692 - vue 260/496
-
-
-
- Troisième Année. — N° 131.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1SS9.
- Dimanche 3 Juillet 1S87. — 693.
- dent du syndicat du commerce et de l’industrie à Meaux.
- MM. Benoit, conseiller général , à Lizy-sur-Ourq.
- Derveloy, conseiller général, à Villevaudé.
- Dethomas, conseiller général à Mantigny, commune de Lesches.
- Droz, conseiller général à Meaux.
- Labour (Fernand),conseiller généralà Saint-Pathus.
- Laisné, conseiller général, maire de la Ferté-sous-Jouarre.
- Avène de Fontaine (baron d’), président de la société d’horticulture de Meaux, à Vil-mareuil.
- Bénard (Jules), vice-président de la société d’agriculture de Meaux, à Coupvray.
- Bergmann fils (Ernest), chef des cultures du domaine de MM. Rothschild, à Ferrières-en-Brie, secrétaire de la rédaction de la société nationale d’horticulture de France.
- Galon, ingénieur des ponts et chaussées, à Meaux.
- Charriou, publiciste, à Meaux.
- Fau queux, président du syndicat du commerce et de l’industrie à la Ferté-sous-Jouarre.
- Gatelier (Emile), président de la société d’agriculture de Meaux, à la Ferté-sous-Jouarre.
- Labour, architecte à Chelles.
- Lavaux, agriculteur, maire de Charny.
- Menier (Henri), manufacturier, maire de Noisiel.
- Menier (Gaston), maire de Lognes.
- Moquet, conseiller d’arrondissement, à Meaux.
- Perdrigé, architecte à Meaux. *
- Quillard, conseiller d’arrondissement, maire de Lagny.
- Royer (Louis), publiciste.
- Tartier (Edouard), président du tribunal de commerce de Meaux.
- 3° Sous-comité de l’arrondissement de Provins MM. Montant, député.
- Lamour, conseiller général, maire de Provins.
- Marc de Haut, conseiller général, président du comice agricole, à Sigy.
- Penancier, conseiller général, maire de Bray-sur-Seine.
- Prevet, conseiller général, maire de Nangis.
- Berlin, conseiller d’arrondissement, cultivateur, maire de Balnost.
- Bouvrain, cultivateur,maire de Chenoise.
- Golleau, agriculteur au Bas-Chaillot, commune de Nangis.
- Collot, industriel, président du tribunal de commerce de Provins.
- Espanet, agriculteur au Guéritous, près Provins.
- Foulon, propriétaire, maire d’Hermé.
- Germann, conseiller d’arrondissement, agriculteur a Bray-sur Seine.
- Hugot (Arthur), cultivateur, maire de Melz-sur-Seine.
- Hurtu, constructeur-mécanicien à Nangis.
- Jeannaire, agriculteur, adjoint au maire de Beauchery.
- Macquin (Cyr), cultivateur, maire de Châ-tenay.
- Magnier, constructeur-mécanicien à Provins.
- Massé, entrepreneur de travaux publics à Nangis.
- Montarou, ingénieur des ponts tt chaussées • à Provins.
- Monthiers, ingénieur civil, secrétaire du comice agricole à la Croix-en-Brie.
- Munault, directeur de la sucrerie de Provins, juge au tribunal de commerce à Provins.
- Lombard, industriel à Septveilles, commune de Sainte-Colombe.
- Poisson, ancien entrepreneur, maire de Donnemarie.
- BUREAUX DES
- COMITES DÉPARTEMENTAUX
- ARDÈCHE
- Sous-comité de l'arrondissement de Tournon
- Président. — M. Gallix (Louis), ancien négociant à Tournon.
- Vice-présidents. — MM. Garnier (Marcellin), mégissier, à Annonày ; Sauzet (Joseph), négociant au Cheylard.
- Secrétaire. — M. Charra (Alphonse), négociant à Annonay.
- GIRONDE
- Sous-comité de l'arrondissement de Bordeaux
- Président. — IM. Hubert Proin, président de la chambre de commerce de Bordeaux.
- Vice-présidents. — MM. Segrestaa. président du tribunal de commerce de Bordeaux; Berniard, président de l’union des syndicats girondins.
- Secrétaire. — M. Gruet, conseiller municipal de Bordeaux, secrétaire général des syndicats des saindoux et salaisons.
- LOT
- Comité départemental
- Présidents d'honneur. —MM. Béral, sénateur; de Verninac, sénateur ; Rozières, ancien député.
- Président. — M. Sirech, maire de Cahors.
- Vice-présidents. — MM. Vival, maire de Figeac; Cocula, maire de St-Germain.
- Assesseurs. — MM. le docteur Rey, président de la société industrielle et agricol du Lot ; Dufour, directeur de la ferme-école du Montât ; Miret, directeur de l’asile de Leyme ; Boudon, propriétaire à Larnagol ; Bruel, industriel àSouil-iac ; Cabanès, liquoriste à .Gourdon.
- Secrétaires. — MM. Laur, vétérinaire départemental; Pauliac, conseiller général, agriculteur; Baleste, conseiller municipal à Gourdon.
- Sous-comité de l’arrondissement de Cahors
- President. — M. Béral, sénateur.
- Vice-président. M. Sirech, maire de Cahors.
- Assesseurs. — MM. Pierre Dufour, directeur de la ferme école du Montât; Delpech, négociant.
- Secrétaire. — M. le docteur Rey, président de la société industrielle et agricole du Lot.
- Secretaire-adjoint. — M. Malinonski, ancien professeur.
- Sous-comité de Varrondissement de Figeac
- Président. — M. Rozières, ancien député.
- Vice-président. — M. Vival, conseiller général, maire de Figeac.
- Assesseurs. — MM. Miret, directeur de l’asile de Leyme ; Boudon, propriétaire, à Larnagol.
- Secrétaire. —- M. Pauliac, conseiller général.
- Secrétaire-adjoint. — M. Longpuech, conseiller d’arrondissement.
- Sous-comité de l’arrondissement de Gourdon
- Président. — M. de Verninac, sénateur.
- Vice-président. — M. Linol, notaire à Gourdon .
- Assesseurs. — MM. Cocula, maire de Saint-Germain; Bruel, notaire à Souillac.
- Secrétaire, — M. Baleste, propriétaire à Gourdon.
- Secrétaire-adjoint. — M. Pierre Taillade, négo ciant à Gourdon.
- MINISTÈRE DU COMMERCE ET DE L’iNDUSTRIE
- Exposition universelle internationale de 1889 DIRECTION GÉNÉRALE DES TRAVAUX
- PALAIS DU CHAMP-DE-MARS
- PALAIS DES MACHINES
- CONDITIONS PARTICULIERES DES CONSTRUCTIONS MÉTALLIQUES DES BAS-COTÉS DU PALAIS DES MACHINES
- (ADJUDICATION le 18 juillet).
- Les bas-côtés avec galerie au ier étage mesurent 15 mètres de largeur, d’axe en axe, et s’étendent de chaque côté de la grande nef. Chaque bas-côté se compose de 19 travées correspondant au tracé de la grande nef, savoir : de 2 d’extrémité de 24 mètres 60 de longueur, de 16 intermédiaires de 21 mètres 5o et d’une au milieu de 26 mètres 40.
- Les constructeurs de la grande nef doivent fournir dans le plan vertical, entre la grande nef et les bas-côtés, la ferme à treillis au droit du comble des bas-côtés, la poutre portant le plancher du ier étage et les équerres et attaches en attente.
- La construction métallique de chaque travée des bas-côtés se compose :
- D’une face extérieure verticale avec arc et piédroits en tôle et cornières, de pannes, de chevrons courbes, d’arcs doubleaux, d’un chéneau, d’un remplissage vertical décoratif avec points d’appui intermédiaires, petits fers et châssis ouvrants ;
- D’un plancher comprenant des poutres pleines ou à treillis, des poutrelles pleines et des solives en fer double T assemblées.
- ADJUDICATION EN QUATRE LOTS
- Premier lot.— Les 10 travées des bas-côtés en façade sur l’avenue de La Motte-Piquet, à partir de l’avenue de La Bourdonnais, y compris l’avant-corps de la cage d’escalier enlace de l’Ecole Militaire et le pavillon d’angle côté de l’avenue de La Bourdonnais.
- (L’escalier proprement dit à construire dans la travée du milieu ne fait pas partie de l’adjudication.)
- 2e lot. — Les 9 travées des bas-côtés sur l’avenue de La Motte-Piquet, depuis l’avant-corps jusqu’à l’avenue de Suffren, y compris pavillon d’angle sur l’avenue de Suffren.
- 3e lot. — Les 10 travées de bas-côtés, côté des expositions. diverses, à partir de l’avenue de La Bourdonnais y compris le pavillon d’angle jusque mais non compris le grand vestibule du milieu.
- (Les escaliers compris dans l’avant-corps du milieu et le dit avant-corps, ne font pas partie de l’adjudication.)
- 4e lot. — .Les 9 travées de bas-côtés, côté des expositions diverses jusqu’à l’avenue de Suffren, y compris le pavillon d’angle.
- CHAPITRE PREMIER CLAUSES et conditions particulières
- Article premier Objet de Vadjudication
- Les travaux à adjuger en 4 lots comprennent la construction métallique des bas-côtés' du palais des machines, y compris un avant-corps central et les motifs d’angle telle qu’elle est décrite ci-dessus, et conformément aux dispositions indiquées aux feuilles de dessins ci-annexées.
- Le. remplissage .vertical des quatre façades d’extrémité des galeries annexes fait partie1 de l’adjudication.
- Les travaux à adjuger comprennent la fourniture et la mise en place des fers de toute nature, y compris fers à vitrage, de remplissage, de décoration et autres.
- Les constructeurs de la grande nef devant fournir les équerres et fourrures, ainsi que percer les trous^pour l’assemblage des pannes et poutres des bas-côtés, les adjudicataires des bas-côtés devront faire l’ajustement et le rivetage sur ces équerres et trous en attente.
- ^Les adjudicataires des i8r et 3® lots des bas-côtés devront fournir les équerres et percer les trous en attente des pièces des 2e et 40 lots et du vestibule .principal d’entrée qui ne fait pas partie des lots à adjuger. Les adjudicataires des 2® et 4e lots devront faire l’assemblage des pièces des ier et 3e lots avec les leurs.
- Les. concurrents seront admis à présenter des soumissions pour plusieurs lots. L’administration se réserve la faculté d’admettre ou de ne pas admettre un même adjudicataire pour plusieurs lots.
- Art. 2
- Cautionnements
- Chaque postulant à l’adjudication devra justifier, en déposant sa soumission, du versement préalable à la caisse des dépôts et consignations, d’un cautionnement de 8,000 fr. pour chacun des lots.
- Par dérogation à l’article 2 du cahier des clauses et conditions générales, les sociétés ouvrières ne sont pas, dans ce cas particulier, dispensées dudit versement.
- Ce cautionnement provisoire servira à chaque adjudicataire de cautionnement définitif pour la garantie de l’exécution de leur marché.
- Les autres cautionnements seront restitués aux ayants-droit, aussitôt après l’adjudication.
- Les adjudicataires ayant fait leur cautionnement en argent en toucheront les intérêts à 3 0/0, à .compter du 61e jour de leur versement. S’il est fait en rentes, ils en toucheront les arrérages.
- Art. 3
- Base du rabais
- séparément, par soumissions cachetées, art rabais exprimé en franc et décimes (sans fraction de décime) sur les prix suivants communs aux quatre lots :
- i° Trente-six francs, les cent kilogrammes, pour l’ossature de la couverture, pannes, chevrons courbes, chéneaux, parois verticales, y compris
- fers à vitrage, châssis, etc........... 36 francs.
- 2° Trente-trois francs cinquante les cent kilogrammes pour les poutrelles
- pleines ou à treillis............... 33 fr. 5o
- 3° Vingt-cinq francs les cent kilogrammes pour les fers à double T ailes ordinaires de 0,26 de hauteur et autres mesures au dessous assemblés .pour
- planchers.............................. 25 francs.
- Cinquante-deux centimes le kilogramme de plomb laminé de o,oo5 d’épaisseur en table pour nappe sous les semelles métalliques des points d’appui ; pour fourniture, montage, pose, battage, percement de trous et recoupement. ..................... o fr. 62.
- La quincaillerie employée dans les parties ouvrantes, en fer ou en menuiserie, sera payée aux prix de la série de la ville de Paris, année 1882 diminués de 3o 0/0. ’
- Ces prix ainsi composés seront passibles du rabais consenti par les adjudicataires. Tous les prix ci-dessus s’appliquent à l’ensemble des travaux métalliques de toutes natures des ouvrages ci-indiqués. Ils comprennent toutes fournitures main-d’œuvre, droits d’octroi ou autres faux frais et bénéfices; tous transports, chargements et déchargements, bardages, coltinages, montages à
- Voir la suite page 6g 6.
- p.693 - vue 261/496
-
-
-
- 6ç)j-- —- Troisième Année. — N° 131.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 18S9
- Dimanche 3 Juillet 1887.
- M. DE LESSEPS
- ET
- L’EXPOSITION DE 1889
- D’après toutes les probabilités, l’ouverture du canal de Panama coïncidera avec celle de l’Exposition de 1889. Comme à ses devancières, en 1867 et en 1878, M. deLesseps y prendra la part la plus brillaute. Aussi croyons-nous intéresser nos lecteurs en reproduisant ici quelques pages du livre très remarqué (1) que MM. Alphonse Bertrand et Emile Ferrier viennent de consacrer à M. Ferdinand de Lesseps, lequel aura été. en réalité, le premier et le plus infatigable exposant du xixe siècle.
- « Lorsque l’on considère, dans leur ensemble, les actes, les discours, les luttes, les innombrables voyages, les incessants travaux de cet homme qui ne se Jasse jamais, on sent croître l’estime et la sympathie qu’il a toujours su inspirer, non seulement à ceux qui vivent dans son intimité, mais à tous les étrangers qui l’approchent.
- M. de Lesseps a ces dons biens français qui sont le courage, la bonne humeur, la vaillance de l’esprit et du cœur. Un de ses ancêtres, Bertrand Lesseps, préserva, dit-on, du massacre de la Saint-Barthélemy le prince qui devait être Henri IV. Ne semble-t-il pas qu’il y ait en M. de Lesseps quelque chose de cette puissance de séduction qui fut l’une des grandes forces du « seul roi, dont la France ait gardé la mémoire? »
- Chez M. de Lesseps, ces qualités aimables et séduisantes servent, si l’on peut ainsi parler, de parure à une volonté très forte, très persévérante et, pour tout dire, inébranlable.
- Dans cette bonne humeur invincible, dans cette faculté de s’intéresser à tout et à tous, dans ~ette aménité et cette égalité de caractère s’accommodant, pour peu qu’on ne lui fasse pas la guerre, de toutes choses et de toutes gens,
- M. de Lesseps puise cette sérénité d’esprit qui fait les hommes vraiment forts. N’est-ce pas elle qui leur permet de s’élever au-dessus des incidents de l’existence quotidienne et des inquiétudes d’ordre secondaire auxquelles se heurtent et se buttent, à tout pas, les esprits faiblement trempés?
- « Je vais mon chemin », a dit quelque part M. de Lesseps ; nulle expression peut-être ne saurait mieux le peindre.
- Il va son chemin sans se laisser arrêter par les bagatelles de la route, mais non sans y prêter quelque attention curieuse. Il est de la race des grands voyageurs, de ceux qui voient vite et qui voient bien.
- Combien de descriptions intéressantes, de croquis vivement enlevés, de traits, piquants et originaux dans ses lettres, ses conférences, œs relations de voyage !
- Les préoccupations les plus grandes et les plus vives 11’atténuent pas chez M. de Lesseps ce don de s’intéresser aux détails. A tout instant il met
- (1) Ferdinand de Lesseps, sa vie, son œuvre, un fort volume in-8 raisin, avec cartes et portraits de MM. Ferdinand et Charles de Lesseps. G. Charpentier et Cie, éditeurs, 11, rue de Grenelle, Paris. Prix : 7 fr. 3o.
- la tête à la portière. Rien ne lui échappe. Quoi de plus curieux, par exemple, que le récit de sa première exploration dans l’isthme ?
- Ce n’est pas la plume d’un explorateur intéressé, c’est le crayon d’un touriste aimable et clairvoyant. Tout l’amuse et le distrait.
- Ici c’est un aperçu sur la manière de monter à dromadaire, «opération qui, nous apprend-il, demande beaucoup de prestesse, car, aussitôt que l’on passe la jambe droite, ces animaux se relèvent brusquement et les meilleurs sont ceux qui s’enlèvent le plus vite ».
- Plus loin il nous trace une rapide esquisse de ses mésaventures pendant un ouragan ou plaisante l’entêtement de l’âne sur lequel est monté Mougel-Bey. Ailleurs, il aime à se dire que cette
- M. Ferdinand de LESSEPS
- route qu’il parcourt a vu les grands philosophes grecs, les patriarches, les conquérants, la sainte famille et Bonaparte. Parfois il ouvre la Bible et s’applique à vérifier la description qu’elle fait de l’Egypte, non sans sourire de quelque vieille Anglaise qui croit découvrir la preuve inédite des prophéties de Moïse. Dans tout cela, d’ailleurs, rien de pédant, de cherché, d’ennuyeux — une sorte de bonne humeur naturelle qui prête de la grâce et du piquant à tout son récit.
- Si l’on nous permet ce souvenir, il y a chez M. de Lesseps un reflet de cette naïveté d’impression qui fait le charme de Yillehardouin, de Joinville, de Froissard, de tous ces vieux conteurs d’histoires qui furent les ancêtres de nos historiens. « J’étais là, telle chose m’advint. » Et le lecteur ou l’auditoire prend plaisir à cet attachant récit, à ces curieuses anecdotes.
- M. de Lesseps a toujours écrit comme il parle, sans prétention et avec un entier naturel. Jamais il n’a visé à passer pour un orateur ou pour un écrivain. Le jour où il entra à l’Académie française, ne s’est-il pas lui-même qualifié un homme de lettres in partit us ?
- Mais le style, c’est l’homme, et pour M. de Lesseps plus que pour tout autre, cette parole est l’absolue vérité. Ses lettres, ses rapports, ses conférences, c’est lui tout entier ; comme lui-même, elles sont pleines de vie, de verve, de perpétuel mouvement, de confiance en son étoile et dans l’avenir. A ses yeux la parole n’est pas seulement le vêtement de la pensée, elle est une des formes de l’action ; et — chose plus rare encore— l’imagination n’est en lui qu’un stimulant de la volonté.
- Comme Victor Hugo qui passa à Madrid plusieurs années de son enfance, comme Louis Blanc qui y vit le jour, Ferdinand de Lesseps, d’origine espagnole par sa mère, a toujours ressenti pour l’Espagne une sorte d’attrait et de prédilection. Par certains traits il rappelle ces hardis explorateurs qui se nommèrent Fernand Cortez et François Pizarre ; mais chez lui, ce qui domine tout, c’est l’amour de la paix, de la civilisation, des idées humanitaires qui seront à jamais la partie la plus glorieuse du patrimoine de la France.
- M. de Lesseps croit à la puissance de la liberté: toute sa vie il a été un libéral. Sous l’Empire on lui en fit plus d’une fois le reproche. Cela ne l’empêcha pas de continuer à soutenir qu’il était bon que chacun pût dire ce qu’il pense, car alors la vérité ne tarde pas à se faire jour. A ce propos, il raconte quelque part une anecdote qui précise quelle est, à cet égard, sa façon dépenser.
- « C’était, dit-il, lors de mon premier voyage en Angleterre. Je vais chez un éditeur, et je lui dis que mon désir est de répandre mon ouvrage, de le propager le plus possible.
- « Le lendemain je retourne chez lui et il me donne la note des dépenses, où la plus grosse somme est destinée à attaquer l’ouvrage. Il faut croire que l’épiderme des “Anglais est moins sensible que le nôtre. Ce n’est pas nous qui payerions des verges pour nous fouetter. « Il « n’est pas besoin de louer un « livre, me dit l’éditeur ; quand « il est attaqué, les honnêtes gens veulent le « connaître et juger eux-mêmes. Combien « d’ouvrages n’ont eu une immense vogue « que parce qu’on a sonné les cloches contre « eux ! » — L’éditeur anglais était un homme de bon sens pratique. » N’est-ce pas là un conseil dont beaucoup d’hommes politiques et autres pourraient faire leur profit ?
- M. de Lesseps est un optimiste. Il croit à la puissance du bien. Volontiers il pense que les hommes ne sont méchants que lorsqu’on les maltraite. « On m’accuse quelquefois , dit-il dans une de ses conférences, d’être enthousiaste. Messieurs, j’ai ce que vous avez tous, du cœur ! Je ne me décourage pas, je ne m’arrête pas parce que des obstacles se présentent. » Et, en Français, en patriote, qui a le droit de parler ainsi parce qu’il en est une preuve vivante, il ajoute : « Rien ne doit paraître impossible, lorsqu’on peut compter sur l’appui de la nation française et de tout ce qu’il y a d’intelligent et d’honnête dans le monde ».
- Mais si M. de Lesseps croit aux hommes, il croit peuttêtre davantage encore aux femmes.
- p.694 - vue 262/496
-
-
-
- Troisième Année. — N° 131. LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE 18S9 Dimanche 3 Juillet 1887. — 695.
- Ce n’est pas seulement dans ses affections, c’est dans son estime qu’elles ont toujours eu une place très haute et très grande. Volontiers il fait leur éloge, réclame leur concours et rappelle le proverbe : Ce que femme veut,. Dieu le veut. En un mot, à l’égard du rôle de la femme, il ne partage pas les vues de beaucoup de ceux qui ont vécu en Orient et ne voient en elle qu’un instrument de plaisir, auquel convient fort bien sinon le harem, tout au moins le gynécée.
- Un jour un Egyptien, d’un esprit très distingué, disait à M. de Lesseps: « Comment se fait-il que nous restions toujours au-dessous de vous ? J’ai des compagnons qui ont fait leurs études en France, en Angleterre ou en Allemagne; pourquoi, une fois en Orient, font-ils comme les autres ?» A ce moment vint à passer, montée sur un cheval, la jeune fille du consul anglais : « Lorsque vos
- femmes et vos filles galoperont ainsi à vos côtés, lui répondit M. de Lesseps, vous serez un peuple civilisé. En Orient le monde ne marche que sur une jambe ; c’est pour cela qu’on y est en retard ».
- Non moins qu’à la puissance
- de la liberté et à l’influence ci-
- vilisatrice de la femme, M. de Lesseps croit à l’action de l’initiative individuelle. N’en a-t-il pas prouvé la toute-puissance ?
- « Du Japon jusqu’à San-Fran-cisco, des multitudes d’archipels, a-t-il dit un jour, répandus sur 2,000 lieues de l’océan Pacifique, appellent la colonisation, non des gouvernements, mais de l’initiative individuelle.
- A l’exemple de nos anciens cadets de famille qui ont conquis le Canada, la Louisiane, les Indes, que les jeunes gens d’aujourd’hui, au lieu de végéter dans l’oisiveté, ou de suivre des carrières qui ne les mènent à rien de bon, aillent féconder de nouvelles îles de France. Que rien ne les décourage! l’esprit d’initiative et de persévérance appartient à notre nation plus qu’à toute autre. »
- Est-ce vrai ? En s’expiimant ainsi, M. de Lesseps se montrait bon Français. En tous cas, à lui seul, il suffirait à justifier cette appréciation.
- Quoi qu’il en soit, dans les quelques traits que nous venons de citer, M. de Lesseps apparaît tout entier avec son génie qui est la volonté, l’énergie, la foi dans le progrès, la civilisation, la liberté, l’esprit d’initiative. Comment s’étonner qu’avec cela il ait eu le secret de grandes choses, l’art de se faire aimer et le pouvoir de provoquer, en notre siècle sceptique, un rare mouvement d’enthousiasme?
- Suez et Panama! Il semblerait quil y ait là plus qu’il ne faut pour absorber tous les instants, toutes les pensées de l’homme le plus actif et le plus laborieux qui soit au monde. Il n’en est rien. A combien d’autres entreprises, à combien d’autres travaux a-t-il accordé, non seulement ses sympathies, mais sa collaboration et son concours !
- Plus qu’en tout autre, il faut le dire, M. de Lesseps a dans son fils Charles-Aimé de Lesseps, aujourd’hui vice-président de la Compagnie de
- Suez et de la Compagnie de Panama, non seu- j lement un digne héritier de son nom, mais encore le continuateur assidu de son oeuvre immense.
- . A cette heure cependant, la majorité du public ne connaît guère que M. Ferdinand de Lesseps. Celui-ci a été à la peine; il est à l’honneur, et c’est justice. Mais c’est justice aussi d’indiquer, dans un volume consacré au fondateur du canal de Suez et de Panama, combien depuis vingt ans la collaboration de M. Charles de Lesseps à l’œuvre de son illustre père a été active, incessante, infatigable.
- Né en 1840, à Malaga, où M. de Lesseps était alors consul de France, M. Charles-Aimé-Marie de Lesseps fut attaché, en 1859, par
- M. Thouvenel, ambassadeur en Turquie, à l’ambassade de Constantinople. Entré ensuite au ministère des affaires étrangères, il collabora à la direction des archives, puis passa à la direction politique de ce département. Il quitta le ministère avec le titre de secrétaire d’ambassade.
- C’est en 1863 que M. Charles de Lesseps entra à la Compagnie du canal de Suez. Il en devint l’un des administrateurs, puis, après la retraite du duc d’Albuféra, en 1872, le vice-président.
- Lors de la constitution de la Compagnie du canal de Panama , il a été également, en 1881, élu vice-président de cette société. Nommé chevalier de la Légion d’honneur le 14 novembre 1869, à l’occasion de l’inauguration du canal de Suez, M. Charles de Lesseps a été promu officier le 26 janvier 1886.
- En qualité de vice-président des Compagnies de Suez et de Panama, M. Charles de Lesseps a pris, depuis plusieurs années, la part la plus
- considérable à la direction effective de ces deux sociétés et aux négociations si importantes qu’elles ont menées à bien malgré les difficultés de toute nature. Il en a été ainsi notamment lors des procès relatifs au tonnage, de l’intervention anglaise en Egypte, de la question de la neutralité du canal de Suez, de la constitution définitive de la Société du canal de Panama. M. Charles de Lesseps a été le principal négociateur du modus vivendi entre le gouvernement anglais et la Compagnie, à la suite de l’achat par l’Angleterre de 170 mille actions du vice-roi, et l’on sait quelle importance capitale a eue pour la Compagnie de Suez cette épineuse et délicate négociation.
- Organisateur et administrateur de premier ordre , doué d’un rare sang-froid, d’une mémoire remarquable et d’un pénétrant coup d’œil, possédant une puissance de travail et un esprit de réflexion peu communs, M. Charles de Lesseps est, à cette heure, Val-ter ego de son père. Il lui ap porte une collaboration de tous les instants ; en toute circonstance, M. Ferdinand de Lesseps fait appel au jugement si ferme et si sûr de son fils. C’est avec une confiance justifiée et dans l’intérêt de l’œuvre à laquelle il a attaché son nom qu’il l’a toujours considéré comme le successeur le plus capable et le plus laborieux qu’il ait jamais pu souhaiter.
- Plein de courtoisie et même de bienveillance, comme l’est son père, M. Charles de Lesseps ne voit pas cependant la vie et les hommes du même œil. Il n’a ni le même optimisme, ni la même gaieté. Tout a souri à M. Ferdinand de Lesseps et chez lui l’âge n’a tué ni l’imagination, ni le goût du monde, ni cet entrain endiablé qui eut dans son succès une si large part. Toutes les joies de la famille lui ont été réservées. M. Charles de Lesseps n’est pas moins homme d’action, mais en lui il n’est pas difficile de reconnaître l’empreinte d’un de ces coups cruels dont le temps atténue, mais n’efface pas la rigueur. M. et Mme Charles de Lesseps ont perdu, à Suez, leur unique enfant âgé de deux ans....
- Si puissante que soit la diversion causée par l’étonnant mouvement de colossales entreprises, il est des joies intimes qu’elle ne réussit pas à donner et surtout qu’elle ne saurait jamais rendre. »
- M. Charles de LESSEPS
- p.695 - vue 263/496
-
-
-
- 696. — Troisième Année. — N° i3i.
- toutes hauteurs et poses; tous engins, matériel et échafaudages nécessaires ; toutes plus-values de grandes ou petites dimensions et de formes spéciales d’ajustements ou assemblages droits, courbes ou biais des parties ouvrantes dans les parois verticales, à bascule ou de tout autre système, de tôle découpée, garde-fous, etc., quels que soient leur nombre et leur nature ; les plus-values^ d’assemblages avec le bois, toutes difficultés d’accès du chantier ou d’accord avec les autres entreprises qui doivent se poursuivre simultanément avec celles de la ferronnerie ; tous percements de trous ; toutes fournitures de brides, plates-bandes, boulons et rivets, pour fixer les différentes pièces, soit entre elles, soit aux constructions adjacentes (maçonneries et charpentes métalliques ou autres), soiffpour supports et attaches de tuyaux de descente d’eau, fo-urrures , chéneaux, couvertures, menuiseries, caissons, staff, terre cuite et ornements divers, arbre de transmission, attaches ou supports d’appareils d’éclairage, etc., prévus aux dessins ou à déterminer en cours d’exécution.
- Art. 4.
- Peinture
- Ces prix comprennent aussi la peinture qui sera exécutée tel qu’il est indiqué à l’article i5 du cahier des charges particulières aux constructions métalliques, avec cette réserve toutefois, que la dernière couche (3me), dans le ton indiqué par l’architecte, ne sera donnée qu’après l’achèvement des couvertures, des vitreries, des travaux de maçonnerie et autres.
- Art. 5.
- Invariabilité des prix
- En un mot, les prix indiqués ci-dessus comprennent un travail complètement et parfaitement exécuté, posé et peint dans les conditions imposées au cahier des charges générales et au cahier des charges particulières aux constructions métalliques, ci-annexé, et sans admission d’aucune plus-value d’aucune sorte.
- Art. 6.
- Délais d’exécution
- Les travaux commenceront aux ateliers des adjudicataires aussitôt que les ordres de service auront été délivrés par l’architecte.
- Ils seront conduits de telle sorte que la mise au levage sur les chantiers de l’Exposition suive régulièrement le montage des grandes fermes.
- L’ensemble des travaux faisant l’objet des présentes adjudications devra être entièrement terminé, pour chacun des quatre lots, le ier août 3888, date de rigueur.
- L’architecte aura le droit d’indiquer à chaque adjudicataire le point où seront commencés les travaux de montage et la direction qu’ils devront suivre jusqu’au complet achèvement.
- Art. 7.
- Détails d’exécution
- Le directeur des travaux arrête les tracés et dessins d’exécution.
- Les adjudicataires, avant de procéder à l’exécution de leurs travaux, devront présenter à l’administration leurs tracés et dessins, grandeur d’exécution.
- Ils ne pourront introduire aucune modification sans l’approbation de l’administration.
- Il sera d’ailleurs pris, aux frais des adjudicataires, toutes les précautions utiles pour assurer la parfaite concordance des pièces métalliques exécutées par les constructeurs de la grande nef ou des bas-côtés.
- Art. 8.
- Pénalités pour retard ‘
- S’il y a retard dans le montage ou non exécution de l’une des clauses établies, et quelle que puisse en être la cause, sauf les cas de force majeure régulièrement constatés, l’adjudicataire subira une retenue de un pour cent sur le montant total de son adjudication, par chaque semaine de retard, chiffre que les adjudicataires déclarent accepter comme représentant le préjudice causé à l’administration.
- Ces retenues seront acquises à l’administration par le seul fait des retards, et sans qu’il soit besoin de mise en’demeure ou* autre formalité préalable.
- Dans le cas où l’un des adjudicataires serait entravé dans l’exécution de ses travaux par quelque circonstance ne provenant pas de son fait, il devrait le faire constater immédiatement par le directeur général des travaux, et les délais seraient prolongés, s’il y a lieu, en raison du temps perdu, mais il ne serait dû à l’adjudicataire aucune indemnité pour ce fait.
- Toute réclamation tardive sera considérée comme nulle.
- Art. 9.
- Conservation des ouvrages
- Pendant le cours des travaux, chacun des adjudicataires devra prendre, à ses frais, les précautions nécessaires pour préserver de tout dommage les constructions existantes, ainsi que les planta-
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 3 Juillet 1887.
- tions et ouvrages de diverse nature qui s’exécuteront avant les siens ou concurremment avec eux.
- Art. 10.
- Propositions de paiements
- Dans les propositions de paiements à établir, conformément aux clauses et conditions générales, les acomptes seront limités à six dixièmes (ô/io) de la valeur des ouvrages exécutés et reçus à l’usine ou aux ateliers des constructeurs, lorsque ces objets pourront être reconnus et marqués de manière que leur distinction soit parfaitement établie.
- Trois dixièmes (3/ro) pourront ensuite être payés après le montage définitif sur les chantiers de l’Exposition et réception provisoire.
- Les paiements effectués n’auront, dans aucun cas, pour effet de diminuer la responsabilité du fournisseur qui restera pleine et entière.
- Art. 11.
- Importance relative des pièces d’adjudication
- L’avant-métré et le détail estimatif qui suivent, ainsi que les dessins annexés aux présentes, ne sont donnés qu’à titre de renseignements, et l’entrepreneur ne pourra, en aucun cas, se prévaloir des dispositions ou des quantités qui y sont portées, pas plus pour l’exécution des ouvrages que pour l’établissement des mémoires et comptes de dépenses.
- Art. 12
- Modifications possibles
- L’administration se réserve le droit de modifier, dans la proportion qu’elle jugera convenable, pendant le cours des travaux, les dispositions, la nature, la qualité ou la quantité des constructions métalliques. Quelle que soit cette variation, les prix fixés plus haut seront seuls appliqués sans aucune indemnité.
- Cependant, si les parties modifiées avaient déjà reçu un commencement d’exécution, et que la modification apportée soit une cause réelle de perte de fourniture ou de main-d’œuvre pour l’adjudicataire, ce dernier pourrait, par exception à la clause ci-dessus, être indemnisé du travail déjà exécuté, et ce, à dire d’expert.
- Le chiffre de cette indemnité serait basé sur les prix acceptés, diminués du rabais consenti, et en tenant compte de toutes les obligations de l’entreprise.
- Art. i3.
- Prise de possession des constructions
- Ainsi qu’il est dit plus haut, au fur et à mesure que certaines parties des constructions seront terminées, l’administration aura le droit de les mettre en état de réception provisoire et d’en prendre livraison ; mais le délai de réception définitive ne partira que de l’époque d’achèvement complet de tous les travaux.
- Art. 14.
- Chemin de fer
- L’adjudicataire est prévenu que l’administration est dans l’intention de prolonger, dans l’intérieur des constructions de l’Exposition, la ligne du chemin de fer qui est raccordé à la gare du Ghamp-de-Mars. Si cette ligne est entièrement établie au moment où l’adjudicataire devra apporter ses fers sur le chantier, il pourra utiliser ce moyen de transport en s’entendant, pour les conditions d’exploitation, avec la Compagnie exploitante.
- Aucune réclamation de ce chef ne pourra, d’ailleurs, être adressée à l’administration.
- Art. 1 5.
- Service de santé
- Les adjudicataires sont prévenus que la retenue de 1 0/0 opérée sur les décomptes, en vertu de l’article 17 du cahier des clauses et conditions générales, pour le service médical, laisse entière la responsabilité des constructeurs en cas d’accident.
- Art. 16.
- Responsabilité
- La durée du palais des machines étant subordonnée aux décisions ultérieures de l’administration supérieure, les adjudicataires ne sont nullement déchargés des responsabilités qui leur incombent en droit et notamment des charges imposées par les articles 1792 et 1797 du code civil.
- Art. 17.
- Semelles en plomb
- Sous chacune des semelles métalliques des points d’appui au droit des retombées des arcs, il sera placé une nappe en plomb laminé de o,oo5 d’épaisseur.
- Cette nappe sera percée de trous pour le passage des boulons de tirage, bien battue et recoupée après la mise en place du point d’appui métallique.
- Art. 18.
- Cahiers des charges générales et spéciales et affiches
- Indépendamment des conditions énoncées ici, les adjudicataires seront soumis aux clauses et conditions générales approuvées par M. le ministre du commerce et de l’industrie, le 25 août 1886, et
- imposées à tous les adjudicataires de l’Exposition, ainsi qu’aux clauses et conditions du cahier des charges spéciales aux travaux des constructions métalliques, en date du 4 .novembre 1886, avec annexes pour les conditions de réception adoptées pour les tôles, cornières et fers spéciaux des tabliers métalliques.
- CHAPITRE II
- AVANT-MÉTRÉ
- PREMIER LOT
- Côté de l’École-Militaire et de l'avenue de La Bourdonnais
- PAVILLON MILIEU EN FACE L’ÉCOLE MILITAIRE
- y compris la travée derrière de 26 m. 40
- kilos.
- 1 arc en façade double avec pied-droits
- et consoles et attaches pour l’ornementation.................................. 35.3oo
- 2 pylônes pour phare, pesant chacun
- 40.000 k................................ 80.000
- 1 arc doubleau avec ses pied-droits.... 17.500
- 1 arc au droit des travées courantes... 17.500
- Poutres sur les chêneaux :
- 2 pour les retours, pesant chacune i.35o 2.700
- 2 au droit des travées courantes, pesant
- chacune 4.000 k.......................... 8.000
- 3 pannes de l’avant-corps, pesant chacune 1.400 k............................. 4.200
- 3 pannes au droit des travées courantes,
- pesant chacune 2.200 k................... 6.600
- 4 entretoises pour former caissons, pesant chacune 1.400 k................... 5.600
- Chevrons au-dessus de l’escalier :
- 5 pour le plafond, pesant chacun 65o k. 3.25o
- 5 chevrons pour la couverture, pesant
- chacun 65o k............................. 3.25o
- 9 chevrons de la travée derrière, pesant
- chacun 65o k............................. 5.85o
- 2 chéneaux de l’avant-corps, pesant chacun 950 k.............................. 1.900
- 2 chéneaux de la travée derrière, pesant
- chacun 1. 5oo k...................... 3.000
- 1 poutre de façade au droit du plancher. 2.450
- 2 poutres des retours, pesant chacune
- 900 k................................ 1.800
- 1 poutre du soubassement................... 2.450
- 2 poutres des retours, pesant chacune
- goo k.............................!.. 1.800
- 2 piliers intermédiaires montant jusqu’à la poutre au droit du plancher, pesant chacun 1.225 k........................... 2.450
- Armature en fer T pour recevoir les fers à vitrage, y compris le double cadre, /’armciture à l’intérieur delà brique, à hauteur de la galerie et les parties dans le vitrage du reyde-chaussée :
- Pour la façade, ensemble .............. 1.400
- 2 pourles retours,pesant chacun 6.5ook. i.3oo
- 1 fer à T pour vitrage de la façade.... 3.100
- 2 fers à T pour les retours, pesant chacun 1. 5oo k.......................... 3.000
- 4 châssis ouvrants pour la galerie, y
- compris retours, pesant chacun 55 k. 220
- 4 châssis pour le rez-de-chaussée, y
- compris retours, pesant chacun 40 k. 160
- Ensemble.................. 214.780
- Plancher
- 1 poutre palière......................... 2.460
- 2 points d’appuis sous la dite, pesant
- chacun 1.226 k.................. 2.460
- 4 poutres tranversales, pesant chacune
- 4.880k.............................. 19.520
- 19 poutrelles de la travée milieu,y compris boulons d’écartement, ensemble.. 17.760
- Ensemble............ 42.170
- 38 solives en fer T de 0.20' assemblées pour les deux travées latérales, y compris boulons d’écartement, ensemble__8.835
- Nappes en plomb de 0.0o5 sous les se-
- melles métalliques.
- 2 sous les pylônes, pesant chacune
- 110 k.................................... 220
- 4 sous les points intermédiaires, pesant
- chacune 3g k........................ 1 56
- Ensemble..................... 3?6
- 8 ferrures de châssis ouvrants, paumelles, loqueteaux, ressorts, etc.... 8
- Tra-vées courantes de 2im5o.
- 8 semblables.
- Détail d’une :
- 1 arc en façade avec consoles et pied-
- droits................ ............ 14.13o
- 3 pannes, pesant chacune 2.220 k..... 4.600
- A Reporter.............. 18.730
- p.696 - vue 264/496
-
-
-
- Troisième Année. — N° i3i. LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1S89. Dimanche 3 Juillet 1887. — 697.
- Report.................. 18.730
- 1 poutre sous chéneaux................... 4.000
- 1 chéneau............................. 1. 5oo
- 9 chevrons, pesant chacun 525 k....... 4.725
- 1 poutre.de façade au droit duplancher. 1.990
- 2 piliers intermédiaires montant jusqu’à la poutre ci-dessous, pesant chacun
- 1.225 k................................ 2.450
- 1 poutre du soubassement................. 1.990
- 1 poutre au-dessus de la brique du Ier
- étage............................... 1.900
- 2 prolongements des points intermé-
- diaires jusque sous la poutre ci-dessus, pesant chacun 35o k............... 700
- Armature en fer à T pour recevoir les
- fers à vitrage, ensemble................ 1.100
- Fers à vitrage, ensemble................. 2.5oo
- 4 châssis ouvrants pour la galerie du i91' étage, pesant chacun 55 k................. 220
- 6 châssis ouvrants pour le rez-de-chaussée, pesant chacun 40 k................... 240
- Attaches et équerres pour l’ornementation de l’arc de façade, ensemble..... 200
- Total pour une travée............ 44.335
- 7 autres semblables................... 3io.345
- 4 excédents pour les motifs milieu, pesant chacun 85o k....................... 3.400
- 2 excédents pour les balcons non compris les balustrades, pesant chacun
- 800 k............................... 1.600
- Ensemble.................. 359.980
- 8 travées semblables.
- Détail d’une :
- 3 poutres transversales d’une travée,
- pesant chacune 4.878 k. 333.......... 14.635
- 7 autres semblables.................... 102.445
- Ensemble................ 117.080
- 19 solives en fer à T de 0.26 assemblées,
- pesant chacune p5o k................... 14.250
- 72 boulons d’écartement, 2 k. 5oo..... 180
- Et pour 7 autres semblables, pesant chacun 14.430 k......................... ioi.oio
- Ensemble................ 11 5 .440
- 8 nappes en plomb sous les retombées
- des arcs, pesant chacune 84 k............. 672
- 16 nappes en plomb sous les points d’appui intermédiaires, pesant chacune
- 3q k...................................... 624
- Ensemble.................... 1.296
- 80 ferrures de châssis ouvrants.............. go
- PAVILLON d’angle AVEC RETOUR
- 1 arc en façade double avec pied-droits
- partie en retraite et attaches pour l’ornementation......................
- 2 contreforts des points d’appui, pesant
- chacun 10.000 k......................
- 3 pannes, pesant chacune 2.200........
- 1 poutre sous le chéneau du retour....
- 1 chéneau du retonr...................
- 9 chevrons, pesant chacun 600 k........
- 1 poutre de façade au droit du plancher. 1 poutre du soubassement pour la façade
- 1 poutre pour le retour...............
- 2 piliers intermédiaires jusque sous la
- poutre, au droit du plancher, pesant chacun 1.22b k.......................
- 1 poutre au-dessus de la brique au ier étage .................................
- 1 poutre sur le retour................
- 2 prolongements du point intermédiaire,
- pesant chacun 35o k..................
- 1 motif milieu........................
- 1 armature en fer T pour la façade....
- 1 armature en fer T pour le retour.....
- 1 1er à vitrage pour la façade........
- 1 fer à vitrage pour le retour........
- 2 châssis ouvrants pour la galerie côté
- façade, pesant chacun 55 k...........
- 1 châssis ouvrant côté du retour......
- 12 châssis ouvrants pour le rez-de-chaussée façade, pesant chacun 40 k. .
- 4 châssis ouvrants pour le rez-de-chaus-
- sée retour, pesant chacun 35 k......
- Ensemble................
- 4. 5oo
- 20.000 6.600 4.000 1. 5oo 5.400 2.275 2.200 1. 5oo
- 2.450
- 2.275
- 1.225
- 700 I .200
- i. 3oo
- 973 3.55o 2.250
- 11 o 5q
- 480
- 140
- 66-755
- Plancher.
- 2 poutres transversales, pesant chacune
- 3.88o k.................................. 9-760
- 19 poutrelles de la travée milieu, y compris boulons d’écartement, ensemble.................................... 17.657
- Ensemble................... 27.410
- 38 travées latérales en solives fer T de 0.26 assemblées, y compris les boulons d’écartement, ensemble................... 8.860
- 22 nappes en plomb sous les retombées d’arcs et contreforts, pesant chacune
- 9 3 k...................................... 190
- Nappes en plomb sous les points intermédiaires, pesant chacune 39 k.......... 78
- Ensemble...................... ^68
- 19 ferrures des châssis ouvrants.......
- DEUXIÈME LOT
- Côté de l’École-Militaire et de l’avenue de Suffren
- 8 travées courantes de 2im5o, semblables à celles détaillées au Jer lot
- Ossature de couverture, pannes, chevrons, etc. Poutres de plancher :
- Semblables à celles détaillées au i0r lot.
- Solives à T. de 0.26 assemblées :
- Semblables à celles détaillées au ier lot.
- Nappes en plomb :
- Semblables à celles détaillées au ierlot. ferrure des châssis ouvrants :
- Semblables à celles détaillées au 1erlot.
- PAVILLON d’angle ET RETOUR
- Ossature de couverture, pannes, chevrons, etc. Semblables au pavillon d’angle détaillé au ierlot. Poutres de plancher et poutrelles de la travée milieu :
- Semblables au pavillon d’angle détaillé au 1er 101. Solives assemblées des 2 travées latérales : Semblables au pavillon d’angle détaillé ieraulot. Nappes en plomb sous les semelles métalliques : Semblables au pavillon d’angle détailléau Ier lot. Ferrure de châssis ouvrants :
- Semblables au pavillon d’angle détaillé au 1e1' lot.
- TROISIÈME LOT
- Côté de la Seine et de l’avenue de La Bourdonnais
- Travée au droit du pavillon d’escalier côté de la Seine.
- kilos.
- 1 arc au droit des travées courantes. 17.500
- 2 poutres sous les chéneaux, pesant chacune 4.000 k............................ 8.000
- 3 poutres, pesant chacune 2.200 k....... 6.600
- 9 chevrons, pesant chacun 65o k......... 5.85o
- 2 chéneaux, pesant chacun 1 5oo......... 3.000
- Ensemble.............. 40.950
- Plancher :
- Semblable à celui détaillé au ier lot, pour le pavillon milieu, côté de l’Ecole Militaire :
- Poutres et poutrelles de la travée milieu.
- Solives assemblées.
- 2 Nappes en plomb sous les semelles de 2 points intermédiaires.
- 8 Travées courantes :
- Semblables à celles détaillées au 1e1' lot. Pannes, chevrons, etc.
- Poutres pour plancher.
- Solives assemblées pour plancher. Nappes en plomb.
- FerruYe de châssis ouvrants.
- PAVILLON D ANGLE
- Semblable à celui détaillé au 1e1' lot
- Ossature.
- Poutres.
- Solives.
- Nappes en plomb.
- Ferrure de châssis ouvrants.
- QUATRIÈME LOT
- Côté de la Seine et de l’avenue de Suîîren
- Semblable au 2e lot, comprenant 8 travées courantes et 1 pavillon d’angle.
- Ossature.
- Poutres et poutrelles.
- Solives.
- Nappes en plomb.
- Ferrure de châssis ouvrants.
- CHAPITRE IIIJ
- DÉTAIL ESTIMATIF
- PREMIER LOT
- Côté de l’Ecole-Militaire et de l’avenue de
- La Bourdonnais
- Ossature de la couverture, pannes, chevrons, courbes, chéneaux, parois verticales, y compris fers à vitrage, pesant 641,215 k. à ofr. 3o Poutrelles pleines et poutres pleines ou à treillis, pesant 186.660 k. à
- o fr. 335......................
- Fers à double T, ailes ordinaires de 0,26 de hauteur et autres mesures au-dessous, assemblé pour planchers, pesant 133,135 k. à o fr. 25 Plomb laminé de o,oo5 d’épaisseur en table pour nappes, pesant 1,940
- k à o fr. 5z.... ».............
- Ferrures de châssis ouvrants, pesant 107 k. à 25 fr...........
- Total....................
- 2 3o.837 f. 4° 62.53 1 10
- 33.283 75
- 1.008 80
- 2.675 »
- 33o.336 o5
- DEUXIÈME LOT
- Côté de l’Ecole-Militaire et de l’avenue Suffren
- Ossature de la couverture pour chéneaux, etc., pesant 426,435 k. à
- o fr. 36........................ 1 53.516 f. 60
- Poutrelles pleines et poutres pleines ou pesant 144,490 k. à
- ofr. 335........................ 48.404 i5
- Solives assemblées pour plancher,
- pesant 124,300 k. à o fr. 25..... 31.075 »
- Nappes en plomb de omoo5 d’épaisseur, pesant 1,564 k. à o fr. 52... 813 28
- Ferrures de châssis ouvrants, pesant 99 k. à 25 fr..................... 2.475 »
- Total................... 236.284 o3
- TROISIÈME LOT
- Côté de la Seine et de l’avenue de La Bourdonnais
- Ossature de la couverture pour chéneaux, etc , pesant 467,385 k. à
- o fr. 36........................ 168.258 f. 60
- Poutrelles pleines et poutres pleines ou à treillis, pesant 186,660 k. à
- o ir. 335..............*........ 62.53 i 10
- Solives assemblées pour plancher,
- pesant i53, i33 k. ào fr. 25.___ 33.283 75
- Nappes en plomb de omoo5 d’épaisseur, pesant 1,642 k. à o fr. 52... 864 83
- Ferrures de châssis ouvrants, pesant 99 k. à 25 fr. pce........... 3-475 »
- Total..................... 267.402 2Q
- QUATRIÈME LOT Côté de la Seine et de l’avenue Suffren
- Ossature de la couverture pour chéneaux, etc., pesant 426,435 k. à
- °fr- 36.......................... 153.516 6g
- Poutrelles pleines et poutres pleines ou à treillis, pesant 144,490 k. à
- o fr. 33.1).......................... 48.404 i5
- Solives assemblées pour plancher,
- pesant 124,300 k. à o fr. 25..... 3i .o75 »
- Nappes en plomb de omoo5 d’épaisseur, pesant 1,564 k. à o fr. 52... 813 28
- Ferrures de châssis ouvrants, pesant 99 k- à 2 5 fr. pce.............. 2,475 »
- Total......................... 236.284 °3
- Total des quatre lots....... 1.070.306 40
- Imprévus.................. 56.191 09
- Ensemble.................... 1.126.497 49
- Frais d’agence............ 33.794 92
- Total général...............”1.160.292 41
- Dressé par l’Architecte soussigné.
- Paris, le 28 mai 1887.
- Signé: Dutert.
- Vu et présenté Paris, le 28 mai 1887.
- Le Directeur général des Travaux, Signe: Alphand.
- Vu et approuvé :
- Paris, le 11 juin 1887.
- Le ministre du Commerce et de l’Industrie, Commissaire général,
- Signé : Lucien Dautresme.
- ANNEXE N° r
- Nomenclature des feuilles de dessin d’exécution visées à l’article 1er ci-devant jointes au dossier d’adjudication.
- Plan d’ensemble du Palais des machines omoo2 5 Coupe transversale — 001
- Elévation latérale (fragments)........ o oo5
- Plan, élévations,coupe du pavillon d’escalier, côté de l’Ecole-Militaire...... 001
- Détail d’une des travées courantes.... o o5
- Détail d’une travée avec motif de porte. o o5 Travée de 2im5o. Plan d’ensemble du
- plancher............................ o 04
- Travée de 2 irn5o. Elévation de la poutre
- de imo5............................. o 10
- Travée de 2 im5o. Elévation d’une panne o 10 Elévation de l’arc double sous chéneau o 10 Travée de 26m40. Plan d’ensemble du
- plancher..............i............. o 04
- Travée d’extrémité. Plan d’ensemble du
- plancher............................. o 04
- Chevrons pour les trois travées....... 010
- Détail de l’assemblage des chevrons sur les pannes............................. o 10
- ANNEXE N° 2
- Soumission
- Je soussigné,
- entrepreneur-constructeur, demeurant à
- , après avoir pris connaissance des clauses et conditions générales imposées aux entrepreneurs de l’Exposition universelle' de 1889, du cahier des charges spéciales aux constructions métalliques en fer ainsi que des dessins
- p.697 - vue 265/496
-
-
-
- 6<jS. — Troisième Annee. — N° 131 - LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- Dimanche 3 Juillet 1887.
- et des conditions particulières se rapportant directement à l’exécution des charpentes et fermes enfer formant les bas-côtés du palais des machines au Champ-de-Mars ; . , .
- M’engage à exécuter les travaux dont il s’agit formant le lot, évalué a la somme
- de moyennant
- un rabais de
- sur les prix moyens indiqués aux clauses et conditions particulières.
- Je me soumets, en outre, à supporter tous les droits d’affichage, de timbre, d’enregistrement à droit fixe ou autres, auxquels la présente soumission pourra donner lieu, si elle est acceptée.
- Paris, le 1887.
- DIRECTION GÉNÉRALE DES TRAVAUX
- ADJUDICATION EN UN LOT
- DE LA FOURNITURE DE RHUM POUR LES CHANTIERS DU CHAMP-DE-MARS
- 1. Le lundi 18 juillet 1887, à une heure de l’après-midi, il sera procédé publiquement, dans une des salles du conseil de préfecture (palais du tribunal de commerce), par le préfet ou son délégué, assisté de deux membres du conseil de préfecture et du directeur général des travaux ou de son délégué, à l’adjudication, au rabais, sur le prix de 2 fr. 25 c. le litre et par soumissions cachetées, de 5,ooo litres environ de rhum en fûts de 100 litres.
- Le cautionnement est fixé à 5oo francs.
- 2. Le cahier des charges est déposé à la direction générale des travaux, dans les bâtiments du Champ-de-Mars, à l’extrémité de l’avenue Rapp, où l’on pourra en prendre connaissance, tous les jours non fériés, de une heure à quatre heures.
- 3. Nul ne sera admis à concourir à l’adjudication s’il ne remplit les conditions imposées par le cahier des charges.
- Chacun des concurrents devra adresser, à l’agence des travaux du Champ-de-Mars, au directeur général des travaux de i’Exposition qui est chargé d’arrêter la liste des concurrents, dix jours au moins avant la date de l’adjudication :
- i° Une demande d’admission à l’adjudication écrite sur papier timbré, faisant connaître ses nom, pronoms, domicile, lieu et date de naissance ;
- 20 Un extrait de son casier judiciaire ayant moins d’une année de date ;
- 3° Les échantillons demandés par le cahier des charges.
- Le délai fixé ci-dessus pour le dépôt de ces pièces sera rigoureusement appliqué.
- 4. Chaque soumission, rédigée sur papier timbré, conformément au modèle ci-après, sera placée isolément sous un pli cacheté, et le paquet, portant le nom du soumissionnaire, sera renfermé, avec les pièces dont il a été parlé ci-dessus et avec le certificat de dépôt du cautionnement, sous une seconde enveloppe cachetée portant pour suscrip-tion : Exposition universelle de 188g. — Fourniture de rhum pour les chantiers du Champ-de-Mars.
- Les soumissions qui ne seraient pas exactement conformes au modèle ci-après seront considérées comme nulles et non avenues.
- Les rabais seront énoncés en francs et décimes par cent francs (sans fraction de décime) et porteront sur le prix de 2 fr. 25 cent, le litre. Les rabais portant fraction de déchue seront comptés au décime plein inférieur à la fraction exprimée.
- 5. Le jour de l’adjudication, les paquets seront remis au bureau d’adjudication, dans la salle du conseil de préfecture, au tribunal de commerce, depuis midi jusqu’à une heure. Les paquets recevront un numéro dans l’ordre de leur présentation.
- 6. A une heure, on remettra au bureau d’adjudication, et sous enveloppe cachetée, le mmimum du rabais moyennant lequel l’adjudication pourra être prononcée ; ensuite on procédera à l’ouverture des paquets.
- Le bureau d’adjudication, après vérification des pièces, arrêtera la liste des concurrents agréés.
- Immédiatement après, il sera procédé à l’ouverture des soumissions présentées par les concurrents admis.
- 7. Dans le cas où une seule soumission serait déposée, l’administration se réserve le droit de ne pas prononcer l’adjudication.
- 8. Si aucun des rabais offerts dans les soumissions ouvertes n’atteint le minimum fixé, l’adjudication pourra être prononcée provisoirement ou ajournée sur l’avis du bureau d’adjudication, qui en délibérera séance tenante.
- En aucun cas le minimum fixé ne sera rendu public.
- 9. Dans le cas où le rabais le plus fort aurait été souscrit par plusieurs soumissionnaires, un nouveau concours sera ouvert, séance tenante, entre ces soumissionnaires seulement.
- Les rabais de la nouvelle adjudication ne pourront être inférieurs à ceux de la première.
- Si les soumissionnaires se refusaient à faire de nouvelles offres, ou si les rabais souscrits étaient encore égaux, l’adjudicataire serait désigné par la voie du sort.
- 10. L’adjudication n’est valable qu’après approbation par le ministre du commerce et de l’industrie.
- 11. Les frais de publicité, d’expédition et d’impression, ceux de timbre et d’enregistrement et d’experts pour la dégustation des échantillons seront supportés par l’adj udicataire, qui devra en faire le dépôt dans un délai maximum de trois jours, à partir de la date de l’adjudication.
- 12.Toutes les conditions insérées dans la présente affiche sont obligatoires et déclarées annexées au cahier des charges.
- Fait à Paris, le 17 juin 1887.
- Le ministre du commerce et de l’industrie commissaire général,
- Lucien Dautresme.
- Modèle de soumission (sur papier timbré)
- Je soussigné [nom, prénoms, profession et demeuré), après avoir pris connaissance du cahier des charges relatif à la fourniture du rhum ,
- M’engage à fournir, à mes frais et risques, et conforme à l’échantillon que j’ai déposé au bureau technique de la direction générale des travaux, le rhum destiné à la préparation des boissons hygiéniques pour les ouvriers des chantiers de l’Exposition, moyennant un rabais de (exprimer le rabais en francs et décimes par cent francs, sans fraction de décimej sur le prix de 2 fr. 2 5 par litre.
- Me soumets à toutes les clauses et conditions du cahier des charges précité et notamment à l’obligation de payer les frais d’affichage, ceux de timbre et d’enregistrement à droit fixe et tous les autres frais auxquels la présente soumission pourra donner lieu, si elle est acceptée.
- Paris, le 1887.
- (Signature.)
- LES
- MÉDAILLERS AUX EXPOSITIONS
- A chaque exposition nouvelle qui a lieu à Paris, la Grande Chancellerie de la Légion d’honneur rappelle aux exposants- décorés qu’ils n’ont pas le droit de faire figurer dans un médailler leur croix au milieu des diverses récompenses obtenues par eux aux Expositions antérieures.
- Nous n’avons pas à critiquer ou à approuver cette mesure; mais du moment qu’elle est en vigueur à Paris il nous semble qu’elle doit s’appliquer à toutes les expositions en général et à celles de province en particulier.
- A l’Exposition du Havre, certains industriels, décorés, sachant qu’il n’est pas nécessaire de se conformer à cette règle dans les expositions.de province, ont placé au-dessus de leur installation la croix de la Légion d’honneur; d’autres, au contraire, se basant sur ce qui se passe à Paris, ne l’ont pas fait et perdent, aux yeux du public, le bénéfice de la distinction honorifique dont ils ont été l’objet.
- Il nous semble qu’il y a là un abus qu’il était de notre devoir de signaler.
- Mais il existe un fait bien plus grave sur lequel nous prenons la liberté d’attirer l’attention de M. le Ministre du commerce et de l’industrie.
- Dans quelques expositions d’ordre absolument inférieur, les Comités ont remplacé les médailles et les insignes des membres du jury par de véritables décorations qui de loin ont absolument l’aspect d’ordres existants et que l’on place ensuite dans un médailler à la place d’honneur, pour mieux induire le public en erreur. On voudra bien nous accorder qu’il est plus honorable, pour un industriel, d’obtenir une médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878 qu’à l’exposition de Chaumont en 1882. Or la première récompense est accordée sous forme de médaille et la seconde sous forme de décoration.Cependant cette croix... de Chaumont est placée dans le médailler de telle maison que nous pourrions citer, bien en vue, au milieu de toutes les autres médailles parmi lesquelles se trouve perdue celle de 1878. Voici la description de quelques-unes de ces décorations.
- EXPOSITION de CHAUMONT 1882
- Ruban rouge, bordé de liserés blancs et bleus de im/m de largeur, croix à 4 branches en émail blanc.
- EXPOSITION INTERNATIONALE DE LA SANTE.
- LYON 1886-1887
- Couronnne civique formée d’une branche de laurier et d'une branche de chênes dorées ; distinction accordée aux premiers prix.
- Les diplômes d’honneur étaient remis sous la forme d’une décoration à ruban bleu supportant une tête de République en argent entourée de rayons d’or avec pierreries.
- EXPOSITION VINICOLE DE PARIS EN 1887
- Les membres du jury ont reçu une décoration formée d’un large ruban rouge et bleu violacé orné d’une rosette aux mêmes couleurs, auquel est suspendue une croix en émail blanc à 6 branches dont le centre est occupé par un cercle d’émail bleu cerclé de rouge-, le tout sur deux branches de laurier et de chêne vertes.
- Peut-on mieux imiter les insignes de la Légion d’honneur?
- Les exposants ayant eu un diplôme d’honneur,^ recevaient la même décoration, sans rosette ; les médailles d’or étaient remplacées par la même croix attachées à un ruban rouge avec liserés verts, dont la couleur et la disposition sont celles du Nicham.
- EXPOSITION DAMIENS 1886
- Palmes d’honneur en or.
- EXPOSITION d’aRCACHON
- Les diplômes d’honneur étaient remplacés par des couronnes civiques et les médailles d’or par des décorations à ruban rayé blanc et bleu avec rosette bleue.
- Nous arrêtons ici cette liste pour ne pas fatiguer nos lecteurs ; mais nous pourrions encore y ajouter bien des noms.
- Nous le répétons, n’y a-t-il pas là un abus contre lequel il est temps de réagir?
- On nous objectera que l’on ne peut porter ce s insignes et que, par suite, la Grande Chancellerie n’a pas à intervenir ; que les expositions, comme celles que nous venons de citer, sont des entreprises absolument privées, et, qu’en conséquence, le ministère du commerce et de l’industrie n’a pas à régler les modes de récompenses adoptés par leurs comités.
- Cela est possible ; mais notre devoir est d’indiquer le mal ; aux pouvoirs publics à chercher le remède. Croyez bien qu’il n’y a pas de temps à perdre: déjà un grand nombre’’ d’industriels et des plus importants, commencent à s’émouvoir de cet état de choses, qui ne peut que leur être nuisible, puisqu’ils ne figurent que dans les expositions importantes.
- Diverses chambres syndicales seront bientôt saisies de la question et leurs bureaux seront chargés de la soumettre à qui de droit.
- H.-F. Cabirau.
- EXPOSITION DU HAVRE
- LES BATEAUX PLIANTS ET INSUBMERSIBLES
- Lors de ' l’accident arrivé à la Champagne, un seul des bateaux pliants de M. Berthon, dont nous voulons entretenir nos lecteurs, se trouvait à bord du steamer. Le capitaine qui commandait le superbe transatlantique a déclaré que s’il avait eu à sa disposition un plus grand nombre de ces bateaux, aucune panique ne se serait produite et qu’il n’y aurait eu aucun accident à déplorer.
- C/est là le plus bel éloge que l’on puisse faire des bateaux pliants et insubmersibles de M. Berthon, qui pèsent cinq fois moins qu'une embarcation de mêmes dimensions et qui, étant pliés, n’occupent que le cinquième de leur volume.
- Avant de parler des nombreuses applications dont les bateaux Berthon sont susceptibles, tant au point de vue du sauvetage que du trafic et de l’agrément, nous indiquerons le principe de leur construction.
- Il ne s’agit pas ici de sacs gonflés d’air ni de simples châssis recouverts de toile puisque, même percés d’un large trou, ils ne peuvent couler. Ils n’ont aucune côte transversale. La charpente consiste en nervures longitudinales larges et plates, reliées ensemble aux extrémités du bateau et recouvertes en dedans et en dehors de toile spécialement préparée, donnant ainsi plusieurs compartiments étanches ; ces nervures restent parallèles entre elles comme les feuillets d’un livre lorsque le bateau est fermé et se tiennent à des angles différents mais définis, rayonnant de leur centre quand le bateau est ouvert.
- Ces bateaux sont propres à tous les usages et leurs qualités se révèlent dans tous modes d’emploi.
- Leur insubmersibilité , leur légèreté , leurs grandes qualités nautiques et leur durée indéfinie sont des qualités qu’on rencontre difficilement dans les autres genres d’embarcation.
- Moins d’une minute suffit pour les déplier et les replier, et ils sont toujours en état de service immédiat et toujours étanches.
- Nous avons vu de ces bateaux de toutes les dimensions ; depuis les plus petites barques jusqu’aux grandes embarcations de sauvetage pouvant contenir chacune cent personnes, adoptées par les grandes Compagnies de navigation.
- Ils doivent être fort appréciés par les amateurs de canotage qui peuvent les emporter dans leurs excursions, les compagnies de chemins de fer admettant dans leurs fourgons à bagages tous ces bateaux au-dessous de cinq mètres de long.
- Examinons les différents modèles qu’avec une bonne grâce parfaite M. le capitaine Richard Holt a bien voulu nous montrer et sur lesquels il nous a donné d’intéressants renseignements :
- Bateaux de pêche et de chasse
- Ce sont les plus petits modèles des bateaux Berthon ; ils mesurent 2mi4 de long et am90 de large une fois ouverts ; leur poids n’en excède pas 2 5 kilos.
- Ces bateaux nous paraissent d’une utilité incomparable pour la pêche dans les petits cours d’eau, pour la chasse et peuvent être employés avec grand succès dans les pays d’étangs comme la
- p.698 - vue 266/496
-
-
-
- Troisième Année. — N° i3i.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Sologne, leur extrême légèreté permettant de les transporter sans peine d'un étang à l'autre, soit sur une voiture, soit même à bras.
- Canots de promenade et de yacht
- Ce sont d’excellents « dinghies » pour les yachts de toute sorte, à voile ou à vapeur, et ils sont, croyons-nous, surtout indispensables aux yachts de petit tonnage qui n’ont pas à bord l’emplacement suffisant pour loger un canot en bois.
- Nous avons vu ces bateaux porter la voile d’une façon remarquable et grâce à leur quille, ils peuvent marcher au plus près du vent. Ils tiennent très bien la mer et servent également pour la pêche et la chasse.
- Périssoires
- Les périssoires Berthon sont construites sur un plan un peu différent de celui des bateaux précédents : les nervures longitudinales sont formées de fines lames de bois léger auxquelles sont fixées sur chaque tranche des bandes d’orme du Canada. La charpente consiste en un certain nombre de lames rayonnant de la ligne centrale ; les lames supérieures formant le pont, sont en acajou et ont l’aspect le plus élégant.
- Pliés, ils n’ont que omi5 d’épaisseur. Ils sont rapides et peuvent porter beaucoup de toile. Il est presque impossible de les faire chavirer.
- BATEAUX DUPLEX
- _ Ces bateaux sont partagés en deux par une section transversale; ils forment ainsi deux bateaux indépendants pouvant se réunir instantanément. C’est le modèle adopté par les marines de guerre de tous les pays pour le service de tous les torpilleurs. Le peu de place qu’ils occupent pliés et divisés permet-d’avoir un bateau de grande capacité facilement transportable en chemin de fer ou à dos de cheval.
- EMBARCATIONS DE SAUVETAGE
- La plus importante des applications des bateaux pliants insubmersibles est celle des grandes embarcations destinées aux navires de commerce, aux grandes lignes de navigation et aux bâtiments de la marine de guerre.
- Par un arrêté en date du 19 mars 1886, ces bateaux ont été rendus réglementaires sur tous les bâtiments de la flotte française ; tous les grands transports anglais en sont munis ; et, aujourd’hui, presque tous les gouvernements les ont adoptés ainsi que la plupart, des grandes Compagnies de navigation.
- On aura une idée des avantages que présentent nos bateaux, quand on saura que, dans un espace superficiel de 10 mètres sur 4, on peut loger 6 embarcations qui, dépliées, contiennent 90 personnes chacune : le salut de 5qo personnes est ainsi assuré.
- Aussi, dorénavant, les passagers pourront-ils exiger des Compagnies (sans que celles-ci puissent arguer du manque de place), qu’il v ait toujours à bord un nombre suffisant d’embar-. cations pour sauver tous les passagers et l’équi page.
- Un de ces bateaux de 8 mètres de longs a fait, en six jours, à la voile, le trajet dufcap Finistère aux îles Scilly (Sorlingues) et retour à Southampton, dans la Manche, soit un trajet total de 700 milles (1,127 kilomètres).
- BATEAUX-PONTONS
- Un ponton établi sur le bassin du Commerce, avec des bateaux Doulton, excite au plus haut point la curiosité des visiteurs de l’Exposition.
- En quelques minutes, une série de bateaux Duplex sont dépliés et aussitôt l’on jette sur eux un pont assez solide pour qu’il puisse servir au passage de l’infanterie, de la cavalerie' et même de l’artillerie.
- L’avantage qu’ils ont sur les autres systèmes est de porter un plus grand poids et d’employer deux tiers de moins de fourgons pour leur transport.
- *
- * #
- Nous avons expliqué comment ces bateaux étaient composés de compartiments étanches indépendants ; aussi une déchirure ou un trou produit par accident ne peut-il livrer accès à l’eau que dans un seul compartiment, sans nuire à la sûreté du bateau. Cette déchirure peut être facilement réparée par le premier cordonnier venu, qui recoudra les parties déchirées en employant sur son fil de la cire d’abeilles au lieu de poix. Il suffit alors de recouvrir la blessure d’un peu de peinture flexible et une fois celle-ci séchée, le bateau est redevenu aussi étanche qu’auparavant.
- *
- * *
- Nous avons résumé les qualités des bateaux Berthon qui nous paraissent devoir rendre à la marine les plus grands services.
- Dès aujourd’hui tous les torpilleurs français en sont munis.
- Le gouvernement allemand a voulu acheter à M. Berthon son brevet. Celui-ci a refusé. Son nom indique qu’il est d’origine française.
- * ¥
- LA VOIE MÉTALLIQUE « HUMBERT » POUR TRAMWAYS ET CHEMINS DE FER SUR ROUTES
- Cette voie, dont nous avons sous les yeux un beau modèle en grandeur d’exécution, se compose de rails d’acier à gorge profonde et à large contre-rail, posés et calés au moyen de coins en bois et en fer, dans des coussinets en fonte ne gênant pas le pavage et boulonnés eux-mêmes sur des traverses d’acier.
- Ce nouveau type de voie présente dans son ensemble sur ceux qui sont connus à ce jour plusieurs avantages très importants. Certains d’entre eux seront aisément reconnus en parcourant les lignes suivantes ; pour mieux apprécier les autres, il faudrait que la voie « Humbert >• fût soumise à des essais de longue durée.
- Quoi qu’il en soit, voici les avantages qui nous paraissent absolus :
- Grande simplicité. — Qu’y a-t-il de plus simple, en effet, qu’un rail fixé sur son coussinet sans autre assemblage que deux coins, dont un de bois et l’autre de fer, permettant de changer à volonté et sans avoir à percer aucun trou, l’intervalle entre les traverses, quand les besoins l’exigent, pendant ou après la construction ? Quant à la jonction des rails, elle est assurée par une seule éclisse étalon, très facile émettre en place.
- Pose facile. — Ce qui paraît de plus remarquable dans l’établissement de cette voie, c’est la grande facilité de la pose. En effet, les coussinets sont placés et fixés à l’atelier sur les traverses au moyen de boulons ; les trous des traverses sont percés au moyen d’un poinçon; et, en comprenant l’assemblage des coussinets et le perçage des traverses, la dépense peut varier entre 3 et 4 centimes par traverse.
- Aussitôt que la forme de la voie est prête, il suffit d’y apporter et d’y poser les traverses garnies de leurs coussinets, de les bourrer, de placer les rails, de niveler et de chasser les coins. Toutes ces opérations, nous assure M. Humbert, se font avec une telle rapidité, qu’un seul poseur habile et trois manœuvres payés à la tâche peuvent poser facilement 200 mètres de voie simple par jour.
- Ecartement invariable de la voie. — La largeur de la gorge n’est plus que de 28™/“; l’expérience a prouvé qu’elle est absolument suffisante, à la condition de ne pas laisser de jeu entre le boudin des roues et l’arête de la surface de roulement du rail. Il est à remarquer que cette faible largeur de la gorge résout enfin le difficile problème de permettre aux roues des plus petites voitures de passer sur ces rails sans inconvénient. Elle n’est possible qu’avec l’emploi des traverses métalliques qui empêchent rigoureusement la moindre variation de se produire dans l’écartement de la voie, comme on l’a constaté sur les chemins de fer allemands. C’est lé le point capital pour une exploitation de tramways ; quand la voie est bonne, le matériel roulant ne se disloque pas, la traction est singulièrement réduite et l’économie qui résulte de tout cela est considérable. Au contraire, les traverses de bois, aussi bien que les entretoises métalliques, ont toujours pour effet de produire des variations dans l’écartement de la voie, car les attaches jouent bien vite dans le bois, et les entretoises métalliques se cintrent et se tordent sous les pressions multiples des pavages ou du sol. Il va sans dire que, dans les courbes de petit rayon, la largeur de la gorge pourra être portée impunément à 32 m/m et au delà si c’est nécessaire.
- Prix de revient. —- La dépense par mètre courant de voie est considérablement réduite, sans compter qu’il n’y a plus à prévoir dans l’avenir de réfections complètes de voie.
- En voici la décomposition :
- Devis pour g mètres de voie simple (avec prix moyens, mais qui peuvent varier suivant les années et les localités) (Modèle ordinaire):
- PRIX PRIX
- POIDS de d’en-
- l’unité semble
- kilos fr. c.
- 2 rails d'acier de gm, soit r8m,
- pesant environ 26kg le mètre,
- 468 15 » 70 20
- 8 traverses en acier de imyo,
- pesant chaune i6k3oo, soit . . 0 xr O m i5 » 19 56
- t6 coussinets en fonte de 5k5oo
- l’un, suivant la hauteur des,
- pavages soit 88 j 5 » i3 20
- 2 éclissësen acier 7^550l’un, soit. i5 10 15, » 2 26
- 10 boulons à tète de gendarme
- pour éclisses oki65 1 65 37 » 0 61
- 32 boulons pour fixer les coussi-
- nets sur les traverses okiy5, . 5 60 37 » 2 07
- 16 coins en fer à ok3oo. soit . . 4 80 17 » 0 81
- 16 coins en bois .... le cent. )) 0 80 0 i3
- i(5 cales en bois (entre les tra-
- verses et les coussinets) . le c. )) O CO 0 0 i3
- 16 morceaux de toile goudronnée
- pour les joues des coussi-
- nets le cent. » I 20 0 19
- , TOTAUX pour 9m. . . 713 55 10916
- TOTAL POUR im. . . 79 283 12 i3
- On voit donc que ce prix de I2,i3o fr. par kilomètre de voie simple est peu élevé, si on le compare é celui de la mauvaise voie américaine ordinaire avec longrines, qui coûte au moins aussi
- Dimanche 3 Juillet 18S7. — 699.
- cher, et autres voies métalliques connues dont la dépense est beaucoup plus considérable.
- NOUVEAU PROCÉDÉ DE DOUBLAGE DES NAVIRES
- Les avantages que la plupart des industries de luxe retirent de l’emploi du Celluloïd ne sont plus à démontrer.
- Dans la tabletterie, la bijouterie, l’industrie du peigne et de la fantaisie pour coiffure, les articles de fumeurs, lesfleurs artificielles, la maroquinerie, les claviers de piano, son usage est aujourd’hui universellement répandu.
- Mais, en outre, ses propriétés d’élasticité, de ténuité, de solidité, _ d’imperméabilité absolue, et de résistance à l’action de la plupart des agents chimiques dissolvants ou oxydants, l’ont rendu précieux, même dans les industries qui ont pour objet la création des articles de nécessité ou de grande utilité.
- Sous ce rapport, tout le monde connaît l’application du Celluloïd à la lingerie, sous la forme de cols, manchettes et plastrons imperméables, désignés sous le nom de Linge Américain.
- Depuis quelques années, les gouvernements 1’emploient pour la conservation des poudres et des explosifs.
- Aujourd’hui, nous le trouvons dans une toute nouvelle application, celle du doublage des |na-vires, où il peut remplacer avantageusement le cuivre.
- La première expérience, sous ce rapport, remonte au mois de janvier 1881. Elle fut faite par M. J. Butaud, ancien capitaine au long cours.
- Des ^plaques de Celluloïd appliquées par ses soins, à cette époque, sur diverses embarcations, ont été relevées au mois de juillet dernier, c’est-à-dire après cinq ans et six mois de service à la mer, et il fut constaté qu’elles étaient dans le même état qu’au premier jour, sans une trace quelconque d’altération.
- Pendant ce temps, d’autres essais étaient faits à l’étranger pour la navigation au long cours, comme en font foi diverses publications parues, notamment le Nieuwe Courant, de Haarlem, du 12 décembre 1886, et le Het Huisgepin, de Rotterdam, du 16 décembre même année.
- Ces publications constatent que des expériences ont été faites avec le Celluloïd pour empêcher les plantes de mer et s’attacher à la carène des navires.
- Des feuilles de Celluloïd ont été appliquées sur des navires pendant plusieurs voyages. Après chaque voyage, la.carène fut examinée. Partout ces feuilles étaient restées absolument intactes et exemptes de toutes sortes de plantes, tandis qu’au contraire les endroits où ces feuilles n’étaient pas appliquées en étaient remplis.
- Ce sont des faits vraiment intéressants dignes d’appeler l’attention des constructeurs de navires.
- BOIS DES ILES
- Une jolie installation, est celle de la maison G. Vigues fils, 57,^ faubourg Saint-Antoine, Paris.
- Tous les ébénistes pourront trouver plus d’un renseignement utile, en étudiant les magnifiqnes tableaux de démonstration, où, avec de petites feuilles de placage, il est démontré, que l’on peut obtenir de grandes et de superbes surfaces pour meubles. On ne se lasse pas d’admirer les beaux spécimens de palissandre à raccordé et le beau frêne de Hongrie, avec ses reflets si riches, et si agréables à l’œil, le tuva d’Algérie si recherché par sesnuances rosées, l’acajou noir et moucheté, le pitch-pin ondulé , les splendides noyers de France et de Turquie, nous montrent les richesses que peuvent nous donner tous les bois indigènes et exotiques employés dans l’ébénistérie deluxe et ordinaire.
- C’est bien une des plus belles Expositions que nous ayons vues dans ce genre; du reste, cette maison se recommande par elle-même (fondées 1 1816) et partout où elle a concouru, elle a été au premier rang et obtenu les plus hautes récompenses.
- BAROMÈTRE
- M. Radiguet, l’ingénieur-électricien toujours à la recherche de nouveaux progrès et de la perfection irréprochable des appareils barométriques, expose au Havre des baromètres dont la régularité, le fonctionnement et le cachet artistique dépassent tout ce qu’on a fait jusqu’à ce jour.
- Allier la science avec l’art, c’est un problème à résoudre, et non des moins difficiles. M. Radiguet a trouvé le moyen d’appliquer aux vieux meubles artistiques, ou plutôt d’y enchâsser des baromètres, tout en respectant le style de ces vénérables antiquailles, sans nuire à leur cachet de vétusté, à leurs lignes artistiques et sans que ces appareils en soient le moins du monde dissimulés ou gênés dans leur fonctionnement régulier. Paul Patte.
- ÉCHOS
- ETRANGER
- Angleterre
- L’exposition annuelle de la société Royale agricole des comtés a été ouverte la semaine dernière à Reading.
- * *
- *
- p.699 - vue 267/496
-
-
-
- 700. — Troisième Année — N° i3i.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1S89.
- Dimanche 3 Juillet 1887.
- Autriche-Hongrie
- Le club austro-allemand, pour félevage des volatiles, prépare pour l’année prochaine une exposition modèle, qui ouvrirait en mars à Mayence, dans le Hall municipal.
- Belgique
- Le grand concours international des arts., des sciences et de l’industrie que prépare pour 1858 a Bruxelles, le gouvernement _ belge sous le haut patronage du roi et la présidence d honneuq du comte de Flandre, réunira cinquante expositions spéciales.
- Les bâtiments principaux qui seront plus tard convertis en musée, comme le South-Kensington Muséum de Londres, et dont la construction est évaluée à 5 millions, seront terminés le lei fé\riei prochain.
- * *
- Italie
- La commission organisatrice de l’exposition du Vatican, préparée pour la célébration du Jubilé sacerdotal de S. S. Léon XIII, fera paraître pio-chainement en langues italienne et française tin recueil illustré en. 40 livraisons sous le titre de l’Exposition vaticanc illustrée.
- *
- ¥ *
- Suisse
- Le conseil fédéral pour encourager l’art. national a pris des résolutions tendant à organiser des expositions artistiques périodiques, à, créer des monuments artistiques et â faire des achats d’œuvres signées d’artistes indigènes remarquables. Un crédit de 100,000 fr. sera souscritannuel-lement au budget fédéral dans ce but.
- SALON DE 1887
- (Suite.)
- 3q8i. Gorille. A tout seigneur, tout honneur.. Il faut le dire carrément, le groupe de M. Frémiet est admirable. C’est une idée du reste très heureuse que celle d’une semblable, opposition de formes, entre un gorille brutal, gigantesque, a la musculature énorme et une jeune femme indienne aux lignes élégantes. Le gorille, 1 épaule gauche traversée d’une flèche, tient sa capture évanouie sous son bras droit, et l’entraîne ainsi vers son gîte. La force mise par le statuaire au service de ranimai est effrayante et superbe. Voilà qui honore Absolument le Salon de sculptuie de 1887-
- 3973. Danseuse orientale. M. Paul Fournier est un de nos plus jeunes praticiens, et cependant il a pris place au premier rang par 1 énergie^ et en même temps la délicatesse de son ciseau. Isa danseuse orientale est d’une facture tout a fait pai-faite. Nue, à peine ornée d’une ceinture qui se dénoue, les pieds chaussés de babouches, elle danse en s’accompagnant sur le tambourin. Les courbes de son corps sont exquises et savantes, de quelque côté qu’on les étudie, le ventre qui fait saillie par l’inflexion des reins est voluptueux dans sa torsion produite par la chorégraphie. En somme, un très beau marbre qui méritait une récompense et pour laquelle le jury s est montré maladroitement inclément.
- Très bon également le buste marbre de M. Cantin, n° 3974, du même auteur.
- 4033. Etude interrompue. Une fillette nue, s arrête d’écrire pour agacer un chat avec les barbes de sa plume. Charmant plâtre de M. Gourguillou. Le sourire de la petite espiègle est bien jeune, la jambe repliée d’un très bon mouvement.
- 4375. Pêcheur de crabes. MUe Nielsine Petersen de Copenhague a fait un excellent envoi avec son pêcheur de crabes bien musclé, bien posé. Il attend consciencieusement que son crustacé ait mordu à l’appât, la mine très effarée et tout attentive à sa pêche. , ^ ,
- 3700. A la patrie. Groupe en plâtre de M. Desire Briden représentant une femme nue sculptant le buste de la France. Très joli comme effet le pli produit sur la hanche droite par l’affaissement du torse pendant que la jambe gauche s’appuie sur le socle qui supporte le buste ouvragé.
- 3799. La Jeune armée. Un très bon ouvrage de M. Louis Henri Cordier, d’autant plus mérité qu’il brille par la simplicité des moyens, et la sobriété même du sujet. Un jeune cuirassier sur son cheval au repos, appuyé sabre au poing, sur le pommeau de sa selle. Rien de plus, mais que d’énergie sous ce calme apparent.
- 3838. Diane regrette la mort d'Acteon, par M. Jean Dampt. Une tête trop petite sur un corps trop allongé. Diane a tort de regretter l’mdi.scret Actéon, car s’il avait encore vécu il n aurait pu faire l’éloge de sa beauté effilée.
- 4054. Portrait du général Boulanger. M. Ernest Guilbertnous a donné un buste bien vivant et d’une rare ressemblance de l’ancien ministre de la guerre. C’est même là assurément une des œuvres les plus réussies de l’excellent artiste dont le bagage compte parmi ceux des maîtres modernes, quoiqu’il soit encore bien jeune.
- 45o6. Berger et Sylvain. Très habilement conçu, ce berger aux jambes écartées jouant avec petit
- Sylvain qu’il tient au-dessus de sa tête. M. Stenier a campé son personnage principal avec beaucoup de verve.
- 4096. Tentation. M. Jean Hugues a fait une réédition banale de la sempiternelle femme au serpent que vous savez.
- 3631. Charmeuse. Encore une que nous connaissons tous, la charmeuse aux pipeaux. M. Michel Béguine a éprouvé le besoin de nous la rendre et ma foi sa charmeuse est charmante, et nous sommes tous charmés tout de même.
- 4465. Mousse de champagne. M. de Saint-Mar-ceaux nous donne sous ce titre de valse par Jules Klein, un motif central pour la décoration d’un bassin commandé par la ville de Reims, Bien qu’il soit peut-être un peu osé de célébrer le champagne à l’aide d’un château d’eau, le mouvement général est heureux et rappelle la note gracieusement tourmentée de Gustave Doré. Au sommet de ceps et de pampres qui s’élèvent, une folie, marotte en main, semble évidemment blâmer ceux qui s’abreuveront à cette fontaine lorsque les caves de la ville sont si agréablement pleines. C’est, il me paraît, la seule poétique à tirer de ce sujet bizarre.
- 4061. Le Flagrant délit. Un berger étrangle un loup à l’aide d’une corde, sur le cadavre de la chèvre égorgée. M. Guillou a donné à son jeune justicier une vigueur et une énergie étonnantes, les muscles craquent sous l’effet de la colère et de la force mise au service du châtiment. C’est là assurément un morceau capital et digne d’éloges absolus.
- 4161. Une Vengeance. Comme nervosité la statue de M. Larroux rivalise avec l’œuvre précédente. Une femme nue, le couteau d’une main tient de l’autre la tête de sa victime. La physionomie de la femme est énergique et résolue avec une froide ardeur de vengeance satisfaite. Le modèle des lignes est sévère et la pose d’une rectitude absolue.
- 4538. Au chenil. Deux chiens très bien campés, par Mlle Mathilde Thomas, une élève de MM. Cain et Chapu, qui marche dignement sur les traces de ses éminents maîtres.
- 3282. Un Duel. Le duel de M. Nicolas Mayer est un grand joujou à effet dont je ne vois pas bien futilité et le placement, si ce n’est pour un musée de figures de cires. Non que ce groupe manque d’un certain mérite, les deux combattants sont assez vivants et campés de façon très étudiée, mais ces messieurs en pantalon et en chemise bouffante me semblent ressortir mal du style large et noble de la statuaire. Où diable l’auteur espère-t-il placer ses bonshommes? Dans une salle d’escrime ou dans les bois du Vésinet ? A signaler : 3641. Aupilori, parM. Léopold Berns-taunn ; 3645. J.-J. Rousseau, modèle en plâtre pour la ville de Paris, par M. Paul Berthet ; 3595. Hamlet, couché à la scène des comédiens, par M. Zacharie Astruc ; 3620. Eleveur d’ours, par M. Barthet; 4513. Voltaire, par M. Syamour ; 3675. Au but, excellent groupe en bronze, par M. Alfred Boucher. Alfred Delilja-
- ------—-—*jrnTüïrp:irr' w ---------
- LES LIVRES
- CXVI
- L’Europe en 1887, par sir Charles Wjïntworth Dilke, un vol. in-8 ; maison Quantin, compagnie générale d’impression et d’édition.
- Nous n’aimons pas beaucoup la littérature politique, qui est si rarement littéraire, c’est-à-dire qui attire et retient.si rarement l’attention par les qualités de forme et de style qui font le talent et le succès de l’écrivain.
- Nous avons cet autre grief contre la littérature politique qu’elle s’occupe de faits contingents, fonde ses appréciations sur des événements qui n’ont souvent qu’une influence passagère et qu’elle se trouve toujours en retard dans ses jugements, par suite d’événements nouveaux détruisant la portée des précédents et infirmant ou contredisant des conclusions à peine formulées. On peut dire des’écrivains politiques ce que Rivarol disait des émigrés « auxquels il reprochait d’être toujours en retard d’une année, d’une armée et d’une idée ». Cette condition précaire, cette fragilité de jugement en matière politique sont si incontestables que M. Dilke a subi tout comme un autre cette ironique fatalité, qu’il avoue lui-même avoir été plus d’une fois surpris ou déçu par les événements qui ont succédé à ceux sur lesquels il appuyait ses appréciations, et que les notes de son ouvrage sont pleines à cet égard d’aveux de la faiblesse constitutionnelle de cette philosophie et de cette critique politiques, dont les principes sont mouvants comme le sable, ce qui l’oblige à des explications, à des rectifications, à des retouches, à des repentirs significatifs.
- Cependant, nous ne croyons pas devoir passer sous silence, ce qui serait injuste, un tableau de l’Europe en 1887, qui, publié au milieu de l’année 1887, a déjà vieilli et s’écaille par places, mais où il demeure assez d’observations fondées et d’aperçus neufs, assez de vérités utiles, sinon agréables, pour qu’il y ait lieu pour le lecteur de tirer profit de ces six études politiques d’un étranger, d’un Anglais, qui est incontestablement un homme de talent et un politicien délié, quoique non exempt de partialité et de chimère. Trois de ces études,
- celles qui concernentl’Allemagne, la France et l’Autriche, ont été publiées en France, dans la Nouvelle Revue ; les trois autres, celles qui concernent la Russie, la Grande-Bretagne et l’Italie, l’ont été dans un recueil anglais, la Fornujhtly Review.
- Sir Charles Dilke, dont nous n’aurons pas le mauvais goût de rappeler ici le procès fécond en scandales qui retombent moins sur lui que sur le cant dont sont empoisonnées les mœurs britanniques, et sur des formes de procédure surannées, barbares et peu à l’honneur de la législation anglaise, est un homme des plus distingués, qui a été certainement calomnié. S’il a beaucoup d’ennemis dans son pays, il ne manque pas d’amis dans le nôtre. Il y passe une partie de l’année en villégiatures qui sont autant des stations d’instruction et d’observation que de repos. Il connaît mieux l’état des choses et des esprits chez nous que plus d’un homme politique de chez lui, usurpant avec suffisance et insuffisance le titre d’homme d’Etat. Il se prétend animé envers nous de la plus sincère et cordiale sympathie, ce qui ne résulte pas toujours de son livre, et ce que nous ne saurions admettre que sous bénéfice d’inventaire.
- Tirneo Danaos et doua fer entes.
- Il agite, d’une main qui n’est pas toujours légère ni prudente, les plus brûlants problèmes de la politique européenne actuelle. En un mot, il demeure à nos yeux beaucoup trop Anglais pour que nous ne croyions pas nécessaire dé faire quelques réserves et de conseiller quelque circonspection en présence de ses protestations réitérées de sympathie et de dévouement pour la France.
- Nous n’entrerons pas dans un détail critique qui ne pourrait s’appuyer que sur des citations trop abondantes pour 12e pas déborder notre cadre, et sans provoquer des polémiques où nous ne jugeons pas qu’il soit de notre modeste rôle de nous engager. Mais tout en faisant ressortir les qualités d’observation, d’information qui font de son livre un ouvrage intéressant, très à sa place sur le bureau et dans la bibliothèque de nos hommes politiques justement soucieux de l’état actuel et des vicissitudes possibles de l’opinion européenne, nous nous croyons permis de dire ce qui fait à la fois à nos yeux la faiblesse et l’utilité de ce témoignage. Ce qui le rend donc pour nous à la fois utile et suspect, c’est que c’est l’opinion d’un Anglais, qui n’a pas cessé d’être Anglais, qui n’a perdu au frottement européen aucun des caractères sinon des angles indélébiles de cette nationalité. C’est au point de vue anglais, exclusivement, et on l’a dit avant nous, férocement anglais, qu’il observe et qu’il apprécie les choses européennes. Ce qui le préoccupe surtout, c’est le rôle, c’est l’intérêt de l’Angleterre, en cas de conflagration européenne. Ce qu’il examine avec le plus de conscience et de détail, ce sont les hypothèses diverses que doit envisager le politique anglais mis en présence du redoutable problème d’une alliance avec l’Autriche dont il n’est pas partisan ou d’une lutte avec la Russie, qu’il n’est pas sans redouter, tout en se rassurant par la pensée optimiste qu’il n’est aucun point de conflit aigu, aucun ferment de discorde à prévoir entre l’Allemagne et latGrande-Bretagne.
- Mais à propos de la politique coloniale, des Nouvelles-Hébrides, de Madagascar, des îlots des Ecréhous, mais surtout de la question de l’Egypte et du canal de Suez, il est impossible d’être plus Anglais, c’est-à-dire plus intéressé, plus partial qu’il ne l’est. Nous reconnaissons là une fois de plus la vérité de ce que disait récemment un publiciste sagace, que sur les intérêts anglais, à l’intérieur de leur pays, les partis et les hommes politiques anglais pouvaient être divisés, mais qu’ils étaient tous d’accord lorsqu’il s’agissait des intérêts anglais en Europe, en Egypte, en Chine, dans les Indes. Nous croyons que sur ce point les ministres anglais du passé, du présent et de l’avenir, de lord Palmerston à lord Roseberry, ne diffèrent entre eux que sur les nuances, sur les moyens, et qu’il ne faudrait leur demander aucun sacrifice du moindre intérêt anglais en faveur de l’intérêt français, même de l’intérêt européen. Toute autre opinion serait illusoire, décevante, et c’est en vain que sur ce point sir Charles Dilke chercherait à jeter à nos politiques de la poudre aux yeux.
- Le grand défaut de ce livre de philosophie et de critique politique, à nos yeux, c’est donc qu’il manque d’impartialité critique,de désintéressement philosophique. Mais si c’est un livre essentiellement anglais, toujours placé au point de vue anglais, il n’en est pas moins utile de savoir comment un Anglais de talent, qui a été ministre, qui peut le redevehir, juge la France et l’Europe à traversées lunettes trop exclusivement anglaises.
- Il n’y a rien comme un œil étranger pour bien voir nos qualités et nos défauts et comme une bouche étrangère pour nous les dire. Cet étranger se dit notre ami. Mais, en ce cas, je lui répondrai comme La Fontaine:
- J'aime mieux un franc ennemi
- Qu'un bon ami qui m'égratigne.
- C’est là, en deux vers de bonne marque, mon jugement sur notre juge. M. de Lescure.
- ________________Le Gérant, GARREAU.___________
- Tours. — lmp. E. ARRAULT et O, rue de la Préfecture, 6.
- p.700 - vue 268/496
-
-
-
- Le Moniteur
- DE
- \ AV
- .^v- *r i *
- L'EXPOSITION DE i
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
- TROISIEME ANNEE.
- Dimanche 10 Juillet 1887.
- NUMERO 132.
- SOMMAIRE :
- i. Les travaux du Champ-du-Mars; 2. La fédération socialiste des travailleurs; 3. Adjudication; 4. Les sections étrangères à l’Exposition; 5. Exposition des produits et appareils propres à la fabrication de la bière; 6. La situation économique de la France ; 7. L’hygiène à l’exposition du Havre; 8. La galerie des machines à l’exposition du Havre; 9. Le langage international conventionnel; 10. Les Livres ; 11. Avis commerciaux.
- EXPOSITION UNIVERSELLE
- DE 1889
- LES TRAVAUX DU CHAMP-DE-MARS
- Quelque pénible que ce soit, notre devoir de chroniqueur nous oblige à parler non seulement des incidents mais aussi malheureusement des accidents qui peuvent se produire. Cette semaine a été précisément attristée par une de ces catastrophes qui jettent la consternation dans un chantier et laissent un souvenir douloureux dans l'esprit de ceux qui y ont assisté. Il y a quelque temps nous nous réjouissions en constatant que jusqu'ici tout avait marché sans encombre et nous souhaitions que cette heureuse chance se continuât jusqu’à la fin des travaux ; cette espérance n’a pu,, hélas, se réaliser, et c’est avec une émotion facile à comprendre que nous avons été témoin de l’accident arrivé lundi dernier sur le chantier de. M. Roussel.
- Vers deux heures de l’après-midi, pendant qu’on s’occupait à fixer sur ses points d’appui la deuxième ferme de la quatrième travée, la première ferme qui était déjà montée, mais n’était encore réunie à la suivante ni parles pannes ni par la sablière, s’est mis à chanceler, l’oscillation s’accentuant les amarres devinrent impuissantes à retenir une telle masse en mouvement et la chute totale de la charpente se produisit. Le poteau isolé arrive le premier à terre suivi immédiatement par la ferme à laquelle il était déjà fixé au moyen de boulons; cette dernière, sous l’action combinée de son propre poids et de celui depoteau,se replia sur elle-même, produisant, par place, des déchirements dans sa membrure sans toutefois faire lâcher les boulons qui la retenaient aux fermes précédemment mises en place, de sorte qu’une deses extrémités resta suspendue en l’air, accrochée à un des appuis existants. Si l’accident se fût borné là le mal n’eût été que relatif car il ne s’agissait après tout que de dommages matériels faciles à réparer, malheureusement il n’en est pas ainsi, un ouvrier le nommé Bricotteau se trouvait précisément sur le sommet de la ferme au moment de son renversement, il fut entraîné par elle et projeté violemment sur le sol où il resta sans mouvement. On s’empresse de le relever et ses camarades le transportèrent sur une civière à l’hôpital où on ne put que constater le décès, la mort ayant été presque instantanée par suite de la rencontre que le malheureux avait faite, dans sa chute, d’une énorme pièce de bois sur laquelle les reins avaient porté. Voilà donc la première victime, espérons que ce sera la dernière et que ce malheureux aura payé pour tous ce tribut fatal que réclament presque toujours les travaux importants et les grandes entreprises. On a beau prendre les précautions les plus minutieuses et s’entourer de toutes les garanties de sécurité, il arrive toujours un moment où le hasard est plus fort que les pré-
- visions humaines et frappe quelqu’un de ces soldats de l’armée du travail qui réalisent les .merveilles imaginées parleur chefs et apportent à l’œuvre commune leurs forces et souvent même leur intelligence, car dans bien des cas si la conception et la direction tiennent la plus grande place, l’habileté de l’exécutant est indispensable et forme un facteur dont il faut tenir compte. Donnons donc un souvenir au collaborateur obscur dont le concours permet à l’inventeur de voir son œuvre sortir du domaine de la théorie pour entrer dans la pratique.
- Quant à la cause première de l’accident il ne nous appartient pas de la rechercher, notre rôle ici se borne à enregistrer le fait sans avoir à apprécier à qui il faut en faire supporter la responsabilité.
- Sur le chantier des usines de Franche-Comté, la besogne nous paraît avoir été rondement menée cette semaine et 70 fermes dressées et reliées attestent du bon emploi du temps pendant cette période.
- Les usines de Saint-Denis et de la maison Jorret n’ayant plus de charpentes à monter n’ont à s’occuper que de la toiture dont le montage est assez minutieux ; néanmoins elle marche assez vite et à une certaine distance le rapprochement des pièces, ainsi que leur teinte rouge, donnent lieu à une illusion d’optique qui fait paraître les bâtiments complètement couverts d’un toit miroitant.
- Quelles que soient les précautions prises afin de monter les charpentes métalliques d’une façon régulière il se produit toujours un peu de jeu qui a pour résultat de dévier les poteaux ou les fermes de la verticale ; pour les y ramener on emploie de solides crics qui, agissant soit par soulèvement, soit par poussée permettent de remettre les pièces dans une situation régulièrement exacte, c’est un travail très intéressant à observer et on est émerveillé de voir avec quelle facilité, à l’aide d’instruments dont l’aspect n’a rien de formidable, trois à quatre hommes arrivent à manœuvrer une masse dont le poids dépasse plusieurs tonnes.
- Les fondations du palais des machines sont entamées depuis quelques jours, ou plutôt on procède à l’établissement des divers chantiers que comporte cette entreprise ; on amène les matériaux, les instruments et ce coin du Champ-de-Mars iva bientôt présenter un aspect animé qui lui manquait et dont l’absence frappait le visiteur habitué à voir régner partout la plus grande activité ; on est en train d’installer la bétonnière qui fonctionnait sur le terrain du palais des beaux-arts dont les fondations sont terminées laissant entre leurs deux tronçons l’emplacement réservé au dôme central qui doit les relier.
- Nous avons peu de chose à dire du jardin central, 011 y ..travaille toujours à enlever les terres, mais on est souvent arrêté par la présence d’anciennes maçonneries provenant des expositions antérieures et qui résistent aux efforts au pic et de la pioche; il faut avoir recours à des moyens plus violents et on n’a raison de ces témoins des travaux passés qu’à l’aide de trous de mine dont les détonations se répercutent avec un roulement produisant à certaine distance l’effet d’un orage éloigné.
- Le bâtiment de l’exploitation est en bonne voie d’achèvement, on peut dire que sa construction n’a pas traîné en longueur et sera certainement avant peu en état d’être utilisée ; son aspect est agréable à l’œil et il présente
- même un certain cachet artistique qui n’est pas sans intérêt ; quant à ses dimensions et à sa disposition elles sont comprises pour suffire aux besoins des différents services qui y seront installés, néanmoins nous n’éprouverions qu’une confiance médiocre s’il nous fallait y demeurer, car le bois étant presque la seule matière employée pour sa construction, si jamais un incendie se déclarait dans ce vaste bâtiment il ne lui faudrait pas longtemps pour être transformé en un énorme brasier dont la combustion serait difficilement arrêtée.
- Selon ses prévisions, M. Eiffel a pu commencer le montage des pièces métalliques de la tour dans les premiers jours du mois et sauf au pilier n° 1 tous les massifs de maçonnerie ont déjà reçu quelques-uns de ces énormes tubes en fer dont nous avions annoncé l’arrivée sur le chantier ; c’est le pied n° 2 qui est le plus avancé car chaque sabot en fonte est muni d’un des tronçons dont seront composés les arbalétriers. Actuellement on procède à la pose des entretoises qui doivent relier entre eux les quatre arbalétriers dont l’ensemble doit former un des montants de la tour ; ces entretoises à treillis, constituées par des cornières en fer, présentent malgré leurs grandes dimensions un caractère de légèreté qui contrastent étrangement avec l’aspect robuste et massif des pièces qu’elles doivent maintenir.
- Malgré la hauteur à laquelle les arbalétriers doivent s’élever avant de se rejoindre pour s’arcbouter et se consolider mutuellement on éprouve un sentiment de confiance dans l’issue de cet immense travail quand on voit avec quelle précision s’exécutent toutes les manœuvres de force qu’exige le maniement de ces masses métalliques et surtout quand on voit l’effet que produisent ces dernières une fois en place ; la solide assiette des massifs de fondation, la forme heureusement combinée des sabots, l’encastrement parfait des tubes de métal dans la cuvette de réglage et la liaison rigoureuse des montants entre eux au moyen des treillis , tout cela forme un ensemble capable de rassurer les plus sceptiques et, devant cette simplicité dans le gigantesque, il paraît impossible, à moins d’un parti pris arrêté, de ne pas bien augurer de la réussite finale.
- Quelques explications concernant la mise en place des tronçons d’arbalétriers ne seront peut-être pas inutiles pour ceux qui ne peuvent suivre les diverses phases du montage ni se rendre compte des opérations qu’il nécessite.
- Le tube de métal une fois rendu sur le Champ-de-Mars est déchargé au moyen du treuil dont nous avons parlé et placé dans une sorte de chariot qui, roulant sur un chemin de fer portatif, le transporte au pied du massif sur le sommet duquel il est amené à l’aide d’un plan incliné ; une fois là, une forge portative permet de lui faire subir quelques opérations complémentaires qui, exécutées à l’avance, auraient présenté divers inconvénients^ ainsi par exemple certains goussets de soutien ne peuvent être rivés ou boulonnés que sur place car Jeur fragilité relative auraient eu à souffrir des diverses manipulations exigées parla pièce. Lorsque ces travaux préliminaires sont achevés, le montage proprement dit commence avec toutes ses difficultés, le tube est saisi par des chaînes passant sur un système de poulies fixées au sommet d’une robuste chèvre, puis peu à peu, d’un mouvement régulier, on l’amène, en le guidant constamment pendant sa montée , au-dessus du sabot dans
- p.701 - vue 269/496
-
-
-
- jo2. — Troisième Année. — N° 132.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1809.
- Dimanche 10 Juillet 18S7.
- lequel il doit s’encastrer ; à ce moment on" fait agir les poulies en sens inverse et il descend prendre la place définitive qu’il doit occuper: il ne reste plus alors qu’à serrer l’écrou des gros boulons de fondation qui doivent assurer sa stabilité et à en poser quelques autres plus petits destinés à parachever l’œuvre. A la description, ce travail paraît assez simple, mais en réalité, de nombreuses précautions sont nécessaires et le plus difficile est de donner à la pièce, pendant le montage, une inclinaison, s’accordant autant ue possible avec celle du sabot, puis de le gui-er d’une façon assez exacte pour que les trous ménagés dans les goussets pour le passage des boulons de fondation se présentent bien en face de ces derniers et ne soient pas un motif d’accrochage.
- Quelque réelles que soient les difficultés présentées par la mise en place des premières pièces, elles ne sont que peu de chose comparées à celles qui se présenteront lors du montage des parties hautes des montants ; il y aura là ample matière à observation et de nombreux sujets d’étude. H. de Baecker.
- Aussi est-ce avec la plus entière confiance que nous nous adressons à vous pour obtenir :
- _ 25,000 fr. pour propagande, affichage, impression de rapports, location du siège social, frais d’administration, etc.
- 1.200.000 dont Soo.ooo pour Paris. 700,000 poulies départements. En cas d’insuffisance de la subvention, les municipalite's de Paris et de la province auraient à parfaire la somme.
- 5.000 ou 6.000 mètres dans un des locaux construits au Champ-de-Mars.
- La distribution pour Paris aurait lieu par l’entremise et sous la responsabilité des syndicats adhérents à l’Exposition.
- Sûrs de votre concours, nous attendons la réponse de la commission des finances de l’Exposition avec une légitime impatience, le temps de nous préparer étant relativement limité.
- Recevez, monsieur, avec nos salutations empressées, nos remerciements anticipés.
- Pour la commission composée de 95 chambres syndicales, associations et groupes corporatifs ouvriers.
- Le secrétaire, lavaud.-., céramiste,
- 2, rue Vicq-d’Azir.
- -----------m—îiTT» 4» »!> O «Tïiî-T-
- Immédiatement après, il sera procédé à l’ouverture des soumissions présentées par les concurrents admis.
- 7. Dans le cas où une seule soumission serait déposée, l’administration se réserve le droit de ne pas prononcer l’adjudication.
- _ 8. Si aucun des rabais offerts dans les soumissions ouvertes m’atteint le minimum fixé, l’adjudication pourra être prononcée provisoirement ou ajournée sur l’avis du bureau d’adjudication, qui en délibérera séance tenante.
- En aucun cas le minimum fixé ne sera rendu public.
- 9 Dans le cas où le rabais le plus fort aurait été souscrit par plusieurs soumissionnaires, un nouveau concours sera ouvert, sé-mce tenante, entre ces soumissionnaires seulement.
- Les rabais de la nouvelle adjudication ne pourront être inférieurs à ceux de la première.
- Si les soumissionnaires se refusaient à faire de nouvelles offres, ou si les rabais souscrits étaient encore égaux, 1 adjudicataire serait désigné par la voie du sort.
- ip. L adjudication n’est valable qu’après approbation par le ministre du commerce et de l’industrie.
- 11. Les frais de publicité, d’expédition et d’impression, ceux de timbre et d’enregistrement seront supportés par 1 adj udicataire, qui devra en faire le dépôt dans un délai maximum de trois jours, à partir de la date de l’adjudication.
- 12.Toutes les conditions insérées dans la présente affiche sont obligatoires et déclarées annexées au cahier des charges.
- Fait à Paris, le 3o juin 1887.
- Le ministre du commerce et de l’industrie commissaire général,
- Lucien Dautresme.
- Modèle de soumission (sur papier timbré)
- Je soussigné, ,entrepreneur,
- constructeur, demeurant à après
- avoir pris. connaissance des clauses et conditions générales imposées aux entrepreneurs de l’Exposition universelle de 1889, des cahiers des charges spéciales aux constructions métalliques, ainsi que des dessins et des conditions particulières se rapportant directement à l’exécution des constructions métalliques pour les palais des Beaux-Arts des Arts libéraux, les galeries Rapp et Desaix,
- . M’engage à exécuter les travaux dont il s’agit formant le e Lot évalué à la somme de
- moyennant un rabais de {en toutes lettres) sur les prix moyens
- indiques au détail estimatif.
- Je me ^soumets, en outre, a supporter tous les droits d affichage, de timbre et d’enpegistrement a droit fixe et tous les autres frais auxquels la présente soumission pourra donner lieu, si elle est acceptée.
- Fait à Paris, le i887.
- {Signature.)
- ’ —___________—------------
- LES SECTIONS
- ÉTRANGÈRES A L’EXPOSITION
- On s est pieoccupe dans plusieurs journaux d’un certain bruit d’après lequel le système d’organisation internationale de l’Exposition de 1889 allait être radicalement transformé. A ce propos', un journal du matin disait hier que la suppression des sections étrangères ne pourrait être appliquée de l’avis de plusieurs ministres résidents, aux Etats qui ont déjà accepté de figurer officiellement à l’Exposition.
- Le journal ajoutait que cette question serait dans tous les cas portée sur le terrain parlementaire.
- C’est aller un peu vite, dit le Temps, rien n’est décidé encoie. M. Georges Berger s’est simplement occupé de \oit s il n y avait pas lieu de proposer au ministre des mesures nouvelles, eu égard au nouveau mode probable de participation des pays étrangers. Les exposants viendraient, pour la plupart, de leur initiative privée, c’est-à-dire sans le patronage officiel des gouvernements, qui étaient autrefois représentésjpar des fonctionnaires accrédites avec le titie de commissaires généraux ou de commissaires délégués.
- Des le principe, d’ailleurs, l’ancien système d’organisation a été modifié. Il a été convenu, en effet que quatre grands groupements internationaux,’ correspondant aux divisions principales des constructions, seraient établies distinctement : — les produits agricoles et alimentaires; les beaux-arts" les appareils mécaniques; les industries diverses!"
- L’administration s’est demandé s’il ne conviendrait pas d’étendre ce principe aux quatre groupes de la classification générale qui comprennent les industries diverses : groupe 2, dit des arts libéraux • groupe 3, mobilier; groupe 4, vêtement; groupe 5, produits bruts et ouvrés. D’après un projet à l’étude, dans chacun des locaux affectés à ces groupes, un compartiment français serait’subdivi-se pat classes, et un compartiment etranger serait réparti autant que possible par nationalités Les
- LA FÉDÉRATION SOCIALISTE DES TRAVAILLEURS ET L’EXPOSITION
- Les quatre-vingt-quinze chambres syndicales, associations et groupes corporatifs adhérant à la fédération socialiste des travailleurs (parti ouvrier possibiliste), viennent d’adresser à chacun des 43 membres de la commission decontrôle et des finances de l’Exposition internationale de 1889 la lettre suivante :
- Monsieur,
- La France, soucieuse de ses traditions de progrès et de liberté, a profité du centenaire de 1789 pour appeler toutes les nations à collaborer à la grande manifestation de travail et de paix en 1889.
- La commission dont vous avez l’honneur de faire partie a pour mission de faire aboutir cette noble pensée; nous avons pour devoir, nous travailleurs, de participer à cette œuvre ; nous n’y faillirons pas. si vous nous en donnez la possibi-lité.
- Vous n’ignorez pas que dès 1883, alors que la crise sévissait, d’une façon meurtrière, l’idée d’uue exposition ouvrière internationale surgit ; elle fit rapidement son chemin et groupait, rien qu’à Paris, soixante-six chambres syndicales,, associations ouvrières et groupes corporatifs.
- Cette exposition ouvrière (prélude de celle de i88q) eut lieu, au pavillon de la Ville de Paris, du 6 mai au 1 5 septembre 1886 ; beaucoup de villes de province y furent représentées dignement, ainsique plusieurs nations. Elle fut beaucoup visitée, vu la modicité des prix d’entrée ; la gratuité était absolue pour tous les travailleurs groupés, ainsi que pour les élèves des écoles du département de la Seine.
- Le conseil municipal fit les sacrifices suivants :
- 5,ooo francs pour la propagande (décembre 1884).
- i5o,ooo francs pour achat de matières premières et installation (la main-d’œuvre étant à la charge de l’exposant ( 1885).
- 40,000 francs pour la construction d’un baraquement annexe (le pavillon étant insuffisant).( 1886).
- 10,000 francs environ pour la participation des écoles professionnelles de la Ville de Paris.
- 20,000 francs pour matières premières, etc. (1886).
- Le conseil général a voté :
- 10,000 francs environ pour la collaboration du service des enfants moralement abandonnés;
- Ces différentes sommes furent distribuées en présence d’une commission de contrôle composée de MM. Jacques, Cure, Chabert, Alphonse Humbert.
- L’Etat nous accorda la gratuité du transport des objets exposés.
- Voulant simplement créer l’émulation chez les ouvriers de professions qui, malheureusement, semblent disparaître de jour en jour, à la suite de l’exposition nous pouvons :
- Provoquer la création d’écoles professionnelles, la fondation de bibliothèques.
- Par la vente des objets exposés :
- Fournir aux travailleurs les moyens de séjourner à l’étranger, ce qui serait dégrever l’Etat et la Ville, qui, jusqu’ici, font les frais de ces voyages purement corporatifs.
- Notre exposition sera collective et internationale; donc, pas de rivalités personnelles à froisser, pas d’intérêts commerciaux nous guidant; mais l’avenir de nos industries respectives et la çomparai-son pacifique de nos produits, dégagée de toute influence intéressée, sera notre but.
- Nous avons posé le premier jalon en 1886 ; les raisons qui millitaient en faveur de notre œuvre sont les mêmes qu’il y a trois ans ; nous pensons que vous les apprécierez et que vous fournirez aux travailleurs français l’occasion d’affirmer leur goût leur capacité sur le terrain professionnel.
- ADJUDICATION EN SEPT LOTS
- DES TRAVAUX DE CONSTRUCTIONS METALLIQUES 4 EXÉCUTER POUR LES PALAIS DES BEAUX-ARTS, DES ARTS LIBÉRAUX, LES GALERIES RAPP ET DESAIX DANS LE CHAMP-DE-MARS.
- i. Le lundi 25 juillet 1887, à une heure de l’après-midi, il sera procédé publiquement, dans une des salles du conseil de préfecture (palais du tribunal de commerce), par le préfet ou son délégué, assisté de deux membres du conseil de préfecture et du directeur général des travaux ou de son délégué, à l’adjudication, au rabais, sur les prix du devis, et par soumissions cachetées, de l’entreprise en sept lots, des travaux de constructions métalliques à exécuter pour les palais des Beaux-Arts, des Arts libéraux, les galeries Rapp et Desaix dans le Champ-de-Mars, lesquels travaux sont évalués à 2,455,364,364 fr. 86 somme à valoir pour imprévus comprise.
- Î5,ooo fr. pour les ier et 2e lots. 1 5,ooo fr. pour les 3° et 5e lots. 20,000 fr. pour les 4e et 6e lots. 6,000 fr. pour le 70 lot.
- 2. Le devis, la série, le cahier des charges et les plans sont déposés à la direction générale des travaux, dans les bâtiments du Champ-de-Mars, à l’extrémité de l’avenue Rapp, où l’on pourra en prendre connaissance, tous les jours non fériés, de une heure à quatre heures.
- 3. Nul ne sera admis à concourir à l’adjudication s’il.ne remplit les conditions imposées par le cahier des charges générales.
- Chacun des concurrents devra adresser, à l’agence des travaux du Champ-de-Mars, au directeur-général des travaux de i’Exposition qui est chargé d’arrêter la liste des concurrents, dix jours au moins avant la date de l'adjudication :
- i° Une demande d’admission à l’adjudication écrite sur papier timbré, faisant connaître ses nom, prénoms, domicile, lieu et date de naissance, et les numéros des lots qu’il désire soumissionner;
- 20 Un extrait de son casier judiciaire ayant moins d’une année de date;
- 3° Les pièces demandées parle cahier des charges générales, telles que certificats de capacité., etc.
- Le délai fixé ci-dessus pour le dépôt de ces pièces sera rigoureusement appliqué.
- a. Chaque soumission, rédigée sur papier timbré, conformément au modèle ci-après, sera placée isolément sous un pli cacheté, et le paquet, portant le nom du soumissionnaire, sera renfermé, avec les pièces dont il a été parlé ci-dessus et avec le certificat de dépôt du cautionnement, sous une seconde enveloppe cachetée portant pour suscrip-tion: Exposition universelle de i88q.— Travaux de constructions métalliques pour les palais des Beaux-Arts, des Arts libéraux, les galeries Rapp et Desaix dans le Champ-de-Mars, Lot.
- Les soumissions qui ne seraient pas exactement conformes au modèle ci-après seront considérées comme nulles et non avenues.
- Les rabais seront énoncés en francs et décimes par cent francs (sans fraction de décime) et porteront sur le prix du devis. Les rabais portant fraction de décmae seront comptés au décime plein inférieur à la fraction exprimée.
- 5. Le jour de l’adjudication, les paquets seront remis au bureau d’adjudication, dans la salle du conseil de préfecture, au tribunal de commerce, depuis midi jusqu’à une heure. Les paquets recevront un numéro dans l’ordre de leur présentation.
- _6. A une heure, on remettra au bureau d’adjudication, et sous enveloppe cachetée, le minimum du rabais moyennant lequel l’adjudication pourra être prononcée ; ensuite on procédera à l’ouverture des paquets.
- Le bureau d'adjudication, après vérification des pièces, arrêtera la liste des concurrents agréés.
- 1
- p.702 - vue 270/496
-
-
-
- Troisième Année. — N° 132.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1SS9.
- Dimanche 10 Juillet 1887.
- 70^.
- études comparatives, qui sont le but important des •expositions, seraient ainsi facilitées.
- Les pays de l’Orient et de l’extrême Orient, probablement aussi ceux de l’Amérique du Sud, dont les expositions d’ensemble ont ordinairement un caractère pittoresque spécial, occuperaient des compartiments uniques sauf, toutefois, pour les beaux-arts et l’agriculture.
- Cette nouvelle méthode serait, pour ainsi dire, un terme moyen entre l’ancien système et celui qui consisterait à mélanger internationalement les produits de chaque classe dans des salles communes. Il est à noter que certaines industries réclament cette dernière combinaison.
- Ce sont là des questions à résoudre. Le ministre du commerce et de l’industrie, la commission supérieure, et les directeurs généraux de l’Exposition s’appliquent à en trouver la prompte solution.
- L’EXPOSITION DES PRODUITS ET APPAREILS PROPRES A LA FABRICATION DE LA BIÈRE.
- Nous avons annoncé que l’un des premiers actes du nouveau ministre de l’agriculture avait été. de décider l’organisation d’une exposition nationale de produits et appareils propres à la fabrication de la bière.
- Un syndicat vient de se former en vue de cette exposition. Dans la première réunion il a été constitué une association de garantie dont le capital sera destiné à combler les insuffisances de recettes. Un capital de 40,000 fr. a été immédiatement versé et le syndicat recevra jusqu’au ier août les nouvelles souscriptions, dont le minimum est fixé à roo fr.
- L’association de garantie s’occupera de la gestion financière de cette exposition, à laquelle l’Etat ne fournira aucune subvention, mais qui sera organisée sous le patronage des ministres de l’agriculture et du commerce et de l’industrie.
- U SITUATION ECONOMIQUE
- ET
- COMMERCIALE DE LA FRANCE
- Le ministère du commerce et de l’industrie vient de publier l’exposé comparatif pour la période 1869-1886 de la situation économique et commerciale de la France.
- Ce recueil renferme des données du plus haut intérêt sur la statistique générale et la statistique commerciale de la France et des colonies.
- La première partie de ce précieux recueil (statistique générale de la France), est consacrée à la population et la superficie territoriale de notre pays. Nous voyons par divers tableaux que, quoi qu’on en dise, la population ne décroît pas ; les derniers recensements ont en effet donné les résultats suivants :
- ANNÉES POPULATION TOTALE ÉTENDUE MOYENNE par KILOM. CARRÉ
- 1872(1) 1876 1881 1886 habitants 36.102.921 26.905.788 37.072.048 38.2l8.903 kilom. carrés 528.572 habitants 68.3 69,8 71,2 72.4
- Certains départements, il est vrai, accusent une diminution assez sensible dans le chiffre de leur population, tandis que d’autres nous montrent une augmentation marquée.
- Les départements du Lot et de Y Orne ont vu le nombre de leurs habitants diminuer de 8,878 et 8,755 (de 1881 à 1886); par contre ceux de la Seine et du Nord, pendant la même période, ont vu croître le leur de 161,760 et 66,925.
- *
- * *
- Nous trouvons ensuite les documents relatifs à l’agriculture.
- La culture du froment a donné les résultats suivants :
- I ANNÉES BXSBMEKEIIEÏTS RÉCOLTES PRODUIT par hectare PRIX MOYEN de l’hectolitre
- hectares hectolitres hectolitres fr. c.
- 1872 6.937.922 120.8o3.459 17.41 23 I 5
- 188 5 6.9D6.765 109.861.802 ffi.79 16 41
- Les récoltes ont été plus ou moins abondantes de 1872 à 1885, mais le prix moyen de l’hectolitre baisse d’année en année depuis 1880. (Ces prix moyens ont été depuis 1880 : 22 fr. 90; 22 fr. 28; 21 fr. 51 ; 19 fr. 21 ; 17 fr. 89 ; 16 fr. 41).
- (1) Dans tous les tableaux que nous donnons plus loin, nous •citons les chiffres correspondant à l'année 1872, les événements de 1870-1871 modifiant d’une manière profonde les statistiques des années précédentes.
- La récolte des céréales peut se répartir de la maniéré suivante :
- CÉRÉALES 1872 1885
- Froment hectolitres hectolitres
- I20.8o3.45q IO9.861.862
- Méteil.... >.972.075 5-. 190.770
- Seigle 20.868.575 24.074.228
- Orge. ... 20.866.140 17.415.439
- Avoine .... 81.127.003 85.53o.225
- Maïs .... 9.028.063 8.626.318
- Sarrasin 10.629.242
- On le voit, la culture des céréales en France, donne en général des résultats moins considérables aujourd’hui qu’il y a une dizaine d’années.
- Voici encore la quantité d’animaux de ferme que nous possédions au 1e1' janvier 1886 :
- (chevaline.............. 2.911.392 têtes
- Imulass&re................ 208.620 —
- Usine..................... 387.227 —
- Espèces/bovine................. 13.104.970 —
- jovine ................ 22.610.547 —
- pporcine............... 5.881.088 —
- [caprine........... 1.483.342 —
- La valeur totale delà production des fermes s’est élevée pendant l’année 1885 :
- Pour le lajt à la somme de 1,209,056,769 francs.
- — la laine — 78,003,580
- — le miel — 10,588,947
- — ladre — 5,o3o,386
- Nos vignes ont produit durant la même année,
- 28,536,000 hectolitres de vin et la consommation de ce liquide a été de 37,168,000. On le voit, nous sommes dès aujourd’hui obligés d’aller chez nos voisins chercher notre boisson favorite, ou bien encore chez les.. négociants en raisins secs!
- * *
- Les documents relatifs à l’industrie ne sont pas moins intéressants. Si nous comparons la production ' de nos usines métallurgiques pendant les années 1872 et 1885, nous arrivons aux résultats consignés dans le tableau suivant :
- « CO 1885
- Fonte j Quant, (t) ( Valeurs.(2) 1.217.838 t. 147.567.643 f- 1.630.648 t. 106.247.481 f.
- Fers, rails, au- (Quantités, très fers et tôles ( Valeurs... 884.021 t. 3n.955.3ii f. 782.431 t. i32.8o8.54t t.
- / Fondu au u 1 foyer Bessemer ( Quantités. ) Valeurs... 112.286 t. 3g. 858.821 f. 527.848 t. ni.972.85g f.
- < ( Puddlé ' ou de forgt ( Quantités. .( Valeurs... 29.419 t. 17.452.805 f. 25.991 t 11.913.804 f.
- Cuivre ( Quantités. j> Valeurs... 20.694 L 52 620.e7o f, 3.577 t 4.229.291 f.
- Plomb ( Quantités. ( Valeurs. . 21.485 t. 10.747.299 f. 4.916 t. 1.292.174 f.
- Zinc ( Quantités. 1 Valeurs... 8.245 t. £.628.228 f. 15.108 t. 5.754.510 f.
- Argent fin ( Quantités. ( Valeurs... 34.454 t. 7.577.159 f. 50.828 t. 8.833.745 f.
- Or fin ( Quantités. I Valeurs... 410.^80 t. 1.407.632 f. : 1
- En jetant un coup d’œil sur les quantités produites depuis 1872 jusqu’à ce jour, nous voyons que ces quantités diminuent d’une façon constante pour l’acier puddlé, le cuivre, le plomb mais qu’elles augmentent régulièrement pour l’acier fondu au foyer Bessemer et pour le zinc.
- Le sucre donne lieu aux remarques suivantes :
- ANNÉES QUANTITLS FABRIQUÉES DK SUCRES LIVRÉES à la consommation DROITS PERÇUS
- kilog. kilog. francs
- 1872 375.597.000 8q.700.000 58.777.OOO
- 1885 26l..o5 I .OOO 173.742.000 08.617.000
- Pour le sel nous trouvons :
- cn w QUANTITÉS PRODUITES !
- EN TONNES .MÉTRIQUES 1
- Z Z < DANS LES MARAIS SALANTS dans TOTAUX
- ' -mm
- du Midi de l’Ouest LES SALINES
- 1872 14Q.4OO I08.(OO 190.qoo 448.OOO
- 1885 l63.o67 I48.5l5 389.087 700.669
- (1) Quantités en tonnes.
- (2) Valeurs en francs.
- La consommation de la poudre s’accroît de jour en jour :
- ANNÉES POU l) RE VENDUE PRODUIT BRUT BENEFICE N ET
- CO 00 — kilog. 2 . >69.800 4.739.85: francs q.Sqû.OOO 14.0)36.001 francs 5.607.OOO IO.465.4i4
- La Régie des tabacs voit ses bénéfices augmenter fort sensiblement :
- ANNÉES TABACS VENDUS PRODUIT BRUT BÉNÉFICE NET
- 1872 1885 kilog. 27.031.OOO 36.290.OOO francs 269.6S3.OOO 375.463.OOO francs 2 I 8.720.OOO 304.429.OOO
- Voici (dans un autre ordre d’idées) une récapitulation générale des machines à vapeur en activité :
- NOMBRE FORCE
- DESTINATIONS - EN CHEVAUX -VAPEUR (2)
- .872 1875 1872 18S5
- Industrie privée. 27.644 50.979 338.328 694-957
- Chemins de fer
- et Tramways
- i° Locomotives.. 5.102 9.155 510.200 (2) 3.289.623
- 2a Autres que les
- locomotives . 90g i-79i 5.636 14.567
- Bateaux (1) b -R 00 4.592 69.880 (4) 529.832 (5)
- Les machines désignées dans le tableau précédent comme appartenant à l’industrie privée se répartissent de la manière suivante:
- BRANCHES D’iNDUSTRIE MACI NOMBRE UNES FORCE er chevaux
- Mines, carrières et annexes 4.147 102.274
- Usines métallurgiques 7.o52 146.688
- Agriculture 11.943 65.736
- Industriesalimentaires 8.621 92.062
- Industries chimiques et tanneries 3.107 34.675
- Tissus et vêtements.. 6.472 147.164
- Papeteries, objets mobiliers et d’habitation, instruments .. 3.515 3i .527
- Bâtiments, entreprises de travaux et diverses 5.285 57.781
- Services publics de l’Etat 837 17.050
- Totaux. .... , 50.979 694.957
- Dans les documents relatifs à l’Industrie nous trouvons enfin le relevé des brevets d’invention et de certificats d’addition délivrés par le ministère du commerce.
- | NOMBRE DES BREVETS 1872 1885 Dugoctob. 1844 (1) à fin décernb. 1885
- de 5 ans de 10 ans de 15 ans Etrangers 20 . 44 3.622 242 36 35 6.909 80 I . 205 2.241 160.146 9.69°
- Total des brevets. Certificats d’addit. 3.934 941 7.060 1.631 174.282 49•084
- Total général.. 4.875 8.691 222.3 ï 6
- Dans notre prochain numéro nous étudierons les documents se rapportant aux communications intérieures, aux budgets, aux monnaies et aux établissements de crédit.
- H.-F. Cabirau.
- (1) C’est-à-dire les bateaux affectés à la navigation, bateaux stationnaires, autres que les bâtiments de guerre.
- ' (2) Un cheval à vapeur représente la force nécessaire pour élever un poids de 75 kilogr. à 1 mètre par seconde, équivaut à la force de 3 chevaux de trait et à celle de 21 hommes de peine.
- (3f La puissance effective des locomotives n’a été relevee par l’administration des mines qu’à partir de 1876. Antérieurement, cette puissance était l’objet d’une simple évaluation sur le pied invariable de 100 chevaux-vapeur par locomotive, base qui est devenue beaucoup trop faible. Delà l’augmentation du nombre total des chevaux-vapeur en 1885.
- (A Ce chiffre représente sur 1872 une augmentation considérable, provenant de ce pue. dans certains services, on avait compté jusqu'à la force nominale des machines des bateaux de mer d'après les usages de la marine de l’Etat et du commerce et non en chevaux-vapeur de j5 kilogr.
- (5) Les machines auxiliaires installées sur les bateaux, et leui force correspondante, sont comprises pour la première fois dans les totaux ; de là les augmentations considérables qui existent par rapport aux chiffres concernant les années précédentes.
- p.703 - vue 271/496
-
-
-
- 704* — Troisième Année. — N° i32.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1SS9.
- Dimanche 10 Juillet 1887.
- L’HYGIÈNE A. L’EXPOSITION
- DU HAVRE
- L’Exposition d’hygiène organisée au Havre sur le bateau La Favorite, obtient un réel succès, bien mérité d’ailleurs. Nous ne nous occuperons aujourd’hui que des appareils exposés par MM. Ge-neste et Herscher et nous croyons que, par ce temps d’épidémies , nos lecteurs parcourront avec intérêt et peut-être avec profit les lignes suivantes :
- L’étuve à désinfection Geneste et Herscher se compose principalement d’un grand cylindre métallique horizontal formant la chambre d’épuration dans laquelle les objets traités sont exposés directement à l’action de la vapeur sous pression. Malgré que cette pression doive être normalement correspondante à 1 io° centigr. seulement (environ 1/2 atmosphère effective) et soit réglée par une soupape de sûreté au maximum de 115° ('3/4 de kilo), le corps du cylindre est construit en tôle d’une résistance bien supérieure à cette limite.
- Ledit cylindre est entouré d’une enveloppe isolante et pourvu d’une porte d’entrée et d’une
- Etuves à desinfection
- E. corps cylindrique de l'étuve ; S. batteries chauffantes intérieures; V. voie d'entrée,— Y'.
- porte de sortie. Celles-ci sont montées sur simples pivots et se meuvent sur un galet avec une grande facilité : elles ferment au moyen de boulons à bascule d’une manœuvre rapide et le joint est fait à rainure circulaire avec garniture souple et hermétique.
- L’intérieur de l’étuve est muni à droite et à gauche d’une voie de roulement sur laquelle se meut un chariot à galets destiné à recevoir les objets à épurer. En avant et en arrière du corps cylindrique, une double voie ferrée permet au chariot de se mettre en position pour le chargement des objets ou leur déchargement.
- L’étuve est en outre pourvue de deux batteries chauffantes complémentaires dont le rôle est important. L’une de ces batteries, formée d’une rangée de tub’es en fer de petit diamètre, est en quelque sorte accolée au plafond de la chambre à désinfection et elle est doublée d’un écran au-dessus des objets à épurer; la seconde batterie garnit le vide laissé en contrebas du chariot. Cette dernière est disposée de manière à provoquer le séchage rapide des objets après l’épuration ; la batterie haute a surtout pour but l’évitement des chances de taches et de . mouillage par la chute de l’eau condensée à la surface intérieure de l’étuve. Ces surfaces chauffantes complémentaires sont desservies par une. arrivée de vapeur distincte et indépendante qu’il est bon de porter et de maintenir à la température de 135 à 1400 centigr. Il convient de ne pas dépasser cette limite ; cependant, pour simplifier l’opération, lesdites batteries sont construites de manière à supporter accidentellement les plus hautes pressions des chaudières qui les alimentent.
- Le dessin ci-dessus représente l’appareil désin-fecteur, pourvu de deux manomètres, de deux robinets d’entrée de vapeur et d’une soupape de sûreté ; lorsque la chaudière est placée dans le même local et est affectée exclusivement au service de l’étuve, on peut supprimer un des manomètres et un des robinets d’entrée de vapeur.
- Le chariot sur lequel on charge les objets à désinfecter, d’une construction légère et solide, est agencé de façon que les matelas puissent être placés verticalement, condition très pratique. Les traverses-guides qui séparent les matelas sont garnies de bois pour éviter les chances de taches par contact ; enfin de simples claies en osier, jetées à volonté sur lesdites traverses-guides forment des compartiments étagés tout à fait convenables pour recevoir les linges etqvêtements.
- L’opération est simple et rapide : pour des objets épais comme des matelas, i5 minutes suffisent pour la désinfection, 20 minutes pour le séchage, plus quelques minutes encore pour les manoeuvres d’entrée et de sortie; il y a inconvénient à précipiter davantage l’opération. Pendant tout ce temps le chauffage des batteries additionnelles est continu. La période de i5 minutes d’exposition à la vapeur directe est très utilement coupée par un arrêt de 3o à 60 secondes après les cinq premières minutes. Le séchage s’effectue dans l’étuve même en entrebâillant simplement la porte de sortie. (Une instruction précise et détaillée est jointe à chaque appareil fourni.)
- Le type que nous représentons est celui que MM. Geneste et Herscher destinent aux hôpitaux,
- lazarets, stations publiques de désinfection, dépôts de literie, monts de piété, etc., etc. Ils contiennent un appareil de dimensions réduites pour établissements de moindre importance et pour les ambulances. Dans le bassin du Commerce nous venons de visiter un Chaland de désinfection portant une étuve analogue à celle que nous venons de décrire et qui appartient dès maintenant au ministère du commerce. Tous les spécialistes espèrent qu’avec une pareille installation dans nos ports les quarantaines pourront être entièrement supprimées.
- Quatre étuves dites appareils de premiers secours montées sur roues, capables d’être traînées chacune par un cheval, ont été commandées également par le ministère du commerce à MM. Geneste et Herscher pour enrayer le développement rapide de l’épidémie de suette miliaire qui sévit en ce moment très fortement dans la Haute-Vienne. Deux de ces appareils fonctionnent déjà, et nous sommes autorisés à déclarer que, grâce à eux, de précieux résultats sont dès aujourd’hui obtenus. Du reste les découvertes les plus récentes de la science ont montré que l’un des moyens prophylactiques les plus précieux consistait dans la désinfection des objets et des lieux contaminés. C’est en détruisant sur place les germes des maladies transmissibles que l’on parvient le mieux à empêcher la propagation de celles-ci. Aussi se préoccupe-t-on de plus en plus d’assurer cette destruction par les procédés les plus efficaces et les plus rapides, en s’appuyant sur les recherches des savants qui se sont adonnés spécialement à l’étude des micro-organismes.
- Afin de répondre aux demandes qui étaient adressées aux spécialistes, de divers côtés, notamment par le Ministère du Co iimerce et de l’Indus-
- trie, par plusieurs Commissions hospitalières, par le Mont-de-Piété de Paris, etc., etc., MM. Geneste et Herscher ont cherché depuis quelques années le moyen de réaliser pratiquement et industriellement le problème qui était posé. Après avoir étudié sur place les divers procédés de désinfection utilisés en Allemagne, en Angleterre, en Belgique, après avoir expérimenté successivement plusieurs systèmes, ils sont parvenus à créer un ensemble d’appareils permettant de pratiquer la désinfection dans les diverses circonstances où elle est exigée, et suivant les procédés reconnus les plus efficaces.
- Ils nous paraissent d’ailleurs avoir suivi avec une grande rigueur les indications fournies à ce sujet par les travaux de MM. Pasteur, Davaine* Vallin, Grancher, etc., en France; Koch, Gafifky, Lœftier, Wolffhügel, Virchow, etc., en Allemagne ; Tyndall, Baxter, Ransom, Parson, etc., en Angleterre ; et ils ont eu la satisfaction de voir leurs principaux appareils choisis par les ministères du commerce et de l’industrie, de la guerre et de la marine, à la suite de l’avis favorable du Comité consultatif d’hygiène publique de France approuvant le rapport fait au nom d’une Commission officielle composée de : MM. le Dr Brouardel, président dudit Comité consultatif, le D1’ Proust, inspecteur général des services sanitaires, le Dr Grancher, pYofesseur à la Faculté de médecine de Paris, et le D* 1- Gariel, ingénieur en chef des ponts et chaussées, professeur agrégé de la Faculté de médecine de Paris.
- La presque unanimité des auteurs qui se sont occupés de cette question sont d’accord pour reconnaître que la désinfection par l’action directe de la vapeur humide sous pression est beaucoup plus fidèle et plus sûre que la désinfection par la chaleur sèche. L’air chaud, mélangé ou non de vapeur, et même la vapeur seule jetée abondamment dans une étuve sans pression, ne donnent pas non plus des résultats suffisants (1); seule la vapeur humide sous pression produit une désinfection efficace et complète et remplit toutes les conditions nécessaires : c’est la conclusion à laquelle sont arrivés les savants que nous avons cités plus haut et que confirment les expériences ainsi que le rapport de MM. Grancher et Gariel.
- Ges expériences, contrôlées au laboratoire de M. Pasteur, ont nettement établi que, dans l’appareil Geneste-Herscher, les micro-organismes les plus résistants (bacille du rouget, point double en capsule du choléra des poules, microbe point double de la salive, bacille-virgule de Koch , bacille-virgule de Finkler, spores du charbon, tyrothrix scaber
- de Duclaux, ba- _...................................
- cillus subtilis ) sont complètement détruits à
- (1) Il peut être utile de signaler ici une confusion susceptible de se produire au sujet d’etu-ves dans lesquelles les objets traités sont placés dans une atmosphère chauffée par des batteries à vapeur et non pas exposés directement à l’action même de la vapeur sous pression ; ces étuves ne remplissent pas du tout les conditions réclamées. Nous avons étudié cette question lors de l’exposition d’hygiène à la caserne Lobau , à Paris.
- ----------; en
- p.704 - vue 272/496
-
-
-
- Troisième Année. — N° i32. LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE 18S9
- la suite d’une exposition de quinze minutes dans l'étuve, au centre même des matelas les plus e'pais.
- L’emploi de la vapeur humide sous pression et certaines dispositions spéciales à leurs étuves permettent d’effectuer les opérations très rapidement et complètement, ce qui dote ces appareils d’une grande puissance relative et diminue considérablement le coût de la désinfection.
- En outre, il résulte des expériences variées faites par la Commission, que, dans ces étuves, l’emploi de la vapeur humide sous pression ne donne lieu qu’à des modifications négligeables en fait dans la conservation des tissus et même en usant de la latitude de marche pratique limitée par la soupape de sûreté à 7/10 de kilo de pression (ii5° centigrades).
- La rapidité des opérations et la faible température relative à laquelle elles se pratiquent expliquent ce résultat avantageux ; les dispositions de l’appareil et notamment les surfaces chauffantes complémentaires intérieures sont ici également d’un concours des plus utiles, outre que celles-ci évitent les chances de taches et de mouillage par égouttement d’eau condensée, et qu’elles facilitent activement le séchage.
- Toutes les étuves sont munies d’une porte d’entrée et d’une porte de sortie ; cette disposition est très importante; chaque étuve doit être pourvue de deux portes distinctes et indépendantes, l’une antérieure servant à l’entrée des objets à désinfecter, l’autre postérieure pour la sortie desdits après épuration. On sait que dans ce sens il faut aller même jusqu’à diviser en deux compartiments bien séparés le local affecté à la désinfection.
- La commission émanant du comité consultatif d’hygiène de France, et à la suite ledit Comité ont, en raison des considérations précédentes, déclaré que l’étuve à vapeur humide sous pression de MM. Geneste et Herscher est un instrument de désinfection excellent, et qu’il suffit d’élever dans cette étuve la pression à-f-ioG0 oentigr., ce qui est facile, pour tuer sûrement, même au sein d’un matelas, tous les microbes pathogènes ; elle mérite toute confiance et son usage doit être recommandé partout où il sera possible de l’installer (Comité consultatif d’hygiène publique de France, séance du 28 décembre 1885).
- * *
- S’il est bien établi, ea principe, que le bon aérage d’une mine dépend en grande partie des soins qui sont apportés dans la distribution et dans la division des courants d’air, dans l’aménagement des galeries qui servent aux courants secondaires et aux courants principaux, il n’en est pas moins certain que le choix de l’appareil destiné à produire la ventilation a une importance considérable.
- La question de l’aérage des mines a été traitée d’une façon aussi claire que savante par M. Mur-gue, ingénieur de la Compagnie houillère de Bes-sèges, dont les ouvrages font foi en pareille matière et dont les principes sont consultés par tous ceux qui s’occupent de la ventilation. Après les belles expériences de la ventilation du Sud-Est de l’industrie minérale sont venues les expériences de la commission anglaise qui ont été analysées par M. Murgue; une commission allemande a également fait des expériences qui sont publiées, mais dont nous n’avons pas encore la traduction. C’est assez dire que la question des ventilateurs préoccupe à juste titre tous les ingénieurs qui dirigent des mines. Aussi nous a-t-il paru utile défaire connaître un nouveau ventilateur dont on a fait l’expérience sur trois fosses de la Compagnie d’Anzin et qui est représenté à l’Exposition du Havre dans l’installation de MM. Geneste et Herscher.
- C’est un ventilateur à force centrifuge (déprimogène) et à grande vitesse, construit d’après les études de M. Ser, professeur à l’Ecole centrale.
- Dans nos houillères du Nord, comme du reste dans la plupart des exploitations françaises, nous donnons généralement la préférence aux ventilateurs Guibal dont la construction simple et robuste met à l’abri des soucis d’un arrêt et dont le rendement est d’ailleurs assez satisfaisant. Mais on envisage souvent avec effroi les travaux longs et coûteux qu’exige l’installation d’un Guibal et l’on regrette de ne pas avoir à sa disposition un appareil plus petit, pouvant être rapidement installé et facilement déplacé.
- En Angleterre, les petits ventilateurs déprimogènes à grande vitesse sont les ventilateurs Schiele, dont les applications sont nombreuses. En Allemagne, on va plus loin encore et les ventilateurs à petit diamètre et à grande vitesse, les Pelzer, les Winter, les Péterson sont en grande majorité. En France, nous avons un très petit nombre d’appareils de ce genre et nous ne connaissons guère que les ventilateurs à grande vitesse de Bessèges et de Ronchamp.
- Il y a lieu, du reste, de faire remarquer que les ventilateurs dits à grande vitesse n’ont pas une vitesse périphérique de l’extrémité des ailes supérieure à la vitesse ordinaire de l’extrémité des ailes du Guibal ; on devrait plutôt les distinguer en ventilateurs à petit diamètre et à grand diamètre.
- M. Ser a établi un nouveau système de ventilateurs qui a été expérimenté pendant plus d’un an aux mines d’Anzin.
- Ainsi que l’a établi M. Murgue, pour juger de la valeur d’un ventilateur déprimogène, indépendamment de son moteur et de ses résistances passives, la donnée la plus sûre et la plus simple est le rendement manométrique.
- Dansle ventilateur Guibal, le rendement manométrique est au maximum de 0,70 ; dans le ventilateur anglais Schiele, ce rendement varie de 0,3.2 à 0,46 ; dans les ventilateurs allemands Winter, Pelzer, le rendemant, d’après MM. Pernolet et Aguillon, atteint à peine o,3o. Or, le ventilateur Ser de 2 mètres de diamètre a . un rendement manométrique de 0,90 et le ventilateur de im40 un rendement de o,85.
- Voilà pour le pouvoir déprimant. Quant au pouvoir débitant il est également considérable. Ce ventilateur extrait normalement un volume d’air 8 à 10 fois supérieur au volume engendré. L’appareil de im,40, plus particulièrement applicable aux mines étroites, débite i2m3 par seconde, avec une vitesse de 400 tours par minute, pour un orifice équivalent de om2,5o ; pour une mine plus large, atteignant im2, il débite 20m3 à la même vitesse.
- Le ventilateur de 2 mètres, qui produit son effet maximunffsur une mine de iœ2 d’orifice équivalent, extrait 25m3 avec une dépression de gbmjm pour une vitesse de 280 toujours. Sur une mine de im2,5o, le volume extrait est de 3m3 et la dépression de 6SIU/m. Sur une mine de 2m2, le volume est alors de qo™3 et la dépression de 5ymjm.
- Nous n’entrerons pas dans la description complète de la construction du ventilateur Ser, dont nous donnons le dessin. En dehors du diffuseur analogue à la cheminée de Guibal et de son enveloppe en forme de volute, il présente cette particularité qu’au lieu d’avoir des ailes inclinées en arrière ou dirigées suivarit le rayon, les ailes ont, conformément à la théorie, une inclinaison en avant, inclinaison qui est de 4.5°. M. Farcot a bien aussi renversé en avant l’inclinaison des ailes de son ventilateur, mais cet appareil est peu appliqué dans les mines. L’appareil de M. Ser est entièrement en tôle et facilement démontable et transportable.
- *
- * *
- L’emploi judicieux et approprié d’une certaine quantité d’eau est un des cléments indispensables de l’assainissement des habitations, des établissements publics et des villes.
- En général, on dispose de quantités d’eau limitées dont l’écoulement régulier ne produirait aucun effet utile appréciable. On est amené tout naturellement à emmagasiner l’eau dans des réservoirs et à la dépenser rapidement à des intervalles réglés. Cette disposition présente l’avantage d’être efficace et économique.
- Même lorsqu’on dispose d’eau en abondance, si le régime d’écoulement est permanent, les radieis peuvent se couvrir de dépôts et une partie des matières en suspension dans le liquide viennent s’attacher aux parois des conduites. Il est donc également nécessaire dans ce cas de recourir à des réservoirs dont les chasses périodiques entraînent les dépôts et lavent énergiquement les parois.
- Dans tous les cas, quelle que soit la quantité d’eau disponible, les lavages intermittents sont indispensables. C’est ce qui explique la grande variété des appareils de chasse d’eau . imaginés depuis quelques années.
- Parmi ces appareils, il convient de faire un choix. Il faut d’abord rejeter tous ceux qui sont munis d’organes mobiles toujours exposés à des dérangements et à des détériorations.
- Les appareils sans pièces mobiles sont ordinairement basés sur l’emploi du siphon ; mais l’utilisation de ce dernier ne peut être complètement satisfaisante sans le concours de dispositions additionnelles produisant sûrement l’amorçage et l’écoulement à pleine section.
- Aussi croyons-nous devoir signaler les appareils sans mécanisme, de MM. Geneste et Herscher, effectuant des chasses d’eau intermittentes à intervalles facultatifs au moyen d’un siphon à amorçage automatique par cataracte instantanée.
- Examinons les conditions que doivent remplir les appareils de chasse automatiques.
- L’amorçage doit être instantané et indépendant du régime d’alimentation des réservoirs de chasse.
- L’amorçage doit s’effectuer sûrement, même lorsque le remplissage des réservoirs se fait goutte à goutte.
- Les appareils d’amorçage, comme les siphons, doivent être simples et robustes ; ils doivent pouvoir fonctionner même avec des eaux impures.
- Les appareils d’amorçage ne doivent pas comporter de pièces mobiles , lesquelles se dérangent inévitablement.
- Dans la pose des siphons, éviter toute obligation de précision et de réglage exceptionnels, pour qu’un ouvrier ordinaire puisse toujours être chargé de l’installation.
- Il faut éviter les rentrées d’air pendant les chasses.
- Le désamorçage et le rétablissement de la pression atmosphérique dans le siphon doivent se produire très rapidement, sinon l’appareil peut se dérégler dans certains cas.
- Dimanche 10 Juillet 1887. —705.
- Les inondations produites par les orages ou toute autre cause ne doivent pas dérégler les siphons.
- L’appareil ramené à sa plus simple expression, se compose d’un siphon à cloche dont la longue branche plonge d’une hauteur déterminée dans une retenue d’eau.
- A l’extérieur de ladite branche et en communication avec elle, se trouve le dispositif de détente que l’on peut appeler détenteur pneumatique] toujours immergé et, par suite, toujours en état de fonctionnement.
- L’ensemble de l’appareil s’inspire des principes de la Fontaine de Héron; l’amorçage résulte de la combinaison appropriée des actions suivantes :
- Compression de l’air enfermé dans le siphon ;
- Transmission de la pression par l’intermédiaire du fluide emprisonné ;
- Dénivellation dans les deux branches du siphon;
- Détente brusque de l’air comprimé qui s’échappe et suppression de toute dénivellation.
- Ces diverses actions sont répétées autant de fois qu’il est nécessaire jusqu’au moment de la détente finale qui provoque l’amorçage instantané de l’appareil.
- Les compressions et détentes successives ont pour but d’éviter les rentrées d’air dans le siphon pendant la chasse, tout en limitant à une hauteur voulue l’immersion de la longue branche de l’appareil.
- Dans notre prochain article nous étudierons les nouveaux/ozzrs de campagne qui viennent d’être établis par MM. Geneste et Herscher pour le ministère de la guerre.
- LÂ GALERIE DES MACHINES
- A L’EXPOSITION DU HAVRE
- Parmi les installations les plus complètes nous devons citer celle de M. A. Piat, ingénieur mécanicien, qui nous montre quelques spécimens de ses plus belles machines créées ou perfectionnées par
- TR Transmission intermédiaire. — Te Tendeur de la courroie.
- — L Levier du tendeur-frein; / Frein; d Sabot du frein.
- — B A Fort bâti. — S Chabotte venue de fonte avec le bâti.
- — E Enclume amovible. — T Frappe, tas ou matrice inférieure. — *A Arbre de tcte de marteau. —. PV Plateau volant; *m Manneton de manivelle. — *G Graisseur de tète de bielle. — *D Diaphragme forgé avec le eylindre-frappe ; *t Tige commune des deux pistons ; 1. Chambre d'air supérieure ; 2. Chambre d’air moyenne; 3. Chambre d'air inférieure. — CG Fort-Guide diLbattant. — *PF Porte-frappes.
- — F Frappe-étampe ou matrice supérieure. — C Course maximum. — M Levée rapide du marteau; m Chute rapide du marteau.
- lui. Au premier rang nous citerons ses marteaux atmosphériques (système Chenot) qui est une application mécanique absolument rationnelle de
- p.705 - vue 273/496
-
-
-
- I
- vÿvrv
- W-\
- *
- . <
- ’jq^, — Troisième Année. — N° i3a.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 10 Juillet 1887.
- nelle de la parfaite élasticité de l’air et dont nous donnons une coupe verticale et une vue d ensemble.
- Le battant de ce marteau est un cylindre-frappant, G F, en acier fondu doux forgé et foré comme
- un canon. C’est une pièce de grande résistance qui supporte facilement tous les chocs du travail.
- Une bielle B, entraînée par l’arbre de tête du marteau, communique à deux pistons, PS et PI, un mouvement alternatif de montée et de descente.
- Pendant la montée, l’air compris dans la chambre n° 2 se comprime et il opère une pression sous le diaphragme I) solidaire du cylindre CF. Cette pression soulève le cylindre frappant. Celui-ci est ainsi lancé de bas en haut avec une vitesse proportionnée à celle de rotation de l’arbre de tête du marteau. Mais, tandis que le cylindre monte, la bielle fait redescendre les pistons PS et PI.
- L’air contenu dans la chambre n° 1 se trouve alors sur comprimé, par suite des mouvements convergents du cylindre et du piston supérieur. Ces deux organes se choqueraient violemment sans l’existence du matelas d’air interposé entre eux.
- Mais l’air étant parfaitement élastique, il ne se produit aucun choc et tout l’effet mécanique se
- ^_______11111 niiii'i miiHHHiiimiwmiii
- Vue d'ensemble.
- car, en pratique, cette propriété précieuse contraste avec grand avantage avec les ruptures fréquentes des ressorts solides.
- Dans les marteaux de grande puissance les ressorts solides sont même inapplicables.
- Dans le marteau atmosphérique, la force du coup dépend notamment du degré de pression de l’air dans la chambre supérieure. Cette pression peut atteindre 4 ou 5 atmosphères et elle resuite jeu naturel des pièces en mouvement.
- Le poids propre du battant n’est donc qu’un facteur secondaire de l’intensité du coup. C’est la pression.de l’air qui domine, comme, dans les pilons à vapeur à double eftet, c est la pression de la vapeur.
- Le marteau atmosphérique agit donc comme un pilon à double effet, avec différence qu’il est mis en mouvement par courroie et qu’il réalise une économie considérable de force motrice et de dépenses journalières, comparativement à un pilon à vapeur à double effet de même puissance.
- Sous ce rapport, l’avantage est tellement marqué que plusieurs.industriels ont trouvé convenable de faire conduire leurs pilons atmosphériques au moyen de moteurs à vapeurs établis exprès pour leur service.
- En général, les marteaux atmosphériques rendent 70 à 75 % d’effet utile: or, il est rare de trouver des pilons à vapeur qui rendent plus de 25 à 3o °/q.
- L’intensité d’action des marteaux atmosphériques (système A. Che-not) dépendant de la vitesse de marche, 011 a établi un tendeur-frein très efficace, qui permet de les gouverner avec la plus grande facilité.
- Cette facilité de manœuvre est telle que tout ouvrier y est accoutumé au bout de quelques heures. La bielle du marteau est invariable, quelle que soit l’épaisseur du fer à forger, et le marteau se règle lui-même automatiquement.
- Tous les outils courants de
- marcher à 1,200 coups par minute. Nous en avons vu un exposé en 1881 qui, conduit par un électromoteur, battait qSo coups.
- On croit généralement que le marteau atmosphérique a besoin d etre adjoint à d’autres, comme des pilons à vapeur, dans les grands ateliers. Nous devons rectifier cette impression. La place nous manque ici, mais nous signalerons cependant les ateliers de la Compagnie de Panama, où 7 marteaux atmosphériques (dont un de 5o kil. 7 de
- battant) font tous les forgeages. Nous poumons multiplier cet exemple. En fait, on doit dire que le marteau atmosphérique suffit seul à l’exécution des travaux de forge de toutes sortes.
- * *
- Une pompe à quatre pistons attire l'attention de tous les spécialistes.
- Cette pompe tenant le milieu entre la pompe centrifuge et la pompe à piston, se différencie cependant de cette dernière d’une façon notable en ce sens que le même vilebrequin actionne deux tiges, ayant conséquemment une marche parallèle, lesquelles portent quatre pistons.
- La coupe ci-dessous indique la manière dont ces pistons sont disposés et nous permettra d’en expliquer le fonctionnement.
- L’aspiration est en A et le refoulement en R ; les
- trouve emmagasiné dans le matelas d’air supérieur, qui restitue par la détente de l’air surcomprimé cet effet mécanique accumulé en chassant énergiquement le cylindre-frappe sur la pièce à forgeiu La théorie et l’expérience comparative prolongée
- A.
- matriçage et d’étampage des forges à main peuvent être adaptés sous ces marteaux. Dans le cas de for-geage à main, l’expérience a démontré qu’un marteau Chenot desservi
- y//'//'//.
- ''lux iêb
- w//m
- prouvent que nul ressort solide ne peut réaliser les effets très énergiques de l’air.
- 11 est utile de rappeler que l’air ne casse jamais,
- qu'
- par un forgeron et [son aide remplace trois feux de forge et les ouvriers correspondants. Dans les forgeages plus sérieux l’avantage est beaucoup plus marqué.
- Les marteaux atmosphériques Chenot sont employés pour exécuter les travaux les plus variés, pour forger, étirer, matricer, platiner, écrouir, dresser, estamper, emboutir, calibrer, etc., etc., le fer, l’acier, le laiton, le cuivre, l’or, l’argent.
- On en trouve qui forgent des pièces minuscules, telles que des hameçons de grande pêche*, des tranchets, etc.
- On en a exécuté pour
- des forgeages de trente ' centimètres d’épaisseur de fer.
- Le spécimen du musée de Washington peut
- pistons désignés parles lettres P1 et Pâ sont ceux qui portent les clapets d’aspiration et les deux autres, P3 et P4, portent ceux du refoulement.
- k
- p.706 - vue 274/496
-
-
-
- Troisième Année. — N° 1S2.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche io Juillet 1887. — 707.
- Lorsque le vilebrequin se met en marche, par exemple dans le sens de la flèche, les deux pistons p1 et P4 se rapprochent du fond F1 des cylindres, de sorte que la capacité C se trouve réduite ; il en résulte que l'eau qui se trouve dans cette capacité est expulsée par le clapet de refoulement P4 qui s’ouvre vers la tubulure de refoulement.
- En même temps les deux autres pistons P2 et P3 s’éloignent du fond F2, et la capacité en D se trouvant augmentée, le clapet d’aspiration P2 s’ouvre pour laisser passage à l’eau qui vient rem-plir cette capacité.
- Les lignes ponctuées iudiquent le sens d’ouverture des clapets.
- Dans la course de retour des pistons, les choses se passent, d’une façon identique, seulement l’eau est refoulée de la capacité D d’où elle sort par le Clapet P3 et en même temps elle pénètre dans la capacité C parle clapet P1.
- De la combinaison du jeu de ces pistons ressort une continuité dans l’aspiration et le refoulement qui forme un courant très remarquable, ce qui a pu taire rapprocher les qualités de ces pompes de celles des pompes centrifuges. Elles se distinguent de ces dernières en ce qu'elles peuvent élever l’eau à une hauteur bien plus considérable, si bien qu’elles réunissent les avantages des deux systèmes.
- Ces pompes peuvent marcher dans un sens ou dans l’autre pourvu que l’on mette des pistons convenables du côté de l’aspiration.
- Nous résumerons leurs avantages de la façon suivante :
- i° Grande simplicité des organes et entretien facile.
- 20 Pour un même débit elles occupent un espace bien plus restreint, coûtent beaucoup moins que les pompes à piston ordinaire et donnent toutes choses égales d’ailleurs le maximum d’effet utile.
- 3° Facilité de monter des eaux saies en mettant des garnitures spéciales.
- 40 Maximum d’effet utile eu égard à son prix.
- L’application à la pompe peut donc se faire avec les plus grands avantages dans les travaux hydrauliques. Epuisements, Irrigations, Alimentation des villes etdans toutes les usines engendrai.
- * ¥
- Jusqu’à ce jour la FVance était tributaire des Anglais pour lej riveuses hydrauliques, si nécessaires à l’établissement des constructions métalliques dont les prix s’affaissent de plus en plus, par suite des progrès réalisés, en même temps que croissent les exigences des cahiers des charges ; mais l’emploi de ces machines, de provenance étrangère, n’était pas à la portée de tous par suite des grands frais d’installation qu’elles nécessitaient, de leur dépense journalière, et de l’impossibilité de les transporter sur des chantiers de montage.
- Aussi, depuis quelque temps, on cherchait à résoudre le problème d'une Riveuse hydraulique marchant sans accumulateur et ayant le double avantage et de coûter moins cher d’installation et de pouvoir servir dans les chantiers. C’est pourquoi l’attention des hommes spéciaux a été de suite attirée sur la Riveuse hydraulique française imaginée par M. Léon Delaloej ingénieur, et construite par M. A. Piat qui y a introduit d’importants perfectionnements dans la fabrication.
- La figure 1 montre le type mobile, marchant plus spécialement à la main ; facilement maniable et transportable, il s’applique aux plus petits travaux de rivure comme aux plus grands. Un seul homme suffit pour obtenir en 8 ou 10 secondes l’écrasement du plus gros rivet au moyen d’un volant en réalisant une pression de 200 kilos par centimètre carré, correspondant à'un effort de 23,000 kilos, pression plus que suffisante pour faire un rivet de 25 millimètres.
- La figure 2 montre le type de riveuse fixe, marchant au moteur, et donne le détail du mouvement mécanique de tête; 1 cheval suffit pour la faire fonctionner, et l’opération, tout en étant mieux faite qu’à la main, est beaucoup plus rapide.
- 11 n’est pas besoin, avec cette machine et à cause de son principe, de régler la pression suivant les épaisseurs sous peine de la briser, comme cela arrive dans les machines à courroie.
- On peut, avec une très faible dépense, rendre fixe la riveuse mobile pour les travaux courants de l’atelier ou du chantier, notamment pour poinçonner, cisailler, etc.
- Le principe fondamental sur lequel est basé la nouvelle riveuse, qu’elle soit mobile ou non, est celui de l’effort croissant normalement avec la résistance à vaincre. Tandis que les machines à accumulateur dépensent une. grande quantité d’eau à une pression uniformément haute, aussi bien pour amener les bouterolles en contact avec le rivet que pour l’écraser définitivement, dans la nouvelle riveuse Delaloe-Piat, l’effort est absolument mesuré à la résistance à effectuer et réalisée par trois opérations promptes et successives, savoir :
- i° Les bouteroiles sont mises en contact avec le rivet à l’aide d’une manivelle sans aucune dépense d’eau ;
- a0 Le volant est actionné par l’aide du riveur et la pression commence, rapide, jusqu'aux trois quarts environ de la course totale ;
- 3° La pression s’élève avec un effort proportionnel pour terminer le travail de l’écrasement.
- Ces résultats sont obtenus, d’abord, ainsi que nous l’avons dit, à l’aide d’une manivelle agissant sur le piston porte-bouterolles, puis grâce à une disposition spéciale du piston horizontal, lequel a deux diamètres agissant pour le refoulement de l’eau dans le gros cylindre. Tant que le rivet est chaud le piston tout entier travaille et la boute-rolle avance vivement, puis, à un moment donné, l’action du gros piston se trouve annulée grâce a un mécanisme aussi ingénieux que simple, eg le petit seul continue son travail au moment où le rivet, commençant à perdre de sa chaleur, a besoin d’un écrasement plus énergique.
- Non seulement cette Riveuse nous paraît présenter des avantages considérables grâce à son extrême mobilité et à la suppression des pompes, accumulateurs, etc., mais encore le-travail qu’elle fait nous semble supérieur au rivetage fait par tout autre moyen.
- L’expérience a montré en effet que, pourrie service de cette machine, les rivets pouvaient être un peu plus longs, ce qui indique que le trou devait être mieux nourri de fer, et, sur différents essais faits au point de vue de la résistance au glissement et à la rupture, la moyenne a donné 29,610 kilos pour rivets mis avec une machine Twedeli. et 3o.2bo kilos pour les rivets mis avec la machine Delaloe-Piat.
- Au point de vue de la dépense d’installation, les constructeurs peuvent se monter avec une dépense quatre à cinq fois moindre qu’avec certains autres systèmes.
- ’ Si bien que, en comptant l’économie réalisée sur le prix de façon des rivets, l’on peut estimer qu’une machine est regagnée en moins de 6 mois dans les ateliers, en moins de 2 mois sur les chantiers.
- Les machines à main peuvent poser de 1,000 à 1,200 rivets par jour.
- Les machines fixes posent aisément 2,5oo rivets.
- (A suivre.)
- LE LANGAGE INTERNATiONAL
- CONVENTIONNEL
- NUMÉRATION
- On peut, pour la numération, se borner à adopter des radicaux pour les neuf premiers noms de nombre, et pour les mots cent, mille, un million ; l’addition d’un s servira à multiplier les neuf premiers nombres par 10, comme le fait l’addition d’un zéro dans la numération écrite.
- PRONOMS
- Les pronoms personnels reviennent très souvent dans le discours ; il faut donc les choisir aussi simples que possible. On doit donner des formes analogues aux cinq pronoms: je, vous, il, on,]ce (cela) ; et il est bon que tous commencent par une voyelle, afin de se prêter à la conjugaison du verbe, d’où l’on déduit deux solutions:
- i° F’ormer les cinq pronoms au moyen d’une même voyelle, suivie de cinq consonnes différentes, ce qui donnerait par exemple:
- ob, od, oî, og, oj ;
- 20 Former les cinq personnes au moyen des cinq voyelles, suivies d’une même consonne, ce qui donnera par exemple :
- al, el, il, ol, ul.
- Ce second système paraît préférable, parce qu’il donne des prononciations plus distinctes. De plus, il conduit pour le pluriel à des formes plus simples, qui seront :
- as, es, is.
- Quant aux adjectifs et pronoms possessifs, on les'ïbrmera en ajoutant la désinence a aux pronoms personnels :
- ala, ela, ila, ola, asa, etc.
- Enfin, l’on choisira de petits radicaux, spéciaux pour traduire les autres pronoms indéfinis, relatifs, interrogatifs, etc... Chacune de ces classes de mots aura sa forme particulière, permettant delà reconnaître à première vue.
- VERBE
- La conjugaison du verbe devra être réduite à un très petit nombre de temps. Trois temps pourraient suffire : le présent, l.e passé et le futur ; en y joignant le conditionnel présent et le conditionnel passé, on aura un instrument parfaitement suffisant pour exprimer toutes les idées. On conjuguera le verbe en plaçant les pronoms personnels soit avant, soit après le radical, et en distinguant les temps au moyen de cinq augments, incorporés au radical. Si les pronoms sont placés après le radical et incorporés avec lui, on obtient la conjugaison suivante :
- Présent : Je vois, Uogal.
- Fors voye^, Logel.
- Il voit, Logll.
- On voit, Logol.
- Passé, J'ai vu, Elôgal.
- Futur, Je verrai, Ilogal.
- Conditionnel, Je verrais, Ologal.
- Conditionn.passé.J’aurais vu, Ulogal.
- Si les pronoms sont placés avant le verbe, sans être incorporés au radical, on obtiient la conjugaison suivante :
- Je vois, al alog.
- Vous voye^, el alog.
- Il voit, il alog.
- On voit, ol alog.
- J’ai vu, al elog.
- Je verrai, al ilog.
- Je verrais, al ogol.
- J'aurais vu, al ulog.
- De ces deux formes, la première est certainement la plus élégante ; mais la seconde paraît plus simple à comprendre et à pratiquer pour les personnes qui n’ont pas étudié les langues anciennes..
- ADVERBES, PREPOSITIONS, CONJONCTIONS
- Tous ces mots sont de petits radicaux que l’on créera directement, sauf les nombreux adverbes qui expriment une idée ayant déjà son correspondant dans un adjectif : Ceux-ci se formeront, comme il a été dit plus haut, au moyen de la dési-nnce i. Aussi, pour rendre toutes les phrases plus faciles à comprendre, il sera bon de prendre la précaution de terminer également tous les autres adverbes en i, de même que l’on terminera toutes les prépositions en o, et toutes les conjonctions en il.
- Quant aux interjections, elles peuvent être supprimées sans inconvénient.
- Fondé sur les principes que je viens d’indiquer sommairement, un langage international sera à peu près aussi simple qu’il peut être, puisqu’en dehors du choix des radicaux, sa grammaire se réduira absolument à trois règles :
- Une pour la construction de la phrase ;
- Une pour la formation du pluriel.
- Une pour la conjugaison des verbes.
- J’ai posé, dans ce qui précède, les principes qui doivent présider à la formation d’un langage international conventionnel : je vais, pour compléter ce travail, en, faire l’application, et proposer une langue très simple, presque entièrement dénuée de grammaire, mais parfaitement suffisante pour qu’on puisse y exprimer toutes ses idées.
- LE BALTA
- Le langage international s’appelle Balta, adjectif qui signifie
- LE SIMPLE
- I. Alphabet
- Il y a, en balta, dix-neuf lettres, dont cinq voyelles et quatorze consonnes. Les cinq voyelles sont :
- a, e, 1, o, u
- a,i, o se prononcent comme les mêmes voyelles longues du français; e se prononce é; 11 se prononce ou.
- Les quatorze consonnes sont :
- b, d, i, g, j, k, 1 m, n, p, s, t, v, y
- Toutes ces consonnes se prononcent comme en français, sauf les observations suivantes :
- Le g se prononce toujours dur, comme dans le mot garnison.
- Le j se prononce comme le ch français ; le s se prononce toujours dur; le y se prononce comme les II mouillées du français et de l’espagnol.
- Il n’y a pas d’accentuation ; toutes les syllabes se prononcent avec la même intensité.
- Formation des Radicaux
- Substantifs
- Les radicaux principaux sont les substantifs ; tous les substantifs commencent et finissent par une consonne. En général j’ai conservé les substantifs radicaux de volapück ; cependant j’ai dû modifier ou changer tous ceux qui contenaient une des lettres de l’alphabet volapük que j’ai supprimées dans le balta.
- En balta, il n’y a pas d’article ; aussi le même mot signifie à.la fois: le pain, un pain et du pain.
- Les noms géographipues les plus importants sont traduits. Quant aux autres noms propres, on se borne à les reproduire avec les lettres qui les forment dans la langue d’origine, lorsque celle-ci fait usage d’un alphabet analogue à l’alphabet romain. Dans le cas contraire, on imite avec les lettres du balta la prononciation du nom propre dans sa langue d’origine.
- adjectifs
- Tous les adjectifs se terminent en a. On forme l’adjectif en ajoutant la lettre a soit après le substantif, soit après l’infinitif du verbe qui exprime l’idée correspondante. Les adjectifs formés au moyen des verbes, que l’on peut appeler adjectifs' verbaux, donnent une traduction toute naturelle
- p.707 - vue 275/496
-
-
-
- yoS. — Troisième Annee. — N® 182. LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- des participes passés, que l’on emploie souvent en français pour qualifier les substantifs.
- Ex. : Homme, man. Chien, tlog. Livre, Luk. Bonté, gud. Bon, guda.
- Avis, not. Avertir, note. Averti, notea.
- Ecrire, pene. Ecrit, penea. Un bon cliien, dog guda.
- Un homme averti, man notea.
- Un livre bien écrit, buk penea gudi.
- NUMÉRATION
- 1, ba 10, bas.
- 2, be 20, bes. 366
- 3, bi 3o, bis. Bi ial buse] a
- 4, bo etc...
- 5, bu 1887
- 6, ja 100, fai. Mil ji fal jiseje
- 7; je 1000, mil.
- 8, ji un million, mion.
- 9> îo un milliard, mimion.
- Premier,
- Deuxième,
- Dixième,
- Simple,
- Double,
- Décuple,
- Centuple,
- Un demi,
- Un tiers,
- Un quart,
- bala. bêla, basa, bal ta. belta. basta. fiula. bedil. bidil. bodil.
- Premièrement, bali. etc...
- Simplement, balti. etc...
- Trois quarts, bodils bil.
- Un dixième, basdil.
- Deux fois, bekemi.
- Trois fois, bikemi.
- Six heures, jatok. A six heures, jatoki.
- Dix heures, bastok. A six heures et demie, jatoki
- [e bedil.
- Six heures et demi, jatok e bedil.
- Quatre heures trois quarts, botok e bodils bil. Midi, bedidel. Minuit, be dineit
- Quelle heure est-il ? Tok li-ka at ?
- Il est quatre heures, Botok at.
- Quatre heures sonnent, Botok atok.
- Le 17 février, Beniul basejela.
- (A suivre.)
- .ES LIVRES
- CXVII
- Gaston Bergeret. — Provinciale. Paris, librairie Moderne, 7, rue Saint-Benoit, un vol. in-r8.
- M. Gaston Bergeret est un secrétaire rédacteur de la Chambre des députés, qui tout en sachant à fond ce difficile métier — d’où l’art n’est pas exclu, — et en attestant sa compétence en matière politique et économique par des ouvrages excellents sur le mécanisme du budget de l’Etat ou l’impôt des patentes, ne dédaigne pas de consacrer ses loisirs à des romans et à des nouvelles, auxquels le public délicat a fait immédiatement un juste succès.
- Il ne manque à M. Gaston Bergeret que le succès de théâtre, — cela viendra, — pour être à la Chambre et dans la littérature le digne successeur de Ludovic Halévy. Celui-ci fut, en effet, un excellent secrétaire-rédacteur, avant de jeter aux orties la plume du greffier parlementaire et d’écrire les œuvres qui lui ont assuré le premier rang parmi nos auteurs dramatiques et nos romanciers. Ce que le public délicat dont je parlais tout à l’heure a remarqué et goûté dans les études de mœurs officielles ou mondaines de M. Gaston Bergeret, c’est une rare finesse d’observation, et ce goût et ce choix du détail caractéristique qui témoignent de l’entière possession du sujet. Il en résulte une impression de vu, de vécu, qui ajoute singulièrement à l’autorité de l’écrivain et au plaisir du lecteur. N’oublions pas que le premier de ces plaisirs, c’est celui de la sécurité quant à la valeur du témoignage, de la certitude. Provinciale, malgré son titre, n’est pas seulement une étude de mœurs de la bourgeoisie de province, c’est aussi une étude de la vie parisienne. Il y a déjà un certain courage, dont nous félicitons l’auteur, à n’afficher ainsi aucune des prétentions outrecuidantes et banales à la fois des romanciers de la nouvelle école, et de se tenir, en homme de goût qu’il est, également loin des brutalités du cynisme naturaliste, et des subtilités byzantines du groupe des psychologues pessimistes. Nous le remercions aussi, pour l’honneur de son talent et l’honneur du genre, de n’avoir pas cherché des effets et des ragoûts nouveaux dans ce fantastique de décadence, dans ce merveilleux scientifique, dans ces ressorts détraqués de la fatalité suggestive et hypnotique.- Nous ne comprenons pas qu’on ait l’idée défaire un roman avec l’emploi de ressources que peuvent fournir les variétés de la névrose étalés caprices de l’hystérie. Un roman ne saurait être fondé que surl’étude des passions jouissant dans leur jeu du libre arbitre de la santé. Des malades et des fous n’intéressent pas plus au roman qu’au théâtre. L’insuccès de Marfa, cet ouvrage si orgueilleusement modeste d’un raté de talent, M. Gilbert-Augustin Thierry, et du LLorla de M. de Mau-passant qu’on se figure moins facilement versant dans l’ornière romantique du vampirisme, doit ouvrir l’œil à nos jeunes romanciers, en quête de nouveau n’en fut-il plus au monde. Ce nouveau
- qui est inépuisable comme la nature et comme l’âme, ils le trouveront s’ils veulent se donner la peine de le chercher dans l’observation de la nature et de l’âme, dans l’étude des caractères, dans la reproduction de la vie. C’est encore l’ancien genre, l’ancien jeu, qui sont les plus vivants en matière de roman. Hoffmann et même Edgard Poë, qui lui est supérieur, passeront, mais ce qui ne passera pas, ce sont les finesses et les délicatesses de Marivaux, la puissance d’évocation et de résurrection d’un Balzac, la sympathie généreuse pourles petits, etle sentimentducomique populaire et du sublime bourgeois d’un Dickens. Ii y a de bien belles choses dans Tolstoï et Dostoiewski ; mais c’est noyé dans le monotone à outrance, la subtilité systématique, les inégalités d’un tempérament nerveux à l’excès, d’une imagination fébrile. En un mot, c’est mal équilibré. Ce sentiment de la mesure dans le hardi, du tact dans le risqué, du goût dans l’original, c’est-à-dire du dégoût de l’excentrique est la qualité maîtresse de M. Bergeret. Il est ingénieux sans subtilité, il est raffiné sans préciosité, il voit juste et il dit juste. Il n’a pas de par delà. Ce livre est un des livres les plus distingués qu’on puisse imaginer, non dans le sens banal du mot, mais dans le sens exquis. Il n’aura pas un de ces odieux et brutaux succès de popularité à la Zola. Il fera la joie des délicats, il donnera à l’auteur des amis inconnus et silencieux, il aura un succès non bruyant, mais lent et sûr. Il ne s’avale pas d’un trait en chemin de fer ou au lit avant de souffler la bougie. Il se déguste, il se savoure à petites gorgées comme un café tiède et parfumé.
- L’action est simple, l’intrigue à peine nouée et à la fin brusquement dénouée par un coup de théâtre tragique. Le drame est tout intérieur. Il n’y a que les forts pour se plaire à ce jeu de nuances savantes. Il y a longtemps que Sénac de Meilhan l’a dit : « La vie est un canevas qui ne vaut que par la broderie. » C’est par la broderie que vaut surtout le canevas de M. Gaston Bergeret. Sur un décor de nature pyrénéenne, de costumes béarnais, se détachent quelques figures de second plan : le père, M. Duffaur, fonctionnaire retraité, maniaque, égoïste et colérique, la mère opprimée et résignée, la tante Eulalie, vieille fille silencieuse et avisée, le mari, Paul Bordier , ingénieur médiocre, vaniteux, ambitieux dont les projets chimériques et l’activité brouillonne ont compromis la fortune conjugale, le fils, enfant gâté et mal élevé, enfin le domestique, Pierrinou, à l’œil de geai, à la figure couleur de pierre à fusil, nature sournoise et volcanique, à explosions subites etdangereuses, de passion naïve et faunesque.
- La perle de cet intérieur tourmenté du Touya c’est la fille, la femme de Paul Bordier, Lucine, à qui nous ne reprocherons que ce nom à allures mythologiques décevantes. Nature simple, loyale, ingénue, légèrement poétique, romanesque plus que passionnée, qui ne sera jamais la proie d’un séducteur vulgaire, mais qui pourrait bien l’être et le sera d’une tentation patiente, habile et généreuse d’apparence. C’est une de ces femmes faites pour être et demeurer honnêtes, qui ne tombent que par la faute du mari, se défendent autant qu’on peut le faire sans religion, et restent honnêtes' et à demi innocentes jusque dans la faute.
- Timoléon Boussenard, le banquier Chamboran, Charlotte, l’amie intime qui, avec les meilleures intentions du monde (l’enfer en est pavé), précipitera son amie dans le piège, à force de vouloir lui éviter le danger, M. Chevrier, le mari enragé, qui, furieux de ses déconvenues conjugales, trouvera sa vengeance de mari battu et mécontent à favoriser les embûches des célibataires et leurs entreprises sur le bonheur d’autrui, goûtant une volupté féroce à servir d’auxiliaire et de témoin à ce braconnage de gibier défendu : ce sont là des silhouettes, des profils vivement enlevés. Mais l’intérêt du roman n’est pas là. Il est dans la lutte tout à fait neuve, engagée par Lucine aux prises avec les pièges de Gérard Volft, contre ce Lovelace bien contemporain qui a beaucoup lu Stendhal, comme son biographe a beaucoup lu Mérimée. Car il est impossible de décrire ce combat entre le devoir et la passion, d’une façon plus subtile et plus pénétrante, avec un art plus savant, plus expérimenté de toutes les ressources de l’escrime galante. 11 arrive ainsi ce qui ne devait pas arriver et ce qui procure au lecteur une sensation de surprise émoustillante. Vous croyez que Lucine, assiégée dans les règles va se rendre, après une plus ou moins belle et une plus ou moins inutile défense, et qu’il n’y aura plus qu’à tirer le rideau sur une victime de plus du satanisme contemporain. Point du tout. Lucine se défend, inconsciemment machiavélique, avec un art profond et un succès complet en ce sens qu’elle ne se défend pas, et échappe à son séducteur précisément en ne lui résistant pas. Il y a une scène qui est un petit chef-d’œuvre. C’est celle où, par un artifice imité — sans qu’elle s'en doute — de celui de Mme Verdelin, lasse de disputer et venant s’offrir à son ami Margency. — Lisez dans Sainte-Beuve ce charmant "épisode de la vie de l’amie de Rousseau. — Lucine vient, elle aussi, se livrer à Gérard en le suppliant de ne pas la prendre, et de
- Dimanche 10 Juillet 1S87.
- lui laisser le temps de se donner. Le roman sur ce point diffère de la réalité, et lui est supérieur. Margency accepta, Gérard refuse la victime. Il ne veut accepter la victoire que d’un sacrifice entièrement libre et volontaire. Cette abstention à la Scipion serait plus méritoire, si elle était plus généreuse. En réalité, elle eut l’ajournement prémédité d’un voluptueux blasé, d’un virtuose d’amour, d’un dilettante de volupté, qui ne veut pas de larmes à son triomphe et écarte sa victoire pour en mieux profiter. Mais il advient ce qu’il n’avait pas prévu. Lucine trouve la force de fuir, moralement séduite, mais non matériellement possédée. La résistance irrite la curiosité du sceptique et fait naître pour la première fois une passion sincère dans ce cœur qui. ne s’était jusque-là qu’exercé à aimer, comme le chasseur s’exerce à chasser. Lucine est assassinée par le mari jaloux, et après l’avoir enterrée en goûtant tout ce que la passion sans possession peut donner à un homme de mélancoliques délices et d’incurables regrets, Gérard, qui ne peut plus vivre sans elle, meurt dans un duel à outrance, sous la balle de l’assassin légitime de celle qui fut sa maîtresse sans l’être.
- Voilà une intrigue qui n’est pas commune. Voilà un dénouement qui n’est pas banal. Voilà un roman plein de finesses discrètes, et de hardiesses sans brutalités, jouant, jonglant toujours adroitement avec le plus difficile et le plus ingrat des sujets, côtoyant toujours l’abîme sans jamais y tomber, et un des plus remarquables, des plus distingués que nous ayons lus depuis longtemps.
- M. de Lescure.
- AVIS COMMERCIAUX PAYS DE PROTECTORAT MADAGASCAR
- Le commerce à Madagascar
- N° 642. Le Moniteur officiel du Commerce, du 2o juin, publie des renseignements étendus sur les principaux articles d’importation à Madagascar et sur les produits du pays. Chacune de ces marchandises est l’objet d’une note classée dans l’ordre alphabétique pour faciliter les recherches du lecteur.
- EXPOSITIONS
- POSSESSIONS ANGLAISES D’OCÉANIE
- Exposition internationale de Melbourne en 1888.
- N° 643. Une exposition internationale s’ouvrira à Melbourne le. ier août 1888 et sera close le 3i janvier 1889.
- Cette exposition comprendra douze groupes de produits.
- Le dernier délai pour la réception des demandes d’admission est fixé au 3i août 1887.
- On peut s’adresser, pour renseignements, au Ministère du commerce et de l’industrie, 244, boulevard Saint-Germain (Direction du personnel et de l’enseignement technique, bureau du personnel et du secrétariat).
- BELGIQUE
- Un grand concours international des sciences et de l’industrie et une exposition internationale d’importation ^et d’exportation s’ouvriront à Bruxelles au mois' de mai 1888 et auront une durée de six mois et demi.
- Le concours aura lieu entre les produits industriels de tous pays, avec primes ea faveur de ceux réalisant, suivant une formule donnée, l’utilisation la plus complète et la plus parfaite de la matière au point de vue de la science et de l’économie.
- L’exposition d’importation et d’exportation comprendra les groupes suivants :
- i01' groupe. — Enseignement spécial.
- 2e groupe. — Arts libéraux.
- 3e groupe. — Arts industriels.
- ADJUDICATIONS
- SERBIE
- Construction d'une maison communale à Z aï t char d
- N° 644. Le Journal officiel de Serbie publie l’information suivante :
- La municipalité de Zaïtchard, désirant construire un édifice destiné à servir en même temps comme maison communale et comme gymnase, cherche un entrepreneur disposant d’un capital d’environ 180,000 francs. Elle payerait 10 p. 0/0 d’intérêt et d’amortissement annuels et donnerait comme garantie de ladite somme une première hypothèque sur les biens de la commune et, en outre, la signature de tous les membres de son conseil.
- BRÉSIL
- Travaux de la barre de Rio-Grande-du-Sud
- N°645. Le Gouvernement brésilien a décidé la mise en adjudication des travaux d’amélioration de la barre de Rio-Grande-du-Sud.
- Le texte français des conditions de cette entreprise est àla disposition des intéressés au Ministère du commerce et de l’industrie, 244, boulevard Saint-Germain (Direction du commerce extérieur, bureau des renseignements commerciaux).
- Le Gérant, GARREAU.
- Tours. — lmp. E. ARR.-lULT et Cie, rue de la Préfecture, 6.
- p.708 - vue 276/496
-
-
-
- Le Moniteur
- DE
- L’EXPOSITION DE i
- Rédaction et Administration : i8f rue Bergère, 18, a Paris
- TROISIÈME ANNÉE,
- Dimanche 17 Juillet 1887.
- NUMÉRO 133.
- SOMMAIRE :
- i. L’Exposition de 1889 et les puissances étrangères ; 2. Les Travaux du Champ-de-Mars ; 3. la Commission decontrôle et desjj finances ; 4. Les voies ferrées du Champ-de-Mars ; 5. Résultat d’adjudication ; 6. Exposé des motifs à l'ap»pui du projet tendant à créer eu 1889 une exposition d’économie sociale; 7. Comités départementaux de la Haute-Marne, de Meurthe-et-Moselle, dtIndre-et-Loire ; 8. L’exposition bibliographique à Rouen ; 9, L’exposition du Havre; io. Une curieuse exposition ; 11. La situation économique et commerciale de la France ; 12. Les expositions étrangères; i3. Le Métropolitain; [4. Le langage universel; i5. Les Livres; 16. Avis commerciaux.
- L’EXPOSITION DE 1889
- ET LES PUISSANCES ÉTRANGÈRES
- Suisse
- Le Conseil fédéral a reçu l’invitation officielle du gouvernement français, relative à la participation de la Suisse à l’Exposition universelle de 1889.
- Les conditions nouvelles qui fixent l’exposition des produits par catégories et classes, et non par nationalité, obligent le Conseil fédéral à soumettre la question à une commission des délégués de l’industrie. suisse. .
- Cette commission se réunira le 16 courant à Berne, sous la présidence de M. Deucher, chef du département du commerce.
- *
- * ¥•
- Italie
- Le comité indépendant italien qui s’est formé en vue de l’Exposition déploie la plus grande activité. Il a déjà tenu trois séances fort importantes. Au cours de la troisième qui a eu lieu mardi dernier, il a discuté et arrêté les grandes lignes d’un appel qu’il compte adresser au pays. — Puis, le président, M. Villa, a fait connaître les adhésions qu’il avait reçues depuis la précédente séance.
- Parmi les nouveaux membres, nous citerons le prince Sciarra, MM. San-Donato, Nicotera, Guic-ciardini, Bonghi et Seismit-Dota, députés ; M. Alfieri, sénateur; M. Tullo, sénateur et membre du jury des beaux-arts à l’Exposition de 1878; M. le comte Sacconi, architecte; le docteur Trocchi, président de la chambre de commerce de Rome, etc.
- Le président donne communication d’une lettre de M. le sénateur Massarini qui applaudit « à la « pensée et à l’intention de stimuler le concurs « libre du pays à l’Exposition de 1889, convoquée « par une nation amie et touchant nos frontières, « qui s’apprête à célébrer dignement par la com-« pétition pacifique et féconde du travail une date « ineffaçable dans les fastes de la liberté. » A cette lettre est jointe une souscription de 1,000 francs.
- On fait ensuite connaître à l’assemblée que les premières adhésions des chambres de commerce sont celles de Palerme, Turin, Naples, Modène et Milan.
- M. Villa estime qu’il suffira d’une somme de deux millions pour assurer une digne représentation de l’Italie à Paris.
- Le gouvernement joindra ses démarches à celles du comité pour obtenir des compagnies de chemin de fer les plus grandes facilités pour le transport des marchandises et le voyage des exposants .
- Il est résolu que toute personne qui souscrirait 100 francs ou plus ferait partie du comité; on procédera à la formation du comité définitif quand on aura rassemblé la somme de 5oo,ooo francs.
- De son côté, la société des viticulteurs italiens s’est réunie sous la présidence, du député Berti et a décidé d’organiser à Paris une exposition des meilleurs vins italiens dans la section d’alimentation de l’Exposition universelle.
- En outre, un groupe d’Italiens résidant à Paris ont été réunis par M. Magagna, président de la Chambre de commerce d’Italie à Paris. Ils ont émis le vœu de former un comité qui se mettra en relations avec les comités d’Italie. M. Magagna doit prendre les dispositions ultérieures nécessaires à la réalisation de ce vœu.
- Voici le manifeste que vient de publier la commission exécutive du comité national pour la participation de l’Italie à l’Exposition universelle de Paris (tel est le titre adopte définitivement par le comité).
- Rome, le 7 juillet 1887
- Aux Italiens,
- La France, célébrant en 1889 une date mémorable de son histoire, invite tous les peuples civilisés à entonner avec elle un hymne solennel aux conquêtes de la paix et du travail.
- La voix de la France vient à propos secouer l’Europe de son silence craintif, qui n’est, depuis longtemps, rompu que par le travail enfiévré des arsenaux, et la soulager des préoccupations inquiètes d’une politique occupée partout à former des armées et à renforcer des douanes, pour l’appeler à une lutte la seule vraiment généreuse et digne.
- Les Italiens ne peuvent manquer à cette grande réunion, à*cette revue solennelle de tout ce que la science, l’art, l’industrie ont pu créer dans les formes variées inspirées par le génie, le caractère, les forces morales et économiques de chaque peuple.
- A l’action du gouvernement, qui s’abstient d’une participation officielle, mais qui déclare en même temps que « le concours des particuliers sera facilité de la façon la la meilleure et la plus efficace », il importe de substituer l’initiative spontanée que l’esprit et le cœur des citoyens savent, dans leur merveilleuse intuition, apporter à la réalisation de toute œuvre digue d’un peuple libre et civilisé.
- Et telle est l’œuvre qui consiste à révéler au monde ce que nous avons pu accomplir sous les rayons bienfaisants de la liberté, et depuis que nous avons pu nous élever à Rome à la dignité de nation, dans nos instituts scientifiques, dans nos établissements d’éducation, dans les formes multiples de l’assistance publique, dans les œuvres de l’art, dans les produits de l’industrie.
- Nous pourrons ainsi montrer l’immense trésor de forces que nous recueillons et développons dans les écoles et dans les laboratoires, et nous mesurer sans jactance et sans crainte avec les autres nations, pour en tirer d’utiles enseignements, et une émulation utile à l’amélioration et au progrès.
- Pour obtenir que ce concours soit conforme à la dignité et à l’intérêt du pays, et surtout qu’il s’organise avec unité d’idées, nous avons cru devoir constituer un comité qui provoque de la façon la plus conforme au but élevé que nous nous proposons, la participation des Italiens à l’Exposition universelle de Paris.
- Nous nous adressons aux Instituts scientifiques, aux Académies de beaux-arts, aux chambres de commerce, aux comices agricoles, aux associations ouvrières, à tout autre corps représentant une forme spéciale de l’activité nationale, pour qu’ils s’occupent à recueillir les éléments nécessaires à l’entreprise, et à provoquer surtout le concours de tous ceux qui ont foi dans les forces productrices du pays et savent que la nouvelle Italie associe aujourd’hui aux souvenirs de sa grandeur antique la ferme volonté de conquérir sa
- place d’honneur parmi les peuples laborieux et civilisés.
- C’est avec ces sentiments que l’Italie ressuscitée, l’Italie qui étudie, l’Italie qui travaille, envoie, des bords du Tibre, un salut affectueux à la France. Elle est sûre que dans l’embrassement symbolique des deux drapeaux qui s’élèveront sur le Troca-déro, éclairés par le même rayon de soleil, le cœur des deux nations se rappellera les liens qui les unissent dans leurs origines, dans l’histoire et dans l’avenir.
- Pour la commission :
- T. Villa, A. Branca, Gallo, Pavesi, Pian-ciani, T- Gentil!, secrétaire.
- En outre des six personnes qui ont signé le manifeste, ont été appelés jusqu’à présent à faire partie de la commission :
- MM. Roux, Sciarra, Baccarini, Giusso, Colombo Pascolato et Salandra.
- Les personnes suivantes ont jusqu’à présent accepté de faire partie du comité central :
- MM. marq. Alfieri di Sostegno, sénateur; comte Annoni, président de la caisse d’épargne de Milan, sénateur ; les députés Boselli, Baccarini, Branca, Ballenzano, Bonghi, Berti, Compans, Cavalieri avv., A . Chiaves, De Zerbi, de Renzis, De Riseis, Di Breganze, Del Vecchio, Ferri Felice, Ferrari Luigi, Florenzano, Gallo Ü., Giampietro, Guicciardini, Gagliardo, Giusso, Lucca, Luzzatti Luigi, Miceli, Nicotera, Napodano, Pianciani, Petroni, Pavesi, Raggio, Roux Luigi, Seismit-Doda, Golonna-Sciarra, Salandra, Sardi, Di San Donato, de Seta, Toaldi, Trinchera, Villa, Solinas-Apostali ; les sénateurs Massarani T., Paternostro, Di Sambuy.
- *
- * *
- Angleterre
- Les membres du parlement anglais viennent de recevoir un Livre bleu contenant la correspondance échangée entre les cabinets de Londres et de Paris au sujet de la participation de l’Angleterre à l’Exposition universelle de 1889.
- Le premier document de ce Livre bleu date du mois de novembre 1884; lord Lyons communique au cabinet anglais le décret du président de la République française fixant l’ouverture, à Paris, d’une Exposition universelle au b mai 1889. Lord Lyons appelle en même temps l’attention de son gouvernement sur le fait que, d’après le rapport ministériel qui précède le décret du président, l’année 1889 a été choisie pour l’Exposition surtout à cause de sa coïncidence avec le centenaire de la Révolution française de 1789.
- Au mois de février 1886, le chef du Foreign-Offtce pose à lord Lyons, d’une façon catégorique, cette question : « L’Exposition projetée a-t-elle pour but de célébrer la Révolution de 1789 f »
- L'ambassadeur anglais répond en reproduisant la partie du rapport ministériel qui a trait à cette question et qui contient le passage suivant ; « Cette date (de 1889) semblait, en effet, indiquée par la périodicité de onze à douze ans qui s’était établie entre les dernières Expositions. Elle l’était bien pins encore parce qu’elle devait coïncider avec le centenaire d’une hégire chère au patriotisme français. »
- Au mois de juillet 1886, lord Lyons communique à son gouvernement la loi relative à l’Exposition universelle de 1889 qui venait d’être votée par les Chambres et les décrets relatifs à son organisation et, le 21 mars i8S5, M. Waddington écrivait en ces termes à lord Salisbury pour lu>' demander la réponse du gouvernement anglais :
- Mon gouvernement me charge de notifier au gouvernement de la reine l’ouverture de cette Exposition, en faisant appel à sa coopération. Il
- p.709 - vue 277/496
-
-
-
- 7io. — Troisième Annee. — N° i 33.
- attacherait un prix tout particulier à ce que la Grande-Bretagne, et avec elle toutes ses colonies, y participassent largement ; de leur concours si pre'cieux dépend, en effet, pour une grande part, le succès de cette œuvre de paix et de travail.
- Au cas où l’intervention officielle du gouvernement de la reine ne pourrait être accordée, l’assurance de son appui officieux en vue de donner aux documents relatifs à l’Exposition toute la publicité désirable et de garantir à ses nationaux toutes facilités, notamment en matières de transports et de règlements douaniers, serait accueillie avec satisfaction par le gouvernement français.
- Le marquis de Salisbury répondit, le 28 mars, que la question allait être soigneusement examinée, et, le 6 mai, il donnait à M. Waddington la réponse définitive suivante :
- Foreign-Office, 6 mai 1887.
- Monsieur l’ambassadeur,
- En me référant à ma lettre du 28 mars, j’ai aujourd’hui l’honneur d’informer Votre Excellence que le gouvernement de la reine n’a pas l’intention de profiter de l’invitation que le gouvernement français a bien voulu lui adresser de participer officiellement à l’Exposition internationale qui doit avoir lieu à Paris en 1889.
- En vous faisant cette communication, monsieur l’ambassadeur, je puis vous assurer, et vous prie de vouloir bien transmettre cette assurance au gouvernement français, que le gouvernement de la reine sera très heureux d’octroyer toutes facilités aux exposants qui désireraient envoyer leurs produits ou contribuer sous d’autres rapports à l’œuvre projetée.
- Agréez, etc.
- Salisbury.
- LES TRAVAUX DU CHAMP-DE-MARS
- Voilà le montage de la tour en pleine activité et ce fait donne un premier démenti aux quelques incrédules endurcis qui prétentent que cet édifice colossal ne se fera pas. A la façon dont les chantiers sont organisés et dont le travail est conduit, il est à présumer que rien ne viendra entraver cette œuvre sans précédent. Quoique absolument convaincu de la réussite de l’entreprise, nous n’en suivrons pas moins avec une pointe d’anxiété les progrès successifs jusqu’au moment où les quatre montants, se réunissant à la hauteur de la première plateforme, viendront se prêter un mutuel appui et former un ensemble solide offrant une base inébranlable aux constructions des parties plus élevées ; c’est en effet dans l’élévation des grands arceaux du premier étage que résident les réelles difficultés a’exécution, car les précautions à prendre seront nombreuses pour éviter que ces énormes montants métalliques, s’élançant en porte à faux dans le vide, jusqu’à une hauteur de 6om, ne soient entraînés par leur poids, sans cesse croissant, et ne fléchissant avant d’atteindre leur point de jonction : pendant 5 à 6 mois on aura là un spectacle des plus intéressants où les ingénieurs puiseront plus d’un enseignement utile en étudiant les procédés employés par leur habile et audacieux confrère.
- Bien que le montage soit commencé depuis quinze jours, il restait encore quelques petites choses à terminer aux massifs du pilier n° 1 ; au jourd’hui ces maçonneries sont complètement terminées et leur achèvement marque la clôture définitive du travail des fondations dont les phases successives nous ont si vivement intéressés pendant cinq mois. Quoique ayant noté d’une façon régulière chaque semaine les différentes périodes de ces constructions, nous ne croyons pas inutile de rappeler à nos lecteurs, dans un résumé succinct, tout ce qui a été fait depuis que le terrain a été livré à M. Eiffel, ils auront ainsi,condensé en quelques lignes, les renseignements, chiffres ou dates dont ils pourraient avoir besoin (1).
- L’emplacement réservé aux chantiers de la tour fut remis au constructeur le 28 janvier et immédiatement on s’occupa simultanément de placer les barrières de clôture et de déterminer sur le sol la position des divers ateliers, le centre de la tour se trouvant à i6om du bord de la Seine, dans le prolongement du pont d’Iéna et les piliers, représentés par des carrés de 3o“ de côté, se trouvant à ioo“ les uns des autres, dis-
- (1) Ces renseignements ont été communiqués par M. Eiffel à la société des ingénieurs civils dans la séance du 6 mai 1887.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 18S9
- tance mesurée d’axe en axe ; ceux du côté de l’eau reçurent les nos 1 et 4 et ceux du côté de l’Ecole militaire les nos 2 et 3.
- On creusa de suite les fondations en attaquant le terrain, à l’emplacement de chaque massif, sur une surface de 35m de côté et en poussant les fouilles jusqu’à la cote + 27, hauteur du plan d’eau de la Seine. Ace moment on fit des sondages supplémentaires pour s’assurer de l’état du sous-sol et chercher jusqu’à quelle profondeur il fallait s’enfoncer pour trouver un terrain capable de résister d’une manière certaine à l’énorme pression exercée par la tour et ses maçonneries; ces sondages firent connaître que pourles pieds nü 2 et 3 la couche de sable et de gravier qui commençait à la cote + 27 avait en ce point une épaisseur de 6m plus que suffisante pour ne pas céder ; on put alors établir la partie inférieure des fondations consistant, pour chaque pied, en quatre massifs de béton de 2m d’épaisseur sur iom de longueur et 6,n de largeur, ces massifs sont disposés suivant ladirec-tion de la projection horizontale des montants de la tour, c’est-à-dire qu’ils forment un angle de 45° avec l’axe longitudinal du Champ-de-Mars ; quant au béton il est fait en ciment de Bourgogne dans la proportion de 2 5o kilospar mètre cube de sable.
- Pour les pieds nos 1 et 4, à la cote -j- 27, on se trouvait dans des terrains vaseux et marneux provenant des alluvions récentes de la Seine, il ne fallait donc pas songer à fonder sur ce terrain ; de plus, les sondages ordinaires ne donnaient pas avec assez d’exactitude la nature des couches et le point où on rencontrait le bon sol, on eut alors recours à un sondage à l’air comprimé au moyen d’un cloche de im5o de diamètre ; on constata que la couche de sable et gravier se trouvait à la côte -j-22 et qu’au-des-sous-il n’y avait que du sable pur, du grès ferrugineux et du calcaire chlorite dont l’ensemble formait une assise complètement incompressible d’une épaisseur variant entre 3 et 6 mètres. Il fut décidé que le béton viendrait prendre appui sur la couche de sable et gravier et pour opérer en toute sécurité, on exécuta ces fondations à l’air comprimé en implantant, sur l’emplacement de chaque massif, un caisson en tôle de i5 mètres de long sur 6 mètres de large.
- Nous ne reviendrons pas sur ce que nous avons déjà dit au sujet de ce travail, cela nous entraînerait trop loin, faisons seulement remarquer que la descente des caissons s’opéra sans aucune difficulté sinon sans peine et que c’est grâce à ce système qu’on put aisément venir à bout de l’extraction d’anciennes maçonneries qui se trouvaient dans la fouille du pilier n° 1 ; du reste, comme l’a fait remarquer M. Eiffel, l’emploi de l’air comprimé dans bien des cas et notamment dans celui qui nous occupe donne une telle facilité pour le travail, une telle certitude du résultat et fait gagner tant de temps qu’il n’y avait pas lieu d’hésiter à l’appliquer et . les services rendus ont compensé et au delà l’excès du prix de revient de ce mode de fondation sur les méthodes à l’air libre ; il est de fait . que, sans l’emploi des caissons, jamais onn’eût terminé aussi vite et aussi bien cette entreprise qui, commencée le Ier avril, a été achevée en deux mois; encore dans ce laps de temps a-t-on élevé une bonne partie des massifs proprement dits.
- Si on reprend les chiffres que nous venons de donner, on voit que le tube total des fouilles pour les quatre pieds est d’environ 45,000 mètres cubes et que celui du béton nécessaire à la partie inférieure des massifs dépasse 6,000 mètres.
- A mesure de l’achèvement des assises inférieures en béton, on procéda à la construction simultanée des seize massifs et des murs d’enceinte de chaque pied ; ces maçonneries furent exécutées en pierre de Souppes hourdée en mortier de ciment et on les éleva jusqu’à la cote +36, ce qui donne pour épaisseur totale des fondations g mètres aux piliers nos 2 et 3 et 14 mètres aux piliers nos 1 et 4.
- Toutes ces dimensions n’ont naturellement pas été prises au hasard ; elles résultent, au contraire, de calculs très sérieux et parfaitement contrôlés, basés, notamment pour les surfaces, sur la pression que le terrain de fondation pouvait supporter sans danger. Cette pression, une fois la tour construite, ne dépassera pas même, par les plus grands vents, 3 kilog. 7 pour les pieds nos 1 et 4 et 3 kilog. 3 pour les pieds nos 2 et 3: on se trouve comme on le voit
- Dimanche 17 Juillet 1887.
- dans d’excellentes conditions et la sécurité est augmentée par l’emploi du béton qui, assurant une prise rapide, évite les tassements qui se produisent toujours dans les maçonneries ordinaires.
- Pendant la construction des massifs, un travail qui demanda beaucoup de soins fut la mise en place des boulons d’ancrage longs de 7m8.o et ayant omio de diamètre qui, par l’intermédiaire de forts sabots en fonte fixés à leur base et de quelques fers à T, font complètement corps avec les maçonneries dans l’intérieur desquelles ils répartissent uniformément les différents efforts dus au montage des arbalétriers. Ces boulons étant complètement noyés dans les massifs, il fallait qu’ils fussent placés avec l’exactitude la plus rigoureuse et comme, quelles que fussent les précautions prises, il pouvait encore exister de petites variations, on les entoura d’un tube en fonte d’un diamètre supérieur au leur dans lesquels ils pouvaient jouer quelque peu et qu’on emplit en dernier lieu avec du ciment pur qui encastra définitivement les boulons.
- Ces tiges d’ancrages, sortant normalement de la surface des maçonneries, sont dirigées suivant l’inclinaison des montants de la tour et délimitent, quatre par quatre, un carré de i5 mètres de côté.
- Les massifs et les murs d’entourage destinés à supporter les soubassements donnent un total de 6,000 mètres cubes environ.
- Notons encore que chaque massif central est évidé pour servir de logement à la cage de l’ascenseur; que, dans le pied n° 3, l’espace compris entre les massifs et les murs d’entourage restera vide pous recevoir les machines, et disons enfin que l’écoulement de l’électricité atmosphérique dans le sol est assuré par des-tuyaux de fonte de ora5o de diamètre qui, reliés-à la masse de la tour, vont se perdre bien au-dessous de la couche aquifère.
- Pour terminer ce résumé, nous n’avons plus qu’à rappeler le travail nécessité par le remblaiement des piliers, par le nivellement du sol, par la pose, sur chaque massif, de son couronnement en pierre de Château-Landon, dont la résistance à l’écrasement est de 1,23 5 k. par cent, carré, et enfin par la mise en place des. sabots de fonte du poids de 7 tonnes qui, présentant une cavité intérieure, pourront servir à loger une presse hydraulique de la force de 800,000 kilog. destinée à contre-balancer l’effet du tassement s’il venait à s’en produire.
- L’historique des fondations étant terminé, nous voici ramenés au travail actuel du montage qu’on fait simultanément sur les quatre pieds, mais c’est celui n° 2 qui est le plus avancé, car les premiers tubes rectangulaires étant déjà tous posés et reliés par les entretoises inférieures on peut se rendre un compte très exact de l’aspect que présenteront les montants de l’édifice.
- On a amené sur le chantier une provision assez considérable de pieux en bois avec pointe de fer qui doivent être, au moyen d’une sonnette à vapeur, enfoncés dans le sol près de chaque pilier afin de fournir un appui absolument sûr aux charpentes qui maintiendront les tubes métalliques jusqu’au moment de leur réunion et aideront même à leur élévation.
- La vue que nous publions aurait dû paraître la semaine dernière, mais un retard apporté au tirage des épreuves nous a mis dans l’obligation d’attendre jusqu’à aujourd’hui ; nous avons vivement regretté ce contre-temps car cette photographie était une actualité au premier chef; malgré cela, elle n’en reste pas moins intéressante comme marquant une période décisive dans la construction de la tour : le début du montage de la partie métallique.
- Cette vue représente le pilier n° 2 sur lequel s’élève le premier tube ainsi que les divers accessoires ayant servi à le mettre en place ; M. Eiffel, qui se trouvait làau moment de l’opération, a bien voulu ne pas quitter son poste, ce qui a permis d’avoir sur la même gravure hauteur et une portion de son œuvre.
- Dans les autres chantiers le travail a continué d’une façon régulière malgré la chaleur qui, réellement accablante, fatigue un peu les ouvriers ; pour les aider à supporter cette température torride on leur distribue une boisson faite avec de la gentiane et du rhum mis dans de l’eau ; nous avons voulu goûter à ce rafraîchissement et, comme nous étions à parcourir le Champ-de-Mars en plein soleil depuis un bon moment, il nous a fait grand plaisir ; pourtant
- p.710 - vue 278/496
-
-
-
- Troisième Année. — N'? i33.
- LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE 1SS9
- Dimanche 17 Juillet 1SS7. — 711.
- nous ferons néanmoins une petite remarque au sujet de la teneur en alcool. Evidemment on ne pouvait nier qu’il n’y en eût, mais nous pensons que ceux qui sont chargés du dosage n’auront jamais à se reprocher un cas de delirium tre-mens quand même ils augmenteraient un peu la proportion de rhum, ce qui ne saurait nuire à la santé des ouvriers que des transpirations continuelles affaiblissent beaucoup.
- MM. Appay, Versille et Muguet travaillent toujours aux terrassements du jardin central, ils espèrent que tout ce qui leur incombe sera achevé dans le courant du mois d’août.
- Les installations de M. Manoury, pour les fondations du palais des machines, sont pres-ue entièrement achevées, les fouilles sont conçûtes activement et les matériaux commencent même à arriver sur le terrain.
- On a encore monté cette semaine une certaine quantité de fermes de 2 5 m. dont le nombre total s’élève aujourd’hui à 260 ; d’autre part, la mise en place des pièces de la toiture se poursuit d’une manière régulière et marche de pair avec le montage.
- H. DE BAECKER.
- LA COMMISSION DE CONTROLE ET DE FINANCES
- La commission supérieure de l’Exposition (commission des 4a) s’est réunie vendredi, à 11 heures, sous la présidence du ministre du commerce.
- Le rapport de M. Gay sur les traités à faire pour la distribution de la force motrice a été approuvé. La commission s’est occupée ensuite des demandes faites en vue d’une exposition ouvrière spéciale.
- Elle a décidé en principe que les syndicats et les ouvriers exposeront dans les mêmes conditions que les industriels, puis elle a chargé en même temps la sous-commission des finances de lui faire un rapport sur les moyens de faciliter les efforts faits par les syndicats et les ouvriers isolés.
- LES
- VOIES FERRÉES DU CHAMP-DE-MARS
- M. Gragnon, préfet de police, conformément à la demande du directeur général des travaux de l’Exposition universelle de 1889, a autorisé la circulation sur des voies ferrées du matériel (wagons et machines) destiné à desservir l’Exposition.
- Ces voies ferrées seront construites en travers de l’avenue de Suffren et de la voie transversale du Champ-de-Mars.
- La circulation des trains et des marchandises pourra avoir lieu à toute heure du jour et de la nuit, mais sous certaines conditions.
- RÉSULTAT D’ADJUDICATION
- Lundi 11 courant, à une heure, il a été procédé, au tribunal de commerce, par les soins du conseil de préfecture, à l’adjudication publique, en un lot, des travaux de charpente en bois et grosse menuiserie à exécuter en location pour les combles des galeries des expositions diverses et de leurs annexes, dans le Champ-de-Mars.
- Les travaux, évalués à 336,047 fr. 8°? ont ,été adjugés à M. Sylvain Poirier, moyennant un rabais de 24 fr. 80 0/0.
- EXPOSÉ DES MOTIFS
- A l'appui du projet tendant à créer à l’Exposition universelle de 188g, une exposition d’économie sociale.
- La préoccupation du sort du plus grand nombre est certainement un des traits qui caractérisent et qui honorent le dix-neuvième siècle et en particulier ses dernières années.
- Elle ne pourrait donc pas ne pas se refléter dans l’Exposition de 1889. A côté du produit, il importe d’y montrer la situation actuelle du producteur, ce qui a été fait par le concours de toutes les initiatives pour améliorer cette situation, et ce qui reste encore à faire.
- Il ne suffirait pas d’appliquer ici, à l’occasion du centenaire de 1789, le programme ordinaire des expositions universelles.
- Rassembler souslesyeux du public les merveilles du travail humain, les découvertes de la science, les chefs-d’œuvre de l’art et l’enseignement qui transmet aux générations futures les leçons du passé (i), c’est n’accomplir qu’une partie de la
- (1) Classes 6,^ 7 et 8 de la classification générale. — La classe 64 comprend l'hygiène et l’assistance publiques. La classe 16 mentionne les habitations ouvrières accessoirement, avec les plans et modèles du génie civil.
- tâche imposée à notre pays par une telle solennité nationale.
- L’anniversaire séculaire de 89 étant à la fois politique et social, il convient de le célébrer à ce dernier point de vue par la réunion de tous les changements heureux, de tous les exemples mémorables, de toutes les institutions bienfaisantes et prospères qui, grâce à la pratique judicieuse des lois de l’économie sociale et industrielle, ont procuré au peuple des éléments nouveaux de bien-être moral et matériel dans le présent et de sécurité pour l’avenir.
- Il serait bon de démontrer ainsi, par les faits, d’une manière éclatante, que, sous l’empire du droit moderne et de la liberté de l’industrie, d’immenses progrès, trop souvent ignorés, se sont accomplis pendant trois quarts de siècle et se poursuivent chaque jour, sans violence, même sans bruit, par le mouvement naturel des mœurs, la pression irrésistible de l’opinion publique et le triomphe pacifique des idées justes. Il faudrait rappeler, en même temps, ce qu’était la condition des travailleurs à une époque où, livré aux entraves de la réglementation administrative, et aux abus de la fiscalité, le travail était plus souvent accablé que protégé parle régime des corporations.
- On ne saurait mieux glorifier aujourd’hui l’œuvre de 1789 et l’affranchissement de l’industrie par la Révolution française qu’en montrant les résultats admirables produits dans le monde entier par l’essor de l’indépendance individuelle librement combinée avec le principe d’association ; ce serait le tableau complet d’une des plus graves évolutions économiques et sociales de l’humanité.
- On atteindrait ce but en créant à l’Exposition universelle de 1889 un nouveau groupe, exclusivement consacré à l’économie, sociale, qui comprendrait, dans un nombre suffisant de classes, l’ensemble des sources du bien-être et le tableau complet des institutions de prévoyance, l’habitation, la coopération sous toutes ses formes. Un comité spécial d’organisation serait institué à cet effet.
- On mettrait ainsi en relief toutes les institutions créées soit par les chefs d’industrie en faveur de leurs ouvriers, soit par les ouvriers eux-mêmes, soit par l’Etat ou les villes, pour améliorer la condition physique et morale des citoyens, les habituer à l’épargne, leur faire connaître les avantages de la mutualité, stimuler leur initiative et, en leur procurant des logements salubres, faciliter les moyens d’en devenir propriétaires. On signalerait à l’attention publique d’utiles exemples et, par la propagande efficace qui s’appuie sur l’expérience acquise et les faits bien constatés, on contribuerait à développer la bonne harmonie entre tous ceux qui coopèrent aux mêmes travaux.
- Pour préparer l’exposition d’économie sociale, il serait nécessaire de recourir à une enquête préalable.
- Quand il s’agit d’objets matériels on sait de suite où s’adresser pour trouver les produits et les producteurs, qui sont en général désignés par leur notoriété.
- D’ailleurs, les expositions antérieures ont fait l’éducation générale, tracé des règles, établi une sorte de jurisprudence qui guide et abrège les opérations.
- Il n’en est plus de même pour une exposition d’économie sociale. L’idée est en partie neuve et réclame dès lors une élaboration spéciale. D’un autre côté, il faut, pour lui faire porter tous ses fruits, frapper à toutes les portes, aller à la découverte de toutes les initiatives, de tous les mérites, même de ceux qui s’ignorent ou se dérobent. C’est dire que la préparation des matériaux de cette exposition particulière sera forcément lente et laborieuse, qu’elle exigera le concours de tous les bons vouloirs et de toutes les compétences et qu’il n’y a pas un moment à perdre pour l’entamer.
- Si on livrait cette enquête au hasard des inspirations individuelles, on se trouverait plus tard en face de réponses disparates, qui se croiseraient sans se rencontrer, et qu’on ne pourrait ajuster dans une œuvre définitive. Un pareil travail ne sera efficace qu’à la condition d’être conduit de haut et avec méthode. C’est à l’administration qu’il appartiendra de dresser avec soin un questionnaire assez large pour se prêter aux exigences multiples et complexes de la pratique, assez précis pour guider les réponses qui viendraient se ranger méthodiquement dans les divisions et sub-divisionstracées d’avance.
- De cette manière le dépouillement des dossiers de l’enquête sera facilité, les éléments recueillis seront comparables, et le relevé qui en présentera le tableau synoptique formera un inventaire complet et impartial de la question économique et sociale à ia fin du dix-neuvième siècle, de ses transformations successives, de son état actuel et de ses desiderata.
- En même temps cette enquête servirait à prononcer l’admission des exposants, à organiser leur exposition et à classer, d’après les bases à déterminer, leurs mérites respectifs en vue des récompenses qui leur seront décernées ultérieurement .
- Cette enquête devra être décentralisée ; on ne voit bien les choses qu’à la condition de les voir de près. Il semble donc que cette tâche revienne, dans chaque département, au comité départemental qui, aux termes de l’arrêté réglementaire du 3 novembre 1S86, pourrait, sur la proposition du préfet, être complété dans ce but, si c’était nécessaire, par des membres adjoints désignés par leur compétence en ces matières.
- Le comité départemental serait d’ailleurs invité à recueillir les dépositions écrites de toutes les personnes, sans en exclure aucune, qui voudront prendre part à l’enquête, et à s’adresser, pour provoquer leur réponse, à celles dont le concours lui paraîtrait désirable.
- Après avoir contrôlé, s’il y a lieu, ces divers documents par des observations directes, le comité devra les coordonner et les présenter pour le département, dans un tableau d’ensemble, auquel seront jointes d’ailleurs les réponses originales, et qui pourra, conformément à l’article O de l’arrêté précité, être envoyé directement par le président du comité départemental au directeur général de l’Exposition.
- Il y a lieu d’espérer que cet exemple sera suivi à l’étranger, et que, dans chaque pays, les sociétés savantes adonnées à ce genre d’études, les groupes industriels ou agricoles voudront bien, pour leur région respective, ouvrir une enquête analogue et sur les mêmes bases, de manière à rendre les résultats partout comparables.
- Le questionnaire serait donc une des premières manifestations à faire d’urgence pour produire en public l’idée de la nouvelle exposition et y associer tous ces bons vouloirs prêts à surgir et à s’affirmer dès qu’on leur demandera leur concours en faveur de ces questions qui tiennent aujourd’hui la première place dans les préoccupations de l’opinion publique.
- Outre ses autres avantages, cette enquête présentera aussi celui d’offrir à beaucoup de gens qui se plaignent que leurs idées soient comme étouffées par la conspiration du silence, l’occasion de venir les exposer au grand jour.
- Pour la masse des travailleurs, l’enquête apparaîtra comme un témoignage de l’intérêt qu’inspire leur situation ; elle leur mettra sous les yeux le chemin parcouru depuis un siècle, les améliorations successives déjà réalisées et les tentatives faites de divers côtés pour en obtenir de nouvelles.
- Avec la puissance que lui donnera l’observation méthodique, elle fera ressortir les succès et les échecs et dégagera la vérité. Elle fournira des données précieuses à utiliser par le législateur pour l’élaboration des lois qui s’appuieront, non sur des conceptions abstraites et parfois trompeuses, mais sur le terrain solide de l’expérience et de la consécration pratique par les faits.
- Peut-être même ces données pourraient-elles servir à jeter plus tard les bases de ces traités internationaux en matière de travail, dont l’idée, déjà émise par le regretté Jean Dollfus, en 1866, devant la société industrielle de Mulhouse,, a été reprise par M. Wolowski àl’Assemblée nationale le 5 février 1873, puis par l’illustre J.-B. Dumas, dans une pétition présentée le 18 mars suivant à la même Assemblée, au nom de la société de protection des apprentis.
- Cette enquête se recommande donc par des avantages intrinsèques ; de plus, elle servira de préface et de préparation à l’exposition projetée.
- Comme l’enquête elle-même, l’exposition d’économie sociale devra s’appliquer, non seulement à l’industrie, mais encore à l’agriculture, et faire à cette dernière une part en rapport avec son importance économique et sociale.
- En organisant l’installation de l’exposition nouvelle, on devra s’attacher à parler aux yeux en même temps qu’à l’esprit. Par exemple, pour l’importante questiondes habitations économiques, il sera bon d’installer des spécimens de grandeur naturelle, que les exposants tiendront certainement à construire eux-mêmes, et qui pourront recevoir le mobilier le mieux adapté comme hvgiène et bon marché aux besoins de la famille ouvrière.
- Quant aux matières qui comportent surtout des documents, des rapports, des statistiques, il conviendra de les « illustrer » autant que possible par des cartes, des plans en relief, des tableaux graphiques, de manière à rendre sensibles aux regards des visiteurs les faits qui, pour la plupart d’entre eux, courraient risque de rester stérilement enfouis sous les chiffres.
- Un autre moyen d’une puissante efficacité pour féconder l’enquête et l’exposition consistera dans des congrès et des conférences sur les résultats que l’une et l’autre auront mis en relief. Aussi conviendrait-il de rattacher ces congrès et ces conférences à l’organisation projetée.
- Bien que le projet qui nous occupe ne touche que par un côté spécial aux congrès et conférences prévus par l’article 5 de l’arrêté ministériel du 26 août 1886, il sera peut-être permis d’exprimer ici le vœu que les sociétés savantes, qui tiendront à honneur d’y prendre part à l’envi, soient invitées à mettre toutes sur leur programme : d’abord, l’étude rétrospective des progrès qu’a faits, au cours du siècle écoulé depuis 1789, la science
- p.711 - vue 279/496
-
-
-
- 712. — Troisième Année — N° 133
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1SS9
- Dimanche 17 Juillet 1^87.
- qu’elles représentent, puis la biographie sommaire des hommes dont le nom s’y rattache ; enfin, l’énoncé des problèmes non résolus à l’heure actuelle, et que le présent lègue à l’avenir. Gomme on le demandait tout à l’heure pour l’enquête, l’uniformité et l’ordre du programme sont ici encore des conditions essentielles du succès. Si toutes les sociétés de France et de l’étranger voulaient bien s’astreindre à un cadre dressé méthodiquement (1) le rapprochement de leurs travaux constituerait une encyclopédie qui serait un véritable monument international élevé en l’honneur de l’esprit humain.
- Le projet d’arrêté ministériel qui suit le présent exposé des motifs, indique les principales .conditions qui devraient présider à l’organisation de l’enquête et de l’exposition d’économie sociale.
- Le projet de classification qui l’accompagne a été établi en rangeant ensemble autant que possible les instructions et les questions qui se rattachent à un meme ordre d’idées. On a ainsi obtenu 1 5 sections, dont les divers alinéas ont été rédigés de manière à ne pas préjuger les solutions, à ne pas affirmer de préférence préconçue et systématique, en un mot, à ne pas quitter le terrain scientifique de l’observation. La nomenclature semble d’ailleurs à la fois assez précise et assez compréhensive pour fournir les grandes divisions du sujet, sur lesquelles viendront aisément se grouper tous les détails secondaires et toutes les variétés locales, non seulement pour, la France, mais encore pour les autres pays.
- COMITÉ DÉPARTEMENTAL
- HAUTE-MARNE
- i° Sous-comité de F arrondissement de Chaumont
- MM. Dutaillv, député.
- Steenackers, député, le conservateur des forêts, l’ingénieur en chef des mines, l’inspecteur d’académie, l’ingénieur en chef des ponts et chaussées, le directeur des contributions indirectes, le directeur des postes et télégraphes, le professeur départemental d’agriculture. Bolut, secrétaire général de la société d’horticulture, horticulteur à Chaumont. Cavaniol, imprimeur, président du conseil d’arrondissement, adjoint au maire de Chaumont.
- Darey, coutelier à Biesles.
- Dubé, président de la société d’horticulture à Chaumont.
- Dupuis fils, architecte, capitaine des pompiers à Chaumont.
- Guillemin-Renaud, coutelier à Nogent. Henriot, conseiller d’arrondissement, avoué à Chaumont.
- Lauroy, conseiller d’arrondissement, maire de Dancevoir.
- Lisse, négociant, président de la Lyre chau-montaise et de la société de gymnastique, conseiller municipal à Chaumont, de Montrol, président de la société d’agriculture à Chaumont, conseiller général à Juzennecourt.
- Renard (Henry), agriculteur, membre du comice agricole de Nogent, conseiller d’arrondissement à Lanques.
- Renard (Louis), agriculteur à Vaudinvilliers-.-Ripert, industriel agriculteur (fromagerie) à Vignory.
- Rolland, directeur de l’école d’agriculture de Saint-Bon.
- Simon (Samuel), marchand de chevaux, membre délégué de l’Etat aux jurys des concours régionaux, conseiller municipal à Chaumont.
- Svmon, maître de forges, tréfileur à Manois. Thomachot, coutelier à Nogent.
- Tréfousse, mégissier, fabricants de gants, maire à Chaumont.
- Ulmo, maître de forges à Rimaucourt. Wichard, maître de forges, membre de la chambre consultative des arts et manufac-tures#de Joinville à Nogent.
- Wichard, quincaillier à Charmoilles.
- 20 Sous-comité de l’arrondissement de Langres
- MM. le général Pélissier, sénateur.
- Bizot de Fonteny, député.
- Arlan, négociant à Varennes.
- Bressand, entrepreneur de travaux publics, membre de la chambre de commerce de Saint-Dizier, adjoint au maire de Langres.
- Carteret (Arnaud), meunier, membre de la.
- (1) C'est ce qui vient d'ètre fait pour une question circonscrite par la société de statistique de Paris qui, à l'occasion de son 25° anniversaire, a publié un tableau complet de l’organisation des services officiels de statistique dans tous les pays, dressé avec le concours de tous ces services et d'après les questionnaires méthodiques qui avaient été prépaies par un comité spécial, sous la présidence de M. Levasseur.
- chambre consultative des arts et manufactures, à Rolampont.
- MM. Darbot. président de la société vétérinaire de la Haute-Marne, secrétaire de la société d’agriculture de Langres, maire de Langres, conseiller général.
- Decollogne, meunier, maire à Saint-Martin des- Langres.
- Denizet, coutelier, conseiller municipal à Langres.
- Girard, scierie mécanique, maire d’FIortes.
- Humblot, tuilier à Rolampont.
- Jacottin, faïencier à Aprey.
- Jeanninel, pépiniériste, conseiller municipal à Langres.
- Mathieu, secrétaire du comice agricole de Montignv, conseiller d’arrondissement.
- Mettrier (Abel), agriculteur, président du comice agricole à Ranconnières.
- le docteur Naudet, secrétaire de la société d’agriculture, président du conseil d’arrondissement.
- Noble, agriculteur, viticulteur, président du comice agricole de Prauthoy, président du tribunal civil de Langres.
- Piquée, viticulteur, maire de Soyers.
- Raguet, fabricant de vannerie à Fayl-Billot.
- Renard (Onésime), négociant, président du tribunal de commerce de Langres.
- Remongin, taillandier à Vicq.
- Richert, brasseur, membre de la chambre de commerce de Saint-Dizier, à Humes.
- Royer aîné, fabricant de meules à aiguiser, à Chalindrey.
- Viard, horticulteur, secrétaire de la société d’horticulture de Langres, conseiller municipal à Langres.
- 3° Sous-comité de l’arrondissement de Vassy
- MM. Danelle-Bernardin, sénateur.
- Vitry, député.
- le directeur des haras de Montiérender.
- Barotte, meunier, membre de la chambre consultative des arts et manufactures, à Joinville.
- Bourdon-Delaunay, fabricant de sucre et meunier, adjointau maire de Saint-Dizier, conseiller d’arrondissement.
- Capitaine-Gény, maître de forges, président du comice agricole de Joinville, président de la société de viticulture de Vassy, conseiller général.
- Cogordan, sériciculteur, secrétaire de la commission de statistique agricole à Vassy, conseiller municipal.
- Danelle (Alfred), maître de forges à Louve-mont.
- Doinée, directeur de l’école professionnelle de Joinville.
- Durenne, maître de forges, fonte d’ornement, à Sommevoire.
- Gallois, agriculteur éleveur à Eclaron, vice-président du comice agricole de Saint-Dizier, conseiller d’arrondissement.
- Giros, maître de forges, maire de Saint-Dizier.
- Hachette, constructeur à Saint-Dizier.
- Hartmann, brasseur à Saint-Dizier.
- de Hédouville, président de la société d’agriculture de Vassy, président de la société des lettres, sciences et arts de St-Dizier à Eclaron.
- de Johannis, ingénieur, directeur gérant des fonderies et hauts fourneaux de Brousseval.
- Marie, directeur des usines d’Osne-le-Val.
- Mathieu (Charles), viticulteur à Curel.
- Persin, agriculteur, vice-président de la société d’agriculture de Vassy, conseiller d’arrondissement à Longeville.
- Pissot (Emile), président du comice agricole de Doulevant, président du conseil d’arrondissement de Vassy.
- Vitry, maire de Vassy.
- COMITÉ DÉPARTEMENTAL
- DE MEURTHE-ET-MOSELLE
- MM. Larcher, directeur de l’école régionale des beaux-arts de Nancy.
- Schlagenhauffen, directeur de l’école supérieure de pharmacie de Nancv.
- Poincarré, président du conseil d’hygiène du département.
- Gross, professeur de clinique chirurgicale à la faculté de médecine.
- Lapointe, ingénieur civil à Nancy.
- Bertrand, directeur de la brasserie de l’Est (sous-comité de l’arrondissement de Nancy).
- Ferry (Louis), fabricant de broderies, maire de Lunéville.
- Picard, fabricant de verres de montres à Lunéville.
- Jeanmaire, ingénieur, à Lunéville.
- Bony, fabricant de cartes à jouer à Lunéville.
- MM. Suisso, agriculteur, à Moncel-lès-Luné-ville.
- Brice, agriculteur et conseiller général, à Blamont.
- Isaï, industriel, à Blamont.
- Lagrésille, viticulteur, à Bayon.
- Coumes, fabricant de chicorée à Bayon, chef de la maison Vcelker-Coumes, en remplacement de M. Vœlker, dont le nom ligure, par erreur, sur l’arrêté du 14 mai 1887 (sous-comité de l’arrondissement de Luné-ville).
- Perrin, inspecteur primaire à Briev en remplacement de M. Piquet, le précédent titulaire (sous-comité de l’arrondissement de Briey).
- COMITÉ DÉPARTEMENTAL
- INDRE-ET-LOIRE
- MM. Le docteur Fournier, maire de Tours.
- Letellier, iei' adjoint au maire de Tours, professeur de sciences physiques et naturelles au lycée, président de la commission météorologique d’Indre-et-Loire.
- Boyer, président du tribunal de commerce, à Tours.
- Palustre (Léon), présitent de la société archéologique de la Touraine, à Tours.
- De Grandmaison (Charles), archiviste du département, à Tours. (Sous-comité de l’arrondissement de Tours.)
- EXPOSITION BIBLIOGRAPHIQUE
- A ROUEN
- Nos inspirations nous portaient vers Paris lorsqu’en janvier dernier nous pressentions une exposition du Livre et des industries qui s’y rattachent : c’est la riche capitale normande qui a relevé l’idée et l’a mise à exécution d’une façon tout à fait supérieure.
- Fière de son passé, la ville de Rouen a tenu à honneur de célébrer ses anciennes gloires et de mettre en lumière les incomparables richesses. Par cela même elle offre, aux amateurs, des jouissances du plus haut goût et telles qu’il ne leur est pas souvent donné d’en rencontrer.
- Dans la chronique du Journal général de l’Imprimerie et de la Librairie, M. A. Blanchot fait un compte rendu très sérieux auquel nous empruntons de précieuses notes.
- C’est au mois de mai, ainsi que nous le présumions, que cette exhibition a ouvert ses portes au public, elle comprenait : i° les livres imprimés, antérieurement à i55o, à Rouen et dans la Seine-Inférieure et des spécimens des travaux de tous les imprimeurs rouennais depuis i55o jusqu’à nos jours; 2°les éditions originales, ou publiées postérieurement, des œuvres de Pierre et de Thomas Corneille ; 3° tous les imprimés relatifs à l’histoire de la cathédrale et du chapitre de Rouen.
- Un quadruple centenaire a été l’idée première de cette exposition ; en effet il y a quatre cents ans qu’est sorti des presses de Guillaume Le Tal-leur le premier livre imprimé à Rouen et dont la date (1487) soit connue d’une façon certaine. Ce livre avait pour titre : les Cronicques de Normen-die. Célébrer un aussiglorieux anniversaire, c’était obéir à une pensée patriotique.
- C’est à M. Edouard Pelay que revient l’honneur de l’organisation ; aidé de plusieurs érudits et collectionneurs, grâce à l’archevêque de Rouen, Mgr Thomas, qui a mis à la disposition des organisateurs les salles de la Bibliothèque du chapitre de la cathédrale, grâce enfin aux trésors de la Bibliothèque municipale qui a prêté de nombreux volumes et des plaquettes fort rares.
- C’est au portail des libraires qu’il faut aller admirer toutes ces raretés bibliographiques.
- Comme autrefois encore, c’est parle magnifique escalier qui déroule ses rampes ajourées (1) dans l’intérieur du transept qu’on y accède.
- L’exposition comprend cinq salles : la première est consacrée aux ouvrages concernant l’histoire de la cathédrale, du chapitre et du diocèse de Rouen, la liturgie et les actes des archevêques, depuis saint Victrice jusqu’ànos jours.Ladeuxième, appelée salle du Trésor, forme à elle seule une sorte de musée archéologique ; dans de riches vitrines, une collection de reliures de luxe aux armoiries despapes etdes évêques et des documents relatifs aux conciles de Rouen et à l’ancienne bibliothèque canoniale.
- La troisième salle est spécialement iéservée aux œuvres du grand Corneille et à tout ce qui se rattache à sa famille.
- La quatrième salle, plus étendue et plus importante que les précédentes, met sous les yeux des
- (1) xve siècle.
- p.712 - vue 280/496
-
-
-
- p.n.n. - vue 281/496
-
-
-
- LE MONITEUR DE , EXPOSITION DE 1889
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1889
- Dimanche 17 juillet i887
- TOUR EIFFEL (INAUGURATION DU MONTAGE')
- p.dbl.n.n. - vue 282/496
-
-
-
- p.n.n. - vue 283/496
-
-
-
- Troisième Année. — N° i;ô.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 18S9.
- Dimanche 17 Juillet 18S7. — 713.
- visiteurs, les travaux , des imprimeries de Rouen. Les livres les plus anciens de la collection datent de 1480 et ont été imprimés en Italie, les uns à Vérone et à Vienne par le rouennais Pierre Mau-ser ; d’autres à Saluces et à Milan par les frères 1 -e Signerre, rouennais également.
- Enfin, la cinquième salle, au milieu de laquelle se dressent les grands manuscrits du siècle dernier, nous montre d’autres volumes encore: ceux sortis des presses de Besongne (xvne et xine siècles) des Le Boucher , des Boulanger, des Lecrène Labbey.
- Apres les écrits des évêques et archevêques, on remarque dans la première salle : le Mercure de Gaillon, de /’imprimerie du château archiépiscopal, 1644, volume fort rare imprimé par les Mau-ry ; l’Ode composée dans le chasteau de Gaillon sur la naissance de Mgr le duc d’Anjou, imprimée avec les caractères italiques des Maury ; Histoire des archevêques de Rouen, par Dom. Pommeraye, etc., etc.
- Dans un ancien chartrier Louis XV, provenant des environs de Rouen, on a exposé tout une collection de missels, de processionnels, de graduels et de rituels à l’usage du diocèse.
- La seconde salle contient aussi des médailles et des jetons, ainsi que les procès-verbaux des deux conciles tenus à Rouen, le premier par le cardinal de Bourbon, le second par Mgr Blanquet de Bailleul.
- Puis ce sont parmi les pieuses reliques rouen-naises le magnifique buste en bronze de Pierre Corneille, par Caffieri ; de tous côtés de rarissimes volumes ou des autographes précieux, tels que: le Contrat de Marie de Corneille avec les signatures de Pierre et de Thomas Corneille; l’original d’une requête rédigée et écrite par Pierre Corneillepour s’opposer aumaintien d’une seconde charge d’avocat du roy aux eaux et forêts à la table de marbre de Rouen ; puis l’ex. de VImitation de Jésus-Christ u>56, et un autre 1G58 avec de nombreuses corrections de la main du grand poète, enfin la série complète des éditions originales des œuvres de Corneille et aussi de nombreuses pièces de théâtre, les œuvres complètes de Pierre et de Thomas Corneille et la Rodogune, illustrée d’une eau-forte de Mme de Pompadour.
- Les grandes raretés sont dans la quatrième salle. Un Lancelot du Lac (1488) imprimé chez Jehan le Bourgeois qui demeurait rue Grand-Pont est une curiosité ; puis, exposé à la place, d’honneur, le premier volume imprimé à Rouen avec date certaine ; les fameuses Cronicques, volume imprimé par Guillaume le Talleur, natif et demeurant en la paroisse Saint-Lô au moys de may mil cccc quatre-vingt-sept !.... On y trouve encore un livre imprimé en octobre 1507 par Martin Morin pour un avocat, Frédéric le Vicomte, et qui est le premier pour lequel on , ait employé à Rouen les caractères romains, comme l’indique
- cette mention : «.... caracteribas certis quos nec
- antea norrnanna pressura exporta fuit ».
- Puis voici un Examen de conscience portant un monogramme de Pierre Régnault, libraire-imprimeur, rue Ganterie (1489-1 022) ; un Manipulas cura-iorum de Pierre Violette, daté de 007; des livres de Robinet-Macé, de Caen, Richard et Jean Macé, avec sa marque : une sirene avec cette devise : ung Dieu, ung Roy, une Foi ; un Coutumier, imprimé par Jacques de Forestier et dont M. Floquet, dans une note manuscrite, fixe la date d’impression à 1497.
- * *
- La plupart de ces livres sont des ouvrages de piété ou de morale , comme les Contemplations du simple dévot, éditées chez Louis Bonnet; d’autres, en grand nombre, sont des dialogues où la philosophie s’aiguise d’une forte pointe de satire. Quelques-uns de ces derniers ont pour sujet la « Comédie de la mort », qui inspira les peintres, les graveurs, les sculpteurs et les littérateurs de cette époque.
- Voici un livre célèbre, les Vigilie Mortuorum illustré à chaque page de bois où l’on retrouve l’influence des « danses macabres » d’Holbein. A droite, trois jeunes seigneurs chevauchent en pleine forêt. Sur les arbres se déroulent des banderoles avec cette inscription latine : « Mortis inevitabilis est hora incerta ». Au-dessous on lit ce quatrain :
- Nous sommes en gloire et honneur Remplis de tous biens et chevance Au monde mettons notre cœur En y prenant nostre plaisance.
- En face, sont d’autres interlocuteurs : trois squelettes décharnés mènent la ronde infernale et disent ironiquement:
- Nous avons bien esté en chance Autresfois comme estes à présent Mais vous viendrez à notre danse Comme nous sommes maintenant.
- Au même genre appartient la Chanson en forme de complainte, faite par Jehan Debu7 estant en son lit de la mort, illustrée d'un bois où nous retrouvons les trois inévitables squelettes, et qui se vendait chez « Henri le Mareschal, rue de Lorloge,
- « devant le Pélican. »
- Les livres de médecine populaire étaient nombreux. Un des plus célèbres est « le Trésor des «poures (pauvres)... selon maistre Arnoult de « Villenoue et maistre Girard de Solo, docteurs en médecine de Montpellier ». Cet ouvrage, au titre rouge et noir décoré d’une fleur de lys, a eu de nombreuses éditions à Rouen.
- Après le missel édité d’une façon si parfaite par Martin Morin, il faut en citer un autre non moins remarquable imprimé sur parchemin et qui porte la marque de Jean Petit. Surla plupart de ces livres, édités par Jean Richard, Jean Le Marchant et Robert Valentin, on voit figurer, au lieu de la marque de l’imprimeur et du libraire, une vignette figurant saint Romain, le grand patron du diocèse, avec la gargouille et le prisonnier.
- On peut voir, par la jolie collection des Heures de Rouen qui figure à l’exposition bibliographique, que nombre de ces ouvrages sortent des presses du célèbre imprimeur parisien, Simon Vostre. Ces livres édités dans la forme des manuscrits sont splendidement illustrés de grandes compositions, où l’on sent l’influence d’Albert Durer et où le trait si fin du maître de Nuremberg est reproduit avec une délicatesse surpren-nante. Les pages de texte sont enfermées dans des motifs d’ornements qui font pressentir la Renaissance ; ils contiennent des scènes de la vie des saints ou de la Bible, ou même des sujets profanes, comme les quatre sibylles.
- Il y avait encore des écoles d’enlumineurs, bien que l’imprimerie eût porté un rude coup à ces artistes de la miniature. Aussi trouve-t-on nombre des belles Heures de Simon Vostre rehaussées de peintures à la gouache, qui couvrent les jolis fonds niellés des gravures et sont traitées dans le goût des illustrations des Fleures d’Anne de Bretagne. Quelquès-unes de ces peintures sont d’un fini étonnant et donnent, à s’y méprendre, aux livres imprimés l’aspect des manuscrits, ainsi qu’on peut s’en convaincre par les spécimens exposés.
- Signalons encore une vitrine renfermant des clichés sur bois et sur métal extrêmement remarquables ; une autre enfin garnie de cartes à jouer imprimées sous la Révolution chez Fouque, « rue Grand-Pont, à droite, en montant ». L’imprimeur indique les changements qu’il a fait subir aux figures pour répubiicaniser le jeu : « les quatre éléments remplacent les quatre rois, et les quatre saisons remplacent les quatre dames.
- On trouve dans la même salle et dans la suivante (la cinquième) des spécimens des travaux de tous les imprimeurs rouennais depuis i55o jusqu’à nos jours ; plus de quatre cents maisons y sont représentées. N’oublions pas de signaler, en terminant, cinq magnifiques antiphonaires grand in-folio, garnis de coins et de fleurons de bronze, exécutés en 173 1 par Michel Le Forestier, prêtre de Saint-Jean de Rouen, et décorés de superbes frontispices à la gouache de Le Prince.
- Cette réunion de volumes rares groupés avec art montre ce que peut l’initiative privée, et le catalogue que prépare le comité laissera un souvenir durable de cette exhibition qui, nous n’en doutons pas, fera sortir d’autres collections pour les présenter aux yeux avides des amateurs et des bibliophiles autant que des curieux.
- A Ramé.
- EXPOSITION DU HAVRE
- Les Régates du Havre ont eu leur épilogue à l’exposition maritime, dont le bassin reçoit la visite de tous les yachtmen qu’attirent ces grandes fêtes nautiques. Les plus beaux yachts anglais et français y viennent prendre place, à côté du plus curieux spécimen de la marine de plaisance et de la marine militaire La canonnière Farcy, qui vient de descendre la Seine de Rouen au Havre, en est une des grandes attractions.
- Des fêtes de toutes sortes, de jour et de nuit, sont données dans ce cadre merveilleux d’un bassin intérieur de 100,000 mètres carrés. On y a organisé des courses de « chevaux marins », qui inaugurent un sport nouveau d une gaîté irrésistible, avec accompagnement de paris mutuels . Voilà les petits chevaux enfoncés.
- Autour de l’exposition, des fêtes brillantes se succèdent au Havre. Dimanche prochain, c’est un grandiose carrousel'militaire, qui aura lieu sur le plateau des phares du Havre, dominant toute la rade et la ville.
- Le passage du Jury aura lieu vers la fin du mois, aussi les exposants se tiennent sous les armes et les galeries dans toute leur splendeur et dans une tenue de gala.
- Les soirées de l’exposition auxquelles l’orchestre Gabriel-Marie donne un grand attrait artis-
- tique sont un véritable enchantement, dans le décor féerique que forment des illuminations électriques allumées par 1800 lampes Edison.
- UNE CURIEUSE EXPOSITION
- M. Armand Dayot, inspecteur des beaux-arts, en présence de la misère profonde dans, laquelle se trouvent les nombreuses familles-des pêcheurs bretons qui vont tous les ans en Islande, et dont les flottilles ont été particulièrement éprouvées cette année, a pensé, pour leur venir en aide, à organiser une exposition d’art. Cette exposition consisterait à rassembler toutes les oeuvres les plus importantes des maîtres de la caricature française depuis le commencement du siècle.
- Elle compi-endrait donc les oeuvres les plus, spirituelles des Vernet, des Granville, des Char-let, des Philippon, des Daumier, des Bellangé, des Gavarni, des HenriMonnier, desCham,des G. Doré, des Gill. M. Dayot ne bornera pas son exposition à la peinture, aux dessins, aux lithographies en album. La sculpture y trouverait aussi une place importante. La plupart des plâtres, caricatures de J.-Pierre Dantan seront représentés.
- L’exposition aura lieu dans le courant de l’hiver prochain.
- LA SITUATION ÉCONOMIQUE
- et
- COMMERCIALE DE LA FRANCE
- (Voir le Moniteur du 10 Juillet 1887)
- Nous allons examiner aujourd’hui les documents relatifs à l’administration des Postes et Télégraphes.
- Voici d’abord un tableau qui a trait à la circulation des lettres et imprimés en France en 1872 et en 1885.
- '4'
- Th
- O
- CL
- "CS
- O
- —1
- ce
- Nous voyons que pendant une période de i3 années, le nombre des lettres ordinaires a presque doublé. Signalons pendant cette période l’émission à partir du i5 janvier 1873, des cartes postales à o fr. 10 et o 1t. i5, et la réduction à partir du 1 3 mai 1878 de la plupart des tarifs intérieurs et internationaux. Le fait le plus caractéristique se rapporte au nombre des chargements ordinaires qui a été triple pendant la même période.
- Le service des articles d’argent a donné les résultats suivants :
- ! <3 MANDATS FRANÇAIS délivres MAÏDATS Il'TEItXATIOXA Uï émis et payés DROITS
- ! L 'X NOMBRE MONTANT NOMBRE MONTANT PERÇUS
- francs francs francs
- 11872 1 188 5 1 3.895.247 19.581.960 87.092.460 6o3.L58.52S 188.765 1.309.771 8 980.086 66.581.783 1 869.979 6.306.909
- Le service du recouvrement des effets de com-
- p.713 - vue 284/496
-
-
-
- 714- — Troisième Année.
- N° 13 3.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 17 Juillet 18S7.
- merce par l’intermédiaire de la Poste a été inauguré le i5 juin 1879. L’administration percevait 1 0/0 du montant du mandat comme commission. Le 1e1' août 1880, ce droit était réduit de 1 0/0 à o f. 5o 0/0.
- Nous donnons le tableau suivant indiquant le nombre de valeurs recouvrées en 1881 (année à partir de laquelle le service a fonctionné régulièrement et au taux actuel).
- VALEURS A RECOUVRER SOMMES
- H " PAYÉES
- PERÇUES aux
- £ NOMBRE MONTANT au profit du receveurs
- <1 irésor et aux
- facteurs
- francs francs francs
- l88l. 2.937.044 68.173.450 433.O04 167. IO0
- 1885. 8.022.611 200.908.664 1.988.030 1 OC 1 ^ S 00 1 ^ I ^
- Passons maintenant à l’administration des télé— raphes proprement dits et occupons-nous d’abord es télégrammes spéciaux pneumatiques qui circulent dans l’intérieur de Paris depuis le ier mai 1879. Les taxes actuelles sont appliquées depuis le ier juin 1880 ; nous prendrons, en conséquence, les chiffres de 1881.
- TÉLÉGRAMMES
- ANNÉES " ~~
- NOMBRE PRODUIT
- 1881 954.526 353.900 fr. 80 c.
- 188 5 2.767.820 1.043.439 fr. 85 c.
- On voit combien s’est répandue dans les mœurs de la population parisienne l’habitude des cartes-télégrammes. Il sera curieux, dans un ou deux ans, de constater la diminution de ces dépêches que ne manquera pas d’amener l’installation du réseau téléphonique.
- Notre réseau télégraphique a atteint, en 1885, un développement double à celui auquel il atteignait en 1872. Le tableau suivant le prouve :
- DÉSIGNATION 1872 1885
- Longueur des 46.105 kilom. 90.108 kilom.
- lignes
- Appareils en service
- Syst. Morse .. 1.897 appareils i2.3o8 appareils
- — Hughes. 217 — 980 —
- — spéciaux » )) 234 —
- — à cadran. i.5io — 1.182 —
- L’administration, on le voit, n’installe presque plus que des appareils « Morse »,
- Nous trouvons maintenant le relevé des dépêches expédiées de Paris dans le tableau ci-dessous.
- DÉSIGNATION 1872 1885
- Nombre de bureaux. Nombre de dépêches ; 48 94
- De Paris pour Paris. De Paris pourdépar- 280.454 2.911.111
- tements De Paris pour étram oc -L i CM 3.235.099
- ger 42I.496 1.102.462
- Taxe appliquée : f. C. f. C.
- Au service intérieur. Au service interna- 1.538.093 90 4.184.252 10
- tional Produit moyen par dépêche : 2.808.885 71 5.807.331 16
- Intérieure 1 fr. 36 6 fr. 66
- Internationale 0 fr. 68 5 fr. 26
- Dans ce tableau, les proportions pour cent dans lesquelles le service de Paris est compris dans le service général pour le nombre de dépêches est en 1872 de 20? 90 0/0, dépêches intérieures et 5o 92 0/0 dépêches internationales = en 1885 de 24, .">2 0/0 dépêches intérieures et 53,92 dépêches internationales. Ainsi donc, à Paris, on expédie autant de dépêches pour l’Etranger que dans toute la France.
- Si nous examinons le service des bureaux de
- l’Etat sur tout îe territoire français, nous trouvons les données suivantes :
- | DÉSIGNATION 1880 i885
- Service intérieur francs c. francs ' c.
- Nombre de dépêches intérieures . 14.(114.940 » 20.971.421 »
- Taxes appliquées.. 12.962.193 12 I4.75q.3qo 07
- Nombre de télégrammes pneumatiques 640.2 35 » 2.890.550 »J
- Produit 262.187 » I.IIO.480 »|
- Service international Nombre de dépêches 1,578.957 » 2.162.612 »
- Taxes appliquées.. 9.978.025 14 9.614.105 08
- Produit moyen par dépêche intérieure 0 85 6 3 I
- Dépêche internationale 0 66 4 44
- Enfin, les produits nets versés au Trésor par les bureaux de l’Etat ont été :
- en 1872 de 12.986.262 fr. 46 en 1885 de 29.567.791 fr. 02
- On sait que les premiers mandats télégraphiques ont été émis le ieraoût 1872. Depuis cette date, leur, emploi s’est généralisé considérablement ainsi que nous le voyons par les chiffres suivants:
- ANNÉES NOMBRE MONTANT DROITS PERÇUS
- 1873 .. . li-85 ... 28.400 3i8.56q f. c. 7.580.254 10 49.070.653 43 f. C. 75.802 53 490.950 88
- Tels sont les renseignements qu’il nous a été donné de recueillir sur l’une de nos plus brillantes et de nos plus prospères administrations dans les recueils que nous signalions dans notre précédent numéro et que publie le ministère du commerce et de l’industrie.
- H.-F. Cabirau.
- (A suivre.)
- LES EXPOSITIONS ÉTRANGÈRES
- Espagne
- Exposition maritime à Cadix
- Une exposition maritime ayant un caractère purement national s’ouvrira à Cadix (Espagne) du i5 août au 3i octobre prochain.
- Dans l’enceinte de l’exposition sera établi un bazar de vente composé de quarante comptoirs ouverts exceptionnellement aux produits étrangers de toute nature.
- Les personnes qui désireraient louer un des comptoirs devront adresser une demande à la Commission de direction de l’Exposition, avant le 3o juin, en faisant connaître, d’une façon précise, la nature des objets qu’elles se proposeraient de mettre en vente et en s’engageant à acquitter les 1 droits de location, fixés à i5 fr. par jour pour chaque comptoir et payables par mois et d’avance.
- Les articles étrangers envoyés à l’exposition seront admis temporairement en franchise, à la condition d’être réexportés dans le délai de trois mois à dater du jour de la clôture de l’Exposition.
- Russie
- Exposition scientifique et industrielle à Ehaterinebourg
- Une « Exposition scientifique et industrielle de la Sibérie et de l’Oural », organisée par la Société ouralienne d’amateurs des Sciences naturelles , s’ouvrira en 1887, à Ehaterinebourg (Russie) , sous la présidence d’honneur de son Altesse Impériale le grand duc Michel Nikolaie-vitch.
- Voici le programme de cette exposition:
- Section I. — Histoire naturelle.
- Collections minéralogiques et géologiques , botaniques, zoologiques, etc., de la Sibérie et de l’Oural.
- Section II. — Géographie et voyages.
- Section III. — Anthropologie, ethnographie et archéologie.
- .Représentants vivants : familles de Baschkirs, de Kirghizes, de Vogoules, d'Ostiaks, de Samoïèdes, etc.,, avec leurs habitations et tout leur attirail de chasse et de pêche.
- Section IV. — Mines et fonderie. Machines
- Produits de toutes les mines et fonderies de
- l’Ourah Grands modèles en activité des engins employés à l'extraction et au lavage des sables aurifères et platinifères, à la pulvérisation des filons de quartz, etc.
- Section V. — Manufactures et fabriques. Métiers.
- Pierreries, fourrures, cuirs, suifs, farine, etc.
- Section VI.— Industries domestiques
- Multitude d’objets (bois, racines, os, corne, cuir, métal, tissus, broderies, etc.), fabriqués par les habitants des villages, et employés dans leurs maisons ; outils dont ils se servent.
- Section VIL — Agriculture, sylviculture, horticulture. Chasse et pêche
- Le jardin de l’exposition sera orné de plantes de la Sibérie et de l’Oural, groupés par lieux de provenance.
- Section VIII. — Articles importés de la Russie d’Europe
- Section IX. — Beaux-Arts
- Un comité spécial sera chargé d’accueillir les voyageurs à la gare du chemin de fer et de leur fournir tous les renseignements nécessaires pour diminuer autant que possible les frais de leur séjour dans cette ville.
- Les meilleurs moments pour visiter l’Exposition seront le mois de juillet et la première moitié d’août (nouveau style).
- On peut s’adresser pour les renseignements complémentaires au ministère du commerce et de. l’industrie. Direction du personnel et de l’enseignement.technique. — (Bureau du personnel et du secrétariat.) 244, boulevard Saint-Germain.
- Chili
- Exposition de machines pour la préparation du lin, à Santiago, en 1887
- Jusqu’à présent, le lin est cultivé au Chili presque exclusivement en vue de l’obtention de la graine et de l’huile ; la fibre n’est généralement pas utilisée, à cause de l’absence de machines convenables.
- La Société Fomento Fabil, de Santiago, ouvrira le i01' novembre prochain, dans cette ville, une exposition de machines pour le travail du lin. Une.prime de 200 livres sterling sera accordée au fabricant de la meilleure machine. Le jury tiendra compte des points suivants : Perfection du^ produit obtenu par la préparation; prix de la préparation ; simplicité des machines ; solidité et prix des machines.
- Les appareils destinés à l’exposition pourront entrer en franchise, en ce sens que l’exposant devra souscrire une traite à 12 mois du montant des droits d’entrée; cette traite lui sera restituée s’il réexporte les machines dans le délai d’une année. La Société fournit gratuitement la force motrice et la matière première nécessaire aux essais.
- Pour tous renseignements complémentaires, s’adresser au consul général du Chili, 185, Picca-dilly, à Londres.
- LE MÉTROPOLITAIN
- Ligne du pont de l’Alma aux Moulineaux et à Courbevoie
- Raccordement des établissements militaires de l’ile de Billancourt
- I
- Commençons par le commencement ; la petite ligne . de l’exposition à Grenelle, c’est-à-dire au chemin de ceinture, est ouverte, comme l’on sait, depuis 1878 au public, d’un côté on la prolonge comme nous allons voir — et très activement — entre la Seine et le coteau jusqu’à Puteaux, se raccordant avec Courbevoie, c’est-à-dire sur la ligne de Versailles , de l’autre côté, c’est-à-dire dans Paris, comme voie de pénétration, on doit la prolonger jusqu’au pont de l’Alma, comme son nom même l’indique.
- Ici j’éprouve le besoin de faire quelques observations que je crois de la plus haute importance au. point de vue des intérêts de Paris, surtout à la veille d’une décision à propos du Métropolitain. On connaît mon opinion à ce sujet, j’ai souvent dit et écrit qu’en attendant le Métropolitain, en admettant qu’il puisse se faire, il était urgent de faire, tous, les raccordements et prolongements possibles intra et extra muros, ce qui simplifierait la question d’autant.
- Or, ce n’est pas seulement au pont de l’Alma, mais bien en face de la Chambre des députés et de la place de la Concorde, que devrait se trouver la tête de ligne des Moulineaux, la station terminus, pour ensuite être continuée tout naturellement le long de la Seine avec raccordements jusqu’aux gares d’Orléans, de Lyon et de Vincennes, car il ne. faut s’y tromper, c’est là le véritable métropolitain de l’avenir, le seul que l’on puisse établir sans jeter des centaines de millions par les fenêtres.
- p.714 - vue 285/496
-
-
-
- Troisième Année. — N° i33.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1SS9.
- Dimanche 17 Juillet 1S87. — 715.
- . Maisenfin je laisse de côté cette face de la question qui ne nous intéresse pas particulièrement dans cette étude, pour ne retenir qu’un fait que j’ai bien du mal à comprendre. Je m’explique.
- Depuis 1878 la tranchée devant le Champ-de-Mars, pour livrer passage au chemin de fer jusqu’au pont de l’Alma, est ouverte et construite et cependant la ligne reste toujours avec sa gare à l’Exposition, pourquoi?
- On affirme que M. Alphand ne veut pas permettre le prolongement jusqu’au pont de l’Alma, avant l’Exposition de 1889 — lisez 1890 ou 91 — parce que cela gênerait l’exposition. Eh bien! n’en déplaise à l'éminent ingénieur, je ne suis pas du tout de son avis, d’abord on aurait dû exécuter cette ligne jusqu’à, la place des Invalides depuis neuf ans, ensuite, il faudrait l’exécuter cfe suite, précisément en vue de la future exposition, car elle pourrait rendre les plus grands services aux voyageurs, aux marchandises, à tous les Parisiens ou habitants de la banlieue, pendant la durée de ladite exposition.
- La Compagnie de l’Ouest est prête, il ne peut y avoir là qu’un malendu, je ne veux pas croire au mauvais vouloir de M. Alphand et l’on a encore le temps de tout réparer.
- Un dernier mot: la ligne ne peut gêner en rien l’Exposition, puisqu’elle passe en tranchée ouverte et construite depuis longtemps devant le Champ-de-Mars.
- A la station de Grenelle, c’est-à-dire aux fortifications, auprès du pont du Point-du-Jour, la ligne rejoint le tronçon actuel de l’Exposition, sur le quai de Javel et la ligne de ceinture, par un double embranchement traversant le petit square qui se trouve entre la Seine, les fortifications et la ligne de ceinture.
- De là, elle poursuit directement son chemin parallèlement à la Seine jusqu’à la première station qui sera en même temps une gare de marchandises de première importance, à deux pas des Moulineaux et d’Issy, c’est-à-dire de certains industriels et manufacturiers, à qui manquaient absolument jusqu’à ce jour les moyens de transport par voie ferrée.
- La ligne de Versailles (Montparnasse), n’est pas très éloignée, mais elle se trouve à une telle altitude qu’elle n’est point abordable pour la plaine ; ensuite, comme celle de ceinture, elle manque de gare de marchandises dans cette partie sud-ouest de Paris.
- C’est de cette gare des Moulineaux que part l’embranchement qui traverse la Seine sur son petit bras, pour se prolonger dans la plus grande longueur de l’île de Billancourt, et raccorder ainsi directement les établissements militaires.
- Il y a là au pied même des forts de Vanves, d’Issy et même du mont Valérien, un intérêt stratégique et de défense sur lequel il n’est pas nécessaire d’insister.
- A partir de ce point, la ligne monte en pente douce par un talus puis ensuite en tranchée; c’est là où se trouve la station du Bas-Meudon, au milieu d’un noyau de maisons de campagne et d’établissements industriels tout à la fois qui paraissent destinées à assurer un trafic important à la ligne.
- D’autant plus que toute la boucle énorme formée en face par la Seine, et qui s’appelle Billancourt, deviendra fatalement la cliente de la ligne. J’en dirai autant tout à l’heure, du reste, à propos de la station de Sèvres.
- Il s’agissait là de passer au flanc du coteau, derrière les fabriques, les établissements de blancs de Meudon, etc., sans les exproprier, afin d’éviter un prix de revient trop considérable, la tranchée est ouverte avec une sûreté de coup d’œil très remarquable, contournant les établissements en question.
- Cette partie du travail est fort curieuse et fait le plus grand honneur à l’ingénieur qui l’a conçue et exécutée avec une précision qui mériterait de longs développements si je pouvais m’arrêter ici à la partie technique de l’œuvre.
- La ligne regagne les bords de la Seine, en face de l’ile Séguin, après avoir coupé la route sur son pont et, comme précisément l’espace entre la route et le fleuve manquait, on a dû se livrer à des travaux d’endiguement assez considérables qui permettent à la ligne de suivre son tracé parallèlement à la Seine et à la grand’route, tout en maintenant le chemin de halage.
- La ligne passe en tunnel sous l’amorce du pont de Sèvres et de l’autre côté, c’est-à-dire en face l’entrée du parc de Saint-Cloud, se trouve sur le bord de l’eau la station de Sèvres appelée à desservir toute la vallée de Sèvres traversée par la route de Versailles, et de l’autre côté toute la partie de Billancourt qui se trouve en face.
- Là, on s’est trouvé en face de difficultés matérielles assez importantes. Il fallait à tout prix les surmonter, c’est ce qu’a fait d’ailleurs l’ingénieur, M. Eugène LeComte. Le sol était en mouvement au bord de l’eau ; il a enfoncé quelques centaines de pilotis, une couche épaisse de béton relia le tout et la gare là-dessus ne bronchera pas, quoi qu’il arrive.
- Plus loin se trouve la seconde gare de marchandise importante de la ligne qui desservira à la fois
- Sèvres et Saint-Cloud, à faible distance des deux villes et avec double accès également bfien conçus pour la commodité commerciale des d.eux localités.
- A partir de Sèvres, la ligne suit le bord de l’eau, remonte le parc de Saint-Cloud jusqu’à la place d’Armes, c’est-à-dire jusqu’à Saint-Cloud même.
- Les travaux d’endiguements de la Seine dans cette partie n’ont pas été considérables, quelques consolidations seulement, ce n’est plus comme tout à l’heure en face de l’ile Séguin.
- La ligne longe le parc devant la terrasse si populaire à Paris, là où se tient la foire légendaire, devant la cascade; elle est exécutée de telle sorte que non seulement elle n’a modifié en rien le parc, mais encore elle n’obstrue et ne gêne pas la vue, ce sera un élément de vie, de gaieté, d’activité de plus, voilà tout, et j’insiste sur ce point, car il tenait fort au cœur des habitants de Saint-Cloud, fort au cœur de tout les Parisiens, l’ingénieur a su répondre à tous les désirs et les satisfaire.
- La foire de Saint-Cloud, grâce à la ligne des Moulineaux, aura quelques milliers de visiteurs de plus, mais elle restera toujours ce qu’elle a été, comme le parc restera le cadre le plus enchanteur des environs de Paris avec le Croisic. Entre la ligne et le parc se trouve la route qui de Saint-Cloud mène à la gare des marchandises dont je parlais tout à l’heure.
- J’arrive donc dans cette ville immense!.... non à Saint-Cloud, à la place d’Armes, c’est la partie la plus curieuse de la ligne à tous les points de vue techniques, artistiques et commerciaux aussi bien qu’au point de vue non moins important du mouvement des voyageurs, cela fera l’objet de mon prochain article.
- (A suivre.)
- LE LANGAGE INTERNATIONAL
- CONVENTIONNEL
- (Suite.)
- Les radicaux qui désignent les jours de la semaine, les mois de l’année, les saisons, les couleurs du spectre solaire, les cinq parties du monde, etc... sont formés au moyen des noms de nombre et des mots: del, mul, sod, kol,len, etc., qui signifient' jour, mois, saison, couleur,pays, etc.
- Dimanche,
- Lundi,
- Mardi,
- Mercredi,
- Jeudi,
- Vendredi,
- Samedi,
- Janvier,
- Février,
- Novembre,
- Décembre,
- Printemp-s,
- Eté,
- Automne,
- Hiver,
- badel.
- bedel.
- bidel.
- bodel.
- b 11 de 1.
- Jadel.
- jeclel.
- bamul.
- berniil.
- basebamul.
- basebemul.
- basod.
- besod.
- bisod.
- bosod.
- Violet,
- Indigo,
- Bleu,
- Vert,
- Jaune,
- Orangé,
- Rouge,
- Europe,
- Asie,
- Afrique,
- Amérique,
- Océanie,
- bakol.
- bekol.
- bikol.
- bokol.
- bukol.
- jakol.
- jekol.
- JLebalen.
- Lebeîen.
- Lebilen.
- Lebolen.
- JLebuien.
- PRONOMS
- Voici les principaux pronoms et articles prono-
- mmaux : Je, al. Mon, le mien, ala.
- Vous, au singulier, el. Votre, le vôtre, il. Son, le sien (^d’ellej ela.
- II, ),ila.
- On, ol, Son, le sien (de soi). , ola.
- Cela, ni.
- Nous, as. Notre, le nôtre, asa.
- Vous, es. Votre, le vôtre, esa.
- Ils, is. Leur, le leur, isa.
- Moi-même, alal.Vous-même, elel.Celamême,u!ul
- Celui-ci, celui-là, ce, cet, celui, apa.
- Un certain, epa.
- Tel, ipa.
- Maint, opa.
- Quelque, quelqu’un, aka.
- Un quelconque, quiconque, aeka. Chaque, chacun, eka.
- L’autre, un autre, ika.
- Aucun, personne, oka.
- Le même, uka.
- Quelque chose, dos. Ce qui, ulka.
- Rien, nos. Ce que, uleka.
- Tout, vala. Celui qui, apaka.
- Celui que, apakea.
- Qui (relatif), lequel, laquelle, ka.
- Que (relatif), lequel, laquelle, kea.
- Qui ? quel ? lequel ? li-ka?
- Que ? quoi ? quelle chose ? li-kea ?
- ' VERBES
- On forme l’infinitif du verbe en ajoutant une voyelle e, comme désinence, après le substantif radical qui exprime la même idée.
- Exemples :
- Chaleur, vam. Echauffer, vame.
- Plume, pen. Ecrire, pene.
- Œil lorj. Voir, loge.
- ADVERBES, PREPOSITIONS, CONJONCTIONS
- On forme l’adverbe en ajoutant la lettre i, comme désinence, après le substantif radical qui exprime la même idée.
- Exemple : Chaleur, vam. Chaudement, vami.
- Il y a en outre beaucoup d’autres adverbes, qui sont de petits radicaux créés directement. Tous les adverbes se terminent en i.
- Toutes le propositions se terminent en o. Dans toutes les langues, un grand nombre de prépositions ont plusieurs sens très différents les uns des autres ; c’est le sens qu’il faut rendre, sans s’attacher à traduire une même préposition française ou anglaise par une même préposition du balta. 11 en est de même pour les conjonctions.
- Toutes les conjonctions se terminent en u.
- On donne aux adverbes, prépositions et conjonctions le sens interrogatif en les faisant précéder du préfixe li, accompagné d’un trait d’union.
- Voici une liste des adverbes, prépositions et conjonctions les plus usités :
- C/5 c 0 a 0 t/5 S 0 S 0
- -Q 0 -Q .tî 0
- 0 a. £ 0 > 0 c 0
- < G O U < VL> f£ G O U
- de do, dao, deo
- à et o, ao, eo U
- ou du
- mais abu
- au dedans dans, en ini iiio
- au dehors hors de que sei seo ku, kiu
- par parce que fo fu
- malgré cela malgré quoique neîi nefo nefu |
- pour cela pour pour que Pi po, plo pu
- avec cela avec ki ko
- sans cela sans sans que neki lit ko neku
- antérieu- rement avant avant que etimi etimo etimu
- mainte- nant pendant pendant que atimi atimo atimu !
- plus tard après après que itimi itimo itimu
- très beaucoup beaucoup de numi iiumo
- peu peu de nénnmi nenumo
- le moins à moins que ami amu
- moins moins que d’autant moins que emi emo emu [
- aussi autant autant que imi imo
- plus plus que d’autant plus que omi omo omu î
- le plus umi
- oui si
- oui ? li-si ?
- non ni
- non ? li-ni ?
- (A suivre.)
- LES LIVRES
- Les Quinze Joyes de mariage, avec des notes et un glossaire, par
- D. Jouaust et une préface de Louis Ulbach. — Eaux for tes
- par Ad. Lalauze, Paris, librairie des Bibliophiles.
- Voici un chef-d’œuvre de là littérature française au xve siècle, à cette époque où la langue nationale, à peine émancipée sort de sa coquille latine, et n’a pas encore orné et aussi alourdi sa grâce un peu sèche et sa vigueur naïve des parures grecques de la Renaissance. Cette ingénuité fruste et cette savoureuse simplicité, sans subtilité et sans mignardise, donnent un attrait, un ragoût particulier à cet ouvrage, d’un art plus raffine, d’une moralité plus amère, d’une lecture plus facile que le Rabelais.
- Quel est l’auteur, quel est le sujet de ce malin pamphlet de moraliste non contre le mariage lui-même, mais contre les inconvénients, les dangers, les vices du mariage décrits avec une ironie légère de dilettante galant, de célibataire endurci ? L’auteur n’a pas dit son nom, mais l’a laissé deviner dans un anagramme du manuscrit de Rouen. Il ne serait autre, d’après les plus plausibles conjectures, que cet Antoine de La Salle, déjà reconnu coupable du crime charmant de ce roman des Aventures du Petit-Jehan de Saintré et de la Dame aux Belles-Cousines, un chef-d’œuvre aussi en son genre, où la décadence des mœurs et de la galanterie chevaleresque est peinte avec de si jolies, de si fines, de si espiègles couleurs.
- Le sujet, c’est la physiologie du mariage au xve siècle, dans le monde aristocratique, mais surtout dans le monde bourgeois ; c’est la description des quinze façons dont le poisson célibataire, attiré par l’appât de la nouveauté, de la vanité, du plaisir, peut être pris au piège de sa gourmandise et entrer, sans pouvoir en sortir, dans la nasse du mariage.
- p.715 - vue 286/496
-
-
-
- 7i6. — Troisième Année, — N° i33.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1S09.
- Dimanche 17 Juillet 1SS7.
- L’analyse de ces quinze façons d’être mis dans .la nasse et de s’y débattre en vain contre une ironique fatalité, a été admirablement faite par l’auteur de l’Introduction, M. Louis Ulbach, qui a écrit là une quarantaine de pages de la meilleure venue, pleines d’esprit et de bon sens.
- La première joye, c’est celle de la coquetterie, de la parure, de la robe, achetée par le mari, à la requête de sa femme, la requete irrésistible sous l’ombre des courtines, sur l'oreiller conjugal, entre •deux caresses qui ont gardé quelque chose du miel de la première lune. La robe, la parure achetées non sans résistance inutile, nous l’avons vu, ni sans sacrifice, par le mari encore galant, il faut les montrer, les faire festoyer, les faire danser, en belle et joyeuse compagnie de commères, de cousines, de cousins, qui ne sont pas toujours de la famille, remarque le chroniqueur. Ces ébats et galants et gourmands déduits, sont assaisonnés par la présence du mari qui grogne (en dedans) et qui paye,plus encore par son absence. Présent ou absent, son repos en souffre, sinon son bonheur, et il est fort à point pour lui que se lève en.sa faveur (car la belle en gésine ne lui donnera.point jalousie) l’aube de la paternité. Mais si c’est la femme qui peine en sa grossesse, c’est le mari -qui devient son encas, son pis-aller, son souffre-douleur. C’est lui qui supporte les rebuffades, les plaintes, les reproches et qui entre dans la phase de docilité quand même, de servilité à tout faire, •se faisant l’amphytrion des commères,. des matrones, des veilleuses, qui l’exploitent sous prétexte de soigner ou de distraire la malade, allant jusqu’à se faire cuisinier pour elle et à lui accommoder de ses mains dérogeantes son chapon au sucre. Et c’est ainsi que se compose et comporte la troisième joye (à rebours, à rebrousse-poil) du mariage, où l’égoïsme de la femme comme celui de la chatte, ne vous caresse pas, mais se caresse à vous. La quatrième joye (par anti-phrase), toujours terminée comme les précédentes et comme les suivantes par l’inexorable refrain : « Et il tomba dans la nasse, et s’y débattit en vain pour finir misérablement ses jours », c’est celle qui consiste pour le mari, pour le père, à travailler, à peiner, à suer pour élever, pour établir, les en-/fantsqpour essayer de contenter, sans jamais y parvenir, la femme acariâtre et jalouse qui le tient •impérieusement à la chaîne et quand elle veut le punir, le fouette impitoyablement dans la personne -du dernier né, son,Benjamin, qu’il préfère, et que pour ce fait elle déteste. Il y aurait long à dire.sur
- ce chapitre de la grossesse et de la maternité, et
- des devoirs , et des plaisirs, et des malheurs conjugaux et paternels ; l’auteur, il faut le dire, ne les envisage que par les petits côtés, d’une observation un peu menue où le sert mal son célibat -qui le condamne, sur les choses domestiques, à une •expérience de ouï-dire, de témoignages intéressés, de seconde main.
- Mais là où il prend sa revanche c’est dans le chapitre V, celui de l’adultère, de la prostitution dans l'adultère, du mari caressé par intérêt, par curiosité, par dépravation, pour goûter le plaisir diabolique de l’exploiter en le trompant, de s’affiner 4es sens par la comparaison de la volupté, de la jouissance légitime avec l’autre. L’analyse et la description de ce manège de la rouée qui fait l’ingénue, de la paillarde qui fait l’innocente, de la coquette qui se fait payer tour à tour la robe fourrée et la ceinture d’argent par le mari et par l’amant et se grise tour à tour de l’ébat légitime et de l’ébat adultère, trouvant une diversion de tasteur de vins à se gargariser d’un petit vin rippopé ou fusté, après un bon hypocras ou pineau , sont une merveille de psychologie physiologique dont la naïveté gracieuse de la langue émousse les crudités et lés cruautés. C’est un chef-d’œuvre dans le chef-d’œuvre que ce chapitre V, le plus long, le plus curieux de l’ouvrage, celui où l’auteur s’est le plus mis en verve, sans que jamais la nudité de ses révélations devienne cynique. La conversation de Jehanne la chambrière avec sa maîtresse et avec le galant, la double hypocrisie de cette entremetteuse domestique à double salaire est un bijou de vérité et de malice.
- La sixième joye pour lemari, c’est d’être rabroué, contrarié sans cesse par la femme, à qui l’habitude fie l’adultère et la fidélité dans l’infidélité ont pesé comme un joug,qui s’est débarrassée de la double servitude légitime et illégitime, n’a plus que des galanteries Intermittentes, et se montre aussi revêche, aussi inhospitalière pour les amis du.mari et ses convives, qu’elle est accorte et gracieuse pour certain écuyer, qu’elle héberge quand le mari n’y est pas. A quoi lui servirait d’être jaloux? Il a affaire à forte partie, et si un ami courageux lui révèle les hontes de son intérieur, la femme lui fait croire que cet ami est un traître qui cherche à se venger de ses refus et à mettre le désordre où il n’a pu mettre le déshonneur. Le mari le croit, c’est sa septième joye. Et la huitième, c’est d’accompagner sa femme en voyage de plaisance, déguisé du titre de pèlerinage, au Puy-de-Dôme, et à conduire au besoin par la bride, dans les chemins escarpés, aux rires étouffés de la compagnie, le cheval qui porte sa.femme et son infortune. La neuvième joye, c’est l’inutile révolte et la déchéance complète et la résignation stupide
- du mari vaincu, que la femme et les enfants à l’envi font passer pour idiot ou pour fou, dont ils j convoitent impatiemment la succession qu’ils j trouvent moyen de posséder du vivant même du j mari et père, par l’avancement d’hoierie, le partage ! anticipé, les illusions, les déceptions, et les inu- ! tiles repentirs de cette spoliation volontaire. Sa ! dixième joye, c’est la discorde au sein du mariage, j le procès stérile, le renvoi dos à dos et la vie dos ! à dos. La onzième joye c’est celle du galant naïf, i du be'jaune, pris au piège par la vierge déflorée ! et la mère complice, et se trouvant père d’un j enfant qu’il n’a pas commencé, et obligé de faire à j triste fortune bon visage et de dire avec un jaune j sourire comme le duc de Roquelaure à sa fille, j issue de sang royal : « Pardieu, Mademoiselle, on ; ne vous attendait pas de sitôt, mais vous n’en ! serez pas moins la bienvenue ». La douzième joye j c’est celle du mari réduit par l’asservissement conjugal à la pire des déchéances, à celle de la lâcheté, ne répondant ni au ban nia l’arrièrc-ban, et disparaissant sous la honte de la couardise qui lui a été imposée. Non moins cruel, sinon pire, est le sort du mari brave, ambitieux, aventureux, qui revient de la guerre ou de la captivité pour se trouver victime d’une trop longue absence, qu’on a prise pour celle de la mort, et voir son foyer et son lit occupés par un usurpateur et une traîtresse de bonne foi. Il y a encore le mari qui ne veut être ni malheureux, ni content, qui se fâche, qui tire l’épée sur le galant surpris près de sa femme, qui est désarmé par l’étreinte de celle-ci, qui ne trouve quand il songe à se venger, ni le galant en fuite ni la femme réfugiée chez sa mère, qui est blâmé pour sa brutalité, enveloppé de la conspiration de la mère, des voisines, des servantes, et obligé d’acheter le repos en demandant pardon à la coupable d’avoir osé ne pas la croire innocente Après toutes ces joyes si cruellement déduites de l’état de mariage, il faut comme le moraliste pamphlétaire lui-même, plus pamphlétaire que moraliste, se dire que de toutes les institutions humaines, le mariage, sans lequel il n’est pas de famille, sans laquelle il n’est pas de société, est encore la moins imparfaite en ce sens qu’on le fait ce qu’il est, que le bonheur y dépend, comme partout ailleurs, de la sagesse, et que quand le. malheur vient, il n’est pas toujours introduit par la faute de la femme.
- Antoine de La Salle, en célibataire philosophe qu’il est, n’a parlé que de celle-là. Il a toujours vu le mari malheureux, jamais il ne l’a vu coupable. C’est là le défaut de sa cuirasse. C’est là ce qui permet de trouver à la fois trop sévère et trop indulgent cet ouvrage auquel d’ailleurs on aurait peut-être tort de prêter de hautes visées qu’il n’a pas eues, son auteur masqué (par prudence plus que par modestie), n’ayant sans doute songé qu'à écrire la satire, qu’à décrire les misères, qu’a venger les douleurs de certains mariages, non du mariage en lui-même, et qu’à faire, ce à quoi il a réussi, une galerie de tableaux des mœurs intimes et domestiques de son temps.
- Le volume est un bijou d’exécution typographique, orné de quinze eaux-fortes et de six culs-de-lampe, dus à cette pointe justement célèbre de Lalauze qui excelle à ces deux tours de force de son art: la distribution savante et raffinée des lumières et ce modelé exquis donné aux figures, ce velouté exquis donné aux étoffes, dans un genre si ingrat de moyens et où tant d’autres n’arrivent qu’à la perfection dans le sec.
- M. de Lescure.
- AVIS COMMERCIAUX
- MONTEVIDEO
- commerce de la bijouterie
- La Chambre de commerce française fournit, dans son dernier bulletin de quinzaine, les renseignements suivant sur le commerce de la,bijouterie à Montevideo :
- La bijouterie est une des plus importantes branches d’industrie à Montevideo. Actuellement q5 p. 0/0 des articles fabriqués viennent d'Allemagne.
- La bijouterie se divise, comme on sait, en plusieurs branches : i° la chaîne; 20 la joaillerie; 3° la fantaisie ; 40 l’orfèvrerie..
- Dans la première catégorie, notre supériorité est encore bien marquée, grâce à l’initiative des chaînistes français, qui ont su réformer à temps leur outillage, et par ce fait sont parvenus à produire à bon marché.
- Dans la joaillerie, les Allemands nous imitent, mais n’arrivent pas à faire avec le même fini de perfection et de goût. Dans cet article, leurs prix de revient atteignent ceux de Paris, car le bon marché dépendant de l’importance de la commande, leurs commissionnaires ne peuvent pas traiter plusieurs pièces égales à la fois.
- La troisième classe est la fantaisie. C’est là où les Allemands nous font la plus rude concur-
- rence, parce qu’ils opèrent sur des quantités considérables.
- Leur ouvrage, du reste, est bien fini; le mat ne laisse rien à désirer et si nous sommes peu ou point renseignés sur ce qu’ils font, ils connaissent à fond et imitent ce qui se fait chez nous. Leurs agents ou représentants voyagent, se mettent au courant des goûts, des habitudes, de la langue des pays qu'ils exploitent. Ils offrent leurs marchandises à des termes plus longs et avec des facilités plus grandes que ne lefont nos fabricants et peu à peu restent les maîtres des marchés d’où ils nous délogent.
- Nous arrivons à l’orfèvrerie. Dans cette catégorie encore, les Allemands gagnent du terrain. Par leurs commissionnaires ils ont su se procurer les albums que nos fabricants ne livrent pas à leurs acheteurs, et copier nos modèles. Puis ils ont fait lithographier des albums avec les différents poids auxquels les pièces peuvent être fabriquées, avec détails de façon et de prix. Ces catalogues ont été distribués à^profusion à toutes les maisons susceptibles de vendre ces articles, avec des renseignements et des conditions qui rendent les commandes faciles.
- Leur travail, il est vrai, est moins fini que dans l’orfèvrerie française. Leur dorure, très défectueuse, n’est autre chose que du vernissage, leur ciselure est grossière ; mais ils fabriquent de la marchandise appropriée aux pays où ils l’expédient.
- FRANCE
- ENVOI D’ÉCHANTILLONS AU MUSEE COMMERCIAL DE LILLE
- M. le ministre du commerce et de l’industrie' vient de transmettre au Musée commercial de Lille une collection d’échantillons recueillis par le consul de France à Honolulu (Iles Sandwich).
- Cette collection, accompagnée de renseignements détaillés, se compose de soixante échantillons de divers tissus importés principalement d’Allemagne, d’Angleterre et des Etats-Unis, et qui sont d’une vente courante dans le pays.
- BELGIQUE
- Concours international à Bruxelles en 1888
- N° 048. Un grand concours international des sciences et de l’industrie et une exposition internationale d’importation et d’exportation s’ouvriront à Bruxelles au mois de mai 18S8, et auront une durée de six mois et demi.
- Le concours aura lieu entre les produits industriels de'tous pays, avec primes en faveur de ceux réalisant, suivant une formule donnée, l’utilisation la plus complète et la plus parfaite de la matière au point de vue de la science et de l’économie.
- L’exposition d’importation et d’exportation comprendra les groupes suivants’;
- iergroupe. — Enseignement spécial.
- 2e groupe. — Arts libéraux.
- 3e groupe. — Arts industriels.
- 4e groupe. — Tissus, vêtements et accessoires.
- 5e groupe. — Industries extractives , outillages , produits bruts et ouvrés.
- 6e groupe. — Produits, procédés et matériels de l’agriculture, de l’horticulture et de la sylviculture.
- 7e groupe. — Produits divers, procédés.
- 8e groupe. — Outillages et procédés des industries mécaniques.
- 9e groupe. — Génie civil.
- 10e groupe. — Matériel et procédés de l’art militaire.
- 11e groupe. — Produits alimentaires.
- 12e groupe. — Navigation et sauvetage.
- i3e groupe. — Pêche et pisciculture.
- 14e groupe. — Importation et exportation.
- i5e groupe. — Electricité.
- 16e groupe. — Expositions horticoles permanentes.
- i7a groupe. — Ornementation générale et installation.
- 18e groupe. — Agriculture.
- 19e groupe. — Horticulture.
- 20e groupe. — Congrès et expositions. — Conférences.
- 218 groupe. — Fêtes et attractions.
- Les demandes d’admissions, pour lesquelles des formules seront fournies par le comité exécutif, devront être adressées parles industriels étrangers au plus tard le 1e1' octobre prochain.
- Pour renseignements complémentaires, s’adresser ou écrire au Ministère du Commerce et de l’Industrie..(Direction du personnel et de l’enseignement technique. — Bureau du personnel et du secrétariat, boulevard Saint-Germain, n° 244).
- Le Gérant, GARREAU.
- Tours. — lmp. E. ARRAfJLT et Cie, rue de la Préfecture, 6.
- p.716 - vue 287/496
-
-
-
- Le Moniteur
- DE
- L'EXPOSITION DE 1889
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
- TROISIÈME ANNÉE. Dimanche 24 Juillet 1887. NUMÉRO 134
- SOMMAIRE :
- .1. Les travaux du Champ-de-Mars ; 2. Les puissances étrangères à l'Exposition ; 3. Commission chargée d’étudier les questions se rattachant à l’organisation, l'aménagement et la direction de la section coloniale française ; 4. Résultat d'adjudication ; 5. Fourniture de la force motrice pour le palais des machines; 6. Comité départemental de la Dordogne ; 7. L’Italie et l'Exposition; 8. Echos; 9. L’Exposition du Havre ; 10. Les Livres; 11. Les Théâtres; 12. Canal de Panama; i3. Notre gravure: M. Paul Aumont.
- Dans notre prochain numéro, nos lecteurs trouveront encartées deux vues photographiques du Champ-de-Mars.
- EXPOSITION UNIVERSELLE
- DE 1889
- LES TRAVAUX DU CHAMP-DE-MARS
- Il est parfois aussi intéressant qu’instructif de jeter un regard vers le passé, de reporter sa pensée en arrière afin de chercher dans les •époques antérieures sinon des enseignements du moins des documents et des termes de comparaison permettant de mesurer avec quelle rapidité tout change, tout se transforme et -combien sont grands, dans notre siècle de progrès à outrance, le pas fait en avant dans toutes les branches des sciences, des arts et de l’industrie. Encore, en parlant du temps écoulé, nous ne prétendons pas remonter bien haut dans le passé, cela n’offrirait qu’un intérêt très restreint, car si dans la première partie de ce siècle, il y a eu d’incontestables progrès réalisés, ils le furent avec une certaine lenteur qui laissait .à chacun d’eux le temps nécessaire pour se faire bien comprendre et apprécier. Depuis quelques années au contraire les inventions se suivent sans •discontinuité, les nouveautés succèdent aux nouveautés et si un perfectionnement est apporté quelque part, à peine a-t-on eu l’occasion d’en bénéficier que déjà un autre perfectionnement s’impose et fait reléguer le premier au rang des choses surannées. Chaque année, chaque mois, chaque jour presque apporte son contingent et, au milieu de cette marche continuelle en avant, on estpositivementperdu.cequi faitqu’àmoinsde se cantonner dans une spécialité d’une façon exclusive, il est matériellement impossiblede se tenir au courant de tout ce que le génie moderne peut enfanter. Aussi nous n’essaierons pas d’entrer ici dans l’analyse des inventions que ces dernières années ont vu éclore, nous sortirions •de notre programme et du reste nous ne suffirions pas à la tâche : seulement, c’est en parcourant des dossiers et des ouvrages relatifs aux précédentes expositions que ces réflexions nous ont été inspirées et, quelque éloignées qu’elles soient en apparence du sujet habituel de nos chroniques, elles y rentrent en ce sens que si on compare chacun de ces grands concours à celui qui l’a précédé on reste stupéfait du contraste présenté dans l’installation même de ces luttes pacifiques. Dans cet ordre d’idées, le champ des innovations est forcément limité, on ne peut guère inventer, aussi les efforts de tous ceux qui ont été chargés d’organiser ces expositions successives se sont-ils portés vers un même but : faire de plus en plus gigantesque et arriver par des moyens nouveaux a exécuter des constructions et des édifices auprès desquels les précé-
- dents parussent mesquins ; c’est ainsi que, quoique fort beau, ainsi qu’on peut encore en juger aujourd’hui, le Palais de l’Industrie, construit en 18 5 5, fut complètement éclipsé par les installations de 1867 ;ces dernières, au moment où elles furent faites, semblaient ne point pouvoir être surpassées, chacun s’extasiait sur l’énormité des bâtiments et l’immensité de la surface occupée; pourtant elles parurent bien peu de chose, dans le souvenir de ceux qui les avaient admirées, lorsqu’en 1878 on fit cet énorme hall quadrangulaire dans le Champ-de-Mars et ce gigantesque palais du Trocadéro qui reste, avec celui des Champs-Elysées, comme un témoin des conceptions successives.
- Bien qu’on ne puisse assigner de limites au génie humain, bien que ce qui paraît impossible aujourd’hui semble chose toute naturelle demain, néanmoins on se demande cette fois s’il sera jamais possible de concevoir et surtout d’exécuter des projets plus considérables, dans leur ensemble comme dans leurs détails, que ceux qui ont été dressés à l’occasion de la solennité de 188g. Tout y est grand, vaste, et le contraste dont nous parlions précédemment atteint son maximun quand oii compare lesdits projets à ce Palais de l’Industrie qui fut pourtant, à son heure, une merveille d’audace et quand on songe qu’une seule des parties de ce grand tout qui sera l’exposition de 1889, aura des dimensions triples en largeur et une demi foi plus grande en hauteur que celles du monument de i855. C’est la galerie des machines qui présentera ces proportions formidables et encore paraîtront-elles bien petites à côté de la tour de 3oom, phénoménal obélisque métallique dont la pointe se perdra dans la nue.
- Du reste, si on considère l’énorme surface de terrain qu’occupera l’exposition et ses différentes annexes, on voit qu’il était indispensable de donner aux bâtiments qui s’y élèveront de très grandes dimensions afin de les faire paraître autre chose que de simples huttes. La nécessité d’avoir un ensemble harmonieux vient donc donner raison à ceux que leur instinct naturel porte à faire de plus en plus grand, et il en sera ainsi forcément à mesure que les communications internationales s’accroîtront, ue de nouveaux progrès viendront à se pro-uire, et que le goût au public augmentant sans cesse pour les exhibitions, ces dernières se multiplieront davantage.
- Quoi qu’il en soit, et en attendant les projets monstrueux qui naîtront dans l’avenir, on a déjà lieu d’être émerveillé de l’extension prise en une trentaine d’années par ces assises solennelles des sciences, des arts et de l’industrie et de rester confondu à la pensée que ce qui était un ensemble complet en 18 5 5 ne sera plus qu’une simple fraction en 1889 ; quelque jour, du reste, nous publierons sur ce sujet des renseignements techniques qui feront bien mieux ressortir toutes les différences que nous avons simplement esquissées aujourd’hui.
- Plus on fait grand, plus l’exécution demande de temps ; aussi, bien que celui écoulé depuis l’ouverture des travaux eût été parfaitement employé, on n’en continue pas moins à travailler avec ardeur sans perdre une minute des longs jours que nous donne la belle saison ; chacun suit son plan mûrement arrêté à l’avance et les résultats acquis répondent aux efforts faits pour les obtenir.
- Les terrassements du jardin central sont à peu près terminés, du moins la plus grosse
- besogne est-elle faite, et on n’entend plus que de loin en loin ces violents coups déminés qui au début intriguaient les promeneurs et avaient même fait craindre à quelques personnes,ce qui était à coup sûr exagéré, que leur action 11’exerçât une influence néfaste sur les maçonneries déjà exécutées ; il ne reste plus guère que certains travaux accessoires, après quoi on pourra procéder au tracé et aux opérations de jardinage.
- Les usines Joret et de St-Denis, procèdent toujours à la pose des pièces de toiture, tandis que les usines voisines continuent le montage des fermes de 2 5 m. ; la maison Roussel a achevé sa quatrième travée et entamé sa cinquième, ce qui porte à io5 environ le nombre des fermes en place; les forges de la Franche-Comté, faisant marcher de front leur sept travées, en sont à la sèizième arcade ce qui donne un total d’à peu près 110 charpentes.
- Du côté de l’Ecole militaire on travaille activement aux fondations du palais des machines. L’entrepreneur, dont le matériel est rendu sur place, se livre à quelques sondages complémentaires et fait commencer les fouilles dans les endroits oû la maçonnerie pourra se faire selon les usages habituels ; on a même battu des pieux afin de se rendre bien compte de ce que sera cette partie considérable du travail d x>ù dépendra la stabilité, qu’il faut absolue, des masses métalliques utilisées à cet endroit.
- On a commencé l’exécution de la mise en état de viabilité de la tranchée du quai d’Orsay ; cette voie, destinée à relier l’avenue de Suffren à l’avenue de Labourdonnais, sera absolument indépendante de l’Exposition et restera entièrement affectée au service du public ; une fois la mise en état terminée on aura une sorte de rue encaissée, d’une longueur de 460 m. sur 8 m. de largeur, y compris deux trottoirs de 1 m. 5o laissant entre eux une chaussée de 5 m.
- Cette rue sera éclairée par des becs de gaz placés comme sur toutes les voies publiques à 2 5 m. d’intervalle et elle se raccordera aux deux avenues par des pentes douces aisément praticables aux véhicules. Trois passerelles, laissant entre leur partie inférieure et la chaussée de la tranchée une hauteur de 5 m. 37 franchiront cette voie nouvelle pour permettre au visiteur de l’exposition de n’avoir pas à sortir de son enceinte pour se rendre au bord de la Seine dans les sections de la navigation.
- Quant à l’abaissement de l’extrémité de l’avenue de Labourdonnais. il est complètement terminé ; la circulation, un moment interrompue, a repris de nouveau et il n’y a plus qu’à parfaire ce travail en opérant la réfection des trottoirs qui, par suite de l’enfoncement de la chaussée, se trouvent en contre-haut. Il a fallu naturellement toucher aux arbres qui sont en bordure de l’avenue et cette opération a été conduite avec tant de soins que le nombre de ceux qui ont souffert est absolument insignifiant.
- Mercredi dernier on a procédé a la réception de la voie ferrée qui sillonne le Champ-de-Mars et sur laquelle nous avons donné des détails à différentes reprises ; à 10 heures, la commission s’est rendue sur les lieux, a examiné tout en détail et l’autorisation de mise en exploitation a été accordée. Le véhicule ordinaire des compagnies de chemin de fer va donc pouvoir dorénavant circuler sur le terrain de l’Exposition et faciliter singulièrement la besogne en apportant sans difficulté à pied d’œuvre de grandes quantités de matériaux.
- p.717 - vue 288/496
-
-
-
- 71S. — Troisième Année. — N° 154.
- Quant à la tour, elle continue à accaparer une grande partie de l’attention ; le public même peut en suivre les progrès, car le terrain étant complètement déblayé entre le chantier et la rue transversale, rien ne gêne la vue, aussi y a-t-il toujours un cordon de curieux le long du petit treillage qui sert de limite à la rue.
- LES PUISSANCES ÉTRANGÈRES ET L’EXPOSITION
- ITALIE
- Le secrétaire de la commission exécutive du comité italien pour la participation de l’Italie à l’Exposition de 1889 a adressé à M. Dautresme, ministre du commerce et de l’industrie, une lettre dans laquelle il lui demandait comment et sous quelle forme le peuple italien serait admis à participer à notre Exposition.
- Dans sa réponse, M. Dautresme prie le comité italien « d’être assuré que toutes les mesures seront prises afin de chaque pays puisse organiser, dans les meilleures conditions d’ensemble, la représentation complète et comparative de sa production agricole, industrielle et artistique ».
- Le comité italien, satisfait de cette déclaration, met tout en œuvre pour se constituer d’une façon définitive.
- Ajoutons que M. Cairoli a adhéré par la dépêche suivante au comité italien :
- « Je vous remercie de votre dépêche et, en souhaitant que les. résultats correspondent au but élevé que se propose l’initiative privée, j’accomplis un devoir en envoyant mon adhésion. »
- *
- •¥• *
- ANGLETERRE
- Mardi dernier, à la Chambre des communes, sir James Fergusson, sous-secrétaire d’Etat au Fo-reign-oflice, a déclaré que toutes facilités seront accordées par le gouvernement anglais aux industriels qui désireraient prendre part à l’Exposition de 1889, en ayant soin de concilier les intérêts particuliers, avec les règlements douaniers.
- L’engagement de lord Salisbury à ce sujet a été mentionné dans la réponse faite à M. Waddington qui fit connaître au premier ministre que la France, dans le cas où l’Angleterre ne prendrait pas une part officielle, recevrait néanmoins avec satisfaction l’assurance de son appui officieux, grâce à la plus grande publicité donnée aux documents relatifs à l’Exposition, ainsi qu’aux facilités de transport accordées aux nationaux anglais. (Nous avions signalé cet engagement dans notre dernier numéro.)
- *
- * *
- SUISSE
- Plusieurs de nos confrères ont dit que le Conseil fédéral de la Suisse ne voulait pas prendre part officiellement à l’Exposition universelle de 1889, et qu’elle serait représentée uniquement par des syndicats des diverses industries exposées, comme le seront les grandes puissances qui n’ont pas cru devoir adhérer officiellement à notre Exposition.
- Nous croyons au contraire que la Suisse a l’intention de participer officiellement à l’Exposition. Ce qui a pu donner lieu à cette nouvellee, c’est qu’avant de nommer son commissaire général, elle a voulu connaître l’organisation de notre Exposition et a demandé si elle aurait lieu par nations distinctes ou par groupes de produits.
- Dans le premier cas, elle nommerait un commissaire général ; dans le second, elle ne le ferait probablement pas.
- Quoiqu’il en soit, nous pouvons annoncer qu’il y a eu à Genève la semaine dernière une importante réunion dans laquelle les principales industries se trouvaient représentées. Cette réunion s’est prononcée pour la participation officielle de la Suisse. Le Conseil d’Etat a pris la même décision.
- COMMISSION
- chargée d’étudier les questions se rattachant à Vorganisation, l’aménagement et la direction de la section coloniale française.
- M. Etienne, sous-secrétaire d’Etat aux colonies, vient de constituer une commission chargée d’étudier les questions se rattachant à l’organisation et à la direction de la section coloniale française à l’Exposition universelle de 1889.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 24 Juillet 1887.
- Cette commission, qui est présidée par le sous-secrétaire d’Etat, se compose des sénateurs, députés et délégués des colonies.
- Elle comprend, en outre : MM. Delaporte et Félix Faure, députés, anciens sous-secrétaires d’Etat aux colonies ; Dubard, chef de division ; Goldscheider : Simon, chef du cabinet du sous-secrétaire d’Etat ; Scrœder, Gachet, Blum, de Cambourg, Ducret, Etzel, Higginson, président du conseil d’administration de la Compagnie calédonienne des Nouvelles-Hébrides ; Ni vert; capitaine Rodier ; Maunoir ; Wickham, vice-président de la société de colonisation ; Hauss-man, chef de division ; Henrique, secrétaire général de l’exposition coloniale ; desTournelles et Révoil, commissaires adjoints de l’exposition coloniale.
- RÉSULTAT D’ADJUDICATION
- Lundi dernier, à une heure, a eu lieu au tribunal de commerce, par les soins du conseil de préfecture, l’adjudication en quatre lots des travaux à exécuter pour l’établissement des con -structions métalliques des bas-côtés du palais des machines à l’Exposition universelle de 1889.
- Ces travaux étaient évalués 1,160,292 fr. 41.
- Les quatre lots ont été adjugés :
- Le premier à la Société nationale d’entreprise et de construction de travaux, moyennant un rabais de 20 c. pour 100 fr.
- Le deuxième, à la Société générale des forges et ateliers de Saint-Denis, moyennant un rabais de 1 pour 100.
- Le troisième, à M. Robillard moyennant un rabais de 20 c. pour 100 fr.
- Le quatrième, à MM. Moisant, Maglin et Laurent, moyennant un rabais de 20 c. pour 100 fr.
- FOÜRNITDRE DE LA FORCE MOTRICE
- POUR LE PALAIS DES MACHINES
- PRIX DE BASE PROPOSÉ PAR LA DIRECTION GÉNÉRALE
- DE l’exploitation POUR LA FOURNITURE DE LA
- FORCE MOTRICE.
- i0 Fourniture de la vapeur (générateurs, fourneaux, cheminées et conduites de vapeur) :
- Le prix des 1,000 kiî. de vapeur fournis en une heure est établi sur les bases suivantes :
- (a) Un kil. de charbon vaporise au moins 8 kil. d’eau.
- [h) Un mètre carré de surface de chauffe, produit au moins i3 kil. i/3 de vapeur par heure.
- (c) Le mètre carré de surface de chauffe avec appareil, accessoires de sûreté, tout prêt à fonctionner est estimé à 60 francs.
- (d) La construction des fourneaux, carneaux de fumée,_ cheminées et bâtiments des générateurs, est estimée à 2 5 francs par mètre carré de surface de chauffe.
- (e) Les conduites principales de vapeur et la robineterie sont estimées à 2,000 francs pour une dépense de 1,000 kil. de vapeur en une heure.
- (f) La main-d’œuvre est comptée à raison de deux chauffeurs à 6 francs et un aide à 4 francs par journée de 7 heures pour 8,000 kil. de vapeur par heure, soit par journée de 7 heures de marche, 2 francs par 1,000 kil. de vapeur fournis en une heure.
- U résulte de ces chiffres qu’une production de 1,000 kil. de vapeur exigera :
- En surface de chauffe 7 5 mètres carrés
- En combustible : —= l25 kil.
- O
- Le prix des 1,000 kil. de vapeur fournis et distribués en une he.ure s’établit donc comme suit :
- i° Installation
- Générateurs : 7a mètres carrés à
- 60 lr. l’un..........................4,500 fr. »
- Fourneaux, carneaux, cheminées et bâtiments : 75 mètres carrés à 25
- francs l’un........................ 1,875 »
- Tuyauterie et robipeterie de distribution ...........................2,000 »
- Total. . . . 8.3y5 fr. »
- En vertu des articles 5 et 6 du
- marché relatif à cette fourniture il faut déduire du prix ci-dessus :
- i° Le prix des générateurs .............4,5oo fr. » ’
- 20 40 0/0 sur le prix l
- des fourneaux, car- /
- neaux, cheminées, bâ-
- timents.............. jSo | 6,65o fr. »
- 3° 70 0/0 sur le prix )
- de la tuyauterie et de la robineterie. . . . 1,400 » /
- L’administration aurait donc à payer potfr toute la durée de l’Ex-
- position......................... 1,7^5 fr. »
- Soit par jour de marche :
- 1725
- —-—= o fr. 58, disons.............. 9 fr. 60
- 180 J
- 20 Fonctionnement
- i° Combustible : 123 kil. X 7 =
- 875 kil. de houille à 2 3 fr. la
- tonne..............20 fr. 125
- 20 Main-d’œuvre par f
- jour..................2 » l
- Total par jour . . . 22 fr.i2 5 ci' 22 123
- Total par jour et pour 1000 kil. de vapeur fournis en une heure (ou 7,000 kil. par journée de 7 heures effectives)....................... 3r fr. 725
- Et pour 180 jours (durée normale ’dTTExpœl sition) : 180 X 31 fr. 725 = 5.710 fr 5o, soit 5.800 fr. en nombre rond.
- Fourniture supplémentaire de vapeur pendant les heures réglementaires de marche.
- Il n’y aurait à tenir compte que du combustible, c’est-à-dire de i25.k. de charbon à 23 fr. la tonne, ou 2 fr. 8y5 ; soit 2 fr. 90 par 1,000 k. de vapeur fournis en. supplément.
- Fourniture supplémentaire de vapeur provenant d'une prolongation de marche au delà de 7 heures par jour.
- Pour chaque heure supplémentaire,
- soit le nombre des ouvriers...........
- Pour 1,000 kil de vapeur fournis. .
- quel que . 3 fr.
- . . 2 90
- Fourniture supplémentaire de vapeur provenant d’wis prolongation dans la durée de l'Exposition.
- 31 fr. 725
- —-------- = 4 fr. 53, soit 4fr. 5o par 1.000 kil.
- de vapeur.
- 20 Fourniture des machines à vapeur seules (sans chaudières, machines motrices, tuyauterie et robineterie spéciales de prise de vapeur et d’eau froide ; tuyauterie et robineterie spéciales d’évacuation de l’eau chaude ; transmission reliant les arbres des machines motrices à l’arbre de couche, principal).
- Le prix du cheval vapeur de puissance indiquée, et par journée de 7 heures de marche effective, est établie sur des bases suivantes:
- (a) Le prix de la fourniture et de l’installation est fixé à 120 fr. par cheval indiqué;
- (b) La main-d’œuvre est fixé à 8 fr. par jour pour 100 chevaux indiqués, soit 0 fr. 08 par jour et par cheval.
- (c) Le graissage et les chiffons d’essuyage sont estimés à o fr. o32 par heure et par cheval indiqué.
- Le prix du cheval indiqué,par journée de 7 heures de marche, effective s’établit comme suit:
- i° Installation
- Machines motrices et transmission le liant à l’arbre de couche principale, par cheval
- indiqué ............................... I20 »
- En vertu du marché relatif à cette fourniture, il faut en déduire 95 0/0, le surplus étant attribué à la moins-value des massifs, de la tuyauterie et de la robine-
- _I1 y aurait donc à payer, par cheval indiqué et pour toute la durée de l’Exposition (180 jours). ....................... 6 »
- Soit par jour et par cheval J5____
- 180 ~ ‘ * * *................*
- indique
- of.o33
- 20 Fonctionnement
- Main-d’œuvre par cheval indique
- etparjour.............o fr. 08o\
- Graissage et chiffons /
- d’essuyage : par cheval et f
- par jour : ofr. 082 X 7h.= o 224) o 804
- Total par jour et par cheval indiqué o 387
- Soit, pour toute la durée de l’Exposition (180 jours) et par cheval indiqué : 6 fr. 337 X 180 j. = 60 fr. 6ü, disons 60 fr. en nombre rond.
- Fourniture supplémentaire de force motrice pendant les heures réglementaires de marche.
- Il n’y a à tenir compte que du graissage et des chiffons d’essuyage, soit 0 fr. o32 par cheval-heure .
- p.718 - vue 289/496
-
-
-
- Troisième Année. — N° 1S4.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 24 Juillet 1887. — 719.
- Fourniture supplémentaire pour marche au delà de 7 heures effectives par jour.
- i° Main-d’œuvre à raison de 2 fr. par heure, quel que soit le nombre des ouvriers.
- 20 Graissage et chiffons d’essuyage, à raison de o fr. 002 par cheval-heure.
- Fourniture supplémentaire provenant d’une prolongation dans la durée de /’Exposition.
- Elle doit être calculée par heure et par cheval
- o 33- .
- indique à raison de —-—- = o fr. 0481, soit
- ofr. o5 par cheval-heure.
- 3° Fourniture de la vapeur et des machines motrices :
- Il suffirait d’appliquer les prix et classe :
- i° Pour la fourniture de la vapeur seule (art. ier).
- 20 Pour la fourniture des machines motrices seules (art. 2).
- 40 Fourniture de la transmission de mouvement principal (non compris les supports des arbres).
- Le prix doit être rapporté au cheval vapeur effectif, à raison de 2 chevaux par mètre courant d’arbre de couche d’après les bases suivantes :
- (a) Le poids de la transmission, par mètre courant (arbre, manchons et paliers) est estimé
- comme suit :
- Arbre............................ 90 kil.
- Un manchon pour 7^20 de longueur, pesant 120 kil., soit par mètre courant. 17 Un palier pour 3m6o de longueur, pesant 72 kil., soit par mètre courant . , 20
- Poids par mètre courant....... 127 kil.
- disons 140 kil., courant, par cheval 70 kil.
- (b) Le prix du kil. de toutes pièces, mis en place est estimé à o fr. 70.
- (c) Le prix du graissage et de l’essuyage est fixé à o fr. 01 par cheval-heure.
- (d) La main-d’œuvre, de surveillance, de graissage et de l’essuyage, est fixé à o fr. o5 par journée dey heures de marche effective et par cheval.
- Le prix par cheval et par jour s’établit donc comme suit :
- i° Installation :
- 70 kil. à o fr. 70........... 49 f. »
- A déduire 70 0/0 pour valeur à la fin de l’Exposition. 84 3o A payer par cheval et
- l’Exposition. . ......... 14L70
- Soit par cheval et par
- = . . . .................o f. 0817
- 20 Fonctionnement :
- Matières lubréfiantes, chiffons d’essuyage, par cheval et par jour :
- 7 x u,01 =. . . . . . o fr. 07
- Main-d’œuvre..............o o5
- o fr. 12
- Total par cheval et par jour . . o fr. 2017
- Soit 0 fr. 20 et pour toute la durée de l’Exposition o fr. 20 X 180 jours = 36 fr. par cheval effectif.
- Fourniture supplémentaire pour prolongation de marche au delà de 7 heures par jour.
- Il faudrait compter, par heure et par cheval effectif :
- Graissage. . . . o fr. 01
- Main-d’œuvre . . o 01
- Total. ... o fr.- 02
- Fourniture supplémentaire résultant de la prolongation de l'Exposition.
- Compter o fr. 20 par cheval effectif et par journée de 7 heures.
- ESTIMATION DE LA DEPENSE TOTALE, POUR LA DUREE NORMALE DE l’EXPOSITION, RESULTANT DES PRIX DE BASE QUE LA COMMISSION PROPOSE D’APPLIQUER.
- i° Fourniture de la vapeur :
- - 280,000 c
- 10,000 fr. X -------— • • • • 400,000 fr.
- ’ 7,000
- 20 Fourniture des machines motrices :
- 3,125 chevaux indiqués, à 40 fr. l’un .............................. 125,000
- 3° Fourniture de la transmission principale :
- 2,5oo X 56 ......................90,000
- Total...................6i5,ooofr.
- PROPOSITIONS DE LA COMMISSION DELEGUÉE PAR LE COMITÉ TECHNIQUE DES MACHINES POUR L’EXAMEN DES PRIX DE BASE A APPLIQUER A LA FOURNITURE DE LA FORCE MOTRICE.
- i° Fourniture de la vapeur (générateurs, fourneaux, cheminées et conduites de vapeur).
- La Commission a trouvé que, pour l’installation, le prix de 9 fr. 60 pour 1.000 kil. de vapeur et par journée de marche de 7 heures, est très insuf-
- fisant. Elle pense qu’il faudrait accorder le prix de.....................................3o fr. »
- Elle a trouvé aussi que le prix de main-d’œuvre, pour le fonctionnement, est compté trop bas et qu’il y a lieu, pour combustible et main-d’œuvre, de porter. 25 55
- Total par jour et pour 1,000 kil. de vapeur fournis en une heure (ou 7,000 kil. de vapeur en 7 heures)............55 fr. 55
- Et pour 180 jours (durée normale de l’Exposition) : 180 X 55 fr. 25 = 10,000 francs en nombre rond.
- 20 Fourniture des machines à vapeur seules (sans chaudières).
- La Commission estime que la main-d’œuvre et le graissage sont presque aussi élevés pour une machine travaillant que pour une machine tournant à vide.
- Dès lors elle propose de réduire à 40 fr. au lieu de 60 fr. le prix du cheval pour toute la durée normale de l’Exposition.
- 3° Fourniture de la vapeur et des machines motrices :
- Il y aurait lieu, d’après la Commission, d’appliquer les prix qu’elle propose :
- i° Pour la fourniture de la vapeur seule (art. i°).
- 20 Pour la fourniture des machines motrices seules (art. 20).
- 4° Fourniture de la transmission de mouvement principal (non compris les supports des arbres).
- La commission a été d’avis de ne rien changer au prix de 36 fr. par cheval effectué pour toute la durée del’Exposition.
- Estimation de la dépense totale, pour la durée
- NORMALE DE l’eXPOSITION, RÉSULTANT DES PRIX DE BASE ÉTABLIS CI-DESSUS, POUR UNE FORCE MOTRICE DE 2,5'00 CHEVAUX-VAPEUR EFFECTIFS.
- i° Fourniture de la vapeur:
- 2,5oo chevaux effectifs, à 16 kil. de vapeur par cheval-heure, représentent 40,000 kil. de vapeur à fournir par heure ou 280 kil. par journée de 7 heures.
- Pour toute la durée normale de l’Exposition, la fourniture de la vapeur coûtera:
- r O r .. 280,000 „ r
- 5,8oo fr. X-------- = 232,000 fr.
- 7 ,000 ’
- 20 Fourniture des machines mo-tr ices :
- Les 2,000 chevaux effectifs correspondent à 3,125 chevaux indiqués sur les pistons, à raison de 60 fr. par cheval indiqué, la dépense totale est de :
- 3,125 X 60 fr. —.................... 187,500
- 3° Fourniture de la transmission principale :
- 2,5oo chevaux X 36 fr. =........... 90,000
- Total........ 5oq,5oo
- CONDITIONS GÉNÉRALES DES MARCHÉS
- A PASSER POUR LA MISE EN MOUVEMENT DES APPAREILS MÉCANIQUES EXPOSES
- I. Objet de la fourniture de la force motrice
- Les articles 33 et 3q du règlement général de l’Exposition universelle de 1889 ont déterminé les conditions dans lesquelles les appareils mécaniques pourront être mis en marche.
- Ces articles sont ainsi conçus:
- Art. 33. — Les constructeurs d’appareils exigeant l’emploi de l’eau, du gap ou de la vapeur, doivent déclarer, soit en faisant leur demande d’admission, soit par l'entremise des délégués étrangers, la quantité d’eau, de gwq ou de vapeur qui leur est nécessaire.
- Ceux qui veulent mettre des machines en mouvement indiqueront quelle sera la vitesse propre de chacune de ces machines et la force motrice dont elle aura besoin..
- Art. 34. — L’eau, le ga7, la vapeur et la force motrice pour les galeries des machines seront concédés gratuitement.
- La force sera prise sur l’arbre de couche de la trans/niss ion généra le.
- L’établissement de toutes les transmissions intermédiaires restera à la charge des exposants.
- L’Administration a décidé que les générateurs, les tuyaux de conduite de vapeur, de gaz et d’eau, les machines motrices, les arbres de couche de la transmission générale et les supports de ces arbres seront demandés exclusivement à des exposants agréés par eile.
- L’Administration a décidé, en outre, qu’elle pourra traiter séparément avec chacun des exposants pour chacune de ces fournitures, ou avec des syndicats formés par ces exposants. A cet effet, la galerie des _ machines sera divisée en autant de sections qu’il sera nécessaire, pour donner satisfaction au plus grand nombre possible de demandes, sans toutefois que cette division puisse nuire à l’harmonie qu’il importe de conserver dans l’ensemble.
- Tout ce qui contribuera au service des machines
- en mouvement sera considéré comme objet exposé et admis au concours pour l’obtention des récompenses. Il en sera fait mention dans le catalogue de l’Exposition.
- Il est utile de rappeler ici les articles 7, 10, 20 et 3g du Règlement général; ils sont ainsi conçus :
- Art. 7.— Cette Commission consultative {de contrôle et de finances) est consultée par le Ministre sur toutes les questions intéressant la gestion financière de l'Exposition.
- Il ne pourra être passé outre à son avis toutes les fois qu’il s’agira de questions concernant les recettes de toute nature à percevoir à l’occasion de I Exposition.
- Art. 10. — Les directeurs généraux, nommés dans les conditions définies par le décret du 28 juillet j886, sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de préparer et de soumettre au Ministre, Commissaire général, les projets relatifs à la construction, à l’appropriation et à F exploitation de l’Exposition.
- Ils ont entrée, avec voix consultative, à toutes les séances de la Commission de contrôle et de finances, et aux séances des commissions saisies a affaires ressortissant à leurs services respectifs.
- Art. 20, — Aux termes du décret rendu en date du 25 août 1886 (pièce annexe n° 3J, l’Exposition est constituée en entrepôt réel ; en conséquence, les produits exposés sont affranchis des droits et des visites de l’octroi de Paris ainsi que de la douane française.
- Art. 3g. —L’Etat prendra des mesures pour protéger contre toute avarie les produits exposés, mais il ne sera, en aucune façon, responsable des accidents, incendies, dégâts, ou dommages dont ils auraient à souffrir, quelle qu’en soit la cause ou l’importance. il laisse aux exposants le soin d’assurer leurs produits, directement et à leurs frais, s’ils jugent à propos de le faire.
- II. — Mode de mise en marche des appareils exposés
- Dans chaque section, les divers appareils exposés et admis à fonctionner seront mis en mouvement à l’aide des machines motrices exposées et des transmissions que ces machines actionneront.
- Les générateurs, les tuyaux de conduite, les machines, les transmissions et tous autres appareils se rapportant à la mise en mouvement seront disposés de manière à se prêter à toutes les expériences que la Direction générale de l’exploitation jugera utile de faire pour apprécier les qualités de ces divers appareils.
- III. — Durée de la fourniture
- La durée de la fourniture est celle de l’Exposition elle-même, c’est-à-dire du 5 mai 1889 au 3i octobre suivant.
- L’administration de l’Exposition aura le. droit de prolonger ou de diminuer cette durée, sans cependant que l’augmentation ou l'a diminution puisse excéder cinquante jours.
- Le prix payé aux fournisseurs, pour la partie des dépenses afférente au service journalier, sera augmenté ou diminué proportionnellement au nombre de jours ajoutés ou retranchés.
- Il ne sera fait de ce chef aucune modification à la partie des dépenses considérées comme frais de premier établissement.
- IV. — Durée du travail journalier
- La durée du travail journalier est fixée à huit heures, de 10 heures du matin à 6 heures du soir, y compris une heure de îeposj c’est donc, en définitive, une marche effective de sept heures, divisée en deux séances séparées l’une de l’autre par un repos dont l’heure sera fixée par la Direction générale de l’exploitation.
- Toutefois, celle-ci se réserve, soit pour les opérations du jury , soit pour tout autre motif, de modifier la période de travail ci-dessus indiquée et même d’en augmenter la durée effective, sauf, dans ce dernier cas, à indemniser les fournisseurs.
- Les fournisseurs seront tenus de mettre en tout temps la-puissance, qu’ils prendront l’engagement de produire, à la disposition des exposants.
- Les fournisseurs pourront avoir droit à un jour de repos par mois, pour les visites, nettoyages et petites réparations à effectuer, soit aux générateurs, soit aux machines motrices, soit aux transmissions. Ce jour de repos, quand il ne sera pas motivé par un accident, sera fixé par la direction générale de l’exploitation de l’Exposition.
- V. — Machines motrices
- Les machines motrices pourront être mises en action soit par la vapeur, soit par le gaz d’éclairage, soit par l’air chaud, soit par l’air comprimé ou raréfié,"soit par l’eau sous pression, soit par l’électricité.
- VI. — Positions des générateurs de force motrice
- Les générateurs de vapeur et les réservoirs de gaz combustible ou d’air comprimé seront placés à l’extérieur de la galerie des machines, dans les endroits qui seront désignés par la direction générale de l’exploitation, conformément aux plans arrêtés de concert avec les fournisseurs.
- Tous les appareils exigeant l’emploi de la houille
- p.719 - vue 290/496
-
-
-
- 720. — Troisième Année; — N» 134.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1S89.
- Dimanche 24 Juillet 1887.
- devront fonctionner sans fumée opaque. La direction générale de l’exploitation se réserve à cet égard le droit de faire faire des expériences pour apprécier les dispositions de nature à s’opposer à la production de cette fumée.
- Les générateurs de vapeur seront soumis aux prescriptions des règlements d’administration publique concernant les appareils à vapeur.
- Chaque fournisseur d’un générateur à vapeur ou d’un groupe de ces appareils sera tenu d’indiquer la section qu’il serait nécessaire de donner à la cheminée dont le service mécanique lui fixera le minimum de hauteur, pour assurer un tirage suffisant des foyers ; mais la direction générale de l’exploitation se réserve le droit d’autoriser chaque fournisseur à établir une cheminée spéciale, ou de lui imposer l’obligation de conduire la fumée de ses foyers à une cheminée commune à plusieurs groupes, après entente avec ce fournisseur sur les dispositions qui seront prises pour que les divers courants de fumée provenant des groupes de chaudières desservies par cette cheminée commune ne se gênent pas mutuellement.
- VII. — Conduites de vapeur, de gaz, d’air et d’eau.
- Conducteurs d’électricité
- La vapeur, le gaz, l’air et l’eau sous pression seront conduits du générateur ou du réservoir aux machines motrices, ainsi qu’aux appareils de chauffage exposés et à ceux qui seront pourvus d’un moteur spécial.
- Les conduites d’arrivée et d’échappement seront construites par les fournisseurs qui prendront toutes les précautions nécessaires pour qu’aucune fuite de vapeur, de gaz. d’air ou d’eau ne se produise dans l’intérieur des bâtiments de l’Exposition.
- Les conducteurs d’électricité seront établis de telle sorte qu’ils soient partout d’un abord facile et que les visiteurs de l’Exposition soient soustraits à toute chance d’accident ; ces conducteurs ne pourront être installes de façon à nuire à l’aspect général de la galerie des machines.
- VIII. — Transmission de mouvement principale
- Le nombre et la nature des appareils moteurs de chaque section et le nombre de tours par minute convenant au fonctionnement de chacun d’eux, seront arrêtés de concert avec les fournisseurs dans le plus bref délai.
- Ces appareils moteurs devront être raccordés à l’arbre de couche principal au moyen de dispositions que les fournisseurs feront connaître à la direction générale de l’exploitation et qu’ils feront agréer par elle.
- Dans le mois de la fixation des points qui précèdent, les fournisseurs feront connaître les prix qu’iis réclament. Si ces prix sont agréés.par l’administration, il pourra être passé un marché définitif avec chaque fournisseur.
- IX. — Paiements aux fournisseurs
- Les fournitures ci-dessous désignées donneront lieu à une rémunération en faveur des fournisseurs :
- i° Installation et entretien des générateurs et de leurs cheminées, et fourniture du combustible et des ouvriers nécessaires à la conduite de ces générateurs ;
- 20 Installation et entretien des machines motrices, main-d’œuvre pour leur conduite, matières lubréfiantes et chiffons d’essuyage ;
- 3° Etablissement et entretien des tuyaux de conduite, robinets d’arrêt, purgeurs automatiques pour la vapeur, le gaz, l’air comprimé, l’eau sous pression et l’eau nécessaire au service des chaudières et machines à vapeur ;
- 40 Etablissement et entretien de la transmission de mouvement principale et de ses supports, poulies et courroies, matières et main-d’œuvre de graissage, chiffons d’essuyage.
- Les dépenses comprises dans les quatre articles ci-dessus sont de deux ordres différents : les unes sont fixes et constituent des frais de premier établissement, les autres sont variables avec la durée de la marche journalière.
- Il y aura donc lieu d’établir deux prix : l’un fixé à forfait pour toute la durée de l’Exposition, l’autre pour chaque journée de 7 heures de. marche effective.
- La somme allouée à chaque fournisseur et les conditions de paiement seront arrêtées, dans chaque cas particulier, entre l’administration et le fournisseur.
- X. — Clauses générales
- Les fournisseurs se conformeront à tous les règlements qui seront imposés aux exposants.
- Les fournisseurs seront responsables des accidents qui surviendraient du fait de leurs appareils.
- Les contestations qui pourraient s’élever entre la direction générale de l’Exploitation et les fournisseurs seront, préalablement à toute action judiciaire, examinées par trois personnes compétentes, prises dans le Comité technique des machines, nommé par arrêté ministériel en date du 17 octobre 1886.
- _ L’une de ces personnes sera désignée par M. le directeur général de l’exploitation, la deuxième
- par le réclamant et la troisième par les deux premières.
- Les fournisseurs s’engagent formellement à ne pas ouvrir d’instance judiciaire avant d’avoir pris l’avis du Conseil de conciliation composé comme il vient d’être expliqué.
- COMITÉ DÉPARTEMENTAL
- DE LA DORDOGNE
- Par arrêté en date du i5 juillet 18S7, le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a constitué comme suit le comité départemental de la Dordogne :
- i° Sous-comité de /’arrondissement de Périgueux
- MM. Chavoix ; Gadaud, députés; Brousseaud, conseiller général à Sainte-Eulalie d’Ans ; Du-breuilh, conseiller général à lhenon; Martv, conseiller général à Mergt ; Secrestat, conseiller général à Saint-Pierre-de-Chignac ; Alapetite, secrétaire général de la préfecture ; Aubarbier, adjoint au maire de Périgueux ; Aubarbier (Pierre), fabricant de cuirs à Périgueux; Audy, président du conseil des prud’hommes à Périgueux; Bour-geix, proprietaire de carrières à Chancelade ; Buisson, agriculteur à Sorges ; Chateau, propriétaire de carrières à Chancelade ; Chevalier, adjoint au maire ; Combescot, maître de forges, maire de Saint-Meinin ; Dauriac, agriculteur à Saint-Astier; Dervaud, président du comice agricole à Brantôme ; Felloneau, agent-voyer en chef, ingénieur des arts et manufactures ; Fontalirant, négociant ; Frenet, chef de division à la préfecture; Gaillard, professeur départemental d’agriculture ; Guille-mare, inspecteur d’académie ; Imbert, exploitant de carrières à Chancelade; Ivan de Valbrune, agriculteur à Saint-Astier ; Joucla, imprimeur, rédacteur en chef du journal l’A venir ; Kintzel, pharmacien; Labrador, jardinier-horticulteur, à la compagnie d'Orléans; Lachaud, maître de forges; Lagrange, architecte départemental; Lambert, inspecteur des édifices diocésains; Lastouillat, chef de division à la préfecture; Laurens, trésorier-payeur général; Laussinote, notaire, viticulteur à Cubzac ; Lestiboudois (Ernest), fabricant de chaux, à Saint-Astier; Marc-Bus-sière, viticulteur, à Brantôme; Maryat (Désiré), négociant; Mirabel, docteur - médecin ; Mon -tagut., agriculteur, maire de Marsac; Moyrand, vice-président du conseil de préfecture ; Murat, fabricant de tissus; Nadal, horticulteur-fleuriste; Négrier avoué, ancien élève de l’école polytechnique ;. Peynaud, vétérinaire, inspecteur du service sanitaire; Poyadou, chef de division à la préfecture ; Pradier, secrétaire général de la société d’encouragement à l’agriculture, à Saint-Paul-de-Serre ; Requier, président du tribunal de commerce; Reynal, vice-président de la société départementale d’horticulture à Coulounieix; Rolland de De-nus, président de la société des amis des arts ; Roman, ingénieur en chef des ponts et chaussées; Salesse, ingénieur de la traction à la compagnie d’Orléans; Sautet, fabricant de produits chimiques; Sicard, directeur de l’école normale ; Vachaumard, pâtissier ; Villepelet, archiviste du département.
- 20 Sous-comité de /’arrondissement de Bergerac
- MM. Garrigat, sénateur; de La Batut; Lamothe-Pradelle, députés ; Clament, médecin, conseiller général, à Laforce; Faure, propriétaire, conseiller général à Douville ; Parsat, médecin, conseiller général, à Monpazier ; Allard (Henri), horticulteur ; Buisson, liquoriste au Buisson-de-Cabans ; Cou-dré, président du tribunal de commerce ; Delmas, tanneur à Eymet ; Dumont, maire de Villefranche-de-Longchapt ; Faisandier (Gustave), adjoint au maire ; Faure, conseiller d’arrondissement, à Ca-douin; Fomboncy, métallurgiste à Lalinde ; Gaillard, propriétaire, maire de Mauzac ; Garrigat (Henri), horticulteur; Gaulon (Georges), papetier à Lalinde; Geneste (Odillon), pisciculteur ; Géraud (Charles), horticulteur à Ponport ; Géraud (Henri), fabricant de produits chimiques ; Lamouroux, adjoint au maire ; Laval du Bousquet, juge de paix, propriétaire; Linarès, propriétaire, maire de Li-meuil; MM. Marcon, viticulteur à Lamothe Mon-traval ; Prats-Dumas, papetier à Couze-Saint-Front; Raymond (Ernest), viticulteur à Emet; Rebeyrolles, viticulteur à Port-Sainte-Foy; Régnier, propriétaire, maire de Pezuls ; Roudier, constructeur-mécanicien; Vieillefond, négociant, maire ; Villedary, mécanicien à Laforce.
- 3° Sous-comité de Varrondissement de Nontron
- MM. Dusolier, sénateur; Theulier, député; Lacombe,conseiller général, maire de Saint-Pierre de Frugée; Neury Angel, conseiller général, maire de Nontron; Bardou (Charles), conserves alimentaires à Thiviers ; Boyer, notaire, maire de Cham-pagnac; Bridet, notaire, maire de Javerlhae; Chi-quet, maire de Jumilhac; Danède, lieutenant-colonel en retraite à Nontron; Faucher, agriculteur, maire de Saint-Pancrace- Faurie-Laroche, agriculteur, maire de Busseroies ; Hautefort (Camille), agriculteur à Jumilhac; Lacoste, fabricant de pa-
- piers à Nanteuil; Laforest (Lucien), adjoint au maire de Nontron; Laforest, négociant à Mareuil; Lambert, adjointau maire deThiviers ; Lapouyade,. agriculteur à Cognac ; Lathière-Lavergne, notaire, maire de Bordeix ; Martin, conseiller d’arrondissement, à Pajsac; Millet-Lacombe, maire de Mialet; Millet, médecin à Saint-Pardoux-la-Ri-vière; Picaud, docteur-médecin; du Plantier, agriculteur, maire de Champniers; Puyjarinet, propriétaire , maire de Vieux-Mareil ; Ravinot, agriculteur à Sarrazac ; Ribeyrol (Georges), adjoint au maire; River, mécanicien ; Texier, propriétaire à Nanthiat ; de Vandière, propriétaire, maire de Saint-Félix-de-Mareuil ; de Villarson, propriétaire agriculteur à Abjat ; Wallon, président de la société départementale d’agriculture à Lanouaille.
- 4° Sous-comité de larrondissement de Ribérac
- MM. Brugère, député; Desvergues, conseiller général, à Verteillac ; Lagrange, conseiller général à Monpont ; Pourteyron, conseiller général,à Saint-Vincent-de-Connazac ; de Beauregard, industriel à Saint-Médard ; Bouthereau. agriculteur à Mussi-dan ; Broca (Léon), propiiétaire à la Rochechalais ; Chambon, industriel à Saint-Laurent; Combescot (Mac), maître de forges au Pizou ; Débordés, notaire ; Larobertie, docteur-médecin, agriculteur r Lavaure, maire à Tocave-Sainte-Apre ; Maublanc, usinier à Beauronne ; Renault, agriculteur à Fes-talemps ; Roux de Badilhac, agriculteur à Verteillac ; Saint-Martin (Alfred), exploitant de carrières à La Tour-Blanche.
- 5° Sous-comité de l'arrondissement de Sarlat
- MM. le marquis de Malleville ; Roger, sénateurs ; Escande, Fonbelle, députés ; Boucherie,conseiller général, maire de Belvès ; Clerjounie, conseiller général, maire de Sarlat ; Maraval, conseiller général, maire de Villefranche ; Marmier, conseiller général, à Calviac ; Arbelaud, adjoint au maire de Domine, agronome; Bonnefond (Télémaque), propriétaire à Coux; Boucharel, tanneur; Carrier-Ladevèze, viticulteur à Saint-Cyprien ; Chauchat, adjoint, ancien président du tribunal de commerce ; Couderc, fabricant de conserves ; Delfour, fabricant de chapeaux au Bugue ; G. Dubousquet, juge de paix, trufficulteur à Eyvignes-Salignac ; Dupont, vétérinaire, maire de Plazac ; Fonbelle (Marcel), propriétaire, conseiller d’arrondissement; Lalba, fabricant de conserves ; Larivière, négociant, maire de Terrasson ; Lasserre, viticulteur, adjoint au maire de Rouffignac; Nadaud, receveur de l’enregistrement ; Pageyrol, industriel, ancien éleve de l’école polytechnique; Poujade, propriétaire, adjoint au maire de Saint-Cyprien ; Roger, fabricant de pierres meulières à Cenac ; Tournier, avocat à Sarlat.'
- ------ ..H-. 40 «» 0 «agi—111 . -:-
- L’ITALIE ET L’EXPOSITION
- L’ingénieur Léonard Carpi était, en t885, vice-président du jury international à l’Exposition d’Anvers. C’est avec ce titre officiel qu’il vient de publier ses Notes sur les arts, les chemins de fer, /’Industrie. »
- Le but de cette brochure, ou plutôt le sentiment qui l’a inspirée est bien clair. M. Carpi'le dit très franchement, en des termes très flatteurs pour la France. Ce qui l’a guidé dans son œuvre, dit-il, c’est ; « la pensée du concours universel décidé « par la France, pour 1889, dans un but de paix, « et auquel sans aucun doute les Italiens partici-« peront,soit que le gouvernement y prenne part...
- « soit que l’initiative privée s’y rende spontané-« ment... Il ne peut y avoir ni politique, ni allian-« ces capables de sauver les intérêts d’un jeune « et grand peuple, si on ne les appuie sur le « respect réciproque et sur un niveau égal de trace vail, de civilisation et de progrès. »
- L’exposition d’Anvers a révélé l’Italie à bien des gens, même à plus d’un peuple. « Nous étions. « moins connu que le Congo, » écrit M. Carpi. Mais on fut bien forcé d’avouer que l’Italie n’était point une quantité négligeable sur le terrain de la production et de l’industrie.
- En quelques années, elle avait réussi à former une entité de tous les éléments industriels et commerciaux des divers Etats de la péninsule, avant l’Unité.
- Et toutes les branches du savoir et du progrès s’en étaient ressenties. Les beaux-arts eurent des lors une inspiration unique ; les arts libéraux, enseignement, instruments scientifiques, etc., devinrent l’objet des efforts de quelques savants inspirés par le patriotisme et le renon scientifique de la patrie.
- A l’Exposition d’Anvers,-où l’Italie s’est si étonnamment révélée,suivantl’expression de M. Carpi, des savants illustres, de vrais Italiens, enfants de ce peuple de philosophes si admirablement doué pour les sciences exactes, ont été l’objet de l’admiration unanime.
- Les arts usuels, classés dans l’industrie, les machines à extraction, les industries mécaniques et alimentaires ; les arts appliqués au commerce, à la navigation, etc., ont mérité les éloges de tous.
- Chez un peuple aussi enclin à tout ce qui est science et choses positives, l’électricité, avec ses-
- p.720 - vue 291/496
-
-
-
- Troisième Année. — N° i34
- LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE 1SS9 Dimanche 24 Juillet 1SS7. — 721.
- applications pratiques, éclairage , force motrice, ne pouvaient rester en arrière, pas plus que les progrès de la mécanique et de l’industrie appliqués à l’agriculture.
- L’Italie fut très admirée à l’Exposition d’Anvers, et pourtant, assure M. Carpi, elle n’avait pas donné toute sa mesure. Elle manquait de capitaux suffisants, elle n’était pas assez soutenue par le gouvernement, elle ne put donner tout ce dont elle était capable.
- C’est là une excellente leçon pour l’avenir. Et elle ne sera pas perdue en ce qui concerne l’Exposition de 1880. Les Italiens y seront libres ; aucune attache ministérielle ou gouvernementale ne viendra les entraver. Ils se formeront en syndicat privé, pour sauvegarder leurs intérêts et donner plus d’éclat à leur industrie nationale, à leurs produits commerciaux, sous la surveillance du gouvernement français, tout en se mêlant aux autres exposants sur un pied d’égalité et d’émulation.
- Toutes les causes d’insuccès recherchées, non sans avoir bien noté les mérites de l’exposition italienne, M. Carpi conclut :
- « Espérons que l’Italie, après avoir passé la « période actuelle, se montrera à la future Expo-« sition internationale de 1889, sinon élevée à une « nouvelle primatie— nous n’avons pas de telles « prétentions — au moins égale en travail, en « industrie, en commerce, à ses sœurs aînées « d’Europe. Celles-ci pourront s’abstenir sans que « leur renommée fermement enracinée puisse en « souffrir. Nous, qui devons nous souvenir de nos « origines, affirmer notre qualité de grande nation « et nous faire connaître à ceux qui, hier encore « nous ignoraient, nous n’avons pas le droit de « nous écarter, ni de suivre, dans les progrès « pacifiques, d’autre drapeau que le nôtre. Nous «< avons aussi le devoir de l’arborer officiellement « partout où flotte le drapeau de la liberté et du « travail. »
- •------ —-iSTÜi >T>n-îT—----
- ÉCHOS
- Paris
- Depuis mercredi dernier 20 juillet est ouverte à l’Hôtel de ville, conformément à une décision du Conseil municipal, l’exposition des oeuvres d’art dontlavillede Paris a fait l’acquisition au dernier salon.
- Cette exposition se prolongera durant un mois.
- * ¥
- On sait que l’un des premiers actes du nouveau ministre de l’agriculture a été de décider l’organisation d’une exposition nationale des produits et appareils propres à la fabrication de la bière.
- Un syndicat s’est formé récemment en vue dè cette exposition. 11 a, dans sa première réunion, constitué une association de garantie. Un capital de 40.000 francs a été immédiatement versé, et le syndicat recevra jusqu’au 1er août les souscriptions d’au moins 100 fr.
- L’association s’occupera de la gestion financière de l’exposition, qui ne recevra aucune subvention officielle, mais sera placé sous le patronage des ministres du commerce, de l’agriculture et de l’industrie.
- *
- ¥ *
- Départements
- Une exposition des Beaux-Arts, organisée par la Société artistique de Roubaix-Tourcoing, aura lieu à Tourcoing, dans les galeries de l’Hôte! de ville, du dimanche 18 septembre au lundi 24 octobre.
- Sont admises les œuvres rentrant dans les quatre catégories suivantes : 1° Peinture, dessins, cartons, aquarelles, pastels, miniatures, émaux etc. — 2° Sculpture. — 3° Architecture. — 4° Gravure et Lithographie.
- Nous renvoyons pour tous autres détails et renseignements complémentaires aux journaux artistiques.
- ¥ ¥
- Les sociétés coopératives de France tiendront leur troisième congrès à Tours, les samedi 17, dimanche 18 et lundi 19 septembre prochain.
- La séance d’ouverture doit être présidée par M. Frédéric Passy, l’éminent économiste, membre de l'Institut et député de la Seine.
- k
- ¥ ¥
- ETRANGER
- Allemagne
- Le 3 juillet a eu lieu à Berlin une réunion extraordinaire des délégués des associations industrielles artistiques d’Allemagne L’Assemblée était appelée à délibérer sur l’invitation adressée par l’Association de Munich, pour l’exposition de 1888.
- On sait que cette exposition, consacrée à l’industrie artistique nationale, aura lieu l’année prochaine, en même temps que l’exposition internationale des Beaux-Arts.
- Il a été décidé que l’Assemblée des délégués ne
- pouvait, en cette qualité, accepter l’invitation et y adhérer, mais que celle-ci serait communiquée à toutes les sociétés intéressée's, _ et chaudement appuyée par les délégués respectifs.
- ♦
- * *
- Nous avons dit que l’on préparait à Winsbade, pour septembre, à l’occasion du Congrès des médecins, physiciens et naturalistes allemands, une exposition scientifique. Celle-ci promet, paraît-il, d’être exceptionnellement intéressante. Trois cents adhérents d'Allemagne, d’Autriche et de Suisse ont fait jusqu’ici connaître leur intention d’exposer des appareils et instruments nouveaux. Ceux-ci seront rangés dans différentes catégories, comme suit : 1° chirurgie, diagnostic médical, thérapeutique ; 2° ophthalmologie ;
- 3° cyûécologie ; 4° Laryngologie, rhinologie et otologie ; 5° orthopédie ; 0° art dentaire ; 7° chimie ; 8° instruments de précision ; microscopes; 9° instruments et appareils pour l’étude de l’histoire naturelle ; 40° géographie ; 11° équipements pour excursions scientifiques, explorations, etc.; 12° photographie ; 13° anthropologie ; 14° biologie et physiologie ; 15° hygiène ; 1G° électro-thérapeu-tique'et neurologie ; II0 pharmacologie.
- Comme nous l’avons déjà dit, les frais d’emplacement, d’insertion au catalogue, d’assurance contre l’incendie, sont à la charge du Comité.
- Les adhésions sont reçues jusqu’au 31 courant au comité d'Exposition, 44, Frankfurterstrasse, à Wiesbade.
- *
- ¥ ¥
- Angleterre
- Le marquis de Lorne, gendre de la reine, a ouvert le 4 juillet à l’Albert-Palace, de Londres, une exposition d’appareils contre la fumée. Cette exposition qui comprend un grand nombre d’inventions récentes, telles que poêles, foyers, fours, fourneaux, appareils perfectionnés pour la cuisine, la poterie artistique, etc., restera ouverte jusqu’en octobre. De nombreuses expériences sont annoncées.
- ¥ ¥
- Une grande exposition royale agricole a été inaugurée le 14 juillet à Newcastle, sous la présidence du prince de Galles.
- *
- ¥ ¥
- S. M. la reine a posé le 4 juillet à South-Ken-sington, la première pierre de la future exposition permanente des produits britanniques et coloniaux qui prendra le nom d’institut impérial. La cérémonie a ou lieu dans un pavillon contenant près de 10,009 personnes. Tous les princes qui avaient assisté au Jubilé étaient présents, à l’exception du prince impérial d’Allemagne.
- ¥ ¥
- Ces temps derniers a eu lieu également à Londres, aves un grand succès, l’exposition canine du Kcnnel-Club. Ce brillant concours, divisé en 46 classes, réunissait deux mille spécimens des races les plus variées.
- ¥ ¥
- Australie
- Rappelons que le dernier délai pour la réception des demandes d’admission à l’exposition internationale de Melbourne est fixé au 31 août.
- On. sait que cette exposition internationale ouvrira le 1er août 1888 pour clôturer le 31 janvier 1889, et qu’elle comprendra les 12 groupes suivants :
- 1° Beaux-Arts; 2° éducation, instruction, matériel et méthodes d’enseignemont ;• 3° mobilier et accessoires ; 4° verrerie, cristaux, faïences, poterie, etc.; 5° industries textiles, vêtements, etc.; 6° produits bruts et manufacturés ; 7° machines, appareils, procédés des industries mécaniques ; 8° produits alimentaires ; 9° hygiène ; 10° agriculture : 11° horticulture ; 12° industries minières métallurgie, machines.
- ¥ ¥
- Autriche-Hongrie
- Une Exposition régionale du Vorarlberg aura lieu, en septembre, à Bregent, sur le lac de Constance .
- M. de Berlepsch organise une section d’art rétrospectif qui sera une des plus intéressantes de l’Exposition, et pour laquelle il a déjà obtenu de nombreuses adhésions.
- Les collections privées, les trésors de monastères et d'églises seront largement mis à contribution.
- Belgique
- L’exposition générale des Beaux-Ars de 1887, (salon triennal) ouvrira à Bruxelles, le jeudi 1er septembre, pour clôturer le mardi 1er novembre, y sont admissibles les productions des artistes vivants, belges et étrangers.
- Toutes communications sont reçues parla coin-mission directrice de l’exposition générale des Beaux-arts à Bruxelles.
- -X
- * ¥
- L’Association des gaziers belges prépare une exposition d’appareils de chauffage au coke, destinée à faire connaître au public les procédés imaginés pour l’utilisation de ce combustible, au double point de vue du chauffage domestique et industriel.
- Notre excellent confrère le Moniteur Industriel, une des meilleures publications spéciales de la presse européenne, publie le règlement complet.
- L’exposition ouvrira le jeudi 1er septembre à Bruxelles et fermera le 31 décembre.
- Le local 11’est pas encore désigné. L’essai des différents appareils se fera, 95, rue du Marché, à Saint-Josse-ten-Noode. Des primes et des diplômes seront décernés.
- Les appareils exposés se diviseront en trois groupes :
- 1° Chauffage des appartements;
- 2° Chauffage culinaire ;
- 3° Chauffage industriel.
- Les adhésions sont reçues chez le président de l’exposition, 95, rue du Marché, à Bruxelles.
- ¥ ¥
- Le grand concours international de Bruxelles (1888) obtient un succès qui s'accentue de jourén jour. Les adhésions arrivent très nombreuses au comité exécutif, notamment de France, d’Allema-magne, d’Angleterre, d’Autriche-Hongrie et de Russie.
- « Il faut reconnaître, dit notre confrère le Mo-« niteur Industriel, que contrairement à une opi-« nion assez répandue, les expositions consécutives « sont loin de se nuire... En effet, beaucoup d’ex-« posants du Havre, par exemple, envoient leur « adhésion au grand concours. Le raison en est « simple. Ils n’ont qu’à créer une seule installation « qui leur profitera en 1888, après 1887, et qu’ils « garderont toute prête; la gratuité du transport « et du transit leur permettra de la transporter à « point nommé à Paris, pour 1889. N’est-ce pas « là l’incarnation nouvelle des grands marchés « d’autrefois et grandes foires modernes? »
- ¥ ¥
- Bolivie
- Beaucoup d’industriels et de commerçants songent sérieusement à organiser, soit à La°Paz, soit à Sucre, une grande exposition internationale. Les Républiques sud-américaines et l’empire du Brésil seraient conviés à y prendre part.
- * ¥
- Chili
- Nous apprenons avec plaisir qu’un certain nom bre de constructeurs français se feront représenter au concours-exposition, qui ouvriiaà Santiago en septembre, pour la préparation du lin et dont nous avons déjà parlé.
- ¥ ¥
- Espagne
- L’Exposition universelle de Barcelone ouvrira,, paraît-il définitivement, le 8 avril 1888.
- *
- * *
- Le lundi.15 août, ouverture à Cadix de l’Exposition maritime dont il a plusieurs fois été question à cette place.
- ¥ ¥
- Italie
- Nous avons déjà, à plusieurs reprises, parlé de l’Exposition qui célébrera, en 1888, les origines de l’Université de Bologne.
- Le comité .d'organisation vient de lancer un premier manifeste qui, annonçant un règlement plus détaillé, esquisse un programme dont voici les lignes principales :
- L’Exposition, qui ouvrira au printemps de l’année prochaine, se divisera en trois branches principales :
- A. Exposition industrielle et agricole régionale pour la province d’Emilie.
- B. Exposition nationale, contemporaine et rétrospective des Beaux-Arts.
- C. Exposition internationale de musique, consistant en exposition d’instruments, de tous objets, documents, etc., de nature à illustrer l’histoire de la musique et en unè série de représentations et concerts, où défileront les phases les plus importantes de l’art, depuis la réforme de Palestrina. jusqu’à la musique moderne.
- A ces trois expositions principales se joindront quatre sections consacrées respectivement : à la renaissance politique de la province d’Emilie, au club alpin italien, aux institutions de bienfaisance, d’enseignement et de prévoyance et enfin a l’archéologie provinciale.
- ¥ ¥
- En présence des nombreuses demandes d’exposants étrangers, on a décidé que l’exposition internationale d’appareils contre l’incendie 11’ouvri-rait à Turin que le dimanche 28 août et que la clôture serait fixée au dimanche 23 octobre.
- k
- ¥ ¥
- On sait que l’Italie, bien que ne devant pas
- p.721 - vue 292/496
-
-
-
- 722.
- Troisième Année. — N° 134.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE31889
- Dimanche 24 Juillet 1887.
- prendre officiellement part à l’exposition de Paris en 1889, se prépare à y occuper brillamment le rang qui lui appartient dans ce pacifique tournoi des nations.
- Tout d’abord, le gouvernement, comme M. Crispi, président du Conseil, l’avait promis à la tribune, en réponse à l’interpellation du député Cavallotti, fera les démarches nécessaires pour obtenir des Compagnies de chemins de fer toutes les facilités qu’il est coutume d’accorder en pareille occurence pour le transport des personnes et des marchandises.
- Puis un comité, formé de notabilités appartenant à tous les partis, de membres du Parlement, s’est constitué a Rome pour organiser la participation italienne à l’Exposition.
- Ce comité présidé par M. le député Villa et auquel ont adhéré MM. Luzzati, l’éminent économiste ; Cairoli , ancien président du Conseil ; Benghi, député et publiciste bien connu, et cent autres dont les noms estimés et connus de tous seraient trop longs à énumérer, a adressé un appel au pays et pris la direction du grand mouvement qui se fait jour dans toute la péninsule.
- Les Chambres de commerce de Milan, Naples, Modène, Turin, Païenne, Rome, Gênés ont d’ores et déjà adhéré à l’invitation du comité central et secondent ses travaux.
- La souscription ouverte par ce dernier est rapidement couverte.
- La société des viticulteurs italiens, réunie sous la présidence du député Berti, a décide d’organiser à Paris une brillante exposition.
- M. Villa pense qu’il suffira de deux millions pour assurer une représentation digne de l’Italie.
- Nous publierons, dans notre prochain numéro, d’après notre excellent confrère Bollettino dcLle Finance, Ferrovie e Industrie, les statuts du comité central romain, ainsi que tous les détails sur cette importante et fructueuse agitation à laquelle nos lecteurs prendront certainement un vif intérêt.
- *
- * *
- Pérou
- Notre excellent confrère Invention nous apprend que l’inauguration de l’exposition minéralogique de Lima, primitivement fixée au 1er octobre prochain, est remise, par décision du gouvernement péruvien, au 29 juin 1888.
- Nous reviendrons, dans notre prochain numéro, sur cette importante exposition.
- *
- République Argentine
- Le Journal des Arts dit que le gouvernement belge, sur la proposition de son chargé d'affaires à Buenos-Ayres, a décidé d’organiser dans cette ville, en septembre prochain, une exposition des Beaux-Arts, exclusivement belge.
- Un jury nommé par le gouvernement fera un choix parmi les œuvres soumises à son examen. Le nombre maximum des objets reçus ne pourra excéder 275.
- Les frais de transport, aller et retour, seront supportés par l’Etat qui veut créer un débouché à l’art national en faisant connaître ses productions les plus variées.
- *
- * ¥
- Suisse
- Une exposition de tableaux à l’huile et à l’aquarelle réservée aux artistes français les plus distingués, aura lieu en novembre à Bàle par les soins delà société locale des Beaux-Arts.
- Les invitations sont adressées par le président de l’exposition, M. Jacques Sarazin.
- M. Olivier Merson, représentant de la société à Paris (117, boulevard Saint-Michel) est chargé de fournir tous les renseignements nécessaires. Le délai de dépôt des œuvres chez M. Toussaint, emballeur à Paris, 13, rue du Dragon, est fixée au samedi 15 octobre.
- EXPOSITION DU HAVRE
- Nous avons remarqué dans les galeries du Palais de l’Exposition, au Havre, une exposition collective qui mérite une mention spéciale ; elle est faite par une importante maison de Cognac dont l’envoi occupe un espace considérable ; amoncellement de fûts, de foudres et de bouteilles de cognac, qui suffiraient à l’approvisionnement d’une armée.
- Nous trouvons dans cette exposition un bon exemple à suivre : On n’accusera pas les exposants de se borner à présenter quelques échantillons de leurs produits pour les besoins de la circonstance; ils ont bravement envoyé trente mille litres de cognacs distillés chez eux ; et ils ont été récompensés de cette hardiesse ; on pouvait voir, en effet, dès le jour d’ouverture de l’exposition, inscrits, au nombre des acheteurs qui se sont partagé cette copieuse provision, le nom des plus importantes maisons de la place du Havre.
- Et pour mieux affirmer la méthode adoptée par ces exposants, de 11e présenter à l’acheteur d’autres
- produits que ceux qu’ils livrent habituellement à leur clientèle, ils accompagnent leurs pyramides de fûts d’un tableau indicatif des qualités et des prix correspondant à chaque sorte présentée, ainsi que des quantités disponibles.
- Ici, pas de frais de mise en scène, aucune préoccupation de séduire le visiteur par le luxe de l’aménagement ; tout est sérieusement commercial ; on sent la maison qui ne compte, pour obtenir le succès, que sur le mérite de ses produits.
- Une autre remarque que ne manquera pas de faire le visiteur, et qui plus encore que ce que nous venons de relever, nous touche, nous, qui n’avons pas à faire mérite aux exposants de leur esprit pratique des affaires, c’est la collectivité de propriétaires qu’ils ont groupés autour d’eux.
- MM. Pellisson père et Gie, ne se sont pas borné, en effet, à présenter à l’exposition des cognacs de leur distillation de toutes les catégories, depuis les produits de prix abordables qui intéressent le commerce en rapport avec la grande consommation, jusqu’à celui de luxe que recherche la clientèle fortunée ; ils ont convié un certain nombre de propriétaires-bouilleurs, des producteurs connus des meilleurs crûs de la fine champagne, à les suivre à l’exposition du Havre, afin de mettre sous les yeux des visiteurs français, et spécialement sous ceux des étrangers, des produits et des chiffres qui diront éloquemment le mérite et l’importance des ressources que, malgré les désastres faits par le phylloxéra, détient encore le riche pays de Cognac.
- Nous avons dit que l’on voulait mettre ces ressources sous les yeux des étrangers; telle nous semble, en effet, avoir été la préoccupation des exposants. Mus par un sentiment patriotique excluant toute pensée de spéculation personnelle, les instigateurs de cette exposition, ont vu dans l’affluence d’étrangers que ne manquerait pas d’amener au Havre, sa situation géographique, l’importance de son port et l’intérêt tout spécial que présente son exposition maritime, une occasion favorable pour réagir contie les efforts que font des concurrents d’un état voisin, pour exploiter à leur profit en l’exagérant à plaisir, le mal qu’a fait à nos vignobles le phylloxéra ; et tenter de nous supplanter sur les marchés extérieurs, où on affirme inexactement, par la bouche d’agents et par la voie de la presse payés à cet effet, que les ressources du pays de Cognac sont épuisées.
- Ces exposants n’auraient su faire une meilleure réplique dans l’intérêt delà production étroitement lié à celui du commerce, qu’en mettant sous les yeux des visiteurs de l’Exposition, les échantillons de produits authentiques présentés par les producteurs eux-mêmes, et en accompagnant cette exhibition, ainsi que l’ont fait pour leur propre compte les inspirateurs de cette entreprise, .d’un tableau indicatif des qualités, des prix et des quantités, correspondant aux échantillons présentés. — L’addition a son éloquence, qu’amoindrirait tout commentaire.
- LES LIVRES
- CXIX
- La Bataille de Sedan, les Véritables coupables, par le général ps Wimpffe.x. Histoire complété,.\ politique et militaire, d’après des matériaux inédits, élaborés et coordonnés par Emile Corra, Paris, Paul Ollendorff, in-18. — Armée de Châlons, Sanglants combats, par Georges Bastard, avec gravures inédites et d'après nature, de Edouard Détaillé et Paul de Katow ; Paris, Paul Ollendorff, in-18.
- Quand une bataille a été gagnée, tout le monde veut l’avoir gagnée. Quand une bataille a été perdue, nul ne veut l’avoir perdue. Le général Mack trouvait de bonnes raisons pour justifier la capitulation d’Ulm qui semble le prototype du désastre de Sedan. Le général Benedeck cherchait aussi à expliquer comment il aurait pu être vainqueur à Sadowa s’il n’avait été battu. C’est l’éternelle histoire. Elle n’est ni allemande, ni autrichienne, ni française en particulier. Elle est humaine tout simplement, les hommes de tout temps, avec ou sans épaulettes, ayant toujours essayé de lutter contre l’impopularité partout assurée aux revers ; Bazaine lui-même, après la reddition de Metz, en a appelé à la fatalité qui a bon dos, et tenté de rejeter sur elle la responsabilité de ses fautes.
- Ce qui complique particulièrement le cas de la funeste bataille de Sedan, c’est que l’unité de commandement y fit forcément défaut, le maréchal de-Mac-Mahon ayant été opportunément blessé dès le matin, et la direction des opérations non de victoire, elle était désormais impossible, mais de salut s’étant trouvée divisée entre le général Ducrot investi par lui de cette direction, et le général de Wimpffen porteur d’une commission du ministre de la guerre, qu’il eut le tort incontestable de ne pas communiquer dès son arrivée à qui de droit et de garder secrète. Il n’est pas douteux d’ailleurs que la présence de l’empereur à Sedan était de nature à gêner sinon à paralyser toute tentative, et qu’il .prit l’initiative et par suite la responsabilité de la capitulation qu’il rendit inévitable, et que le général de Wimpffen ne signa que faute de pouvoir faire autrement.
- Nous n’avons pas l’intention de faire le critique militaire, ce qui ne siérait pas le moins du monde à notre incompétence, ni de faire la part des responsabilités qu’il est très difficile de régler impartialement dans une affaire où nul ne veut avoir le dernier tort. Notre avis qui pourrait bien être celui du public, est que depuis seize ans la controverse engagée entre les généraux de Palikao, Le Brun, Ducrot et de Wimpffen sur la catastrophe de Sedan, ses causes, ses circonstances, ses effets, ses auteurs, est loin d’avoir produit des lumières décisives. Il est évident que personne ne veut convenir de ses fautes, et que les contendants s’accorderaient volontiers à laisser la responsabilité totale au général de Wimpffen, qui n’a cependant fait que signer une capitulation devenue inévitable. Mais comment et pourquoi l’armée de Châlons ayant manqué son objectif hasardeux, sinon chimérique de la jonction avec l’armée de Metz, fut-elle engouffrée dans l’étroit entonnoir d’une place ouverte dominée par les feux convergents de troupes, supérieures en nombre et en position (240,000 hommes contre 120,000), c’est une autre affaire ; et nous doutons que la publication annoncée du maréchal de Mac-Mahon sur les journées des 1e1' et 2 septembre 1870 l’élucide beaucoup. C’est peut-être oeuvre stérile que cette querelle de mots sur des faits trop certains, et cette discussion byzantine sur des questions de commandement, de retraite, de responsabilité, alors qu’il est constant que les discussions-et les rivalités de la dernière heure entre les deux généraux en chef n’étaient pas faites pour améliorer la situation et relever le moral de l’armée fort abattu, qu’il est difficile de savoir si le projet de retraite sur Mézières, plan du général Ducrot, valait mieux ou moins que le projet de retraite sur Carignan, plan du général de Wimpffen, que l’heure était passée de toute occasion favorable et décisive, et que la justice de la postérité séparera certainement les responsabilités, et en donnera sa part à chacun des chefs de ce jour de désastre. L’arrêt sera sans doute un arrêt de renvoi de toutes les parties dos à dos. Le soldat fut admirable ; mais les généraux peuvent se partager les fautes, etaucun d’eux ne serait entièrement exempt de droits à la bandoulière jaune de l’incapacité.
- Nous n’insisterons donc pas sur le plaidoyer habile et intéressant de M. Emile Corra en faveur de son client le général de Wimpffen. Nous signalerons seulement son livre et les pièces qu’il contient à l’attention des historiens de l’avenir, qui auront certainement à en tenir compte.
- Combien nous préférons à ces ouvrages de procédure minutieuse, méticuleuse, de polémique ardente et stérile, les livres qui comme celui de M. Georges Bastard ne discutent pas des plans de campagne ou des questions de responsabilité, mais montrent sous ses aspects héroïques, l’esprit militaire e&l’esprit national, et sans phrases, racontent avec la simplicité épique les exploits de ces chefs et de ces soldats aux prises avec le danger et le devoir, faisant sans façon les acrifice de leurvie, et ne s’inquiétant que de la vendre chèrement et glorieusement à l’ennemi.
- Nous n’avions rien lu depuis l’Invasion de Ludovic Halévy, et les récits militaires antérieurs du brave et spirituel Paul de Molène d’aussi sobre et exact de couleur, d’aussi palpitant de vie que ces photographies d’après nature des combats dé l’armée de Châlons dans sa marche vers l’armée de Metz, photographies qui sont d’un véritable artiste connaissant non seulement son métier, mais son art à fond, et donnant au lecteur avec une intensité inouïe la sensation du vu, du vécu.
- Là point de généraux, d’officiers ni de soldats politiciens. Point d’arguties et de subtilités civiles; le courage et le devoir militaires dans toute leur simplicité et dans toute leur grandeur. Il ne s’agit pas de savoir qui a tort ou raison dans l’ordre donné. Il s’agit de l’exécuter et de combattre de son mieux, sans songer au risque de se faire tuer. Le colonel de Contenson, quand on lui porte l’ordre de charger avec son régiment de cuirassiers, ne discute point le plus ou moins d’opportunité de l’ordre, le plus ou moins de commodité de la situation. Où faut-il aller ? demande-t-il simplement. Le général de Fénelon, d’un geste, lui’ montre les hauteurs vomissant les obus, et la plaine encombrée de bataillons ennemis, déployant leurs tirailleurs et s’embusquant dans les fourrés et les bois. C’est la lutte dans ce qu’elle a de plus inégal. C’est la victoire incertaine, le salut plus incertain encore. C’est la mort pour la moitié de ces braves qui n’en reviendront pas. Le régiment enlevé pat-son chef qui trouvera la mort aux premiers coups s’ébranle, s’élance et se jette sur les foudres ennemies.
- Deux qualités originales et caractéristiques distinguent ces tableaux guerriers de M. Georges Bastard. C’est d’abord la justesse et la sobriété de la couleur. C’est un témoin oculaire et auriculaire qui raconte ce qu’il a vu et ce qu’il a entendu, en soldat d’abord, en artiste ensuite, choisissant dans les traits de son tableau, comme il choisit dans ses armes celles qui portent coup. Rien d’oiseux. Chaque détail fait balle. Ce qui distingue encore ce peintre militaire, c’est que tout en rendant justice au chef il ne rend pas
- p.722 - vue 293/496
-
-
-
- Troisième Année. — N° i34.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1S89.
- Dimanche 24 Juillet 1S87. — 723.
- moins justice au soldat. Il enregistre soigneusement non seulement les faits d’armes collectifs, mais les exploits individuels, fussent-ils l’œuvre d’un simple soldat ou d’un simple sous-officier. Il les désigne par leur acte dans la grande scène où ils jouent leur' vie et frappent leur coup ; il les nomme par leur nom. De là une animation et une vie intense et superbe,dans ces récits où rien n’est donné à l’effet, et où tout contribue à l’effet, où la multiplicité des épisodes isolés sert loin de lui nuire, à l’unité et à l’harmonie de l’ensemble. Nous ne sommes pas étonnés d’apprendre le succès, dans les cercles militaires et dans les chambrées, de ces histoires et de ces tableaux de guerre qui n’ont rien de poncif, rien d’académique, qui ne sont pas d’un peintre « peignant de chic d’après nature », comme le Clodion-les-Bouleaux, du conte de Goppée, qui sentent vraiment l’odeur de la poudre, de la fumée et du sang, qui ne sont pas enfin d’un amateur installé commodément sur la hauteur, sous son parasol, loin des obus et des balles, mais d’un soldat artiste qui a une épée, non un appuie-main aux doigts, et peint les affaires où il est allé pour son compte, non de loin, pour chercher des motifs mais de près, pour les voir à ses risques et périls, ses sujets de la brillante et mortelle réalité.
- Nous avons été très empoigné par ce livre remarquable, où il n’y a que des faits, des noms, des impressions de soldat et d’artiste, et nous croyons que dans les bibliothèques régimentaires, un beau livre est plus fait pour former des soldats et des officiers que toutes les enquêtes et toutes les controverses rétrospectives sur la question de savoir à qui nous devons nous en prendre de nos fautes, et quels doivent être les boucs émissaires de nos malheurs. M. de Lescure.
- Bilan dramatique de la saison
- Gymnase. Le théâtre où M. Koning règne de sa double autorité de mari et de directeur n’a guère brillé cette année par l’abondance des nouveautés. Reprise de Frou-Frou pour Mme Hading, reprise du Panache, reprise de la Doctoresse, reprise du Maître de Forges, reprise du Meurtrier de Théodore, reprise du Gentilhomme pauvre, voilà avec la Comtesse Sarah de M. Ohnet ce que compte à son actif pour le développement de l’art dramatique le théâtre de Madame....... Hading.
- Quoi qu’il en soit, le bilan de la saison, pour le Gymnase, peut se solder par le mot succès. Succès pour les reprises, succès pour la seule nouveauté de l’année, cette Comtesse Sarah qui n’a pas encore épuisé le cours de ses représentations. Décidément, M. Koning est un heureux joueur, à ce jeu hasardeux du théâtre.
- Vaudeville. Au Vaudeville la situation change, et si l’on ne peut dire que M M. Deslandes et Carré aient fait une brillante campagne commerciale, il faut du moins les féliciter sans réserve des réels efforts artistiques qui caractérisent leur direction pendant la saison écoulée.
- Peu de théâtres ont en effet donné une plus large hospitalité aux jeunes auteurs, aucun n’a monté plus de pièces nouvelles dans les genres les plus différents. Et si toutes ces tentatives n’ont pas été couronnées du même incontestable succès, elles n’en ont pas été moins honorables et il n’en reste pas moins acquis que de toutes les scènes de Paris, c’est celle du Vaudeville qui a le plus fait au.point de vue littéraire.
- La saison a débuté avec le Gerfaut de M. Emile Moreau, pièce mal équilibrée où se rencontrent cependant des situations traitées avec une réelle entente du théâtre. Puis ça été le grand, très grand succès de rire du Conseil judiciaire de MM. Moinaux et Bisson, une pochade si l’on veut, mais une pochade réussie et dont la place est marquée dans le répertoire gai, parmi les meilleures pièces, bien qu’à vrai dire il n’y ait à proprement parler pas de pièce dans ce Conseil judiciaire : preuve que la sauce peut parfois faire passer non seulement le poisson, mais encore l’absence de poisson.
- Avec Monsieur de Adorât, de M. Edmond Tarbé, nous retombons dans la série des tentatives malheureuses; mais quoi ! M. Deslandes aura-t-il été le premier à s’illusionner sur la valeur scénique d’une œuvre depuis longtemps couvée avec des yeux quasi-paternels.
- Cet insuccès ne refroidira pas cependant le zèle des intelligents directeurs du Vaudeville qui tenteront encore l’audacieuse campagne de la Renée, d’Emile Zola, qui faillit galvaniser pour un soir notre indifférence et faire revivre le temps des belles luttes littéraires du classicisme contre le romantisme. Peu s’en est fallu que la première de Renée se soit terminée en bataille, et, si ce résultat n’a pas été atteint, c’est uniquement parce que la pièce de M. Zola n’a pas tenu, aux yeux des partisans meme de l’école naturaliste au théâtre, toutes les espérances que pouvaient faire naître dans leur esprit les idées maintes fois exprimées par le maître et dont on était fondé à croire que Renée serait la consécration définitive. Il n’en a pas été ainsi, et, chose bizarre, c’est par les concessions
- même faites aux vieilles formules que Renée a dû son insuccès relatif. Plus hardiment exposée, la thèse de Renée eût trouvé, à côté de protestations plus vives, des enthousiasmes plus vifs encore. Dans tous les cas, cette soirée a démontré à ceux qui en doutaient encore que le public, le vrai public est mûr pour une transformation du drame et pour son évolution dans la voie résolument réaliste.
- C’est là un résultat dont peut s’honorer la direction du Vaudeville qui a encore, pour finir la saison, recueilli, après des pérégrinations sans nombre, la Comtesse Frédégonde de feu Jules Amigues, couronnant par une bonne action, doublée d’un acte d’indépendance artistique, une campagne des plus honorables.
- Palais Royal. — Au Palais-Royal, la guigne qui depuis longtemps poursuivait ce théâtre semble avoir été définitivement conjurée par le grand succès de Durand et Durand de MM. Ordon-neau et Valabrègue, succès que la clôture annuelle est venue interrompre, mais qui se trouvera tout prêt à ramener le public à la galerie Montpensier, à l’heure de la réouverture. Cette guigne du Palais-Royal avait auparavant noyé une bien fine et bien charmante comédie, la Gotte de M. Meilhac, qui malgré un très gros succès de première, n’avait pu réapprendre au public le chemin du Palais-Royal. Et c’est tant pis, car Gotte est bien l’une des plus amusantes pièces de l’année et je dirai même de ce brillant répertoire commencé par cette collaboration si fertile de Meilhac et d’Halévy et que continue seul Meilhac, sans pouvoir retrouver la veine du début.
- Autre nouveauté, la Vie Commune, trois actes de MM. Jules de Gastyne et Henri Feugère dont la carrière a été éphémère.
- Variétés. — Aux Variétés, Judic, Judic partout, Judic dans tout, Judic assise, judic debout, Judic à cheval, Judic jouant du clairon, Judic jouant du piano, Judic jouant de la harpe, Judic en blanc, Judic en bleu, Judic en rouge. Tel est le bilan de l’année, et que Judic soit en blanc, en bleu, en rouge, qu’elle joue de la trompette ou monte à cheval, qu’elle parle ou qu’elle chante, c’est toujours le succès qui l’accompagne.
- Une pièce nouvelle sans Judic est une pièce condamnée d’avance : exemple, le Coup de foudre, du Blum et Toché de derrière les fagots cependant!
- Une pièce nouvelle avec Judic : succès fou.
- Preuve: la Noce à Nini....\ Pardon! mettons que je n’ai rien dit.
- CANAL DE PANAMA
- Assemblés du 21 Juillet 1087
- Le rapport in-extenso est envoyé à toute personne qui le
- demande.à la Compagnie, rue Caumartinf 46, à Paris.
- Extrait du Rapport de
- M. FERDINAND DE LES3EPS
- Par une résolution du 9 octobre 1886, le Gouvernement des Etats-Unis de Colombie a porté de i5o.ooo à 25o.ooo hectares la quantité des terres misçs gratuitement à la disposition de la Compagnie, « avec les mines que ces terres peuvent contenir »,
- Cette résolution est précédée de l’exposé suivant :
- « Considérant que, des faits consignés dans le « mémoire ci-dessus, et dans le rapport qui l’ac-« compagne (Rapport du Ministre des finances), « il résulte que les ouvrages exécutés pour l’exca-« vation du Canal interocéanique représentent « actuellement plus de la moitié des travaux qu’im-« plique la construction totale de ce Canal, etc... »
- Vous savez que dans nos rapports annuels nous ne laissons dans l’ombre aucun des points qui vous intéressent et que nous ne craignons pas d’aborder toutes les questions soulevées, de bonne ou mauvaise foi, pendant l’année écoulée.
- Cette franchise, qui a été tout le système par lequel le Canal de Suez s’est exécuté, est le système par lequel nous exécuterons le Canal de Panama.
- Lorsque le grand Congrès international de 1879, réuni à Paris, demanda au Président de la Compagnie du Canal de Suez, au nom de toutes les nations du monde représentées, de se charger du percement de l’Isthme de Panama, votre Président répondit qu’il acceptait, « parce qu’un général qui « a gagné une bataille n’avait pas le droit de se « refuser à un nouveau combat. »
- Vous avez répondu à notre appel ; vous vous êtes réunis, vous vous êtes groupés, comme jadis pour Suez.; la France a apporté ses capitaux, et votre Président a promis de les défendre. Il tient sa promesse en les défendant contre ceux qui les convoitent !
- « Notre, intention formelle, avons-nous dit, est « de ne rien négliger- pour que les navires puis-« sent passer d’un Océan à l’autre en 1889, et dans
- « la limite des dépenses totales prévues par le « Congrès international de 1879. Si donc, d’ici à « 1889, des difficultés actuellement imprévues « venaient à se présenter, si des augmentations de « dépenses venaient à s’imposer, nous n’hésite-« rions pas à prendre telles décisions qui assure-« raient la réalisation de notre promesse.
- « Il en fut ainsi pour le canal de Suez, dont l’ou-« yerture avait été promise pour 1869 et qui fut « livré aux navires à la date fixée ».
- Le programme général comporte un Canal de 9 mètres de profondeur et de 22 mètres de largeur au plafond. Nous aurons, au fur et à mesure de l’avancement des travaux, à voir les restrictions provisoires qu’il y aurait à apporter à ces dimensions. Le Canal maritime de Suez, inauguré le 17 novembre 1869, n’avait que 6 mètres de profondeur, et 70 navires passèrent d’une mer à l’autre le jour de son inauguration.
- Le Canal a été continuellement approfondi et élargi par des prélèvements sur les bénéfices, prélèvements assez sagement calculés pour que le dividende ait pu s’accroître successivement jusqu’à 160/0 du capital apporté par les actionnaires.
- Pourquoi n en serait-il pas de meme à Panama ?
- Le Congrès international de 1879 a voté, par 78 voix contre 8, la décision suivante :
- « Le Congrès estime que le percement d’un « Canal interocéanique à niveau constant, si dé-« sirable dans l’intérêt du commerce et de la « navigation, est possible; et que ce Canal mari-ci time,.pour répondre aux facilités indispensables « d accès et d utilisation que doit offrir avant tout « un passage de ce genre, devra être dirigé du « golfe de Limon à la baie de Panama ».
- Tel est le mandat que nous avons reçu. C’est pour l’exécution de ce programme que nous nous sommes associés. Nous remplirons donc ce mandat, nous exécuterons donc ce programme, plus ou moins vite, plus ou moins complètement d’içi à 1889, avec les 1,200 millions fixés par le Congrès, mais sans défaillance et sans compromis.
- Nous laisserons à la haute Commission consultative des travaux, — qui a nommé une sous-commission d’études dans cè but, — la pleine et entière liberté d’examen, d’appréciation, de conclusion. Et pendant qu’elle poursuivra son étude savante et consciencieuse, nous, nous creuserons le Canal a niveau, prêts a sanctionner, le moment venu, la décision souveraine, conforme aux engagements que nous avons pris envers le monde et envers les actionnaires.
- a Vous serez les juges de notre décision » vous disais-je l’an dernier. Je répète ces paroles cette année-ci ».
- La campagne prochaine, après le saison des pluies, sera décisive. Si nous avions eu cette année un nombre de travailleurs suffisant, l’exécution de notre programme total ne ferait aucun doute à 1 heure actuelle ; — nous sommes en mesure de vous faire connaître que tout a été bien préparé pour que la main-d’œuvre ne fasse plus défaut à nos entrepreneurs ; — nous comptons suides résultats qui, d’ici à quelques mois, nous permettront de vous apporter la solution précise.
- Il faut, pour cela, que tous nos efforts, toute notre énergie puissent être exclusivement consacrés à l’exécution matérielle du canal ; que notre personnel, que nos entrepreneurs, comme nous-mêmes, ne soient distraits par aucune autre préoccupation.; c’est pour cela que nous avons décidé l’émission immédiate d’une deuxième série d'Obli-gations nouvelles avec tous les avantages offerts aux souscripteurs de la première série, c’est-à-dire avec un intérêt honorable et la certitude d’un doublement du capital apporté, par tirage tous les deux mois.
- Nous vous disions déjà l’année dernière:
- « Le succès de l’émission en Obligations nou-« velles nous est nécessaire pour répondre à nos « adversaires, pour soutenir le zèle admirable de « notre personnel, pour affermir la confiance de « nos entrepreneurs. »
- « Nous avons voulu que les conditions de cette « émission fussent exceptionnellement avanta-« geuses pour qu’en y souscrivant nos actionnaires « et nos obligataires améliorent eux-mêmes leu r « situation d’avenir. »
- Je compte sur votre fidélité persévérante pour couper l’isthme américain, pour accomplir avec vous, et par vous, cette œuvre industrielle et pacifique, qui sera aussi glorieuse et aussi fructueuse pour la France, que l’est devenue l’œuvre si décriée jadis du canal de Suez.
- Je me rèndrai prochainement dans l’isthme, pour juger par moi-même de la marche des chantiers, pour apprécier le zèle de nos entrepreneurs, pour vous dire enfin, au retour, les conditions dans lesquelles les navires passeront d’un Océan à l’autre Océan.
- Le Gérant, GARREAU.
- Tours. — lmp. E. ARRAULT et O, rue de la Préfecture, 5.
- p.723 - vue 294/496
-
-
-
- 724 — Troisième Année — N® 134
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION'DE 1809.
- M. PAUL AUMONT
- L’élevage de l’espèce chevaline semblait depuis longtemps devenu l’apanage exclusif des Anglais. Leurs chevaux faisaient prime ; ils gagnaient à toutes nos courses et l’on doutait que la France pût jamais arriver à les atteindre. On ne songeait pas alors à les dépasser.
- 11 y avait en cela une question d’amour-propre national. Des éleveurs se sont mis à l’œuvre, et c’est avec une stupéfaction melée d’une satisfaction bien naturelle qu’on a pu voir des chevaux français battre les meilleurs produits de l’élevage anglais. Dès lors, le public des courses, en dehors de toute idée de gain, s’est mis à étudier le mérite comparatif des chevaux à discuter leur valeur en toute connaissance de cause.
- Un éleveur entre tous s’estmis en vue en ce moment, par suite des éclatantes victoires remportées par ses chevaux Monarque et Ténébreuse.
- Nous avons nommé M. Paul Aumont, dont nous donnons aujourd’hui le portrait.
- M. Aumont, contrairement à ce qui arrive pour la plupart des autres propriétaires, ne fait courir que les chevaux qu’il élève à son haras de Victot.
- C’est l’éle.veur-propriétaire par excellence.
- M. Alexandre Aumont, son père, qui l’avait précédé dans ce haras, fut un des premiers à élever en France des chevaux de pur sang. Comme son fils, aujourd’hui, il élevait et faisait courir.
- 11 eut la bonne fortune d’élever Monarque, né chez lui en 3.852, qui gagna, en x855 (comme son homonyme en 1887) le prix du Jockey-Club.
- A l’âge de 4 ans, ce cheval fut vendu à M. le comte F. de Lagrange, pour , lequel il gagna les courses les plus importantes, tant en France qu’en Angleterre.
- Après sa carrière de courses, qui dura cinq années, on l’employa comme étalon et c’est à lui que la France doit ses meilleurs chevaux, entre autres, Gladiateur, Trocadéro, Consul, ses fils, qui ont transmis ses qualités à la plus grande partie des chevaux qui courent en ce moment sur nos hippodromes. Il est bien rare, en effet, de trouver un bon cheval né en France, qui n’ait de son sang dans les veines.
- M. Paul Aumont avait à peine 21 ans lorsqu’il perdit son père. Il voulut continuer son œuvre
- malgré les observations de sa famille qui ne le voyait pas sans appréhension entreprendre une affaire aussi lourde.
- Le succès ne se fit pas attendre ; Mon-Etoile et d’autres bons chevaux firent, dès 1860, triompher les couleurs du jeune propriétaire-éleveur, qui s’appliqua, dés lors , à conserver au haras de Victot le sang de Monarque et de Fit^-Gladiator, qui y était également né.
- Pendant plusieurs années il vendit une partie de ses produits, réservant toujours quelques sujets pour continuer une production qui devait plus tard porter si haut la renommée du Haras.
- En 1871, M. le comte de Lagrange, qui avait élevé Trocadéro, fils de Monarque, le fit vendre en Angleterre.
- M. Aumont, devinant en lui l’étalon le plus apte à prendre la suite de Monarque, qui avait alors 19 ans, n’hésita pas à traverser la Manche pour s’en rendre acquéreur et le ramener en France.
- Là encore le succès ne se fit pas longtemps attendre et on vit bientôt briller d’un éclat exceptionnel les produits du nouvel étalon. Citons notamment Pourquoi?, Bariolet, Mademoiselle de Senlis et Satory, qui gagnèrent successivement en 1881, 1882, 1883 et 1884, Ie prix Gladiateur, la plus dure épreuve de l’année. (La distance qui mesure 6,200 mètres est parcourue en 8 minutes, environ). Puis Péranne, Chitré, La Papillonne, Fra-Diavolo, Richelieu, Georgina et nombre 1
- Dimanche 24 Juillet 1SS7.
- d’autres bons chevaux ont largement justifié le choix de cet étalon.
- Grâce à cet esprit de suite qui ne s’est jamais démenti un seul instant chez M. Aumont, soit qu’il en vendît une partie ou qu’il gardât tous ses chevaux, la production du Haras de Victot n’a pas cessé, depuis 25 ans, de donner chaque année des chevaux de premier ordre, tels que :
- Mon Etoile, Capucine, Orphelin, Etoile Filante, Minerve, Peut-Etre, Revigny, Destinée, Figaro II, Venise, Serpolette, Bariolet, Mademoiselle de Senlis, Satory, Fra-Diavolo, Richelieu, Alger, Sauterelle, Monarque et Ténébreuse, qui viennent, ces deux derniers, de gagner le prix du Jockey-Club et le Grand Prix de Paris, battant, dans le premier de ces prix, les meilleurs chevaux français, et, dans le deuxième, les mêmes chevaux, plus les deux meilleurs de la production anglaise, The Baron et Merry-Hampton, celui-ci passant pour invincible, après sa victoire dans le prix du Jockey-Club anglais.
- La victoire de Ténébreuse , dans ce prix, fait le plus grand honneur à l’élevage national , car ses ascendants sont nés en France.
- En achetant Saxifrage, qui appartenait à M. Ed. Fould, M. P. Aumont fit encore preuve de la plus grande clairvoyance. Ce cheval n’eut pas, à beaucoup près , les succès de ses contemporains qui se nommaient Salvator , Nougat et Saint-Cyr, mais il les laisse loin derrière lui comme étalon.
- Avec Saxifrage, on retrouve le sang précieux de Gladiator, dont il est l’arrière-petit-fils.
- Les victoires récentes de ses produits , Sauterelle , Alger , Artois, Ténébreuse, Monarque, le placent, non seulement au premier rang, mais à un rang tout à fait exceptionnel parmi les étalons français.
- Il a 15 ans. On dit ses produits de i885, 1886 et 1887 aussi beaux que leurs aînés. Cela ne surprendra personne, car bon sang ne peut mentir.
- Pour terminer, disons que M. P. Aumont est né en 1838 ; que depuis 1863 il est maire de Victot-Pontfol, où est situé son haras.
- Il est chevalier de la Légion d’honneur, officier d’Académie et chevalier de l’ordre de Léopold.
- M. Paul AUMONT
- p.724 - vue 295/496
-
-
-
- Le Moniteur
- DE
- L'EXPOSITION DE 1889
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
- TROISIÈME ANNÉE. Dimanche 31 Juillet 1887. NUMÉRO 135
- SOMMAIRE :
- i. Les travaux du Champ-de-Mars ; 2. Concours pour la construction et l'exploitation d'un réseau de chemins de fer ; 3. Bureau de la Commission de la Presse; 4. Comité départemental des Bouches-du-Rhône ; 5. L’Italie et l’Exposition de 1889; 6. Echos; 7. L’Exposition de brasserie; 8. Loi relative aux récompenses de Liverpool ; 9. Le Langage international conventionnel; 10. Le Métropolitain ; n. Les Livres; 12. Avis commerciaux; i3. Les Théâtres.
- EXPOSITION UNIVERSELLE
- DE 18 8 9
- LES TRAVAUX DU CHAMP-DE-MARS
- On trouvera plus loin parmi les documents officiels les détails relatifs au concours qui va -s’ouvrir pour rétablissement d’un projet de chemin de fer intérieur desservant les diverses parties de l’exposition.
- Quelques mots sur ce projet trouveront parfaitement leur place dans cette causerie et seront tout à fait de circonstance si on se rappelle ce que nous disions dans notre dernière chronique au sujet de l’agrandissement incessant de l?étendue des terrains affectés aux expositions,car c’est en effet cette surface considérable qui, en obligeant les'visiteurs à parcourir de longs trajets, a imposé l’obligation de rendre ..cesparcours plus rapides et moins fatigants.
- Autrefois, alors pourtant que tout était plus condensé et que la portion du sol occupée était relativement restreinte, on fut néanmoins conduit à chercher les moyens de rendre les visites moins fatigantes aux personnes âgées, aux infirmes et, disons-le, à ceux mêmes qui, ne voulant pas qu’un plaisir devînt un travail, trouvaient commode de se faire transporter d’un point à un autre sans faire usage de leurs jambes et sans être bousculés ; on créa donc de petites voitures roulantes que des hommes spéciaux, moyennant un tarif réglé d’avanee, faisaient circuler dans toutes les galeries au gré de leurs clients. Ce système qui d’abord fut l’objet de quelques railleries finit par être très goûté du public et il n’était pas toujours facile de se procurer un de ces véhicules encore que leur emploi fut assez coûteux, ce qui ne permettait pas à tout le monde de l’utiliser.
- Il est bien évident qu’aujourd’hui, avec le développement des divers palais et surtout de leurs annexes, un semblable système serait tout à fait insignifiant et ne répondrait plus aux besoins pour lesquels il serait créé ; on pourrait encore s’en servir dans l’enceinte même d’un quelconque des palais pour en visiter les diverses parties, mais il ne serait plus possible de l’employer pour franchir les distances très longues'qui sépareront les différents palais soit les uns des autres, soit l’un d’eux des annexes disséminées un peu partout, ce mode de transport deviendrait très onéreux et occasionnerait une perte de temps considérable.
- C’est surtout pour parer à ce dernier désagrément qu’on fut amené à relier d’une façon intime les divers centres d’attraction de l’exposition et à établir une voie ferrée desservant sinon tous les points du moins les plus importants : elle sera surtout indispensable aux personnes, très nombreuses, qui ne disposant que
- d’un temps assez court veulent néanmoins se rendre compte de l’ensemble et avoir un aperçu des dispositions générales ; quant aux visiteurs moins pressés, il est bien certain qu ils s’en serviront également et trouveront commode, après avoir terminé la revue d’une des sections, de se rendre à une autre sans fatigue et pour un prix modique. Du reste de toute façon Eéconomie de temps sera considérable car les trains pouvant faire jusqu’à io kilomètres à l’heure iront au moins trois fois plus vite qu’une piéton qui, dans un endroit comme celui-là, ne peut guère parcourir que 3 à 4 kilomètres, sollicité qu’il est à chaque instant par une curiosité nouvelle ou gêné par la foule toujours très compacte.
- Le chemin de fer ayant, aux points principaux, des stations où seront déposés les voyageurs, on pourra au surplus compléter son action par l’emploi de moyens de locomotion plus modestes permettant de se rendre de la station au point précis que l’on a l’intention d’examiner, les petits chariots primitifs retrouveraient là leur application, on pourrait même tenter une innovatioli qui serait tout à fait d’actualité à cette époque où l’électricité joue un si grand rôle et où on s’ingénie à l’utiliser comme force au détriment des autres modes de traction : nous voulons parler de petites voitures qui seraient mues par l’électricité et que le promeneur manœuvrerait lui-même sans avoir besoin d’un aide pour la pousser ou la traîner ; ici comme le véhicule doit suivre un chemin dépendant de la fantaisie de celui qui l’occupe, il ne peut être question d’amener la force motrice au chariot au moyen de conducteurs fixes comme cela s’est fait dans les tentatives de traction des tramways qui n’avaient à suivre qu’une seule route toujours la même, il faudrait donc avoir recours à des accumulateurs, placés à l’arrière ou sous la voiture, faisant marcher un petit moteur actionnant l’essieu, et n’agissant qu’à la volonté du promeneur à l’aide d’un commutateur dont le manche serait à portée de la main ; le chariot serait muni d’une tige de direction comme celle qu’emploient les invalides; quant aux accumulateurs on leur donnerait une capacité suffisante pour faire fonctionner l’appareil pendant un temps limité, trois heures par exemple, après quoi on les remplacerait par d’autres nouvellement chargés et pris à des dépôts situés en différents points où seraient installés des producteurs d’électricité ; on louerait des voitures électriques comme on loue un cheval, ou un canot avec cette différence que ces derniers doivent être ramenés là où on les a pris, tandis que les petits chariots pourraient être laissés en divers endroits spéciaux et seraient reçus par un préposé ad hoc.
- Jusqu’à présent, la traction par ce procédé n’est pas entrée dans la pratique, d’abord parce que les voitures représentant un poids considérable il fallait employer un très grand poids d’accumulateurs qui à leur tour augmentaient la charge et ensuite parce que ces appareils ayant un rendement final très faible la traction atteignait un prix élevé, mais pour une exploitation en quelque sorte d’agrément comme celle qui nous occupe, ces motifs n’ont plus de valeur, en premier lieu parce que le poids total ne sera jamais trèsgrana,et en second lieu parce que dans le cas actuel le prix de location n’a plus qu’une importance relative, et comme il ne serait pas, à tout prendre, inabordable, beaucoup de visiteurs n'hésiteraient pas à faire cette
- petite dépense pour avoir le plaisir de n’être tributaires de personne et de faire fonctionner eux-mêmes leur voiture.
- Bien entendu nous émettons une simple idée sans vouloir présenter un projet complet, mais elle mériterait peut-être qu’on s’y arrêtât et qu’on y apportât les modifications capables de la faire passer du domaine de la fantaisie à celui de la pratique.
- Mais revenons au chemin de fer dont nous nous occupions en commençant et passons rapidement en revue les principaux points du projet dont les clauses générales ont été si clairement exposées par M. Vigreux, chef du service électrique et mécanique.
- On voit qu’à part certaines conditions spéciales imposées aux concurrents la plus grande latitude leur est laissée pour la rédaction de leur projet notamment en ce qui concerne l’établissement général du réseau qui pourra être soit continu à une seule voie* avec train circulant toujours dans le même sens, soit composé de trois tronçons à double voie sauf pour le troisième où on tolérera le système à un seul rail avec trains faisant la navette. Cette portion du réseau sera expressément aérienne avec l’obligation de laisser, entre la face inférieure et le sol une distance de 5m pour la circulation des voitures sur la voie publique. Quant à la section allant de l’avenue de Labourdonnais à l’avenue de Suffren en traversant le Champ-de-Mars, elle est également soumise à une obligation qui est d’établir les rails auras du sol, sans saillie et de la même façon que ceux des tramways.
- Les concurrents pourront aussi adopter pour leur projet, soit la voie étroite de 0 m. 60 de largeur, soit une voie moyenne de 1 mètre d’écartement, mais ils devront se conformer aux prescriptions en ce qui concerne les rayons à employer dans les courbes et les largeurs d’emprise sur le terrain : avec la voie de o m. 60 les courbes ne peuvent avoir moins de 3o m. de rayon et l’emprise ne doit pas dépasser 3 m., tandis qu’avec la voie de 1 mètre, cette emprise peut aller jusqu’à 3 m. 80 ; par contre, on a fixé à 5o m. la dimension minima du rayon dans les courbes.
- Il existe d’autres conditions générales dont les auteurs ne pourront s’écarter, mais nous n’avons pas à nous en occuper, puisqu’elles sont entièrement détaillées dans l’acte officiel ; ces conditions sont indispensables, car, tout en laissant la plus grande part possible à la fantaisie de l’auteur, il faut néanmoins qu’un projet rentre dans un cadre général, dont les limites sont fixées et résultent d’une étude approfondie des besoins auxquels on doit donner satisfaction. C’est ainsi que remplacement des stations, la vitesse avec laquelle les trains pourront circuler, le tarif maximum du transport et le mode de perception du prix des places sont choses trop importantes pour qu’il soit possible.de les livrer auxcaprices de l’imagination d’un inventeur quelconque qui se préoccupera moins des nécessités du service que de l’effet à obtenir et du côté artistique de l’œuvre.
- Ce chemin de fer, formant une véritable ceinture, englobant toute l’étendue de l’exposition, aura réellement un cachet fort pittoresque, et ces trains en miniature, circulant constamment au niveau du sol ou à une certaine hauteur, ne manqueront pas de donner une animation fort agréable.
- c II est probable que de nombreux projets seront
- p.725 - vue 296/496
-
-
-
- 726. — Troisième Année — N° i35.
- présentés et la commission trouvera certainement, parmi les solutions proposées, un ensemble satisfaisant, entièrement aux diverses conditions imposées, mais il n’y a pas de temps à perdre pour les concurrents, car le délai accordé est court, et dresser en un mois un dossier complet, constitue un problème qui exige qu’on ne perde pas une minute ; en tous cas, lorsque la concession aura été donnée, nous aurons là une série de travaux qui offriront, à coup sûr, un intérêt constant.
- Puisque nous parlons des moyens de transporter les visiteurs, il est une question qui a pour le moins autant d’importance que celle consistant à leur permettre d’aller d’un point à un autre ‘dans l’enceinte même. Certes, arriver d’une façon pratique à ce résultat est absolument utile, mais il serait bon q'u’on se préoccupât aussi un peu du transport dans Paris et que des services réguliers, desservant le Champ-de-Mars. fussent assurés d’une façon complète pour ne plus voir se reproduire les faits souvent regrettables dont on a été témoins lors des dernières expositions : des voyageurs mis dans l’impossibilité de se rendre où ils désiraient aller faute de trouver un véhicule. Altercations constantes entre les voyageurs et les conducteurs de voitures ; ces derniers, voulant imposer des conditions de prix souvent inacceptables, et mille autres vexations dont le public était victime ; espérons que toutes les précautions seront prises pour éviter les mêmes ennuis, c’est indispensable, surtout maintenant que, selon toutes probabilités, il ne sera pas possible d’utiliser le Métropolitain pour se rendre à l’exposition ; du reste, nous aurons encore l’occasion de revenir sur ce sujet.
- Nous donnons aujourd’hui deux vues photographiques : la première, permettant de se faire une idée sur l’état actuel de l’ensemble des constructions métalliques et du chantier des fondations du palais des machines ; la seconde, prise sur le chantier de M. Eiffel, et faisant bien voir où en est l’opération du montage.
- La vue d’ensemble a été difficile à obtenir, car les Jfermes étant assez hautes et couvrant une très grande surface, il fallait nécessairement dominer tout le terrain sans être gêné par les constructions qui entourent le Champ-de-Mars. Après plusieurs essais, on est arrivé à un résultat satisfaisant, et la gravure montre bien combien le travail est avancé dans les ateliers chargés de l’érection des fermes du palais des industries diverses. Les usines Roussel et de la Franche-Comté qui montent les travées parallèles à l’Ecole militaire, n’en ont plus pour bien longtemps ; quant aux usines Joret et de Saint-Denis, leur montage est achevé.
- La deuxième photographie embrasse presque entièrement le chantier de la Tour,' c’est surtout le pilier n° 2 qui se présente le mieux et dont on peut bien remarquer les détails ; quoique tout l’ensemble soit bien net, on est toujours obligé, quand on reproduit un aussi grand espace, de sacrifier certaines parties pour en faire ressortir d’autres : c’est pourquoi on a mis au premier plan le n° 2, comme étant le plus intéressant.
- On peut voir un certain nombre de tubes déjà en place et soutenus par des étais ; de plus, on bat une grande quantité de pieux fort solides, sur lesquels reposeront des échafaudages soutenant les arbalétriers, qu’ils rejoindront à une hauteur d'environ 3o m. : enfin en tous les points du chantier la plus grande animation ne cesse de régner et fait augurer le mieux du monde de l’exécution, même au point de vue des délais prévus.
- On a inauguré, hier samedi, le Pavillon de l’exploitation qui, à partir de demain, ier août, rentre absolument dans la catégorie des bâtiments affectés spécialement au service de l’exposition.
- H. de Baecker.
- CONCOURS
- POUR
- La construction et l’exploitation d’un réseau de chemins de fer de ceinture destiné au transport des visiteurs dans l’enceinte de l’exposition.
- Un concours est ouvert entre les différents constructeurs qui voudront y prendre part pour , la concession de la construction et de l'exploitation d’un réseau de chemins de fer de ceinture, à voie
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 3i Juillet 1887.
- étroite, destiné au transport des visiteurs dans l’enceinte de l’Exposition de 1889 et dont le tracé est annexé au présent programme.
- Les projets présentés au concours auront pour objet : soit l’établissement d’un réseau continu à une seule voie, sur laquelle les trains ne circuleront que dans un seul sens; soit l’établissement d’un réseau composé de trois tronçons indépendants, à double voie, mais sur lesquels les trains circuleront dans les deux sens.
- Les conditions du concours et celles des concessions auxquelles il pourra donner lieu sont les suivantes :
- Article premier. — Nul ne sera admis au concours s’il n’est citoyen français, jouissant de tous ses droits civils et politiques et si, avant le dépôt de son projet, il n’a versé à la caisse des dépôts et consignations, un cautionnement s’élevant à quinze mille francs pour le chemin de ceinture complet ou à cinq mille francs par tronçon.
- Le cautionnement sera versé en espèces françaises ayant cours ou en titres de rentes sur l’Etat.
- Art. 2. — Le réseau continu à une seule voie partira de l’Esplanade des Invalides avec gare dans l’enceinte de l’Exposition, située près de l’intersection de la rue de Gonstantine et du quai d’Orsay; il suivra le quai d’Orsay, traversera le Champ-de-Mars, en,passant en viaduc au-dessus de la voie en tranchée servant à la circulation extérieure, suivra l’enceinte de l’Exposition parallèlement aux avenues de Suffren et de la Motte-Piquet, longera cette dernière avenue, extérieurement à l’enceinte de l’Exposition, pénétrera sur l’Esplanade des Invalides, qu’il contournera parallèlement à l’Hôtel des Invalides et à la rue de Gonstantine, pour aboutir enfin à son point de départ.
- La voie aura de om6o à 1 mètre de largeur. Elle sera expressément établie à niveau du sol et sans saillie, comme celle des tramways, dans la traversée du Champ-de-Mars, c’est-à-dire depuis l’avenue de La Bourdonnais jusqu’à l’avenue de Suffren, et elle sera expressément aérienne dans toute la partie du tracé comprise entre l’enceinte du Champ-de-Mars et celle de l’Esplanade des Invalides, le long de l’avenue de La Motte-Piquet.
- Dans toutes les autres parties du réseau, la voie sera aérienne ou au niveau du sol, au choix des concurrents. Les rampes nécessaires pour rac-corderles parties aériennes et les parties au niveau du sol ne pourront pas excéder o,u025 par mètre.
- Les stations seront établies en palier.
- Les courbes auront au moins 3o mètres de rayon pour la voie de om6o, et au moins 5o mètres pour la voie de imoo.
- Dans toutes les parties de ce réseau, la-largeur d’emprise sur le sol sera, au plus, de 3moo.
- Aucun arbre ne pourra être abattu, aucun éla-gage ne pourra être pratiqué sans l’autorisation écrite de M. le Directeur des travaux de Paris.
- La partie aérienne longeant l’avenue delà Mothe-Piquet, dans sa portion extérieure à l’enceinte de l’Exposition, ainsi que les parties aériennes traversant le débouché du pont des Invalides et celui du pont de l’Alma (dans le cas où cette portion du réseau ne serait pas au niveau du sol), seront établies de telle sorte que leur face inférieure soit au moins à 5moo au-dessus du sol, afin de laisser un libre passage aux voitures circulant sur les voies publiques. En tous les autres points où la voie aérienne pourra être employée, cette hauteur ne sera pas inférieure à 3moo dans les parties en palier.
- La partie du réseau continu longeant le quai d’Orsay et traversant le Champ-de-Mars sera prolongée avec les aiguillages nécessaires jusqu’à l’intersection de l’avenue de Suffren et dudit quai ;à partir dece point, elle se divisera en trois branches, dont la première pénétrera dans la gare de la Compagnie de l’Ouest pour accoster l’une de ses voies, dont la seconde longera le quai pour aboutir à une estacade' non comprise dans la concession, et dont la troisième servira de voie de garage.
- Toute cette partie du réseau, c’est-à-dire depuis l’estacade jusqu’à la rue de Constantine sera, en ce qui concerne les portions établies sur le sol, pourvue de rails, présentant une résistance suffisante pour que le matériel roulant de l’Entreprise générale de la Manutention de l’Exposition, puisse y transporter des charges utiles de 36 tonnes réparties sur une longueur totale de 6moo au plus, mesurée d’axe en axe des essieux extrêmes.
- L’entreprise générale de la manutention aura le droit de se servir gratis de la partie du réseau définie dans le paragraphe précédent, à partir du i5 octobre 1888, pour y transporter, au moyen de son propre matériel roulant les colis arrivant à la gare du Champ-de-Mars, ou par bateau, jusqu’à la date de l’ouverture de l’Exposition. Pendant les trois premiers mois qui suivront la fermeture de l'Exposition, l’entreprise générale de la manutention aura le droit de se servir gratis de cette même ligne ferrée pour la réexpédition des colis des exposants. — Pour que ces conditions puissent être remplies, le concessionnaire de cette partie du réseau devra établir à fleur du sol, pour franchir les points où son tracé serait aérien, une voie d’évitement, afin que les transports du service de
- la manutention puissent s’effectuer sans aucune-interruption entre les deux points extrêmes. La. partie du réseau comprise entre ces deux points devra être livrée, prête à être exploitée, à la date du 14 octobre 1888 ; les essais de réception devront pouvoir être effectués à partir du 1e1' du même mois. Quant aux portions aériennes, aux gares et. stations et à tout le surplus du réseau continu, ils devront être complètement terminés au plus tard le ier avril 1889.
- A partir de l’ouverture de l’Exposition, les voies d’évitement seront recouvertes par le concessionnaire et à ses frais; elles seront découvertes aux mêmes conditions le lendemain de la fermeture de-l’Exposition.
- Les concurrents qui établiraient complètement au niveau du sol la partie du réseau comprise entre-la rue de Constantine et l’avenue de Suffren auront à prévoir à leur charge les frais de clôture et de gardiennage des passages à niveau audroit du pont: de l’Alma et du pont des Invalides.
- Art. 3. •— Les concurrents sont libres de présenter un projet de réseau discontinu, c’est-à-dire formé de trois tronçons indépendants l’un de l’autre, quant aux voies, aux modes de traction et à l’exploitation, savoir :
- Premier tronçon allant de la rue Constantine à l’avenue de Suffren, en longeant le quai d’Orsay et traversant le Champ-de-Mars.
- Deuxième tronçon longeant l’avenue de Suffren et l’avenue delà Motte-Piquet, dans l’enceinte de-l’Exposition ;
- Troisième tronçon partant du Champ-de-Mars (enceinte de l’Exposition), longeant l’avenue de la.i Motte-Piquet (en dehors de l’Exposition), et contournant l’Esplanade des Invalides (dans l’intérieur de l’Exposition) pour aboutir à l’angle de la rue de Constantine et du quai d’Orsay.
- Chacun de ces tronçons sera à double voie de ombo à iluoo de largeur ; les rayons des courbes, satisferont aux conditions imposées dans l’article 2. et la largeur d’emprise sur le sol n’excédera pas. 3m8o.
- Le premier tronçon devra satisfaire aux prescriptions imposées dans l’article 2 pour la partie-correspondante du réseau continu.
- Le second tronçon sera aérien ou sur le sol,., comme il est expliqué dans l’article 2.
- Quant au troisième tronçon, il sera expressément aérien dans toute la partie située en dehors de l’Exposition et il devra satisfaire, quant à la hauteur de la voie au-dessus du sol, aux prescriptions de l’article 2. Ce troisième tronçon pourra être monorail avec train unique faisant la navette.
- Art. 4. — Dans l’un comme dans l’autre réseau il ne pourra être établi que les gares'et stations indiquées sur le plan annexé au présent programme .
- Sur le réseau continu où les trains circuleront, toujours dans le même sens, ces trains pourront se succéder à intervalles de cinq minutes.
- Sur le réseau discontinu ou par tronçons, il ne-pourra y avoir, sur chaque tronçon, que six trains au plus dans chaque sens, se succédant à intervalles réguliers, c’est-à-dire toutes lès dix minutes.
- Sur l’un comme sur l’autre réseau, la vitesse des-trains pour restreindre au maximum dix kilomè-«tres à l’heure, soit dans les parties aériennes ou en palier, soit dans les parties installées sur le sol et que le concessionnaire serait autorisé, par l’administration de l’Exposition à préserver de l’accès du public par une clôture. En tous les autres points, cette vitesse ne pourra dépasser six kilomètres à l’heure partout où la voie sera susceptible d’être traversée par des piétons ou des voitures, chaque train sera précédé d’un pilote.
- Tous les trains seront munis de freins permettant l’arrêt instantané.
- Art. 5- — Pendant la durée de l’Exposition, les. concessionnaires auront le droit exclusif d’exploitation pour le transport des visiteurs sur voie ferrée, dans l’intérieur de l’Exposition durant les heures de la journée et de la soirée où l’Exposition sera ouverte au public ; toutefois les trains ne pourront prendre ni laisser des voyageurs ailleurs que dans l’enceinte de l’Exposition et aux stations indiquées sur le plan annexé au présent programme.
- Toute infraction à cette clause rendra le concessionnaire passible d’une amende de cent francs au profit de l’administration; après une quatrième infraction constatée, sa concession pourra lui être retirée par simple notification à lui faite par le directeur général de l’exploitation de l’Exposition et, si le retrait est prononcé, son cautionnement sera alors confisqué au profit de l’administration de- l’Exposition.
- Art. 6. — La fourniture, la pose, l’entretien delà voie ferrée, la construction et l’entretien des gares et stations, des clôtures et des passages à niveau, seront complètement à la charge du concessionnaire qui sera tenu d’enlever a ses frais toutes les constructions édifiées par lui, et de rétablir les lieux dans leur état primitif, dans le délai d’un mois, à partir du jour où le service de cette voie sera devenu inutile, c’est-à-dire dans le délai de quatre mois à partir de la clôture de l’Exposition pour le tronçon allant de la rue de Cons-
- 1
- p.726 - vue 297/496
-
-
-
- Troisième Année. — N5 i35.
- LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE 1SS9
- Dimanche 3i Juillet 1SS7. — 727.
- tantine à l’estacade, et dans le delai d’un mois à partir de ladite clôture pour les deux autres tronçons.
- Art. 7. — Sur le re'seau continu, le prix du transport des visiteurs, quelle que soit l’étendue du parcours - qu’ils effectueront, sans traverser deux fois la même gare ou station, sera uniforme et ne pourra excéder trente centimes par personne. Ce prix ne pourra excéder vingt centimes par personne sur chacun des trois tronçons du réseau discontinu.
- Pour chaque voyageur transporté, il sera fait remise à l’Administration de l’Exposition d’une somme qui ne sera pas inférieure à cinq centimes et qui sera versée chaque soir à l’administration.
- La recette sera faite par le concessionnaire ou ses agents contre remise, aux voyageurs, de billets détachés de carnets à souches qui seront fournis par l’administration de l’Exposition au concessionnaire et à prix de revient. Les souches de ces billets serviront au contrôle de l’administration, et tout billet que le concessionnaire ne pourra représenter non détaché de sa souche, sera considéré comme ayant été délivré.
- Il est interdit au concessionnaire de percevoir le prix d’une place sans délivrer de billet et de faire usage de billets autres que ceux qui lui seront fournis par l’administration de l’exposition.
- Toute infraction à l’une quelconque de ces clauses rendra le concessionnaire passible d’une amende de cent francs au ' profit de l’administration de l’Exposition. Après la quatrième infraction constatée, sa concession pourra lui être retirée par simple notification à lui faite par le directeur général de l’exploitation et son cautionnement sera alors, confisqué au profit de l’administration.
- Art. 8. — Le concessionnaire sera correctionnellement et civilement responsable de tous les accidents, de quelque nature qu’ils soient, qui se produiraient au cours de son exploitation; il sera donc substitué à cet égard à l’administration de l’Exposition, qu’il garantira contre tous risques et conséquences de ces accidents. Il aura donc à prendre, sous le contrôle de l’administration, toutes les mesures nécessaires pour la sécurité -complète de son exploitation.
- Art. 9. — Tous les projets seront examinés et jugés par une commission nommée par M. le Ministre du Commerce et l'Industrie.
- Cette commission rendra son jugement dans le délai d’un mois à partir de la date de la clôture du concours sous forme d’un rapport adressé à M. le Ministre du Commerce et de l’Industrie, les -directeurs généraux de l’Exposition entendus.
- Le Ministre du Commerce et de l’Industrie, après avoir transmis les conclusions de la commission, au ministre des travaux publics, au préfet de la Seine et au préfet de police, afin d’avoir leur avis d’autoriser, chacun pour ce qui le concerne, décidera s’il y a lieu d’accorder la concession au projet classé en première ligne par la commission dont il est parlé ci-dessus.
- Art. 10. — Le résultat du concours sera publié par la voie du Journal officiel et, à partir de la date de cette publication, les concurrents non classés en première ligne, pourront retirer leur cautionnement et n’auront aucune indemnité à réclamer à l’administration.
- L’Administration de l’Exposition ne sera pas tenue, en ce qui concerne le réseau discontinu, d’accorder la concession de plus d’un tronçon à la même personne.
- Art. 11. —Les travaux seront exécutés sous la direction du Directeur général des Travaux de l’Exposition et le concessionnaire sera tenu de lui soumettre, avant l’exécution, tous les plans de détail.
- Art. 12. —Le matériel employé par le concessionnaire pour la construction et l’exploitation de la ligne ferrée qui fera l’objet de sa concession, devra être un matériel construit en France et destiné à être exposé.
- Art. i3. — Tous les droits de timbre et d’enregistrement, les frais d’affichage et d’impression nécessités par la mise au concours seront à la charge du concessionnaire et acquittés par lui dans la huitaine de la date de sa concession, sous peine de déchéance. La concession ne sera définitive qu’après approbation donnée par M. le Ministre du Commerce et de l’Industrie.
- Art. 14. — Le cautionnement déposé par le concessionnaire ne lui sera reiMu qu’àl 'expiration du délai fixe pour le rétablissement des ieux dans leur état primitif et sur l’autorisation de M. le Ministre du Commerce et de l’Industrie indiquant que les conditions stipulées ont été pleinement remplies et que le concessionnaire est libre de toute charge envers l’Administration de l’Exposition.
- Art. i5. — Le concessionnaire se conformera à tous les règlements d’ordre intérieur et à tous les ordres de service émanant de l’Administration.
- Les contestations qui pourraient s’élever entre l’Administration de l’Exposition et le concessionnaire seront, préalablement à toute action judiciaire, examinées par trois personnes compétentes prises, en dehors de l’Administration, dans la Commission qui aura jugé le concours. L’une de
- ces personnes sera désignée par l’Administration, la deuxième par le concessionnaire et la troisième par les deux premières.
- Le concessionnaire s’engage formellement à ne pas ouvrir d’instance judiciaire avant d’avoir l’avis du conseil de conciliation, compose comme il vient d’être expliqué.
- Art.. 16. — Les concurrents feront élection de domicile attributif de juridiction à Paris et devront fournir :
- i° Les plans concernant l’exécution, la pose et l’exploitation de la voie ferrée ;
- 20 Les calculs justifiant que la voie qu’ils proposent satisfait aux conditions de résistance voulue ;
- 3° Les indications les plus complètes concernant le mode de traction et le matériel roulant dont ils proposeront l’emploi ;
- 4°_ Une soumission faite sur timbre et conforme au libellé suivant :
- MM. Grimblot, président de l’association de la presse monarchique de province.
- E. Merson, président de l’association de la presse de l’appel au peuple de province.
- Secrétaires
- MM. Charles Laurent, secrétaire du syndicat de la presse parisienne.
- Raoul Canivet, secrétaire général de l’association des journalistes républicains.
- de Léris, secrétaire de l’association des journalistes parisiens.
- Gustave Simon, trésorier de l’association de la presse républicaine départementale.
- COMITÉ DÉPARTEMENTAL
- Exposition universelle et internationale de 1889
- Concours pour /’établissement et l'exploitation des moyens de transport des visiteurs dans l'intérieur de F Exposition.
- Je soussigné (nom, prénoms, profession, domicile réel et domicile électif) déclare accepter toutes les clauses et conditions imposées par le programme du concours ci-dessus mentionné.
- Je m'engage à ne faire payer que
- (la somme en toutes lettres) par voyageur et à verser chaque soir, dans la Caisse de VAdministration de VExposition, la somme de
- voyageur. Paris, le
- (en toutes lettres) par
- (,Signature)
- 5° Un certificat délivré par l’autorité compétente et justifiant qu’ils sont citoyens français et jouissent de tous leurs droits civils et politiques.
- 6° Un certificat constatant le versement du cautionnement fixé par l’article premier.
- Art. 17. — Les concurrents devront faire légaliser leur signature, soit sur la soumission elle-même, soit sur une pièce à part jointe à leur soumission.
- Art. 18. — Toutes les pièces mentionnées dans les articles 16 et 17 devront être déposées, sous pli cacheté, à l’adresse de M. le directeur général de l’Exploitation de l’Exposition universelle de 1889 (bâtiment des services de l’exploitation, avenue de la Bourdonnais, à Paris), le 3i août 1887 au plus tard, avant 4 heures du soir. L’enveloppe portera en tête la mention : « Concours pour la Construction et l’Exploitation d’un chemin de fier de Ceinture. »
- Les plis déposés seront transmis fermés à M. le président de la Commission chargée de juger le concours, qui les ouvrira.
- Dressé à Paris, le 29 juin 1887. Le Chef du service mécanique et électrique, L. Vigreux.
- Vu et présenté Paris, le 3o juin 1887.
- Le Directeur général de Vexploitation,
- G. Berger.
- Vu et approuvé Paris, le 12 juillet 1887. Le ministre du Commerce et de VIndustrie, Commissaire général, L. Dautresme.
- BUREAU DE LA COMMISSION
- DE LA PRESSE
- Par arrêté en date du 23 juillet 1887, sur la présentation des comités, des syndicats et associations de la presse française, le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a constitué comme suit le bureau de la commission de la presse à l’Exposition.
- Président
- M. Adrien Hébrard, sénateur, directeur du Temps, président du syndicat de la presse parisienne.
- • Vice-présidents
- MM. Duverdy, vice-président du syndicat de la presse parisienne.
- Paul Strauss, conseiller municipal de Paris, vice-président de l’association des journalistes républicains.
- Alfred Mézières, membre de l’Académie française, député, président de l’association des journalistes parisiens.
- Laffineur, vice-président de l’association de la presse républicaine départementale.
- DES BOUCHES-DU-RHONE
- Par arrêté en date du G novembre 1886,le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a constitué comme suit le comité départemental des Bouches-du-Rhône :
- i° Sous-comité de /’arrondissement de Marseille MM. Allard, maire.
- Abram (F.), président de la chambre consultative d’agriculture.
- De Rougemont (J.), président de la société départementale d agriculture.
- Lejourdan (A.), ingénieur civil.
- Besson (A.), horticulteur.
- De Saint-Foix (R.), président de la société' d’horticulture et de botanique.
- Paquet (N.), armateur, membre de la chambre de commerce, directeur de la compagnie de navigation Paquet.
- Cyprien-Fabre, président de la chambre de commerce.
- Berry, directeur de la compagnie transatlantique.
- Lecat (P.), directeur de la compagnie des messageries maritimes.
- Boyer, armateur.
- Rodrigue (A.), juge au tribunal de commerce.
- Giraud, directeur de la Banque de France.
- Philippe (J.), président de la chambre syndicale des courtiers inscrits.
- Bessède, membre de la chambre de commerce, directeur de la compagnie générale d’alimentation.
- Astier (E.), président du tribunal de commerce.
- Velten (E.), membre de la chambre de commerce.
- Barthelet (A.), agent général du syndicat d’exportation des charbons français.
- Bivert (E.), administrateur-directeur de la société anonyme des charbonnages des Bouches-du-Rhône.
- Renard,_ chaudronnier, vice-président du conseil des prud’hommes.
- Courtès (IL), fabricant de chaussures.
- Verminck (C.), président de la compagnie du Sénégal et de la côte occidentale d’Afrique.
- Darier (E.), fabricant de tourteaux.
- Morel (Ch.), fabricant de savons.
- Roux (J.-C.), fabricant de savons.
- Sylvestre (G.), conseiller général.
- Barlatier (E.), imprimeur lithographe.
- Cayer (E.), lithographe et typographe.
- Couture (JP, directeur de la compagnie du gaz de Marseille et des hauts-fournaux de Saint-Henry.
- Orsel(J.), ingénieur de la marine, ingénieur en chef des ateliers des forges et chantiers de la Méditerranée.
- Rossât (A.), conseiller municipal.
- Gros (C.), ancien président du tribunal de commerce.
- .Moulin (J.), conseiller municipal, membre de la chambre de commerce.
- Bosc (G.), fabricant d’huile de pétrole.
- Moricelli ainé, minotier et fabricant de se moules.
- Boude (F.), raffineur de soufre.
- Vezian (L.), raffineur de soufre.
- 'Féraud (A.), vice-président de la chambre de commerce.
- Arnaud (E.), directeur de la société des tuileries et briqueteries de Marseille.
- Gondran (H.), négociant en liquides.
- Vallet fils, fabricant de meubles.
- Bouillon-Landais, directeur du musée des beaux-arts au palais de Longchamps.
- Ponson (R.), artiste peintre.
- Magaud (D.-A.), directeur de l’école des beaux-arts.
- Letz(J.), architecte en chef départemental.
- p.727 - vue 298/496
-
-
-
- 728. — Troisième Année — N® i35.
- 20 Sous-comité de /’arrondissement d'Arles
- MM, Chabaud, tanneur.
- Espitalier (S.), pre'sident de la société des viticulteurs submersionnistes.
- Girard (C.), minotier.
- Maureau (H.), négociant en quincaillerie et mercerie.
- Reyne, directeur de l’exploitation agricole du château d’Avignon (Camargues).
- Roustan (P.), fabricant de chaussures.
- Péchinet, directeur des salins de Giraud.
- Laurent, fabricant de chaussures à Château-renard.
- Monier père, fabricant de savons.
- Sauvage, constructeur de machines.
- 3° Sous-comité de l'arrondissement d'Aix
- MM. Caire (F.), conseiller général, négociant et viticulteur.
- Simian (J.-B.), propriétaire, négociant et viticulteur à Miramas.
- Gibert (H.), conservateur des musées d’Aix.
- Coupin (J.), membre de la chambre consultative des arts et manufactures, fabricant de chapeaux, à Aix.
- Haas (J.), ancien fabricant de chapeaux, à Aix.
- Lobin, constructeur mécanicien à Aix.
- Deiss (J.), fabricant d’huiles de pulpes, ancien conseiller général.
- Mourgues (A.), juge au tribunal de commerce, fabricant de vermicelles.
- Guillaume (V.), ingénieur, directeur du canal du Verdon.
- Carcassonne (D.), négociant à Salon.
- Milhaud (G.), banquier à Aix.
- Laroque, président du tribunal de commerce.
- Il y a un an aujourd’hui que le commissariat général et les directions générales de l’Exposition de 1889 ont été constitués. Il nous a paru intéressant de dresser le bilan des travaux accomplis pendant cette première année de préparation. En ce qui concerne la construction, constate notre confrère le Journal des Débats, il suffit d’aller examiner du haut du Trocadéro l’aspect du Champ-de-Mars pour être convaincu qu’aucune minute n’a été perdue. Le terrain se hérisse à vue d’œil de charpentes métalliques, et partout des fondations terminées attendent les fers qui s’apprêtent dans les usines ; M. Alphand cessera bientôt d’être forgeron pour se consacrer, avec ses architectes, au remplissage décoratif de ces carcasses peintes en rouge dont les initiés seuls comprennent les destinations.
- De son côté, M. Eiffel pousse les travaux de sa tour avec une précision qui fait honneur à ses qualités d’ingénieur; l’ossature métallique des quatre bases atteint une hauteur de 10 à 12 mètres et ces amorces des arcs géants du soubassement permettent, dès à présent, d’apprécier l’énormité de cette œuvre sur les qualités artistiques de laquelle nous tenons à réserver, plus que jamais, notre opinion.
- Il n’est pas encore question de jardins et de plantations ; nous savons néanmoins que M. Alphand a repris son crayon des bons jours et qu’il a préparé sur le papier les plus beaux parterres à la française que Le Nôtre aurait pu rêver, dans l’encadrement de jardins à l’anglaise comme il sait les dessiner. Pour le moment, il se contente de rafraîchir par une garniture de plantes grimpantes l’immense caserne en bois où son collègue, M. Georges Berger, va installer dans quelques jours ses bureaux.
- A part cela, les services de l’exploitation ne chôment pas plus que ceux de la. construction. Les comités d’admission et les comités départementaux ont bien et utilement fonctionné avant les quelques semaines de vacances que la saison va leur imposer. Toute l’organisation du service mécanique est terminée, et M. Georges Berger ne cesse de presser les constructeurs-mécaniciens de lui notifier sans délai les quantités de force dont ils auront besoin pour le fonctionnement de leurs appareils. Il peut tenir à leur disposition au moins 2,5oo chevaux vapeur. Rien n’a encore été tout à fait décidé quant à l’éclairage du Champ-de-Mars, dont l’ouverture le soir est chose arrêtée ; mais tout fait prévoir qu’on y organisera l’éclairage électrique le plus grandiose qui ait jamais été réalisé ; la nouvelle force motrice qui sera nécessaire pour cet éclairage est estimée à 3,ooo chevaux-vapeur.
- Le cahier des charges de la mise en adjudication de l’impression et de la publication du catalogue général est rédigé, mais quelques modifications devront être introduites en ce qui concerne les expositions étrangères. La commission d’éco-nemie sociale fonctionne activement, et, avant peu de semaines, son programme-questionnaire sera envoyé partout. Un concours est ouvert pour l’établissement et l’exploitation d’un réseau intérieur de voies ferrées destinées à la circulation des visiteurs ; immédiatement après le jugement
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1809.
- de ce concours vers la fin du mois d’août, le service de la manutention sera organisé d’après les principes admis par la commission du contrôle et des finances, qui, sur les propositions du directeur général de l’exploitation, a décidé qu’il n’y aurait pas d’entrepreneur privilégié, mais que l’administration s’arrangerait de façon à mettre à la portée des exposants tous les moyens capables de leur permettre d’accomplir leurs opérations avec sécurité, célérité et économie.
- Nous savons que M. Dautresme va profiter des premiers jours des vacances parlementaires pour se mettre d’accord avec son collègue, M. Flourens, sur les mesures à prendre dans le but d’assurer aux étrangers une participation facile, qu’ils se présentent individuellement ou collectivement. Les plans d’installation et de répartition des produits par groupes, ainsi que l’a comporté, dès le principe, le disposition générale des édifices, ont été dressées scrupuleusement de façon à permettre les études comparatives immédiates sans mélanger absolument les expositions de nationalités différentes. C’est ainsi que chacun des neuf groupes de la classification adoptée comportera généralement un édifice distinct, divisé en deux parties de dimensions calculées d’après les statistiques des précédentes expositions : l’une de ces parties sera consacrée à la France et subdivisée en classes; l’autre sera réservée aux étrangers et distribuée par nationalités. Telle est la règle d’installation internationale qui découle du système de constructions séparées que la commission du contrôle et des finances a ratifié afin de donner à l’Exposition de 1889 un caractère plus pittoresque. C’est très justement, en effet, qu’on a reproché aux Expositions antérieures la lourde masse du palais unique ou principal élevé dans le Champ-de-Mars, avec l’idée toujours incomplètement réalisée d’un classement sur le terrain aussi méthodique que sur le papier.
- Le journal le Figaro a reçu de son correspondant de Rome l’intéressante’communication suivante :
- Il est tout naturel qu’on s’occupe beaucoup, en France, de la parr que l’Italie prendra à l’Exposition de 1889. J’ai des renseignements très exacts à ce sujet.
- Quand il fut avéré que le gouvernement italien ne voulait pas qu’on allât officiellement à Paris, un comité privé fut constitué, sur l’initiative de M. Repetti, ancien directeur de l’imprimerie Dot-tesio, dans le canton du Tessin, où les écrivains libéraux ont publié toutes leurs œuvres défendues par les divers gouvernements de la Péninsule.
- Quoique lié d’amitié avec MM. Grispi et Cor-rend, M. Repetti n’avait pas de très nombreuses relations en Italie ; mais il eut la bonne fortune de mettre dans son jeu un journaliste de distinction, qui a longtemps habité Paris, M. Gentili, ancien correspondant du Fracassa, du Temps, du New- York-Herald.
- Francophile de la veille, M. Gentili prit à cœur une œuvre qu’il jugea du premier coup utile à son pays et de nature à resserrer les liens d’amitié entre les deux peuples.
- Par les soins de notre sympathique confrère eut lieu une première réunion où quelques députés amis de la France signèrent avec lui une lettre d’invitation.
- A une seconde réunion, assistèrent une vingtaine de députés et de sénateurs. On traça les lignes générales du programme, on décida défaire appel à un plus grand nombre lie collègues, et on nom na, une commission provisoire composée de MM. Villa, Branca, Pavesi, Gallo, Pianciani.
- C’est cetfe commission, dont M. E. Gentili fut élu secrétaire, qui a préparé le manifeste, la circulaire aux chambres de commerce, les statuts, etc.
- D’autres convocations ont eu lieu; des hommes politiques très influents ont été adjoints aux membres primitifs de la commission, et le comité est mflntenant très complet et très bien composé ; à côté des noms déjà cités, on remarque ceux du prince Sciarra, du duc de San Donato, de Francesco de Renzis, del Giudice, di Breganze, Bacca-rini, Seimit-Doda, Erculei, etc.
- Soixante-treize chambres de commerce ont été visées par la circulaire du comité d’organisation ; une vingtaine, parmi les plus importantes, ont accepte de se constituer en junte départementale, et plusieurs ont déclaré se charger de tous les frais pour leurs exposants. De généreuses initiatives ont été prises, notamment par l’éditeur Son-zogno, qui a donné 5o,ooo francs.
- Les adhérents se recrutent, en dehors de toute préoccupation politique, parmi les hommes considérables de tous les partis, du républicain Caval-lotti au droitier Bonghi.
- On s’est mis sérieusement à l’œuvre, avec l’appui de la presque totalité de la presse italienne, à l’exception de_ celle qui est par trop inféodée à l’Allemagne. Fidèle à ses promesses, récemment renouvelées au comte de Mouy, le gouvernement donne, d’ailleurs, son appui à l’œuvre du comité d’organisation.
- Dimanche 3i Juillet 1SS7.
- L’attitude du pays est excellente, et le succès, peut, dès maintenant, être considéré comme certain — surtout depuis que, s’étant mis en communication avec le ministre du commerce en France,, le comité a reçu l’assurance formelle que chaque pays pourra faire une exposition d’ensemble.
- C’est un point sur lequel il convient d’insister tout particulièrement, — et je suis heureux de-disposer pour cela de l’immense publicité du Figaro ; les Italiens n’exposeront à Paris en i88qj que si, au lieu de s’éparpiller, de se fractionner a l’infini et de disparaître dans la masse des exposants, ils peuvent avoir une section italienne.
- Est-ce bien compris ?
- Félix.
- ------- ----- - ^ --------
- ÉCHOS
- Paris
- Nous avons parlé précédemment de l’exposition nationale de brasserie et d’appareils propres à la fabrication de la bière qui doit prochainement s’ouvrir à Paris.
- Le ministre de l’agriculture vient, par un arrêté de donner les autorisations nécessaires à l’association de garantie dont nous avons mentionné la constitution. Cette association prend à sa charge' tous les risques financiers de l’entreprise et procédera, à ses risques et périls, à l’organisation de l’exposition, qui, comme nous l’avons dit, sera placé sous le contrôle et le haut patronage des ministères de l’agriculture du commerce et de l’industrie.
- Il est institué près du ministère de l’agriculture un comité de patronage et un commissariat spécial chargé de l’installation de l’exposition.
- Sont nommés commissaires délégués près l’exposition de brasserie :
- MM. Parisot, inspecteur des domaines, commissaire délégué; Orry; ingénieur agronome, sous-directeur de l’école nationale d’agriculture de Montpellier, commissaire-adjoint pour la partie scientifique ; Sincholle, ingénieur des arts et manufactures, commissaire-adjoint pour la partie technique.
- L’exposition ouvrira., selon toutes probabilités, le vendredi 26 août, au Palais des Champs-Elysées.
- Trois expositions se sont partagé les salles de l’Ecole des Beaux-Arts ces derniers jours.
- Ce sont, d’abord l’exposition publique et gratuite des œuvres des dix concurrents pour le prix de Rome, section de sculpture, commencée1 mardi 26, et terminée jeudi 28. Le sujet : « Ismène et Antigone, filles d’GEdipe sont rendues à leur père par Thésée » ; remarqués, les envois n0s 1, 2, et 10.
- Puis l’exposition de la section de peinture. Le sujet était : « La mort*de Thémistocle ».
- Parmi les toiles à citer, les nos 8, 3 et 1.
- Enfin l’exposition, des six concurrents pour l’architecture sur le sujet : « Une école des mines ». Commencée vendredi 20, cette exposition clôture aujourd’hui.
- ¥ ¥
- La semaine prochaine sera inaugurée, au Palais de l’Industrie, la neuvième exposition de l’Union Centrale des Arts Décoratifs.
- Les exposants seront nombreux et l’exposition aura d’autant plus d’intérét que l’adhésion empressée des Musées de Londres, Berlin, Rome, Vienne, Nuremberg, Munich, lui donne un caractère international.
- L’ouverture est fixée au mercredi 10 août.
- *
- ¥ ¥
- Départements
- La trente-quatrième exposition de la Société des Amis des Arts de Seine-et-Oise est ouverte depuis le dimanche 10 juillet à Versailles, dans les salles du Musée.
- Cette intéressante exposition contient plus de sept cents ouvrages.
- *
- ¥ ¥
- Une exposition de Beaux-Arts comprenant : 1° les œuvres de peinture, sculpture, dessin, etc.; 2° les ouvrages d’art appliqué à l’industrie ; 3° l’art rétrospectif, ouvrira à Saint-Dié, le dimanche 28 août.
- Les l1,e et 2e sections sont réservées aux artistes vivants, nés ou domiciliés dans les Vosges.
- Installée dans les bâtiments de l’école municipale de la rue Cachée, cette exposition se prolongera jusqu’au vendredi 30 septembre.
- ¥ ¥
- La Société des Amis des Arts de Seine-ef-Marne prépare, à Fontainebleau, son exposition annuelle de peinture, sculpture, pastel, aquarelle, etc.
- ¥ ¥
- p.728 - vue 299/496
-
-
-
- ™' '’¥ ' TfT"*?™'-TW *Z*!7*.
- p.n.n. - vue 300/496
-
-
-
- N° 135
- LE MONITEUR DE ^POSHTON DE i889
- Dimanche 3i juillet 188'
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1889
- VUE D’ENSEMBLE DU CHANTIER DE LATOUR EIFFEL
- VUE D’ENSEMBLE DES CHANTIERS
- p.dbl.n.n. - vue 301/496
-
-
-
- p.n.n. - vue 302/496
-
-
-
- Troisième Année. — N° i 5.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 3i Juillet 1887. — 729.
- ETRANGER
- Allemagne
- C’est aujourd’hui dimanche 31 juillet qu’ouvre à Berlin l’Exposition internationale académique des Beaux-Arts.
- Le Jury a prononcé l’admission de 1,400 ouvrages, tant de peinture que de sculpture, et parmi lesquels se trouvent, paraît-il, un grand nombre d’œuvres originales et intéressantes appelées à être très regardées du public.
- La plus large participation étrangère est celle de l’Autriche-Hongrie, puis viennent l’Angleterre, la France, la Belgique et l’Italie.
- ¥ ¥
- La deuxième exposition industrielle régionale du district d’Aix-la-Chapelle, a été inaugurée le samedi 16 juillet.
- *•
- ¥• ¥
- L’Exposition internationale d’aquarelles, pastels et dessins dont nous avons annoncé l’organisation à Dresde ouvrira au Polt/teckniku/n de cette ville, le dimanche 14 août pour se prolonger jusqu’à la lin de septembre.
- Elle promet, dit-on, d’être fort brillante. Plus de trois mille invitations ont été lancées tant en Allemagne qu’à l’étranger, et un grand nombre d’adhésions ont été recueillies. C’est l’Association artistique de Dresde qui préside à tous les détails de l’organisation.
- ¥ ¥
- Angleterre
- L’exposition organisée à Newcastle, par la société Royale d’Agriculture, a un immense succès. Notre excellent confrère Invention, dit que le premier jour populaire à 4 shilling, les entrées se sont élevées au chiffre énorme de 77,881) visiteurs.
- Le prince de Galles et ses deux fils, les princes Albert-Victor et Georges étaient présents.
- La ville de Peterborough (comté deMorthamp" ton), aux portes de laquelle eut lieu l’exécution de l’infortunée Marie Stuart, vient d’organiser une exposition qui doit se prolonger jusqu’à la fin du mois d’août, et qui remferme des objets ayant appartenu à la victime d’Elisabeth, ou ayant traita sa vie, à sa captivité et à sa mort.
- ¥ ¥
- L'Invention nous raconte une visite de... devi-
- nez qui? De... Sarah-Bernhardt, à l'exposition internationale de Manchester.
- Il parait que l’infatigable tragédienne invitée par le docteur général, M. Samuel Lac Bapty, a parcouru toutes les galeries et, a daigné se montrer tout à fait satisfaite (most delighted).
- Il parait aussi que l’heureuse propriétaire de la fameuse « voix d’or » s’est tout particulièrement intéressée à la galerm.de tableau?, et qu’elle a sur le Livre d’or que «ii tendait le président, fait précéder sa signature des mots : « Oh! quelle belle exposition. »
- Ne vous vient-il pas à l’esprit, cher lecteur, ce mot de M. Leuven, qui se consolait de mourir, parce qu’il n’entendrait plus parler de Sarah-Ber-nardt et du grand Français ?
- Autriche-Hongrie
- Une grande exposition spéciale agricole ouvrira prochainement à Prague.
- Italie
- Nous avons, dans notre dernier numéro, parlé du Comité national qui s’est formé à Rome, avec ramifications dans tout le royaume pour préparer la participation de l’Italie à l’Exposition de 1881).
- Voici les statuts de ce comité, dont font partie toutes les sommités de la péninsule.
- 1. Entre les soussignés et ceux qui adhéreront au présent règlement, en souscrivant une ou plusieurs actions, est constitué un Comité national dans le but de provoquer une large participation de l’Italie à l’Exposition universelle de Paris (188(J).
- 2. I.e Comité national mettra ses soins à recueillir l’adhésion des Chambres de Commerce, des Instituts scientifiques, des Académies des beaux-arts, des associations ouvrières et de tout être représentant une force quelconque de la production nationale, afin, — dans la sphère de ses fonctions et les limites de son action, — de réunir les exposants, les diriger, et pourvoir à tous les services nécessaires pour un heureux résultat de l’exposition.
- 3. Le Comité devra se mettre en rapport direct avec le Comité de Paris, et d’accord avec ce der-
- nier, procéder à l’organisation générale de l’Exposition italienne, veiller à la garde et à la conservation des objets exposés, et à tout ce qui pourra survenir, afin que les droits et intérêts des exposants soient sauvegardés et protégés.
- 4. Le Comité national est représenté par un Comité exécutif, composé de 45 membres élus par l’Assemblée des Actionnaires, laquelle sera convoquée dès que les actions souscrites auront atteint le chiffre de 500.000 lires.
- Jusqu’à la réalisation de cette somme, les fonctions du Comité exécutif sont confiées à un Comité provisoire.
- 5. L’intervention et la présence d’un dixième au moins de souscripteurs seront nécessaires à la validité et à la régularité des délibérations de l’assemblée des actionnaires.
- Chaque souscripteur aura droit à un seul vote, quel que soit le nombre des actions souscrites.
- Les associés pourront se faire représenter par simple délégation, donnée par lettre à l’un d’eux.
- 6. Le Comité exécutif, se conformant aux délibérations prises, à la, majorité, par le Comité national, sur les mesures nécessaires à l’affectation des locaux mis à sa disposition, à l’installation des vitrines, à la garde et à la gestion des capitaux, régit et dirige les offices administratifs et accomplit tous les actes nécessaires aux désignations d’emplacements et au bon ordre de l’Exposition.
- 7. Le Comité s’adressera, pour tout ce qui concerne la partie scientifique, aux instituts académiques et scolastiques; pour ce qui regarde l’assistance publique, aux associations ouvrières, aux Commissions et Institutions de prévoyance ; pour les Beaux-Arts, aux sociétés artistiques; pour l’industrie, aux Chambres de Commerce, aux Comices agraires, et il pourra, à leur défaut, instituer des Comités locaux.
- 8. Les fonds nécessaires à l’Exposition se composent :
- a. Des subventions votées par les corps constitués et autres personnes morales.
- b. Des subventions, à fonds perdus, généreusement offertes par les particuliers.
- c. Du produit des actions de 100 lires chacune.
- (J. Les sommes ci-dessus seront versées dans
- les caisses d’une institution de crédit, et mises à la disposition du Comité exécutif.
- 10. Les actionnaires ont le droit de concourir aux assemblées générales ; de jouir, pour les voyages et visites à l’Exposition, de telles facilités qui pourront être consenties par le Comité de Paris ; d’être admis à concourir, au tirage au sort, des permis d’objets d’art et autres qui pourront être acquis à l’Exposition ; enfin d’être remboursés de leurs actions proportionnellement à l’actif qui résultera de la liquidation.
- Le siège du Comité est à Rome, 3, via Marco Minghetti.
- *
- ¥ ¥
- Le cercle œnopbile italien ayant, comme on sait, délibéré de prendre part à l’Exposition de Paris, a lancé une circulaire invitant les producteurs et négociants en vins, à se préparer à la lutte qu’ils devront soutenir à Paris avec leur concurrents européens.
- Notre confrère romain, Bollettino de lie Finan.se Ferrocie e Industrie, dit que le cercle se propose, paraît-il, de réunir sous son égide les producteurs et négociants, qui justifieront des conditions requises pour être admis à l’Exposition, et se réserve de communiquer plus tard les modalités et les règles suivant lesquelles il entend donner une suite pratique à son initiative.
- ¥ ¥
- Dans quelques jours ouvrira dans les Jardins publics de Milan l’exposition nationale typographique ouvrière que nous avons annoncée il y a déjà quelque temps.
- Ce concours ouvrira le dimanche 7 août pour clôturer le dimanche 4 septembre.
- *
- * *
- Pérou
- Nous avons dit, dans notre dernier numéro, que l’exposition minière de Lima venait d’ètre, par ordre du gouvernement péruvien, remisé à l’annee prochaine.
- Voici quelques détails complémentaires :
- L’inauguration avait été primitivement fixée au 1er octobre 1887. C’est devant l’impossibilité de compléter les travaux préparatoires en temps opportun, que l’on a dû se décider à la remettreau 29 juin 1888.
- L’exposition qui sera installée dans le pavillon des machines et les jardins de l’Exposition permanente de Lima, sera placée sous la présidence d’honneur du ministre des finances.
- Elle sera régie par un comité de direction composé de neuf membres, dont trois nommés parle gouvernement ; deux par la municipalité de Lima, deux par la direction de l’Exposition permanente de Lima, et deux désignés par l’école des mines.
- Le but de l’Exposition est de faire connaître les
- immenses richesses minéralogiques, encore trop ignorées du Pérou; d’encourager le développement de ses mines ; de présenter aux habitants du pays, tous les perfectionnements réalisés dans l’industrie minière, au point de vue des machines et instruments de tous genres, ainsi que les méthodes modernes d’exploitation, à peu près inconnues ou trop négligées.
- On exposera, régulièrement classifiés et groupés, des échantillons des nombreux minéraux et des riches gisements du Pérou, ainsi que les instruments, outils, machines et appareils actuellement en_ usage dans les industries minière et métafiurgique.
- Tous les envois faits à l’Exposition seront admis en franchise et transportés gratuitement par voie ferrée de Callao à Lima. Ajoutons que les agents diplomatiques_ et consulaires du Pérou sont chargés do fournir tous les renseignements nécessaires et toutes les facilités qui sont en leur pouvoir à tous ceux qui désireraient participer à cette exposition sur l’importance exceptionnelle de laquelle 011 ne saurait trop insister.
- Maroc
- On annonce l’ouverture prochaine à Tanger d’un musée commercial international, destiné à développer les relations commerciales entre le Maroc et les pays étrangers.
- Ce musée renfermera des collections de produits européens d’intérêts commercial et technique avec indication de la provenance, du prix, des dépenses de transport, etc.
- L’administration du musée fournira gratuitement à tous ses correspondants des renseignements commerciaux sur le pays, des références., etc., et se chargera, sur la demande des exposants qui ne seraient pas déjà directememt représentés au Maroc, de leur représentation commerciale.
- *
- ¥ ¥
- Vénézuéla
- Une commission vient d’ètre constituée pour organiser la représentation officielle du gouvernement vénézuélien à l’exposition de Paris, 1889.
- Elle compose de MM. Thiessé, du consul général du Vénézuéla, le duc de Morny, Fortunati Corwaïa, docteur Gaspard Marcano, P. Gil et Felipe Pinelli.
- ¥ ¥
- Perse
- Le gouvernement persan a notifié officiellement au gouvernement de la République son adhésion à l’Exposition de 1889.
- ¥ ¥
- Un double succès pour l’industrie française :
- Nous apprenons que la nouvelle Compagnie de Téléphones, récemment constituée à Buenos-Ayres, vient de commander en France tous les appareils nécessaires à l’établissement de son réseau, qui compte déjà près de 2.000 adhérents, chiffre que la Compagnie espère voir doubler en peu de temps.
- C’est la Société Générale des Téléphones qui a été chargée de la construction de tout le matériel électrique, appareils téléphoniques de réseau, appareils de bureaux centraux, tableaux d’annonciateurs, sonneries, etc., etc.
- D’ailleurs l’organisation de ses ateliers de constructions électriques de Grenelle, munis des machines les plus perfectionnées, permet à la Société de fabriquer, dans des conditions exceptionnelles de rapidité et de parfaite exécution, les appareils téléphoniques et télégraphiques de tous systèmes, qu’elle exporte dans le monde entier.
- C’est ainsi que la Société Générale des Téléphones a livré, à ce jour, tant en France qu’à l’étranger, plus de trente mille appareils téléphoniques "des différents systèmes brevetés par elle.
- Nous ajouterons, d’autre part, que c’est encore la Société Générale des Téléphones qui a reçu pour la même destination, la commande de tous les câbles téléphoniques.
- C’est également la même Société qui a été chargée de la fourniture des câbles destinés à faire des essais de lumière électrique à Buenos-Ayres, dans les principaux quartiers de la ville.
- La Société Générale des Téléphones propriétaire des grands établissements de Bezons (anciennes usines Rattier), tout en maintenant au premier rang la fabrication des articles de caoutchouc et de gutta-percha, a considérablement développé dans ces usines, la construction des câbles électriques de toutes natures, câbles téléphoniques ettélégraphiques aériens et souterrains, câbles-lumière, de force, etc....
- Elle est arrivée ainsi à lutter avantageusement contre la concurrence étrangère, ainsi que le prouve le succès qu’elle vient de remporter, en obtenant la préférence pour les importantes fournitures à faire à Buenos-Ayres.
- p.729 - vue 303/496
-
-
-
- 73o. — Troisième Année. — N° i35.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 3i Juillet 1887.
- L’ITALIE ET L’EXPOSITION
- DE 1889
- Le comité français de l’Exposition de 1S89 a assigné aux industriels italiens une galerie d’une longueur de i5 mètres sur une largeur de 2 mètres 5o.
- Une place sera consacrée dans le palais des beaux-arts aux oeuvres artistiques de l’Italie.
- '—TTÏT-» o «Iran— --- -
- EXPOSITION DE BRASSERIE
- On sait qu’une exposition nationale de brasserie ainsi que des produits et appareils propres à la fabrication de la bière doit prochainement s’ouvrir à Paris.
- Le ministre de l’agriculture vient de prendre un arrêté donnant les autorisations nécessaires à l’association de garantie qui prend à sa charge tous les risques financiers de l'entreprise et s’engage à procéder à l’organisation de ladite exposition à ses risques et périls.
- Cette exposition, aux termes de l’arrêté ministériel, est placée sous le contrôle et le patronage des ministres de l’agriculture et du commerce.
- Il est institué près du ministère de l’agriculture un comité de patronage et un commissariat spécial chargé de l’installation de l’exposition.
- Sont nommés commissaires délégués près l’exposition de brasserie :
- MM. Parisot, inspecteur des domaines, commissaire délégué ; Orry, ingénieur agronome, sous-directeur dé l’école nationale d’agriculture de Montpellier, commissaire-adjoint pour la partie scientifique ; Sincholle, ingénieur des arts et manufactures, commissaire-adjoint pour la partie technique.
- Ajoutons que l’exposition aura lieu au palais de l’Industrie et qu’elle ouvrira le 26 août très probablement.
- LOI
- Relative aux récompenses à décerner à l’occasion
- de l’exposition internationale de Liverpool
- en 1885.
- Le Sénat et la Chambre des députés ont adopté,
- Le président de la République promulgue la loi dont la teneur suit :
- Article unique. — A l’occasion de l’Exposition internationale de Liverpool, en 1885, le Gouvernement est autorisé à faire, dans l’ordre national de la Légion d’honneur, des nominations et promotions dont le nombre ne pourra dépasser :
- 1 croix d’officier.
- 2 croix de chevalier.
- La présente loi, délibérée et adoptée par le Sénat et par la Chambre des députés, sera exécutée comme loi de l’Etat.
- Radicaux dérivés
- Un grand nombre de radicaux dérivés ont été formés à l’aide des radicaux principaux, en ajoutant à ceux-ci un suffixe ou un préfixe. Il y a six suffixes qui expriment des idées générales : ce sont les suivants :
- Le suffixe am indique le produit de l’action exprimée par le radical:
- Ex. : Frère, _ blod.
- Fraternisation, blodam.
- en forme les noms abstraits des industries, professions ou fonctions ; el, les noms des personnes qui les exercent :
- Ex. : Bière, bil.
- Brasserie, bilen.
- Brasseur, bilel.
- il forme les diminutifs :
- Ex. : Maison, dom.
- Maisonnette, domil.
- av forme les noms de science :
- Ex. : Dieu god.
- Théologie, godav.
- ip forme les noms de maladies :
- Ex. : Cœur, lad.
- Maladie de cœur, ladip.
- Il y a i3 préfixes qui expriment des idées générales ; ee sont les suivantes : il est le préfixe qui marque l’interrogation, oj transforme un verbe actif, à tous ses temps, en un verbe passif:
- Ex. : Je verrai, al ilog.
- Je serai vu, al oj ilog.
- aj, ej, ij, servent à spécifier, quand cela est utile, les animaux du sexe masculin et féminin, et les petits des animaux:
- Ex. : Le coq (l’espèce en général), gok.
- Le coq (mâle), aj-gok.
- La poule, ej-gok.
- Le poulet, ij-gok.
- les préfixes sont également employés pour spécifier l’homme ou la femme exerçant une fonction ou une profession : >
- Ex.: L’ouvrier (en général), vobel.
- L’ouvrier (homme), aj-vobel. L’ouvrière, ej-vobel.
- L’ouvrier (enfant), ij-vobel.
- Ces cinq préfixes sont les seuls qui soient réunis au mot principal par un trait-d’union ; les autres font corps avec lui.
- le ajoute au radical une idée de grandeur, de supériorité :
- Ex.: Maison, dom.
- Château, palais, ledom.
- lu exprime un sens défavorable :
- Ex. : Prière, beg.
- Mendicité, lubeg.
- ko ajoute au radical une idée de communauté ou d’association :
- Ex. : Travail, vob.
- Collaboration, kovob.
- disa indique ce qui est placé ou ce qui ce fait: sous une autre chose :
- LE LANGAGE INTERNATIONAL
- CONVENTIONNEL,
- (Suite.)
- Les adverbes, propositions et conjonctions qui ont le meme radical et ne diffèrent que par la désinence peuvent être à volonté employés l’un pour l’autre. Ainsi, pour traduire ces mots: James a écrit avant vous, on peut dire également bien :
- James epen eii el, ou elo el, ou efu el.
- Au reste, il n’y a jamais d’incorrections dans l’emploi de la langue balta; on est correct pourvu que l’on fasse clairement comprendre sa pensée.
- On voit, d'après ce qui précède, que l’on reconnaît immédiatement la nature d’un mot au moyen de sa lettre initiale et de sa lettre finale. En ne tenant pas compte de la lettre finale s, qui est toujours la marque du pluriel, et en exceptant les nombre et les pronoms personnels et relatifs, mots qui se reconnaissent tous à première vue, on peut formuler la règle suivante :
- Tous les mots qui finissent par une consonne sont des substantifs s’ils commencent également par une consonne, et des verbes conjugués s’ils commencent par une voyelle. Tous les mots qui finissent en a sont des adjectifs qualificatifs s’ils commencent par une consonne, et des pronoms ou adjectifs pronominaux s’ils commencent par une voyelle. Tous les mots qui finissent en ea sont adjectifs verbaux. Tous les mots qui-finissent en e sont des verbes à l’infinitif ; en i, des adverbes ; en o, des prépositions ; en 11, des conjonctions.
- Ex. : Robe, klot.
- Jupon, disaklot.
- de marque l’éloignement, la séparation :
- Ex. : Pousser, joke.
- Repousser, dejoke.
- ge indique répétition de l’action :
- Ex. : Appeler, voke.
- Rappeler, gevoke.
- ta indique une action en sens contraire :
- Ex. : Position, topam.
- Opposition, tatopam.
- ne exprime une idée négative ou contraire à celle du radical :
- Ex.: Ami, îlen.
- Ennemi, netlen.
- Il existe encore un grand nombre d’autres af-fixes, qui ont servi à former des radicaux dérivés, mais qui ne possèdent pas d’acception générale bien caractérisée. D’ailleurs la signification de tous les radicaux dérivés est indiquée dans le Dictionnaire.
- On forme des mots composés en juxtaposant deux mots, entre lesquels on intercale un a ; le mot déterminant doit toujours se placer le premier.
- Ex. : Commerce, ted.
- Maison, dom.
- Maison de commerce, tedadom.
- On ne doit forger de nouveaux mots dérivés ou composés que si l’on est certain de leur donner un sens parfaitement clair.
- IIÎ. Syntaxe
- Les mots radicaux une fois formés, toute la syntaxe de balta ne se compose absolument que de
- trois règles, savoir: une pour la formation du pluriel, une pour la conjugaison des verbes, une pour la construction de la phrase.
- PLURIEL
- On forme le pluriel des substantifs, des adjectifs et des pronoms en ajoutant un s à la fin du mot. L’accord des adjectifs et des pronoms avec les substantifs exprimés ou sous-entendus, est facultatif; on leur donne la marque du pluriel lorsque cela peut être utile pour la clarté de la phrase. -----------------------------------
- LE MÉTROPOLITAIN
- Ligne du Pont de l’Alma aux Moulineaux et à Courbevoie
- Raccordement des établissements militaires de Plie de Billancourt
- II
- Dans mon dernier article, je restais à la cinquième station depuis Grenelle, c’est-à-dire à Saint-Cloud.
- La ligne arrivant là se trouvait en face de difficultés presqu’insurmontables au premier abord, il fallait cependant absolument les résoudre, c’est ce qu’a fait d’ailleurs avec beaucoup de bonheur M. Le Comte, l’ingénieur chargé du tracé et de son exécution.
- D’un côté, la ville de Saint-Cloud montant à pic, de l’autre la Seine, il fallait donc absolument passer sous la place d’Armes, mais il fallait tenir compte du niveau de la Seine, ce qui fait que le tunnel qui passe sous la place a forcé à exhausser légèrement le sol, ce qui est un bien par rapport aux rues qui montent au château et à la ville, il fallait encore ne pas modifier l’entrée du parc avec sa grille décorative et cependant il fallait bien, entre cette grille et la Seine, à l’endroit du pont de Boulogne, trouver l’emplacement pour la ligne, le chemin de halage et la route menant à la gare des marchandises.
- Aujourd’hui que le travail est terminé et que le tunnel passe sous la place d’Armes, on se demande comment un pareil problème a pu être résolu. La place est embellie, la grille du parc est toujours là, et chose plus curieuse, on a pu modifier, mais conserver même en partie le vieil escalier qui, de la place, conduit au bord de l’eau au port d’embarquement des bateaux-mouches.
- Une fois la place traversée, la ligne fait sa trouée à travers les maisons, la tête noire ne bouge pas et la gare occupe l’emplacement de la maison suivante qui a sauté, sur la place au coin même de la rue Royale qui gagne le haut de la ville.
- A partir de ce point, la ligne s’éloigne un peu de la Seine et gagne en pente douce, sans grande difficulté, derrière les propriétés qui bordent la route, Suresnes qu’elle est obligée de traverser. Nous retrouvons là comme à Saint-Cloud des difficultés d’exécution,, mais moindres cependant, il a bien fallu traverser la ville en tranchée ou en tunnel, mais en somme l’aspect général de Suresnes n’en est pas le moins du monde modifié et je. suis heureux de constater que l’on avait émis à ce sujet que des craintes purement chimériques. A partir de Suresnes, la ligne grimpe résolument au flanc de la colline pour devenir parallèle à celle de Versailles jusqu’à la station de Puteaux son point terminus et son point de raccordement avec la ligne de Versailles, rive droite.
- Là à mi-côte, sur un pli de terrain bien disposé à cet effet, se trouve encore une importante gare de marchandises, comme celles des Moulineaux et de Saint-Cloud.
- J’insiste sur ce point, car cette gare est appelée à rendre les plus grands services à tonte la contrée, à Suresnes, à Puteaux et à Courbevoie.
- On sait combien ces bords de la Seine sont peuplés et industriels, ces gares de marchandises, c’est la vie et c’est pour beaucoup d’industriels une économie précieuse de temps et d’argent.
- Parlerai-je des travaux d’arts ? du pont en écharpe qui passe d’une façon si hardie dans sa coupe audacieuse aux quatre chemins à la sortie de Grenelle, des travaux à la tranchée du Bas-Meudon, alors que passant derrière la verrerie il fallait respecter les passages des carrières de blanc de .Meudon, des champignonnières, etc., des travaux d’endiguements de la Seine, de la partie technique du passage sans la place d’Armes à Saint-Cloud et sous la ville de Suresnes?
- Ma foi non, car malgré tout mon désir de rendre hommage au talent de l’ingénieur, j’avoue que le côté économique de la question me semble infiniment plus intéressant pour nos lecteurs.
- En donnant en chiffres ronds 16 kilomètres à la totalité de la ligne, on peut estimer qu’à 1,800,000 fr. le kilomètre, elle coûtera dans les 28 à 3o millions.
- Si l’on se rend compte de la cherté des expropriations dans cette partie des environs de Paris et des difficultés énormes de construction que l’on a rencontrées à chaque pas, il n’y a rien là d’extraordinaire, seulement c’est une base qu’il ne faut pas oublier pour le métropolitain.
- p.730 - vue 304/496
-
-
-
- ' . ’ < .' v " , '•'• ' ': f "' ' ''
- y-7:.
- S ( / •* Q r V ' Q-, ’ ,»•• • < • / ,v ' l
- Troisième Année. — N° 135. LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1SS9:
- Quel sera le rendement de la ligne, que produira-t-elle en regard de ces 3o millions ? La réponse est assez malaisée, si l’on me demande des chiffres, mais d’ores et déjà on peut tabler sur des espérances considérables, le mot n’est pas de trop ; les trois grandes gares de commerce des Moulineaux, de Saint-Cloud et de Puteaux fourniront un trafic régulier et permanent, l’exposition universelle est appelée à donner à la ligne un grand développement au point de vue marchandises et voyageurs.
- Enfin, lorsque la ligne aura sa tête à la Chambre des députés, il n’est pas douteux qu’elle ne transporte tous les dimanches des milliers de voyageurs, comme la ligne de ceinture de Saint-Lazare à Auteuil, par exemple, les bateaux mouches ne seront qu’une faible concurrence étant donné que le chemin de fer transporte beaucoup plus de monde à la fois et plus vite.
- Il est un argument irrésistible avec lesquel il convient encore de compter, c’est la force centrifuge qui emporte les Parisiens hors de Paris, comme les Anglais hors de Londres et cela non pas seulement le dimanche, mais pour demeurer à la campagne.
- Ainsi la ligne des Moulineaux n’est pas encore ouverte et déjà des compagnies ont acheté en grand les terrains aux Moulineaux, à Saint-Cloud, à Sures-nes, à Puteaux, partout où cela était possible en bordure pour y bâtir des cottages et les vendre aux gens amoureux de grand air et de tranquillité. On peut donc affrmer qu’en dehors de son grand mouvement de voyageurs estivals,la compagnie aura au lendemain de son ouverture des milliers d’abohne-ments, tout comme la Ceinture, ce qui sera encore une source de produits modestes si l’on veut, mais réguliers et qui iront toujours en augmentant.
- Enfin il convient de ne pas perdre de vue qu’en tant que transit général la ligne peut rendre des services à la compagnie en déchargeant des voies trop encombrées et que s’il est difficile d’en tenir compte dans les recettes afférentes à la ligne elle-même, il est cependant juste d’en tenir compte dans le rendement général ; c’est là un phénomène de répercussion bien connu pour quiconque s’occupe de questions économiques.
- Les travaux sont avancés, toute la partie difficile de Grenelle à Saint-Cloud est même à peu près terminée. On peut donc affirmer sans crainte d’être démenti que la ligne sera ouverte à la fin de 1888.
- Ce sera là non seulement un beau mais encore un excellent résultat à la veille de l'Exposition universelle et pour mon compte j’avoue que je me montrerai tout à fait satisfait à condition que l’on veuille bien, dans Paris, pousser la ligne de l’Exposition jusqu’à la Chambre des députés. Je pense que cela est tout à fait nécessaire, que cela s’impose et que personne ne peut s’y opposer, pas même l’honorable M. Alphand.
- Il ne faut pas s’y tromper, une ligne n’a de valeur qu’autant qu’elle fait partie d’un grand tout, qu’autant qu’elle a une queue et une tête, que l’on me pardonne l’expression. Or la tête n’est ni à Grenelle, ni même à l’Exposition, elle est à la Chambre des députés, et pas ailleurs.
- Il me reste à parler des projets connexes de la plus haute importance parce qu’ils tiennent comme toujours à la question du métropolitain, parce qu’ils en sont en quelque sorte la solution naturelle et anticipée.
- J’ai nommé les lignes de Saint-Cloud à Boulogne et de Courbevoie à la porte Maillot qui font partie du grand réseau de Ceinture projeté par la compagnie de l’Ouest.
- Elles feront l’objet de mon prochain article et j’espère que mes lecteurs verront comme moi que l’avenir est dans ces raccordements sagement conçus et exécutés et non pas dans des bouleversements impossibles que rien ne pourrait justifier.
- III
- Dans mes deux premiers articles, j’ai démontré que la ligne des Moulineaux était surtoùt intéressante en ce qu’elle constituait jusqu’à l’esplanade des Invalides une voie de pénétration dans Paris.
- Tout est là, aussi bien pour nos grandes lignes que pour le Métropolitain : mettre Paris en communication avec la banlieue et la province.
- En d’autres termes, tout le système des voies ferrées parisiennes doit être seulement centrifuge et pas du tout concentrique, comme l’indique la plupart des projets que nous avons combattus en toutes circonstances.
- Voilà pourquoi je déplore la différence d’altitude qui interdit tout raccordement à la station du bas Meudon avec la ligne de Versailles, rive gauche.
- Ceci dit, j’arrive à deux projets importants, dont il est question depuis fort longtemps, qui sont étudiés et tout préparés par la Compagnie de l’Ouest et que je considère comme le complément-nécessaire et indispensable de la ligne des Moulineaux, et je les considère ainsi précisément parce qu’ils constituent deux voies nouvelles importantes de pénétration de Paris. C’est un exemple
- que je ne saurais trop rappeler: Chicago n’a pas la population dans Paris et cependant elle possède vingt-deux têtes de lignes et croyez bien que ces vingt-deux têtes de lignes ne sont pas étrangères à l’immense prospérité de la reine des prairies.
- Le premier projet consiste à construire une ligne qui partirait en double raccordement de la ligne des Moulineaux à la sortie de Saint-Cloud, plus prèsde cette station que de celle de Suresnes, pour traverser en ligne droite la Seine en face la porte Saint-Cloud (porte du Bois de Boulogne) ; elle longerait la route et aurait une station importante un peu avant la porte de l’Hippodrome.
- En effet, il suffit de prendre une carte et de suivre le tracé pour se rendre compte des services que rendraient cette station et cette gare; elle desservirait tout Boulogne jusqu’à la ligne, passerait entre la ville et le bois, et de plus, le dimanche, elle jetterait en plein bois des milliers de promeneurs et de sportmenn se rendant aux courses.
- De là, l’allée de la Reine-Marguerite traverse tout le bois en droite ligne jusqu’à Madrid et jusqu'à l’avenue de Neuilly.
- Il serait donc difficile de trouver une station appelée à rendre de plus grands services en semaine aux travailleurs, et le dimanche aux promeneurs.
- De là, la ligne, inclinant légèrement sur la Porte de Boulogne, suit en ligne droite, à partir du Rond-Point, l’allée de Boulogne jusqu’à la station d’Auteuil dans Paris, sur la ligne de Ceinture.
- Voilà donc une nouvelle voie de pénétration dans Paris, et d'un autre côté une voie que l’on pourrait mettre un jour en communication directe avec le tronçon de Saint-Cloud à l’Etang-la-Ville, si les^différences d’altitude le permettent.
- Mais enfin, telle qu’elle est conçue — depuis longtemps—elle est appelée à rendre des services incalculables à la population parisienne. Pourquoi n’est-elle pas déjà faite, pourquoi, tout au moins, ne la fait-on pas en même temps que celle des Moulineaux?
- Là, aucune difficulté de tracé, aucune œuvre d’art, sauf un pont très simple sur la Seine.
- La ligne suit tout le temps la route sur des terrains qui appartiennent à la ville; donc il suffit d’une entente entre la ville et la compagnie ; celle-ci se déclare prête, on affirme que le Conseil municipal, que M. Alphand sont encore une fois les seuls coupables et que l’on agit ainsi en haine des monopoles.
- On ne m’a jamais considéré comme un bien grand ami des monopoles, mais je dis qu’il y a un sentiment qui doit dominer tout: l’intérêt public. Je dis que non seulement on devrait permettre à la compagnie de l’Ouest la construction de cette ligne en s’entendant avec elle, mais encore au besoin la lui imposer, voilà la conduite qu’il faut tenir, voilà ce que commandent les intérêts de la population parisienne.
- La seconde ligne projetée et conçue parla compagnie dans le même esprit doit partir de la ligne de Versailles (rive droite), également en double raccordement, un peu après la station de Puteaux, entre cette dernière et celle de Courbevoie, non loin du rond-point, traverser la Seine sur un double pont à l’ile de Puteaux et contourner le bois de Boulogne par Madrid et Saint-James pour aller ensuite entre Neuilly et le bois, parallèlement à l’avenue de Neuilly, ou à peu près, se raccorder à la station de la Porte-Maillot, dans Paris, au bas de l’avenue de la Grande-Armée, sur la ligne de ceinture intérieurement.
- Si l’on veut bien suivre avec moi un plan des environs de Paris, on retrouvera à tous les points de vue, — du commerce pour Puteaux, des voyageurs et travailleurs pour Neuilly, des promeneurs pour le bois de Boulogne, etc. — les mêmes avantages que pour la ligne d’Auteuil à Saint-Cloud dont je parlais tout à l’heure, aussi je n’insisterai pas, le lecteur saura lui-même tirer toutes les conclusions que comporte un pareil sujet.
- Je ferai remarquer seulement que ces deux lignes, jointes à celle des Moulineaux à Courbevoie, et de la ceinture intérieure, constitueront une vaste ceinture de tout le bois de Boulogne, appelé à transformer les villes de Boulogne, Saint-Cloud, Puteaux, Suresnes, Neuilly, Courbevoie, etc.
- L’ouvrier ou l’employé qui habitent hors Paris dans ces parages, l’industriel établi à l’ouest, le prôna eneur du dimanche, tout le monde y gagnera également pour le plus grand bien de la ville de Paris.
- On me dit : mais c’est provoquer le mouvement centrifuge, le mouvement vers l’ouest déjà si prononcé.
- Etaprès, qu’est-ce que cela prouve? Non, ce n’est pas le provoquer, c’est simplement se mettre à son service et lui donner ce dont il a un impérieux besoin. Depuis quand par hasard a-t-on vu que l’on pouvait enrayer une transformation économique?
- Pour se transformer comme toutes les grandes métropoles, c’est à nous à lui donner un outillage de transport qui réponde véritablement à ses besoins et ne soit pas de cinquante ans en retard.
- Maintenant que faut-il pour que la ligne de Courbevoie à la Porte-Maillot s’exécute de suite r Peu de chose, l’entente entre la ville et la compagnie
- Dimanche 3i Juillet 1887. — y3i.
- et là encore je dirai : Il faut agir de suite, et au besoin imposer l’exécution immédiate à la compagnie de l’Ouest parce que l’intérêt public est en jeu.
- Je veux répondre à une dernière objection : on ne peut rien faire avant de savoir à quoi s’en tenir sur le Métropolitain.
- Mais c’est précisément là de la folie, c’est un raisonnement faux. Le Métropolitain coûtera des sommes folles et l’on ne sait pas quand il se fera ; de plus on veut le faire concentrique, ce qui est absurde, tandis que là il s’agit de tronçons faciles à exécuter de suite, constituant des têtes de ligne nouvelles dans Paris.
- C’est précisément parce que le Métropolitain n’est pas fait qu’il faut s’empresser de terminer toutes ces lignes, tous ces raccordements mettant la banlieue en communication avec Paris.
- Oui, il faut le faire parce que cela est possible, peu coûteux, parce que cela répond aux véritables intérêts de la population, pour que cela remplace le Métropolitain ou tout au moins donne le temps d’attendre.
- Ou je me suis bien mal’exprimé, ou voilà ce que signifient clairement mes articles : je ne préjuge pas la question du Métropolitain, je ne juge pas les grosses difficultés matérielles et pécuniaires qui surgiront fatalement au moment de son exécution, mais je dis simplement à la ville, à l’Etat, aux grandes lignes : entendez-vous et terminez de suite le réseau reliant Paris à la banlieue, vous rendrez un grand service à la population parisienne et si vous n’avez pas résolu la question du Métropolitain ainsi, ma foi, il s’en faudra de bien peu, n’est-ce pas votre avis ?
- Paul Vibert.
- LES LIVRES
- cxx
- Compïègne, par Lefèbre Saint-Ogan ; maison Quantin, compagnie générale d’impression et d’édition, 1 vol. in -18 illustré, 1887.
- Il v a la littérature d’hiver et la littérature d’été, la critique sédentaire et la critique en villégiature, les articles échauffants et les articles rafraîchissants. Nous sommes obligés par ces températures caniculaires de nous mettre et de mettre nos lecteurs au régime des livres légers, coquets, pimpants, amusants, donnant la sensation d’un voyage en forêt ou d’une halte sous l’ombre des vieux arbres ou des- vieux toits. Justement, sans quitter notre fauteuil, nous pouvons rouler à travers des siècles d’histoire et d’art en visitant cette ville de Compiègne, illustre depuis les Mérovingiens, où l’on ne peut faire un 'pas sans fouler d’héroïques restes ou de dramatiques vestiges, où la Renaissance compte plus d’un bijou architectural,.qui a gardé un bon air artistique et romanesque, et dont le royal château placé au confluent de l’Oise et de l’Aisne se détache sur le fond verdoyant de l’une des plus belles forêts de France, dans les conditions de contraste et d’harmonie qui font de la coopération du ciel, du bois et de l’eau l’idéal réalisé du décor architectural.
- Le décor historique de Compiègne n’est pas moins beau que son décor naturel ou artificiel. La ville des cinq églises, Saint-Jacques, Saint-Nicolas, Saint-Germain, Saint-Antoine, les Minimes ; la ville du château qui a vu passer tant de rois, ses hôtes passagers, la ville dont l’hôtel est un des plus curieux, des plus pittoresques qui soient ; la ville dont le passé remonte à Clovis ; la ville à la vie plantureuse, aux mœurs de camp et de cour, aux longs sommeils sous la courtine saturée par les brises de la forêt d’oxygène doucement et sainement narcotique ; la ville dont un vieux dicton assure
- Oncques ne sort de Compiengne
- Qui volontiers n’y reviengne.
- a, comme on le pense, une histoire variée, accidentée, qui est. comme le résumé (Compendium où certains savants voient l’étymologie du nom de Compiègne, soit à titre d'abrégé du palais de Clairoix, soit à titre de carrefour abréviatif de la distance entre Soissons et Senlis), qui est, disons-nous, comme le résumé de l’histoire nationale. C’est à Compiègne que fut signée la paix entre Clotaire II et Théodebert, roi d’Austrasie. C’est à Compiègne qu’une assemblée des grands et des prélats du royaume décida l’érection de l’église de Saint-Denis/C’est à Compiègne que saint Eloi forgeait, dans l’hôtel des Monnaies qu’y fonda Dagobert. C’est à Compiègne que résidaient les rois fainéants. Pépin le Bref reçut à Compiègne l’ambassade de Constantin Copronyme qui lui apportait les premières orgues qu’on eût vues en France. Charlemagne triompha à Compiègne de l’hommage d’Hildebrand, duc de Spolète, et de Tassillon, duc de Bavière. Louis.le Débonnaire, battu par ses fils révoltés et réfugié à Compiègne, v fut déposé, puis rétabli. Charles le Chauve lui donna le nom de Carlopolis et y fonda la fameuse abbaye qui devint Saint-Corneille. En 888, un Parlement tenu à Compiègne élut roi Eudes, comte de Paris et duc de France. Louis V cou-
- p.731 - vue 305/496
-
-
-
- — Troisième Année. — N° 135
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- Dimanche 3i Juillet 1887.
- ronné à Compïègne y fut empoisonné par la reine Blanche et y fut enterré. Sous le règne de Louis le Gros, le pape Innocent II, chassé de Rome par son compétiteur Anaclet, fixa son siège à Com-piègne La nullité du mariage de Philippe-Auguste avec la fille du roi de Danemark y fut prononcée et Ingelburge y pleura les larmes de la répudiation. Saint Louis fit à Compiègne de nombreuses fondations, y rendit la justice sous les chênes, y donna l’exemple de l’héroïque charité en baisant la lèvre du lépreux. Compiègne fut le siège d’une assemblée des Etats généraux pendant la guerre de Cent ans, après l’insurrection des Maillotins. Charles VI reprit la ville de Compiègne sur Jean sans Peur qui s’en était emparé. Au cours d’un siège encore plus émouvant par le fait, dit-on, de la trahison du gouverneur Guillaume de Flavy qui fit fermer sur elle et ses compagnons la barrière du rempart, Jeanne d’Arc fut prise dans une sortie. Disons tout de suite que Guillaume de Flavy paya dès ce bas monde la félonie qui met au pouvoir de Jean de Ligny-Luxembourg et par lui au pouvoir des Anglais moyennant dix mille livres et une rente de trois cents livres, la rédemptrice de la France. Félonie d’ailleurs plus légendaire qu’his-torique dont la mémoire du sire a malgré tout gardé l’impopularité. Six ans après le siège fatal à l’héroïne, Flavy épousait Blanche d’Aurebuche, fille de Robert, comte d’Acy, qui n’était pas encore nubile. Il avait, lui, trente-sept ans. Le mari fut malheureux et paraît avoir mérité de l’être si on s’en rapporte à l’histoire, peut-être un peu romancée par la légende, qui l’accuse d’avoir fait périr de faim son beau-père et sa belle-mère, coupables du tort de lui avoir cédé leurs biens, moyennant une rente viagère qu’il se garda de payer, tout en ne ménageant pas à sa femme des coups qui ne lui coûtaient rien. Celle-ci prit un amant, Pierre de Louvain, capitaine de gens d'armes, pour la venger. De complicité avec le barbier Jehan Boquil-lon, le Barbe-Bleue, cloué dans son lit par la goutte, y eut la gorge coupée par Boquillon et fut achevé par sa femme qui l’étoufia sous un oreiller. Blanche obtint des lettres de rémission et ses deux beaux-frères demandèrent en vain justice des assassins ; ils songèrent alors à se faire justice eux-mêmes et le 1 5 juin 1464, Pierre de Louvain fut tué en duel par Raoul de Flavy.
- Mais cet article tout entier ne suffirait pas au seul résumé de cette histoire de Compiègne, où chaque règne laisse sa trace, chaque souverain sa marque. De François ier, qui reçut au château, où avait été créé par Louis XI l’ordre de St-Michel, Charîes-Quint, à son passage en France et le duc d’York envoyé par Henri VIII pour préparer l’entrevue du camp du Drap d’Or , nous sautons à Henri IV qui y promena Gabrielle, à Louis XIV qui y promena Mme de Montespan, MUe de Fon-tanges et Mm0 de Maintenon, à Louis XV qui y connut Mme de Pompadour et Mme Du Barry, à Louis XVI qui y tira à l’hirondelle, chasse maudite qui porte malheur, et y reçut Marie-Antoinette, à Napoléon qui y passa les premiers jours de sa lune de miel avec Marie-Louise, à Louis XVIII qui y inaugura par un dîner maigre dont le menu savant est demeuré proverbial, la Restauration, à Louis-Philippe qui y donna l’hospitalité à Léopold venant épouser, en i832, sa fille aînée Louise, à Napoléon III qui y fit les chasses, les fêtes, les représentatif ns restées célèbres, à l’Invasion qui souilla Compiègne en 1814 et en 181 5 et l’épargna en 1871. Quel panorama de cour, quel diorama de bataille, quel carnaval tour à tour tragique et comique que cette histoire dont le canevas a été brodé par un écrivain alerte et un conteur spirituel de toutes les fleurs piquantes de l’anecdote!
- Il y a plaisir à faire avec un tel guide la promenade de Compiègne, la visite à son hôtel de ville, au beffroi où l’heure est sonnée par des cloches de 3304, à ses églises, à son hôtel de la Bouteille et de la Cloche, où Alexandre Dumas a placé une des scènes les plus dramatiques de Monte—Christo, à son musée municipal, enrichi de trésors d’art par le collectionneur Vivenel, son château aux souterrains jaloux de leurs méandres, où plus d’un curieux téméraire a payé de sa vie la violation de dangereux mystères, à son château dont le pry-tanée eut pour directeur le sieur Le Berton, ancien principal du collège de Brienne , qui mourut fou de la disgrâce de son ancien et peu reconnaissant élève Bonaparte; à ses jardins, dont le berceau couvert, copie du berceau du château de Schœnbrunn, galanterie de Napoléon à Marie-Louise, a eu dix kilomètres de longueur et est encore représenté par de beaux restes; à sa forêt de hêtres, de chênes et de charmes d’une étendue de 14,859 hectares, d’un produit annuel d’un million, aux 278 carrefours, aux 2,620 massifs, aux 27 rus ou ruisseaux, aux i5 fontaines, aux 16 mares.
- Il y a plaisir enfin à faire en réalité ce voyage qu’il décrit de façon à en donner une idée si agréable que nous le ferons, que plus d’un lecteur le fera avec nous, sur la foi de ce livre précis, intéressant, amusant, dont les chapitres animés et spirituels sont ornés de vingt-cinq délicieuses vignettes en tète de page, digne en tout du succès qu’il obtient auprès de tous ceux qui aiment l’histoire, l’art et la nature. M. de Lescure.
- AVIS COMMERCIAUX
- ESPAGNE
- CONDITIONS DE COMMERCE A CADIX. — CONSEILS AUX IMPORTATEURS
- 11 ressort des observations recueillies par M. Ponsignon, consul général de France, qu’à Cadix très peu d’articles sont monopolisés par des maisons spéciales de vente ; la tendance de la plupart des magasins de détail est de réunir la plus grande variété possible d’articles, pourvu qu’ils aient, de près ou de loin, un rapport avec la branche principale qui constitue le commerce de fond de la maison.
- Le moment des transactions à Cadix étant assez restreint, les quantités de marchandises qu’on peut y écouler ne varient pas sensiblement d’une année à l’autre. L’usage s’étant établi de faire aux mêmes époques les achats et les mises en vente des nouveautés, il en résulte fréquemment un encombrement de marchandises qui en déprécie la valeur.
- Les exportateurs français, s’ils veulent ne pas s’exposer à des pertes ou à de coûteux procès, ne sauraient apporter trop de soin à se renseigner sur l’état réel du marché, aussi bien que sur le crédit des maisons de commerce avec lesquelles ils traitent.
- BRÉSIL
- COMMERCE DE BIJOUTERIE
- Le Consul de Suisse à Pernambouc écrit que le marché est en général fourni, pour l’article courant, par l’Allemagne, tandis que les pièces riches et artistiques, ainsi que les chaînes et tout article devant avoir une certaine solidité, proviennent de France.
- Le consommateur brésilien s’occupe beaucoup de la quantité de l’or : on ne peut placer dans cette province que du dix-huit karats; il apprécie aussi le côté artistique, mais ce qu’il demande avant tout, c’est le bon marché.
- Tous les articles en bijouterie peuvent se vendre s’ils sont au goût du pays,' qui suit toujours la mode. Il faut constamment de la nouveauté ; le bijou à effet, la haute fantaisie de peu de valeur sont demandés, spécialement les articles suivants : bracelets, broches pqur dames et fillettes, boutons d’oreilles à vis, brisures en tout genre, médaillons pour dames et pour hommes, chaînes Mathilde, Léontine, chaînes colonnes avec et sans glands (la châtelaine est peu demandée), colliers pour dames et fillettes, chaîne en mat et en poli pour hommes, chaîne courte avec anneaux bélières, chaîne double américaine, épingles de cravates pour hommes. La bijouterie argent, surtout en broches et en bracelets, se vend actuellement assez bien.
- LES THÉÂTRES
- Bilan dramatique de la saison
- Porte-Saint-Martin. — Nous assistons ici au triomphe de la mise en scène. Quelle que soit la pièce qui se joue, reprise ou nouveauté, — et chez M. Duquesnel trois pièces, dont deux reprises, suffisent à remplir la saison — c’est toujours par des merveilles d’exactitude et de goût que la Porte-Saint-Martin sait conserver la faveur du public en dépit du plus ou moins d’intérêt des pièces représentées. On l’a bien vu au sujet de ce fameux Crocodile qui faillit dévorer une partie de la réputation péniblement acquise de M. Sardou, et qui, malgré le four noir d'une première, où c’est tout juste si l’on n’a pas sifflé — et encore est-ce par politesse — réussit à tenir l’affiche pendant trois mois, et à doubler le cap d’une centième d'estime sans que l’héroïsme de M. Duquesnel, résolu à pousser jusqu’au bout la courtoisie due à l’Académie française, coûtât trop cher à la direction.
- On peut dire, sans craindre d’être démenti, que si un public, relativement nombreux veut pendant ces trois mois augmenter du prix réduit de ses places les droits d’auteur de M. Sardou, et lui faire toucher de ce chef plus d’argent pour un insuccès que n’en rapportent à leurs auteurs les succès les plus incontestés, le mérite en revient aux décorateurs et aux machinistes, à qui, en toute justice, eussent dû revenir aussi les droits.
- Avant que d’entreprendre l’exploitation de cet ours dénommé Crocodile, exploitation qui aurait pu devenir ruineuse, le même théâtre nous avait donné une excellente reprise de la Tour de Nés le.
- Il a suffi pour panser les morsures de l’animal peu apprivoisé, apporté par M. Sardou, d’une autre reprise, celle des Beaux Messieurs de Bois-Doré.
- Grâce à ces deux reprises, la balance est à peu près égale entre le succès et le... contraire, à la Porte-Saint-Martin.
- Gaîté. — A la Gaité, la saison tient tout entière dans la Cigale et la Fourmi, et dans la reprise d’Orphée aux Enfers. Succès, parbleu, mais de ces succès-là il n’en faudrait pas beaucoup dans une année, n’est-ce pas M. Debruyère.
- Aussi la musique d’opérette cèdé-t-elle la place pour la prochaine campagne à l’Opéra-Comique qui vient loger en garni à la Gaîté. C’est un bon locataire qui paiera d’avance et avec lequel il n’y a pas à craindre d’aléa.
- Châtelet. — Le Tour du Monde, reprise, et la Chatte Blanche, autre reprise, un peu reprisée celle-là. Succès de décors, de costumes et de mise en scène.
- Voilà pour la première année de l’association Clèves-Floury.
- Rien à glaner pour la chronique.
- Ambigu. — Chez M. Rochard la saison qui vient de finir aura été de tous points digne de la précédente qu’avait marquée le grand succès de Martyre.
- Le Fils de Porthos, pour ne point avoir fait oublier le beau drame de d’Ennery, n’en est pas moins un spectacle qui fait honneur à la direction qui l’a monté avec le soin et le goût qui caractérisent M. Rochard.
- La saison brillamment commencée a fini par une chute, mais il n’est pas jusqu’à cet insuccès qui ne doive compter à l’actif des intelligents efforts que fait l’intelligent directeur pour maintenir la vieille réputation de l’Ambigu. MUe de Bressier, malgré l’accueil qui lui a été fait et qui tient plus encore à des circonstances extérieures sur lesquelles il était facile de se tromper, qu’à la pièce elle-même était une tentative honorable, et méritait d’être moins maltraitée.
- Auteur et directeur se sont trompés en pensant qu’après quinze ans l’oubli pouvait être venu et l’apaisement fait des discordes civiles de 1871. Ils prendront l’un et l’autre une revanche. D’ailleurs, ils ne pouvaient l’un et l’autre se tromper en meilleure compagnie.
- Les Mystères de Paris qui ont pris sur l’affiche la place de Mlle de Bressier ont présenté tout l’attrait d’une restauration d’un genre un peu oublié et que l’on a vu avec plaisir. 75 représentations consécutives l’ont amplement prouvé.
- Théâtre de Paris. — Saison chargée et fortunes diverses, malgré les réels efforts des sociétaires. Trois grands drames nouveaux démontrent amplement quelle activité déploient les artistes de ce théâtre où le conseil municipal a voulu réaliser son rêve démocratique du théâtre de drame populaire.
- Jacques Bonhomme. — Drame en cinq actes et six tableaux, de M. A Maujan, pièce à tendances politiques, n’a que peu réussi, en raison même du profond ennui qui se dégage, même pour un public prévenu en leur faveur, des tirades philoso-phico-socialistes.
- Pour les Cinq doigts de Biroukh, gros mélodrame noir, selon la formule, tiré par M. Pierre Decourcelle du roman de M. Ulbach, seul le caissier du théâtre pourrait dire si ça été un succès ; car toute la presse a accueilli avec un enthousiasme peut-être plus bruyant que sincère, la nouvelle pièce du jeune auteur qui venait, dans un genre tout différent, de triompher avec Madame Cartouche aux Folies-Dramatiques.
- Le Ventre de Paris de MM. Zola et Busnach a mis, pour me servir d’une métaphore culinaire qui n’est pas déplacée ici, du beurre dans les épinards du théâtre cher au Conseil municipal.
- Ça ne valait pas le diable comme pièce, cette machine-là, sauf peut-être l’acte de l’enfant où Mme Marie Laurent enlevait chaque soir le succès. Mais quel réalisme dans le décor, à défaut de réalisme dans l’action. Tout Paris a voulu voir les halles, le décor pittoresque de la barrière de l’Etoile et la charcuterie Quenu-Gravelle. Tant mieux pour elle ! et tant mieux pour le théâtre de Paris qui avec sa troupe d’élite pourra, si Dieu lui prête vie et si nos édiles ne lui imposent pas trop de pièces à tendances, nous donner l’hiver prochain quelques bonnes représentations de drame.
- (A suivre)
- Voici l’époque des vacances. Avec son programme amusant et varié que termine si brillamment la Fantasia Arabe, l’Hippodrome sera le spectacle favori des familles.
- Le Gérant, GARREAU.
- Tours. — lmp. E. ARRAULT et Cie, rue de la Préfecture, 6.
- p.732 - vue 306/496
-
-
-
- Le Moniteur
- DE
- L'EXPOSITION DE 1889
- ^ Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
- TROISIÈME ANNÉE Dimanche 7 Août 1887. NUMÉRO 136.
- SOMMAIRE :
- 1. Exposition universelle de 1889: Les travaux du Champ de Mars ; Congrès et conférences; Comités d'admission ; L’Exposition d’économie sociale ; Le transport des voyageurs; 2. L'Exposition coloniale; 3. Les moteurs; 4. La Suisse et l’Exposition ; 5. Echos; 6. Sciences et Industrie ; 7. Exposition du Havre ; 8. L’Exposition nationale de Brasserie ; 9. Les ports étrangers : Hambourg ; 10. Les Livres; 11. Avis commerciaux ; 13. Les Théâtres.
- EXPOSITION UNIVERSELLE
- DE 1S89
- LES TRAVAUX DU CHAMP-DE-MARS
- Quoique les consignes interdisant au public l’accès des chantiers de l’Exposition soient très sévères et fidèlement exécutées, les visiteurs sont encore assez nombreux et beaucoup de personnes font leur possible soit pour se faufiler par une des multiples ouvertures nécessaires au service, ce qui, du reste, leur est difficile, soit pour obtenir l’autorisation de parcourir le Champ-de-Mars : nous comprenons parfaitement cet empressement et rien ne nous paraît plus naturel que la curiosité qu’excitent les préparatifs de cette vaste entreprise, internationale quant au titre, mais éminemment nationale quant à la conception, à l’exécution et à l’organisation, et pour le succès de laquelle tous les Français doivent faire des vœux sans distinction d’opinion, car il n’y faut voir qu’une nouvelle manifestation de la puissance, du génie et de l’esprit d’initiative d’un pays qui le premier, en 1798, inaugura l’ère de ces tournois pacifiques,ayant parfois eu leurs mauvais côtés, car rien n’est parfait en ce monde, mais ayant, par contre, concouru de la façon la plus efficace à la réalisation des progrès dont nous jouissons tous aujourd’hui et dont l’importance nous apparaîtra une fois de plus, dans deux ans, sur le lieu même qui servit de berceau aux premières tentatives de cette nature.
- A certaines réflexions, à certaines critiques que formulent les visiteurs, et ayant généralement trait à la marche des travaux, on s’aperçoit que malheureusement le public ne se rend pas assez compte des difficultés de toute nature que rencontre l’exécution de pareils projets, et surtout des efforts inouïs nécessités par la rédaction des dits projets ; il faut tout prévoir, tout arrêter à l’avance, posséder à fond les connaissances techniques nécessaires pour que, lors de l’exécution, les exigences de la pratique ne viennent pas démentir les prévisions théoriques, ce qui occasionnerait des mécomptes et des retards; en un mot,il faut tout combiner de manière à ce que l’imprévu, qui ne perd jamais ses droits, soit réduit à un minimum tel qu’il ne puisse causer d’ennuis sérieux. On ne se figure pas ce qu’il est nécessaire de dépenser de temps, de peines et de soins pour arriver à ce résultat et à quelle gymnastique intellectuelle on doit se livrer pour n’omettre aucun détail de chacune des parties dont l’ensemble constitue ce grand tout qu’on nomme une exposition universelle ; c’est pourquoi lorsqu’une des phases de ces importants travaux ne s’accorde pas avec l’idée qu’on pouvait s’en être faite, il ne faut pas se hâter de critiquer, car les décisions étant prises avec la plus grande circonspection il y a bien des chances pour que la cri-
- tique soit sans fondement et résulte d’un examen trop superficiel des choses.
- Pour se convaincre du bien fondé de ce que nous disons, il suffit de parcourir un des derniers documents officiels qui aient été publiés, nous voulons parler des clauses et conditions relatives à l’organisation et à l’installation de tout ce qui a trait à la fourniture de la force motrice pendant la durée de l’exploitation ; c’est une lecture des plus intéressantes, sinon des plus amusantes, d’où on peut tirer d’excellents enseignements et qui montre évidemment combien tout est pesé, calculé et décidé de manière à ne rien laisser au hasard.
- Ce n’était pas une mince besogne que de se rendre un compte aussi exact que possible de la quantité de force dont il faudra disposer pour actionner les nombreuses machines qui figurent au Champ-de-Mars, de voir à l’avance uels en seraient les lieux de production et 'utilisation probables, de dresser tous les plans nécesaires à la compréhension facile du programme et enfin de rédiger celui-ci de telle sorte qu’aucune surprise ne fût à craindre lors de son application ; M. Vigreux, l’habile chef du service technique et mécanique,a résolu toutes ces questions de la façon la plus heureuse, il a estimé quelle serait la force motrice utile journellement, a calculé combien elle coûterait, en a prévu l’emplacement et l’emploi et a ainsi pu composer un document, grâce auquel l’exécution sera très simplifiée; quelques chiffres donneront la notion vraie de l’importance de cette partie de l’exploitation. La force dont on disposera sera de 2,5oo chevaux effectifs correspondant à 3,125 chevaux indiqués sur les pistons ; pour obtenir cette force il faudra employer par jour 2 80,000 kilg.de vapeur qui seront obtenus par la combustion de 35 tonnes de houille et nécessiteront environ 3,000 mètres carrés de surface de chauffe ; enfin la somme nécessaire s’élèvera en chiffre rond à 5oo,ooo fr.
- Le temps splendide qui favorise le travailleur a permis d’avancer sensiblement l’entreprise sur les différentes parties du Champ-de-Mars : nous allons passer une revue rapide de l’état actuel des chantiers.
- En commençant notre tournée du côté de l’Ecole militaire on tombe en plein dans les énormes excavations que, non sans peine, M. Manoury fait creuser pour l’établissement des massifs de soutien des immenses arcs de 1 iom de la galerie des machines, l’étendue de terrain sur laquelle ses ouvriers sont disséminés est très vaste et se divise en deux parties bien distinctes, quant aux difficultés d’exécution ; la zone qui touche le palais des industries diverses est formée d’un sol relativement bon et qui, à part sa friabilité due à la sécheresse, n’a guère contre lui que les anciennes maçonneries qu’il recèle dans ses flancs et dont on ne peut avoir raison qu’à coups de mine. De ce côté-là on peut donc avancer assez vite et les nombreux puits déjà creusés attestent de l’entrain apporté à cette besogne ; quant à la partie voisine de l’avenue de Lamothe-Piquet, c’est autre chose et la mauvaise constitution des différentes couches qu’on rencontre, rend les terrassements fort difficiles; du reste, c’était prévu et nous avions déjà signalé cet état de choses ; à mesure que la fouille s’approfondit les terres s’éboulent et ne peuvent se tenir avec le talus de 3o° qui avait été indiqué, il faut donc adoucir de beaucoup les pentes des excavations, et comme la
- profondeur (7m6o environ) est assez grande on arrive à avoir des entonnoirs gigantesques présentant une centaine de mètres carrés d’ouverture, alors que les massifs ne devront occuper qu’une surface d’environ 28'", le cube du déblai est ainsi considérablement augmenté ; pour parer dans une certaine mesure à l’éboulement des terres, M. Manoury n’attaque plus ses fouilles suivant une surface rectangulaire, mais bien suivant une courbe elliptique ce qui donne aux puits la forme d’un cône renversé au lieu d’une pyramide quadrangulaire, et la suppression des angles rentrant aux parois de se mieux soutenir.
- Pour le creusement des fondations la grue rotative à vapeur, qui alimentait, et alimentera du reste encore la bétonnière, est utilisée d’une façon fort pratique : une fois les bennes remplies de déblai par les ouvriers placés au fond du puits, la grue, mise au bord du trou, enlève les dites bennes et vient les amener juste au-dessus d’un wagonnet qui en reçoit le contenu et le transporte là où il doit être employé ; on évite ainsi une perte importante de temps et d’argent, due à la reprise des terres qu’il faudrait charger à la pelle sur les véhicules destinés à les transporter.
- En nous dirigeant ensuite vers la Seine, nous voyons avec plaisir que le montage des fermes du palais des industries diverses est à peu près terminé-dans les deux lots qui restaient à compléter, l’usine Roussel ayant posé 128 charpentes n’a plus que quelques pannes à fixer, et les forges de la Franche-Comté, ayant enfin arboré le petit drapeau indicateur de l’achèvement, n’ont plus, ainsi du reste que leur voisine, qu’à finir d’assujettir les pièces manquant encore à la toiture ; quant aux usines Joret et de Saint-Denis nous avions déjà constaté la fin de leur travail, il ne leur reste qu’à parfaire cà et là quelques détails incomplets mais ne présentant aucune importance.
- Dans toute cette partie de l’exposition on procède au nivellement du terrain qui se trouvait un peu en contre-bas, on le surélève avec les déblais provenant des fondations du palais des machines.
- Nous traversons la rue joignant l’avenue de Labourdonnais à l’avenue de Suffren et nous pénétrons dans le terrain qu’occupera le jardin central ; MM. Huguet, Versifié et Appay continuent l’extraction des terres, ils comptent avoir fini vers le 1 5 de ce mois et leur prévision se réalisera probablement car ce vaste emplacement est presque entièrement déblayé et forme une surface d’une uniformité parfaite.
- Ces mêmes entrepreneurs poussent rapidement les travaux de la mise en état de viabilité delà tranchée du quai, le projet commence à se dessiner nettement et certainement l’achèvement de cette rue ne se fera pas longtemps attendre ; il sera curieux de voir l’aspect que présentera cette voie-en forme de boyau, avec ses deux rampes le raccordant aux avenues et formant un pont bas en son milieu. A cet endroit l’écoulement des eaux se fera directement à la Seine par un tronçon d’égout ; quoique bien éclairée, nous nous imaginons que cette rue sera peu fréquentée, la nuit venue, car on n’est guère habitué à un chemin de ce genre ainsi encaissé entre deux murs, peut-être s’y fera-t-on; en tout cas, il sera d’une incontestable utilité.
- Franchissons enfin la nouvelle palissade qui entoure le chantier de M. Eiffel sans avoir du reste la prétention déraisonnable de masquer la vue ces travaux qu’on peut déjà apercevoir de
- p.733 - vue 307/496
-
-
-
- 734- — Troisième Année. — N° 136-
- loin, tant est grande l’activité déployée pour le remontage des pièces métalliques ; on ne sait plus où mettre le pied dans l’enclos de la tour et c’est avec les plus grandes difficultés qu’on peut se frayer un chemin au milieu des monceaux de bois et de fer qui couvrent tout le terrain ; l’immense quantité de métal n’a rien de surprenant si on songe que le monument en absorbera 6.5oo.ooo kilos, mais ces formidables amas de bois, de dimensions énormes, étonnent un peu et on a peine à se faire une idée de ce que seront les échafaudages nécessitant un tel nombre de pièces qui feront ressembler le sol à une véritable forêt; du reste, on a déjà un aperçu de la chose au pilier n° 2 près duquel s’élève un pylône pyramidal dont la base a 8 mètres de côté et qui monte à une trentaine de mètres pour se terminer presque en pointe; cette sorte de pyramide n’est pas régulière, les arêtes du côté des pièces à soutenir sont verticales tandis que les autres sont inclinées de façon à former une sorte d’arc-boutant, cet ensemble est robuste et offre un aspect tout à fait rassurant. A côté de ce pylône terminé on en construit, pour le même pied, deux autres dont l'un atteint déjà une hauteur de 15 mètres. Il y aura ainsi pour chaque montant de la tour trois échafaudages semolables supportant chacun un des arbalétriers,le quatrième étant maintenu par les entretoises ; on va incessamment édifier les pylônes nécessaires aux pieds 1, 3 et 4 qui tous en sont à leur troisième série de tubes et à leur deuxième rang d’entretoises ; le spectacle de tout ce mouvement est des plus attrayants,et on ne peut s’empêcher d’admirer, avec quelle régularité et quel ordre tout est exécuté dans cette vaste ruche que dirige si bien M. Eiffel, parfaitement secondé, dans ce travail considérable, par son directeur de chantier, M. Martin,dont les capacités sont à la hauteur delà mission qui lui est confiée.
- Nous aurons sous peu à entretenir nos lecteurs de l’intéressant projet de M. Colibertqui, aidé dans cette entreprise par M. Perrusson, reconstitue la Bastille et le quartier environnant. Jusqu’à présent nous n’en avions rien dit, car nous attendions que le travail fût un peu plus avancé, mais dès maintenant on peut juger de ce que sera cette curieuse reconstitution du temps passé ; mardi dernier, M. Dautresme, ministre du commerce et de l’industrie, accompagné de M. David Dautresme, son chef de cabinet, est allé visiter le chantier où s’exécute ce projet; il a visité tout avec le plus grand intérêt et s’est retiré en félicitant l’auteur de cette curieuse tentative.
- Les questions officielles ne sont pas de notre ressort, mais nous tenons à réparer l’oubli involontaire de la personne chargée de cette partie de la rédaction. Nous avons vu avec le plus grand plaisir la nomination de M. Lion au grade de chevalier de la Légion d’honneur.Tous ceux qui ayant eu des rapports avec cet ingénieur, ont été à même d’apprécier sa courtoisie et sa complaisance ne pourront qu’applaudir à cette distinction.
- H. de Baecker.
- CONGRÈS ET CONLÉRENCES
- Exposé des motifs
- Dès le début de ses opérations, la direction générale de l’exploitation s’est préoccupée de l’institution des congrès et conférences qui pourront avoir lieu à Paris, à l’occasion de l’Exposition universelle.
- Désireuse de donner à ces précieuses manifestations de la pensée moderne le développement qu’elles comportent, il a paru utile que les savants les plus célèbres, les artistes les plus justement estimés, les industriels les plus autorisés pussent se réunir en 1889 pour l’accomplissement d’une œuvre à laquelle chacun tiendra à honneur d’apporter sa part de collaboration.
- A l’heure actuelle, les congrès ont pris une place élevée dans la vie intellectuelle des nations ; de visibles efforts sont tentés pour les multiplier et les rendre chaque jour plus profitables , mais leur préparation nécessitera un travail de longue haleine et qui ne saurait s’improviser; il est nécessaire de s’en occuper dès maintenant, d’une manière active.
- La préparation des congrès doit être faite sous la direction d’hommes compétents, dont la valeur soit indiscutée et dont les noms inspirent la confiance la plus absolue pour l’œuvre qu’ils patronneront.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1809.
- Dimanche 7 Août 1887.
- Les questions qui seront à traiter se rapporteront à des ordres d’idées très divers, et par suite il a semblé qu’il convenait de créer non une seule commission qui eût nécessairement manqué d’homogénéité, mais plusieurs comités ayant à traiter chacun des sujets d’ordre limité et capables de prendre des décisions absolument éclairées.
- Mais, afin de donner de l’unité aux travaux de ces divers comités et pour permettre de décider sur les difficultés qui pourraient se présenter, il convient d’instituer une commission supérieure qui prononcera en dernier ressort sur toutes les questions relatives aux congrès et conférences.
- Le nombre est grand des sujets qui pourront être l’objet de congrès ou de conférences : il semble cependant qu’on peut tous les faire rentrer dans l’un des quinze titres suivants :
- I. — Belles-lettres.
- II. — Beaux-arts.
- III. — Histoire et archéologie.
- IV. — Sciences mathématiques.
- V. — Sciences physiques et chimiques.
- VI. — Sciences naturelles.
- VIL — Sciences géographiques.
- VIII. — Economie politique et législation.
- IX. — Hygiène, assistance et répression.
- X. — Economie sociale (1).
- XI. — Enseignement.
- XII. — Génie civil.
- XIII. — Agriculture.
- XIV. —- Industrie*
- XV. — Commerce.
- Nous proposons de constituer un nombre égal de comités dont chacun aura à étudier toutes les questions relatives aux congrès et conférences se rapportant à la section qu’il représente.
- Les propositions faites par ces comités seront examinées en dernier ressort par une commission supérieure dont les membres seront les présidents des comités et qui aura également à donner son avis sur les difficultés d’ordre quelconque qui pourraient s’élever soit entre deux ou plusieurs comités, soit au sein de l’un d’eux.
- Congrès
- Les congrès qui auront lieu pendant l’exposition de 1889 devront avoir, comme celle-ci, un caractère international qui devra se manifester, non seulement par la participation de membres de divers pays, mais aussi par la nature des questions qui y seront traitées et par le but que l’on se proposera d’y atteindre.
- Il semble, dès lors, que ces congrès devront répondre à l’une des conditions suivantes :
- Les questions qui y seront traitées, les discussions qui s’y produiront pourront avoir pour but d’établir une entente, une action commune, entre les savants, les industriels, les commerçants, les administrateurs des diverses nations; à la.suite de ces congrès, et sur quelques points spéciaux, les gouvernements pourront peut-être même être conduits à adopter certaines mesures communes. C’est ainsi qu’il sera possible de rechercher les conditions de l’uniformisation des poids, mesures et monnaies : que l’on pourra préciser quelques règles sanitaires internationales ; que les diverses nations pourront s'entendre pour obtenir des statistiques comparables : qu’elles pourront se partager quelques grands travaux scientifiques, comme la confection d’une carte du ciel, la détermination de certains éléments de la forme du globe, etc.
- Mais on peut se placer à un autre point de vue : il existe de nombreuses questions qui se sont présentées fatalement dans les divers pays, où elles ont reçu souvent des solutions differentes : l’hygiène des villes, l’assistance, les prisons, l’alcoolisme, par exemple. Pour ces questions, il n’est pas nécessaire de chercher une solution uniforme, et chaque nation doit adopter celle qui lui paraît la meilleure en tenant compte des conditions de climat, de race, de caractère du peuple auquel elle doit être appliquée. Mais, pour pouvoir faire un choix judicieux, il faut être éclairé par une expérience de longue durée, et les congrès permettront d’arriver à la connaissance des méthodes appliquées dans les divers pays, des résultats obtenus, des avantages et des inconvénients observés. On aura ainsi, pour l’avenir, des renseignements précis qui seront utilisés certainement, lorsque l’occasion se présentera.
- Enfin, sur un grand nombre de questions scientifiques, il sera utile d’être renseigné par les savants les plus compétents des divers, pays sur l’état actuel de ces questions, sur les opinions qui s’y rapportent.
- Alors même que, de ces indications, il ne devrait résulter aucune application immédiate, ce seront surtout les questions théoriques qui gagneront à être ainsi traitées. L’intérêt des congrès où elles figureront, pour n’être peut-être pas aussi directement pratique que celui des congrès où se traiteraient les questions' que nous signalions précédemment, n’en serait cependant pas moins très réel.
- Les comités auront à examiner les demandes de
- (i)La section X est l’objet d’une organisation spéciale qui a été créée par l'arrêté du 9 juin 1887.
- congrès qui seront présentées et à déterminer si les programmes proposés rentrent dans le cadre général qui relie ces congrès à l’Exposition. Ils auront également à susciter la création de congrès sur les questions qui leur paraîtraient devoir faire l’objet d’une étude sérieuse et pour lesquelles aucune demande ne serait faite.
- Il s’est créé, depuis un certain nombre d’années, plusieurs congrès nationaux ou internationaux ayant des sessions périodiques, et plusieurs d’entre eux se réuniront certainement pendant l’année 1889. Ces congrès, qui ont un but bien déterminé,, qui se présenteront avec un programme arrêté, avec une organisation qui a déjà été éprouvée, ne sauraient être traités comme les congrès qui se manifesteront exceptionnellement à l’occasion de l’Exposition de 1889 et pour lesquels tout est à créer. Ces congrès préexistants, pour ainsi dire, auraient lieu alors même qu’on n’établirait pas une organisation d’ensemble; il y aurait intérêt cependant, pour l’œuvre que nous cherchons à réaliser, à ce que certains d’entre eux puissent figurer dans la liste générale, et il pourrait également être avantageux pour eux de profiter de l’organisation qui existera pour être déchargées, dans une certains mesure, des soins matériels de l’installation; ils profiteraient également du mouvement intel-. lectuel que ne peut manquer de créer cette succession de réunions savantes.
- Pour qu’un congrès fournisse tous les résultats qu’on ale droit d’en attendre, il ne suffit pas que le programme général soit connu le plus tôt possible. Il faut que, sans supprimer absolument l’initiative individuelle qui fera surgir d’intéressantes questions, quelquefois imprévues, les travaux soient préparés ; il faut que les discussions se portent spécialement sur un certain nombre de sujets déterminés à l’avance ; et pour que ces discussions soient fructueuses, pour, qu’il n’y ait pas de temps perdu, il est nécessaire que des rapports soient préparés, rapports présentant l’exposé de la question et contenant, s’il y a lieu, des conclusions ou propositions. Ces rapports imprimés doivent être distribués avant l’ouverture de la. session à tous les membres adhérents au congrès, et servant de base aux discussions. Ce système,, appliqué déjà avec avantage dans plusieurs congrès internationaux, doit être généralisé autant que possible.
- Les comités de section n’auront pas à organiser les congrès ; ce soin sera remis à des commissions d’organisation qui auront à cet égard toute liberté, à la condition, bien entendu, de rester dans les limites du règlement ; ce règlement, préparé par les soins de la commission supérieure, sera soumis à l’approbation du ministre.
- Il n’y a pas utilité, en effet, à ce qu’il y ait uniformité absolue dans la tenue des divers congrès: la nature des questions traitées, le public spécial qui prend part aux discussions donnent nécessairement à chaque congrès un caractère particulier qui exclut l’idée d’une règle uniforme et inflexible, bien que la plus grande liberté possible soit laissée aux commissions d’organisation. Pour les congrès-institués spécialement à l’occasion de l’Exposition de 1889, les comités après entente avec celie-ci, proposeront à la commission supérieure d’indiquer à l’avance les sujets sur lesquels devront être-faits des rapports et de désigner les rapporteurs qui en seront chargés.
- Les comités de section feront à la commission supérieure des propositions relativement à la-constitution des commissions d’organisation des congrès institués à l’occasion de l’Exposition de 1889. Les comités d’organisation des congrès préexistants devront être agréés par la commission supérieure.
- Les travaux des congrès pourront être publiés dans les conditions qui seront indiquées par le règlement général préparé par les soins de la corn-piission supérieure.
- Conférences
- Les comités de section auront également à étudier toutes les questions relatives aux conférences ; ils feront à la commission supérieure des propositions sur les demandes de conférences qui auront été présentées, et auront à organiser les conférences qu’il leur semblerait utile d’adjoindre à celles-ci.
- Il est impossible de préciser, même d’une manière générale, quelles questions pourront et devront être traitées. On peut dire cependant qu’il faudra exclure tous les sujets qui ont un caractère personnel ou d’intérêt privé ; qn’il. conviendra, au contraire, de rattacher à ceux qui présentent un caractère d’utilité générale, et particulièrement à ceux qui sont susceptibles de mettre en évidence les progrès réalisés depuis un siècle dans toutes les branches de l’activité humaine.
- Ainsi compris, les congrès et conférences permettront aux savants étrangers ou français de trouver à Paris, à une époque où toutes les intelligences s’y seront donné rendez-vous, une tribune essentiellement élevée, une publicité spécialement honorablepour la diffusion des idées scientifiques, artistiques ou littéraires, qu’ils patronnent.
- p.734 - vue 308/496
-
-
-
- Troisième Année. — N° i56.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 7 Août 1887. — 735.
- Le ministre du commerce et de l’industrie,
- Vu l’article 5 du décret du 28 juillet 1886, réglant l’organisation des services de l’Exposition universelle de 1889 ;
- Vu l’arrêté ministériel du 26 août 1886, et l’annexe n° 1, contenant le système de classification générale de l’Exposition universelle de 1889 ;
- Vu le paragraphe 10 de l’article 2 de l’arrêté ministériel du 9 juin 1887, concernant l’organisation de l’Exposition d’économie sociale,
- Arrête :
- Art. Ier. — Est instituée, à Paris, pendant la durée de l’Exposition universelle de 1889, une série de congrès et conférences, divisée en quinze sections, conformément au tableau ci-dessous :
- Congrès et conférences
- Section I. — Belles-lettres.
- — II. — Beaux-arts.
- — III. — Histoire et archéologie.
- — IV, — Sciences mathématiques.
- — V. — Sciences physiques 'et chimiques.
- — VI. — Sciences naturelles.
- — VII. — Sciences géographiques.
- — VII. — Economie politique et législation.
- — IX. — Hygiène, assistance et répression.
- — X. — Economie sociale.
- — XI. — Enseignement.
- — XII. — Génie civil et travaux publics.
- — XIII. — Agriculture.
- — XIV. — Industrie.
- — XV. — Commerce.
- Art. 2. — Les programmes des congrès et conférences seront préparés par les soins de quinze comités spéciaux, composés de neuf membres.
- Art. 3. —.Chacun de ces comités, nommés par le ministre sur la proposition de M. le directeur général de l’exploitation, aura un président, un vice-président et un secrétaire pris parmi ses membres et élus parle comité lui-même.
- Art. 4. — Une commission supérieure, composée des présidents des quinze sections, sera chargée, conjointement avec le directeur général de l’exploitation, de l’organisation et de la direction des congrès et conférences.
- En cas d’absence, chacun des présidents sera suppléé par le vice-président.
- Art. 5.— Sont nommés'membres des comités des congrès et conférences :
- section 1. — Belles-lettres.
- MM. Augier (Emile), membre de l’Académie française.
- Breal (Michel-Jules - Alfred), membre de l’Institut.
- Dumas (Alexandre), membre de l’Académie française.
- Lapommeraye (Henri de), président de l’association polytechnique, membre de l’association des journalistes républicains.
- Halévy (Ludovic), membre de l’Académie française.
- Paris (Gaston-Bruno-Paulin), membre de l’Institut.
- .Sarcey (Francisque), homme de lettres.
- Sullv-Prudhomme (René-François-Armand), membre dé l’Académie française.
- Ulbach (Louis), homme de lettres, bibliothécaire de l’Arsenal.
- section 11. *— Beaux-arts.
- MM. Bailly (Antoine-Nicolas), membre de l’Institut.
- Bonnat (Léon-Joseph-Florentin), membre de l’Institut.
- Chaplain (Jules-Clément), membre de l’Institut.
- Claretie (Jules), administrateur général du Théâtre-Français, président de la société des gens de lettres.
- Gonse (Louis), administrateur de la Galette des beaux-arts.
- Gounod (Charles - François), membre de l’Institut.
- Guillaume (Claude-Jean-Baptiste-Eugène), membre de l’Institut.
- Massenet (Jules-Emile-Frédéric), membre de l’Institut.
- Meissonier (Jean-Louis-Ernest), membre de
- l’Institut.
- section m. — Histoire et archéologie
- MM. Boissier (Marie - Louis - Antoine-Gaston) membre de l’Académie française et de l’académie des inscriptions et belles-lettres.
- Duruy (Jean-Victor), membre de l’Académie française, de l’académie des inscriptions et belles-lettres et de l’académie des sciences morales et politiques.
- Fustel de Coulanges (Numa-Denis), membre de l’Institut.
- Maspero (Gaston-Camille), membre de l’Institut.
- Perrot (Georges), membre de l’Institut, directeur 'de l’école normale.
- Rambaud, professeur à la faculté des lettres.
- MM. Reinach (J.), directeur de la République française, membre du syndicat de la presse parisienne.
- Renan (Joseph-Ernest), membre de l’Académie française et de l’académie des inscriptions et belles-lettres.
- Sorel (Albert), secrétaire général de la présidence du Sénat.
- section iv. — Sciences mathématiques
- MM. Bertrand (Joseph-Louis-François), membre de l’Académie française, secrétaire perpétuel de l’académie des sciences.
- Collignon, ingénieur en chef, inspecteur de l’école des ponts et chaussées.
- Halphen (Georges-Henri), membre de l’Institut.
- Haton de la Goupillière (Julien-Napoléon), membre de l’Institut.
- Janssen (Pierre-Jules-César), membre de l’Institut, directeur de l’observatoire d’astronomie physique.
- Lucas (Edouard), professeur de mathématiques spéciales au lycée Saint-Louis.
- Parville (Henri de), hommes de lettres, rédacteur scientifique du Journal des Débats.
- Phillips (Edouard), membre de l’Institut.
- Tisserand (François-Félix), membre de l’Institut.
- section v. —Sciences physique s et chimiques
- MM. Berthelot (Marcellin-Pierre-Eugène), membre de l’Institut.
- Cornu (Marie-Alfred), membre de l’Institut.
- Debray (Jules-Henri), membre de l’Institut.
- Fizeau(Armand-Hippolyte-Louis), membre de l’Institut.
- Friedel (Charles), membre de l’Institut.
- Joubert, secrétaire général de la Société de physique.
- Lippmann (Gabriel), membre de l’Institut.
- Mascart (Eleuthère-Elie-Nicolas), membre de l’Institut.
- Tissandier (Gaston), directeur du journal la Nature.
- section vi. — Sciences naturelles
- MM. Bâillon, professeur àla faculté de médecine.
- Bergeron (le docteur), secrétaire perpétuel de l’académie de médecine.
- Daubrée (Gabriel-Auguste), membre de l’Institut. *
- Edwards (Alphonse Milne-), membre de l’Institut.
- Mallard, inspecteur général des mines, professeur à l’école des mines.
- Marey (Etienne-Jules), membre de l’Institut.
- Quatrefages (Jean-Louis-Armand de), membre de l’Institut.
- Richet (le docteur Charles), professeur agrégé à la faculté de médecine, directeur de la Revue scientifique.
- Vçrneuil (Aristide), membre de l’Institut.
- section vii. — Sciences géographiques
- MM. Cloué (le vice-amiral), membre du Bureau des longitudes.
- Gai (Louis), directeur du journal la Liberté, membre du syndicat de la presse parisienne.
- Grandidier (Alfred), membre de Llnstitut.
- Hamy, conservateur du musée ethnographique.
- Maunoir, secrétaire général de la société de géographie.
- Meurand, président de la société de géographie commerciale, directeur honoraire des consulats au ministère des affaires étrangères.
- Mouchez (le contre-amiral Ernest-Amédée-Barthélemy), membre de l’Institut, directeur de l’Observatoire de Paris.
- Perrier (le général François), membre de l’Institut et du Bureau des longitudes, directeur au ministère de la guerre.
- Schrader (Franz), secrétaire général du Club alpin, membre du conseil d’administration de la société de géographie.
- section vin. — Economie politique et législation
- MM. Daguin (J.-B.-E.), secrétaire général de la société de législation comparée.
- Duverdy, directeur de la Galette des tribunaux, membre du syndicat de la presse parisienne.
- Leroy-Beaulieu (Paul-Pierre), membre de l’Institut.
- Levasseur (Pierre-Emile), membre de l’Institut.
- Léveillé, professeur à la faculté de droit.
- Lyon-Cahen (Ch.), professeur à la faculté de droit.
- Renault, professeur à la faculté de droit.
- Ribot, député.
- Worms ^Ferdinand), avocat à la cour d’appel de Paris.
- section ix. — Hygiène, assistance, répression M. Bérenger, sénateur.
- MM. Brouardel, membre de l’Académie de médecine, doyen de la faculté de médecine.
- Herbette, conseiller d’Etat, directeur de l’administration pénitentiaire.
- Herscher (Charles), ingénieur-constructeur d’appareils sanitaires, vice-président delà société de médecine publique et d’hygiène professionnelle,
- Matrat, chef de bureau au ministère de la guerre.
- Monod(Ch.), directeur de l’assistance publique au ministère de l’intérieur.
- Napias (le docteur), secrétaire général de la société de médecine publique et d’hygiène professionnelle.
- Roussel (le docteur Théophile), sénateur, membre de l’Académie de médeeine.
- Strauss(Paul), conseiller municipal de Paris, membre de l’association des journalistes républicains.
- section x. — Economie sociale
- MM. Cheysson, ingénieur des ponts et chaussées, ancien président de la société d’économie sociale, ancien directeur du Creusot.
- Donnât (Léon), conseiller municipal de Paris.
- Malarce(de), secrétaire perpétuel de la société des institutions de prévoyance.
- Patinot, directeur du Journal des Débats, membre du syndicat de la presse pari.-sienne.
- Picot (Georges), membre de l’Académie des sciences morales et politiques.
- Robert (Charles), président de la société pour l’étude pratique de la participation du personnel dans les bénéfices.
- Siegfried (Jules), député, ancien maire du Havre.
- Simon (Jules), membre de l’Académie française, secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences morales et politiques.
- Tranchant (Charles), vice-président de la section économique et sociale du comité des travaux historiques et scientifiques.
- section xi. — Enseignement
- MM. Beaussire (Emile-Jacques-Amand), membre de l’Institut.
- Boutmy (Emile-Gaston), membre de l’Institut.
- Buisson, conseiller d’Etat, directeur de l’enseignement primaire au ministère de l’instruction publique.
- Charmes (Xavier), membre de l’Institut, directeur au ministère de l’instruction publique et des beaux-arts.
- Foucher (Paul), rédacteur en chef du National, membre de l’association des journalistes parisiens.
- Godart (A.), directeur de l’école Monge.
- Gréard (Vallery-Clément-Octave), membre de l’Académie française et de l’Académie des sciences morales et politiques, vice-recteur de l’Académie de Paris.
- Lavisse, professeur à la faculté des lettres.
- Pigeonneau, professeur suppléant à la faculté des lettres.
- section xii. — Génie civil et travaux publics
- MM. Baïhaut, député, ancien ministre.
- Fargaudie, inspecteur général des ponts et chaussées.
- Hersent (H ), ancien président de la société des ingénieurs civils.
- Lagrange, inspecteur général des ponts et chaussées, directeur de l’école des ponts et chaussées.
- Luuyt (Paul), inspecteur général des mines, directeur de l’école nationale des mines.
- Muller (Emile), ingénieur civil, professeur à l’école centrale des arts et manufactures.
- Nansouty(Max de), rédacteur en chef du Génie civil.
- Picard (Alfred), inspecteur général des ponts et chaussées, président de section au conseil d’Etat.
- Trélat (Emile), architecte, directeur de l’école spéciale d’architecture.
- section xiii. —Agriculture
- MM. Bazille (Gaston), sénateur.
- Chapon, directeur du journal la Gironde, membre de la presse républicaine départementale.
- Chauveau (Jean-Baptiste-Auguste), membre de l’Institut, professeur au Muséum d’histoire naturelle.
- Dehérain (Pierre-Paul), professeur au Muséum d’histoire naturelle.
- Develle, député, ancien ministre de l’agriculture.
- Girard (Aimé), professeur au Conservatoire des arts et métiers.
- Mangon (Charles-François-Hervé), membre de l’Institut.
- Risler, directeur de l’Institut national agronomique.
- p.735 - vue 309/496
-
-
-
- 736. — Troisième Année. — N° 136.
- LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE 1889
- ••Dimanche 7 Août 1887.
- M- Tisserand, conseiller d’Etat, directeur de l’agriculture au ministère de l’agriculture.
- section xiv. — Industrie
- MM. Arbel (Lucien), sénateur, maître de forges à Rives-de-Gier,
- Bange (le colonel de), directeur des anciens établissements Cail.
- Barbedienne, fabricant de bronzes d’art.
- Laussedat (le colonel), directeur du Conservatoire des arts et métiers.
- Marin , ingénieur en chef des ponts et chaussées, directeur de la compagnie des chemins de fer de l’Ouest.
- Marinoni (Hippolyte), constructeur mécanicien.
- Noblemaire, ingénieur en chef des mines, directeur de la compagnie des chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée.
- Poirrier, fabricant de produits chimiques, président de la chambre de commerce.
- Thirion (Charles), ingénieur civil.
- section xv. — Commerce
- MM. Bessand, directeur de la maison de la Belle-Jardinière.
- Carie (Gaston), membre du conseil municipal de Paris, directeur de la Paix, membre du syndicat de la presse parisienne.
- Deschanel (Paul), député.
- Grelley (J.), directeur de l’école supérieure de commerce.
- Hayem (Julien), industriel.
- Masson (Georges), libraire-éditeur.
- Michau, président du tribunal de commerce, entrepreneur de travaux publics.
- Rondot (Natalis).
- Roy (Gustave), ancien président de la chambre de commerce.
- Art. 6. — Le bureau de la commission d’organisation et de direction des congrès et conférences est constitué ainsi qu’il suit :
- M. Pasteur (Louis), membre de l’Académie française, secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences, président;
- M. Mézières (Alfred), député, membre de l’Académie française, vice-président ;
- M. Gariel, ingénieur en chef des ponts et chaussées, membre de l’Académie de médecine, rapporteur général;
- M. David Dautresme, auditeur au conseil d’Etat, chef du cabinet de M. le ministre du commerce et de l’industrie, secrétaire.
- COMITÉS D’ADMISSION
- Par arrêté en date du 3o juillet 1887, le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire géné-néral, a nommé membres des comités d’admission de l’Exposition universelle de 1889 :
- Classe g. — M. Ehgelmann, imprimeur chromolithographe.
- Classe 11. — M. Buttner, imprimeur lithographe
- Classe 16. — M. Gauthier, secrétaire général de la société de géographie commerciale.
- Classe 18. — M. Benda (A.), fabricant de glaces et miroiterie, président honoraire de la Chambre syndicale des miroiteries , arbitre-rapporteur près le tribunal de commerce.
- Classe 29. — M. Maréchal, de la maison Bine, Maréchal et Cie, fabricant de pipes.
- Classe 3o. — MM. Thiriez (Alfred), filateur, membre de la chambre de commerce de Lille ; Wallaert (Georges), filateur à Lille.
- Classe 41. — M. Boas, fabricant d’ustensiles de ménage et de jardinage , vice-président de la chambre syndicale des ferblantiers-lampistes.
- Classe 45. — M. Jourdin, chimiste, inspecteur des instruments insalubres.
- Classe 48. — M. Vuillemin (Em.), administrateur de la compagnie des mines d’Aniche, président du comité des houillères du Nord et du Pas-de-Calais.
- Classe 4g. — M. Gautreau (Ch.), constructeur de machines agricoles, vice-président de la chambre syndicale des instruments d’agriculture et d’horticulture.
- Classe 63. — M. Guillain, ingénieur en chef des ponts et chaussées, directeur des routes, de la navigation et des mines au ministère des travaux publics. 1
- Classe 66.— M.le généralGervais, commandant la 16e brigade d’infanterie, est nommé membre et président du comité d’admission de la classe 66, en remplacement de M, le général Jung.
- Par arrêté du même jour, le ministre, commissaire général, a prescrit les modifications suivantes à la composition des comités d’admission :
- M. Valadon, de la maison Boussod et Valadon, éditeur d’ouvrages artistiques, passe de la classe 11 à la classe 0.
- M. Numa-Morel, fabricant d’enseignes, ancien président de la chambre syndicale des enseignes -et stores, passe de la classe 22 à la classe 11.
- MM. Grébert-Borgnis, fabricant de fourrures, et Grunier, ouvrier fourreur, trésorier de l’union des chambres syndicales ouvrières de France, passent de la classe 47 à la classe 43.
- Par arrêté en date du 26 juillet 1887, le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a nommé membre du comité départemental du Jura, M. Pi-doux, directeur du comptoir d’escompte à Dole (sous-comité de l’arrondissement de Dole).
- Par arrêté en date du 26 juillet 1887, le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a nommé membre du comité départemental du Loiret, M. Pallain, conseiller d’Etat, directeur général des douanes, président de la société historique et archéologique du Gatinais, maire de Gondre-ville (sous-comité de l’arrondissement de Mon-targis).
- Par arrêté en date du 26 juillet 1887, le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a nommé membre du comité départemental de Meurthe-et-Moselle, M. Henri Villard, manufacturier à Lunéville (sous-comité de l’arrondissement de Lunéville).
- Par arrêté en date du 26 juillet 1887, le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a nommé membre du comité départemental de Seine-et-Marne, M. Durand fils, constructeur à Monte-reau (sous-comité de l’arrondissement de Fontainebleau).
- Par arrêté du ministre du commerce et de l’industrie, en date du 3 août 1887, M. Guillaume Ghastenet, docteur en droit, avocat à la cour de Paris, est nommé directeur du contentieux de l’Exposition universelle de 1889.
- L’EXPOSITION D’ÉCONOMIE SOCIALE
- Le ministre du commerce et de l’industrie,
- Vu l’article 5 du décret du 28 juillet 1886;
- Vu l’arrêté ministériel du 26 août 1886, et l’annexe contenant le système de classification générale de l’Exposition de 1889;
- Vu l’arrêté ministériel du 9 juin 1887, instituant l’exposition d’économie sociale,
- Arrête :
- M. Léon Donnât, conseiller municipal de Paris, est nommé membre de la section V d’économie sociale (sociétés de secours mutuels), en remplacement de M. Carbon, démissionnaire.
- M. Plassard, président du conseil d’administration de la maison du Bon Marché, administrateur du Crédit foncier, est nommé membre de la section VI d’économie sociale (caisses des retraites et rentes viagères), en remplacement de M. Benoît Malou, démissionnaire.
- M. Ch. Lucas, architecte de l’école municipale professionnelle du Livre, est nommé membre de la section IV d’économie sociale (apprentissage), en remplacement de M. Marsoulan, démissionnaire.
- M. Stanislas Baltet, député, est nommé membre de la section XIII d’économie sociale (hygiène sociale), enremplacementdeM. Frank Puaux, passé à la section XII (cercles d’ouvriers, récréations et jeux).
- M. Frank Puaux, membre de la section XIII d’économie sociale (hygiène sociale), est nommé membre et vice-président de la section XII d’économie' sociale (cercles d’ouvriers, récréation et jeux), ien remplacement de M. Escoffier, démissionnaire.
- Sont admis à remplir les fonctions de secrétaires de sections de l’exposition d’économie sociale :
- i° Section I. — M. Pauliat, rédacteur à la chambre des députés.
- 20 Section II. — M. Jules Meyrueis, ingénieur civil.
- 20 Section III. — M. Eugène Simon, vice-président de la chambre syndicale des confectionneurs en gros pour hommes et enfants.
- 40 Section IV. — M. Emile Ogier.
- 5° Section V. — M. Alexis Tabarant, ancien secrétaire de l’exposition du ministère de l’intérieur en 1878.
- 6° Section VIII. — M. Georges Guybert, ancien élève de l’école des sciences politiques.
- 70 Section X. — M. Léon Saléta, ancien conseiller général, secrétaire du concours Péreire pour l’extinction du paupérisme.
- 8° Section XI. — M. des Rotours (Jules), ancien élève de l’école des sciences politiques ;
- 90 Section XII.— M. Edouard Philippe, rédacteur au journal le Voltaire.
- io° Section XIII. — M. le docteur Neumann.
- ii° Section XIV. — M. Gazajeux, publiciste.
- i2- Section XV. — M. Georges Hartmann, industriel, membre de la société de statistique.
- Paris, le 2 août 1887.
- Lucien Dautresme.
- LE TRANSPORT DES VOYAGEURS
- Le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle et internationale de 1889,
- Vu l’article 9 du programme du concours ouvert pour la construction et l’exploitation d’un réseau de chemins de fer destiné au transport des visiteurs dans l’enceinte de l’Exposition ;
- Sur la proposition de M. le directeur général de l’exploitation,
- Arrête :
- Art. ier. — Une commission de seize membres est chargée d’examiner, de juger et déclasser, par ordre de mérite, les projets qui lui seront remis par l’intermédiaire de la direction générale de l’exploitation et qui y auront été déposés à la date fixée par l’affiche qui a annoncé le concours.
- Art. 2.— Cette commission est composée de :
- MM.
- Philipps, membre de l’Institut, inspecteur général des mines, président du comité technique des machines.
- Duval, directeur général de la compagnie de Fives-Lille, vice-président du comité technique des machines (section des transports).
- Collignon, ingénieur en chef des ponts et chaussées, inspecteur des études à l’école nationale des ponts et chaussées, membre du comité technique des machines (section des transports). Contamin, ingénieur du matériel des voies à la compagnie des chemins de fer du Nord, professeur à l’école centrale des arts et manufactures, ingénieur en chef des constructions métalliques à l’Exposition universelle de 1889, membre du comité technique des machines (section destrans-ports).
- Reymond (Francisque), député, membre du comité de l’exploitation technique des chemins de fer, membre du comité technique des machines (section des transports).
- Brame, inspecteur général des ponts et chaussées, président du comité de l’exploitation technique des chemins de fer, vice-président du comité d’admission de la classe 61 à l’Exposition universelle de 1889.
- Picard (Alfred), ingénieur en chef des ponts et chaussées, président de section au conseil d’Etat, président du comité d’admission de la classe 61 à l’Exposition universelle de 1889.
- Lax, ingénieur en chef des ponts et chaussées, directeur des chemins de fer au ministère des travaux publics.
- Henry, ingénieur en chef des mines, ingénieur en chef du matériel et de la traction à la compagnie des chemins de fer de Paris à Lyon et à la. Méditerranée.
- Cazavan, ingénieur conseil de la compagnie du chemin de fer de Paris à Orléans, ingénieur des ponts et chaussées.
- Rougier, ingénieur des ponts et chaussées, directeur des travaux à la compagnie du chemin de fer de Paris à Orléans.
- Clerc, ingénieur en chef des ponts et chaussées, directeur des travaux à la compagnie des chemins de fer de l’Ouest.
- Salomon, ingénieur en chef du matériel roulant et de la traction à la compagnie des chemins de fer de l’Est.
- Parent, ingénieur en chef du matériel et de la traction aux chemins de fer l’Etat.
- Deharme , ingénieur du service central de la compagnie des chemins de fer du Midi, chargé du cours de chemins de fer à l’école centrale des arts et manufactures.
- Gottschalk, ingénieur, membre du comité consultatif et du comité de l’exploitation technique des chemins de fer, membre du conseil de perfectionnement de l’école centrale des arts et manufactures.
- Les membres de la commission ont, seuls, voix délibérative.
- Art. 3. — Est nommé secrétaire de cette commission, M. Cantagrel (Simon), ingénieur civil, secrétaire du service mécanique et électrique de l’Exposition universelle de 1889.
- La commission nommera elle-même son président, son vice-président et son rapporteur.
- Art. 4. — Sont adjoints à cette commission, mais seulement avec voix consultative :
- MM.
- Alphand, inspecteur général des ponts et chaussées, directeur des travaux de la ville de Paris, directeur général des travaux à l’Exposition universelle de 1889.
- Berger (Georges), directeur général de l’exploitation à l’Exposition universelle de 1889.
- Grison, directeur général des finances a l’Exposition universelle de 1889.
- Vigreux (Léon), ingénieur civil, professeur à l’école centrale des arts et manufactures, chef du service mécanique et électrique à l’Exposition universelle de 1889.
- Art. 5. — La commission rendra son jugement
- p.736 - vue 310/496
-
-
-
- Troisième Année. — N° z36.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- Dimanche 7 Août 1887. — 737.
- dans la forme et le délai prescrits par l’article 9 du programme du concours.
- Art. 6. — Le directeur général de l’exploitation à l’Exposition universelle de 1889 est chargé de la notification du présent arrêté.
- Fait à Paris, le 3o juillet 1887.
- Lucien Dautresme.
- L’EXPOSITION COLONIALE
- viduelle de décider de la participation, ce qui n’exclurait pas des subventions de la Confédération.
- Nous croyons savoir que le gouvernement français est disposé à se conformer aux vœux de la circulaire que l’on vient de lire.
- ÉCHOS
- Paris
- La commission de l’exposition coloniale s’est réunie le 5 août au palais de l’Industrie, sous la présidence de M. Etienne, sous-secrétaire d’Etat aux colonies, quia donné lecture d’un intéressant rapport sur les dispositions à prendre en vue de l’organisation de l’exposition. Une sous-commission de huit membres, dont la présidence est confiée à M. Jacques Hébrard, sénateur, a été chargée d’examiner les plans et les devis.
- Sont nommés (en outre de la première liste déjà publiée) membres delacommission d’organisation de l’Exposition coloniale française de 1889 :
- M. Muzet, président du conseil des prud’hommes de la Seine et de l’union nationale des chambres syndicales.
- M. Chaper, ingénieur civil des mines.
- M. Paul Pelet, professeur de géographie à l’Ecole libre des sciences politiques.
- M. Napoléon Ney, vice-président de la Société de géographie commerciale.
- M. Ernest Meyer, auditeur au conseil d’Etat.
- LES MOTEURS
- La direction générale de l’exposition universelle de 1889 tient à la disposition des intéressés les conditions arrêtées pour la fournitnre de la force motrice et des arbres de couche principaux nécessaires à la mise en mouvement des outils et appareils divers qui seront exposés dans le palais des machines.
- Il est très important que les constructeurs qui désirent prendre part à cette fourniture adressent le plus tôt possible leurs propositions à la direction générale de l’exploitation (service mécanique et électrique) en même temps que leurs demandes d’admission comme exposants.
- Il est non moins urgent que les exposants qui auront besoin de force motrice fassent connaître rapidement, par l’envoi de leur demande d’admission, l’importance de cette force, car c’est seulement lorsque le service mécanique et électrique de l’exposition sera renseigné à cet égard qu’il sera possible d’adjuger les fournitures diverses que la force motrice exigera.
- LA SUISSE ET L’EXPOSITION
- Le département îédérai du commerce et de l’agriculture a adressé aux principales Sociétés industrielles et agricoles de la Suisse une circulaire les invitant à lui faire parvenir avant la fin du mois de septembre un rapport détaillé sur la participation quel’agriculture et l’industrie comptent prendre à l’Exposition universelle de Paris en 1889.
- La circulaire fait remarquer que « l’année dernière déjà, M. Arago, ambassadeur de la République française, avait demandait verbalement si la Suisse comptait participer à la prochaine Exposition internationale. On lui répondit affirmativement, mais aujourd’hui la situation n’est plus la même qu’alors. En effet, l’Allemagne, l’Autriche-Hongrie, l’Angleterre, la Russie et l’Italie ont décidé de ne pas prendre une part officielle à l’Exposition, mais de laisser aux industriels la faculté de participer à l’exposition ou de s’abstenir.
- « Une conférence, composée de représentants de l’agriculture et de l’industrie, consultée le 16 de ce mois, s’est prononcée d’une manière générale en faveur de la participation. Toutefois, on admit que l’utilité des expositions ne répond plus à la dépense de temps, de travail et d’argent qu’elles occasionnent. D’un autre côté, les conditions douanières de la plupart des Etats européens ne sont point pour nous encourager à participer à un concours international. »
- Enfin la circulaire conclut en ces termes :
- Pour vous guider dans cette enquête et dans ce rapport, nous croyons devoir ajouter qu’une réorganisation officielle de la participation suisse et, par suite, une représentation de la Suisse à l’Exposition, ne seraient utiles, à notre avis, que dans le cas où notre agriculture et toutes nos industries donneraient leur adhésion formelle, de sorte qu’aucune branche importante de la production industrielle de la Suisse ne se trouve écartée. Si, au contraire, quelques-unes de ces branches seulement exprimaient leur intention d’exposer, nous ne recommanderions pas une organisation et une représentation officielles, mais il nous semblerait préférable de laisser à l'initiative indi-
- Les jurys de peinture, de sculpture, et d’architecture ont rendu la semaine dernière leurs jugements sur les concours pour les prix de Rome.
- Voici les noms des lauréats pour la peinture:
- Grand prix.— M. Danger (Henri- Camille), élève de MM. Gérôme et Millet, né le 31 janvier 1857 à Paris.
- 1er second grand-prix. — M. Marioton (Jean-Alfred),élève de MM. Bouguereau et Robert-Fleury, né le 3 septembre 1863, à Paris.
- 2e second grand-prix. — M. Charpentier (Louis-Gustave-André, élève de MM. Bouguereau et Robert-Fleury, né le 4 février 4858, à Paris,
- Pour la sculpture :
- Grand-prix de Rome. — M. Boutry (Edgard-Henri), élève de M. Cavelier, né le 13janvier 1857, à Lille (Nord).
- 1er second grand-prix. — M. Desvergnes (Jean-Charles), élève de MM. Thomas et Chapu, né le 19 août 1860, à Bellegarde (Loiret).
- 2e second grand-prix. — M. Soulès (Jean-Baptiste-Félix, élève de MM. Jouffroy etFalguière, né le 14 octobre 1857, à Eauze (Gers).
- Enfin pour l'architecture :
- Grand-prix. —M. Chevannes (Georges-Paul), élève de M. Gradet, né le 23 septembre 1871, à Maromme (Seine-Inférieure).
- 1er second grand-prix. — M. Eustache (Henri-Thomas-Edouard), élève de M. Ginain, né le 4 octobre 1861, à Versailles.
- 2e second grand-prix. — M. Heubès (Charles) élève de M. Pascal, né le 3 juillet 1862, à Paris.
- ¥ ¥
- Le comité de patronage de l’exposition nationale de brasserie est constitué et se compose de la manière suivante :
- Présidents : MM. les ministres de l’agriculture, du commerce et de l’industrie.
- Vice-Présidents : MM. Prevet, député, et Velten, sénateur.
- Membres : MM. Imbert, député ; Chevreul, Frémy, Pasteur, Schlœsing, Vaudremer, membres de l’Institut ; Tisserand, directeur de l’agriculture ; Parisot, commissaire délégué du ministère de l’agriculture ; Boucheron, Duclos, Girard, Risler, Schutzenberger, professeurs.
- Ce comité ne se confond pas avec l’association de garantie qui organise l’exposition et en dirige la gestion financière.
- Il est décidé que l’exposition ouvrira au Palais de l’Industrie le lundi 29 août, pour se prolonger jusqu’au lundi 31 octobre.
- Le public sera admis tous les jours (vendredi, jour d’étude, excepté) moyennant un prix d’entrée de 25 centimes.
- Les conditions d’admission ne sont pas encore déterminées ; mais on peut adresseras demandes au ministère de l’agriculture jusqu’au mercredi 10.
- *
- ¥ ¥
- Départements
- Une exposition d’hygiène et de salubrité publique, dont nous avons parlé il va quelque temps, doit ouvrir prochainement à Boulogne-sur-Mer.
- Un confrère de province, la France du Nord, dit que M. Pasteur a bien voulu en accepter la présidence.
- *
- » *
- ETRANGER
- Allemagne
- Une exposition spéciale de coiffure, divisée en dix groupes et réunissant trois cent six exposants, a été ouverte le 18 juillet dernier au Concert haus de Berlin.
- *
- ¥ ¥
- La veille avait été inaugurée à Karlsruhe, par le professeur Gotz, directeur de l’Ecole d’art industriel, un concours-exposition de serrurerie et ferronnerie d’art. Les ministres d’Etat, Turban, Elstatter et Nokk assistaient la cérémonie.
- ¥ ¥
- L’Union artistique de Gotha a ouvert le 17 juillet, dans l’orangerie ducale, à l’occasion de son jubilé, une exposition qui réunit sept cents œuvres d’art
- ¥ ¥
- Une exposition spéciale temporaire, organisée par la société de protection et d’élevage des oiseaux, a eu lieu du23 au 25 juillet, à l’exposition industrielle duHaut-Rhin. dont nous avons annoncé la célébration à Fribourg.
- * *
- L’exposition internationale de l’Académie des Beaux-Arts a été inaugurée à Berlin, dimanche dernier 31 juillet, sous la présidence du ministro M. Goszler.
- L’exposition réunit 970 tableaux, 132 aquarelles et 147 œuvres de sculpture.
- ¥ ¥
- Angleterre
- Notre excellent confrère Invention, dit que l’organisation de l’exposition' internationale des arts, des sciences et de l’industrie qui doit ouvrir à Glascow, l’année prochaine, se poursuit très activement, et que prochainement doivent être entrepris les travaux de construction des bâtiments principaux.
- On pense que l’inauguration pourra avoir lieu dans le courant de mai, et nul effort n’est épargné en vue du succès et de la réussite finale. La section des beaux-arts, d’après les prévisions, sera à la fois importante et d’un haut intérêt. Le comité, chargé de cette division, assisté des précieux conseils de M. AlmaTadema, espère ue les collectionneurs du monde entier vou-ront lui prêter quelques-uns des joyaux de leur galerie et que l’art tant étranger que national sera brillamment représenté.
- De plus, comme aucune, grande exposition de sculpture n’a encore été organisée en Ecosse, le comité donnera des soins tous particuliers à cette division pour laquelle on a déjà obtenu en France l’adhésion de nombre d’artistes autorisés.
- Autriche-Hongrie
- Une nouvelle exposition flottante
- O11 mande que la conférence hongroise, présidée par le sous-secrétaire d’Etat, vient de décider l’envoi en Orient d’une expédition commerciale. Un steamer chargé d’échantillons de vins, farines, miroiterie et quincaillerie, visitera successivement Aden, Bombay, Madras, Singapor, etc. Un comité a été constitué pour déterminer les modalités et les dépenses de cette exposition.
- * *
- Belgique
- Les demandes d’emplacement au Grand Concours international de 1888 doivent être adressées à Bruxelles, ayant le samedi 1er octobre prochain, au Commissariat général du Gouvernement.
- *
- ¥ ¥
- Brésil
- Notre confrère, le Moniteur Industriel, dit que les expositions régionales continuent à se développer au Brésil. Le Conseil municipal de Cata-guazes, sur le Rio-Novo et la ligne Leopoldina, prépare, pour cette année, une exposition, similaire à celles qui ont eu lieu dans les villes voisines, et qui réunira les produits industriels et agricoles.
- *
- ¥ ¥
- Italie
- Le Comité national pour l’exposition de Paris en 1889, a recueilli les adhésions des Chambres de commerce de Venise, Arezzo, Ancône, Bergame, Civita-Vecchia, Gênes, Pavie, Parme, Sassari et Vicence.
- *
- ¥ ¥
- Notre excellent confrère de Rome, Bollettmo delle Finanze, Ferrovie e Industrie, nous apprend que la Gazette officielle a publié, le 25 juillet, les statuts du Comité général de l’exposition de Bologne, le règlement du Comité exécutif et le règlement pour les souscriptions.
- Nous ne reviendrons pas sur la nature de cette Exposition, partie nationale, partie régionale, partie internationale, dont nous avons parlé dans notre dernier numéro.
- Disons seulement que le Comité général est dirigé et représenté par une présidence composée du président, syndic de Bologne, et de deux vice-présidents, d’un Conseil composé de tous les sénateurs et députés de la région^ de représentants de la Députation provinciale, des Chambres de commerce, Comices agraires, du Directeur des transports des chemins de fer méridionaux, ainsi que d’une délégation régionale ouvrière de huit membres.
- La présidence du Comité est chargée :
- (a) D’organiser l'Exposition dans les trois sections qui la divisent : agriculture et industrie, beaux-arts, musique.
- (b) De nommer un Comité exécutif chargé de l’exécution pratique et de l’organisation financière, de la compilation des programmes spéciaux pour chaque branche et des projets financiers respectifs, de l’exécution des travaux et, en général, de tout ce qui regarde la gestion administrative, économique et morale de l’entreprise.
- Le Comité exécutif se divise en quatre sections : des finances, technique, des congrès et des fêtes. Il établira, outre le programme général de l’Exposition, le programme spécial des travaux de chaque Commission.
- Les fonds nécessaires à l’Exposition sont réunis au moyen d’une émission d’actions remboursables
- p.737 - vue 311/496
-
-
-
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- 73S. -^-Troisième Années —» N° i36.
- Dimanche 7 Août 1887.
- de GO lires, et de subventions à fonds perdus. Ces dernières ne pourront être effectuées que par des personnes morales. Les dons des particuliers seront reçus également, mais ne devront pas être intérieurs au montant de quatre actions.
- Les actions seront remboursables sur l’actif net résultant des recettes de. tous genres, après la liquidation finale, l’acquittement des dépenses, et du passif en général.
- *
- * *
- Le ministère de l’agriculture et du commerce annonce un Concours International de machines pour la culture et la préparation du chanvre, qui aura lieu, en août 1888, à Ferrare, par ses.soins. Les récompenses consisteront en un diplôme d’honneur, une prime de 2,000 lires, quatre médailles d’or, huit d’argent et huit de bronze. De plus, le ministère fera l’acquisition de quatre appareils du système reconnu supérieur et primé.
- *
- * *
- Espagne
- Le Ministre des affaires étrangères, les ambassadeurs de France et d’Angleterre se rendront, le 15 de ce mois, à Cadix, à l’occasion de l’exposition maritime, dont nous avons, à diverses reprises, entretenu nos lecteurs.
- * •¥
- Roumanie
- La Chambre de commerce française de Galatz, pour répondre à différents vœux exprimés, se charge de fournir tous les renseignements nécessaires aux industriels roumains qui auraient l’intention de se faire représenter à l’Exposition universelle de 1889.
- -------ni 1 r iraar~--------—-
- SCIENCES & INDUSTRIE
- Nous empruntons au journal la Nature, notre excellent confrère , les intéressants entrefilets suivants :
- L’industrie de la paille en Italie
- Tout le monde sait que la préparation de la paille destinée à la fabrication des chapeaux constitue, en Italie, une industrie spéciale d’une grande importance. M. Colnaghi, consul général à Florence, vient de faire un rapport à ce sujet. *M. Colnaghi établit que l’industrie de la paille existait déjà au xvie siècle dans les environs de Florence. De là, elle s’est répandue d’abord dans les autres parties de la Toscane, puis dans toute l’Italie. Toutefois, elle parait n’avoir acquis une grande importance qu’au commencement du xvme siècle, époque à laquelle Domenico Michelacci introduisit ou perfectionna la culture du blé de printemps, en vue d’obtenir une paille longue et fine. La paille étant ici l’objet principal de la récolte, le grain n’étant plus que l'accessoire, on comprend que l’on doit adopter un système de culture tout différent du système ordinaire. Ainsi, on doit semer très serré, etc. Au moment de la récolte, on réunit les tiges en poignées, dont chacune peut être facilement tenue dans la main. Un hectare donne 19,000 à 20,000 de ces poignées. On opère un premier blanchiment en étendant les poignées en éventail sur le sol et les laissant exposées à l’air pendant quatre ou cinq jours consécutifs, après quoi on les retourne et on les laisse encore sur le sol pendant trois ou quatre jours. En cas de pluie, la paille doit être rassemblée et recouverte. Une fois transportée à la fabrique, la paille commence par subir un second blanchiment. Cette opération consiste à l’humecter légèrement et à l’exposer à la fumée du soufre dans une chambre close. Il s’agit alors de faire le triage suivant le degré de finesse. On se sert pour cela d’un appareil composé d’une série d’entonnoirs tronco-niques combinés avec des plaques de cuivre perforées mobiles. Ces plaques sont percées de trous de plus en plus gros ; généralement, elles sont numérotées de 0 à 13, mais quelquefois de o à 20. On prend une poignée de paille et on la met dans le premier entonnoir, celui dont la plaque a les trous les plus fins. Les pailles les plus fines traversent la plaque et restent suspendues par les épis. On enlève le reste de la poignée, que l’on place dans le second entonnoir et ainsi de suite jusqu’au dernier. Le triage étant achevé, on coupe les épis, ce qui se fait à l’aide d’une machine spéciale. On assortit alors les pailles de même finesse suivant la longueur. Il y a ordinairement cinq ou six longueurs pour les numéros les plus fins. Après toutes ces opérations, la paille est prête à être tressée.
- ¥ ¥
- Culture de la vigne dans la République argentine
- La culture de la vigne s’étend tous les jours davantage dans la République argentine ; depuis quelques années déjà, les provinces de Mendoza et de San-Juan produisent des vins qui, quoique d’une qualité inférieure, sont destinés à s’améliorer progressivement quand la viticulture, encore
- dans l’enfance, se sera développée dans le pays. On y travaille sérieusement, et des vignerons venus de France se livrent exclusivement à ce genre de culture, qui se fait dans plusieurs provinces ; de nouveaux essais viennent d’être tentés à Bahia-Blanca, dans le sud de la province de Buenos-Ayres ; un agriculteur a fait venir du Chili et de Mendoza plus de trois cent ' mille plants qui ont parfaitement réussi, et il espère que dans deux ans ses plantations seront en plein rapport. L’élevage des animaux et le commerce des laines ont été jusqu’ici les principales ressources du pays ; mais la production des laines a été si considérable depuis quelques années, qu’elles ont subi en Europe une baisse assez sensible pour rendre cette industrie moins rémunératrice qu’au-trefois ; aussi, certains agriculteurs, convaincus par les expériences déjà faites, abandonnent peu à peu l’élevage des animaux pour planter de la vigne, dont la culture doit certainement réussir dans la Plata. Il n’est pas douteux que, dans quinze à vingt ans d’ici, les vins récoltés dans le pays seront d’assez bonne qualité, non pour entraver l’exportation de nos vins, mais du moins pour leur faire une concurrence d’autant plus sérieuse qu’ils sont frappés de droits fort élevés, 55 pour 100 environ, à leur entrée dans la Répu-plique. Aussi, les vins français les plus communs, dits vins de cargaison, ne se vendent pas à moins de 200 à 220 francs la barrique de 216 litres.
- ------— --------------------
- EXPOSITION DU HAVRE
- La visite à l’Exposition du Havre a été un des principaux incidents du voyage ministériel fait à l’occasion de l’inauguration du canal de Tancar-ville.
- Le cortège officiel a été conduit sur des bateaux à vapeur dans le bassin même de l’Exposition et y a débarqué par le grand wharf qui donne accès au jardin. A ce moment le coup d’œil offert par le bassin, rempli de navires pavoisés, a excité la vive admiration des ministres et des invités.
- Le soir, le banquet officiel de 35o couverts avait lieu dans la magnifique salle d’honneur de l’Exposition où est installée la galerie des peintures de marine. Une fête de nuit avait été improvisée dans le jardin et sur le bassin et quand les ministres se sont levés de table saturés de toasts, ils ont été enthousiasmés du spectacle offert par les illuminations électriques.
- Ils ont écouté un instant le concert de l’orchestre Gabriel-Marie et ont vivement félicité M. Bernard du succès de l’œuvre dont il a la direction.
- Avec les vacances, du reste, l’animation augmente chaque jour dans les galeries de l’Exposition. De toutes parts des voyages d’études s’organisent. Dernièrement c’était la Société des ingénieurs civilsqui y envoyait son président,M. Buill, accompagné de 90 membres de la société.Pendant trois jours cette réunion d’hommes spéciaux a parcouru les galeries sans épuiser l’intérêt d’étude qu’elles leur offraient.
- Les groupes scolaires des écoles municipales de Paris, des écoles des arts et métiers, etc., etc. sont attendus successivement, et la direction de l’Exposition leur prépare la plus aimable réception.
- Il est certain qu’on ne peut cette année organiser plus intelligemment le repos et le plaisir des vacances qu’en faisant figurer dans le programme un séjour au Havre. Les fêtes succèdent aux. fêtes dans notre beau port de la Manche et toutes ont pour centre et pour principale attraction, l’Exposition désormais dans tout son éclat.
- .... .........
- L’EXPOSITION NATIONALE
- DE BRASSERIE
- Nous avons fait connaître les principaux membres du comité de patronage de l’Exposition nationale de brasserie.
- Nous donnons aujourd’hui la liste complète de ce comité, qui paraît au Journal officiel.
- Présidents. — MM. le ministre de l’agriculture et du commerce.
- Vice-Présidents. —MM. Prévet, député, etVel-ten, sénateur.
- Membres. —MM. Imbert, député.
- Chevreul, Fremy, Pasteur, Schlœsîng et Vau-dremer, membres de l’Institut.
- Tisserand, conseiller d’Etat, directeur de l’agriculture.
- Adelsward (le baron d’), administrateur délégué de la grande société française des distilleries, mal-teries et brasseries; Boucheron, professeur de technologie chimique à l’école centrale ; le docteur Félix Brémond; Duclaux, professeur de physique à l’institut agronomique; Duménil, président de la chambre syndicale des brasseurs ; Aimé Girard, professeur de technologie du conservatoire
- des arts et métiers et à l’institut agronomique ; Labourasse, auteur d’ouvrages spéciaux ; Lucas, ingénieur en chef des ponts et chaussées.
- MM. Mamelle, chef de bureau de l’enseignement agricole; Masson, ingénieur de la marine en retraite; Orry, ingénieur-agronome; Parisot, inspecteur des domaines ; Pavard, délégué de l’association de garantie ; Risler, directeur de l’Institut agronomique ; Roux, délégué de l’association Schutzemberger, professeur au Collège de France ; Suichable, ingénieur des arts et manufactures; Taffin-Binault, président du syndicat des brasseurs du Nord ; Tourtel, président de l’association de garantie de l’exposition ; Velten (Eugène), président de l’Union général des brasseurs du centre et du midi de la France.
- Le Journal officiel publie, en outre, le règlement général de l’exposition. Nous en extrayons les dispositions générales :
- L’exposition des produits et appareils seryant à la fabrication de la bière sera ouverte à Paris du 29 août 1887 au 3i octobre. (La date de la fermeture pourra être reculée).
- Les bières de fabrication française seront seules admises à l’exposition, et présentées par le fabricant lui-même, ou son représentant autorisé.
- Les matières premières de tous les pays, ainsi qne les appareils, instruments et objets divers propres à la fabrication de la bière, seront admis à l’exposition, mais seulement sous le couvert de représentants français.
- Le nom de la maison'française devra seul figurer en vedette sur les emplacements concédés et sur les catalogues délivrés à l’intérieur de l’exposition.
- Cependant les noms des fabricants et producteurs étrangers pourront être mentionnés par les représentants français dans leurs catalogues particuliers. Les plans et dessins ainsi que les notes explicatives porteront la signature de l’exposant étranger, si on le juge convenable.
- L’exposition sera établie dans la grande galerie sud du palais de l’industrie et sur les voies publiques et pelouses adjacentes.
- Les demandes d’admission seront adressées au ministre de l’agriculture. Elles peuveut être adressées jusqu’au 10 août 1887 au plus tard.
- Du i5 au 23 août, réception des produits et installation des machines ;
- Le 29 août, ouverture officielle de l’exposition ;
- Du i5 septembre au 5 octobre, admission des orges et houblons de la nouvelle récolte ;
- Le 3i octobre, clôture de l’exposition.
- Le prix des emplacements est fixé ainsi :
- Intérieur du palais, le mètre carré i5 francs ;
- Jardins, le mètre carré, 10 francs.
- Les exposants peuvent se faire représenter par des agents agréés par l’association de garantie. Ces agents devront justifier de la qualité de Français.
- Il sera institué un jury, nommé par le ministre de l’agriculture, pour décerner des prix, représentés par des diplômes d’honneur, des médailles d’or, de vermeil, d’argent et de bronze et des mentions honorables.
- Il ne sera pas décerné de récompenses aux bières exposées. Elles seront examinées par un jury spécial, qui fera un rapport technique sur leur fabrication.
- Un diplôme constatant la participation à l’exposition nationale des bières en 1887 sera délivré à chaque exposant.
- Un grand prix unique, consistant en une médaille d’or grand module, sera décerné à l’appareil qui sera considéré comme constituant le plus grand progrès ou comme ayant le plus d’utilité pour l’industrie de la fabrication de la bière.
- Les prix sont offerts par le ministre de l’agriculture et le ministre du commerce et de l’industrie, l’association de garantie de l’exposition, les associations et syndicats de brasseurs, les associations et syndicats de négociants en houblon, les chambres syndicales des produits alimentaires, etc.
- Un rapport général des travaux du jury des récompenses et du jury d’examen des bières sera fait et publié dans le plus bref délai après la clôture de l’exposition. Le président du jury de chaque classe sera chargé de la rédaction du rapport avec la collaboration des secrétaires.
- Pendant l’exposition, à des dates à fixer ultérieurement, auront lieu :
- i° Une assemblée générale des industriels français s’occupant des produits et appareils propres à la fabrication de la bière;
- 20 Des assemblées spéciales des trois grands syndicats de brasseurs ;
- 3° Des conférences scientifiques. La composition du comité de patronage est un sûr garant que ces conférences auront une grande portée ;
- 4° Des visites dans divers établissements scientifiques et industriels.
- Les produits exposés seront répartis en 8 classes et 58 catégories. Voici le titre de ces classes et de ces catégories :
- Classe i. — Agriculture
- 1re catégorie : culture de l’orge. — 2e catégorie : culture du houblon.
- p.738 - vue 312/496
-
-
-
- Troisième -Année. — N° 136.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 7 Août 1887-.
- 73T
- Classe 2. — Matières premières
- 3e catégorie : orges. —4e catégorie : autres produits amylacés pouvant être utilisés dans la fabrication de la bière. — 5e catégorie ; malts (grains maltés).—6e catégorie : houblons. — 7e catégorie : succédanés. — 8e catégorie : eaux.
- Classe 3. — Matériel propre à la fabrication de la bière
- 90 catégorie : préparation du grain. — 10e catégorie: maltage. — 11e catégorie: touraillage du grain (séchage). — 12e categorie: mouture du grain. — 1 3e catégorie: préparation du moût. —• 14e catégorie: cuisson du moût. — i5e catégorie: refroidissement du moût. — 16e catégorie : fermentation du moût. — 170 catégorie: pompes de divers systèmes : horizontales, verticales, oscillantes ehrotatives. — 18e catégorie : tuyauterie. — 19e catégorie : robinetterie. — 20e catégorie : production et utilisation du froid. —-21e catégorie: caves, installations de divers systèmes. — 22e catégorie : instruments de précision industriels. — 23e catégorie : appareils à peser et à mesurer. — 24e catégorie : électricité. — 2 5e catégorie ; accessoires de malterie et de brasserie. — 26e catégorie: moteurs. — 27e catégorie : générateurs de vapeur.
- •— 28e catégorie: combustibles.
- Classe 4..— Bières.
- 29e catégorie : bières de fermentation basse. — 3oe catégorie : bières de fermentation haute.
- Classe 5.—Matériel pour l’expédition et le traitement de la bière.
- 3ie catégorie: tonnellerie. — 32e catégorie:
- préparation de la tonnellerie. — 33e catégorie : outillage de tonnellerie. — 34e catégorie : verrerie, bouteilles. — 35e catégorie : préparation des bouteilles. — 36e catégorie : poix et vernis. — 3y® catégorie : clarifiants divers et appareils accessoires.
- — 38e catégorie : soutirage de la bière. — 3g® catégorie: pasteurisation de la bière (chauffage). — 40e catégorie : transport et expédition.
- Classe 6. — Matériel pour la vents et le débit de la bière
- 41e catégorie : installations, modèles de comptoirs. — 42e catégorie : appareils de débit. — 43e catégorie ; poterie et verrerie. —44® catégorie : mobilier. — 43® catégorie : comptabilité des établissements de vente. — 46e catégorie : lithographie et imprimerie.
- Classe 7. — Utilisation des sous-produits de la fabrication de la bière
- 47e catégorie : levures de fermentation haute et basse. — 48e catégorie : matériel pour le traitement des levures.—49e catégorie : appareils à distiller. — 5oe catégorie : appareils pour dessécher la drèche.
- Classe 8. — Enseignement
- 51® catégorie : historique de la fabrication de la bière. — 52e catégorie : exposition spéciale des écoles professionnelles de brasseries gouvernementales et privées, et cours publics. — 53e catégorie : ouvrages techniques français, anglais, allemands, hollandais, belges, russes, _ tchèques, etc.
- — 54e catégorie : journaux et publications périodiques. — 55e catégorie : matériel d’enseignement.
- — 56e catégorie : matériel de laboratoire. — 57e ca-tégorié : architecture. — 58e catégorie : hygiène des ouvriers brasseurs.
- LES PORTS ÉTRANGERS
- HAMBOURG
- On ne saurait trop suivre en France les efforts faits par les nations voisines pour améliorer leurs grands ports de commerce : Liver-pool, Gênes, Barcelone, Trieste, Hambourg, etc. C’est à ce titre que nous croyons devoir reproduire le rapport que notre honorable consul général à Hambourg, M. Balny d’Avricourt, a naguère adressé à M. le ministre des affaires étrangères sur le développement pris par le port de Hambourg.
- Voici cet intéressant rapport :
- Monsieur le Ministre,
- L’administration des quais de Hambourg vient de publier son rapport sur l’année 1885, et j’ai l’honneur d’en présenter à Votre Excellence les intéressants détails qui suivent :
- Ainsi que le sait Votre Excellence, le port de Hambourg ne comprend pas de bassins proprement dits. Il était simplement établi en rivière, où les navires s’amarraient à des pilotis ou ducs-d’Albe; ce système est encore utilisé par la majorité des bâtiments à voiles et pour les vapeurs qui ne réclament pas une grande célérité pour leurs opérations de déchargement et de chargement, ou dont les grues propres suffisent au travail; mais ces procédés trop lents ne répondant plus aux exigences du commerce et de la navigation, l’Etat
- de Hambourg a fait construire, en amont du port en rivière, désigné sous les noms de Jonas, hull et Brandenburger Hafen, et dans son prolongement, des quais, au nombre de cinq, munis de grues à vapeur et de hangars et bordés de voies ferrées qui les relient aux gares. Ces quais, établis à peu près parallèlement et formant deux bassins ouverts d’inégale grandeur, sont : le Sandthorquai (livré à l’exploitation en 1866 et agrandi en 1873), long de 1,018 mèwes et avec une surface couverte de 12,886 mètres carrés, et 1,000 mètres carrés de plates-formes non couvertes ; 20 le Kaiser-quai (construit en 1872), en face du précédent, long de 1,040 mètres, 14,474 mètres carrés de hangars et 843 mètres carrés de plates-formes sans toiture ; 3° le Dalmann-quai (construit en 1872, agrandi en 1876) est adossé au Kaiser-quai : sa longueur est de 885 mètres, présentant une surface entièrement couverte., de 14,339 mètres carrés ; 40 le Hübeiser-quai (datant de 1877-1878) a 640 mètres de long, 12,793 mètres carrés de hangars et 677 mètres carrés sans abri; enfin 5° le Strand-quai (1879, 1881 et 18S4) qui borde le fleuve et n’a que 53o mètres de long, avec 9,786 mètres carrés de hangars et i5o mètres carrés à ciel ouvert.
- De plus, à la pointe formée par le Kaiser-quai et le Dalmann-quai, s’élève depuis 1875 un grand magasin, entrepôt à quatre étages, muni de grues hydrauliques pour l’enlèvement ou le chargement directs des marchandises à bord des navires ou sur les wagons de chemins de fer ; ce docl; s’étend sur une surface bâtie de 3,63o mètres carrés et contient deux caves ensemble de 2,969 mètres carrés, un rez-de-chaussée de 2,928 mètres carrés et ses quatre étages avec un développement de 13,075 mètres carrés.
- MOUVEMENT DES NAVIRES A QUAI
- Ainsi que je l’ai fait remarquer plus haut, les quais de Hambourg sont utilisés par les bâtiments qui demandent à faire le plus rapidement possible leurs opérations de déchargement et de chargement; ce sont principalement les steamers qui font un service régulier hebdomadaire. Le tableau suivant montrera, pour les cinq dernières années, la proportion entre le nombre total des navires arrivés à Hambourg et le nombre de ceux qui se sont amarrés à quai :
- NAVIRES
- ARRIVÉS A HAMBOURG
- 13 H 0* c > VOILIERsl ___ .1 TONNAGE NET ensemble S P Oh < 95 m à 0
- 3.382 2.5q 3 2.8o5.6o5 2.067 7
- 3.604 2.485 3.o3o.qoq 2.l63 17
- 3.Q39 2 .413 3.35 1.670 2.404 7
- 4.287 2.557 3.727.724 2.582 22
- 4.478 2.312 3.704.I12 2.648 32
- NAVIRES
- AYANT UTILISÉ LES QUAIS
- TONNAGE
- NET
- ensemble
- Plus de la moitié des navires venus à quai est constituée par les steamers anglais qui relient journellement Hambourg avec Londres, Hull, Leith, Goole, Grimsby, Harwich, Hartlepool, Kingshynn, Dundee, Liverpool et Bristol. Après le pavillon britannique (1,359 bâtiments en 1885), c’est le pavillon allemand qui est le plus largement représenté (865 bâtiments en 1885) ; ses navires desservent surtout les lignes transatlantiques, les ports de la Méditerranée, français, italiens et autrichiens et les ports anglais et belges.
- Le pavillon hollandais occupe le troisième rang, avec 168 bâtiments, et le pavillon espagnol a pris en i885 le quatrième rang, que nous occupions jusqu’ici: la navigation régulière à vapeur sous pavillon espagnol est, en effet, devenue très importante à Hambourg. A ne considérer que la présente statistique du mouvement des quais, on voit qu’en 1878 deux paquebots espagnols avaient touché aux quais de Hambourg ; en 1879 ce nombre s’élève subitement à 38, et depuis lors il a été annuellement de 3q, 46, 47, 48, et enfin depuis le traité de commerce hispano-allemand en 1884, de 80 et 86.
- La navigation française, par contre, qui avait définitivement perdu en 1877 legroisième rang, devant la Hollande (comme nombre de navires du moins, sinon comme tonnage), ne tient plus en 1886 que le quatrième rang, avec 80 steamers, c’est-à-dire 3 bâtiments de plus qu’en 1881 et 1882, mais 38 et 36 de moins qu’en 1883 et 1884.
- En même temps, le mouvement avec les ports français de l’Océan est revenu en i885 àce qu’il avait été en moyenne depuis 1875 jusqu’en 1882, 16 steamers étant arrivés directement de Bordeaux, 43 de Bordeaux avec escale au Havre et 22 uniquement du Havre.
- Quant à la navigation avec les ports de la péninsule ibérique, la statistique, muette avant 1880, indique depuis cette époque, comme venus d’Espagne, 40steamers en 1880, et les annéessuivantes 41,47, 51, 76 et 85 ; et du Portugal successivement 17, 19, 17, 21, 89 et 54 bâtiments, tous à vapeur.
- MOUVEMENT DES MARCHANDISES SUR LES QUAIS
- Les marchandises sont apportées à quai ou enlevées par chemin de fer, par camions ou par des chalands et bateaux de rivière. La statistique qui
- suit, montre la part de chacun de ces moyens de transport dans le mouvement des marchandises sur les quais de Hambourg, depuis 1886, c’est-à-dire depuis l’ouverture du Sandthor-quai à la circulation.
- MOUVEMENT PAR PAR
- ANNÉES TOTAL des MARCHANDISES CHEMINS de FER CAMION- NAGE PAR CHALANDS
- Q uintaux de 0 kilogramr nés
- 1866.... 600.000 259.000 ao.ooo 311.000
- 1867.... 3.o36.ooo 1.480.000 242.000 1.314.uoo
- 1868.... 3.573.000 I .Q77.O00 407.000 1.180.000
- 1869.... 3.946.000 2.118 000 459.000 1.369.000
- 1870.... 3 986 000 1.897.000 4.64.000 1.625.000
- 1871.... 4.5oo.ooo 2.i38.ooo 543.000 1.819.000
- 1872.... 7.200.000 3.480.000 862.000 3.858.000
- 1873.... 9.900.000 4.661.000 1.108.000 4.i31.000
- 1874.... 11 ,o5o.ooo 5.517 000 1.3ot.000 4.232.000
- 1875.... 1 ï.q19,000 5.852.ooo 1.635.ooo 4.432.000
- 1876.... I2.85q.ooo 6.082.000 i .765.000 5.012.000
- 1877.... 16.664,000 6.5o5.ooo 1.793.000 8.o65.ooo
- 1878.... ig.5i3.ooo 6.i5o.ooo 2.100.000 II.203.000
- 1879.... 22.006.000 7.641.000 2.478.000 11.887.000
- 1880.... 18.927.000 7.026.000 2.421.000 0.481.000
- 1881.... 18.821.000 6.397.006 2 488.000 9.936.000
- 1882.... 19.166.000 5.539.000 2.506.000 I I . I 2 I .0.00
- 1883. .. 23.085.000 5.989.000 2.740.000 14.359.000
- 1884.... 23.573'ooo 5.351.000 2.862.000 15.360.000
- 1885.... 23.016.000 5.149.000 2.181.OOO i4.686.OOO
- Quant aux magasins de la pointe du Kaiser-
- quai, il a été reçu en garde :
- quint, de march. de 5o kilogr,
- 1875 ...................... 190,962
- 1876 ...................... 498,180
- 1877 ................. 52 r,886
- 1878 ....................... 427Q25
- 1879 ...................... 535,237
- 1880 ................. 568,546
- 1881 ...................... 476>965
- 1882 ...................... 455,200
- 188 3...................... 344,300
- 1884 ...................... 517Q70
- 1885 ...................... 53i,434
- De nouveaux docks sont encore en construction aux alentours de ces quais. Ces vastes travaux sont naturellement exécutés dans l’enceinte réservée au futur port-franc et en vue de lui servir d’entrepôt, lorsque l’époque sera venue de l’incorporation de la ville de Hambourg dans le Zollve-rein.
- Veuillez agréer, etc.
- Le Consul général de France à Hambourg, Balny d’Avricourt.
- LES LIVRES
- CXXI
- Souvenirs et Visions, par le vicomte E. Mei.chiorde Vogué. (Mariette-Bey en Egypte. — Cortès au Mexique. — Le jubilé de la Réformaiion à Genève. — Prague et les bohémiens. — L’Exposition de Moscou et l’art russe. — Dans la steppe du Donetz. —En Crimée). Librairie Plon. 1 vol. in-18.
- Un des talents les plus originaux, les plus vigoureux qui se soient fait jour,là coups de l’épée lumineuse, dans la mêlée obscure où la foule des médiocres lutte pour la vie, et qui aient dégagé leur personnalité des banalités de notre décadence, c’est à coup sûr le talentde M. Melchiorde Vogué.
- Ce qui le distingue, c’est l’indépendance de ses idées et l’élégance d’une forme qui touche souvent au style. M. de Vogué pense et sent par lui-même. De bonne heure, il s’est dépouillé des préjugés de caste, d’école, de coterie. Il a beaucoup lu sans doute mais surtout il a beaucoup vu, et beaucoup retenu de ces leçons de choses qu’il a voulu prendre directement de la réalité, du commerce des hommes étrangers et du spectacle des pays lointains. Il est demeuré très moderne, très contemporain d’idées, très Parisien d’allure et de ton. Mais ce vernis contemporain, parisien, qui le rend sympathique, qui fait de lui un écrivain à la mode, favori des lecteurs de notre plus importante Revue, non moins goûté dans le salon mondain que dans le cabinet d’études, qui fait de lui enfin tout le contraire d’un pédant, ce vernis recouvre toute une solide charpente de connaissances philo sophiques et philologiques variées, de réflexions personnelles, tout ce fonds d’instruction et d’érudition lentement amassé dans ses voyages et non puisé dans les livres qui montre en lui, sous la parure littéraire, quand la brillante draperie s’en écarte; un homme armé de toutes pièces , sur les principales questions dont s’occupe et s’inquiète l’activité intellectuelle de ce temps.
- Tout récemment il publiait sur la Question romaine une Etude justement remarquée, témoignant d’une souplesse et d’une subtilité d’esprit rares, et d’un effortneuf pour accommoder les idées de Joseph de Maistre à l’état présent des rapports entre l’Eglise rômaine et l’Italie, l’Eglise universelle et l’Europe.
- Mais son coup de maître, celui qui l’a mis aussitôt en relief et en lumière et en vogue, c’est le livre où il nous a dévoilé, avec une critique pénétrante, généreuse, passionnée pour les problèmes de la condition et de la destination humaine,
- p.739 - vue 313/496
-
-
-
- 74f>. — Troisième Année. — N# 136.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 7 Août 1887.
- et aussi pour les problèmes de la vocation et de la mission de certains peuples, les vicissitudes des aspirations de ce monde slave, demeuré jusqu’à lui si mystérieux, si énigmatique pour nous.
- M. de Vogué a été l’initiateur de la génération contemporaine aux mystères du génie russe envisagé tour à tour au point de vue littéraire, artistique, social, économique. Nous lui devons la monnaie, frappée à l’empreinte d’un talent à la fois mâle et tendre, d’une force virile et d’une délicatesse féminine, des idées actuellement en circulation sur cette grande nation moitié européenne, moitié orientale, travaillée par tant de ferments anciens et nouveaux, corrupteurs et régénérateurs à laquelle la France est unie par une^sympathie qu’inspirent des pressentiments plutôt que des affinités, et qui montre bien que le cœur des peuples, comme celui des individus, a ses raisons que la raison ne connaît pas.
- C’est surtout, il faut le dire, à propos de la Russie, du double mouvement de son génie qui la mène en avant dans la civilisation et en avant vers Constantinople et vers l’Inde, à propos des mœurs russes, de la littérature russe que les études de M. de Vogué sont intéressantes, décisives, fécondes. Il a, à un degré plus vivant et plus hardi de beaucoup que les Ampère et les Beulé, ce qu’on peut appeler le don et l’art de la résurrection des figures et des temps, le don et l’art de l’évocation de l’histoire sur les lieux mêmes où elle'fut vécue. C’est à ce don et cet art que nous devons l’étude si curieuse et si dramatique, et si neuve de détails, du malheureux et indigne fils de Pierre le Grand, qui fut aussi Pierre le Cruel. C’est à ce don et à cet art que nous devons les études sur la littérature russe et le roman russe, qui nous fournissent des galeries de portraits et de paysages, des figures de Pousckine, de Gogol, de’Tourguenief, de Tolstoï et de Dostoiewski, d’un relief et d’un ressenti auxquels ne nous avaient point accoutumé les molles esquisses des Marmier, des Léouzon-Leduc et des Viardot, et les ingénieuses miniatures sorties du blaireau sec de Mérimée.
- Ce sont encore les morceaux sur la Russie, sur la Crimée, sur les mœurs de ces pays où le génie slave se mêle au génie oriental, sur l’art russe et ses rénovateurs, sur les énormes progrès de l’agriculture, de l’industrie et du commerce qui émancipent du joug européen, la Russie riche en blés, en houilles à nourrir et à chauffer le monde, à elle seule, qui constituent les parties les plus intéressantes de ce Recueil d’essais d’un essayist qui, sur certains points est un maître. C’est un maître qui nous entretient avec une chaleur communicative de souvenir et de regret de son maître Mariette-Bey, des singularités parfois touchantes, de caractère et des miracles de volonté et des prodiges d’intuition et de divination du fondateur et du gardien jaloux du musée de Boulacq. L’Egypte porte bonheur comme la Palestine et la Russie, à M. de Vogüé et à son genre qu’il appelle lui-même « l’histoire en voyage ». Il a profité des leçons, il a hérité des vues* de Mariette sur les arcanes de cette civilisation et de cette religion égyptiennes, bien plus spiritualistes qu’on ne l’a cru, et sur lesquelles les ambitions et les jalousies ironiques du hiératisme ont jeté à dessein des ombres qui se dissipent pour l’initié. Le sens profond de ce symbolisme, de ce mythisme qui cache son dernier mot aux profanes, comme le Pharaon lui dissimulait la cellule tombale à travers les mille couloirs et les mille chambres de la pyramide funéraire, Mariette le possédait et a transmis à quelques fidèles le mot de l'énigme du sphinx. M. de Vogüé est un élève libre de ce libre professeur qui ne professa.jamais au collège de France. Dans cette étude si curieuse, si fouillée sur Mariette-Bey, il est assez remarquable que M. de Vogüé ne dit mot de son successeur, l’entreprenant et habile M. Maspero.
- L’étude sur Fernan Cortez et le Mexique au temps du conquistador, d’après ce journal si curieux, si intéressant de son compagnon Bernai Dias, l’article sur le jubilé de la Réformation à Genève sont des morceaux de seconde main, qui se distinguent par l’indépendance de vues, et les hardiesses d’aperçus d’un homme qui n’est pas seulement un historien mais un philosophe de l’histoire.
- Mais les chapitres" qu’il faut surtout signaler comme absolument nouveaux, c’est-à-dire pleins de renseignements et d’appréciations qui surprennent et émeuvent un peu la banalité de la curiosité contemporaine ce sont les études sur l’exposition de Moscou, en 1882, qui au point de vue du progrès industriel et des aptitudes artistiques de la nation russe a été une révélation, une de ces.révé-lations qui annoncent et préparent quelquefois les révolutions. Révolution toute pacifique et d’autant plus féconde sera celle qui nous montrera la production nationale russe s’émancipant du joug européen et sa production artistique fournissant à la nôtre, comme le roman russe l’a fait pour notre littérature, des notes nouvelles, ouvrant à la nôtre des horizons nouveaux, et mettant en lumière des peintres tels que Vereschagine avec lesquels les nôtres devront compter, comme nos romanciers doivent compter avec les Tourguenieff, les Tolstoï et les Dostoiewski.
- Les Souvenirs et Visions sont un livre curieux, important, caractéristique d’une phase, d’une évolution de notre critique, renouvelée par les voyages, révélateur d’un écrivain indépendant, personnel, d’une allure et d’un style originaux, qui n’est pas un auteur mais qui est un homme, de ceux qui font type pour l’élite d’une génération.
- M. DE LESCURE.
- ----- ---'---------------
- AVIS COMMERCIAUX
- CHAMBRES DE COMMERCE FRANÇAISES à l'Etranger.
- CONSTANTINOPLE
- RAPPORT ANNUEL DE LA CHAMBRE.
- M. le Ministre du Commerce et de l’Industrie vient de recevoir le rapport annuel de la Chambre de commerce française de Constantinople. _
- Le Moniteur officiel du Commerce, du 28 juillet, a commencé la publication de ce travail qui intéresse, d’une manière particulière, les industriels et négociants français désireux d’entrer en relations d’affaires avec le marché turc.
- AUTRICHE-HONGRIE
- AVIS DE LA PROCHAINE ADJUDICATION DES TRAVAUX DU PORT DE TRIESTE.
- Le Gérant du Consulat de France à Trieste annonce que le journal officiel de l’Empire publiera, sous peu, la loi récemment votée par le Reichsrath au sujet des travaux à exécuter à Trieste, en prévision de la prochaine suppression de la franchise de ce port. Immédiatement après cette publication, le gouvernement maritime de Trieste sera chargé de faire connaître le cahier des charges et d’ouvrir le concours pour l’adjudication. Il sera accordé aux soumissionnaires un délai de cinq à six semaines, considéré comme suffisant pour étudier les conditions et les détails du projet. On espère ainsi pouvoir adjuger les travaux d’iciàl’automne, époque à laquelle ils devront être entrepris, de manière à utiliser la somme de 900,000 florins qui a déjà été inscrite de ce chef au budget de 1887.
- Ces travaux auront une très grande importance Ils sont destinés à élargir les quais, construire ou agrandir plusieurs môles, à créer un point franc, des magasins et un bassin pour les chargements de pétrole ; à munir le port de machines perfectionnées pour opérer l’embarquement et le débarquement des marchandises ; bref, à mettreTrieste au niveau des principales places maritimes de l’Europe, ainsi que son commerce le réclame depuis longtemps.
- Un nouvel avis fera connaître la réception par le Ministère du Commerce et de l’Industrie des documents relatifs à cette adjudication.
- PÉROU
- RENSEIGNEMENTS SUR LE COMMERCE D’iMPORTATION ET D’EXPORTATION DU DISTRICT DE PINRA.
- On écrit de Païta: Pinra, ville de 12,000 habitants, est située au centre du département de ce nom et est entourée par des villes et des villages d’une importance réelle.
- La ville de Catacaos, distance d’environ trois lieues de Pinra, contient de i5,ooo à 20,000 habitants, principalement Indiens, qui exportent des produits agricoles et fabriquent des chapeaux de paille, communément appelés chapeaux de Panama.
- La ville de Serhura ne contient pas moins de 20,000 habitants, tous Indiens, qui vivent, comme ceux de Cacataos, de l’agriculture et ont, en outre, le monopole du transport des marchandises par mules dans le département tout entier.
- En dehors de ces deux places importantes, dans les environs immédiats de la capitale, se trouvent les villes de Huanca-Camba, d’Ayabaca, qui sont situées dans la Cordillère. Leurs principaux articles d’exportation sont le bétail et le quinquina du Pérou de qualité supérieure. L’importation se compose uniquement de produits manufacturés européens achetés à Pinra.
- La population totale de ce département ne.serait pas, assure-t-on, inférieure à ibo,ooo habitants, dont les trois quarts sont des Indiens civilisés et chrétiens et un quart des descendants espagnols et des métis hispano-indiens.
- Le commerce de Pinra consiste principalement en coton, en quinquina péruvien, en peaux de chèvres, en cuirs, en bétail, en chapeaux de paille et en produits manufacturés importés de France, d’Angleterre, des Etats-Unis et d’Allemagne.
- Des négociants anglais, allemands et américains se sont établis à Pinra, mais il n’y existe malheureusement aucune maison française.
- Le coton, les cuirs, les peaux de chèvres sont exportés directement aur Havre, et le savon français, la poterie, les étoffes de coton et de laine, les vins, l’huile d’olive, le beurre de Paris, sont importés directement de France. Depuis que la Compagnie française de navigation « Compagnie Maritime du Pacifique » a été établie sur cette
- côte, de grandes facilités pour le commerce direct avec la France ont été obtenues. Un chemin de fer de Païta à Pinra vient d’être ouvert au public et facilitera matériellement le transport des marchandises et des produits qui, jusqu’à présent, ont dû être transportés à dos de mules avec des frais considérables et dans une mesure très limitée.
- PAYS DE PROTECTORAT.
- TONKIN
- LISTE DES NÉGOCIANTS FRANÇAIS.
- Le Moniteur officiel du Commerce, du 28 juillet, a publié, d’après les renseignements adressés par le Résident général de la République de Hanoï, la liste des négociants français établis au Tonkin.
- LES THÉÂTRES
- Bilan dramatique de la Saison
- Folies Dramatiques. — La direction a décroché la timbale du succès avec l’amusante revue Paris en général, de MM. Monréal, Blondeau et Grisier. Il ne fallait pas moins que ce succès plus que centenaire pour panser les blessures de Mme Cartouche, opérette en 3 actes de MM. William Busnach et Pierre Decourcelle dont la cartouche a, cette fois, fait long feu.
- Intéressante tentative musicale avec le Bourgeois de Calais qui avec un livret moins assommant eut fait, grâce à la musique de M. Ménager, un opéra-comique digne d’être joué sur la scène spécialement consacrée à ce genre.
- Entre temps et pour boucher les trous d’une saison un peu hâtivement préparée, quelques reprises des Mousquetaires au Couvent qui, si elles n’ont pas fait beaucoup de bien au théâtre, ne lui auront toujours pas fait de mal.
- Bouffes-Parisiens. — Un curieux phénomène est à constater à ce théâtre : la haine professée par sa directrice pour la pièce célèbre qui réussit à repêcher la direction Ugalde à deux doigts de sa perte; j’ai nommé Joséphine vendue par ses sœurs. La saison a ouvert avec cette idée profondément ancrée dans l’esprit de la direction qu’il fallait faire disparaître au plus tôt cette* malencontreuse Joséphine qui s’avisait de faire chaque soir le maximum. Aussi, assistera-t-on à ce curieux spectacle d’une directrice faisant tout son possible pour remplacer une pièce à succès par n’importe quoi. 'Ce n’importe quoi fut les Grenadiers du Mont-Cornette, hélas ! N’insistons pas sur ce Crocodile, d’Edouard Philippe.
- Forcée de reprendre Joséphine qui faisait son désespoir en même temps que sa fortune, Mme Ugalde n’en poursuivit pas moins son but de débarrasser son affiche de ce succès encombrant. Vient la Gamine de Paris; cette fois l’insuccès ne fut que relatif grâce à M11® Marguerite Ugalde qui n’est pas pour rien l’enfant gâté du public, et Mme Ugalde mère put, au prix de quelques sacrifices,laisser dormir cette Joséphine dont le succès persistant troublait ses nuits sans sommeil. Une reprise des Petits Mousquetaires avec M11® Marguerite Ugalde dans le rôle de d’Artagnan avait précédé la Gamine de Paris, en guise de hors-d’œuvre. C’est d’ailleurs ainsi qu’elle a été accueillie malgré les frais sérieux dont la direction avait entouré cette reprise dont le seul intérêt consistait dans le travesti de Mlle Ugalde.
- Nouveautés. — Ninon, l'Amour mouillé, Adam et Eve, avec une reprise de le Cœur et la Main, telles sont les étapes d’une saison qui ne comptera pas parmi les plus brillantes du théâtre de M. Brasseur.
- Renaissance. — A la Renaissance, Ma Gouvernante, Tailleur pour dames, les Dossier s jaunes, les Trois Noces et la reprise du Choix d’un gendre, de Labiche ont remué tant bien que mal la barque de M. Samuel. Je ne vois guère de succès marquant que Tailleur pour dames parmi les nouveautés et encore est-ce plutôt un succès de mots qu’un succès de pièce. Quant au Choix d'un gendre, il a retrouvé son succès d’antan. Il n’y a que les pièces de Labiche qui ne vieillissent pas. Qui pourra de nos jeunes auteurs retrouver et continuer ce genre si gai dont Labiche garde le secret et le monopole.
- Menus-Plaisirs. — Volapuk-Revue est le clou d’une saison assez peu favorisée par le succès.
- Les Vacances du mariage, le Tigre de la rue Tronchet, le Roman d’un notaire et le Sous-Préfet n’éveillent pas en moi le souvenir de succès retentissants. La plus célèbre de ces pièces, celle qui remporte par conséquent la palme, c’est le Tigre, de M. Decourcelle qui a décidément cette année une série à la noire.
- (A suivre)
- Le Gérant, GARREAU.
- Tours. — lmp. E. ARRAULT et Cie, rue de la Préfecture, 6
- p.740 - vue 314/496
-
-
-
- Le Moniteur
- DE
- L'EXPOSITION DE
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
- TROISIÈME ANNÉE. Dimanche 14 Août 1887. NUMÉRO 187.
- SOMMAIRE :
- ï.. Les travaux du Champ-dc- Mars ; 2. Instructions aux agents consulaires; 3.Commission de la Presse française; 4. Comité départemental ae la Côte-d’Or; 5. Première'réunion du comité départemental de Loir-et-Cher; 6. Comité départemental du Cher; 7.'Comité départemental dTle-et-Villaine ; 8. Bureaux des comités départementaux: Jura, Meurthe-et-Moselle, Orne;.9. L’Allemagne et l’Exposition de 1889; 10. Echos; 11. Sciences et Industrie; ta. L’Exposition des Arts décoratifs; i3. La France dans l’Afrique du Nord ; 14. Le Langage international conventionel ; 15. L’achèvement du Panama ;
- 16. Les Livres ; 17. Avis commerciaux.
- EXPOSITION UNIVERSELLE
- DE 1 S 8 9
- LES TRAVAUX DU CHAMP-DE-MARS
- Nous publions aujourd’hui une gravure représentant le pied n° 2 de la tour de 3oom; on a choisi ce pilier comme se présentant le mieux et aussi parce qu’au point de vue du montage et de l’installation il est le plus avancé: du reste cette avance a constamment existé depuis lecom-.mencement des travaux, pourtant elle est moins sensible actuellement et bientôt elle disparaîtra Car les autres pieds sont activement menés et le constructeur s’efforce de faire marcher de front les quatre chantiers avec la même vitesse pour ne pas rompre l’harmonie de l’ensemble et ne pas avoir d’interruption dans le travail lorsqu’on arri vera à la hauteur ou la liaison des piliers donnera naissance à la première plate-forme ; en ce moment même les pieds n03 1 et 4 qui,par suite des difficultés rencontrées lors des fondations, étaient en retard sur les autres, les ont presque rattrapés et partout on entame la pose du quatrième tronçon des tubages qui constituent les arbalétriers.
- Cette gravure permet d’apprécier ce que sont les pylônes de charpente dont nous avons parlé la dernière fois et font bien voir quelle véritable forêt de pièces de bois es: nécess lire à l’étayement des montants inclinés, c’est un véritable fouillis dont bien des parties paraîtraient inutiles si on ne savait avec quel soin tout est prévu et étudié.
- Par exemple tout en montrant l’importance, absolument motivée, de ces échafaudages, ce •qu’une vue photographique, quelque bien faite qu’elle soit, ne peut rendre, c’est l’énorme travail exigé pour l’érection de ces charpentes, le transport des bois, leur manutention, le battage des pieux assurant la fixité de l’ensemble, enfin le montage et l’ajustage des nombreuses pièces, tout cela est dû à des efforts considérables et on a vraiment lieu de trouver court le temps employé eu égard au résultat obtenu
- Quoi qu’il en soit, le travail sur le terrain de M. Eiffel est suffisamment avancé pour qu’on puisse se faire une idée assez exacte de ce que sera l’ensemble, et même cette appréciation est plus facile en ce moment où tous les pylônes ne sont pas construits ; plus tard, cet enchevêtrement de sapines, de madriers et de planches masquera en partie le travail métallurgique qui, en somme, est celui qui nous intéresse le plus.
- L’effet que produit la vue des parties déjà élevées est un sentiment d’étonnement devant la légèreté exceptionnelle que présente cette construction. On ne peut s’imaginer la différence d’aspect que présentent toutes les pièces de fer suivant qu’on les voit à terre ou en place : sur le sol les portions d’arbalétriers ont un
- aspect robuste, presque lourd et qui correspond bien à l’idée qu’on se fait généralement des travaux de cette nature; une fois dressés, ces tubes ne paraissent plus rien et, réunis par leurs entretoises en treillis, ont presque un cachet de fragilité dont l’impression persiste un moment et ne s’efface qu’en établissant une comparaison entre les dimensions des pièces et la grandeur des ouvriers qui les travaillent; il est certain qu’une fois terminée et débarrassée de tous les accessoires qui l’entourent, la tour, vue à quelque distance, semblera absolument composée de filaments et aura un caractère de légèreté dont aucune image ne peut donner une idée ; cela se conçoit, car dans un dessin on ne peut, même avec les meilleurs instruments, faire des traits d’une grosseur en rapport avec les dimensions du modèle; pour les petites pièces les ligues de la gravure seront toujours trop fortes et contribueront à faire paraître l’oeuvre plus lourde qu’elle ne le sera en exécution ; du reste convaincu,comme nous le sommes, de la solidité absolue de l’édifice nous considérons comme un des principaux mérites de la tour l’absence de cette lourdeur qui aurait peut-être rassurés quelques timorés mais aurait à coup sûr dénaturé un des buts multiples de cette entreprise destinée à prouver qu'on peut faire, tout à la fois, grand, solide et gracieux.
- En tout, il y a les petits côtés des grandes questions, quelquefois même ce ne sont pas les moins intéressants. Ainsi pour le moment ce à quoi s’attachent les visiteurs, après avoir examiné l’ensemble, c’est le travail de la mise en place des innombrables rivets qu’exige la fonction des pièces métalliques ; une petite forge portative surveillée par. un aide et placée sur le socle du pied au-dessous des ouvriers riveteurs sert à faire rougir les rivets ; dès qu’un d’eux a atteint la température voulue, l’aide le sort du feu avec des pinces et le suspend à un crochet de fer terminant une ficelle tenue par un des ouvriers qui l’attirent à lui et reprenant le rivet avec des pinces l’introduit dans le trou préparé et l’y maintient pendant que deux frappeurs martèlent le bout libre et l’écrasent pour former la deuxième tête, qui s’arrondit peu à peu en faisant jaillir des étincelles. Bien que ce travail présente peu d’imprévu on l’examine néanmoins avec intérêt et on suit avec un certain plaisir tous ces petits morceaux de fer primitivement incandescents et finissant par «e refroidir et se confondre avec la masse générale qui semble les absorber.
- Jeudi matin le premier train, utilisant les voies nouvellement établies, est arrivé sur le Champ-de-Mars, amenant divers matériaux sur les chantiers, c’était une nouveauté que cette locomotive circulant en plein Paris et le public s’y intéressait, mais comme ces arrivages vont devenir très nombreux on sera vite blasé sur ce spectacle et bien des gens lui en voudront même pour les entraves qu’il mettra à la circulation dans la rue qui va de Suffren à l’avenue de Labourdonnais. Près de la barrière mobile qu’on enlève au moment du passage des trains on a placé un poteau sur lequel on a collé une affiche prescrivant les mesures à prendre pour éviter les accidents. Ces ordonnances stipulent que la traversée de l’avenue de Suffren et de la rue transversale du Champ-de-Mars pourra se faire à toute heure du jour et de la nuit, mais en un seul point, que la marche pourra avoir lieu soit machine en avant, soit par refoulement, sauf pourt it en cas de brouillard ou de •
- neige abondante ; elles stipulent également que des employés désignés à cet effet auront la responsabilité de la bonne exécution des règlements.
- Un homme porteur soit d’un drapeau rouge, soit d’un fanal rouge précédera toujours le train, s’assurera que la voie est libre et donnera le signal d’avancer à la machine dont la vitesse ne devra pas dépasser celle d’un homme au pas, et qui devra pouvoir être arrêtée presque instantanément au premier signal. Le porteur du signal devra empêcher par tous les moyens possibles, lors du passage d’un train, les piétons et les véhicules d’avancer à plus de deux mètres de distance du rail, môme quand il y aura refoulement de plus de trois wagons, un deuxième agent sera adjoint au premier afin que la protection de la manœuvre soit assurée des deux côtés de la voie ; enfin en aucun cas les machines et les wagons 11e pourront stationner sur la voie publique.
- Dans le conseil des travaux tenu cette semaine, M. Bouvard, l’architecte du palais des industries diverses, a déclaré qu’incessamment on allait commencer la couverture des galeries composant ce bâtiment, c’est un travail très important dont la durée sera d’environ cinq mois, il est donc utile de l’entreprendre aussitôt que possible afin d’en avoir exécuté une partie avant l’hiver qui occasionnera forcément des arrêts;de plus, certaines portions de l’édifice étant couvertes on pourra commencer certains travaux qui ne peuvent se faire qu’a l’abri des intempéries, on gagnera ainsi un temps . considérable ce qui n’est pas à dédaigner à mesure que l’on approche du terme assigné à la terminaison des travaux. Pour compléter ce qui a trait au palais des industries diverses, disons qu’on étudie en ce moment, dans les bureaux de M. Coutamin les fermes de 3om qui doivent relier les deux ailes centrales du bâtiment et former, dans l’axe du Champ-de-Mars, une galerie allant du dôme du milieu jusqu’à la galerie des machines. Ces fermes seront espacées de 2 5“ de façon à se trouver dans l’alignement des piliers qui soutiennent les fermes de 2 5m déjà posées.
- La tranchée du quai d’Orsay est en bonne voie d’avancement, on a mis en place une certaine longueur de bordure de trottoir, ce qui indique que le nivellement général est terminé; de plus, des tas de pavés qu’on apporte constamment prouvent que sous peu la chaussée elle-même sera établie ; en se plaçant à une des extrémités de cette tranchée on peut se rendre compte de l’aspect que présentera cette nouvelle rue et, revenant sur notre impression première, nous pensons qu’elle ressemblera moins à un boyau que nous ne nous l’étions figuré d’abord-
- On poursuit activement les fondations du palais des machines, les terrassiers continuent le creusement des puits dont quelques-uns sont entièrement terminés et livrés aux maçons qui y exécutent les massifs d’appui ; bien entendu ce travail de maçonnerie ne se fait que du ,côté qui regarde le Trocadéro, dans l’autre côté on doit d’abord battre les pieux, besogne qui sera peut-être entamée quand paraîtront ces lignes ; cette partie de l’entreprise est très importante et pourrait bie 1 amener des surprises, car quelque soignés qu’aient été les sondages il est probable que la nature du sol. maintes foN bouleversé en cet endroit, fera naître des difficultés imprévues.
- p.741 - vue 315/496
-
-
-
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1809.
- 742. — TkOiSième Année. — N° i3j.
- Dimanche 14 Août 1887.
- Terminons en signalant l’installation définitive de tous les services dans le nouveau pavillon de l’avenue de Labourdonnais, on a complètement évacué le local de la rue de Varenne et bien que le nouveau bâtiment présente encore quelques petites lacunes, au moins quant à son emménagement intérieur tout y fonctionne déjà pour le mieux.
- H. de Baecker.
- ------—n—--------------
- INSTRUCTIONS
- AUX AGENTS DIPLOMATIQUES
- Sur la demande de M. Lucien Dautresme, mitre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, des instructions viennent d’être adressées par 'M. le ministre des affaires étrangères aux agents diplomatiques de France, en vue des mesures à prendre pour faciliter la participation à cette Exposition des étrangers appartenant au pays dont les gouvernements ne s’y feraient pas représenter officiellement.
- Voici le sens de ces instructions :
- Lorsque les gouvernements accordent leur patronage à des expositions internationales, leur intervention consiste principalement à désigner une commission dont le président et le bureau correspondent avec le commissariat général, soit diretement tout d’abord, soit, plus tard, par l’entremise d’un délégué envoyé ou choisi à Paris. C’est ce qui s’est fait en 1867 et en 1878. Cette méthode de travail, simple et sûre, qui écarte tout danger d’immixtion d’intermédiaires coûteux ou compromettants, peut être également adoptée même en l’absence de patronage officiel.
- Grâce aux initiatives privées, une commission nationale pourrait, en effet, se constituer dans chaque pays, en s’aidant au besoin de sous-comités établis dans les centres les plus importants. Les associations artistiques, agricoles, industrielles, les chambres de commerce, de hautes personnalités,dans le monde des affaires ou dans la presse seraient tout indiquées pour la formation de cette commission ; celle-ci agirait dans toute son indépendance; elle aurait à provoquer les demandes d’admission, à les centraliser, à statuer sur leur valeur, à grouper les envois, à faire auprès du ^gouvernement et des compagnies de transport les-démarches nécessaires pour obtenir toutes les facilités désirables ; enfin à s’assurer les ressources nécessaires à son fonctionnement. Elle choisirait également, pour la représenter à Paris, un délégué qui serait accrédité auprès du commissariat général.
- La note qui trace ainsi les mesures à adopter à l’étranger est complétée par un plan d’ensemble de l’Exposition et par des indications sur les dispositions réglementaires qui ont été prises jusqu’à ce jour, concernant le classement méthodique des produits, la localisation par groupes de nationalités distinctes de productions similaires dans les différents bâtiments du Champ-de-Mars et du quai d’Orsay, les transports à l’arrivée comme au départ, la manutention dans les enceintes de l’Exposition, la confection du catalogue et les frais divers qui incombent aux exposants pour les installations de leurs produits, les espaces étant toujours concédés gratuitement.
- Ces informations doivent être portées à la connaissance du public dans les differents pays intéressés par l’intermédiaire des agents diplomatiques et consulaires.
- ------- •"ilfîuiBâT' -------
- COMMISSION DE LA PRESSE
- FRANÇAISE
- Par arrêté en date du ier août 1887, sur la présentation des comités des syndicats et associations de la presse française, le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a constitué comme suit la commission de la presse française à l’Exposition :
- i° Syndicat de la presse parisienne.
- MM.IIébrard, Duverdy,Ch. Laureut, Ph. Jourde, Louis Gai, E. Guyon, Paul Meurice, Patinot, Portalis, Reinach, membres du comité; Baragnon, Gaston Carie, Paul de Cassagnac, G. Clémenceau, Alexandre Hepp. René d’Hubert, Charles Lalou, Ed. Magnier, H. Marinoni, Eugène Mayer, Arthur Meyer, Tlouillot. Piégu, de Rodays, II. Rochefort, Victor Simond, Pierre Véron.
- 20 Associations des journalistes républicains
- MM. Paul Strauss, vice-président; Raoul Canivet, secrétaire général; H. Bauer, Ch. Henry, Alph. Humbert, de la Pommeraye, Ed. Lepelle-tier, Ranc.
- 30 Association des journalistes parisiens.
- MM. Mézières, president; Léris, secrétaire, Duguiès, Edwards, Foucher, Ch. Fouquier, Ed. Hervé, Jollivet.
- 4° Associations diverses de la presse départementale
- MM. Brière, G. Laffineur, G. Simon, Chapon, Dubar, Guy, Montlouis, Réal, Grimblot, Robert, E. Merson, de Lassalle.
- 5° Presse indépendante ou spéciale.
- MM. Bourajeas, Couzinet, David, Dautresme, Ferrouillat, Gonse, Hubert, Marc, Max de Nan-souty, H. de Parville, docteur Richet, Valentin Simond, Gaston Tissandier, Eugène Véron.
- COMITÉ DÉPARTEMENTAL
- DE LA COTE-D’OR
- Par arrêté en date du 6 août 1887, le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a constitué comme suit le comité départemental de la Côte-d’Or :
- i° Sous-comité de l’arrondissement de Dijon. MM. Magnin, sénateur.
- Mazeau, sénateur, garde des sceaux, ministre de la justice.
- Dubois, député.
- Lévêque, député.
- Adler, président du tribunal de commerce d’Auxonne.
- Amiot , propriétaire à Sainte-Marie-sur-Ouehe.
- Arbaumont (d’), président de l’académie des sciences, arts et belles-lettres de Dijon.
- Aubine, contrôleur des télégraphes, à la gare de Dijon.
- Badet, secrétaire de la société des amis des arts, à Dijon.
- Bargv (Amédée), industriel à Dijon.
- Bassot (Auguste), industriel à Renève.
- Bedel,' industriel à Bize.
- Beffara, directeur de la succursale de la Banque de France, à Dijon.
- Bellenet, fabricant de sphères géographiques à Dijon.
- Berthaut, agriculteur à Genlis.
- Bing, négociant en houblons à Dijon.
- Boisserand, tanneur à Dijon.
- Bordet, président du tribunal de commerce de Dijon.
- Bouchard, fabricant de savons à Dijon.
- Chaudouet, architecte départemental, à Dijon.
- Chavin, vinaigrier à Dijon.
- Chevrot, architecte à Dijon.
- Chopard, président du comice agricole de Genlis.
- Colot-Laurent, constructeur-mécanicien à Dijon.
- Cotétidot, entrepreneur de menuiserie à Dijon.
- Gugnotet, président de la société des amis des arts, à Dijon.
- Dameron, sculpteur à Dijon.
- Darantière, imprimeur à Dijon.
- Daussay, ébéniste à Dijon.
- Delanne, cultivateur à Drarabon.
- Deschamps, inspecteur d’académie, à Dijon.
- Dugas, vice-président du conseil des prud’hommes, à Dijon.
- Dumont, directeur de la fabrique d’encre, à Dijon.
- Eisenmann, négociant en houblons à Dijon.
- Ferry, entrepreneur à Dijon,
- Focillon Lavergne, constructeur à Dijon.
- Fontaine (Denis), entrepreneur de menuiserie à Dijon.
- Fontbonne, liquoriste à Dijon.
- Gaffarel (Paul), membre de la société départementale de ' géographie et d’histoire, à Dijon.
- Garnier (Joseph), membre de l’académie des sciences, arts et belles-lettres de Dijon.
- Gaulin-Dunoyer, président, de la chambre de commerce à Dijon.
- Gelin, vice-président du comice agricole de Fontaine-Française.
- Glaize, conservateur du musée de Dijon.
- Girodet, ancien agriculteur, à Is-sur-Tille.
- Gremeaux, ancien président du conseil de prud’hommes, à Dijon.
- Grenier, négociant à Plombières.
- Guinchard fils, fabricant de limes à Dijon.
- Guillemot (Paul), négociant en vins à Dijon.
- Jacotot, directeur de la poudrerie de Von-ges.
- Joliet (Albert) , ' photographe des beaux-arts, à Dijon.
- Laguesse, directeur du Jardin des plantes, à Dijon.
- MM. Lunyt, ingénieur des mines, à Dijon.
- Leclerc-Maître, industriel à Dijon.
- Lescure, industriel à Selongey.
- Levêque (Armand), cultivateur, industriel à Saint-Seine-l’Abbaye.
- Lory (Ernest), membre de la commission des antiquités de la Côte-d'Or.
- Magnien, professeur départemental d’agriculture, à Dijon.
- Marc (Etienne), éleveur à Chevigny-Saint-Sauveur.
- Marceau, industriel à Is-sur-Tille.
- Marchand, vice-président de.ia société d’horticulture, maire de Dijon.
- Mattenet, directeur des ateliers de construction.
- Messner, brasseur.
- Meurgey, industriel à Tarsul.
- Margottet, directeur de la station agronomique.
- Mocquery, ingénieur en chef du départe ment.
- Mulot, fabricant de pains d’épices.
- Munier (Frédéric)^ liquoriste.
- Mony-Refroignet, cultivateur à Franche-ville.
- Paupion, artiste peintre.
- Perdrix, propriétaire à Fontaine-Française.
- Pernot (Gilles), ancien industriel.
- Perriquet, propriétaire à Orville.
- Perrin, maître de forges à Til-Châtel.
- Poupon, distillateur à Fauverney.
- Régnier (Jules), négociant en vins, membre de là société bourguignonne de géographie et d’histoire.
- Robelin, industriel.
- Ronot, directeur de l’école des beaux arts..
- Roux, président du comice agricole, à Auxonne.
- Strodot, architecte.
- Fhomas-Bassot, négociant en vins à Ge-vrey.
- Trivier-Carré, brasseur.
- Verneau, pharmacien.
- 20 Sons-comité de l’arrondissement de Beaune.
- MM. Joigneaux, député.
- Sadi Carnot, député.
- Amiel, ancien industriel, à Seurre.
- Bahèzre (de), ancien, négociant, à Nuits.
- Barde (Pierre), industriel.
- Beaudet (Alphonse), négociant,, président du tribunal de commerce.
- Boudier, propriétaire, secrétaire du comice agricole de Nuits, à Corgoloin.
- Bouchard (Antonin), négorianten vins, président de la chambre de commerce.
- Bouchard (Paul), ancien négociant, maire.
- Bouchard (Ernest), négociant en vins.
- Boudriot, distillateurs Nolay.
- Bouhey-Allex, viticulteur à Villers-la-Faye..
- Bourgeois (Antonin), négociant en vins.
- Carré (Louis), propriétaire à Echenon.
- Capitain-Gagnerot, propriétaire à Serrigny.
- Chapuis, cultivateur à Lusigny-sur-Ouche.
- Champenois, ancien professeur à Arnay-le— Duc.
- Chauvelot, propriétaire à Chorey.
- Chauvenet-Chauvenet, négociant à Nuits.
- Communaux (Léon), industriel à Arnay-le-Duc.
- Cloutier-Martin, industriel.
- Compain, délégué cantonal, à Arnay-le-Duc,
- Coqueugniot, industriel à Liernais.
- Cunisset (Emile), trésorier du comice agricole, à Pouilly-en-Auxois.
- Dubois, membre de la chambre de commerce de Beaune, à Chassagne.
- Dubois (Armand), industriel à Pouilly-en-Auxois.
- Flachot, propriétaire à Seurre.
- Gagey, négociant à Rouvres-sous-Meillv,
- Gardent, propriétaire à Saint-Roman.
- Giboulot, tanneur à Nolay.
- Guyton, docteur-médecin, président du comice agricole de Nuits.
- Jaffelin (Henri), distillateur.
- Jeannot, négociant à Saint-Jean-de-Losne.
- Laboure-Gontard, négociant à Nuits.
- Lebeault, maire de Bligny-sur-Ouche, propriétaire.
- Latour (Louis), négociant.
- Lyoen, directeur de l’école de viticulture
- Malatray, cultivateur à Eguilly.
- Marsot (Aristide), marchand de bois à Bouil-land.
- Masson, agriculteur, maire d’Eguilly.
- Michaud, propriétaire à Chamblanc.
- Michon (André), ingénieur civil.
- Mignotte (Adrien), négociant à Chassagne..
- Montov (Arthur), membre de la chambre de commerce.
- Mouillon, banquier à Saint-Jean-de-Losne.
- Perron, propriétaire à Ruffey-lès-Beaune.
- Ricaud (Jules), brasseur.
- Rousseau (Jean), président du comice agricole, à Brazev-en-Plaine.
- Terrand (Nicolle), agriculteur à Ruffey les-Beaune.
- p.742 - vue 316/496
-
-
-
- Troisième Année. — N° 1:7,-.
- MM. Thomeret (Jules), iudustriel à Arnay-le-Duc.
- Vieillard (François), agriculteur à Laroche-pot.
- Vollot, banquier, maire d’Arnay-le-Duc.
- 3° Sous-comité de Varrondissement de Châtillon.
- MM. Leroy, député.
- Boutequoy, maire.
- Arnault, propriétaire, maire de Baigneux-les-Juifs.
- Bazin, directeur de la sucrerie.
- Bordet (Alfred), président du comice agricole, à Recey-sur-Ource.
- Bouchot-Méan, négociant à Aignal-le-Duc, conseiller municipal.
- Bricet, banquier.
- Charles, propriétaire, ancien notaire, à Recey-sur-Ource.
- Cailletel, maître de forges.
- Chauvel, propriétaire, vice-président du comice agricole, à Laignes.
- Constant (Elysée), maire de Montigny-sur-Aube.
- Coucheny, constructeur-mécanicien à Ver-donnet.
- Daguin, propriétaire, maire de Chameson.
- Gautrelet, docteur-médecin, maire de Vou-laines.
- Gomand, négociant, à Vanvey-sur-Ource.
- Guerlorget, négociant, adjoint au maire.
- Guilleminot, propriétaire à Laignes.
- .Japiot, propriétaire éleveur, vice-président du comité d’agriculture.
- Leclerc, imprimeur.
- Lhomme, maître de forges, conseiller d’arrondissement.
- . Louvain, propriétaire, conseiller municipal à Chamesson.
- Maître (Achille), président du comité d’agriculture.
- Maître (Edouard), -propriétaire., usinier à Montignv-sur-Aube.
- Minot (Georges), négociant, conseiller municipal à Châtillon.
- Minot (Roger), négociant.
- Misset, président du comice agricole, maire d’Aignay-le-Duc, conseiller général.
- Monniot (Jean-Baptiste), président du comice agricole, à Baigneux.
- Morat, banquier, maire de Recey, membre de la chambre consultative d’agriculture.
- Mortet, directeur des usines de Sainte-Colombe, maire de Sainte-Colombe.
- Nouvion, président du tribunal de commerce.
- Rémond, propriétaire, maire de Villaines-en Duesmois.
- Sirdey, maire de Fontaine-en-Duesmois.
- Vandeau vétérinaire.
- Vaufrouard, négociant à Montigny - sur-Aube.
- 4e Sous-comité de l'arrondissement de Se mur
- MM. Hugot, sénateur.
- Spuller, député, ministre de l’instruction publique, des cult'es et des beaux-arts.
- Belime, propriétaire,à Vitteaux.
- Bertrand, membre du comité d’agriculture, à Villars-Villenotte.
- Bizouard Bert, tanneur, à Saulieu.
- Bizouart-Grosbois, tanneur.
- Bonnard, propriétaire à Saulieu.
- Bouhey, maître de forges, maire de Vieux-Château.
- Cambillard, négociant à Précy-sous-Thil.
- Chalochet, propriétaire à Saulieu.
- Chevalier, ancien négociant, maire de Se-mur.
- Collenot, président delà société des sciences de Semur.
- Co art, vice-président du comice agricole de Précy-sous-Thil.
- Creuzé, secrétaire delà société des sciences.
- Debias, propriétaire, rnaire.de Clamerey.
- Durandeau, négociant en draps, maire de Vitteaux.
- Foy, vétérinaire, vice-président de la chambre consultative d’agriculture.
- Foy de Beauvais, propriétaire à Sainte-Euphrone.
- Frie, directeur de la compagnie des phosphates, à Semur.
- Gaveau, fabricant de poteries, maire de Montbard.
- Gauthier (Auguste), propriétaire à For-léans.
- Girodet, propriétaire, membre du comice agricole de Semur, à Villars-Villenotte,
- Grognot, tanneur, adjoint au maire de Précy.
- Guillemin,ot, propriétaire, maire de Touil-lon..
- Jobard, propriétaire, membre du comice agricole de Flavigny, à Darcey.
- Mathieu-Tabourey, négociant à Pouillenay.
- Meugniot, vétérinaire départemental, ’à Précy-sous-Thil.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE i
- Dimanche 14 Août 1SS7. — 74a.
- MM. Mouchot (Jean), propriétaire à Tholay-la-Perchère.
- Picard (Auguste), propriétaire, membre du comité d’agriculture, à Vic-sous-Thil.
- Pichenot, tanneur à Saulieu.
- Picoche, propriétaire, conseiller d’arron-_ dissement, à Saint-Didier.
- Piot, entrepreneur de chemins de fer, à Montbard-
- Robespierre (de), directeur des mines de Sincey-lès-Rouvray.
- Savot, propriétaire, membre du comité d’agriculture, à Saint-Thibault.
- Theurreau, propriétaire à Gissey-le-Vieil.
- Thierry, président du comice agricole d’Ancy-le-Franc, maire de Buffon.
- Verdot, directeur de l’Echo de l’Auxois, membre du comité de surveillance du musée.
- ------——------------------------
- PREMIÈRE RÉUNION
- DU
- COMITÉ DÉPARTEMENTAL
- DE LOIR-ET-CHER
- F La séance est ouverte à 2 h. et demie, sous la présidence deM.EJ. Vatin, préfet de Loir-et-Cher, qui remercie les membres du Comité départemental de s’être rendus en grand nombre à son appel et d’avoir accepté la mission que M. le mitre du commerce et de l’industrie leur a confiée.
- Il compte sur le bon vouloir de tous pour mener à bien la grande œuvre que le gouvernement de la République a entreprise.
- « Le département de Loir-et-Cher, dit M. le Pré-ci fet, n’est pas comme le Nord, la Seine-Inférieure « ou le Rhône, un pays de grande production in-« dustrielle. 11 est plus connu par les superbes « moissons de sa plaine de Beauce, par les vigno-« blés qui tapissent les coteaux du Cher et de la » Loire, que par ses manufactures.
- « Son renom, dans le domaine de l’art, il le doit « à ses merveilleux châteaux de la Renaissance,
- « fleurs de pierre écloses dans le jardin de la « France, bien plus qu’à son mouvement industriel « ou commercial. Le Loir-et-Cher est un écrin « dont les joyaux ne peuvent être déplacés.
- « Mais, ce serait se tromper que de croire notre « beau département impuissant à concourir à « l’Exposition qui s’apprête. N’avons-nous pas à « Blois des fabriques de céramique, dont les pro-« duits sont justement appréciés en France et « même à l’étranger? Ne comptons-nous pas d’im-« portantes manufactures de chaussures ? Le cho-« colat de Blois est connu partout, comme les a draps‘manufacturés à Romorantin. Dans l’arron-« dissement de Vendôme, la métallurgie et l’in-« dustrie du verre sont représentées, les tanneries « et corroieries sont florissantes.
- u Au point de vue agricole, le Loir-et-Cher ne « le cède, je suppose, à aucune des régions les « plus favorisées et mieux cultivées de notre ter-« ritoire.
- « Aussi, ai-je le ferme espoir que vous justifierez « que notre beau département tiendra une place « honorable dans la grande et pacifique manifes-« tation par laquelle le gouvernement de la Répu-.,« blique et les Chambres ont décidé de célébrer « le centenaire de notre.glorieuse Révolution. »
- (Marques nombreuses d’assentiment.)
- Il est ensuite donné connaissance à l’Assemblée des lettres d’excuse de plusieurs membres du Comité qui ne peuvent assister à la séance.
- M. le Préfet propose de procéder à la constitution des bureaux conformément à la règle indiquée dans les circulaires ministérielles et suivie jusqu’à ce jour dans les autres départements.
- Le Bureau du Comité départemental plénier pourrait être.formé ainsi qu’il suit : un président ; comme vice-présidents, les présidents des sous-comités d’arrondissement ; un trésorier.
- Les propositions de M. le Préfet sont adoptées.
- Le scrutin est ouvert pour l’élection du président.
- MM. Moreau et G. Lemaire, les deux plus jeunes membres, sont désignés comme scrutateurs.
- Résultat du scrutin.
- Votants.............45
- MM.Deniau. . ..............33 voix
- Dufay....................... 3
- Tassin...................... 1
- Normand. . .............. 1
- Bulletins blancs............ 5
- M. le préfet proclame M. Deniau, député, président du Comité départemental plénier, et le prie de venir prendre place au bureau.
- M. Deniau prend la parole en ces termes :
- « Je suis profondément touché de la flatteuse « manifestation qui vient de se produire en mon « nom.
- « Recevez tous mes remerciements pour les suf-« frages dont vous avez bien voulu m’honorer, et « soyez persuadés de mon zèle et de mon dévoue-« ment dans l’accomplissement de l’importante « mission que le gouvernement de la République « nous confie.
- « Je compte sur votre expérience, sur vos « lumières’, pour m’aider dans cette tâche honora-« ble, et je suis assuré que le gouvernement de la « République trouvera en vous un concours effi-« cace pour le succès de l’œuvre grandiose et patrio-« tique de l’Exposition universelle de 1889. » (Approbation).
- M. le préfet invite l’assemblée à se diviser par sous-comités d’arrondissement, à l’effet de procéder à l’élection des présidents et secrétaires de chaque sous-comité, qui tous seront vice-présidents et secrétaires du Comité départemental plénier.
- Les votes donnent les résultats suivants :
- Election des présidents.
- Sous-comité de Blois. Président : M. Brisson» négociant, conseiller d’arrondissement à Blois.
- Sous-comité de Romorantin. Président : M. Su-drot, membre du tribunal de commerce de la Seine, maire de Lassay.
- Sous-comité de Vendôme. Président: M. Berger, minotier, conseiller général à Vendôme.
- Election des Secrétaires.
- Sous-comité de Blois. Secrétaire : M. G. Lemaire, président du syndicat des commerçants en vins, distillateur à Blois.
- Sous-comité de Romorantin. Secrétaire : M. Blan-chet, président du tribunal de commerce, à Romorantin.
- Sous-comité de Vendôme. Secrétaire : M. Chau-tard, architecte départemental à Vendôme.
- Il est enfin procédé à l’élection du trésorier du Comité départemental.
- Résultats du scrutin.
- Votants. ...... 40
- MM. Rousset......................35 voix
- Moreau...................... 1
- Bulletins blancs............ 1
- M. Rousset, manutacturier à Blois, est élu trésorier du Comité départemental.
- En conséquence, le bureau du Comité départemental plénier, et le bureau des sous-comités d’arrondissement sont constitués ainsi qu’il suit :
- Comité départemental.
- Président d’honneur : M. le préfet de Loir-et-Cher.-
- Président : M, Deniau.
- Vice-Présidents: MM. Brisson, Sudrot.et Berger-
- Trésorier : M. Rousset.
- Sous-comité de F arrondissement de Blois.
- M. Brisson, président.
- M.'Georges Lemaire, secrétaire.
- Sous-comité de Varrondissement de Romorantin.
- M. le sous-préfet de Romorantin, président d’honneur.
- M. Sudrot, président.
- M. Blanchet, secrétaire.
- Sous-comité de l’arrondissement de Vendôme
- M. le sous-préfet de Vendôme, président d’honneur.
- M. Berger, président.
- M. Chautard, secrétaire.
- M. le préfet rappelle que le Comité départemental et les sous-comités dont il est formé ont pour mission :
- i° De faire connaître dans toute l’étendue du département les règlements concernant l’organisation de l’Exposition et de distribuer les formules de demandes d’admission, ainsi que tous autres documents relatifs à l’Exposition ;
- 20 De signaler le plus tôt possible les principaux artistes, agriculteurs et manufacturiers dont l’admission à l’Exposition universelle semblera particulièrement utile à l’éclat de cette solennité ;
- 3° De provoquer les expositions des produits industriels, agricoles et horticoles du département ; .
- 40 De provoquer et d’organiser, s il. y a lieu, le groupement collectif des produits similaires du département, et d’accréditer un délégué chargé de représenter chaque exposition collective ;
- 50 De préparer, s’il y a lieu, par voie de souscription,ou par toutes autres mesures, la création d’un fonds spécial destiné à faciliter^ la visite et l’étude de l’Exposition universelle à un certain nombre de contre-maîtres, d’ouvriers et de cultivateurs du département.
- p.743 - vue 317/496
-
-
-
- 744' “ Troisième Année — N° 107.
- LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 14 Août 1887,
- COMITÉ DÉPARTEMENTAL
- DU CHER
- Président. — M. Henri Brisson, député, 9, rue Mazagran, Paris.
- Vice-Présidents. — MM. Boulard, président du Conseil général, conseiller à la Cour, 26, boulevard de l’Arsenal ; Neiret, conseiller général, maire de Saint-Symphorien à Châteauneuf-sur-Cher ; Mingasson, ancien député, maire de Veau-gues.
- Secrétaire. — M. Pernolet, député du Cher, 10. avenue de l’Opéra etSaint-Prix, par Saint-Leu Taverny (Seine-et-Oise).
- Sons-comité de l'arrondissement de Bourges
- Président. — M. Boulard, président du Conseil général.
- Secrétaire. — M. Pascault, architecte départemental, 68, avenue de la Gare, Bourges.
- Sous-comité de F arrondissement de St-Amand
- Président. — M. Neiret, conseiller général.
- Secrétaire. — M. Desnoues, propriétaire, agriculteur, à Orval, par Saint-Amand.
- Sous-comité de F arrondissement de Sancerre
- Président. — M. Mingasson, ancien député, maire de Veangues.
- Secrétaire. — M. Bitard, banquier, adjoint au maire de Sancerre.
- -------———.r agir . <gHg>-© Tiaan-—--
- COMITÉ DÉPARTEMENTAL
- D’ILLE-ET-VILAINE
- Par arrêté en date du 4 août 1887, le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a constitué comme suit le comité départemental d’Ille-et-Vilaine :
- i° Sous-comité de F arrondissement cle Rennes.
- MM. Le Bastard, sénateur, maire de Rennes.
- Martin Feuillée, député,
- Waldeck-Rousseau, député.
- Greset, conseiller général, à Rennes.
- Guillard, conseiller général, à Rennes.
- Maugère, agriculteur, _ conseiller général, maire de Bourg-Barré.
- Aubrée, vice-président du commerce agricole de Hédé.
- Beaufils, président de la chambre de commerce de Rennes.
- Bérard-Péan, président de l’exposition industrielle de Rennes.
- Bilard, agriculteur, conseiller d’arrondissement, à Cesson.
- Binard, président du tribunal de commerce de Rennes.
- Champion, agriculteur, fabricant de fromages àFeims.
- Courtault, mécanicien à Rennes.
- Decombe, président de la société archéologique de Rennes.
- Galery, agriculteur, maire deThorigné.
- Gaultier, maire de Janzé.
- Guy, fondeur, conseiller d arrondissement à Rennes.
- Hérissant,'directeui de la ferme-ecole des Trois-Croix à Rennes. ,
- Jan, directeur du musée de peinture à Rennes. . ,
- Launay, vice-président du comice agncoie, maire de Châteaugiron.
- Lechartier, directeur de la station agronomique à Rennes.
- Martin Chapsal, négociant à Rennes.
- Nicolas, vétérinaire, chef du service sanitaire du département, a Rennes.
- 2<> Sous-comite de F arrondissement de S a int—APalo
- MM. Durand, député.
- Hovius, député. _ , , ,
- Hervoches, conseiller genei al, picsident de la commission départementale.
- Martin (Louis), conseiller général.
- Aubrée, tanneur, maire de Tintémac.
- Ghaplain, négociant à Dinard
- Demalvilain, président du tribunal de commerce, à Saint-Servan.
- Galène, négociant à la Ville-és-Nonais.
- Garçon, maire de Cuguen.
- Herclat, marchand à Gancale.
- Lamotte, tanneur à Dol.
- Péraldi. épicier à Saint-Malo..
- Touzard, président du comice agricole, a Roz-sur-Couesnon.
- 3e Sous-comité de l'arrondissement de Fougèi es
- MM. Roger-Marvaise, sénateur.
- Le Hérissé, député.
- MM. Bazillon, propriétaire, conseiller d arrondissement.
- Cesvet, négociant à Fougères.
- Chantepie (Auguste), fabricant de chaussures.
- Chantepie, agriculteur, adjoint au maire de Fougères.
- Delatouche, docteur en médecine, conseiller d’arrondissement.
- De la Riboisière, président de la société agricole fougeraise, à Louvigné-du-Dé-sert.
- Houssaye, fabricant de chaussures à Fougères.
- Lancelot, fabricant de chaussures à Fougères.
- Madiot, président du tribunal de commerce de Fougères.
- Marre , propriétaire-agriculteur, notaire, à Antrain.
- Morel-Haichais, négociant, membre de la chambre de commerce de Fougères.
- 4° Sous-comité de F arrondissement de Vitré.
- MM. Récipon, député.
- Roulleaux, conseiller général du canton de Rétiers.
- Daussy, maire de Martigné-Ferchaud.
- Desprès, propriétaire - agriculteur à la Guerche.
- Dubois (Louis), négociant en vins à Vitré.
- Giraud, docteur en médecine à Argentré.
- Guillaume, négociant à Châteaubourg.
- 5° Sous-comité de l’arrondissement de Redon.
- MM. Brice (René), député, président du comice agricole du Sel.
- Guérin, notaire, conseiller général, à Bain.
- Normand, négociant, conseiller général, à Redon.
- Bellet, négociant, conseiller d’arrondissement, à Guipry.
- Boutin, agriculteur, conseiller d’arrondissement, à Goven.
- Bréal, agriculteur, conseiller d’arrondissement, à Saulnières.
- Lelanoë, minotier, maire de Bourg-des-Comptes.
- Fournier fils, cultivateur, les Brûlais.
- Lavigne, agriculteur, adjoint au maire à la Dominelais.
- Simon (Fidèle), président du comice agricole de Bain, minotier au Plessis-Gar-doul.
- 6° Sous-comité de F arrondissement de Mont-fort.
- MM. Pinault, député, à Montfort.
- Perdriel, négociant, conseiller général, à Montauban.
- André, fabricant tanneur à Plélan.
- Bellouard, président de la chambre consultative d’agriculture, à Gaël.
- Gallerand, agriculteur, vice-président du comice agricole, à Montfort.
- Jéhannin, tanneur, maire de Bécherel.
- Legendre, notaire à Saint-Méen.
- Rallé, conseiller d’arrondissement, maire de Saint-Péran.
- Robert, maire de Muel, conseiller d’arrondissement.
- BUREAUX DES
- COMITÉS DÉPARTEMENTAUX
- JURA
- Président. M. le général Grévy, sénateur, 99, quai d’Orsay, à Paris.
- Vice-Presidents. MM. Lefort, conseiller général et Maire d’Arbois ; Prost, président dé jà chambre de commerce à Lons-le-Saulnier ; Ruffier, archi tecte départemental, à Dole ; le Président du Sous-Comité de St-Glaude, qui n’est pas encore nommé.
- Secrétaires. MM. Carmantrand, président du Tribunal de commerce, à Lons-le Saulnier ; Droz, Membre de la chambre de commerce, à Lons-le-Saulnier ; Labordère, conseiller général, à Lons-le-Saulnier ; Melcot, chef de division à la préfecture du Jura, à Lons-le-Saulnier.
- Secrétaire-adjoint M. Sire, ingénieur civil, à Lons-le-Saulnier.
- Sous-Comité de l’arrondissement de Dole
- Président. M. Ruffier.
- Vice-Président. M. Pernin-Courtot, fondeur, à Dole.
- Secrétaires. MM. Javelle, exploitant de carrières, à Dampairs ; Lacroix, constructeur-mécanicien, à Dole ; Neveu, maitre de verrerie, à La Vieille-Loge.
- Sous-Comité de F arrondissement de Lons-le-Saulnier
- Président. M. Prost.
- Vice-Présidents. MM . Carmantrand ; Labordère.
- Secrétaires. MM. Droz ; Melcot.
- Voir Comité départemental.
- Sous-Comité de F arrondissement de Poligny
- Président. M. Lefort.
- Vice-Présidents. MM. Brochet, ancien marchand de bois, à Chamblay; Saurtat, président de la société d’agriculture, sciences et arts de Poligny, à St-Lothain.
- Secrétaire. M. Page, faïencier, à Salins. Secrétaire-adjoint. M. Duboz, agriculteur à Chillv-sur-Salins.
- Le bureau du Sous-Comité de l’arrondissement de St-Claude n’est pas encore constitué.
- ME U RTH E-ET-MOSELLE
- Président. — M. Rogé, maître de forges à Pont-à-Mousson.
- Vice-Présidents. — MM. Maguin, administra» teur des soudières de la Madeleine, à Nancy;. Aubry, président du comice agricole de Toul," à Bellevue, près Toul.
- Secrétaires. — MM. Galle', fabricant de cristaux d’art, à Nancy; Hatzfeld, ingénieur à Nancy.
- Sous-comité de F arrondissement de Nancy
- Président. — M. Rogé.
- Vice-Président. — M. Maguin.
- Sous-comité de F arrondissement de Briey
- Secrétaires. —MM. Galle'; Hatzfeld.
- Voir comité départemental.
- Président. — M. Raty, maître de forges à Saulnes.
- Vice-Président. — M. Colas, manufacturier à Pierrepont.
- Secrétaire. — M. Perrin, inspecteur primaire à Briey.
- Sous-comité de F arrondissement de Lunéville
- Président. — M. Viox, député,à Lunéville.
- Vice-Président. — M. Erard,industriel à Jolivet.
- Secrétaire. — M. Majorelle, inspecteur des forêts à Lunéville.
- Sous-comité de F arrondissement de Toul
- Président. —M. Aubry, président du comice atri* cole de Toul, à Bellevue, près de Toul.
- Vice-Président. — M. Stef, viticulteur à Thian-court.
- Secrétaire. — M. Ledroit, inspecteur primaire-à Toul.
- ORNE
- Président. — M. Gévelot, député.
- Vice-Présidents. — MM. Marchand - Saillant,, maire d’Alençon; Christophle, gouverneur du Crédit Foncier ; Abadie, conseiller général; Decaux conseiller général.
- Secrétaire. — M. Larobertie, chef du cabinet du préfet de l’Orne.
- Trésorier. — M. Fresnais, président de la Chambre consultative des arts et manufactures d’Alençon.
- Délégués des sous-comités. — MM. Arnoul, architecte du département ; Lelièvre, président du Tribunal de commerce et de la chambre consultative des arts et manufactures de Fiers; At3 Lherminier, conseiller général; Bertheaume, maire de la Génevraie et membre de la chambre consultative d’agriculture.
- Sous-comité de F arrondissement, d’Alençon
- Président. — M. Marchand - Saillant , maire d’Alençon.
- Vice-F^résidents. — MM. Lequesnay, industriel et conseiller général ; Houel, président du syndicat des agriculteurs de l’Orne, membre de la chambre consultative d’agriculture.
- Secrétaire. — M. Langlais, professeur départemental d’agriculture.
- Trésorier. — M. Fresnais, président de la chambre consultative des arts et manufactures d’Alençon.
- Sous-comité de l’arrondissement d’Argentan
- Président. — M. Decaux, conseiller général.
- Vice-Présidents. — MM. Ozenne, président du tribunal de commerce d’Argentan ; Boschet, maire d’Argentan, conseiller général.
- Secrétaire. — M. Grégoire, éleveur à Almenè-ches.
- Trésorier. — M. Gérard, président du tribunal de commerce de Vimoutiers.
- p.744 - vue 318/496
-
-
-
- {
- *.* ' ''-’/f'Hù iiï.-kï
- p.n.n. - vue 319/496
-
-
-
- N° 137
- LE MONITEUR re ^POSITION DE 1889
- Dimanche 14 Août 188’
- EXPOSITION UNIVërselle de i8ô9
- SOUBASSEMENT dE LA TOUR
- EIFFEL
- p.dbl.n.n. - vue 320/496
-
-
-
- p.n.n. - vue 321/496
-
-
-
- Troisième Année. — N° i3y.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1S89.
- Dimanche 14 Août 1887. — 743.
- Sous-comité de l’arrondissement de Domfront
- Président. — M. Gévelot, député.
- Vice-Présidents. — MM. Duperron, conseiller général, maire de Fiers ; Le Meunier de la Rail-lière, conseiller général, maire de la Ferté-Macé.
- Secrétaire. — M. Velay, conseiller général.
- Trésorier. — M. Blanchetière, membre de plusieurs sociétés savantes, ancien maire de D0111-front.
- Sous-comité de l'arrondissement de Mortagne
- président. — M. Abadie, conseiller général.
- Vice-Présidents. — MM. A. Lherminier, conseiller général ; Bansard des Bois, conseiller général.
- Secrétaire. —- M. Nocher, fabricant de chaussures à Laigle.
- Trésorier. — M. Mouchel, manufacturier à Rai.
- L’ALLEMAGNE & L’EXPOSITION
- DE 1889
- La presse allemande ne croit pas que les industriels répondront nombreux à l’invitation que '''vient de leur adresser le ministère des affaires étrangères pour les engager à envoyer non officiellement leurs produits à l’Exposition de 1889.
- Les avantages qu’on nous promet, dit le Tage-blatt de Berlin, feront difficilement oublier aux industriels le peu d’amabilité avec lequel on traite en France tout ce qui est allemand.
- Le Courrier de la Bourse dit à ce sujet qu’il espère qu’aucun Allemand n’oubliera ce qu’il doit à la dignité nationale.
- ÉCHOS
- Paris
- On prépare, parait-il, une exposition de caricatures qui s’étendrait depuis le commencement du siècle jusqu’aujourd’hui et dont l’ouverture aurait lieu prochainement.
- L’époque de Louis-Philippe serait particulièrement brillante et riche en curieux documents.
- ¥ ¥
- Vendredi dernier 12, a eu lieu au Palais de l’Industrie, sous-la présidence de M. Lucien Dau-tresme, ministre du commerce et de l’industrie, la cérémonie officielle d’inauguration de la 9e exposition des Arts décoratifs.
- ¥ ¥
- D épartements
- Le Journal des Arts nous apprend qu’à l’occasion de l’exposition d’horticulture, une exposition de beaux-arts a été inaugurée à Fontenay-sous-Bois le 31 juillet et clôturée dimanche dernier.
- ¥ ¥
- La trente-deuxième exposition organisée àDouai par la Société des Amis des Arts, a eu lieu à l’Hôtel de Ville, du 10 au 31 juillet. Elle réunissait 239 œuvres d’art, la plupart fort intéressantes.
- *
- ¥ ¥
- Un congrès viticole aura lieu à Mâcon les 20, 21 et 22 octobre 1887. 11 sera accompagné d’une exposition de plants, de vins, de cépages, d’instruments utiles à la viticulture. Cette exposition commencera le 10 octobre.
- Le comité tiendra six séances, dans lesquelles les questions suivantes seront traitées:
- 1° Moyens curatifs, préventifs et palliatifs, pour lutter contre le phylloxéra ;
- 2° Reconstitution par les cépages résistants ; producteurs directs et hybrides ; porte greffes. — Résultats acquis ;
- 3° Maladies cryptogamiques ; mildew, antrach-nose, oïdium; etc. ;
- 4° Accidents atmosphériques et affections diverses : coulure, chlorose, gelée ;
- 5° Mesures législatives et administratives les plus propres à encourager la défense et la reconstitution du vignoble ;
- 0° Mesures à prendre pour empêcher l’introduction, la vente et la circulation sous le nom de vin,des boissons qui ne sont pas le produit exclusif et direct de la fermentation du jus de raisin h aïs ;
- 7* Communications diverses.
- ETRANGER
- Allemagne
- L’exposition internationale académique des beaux-arts, dont nous avons annoncé l’ouverture à Berlin, le 31 juillet dernier, compte 787 exposants, dont 732 de nationalité allemande.
- *
- ¥ ¥
- Une exposition d’horticulture ouvrira à la Stad-thalle de Mayence, clans la première quinzaine de septembre.
- ¥ ¥
- Une exposition générale photographique, organisée sous les auspices de la société pour le développement de la photographie et arts similaires, a «u lieu à Francfort, du 8 au 12 août.
- Très remarquée parmi les expositions étrangères, celle d’une maison australienne, réunissant une série de vues de la Nouvelle-Guinée.
- Angleterre
- Un confrère de Newcastle a établi un tableau comparatif des entrées, enregistrées dans les grandes expositions actuellement ouvertes en Angleterre, pour les neuf premières semaines, soit 54 jours.
- Les résultats sont : pour l’exposition de Newcastle, de 670,558 entrées ; pour celle de Manchester, de 1.369,701 ; pour celle de Saltaire, de 274,243.
- L’année deniière, les expositions d’Edimbourg, de Liverpool, et Coloniale de Londres avaient reçu durant le même temps, respectivement 896,770, 688,208 et 1.509,090 visiteurs.
- Les documents manquent cette année pour la seconde exposition de Liverpool et l’exposition américaine de Londres.
- L’exposition de Manchester tient actuellement la tête grâce à une large et intelligente publicité.
- ¥ ¥
- Autriche - Hongrie
- Le 3 août a été ouverte à Szent-Marton, dans le comitat hongrois deThurocz, une exposition de broderies slovaques qui se prolongera jusqu’au premier septembre.
- Cette exposition est accompagnée, mais seulement pour quelque temps, d’uue exposition d’ouvrages du peintre de Munich, Jaroslaw Vécin, dont l’œuvre illustre en grande partie la vie des populations slovaques et a par ce fait un grand intérêt au point de vue ethnographique.
- Espagne
- C’est demain lundi 15 août qu’aura lieu à Cadix, sous la présidence des ministres, l’inauguration de l’exposition maritime. M. Cambon, ambassadeur de France, y assistera, ainsi que la plupart des représentants des puissances étrangères.
- Les marines des puissances étrangères seront représentées, la marine anglaise par l’escadre de la Méditerranée, commandée par S. A. R. le duc d’Edimbourg ; la France par un cuirassé.
- Un bon exemple à suivre, dit notre confrère Inkention.
- La municipalité de Barcelone, en vue de l’Exposition internationale, qui se prépare dans la capitale catalane, a pris les dispositions nécessaires pour que cent hommes de la police commencent à suivre un cours de langue française qui leur permettra de renseigner et assister, en général, les visiteurs étrangers à.l’Exposition.
- *
- ¥ ¥
- Etats-Unis
- La société d’électricité de New-Vorh prépare pour l’automne prochain dans les locaux de l’Àmé-rican Institute, une grande exposition renfermant tout ce que la science de l’électricité a produit de plus récent, de plus nouveau.
- Le côté spécial et le plus intéressant de cette exposition sera l’accumulation ;de l’électricité et son application à la transmission de la force.
- *
- * #
- Italie
- Le Diritto dit que, avant de quitter Rome, le comte de Mouy, ainbàssadeur de France auprès du Quirinal, a conféré avec nos hommes d’Etat sur l’Exposition de 1889. Nous apprenons que notre gouvernement a déclaré vouloir appuyer le comité déjà constitué à cet effet.
- Nous saluons cette déclaration avec une vive satisfaction, car elle dissipera bien des malentendus et des doutes que nous regrettons.
- Le comte de Mouy a été autorisé à faire savoir à notre gouvernement qu’une section spéciale est réservée à l’Italie.
- i.^uiauuiiaïc uu macnines et appareils contre l’incendie qui ouvrira à Turin, le 28 août courant, aura une importance exception-nelle tant pour le nombre des exposants que pour 1 intérêt et l’importance des envois.
- Aux adhésions des municipalités italiennes des grandes fabriques nationales, des compagnies de pompiers, sociétés de sauvetage, etc., iîfaut ajouter celles des plus grandes maisons de New-\ork Londres Manchester, Cologne, Hanovre, Dresde Kiel, Gorhtz, Liège, Vienne, Buda-Pesth otockolm, etc., des pompiers de Barcelone et du conseil fédéral suisse. 1
- *
- ¥ ¥
- Jeudi dernier 11 courant, dit le BolJettino clelle tman.ee, Ferrocie et Industrie, a été ouvert le Concours-exposition agraire régional de Sienne.
- *
- ¥ ¥
- Une exposition de l’agriculture et des industries agricoles ouvre demain 15 août à Viterbe, pour se prolonger jusqu’au 25 septembre.
- ¥ ¥
- Belgique
- Le Temps dit que l’on a récemment inauguré à Bruxelles, en présence de Mgr Ferrata, nonce du Saint-Siège, une exposition de tous les présents qui. seront envoyés de Belgique au pape à l’occasion de son prochain jubilé.
- Cette exposition occupe plusieurs salles, et les présents, de chaque diocèse sont groupés dans un compartiment particulier. La majorité des objets exposés sont des garnitures d’autel, de l’orfèvrerie sacrée, des lampes et candélabres en argent et en-vermeil, du linge d’autel, des nappes de communion, etc.
- ¥ ¥
- République Argentine
- Le 26 juin dernier a été inauguré à Buenos-Ayres, par le président de la Chambre de Commerce italienne, un musée commercial consacré aux échantillons de l’industrie italienne. Ce musée se divise en cinq sections. La première, pour les tissus et la mercerie ; la seconde, pour les vins, comestibles et liqueurs ; la troisième pour les produits chimiques,matières médicinales, produits des industries extractives et travaux en bois ; la quatrième pour les manufacturés métalliques, la papeterie, la brosserie; la cinquième, pour les matériaux de construction.
- Le musée comprend plus de 4,000 expositions, distinctes , chacune accompagnée de tous les renseignements nécessaires.
- On assure que. le commerce d’importation italien, dans la territoire argentin, a augmenté de 500/0 depuis la constitution de la chambre de commerce italienne de Buenos-Avres.
- -— --- —•—^rïïinm -------——«
- SCIENCES & INDUSTRIE
- Nouveau chalumeau sans lampe
- Notre excellent confrère le Cosmos décrit d’après un de nos confrères étrangers, un nouveau chalumeau à la benzine dû à M. Jacob, de Moscou.
- Cet instrument se compose d’un réservoir central affectant une forme circulaire et dans lequel s’insèrent à la partie supérieure un tube de cuivre droit, à la partie inférieure, et directement en face un second tube de cuivre recourbé.
- Au centre de ce réservoir, dont elle ne touche point les parois, est une plaque à laquelle affleurent les deux tubes et qui porte à sa surface supérieure une mèche roulée en plusieurs circonvolutions.
- L’extrémité recourbée du tube inferieur est percée de plusieurs trous et enveloppée d’un manchon.. Pour se servir de cet appareil, on verse dans le tube supérieur, une quantité de benzine suffisante pour remplir la poche inférieure du réservoir. Si l’on insuffle de l’air par le même orifice, la benzine absorbée parla mèche centrale se vaporise et le mélange gazeux, peut être enflammé à l'extrémité du tube inférieur. Une flamme énergique s’y développe, d’une température suffisamment élevée pour fondre immédiatement un fil de cuivre de 2 millimètres de diamètre.
- Cette flamme, dans un appareil de taille moyenne, dure trois heures.
- If est inutile d’insister sur les grands avantages qu’offre cet ingénieux petit appareil utilisable
- ¥ ¥
- p.745 - vue 322/496
-
-
-
- 746 — Troisième Année. — N° i3~.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 14 Août 1887.
- tant pour les laboratoires que pour les usines et ateliers.
- *
- * *
- Un nouveau sucre
- Une nouvelle découverte vient, s’il faut encroire notre confrère Invention, d’être faite: dans les Indes Anglaises. .
- Elle porte sur les propriétés saccharines de la fleur du mahwa, ou moula, arbre élevé qui abonde dans la région méridionale de l’Hindous-tan. Cette fleur donnerait, assure-t-on, la moitié de son poids en sucre.
- ------——— ----------------
- L’EXPOSITION DES ARTS
- DÉCORATIFS
- Ce matin a eu lieu à dix heures l’ouverture de l’exposition des Arts décoratifs.
- M. Spuller, ministre de l’instruction publique et des beaux-arts a visité en détail l’exposition, accompagne de M. Antonin Proust, président de la société, et du haut personnel de l’exposition.
- Un banquet devait être offert ce soir à la presse ; mais, M. Spuller ne pouvant y assister, il a été remis à une date ultérieure.
- L’ouverture s’est faite sans aucune cérémQnie.
- A midi un punch a été offert aux invités.
- LA. FRANCE
- DANS L’AFRIQUE DU NORD Par M. Louis VIGNON ( 1)
- L’Algérie et la Tunisie auront, on le sait, une représentation exceptionnellement remarquable à l’exposition de 1889. CeS régions du Nord de l’Afrique exciteront vivement la curiosité studieuse, comme populations, territoires et produits de tous genres ? Comment ne pas s’intéresser à ces pages ? Vingt-huit heures de mer seulement les séparent de nous. L’Algérie (480,000 kilomètres carrés), et la Tunisie (117,000 kil. carrés) ont ensemble une superficie plus étendue que le sol delà vieille France <530,000 kil. carrés).
- La France africaine balance donc la France européenne comme surface ; mais le nombre des habitants est loin de l’équilibrer de part et d’autre de la Méditerranée. Le rapport, en ce cas, est de un contre dix.
- Les livres qui nous parlent de la France africaine et nous enseignent les moyens de la peupler sont donc, entre tous, les bienvenus. La population constitue, en effet, la principale richesse d’un pays civilisé.
- On a quelquefois attribué- à l’Afrique française un climat torride. Il y a là beaucoup d’exagération. Les Français du centre et du Midi s’acclimatent sans peine en Algérie. Mais, ainsi que le fait remarquer M. Louis Vignon, dans son livre, d’ailleurs si riche en observations justes, notre France nouvelle est presque ignorée, en dehors de son histoire militaire.
- Ne soyons donc pas surpris si, par suite de cette ignorance, après un demi-siècle d’occupation, de tâtonnements,d’organisation, les Français de France ne comptent que 220,000 habitants dans une population totale de quatre millions, d’âmes. Il y a là 3,3oo,ooo musulmans, sujets français, mais, en attendant que les efforts tentés en vue de l’assimilation aient réussi, ne serait-il pas nécessaire de favoriser davantage le développement de la population française, d’origine européenne R L’Afrique française peut et doit recevoir, non seulement
- (1) Librairie Guillaumin.
- des capitalistes, des directeurs de domaines ruraux, des chefs de culture, des contremaîtres, mais encore des hommes appartenant à la classe moyenne, disposés à entreprendre avec leur fortune des exploitations agricoles de 5o à i5o hectares, ainsi que des familles de fermiers ou de paysans qui, établis sur quelques hectares de terre, forment cette classe si intéressante de petits colons.
- Faire connaître l’Algérie, telle estla première tâche à remplir. M. Vignon conseille, à ce sujet, les moyens de publicité si pratiques, si simples, dont usent avec succès les colonies australiennes. On sait que celles-ci possèdent en Angleterre de nombreuses agences d’immigration qui sollicitent par leurs brochures et leurs affiches, partout répandues, les prix modérés du transport, toutes les familles qui pouvaient songer à s’expatrier.
- La France dans l’Afrique du Nord donne les indications les plus précieuses , accompagnées de desiderata judicieux, sur la vente et le prix des terres, sur les cultures, le commerce, le régime douanier, les travaux publics, chemins de fer, routes, irrigation, etc. Sur les institutions de crédit, les écoles, les cultes, le cadastre, les impôts, la loi, etc.
- La population française de l’Afrique d’origine européenne sera certainement doublée vers la fin de ce siècle. Présentement, nous devons entreprendre la conquête morale des européens étrangers et des indigènes, musulmans ou juifs. Malgré la diversité, l’antagonisme des races et des religions, grâce à de sages réformes qui ne tarderont pas à s’accomplir, grâce à une administration intelligente et douce, nous nous assimilerons peu à peu ces populations par la langue, par l’école et même par le culte, mais surtout par nos métiers et-nos arts.
- Terminons cette courte analyse par un vœu :
- Que l’exposition du centenaire de 89 consacre une place d’honneur à toutes les œuvres qui, comme le livre de M. Louis Vignon, sont destinées à faire connaître et aimer notre France de l’Afrique du Nord.
- Eugène Minot.
- LE LANGAGE INTERNATIONAL
- CONVENTIONNEL
- (Suite et fin.)
- CONJUGAISON DU VERBE
- L’infinitif du verbe se forme, comme il a été dit plus haut, en ajoutant au mot radical la désinence 1. En dehors de l’infinitif, le verbe ne possède que trois temps, qui sont : le présent, le passé et le futur. Quand on a à traduire les autrès temps, qui existent dans les langues usuelles, on emploie les tournures de phrases nécessaires pour faire comprendre l’idée à exprimer, ce qui est toujours facile. Pour rendre l’idée de l’impératif, on emploie ou le futur, ou bien l’infinitif précédé du pronom personnel.
- Pour former les trois temps du verbe, on place devant le radical les trois premières voyelles, savoir:
- a pour le présent, e pour le passé, i pour le futur.
- A chaque temps le verbe reste invariable ; et, dans la phrase, il est précédé de son sujet.
- Exemple : Verbe Voir, loge :
- Je vois, al alog. Nous voyons, as aîog.
- Tu vois, el alog. Vous voyez, es alog.
- Il voit, il alog. Ils voient. isalog.
- Williams voit, Williams alog.
- On voit, ol alog. Je voyais, je vis, j’ai vu, al elog.
- Je verrai, al ilog.
- Je me verrai moi-même, al ilog alal.
- Williams s’est vu, Williams elog il il.
- Le verbe passif se forme en plaçant devant le verbe actif le préfixe oj avec un trait-d’union :
- Ex. : Etre vu, oj-loge.
- Je suis vu, al oj-alog.
- Vous êtes vu, el oj-alog
- James est vu, James oj-alog.
- James a été vu, James oj-elog.
- Verbe impersonnel :
- Neige, nif. Neiger, nife.
- Il neige, ni anif.
- Il a neigé, ni enif
- Il neigera, ul inif.
- Négation et interrogation.
- Je ne vois pas, al ni alog.
- Voyez-vous ? el li-alog?
- Seront-ils vus ? is li-pj-ilog ?
- Ne voyez-vous pas ? el ni li-alog ?
- Est-ce qu’il n’a pas neigé ? ul ni li-enif ? Les verbes te, être, et fe, avoir, se conjuguent,
- comme tous les autres, type général ci-dessus : absolument suivant le
- Ex. : Je suis, ul at.
- J’étais, al et.
- Vous serez, el il.
- C’est, ul at.
- Etiez-vous ? el li-et?
- Est ce, ul li-at ?
- J’ai, al ai.
- Vous avez, el af.
- Avez-vous ? el li a! ?
- N’avez-vous pas ? el ni li ai ?
- Construction de la phrase
- Dans la construction de la phrase, il faut suivre cette règle générale que les mots déterminatifs doivent se placer après le mot qu’ils déterminent. En conséquence, l’adjectif se place toujours après le substantif qu’il gratifie; si un substantif est déterminé à la fois par un nom de nombre, par un adjectif pronominal, et par un adjectif qualificatif, on doit placer les mots dans l’ordre indiqué par cette énumération.
- Ex. : Les bons chiens, do g s guda.
- Les deux bons chiens, dogs be guda.
- Mes deux bons chiens, dogs be ala guda.
- Dans une phrase, on place d’a'bord le sujet, avec ses attributs ou ses déterminatifs, puis le verbe, puis les adverbes qui en modifient le sens ; ensuite le régime direct, enfin les régimes indirects, dans l’ordre de leur importance, chacun des’ régimes étant suivi de ses déterminatifs. Toutefois, on se trouve amené à placer le régime indirect avant le régime direct lorsque ce dernier est relié à un autre membre de phrase paiTintermédiaire d’un pronom relatif, comme par exemple dans la phrase suivante : j’envoie à votre agent les échantillons qu’ils m'a demandés.
- Les phrases incidentes suivent la même construction, si ce ir’est qu’elles commencent par la conjonction ou le pronom relatif qui les relie à la phrase principale : ce pronom relatif est quelquefois le régime du verbe de la phrase incidente elle-même, comme dans l’exemple qui précède.
- Dans les phrases interrogatives, le.préfixe li se place avant le verbe, ou le pronom, ou le mot quelconque sur lequel porte l’interrogation, et il est relié à ce mot par un trait d’union. Une phrase interrogative peut donc commencer par un régime direct ou indirect.
- Ex. : Quelles maisons avez-vous vues ?
- Doms li-keas el elog?
- A qui avez-vous écrit ?
- O li-ka el epen ?
- Depuis quand neige-t-il ?
- apifo li-mu ul aniï?
- Dans les phrases négatives, la négation ni se place avant le verbe ou le mot auquel elle s’applique ; elle précède également le préfixe li dans les phrases qui sont à la fois négatives et interrogatives.
- p.746 - vue 323/496
-
-
-
- Troisième Année. — N° i37.
- LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE 18S9
- Dimanche 14 Août 1887. — 747.
- Traduction d’une lettre en balta
- Bordeaux, i5 mai i88y.
- Monsieur,
- Connaissant depuis longtemps la bonne re'puta-tion de votre maison, je viens, sans être moi-même connu de vous, vous demander si vous voudriez bien vous charger de placer pour mon compte, dans votre pays les vins et les liqueurs que je vous expédierai, ou dont je vous enverrai les échantillons. Mes vins sont très estimés dans toute la France ; et ils pourront devenir par la suite l'objet d’un commerce important, si vous pouvez en développer la vente en Chine.
- En vous remerciant d’avance, je vous prie d’agréer, etc.
- Vocabulaire
- Attendu que, konsidu.
- Bonté, gud.
- Se charger de, lovesme.
- Chine, Tjuglen.
- Compte, kal.
- Connaissance, sev.
- Demande, sak.
- Depuis, siso.
- Développement, seten.
- Action de devenir, ved.
- Dire, sage.
- Dévouement, divod.
- Echantillon, lesam.
- Envoi, sed.
- Estime, stim.
- France, Flalen.
- Importance, veut.
- Liqueur, lig.
- Longtemps, lonedi.
- Monsieur, siol.
- Objet, yeg.
- Pays, Ien.
- Place, plad.
- Pouvoir (subs.) kan.
- Remerciement, dan.
- Réputation, telatad.
- Vente, sel.
- Vin, vin.
- Vouloir, vile.
- TRADUCTION
- Siol,
- Konsidu alasev siso lonedi telatad guda do teda-dom ela, al akom, neku el asev alal, plo sake 0 el nisiu el ivil lovesume plade, po kal ala, ino ien ela, vins u ligs keas al ised, du do kas al ised lesams 0 el. Vins ala oj-astim verni ino Flalen vala, u is ikan vede itimi yeg do ted venta, su el ikan setene sel isa ino Tjuglen ;
- Al adan etimi el, u al at divoda ela.
- Em. Dormoy.
- ---------mm «TiïfiiirT -:-
- L’ACHÈVEMENT DU PANAMA
- En 1865, alors que la Compagnie du canal de Suez était en butte aux plus menaçantes attaques et peu de temps après que lord Palmerston avait traité de filouterie gigantesque l’œuvre entreprise qu’un Français devait conduire à bien avec tant d’énergie, de persévérance et de loyauté, en 1865, M. de Lesseps disait à Lyon : « Que faire pour répondre à une malveillance dont je n’ai pas à rechercher la source ? Marcher, persévérer en hâtant autant que possible le résultat final, le grand but de nos efforts. »
- Telle fut la ligne de conduite suivie par M. de Lesseps pour le canal de Suez ; c’est identiquement celle qu’il suit pour le canal de Panama.
- Tous ceux qui, dans ces derniers temps, ont visité Panama, sont convaincus, comme M. de Lesseps et ses collaborateurs techniques, que le canal sera inauguré en 188g.
- A Suez, on avait mis huit ans pour enlever 2 5 millions de mètres cubes et on disait alors, au
- moment où les machines inauguraient la période d’exécution finale : « Il faut encore vingt ans pour achever le canal. » Deux ans après, il était inauguré et, dans ces deux années, on avait enlevé cinquante mille mètres cubes avec une dépense deux fois moindre que celle entraînée par l’enlèvement des z5 premiers millions de mètres cubes.
- A Panama, aujourd’hui, la période de l’exécution finale est commencée ; ce n’est pas seulement M. de Lesseps qui affirme que plus de la moitié du travail, c’est-à-dire plus de la moitié de la dépense, est faite, cette affirmation a reçu la confirmation officielle du gouvernement de Colombie. En effet, celui-ci, qui s’est engagé à faire à la compagnie des concessions de terres domaniales au fur et à mesure de l’avancement des travaux, par un décret inséré au Journal officiel de Bogota, le 12 octobre 1886, a fait à la compagnie une nouvelle concession de 1 5o,000 hectares.
- Comment est motivée cette concession faite par le gouvernement colombien sur le vu du mémoire présenté par les ingénieurs qu’il avait envoyés sur les lieux pour s’assurer de l’état d’avancement des travaux ? Sur cette raison que « les travaux faits « pour l’exécution du canal interocéanique repré-« sentent actuellement plus de la moitié des « travaux qu’implique la construction totale du « canal. »
- M. de Lesseps, dans son rapport à l’Assemblée générale de Suez en 1886, dis.ait :
- « Le canal de Suez donne pour 1885, c’est-à-dire « pour l’année de crise la plus intense du siècle, « un revenu de 17 0/0 et le canal maritime de « Suez, sachez-le, en fait de trafic n’en est qu’à « ses débuts. »
- Ce qui autorise les évaluations des accroissements qui, à la suite de l’ouverture du canal de Panama, se produiront dans l’intercourse entre les pays industriels de l’Europe et des Etats-Unis avec les régions du Pacifique et de l’Océanie, ce sont les différences entre les conditions d’existence de cette nouvelle route du monde et le canal de Suez, —- différences tout à l’avantage de Panama.
- En effet, pour le canal de Panama il ne s’agit plus seulement de rapprocher, comme pour le canal de Suez, deux parties du monde que les nations maritimes exploitaient depuis les origines du commerce, par des moyens onéreux sans doute, mais enfin par des moyens praticables: par les caravanes de terre, par le cap de Bonne-Espérance, par le chemin de fer de Suez, qui aboutissait à Alexandrie. Les voies de trafic étaient ouvertes, exploitées même avec intensité, notamment dans l’Inde ; et, si le canal de Suez devait faciliter les r elations établies, il fallait attendre la transformation de la marine par les progrès résultant de l’emploi de la vapeur et du fer.
- Le percement de l’isthme de Panama, au contraire, livrera aux armateurs et aux commerçants des champs de trafic absolument nouveaux ; et, le jour où il sera inauguré, non seulement les flottes commerciales à vapeur seront prêtes, mais encore beaucoup de voiliers aujourd’hui délaissés y trouve ront une voie maritime merveilleusement appropriée à la navigation circulaire autour du globe.
- Le Canal ouvert, tous les navires à vapeur ou à voiles préféreront cette voie à la route si longue et si périlleuse du Cap Horn. Il en sera d’autant plus ainsi que cette dernière traversée a l’inconvénient d’un parcours énorme, d’une traversée des mers jes plus tourmentées et, si l’on va vers .l’ouest, des vents debout qui, régnant d’habitude, causent de grands retards, et ne manquent pas d’amener des avaries sérieuses dans les voiles, les agrès et la coque. Aussi l’amiral Ammen déclare-t-il que l’on verra transiter par le canal de Panama « non seu-lement tous les navires naviguant au nord de l’équateur, mais aussi ceux des côtes du Chili et du Pérou, et que cette route devra être celle suivie par les navires venant d’Europe et allant vers la côte de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande, et par tous les steamers qui reviendraient. »
- « Je ne me décourage pas, je ne m’arrête pas parce que des obstacles se présentent... Que l’opinion publique ne se laisse pas entamer, que les actionnaires ne se laissent pas désunir ; là est le seul danger de ces manœuvres. »
- Ainsi parlait M. de Lesseps en novembre i865r trois ans avant l’achèvement du canal de Suez.
- Ces paroles et ces conseils, il pourrait les répéter aujourd’hui pour le canal de Panama. L’opinion publique lui est toujours aussi fidèle qu’autrefois ; le succès de la souscription de 1886 en a été un gage éclatant. M. de Lesseps, avec l’aide des collaborateurs émin.ents qui le secondent, n’a donc qu’à marcher et à persévérer et le jour où, nous l’espérons bien, il présidera à l’inauguration du canal de Panama, il pourra, avec une légitime-fierté, répéter le vieux proverbe arabe qui est l’une de ses maximes favorites :
- « Les chiens aboient, la caravane passe. »
- La caravane à Panama, commeà Suez, ce seront les vaisseaux des deux mondes.
- --------MmmSTi Ct| ^ rfl t*mmm -- -
- LES LIVRES
- CXXII
- Les grands écrivains français. — Montesquieu, pal Albert Sorel. Librairie Hachette, in-18.
- Une des causes incontestables de notre décadence littéraire, c’est que les anciennes mœurs littéraires sont tombées en désuétude, surtout cette partie des anciennes mœurs littéraires qu’on peut appeler la religion des grands écrivains de nos grands siècles littéraires. On ne lit pas assez, ce que nos pères faisaient peut-être trop et ce qui a produit ces -exagérations de l’esprit classique auxquelles ont répondu les exagérations de l’esprit romantique. On ne lit pas assez les écrivains qui méritent d’être relus. Tout le .monde parle de Racine, de Corneille, de La Fontaine, de Molière, de La Bruyère, de Bossuet, de Fénélon, de Buf-Ton, de Montesquieu, maison parle le plus souvent par ouï dire, par tradition, superficiellement. On cite souvent Voltaire, parfois Rousseau, comme on cite Blackstone ou Royer-Collard dans les assemblées. Mais combien peu de gens, en dehors du barreau, du professorat, ou de la littérature, pourraient, la main sur la conscience, se vanter de posséder leurs auteurs à fond, d’un commerce intime, d’une familiarité assidue ?
- C’est donc une heureuse idée, une entreprise qui mérite d’être encouragée que celle qui se propose de rendre au public dont ce n’est pas le métier de lire les grands écrivains, le désir de les lire, le goût de les pratiquer et qui lui fournit pour les initier à la connaissance de ces immortels modèles, des guides autorisés. Car ce qui écarte surtout des grands écrivains du passé l’indifférence et la frivolité contemporaines, c’est le défaut de préparation, d’initiation, l’effroi de la majesté de ces temples sereins, la terreur de leurs mystères sacrés.
- Ces initiateurs, ces vulgarisateurs ont commencé leur tâche avec l’éclat, le talent et le succès qui s’attachent naturellement à leurs noms. Jules Simon a dit en termes excellents, avec sa finesse assaisonnée de malice ce qui, dans l’œuvre de Cousin, mérite de rester, ce qu’il faut admirer de son esprit très supérieur à son caractère. M. Gaston Boissier a consacré des pages élégantes à nous promener dans cette forêt touffue, aux aspects si variés, de la correspondance de Mme de Sévigné. Voici à son tour M. Albert Sorel qui nous fait pénétrer avec lui dans ce génie un peu subtil mais sans arcanes pédantesques, et éclairé par les clartés heureuses et fécondes des belles natures françaises, de l’auteur de YEsprit des lois qui est aussi l’auteur des Lettres Persanes.
- Ce contraste piquant frappe tout d’abord dans l’homme et justifie l’appréciation de son caractère qui ouvre si brillamment cette étude qu’un critique peu suspect de complaisance, M. Scherer, a justement qualifiée « de petit chef-d’œuvre » écrit de main d’ouvrier comme on disait sous Louis XIV.
- L’étude de M. Albert Sorel sur Montesquieu mérite ces éloges. Elle est nourrie d’une moelle à la fois savoureuse et exquise. Rien n’y manque de ce qui peut rendre un tel livre utile et agréable : ni l’analyse exacte et d’une trame solide et fine comme la trame d’acier de la cotte de mailles, ni les aperçus originaux, ni les points de comparai-
- p.747 - vue 324/496
-
-
-
- 74S — Troisième Année. — N° 107.
- son fournis par une érudition sans lacune et sans défaillances, ni l’impartiale déduction, dans la gerbe ainsi examinée épi par épi, de ce qui est demeuré d’inépuisable :et de vivifiante nourriture pour l’esprit des générations actuelles, et de ce qui ne mérite plus que le sort de l’ivraie.
- En dix chapitres, tous substantiels et agréables, où parfois le commerce intime et fécond du maître inspire à l’auteur des pages magistrales et de ces tours heureux donnés à la pensée qui la gravent dans l’esprit, avec le burin de l’imagination, en un mot, le style, tout ce qu’il y a à savoir, tout ce qu’il y a à dire sur Montesquieu est dit. Nous sommes loin du commentaire critique, à parallèles, des Marmontel, des La Harpe, des Le Batteux et même des procédés d’analyse et de comparaison supérieurs, à coup sûr mais où il entre encore trop de métier, et où la philosophie est un peu noyée sous la rhétorique, des Villemain et des Gerusez. Nous avons affaire à un homme d’une habileté de doigté, d’une sagacité de coup d’œil tout à fait hors ligne. Sa décomposition de l'horloge compliquée de /’Esprit des lois dont Montesquieu perfectionna les équilibres et polit les rouages et assouplit les ressorts pendant toute sa .vie, est ce qu’on peut appeler une leçon modèle de mécanique politique.
- Cette horloge de l’Esprit des lois qui avançait tant sur la moyenne du xvme siècle, et déconcerta tous les horlogers politiques du temps, retarde un peu sur notre siée le. Cette combinaison constitutionnelle fondée sur l’équilibre des trois pouvoirs est d'un artifice un peu raffiné, et cette machine délicate est souvent faussée. C’est pourtant encore la meilleure qu’on ait trouvée. Nous ne saurions, —l’espace nous étant étroitement mesuré — suivre M. Albert Sorel dans l’enchaînement serré de ses analyses et de ses déductions. Nous nous bornerons à indiquer son plan et à citer les titres de chapitres de ce petit livre de 175 pages où il y a tant de choses, et qui donne tant de matière à la pensée. .
- Caractère de Montesquieu. — Les Lettres Persanes. — Le Monde. — Le temple de Gnide. — L’Académie. — Les considérations^sur les causes de la grandeur et de la décadencq._;dea...Roniains..;. Le dialogue de Sylla et d’Eucrate* — Plan et composition de l'Esprit des lois. — UEiprit des lois : les. climats, les lois civiles, le droit des gens, les lois économiques, la théorie des lois féodales. — Critique et défense de l'Esprit des lois. Dernières années de Montesquieu. — Son influence en Europe sous l’ancien régime. — Ses vues, sur le gouvernement français. — Montesquieu et la Révolution. — Postérité de Montesquieu dans la poli -tique et dans l’histoire. — Montesquieu et la critique.
- Nous ne pouvons plus que glaner de ci de là, n’ayant pas le loisir ' de moissonner, quelques traits dans les premiers chapitres et surtout dans les derniers, de nature à donner aux lecteurs quelque idée, non plus de l’objet ni de l’utilité de l’ouvrage.,.'mais de son art, de son fini d’exécution
- Nous notons d’abord, comme fait caractéristique d’origine ..et d’influence que Charles-Louis de Secondât, né au château de la Brède, près de Bordeaux, le 18 janvier 1689, d’une famille ancienne d’épé.e et de robe, d’un père « d’austérité aristocra-tique.à la Càtinat et à la Vauban » et d’une mère pieuse, tous deux populaires par devoir de leur rang et par sentiment chrétien, fut tenu sur les fonts de baptême par un pauvre mendiant « afin que ce parrain lui rappelât toute sa vie que les pauvres sont ses frères ». Nous avons trouvé trace de cette touchante et patriarcale coutume qui semble particulière à la province de Guienne, dans les actes de baptême de Montaigne et de laGrange-Chancel. Il y.aurait un curieux et intéressant article à écrire sur cette coutume trop perdue.
- Voici le portrait de Montesquieu tracé par M. Albert Sorel, de pinceau d’artiste, plein de netteté, de relief et de vie.
- « De taille moyenne, maigre, nerveux, la figure longue, élégante, au profil très marqué, un profil de médaille, le nez fort, la bouche fine, railleuse, sensuelle, le front un peu fuyant, l’œil largement ouvert et bien qu’affaibli de bonne heure
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- Dimanche 14 Août 1887.
- et prématurément voilé, plein de feu, plein de génie, avide de clarté : « Je .vois, disait-il, la lumière avec une espèce de ravissement «.Une physionomie bien française, avec des traits gascons bien accusés ; les deux caractères se mêlent en lui. »
- . C’est bien'cela. Nous avons rencontré dans le Midi plusieurs échantillons, épreuves affaiblies et moins le génie de ce type dont la figure d’Henri IV dans le passé et celle de l’amiral Jurien de la Gra-vière dans le présent, peuvent donnerl’idée, quand on les compare à la médaille de J.-A. Dacier, très heureusement placée en tête du livre, et dont le mouvement de tête et le long nez ouvert sur le vent, flairant l’horizon, conviennent si bien à un chercheur et à un semeur d’idées.
- A ce propos, un desideratum sinon un regret. Nous voudrions que chacun de ces petits volumes d’initiation, de vulgarisation, qui contiennent déjà, le portrait du grand écrivain continssent aussi un fac-similé, de son écriture. 11 y a un intérêt de curiosité, qui n’est pas entièrement frivole, connaître et à étudier l’écriture de gens qui s’appellent Bossuet ou Montesquieu.
- Une remarque de M. Sorel qui donne à penser c’est celle-ci :.« Il y a peu d’écrivains qui aient exercé autant d’influence sur leur siècle, et qui aient été si peu mêlés aux affaires de ce,siècle. » N’est-ce pas là la cause d’une certaine tendance qui se remarque chez Montesquieu comme chez tous les contemplatifs, tous les philosophes de cabinet, sinon utopique ou chimérique, du moins par trop spéculative et métaphysique ? N’est-ce pas là le secret de ce défaut de popularité d’un esprit dont l’élévation, malgré son charme, a toujours un peu effarouché le public de notre temps, sinon celui du sien, et aussi de cette stérilité pratique qui a réduit aux sphères parlementaires et doctrinaires l’influence d’un écrivain dont la clientèle a été faite d’admirations isolées, d’adhésions d’école ou de groupe, plutôt que d’enthousiasmes gouvernementaux et nationaux? Les gouvernements se sont toujours plus ou moins défiés des hardiesses de Montesquieu. Il n’y a pas d’esprit nqpins théocratique que le sien et l’Eglise jî’a jaqmife&u...en„bonne. Pas' f,
- sionné pour les droits et la suprématie de.l’Etat. En revanche, les peuples se sont toujours méfiés des théories d’un homme de race, de tradition et d’autorité, pour qui le gouvernement est évidemment réservé à l’élite, et qui. n’a pas grande tendresse pour, les multitudes. On verra.par suite de quelles illusions, et de quels mirages Montesquieu a pu, sous la Révolution, être le théoricien favori non seulement du groupe des monarchiens, mais aussi du groupe des Girondins, et prêter ses ..maximes aux partisans, de la forme républicaine. Tous les derniers chapitres de M. Ch. Albert Sorel sur la critique de l’Esprit des lois et sur la postérité politique de Montesquieu jusqu’à son dernier et son riieilleur élève, Alexis de Tocqueville, sont pleins d’aperçus neufs, et faits pour ajouter à la fois à l’autorité et à l’utilité de son livre.
- M. de Lescure.
- AVIS COMMERCIAUX
- Possessions anglaises d’Afrique
- Marché des laines, des cuirs et des y ins dans la . . .-colonie du Cap
- Le Consul de France à la ville du Gap écrit : « Un journal anglais, l'Empire, publie depuis quelque temps avec tant de persistance des cotes dénotant l’influence qu’ont, sur le marché des laines et des cuirs de la cité, les achats effectués par nos négociants, que je crois de mon devoir de signaler les déductions qu’il est permis d’inférer de cette situation. Il n’en appert rien de moins que ce sont nos commandes qui font l’étalonnage des cours. Nos fabricants luttent donc contre l’évidence des nécessités qu’impose une surproduction universelle, en conservant des intermédiaires dont
- les commissions nuisent, au'placement .rémunérateur de leurs marchandises et augmentent le prix de la matière première à une époque où le bon marché prime tout le reste. J’engagerai par suite les grands établissements que possède la France à se faire représenter à Cape-Town ou à Port-Eli-zabeth, croyant pouvoir leur garantir qu’ils n’auront pas lieu'de regretter cet acté d’énergie commerciale. » !
- Possessions espagnoles d’Océanie
- Prix courants de- diverses marchandises dans l’ile de Luçon : : - •
- Le Moniteur officiel jdii Ep'ntmerpe, du 14 juillet, publie une liste des. prix de détail à Manille de plus de deux cents articles rentrant dans les catégories^ suivantes: bijouterie, vêtements, tissus, instruments de musique, armurerie, bimbeloterie, meubles, machines, liqueurs, etc.
- CHEMINS DE FER DE L’OUEST
- EXCURSION S
- SUR LES
- ET
- EN BRETAGNE
- Billets Circulaires, valables pendant un mois (1)
- lre Classe 2e Classe fer Itinéraire .... 60 fr. » — . 45 f’r »
- Paris. — Rouen. — Le Havre. — Fécamp. — Saint-Valéry. — Dieppe. — Le Tréport. — Arques. — Forgés-les-Eaux. — Gisors. — Paris.
- 2e Itinéraire .... 60 fr. » — 45 fr. »
- Paris. — Rouen. — Dieppe. — Saint-Valerv. — Fécamp.
- .— Le LJavre. —: Ronfleur mu Trouviiie-Deauville.
- — Caen. — Paris.
- 3e Itinéraire .... 80 fr. » — 65 fr. »
- Paris. — Rouen. — Dieppe. — Saint-VaiéiU'^Uëcâbap.
- — Le Havre. — Honfleur ou Trouville. — Cherbourg.
- — Caen. — Paris. •
- 4e Itinéraire .... 90 fr. » — 70 fr. »
- Paris. — Granville. — Avranches. •— Mont-Saint-Michel. — Dol. — Saint-Malo. — Dinan. — Rennes
- — Le Mans — Paris. *
- 5e Itinéraire .... 100 fr. » — 80 fr. »
- Paris. — Cherbourg. — Coutances. — Granville. — Avranches. — Mont-Saint-Michël. — Dol. — Saint-Malo. —Dinan. — Rennes. — Le Mans.— Paris.. '
- 6e Itinéraire .... 100 fr. » — 80 fr. »
- Paris. — Rouen. — Dieppe. — Saint-Valéry. — Fécamp.
- — Le Havre. — Honfleur ou Trouville. — Caen. — Cherbourg. — Coutances. — Granville. — Dreux.
- — Paris. • . - ......
- 7e Itinéraire .... 120 fr. >. — 100 fr. »
- Paris. •— Rouen. — Dieppe.— Saint-Valéry. — Fécamp.
- — Le Havre. — Honfleur ou Trouville. — Caen.
- — Cherbourg. — Coutances. — Granville. — Avranches. — Mont-Saint-Michël. — Dol. — Saint-Malo.
- — Dinan. — Rennes. — Laval. — Le Mans. —
- Chartres. — Pans. ' :
- 8e Itinéraire .... 120 fr. -> — 100 fr. >
- Paris. — Granville. — Avranches.— Mont-Saint-Michel. Dol. — Saint-Malo. — Dinan. — Saint-Brieuc. — Lannion. — Morlaix. — RoscofT. — Brest. — Rennes.
- — Le Mans. — Paris.
- 9e Itinéraire. . . . 130 fr. » — 110 fr. »
- Paris. — Caen. — Cherbourg. — Coutances. — Granville.— Avranches. — Mont-Saint-Michel. — Dol. Saint-Malo. — Dinan. — Saint-Brieuc. •— Lannion.
- — Morlaix. — RoscofT. — Brest. — Rennes, — Vitré. — Laval. — Le Mans. — Chartres.,— Paris., NOTA. — Les pUx ci-dessus comprennent les parcours'en
- bateaux et en voitures publiques, indiqués dans les Itinéraires.
- Les billets sont délivrés à Paris, aux gares Saint Lazare et Montparnasse et aux bureaux de ville de la Compagnie.
- (1) La durée de ces billets peut être prolongée d’un mois, moyennant la perception d’un suppriment de 10 °/0, si la prolongation est demandée, aux principales gares dénommées aux itinéraires, pour un billet non priémê.
- Le Gérant, GARREAU.
- Tours. — lmp. E. ARRAULT et C'', rue de la Préfecture, 6
- p.748 - vue 325/496
-
-
-
- Le Moniteur
- DE
- L'EXPOSITION DE
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
- TROISIÈME ANNÉE. Dimanche 21 Août 1887. NUMÉRO 138
- SOMMAIRE :
- I. Le ministère de l’Instruction publique et l’Exposition de 1889;. 2. Enseignement primaire ; 3. Les congrès et conférences de .1889; 4. L’Exposition ouvrière de l’Exposition de 1889; 5. La Turquie et l’Exposition de 1889; 6. Concours pour la construction du pavillon de la Tunisie à l’Exposition Universelle de 1889; 7. Renseignements généraux sur l’Exposition de 1889; 8. Comité départemental de la Haute-Saône; 9. Comité départemental de la Loire ; 10. Comité départemental du Var; n. L’Exposition de Liverpool ; 12. L’Exposition nationale de Brasserie; i3. L’Exposition du Havre; 14. Le Commerce de la France; i5 Les Livres; 16. Les Théâtres.
- Dans notre prochain numéro, nos lecteurs trouveront encartée une nouvelle photographie du Champ-de-Mars.
- LE MINISTERE DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE
- ET L’EXPOSITION DE 1889
- M. Spuller, ministre de l’instruction publique, vient d’envoyer aux recteurs une instruction générale fixant les conditions dans lesquelles les divers établissements publics pourront participer avec son ministère à l’Exposition universelle de 1889.
- « Par tous les moyens en notre pouvoir, dit M. Spuller, nous devons nous efforcer de la rendre digne de la grande date avec laquelle elle coïncide. Aussi mon intention est-elle de ne rien négliger pour réunir tous les éléments d’une complète et fidèle représentation de notre enseignement primaire public. »
- Une question se posait : Le ministère absorbera-t-il tout cet enseignement ? Se chargera-t-il d’en présenter à lui seul l’ensemble et le détail dans une exposition en quelque sorte officielle et impersonnelle ?
- Ou bien, au contraire, laissera-t-il place aux mérites individuels et aux initiatives locales, mettra-t-il en lumière les établissements, les collectivités et les personnes qui, avec l’Etat, concourrent à la marche de l’enseignement public?
- Sur l’avis unanime de la commission, le ministre a tranché cette question sans hésiter dans le sens qui lui a paru à la fois le plus conforme à la réalité et le mieux en harmonie avec l’esprit du gouvernement républicain.
- 11 y aura dans la classe VI une vaste section de renseignement primaire publie, placée sous les auspices du ministère, mais largement ouverte à tous ceux qui, coopérant à l’œuvre de l’éducation nationale, voudront aussi coopérer à la représentation de cet imporiant service public.
- En conséquence, et après s’ètre entendu à ce sujet avec son collègue de commerce, M. Spuller a décidé qu’outre l’exposition proprement dite du ministère, cette section comprendrait toutes celles des établissements et des autorités locales qui demanderont à se grouper sous le patronage du ministère pour former un tableau d’ensemble de l’organisation de l’instruction publique en France,
- MINISTÈRE DE l’iNSTRUCTIDN PUBLIQUE, DSS CULTES ET DES BEAUX-ARTS
- ENSEIGNEMENT PRIMAIRE
- Instruction générale pour la préparation de l’exposition de l’enseignement primaire public (classe vi)
- à VExposition universelle de 188g.
- Monsieur le Recteur,
- Après avoir pris l’avis dé la Commission nommée par arrêté en date du 4 avril et chargée de préparer l’exposition de l’enseignement primaire public (classe vi) à l’Exposition universelle de 1889, je vous envoie une instruction générale fixant les conditions dans lesquelles les divers établissements publics pourront participer avec le Ministère à cette exposition.
- Par tous les moyens en notre pouvoir, nous devons nous efforcer de la rendre digne de la grande date avec laquelle elle coïncide. Aussi mon intention est-elle de ne rien négliger pour réunir tous les éléments d’une complète et fidèle représentation de notre enseignement primaire public.
- Une première question se posait : Le Ministère absorbera-t-il tout cet enseignement ? Se chargera-t-il d’en présenter à lui seul l’ensemble et le détail dans une exposition en quelque sorte officielle et impersonnelle ? Ou bien, au contraire, laissera-t-il place aux mérites individuels et aux initiatives locales, mettra-t-il en lumière les établissements, les collectivités e.t les personnes qui, avec l’État, concourent à la marche de l’enseignement public ?
- Sur l’avis unanime de la Commission, j’ai tranché cette question sans hésiter dans le sens qui me paraît à la fois le plus conforme à la réalité et le mieux en harmonie avec l’esprit du Gouvernement républicain.
- 11 y aura dans la classe vi une vaste section de l’enseignement primaire public, placée sous les auspices du Ministère, mais largement ouverte à tous ceux qui, coopérant à l’œuvre de l’éducation nationale, voudront aussi coopérer à la représentation de cet important service public.
- En conséquence, et après m’être entendu à ce sujet avec mon collègue M. le Ministre du commerce, j’ai décidé qu’outre l’exposition proprement dite du Ministère, cette section comprendrait toutes celles des établissements et des autorités locales qui demanderont à se grouper sous le patronage du Ministère pour former un tableau d’ensemble de l’organisation de l’instruction publique en France. Ces principes présideront aux diverses classes de l’exposition auxquelles mon administration prendra part. Je ne parlerai ici que de leur application à la classe vi.
- I.
- DISPOSITIONS GÉNÉRALES
- Exposants. — Sont considérés comme exposants de l’enseignement primaire public :
- I. Le Ministère de l’instruction publique.
- IL Les exposants qui demanderont à se placer sous les auspices du Ministère, mais en conservant leur inscription au catalogue et leurs_ droits éventuels aux récompenses du jury, savoir :
- i° Les écoles publiques de tous degrés se rattachant à l’enseignement primaire (écoles maternelles, primaires élémentaires, supérieures ou professionnelles, normales, normales supérieures, etc.);
- 2° Les communes ;
- 3° Les départements ;
- 40 Les membres du corps enseignant, de l’inspection primaire et de l’inspection académique.
- Conditions d’admission. — L’Exposition spéciale du Ministère de l’Instruction publique sera préparée, organisée et installée par les soins de la Commission nommée à cet effet par l’arrêté du 4 avril 1887.
- Pour les expositions individuelles éunmérées aux articles 2, 3, 4 et 5 du tableau qui précède, tous les objets dont l’admission sera demandée devront être soumis à l’examen de la Commission précitée. Cette même Commission déterminera les emplacements qui- pourront être concédés à chacun des exposants placés sous les auspices du Ministère ainsi que les conditions générales d’installation auxquelles ils devront se conformer. L’emplacement leur sera accordé gratuitement.
- Les prix de transport à l’aller et au retour, la participation éventuelle aux frais de construction de vitrines spéciales, etc., feront l’objet d’un règlement ultérieur qui sera notifié aux intéressés en temps utile.
- Division générale de l’Exposition de l'enseignement primaire public.— L’exposition comprendra sept sections, savoir :
- il’e Secrion. — Enseignement du premier âge : jardins d’enfants, écoles malernelles ;
- 29 Section. — Enseignement primaire élémentaire : écoles -primaires élémentaires et classes enfantines ;
- 3e Section. —- Enseignement primaire supérieure : cours complémentaires. Ecoles primaires supérieures ;
- 4e Section. — Enseignement professionnel : Ecoles professionnelles, écoles manuelles d’apprentissage; écoles nationales;
- 5e Section. — Ecoles normales avec leurs écoles annexes et Ecoles normales supérieures d’enseignement primaire ;
- 6S Section. — Institutions auxiliaires : cours d’adultes, caisse d’épargne scolaire, bibliothèques ;
- 7e Section. — Enseignement des sourds-muets, des aveugles.
- Tout exposant devra faire connaître la section ou les sections auxquelles il destine les objets dont il demande l’admission.
- Un même exposant peut figurer dans ces diverses sections ; mais quel que soit le nombre de ses expositions partielles, elles ne lui donneront droit qu’à un seul numéro d’inscription au catalogue et à une seule récompense.
- Nature des objets exposés. — Dans chacune des sept sections que je viens d’énumérer, l’exposition pourra porter sur trois grands objets. Elle peut avoir pour but : ou bien de représenter l’installation matérielle des établissements et des services scolaires dans leur ensemble ou dans leurs détails ; ou bien de faire apprécier les méthodes et les procédés d’enseignement et d’éducation ; ou enfin de présenter même les résultats de cet enseignement et cette éducation sous là forme de travaux scolaires et de spécimens du savoir acquis par les élèves.
- li
- DISPOSITIONS SPÉCIALES AUX DIVERSES EXPOSITIONS
- En abordant la seconde partie de ces instructions, celle qui concerne le choix et le classement des objets dont se composera chacune des expositions de la classe vi, il importe, monsieur le recteur, que je précise le but qu’a poursuivi la commission. Il s’agit ici non pas de provoquer l’envoi des divers objets dont l’énumération va suivre, mais de mettre tous les intéressés en mesure de faire cet envoi quand le moment sera venu.
- Parmi les objets scolaires à exposer, il en est qui devront tout leur mérite à la spontanéité de leur production ; d’autres, au contraire, exigeront un long travail préparatoire, des recherches, des soins spéciaux, des correspondances.il fallait faire connaître à l’avance les conditions dans lesquelles ces derniers pourront être acceptés afin que, sous votre haute direction, toutes les bonnes volontés puissent se mettre immédiatement à l’œuvre.
- C’est la pensée qui a inspiré la commission. Elle a voulu guider les inspecteurs et les instituteurs dans la préparation delà plupart des travaux destinés à l’Exposition.
- Voici, pour chacun des cinq ordres d'exposants reconnus plus haut, l’indication sommaire des
- p.749 - vue 326/496
-
-
-
- '/bo. — Troisième Année. — N° i3S.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- Dimanche 21 Août 1887.
- parties essentielles dont pourra se composer chaque exposition.
- I. — Ministère de l’Instruction publique. — L’ex-position du ministère comprendra :
- i° Les collections des lois, règlements et actes administratifs intéressant l’enseignement primaire public ;
- 20 Les documents relatifs à l’organisation de l’administration centrale du conseil supérieur de l’instruction publique, des commissions consultatives ;
- 3° Les programmes édictés après avis du conseil supérieur ;
- 40 La statistique de l’enseignement primaire ;
- 5° Les budgets ;
- 6° Des collections de rapports d’inspection générale, des rapports d’inspecteurs d’académie et d'inspecteurs primaires ;
- 70 Les catalogues des bibliothèques scolaires, populaires et pédagogiques;
- 8° Les listes des livres classiques adoptés par les conférences d’instituteurs ;
- 90 Des collections 'du Bulletin administratif et de la Revue pédagogique ;
- io° Des documents sur l’organisation du musée pédagogique : publications, catalogues, spécimens de matériel, livres et collections faites par l’Etat, etc.
- II. — Ecoles publiques de tout degré se rattachant â l’enseignement primaire- — Ici le nombre et la variété des objets d’expositions nécessiteront des subdivisions d’après les deux points de vue indiqués plus haut : répartition en sept catégories d’écoles, et répartition en trois ordres de matières : installation, méthodes, résultats.
- On peut résumer sous ces trois chefs les recommandations de la commission dans les termes suivants :
- I. — Installation matérielle
- L’installation matérielle à l’Exposition universelle de 1889 comprendra, dans chacune des catégories d’écoles, les constructions scolaires proprement dites, le mobilier usuel et scolaire, le mobilier d’enseignement.
- Les constructions scolaires pourront être représentées :
- i° Par des plans d’ensemble à l’échelle de 0,00b millimètres par mètre, sans toutefois dépasser le format d’un demi-grand aigle ;
- 20 Par des vues d’ensemble à vol d’oiseau, sans dépasser le même format demi-grand aigle ;
- 3° Pas des détails de plans, façades ou coupes à l’échelle de 0,01 centimètre, sans dépasser le format grand aigle ;
- 40 Par des dessins, photographies ou modèles en relief des parties les plus intéressantes de l’installation des dillérents services ; les dessins et les photographies à des échelles variables,mais sans dépasser le format demi-grand aigle ; les modèles en relief au dixième d’exécution ;
- 5° S’il y a lieu , et principalement pour les grands groupes scolaires des villes importantes, pour les écoles primaires supérieures, les écoles normales et les écoles professionnelles ou d’apprentissage, par une monographie architecturale (1) avec liberté entière pour l’échelle et les dimensions des dessins. On pourra y joindre les publications et notices relatives aux bâtiments scolaires, aux détails des constructions, systèmes d’aération, de chauffage, de ventilation, etc., ceci admis sans condition de format.
- Dans les trois premières catégories, les dessins seront surtout exposés dans les cartons ou sur des meubles spéciaux, tournants ou autres ; dans les deux autres catégories et sauf pour les modèles en relief qui constituent ce que 1 on peut appeler des plans sur table, les dessins et photographies seront, autant que possible, exposés sur les surfaces murales.
- Les dessins et modèles seront exécutés soit par les architectes, soit encore parles élèves ou les maîtres, d’après un relevé sur place ; mais, dans ce dernier cas, sous la surveillance de l’architecte qui devra en certifier l’exactitude.
- Il sera fait, en temps opportun, par MM. les recteurs et inspecteurs d’académie, un choix des écoles dont l’installation matérielle serait susceptible de recevoir les honneurs de l’exposition. La liste de ces écoles me sera soumise,et je chargerai la Commission (ou plutôt une sous-commission technique prise dans son sein) de désigner définitivement celles qu’il y aura lieu d’admettre.
- La même remarque s’applique au.mobilier usuel et scolaire, ainsi qu’au matériel didactique et à l’outillage de l’enseignement. MM. les inspecteurs d’académie seront invités à signaler à l’avance à la
- (1) Dessins représentant un seul bâtiment dans toutes ces parties.
- Commission, avec croquis cotés à l’appui, ceux qu’ils croiraient particulièrement dignes d’attention ; les objets qui pourraient figurer en nature ne seraient désignés que lorsque la Commission serait fixée sur les conditions d’espace et de crédit dont dispose l’administration.
- II. — Méthodes et procédés d’éducation et
- d’enseignement.
- Les écoles des divers ordres (1) sont appelées à exposer particulièrement, sous ce titre, les objets suivants :
- i° Specimens de journaux de classe ou de cahiers de préparation de leçons journalières, specimens" de carnets de correspondance avec les familles, de registres d’appel accompagnés de notes sur les moyens les plus efficaces que la pratique enseigne pour obtenir l’assiduité, diagrammes et statistique montrant, par région, le degré de l’assiduité annuelle et mensuelle.
- 20 Specimens d’images, bons points et autres récompenses ;
- 3° Statuts des associations en vue de la bienfaisance, de la bonne camaraderie qui peuvent exercer sur le caractère des enfants une heureuse influence;
- 40 Statuts des sociétés scolaires protectrices des animaux utiles ;
- 5° Documents relatifs aux caisses d’épargne scolaires;
- 6° Notices sur l’organisation des jeux dans les écoles et notices sur l’organisation disciplinaire ;
- 70 Documents relatifs aux promenades, voyages scolaires, colonies de vacances ;
- 8° Ouvrages et livres scolaires employés dans l’école.
- III. — Résultats : Specimens collectifs et individuels du travail des maîtres et des élèves.
- Cette section est celle où la Commission organisatrice de l’Exposition se réservera l’action la plus directe. Elle se propose de donner en temps utile des directions pratiques aux établissements exposants, en vue de grouper en quelque sorte dans des tableaux d’ensemble de la vie scolaire les documents propres à faire apprécier les progrès réalisés, la valeur, l’étendue et la solidité des connaissances acquises, n on pas dans une élite d’élèves habilement triés, mais dans la masse de la population scolaire, aux divers âges et à ses divers degrés d’instruction.
- Pour les travaux d’élèves, la commission m’a proposé de prendre une décision dont je ne me dissimule pas la gravité, mais qui m’a paru, comme à la commission elle-même, le seul moyen de couper court à des abus fréquemment constatés dans les expositions antérieures. J’ai décidé que l’Exposition de 1889 n’admettra, sous aucun prétexte, les collections de cahiers, de devoirs, de desseins, de cartes et généralement de.travaux d’élèves préparés en vue de l’Exposition. Si les séries des devoirs écrits et de spécimens du travail ordinaire de la classe sont reconnues nécessaires et doivent trouver place dans les vitrines du Champ-de-Mars , la commission se réserve d’indiquer plus tard, sous quelle forme et dans quelles conditions ces séries devront être recueillies en temps opportun.
- III. — Communes. — L’exposition des communes peut porter sur les points suivants :
- Organisation matérielle des écoles ; installation des services scolaires municipaux ; des caisses des écoles ; de l’inspection médicale ; des cantines scolaires et, en général, de tout ce qui relève de l’autorité communale.
- IV. — Départements. — Les expositions départementales devront porter spécialement sur l’organisation des services qui relèvent de l’autorité départementale, et surtout de ceux qui sont créés et entretenus à l’aide de dépenses facultatives votées et contrôlées par les conseils généraux. On pourra y faire utilement figurer en outre :
- i° Des collections des rapports annuels des inspecteurs d’académie au Conseil général depuis 1878 ;
- 20 Des collections des bulletins départementaux des deux dernières années ;
- 3° Des règlements scolaires départementaux et locaux approuvés par l’inspecteur d’Académie.
- V. — Membres du corps enseignant et de l’administration académique. — Travaux personnels relatifs à l’enseignement (mémoires, documents pédagogiques, appareils et ouvrages relatifs aux divers enseignements ou à l’administration scolaire : rapports, statistiques, règlements, etc.).
- Les plus intéressahts des travaux des maîtres
- (1) Coupées par départements ou individuellement.
- seront sans contredit les monographies des écoles. L’historique de l’établisse ment, son fonctionnement actuel, les résultats qu’il atteint ; son influence sur le milieu où il se trouve placé, sont le cadre naturellement tracé de ces études. Il est facile d’indiquer d’autres divisions très importantes ; par exemple, les rapports entre les directeurs et les adjoints ; les moyens qu’ils emploient pour mettre de l’unité dans leur action ; les rapports que les maîtres ou maîtresses conservent avec leurs élèves après leur sortie définitive de l’école ; l’influence qu’ils continuent à exercer sur eux ; les relations du personnel avec les parents des élèves, avec les municipalités, avec les comités de patronage , quand il y a lieu.
- Quant aux notices ou mémoires pédagogiques, il conviendra d’admettre surtout ceux qui auraient trait à des points spéciaux de la discipline, de la tenue matérielle de la classe, des méthodes proprement dites d’enseignement et d’éducation. En tout cas, ceux qui ne rouleront pas sur la méthode en général pourront être subdivisés en autant de fascicules séparés qu’ils traiteront de questions distinctes, afin de faciliter au jury la comparaison des solutious proposées sur le même sujet. Ces mémoires auront un format identique (3i centimètres sur 21 centimètres, avec deux marges de 4 et 2 centimètres) ; même format pour les couvertures mobiles où ils seraient renfermés.
- Les procès-verbaux des conférences pédagogiques cantonales, la liste des livres adoptés par ces conférences, les mémoires originaux qui y ont été lus et discutés, leurs avis sur des points de doctrine ou de pratique scolaire pourront aussi trouver place dans cette exposition, soit à titre individuel, soit à titre collectif.
- Les règles que je viens de tracer, d’accord avec la commission, fixent les lignes principales du plan d’organisation de notre exposition de l’enseignement primaire public.
- Pour qu’il vous soit plus facile, monsieur le recteur, de faire connaître ce plan à tous les chefs d’établissements appelés à y prendre part, je vous enverrai un certain nombre d’exemplaires de la présente circulaire et des documents annexés, que j’ai cru utile d’y faire joindre (procès-verbaux de la commission, rapports des sections, projets de questionnaires, etc ). Je vous prie, monsieur le recteur, d’inviter les fonctionnaires placés sous vos ordres à prendre dès maintenant les dispositions nécessaires, soit pour rassembler les matériaux et documents, soit pour être en état de répondre à l’appel de la commission d’organisation quand le moment sera venu.
- Recevez, monsieur le recteur, l’assurance de ma considération très distinguée.
- Le Ministre de l’Instruction publique^ des Cultes et des Beaux-Arts.
- E. Spuller.
- LES
- CONGRÈS ET CONFÉRENCES
- DE 1889
- Nous avons fait connaître l’arrêté relatif à la constitution des divers comités des congrès et conférences de l’Exposition de 1889. On sait qu’il y a quinze sections et que dans chacune de ces sections figure un représentant de la presse.
- Ces quinze représentants de la presse forment dans la commission la sous-commission des congrès et conférences. Voici leurs noms : MM. de Lapommeraye, Louis Gonse, Reinach, Henri de Parville, G. Tissandier, Charles Richet, Louis Gai, Duverdy, Paul Strauss, Patinot, Paul Foucher, de Nansouty, Chapon, Marinoni et Gaston Carie.
- Cette sous-commission aura pour mission d’étu* dier les questions et d’examiner les propositions que chaque membre pourrait individuellement soumettre à la section dont il fait partie.
- -------- ^niiriîT f[î V- If ÜB
- L’EXPOSITION OUVRIÈRE
- DE L’EXPOSITION DE 1889
- La commission de contrôle et de finances de l’Exposition de 1889 n’a pas adopté le principe d’une exposition ouvrière spéciale.
- p.750 - vue 327/496
-
-
-
- Troisième Année. — N° i5S
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE iSSg.
- Dimanche 21 Août 1887. — 751.
- Dans un manifeste adressé aujourd’hui à toutes les Chambres syndicales, la commission d’organisation de l’exposition ouvrière reproduit le procès-verbal de la séance dans laquelle a été rejeté ce principe.
- Ce manifeste se termine ainsi :
- Voici, d’autre part, l’opinion émise sur nous par M. Berger, directeur général, dans un discours prononcé à la réunion tenue le 25 avril 1887, devant le personnel des Arts décoratifs :
- « Il y aura aussi une exposition où les ouvriers « ont la prétention d’exposer sans patrons et sans « capital. Ceux-là nous pensons avoir adouci leurs « amertumes, car, ne l’oubliez pas, ce sont les « Arts-et-Métiers qui ont fait les patrons et les « capitalistes. »
- Définissant le but de l’Exposition de 1889 et sa distribution, il concluait :
- « N’allez pas voir là une date politique, c’est la grande date industrielle des Volta, Watt, Fulton, .Stephenson, Jacquart, Philippe de Girard, etp., et ma joie serait complète si les collectivistes ou ennemis du capital n’étaient pas venus nous demander des subventions. »
- A vous de juger. Vous nous avez dit : il faut, et rien de plus, être ouvrier pour être des nôtres à l’Exposition; nous n’avons pas exigé autre chose, et malgré tout nous continuerons à être vigilants et inflexibles dans notre rôle.
- Nous réclamons de vous un mandat ferme pour la réunion qui aura lieu le vendredi soir 19 août 1887, à huit heures, Bourse du travail, 35, rue Jean-Jacques-Rousseau.
- — Voulez-vous faire une nouvelle tentative auprès de la commission des 43 ?
- — Voulez-vous déposer une proposition sur le bureau de la Chambre des députés ?
- — Voulez-vous vous en tenir à demander une subvention municipale pour Paris, et par une active propagande, inviter la province et l’aider à obtenir des subventions des conseils municipaux?
- Il faut sortir de l’impasse et conclure le 19 août. Que votre délégué nous transmette vos décisions, nous sommes à vos ordres pour faire triompher notre droit incontestable à la restitution d’une faible partie de la richesse publique produite strictement par le travail, conséquemment par nous tous.
- Recevez, concitoyens, nos fraternelles salutations.
- Pour la commission,
- Lavaud,
- 2, rue Vicq-d’Azir.
- --------- Tiiiii — -----.-
- LA TURQUIE & L’EXPOSITION
- DE 1889
- M. O. Tuyssuzian, ex-membre de la commission ottomane à l’exposition universelle de 1867, adresse au Phare du Bosphore un article sur la participation de la Turquie à l’Exposition de 1889. Nous en extrayons les passages suivants : .
- La France invite tous les peuples civilisés à entonner avec elle, en 1889, un hymne solennel aux conquêtes de la paix et du travail. A cette fête universelle on ne pouvait donner un caractère plus grandiose que celui d’une exposition internationale. L’appel de la France, ce porte-drapeau et ce premier champion du progrès, vient bien à propos pour faire diversion avec le cliquetis des armes et l’activité fiévreuse des arsenaux, pour faire taire les bruits de guerre et pour provoquer la lutte pacifique, l’émulation féconde du travail des soldats de la paix. La Turquie, qui n’a pu participer à la grande Exposition de 1878 par suite de la guerre turco-russe, ne peut manquer à cette grande réunion de 1889, à cette revue solennelle de tout ce que la science, l’art, l’industrie, ont pu créer dans les formes les plus variées et inspiré parle génie caractéristique de chaque peuple.
- Noblesse oblige et le succès immense que la Turquie a obtenu à l’Exposition de 1868 doit l’engager grandement à participer sur une large échelle à celle de 1889........................... . . .
- L’exemple encourageant de l’Exposition universelle de 1867 donne l’assurance qu’avec un capital de 20,000 livres turques seulement avancé par le gouvernement, l’Exposition s’organisera et que la vente des produits judicieusement choisis remboursera cette avance et les frais. En effet, en 1867, la vente des articles exposés a produit un excédent de recettes. Quant aux conséquences commerciales et industrielles de notre participation à l’Exposition de 1867, elles ont été extrêmement importantes et fructueuses pour le pays, et les grands magasins de nouveautés de Paris, pour ne citer qu’un exemple, ont largement exploité, depuis cette époque notamment, nos tapis et nos broderies d’Orient. Il est vrai que l’industrie européenne a cherché à imiter et à contrefaire certains de nos produits manufacturés, tels que nos admirables serviettes peluche (havlou) de Brousse les broderies de Constantinople, les petits meubles syriaques en écaille, nacre et ivoire, mais les connaisseurs ne s’y trompent pas et préfèrent toujours de beaucoup les produits de notre industrie nationale, surtout nos beaux tissus aux éclatantes couleurs végétales.
- L’Exposition universelle de 18^7 a fait aussi mieux connaître et apprécier les grandes et merveilleuses qualités de nos matières premières, que le commerce courant altérait malheureusement et frauduleusement, telles que nos essences de rose, nos opiums, nos scammonées, nos écorces de chêne nos graines jaunes, etc., de sorte que, depuis, les grandes maisons de Paris exigent ces produits avec leurs admirables qualités naturelles.
- Nos produits miniers sont à peine connus et exploités, mais les échantillons exposés en 1867 ont été très appréciés, de meme que nos essences forestières, si nombreuses, si belles et si variées. La fabrique parisienne des placages, si renommée ' dans le monde entier, a été longtemps tributaire de notre pays pour nos magnifiques et incomparables loupes de noyer.
- La chambre de commerce de Constantinople, si dévouée aux véritables intérêts du pays, pourrait prendre l’initiative d’une société indigène, par actions de cent francs chacune, pour former ce capital de 20,000 livres turques.
- On serait en même temps une heureuse source d’activité dans ces moments de calme dans les affaires, et que la population accueillerait en en bénissant les promoteurs. En terminant, nous faisons les vœux les plus ardents pour la participation officielle ou officieuse de notre pays à l’Exposition universelle de i§8g.
- CONCOURS
- Pour la construction du pavillon de la Tunisie à l’Exposition universelle de 1889
- Un concours est ouvert pour un projet de construction devant recevoir lyExposition de la Régence
- à Paris aux conditions suivantes:
- PROGRAMME
- i° L’emplacement réservé à la Tunisie, conformément au plan dressé par le Commissariat général, est situé sur l’Esplanade des Invalides, en façade à l’ouest le long de l’Allée centrale, en face de l’Exposition du Ministère de la guerre, entre l’Exposition de l’Algérie et celle des autres pays de protectorat, à laquelle fait suite celle des autres colonies.
- Cet emplacement est de forme rectangulaire, présentant 5om84 en façade, et 59111 en profondeur, soit une surface totale de 3.ooom environ.
- En outre, une bande de terrain de la même largeur, de 28111 de profondeur environ, peut être occupée par la section Tunisienne.
- Cette bande de terrain, contiguë au prèmier lot, est située le long de la laçade postérieure, dans la portion de l’Esplanade plantée d’arbres ; il est toutefois interdit d’abattre ni de dégrader ces arbres.
- Le sol du terrain est plan.
- 20 Les dépenses totales nécessitées par les bâti-
- ments de l’Exposition ne doivent pas excéder la somme de 3oo.ooo piastres = 185.000 francs.
- Dans cette somme doivent être comptés les primes aux projets couronnés, les honoraires de l’architecte, les frais d’ameublement et autres divers ; les dépenses de construction proprement dites et d’aménagement intérieur et extérieur de tout le local ne devront donc pas dépasser une somme de 224.000 piastres = 140.000 francs.
- 3° Un emplacement devra être réservé, dans les 3.ooom de terrain non plarîté, pour une portion au moins de l’Exposition d’horticulture.
- 40 Les constructions doivent comprendre, tout en conservant leur unité, deux parties disposées de manière à ne pas se gêner ni se confondre, savoir : un local pour l’Exposition des produits ; un local pour le travail manuel et la vente qui pourraient être autorisés.
- i° Local d’exposition: ce local devra être constitué autant que possible de manière que les produits s’y groupent suivant la division indiquée par le programme général de l’Exposition, savoir:
- i° Œuvres d’art.
- 2* Education, etc.
- 3° Mobilier et accessoires.
- 40 Tissus, vêtements et accessoires ;
- 5° Industrie, instruments ;
- 6° Outillages, procédés des Industries mécaniques ;
- 70 Produits alimentaires ;
- 8° Agriculture, Viticulture ;
- 90 Horticulture.
- Il devra présenter une surface intérieure utilisable compris circulation d’au moins 8oom.
- 20 Local de travail manuel et de vente : Ce local, qui devra naturellement avoir la disposition d’un Souk, contiendra le nombre de boutiques nécessaire pour y placer, groupés suivant leurs affinités, les industries et commerces qui se rencontrent dans les villes de la Tunisie, telle que : Parfumeries et essences ; armes et serrurerie ; meubles ; menuiseries et tourneurs; bijoux; broderie; sellerie et cordonnerie ; cafés maures ; barbiers ; poterie ; confiserie; restaurant arabe; marchands de tabac, pipes, etc.
- Boutiques et ateliers auront les dimensions ordinaires en Tunisie.
- Les deux séries de locaux devront communiquer entre elles par plusieurs passages et avoir des entrées distinctes, aussi nombreuses que possible, sur la façade principale.
- Les dégagements en plein air seront aussi multipliés que possible.
- 5° Les constructions devront être de style Tunisien, et reproduire autant que possible des détails ou des parties d’édifices connus de la Tunisie.
- Les concurrents auront soin d’indiquer de quels édifices ou parties d’édifices ils se seront inspirés, et s’ils en ont fait une copie, une restitution, ou une imitation libre.
- Quels que soient le plan et la disposition adoptés, les éléments architectoniques suivants doivent être introduits, savoir: un Souk, un Minaret, un Portique, une Loggia, une Porte monumentale, un Koubba, une Sebbela.
- CAHIER DES CHARGES
- i° Les projets devront comprendre : i° Plans, coupes, élévations, vues perspectives, détails et généralement tous les documents graphiques nécessaires ; 20 le cahier des charges à imposer à l’entrepreneur ; 3° les devis détaillés des frais de construction et d’aménagement de tout le local.
- 20 Les devis devront être établis suivant la dernière série des. prix de la ville de Paris, pour chaque ordre de fournitures.
- En dehors de la somme prévue par le devis pour chaque série d’articles, il sera réservé une somme égale à 10 % ; le total de ces réserves s’élèvera, en conséquence, à 14.000 francs.
- 3° Les devis et cahiers des charges devront être établis sur la base suivante : les matériaux sont fournis, mis en œuvre, démontés, enlevés et repris par l’entrepreneur.
- Les devis devront comprendre l’appropriation et la remise en état du terrain.
- 40 II ne sera pas tenu compte des projets qui ne
- p.751 - vue 328/496
-
-
-
- 752. — Troisième Année — N® i38.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 21 Août 1887.
- comprendraient pas, sur tous les points ci-dessus, tous les détails et éclaircissements désirables.
- 5° Les projets doivent être adressés, francs de port et tout prêts pour l’Exposition Tunisienne, Ministre de la Plume, à Tunis.
- 6° Les projets non acceptés , les projets non primés, ne seront pas rendus à leurs auteurs, à moins qu’ils ne les fassent retirer, ou ne les retirent eux-mêmes, dans un délai d’un mois à dater du jugement du concours.
- 70 Le jury chargé de l’examen du concours est ainsi constitué:
- MM. Le Consul de France.
- De la Blanchère, directeur du service des antiquités et des arts.
- Vernaz, secrétaire général des travaux publics.
- R. Valensi, ingénieur civil.
- Mangiavacchi, directeur de la société Franco-Africaine.
- Machuel, directeur de l’enseignement.
- Deux architectes adjoints seront nommés ultérieurement.
- 8° Une prime de 5o.ooo piastres est allouée au projet classé le premier, une prime de.2.5oo piastres au projet classé le second.
- 90 Le projet classé le premier sera adopté ; mais son auteur sera tenu d’y faire les modifications que la commission pourra juger nécessaires.
- Le Comité deviendra propriétaire du projet.
- io° La direction des travaux sera confiée, soit à l’auteur, soit à tout autre architecte, au choix du Comité.
- Les honoraires sont fixés à 5 0f0 du total des travaux, et ne seront calculés que sur le montant du devis accepté par le Comité.
- RÈGLEMENT DU CONCOURS
- i° Le concours sera clos le 3i octobre 1887, à 5 heures du soir; passé cette date et cette heure, aucun projet ne sera plus admis.
- 2° Les projets resteront exposés quinze jours ; après ce terme, le jugement sera rendu et notifié immédiatement aux intéressés.
- 3° Les projets doivent être anonymes.
- Le nom et l’adresse du concurrent devront être contenus dans une enveloppe cachetée qu’il adressera à M. le Consul de France à Tunis, et qui portera une devise ; cette devise sera repétée sur le projet.
- 4° Tous les dessins seront à une échelle uniforme de 1 centimètre par mètre.
- 5° Les présents programme, cahier des charges et règlement seront déposés.
- A TUNIS : Au Secrétariat du Comité.
- A la Résidence Générale de France
- A PARIS-: Au Ministère des Affaires étrangères.
- Au Commissariat Général de l'Exposition.
- Che7 le Délégué du Comité Tunisien.
- Monsieur C. Samson, n° 34, rue de Berlin, à Paris.
- 6° Une affiche annonçant le concours sera placardée à Tunis, et dans les villes de la Régence, aux lieux habituels d’affichage.
- A Paris aux endroits indiqués ci-dessus et dans les Mairies, en France, dans toutes les Préfectures.
- Tunis, le 3 mai 1887.
- Le Ministre de la Plume, Président du Comité, M. Djellouli.
- NOTA. — Le cours moyen du change à Tunis de la piastre tunisienne en monnaie française est, en général, légèrement supérieur à o fr. 60 par piastre.
- RENSEIGNEMENTS GÉNÉRAUX
- SUR
- L'EXPOSITION DE 1889
- I
- L’exposition de 1889 à Paris sera universelle et internationale, c’est-à-dire qu’elle recevra les produits agricoles, industriels et artistiques de tous les pays.
- Elle occupera dans une seule enceinte, conformément au plan annexé à la présente note:
- i° Sur la rive gauche de la Seine : le Champ-de-Mars et les berges de la Seine, — VEsplanade des Invalides, — la partie du quai d'Orsay comprise entre l’Esplanade et le Champ-de-Mars ;
- 20 Sur la rive droite de la Seine : le parc et certaines parties disponibles du palais du Trocadéro.
- Le pont d’Iéna, qui relie les terrains du Trocadéro au Champ-de-Mars, sera compris dans l’enceinte de l’Exposition.
- Le plan de l’Exposition comporte quatre divisions fondamentales :
- I. — CHAMP-DE-MARS
- 1° Palais des Beaux-Arts (A)
- groupe 1. — Œuvres d’art.
- Dans ce palais à étage, la répartition sera faite par salles ou par groupes de salles correspondant aux différentes expositions nationale?.
- 2° Palais des Arts libéraux
- groupe 11. — Education et enseignement. — Matériel et procédés des arts libéraux
- Daus ce palais dont les dispositions comportent une grande nef centrale et une galerie de pourtour avec étage, l’espace sera divisé en deux sections, réparties chacune par classes : l’une pour les produits français et l’autre pour les produits étrangers.
- 3° Galeries des produits industriels divers
- groupe m. — Mobilier et accessoires.
- groupe vi. — Tissus, vêtements et accessoires.
- groupe Y. —Industries extractives. — Produits bruts et ouvrés.
- L’espace de 90,000 mètres carrés abrité par ces galeries sera fractionné en trois compartiments affectés chacun à l’un de ces trois groupes. Chacun de ces compartiments sera subdivisé lui-même en deux parties, dont l’une, réservée à la France, sera répartie par classes, et l’autre, consacrée aux pays étrangers, sera divisée par nationalités.
- 4° Palais des Machines
- groupe vi. — Outillage et procédés des industries
- mécaniques. — Electricité.
- Ce palais sera divisé en compartiments de classes dans chacun desquels les produits des divers pays seront juxtaposés par nationalités autant que le permettra le service de la force motrice.
- II. — QUAI D’ORSAY
- 1° Palais des Produits alimentaires
- Ce palais à étages comprendra internationalement et par classes les produits alimentaires.
- 2° Galeries de l’Agriculture
- groupe viii. — Agriculture, viticulture et pisciculture
- Ces galeries seront divisées par compartiments nationaux.
- III. — ESPLANADE DES INVALIDES
- i° Espaces découverts plantés d’arbres, réservés supplémentairement pour l’agriculture (groupe
- V1U) 5
- 2° Expositions diverses : colonies françaises et pays de protectorat. — Expositions particulières des Ministères français. — Economie sociale. — Hygiène, etc.
- IV. — TROCADÉRO
- Exposition internationale d’Horticulture et Arboriculture
- groupe ix. — Horticulture.
- Les espaces affectables, dès maintenant aux différents groupes pour les étrangers et les Français, ont été calculés d’après les statistiques des précédentes Expositions.
- Les Expositions de 1867 et de 1878 à Paris, avaient comporté chacune , dans l’enceinte du Champ-de-Mars, la construction d’un palais principal dont les galeries, disposées soit circulaire-' ment, soit rectilignement, ont permis d’installer les produits étrangers et français de façon que le visiteur pûtàsa guise passer en revue successivement tous les produits d’un même groupe de provenances nationales diverses, ou tous les produits des différents groupes de même provenance nationale.
- Cette organisation entraînait pour chaque pays l’attribution d’un compartiment spécial, unique et très défini. Elle a été réalisée avec succès en 1867,
- bien que la relégation des produits français et étrangers de l’agriculture dans une enceinte éloignée ait été une infraction à la règle admise. En 1878, on a tenté de reprendre le système de 1867, mais l’abondance des produits admis a rendu insuffisantes les places couvertes disponibles dans l’intérieur du Palais principal du Champ-de-Mars, il a fallu se résoudre à une dissémination sans méthode par la construction de nombreux bâtiments annexés.
- Les plans adoptés pour 1889 ont, par leur disposition même, substitué une sorte d'ordre méthodiquement divisé à l’ancien ordre compact de l’installation des produits.
- II
- GRATUITÉ DES EMPLACEMENTS
- Conformément à la tradition hospitalière des Expositions internationales de 1855, 1867, 1878 et 1881, qui ont eu lieu à Paris, les exposants étrangers et français admis n’auront aucun loyer à payer pour l’occupation de leurs emplacements d’exposition.
- DÉPENSES A LA CHARGE DES EXPOSANTS
- L’Administration française fournit des locaux couverts pour les produits non exposables en plein air des groupes des Beaux-Arts, des Arts libéraux, industriels, mécaniques et agricoles. Les exposants ont à leur charge, soit individuellement soit collectivement, la totalité des frais de subdivision, d’installation et de décoration de ces locaux, comprenant : la fourniture, la pose, la garniture et la décoration des cloisons séparatives, des vélums ou faux plafonds, des vitrines et meubles d’exposition, le tout d’après les plans adoptés par l’Administration. Ils ont aussi à payer les planchers des salles d’exposition, l’Administration ne devant que ceux des chemins de circulation générale, conformément à l’article 16 du règlement général. En ce qui concerne spécialement les planchers, l’Administration pourra, en vue d’un travail plus homogène et plus économique, faire exécuter la totalité de ces planchers, quitte à se faire rembourser des parties dues par les exposants, qui seront, en outre, pécuniairement responsables des dégradations produites par leur faute ou celle de leurs agents.
- GARDIENNAGE
- Les exposants ont à comprendre leurs frais généraux d’installation, le salaire et l’habillement des gardiens chargés du nettoyage et de la surveillance particulières des salles.
- SECTION DES MACHINES
- Les constructeurs, etrangers et français de chaudières ou de machinas seront admis à faire des propositions pour la fourniture de laforce motrice que l’Administration doit, suivant les termes de l’article 34 du règlement général, pour la mise en mouvement des appareils exposés. Les conditions générale de la fourniture de cette force motrice parla vapeur d’eau sont actuellement arrêtées.
- EXPOSITIONS D’HORTICULTURE
- Un règlement spécial fera connaître comment seront organisées les expositions permanentes et temporaires du groupe de l’horticulture, et dans quelles conditions certains exposants pourront avoir la jouissance de serres chaudes ou tempérées .
- EXPOSITION DES ANIMAUX VIVANTS
- Si une exposition d’animaux vivants a lieu, un règlement spécial sera publié à ce sujet.
- TRANSPORTS ET MANUTENTION
- Des arrangements ont été pris avec les Compagnies de chemins de fer du réseau français pour que tous les produits, sauf les objets d’art et matières précieuses, à destination de l’Exposition bénéficient d’un rabais de 5o p. 100 sur les tarifs ordinaires.
- Le même rabais de 5o p. 100 sur,les tarifs ordinaires a été consenti, dans les mêmes conditions pour les transports maritimes, par la Compagnie générale transatlantique et la Compagnie des Messageries maritimes.
- En ce qui concerne la manutention intérieure des produits, dont toutes les opérations sont à la charge des exposants, l’Administration, tour en laissant à ces derniers la plus grande liberté s’efforcera de mettre à leur portée, dans les conditions les plus pratiques et économiques, les appareils et le personnel qui pourront leur être nécessaires pour le déchargement et le déballage des colis, leur remballage et leur réexpédition.
- p.752 - vue 329/496
-
-
-
- Troisième Année. — N° i:S
- DOUANES ET OCTROI
- Par décret présidentiel en date du 2 5 août 18S6, les locaux affectés à l’Exposition universelle de 1889 seront constitués en entrepôt réel des douanes. D’autre part, Monsieur le Préfet de la Seine, par lettre en date du 28 octobre 1886, a informé Monsieur le Ministre du commerce et de l’industrie que le même régime sera appliqué aux enceintes de l’Exposition, eu ce qui concerne l’octroi de Paris.
- PROPRIÉTÉ INDUSTRIELLE
- L’administration supérieure prend les mesures nécessaires pour assurer dans les mêmes conditions que pour les Expositions précédentes la protection de la propriété industrielle.
- CATALOGUE
- Il sera dressé en langue française un catalogue méthodique et complet des produits de toutes les nations, indiquant les places qu’ils occupent dans les palais, les parcs ou les jardins, ainsi que les noms des exposants.
- Chaque nation aura d’ailleurs le droit de faire à ses frais, mais dans sa propre langue seulement, un catalogue spécial des produits exposés dans ses sections, conformément au cahier des charges qui sera dressé par l’Administration.
- COMITÉ DÉPARTEMENTAL
- DE LA HAUTE-SAONE
- Par arrêté en date du 11 août 1887, le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a constitué comme suit le comité départemental de la Haute-Saône.
- i° Sous-comité de /’arrondissement de Vesoul
- MM. Noirot, député ; Billerey, vétérinaire, à Amance ; Parguez, docteur en médecine, à Besançon ; Briot, maire, à Ormoy ; Coillot, maire, à Montbozon ; Bailly, président de la société d’encouragement à l’agriculture, à Vesoulj Blandin, docteur en médecine, à Port-sur-Saône ; Blan-chot, docteur en médecine, àGrandville ; Meillier, maire, à Vesoul ; Marichal, maire, à Vitrey ; Poin-sot, notaire, à Amance ; Hory, négociant à Gour-geon ; Bontemps, maire, à Jussey ; Legros, pharmacien, à Montbozon ; Senot, adjoint au maire, à Noroy-le-Bourg ; Tisserand, fabricant de balances, à Port-sur-Saône; Poy, capitaine en retraite, à Boult; Guilleminot, docteur en médecine, à Scey-sur-Saône ; Voisard, docteur en médecine, a Vesoul ; Echilley, capitaine en retraite et maire, à Saint-Marcel ; Vincent, maître de forges, à Verchamp ; Lanternier, fabricant de biscuits, à Montbozon; Sanejouand et Grave, industriels, à Clairefontaine ; Levai, cultivateur, à Amance; Fournot-Caseaux, cultivateur, à Com-beaufontaine ; Foissard, maire, à Augicourt ; Dolley, constructeur de machines agricoles à Gevigney ; Thierry, cultivateur à Bétancourty, Martel, cultivateur', à Corre ; Michel frères, fabricants de phosphates fossiles à Jussey ; Lyard (Charles), cultivateur à Vallerois-le-Bois ; Maillot-Mathieu, constructeur de machines agricoles à Fleurey-les-Faverney; Petit, meunier, à Port-sur-Saône ; Charbonnier, cultivateur, à Provenchère ; Millet, cultivateur, à Fondremand; Berdellé, ancien garde général des forêts, à Rioz ; Tiquet, maître de forges, à Baignes; Laboureur, propriétaire, à Scey-sur-Saône ; Clerget (Albert), fabricant de pâtes alimentaires, à Vesoul ; Firniss, chef de traction à la compagnie de l’Est, à Vesoul; Bruno-Dupallut, agriculteur à Andelarrot ; Nief (François), agriculteur, à Vaivre ; Kolb, tanneur, à Chanvirey-le-Châtel ; Favret, (Victor), cultivateur à Cintrey.
- «
- 20 Sous-comité de Varrondissement de Gray
- MM. Jobard, sénateur, à Gray ; Versigny, député, à Gray ; Barat, avocat, à Gray ; Gourdan-Fromen-tel, docteur en médecine, à Champlitte ; duc de Marmier, propriétaire agriculteur, à Ray-sur-Saône ; Hézard, maître de forges, à La Romaine ; Pâ ris, industriel, à Gy ; Brusset, notaire, à Besançon ; Guillemot, maire, à Malans ; Richard, docteur en médecine, à Autray-les-Gray ; Gour-dan Fromentel, docteur en médecine, à Gray; Clerc, négociant, à Lavoncourt ; Signard, docteur en médecine et maire, à Gray ; Pigallet, maire, à Autoreille; Pigallet, adjoint au maire, à Marnay ; Gras, propriétaire agriculteur, à Arsans ; Jacqni-not, cultivateur à Auvet ; Favet (Henri), cultivateur, à Poyans ; Caisel-Chabœuf, cultivateur à Champlitte -, Boniard, cultivateur, à Champlitte ; Pernot, fabricant de charrues à Brotte-les-Ray ; Clerc frères, propriétaire, à Lavoncourt ; Taissan-dié, fabricant de meubles à Chartentenay ; Robert, papetier, àSavoyeux; Millot, coristructeur-méca-
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- nicien, à Gray; Bonaventure, fabricant de vins de raisins secs, à Gray ; Sentupéry, fabricant de vins de raisins secs et maire, à Arc-les-Gray ; Drouhot fils, cultivateur, à Saint - Loup-les-Gray ; Guillaume (Jean-Baptiste), mécanicien, à Vellemoz ; Amot, fabricant de chaises, à Bucey-les-Gy ; Bey-i Roset frères, pépiniéristes à Marnay; Arusset ! (Francis), propriétaire, à Charcenne ; Jacquet (Isidore, cultivateur, à Malans ; Prunel, fabricant d’instruments agricoles, à Brésilley.
- 3° Sous-comité de l'arrondissement de 'Lure
- MM. Noblot, sénateur et manufacturier, à Héri-court; Baïhaut, député, à Mollans ; Marquiset, député, à Fontaine-les-Luxeuil ; Levrey, député, à Arpenans; Ferguson, ancien manufacturier, à Ronchamp ; Dorget, manufacturier, à La Longine; Boisson, docteur en médecine à Lure; Bezanson, filateur, à Breuches; Grosjean, négociant, à Meli-sey; comte de Saint-Mauris, agriculteur, à Colombier; Mercier, industriel, à La Rochère ; Chevreux, directeur de salines, à Gouhenans ; Vendrely, pharmacien, à Champagney ; Tourdot, pharmacien à Lure; Schwob, filateur, à Héricourt; Frechin, négociant et maire, à Lure ; Cholley, cultivateur et maire à Baudoncourt; Guingot, notaire, à Ser-vance; Lebrun, fabricant de chaises, à Saint-Loup-sur-Semouse; Heiltz, notaire, à Saulx; Bailly, pharmacien, à Vauvillers; Girardy, banquier, à Villersexel; Helle, industriel à Plancher-les-Mines; Renaud, tanneur, à Champagney; Péroz, négociant et maire, à Plancher-Bas ; Bloch (Lazare), vice-président du comice agricole, à Faucogney ; Grandjean, meunier à Amage; Burgez, cultivateur à Beaudoncourt ; Colle (Alfred) industriel, à Luxeuil; Ruffier, cultivateur, à Petit-Magny; Collin, cultivateur, à Granges-le-Bourg; Péquignot, cultivateur, à Villargent; Herr, maison Méquillet-Noblot, filateurs de coton, à Héricourt; Mougin (Adolphe), fabricant d’horlogerie à Héricourt; Picard, fabricant de tissus, à Lure; Scheurer, filateur, à Lure ; Schwob, filateur à Lure; Hézard, cultivateur aux Aynans ; Briot, industriel, à Haut-du-Them; Grosjean (Alexandre), meunier à Fresse; Tourdot, cultivateur et maire, à Ternuay; Renaud (Henri), industriel, à Aillevillers ; Rappenne, négociant et maire, à Fougerolles; Julez Viard, négociant à Saulx; Simonin, négociant et maire à Saulx; Vertey (Eugène), agriculteur à Mailleron-court-Charette ; Perrin, agriculteur, à Vauvilliers; Vacherot, jardinier-fleuriste à Vauvillers ; Salmon, fabricant de gants à Vauvilliers , Gillot, fabricant de broderies à Ambievillers ; Teyssot, fabricant de meubles ; Thiollier, secrétaire de la chambre de commerce; Thivillier, président du tribunal de commerce; Treille (Victor), pharmacien; Verney-Carron (Joannis), fabricant d’armes; Villiers directeur de la société des houillères; Voytier’ fabricant d’armes. ,
- COMITÉ DÉPARTEMENTAL
- DE LA LOIRE
- î° Sous-Comité de Varrondissement de Saint-Etienne
- MM. Brossard, sénateur, ; Crozet-Fourne yron, député ; Duché, député ; Imbert, député; Laur, député ; Reymond, député ; Aubert, maire de Villars ; Barroin, directeur des aciéries de Saint-Etienne; Barthe, ingénieur civil, à Villars ; Boyer, fabricant de métiers à rubans ; Brunon, maître de forges à Rive-de-Gier ; Brustlein, ingénieur des mines Holtzer à Unieux ; Castel, fabricant de lacets, maire d’Izieux ; Ghalmeton, directeur des forges à Firminy ; Chapuis, fabricant de rubans, adjoint au maire ; Chazet, président du confeeil de prud’hommes ; Chosson, ingénieur en chef des mines ; Coron (César), directeur de la teinturerie stéphanoise ; Dupin, teinturier ; Duplay, carrossier ; Dureau, directeur de l’école de musique ; Ebell, ingénieur de la compagnie d’électricité ; Euverte, président de la chambre de commerce ; Galley, directeur de l’école régionale des arts industriels ; Garnier (Jules), ingénieur civil des mines ; Giron, fabricant de velours ; Holtzer (Louis), directeur d’usines métallurgiques à Unieux ; Houppeurt, directeur des mines de la Loire ; Hutter, directeur de verreries, à Rive-de - Gier ; Jancard, directeur de la compagnie des ateliers de la Loire ; Labully, vétérinaire ; Lebois, directeur de l’école professionnelle ; Leroux, architecte ; Madignier, maire de Saint-Etienne; Marrel (Charles), métallurgiste à Rive-de-Gier; De Montgolfier, directeur de forges, à Saint-Chamond ; Neyrand, maître de forges, à Saint-Julien-en-Jarrejt ; Nicou, ingénieur en chef des ponts et chaussées ; Oriol, maire de Saint-Chamond ; Périer, maire de Saint-Julien-Molin-Molette ; Pizard, inspecteur d’académie ; Rebour; président du conseil de prud’hommes des tissus, Richarme, verrier à Rive-de-Gier; Riembault, docteur en médecine ; Robert, directeur de la manufacture nationale d’armes ; Saumont, verrier.
- Dimanche 21 Août 1887. — 723.
- 20 Sous-comité de l’arrondissement de Montbrison
- MM. Chavassieu, sénateur ; Levet, député ; Balleguier, fabricant de serrures, à Saint-Bonnet-le-Chàteau ; Bourgeois, professeur d’agriculture ; Brault, exploitant d’uns source d’eau minérale, à Sail-sous-Couzan ; Cessieux, agriculteur à Saint-Romain-le-Puy ; Chollet , viticulteur , Saint-Thomas-la-Garde ; Clavelloux, épicier; Crozier, viticulteur à Pralong ; Dulac, architecte ; Dulac (Paul), médecin ; Huguet, membre de la société La Diana ; Mauvernay, fabricant de vitraux à Saint-Galmier ; Nigav, maire de Feurs ; Pelletier, fabricant de vitraux, à Saint-Just-sur-Loire ; Provot, maire de Chazelles-sur-Lyon.
- 3“- Sous-comité de l’arrondissement de Roanne
- MM. Audiffred, député ; Bourganel, député ; Dorian (Charles), député ; Bajard, président de la chambre de commerce ; Barge, président du comité de vigilance contre le phylloxéra ; Bon-nière, président du conseil de Prud’hommes de Charlieu ; Cancalon, fabricant de produits céramiques ; Coste, conservateur du musée ; Damon, aîné, fabricant de plâtre ; Débat, président du conseil de prud’hommes ; Dauvergne, industriel ; Desbenoit, tanneur ; Enfantin, professeur d’agriculture ; Fortier-Beaulieu , tanneur ; Lapoire , fabricant de cotonnades ; Ojardias ; négociant ; Péronnet ; président de la socjété d’agriculture, à Saint-Symphorien-de-Lay ; Raffin, maire ; Therre-Giboudeau négociant en tissus.
- -----------j-———----------------
- COMITÉ DÉPARTEMENTAL
- DU VAR
- i° Sous-comité de V arrondissement de Draguignan
- MM. Ferrouillat, sénateur ; Clémenceau, député ; Clavier, maire ; Auberias, maire de Fréjus ; An-glès, conseiller général ; Arnoux, inspecteur d'académie du Var ; Aimé, inspecteur primaire; Otto, architecte à Fréjus ; Courchet, fabricant de bouchons à la Garde-Freinet ; Guérin, architecte départemental ; Doze (docteur), président delà société d’études archéologiques ; Garnier, filateur à Trans ; Martin, ingénieur en chef des ponts et chaussées, maire de Saint-Raphaël ; Ligeret, inspecteur des forêts ; Chaix, président du tribunal de commerce ; Meynard, président du tribunal de commerce à Fréjus ; Cotte (P.), fabricant de tomettes, à Salernes ; Gubert, président de la chambre consultative des arts et manufactures ; Noicarme (de), ingénieur des ponts et chaussées du Var ; Magnier, conseiller général du Var ; Maurel, négociant en huiles à Trans ; Bourgou-gnon, ingénieur des ponts et chaussées ; Liévin, ingénieurdes ponts etchaussées ; Honorât (Adrian), chef de division à la préfecture ; Saurin, ingénieur mécanicien : Paban (Auguste), négociant en denrées coloniales ; Be'renguier, professeur d’agriculture du Var ; docteur Lavagne, maire des Arcs; Hourlier, fabricant de meubles; Martin, dit Baron, propriétaire viticulteur ; Giraud, pépiniériste ; Gros (Albert), marchand de tissus.
- 20 Sous-comité de l'arrondissement de Brignoles
- MM. Camille Raspail, député ; Antelmy, docteur en médecine, à Garces ; Bouyer, inspecteur primaire ; Rousse, ancien maître répétiteur ; Mathieu, fabricant de papiers à Barjols ; Bayol, fabricant de produits céramiques, conseiller général, à Varages ; Ronbaud, fabricant de produits céramiques ; Brun, fabricant de chapeaux à Camps ; Rossolin, fabricant tanneur; de La Porte, inspecteur des forêts ; Vian, président de ia chambre consultative des arts et manufactures; Rocque ingénieur des ponts et chaussées ; Bonfils (Léon), industriel ; Fabre, fabricant de chaussures ; Ré-vertégat, propriétaire-viticulteur, à Carces ; Christian, propriétaire-viticulteur à Camps ; Pe'an, horloger ; Maurel, marchand tailleur ; Ducros, usinier ; Plumier, fabricant de poteries, maire de Saint-Zacharie.
- 3° Sous-comité de l’arrondissement de Toulon
- MM. Brun, sénateur; Maurel,député ; Daumas, député; Dutasta, maire; Blache, président du conseil général ; Decoreix, professeur de dessin; Bourilly, inspecteur primaire ; Wendling, lieute-nant-co'lonel en retraite ; Aubert, architecte ; Rénaux, directeur de l’usine à gaz ; Sornin, négociant en dentelles ; Suchet, négociant en tissus ; Tassy, inspecteur des forêts ; Caval, directeur du musée à Hyères ; Zurcher, ingénieur des ponts et chaussées;' Fouroux, conseiller général; MM. Dorian, ancien directeur des constructions navales ; Lagane, directeur de la compagnie des. forges et chantiers de la Seyne ; Bertuzzi, président de la chambre de commerce du Var ; Estournel, propriétaire-viticulteur ; Abel fils, président du tribunal de commerce ; Flameng, président de la société d’agriculture, d’horticulture et d’acclimatation, à Hyères ; Bech, horticulteur ; Nardy, horticulteur à Hyères.
- p.753 - vue 330/496
-
-
-
- 754. — Troisième Année, — N° 138-
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1809.
- Dimanche 21 Août 1SS7.
- Le nombre des curieux augmente de plus en plus sur les chantiers de M. Eiffel. Les étrangers de passage à Paris ne manquent pas d’aller faire une visite à la colossale entreprise et tous s’en retournent émerveillés, un peu jaloux.
- C’est qu’actuellement les montants de fer commencent à s’élancer en dehors des piliers. Hier, constate le Rappel , ils se dressaient à quinze mètres en l’air, dans quelques jours ils auront atteint une hauteur double, et M. Martin, l’habile ingénieur qui dirige les travaux, espère bien qu’à la fin de la présente année, les quatre voûtes gigantesques auront rejoint leurs arcs à la clé et ne formeront qu’une masse résistante sur laquelle viendra se poser le reste de l’ossature du monument.
- Nos lecteurs savent par le menu quel a été le système adopté pour la confection des massifs et comment ces massifs sont inclinés à leur partie, supérieure au moment où la maçonnerie sort de terre.
- C’est sur ces arêtes inclinées que s’étayent, en porte-à-faux, les premières charpentes métalliques. Un sabot de fonte énorme se cramponne à la pierre, et porte à sa partie supérieure un tampon, un bracelet d’acier sous lequel viennent s’engager les tronçons de fer qui forment la partie extérieure et la plus solide de la charpente.
- Ces tronçons comportent quatre épaisses plaques métalliques solidement rivées l’une à l’autre ; ils ont chacun cinq mètres de long sur un mètre environ de large. Actuellement, à chacun des quatre piliers, seize de ces tronçons ont été super posés et boulonnés les uns aux autres ; c’est donc à vingt mètres de hauteur que le soubassement de la tour s’élève actuellement.
- A mesure que les tronçons sont posés bout a bout et maintenus fixes par des plaques de fer d’une solidité à toute épreuve, les ferrures, latérales, ou entretoises, viennent se fixer sur leurs parois s’enchevêtrent les unes dans les autres et constituent cet échafaudage de fer dont la puissanc e sera énorme, et dont la légèreté étonne ceux-là mêmes qui ont conçu le projet de la tour. Au lieu de l’édifice lourd et sans grâce dont on pouvait, jusqu’à un certain point, craindre l’apparition, on se trouve non sans étonnement en présence d’une constitution fort svelte malgré l’énorme quantité de matériaux qu’elle comprend déjà.
- La quadruple voûte s’élèvera donc en porte-à-faux jusqu’à 28 mètres; mais, à ce moment, comme le centre de gravité sera placé en dehors des piliers, des échafaudages de bois lui fourniront l’étai nécessaire et l’on continuera à monter jusqu’à 28 mètres plus haut, moyennant cet appui.
- Mais, comme l’assemblage général doit avoir lieu à 60 mètres, il a bien fallu chercher un nouveau soutien. Ce soutien sera constitué par une colossale charpente de bois dont le carré aura 40 mètres de côté et dont le plancher supérieur sera placé à une hauteur de 55 mètres. Notons en passant que,'pour les échafaudages actuels, ii n’a pas été mis en œuvre moins de 800 mètres . cubes de bois, et on calcule qu’il en faudra au moins 2,5oo mètres cubes, une véritable forêt, pour construire la sapine dont nous venons de parler.
- Que si l’on veut savoir quel poids de fer ou de fonte a été déjà employé, voici les chiffres :
- Sabots de fonte............... 7.000 kilos.
- Tampons d’acier........... 3.000 —
- 4 séries de tronçons......... 20.000 —
- Entretoises................... 9.000 —
- Total..... 39.000 kilos.
- Ces 39,000 kilos forment un côté de chaque pilier ; ®n multipliant par 16 on obtient 624.000 kilos de fer déjà en place. Or il y a de tous les côtés sur le chantier, méthodiquement alignées, de copieuses provisions de fer et tous les jours il en arrive par
- chargements. En somme, pour l’établissement de la voûte inférieure, il faudra un million huit cent cinquante mille kilos de mqtière, ce qui paraît déjà fort raisonnable.
- Un mot maintenant sur le système des ascenseurs : il y en aura un dans chaque pilier, actionné par une puissante machine à vapeur commune à tous les quatre; ces ascenseurs feront le service jusqu’à la galerie du premier étage. Là, un nouvel ascenseur sera installé et ainsi de suite jusqu’au sommet.
- Examinons maintenant certaines autres parties du chantier. On sait combien le terrain du Champ-de-Mars a été bouleversé, combien le sous-sol en est défectueux surtout à cause du voisinage de la Seine.
- Dans ces conditions, un tassement pouvait être à craindre dans les environs des massifs. Le travail n’en eût pas souffert grand dommage ; mais on pouvait éviter l’inconvénient, et on l’a évité en enfonçant dans le sol 128 pieux, des arbres de 10 mètres de longeur, soit 32 pieux par massif. Et on n’a arrêté l’opération que lorsque ces pieux ont cessé de s’enfoncer d’un demi milimètre sous le choc subit d’un mouton de 1,000 kilos. Il faudrait pour se tasser, que le terrain y mit désormais trop de mauvais vouloir.
- Excès de précaution ne nuit jamais ; c’est pour cela et afin d’obvier au moindre affaissement-presque impossible, mais prévu, que les ingé nieurs ont ménagé à la base de chacun des mon tants, entre le sabot de fonte et le bracelet d’acier un intervalle de quelques centimètres et au-dessus du sabot une niche dans laquelle pourrait trouvait place une presse hydraulique. Au moindre mouvement du terrain, les écrous latéraux seront déboulonnés, la presse hydraulique sera mise en batterie. Elle n’aura guère que 400 tonnes à soulever ; or, sa puissance est calculée à 800 tonnes, c’est-à-dire que sou.s son effort gigantesque l’intervalle laissé libre entre le sabot et le bracelet, sera comblé, le niveau rétabli, et que de nouveaux écrous suffiront à rendre sa fixité première à la charpente.
- Ecrous, rivets, boulons sont examinés avec le plus grand soin tous les jours. Ces expériences sont faites sur chaque fourniture et toute expédition serait refusée dont deux ou trois boulons se seraient cassés ou fendus sous le marteau de forge avant de se tordre, à froid bien entendu, jusqu’à former l’équerre. Du reste les ouvriers ont l’ordre de n’employer aucun boulon qui leur paraîtrait de qualité insuffisante.
- On voit par ces détails quels progrès a accomplis la gigantesque entreprise de M. Eiffel et de quelles minutieuses précautions elle est entourée. Sous peu nous aurons à donner à nos lecteurs de nouveaux renseignements.
- --------t---1 | h—-----------
- L’EXPOSITION DE LIVERPOOL
- A l’occasion de l’exposition de Liverpool ont été promus et nommés dans l’ordre de la Légion d’honneur :
- Au grade d'officier
- M. Caubet (Léo), consul de France à Liverpool, commissaire général de la section française à l’exposition internationale de Liverpool ; services exceptionnels. Chevalier du 25 janvier i885.
- Au grade de chevalier
- MM.
- Demanest (Edmond-Eugène), secrétaire général de la société des'forges et aciéries de Denain et d’Anzin, administrateur délégué de la société franco-belge des mines de Somarrostro, exposant et membre du jury à l’exposition interna-
- tionale de Liverpool ; services exceptionnels rendus à la section française.
- Roure-Bertrand fils, industriel à Grasse ; aobtenu de nombreuses récompenses dans diverses expositions et une médaille d’or à l’exposition internationale de Liverpool. Titres exceptionnels. Testu-Jodeau (Arthur), manufacturier et maire de Châteaurenault, exposant et membre du jury à l’exposition internationale de Liverpool. Nombreuses récompenses à diverses expositions. Titres exceptionnels.
- Varey (Charles-François), publiciste à Paris, directeur de la correspondance scientifique, chargé d’une mission officielle à l’exposition internationale de Liverpool, membre du jury à cette exposition, a été également membre du jury aux expositions d’Amsterdam et d’Anvers ; services exceptionnels rendus à la section française dans ces diverses expositions.
- Nos lecteurs se souviennent sans aucun doute du rôle qu’a joué M. Léo Caubet à l’époque de cette exposition. C’est à lui seul que revient l’honneur du brillant résultat obtenu par la section française à Liverpool.
- L’EXPOSITION NATIONALE
- DE BRASSERIE
- L’ouverture de l’Exposition, qui comprend'les produits et appareils, servant à la fabrication de la bière, ainsi que les bières elles-mêmes, est maintenant fixée au i5 septembre. Voici les règlements relatifs aux exposants et les indications d’intérêt général dont nous venons de recevoir communication :
- Règlement spécial de VExposition des bières françaises
- Article premier. — Les bières de fabrication françaises seront seuls admises à l’Exposition et présentées par le fabricant lui-même ou son représentant autorisé.
- Art. 2. — Toutes les bières exposées doivent être livrées à la dégustation du public, en se conformant aux prescriptions du présent règlement.
- Art. 3. —Les buffets de dégustation seront tous construits sur,un modèle uniforme, par les soins de l’Association de garantie, à laquelle les exposants devront rembourser les frais de location qui s’élèveront, pendant la durée totale de l’Exposition, à la somme de 5oo francs, terrain compris, payables : moitié lors de l’envoi de la demande d’admission et moitié en prenant possession du buffet. Ce local a une superficie de 24 mètres carrés, dont 6 mètres de façade et 4 mètres de profondeur.
- (Deux exposants pourront s’entendre pour occuper le même kiosque et le diviser, à leurs frais, en deux parties égales. Dans ce cas, le prix de la location sera de 35o francs pour chacun d’eux.)
- Art. 4. — Il ne pourra être ajouté à la décoration générale du buffet de dégustation que le nom et la marque de fabrique de l’exposant et les tableaux-réclames ordinaires de la brasserie.
- Art. 5. — Il est strictement défendu aux exposants de placer des chaises ou des bancs à l’extérieur des buffets.
- Art. 6. — Les bières exposées auront à supporter une taxe de débit qui sera de 10 francs par hectolitre pour les bières de fermentation basse et de 7 francs pour les bières de fermentation haute. La taxe est payable à l’entrée des bières dans l’Exposition.
- Art. 8. — Les exposants de bière en bouteilles doivent afficher le prix de vente de leur bière et la livrer à la dégustation du public, qui sera libre de la consommer sur place ou de l’emporter.
- Art. 9. — Les bières livrées à la dégustation, au tonneau, seront servies au public dans des verres
- p.754 - vue 331/496
-
-
-
- Troisième Année. — N° i38.
- d'une capacité uniforme fournis par l’Association de garantie de l’Exposition. Les conditions de cette fourniture seront aussi modérés que possible.
- Art. io. —• Le prix du verre de bière de fermentation haute sera, selon la capacité, de o fr. i5, o fr. 3o, et de o fr. 60. Le prix du verre de bière de fermentation basse restant fixé à o fr. 25, o f. 5o et i fr., selon la capacité, conformément à l’article io du règlement spécial.
- Art. ii. — Le service des buffets de dégustation sera fait exclusivement par des garçons.
- Art. 12. — Chaque exposant est libre de se servir du système de pompe à pression qui lui convient ; cependant quel qu’en soit le système, les tuyaux abducteurs de la bière devront être nettoyés à la vapeur avant et après le service.
- Art. i3. — La bière de fermentation basse, tirée du tonneau, doit être débitée à une température maxima de 8 degrés centigrades.
- Art. 14. — Un emplacement spécial sera réservé pour le dépôt des bières de fermentation haute et de fermentation, basse, avant leur dégustation dans les buffets.
- Art. i5. La bière débitée dans les deux kiosques placés sur les pelouses sera fournie à tour de rôle par chaque brasseur, suivant un ordre établi par le tirage au sort. La durée de la dégustation de la bière de chaque brasseur sera d’un jour. On débitera simultanément dans" les deux kiosques une bière de fermentation haute et une bière de fermentation basse.
- Art. 16. — Le brasseur qui, la veille de son tour, n’aurait pas livré sa bière aux kiosques de dégustation perdrait son retour.
- Art. 17. — Par dérogation à l’article 8 du règlement général, toutes les bières exposées devront acquitter le droit de l’octroi de la ville de Paris, qui est de iG francs par hectolitre.
- Art. 18. — Devant chaque buffet de dégustation devra être afichée l’analyse de la bière débitée, faite par le laboratoire de la préfecture de police.
- Les exposants sont en outre invités à indiquer dans un tableau spécial la provenance des matières premières qui entrent dans la fabrication et toutes les indications susceptibles d’instruire le public.
- Règlement spécial de F exposition des orges, des malts et des houblons
- Article premier. — Les orges, les malts et les houblons de tous les pays seront admis à l’Exposition, mais seulement sous le couvert de représentants français. Les exposants devront indiquer en leur déclaration s’ils sont producteurs ou marchands.
- Art. 2. — Pour être admis à .exposer les orges, les malts et les houblons de la nouvelle récolte, on doit en faire la demande avant le 6 septembre 1887, mais les produits seront reçus du 20 au 3o septembre.
- Art. 3. — Afin que les visiteurs puissent se rendre compte de la qualité du grain, l’orge et le. malt devront être exposés par forts échantillons d’au moins un kilogramme et dont une partie devra toujours être facilement accessible à la main.
- Art. 4. — Les échantillons d’orge et de malt exposés devront, autant que possible, porter les indications suivantes :
- Espèce. — Poids par hectolitre. — Année de la récolte. — Lieu de production. — Nature du sol.
- Art. 5. — Les houblons pourront être exposés en balles, ou en caisses, ou en cylindres, ou en bocaux.
- Les houblons exposés devront porter des inscriptions donnant les renseignements suivants- :
- Lieu de production. — Année. — Traitement subi par le houblon pour sa dessiccation et sa conservation.
- Art. 6. — Les malts exposés devront porter l’indication de leur mode de fabrication et de l’espèce d’orge employée. ,
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 18S9 Dimanche 21 Août 18S7. — 755.
- Art. 7, — Les échantillons d’orge, de malt et de houblon exposés au-dessous d’un poids de 10 kilogrammes resteront, après l’exposition, la propriété du ministère de l’agriculture pour être distribués dans les différents établissements scientifiques, agricoles et faire l’objet d’études spéciales.
- Pour les échantillons au dessus de 10 kilogrammes, les exposants seront libres de les retirer ou d’en faire la donation au ministère de l’agriculture.
- Réception et installation des produits et appareils I
- L’importance de l’exposition des produits et appareils servant à la fabrication de la bière devenant chaque jour plus grande,les demandes d’emplacement étant de plus en plus nombreuses, le ministre de l’agriculture a voulu répondre au désir des exposants, en mettant un plus grand espace à leur disposition.
- Le pavillon de la Ville de Paris ne pouvant être concédé quele ier septembre à l’œuvre patriotique entreprise, l’administration s’est vue dans l’obligation de modifier ainsi qu’il suit les dates précédemment fixées :
- Les demandes d’admission pourront être adressées au ministère de l’agriculture, rue de Varenne, n° 70, à Paris, jusqu’au 5 septembre 1887, au plus tard.
- Du 7 au 14 septembre, réception et installation des bières et des produits, de 9 h. du matinàqh. du soir.
- Le i5 septembre, ouverture officielle de l’exposition à 2 h. de l’après-midi.
- Du 20 au 3o septembre, réception et installation des machines et appareils ainsi que des orges et houblons de la nouvelle récolte.
- Le i5 novembre, clôture de l’exposition.
- Ces nouveaux délais permettront aux industriels qui voudraient présenter des appareils non encore exécutés, d’entreprendre dès aujourd’hui la construction des machines employées pour la fabrication de la bière ou en usage dans les industries annexes.
- EXPOSITION DU HAVRE
- Les divers jurys des récompenses ont commencé leurs opérations le 16 août. On compte qu’elles ne seront pas terminées avant la fin de ce mois ; cette longue série de séances est une garantie pour les exposants et prouve le soin et sla minutie que les jurés comptent apporter dans leurs délicates fonctions.
- L’Exposition est d’ailleurs dans tout son éclat et aux nombreux visiteurs spéciaux vient s’ajouter toute la foule des voyageurs en villégiature qui sont attirés ou par les attractions ou par l’Exposition et par la réduction de 40 0/0 que leur accorde sur l’aller et le retour la Compagnie -des chemins de fer de l’Ouest.
- A notre dernière visite à l’Exposition nous avons remarqué les produits extrêmement intéressant de la maison Ed. Cogne, de Saint-Quentin : plissés, ruchés et balayeuses. Ces articles par eux-mêmes n’attirent que les industriels spéciaux et les dames, mais ce qui nous intéresse tous c’est la lutte que M. Ed. Cogne soutient depuis longtemps contre l’Angleterre et l’Allemagne.
- Fondée seulement depuis 185^ , la grande fabrique française avait contre elle les fabriques de Natingham et de Londres ses aînées ; plus tard les maisons allemandes favorisées par le bas prix et la main-d’œuvre cherchèrent à déprécier ses produits, mais M. Ed. Cogne sut réaliser progrès et économie et maintenir l’industrie française au premier rang.
- A l’Exposition universelle d’Anvers ( 1885) la plus haute récompense décernée au groupe (médaille d’argent), lui fut dévolue et depuis la lutte paraît terminée et la suprématie acquise aux produits français.
- Son exportation dans le monde entier se
- monte à un million, chiffre relativement élevé p our cet article.
- Ce qui est également à noter par ce temps de chaumage, c’est que la maison emploie plus de 200 ouvriers.
- En récompense de ses efforts M. Cogne vient d’être nommé par le Gouvernement membre du Comité départemental de l’Aisne pour l’Exposition universelle de 1889. Nous sommes sûrs de le retrouver au Palmarès de l’Exposition du Havre avec la récompense méritée par son travail.
- Dans le prochain numéro nous publierons un article sur notre nouvelle visite à l’Exposition.
- -------- —«n—T-. -g»-»» «laa-m.---
- LE COMMERCE DE LA FRANCE
- L’Imprimerie nationale (87, rue Vieille-du-Tem-ple) vient de mettre sous presse le volume des Documents statistiques sur le commerce de la France pendant les sept premiers mois de l’année 1887 :
- Les importations se sont élevées, du ier janvier au 3i juillet 1887, à 2,422,897,000 fr., et les exportations à 1,822,146,000 fr.
- Ces chiffres se décomposent comme suit:
- Importations Objets d’alimentation. Matières nécessaires à l’industrie . . . Objets fabriqués . . Autres marchandises. 1887 888,837,000 1,160,841,000 311,099,000 62,120,000 1886 848,812,000 i,i8i,533,ooo 305,899,000 61,374,000
- Total. . . 2,422,897,000 2,397,618,000
- Exportations
- Objets d’alimentation. 397,061,000 378,410,00 0
- Matières nécessaires
- à l’industrie . . . 391,783,000 351,773,000
- Objets fabriqués . . 933,801,000 941,045,000
- Autres marchandises. 99,5oi,ooo 85,102,000
- Total. . . 1,822,146,000 1,756,33o,ooo
- Paris, le 16 août H 587.
- LES LIVRES
- CXXII
- Georges Lieus*ou. — Dix mois autour du monde. Notes de voyage du 28 septembre 1884 au 25 juillet i835. Ouvrage illustré de 20 gravures et contenant 4 cartes. Paris, Paul Ollen-dorff, un vol. in-18.
- Depuis que le monde existe, bien des gens ont fait le tour de sa boule ronde, de son orange, c omme disait en riant Joseph de Maistre. Plus d’un n’a pas manqué au devoir et au plaisir de f aireau public la confidence de ses impressions. Tout voyageur est expansif comme tout chasseur a sa petite histoire. Le Français aime à conter parce qu’il conte bien. C’est une des qualités du génie national. Nous avons donc eu des récits de voyage autour du monde de toutes sortes, de t outes variétés, récits masculins, récits féminins, récits du voyage en quatre-vingts jours, en trois mois, en six mois, en huit mois ; récits colorés, récits sentimentaux, récits historiques, récits romanesques, fantaisistes, récits humoristiques, récits sans prétention, récits à considérations et à systèmes, récits avec ou sans cravate blanche, avec ou sans lunettes bleues, avec panache patrio -tique ou simple plumet cosmopolite.
- Le récit deM. Georges Lieussou est d’un patriotisme.sincère, mais discret, d’une louable précision. Il a la religion du renseignement précis et exact. C’est un homme de notre temps tout à fait, sans préjugés, sans marotte, sans emballement, voyant bien ce qui est, regrettant rarement ce qui pourrait être, parce que tout regret est inutile, ne perdant pas son temps aux descriptions et aux tableaux, ni auxaperçus plus ou moins neufs. C’est un homme de tempérament équilibré, d’observation sagace, cherchant et trouvant le plus souvent le trait caractéristique. Il ne prétend pas pour
- p.755 - vue 332/496
-
-
-
- jSd. — Troisième Année. — N° 138.
- son livre aux honneurs du tableau. C’est une suite de dessins, de croquis, à peine çà et là relevés d’une pointe de gouache. C’est un journal de voyage, qu’il a eu raison de ne pas se donner la peine de transformer et de travestir en récit suivi. On a l’impression du vu, du vécu, du d’après nature, l’impression encore toute fraîche et toute vive, ce qui vaut mieux qu’un morceau de rhétorique et de style. Nous sommes des gens pressés, des gens pratiques, nous avons peu le temps de lire, et c’est surtout en wagon que nous lisons. Il nous faut donc des détails précis, mais courts, des paysages, des costumes, des chiffres, passant, filant, changeant devant nous comme le pays traversé par la route ferrée. A chaque page, comme à chaque regard sur la vitre de la portière, se déroule un nouvel aspect. C’est ainsi que nous faisons avec le voyage de M. Georges Lieussou. C’est un compagnon de belle humeur, mais d’œil toujours en mouvement, de parler bref, qui n’aime pas les phrases vides, et cherche à donner aux siennes la saveur dufruit plein, et quand l’occasion s’en présente, l’agréable piquant de malice ou d’ironie du fruit acide.
- Donnons d’abord au lecteur une idée de l’itinéraire de M. Georges Lieussou, itinéraire qui le promène successivement dans Tîle de Ceylan, l’Inde du sud et l’Inde du Nord,la vallée du Gange la Birmanie, l’ile de Java, l’Indo-Chine française, la côte de Chine, le Japon, l’Amérique du Nord, qui a Marseille pour port de départ et le Havre pour port de retour.
- Nous l’avons dit : Nous avons affaire à un voyageur sans tempérament ni roman, sobre de couleur et ami du détail précis. Mais ce procès-verbal, s’il est sec, n’est pas décharné. Et à lu condition de lire le journal de M. Georges Lieussou, comme il a été écrit, c’est-à-dire non tout d’une haleine, mais à petits coups, à petites gorgées, cette lecture n’estni sans agrément ni sans profit.
- En glanant de ci de là à ce double point de vue nous noterons pour le lecteur la visite à Arabi-Pacha et à son collègue en révolution et en exil Mahmoud-Fahmi, ancien ministre des travaux publics (pp. 22-24) un projet, dont M. Ruinât est l’auteur d’un nouveau percement d’isthme, l’ouverture du canal de Pombou, au fond du détroit de Parle, ce qui réduirait sensiblement la distance entre l’Europe et la Chine et le Japon. La ville de Colombo, qui serait dès lors délaissée par les steamers, s’oppose énergiquement à ce projet (p. 24).
- Nous y apprenons que le cocotier est par excellence l’arbre de Ceylan; il produit au bout de 4 ans et pendant 5o ans ; chaque mois il a des fruits qui donnent une boisson, une huile, un alcool ; les fibres de la noix servent à faire des cordages; sous son écorce une excellente substance blanche ayant goût de noisette peut nourrir. Le bois est employé pour les charpentes ; enfin les feuilles couvrent les maisons, font des chapeaux, des paniers, des nattes.
- Sur la culture du café, à Ceylan, la crise du café, sur la curieuse cérémonie des adieux d’un négociant anglais aux négociants natifs à Madras ; sur le mode de signalement religieux employé par les natifs, un pain à cacheter sur le front indiquant par une raie horizontale l’adorateur, de Wichnou, par trois raies verticales, deux blanches et une rouge, le sectateur de Siva ; sur la fabrique de cotonnade à Pondichéry de M. Cornet, dont la femme fut victime de Marchandon, sur les tours du silence à Bombay, cimetière des Parsîs, où les vautours dévorent les cadavres ; sur les Radjpoutes et leurs mœurs féodales ; sur le gigantesque et magnifique tombeau du Tag-Mahal, à Agra, monument construit en 22 ans, qui a coûté 200 millions qui est un chef-d’œuvre et la première merveille du monde et dont l’architecte est inconnu ; sur la rareté des conversions chrétiennes à Agra, où le fanatisme musulman est plus indomptable que dans le midi de l’Inde, nous recueillons d’intéressants renseignements.
- Il faut citer encore la fête à la villa du riche babou Sing-Bohador, la plus grande fortune de Calcutta, — il paye un million d’impôt annuel— les détails sur les mœurs de la colonie anglaise mêlant le kant britannique au laisser-aller oriental ; la
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 21 Août 1887.
- visite au gouverneur lord Dufferin, le voyage en chemin de fer sur l’Himalaya-Raihvay, et l’arrêt à Ghoom, la station de chemin de fer la plus élevée du monde entier, puisqu’elle se trouve à 7.000 pieds au-dessus du niveau de la mer.
- Dans le chapitre sur la Birmanie et les établissements du Détroit, nous remarquons les réflexions sur le bouddhisme, dont l’influence est beaucoup plus civilisatrice que celle du brahmanisme et de l’islamisme, dont la doctrine morale, charitable, fondée sur la croyance du Dieu unique, se rapproche assez du christianisme pour que les relations des bouddhistes avec nos [Missionnaires soient excellentes; les détails sur la visite à la prison de Moulmen, et ses peines disciplinaires, notamment le supplice de l’escalier (p. 159) ; sur la fabrication du tapioca et la culture du caféier Liberian arbre véritable qui produit énormément et atteint, dans son pays d’origine 3o à 40 pieds de hauteur.
- Notons encore la façon de porter son couteau qui indique l’état moral du Javanais: s’il le porte sur le dos, il est calme; s’il le porte de côté, il vase mettre en colère; s’il le porte devant, il est furieux et dangereux ; gare alors au 'kriss du Javanais !
- Tout le chapitre sur l’Indo-Chine française est rempli de renseignements utiles et de détails piquants. De ce dernier genre est le récit de l’entrevue de l’auteur avec le général Brière de l’Isle, précisément au lendemain du désastre de Langson (p. 201). Marquons aussi de l’ongle au passage, la visite à la fumerie d’opium de Sanghaï (p. 282), le repas à la chinoise et la représentation théâtrale (pp. 288-289),la visitedes chanteuses-musiciennes-danseuses (guetchas) de Nikko (Japon) dont il est curieux de comparer le chant triste, la mimique et la danse avec le chant, la mimique et la danse des bayadères de Calcutta (pp. 047 et 144). Nous apprenons ainsi avec une certaine surprise que les caractères communs de ces deux danses et de ces deux musiques, l’hindoue et lajaponaise, sont la décence, l’absence de mouvements et déhanchements désordonnés, et la mélancolie. Nous avons essayé d’analyser, de décomposer ce livre de façon à faire ressortir ce qu’il contient d’utile et d’agréable dans son fourmillement de. détails. Nous croyons que le lecteur nous saura gré de lui avoir signalé une façon commode de faire le tour du monde... dans son fauteuil.
- M. de Lescure.
- ---------mt-TBiT» ® «B> <Ù r-TBBm—-
- LES THÉÂTRES
- Bilan dramatique de ta Saison (fin)
- Le Théâtre libre
- Il ne nous reste plus pour terminer le bilan dramatique de la saison qu’à rappeler brièvement le succès des Femmes collantes en qui tient toute l’histoire de la nouvelle direction du théâtre Déjazet, et les reprises plus nombreuses que fructueuses du répertoire de Labiche au théâtre Cluny ; reprises fort intéressantes sans doute,mais dans lesquelles le public n’a pas voulu voir une somme suffisante d’efforts de la part d’une direction qui consacre au vieux répertoire une scène toute désignée pour servir de tremplin aux jeunes auteurs et où un jeune avait su ramener la vogue avec Trois femmes pour un mari. Cette place à prendre dans l’entreprise théâtrale, M. Boscher s’en est aujourd’hui définitivement emparé et l’expérience des Femmes collantes n’est pas faite pour le détourner d’une voie trop facilement abandonnée parles directeurs de Cluny.
- Reste encore les Menus-Plaisirs. Là c’est la revue de fin d’année qui a été le seul événement de la saison et Volapük-revue avec Paulus comme compère a été sous tous les rapports1 une bonne opération après laquelle M. Blandin s’est contenté de vivoter sur des reprises.
- Voilà maintenant.notre promenade à travers les succès et les fours de l’année théâtrale terminée, et en somme, de ce regard en arrière, il ne semble pas résulter que la saison ait été particulièrement
- heureuse, soit comme production soit comme qualité. Les seuls événements vraiment intéressants peuvent se résumer ainsi : un insuccès immérité de Gotte, et succès de bon aloi de Durand et Durand au Palais-Royal. Saison nulle pour le drame proprement dit, pour rOpéra-Comique et pour l’Opérette ; dans la comédie de mœurs il ne sort guère de pair que Francillon, avec l’essai du théâtre naturaliste de Renée qui est peut-être l’événement littéraire le plus important de l’année. Enfin les Femmes collantes qui sont l’une des bonnes pièces gaies de la saison et à l’Opéra, Patrie qui consolera M. Sardou du Crocodile qui est peut-être la plus retentissante des chutes d’un auteur qui fut jadis familier avec ce genre d’accidents : ça ne l’a pas empêché d’arriver à l’Académie.
- Et c’est tout, en somme c’est assez maigre et il est à souhaiter que la saison qui va s’ouvrir nous révèle quelque, nouveauté capable de relever un peu notre niveau dramatique qui semble baisser depuis quelque temps d’une façon inquiétante. Est-ce du fait des auteurs ou des directeurs ? Question épineuse et bien difficile à résoudre. Il est beaucoup de jeunes qui mènent en ce moment grand tapage et se plaignent de la difficulté qu’ils rencontrent à se faire jouer sur les scènes p-arisiennes. Ces réformateurs de notre art dramatique, qui me paraissent mus par une excellente intention et qui, en tous cas, ne manquent ni d’énergie ni d’audace, nous convient pour cet hiver à d’intéressantes soirées au théâtre libre.
- Ce théâtre libre c'est, en un coin perdu de Montmartre, une petite salle peu richement décorée, mais où se trouve une scène suffisamment aménagée pour qu’on y puisse jouer la comédie. Le directeur, M. Antoine, est un amateur passionné des choses du théâtre,et la troupe est composée d’amateurs comme lui, auxquels viennent se joindre quand besoin est, des artistes en disponibilité. J’y ai vu représenter l’an dernier deux ou trois bonnes choses, dont je n’ai pu, faute de place, vous parler comme je l’aurais voulu ; mais il paraît que cette année, les soirées d’amateurs de la petite salle du quartier Pigalle seront exceptionnellement brillantes et mettront au jour de réels tempéraments "scéniques du côté des auteurs. Je relève parmi les noms de jeunes auteurs qui seront représentés dans ces conditions : ceux de MM. Méténier, Bonnetain, Descaves, Jules Vidal, Arthur Byl, déjà connus et ayant fait leur trou dans la littérature moderne.
- Ces tentatives théâtrales présenteront certainement un côté artistique assez sérieux pour que la critique s’y intéresse .: c’est ce que nous ne manquerons pas de faire, et je souhaite de tout mon cœur que le théâtre libre nous révèle enfin la nouvelle formule dramatique que nous attendons.
- SAISON DES BAINS DE MER
- jusqu’au 30 septembre
- Billets d’aller et retour valables pendant quatre jours, du samedi au mardi
- Ces billets peuvent être délivrés et utilisés dé s le vendredi matin
- Prix, au départ de Paris, pour:
- isolasse
- 2e classe
- fr.
- fr. c.
- Le T report.......
- Saint-Valéry......
- Le Crotoy (Rue) ... Berck (Verton)
- Etaple............
- Boulogne..........
- Wi mille-Wimereux
- 33 20 28 60 29 40 33 » 33 50 3/ 40 .38 00
- Ambleteuse Audresselles
- Wissant (Marquise)
- Calais............
- Graveline.........
- Dunkerque.........
- 40 »
- 44 »
- 45 10 45 40
- 23 60 25 20 25 70 30 45 29 35
- 32 85
- 33 65
- 35 »
- 38 35
- 39 40 39 40
- Le Gerant, GARREAU.
- Tours. — lmp. E. ARRAUÈT e-t C'e, rue de la Préfecture, 6
- p.756 - vue 333/496
-
-
-
- Le Moniteur
- DE
- L’EXPOSITION DE
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
- TROISIÈME ANNÉE. Dimanche 28 Août 1887. NUMÉRO i3ç>.
- SOMMAIRE :
- i. Les travaux du Champ-de-Mars ; 2. L’agriculture à l’Exposition de 1889; 3. Nomination d’un membre de la commission de contrôle et de finances-, 4. Nomination d’un membre du Comité d’admission; 5. L'Exposition ouvrière en 1889; 6, Comité départemental du Puy-de-Dôme; 7. Comité départemental de l’Yonne; 8. Bureaux des Comités départementaux; Savoie, Eure, Haute-Savoie ; 9. Réunion du Comité départemental des Basses-Alpes ; 10. L’Angleterre et l’Exposition de 1889; 11. Echos; 12. Modification au réglement de l’Exposition de 1889; i3. L’industrie russe; 1.4. L’assainissement des villes; i5. Les Livres; 16. Avis commerciaux ; 17. Les Théâtres.
- EXPOSITION UNIVERSELLE
- DE 1 S S 9
- LES TRAVAUX DU CHAMP-DE-MARS
- Pour les visiteurs qui se rendent au Champ-de-Mars afin de se rendre compte de visu de l’état des travaux et constater leur avancement, l’impression générale est, depuis quelque temps, qu’on travaille beaucoup moins et qu’on ne sera pas prêt ; la tour de 300* seule semble ne pas être comprise dans ces pronostics fâcheux ; évidemment jusqu’à un certain point, le public est en droit de raisonner ainsi et, d’une visite à l’autre, ne voyant aucune modification appréciable dans l’ensemble, il est naturel qu’il en tire une conclusion défavorable. Seulement les curieux qui viennent en amateurs suivre les progrès de l’entreprise ne peuvent apprécier tout cela que d’une manière absolument superficielle, ce qui en général est synonyme de fausse ; ils jugent d’après l’apparence qui est souvent trompeuse et c’est le cas ici. Il importe donc à ceux qui ont pour mission de suivre pas à pas tout ce qui se fait et de constater d’une façon presque quotidienne l’état des travaux de rassurer le public en lui faisant comprendre combien ses craintes sont chimériques et en lui donnant l’explication de la stagnation apparente dont il se plaint. Non, aucune partie n’a subi de ralentissement; non, on ne cesse pas de travailler et d’une manière tout aussi active, seulement les opérations auxquelles on se livre actuellement ne font aucun effet, ne se voient pour ainsi dire pas et il faut avoir une certaine habitude des travaux pour constater les résultats obtenus ; cet état de choses durera même quelque temps, car, à la suite des gros ouvrages, il y a mille petits détails, d’une importance extrême, dont on doit s’occuper sans en négliger aucun et dont l’exécution, ayant pour but de parfaire l’œuvre totale, est en général assez longue et demande beaucoup de soins.
- Cela est vrai quel que soit le chantier qu’on prenne pour sujet d’étude : dans les terrassements on suit avec intérêt l’enlèvement des terres, le mouvement continuel des brouettes et des wagonnets, on voit les excavations s’élargir et s’approfondir presque à vue d’œil, mais après, alors qu’on croit tout terminé, il faut encore régler les talus s’il y en a, niveler d’une façon régulière le fond de la fouille ou la plate-forme s’il s’agit de remblais, en un mot parachever ce qui n’a été qu’ébauché et pour cela faire un ouvrage qui, n’apportant aucune modification appréciable dans l’état des choses, paraît n’avoir nulle importance, alors qu’en réalité il est indispensable. Si nous considérons les divers ateliers dans lesquels on s’est livré au montage des fermes, les mêmes - remarques peuvent être faites : tant qu’il y a eu des charpentes à dresser, tout allait bien, les ouvriers
- s’employant à un travail visible le public pouvait constater d’une manière continue les progrès réalisés, mais une fois toutes les fermes mises en place et assemblées, les visiteurs, ne voyant plus rien de nouveau se produire, en concluent qu’on ne travaille plus alors qu’au contraire on s’occupe de choses très utiles : lorsqu’on élève les charpentes métalliques le •montage se fait aussi soigneusement que possible, mais enfin on ne perd pas son temps aux détails et on va au plus pressé qui est de terminer tout le gros œuvre ; .ce n’est qu’à ce moment qu’on revient en quelque sorte sur ses pas pour mettre la dernière main. Quelque soin qu’on ait apporté dans l’assemblage, la pose successive des pièces de fer a fait nécessairement jouer un peu l’ensemble, il faut donc opérer le règlement, c’est-à-dire s’assurer de la parfaite verticalité des montants, de leur équidistance absolue et modifier légèrement, si besoin est, leur position de façon à ce qu’ils se trouvent tous rigoureusement en ligne et que chacun d’eux soit bien à l’angle d’un des rectangles du quadrillage formé sur le terrain par les pieds de tous les piliers ; on doit encore fixer une masse de petites pièces qu’il eût été oiseux de placer du premier coup et dont la mise en place, toutes à la fois, fait réaliser une notable économie de temps. Dans cette dernière catégorie il faut faire entrer les nombreux accessoires de la toiture qu’il est nécessaire d ajuster avec le plus grand soin pour n’avoir pas de mécomptes lors du montage de la couverture composée de pièces faites à l’avance sur des dimensions données.
- Si nous entrons dans tous ces détails, c’est pour bien faire voir qu’il est utile de ne pas juger sur l’apparence et que certains travaux, loin de rester stationnaires, avancent rapidement et régulièrement. Maintenant quant à dire qu’il n’est pas besoin de se hâter, telle n’est pas notre pensée et nous estimons, au contraire, ainsi que nous l’avons toujours dit, du reste, qu’il n’y a pas de temps à perdre ; on sera prêt largement mais il faut travailler et regarder bien plus les jours écoulés que ceux qui séparent encore la date actuelle de celle de l’ouverture de l’exposition, car il y a encore énormément à faire non seulement au Champ-de-Mars même, où sont sans contredit les ouvrages les plus importants, mais encore dans les parties annexes où de nombreuses constructions sont à édifier.
- Si les réflexions pessimistes inspirées par la vue des différents chantiers ne s’étendent pas jusqu’à la tour, c’est que là le travail marche d’une manière absolument visible et qu’il est aisé à tout le monde d’en constater l’avancement, mais un peu plus tard on dira également, et à deux reprises, que cela ne va plus aussi vite, d’abord lorsqu’on sera assez haut pour que l’œil ne puisse plus se rendre compte exactement de ce qui se fera à cette élévation et ensuite lorsque, la carcasse étant achevée ou à peu près, on s’occupera des détails utiles ou simplement décoratifs dont le nombre sera extrême ; mais à ce moment encore il faudra se mettre en garde contre une défiance irraisonnée, de se rappeler que des ouvrages de cette importance ne sont pas étudiés à la légère et que tout a été réglé pour que l’exécution s’accorde avec les prévisions.
- Puisque nous parlons de la tour, voyons ce qui a été fait dans la semaine qui vient de s’écouler, d’abord il est presque inutile de dire que de nouveaux arrivages de matériaux ont
- eu lieu,il en vient tous les jours sans que la réserve sur le terrain paraisse s’accroître, c’est que le colosse absorbe constamment sans trêve ni repos et qu’il s’assimile si aisément les pièces les plus grosses qu’à peine sa masse s’en augmente-t-elle sensiblement; tout cela est si grand, si vaste que les parties constituantes, qui semblaient énormes, couchées sur le sol, ne font pas plus d’effet, une fois en place, que de simples baguettes .
- Le battage des pieux destinés à recevoir les pylônes de charpente et ces charpentes elles-mêmes avancent constamment ; déjà, les échafaudages des piles 2 et 3 sont terminés et on élève ceux des piles 1 et 4. Les bois employés étant extrêmement nombreux forment, malgré la régularité de leur position, une espèce de fouillis qui masque un peu le travail du montage métallique. Pour apprécier ce dernier, il faut donc se frayer un chemin au milieu d’un encombrement de pieux, de supports et de cordages qui ne rendent pas sans dangers les abords des ateliers ; aussi les consignes sont-elles très sévères et très fidèlement observées. Toutvisiteur non muni d’une autorisation en règle est impitoyablement évincé et doit se contenter d’observer de loin. Ces précautions ne sont pas oiseuses car d’abord il importe de ne pas gêner les ouvriers et ensuite d’éviter les accidents qui ne manqueraient pas de se produire si on laissait des étrangers circuler librement au milieu de ce continuel maniement de pièces que leur poids et leurs dimensions rendent dangereuses même pour ceux qui les emploient et à plus forte raison pour les personnes qui, peu familières avec cette besogne de cyclopes, ne prendraient certainement pas toutes les précautions qui sont indispensables sur un chantier de cette nature.
- Dans les piliers 1, 2 et 4 on en est au quatrième tronçon,ce qui porte l’élévation des arbalétriers à 14 ou i5lll ;de plus, au fur et à mesure on place les entretoises ; sur chaque face des piliers les arbalétriers et deux entretoises voisines laissent un vide en forme de quadrilatère dans lequel on insère une sorte d’étoile à huit branches formée de poutres en treillis et dont le centre est constitué par une double plaque circulaire de im5o de diamètre, qu’on a immédiatement baptisée du nom de macaron. Cette étoile a pour but d’augmenter la rigidité; du reste, en dehors de la question de solidité, elle est utile au point de vue de l’aspect général en remplissant ces grands espaces vid.es qui feraient mauvais effet.
- Le pilier n° 3 est un peu moins avancé en apparence ; il n’y a que trois tronçons posés,mais cela tient à ce qu’il a fallu consacrer un certain temps à la mise en place, dans l’espace compris entre les arbalétriers,d’une partie delaglissière de l’ascenseur, et ce travail nécessitait beaucoup de soins tant à cause de son poids considérable que de l’exactitude qu’il fallait apporter dans la détermination rigoureuse de sa position.
- Le battage des pieux,commencé il y a quelques jours sur le chantier du palais des machines, a parfaitement réussi, non pas que tout soit en place, bien au contraire, mais les premiers essais ont eu un plein succès ; on voit.du côté de l’Ecole militaire, un des puits garni de ses 28 pieux, c’est-à-dire un par mètre carré de surface, tous sont parfaitement verticaux et équidistants, le deuxième puits est.livré aux batteurs et, selon toutes probabilités, le résultat sera aussi satisfaisant ; comme les fouilles qui constituent ces puits sont assez profondes et de très
- p.757 - vue 334/496
-
-
-
- 758. — Troisième Année. — N° i3q.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 28 Août 1887.
- grande ouverture en gueule, on ne pouvait guère songer à mettre la sonnette dans l’excavation même, on a dû recourir à un.autre procédé. Pour cela la sonnette a été établie sur de forts madriers qui franchissent toute la fouille et sont munis à leurs extrémités de galets roulant sur des rails posés au niveau du sol,le battage est ainsi suspendu au-dessus du vide et, grâce aux galets de roulement, peut être amené au droit du pieu qu’il s’agit d’enfoncer. Ce système est bien compris et facilite beaucoup le travail ; le mouton est actionné par une petite machine locomobile placée sur le terrain à côté de la fouille.
- Bientôt les travées formant le vaste palais des industries diverses auront perdu leur teinte rouge sombre qui n’avait rien de particulièrement agréable à l’œil ; les chantiers sont livrés aux peintres qui enduisent les fermes et leurs accessoires d’une couche de couleur grise, légèrement bleutée, dont le ton est d’un joli effet au soleil, surtout en se plaçant sous un certain angle. C’est l’usine Joret qui a commencé ainsi son travail, il est déjà avancé et d’ici quelques jours les trois travées seront entièrement enduites; les forges de la Franche-Comté sont également à l’œuvre et un bon tiers de leurs charpentes sont peintes ; l’usine de Saint-Denis va commencer incessamment et l’usine Roussel, qui termine quelques petits détails, ne tardera pas à la suivre.
- Quant aux autres parties du Champ-de-Mars, les modifications n’y sont pas très sensibles et nous attendons jusqu’à notre prochaine visite pour constater les changements qui auront été apportés.
- Nous publions aujourd’hui deux photographies dont l’une, prise dans l’intérieur du jardin privé, représente le nouveau bâtiment de l’exploitation, et l’autre la vue de l’ensemble des fermes de l’usine de Saint-Denis. Dans la première, les arbres gênent un peu, mais la seconde permet de se rendre un compte exact du travail exécuté ; on peut même apercevoir une partie des fermes élevées par les autres usines, seulement l’éloignement rend ces dernières un peu vagues. Ces vues sont intéressantes en ce sens qu’elles donnent une exacte appréciation de travaux qui bientôt ne seront plus visibles par suite des appropriations ultérieures et dont il n’était pas inutile de garder un souvenir durable.
- H. de Baecker.
- L’AGRICULTURE A L’EXPOSITION
- DE 1889
- M. le ministre de l’agriculture a adressé hier à M. Tisserand, directeur de l’agriculture, une lettre officielle le prévenant que, pour des raisons d’économie, il ne sera pas créé, à l’Exposition de 1889, de services «spéciaux» au ministère de l’agriculture.
- NOMINATION D’UN MEMBRE de la Commission de contrôle et de finances
- M. Mayer, conseiller municipal, est nommé membre de la Commission consultative de contrôle et de finances de l’Exposition universelle de 1889 (pour représenter le conseil municipal de Paris), en remplacement de M. Mesureur, élu député.
- NOMINATION D’UN MEMBRE dit Comité d’admission (cl. 66)
- M. Sasky, capitaine de cavalerie hors cadres, attaché à la section historique au ministère de la guerre, est nommé membre du Comité d’admission de la classe 66 (Matériel et procédés de l’art militaire), en remplacement de M. le capitaine de l’Isle de Falcon de Saint-Geniès, rentré à son corps.
- L’EXPOSITION OUVRIÈRE
- EN 1889
- Nous avons publié la semaine dernière le manifeste adressé par la Commission d’organisation de l’Exposition ouvrière aux quatre-vingt-dix-huit chambres syndicales adhérant à cette exposition. Elles étaient invitées à envoyer à une réunion qui a eu lieu hier soir à la Bourse du Travail, rue J.-J.-Rousseau, des délégués dûment mandatés pour se prononcer sur les trois questions suivantes : i° Voulez-vous faire une nouvelle tentative auprès de la commission des 43 ? 20 Voulez-vous déposer une proposition sur le bureau de la Chambre des députés ? — 3° Voulez-vous vous en tenir à demander une subvention municipale pour Paris et, par une active propagande, inviter la province et l’aider à obtenir des subventions des conseils municipaux?
- Après l’appel nominal des délégués, dit le Ternes, le citoyen Lavaud, secrétaire de la commission d’organisation, a de nouveau donné lecture du manifeste. <' Citoyens, a-t-il ajouté, il s’agit aujourd’hui de trancher définitivement la question de l’Exposition ouvrière. De quelle façon allons-nous procéder, quels sont les moyens que nous allons employer pour la faite aboutir ? Allons-nous nous borner à nous adresser au conseil municipal et au conseil général? Voulez-vous que nous organisions un grand meeting de toutes les chambres syndicales pour sxercer une pression sur les pouvoirs publics? »
- Le citoyen Travers est d’avis qu’on tente une nouvelle démarche auprès de la commission des 43. « Elle ne nous a pas, dit-il, irrévocablement fixés sur notre sort. Il faut que son refus soit bien formel. Cela n’empêchera pas de déposer une pétition sur le bureau de la Chambre. Mais nous ne devons nous adresser au conseil municipal qu’après le refus catégorique de la commission des 43 et de la Chambre. »
- La chambre syndicale du livre veut que l’on fasse une mise en demeure au conseil municipal de Paris et qu’on invite toutes les chambres syndicales de la province à faire de leur côté des mises en demeure à leurs conseils municipaux respectifs pour obtenir les fonds nécessaires à l’organisation de l’Exposition ouvrière sans qu’il y ait besoin de recourir au gouvernement.
- « En voilà une illusion [s'écrie le président de la réunion. Ne comptez pas surles conseils municipaux de la province, ils ne vous accorderont rien. »
- Plusieurs délégués se succèdent à la tribune pour protester contre une nouvelle démarche auprès des 43. « Ce serait, répètent-ils tous, une humiliation sans profit. »
- — On pourrait cependant, répond le citoyen Lavaud, expliquer aux 43 le rôle des groupements ouvriers et leur montrer combien il est nécessaire que ceux-ci gardent leur autonomie. Il leur faut un local spécial, bien à eux, car ils ne veulent pas plus des grands que des petits patrons.
- Le citoyen Traversa beau revenir à la charge et faire espérer qu’on « pourrait être plus heureux avec le prochain cabinet, celui qui existe actuellement ne devant pas être de longue durée », les délégués votent : non ! pour la première question. Donc, aucune tentative nouvelle ne sera faite auprès de la commission des 43.
- La deuxième question est adoptée presque à l’unanimité.
- La troisième donne lieu à quelques discussions.
- M. Dautresme, faitremarquerle citoyen Lavaud, nous a dit qu’il pourrait, malgré la décision des 43, nous donner un pavillon ou un emplacement. Demandons donc dès aujourd’hui une subvention au conseil municipal pour frais de propagande. » D’autres délégués protestent avec énergie « parce que, disent-ils, on ne peut demander une subvention quand on n’a pas d’emplacement ». Néanmoins la troisième question, sauf les mots : « vous en tenir », est adoptée.
- Enfin, avant de se séparer, les délégués ont chargé la commission d’organiser prochainement une « assemblée plénière de toutes les chambres syndicales ».
- COMITÉ DÉPARTEMENTAL
- DU PUY-DE-DOME
- i° Sous-comité de ïarrondissement de Clermont-Ferrand
- MM. Bardoux, sénateur ; Guyot-Lavaline, sénateur ; Salneuve, sénateur ; Blatin, député ; Gaillard, député; le président du tribunal de commerce ; le président du tribunal de commerce de Billom ; le président du conseil de prud’hommes ; le président de la chambre de commerce ; le prési-
- dent de l’académie ; le président de la société d’agriculture ; le président de la société d’horticulture et de viticulture ; le président de la chambre syndicale des vins et spiritueux ; le président de la société d’émulation d’Auvergne ; le directeur de l’école pratique d’agriculture ; le président de la station agronomique du Centre ; Cayre, propriétaire ; Chabory, maire de Mont-Dore ; MM. Clapier (Emile), maire de Billom ; Cote-Blatin, agriculteur ; Gaillard, fabricant de papier à Tallende* Gardin, maire de la Bourboule ; Girard-Col, professeur départemental d’agriculture ; Kessler (produits chimiques) ; Lamarle, directeur des eaux de la Bourboule ; Liebaert, directeur de l’usine de Bourdon ; Raynaud, directeur de l’école des arts ey métiers ; Talion, président de la commission départementale ; Thorillon (caoutchouc manufacturé) ; Vessevre (Jean), ancien entrepreneur de travaux publics ; Voluisant (papiers), à Blanzat ; Yberty (pâtes alimentaires).
- 20 Sous-comité de l’arrondissement d' Ambert
- M M. Barrière, député; Guyot-Dessaigne, député ; le président du tribunal de commerce ; le président de la chambre consultative des arts et manufactures ; Berne (lacets) à Laforie ; Brossard, maire de Dore-l’Eglise ; Chalchat-Faure (blondes et dentelles); Chapelle (fécule) ; Gauthier, moulinier de soie ; Grivel (passementeries ) ; Ledieu (papiers); Lhéritier, tisseur de laine ; Tardif-Jury, (étamines) ; Tallière-Dauzat (dentelles).
- 3° Sous-comité de Varrondissement d’Issoire
- MM. Girot-Pouzol. sénateur ; Chantagrel député; le président du tribunal de commerce d’Issoire ; Aubert (Biaise), (fromages bleus) à Tauves; Augier, fabricant de chaux hydraulique à Saint-Germain; Batifollier, notaire à G ham pe; Beaulieu (passementeries) à Saint-Martin-des -Plains ; Boissière, maire de Saint-Yvoinne ; Bony-Cisternes, maire de Saint-Cirgues ; Boyer-Vidal, notaire à Besse ; Capdeville (J.), (tissus) ; Cuénot (passementeries), à Brassac-les-Mines ; Daureille (Antoine), propriétaire; Delort fils, industriel à Sauxillanges ; (le) Directeur des mines de Brassac-les-Mines ; Fauchery, président du tribunal civil,., Frantz (fils), (passementeries)à Brassac-les-Mines; Gauttier, maire d’Issoire ; Jeaume, entrepreneur de menuiserie à Ardes ; Laurent, éleveur à Saint-Alyre-ès-Montagne ; Martin-Lescure, propriétaire à Saint-Germain ; Monteillet (draps) à Sauxillanges ; Parras, maire de Saint-Nectaire ; Pastoure-Gronsard, viticulteur à Jumeaux ; Pomayrol, distillateur au Breuil, près Issoire ; Pomel, à Sauxillanges ; Ribeyre, agriculteur à Jumeaux; Roucher, viticulteur à Saint-Babel ;Sauvat (passementeries)* à Brassac-les-Mines.
- 40 Sous-comité de Varrondissement de Riom
- MM. Gomot, député ; Laville, député ; Le Guay, député; Bassin, agriculteur; Boudol, maire de Ghateaugay ; Cabassut, entrepreneur; Dargniès,. directeur de la manufacture des tabacs ; Désangesr maire de Saint-Agoulin ; Detroges, ancien maire p le Directeur de la société anonyme des mines et fonderies de Pontgibaud ; le Directeur des mines de Saint-Eloi-les-Mines ; Dumas, agriculteur à Aigueperse ; Filiozat, adjoint au maire de Montai-gut; Gerzat, agriculteur, maire d’Ennezat ; Girerd, imprimeur ; Laurent, agriculteur, à Combronde ; Lecoq, agriculteur, maire de Neuvéglise ; Mandet (Alfred), président de la société du musée ; Mio-mandre, conseiller d’arrondissement à Volvic Monbur-Thorre, agriculteur à Ennezat ; Sahut-Pommier, maire de Volvic ; Sauret, président du tribunal de commerce; Talion (Annet), président du comice agricole ; Talion (Paul), maire de Teil-hède ; Voiret, industriel, à Menât;
- 5° Sous-comité de l'arrondissement de Thiers
- MM. Goutay, sénateur; Duchasseint, député;, le président du rribunal de commerce ; le président de la chambre de commerce ; le président du conseil de prud’hommes; Astier-Prodon (coutellerie), Baduel, agriculteur, président du tribunal civil ; Bechon, maire de Paslière ; Bechon' (couteaux), à Saint-Remy-de-Chargnat ; Buisson-Lagarde (coutellerie); Chamerlat, maire de Courpière; Daguil-lon, viticulteur à José; Dassaud (Gilbert), (couteaux), à Chateldon; Dulier, négociant à Lezoux; Genest (Benoît), ouvrier forgeron, secrétaire de la chambre syndicale des forgerons en coutellerie, à Viscomtat ; Giraud-Pine, agriculteur ; Guillemin-Bathol (coutellerie) ; Guillemin-Betant, maire ; Marignier, industriel, à Joze ; Massoptier aîné, ouvrier limeur, président de la société de secours mutuels « la Bienveillance » ; Maillet (papiers) ; Montorcier (Gabriel), ouvrier en ciseaux; Paturel (couteaux), à Saint-Remy-de-Chargnat; Poyet, ouvrier émouleur ; Raynaud, ancien maire, à Lezoux ; Riberolles-Perret (coutellerie), Rolland-Pradel (Louis), ouvrier coutelier; Sabatier (coutellerie).
- n~—
- p.758 - vue 335/496
-
-
-
- Troisième Année. — N° 139.
- COMITÉ DÉPARTEMENTAL
- DE L’YONNE
- i° Sous-comité de l’arrondissement d'Auxerre
- MM. Rampont, questeur du Sénat ; Laffon, (R.) -député ; Augé, président du syndicat commercial; Barreau, juge du tribunal de commerce ; Bienvenu, maître des requêtes au conseil d’Etat; •Chambard fils, industriel ; Chavance, président du tribunal de commerce ; Gotteau, président de la société des sciences historiques et naturelles de l’Yonne ; Dondenne, architecte départemental ; Droin, docteur-médecin ; Dupré jeune, négociant ; Fabien-Rapin, maire de Gy-l’Evêque ; Ficatier, docteur-médeçin ; Folliot, maire de Chablis ; Fortunet, inspecteur des forêts ; Fougerolles, ingénieur civil ; Fournier, inspecteur de l’enregistrement ; Gauchery, ingénieur civil, fabricant cTocres ; Fobin, professeur d’agriculture ; Gué-nier, secrétaire de la société centrale d’agriculture de l’Yonne; Lancome, conseiller général, président de la société d’agriculture et maire de Saint-Florentin ; Léthier, ingénieur en chef des chemins de fer, à Auxerre ; Lorin, conseiller général, à Monéteau ; Mas (de), ingénieur en chef; Milliaux, maire ; Mollard, archiviste ; Monceaux, pharmacien, membre de la société médicale de l’Yonne ; Parrenin, inspecteur d’académie; Perriquet, ancien président du tribunal de commerce ; Petit (P.) membre de la chambre syndicalé du commerce en gros des vins et spiritueux ; Raveneau, membre de la chambre syndicale du commerce en gros des vins et spiritueux, à Chablis ; Ribière, conseiller général, à Toucy ; Richard, secrétaire du comice agricole et viticole de l’arrondissement d’Auxerre ; Rouillé, imprimeur ; Rousset, peintre ; Savatier-Laroche, président du comice agricole et viticole de l’arrondissement d’Auxerre ; Thierry, directeur de l’école pratique d’agriculture de l’Yonne, à la Brosse ; Trutey, juge au tribunal de commerce; Wülf (de), directeur de la station agronomique de l’Yonne ; Ythier, adjoint au maire.
- 20 Sous-comité de l'arrondissement d'Avallon.
- MM. Houdaille, député; Barban, vice-président du comice agricole d’Avallon ; Baudenet, propriétaire; Bidault de l’Isle, conseiller généial, juge au tribunal civil de la Seine ; Brosse (de la), ancien inspecteur des forêts; Charpentier, membre de la chambre syndicale du commerce en gros des vins et spiritueux; Chavance, agriculteur à Lichères; Chatelain-Gally, filateur; Chevillotte, maire de Quarré-les-Tombes; Colon, propriétaire-agriculteur, à Saint-Germain-des-Champs ; Corniau père, membre de la société centrale d’agriculture; Faure, industriel à Thisy; Flandin, maire de Domecy-sur-Cure; Gadret, tuilier; Gauthier, vice-président du comice agricole d’Avallon, à Trévilly; Grenan, industriel à l’Isle ; Guéreau, industriel ; Guillon, artiste peintre, à Vezélay ; Lavallée, maire de Bierry-les-Belles-Fontaines ; Manet, carrossier ; Miller, ébéniste ; Montandon, mécanicien ; Odobé (Emile), imprimeur, secrétaire du comice agricole; Perdu, mécanicien; Petit-Légut, marchand de fers; Roche, industriel; Rousseau-Dumarcet, industriel à Vassy (Etaules).
- 30 Sous-comité de Varrondissement de Joigny.
- MM. Dethou, député; Duguyot, député ; Arnaud, conseiller général; Auberger, représentant de la •compagnie de navigation, à la Roche ; Bondoux, tanneur à Villeneuve-sur-Yonne ; Coste, maire de Saint-Julien-du-Sault; Crumière, minotier à Saint-Privé; David, hôtelier à Saint-Fargeau; Delécolle, maire de Joigny; Durand, agriculteur, maire de Champcevrais; Frécault, membre de la chambre syndicale du commerce en gros des vins et spiritueux ; Frileux, manufacturier à Villeneuve-sur-Yonne ; Grenet, médecin, viticulteur ; Hamelin, imprimeur; Harpignies, artiste-peintre à Saint-Privé; Inspecteur (1’) primaire; Lacour, agriculteur à Saint-Fargeau ; Levert, propriétaire, maire de Charny ; Président (le) du tribunal de commerce; Roncin, maire de Brienon ; Roy, conseiller général, à Aillant-sur-Tholon ; Saulnier père, industriel à Bassou-sur-Yonne ; Saulnier, conseiller général, à Bassou-sur-Yonne; Zanotte, viticulteur.
- 4° Sous-comité de /’arrondissement de Sens.
- MM. Charton (Edouard), sénateur; Guichard, .sénateur, président de la société centrale d’agriculture de l’Yonne; Javal, député ; Bézine, m'eu-nier à Molinans, conseiller d’arrondissement ; Bourbon, docteur-médecin, président du conseil d’arrondissement, à Courlon.
- MM. Chapron, imprimeur; Chardon, conseiller général, à Villeneuve-l’Archevêque ; Clouzard, imprimeur; Ducliemin fils, imprimeur; Fontaine (de), maire de Fontaine-la-Gaillarde; Gaujart, président du syndicat des entrepreneurs ; Guillé, docteur-médecin , maire de Villeneuve-la-Guyard ; Landry, maire ; Legros, tanneur ; Licois, ancien adjoint; Parigot, conseiller municipal; Perrin, conseiller municipal ; Perrot, meunier; Pérouse,
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- conseiller général ; Petit (E.), maire de Pont-sur-Yonne; Piesse (E.), agriculteur à Villeneuve-la-Guyard ; le Président du tribunal de commerce de Sens; Robert, adjoint au maire ; Robert-Rozay, horticulteur.
- 5° Sous-comité de l'arrondissement de Tonnerre
- MM. Rathier, député ; Bailly, imprimeur ; Beauvais (A.), distillateur ; Caillot, propriétaire, juge au tribynal civil ; Carré, peintre etgraveur à Noyers; Chotier (E.), docteur-médecin à Noyers; Couli-bœuf, procureur de la République ; Déport, minotier à Ravières ; Droin, notaire, maire de Cruzy-le-Châtel ; Droin, docteur-médecin ; Dutreix, ingénieur-constructeur; Gaupillet, propriétaire, conseiller d’arrondissement; Gauthier, instituteur en retraite, secrétaire de la société d'agriculture ; Goulley, notaire; à Taulay ; Labosse, propriétaire, maire de Saint-Vinnemer ; Labosse, docteur-médecin, maire de Nitry; Langin, diplômé de l’institut national agronomique, à Noyers; Langin, docteur-médecin, maire et conseiller d’arrondissement, à Noyers ; Lasnier, vice-président de la société d’agriculture ; Laubry, conseiller général, à Flogny ; Monjardet, conseiller mnnicipal , à Percey ; Petit, conseiller général, à Châtel-Gérard; Quillot, fabricant de portland, à Vireaux; Rabasse, propriétaire à Ancy-le-Franc ; Rathier, propriétaire, maire de Sarry ; Régnier, conseiller général, maire ; Renard, propriétaire, conseiller d’arrondissement, président de la délégation cantonale, à Ancy-le-Franc; Roy, imprimeur; Roy, propriétaire.
- BUREAUX DES
- COMITÉS DÉPARTEMENTAUX
- SAVOIE
- Comité départemental
- Président. — M. Charles Forest, conseiller général, fabricant de papiers, à Chambéry.
- Vice-présidents. — MM. Guinard, ingénieur en chef des ponts et chaussées, à Chambéry ; Perrier de la Bathie, professeur départemental d’agriculture, à Albertville.
- Secrétaires. — MM. Corbière, ingénieur de la société des plâtrières à Saint-Jean-de-Maurienne ; docteur Hollande, professeur au lycée de Chambéry ; Briot, inspecteur des forêts, à Chambéry.
- Sous-comité de Varrondissement de Chambéry
- Président. — M. Charles Forest.
- Vice-président. — M. Guinard.
- Secrétaires.— MM. Briot; le docteur Hollande.
- Sous-comité de l'arrondissement d’Albertville
- Président. — M. Veyrat, président du comice agricole, à Gresy-sur-Isère.
- Vice-président. — M. Gravin, conseiller général et maire, à Albertville.
- Secrétaires. — MM. Hugues, secrétaire du comice agricole, à Albertville; Fivel, agent-voyer d’arrondissement, à Albertville.
- Sous-comité de /’arrondissement de Saint-Jean-de-Maurienne
- Président. — M. Horteur, député, conseiller général, maire aux Chavannes.
- Vice-président. — M. Corbière, ingénieur des plâtrieres, à Saint-Jean-de-Maurienne.
- Secrétaires. — MM. Grand, agent-voyer d’arrondissement, à Saint-Jean-de-Maurienne; Delarue, conducteur des ponts et chaussées, à Saint-Jean-de-Maurienne.
- EURE
- Sous-comité de Varrondissement d’Evreux
- Président. — M. Ducy, avocat, maire d’Evreux.
- Vice-président. — M. Hérissay, juged’instruction, à Evreux.
- Secrétaire. — M. Ferray (Edouard), pharmacien, adjoint au maire d’Evreux.
- Trésorier. — M. Cordier, ingénieur en chef du département.
- HAUTE-SAVOIE
- Comité départemental
- Président. —M. Dunant (Camille), président de la Société Florimontane à Annecy.
- Premier vice-président. — M. Koziorowicz, ingénieur en chef du département.
- Deuxième vice-président. —M. Morel-Frédel, président de la Société d’agriculture et de commerce .
- Dimanche 28 Août 1887. — 759.
- Secrétaires. — MM. Mangé, architecte de la ville d’Annecy ; Tavernier, conseiller général, directeur de la succursale du Crédit Foncier d’Annecy.
- Sous-comité d’Annecy
- Président. — M. Koziorowicz.
- Secrétaire. — M. Aussedat (Eugène), industriel, conseiller d’arrondissement.
- Sous-comité de Bonneville
- Présidents d’honneur. — MM. Chardon, sénateur et Ducroz, député.
- Président. — Morel-Fredel.
- Vice-président. —M. Benoit, directeur de l’école nationale d’horlogerie de Cluses.
- Secrétaire.—M. Riondel (François), à Samoëns.
- Secrétaire-adjoint. — M. Métrai, propriétaire à Passy.
- Sous-comité de Saint-Julien
- Président. — M. Chantemps, médecin, conseiller général.
- Premier vice-président. — M. Demole, propriétaire à Bossey.
- Deuxième vice-président. — M. Camps, entrepreneur à Annemasse.
- Secrétaires. — MM. Tapponier, conseiller d’arrondissement, propriétaire-agriculteur ; Excoffier avoué.
- Sous-comité de Thonon
- Président.—• M. Mercier, conseiller général.
- Vice-président. — M. Thorens, maire de Thonon.
- Secrétaire. — MM. Dantand (Justin), négociant à Thonon ; comte de Challaye, directeur des carrières de marbre de La Vernaz.
- REUNION
- DU
- COMITÉ DÉPARTEMENTAL DES BASSES-ALPES
- M. Georges Berger, directeur général de l’exploitation de l’Exposition universelle, arrivant de Divonne-les-Bains, où il venait de faire un séjour, après avoir passé par Chambéry et Grenoble, s’est rendu à Digne pour assister à une importante réunion du Comité départemental des Basses-Alpes.
- La réunion, qui était nombreuse, était présidée par le préfet des Basses-Alpes, président d’honneur, et par le docteur Proal, député et président du comité départemental : étaient également présents : MM. Andrieux et Suquet, députés, ainsi qu’un grand nombre de conseillers généraux.
- Après les discours d’ouverture, M. le directeur général a prononcé une allocution, dont nous donnons ci-dessous les principaux extraits :
- Messieurs,
- Vous me permettrez de remercier tout d’abord M. le préfet des Basses-Alpes des termes flatteurs dans lesquels il a bien voulu me présenter à vous. Je lui suis profondément reconnaissant de son accueil, non seulement pour mon compte personnel, mais encore et surtout pour M. le Ministre du commerce et de l’industrie, à qui je dois l’honneur d’être aujourd’hui parmi vous.
- Je voudrais aussi pouvoir exprimer sans arrière-pensée les sentiments de gratitude que m’a inspirés le début de l'allocution de votre honorable président. Mais je vous fais juges de mon embarras. M. le docteur Proal, en rappelant mes services de 1867 et de 1878, a semblé faire de moi l’un des principaux garants du succès de 1889 ! De bonne foi, il ne saurait exiger que, de gaîté de cœur, je m’expose en le remerciant, au reproche de vanité. Je dois me borner à dire — et. peut-être me trouverez-vous encore bien audacieux — que tout ce que je puis avoir d’expérience, tout ce que j’ai de patriotisme, je l’emploierai, avec plus de zèle que jamais, à Assurer, à rendre éclatant le succès d’une œuvre à laquelle se trouve attaché l’honneur du pays. J’en ai pris l’engagement déjà devant nombre de nos concitoyens haut placés dans le monde des arts, de l’industrie et de l’agriculture ; je le renouvelle ici au nom de la Direction de l’Exposition. Ce que je vous demande, messieurs, c’est de ne pas vous contenter d’être les témoins de cet engagement. Notre bonne volonté ne pourrait rien sans le concours actif des comités départementaux, sans le vôtre, messieurs. Aussi, je vous invite ardemment à devenir nos. collaborateurs assidus et fidèles pour la préparation et l’organisation du grand concours de 1889.
- p.759 - vue 336/496
-
-
-
- 760. — Troisième Années — N° 13g.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1SS9.
- Dimanche 28 Août 1887.
- Je viens d’écouter l’énumération si claire, si savante et si noblement passionnée, que M. le docteur Proal a faite, des productions naturelles et industrielles de votre beau département. Vous possédez-là des richesses que vous n’avez pas le droit de garder pour vous seuls. Profitez de l’Exposition pour faire, à notre pays et au monde entier, une révélation dont votre commerce et votre industrie locale ne seront pas les derniers à bénéficier.
- Vos pâturages sont peuplés de troupeaux qui produisent la laine en abondance, et l’élevage des vers à soie ne cesse, chez vous, de prendre un développement considérable. Vos fils de soie et vos filés de laine ont des qualités spéciales qui tiennent à votre terroir. Venez, en 1889, les faire apprécier par les hommes compétents qui composeront le Jury international des récompenses. Vous vous créerez ainsi d’importants débouchés, en meme temps que vous apprendrez peut-être les moyens économiques de refaire l’outillage mécanique de vos fabriques de draps, qui ont besoin de rajeunir, de se fortifier et de s’étendre.
- Vous disiez, tout à l’heure, monsieur le Président, que le département des Basses-Alpes était un département bien écarté, bien éloigné de Paris. S’il en était vraiment ainsi, et si, ce que je fie crois pas, la distance pouvait encore s’opposer aux rapprochements sympathiques ou utiles des hommes et des choses, je plaindrais les habitants de la capitale d’être privés de connaître votre si intéressante contrée. Mais, détrompez-vous, messieurs. Nous savons qui vous êtes, et, non contents de vous appeler, nous venons vous chercher, vous et vos produits. Si je suis arrivé hier soir à Digne, si je vous demande la promesse d’être exacts au rendez-vous que je me permets de vous donner pour 1889, c’est qu’avec tout le monde je me refuse à croire que la distance entre vos montagnes et Paris soit devenue si grande alors qu’elle semblait ne pas exister autrefois.
- Qui ne se rappelle, en effet, qu’à la fin du xvn9 siècle et pendant le cours du xvm9, vos céramistes empruntaient communément aux grands artistes dessinateurs de la cour de Versailles et des ateliers de Paris, pour les reproduire ou les interpréter, ces ornements délicats, ces fines arabesques, ces grotesques charmants qui décorent les plaques, les vases et les assiettes de l’ancienne faïence de Moustiers ? Tâchez de réunir des exemplaires rares ou distingués de ces produits de la céramique d’autrefois : veuillez nous les confier ; ils trouveront leur place dans les salles que nous réserverons à l’Histoire rétrospective du travail, et vous aurez ainsi ressuscite un passé fécond en leçons utiles pour l’industrie d’aujourd’hui.
- Apportez-nous des collections d’échantillons choisis de vos produits forestiers, de vos lignites, avec leurs gangues où la matière bitumineuse laisse apercevoir le soufre natif ; de vos roches serpentineuses ; de vos gypses et phosphates de chaux ; des dépôts de vos sources salines.
- Nous aurons une section où nous ferons la part très large à l’Hygiène publique. C’est là que vous pourrez, par des plans et des documents de toute sorte, vulgariser les propriétés et recommander l’usage de vos sources médicales, trop peu connues et trop peu fréquentées.
- N’oubliez pas que notre Exposition sera universelle et que, dans ce congrès immense, la coquetterie et la gastronomie se seront assuré leur place. Réalisez donc le projet charmant de votre Président , en faisant valoir brillamment vos pierres montées, de Saint-Vincent. Notre Palais des produits alimentaires et dès maintenant appelé, parla malice parisienne, le Temple de la Gourmandise. Contribuez, pour votre part, à justifier son surnom en venant enrichir ses vitrines de toutes vos succulences indigènes : vins, miel, huile d’olives, fruits secs et truffes noires de Montagnac. Ne craignez pas de nous apporter à déguster quelques bouteilles de vos anciens vins renommés. Nous ouvrirons largement nos portes à l’exposition des méthodes, des procédés et des produits de la viticulture. En faisant apprécier et regretter la bonté et la finesse de tout ce dont nous prive le phylloxéra, en divulguant comparativement les remèdes essayés contre sa propagation, nous arriverons peut-être à susciter de nouveaux efforts qui, combinés avec ceux qu’on a déjà tentés, pourront enfin avoir raison de ce destructeur d’une part si importante de notre richesse agricole.
- M. Georges Berger présente et explique les plans généraux de l’Exposition, rend compte des dispositions prises pour le groupement méthodique des produits, conformément au systèrhe de la classification générale et aux divisions adoptées dans la construction du Palais. Il insiste sur les avantages des expositions collectives, sur les instructions qui seront données au Jury international, afin que tous les mérites individuels puissent être récompensés chez les patrons comme chez les ouvriers. Il lait rénumération des expositions spéciales qui
- sont en préparation, notamment celle de l’Economie sociale et celle de l’Histoire rétrospective du travail. Il expose enfin l’état d’avancement des travaux de construction et des opérations des Comités d’admission.
- J’espère, Messieurs, malgré la rapidité avec laquelle j’ai dû vous donner ces explications, être parvenu à vous faire comprendre le système et l’esprit des règles générales adoptées pour la classification, la localisation et la distribution par espèces et par nationalités des objets destinés à figurer à l’Exposition de 1889. Tout en réservant, aussi distinctement que possible, dans chaque groupe, pour la France et pour chacun des pays étrangers sur la participation desquels nous comptons, des espaces jugés suffisants parce qu’ils sont proportionnels à ceux que les mêmes pays occupaient en 1867 et en 1878 et parce que nos édifices offriront un espace de surfaces couvertes au moins équivalent à l’ensemble de celles de 1878, nous avons néanmoins réussi à préparer une répartition qui rendra extraordinairement facile l’étude comparative des produits d’industries similaires envoyés par des exposants de nationalité diverses.
- Vous savez que, pour des raisons que je n’ai pas à apprécier, mais qui, je vous l’assure, ne doivent en aucune façon vous faire craindre un relâchement des liens de sympathie qui ont toujours uni les travailleurs et les artistes étrangers à ceux de la France, les gouvernements des grandes puissances européennes s’abstiendront généralement de couvrir de leur patronage officiel la participation de leurs nationaux. Le pis qui nous en puisse arriver, c’est d’avoir un peu plus de peine qu’au-trefois à rendre parfaite une organisation pour laquelle nous serons obligés de veiller plus directement à la satisfaction des intérêts individuels. Mais nous ne serons que plus fiers d’avoir continué à pratiquer les traditions hospitalières de la France. Nous aurons une exposition vraiment internationale, abondante même et brillante. De tous côtés déjà on se prépare avec une activité digne de stimuler chez nous l’émulation sans laquelle le progrès s’arrête. Je reçois journellement, relativement à la future exposition, des correspondances qui émanent des chefs des plus grandes industries étrangères. Des circulaires viennent d’être envoyées à nos agents diplomatiques, les invitant à prendre les mesures nécessaires pour former dans chaque pays un centre d’informations et de réception des demandes d’admission. Partout l’initiative privée semble, et de fort bon gré, se substituer à l’action gouvernementale. Précédemment, les gouvernements avaient besoin de pousser leurs producteurs et leurs artistes vers le Champ-de-Mars ; cette fois, ce sont vraisemblablement les particuliers qui finiront par entraîner les gouvernements à venir rendre hommage à la grandeur du but que nous aurons poursuivi et atteint, je veux dire à constater que, pour la quatrième fois, nous aurons accompli, dans les murs de notre capitale, une œuvre de paix, de concorde universelle et de progrès.
- En ce qui concerne particulièrement la France, nous nous unirons pour montrer une fois de plus l’immortelle vitalité de nos arts et métiers, notre puissance d’invention et de production dans les applications industrielles de la science, la persistance traditionnelle de la distinction de notre goût, spirituellement délicat et ingénieux, dans les arts décoratifs. Si, comme nous y sommes décidés, nous accueillons nos concurrents étrangers, en oubliant nos antagonismes de races, à plus forte raison, citoyens de. la même patrie, devons-nous nous rapprocher les uns des autres sans plus nous souvenir de nos divisions de partis. Que l’Exposition soit pour nous un temps de recueillement et de repos, qu’elle fasse trêve un instant aux luttes et aux agitations de la politique.
- En terminant le grand et beau discours qu’il a prononcé il y a peu de jours devant les représentants de l’industrie parisienne, M. le président du conseil a fait sentir combien la célébration du centenaire de 1789 serait grandiose si, dans dix-huit mois, on pouvait présenter la nation tout entière unie et réconciliée sur le terrain républicain. N’est-ce pas là le triomphe de tous ceux qui aiment patriotiquement la saine liberté, le travail utile et le progrès fécond ? et l’Exposition, si tout le monde s’applique à vouloir son succès, ne pourra-t-elle pas être l’un des plus grands actes de ce triomphe ? Il faut, c’est mon dernier mot, il faut qu’il en soit ainsi.
- Ces paroles ont été couvertes d’applaudissements.
- L’ANGLETERRE & L’EXPOSITION
- DE 1889
- Mardi dernier, à la Chambre des Communes, M. Robertson a proposé une réduction de cent livres steiling sur le traitement de
- lord 'Lyons, ambassadeur à Paris, à titre de protestation contre le refus du gouvernement de prendre part à l’Exposition française de 1889.
- Sir J. Fergusson a défendu le gouvernement en invoquant les raisons déjà indiquées dans une précédente discussion sur cette question. Il a ajouté que le relus de l’Angleterre n’a nullement blessé la France.
- La réduction demandée par M. Robertson a été rejetée par io3 voix contre 5o.
- ÉCHOS
- Paris
- Le syndicat des meuniers de France, Association nationale de la Meunerie française, prépare un congrès qui se tiendra à Paris, les mardi (i, mercredi 7 et jeudi 8 septembre.
- Ce congrès sera accompagné d’une exposition libre de matériel de meunerie et des différentes essences de blé.
- L’ordre du jour du congrès comporte l’étude et la discussion des questions concernant la culture du blé, le commerce des grains, l’industrie des farines et la boulangerie.
- Cette dernière rubrique n’est peut-être plus d’une passionnante actualité !
- — Pardon, cher lecteur, c’est la dernière fois. *
- * *
- Hier s’est ouverte, à l’orangerie du jardin des Tuileries, une modeste mais intéressante exposition, celle des insectes, organisée sous le patronage du ministère de l’apiculture, par la société centrale d’agriculture et d’insectologie.
- En même temps que les insectes utiles, ceux qui fournissent la soie; le miel et autres matières précieuses à l’industrie, l’on pourra y passer en revue les espèces les plus variées de nos ennemis infiniment petits, et ce sera là un intéressant sujet d’étude pour les agriculteurs et pour qui s’inté resse à la prospérité de nos campagnes.
- Cette intéressante exposition clôturera le mercredi 28 septembre.
- L’exposition organisée cette année au palais de l’Industrie, par l’Union centrale des Arts décoratifs, a été offtciellementinaugurée parM. Spuller, ministre de l’instruction publique, entouré des hauts fonctionnaires du ministère des beaux-arts.
- L’installation des galeries et des vitrines n’était point absolument terminée, le 12 août, jour de l’ouverture, mais l’exposition se complète de jour en jour et mérite, non pas seulement un rapide coup d’œil, mais plusieurs visites attentives et prolongées.
- Aménagée avec beaucoup de goût, et récapitulative des expositions précédentes, elle embrasse toutes les branches de l’art décoratif et dénote les sérieux efforts de notre industrie nationale. Ajoutez à cela la brillante participation des grands musées étrangers, qui donne fort à réfléchir et sera sans nul doute un puissant élément d’émulation, et vous aurez, en raccourci, la somme d’attractions qu’offrent les galeries des Champs-Elysées.
- * ¥
- L’ouverture de l’exposition nationale de brasserie, primitivement fixée au 29 août, est reportée au jeudi 15 septembre.
- C’est au ministère de l’agriculture, rue de Varenne, 76, que sont reçues, jusqu’au lundi 5 septembre, les demandes d’admission.
- Du 7 au 14 septembre, réception et installation des bières et des produits, de 9 heures du matin à 4 heures du soir.
- Le jeudi 15, ouverture officielle à2 heures après midi.
- Du 20 au 30, réception et installation des machines et appareils ainsi que des orges et houblons de la dernière récolte. Pour cette dernière catégorie, les demandes d’admission sont reçues jusqu’au mardi 6 septembre.
- La clôture est fixée au mardi 15 novembre.
- *
- ¥ ¥
- MM. de Hérédia, ministre des travaux publics, et Barbe, ministre de l’agriculture, ont, en l’absence du général Ferron, ministre de la guerre, présidé il y a quelques jours l’inauguration aux Champs-Elysées, dans le pavillon de la ville de Paris, du concours ouvert par l’union des sociétés de tir, de la région de Paris, sous le patrona ge et M. Anatole de la Forge, des députés, sénateurs de conseillers municipaux, de la Seine.
- Le concours est accompagné d’une exposition très curieuse d’armes, de traités spéciaux etc. _
- La clôture aura lieu fin septembre après la distribution des récompenses, dont plusieurs offertes par le président de la République et le ministre de la guerre.
- 1
- p.760 - vue 337/496
-
-
-
- p.n.n. - vue 338/496
-
-
-
- N° 13 9
- LE MONITEUR De r EXPOSITION DE 1889
- Dimanche 28 Août i887
- EXPOSITION UNlVERSELLE de i889
- VUE DES BATIMENTS DE I/EXPLOITATION
- expositions diverses
- (vue DES FERMES métalliques)
- p.dbl.n.n. - vue 339/496
-
-
-
- p.n.n. - vue 340/496
-
-
-
- Troisième Année. — N° 1S9.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE i8Sq.
- Dimanche 2$ Août 1887. — 761.
- Le samedi 30 juillet ’ a été officiellement inaugurée au Havre, la très belle exposition organisée par la société des Amis des Arts dans ses nouvelles galeries de la chaussée des Etats-Unis.
- Tous nos artistes parisiens sont représentés à cette brillante exposition.
- Citons au hasard Cari Rosa, Armand Dumaresq, Renner, Boudin, do Thoren, etc.
- *
- * •¥
- La société artistique de Saint-Maur a, dit le Journal clés Arts, ouvert sa troisième exposition de beaux-arts à la Varenne-Saint-Hilaire.
- * *
- Très intéressante et brillante, l’exposition de la^société des Arts de Seine-et-Marne, inaugurée le dimanche 15 août à Fontainebleau.
- * *
- ETRANGER
- Allemagne
- L’exposition internationale d’aquarelles, pastels ef dessins, organisée par l’Association artistique de Dresde dans les galeries du Polytcchnikum, a été inaugurée le dimanche 14 août, par S. M. le roi de Saxe.
- Six cents artistes de tous les pays avaient envoyé leur adhésion, pour un total d’environ 5000 œuvres, dont plus de 2000 ont trouvé place à l’exposition.
- Les artistes de Berlin sont représentés par trois cents envois ; l’école de Düsseldorf' par 043. Dresde et Munich par 200 ouvrages chacune.Puis viennent parmi les pays étrangers : l’Autriche, la Belgique, la Hollande, l’Italie, la France, etc.
- L’art espagnol est représenté par un album de cent aquarelles offert par les artistes de la péninsule au prince impérial et à la princesse, à l’occasion de leurs noces d’argent, et gracieusement prêté aux organisateurs de l’exposition.
- Citons 'parmi les exposants : Ad. Menzel, von Werner, Lembach, Hellquist, Meyerheim, Wan-ters, Pasini, etc.
- *
- 4 *
- L’exposition internationale de Boulangerie Pâtisserie, Confiserie et industries similaires, dont nous avons, en son temps, annoncé l’organisation, avait été ouverte officiellement la veille, par le Roi et la Reine ; sont représentés à cette importante exposition, outre l’Allemagne, l’Autriche, la Suisse, les Pays-Bas, l’Italie, la Suède, les Etats-Unis de l’Amérique du Nord, etc.
- On remarque plusieurs installations modèles, avec ateliers en fonctionnement.
- * *
- Une grande exposition générale d’alimentation aura lieu à Düsseldorf, du jeudi 3 au lundi 7 novembre. Très importants, elle se divisera en huit groupes et réunira un grand nombre d’exposants. La ville offre comme prix d’honneur, 5 médailles d’or, 12 d’argent et 12 de bronze.
- Les délais d’adhésion courent seulement à partir du jeudi 15 septembre. Mais un certain nombre de demandes d’admission ont déjà été reçues.
- * *
- Une grande exposition d’horticulture et de po-mologie, organisée par la société pomologique de la Mark, de Berlin, et l’Association horticole de l’Uckermark, à Prenzlau, aura lieu du samedi 17 au mardi'20 septembre prochain. Un grand nombre de récompenses seront décernées.
- Le Congrès des photographes allemands, réuni àStuttgard, a été accompagné d’une exposition générale photographique offrant un aperçu des plus récents perfectionnements obtenus. Ouverte mardi dernier 23 août, cette exposition a dû être clôturée, hier samedi 27.
- *
- * 4
- Le Congrès international des sociétés de la Croix-rouge s’assemblera à Karlsruhe, le 22 septembre. La France, ayant notifié une adhésion, toutes les nations civilisées y seront représentées. Un comité local s’occupe avec activité de tous les travaux préparatoires, et d’une exposition spéciale qui ne peut manquer d’offrir un très vif intérêt.
- * 4
- Une exposition permanente d’art industriel a été ouverte à Munich, le lundi 15 août, à l’ancien palais d’Eichthal.
- *
- * *
- Une intéressante exposition artistique, rénis-sant des œuvres de maîtres anciens et d’artistes
- contemporains, est ouverte au Conversation-House de Baden-Baden.
- * *
- Angleterre
- Une exposition d’aquarelles, organisée par la Royal Scottish Acadenuj, dans ses galeries, a été ouverte à Edimbourg, en juillet dernier. O11 comptait 337 exposants et 852 envois.
- 4 *
- Nous empruntons à notre excellent confrère le Moniteur Industriel, les détails suivants sur l’exposition internationale que l’on prépare à Glasgow, pour l’année prochaine et dont nous avons parlé à différentes reprises.
- Elle sera, comme l’on sait, consacrée aux sciences, aux arts ef à l’industrie et ouvrira dans le courant de l’été. Les souscriptions pour le fonds.de garantie dépassent 230,000 livres sterling (5 millions 750,000 fr.)
- Nous avons dit que la section des Beaux-Arts aurait un intérêt tout particulier ; deux autres divisions, la sectien des travaux de femmes et la section ouvrière auront également un attrait tout spécial.
- L’emplacement choisi pour le palais de l’exposition a une étendue de 60 acres, (24 hectares). L’édifice couvrira environ 10 acres (4 hectares).
- Toute l’organisation est confiée à un Conseil exécutif, choisi dans le Conseil général des . souscripteurs garants, et présidé par le lord-maire de Glasgow.
- Voici les titres de la classification :
- Classe i. — Agriculture, horticulture, arboriculture.
- Classe ii. — Mines et métallurgie, minéraux, carrières et combustibles.
- Classe iii. — Génie civil, construction et architecture, appareils sanitaires, aérostatique.
- Classe iv. — Architecture et génie navals;
- Classe v. — Moteurs et appareils de transmission de la force ; matériel des voies ferrées.
- Classe vi. — Mécaniques, outils pour machines, machines-hydrauliques et élévatoires, pièces de machines, forges.
- Classe vii. — Voitures routières, bicycles, tricycles, voitures d’ambulances.
- Classe viii. — Coutellerie, quincaillerie, armes à feu, engins militaires.
- Classe ix. — Appareils de chauffage et de cuisine.
- Classe x. — Gaz et substances éclairantes.
- Classe xi. — Electricité.
- Classe xii. — Chimie, appareils ou procédés afférents aux applications de la physique et de la chimie, instruments et appareils scientifiques.
- Classe xiii. —Aliments (boissons comprises).
- Classe xiv. — Tissus, cuirs, caoutchouc et gutta-percha, vêtements.
- Classe xv. — Papier, imprimerie, reliure, articles de bureau.
- Classe xvi. — Mobilier et décoration, article de fantaisie.
- Classe xvii. — Poterie et verrerie.
- Classe xviii. — Bijouterie, horlogerie.
- Classe xix. — Pêcheries.
- Classe xx. — Instruction et appareils pour les exercices physiques.
- Classe xxi. — Musique et instruments de musique.
- Classe xxii. — Beaux-Arts (ainsi que la photographie).
- Section des travaux de femme.
- Section ouvrière,
- Dans ces trois dernières divisions les emplacements seront gratuits. Ils seront dans les autres sections, taxés à raison de 2 shillings par pied carré.
- *
- * #
- Les résultats financiers de l’Exposition des inventions de South-Kensington, (1885) viennent d’être publiés, et notre excellent confrère Invention nous en donne un résumé, d’après le rapport bilan des vérificateurs, MM. Lovelock, et H. U. S. Whiffin.
- Les recettes se sont élevées à 214,403 livres sterling, total formé des rubriques suivantes : Entrées 149,825 livres; redevances payées par différents entrepreneurs , (restaurateurs, etc.) , 18,627 livres ; publications, 8,850 livres ; réalisation des bâtiments et du matériel, (Exposition Indienne et coloniale 1886) 16.325 livres ; fonds de réserve provenants des excédents de l’Exposition d’hygiène en 1884, 15,516 livres.
- D’autre part les principaux titres des dépenses sont : Bâtiments, 30,778 livres ; loyer, 4,1261ivres, dont 3000 à la corporation de l’Albert Hall ; fonctionnement des expositions d’électricité et de l’éclairage électrique, 37,521 livres ; illuminations des fontaines, 3,107 livres; force motrice, pour les expositions de machines, 14,848 livres ; appointements des fonctionnaires, 6,219 livres; salaires du personnel, 18,845 ; publications 10,829; publicité, 14,970 ; réception et réexpédition des objets d’exposition 5,230 livres.
- Médailles et diplômes, 3078 livres ; musique', 17,039 livres, dont 10,192 pour les musiques militaires, 6,113 pour l’orchestre Strauss ; enfin 229 livres d’indemnités diverses.
- * *
- L’Exposition de Newcastle continue, paraît-il, à obtenir un grand succès, et a reçu jusqu’ici plus-de 1 million 250.000 visiteurs, sans que pour cela, le chiffre des entrées ait accusé aucune diminution dans le nombre des curieux.
- * *
- Autriche-Hongrie
- Une exposition générale de navigation aérienne doit avoir lieu à Vienne, dans le courant de l’année prochaine, à l’Institut Aéronautique du Pra-ter. Elle coïncidera avec la grande exposition industrielle dont nous avons parlé à différentes reprises, depuis deux ans.
- Le propriétaire de l’Institut aéronautique , V. Silberer commencera prochainement les travaux préparatoires et l’organisation de cette exposition spéciale.
- *
- * *
- Du mardi 13 au jeudi 15 septembre aura lieu à Lemberg (Galicie) un marché international de céréales et semences, en même temps qu’une exposition houblonnière.
- *
- Belgique
- C’est jeudi prochain 1er septembre qu’aura lieu à Bruxelles, l’inauguration du salon triennal.
- *
- Espagne
- L’Exposition internationale de Barcelone qui devait primitivement ouvrir ses portes en novembre prochain, puis dont l’ouverture avait été il y a quelques mois, remise au 8 avril 1888, ne sera définitivement inaugurée que le 8 juillet prochain.
- Cependant les travaux sont conduis avec activité. La municipalité a pris, il y a à peu près un mois, possession des chantiers.
- La construction du palais est assez avancée les ailes, solides bâtiments de bois, sont terminées ; la nef centrale en fer, large de 85 mètres, longue de 139, n’est pas encore terminée.
- La section des Beaux-Arts occupera une superficie de 5,000 mètres carrés ; elle renfermera, à côté de nombreuses salles pour la peinture, la sculpture, etc., une salle de concerts, longue de 63 mètres, large de 31, et dont la scène pourra recevoir cinq cents exécutants.
- * *
- Une exposition flottante de produits espagnols doit prochainement quitter Valence. Elle visitera les côtes de l’Amérique du Sud en touchant aux ports principaux du Brésil, de l’Uruguay, de la République argentine, du Chili, de la Bolivie, du Pérou, et de l’Equateur. Le but de cette expédition commerciale est la création de débouchés! nouveaux et de comptoirs permanents.
- Italie
- L’exposition annuelle organisée à Milan, par l’Académie royale des Beaux-Arts a été ouverte, vendredi dernier, 26, au palais de Brera.
- La clôture est fixée au vendredi 30 septembre.
- ir
- 4 4
- Pays-Bas
- L’exposition internationale d’instruments de musique dont nous avons, il y a déjà quelque temps, annoncé l’ouverture à Amsterdam, pour le courant du mois prochain, vient d’être retardée jusqu’à l’année prochaine.
- * 4
- République Argentine
- Le Musée commercial, créé par les soins de la Chambre de commerce française de Rosario est définitivement organisé. Il fonctionne sous la direction de la Chambre et la présidence du Vice-consul de France. Son but est de faire connaître les produits français, d’étendre et multiplier les relations commerciales entre notre pays et la république américaine, cela surtout par la diffusion des échantillons, catalogues, prix-courants des maisons françaises. -
- On ne saurait trop applaudir à cette intelligente création, en présence surtout de l’activité de nos concurrents étrangers, dont une excellente preuve est le Musée commercial italien de Buenos-Ayres, sur lequel nous avons récemment donné des détails à cette place.
- p.761 - vue 341/496
-
-
-
- 7Ô2. — Troisième Année. — N° i3o.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1809.
- Dimanche 28 Août 1887.
- Russie
- Nous avons dit, il y a quelques mois, que la Société impériale polytechnique de Pétersbourg préparait avec la sanction de S. M. le Tzar et pour le courant de cette année, une exposition consacrée à l’éclairage. Nous disions qu’une grande part y serait faite à la production de la naphte, des produits qui en dérivent, ainsi qu’à l’utilisation de ces derniers.
- Ajoutons que l’exposition est ouverte aux appareils et aux matières servant à la production et à l’application de tous les genres d’éclairage ainsi qu’à tout ce qui a trait à l’industrie de la naphte.
- Le programme de l’Exposition comprend :
- (a) Collections historiques, illustrant la question de réclairage dans l’antiquité.
- (b) L’éclairage au moyen des matières solides ou liquides, de nature végétale ou animale.
- (c) Matières éclairantes à l’état gazeux, ainsi que les appareils servant à leur production et leur exploitation.
- (d} Eclairage électrique.
- (e) Sources de lumière et appareils d’éclairage spéciaux.
- (/) Lampes pour les huiles d’éclairage provenant de la naphte.
- (g) Photométrie.
- (li) La naphte et ses produits. Appareils et dispositions particulières pour l’extraction, la conservation, le transport de la naphte, la fabrication de ses dérivés.
- (i) Appareils de chauffage parla naphte.
- (j) Huiles de naphte pour le graissage.
- •k
- * X
- Prochainement doit ouvrir à Lodz (Cologne), une exposition consacrée aux industries de la filature et des tissus.
- Uruguay
- Le gouvernement uruguayien participera officiellement à l’exposition de Paris, en 1889.
- Norwège
- Une réunion d’industriels, et commerçants de Bergen a décidé d’ouvrir dans cette ville, en 1890, une exposition nationale de matériel et outillage de pêche.
- Un comité est chargé des études préparatoires.
- ----- I~l l~l M ------
- MODIFICATIONS AU RÈGLEMENT
- DE
- L’EXPOSITION NATIONALE
- DE BRASSERIE
- L’importance de l’Exposition des produits et appareils servant à la fabrication de la bière devenant chaque jour plus grande, les demandes d’emplacement étant de plus en plus nombreuses, le ministre de l’agriculture a voulu répondre au désir des exposants en mettant un plus grand espace à leur disposition.
- Le pavillon de la Ville de Paris ne pouvant être concédé que le Ier septembre à l’œuvre patriotique entreprise, l’administration s’est vue dans l’obligation de modifier ainsi qu’il suit les dates précédemment fixées :
- Les demandes d’admission pourront être adressées au ministère de l’agriculture rue de Varenne, n° 76, à Paris, jusqu’au 5 septembre 1887 au plus tard.
- Du 7 au j4 septembre, réception et installation des bières et des produits, de 9 heures du matin à 4 heures du soir.
- Le i5 septembre, ouverture officielle de l’Exposition, à 2 heures de l’après-midi.
- Du 10 au3o septembre, réception et installation des machines et appareils, ainsi que des orges et houblons de la nouvelle récolte.
- Le i5 novembre, clôture de l’Exposition.
- Ces nouveaux délais permettent aux industriels qui voudraient présenter des appareils non encore exécutés d’entreprendre, dès aujourd’hui, la construction des machines employées pourlafabrica-tion de la bière, ou en usage dans les industries annexes.
- L’INDUSTRIE RUSSE
- Le Bulletin consulaire, ce recueil si intéressant et si utile à consulter, publié par le ministère du commerce et de l’industrie, renferme dans le fascicule de juillet une importante notice sur la production manufacturière en Russie, de M. Boyard, consul général de France à Varsovie. Nous croyons que c’est
- avec intérêt que nos lecteurs prendront connaissance de ce rapport.
- Depuis un quart de siècle le mouvement de l’industrie en Russie a pris, sous l’influence des idées protectionnistes, un développement anormal qui devait fatalement aboutir à la crise économique qui s’est produite pendant les années 1875 et 1876. Il est vrai qu’un revirement favorable s’est opéré à la suite de la dernière guerre d’Orient et qu’en 1878 et 1879 l’activité des manufactures a repris son essor ; mais cette reprise n’a eu pour conséquence qu’une aggravation de la situation de la grande industrie.
- Les Annales industrielles et un ouvrage de statistique générale récemment publié par M. Orlow sous le titre de Y Indicateur des fabriques contiennent sur cette question des données intéressantes empruntées aux comptes rendus officiels du département du commerce et des manufactures. Ces deux publications méritent de fixer l’attention, car elles ne présentent pas seulement un relevé aussi exact que possible de la production industrielle delà Russie, mais en outre sa répartition par provinces, à l’exception toutefois du Caucase, de la Sibérie et de l’Asie centrale, pour lesquels ces données n’ontpuêtre réunies.
- L’activité industrielle de la Russie d’Europe en 1885 est représentée par 33,815 fabriques, employant un personnel de 932,094 ouvriers et dont la production s’est élevée à 1,521,453,000 roubles. Comparativement à l’année 1880, ces relevés font ressortir une diminution de 959 fabriques en même temps qu’une augmentation de 71,065 ouvriers, et de 2 31,091,000 roubles dans le chiffre de la production. L’industrie rurale et les petits établissements industriels, au nombre de 9,000, avec un personnel de 20,000 ouvriers, ne sont pas compris dans les résultats qui précèdent. En tenant compte de ces omissions, on peut évaluer sans exagération à 2 milliards de roubles (environ 5 milliards de francs) le chiffre total de la production manufacturière de l’Empire et à plus de 1 million d’individus le personnel directement employé dans les fabriques.
- Ce personnel se compose de la manière suivante :
- Hommes......................... 627,330
- Femmes......................... 238,^92
- Enfants au-dessous de i5 ans.... 66,172
- Total.......... 932,094
- et donne une proportion de :
- Hommes........................... 68.9 p. 100.
- Femmes............................ 24.4
- Fnfunts (Garçons................. 4.5
- tntants....(Filles................. 3.1
- Le travail des femmes est le plus répandu dans les gouvernements de Saint-Pétersbourg et de Vladimir (35 p. 000), et celui des enfants dans les provinces de Voronège et de Kharkow.
- Le personnel des directeurs de fabrique laisse beaucoup à désirer sous le rapport de l’instruction technique, car il résulte des rapports adressés au département des manufactures par les inspecteurs régionnaires que, malgré la création d’une dizaine de hautes écoles professionnelles entretenues par l’Etat, 80 fabriques sur 100 sont administrées par des directeurs qui n’ont reçu aucune instruction spéciale et dont quelques-uns savent à peine lire et écrire.
- On peut apprécier par les chiffres suivants, qui 11e concernent d’ailleurs que les articles les plus importants, les progrès réalisés pendant la dernière période quinquennale (valeurs en milliers de roubles)
- Coton 18 8 5. 212,226 1886. 176,203
- Laine 104,498 115,075
- Lin 30,090 27,502
- Soie 12,647 11,476
- Teinturerie 61,252 66,640
- Papier 1 6,6 if) 22,882 12,606
- Produits chimiques... 15,466 48,819 8,3o7
- Cuirs 44,791
- Verre io,3io
- Porcelaine et faïence.. 3,943 2,2iq
- Machines 46,060 56,400
- Il en résulte qu’à l’exception des machines, des tissus de laine et de la teinturerie, toutes les autres branches de l’industrie manufacturière se sont développées pendant cette période et accusent une augmentation de production. Cette augmentation est surtout sensible pour les filatures de coton, dont le nombre s’élève actuellement à 67, avec une production de 11 5 millions de roubles. En 1875011 ne comptait que 2 millions de broches, consommant 100 millions de livres anglaises de coton; en 1880 le nombre des broches s’élève à 3 millions et demi, avec une consommation de 25o millions de livres de coton, soit une moyenne de 60 livres par broche.
- Il est à remarquer que les mêmes industries ne se sont pas développées d’une manière identique en Russie et en Pologne. Ainsi la production des cotonnades et des machines accuse pendant la dernière période quinquennale une augmentation dans le royaume et une diminution dans l’Empire. L’importance de ces résultats et les causes auxquelles il y a lieu de les attribuer seront indiquées dans le rapport spécial sur l’industrie polonaise.
- Au point de vue de leur répartition dans les divers centres manufacturiers, la plupart des industries ont leur siège principal dans le gouvernement de Moscou. Ainsi sur 67 filatures de coton on en compte 25 dans l’ancienne capitale, avec une production de 34,520,000 roubles et occupant 41,000 ouvriers. Le gouvernement de. Vladimir vient en deuxièmeligne avec 11 filatures, 42,320 ouvriers et une production de 33,950,000 roubles; puis celui de Tver (5 filatures, 10,841 ouvriers et une production de 7,142,000 roubles). Les ^filatures du gouvernement de Saint-Pétersbourg, ayant à peu près le même nombre d’ouvriers (9,654), ont une production deux fois plus grande (15,56o,ooo roubles) que celle des filatures du gouvernement de Tver. Des filatures moins importantes sont dispersées dans les gouvernements de Riazan, Yaroslaw, Kostroma, Viatka, Kazan, Kalouga, Smolensk, Kherson et dans l’Esthonie.
- Pour ce qui concerne les fabriques de tissus de coton, qui sont au nombre de 488 (58,865 métiers, 8o,5oo ouvriers) et dont la production s’élève à 53,960,000 roubles, le gouvernement de Vladimir entre en première ligne. La production des 5o fabriques de ce gouvernement dépasse 19 millions de roubles, tandis que 342 fabriques situées dans le gouvernement de Moscou arrivent à peine à produire pour 17,471,000 roubles de tissus. Le gouvernement de Kostroma possède 23 fabriques, avec i6,2 5o ouvriers et une production de 10,189,000 roubles. Viennent ensuite le gouvernement de Saint-Pétersbourg, avec 6 fabriques et une production de 5,t 10,000 roubles, l’Estho-nie, avec une seule fabrique produisant pour 2,273,000 roubles de tissus, et le gouvernement de Riazan, avec 11 fabriques et une production de 936,000 roubles Mentionnons encore le gouvernement de Kazan, qui compte 3 fabriques de tissus de coton avec une production de 347,000 roubles.
- Sur 68 filatures de laine occupant 4,789 ouvriers avec une production de 5,173,000 roubles, 32 filatures occupant 3,637 ouvriers, avec une production de 3,638,ooo roubles, sont concentrées dans la province de Moscou. Le gouvernement de Saint-Pétersbourg occupe le second rang avec une production de 8o5,ooo roubles de filés et 700.011-vriers | répartis dans 7 fabriques. La production des autres gouvernements n’a aucune importance.
- C’est exclusivement dans l’arrondissement de Moscou que sont concentrées les manufactures de tapis. Sur 9 fabriques à 323 métiers occupant 802 ouvriers avec une production annuelle de 55o,ooo roubles, l’ancienne capitale en compte 7 fonctionnant à la vapeur et dont la production s’élève à plus d’un demi-million de roubles.
- Pour la production du feutre, peu importante d’ailleurs, le gouvernement de Nijni-Novgorod tient la première place avec 10 fabriques occupant 31 5 ouvriers et d’une production de 195,000 roubles. On compte en outre 3 fabriques avec une production de 36,000 roubles dans le gouvernement de Tver, 2 fabriques d’une production de 25,000 roubles dans celui de Saint-Pétersbourg, 2 fabriques d’une production de 18,000 roubles dans la Livonie, et plusieurs fabriques insignifiantes dans les gouvernements de Moscou, Kazan, Kalouga, Yroslaw, Karkow, Paskow et en Courlande.
- Dans la production des draps le gouvernement de Moscou entre en première ligne. Sur 390 fabriques occupant 48,000 ouvriers et d’une production de 40,069,000 roubles (25,916,000 archi-nes de drap), de la Russie d’Europe, 48 fabriques avec 18,880 ouvriers et une production de 18,407,000 roubles se trouvent dans la province moscovite. Le gouvernement de Grodno tient la deuxième place avec 162 fabriques occupant 6,200 ouvriers et d’une production annuelle de 5,884,000 roubles. Viennent ensuite les gouvernements de Saint-Pétersbourg avec une production de 3,789,000 roubles (5 fabriques et 2,226 ouvriers), Tcherni-gow avec 2,i3o,ooo roubles (12 fabriques et 2,452 ouvriers). Pensa ayant 1,364,000 roubles (4 fabriques et 1,600 ouvriers), Tambow avec 1,246,000 roubles (8 fabriques et 2,795 ouvriers), l’Esthonie avec 750,000 roubles (1 fabrique et 557 ouvriers), le gouvernement de Saratow avec 594,000 roubles (6 fabriques, 898 ouvriers), celui de Perm avec 553,ooo roubles (3 fabriques et 1,202 ouvriers) et la Polodie avec une ' production de 366,ooo roubles (42 fabriques, 25g ouvriers). D’autres fabriques de drap assez importantes se trouvent dans les gouvernements de Koursk(i fabrique d’une production de 171,000 roubles, 5oo ouvriers), Yaroslaw (1 fabrique d’une production de 180,000 roubles, 176 ouvriers), Samara (2 fabriques d’une production de 211,000 roubles, 455 ouvriers), dans la Volhynie (37 fabriques avec une production de 192,000 roubles) et dans la province de Kiew (16 "fabriques d’une production de 175,000 roubles).
- On compte en outre dans la Russie d’Europe 190 fabriques de tissus légers en laine pure et mélangée de coton, de lin et de soie. Ces fabriques possèdent 14,500 métiers occupant 19,000 ouvriers et leur production s’élève à 21,125,000 roubles: 169 de ces fabriques, avec 13,882 métiers et d’une production de 20 millions et demi
- p.762 - vue 342/496
-
-
-
- Troisième Année. — N° 139.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 28 Août 1887. — 763.
- de roubles se trouvent dans le gouvernement de Moscou.
- La production d’articles file's occupe 67 fabriques, avec une population de i,5oo ouvriers et une production de i,o5i,ooo roubles. Ici encore le gouvernement de Moscou occupe la première place avec 39 fabriques, 1,043 ouvriers et une production de 701,000 roubles. Le gouvernement de Saint-Pétersbourg vient ensuite avec 14 fabriques et une production de 195,000 roubles. D’autres fabriques sont dispersées dans les gouvernements ds Livonie (4 fabriques d’une production de 78,000 roubles), de Grodno (4 fabriques avec une production de 49,000 roubles), de Tchernigow (2 fabriques, production 14,000 roubles) et de Novgorod (1 fabrique, production 10,000 roubles).
- Les fabriques d’ouate sont au nombre de 53 et leur production s’élève à environ 160,000 pouds, soit à 864,000 roubles. La production de la ouate est principalement concentrée dans le gouvernement de Riazan (17 fabriques occupant 285 ouvriers). On compte en outre 3 fabriques à Saint-Pétersnourgj avec une production de 100,000 roubles, 6 fabriques dans le gouvernement de Moscou (production 69,000 roubles), 5 fabriques dans celui d’Astrakhan (5o,ooo roubles), 5 fabriques dans la province de Catherinoslaw (52,000 roubles), 1 fabrique d’une production de 37,000 roubles dans le gouvernement de Perm et différentes petites fabriques dans les gouvernements de Kazan, Saratow, Tver et Kherson.
- La passementerie n’occupe dans la production nationale qu’un rang insignifiant. Le nombre des fabriques est de 53 ; elles occupent 1,900 ouvriers -et ont une production annuelle de 1,797,000 roubles. Le siège principal de leur établissement est à Saint-Pétersbourg et à Moscou. On n’a pas compris dans le chiffre qui précède g3 petites fabriques dispersées dans diverses localités et dont la production annuelle est d’environ 1,000 roubles par fabrique.
- L’industrie linière comprend 55 fabriques occupées à maquer le lin, donnant du travail à 2,700 ouvriers et dont la production s’établit à 85o,5oo pouds, soit 3,687,000 roubles. Ici le gouvernement de Pskow occupe la première place avec 60 fabriques d’une production de 2,967,000 roubles, puis viennent les gouvernements de Valdi-mir (8 fabriques, 427,000 roubles), de Tver (2 fabriques. 135,ooo roubles) et de Viatka (1 fabrique avec une production de 100,000 roubles). Les filatures de lin sont au nombre de 24 ; elles possèdent environ i85,ooo fuseaux et occupent une population de 20,780 ouvriers ; leur production est de 1 5,272,000 roubles (dans ce chiffre est comprise la valeur de 242,000 pièces de toile et de 480,000 sacs que plusieurs de ces filatures ont fabriquée dans des ateliers spéciaux avec 1,160 métiers). Pour la filature du lin, les gouvernements de Vladimir,Krostoma et Yaroslaw jouent le rôle principal : le premier avec 8 filatures d’une production de 410,000 pouds ou de 4,6r5,ooo roubles, le second avec 6 filatures et une production de 3q5,000 pouds ou de 4,107,000 roubles et le dernier avec 4 fabriques d’une production de 3,344,000 roubles. Les autres filatures de lin sont dispersées dans les gouvernements de Riazan, Kazan, Vologda, Nijni-Novgorod, en Courlande et dans la Livonie.
- On compte enfin en Russie 87 fabriques de toiles, avec 6,53o métiers, occupant i5,5oo ouvriers et donnant une production de 7,860,000 roubles. En 1885 ces fabriques ont produit i,o36.ooo pièces de toile. Pour cette branche de l’industrie textile, le gouvernement de Vladimir vient avec ces 32 fabriques, 7.100 ouvriers et une production de 3,735,o5o roubles. Le gouvernement de Krostroma possède 24 fabriques de toile avec 5,33o ouvriers et une production de 2,160,000 roubles. Viennent ensuite les gouvernements de Saint-Pétersbourg ( 2 fabriques d’une production de 980,000 roubles), Yaroslaw (4 fabriques avec une production de 490,000 roubles), Novgorod (1 fabrique avec 200000 roubles) et de Moscou (10 fabriques avec 202,000 roubles).
- (A suivre.)
- --------.«iiT-»-® «1» « «ram».-
- L’ASSâlNISSEMENT DES VILLES
- La question de l’assainissement des villes, en présence de l’épidémie cholérique qui vient de se déclarer à Malte, et qui depuis quelque temps déjà sévit en Italie avec une intensité mal déguisée par les rapports officiels qui nous viennent d’au delà des Alpes, devient brûlante et d’une actualité qui s’impose à l’examen des sociétés savantes chargées de veiller à l’hygiène publique, et à la sollicitude du gouvernement et des municipalités qui ont le devoir de préserver le plus possible les citoyens des fléaux contagieux qui les menacent.
- Il est vrai que des congrès scientifiques se réunissent périodiquement pour retourner sous toutes ses faces les questions d’hygiène. Dernièrement au Havre on a discuté et banqueté à ce sujet, mais les gens pratiques cherchent vainement la conclu-
- sion, car les savants, les ingénieurs et les armateurs amoureux soit de leurs oeuvres propres, soit de leurs intérêts se cantonnent dans leurs idées de chevet sans jamais arriver à rien de tangible et de pratique, et pendant ce temps les épidémies sévissent, les malades vont de vie à trépas, et les bacilles et les microbes continuent à pulluler dans les égouts, à s’infiltrer dans le sol et à répandre dans l’air les germes pestilentiels qui ruinent la santé publique.
- Un point reste cependant acquis, confirmé par les discussions des savants, c’est que presque toutes les épidémies viennent des miasmes-délétères produits par les émanations des égouts et surtout par les dépotoirs, réceptacles permanents établis autour des grandes villes pour empoisonner l’air et contenir en germe toutes les épidémies qui sévissent périodiquement dans certaines grandes villes.
- L’illustre Pasteur, les docteurs Brouardel et Vidal, qui font autorité dans la science, M. Schlœ-sing, le savant hygiéniste, le docteur Proust, l’éminent inspecteur des services sanitaires en France, tous sont d’accord pour affirmer que la présence des matières excrémentielles séjournant pendant un temps indéterminé dans les fosses d’aisance finit par contaminer le sol environnant et par s’infiltrer jusqu’à la couche d’eau alimentaire et potable, répandant de ce fait les germes morbides. Il est donc bien acquis de par la science que la transmissibilité par l’air et par l’eau sont les causes efficientes de toutes les maladies épidémiques qui viennent décimer les populations des grandes villes et plus particulièrement les vieillards, les femmes et les enfants.
- Ce fait acquis et vérifié, il ne reste qu’à détruire le mal dans sa racine et à préserver les villes des fléauxépidémiquesconstamment suspendus comme l’épée de Damoclès, sur la tête des citoyens peu fortunés ou retenus par un labeur quotidien et obligatoire qui ne peuvent aller, pendant les fortes chaleurs de l’été, respirer l’air vivifiant des bois et de la mer.
- A Paris, où, grâce aux dépotoirs et aux fosses permanentes, la fièvre typhoïde devient à l’état endémique, l’édilité se croise les bras et attend sous l’orme que l’irrigation, cette panacée dont ne veulent MM. les ingénieurs, vienne les délivrer des bacilles, microbes, vilaines bêtes plus ou moins scientifiques mais fort nuisibles à la santé publique et ne prête qu’une attention distraite et dédaigneuse aux divers projets qui lui sont soumis de tous côtés, et s’appuyant sur le rapport du docteur Bourneville, cet irrigateur à jet continu, qui sommeille depuis trois ans sur le bureau de la Chambre des députés. Ceux qui ont le devoir de donner aux habitants de notre grande capitale de l’eau potable et de l’air respirable préfèrent attendre les amandes vertes pour aller empoisonner malgré eux les habitants d’Achères et de Saint-Germain, qui n’ont nulle envie, et avec raison, de recevoir ce précieux cadeau, et de devenir le vaste dépotoir des immondices de Paris.
- Pourquoi l’édilité ne jetterait-elle pas un coup d’œil attentif sur les divers procédés qui lui sont soumis journellement ?
- Pourquoi les ministres compétents ne feraient-ils pas étudier par les sociétés d’hygiène un nouveau procédé, qui fait ses preuves en Belgique et qui fonctionne journellement à Eceloo (Flandre orientale) où il épure les eaux contaminées d’une usine qu’un décret du gouvernement belge allait fermer pour cause de salubrité publique ?
- Ce système, dû à un ingénieur, M. Defosse, est préconisé en France par M. Seguin. Il est intéressant et parait, à la lecture des documents publiés sur cette question palpitante d’actualité, offrir de nouveaux aperçus pratiques et surtout très peu coûteux. Le procédé Defosse, qui vise à l’assainissement complet des villes, se compose de. deux opérations bien distinctes, l’épuration des eaux d’égouts et industrielles, et l’utilisation et la transformation des résidus des hôpitaux, boues des villes, détritus des marchés et autres immondices par un système de torréfaction très ingénieux.
- M. Defosse prétend par ce moyen détruire tous les germes pestilentiels transmissibles par l’air et surtout par l’eau, car en opérant en vase clos ses brûleurs sont sans danger aucun pour la salubrité publique.
- Ce qui frappe le plus l’attention dans ce système tout à fait nouveau, c’est la torréfaction des déjections et des résidus des hôpitaux. Ne pourrait-on pas, en appliquant ce procédé aux villes maritimes et en le mariant aux étuves à désinfection des ingénieurs de la marine Geneste et Bercher, arriver à la suppression des quarantaines, but poursuivi
- depuis si longtemps par toutes les Chambres de commerce ?
- Et le ministre de l’agriculture trouverait peut-être une réponse à donner aux agriculteurs qui demandent maintenant à grands cris du. phosphate de chaux pour amender leurs terres, car M. Defosse prétend que les cendres de ses fours et ses cornues sont un engrais solide contenant en grande quantité du phosphate de chaux qu’il peut livrer à l’agriculture à un prix très minime ?
- Le système Defosse est-il bon ? est-il mauvais ? est-il pratique? Telle est la question. L’usine d’Eceloo répond pour lui. Qu’on aille juger de visu si les assertions de l’inventeur contenues dans les documents qu’il a publiés et livrés au public sont véridiques.
- Mais par grâce, pour les villes, que les édilités donnent au plus vite de l’air respirable et surtout de l’eau potable.
- LES LIVRES
- CXXIII
- Baron E. de Mandat-Grancey. — Chez Paddy, dessins de L.
- Moulignié, Paris, librairie. Plon E. Plon, Nourrit et Cie, imprimeurs-éditeurs, un voI.in-18.
- Suivant notre habitude en temps de vacances, nous étudions de préférence, à l’intention de nos lecteurs, les livres de voyage, c’est-à-dire les récits de voyage, qui amusent ceux qui partent pour la montagne ou la mer, et consolent ceux qui restent. En voici un très vif d’allures et de style, très varié d’intérêt, très substantiel de renseignements, très piquant d’observation, d’une jovialité et d’une sincérité tout à fait sympathiques. C’est le bon sens assaisonné d’esprit et de malice. C’est le tempérament et le caractère français dans toute leur belle et réjouissante santé.
- Il ne faut pas moins que cet entrain, cette verve, cette clarté, ce bon sens pour rendre agréable un récit de voyage non auxpays heureux, où la vie esr une volupté,mais au plus militant,au plus souffrant, au plus dolent des pays, au plus pittoresque, il est vrai, mais d’un pittoresque mélancolique comme la misère, triste comme la faim, à cette humide et vaste Erin, à cette Irlande héroïque et famélique que décime une émigration désespérée, qu’agitent tous les problèmes agraires, qui dispute en ce moment, dans un suprême effort, dans une évolution politique qui pourrait bien devenir une révolution nationale et sociale, à l’égoïste et jalouse Angleterre, les restes de sa vie et de sa liberté. L’Irlande, comme la Pologne, comme jadis l’Italie, comme tous les pays opprimés, a toujours été chère à la France, qui a eu longtemps sa brigade irlandaise si brillante à Fontenoy et son collège ou séminaire irlandais. Il suffit d’être Français pour recevoir dans ce noble et malheureux pays une hospitalité attendrie par le souvenir et par l’espérance. Il y a donc un double intérêt à lire le livre de M. de Mandat-Grancey. Il nous fait connaître intimement, familièrement une nation dont la force s’épuise, non le courage, quia depuis 1848 envoyé au delà de l’Océan quatre millions de ses enfants, mais qui dans les cinq millions qui restent garde encore un sang assez généreux, s’il était ranimé par quelques années de prospérité, pour faire souche d’agriculteurs industrieux etde braves soldats. AvecM. de Mandat-Grancey pour guide, nous pénétrons dans l’intimité de ce peuple aventureux, romanesque, jovial, cordial, martial, comme ce guide lui-même. Nous nous expliquons ses griefs, ses vœux, nous en séparons l’ivraie du bon grain, et le raisonnable du chimérique. Nous apprenons enfin par le détail, par le vu, par le vécu, cette question irlandaise, si controversée par nos politiciens et nos économistes, qui est moins une question politique qu’une question économique, et que notre voyageur explique plus clairement que M. Hervé, de l’Académie française, dans son ouvrage.
- Grâce à M. de Mandat-Grancey, nous avons exactement résumée et impartialement appréciée l’opinion, la déposition des deux contendants, des deux adversaires, des deux sœurs ennemies intimes, des deuxsœurs brouillées par l’intérêt, l’une engraissée de la maigreur et rougie de la pâleur de l’autre ; l’une, la protestante, la commerçante, l’industrielle aux joues fleuries, à l’orgueilleuse vanité de parvenue ; l’autre, la catholique, l’aventureuse, la romanesque, la chevaleresque, éprise des gloires littéraires et militaires, mêlant sa religion de superstition, croyante à Dieu, à la Vierge et aux fées, et parant son histoire de l’émeraude de ses légendes. L’une c’est l’Angleterre, l’aînée égoïste, jalouse, conquérante, tyrannique. Elle a réduit sa cadette révoltée à la situation des maigres ouvriers florentins opprimés par les gras et gros bourgeois et marchands aux balances subtiles, aux comptoirs épars dans le monde. La fourmi a pris •l’héritage de la cigale. Vous chantiez, vous dansiez, vous promeniez, vous aimiez, vous priiez tour à tour amoureuse ou dévote ; vous rêviez de l’oiseau bleu ou chantiez des sérénades à la lune ; vous raffoliez des prêtres et des soldats, j’en suis fort aise. Eh bien 1 mangez maintenant.
- p.763 - vue 343/496
-
-
-
- 64. - Troisième Année. - N° i?9 LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE i
- Dimanche 28 Août 1887.
- Comment ferais-je pour manger ? répond la pauvre Irlande accroupie dans les haillons de Cendrillon, devant son feu blafard de tourbe, dans la cabane où grouillent les nombreuses familles des foyers pauvres et des mœurs honnêtes — car la moralité en Irlande est très supérieure à la moralité en Angleterre — comment ferais-je pour manger ? Je n’ai d’autre nourriture que celle que je puis tirer de la plus chétive des agricultures, du plus modeste des élevages, c’est-à-dire que je ne puis vivre que des pommes de terre et du cochon, uniques ressources d’un pays où la grande culture comme la grande industrie sont impossibles, comme je ne puis me chauffer, faute de houille qu’avec le médiocre et fumeux combustible sorti de mes tourbières. Comment ferais-je pour vivre ? Le fermage payé aux landlords qui possèdent, on peut le dire, presque toute la propriété territoriale absorbe le revenu de mon travail. Quand la pomme de terre manque comme en 1857, comme en 1877, le peuple qui vivait de la pomme de terre meurt de faim. Si vous voulez que nous ne soyions réduits ni à la famine, ni à la révolte, donnez-nous, moyennant juste indemnité, la propriété de la terre que nous arrosons de nos sueurs, et que nous reprendrons, s’il le faut, en l’arrosant de notre sang. Rendez-nous la dignité d’une nation indépendante. Rendez-nous notre Parlement de Dublin. Et nous vivrons en bonnes sœurs réconciliées et l’Irlande pardonnera à l’Angleterre le. crime de sa conquête, les fautes de son administration : et elle se redressera dans sa pauvreté honnête et fière, sans envier les comptoirs, les trésors, les vaisseaux, ni l’empire des Indes, ni les querelles, ni les procès, ni les ennemis de sa riche, industrieuse, ambitieuse et intrigante sœur.
- Qui n’entend que le raisonnement d’une partie ne risque guère d’entendre la raison. Qui n’entend qu’une cloche n’entend qu’un son. Il est évident que dans la question irlandaise, d’aspects si complexes, si contradictoires parfois, il ne faut pas se flatter de demeurer juste, de demeurer pratique si on n’écoute que les plaintes de la malheureuse, de l’honnête, mais fantasque et utopique Irlande. La fourmi n’a pas laissé sans réponse le plaidoyer ou plutôt le réquisitoire de l’intelligente, éloquente, passionnée, mais souvent peu raisonnable cigale. Un des courages, un des mérites, un des avantages du livre de M. de Mandat-Grancey, .c’est de nous donner, sur la querelle, cet avis de juste milieu qui est le plus près de la justice et de la vérité.
- L’Angleterre répond donc que la cause des malheurs et des misères de l’Irlande n’est ni religieuse, ni politique, ni sociale, mais simplement économique, que par son climat et le tempérament de ses habitants, elle est condamnée à n’avoir ni industrie, ni agriculture, dans le sens contemporain du mot, que les landlords ont déjà consenti ou subi sur leurs droits, en ce qui touche les fermages, de considérables atténuations ; qu’ils ne peuvent tout sacrifier; que beaucoup sont dans une situation relativement aussi déplorable que leurs fermiers ; que le mouvement dont la Land-League et son gouvernement occulte ont pris la direction et qui lutte depuis 18^0 contre l’administration centrale ou locale, est un mouvement factice, d’essence révolutionnaire et socialiste, fait par ses violences pour déshonorer la cause, pour compromettre la responsabilité de ses chefs actuels, plus apparents que réels, et l’autorité du clergé qui ne s’y associe que pour garder son prestige et ses rentes et finira par y perdre l’un et l’autre.
- L’Angleterre soutient que ce mouvement dont les chefs sont débordés ne peut , finir que par une séparation qui ne serait pas moins funeste à l’Irlande qu’à l’Angleterre. L’Irlande, en effet, économiquement, ne peut vivre sans l’Angleterre. L’Angleterre perdrait à la séparation, à l’indépendance -de l’Irlande, une sécurité qui lui est nécessaire et des soldats qu’elle apprécie. Mais un Parlement indépendant ou mixte, Vhome rule enfin, complet ou tempéré, ne seraient qu’un remède illusoire et dérisoire aux maux de l’Irlande. Elle se plaint déjà de l’absence des landlords boycottés ou menacé de l’être, et de l’émigration des capitaux. Elle se plaint de ne pouvoir constituer ni la grande agriculture, àprocédés scientifiques et à méthode intensive, qui devient aujourd’hui de plus en plus et partout le seul régime rémunérateur de la culture de la terre; ni l’élevage sur grande échelle, ni l’industrie à grande production et à grands résultats.
- En serait-elle plus prospère, si elle devait payer aux landlords expropriés le milliard d’indemnité nécessaire à leur éviction, et suffire en même temps aux impôts du régime séparé et aux subventions d’encouragement et de secours indispensables aux fermiers devenus propriétaires ? Où prendrait elle les fonds nécessaires ? Comment l’Irlande catholique s’entendrait-elle pour la séparation avec les comtés protestants, avec l’Ulster notamment qui s’organise de façon à défendre par les armes sa loyauté envers la Reine et sa fidélité au pacte d’union î
- On voit ce que l’Angleterre pourrait perdre comme force et comme sécurité à la séparation. On ne voit pas trop ce que l’Irlande pourrait y gagner. On ne comprend pas comment M. Glads-
- tone a pu s’illusionner au point de croire pouvoir guérir, avec des remèdes politiques, un mal qui est surtout économique, qui tient au régime non seulement de la propriété, facile à améliorer, mais surtout à celui de l’agriculture et de l’industrie, qui sont à modifier par des moyens à chercher d’un commun accord en dehors des armes de la violence.
- Sur la crise de 1880, qui n’est pas encore arrivée à ses dernières convulsions, sur le bor/cottage et les procédés du gouvernement occulte de la Land-league, sur le régime électoral en Angleterre et en Irlande, sur la part prise par le clergé au mouvement nationaliste, sur le caractère et les mœurs de ce clergé, sur son entretien au moyen d’une contribution semestrielle de tous les fidèles ; sur ce régime de la séparation de l’Eglise et de l’Etat, qui fait que • le clergé catholique vit des émoluments que lui payent les catholiques, il y a dans le livre de M. de Mandat-Grancey, que nous ne saurions trop recommander, comme étant d’une lecture aussi agréable qu’utile, bien des détails curieux, bien des renseignements et bien des enseignements dont la leçon n’est pas sans_application et dont la France elle-même pourrait faire son profit.
- M. de Lescure.
- --------iinT — -----
- AVIS COMMERCIAUX
- JAPON
- Le Moniteur officiel du Commerce du 18 août a publié une liste des principales maisons de commerce, dressée par la légation de Belgique au Japon.
- TURQUIE D’ASIE
- ENVOI D’ÉCHANTILLONS DE TISSUS DE COTON
- M. le Vice-Consul de France à Latakié a recueilli des échantillons d’étoffes tissées dans le nord de la Syrie et qui servent à la confection des vêtements portés par une population considérable.
- Ces échantillons, accompagnés des indications nécessaires, sont à la disposition des intéressés, au Ministère du Commerce et de l’Industrie, n° 80, rue de Varenne. Direction du commerce extérieur. — Bureau des Renseignements commerciaux.)
- PAYS DE PROTECTORAT.
- ANNAM ET TONKIN
- ENVOI D’ÉCHANTILLONS DE TISSUS DE VETEMENTS CONFECTIONNÉS
- M. le Ministre du Commerce et de l’Industrie vient de transmettre aux Chambres de commerce de. Reims, Rouen, Orléans, Lille et Roubaix cinq collections d’échantillons de divers tissus prélevés par la douane de Haïphong et qui ont été recueillis par M. le Résident général de la République en Annam et au Tonkin. La Chambre de commerce de Lille recevra, en outre, une caisse de vêtements d’Annamites, des deux sexes.
- Le double de ces échantillons est adressé, en même temps, à la Chambre de commerce de Paris.
- CHINE
- IMPORTATION DE COTONNADES ANGLAISES
- Un rapport du consul britannique à Hankéou donne quelques renseignements sur la manière de développer l’importation, en Chine, des cotonnades du Lankashire. L’auteur du rapport recommande d’établir à Manchester un dépôt permanent d’échantillons ; on devrait y trouver également une carte de la Chine, une notice sur les habitants des principales villes, une description des voies terrestres et fluviales, etc., afin de permettre aux ouvriers de se rendre aisément compte de tous les articles en coton employés en Chine, tels que toiles, chaussures, parapluies, voiles, etc.
- D’autre part, le consul recommande aux producteurs de cotonnades anglaises de se mettre en rapport plus direct avec les importateurs anglais dans les différents ports chinois, à l’effet de trouver les voies et moyens de donner un plus grand essor à l’importation de leurs produits et, si c’est possible, de se rendre même en personne en Chine. Il les engage, en outre, à expédier, dans chacun des ports de la Chine ouverts par traité, des échantillons de cotonnades, entièrement semblables à celles fabriquées en Chine et n’ayant, comme ces dernières, aucune addition d’amidon. A ces envois, il faudrait joindre également de la grosse toile à voiles pour les petits caboteurs chinois jaugeant d’une demi à cent tonnes, et pour lesquels la toile à voiles anglaise est trop lourde et par conséquent sans débit.
- Il se peut, dit l’auteur du rapport, que les premières tentatives de ce genre ne procurent pas de bénéfice, mais avec de la persévérance et en sur-
- veillant de près les fluctuations du marché, on créerait d’ici à un certain temps un mouvement d’affaires avantageux.
- Le consul fait observer également que les ventes publiques aux enchères qui se font d’ordinaire à Shanghaï pourraient aussi se faire dans les autres ports ouverts au trafic, et qu’il y aurait lieu d’envoyer à l’intérieur du pays des voyageurs de commerce et des colporteurs avec les échantillons des produits textiles anglais. Des colporteurs chinois,' on peut en trouver tant que l’on veut ; et, convenablement rémunérés, ils pourraient rendre de bons services. En procédant ainsi, on arriverait à se passer graduellement de l’intermédiaire des importateurs chinois à Shanghaï et à Hong-Kong, qui.se sont, pour ainsi dire, assuré le monopole du commerce des articles de coton manufacturés, et le bénéfice réalisé par les intermédiaires profiterait aux consommateurs.
- On recommande de tisser dans chaque pièce de toile fine la marque de fabrique, ainsi que le nom et la qualité, attendu que le Chinois attache une grande importance aux marques industrielles, et que, si la qualité convient, il est prêt à payer un bon prix.
- L’auteur du rapport pense que l’on doit s’efforcer de teindre la toile tout à fait selon le goût des Chinois, et surtout dans les nuances bleues. A ce propos, il fait remarquer qu’en général la toile de coton en usage chez les gens de la campagne est tissée par leurs femmes dans les moments de loisir et que, par conséquent, elle leur revient à bon compte ; mais que la teinture appliquée dans les teintureries chinoises situées dans les bourgs est relativement chère. Entre-temps, la toile doit, en outre, supporter des frais de transport et est grevée de certains impôts ; d’autre part, la teinte donnée n’est d’ailleurs pas durable, et au point de vue de l’aspect, elle est loin de valoir les tissus anglais.
- A la fin de son rapport, le consul exprime l’opinion que les articles devraient être annoncés à la mode chinoise, c’est-à-dire au moyen de figures fantastiques peintes en couleurs éclatantes sur des cartons de 14 pouces de longueur et 1 o pouces de largeur ; au centre seraient indiqués, en langue chinoise, les nom, qualité, prix, bourg ou village, ainsi que le magasin où la toile est vendue. Ces annonces seraient ensuite placées dans des maisons particulières, dans des lieux de plaisirs fréquentés par le peuple, dans les établissements à thé, etc., pour orner les murailles. A chaque pièce etballot, il faudrait joindre une annonce semblable et les colporteurs devraient également en être fournis.
- VÉNÉZUÉLA
- Ce Moniteur officiel du Commerce du 18 août donne la liste des négociants, industriels ou commerçants français, établis dans le district fédéral du Vénézuéla.
- -------- —— » «-~n—».-------
- LES THÉÂTRES
- Réouverture du Théâtre-Français
- A l’heure dite, le Théâtre-Français, après une fermeture rendue nécessaire pour l’exécution des travaux imposés par la Commission d’incendie, a rouvert ses portes au public en donnant le Cid ; mais l’intérêt de la soirée était cette fois ailleurs que sur la scène, et si le chef-d’œuvre cornélien a reçu les applaudissements qu’il mérite, il n’en a pas moins partagé le succès avec les modifications apportées sur la scène et dans la salle par M. Cla-retie qui s’est conformé de la façon la plus heureuse du monde aux exigences de ces Messieurs de la Commission.
- Tous les strapontins sacrifiés, un large passage au milieu des fauteuils de balcon obtenu parla suppression de la loge centrale, une disposition analogue aux étages supérieurs, l’ouverture de toutes les portes de secours et la mise en service d’un nouvel escalier, telles sont dans la salle les modifications qui assurent désormais au public une prompte évacuation en cas d’ac'cident. Quant à la scène on attendait avec impatience le fonctionnement du fameux rideau de fer Edoux, mû par l’électricité. Il a marché à merveille, s’abaissant et se relevant avec la lenteur tragique qui sied à un rideau derrière lequel se déroulent les péripéties classiques du répertoire. Sur la tôle qui assure la sécurité des spectateurs on a marouflé une toile de M. Curpezat d’une très heureuse composition, de sorte que tout en suivant rigoureusement les indications de la Commission, M. Claretie a su réunir l’utile et l’agréable.
- Maintenant, quand l’électricité aura partout remplacé le gaz, tout sera pour le mieux dans le meilleur des théâtres de Paris.
- Le Gerant, GARREAU.
- Tours. — imp. E. ARRAULT et Cie, rue de la Préfecture, 6
- p.764 - vue 344/496
-
-
-
- Le Moniteur Vê
- DE
- L’EXPOSITION DE 1889
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
- TROISIÈME ANNÉE,
- Dimanche 4 Septembre 1887.
- [NUMÉRO 140.
- SOMMAIRE :
- ï. Les travaux du Champs-de-Mars ; 2. La participation étrangère à l’Exposition de 1889; 3. Les ouvriers étrangers au Champs-de-Mars; 4. Les Colonies et l’Exposition de 1889; 5. Première séance du Comité de l'Exposition de l’Ile de la Réunion; 6. La Société internationale des électriciens et l’Exposition de 1889; 7. Comité départemental de Saône-et-Loire ; 8. Comité départemental de la Dordogne et. de Seine-et-Oise ; 9. Nominations; 10. Bureaux des Comités départementaux: Charente-Inférieure, Deux-Sèvres, Loiret; ii. Echos ; 12. Sciences et industrie; i3. les Etuves de désinfection mobiles ; 14. L’industrie russe ; i5. Bibliographie; 16. Les Livres.
- EXPOSITION UNIVERSELLE
- DE 1 8 S 9
- LES TRAVAUX DU CHAMP-DE-MARS
- Lorsque,, circulant sur le Champ-de-Mars, on examine attentivement ce qui a été fait, une des premières réflexions inspirées par la vue de tout ce travail a trait au labeur considérable qu’il représente et, en évaluant le temps relativement court qu’il a fallu pour obtenir ce résultat, on ne peut s’empêcher de rendre hommage au génie mécanique de notre époque, qui permet d’effectuer, comme, en se jouant, des travaux qui autrefois eussent passé pour irréalisables. Certes oui, on dispose aujourd’hui d’engins merveilleux, et nous sommes trop ami du progrès pour ne pas admirer, comme ii convient, ces magnifiques appareils sans lesquels il eût été impossible de mettre à exécution ces conceptions hardies qui, dans ces derniers temps, ont profondémeut modifié l’art de la construction. Néanmoins, il ne faut pas perdre de vue que, malgré ces ingénieuses et puissantes machines, c’est encore au travail de l’homme qu’on doit remonter pour trouver la cause première des résultats obtenus ; et nous entendons par là l’effort manuel, le labeur corporel seul. Nous ne tenons pas compte ici du travail intellectuel qu’a nécessité la création des instruments dont on se sert, l’étude • et la rédaction des projets, etc. En un mot, il faut se garder contre cette tendance générale qu’on a de considérer ies machines comme des individualités et d'oublier qu’elles ne sont que les auxiliaires de l’homme, modifiant, transformant en quelque sorte ie travail humain qui ne cesse d’être le point de départ primordial. C’est pourquoi, tout en n’envisageant que le côté matériel de la question, lorsqu’on examine ce qui a été exécuté, il y a lieu d’être frappé par le fait suivant : Tout ce que nous voyons est la résultante des efforts les plus divers dont les auteurs, pour la plupart, ignorent eux-mêmes le résultat. Dans ces terres remuées, dans ces maçonneries élevées, dans toutes ces pièces de fer mises en place, que de peines et de fatigues emmagasinées en vertu de cette grande loi de la transformation des forces ! Cette face de la question des travaux n’est pas le moins intéressante à envisager et la vue de ces manifestations de la puissance humaine ramène forcément la pensée vers cette entité modeste : le travailleur, cause première et unique qui disparaît trop devant les effets obtenus.
- Cause première et unique, en effet, car quelle que soit la manifestation visible du travail qu’on considère, si on va au fond des choses, on retrouve toujours l’effort individuel, la main de l’ouvrier. Ces matériaux élevés à grand’peine et dont la réunion produit les merveilleuses constructions qu’on admire, des travailleurs n’ont cessé de les manier et de les transformer -depuis leur extraction de la carrière jusqu’à
- l’heure de l’emploi ; ces énormes pièces métalliques, souvent si ouvragées, par combien de mains n’ont-elles pas passé depuis l’instant où elles n’étaient encore qu’un minerai informe jusqu’au moment où, terminées, il a été possible de les mettre en place. Il n’est pas jusqu’aux machines, si ingénieuses qu’elles semblent parfois se gouverner elles-mêmes, qui ne doivent leur fonctionnement à l’homme, quand ce ne serait qu’au point de vue du combustible qu’elles consomment et que des ouvriers ont dû extraire des entrailles de la terre. Tout, en un mot, rappelle que la moindre manifestation industrielle ou artistique doi ison éclosion à des efforts manuels dont el 1 (représente en quelque sorte la juxtaposition ou pour mieux dire l’emmaga-sinement.
- En nous étendant aussi longuement sur ce sujet nous paraissons énoncer une vérité par trop enfantine puisque nous semblons vouloir prouver que, pour exécuter un travail, il faut des ouvriers ; mais sous une forme en apparence naïve, notre pensée était d’appeler l’attention sur le résultat auquel on peut arriver par la canalisation d’efforts séparés concourant directement ou indirectement à l’oeuvre générale et aire ressortir la part prise par les collaborateurs inconnus dont le secours est de toute utilité et qui justifient une fois de plus le sic vos non vobis aussi applicable de nos jours qu’il y a 18 siècles.Du reste, il ne peut en être autrement et c’est au penseur qui conçoit une œuvre, au technicien qui l’étudie et au praticien qui le fait exécuter que reviendra toujours la plus grande part de gloire par cette raison bien simple que si le travailleur est utile, eux sont indispensables pour réunir et grouper tous les efforts individuels qui, sans direction, seraient perdus pour la plupart.
- Cette question de la transformation des forces et de leur centralisation, que nous venons seulement effleurer, est une de celles sur lesquelles on pourrait s’étendre indéfiniment, mais son étude nous entraînerait hors des limites de notre cadre. Contentons-nous donc, pour le moment, de constater les effets sans trop vouloir remonter aux causes .et examinons où en. sont actuellement les travaux qui nous ont inspiré ces réflexions.
- Nous dirons tout d’abord quelques mots de la Tour Eiffel. Ce que l’on remarque en pénétrant dans l’enceinte du Champ-de-Mars, c’est que ce chantier est de plus en plus encombré, et la circulation y est de moins en moins facile. Atout instant il faut franchir un amas de bois, un tas de ferraille, ou un câble tendu en travers du chemin ; on ne doit pas trop se laisser distraire par une particularité intéressante, car une distraction pourrait valoir à son auteur un choc désagréable dû à la manœuvre de quelque pièce. Malgré ces petits inconvénients on admire quand même la hardiesse des travaux, et on ne peut se défendre d’un léger sentiment d’effroi à la vue de l’inclinaison des montants, inclinaison qui paraît d’autant plus considérable que les parties construites s’éloignent du sol.
- Le pilier n° i, ainsi que nous le prévoyions, a non seulement rattrapé ses trois voisins mais les a même dépassés car il en est à son cinquième tronçon alors que les autres n’en ont que trois ou quatre.
- Pour la raison que nous avons indiquée, c’est le pilier n° 3 qui est le moins avancé, du moins en apparence. Il n’a que 3 tronçons, mais en revanche on a beaucoup travaillé aux accessoires de l’ascenseur dont plusieurs pièces sont
- posées et dont d’autres, amenées à pied d’œuvre, n’attendent que le moment d’être utilisées.
- Un des trois pylônes de charpente du pilier n° 4 est entièrement dressé; du reste ce pilier est au même point que le n° 2, tous les deux ont quatre tronçons ; s’ils n’en ont pas davantage, c’est qu’on a voulu, avant de monter plus haut, poser d’une façon définitive les entretoises des montants et les étoiles à 8 branches des poutres à treillis; toutes ces pièces exigeant l’emploi d’un nombre considérable de rivets, il a fallu consacrer à leur montage un temps assez long. Quoi qu’il en soit, les progrès, forcément un peu lents, pour l’importance même de l’entreprise, sont néanmoins très appréciables et l’activité, loin de s’affaiblir, semble au contraire croître de jour en jour sur le chantier de M. Eiffel.
- Puisque nous sommes dans la partie du terrain de l’Exposition qui est proche de la Seine, jetons en passant un coup d’œil sur la tranchée du quai d’Orsay ; cette voie nouvelle qui, il y a quelques jours à peine, offrait un aspect des plus confus à cause de l’amoncellement des matériaux et des charrois de toute nature, vient de se transformer complètement. Les bordures de trottoirs sont posées en grande partie, la forme de la chaussée se dessine déjà nettement et on peut dès à présent juger ce que sera cette rue, d’une importance considérable, lorsque les autres voies auront été enlevées à la circulation; car, pour tous ceux qui iront à Grenelle ou en reviendront, elle remplacera les larges quais où on circulent actuellement.
- Franchissant entièrement le Champ-de-Mars dans sa longueur, nous arrivons sur l’emplacement du palais des machines où une augmentation sensible dans le nombre des ouvriers qui y sont occupés a mis un mouvement et une animation extraordinaires ; la grue à vapeur ne cesse de fonctionner enlevant constamment des bennes pleines de déblai qu’on déverse dans des wagonnets immédiatement constitués en trains que des chevaux emmènent sur les nombreuses voies de chemins de fer étroits sillonnant le terrain en tous sens. Les bétonnières fabriquent -sans interruption d’énormes quantités de béton aussitôt employé que produit; les puisatiers continuent le creusement de leurs puits à l’aide des treuils à manivelle, les maçons établissent les massifs de fondation et le battage des pieux s’effectue toujours avec la même régularité.
- Voir battre un pieu, depuis les préparatifs de l’opération jusqu’à l’enfoncement complet, demande un certain temps, mais l’intérêt que présente ce travail est assez grand pour qu’on ne s’aperçoive pas de sa durée et les commencements de l’exécution sont surtout curieux à suivre : La sonnette, pouvant se mouvoir dans deux directions perpendiculaires, grâce • aux galets qui s’appuient sur les bords de la fouille, est manœuvrée à grand renfort de bras et de leviers, jusqu’à ce que la glissière du mouton se trouve à l’endroit où doit s’enfoncer le pieu; on la cale alors solidement et on procède à la mise en place de la pièce de bois garnie à son extrémité inférieure du sabot métallique pointu, et à sa partie supérieure d’une frette ou cercle en fer, ayant pour but d’empêcher l’écrasement de la tête sous les chocs répétés du mouton ; le pieu est descendu, tête en avant, dans la fouille sur la paroi de laquelle il s’appuie; on passe alors une tringle de fer dans un trou ménagé près de la frette et on y fixe la chaîne que fait mouvoir un treuil placé sur la sonnette; par l’effort de ce treuil la pièce de bois est peu à peu attirée et, graduellement, la tête se relève jus-
- p.765 - vue 345/496
-
-
-
- 76G. — Troisième Année — N° 140..
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1SS9.
- Dimanche 4 Septembre 18X7.
- qu’à ce que la pointe, primitivement en l’air, vienne s’appuyer sur le sol. On continue encore le mouvement d’attraction et bientôt le pieu, entièrement vertical, arrive se placer contre la glissière à laquelle on le fixe provisoirement avec des cordes ; à ce moment, on dégage le mouton des entraves qui l’empêchaient de se mouvoir et, sous l’action de la vapeur, il commence la série régulière de ses chocs dont le résultat est aussitôt rendu visible par la pénétration du pieu dans le sol que des trépidations agitent jusqu’à une distance assez grande : à partir de cet instant l’intérêt de ce travail n’est plus le même et son uniformité le rend monotone.
- Si, en allant de la tour au palais des machines, nous ne nous sommes pas arrêtés en route, c’est que rien d’intéressant n’était à signaler, c’est toujours, au jardin central, le même travail de terrassement, qui du reste touche à sa fin, et dans les différentes parties du palais des industries diverses, la continuation de la mise en couleur des formes métalliques.
- H. de Baecker.
- LÀ PARTICIPATION ÉTRANGÈRE
- A L’EXPOSITION DE 1889
- RÉPUBLIQUE ARGENTINE
- Le Pouvoir exécutif a déposé sur le bureau des Chambres une demande de crédits s’élevant à la somme de 200,000 piastres (1,000,000 de francs) et destinés à permettre la participation officielle de la République Sud-Américaine à l’Exposition de 1889.
- Le Gouvernement, dans l’exposé des motifs, fait ressortir l’importance économique des expositions, leur utilité pour les pays producteurs et surtout pour ceux qui, encore peu exploités,, demandent à faire connaître au monde industriel leurs ressources et leur vitalité.
- BRÉSIL
- M. le baron de Cotegipe a fait au Sénat brésilien une déclaration annonçant que le Brésil prendrait part à l’Exposition de Paris, si cette manifes» tation n’avait aucun caractère politique.
- * *
- SUISSE
- La commission chargée d’étudier la question de la participation de Genève à l’Exposition de Paris en 1889 s’est réunie lundi à la chambre du commerce, sous la présidence de M. Eugène Empevta, et a décidé de demander aux commerçants et industriels de bien vouloir s’inscrire comme exposants, individuellement ou par groupe collectif, dans le plus brefdélai possible. Il est bien entendu que ces adhésions, tout éventuelles, sont subordonnées à l’examen des conditions d’admission ainsi qu’àlaparticipation financière de la Confédération, du canton et des municipalités.
- LES OUVRIERS ÉTRANGERS
- AU CHAMP-DE-MARS
- Un certain nombre d’ouvriers peintres français, se disant assurés que les travaux de peinture exécutés au Champ-de-Mars étaient confiés uniquement à des ouvriers étrangers, ont envoyé deux délégués à M. Alphand, directeur des travaux de l’Exposition de 1889, pour lui adresser leurs plaintes.
- M. Alphand a immédiatement écrit aux entrepreneurs de peinture pour leur demander la liste par nationalités de leurs ouvriers et pour leur rappeler qu’aux termes d’un article de leur cahier des charges, ils ne pouvaient employer d’ouvriers étrangers que dans la proportion d’un dixième.
- M. Alphand, qui avait demandé des explications à la Compagnie des ponts et travaux en. fer, a reçu mercredi dernier la réponse des administrateurs. Leur sous-traitant emploie en ce moment vinrt-deux ouvriers ; sur ce nombre deux sont de nationalité suisse ; les vingt autres sont Français.
- * • Cette répc nse a été transmise jeudi aux délégués des ouvriers peintres français. Elle ne change rien à la décision qu’ils avaient prise de réunir le 3 septembre, en assemblée générale, à la Bourse du Travail, tous leurs camarades.
- LES COLONIES & L’EXPOSITION
- DE 1889
- Une décision prise par le Comité central de l’Exposition du Sénégal a été notifiée au président du Comité de Pondichéry par la lettre suivante :
- MINISTÈRE DE LA MARINE ET DES COLONIES, ADMINISTRATION DES COLONIES
- Le Secrétaire général de la section coloniale française à Vexposition de i88q, à Monsieur le Président du Comité central de F Exposition à Pondichéry.
- Monsieur le Président,
- J’ai l’honneur de porter à votre connaissance la décision prise par le Comité central de l’Exposition du Sénégal, dans sa séance du 12 avril dernier.
- Le Comité a résolu de faire appel au Concours gracieux des dames de la Colonie, en vue de réunir des collections complètes de tissus en laine et en soie, de broderies et de bijoux de production indigène dont l’achat ne saurait être effectué avec les ressources dont dispose le Comité.
- Une note dans ce sens a été insérée au Journal officiel de la Colonie et tout donne à penser que les dames du Sénégal sont disposées à confier au Comité central les divers objets précieux dont l’envoi ne pourra que rehausser l’éclat de l’Exposition particulière du Sénégal.
- Il m’a paru que le Comité central de Pondichéry pourrait faire son profit de la résolution prise par le Comité de Saint-L.ouis. Si vous et vos collègues adoptiez cette même manière de procéder, je ne doute pas que les dames de nos établissements de l’Inde ne soient prêtes à vous seconder dans les efforts que vous faites pour donner tout le relief possible à l’Exposition des produits de l’industrie hindoue.
- Si telles étaient vos intentions, vous jugeriez peut-être qu’il y aurait intérêt à associer directement aux travaux de votre Comité les dames de la Colonie dont le concours vous serait le plus utile ; mais je n’ai pas besoin d’ajouter que votre Comité conserve, à cet égard, la plus entière liberté d’appréciation.
- Recevez, etc.
- Louis Henrique.
- PREMIÈRE SÉANCE DU
- COMITÉ DE L’EXPOSITION
- DE L’ILE DE LA RÉUNION
- La commission instituée pour organiser la participation de l’ile de la Réunion à l’Exposition de 1889, s’est réunie à l’hôtel de ville de Saint-Denis.
- Elle était composée :
- i° Du comité central d’Exposition de Saint-Denis :
- 20 De deux délégués du Conseil général :
- 3° D’un délégué de la chambre de commerce :
- 40 D’un délégué de la chambre d’agriculture :
- 5° De divers membres nommés par le Gouverneur.
- Celui-ci ouvre la séance en disant qu’il a convoqué la commission pour arrêter avec elle les grandes lignes de la participation de l’ile de la Réunion à l’Exposition universelle qui doit s’ouvrir à Paris en mai 1889.
- Après avoir fait ressortir en termes chaleureux l’importance et le haut intérêt national que présente cette fête du travail, il exprime sa ferme confiance de voir les membres de la commission concourir avec le plus grand zèle et un entier dévouement à assurer le succès- de la part que la colonie est appelée à s’y prendre.
- L’ile de la Réunion, dit-il, dont les expositions ont toujours été remarquées, et à si juste titre, tiendra à honneur de faire plus encore, dans cette mémorable circonstance, qu’elle a fait par le passé.
- Il fait observer, ainsi qu’il résulte de la dépêche du sous-secrétaire d’Etat au département de la marine et des colonies, que, cette fois, les colonies seront mieux partagées que dans les expositions précédentes. Elles ne seront plus confondues les unes avec les autres, un peu au hasard, sans ordre ni méthode, mais groupées suivant leur situation géographique et les relations commerciales qui existent entre elles. Cette heureuse innovation aura pour effet de mettre plus en évidence et de faire mieux apprécier les productions propres à chaque contrée.
- La Réunion ne laissera pas échapper cette occasion de placer ses produits sous les yeux et à la portée de la masse dés consommateurs. Ses sucres d’abord, dont la pureté est parfaite et qu’il serait si avantageux de faire entrer directement dans la consommation ; son café si renommé, mais qu’il importe de faire goûter sans les mélanges qui le
- perdent de jour en jour de réputation. Nous devons faire de même, ajoute-t-il, pour les autres produits de notre agriculture et de notre industrie : nos vanilles, nos rhums, nos tabacs, nos tapiocas et fécules, nos parfums, nos essences forestières, etc. Ces productions du pays sont ou peuvent devenir de premier ordre par l’emploi de procédés plus perfectionnés. Il estime que, pour les travaux de menuiserie, notamment, peu de sortes de bois pourraient soutenir la concurrence avec les nates de nos forêts.
- M. Ferrus, chef du service forestier, fait une rapide énumération des richesses de la colonie en bois d’ébénisterie. Sous ce rapport, dit-il, la colonie a toujours convenablement figuré dans les, expositions, mais elle y a envoyé seulement de la matière brute. Il s’agit de ne pas déchoir, et cette fois la Réunion doit envoyer de la matière ouvrée. Il se chargerait volontiers de remplir ce programme.
- Abordant un autre ordre d’idées, le Gouverneur dit qu’il serait bon aussi qu’on fit figurer dans notre exposition un plan en relief de notre colonie et des vues de nos sites les plus renommés. L’ile est très riche sous ce rapport. Déjà on peut voir, dans la salle même, au siège de la Commission, un plan en relief, d’une exécution remarquable,, où Saint-Denis est fidèlement représenté avec ses, rues, ses édifices, ses maisons et leurs emplacements si ombragés. Cette œuvre d’art et de-patience ferait grand effet à l’Exposition, car peu de villes présentent un aspect aussi pittoresque.
- M. Gabriel Lahuppe, maire de Saint-Denis, dit que rien ne paraît s’opposer à la réalisation de l’idée qu’exprime le Gouverneur. Des mesures seront prises dans ce but, quand le moment sera venu.
- En terminant son allocution , le Gouverneur engage la Commission, en vue de la bonne direction à imprimer à ces travaux, à se subdiviser en sous-comités correspondant aux diverses catégories des produits à exposer. Prenant pour point de départ les sous-comités établis lors de l’Exposition intercoloniale de 1881, on peut adopter tout d’abord, dit-il, les trois groupes suivants :
- i° Celui des produits agricoles ;
- 20 Celui des produits industriels;
- 3° Celui des machines et instruments.
- A ces groupes il conviendrait d’ajouter:
- 40 Celui des produits forestiers ;
- 5° Celui des travaux scolaires ;
- 6° Celui des notices sur la colonie, renseignements statistiques, etc.
- 70 Celui des travaux graphiques, plans en relief, etc.
- Un album des plantes du pays offrirait aussi un grand intérêt. Il recommande vivement la préparation de toutes ces catégories de produits et insiste particulièrement sur les travaux scolaires, et graphiques, ainsi que sur 1-a confection de statistiques, exactes, v Au surplus, ajouta-t-il, je ne fais ici que-tracer un plan d’ensemble ; les détails d’exécution viendront plus tard et la porte reste ouverte à toute bonne et utile suggestion. Mais ce dont je peux assurer la commission, c’est qu’elle trouvera toujours en moi le plus grand empressement à la. seconder dans ses travaux ; ses propositions recevront toujours mon meilleur accueil. »
- M. le directeur de l’intérieur, prenant ensuite la-parole, rappelle combien les Expositions ont contribué, dans certains pays, au développement de l’agriculture et du commerce. Les détails dans lesquels il entre à ce sujet intéressent vivement l’assemblée II cite, entre autres, l’exemple du Brésil qui, dans toutes les Expositions, n’a négligé aucun moyen de faire apprécier ses cafés. Aussi la culture s’en est-elle considérablement développée dans ce pays , et l’exportation de cette denrée-atteint, depuis quelques années, un chiffre très, important.
- Pour en revenir à la Réunion, il pense qu’il y aurait profit pour nous à faire connaître au dehors nos articles de grande consommation. C’est ainsi,, par exemple, que les toiles et les tissus dont il est fait le plus d’usage dans la colonie, pourraient être confectionnés en vêtements dont on habillerait des poupées ou mannequins. L’ile possède aussi un grand nombre de plantes dont on compose des breuvages agréables : le faham, l’ayapana, le bois cassant, etc. Bien des gens, après en avoir goûté, leur sacrifieraient peut-être même le thé.
- Il passe ensuite en revue beaucoup d’autres productions du pays; il conclut f.en disant que, dans cette grande variété, il y a assurément les éléments d’une belle et très unie exhibition.
- M. le Gouverneur consulte ensuite rassemblée sur les deux questions posées dans.la dépêche du sous-secrétaire d’Etat :
- i° Quel est Vemplacement qu'il conviendrait de réserver à la colonie ?
- Après discussion, la commission s’accorde à reconnaître qu’une superficie de cent mètres carrés lui paraît suffisante.
- 20 Quel est le crédit que la colonie peut mettre à la disposition du Département pour la construction et T aménagement du pavillon réservé à son exposition ?
- La commission émet l’avis qu’il soit demandé
- p.766 - vue 346/496
-
-
-
- Troisième Année. — N° 140.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1S89.
- Dimanche 4 Septembre 1887. — 767.
- ru conseil général : i° Un crédit de 10,000 francs pour contribuer à la construction et à l’aménagement du pavillon ; 20 et un autre crédit de pareille somme pour subvenir aux frais, dans la colonie, de l’organisation de notre Exposition.
- Après ces résolutions, AI. Buroleau propose au gouverneur de laisser au bureau du comité central de Saint-Denis le soin de centraliser les travaux de la commission. Le bureau du comité procédera, de concert avec la commission, à la formation des sous-comités. La proposition de M. Buroleau est agréée. Il est arrêté, en conséquence, que le bureau du comité central d’Expo-sition, composé de MM. Buroleau, président ; Bridet, vice-président ; Grenard, trésorier ; Henri de Guigné, secrétaire,et Julien Potier, délégué du comité, sera chargé de la centralisation des travaux de la commission et du soin de faire procéder à la création des sous-comités.
- Le gouverneur lève la séance en plaçant notre Exposition sous le patronage du conseil général.
- -- '
- Iti A-
- SOCIÉTÉ INTERNATIONALE DES ÉLECTRICIENS
- ET L'EXPOSITION DE 1889
- M. le Président de la Société internationale des électriciens a reçu de M. Georges Berger, directeur général de l’exploitation de l’Exposition universelle de 1889 et Président honoraire de cette Société, la lettre suivante :
- « Monsieur le Président,
- « Je viens faire appel, par votre organe, au bon concours de la Société internationale des Electriciens, en faveur de l’Exposition de 1889.
- « Vous n’ignorez pas que, malgré les bruits contraires qui ont couru, la date de 1889 n’a pas cessé d’être décidée et est maintenue pour la future Exposition universelle internationale de Paris.
- « II est possible que les Gouvernements étrangers n’accordent pas, comme autrefois, leur patronage officiel à la participation de leurs nationaux.
- « Il n’est pas moins vrai, s’il doit en être ainsi, que nous aurons à accueillir individuellement un nombre considérable de producteurs et d’industriels étrangers que nous soumettrons aux conditions de classement et d’admission auxquelles sont astreints les Français.
- « La Société internationale des Electriciens est née de l’Exposition internationale.d’électricité de 1881. Son origine lui crée, à mes yeux, une honorable obligation : celle d’attirer à nous les exposants électriciens des pays étrangers avec lesquels elle n’a cessé d’entretenir d’étroites relations par l’entremise des hommes éminents qui sont, chez eux, à la tête du mouvement et du progrès des sciences physiques pures ou appliquées.
- « Je voudrais que le Bulletin de la Société fit savoir que le Bureau de celle-ci est à la disposition de ses Alembres étrangers et de leurs amis pour les aider dans les demandes à faire afin d’être admis à exposer en 1889 dans la classe de l’Electricité spécialement.
- « Quoi qu’il arrive, la propagande faite par la Société ne pourra avoir qu’un effet très salutaire et utile à tous les points de vue.
- « Je profite de l’occasion de la présente lettre pour vous répéter combien je suis désolé que mes occupations, de plus en plus absorbantes, me privent momentanément de suivre assidûment les travaux de notre chère Société.
- « Agréez, Monsieur le Président, l’expression de mes sentiments les plus distingués et affectueusement dévoués.
- « Le directeur général,
- « G. Berger. »
- COMITÉ DÉPARTEMENTAL
- DE SAONE-ET-LOIRE
- Par arrêté en date du 27 août 1887, le ministre du commerce et de l’industrie,commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a constitué comme suit le comité départemental de Saône-et-Loire :
- 10 Sous-comité de l’arrondissement de Mâcon
- AIM. Mathey (Alfred), sénateur, président du comité départemental du phylloxéra, à Ameugny ; Boullay, député, président de la société d’agriculture de Mâcon; Lacretelle (Henri de), député, à Cormatin ; Prudent, député, à Mâcon; Simyan,
- député, à Cluny; Alexandre,ancien député,membre de l’académie de Mâcon ; Aubert (docteur),membre du conseil d’hygiène à Mâcon; Battanchon,professeur départemental d’agriculture, à Alâcon ; Belle-nand, imprimeur à Mâcon; Bouilloud, maire de Viré ; Chambelland, conservateur du musée, à Mâcon ; Chamussy, directeur des mines de maga-nèse, à Romanèche-Thorins ; Charvet, vétérinaire, chef du service départemental j des épizooties ; Chevalier, président du tribunal civil, à Mâcon; Clerc, trésorier-payeur général, à Mâcon ; Clin-chard, commandant du génie, à Mâcon ; Desvignes, président du comice agricole, à la Chapelle-de-Guinchay; Duréault, vice-président du conseil de préfecture ; Garguet,serrurier-mécanicien à Cluny ; Guérin, maire de Mâcon ; Jozon, ingénieur en chef du département à Alâcon; Lacroix, pharmacien, président de la société d’horticulture à Mâcon ; Lambert, directeur des fonderies, à Mâcon ; Larguier, inspecteur des enfants assisté, à Alâcon ; Lémonon (Gabriel), fondeur à Mâcon ; Bex,archiviste du département, à Mâcon; Mangenot, conservateur des foêrs, à Mâcon ; Alartin (Paul), vice-président de la chambre de commerce, à Alâcon ; Martin (Paul), membre de l’académie deAlâcon ; Poirier, inspecteur d’académie, à fMacon ; Poitevin, fabricant d’instruments aratoires, à Mâcon ;
- •Rebord, ingénieur en chef des chemins de fer, à Mâcon ; Siraudin, maire de Laizé, vice-président de la société hippique de Saône-et-Loire; Tronchon, directeur de l’école normale, à iVlâcon ; Thénot (docteur), médecin de l’asile départemental et de la prison, à Mâcon ; Thevenet, fabricant de sparterie, à Mâcon.
- 20 Soas-comitê de l’arrondissement d’Autun
- MM. Martin (Félix), sénateur, au Creuzot ; Magnien, député, à Autun ; Abard (Charles), maire de Mesvres; Abord (Hippolyte), propriétaire, à Autun; Ballard (colonel), propriétaire, à Etang-sur-Arroux ; Baret (Félix), à Autun ; Chamay (Marc), propriétaire, à Gollonge-la - Madeleine ; Deccene- Racouchot, conseiller général, à Issy-l’Evêque; Dolivot, horticulteur, à Autun; Faucou-net, sculpteur, à Autun ; Magnien-Gadant, propriétaire, à Couches-les-Mines ; Marillier, artiste peintre, à Autun ; Martin (Léon), conseiller général, à Couches-les-Mines ; Alougarede (G.), directeur de la société anonyme des houillères et chemins de fer d’Epinac, à Epinac; Rigollot, adjoint au maire d’Autun; Roche, juge au tribunal de commerce d’Autun ; Sausay, président du tribunal de commerce d’Autun ; Schneider (Henri), directeur des houillères, forges, aciéries et ateliers de construction du Creuzot ; Taragouet, industriel, à Saint-Pantaléon ; Truchot, négociant à Epinac.
- 3° Sous-comité de l’arrondissement de Chalon-sur-Saône
- MM. Boysset, député, à Chalon-sur-Saône; Lo-ranchet, député, à Gergy ; Aupècle, directeur de la verrerie, à Chalon-sur-Saône ; Bertrand (docteur), à Châlon-sur-Saône ; Brill, industriel, à
- . Châlon-sur-Saône ; Chevrier (A.), président de la chambre de commerce, à Châlon-sur-Saône ; De-lafond, ingénieur en chef des mines, à Châlon-sur-Saône ;. Druard (Henri), président à la société d’horticulture, à Châlon-sur-Saône ; Dulac, architecte, à Savianges ; Lacroze, négociant, maire de Châlon-sur-Saône ; Lavrand (A. j, négociant en vins, président du tribunal de commerce de Châlon-sur-Saône ; Mauchamp, conseiller général, à Chalon-sur-Saône; Maurin, directeur de la compagnie des mines de Blanzy, à Chalon-sur-Saône ; Alenand-Copreau, membre de la chambre de commerce, à Chalon-sur-Saône; Meulien (Emile), directeur du musée de Chalon-sur-Saône; Alontessus (de), président de la société des sciences naturelles de Saône-et-Loire, à Chalon-sur-Saône ; Perrin, directeur de la sucrerie de Chalon-sur-Saône; Pinette, constructeur-mécanicien à Chalon-sur Saône ; Pradel, directeur de l’usine de Chalon-sur-Saône ; Naltet-Menand, fabricant de liqueurs à Chalon-sur-Saône ; Soûlas membre delà société d’agriculture, à Chalon-sur-Saône.
- 4° Sous-comité de l’arrondissement de Charolles
- AIM. Demôle, sénateur à Charolles ; Sarrien, député, président du Conseil général, à Bourbon-Lancy ; Baudot-Bidault, banquier, président du tribunal de commerce , à Charolles ; Berger (Auguste), agriculteur à Ciry-les-Noble ; Bou-thier de Rochefort, ancien député, président de la société d’agriculture, à Semur-en- Brionnais ; Campionnet, maître de forges, maire de Gueugnon; Chamfray, fabricant de tissus, à Chauffailles ; Clayeux (Adolphe), agriculteur, à Neuvy-Grand-Chainp ; Daviot (Auguste), ingénieur civil, maire de Neuvy-Grand-Champ ; Franc (Emile), ancien négociant en soieries, chimiste, à Ligny-en-Brionnais ; Gauthier, docteur à Charolles; ’Lally, agriculteur à Uxeau ; Perraudin, maître de forges, président de la chambre de commerce de Mâcon, à Charolles y Proot, manufacturier, à Charolles ; PuzenatfEmile), constructeur de machines agricoles à Bourbon-Lancy ; Rochut (Louis), vétéri-
- naire, vice-président de la Société d’agriculture, à Paray-le-Monial ; Rotival (Gabriel), architecte à Charolles.
- 5° Sous-comité de l’arrondissement de Louhans
- ; AIM. Guillemaut, député, président de la société d’agriculture de Louhans ; Adenot, conseiller d’arrondissement, à Pierre ; Beringaud (Emmanuel), meunier à Branges ; Cahuet, conseiller d’arrondissement, à Montcony ; Caucal-Lavraud, distillateur, maire de Saint-Germain-du - Bois ; Collet-Valéry, vice-président de la société d’agriculture, à Varennes-Saint-Sauveur ; Cordier, professeur de dessin, à Louhans ; Derrepas, pharmacien, maire de Louhans; Druard (Philippe), maire de Pierre ; Gauthey, imprimeur, à Louhans ; Gelot (Simon), maire de Cuisery; Guillemin Médé-ric) ; propriétaire-agriculteur, à Thurey; Guillemin (François), agriculteur, à Louhans ; Longin, maire de Savigny-en-Revermont ; Mathey (Hippolyte), maire de Saint-Etienne-en-Bresse ; Mathy-Joly, membre de la chambre d’agriculture, maire de La Chapelle-Thècle ; Plissonnier père, constructeur-mécanicien, à Loisy; Provost, manufacturier, à Louhans; Sixdenier, président du tribunal de commerce de Louhans.
- ------- 111 TîTi 1 # *»» & «nam—--
- COMITÉ DÉPARTEMENTAL
- DE LA DORDOGNE
- Par arrêté en date du 26 août 1887, ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a nommé membres du comité départemental de la Dordogne
- i° Sous-comité de /’arrondissement de Périgueux.
- MM. Puyjoli de Meyjounissas, conseiller général, à Brantôme ; Villote, président du tribunal civil à Périgueux.
- 20 Sous-comité de Varrondissement de Bergerac
- M. Dunogier, médecin-dentiste à Bergerac.
- 3° Sous-comité de Varrondissement de Sarlat
- MM. Delas (Jean), directeur des houillères et fours.à chaux du Lardin, propriétaire des mines de Cublac, à Terrasson; Villemonte, conseiller général du canton du Bugue.
- COMITÉ DÉPARTEMENTAL
- DE SEINE-ET-OISE
- Par arrêté en date du 26 août 1887, le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a nommé membres du comité départemental de Seine-et-Oise :
- 10 Sous-comité de l’arrondissement de Versailles
- MM. Baume, architecte à Saint-Cloud : Debains, -pharmacien à Versailles ; -Fournie', ingénieur en chef des ponts et chaussées, à Versailles ; Ledru (Alphonse), conseiller municipal au Vésmet, secrétaire général adjoint du comice d’encouragement à l’agriculture ; Petit, maire de Viroflay, président de l’association des pharmaciens de France ; Rabot, vice-président du conseil central d’hygiène, à Versailles.
- 20 Sous-comité de l’arrondissement de Corbeil
- AIM. ,Jeanmaire, conseiller d’arrondissement, maire d’Arpajon ; Prou, conseiller d’arrondissement, maire de Montlhéry.
- 3° Sous-comité de Varrondissement d’Etampes
- MM. Dezotteux(Dl‘), conseiller d’arrondissement à Lardy ; Lafoy, conseiller d’arrondissement à Alilly; Servant, conseiller d’arrondissement, cultivateur à Puiselet-le-Marais.
- 40 Sous-comité de /’arrondissement de Pontoise
- MM. Bourgeois, maire d’Andilly ; Colin, maire de Gonesse'; Dupart, graveur, à Saint-Leu-Taver-ny ; Louveau (1>), président de la Société d’horticulture de Alontmorency ; Savoye, maire de Sevran.
- 5° Sous-comité de l’arrondissement de Rambouillet
- MAI. Cousturier, président delà délégation cantonale de l’instruction primaire du canton de Montfort-l’Amaury , secrétaire général de la société pour l’instruction élémentaire ; Laflize , régisseur de la bergerie nationale de Rambouillet.
- ---------—' - —
- p.767 - vue 347/496
-
-
-
- 7ô8. — Troisième Année. — N° 140.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- Dimanche 4 Septembre 1887.
- NOMINATION DU SECRÉTAIRE de la Commission instituée en pue de l’étude du chemin de fer de l’Exposition
- Par arrêté du ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général, en date du 28 août 1887, M. Bourdon (Charles-Alexandre), ingénieur civil, répétiteur à l’école centrale des arts et manufactures, inspecteur du service mécanique et électrique à l’Exposition universelle de 1889, a été nommé secrétaire de la commission instituée par l’arrêté du 3o juillet 1887 (chemin de fer de l’Exposition) en remplacement de M. Cantagrel en congé.
- NOMINATION D’UN MEMBRE du Comité d’admission de la classe 66 (matériel et procédés de l’art militaire)
- Par arrêté en date du 28 août 1887, le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a nommé M. Pière, chel d’escadron au 6e régiment de dragons, membre du comité d’admission de la classe 66 (Matériel et procédés de l’art militaire) en remplacement de M. le commandant Petit-grand, rentré à son corps.
- BUREAUX DES
- COMITÉS DÉPARTEMENTAUX
- CHARENTE-INFÉRIEURE
- Comité départemental
- Président. — M. Beltremieux, président de la Société des sciences naturelles.
- Vice-président. — Le docteur Menudier, vice-président du comité central contre le phylloxéra.
- 2e vice-président. — M. Thurninger, ingénieur en chef des ponts.
- Secrétaire. — M. Tard, professeur d’agriculture.
- 2e secrétaire. — Docteur Bourru, médecin en chef de la marine et professeur à l’école de médecine de Rochefort.
- Sous-comité de T arrondissement de la Rochelle
- Président. — M. Beltremieux, président de la Société des sciences naturelles.
- Vice-président. — M.Wil. Morch, président de la chambie de commerce.
- Secrétaire. — M. Tard, professeur d’agriculture.
- Sous-comité de Varrondissement de Rochefort
- Président. — M. Charron, maire de Rochetort.
- Vice-président. — M. Rouvier, conseiller général. /
- Secrétaire. •— M. Landrion, ingénieur civil, négociant.
- Sous-comité de l’arrondissement de Saintes
- Président. — M. Mestreau, sénateur.
- Vice-président. — M. Boisgiraud, vice-président du comice agricole de Saintes.
- Secrétaire. — M. Bourdil,ingénieur civil.
- Sous-comité de l’arrondissement de Marennes
- Président. — M. Garnier, maire de Royan.
- Vice-président. — M. Verneuil, ostréiculteur.
- Secrétaire.-— M. Blanchard, président du Tribunal de commerce.
- Sous-comité de l’arrondissement de St-Jean-d’Angély
- Président. — M. Lair, maire de St-Jean-d’An-gély.
- Vice-président. — M. Normand-Dufié, conseiller général.
- Secrétaire. — M. Daubigné, conseiller general.
- Sous-comité de l’arrondissement de Jorqac
- Président. — M. Duchâtel, député.
- Vice-président. — M. Alizant, maire .de. Jonzac,
- Vice-président. — M. Berluzeau, iabricant de meubles.
- DEUX-SEVRES
- Comité départemental
- Président. — M. Delà Porte, député, président du conseil général.
- Vice-présidents.— M. Marot, fabricant de trieurs,
- à Niort; Hays, conseiller général et président de la chambre consultative des arts et manufactures de St-Maixent.
- Secrétaires. — MM. Sagot Delphin, vice-président de la société centrale d’agriculture, à Echiré ; Baujier, conseiller général, à Ste-Pezenne ; Robert, professeur départemental d’agriculture à Niort.
- Sous-comités de l’arrondissement cle Niort
- Président. — M. De la Porte.
- Vice-présidents. — MM. Marot, fabricant de trieurs, à Niort ; Hays, conseiller général et président de la chambre consultative des arts et manufactures de St-Maixent.
- Secrétaires. —MM. Sagot Delphin, vice-président de la société centrale d’agriculture, à Echiré ; Baujier, conseiller général, à Ste-Pézenne ; Robert,, professeur départemental d’agriculture, à Niort.
- Sous-comité de l’arrondissement de Parthenay
- Président. — M. Emile Jarran de Balzan, sénateur président du comice agricole de Ménigoute.
- Vice-présidents. — MM. Chevallereau, conseiller général, à Parthenav ; Proust Eugène, conseiller général, à Mazières, agriculteur.
- Secrétaires. — MM. Hubelin Théodore, banquier, à Parthenay ; Pougnault Constant, industriel, à Parthenay; Richard Marcel, conseiller général agriculteur, à St-Join-de-Marne.
- Sous-comité de l’arrondissement de Melles
- Président. — M. Goireaud, conseiller général président du comice agricole de l’arrondissement de Melles.
- Vice-présidents.— MM. Brillouin Georges, artiste-peintre, à St-Martin-de-Melles ; Guilland, conseiller général, à Brioux.
- Secrétaires. — MM. Gand, cordonnier, à Chef-Boutonne ; Girandias, notaire, à Lamothe ; Sache', pharmacien à Melles.
- LOIRET
- Comité départemental
- Président. — M. Cochery (Adolphe), député, conseiller général-
- Trésorier. — M. Girer, trésorier-général-payeur du Loiret.
- Trésorier-adjoint. — M. Duplessis, professeur départemental d’agriculture, à Orléans.
- Vice-Présidents. — MM. Croissandeau, secrétaire de la chambre de commerce d’Orléans, Loreau, conseiller général; Lacroix, conseiller général ; Duménil, sénateur, conseiller général.
- Secrétaires. — MM. Hende, Ingénieur en chef des Ponts et Chaussées, à Orléans; Barre, Ingénieur des Ponts et Chaussées, à Gien ; Paul Carie, imprimeur, à Montargis; Laurent, directeur de l’imprimerie Nouvelle, à Pithiviers.
- Sous-Comité de l’arrondissement d’Orléans
- Président. —- M. Croissandeau, secrétaire de la chambre de commerce, à Orléans.
- Vice-Président. — M. Mareille, secrétaire du musée de peinture d’Orléans.
- Secrétaire. — M. Hende, ingénieur en chef des Ponts et Chaussées, à Orléans.
- Assesseurs. — M. Darblau, président du comice agricole de l’arrondissement, conseiller général à Chevilly ; Rivière (Désiré), Ingénieur constructeur, à Orléans.
- Sous-Comité de Varrondissement de Pithiviers
- Président. — M. Duménil, sénateur, conseiller général.
- Vice-Président. — Marquis de Martel, propriétaire.
- Secrétaire. — M. Laurent, directeur de 1 împri-rie Nouvelle, à Pithiviers.
- Sous-Comité de l’arrondissement de Montargis
- Président. — M. Lacroix, conseiller général.
- Vice-Président. — M Gollier, ancien maire de Montargis. ,
- Secrétaire. — M. Carie (Paul),imprimeur a Montargis.
- Sous-Comité de l’arrondissement de Gien
- Président. — M. Laureau, conseiller général.
- Vice-Président. — M. Angère, membre du conseil général.
- Secrétaire. — M. Barre, Ingénieur des Ponts et Chaussées, à Gien,
- ÉCHOS
- ' Paris
- L’exposition Montmartroise ouvrira le samedi 15 octobre, rue Caulaincourt et se prolongera jusqu’au 15 avril.
- Les recettes de cette exposition bistorico-artis-tique seront consacrées à une œuvre artistique.
- * *
- Un concours est ouvert entre tous les artistes français pour la décoration artistique de la mairie du VIe arrondissement.
- Les journaux artistiques publient le texte in-eætenso de l’arrêté pris à ce sujet par M. le préfet de la Seine en conformité de la délibération du conseil municipal.
- La société libre d’émulation du commerce et de l’industrie propose pour 1888, entre autres sujets, un mémoire sur la question suivante : Quelle a été jusqu’ici,, en France, l’influence des expositions, au point de vue des beaux-arts, et quelle pourrait être leur influence dans l’avenir?
- Une médaille d’or de 500 francs est attachée à la solution de ces questions.
- D épartements
- La société d’agriculture de la Gironde a décidé, il y a quelques jours, d’organiser une exposition de vins nouveaux, qui ouvrira à Bordeaux dans le courant du mois de novembre.
- *
- * *
- L’exposition organisée à Taverny par la société d’horticulture du canton de Montmorency, a été officiellement clôturée dimanche dernier, 28 août, par l’honorable M. Barbe, ministre de l’agriculture.
- *
- * *
- ETRANGER
- Allemagne
- Une exposition spéciale laitière, commencée le lundi 22 août, et clôturée hier samedi 3 septembre, a eu lieu, avec le caractère d’un concours temporaire annexe à l’exposition in dustrielle du Haut-Rhin, à Fribourg-en-Brisgau.
- * *
- Berlin est sur le point d’avoir son « Salon des Refusés. »
- Un certain nombre d’artistes, dont les œuvres ont été refusées par le jury de l’exposition académique, ont, dans un meeting, tenu la semaine dernière, décidé, non seulement d’exposer tous les ouvrages refusés cette aimée, mais de fonder une société pour la défense des intérêts communs et l’organisation d’expositions régulières annuelles.
- V *
- Angleterre
- Notre confrère parisien, The American Reyister, nous apprend que la troisième exposition internationale de photographie d’amateurs, organisée par la Stereoscopie Company de Londres, ouvrira le mardi 25 octobre prochain, dans les galeries de la société 108 et 110, Regent-street.
- Les envois doivent être faits entre le mardi 20 septembre et le mercredi 5 octobre, et adressés à l’éditeur de la « Caméra », Great Queen Street.
- Des primes, jusqu’à concurrence de 50 livres, des médailles d’or, d’argent et de bronze, seront décernées.
- *
- * *
- Autriche-Hongrie
- L’union industrielle de Kamnitz de Bohême a ouvert dimanche dernier 28 août, une exposition locale industrielle et agricole, dont la clôture se fera jeudi prochain 8 courant.
- *
- * *
- L’exposition internationale jubilaire que prépare pour l’année prochaine l’association des artistes de Vienne, à l’occasion du quarantième anniversaire du règne de S. M. l’empereur François-Joseph, prendra rang parmi les plus brillantes manifestations que l’on ait organisées dans la capitale autrichienne, sur le domaine de l’art.
- Les travaux d’architecture intérieure et d’aménagement sont d’ores et déjà commencés au Kunstlerhans, d’après les plans et dessins du professeur Deininger.
- Les organisateurs se proposent d’ouvrir le soir au public, leurs galeries éclairées à la lumière électrique, et égayées par la présence d’un orchestre.
- *
- * Y
- Australie
- Lesdélaisd’admission desproduits à l’exposition internationale de Melbourne, primitivement fixée au mercredi 31 août, sont étendus jusqu’au lundi 31 octobre.
- * #
- p.768 - vue 348/496
-
-
-
- Troisième Année. — N° 140.
- LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE 18S9
- Dimanche 4 Septembre 18S7. — 769.
- Belgique
- Un comité se propose d’ouvrir prochainement à Bruxelles, une exposition qui sera exclusivement réservée aux œuvres non admises au salon officiel.
- On sait que ce salon a été inauguré jeudi dernier 1er septembre et que le jury, a créé par des exclusions nombreuses, aussi injustes qu’inattendues, une véritable et sérieuse agitation dans le monde artistique, chez nos voisins du Nord.
- Les organisateurs du « Salon des Refusés «, sont en pourparlers avec l’administration du musée du Nord, pour y faire l’exhibition en question.
- Brésil
- Une importante exposition consacrée aux chemins de fer brésiliens, et organisée par le Club des ingénieurs brésiliens a été ouverte le samedi 2 juillet, à Rio-de-Janeiro, sous la présidence delà princesse régente.
- Cette exposition, intéressante est très visitée, illustre de la façon la plus instructive les progrès rapides accomplis par l’Empire Sud-américain, depuis une trentaine d’années, au point de vue des communications des voies ferrées.
- «* C’est en effet, dit la Reoue Commerciale, Diplomatique et Consulaire, le 3U avril 1854, que la première locomotive introduite au Brésil,après un parcours de 14 kilomètres, atteignait, au milieu des acclamations, le pied de la chaîne des Orgues, que devait, plus tard, escalader la première voie ferrée à crémaillère centrale qu’ait eue l’Amérique du Sud.
- Le signal d’une grande révolution économique était donné.
- Aujourd’hui, le Brésil possède 8000 kilomètres de Chemins de fer en exploitation, 3000 kilomètres en construction et 3690 en projet et déjà étudiés.
- Etats-Unis
- La ville de Cincinnati prépare pour l’année prochaine une grande exposition où prendront place, en première ligne, les produits de la Vallée de l’Ohio, et qui est destinée à fêter le centenaire de sa fondation.
- Un capital de garantie, s’élevant à 1 million de dollars a été entièrement souscrit, et l’on se propose de donner à l’exposition, un caractère international.
- *
- * •¥•
- Italie
- L’exposition régionale de Parme sera inaugurée mercredi prochain 7 ou jeudi 8 septembre, sous la présidence du roi accompagné de l’honorable M. Grimaldi, ministre de l’agriculture, du commerce et l’industrie.
- *
- * *
- Russie
- On prépare à Varsovie une grande exposition musicale, analogue à celle qui devait ouvrir à Amsterdam dans le courant du mois, et qui vient d’être remise à l’année prochaine.
- L’exposition de Varsovie, dont le projet a été élaboré par le comte polonais Plater, et soumis à l’approbation du Gouvernement russe, s’étendra aux instruments de tous genres, depuis les plus anciens jusqu’aux plus récents, aux compositions imprimées et manuscrites, aux portraits et photographies d’artistes, aux dessins d’instruments modernes, qui n’auraient pu être exposés à des auditions musicales, expériences artistiques, etc.
- Le produit net de cette exposition sera affecté à la Constitution d’un fonds de secours pour les artistes.
- sur l’indicateur. Ce compteur cesse de fonctionner et est remplacé dans son action motrice par le mouvement d’horlogerie, dès que le véhicule subit un arrêt, ou lorsque sa marche est assez lente pour que le prix ne s’élève pas au delà de la valeur de 5 kilomètres. Dès que le prix du parcours a dépassé un chiffre donné (à Hambourg, 5 marks, 6 fr. 25 environ) un zéro disparaît à la partie supérieure du cadran, pour faire place à l’indication de ce prix le plus élevé.
- Lorsque ses services ont pris fin, le cocher désembraye l’appareil, qui cessant de fonctionner revient au zéro. Comme par ce même fait, le contrôle de la recette est arrêté, le conducteur dans son propre intérêt doit aussitôt que sa voiture est libre, libérer l’appareil, qu’en laissant retomber un clapet d’embrayage, il remettra en mouvement pour un nouveau voyageur.
- Ce compteur automatique est décrit avec figures dans YIllustrirte Zeitung de Leipzig et Berlin. (N° 27 août).
- * ¥
- Nouveau mannequin
- Une heureuse invention qui sera certainement très bien accueillie par nos aimables lectrices, est due à la French Bust Company de Londres et permet de transporter facilement sans crainte de les voir se chiffonner ou se défraîchir les corsages les plus riches en même temps que de donner en voyage aux toilettes les plus fragiles, ce gracieux froufroutement, ce savant arrangement des draperies que donne un coup de pouce légèrement appliqué, le passage de dix doigts fins et agiles dans les plis du tissu le plus délicat. Le dispositif adopté est le suivant :
- Un mannequin exécuté sur mesures, et creux à l’intérieur, repose, non sur un pied de bois, comme les instruments ordinaires,-mais surunejupeen osier.
- Celle-ci pouvant se détacher, constitue renversée, un panier à couvercle à l’intérieur duquel on peut assujettir, à l’abri de tous les heurts, la partie supérieure du mannequin tout habillé, et celui-ci, creux comme nous l’avons dit, peut recevoir beaucoup de menus objets.
- *
- * *
- Musée commercial d’Anvers
- Le Musée commercial d’Anvers créé pour l’encouragement du Commerce d’exportation, l’extension des relations commerciales internationales, a été inauguré le dimanche 21 août.
- Le Musée est complété par un bureau général de renseignements.
- Un compartiment spécial est réservé aux produits d’importation et d’exportation de l’Etat libre du Congo.
- LES .ÉTUVES DE DÉSINFECTION
- MOBILES
- Dans l’un de nos précédents numéros nous avons donné une description complète des étuves de désinfection exposées au Havre par MM. Ge-neste et Herscher. —- Voici quelques notes sur les divers types de machines qui compléteront notre étude.
- i° Type spécial d'étuves pour navires. — A la demande du gouvernement français, MM. Geneste et Herscher, ont étudié et construit un .type d’étuve à_ désinfection par la vapeur sous pression qui puisse être placée sur les navires, afin de pratiquer la désinfection pendant la traversée même. MM. les professeurs Brouardel et Proust et M. le
- C’est dans cette voie que l’administration sanitaire française est entrée résolument aujourd’hui ; elle s’efforce d’y amener les compagnies de navigation. Plusieurs étuves de M. Geneste et Herscher spécialement faites pour cet usage, fonctionnent actuellement sur des navires, et elles ont permis à ceux-ci d’obtenir plus facilement libre pratique (1).
- Ces étuves (fig. 1), diffèrent des étuves fixes pour lazarets, hôpitaux, mont-de-piété, etc., en ce qu’elles sont de dimensions moindres et construites avec des dispositions qui en permettent l’aménagement facile sur les navires.
- L’étude à désinfection pour navires comprend un. corps cylindrique de im,20 de diamètre intérieur sur 2m, 10 de longueur, fermé à une extrémité par un fond en tôle emboutie et présentant à l’autre extrémité une porte à fermeture hermétique.
- C’est dans cette capacité qu’on soumet les objets à désinfecter à l’action de la vapeur directe sous pression, fournie par l’un des générateurs existant à bord.
- L’appareil est maintenu sur un socle en tôle. De forts anneaux en fer forgés sont rivés à la partie supérieure du corps cylindrique et. facilitent le chargement de l’étuve.
- A l’intérieur du corps cylindrique, se trouvent deux batteries chauffantes additionnelles, pour sécher les objets et empêcher les condensations.
- Un chariot, destiné à recevoir les objets à épurer, est soutenu à l’intérieur de l’étuve par deux rails en fer ; à l’extérieur, il roule sur une voie ferrée dont les rails articulés se rabattent, après que l’on a ouvert la porte, sur les extrémités des rails intérieurs de l’étuve.
- Le corps cylindrique en tôle est doublé d’une enveloppe isolante en bois ; il présente à l’extrémité une feuillure au fond de laquelle est une garniture en caoutchouc, et dans cette feuillure vient pénétrer le bord redressé de la porte en tôle emboutie. L.a porte est serrée contre le corps cylindrique, et ses bords compriment la garniture en caoutchouc, au moyen de fourchettes en fer forgé rivées sur la porte et de boulons à charnières fixés au corps cylindrique.
- La porte est fixée par une charnière ; elle est en outre maintenue par un galet qui roule sur un rail courbe.
- Les batteries de chauffe se composent d’une série de tubes reliés entre eux par des boîtes en fonte, munies au droit de chaque/tube d’un regard à tampon autoclave.
- Ges deux batteries communiquent entre elles ; la batterie inférieure est destinée à sécher les objets ; la batterie supérieure, à empêcher les condensations. Un écran, placé sous cette dernière, protège les objets placés dans le chariot contre la chute des gouttelettes d’eau condensée.
- Le chariot est en fer ; il est entouré de bois pour éviter le contact des objets à désinfecter avec les parties métalliques ; le fond du chariot est garni d’un grillage en cuivre étamé.
- Ce chariot roule sur des gilets. La voie ferrée extérieure peut se démonter et se placer dans l’intérieur de l’étuve losaque celle-ci n'est pas en service.
- La vapeur arrive dans une boîte de séparation de vapeur en fonte, et se répartit dans deux tuyauteries aboutissant, l’une au corps cylindrique, l’autre aux batteries de chauffe. Des robinets permettent de régler les pressions qui doivent ê tre de 1/2 kilogramme dans l’étuve et de 2 à 3 kilogrammes dans les batteries de chauffe. Les eaux de condensation sont recueillies aux points bas, et sont reje tées au dehors par des tuyauteries en cuivre ; des robinets permettent de ne laisser échapper que l’eau condensée sans perte de vapeur.
- Une seconde boîte en fonte est fixée sur le corps cylindrique et porte un manomètre, un robinet pour l’évacuation de l’air de l’appareil, un tuyau pour conduire au dehors la vapeur d’échappement
- Type spécial, pour navires, d’étuve fixe à désinfection par la vapeur sous pr
- Vue d’ensemble
- SCIENCES & INDUSTRIE
- Compteur pour voitures
- Depuis environ trois ans fonctionne dans un grand nombre de voitures publiques de Hambourg et des environs, sous le nom de Nedler’s automatischer Fahrpreisan^eiger Taxanom, un appareil, servant d’une part à indiquer automatiquement au voyageur le prix du parcours déterminé exactement en marks et pfennigs, par rapport au travail fourni ; d’autre part à fournir au propriétaire du véhicule un contrôle parfait de la recette journalière encaissée par le cocher, et de la distance parcourue par le cheval.
- La donnée du prix varie avec le chiffre kilométrique atteint par l’appareil durant le trajet, et le laps de temps enregistré durant les arrêts, et cela par un même indicateur, dont le mécanisme est, selon les circonstances, mis en action par le progrès du compteur kilométrique ou, par le mouvement de la pendule.
- Toutes les fois que la vitesse excède 5 kilomètres par heure, le compteur kilométrique agit seul
- docteur Rochard, délégués français à la Conférence sanitaire internationale de Rome en 1885, ont, en effet, insisté, au cours de cette conférence, sur la, corrélation qui existe entre les garanties données à la santé publique par les mesures de désinfection et les mesures de quarantaine ; si bien que l’administration sanitaire pourrait diminuer sans inconvénient la durée des quarantaines en raison des garanties données par la rigueur de la désinfection.
- et une soupape de sûreté, qui sert, en outre, à l’échappement de la vapeur à la fin de l’opération.
- 20 Chaland à désinfection. — Dans les ports qui n’ont pas de lazarets, lorsqu’un navire suspect ou contaminé se présente, l’Administration sanitaire maritime est tenue de l’envoyer au lazaret le plus
- (1) Voir la communication de M. le Dr Proust à l’Académie de médecine, séance du icr février 1887.
- v
- p.769 - vue 349/496
-
-
-
- jjo — Troisième Année. — N° 140.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 4 Septembre 1887.
- voisin. On a pensé que, la plupart du temps, il y aurait avantage à pouvoir pratiquer la désinfection à proximité de ce navire, et dans ce but le ministère, a chargé MM. Geneste et Herscher de construire un chaland à désinfection. Ce chaland (fig. 2) est destiné à être placé le long du bord du navire où le médecin sanitaire a décidé de faire pratiquer la désinfection. Le spécimen reproduit ci-dessous se trouve actuellement attaché au port du Havre.
- Les dimensions courantes d’un chaland à désinfection varient de 20 à 3o mètres sur 7 à 8 mètres de largeur.
- Il est partagé en trois compartiments par deux cloisons en tôle.
- Le premier compartiment constitue le poste des gardiens et renferme deux couchettes et deux armoires ; on y accède par un capot à coulisse et une échelle en bois ; il est éclairé par deux hublo ts.
- Le second compartiment, qui s’étend sur la moitié de la longueur du navire, constitue le magasin ; il renferme à' l’arrière une caisse à eau douce de 3 à 4 mètres cubes de capacité. La partie du pont située au-dessus de la caisse à eau est démontable.
- On accède à ce compartiment par un panneau à charnière.
- Le troisième compartiment constitue la soute à
- ii '• i
- F liste des
- Fig. 2. — Chaland à désinfection. — Vue longitudinale et transversale en élévation.
- charbon ; on y accède par une échelle en fer et un panneau en bois.
- La coque du chaland .est tout entière enfer ; elle est garnie d’une ceinture de bois ; sa partie arrière est en forme de voûte pour protéger le gouvernail.
- Le chaland est surmonté d’un roof, recevant les appareils à désinfection : ce roof est éclairé par six fenêtres et munies de deux portes à coulisses pour l’accès des objets à désinfecter et leur sortie.
- Une étuve à désinfection par la vapeur sous pression (typepour hôpital ou lazaret) est installée
- dans le roof, le long d’un des grands côtés de la chambre.
- Dans le prolongement de l’étuve, dans l’angle du roof, est une chaudière verticale qui fournit la vapeur à l’étuve. Elle est placée à proximité de la soute à charbon. Une bâche en tôle galvanisée porte un injecteur destiné à l’alimentation de la chaudière et une pompe à bras dont le tuyau d’aspiration plonge dans la caisse à eau.
- Le roof est divisé en deux compartiments par une cloison en tôle placée de telle sorte que les
- portes de l’étuve se trouvent de part et d’autre de cette séparation.
- L’un des compartiments est dit chambre d’entrée ou des objets infectés ; l’autre est la chambre de sortie ou des objets épurés.
- Le roof comporte encore un appareil de désinfection chimique pour le traitement des objets en cuir, en peau, ou des fourrures qui ne peuvent subir la température élevée de l’étuve à vapeur.
- Cet appareil consiste en une chambre rectangulaire adossée à la paroi du roof et à la cloison
- Elévation
- Vus en bout
- (côté de la. porte ) T _____ J)
- Fig. 3. — Etuve locomobile légère, pour désinfecter sur place. — Vue en élévation et en bout.
- .Tuyau reh&nt la ch&udièi
- Caisse
- Caisse à otyeis divin
- Cenqrier
- Caisse 4 charbon
- Fig. 4. Voiture-chaudière spéciale, accompagnant l’étuve locomobile légère pour désinfecter sur place — Vue en élévation et en bout.
- de séparation ; elle est munie de deux portes qui s’ouvrent chacune dans un des compartiments du roof.
- Les parois de la Chambre sont recouvertes d’un enduit protecteur, et la fermeture des portes est rendue hermétique au moyen d’une garniture en corde silicée que les vantaux de ces portes viennent comprimer quand on les ferme.
- Dans l’intérieur de la chambre sont des supports auxquels on suspend les objets à désinfecter.
- L’armement du chaland comprend, en outre : Des bittes d’amarrage, des galoches, des pitons pour la manœuvre ;
- . Deux treuils à bras, un à l’avant, l’autre à l’arrière, servant pour le halage du navire et la manœuvre des colis;
- Enfin, un gouvernail et sa barre.
- 3° Etuve locomobile légère, à vapeur directe sous pression, pour désinfecter sur place. — On conçoit aussi qu’il y ait avantage à pratiquer, en temps d’épidémie, la désinfection par la vapeur sous pression le plus près possible du local contaminé, à y porter l’étuve, comme le chaland a pour but de la porter auprès du navire. Cela est d’autant plus indiqué que la maison où se trouvent les objets à désinfecter est plus éloignée d’un centre habité, d’une agglomération où l’on pourrait avoir établi une étuve fixe, dans un hôpital, un mont-de piété, un poste de police ou tout autre établissement spécial.
- C’est ainsi qu’au cours de l’épidémie de suette miliaire qui a sévi récemment dans quelques départements du centre de la France, le gouvernement, à l’instigation de M. le professeur Brouar-
- del, s’est préoccupé des dangers que faisait courir à la santé publique l’absence d’appareils de désinfection dans les villages, les hameaux, les fermes isolées où se montrait la maladie. Comme les vêtements, les linges, les objets de literie, et surtout les matelas, paraissaient être les objets les plus dangereux à ce point de vue, il n’y avait pas d’efficacité certaine et absolue que parleur destruction par le feu ou leur passage dans des étuves à vapeur sous pression. La première de ces mesures était difficile et onéreuse. MM. Geneste et Herscher furent chargés de réaliser la seconde.
- Ils ont aussitôt établi les appareils dont les reproductions sont ci-dessus fig. 3 et 4.
- L’étuve locomobile se compose d’un corps cylindrique-de im, 10 de diamètre intérieur et de im,5o de longueur,* fermé à l’avant par un fonds
- p.770 - vue 350/496
-
-
-
- Troisième Année. — N° 140,
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1SS9.
- Dimanche 4 Septembre 1887. —771.
- et à l’arrière par une porte à fermeture hernié tique.
- Ce corps cylindrique, qui constitue la chambre à épuration, est monté sur roues et muni de brancards, de façon à pouvoir être traîné facilement par un cheval ou par un mulet.
- Le corps cylindrique est en tôle rivée ; il est recou vert extérieurement d’une enveloppe isolante en bois. Le fond et la porte sont en tôle emboutie.
- Les bords de la porte sont redressés de façon à pénétrer dans une feuillure du corps cylindrique ; cette feuillure est formée par un cercle en tôle rivé sur le bord du cylindre, avec interposition d’un 1er carré, et dans le fond de cette feuillure est logée une garniture en caoutchouc souple. Sur cette porte sont rivées des fourchettes en fer forgé recevant les écrous de boulons à charnières fixés sur le cylindre. On serre énergiquement les écrous, et les bords de la porte, venant comprimer la garniture en caoutchouc, rendent la fermeture hermétique.
- Une charnière soutient cette porte qui est," en outre, munie d’une poignée venant glisser, quand on ferme l’étuve, sur un plan incliné fixé au cylindre.
- La vapeur arrive à l’étuve, par un tuyau en caoutchouc, à raccord fileté, dans une boîte de séparation en fonte, en communication directe avec l’intérieur de l’étuve. Un robinet permet de régler l’arrivée de la vapeur dans cette boîte qui comporte en outre une soupape de sûreté, un manomètre et un petit robinet pour la purge de l’eau provenant de la condensation de la vapeur.
- A l’intérieur de l’étuve, l’arrivée de la vapeur est masquée par un vaste écran en cuivre étamé qui double la partie cylindrique et préserve les objets en traitements dans l’étuve des gouttelettes d’eau de condensation; celles-ci retombent donc de part et d’autre de l’écran, suivent les parois du corps cylindrique et se réunissent au point bas d’où elles sont évacuées par un robinet placé à l’arrière.
- Les parois sont recouvertes intérieurement d’une garniture en bois qui empêche le contact des objets à désinfecter avec le métal, et des claies mobiles permettent d’étager ces objets.
- Le robinet de purge d’eau du corps cylindrique sert en même temps pour évacuer au dehors l’air ou la vapeur contenus dans l’appareil.
- L’étuve repose sur un essieu par l'intermédiaire de deux cornières rivées longitudinalement sur le corps cylindrique. L’essieu est coudé et prend appui sur deux roues en bois de im40 de diamètre. Les brancards sont fixés sur les cornières.
- L’appareil comprend, en outre, un siège avec marchepied, un frein et des chambrières à l’avant et à l’arrière, pour le maintenir horizontalement quand il n’est pas attelé.
- La chaudière locomobile qui alimente cette étuve est une chaudière verticale montée sur un train à quatres roues ; la porte du foyer est facilement accessible.
- La chaudière est garnie d’une enveloppe isolante en bois; elle comporte comme accessoires un niveau d’eau à tube de verre, deux robinets indicateurs de niveau d’eau un manomètre métallique, deux soupapes de sûreté à ressort, un robinet de prise de vapeur avec un tube en caoutchouc se raccordant avec celui de l’étuve, un tampon autoclave pou rie nettoyage, un cendrier et une cheminée.
- A l’arrière du train se trouvent deux réservoirs
- o o 11 r*nmmnninmnt janttVl ûuv vjuuuuqadb O. vau w wn*. ^
- destinés à alimenter la chaudière au moyen d’un injecteur ; au-dessous de ces réservoirs une caisse à combustible.
- A l’avant du train, un. siège dont le coffre sert de caisse à outils et à objets divers.
- Cette voiture est également munie d’un siège avec marchepied et d’un frein.
- En même temps que ces étuves étaient envoyées dans les localités envahie par l’épidémie, une Instruction sur la conduite de l’opération était remise aux agents chargés de les faire fonctionner ; cette Instruction était revêtue de la signature et de l’approbation de M. le professeur Brouardel, président du Comité de direction des services de l’hygiène et du Comité consultatif d’hygiène publique de France. Voici le texte de cette Instruction :
- « La locomobile étant disposée à côté de l’étuve, raccorder le tuyau d’arrivée de vapeur de cette locomobile avec celui de l’étuve, et mettre la loco-mobille en pression.
- « Chauffer l’étuve préalablement. — Pour cela, fermer la porte de l’étuve en serrant les boulons, ouvrir le robinet d’arrivée de vapeur, après avoir eu soin d’ouvrir le robinet de purge pour permettre à l’air de s’échapper.
- « Lorsque l’étave est bien chaude, ouvrir la porte et etirerles claies. Charger sur ces claies les objets à désinfecter, couvertures, matelas, édredons, vêtements, etc., et les disposer par couches, en évitant autant que possible les plis multipliés. — Pousser les claies dans l’étuve, et fermer la porte en serrant fortement les boulons au moyen de la poignée en fer creux.
- « Ouvrir le robinet d’arrivée de vapeur après avoir eu soin d’ouvrir le robinet de purge inférieur pour permettre à l’air de s’échapper. — Lorsque la vapeur sort bien humide et bien chaude par le robinet de purge, régler celui-ci de façon qu’il ne
- laisse écouler que l’eau de condensation et régler le robinet d’arrivée de vapeur, de manière que la pression indiquée au manomètre soit de o k. 5 environ.
- _« L’opération de la désinfection doit durer i5 minutes; elle commence au moment où, après avoir ouvert le robinet d’arrivée de vapeur, l’aiguille du manomètre marque o k. 5 environ. — Maintenir la pression de ok.5 environ pendant 5 minutes ; fermer le robinet d’arrivée de vapeur et ouvrir en grand le robinet de purge inférieur. — Quand l’aiguille du manomètre est revenue à zéro, ouvrir le robinet de vapeur, régler le robinet de purge pour l’évacuation de l’eau de condensation sans perte de vapeur et régler le robinet de vapeur convenablement pour que le manomètre indique une pression do ok.5 environ. — Maintenir cette pression au manomètre pendant tout le temps nécessaire pour compléter les i5 minutes indispensables pour une désinfection certaine.
- « Après ces i5 minutes, fermer le robinet de vapeur et ouvrir en grand le robinet de purge. — Quand l’aiguille du manomètre est descendue à zéro, l’opération de la désinfection est terminée.
- « Quvrir la porte, décharger les claies, les recharger et fermer la porte. — L’opération recommence.
- « Pour sécher les objets désinfectés, il suffit de les étendre à l’air.
- « Ne jamais oublier d’ouvrir en grand le robinet de purge, chaque fois que la porte de l’étuve a été ouverte.
- « Ne jamais mettre dans l’étuve d’objets en cuir, en peau, ou des fourrures. »
- Cette sorte de train sanitaire a été envoyé dans les pays où sévissait l’épidémie. Accueilli d’abord avec une certaine hésitation par les populations rurales, il n’a pas tardé à devenir de leur part l’objet d’un véritable engouement ; chacun voulait apporter ses objets à désinfecter dans l’étuve.
- Actuellement plusieurs de ces étuves mobiles • sont remisées dans les ateliers de MM. Geneste et Herscher où, à la demande du gouvernement, ils sont chargés de les tenir constamment prêtes à être envoyées dans les localités où la nécessité s’en ferait sentir.
- —--------— ^ 'Vu-- ----------
- L’INDUSTRIE RUSSE
- (Suite.)
- L’industrie séricicole s’est rapidement développée depuis quelques années et elle est presque exclusivement concentrée dans le gouvernement de Moscou, où l’on compte 148 fabriques de soieries avec 8,874 métiers, occupant 10,845 ouvriers et ayant une production de 7,625,000 roubles. Il y a "en outre dans le gouvernement de Moscou 72 petites fabriques de soieries dont la production annuelle n’atteint pas 1,000. roubles par fabrique. Il se trouve encore 14 fabriques de soieries avec 862 métiers, i,o5o ouvriers et une production de 789,000 roubles dans le gouvernement de Vladimir, 10 fabriques avec une production de 35o,ooo roubles dans celui de Saint-Pétersbourg, et une fabrique d’une production de 156,000 roubles dans le gouvernement de Grodno.
- Il faut ajouter à cette catégorie 112 fabriques de tissus ornés de broderies d’argent, d’or et d’oripeau occupant 2,62,5 ouvriers et dont la production s’élève à environ 2,680,000 roubles. Cette industrie est exclusivement concentrée dans les gouvernements des deux capitales.
- Les fabriques de rubans sont au nombre de i3 et leur production atteint environ 6o5,ooo roubles Toutes ces fabriques se trouvent dans le gouvernement de Moscou.
- Les teintureries de toile et de drap sont dispersées dans 28 gouvernements de la Russie d’Europe. On en compte 131 dans celui de Moscou (production 28,768,000 roubles), 59 dans le gouvernement de Vladimir (production 16,242,000 roubles), . 18 dans ,celui de Saint-Pétersbourg , (production 8,146000 roubles), 90 dans le gouvernement de Kostroma (1,812,000 roubles). Si l’on ajoute, aux teintureries susmentionnées celles qui sont disséminées dans les autres gouvernements, on obtient un total de 590 teintureries avec 29,750 ouvriers et une production de 55,556,000 roubles.
- L’industrie du chanvre comprend 3o8 fabriques de cordages avec 7,100 ouvriers et une production de 6,207,000 roubles. Ces fabriques sont dispersées dans 3i gouvernements.
- Parmi les branches spéciales se rattachant aux industries textiles il y a lieu de citer la production de la toile cirée, représentée par 41 fabriques (dont 20 dans le gouvernement de Moscou) avec 878 ouvriers. La production de ces fabriques s’est élevée à 1,426,000 roubles.
- La fabrication des chapeaux est encore dans la première phase de son développement et elle est principalement concentrée dans les provinces polonaises. On compte en tout 29 fabriques de chapeaux occupant à peine 740 ouvriers et dont la production dépasse quelque peu 1 million de roubles.
- On doit enfin .mentionner 140 fabriques de papier avec i3,3oo ouvriers et une production de
- 14,697,000 roubles. Ici ie gouvernement de Saint-Pétersbourg tient la première place avec 19 fabriques dont la production est évaluée à 3,763,000 roubles. Le gouvernement de Kalouga vient ensuite avec 10 fabriques d’une production de 1,875,000 roubles; puis ceux de Moscou (12 fabriques, 600,000 roubles), Vladimir (9 fabriques 855,ooo roubles), Tver (5 fabriques , 810,000 roubles), Penza (2 fabriques, 692,000 roubles), Yaroslaw (4 fabriques, 446,000 roubles), Novgorod (4 fabriques, 458,000 roubles, Mohilew (3 fabriques, 716,000 roubles), et la Livonie (8 fabriques, 784,000 roubles). D’autres fabriques isolées et assez importantes sont dispersées dans les gouvernements de Vilna, Volhynie, Vologda, Viatka, Catherinoslaw, Orel, Tambow, Perm, Kharkow, Kherson, et Tchernigow.
- Les fabriques de papiers peints, presque exclusivement concentrées dans le gouvernement de Moscou, sont au nombre île 27; elles occupent 1,209 ouvriers et ont une production de 1,216,000 roubles. Il y a enfin 44 fabriques de différents articles en papier (principalement dans le gouvernement de Saint- Pétersbourg), avec i,8i7ouvriers et une production annuelle de 2,602,000 roubles.
- Les industries textiles et les branches de productions spéciales attachées à ces industries dans la Russie d’Europe comprennent donc :
- DÉSIGNATION SOMBRE île Fabriques OUVRIERS PRODUCTION en milliers DE ROUBLES MÉTIERS OU FUS EAUX
- Filatures de laine 68 Ot GO O. 5.173 métiers ))
- m / de tapis 9 802 55o 323
- “ l de feutre O 637 310 ))
- 2' ] d’étoiles légères.. I 90 1Q.072 21.125 O O
- g ) de drap 390 48.003 4O.7O9 »
- j de filés 67 i .o5i ))
- L ( d’ouate 53 854 »
- Filatures de coton 67 116.494 112.540 fuseaux 3.200.000
- | I de tissus de coton 488 80.425 55.960 métiers 58.865
- •c j de passementerie 53 1 .qo8 (•797 »
- g ( à maquer le lin.. 55 2.705 3.687 ))
- Filatures de lin 24 20.780 O --4 00 fuseaux 185.000
- „ [ de toile 87 15.481 7.860 métiers 6.529
- g. \ de soieries 175 12.352 8.920 10.059
- \ de tissus ornés de
- f broderies I 12 2.625 2.680 »
- Teintureries de tissus et
- d’étoffes 590 29.749 55.556 »
- / spéciales pour ap- 68 1.969
- / prêter la toile . 3.241 »
- S l de cordages 3o8 7-099 O.2O7 »
- g, \ de toile cirée .... g ( de chapeaux 31 878 1.426 »
- 29 73q 1 ,oo5 »
- ra j de papier 40 i3.3o4 .14.697 »
- f de papiers peints 27 1.209 1.216 »
- 1 d’articles en pa- 2.602
- \ pier 44 1.817 »
- Dans ce relevé ne sont pas comprises les fabriques dont la production annuelle est inférieure à 2,000 roubles.
- L’industrie du bois comprend 438 scieries avec 13,208 ouvriers (production 13,874,000 roubles), 96 fabriques‘de meubles avec 2,775 ouvriers (production 2,320,000 roubles), 40 fabriques de menus articles en bois avec 900 ouvriers (production 463,000 roubles). 26 fabriques de pâte de bois avec 400 ouvriers (production 6o3,ooo roubles),.
- 10 fabriques de bouchons avec i,85o ouvriers (production 1,705,000 roubles) et 70 fabriques de nattes occupant 4,684 ouvriers et d’une production d’environ 35o,ooo roubles.
- Les scieries sont principalement concentrées dans les gouvernements du Nord, parmi lesquels la Livonie (avec 41 scieries d’une production de 2,866,000 roubles), le gouvernement d’Arkhangel (14 scieries avec une production de 1,865,000 roubles) et celui de Saint-Pétersbourg (avec 36 scieries d'une production de 1,865,000 roubles) tiennent la première place.
- Les fabriques de meubles se trouvent surtout dans les deux capitales. Saint-Pétersbourg vient d’abord avec 36 fabriques, 1,220 ouvriers et une production de i,o5o,oqo roubles. Moscou possède i5 fabriques de meublés dont la production s’établit à environ 5oo,ooo roubles.
- Pour la fabrication des bouchons, la Livonie vient en première ligne avec 5 fabriques, dont les deux plus importantes ont une production de 1,200,000 roubles. Il y à en outre 2 fabriques de. bouchons à Moscou, une à Kharkow et deux à Odess'a.
- Les gouvernements de Moscou, de Kalouga et de Kazan occupent une place marquante dans la production des nattes, les deux premiers avec
- 11 fabriques chacun (production 179,000 et 117,000 roubles) et le dernier avec 9 fabriques d’une production de 109,000 roubles.
- Il y a lieu de noter encore 964 fabriques travaillant la gomme, le goudron et la térébenthine et occupant 2,612 ouvriers avec une production de 1,044,000 roubles. Pour cette branche d’industrie il’faut citer les gouvernements de Minsk, 165 fabriques, production 226,000 roubles), Volhynie 123 fabriques, 180,000 roubles), Viatka 137 fabri-
- p.771 - vue 351/496
-
-
-
- 772. — Troisième Année, — N° 140,
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1809.
- Dimanche 4 Septembre 1887.
- ques, 133,ooo roubles), Mohilew (3o fabriques, 60,000 roubles), Kiew (21 fabriques, 77,000 roubles), Vologda (i3 fabriques, 61,000 roubles)_ et Kostroma avec i32 fabriques d’une production de 35,ooo roubles.
- Les industries chimiques sont représentées par 198 fabriques de produits chimiques et de teinture avec 3,423 ouvriers et une production de 12,882,000 roubles, 18 fabriques de salpêtre 6,000 ouvriers et une production de 33o,ooo roubles 240 fabriques d’allumettes (8,419 ouvriers) dont la production s’élève à 2,386,000 roubles, 32 fabriques de vernis et de cire à cacheter avec 5oo ouvriers et une production de 2 millions et demi de roubles, et 21 manufactures d’articles cosmétiques occupant 657 ouvriers et ayant une production de 2,713,000 roubles. La production totale de ces industries a été de 22,882,000 roubles.
- Dans les différentes branches de l'industrie du suif et de la cire on compte 3g3 fonderies de suif avec 3,788 ouvriers (production 7,226,000 roubles, 373 fabriques de savon donnant du travail à i,5oo ouvriers et ayant une production de 9,020,000 roubles, 332 fabriques de chandelles avec 646 ouvriers et une production de i,25o,ooo roubles, 12 fabriques de bougies de stéarine, d’oléine et de glycérine occupant 2,289 ou" vriers et d’une production de 6,474,000 roubles, 5o fabriques et raffineries de cire avec 35o ouvriers et une production de 984,000 roubles, et 228 fabriques de bougies en cire d’une production d’environ 5,254,000 roubles (avec 1,258 ouvriers). Il est notoire qu’à l’exception de la fabrication du savon, ces branches d’industrie ont atteint en Russie un perfectionnement qui non seulement les met à l’abri de la concurrence, mais encore leur permet de rivaliser avec les meilleurs producteurs sur les marchés de l’étranger.
- Le marché des cuirs joue, comme on sait, un rôle important dans le commerce extérieur de la Russie, où l’on ne compte pas moins de 3.179 grandes fabriques de cuirs occupant 19,685 ouvriers et dont la production s’élève à plus de 38 millions de roubles, et 1,01 5 petites fabriques (d’une production inférieure à 1,000 roubles). Pour cette branche d’industrie, répandue dans tous les gouvernements de l’Empire, les provinces de Saint-Pétersbourg, Viatka, Moscou, Tver, Perm, Toula, Nijni-Novgorod, Vitebsk, Kiew, Orel et Kherson méritent une mention spéciale. Le.gouvernement de la nouvelle capitale possède 72 fabriques dont la production dépasse 6 millions et demi de roubles ; les fabriques moscovites sont au nombre de 62 et leur production atteint 3,6oo,ooo roubles. Il y a de plus 32 fabriques de différents articles en cuir avec 1,708 ouvriers et une production de 1,600,000 roubles. Ici encore les provinces des deux capitales tiennent la première place : celle de Saint Pétersbourg avec 6 fabriques d’une production de 875,000 roubles et celle de Moscou avec 10 fabriques dont la production a atteint 463,000 roubles.
- Le commerce des pelleteries comprend 400 établissements occupant environ 3,000 ouvriers : sa production annnelle est de 2,706,000 roubles.
- Les industries de produits d’animaux comprennent encore les branches spéciales suivantes : 48 fabriques de charbon d’os (740 ouvriers avec une production de 1,781,000 roubles), 111 fabriques de colle (go5 ouvriers) d’une production de 575,000 roubles, et 5o fabriques travaillant les soies de porcs, la corne et le duvet (1,320 ouvriers) dont la production monte à 1,183,000 roubles.
- Nous n’examinerons pas en détail les industries de poterie et de verrerie qui ne jouent dans la production nationale qu’un rôle secondaire. Notons seulement qu’il y a en Russie 219 fabriques de chaux, de ciment et d’albâtre (4,050 ouvriers) , d’une production de 3,o33,ooo roubles, 2,890 briqueteries (28,680 ouvriers) dont la production est d’environ 7 millions et demi de roubles, 205 fabriques de poterie avec i,5o2 ouvriers et une production de 628,000 roubles, 42 fabriques de porcelaines occupant 7.700 ouvriers et d’une production de 3,554,ooo roubles, 206 fabriques de verrerie (18,776 ouvriers) avec une production de 9,175,000 roubles, et 20 fabriques d’articles en pierre d’une production de 225,000 roubles.
- Les industries métallurgiques (non compris les usines) sont représentées par iq3 fabriques de fonte d’une production de 2,420,000 roubles et occupant 4,o36 ouvriers, 41 fabriques de rails et aciéries avec une production de 1 5,897,000 roubles (1 i,5oo ouvriers), 261 fabriques de machines occupant 41,800 ouvriers et dont la production s’élève à 39,180,000 roubles, 69 fabriques de fil métallique et de clous (3,784 ouvriers) avec une production de 8,792,000 roubles, 254 fabriques de différents articles en métal occupant 11,478 ouvriers et ayant une production de 7,512,000 roubles, 182 fabriques d’articles en cuivre et en bronze (production 7,133,ooo roubles) avec 8,820 ouvriers, 33 fonderies de cloches avec une production de 1,1 5o,ooo roubles, et 47 fabriques d’argenterie et d’orfèvrerie occupant 1,364 ouvriers et ayant une production de 2,168,000 roubles.
- (.A suivre.)
- BIBLIOGRAPHIE
- Nos métiers à travers les âges
- M. François Husson, rédacteur en chef de Y Echo des Chambres syndicales, vient de publier sous ce titre: Nos métiers à travers les âges (1), un ouvrage très curieux, que nous sommes heureux de recommander tout particulièrement à nos lecteurs. — C’est un livre de science, écrit par un homme qui a vieilli dans l’industrie, et il contient, sous une forme claire et précise, l’histoire du travailleur français.
- M. Husson prend l’artisan à ses débuts, c’est-à-dire l’homme primitif, cet être faible et sans armes, aux prises avec les forces de la nature. Il le montre créant son premier outillage et ses premières industries ; puis il le suit à travers les siècles jusqu’aux temps modernes, et dans ce vaste travail, il expose toutes les transformations des industries de la construction.
- La première étude porte sur l’outillage et le matériel de la construction dans les temps préhistoriques et anciens ; la seconde sur l’industrie de la construction aux temps préhistoriques, les premières habitations, les cités lacustres, et sur l’industrie de la construction chez les peuples antiques ; — la troisième, qui intéressera particulièrement un grand nombre de nos lecteurs, porte sur l’état de diverses industries, du moyen âge au xviii9 siècle ; — enfin, la quatrième porte sur les corporations des métiers, dont le passé a été parfois si glorieux, et sur quelques questions de grande importance. C’est donc tout ce qui touche aux métiers du bâtiment que l’auteur a fait entrer dans son livre, et, si l’on est effrayé de la quantité d’études et de recherches qu’il a dû s’imposer avant de l’écrire, on n’en est pas moins surpris de la forme toujours attachante sous laquelle il a présenté les fruits de ces études.
- Ajoutons que M. Husson vient de recevoir les palmes académiques.
- -----------aa=^—"«ggs»-(ri) (m) (ft _... -
- LES LIVRES
- CXXIII
- Paul de Molènes. — Les Caprices d’un régulier. — Le Soldat en ipog. — Réflexions sur l'Imitation de Jésus-Christ. Un vol. in-18 (T. VI et dernier des Œuvres choisies). Jouaust. Librairie des Bibliophiles.
- C’est un personnage littéraire singulier, plus encore qu’original, mais très intéressant et très sympathique que ce romancier aux types aventureux et byroniens, que ce conteur militaire, que ce brave, spirituel et galant Paul de Molènes , emporté prématurément par une mort tragique semblable à .celle de ses héros, qui rappelle tour à tour, suivant les bons et les mauvais jours Alfred de Vigny ou Barbey d’Aurévilly. Nous avons déjà parlé de ses Aventures du temps passé, de ses Commentaires d'un soldat. Nous voulons dire quelques mots aujourd’hui de ses Caprices d'un régulier, de ce Zabori qui n’a pas moins d’aventures, de bonnes fortunes et de duels que son Briolan, mais qui est un Briolan poussé au noir, au dramatique, au tragique, un Briolan non plus à la mode. Régence, mais à la mode hongroise, c’est-à-dire nourri de Werther, de don Juan, de Manfred, et d’un byronisme qui tourne au vampirisme. Comme les modes, puisque nous en sommes aux modes, et que la littérature a les siennes, non moins capricieuses, non moins mobiles que les autres, comme les modes changent en littérature ! Voilà un des meilleurs échantillons du romantisme élégant, de celui qu’il faut distinguer du bousin-gotisme. Il est du temps et du ton des Jeune France et de Mademoiselle de Maupin de Théophile Gautier. Il fait partie de cette bibliothèque clandestine proscrite et d’autant plus idolâtrée dont nous feuilletions au collège, à l’ombre du pupitre, ou durant les promenades buissonnières, les pages pleines de songes et de mensonges flatteurs. Victor Hugo, Alfred de Musset, Théophile Gautier 11’étaient certes pas aux yeux de nos maîtres qui avaient les intolérances aveugles des derniers classiques, des auteurs de meilleure odeur que ne le sont pour les universitaires d’aujourd’hui les Zola, les Maupassant, les Goncourt. Flaubert et Daudet trouvent grâce devant les plus hardis, les plus émancipés. Eh bien! à la première saison de l’imagination et du sentiment, à la première barbe de l’esprit, nous étions pénétrés d’admiration et d’enthousiasme pour toute la grande et même pour toute la petite école romantique. Et aujourd’hui comme tout ce ragoût qui flattait notre palais de tantd’épices inconnues à la cuisine classique nous semble étrange, avarié, d’une couleur fanée et d’un goût suspect ! Comme cet idéal
- (1) Un vol. in-18. Prix 3 fr. 5o. A Tours, à l'imprimerie E. Arrault et Cie.
- du romantisme byronien a jauni, comme il semble poncif et vieille lune. Comme tous ces oripeaux d’art et tous ces panaches de style jadis si pimpants et si brillants attristent l’œil par le contraste, par le ridicule de leurs fanfaronnades à l’espagnole, de leurs forfanteries à l’italienne, par cette bravacherie truculente dont le rire et la superbe pareils au rire et à la superbe des saltimbanques affamés n’empèchent plus le lecteur de songer qu’ils en sont à leur dernière veine, et qu’ils vont prendre place aux rebuts de la friperie littéraire !
- Le défaut du roman et du système romantique en général, défaut de la cuirasse par où il a été tué par le naturalisme, c’est de prendre ses types en dehors delà nature, de la réalité de la vie commune, de choisir, pour incarner ses visions, des personnages extraordinaires, exceptionnels, excentriques, fantastiques et au besoin monstrueux. Ces êtres d’imagination vivent d’une vie purement passionnelle en dehors des lois et des règles de l’existence vulgaire, et la mobilité irréfléchie, irraisonnée de leurs actes mus par le seul instinct n’a pas de meilleur emblème que la girouette. Le comte Laerte Zabori est un être d’instinct dont la moralité ou plutôt l’immoralité semble un résumé de toutes les corruptions, de toutes les dépravations précoces mais revêtu, empanaché d’une sophistique héroïque. Nous ne saurions nous intéresser plus qu’à Madame Putiphar ou au Lycan-trope de Petrus Borel, personnages de la même famille, à ce viveur à outrance, à ce séducteur par principe, à ce spadassin dilettante et féroce qui tue son beau-père par lequel il a été surpris chez sa maîtresse (dudit beau-père), qui abandonne sa femme, qui s’expatrie, s’engage dans la légion étrangère, emploie ses intermèdes de campagne à séduire la fille de son capitaine, puis la femme de son colonel, qui lui demande raison de l’outrage et est aussi tué pour sa peine ; qui enfin après avoir trahi ainsi la famille, l’hospitalité, l’amitié, trahit la patrie adoptive, et passe au camp d’Abd-el-Kader dontil commande les fameux réguliers ; enfin qui, las de meurtres et de voluptés, se donne le luxe d’une belle fin, et meurt en sauvant les camarades qu’il avait trahis, en expiant la désertion par la victoire et en lavant sa honte dans le sang d’une mort sublime, unique bon exemple de sa vie, tardif mais éloquent hommage au devoir et à l’honneur.
- C’est par un style un peu précieux, mais raffiné, par quelques poétiques tableaux de la nature africaine, par l’observation toujours heureuse des mœurs militaires, par cette générosité de sentiments qui proteste contre les folies de son héros, obligé d’offrir du moins à la vertu, à l’honneur, au sacrifice l’hommage de leur hypocrisie,que se sauve du ridicule et de l’ennui ce récit d’un ton aujourd’hui bien démodé, mais spécimen d’autant plus curieux des œuvres écrites sur le patron de l'idéal romantique, aujourd’hui enfermé pour jamais dans l’armoire aux étoiles éteintes.
- - Le morceau intitulé : le Soldat en 170g n’a d’autre intérêt et n’a peut-être d’autre objet que de nous fournir sur la bataille de Malplaquet les impressions et sensations d’un officier ancêtre de l’auteur.
- Il y a plus de nouveauté, plus de piquant dans le commentaire inattendu de Y Imitation qu’on s’étonne de trouver sous la plume d’un romancier très profane et d’un conteur militaire. On se méprendrait cependant si on jugeait des officiers comme Alfred de Vigny ou Paul de Molènes d’après le type souvent caricatural des majors de Pigault-le-Brun, des Ratapoil de i83o ou des Ramollot de 1880. Nous savons que Paul - Louis Courier avait Homère et Théocrite dans sa cantine d’officier ; que parmi les livres de chevet et de tente d’Alfred de Vigny, la Bible figurait à la place d’honneur. Nous ne sommes pas étonné de la prédilection cornélienne de Paul de Molènes pour Y Imitation de Jésus-Christ, bréviaire monacal qui peut être aussi le manuel de l’abnégation, de la docilité, de l’humilité militaires. Rien ne ressemble plus à l’immolation perpétuelle du moine que l’immolation perpétuelle du soldat. Ce qui rend curieux ce mâle et noble commentaire de Y Imitation par Paul de Molènes, c’est qu’il garde toute sa personnalité, toute sOn indépendance dans ces réflexions écrites sur la marge du code de la passivité, du sacrifice, de l’effacement chrétien. Il n’y fait ni mysticité, ni casuistique. Il y parle avec la désinvolture de l’homme du monde, la franchise du soldat. Il ne s’y autorise que de réminiscences littéraires et profanes. Il entre le chapeau à la main, mais l’épée au côté, comme Henri IV à Saint-Denis, dans la chapelle de l’immolation humaine, s’offrant en hommage expiatoire à l’immolation divine. Il en sort de même après avoir plié le genou devant l’autel, mais après s’être relevé fièrement dans l’impénitence finale de l’amour du beau sous toutes ses formes, de la religion de l’honneur jusque dans ses superstitions, et du goût des grands coups d’épées férus pour les belles causes, fussent-elles des causes perdues.
- M. de Lescure.
- Le Gerant, GARREAU.
- Tours. — lmp. E. ARRAULT et Cie, rue de la Préfecture, S
- p.772 - vue 352/496
-
-
-
- Le Moniteur
- DE
- L’EXPOSITION DE 1889
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, Paris
- TROISIÈME ANNÉE.
- Dimanche 11 Septembre 1887.
- NUMÉRO 140.
- SOMMAIRE :
- ;i. Les travaux du Champ-de-Mars ; 2. Comité départemental du Finistère ; 3. Comité départemental du Puy-de-Dôme ; 4. Comité départemental du Loiret ; 5. Comité départemental des Pyrénées-Orientales ; 6. Comité départemental de la Dordogne; 7. La participation étrangère a l’Exposition de 1889; 8. Les Ingénieurs et l’Exposition ; 9. Les Chambres de commerce françaises et l’Exposition de 1889; 10. Les transports des visiteurs à l’Exposition ; 11. Banquet du Congrès de Meunerie; 12. Echos; id. Sciences et industrie; 14. L'industrie russe; i5. Variété; 16 Les Livres; 17. Bibliographie; 18. Les Théâtres ; 19. Le Bon Marché.
- EXPOSITION UNIVERSELLE
- DE 1889
- LES TRAVAUX DU CHAMP-DE-MARS
- La gravure que nous publions aujourd’hui représente la plus grande partie du chantier des fondations du palais des machines; une partie ; seulement, car le terrain sur lequel opèrent les ouvriers est trop vaste pour que, photographié en son entier, il puisse donner des détails d’une netteté suffisante ; on ne distinguerait presque rien, tout étant rendu trop petit par l’éloigne-\ment et les premiers plans masquant les autres; de plus, la majorité des ouvriers.étant occupés, soit à des transports de matériaux, soit à des travaux de maçonnerie, la reproduction de ces groupes n’eut présenté aucun intérêt. Il nous a donc paru préférable de limiter notre gravure à la représentation des portions du chantier les plus animées, c’est-à-dire celles où se trouvent l’installation du battage des pieux et la grue rotative opérant l’enlèvement des terres provenant des fouilles ; du reste, ce dessin vient compléter ce que nous disions dans nos précé-- dents articles.
- Sur la gauche, on voit l’énorme sonnette roulante, munie de son mouton qu’on distingue derrière le personnage placé au premier plan, et dont les dimensions, comparées à celles de l’appareil de battage, font bien ressortir la grandeur de ce dernier. Les deux montants verticaux constituant la glissière sont surtout bien visibles ; ils s’élèvent à 8 ou 9“ au-dessus du : sol, et se prolongent de 6 à dans la fouille, située sous l’échafaudage, et que la photographie •ne permet pas d’apercevoir. La chaîne qui, passant sur deux poulies, vient s’enrouler sur le treuil et sert à la mise en jplace des pieux, est également reproduite d’une façon très nette.
- Sur la droite du dessin se trouve la grue rotative dont l’éloignement ne permet pas de bien remarquer les différentes parties et empêche l’appréciation de sa juste grandeur et de sa véritable importance ; entre la sonnette et la grue on aperçoit, couchées sur le sol, les longues et grosses pièces de bois destinées à être enfoncées. On peut juger d’après leur volume du mal qu’on a à les faire pénétrer dans le sol et la force que doit posséder le mouton pour obtenir ce résultat. Au début on craignait, les pieux étant très nombreux dans chaque excavation. que les derniers mis en place ne présentassent de sérieuses difficultés d’enfoncement par suite de la grande compacité qu’aurait acquise la terre refoulée par les premiers battus ; mais l’expérience prouva que cette crainte n’était pas fondée et, dans chaque puits, le battage, de 28 pieux s’effectua, sinon sans peine, du moins d’une façon très convenable.
- Enfin dans le fond se profilent les fermes métalliques qu’on est en train de peindre, les unes qui ressortent en teinte claire sont déjà passées en couleur et les autres d’un aspect
- plus foncé, sont celles sur lesquelles cette opération n’a pas encore été commencée.
- Puisque nous nous trouvons sur le chantier de M. Manoury, faisons une rapide revue des travaux qui y ont été exécutés cette semaine. Dans la partie qui avoisine le palais des machines, le travail se poursuit normalement ; tous les puits ont été creusés et la plupart sont déjà garnis des massifs de maçonnerie sur lesquels doivent s’appuyer les montants des fameuses fermes de 1 io11'. On comprendra sans peine avec quels soins ces maçonneries doivent être faites, en songeant au poids énorme qu’elles auront à supporter et aux graves conséquences que pourrait avoir un manque de précautions. L’attention apportée dans la confection de ces massifs doit être d’autant grande, que c’est la première fois qu’on édifie une pareille construction et qu’en cas d’erreur commise il serait trop tard pour y remédier, lorsqu’on s’en apercevrait.
- Les usines Gail et de Fives-Lille, qui se partagent la fourniture des fermes de ce lot important, ont déjà commencé quelques préparatifs en vue du montage et, dans les puits que nous venons de signaler, elles ont posé les boulons de fondations qui doivent être noyés dans la maçonnerie. Ces boulons serviront en outre à fixer sur les massifs les sabots sur lesquels reposeront, par l’intermédiaire d’un axe horizontal, les charpentes métalliques. Ce système d’ancrage présente une grande analogie avec celui employé pour les sabots de la tour Eiffel, car ces boulons sont également entourés d’un tube de fonte, dans lesquels sera coulé du ciment pur, lorsque, au dernier moment, la position des tiges d’ancrage aura été déterminée d’une façon définitive. Nous disons au dernier moment, car il est impossible de repérer cette position du premier coup, en élevant la maçonnerie et une fois cette dernière terminée,. il n’y aurait plus moyen de modifier la situation des pièces de fer. C’est pourquoi les tubes d’entourage sont indispensables, en ce sens qu’ils laissent exister le jeu nécessaire aux rectifications. Les boulons, au nombre de 6 par chaque pilier, ont une longueur d’environ 2m avec un diamètre de omoô ; ils présentent donc toutes les garanties désirables au point de vue de la solidité. Du reste, toutes ces pièces ont été calculées de la manière la plus précise jusque dans leurs moindres détails.
- Dans la bande de terrain qui longe l’Ecole militaire et où se trouve la seconde rangée des massifs de fondations, on continue l’extraction des terres et le battage des pieux. Ces déblais, que, jusqu’à présent, des wagonnets emmenaient aux décharges, sont maintenant rejetés sur les bords de la fouille où ils forment d’assez hauts monticules. On ne s’en débarrasse plus, car il faudra une forte quantité de remblai pour combler, autour des massifs de maçonnerie, les excavations qu’on a faites beaucoup plus grandes que les massifs, puisqu’au lieu de soutenir les terres par des blindages, on les a creusées à talus naturels. Le cube des déblais quon n’a pas conservés s’élève environ à 2,ooora.
- Le battage, ainsi que nous le disions plus haut, avance rapidement. Cinq fouilles sont complètement garnies de leurs pieux et les autres ne demanderont probablement pas plus de temps que les premières ; du reste, en certains endroits, le terrain s’étant trouvé meilleur qu’on ne s’y attendait, le nombre de pieux nécessaires sera peut-être moins grand que celui établi par les prévisions ; en tout cas, on s’ef-
- force d’utiliser le temps le mieux possible, car les ondées de ces jours derniers et le refroidissement de la température sont des signes précurseurs du retour de la mauvaise saison avant laquelle il importe de terminer les fondations. Enfin, comme il faut espérer que l’hiver ne viendra pas tout de suite et que nous aurons encore quelques beaux jours, il est plus que probable que tout sera fini en temps voulu.
- M. Manoury, tout en s’occupant du travail dont nous venons de parler, a entamé l’entreprise du dôme central du palais des arts libéraux. On se souvient que cette partie de la construction ayant été réservée, on n’avait construit les fondations que sur les deux côtés du palais ; maintenant que les dispositions définitives ont été arrêtées, on peut compléter le tracé général et terminer ces maçonneries qui, reliant les deux portions existantes, achèveront de figurer sur le sol le plan du bâtiment. Afin de donner un aperçu du mouvement qui existe dans ces divers chantiers, disons qu’environ i5o ouvriers sont employés aux palais des machines et que celui des arts libéraux en occupe à peu près 5o ; un tel nombre d’homm es fournit une somme de travail considérable et permet de mener à bien l’entreprise; du reste, s’ils étaient beaucoup plus nombreux, il pourrait en résulter une gêne mutuelle préjudiciable à l’avancement de la besogne,
- Les forges de Saint-Denis se sont mises à l’œuvre cette semaine et quelques-unes de leurs fermes ont reçu la couche de couleur grise. Comme le lot de cette usine est moins important que celui de l’usine Roussel, il est probable que la peinture sera terminée en même temps dans les deux entreprises ; dans la partie construite par l’usine Joret, on a mis la première main à la pose des bois qui doivent former la couverture ; une assez grande surface est déjà garnie et les couvreurs ne mettront pas longtemps à placer tout le voligeage ; ce n’est que plus tard qu’on procédera à la vitrerie. Dans les autres chantiers la mise en place des bois suivra immédiatement la peinture ; cela ne tardera donc guère et il est probable que d’ici l’hiver toute la couverture sera achevée, ce qui permettra aux ouvriers de travailler à couvert sous ces énormes hangars.
- Les terrassiers ont envahi le terrain où s’élèvent les fermes de 2 5 m. Ils s’y livrent à deux sortes de travaux : les uns, dans la travée centrale, préparent le sol à recevoir une nouvelle voie de chemins de fer qui s’étendra d’un bout à l’autre de la travée. Cette voie se raccordera à angle droit, à l’aide de plaques tournantes, aux lignes transversales parallèles à l’avenue de Lamothe-Piquet ; une amorce de chemin de fer est déjà posée; l’autre équipe, travaillant en différents points à la fois, ouvre des tranchées étroites dans lesquelles seront placés les tuyaux d’écoulement des eaux pluviales recueillies par les toits du palais. Ces tuyaux,en poteries, sont de deux types : les uns, en aggloméré, d’un grand diamètre (quarante centimètres environ), et les autres, en terre vernissée, d’un diamètre plus petit. Tous sont en tronçons d’un mètre de longueur et, couchés sur le sol, n’attendent plus que le moment d’être utilisés ; nous ne les avons pas comptés, mais leur total représente une assez grande longueur donnant une certaine importance à cette entreprise.
- Le tracé du jardin central est commencé: des jalons sont placés aux points principaux et donnent déjà une idée de la disposition que présentera cette portion du Champ-de-Mars.
- p.773 - vue 353/496
-
-
-
- 774- ““ Troisième Année.
- N° 141.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche ii Septembre 1887.
- Les deux jardins qui encadreront le parterre du milieu viendront étaler leur teinte verte parsemée des plus vives icouleurs jusque devant les deux palais des beaux-arts et des arts libéraux. Ce jardin central formera avec ce qui reste du parc un ensemble ravissant qui ne sera pas un des moindres attraits de la future Exposition ; ajoutons que deux voies empierrées y seront réservées pour donner accès aux bâtiments de l’exploitation.
- H. de Baecker.
- -------—r-TïïïiïmT--------
- COMITÉ DÉPARTEMENTAL
- DU FINISTÈRE
- Par arrêté en date du 6 septembre 1887, le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire general de l’Exposition universelle de 1889, a nommé membres du comité départemental du Finistère :
- i° Sous-comité de Varrondissement de Quimper.
- MM. Alexandre, professeur départemental d’agriculture, en remplacement de M. Guillou ; Considère, ingénieur en chef des ponts et chaussées ; Cosmao-Duménez (le docteur), vice-président du comice agricole, à Pont-l'Abbé, en remplacement de M. Arnoult ; Dreux, inspecteur d’académie ; Giffo, négociant à Douarnenez, en remplacement de M. Ispa.
- 20 Sous-comité de l’arrondissement de Brest
- MM. Anner (le docteur), directeur du service de santé à Brest, en remplacement de M. Miriel ; Berger, industriel, adjoint au maire, à Brest ; Boucheron, inspecteur primaire, à Brest, en remplacement de M. Estienne; Le Bian, propriétaire-agriculteur, à Brest ; Le Roux (Sylvin), vétérinaire sanitaire à Brest ; Marchais, manufacturier à Daoulas ; Paillet, négociant, membre de la chambre de commerce, président du syndicat des commerçants de Brest ; Rivière, industriel, adjoint au maire, à Brest.
- ---------...Wllflirrg.^-<l»-a' rliitm—- -
- COMITÉ DÉPARTEMENTAL
- DU PUY-DE-DOME
- Par arrêté en date du 6 septembre 1887, le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a nommé membres du comité départemental du Puy-de-Dôme :
- i° Sous-comité de Varrondissement de Clermont-Ferrand
- M. Girard (Jules), membre de la chambre de commerce de Clermont-Ferrand.
- 20 Sous-comité de l’arrondissement d’Ambert
- M. Féchet, usinier, maire d’Ambert.
- 3° Sous-comité de Varrondissement de Riom
- M. Girard (le docteur), maire de Riom, conseiller général.
- COMITÉ DÉPARTEMENTAL
- DU LOIRET
- Par arrêté en date du 6 septembre 1887, le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a nommé membres du comité départemental du Loiret :
- Sous-comité de l’arrondissement d’Orléans
- MM. Barbarin, vice-président du conseil de prud’hommes, à Orléans ; Girerd, trésorier-payeur général du Loiret, à Orléans ; Jacob, imprimeur à Orléans.
- COMITÉ DÉPARTEMENTAL
- DES PYRÉNÉES-ORIENTALES
- Par arrêté en date du 6 septembre 1S87, le ministre du commerce et de l’industrie, commis-
- saire général de l’Exposition universelle de 18S9, a nommé membres du comité départemental des Pyrénées-Orientales :
- Sous-comité de Varrondissement cle Céret
- MM. Marchai (Auguste), directeur de l’usine de Paulilles ; Doé (Alphonse), sous-directeur de l’usine de Paulilles.
- -------- —T -----------------
- COMITÉ DÉPARTEMENTAL
- DE LA DORDOGNE
- Par arrêté en date du 26 août 1887, le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a nommé membres du comité départemental de la Dordogne:
- i° Sous-comité de Varrondissement de Périgueux
- MM. Puyjoli de Meyjounissas, conseiller général à Brantôme ; Villote, président du tribunal civil à Périgueux.
- 20 Sous-comité de l’arrondissement de Bergerac
- M. Dunogier, médecin-dentiste à Bergerac.
- 3° Sous-comité de Varrondissement de Sarlat MM. Delas (Jean), directeur des houillères et fours à chaux du Lardin, propriétaire des mines de Cublac, à Terrasson ; Villemonte, conseiller général du canton du Bugue.
- LA PARTICIPATION ÉTRANGÈRE
- A L’EXPOSITION DE 1889
- RÉPUBLIQUE ARGENTINE
- Le Sénat de Buenos-Ayres a voté l’ouverture d’un crédit de 200,000 piastres, soit 1 million de francs, oour la participation de la République Argentine à l’Exposition de 1889 à Paris.
- La Prensa, dans un article qu’elle a publié à ce sujet, termine par ces lignes :
- La France républicaine a le courage de fêter, à la face de toute la terre, le centenaire de la révolution qui a proclamé les Droits de l’homme et la souveraineté du peuple.
- Nous autres, républiques américaines, nous lui devons l’hommage de notre adhésion, nous devons accourir au rendez-vous ; notre présence montrera que la liberté a porté aussi ses fruits chez nous, peuples nés trente ans après la chute des Tuileries.
- Le monde monarchique se retire du tournoi ; que le monde républicain montre son œuvre et qu’il fasse voir sa puissance à faire le bien du peuple.
- Le crédit de 200,000 piastres servira pour commencer cette grande tâche; nous dépenserons encore tout autant, un demi-million, un million, s’il le faut, pour que la représentation de la République ait le caractère qu’elle doit avoir et que nous venons d’indiquer.
- *
- * *
- MEXIQUE
- La Revue sud-américaine rapporte que le gouvernement mexicain a accepté avec la plus grande courtoisie l’invitation de prendre part à l’Exposition universelle de 1889, à Paris et, pour que le Mexique soit dignement représenté, les gouverneurs des Etats du Mexique ont été invités à faire connaître au pouvoir exécutif quels étaient les produits nationaux qui pourraient figurer avec succès à ladite Exposition.
- SUISSE
- L’Association industrielle préconise, dans une circulaire adressée à tous les cercles industriels et commerciaux, la participation à l’Exposition universelle de Paris 1889.
- LES
- INGÉNIEURS & L’EXPOSITION
- Nous trouvons dans le dernier numéro du-Bulletin de l’Association des Ingénieurs, anciens élèves de l’Ecole des ponts et chaussées, l’entrefilet suivant :
- Sur la proposition du Comité, l’Assemblée générale du iâjuin 1887 a décidé qu’il y avait lieu d’organiser à l’Exposition universelle de 1889 une exposition des travaux et œuvres des anciens élèves externes de l’Ecole des ponts et chaussées de France.
- Cette exposition spéciale pourra comprendre des modèles, dessins, photographies ou descriptions de travaux exécutés ou projetés, et des ouvrages ou mémoires publiés par des camarades.
- Par le fait même de la dispersion des camarades dans tous les pays, cette exposition aura un caractère essentiellement international, tout en se rattachant, par l’origine commune, c’est-à-dire par l’Ecole des ponts et chaussées, à l’Exposition que fera le Ministère des travaux publics de France.
- Tout en conservant à cette Exposition son individualité propre, il a paru désirable de pouvoir l’adjoindre à celle du Ministère des travaux publics, de France. Les démarches faites auprès de l'Administration ont montré que le comité peut compter sur son appui. Il ne reste donc qu’à désirer que les camarades veuillent bien, par une très large participation, prouver qu’ils tiennent à cœur défaire voir que les anciens élèves externes font honneur à l’École des ponts et chaussées.
- Pour pouvoir, en temps utile, faire la répartition de l’espace qui est accordé à l’Association, le comité prie instamment tous les camarades qui désirent prendre part à cette exposition de préciser, par renvoi de la feuille jointe au présent bulletin, toutes les indications demandées.
- Il est indispensable que les réponses en question; soient arrivées avant le i5 octobre 1887, au siège-provisoire du Comité, rue des Saints-Pères, 28, à-Paris.
- Le Comité croit devoir faire ressortir que l’exposition qu’il organise présentera, en dehors de l’intérêt technique, l’avantage d’être un point de ralliement pour les camarades qui viendront à Paris,, visiter l’Exposition universelle de 1889.
- C’est là une excellente idée et nous serions, heureux de voir les différentes associations d’ingénieurs suivre l’exemple des anciens élèves de l’Ecole des ponts et chaussées. Nous sommes certain que l’œuvre entreprise par cette dernière-association obtiendra un réel succès : la haute-personnalité de son président, M. E. Pontzen, depuis longtemps familiarisé avec les expositions, en est, pour nous, une sûre garantie.
- Ajoutons que M. E. Pontzen, en récompense du zèle et du dévouement dont il a fait preuve dans l’accomplissement des fonctions de juré ou d’organisateur de diverses expositions, a été l’objet d’une distinction honorifique aussi flatteuse que bien méritée.
- LES CHAMBRES DE COMMERCE FRANÇAISES
- A L’ÉTRANGER
- ET L’EXPOSITION DE 1889
- Le Président de la Chambre de Commerce française à Milan vient d’adresser les deux lettres suivantes :
- A Monsieur le Président du Comité national italien pour ! Exposition universelle de Paris en 188g à Rome.
- Monsieur le Président,
- Des circonstances indépendantes de notre' volonté sont cause que, jusqu’à ce jour, nous n’avons pu vous faire les offres que nous sommes heureux de formuler aujourd’hui.
- Nous nous tenons entièrement à la disposition du Comité italien pour l’Exposition universelle de 1889, désireux que nous sommes devoir notre concours agréé.
- La complexité du but que nous poursuivons fait que notre Chambre s’occupe, au même titre, aussi bien des intérêts italiens en France, que des
- p.774 - vue 354/496
-
-
-
- Troisième Année.
- LE MONITEURIDE L’EXPOSITION DE 1S89.
- Dimanche ii Septembre 1837. — 775.
- — N° :4i
- intérêts français en Italie. Nous n’avons en vue que le développement réciproque des affaires et nous éprouvons Tardent désir de mettre tout en œuvre pour resserrer encore davantage les liens qui doivent unir nos deux nations si bien faites pour s’aimer, et marcher ensemble dans la voie du progrès.
- Veuillez agréer, etc.
- Le Président
- de la Chambre de Commerce Française de Milan Signé : Lucien Salomon.
- A Monsieur le Président de la Chambre de Commerce de Milan
- , Milan, ier août 1887.
- Monsieur le Président,
- J’ai l’honneur de vous remettre d’autre part, copie littérale de la dépêche que j’ai adressée à M. le Président du comité national italien, pour l’Exposition universelle de Paris en 1889, à Rome.
- Les offres de concours contenues dans la lettre dont il s’agit, vous sont également faites, et, dans des conditions de dévouement identiques. Nous éprouvons le même ardent désir de les voir accueillir par vous, et par le Comité de Rome.
- Veuillez agréer, etc.
- Le Président,
- Signé / Lucien Salomon.
- --------—lïTüûmiï ------
- LE TRANSPORT DES VISITEURS
- A L’EXPOSITION
- Les directeurs de l’Exposition devront bientôt s’occuper d’une question qui intéresse au plus haut point les visiteurs du Champ-de-Mars et du Trocadéro en 1889 : nous voulons parler du transport des personnes se rendant à l’Exposition.
- Vingt mois à peine nous séparent de la date fixée pour l’inauguration et rien encore, n’a été décidé à ce sujet; tandis que dès le i5 avril 1865, -c’est-à-dire 2 ans avant l’ouverture de l’Exposition de 1867, la Commission impériale entamait avec diverses entreprises une suite de pourparlers, dans le but d’obtenir une circulation rapide et aisée par omnibus, par voitures, par chemins de fer et par bateaux à vapeur.
- Examinons les mesures qui furent prises dans ce but par la Commission. Le rapport administratif de l’Exposition de 1867 nous fournira de nombreux renseignements.
- *
- * ¥
- Au mois de mars 1865, la Compagnie générale des omnibus s’engagea à prendre les dispositions suivantes pour assurer le service deQ’Exposition :
- i° Détourner cinq lignes existantes contenant ensemble 123 voitures à 28 places et les faire stationner aux portes du Champ-de-Mars;
- 20 Créer, de la porte Rapp à la Madeleine, une ligne spéciale desservie par huit voitures ;
- 3° Organiser, du pont d’Iéna au Palais-Royal, une ligne roulante sur voie ferrée à partir de la place de la Concorde jusqu’au pont d’Iéna et desservie par 10 voitures à 5o places.
- 40 Mettre en circulation chaque jour, de 4 à 6 heures du soir, 3o voitures partant de la porte Rapp et allant soit à la Madeleine, soit au Palais-Royal, soit à la place Saint-Sulpice.
- Les voitures chargées de ces différents services pendant l’Exposition ont effectué journellement près de 3,000 voyages, représentant environ 80,000 places mises à la disposition du public. On estime que la Compagnie des Omnibus a transporté au Champ-de-Mars 7,169,606 personnes dont 4,635,786 par les lignes existant avant l’Exposition et 2,533,820 par les lignes et services créés en vue de l’Exposition.
- Le 27 mai 1865, M. le préfet de la Seine avisait la Commission impériale que, relativement à la circulation par voiture, les ressources mises à la disposition du public, pendant l’Exposition, comprendraient :
- i° 3,ooo voitures de place, représentant, à raison de 10 courses par voiture et 2 voyageurs par course, 60,000 visiteurs ;
- 20 2,58o voitures de remise, qui, à raison de 12 courses par voiture et de 2 voyageurs, représentaient 61,920 visiteurs.
- (A ce sujet, qu’on nous permette une légère digression pour établir un point de l’histoire sociale de la ville de Paris assez peu connu. La «ommission impériale jugea insuffisant le nombre
- de voitures signalé ci-dessus et c’est grâce à ses instances réitérées que fut supprimé le monopole des Petites Voitures qui depuis plusieurs années pesait d’une manière si fâcheuse sur la population. Par délibération du 9 avril 1866, le Conseil municipal résilia le traité qui avait institué ce monopole. Un décret du 23 mai suivant approuva cette délibération et restitua à tout individu la faculté de mettre en circulation dans Paris des voitures de place ou de remise. Cette conquête indirecte de l’Exposition mérite de figurer au nombre des améliorations et des progrès qu’elle a introduits dans la vie des Parisiens).
- Les voitures publiques ont transporté au Champ-de-Mars 1,486,000 personnes.
- Pour faciliter le stationnement de ces voitures ainsi que des voitures de maître, la préfecture de la Seine mit à la disposition de la Commission un vaste terrain qui était situé à l’angle des avenues Rapp et de Labourdonnaye et qui, après avoir été pavé, fut approprié à cet usage.
- Cette excellente disposition permettait de dégager aisément les abords de la Porte Rapp par laquelle entraient le plus grand nombre de visiteurs.
- Quant aux transports par chemin de fer, les Compagnies s’empressèrent de les faciliter autant que faire se pouvait. La ligne du Champ-de-Mars reliait l’Exposition à toutes les stations de la ceinture et par conséquent à la zone voisine des fortifications et à toute la banlieue. Ce chemin de fer a transporté, du ier avril au 1e1’ novembre 1867, U472>969 voyageurs.
- L’entreprise des bateaux-omnibus, créée en vue de l’Exposition et concédée le 10 août 1866, fut iuaugurée le 14 avril 1867. Jusqu’au 2 juin, le service n’existait qu’entre le Champ-de-Mars et l’hôtel de ville. A cette date, le matériel ayant été. augmenté, la ligne fut prolongée jusqu’à Bercy. Elle a employé pour desservir T île de Billancourt et le Champ-de-Mars trente bateaux dont chacun contenait 15o places, coûtait en moyenne 31,000 fr. et faisait quatre voyages par jour aller et retour. Les bateaux-omnibus, malgré une suspension de service d’une durée de 3o jours motivée par une avarie survenue au barrage de Suresnes, transportèrent, du 14 avril 1867 au 3 novembre suivant, 2,787,620 voyageurs.
- Les bénéfices réalisés dès la première année permirent à ce service de survivre jusqu’à ce jour.
- Malgré ces différents modes de transport, la circulation des visiteurs n’eut pu se faire aussi facilement si la Commission n’avait obtenu de la préfecture de la Seine l’autorisation pour les tapissières de prendre ou de déposer des voyageurs aux porter du Champ-de-Mars.
- Environ 2,328,000 personnes ont pu, par ce moyen de locomotion, arriver à l’Exposition ou regagner leur domicile aux heures où l’affluence du public était le plus considérable.
- En additionnant les nombres donnés ci-dessus, on voit que les cinq modes de locomotion que' nous venons d’examiner ont transporté 0,244,000 voyageurs. En y ajoutant 14,756,000 .personnes qui ont fait le chemin à pied ou dans leur propre voiture, on retrouve le nombre de 3o,000,000 de voyageurs allant au Champ-de-Mars ou en revenant, ce qui correspond aux 15,000,000 de visiteurs que l’Exposition a reçus.
- On a bien souvent constaté que l’amélioration dans les moyens de transport a contribué pour une large part au succès de l’Exposition de 1867. C’est là un fait que les organisateurs de celle de 1889 ne devront pas perdre de vue.
- * *
- En 1878, le nombre des visiteurs s’est élevé à 16,102,089. Une aussi considérable affluence de public compliquait singulièrement l’organisation du service des transports. Il s’agissait, en tenant compte de l’aller et du retour, de pourvoir au chiffre énorme de 166,000.déplacements par jour et ce chiffre lui-même, ne représentant que la moyenne générale, pouvait être et a, en effet, été doublé plusieurs fois.
- Mais l’administration avait pris toutes ses dispositions avec un soin et une minutie qui lui font le plus grand honneur. Elle avait étudié et discuté de longue main, avec les diverses entreprises, les mesures exceptionnelles qu’il y avait lieu d’adopter à partir du i«r mai et pendant toute la durée de l’Exposition.
- Nous allons indiquer sommairement, d’après 1* rapport administratif sur l’Exposition de 1878, les principales dispositions qui furent adoptées à cet effet.
- La Compagnie du chemin de fer de l’Ouest organisa un service de trains spéciaux : i° entre la
- gare Saint-Lazare et les gares du Trocadéro et du Champ-de-Mars ; 20 entre les gares de la Bastille et de Bercv et celle du Champ-de-Mars. Cette dernière reçut 2,1 59,255 visiteurs.
- 12,000 voitures à 2 ou 4 places, sans compter les tapissières, furent mises par les industriels à la disposition du public. La Compagnie générale à elle seule a pris 455,624 chargements pour le Champ-de-Mars et 207,988 pour le Trocadéro. On peut dire qu’elle a amené à l’Exposition 1,327,224 visiteurs.
- Outre le service ordinaire et normal des bateaux-omnibus qui vont d’Ivry à Auteuil, faisant escale à toutes les stations et notamment, sur la rive droite, au pont de l’Alma, à Chaillot et à Passy, trois services directs furent établis : i° du pont d’Austerlitz ; 20 de l’hôtel de ville; 3° du quai des Tuileries au pont d’Iéna, avec stations intermédiaires. Ces bateaux ont amené à l’Exposition 3,4i6,36o visiteurs et en ont repris 3,563,7o3.
- Avant l’ouverture de l’Exposition, la Compagnie générale des Omnibus avait deux lignes d’omnibus et trois lignes de tramways passant près du Champ-de-Mars ou du Trocadéro.
- Elle modifia le parcours de trois de ses lignes, pour leur faire desservir l’Exposition et en créa deux ; en outre, elle inaugura quatre lignes de tramways.
- Les voyageurs transportés sur ces lignes d’omnibus ou de tramways, du iermaiau 10 novembre 1878, ont été au nombre de 27,693,563.
- Enfin, la Compagnie des tramways-sud avait deux lignes desservant l’Exposition.
- L’une d’elles, Montparnasse à l’Etoile, qui du ier mai au 10 novembre 1877 avait transporté 1,978,860 voyageurs en a transporté durant la même période de 1878, 3,190,759.
- On voit par ces chiffres comment on a pu faire face à cet énorme mouvement de visiteurs : il était difficile d’espérer mieux.
- *
- * ¥
- Nous savons que les lignes d’omnibus et tramways créées en vue de l’Exposition de 1878 existent aujourd’hui et existeront encore en 1889; nous savons également que le nombre des voitures publiques s’est encore accru depuis une dizaine d’années ; mais on compte sur un plus grand nombre de visiteurs en 1889 et les organisateurs de cette dernière Exposition doivent se préoccuper dès aujourd’hui de l’un des points qui contribueront, dans une large mesure, au succès de l’œuvre qu’ils ont entreprise et qu’ils mèneront à bien.
- BANQUET
- DU
- CONGRÈS DE MEUNERIE
- Jeudi dernier, à sept heures du soir, un banquet de 300 couverts a réuni à l’Hôtel Continental les membres du congrès de meunerie, sous la présidence de M. Barbe, ministre de l’agriculture.
- Des toasts ont été portés par MM. Dubray au ministre de F agriculture, Colson, au ministre du commerce, etc.
- Dans sa réponse, M. Barbe, ministre de l’agriculture, a fait l’éloge des organisateurs du nouveau syndicat de la meunerie française et de la réussite complète qu’ils ont obtenue.
- Puis il a dit que, maintenant que l’œuvre était créé, elle deviendrait grande, imposante, et que c’était dans l’union de tous qu’elle grandirait davantage et donnerait des résultats qui dépasseront ceux des pays où les récoltes atteignent jusqu’à 22 hectolitres par hectare.
- M. le ministre a ajouté que le Gouvernement ssra toujours heureux de prêter son appui à l’Association qui a à peine quelques mois d’existence et qui déjà a grandement marché dans la voie du progrès.
- , M. Barbe a terminé ainsi : « Je bois à votre initiative, au succès de la meunerie française ! »
- Au sujet de ce banquet, nous lisons dans le Petit Journal les réflexions suivantes :
- On sait que M. Rouvier, président du conseil, ministre des finances, a décliné l’honneur de présider le banquet des négociants en grains et farines et des meuniers; le premier ministre s’est
- p.775 - vue 355/496
-
-
-
- 770. — Troisième Année, — N° 141
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1880.
- effacé devant son collègue de l’agriculture.
- Rien de plus correct, en vérité; seulement, le bruit court que M. Rouvier s’est soustrait à l’obligation de prendre parti dans la lutte toujours pendante entre les libre-échangistes et les protectionnistes.
- Marseillais et député des Bouches-du-Rhônes, M. Rouvier est libre-échangiste de naissance, d’éducation, de tempérament.
- Le port de Marseille, qui sert d’entrepôt au commerce entre l’Europe et l’Asie, doit sa prospérité à la liberté commerciale qui multiplie les voyages et les transits.
- Mais les producteurs agricoles, qui ont tant de mal à obtenir un rendement rémunérateur, ne voient pas sans dépit les marchés envahis par les blés étrangers.
- M. Rouvier a prudemment agi en s’abstenant; un des vice-présidents du congrès, ayant bravement arboré le drapeau du libre-échange, a été hué, bien que les meuniers ne soient pas protectionnistes.
- Certes, le président du conseil aurait évité cette mésaventure; il manie la parole avec habileté, et s’il eût eu la fantaisie de constater le fait de l’amélioration de la vie sociale, grâce aux principes libre-échangistes, il eût choisi des exemples acceptables, même par des producteurs de blé.
- Mais proclamer le libre-échange comme un dogme de foi serait une faute aujourd’hui.
- Depuis la guerre, depuis le traité de Francfort, les discussions de principe ne sont plus de mise.
- La théorie cède le pas à la pratique. Avant tout, il faut vivre ; les Français aiment toujours mieux le sol natal ; mais, peu à peu, la nécessité s’imposant, ils s’en iront au loin fertiliser les terres vierges.
- Nous sommes envahis par les étrangers et, comme je l’ai prouvé avant-hier, les criminels étrangers augmentent en France dans des proportions énormes ; il faudra, un jour ou l’autre, réprimer ce libre-échange humain ; comment veut-on proclamer absolument le libre-échange alimentaire ?
- *
- ¥ ¥
- M. Barbe, ministre de l’agriculture, ne s’est pas prononcé d’une manière catégorique ; il a promis seulement, au nom du gouvernement de la République, de favoriser, par tous les moyens, l’augmentation du rendement de blé à l’hectare.
- Le meilleur moyen serait d’alléger l’impôt foncier et d’exonérer de toute charge les engrais naturels et artificiels.
- Malheureusement l’état de nos finances ne permet pas de faire ce rêve chatoyant.
- Travaillez donc, cultivateurs, mes amis, paysans, mes frèrés.
- La terre est reconnaissante ; mais il ne faut jamais se lasser de la soigner et de la nourrir.
- Si dures que soient- certaines phases de la vie, disons-nous :
- « La lutte est parfois cruelle; mais, grâce aux chemins de fer, grâce aux transports rapides, le monde est à jamais à l’abri des disettes, des famines, qui ont décimé l’antiquité et le moyen âge. »
- ÉCHOS
- Paris
- L’exposition des produits et des outils de la meunerie, organisée à l’occasion du Congrès de meunerie, a été inaugurée mardi matin G septembre à la caserne Lobau, (Annexe de l’Hôtel de Ville).
- Le Congrès a été ouvert en présence de M. Nicolas, conseiller d’Etat, délégué par le ministre du Commerce et de l’Industrie.
- Départements
- L’Exposition sanitaire d’hygiène et de salubrité publique, dont nous avons mentionné l’organisation à Boulogne-sur-Mer, ouvrira le mercredi 21 courant, au château Coligny, parc de Châtillon. Cette exposition, dont M. Pasteur a accepté la présidence honoraire, comprendra l’hygiène géné-
- rale, l’économie domestique et l’alimentation. Toutes communications sont reçues par la direction, au château Coligny.
- *
- ¥ ¥
- ETRANGER
- Allemagne
- C’est très prochainement que doit avoir lieu, à Bautzen, l’exposition d’agriculture organisée pour le royaume de Saxé. Les sections bovine, hippique et de pisciculture seront des plusimporj tantes. L’exposition des machines s’étendra sur une superficie de 9,400 mètres carrés, dont 1,400 en galeries, 8,000 en espaces découverts. 1,700 mètres carrés sont affectés aux divisions technique et d’enseignement.
- *
- * ¥
- Le jeudi 22 courant ouvnraà Hanovre, pour clôturer le dimanche 25, l’exposition d’agriculture que nous avons annoncée. Un certain nombre d’exposants étrangers y prendront part, le Comité ayant reçu des adhésions d’Autriche, du Danemark et de la Suède.
- Les récompenses consisteront en importantes primes en argent, médailles d’argent et de bronze.
- *
- ¥ ¥
- Une exposition japonaise, artistique et ethnographique, très intéressante et très visitée, a été récemment inaugurée à Ulm.
- *
- * *
- L’exposition d’art chrétien, organisée à Trêves, à l’occasion de la réunion du Congrès catholique, a été ouverte le vendredi 26 août.
- Cette exposition a un caractère local qui restreint forcément l’intérêt très réel qu’elle offre.
- ¥ ¥
- La Commission directrice de l’Association industrielle suisse a adressé à l’industrie une circulaire préconisant chaleureusement la participation à l’exposition d’art industriel de Munich (1888), et la formation d’une exposition helvétique collective.
- *
- ¥ ¥
- Danemark
- Nos lecteurs savent qu’une exposition Scandinave des arts, des sciences et de l’industrie ouvrira-à Copenhague, le 31 mai 1888, et qu’elle affectera, dans certaines de ses sections, un caractère international, comme nous l’avons déjà dit.
- Les travaux préparatoires sont, assure-t-on, très activement menés. Les bâtiments dépasseront en importance et en étendue ce que l’on a pu voir jusqu’ici, en semblable occasions dans les pays Scandinaves. Les exposants seront très nombreux et l’on verra participer à cette intéressante manifestation industrielle, à côté du Danemark, de la Suède et de la Norvège, la plupart des États de l’Europe et de l’Amérique du Nord.
- A vrai dire, l’espace placé à la disposition des pays non-scandinaves sera relativement restreint, mais suffisant cependant pour permettre l’exhibition des produits industriels principaux, typiques, de chaque contrée.
- *
- ¥ ¥
- Etats-Unis
- Ulnvention dit que l’Exposition de la Vallée de l’Ohio et des Etats du Centre, organisée à l’occasion du Centenaire de la ville de Cincinnati, et annoncée par nous, dans notre précédent numéro, coïncidera, l’année prochaine, avec la quatorzième exposition industrielle de Cincinnati.
- ¥ ¥
- Italie
- M. Barrington, délégué par le gouvernement anglais, est à Rom,e, chargé de provoquer la participation à l’exposition de Melbourne des artistes et des industriels de la péninsule.
- Dimanche 11 Septembre 1887.
- Russie
- Nous avons précédemment parlé en detail dc-l’exposition d’éclairage, organisée pour le courant de l’automne, par la société impériale polytech— nique de Pétersbourg (Moniteur, 28 août).
- Ajoutons que la durée en sera de trois mois, que d’importants concours y auront lieu au point de vue de Tutilisation de la naplite, et que des! prix seront décernés par différents ministères.
- Le ministère des Domaines Impériaux propose deux prix ; le premier, de 2,500 roubles, pour une lampe d’une construction simple et d’un prix modique, pouvant servir à la consommation des lourdes huiles non raffinées de naphte, et être-utilisée par les classes pauvres ; le second, de 100 roubles pour une lampe de construction plus perfectionnée, en vue du même combustible. Le' ministre de la guerre offre trois prix, de 500 roubles chacun ; le premier, pour un poêle destiné au chauffage domestique et brûlant les résidus du naphte ; le second pour une batterie galvanique,, pratique et peu coûteuse, en vue de l’éclairage électrique ; le troisième, pour des substances, phosphoreuses propres à l’éclairage.
- Enfin un prix de 1,000 roubles est affecté au meilleur appareil à signaux, diurnes et nocturnes-
- Les concours seront ouverts aux étrangers.
- ¥ ¥
- Suisse
- Une très importante inaugurationa lieu aujourd’hui à Neuchâtel; celle de la cinquième exposition helvétique d’agriculture.
- SCIENCES & INDUSTRIE
- Nouveau télégraphe autographiant
- Depuis longtemps les électriciens se sont préoc— cupés de résoudre le grand problème qui consiste-à transmettre l’écriture par un fil isolé. lisse sont' toujours heurtés à cette difficulté que le courant' lancé dans un fil ne peut reproduire qu’un seul', mouvement de va-et-vient, mouvement qui peut être modifié et devenir curtiligne, mais ne peut., jamais former une ellipse variable.
- Tournant la difficulté, l’abbé Caselli avait présenté, il y a quelques années, le Pantùlégraphe r qui reproduisait l’écriture autographiée, au moyen d’un appareil extrêmement compliqué, et fondé, sur le principe des papiers sensibilisés au cyanure: de potassium, sur lesquels un style de fer laissait une trace de bleu de Prusse, lors du passage du... courant.
- Les lettres étaient obtenues par une série de hachures superposées; l’appareil transmetteur* muni d’un cylindre recouvert d’une feuille de papier d’étain sur laquelle étaient tracés, à l’encre": isolante, les caractères de l’écriture, se mouvait automatiquement, promenant, par les mouvements' alternatifs d’une pendule, un style métallique sur la feuille d’étain. Des alternatives de passage ou de rupture du courant se produisaient ainsi, selon, que le style venait à rencontrer soit une partie isolante, formée par l’encre, soit une partie conductrice formée, par la feuille d’étain.
- La grande difficulté était d’obtenir, à de grandes^ distances, l’isochronisme parfait des deux pendules. On joignit donc à l’instrument le régulateur de Foucault, et M. Meyer, après en avoir modifié le dispositif, arriva à produire une machine plus simple, mais tout aussi coûteuse. Bref, l’appareil, après avoir fonctionné quelque temps sur-nos grandes lignes télégraphiques, a été abandonné.
- M. J. Hart Robertson, résolvant, delà façon la plus brillante, le problème longtemps cherché,., vient d’inventer aux Etats-Unis un système autographiant d’une ingéniosité incomparable, et pour la description duquel nous nous inspirons de notre* excellent confrère Invention.
- Un style métallique, fixé sur une petite planchette de caoutchouc durci, peut osciller dans tous les sens. A sa partie inférieure sont placées* à angle droit et en contact médiat avec le style,
- p.776 - vue 356/496
-
-
-
- p.n.n. - vue 357/496
-
-
-
- N° 141
- LE MONITEUR DE j ^POSITION DE 1889
- Dimanche 11 Skpticabre iQ87
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 188c)
- Sgap ,<3,we de l'Echelle Pae/s
- Plaques de JHtf.Guilleminotà C"
- A. Broise & Courtier, Phot.
- EXONDATIONS DU PALM S DES
- A\ AC I I INES
- p.dbl.n.n. - vue 358/496
-
-
-
- p.n.n. - vue 359/496
-
-
-
- Troisième Année. — N° 141,
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1S89.
- Dimanche i.i Septembre 1887. — 777.
- deux se'ries de charbons juxtaposés les uns aux autres, dont la pression est réglée par une vis de rappel. Le style, s’appuyant par deux points d’application sur l’extrémité de ces disques, fait varier leur contact ; de là des alternatives de résistances augmentées ou diminuées, dans le circuit électrique.
- Tel est le principe de l’appareil transmetteur. Le récepteur est formé de deux séries d’électroaimants, placés à angle droit, et au point où se rejoindraient les pôles prolongés, oscille un stylet muni d’armatures de fer doux et supportant à son extrémité supérieure une plume à réservoir. Sous cette plume court, de droite à gauche, une bande de papier mue par un mécanisme analogue à celui du télégraphe de Morse.
- Voici le fonctionnement de l’appareil :
- Etant donné qu’une plume soit fixée à l’extrémité supérieure du style de l’appareil transmetteur, toutes les fois que l’expéditeur fait mouvoir cette plume, il imprime au style des mouvements alternativement à angle droit ou circulaires. Ces mouvements font varier les pressions des disques de charbon entre eux; le courant, par cela même, subit des inflexions qui se traduisent par une série de résistances interposées au circuit, ou supprimées. Les deux électro-aimants de l’appareil récepteur reproduisent ces inflexions et de là, grâce à leur disposition à angle droit, impriment au style, qui est en présence de leurs pôles, des mouvements identiques dont la résultante est la reproduction en fassimile, sous les yeux du destinataire, de l’écriture de l’expéditeur.
- La seule difficulté que produise le fonctionnement de cet appareil est d’obliger l’expéditeur à écrire sans mouvoir la main de gauche à droite. Il doit se contenter de former les lettres sur le papier, qui, en se déroulant de droite à gauche, remplace le mouvement ordinaire vers la droite de l’écriture. Mais ce n’est là qu’un léger inconvénient qu’un exercice de quelques instants fait disparaître.
- Il nous semble superflu d’insister sur les avantages inappréciables de cette belle invention, qui provoquera une véritable révolution dans la télégraphie. L’appareil est absolument silencieux, et son emploi est appelé à se généraliser dans toutes les administrations. Des réseaux, ayant pour point de départ commun, un bureau central, pourraient, reproduisant le système des téléphones, le mettre à la disposition d’abonnés, dont le seul soin serait de remonter le mouvement d’horlogerie qui fait fonctionner le papier à dépêches.
- Expérimenté aux Etats-Unis et chez nos voisins d’outre-Manche, il a produit les meilleurs résultats et nous avons cru qu’il convenait de faire connaître à nos lecteurs cette belle invention. Ajoutons que les bureaux de la Writing Telegraph Company de New-York, à Londres, sont installés 46, Holborn Viaduct, E. G. et dirigés por M. John Morgan Richards.
- * * .
- Trempe de l’acier par l’Electricité
- Le Western Electrician dit que la Sedgyvick Mainspring Company, de Chicago, vient de réaliser une intéressante application de l’électricité à l’industrie. Elle consiste dans la trempe des ressorts de montre au moyen du courant électrique.
- Une machine dynamo-électrique d’une bougie fournit un courant dont l’un des pôles plonge dans un bain d’huile, l’autre est fixé en dehors. Le ressort d’acier, inséré entre les deux pôles, ferme le circuit. Le courant élève uniformément la température de l’acier et permet sa trempe la plus complète dans l’huile, sans qu’il ait pu s oxyder dans l’intervalle du chauffage et de l’immersion. Au sortir du bain, ce ressort peut être, au moyen du même courant, ramené à la couleur bleue ou jaune que l’on désire produire, et l’on sait que c’est encore là le moyen le plus pratique de dosage de l’aciération. Car la quantité de carbone contenue dans l’acier varie à l’infini et l’unité de calorification ne peut être déterminée de façon à rendre l’opération simplement mécanique.
- L’électricité a le grand avantage d’élever d’une façon uniforme la température du ressort sur tous
- ses points en évitant la présence des nodosités faibles ou fortes qui résultent du chauffage ordinaire. De plus, le chauffage par l’electricité es instantané, économique, et offre une grande rapidité d’exécution ; huit centimètres de ressort peuvent être trempés dans l’espace d’une seconde.
- * *
- Varia
- La plus lourde locomotive du monde pèse 160,000 livres anglaises, 80,000 kilos environ, et circule en Amérique sur le Canadian Pacific Raihvay ; puis vient, en seconde ligne, une locomotive du Southern Pacific, qui pèse 1 54,000 livres.
- Le Northern Pacifie possède la troisième, pesant 145,000 livres, et le Brésil, la quatrième, d’un poids de 144,000 livres.
- *
- * *
- Notre confrère Invention donne d’après le Sani tary Plumber de New-York un moyen d’expérimen îation simple et facilement applicable, imaginé par M. FF. Grenstted, pour reconnaître la présence nuisible de l’arsenic dans les papiers peints.
- Il suffit pour ces expériences d’un jet de gaz gros comme une pointe d’épingle et réglé de façon que la flamme soit complètement bleue.
- Ceci fait on coupe une bande de papier suspect longue de 2 à 4 centimètres, large de 4 à 5 millimètres. Dès que le bord de ce papier est mis en contact avec le bord externe de la flamme de gaz, celle-ci prendra, à ce point, une coloration grise, due à la présence de l’arsenic. (Expérience n° 1). Le papier se consumant un peu, les vapeurs dégagées auront une forte odepr d’ail due à l’acide arsénieux. (Expérience n° 2). Si l’on éloigne le papier de la flamme, et que l’on regarde le morceau carbonisé, on verra le charbon coloré en bronze rouge. C’est le cuivre réduit par le carbonet (Expérience n° 3). Ce cuivre s’étant légèremen. oxydé à l’air, si on approche le même fragment carbonisé de la flamme, celle-ci se colorera en vert par le cuivre.
- Ce sont là quelques moyens très simples de s’assurer facilement, sans aucun appareil, de la présence de l’arsenic dans les papiers peints, dont la préparation contient le plus souvent des arsé-niates de cuivre.
- *
- * *
- Voici la brève nomenclature des principaux Congrès qui ont eu lieu ces jours derniers, ont lieu ou auront lieu prochainement.
- Le 29 août, à l’Université de Kiel, le congrès astronomique internati on al.
- Le 4 septembre, à Paris, deuxième congrès national des Instituteurs.
- Le 5, à Heidelberg, session annuelle de l’Institut de droit international.
- Le 8, à Zurich, deuxième congrès international, contre l’abus des boissons alcooliques.
- Le 22, à Toulouse, i6a congrès de l’Association française pour l’avancement des sciences.
- Le 26, à Vienne, 6e congrès international d’hygiène et de démographie.
- Puis encore ce mois-ci, à Milan, congrès international des chemins de fer, et le 8 octobre, à Madrid, congrès littéraire international.
- Ajouter enfin à cette énumération qui n’a d’ailleurs pas la prétention d’être complète, l’ouverture à Washington, il y a quelques jours, du neuvième congrès international des sciences médicales, et mardi dernier à Paris, celle du ier congrès national de meunerie. Pour compléter le désordre de cette nomenclature, mentionnons encore le congrès des Sapeurs-Pompiers, qui se tiendra le 24 à Rennes.
- C. H.
- --------------------------------------
- L’INDUSTRIE RUSSE
- (Suite et fin.)
- La production de l’industrie métallurgique est successivement tombée , malgré les efforts du gouvernement pour la relever, de 5o,291,000 rou-
- bles en 18S3, à 49,711,000 roubles en 1884 et à 46,060,000 roubles en i885.
- Les articles d’alimentation ne sont pas compris dans les relevés qui précèdent, attendu que la situation spéciale de l’industrie des sucres et de celle des spiritueux, qui constituent les branches principales de ce chapitre, a été étudiée dans des rapports spéciaux. Il en est de même pour la question des tabacs actuellement soumise à une commission dont les travaux se poursuivent à Saint-Pétersbourg et aboutiront probablement à l’établissement d’un monopole en faveur de l’État.
- Les données de ce rapport, empruntées à des documents officiels, peuvent être considérées comme aussi exactes que l’insuffisance de la statistique permet d’en recueillir en Russie. Un certain nombre d’entre elles ayant été fournies par les industriels eux-mêmes, qui ont parfois intérê, à dissimuler le montant réel de leur production! on doit les considérer d’une manière générale comme au-dessous plutôt qu’au-dessus de la production manufacturière de l’Empire. Les résultats qu’elles présentent suffisentcependant pour démontrer que la Russie n’est pas, comme on le croit généralement, un pays exclusivement agricole ,; car, indépendamment du personnel employé dans les fabriques, une fraction relativement importante de la population ne s’occupe que de travaux ayant pour objet de développer l’activité manufacturière, tels que le transport des produits, l’exploitation et la fourniture du combustible indispensable à l’industrie , etc. Les familles des travailleurs augmentent également l’importance de la population ouvrière dans une proportion telle que l'on peut affirmer sans exagération qu’un tiers environ de la population totale de l’Empire trouve ses moyens d’existence dans le travail des fabriques.
- VARIÉTÉ
- Le Jardin zoologique d’AccIimatation de Paris, continuant la série de ses exhibitions ethnographiques, présente actuellement à ses visiteurs une caravane composée de vingt Achantis (ra hommes, 8 femmes et jeunes filles).
- C’est la onzième fois que l’établissement zoologique du bois de Boulogne fait venir des points du monde les plus divers, ces indigènes jusqu’alors connus seulement par les récits des voyageurs. Les habitants de la Nubie, les Esquimaux du pôle, les Fuégiens de l’Amérique antarctique, les Gauchos des Pampas, les Araucans de l’Amérique occidentale, les Galibis des grands bois de la Guyane, les Kalmoucks des steppes Caspiennes , les Peaux-Rouges des prairies du. Missauri, les Lapons des régions glacées de l’Europe septentrionale, les Cynghalais de l’île de Ceylan, sont venus successivement défiler devant le public parisien, qui a toujours pris le plus grand, intérêt à ces exhibitions instructives.
- Les nouveauxvenus sont originaires de l’Afrique équatoriale. Ils appartiennent à une race belliqueuse, dont le gouvernement est essentiellement militaire. Le peuple achanti est actif et vaillant. On n’a pas oublié la guerre terrible qu’il a soutenue contre l’armée anglaise ; il a lutté, souvent avec succès, et ce n’est qu’au prix de longs et sérieux efforts que le lion britannique a pu vaincre son ennemi noir et pénétrer dans Coumassie, la ville de granit.
- Le roi des Achantis est investi du pouvoir le plus absolu : Il a droit de vie et de mort sur ses sujets. En cas de guerre seulement, il est tenu de consulter le grand conseil qui peut opposer sou veto. Le pouvoir est aux mains de quelques familles, qui jouissent de toutes sortes de privi, lèges.
- L’Achanti est monogame ; seuls, les nobles peuvent avoir plusieurs femmes. Quant au roi, il entretient 3,333 épouses, et ce nombre prescrit par l’étiquette locale, est toujours au grand complet.
- La mort d’un noble Achanti a de terribles conséquences pour ses esclaves, car la coutume veut qu’un certain nombre de serviteurs, proportionné
- p.777 - vue 360/496
-
-
-
- 77§* *— Troisième Année, — N° 141.
- LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE 1809.
- Dimanche ii Septembre 18S7.
- à la puissance du mort, soient immolés. Les sacrifices humains ont d’ailleurs lieu régulièrement, chaque année, à des dates fixées par les prêtres ou mollas. Ces prêtres jouissent d’une très grande influence sur les Achantis qui, comme tous les noirs, sont superstitieux. Leur religion est une sorte de fétichisme mêlé à quelques pratiques de l’islamisme.
- Le costume du peuple achanti est des plus simples, — hommes et femmes sont vêtus d’une ceinture en peaux d’animaux ou d’un lambeau d’étoffe. — Ils ont le cou, les bras et les jambes ornés de colliers faits de dents d’animaux, de coquillages, et même chez les riches, de piécettes d’or.
- Le sol du royaume est fécond : Il produit en abondance le millet, la canne à sucre, le riz, le beurre végétal, les oranges, les ananas, les bananes ; le coton vient également bien, il est filé et teint avec succès par les naturels. Mais la grande richesse, c’est l’or. Il est très abondant dans cette région, et a valu à la côte voisine, le nom de * Côte de l’or ».
- Les animaux domestiques sont : des boeufs zébus de petite taille, des grands moutons à longues jambes, des chevaux presque nains, des poules et des chiens. Dans les grandes forêts, vit toute la faune équatoriale : lions, panthères, bulles, rhinocéros, hippopotames, singes et bien d’autres animaux, sans oublier les éléphants, dont la chasse est faite activement, l’ivoire étant une des marchandises les plus recherchées par le commerce.
- Les Achantis camperont au Jardin zoologique' d’Acclimatation pendant un mois environ. Ils ne peuvent manquer d’exciter au plus haut point la curiosité des Parisiens.
- LES LIVRES
- CXXIV
- Bérard-Varagnac — Portraits littéraires, ouvrage couronné par l’Académie française. Paris, Caïman Lévy in-18.
- Nous faisons un cas particulier de la critique et des ouvrages de critique. On y apprend beaucoup, parce qu’on y apprend tout ce qu’un homme de talent — nous supposons toujours que le critique a du talent — s’est donné la peine d’apprendre lui-même par des études consciencieuses et réfléchies. On n’y recueille pas seulement un enseignement littéraire ; on y recueille un enseignement moral. C’est faire œuvre non seulement d’esprit mais de caractère, que d’avoir une opinion. La grande leçon de la critique, c’est donc qu’elle nous enseigne à avoir une opinion. Tout lecteur est un juge. Le critique n’est qu’un magistrat du goût, posant des conclusions devant le tribunal du public. Par son exemple il nous forme donc au devoir d’avoir une opinion, de juger, de penser par nous-mêmes. Par son exemple, le critique nous rend en outre grand service. Il nous apprend l’art d’avoir une opinion, de la former, de la défendre. Car s’il n’y a qu’un goût, qu’une religion du beau, du vrai et du juste, dont la balance incorruptible nous sert à peser la valeur des ouvrages d’esprit il y a bien des manières d’avoir du goût. C’est au nom de la même loi, de la loi unique, que tous les jugements sont rendus. Mais tous les jugements ne sont pas rédigés de la même façon. Il y a bien des manières et bien des styles, et on peut le dire, quand on songe aux maîtres de la critique contemporaine bien des figures et physionomies diverses. Rien ne ressemble moins à un article de Sainte-Beuve qu’un article de M. Sche-rer.
- M. Bérard-Varagnac n’a ni droit ni prétention au titre de maître. C’est un lettré consciencieux, d’une culture intellectuelle solide et variée, d’une grande rectitude d’esprit, habitué aux bonnes méthodes de travail, aux bonnes disciplines d’esprit, jugeant les œuvres littéraires avec calme, avec impartialité, sans passion dans l’admira-îion comme dans le blâme. C’est un critique sans tempérament ni roman. Il juge selon la loi et la raison, avec la gravité enjouée, la finesse parfois délicate, l’urbanité etla mesure, qui sont dans
- son caractère et dans son état. Car cet excellent collaborateur du Journal des Débats, est aussi au Conseil d’Etat un des maîtres des requêtes les plus sérieux et les plus compétents.
- Comme opinion littéraire, il est, et il le confesse nettement en divers passages de son ouvrage, il est classique, non classique dans le sens aveugle, militant, intolérant du mot ; mais enfin il est classique de goût, de tendances, de préférences; ajoutons que ses opinions sont aussi d’un universitaire ; complétons enfin le portrait de ce portraitiste littéraire, en disant qu’elles sont aussi d’un doctrinaire, c’est-à-dire d’un homme à principes, à règles, d’un homme qui est à l’aise sur ce canapé du Journal des Débats qui paraîtrait dur et étroit à d’autres. L’école critique du Journal des Débats, l’école des Saint-Marc Girardin, des Silvestre de Sacy, des Cuveillier-Fleury, l’école dont Ernest Renan a été et est encore une gloire, l’école don t Philarète Charles fut toujours considéré par ses graves collègues, comme un membre suspect, à allures trop vives et trop brusques d’essayist, en bonne fortune, possède dans M. Bérard-Varagnac un représentant tout à fait digne d’elle, voyant par les lunettes froides et nettes à travers lesquelles Xavier Doudan considérait le monde, mais avec la malice en moins, et aussi une certaine grave gaminerie de philosophe en goguette qu’avait M. Doudan. Il y avait un peu de Stendhal, un peu de l’esprit pince-sans-rire de Beyle et de Mérimée dans M. Doudan.
- Il n’y a rien de pareil dans M. Bérard-Varagnac qui n’aime pas les plis à sa cravate blanche, d’une correction toute doctrinaire, qui a comme elle le goût pur, froid, un peu empesé et roide dans sa légèreté, qui préfère l’orthodoxie à l’originalité, dont le goût a toutes les probités, toutes les solidités de la bonne tradition classique et univer. sitaire, mais ne se permet point de malices à la Villemain, ni de colères à la Rivarol ou à la Cham-fort.
- On ne trouvera donc point grande nouveauté dans ces études, ces articles sur Georges Sand, sur Daniel Stern, Stendhal, Balzac, Victor Hugo, sur MM. de Viel-Castel, Mézières, Marc .Monnier Pierre Loti, Eugène Manuel, Paul-Albert, Scherer, Renan, de Laprade, Nisard. Mais on y trouvera des aperçus sensés, des notes justes, des analyses précises, des jugements tempérés et pondérés, une substantielle et agréable discussion critique. A peine de ci de là, quelque rare et discrète dis-sonnance. Ainsi à la page 33 il y a entre le langage, le style de Georges Sand et le style, le langage, l’improvisation cicéronienne de M, Castelar une comparaison imprévue, une assimilation risquée, qui nous ont un peu étonné. Page 149, à propos de M. de Viel-Castel et de son Histoire du théâtre espagnol, reparaît M. Emilio Castelar, pour l’éloquence duquel M. Bérard-Varagnac a décidément un faible et dont il mêle le portrait oratoire et parlementaire à une théorie du gongorisme qui peut paraître paradoxale.
- A propos enfin de M. Eugène Manuel (p. 219) nous le voyons féliciter le poète des Pages intimes de n’être point de cette école des « Parnassiens de ceux qui se plaisent, impassibles orfèvres, à ciseler des coupes vides » et nous ne pouvons nous empêcher de remarquer que Le conte de Lisle, Sully-Prudhomme, François Coppée, qui s’honorent d’être des « parnassiens » dans le bon sens du mot, ne passent pourtant pas leur temps à ciseler des coupes vides.
- Nous aurions mauvaise grâce à chicaner sur ces vétilles un esprit des plus distingués , des plus sérieux, des plus aimables, dont le goût est libéral, tolérant, qui sait garder le respect devant les énormités, les excentricités, que se permet, jouant dans son ivresse de géant, le génie de Vicror Hugo (l’étude développée, consacrée au grand poète est à notre sens, la meilleure du volume) et que les témérités et les subtilités de Pierre Loti trouvent indulgent.
- Nous nous bornerons tout en recommandant la lecture de cet ouvrage d’une saine et agréable sinon forte critique, justement honoré des suffrages académiques, à remarquer que le goût de M. Bérard Varagnac, s’il est juste et sûr, n’est ni assez haut,
- ni assez fier, ni assez libre pour donner l’impression magistrale. Il est gêné par deux œillères, l’œillère classique, l’œillère universitaire. Il voit bien devant lui, sur la grand-route blanche, bordée d’ormes séculaires. Il ne voit ni au-dessus, ni au-delà. C’est de la critique très sûre au détail, moins heureuse à l’ensemble, delà critique qui voit surtout bien de près, de la critique de myope avec la curiosité, la finesse discrète, le sourire indécis des vues faibles et courtes, condamnées à l’exactitude dans les premiers plans sans pouvoir se permettre l’audace et la volupté des sommets ardus, des profonds et lointains horizons.
- M. de Lescure.
- BIBLIOGRAPHIE
- Nos métiers à travers les âges
- M. François Husson, rédacteur en chef de l’Echo des Chambres syndicales, vient de publier sous ce titre : Nos métiers à travers les âges (1), un ouvrage très curieux, que nous sommes heureux de recommander tout particulièrement à nos lecteurs. — C’est un livre de science, écrit par un homme qui a vieilli dans l’industrie, et il contient, sous une forme claire et précise, l’histoire du travailleur français.
- M. Husson prend l’artisan à ses débuts, c’est-à-dire l’homme primitif, cet être faible et sans armes, aux prises avec les forces de la nature. Il le montre créant son premier outillage et ses premières industries; puis il le suit à travers les siècles jusqu’aux temps modernes, et, dans ce vaste travail, il expose toutes les transformations des industries de la construction.
- La première étude porte sur l’outillage et le matériel de la construction dans les temps préhistoriques et anciens : la seconde sur l’industrie de la construction aux temps préhistoriques, les premières- habitations, les cités lacustres, et sur l’industrie de la construction chez les peuples antiques ; — la troisième qui intéressera particulièrement un grand nombre de nos lecteurs, porte sur l’état de diverses industries, du moyen âge au xvme siècle ; — enfin, la quatrième porte sur les corporations des métiers, dont le passé a été parfois si glorieux, et sur quelques questions de grande importance- C’est donc tout ce qui touche aux métiers du bâtiment que l’auteur a fait entrer dans son livre, et, si l’on est effrayé de la quantité d’études et de recherches qu’il a dû s’imposer avant de l’écrire, on n’est pas moins surpris de la forme toujours attachante, sous laquelle il a présenté les fruits de ces études.
- Ajoutons que M. Husson vient de recevoir les palmes académiques.
- LES THEATRES
- Nous sommes en pleine période de réouverture.
- L’Odéon, suivant de près la Comédie-Française, a ouvert en reprenant la Claudie de George Sand, qui avait clôturé la dernière saison. Il y a eu quelque déception, car on pensait assister aux débuts des jeunes lauréats du Conservatoire engagés à la suite des derniers concours par M. Porel ; mais au dernier moment un ukase administratif est venu s’opposer à ces débuts et obliger M. Porel à changer son affiche de réouverture. Le directeur de l’Odéon avait, la chose est grave, négligé d’aviser l’administration des engagements faits au Conservatoire et pour lesquels l’assentiment des bureaux était indispensable : on le lui a fait bien voir.
- En fait de débuts nous n’avons donc eu ce soir-là que ceux du rideau de fer qui débutera sur toutes nos scènes parisiennes : on s’est accordé à trouver celui de l’Odéon assez peu heureusement décoré.
- Quelques jours après sa réouverture, le même Odéon donnait sa première soirée populaire. On jouait DonSanche d'Aragon, cette comédie héroïque
- (1) Un vol. in-18. Prix, 3 fr. 5o. A Tours, à l’imprimerie E. Arrault et Cie.
- p.778 - vue 361/496
-
-
-
- Troisième Année. — N° 141.
- de Corneille absolument inconnue de notre ge'né-ration. Notre génération aurait pu continuer à ignorer Don S anche d'Aragon, sans que la gloire de l'auteur du Cid ait rien à y perdre, car c’est plutôt de l’ennui qu’autre chose que distillent ces trois actes plus incohérents que gais.
- Comme l’Odéon rouvrait ses portes, les Menus-Plaisirs qui, par un rare privilège avaient pu laisser les leurs ouvertes pendant t'out l’été, inauguraient leur nouvelle direction en conviant la presse à la reprise de la Petite Mariée et à la première représentation du Chevalier timide, un petitacte de M. Busnach, musique M. de Missa qui, vu l’heure à laquelle il a été donné, n’a guère pu être entendu que par les banquettes.
- Quant à la Petite Mariée, l’impression qui res-* sort le plus clairement de cette reprise c’est que le temps est loin, hélas 1 où ce trio désopilant : Jeanne Granier , Berthelier, Vauthier en assurait le triomphe. Il ne faudrait pas croire, cependant, que les nouveaux directeurs n’aient tenté aucun effort pour donner un cadre digne de lui au chef-d’œuvre de Lecocq. Il n’y a même que des éloges à leur décerner pour avoir recruté un orchestre comme il en est peu dans nos théâtres de genre. Les artistes eux-mêmes ont été triés sur le volet du Conservatoire et certes, ce n’est pas de leur faute si les rôles principaux delà Petite Mariée évoquen le souvenir écrasant des créateurs.
- A Cluny c’est par trois reprises qu’a été inaugurée la saison : la Chaîne anglaisée de Labiche, Brouillés depuis Wagram et la célèbre bouffonnerie musicale d’Offenbach : M. Choufleuri restera chei lui le... faisaient les frais du spectacle de réouverture où l’on s’est suffisamment amusé et qui donnera à la direction le loisir nécessaire pour monter la pièce nouvelle que le public de Cluny attend avec impatience de la direction de M, Marx.
- Saint-Georges.
- --------——-----------------------
- LE BON MARCHÉ
- EXPOSITION DE TAPIS
- ET AMEUBLEMENT
- De toutes les expositions, si belles et si réussies» qui ont eu lieu cette année, dans les grands magasins du Bon Marché, celle des tapis et ameublements fixée au 1 g septembre, sera certainement Lune des plus intéressantes.
- L'emploi des tapis dans l’ameublement moderne devient de plus en plus considérable, grâce aux progrès réalisés par l’industrie qui produit aujourd’hui, dans des conditions fort économiques, des tissus destinés à décorer les appartements.
- Il n’y a pas encore bien longtemps, les tapis étaient réservés aux habitations luxueuses; le parquet était ciré dans les demeures plus modestes.
- Avant 1789 les tapis ne se trouvaient que dans les palais des grands seigneurs qui pouvaient se les procurer dans les manufactures royales de tapisseries ou chez quelques artisans habiles qui reproduisaient les modèles de ces manufactures à des prix très élevés. Ce fut principalement autour des villes d’Aubusson et deFelletin, dans le département de la Creuse, que l’industrie du tapis se fixa à une époque très reculée : Aubusson qui, dès 1665, fut autorisée par Louis XIV à prendre le titre de Manufacture Royale, fournissait les tapis de qualité supérieure et Felletin les tapis communs. Cette fabrication s’établit également à Amiens, Abbeville et à Rouen qui produisirent surtout des moquettes. De son côté l’Angleterre se préoccupait d’arriver à tisser des tapis de qualité inférieure à des prix sensiblement supérieurs à ceux de nos fabricants.
- Vers 1827 on commença à produire en France le tapis à points noués. Une dizaine d’années après, l’emploi de la laine ne fut plus exclusif et on vit paraître pour ces tissus l’usage du coton et du chanvre dans la chaîne. Le métier Jacquard devait bientôt après révolutionner cette fabrication comme toute l’industrie du tissage ; les progrès
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 18S9
- réalisés depuis en France ont été considérables non seulement au point de vue de la solidité-et du moelleux des tapis mais aussi dans les dessins élégants et avec tons riches reproduits d’après les tissus exportés de l’Orient et de l’Hindoustan.
- La France fournit actuellement des tapis riches dans le monde entier, nos tapis ordinaires même luttent avec avantage contre ceux de l’Angleterre et nous arrivons à livrer à des prix extrêmement bas des tapis de jute et des feutres.
- Aubusson continue à être un des centres importants de cette industrie pour les tapis les plus divers mais principalement pour les veloutés : la moquette est préparée surtout à Tourcoing, à Beauvais, à Abbeville et à Amiens.
- Nous ne saurions ici entrer dans les détails de cette fabrication si importante et nous allons, en passant en revue l’exposition si belle et si complète des tapis Français présentés par la maison Boucicaut, faire ressortir les qualités des principaux tissus. Les tapis moquette sont ceux le plus généralement recherchés. La maison du Bon Marché a la propriété de la production entière de plusieurs importantes fabriques de Tourcoing ; aussi le Bon Marché se trouve-t-il en mesure de livrera sa clientèle des moquettes dont le prix est extrêmement modéré par rapport aux qualités des tissus. La moquette est composée d’un velours fourni par une chaîne de poil en laine et lié par un tissu de fils de lin très forts. Les fils de laine du poil sont d’une seule couleur ou de couleurs différentes ; quant auxffils de lin qui restent invisibles à l’endroit de l’étoffe, ils sont généralement noirs ou gris. La moquette qui se fabriquait autrefois à la main, est aujourd’hui presque exclusivement tissée au métier Jacquard spécialement approprié pour ce travail. On trouve actuellement des moquettes imprimées des teintes les plus variées à des prix relativement bas. Les dessins persans ou indiens des moquettes du Bon Marché sont de meilleur goût ; nous signalerons les moquettes, spécialement fabriquées pour la maison Boucicaut ayant l’épaisseur des tapis de Smyrne. Ces moquettes sont exposées dans tout le premier étage transformé en une immense galerie de vente : tous ces tapis sont, comme nous l’avons dit, tissés au métier mécanique Jacquard ; les dessins qui les ornen.t sont la propriété du Bon Marché. A côté se trouvent des tapis .moelleux des mieux choisis pour appartement complet, imitation Smyrne , ces tapis ont un mètre de largeur; nous croyons ces nouveaux modèles appelés à un très grand succès.
- Le Bon Marché a également acquis la propriété d’une nouvelle moquette dite Excelsior pouvant servir pour tapis et même pour ameublement : ce tissu d’une grande souplesse a la finesse du velours et sera justement apprécié.
- Nous devons, dans cette exposition de tapis français, attirer l’attention sur les grandes carpettes en moquette tissée sur un métier mécanique Jacquard d’une largeur de 3m70 de beaur coup supérieure à celle des métiers généralement usités qui tissent des moquettes de im40 2m3o et 2m8o.
- Ces tapis d’une seule pièce sont d’une fabrication qui fait le plus grand honneur à l’industrie moderne. Félicitons la maison Boucicaut d’avoir su devenir propriétaire de cette nouvelle fabrication. L’usage de la carpette, qui avait été un peu abandonné il y a quelques années, tend à s’introduire de nouveau, car ces tapis d’un enlèvement facile permettent de transformer aisément les salons de réception en salles de bal, les jeunes gens et les jeunes filles verront avec plaisir leurs parents remplacer leurs anciens tapis parles belles carpettes du Bon Marché.
- C’est surtout dans les deux grandes galeries du rez-de-chaussée que les visiteurs pourront admirer les magnifiques tapis d’Orient que le Bon Marché est parvenu à réunir pour ses clients dans ces splendides galeries, magasins transformés en véritable marché oriental. Le visiteur peut se croire transporté dans un palais de Constantinople en face des beaux tapis de Smyrne.
- Ce qui fait la qualité des tapis d’Orient, c’est que dans ces tissus il n’entre absolument que de la belle laine nouée brin par brin. Les Orientaux, par
- Dimanche ii Septembre 18S7. —779.
- une routine dont on ne saurait les blâmer en cette occasion, ne modifient pas la fabrication de leurs étoffes et continuent à produire des tapis moelleux d’une durée presque indéfinie.
- Les tapis de Smyrne justement renommés viennent principalement d’Ouchac où l’on fabrique des tissus à haute laine; la production de ces tapis est considérable et les acheteurs du Bon Marché y font chaque année un choix important qui a été cette fois particulièrement heureux. Ces tapis doux et épais, d’un chaud coloris, fournissent de magnifiques tapis de salon. Nous avons également remarqué de très artistiques tapis en soie arménienne dont les dessins aux reflets d’or sont de véritables merveilles de bon goût.
- On trouve aussi des tapis Turcomans, pièces d’amateur hors ligne, et des tapis persans remarquables par leur tissu fin et parles dessins du Korassan.
- Plus loin se trouvent les tapis anciens du Daghestan, magnifiques pièces de collection qui se recommandent aux amateurs les plus délicats. Ces tissus à haute laine destinés à servir de tapis de prière dans les mosquées, peuvent être utilisés également pour garnir les meubles et les divans. Les acheteurs du Bon Marché ont été chercher jusqu’aux Indes une superbe collection de tapis d’une richesse de dessin étonnante ; les visiteurs ne manqueront pas d’admirer les grands tapis de réception dont la longueur atteint dix mètres. Ces pièces rares, véritables chefs-d’œuvre de patience, ont demandé plus de cinq ans de travail aux tisseurs célèbres d’Agra, Lahore, Mirzapoore, etc.
- Les tapis du Cachemire, en laine du Thibet, que nous avons vus dans les magasins du rez-de-chaussée, constituent des pièces du goût artistique le plus délicat.
- Le Bon Marché a également acquis la propriété de remarquables tapis de Puschmina en laine très soyeuse ayant le velouté et les beaux reflets de la peluche ; ce sont là des pièces de collection qui seront appréciées à leur valeur par les amateurs auxquels nous recommandons aussi la magnifique collection de galeries de tapis anciens fort rares de Perse, de Turquie d’Asie, etc., et les grands tapis carrés de Chamathi ; ces tissus brodés constituent un véritable travail de fée.
- La vogue des tapis d’Orient a été si considérable que le Bon Marché a tenu à faire reproduire en, fabrication française les plus beaux tapis du Daghestan et de la Perse; c’est ainsi que nous trouvons dans cette remarquable exposition les nouvelles carpettes mauresques dont le tissu de laine d’une grande souplesse reproduit, à s’y méprendre, les tapis anciens de la Mecque, aux reflets de soie ; ces tapis sont fabriqués sur une largeur qui atteint trois mètres. Toute cette nouvelle fabrication est la propriété du Bon Marché et fait le meilleur effet même à côté des Daghestans, tapis de Perse, tapis de Minarets dont la richesse de dessin est si remarquable.
- Nous terminerons la revue de cette exposition de tapis en disant quelques mots du Daghestan vénitien d’une forme absolument nouvelle reproduisant des dessins de Murano et dont la frange est en soie italienne d’une grande beauté ; ces tissus se fabriquent en France sur des métiers simples, il n’a pas encore été possible de les fabriquer au métier mécanique.
- La fabrication des tapis français est encore dignement représentée par une splendide collection de tapisseries de Felletin, reproduction fidèle de panneaux style Louis XIV et Louis XV d’une étonnante richesse de coloris dont le Bon Marché s’est assuré la propriété.
- Nous devons également faire remarquer les Portières de Karamanie, tissu très fin double face, dispositions riches avec encadrements, anciennes ou modernes, hauteur variant de 3 à 4 m., largeur de 1 m. 5o à 1 m. 80 pouvant s’employer pour meubles, sièges, coussins, rideaux et portières, toutes pièces rares et très recherchées, pour bibliothèques, fumoirs et ateliers d’artistes.
- Portières de Djijin — Ces portières sont brodées à la main, et faites de bandes rapportées, tons vifs ou éteints, s’alliant très bien avec tous les ameublements.
- p.779 - vue 362/496
-
-
-
- s;8o — Troisième Année. — N° 141
- Broderies anciennes et modernes de Chine, de Turquie et de Perse
- Chine. — Une collection de grands rideaux en satin chargés d’admirables broderies ciiinoises anciennes et modernes pouvant convenir pour tentures, dessus de lits, couvertures de pianos et tapis de table.
- Turquie. — Broderies anciennes et modernes pour rideaux ; écharpes s’employant pour dessus délits, voiles de fauteuil, applications sur étoffes, ouvrages de dames, etc...
- Serviettes turques, brodées de charmants motifs aux deux extrémités, pouvant se découper et s’employer pour garnitures de costumes, applications sur soie, peluche ou drap.
- Perse. — Un grand choix de gilets persans, brodés à l’aiguille en cordonnet de soie, très fins, très anciens, de coloris doux et fondus, pouvant être utilisés pour sièges, coussins, applications, voiles de fauteuils, etc.
- Fabrication française de Broderies modernes sur peluche de soie et satin pour tapis, coussins, dessus de pianos, etc.
- Le Comptoir spécial de tapis de table, fabrication française, renferme de grandes variétés de dessins en toutes tailles, nuances et coloris, pouvant aller avec les étoffes d’ameublement dont nous voulons aussi dire quelques mots en passant :
- AMEUBLEMENT
- Côté des tissus. — Au milieu d’un amoncellement de toiles peintes, de lainages, de lampas, de brocarts aux couleurs les plus chatoyantes et qui sonten grande partie des propriétés exclusives de lu maison, on remarque une quantité considérable de rideaux confectionnés, s’appropriant à toutes sortes d’ameublement, depuis le modeste rideau de toile ou tissu végétal, jusqu’auxrideaux de soie ou de peluche brodée du goût Te plus recherché.
- Les panneaux tirés de nos tapisseries anciennes, d’une copie très exacte, font l’admiration des visiteurs.
- Tapisserie. — Nous recommandons à l’attention les sièges de forme orientale, et plus particulièrement ceux couverts en velours de Bulgarie ; ce tissu a été l’objet de grandes recherches, et est d’un goût vraiment artistique.
- Dans la partie réservée à la tapisserie, tous les styles sont représentés et traités avec le plus grand soin, l’ameublement moderne captive par sa hardiesse et sa haute fantaisie.
- Ébénisterie. — Ce comptoir ne laisse rien à désirer sous le rapport du chois pour le mobilier courant, mais ce qui frappe le plus, c’est la quan tité de petits meubles de luxe en tous styles, reproduction de nos musées nationaux.
- Comme complément, nous trouvons groupé une collection unique de meubles . vénitiens, d’une richesse décorative remarquable,
- La visite de cette belle exposition prouve que, fidèle à sa devise, le Bon Marché arrive à fournir des pièces artistiques à un prix réellement bien modéré. Les visiteurs pourront y trouver des tapis destinés à couvrir le parquet des salons aussi bien que les meubles en tapisserie aujourd’hui si à la mode,, des tapis de table, des rideaux, des portières, étoffes de coussins qui donnent tant d’harmonie à l’ameublement moderne et font valoir les curiosités de la Chine, du Japon et de la Perse que l’on trouve disposés avec goût sur les meubles
- des salons parisiens au milieu des arbustes et des
- plantes exotiques.
- Le Bon Marché a réuni aussi une grande collection de bronzes, étoffes, porcelaines, ivoires du Japon et de la Chine dont l’acquisition fait le plus grand honneur au goût des acheteurs que la maison Boucicaut envoie aux confins de l’extrême Orient à la grande satisfaction ' de la clientèle qu’elle arrive à contenter, grâce à des efforts sans cesse renouvelés. Nous avons, en visitant l’extreme Orient, éprouvé les plus grandes difficultés à réunir quelques souvenirs de voyage et presque toujours à des prix fort élevés ; quel n’a pas été notre étonnement en retrouvant dans les grands
- LE MONITEUR. DE L’EXPOSITION DE 18S9
- magasins de la maison Boucicaut, à des prix absolument surprenants de bon marché, les délicieux objets que nous avions tant admirés en Chine et plus particulièrement au Japon.
- C’est avec le plus vif plaisir que nous avons fait, dans les splendides magasins du Bon Marché, l’intéressante visite que ses clients si nombreux ne manqueront pas de faire à leur entière satisfaction. Car ils y trouveront des tapis, des tentures, meubles, objets d’art de très bon goût, à un prix de bon marché que la maison Boucicaut peut réa liser grâce à son admirable organisation, à son habile direction et à l’infatigable zèle de ses agents qui parcourent le monde entier pour satisfaire sa clientèle.
- Baille.
- CHEMINS DE FER DE L’OUEST
- EXCURSION S
- SUR LES
- ET
- EN BRETAGNE
- Billets Circulaires, valables pendant un mois (1
- F» Classe 2e Classe
- 1er Itinéraire .... 60 fr. » — 45 f'r »
- Paris. _ Rouen. — Le Havre. — Fécamp. — Saint-Yalery. — Dieppe. — Le Tréport. — Arques. — Forges-les-Eaux. — Gisors. — Paris.
- 2e Itinéraire .... 60 fr. » — 45 fr. »
- Paris. — Rouen. — Dieppe. — Saint-Valéry. — Fécamp.
- — Le Havre. — Honfleur ou Trouville-Deauville.
- — Caen. — Paris.
- 3e Itinéraire .... 80 fr. » — 65 fr. »
- Paris. — Rouen. — Dieppe.— Saint-Valéry. —Fécamp.
- — Le Havre. — Honfleur ou Trouville. — Cherbourg.
- — Caen. — Paris.
- 4e Itinéraire .... 00 fr. » — 70 fr. »
- parig. — Granville. — Avranches. — Mont-Saint-Michel. — Dol. — Saint-Malo. — Dinan. — Rennes
- — Le Mans. — Paris.
- 5e Itinéraire .... 100 fr. » — 80 fr. »
- pariS._ Cherbourg. — Coutances. — Granville. — Avranches. — Mont-Saint-Michel. — Dol. — Saint-Malo. — Dinan. — Rennes. — Le Mans. — Paris.
- 6e Itinéraire .... 100 fr. » — 80 fr. »
- Paris. — Rouen. — Dieppe. — Saint-Valéry. — Fécamp.
- — Le Havre. — Honfleur ou Trouville. — Caen. — Cherbourg. — Coutances. — Granville. — Dreux.
- — Paris.
- 7* Itinéraire .... 120 fr. » — 100 fr. »
- Paris. — Rouen. — Dieppe. — Saint-Valéry. — Fécamp.
- — Le Havre. — Honfleur ou Trouville. — Caen.
- — Cherbourg. — Coutances. — Granville. — Avranches. — Mont-Saint-Michel. — Dol. — Saint-Malo.
- — Dinan. — Rennes. — Laval. — Le Mans. — Chartres. — Paris.
- 8e Itinéraire .... 120 fr. « — 100 fr. «
- Paris. — Granville. — Avranches.— Mont-Samt-Michel. Dol. — Saint-Malo. — Dinan. — Saint-Brieuc. — Lânnion. — Morlaix. — Roscoff. — Brest. — Rennes.
- — Le Mans. — Paris-.
- 9e Itinéraire. . . . 130 fr. » — 110 fr. »
- Paris. — Caen. — Cherbourg. — Coutances. — Granville. — Avranches. — Mont-Saint-Michel. — Dol. Saint-Malo. — Dinan. — Saint-Brieuc. — Lannion.
- — Morlaix. — Roscoff. — Brest. — Rennes. — Vitré. —Laval. — Le Mans. — Chartres. — Paris.
- NOTA. — Les prix ci-dessus comprennent les parcours en bateaux et en voitures publiques, indiqués dans les Itinéraires.
- Les billets sont délivrés à Paris, aux gares Saint-Lazare et Montparnasse et aux bureaux de ville de la Compagnie.
- (1) La durée de ces billets peut être prolongée d’un mois, moyennant la perception d’un supplément de 10 %, si la prolongation est demandée, aux principales gares dénommées aux itinéraires, pour un billet non priêmé.
- Dimanche ii Septembre 1887.
- SAISON DES BAINS DE MER
- jusqu’au 30 septembre
- Billets d’aller et retour valables pendant quatre
- jours, du samedi au mardi
- Ces billets peuvent être délivrés et utilisés dès
- le vendredi matin
- Prix au départ de Paris, pour :
- Isolasse 2e classe
- fr. c. fr. c.
- Le Tréport 33 20 23 60
- Saint- Taléry 28 60 25 20
- Le Crotov (Rue) 29 40 25 7 0
- Berck (Verton) 33 » 30 4 5
- 33 50 21) 3 5
- Boulogne 3/ 40 32 85
- Wi mille-Wimereux 38 60 33 65
- Amblcteuse Audresselles
- Wissant (Marquise) 40 » 35 »
- Cm 1m. i s 41 » 38 35
- G rave line 45 10 39 40
- Dunkerque * 45 10 39 40
- CHEMIN DE FER DE PARIS A ORLÉANS
- EXGUH.SÏÛMS
- Aux Stations hivernales et balnéaires
- des PYRÉNÉES
- Des Billets d’ALLER et RETOUR, avec réduction de 25 °/0 sur les prix calculés au Tarif général d’après l’itinéraire effectivement suivi, sont délivrés toute l’année, à toutes les Stations du réseau de la Compagnie d’Orléans, pour Arcachon, — Bagnères-de-Bigorre, — Bagnéres-de-Luchon, — Biarritz, — Hendaye, — Laruns-Eaux-Bonnes, — Pierreîitte-Nestalas, — Pau et Saint-Jean-de-Luz.
- Durée de Validité : 10 jours, non compris les jours de dépari et d’arrivée
- Les Billets d aller et retour sont délivrés par l’itinéraire le plus court. Toutefois les Voyageurs peuvent à leur gré choisir, soit pour l’aller, soit pour le retour, un autre itinéraire abrégeant la durée du voyage. Dans ce cas, les prix des Billets sont établis d’après les parcours choisis, lesquels sont mentionnés sur les Billets d’aller et retour,
- Exceptionnellement, les Voyageurs porteurs de Billets d’aller et retour pour Biarritz peuvent descendre à Bayonne à l’aller et repartir de cette gare au retour.
- Au départ de Paris, les Billets sont délivrés à la gare de la Compagnie d’Orléans, quai d’Austerlitz, et dans tous les Bureaux de ville de la Compagnie à Paris.
- Au départ des autres gares du réseau d’Orléans,
- les Billets doivent être demandés au Chef de gare,, trois jours avant celui du départ.
- CHEMIN DE FER DE PARIS A ORLÉANS
- EXCURSIONS
- en AUVERGNE et dans le LIMOUSIN
- permettant de visiter
- Le Mont-Dore, La Bourboule, Royat Clermont-Ferrand, Néris et Evaux
- Avec arrêt facultatif à toutes les gares du parcours
- La Compagnie d’Orléans délivre du 15 Juin au 30 Septembre, des billets d’excursions en Auvergne et dans le Limousin, valables pendant 30 jours, au départ de Paris, aux prix réduits ci-après :
- lrc classe 108 fr. ; 2e classe 81 fr.
- ITINÉRAIRE :
- Paris, Vier/on, Bourges, Montluçon, Chamblet-Néris (bains de Néris), Evaux (bains d’Evaux), Eygurande, Laqueuille (bains du Mont-Dore et de La Bourboule), Royat (bains de Royat), Clermont-Ferrand, Largnac, Ussel, Limoges (par Tulle, Brive et St-Yrieix, ou par Eymoutiers), Vierzon et Paris.
- Le Gerant, GARREAU.
- Tours. — lmp. E. ARRAULT et C* 1', rue de la Préfecture, 6
- p.780 - vue 363/496
-
-
-
- Moniteur
- DE
- L'EXPOSITION DE 1889
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
- TROISIÈME ANNÉE.
- SOMMAIRE :
- 1. Les travaux du Champ-de-Mars ; 2. Circulaire du Ministre de la Marine et des Colonies; 3. Circulaire du président du Comité d’admission de la classe 61 ; 4. Bureaux des Comités départementaux: Isère, Lozère, Marne, Savoie; 5. Les délégués ouvriers à l’Exposition; 6. L’Exposition et l’Italie; 7. Echos; 8. Sciences et Industrie; 9. L’Exposition des Bières françaises; 10. L’Exposition de Toulouse; 11. Les Expositions flottantes; 12. Le Congrès pour l’avancement des sciences ; i3. Variétés; 14. Les Livres ; 15, Avis commerciaux ; 16. Les Théâtres.
- Les préparatifs de l’Exposition universelle, qui n’ont jamais subi aucun ralentissement soit dans les usines, soit dans les bureaux, vont ^cependant reprendre une activité plus grande. Les réunions des comités, qui avaient été forcément suspendues pendant quelques semaines par suite de l’absence de leurs membres, vont se tenir de nouveau dès le retour prochain de M. le ministre du commerce et de l’industrie. M. Georges Berger, directeur de l’exploitation, vient de reprendre son service, après avoir fait divers voyages dans les départements. Quant à M. Alphand, directeur général des travaux, il n’a pas quitté Paris. Comme on a pu s’en rendre compte par nos articles hebdomadaires, les constructions du Champ-de-Mars avancent avec une rapidité qui donne la certitude que le gros .œuvre sera totalement terminé et prêt à être livré à l’exploitation dès le milieu de l’année 1888. La tour Eiffel s’élève à vue d’œil sans arrêts et sans accidents; elle sera complètement achevée vers la fin de décembre 1888.
- Les demandes d’admissions arrivent en bon nombre, et il est question de fixer au ier avril prochain la date extrême de leur dépôt.
- On a paru s’inquiéter de la participation des étrangers à l’Exposition, et l’on a supposé que les mesures à prendre à l’étranger pour faciliter cette participation seraient trop compliquées et feraient perdre un temps précieux. Il n’en est rien : tous nos agents diplomatiques ont reçu depuis un mois des instructions précises qui les mettent en état de seconder, d’une façon immé-.diate et effective, les efforts des comités qui se forment à l’étranger officiellement ou par l’initiative privée. Ces instructions portent d’ailleurs que, en attendant le fonctionnement régulier des comités, les exposants étrangers peuvent s’adresser directement à Paris, à M. Georges Berger.
- Sans avoir besoin d’énumérer en détail les mesures administratives prises pendant ces derniers mois pour préparer l’Exposition, il suffit, pour démontrer les progrès accomplis, de rappeler qu’au 10 septembre 1876, dix-huit mois avant la date de l’ouverture de l’Exposition de 1878, c’est-à-dire dans un délai égal à celui qui nous sépare de 1889, les services du commissariat général venaient d’être constitués, que le règlement général seul était arrêté, et que les plans d’ensemble étaient à peine terminés sur le papier.
- Un grand nombre d’exposants ont déjà envoyé leurs demandes, beaucoup se préparent à faire cet envoi, et on ne saurait trop les engager à se hâter. Il dépend de ces derniers que l’administration supérieure de l’Exposition ait le temps indispensable de faire, dans les conditions les plus avantageuses pour tout le monde, la répartition des places nécessaires.
- Dimanche 18 Septembre 1887.
- EXPOSITION UNIVERSELLE
- DE 1889
- LES TRAVAUX DU CHAMP-DE-MARS
- Nous avons terminé notre dernière chronique en annonçant le commencement des travaux destinés à transformer en jardins et parcs l’énorme étendue de terrain, limitée, par le palais des industries diverses, ceux des Beaux-Arts et des Arts libéraux, rejoignant les anciens parcs et se prolongeant jusqu’au quai ; nous avons même fait remarquer que le jalonnement était commencé; revenons un peu sur cette question, d’une importance capitale au point de vue décoratif.
- Il nous a été donné d’examiner à loisir le plan général de cette portion du Champ-de-Mars et nous allons essayer de le décrire aussi clairement que possible.
- L’ensemble du projet comprend trois parties qui, bien que distinctes, sont combinées de manière à former un tout homogène, présentant une harmonie parfaite. La première partie, comprise entre les trois corps de bâtiment du palais de M. Bouvard, constitue le jardin haut, de plain pied avec le sol général de l’Exposition, c’est-à-dire à la cote 35,60. C’est un jardin à la française composé d’un bassin central, octogonal curviligne, placé entre deux pelouses en fer à cheval, dont les formes épousent celles du bassin ; les côtés sont occupés par deux autres pelouses allongées, encadrées par des plates-bandes se retournant deux fois à angle droit et limitant le jardin. De nombreux motifs décoratifs et quelques kiosques, réservés à divers usages, agrémenteront ce jardin sur lequel s’ouvriront les vérandas, courant le long des bâtiments principaux, et d’où on jouira d’une vue délicieuse, s’étendant jusqu’au Trocadéro ; enfin des abris légers, placés sur deux rangs entre les pelouses, peTînettront aux visiteurs de se reposer hors des atteintes du soleil ou de la pluie.
- La surface comprise entre le palais des Beaux-Arts et celui des Arts libéraux est réservée au jardin central, le plus important sans contredit, c’est celui par lequel on a commencé le tracé. Il sera en contre-bas du jardin haut, formant une cuvette dont les bords seront à la cote 34 et le centre à la cote 33,65. ce qui donnera 1 rng5 et im6o de différence de niveau.
- On accédera de l’un à l’autre des deux jardins au moyen de quatre larges escaliers, ceux des angles ayant une forme arrondie d’un gracieux effet. Comme la même différence de niveau existera entre le jardin et les terrasses s’étendant devant les palais, quatre autres escaliers droits seront ménagés pour assurer les communications faciles entre les différents* points, et viendront rompre l’uniformité des balustrades bordant les terrasses. Entre les escaliers, des talus fleuris rempliront les vides et compléteront l’enceinte de la cuvette.
- Vers la Seine, le terrain, par une pente douce, rejoindra le niveau général de manière que, du côté de la perspective, la vue ne soit gênée par aucun obstacle. Le milieu du jardin sera occupé par deux bassins semblables à celui du haut, également encadrés par des pelouses ; quant aux côtés, on les transformera en jardins anglais dans lesquels de nombreux chemins et
- NUMÉRO 142.
- sentiers serpenteront à travers les massifs et les valonnements. On y verra aussi des motifs décoratifs disséminés en maints endroits.
- A cheval sur les deux jardins et entre les escaliers du milieu, se trouvera un bassin de 40 mètres de largeur, servant de réservoir à une fontaine monumentale, œuvre d’un habile statuaire, M. Coutan.
- Cette fontaine représentera la France, escortée d’un côté par la Science et l’Industrie, de l’autre par l’Art et l’Agriculture, et voguant, suivant le cours de la Seine, sous la direction de son génie protecteur. Le monument sera à trois étages et formera deux cascades qui viendront se perdre dans le bassin inférieur ; l’étage supérieur servira de base au groupe principal, c’est-à-dire à la France, tenant une torche dans la main et debout au milieu d’un navire, dont l’avant portera comme emblème une tête d». bélier et l’arrière sera occupé par une figure dv femme tenant le gouvernail. Une autre femme, tenant un aviron dans ses mains et sortant d’une touffe de roseaux, représentera la Seine sur le devant du bassin inférieur. Les divers symboles accessoires seront également personnifiés par des figures féminines.
- L’eau sortira de cornes d’abondance tenus par de petits génies placés sur les bords. L’ensemble de cette fontaine sera d’un très bel effet.
- Le troisième jardin, qui ne sera du reste que la continuation de celui du milieu, comprendra le terrain occupé par la tour de 3 00 mètres et les parties encore existantes des anciens parcs avec leurs pièces d’eau et leurs massifs dont on changera légèrement la disposition en ménageant des chemins d’accès spéciaux aux bâtiments de l’exploitation.
- L’espace vide entre les quatre pieds de la tour a reçu une autre destination que celle primitivement arrêtée et qui consistait à établir en cet endroit un théâtre avec des cafés, ainsi qu’il est indiqué dans le plan que nous avons publié dans le numéro du 12 décembre 1886; ces constructions auraient coupé la perspective, cette considération a fait prendre tout dernièrement une décision modifiant le projet primitif et restituant l’espace couvert par l’œuvre de M. Eiffel au service des plantations, la portion de terrain en question sera donc convertie en jardin. La disposition adoptée est celle de deux pelouses situées, l’une entre les pieds 1 et 4. l’autre entre les pieds 2 et 3 et laissant entre elles, au centre, une surface libre qui sera occupée par un bassin au milieu duquel s’élèvera une fontaine dont l’exécution a été confiée à un sculpteur de grand talent, M. Francis de Saint-Vidal.
- Avec une bonne grâce parfaite,l’auteur a bien voulu nous faire voir la maquette de son œuvre qui nous a absolument charmé tant au point de vue de la conception qu’au point de vue de l’exécution.
- Le projet était difficile; par sa situation même, sous ce gigantesque édifice métallique, le motif choisi ne devait pas être trop petit : il eût été perdu ; de grandes dimensions, il aurait eu l’air de vouloir, inutilement, entrer en lutte avec son colossal abri ; l’artiste s’est heureusement tiré de cette difficulté en adoptant un moyen terme et surtout en s’attachant à donner aux diverses parties d’harmonieuses proportions, faisant du tout un ensemble bien personnel.
- La fontaine proprement dite, d’une hauteur de 9 mètres, au centre d’un bassin de 24 mètres de diamètre, se compose d’une grande vasque,
- p.781 - vue 364/496
-
-
-
- 782. — Troisième Année. — N° 142.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1S89
- Dimanche 18 Septembre 1887.
- dentelée sur son pourtour, divisée en cinq lobes égaux par autant de socles se réunissant au milieu pour servir de soutient au motif central constitué par une sphère émergeant de touffes gracieusement disposées et surmontée d’un groupe d’allégories figurant le Jour, la Nuit, PAmour... etc., en un mot les principales caractéristiques de la Vie.
- Chaque socle supporte une figure de femme personnifiant une des cinq parties du monde avec l’expression et l’attitude qui lui sont propres ; l’effet voulu est supérieurement obtenu : l’Europe, calme et fière, porte les attributs de la civilisation ; l’Asie, indolente, est mollement étendue dans une pose pleine d’abandon ; l’Afrique, chargée de chaînes, indices de l’esclavage, se tient dans une posture craintive lais-’ sant entrevoir une envie de révolte ; une jambe à moitié pliée, prête à s’élancer, l’Amérique porte bien sur son visage l’audace et l’énergie d’un peuple qui ne doute de rien et qu’une activité incessante dévore ; enfin, l’Océanie exprime bien le pays non encore civilisé, adonné aux superstitions et à la cruauté. Des plis formés par les draperies et des anfractuosités réservées dans les rochers, l’eau s’épanchera d’une façon fort naturelle dans la vasque d’où elle tombera en nappe dans le grand bassin.
- Nous pouvons prédire à l’auteur de cette remarquable composition un succès légitime, car son œuvre plaira à tous, aux connaisseurs par ses qualités spéciales et par son rendu, au public en général par l’ensemble dont nulle ligne heurtée ne vient détruire l’harmonie.
- Y *
- Les jardins ont tant d’attraits que nous nous sommes laissé entraîner à nous y promener et surtout à y promener nos lecteurs plus longtemps que de raison, revenons à des questions moins poétiques et examinons l’état des travaux ordinaires.
- Partout la semaine a été utilement employée, le travail a bien avancé, la tour s’est surtout élevée d’une notable quantité et trois des piliers sont à leur sixième tronçon, ce qui porte à environ 2 5 m. la hauteur atteinte, on est donc presque arrivé au niveau des pylônes de charpente sur lesquels on s’appuiera bientôt pour continuer, grâce à ce soutien, à s’élever de nouveau.
- Tous les pylônes, trois pour chaque pilier, sont achevés ; les rampes d’accès sont entièrement terminées et garnies de leur voie ferrée ; les chemins de roulage sont tous posés ; en un mot, tous les accessoires indispensables pour assurer le parfait fonctionnement d’une telle entreprise sont en place et fonctionnent à souhait; du reste, personne ne se ménage et tout le monde y met du sien, depuis l’auteur du projet jusqu’au dernier manœuvre. M. Eiffel est presque toujours sur les chantiers donnant partout le coup d’œil du maître et parfaitement secondé par M. Martin qui dirige avec une grande habileté toute cette armée de travailleurs. La pile n° 3, seule, semble rester en arrière des autres et de fait elle n’en est qu’à son quatrième tronçon, mais cela tient à la cause que nous avons déjà signalée : le temps consacré à l’installation de certaines parties de l’ascenseur.
- Les terrassements et le battage des pieux ainsi que la construction des massifs de maçonnerie et la pose des boulons de fondations se poursuivent activement au palais des machines, cette entreprise sera certainement terminée pour la mauvaise saison bien qu’un accident arrivé à la volée de la grue d’extraction ait occasionné un petit retard, non imputable à l’entrepreneur.
- Jeudi l’emplacement de la partie centrale du palais des beaux-arts a été livré aux ouvriers ; comme la partie analogue du palais des arts libéraux est déjà en train, ces deux chantiers vont pouvoir marcher de front.
- On continue également la mise en couleur des fermes de 2 5 m. ainsi que la pose de leur voligeage, l’usine Joret a fortement avancé son travail ; l’usine Roussel, dont la peinture est à moitié terminée, commence la pose de ses bois ; enfin les usines de St-Denis et de la Franche-Comité ont encore quelques fermes à enduire de la teinte grise générale.
- La canalisation des eaux pluviales et la pose des voies de chemins de fer ont aussi fait des progrès. Tous ces travaux ont redonné au Champ-de-Mars l’aspect animé qu’il avait momentanément perdu pour les motifs que nous avions indiqués.
- Si nos lecteurs se le rappellent, les projets concernant l’établissement d’un chemin de fer de ceinture desservant l’exposition et ses annexes devaient être déposés avant le 31 août chez M. Thurneyssen, secrétaire de la direction générale de l’Exploitation ; trois soumissionnaires seulemen-t se sont présentés. Dans la réunion de la commission, tenue dans les bâtiments de l’Exploitation, le 8 courant, sous la présidence de M. Alphand, inspecteur général des ponts et chaussées, directeur général des travaux, assisté de M. A. Picard, inspecteur principal des ponts et chaussées, vice-président, on a procédé a l’ouverture et à la vérification des plis, puis on a nommé une sous-commission de trois membres chargés d’étudier à fond les projets et de fournir un rapport. Le jugement sera rendu vers la fin du mois et nous tiendrons nos lecteurs au courant de la décision prise.
- H. de Baecker.
- --- ----- —1------------------:----
- CIRCULAIRE
- Du ministre de la. marine et des colonies aux Gouverneurs et Commandants des Colonies, relative au transport par mer des colis destinés à la section coloniale française.
- Messieurs,
- « Le département s’est préoccupé des mesures « à prendre en vue de faciliter aux industriels et « commerçants de nos colonies l’envoi en France « des produits destinés à figurer dans la section « coloniale française à l’Exposition universelle de
- * i8?T,
- « J’ai l’honneur de vous faire connaître ci-après « les dispositions qui ont été arrêtées à ce sujet :
- « i° Transports par bâtiments de l’Etat. — Les « transports de l’Etat et les navires affrétés pour-« ront, à partir du ier juillet 1888, embarquer les a colis émanant des colonies, à la condition que « ces colis pourront être maniés sans difficulté, et « que ceux d’un même expéditeur n’atteindront « pas en totalité cinq tonneaux de poids ou cinq « mètres cubes d’encombrement. Il demeure bien « entendu que ces envois seront effectués aux « risques et périls des exposants et que, dans « aucun cas, la marine ne pourra être considérée « comme responsable d’un retard, d’une détério-« ration, d’une perte, etc.
- « Les colis ne pourront être embarqués que s’il « reste à bord une place suffisante pour les rece-« voir; ils ne devront contenir aucune matière « inflammable ou de nature à présenter des incon-« vénients pour la santé du personnel du navire.
- « Sur les bâtiments de l’Etat, c’est aux com-« mandants seuls qu’il appartiendra d’apprécier « si les colis peuvent être reçus à leur bord. Sur « les naviresaffrétés, cette autorisation seradonnée « parle délégué de la marine, qui devra préala-« blement consulter le médecin-major du bord « pour savoir si les matières contenues dans les « colis ne sont pas insalubres.
- « 20 Transport par la voie des paquebots. — Sur « la demande du département, les Messageries « maritimes et la Compagnie générale transatlan-« tique accordent auxcolisdestinés à l’Exposition « de 1889 une réduction de 5o pour 100. En outre,
- « les envois des associations coopératives fran-« çaises ayant leur siège dans nos possessions « d’outre-mer profiteront, sur les bâtiments de la « première de ces compagnies, d’un rabais supplé-« mentaire de 10 pour 100.
- « Les frais de manutention et de camionnage,
- « ainsi que le transport par chemin de fer, du « port de débarquement à l’Exposition, resteront « à la charge des colonies expéditrices. Mais il y a « lieu de remarquer que les compagnies de che-« mins de fer accordent la gratuité du transport de « retour pour les colis provenant de l’Exposition « jusqu’au port d’embarquement, et que des trai-« tés seront passés' avec des entrepreneurs de « roulage pour assurer, dans les conditions les « plus favorables, la manutention et le camionnage « des colis.
- Recevez, etc.
- ----------1------------------------
- CIRCULAIRE
- Adressée par le président du comité d'admission de la classe 61 aux fabricants et fournisseurs de matériel pour les chemins de fer.
- « Monsieur,
- « J’ai l’honneur de vous informer que le comité « d’admission pour la classe 61 de l’Exposition « universelle de 1889 est aujourd’hui constitué ; j
- « rien ne saurait, dès lors, retarder l’ouverture « effective de ses travaux. Son premier soin est « d’examiner la question des espaces à réserver à « la classe 61 ; et, en conséquence, pour être en « mesure de procéder à cette étude, il fait appel à « toutes les personnes pouvant, à un titre quel-« conque, présenter des objets à exposer dans cette « classe. Le comité insiste donc pour que vous « prépariez vos demandes d’admission dans le plus « bref délai, et pour que vous les adressiez, le « plus tôt possible, à qui de droit, dans les condi-« tions de l’article 3q du règlement général. Il « vous rappelle, d’ailleurs, que le dépôt d’une « demande d’admission ne constitue aucun enga-« gement de la part de son signataire ; celui-ci ne « sera lié définitivement que le jour où, si son « admission est prononcée, il se sera mis d’accord « avec les comités d’admission et d’installation « pour la répartition des espaces et des dépenses. « De plus, le comité croit devoir vous informer « que l’administration se réserve de fixer prochai-« nement, pour le dépôt des demandes d’admis-« sion, un délai assez court pour que les longs « travaux des comités puissent être totalement ter-« minés dès le Ier avril 1888.
- « En vous donnant ces premières indications, « le comité vous signale la nécessité de suivre « exactement, pour les demandes d’admission, les « prescriptions réglementaires dont les principales « sont rappelées sur les formules de demandes ci-« annexées. Il vous prie de donner dans votre « demande d’admission toutes les indications ré-« clamées sur les formules imprimées, etd’yjoin-« dre toutes les pièces (listes, croquis, etc.) de « nature à l’éclairer, enfin de résumer sur lebulle-« tin ci-joint divers éléments indispensables pour « faciliter l’examen de votre demande.
- « Recevez, etc., etc. »
- La classe 61 comprend les objets suivants :
- Matériel des chemins de fer : pièces détachées, ressorts, tampons, freins, etc.
- Matériel fixe : rails, coussinets, éclisses, changements de voie, aiguilles, plaques tournantes, tampons de choc, grues d’alimentation et réservoirs, signaux optiques et acoustiques, appareils divers de sécurité, de bloquage des trains.
- Matériel fixe pour tramways.
- Matériel roulant : wagons à voyageurs, à terrassement, à marchandises, à bestiaux, locomotives, tenders.
- Voitures automobiles et locomotives routières. Machines spéciales et outillage des ateliers, d’entretien, de réparation et de construction du matériel.
- Matériel et machines pour plans inclinés et plans automoteurs, modèles de machines, de systèmes de traction, d’appareils relatifs aux voies ferrées.
- Matériel roulant pour tramways de système divers.
- BUREAUX DES
- COMITÉS DÉPARTEMENTAUX
- ISÈRE
- Comité départemental
- Président. — M. Viallet, Constânt, fabricant de ciments à Grenoble, ancien président du tribunal de commerce.
- Vice-présidents. — MM. Diederichs, manufacturier, maire de Jallieu ; Michel-Perret, président du conseil départemental d’agriculture à Tullins ; Bouvier, manufacturier, président de la chambre de commerce à Vienne ; Borel, président du tribunal de commerce à Grenoble.
- Trésorier. — M. le docteur Gâche, conseiller général à Grenoble à Noyarey.
- Secrétaire. — MM. Kuss, ingénieur des mines à Grenoble ; Couturier fils, agronome à Vienne ; Allier, propriétaire à Crémieu; Perret (Jules), banquier à Saint-Marcellin.
- Sous-comité de l’arrondissement de Grenoble
- Président. — M. Rey (Edouard), maire de Grenoble.
- Vice-président. — M. Vicat , président de la chambre de commerce de Grenoble.
- Trésorier. —M. Guigonnet, doyen des notaires, conseiller municipal à Grenoble.
- Secrétaire. — M. Jore (Auguste), agriculteur, maire de Saint-Isnier, conseiller d’arrondissement.
- Sous-comité de Varrondissement de Vienne
- Président. — M. Bouvier, président de la chambre de commerce à Vienne.
- p.782 - vue 365/496
-
-
-
- Troisième Année. — N1’ 142.
- Vice- présidents. —MM. Brocard, président de la chambre syndicale de l’industrie lainière à Vienne; Trénel, président du comice agricole de Vienne et Roussillon, propriétaire, maire de Pont-Evêque.
- Secrétaire. — M. Couturier fils, agronome à Vienne.
- Trésorier. — M. Windeck, vice-président du comice agricole à Vienne.
- Sous-comité de l’arrondissement de La Tour-du-Pin
- Président. — M. Diederichs, manufacturier , maire de Jallieu.
- Vice-président. — M. de Montgolfier, manufacturier à Charavines.
- Secrétaire. — M. Desvignes (André), manufacturier à La Tour-du-Pin.
- Sous-comité de l’arrondissement de Saint-Marcellin
- Président. — M. Boirivant, manufacturier à Reaumont, conseiller général.
- Vice-président. — M. le docteur Chalvet, maire de Saint-Marcellin, conseiller d’arrondissement.
- Trésorier. — M. Dutruc, fabricant de liqueurs, à Saint-Marcellin.
- Se' rétaire. — M. Perret (Jules), banquier à Saint-Marcellin.
- LOZÈRE
- Comité départemental
- Président. — MM. Roussel, sénateur, président du Conseil général.
- Vice-présidents. —MM. Bourillon, député, vice-président du Conseil général ; Turc, conseiller général, président de la commission départementale.
- Secrétaires. — MM. Deuxdeniers, inspecteur des forêts ; Auricoste, chef de division à la préfecture.
- Sous-comité cle l’arrondissement de Mende
- Président. — MM. Mely, Honoré, manufactu-rier.
- Vice-président. — M. Caussignac, négociant.
- Secrétaires. — MM. André, architecte départemental ; Laviniole, manufacturier.
- Sous-comité de Varrondissement de Florac
- Président. — M. Turc, conseiller général.
- Vice-présidents. — MM. Dupoix,maire de Florac ; Pelatan, vétérinaire, chef du service sanitaire du département de la Lozère.
- Secrétaires. — MM. Tessier, conseiller général ; Paradis, ingénieur des ponts et chaussées.
- Sous-comité de l’arrondissement de Marvejols
- Président. — M. de Rozière, sénateur.
- Vice-présidents.— MM. Pelisse, député; Daudé, maire de Marvejols, conseiller général.
- Secrétaires. — MM. Lamothe,ingénieur desponts et chaussées ; Talansier, conseiller d’arrondissement, négociant.
- MARNE
- Comité départemental
- Président. — M. Dauphinot, sénateur, à Reims.
- Vice-présidentb. — MM. Walbaum, Auguste, président de la chambre de commerceà Reims ; Faure, député de la Marne, à La Chaussée ; Payart, président du comice agricole de Ste-Ménehould, àSte-Ménehould.
- Secrétaires. — MM. Belley, ingénieur attaché au chemin de fer de l’Est, à Châlons ; Roger Albert, chimiste et viticulteur, àEpernay; Portevin, ingénieur civil, à Reims ; Prin, Charles, agriculteur propriétaire, à Braux-St-Remy ; Barré, directeur de la station agricole, à Vitry-le-François.
- Sous-comité de l’arrondissement de Châlons
- Président. — M. Faure, député, à La Chaussée.
- Vice-présidents. — MM. Gorcy, viticulteur, conseiller général, à Vertus; Vagny, architecte, conseiller d’arrondissement, à Châlons.
- Secrétaires. — MM. Belley, déjà nommé; Bui-retti, manufacturier, conseiller d’arrondissement, à Suippes.
- Sous-comité de l’arrondissement d’Epernay
- Président. — M. Gérard, manufacturier, conseiller général, maire, àEpernay.
- Vice-président.— M. Merendet, président du comice agricole, à Epernay.
- Secrétaire.— M. Roger, déjà nommé, àEpernay.
- Vice-secrétaire. — M. Harlay, chimiste et propriétaire, à Epernay.
- Sous-comité de /’arrondissement de Reims
- Président. — M. Dauphinot, déjà nommé, à Reims.
- LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE 1889
- Vice-présidents. — MM. Walbaum, déjà nommé, à Reims ; Lelarge, Frédéric, ancien manufacturier, à Reims.
- Secrétaire.— M. Portevin, déjà nommé, à Reims. Vice-secrétaire. —Maldan, Théodore, agriculteur, à Reims.
- Sous-comité de Varrondissement de Ste-Ménehould
- Président.— M. Magaine, député, questeur à la chambre, à Ste-Ménehould.
- Vice-présidents. — MM. Payart, déjà nommé, à Ste-Ménehould ; Madaye, Emile, fabricant de bonneterie, à Vienne-le-Claâteau.
- Secrétaires.— MM. Duval, directeur du journal la Revue de la Marne, à Ste-Ménehould.
- Sous-comité de l’arrondissement de Vitry-le-Fran-çois
- Président. — M. Guyot, député, à Vitry-le-Fran-çois.
- Vice-président. — M. Laurent, ancien conseiller général, à Thieblemont.
- Secrétaire. — M. Barré, déjà nommé, à Thieblemont.
- SAVOIE
- Sous-comité de l’arrondissement de Moutiers
- /
- Président. — M. Borrel, architecte, vice-président de l’académie de la Vol-d’Isère, à Moutiers.
- Vice-président.— M. le docteur Philbert, médecin-inspecteur, à Brides-les-Bains.
- Secrétaires. — MM. Greff, inspecteur de forêts, à Moutiers ; Rullier, Anastase, agriculteur à Bel-lentre.
- LES DÉLÉGUÉS OUVRIERS
- A L’EXPOSITION
- C’est à juste titre que l’on s’est toujours préoccupé de l’envoi de délégués ouvriers aux différentes expositions qui se tiennent dans le monde entier depuis 1867.
- Il y a là une question des plus intéressantes et qui mérite, comme celle que nous signalions la semaine dernière, d’attirer l’attention des organisateurs de l’Exposition de 1889.
- Il ne suffit pas de donner des entrées gratuites à ces délégués ; il ne suffit pas non plus de voter des fonds pour subvenir à leurs dépenses; il faut encore leur préparer des logements économiques en quantité suffisante; il faut aussi leur assurer une nourriture saine et peu coûteuse; il faut enfin leur permettre de retirer pour eux et leurs mandataires un enseignement sérieux de leur visite.
- Nous allons examiner les mesures prises lors de l’Exposition de 1867 pour arriver à ce triple résultat.
- * *
- Le rapport administratif en cette Exposition nousapprendquecesmesuresfurentl’objet d’arrêtés rendus le 29 novembre 1866 et le 22 février 1867.
- Le premier de ces arrêtés institua là commission d’encouragement pour les études des ouvriers, lui accorda une subvention de 40.000 ft\, et l’autorisa à ouvrir une souscription publique qui produit une somme de 140,000 fr.
- Un des premiers soins de cette commission d’encouragement fut de se mettre en rapport avec les Comités départementaux et avec les Commissions étrangères et de leur offrir son concours pour amener à l’Exposition le plus grand nombre possible d’ouvriers de tous pays. — La Commission s’occupa en outre d’assurer aux délégués la nourriture, le logement et les soins médicaux.
- Un restaurant fut construit dans le Champ-de-Mars même, sous la direction de la Commission, par un concessionnaire, auquel le terrain et le droit d’exploiter son industrie furent abandonnés gratuitement, mais qui s’engageait en échange à se conformer à un tarif des plus modérés. — Le succès de ce restaurant fut complet. Le nombre des repas qu’il servait chaque jour s’élevait enmoyenne à 5,ooo, au prix fixe de 1 fr. 5o. — Près de 800,000 consommateurs s’y sont succédé et y ont dépensé environ 1,200,000 fr. — (Ajoutons que cette recette brute a laissé un bénéfice net considérable au concessionnaire, après déduction des frais d’exploitation et de premier établissement du restaurant qui se sont élevés à près de 120.000 fr.)
- En ce qui concerne le logement, la commission d’encouragement suivit un système analogue; elle confia à un concessionnaire la construction et l’exploitation, d’après un tarif réduit, de baraquements disposés le long de l’avenue Rapp. Seulement, l’entreprise devant être moins fructueuse que la précédente, à cause de la modicité du tarif, qui n’était que de 1 fr. 2 5 par nuit, la commission
- Dimanche 18 Septembre 18S7. — 783.
- alloua au concessionnaire une subvention de 40,000 francs.
- Elle se procura d’ailleurs cette somme par la location, faite à divers industriels, d’emplacements non utilisés sur le terrain qui avait été mis à sa disposition pour accomplir son œuvre. La réalisation de cette importante partie de son programme n’a donc coûté aucun sacrifice à la Commission.
- Les baraquements de l’avenue Rapp contenaient 640 chambres. Comme ils devinrent à un certain moment insuffisants, la ville de Paris voulut bien y joindre layaserne Sully, alors vacante et aujourd’hui démolie. Cette adjonction portait à 1,000 le nombre des lits que la Commission d’encouragement pouvait mettre à la disposition des ouvriers; elle ne fut utilisée que pendant deux mois environ; lors de la plus grande affluence des visiteurs. A partir du mois de septembre, les baraquements suffirent à toutes les exigences du service. Des mesures avaient été prises d’ailleurs pour satisfaire à des besoins beaucoup plus considérables, et divers établissements publics, désignés à l’avance, auraient été successivement aménagés dans ce but, au fur et à mesure que les besoins se seraient révélés.
- La literie et les couchettes étaient fournies par l’administration militaire, moyennant une redevance de 20 centimes par jour et par nuit.
- C’est dans ces bâtiments qu’ont été reçus : les délégués français envoyés à Paris par les'comités départementaux et les chambres de commerce, par de grands industriels et diverses sociétés ; les ouvriers étrangers, venus des Pays-Bas, de la Belgique, de la Prusse, de l’Allemagne du Sud, de l’Autriche, de la Suisse, du Danemark, de l’Espagne, de la Russie, de l’Italie et de l’Angleterre ; les orphéonistes et les musiques militaires, qui ont pris part aux concours internationaux ouverts au Palais de l’Industrie; enfin, les 3oo francs-tireurs des Vosges ; en tout 67,000 personnes, dont 27,000 Français, qui n’ont eu à payer, pendant leur séjour à Paris, que la somme de 1 franc 25 centimes par nuit, à l’exception des francs-tireurs des Vosges, au profit desquels le ministre de la guerre avait stipulé le logement gratuit pendant huit jours.
- Le service médical pharmaceutique gratuit, que la commission établit avec le concours de M. le directeur de l’Assistance publique, se composa de 80 médecins et de 80 pharmaciens distribués dans les 20 arrondissements de Paris. Il eut à soigner de nombreuses indispositions dues à des changements derégime; mais il n’eut pas à combattre de maladie grave.
- Enfin, la commission fit de nombreuses démarches auprès des Compagnies françaises de chemin de fer et obtint d’elles une réduction de prix de 5o °/0, au profit de tous les ouvriers voyageant seuls ou par groupe, et munis d’un titre qui constatait leur identité. Les deux Compagnies anglaises de South-Eastern, London Chatam and Dover Railways suivirent cet exemple.
- *
- * *
- Pendant qu’elle organisait toutes ces mesures préparatoires, la Commission s’occupait du choix des délégués. Elle conserva toute sa liberté pour apprécier les titres de ceux qui lui seraient envoyés de l’étranger ou de la province par les soins des gouvernements, des chambres de commerce, des comices agricoles, des corporations et des particuliers ; mais, en ce qui concernait le département de la Seine, on reprit la tradition de l’exposition de 1862, en laissant aux ouvriers eux-mêmes le droit de nommer leurs délégués. Les ouvriers furent libres de se réunir, de constituer le bureau préparatoire et le bureau définitif de leurs assemblées, de discuter les candidats, de procéder à l’élection, et cela sans aucune intervention de l’administration ni de la commission d’encouragement, qui n’avait pas le pouvoir et qui avait encore moins la volonté de gêner la liberté de personne. C’est ainsi que les ouvriers se sont réunis dans 114 professions et ont élu avec un ordre parfait 35q délégués. Chaque ouvrier votant a reçu un billet d’entrée à l’Exposition ; des cartes de semaine ont été remises à tous les délégués, qui ont reçu de plus, pour Ja plupart, une indemnité de travail de 5o francs. Enfin une distribution extraordinaire, faite dans le mois d’octobre, a porté à près de 400,000 le nombre total des billets délivrés gratuitement aux ouvriers français Ou étrangers.
- Nous l’avons dit, les délégations ouvrières n’auraient pas atteint leur but si les études des délégués n’avaient dû servir qu’à eux-mêmes. La commission leur proposa défaire imprimer leurs rapports. Ces rapports sont au nombre de 100 environ, nombre égal à celui des professions diverses ou spécialités entre lesquelles se subdivise l’industrie parisienne; ils forment un ouvrage en 3 volumes in-40, de près de 5oo pages chacun.
- Cet ouvrage est illustré de plus de 1,100 planches, dont quelques-unes sont d’une exécution remarquable. Les clichés de ces planches, qui représentent une valeur d’environ 200,000 francs, ont été fournis presque tous gratuitement par les exposants des objets ainsi reproduits.
- Grâce à ce généreux concours, ainsi qu’au dé-
- p.783 - vue 366/496
-
-
-
- 784. — Troisième Année. — N° 142.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1809.
- Dimanche 18 Septembre 1887.
- sintéressement de l’éditeur, cet ouvrage, dont la dépense s’élèverait à près de 400,000 francs dans les conditions ordinaires, a pu être donné à un grand nombre de personnes, et vendu à des prix très réduits.
- Les rapports, rédigés sous la propre responsabilité des délégués, sont au nombre des documents les plus curieux et les plus instructifs de l’Exposition universelle. Ils contiennent en général un précis historique placé en tête du travail, l’examen des produits et l’exposé des vœux de la délégation.
- Pour s’entendre sur les vœux à exprimer, les délégués se sont réunis en assemblée générale le dimanche. Ils ont admis dans ces réunions les délégués de Lyon et de Bordeaux, et les femmes même que les questions à l’ordre du jour pouvaient intéresser. Ces séances se sont renouvelées seize fois dans l’espace de trois mois ; les sujets les plus délicats y ont été traités avec un ordre et une modération dignes d’éloge; les conclusions des divers corps d’état ont été, en général, consignées dans les travaux publiés sous le patronage de la commission d’encouragement.
- ^En outre, le président de cette commission a résumé les conclusions ainsi exprimées en les appuyant pour la plupart dans son rapport du 9 mars 1868 adressé au gouvernement. Enfin, dans un rapport en date du 3o mars 1868, le ministre de l’agriculture, du commerce et des travaux publics a rendu compte des résultats de l’examen auquel l’administration avait soumis les vœux des délégations ouvrières avec la plus scrupuleuse et la plus bienveillante attention.
- Ce rapport indiquait un certain nombre de mesures qui étaient destinées à donner satisfaction à plusieurs de ces vœux, et qui n’ont pas tardé à etre mises à l’étude ou converties en projets de loi. Quelques-unes de ces propositions sont sanctionnées par des lois actuellement votées ; d’au-tres sont simplement passées dans la pratique administrative, quand le recours au législateur n’était pas nécessaire.
- _ Les ouvriers sont donc redevables à l’Exposition de 1867 de notables conquêtes législatives ou administratives, comme ils l’avaient été à celle de 1862 de la liberté des coalitions.
- *
- ¥ ¥
- Depuis l’Exposition de 1878, rien d’aussi complet et d’aussi bien organisé n’a été entrepris en faveur des délégués ouvriers.
- Nous espérons que les mesures que l’on prendra en vue de favoriser les études des délégués ouvriers en 1889 seront aussi bien comprises. Pour cela il est nécessaire de nommer le plus tôt possible une commission qui saura suivre la trace de son aînée de 1867 et arrivera à un résultat aussi brillant.
- L’EXPOSITION & L’ITALIE
- Les chambres de commerce italiennes deman dent, comme condition de leur participation à l’Exposition de 1889, la faculté de concentrer dans une galerie spéciale un minimum de trois groupes de produits industriels italiens. Quelques-uns réclament, en outre, la nomination d’un commissaire général italien.
- -----ïïsrnïïT-. <n raaisaî-- ---
- ÉCHOS
- Paris
- Le Journal des Artistes nous apprend dans son dernier numéro qu’une exposition internationale d’œuvres des jeunes artistes peintres et sculpteurs, est organisée sous le patronage et par les soins du cercle des jeunes Artistes.
- Le local choisi ainsi que la date d’ouverture seront ultérieurement désignés. Il est établi dès maintenant que l’exposition durera un mois et que l’entrée en sera gratuite.
- Toutes les communications doivent être adressées à M. S. d’Ernst, président du Conseil d’administration du cercle,8, rue Antoine-Vramant.
- Nous renvoyons d’ailleurs pour plus amples détails à notre excellent confrère artistique.
- * ¥
- Enregistrons, l’inauguration de l’exposition de brasserie, officiellement célébrée, jeudi dernier, parM. Barbe, ministre de l’agriculture.
- ¥ ¥
- On assure que le ministre de l’Instruction publique serait décidé, sur la demande de nombreux intéressés, à compléter le musée ethnologique qui doit être annexé à la nouvelle école
- des langues orientales, par un musée oriental où viendraient prendre place tous les spécimens d’art oriental, toutes les collections dispersées un peu partout, dans les palais de Fontainebleau, de Compiègne ou du Louvre.
- Ce projet intéressant ne réunira certainement que des approbations et sa réalisation sera accueillie avec plaisir par tous ceux qu’intéressent les choses de l’art.
- Départements
- La trente-cinquième exposition de la société d’horticulture de Saint-Germain-en-Laye a eu lieu en cette ville, du samedi 10 à lundi dernier 12 septembre.
- *
- * *
- Samedi prochain24 courant aura lieu à Rennes l’ouverture du Congrès général des sapeurs-pompiers de France et d’Algérie.
- Ajoutons qu’une exposition annexe spéciale de matériel de sauvetage et d’incendie, d’engins de prévention et de prophylaxie, d’effets d’habillement, etc., a été organisée à cette occasion et que l’inauguration en sera célébrée concurremment.
- Notre excellent confrère le Moniteur Industriel enregistre l’organisation, par le Comice agricole de Bouffarik, d’un concours pour la décorticatien de la ramie.
- Nous renvoyons les intéressés à son dernier numéro (8 septembre).
- ETRANGER *
- Allemagne
- Une exposition générale industrielle a été ouverte le dimanche 28 août, à Genig, en Saxe.
- ¥ ¥
- Une exposition de brasserie, organisée sur l’initiative de M. C. Michel, directeur de l’école de brasserie de Munich, fondateur du laboratoire de l’association des brasseurs, et du bureau d’informations pour cette branche spéciale d’industrie, a été inaugurée dans la capitale de la Bavière, le vendredi 26 août.
- Les exposants, au nombre de 61, représentent les différentes régions de l’Empire, et leurs expositions sont, pour la plupart, fort intéressantes et consacrées au matériel de brasserie.
- Continuant la série des expositions artistiques spéciales, inaugurée l’année dernière, à Francfort, sous les auspices de l’association locale des industries historiques, par une exposition de sculpture sur bois, mentionnée à cette place, l’Union badoise d’art industriel a ouvert Karlsruhe, le mercredi 17 août une exposition-concours de ferronnerie d’art, qui doit se prolonger jusqu’à la fin de septembre.
- Installée dans l’Orangerie grand’ducale et occupant une superficie de 1,000 mètres carrés,l’exposition aménagée avec beaucoup de goût comprend une section historique, rétrospective et technique, ainsi qu’une brillante section moderne.
- ' *
- ¥ ¥
- Une exposition spéciale coïncide avec le 2e congrès international des sociétés et partisans de la crémation, réuni depuis hier à Darmstadt.
- La session doit prendre fin aujourd’hui.
- *
- * ¥
- Les achats faits à l’exposition artistique internationale de l’Académie de Berlin s’élèvent au chiffre de 40,000 marks et les transactions sont encore actives.
- La commission de la loterie consacrera à des acquisitions une somme de 70,000 mai’ks.
- ¥ ¥
- Angleterre
- Le correspondant londonien du Figaro annonce l’ouverture prochaine au Palais de Saint-James, de l’exposition des cadeaux offerts à la reine, à l’occasion de son jubilé.
- L’exposition durera trois mois et sera visitée sur présentation de cartes spéciales.
- ¥ v
- Australie
- Un télégramme, d’Adelaïde annonce qu’une influente délégation ayant à sa tête sir Herbert Sandford et les commissaires étrangers, a fait une démarche auprès du gouvernement de l’Australie de Sud, pour obtenir que les marchandises
- envoyées à l’exposition internationale d’Adelaïde, ne fussent pas soumises aux nouveaux tarifs-protecteurs.
- *
- ¥ ¥
- Autriche-Hongrie
- Lapremière exposition régionale du Vorarlberg dont nous avons parlé à différentes reprises a été solennellement inaugurée le jeudi 1er septembre, à Bregenz.
- Placée sous le haut patronage de l’archiduc Charles-Louis ; elle comprend les sections suivantes : (a) agriculture et sylviculture; expositions temporaires hippique, bovine, porcine, ovine, d’apiculture, de volailles et de lapins; expositions de laiterie, de pomologie, viticulture et horticulture, cynégétique et de pêcherie ; (b) grande-industrie ; (c) petite industrie et métiers ; (d} enseignement ; (e) beaux-arts et arts industriels.
- Le palais d’exposition s’élève sur les bords du lac de Constance, au milieu d’un beau parc.
- *
- ¥ ¥
- Le Journal des Arts dit que le gouverneur delà Galicie, M. Zalewski, vient d’inaugurer, au nom de l’archiduc Rodolphe, à Cracovie, l’exposition des beaux-arts.
- *
- ¥ ¥
- Belgique
- Le grand concours des sciences, des arts et de l’industrie (Bruxelles, 1888) recueille de nombreuses adhésions, grâce à l’activité des agents diplomatiques et consulaires belges, qui ont formé ou provoquent partout la formation de grands-comités promoteurs de participation.
- Le gouvernement hongrois a décidé de prendre part officiellement à l’exposition de Bruxelles.
- *
- ¥ ¥
- Canada
- Le Télégraphe annonce l’inauguration à Toronto-le mardi 6 septembre, sous la présidence de lord Lansdowne, de l’exposition industrielle dm Dominion, du Canada.
- *
- ¥ ¥
- Le même jour avait lieu l’ouverture de l’exposition de Québec.
- *
- ¥ ¥
- Russie
- Nous apprenons que le comité d’organisation de l’exposition d’éclairage et de l’industrie de-naphte, que prépare la société polytechnique de Pétersbourg et dont nous avons parlé à diffé-rentes reprises, recevra les demandes d’admission jusqu’au 15 septembre (27 septembre, nouveau style.)
- La réception des envois a commencé le 15/27août et prendra fin le 15/27 octobre.
- L’ouverture de l’exposition aura lieu dans le-courant de novembre.
- *
- ¥ ¥ .
- Italie
- Un concours international d’appareils pour le séchage des fruits aura lieu à Portici dans le courant de l’année prochaine.
- Les agents diplomatiques et consulaires du gouvernement italien sont chargés de fournir aux intéressés tous les renseignements nécessaires^
- *
- ¥ ¥
- L’exposition et concours agraire régional de-Parme a été, dit le Bolletino1 inaugurée le 8 septembre.
- L’exposition proprement dite est, dans quelques-unes de ses sections, internationale ; dans celle des machines notamment.
- *
- ¥ ¥
- Notre excellent confrère romain nous apprend encore qu’un Congrès d’agriculteurs réuni à Ancône a été l’occasion d’une exposition œnologique ouverte jeudi dernier 15, pour clôturer le dimanche 25 courant.
- *
- ¥ ¥
- Sir Vincent Barrington, commissaire spécial pour l’Europe, de l’expostiion de Melbourne dont nous mentionnons la mission flans un précédent numéro, est en ce moment à Rome où il a engagé des négociations en vue d’obtenir à l’exposition australienne la participation officielle de l’Italie.
- L’honorable sir a, dit l’Invention, visité récemment Milan, Turin, Gênes, dans le but de recueillir des adhésions, et toutes les Chambres de commerce se seraient, assure-t-on, prononcées en faveur de la participation officielle du gouvernement italien.
- p.784 - vue 367/496
-
-
-
- Troisième Année. — N° 142
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1S89.
- Dimanche 18 Septembre 1887. — 785.
- Remarquons en passant, toujours à propos de la même exposition, que la société de géographie commerciale de Berlin fait une active propagande en vue d’une imposante représentation de l’Aile -magne à Melbourne, où de nouveaux et importants débouchés offrent au commerce et à l’industrie de très belles perspectives, il convient de le dire.
- *
- * ¥
- Zanzibar
- S. M. le sultan deZanzibar a notifié officiellement au gouvernement belge son intention de participer, avec les produits de ses Etats, au grand concours de Bruxelles, en 1888. Ce sera la première fois que le sultanat de Zanzibar sera représenté à une exposition.
- ---------- —anrr» @ «rïïimr».--------
- SCIENCES & INDUSTRIE
- Dynamo pyro-magnétique Edison
- Nous tenons à enregistrer aujourd'hui l’invention d’un appareil réalisé par le grand électricien Edison et décrit en principe, le mois dernier, dans une communication du pro esseur Barket à Y American Association for the advancem mt of science.
- Il s’agit de la transformation directement obtenue de la chaleur en énergie électrique et cela en utilisant les variations d’aimantation du fer ou autre métal magnétique en fonction de la température pour produire un générateur pyro-magnétique.
- Un premier moteur a produit une puissance d’environ 1,5 kilogrammètre par seconde. Un second, de dimensions plus importantes, produirait selon les prévisions une puissance de 3 chevaux sous un poids de ySo kilogrammes.
- Nous reviendrons sur cette intéressante invention, dont l’importance vraiment primordiale n’échappera certainement à aucun de nos lecteurs et qui, lorsqu’elle sera arrivée à une pleine maturité, constituera un de ces rapides progrès dont peut se glorifier, à juste titre, notre siècle.
- *
- ¥ ¥
- Le pétrole de Bakou
- Notre excellent confrère romain, le Bollettino delle Finance, Ferrorie e Industrie donne sur la question du pétrole au Caucase quelques détails intéressants. On a aligné tant de chiffres sur la question de la concurrence que fait et devrait faire encore dans l’avenir aux pétroles américains le pétrole caucasique, qu’il convient de ne pas négliger le cri d’alarme qui retentit des bords de la Caspienne sur l’épuisement des sources, qu’il y a peu de temps encore on proclamait inépuisables.
- Il semble, en effet, que cet épuisement soit rapide.
- En 1881, le pétrole jaillissait à 389 pieds ; un an plus tard, ce chiffre avait fait place à celui de 444 pieds.
- En 1883, 1884, t885, la gradation ascendante persistait de 531 à 5gi et de 591 à 640 pieds. Or, en 1886, le précieux combustible ne se retrouve plus qu’à 731 pieds.
- Ajoutons, il est vrai, qu’en 1886, la seule province du Caucase a produit 145 millions de bidons de pétrole brut (environ 21 millions de quintaux) desquels on a tiré 47,000 bidons de benzine , 34 millions d’huile éclairante, 2 millions d’huile lubréfiante et 62 millions de résidus propres à servir comme combustible.
- *
- * *
- Nouvelle machine à clous
- Les machines à clous employées jusqu’ici sont presque toutes basées sur le même principe et ne présentent, dans leurs types variés, aucune différence marquante. Elles ne donnent qu’un clou par tour et leur production varie, selon les dimensions à fournir, de 100 à 200 clous par minute. En général, la tête est formée par l’aplatissement de l’extrémité du fil métallique, le choc résultant de la détente d’un ressort, dont le fonctionnement continu amène de fréquentes détériorations de la machine et nécessite de nombreuses et coûteuses réparations.
- Pour obvier à tous ces inconvénients et obtenir une production .plus rapide, M. Clinton Lowel, de Boston, a construit une machine d’un nouveau modèle, fournissant quatre clous par révolution, soit, étant donnée une vitesse de i5o révolutions à la minute, un rendement de 36,000 clous par heure, et d une longueur minimum de 76 millimètres.
- L’appareil agit simultanément sur deux fils, et toutes les opérations s’accomplissent automatiquement. L’ouvrier surveille seulement l’introduction du fil entre deux cylindres animés d’un rapide
- mouvement de rotation, et qui, après l’avoir dressé, le présentent à un fort couteau.
- Divisé en morceaux équivalents à la longueur de deux clous, le fil est saisi par une pince et placé dans des coussinets d’acier, où, par le fonctionnement de deux marteaux et d’un double tran-chet, se forment la tête et la pointe de chaque clou.
- Le mouvement est régulier ; les opérations successives se continuent sans intervalles et sans ancune déperdition de temps. De plus, grâce à la disposition à double effet, on obtient quatre clous à chaque tour du volant.
- L’appareil, solide et peu volumineux, n’a pas d’organes délicats et susceptibles de prompte détérioration.
- *
- * *
- Varia
- Le 16e Congrès de l’Association française pour l’avancement des sciences qui se réunira jeudi prochain, 22, à Toulouse, sera présidé par M. le docteur Jules Rochard, l’éminent hygiéniste, membre de l’Académie de médecine. Le Temps dit que plusieurs Chambres de commerce et syndicats du commerce des vins seront représentés à la section d’économie politique de ce Congrès.
- L’ordre du jour porte entre autres communications :
- « La viticulture, le phylloxéra et les vignes américaines », par M. Foex, directeur de l’Ecole d’agriculture de Montpellier.
- « La population de l’empire allemand. L’impôt sur l’eau-de-vie en Allemagne. Les colonies allemandes en Afrique », par M. Ch. Grad, député au Reichstag.
- *
- ¥ ¥
- Le Congrès international des chemins de fer a été inauguré hier à Milan, par l’honorable ministre des travaux publics, M. Saracco.
- *
- ¥ ¥
- Un mot pour terminer.
- Nous serions heureux que nos confrères, lorsqu’ils nous font un emprunt, alors même que cet emprunt est un compte-rendu, une analyse d’après une publication étrangère, voulussent bien nous citer.
- Notre travail de traduction, d’adaptation, souvent de complet remaniement, n’est pas si négligeable que l’on doive le passer sous silence.
- Nous mentionnons scrupuleusement nos sources, nos auteurs. Sommes-nous trop exigeants en demandant la réciprocité ?
- C. H.
- m piiiwi ipi ifii o t—-
- L'EXPOSITION DES BIÈRES FRANÇAISES
- Le ministre de l’agriculture a inauguré jeudi dernier Y Exposition des bières françaises et de tous les produits et appareils servant à la fabrication de la bière, installée mi-partie dans le pavillon de la Ville de Paris, aux Champs-Elysées, mi-partie dans la galerie sud du Palais de l’Industrie.
- Voici le texte du discours prononcé par le ministre :
- « Il n’est guère d’industrie, y compris celle de la bière, qui en ce moment ne s’occupe de la fondation d’écoles professionnelles spéciales indépendantes : vous en demandez; la sucrerie, la distillerie, la meunerie en demandent.
- « J’imagine que la création de ces écoles rencontrerait dans les circonstances actuelles des difficultés : chacune d’elles exigerait un outillage, un grand capital, un personnel enseignant nombreux et dispendieux ; les chambres syndicales, les sociétés particulières, pourvoiraient certainement à quelques-unes de ces dépenses, mais elles ne pourvoiront pas à toutes.
- « Elles seraient obligées de faire appel au gouvernement, et celui-ci se trouverait bien souvent arrêté par des difficultés financières. Et puis, est-ce ainsi qu’il faut agir en France ?
- « Si j’en crois une conversation que j’ai surprise tout dernièrement entre M. Tisserand, de l’agriculture, M. Girard, de l’Institut agricole, et quelques meuniers, il y aurait peut-être quelque autre chose à faire.
- « Des écoles indépendantes, installées sur le modèles des écoles d’Allemagne, donneraient-elles en France les mêmes résultats que dans ce pays ?
- « Les grandes différences de caractère que présentent d’un côté l’Allemand à l’esprit lent et discipliné, d’un autre le Français à l’esprit vif et primesautier, les conduiraient à croire que là où
- les Allemands font des brasseurs, des sucriers, etc., nous ne ferions, nous, que des élèves en brasserie, en sucrerie, etc.
- « Il leur semblait qu’en choisissant un terrain plus modeste, et tout en tenant compte de la tournure d’esprit de nos compatriotes, on pourrait faire quelque chose de pratique et d’immédiatement réalisable.
- « Ils proposaient d’annexer à l’Institut agronomique un laboratoire d’application des industries agricoles, des écoles ; il vaut mieux en effet commencer petitement, quitte à grandir plus tard.
- « Ce laboratoire compterait autant d’ateliers différents qu’il existe d’industries agricoles importantes ; meunerie, sucrerie, distillerie, vinification, féculerie, huilerie, fabrication des engrais, et, en outre, un laboratoire scientifique.
- «Dans chacun de ces ateliers serait installé l’outillage d’une industrie ‘ spéciale. Cet outillage serait la reproduction exacte, à une échelle restreinte, de l’outillage industriel, et susceptible de fonctionner avec les mêmes résultats que celui-ci.
- « Nul doute que, pour cet outillage peu dispendieux, on puisse comptersurie concours gracieux des chambres syndicales, des grands constructeurs, etc., comme je compte déjà sur le vôtre pour la brasserie. Dans ce laboratoire, on admettrait chaque année, suivant ce que le budget permettrait, d’abord quatre jeunes gens, puis dix, puis vingt, avec l’aide de l’industrie.
- « Ces jeunes gens seraient choisis d’abord parmi les meilleurs élèves sortant de l’Institut agronomique ; ensuite on en admettrait, à connaissances égales, d’autres, venant d’autres établissements. Mais, en tout cas, on ne devrait les recevoir que quand ils seraient déjà au courant des connaissances technologiques générales.
- « Chacun d’eux successivement et individuellement gouvernerait l’un de ces ateliers. Entre ses mains on remettrait une quantité déjà importante de matière première : 2,000 kilos de betterave, 5 ou 6 quintaux de blé, 200 kilos de raisin, par exemple, et à l’aide des outils qu’il manierait seul, il devrait faire subir à cette matière première une transformation industrielle complète, de façon à présenter, une fois son travail achevé, du sucre cristallisé et des pulpes à la place de la betterave ; delà farine et des sons à la place du blé ; du vin et du marc à la place du raisin.
- « D’un atelier, chaque élève passerait à l’atelier suivant, si bien qu’àla fin delà première année, il auraitété successivement meunier, sucrier, distillateur, etc.
- « Nous lui demanderions alors de choisir parmi ces industries celle à laquelle il désirerait se consacrer spécialement. Puis, ce choix connu, on l’enverrait, l’automne venu, dans une usine ou dans une région déterminée, et là nous prierions les manufacturiers de l’employer comme ouvrier d’abord, comme contre-maître ensuite, en lui faisant, pendant la campagne, occuper tous les postes successivement, de façon qu’à la fin de cette campagne même, ce ne soit plus un élève, mais un véritable praticien.
- « Il rentrerait alors pour deux ou trois mois encore dans le laboratoire de l’Institut agronomique, et là, à l’aide de réactifs, du microscope, de tous les moyens enfin que la chimie et la physique mettent à sa disposition, il soumettrait à l’analyse scientifique la plus sévère les résultats qu’il aurait constatés au cours de sa campagne industrielle.
- « Au bout de deux années d’études, ce serait un ingénieur précieux que l’on pourrait mettre à la disposition de l’industrie agricole sur laquelle il aurait fixé son choix.
- « Est-ce à dire, messieurs, que nous nous en tiendrions toujours là ? Je suis convaincu que si cette idée peut être mise en pratique, on en arrivera plus tard, après avoir constaté les résultats obtenus et vu se développer les idées agricoles en même temps que la richesse de la France, à reconnaître bientôt la nécessité de donner de l’extension à ces laboratoires technologiques et peut-être, pour certains d’entre eux, de les transformer en de réelles usines d’expérimentation et d’instruction, le jour où le nombre des élèves exigerait cette extension.
- « Dans quelques jours la galerie des machines sera ouverte, les appareils les plus perfectionnés, les procédés scientifiques de fabrication seront placés sous vos yeux.
- « J’appelle, dès à présent, tout spécialement votre attention sur cette partie de l’exposition. Il vous appartient en effet de discerner parmi ces machines, parmi ces procédés ceux qui vous permettront de perfectionner votre fabrication et de produire des bières de qualité supérieure.
- « De son côté, le gouvernement, préoccupé de vous venir en aide, cherchera la solution des questions que vous lui avez soumises et, j’en ai bon espoir, les réalisera prochainement. Dès à présent, je me propose de demander à mon collègue des travaux publics l’étude si importante des tarifs de transport.
- p.785 - vue 368/496
-
-
-
- 786. — Troisième Année — N® 142.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 18S9.
- Dimanche 18 Septembre 1887.
- « La question des droits d’entrée est l’objet de toute mon attention, et vous pouvez compter que toutes les réformes que vous demanderez dans l’intérêt de votre industrie seront examinées avec la plus grande sollicitude. »
- Après le discours du: ministre, M. Chevreul a pris la parole et a rappelé les travaux qu’il avait faits, il y a cinquante ans environ, sur les ferments, travaux qui ont été confirmés par les récentes découvertes de M. Pasteur.
- * *
- Les vingt-neuf brasseries françaises,— exclusivement françaises, — qui ont répondu à l’appel du Comité de l’Exposition sont celles dont les noms suivent: de la Lorraine, de la Flèche d’Or, de la Frise, de la Comète, des Moulineaux, de la Méditerranée’, de Montbéliard, du Phénix, la Franco-Strasbourgeoise, Péters, l’Orléanaise, de Charmes, de l'Ouest, de Tantonville, de St-Germain-en-Laye, de l’Est, la Franco-Suisse, E. Karcher et Cie, L. Jullion-Martin, de Strasbourg, du Bel-Air, du Fort-Carré, de Nérac, la Strasbourgeoise, de Bourbourg, Vittel, du Progrès, du Lion de Belfort, de la Gallia.
- Dans le pavillon delà Ville de Paris se trouvent les bars de dégustation, où de nombreux garçons servent la bière aux consommateurs.
- Nous félicitons vivement les commissaires de n’avoir pas adopté le genre « Taverne » avec ses fausses boiseries gothiques, ses vitraux ornés de Gambrinus plus ou moins pansus, ses mornes coucous de la Forêt-Noire, ses servantes aux costumes grotesques et aux mains épaisses, que l’on trouve maintenant dans toutes les rues de Paris ! — Trente bars, mesurant chacun quelques mètres de long, sont disposés le long des murs. Ils sont tendus d’étoffe rouge, à bordures noires, faisant bien ressortir les lettres formant les noms des brasseries et les écussons des villes où sont établies les brasseries. — Les exposants resteront seuls détenteurs de leurs bars jusqu’à la clôture de l’Exposition.
- Au centre du pavillon se trouve l’estrade pour l’orchestre qui doit donner un concert chaque soir à la lumière électrique. — Deux grands kiosques d’une décoration superbe et une série de statues complètent l’ensemble pittoresque de l’allée centrale.
- De chaque côté de ce temple de la dégustation on a établi, sur des pelouses, deux grandes et belles tentes sous lesquelles les brasseurs viennent à tour de rôle servir des produits. — Le nom de l’occupant est tiré au sort chaque matin.
- La tente de droite est consacrée aux bières de fermentation haute ; celle de gauche aux bières de fermentation basse.
- La seconde partie de l’Exposition, établie dans la galerie sud du Palais de l’Industrie, ne sera terminée que vers la fin du mois.
- On débite dans tous les bars deux sortes de bière :
- 1° La bière de fermentation basse, que l’on boit ordinairement à Paris, un. peu épaisse et fort nourrissante, vendue au prix de ofr. 25, o fr. 5o et 1 fr. le quart, le demi, le litre (maintenue à une température de 8 degrés centigrades environ).
- 20 La bière de fermentation haute, qui est la bière du Nord par excellence, très claire et d’une très grande légèreté, vendue aux prix de o fr. i5 o fr. 3o et o fr. 60.
- La réception et l’installation des machines, des orges et houblons de la nouvelle récolte est fixée du 20 au 3o septembre.
- Grâce à ce délai, les industriels qui désireraient exposer des appareils non encore exécutés pourront en entreprendre la construction dès aujourd’hui. — Les échantillons de grain, d’orge et de malt seront d’au moins un kilogramme et devront toujours être à la portée des visiteurs afin que ceux-ci puissent se rendre facilement compte de la qualité des produits exposés.
- Chaque échantillon devra porter l’espèce, le poids par hectolitre, l’année de la récolte, le lieu de production, la nature du sol. Pour le houblon on y ajoutera le traitement subi pour sa dessiccation et sa conservation, et pour les malts l’indication de leur mode de fabrication et de l’espèce d’orge employée. Enfin les échantillons d’orge, de malt et de houblon exposés au-dessous du poids de dix kilogrammes, resteront après l’exposition la propriété, du ministère de l’agriculture pour être distribués dans les différents établissements scientifiques agricoles et faire l’objet d’études spéciales. Au-dessus de dix kilogrammes, les exposants seront libres d’en disposer.
- On peut dire que l’idée même de cette exposition est née de la campagne que toute la presse a menée contre l’importation des bières étrangères et surtout des bières allemandes.
- C’était et c’est encore pour peu de temps, nous dit la République française, un préjugé généralement répandu qu’au nombre des produits dont l’Allemagne a la spécialité triomphante la bière est l’un des premiers. On ne demandait guère dans
- l
- nos restaurants que de la bière dont les fûts portaient une étiquette d’outre-Rhin ; blonde ou brune, il semblait que celle-là seulement était fraîche, limpide et inoffensive qui provenait de Munich ou de Francfort. Et, peu à peu, nous avons vu se créer à Paris des établissements qui avaient tout à lait l’aspect des salles de beuverie allemande, où le bourgeoisfume silencieusementsapipe en ingurgitant d’innombrables chopes mousseuses. Allions-nous donc nous germaniser, de ce côté, ou tout au moins devenir les tributaires de l’Allemagne pour la fourniture de ce liquide dont la consommation s’est formidablement accrue depuis que notre vin de France ne coule plus aussi abondant et aussi généreux ?
- Fort heureusement, une réaction s’est produite, sous l’influence de manifestations qui, pour être tapageuses parfois, n’indiquaient pas moins une généreuse tendance, celle d’affranchir l’industrie française d’une concurrence que l’ignorance générale rendait seule si dangereuse, et une véritable croisade a été prêchée contre les brasseurs allemands. Nous ne parlerons plus de la question tant controversée du salicylage, qui n’a jamais été éclaircie. On a seulement prouvé, à ce propos, que là bière allemande est plus fréquemment sa-licylée que la nôtre, et qu’elle nuit plus à l’organisme humain —si « nocuité » il y a. Mais, en dehors de ce débat scientifique, on a eu recours à des arguments d’un autre ordre, qui démontrent mieux encore que l’Allemagne ne peut pas avoir le monopole des bonnes bières. Possède-t-elle donc le secret des fabrications que nos chimistes ne connaissent pas, alors que c’est précisément à un des nôtres, à M. Pasteur, que l’on doit le meilleur moyen connu de conserver les bières ? Manquons-nous de matières premières? Mais l’orge et le houblon poussent fort bien en terre française. Enfin les brasseurs sont-il donc en petit nombre en France, et leurs produits sont-ils réellement inférieurs aux produits allemands, comme qualité et comme quantité nécessaire à la consommation française ?
- C’est pour répondre à ces questions de visu, par une expérience publique, que l’organisation de l’Exposition des bières françaises a été décidée et menée à bonne fin. Elle constitue presque une œuvre patriotique, puisqu’elle a pour but de mettre en lumière l’excellence — on pourrait presque dire la préexcellence — d’une industrie française; elle avait droit aux encouragements officiels. En conséquence dès que se fut formée l’Association de garantie qui supporte les risques financiers de l’entreprise, le ministre de l’agriculture et le ministre du commerce accordèrent leur patronage à cette Exposition. M. Barbe nomma d’abord trois commissaires délégués, chargés de la surveillance en général, MM. Parisot, Orry, Sincholle, ingénieurs; puis il forma un comité chargé, à titre consultatif, de donner son avis sur la disposition et les résultats de l’Exposition. Ce comité comprend, en outre de MM. Barbe et Dautresme, présidents :
- MM. Prévet, Velten, Imbert, Chevreul, Frémy, Pasteur, Schlœsing, Vandremer, Tisserand, le baron d’Adelsward, Boucheron, docteur F. Bre-mond, Duclaux, Dumesnil, Aimé Girard, Labourasse, Lucas, Mamelle, Masson, Orry, Parisot, Pavart, Risler, Roux, Schutzemberger, Suichable, Taffin-Binault, Tourtel.
- C’est avec la recommandation de ces noms bien connus dans le monde des sciences ou des industries spéciales que l’Exposition des bières françaises se présente au public. Son succès nous paraît dès aujourd’hui assuré.
- L’EXPOSITION DE TOULOUSE
- Les fours de campagne
- Tous les visiteurs de l’Exposition de Toulouse ont pu étudier un important matériel de fours de campagne de MM. Geneste etHerscher. Du reste, cette maison avait déjà dans diverses expositions montré des dessins et des plans de ce matériel qu’ils perfectionnent de jour en jour. L’un de nos correspondants de passage à Carcassonne, au moment de la mobilisation, a vu fonctionner ces fours, il nous adresse la communication suivante que nous croyons de nature à intéresser nos lecteurs.
- * •¥
- La Boulangerie de campagne est installée d’une façon très complète sur la place d’Armes de Carcassonne, vaste quadrilatère bordé d’un côté par la caserne de la cavalerie, et d’un autre côté par un manège qui sert actuelle'ment de magasins des denrées et où ont lieu les distributions aux troupes.
- La Boulangerie comporte 18 fours roulants nou-
- veau modèle (système Geneste, Herscher et So-masco) et 8 fours anciens modèles (système Lespi-nasse), qui se montent sur le sol et qui sont recouverts de terre.
- Ces derniers fours se composent chacun de 202 pièces et sont très longs à installer. Ce sont ceux dont on s’est servi pendant la guerre de 1870 et dont un nombre considérable est resté dans les mains de l’ennemi par suite de la difficulté et de la lenteur du démontage.
- Les progrès faits par l’adoption des fours roulants dans cette partie si importante de l’alimentation des troupes en campagne, est incontestable et on comprend peu que l’administration militaire se serve encore des fours Lespinasse pour l’installa-ti on d’une boulangerie de campagne qui doit'être avant tout très mobile.
- Contrairement à ce que disent plusieurs de nos confrères, les fours roulants ne sont pas en fonte, ils sont en tôle et sont garnis de matières très légères qui conservent la chaleur.
- Un four roulant pèse 2,000 kilogr., c’est-à-dire un poids semblable à celui de certaines voitures de l’armée. Ils sont en usage depuis plusieurs années et donnent d’excellents résultats.
- Chaque voiture comporte 2 fours superposés qui peuvent contenir chacun 40 pains de deux rations.
- On fait couramment 12 fournées par journée de 24 heures, en travaillant à brigades relevées, c’est-à-dire avec une brigade de jour et une brigade de nuit.
- C’est donc environ 2,000 rations de y5o gram-_ mes qui est la ration journalière du soldat, que l’on peut obtenir dans un four roulant par 24 heures.
- Les iS fours composant la boulangerie d’un corps d’armée produiront donc 36,000 rations.
- Le personnel nécessaire à chaque four est de un brigadier, deux pétrisseurs et un servant, en tout quatre hommes.
- La cuisson s’opère absolument comme dans un four ordinaire de boulanger, c’est ce qui explique, qu’avec des ouvriers inexpérimentés, on puisse obtenir les résultats remarquables que nous avons été à même d’observer à Carcassonne, tant au point de vue delà bonne qualité du pain qu’à celui de la rapidité d’exécution.
- Enfin, les fours roulants sont attelés de quatre chevaux seulement, ce qui correspond au minimum de 5oo lui. admis par l’administration de la guerre, pour chaque collier.
- L’administration militaire s’est préoccupée cette année, et nous l’en félicitons, de faire des essais comparatifs de fabrication rapide des levains en marche.
- Qn sait en effet, que la difficulté du transport des levains et de leur fermentation en marche, retarde considérablement la fabrication du pain et qu’il faut compter généralement 12 heures avant la cuisson des premiers pains, lorsqu’on est arrivé à l’étape.
- Si les déplacements de la boulangerie sont fréquents et c’est certainement ce qui doit arriver en temps de guerre, on conçoit très bien que ce retard, souvent répété, soit très préjudiciable au service si important de la fabrication du pain.
- Nous rendrons compte des essais qui seront ten tés pour remédier à ce point délicat de notre organisation.
- LES EXPOSITIONS FLOTTANTES
- On sait que les Allemands ont été les auteurs de l’idée des Expositions flottantes à travers le monde ; la France sembla d’abord l’accepter avec enthousiasme. Elle y voyait la possibilité d’écouler dans le monde entier, et particulièrement dans l’Amérique latine, les produits de toute sorte dont la vente devenait chaque jour plus pénible, en suivant les voies ordinaires de la commission.
- Les vieux bateaux étaient déjà indiqués pour ces transports et l’on se promettait de gros bénéfices à l’aide de ces bazars flottants, où les marchandises les plus variées allaient se trouver pêle-mêle, des cales à l’entrepont provoquant une curiosité qui devait se transformer en une pluie de piastres.
- A priori, l’idée ne semblait pas mauvaise dit la Revue Internationale mais il a été reconnu que les applications sérieusement étudiées n’en promettent pas autant.
- M. Pra, vice-président de la Chambre syndicale des négociants-commissionnaires, dans une re-
- p.786 - vue 369/496
-
-
-
- Troisième Année. — N° 142.
- LE MONITEURgDE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 18 Septembre 1887. — 787.
- marquable conférence faite à la Société de Géographie commerciale de Paris, a constaté l’insuccès des tentatives d’Expositions flottantes en France et en a recherché les causes.
- M. Pra croit avec raison que les marchandises arrivées sur les places étrangères, par cette voie, n’auront d’autres résultats que d’encombrer les marchés, causant un double préjudice, aux syndicats organisateurs de ces expositions et aux commerçants établis dans ces pays.
- M. Pra en arrive à conclure que la production française trouverait plus de profits à se mettre en rapport avec les maisons françaises les plus importantes de l’étranger, ce qui équivaut à faire simplement de la représentation.
- Cette proposition nous paraît plus sage que les tentatives d’Expositions flottantes, dont les prix sont très élevés et la réussite douteuse.
- Connaissant les besoins des marchés, on les ravitaillera en marchandises d’écoulement certain, profitant des relations des consignataires, qui savent à qui il convient de s’adresser pour chaque produit, et qui savent à fond les usages commerciaux de chaque place.
- Il paraît qu’en Espagne on est d’un avis contraire; nous recevons la nouvelle suivante :
- « L’exposition flottante des produits espagnols partira de Valence. Elle touchera toujours les côtes de l’Amérique du Sud, Brésil, Uruguay, République Argentine, Chili, Bolivie, Pérou, Equateur, dans le but d’ouvrir de nouveaux comptoirs dans ces régions.
- D’après cette nouvelle, il semblerait que les Espagnols ne comptent pas s’en tenir aux simples expositions sur bateaux, mais qu’ils cherchent à organiser des maisons sur le continent, ces transports jouant un rôle secondaire dans la spéculation.
- Et alors pourquoi ne pas employer simplement les transports actuels, plus rapides, plus fréquents, plus nombreux, qui touchent dans tous les points indiqués plus haut?
- Il nous semble que les frais seraient moindres, et le service y gagnerait en rapidité.
- Il n’y a pas à sortir des moyens usuels d’écoulement : représentation, consignation, etc., sont les voies les plus pratiques et les plus sûres.
- Ce qui manque, c’est un peu plus de hardiesse dans les affaires, et des facilités de payement aux pays éloignés de l’Europe d’un mois et plus.
- Un mois pour l’arrivée des marchandises, un autre mois pour le retour des payements au lieu d’expédition, plus un mois de débarquements, opérations de douane, vente, etc., on voit que les payements à trois mois sont de trop courte échéance. Avec un peu plus de temps, les marchandises arrivent à se placer tout naturellement, sans efforts et sans subir de dépréciation, sur les marchés où elles sont présentées.
- LE CONGRÈS
- POUR L’AVANCEMENT DES SCIENCES
- Le congrès de l’Association pour l’avancement des sciences ouvrira ses travaux à Toulouse dans les derniers jours du mois de septembre, sous la présidence de M. le docteur Jules Rochard, membre de l’Académie de médecine. Plusieurs chambres de commerce et syndicats du commerce des vins seront représentés à la section d’économie politique de ce congrès.
- Un grand nombre de communications sont déjà inscrites à l’ordre du jour de cette section, parmi lesquelles :
- Fœx, directeur de l’Ecole d'agriculture de Montpellier. — La viticulture, le phylloxéra et les vignes américaines.
- Ch. Grad, député au Reichstag allemand. — La population de l’Empire allemand. L’impôt sur l’eau-de-vie en Allemagne. Les colonies allemandes en Afrique.
- VARIÉTÉS
- LA RICHESSE DE LA FRANCE
- Quelle est la fortune de la France ? Est-elle de 200 milliards, chiffre donné par certaines statistiques ? Est-elle de 3oo milliards, chiffre indiqué par certains documents dont il est impossible de vérifier le degré de précision ? On ne dispose pas de données suffisamment exactes pour établir
- rigoureusement le compte de notre capital et de nos revenus.
- Une des méthodes employées pour arriver à la vérité approximative repose sur l’étude de l’impôt des successions. Cet impôt frappe le capital tout entier, et, au bout d’une certaine période, par l’effet des décès successifs, l’intégralité de la fortune du pays, meubles ou immeubles, a été atteinte par le fisc.
- La durée moyenne de la vie humaine est de 35 à 36 ans.
- C’est donc dans une période de moyenne de 35 à 36 ans que se trouve frappé, par les droits d’enregistrement, tout le capital du pays, et comme il est établi que les droits successoraux portent annuellement sur un capital déclaré de six milliards. il suffit de multiplier ce chiffre de 6 milliards par 35 ou 36 pour se faire une idée du capital détenu par la génération présente. On arrive, par cette opération, au chiffre de 210 milliards.
- On est arrivé à des résultats un peu supérieurs par une autre méthode qui nous parait assez exacte.
- On s’est basé sur l’enquête faite par l’administration. des contributions directes sur les propriétés bâties et non bâties.
- De cette enquête il résulte que la valeur des propriétés non bâties atteint 90 milliards, que les constructions représentent un tiers environ de la valeur du sol et vaudraient, par conséquent, 3o milliards. Le total de la richesse immobilière serait ainsi de 120 milliards.
- Quant à la richesse immobilière, elle serait de 100 milliards ; soit : 3o milliards environ en fonds d’Etat français et étrangers ; 3o milliards de titres d'autre nature se révélant au fisc par la perception de plus de 40 millions d’impôt au taux de 3 0/0 ; 10 milliards d’autres valeurs exemptes d’impôt et de créances diverses, i5 milliards d’objets mobiliers, matériel agricole, outillage industriel, etc.; i5 milliards de capital industriel et commercial.
- Il paraît certain que la fortune de la France dépasse 200 milliards, et que le revenu qu’elle donne est supérieur à 8 milliards.
- Ces chiffres diffèrent peu de ceux que les statisticiens anglais ont établis pour leur propre pays. La fortune mobilière et immobilière de l’Angleterre serait aussi de 200 milliards, chiffre rond.
- Le crédit d’un débiteur se mesurant généralement à ses moyens de fortune, il semblerait, dès lors, que le crédit national français devrait être aussi haut coté que le crédit de l’Angleterre, et cependant le 3 0/0 français est aux environs de 82, quand le 3 0/0 anglais dépasse 100. Le gouvernement anglais a même déjà songé à substituer graduellement une rente de 2 1/2 0/0 à sa rente 3 0/0.
- L’écart existant entre les cours des fonds des deux pays pourrait être considéré comme anormal, si l'on ne tenait pas compte d’un fait capital, qui est celui-ci :
- L’Angleterre n’emprunte plus depuis longtemps; elle amortit peu à peu sa dette. Les capitaux qu’elle destine aux placements financiers trouvent difficilement un débouché à leur portée, car si l’Etat n’a plus besoin des capitaux de l’épargne, les grandes compagnies industrielles ont également, à l’heure qu’il est, satisfait tous leurs besoins.
- Les chemins de fer anglais sont achevés depuis longtemps : l’outillage est complet dans toutes les usines, l'Angleterre, en un mot, a clos, à peu près, son compte de premier établissement.
- Il n’en est pas de même de la France. Nous empruntons encore périodiquement de fortes sommes pour les besoins du budget; nos chemins de fer ne sont pas terminés, notre outillage est incomplet.
- Le jour où nous aurons, comme l’Angleterre, à peu près cessé d’emprunter, nous verrons notre 3 0/0 consolidé s’établir aux environs du pair.
- L’INVENTEUR DE LA VAPEUR
- S’il faut en croire le correspondant madrilène de YEstafette, c’est d’Espagne que nous viendrait le précieux moteur.
- Voici comment sVxprime notre confrère :
- En faisant une visite aux archives de Simancas, nous avons eu nous-même l’occasion de découvrir dans certains documents officiels, dont l’authenticité est indiscutable, quelques détails -que le grand Arago ignorait probablement, lorsqu’il écrivit les éloquentes pages que l’on sait, pour prouver que Denis Papin est le véritable inventeur des principes fondamentaux de la vapeur.
- Voici ces détails :
- Vers la fin de l’année 042, un capitaine de marine valencien du nom de Blasco de Garay, adressa à l’empereur Charles-Quint un mémoire détaillé pour lui proposer un nouveau procédé au moyen duquel tout navire pourrait marcher, même par un temps calme, sans le secours d’aucune voile ni d’aucune rame, en sollicitant l’autorisation de procéder à des essais publics.
- En "dépit de l’accueil ironique que les courtisans
- firent à ce mémoire, et des difficultés qu’ils provoquèrent, Charles-Quint y voit chose digne d’intérêt, et il ordonne que les épreuves sollicitées soient publiquement pratiquées. A l’effet de présider à ces expériences, il commissionne spécialement don Enrique deToledo, le gouverneur, don Pedro Cardona, le trésorier Ravago, le vice-chancelier, le « maestre racional » de Catalogne don Francisco Gralla, et, en présence de ces personnages, auxquels vinrent se joindre nombre de savants, de marins et de curieux, un solennel essai se pratique dans le port de Barcelone, le 17 juin i5q3, sur le navire la Trinidad, d’environ 200 tonnes, commandé par Pedro de Scarza, et qui venait de débarquer un chargement de blé provenant de Colibre.
- L’opération eut un succès complet, et les rapports adressés à l’empereur et roi furent unanimes à le constater, sauf cependant celui du trésorier Ravago, qui trouvait le procédé compliqué, coûteux et dangereux. Ce procédé, disent les documents, consistait en une grande chaudière d’eau bouillante et en deux roues de mouvements compliqués placés aux flancs latéraux du navire. On loua surtout beaucoup la promptitude avec laquelle furent exécutées les manœuvres de virage.
- Les expériences terminées, Blasco de Garay démonta son appareil. Les pièces en bois furent déposées par lui aux arsenaux (atara^ana), et il garda le reste.
- Le procédé fut agréé par Charles-Quint ; mais ce souverain était alors absorbé par des rêves de conquêtes, et les choses en restèrent là.
- Cependant Blasco de Garay fut promu à un grade supérieur, et il reçut, outre le remboursement de ses avances, un don de 200,000 mara-vedis.
- Et ceci se passait près de deux siècles avant les expériences de Denis Papin.
- LES LIVRES
- CXXIV
- Edouard Simon. —Histoire du prince de Bismarck, 1747-1887, un vol in-8°. Paul Ollendorf, éditeur.
- L’ancien rédacteur du Constitutionnel, le directeur du Mémorial diplomatique très compétent et très versé dans le jeu de la politique internationale dont il possède parfaitement l’échiquier, vient de compléter son œuvre historique en ajoutant une Histoire du prince de Bismarck à son Histoire de /’Empereur Guillaume et de son règne, publiée l’année dernière, et qui a obtenu le succès d’estime qu’elle méritait.
- L’œuvre nouvelle n’est pas moins digne de l’attention et de la considération du public sérieux et éclairé. Elle est laborieuse, consciencieuse, écrite sur pièces et documents, d’après un dossier solide et bien établi où sa connaissance delà langue allemande a permis à l’auteur de ne rien oublier d’essentiel.
- La méthode, la clarté sont les qualités de cet ouvrage écrit dans la langue courante du journalisme, où les vues judicieuses remplacent les aperçus neufs, qui n’a rien de hardi, mais rien de téméraire non plus, dont l'impartialité est suffisante, auquel font défaut, pour l’agrément du lecteur, l’éclat de la couleur, le charme du style, et cette élévation philosophique des jugements, cette autorité morale qui fait battre au contact d’une conscience supérieure, la conscience universelle.
- L’ouvrage est ce qu’il est et dans ce qu’il est, sans le chicaner sur ce qu’il aurait pu être, reconnaissons qu’il comble une lacune, rend un service et permet d’apprécier d'ensemble cette politique du chancelier allemand, politique qu’on croirait à tort fondée sur les principes, qui n’est fondée que sur les intérêts, et qui est mobile et variable comme eux. Il ne nous déplaît pas de trouver moins grand en l’approchant et en le mesurant de près, l’homme trop vanté quand on lui a prêté du génie, mais dont l’incontestable et redoutable talent a exercé sur les destinées de notre pays et exerce encore sur le mouvement européen une si néfaste influence. A propos d’autres ouvrages consacrés au chancelier, et que nous nous faisons un devoir critique et patriotique d’analyser et d’apprécier pour nos lecteurs, sans nous lasser et sans nous effrayer d’inévitables répétitions, nous avons résumé notre impression sur le prince de Bismarck en lui appliquant la boutade de Joseph de Maistre sur Frédéric, le prince modèle, le prince idéal pour le Machiavel Borusse. « Grand homme non, mais grand Prussien. >« Ce n’est qu’un grand Prussien, ce n’est pas même un grand Allemand, que le prince de Bismarck, héros heureux plus encore qu’habile de la politique féodale, de la politique de proie, esprit à œillères, qui ne voit bien que devant lui non au-dessus ni au delà, homme puissant par une volonté de fer, une audace imperturbable, par la simplicité et la rareté de quelques idées auxquelles il se voue, qui n’en a eu que trois ou quatre et encore qui n’étaient pas à lui, mais qu’il s’estappropriées : force et grandeur, en somme,
- p.787 - vue 370/496
-
-
-
- 788. — Troisième Année. — N° 142.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 18 Septembre 1887.
- d’apparence plus que de réalité', idole dont la gigantesque cuirasse à la menaçante Gorgone, ne recouvre que du vide et dont les pieds sont d’argile. ‘ . ,
- Cette politique tant vantée de M. de Bismarck ne résiste pas à l’épreuve d’un exposé méthodique comme celui qui fait le principal mérite de l’ouvrage de M. Simon. Car c’est en vain qu’on y chercherait de ces traits de caractère qui peignent un homme, de ces traits de mœurs qui peignent un temps. On ne trouve dans ce livre compact, un peu dogmatique, et qui s’est affranchi de l’obligation d’indiquer et citer ses sources, on ne trouve dans ce livre sans notes qu’un exposé lourd mais ferme et d’une âpre exactitude des négociations diplomatiques et des manœuvres parlementaires de M. de Bismarck.
- Eh bien i Ce qui frappe dans son caractère politique, c’est l’absence du caractère, le défaut d’unité, d’harmonie dans sa carrière, la versatilité d’idées et les contradictions de conduite d’un homme qu’on croyait précisément —• mais à tort — personnifier dès l’origine, l’idée de l’unité allemande et de la suprématie prussienne. Ce n’est qu’en vingt-cinq ans de marches et de contremarches, poussé, presque violenté par les événements, que le chancelier est arrivé aux formules actuelles desapolitique et s’est fait une doctrine de ses succès.
- Les ide'esdu hobereau, député à la diète provinciale, puis à l’assemblée de 1847111851., de l’envoyé près la diète fédérale à Francfort,de l’ambassadeur à Saint-Pétersbourg et à Paris, ont fourni tour à tour au programme du ministre dirigeant qui va célébrer solennellement le vingt-cinquième anniversaire de son entrée sur le théâtre et dans les premiers rôles de la tragi-comédie européenne, des formules conquises à travers les variations et les contradictions les plus étonnantes, et dont la solidité n’a pas toujours résisté à l’épreuve de l’événement que M. de Bismarck souvent n’a pas prévu, et plus rarement encore à su dominer.
- C’est ainsi que le hobereau féodal, ne connaissant que trois autorités : l’autorité religieuse,l’autorité royale et l’autorité militaire, s’est enfin plié tout en murmurant et en pestant, aux nécessités du régime parlementaire, a admis la contradiction d’une assemblée et croit avoir fait tout le possible en lüi dérobant, pendant sept ans, le contrôle'des dépenses militaires. On sait ce que cet effort suprême et décisif a coûté au chancelier d’efforts et d'artifices. Si M. de Bismarck n’a jamais varié sur le contrôle parlementaire qu’il a toujours détesté, il a varié en le subissant, il a varié en adorant, tout fier Sicambre qu’il fût, ce qu’il avait brûlé, et en brûlant ce qu’il avait adoré, c’est-à-dire en établissant par le Kulturkamft la suprématie de l’Etat sur l’Eglise et du protestantisme sur le catholicisme, et en brisant ce joug, pour inaugurer cette politique si nouvelle du pape médiateur et du catholicisme libéré. Il a varié en adoptant les théories de nationalité, d’unité et de suffrage universel qu’il combattait chez M. de Radowitz et M. de Manteuffel, et qu’il a copiées de M. de Cavour et de Napoléon III, après leur succès. C’est ainsi que la politique prussienne s’est faite d’idées plagiées, comme l’empire allemand de territoires annexés que le diplomate de 1858-1862, ami de la Russie, acceptant le partage de la prépondérance fédérale avec l’Autriche, est devenu le politique de l’hégémonie prussienne, de la rupture de la confédération, l’homme de la guerre, puis de l’annexion des duchés et de la bataille de Sadowa, enfin,1 ’h omme du Congrès de Berlin.
- C’est ainsi que le même homme s’est montré tour à tour et même à la fois, partisan de l’annexion des duchés et de l’indépendance allemande, partisan du système fédéral et de la tyrannie prussienne, partisan du droit des nationalités et promoteur de l’alliance des trois Empires, nouvelle Sainte-Alliance monarchique. Cette mobilité d’opinion, cette versatilité d’idées n’a pas lieu d’étonner chez un politique de raison d’Etat, un joueur politique de l’école de Machiavel et de Mazarin qui ne voit que. l’intérêt comme mobile des rapports des nations entre elles. Ces hommes d’Etat de tripot politique, ces politiques de la pêche en eau trouble, ces joueurs qui préfèrent le succès à tout, et ne connaissent que la raison du plus fort, qui demandent des hommes, comme le cardinal, non pas « Est-il habile ? » ou « A-t-il raison ? », mais « Est-il heureux ? » sont condamnés à réussir sans cesse. Ils n’ont pas le droit d’être malheureux, c’est-à-dire maladroits. La dernière période de la carrière du chancelier nous réserve peut-être la leçon, qui serait consolante pour la raison et vengeresse du droit humilié, d’erreurs, de fautes et de revers, faits pour montrer une fois de plus que la force, la ruse, le succès ne sont pas tout en ce monde et que l’œuvre de l’empereur Guillaume et du prince de Bismarck n’est pas plus viable que l’œuvre d’Alexandre ou d’Auguste, de Louis XIV et de Napoléon, qui n’ont manqué ni de grandes idées, ni de grandes armées, ni de grandes victoires, ni de grands ministres, non pressés de se rendre inutiles.
- M. DE LESCURE.
- AVIS COMMERCIAUX
- GALATZ
- AGENCE COMMERCIALE FRANÇAISE
- Dans la réunion qui a eu lieu le 7 août dernier, le Conseil de la Chambre de commerce française de Galatz a adopté, à la majorité de six voix contre deux la résolution qui suit : « La Chambre de commerce française de Galatz cesse, à partir d’aujourd’hui, de patronner l’agence commerciale française fondée sous ses auspices et ce pour les raisons suivantes :
- « 1. La Société en commandite qui a fondé l’agence commerciale a été dissoute le ioravril 1887.»
- « 2. L’agence commerciale ayant transféré son siège à Bucharest, elle échappe, de ce fait, au contrôle et à la surveillance -efficace de ladite chambre. »
- RÉPUBLIQUE DE LIBÉRIA
- ARTICLES PROPRES A ÊTRE PLACÉS SUR LE MARCHÉ LIBÉRIEN
- Ces articles sont les suivants, d’après une information émanant du consul de Belgique à Monrovia ;
- Shirtings en pièce de 12 X 24 yards;
- Croydons en pièce de 12 X 14 yards, en balles de 5o à 100 pièces ;
- Blue haft, largeur 24 pouces, en pièces de 12 à 18 yards, emballé comme le précédent ;
- Pignas, mouchoirs en pièce, de 8 X 12, en caisse de 100 pièces ;
- Barocs, 12 mouchoirs en pièce, emballés comme l’article précédent;
- Fine romals blanc et bleu, 12 mouchoirs en pièce, en balles de 100 pièces ;
- Common romals, i5 mouchoirs en pièce, en balles de 100 ou 200 pièces ;
- Grey haft, largeur 7/8 yards, en pièces de 12 ou 24 yards, en balles de 100 pièces ;
- Calicots imprimés, 7/8 à 9/8 yards de largeur, en pièces de 12 yards, en balles de 100 pièces;
- Satin stripe, en pièces de 12 ou 13 yards, en balles de 100 pièces;
- Regatta stripes, en pièces de 12 ou 24 yards;
- Faïences : bassins peints, largeur 12; assiettes profondes, largeur 10; bols couverts, grandeurs assorties ; plats ;
- Poudre ;
- Fusils à pierre à bassinets en fer ;
- Sel ;
- Barres de fer, longueur 10 pieds, largeur 1 à 2 1/2 ;
- Coutelas ;
- Eau-de-vie en petites caisses peintes en rouge, 12 bouteilles ; en grandes caisses peintes en rouge, 15 bouteilles ;
- Chaudrons en cuivre, poids léger, lourd en apparence, 10, 12, 14 et 16 pouces de large;
- Seaux de zinc, 12 pouces de large;
- Chapeaux de feutre noir, 19 à 20 francs la douzaine.
- ADJUDICATION
- ALIMENTATION DE LA VILLE DE BRAÏLA AVEC DE L’EAU POTABLE
- La ville de Braïla vient de mettre en adjudication l’entreprise de la construction d’une usine et d’autres travaux nécessaires à la distribution de l’eau dans la ville, ainsi que la fourniture des machines, de pompes et de chaudières. La valeur totale des travaux et des fournitures s’élève en tout à 1,200,000 francs. L’adjudication est fixée au 15/27 septembre courant.
- (Communication de la chambre de commerce française de Galaty).
- LES THÉÂTRES
- Réouverture des Variétés
- Ça été cette semaine le tour des Variétés qui nous conviaient à nous rendre compte des importants travaux d’aménagement intérieur auxquels M. Bertrand a consacré les vacances de son théâtre.
- Ces travaux ont été très intelligemment compris pour répondre au but qu’on en attendait et qui est, là comme partout ailleurs, d’assurer au public une prompte évacuation de la salle.
- Ce résultat est atteint aux Variétés par la construction d’une allée centrale, à strapontins mécaniques qui partage en deux sections les fauteuils d’orchestre.
- Cette disposition se reproduit au premier étage et au second par suite de la suppression de la loge centrale convertie en couloir. Joignez à cela, les dispositions générales telles que la transformation des portes des loges en portes à deux vantaux et vous aurez à peu près l’idée de la nouvelle salle des Variétés.
- Mais la plus remarquable de ces innovations consiste dans la construction d’une terrasse sur le couloir longitudinal qui, s’ouvrant à la droite du vestibule, va déboucher sur la petite galerie des Variétés en longeant le côté gauche du passage des Panoramas. C’est à cette terrasse qu’aboutissent les escaliers de fer prescrits par la commission et qui descendant des étages supérieurs déverseront en cas d’alerte les spectateurs dans le passage des Panoramas.
- A propos de ces travaux fort bien entendus et très onéreux pour ia direction qui les a subis sans murmurer, mon éminent confrère, M. Auguste Vitu, dont on connaît l’érudition pour toutes les choses qui ont trait à l’histoire de notre théâtre, a fait une remarque curieuse.
- « On sait, dit l’éminent critique du Figaro, que le passage des Panoramas ouvert vers l’an 1800 et le théâtre des Variétés inauguré le 27 juin 1807, furent construits sur les jardins de l’hôtel Montmorency, acquis et morcelés par la famille Thayer. Ces jardins, ornés de fabriques, de ponts rustiques et de kiosques chinois, formaient terrasse sur le boulevard, et rejoignaient sans interruption les jardins Frascati, par le milieu actuel de la rue Vivienne prolongée. Il en subsistait des fractions importantes autour de la jolie salle bâtie par l’architecte Célerier. Un plan ancien que j’ai sous les yeux nous montre un jardin verdoyant sur l’emplacement du café de Suède ; le fond du théâtre, du côté du midi, s’appuyait également sur un jardin ; enfin, un passage partant du couloir latéral et aboutissant à la galerie principale des Panoramas entre les n0s 7 et 9, assurait en permanence un dégagement facile. Les jardins ont été défrichés et bâtis ; le passage a été intercepté par un mur que le propriétaire actuel ne veut laisser percer ni pour or ni pour argent. »
- Cette reconstitution du théâtre des Variétés à sa création est intéressante au plus haut point en ce qu’elle nous montre chez l’architecte une préoccupation constante d’isoler la salle, préoccupation qui dirige aujourd’hui la commission d’incendie. Or il semble que les pouvoirs publics ont eu le tort, en s’endormant dans une sécurité trompeuse, délaisser petit à petit disparaître les garanties qu’offraient les Variétés en autorisant les changements successifs qui ont eu pour effet de détruire l’isolement primitif du théâtre.
- Que par de grosses dépenses imposées au directeur on en revienne autant que possible aux sages dispositions prises à l’origine, cela est fort bien, mais combien n’eût-il pas mieux valu que ceux à qui incombe le soin de veiller à la sécurité du public ne laissât faire aucun des changements qu’on a reconnus, par la suite, susceptibles d’y porter atteinte.
- En tous cas, il y a une leçon à tirer de l’intéressant petit cours d’histoire ^dramatique que j’ai emprunté à M. Vitu.
- Cette leçon est celle-ci : qu’il faut que les pouvoirs publics par une surveillance constante empêchent maintenant les directeurs de s’écarter peu à peu des sages dispositions prises sous le coup d’une émotion légitime mais vite oubliée. S’il en était autrement, dans dix ans il ne subsisterait plus rien des mesures prises aujourd’hui, car, dans le but très légitime en somme d’augmenter leurs recettes, les directeurs auraient vitefait, par d’insensibles empiétements, d’annuler l’effet de ces mesures. Qu’importent les balcons de fer, les couloirs, les escaliers, si en y établissant de ces obstacles qui se nomment des buvettes ou des vestiaires on en vient à en rendre l’usage impossible en cas d’alerte. Qu’il y ait beaucoup de portes de sortie cela est bien, mais encore faut-il qu’elles soient non seulement ouvertes, mais encore qu’elles ne soient encombrées par rien ; et je ne donne pas longtemps pour qu’elles le soient parles industries les plus diverses si la commission de surveillance n’a pas le soin de tenir la main.
- Le spectacle de réouverture se composait de deux des meilleures pièces du répertoire : le Fiacre 11 y et les Charbonniers, où Mm8 Judic a reparu, plus acclamée que jamais ; et jamais ovation n’a été plus méritée. Voilà de quoi faire rentrer dans la caisse du théâtre la forte somme que M. Bertrand a royalement dépensée pour assurer la sécurité du public.
- Saint-Georges.
- Le Gerant, GARREAU
- Tours. — lmp. E. ARRAULT et O, rue de la Préfecture, 6*
- p.788 - vue 371/496
-
-
-
- Le Moniteur
- DE
- L'EXPOSITION DE 1889
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
- TROISIÈME ANNÉE.
- SOMMAIRE :
- 1. La participation étrangère; 2. Commission de contrôle et de finances; 3. Les entrées du soir à l'Exposition; 4. Le Brésil à l’Exposition; 5. Comités départementaux des Vosges, du Lot, de la Savoie, de l’Aisne, de la Dordogne, de l’Eure, de la Haute-Saône, des Bouches du Rhône; 6. Exposition collective des propriétaires de la région de Cognac ; 7. Les récompenses à l’Exposition de l'Union centrale des Arts décoratifs ; 8. Echos ; 9‘ Les travaux du Champ-de-Mars ; 10. Sciences et industrie; 11. Congrès de l’Association pour l’avancement des sciences ; 12. Une Exposition permanente à Saint-Pétersbourg; i3. Les Livres; 14. Avis commerciaux ; i5. Le Bon Marché.
- A peine rentré à Paris, M. Dautresme, ministre du commerce et de l’industrie, s’est occupé d’assurer, dans les conditions les meilleures, la participation italienne préparée par un comité national qui s’est constitué à Rome, sous la présidence de M. Villa, député, ancien garde des sceaux.
- M. Dautresme a eu hier une entrevue avec le prince Colonna deSciarra, député au Parlement italien et membre du comité, qui lui a été présenté par le comte de Moüy, ambassadeur de France à Rome. Un court échange d’observations a suffi pour établir un accord complet, et M. Georges Berger, directeur général de l’exploitation, a expliqué un système de répartition des produits par espèces et par nationalités, étudié de façon à donner satisfaction aux désirs exprimés par leschambres de commerce italiennes, sans porter atteinte aux règles générales établies conformément aux dispositions des plans de l’Exposition.
- M. Villa doit venir prochainement à Paris.
- La commission exécutive du comité national italien est présidée par M. Seismit Dodn, ancien ministre des finances.
- Les noms de M. Villa, de M. Seismit Dodà, du prince Colonna de Sciarra, de M. Tullo Massarani et de beaucoup de hautes personnalités italiennes appartenant à tous les partis qui composent le comité national, assurent l’éclat et le succès de l’exposition italienne. Le gouvernement de Rome est disposé, à accorder à la préparation de celle-ci les plus grandes •facilités.
- LA PARTICIPATION ÉTRANGÈRE
- Le mouvement en faveur de la participation des nations étrangères à l’Exposition universelle de 1889 se dessine chaque jour et nous recevons de toutes parts à ce sujet les renseignements les plus satisfaisants. En Italie, le nombre des adhésions au comité de l’Exposition ne cesse de s’accroître. D’autre part, l’élite de l’industrie belge se prépare dès cette heure à exposer en 1889, En un mot, les informations les plus autorisées permettent d’affirmer que la participation d’un grand nombre de nations, notamment de la Russie, est dès à présent soit certaine, soit probable.
- -------————-----------------
- COMMISSION DE CONTROLE
- ET DE FINANCES
- RÉUNION DE LA SOUS-COMMISSION DES FINANCES
- La sous-commission s’est réunie mardi dernier sous la présidence de M. Jacques, remplaçant le président M. Christophle. absent.
- Dimanche 25 Septembre 1887.
- Assistaient à cette séance: MM. Félix Faure, Hart, Hentsch, Wilson, David Dautresne, secrétaire, et» les trois directeurs généraux.
- M. Alphand soumet à la-sous-commission le projet des travaux du grand parc central. Le budget avait prévu 3 millions; le projet présenté n’entraînera qu’une dépense de 1,600,000 francs. Il y a encore à prévoir quelques dépenses pour l’aménagement des terrains réservés à des expositions diverses ; mais comme ces terrains n’ont comme superficie que le dixième environ de l’étendue du grand parc, leur aménagement ne demandera au maximum que quelques centaines de mille francs. Il résultera donc sur l’ensemble des dépenses pour les parcs une économie notable, par rapport aux prévisions.
- Ce projet est adopté par la sous-commission.
- M. Alphand soumet ensuite ses propositions pour l’Exposition d’horticulture du Trocadéro.
- La dépense qui résulte du projet est la suivante :
- 2 Tentes................ 40,000 fr.
- 2 Vélums................ 56,ooo
- Travaux d’aménagement. 180,000
- Total de la dépense. 276,000 fr.
- soit, avec l’imprévu, 3oo,ooo francs.
- Ce chiffre est égal au montant delà prévision du budget.
- La sous-commission adopte également ce projet-
- Relativement aux dômes projetés,M. Alphand rappelle qu’après l’adjudication des grandes fermes, l’administration a cru préférable de recourir à la concession directe pour l’exécution des trois dômes. "
- Les deux petits ont été concédés à M. Joret, qui doit les exécuter au prix de 45 fr. les 1,000 kilos de fer. M. Alphand propose de recourir au même procédé en ce qui concerne le dôme central de Paris; M. Moissant, qui offre toutes les garanties désirables, accepte de s’en charger au même prix. M. Alphand propose de lui donner ce travail. La dépense d’exécution du dôme central avait été évaluée à la somme de 394,000 francs.
- Le projet, aux conditions acceptées par M. Moissant, ferait ressortir l’ensemble de la dépense à 390,000 francs. Ce prix servirait de base à un forfait entre l’administration et le constructeur.
- La proposition du directeur général ayant été admise, M. Hart s’est chargé de faire à la commission un rapport favorable sur les trois questions dont nous venons de parler.
- * *
- La commission générale se réunira vendredi matin. Elle n’aura à son ordre du jour que les rapports des sous-commissions sur les trois affaires dont il vient d’être fait mention. Toute-i fois, il est possible que la question des entrées du soir soit soulevée dans cette séance par l’initiative de certains membres qui se préoccupent avec-raison du retard apporté par la commission à résoudre cette importante question dont elle st saisie depuis longtemps par l’administration. La nécessité des entrées du soir ne saurait être
- NUMÉRO 143.
- contestée, il faudra donc se hâter de prendre les mesures nécessaires à sa réalisation, et notamment régler la question de l’éclairage.
- La commission de contrôle et de finances de l’Exposition universelle de 1889, s’est réunie vendredi sous la présidence de M. Dautresme, ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général, et a adopté à l’unanimité sans débats les trois propositions examinées par la sous-commission des finances dans sa séance de mardi dernier.
- LES ENTRÉES DU SOIR
- A L’EXPOSITION
- La question des entrées du soir à l’Exposition, actuellement à l’étude, soulève de vives discussions au sein de la Commission de contrôle et de finances.
- Nous allons rendre compte des diverses opinions qui se manifestent à ce sujet.
- L’article premier du règlement de l’association de garantie était ainsi conçu :
- « Il est formé entre toutes les personnes qui « adhèrent aux présents statuts une association « ayant pour objet de garantir, dans la limite « d'une dépense totale de 40 millions de francs et « jusqu’à concurrence d’une somme qui ne pourra « dépasser 18 millions de francs, la portion des « frais et dépenses de toute, nature occasionnés « par l’Exposition universelle de 1889 qui ne serait « pas couverte.
- « i° Par la subvention de l’État et de la ville de « Paris ;
- « 20 Par le produit des droits d'entrée et des « recettes de toute nature de l’Exposition ».
- Or, dans l’esprit du règlement et étant donnés les précédents, les entrées de jour seules devaient exister. Nulle part, en effet, il n’est fait mention d’entrées du soir.
- Les représentants de l’association de garantie (du moins quelques-uns) disent aujourd’hui au commissaire général et aux directeurs de l’Exposition :
- « En ouvrant l’Exposition le soir vous lésez les intérêts des membres de l’association de garantie. En effet, il est bien probable que si l’Exposition est ouverte le soir, un grand nombre de personnes choisiront cette heure pour aller la visiter. Les étrangers qui viennent passer quelques semaines à Paris visiteront les monuments, les musées, toutes les curiosités de la capitale, en un mot, et ne se rendront à l’Exposition que le soir puisque, grâce à la lumière électrique installée partout, ils pourront examiner à leur aise et aussi facilement qu’en plein jour toutes les galeries et toutes les vitreries. Ils agiront ainsi d’autant plus volontiers que dans la soirée ils seront sûrs de trouver réunis dans les parcs et jardins du Champ-de-Mars toutes les attractions, tous les plaisirs qu’ils seraient obligés de rechercher sur différents points de Paris, étant donné que pour attirer un grand nombre de visiteurs, la nuit venue, vous multiplierez et varierez à l'infini toutes ces attractions. Or, les attractions... coûtent fort cher et il est bien probable que les recettes ne suffiront pas à couvrir les frais considérables qui en seront la conséquence. D’où une nouvelle dépense non pré-
- p.789 - vue 372/496
-
-
-
- 790. — Troisième Année. — N° 143.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 25 Septembre 1887.
- vue dans les conventions acceptées par l’association de garantie.
- Pour couvrir ces nouveaux frais, élèverez-vous le prix des entrées le soir? Comment alors établir une distinction entre les visiteurs du jour et ceux du soir? Fermer les palais et le parc à 6 heures pour les ouvrir à nouveau vers huit heures ? C’est là un moyen bien peu pratique et qui soulèvera quantité de récriminations. Laisser entrer sans interruption et élever les prix à une heure déterminée ? Bien des personnes se présenteront aux tourniquets quelques instants avant cette heure pour ne payer que le tarif du jour. »
- Les représentants du Conseil municipal ajoutent à leur tour :
- « Si vous voulez attirer du monde, le soir, vous devrez autoriser l’installation d’un grand nombre de restaurants, de cafés, de bars, de concerts, de théâtres dans l’enceinte de l’Exposition. Cette mesure causera un préjudice énorme aux propriétaires des établissements similaires de la ville de Paris. Nous, leurs représentants, nous devons nous opposer à cette concurrence qui doit leur causer un très grave préjudice. »
- Nous venons de faire connaître les objections que soulève cette intéressante question. Nous développerons dans un prochain article l’opinion du commissaire général et des directeurs, qui croyons-nous, défendront énergiquement le principe même de l’ouverture de l’Exposition le soir.
- *
- * •¥
- En 1867, le Parc de l’Exposition restait ouvert jusqu’à onze heures du soir. A cinq heures et demie, les machines étaient arrêtées et l’on faisait évacuer le Palais dont les portes étaient fermées à six heures précises. Les visiteurs se répandaient alors dans le Parc. La nuit venue, le pourtour du Palais s’illuminait d’une ceinture de feu à la quelle les restaurants ajoutaient l’éclat de leurs lumières. Le grand phare du lac scintillait sur Paris. Le jardin chinois, les concerts attiraient ou retenaient en grand nombre de promeneurs.
- A cette époque, la science n’avait pas encore fait faire à l’éclairage électrique l’immense progrès que tout le monde a pu constater à la dernière Exposition de l”Observatoire ; il avait donc fallu recourir au gaz pour illuminer le parc sur une surface de 25 hectares au moins; distribuer aux restaurants des promenoirs du Palais et à ceux du Parc le chauffage et l’éclairage nécessaires, fournir aux moteurs à gaz leur élément indispensable.
- La Commission supérieure avait songé tout d’abord à organiser un service d’éclairage entièrement distinct de celui de la ville de Paris; des usines à gaz avec leurs appareils de distillation et d’épuration, leurs gazomètres, pouvaient être installées dans le parc ; l’éclairage du pourtour extérieur du palais et du parc pouvait permettre de montrer comparativement divers procédés et appareils fondés sur l’emploi des divers combustibles et de la lumière électrique.
- Un examen approfondi dut faire renoncer à ce projet, qui avait l’inconvénient d’exiger des dépenses considérables de premier établissement et de créer à la Commission supérieure de lourdes responsabilités de toute nature.
- En conséquence, la Commission s’adressa à la Compagnie parisienne d’éclairage et de chauffage parle gaz, qui lui fournit, moyennant le prix de 20 centimes par mètre cube, le gaz nécessaire à l’alimentation de l’Exposition universelle. Des raisons de la plus simple prudence avaient fait proscrire le gaz dans l’intérieur du Palais ; on n’avait fait exception à cette règle que dans la galerie du travail, pour certaines machines qui remployaient comme force motrice, ainsi que dans les caves et cuisines ménagées sous la galerie des aliments ; mais, danscesdeux genres d’application, les précautionsles plus minutieuses avaient été prises pour éviter les fuites et conjurer le danger d’incendie.
- La distribution de gaz, restreinte au Parc proprement dit, à l’exclusion du jardin, alimentait le service général de l’éclairage public et satisfaisait aux besoins des particuliers. Le gaz était concédé à ces derniers, par abonnement, moyennant 3o centimes par mètre cube, prix bien inférieur au prix de revient, si l’on ajoute, au chiffre de 20 centimes que payait la commission supérieure à la Compagnie parisienne, la dépense des canalisations .
- Les abonnements étaient réglés par des polices analogues à celles qui sont adoptées dans la ville de Paris. Le nombre des abonnés était de 124, et le
- volume de gaz qu’ils consommaient par mois était en moyenne de 40.000 mètres cubes. On doit citer parmi les diverses consommations comprises dans ce total : celles des machines à gaz pour 2,000 mètres cubes par mois, celles des restaurants pour i8.5oo mètres cubes, celles de 71 abonnés du Parc pour iq.5oo mètres cubes ; quant à la dépense de l’éclairage public, elle s’élevait par mois à 5o.ooo mètres cubes.
- La dépense de la canalisation, y compris les lanternes et les candélabres, s’est élevée à 172.059 francs 3i centimes, celle de la consommation du gaz à 132.417 francs 20 centimes.
- Toute l’attention de la Commission supérieure s’était portée sur l’éclairage public. Les voies principales, telles que la grande avenue, l’avenue d’Europe et le grand boulevard, étaient éclairées par une double rangée de candélabres ; la marquise autour du Palais par une double ligne d’appareils, consistant en lyres suspendues au pourtour, ainsi qu’en girandoles à trois branches, appliquées sur la façade des boutiques et dont la lumière était tamisée par des globes en émail ; les allées du Parc étaient éclairées par des candélabres du modèle de la ville de Paris, placés à une distance généralement inférieure à 18 mètres.
- Les compteurs et régulateurs avaient été mis gratuitement par des exposants à la disposition de la Commission supérieure.
- LE BRÉSIL À L’EXPOSITION
- M. de Santa-Anna Néry, qui est parti au mois de février pour le Brésil, afin d’y faire des conférences en vue de l’Exposition de 1889, a trouvé partout un accueil des plus favorables.
- Dans la province de Para, les habitants ont nommé un comité qui vient de se constituer en société par actions, au capital de i5o,ooo francs.
- Le comité de la province de Manaos a voté une somme de près de 100,000 francs pour venir en aide aux exposants.
- A Rio de Janeiro, le gouvernement provincial paraît aussi décidé à encourager l’initiative privée.
- On peut dire dès maintenant que le concours du Brésil est assuré.
- Une des attractions de son exposition sera la musique indienne de l’évêché de Para, composée de 1 5o indigènes de l’Amazone.
- COMITÉS DÉPARTEMENTAUX
- ^ Par divers arrêtés en date du mois de septembre 1887, le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l'Exposition universelle de 1889 a nommé membres du
- COMITÉ DÉPARTEMENTAL DES VOSGES
- Sous-comité de l’arrondissement de Saint-Dié
- MM- Burlin , (Ed.), fondeur, membre de la chambre consultative des arts et manufactures, à Saint-Dié ; Cletienne, fabricant de tissus, secrétaire de la chambre consultative des arts et manufactures, à Saint-Dié ; Deflin, fabricant de bonneterie et tricots, membre delà chambre consultative des arts et manufactures, à Saint-Dié ; ‘ Ferry (Hercule), manufacturier, président de la chambre consultative des arts et manufactures, à Saint-Dié ; Hugueny (Aug.), apprêteur, membre de la chambre consultative des arts et manufactures, à Saint-Dié ; Lenoir (Pierre), membre de la chambre consultative des arts et manufactures de Saint-Dié, à Raon-l’Etape.
- ¥ *
- COMITÉ DÉPARTEMENTAL DU LOT
- Sous-comité de l'arrondissement de Cahors
- M. Costes, maire de Cahors, en remplacement de M. Sirech (François).
- *
- * *
- COMITÉ DÉPARTEMENTAL DE LA SAVOIE
- i° Sous-comité de Varrondissement de Chambéry
- MM. Balmain (Joseph), ingénieur civil, conseiller général, à Chàteauneuf ; Laurent, agriculteur à Ecole, canton du Châtelard ; Livet, directeur de l’établissement thermal à Aix-les-Bains; Pravaz,
- industriel, conseiller général, à Saint-Genix ; Rebaudet, propriétaire, conseiller général, à Aix-les-Bains ; Therme, tanneur, conseiller général, au Chatelard.
- 20 Sous-comité de l’arrondissement de Moutiers
- MM. Carquet, juge de paix, conseiller général, à Moutiers; Jarre, avocat, conseiller général, à Moutiers ; Jorioz, notaire, conseiller d’arrondissement, à Moutiers.
- * *
- COMITÉ DÉPARTEMENTAL DE L’AISNE
- i° Sous-comité de l’arrondissement de Laon
- M. Joncourt (Edouard), entrepreneur de travaux publics, à Chauny.
- 20 Sous-comité de Varrondissement de Château-Thierry
- AL Mâcherez (Alfred), ingénieur-régisseur de la société de Fiyes-Lille, directeur de la fabrique de sucre de Neuilly-Saint-Front.
- COMITÉ DÉPARTEMENTAL DE LA DORDOGNE
- Sous-comité cle l’arrondissement de Nontron
- M. Combescot (Louis), maître de forges à Savi-gnac-Lédrier, en remplacement de M. Combescot, maire de Saint-Mémin, démissionnaire.
- *
- * ¥
- COMITÉ DÉPARTEMENTAL DE L’EURE'
- Sous-comité de Varrondissement d'Evreux
- MM. Callé, conseiller général, maire de Cour-teilles; Dufour (Désiré), conseiller d’arrondissement à Verneuil ; Feuihebois, ingénieur à l’usine du Vieux-Conches; HeVissey, imprimeur à Evreux; Legoux, maire de Verneuil ; Quettier, président du conseil de prud’hommes à Evreux ; Regnier, ancien entrepreneur à la Bonneville ; Tourlaville’(de), maire de Conches-en-Ouche. . 'r
- *
- ¥ ¥
- COMITÉ DÉPARTEMENTAL DE LA HAUTE-SAONE
- Sous-comité de /’arrondissement de Gray
- MM. Bassot, président de la chambre de commerce de Gray ; Noir-Anney, membre de la chambre de commerce et président du tribunal de commerce de Gray ; Dervieux, conseiller d’arrondissement, membre de la chambre de commerce de Gray.
- *
- ¥ ¥
- COMITÉ DÉPARTEMETAL DES BOUCHES-DU-RHONE
- Sous-comité de /’arrondissement de Marseille
- M. Baret, maire de Marseille, en remplacement de M. Allard.
- *
- ¥ ¥ x
- Dans l’arrêté constituant le comité départemental de la Haute-Saône que nous avons publié le mois dernier, il y a lieu de faire les rectifications suivantes :
- Ajouter aux noms suivants le titre de « membre de la chambre de commerce de Gray » :
- i° Sous-comité de /’arrondissement de Vesoul
- M. Clerget (Albert), à Vesoul.
- 20 Sous-comité de /’arrondissement de Gray
- MM. Hézard, à la Romaine ; Millot, à Arc-lèz-Gray.
- 3° Sous-comité de l’arrondissement de Lure
- MM. Dorget, à la Longine; Mercier, à La Ro-chère ; Schwob, à Héricourt.
- Au lieu de :
- AI. Sentupe'ry, fabricant de vins de raisins secs et maire, à Arc-lèz-Gray,
- Lire :
- AI. Sentupéry, industriel, président du syndicat des fabricants de vins de raisins secs de l’Est, à Arc-lèz-Gray.
- p.790 - vue 373/496
-
-
-
- FkOISl ÈM E ANNEE. — N° 143
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- EXPOSITION COLLECTIVE
- DES PROPRIÉTAIRES DE LA REGION DE COGNAC
- Nous croyons intéressant de reproduire ci-dessous une lettre deM. Pellisson, le promoeur de la collectivité des propriétaires de la région de Cognac qui, au Havre, avait organisé une superbe exposition dont nous avons rendu compte.
- Cognac, le 4 septembre 1887.
- A Monsieur le Président du sous-comité d’admission de l’arrondissement de Cognac à l’Exposition de 188g.
- Monsieur le Pre'sident et cher Collègue,
- On s’unit, en France, dans toutes les branches du commerce et de l’industrie, en vue de lutter contre la concurrence étrangère, qui s’efforce de nous arracher, un à un, tous les privilèges que nous avions conquis sur les marchés de l’extérieur. — Il semblait ne manquer au « Pays de Cognac », pour entrer dans cette voie d’émulation pour la défense de ses intérêts de toutes parts menacés, qu’un terrain neutre sur lequel on put se rencontrer sans froissement d’intérêt personnel.
- Ce terrain neutre paraît tout trouvé dans l’Exposition de 1889, et il semble qu’un effort du commerce des Charentes et de nos viticulteurs réunis puisse y être tenté. C’est dans cet ordre d’idées que j’ai provoqué à l’Exposition Internationale du Havre une exposition collective des eaux-de-vie de vingt-un propriétaires delà Région de Cognac, exposition dont nos collègues du Jury ont unanimement approuvé l’intention et reconnu la portée.
- Le moment semble venu, en effet, de réagir contre l’opinion erronée qui, au grand préjudice de notre région et de la France, s’accrédite au dehors, que les ressources du « pays de Cognac » seraient épuisées, que le phylloxéra aurait détruit jusqu’au dernier cep de nos vignes Charentaises, que l’avenir serait pour nous sans espoir. — Nous devons réagir aussi contre les efforts de pays viticoles tendant à prendre notre place dans la grande consommation, et qui déjà ont réussi à introduire en France même les eaux-de-vie d’Espagne », de « Portugal », de « Hongrie » de « Roumanie », de « Roumélie », etc. Il nous faut enfin nous défendre non moins énergiquement contre les effors tentés pour nous supplanter sur tous les marchés de l’extérieur, par les inventeurs du « Cognac allemand ».
- Le moyen de nous défendre contre cette concurrence multiple nous est offert, ainsi que je le* dis plus haut, par l’Exposition de 1889.—E con-sisterait à y faire une exposition collective de toutes nos richesses vimcoles, à mettre sous les yeux des visiteurs étrangers les échantillons de toutes les eaux-de-vie dont le commerce prévoyant a amoncelé, dans ces dernières années, un stock considérable, ainsi que ceux des réserves que détiennent encore nombre de propriétaires clés deux départements et dont l’importance est loin d’être soupçonnée au dehors.
- En se plaçant sur ce terrain neutre de la collectivité excluant toute compétition, toute préoccupation d’intérêt privé, il sera permis, peut-être, de compter sur l’unanimité des concours. Ici, en effet, l’intérêt particulier de l’exposant s’efface devant celui du pays ; tous poursuivent le même but : prouver par l’évidence que la région de Cognac est restée sans rivale pour l’excellence de ses produits comme par l’importance de ses ressources.
- A ceux qui prétendent que notre vignoble nous laisse sans espoir pour l’avenir, nous opposerons un état des vignes de notre région qui ont résisté au fléau, et dont les récoltes augmentent chaque année d’importance depuis 1885 ; nous présenterons un tableau de la quantité d’hectares comqlan-tés de vignes. Depuis quelques années, dans les Charentes ainsi que dans celles des communes de la Dordogne et de la Gironde où s’alimente notre commerce, plantations qui, sous l’impulsion des Comices agricoles et sous l’influence de l’espoir que donne l’avenir, ne feront qu’augmenter d’ici 1889.
- Dans un autre ordre d’idées, nous pourrions mettre sous les yeux du grand commerce la collection des marques de fabrique des exportateurs charentais, les étiquettes sous le couvertdesquelles s’expédie le Cognac de véritable origine; il serait ainsi donné un désaveu implicite aux marques apocryphes dont abusent les peu scrupuleux voisins, qui, en 1870, sont entrés en France au nom de la morale oubliée.
- Est-ce à dire que l’Exposition collective de nos échantillons excluerait, pour chacun, la faculté de faire, dans l’intérêt de son propre commerce, une exposition privée ? J’estime au contraire que cette poussée d’un effort commun devrait provoquer un grand mouvement d’initiatives privées ; que plus d’un négociant qui tiendrait à honneur de prendre part à la collectivité, voudrait aussi appeler sur sa propre maison l’attention du public et tiendrait à faire haute figure devant les acheteurs.
- Il m’a semblé, Monsieur le président, qu’il appartenait au comité de l’arrondissement de Cognac de prendre cette initiative ; et nul doute que par votre haute situation personnelle, par l’autorité que vous avez légitimement acquise, vous n’obteniez facilement, en vue d’une action commune, le concours des comités et sous-comités des deux départements, celui des chambres de commerce, ainsi que des comices agricoles et des syndicats qui, dans les Charentes, se sont formés pour la lutte contre le phylloxéra et pour la reconstitution de nos vignobles.
- Je n’ai d’ailleurs pas la pensée de présenter ici un programme achevé, mais seulement de soumettre à votre appréciation éclairée et à celle de notre bureau un désidératum qui sera jugé, je l’espère, digne d’être pris en considération.
- Veuillez agréer, etc., etc.
- Signé : Pellisson.
- P. S. — Voici dans quels termes le jury du Havre s’est prononcé à l’égard de l’Exposition collective dont j’ai parlé plus haut : « Les proprié-« taires dont les noms sont ci-contre, réunis en « collectivité, appartiennent à la région de Cognac, « ils ont présenté cinquante-six échantillons que « le jury a reconnus hors de pair. Il a en consé-« quence voté à l’unanimité, en faveur des dits « exposants, un diplôme d’honneur qu’il prie « l’administration supérieure de l’Exposition du « Havre de vouloir bien adresser à la chambre de « commerce de Cognac, à laquelle il est destiné. »
- LES RÉCOMPENSES
- A L’EXPOSITION DE L’UNION CENTRALE
- DES ARTS DÉCORATIFS
- Le succès de la neuvième Exposition de l’Union centrale des arts décoratifs s’affirme de jour en jour au palais de l’Industrie; les visiteurs affluent et quand le mois d’octobre aura ramené tous les Parisiens à Paris, ils auront là un but de promenade charmant et instructif.
- Comme on avait, par le fait, organisé une exposition récapitulative des industries d’art, il a paru nécessaire au conseil d’administration de modifier, cette année, le système des récompenses usité dans les dernières expositions divisionnaires : on rapportera uniquement l’attribution des récompenses de cette neuvième exposition au mérite que peut présenter le produit soit au point de vue de l’invention, de la forme ou du décor, soit au point de vue de l’exécution.
- Le conseil d’administration a donc déclaré que, pour cette année, les récompenses seraient de deux natures et décernées :
- i° Pour le mérite de l’invention, de la forme ou du décor ;
- E Pour le mérite de l’exécution.
- Les récompenses consisteront enjmédailles dites d'excellence et en médailles dites de mérite, or ou argent.
- Les médailles pour l’invention, la forme ou le décor seront décernées par un jury nommé directement par l’Union centrale.
- Les médailles de mérite argent et bronze pour l’exécution seront décernées par un jury composé de fabricants et d’artisans habiles nommés pour moitié par le conseil d’administration de l’Union centrale et pour l’autre moitié par les Flxposants.
- Les médailles d’excellence seront décernées par un jury supérieur, composé des présidents, vice- . présidents, rapporteurs et secrétaires des deux jurys précédents et fonctionnant sous la présidence du président de l’Union centrale dont la voix sera prépondérante en cas de partage et qui sera assisté du bureau du conseil et du délégué de la commission de l’Exposition.
- Le nombre des jurés chargés de se prononcer, sur l’attribution des médailles de mérite pour l’invention, le décor ou la forme est fixé à 27.
- Le nombre, des jurés chargés de se prononcer sur l’attribution des médailles de mérite pour l’exécution est fixé à trente-deux dont la moitié au choix du conseil d’administration de l’Union centrale et l’autre moitié au choix des exposants.
- L’élection de la partie du iury ainsi laissée au choix des exposants aura lieu, le 29 septembre 1887, à deux heures précises, dans le grand salon d’honneur du premier étage du Palais.
- Dimanche 23 Septembre 1SS7. — 701.
- ÉCHOS
- Paris
- On sait que l’Opéra prépare la célébration solennelle du centenaire du Don Juan de Mozart.
- Pour donner à cette solennité un attrait de plus, la direction a formé le projet d’organiser, soit dans le foyer du public, soit dans la galerie de la bibliothèque, une exposition de tous les souvenirs se rapportant au célèbre compositeur et plus spécialement à son immortel chef-d’œuvre.
- Y Y
- Une exposition à laquelle de terribles désastres dorment un grand intérêt d’actualité est annoncée pour la fin de l’automne.
- Consacrée au matériel .d’incendie et réunissant les inventions les plus récentes, elle succédera, clans le pavillon de la ville de Paris, aux Champs-Elysées, à l’exposition de brasserie, et ouvrira le vendredi 25 novembre, pour clôturer le samedi 31 décembre 1887.
- Toutes les communications sont reçues au secrétariat, 2, rue Villejust.
- *
- Y Y
- La question de PHôtel des Postes revient sur le tapis. L’inauguration aura lieu, dit-on, au printemps prochain. Nous ne demandons pas mieux que d’y croire pour notre part, quoique les articles pleins de verve donnés par notre confrère Stanislas Ferrand dans le Bâtiment, nous aient rendus fort sceptiques.
- *
- Y Y
- C’est clans les premiers jours du mois prochain que nous verrons, à l’école des beaux-arts, l’exposition des envois de l’académie de France à Rome.
- Les travaux des pensionnaires de la villa Médicis, déjà exposés à Rome en juillet, sont arrivés à Paris, et nous en donnerons l’énumération en temps et lieu.
- Départements
- L’exposition annuelle d’horticulture a eu lieu, la semaine dernière, à Bougival et a reçu, le samedi 17, la visite de l’honorable M. Barbe, ministre de l’agriculture.
- L’exposition de matériel d’incendie organisée à Rennes, à l’occasion du deuxième congrès des sapeurs-pompiers, a été ouverte hier samedi 24 septembre.
- *
- * *
- ETRANGER
- Allemagne
- L’exposition agricole du royaume de Saxe a été inaugurée à Bautzen le mercredi 7 septembre et visitée le lendemain par le roi et la reine.
- Elle dépasse en importance toutes celles qui l’ont précédée.
- Le clo.u de l’exposition est la lre section, celle des animaux, qui réunit les races hippique, bovine, ovine, porcine, les volailles et s’étend également à la pisciculture et l’apiculture. Très intéressante également, la deuxième section, celle des produits de l’agriculture et de l’horticulture. La troisième section, celle des machines, et la quatrième, celle de l’enseignement technique, formeraient à elles seules une exposition de premier rang.
- Y Y
- La princesse de Hohenzollern a accepté le haut patronage de l’exp-osition d’alimentation que l’on prépare à Düsseldorf pour le mois de novembre et que nous avons annoncée en son temps.
- L’administration municipale offrira 5 médailles d’or, 12 médailles d’aagerit et 12 de bronze. Die Illustrirte Zeinlung dit encore que la société culinaire de Londres, l’union culinaire internationale de Leipzig, et différentes associations ont institué des prix nombreux comme encouragement à l’entreprise.
- *
- Y Y
- Une exposition d’hygiène populaire, ouverte le vendredi t) septembre, a coïncidé, à Leipzig, avec un congrès d’hygiénistes allemands.
- *
- Y Y
- La première exposition internationale de chiens de luxe qui doit ouvrir dans quelques jours à Stuttgard, comme nous l’avons annoncé précédemment, réunira des exposants d’Allemagne,
- ! Voir la suite page 794)
- p.791 - vue 374/496
-
-
-
- — Troisième Année. — N° 143.
- Dimanche 25 Septembre 1887
- 7Q2 et 793.
- LE MONITEUR DR L’EXP°SITIüN DE 1889
- LES TRAVAUX DU CHAMP-DE-MARS
- La gravure qui accompagne cet article représente, ainsi que son titre l’indique, la maquette de la fontaine qui se trouve sous la tour et dont nous avons donné une description dans notre dernière chronique. On peut bien juger de l’excellent aspect que présentera cette oeuvre d’art. Bien que, sur la gravure, les proportions générales soient très harmonieuses, l’effet réel sera encore meilleur car l’artiste, pour donner plus d’air et de légèreté, placera, dans l’exécution, les cinq figures principales à une plus grande distance du centre, elles ressortiront mieux et les détails ne se feront mutuellement aucun tort, l’œuvre gagnera ainsi en ampleur ; nos lecteurs sont donc prévenus que la photographie ci-contre n’est que celle de la maquette et non celle delà fontaine réelle, mais nous avons
- tenu à la donner dès maintenant pour compléter notre description.
- Les travaux de couverture se poursuivent avec une merveilleuse rapidité. De jour en jour on voit s’accroître la surface posée, mais, néanmoins, il reste encore bien des vides à boucher et le temps marche toujours, aussi l’entreprise presse-t-elle la besogne autant que possible, pour se mettre à l’abri des atteintes de ses deux ennemies : la mauvaise saison et les limites de durée imposées par le cahier des charges.
- La mauvaise saison semble vouloir faire preuve d’indulgence, en retardant ses débuts ; elle permet aux ouvriers de travailler avec facilité et l’abaissement de température, survenu un peu subitement, donne le droit d’espérer que les coups de vent, averses et autres intempéries qui, souvent, servent de cortège à l’automne, ne feront pas encore tout de suite leur apparition ; il serait fâcheux que cet espoir fût déçu, cela retarderait les travaux, dont la nature exige du beau temps, car il est bien difficile, pour ne pas dire impossible, que des travailleurs restent perchés sur le faîte des charpentes, lorsqu’il pleut, qu’il vente trop fort ou qu’il neige, et d’exécuter, dans ces conditions, un ouvrage réunissant toutes les qualités requises.
- Quant à la seconde question, elle est plus grave et l’entrepreneur doit s’en préoccuper, car, s’il est des accommodements avec le ciel, qui parfois vous favorise d’un beau temps, il n’en est guère avec le cahier des charges qui, immuable, exige impérieusement l’exécution de ses clauses et ne s’inquiète pas de savoir, lorsque les délais stipulés sont expirés, si le retard constaté est dû à une cause ou à une autre : « Vous vous étiez engagé à terminer à telle date, il fallait avoir fini », voilà nettement ce que le cahier des charges a le droit de dire par l’organe de ceux qui sont chargés de l’appliquer.
- Comme pour l’entreprise que nous considérons ici, chaque semaine de retard vaudrait, au concessionnaire, une retenue de 1 % sur le montant de son adjudication; il est tout naturel que ledit concessionnaire fasse son possible pour n’avoir pas à subir pareille perte. Si on considère le délai accordé pour l’exécution (deux mois après l’achèvement des charpentes) et le travail déjà fait, il est probable que tout sera fini pour l’époque fixée, mais, enfin, il ne faut pas s’amuser.
- Ce n’est pas une petite affaire de couvrir une surface d’environ i3o,ooo mètres carrés, comprenant 67,000 mètres de circonférence en tuiles, ardoises, zinc, tôle galvanisée en plomb, et 63,ooo mètres de toiture en verre strié; cette dernière partie du travail ira, relativement, assez vite, car les feuilles de verre étant, presque toutes, taillées d’avance aux dimensions voulues, il n’y a qu’à les ajuster et à mettre le mastic, mais pour la couverture proprement dite, c’est autrement compliqué et rien que la pose des bois a une importance considérable dont quelques chiffres donneront une idée : Il a été prévu près de 2,000 mètres cubes de bois de charpente; les chemins de faîtage, les bandes et les encaissements de chéneaux exigeront environ 23,000 mètres carrés de sapin et enfin les planches de sapin, soit brutes, soit travaillées, nécessaires au voligeage des combles, représenteront un total de presque 63,000 métrés carres.
- On comprend que l’emploi de tous ces matériaux demande beaucoup de temps et nécessite un personnel nombreux, ce qui explique pourquoi on peut voir le travail de la couverture attaqué, dans le même chantier, sur plusieurs points à la fois. D’énormes provisions de chevrons, de voliges, de lattes, couvrent le sol. Constamment des manœuvres montent ces pièces sur la toiture oû elles sont utilisées par les poseurs dont les marteaux retentissent sans relâche, d’autre ouvriers transportent les planches ou y font les retouches indispensables. C’est en un mot un éternel va-et-vient et un mouvement continuel donnant une animation joyeuse à ce grand squelette de fer qui sera le palais des industries diverses.
- Les vitriers ont posé cette semaine leurs premières feuilles de verre, ils ont débuté par le lot qui fait face au pavillon de l’administration (pavillon Rapp), et suivent les charpentiers, au fur et à mesure que ceux-ci abandonnent une portion de toiture dont ils viennent de finir le voligeage. On sait que l’entreprise de vitrerie ne comporte que la pose des verres, livrés à pied d’œuvre, aux dimensions prévues : l’entrepreneur n’a donc
- FONTAINE DESTINÉE AU JARDIN' SITUÉ SOUS LA TOUR EIFFEL
- Sculftlur M. !'• SAINT-VIDAL rhologrJpl>iedL‘ V. GODET
- pas besoin d’une installation compliquée : quelques supports pour appiper les feuilles de vitrage, une table de recoupe, et c’est tout, encore ce dernier objet n’est-il utile que parce que certaines feuilles ne son pas tout à fait bien coupées et que l’entrepreneur est tenu, d apre^ le cahier des charges, de les régulariser lui-même. La partie délicate de ce travail consiste dans les soins qu’il faut apporter au • maniement,
- toutes ces pièces de verre, dont les dimensions atteignent jus-qua 2m20 pour la longueur et oin64 pour la largeur, aussi, bien que ce s°ient tous gens habitués à manier une matière si fragile, les ouvriers Prennent de grandes précautions pour éviter la casse, entièrement à la charge du concessionnaire qui reste responsable de toutes les avaries et ^°it pourvoir, à ses frais, à leur réparation, jusqu’au 1e1’ mars 1890.
- Naturellement, le plus grand risque de casse réside dans la montée des feuilles sur la toiture, car, en outre de leurs grandes dimensions, qui les rendent peu maniables, leur forte épaisseur, omoo5 à omoo6 millimètres en fait des fardeaux assez lourds. Jusqu’à présent le déchet est insignifiant, mais nous sommes curieux de savoir quel chiffre il atteindra quand la couverture sera achevée, c’est-à-dire quand les 52.000 feuilles de verre nécessaires au palais des industries diverses seront en place ; évidemment, la perte sera grande, mais nous ne serions pas étonné qu’elle fût moindre que les prévisions, tant les ouvriers déploient d’adresse dans la manutention de leurs fragiles matériaux. Dans le chiffre que nous venons de citer, ne sont pas comprises les feuilles de verre qu’exigera la couverture, pour ce même bâtiment des industries diverses, des galeries intérieures et extérieures, des pavillons d’angle, du dôme central..., etc.; ces annexes absorberont environ 10,000 feuilles, ce qui portera, en chiffre rond, à 62,000 le nombre de pièces de verre qui seront mises en œuvre pour couvrir le palais construit par M. Bouvard.
- La pose des chevrons, des voliges et des chemins de faîtage est terminée dans le lot édifié par la maison Roussel, on met la première main aux travaux de couverture, pendant qu’on achève la mise en couleur.
- Qiiant aux deux autres portions du palais, la peinture y règne encore seule en maîtresse, elle a envahi environ la moitié des fermes élevées par les forges de Saint-Denis et celles qu’a dressées l’usine de la Franche-Comté sont, aux quatre cinquièmes de leur totalité, enduites de la couche grise générale. Dans ces deux chantiers, on fait les préparatifs nécessaires au commencement des travaux de couverture.
- Plusieurs journaux ont annoncé, avec force commentaires, deux graves accidents arrivés cette semaine au Champ-de-Mars ; il est bon de ramener les choses à des proportions plus exactes ; mettons donc nos lecteurs au courant de ce qui s’est passé, ils verront que, souvent, la gravité d’un accident dépend de la nécessité qu’il y a d’allonger un « fait divers » et de le rendre intéressant.
- Des ouvriers travaillant dans le chantier deM. Manoury étaient occupés aux fouilles de la pile C du plan général des fondations du palais des machines; à un moment donné, après avoir approfondi, d’une certaine quantité, la tranchée dans laquelle ils se trouvaient, ils voulurent poser les pièces de blindage, mais la terre coula, entraînant les planches avec elles ; l’éboulement fut sans importance et en très peu de temps on dégagea les deux hommes dont les jambes seules avaient été touchées et légèrement contusionnées; celui qui a été le plus atteint en sera quitte pour 5 à 6 jours de repos. Il y a donc loin de la réalité au bruit qui avait couru que les victimes de l’accident étaient grièvement blessées. Évidemment, des blessures, même légères, voire même de simples contusions, sont choses fâcheuses et qu’il convient de rendre le moins fréquentes possible, mais lorsqu’un grand nombre d’hommes travaillent à la fois en un point déterminé, il est naturellement impossible, malgré toutes les précautions, d’éviter entièrement le retour de petits faits de cette nature.
- Quant au second racontar par lequel un commencement d’incendie se serait déclaré à la pile n° 1 de la tour de 3oo mètres, il se réduit comme le premier à peu de chose : une ou deux planches aussitôt éteintes qu’enflammées. Ce dénouement est du reste très heureux, car un incendie dans cet endroit aurait une grande gravité à cause de l’énorme quantité de bois qui s’y trouve ; de plus, il faudrait recommencer un travail long et pénible et enfin il est certain que l’œuvre métallique en souffrirait, si même elle 11’était pas compromise entièrement, il est donc à souhaiter que pareille chose ne se produise jamais., aussi prend-on les précautions les plus minutieuses.
- Les piles 1, 2 et 4 sont à leur sixième tronçon ; elles atteignent et dépassent même un peu le faîte des pylônes de charpente ; la pile n° 3 a repris son mouvement ascentionneL son cinquième tronçon est posé et elle ne tardera pas à atteindre le niveau oû sont arrivées les trois autres.
- Pendant que les pièces métalliques s’élèvent graduellement, dessinant de mieux en mieux la physionomie de la base, les charpentiers reçoivent de nouvelles provisions de bois qu’ils mettent immédiatement en œuvre afin de préparer les charpentes complémentaires qui seront nécessaires pour-amener les piles jusqu’au premier étage; toutes ces pièces sont encore sur le sol et non assemblées, mais, par leur nombre et leurs dimensions on peut se faire une idée de ce que sera ce gigantesque échafaudage.
- H. de Baecker.
- N
- p.dbl.n.n. - vue 375/496
-
-
-
- jQ4- — Troisième Année. — N° 140
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE iboy.
- Dimanche 25 Septembre 18S7.
- d’Autriche-Hongrie, d’Angleterre, de Belgique, de Hollande, et promet, assure-t-on, d’être fort brillante.
- *
- ¥ ¥
- Angleterre
- Le BoUettino délie Finance, Fer ravie e Industrie a reçu de Londres une circulaire recommandant chaudement un projet d’organisation dans cette ville, d’une exposition générale italienne, pour l’année prochaine.
- Ce projet est inspiré par le brillant succès obtenu cette année par l’expostiion américaine et, de fait, la réalisation en serait intéressante et fertile en résultats.
- *
- Y Y
- Autriche-Hongrie
- Une exposition agricole et industrielle a été inaugurée à Linz, le dimanche 4 septembre, sous la présidence de l’archiduc Jean.
- *
- Y Y
- Canada
- L’exposition provinciale canadienne, inaugurée le G septembre à Toronto par le gouverneur général, lord Lansdowne, comme nous l’annoncions dans notre dernier numéro, renferme quelques sections plus particulièrement intéressantes.
- Ce sont la galerie des Beaux-Arts, les groupes de l’ameublement et de la machinerie agricole.
- Y Y
- Italie
- L’exposition internationale de matériel d’incendie, que nous avons annoncée, a été ouverte à Turin, le 27 août, par S. M. le roi Humbert.
- *
- Y Y
- Russie
- Dans le couinant de novembre doit se réunir à Moscou un congrès auquel prendront part les cultivateurs de houblon et brasseurs russes.
- La tâche de cette assemblée sera la recherche des moyens propres à favoriser le développement de la culture du houblon en Russie. Il est question d’organiser, à cette occasion, une exposition spéciale.
- *
- Y Y
- Erratum
- Une erreur d’impression nous a fait annoncer, dans notre dernier numéro, l’ouverture à Hanovre d’une exposition d’agriculture ; c’est apiculture qu’il fallait lire.
- De même, dans notre dernier numéro, nous avons classé une exposition ouverte à Gening, en Saxe, au lieu de Penig .
- Enfin, pour ne pas nous étendre trop loin sur cette matière, faisons remarquer qu’en disant, sous la rubrique « Canada » le télégraphe annonce l’inauguration à 7oronto.. nous entendions parler deT’appareil à transmission des dépêches, et non d’une publication quelconque, comme ont pu le faire croire les caractères italiques employés par inadvertance.
- SCIENCES & INDUSTRIE
- Générateur pyro-magnétique Edison
- Transformer l’unité de calorie du charbon et sa force vive en une unité électrique correspondante, d’un rendement dynamique équivalent est un problème physique qui paraît, de prime abord, insoluble.
- . Cependant différents savants ont tenté d’atteindre ce but en s’efforçant de fixer cet état précis ec particulier de la chaleur qui cesse d’être chaleur pour devenir électricité. Melloni est le premier qui ait étudié les actions thermo-électriques des différents métaux et qui les ait classés selon leur rendement, en une longue série dont le premier therme est représenté par le bismuth, et le dernier par l’antimoine.
- Ces deux métaux ont servi de base à la construction de sa pile qui a amené de si grandes découvertes en analyse spectrale, et qui a également servi à déterminer le pouvoir diathermane de tous les corps connus. Mais, à part cette curiosité scientifique, cette pile dont les courants n’attei-gnaientqu’une faible tension, n’a jamais pu franchir le seuil des laboratoires pour passer dans le domaine industriel. Becquerel, reprenant, beaucoup plus tard, les expériences sur l’électro-thermique, avait dirigé ses études vers certains alliages, tels que les pyrites de cuivre et le melchior, et était arrivé à former des couples thermo-électriques d’un rendement supérieur à celui de la pile de Melloni.
- Clamond, à son tour, persévérant dans cette voie, inventa une pile d’une énergie assez consi-
- dérable, mais cependant bien inférieure h l’énergie latente du charbon employé au fonctionnement de l’appareil.
- Reprenant enfin la question dans toute son étendue et par une autre de ses phases, Edison vient de faire faire un pas immense vers la solution du problème. Mais il faut le dire, son appareil qui inaugure une ère nouvelle de fécondes recherches et d’importantes découvertes ne peut être rattaché directement aux piles thermo-électriques connues quoique la production d’électricité y soit également due à la chaleur.
- Quelques-unes des publications qui ont traité de cet appareil, le donnent comme une nouvelle pile thermo-électrique. Or, ce n’est pas une pile, ce ne sera jamais une pile, mais bien un appareil fondé sur un principe absolument nouveau, et qu’Edison lui-même, pour éviter toute ambiguité, a nommé générateur pyro-magnétique. En l’absence de figures, nous ne voulons pas tenter une description détaillée de l’appareil et nous renvoyons les intéressés aux publications scientifiques illustrées la Nature ou Y Invention de Londres par exemple.
- Voici le principe de l’appareil :
- Toute substance magnétique, fer, nickel, cobalt, perd son pouvoir magnétique à des températures déterminées et variables ; ce qui revient à dire, qu’en chauffant un aimant, on lui fait perdre peu à peu son pouvoir 'magnétique, qu’il recouvre du reste par le refroidissement.
- Edison, pensant utiliser ces variations de ma-gnétisabilité, a conçu un* appareil très simple dans sa forme, et qui, s’il n’est pas la perfection, donne du moins un maximum de rendement inconnu jusqu’ici.
- Qu’on suppose un vaste électro-aimant ; en regard de ses pôles pivote un cylindre formé d’une multitude de petits tubes de fer fin, situés verticalement,, c’est-à-dire parallèlement à l’axe de rotation de l’appareil. En regard de la section inférieure de ce faisceau tubulaire est un écran percé de trous ; ces orifices coïncident avec les orifices tubulaires, et leurs interstices forment écran, quand les tubes, par un mouvement de rotation, se déplacent. On comprendra aisément ce dispositif, si on le rapproche de la disposition de la sirène de M. Cagniard de Latour.
- Un foyer amène, par un manchon cylindrique, la chaleur en contact avec l’écran, et de là la- chaleur se propage dans les tubes qu’elle élève au rouge, comme dans les appareils tubulaires des chaudières connues. Mais, dans cette propagation, la chaleur se répartit très inégalement, les tubes dont les orifices coïncident avec les trous de l’écran étant plus chauffés que ceux dont la lumière est momentanément obturée.
- La température de ces derniers s’élève à son tour, tandis que les premiers se refroidissent. Ces alternatives engendrent, dans le faisceau tubulaire, des points d’aimantation forts et faibles. Les plus forts sont attirés par les piles de l’aimant, grâce à l’asymétrie d’aimantation. De là un mouvement de rotation rapide et une accumulation de forces magnétiques qui se surajoutent et dont la somme d’unités thermo-électriques arrive presque à égaler la somme des unités calorifiques.
- Nous voyons donc qu’ici, le principe est tout à fait nouveau, bien que comme dans les piles thermo-électriques la chaleur en soit un facteur principal.
- Telle est l’essence de la machine dont le dispositif, que nous ne pouvons décrire, est d’une incomparable ingéniosité.
- *
- Y Y
- Varia
- Une invention gaie nous est apportée d’Allemagne par l’Iilustrirte Z-eitung de Leipzig et Berlin !
- Ne tressautez pas, cher lecteur; et vous chère lectrice, si vos jolis yeux s’aventurent par hasard sur cette colonne à l’aspect si rébarbatif, ne vous évanouissez pas ! ! Il s’agit tout simplement d’un cercueil, dit de sauvetage, Rettungssarg, imaginé par M. Karl Redl.
- L’inventeur a rencontré nombre de personnes qui toute leur vie tremblent à l’affreuse pensée d’être enterrées vivantes et que cette terrible préoccupation fait frissonner et pâlir.
- L’idée lui est venue de calmer ces frayeurs importunes, et ses recherches philanthropiques l’ont conduit au résultat suivant.
- Le cercueil métallique est muni à sa partie supérieure d’un orifice circulaire obturé par une soupape. Partant de cet orifice s’élève, comme un tuyau de cheminée, un tube métallique qui vient aboutir, au dessus de la surface du sol, dans une chapelle qui couronne la sépulture. Ce tube est muni, à sa partie supérieure également, d’une seconde soupape destinée comme la première à emnêcher l’émanation de gaz délétères.
- Mais au moindre mouvement que ferait notre enterré vivant, un cordon fixé à ses mains ouvrirait les deux soupapes, ce qui-lui fournirait une quantité suffisante d’air frais, et cette même traction mettrait en mouvement une sonnerie d’alarme située sur le faite de la chapelle ou monument
- funéraire. Voilà qui tranquillisera les pusillanimes et réjouira les vaillants !
- Y Y
- Pour passer du plaisant (?) au sévère, enregistrons les quelques congrès, qui par ce temps d’assemblées et réunions de tous genres, méritent d’être notés.
- C’est d’abord, le 2e Congrès littéraire néerlandais, ouvert le i5 septembre à Amsterdam, puis le 3e congrès des sociétés coopératives, réuni à Tours, le samedi 17 septembre. Ce sont encore : le Congrès national des sapeurs-pompiers ouveit hier à Rennes, le Congrès international de sténographie, dont les séances ouvriront demain à Londres, à l’occasion du 3e centenaire de la sténographie ; et enfin la conférence internationale pour la restriction de la vente des boissons alcooliques dans les pêcheries de la mer du Nord.
- Ce dernier Congrès ouvrira à La Haye, le mois prochain.
- C. H.
- --- 1 “‘=3à*aawâfr-£îPQHS) ^ujüL«»rTrr— —-
- CONGRÈS DE L’ASSOCIATION
- POUR L’AVANCEMENT DES SCIENCES
- Le congrès de Toulouse a tenu sa séance d’ouverture, le jeudi 22, a deux heures de l’après-midi. M. le docteur Rochard, président, a prononcé un discours auquel M. le maire de Toulouse a répondu dans une chaleureuse allocution en souhaitant la bienvenue aux membres du congrès. M. Schlumberg, secrétaire de l’Association française, a ensuite résumé les travaux de la société pendant l’année qui vient de s’écouler ; il a notamment raconté les principales péripéties du congrès de Nancy et parlé de la fusion aujourd’hui accomplie de l’Association française avec l’Association scientifique. Enfin, M. le trésorier a rendu compte de l’état des finances de l’Association. Après quoi les différentes sections se sont réunies dans leur local respectif pour fixer l’ordre du jour des séances suivantes dont nous rendrons compte la semaine prochaine.
- UNE EXPOSITION PERMANENTE
- A SAINT-PÉTERSBOURG
- Nous recevons de la Société des Ingénieurs des voies et communications de Russie la circulaire suivante :
- . 'En joignant au présent le programme du bureau technique et de l’Exposition technique permanente,_ sanctionné par M. l’adjoint du ministre de l’intérieur, le 20 janvier de la présente année, en développement du g 28 des statuts de la Société des ingénieurs des voies et communications, approuvés le 3i janvier 1882 par M. le ministre de l’intérieur, l’administration du susdit bureau et de l’exposition a l’honneur de vous faire savoir qu’elle a commencé à fonctionner depuis un mois déjà.
- Ainsi que vous pourrez en juger par le programme ci-joint, le but de la fondation du bureau technique consiste à satisfaire par son entremise les besoins surgissant du chef de la recherche des matériaux, de la sollicitation des brevets d’invention, des explorations à effectuer pour la construction des différentes voies, de _ l’établissement des considérations, _ devis de projets, estimations et contrats pour divers travaux et fournitures concernant les voies de communication, l’architecture, l’hydraulique, la mécanique , l’électrotechnique et l’agriculture et enfin du chef de la construction des voies d’aboutissement, des digues, de dessèchement, d’irrigation et autres.
- En ce qui concerne l’Exposition technique per- manente, on a en vue, outre le but de créer un appui aux inventeurs, celui de faciliter par son entremise aux producteurs l’acquisition des articles pouvant leur servir de modèles; ainsi qu’à aider les exposants à écouler les objets exposés par eux et cela en se chargeant, sur leur désir, de conclure en leur nom des promesses de vente-et des engagements de fourniture. L’Exposition se trouve installée dans le local de la Société des ingénieurs des voies et communications, situé à Saint-Pétersbourg, quai de la Fontanka, n° 23, près du pont Anitchkine.
- La gestion de l’Exposition est confiée à l’ingénieur des mines, M-r M. Sendzikowsky, membre perpétuel du bureau technique. Ont été élus en qualité d’agents devant représenter le bureau et l’Exposition M-rs F. Eberhardt et J. Levenson.
- Le président du bureau technique et de l’Exposition permanente technique :
- M. Verchowsky.
- Les membres du Bureau technique :
- N. Meinhard, A. Hibschmann, L. Kortschinsky.
- Le membre perpétuel du Bureau et gérant de ! Exposition :
- M. Sendzikowsky.
- p.794 - vue 376/496
-
-
-
- Troisième Année. — N° 143.
- LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE 1SS9
- Voici quelques renseignements sur cette administration.
- Le bureau se compose des sections suivantes :
- La Section générale fait connaître la qualité et les avantages des différents matériaux de construction ; se charge de l’expertise des échantillons de ces matériaux, afin d’établir leur importance industrielle et la manière la plus avantageuse de les exploiter ; étudie les inventions et les perfectionnements nouveaux, ayant un rapport quelconque avec la technique ; fait les démarches exigées par la loi pour l’obtention des brevets, élabore les devis et les cahiers des charges pour tous les genres de travaux et de commande : rédige les contrats pour les commandes des produits mécaniques en précisant les conditions techniques de réception desdits produits. — En outre, elle se charge de l’évaluation des usines, fabriques et autres établissements industriels, en statuant sur leur état technique.
- La section des voies et communication se charge des tracés et devis des lignes ferrées, chaussées et autres voies de communication; elle élabore les projets et plans pour la construction des stations, gares, ateliers, casernes, maisons, magasins, ponts, etc., etc., ainsi que pour la régularisation des fleuves, le percement des canaux, la construction des digues, barrages, ports, débarcadères, quais, etc.
- La section de /’architecture fournit les plans des. divers édifices et constructions publics et privés, tels que : hôpitaux, théâtres, écoles, fabriques, usines, etc. — La même section se charge aussi des entreprises de chauffage, éclairage, conduites d’eaux, etc., etc.
- La section hydrotechnique se charge des plans de canalisation, conduites d’eaux, réservoirs, égouts; fontaines, dessèchement et arrosement des champs et prairies, puits artésiens, filtres, etc.
- La section mécanique se charge des plans des différentes machines à vapeur, locomotives, machines-outils, grues, etc., bateaux à vapeur, remorqueurs pour les fleuves et rivières à bas fonds. Ladite section peut aussi surveiller l'exécution des commandes dans les usines, afin qu’elles soient exécutées conformément aux exigences des personnes intéressées.
- La section électrique fournit les plans et devis des lignes télégraphiques, des signaux de chemins de fer, des installations de téléphones, d’éclairage électrique, de machines dynamo-électriques, des applications de l’électricité au transport de la force et à l’électrométallurgie.
- La Section de l’art du génie appliqué à l’agriculture étudie différentes questions techniques, ayant un rapport quelconque avec l’agriculture. — Spécialement elle recherche les moyens d’augmenter le rendement des exploitations agricoles ; elle se charge des constructions des voies d’approche, digues, canalisations des champs et prairies pour l’arrosage et le drainage, explorations des terrains etc., pour diminuer les frais d’exploitation et augmenter le rendement de la terre.
- La Section des informations fournit toutes sortes d’explications et de réponses orales ou écrites sur toutes les questions ayant un rapport quelconque avec l’art du génie ; elle expédie les prix-courants, circulaires, croquis, livres, journaux ; indique les plus nouveaux perfectionnements, etc.
- L’activité de cette section est analogue à celle de la direction de l’Exposition permanente technique.
- Exposition permanente technique. Cette exposition a pour but de grouper dans le local du cercle des ingénieurs.
- ie Machines, ustensiles, machines-outils et instruments ayant un rapport quelconque avec les différentes branches de l’art du génie.
- 2° Echantillons des matériaux de construction.
- 3° Modèles, croquis, livres et brochures techniques.
- Tout produit n’ayant pas un rapport direct avec l’art du génie est écarté à moins d’une autorisation spéciale émanant du Conseil technique.
- L’assemblée générale des ingénieurs choisit, pour un terme qui ne doit pas dépasser cinq ans, un gérant de l’Exposition ; ce dernier est investi des pouvoirs nécessaires à l’administration des affaires de l’Exposition sous l’inspectiondu bureau du conseil technique.
- L’administration de l’Exposition a pour obligations :
- i° De s’entendre avec les autres expositions de ce genre à l’étranger, en les invitant à participer à la sienne et à échanger des produits.
- 20 D’être au courant de toutes les nouVeautés et inventions paraissant tant à l’étranger qu’en Russie et de se procurer les modèles ou les échantillons pour l’exposition du Cercle.
- 3° De prêter son concours dans les limites du possible aux inventeurs, en exposant leurs produits gratuitement et en popularisant lesdits produits.
- 4° D’organiser des relations suivies avec différents spécialistes portant intérêt à une branche quelconque de l’art du génie. Dans certains cas, sous sanction du Gouvernement, l’administration est autorisée à renseigner périodiquement les per-
- sonnes désireuses de connaître les nouveautés et inventions qui arrivent à la connaissance de ladite administration.
- 5° De prêter son concours aux propriétaires des usines, fabriques et autres établissements et surtout aux petites industries pour la vente de leurs produits tant en Russie qu’à l’étranger ; de leur faciliter l’acquisition des produits qui pourraient leur servir de modèles.
- G0 D’inviter les exposants, chaque fois avec l’autorisation du Gouvernement, à statuer de concert avec elle sur différentes questions pouvant augmenter l’importance de l’Exposition.
- 70 De faire paraître dans le journal du Cercle des descriptions détaillées des nouveautés et perfectionnements qu’elle reçoit.
- . 8° D’inviter des experts pour l’appréciation des produits exposés, en référant au Conseil technique ie droit de récompenser les meilleurs exposants par des mentions, médailles, etc., etc.
- 90 Toutes les annonces, réclames, circulaires, etc., de l’administration doivent être préalablement soumises à la sanction du Conseil technique et — pour les imprimés — recevoir l’autorisation de la Préfecture de Police.
- Les objets admis à l’Exposition technique permanente sont divisés en trois catégories:
- i° Les machines, outils, métiers, appareils, instruments ayant rapport à toutes les branches du génie.
- 20 Les échantillons de matériaux de construction.
- 3° Les modèles, dessins, livres et brochures techniques.
- Les frais de transport, d’installation et d’assurance contre l’incendie sont à la charge de l’exposant. Pour la place occupée par les objets exposés
- l’exposant paie comme suit :
- Pour un pied carré..... 20 roubles
- — deux pieds carrés.... 35 —
- — trois — .... 45 —
- — quatre — .... 5o —
- et pour chaque pied carré de plus, 5 roubles par an, en comptant d’avance pas moins que pour six mois.
- Les objets occupant une très grande surface, ou d’un poids très grand, ne seront admis que suivant accord spécial.
- Les modèles, plans de nouvelles inventions, n’occupant pas plus de deux pieds carrés, seront reçus gratuitement à l’Exposition pendant deux mois.
- Les objets exposés doivent être munis de descriptions détaillées indiquant leurs usages ou de catalogues, ainsi que du prix de la vente desdits objets.
- Les personnes visitant l’Exposition peuvent se procurer tous les renseignements désirés chez le surveillant, qui sera toujours présent à l’Exposition.
- Les exposants n’habitant pas Saint-Pétersbourg et n’y ayant point de représentants peuvent entrer en relations directes avec l’admiuistration de l’Exposition, qui peut se charger de recevoir les commandes et de remplir les devoirs d’un représentant spécial et permanent. _ _
- Afin que l’Exposition puisse servir d'intermédiaire entre les exposants et les commettants, l’administration se charge de donner tous les renseignements possibles, par écrit, aux questions en rapport avec 1e génie ; elle envoie en outre les prix courants, des dessins-, des brochures et indique les derniers perfectionnements qui lui seront connus dans les branches diverses ; elle exécutera des commissions, en chargeant les frais y relatifs, et pour une compensation suivant accord.
- On organisera des assemblées techniques, des lectures et des communications au sujet des objets exposés et de leur fabrication.
- Dans le journal rédigé par le Conseil technique du cercle des ingénieurs, on insérera les nouveautés remarquables de l’Exposition.
- De 11 heures du matin à 5 heures du soir, l’entrée à l’Exposition est gratuite.
- LES LIVRES
- exxv
- La reine Caroline-Mathilde et le comte Struensée, par G.-R. de La Grèze. Paris, librairie Firmin-Didot et Cie, un vol. in—18.
- Un ancien magistrat béarnais homme d’esprit et fin érudit, qui s’est fait une légitme réputation par de nombreux ouvrages, tous consacrés à l’histoire du droit, à la biographie des hommes illustres ou à la description des châteaux célèbres de ses chères Pyrénées, M. B. de La Grèze, dont nous avons déjà présenté à nos lecteurs le curieux volume sur la Vie privée d'Henri IV et sur la Société et les mœurs en Béarn, se recommande à l’attention et à la sympathie du public par un nouveau livre dont le sujet est un drame historique plein encore de l’attrait du mystère, celui de l’élévation et de la chute, de la vie brillante et de la mort tragique d’un ministre trop favori de la reine Caroline-Mathilde, pour le demeurer toujours de
- Dimanche 25 Septembre 1887. — 795.
- son mari Christian VII, roi de Danemark, et victime, dit-on, d’une vengeance conjugale autant que d’une réaction politique. M. de La Grèze a-t-il donné la solution définitive des problèmes, trouvé le mot décisif des énigmes qui ont passionné plusieurs générations de savants, et fourni à la controverse une matière inépuisable, des cendres inextinguibles que ranime ie moindre souffle, et que le nouvel ouvrage va certainement rallumer ? C’est ce que nous examinerons tout à l’heure. Ce que nous pouvons dire tout d’abord, c’est que M. de La Grèze, qui connaît son public français curieux et mêlant volontiers aux malignités ' du scepticisme, les enthousiasmes et les illusions de la galanterie chevaleresque, s’est arrangé pour plaire à ce public, en traitant la question Struensée, le procès Struensée, de la seule façon faite pour l’intéresser. Ce public, en effet, s’inquiète peu desavoir par suite de quels revirements un ministre, parvenu hautain et réformateur hardi, tomba victime d’une intrigue de cour et d’une conspiration militaire, toutes deux coalisées contre l’ennemi commun, ainsi que l’histoire de la Russie et l’histoire de la Suède, du Danemark, de la Pologne nous en offrent tant d’exemples. Sous un gouvernement absolu, le jeu des partis n’existe pas, ou existe si peu qu’il est sans intérêt. Ce qui donne au drame sa valeur, ce qui excite la curiosité, ce qui émeut l’esprit, ce qui touche le cœur, c’est son côté humain. Ce que le public, en un mot, désire savoir, c’est la nature des relations d’une reine jeune, jolie, sentimentale, romanesque, coquette, avec son médecin Struensée, devenu par la faveur de la maîtresse, plus encore que du maître, premier ministre, puis par le triomphe d’une cabale de cour, inspirée par la fureur jalouse d’une belle-mère ambitieuse, réduit à la disgrâce, à la prison, à l’échafaud. Ces relations respectèrent-elles. ou franchirent-elles la limite du devoir à la passion, du permis au défendu ! Struensée fut-il seulement le confident, l’ami ou s flamant de la reine ? Qu’ii y a-t-il de vrai dans les aveux que lui .arracha la menace de la torture qui ne le trouva point héroïque, aveux scellés de sa signature, corroborée par la signature de la reine elle-même ? Avons-nous affaire ici à un dévouement chevaleresque, demeuré pur de toute faiblesse humaine, comme celui de Fersen pour Marie-Antoinette, ou s’agit-il d’une liaison dans le genre de celle, demeurée discrète, de lord Bute et delà princesse de Galles, de celle devenue scandaleuse de Bergami avec cette autre princesse de Galles, puis reine d’Angleterre, répudiée, accusée par son mari, et solennellement flétrie par un arrêt de justice ? Struensée fut-il le lord Acton d’une Caroline de Naples, le Manuel Godoï d’une Louise-Marie d’Espagne ? Le drame historique qui se dénoua par la mort tragique du ministre danois donne-t-il raison à la poésie et au roman, et n’est-il arnre chose qu’un Ruy-Blas de la réalité ? Voilà la question qui intéresse les femmes, les jeunes gens, les vieillards, par son attrait romanesque, par son ragoût philosophique.
- C’est cette question qu’examine à fond M. de La Grèze. Disons tout de suite que ses conclusions bien qu’elles soient d’un vieux magistrat, habitué à manier les ^ causes criminelles, et qui connaît pour l’avoir éprouvée, toute la valeur du fameux aphorisme d’instruction criminelle : « Où est la femme ? » sont indulgentes, et qu’il incline à croire à l’innocence de Caroline-Mathilde et par suite à celle de son amant prétendu, qui n’aurait été qu’un confident bien près de l’oreille et qu’un ami bien près du cœur.
- Quelles preuves donne-t-il, quels témoignages invoque-t-il à l’appui de cette opinion optimiste ? Il faut bien le dire : toute l’argumentation de cet auteur d’un rraité sur le jury,qui connaît bien son sujet, et qui 11’est pas suspect de partialité se réduit, en somme à la maigreur des présomptions favorables et des circonstances atténuantes. Il est certain que l’ambition irréconciliable de la belle-mère Julienne, les menées des favoris rivaux, les intrigues d’un tripot de cour, les infidélités notoires de Christian, son état de demi-démence, à la suite deces voyages en Angleterre et en France qui avaient favorisé ses excès et émoussé singru fièrement ses facultés, les imprudences d’une reine étrangère, jeune, avide des plaisirs de l’imagination et du sentiment, sont à tenir en considération et à jeter dans un des bassins de la balance. D’un autre côté et dans le^sens des accusateurs calomnieux au dire du même parti d’indulgence et de pitié qui a innocenté et même réhabilité Marie Stuart, malgré le meurtre de Darnley et la faveur de Rizzio et le mariage avec Bothwel, il y a à jeter d.ans le second plateau de la balance, les privautés incontestables dont usait le médecin Struensée envers sa royale cliente, la légèreté et la coquetterie avérées de la reine, l’immoralité notoire dudit Struensée, ses aveux devant des juges prévenus, il est vrai, et ennemis, les aveux de la reine, à laquelle on avait persuadé que c’était là l’unique moyen de sauver son ministre et de rentrer en grâce.
- Onobjectela perpétuelle affirmation pendant sa vie, la solennelle protestation au lit de mort de son innocence par la reine. Mais, quoique l’on prétende que les mourants ne mentent jamais, il y
- p.795 - vue 377/496
-
-
-
- — Troisième Année — N® 143
- a trop d’exemples du contraire. Et quant à la lettre de la reine Caroline à son frère le roi d’Angleterre attestant que devant la mort elle n’a pas cessé de rétracter son aveu et d’affirmer sop innocence, cette lettre in articulo mortis n’a jamais été publiée avant M. de La Grèze ; et. nul n’en a jamais vu l’original demeuré enseveli, dit-on, dans les archives du Hanovre.
- De tout cela il résulte que tout en gardant pour la reine infortunée un vif sentiment de sympathie et de pitié, tout en flétrissant les procédés perfides ou féroces de ses persécuteurs, tout en convenant que la passion politique et les haines de cour purent bien exagérer les choses et noircir d’une façon irréparable ce qui, en toute autre circonstance, eut été explicable et même excusable, il demeure sur toute cette affaire des nuages qui ne seront jamais bien éclaircis et que le plus sage est de dire comme le scepticisme italien Chi lo sa ! Il est évident que si Caroline-Mathilde et Struense'e ont fauté ensemble, ils ne sont allés le dire ni à Copenhague ni à Rome. Il est certain qu’ils ont tout fait pour maintenir dans le secret de leur conscience la nature exacte de leurs rapports. 11 est certain que les apparences qui militaient contre eux ne furent pas interprétées, par des yeux amis. Il est certain qu’il est difficile d’avoir des preuves en ces matières d’intimité et d’alcove. M. de La Grèze, M. Marmier tendent à croire Caroline-Mathilde innocente. D’autres, non moins bien armés de documents, optent pour la culpabilité. Comment faire ? Répéter sans doute aux uns et aux autres le mot si profond dans son allure ironique et frivole de Mme de Lassay à son mari qui se portait garant devant elle de la vertu de Mme de Maintenon : « Comment faites-vous, Monsieur, pour être sûr de ces choses-là ? » Nul n’est sûr, en effet, de ces choses-là. Restent seulement deux choses qu’on peut affirmer sans témérité. La première c’est que s’ils furent coupables, Marie-Caroline et Struensée furent malheureux; que leur faute fut bien expiée, et que leur repentir en ce cas, et s’ils furent innocents leurs protestations sont dignes du respect et de la pitié de l’histoire ; que leurs infortunes ont fait couler et feront couler encore les larmes des âmes sensibles. La seconde c’est que M. de La Grèze a été bien inspiré en choisissant ce sujet intéressant, émouvant, pathétique, qu’il en a tiré le meilleur parti, comme solidité d’informations, comme agrément anecdotique et qu’il a fait, une fois de plus, un bon livre, de ceux qu’on lit avec plaisir, avec émotion, avec profit.
- M. de Lescure.
- -- —mii - fr» --------
- AVIS COMMERCIAUX
- BELGIQUE-ALLEMAGNE
- ENVOI D'ÉCHANTILLONS DE TISSUS
- M. Jourdain, manufacturier à Saint-Quentin, a adressé à M. le ministre du commerce et de l’industrie un rapport sur le voyage qu’il vient de faire dans divers centres industriels de Belgique et d’Allemagne.
- Ce rapport, inséré dans le Moniteur officiel du commerce du 8 septembre courant, est accompagné d’une collection d’échantillons de tissus de laine et de coton dont les intéressés peuvent prendre connaissance au ministère, n° 80, rue de Varenne (Direction du commerce extérieur. — Bureau des renseignements commerciaux).
- ITALIE
- AVIS DE LA CHAMBRE DE COMMERCE DE NAPLES
- Le Président de la Chambre de commerce de Naples a adressé au consul général de France résidant dans la même ville la communication suivante :
- « 11 est venu à notre connaissance qu’une agence commerciale de Naples, dirigée par un sieur Giovanni Poanalli, ancien procureur près le tribunal de commerce de cette ville, répand à l’étranger des circulaires dans lesquelles elle se prétend autorisée par notre Chambre de commerce.
- „ Dans l’intérêt de vos compatriotes, nous croyons devoir vous faire connaître que l’agence en question est parfaitement inconnue de la Chambre de commerce de Naples, et, par conséquent, n’en a jamais reçu d’autorisation d’aucune sorte ».
- ADJUDICATIONS
- BELGIQUE
- PORT D’ANVERS. — CONSTRUCTION ü’UN HANGAR
- Le 23 septembre courant, aura lieu, à l’hôtel.du gouvernement provincial d’Anvers, l’adjudication des travaux de construction d’un hangar, avec accessoires, pour les bois d’ébénisterie, sur le terre-plein est du bassin Africa. Le devis s’élève à 92,940 fr.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 18S9.
- Le cahier des charges de cette adjudication est à la disposition des intéressés au ministère du commerce et de l’industrie, n° 80, rue de Varenne (Direction du commerce extérieur.— Bureau des renseignements commerciaux).
- LE BON MARCHÉ
- EXPOSITION GÉNÉRALE DES
- NOUVEAUTÉS D’HIVER
- L’été 1887 qui, après un commencement de saison pluvieuse, nous a donné de beaux jours de chaleur paraît vouloir brusquement faire place non pas à l’automne mais à l’hiver. Les pays du centre de l’Europe voient depuis plusieurs années se produire une modification climatérique importante : La saison printanière si bien établie en France n’existe presque plus, il en est de même de l’automne autrefois si agréable. Nous ne chercherons pas les raisons de ces changements que nos astronomes et météorologistes n’ont pu du reste expliquer d’une manière bien satisfaisante.
- Déjà les plages, si élégantes, si fréquentées de la Normandie et de la Bretagne, commencent à être désertées; les baigneurs et les touristes quittent nos villes d’eaux, de tous côtés le vide se fait et Paris reprend cette animation élégante dont notre capitale se trouvait privée depuis le mois de juin; cependant les châteaux conservent encore leurs hôtes que la chasse retient.
- Ces retardataires trouveraient toutefois des agréments plus nombreux et plus variés à Paris.
- Quoi qu’il en soit à la fin de ce mois, la rentrée des collégiens, l’obligation où se trouvent les gens d’affaires de reprendre leurs occupations, ramèneront la majorité des absents qui prendront leurs quartiers d’hiver. Les acquisitions à faire seront nombreuses et obligeront à beaucoup de courses et nous croyons que les acheteurs pourront s’épargner des pérégrinations inutiles en se rendant aux grands magasins du Bon Marché où ils trouveront, dans des conditions économiques, à faire un choix aussi varié que complet.
- Nous venons de voir les préparatifs de l’exposition de nouveautés d’hiver que prépare la maison Aristide Boucicaut pour le 3 octobre prochain et nous pouvons affirmer qu’une promenade dans ses magasins satisfera les visiteurs les plus difficiles. Cette visite, nous la recommandons non seulement aux dames habituées à cet attrayant pèlerinage, mais aux pères de famille qui trouveront pour leurs enfants ainsi que pour eux, les vêtements les plus élégants et d’une solidité exceptionnelle à des prix de beaucoup inférieurs à ceux des tailleurs Parisiens. Ainsi,que nous allons le dire, leur choix pourra se porter sur beaucoup d’autres articles, mais commençons par indiquer aux dames les tentations qui les attendent.
- Le comptoir des soieries contient un choix excessivement varié de soieries noires et de couleur; dans les noires la faille, drap de soie, faille Française de la meilleure qualité. Nous signalerons particulièrement comme nouveautés qui devront être fort appréciées de nos élégantes les étoffes dites Peau de soie, Bengaline noire tramée laine, Etincelle sans oublier les sur ah, satin, Petlin tout soie, les velours entièrement de soie, les peluches tout soie.
- Les soieries de couleur sont non moins remarquables. Qu’il nous suffise d’indiquer les failles françaises, de toutes nuances, les moires françaises, les failles de laine dites veloutine Victoria, étoffe de laine et de soie d’une grande souplesse et d’un brillant relevé par les nuances les plus harmonieuses. Les velours en soie de couleur unis et moirés composeront de très belles robes. Les satins de couleur se caractérisent par un uni et un glacé merveilleux. Nous attirerons tout particulièrement l’attention sur les soieries de couleur faille française et peau de soie. Ces nouveautés font véritablement honneur à l’industrie française qui affirme de plus en plus sa supériorité.
- Nous ne quitterons pas ce comptoir sans dire un mot des peluches loutre, unies et glacées pour manteaux et des peluches et velours de fantaisie des couleurs les plus variées et d’un bon marché invraisemblable.
- Les étoffes de laine sont non moins remarquables. Nous signalerons les veloutines, vigognes, cheviottes, serges pure laine.
- Les draps "pour robes présentent des teintes
- Dimanche 25 Septembre 1887.
- nouvelles très réussies soit en tissu molleton, nouveauté et flanelle imprimée pour robes de chambre.
- Parmi les lainages noirs, nous retrouvons la cheviotte anglaise, la toile du Nord crépée, une très belle étoffe dite aima et granité, des satins damassés pour costumes et vêtements et bien d’autres tissus que les dames sauront apprécier, car bien que la soie paraisse vouloir s’imposer cette année, nous croyons que pour les costumes de jour la laine ne perdra aucun de ses droits. Au reste, les costumes de dames et ies articles confectionnés qui sont présentés cette année par le Bon Marché sont en laine aussi bien qu’en soie ; les visiteurs trouveront aisément à satisfaire leurs goûts et leurs préférences. Disons quelques mots de ces élégants costumes : Voici d’abord un costume croisé laine avec jupe à gros plis mélangés de velours, corsage à revers et parements de velours; plus loin, un fort joli costume peluche soie avec jupe, composé de deux jupes très élégamment drapées et d’un ravissant corsage avec gilet plissé en surah clair ou assorti. Il y a aussi les costumes en cheviotte et en faille française tous très bien réussis. Parmi les articles confectionnés, le choix des dames s’arrêtera certainement sur une délicieuse pelisse peluche soie doublée de même et ouatée, et elles ne manqueront pas de remarquer les jaquettes ajustées, les mantes de peluche ou de drap ottoman et une jolie petite visite en peluche de soie ornée d’un coquet capuchon.
- Une série de superbes robes de chambre en très belle peluche, en molleton ou en flanelle imprimée se trouvera exposée cette année, ainsi que des jupes drapées en lainage ou en soie qui constituent de délicieux et chauds vêtements d’appartement.
- Les efforts du Bon Marché se portent chaque année sur les vêtements d’enfants et le choix est cette fois particulièrement réussi : Nous nous bornerons à signaler le carrick en drap limousine, les costumes en lainage uni, en drap croisé, etc., etc.
- Les dames attachent aujourd’hui la plus grande importance à la finesse de leur lingerie, cols, parures, etc., etc. qu’elles trouveront dans les meilleures conditions au Bon Marché, ainsi que les corsets de soie, de coutil ou de satip.de laine, les chemises, camisoles, pantalons, etc.
- Le comptoir des mouchoirs du Bon Marché est toujours riche en surprises : mouchoirs de toile blanche de Cholet, de toile batiste de Cambrai, de toile de fil de Valenciennes, etc., etc.
- Mais n’oublions pas de rappeler que la maison Boucicaut, non contente de satisfaire sa clientèle féminine, est arrivée à réunir un choix de vêtements d’hommes qui attire cette année un flot de visiteurs. Depuis le costume complet en drap de fantaisie en cheviotte bleue ou noire jusqu’au pardessus ordinaire ou pardessus de voyage dit ulster, tous les vêtements d’hommes se trouvent au Bon Marché ; nous attirerons spécialement l’attention sur un choix complet de pelisses en fourrure pour hommes dont les prix varient depuis iq5 francs qui est le prix d’un pardessus ordinaire.
- Tout ce que nous pourrions écrire ici ne donnerait qu’une faible idée de ce que sera cette magnifique exposition du 3o octobre qui offrira l’ensemble parfait de toutes les nouveautés créées par le Bon Marché et produites dans sesnombreux comptoirs. Nos lecteurs et lectrices ne manqueront certainement pas d’aller la visiter comme toutes les précédentes qui ont été pour la maison A. Boucicaut une suite non interrompue de succès, mérités à si juste titre.
- Baille.
- Le Recueil-Ghaix, ou Recueil général des Tarifs des chemins de fer pour les transports à grande et à petite vitesse sur tous les réseaux, paraît tous les trois mois. Le dernier numéro contient les tarifs applicables sur les lignes récemment ouvertes à l’exploitation et les modifications et additions survenues pendant le trimestre.
- Abonnement: Paris, 62 fr. ; départements, yqfr.
- Un numéro sépare : Paris, 18 fr. ; départ., 21 fr.
- Adresser les demandes à la Librairie Ghaix, rue Bergère, 20, Paris.
- Le Gerant, GARREAU,
- Tours. — lmp. E. ARRAULT et Cie, rue de la Préfecture, 6.
- p.796 - vue 378/496
-
-
-
- Le Moniteur
- DE
- L'EXPOSITION DE 1889
- Rédaction et Administration : i8, rue Bergère, 18, a Paris
- TROISIÈME ANNÉE.
- Dimanche 2 Octobre 1887.
- NUMÉRO 144.
- SOMMAIRE :
- 1. Les travaux du Champ-de-Mars; 2. Comité d'organisation de l'Exposition coloniale française de 1889; 4. La Tunisie à l’Exposition de 1889 ; 4. Le jury supérieur de l’Exposition ; 5. Commission de contrôle et de finances ; 6. Les entrées du soirà l’Exposition; 7. Comité départemental de la Haute-Vienne ; 8. Echos; Q. Sciences et Industrie; 10. Le grand concours international des Sciences et de l'Industrie, à Bruxelles en 1888; 11. Les Livres; 12, Avis commerciaux; i3. Les Théâtres.
- EXPOSITION UNIVERSELLE
- DE 1889
- LES TRAVAUX DU CHAMP-DE-MARS
- Peu de choses à signaler cette semaine et, en tout cas, rien de nouveau ; non pas que les chantiers soient restés déserts depuis huit jours : il y a eu évidemment un peu de travail exécuté, seulement aucun fait digne d’attirer l’attention ne s’est produit. Ce sont toujours les mêmes travaux qui se poursuivent, et comme nous les avons annoncés au fur et à mesure, dans nos précédentes chroniques, nous devons cette fois nous borner à enregistrer leurs progrès. Il faut bien l’avouer, ces progrès sont médiocres, et depuis quelque temps, l’activité semble s’être ralentie sur presque toute l’étendue du Champ-de-Mars, à l’exception du chantier de M. Eiffel.
- Evidemment les pluies et les bourrasques, tristes avant-coureurs de l’hiver, qui se sont succédé dans cette dernière période, ont été une cause de ralentissement contre laquelle on ne pouvait rien, mais en dehors de ces cas de force majeure, il nct:^ semble que la quantité de travail effectué est «^-dessous de ce qu’elle •aurait pu être.
- A plusieurs reprises, à cette même place, nous •avons mis le lecteur en garde contre cette tendance qu’a le public à croire qu’on n’avance pas quand rien de nouveau ne lui est présenté et nous avons expliqué que cette lenteur apparente était souvent due aux difficultés présentées par certains travaux qui, bien que ne donnant pas de satisfaction visible à la curiosité des visiteurs, n’en étaient pas moins importants et nécessitaient beaucoup d’attention et de soins ; mais, par contre, il faut aussi, à l’occasion, savoir reconnaître la justesse de cette appréciation publique lorsqu’elle est fondée ; en un mot, il ne faut pas se laisser entraîner à admirer de confiance tout ce qui se fait et à croire qu’on ne peut faire ni mieux ni plus vite.
- Suivant chaque jour les diverses phases par lesquelles passent les préparatifs de cette grande 'Oeuvre qui sera l’Exposition, notre rôle ne se borne pas purement et simplement à signaler que telle quantité de terre a été remuée ou à Évaluer le cube des matériaux employés, c’est là besogne de contre-maître ou de surveillant. Nous devons, tout en indiquant le travail accompli, voir de quelle façon il l’a été, et nous rendre compte des progrès réalisés par rapport au temps écoulé et à celui qui nous sépare encore du moment où tout devra être terminé.
- Jusqu’à présent nous n’avons eu que des éloges à adresser pour la manière dont tout à marché : prévisions, organisation, direction et exécution tout a été parfait et, sauf de petites questions de détails, déroutant parfois un peu les combinaisons arrêtées d’avance, et qui, dans un tel ensemble, sont absolument impossibles à 'éviter, aucune cause perturbatrice sérieuse n’est
- venue entraver la marche progressive des opérations. Ce sont précisément ces constatations heureuses qui nous donnent le droit de regretter le ralentissement momentané que nous croyons avoir observé dans la rapidité habituelle des travaux.
- A cette époque de l’année, à la veille des pluies, des neiges et de la gelée qui peuvent nous surprendre d’un moment à l’autre, il importe d’activer le plus possible les opérations que ces intempéries paralyseront forcément et d’utiliser jusqu’aux moindres instants de répit que la mauvaise saison voudra bien encore nous accorder.
- Le temps marche vite, la date finale approche et si on a déjà beaucoup fait il ne faut pas oublier qu’il reste beaucoup à faire, sans compter qu’il naîtra fatalement des causes de retard imprévues; à tout prix on doit éviter d’encourir les reproches mérités parles expositions précédentes dont aucune n’a été prête à l’époque fixée. On doit arriver à temps et on le peut, seulement il ne faut pas qu’une seule minute soit perdue ni qu’il se produise au cours du travail une diminution de vitesse analogue à celle que nous avons cru remarquer, et due, sans doute, à des causes dont l’essence nous échappe. Au reste, nous sommes convaincu que ceux qui, jusqu’à ©e jour,ont si habilement dirigé tout cet ensemble mèneront leur œuvre à bien et arriveront sans encombre à la fin de l’entreprise.
- La première chose qui nous paraît urgente, disons plus, indispensable, c’est que les bâtiments du palais des industries diverses soient couverts dans le plus bref délai ; or, dans les légères critiques formulées précédemment, c’est un peu la pose des vitres, du voligeage que nous avions en vue, car cette opération est très longue, très minutieuse et le nombre des ouvriers qui y sont employés nous semble un peu restreint ; la couverture terminée avant l’hiver permettrait à de nombreux travailleurs de s’occuper de mille détails dans l’intérieur des galeries. Si ces dernières, au contraire, ne sont pas couvertes, l’abri n’existera pas et la conséquence sera une perte de temps. Pour les ouvriers mêmes qui travaillent à la toiture, son achèvement rapide est important, car exposés à toutes les intempéries ils ne pourront faire que peu ou pas de besogne et en tout cas souffriront beaucoup ; nous espérons donc bientôt constater de rapides progrès dans l’exécution de cet ouvrage auquel tant d’intérêts sont liés.
- Sur les quatre groupes de fermes métalliques dont se compose le palais des machines, un des deux parallèles à l’école militaire et celui près de l’avenue de Suffren n’ont pas encore reçu entièrement leur couche de couleur grise, la majeure partie est terminée mais néanmoins il reste bien pour quinze jours ou trois semaines de travail.
- La mise en place des bois destinés à la couverture comprend 40 rampants de 5m70 de largeur; 12 ont 136 mètres de longueur et les 28 autres en ont 175 mètres, la surface totale à couvrir est donc de 37,392 mètres carrés ; actuellement il a été posé 6 rampants sur les 12, et 5 sur les 28, c’est-à-dire qu’on a couvert environ 10,000 mètres carrés. Comme on travaille depuis vingt jours à cette partie de la toiture, la pose générale des bois pour les bâtiments métalliques élevés prendrait donc fin vers le milieu de novembre, nous pensons que l’approche de l’hiver va faire activer cette entreprise qu’on terminera avant cette date.
- Quant aux vitres striées, on en a posé environ
- 1 /15 de la totalité, ce qui reporterait à peu près au mois de janvier l’achèvement, en ce qui concerne les fermes de 2 5 mètres ; nous dirons pour les vitres ce que nous venons de dire pour le voligeage : nous sommes persuadés que le temps nécessaire sera inférieur à celui que la marche actuelle des opérations donne le droit de prévoir.
- Bientôt, croyons-nous, on assistera d’abord à l’arrivée, puis, immédiatement après, au levage des fermes de 5o mètres, composant les palais des Beaux-Arts et des Arts libéraux ; les premières pièces seront apportées d’ici un petit nombre de jours et on aura là un nouvel aliment à fournir à la curiosité générale toujours impatiente de connaître la suite et qui ne se complaît que dans la nouveauté. Forcément les moyens employés pour dresser ces charpentes différeront de ceux adoptés pour les galeries de
- 2 5 mètres ; il est évident que le principe restera le même, il faut toujours soit des chèvres, soit des pylônes, en un mot des échafaudages; mais les détails changeront, car les appareils employés, avec succès, pour dresser des fermes de 2 5 mètres, ne pourraient pas remplir le même but, quand il s’agira de fermes ayant une partie double, dont le poids sera naturellement beaucoup plus considérable et dont la manœuvre présentera des difficultés qui n’existaient pas ou existaient à un degré moindre lors du levage des travées du palais des Industries diverses. L’ouverture de ces nouveaux chantiers redonnera à ce coin du Champ-de-Mars l’animation si pittoresque qu’il avait perdue depuis quelques semaines.
- M. Manoury partage son temps et son personnel entre les- deux lots importants qui lui sont confiés et dont l’ensemble commence à se dessiner d’une façon assez nette.
- Les vingt puits formant la rangée qui regarde le Champ-de-Mars sont termines, les massifs sont visibles et il ne reste plus qu’à combler, au moyen des remblais réservés, les vides qui existent entre la maçonnerie et les parois de la fouille, cette dernière ayant été, en général, tenue plus grande que le massif, sauf dans certains points où les déblais, au lieu d’être à talus inclinés, sont blindés et soutenus par des pièces de bois ; mais ce dernier système n’est guère employé que lorsque les terres 11e sont pas friables et offrent une résistance • suffisante, car autrement il faudrait faire des blindages jointifs qui compliqueraient le travail et deviendraient plus coûteux qu’un élargissement de la tranchée. Tous ces cubes de meulière sont garnis de leurs six boulons d’ancrage entourés de leur gaîne dont nous avons précédemment expliqué l’usage et démontré l’utilité.
- Sur les vingt autres puits qui longent l’Ecole militaire, il en avait été prévu 17 comme devant être bâtis sur pieux battus; à l’heure actuelle,
- 11 ont déjà reçu les 28 pieux qui leur sont destinés à chacun et la sonnette à vapeur ne cesse de fonctionner pour achever aussi promptement que possible le battage des bois qui restent à mettre en place. L’enfoncement proprement dit du pieu se fait généralement avec plus de facilité qu’on ne pouvait le prévoir, étant donné le grand nombre de pièces qui doivent pénétrer dans une surface assez restreinte et pour lesquelles 011 craignait une gêne mutuelle; ce sont les préparatifs qui demandent le plus de temps, mais enfin en tenant compte du déplacement assez laborieux de la sonnette, de l’approche du pieu, de sa mise à la place voulue et enfin de
- p.797 - vue 379/496
-
-
-
- -()8. — Troisième Année — NJ 144.
- son battage, toutes ces opérations ne demandent guère,, pour un même puits, que deux à trois heures ; quant à ce qui est de passer d’une fouille à l’autre, on ne peut pas opérer cette manœuvre aussi vite, car le transport de la sonnette exige de nombreuses précautions et d’utilisation d’efforts considérables.
- Tout en construisant les gros massifs sur lesquels reposeront les grandes fermes de 110 mètres, on s’occupe d’établir les fondations qui doivent servir d’appui aux galeries extérieures, ce travail est en bonne voie, une certaine longueur de maçonnerie est exécutée et son achèvement coïncidera vraisemblablement avec celui des appuis principaux.
- Le second lot, fondation des parties centrales des palais des Beaux-Arts et des Arts libéraux, marchent également bien, tout l’effet est reporté en ce moment sur le palais des Beaux-Arts, et, bien que le nombre des travailleurs n’y soit pas très grand, nous ne pensons pas que ce travail puisse être une cause de retard pour l’érection totale du bâtiment; il nous paraît probable, au contraire, que tout sera achevé dans les délais voulus.
- Des terrassiers mettent la dernière main à la préparation générale de l’emplacement du jardin central. Dans quelques jours la terre végétale commencera à arriver, on la répartira aux endroits désignés et on pourra procéder à la plantation de certains arbres qui ayant ainsi près de deux ans de pleine terre, seront en parfait état au moment de l’Exposition.
- Dans notre prochain article nous nous étendrons avec quelques détails sur les travaux de la tour de 3oo mètres. Contentons-nous pour aujourd’hui de constater que les 4 piliers ont atteints le sommet des pylônes, c’est-à-dire une hauteur d’environ 3o mètres.
- H. de Baecker.
- COMITÉ D’ORGANISATION
- DE L'EXPOSITION COLONIALE FRANÇAISE
- DE 1889
- Première séance
- La commission d’organisation de l’Exposition coloniale française de 1889 s’est réunie le icr août 1887, au Palais de l’Industrie, sous la présidence de M. Eugène Etienne, sous-secrétaire d’Etat de la marine et des colonies, qui a donné lecture du rapport suivant :
- Messieurs,
- Dès que l’Exposition universelle a été décidée .et que les voies et moyens propres à en assurer le succès ont été fixés par le Parlement. M. le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général, s’est préoccupé de savoir quelle part nos colonies pourraient prendre à cette solennité. Par lettre du 8 octobre 1886, il a demandé au Département de la marine et à l’administration des colonies en particulier, dans quelle mesure ils entendaient participer à l’Exposition de 1889.
- A la date du 5 novembre suivant, mon honorable prédécesseur répondait à M. le ministre du commerce qu’il entrait dans les intentions de l’administration des colonies que nos divers établissements coloniaux fussent largement et brillamment représentés à l’Exposition.
- En même temps,il adressait aux gouverneurs et commandants de colonies une circulaire les invitant à constituer, sans retard, des comités locaux dans chacune de nos possessions, et à faire un pressant appel au concours, des industriels, des agriculteurs et des commerçants de leur colonie respective.
- Dans une dépêche du 7 février dernier, l’administration précisait les instructions adressées aux gouverneurs, et leur faisait connaître sur quelles bases avait été conçu Tavant-projet de la section coloniale française, et quelle serait la physionomie générale de cette section.
- L’Exposition des Colonies françaises, était-il dit dans cette circulaire, a, dès à présent, son emplacement assuré sur l’esplanade des Invalides et se compose :
- i° D’un pavillon central, où seront réunies les collections de l’Etat, l’exposition des travaux publics, les expositions scolaires, géographiques et statistiques de toutes les colonies ;
- 20 D’une série de pavillons spéciaux qui devront
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1SS9.
- Dimanche 2 Octobre '887.
- être la reproduction des constructions les plus caractéristiques des différents pays, et constitueront autant d’expositions partielles, où se trouvera groupé tout ce qui peut donner la physionomie exacte et pittoresque de chacune de nos possessions.
- Ce n’étaient là d’ailleurs que des dispositions d’ensemble, qui pouvaient être modifiées dans le détail, suivant les propositions que les administrations locales étaient libres de formuler.
- Par la même dépêche, les colonies étaient invitées à faire connaître à l’administration centrale :
- i° La superficie qu’il convenait de réserver à chacune d’elles dans l’enceinte de la section coloniale ;
- 20 Le concours financier que les ’ assemblées locales étaient disposées à donner.
- L’administration centrale n’a pas fait un vain appel aux sentiments patriotiques des colonies. Paitout des comités spéciaux ont été organisés avec le plus louable empressement, et selon les vues exprimées par mon prédécesseur, une part très large a été faite dans la composition de ces comités aux représentants des intérêts commerciaux agricoles et industriels de chaque colonie.
- D’autre part, les assemblées locales ont tenu à honneur de s’associer à la Métropole pour contribuer, par des sacrifices pécuniaires, aux succès de l’Exposition coloniale.
- L’état détaillé des crédits votés par chaque colonie sera placé sous les yeux de la commission, (Annexe n° 1).
- Je me borne, quant à présent, à vous indiquer que la somme totale de ce fonds de subventions pourra s’élever à deux cent mille francs, en chiffres ronds. Dans ce chiffre n’est pas compris le contingent de la Cochinchine et du Cambodge, qui prendront à leur charge les dépenses de leurs pavillons spéciaux.
- Telles sont, messieurs,les mesures préparatoires qui ont été prises par l’administration centrale des colonies, en vue de la participation de nos différents établissements à l’Exposition universelle de 1889.
- Mais ce n’est là qu’une partie de la tâche qui s’impose à l’administration, et à laquelle elle vous demande de vouloir bien prêter votre concours dévoùé.
- Plans et devis. — Il nous reste à examiner ensemble les divers projets élaborés par le commissariat de la section coloniale française, et qui ont pour objet la construction des bâtiments, leur groupement, leur aménagement intérieur, le classement méthodique des produits industriels ou artistiques qui y doivent prendre place.
- Rien n’a encore été résolu à cet égard, et sur cette première et importante question, la commission aura à nous donner ses judicieux avis.
- Dans l’élaboration des différents projets entre lesquels il y aura un choix définitif à faire, l’administration des colonies s’est inspirée de l’idée que je vous exprimais plus haut : elle a recherché à reconstituer, aussi fidèlement que possible, la physionomie particulière de nos diverses possessions, ou tout au moins des plus importantes d’entre elles. Elle a pensé qu’il fallait s’attacher à placer sous les yeux du public tout ce qui pourrait donner à la section coloniale un cachet d’originalité pittoresque et de réalité attractive.
- L’Exposition de 1889 se présente, en effet, dans des"conditions absolument nouvelles, à ne considérer que le côté qui nous intéresse spécialement. Depuis 1878, il s’est produit une série d’événements dont nous avons le devoir de tenir compte : de vastes et riches contrées ont été ajoutées au domaine de la France et placées, soit sous l’administration directe, soit sous le protectorat de la République.
- Ces accroissements de territoire et d'influence ont été le résultat de la politique suivie depuis une dizaine d’années avec une ténacité qui ne s’est pas démentie.
- L’opinion publique serait déçue dans ses espérances, elle aurait peine à comprendre l’utilité de la politique coloniale dont on lui a vanté les mérites, si elle ne devait trouver à l’Exposition de 1889, rien de plus, rien de mieux que ce qu’on lui a montré en. I878.
- Après entente avec le commissariat général de l’Exposition, il a été affecté à la section coloniale française une superficie de 25,000 mètres sur l’esplanade des Invalides, à prendre dans le rectangle qui s’étend en largeur, entre la rue de l’Université et la rue de Grenelle, et, en profondeur, entre la rue de Constantine et l’extrémité opposée de l’esplanade.
- Le projet élaboré par le commissariat de la section coloniale permettrait de tirer parti de cette superficie de la façon la plus utile.
- Ce projet comporte :
- i° Un palais central des colonies, qui occuperait la partie médiane du rectangle, c’est-à-dire qui serait adossé à la rue de Constantine, en avant des quinconces qui bordent cette voie.
- Ce palais aurait un développement de 2,000 mètres environ de' masse couverte, et une élévation
- de 12 mètres sur les ailes, avec un pavillon central surélevé de 6 mètres.
- Là, seraient réunies les collections de l’Etat, les expositions des travaux publics, les envois des écoles coloniales, des établissements pénitentiaires, les travaux géographiques et statistiques ; il est dans nos intentions de donner une large place à la cartographie coloniale, et d’exposer des cartes de nos diverses possessions à une grande échelle. Il sera utile de faire ces mêmes cartes à une échelle réduite, et de les distribuer, gratuitement, avec une notice succincte donnant les renseignements statistiques les plus essentiels sur le commerce de chaque colonie.
- Le palais central a été conçu de telle sorte qu’il pourra être affecté, après la clôture de l’Exposition de 1889, à l’exposition permanente des Colonies, et transporté sur un point bien choisi de Paris, s’il n’était pas possible de le laisser sur l’esplanade des Invalides. Mais, dans cette éventualité, il a fallu prévoir une construction démontable, et, par cela même, plus coûteuse.
- Le devis de ce palais est évalué à 440.000 fr. Il pourrait être réduit de moitié s’il n’était pas donné suite au projet d’appropriation ultérieure dont il vient d’être parlé.
- 20 Une série de pavillons spéciaux, qui seraient la reproduction des constructions les plus caractéristiques des différents pays et constitueraient autant d’expositions partielles, où serait groupé tout ce qui peut donner la physionomie exacte et pittoresque de chacune de nos possessions.
- Dans la pensée de l’Administration, ces constructions spéciales seraient au nombre de 5, savoir :
- I Groupe. — Possessions de l’Océan indien: i° Pagode'hindoue ; 20 Pagode d’Ankor, Réunion, Madagascar, Inde française, encadrant, à droite et à gauche, le palais central;
- 2e Groupe. — Antilles, Martinique, Guadeloupe : maison créole à un étage, avec vérandah, à gauche du palais ;
- 3e Groupe. — Possessions de l’Océanie, Nouvelle-Calédonie, Tahiti : maison de colon concessionnaire, commune à la Nouvelle-Calédonie et à la Guyane, case canaque, hutte tahitienne ;
- 4e Groupe. — Possessions d’Afrique ; tour de Saldé (Sénégal), avec des cases sénégaliennes formant village, village Pahouin _ (Gabon), village Alfouron (Congo), 21 cases habitées ;
- 5e Groupe. — Possessions de l’Indo-Chine ; palais cochinchinois et cambodgien, qui occupera une superficie de 2,000 mètres environ, sur la droite et à l’alignement du palais central.
- En arrière de ces constructions peuvent être placés un restaurant, des serres, un pavillon de dégustation, un kiosque de musique, etc.
- Le reste de l’emplacement affecté à la section coloniale sera occupé par des jardins, pelouses et bassins, et l’ensemble de ces, bâtiments, non compris le palais de la Cochinchine, est évalué à 800,000 fr.
- Envoi d’indigènes en France. — Pour donner de la vie et du mouvement à cet ensemble colonial, le projet élaboré par le commissariat prévoit que le service de gardiennage pourrait être confié, en partie, à des détachements de troupes indigènes de nos différentes possessions, tirailleurs sénégalais, cipahis de l’Inde, tirailleurs annamites, matas, de Cochinchine, tirailleurs sakalaves, placés sous, le commandement de leurs officiers et sous-officiers indigènes et choisis avec discernement. On pourrait faire de ces désignadons un moyen d’émulation, d’un excellent effet sur l’esprit des populations indigènes.
- II est entendu, d’ailleurs, que ces divers détachements ne seraient envoyés en France qu’au moment de l’Exposition, c’est-à-dire à la saison tempérée, et seraient renvoyés dans leurs pays respectifs avant l’entrée de l’hiver. Le transport s’effectuerait par les soins de l’Etat et serait, par conséquent, peu coûteux.
- La Commission estimera, sans doute, que l’envoi de ces indigènes aurait un intérêt politique de premier ordre et que l’administration des colonies doit profiter de l’occasion fournie par l’Exposition de 1889 pour mettre en contact diiect avec notre civilisation des populations qu’il est de notre devoir de gagner à nos idées.
- Budget. — De l’ensemble des devis qui ont été établis par l’architecte de la section coloniale, il résulte que les dépenses prévues s’élèveront à la somme totale de un million, qui se décompose de la façon suivante:
- i° Constructions.............. 800.000 fr.
- 20 Frais de décoration intérieure et extérieure............. 100.000
- 3° Frais de gardiennage,^ de transport, de catalogues et d’administration............»........ 100.000
- 1.000.000 fr. ,
- Le détail de ces trois catégories de dépenses est donné dans les annexes du rapport.
- p.798 - vue 380/496
-
-
-
- Troisième Année.
- N° Ï44
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1S89.
- Dimanche 2 Octobre 1887. — 799
- Les dépenses pourraient être couvertes :
- 1° Par le fonds de concours voté par les colonies .............................. 200.000 fr.
- 20 Par une subvention de l’Etat ci................................. 800.000 fr.
- Total égal........ i.ooo.ooofr.
- S’il n’était pas donné suite au projet dont il a été parlé plus haut, et qui consisterait à construire le Palais central en vue d’une affectation ultérieure, le devis des bâtiments pourrait être réduit de 200.000 francs, ce qui permettrait de ramener à 600,000 francs la subvention à payer par l’Etat.
- Subvention de l'Etat ; demande de crédits. — Dès que la question d’une exposition particulière des colonies a été posée et résolue affirmativement, après entente avec M. le ministre du commerce, l’administration a cru pouvoir compter sur l’allocation des sommes dont elle a besoin et qui seraient prélevées sur le crédit de 40 millions voté par le Parlement.
- Telles étaient, dans le principe, les intentions de M. le ministre du commerce ; mais après examen de l’état des crédits, il a été convenu qu’il était impossible de rien distraire du budget général de l’Exposition, même sur la réserve de 2 millions affectés plus spécialement aux bâtiments de l’esplanade des Invalides.
- Plusieurs tentatives faites, sans succès, auprès de M. le ministre du commerce, ont amené l’administration à cette conclusion, et, dans l’état, nous sommes placés entre l’alternative de ne pas donner suite à notre projet d’exposition particulière des colonies ou de demander un crédit aux Chambres.
- M. le ministre du commerce repousse formellement la première hypothèse. Il a pris connaissance de nos plans et devis ; il compte, à bon droit, sur les attractions de la section coloniale française, pour donner un cachet d’originalité à l’Exposition de 1889.
- C’est aussi notre sentiment, et la Compagnie partagera, sans doute, cette opinion.
- Il ne nous reste donc plus qu’à envisager l’hypothèse d’une demande de crédits à introduire devant le Parlement et dont le chiffre pourra s’élever à 800,000 fr. ou à 600,000 fr., suivant que le Palais central devra être conservé ou démoli après la clôture de l’Exposition.
- Résumé. — En résumé, messieurs, la Commission est invitée à donner son avis sur les questions suivantes :
- i° Y a-t-il lieu de donner suite au projet d’une exposition particulière des colonies ?
- 20 Dans le cas de l’affirmative, quel est le crédit qu’il convient de demander au Parlement ?
- 3° La Commission approuve-t-elle les plans et les devis présentés par l’architecte et les dispositions d’exécution préparées par le Commissariat ?
- Après cette lecture qui est accueillie par des marques d’approbation générale, la Commission se prononce affirmativement, sans discussion, et à l’unanimité des membres présents, sur la première question.
- La discussion s’ouvre sur la dernière question et l’entente s’établit entre les membres de la Commission pour reconnaître qu’il y aura lieu de comprendre la demande des crédits destinés à l’Exposition coloniale dans le projet de loi qui sera présenté au Parlement par les ministères intéressés ; mais il est bien spécifié que ce mode de procéder, qui est celui adopté jusqu’ici en pareille matière, ne saurait porter aucune atteinte à l’autonomie de la. section coloniale, qui conservera, une fois qu’ils seront votés, la libre disposition des crédits lui revenant.
- La Commission estime d’autre part, au sujet de la deuxième question, qu’elle ne peut être à même de fixer le chiffre de ces crédits avant d’avoir examiné les plans et devis de l’Exposition coloniale présentés par l’administration.
- La seconde question se trouve dès lors réservée, ainsi que la troisième qui a pour objet l’approbation des plans et devis.
- Une sous-commission est constituée à l’effet de procéder à l’examen de ces documents et de saisir la Commission de propositions définitives.
- Elle est composée de :
- MM. Jacques Hébrard, président, Isaac, Muzet, Ducret, Higginson, Hetzel, Rodier, Chaper. MM. Haussmann et Louis Henrique y représenteront l’administration.
- SOUS-COMMISSION
- La dernière séance de la sous-commission de l’Exposition coloniale française en 1889 a eu lieu, sous la présidence de M. le sénateur Hébrard, président.
- Présents : MM. Isaac, sénateur ; Jacques Hauss-mann, commissaire de l’Exposition coloniale ; L. Henrique, secrétaire général de l’Exposition coloniale ; Muzet, président de l’union des Chambres syndicales ; Hetzel, éditeur ; Ducret, prési-sident.du syndicat général du commerce ; Chaper, ingénieur civil ; le capitaine Radier, de l’artillerie de marine ; J.-L. Deloncle, secrétaire.
- La sous-commission a continué l’examen des plans et devis des divers bâtiments que composeront l’Exposition coloniale. Elle a apporté aux projets qui lui étaient soumis quelques modifications importantes en vue de réduire au strict nécessaire les dépenses de construction. Elle a adopté le principe d’un palais central où serait installée l’ensemble de l’Exposition, et, après un examen approfondi, s’est prononcée aussi pour des pavillons spéciaux à chaque groupe de colonies où seraient réunis les objets ayant un caractère pittoresque, tels que pagodes hindoues, villages et cases canaques, tour de saldé du Sénégal et villages indigènes ; maisons de colons concessionnaires, restaurants créoles, etc...
- M. Isaac, sénateur, a été nommé rapporteur delà sous-commission.
- La commission d’organisation se réunira dans les premiers jours d’octobre pour statuer sur les conclusions de ce rapport.
- --------— rTBBa»-@-»-lg>-<Tiïii-r.--
- LA TUNISIE A L’EXPOSITION
- DE 1889
- Un décret beylical en date du 26 juillet 1886 instituait le comité d’Exposition tunisienne, à l’Exposition universelle de 1889, sous la présidence de S. E. Sir Mohammed Djellouli, ministre de la Plume, assisté de M. Robin, consul de France à Tunis.
- Ce comité s’est réuni un grand nombre de fois et prépare avec un dévouement absolu, une compétence remarquable et une méthode fort bien comprise la participation de la Tunisie au centenaire de 1889.
- A l’une de ses premières séances il était donné lecture de la lettre suivante adressée àM. le Résident général par M. le ministre des affaires étrangères :
- « Paris, le 29 janvier 1887.
- « M. le.ministre du commerce m’a fait connaî-« tre que l’Exposition universelle de 1889 venait « d’entrer dans la période d’exécution;les grandes « lignes du plan général sont arrêtées et des « emplacements ont été assignés aux différents « pays ou administrations destinés à prendre part « à cette solennité ; un de ces emplacements a été « réservé aux pays de Protectorat.
- « Je ne doute pas que le gouvernement auprès « duquel vous représentez la France ne soit « désireux de répondre à l’appel de notre pays et « disposé à prendre part à cette exposition. Je « vous serais obligé de vouloir bien m’adresser, à « ce sujet,, des indications précises et, comme « dans nos projets, ainsi que vous le savez, cette « entreprise doit avoir une importance toute « particulière, je vous serai oblige de vouloir « bien préparer dès maintenant la participation « de la Régence.
- « Les points sur lesquels j’aurais le plus d’inté-« rêt à être promptement fixé sont : les dimen-« sions, la hauteur et, dès que se sera possible, le « profil approximatif du pavillon dans lequel les « produits tunisiens devront être exposés ; _ un « espace spécial sur l’Esplanade des Invalides « sera, en effet, réservé à la Régence pour être « affecté à un pavillon spécialement consacré aux « produits de ce pays. Or, il est nécessaire,_ afin « de pouvoir déterminer les groupements de divers « pavillons, de la manière la plus convenable, au « point de vue artistique, que le département du « commerce et de l’industrie connaisse, sans « retard, l’aspect général qu’auront les construc-« tions, ainsi que leur superficie. Dans Topinion « de M. Lockroy, il y aurait intérêt à ce que « chaque pavillon rappelât, par son architecture, « le pays auquel il sera affecté ou même, s’il est « possible, qu’il reproduise quelque monument « marquant.
- « Je n’ai pas besoin d’appeler votre attention « sur les produits ou les industries qu’il convient « de représenter de la façon la plus complète ; « vous êtes, mieux que personne, en mesure de « les désigner ; j’aurai soin, d’ailleurs, de vous « faire parvenir, au fur et à mesure de leur publi-« cation, tous les documents ou circulaires qui «. seraient de nature à vous intéresser.
- « Enfin, je crois devoir vous rappeler que les « pays de Protectorat devront faire face avec « leurs propres ressources aux frais de leur partiel cipation à l’Exposition ; mais je ne doute pas « qu’ils soient en mesure par leur seul moyen, « ainsi que la Tunisie l’a déjà montré à Amster-« dam, d’y figurer avec éclat.
- « Recevez, etc.
- « Signé : Flourens.»
- A la séance du 17 février 1887,1e consul de France, M. Robin, transmettait au Comité une proposition de M. le président général, tendant à la nomination de M. Sanson aux fonctions de délégué du gouvernement tunisien près le commissaire central de l’Exposition de 1889, à Paris.
- « M. Sanson, ajoutait-il, est un ancien négociant « très honorablement connu dans le monde com-« mercial de Paris. Par ses relations, ses connais-« sances et sou expérience, il serait mieux que « personne en mesure de surveiller les intérêts de « la Tunisie. »
- Le comité adopta à l’unanimité la proposition de M. le président général.
- La Commission a fort judicieusement pensé que l’Exposition devant s’ouvrir en 1889 il était indispensable d’assurer dès le premier jour le fonctionnement des services généraux, mais qu’il fallait créer les services secondaires qu’au fur et à mesure des besoins. Aussi, afin de déterminer d’une façon méthodique les travaux successifs à exécuter et la création des services qui en seraient la conséquence, la commission a-t-elle décidé de diviser les années 1887-1888-1889 en deux périodes bien distinctes :
- Année 1887 et 1888 dites de préparation ;
- Années 1889 dite d’exécution.
- Puis de fixer les divers travaux à exécuter pendant ces deux périodes lesquelles entraîneront des dépenses différentes, d’où surgit la nécessité de diviser le crédit de 600.000 piastres (1) affecté à l’Exposition tunisienne en trois exercices 1887-1888-1889.
- TRAVAUX A EXÉCUTER EN 1887
- Organisation des services généraux de l’Exposition, tant à Tunis qu’à Paris. Demande au gouvernement beylical d’un crédit de 600.000 piastres, destiné à subvenir aux dépenses nécessitées par l’Exposition et division de ce crédit en trois exercices.
- Mise au concours international du projet de construction du pavillon de l’Exposition. Choix du projet. Etablissement du cahier des charges. Recherche des produits les plus utiles à exposer. Moyens les plus pratiques à employer pour se procurer lesdits objets. Etablissement des listes des' exposants et des cartes d’admission. Demandes aux chefs d’administrations publiques et autres des documents statistiques et historiques, lesquels serviront à constituer la préface du Catalogue de l’Exposition tunisienne.
- TRAVAUX A EXÉCUTER EN 1888
- • Recherche d’un ou plusieurs locaux destinés : à centraliser à Tunis tous les objets destinés à l’Exposition, à les repartir en neuf groupes, à les classer dans chaque groupe, à les cataloguer. Nomination du personnel nécessaire pour la garde de ces locaux et l’emballage des objets.
- Arrangements à prendre avec les Compagnies de transports maritimes pour assurer, en temps et lieu, la réception de ces mêmes objets à Paris. Exécution du pavillon de l’Exposition ; ameublement, aménagement, travaux de terrassement. Etablissement du catologue de l’Exposition tunisienne, lequel servira à l’établissement du catalogue général de l’Exposition universelle et devra être terminé le 3i décembre.
- En résumé, l’année 1888 devra être employée à réunir tous les objets tunisiens à exposer à Paris et à prendre toutes les mesures nécessaires afin qu’aucun retard ne se produise soit dans l’Exposition de ces produits, soit dans leur réception à Paris. •
- TRAVAUX A EXÉCUTER EN 1889
- Pendant cette période d’exécution, le personnel chargé à Tunis de préparer l’Exposition tunisienne verra son service considérablement allégé ; mais, par contre, celui de délégué du gouvernement à Paris verra le sien considérablement
- (1) Le cours moyen du change à Tunis de la piastre tunisienne en monnaie française est en général légèrement supérieur à ofr. 60 par piastre.
- p.799 - vue 381/496
-
-
-
- Soo. — Troisième Année.
- N° 144.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- Dimanche 2 Octobre 1887.
- augmenté. En effet, il aura à procéder à la réception, au déballage, au classement des objets exposés ; à la direction, l’administration, la surveillance du personnel de l’Exposition et de son matériel. Après la fermeture de l’Exposition il devra renvoyer à Tunis ou faire vendre à Paris les objets qui n’auraient pas trouvé d’acquéreurs ; puis il aura à faire le rapport sur l’Exposition et à établir de concert avec le Comité de Tunis les comptes de liquidation du service de l’Exposition.
- * *
- L’organisation de l’Exposition est assurée :
- i° Par le Comité de l’Exposition divisé en 9 groupes correspondant à ceux de l’Exposition universelle, chargés chacun en ce qui le concerne de préparer l’Exposition particulière de leur groupe sous la direction d’un président nommé par ses collègues. Le comité statue sans contrôle sur toutes les questions de principe.
- 20 D’un délégué du Gouvernement beylical près le commissaire général de l’Exposition de 1889 servant d’intermédiaire pour la solution de toutes les questions se rattachant à l’Exposition.
- 3° D’un secrétariat général de l’Exposition composé de quatre membres du comité, chargé de centraliser la correspondance, d’assurer l’exécution du Comité et enfin de tenir la comptabilité et d’assurer la gestion financière de l’Exposition.
- * *
- Le crédit mis au service de l’Exposition est limité à 600.000 piastres reparti de la manière suivante :
- Construction et aménagement du Pavillon, travaux de terrassement............ Soo.ooo piastres.
- Frais d’imprimés et de catalogue, solde du personnel, location de magasins, frais de transports, assurances, plans, dessins, photographies, frais d’exploitation.................. 100.000 piastres.
- Achat d’objets et commandes faits par les 9 groupes, emballages...................... 200.000 piastres.
- Disons, en terminant, que M. Charles Sanson, commissaire délégué du gouvernement tunisien, informe les architectes que le concours pour la construction du pavillon de la Tunisie à l’Exposition de 1889, concours dont nous avons donné les conditions dans notre numéro du 21 août 1887, sera clos le 3i octobre 1888, à 5 h. du soir, et que, passé cette date et cette heure aucun projet ne sera plus admis.
- LE JURY SUPÉRIEUR
- DE L’EXPOSITION
- Le jury supérieur de l’Exposition universelle a tenu mardi au Champ-de-Mars une réunion à laquelle assistaient MM. Berger, Dietz-Monnin, Poirrier, Prévet, Frémy, Hardy, Lemoine, Teis-serenc de Bort, etc.
- Après avoir discuté les questions inscrites à l’ordre du jour, le jury a entendu une proposition de M. Prévet, président du septième groupe.
- M. Prévet a fait observer qu’il serait utile de provoquer maintenant une réunion générale des comités d’admission, afin de faire cesser toute incertitude sur le concours de ces divers comités, cUr leur organisation, sur la nature de leurs tra-aux, et aussi afin de coordonner les efforts de ous en établissant une entente nécessaire pour assurer un éclatant succès à l’oeuvre patriotique entreprise.
- Tous les présidents de groupes, ainsi que les membres du jury supérieur, ont accepté cette proposition et l’organisation d’un grand banquet qui réunira tous les comités d’admission a été décidée, M. Lucien Dautresme, ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition, en a accepté la présidence.
- Ce banquet aura lieu le 18 octobre prochain.
- ------ -------- — Ti—--------------------
- COMMISSION DE CONTROLE
- ET DE FINANCES
- Nous avons donné la semaine passée un compterendu sommaire de la dernière séance de la commission de contrôle et de finances.
- Nous avons dit qu’elle avait adopté successivement les trois projets qui lui étaient soumis par la sous-commission des finances et la sous-commission des travaux : la construction du grand dôme central, les parcs et jardins du Champ-de-Mars et l’exposition d’horticulture du Trocadéro.
- Ajoutons que M. Dautresme a fourni ensuite à la commission quelques détails sur l’état actuel des travaux et des dépenses engagées. La situation est bonne.
- Les constructions métalliques ont donné lieu à des adjudications dépassant 26,000 tonnes de fer, d’acier et de fonte. On a payé au total une somme de 9 millions 1/2, ce qui donne un prix moyen de 36 fr. 17 par 100 kilogr. Il faut remarquer que, sur ces 9 millions 1/2, l’octroi de la ville de Paris a perçu 1 million.
- En 1878, on avait dépensé plus de 12 millions pour les constructions métalliques, qui étaient cependant moins importantes qu’aujourd’hui.
- LES ENTRÉES DU SOIR
- A L’EXPOSITION
- Dans notre dernier numéro nous avons résumé les raisons pour lesquelles, au sein de la commission de contrôle et de finances, un certain nombre de représentants de l’association de garantie et de la Ville de Paris, se sont déclarés hostiles au principe même des entrées du soir à l’Exposition.
- Comme on s’en souvient, ces membres prétendaient que les recettes du soir seraient consacrées aux frais d’installation de fêtes, de concerts, etc., et que, par conséquent, il ne rentrerait aucun fonds provenant de ces entrées du soir dans la caisse de l’association. Ils objectaient encore sans nul doute, que beaucoup d’étrangers préféreraient visiter la capitale pendantla journée et l’Exposition le soir, qu’il en résulterait nécessairement une diminution des recettes du jour, lesquelles, seules, intéressent l’association de garantie. Enfin ils assuraient que le mode de perception du prix des entrées du soir (prix plus élevé) serait fort difficultueux.
- A ces diverses objections on peut répondre que, dès aujourd’hui, il s’est formé un syndicat d’électriciens prenant à sa charge tous les frais d’installation d’éclairage électrique et d’exploitation (contrôle, gardiennage, etc.), afférents à l’ouverture de l’Exposition le soir. Ce syndicat ne demande aucune subvention et assure à la société de garantie une redevance de 1 fr. par visiteur du soir.
- Il nous semble que, de ce chef, les membres de l’association de garantie, à l’ouverture de l’Exposition dans la soirée, ne pourront plus s’appuyer sur la diminution des recettes du jour pour faire prévaloir leur opinion. Au contraire, ils verront leur recette total s’accroître au-delà de leurs prévisions, puisqu’ils prélèveront un droit de 1 fr. non seulement sur la catégorie des visiteurs signalés plus haut, mais encore sur ceux qui, à cause de leurs occupations, ne peuvent se rendrequele soir à l’Exposition. Et ceux-là sont nombreux parmi les Parisiens. ____________
- Le prix des entrées du soir sera fixé à deux francs. A partir d’une certaine heure la perception des entrées se fera à ce taux, sans qu’il soit nécessaire de faire évacuer le palais et les jardins quelques instants auparavant. Dès lors ce n’est plus les intérêts de l’association de garantie qui pourront être lésés, mais bien ceux du syndicat ; celui-ci ne s’arrête pas à ce détail.
- En réponse aux objections des représentants
- de la Ville de Paris qui craignent la concurrence faite par les restaurants, cafés, bars, concerts, théâtres etc. , installés dans l’enceinte de l’Exposition aux établissements similaires de la capitale nous répondrons que tous les jours, dans Paris, nous voyons de nouveaux établissements de ce genre s’ouvrir en toute occasion et faire la même concurrence à ceux déjà existant. Personne ne songe à s’en plaindre. D’ailleurs les industriels qui craignent l’effet de ces installations au Champ-de-Mars sont parfaitement libres de se syndiquer pour exploiter les établissements du Champ-de-Mars, d’un commun accord. Qu’ils s’adressent à M. Georges Berger, ils sont sûrs de trouver auprès de lui un bienveillant accueil, et nul doute que cette visite n’ait un résultat, une solution favorable à leurs intérêts.
- Comme on le voit, ni l’association de garantie, ni le commerce parisien qui, d’autre part, bénéficiera dans une large mesure, de l’Exposition de 1889, n’ont aucune raison sérieuse à faire valoir contre les entrées du soir. Nous ajouterons que la plupart des précédents sont en faveur de ces entrées. Enfin et surtout, il faut en cette question considérer l’intérêt de l’Expo-' sition elle-même et celui du public. Si les entrées du soir sont une source d’attraction puissante, on n’a pas le droit de la négliger, et d’autre part comment méconnaître l’importance conquise depuis 1878 par l’électricité, dont il s’agira en 1889 de mettre en lumière et de vulgariser toutes les applications et tous les progrès. L’exposition du soir permet de faire cette démonstration d’une manière éclatante. Dès lors il n’y a plus à hésiter, et la question nous paraît résolue.
- -------—~ m -------
- COMITÉ DÉPARTEMENTAL
- DE LA HAUTE-VIENNE
- Par arrêté en date du 22 septembre 1887, Ie ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a constitué comme suit le comité départemental de la Haute-Vienne :
- i° Sous-comité de Varrondissement de Limoges..
- MM. Teisserenc de Bort, sénateur; Pénicaud, sénateur; Perin (Georges), député ; Lamazièra (Daniel) député ; Ranson, député ; Pressât, député ; Planteau, député ; le président du tribunal de commerce; le président du conseil de prud’hommes ; le vice-président du conseil de prud’hommes ; le président delà société d’encouragement pour l’élevage des chevaux en Limousin 7 Ardant, vice-président de la chambre de commerce ; Arnoux,. ouvrier mouleur en porcelaine,, conseiller municipal ; Bardinet, liquoriste ; Barre,, fabricant d’instruments aratoires ; Baze, membre de la chambre de commerce ; Blanchet, émailîeur ; Brandeis, ingénieur des manufactures de l’Etat ; Brissaud, président de la commission départementale ; Bourdery, émailleur; Charles Lavauzelle,. imprimeur; Chibovs, membre de la chambre de commerce ; Debort, liquoriste ; Delinières, fabricant de porcelaines ; Demartial, négociant en porcelaines ; Ducourtieux, imprimeur-éditeur ; Dufraisseix, fabricant de porcelaines ; Dumonteil, trésorier-payeur général de la Haute-Vienne ; Duvert, maire de Verneuil-sur-Vienne ; Faure, ingénieur - mécanicien ; Garban , inspecteur d’académie ; Garceau , agent-voyer en chef du département; Gasnault, conservateur du musée national ; Adrien-Dubouché ; Garrigou-La-grange, secrétaire général de la société Gay-Lus-sac; Geay, architecte, membre de la société-archéologique y Géry, vice-président du conseil général; Gotteron (Louis), conseiller général, à Aixe ; Grenaud, professeur à l’école nationale des arts décoratifs; Guérin, fabricant de porcelaines ; Guibert, vice-président de la société archéologique ; Haviland, fabricant de porcelaines ; Henry, propriétaire ; Labussière, conseiller municipal, conseiller d’arrondissement; Lagrange, conservateur-adjoint du musée national; Adrien-Dubouché;' Laporte, fabricant de porcelaines; Lavertujon, publiciste ; Laurent, horticulteur; Le Play (A.), agriculteur à Ligoure ; L. de Lajolais, directeur de l’école nationale des arts décoratifs; Lemasson, architecte du département ; Leroux, archiviste du département ; Linard, commandant de la compagnie des sapeurs-pompiers ; Leymarie, publiciste, bibliothécaire ; Mapataud, brasseur ;.
- p.800 - vue 382/496
-
-
-
- Troisième Année. — N° 144
- Mazaubrun (du), imprimeur; Mohr, président de la société d’horticulture; Monteux, fabricant de chaussures; Muret (Eugène), président du comice agricole de Limoges; Nassans, président du conseil général ; Patapy, vice-président du conseil général ; Poullin, publiciste ; Peytavi, fabricant de pâte à porcelaine ; Poumeau, conseiller municipal, conseiller d’arrondissement; Prud’homme, juge au tribunal de commerce; Raymond, conseiller municipal, conseiller général ; Raymon-daud, directeur de l’école de médecine ; Reclus , piofesseur départemental d’agriculture ; Redon, fabricant de porcelaines ; Rochette, membre de la chambre de commerce ; Ronchon, négociant exportateur; Sazerat, fabricant de porcelaines; Seindenbinder, brasseur ; Tarrade, maire; Teisserenc de Bord (Edmond), président du comice agricole d’Ambazac; Tharaud, maire d’Aixe ; Voisin, maire de Saint-Léonard, président du conseil d’arrondissement.
- 20 Sous-comité do Varrondissement de Bellac.
- M M. le président du conseil d’arrondissement ; le maire ; Allegraud, maire de Dinsac; Babut, propriétaire; Bittard du Cluzeau, propriétaire-agriculteur à Fromental ; Buisson des Lèzes, maire de Nantiat; Cadillac, fabricant de papiers de paille à Nantiat ; Desgranges, propriétaire-éleveur, maire de la Bazeuze ; Duchâteau, maire de Bessines ; Dru, propriétaire au Dorât; Dupin, propriétaire-agriculteur, maire de Bussière-Boffy ; Eombelle (de), président du comice agricole; Giraud, propriétaire-agriculteur, maire de Dompierre; Guerguigne-Vouvé, notaire; Jo.urdanne, propriétaire, maire de Saint-Martin-le-Mault; Meurillon, exploitant de féculerie à Chamborêt; Papon, propriétaire; Pellet, fabricant de machines agricoles; Petit, maire de Morterolles; Taboury, directeur de l’école primaire supérieure et professionnelle de Bellac, horticulteur ; Vacherie, maire de Rançon.
- 3° Sous-comité de l’arrondissement de Rochechouart
- MM. le président du conseil d’arrondissement; le président du conseil de prud’hommes de Saint-Junien ; le vice-président du conseil de prud’hommes de Saint-Junien ; Barataud, propriétaire-agriculteur à Oradour - sur - Glane; Barataud, fabricant de papiers à Saint-Brice ; Barret-Bois-bertrand (Albert), propriétaire-agriculteur à Mai-sonnais ; Berger, fabricant de porcelaines à Saint-Brice : Besse-Lamy, fabricant de papiers à Saint-Mathieu ; Bourderonnet, propriétaire-agriculteur th Saint-Brice ; Chevailon (P.-E.), fabricant de briques et tuiles ; Codet (J.), ancien député, président de l’association des fabricants de papiers de France à Saint-Junien ; Desbrosses, président du comice agricole ; Dumas, secrétaire du conseil général ; Durand, fabricant de papiers ; Eskel, fabricant de porcelaines à Saint-Junien; Ferrand, fabricant de poterie à Saint-Junien ; Ferrand, filateur à Oradour-sur-Vayres ; Goursaud (P.), juge de paix; Hugonneau-Lessard (B.), tréfileur à Saint-Mathieu ; Hugonneau, secrétaire du conseil général, à Saint-Mathieu ; Labrousse (P.), ingénieur-mécanicien, à Saint-Junien ; Longeaud - Laubanie, propriétaire-agriculteur à Oradour-sur-Vayres ; Marquet , maire; Marquet , brasseur; Martin-Lemas, président du comice agricole de Saint-Junien ; Montjoffre, propriétaire - agriculteur ; Moreau, filateur à Oradour-sur-Vayres ; Noël, tréfilateur à Champagnac; Raymoud, fabricant mégissier à Saint-Junien ; Rigaud, fabricant de papiers et de gants à Saint-Junien ; Roche, propriétaire à Saint-Junien ; Rougier-Labergerie, fabricant de gants à Saint-Junien; Roussange-Lanouaille, fabricant de sacs en papier à Saint-Junien; Salagnac, marchand de bois à Saint-Laurent-sur-Gorre.
- 40 Sous-comité de /’arrondissement de Saint-Yrieix
- MM. le président du conseil d’arrondissement; Arnaud, fabriquant de voitures ; Auroux (Max), propriétaire - agriculteur, maire de Bussière-Galant ; Baury, président du comice agricole; Bonnet, maire de Nexon; Denuelle, maire; Germain, propriétaire-agriculteur ; La'châtre (Fe'né-lon), agriculteur industriel ; Laporte (Alphonse), régisseur, conseiller municipal à La Roche-l’Abeille ; Lemoyne (Henri), agriculteur; Meyer (Georges), brasseur ; Roux (Marcel), conseiller municipal, conseiller général.
- ÉCHOS
- Paris
- Les journaux d’art annoncent l’ouverture, pour le samedi 15 octobre, à la galerie Georges Petit, rue de Seze, d’une importante exposition de gravures anciennes et modernes, sous le titre des « Estampes du siècle ».
- Le comité organisateur est composé de MM. le
- LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE 1889
- vicomte Delaborde, de l’Institut, président, L. Bé-raldi,H. Béraldi, Bracquemont, George Duplessis, Giacomelli, Jules Jacquet, Paul Mantz, Waltner et Albert Wolff.
- ¥ ¥
- La troisième exposition d’automne de la société nationale d’horticulture de France a été ouverte jeudi dernier, 29 septembre, dans les baraquements du pavillon de Flore, aux Tuileries.
- Une partie de l’emplacement de l’ancien palais a été à cette occasion transformée en jardin. La clôture a lieu demain lundi 3 octobre.
- k
- ¥ ¥
- Voici la nomenclature des envois de la villa Médicis qui doivent, dans quelques jours, être exposés dans les galeries de l’école des beaux-arts :
- Pensionnaires peintres. —4e année. VI. Popelin: Sainte Praxime, jeune martyre, dont le corps, jeté dans un caveau parmi les morts, ne subit pas de décomposition. — 3e année. M. Baschet: copie.
- — Fragment d’une fresque de la chapelle Sixtine.
- — 2e année. M. Pinta: Sainte Marthe. —lre année. M. Axilette : étude, Baigneuse.
- Pensionnaires sculpteurs. — 48 année. M. Ferrary; Décollation de saint Jean-Baptiste; esquisse, Adoration des Mages. — 3e année. M. Lombard : Judith et Holopherne. —'2® année. M. Puech : La Muse d’André Chénier. — lre année. M. Gardet : 1° bas-relief en plâtre, sursu/n eordct ; 2° copie en marbre, Faune (musée de Florence) ; 3° bas-relief en bronze, Idylle.
- Pensionnaires architectes.—4® année. M.Esquié: Restauration de la villa d’Adrien à Tivoli. — 3e année. M. Redon : Temple, de la Concorde, Etat actuel, élévation, restauration.—2e année. M. d’Es-pouy : 1° Dessous de vasque, Musée du Capitole; chapitaux et pilastres, Musée de Latran, bas-relief, villa d’Albani ; 2° Vase fontaine marbre grec, Musée du Capitole; 3° Théâtre de Marcellus, détails ;4° Etudes de décorations intérieures; Campo Santo de Pise, hôtel Clérici, Milan, villa Médicis à Rome ; aquarelle; 5° Détails du Campo-Santo de Pise. — l1-e année. M. André: 1° Chapiteaux, Musée de Latran ; 2° Sépulture de Cécilia Metella ; 3° fragments provenant du Forum Trajan.
- Pensionnaires gravews en médailles et en pierres fines. — 2e année. M. Naude : 1° Sainte Cécile, d’après Donatello, 2° Pastorale, esquisse en cire ; 3° dessin d’après Beliini.
- Pensionnaires graveurs en taille douce. — 4e année. M. Barbotin : la Madone aux bambins, d’après del Sarte. — 2e année. M. Sulpis : dessin des figures d’après nature pour la gravure d’Adam et Eve, ladite gravure ébauchée, dessin d’après Albert Dûrer (Adoration des mages), gravure terminée d'après Albert Dûrer.
- ¥ ¥
- ETRANGER
- Allemagne
- Une exposition rétrospective d’ornements l'eli-gieux (tissus et broderies) aura lieu, dans le courant du mois, à Krefeld, sous le patronage de l’archevêque de Cologne.
- Une exposition agricole, organisée par l’Association de la Basse-Franconie et d’Ashaffenbourg, a été ouverte à Würzburg, le dimanche 11 septembre.
- *
- ¥ ¥
- Le même jour était inaugurée à Zeltingen, une exposition viticole importante.
- *
- ¥ ¥
- Une exposition spéciale de produits et matériel d’apiculture a eu lieu à Stuttgard, les mardi 13, mercredi 14 et jeudi 15 septembre, à l’occasion du trente-deuxième congrès des apiculteurs allemands, austro-allemands et hongrois.
- Dimanche 2 Octobre
- L’exp«osition nationale des industries artistiques qui doit avoir lieu l'année prochaine à Munich, comme nous avons eu l’occasion de le dire, à différentes reprises, sera très brillante.
- Die Illustrirte Zeitunçj annonce que le ministère saxon de l’intérieur a adressé aux directions du musée artistique-industriel de Leipzig et de l’union des industries d’art de Dresde, une circulaire invitant ces deux associations à former un comité pour assurer à l’exposition de Munich une brillante représentation du royaume de Saxe.
- *
- ¥ ¥
- Le comité qui, comme nous l’avons dit, s’occupait à Berlin de l’organisation d’un « Salon des Refusés » vient de lancer une circulaire annonçant qu’il renonce cette année à cette entreprise, faute d’adhésions suffisantes.
- La circulaire ajoute cependant que les opérations du jury de l’exposition académique, dans sa composition actuelle, ont suscité un vif mécontentement et que le projet d’organisation sur des bases sérieuses d’un salon dissident, sera énergiquement poursuivi l’année prochaine.
- ¥ ¥
- Angleterre
- L’exposition des cadeaux offerts à S. M. la reine, à l’occasion de son jubilé, a été ouverte le lundi 12 septembre au palais de Saint-James.
- L’exposition occupe cinq salles, dont l’une est consacrée aux présents des princes européens, l’autre aux cadeaux des princes indiens, les autres aux hommages des loyaux sujets britanniques.
- ¥ ¥
- Autriche-Hongrie
- La Chambre de commerce de Prague prépare pour le courant de 1883, à l'occasion du quarantième anniversaire de l’avènement de l’empereur, une grande exposition nationale.
- ¥ ¥
- L’exposition spéciale organisée à l’occasion du congrès international d’hygiène a été inaugurée à Vienne, lundi dernier 26 septembre.
- -k
- ¥ ¥
- Espagne
- S’il faut en croire notre confrère Invention qui emprunte lui-même ses renseignements à une autre publication, l'exposition de Barcelone, sur laquelle on nous donnait, il y a quelque temps encore, les renseignements les. plus satisfaisants, n’avance pas le moins du monde.
- On sait qu’elle devait d’abord être inaugurée en novembre prochain, que cette date fut plus tard abandonnée pour avril et enfin pour juillet 1883.
- Il paraît maintenant que les organisateurs ont tenu dernièrement un meeting où ont été votées les nouvelles résolutions qui suivent :
- On construirait, en édifice permanent de fer et de verre, la partie centrale du palais do l’industrie qui affecte une forme d’éventail ; on démolirait les pavillons des beaux-arts , des colonies, de l’art religieux, et on édifierait, à leur place, de nouvelles constructions.
- Comme le dit, très justement, notre confrère, il faudra que cette exposition réunisse, lorsqu’elle sera achevée, tout ce qu’il faut pour attirer les visiteurs, toutes les qualités que l’on est en droit d’exiger, après tant de modifications, tant de délais, et probablement aussi — l’un ne va pas sans l’autre — un si grand gaspillage d’argent.
- Et il faudra que le succès soit grand pour compenser les inutiles dépenses qu’on ne peut attribuer qu’à un manque de direction sérieuse.
- * *
- Italie
- Le Bollettino, delle Finance Ferrovie, e Industrie, nous apprend que la commission exécutive
- p.801 - vue 383/496
-
-
-
- 8o2. — Troisième Année, — N° 144.
- du comité national de participation à l’Exposition de Paris, a cru opportun de publier la liste complète des quarante-cinq Chambres de commerce qui lui ont adressé leur adhésion.
- Les présidents des seize autres chambres du royaume ont informé le comité qu’ils déposeraient aussitôt la reprise de leurs travaux, une proposition d’adhésion, sur le bureau de leurs assemblées respectives.
- Voici la nomenclature des chambres d’ores et déjà adhérentes, par ordre alphabétique :
- Alexandrie, Ancône, Arezzo, Ascoli, Bergame, Bologne, Cagliari, Castanzaro, Chiavari, Civita-veccbia, Côme, Cosenza, Crémone, Ferrare, Florence, Folignio, Forli, Gênes, Lecce, Livourne, Lodi, Mantoue, Messine, Milan, Modènes, Naples, Parme, Païenne, Pavie, Pesaro, Plaisance, Pise, Reggio de Calabre, Rimini, Port-Maurice, Rome, Sassari, Sienne, Teramo, Turin, Udine, Varese, Venise, Vérone, Vicence.
- *
- * ¥•
- Suisse
- La cinquième exposition fédérale, d’agriculture a été, comme nous l’avions annoncé, inaugurée à Neuchâtel, le dimanche 11 septembre, avec un grand éclat.
- Le gouvernement avait accordé une subvention de 150.000 francs.
- Les sections les plus brillantes étaient celles de la grande culture et de la pomologie, de l’élevage hippique et de la laiterie.
- L’exposition a été clôturée au milieu d’une affluence énorme, attirée par de grandes fêtes, le mardi 20 septembre.
- SCIENCES & INDUSTRIE
- Nouveau Tricycle à vapeur
- Notre excellent confrère la Nature a décrit dernièrement un nouveau véhicule à vapeur imaginé par MM. Royer de Montais et l’Héritier.
- Cette voiture est un tricycle dont les deux grandes roues postérieures ont 1 mètre 20 de diamètre, la petite roue antérieure, 68 centimètres.
- Une petite chaudière en forme de poêle, sans tuyau, chauffée au pétrole et ne dégageant ni odeur, ni fumée, même en proportions infinies, est placée devant le voyageur, que sa proximité ne peut donc incommoder en aucune façon. Dans le siège est ménagé un réservoir de pétrole, con" tenant 10 litres de combustible et permettant un fonctionnement de 10 heures consécutives. En arrière, un réservoir reçoit 3q litres d’eau, provision suffisante pour deux heures et demie.
- Ce réservoir, divisé en deux compartiments, contient d’une part de l’eau constamment chauffée par le dégagement de la vapeur et servant à l’alimentation de la chaudière ; d’autre part, de l’eau froide servant à condenser la vapeur au besoin, au passage, par exemple, d’une agglomération quelconque d’habitations, ou à la rencontre d’un cheval effrayé.
- Un robinet placé aux côtés du voyageur, à sa portée, commande la manœuvre.
- Le moteur, pesant quarante kilos est fixé tout à fait en arrière du véhicule qu’il équilibre parfaitement en faisant contrepoids à la chaudière et au voyageur. Sur le sommet du coffre de la voiture et à proximité de main, plusieurs robinets permettent de purger les cylindres, d’alimenter la chaudière ou de condenser la vapeur, de régler la vitesse, etc.
- Un frein supplémentaire, à main gauche, peut doubler le frein à pied pour le cas où celui-ci ne fonctionnerait pas, pour une raison quelconque. Une poignée, placée à main-droite, commande un gouvernail.
- Le pétrole s’introduit dans le foyer durant la marche à la volonté du conducteur, qui règle de même l’alimentation de l’eau. La chaudière, construite par M. L. Morse, avenue de l’Opéra, à 40 centimètres de diamètre sur 3y de hauteur. Elle
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1809.
- consume 16 litres d’eau par heure, et quinze minutes suffisent à la mettre sous pression.
- Cette voiture, chargée d’un voyageur peut parcourir 16 à 18 kilomètres par heure; de deux voyageurs, quatorze à seize.
- C. H.
- LE GRAND
- CONCOURS INTERNATIONAL
- DES SCIENCES ET DE L’INDUSTBIE A BRUXELLES , EN 1888
- -Les organisateurs du grand concours international de 1888 constatent avec satisfaction que les journaux de tous les pays ont à présent compris la haute portée et les avantages nombreux de l’exposition projetée à Bruxelles et lui prêtent un puissant et précieux appui. Tous les jours des articles élogieux appellent l’attention du public sur cette vaste entreprise et, reconnaissant les avan-. tages pratiques du système nouveau et original adopté dans l’organisation, font ressortir l’utilité évidente qu’il y a dans de semblables conditions pour le commerce et l’industrie à prendre part au Concours. Il n’est pas douteux que cet appel si chaleureux et universellement répandu dans la presse de tous pays ne soit entendu.
- Les industriels ont, du reste, un intérêt trop direct et évident à ne pas se laisser écarter et oublier en une circonstance aussi importante. De plus, les adhésions nombreuses .qui parviennent au Comité exécutif expriment brillamment cette assertion. Les principales maisons, sous la direction des Chambres de commerce, organisent des comités spéciaux dans les districts les plus industriels. La Belgique sous ce rapport ne demeure pas en arrière. L’appel fait par le Commissariat général du gouvernement a été suivi d’un grand mouvement d’organisation active. Dans nos provinces, plusieurs comités importants ont été désignés, et, notamment à Verviers, se sont mis aussitôt à l’œuvre, et recueillent de nombreuses adhésions parmi les principaux établissements de la région. Cela assure dès à présent à la Belgique une complète et éclatante représentation au grand Concours de 1888.
- Le Comité exécutif a déjà reçu un nombre considérable d’inventions nouvelles de tous genres, que leurs auteurs veulent soumettre au public. Il y a, dans cette abondante collection de nouveautés, des choses ingénieuses, inattendues quine manqueront pas de piquer la curiosité des visiteurs et de les intéresser vivement. On peut donc affirmer que, tant sous le rapport des sciences appliquées que sous celui des divertissements et des plaisirs, le grand Concours international ne manquera pas d’attraits puissants.
- LES LIVRES
- exxv
- Le Nouvel Hypnotisme, par L. Moutin. Illustrations de P. Mau-ron, 1 vol. in-18, Perrin et Cie, libraires-éditeurs.
- Depuis quatre ou cinq ans, l’opinion, dans ce qu’elle a de plus sérieux et de plus frivole, de plus respectable et de plus aimable seulement, s’est beaucoup préoccupée des recherches et des découvertes relatives à la névrose, à l’hystérie, aux phénomènes de ce nouveau magnétisme, ou plutôt de cette application nouvelle del’ancien appelée hypnotisme. Des magistrats, des médecins, des savants ont étudié la question de ces phénomènes au double point de vue de leur influence sur l’art de guérir, de leurs relations avec la pathologie et la thérapeutique, et de leur influence moins bienfaisante sur la criminalité et la responsabilité en matière criminelle. -
- On sait en effet qu’il est résulté des expériences fameuses de la Salpêtrière, des travaux du docteur Charcot, du docteur Richet et de bien d’autres
- Dimanche 2 Octobre 1SS7.
- une série de découvertes sur la suggestion physique ou morale, c’est-à-dire la transmission d’une volonté à une autre et la domination de cette volonté sur l’autre, imposant tel ou tel acte à cette volonté vaincue, domptée, asservie ; sur l’action par le simple contact de flacons de remède ou de poison, etc.... qui ont justement ému les imaginations vives et les cœurs généreux. C’est là le double et impérieux attrait de toutes les questions où la science s’avance dans le domaine de l’inconnu, du mystérieux, du fantastique, et fait sur les secrets de la nature une conquête nouvelle mêlant presque toujours au début les doutes aux certitudes et les craintes aux espérances. Si en effet d’un côté les recherches et les découvertes sur ces phénomènes étranges de l’hypnotisme, de la suggestion font entrevoir des voies nouvelles et d’heureux et féconds progrès pour la médecine, très en retard sur la chirurgie, d’un autre côté ils inquiètent la conscience car l’hypnotisant exerce sur l’hypnotisé une puissance tyrannique, irrésistible, qui peut suggérer une pensée et une volonté héroïques, comme une pensée et une volonté criminelles à un être devenu inconscient, et par suite irresponsable. Au point de vue philosophique et judiciaire ces interpositions, ces impositions de volonté, ces troubles, ces suspensions, ces démissions du libre arbitre constituent en effet de graves et redoutables problèmes.
- Ils ont tenté déjà le roman et tenteront bientôt le théâtre qui regagnerait avec l’hypnotisme un de ses meilleurs moyens qu’il vient de perdre avec l’indissolubilité du lien conjugal par suite du divorce qui donne un dénouement légal à des péripéties jusqu’ici sans issuo. Nous devons dire en passant que les phénomènes et les mystères névropathiques n’ont pas jusqu’ici porté bonheur aux écrivains qui ont voulu exploiter cette mine de merveilleux qui manque évidemment de gaieté. L’hypnotisme et la suggestion n’ont pas chance, selon nous, de mieux réussir dans le roman que la folie au théâtre. Ce ne sont pas les dernières tentatives dans ce sens de MM. Jules Claretie, Guy de Maupassant et Gilbert Thierry qui nous contrediront, car elles n’ont pas été couronnées de succès.
- Quoiqu’il en soit, voici une nouvelle pièce, et des plus importantes, ajoutée au dossier, on peut dire au procès, car il y a le pour et le contre dans cette matière qui servira longtemps encore à la déclamation et à la controverse de l’hypnotisme, et de la suggestion.
- U11 homme dont la physionomie énergique et résolue est bien connue du public devant lequel il expérimente, avec un grand succès, la science nouvelle dont il est un des plus habiles praticiens, vient de faire un acte des plus hardis et des plus inattendus chez le possesseur d’une science nouvelle, d’un art mystérieux. Rompant avec les traditions de l’égoïsme et du hiératisme scientifique M. Moutin, qui n’est pas médecin, on s’en aperçoit à cette libérale témérité, brise les sceaux, déchire les voiles, et met les secrets et les procédés du.magnétisme ou de l’hypnotisme, car il préfère ce nom non encore diffamé et ce masque de bonne compagnie pour le magnétisme trop compromis par l’exploitation charlatanesque qui en a été faite^ à la portée de tout le monde. 11 suffit pour devenir un magnétiseur, un hypnotiseur consommé de lire son livre et d’en exécuter les prescriptions, d’en appliquer les méthodes. Ce 11’est pas plus difficile que cela. Tout le monde, avec de la bonne volonté, de la patience et de la persévérance, peut donc hypnotiser, c’est-à-dire provoquer chez un autre les phénomènes du somnambulisme, de la suggestion, endormir, réveiller, ordonner tel ou tel acte accompli en dépit de toute clairvoyance ou de toute résistance par le sujet on peut le dire, car il y a gouvernement, tyrannie, oppression d’une volonté par une autre.
- Selon M. L. Moutin, et c’est là une des déclarations les plus importantes de son livre, nous jouissons tous, à des degrés divers, de cette force mystérieuse, de cette puissance magnétique qui peut se manifester par des phénomènes thérapeutiques, c’est-à-dire par la guérison de certaines maladies, ou des phénomènes physiologiques
- p.802 - vue 384/496
-
-
-
- Troisième Année. — N° 144,
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- psychologiques, c’est-à-dire la domination d’une volonté' sur une autre, la suggestion d’une pensée ou d'un acte irrésistiblement inspirés ou accomplis.
- . Jusqu’ici une erreur entretenue et accréditée par la jalousie scientifique faisait considérer comme seuls susceptibles des phénomènes hypnotiques les personnes d’une nervosité morbide, les hystériques.
- Point du tout, riposte M. Moutin, tout le monde est capable de produire les phénomènes hypnotiques, et cinquante pour cent,c’est-à-dire la moitié du genre humain est susceptible de l’éprouver.
- Ainsi cette faculté d’endormir un sujet, de lui suggérer telle ou telle pensée, tel ou tel acte, est à la disposition de tout le monde. C’est la magie ouverte à tous, la sorcellerie entrant dans le domaine public. C’est le droit pour tous de souffler le chaud et le froid (souffler chaud, souffler froid joue un grand rôle dans les procédés révélés par M. Moutin) que le dicton populaire ne réservait qu’à quelques-uns, tyrans domestiques ou despotes publics.
- Voilà qui va faire quelque bruit dans le Lan-dernau scientifique et médical. Ce n’est pas une émeute,c’est une révolution que ces mystères de la franc-maçonnerie hypnotique mis à la portée de tout le monde au prix de 3 fr. 5o. Ce n’est vraiment pas la peine de s’en passer. Cette vulgarisation hardie, cette divulgation sans réserve des secrets et des méthodes de l’art hypnotique n’ont pas été chez M. Moutin l’eflet d’une résolution ab irato, d’un dépit professionnel, d’une déception de métier, mais l’acte raisonné autant que désintéressé d’un philanthrope.
- M. L. Moutin le dit lui-même : il a voulu faire du bruit, casser les vitres, afin d’obliger les savants à s’occuper sérieusement d’une question de premier ordre qui lui parait appelée à faire une véritable révolution dans le domaine de la médecine.
- Tout un chapitre des plus intéressants est consacré à la thérapeutique hypnotique, c’est-à-dire aux immenses services que peut rendre l’emploi de l’hypnotisme pour arrêter le développement d’une maladie, en permettre le diagnostic exact et en fournir le remède décisif. M. Mou.tin ne désespère pas de voir un jour et alors que l’hypnotisme fera partie du programme des études médicales, les docteurs envoyer leurs clients aussi souvent chez l’hypnotiseur que chez le pharmacien. En attendant cette transformation nécessaire de la thérapeutique, il désirerait voir l’hypnotisme entrer dans les familles. II pense que, pour la guérison des fièvres de divers caractères, mais surtout des maladies nerveuses, des névroses, à la cure desquelles la médecine se déclare impuissante, l’hypnotisme peut donner des moyens de guérison décisifs et d’un effet vraiment merveilleux.
- Nous ne demandons pas mieux que de le croire, mais nous voudrions des preuves et des témoignages qu’on aurait mauvaise grâce d’ailleurs à exiger d’un mouvement qui n’est encore qu’y son début et d’une science qui sort à peine de l’œuf. Nous nous garderons de chicaner un praticien habile et spirituel, qui triomphe des répugnances et des résistances les plus énergiques, et pourrait, s’il lui prenait fantaisie de se venger, nous suggérer, même à notre insu, une foule de choses qui feraient rire la galerie aux dépens du critique. Le voit-on obligé, quoi qu’il en ait, de rester à genoux devant son hypnotiseur, ou de se battre contre lui sans pouvoir jamais l’atteindre, ou de demeurer la jambe en l’air sur le pied de grue, ou de courir embrasser la personne la plus laide de la société ?
- Nous préférons nous en tirer à bon compte et avouer sans peine et sans mensonge que M. Moutin a fait un livre des plus curieux, des plus intéressants, des plus amusants et des plus sérieux sous son allure familière. Nous avons lu avec plaisir et profit le livre dans sa partie historique où les systèmes divers sur le magnétisme depuis Mesmer sont analysés avec compétence. Nous avons regretté peut-être de voir citer comme témoignages authentiques, irrécusables sur les convulsionnaires, les trois gros in-40 du vision-
- naire Carré de Montgeron. Mais ce que ncus ne regrettons pas, et ce que le lecteur ne regrettera pas plus que nous, c’est le temps passé à lire son livre, qui est à la fois, chose rare, des plus instructifs et des plus récréatifs.
- M. de Lescure.
- ------— 1 m/ai»«TiüiBiTw- --- -
- AVIS COMMERCIAUX
- LÉGISLATION COMMERCIALE ÉTRANGÈRE
- ITALIE
- RÉGIME DOUANIER DES RECIPIENTS DEBARQUES COMPLÈTEMENT VIDES OU A MOITIÉ VIDES (Circulaire du 22 juin 1887.)
- Pour écarter les doutes relatifs au régime douanier des récipients de tout genre complètement vides ou à moitié vides, débarqués directement des navires, le Ministère a donné aux douanes les instructions suivantes :
- i° Au moment du débarquement, les récipients extraits de la cale des navires et présentés à la douane complètement vides seront dans le cas d’avarie dûment constatée, comme dans le cas de déchet naturel, liquidés avgc leur qualification propre , c’est-à-dire comme ouvrages selon la matière dont ils sont formés, sans tenir compte de la marchandise qu’ils contenaient auparavant.
- La déclaration à l’entrée, soit pour la consommation, soit pour l’entrepôt, mentionnera le nombre des récipients, leur nature (fûts, barils, caisses, dames-jeannes, etc.), en indiquant qu’ils s’agit de récipients demeurés complètement vides de la marchandise portée sur le manifeste du capitaine.
- Cette formalité est indispensable pour la vérification du manifeste, le capitaine étant responsable du nombre des colis et non de la- qualité du produit qu’ils contiennent.
- 20 Les récipients extraits de la cale et présentés en douane à moitié vides, c’est-à-dire contenant encore une petite quantité de marchandises soumises à la taxe d’après le poids brut ou le poids net légal, suivront le régime de leur contenu, comme s’ils étaient pleins ; c’est-à-dire selon le poids où la contenance absolue, et non selon la quantité réelle.
- Soit, par exemple, une caisse avariée de 7 kilogrammes, renfermant deux estagnons contenant chacun un litre de pétrole : on liquidera le droit d’après ce poids, déduction faite de la tare légale de 14 p. 0/0.
- Le débarquement des marchandises sujettes à déchet, et particulièrement des huiles minérales et des alcools, sera, d’une manière permanente, surveillé par les agents du fisc, soit à bord, soit pendant le transport du bâtiment au quai, soit du quai à l’enceinte de la douane, afin de s’assurer que pendant le débarquement aucune soustraction ni aucun transvasement n’a lieu, et afin que la marchandise soit présentée à la visite de la douane dans l’état où elle a été extraite de la cale du navire.
- GRECE
- LOI SUR LES DROITS DE PHARE EN GRÈCE
- Le journal officiel du 18 juin 1887 a promulgué une loi sur les droits de phare en Grèce. Cette loi est entrée en vigueur le i3 juillet suivant.
- Art. Ier. Il est établi une caisse spéciale sous le titre de Caisse des phares, ayant pour but la construction, la conservation et le fonctionnement sur les côtes et dans les ports de l’Etat des phares, fanaux, bouées, sémaphores et stations de sauvetage nécessaires, y compris les établissements de cette nature qui existent déjà.
- Art. 2. Les ressources de la Caisse des phares sont les suivantes :
- i° Les droits de phare payés, selon les dispositions de la présente loi, pour la marine marchande ;
- 20 Les intérêts des fonds de la Caisse;
- Dimanche 2 Octobre 1887. — 8o3.
- 3° Le produit de la vente des matières de rebu t appartenant au service des phares;
- 40 Les versements effectués, selon les dispositions de la présente loi, par les comités des ports à la Caisse des phares, pour la construction et la réparation des fanaux, phares et bouées qui se trouvent dans les ports.
- Art. 3. Les bâtiments marchands helléniques, voiliers ou à vapeur, qui, en vertu des traités ou de conventions spéciales, sont assimilables aux bateaux helléniques, et qui, provenant de l’étranger, abordent dans les ports de l’Etat où il y a une autorité douanière, sont soumis au* payement des droits de phare, suivant leur tonnage net :
- i° S’ils font des opérations de débarquement et d’embarquement, 25 lepta par tonne (e5 centimes) ;
- 20 S’ils font des opérations de déchargement sans faire des opérations d’embarquement, ou s’ils font des opérations d’embarquement sans faire des opérations de débarquement, 25 lepta (a5 centimes) par tonne ;
- 3° S’ils ne font aucune opération ni d’embarquement ni de débarquement, i5 lepta (i5 centimes) par tonne.
- Ceux qui proviennent, non de l’étranger, mais d’autres ports du royaume, acquittent, suivant les circonstances, les droits de phare ci-dessus indiqués.
- Les bâtiments marchands étrangers, à voiles ou à vapeur, qui ne sont pas assimilés aux helléniques, payent, dans chacun de ces cas susdits, double droit de phare.
- Art. 4. Les bâtiments marchands helléniques, à voiles ou à vapeur, et ceux sous pavillon étranger qui leur sont assimilés et 'qui, faisant le cabotage, se rendent d’un port à l’autre du royaume sans faire escale dans l’intervalle à un port étranger, sauf le cas de force majeure, sont exemptés des droits de phare aussitôt que le montant des droits payés par eux en vertu de l’article 3 atteint le chiffre d’une drachme par tonne et par année (1 franc).
- Art. 5. Tout bâtiment rentrant, pour cause de force majeure, dans le-port hellénique d’où il est parti, sans avoir mouillé à un autre port, esj exempté du payement de nouveaux droits de phare.
- Tout bâtiment venant de l’étranger ou de l’intérieur et abordant dans un port hellénique pour cause de force majeure sera, s’il n’y séjourne pas plus de quarante-huit heures et s’il n’y fait aucune opération commerciale, exempt du payement des droits de phare.
- Art. 6. Les paquebots-poste helléniques et les paquebots-poste étrangers y assimilés en vertu de conventions spéciales ou de traités, qui effectueront des voyages réguliers et auront un itinéraire déterminé, payeront, s’ils proviennent de l’étranger, à leur arrivée dans le premier port hellénique, 10 lepta (10 centimes) par tonne comme droits de phare, d’après leur tonnage net, et seront exempts du payement d’autres droits de phare, à leur arrivée dans les ports helléniques, pendant la durée du même voyage.
- Tous les bâtiments de cette catégorie qui limitent leurs lignes aux ports de l’État, sans toucher à des ports étrangers, payent 10 lepta (10 centimes) par tonne au premier port de leur ligne régulière à chacun de leurs voyages. Ces mêmes bâtiments qui limitent leurs lignes aux ports de l’Etat sont exempts du payement d’autres droits de phare, dès que le montant des droits acquittés par eux atteint le chiffre d’une drachme par tonne et par année; si, dans l’intervalle, ils faisaient escade à un port étranger, les dispositions du paragraphe précédent du présént article leur seraient applicables.
- Art. 7. Sont exempts des droits de phare :
- i° Les bâtiments helléniques et les bâtiments étrangers y assimilés, d’un tonnage, inférieur à vingt tonnes;
- 20 Les navires de guerre grecs et étrangers, et en général tous les bâtiments au service de l’Etat ;
- 3° Les bateaux de plaisance ou yachts helléniques ou étrangère, reconnus comme tels par les gouvernements respectifs, pourvu qu’ils ne fassent aucune opération commerciale,
- p.803 - vue 385/496
-
-
-
- 804 — Troisième Année. — N° 144.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 2 Octobre 1887.
- TURQUIE-RUSSIE
- AVIS AUX NAVIGATEURS
- Le Consul de France à Constantinople a reçu du Consul général de Russie dans la meme ville la communication suivante relativement au pilotage des navires à destination de Kertch-Yénikalé :
- PZn vue de mettre fin, dans la mesure du possible, aux échouements provenant de l’incapacité et de l’ignorance reconnues des soi-disant pilotes que les navires étrangers à destination de la mer d’Azow engagent à Constantinople, le Gouverneur général d’Odessa, à la demande du Gouverneur de Kertch, engage les capitaines des navires étrangers à mettre plus de soin dans le choix de leurs pilotes et à refuser les services de ceux qui n’ont aucune des connaissances voulues et surtout aucun droit à l’exercice légal de cet: art.
- Un grand nombre de navires à destination de la mer d’Azow, traversant les détroits sans s’arrêter à Constantinople et prenant leur pilote au large, le Consulat ne pourra que rarement porter cet avis à la connaissance de nos navigateurs. On appréciera, dès lors, l’utilité de faire publier cette communication en France par les moyens habituels.
- Le grand intérêt des réouvertures qui se suivent et se ressemblent en ce moment continue à se porter sur le rideau de fer quisera, n’en doutez pas îe grand triomphateur de la saison; mais si vous le voulez bien nous n’en parlerons plus que pour mémoire, le fonctionnement dudit rideau étant sensiblement le même partout, qu’il se lève à la Comédie-Française sur les débuts de Mlle Brandès ou à l’Ambigu sur la reprise des Mystères de Paris.
- Le grand événement dramatique de la semaine a été la prise de possession par Mlle Brandès, de son emploi dans la maison de Molière. La jeune transfuge du vaudeville qui succédait à Mlle Bar-tet dans ce rôle de Francillon, que sa devancière avait marqué d’une griffe si personnelle s’esttirée aussi bien que possible de cette difficile épreuve et a su faire accepter une interprétation originale de ce personnage bizarre. Si elle n’a pu faire oublier la Francillon de Mlle Bartet, elle nous en a du moins offert une autre, en conformité avec son tempérament personnel et a placé sa création sur un plan qui n’est pas sensiblement inférieur à celui que sa devancière avait fait prendre à sa création.
- C’est une soirée fort honorable pour Mlle Brandès et qui justifie largement la confiance de ceux qui ont suivi attentivement sa carrière depuis ses débuts sur la scène du Vaudeville. Ce qu’il y a de particulier chez la jeune artiste, c’est une recherche constante du mieux, un travail soutenu dont îes effets se sont traduits par un progrès incessant, visible à chacune de ses créations nouvelles.
- Avec ses merveilleuses dispositions et l’énergie de travail qu’elle met à leur disposition, il n’est pas besoin d’être prophète polir prédire à Mlle Brandès une place à part sur notre première scène dramatique. Francillon lui en a ouvert toutes grandes les portes qui ne s’e'taient que discrètement entrebâillées. La première création fera, nous n’en doutons pas. le reste.
- Une indisposition légère, en m’empêchant de donner l’autre semaine mon compte-rendu théâtral m’a mis en retard avec l’Odéon qui a mis deux nouveautés sur son affiche : Jacques Damour, un acte de M. Léon Hermique, tiré d’une nouvelle de M. Zola et le Marquis Papillon trois actes en vers de M. Boniface.
- J’avais déjà vu Jacques Damour, lors de la représentation qu'en avait donnée une troupe d’amateurs surla petite scène du théâtre Libre et j’y avais trouvé de grandes qualités d’observation en même temps qu’une tendance assezheureusement appliquée à fournir le théâtre dans la voie du réalisme.
- La donnée de Jacques Damour, pour n’être pas nouvelle puisqu’on a pu la rapprocher justement de celle du colonel Chabert, n’en est pas moins originale quant au milieu dans lequel se déroule l’action.
- Il s’agit d’un déporté de la Commune que l’on a cru mort à Nouméa et dont la femme s’esj remariée avec un brave homme de boucher, Saynard. Les affaires du ménage ont prospéré, une fille que Mme Saynard avait eue dé son premier mariage est morte, et une autre enfant lui est née. Tout le passé semble donc bien enterré et MU1® Saynard peut, semble-t-il, goûter un paisible bonheur dans sa nouvelle position. Mais Damour n’est pas mort et un beau matin, conduit par son ami Berru, il se présente devant sa femme la menace à la bouche, réclamant son foyer. Le drame est là, dans cette antithèse cruelle du bonheur présent et de la misère passée représentée par Damour, dans laquelle se débat la pauvre femme.
- Jacques Damour finit enfin par accepter le fait accompli : il laissera sa femme en paix avec son nouveau mari, un brave homme qui, pour sceller cette transaction, ne trouve rien de mieux, dans l’émotion de cette grosse affaire réglée que de trinquer avec l’ancien mari.
- Ce qui me plaît, dans ce petit drame, c’est le naturel du dialogue et sa complète adaptation aux personnages. Tous parlent bien la langue qui convient à leur milieu et leurs sentiments sont en complet rapport avec leur situation sociale. Ils parlènt, agissent, pensent en ouvriers qu’ils sont et n’enflent jamais la tirade jusqu’aux hauteurs philosophiques qu’ils ne saisissent pas. Au spectateur de moraliser si cela lui plaît. Eux, disent ce qu’ils disaient dans la vie réelle et c’est ce qui me plaît, dans ce théâtre bien naturaliste, sans note forcée, ni brutalités voulues.
- Le public de la première qui avait écouté sans protester toute la pièce n’a pas voulu admettre la scène finale du verre de vin : il y a là de sa part un manque total de logique; mais il ne faut pas demander au public d’être logique. On lui a tellement doré jusqu’à présent la pilule dramatique que la vérité le choque sur les planches : il s’y fera.
- Je me suis étendu un peu longuement sur Jacques Damour car, malgré ses petites dimensions cette pièce était bien l’événement de la soirée : les trois actes en vers bizarres de M. Boniface n’ont pas, que je pense, la prétention d’être une œuvre intéressante : le jeune auteur n’a cherché qu’à amuser sans y parvenir souvent.
- Les Nouveautés ont rouvert avec une nouveauté. Les Saturnales de M. Vaiabrègue. Quel auteur déséquilibré que ce M. Vaiabrègue. Capable de faire très bien et il l'a prouvé avec l'Homme de Paille et le très réel et très légitime succès du Bonheur conjugal il n’est pas moins apte à l’archi-mauvais. Les Saturnales appartiennent à ce dernier genre qui ferait douter que M. Vaiabrègue soit un homme d’esprit, si d’autres œuvres ne nous avaient prédisposé à l’indulgence. Cette fois M. Vaiabrègue a trouvé très drôle de latiniser Paris et la vi'e parisienne: cela produit comme effets principaux devoir le faubourg Montmartre transformé eh faubourg Montmartrius. Je vous donne le procédé pour ce qu’il vaut, et franchement vous avouerez que ça ne valait pas trois actes. Je suis convaincu que M. Vaiabrègue en est persuadé aujourd’hui.
- Au Vaudeville, c’est une reprise de Cèlimare le bien-aimé et de la Grammaire, deux petits chefs-d’œuvre signés Labiche qui a fait les frais de la réouverture. On y a applaudi à tout rompre Gollg qui est bien l’un des meilleurs artistes que nous possédions en ce moment.
- J’aurai liquidé mon compte avec la quinzaine en vous disant que l’Ambigu a fait hier sa réouverture avec la reprise des Mystères de Paris joués par la troupe de la création avec un succès égal à celui de la première.
- Saint-Georges.
- Le Recaeil-Chaix, ou Recueil général des Tarifs des chemins de fer pour les transports à grande et à petite vitesse sur tous les réseaux, paraît tous les trois mois. Le dernier numéro contient les tarifs applicables sur les lignes récemment ouvertes à l’exploitation et les modifications et additions survenues pendant le trimestre.
- Abonnement: Paris, 62 fr. ; départements, 74 fr.
- Un numéro sépare : Paris, 18 fr. ; départ., 21 fr.
- Adresser les demandes à la Librairie Chaix, rue Bergère, 20, Paris.
- CHEMINS DE FER DE L’OUEST
- EXCURSIONS
- SUR LES
- ET
- EN BRETAGNE
- Billets Circulaires, valables pendant un mois (1
- lrc Classe 2e Classe
- 1er Itinéraire .... 60 fr. >> — 45 fr »
- Paris. — Rouen. — Le Havre. — Fécamp. — Saint-Valéry. — Dieppe. — Le Tréport. — Arques. — Forges-les-Eaux. — Gisors. — Paris.
- 2e Itinéraire .... 60 fr. » — 45 fr. »
- Paris. — Rouen. — Dieppe. — Saint-Valéry. — Fécamp
- — Le Havre. — Hotifleur ou Trouvifie-Deauville
- — Caen. — Paris.
- 3e Itinéraire .... 80 fr. » — 65 fr. »
- Paris. — Rouen. — Dieppe.— Saint-Valéry. — Fécamp.
- — Le Havre. — Honfleur ou Trouville. — Cherbourg.
- — Caen. — Paris.
- 4e Itinéraire .... 90 fr. » — 70 fr. »
- Paris. — Granville. — Avranches. — Mont-Saint-Michel. — Dol. — Saint-Malo. — Dinan. — Rennes
- — Le Mans. — Paris.
- 5e Itinéraire .... 100 fr. » — 80 fr. »
- Paris. — Cherbourg. — Coutanees. — Granville. — Avranches. — Mont-Saint-Michel. — Dol. — Saint-Malo. — Dinan. — Rennes. — Le Mans. — Paris.
- 6e Itinéraire .... 100 fr. » — 80 fr. »
- Paris. — Rouen.— Dieppe. — Saint-Valéry. — Fécamp.
- — Le Havre. — Honfleur ou Trouville. — Caen. — Cherbourg. — Coutanees. — Granville. — Dreux.
- — Paris.
- 7® Itinéraire .... 120 fr. » — 100 fr. »
- Paris. — Rouen. — Dieppe. — Saint-Valerv. — Fécamp.
- — Le Havre. — Honfleur ou Trouville. — Caen.
- — Cherbourg. — Coutanees. — Granville. — Avranches. — Mont-Saint-Michel. — Dol. — Saint-Malo.
- — Dinan. — Rennes. — Laval. — Le Mans. — Chartres. — Paris.
- 8e Itinéraire . . . . 120 fr. » — 100 fr. »
- Paris. — Granville. — Avranches.— Mont-Saint-Michel. Dol. — Saint-Malo. — Dinan. — Saint-Brieuc. — Lannion. — Morlaix. — RoscofF. — Brest, — Rennes.
- — Le Mans. — Paris.
- 9e Itinéraire. . . . 130 fr. » — 110 fr. »
- Paris. — Caen. — Cherbourg. — Coutanees. — Granville. — Avranches. — Mont-Saint-Michel. — Dol. Saint-Malo.— Dinan. — Saint-Brieuc. — Lannion.
- — Morlaix. — RoscofF. — Brest. — Rennes. — Vitré. —Laval. — Le Mans. — Chartres. — Paris.
- NOTA. — Les prix ci-dessus comprennent les parcours en bateaux et en voitures publiques, indiqués dans les Itinéraires.
- Les billets sont délivrés à Paris, aux gares Saint-Lazare et Montparnasse et aux bureaux de ville de la Compagnie.
- (1) La durée de ces billets peut être prolongée d’un mois, moyennant la perception d’un supplément de 10 %, si la prolongation est demandée, aux principales gares dénommées aux itinéraires, pour un billet non priémé.
- Le Gerant, GARREAU.
- Tours. — lmp. E. ARRAULT et Cie, rue de la Préfecture, 6
- p.804 - vue 386/496
-
-
-
- Le Moniteur
- DE
- L'EXPOSITION DE i
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
- TROISIÈME ANNÉE.
- Dimanche 9 Octobre 1887.
- NUMÉRO 145.
- SOMMAIRE :
- . L’Europe et l’Amérique latine à l’Exposition universelle de 1889 ; 2. M. Villa ; 3. Les travaux du Champ-de-Mars ; 4. Circulaire de M. Berger aux présidents des Comités départementaux; 5. Circulaire de M. Berger aux présidents des Comités d’admissions; 6. Arrêtés ministériels ; 7. Bureaux des Comités départementaux : Bouches-du-Rhône, Loire-Inférieure, Var, Vaucluse, Vendée, Vienne ; 8. Le banquet des Comités d'admissions; 9. Les délégués italiens au Champ-de-Mars; 10. Echos; 11. Sciences et industrie; 12. Exposition des produits de l’Horticulture ; i3. Les Français à l’Etranger; 14. Les Livres; i5. Avis commerciaux.
- par le gouvernement de la République française. Et maintenant, voyons les faits qui s’accomplissent en Italie à ce sujet.
- Le Temps du 6 août disait très justement :
- « Le cabinet italien avait à peine signifié sa résolution de ne pas prendre une part officielle à l’Exposition de 1889, qu’un comité se formait au
- L’EUROPE & L'AMÉRIQUE LATINE
- à l’Exposition universelle de 1889
- I
- L’ITALIE
- Le cordon sanitaire qu’on avait voulu établir entre le gouvernement de la République française et les gouvernements des autres Etats vient d’être brisé, et l’Expo-tion de 1889, qu’on se hâtait défaire miroiter comme une apothéose de la Révolution en permanence, commence enfin à être envisagée à son vrai point de vue, qui est tout à fait opposé aux préventions fantastiques de ses détracteurs.
- En effet, l’Exposition de 1889 est' destinée tout simplement à être , selon la première idée qu’on en avait conçue, ni plus ni moins qu’une fête solennelle du travail, faisant suite à celles qui l’ont précédée depuis 1855. Tout le monde en est maintenant persuadé ; tout le monde s’apprête à y concourir, et si les gouvernements des grandes puissances n’y prennent pas une part officielle, les peuples y prendront une part d’autant plus considérable. De sorte que, n’ayant pas à chercher la raison des abstentions officielles, nous nous plaisons à constater que le concours privé de tous les pays et de tous les peuples donnera , au contraire , un cachet et une importance tout à fait spéciales à l’Exposition.
- Commençons par résumer le mouvement italien en faveur de l’Exposition, nous réservant ensuite de parler du mouvement qui se produit dans le même sens en Espagne, en Portugal, en Grèce, en Roumanie et chez les peuples latins de l’Amérique, ce qui prouve que le courant de l’opinion publique, comme nous l’avons déjà dit, prend une direction sympathique au grand concours du travail universel et pacifique organisé
- M. VILLA
- Président du Comité Italien de l’Exposition de 18S
- ‘delà des Alpes pour favoriser, par tous les moyens possibles, la participation des industriels et des commerçants à ces grandes assises du travail. Il va là un fait caractéristique et qui peut n’être pas sans conséquences, si, comme nous l’espérons, il suscite en d’autres pays des interventions analogues. »
- L’exemple de l’Italie a effectivement porté des fruits. 11 faut le dire bien haut. Le cabinet Depre-tis-Crispi avait des convenances officielles à ménager, du moment que la non-intervention gouvernementale était déjà presque arrêtée d’avance, lors du cabinet Depretis-De Robilant, non-intervention qui fut arrêtée définitivement à la suite de l’abstention de toutes les autres grandes puissances, la Russie comprise. Mais il faut avouer que soit pendant le peu de jours d’existence du ministère Depretis-Crispi, soit à l’avènement du ministère Crispi tout seul, après la mort de M. Depretis, l’Italie officielle se montra tout à fait disposée à encourager de son mieux le concours national privé en faveur de l’Exposition de 1889, se substituant avec le plus grand élan au concours gouvernemental. On pourrait même dire que si M. Crispi n’avait pas montré en toute occasion son intérêt à la participation du peuple italien à l’Exposition, le mouvement national n’aurait certainement pas pris le large développement qu’on lui connaît.
- Lorsqu’il fut avéré que le gouvernement italien ne croyait pas devoir aller officiellement à Paris, il se forma, le premier, un petit noyau privé d’initiative ayant pour but la participation individuelle de l’Italie à l’Exposition, et c’est M. Repetti, ancien directeur de l’imprimerie Dottesio, à Lugano, où les anciens patriotes italiens, de Mazzini à Correnti, avaient publié, pendant la domination étrangère dans la Péninsule , tous leurs ouvrages pour la résurrection de la patrie, qui avait été l’organisateur de ce comité. Mais la généreuse initiative de M. Repetti aujourd’hui à Rome, n’eut un véritable essor qu’après l’interpellation développée le 2 5 juin par M. Cavallotti à la Chambre des députés, sur la décision prise par le gouvernement italien au sujet de la participation officielle de l’Italie à l’Exposition. Ce fut une excellente occasion de la part de j M- Grimaldi, ministre de
- l’agriculture, du commerce et de l’industrie , et de M. Crispi, ministre de l’intérieur, pour manifester l’expression de leurs sentiments amicaux pour la France et pour le nouveau cabinet français, présidé par M. Rou-vier.
- Quant au discours prononcé par M. Cavallotti, traduit in extenso par M. Musset dans Y Etendard
- p.805 - vue 387/496
-
-
-
- 8o6. — Troisième Année, — N° i.p.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1S09.
- Dimanche g Octobre 1S87.
- du 1 b juillet, ce fut une vraie apothéose du centenaire de la Révolution française.
- « N’est-il pas vrai, disait M. Cavallotti dans son admirable discours, ; n’est-il pas vrai, Monsieur Crispi, que nous sommes, un peu, nous aussi, les fils de 89 ? Et ni vous ni moi, nous ne descendons à discuter avec ces imbéciles qui, pour justifier le refus du gouvernement, évoquent, au milieu des jaillissements splendides de 89, les terreurs et les violences de g3.
- « Ils savent de vous-même, ces pauvres d’esprit, qu’honorer 1789, c’est honorer la raison humaine dans son expression la plus saine et la plus sainte, la justice humaine dans ses revendications les plus pacifiques et les plus pures 1 Vous, Crispi, le Sicilien, vous entendit-on jamais maudire les flammes de votre volcan, ces chaudes mamelles de la fortune de votre île et de ses habitants ? Et ma vallée du Pô, secoüée par les torrents, blasphéma-t-elle jamais contre le fleuve qui la renouvelle de ses eaux fécondantes ! »
- Le même jour que M. Cavallotti prononçait ces paroles, le Secolo, de Milan, publiait une lettre^ de M. Sonzogno, éditeur de ce .journal, doublé d’un écrivain distingué en fait d’art, lettre adressée à M. Cavallotti, et dont ce dernier donna lecture au Parlement, proposant laformation d’un comité national et s’inscrivant le premier pour une somme de 5o,ooo francs.
- Là, un nouvel acte de sympathie de la part de M. Sonzogno, qui dans ce moment se trouve a Paris, et dont les sentiments de fraternité démocratique envers la France sont connus. L’auteur et l’initiateur en Italie du genre .français qu on appellë lever du rideau ; il est, en outre, le propagateur au delà des Alpes de chefs-d'œuvre d’opéras-comiques français. C’est un enthousiaste de Bizet, et il a bien raison. Mais ne nous laissons pas entraîner trop loin du sujet de notre article.
- Le comité national pour la participation de l’Italie à l’Exposition universelle fut vite formé, constituant dans son sein une commission provisoire exécutive composée deM. Villa, député, ancien ministre de l’intérieur et garde des sceaux, ancien président de l’Exposition nationale de . Turin, président ; membres : le comte Pianciani, doyen des députés de Rome, ancien ami de Victor Hugo et son compagnon d’exil, ancien garibaldien, ancien vice-président de la Chambre et ancien maire de Rome ; M. Branca, député, ancien secrétaire général du commerce et de l’industrie, et qui, dans le temps, a fait du journalisme à Paris ; Pavesi, député, ayant déjà appartenu a la presse de Milan ; Gallo, nouveau député de la Sicile ; Gentili, ancien correspondant parisien du Capi-tano Fracassa, de Rome, et correspondant italien du Temps et du New-York-Herald, secrétaire.
- Nous avons dit que le comité national italien fut vite formé. En effet, l’interpellation de M. Cavallotti eut lieu le a5 juin, et quatre jours après le comité avait déjà donné mandat a - la commission exécutive de se mettre à l’œuvre, en son nom. Il faut, en outre, remarquer que dès les premiers moments on réussit à grouper dans le comité, en dehors des noms déjà cités, les représentants les plus autorisés de la politique, de la presse, de la finance, des arts, ce qui prouve que, comme le fit ressortir M. Crispi à la Chambre,_ si on put « interrompre, malheureusement, la ligne politique de l'Italie » vis-à-vis de la France, cette ligne n’est point rompue dans les sentiments des hommes éclairés de tous les partis. L’éloquence des faits vaut mieux que les plus beaux commentaires. ...
- Sept anciens ministres, s inscrivirent les premiers dans le comité, c’est-a-dire : M. Baccaiini, qui, le 8 mai i885, prononçait à la Chambre un remarquable discours en faveur de l'accord franco-italien dans la question méditerranéenne ; M. Bei ti, M. Bonghi, inspirateur de la Perseveran^a, de Milan, en ce moment à Paris, répondant dans le Figaro du 23 septembre, a 1 auteur de La Lelti e du Pape et l’Italie officielle ; M. ChiavesQ M. Mi-celi, ancien rédacteur en chef de la Riforma ; le baron Nicotera, M. Seismit-Doda, qui fut à Paris un des négociateurs delà convention de 1 Union monétaire latine. Viennent ensuite quatie anciens secrétaires généraux : MM. Del Giudice, le comte Guicciardini, le professeur Luzzatti, président de la Commission générale du budget de la Chambie, inspirateur deY Opinione, de Rome, un des négociateurs pour le renouvellement du traité de commerce avec la France, le professeur Mariini, publiciste.
- Puis c’est : le marquis Alfieri di Soste-gno, vice-président du Sénat, de temps à autre collaborateur de la Nouvelle Revue ; le professeur
- Boselli, président du Conseil général de Tnrin, négociateur, avec M. Rouvier, de laconvention de navigation franco-italienne ; le comte de Sambuy, ancien maire de Turin ; le duc de San Donato, président du conseil général et ancien maire de Naples ; le comte Annoni, président de la Caisse d’épargne de Milan ; le comte Giusso, directeur général de la Banque de Naples ; M. Trocchi, président de la Chambre de commerce de Rome et ancien sous-gouverneur général de la Banque romaine ; M. Massarani, ancien président du jury des Beaux-Arts à l’Exposition de 1878 et auteur de Y Art à Paris; le cointe Sacconi, architecte du monument à la mémoire de Victor-Emmanuel à Rome ; le prince Colonna de Sciarra, propriétaire de la Tribuna, de Rome; M. Del Vecchio, ancien rédacteur en chef du Diritto ; M. Roux, directeur politique de la Ga^etta Pie-montese; M. de Zerbi, directeur-rédacteur en chef du Piccolo Giornale, de Naples, tous sénateurs ou députés, en dehors de M. Sacconi.
- En outre, les Chambres de commerce italiennes qui ont jusqu’ici donné leur adhésion au comité sont au nombre de quarante-cinq, ayant voté des fonds; les autres sont en train de s’occuper de la question. Voici la nomenclature des Chambres d’ores et déjà adhérentes, par ordre alphabétique, que nous avons déjà publiée dans le dernier numéro du journal:
- Alexandrie, Ancône, Arezzo, Ascoli, Bergame, Bologne, Cagliari, Castanzaro, Chiavari, Civita-Vecchia, Côme, Cosenza, Crémone, Ferrare, Florence, Foligno, Forli, Gênes, Lecce, Livourne, Lodi, Mantoue, Messine, Milan, Modènes, Naples, Parme, Palerme, Pavie, Pesaro, Plaisance, Pise, Reggio de Calabre, Rimini, Port-Maurice, Rome, Sassari, Siene, Teramo, Turin, Udine, Varese, Venise, Vérone, Vicence.
- La Société des viticulteurs italiens, présidée par le professeur Berti , ancien ministre de l’agriculture, du commerce et de l’industrie, a décidé d’organiser à Paris une section marquante des vins nationaux. Le général Canzio , dont le nom se rattache au souvenir de Dijon, organise une représentation ouvrière très nombreuse pour visiter l’Exposition.
- Mais le fait le plus important dans tout cela et le plus significatif, c’est l’adhésion donnée par M. Cairoli, ancien président du conseil des ministres, qui dit : « En envoyant mon adhésion, j’accomplis un devoir ».
- C’est le 7 juillet que le comité, présidé par M. Villa, publiait son manifeste « Aux Italiens », que nous avons reproduit intégralement dans notre numéro du 17 du même mois. Quant aux statuts du comité, ils sont très simples. Dès que les actions seront souscrites (100 fr.), dès que Ton aura voté les subventions des corps constitués ou des particuliers, à fonds perdus, atteignant le chiffre de 5oo,ooo fr., on convoquera tout le monde en Assemblée générale. La commission provisoire d’aujourd’hui sera, remplacée par un comité exécutif composé de dix-sept membres.Tous ceux qui auront donné leur concours au comité national auront le droit de jouir des facilités de voyage, etc., qui pourront être consenties parle commissariat général de l’Exposition, d'etre admis à concourir au tirage au sort des objets d’art et autres qui pourront être acquis a l’Exposition; enfin d’être remboursé des actions proportionnellement à l’actif qui résultera de la liquidation. Le siège du comité est à Rome, 3, via Marco Minghetti.
- Le comité formé au début, comme nous l’avons dit, de MM. Villa, le' comte Pianciani, Branca, Pavesi, Gallo et Gentili, vient de s’adjoindre au nouveau groupe de personnalités dont les noms suivent : MM. Baccarini, le professeur Colombo, Del Giudice, Seismit-Doda. Erculei, directeur du musée artistique industriel de Rome, le comte Guisso, Pascolato, Peyrot, membre de la chambre de commerce de Turin, Roux, le prince Colonna de Sciarra, Toaldi, président du cercle œnologique de Rome, tous les députés à l’exception de M. Erculei.
- La convocation de l’Assemblée générale aura lieu avant la fin de Tannée. Pendant ce temps la commission exécutive a été assurée par M. Dau-tresme que. « toutes les mesures seront prises afin que chaque pays puisse organiser, dans les meilleures conditions d’ensemble, la représentation complète et comparative de sa production industrielle, agricole et artistique ». Il y a des Chambres de commerce en Italie qui demandent, parait-il, à concentrer dans une galerie spéciale un minimum de trois groupes de produits industriels italiens. Il y en a d’autres qui font d’autres propositions. Tout cela a été réglé ces jours-ci à Paris, par les
- délégués du comité national. Apeine rentré à Paris., le ministre du commerce et de l’industrie a eu immédiatement, comme on sait, une entrevue avec le prince Colonna de Sciarra, tandis que M. Villa annonçait sa prochaine arrivée de Turin, écrivant à M. Gandolfi, un des membres les plus distingués de la colonie italienne de Paris, dans ces termes :
- « Je serai à Paris au commencement du mois d’octobre, probablement le 2 ou le 3, afin d’aviser #u moyen de faire participer, d’une façon digne, l’Italie à l’Exposition de 1889. Ce sera là, je l’espère, un événement fécond en bons résultats pour les deux pays. Nous devons faire le possible pour que les relations des deux • nations s’inspirent des grands intérêts qui les unissent, et pour faire cesser cet état de méfiance qui n’a aucun fondement. »
- D’autre part, on sait que, avant de quitter Rome pour aller en congé, le comte de Mouy, ambassadeur de France auprès du Quirinal, a reçu de M. Crispi les assurances les plus formelles que le gouvernement de Rome était disposé à accorder tout son concours au comité privé de l’Exposition de 1889.
- En un mot, tout marche à merveille, et TItalie aura sans doute le mérite signalé par le Temps, d’avoir suscité en d’autres pays des interventions sympathiques et analogues à la sienne, en faveur de l’Exposition.
- Comme mot de la fin de cet article, nous répéterons ce que M. Salomon, président de la Chambre de commerce française de Milan, écrivait au président de la commission exécutive du comité national de Rome :
- « La complexité du but que nous poursuivons fait que notre Chambre s’occupe, au même titre., aussi bien des intérêts italiens en France, que des intérêts français en Italie. Nous n’avons en vue que le développement réciproque des affaires, et nous éprouvons Tardent désir de mettre tout en œuvre pour resserrer encore davantage les liens qui doivent unir nos deux nations, si bien faites pour s’aimer et marcher ensemble dans la voie du progrès »,
- Maintenant que l’impulsion est donnée, il ne s’agit plus que de continuer toujours à marcher dans la voie suivie jusqu’ici, étant certain que selon le poète :
- « Chi ben comincia è alla metà dell’ opra. »
- Pio Lazzarini.
- M. VILLA
- M. Villa, président de la commission exécutive du comité national pour la participation de TItalie à l’Exposition de 1889, se trouve à Paris, où il est arrivé dans la soirée du 3 courant.
- M. Villa, de Turin, est une des personnalités les plus éminentes du barreau italien ; pénaliste renommé, son éloquence chaude, puissante, colorée retentit toujours au milieu des admirations d’un public qu’il retient sous le charme de sa phrase élégante, de ses pensées profondes.
- La politique Ta enlevé bien souvent au barreau et la liberté n’a jamais eu de plus grand défenseur que l’éloquence mâle du brillant avocat Pié-montais.
- M. Villa appartient au Parlement italien depuis très longtemps, où il a su se faire une situation remarquable, ayant été deux fois ministre, garde des sceaux la première fois, et ministre de l’intérieur la deuxième, après l’avènement de la gauche au pouvoir, c’est-à-dire depuis 1876. M. Villa est un des hommes les plus autorisés, à tous les points des vue, dans l’ancien berceau de l’unité et de.la liberté italiennes: le Piémont. M. Villa a été le président de l’Exposition nationale de Turin.
- En outre, on peut dire de lui qu’il est un agriculteur expérimenté ; dans ses domaines de Vila-nova, près d’Asti, il a apporté toutes les améliorations scientifiques qui doivent régénérer la production italienne par la culture extensive ; il s’est appliqué en particulier à l’œnologie pour donner aux crus de Viermont un type perfectionné et constant qui a gagné aux vins- de M. Villa plusieurs médailles aux concours régionaux.
- C’est un des titres qui l’ont indiqué pour être placé à la tête du comité national de l’Exposition.
- M. Villa a été reçu comme il le méritait, c’est-à-dire de la façon la plus digne, par M. Dautresme,. ministre du commerce, en compagnie duquel il a visité les emplacements de l’Exposition, exprimant
- p.806 - vue 388/496
-
-
-
- Troisième Année. — N° 145.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1S89.
- Dimanche 9 Octobre 1S87. — 807.
- sa complète satisfaction au ministre-commissaire général, ainsi qu’à M. Berger.
- Le président du comité national de Rome et ses collègues, le prince Colonna de Sciarra, M. Branca et M. Gentils, secrétaire, se sont aussi parfaitement entendus sur tous les points relatifs aux emplacements et sur toutes les questions pouvant concerner les exposants italiens, de sorte que l’accord est complètement établi. Il y a même plus que de l’accord, il y a que le large concours de l’Italie à l’Exposition de 1889 facilitera l’effectua-tion du traité de commerce franco-italien, dont les négociations officielles sont commencées hier samedi, après les entrevues officielles de MM. Luz-zatti, Ellena et Branca avec M. Dautresme, ainsi qu’avec MM. Rouvier et Flourens, assistés de M. le comte de Mouy, ambassadeur de France à Rome , qui a été également l’introducteur de M. Villa auprès des représentants du gouvernement français.
- A son retour en Italie, M. Villa emportera certainement avec lui la satisfaction d’avoir, par son concours, rendu service aux intérêts généraux du travail international par rapport à l’Exposition, ainsi qu’à la réussite du traité de commerce entre l’Italie et la France.
- A l’heure qu’il est, M. Villa a été obligé de rentrer à Turin pour des affaires urgentes, mais il reviendra bientôt à Paris, ayant-accepté l’invitation à un banquet franco-italien offert en son honneur.
- Ce sera une excellente occasion pour raffermir encore davantage les liens existant entre Français et Italiens.
- --------------------------
- EXPOSITION UNIVERSELLE
- DE 18 8 9
- LES TRAVAUX DU CHAMP-DE-MARS
- Le 13 juillet, M. Dautresme, ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition de 1889, signait un projet présenté par M. Vigreux, chef du service mécanique électrique, et approuvé par M. Berger, directeur général de l’exploitation. Ce projet avait pour but d’ouvrir un concours pour la construction et l’exploitation d’un réseau de chemin de fer de ceinture destiné au transport . des visiteurs dans l’enceinte de l’Exposition. Le concours devait être clos le 31 août, dernière limite fixée pour la remise des dossiers.
- Dans notre numéro du 3 1 juillet, nous avons fait l’analyse de ce projet en étudiant rapidement les principales conditions imposées et, tout en renvoyant le lecteur au document officiel pour les questions de détails, nous avons donné les explications les plus importantes afin de donner une idée générale de ce que devait être un pareil chemin de fer; à ce moment nous étions persuadé que l’intérêt attaché à cette oeuvre attirerait de nombreux concurrents, mais il faut croire que l’importance de l’entreprise ou la brièveté du délai accordé en rebutèrent beaucoup, puisqu’à notre grand étonnement, trois dossiers seulement furent remis, le 3i août, à M. Thurneyssen, secrétaire de la direction générale. Le petit nombre des. projets présentés facilitera beaucoup la tâche de la sous-commission d’étude.
- Cette commission, composée de MM. Conta-min, Clerc et Picard, tint plusieurs séances au cours desquelles les mémoires furent étudiés avec le plus grand soin et, dans la dernière réunion qui eut lieu le vendredi 3o septembre, elle fit connaître sa décision portant approbation de l’étude faite par M. J. Séverac, ingénieur civil.
- Avec la plus grande amabilité, M. Séverac, auquel nous étions allé demander des détails sur son projet, a bien voulu mettre à notre disposition tous les documents propres à l’étude de cette question et nous croyons que les lecteurs liront avec quelque intérêt les renseignements de nature à leur faire connaître, à l’avance, le moyen de transport que, sans nul doute, ils utiliseront fréquemment pendant la durée de l’Exposition.
- On sait que deux systèmes étaient en présence : le premier fractionnant le réseau en trois tronçons distincts, le second le constituant par une seule voie ferrée se refermant sur elle-même, pour former un circuit unique : c’est celui-ci qui a été adopté comme offrant le plus de facilités aux voyageurs qui, une fois dans le train, vont directement à la station où ils veulent descendre et cela sans changer de wagon et sans être obligés de reprendre un nouveau billet ou de faire usage d’une correspondance, ce qui eût fait renoncer bien des personnes à utiliser le chemin de fer.
- En plus de ces désagréments, le système fractionné aurait causé, au passage d’un tronçon à l’autre, des attentes parfois fort longues et finissant par donner au trajet une durée plus grande que celle nécessitée par la marche; l’auteur du projet s’est rendu un compte fort exact de tous ces inconvénients qu’il a évités en employant une ligne sans solution de continuité sur laquelle les mêmes trains circuleront constamment comme les chevaux de bois autour d’un manège.
- Le réseau ayant environ 4 kilomètres 1/2, la vitesse ne devant pas dépasser 10 kilomètres à l’heure dans les endroits ordinaires et 6 kilomètres dans la traversée des voies fréquentées par les piétons; de plus les trains pouvant se suivre à 5 minutes d’intervalle il est aisé de voir que le nombre maximum de convois en service sera de 7, marchant sans interruption de 10 heures du matin à 11 heures du soir.
- Dans ce laps de temps, à chaque station, il se présentera donc 156 trains; or chacun d’eux pouvant au besoin se composer de 1 5 voitures à 24 places, il sera possible de véhiculer journellement 56,160 voyageurs au moins, en admettant, chose improbable et même absolument inadmissible, qu’ils effectuent tous le trajet complet. Si nous multiplions ce nombre 56,160 par 104 (représentant, en jours, la durée de l’Exposition), on arrive à un total de 10,333,440 voyageurs pouvant être transportés durant les six mois d’exploitation ; comme, en se -basant sur les statistiques des expositions précédentes, on est certain que ce chiffre ne sera pas atteint, on voit donc que tout est largement prévu pour assurer au public un service prompt et régulier.
- En laissant de côté les trois branches qui, s’aiguillant en patte d’oie à l’intersection du quai et de . l’avenue de Suffren, se rendront, l’une dans la gare de la compagnie de l’Ouest, l’autre à l’estacade et la troisième dans un emplacement spécial afin de servir de garage, le tracé général présentera les dispositions suivantes :
- Tracé général. — Partant de la tranchée du quai d’Orsay, la voie contournera le parc et longera, en suivant constamment l’enceinte intérieure, l’avenue de Suffren au bout de laquelle, s’infléchissant à gauche, elle marchera parallèlement à l’avenue de Lamothe-Piquet jusqu’à l’esplanade qu’elle englobera en faisant un demi-cercle devant l’Hôtel des Invalides et en côtoyant la rue de Constantine jusqu’au quai qu’elle suivra pour venir se refermer sur elle-même.
- Durant ce parcours, qui s’effectuera suivant le sens que nous venons d’indiquer, on rencontrera 7 stations : i° au i/3 de l’avenue de Suffren; 20 devant l’Ecole militaire; 3° devant les Invalides ; 40 à l’angle de la rue Constantine et du quai; 5° devant la manufacture des tabacs ; 6° en face le pont de l’Alma ; 70 enfin devant la tour Eiffel.
- 15 alignements dont les plus courts auront 3o mètres et le plus long près de 1,000 mètres, formeront un total d’environ 3kmi/2, le reste du réseau comprendra 16 courbes dont les rayons auront 40 mètres au minimum et 5g 1 mètres au maximum. Dans les parties au niveau du sol, les déclivités seront celles présentées par le terrain lui-même et dans la section aérienne, constituée par un viaduc de 990 mètres de longueur, il y aura une pente et une rampe, toutes deux de 240 mètres avec une inclinaison de ora02 5 par mètre, laissant entre elle un palier de 510 mètres.
- A moins de décisions ultérieures, nécessitées par des considérations particulières, la voie sera 'de oiu75o d’écartement, mesuré dans l’intérieur des rails; ces derniers du type Vignole pèseront i4k5 au mètre et seront en acier ; ils auront orao8o de hauteur, omo6o de largeur de patin et o,no38 d’épaisseur au boudin. Les traverses,
- métalliques et espacées d’environ ôm666 d’axe en axe, seront formées d’un fer à ailes inégales dont la plus grande reposera sur le sol, bien préparé à l’avance, et dont la plus petite portera les coussinets maintenus par des rivets; à chaque extrémité la traverse sera renforcée par un fer cornière. Dans ces conditions, la voie présentera toutes les garanties de stabilité voulues et sera suffisamment résistante pour ne nécessiter, pendant les six mois d’exploitation, aucune réparation, ce qui gênerait considérablement le service.
- Ouvrages d’art. — Ils seront au nombre de deux : le viaduc cité plus haut et un passage inférieur pour franchir la tranchée du quai d’Orsay.
- Le viaduc, laissant libre, au-dessous de lui, un passage de 5 mètres de hauteur dans les endroits réservés à la circulation publique, comprendra 66 travées de 1 5 mètres de portée chacune et sera supporté par des colonnes creuses de omi7 de diamètre; ces colonnes placées deux par deux au droit de chaque travée seront écartées d’environ om8o d’axe en axe. elles reposeront sur des massifs de fondation de 2m5o de largeur auxquels les fixeront de forts sabots. La partie métallique sera formée de deux poutres longitudinales supportant directement les rails et entretoisées intérieurement; elles serviront d’appui à des consoles ajourées, réunies extérieurement par des poutres de rive en fer à double cornière sur lesquelles seront fixés les garde-corps d’une hauteur de 1 mètre et laissant entre eux un espèce libre de 3 mètres de largeur.
- Le passage inferieur pour la traversée de la tranchée sera biais, d’une portée de 22 mètres. Il sera constitué par deux poutres de rive à treillis d’une hauteur de 2m20, distantes de 3 mètres, et reliées par des entretoises écartées de 2ra20 les unes des autres ; ces entretoises supporteront les longerons sur lesquels sera posée la voie.
- Dans ces deux ouvrages un platelage recouvert d’une mince couche de ballast reposera s,ur la partie métallique et formera ainsi un obstacle à la chute des escarbilles tout en évitant aux voyageurs la vue du vide. Nous n’entrerons pas ici dans les calculs auxquels s’est livré M. Séverac pour apprécier les dimensions de chacune des pièces métalliques, cela n’intéresserait guère ; qu’il nous suffise de dire que lesdits calculs que nous avons sous les yeux ont été faits de manière à assurer aux ouvrages une solidité ultra suffisante.
- Remises et stations. — Les remises seront disposées pour pouvoir y faire le lavage ainsi que les réparations urgentes ; à cet effet, elles seront munies d’un atelier et d’un magasin toujours approvisionné des pièces de rechange indispensables.
- Les stations dont nous avons donné plus haut la désignation, seront aménagées de façon à assurer régulièrement l’entrée et la sortie ainsi que la distribution des billets. Les précautions les plus minutieuses seront prises dans le but d’éviter les encombrements qui se produisent si souvent dans les gares d’un petit réseau à grand trafic. Il va sans dire que l’éclairage électrique régnera en maître dans toutes ces constructions auxquelles on donnera tout le cachet de coquetterie possible et dont la décoration rappellera, autant qu’il se pourra, les expositions précédentes de 1855, 1867, 1878, de
- Vienne, de Philadelphie, etc., le public pourra ainsi faire des comparaisons entre les tentatives actuelles et celles qui les auront précédées.
- Les billets distribués aux guichets et présentés à un contrôleur placé à la porte, donneront droit à l’accès sur les quais ; dès ce moment le voyageur sera affranchi de tout nouveau contrôle, il choisira sa place, restera dans le train autant qu’il lui sera nécessaire et descendra à la station qui lui conviendra sans avoir à se préoccuper de remplir aucune formalité. Le public 'goûtera fort ce système, et sûr de n’éprouver aucun ennui pendant son trajet, n’hésitera pas à employer fréquemment le chemin de fer.
- Matériel. — Il sera suffisamment complet pour assurer le service en toute circonstance et parer à toutes les éventualités.
- Les voitures, d’un type spécial, construit en vue de l’Exposition, seront couvertes, mais sans portières, ces dernières pouvant être remplacées
- p.807 - vue 389/496
-
-
-
- 8o8. — Troisième Année — N° 146.
- par des rideaux mobiles afin d’offrir un abri contre la pluie ou le soleil ; entre les ouvertures seront ménagés des châssis vitrés permettant de voir au dehors. Chaque voiture pourra contenir vingt-quatre voyageurs placés quatre par quatre sur six banquettes perpendiculaires à la voie.
- En ce qui concerne le mode de traction, M. Sévérac semble vouloir écarter toutes les locomotives qui ne sont pas encore consacrées par la pratique et s’en tenir à deux types qu’il présente : l’une employée dans les entreprises et l’autre utilisée par certains tramways. Le motif qu’il invoque est sa volonté bien arrêtée de ne rencontrer dans l’exploitation aucun aléa dont le public aurait à souffrir ; il est bien évident que cette préoccupation d’assurer un service régulier, et à l’abri de toute interruption, est des plus louables; pourtant, à cet égard, nous nous permettrons de ne pas être entièrement de l’avis de l’auteur du projet. Dans une exploitation de ce genre où, comme il le dit lui-même, tout doit rappeler qu’on est dans une exposition, nous eussions trouvé intéressant,autant que pittoresque, d’avoir, pour chaque train, une locomotive d’un type particulier, cela n’eut pas manqué d’exciter au plus haut point la curiosité du public tout en permettant aux spécialistes de se faire, par ce procédé, une opinion parfaitement fondée, sur les mérites respectifs des divers modes de traction imaginés dans ces dernières années ; naturellement il sera possible d’étudier toutes ces machines dans l’enceinte de l’exposition, mais là, on les eût vues à l’œuvre et on aurait pu juger de leur valeur en service continu.
- Le grand inconvénient de ce système d’organisation serait de recruter, pour chaque machine, un personnel spécial ; de plus le service serait plus compliqué et par cela même plus coûteux, mais enfin ces sacrifices auraient eu pour résultat de donner un attrait considérable à une pareille exploitation en le mettant entièrement au niveau au cadre merveilleux dans lequel elle fonctionnera.
- A part cette légère réserve, le projet dont l’exécution va être entreprise incessamment nous paraît de nature à satisfaire les plus difficiles et le public fera certainement le meilleur accueil à ce chemin de fer en miniature qui lui épargnera de la fatigue tout en lui procurant de nombreuses distractions.
- La photographie que nous publions aujourd’hui représente l’ensemble duChamp-de-Mars, et donne une idée du coup d’œil que l’étendue de la future exposition offre à la vue du visiteur qui pénètre dans l’enceinte par la porte du quai d’Orsay. La longueur du terrain est si grande qu’il y a forcément, par suite des distances différentes des divers plans, quelques manques de proportions dans la reproduction des ouvrages élevés ou en cours d’exécution ; néanmoins la netteté est suffisante pour qu’on puisse apprécier les points principaux et se rendre un compte assez exact de l’avancement des travaux.
- Au premier plan on voit la tour ou plutôt les premiers tronçons de la tour avec leur fouillis de pièces métalliques, de poutres et de cordages, tout cela paraît si entremêlé qu’au premier abord on se demande comment font, pour s’y reconnaître, ceux qui ont la direction de ce travail, mais tout est si bien ordonné que ce chaos n’est qu’apparent et les opérations les plus difficiles s’exécutent avec une précision mathématique. Actuellement la hauteur atteinte est d’environ 2 5 mètres, c’est-à-dire la moitié de la hauteur du premier étage.
- Dans le fond on aperçoit les charpentes métalliques du palais des industries diverses que les ouvriers achèvent de peindre en gris là où ce travail n’était pas terminé ; sur la toiture les couvreurs posent les voliges et les feuilles de verre.
- Entre la tour et les bâtiments construits, de nombreux maçons et terrassiers travaillent, les uns aux fondations du palais des Beaux-Arts et des Arts libéraux, les autres au tracé du jardin central dont les grandes lignes commencent à être nettement dessinées ; en somme, l’ensemble comme les détails montrent bien qu’on met à profit les derniers beaux jours de la saison, afin ! d’avancer le travail à un point tel que l’exécution générale, à la date voulue, ne puisse être mise en doute par personne.
- H. de Baecker.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 18S9.
- CIRCULAIRE
- Adressée par M. Georges Berger, directeur général de rExploitation, aux présidents des comités
- départementaux :
- Monsieur le Président,
- Les travaux des Comités départementaux, comme ceux des Comités d’admission, ont forcément subi un temps d’arrêt pendant la saison des vacances.
- Le moment est venu de se remettre à l’œuvre, les uns pour continuer leurs opérations de propagande et de réception des demandes d’admission, les autres pour entrer définitivement en fonctions.
- Les demandes d’admission arrivent en nombre. Il est question de fixer au 1e1'février 1888 l’expiration du délai pour le dépôt de celles-ci. A cette époque, le gros-œuvre de la construction sera terminé ; il s’agira de préparer les installations, mais il faudra d’abord :
- • i° Notifier aux exposants admis la localisation et l’étendue de l’espace qui pourra être concédé à chacun ;
- 20 Etablir, pour chaque classe, le plan définitif d’installation et laire accepter par les divers intéressés la quote-part des dépenses résultant du devis.
- L’accomplissement de ces formalités et de ces opérations demandera au moins deux mois. 11 sera donc difficile de se consacrer effectivement aux travaux intérieurs avant la fin du printemps de 1888. A ce moment, douze mois à peine nous sépareront du jour de l’ouverture officielle de l’Exposition.
- Nous n’avons donc plus une minute à perdre ; le succès de l’Exposition dépend, en grande partie, du degré d’activité que déploieront les membres des Comités départementaux et des Comités d’admission .
- La principale difficulté que nous ayons à vaincre, celle qui s’est rencontrée dans la préparation de toutes les expositions, consiste dans l’inertie traditionnelle des futurs exposants, qui remettent toujours au dernier moment l’envoi de leurs demandes d’admission. Notre devoir est de leur persuader de se hâter.
- Les étrangers manifestent, par la constitution commencée ou accomplie de Comités nationaux et par des demandes individuelles, leur désir arrêté de venir à nous en 1889. L’administration supérieure de l’Exposition a profité des mois de vacances pour prendre, d’accord avec nos agents diplomatiques, des mesures de nature à faciliter la participation des différents pays, et nos plans d’installation ont été combinés de façon à faire une part équitable et indépendante à chacun dans la répartition des espaces.
- Nous avons une avance facile à constater, si l’on veut bien se reporter à ce qu’étaient les préparatifs administratifs et matériels de l’Exposition de 1878, à la date du :1e1' octobre 1876, alors que les services avaient à peine deux mois de fonctionnement ; il dépend de nous de ne pas aliéner le bénéfice des travaux que nous avons accomplis en les commençant assez tôt pour qu’aucun retard ne fût possible ou admissible.
- Il n’y a pas lieu de tenir compte des objections qu’un certain esprit d’opposition ou d’incrédulité pourrait encore soulever contre l’œuvre de l’Exposition : celle-ci sera exempte de tout caractère politique et l’administration prendra à tâche d’éviter aux exposants les dépenses exagérées que quelques-uns redoutent. L’organisation des expositions collectives, préparées de façon à n’empêcher en rien la reconnaissance des mérites individuels, nous aidera puissamment à réaliser cette partie économique de notre programme.
- J’ai le devoir de vous rappeler, en outre, que les exposants n’auront aucun loyer à payer pour l’occupation de leurs emplacements.
- Il me semble qu’il serait utile que, dans chaque département, des dates fussent fixées, autant que possible, pour des réunions hebdomadaires des sous-comités d’arrondissements et pour des assemblées mensuelles des Comités centraux départementaux.
- Je n’ai pas besoin de répéter que je suis à votre entière disposition pour vous fournir tous les documents et les renseignements qu’il pourra vous paraître utile de recevoir. J’estime aussi qu’il sera bon que les Comités départementaux continuent à être en correspondance suivie avec les Comités d’admission de Paris.
- Agréez, etc., etc.
- G. Berger.
- CIRCULAIRE
- Adressée par M. G. Berger aux présidents des comités d'admission
- Monsieur le Président,
- Je pense que le moment approche où la fin des vacances provoquera le retour à Paris des membres des Comités d’admission et où la tenue des séances de ceux-ci pourra reprendre son cours régulier.
- Dimanche 9 Octobre 1887.
- M.tis avant ce moment, j’estime qu’il est utile que la direction générale de l’Exploitation puisse conférer sur la situation de nos travaux avec les présidents de ces comités réunis en comités de groupe.
- Je voudrais pouvoir envoyer les convocations à très bref délai pour ces réunions.
- Je vous serais obligé de vouloir bien me dire si vous êtes à Paris, si vous vous proposez d’y rentrer prochainement, et à quelle époque je peux compter sur vous.
- J’espère que vous reconnaîtrez comme moi que le temps presse.
- Agréez, monsieur le président, l’expression de mes sentiments les plus distingués.
- Le Directeur général,
- G. Berger.
- -- m —
- ARRÊTÉS MINISTÉRIELS
- Par arrêté en date du 29 septembre 1887, le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1880, a nommé membres du comité départemental de la Dordogne :
- 7° Sous-comité de l’arrondissement de Ribérac
- M. de Lentilhac, agronome, à Saint-Jean-d’A-taux.
- 20 Sous-comité de l’arrondissement de Sarlat
- M. Daurios, maire de Montignac.
- Par arrêté en date du 22 septembre ont été nommés :
- M. Rose (Victor), graveur industriel, membre du comité d’admission de la classe 11. (Application usuelle des arts du dessin et de la plastique.)
- M. Marrou (Ferdinand), ferronnerie artistique, membre du comité d’admission de la classe 2 5. (Bronzes d’art, fontes d’art diverses, métaux repoussés.)
- M. Déjardin (Ernest), député du Nord, administrateur de la compagnie des mines d’Aniche, membre du comité d’admission de la classe 41. (Produits de l’exploitation des mines de la métallurgie.)
- M. le comte de Douville-Maillefeu, député de la Seine, est nommé membre du comité d’admission de la classe 65. (Matériel de la navigation et du sauvetage.)
- M. Dehesdin (Emile), fabricant de lingerie, membre de la commission permanente des valeurs de douane, membre des comités d’admission et d’installation à l’Exposition de Paris en 1878, membre du comité d’admission de la classe 35. (Article de bonneterie et de lingerie, objets accessoires du vêtement.)
- BUREAUX DES
- COMITÉS DÉPARTEMENTAUX
- BOUCHES-DU-RHONE
- Comité départemental
- Président. — M. Fabre (Cyprien), président de la chambre de commerce de Marseille.
- Vice-présidents.— MM. Abram (Félix), conseiller général ; Roux (Jules-Charles), conseiller municipal.
- Secrétaires. — MM. Bosc, fabricant d’huile de pétrole; Fraissinet (Alfred), armateur; Letz, architecte en chef du département (chargé de la section des beaux-arts).
- Trésorier.— M. Giraud, directeur de la Banque de France.
- Sous-comité de Marseille
- Président.— M. Cyprien Fabre.
- Sous-comité d’Aix
- Président. — M. Laroque, président du tribunal de commerce.
- Secrétaire. — M. Guillaume, directeur du canal du Verdon.
- Sous-comité d’Arles
- Président. — M. Péchinet, directeur des salins Giraud.
- Secrétaire. — M. Le Sauvage, constructeur de machines.
- LOIRE-INFÉRIEURE
- Sous-comité d'Ancenis
- Président. — M. Besset, directeur des mines de Montrelais-Mouzeil.
- Secrétaire. — M. Doizy, constructeur-mécanicien à Ancenis.
- p.808 - vue 390/496
-
-
-
- p.n.n. - vue 391/496
-
-
-
- Dimanche 9' Octobre i8Ô7
- X° 145
- LE MONITEUR DE ^POSITION DE 1889
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE lôô9
- VUE D'ENSEMBLE DU CHAMP-DE-MARS
- p.dbl.n.n. - vue 392/496
-
-
-
- à , Y:
- sMÀ1 '
- VB* \t* ' '.
- i&?V* >
- !:
- :w:
- '*; WCi -v;.'. ' ' '
- 'U’-ïï'ïù-.' •--.'
- > •
- - V,
- A
- , - />** >
- , . . .
- ; , ' '
- 'Vî t---,
- 7 ^ 1 - r*\. "';yr V:
- * 1 *"/' ’
- •'
- ''Ai'
- \ÿM^Jy "y
- • -- ?<;*./• ' / • , '.•••'• ; 'A-
- : "•
- -, t-
- .i ! :,
- y:y- y' ::py yp^yc.j
- ^ - a; '&t-a .'N-V^av:' '.•• •
- " yy::ï- p y-, ?
- . . :
- - ,,, ' -
- ', r -r s •» . A-1'
- r*£"
- \ ’ ’ ;V’
- . V ' , ' ’
- ‘ L ,, ?
- /.V. • y' « . 4.v
- » *
- '...............: : •
- 'v''
- :•••/£ ' •./' . "./*•<. . ;
- y:,yy
- ?*ÿ.
- r y
- ’:V'.v
- b /
- , . 7 •
- '. '.7:'• -, '
- ;‘s
- K ! ‘-U'J- (K'
- p.n.n. - vue 393/496
-
-
-
- Troisième Année. — N° 143.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 9 Octobre 1887. — 809
- Président. — M. Godefroy, directeur de l’école nationale d’agriculture de Grandjouan.
- Secrétaire. — M. Hénault fils, fabricant d’outils agricoles à Nozay.
- YAR
- Comité départemental
- Président. — M. Brun, sénateur.
- Vice-présidents.— MM. Daumas, député ; Ma-gnier, directeur de Y Evénement à Paris, conseiller général du Var; Rossolin, négociant à Bri-gnoles, ancien conseiller général du Var.
- Secrétaire général. — M. de Noircarme, ingénieur en chef du département.
- Secrétaires. — MM. Bérenguier, professeur départemental d’agriculture, à Draguignan; Dr Dore, président de la société d’études archéologique à Draguiguan ; Liévin, ingénieur ordinaire des ponts et chaussées à Draguignan.
- VAUCLUSE
- Sous-comité d'Apt
- Président. — M. Ferry de la Bellone, président du comice agricole à Apt.
- Vice-président. — M. Reboulin (Eugène), fabricant de fruits confits à Apt.
- Secrétaire. — M. Reybaud (Fernand), céramique et poterie à Apt.
- Sous- comité de Carpentras
- Président. — M. A. Valabrègue, négociant en tissus à Carpentras.
- Vice-président. — M. Ch. Bonfils conserves alimentaires à Carpentras.
- Secrétaire. — M. Long, fabricant de fruits confits à Carpentras ; H. Sautel, fabrication et commerce de vins à Mazan.
- VENDÉE
- M. Eugène Moreau, avocat, maire de la Roche-sur-Yon, est nommé vice-président du comité départemental de la Vendée, en remplacement de M. Guiet, décédé.
- VIENNE
- Sous- comité de Châtellerault
- Président. — M. Hérault (Alfred), ancien député, président du conseil général, conseiller maître à la cour des comptes.
- Vice-présidents. — MM. Godard, banquier, maire de Châtellerault ; Dubon, colonel d’artillerie, directeur de la manufacture d’armes.
- Secrétaire. — M. Duveau (J.), propriétaire, conseiller général.
- Sous-comité de Civray
- Président d'honneur. — M. le sous-préfet.
- Président. — M. Guillaud-Vallée, maire de Civray.
- Vice-présidents. — MM. Chargelaigne, maire de Couhé ; Jacquault, conseiller général à Saint-Maurice.
- Secrétaire. — M. Pascault, propriétaire à Char-roux.
- Trésorier. — Taffrin, D1' en médecine, conseiller général à Avaiiles.
- Sous-comité de Loudun
- Président. — M. Bazille, conseiller général.
- Secrétaire. — M. Boilaive, président de la société agricole et industrielle loudunaise.
- Sous-comité de Montmorillon
- Président. — M. Demarçay (le baron), ancien député, conseiller général, maire de Saint-Savin.
- Vice-président. — M. Trouvé, vice-président du conseil général, maire de Paizay-le-Sec.
- Secrétaire. — Mi Bost-Lamondie , conseiller d’arrondissement, maire de Montmorillon.
- LE BANQUET
- DES COMITÉS D’ADMISSIONS
- Nous avons annoncé que le comité supérieur de révision de l’Exposition universelle de 1889 avait décidé, sur la proposition de M. Pre-vet, qu’un grand banquet des comités d’admis-
- sion aurait lieu le 18 octobre. Nous apprenons que plus de cinq cents adhésions sont déjà parvenues, et on compte, d’ici au 5, sur un millier d’adhésions.
- Le ministre du commerce et de l’industrie, les directeurs généraux, la commission des quarante-trois et les représentants de la presse sont invités à ce banquet. M. le ministre du commerce prononcera à cette occasion un important discours.
- Le local n’est pas encore choisi. On avait songé à la salle des fêtes du tribunal de commerce, au palais de la Bourse ; mais en raison du nombre considérable des adhésions, on devra adopter un local plus spacieux qui sera ultérieurement désigné.
- LES DÉLÉGUÉS ITALIENS
- AU CHAMP-DE-MARS
- MM. Dautresme, ministre du commerce et de l’industrie, Alphand, directeur général des travaux de l’Exposition, et Berger, directeur général de l’exploitation, ont fait visiter hier les travaux du Champ-de-Mars aux membres du comité national italien pour l’Exposition dé 1889, présents à Paris ; MM. Villa, président; Gentilli, secrétaire général, et Branca de Sciarra, député.
- MM. Massicault, résident à Tunis; David Dautresme, chef du cabinet du ministre du commerce, de Mallevoue, secrétaire de la direction générale et tous les ingénieurs, architecte et chefs de service, accompagnaient les visiteurs.
- Depuis que les constructions sont sorties de terre, le Champ-de-Mars a pris une physionomie qui ne pouvait manquer d’intéresser les délégués. Il est presque complètement débarrassé aujourd’hui de ces amas de terre, de ces énormes entassements de pierre et des tranchées profondes qui lui ont donné pendant quelques mois un aspect si rébarbatif.
- Les délégués italiens se sont montrés très sensibles à une attention de M. Alphand, qui avait fait placer des drapeaux aux couleurs de l’Italie, sous la galerie que doivent occuper les exposants de cette nation.
- Du côté de l’Ecole militaire, les délégués se sont longuement arrêtés devant les fondations en cours d’exécution de la galerie des machines, qui sera formée de fermes métalliques d’une portée de 11 5 mètres.
- Du côté de la Seine, les travaux sont en apparence moins avancés. En réalité, les terrassiers mettent la dernière main à l’établissement des contre-bas nécessités par la création des jardins à la française.
- On commencera sous peu la plantation des arbres, qui seront en pleine feuillaison au Ier avril 1889.
- Il est question de commencer à élever les palais des beaux-arts et des arts libéraux, dont les fondations sont à peu près achevées.
- Quant à la tour Eiffel, que les délégués italiens ont visitée également, elle dresse dans l’espace quatre piliers de fer, piliers colossaux qui doivent se réunir pour former une première plateforme à 75 mètres au-dessus du sol et qui atteignent aujourd’hui une hauteur de 28 mètres.
- M. Eiffel espère que cette plate-forme sera établie pour le ier janvier prochain. C’est assez dire qu’on ne chôme pas sur ce chantier plus que sur les autres. On a déjà utilisé pour l’assemblage des pièces seulement plus de 65,000 rivets, et le poids total du fer employé jusqu’à ce moment dépasse i,3oo,ooo kilogrammes.
- En prenant congé de M. Dautresme, les délégués italiens ont exprimé leur espoir dans la complète réussite de notre grande Exposition.
- ---------T..»»®»rSr----------------
- ÉCHOS
- Paris
- Le jeudi 29 septembre a été ouverte à l’Institut l’Exposition du concours Trovon.
- Le sujet était : Un abreuvoir à l’entrée d’un village sur la lisière d'une foret. Effet de soir. Quarante-cinq toiles avaient été déposées.
- L’Académie des beaux-arts a rendu son jugement samedi dernier t9r octobre, et a décerné le prix au n°35, dont l’auteur est M. Raymond Moisson, né à Meudon, élève de M. Paul Sain. Deux mentions ont été accordées pour les nos 7 et 27, à M. Henri-Alphonse Laurent et M. Henri-Eugène Le Sedaner. On sait que le prix Troyon est de 1,200 francs, et que l’œuvre récompensée reste la propriété de l’artiste.
- ETRANGER
- Alsace-Lorraine
- Le Temps annonce que la Société des travaux de la cathédrale de Mets prépare, pour le courant de l’hiver prochain, une exposition historique régionale, composée delivres, manuscrits, sceaux, objets d’art, etc. On exposera, à cette occasion, pour la première fois, le manteau qui a servi au .couronnement de Charlemagne, et qui fait partie du trésor de la cathédrale.
- *
- * *
- Allemagne
- Une exposition de travaux de femmes, embrassant toutes les branches de l’industrie artistique, a été organisée à Dresde, comme les années précédentes. Installée au hall des industries d’art, (Kunstf/ewerbehalle), et inaugurée lundi dernier 3 octobre, elle se prolongera jusqu’au jeudi 3 novembre.
- *
- * ¥
- Une exposition industrielle, consacrée en majeure partie aux produits des métiers et de la petite industrie, a été ouverte à Bielefeld, le samedi 17 septembre.
- * *
- Le même jour ouvrait à Bamberg la première exposition des pêcheries organisée pour le Cercle de la Haute-Franconie, et accompagnée de deux expositions spéciales, l’une régionale et consacrée à l’orge et à sa culture, l’autre locale et consacrée aux volatiles de divers genres.
- ¥ ¥
- Le dimanche 18 septembre a commencé dans les galeries de l’Association wurtembergeoise des industries d’art, à Stuttgard, l’exposition des magnifiques collections du docteur Fr. Bock, de Aix-la-Chapelle.
- Ces collections réunissent une série de trois cents tapisseries cophtes et de vêtements et ornements des vie et vu® siècles, objets d’art d’un inestimable intérêt.
- *
- ¥ ¥
- Invention dit qu’une intéressante exposition d’un caractère tout nouveau et tout particulier, aura lieu à Berlin, dans le courant de 1889.
- Le comité de l’Association berlinoise pour la recherche et l’étude des nouvelles méthodes de brasseries a formé le projet de réunir, en une exposition, tous les appareils, tous les procédés imaginés pour la prophylaxie, pour la prévention des accidents, dans les opérations parfois dangereuses qui font partie de l’exercice de cette industrie.
- Comme les appareils en question peuvent être appliqués à diverses branches de l’industrie, et que leur usage 11’est point restreint, il. n’est pas douteux que les projets de l’Association berlinoise ne soient favorablement accueillis.
- *
- ¥ ¥
- Angleterre
- Les organisateurs de l’Exposition internationale de Glasgow, qui doit, on le sait, avoir lieff l’année prochaine, s’inspirant de ce qui a été fait cette année à, Manchester pour la peinture, de proposent de former une vaste collection de sculptures, qui par son étendue, sa variété, et sa valeur donnera un tableau complet des productions de cet art depuis un demi-siècle.
- Comme on le fait remarquer très justement, la très belle exposition de peinture de Manchester a été à peine complétée par de rares œuvres de sculpture, éparses ça et là, et constituant plutôt des motifs de décoration et d’ornementation qu’une section importante de l’exposition.
- Et il en a été ainsi dans la plupart de ces grands concours où l’on aime à réunir aux produits de l’industrie et aux belles inventions du siècle, les productions plus élevées de l’art, sous toutes ses formes.
- La sculpture n’a jamais été représentée collectivement sur une très grande échelle et n’a jamais occupé cette place importante qui lui revient et que lui attribuent les dévots de l’art.
- C’est cette lacune qu’ont voulu combler les promoteurs de l’exposition de Glasgow.
- Nous saurons, en 1888, s’ils y auront réussi.
- Autriche - Hongrie
- C’est sous le haut patronage de l’archiduc Charles-Louis qu’aura lieu à Vienne, en 1888, l’Exposition internationale des Beaux-Arts, organisée par l’Association des Artistes, à l'occasion du quarantième anniversaire du règne de S. M. l’Empereur.
- Nous rappelons à nos lecteurs que nous leur avons à différentes reprises, depuis deux ans, et en dernier lieu, dans notre numéro du 4 septembre, parlé de cette intéressante manifestation
- p.809 - vue 394/496
-
-
-
- 810
- — Troisième Année.
- N° iq5.
- LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 9 Octobre 1887.
- artistique internationale, qui réunira les _ œuvres les plus intéressantes de l’art contemporain._
- Ajoutons que l’inauguration en aura lieu le 1ermars ; la clôture, le 31 mai.
- . *
- Y Y
- Une exposition industrielle à laquelle est représenté tout le Tyrol allemand, a été inaugurée à Bot/.en, le dimanche 18 septembre, sous la présidence de l’archiduc Henri.
- La clôture en a eu lieu le mardi 4 octobre.
- Y Y
- Etats-Unis
- Se nonô oero, è ben trocalo !
- The American Reghter dit qu’il existe, paraît-il, à Philadelphie, une maison spéciale où l’on peint des tableaux au mètre. Et voici comment l’on procède, assez simplement d’ailleurs, comme on va voir.
- Une toile, d’environ cent pieds de long, est tendue dans une galerie on forme de corridor. Cinq hommes travaillent à chaque tableau que l’on découpe dans la grande toile. L’un fait les «premiers plans, l’autre les fonds,- un troisième — curieux rapprochement — les nuages et... les vaches que l’on voit errer dans un vert pâturage! Un quatrième artiste fait sortir de son pinceau, arbres, arbustes et taillis.
- De cette façon, 011 le conçoit aisément, le travail va vite. Puis vient la cinquième opération, sous forme de touches finales, qu’appose un dernier peintre, le plus habile de tous sans doute.
- Trois heures suffisent pour fabriquer et mettre au point cinq paysages, ce qui fait environ trente minutes pour chacun. Et le prix est, pour chaque toile, de 4 dollars 50, soit 22 francs environ.
- Et c’est dans le pays, où s’achètent au poids de l’or les œuvres des grands maîtres, que l’on voit prospérer une pareille fabrique ! Serait-ce donc par mercantilisme et autres motifs moins relevés que les Mécènes Yankees créent leurs superbes galeries !
- Nous ne pouvons nous empêcher, après ceci, de songer à un excellent ami, depuis frappé et enlevé par une maladie inexorable, qui, adorateur de l’art pur, nous disait souvent en plaisantant, que par ce temps de crise, nos artistes réaliseraient une fortune en se faisant, de l’autre côté de, l’Atlantique, une spécialité de peindre « la maison de campagne » de façade et de profil, à 40 francs la paire !
- *
- Y Y
- Une exposition artistique, comprenant à côté d’un grand nombre de productions d’artistes américains,. quelques œuvres des maîtres contemporains des écoles française et allemande, a été ouverte à Saint-Paul (Minnesota), le 8 septembre.
- Y Y
- Italie
- Notre excellent confrère romain Bollettino delle Finanzc-Ferrome et Industrie publie une nouvelle liste d’industriels adhérents à l’exposition flottante de produits italiens, dont nous avons parlé déjà et que prépare la maison Canepa de Gênés.
- Le steamer Fsposicione partira au printemps prochain et c’est dans quelque temps que paraîtra et sera distribuée aux adhérents une circulaire exposant tous les détails de l’expédition, sa -forme, son but, son règlement, etc.
- *
- Y Y
- Suisse
- M. Grandeau donne, dans la Reçue Agronomique du Temps, quelques intéressants détails sur l’exposition helvétique agricole qui a eu lieu, du 11 au 20 septembre à Neuchâtel et dont nous avons parlé dans nos précédents numéros.
- Organisée sous le patronage du département fédéral de l’agriculture, par le Comité de la Fédération des sociétés d’agriculture, cette exposition, la cinquième du genre, comprenait les onze
- sections suivantes :
- Espèce chevaline................. 15,565 fr.
- „ , , . : „ < race brune .... 20,919
- Espece aovine ^ race tachetée .. 21,020
- Bétail de montagne................ 4,500
- Aviculture...................... 2,710
- Apiculture...,.................... 2,295
- Horticulture et culture maraîchère........................ 7,000
- 1° Progrès de l’agriculture et enseignement agricole ; 2° espèce chevaline ; 3° espèce bovine ; 4° petit bétail ; 5° aviculture ; G» agriculture ; 7° industrie laitière ; 8° viticulture et ses produits ; 9° horticulture, arboriculture, culture maraîchère ; 10° machines et instruments agricoles ; 11° produits agricoles.
- L’ensemble des numéros inscrits au catalogue s’élevait à 3,143, non compris les volatiles.
- Les espèces chevaline, bovine, ovine, caprine et porcine comprenaient respectivement 200, 751, 161, 305 et 155 numéros, soit un total de 1638 numéros.
- Le total des récompenses en argent, médailles, diplômes a atteint 90,000 fr., répartis comme suit :
- Les chiffres suivants donnent une idée de l’affluence du public.
- Il a été délivré 104,192 billets d’entrée, constituant une recette de 102,066 francs, et le Comité, qui, dans ses prévisions budgétaires avait fixé à 55,000 fr. le produit brut de l’exposition, a encaissé, du fait des entrées et des recettes complémentaires, plus de 150,000 francs.
- *
- Y Y
- Perse
- La lutte très vive que poursuivent les industries russe et anglaise pour s’assurer d’une manière exclusive les marchés persans, la rivalité des deux nations qui cherchent chacune à monopoliser cet important débouché avec une ardeur que la somnolente industrie française ignore, mais ferait grand bien d’imiter, devaient amener fatalement l’un des deux belligérants à tenter un grand coup, en présentant à ses acheteurs tous les produits qui les intéressent de façon à attirer définitivement leur attention. C’est ce que se propose de faire l’industrie russe, en préparant une exposition où prendront place tous les produits susceptibles de trouver un débouché en Perse.
- C’est la maison Konschin de Moscou, propriétaire depuis 1884 d’une florissante facforie-comp-toir à Téhéran, qui a pris l’initiative de cette intéressante entreprise, et la capitale de la Perse, verra, dans le courant de l’année prochaine, sa première exposition.
- SCIENCES & INDUSTRIE
- Nouvelle pile Fortin
- Notre excellent confrère le Cosmos de'crit une nouvelle pile, fort intéressante, due à M. l’abbé Fortin, de Chalette (Loiret).
- La pile se compose d’une cuvette rectangulaire en ébonite, porcelaine ou verre, de 10 centimètres de diamètre et 12 millimètres de hauteur. Au fond de ce vase repose, sur trois contacts métalliques qui traversent la paroi inférieure de part en part, une lame de zinc amalgamé.
- Au-dessus de ce zinc, s’élève, supportée par trois isolateurs, une lame de charbon, qui, par sa position horizontale, est située dans un plan parallèle très rapproché de la lame de zinc.
- Le tout présente une très faible épaisseur.
- Le liquide, formé d’une solution d’acide chromi-que (?), circule dans le vase, baignant les deux lames génératrices du courant, et sortant, goutte à goutte, — ce qui maintient partout un niveau constant, — par un trop-plein qui déverse lui-même le liquide dans un couple inférieur, en admettant que l’on adopte une disposition étagée de la pile..
- En somme, chaque couple peut être superposé, grâce à sa simplicité ; les contacts métalliques qui traversent le vase mettent en communication le zinc avec le charbon de son congénère, par simple juxtaposition.
- Grâce à cet agencement ingénieux, la pile peut être orientée à volonté, soit en tension, soit en quantité.
- On concevra facilement que cette pile offre le grand avantage de présenter, sous un volume relativement petit et très peu encombrant, une grande surface, ce qui favorise le dégagement de l’électricité en quantité et permet d’utiliser l’appareil avec succès, pour la production de la lumière électrique.
- L’auteur assure que quatre éléments du genre de ceux que nous venons de décrire, de 8 centimètres sur 8, peuvent entretenir 3 petites lampes à incandescence dites de 2 à 3 bougies. Nous regrettons qu’il n’ait pas fixé le potentiel électrique et la durée du maximum de rendement, de même qu’il ne nous a pas fait connaître la composition exacte du liquide qu’il emploie.
- L’appareil, en tous cas, nous paraît fort bien conçu, très ingénieux et surtout très inappréciable au moment où nous voyons de tous côtés les in-génieurs-électriciens ou ceux qui se disent tels, accoucher d’une foule de systèmes dont la complication et la difficulté de maniement n’ont d’égale que la faiblesse de rendement.
- *
- Y Y
- Nouveau procédé de blanchiment
- Quelques-uns de nos confrères ont déjà signalé le nouveau procédé de ' blanchiment des fibres végétales et animales, imaginé par MM. Jacobsen frères, de Berlin, et que nous allons décrire en quelques mots.
- L’emploi de l’eau oxygénée, dans les opérations du blanchiment a été jusqu’ici assez limité, à cause de sa difficulté et de la facilité relative avec laquelle le produit perd son efficacité. Les auteurs ont trouvé que l’eau oxygénée peut, dans la majorité des cas, être’ remplacée par des bains obtenus au moyen d’une addition de peroxyde de baryum à la solution de certains sels. En effet, le peroxyde de baryum, comme l’avait constaté Schœne, subissant lentement dans l’eau une décomposition progressive, développe en grandes proportions de l’oxygène. Cette décomposition peut être notable-
- ment activée par l’adjonction d’un certain nombre de sels. Les propriétés décolorantes communiquées de cette façon aux solutions salines, sont dans une très large mesure, indépendantes de la nature des sels employés. Les meilleurs résultats sont obtenus avec des silicates alcalins, les-borates alcalins, etc. Le chlorure de magnésium, le phosphate de soude, agissent moins énergiquement et dans une proportion encore moindre, les sulfates. Les poids proportionnés des sels et de l’eau varient considérablement. Cependant le mélange d’une partie de peroxyde de baryum, d’une partie de silicate de soude et de 100 parties d’eau est en général efficace.
- Pour le blanchiment des fibres végétales (toiles jutes, chiffons, pulpe de papier), on peut faire usage de solutions plus concentrées; mais s’il s’agit de fibres animales, l’emploi d’une trop forte proportion de silicates pourrait être préjudiciable à cause des alcalis qui se développent. Le Bollettino dit que la durée de l’opération est d’un jour ou deux pour les jutes et les toiles. Les bains peuvent servir à nouveau jusqu’à ce que l’on découvre des traces de peroxyde de baryum dans le précipité obtenu par le bichromate de chaux ou l’acide sulfurique. On peut indifféremment mêler le peroxyde de barium avec une solution silicatée, ou faire dissoudre un mélange des deux corps dans la proportion voulue.
- Il peut être avantageux de faire, après blanchiment par ce procédé, passer les matières dans un bain contenant de l’acide sulfurique en.faible quantité, ce qui complétera la décoloration.
- Lorsque la chose est possible, il vaut mieux procéder avec le peroxyde de baryum dans une solution alcaline, parce que l’eau oxygénée y possède un pouvoir décolorant plus grand que dans une solution acide ou neutre. La cause en est sans doute, dans la formation de peroxydes solubles des métalloïdes alcalins, qui se décomposent plus facilement que l’eau oxygénée.
- G. H.
- .. — mi;«.'n>frÀàü>H§H5HSl «ifmjiàMii.r - --
- EXPOSITION des PRODUITS de I/HORTICÜLTURE
- SPÉCIALEMENT CONSACREE AUX
- FRUITS, ARBRES FRUITIERS, LÉGUMES & FLEURS
- cle la Saison
- du 2g Septembre au 3 Octobre 188y
- Cette exposition comprenait plus particulièrement :
- i° Les fruits et arbres fruitiers; 20 la légumes ; 3° les plantes fleuries ou à feuillage de plein air et de serres, et celles à fruits dé ornement ; 40 les plantes nouvelles de plein air ou de serres, fleuries ou non ; 5° les bouquets et garnitures de fleurs naturelles.
- Parmi les cent trente-quatre récompenses Iqui ont été décernées, nous citerons plus particulièrement :
- Prix d’honneur :
- MM. Croux et fils ; Louis Dallé.
- Médaille d'or :
- MM. Etienne Salomon (une vermeil) ; Crémon jeune ; Grapatte ; Cousin; Truffaut, (deux or et une grande vermeil ; Vallerand ; Ecole Fénélon de Veaujours et (grande vermeil).
- Grande médaille de vermeil:
- Société d’horticulture de Corbeil
- MM. Chevalier fils (de Montreuil) ; Lhérault (une vermeil) ; Peter E. Kay ; Claignar, Finchley , Treyne ; Forgeot et Cie (quatre grandes vermeil, une vermeil) ; Ch. Verdier ; Robert.
- Etablissement de St-Nicolas d’Igny.
- Georges Boucher (trois vermeil) ; Jourdain père ; Courtois; Honoré Defresne.
- Syndicat des cultivateurs de Gennevilliers
- G. Chemin ; Leveque et fils ; Torcy-Vannier ; Rothberg (roses coupées).
- Puis ensuite, Mme Block, MM. Couturier, Dubois, Estève, Jamet fils, Paillet, Picard, etc. etc.
- Félicitations du Jury. La ville de Paris pour son apport de fruits; Jamain, corbeilles de fruits, et Lepère pour ses pêches, étant hors concours.
- Par ce temps d’expositions se succédant sans ‘interruption, il devient difficile de parler longuement de toutes celles qui passent et qui, quoique très intéressantes, sont d’une trop courte durée, mais tout ce qui tient au domaine de Flore a toujours le don de plaire et lorsque Pornone se mêle de la partie il y a vraiment de quoi satisfaire le goût et l’odorat sans que la vue ait le droit de se plaindre du plus beau lot que lui réserve dame* Nature.
- La place commence à faire défaut et cette fois la Société d’horticulture, habituée au Pavillon de la ville de Paris, a trouvé la place occupée. Après, avoir tenté d’occuper l’Orangerie, il a fallu se contenter des baraquements du Pavillon de Flore.
- p.810 - vue 395/496
-
-
-
- Troisième Année. — N° î.j.5.
- LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE 1889 Dimanche 9 Octobre 188,7. — 811.
- Hélas! ce grand hangar si bien aménagé soit-il ïi’a rien de coquet et l’ensemble, quoi qu’on en ait taré le meilleur parti possible, a trop l’air de la veille d’un marché.
- A l’entrée remarquons deux beaux massifs disposés avec le goût que l’on connaît à M. H. De-fresne. Mais pourquoi n’avoir pas osé faire davantage ? cette entrée manque de grandiose: cela est fâcheux.
- Un massif de plantes exotiques disposé avec beaucoup de goût par M. L. Dallé et garni de magniliques orchidées mérite un examen soutenu •et les amateurs admirent cette petite forêt d’où émergent les formes diaboliques de la flore des tropiques: il y a là de quoi former de jolis jardins d’hiver.
- Les jolis dahlias à grandes fleurs Torcy-Vannier ainsi que ses élégants glaïeuls, lui ont valu deux récompenses bien méritées.
- ' Cet exposant, que nous avons rencontré dans d’au-ters concours, s’est encore surpassé cette fois, et sa collection de dahlias lilliput ne le cède en rien aux précédents. Plus loin ce sont les pêches et raisins de M. Crapotte, et les grappes énormes d’un raisin magnifique présentées par M. Peter E. Kay, de Claignar, près Londres: les fruits, gros comme des œufs de pigeons, sont d’une saveur ne laissant rien à désirer, au dire du chambellan de l’empereur de Russie qui s’est empressé d’accaparer toute cette exposition.
- La belle variété de'dahlias monstres présentée par M. Dubois d’Argenteuil est admirablement choisie et sa collection de lilliput, obtenus de semis, est remarquable.
- Au centre un massif de plantes de serre, présenté par M. Truffant, est du meilleur efl’et. Nous retrouvons l’artiste qui sait à merveille tirer un excellent parti des beaux spécimens de sa culture.
- Plusieurs exposants sont, paraît-il, arrivés en retard et n'ont pu concourir. MM. Baltet frères de Troyes ont exposé une collection de poires toutes espèces nouvelles obtenues de semis : cet exemple est à suivre.
- A côté, un parterre multicolore composé de plantes annuelles présentées par MM. Forgeot et Gie est du meilleur effet et très coquettement groupé.
- Les mêmes exposants que rien ne lasse et qui vont de progrès en progrès ont disposé à l’entrée une magnifique collection de caiadiums du Brésil, puis plus loin ils ont étalé une variété de dahlias îaors ligne et d’un coloris merveilleux, tels sont : Gecilia, Londor, Hugh Austin, la France, le Printemps, etc. etc., des fleurs de cactus, un joli lot de chrysanthèmes hâtives.
- D’autre part, nous retrouvons MM. Forgeot et Cie avec un lot considérable de légumes, des piments, concombres, aubergines, courges et potirons ; parmi les melons, nous avons surtout remarqué le cantaloup de Pierre Bénite et le musqué des Indes. Puis enfin un très joli lot de pommes de terre dont quelques espèces nouvelles qui ne figuraient pas l’an dernier.
- Mais revenons un peu dans la salle ; il y a encore des beautés à admirer, par exemple le massif d’œillets et les chrysanthèmes de Levêque et fils. M. Lepère a exposé de belles pêches et une corbeille de brugnons; quant à M. Boucher, splendide variété de pêches et dignes de remarque, ainsi que ses élégantes clématites.
- M. Estèvea disposé avec beaucoup de grâce une série de caisses rustiques en chêne liège garnies de dracœnas, fougères, etc., qui sonttrès coquettes et font les délices des amateurs.
- Il y a aussi de magnifiques raisins d’Algérie, de plusieurs provinces, arrivés malheureusement trop tard pour pouvoir concourir.
- Sur une table, à côté, M. Rotbery a disposé une belle variété de roses coupées, et de dahlias, ainsi que des fruits et des raisins très appétissants.
- • Ge qui certainement est le plus intéressant, c’est sans contredit l’immense variété de fruits présentée par MM. Groux et fils qui ont, comme on dit vulgairement, décroché la timbale : certes le prix d’hopneur n’est pas déplacé, deux grandes tables garnis de pommes et poires de totrres espèces, de raisin et d’une magnifique collection de pêches de la Vallée d'Aiilnay. Amateurs dont le fin palais voudrait déguster, ne restez pas trop longtemps en extase, sans quoi vous seriez tentés de commettre le péché de la mère Eve, tant les pommes sont belles !...
- Evidemment nous oublierons quelqu’un et sans mauvaise intention, mais ce ne doit point être ce descendant de Noé qui cultive avec tant d’art ces ceps merveilleux de Thomery. Si la place ne manquait ici, nous dirions bien comment maître Salomon cultive ia vigne : ces raisins sont obtenus à l’air libre en espaliers, il suffit de supprimer les grappes trop nombreuses et la sève se répand sur celles qui restent, etc. Sur iDâ variétés exposées, 200 sont des raisins de table que nous avons déjà cités tels que le chasselas doré, Frankenthal, Bel-lina, etc. ; et parmi les 125'variétés de cuve dont nos pères seraient jaloux, le Portugais bleu, Mes-lici blanc, Cortese negra, etc., etc., et pour le prochain concours général tout cela sera encore bien mieux, surtout les premiers : à bon entendeur: salut !
- ,11 ne faut pas oublier les magnifiques pêches de
- Montreuil, exposées par M. Chevalier, elles sont admirables, mais les petites fantaisies dessinées à l’aide du soleil, nuisent à la netteté du velouté. Il convient de citer encore la belle exposition de M. Lhirault d’Argenteuil.
- Dans le passage qui conduit au potager-verger se trouvent de belles variétés de rosiers nains présentés par M. Verdier, puis au centre une corbeille de rosiers envoyée par M. Lebossé.
- Parmi les légumes, nous retrouvons les pommes de terre de H. Rigault et la belle collection de légumineuses exposée par M. Cousin, choux-fleurs monstres, cantaloups, etc.
- Une exposition qui ne manque pas d’intérêt est celle présentée par M. Lerozier, jardinier aux Kermès (Var) qui expose des piments doux et des melons d’hiver, etc., récoltés chez M. Villar, horticulteur émérite, président de l’Exposition
- Gomme curiosité un cep de vigne garni de nombreuses grappes en pleine maturité, cultivée avec un engrais de rognures de cuir.
- Quant aux arbres fruitiers, en cordons, en quenouille, corbeille, etc., MM. Boucher, Paillet, Rothbery et Defresne se sont partagé la place, mais ce dernier en a pris davantage et a présenté des arbres fruitiers en plein rapport, mettant ainsi en évidence la difficulté qu’il y a à présenter des pêchers avec leurs fruits, et la possibilité eu même temps que l’avantage de pouvoir choisir des arbres à même de produire de suite et dont la force, en raison du travail de transplantation subi n’est point un obstacle à la bonne reprise : leurs efforts ont été couronnés de succès et la première récompense leur a été attribuée.
- Maintenant, Messieurs les organisateurs, prenez vos précautions et nous aurons une autre fois le plaisir d’aller vous voir au Pavillon de laVille de Paris, cet éden favori que vous savez si bien transformer en palais des contes de fées.
- A. Ramé.
- LES FRANÇAIS A L’ÉTRANGER
- Si l’on veut savoir comment sont distribués dans les diverses contrées du globe les émigrants français, on n’a qu’à consulter le tableau dressé par M. Lagneau, d’après les recensements opérés par les consuls et les documents statistiques.
- En Angleterre, il y a 12,989 Français, i32 en Irlande, 58 en Ecosse, 2.870 à Jersey, 35.000 en Belgique, 1.546 en Hollande, 116 en Danemark, 54 en Suède et Norwège, 2.479 en Russie, 2.814 dans les Etats autrichiens, 1.429 en Allemagne, 5,000 en Prusse, 45.000 en Suisse, 4.718 en Italie, 10.642 en Espagne, 1.817 en Portugal, 269 en Grèce, boy en Turquie d’Europe, 76 à Tripoli, 14.207 en Egypte, io5 au Maroc, 31 au Cap, iv3 dans la Russie transcaucasienne, 1.726 aans la Turquie d’Asie, 51 en Perse, 925 dans les Indes anglaises, 19 à Pointe-de-Galles, 15 à Siam. 148 en Chine, 43 au Japon, 34 aux Philippines, 3.173 au Canada, 109.870 aux Etats-Unis, 442 à Haïti, 859 à Santiago-Cuba, 125 à Saint-Thomas, 141 à la Nouvelle-Grenade, 604 à Costa-Rica, Guatémala et San-Salvador, i.3g5 au Venezuela, 5q2 au Brésil, 23.196 dans les Etats argentins, 23.000 dans l’Uruguay et i.65o au Chili.
- Il faut ajouter à ce nombre les Français établis dans nos propres colonies et nous arriverons au chiffre de 662.186 de nos nationaux fixés au dehors.
- C’est peu, comparé aux nationaux allemands qui pullulent dans toutes les contrées du globe.
- LES LIVRES
- cxxvi
- Charles Alexandre. — Madame de Lamartine, un vol. in-18 avec portrait. — Dentu et Cie, éditeurs
- S’il est un homme qui ait épuisé tout ce que le génie humain a de grand, de beau et de bon, tout ce que la gloire, sous ises formes les plus pures, a de plus doux, tout ce que la popularité a de plus enivrant et, aussi, par l’inévitable fatalité de la condition humaine, tout ce que les déceptions de l’esprit, les décadences de la fortune, tout ce que les ingratitudes de la foule et de l’élite ont de plus injuste et de plus amer, c’est Lamartine. Ge grand vainqueur a été aussi un grand vaincu. Il a touché au plus haut du bonheur, au plus profond de
- l’infortune. Il a volé à travers tous les deux, ii a roulé au fond de tous les abîmes. Sa vie est partagée en deux moitiés, l’une de lumière triomphante, l’autre d’ombre humiliée. Ge grand poète, ce grand orateur, ce grand historien, ce grand peintre qui a été un moment l’orateur favori, le poète national, l’historien enchanteur du passé, le peintre enchanté du présent, le prophète attristé de l’avenir, qui a exercé par l’éloquence et la raison, la dictature morale d’une révolution, qui a refusé l’autre, qui est tombé avec la liberté et s’est relevé avec la justice, a pu aller du Capitole aux Gémonies, de l’opulence à la pauvreté, de l’idolâtrie à l’oubli, sans rien perdre, à la double corruption de la prospérité et de l’adversité, de sa probité, de sa dignité, de son courage, de sa foi, de son espérance, de sa charité. Il est mort comme il a vécu, toujours confiant en Dieu, en la patrie, en l’humanité. Il a été trente ans digne d’envie, trente ans digne de pitié, sans jamais cesser d’être digne d’admiration, toujours supérieur à sa fortune, fidèle à lqi-même et à ses amis.
- Il en a eu beaucoup qui ne lui ont pas été tous infidèles. Plus d’un a gardé intact le dépôt de sa tradition et le culte de sa mémoire. Plus d’un a veillé sur les reliques de son génie et de son cœur avec un soin pieux et un orgueil jaloux. Plus d’un s’est honoré d’avoir été à la double et noble école de ce poète de l’amour et de ce politique du sentiment. Grâce à leurs efforts, grâce à leur concert touchant, la réaction réparatrice et vengeresse s’est faite et gagne tous les jours des adhérents à sa cause. Après l’éclipse de la période césarienne et de la période révolutionnaire, la double gloire de Lamartine rayonne d’un nouvel éclat. La publication de sa correspondance qui s’arrête à 1852, mais qui va poursuivre, de 1822 à 1869, la .réhabilitation de l’homme calomnié, la glorification du poète oublié achèvera de couvrir sa tombe d’un monument digne d’elle, œuvre de la piété filiale de celle qui fut l’Antigone de sa vieillesse et demeure l’ange gardien de sa mémoire. Les études de MM. Louis de Ronchaud et Louis Ulbach ont aidé au mouvement réparateur dont nous parlons. Mais celui qui, on peut et on doit le dire, a le plus contribué dans ces dernières années à réconcillier les nouvelles générations avec cette grande figure d’ancêtre, dont notre littérature perdait trop le souvenir, dont noire politique perdait trop le respect, c’est l’auteur de ces éloquents et touchants Souvenirs sur Lamartine : M. Charles Alexandre, ancien secrétaire de Lamartine, après la retraite de Paul de Saint-Victor, ancien député à l’Assemblée nationale. M. Alexandre est un poète d’inspiration, un écrivain de style, qui, comme Dargaud, comme Saint-Victor, .comme La Guéronrfière, comme Victor de Laprade, comme Charles Rolland, comme tous ceux qui ont beaucoup vécu avec Lamartine, l’ont beaucoup connu, beaucoup admiré, beaucoup aimé, ont bu aux mêmes sources, ont prié aux mêmes autels, ont subi l’empire de cet enchanteur, contracté la noble contagion de ses idées, et en retour de leur adoration, partagé quelque chose du don de son art, de la magie de sa forme, reçu en talent l’empreinte de son génie. C’est M, Alexandre qui, en sa qualité de poète, était le mieux fait pour comprendre le poète. C’est lui aussi qui a hérité, parfois à faire illusion quand il s’en sert pour parler de lui, de ia plume du maître. L’admiration et l’habitude ont de ces influences profondes. On n’est pas impunément exposé pendant des années à ce magnétisme intime, à cette électrisation de la conversation d’un grand homme.
- Nous avons été frappés, quand nous avons eu l’honneur de voir Mme Valentine de Lamartine, nièce et fille adoptive du poète, de sa ressemblance frappante aujourd’hui que l’âge l’accentue avec le poète avec auprès duquel elle a vécu au point de s’identifier moralement, littérairement et physiquement avec lui. Il eu a été de même de M. Alexandre. 11 a été galvanisé par l’électricité lamartinienne, au point de se faire un talent à l’image de Lamartine, le plus intense d’alliage et le plus brillant de métal qu’on puisse imaginer. Saint-Victor, La Guéronnière et Alexandre, dans leur trinité réunie arriveraient presque à reconstituer sous ses diverses faces l’éloquence, le style, les procédés, la manière du maître. Il y a telle page des Souvenirs, telle page surtout de ce livre éloquent, délicat, généreux, touchant sur Madame de Lamartine, qui semble avoir été écrite par son mari ou sous sa dictée.
- Ainsi du moins, à ce grand homme si heureux au début, si malheureux à la fin, il n’a pas manqué cette consolation vivante d’une compagne digne de lui, cette consolation posthume d’un confident aussi plein do tact que de fidélité, dont l’admiration sans maladresse et l’affection sans défaillance expriment les sentiments du meilleur des amis dans la langue du meilleur des élèves.
- C’est le 6 juin 1820 que Lamartine, à vingt-huit ans, épousa à Chambéry, Marie-Anne-Elisa Birch, d’une vieille famille écossaise, dont le père avait été gentilhomme du prince de Galles, futur Georges IV. Elle avait à. peu près le même âge que son mari. Elle n’avait pas la beauté féminine comme ii avait, lui, la beauté virile. Elle n’avait pas non plus son génie. Elle était instruite, sensée avec une pointe de romanesque, douée d’un véri-
- p.811 - vue 396/496
-
-
-
- 812 — Troisième Année. — N° i45. LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- table talent comme peintre, sculpteur, musicienne. Elle avait l’expérience précoce, les tendances méditatives, la religiosité passionnée, la hardiesse d’esprit, voilée de modestie, des jeunes filles comme elle, de bonne heure abandonnée à elle-même, sous la tutelle flottante d’une mère dont la rigidité protestante était tempérée par une grande bonté, sans famille, sans patrie, poursuivant à travers les impressions de la vie errante, cosmopolite, la réalisation d’une noble chimère d’amour et j de bonheur partagé, de devoir à deux. Elle s’était j faite catholique, sans conversion, sans influence j de prêtre, d’elle-même, et par une évolution réflé- j chie de sa conscience affamée de justice et de ' vérité.
- Si elle n’était pas belle, elle était svelte, élégante, gracieuse, amazone pleine de charme, et plus tard quand la maternité eut mûri sa vertu en fleur, elle devint femme d’intérieur par excellence, retenant à elle par un charme discret, par un attrait modeste le mari vers lequel l’admiration l’avait poussée autant que l’amour. Elle était de ces épouses qui voient dans le mariage non de l’égoïsme, 'mais du dévouement à deux, qui s’attachent encore plus parce qu’elles donnent que parce qu’elles reçoivent, qui s’associent par une union encore plus intellectuelle et morale que charnelle à tous les actes, à toutes les pensées de l’époux choisi, et s’effaçant dans les jours de triomphe ne se montrent tout entières que dans les jours d’adversité, bonnes pour le conseil, meilleures pour la consolation, ne prenant que la moindre part de la couronne de laurier, prenant la plus grande de la couronne de cyprès.
- M. Alexandre a admirablement compris, senti, rendu, cette figure de grande mais de modeste épouse, qui n’a voulu avoir de talent que pour son mari, de gloire que pour lui, dont l’histoire cotoie, coudoie la sienne gardant toute l’ombre et lui laissant toute la lumière, mettant l’honneur à n’être qu’un reflet, la coquetterie à n’être qu’un écho. Cette histoire d’une femme qui eut le génie du dévouement, laissant tous les autres à son mari, que la perte prématurée de ses deux enfants rendit de bonne heure tout entière à ses devoirs et à ses bonheurs d’épouse, qui vit moins ces bonheurs dans le plaisir d’être aimée que dans le droit de l’être ; cette histoire d'un drame tout intérieur, sans autres événements que ceux de la vie de Lamartine îl fallait un ami pour la trouver, cachant ses vertus sous le silence, comme la violette cache son parfum sous l’herbe, il fallait un poète pour l’écrire. Tous ceux, toutes celles surtout qui ont gardé le culte de ce génie si tendre et si mâle à la fois, si fort et si doux en même temps, qui a donné aux joies, aux mélancolies, aux douleurs, aux espérances de ce siècle cherchant son chemin une voix immortelle, qui a visé et touché le cœur de ces générations dont Victor Hugo ne visait et ne touchait que la tête, s'attacheront et s’attendriront à cette histoire intime et domestique de Lamartine, à cette vie de celle qui lui donna sa vie, qui repose à son côté dans le tombeau de Saint-Point et n’ambitionnait, comme Marguerite de Provence, la femme de C3 roi Louis IX, qu’elle eut la joie avant de mourir d’entendre proclamer saint, qu’une place à ses pieds.
- M. dp; Lescure.
- ----------—«SBr»-© fl—-------------
- AVIS COMMERCIAUX
- LÉGISLATION COMMERCIALE ÉTRANGÈRE
- RUSSIE
- MODIFICATIONS AU TARIF
- Le Moniteur officiel du Commerce du 29 septembre publie le texte des dernières modifications apportées au tarif des douanes en Russie.
- ESPAGNE
- RÉGIME DES ALCOOLS ET DES VINS ARTIFICIELS
- Un ordre royal du 3o juillet dernier a remis en vigueur un décret du 23 février 1860, qui a pour but de réglementer le commerce des vins artificiels et de fixer les pénalités applicables en cas de contravention.
- On trouvera la traduction de ces deux documents dans le numéro précité du Moniteur.
- ITALIE
- OBLIGATIONS IMPOSÉES AUX NAVIRES PROVENANT DES PORTS DE l’aUTRICHE-HONGRIE, DE MALTE ET DE TRIPOLI. ---- MANIFESTES.
- En'vertu d’un décret du 26 août 1887, les bâtiments à voiles, quel que soit leur tonnage, et les bâtiments à vapeur jaugeant moins de cent tonneaux, de toute nationalité, venant d’un port de
- l’empire austro-hongrois, de l’ile de Malte ou de la Régence de Tripoli, à destination des ports italiens, doivent être pourvus d’un manifeste de départ visé par l’agent consulaire d’Italie en résidence dans les pays susmentionnés.
- INFORMATIONS E T RENSEIGNEMENTS
- ITALIE
- FABRICATION DES FUTAILLES
- Le Consul de France à Naples écrit à ce sujet : Une industrie qui tend à prendre de grands développements dans les contrées méridionales est celle des futailles.
- Jusqu’à présent, les expéditions de vins se faisaient dans des récipients de mauvaise qualité ou déjà anciens, ou bien les négociants étaient dans l’obligation d’envoyer leurs propres fûts sur les lieux de production. Aujourd’hui, il se fabrique une grande quantité de fûts dans les Pouilles et, grâce aux nombreuses réclamations du commerce, la tendance qu’avaient les exportateurs à se servir de vieilles futailles ou de récipients à bon marché, et par conséquent fort mal conditionnés, disparaît peu à peu. Pour faciliter les transactions, les propriétaires de vignobles font construire leurs récipients en tenant compte des usages 'établis dans les différents pays d’exportation.
- On fabrique actuellement des bordelaises de 223 litres en chêne, des fûts de 600 litres, etc.
- Voici les prix auxquels ces récipients sont livrés aux négociants :
- Bordelaises en chêne, 16 à 18 francs :
- Demi-bordelaises, 10 francs :
- Fûts de la capacité d’un hectolitre, 6 à 6 fr.5o ;
- Fûts de châtaignier, 24 à 26 francs.
- La plupart des fabricants ont adopté les ustensiles et les matériaux en usage en France. Plusieurs établissements, dont quelques-uns emploient la vapeur, se sont fondés à Bari, Barletta, Bisce-glie et Brindisi.
- CHINE
- LE COMMERCE DES BOUGIES
- On lit dans VExporteur : Parmi les articles dont l’importation en Chine pourrait se faire avec avantage, on cite les bougies. Cette importatio n est susceptible de se développer. Les bougies les plus recherchées sont les rouges, couleur de cire à cacheter. On pourrait également faire un essai avec d’autres couleurs ; le bleu convient pour les cérémonies funèbres.
- L’article revient à bon marché parce que la couleur ne paraît appliquée que sur la surface ; en tout cas, les bougies chinoises sont colorées de cette manière. La Chine n’a acheté jusqu’ici à l’étranger que des bougies blanches.
- Le point de fusion de la matière devrait être très élevé, de manière à éviter autant que possible que les bougies ne coulent lorsqu’elles se trouvent exposées à un courant d’air ou même dans les circonstances ordinaires. On peut écouler aussi bien les bougies transparentes que les opaques.
- Afin de pouvoir mieux les fixer, les bougies fabriquées en Chine sont traversées par un morceau de bambou dont l’extrémité inférieure est ensuite introduite dans un creux pratiqué dans le chandelier'. Pour les expéditions à faire en Chine, il y a lieu de tenir compte de cette particularité.
- GRÈCE
- TRAVAUX PROJETÉS A SYRA
- On écrit de cette ville au Moniteur officiel du commerce : Le maire et le conseil municipal nouvellement élus ont manifesté l’intention d’entreprendre divers travaux depuis longtemps réclamés. Au premier rang de ces projets se trouvent l’installation de l’eau et du gaz et la construction d’égouts. Il est question aussi de l’établissement d’un tramway de Syra à Della-Gratia, de la création de routes à travers l’ile, du reboisement des montagnes et du prolongement de la jetée.
- Les personnes désireuses de participer aux entreprises dont il s’agit pourraient s’adresser à M. Eyssartier, ingénieur français à Syra.
- PAYS DE PROTECTORAT
- MADAGASCAR
- RENSEIGNEMENTS SUR LE COMMERCE DE DIEGO-SUAREZ
- M. le ministre du commerce et de l’industrie a reçu de M. le sous-secrétaire d’Etat au ministère de'la marine et des colonies les renseignements suivants sur le commerce de Diego-Suarez.
- Dimanche 9 Octobre 1887.
- lia été importé dans ce port 170,200 francs de marchandises pendant le 1e1' trimestre de l’année courante.
- Dans ce chiffre, les marchandises françaises ou provenant de pays français figurent pour 111,22 1 fr.
- Les toiles peintes sont très recherchées. Elles sont fabriquées en Angleterre et viennent de Nossi-Bé ou de Bombay.
- Les négociants de Diego-Suarez achètent les toiles de coton imprimées, au poids, à Nossi-Bé ou à Maurice, au prix de 10 francs les 22 mètres ; ils les vendent 60 et. 80 centimes le mètre.
- Les Malgaches achètent surtout, pour leurs limbous ou lambas, les mouchoirs de coton, en pièces, à couleurs vives et à dessins rouges, noirs, blancs et verts sur jaune.
- Les guinées, les cotonnades croisées, blanches ou bleues', ou écrues, sont d’origine américaine. Elles se vendent 75 centimes le yard à Nossi-Bé, et
- 1 fr. 10 cent, le mètre à Diego-Suarez.
- Les soies et le satin, trame coton, sont très recherchés par les femmes malgaches pour leurs canezous. Quoique fanés, ces tissus sont vendus
- 2 fr. 5o cent., 3 fr. 5o cent, et même 5 francs le mètre.
- La chaussure et les vêtements blancs se vendent à des prix très inférieurs. Ainsi, une paire de bottines coûte 10 francs et un vêtement complet de toile croisée avec boutons de nacre, 12 francs.
- Des échantillons de tissus sont déposés au musée commercial de l’Exposition permanente des Colonies (Palais de l’industrie, à Paris), où le conservateur donnera aux intéressés toutes les indications nécessaires.
- U en est de même pour la mercerie, les ombrelles et les chapeaux.
- La vaisselle commune, à fleurs, pourrait, comme les articles qui précèdent, être expédiée de France. Une douzaine d’assiettes est vendue 1 franc à Diego-Suarez.
- Jusqu’à présent, les articles de quincaillerie envoyés à Madagascar sont de provenance anglaise ou allemande. L’industrie française pourrait fournir des pelles, des bêches, des pioches, des scie s, des clous, des marmites de fonte, etc.
- La bouteille dé vin rouge est vendue 1 franc et celle de vin blanc, 1 fr. 5o cent.
- MUSÉES COMMERCIAUX
- FRANCE
- CRÉATION D’UN MUSÉE COMMERCIAL A AVIGNON
- M. le ministre du commerce et de l’industrie a, par décision du 6 septembre courant, approuvé la création d’un musée commercial par la chambre de commerce d’Avignon.
- JAPON
- CRÉATION D’UN MUSEE COMMERCIAL A TOKIO
- Le gouvernement du Japon vient d’annexer à l’école de commerce de Tokio un musée commercial, afin de faire connaître aux négociants importateurs japonais les produits étrangers qui sont de nature à les intéresser.
- Le Journal le Travail poursuit sa publication avec un succès qui s’affirme chaque jour davantage. Il vient de publier la quatrième série de son almanach, charmant petit volume très élégamment illustré. Nos lecteurs y trouveront beaucoup de renseignements aussi utiles qu’intéressants sur les sujets les plus divers, et toute une série de biographies sur les personnalités les plus en vue. Nous çiterons notamment celles de MM. Spuller, Barbe, Dautresme, de Hérédia, ministres; de MM. Farcy, député; G. Berry, Viguier, conseillers municipaux de Paris; du général Guzman Blanco, président de la République du Venezuela; H. Comte, A. Goelzer, F. Barbieux-Semal, l’auteur distingué des différents articles sur les douanes publiés dans le Travail.
- Cet almanach est agrémenté de nombreux croquis, par Draner, des plus amusants, d’anecdotes et de bons mots qui divertiront ses lecteurs pendant les longues soirées de l’hiver.
- U Almanach du Travail est en vente au prix excessivement modique de cinquante centimes aux Buraux du journal le Travail, 2, rue de Provence, à Paris.
- Pour recevoir franco par la poste Y Almanach du 7ravail, envoyer en timbres-poste soixante-quinze centimes.
- Le Gerant, GARREAU.
- Tours. — lmp. E. ARRAULT et Cie, rue de la Préfecture, 6
- p.812 - vue 397/496
-
-
-
- Le Moniteur
- DE
- L’EXPOSITION DE 1889
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
- TROISIÈME ANNÉE,
- SOMMAIRE :
- 1. Les Travaux du Champ-de Mars ; 2. Nomination; Comités d’admission; Comités départementaux ; Exposition coloniale; 3. Bureaux des comités départementaux, Yonne; 4. Adjudication; 5. Exposition rétrospective du travail; 6. La République Argentine à l’Exposition de 1880 ; 7, Echos ; 8. Sciences et Industrie ; 9. Les Livres; 10. Le Bon Marché.
- -£hS>-®-
- Dimanche 16 Octobre 1887.
- EXPOSITION UNIVERSELLE
- DE 1 S S 9
- LES TRAVAUX DU CHAMP-DE-MARS
- Pour compléter l’article que nous avons publié dans le précédent numéro du journal
- NUMÉRO 146.
- sur le chemin de fer de ceinture de l’Exposition, nous donnons aujourd’hui un croquis faisant connaître d’une façon beaucoup plus précise que ne peuvent le faire des explications, le tracé exact du chemin de fer, l’emplacement de ses ouvrages d’art et de ses stations, ses alignements courbes et déclivités, ainsi que ses raccordements avec la station du Champ-de-Mars.
- Nous aurions désiré faire paraître cette gravure en même temps que l’article explicatif,
- %
- V\ A-H R 0 N D ! m E U E É,T ,
- EXPOSITION - UNIVERSELLE DB;i8S9
- Chemin de fer destiné à la circulation des. Visiteurs, dans i’enceinle de l’Exposition -
- TRACÉ .DU RÉSEAU
- mais un retard apporté dans la fabrication du cliché s’est opposé à la réalisation de ce désir. Nos lecteurs devront donc, pour la clarté de la figure, se reporter à notre dernière chronique, ils voudront bien rectifier, en même temps, deux erreurs qui s’y sont glissées : i° au lieu de 104, il faut lire 184 comme l’un des facteurs du nombre total des voyageurs que pourra transporter le chemin de fer; 20 à la fin, en parlant de la tour, nous avions écrit qu’elle atteignait 35 mètres et non 2 5 comme on l’a imprimé.
- Au sujet de la tour, sa construction contmue à donner lieu à de nombreuses discussions qui deviennent plus passionnées à mesure que les travaux avancent; le long des palissades qui clôturent le chantier de la Babel moderne, les curieux se pressent toujours en fouie en échangeant leurs impressions ; de l’ensemble des réflexions émises, on peut conclure que l’opinion se partage en deux camps bien opposés, les uns prennent texte de ce qui est déjà fait pour affirmer que la construction s’achèvera sans en-
- combre et témoignent la plus entière confiance les autres et, hâtons-nous de le dire, c’est la minorité, soutiennent au contraire que jamais la hauteur prévue ne pourra être atteinte, ils font les prédictions les plus sinistres : les ouvriers se tueront en masse, les appareils se briseront, tout s’écroulera avant l’achèvement, bref, à les en croire, les accidents dont cette malheureuse tour sera la cause lui méritera entièrement le surnom de Babel que nous lui donnions plus haut, mais dans une autre inten-
- p.813 - vue 398/496
-
-
-
- 814- — Troisième Année. — N° 140.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- Dimanche 16 Octobre 1887.
- tion. Il va sans dire que, parmi tous ceux qui discutent ainsi, la presque totalité serait fort embarrassée s’il leur fallait motiver leur opinion à l’aide de quelques données raisonnables, mais cela ne fait rien, ils éprouvent le besoin de dire bien haut ce qu’ils pensent ou croient penser, et les commentaires vont leur train, amenant fréquemment des théories dont l’audition procure un moment de douce gaieté.
- Nous qui sommes partisan convaincu de cette manifestation grandiose de la puissance industrielle et qui avons toute confiance dans l’issue de cette tentative sans précédent, nous avons entière liberté pour dire, qu’en apparence du moins, et en faisant abstraction des fantaisies débitées en plein vent, ceux qui pronostiquent la fin lamentable de cette entreprise ont, jusqu’à un certain point, un semblant de raison, car à mesure de l’élévation des massifs métalliques leur légèreté s’accentue davantage et leur inclinaison prend des proportions bien faites pour effrayer des gens peu au courant de ces sortes d’ouvrages et ignorants des précautions infinies prises pour mettre en place la moindre pièce. Vus sous leur angle maximum^les pylônes de fer paraissent devoir se renverser en écrasant les charpentes qui les soutiennent, mais cet aspect d’instabilité est une simple illusion d’optique, car en admettant même la suppression des échafaudages d’appui, tout tiendrait de soi-même; en effet, avec la hauteur actuelle, la verticale du centre de gravité de chaque pied passe encore dans le périmètre de la base ; à cette condition réalisée, et déjà suffisante par elle-même, vient s’ajouter un surcroît de solidité dû aux très respectables boulons maintenant les premiers tronçons des arbalétriers sur leur support de pierre.
- Ces explications font voir que, tout en trouvant naturel le sentiment d’effroi inspiré à certaines personnes par ces constructions inaccoutumées, il faut se garder de partager leur crainte; on a prévu tout ce qu’il était humainement possible de prévoir et M. Eiffel, auteur de tant de travaux remarquables, ne s’est pas embarqué dans une pareille entreprise sans s’être assuré des moyens de la mener à bonne fin et sans s’être entouré de toutes les garanties voulues, les exagérant même plutôt à dessein afin de parer à l’imprévu; il faut, au contraire, admirer la hardiesse de cette oeuvre renouvelant de nos jours, et à quatre exemplaires à la fois, la merveilleuse victoire remportée sur l’instabilité par les tours de Bologne et de Pise.
- Pendant quelques jours les travaux ne porteront pas sur l’accroissement de l’élévation ; simultanément, les 240 ouvriers employés sur le chantier s’occuperont de la pose des pièces de consolidation, indispensables pour s’élever plus haut, ainsi que de l’établissement des charpentes accessoires dont la préparation est à peu près terminée. Une fois ceci fait, tous les efforts seront reportés à nouveau sur le montage proprement dit; on sera alors arrivé environ à la fin du mois de novembre et il ne faudra plus guère qu’un mois ou un mois et demi pour atteindre le Ier étage delà tour. Les premières parties des arcs sont déjà posées et la mise en place de ces pièces modifiera, avant qu’il soit longtemps, l’aspect général des constructions qui se dessineront mieux dans l’espace. Du reste, on peut être sûr que les travaux ne se ralentiront pas sous la conduite du nouveau directeur des chantiers, M. Compagnon, dont l’habileté s’est manifestée en maintes circonstances et notamment au viaduc de Garabit qu’il vient seulement de quitter pour venir au Champ-de-Mars.
- On trouvera plus loin les documents concernant l’adjudication devant avoir lieu le samedi 22 octobre et qui a pour objet la mise en état, d’une façon complète, des parcs et jardin, tant au Champ-de-Mars qu’au Trocadéro. Etant donnée la surface considérable qu’occuperont ces promenades, cette adjudication a une grande importance, Connaissant le soin jaloux qu’apporte M. Alphand à toute la partie décorative de la future exposition, on peut être sûr que l’exécution de ces détails sera digne de l’ensemble . Aussitôt l’adjudicataire désigné, la besogne commencera pour se poursuivre jus-qu’â parfait achèvement et, dans quelques mois, le terrain, que l’approche de l’hiver change en lac boueux, prendra un air propre et régulier réjouissant à voir ; on pourra au moins circuler facilement d’un chantier à l’autre et cette modification du sol changera profondément
- l’aspect général : on sentira qqe l’œuvre marche rapidement vers sa fin.
- Les études relatives à cette adjudication forment trois dossiers distincts, les deux premiers ayant trait aux jardins proprement dits ont été dressés par M. Laforcade, jardinier en chef et le troisième, traitant, de l’établissement des chaussées empierrées, des allées et des trottoirs, a été préparé par M. Lion, ingénieur du service des travaux.
- On compte bientôt procéder à la pose de la couverture en zinc; en attendant, la vitrerie qui avait été ralentie par des retards apportés dans la fourniture des verres va reprendre avec activité ainsi que la mise en place du voli-geage sur les travées non encore couvertes. Espérons que les pluies ne seront pas aussi persistantes qu’elles paraissent devoir l’être, car elles gênent considérablement le travail dont le prompt achèvement est pourtant indispensable, ainsi que nous le faisions remarquer précédemment. En ce moment, néanmoins, les trois travées du palais des industries diverses, qui se trouvent parallèles à l’avenue de Labour-donnais, offrent un abri suffisant pour que Ton puisse travailler à peu près à sec sous leur couvert.
- Le mauvais temps ne gêne pas seulement l’entreprise de la couverture, les chantiers de MM. Appay, Versifié et Huguet, ainsi que ceux de M. Manoury ne peuvent pas être occupés d’une façon aussi profitable qu’il y a quelque temps, malgré cela on travaille quand même et on s’efforce de faire pour le mieux : les dômes des palais latéraux sont en bonne voie et la majeure partie des fondations du palais des machines est achevée, quelques pieux seuls restent encore à battre et l’eussent déjà été sans quelques difficultés présentées par le terrain.
- Mardi dernier, Dom Pedro, empereur du Brésil, est allé, en simple particulier, visiter les préparatifs de l’Exposition, il était accompagné dans sa tournée par M. Berger avec lequel il a parcouru fort en détail les diverses entreprises, s’informant de toutes les particularités et se faisant renseigner d’une manière plus précise sur les points qui l’intéressaient davantage ; Dom Pedro a spécialement examiné les travaux de la tour de 3oo mètres, et à la façon dont les explications, même techniques, ont été écoutées on voyait qu’elles s’adressaient à un homme au courant de la question des travaux métalliques. Sa Majesté s’est retirée, enchantée de sa visite, après avoir vivement félicité le directeur général sur les résultats obtenus.
- H. DE BAECKER. J
- ------—Tfïürnir Q tüf V taiiîT'—-
- NOMINATION
- du Directeur des services de la Presse étrangère
- au Commissariat général de l’Exposition
- Par arrêté en date du 6 octobre 1887, le. ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général, a nommé M. Berardi directeur des services de la presse étrangère au commissariat général deTExposition universelle de 1889.
- COMITÉS D’ADMISSION
- Par arrêté en date du 5 octobre 1887, le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général, a nommé membre du comité d’admission de la classe 47 (cuirs et peaux), M. Clavé-Ber-trand, tanneur à Coulommiers, membre du jury des récompenses aux expositions d’Amsterdam en 1883 et d’Anvers en 1885.
- COMITÉS DÉPARTEMENTAUX
- Par arrêté en date du 6 octobre 1887, le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 18 9 a nommé membres du comité départemental de la .Mayenne :
- Sous-comité de Varrondissement de Mayenne
- MM. Caigné-Cendrier, fabricant de tissus, à Mayenne.
- Henry-Gouannier, filateur, à Aron. Desprès,directeur des'ardoisières de Chat-temoue (Javron).
- EXPOSITION COLONIALE
- Par arrêté de M. le sous-secrétaire d’Etat aux colonies, chit été nommés membres de la commission d’organisation de la section des colonies françaises à l’Exposition de 1889 :
- MM. Paul Nicole ; Paul Trouillet, directeur de la Revue-Galette et éditeur de l’Annuaire colonial; Seghoud, conseiller référendaire honoraire à 1 la cour des comptes, ancien membre de la commission supérieure de l’exposition permanente des colonies.
- ------------------------
- BUREAUX DES
- COMITÉS DÉPARTEMENTAUX
- YONNE
- Comité départemental
- Président. — M. Guichard, sénateur, président du Conseil général.
- Vice-présidents. — MM. Trutey, président du tribunal de commerce d’Auxerre ; Savatier-Laroche, avocat à Auxerre, président du comice agricole et viticole de l’arrondissement d’Auxerre.
- Secrétaire général. — M. Fougerol, ingénieur civil, fondeur à Auxerre.
- Secrétaires. — MM. Saulnier fils, conseiller général à Basson ; Théophile Augé, président du syndicat commercial d’Auxerre.
- Sous-comité d’Auxerre
- Président. — M. Perriquet, ancien président du tribunal de commerce à Auxerre.
- Vice-président. — Fortunet , inspecteur des forêts à Auxerre.
- Secrétaire.—Ghambard fils, industriel à Auxerre.
- Sous-comité d'Avallon
- Président. — M. Houdaille, député, maire d’A-vallon.
- Vice-président. — M. Grenau, industriel à l’Ile-sur-le-Sérein.
- Secrétaire. — Emile Idobé, imprimeur à Aval-Ion.
- Sous-comité de Joigny
- Président. — M. Dethou, député, maire de Blé-neau.
- Vice-président. — M. Delécolle, maire de Joigny.
- Secrétaire. — M. Hamelin, imprimeur à Joigny.
- L’élection des bureaux pour les sous-comités de Sens et de Tonnerre aura lieu à une séance ultérieure.
- ADJUDICATION
- Adjudication, en un lot, des fournitures et travaux pour Vexécution des parcs du Champ-de-Mars et du Trocadéro, et de l’établissement des chaussées empierrées, des allées et des trottoirs sablés dans le Champ-de-Mars.
- 1. Le samedi 22 octobre 1887, à une heure de l’après-midi, il sera procédé publiquement, dans une des salles du Conseil de Préfecture (Palais du Tribunal de Commerce), par le Préfet de la Seine ou son délégué, assisté de deux membres du Conseil de Préfecture et du Directeur général des Travaux ou de son délégué, à l’adjudication, au rabais, sur les prix des devis, et par soumissions cachetées :
- De l’entreprise, en un lot, des fournitures de terre végétale, terre de Bruyère, terreau,:; paillis de champignons et sable de rivière pour les Parcs du Champ-de-Mars et du Trocadéro, et de l’établissement des chaussées empierrées, des allées et des trottoirs sablés dans le Champ-de-Mars.
- Le cautionnement est fixé à i5,ooo fr.
- 2. Les devis, les séries, les cahiers des charges et les plans sont déposés à la Direction générale des Travaux.
- Chaque soumission, sous pli cacheté, sera renfermée, avec le certificat de dépôt du cautionnement, sous une seconde enveloppe cachetée portant pour suscription : Exposition de 1889. —. Fournitures pour les travaux des parcs du Champ-de-Mars et du Trocadéro.
- FOURNITURES POUR L’EXÉCUTION DES PARCS DU CHAMP-DE-MARS
- Détail estimatif
- Terres végétales, 10.8751113 à 4 fr. 5o ; total, 48.987 fr. 5o.
- Terres végétales (de maraîcher), 3,625jn3 à 4 fr.; total, 14,500 fr.
- p.814 - vue 399/496
-
-
-
- Troisième Année. — N° 146.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 16 Octobre 1887. — 815.
- Terre de bruyère, i,ooom3 à i5 fr. ; total, 15,ooo fr.
- Terreau, i,200in3 à 6 fr. 5o; total, 7 800 fr.
- Paillis de champignons, 225m3 à 7 fr. ; total,
- I. 575 fr.
- Total, 87,812 fr. 3o.
- Somme à valoir pour imprévus, 12,187 fr. 5o.
- Frais d’agence, 3.000 fr.
- Total général, io3,ooo fr.
- FOURNITURE POUR l’exÈCUTION DES PARCS DU TROCADÉRO
- Détail estimatif
- Terre végétale, 6,ooom3 à 4 fr. = 24,000 fr.
- Terreau, 2,ooom3 à 6 fr. 5o = i3,ooo fr.
- Paillis de champignon, 2oom3 à 7 fr. = 1,400 fr.
- Terre de bruyère, 6oom3 à i5 fr. = 9,000 fr.
- Sable de rivière, i58m356 à 7 fr. = 1.100 fr. 92.
- Total, 48,509 fr. 92.
- Somme à valoir pour imprévus, 3,65o fr. 08.
- Total général, 52,160 fr.
- ÉTABLISSEMENT DES CHAUSSEES EMPIERRÉES DES
- ALLÉES ET DES TROTTOIRS SABLES DU CHAMP-DEMARS.
- Détail estimatif
- 10 Terrassement, règlement des allées et établissement des formes des chaussées.
- Mètres cubes de déblai pour fouille, charge en tombereau et transport aux décharges publiques, frais de décharge compris. — io,9iom3973 à 3 fr.
- — 32,732 fr. 92.
- Mètres carrés de règlement de forme de terrassement suivant le profil prescrit, y compris plus-value pour fouille de moins de om20 d’épaisseur, i42,342m2i2 à o fr. 04 = 5,693 fr. 68.
- 20 Bordures en bétons aggloméré.
- Mètres linéaires de bordures droites ou courbes (omi8/om25) en béton, système Goignet, fournis à pied-d’œuvre.-— 3,388m48 à 3 fr. = ioi,65fr. 44.
- Mètres linéaires de pose sur table de bordures droites ou courbes (8mi8/om25) en béton système Coignet. — 3,388m48 à o fr. 3o = 1,016 fr. 54.
- 3° Empierrement.
- Mètres cubes de cailloux bruts fournis à pied-d’œuvre emmétrés. — 6,268m340 à 6 fr. =
- 37,610 fr. 40.
- Mètres cubes de meulière cassée fournis a pied-d’œuvre emmétrés. — 5,223m366o à 16 fr. =
- 83,578 fr 56.
- Mètres cubes de sable de plaine pour agrégation fournis à pied-d’œuvre emmétrés. — 2,290m34io à 4 fr. = 9,193 fr. 64.
- Mètres cubes de matériaux d’empierrement pour répandage et distribution à la brouette.
- II, 492m3o6o à o fr. 55 = 6,320 fr. 63.
- 4° Sablage des allées, des sentiers et des trottoirs.
- Mètres cubes de sable de rivière fournis à pied-d’œuvre et emmétrés. —2,454m340o à 5 fr. 5o = 13,499 fr- 20'
- Mètres cubes de gravillon fournis à pied-d’œuvre et emmétrés. —342m393o à 6 fr. 5o = 2,229 fr*o5.
- Mètres cubes de sable de gravillon pour répandage et distribution à la brouette. — 5,ooim358o à o fr. 40 = 2,000 fr. 63.
- Mètres carrés de ratissage simple d’allée sablée ou en gravillon. — 90,io5m248 à o fr. o5 = 45o fr. 53. '
- 5° Fournitures et travaux divers peur l’entretien pendant six mois, y compris la mise en état pour l’inauguration.
- Journées de terrassiers. — i,5oo à 4 fr. 5o — 6,73o fr.
- Journées de tombereau à 2 chevaux, conducteur compris. — 200 à 18 fr. = 3,600 fr.
- Mois de cheval harnaché, conducteur compris.
- — 12 à 25o fr. = 3,ooo fr.
- Mètres cubes de détritus pour charge et transport aux décharges. 2,ooom3 à 2 fr. 85= 5,700 fr.
- Mètres cubes de meulière cassée fournis à pied-d’œuvre et emmétrés. — 28om3 à 16 fr. = 3,200 f.
- Mètres cubes de sable de rivière fournis à pied-d’œuvre et emmétrés. — 3oom3 à 5 fr. 5o = i,65o fr.
- Montant total des dépenses à l’entreprise. 228,391 fr. 22.
- Somme à valoir pour dépenses imprévues et frais de surveillance, 121,608 fr. 78.
- Total, 35o,ooo fr.
- Honoraires et frais d’agence, 3 0/0 environ, 11,000 fr.
- Total des dépenses, 36i,ooo fr.
- -----^SiSiSîn—^ 'Tln'T 1 ----
- EXPOSITION RÉTROSPECTIVE DU TRAVAIL
- ET DES SCIENCES ANTHROPOLOGIQUES
- EXPOSE DES MOTIFS
- Paris, 12 octobre 1887.
- En 1867, un arrêté du ministre d’Etat, vice-président de la commission impériale, avait créé, sous le nom d’Exposition de l'histoire du travail, une section destinée à recevoir les objets produits depuis les temps les plus reculés jusqu’à la fin du xvin9 siècle.
- Prenant en considération cette pensée utile et pratique,_ l’article 5 du règlement général de l’Exposition de 1889 a institué une Exposition rétrospective de l’histoire du travail.
- Le programme de l’exposition rétrospective de 1867 établissait, pour la partie française j,de celle-ci, un classement correspondant à dix époques bien tranchées :
- i° La Gaule avant l’emploi des métaux ;
- 20 La Gaule indépendante;
- 3° La Gaule pendant la domination romaine;
- 40 Les Francs jusqu’au sacre de Charlemagne (800);
- 5° Les Garlovingiens du commencement du ix8 siècle à la fin du xie ;
- 6° Le moyen âge du commencement du xne au règne de Louis XI, inclusivement (1483) ;
- 7° La Renaissance, depuis Charles VIII jusqu’à la mort de Henri IV (1610).
- 8° Les règnes de Louis XIII* et Louis XIV, (1610 à 1715).
- 90 Le règne de Louis XV (1715 à 1775);
- io° Le règne de Louis XVI et la Révolution, (1775 à 1800) ;
- Les nations étrangères étaient invitées à prendre part à cette exposition en adoptant un classement conforme au développement historique de leurs civilisations respectives et de leur travail national.
- Tout en présentant un intérêt réel, surtout au point de vue archéologique et de l’art rétrospectif, cette section de l’Exposition de 1867 ne tint pas tout ce que les principes de son organisation semblaient promettre, car les amateurs qui consentirent à prêter leurs objets formant collection ne se soumirent pas volontiers à la division que comportaient les prescriptions de l’ordre historique et chronologique.
- En 1878, un nouvel appel fut adressé aux collectionneurs pour l’organisation d’une Exposition historique de l’art ancien, dans les ailes du palais du Trocadéro. On arriva à grouper des objets anciens très remarquables, tant au point de vue historique qu’au point de vue du mérite réel. On avait adjoint une Exposition ethnographique, conçue dans le but de mettre sous les yeux du public un tableau de la marche de la civilisation à travers les âges et de ses développements successifs dans les différentes contrées du globe.
- L’exposition historique de l’art ancien et le musée ethnographique ont formé, en 1878, un ensemble magistral ; le succès obtenu a été éclatant, grâce à l’empressement des collectionneurs, dont la bonne volonté aurait pu être mise en doute après tant d’expositions rétrospectives de beaux-arts, où leur concours avait été sollicité, depuis la plus importante de toutes, ouverte en 1873, dans les salons de la présidence du Corps législatif, au profit de la société des Alsaciens-Lorrains.
- Quoi qu’il en soit, il suffit de jeter les yeux sur la nomenclature ci-après des dix sections entre lesquelles ont été répartis les objets admis en 1878, pour rester convaincu que cette exposition eut, de nouveau, pour élément essentiel l’art rétrospectif proprement dit.
- 1re section. — Art rétrospectif et antiquités des Gaules ;
- 2e section. — Sculpture antique du moyen âge et de la Renaissance ; glyptique ;
- 3B section. — Numismatique gauloise et moyen âge; médaillons, sigillographie ;
- 4B section. — Céramique du moyen âge, de la Renaissance ; faïences, porcelaines.
- 5e section. — Manuscrits ; livres incunables, dessins, reliures.
- 6G section. — Armes, armures.
- 7e section. — Orfèvrerie, ivoires, cristaux, bijoux.
- 80 section. — Ameublement, étoffes, tapisserie.
- cf section. — Ethnographie des peuples étrangers à l’Europe.
- 10e section. — Instruments de musique.
- Cette répartition avait été arrêtée surtout en vue de l’admission des objets, et ceux-ci devaient être rangés dans les salles, suivant des séries surtout chronologiques, comprises entre les temps ! anciens et le commencement du xixe siècle. L’ordre d’exposition ainsi réglé a été maintenu aussi rigoureusement que possible, mais les comités d’installation se sont encore trouvés trop souvent impuissants devant la volonté des prêteurs, qui désiraient maintenir leurs collections dans leur intégralité, si disparates d’espèces et d’époques que pussent en être les pièces.
- Il appartient à l’Exposition de 1889 de réaliser ce qui n’a pu être accompli avant elle. Il ne saurait plus être question d’une exposition rétrospective d’œuvres d’art, pouvant être la répétition, sous une forme quelconque, de ce qui a déjà été fait ; il faudrait, en effet, extraire les éléments constitutifs de cette exposition de collections souvent mises à contribution et qui n’ont, pour ainsi dire, plus rien à révéler, parce qu’elles n’ont pas eu le temps de s’enrichir, dans une mesure suffisante, de morceaux nouveaux à montrer.
- L’exposition rétrospective du travail, en 1889, ne saurait avoir qu’un but très défini : celui de
- retracer à grands traits, au moyen de la production de documents et de monuments authentiques, les étapes de génie de l’homme.
- Obéissant successivement au souci défensif de sa vie animale, à la recherche de son bien-être et de sa richesse, à l’idée de l’avancement économique et social, l’homme a fait parcourir aux moyens et aux méthodes de son travail purement manuel d’abord, secondé ensuite par l’arme, outil des âges primitifs, et simplifié progressivement, pendant les époques historiques, grâce à l’emploi des instruments dont le perfectionnement a abouti à la création des engins mécaniques industriels de notre siècle, une route qu’il importe de suivre sous les yeux de nos contemporains.
- Pour atteindre à ce résultat, il est nécessaire d’associer à Y exposition rétrospective du travail, celles des sciences anthropologiques, afin de faire voir, pour commencer, l’homme tel qu’il est sorti des mains de la nature dans ses formes physiques des différentes races.
- L’histoire primitive du travail de l’homme serait, ensuite, retracée au moyen des découvertes de la pateoethnographie ou archéologie préhistorique, qui, dans les sciences anthropologiques, forme l’introduction de l’ethnographie proprement dite, classée comme la deuxième division de ces sciences, dont l’anthropologie physique est la première.
- L’anthropologie physique, ou technique, ferait une part au vivant, en présentant des types reproduits par les arts de la plastique et du dessin : bustes, masques, etc., etc. ; elle montrerait ensuite le crâne, laboratoire de la pensée et de l’esprit de découverte, avec le squelette qui est la machine articulée naturelle mise au service exécutif des conceptions issues de l’enveloppe cérébrale. L’ethnographie, qui peut-être définie : Yhistoire du progrès dans les choses, associerait en général ses enseignements aux démonstrations résultant de l’exposition méthodique des organes mécaniques et des objets industriels d’autrefois. Elfe constaterait ainsi la filiation séculaire rétrospective des produits modernes réunis dans l’exposition internationale du Champ-de-Mars.
- Les recherches seront longues et pénibles pour arriver à constituer matériellement Y exposition rétrospective du travail, pendant les siècles antérieurs à la publication de l'encyclopédie; mais, avec le temps, la science et la bonne volonté de tous aidant, on arrivera certainement à des résultats très intéressants. Il suffit de se mettre immédiatement à l’œuvre; et c’est à la poursuite de ce but que pourrait se dévouer sans retard un comité spécial chargé de préparer et d’organiser l’exposition projetée sur les larges bases, esquissées plus haut.
- A partir de 1789 la tâche deviendra plus aisée et la démonstration sera plus significative. Malgré la différence ou l’antagonisme des institutions politiques des peuples divers, la date de 1889, personne ne peut y contredire, est l’anniversaire d’un fait aussi bienfaisant pour l’humanité que glorieux pour la France, L’année 1789 a vu 37 millions de Français proclamer l’égalité civile. Ce principe immortel s’est imposé au monde en fondant universellement la richesse industrielle et commerciale, c’est-à-dire, en mettant au service du travail universel l’intégralité des forces et des capacités. C’est donc à partir de 1789 qu’il faut accumuler les leçons des choses qui apprendront aux visiteurs de l’Exposi tion comment s’est formé, par la science et ses applications, par la pratique professionnelle, par le développement du génie de l’homme, le merveilleux outillage actuel des arts et métiers du monde.
- En établissant des séries dont les points de départ seraient les appareils mêmes qui sont sortis des mains des inventeurs et de leurs successeurs immédiats, appareils dont certains existent encore ou dont la connaissance peut être procurée exactement par des documents graphiques de l’époque, on arrivera à constituer dans les salles de l’exposition rétrospective du travail une série centenale d’objets curieux, choisis comme espèce et comme nombre, de façon à retracer matériellement et à grands traits la marche du dix-neuvième siècle dans le domaine de la science appliquée et de l’industrie proprement dite. Là sera véritablement le vestibule historique de l’Exposition de 1889.
- Il serait évidemment téméraire de se substituer au comité d’organisation de l’exposition projetée, et de présenter dès maintenant un programme classifié de Vexposition des sciences anthropologiques et de l’exposition rétrospective du travail; mais on,peut penser néanmoins que l’exposition dont il s’agit doit comprendre cinq grandes divisions :
- i° Sciences anthropologiques et ethnographiques ;
- 20 Arts libéraux;
- 3° Arts et métiers ;
- 4° Moyens de transport ;
- 5° Arts militaires,
- qui, fractionnées elles-mêmes par les soins du comité d’organisation, pourront présenter, dans tous les âges et dans tous les pays, le tableau complet de l’histoire du travail.
- p.815 - vue 400/496
-
-
-
- 8r6. — Troisième Année *— N® 146.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 16 Octobre 1887.
- Le ministre du commerce et de l’industrie commissaire général,
- Vu l’article 5 du décret du 28 juillet 1886, réglant l’organisation des services de l’Exposition universelle de 1S89 ;
- Vu l’arrêté ministériel du 26 août 1886_ et l’annexe n° i, contenant le système de classification générale de l’Exposition universelle de 1889 ;.
- Vu l’exposé des motifs présenté par le directeur général de l’exploitation,
- Arrête :
- Art. ier. — Est instituée à Paris, pendant la durée de l’Exposition universelle de 1889, une exposition rétrospective du travail et des sciences anthropologiques, divisée en cinq sections, conformément au tableau ci-dessous.
- Section I. — Sciencesanthropologiques et ethnographiques.
- Section II. — Arts libéraux ;
- Section III. — Arts et métiers ;
- Section IV. — Moyens de transport;
- Section V. — Arts militaires.
- Art. 2. — Sent créés, pour l’exposition rétrospective du travail et des sciences anthropologiques, cinq comités composés chacun de vingt membres, correspondant aux cinq sections dont la nomenclature précède.
- Art. 3. — Chacun de ces comités, nommé sur la proposition du directeur général de l’exploitation aura un président, un vice-président, un rapporteur et un secrétaire pris parmi ses membres et élus par le comité lui-même.
- Art. 4. — Une commission supérieure d’organisation, composée des présidents, des rapporteurs et des secrétaires des cincj sections, sera chargée, conjointement avec le directeur général de l’exploitation, de l’organisation de l’exposition rétrospective du travail et des sciences anthropologiques .
- Art. 5.— Sont nommés membres du comité d’organisation de l’exposition rétrospective du travail et des sciences anthropologiques :
- section ira
- Anthropologie, — Ethnographie
- MM. Rerger (Philippe), sous bibliothécaire de l’Institut; Carnot, sénateur, président de la société d’ethnographie ; Cartailhac (E.), directeur des matériaux pour servir à l’histoire de l’homme; Chantre (E.), secrétaire général de la société d’anthropologie de Lyon ; Charton (Edouard), sénateur, membre de l’académie des sciences morales et politiques; Cousin (Jules), bibliothécaire-conservateur à la bibliothèque et au musée de la ville de Paris ; Duval (le docteur Mathias), membre de l’académie de médecine, profeseurà l’école de médecine, professeur à l’école d’anthropologie ; Geoffroy Saint-Hilaire, directeur du jardin zoologique du bois de Boulogne; Girard de Rialle, directeur au ministère des affaires étrangères, ancien secrétaire général adjoint de la société d’anthropologie ; Hamy, conservateur du musée ethnographique duTrocadéro; HerveydeSaint-Denis(lemar-quis d’), membre de l’académie des inscriptions et belles-lettres; Heuzey(Léon-Alexandre), membre de l’académie des inscriptions et belles-lettres ; Maspéro (Gaston-Camille), membre de l’académie des inscriptions et belles-lettres ; Montaiglon (Anatole de), professeur à l’école des Chartes ; Mortillet (Gauriel de), député, maire de Saint-Germain, professeur à l’école d’anthropologie ; Nadaillac (marquis de), correspondant de l’académie des inscriptions et belles-lettres ; Perrot (Georges), membre de l’académie des inscriptions et belles-lettres, directeur de l’école normale ; Rozière (de), membre de l’académie des inscriptions et belles-lettres ; Schlumberger, membre -de l’académie des inscriptions et belles-lettres; Topinard, ancien secrétaire général de la société d’anthropologie de Paris, professeur à l’école d’anthropologie.
- section 11 Arts libéraux
- MM. Beauquier, député ; Bréal (Michel), membre de l’académie des inscriptions et belles-lettres, professeur au Collège de France; Cernuschi (Henri); Chabouillet, conservateur sous-directeur du département des médailles à la Bibliothèque nationale; Compayré, député; Delaville-le-Roulx (Joseph), paléographe, ancien élève de l’école des Chartes; Duplessis (Georges), conservateur sous-directeur adjoint à la Bibliothèque nationale ; Faye (Hervé), membre de l’académie des sciences et du Bureau des longitudes ; Gonse (Louis), administrateur de la Galette des beaux-arts ; Gruyer (F.-A.), membre de l’académie des beaux arts ; Janssen (J.-C.), membre de l’académie des sciences et du bureau des longitudes, directeur de l’observatoire d’astronomie physique de Meudon ; Krafft (Hugues), publiciste; Lajarte (Théodore de), bibliothécaire de l’académie de musique ; Monval, archiviste-bibliothécaire de la Comédie-Française ; Mouchez (contre-amiral), membre de l’académie des sciences et du bureau des longitudes, directeur de l’Observatoire de Paris ; Nuitter (Charles), archiviste de l’académie de
- musique; Renaud (Armand), inspecteur en chef du service des beaux-arts et des travaux historiques de la ville de Paris ; Réty (Emile), chef du secrétariat général du conservatoire de musique ; Révihon (Tony), député; Yriarte(Charles), publiciste.
- SECTION III
- Arts et Métiers
- MM. Baltet (Stanislas), député; Bouilhet (Henri), vice-président de la société de l’Union centrale des arts décoratifs; Chéret (Jules), artiste lithographe, directeur de l’imprimerie Chaix (succursale Chéret) ; Darcel, directeur du musée des Thermes etde l’hôtel de Cluny ; Davanne, président de la société de photographie ; Deck (Th.), administrateur - directeur de la manufacture nationale de Sèvres ; Doniol, directeur de l’Imprimerie nationale ; Dreyfus (Gustave) , membre de la commission des monuments historiques et de la société de l’union centrale des arts décoratifs ; Fougeirol, député ; Gaillard, député du Puy-de-Dôme ; Gerspach, administrateur de la manufacture des Gobelins ; Guimet (Emile) ; Imbert, député ; Laussedat (le colonel), directeur du Conservatoire des arts-et-métiers ; Mercadier, directeur des études à l’école polytechnique, membre du conseil supérieur de l’instruction publi-.que ; Pernolet, député ; Pihet (Auguste), ancien ingénieur-constructeur, président honoraire de la chambre syndicale des mécaniciens ; Proust (Antonin), député, ancien ministre, président de l’union centrale des arts décoratifs ; Reymond (Francisque), député ; Vacher, député.
- SECTION IV
- Moyens de transport
- tMM. Bixio (Maurice); Blount (Edward), président du conseil d’administration du chemin de fer de l’Ouest; Carnot (Sadi), député ; Cazavan, ingénieur-conseil de la compagnie du chemin de fer d’Orléans ; Cendre, ingénieur en chef des ponts et chaussées, directeur des chemins de fer de l’Etat; Chabrol, conseiller d’Etat, membre du comité consultatif des chemins de fer; Chauchat, conseiller d’Etat, membre du comité consultatif des chemins de fer; Crozet-Fourneyron, député; Cuvinot, sénateur, ingénieur en chef des ponts et chaussées; Freycinet (C.-L. de Saulces de), sénateur, membre de l’académie des sciences ; Griolet (Gaston), administrateur de la compagnie du chemin de fer du Nord, maître des requêtes honoraire, au conseil d’Etat; Jacqmin, inspecteur général des ponts et chaussées, directeur de la compagnie des chemins de fer de l’Est; Jurien de la Gra-vière (vice-amiral), membre de l’académie des sciences; Lesguillier, député Montgolfier (de), manufacturier; Péreire (Henri), ingénieur civil, administrateur du chemin de fer du Midi ;
- Peschart d’Ambly, directeur des constructions navales au ministère de la marine; Picard (Alfred), inspecteur général des ponts et chaussées, président de section au conseil d’Etat; Thévenet, député, membre du comité consultatif des chemins de fer ; Tissandier (Gaston), aéronaute et publiciste.
- section v
- Arts militaires
- MM. Babin de Grandmaison (le colonel), au ministère de la guerre ; Bapst (Germain), administrateur du musée des arts décoratifs ; Boulanger, capitaine de ire classe du génie, attaché à la section technique de son arme, au ministère de la guerre ; Casimir Périer (Jean), député de l’Aube ; Cavai-gnac (Godefroy), député ; Cloué (le vice-amiral), ancien ministre de la marine et des colonies, membre du bureau des longitudes ; Détaillé (Edouard),artiste peintre; Farcy (Eugène),député; Frogier de Ponlevoy, député ; Gervais (le général); Gras (le colonel), inspecteur des manufactures d’armes; Grévy (le général), sénateur ; Meissonier, membre de l’académ e des beaux-arts ; Munier, capitaine d’infanterie breveté, attaché à la section technique de télégraphie militaire.
- Prère, chef d’escadron de cavalerie, attaché à la section technique de son arme ; Priou, chef d’escadron d’artillerie, attaché à la section technique de son arme ; Robert (le colonel), conservateur,du musée d’artillerie à l’hôtel des Invalides ; Saski, capitaine de cavalerie, breveté, attaché à l’état-major général du ministre de la guerre (section historique) ; Serre (le contre-amiral); Vanson (le général).
- Art. 6. — Le bureau de la commission supérieure d’organisation instituée par l’article 4 du présent arrêté est constitué ainsi qu’il suit:
- MM. Simon (Jules), sénateur, membre de l’Académie française, secrétaire perpétuel de l’académie des sciences morales et politiques, président; Renan (Ernest), membre de l’Académie française et de l’académie des inscriptions et belles-lettres, directeur du Collège de France, vice-président; Quatrefages de Breau (de), membre de l’académie au Muséum d’histoire naturelle, vice-président ; Rouché (Jacques), ancien élève de l’école polytechnique, secrétaire; Faucou (Lucien), sous-con-
- servateur du musée historique de la ville de Paris hôtel Carnavalet, directeur de l’Intermédiaire des chercheurs et curieux, secrétaire.
- Paris, le 12 octobre 1887.
- Le ministre du commerce et de l'industrie, commissaire général,
- Lucien Dautresme.
- -----------—----» @>-«» 1» <-Sïa—-—--
- M. Georges Berger a été délégué dimanche dernier par M. le ministre du commerce et de l’industrie pour présider la distribution des récompenses de l’Exposition de Toulouse.
- Voiçi quelques passages de l’intéressant discours prononcé par M. le directeur général de l’exploitation de l’Exposition de 1889 :
- « Paris va offrir pour la quatrième fois, en 1889, le spectacle d’une solennelle manifestation dès forces productrices du monde. Nous organisons, à Paris, une fête française à laquelle nous convions, au nom de la France, l’Univers entier. Au Champ-de-Mars, sur ce sol qu’ont foulé avant nous ceux qui ont acclamé les droits de l’homme et les promesses de la Fédération, nous dressons des palais libéralement ouverts à quiconque travaille pour le bien-être, la richesse et l’avancement moral ou physique des masses, pour la concorde des citoyens et la paix des Nations. En apportant ce qu’ils produisent de mieux dans le domaine des beaux-arts, de l’industrie et de l’agriculture, nos concitoyens des départements ne deviendront pas seulement les hôtes de Paris, ils seront, avant tout, des Français associés à d’autres Français, afin de démontrer, par des faits, que notre génie national n’a rien perdu de ses qualités les plus généreuses et que nous ne saurions cesser d’être des ardents dans l’amour du travail utile et productif.
- « La condition moderne du monde le veut ainsi : c’est quand on se sent fort, le glaive à la main, qu’on peut s’occuper librement des œuvres fécondes de la paix; c’est donc avec une confiance absolue dans notre lendemain que nous nous acheminons vers l’Exposition de 1889, dont celles de Toulouse et du Havre auront été les préparations utiles. Depuis mon dernier passage dans votre ville, j’ai beaucoup parcouru la France, moins cependant que je ne l’aurais désiré. Je me suis trouvé en contact avec beaucoup de représentants de nos grandes industries. Tous les doutes sont dissipés ; toutes les hésitations sont vaincues. Chacun arrive à reconnaître qu’il existe un terrain sur lequel l’union des individus peut se faire par l’union des cœurs et des intelligences; ce terrain est essentiellement celui où les grandes expositions placent les travailleurs de toutes les catégories aussi bien que de toutes les nationalités, rassemblent les hommes qui, sans elles, n’auraient peut-être jamais eu l’occasion de s’aimer et de s’apprécier, de détruire réciproquement leurs préjugés, et d’échanger profitablement leurs idées.
- « Il est incontestable que les cent années qui se seront écoulées de 1789 à 1889 formeront la période la mieux remplie et la plus étonnante de l’ère moderne. Né avec la liberté, ce siècle a vu s’accomplir de véritables prodiges scientifiques et industriels; on dirait que les intelligences et les bras ont voulu immédiatement consacrer leur émancipation par un déploiement de génie spéculatif et pratique, grâce auquel le progrès a fait en avant un bond correspondant à l’invincible puissance des deux agents qui régissent le travail moderne : la vapeur et l’électricité.
- « Nos générations, devenues maîtresses des grandes forces de la nature et de jjtous les secrets de la création, ont perdu, en apparence, au milieu des considérations du chiffre et de la matière, une partie de cet idéal qui élevait, reposait ou consolait la pensée intime, aux époques où l’on croyait au surnaturel, parce que l’on ignorait presque le naturel. Certains esprits éclairés s’inquiètent sérieusement du positivisme qui paraît envahir notre état social et qui va jusqu’à donner à nos arts du dessin et à la littérature contemporaine des allures contraires au sentiment poétique dont les œuvres d’imagination procédaient autrefois. Il est certain qu’en se portant plus exclusivement que jamais vers l’étude et la recherche de la science appliquée, les facultés de l’homme actuel se sont beaucoup détournées de l’une des formes les plus nobles et les plus aimables que pouvait revêtir leur développement. Mais le mal n’est pas aussi profond qu’on pourrait le croire, et la visite de nos expositions est consolante à ce point de vue. Lorsque celles-ci nous font considérer, dans leur ensemble, dans leurs relations réciproques, dans leurs usages variés, dans leurs procédés économiques de fabrication, tous les objets que les arts et métiers produisent à profusion pour rendre la vie facile, hygiénique et confortable dans toutes les classes de citoyens, l’esprit se laisse envahir par un idéal social qui, lui aussi, a sa poésie ; on entrevoit l’humanité améliorant son être moral au fur et à mesure que l’être physique est matériellement et légitimement satisfait ; dans tout cet arsenal de la production des travailleurs, on distingue le chemin que chacun d’eux peut se
- p.816 - vue 401/496
-
-
-
- Troisième Année. — N° 146
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1S89.
- tracer pour faire reconnaître sa valeur individuelle et s’élever par les services rendus. La matière apparaît sous des aspects nouveaux ; on sent comment elle peut dépouiller sa forme brutale, pour devenir, par l’intermédiaire des bras qui s’attaquent à elle, un ferment de l’épanouissement des capacités intellectuelles. Et cet idéal, messieurs, est digne de s’élever à côté de celui qui crée les grandes extases. Comme lui, il enlève à la nature matérielle cette aridité qui déprécie nos existences et blesse tant de consciences.
- « J’ai peur, Messieurs,, que le sentiment que j’ai de l’utilité des expositions, quand on sait les organiser aux heures voulues et libéralement, ne m’ait entraîné un peu loin dans la voie des aperçus philosophiques. Je m’arrête, afin de ne pas retarder plus longuement la proclamation de récompenses brillamment acquises par les exposants de Toulouse. «
- --------—n—> 48» «ii - ïï. . --
- Une réunion du deuxième groupe de la section des arts libéraux a été tenue, hier, sous la présidence de M. Gréard, de l’Institut. L’amiral Cloué, MM. Faille, Ambroise Thomas, Delalain, etc., assistaient à cette séance , ainsi que M. Se'dile, chef du service des installations intérieures, et M. Monthiers, chef des sections françaises.
- * Après une longue délibération il a été décidé que le plan de répartition des espaces à donner dans le palais des arts libéraux serait autographié et présenté aux différentes classes.
- Les présidents de classes ont établi des réunions hebdomadaires.
- Une circulaire va informer les futurs exposants que le dernier délai pour le dépôt des demandes d’admission est fixé au Ier février prochain.
- M. Berger a expliqué les dispositions prises pour l’installation, au centre de la grande nef des arts libéraux, de l’Exposition de l’histoire rétrospective du travail pour laquelle une commission spéciale va être nommée.
- LÀ RÉPUBLIQUE ARGENTINE
- A L'EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1889
- Nous avons signalé le vote récent du Sénat argentin, ouvrant un crédit pour la participation de la République Argentine à l’exposition de 1889. Le journal de Buenos-Aires la Prensa du 4 août, publie l’article suivant traduit par le Mémorial diplomatique :
- « Le Sénat a voté le crédit de 200,000 piastres demandé par le Pouvoir Exécutif,pour préparer la représentation de la République Argentine à l’Exposition de Paris de 1889.
- « C’est une des décisions les plus importantes qui aient été prises par le ministère de l’intérieur et sanctionnées par les Chambres.
- « Déjà l’an passé, La Prensa a traité cette question en la plaçant sur son véritable terrain et en traçant les vastes horizons qu’elle embrasse : c’est un sujet dont l’on doit s’occuper chaque fois qu’il revient à l’ordre du jour.
- « Pour notre pays, c’est une affaire vitale qui intéresse au plus haut degré ses progrès, sa renommée et même, à certains points de vue, sa destinée.
- « Le P. E. a demandé et le Sénat a voté à peine une portion de ce que la Nation doit dépenser, afin d’être représentée dignement à la fête colossale à laquelle la France convoque le monde, pour célébrer le premier centenaire de sa révolution d’impérissable mémoire.
- « La grandeur de cette^ fête et le caractère de l’anniversaire que l’on célèbre_ placent la République Argentine dans une situation toute spéciale dont il est nécessaire que le peuple et le gouvernement se rendent un compte bien exact.
- «Pour nous, l’Exposition de Paris n’est pas seulement un de ces nombreux tournois qui ont lieu quotidiennement dans le monde, auxquels nous prenons part, pour ainsi dire par politesse, et dans lesquels le. gouvernement se fait représenter par un commissaire tandis que quelques industriels exposent les produits de leur industrie.
- « L’Exposition de Paris sera une lutte gigantesque, la plus remarquable et la plus grande du siècle. L’univers entier y enverra tout ce que produisent l’esprit et la matière.
- Ce sera une bataille d’intelligence et de richesse peut-être sans précédent, bataille, à laquelle assistera le monde entier, pour apprécier et juger ce qu’est chaque peuple de la terre, ce qu’il ipossède et ce qu’il peut devenir au milieu du grand mouvement de la civilisation,.
- « Depuis un quart de siècle, on pourrait presque dire depuis dix ans seulement, les peuples européens commencent à montrer le plus vif intérêt pour ce qui concerne l’Amérique..
- « Autrefois, on donnait le nom à'Américains aux seuls habitants des Etats-Unis; aujourd’hui, on
- Dimanche 16 Octobre 18S7 — 817.
- fait la différence entre les Américains du Nord et ceux du Sud.
- « Autrefois, nous n’étions que des agglomérations mobiles et vacillantes, sans organisation et sans consistance, en proie à de sanglantes révolutions chroniques.
- « Aujourd’hui nous nous sommes élevés au rang de peuples jeunes, pleins de vie, jouissant de crédit et vers lesquels accourt, avec raison, l’immigration.
- « Autrefois, les Anglais seuls faisaient des affaires dans ces régions ; aujourd’hui, le capital et le crédit viennent des autres nations, qui cherchent nos marchés pour le placement de leurs produits et de leur argent.
- « Il est donc certain que nous sommes parvenus à exciter l’intérêt des étrangers ou, ce qui est le même, que nous gagnons du terrain dans la considération des peuples. Nous sommes en plein sur le chemin par lequel on arrive à la notoriété — la seule chose qui nous manque pour qu’on ait foi dans la grandeur de l’avenir qui est réservé à notre pays.
- « Mais, si le jugement du monde est plus favorable à l’Amérique transformée par la civilisation, c’est la République Argentine qui intéresse le plus vivement l’Europe, dont les habitants nous désignent comme les Yankees du Sud.
- « Cette opinion, nous en avons sous les yeux la preuve certaine. Des milliers d’hommes viennent spontanément dans notre pays, sans qu’il soit même besoin de leur en faciliter les moyens ; des millions de piastres viennent en même temps, soit par suite de nos emprunts, soit apportées par des entreprises privées ou en paiement de nos valeurs intérieures, comme les cédules hypothécaires.
- « Pourquoi tous ces grands courants de richesse ne s’arrêtent-ils pas au Brésil qui est sur leur route ? Pourquoi ne vont-ils pas au Paraguay, à la Banda Oriental, au Chili, au Pérou, en Bolivie et chez les autres peuples dont les territoires sont baignés par les deux Océans, ou bien encore au Mexique ?
- « Ce fait indique suffisamment la situation qu’occupe notre pays dans l’opinion du monde, opinion qui ne se trompe jamais.
- Mais de si grands avantages nous imposent des devoirs et nous créent des responsabilités dont nous devons avoir une idée complète.
- « Arrivant au sujet qui a motivé ces réflexions, nous trouvons que la question doit être posée franchement en ces termes: la République Argentine, pour occuper exactement la place que lui accorde aujourd’hui l’opinion universelle, doit se présenter à l'exposition de Paris dans des conditions telles qu’aucune des autres nations du continent Sud-Américain puisse être mise en parallèle avec elle.
- « La République Argentine doit à tout prix éclipser, qu’on nous permette l’expression, ces autres nations. Et notre mobile ne doit pas être un sentiment de rivalité étroite, qui ne convient pas à notre caractère, mais le devoir de nous montrer dignes non seulement du crédit qu’on nous accorde, mais encore d’un crédit bien plus grand car, pour développer nos forces vives, il nous faut encore quelques millions d’hommes et quelques centaines de mille piastres d’Europe.
- « Si cette représentation n’est pas à cette hauteur, nous souffrirons une funeste et terrible déroute : il n’y a pas de moyen terme; si nous ne surpassions pas tous les autres, notre défaite serait complète.
- « Or nous pouvons remporter la victoire, avec les éléments dont nous disposons. C’est donc le gouvernement, qui serait seul responsable de la défaite du pays, car c’est lui seul qui peut préparer une représentation convenable.
- « Notre pensée, en un mot, est que la République doit organiser une exposition complète à l’intérieur de l’Exposition universelle de Paris de 1889, et il nous reste pour cela à peine le temps suffisant.
- « Jamais nous n’aurons une occasion plus opportune que celle-ci de présenter nos forces aux yeux du monde entier.
- « Nous pouvons remporter la victoire à laquelle nous aspirons et ce sera pour le pays une source de richesse dont il est impossible de prévoir le chiffre.
- « Et si ceux qui préparent notre représentation ne s’inspiraient pas de ces idées, il serait mille fois préférable que nous ne prissions aucune part à ce tournoi.
- « La France républicaine a eu le courage de fêter à la face de toute la terre, le centenaire de la Révolution qui a proclamé les droits de l’homme et la souveraineté du peuple.
- « Nous autres, républiques américaines, nous lui devons l’hommage de notre adhésion,. nous devons accourir au rendez-vous ; notre présence montrera que la liberté a porté aussi ses fruits chez nous,peuples nés trente ans après la chute des Tuileries.
- « Le monde monarchique se retire du tournoi; que le monde républicain montre son œuvre et qu’il fasse voir sa puissance à faire le bien du peuple.
- « Le crédit de 200,000 piastres servira pour com-
- mencer cette grande tâche ; nous dépenserons encore tout autant, un demi-million, un milion, s’il le faut, pour que la représentation de la République ait le caractère qu’elle doit avoir et que nous venons d’indiquer. »
- Ajoutons que le général Rocca, ancien président de la République Argentine, en ce moment à Paris, doit avoir, la semaine prochaine, une entrevue, à titre officieux, bien entendu, avec M. Georges Berger.
- Le général Rocca est un homme d’une rare intelligence, et des plus sympathiques à la France.
- Son plus grand désir est de voir ses compatriotes figurer dignement au grand tournoi de 1889. Le Sénat argentin a voté près d’un million de francs et il est disposé à doubler et même tripler cette somme, s’il le faut, pour que la participation de la République Argentine soit excessivement brillante.
- Nul doute que ce résultat soit acquis, nous n’en prenons pour garant que l’intérêt qu’attachent à cette réussite des hommes de la valeur du général Rocca.
- ---------~.— ------------------
- ÉCHOS
- Paris
- Nos confrères artistiques annoncent que, par-suite de retards dans le dépôt d’œuvres d’artistes absents de Paris, l’ouverture de l’exposition historique de Montmartre est remise au mardi 15 novembre prochain.
- La réception des envois se fera jusqu’au mardi 1er novembre, de 10 heures du matin à 5 heures du soir, au siège de l’administration, 27, rue Tho-lozé.
- *
- * *
- L’exposition publique des envois de Rome, dont nous avons donné l’énumération dans notre numéro du 2 octobre, commencera dans les galeries de l’Ecole des beaux-arts, dimanche prochain .23 octobre, pour clôturer le dimanche suivant 30..
- * *
- ETRANGER
- Allemagne
- L’organisation à Hanovre, pour le courant de-l’année prochaine, d’une exposition générale industrielle a été décidée dans une réunion d’intéressés tenue, en cette ville, le jeudi 22 septembre dernier.
- Du dimanche 25 au lundi 28 septembre a eu lieu à Stuttgart, au hall de l’industrie (Gerwebchalie)> l’exposition internationale de chiens de luxe, dont nous avons parlé à différentes reprises. Cette exposition, dit VIllustrirte Zeitung, à laquelle ont pris part des exposants d’Allemagne, d’Autriche, de Belgique, des Pays-Bas, d’Angleterre et de Suisse est, par le nombre et la qualité des numéros exposés (800), la plus importante des réunions cynologiques organisées par nos voisins d’outre-Vosges.
- Le comité des travaux de l’exposition allemande d’art industriel (Munich, 1888), vient de mener à bonne fin la tâche préparatoire qui lui incombait, et qui consistait dans l’élaboration de tous les plans d’ensemble et de détail.
- Il sera donc possible de procéder prochainement à l’adjudication des travaux, et les constructions pourront alors commencer sans retard. Les emplacements s’étendent sur une surface de 8,974 mètres carrés, ce qui, avec une réserve de 2,872 mètres, donne un total de 11,881 métrés car-rés. alors que de Palais de cristal munichois (Glaszpalast) n’en offre que 10,140.
- Le comité recevra d’ores et déjà les adhésions et demandes d’emplacement afin de connaître le nombre de mètres nécessaires à chaque exposant, la superficie totale, et que les mesures convenables puissent être prises pour la répartition.
- On mande d’autre part que les travaux de l’exposition internationale des beaux-arts, en préparation pour la môme époque à Munich, sont en bonne voie.
- *
- * *
- On annonce l’exposition prochaine à Berlin de la célèbre collection ducomte Schack, de Munich,, qui comprend trois cents toiles de maîtres.
- p.817 - vue 402/496
-
-
-
- roisième Année. — N° 146.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- 818
- >1 vianche iG Octobre 1887.
- Le poète-diplomate vient, on le sait, de publier ses mémoires très curieux, sous le titre de Un demi-siècle de Soucenirs.
- L’exposition du grand panorama de Bruno Piglgein, le Crucifiement, est en ce moment une des great attractions de l’Athènes de l’Isar.
- * *
- Russie
- Un rapport du Consulat anglais de Moscou représente comme très satisfaisants les résultats do la grande foire de Nijni-Nowgorod. Le mouvement d’affaires a été considérablement plus animé et plus actif que les années précédentes, à ce point que les marchandises étaient placées, pour la majeure partie, huit jours avant la clôture du marché. Les objets de coton surtout ont trouvé un bon placement à des prix de 10 à 15 pour cent supérieurs à ceux de l’année dernière notamment. Les toiles ont été aussi très demandées à des prix un peu plus variables cependant et les laines ont été moins fermes également. Les tabacs ont été actifs. Beaucoup d’affaires pour l’intérieur sur ce chapitre, mais peu de transactions pour l’étranger. Le marché des fers a été très brillant. De grands achats ont été faits par les gouvernements du Volga, le Caucase, le territoire des Cosaques du Don, l’Asie Centrale et la Sibérie.
- * *
- Erratum
- Dans notre dernier numéro, une erreur de composition a interverti deux alinéas de notre entrefilet sur l’exposition de Neufchâtel. Nos lecteurs auront rectifié d’eux-mêmes, en ramenant au deuxième alinéa l’énumération des sections, et en reportant la nomenclature des prix au sixième.
- SCIENCES & INDUSTRIE
- L’ÉLECTRICITÉ A LA MAISON
- L’éclairage électrique domestique est difficile encore aujourd’hui quand on veut le rendre continu et que l’on tient à s’en servir pendant des heures consécutives, parce que la pile s’use vite et qu’il ne serait pas précisément pratique de renouveler tous les jours ou tous les deux ou trois jours la charge de sel et de liquides.
- Mais rien n’empêche de l’utiliser par intermit-, tence, nous apprend M. H. de Parville, de façon à prolonger le débit de l’électricité pendant des semaines entières; et alors que d’applications qui avaient passé jusqu’ici inaperçues !
- Vous rentrez le soir. Pas de lumière 1 Les allumettes, n’en parlons pas. Une, deux... heureux si la troisième ne rate pas ! Vous êtes pressé ; il faut tâtonner, s’impatienter, attendre avant que la lumière se fasse. Avec le système Radiguet, vous pressez un ressort et la lampe brille instantanément comme par magie.
- Il vous suffit même, si vous voulez, d’ouvrir la porte de l’appartement pour que la lumière jaillisse.
- Vous passez dans la pièce à côté, la lumière y est déjà, et ainsi de chambre en chambre.
- Bref, c’est la lumière partout à volonté, au commandement.... sans allumettes !!.!
- Et rien dans les mains, pas de bougeoir, pas de lampe à transporter l
- Vous appuyez sur un bouton : fiat lux. Est-ce assez joli ? Et la lumière vous suit partout, à la condition d’appuyer chaque fois sur le bouton qui commande l’éclairage de chaque chambre.
- On éteint du même coup en arrière et on allume en avant. A l’ancien système du bougeoir ou de la lampe portative, vous substituez un éclairage fixe successif. On résout ainsi ce problème économique d’avoir de la lumière partout sur son passage et de n’avoir jamais qu’une lampe allumée.
- Et plus de danger d’incendie, plus à craindre de mettre le feu aux tentures, aux rideaux ; la lampe peut briller au milieu des dentelles de l’oreiller, au milieu des soieries du couvre-pied: peu importe ! Elle est en vase clos et étincelle sous l’eau.
- Le système d’allumeur-extincteur de MM. Radiguet est bien simple. On installe une pile de six éléments dansun coin, à la cuisine, à l’office, dans un placard. Des fils conducteurs partent de la pile, rayonnent dans 1’ appartement, cachés le long des murs, et a-boutissent aux lampes.
- A l’entrée de chaque becàéclairer se trouve une petite boîte grosse comme un livre in-18; c’est l’allumeur -extincteur.
- Quand on appuie sur un bouton analogue a un bouton de sonnerie, le courant électrique fait jouer un électro-aimant qui dirige le courant sur la lampe à allumer ; si on veut éteindre cette lampe et allumer celle qui suit, on appuie derechef sur un bouton voisin qui lance le courant dans un autre électro-aimant.
- Celui-ci envoie le courant électrique dans la nouvelle lampe. Et ainsi de suite. C’est une vraie trouvaille que cet allumeur-extincteur. Une fois l’installation faite, en voilà pour un mois au moins sans s’occuper de la pile et vous êtes certain d’y voir clair instantanément à toute heure de la nuit.
- Depuis le 22 no-vembrei885, le sys-tème Radiguet fonctionne chez moi sans qu’il ait donné lieu au plus petit mécompte.
- Cela tient de la prestidigitation que ce mode d’éclairage.
- J’habite une villa isolée perdue dans les pins au bois de Boulogne. La grille d’entrée est à 10 mètres de la maison. J’ouvre la grille ; aussitôt un petit phare électrique m’envoie un faisceau de lumière qui fait le jour de vant moi. Je monte mon perron dans un sillon étincelant de lumière.
- La clef est dans la serrure, je pousse la porte. Je monte au premier; le vestibule est plongé dans l’obscurité , l’antichambre s’illumine. Et partout où je vais, dans le salon, au rez-de-chaussée, au second,dans la bibliothèque , la lampe emplit la pièce de sa clarté blanche.
- Dans la chambre, la lampe est au chevet du lit ; je presse le bouton, et la lumière fouille tous les coins de la pièce.
- Il y a mieux : j’appuie de mon lit sur un ressort et voilà le phare qui
- illumine le jardin et projette son jet puissant sur la grille d’entrée. Tant pis pour les fâcheux ! à toute heure de nuit noire, je vois le visage de
- ceux qui s'approcheraient de trop près. Mon rayon de lumière vaut bien un coup de revolver!
- L’éclat de la lampe-phare est tel qu’il aveugle à 10 mètres de distance; je puis ouvrir ma porte sans que ma présence puisse même être devinée par un assiégeant.
- Je vois, il ne voit pas. Je recommande ce moyen de défense aux habitants des villas parisiennes. Une lumière que l’on allume et éteint à distance, du chevet de son lit, est bien commode.
- Pour actionner les lampes d’une installation domestique, M. Radiguet vient découvrir une nouvelle appelée à rendre de très grands services pour
- leséclairages continus ou discontinus , Elle ne travaille pas à circuit ouvert et fournit un courant absolument, constant. Aussi la préfère -t-on aujourd’hui àtoutes les autres piles destinées à un usage ana -logue.
- Elle se compose d’un vase en grès de bonne qualité ayant o,m2i de hauteur
- jfc.Vfc
- ' '7* 1. »
- ..
- , _ “J _
- et qui contient une dissolution dépolarisante. A l’intérieur se trouve un charbon cylindrique , au centre duquel est placé le vase poreux contenant l’eau acidulée. C’est sur lui que nous devons attirer l’attention de nos lecteurs. L’ancienne disposition qui consistait en une étroite lame de zinc, baignait par son extré-mité inférieure dans une cuvette en bois contenant du mercure, avait d’assez nombreux inconvénients.
- D’abord ces lames étaient coupées à un même point, bien avant leur usure complète ; la partie supérieure ( soit le tiers de la lame ) devait alors fe être mise au rebut ; ensuite l’amalga-mationde ceszincs, quoique ne se faisant pas très souvent, il est vrai, n’était pas une opération bien agréable ni bien rapide. Enfin le zinc perdu venait augmenter le prix de revient de la lumière.
- M. Radiguet, un chercheur infati -gable, est arrivé, après bien des essais, à trouver une solution qui facilitera de beaucoup l’emploi des piles électriques dans l’éclairage des appartements. Il restait à entretenir l’amalgamation des
- p.818 - vue 403/496
-
-
-
- Troisième Année. — Nu i45. LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE 1889
- zincs et à pouvoir utiliser les rognures ou déchets sans avoir recours à une lame de zinc de forme spéciale dont une partie importante était autrefois, nous l’avons dit , forcément perdue. C’est ce problème que résout le support à amalgamer ci-contre.
- Ce support est formé d’une cuvette en porcelaine renfermant environ 100 grammes de mercure, tenant un peu de zinc en dissolution et formant ainsi une sorte d’amalgame riche en mercure. Un tube de cuivre terminé par une galerie circulaire et deux tiges de cuivre plongeant dans le mercure complètent ce support qui est introduit dans le vase poreux.
- C’est dans le vide cylindrique annulaire ménagé entre le vase poreux et le tube qu’on place le zinc à utiliser sous forme de rognures, déchets ou sphères spéciales.
- Par une action capillaire mécanique ou électrique, dont il est prudent de réserver l’explication, le mercure monte le long du support et du zinc qui est en contact avec lui. Il les maintient en parfait état d’amalgamation.
- L’emploi d’un nouveau siphon dû également à M. Radiguet facilite de beaucoup le manipulation de la pile.
- Ce siphon est destiné à remplacer les robinets, il a la particularité sur
- les siphons ordinaires,de s’amorcer non pas par inspiration mais par insufflation ; de plus, il peut aussi par le même moyen être désamorcé. Ces deux actions, amorçage et désamorçage s’obtiennent en soufflant sans boucher la branche déécoulement. Les avantages sont importants car dans aucun cas le liquide ne peut venir salir ou détruire l’organe soufflant. On se sert d’une boule en caoutchouc pour l’insufflation.
- Grâce à l’emploi de ce siphon et de ce support à amalgamer, la pile peut iester montée indéfiniment, puisque le renouvellement de liquide se fait sans nulle difficulté-et qu’il suffit de jeter des morceaux de zinc dans le vase poreux, au fur et à mesure de l’usure. La seule précaution à prendre est de remuer et de brosser de temps en temps les zincs avec un pinceau analogue à ceux dont se servent les peintres pour raviver les surfaces de contact.
- SIPHON RAD1GUE
- BTi S.G.D.G
- * *
- Dépolissage à volonté des lampes à incandescence
- Notre excellent confrère la Nature donne un procédé très simple pour atténuer à volonté l’éclat trop vif des lampes à incandescence, sans déperdition trop notable de lumière. Ce procédé consiste à immerger la lampe dans du collodion normal ou même du collodion photographique ordinaire et à. laisser sécher. Un tour de main, qui s’acquiert, paraît-il, assez rapidement, permet d’étendre le collodion d’une façon uniforme sur toute la surface de l’ampoule de verre. La lumière reste-t-elle trop vive après une première application, il suffit de répéter l’opération deux ou trois fois.
- Ce procédé, outre sa simplicité et son économie, a ce grand avantage qu’un simple nettoyage rend aux lampes leur apparence primitive.
- *
- * •¥
- Chauffage des fers à repasser
- Le Cosmos enregistre une invention qui nous vient de l’autre coté de l’Atlantique, et qui consiste en une disposition permettant de chauffer rapidement les fers, sans les mettre en contact avec le feu nu qui les salit et les oxyde.
- En voici la description, en peu de mots : Une boite en métal, plus profonde à la partie antérieure, afin de faciliter l’introduction du fer, sert de logement à celui-ci. Cette boîte, obturée par un couvercle à coulisse qui laisse passer la poignée du fer, s’insère dans un des orifices du fourneau, en reposant à la surface de celui-ci, sur un disque de fonte également percé et servant, dans le but spécial indiqué, à remplacer les couvercles ordinaires.
- Autre détail : — (Ici nous laissons la parole à notre confrère)— Nos voisins d’Amérique, en gens pratiques, font les poignées des fers à repasser en bois, mauvais conducteur de la chaleur.
- MM. les fabricants français ne trouveraient-ils Pas cela plus logique que d’obliger à se servir djune poignée en linge ou en cuir, toujours égarée au moment où l’on en a besoin?
- *
- Erratum
- Dans notre dernier numéro, au compte-rendu de la pile Fortin, une erreur de composition, en
- faisant disparaître quelques mots, a rendu notre dernier alinéa assez peu compréhensible.
- Rétablissons-le tel qu’il doit être :
- « L’appareil, en tous cas, nous paraît fort bien conçu, très ingénieux et surtout très simple, ce qui nous semble inappréciable », etc..
- C. H.
- LES LIVRES
- CXXVI
- Les classiques populaires. — Plutarque, par J. de Crozals. — Montesquieu, par Edgar Zévort. — J .-Jacques Rousseau, par Louis Ducros, 3 vol. in-18, avec illustrations; Paris, H. Le-cbne et H. Oudin, éditeurs.
- Nous avons eu récemment l’occasion, à propos du Montesquieu de M. Albert Sorel, de dire combien nous trouvions heureuse cette idée de vulgariser l’initiation littéraire, d’extraire et de concentrer sous un petit volume le suc généreux, la savoureuse moelle des œuvres des grands écrivains de façonà ce qu’ils prissent être goûtés rapidement par nos générations à la fois curieuses, pratiques et pressées. Ces analyses des œuvres qui constituent l’honneur et la suprématie du génie français et en ont fait le génie éducateur et civilisateur par excellence, ces appréciations critiques fondées sur les jugements les plus autorisés, ces extraits bien choisis dans le genre de ceux dont on appelait jadis le Recueil : Esprit de Montaigne, Esprit de Bossuet, etc., répond aient, suivant nous, à un besoin manifeste et pouvaient produire d’excellents résultats : suffisant à la faim et à la nourriture des intelligences ordinaires, et excitant l’appétit des intelligences plus délicates, leur inspirant le désir et l’ambition de tout connaître de ces œuvres dont on leur dévoilait les principales beautés, d’établir un commerce intime et fécond avec ces grands hommes, dont on leur traçait le portrait.
- L’idée était bonne puisqu’elle a été imitée. Le devoir de la critique impartiale est de rendre à ceux qui l’ont eue les premiers, l’hommage qui leur est dû et de féliciter de l’avoir eue et d’en poursuivre depuis quatre ou cinq ans la réalisation des éditeurs jeunes et lettrés, à la fois sages et hardis, entreprenants à chercher et à exploiter dans la mine de la librairie française des filons nouveaux et originaux. La collection des Classiques populaires publiée par MM. H. Lecène et H. Oudin se maintient au niveau acquis dès le premier iour, mérite de plus en plus son succès et le doit moins à la priorité de l’entreprise, au bénéfice de l’initiative, qu’à la triple supériorité du plan comprenant, avec les grands écrivains français, les grands écrivains anciens et les grands écrivains étrangers, comportant une illustration négligée ailleurs, et ajoutant à'son attrait l’appât du'bon marché sans qu’il en coûte rien à l’exécution.
- Ces travaux de résumé biographique et critique confiés à l’élite de nos professeurs et de nos écrivains sont-vraiment bien intéressants à cause du perpétuel tour de force qu’ils comportent et qui, jusqu’ici, à des degrés divers, a été brillamment réussi. Quand on pense qu’il s’agit de préciser en deux cent quarante pages le rôle d’un Plutarque, d’un Montesquieu, d’un J.-J. Rousseau, d’analyser l’œuvre, de faire connaître l’homme dans Fauteur, de peser les jugements divers dont ils ont été l’objet, de distinguer ce qui, dans les œuvres et leur influence, a mérité de passer ou a mérité de rester, on demeure émerveillé de trouver des écrivains toujours égaux et parfois supérieurs à une telle tâche.
- Si nous prenons Plutarque, par exemple, qui a écrit l’encyclopédie morale de la philosophie antique et qui, pour donner à ses préceptes l’appui de l’exemple, a édifié ce monument historique et biographique, à la double galerie occupée l’une par Tes héros de la tradition grecque, l’autre par les hè'ros de la tradition romaine, nous ne pouvons nous empêcher d’admirer Fart savant avec lequel M. de Crozals a procédé à l’étude de ce monument complexe, l’aisance de guide expert avec laquelle il nous promène tour à tour, en ne s’arrêtant qu’aux figures typiques, dans cette double galerie d’ancêtres, dans cette double école où les hommes et les femmes illustres de nos trois derniers siècles ont appris à vaincre dans l’éternel combat de la passion et de la vertu. Cette monographie substantielle et attrayante, où Fauteur est constamment maître de son sujet, est un modèle d’exposition, qui fait *e plus grand honneur à un des membres les plus distingués de notre nouvelle université.
- Nous avions lu avec grand profit et grand plaisir l’étude, par endroits magistrale, de M. Albert Sorel sur Montesquieu. Nous avons lu également avec grand plaisir et grand profit l’étude de M. Edgar Zévort, admirant comme un sujet peut être considéré sous des aspects si divers, et inspirer des aperçus si variés à deux esprits à la fois fins et délicats.
- Tous les deux ont fait, comme il convenait, la plus large part à l’historien philosophe et au théoricien politique, auteur du système constitutionnel classique qui domine et régit encore nos conceptions de gouvernement. Montesquieu est le premier qui, en opposition au système de la raison
- Dlmanche 16 Octobre 1887. — 81 y.
- d’Etat, trop favorable au despotisme, a essayé de trouver l’équilibre exact et la pondération logique entre les divers pouvoirs, de façon à faire entrer le plus possible de raison dans le gouvernement, de justice et d’humanité dans- l’administration, à tempérer le plus possible 1 autorité par la liberté, à tenir le plus de compte possible dans les lois de la tradition et des mœurs. Mais cet homme de justice et de progrès, qui était à certains^ égards bien en avant de son temps, était demeuré de son temps sur plus d’un point. On ne saurait trop remarquer combien Montesquieu, noble et magistrat, est demeuré l'un et l’autre dans ses théories de gouvernement, combien ce grand et grave raisonneur a gardé de côtés frivoles, combien il a fait parfois trop large la part de l’esprit dans l’Esprit des lois, combien les Lettres Persanes, qui contiennent en germe ses autres ouvrages, ont déteint sur tous, de telle sorte que pour bien définir son caractère et son génie, il faut toujours revenir à cet ironique et sceptique chef-d’œuvre d’un philosophe d’observation plus que de spéculation, fait plus encore pour la critique que pour la théorie politique. M. Zévort a étudié plus à fond et plus en détail que M. Sorel le magistrat dans Montesquieu qui tout en n’entendant rien, de son aveu, à la procédure et à la mécanique de son état, est bien demeuré par certaines idées et certains préjugés indélébiles, un magistrat, un parlementaire, le chef de l’école qui fait du pouvoir judiciaire un pouvoir d’Etat égal aux deux autres, l’exécutif et le législatif, tandis que nous le voyons nous plus volontiers, indépendant dans sa sphère, mais subordonné dans les autres. A ce titre, Montesquieu est un des ancêtres de la révolution de 1789, commencée par des théoriciens. légistes, par des avocats ou des magistrats philosophes, tandis que les idées et les utopies. de Rousseau, d’un souffle démocratique et égalitaire qui n’a jamais pénétré dans le sanctuaire profane de l’Esprit des lois, présidèrent aux développements et aux empiétements de cette Révolution sous la main de Robespierre, le dernier et le plus mauvais élève de Rousseau.
- M. Zévort a contribué à nous faire mieux connaître Montesquieu en - l’étudiant à fond et en détail dans son rôle, ses idées, son influence de magistrat, comme il nous a mieux fait connaître l’homme en le replaçant avec soin dans son milieu provincial, tandis que M. Sorel s’est trop exclusivement préoccupé de l’étudier dans le milieu parisien et le milieu européen. Les deux études, prises ainsià des points de vue divers, quoique ne différant guère dans les conclusions, se complètent l’une par l’autre, tout en ne manquant ni l’une ni l’autre de rien d’essentiel et pouvant se suffire et suffire au lecteur isolément. Mais quiconque les lit toutes deux et les lit bien, peut se flatter de connaître assez bien son Montesquieu pour se conduire et se diriger seul dans Fe'tude plus approfondie et Futile lecture de ces ouvrages pleins de pensées et qui apprennent à penser.
- M. Louis Ducros, qui nous était déjà connu par un travail de biographie et de critique des plus intéressants, des plus ingénieux sur Henri Heine, s’est tiré en habile homme et en homme d’esprit d'une étude plus difficile encorne que celle sur Montesquieu , le sujet de Plutarque n’est embarrassant que par le nombre et la variété des figures , la difficulté de réduire l’étude de son œuvre à quelques considérations générales, à quelques idées maîtresses, à quelques figures typiques de la double civilisation grecque et romaine à leurs différents états de grandeur et de décadence. Montesquieu comme sujet est aussi difficile à réduire à l’essentiel, au définitif, à travers la variété parfois contradictoire des vues, la subtilité des idées et la multiplicité des détails. Il y a là de beaux efforts à faire d’ordonnance et de concentration. Mais Jean-Jacques Rousseau, comment dégager sa physionomie des aveux cyniques des Confessions, des chimères d’Emile, des utopies du Contrat social sans faire perdre à l’écrivain de ce qui lui mérite encore l’admiration, à l’homme de ce qui lui mérite la pitié ? M. Louis Ducros s’est tiré avec dextérité, avec habileté de ce triage délicat. Il a surtout considéré Rousseau comme peintre de la nature, comme écrivain de la passion, comme pédagogue plein d’intuitions originales. Il a trouvé moyen de raconter son aventureuse et romanesque jeunesse, en conservant intacts ses droits à la pitié, en dissimulant de son mieux ses titres au mépris. Il l’a montré plus malheureux encore que coupable, expiant ses fautes envers les hommes, par un ardent amour de l’humanité, victime d’une fâcheuse éducation ou plutôt de l’absence d'éducation et d’un tempérament de bonne heure vicié dans ses sources.. Il Fa racheté à nos yeux de ses fautes par le service moral rendu par la réhabilitation de la maternité et la glorification de la nature dont il a été, avant Bernardin de Saint-Pierre et Chateaubriand, le peintre par excellence, ajoutant à la palette littéraire des couleurs originales, donnant à l’éloquence du sentiment des notes nouvelles, et faisant bénéficier la morale, sinon la religion, des beautés de la création et de la poésie des choses.
- M. de Les cure
- p.819 - vue 404/496
-
-
-
- 820. Troisième Année. — N° 146
- LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE 1809.
- Dimanche 16 Octobre 1887.
- LE BON MARCHÉ
- EXPOSITION DE TOILETTES D’HIVEK
- Le Bon Marché prépare en ce moment une exposition de toilettes d’hiver dont l’inauguration aura lieu le 24 octobre. L’hiver s’annonce cette •année d’une façon précoce : Paris commence à retrouver son animation, la saison théâtrale est dans son plein. Les Parisiens, effrayés à juste titre par le sinistre de l’Opéra-Comique, paraissent rassurés grâce aux précautions prises.
- Les réceptions d’hiver ne vont pas tarder à reprendre et d’ici quelques semaines les Parisiennes, emmitouflées de leurs élégantes fourrures, pourront braver impunément les frimas d’un hiver qui semble devoir être rigoureux si l’on en croit les prévisions de nos savants.
- Ce ne .sont pas seulement les vêtements de jour et de soirée, mais aussi les vêtements d’appartement si élégants et si recherchés des Parisiennes que le Bon Marché va présenter à sa clientèle. Sans crainte de nous répéter, nous pouvons dire que cette exposition affirmera une fois de plus le goût si sûr qui distingue la maison Bouci-caut.
- La coupe des vêtements confectionnés au Bon Marché ne serait pas désavouée par les plus illustres costumiers et tailleurs de la capitale. L’un des costumes les plus réussis peut-être parmi ceux préparés pour cette magnifique exposition est un charmant costume fantaisie à jupe drapée et corsage avec revers, d’un prix très modéré, qui prouve que le Bon Marché met le même soin minutieux à tous ses articles confectionnés. Le mélnage de lainages et de velours continue à fournir d’harmonieux costumes de dames: la jupe à quille plissée et ornée de passementerie est accompagnée de corsages avec plastron en velours de fantaisie ou avec garniture et passementerie. L’ensemble est d’un délicieux effet.
- Nous signalerons aussi un joli costume che-viotte avec jupe ornée de deux quilles en velours fantaisie avec double jupe et corsage à revers •d’une élégante simplicité.
- Parmi les costumes plus riches nous avons remarqué : un fort beau costume en faille française noire d’une magnifique qualité dont la jupe est ornée d’une quille brodée de perles d’un joli dessin, le corsage comporte un gilet brodé ; des costumes en lainages très belle qualité, avec un fond de jupe en soie, la jupe est à deux quilles de velours fantaisie retenue par de jolies motifs •en passementerie reproduits sur le corsage.
- Le succès des peluches du Bon Marché continue cette saison : la prochaine exposition l’affirmera de nouveau avec ses costumes en peluche de soie éteintes miroitantes : la jupe du joli modèle que nous avons admiré est élégamment drapée sur un fond de soie, le corsage en pointe est à revers terminés par deux gros boutons en métal ciselé
- La faille française continue à être très recherchée, le Bon Marché présente de fort beaux costumes dans cette étoffe de couleurs diverses avec assortiment de velours : la jupe est très élégamment relevée et ornée, ainsi que le corsage, de riches motifs en passementerie.
- Nous avons remarqué des costumes en lainage avec un fort gracieux devant de jupe en écossais et relevé en lainage uni, le corsage est également mélangé d’écossais. Les étoffes et velours écossais semblent devoir être très à la mode cette année.
- L’exposition du Bon Marché comprend aussi de très beaux costumes de bal et de soirée : toujours soucieux de satisfaire sa clientèle, la maison Bou-cicaut a tenu à lui présenter des costumes dont la modicité des prix sera particulièrement remarquée. Les garnitures de ces costumes sont d’une grande richesse et d’un goût exquis.
- Du reste, tous ces modèles de costumes ont été créés par le Bon Marché; ils sont confectionnés dans les ateliers de la maison par de véritables artistes d’élite qui arrivent à donner le cachet et le fini à leur travail aussi bien pour les costumes que pour les confections.
- Les manteaux que les dames portent cette saison sont longs et présentent une analogie visible avec les manteaux militaires.
- Les étoffes les plus appréciées sont toujours la peluche et le drap.
- Nous signalerons une redingote en drap uni, noir, bleu ou couleur loutre, droite devant, à un seul rang de boutons et ajustée derrière, avec un col de velours assorti : ce modèle très simple sera très goûté : une autre redingote en chçviotte noire tout laine nous a paru très réussie; elle est ajustée derrière, doublée en soie et ouatée, le jabot plissé est en fort joli tissu ; le col, les parements et les revers sont en peluche de soie noire.
- Les jaquettes sont aussi fort à la mode : le Bon Marché expose un très joli modèle en drap uni, noir, bleu ou loutre ; cette jaquette est droite devant, à un rang de boutons, avec un col de velours ou d’astrakan de laine ; signalons aussi un riche modèle de jaquette ajustée en tissu jersey
- de fort belle qualité bordée d’une tresse en mohair très heureusement assortie et une élégante jaquette en peluche loutre doublée de satin et ouatée, ajustée derrière et droite devant.
- Les manteaux longs à manches larges constituent un vêtement d’une grande commodité, ces manteaux sont en drap ottoman tout en laine de belle qualité; le col, les manches et la pointe du dos sont garnis de très bel astrakan de laine. Le Bon Marché expose également son grand manteau soie ottoman à grosse côte, doublé de satin et ouaté ; les devants, le col et les manches sont garnis de large fourrure noire avec motifs de passementerie sur les plis de derrière: ce riche manteau sera une des nombreuses attractions de cette exposition.
- Signalons une série de visites : visites à manches japonaises en tissu de cheviotte noire tout laine doublée de soie et ouatée, garnie tout le tour de marabout avec lacet de soie ; une autre jolie visite courte, en soie, une visite très élégante en peluche de soie noire ou loutre ornée de rubans et passementerie et garnie tout le tour de plume assortie, et unie visite longue en peluche de soie avec motifs de passementerie assortie derrière: ce vêtement est fort réussi.
- Nous terminerons par un joli vêtement long en velours ciselé noir, doublé de satin et ouaté, dont le jabot, le parement et le col sont en tissu pareil à celui du vêtement.
- Toutes ces confections se caractérisent par un choix heureux de garnitures, de soutaches hongroises, brandebourgs, etc.
- Comme sorties de bal et de théâtre on emploie beaucoup de peluche miroitante qui est de création absolument française ; les nuances préférées sont les tons clairs vieux cuivre, vieux bleu, vieilles nuances de pastel qui nous rappellent les étoffés si chères à Latour dans ses portraits; l’harmonie et le chatoiemeut de ces tissus aux lumières sont des plus agréables. Que de tentations sont réservées aux clientes du Bon Marché en présence de tous ces superbes vêtements!
- Mais arrivons au comptoir des matinées, des peignoirs, et arrêtons-nous devant les jolies douillettes en flanelle imprimée, en vigogne pure laine avec revers de dentelle imitant le vieux Venise, avec devant plissé et ceinture de ruban ; plus loin sont de charmantes matinées en vigogne foulée de très belle qualité avec empiècement et point riche, petits plis devant et jupe plissée; des peignoirs confortables en molleton pure laine avec rayures et garnitures de velours soie et corsage doublé de flanelle unie et une ravissante collection de peignoirs des modèles les plus soignés et les plus riches en peluche de soie dans les tons les plus chatoyants.
- Les robes de chambre les plus recherchées sont celles en drap uni pure laine garnie de piqûres fantaisie et la robe de chambre du Bon Marché en drap vigogne pure laine, le devant flottant avec broderie riche et le corsage doublé de flanelle ; c’est là une véritable surprise. Signalons aussi une élégante robe de chambre en belle peluche à reflets miroitants, le dos est rapporté à fronces et le devant en crêpe français.
- Plus loin nous avons remarqué de ravissantes jupes drapées en faille française noire rayée satin, très élégamment relevées avec des noeuds en passementerie, et en cheviotte à rayures camaïeu très bien drapées ; des nouvelles jupes drapées avec joli retroussé et cordelière, sont destinées au plus grand succès ; leur assortiment est des plus variés.
- Nous devons une mention toute spéciale aux jupes de drap garnies de soutaches.
- Terminons cette revue de vêtements pour dames en disant quelques mots des jupons de dessous en flanelle croisée pure laine, en drap garnis de jolis dessins soutachés ou en satin d’excellente qualité ; les clientes du Bon Marché trouveront un assortissement de modèles nouveaux tous également bien soignés et livrés à des prix très modérés.
- Nous avons remarqué un choix de jerseys garnis, avec le meilleur goût, de soutaches ou de tresses. La coupe en est absolument irréprochable et la confection d’un fini parfait. L’étoffe de tous ces jerseys est de première qualité.
- Les vêtements de fourrures sont ceux qui sont avec juste raison les plus recherchés au commencement de l’hiver ; que de rhumes et de bronchites ces vêtements permettent d’éviter. Les visiteurs du Bon Marché y trouveront un choix des plus complets de pèlerines en castor loutre, doublées de satin piqué, des pèlerines Souvaroff d’astrakan, de manchons en castor loutre, en grèbe et en astrakan, en véritable loutre du Canada, en skung du Canada et en renard bleu ; des cols en castor du Brésil, en castor naturel du Canada, en grèbe; des bandes pour garnitures de vêtements en fourrures de toutes sortes.
- Recommandons spécialement l’examen des pelisses garnies de véritable loutre du Canada ; c’est là un des plus beaux vêtements que les dames puissent porter ; il est à la fois chaud et élégant. Une. des grandes attractions de cette exposition sera la riche et ravissante jaquette en fourrure de loutre de la plus belle qualité.
- Ce vêtement ajusté est court, très chaud et en même temps très léger. Cette jaquette s’harmonise
- avec les jupes composées les plus élégantes. Les toques en fourrures que le Bon Marché expose cette année, et sur lesquelles nous reviendrons plus loin, constituent une coiffure heureusement appropriée à ces jaquettes de loutre.
- Citons en passant un choix complet de châles chauds et légers, de dessins variés, et un assortiment de tapis de fourrures véritables pièces d’amateurs.
- Le comptoir des modes ne peut manquer d’attirer l’attention des clientes du Bon Marché : elles y trouveront des capotes en velours de soie de très belle qualité, chiffonné de peluche de soie pointillée avec noeuds et brides en belle faille; des capotes en peluche; des chapeaux ronds mi-feutre d’une forme nouvelle avec ruban de fantaisie, nœud de ruban et joli panache de plumes sur le côté ; des chapeaux ronds relevés de côté en très beau feutre avec magnifique garniture de plumes formant une fort jolie coiffure. Citons aussi des toques avec oiseaux ornées de plumes.
- Tous ces chapeaux sont de modèles spécialement exécutés dans les ateliers du Bon Marché.
- Les garnitures les plus à la mode cette année sont celles en peluche et de velours; les plumes les plus recherchées sont toujours celles d’autruche.
- Ce que nous venons de dire des vêtements préparés par le Bon Marché suffirait pour donner un intérêt hors ligne à cette exposition.
- Nous devons toutefois compléter notre chronique par une revue des costumes confections pour fillettes.
- Avec quel plaisir le Parisien s’arrête dans nos jardins et squares publics, à regarder nos jeunes enfants et nos fillettes déjà élégantes, le soin avec lequel les mamans, les parents, prouve bien que le bon goût sera toujours l’apanage de notre pays. Combien ces élégants costumes sont simples, commodes et bien compris ! Félicitons sincèrement le Bon Marché du choix si varié qu’il présente cette année aux mères de famille.
- Qu’il nous suffise de citer dans cette trop courte nomenclature les costumes en lainage uni des plus jolies nuances (la jupe, le gilet" et les parements sont en rayures fantaisie ou écossais) ; les costumes en velours tramé avec gilet de surah et flots de rubans assortis ; les robes en serge pure laine avec col et parements brodés ; les jaquettes en peluche peau de loutre; les vêtements avec pèlerine en drap fantaisie; les costumes en velours anglais ; les jaquettes en cheviotte à envers pelucheux et col de fourrure castor pour fillettes de 14b 16 ans; les paletots en peluche de soie pour enfants de 2 à 5 ans, et enfin les costumes en lainage fantaisie pour fillettes de 12 à 16 ans; les vêtements en popeline de Sedan ; les vêtements en drap moutonné très chaud ; les robes en peluche; les vêtements en cheviotte avec pèlerine d’astrakan et parements en soie.
- La variété dans les confections pour fillettes et garçons est plus grande que jamais; le genre Breton est très à la mode avec garnitures soutachées. Le genre écossais, jaquette et jupe en écossais, velours en rubans écossais sont très recherchés cette année.
- Le comptoir de layettes attirera aussi les jeunes mamans avec ses chapeaux, ses robes à garnitures de broderies ou de dentelles soie et laine, ses 'pelisses en lainage crème doublées et ouatées, les douillettes en lainage fantaisie et broderie de soie et ses ravissants paletots en peluche de toutes nuances garnis de belles ceintures.
- L’exposition des vêtements pour hommes se recommande d’une façon toute spéciale, les visiteurs y trouveront aux meilleures conditions de solidité, d’élégance et de bon marché des costumes complets, pardessus, vestons de ville, pardessus de voyage.
- _ Les pelisses fourrées pour hommes sont confectionnées avec un soin tout particulier dans les ateliers du Bon Marché. Les fourrures servant à les garnir sont garanties de premier choix. Les robes de chambre et autres vêtements sont de qualité irréprochable et sont vendus à très bon marché.
- N’oublions pas de mentionner les chapeaux d’hommes sortant des ateliers des premiers fabricants ; leurs qualités de solidité et d’élégance seront vivement appréciées.
- . Le Bon Marché a su également réunir un assortiment de chaussures solides et élégantes pour dames, hommes, garçonnets et fillettes. Ces articles sont d’une exécution parfaite.
- Cette belle exposition donnera à n’en pas douter la plus entière satisfaction à la clientèle du Bon Marché, grâce à la supériorité de tous les articles que la maison Boucicaut offre dans des conditions de bon marché exceptionnel, d’élégance irréprochable et de solidité de premier ordre.
- Bai lue.
- Le Gerant, GARREAU,
- Tours. — lmp. E. ARRAULT et C , rue de ia Préfecture, 6
- p.820 - vue 405/496
-
-
-
- Le Moniteur
- DE
- L'EXPOSITION DE 1889
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
- TROISIÈME ANNÉE.
- SOMMAIRE :
- I. Les Travaux du Champ-de-Mars ; 2. Auditions musicales à l’Exposition de 1889; 3. L’horticulture à l’Exposition de 1889; 4. Comités départementaux: du Nord, de Seine-et-Marne, de Seine-et-Oise, du Gers, du I,ot-et-Garonne, du Tarn, de Tarn-et-Garonne ; 5. Nomination ; 6. Le banquet des Comités d’admission; 7. Echos; 8. Sciences et industrie; 9. Les Livres.
- EXPOSITION UNIVERSELLE
- DE 1 S 8 9
- LES TRAVAUX DU CHAMP-DE-MARS
- Dans le précédent article, nous avons dit quelques mots sur les adjudications présentées par la mise en état du sol des parcs et jardins, on a même pu voir les détails concernant ces travaux dans le corps du journal; mais ce que nous n’avons pas fait assez ressortir, c’est que ces fournitures et cette main-d’œuvre n’ont trait exclusivement qu’au terrain proprement dit, c’est-à-dire à l’emplacement des parterres et des massifs ainsi qu’aux routes et chemins qui les sépareront, sans que les adjudicataires aient à s’occuper des plantations quelles qu’elles soient et qui feront l’objet d’autres adjudications. La première a eu lieu hier en même temps que celles mentionnées par nous il y a huit jours ; il s’agissait cette fois delà transplantation d’arbres pris au dehors et amenés au moyen de chariots aux points où ils seront remis en terre dans l’enceinte de l’exposition.
- Cette transplantation portant sur 307 arbres d’un diamètre variant entre oai3o et im5o s’élevait à la somme de 16,706 francs, ce qui mettait en moyenne à 54 fr. 42 le prix de l’arrachage, du transport et des plantations nécessités par chaque arbre dont la valeur réelle n’était pas comprise dans cette somme.
- Les conditions générales stipulaient toutes les précautions à prendre pour assurer la conservation parfaite des arbres ainsi transplantés ; elles indiquaient la grosseur, proportionnée à l’importance du tronc, que devaient avoir les mottes de terre entourant les racines, ainsi que les soins dont celles-ci devaient être l’objet ; de plus, elles fixaient à trois mois le délai d’achèvement de cette entreprise qui commencera probablement dans le milieu du mois de novembre. Tous ces détails ont été étudiés afin d’avoir au printemps de 1889 des plantations complètement acclimatées à leur nouveau sol et donnant leur deuxième feuillaison ; c’est-à-dire se trouvant dans d’excellentes conditions pour donner le meilleur aspect aux parcs et jardins qu’elles auront pour mission d’orner et d’ombrager.
- La pluie ayant un peu cessé et bien que le sol fût encore détrempé, les travaux ont repris avec beaucoup d’activité dans presque toutes les entreprises, ce qui, cette semaine, nous a permis de constater de réels progrès. Dans les fondations du palais des machines trois puits seulement sont privés de leurs pieux, cela tient à ce que. en ces points, le terrain est beaucoup moins résistant que partout ailleurs et que les pieux de 8 mètres employés dans les autres puits eussent été insuffisants. On a donc été retardé, car il a fallu faire venir des bois de 14 mètres, c’est-à-dire d’une longueur assez
- Dimanche 23 Octobre 4887.
- grande pour qu’ils puissent pénétrer à refus ce qui n’a lieu que lorsqu’on atteint une profondeur de 12 à i3 mètres ; ces bois sont arrivés et on s’occupe actuellement des modifications à apporter à la sonnette qui n’était pas appropriée à un battage aussi profond, ce sera l’affaire de quelques jours, mais en tout cas ce retard n’est que relatif puisque pendant ce temps on travaille dans d’autres endroits. En somme, ce mécompte qui, à proprement parler, n’en est pas un puisqu’on savait le terrain très mauvais, est le seul qui se soit présenté durant l’exécution de ces fondations tout à fait exceptionnelles eu égard à la construction sans précédent qu’elles doivent supporter.
- Nous avons, à maintes reprises, parlé de la sonnette de battage. Une courte description de son mode d’action permettra, aux nombreuses personnes qui la voient fonctionner, de se rendre compte du procédé par lequel 011 obtient la montée et la chute du mouton de 1,200 kilos dont le poids fait enfoncer les pieux. Ce dernier est constitué par une sorte de cylindre creux, sa capacité intérieure est remplie par un piston dont la tige vient s’appuyer sur le centre de la tête du bois à enfoncer ; à la partie supérieure du cylindre se trouvent deux soupapes pouvant être alternativement ouvertes ou fermées au moyen de ficelles manœuvrées par celui qui dirige le battage ; par l’une de ces soupapes arrive la vapeur amenée de la chaudière où elle se produit à l’aide d’un tuyau flexible, cette vapeur se comprime dans la cavité du cylindre et prenant appui sur le piston, atteint bientôt une pression capable de faire équilibre au poids du mouton, qui se soulève ; lorsqu’il est arrivé à la hauteur voulue, on ouvre la seconde soupape qui, en communication directe avec le dehors, laisse la vapeur s’échapper dans l’air; la pression devenant subitement nulle dans l’intérieur du mouton, ce dernier, guidé par les glissières et la tige du piston, retombe brusquement sur la tête des pieux ; on permet alors à nouveau l’admission delà vapeur et le jeu alternatif des soupapes se continue ainsi en donnant naissance à une série de chocs qui se succèdent très rapidement.
- Dans ce même chantier, c’est-à-dire sur la ligne des massifs de fondation voisins de l’Ecole militaire, on s’apprête à terminer les puits ; à cet effet, on procède au recépage des pieux, opération qui a pour but de leur donner à tous une saillie régulière au-dessus du fond de la fouille. Là où les bois sont taillés à la longueur voulue, on établit, d’un bord à l’autre du puits, un plancher volant au centre duquel se trouve^le cylindre de coulée du béton qui sera fabriqué à côté ainsi qu’il a déjà été procédé en d’autres circonstances; le béton, en passant par ce cylindre garni intérieurement de croisillons, reçoit un dernier malaxage et tombe dans la fouille où des ouvriers le répandent uniformément et l’égalisent de manière à lui donner une surface régulière sur laquelle reposera la maçonnerie proprement dite.
- L’état des fondations des dômes pour les palais des beaux-arts et des arts libéraux est très avancé, les maçonneries sont presque arrivées à hauteur du sol et dans les massifs principaux on procède à la mise en place des boulons d’ancrage, au nombre de huit par massif. Nous ne reviendrons pas sur le mode de scellement de ces boulons, c’est le même que celui qui a été adopté successivement à la tour et au palais des machines.
- NUMÉRO 147.
- Sauf dans la partie édifiée par les forges de Saint-Denis, partout on poursuit vivement la pose de la couverture des fermes de 2 5 mètres du palais des industries diverses. Parcourons rapidement les diverses entreprises pour constater ce qui a été fait.
- Usine Joret : Le chevronnage et le voligeage sont achevés ainsi que la pose des verres striés, les trois travées constituant ce lot forment donc dès à présent un abri complet, et on entame la mise en place de la couverture métallique qui terminera la toiture ; presque tous les sous-sols qui longent cette aile du palais sont garnis der solives métalliques qui doivent servir d’appui au plancher.
- Usine Roussel : trois travées ont reçu leur chevronnage et leur \mligeage. et trois autres n’ont encore que des chevrons. La pose des vitres a été commencée en plusieurs points à la fois afin d’avancer plus vite.
- Usine de la Franche-Comté : On 11’a pas encore entamé la vitrerie, mais elle commencera sous peu, dès que les deux travées où on travaille en ce moment seront complètement munies de leurs chevrons et de leurs voliges. En général, cette semaine a été bien employée, le nombre des ouvriers a été augmenté et on peut espérer que l’intérieur du palais sera entièrement à l’abri des intempéries lorsque s’ouvrira la période définitive des mauvais temps.
- Quant au jardin central, les terrassements en sont presque entièrement finis, les talus et les vallonnements sont achevés et cette portion du Champ-de-Mars n’attend plus que les ouvriers chargés d’exécuter les travaux du jardinage mentionnés aux adjudications du 22 de ce mois. En somme, il n’y a pas lieu de se plaindre, les travaux, jusqu’à présent, ne sont pas en retard, on a même de l’avance sur les prévisions, ainsi que l’a fait observer le ministre, M. Dau-tresme, dans le discours qu’il a prononcé mardi dernier au banquet des comités d’admission ; néanmoins, tant de choses imprévues peuvent se produire, qu’il ne faut pas se baser sur cette avance pour se ralentir et tout en ayant la certitude d’arriver à temps, on doit continuer à travailler comme si on craignait de n’être pas prêt. Tant mieux si on bénéficie d’un peu de délai avant l’ouverture, il sera toujours utilisé par les mille petits détails qui restent à compléter à la dernière heure.
- Nous publions aujourd’hui un dessin à grande échelle du pilier n° 4 de la tour de 300 mètres. Jusqu’à présent les gravures concernant ce travail avaient toutes pour but de faire apprécier l’ensemble, et les dimensions de chaque partie étaient trop restreintes pour bien montrer les détails. Nous avons donc pensé qu’il était utile, avant que la construction fût trop élevée pour rendre la chose possible, de prendre une vue faisant ressortir d’une façon nette les différentes pièces constituantes ainsi que leur mode d’assemblage ; ce sera surtout intéressant pour ceux qui s’occupent d’une façon spéciale de construc tions métalliques.
- Comme la préparation du cliché et le tirage des épreuves nécessitent diverses opérations de quelque durée, la photographie a été prise il y a plusieurs jours, ce qui explique pourquoi le pilier est moins avancé sur le dessin qù’il ne l’est en réalité; cela n’a du reste aucune importance, car notre but n'a pas été, pour cette fois, de montrer l’état actuel des travaux, mais bien d’indiquer la nature même de cet édifice sans pareil.
- p.821 - vue 406/496
-
-
-
- 822. — Troisième Année, — N° 147.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1809.
- Dimanche 23 Octobre 1887.
- Actuellement serruriers et charpentiers travaillent simultanément, les premiers posent les naissances des arcs de manière à les amener à la même hauteur que le reste des ouvrages ; quant aux seconds, ils préparent et mettent en place les formidables charpentes qui, placées entre deux piliers voisins et hautes chacune de 45 mètres, serviront d’appui aux pièces reliant les arbalétriers. Ces quatre échafaudages nécessiteront 800 mètres cubes de bois, qui, joints aux 600 mètres déjà employés à la confection des pylônes inclinés de 28 mètres, formeront un cube total de 1,400 mètres utilisés comme soutiens et nécessaires pour atteindre le premier étage. Ces chiffres donnent une idée de l’importance colossale de l’œuvre entreprise par M. Eiffel, et on éprouve un certain sentiment d’étonnement, si on songe que le mètre cube de bois valant en moyenne 60 francs, les charpentes seules représenteront une somme de plus de 80,000 francs.
- Mercredi dernier, M. de Hérédia, ministre des travaux publics, est venu visiter ces constructions ; il est arrivé à trois heures et a été reçu par MM. Eiffel, Coutamin, Salles, Char-
- ton...etc., qui lui ont fait parcourir les quatre
- chantiers dont l’ensemble constitue les travaux de la tour. Le ministre a pris un vif plaisir à cette visite qu’il a prolongée fort longtemps, voulant tout examiner en détail et écoutant avec un grand intérêt les explications techniques que l’auteur du projet lui donnait au fur et à mesure ; il n’a laissé aucun coin inexploré et est même descendu dans les sous-sol du pilier n° 3, afin de se rendre compte de l’aménagement futur des machines qui y seront installées.
- En quittant les chantiers, le ministre s’est rendu dans les bureaux où il a étudié en détail tous les dessins et projets relatifs à cette œuvre immense, puis il s’est retiré, enchanté de ce qu’il avait vu, et félicitant vivement M. Eiffel et ses collaborateurs.
- H. de Baecker.
- —iîiNiriiiit fif fil 'rifinniTT -
- AUDITIONS MUSICALES
- A L’EXPOSITION DE 1889
- EXPOSÉ DES MOTIFS
- La commission impériale de l’Exposition universelle de 1867 exprima Ie désir qu’une exposition de l’art musical fût instituée. En conséquence, un arrêté ministériel, en date du 18 août 1866, disposa que l’art de la musique serait représenté au triple point de vue de la composition, de l’exécution et de l’histoire. Cet arrêté institua tout d’abord un concours portant sur deux compositions musicales : une cantate, dite cantate de l’Exposition, et un hymne, dit hymne de la paix.
- Pour cette partie du programme, un comité spécial fut chargé de. juger les œuvres présentes et de décerner des prix en argent.
- Un autre comité reçut la mission d’organiser des concerts avec orchestre et chœurs, des festivals et concours orphéoniques, enfin des concours de fanfares, de musique d’harmonie et de musiques militaires.
- Il fut décidé, en outre, que les paroles de la cantate et de l’hymne feraient l’objet d’un concours spécial, et que des prix seraient décernés aux auteurs couronnés. Pour l’hymne de la paix, le prix fut partagé entre M. François Coppée et M. Gustave Chouquet. M. Romain Cornut fils remporta le prix de. la cantate. Son œuvre avait pour titre : les Noces de Prométhée.
- Au point de vue musical, 102 compositions se disputèrent le prix de la cantate ; ce fut M. Camille Saint-Saëns qui l’obtint.
- Quant à l’hymne à la paix, 807 concurrents furent inscrits, mais aucun ne fut trouvé digne d’être récompensé.
- L’exécution des festivals et concours orphéoniques amena à Paris un nombre considérable de sociétés françaises et étrangères Le palais de l’Industrie, les serres, les differents pavillons du parc, au Champ-de-Mars, le théâtre international de l’Exposition furent mis à la disposition de ces sociétés.
- Les musiques d’harmonie, les fanfares, les musiques militaires, se réunirent dans les mêmes locaux. La Belgique, les Pays-Bas, la Bavière, le duché de Bade, l’Autriche, la Prusse, l’Espagne, la Russie, se firent représenter 'par leurs meilleures musiques militaires. Un concours européen eut. lieu, le 27 juillet 1867 au palais de l’Industrie. Le premier prix fut partagé, ex-æquo, entre l’Autriche, la Prusse et la France.
- Il avait été décidé que les concerts historiques porteraient spécialement sur des œuvres françaises et étrangères du xve au xviue siècle. Douze séances devaient être consacrées à ces exécutions, pour lesquelles le comité avait prévu une section vocale et une section instrumentale. Les propositions budgétaires émanant du comité ne furent pas accueillies par la commission impériale, qui demanda une réduction de dépense. Cette réduction n’ayant pas été jugée acceptable par lecomité, les concerts historiques furent abandonnés.
- Instruits par ces précédents, les organisateurs de l’Exposition de 1878 proposèrentlanomination d’une commission dite des « auditions musicales ». La commission nommée se divisa en six sous-commissions dont les fonctions furent ainsi définies :
- iresous-commission. —Administration, finances et aménagements.
- 2e sous-commission. — Rapport avec les commissaires étrangers et les sociétés libres françaises .
- 3e sous-commission. —Orgue.
- 4e sous-commission. —Musique de chambre,
- 5° sous-commission. — Orphéons.
- 6e sous-commission. — Musique pittoresque.
- Un orchestre de i5o musiciens et un chœur de 200 exécutants furent organisés aux frais de l’administration, et placés sous la direction deM. Colonne, chef d’orchestre appointé.
- L’orchestre donna dix grands concerts. Le nombre de places occupées fut en moyenne de 3.000 sur plus de 4.500 que comportait la salle du Trocadéro. La moyenne du produit, par séance, fut de 5.000 fr.
- Les concerts de musique de chambre furent moins suivis. L’exécution en était confiée à trois sociétés de quators qui donnèrent 16 séances, dont le produit fut de 320 fr., le nombre de places occupées étant de 226 en moyenne.
- Les festivals, les concours de sociétés chorales, de musiques d’harmonie et de fanfares obtinrent un grand succès ; le prix des entrées étant fixé à 1 fr., la moyenne des places occupées s’éleva à 3,463 et la moyenne du produit par audition, fut de 3,ooo fr. environ.
- Les nations étrangères prirent une part sérieuse aux auditions musicales. L’Angleterre, l’Autriche-Hongrie, la Belgique, la Suisse, l’Espagne, l’Amérique, l’Jtalie, la Hollande, la Russie, la Suède et la Norvège s’y firent successivement représenter.
- Il résulte des documents officiels que 108 séances diverses de musique furent données : 65 pour la France et 43 pour l’étranger.
- Le crédit alloué était de 25o,ooo fr.
- S’inspirant des précédents des expositions de 1867 .et de 1878, ainsi que des leçons acquises, les organisateurs de l’Exposition de 1889 ont pensé qu’il convenait de faire de nouveau à l’art musical une part digne de son importance.
- Tout en maintenant, en général, le principe des concours qui est le principe fondamental des expositions de toutes espèces, il serait difficile d’en constituer pour les orchestres, qui verraient sans enthousiasme l’Exposition devenir pour eux l’occasion d’un classement.
- 11 y aurait donc lieu de répartir ainsi qu’il suit l’exposition musicale de 1889 :
- i° Concours pour les paroles et la musique d’une cantate avec chœurs, soli et orchestre;
- 20 Concours pour la musique d’une marche militaire ;
- 3° Auditions d’orchestres ;
- 40 Concours, d’orphéons et de sociétés chorales ;
- 5° Concours de fanfares et de musiques d’harmonie ;
- 6Ô Concours de musiques militaires.
- Des prix en argent seraient attribués aux deux premiers concours, et des médailles de récompense aux trois derniers.
- Des indemnités seraient accordées aux orchestres admis à se faire entendre.
- Une commission des auditions musicales serait constituée et subdivisée en comités de sections chargés d’organiser les auditions et les concours et de juger les concours. Cette commission pourrait, en outre, proposer les mesures à prendre et les programmes à suivre pour des concerts historiques et des séances d’orgue. Quant à la musique de chambre, l’insuccès des tentatives faites en 1878 semble devoir faire renoncer à des auditions de cette nature pour 1889.
- L’article 5 du règlement général prévoit des auditions théâtrales en même temps que des auditions musicales. Les deux questions méritent d’être séparées et celle des auditions théâtrales a besoin d’être envisagée à part et traitée, s’il y a lieu, de façon à ce que les résolutions prises ne créent pasTtne concurrence fâcheuse aux entreprises théâtrales ordinaires de Paris.
- ORGANISATION
- Arrête :
- Art. Ier. — Conformément aux termes de l’article 5du règlement général susvisé, il sera organisé pendant la durée de l’Exposition, des auditions musicales.
- Art. 2. — Dans ces auditions, l’art musical sera représenté au double point de vue de la composition et de l’exécution.
- Art. 3. — Au point de vue de la composition, fi sera institué :
- i° Un concours pour les paroles d’une cantate avec chœurs, solis et orchestre ;
- 20 Un concours pour la musique de la cantate avec chœurs, solis et orchestre, dont les paroles auront obtenu le premier prix dans le concours ci-dessus ;
- 3° Un concours pour la musique d’une marche militaire ;
- Pour chacun de ces trois concours, auxquels les auteurs et compositeurs français seront seuls admis, il sera décerné en espèces :
- Un premier prix.
- Un deuxième prix,
- Et deux mentions honorables.
- Art. 4. — L’exécution de la cantate couronnée aura lieu le jour de la cérémonie de la distribution des récompenses.
- L’exécution de la marche militaire couronnée pourra avoir lieu lors du concours de musiques militaires institué par l’article 5 du présent arrêté.
- Art. 5. — Au point de vue de l’exécution, il sera organisé :
- i° Des auditions d’orchestres de nationalités différentes dont le nombre ne pourra dépasser vingt ; il sera accordé une indemnité à chacun des orchestres admis à se faire entendre ;
- 20 Un concours national d’orphéons et de sociétés chorales ;
- 3° Un concours national de fanfares et de musique d’harmonie ;
- 40 Un concours international de musiques militaires. Des couronnes et des diplômes seront décernés aux lauréats de ces concours.
- Art. 6. — Il est institué une commission chargée d’organiser, conjointement avec le directeur général de l’exploitation, les auditions musicales de 1889. Les règlements et les programmes rédigés par elle devront être soumis à l’approbation du ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général.
- Art. 7. — La commission d’organisation des auditions musicales est divisée en quatre comités de sections, conformément au tableau ci-dessous :
- ire section. — Composition musicale, 3o membres.
- 2e section. — Orphéons et Sociétés chorales, 24 membres.
- 3e section.— Fanfares et musiques d’harmonie, 24 membres.
- 4e section. — Musiques militaires, 24 membres.
- Chaque comité de section aura à élire son président, son secrétaire et son rapporteur.
- Art. 8. — Les comités auront pour mission de juger les concours de composition musicale, d’orphéons et de sociétés chorales, de fanfares et de musiques d’harmonie, et de musiques militaires, chacun en ce qui concerne sa section.
- Art. 9. — Le comité de la composition musicale sera chargé du choix des orchestres à admettre et des programmes des auditions instituées par le paragraphe ior de l’article 5 du présent arrêté. Il pourra également dresser les programmes d’une série de concerts historiques comprenant l’exécution de compositions musicales de diverses époques et de divers pays, ainsi que les programmes de concerts d’orgue.
- Art. 10. — Il sera institué en outre un jury, composé de vingt membres, qui sera chargé de juger le concours établi par le paragraphe ier de l’article 3, relatif aux paroles d’une cantate.
- Ce jury procédera à la nomination de son bureau, qui sera composé d’un président et d’un secrétaire-rapporteur.
- Art. 11. — Sont nommés membres de la commission d’organisation des auditions musicales, sur la proposition du directeur général de l’exploitation :
- section 11
- Composition musicale
- MM. Thomas (Ambroise), membre de l’Institut ; Gounod (Charles), membre de l’Institut ; Reye; (Louis-Etienne-Ernest), membre de l'Institut r Massenet (Jules), membre de l’Institut ; Saint Saëns, membre de l’Institut ; Delibes (Léo), membre de l’Institut ; Chabrier (Emmanuel); Colonne, chef d’orchestre ; Dubois (Théodore), professeur au conservatoire national de m usique ; Garcin, professeur au conservatoire national de musique; Godard (Benjamin), compositeur de musique ; Ivry (marquis d’) ; Joncières (Victo.rin), compositeur de musique ; Kerst, critique musical ; Lajarte (Théodore de), bibliothécaire de l’académie nationale de musique ; Lamoureux (Ch.), chef d’orchestre ; Lecomte (Eugène), membre de la commission des auditions musicales en 1867 et 1878 ; Lenepveu, compositeur de musique, professeur au conservatoire national de musique ; Pessard (Emile), compositeur de musique ; Réty
- p.822 - vue 407/496
-
-
-
- Troisième Année. — N° 147.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1S89.
- Dimanche 25 Octobre 1887. — 828.
- (Emile), chef du secrétariat du conservatoire national de musique ; Salvayre, compositeur de musique ; Sellenick, ancien chef de musique de la garde républicaine; Sévering, chef de musique au 121e régiment de ligne ; Thétard (le capitaine) ; Vianési, chef d’orchestre de l’académie nationale de musique; Vitu (Auguste), critique d’art; Weber, critique d’art; Weckerlin (J.-B.), bibliothécaire du conservatoire national de musique ; Wettge, chef de musique de la garde répur blicaine ; Wormser, compositeur de musique.
- section 11
- Orphéons et sociétés chorales
- MM. Thomas (Ambroise), membre de l’Institut; Gounod (Charles), membre de l’Institut ; Bour-gault - Ducoudray , professeur au conservatoire national de musique ; Charnacé (Guy de), homme de lettres; Cohen (Jules), chef du chant à l’académie nationale de musique ; Danbé (Jules), compositeur de musique, chef d’orchestre ; Duprez, ancien artiste de l’académie nationale de musique; Duvernoy (Henry), professeur de musique; Faure (J.), artiste lyrique ; Gailhard, directeur de l’académie nationale de musique : Grus (Léon), éditeur de musique ; Halanzier, président de l’association des artistes dramatiques ; Heugel (Henri), éditeur de musique ; Kerst , critique musical ; Lajarte (Théodore de), bibliothécaire de l’académie nationale de musique; Lassalle, artiste de l’académie nationale de musique ; Leduc (Alph.), éditeur de musique ; Paladilhe (Emile), compositeur de musique ; Pougin (Arthur), critique musical ; Rillé (Laurent de) , compositeur de musique ; Salomon (Hector), chef du chant à l’Académie nationale de musique ; Semet (Th.), compositeur de musique; Weckerlin (J.-B.), bibliothécaire du conservatoire national de musique ; Widor (Charles), compositeur de musique.
- SECTION ni
- Fanfares et musiques d’harmonie
- MM. Reyer (Ernest), membre de l’Institut; Mas-senet (Jules), membre de l’institut; Altès, chef d’orchestre ; Barthe, professeur au conservatoire national de musique ; Besson, critique musical; Choudens père, éditeur de musique ; Colonne, chef d’orchestre ; Deffès, compositeur de musique; Delsart, artiste musicien ; Des Chapelles, chef du bureau des théâtres, au ministère de l’Instruction publique et des beaux-arts ; Diaz de la Pena, compositeur de musique ; Dubois (Théodore), professeur au conservatoire national de musique ; Godard (Benjamin), compositeur de musique; Guilmant, organiste ; (Guiraud, compositeur de musique ; Hartmann (G.), éditeur de musique ; Indy (le baron Vincent d’) ; Lecomte (Eugène), membre de la commission des auditions musicales en 1867 et en 1878; Lenepveu, compositeur de musique, professeur au conservatoire national de musique; Madier de Montjau, second chef d’orchestre de l’académie de musique; Poise, compositeur de musique; Réty (Emile), chef du secrétariat du conservatoire national de musique ; Salvayre, compositeur de musique ; Weber, critique musical.
- SECTION iv
- Musiques militaires
- MM. Saint-Saëns, membre de l’Institut; Delibes (Léo), membre de l’Institut; Comettant (Oscar), publiciste; Durand (de la maison Durand et Schoe-newerck), éditeur de musique; Garcin, professeur au conservatoire national de musique; Gervais (le général ; Gouzien (Armand) ; Ingrande (Edmond, d’), secrétaire de la société des compositeurs de musique ; Jonas, compositeur de musique ; Jon-cières (Victorin), compositeur de musique ; Lamou-reux (Ch.), chef d’orchestre; Lascoux (A.) ; Mar-montel fils, sous-chef du chant à l’academie de musique; Mermet, compositeur de musique; Pes-sard (Emile), compositeur de musique; Richault, éditeur de musique; Sellenick, ancien chef de de musique de la garde républicaine; Sévering, chef de musique au 121e régiment de ligne; Tau-dou, professeur au conservatoire national de musique ; Thémines, critique d’art ; Thétard (le capitaine) ; Vianesi, chef d’orchestre de l’académie nationale de musique; Vitu (Auguste), critique d’art; Wettge, chef de musique de la garde républicaine.
- Concours établi pour les paroles d’une cantate à exécuter lors de la distribution des récompenses de l’Exposition de 1889.
- Membres du Jury
- Art. ier. — Sur la proposition du directeur général de l’exploitation, sont nommés membres du jury chargé de juger le concours :
- MM. Augier (Emile), membre de l’Académie française ; Banville (Théodore de), homme de lettres ; Barbier (Jules), littérateur ; Bornier (vi-
- comte Henri de), bibliothécaire de l’Arsenal ; Bourget (Paul), homme de lettres ;Coppée (François), membre de l’Académie française ; Denay-rouse, ancien député ; Doucet (Camille), secrétaire perpétuel de l’Académie française ; Dorchain (Auguste), homme de lettres ; Gruyer (François-Anatole), membre de l’académie des beaux-aVts ; Halévy (Ludovic), membre de l’Académie française ; Legouvé (Ernest), membre de l’Académie française ; Meilhac (Henri), littérateur, auteur dramatique; Normand (Jacques), homme de lettres; Nuitter (Charles), archiviste de l’académie de musique ; Pailleron, membre de l’Académie française ; Richepin, homme de lettres ; Sar-dou (Victorien), membre de l’Académie française; Sylvestre (Armand), homme de lettres.
- Art. 11.—Ainsi constitué, ce jury procédera à la nomination de son président et de son secrétaire-rapporteur.
- MODIFICATION
- de l'arrêté ministériel du 2 août 1887 instituant les
- comités des Congrès et conférences de L’Exposition de 188 g.
- L’article 2 de l’arrêté ministériel du 2 août 1887 susvisé, fixant à neuf membres la composition de chacun des quinze comités spéciaux, institués, est modifié de la manière suivante :
- « Les programmes des congrès et conférences seront préparés par les soins de quinze comités spéciaux, composés de douze membres. »
- Sont nommés membres des comités des congrès et conférences :
- section 1. — Belles-lettres.
- MM. Becque (Henry), homme de lettres ; Gon-court (Ed. de), homme de lettres ; Hugues (Clovis), député ; Maret (Henry), député, en remplacement de M. Gaston Paris, démissionnaire; Vacquerie, publiciste, homme de lettres, en remplacement de M. A. Dumas, démissionnaire.
- section ii. — Beaux-arts.
- . MM. Bardoux, sénateur, ancien ministre; Cas-tagnary, conseiller d’Etat, directeur des beaux-arts; Osmoy (comte d’), sénateur.
- section îii. — Histoire et archéologie.
- MM. Bertrand (Alexandre), membre de l’institut, directeur du musée de Saint-Germain; Challemel-Lacour, sénateur; Rivet (Gustave), député.
- section iv. — Sciences mathématiques.
- MM. Laisant, député; Lévy (Maurice), membre de l’Institut, professeur au Collège de France, professeur àTécole centrale des arts et manufactures; Rouché, professeur au Conservatoire des arts et métiers, examinateur à l’école polytechnique.
- section v. — Sciences physiques et chimiques.
- MM. Bacquerel (Edmond), membre de l’Institut, professeur au Muséum d’histoire naturelle, professeur au Conservatoire des arts et métiers; Frémy (Edmond), membre de l’Institut, directeur du Muséum d’histoire naturelle, professeur à l’école polytechnique ; Naquet (Alfred), sénateur.
- section vi. — Sciences naturelles
- MM. Balbiani, professeur au collège de France; Chamberland, directeur adjoint du laboratoire physiologique ; Grancher, docteur en médecine.
- section vii. — Sciences géographiques.
- MM. Dureau de VaJcomte, député ; Perin (Georges), député; Reclus (Elysée), géographe.
- section vin. — Economie politique et législation.
- MM. Vannacque, chef de division au ministère du commerce et de l’industrie; Vignon (Louis), consul ; Yves-Guyot, député.
- section ix. — Hygiène, assistance, répression.
- MM. Nicolas, conseiller d’Etat, directeur du commerce intérieur au ministère du commerce et de l’industrie; Retlingei, avocat à la cour d’appel; Thomson, député.
- section x. — Economie sociale.
- MM. Maze (Hippolyte), sénateur ; Remaury ; Ricard, député.
- section xi. — Enseignement.
- MM. .Macé (Jean), sénateur ; Ollendorff (Gustave), directeur au ministère du commerce et de l’industrie ; Sée (Camille), conseiller d’Etat.
- section xii. — Génie civil et travaux publics.
- MM. Lacroix (Sigismond), député ; Haymot (Ch.), directeur-propriétaire de l’Avenir des che-
- mins de fer, chef au secrétariat général de la compagnie de l’Ouest; Trystram, député.
- section xiii. — Agriculture.
- MM. Gomot, député ; Méline, député ; Viette, député.
- section xiv. — Industrie.
- MM. Donzel, avocat à la cour d’appel ; Ménard-Dorian, député ; Scheurer-Kestner, sénateur.
- section xv. — Commerce.
- MM. Fould (Henri), exportateur; Marie, directeur du commerce extérieur au ministère du commerce et de l’industrie ; Marteau (Amédée), publiciste .
- MINISTÈRE DU COMMERCE ET DE L'iNDUSTRIE
- EXPOSITION INTERNATIONALE DE PARIS EN 1889
- L’HORTICULTURE
- A L’EXPOSITION DE 1889
- RÈGLEMENT GÉNÉRAL
- Art. 1e1’. — L’exposition Internationale d’horticulture est permanènte ; elle sera ouverte du 6 mai au 3i octobre 1889.
- Art. 2. — Le parc du Trocadéro, compris dans l’enceinte de l’Exposition, est spécialement affecté à cette destination. Les produits y seront placés, suivant leur nature, dans des serres chaudes ou tempérées, sous des tentes, dans des. galeries ou en plein air.
- Art. 3. — Tous les produits de floriculture, d’arboriculture, de sylviculture et de culture maraîchère seront admis à figurer à l’Exposition et concourront pour les récompenses.
- Art. 4. — Toutes les personnes qui s’occupent de la culture des plantes : amateurs, horticulteurs, pépiniéristes, maraîchers, jardiniers, forestiers, etc., quel que soit le pays qu’ils habitent, sont invités à prendre part à cette exposition.
- Art. 5. — L’exposition est complétée par une série de concours horticoles internationaux répartis en 11 époques, savoir :
- ire époque..... du 6 au 11 mai 1889.
- 2® époque...... du 24 au 29 mai 1889.
- 3e époque...... du 7 au 12 juin 1889.
- 4e époque...... du 21 au 27 juin 1889.
- 5e époque...... du 12 au 17 juillet 1889.
- 6® époque...... du 2 au 7 août 1889.
- 7e époque...... du 16 au 21 août 1889.
- 8e époque______ du 6 au 11 septembre 1889.
- 9® époque...... du 20 au 25 septembie 1889.
- 10e époque...... du 4 au 9 octobre 1889.
- 11e époque..... du 18 au 23 octobre 1889.
- Art. 6. — Les concours des 2e, 5e, 7e et 10e époques seront des concours généraux ; les différentes classes du IXe groupe y seront toutes représentées.
- Art. 7. — Dans chaque concours, les apports collectifs, les apports d’amateurs, ceux des horticulteurs, ceux des établissements publics ou d’enseignement et ceux des marchands concourront séparément.
- Art. 8. — Le jury entrant en fonctions dès l’ouverture de chaque concours, le rangement des apports devra être terminé la veille du jour fixé ou au plus tard le jour même avant 8 heures du matin.
- Art. 9. — Tout exposant admis à un des con cours sera tenu délaisser ses produits exposés pendant 6 jours au moins et de pourvoir à leur entretien pendant leur séjour à l’Exposition.
- Art. 10. — Toutefois les arbres fruitiers, les plants forestiers et les végétaux d’ornement, ligneux ou herbacés, placés isolément, en massifs ou en corbeilles, sur les pelouses, devront être plantés avant le i5 mars 1889, et, si possible, dès le printemps de 18S8.
- L’administration se réserve le droit, quand elle le jugera nécessaire, d’obliger les exposants de ces plantations à les laisser en place pendant toute la durée de l’Exposition.
- En pareil cas, l’administration mettra à la disposition des exposants l’eau, la terre végétale, la terre de bruyère, le paillis et R. terreau dont ils auront besoin.
- Ces exposants devront, avant le ier février 1888
- — s’ils se proposent de planter au printemps 1888
- — avant le ier février 1889 —s’ils se proposent de planter au mois de mars 1889 — indiquer à l’administration l’étendue du terrain qu’ils désirent occuper.
- Art. 11. — Les exposants pourront avoir des serres à leur disposition, pour toute la durée ou
- p.823 - vue 408/496
-
-
-
- 824* — Troisième Année
- rLE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 23 Octobre i88j.
- pour une partie de la durée de l’Exposition. Mais ils s’engagent à tenir ces serres garnies pendant le temps fixé par l’administration.
- Art. 12. — Dans certains cas et sur la demande des exposants étrangers ou habitant hors du departement de la Seine, l’administration pourra se charger de pourvoir à l’entretien de leur exposition, à leurs frais, s’ils ne prêtèrent le confiei a une personne de leur choix prise hors du personnel de l’administration, mais qui devra etre agreee par elle ; cependant l’administration ne répond d’aucune perte ou avarie et décline, par avance, toute responsabilité sur ce point.
- Art. i3. — Des autorisations pourront être données exceptionnellement par 1 administi ation^soit pour permettre l'enlèvement des plantes qu’il y aurait inconvénient majeur à laisser séjourner a l'Exposition, soit pour l’introduction de végétaux présentés pendant la durée des concours.
- Art. 14. — Les grands végétaux qu’il y aurait inconvénient ou difficulté a transporter plusieuis fois pourront être installés, dès le jour de leur apport, a la place qu'ils doivent définitivement occuper, et c’est à cette place qu’ils seront examinés par le jury.
- Art. i5. — Les plantes fanées ou altérées,J.es légumes, les fleurs et les fruits coupés devront être enlevés et renouvelés par les exposants, faute de quoi ils seront enlevés d’office par l’administration, sans que les exposants puissent présenter aucune réclamation.
- Art. 16. — Les frais d’emballage, de transport, de manutention, de déballage, d’installation, d’entretien, de surveillance et de réexpédition des produits exposés, sont à la charge des exposants.
- Art. 17. — Chaque plante exposée doit, être munie d’une étiquette portant a la fois son nom vulgaire et son nom scientifique (espèce ou variété) écrits lisiblement et correctement.
- Art. 18. — Les plantes présentées comme nouvelles devront être munies d’une étiquette très apparente indiquant, en outre de leur nom (vulgaire et scientifique, le lieu de leur origine et la date de leur introduction ou importation.
- Art. 19. — Aucune plante (le même sujet) ne peut être admise à plus d’une époque.^
- Les fleurs, fruits et légumes présentés à. un concours, soit isolément, soit en groupes, ne pourront plus faire partie d’une collection ou d’un lot destiné à un autre concours.
- Art. 20. — Les comités d’admission auront le droit de refuser toutes les plantes qui ne rempliraient pas les conditions imposées par les règlements et celles qui ne leur paraîtraient pas dignes de figurer à l’Exposition.
- Art. 21. — Tout exposant doit veiller,, soit personnellement, soit par mandataire, aux placement et arrangement de ses produits dans les serres, massifs, corbeilles, ou pelouses qui leur sont assi-gnés.
- En cas d’absence de l’exposant ou de son mandataire, l’administration fera disposer ces produits aux endroits désignés, et sans que l’exposant puisse présenter aucune réclamation.
- Art. 22. — A moins d’indications contraires mentionnées dans les règlements spéciaux de chaque classe :
- Il ne pourra être présenté qu’un sujet de chaque espèce ou variété pour les espèces et variétés réunies en collection ; .
- Il pourra être présenté plusieurs sujets de la même espèce ou variété dans les lots où le nombre des plantes n’est pas fixé ; .
- Il pourra être présenté plusieurs sujets de la même espèce ou variété dans le concours pour le plus beau groupe. . .
- Les plantes multipliées par suite u un gain . obtenu de semis pourront être apportées en plusieurs sujets.
- Art. 23. — Les légumes et les fruits obtenus de semis seront en nombre suffisant pour que le jury puisse les déguster.
- Art. 24. __ Les végétaux présentés comme nou-
- veaux de semis ou comme d’introduction ou d'importation nouvelles, ne devront pas avoir été mis dans le commerce.
- Art. 25. — Les demandes des horticulteurs français et étrangers devront etre adressées au diiec-teur général de l’exploitation, a Paris (sauf dans le cas prévu par l’article 10 du présent règlement général), six semaines au moins avant l’époque du concours dans lequel ils désirent figurer.
- Les exposants sont informés de leur admission trois semaines au moins avant 1 époque du concours indiqué.
- Art. 26. — Les demandes devront mentionner le nom et le domicile du demandeur, le^ nombre, l'espèce et la variété des. produits qu il désire exposer, le mode d’exposition que ces produits réclament et l’espace qu’ils occuperont ; les.demandes devront également indiquer si les. végétaux sont présentés en pots, caisses ou panieis,et s’ils seront plantés à demeure, en pleine . terre, pour accomplir leur période de végétation à 1 Ex-
- Art. 27. — Les membres du jury des. récompenses et les personnes adjointes à ce jury ne peuvent prendre part à aucune des séries de concours où ils sont appelés à donner leur appréciation, mais ne sont pas exclus pour cela des concours où leur avis ne sera pas réclamé.
- Art. 28. — Les produits exposés qui seraient vendus ne pourront être livrés à l’acheteur qu à l’expiration du temps fixé pour leur exposition.
- RÈGLEMENTS SPÉCIAUX
- CLASSE 78
- RÈGLEMENT SPECIAL
- Serres et matériel de l’horticulture
- Architecture de jardins ; plans lavés ou en relief;
- Rochers, grottes, rocailles ;
- Construction des serres ;
- Chauffage de serres ;
- Appareils de physique et instruments de météorologie appliqués à /’horticulture ;
- Clôtures, mobiliers de jardins, treillages d’espaliers, de contre-espaliers et d’ornement, fruitiers et appareils à conserver les fruits ;
- Vase s, poteries et céramiques horticoles ;
- Appareils d arrosage;
- Tondeuses de ga^on ;
- Coutellerie, taillanderie, quincaillerie horticoles et machines diverses, telles que : métiers à paillassons, à bouquets, etc. ;
- Modèles de fleurs et de fruits;
- Kiosques, claies et abris, pavillons et chalets rustiques, tentes de jardins.
- Art. Ier.— Les exposants de la classe 78 doivent se conformer au règlement général.
- Art. 2. — Les constructeurs de serres et d’aquariums pour plantes de serre sont tenus de faire connaître, dans le plus bref délai, les dimensions et la forme des serres et aquariums qulils se proposent d’exposer, et d’en adresser le plan exact au directeur général de l’exploitation.
- Art. 3. — Chaque exposant ne pourra, que par exception, être admis à établir plus d’une serre.
- Art. 4. — Les serres devront, être peintes et vitrées par les soins et aux frais des exposants. Us s’entendront avec des entrepreneurs dont les travaux, en ce qui concerne la vitrerie, seront soumis, sur la demande de ceux-ci, à l’examen du jury des récompenses.
- Art. 5. — Les travaux de maçonnerie des soubassements sont à la charge de l’administration.
- Art. 6. — Les serres dites adossées ne seront admises que si l’exposant s’engage à construire lui-même le mur d’à dos nécessaire.
- Art. 7. — Les serres désignées pour recevoir des appareils de chauffage devront être terminées trois mois avant la date fixée pour l’ouverture officielle de l’Exposition.
- Art. 8. — Les constructeurs d'appareils de chauffage devront, dans le plus bref délai,. faire parvenir les dessins et plans de leurs appareils au directeur général de l’exploitation et se mettre en mesure, dès le Ier février 1889, au plus tard, .de monter ces appareils. Us devront avoir terminé leurs travaux un mois après que les serres leur auront été livrées.
- CLASSE 79
- RÈGLEMENT spécial
- Fleurs et plantes d’ornement de plein air
- Plantes pouvant concourir à l’ornementation des jardins en plein air sous le climat de Paris
- Art. 1e1'. — Les exposants de la classe 79 doivent se conformer au règlement général.
- Art. 2. — Les exposants auront la faculté de choisir celle des dates fixées pour les concours à laquelle ils désirent faire figurer leurs produits; mais ils devront adresser leur demande au directeur général de l’exploitation six semaines au moins avant le premier jour de l’époque du concours qu’ils auront choisi.
- Art. 3. — Chaque demande devra nettement indiquer si les végétaux seront présentés en pots, caisses ou paniers et s’ils seront plantés temporairement ou à demeure (en pleine terre) pour accomplir à l’Exposition leur période de végétation.
- Art. 4. — Un concours sera ouvert dans tous les genres de végétaux indiqués à l’article 7 du règlement spécial de la classe 79 pour les plantes nouvelles, n’ayant pas encore été mises dans le commerce (espèces ou variétés).
- Ces plantes nouvelles inédites seront, divisées en plantes nouvelles inédites d’importation, d’introduction, obtenues de semis.
- Art. 5. — Un concours sera ouvert, dans tous les genres de végétaux indiqués à l’article 7 du règlement spécial de la classe 79, pour les plus belles plantes, espèces ou variétés mises dans le
- commerce depuis l’Exposition universelle de Paris en 1878.
- Art. 6. — Un concours sera ouvert, dans tous les genres de végétaux indiqués à l’article 7 du règlement spécial de la classe 79 pour les plus beaux exemplaires.
- Les exposants, dans cette catégorie, pourront présenter de un à cinq specimens de chaque espèce ou variété.
- Art. 7. — Des concours seront ouverts aux onze époques indiquées à l’article 5 du réglement général entre les différents genres de végétaux dont les noms suivent :
- Agaves : La plus belle collection ; la plus belle collection de 5o.
- Amaryliidées : La plus belle collection.
- Anémones : Le plus beau groupe.
- Arbres d’ornement à feuilles caduques. : La plus belle collection ; la plus belle collection de
- 5°.
- Arbustes et abrisseaux d’ornement à feuilles caduques : La plus belle collect on ; la. plus belle collection de 100; la plus belle collection de 5o ; la plus belle collection de 25.
- Arbrisseaux d'ornement à feuilles persistantes La plus belle collection ; la plus belle collection de 5o ; la plus belle collection.de 2 .
- Asters : La plus belle collection.
- Aucubas : Le plus beau groupe de 5o; le plus, beau groupe de 25.
- Aurieules : Le plus beau groupe de 100.
- Azalées de pleine terre : La plus belle collection ; la plus belle collection de 20.
- Bambous : Le plus beau groupe de 20.
- Bégonias tubéreux à fleurs simples : Le plus beau groupe de 100.
- Bégonias tubéreux à fleurs simples Le plus beau groupe de 100.
- Bégonias tubéreux à fleurs doubles : Le plus beau groupe de 5o.
- Bégonias cauvalescents : Le plus beau groupe de 5o.
- Bégonias autres que les précédents : La plus belle collection.
- Buis : Le plus beau groupe de 2 5.
- Calcéolaires G. rugosa etvariétés : Le plus beau groupe de 5o.
- Cannas : La plus belle collection.
- Chrysanthèmes C.frutescens et varités : Le plus beau groupe de 5o.
- Clématites hâtives : La plus belle collection ; la la plus belle collection de 5o.
- Clématites tardives : La plus belle collection la plus belle collection de 3o.
- Coleus : Le plus beau groupe de 100.
- Conifères : La plus belle collection ; la plus belle collection de 5o ; la plus belle collection de 25.
- Crassulacées : La plus belle collection.
- Dahlias à fleurs doubles : La plus belle collection ; la plus belle collection de 5o.
- Dahlias à fleurs simples : Le plus beau groupe.
- Dahlias Juarez (Cactus) : Le plus beau groupe de i5.
- Delphiniums vivaces : Le plus beau groupe de 5o.
- Erables japonais: la plus belle collection; la plus belle collection de 20.
- Ericas et Epacris ; Le plus beau groupe de 2 5.
- Erythrinas : le plus beau groupe de i5.-
- Evonymus : Le plus beau groupe de 5o ; le plus beau groupe de 25.
- Fougères de pleine terre ; la plus belle collection ; la plus belle collection de 5o.
- Fuchsias : la plus belle collection ; le plus beau groupe de 5o.
- Giroflées: le plus beau groupe de 5o.
- Glaïeuls : La plus belle collection ; la plus belle collection de 5o; la plus belle collection de 25.
- Glaïeuls de Colville ; Le plus beau groupe de 25.
- Graminées diverses : Le plus beau groupe de 20.
- Grenadiers: le plus beau groupé de 10.
- Hederas lierres : le plus beau groupe de 20.
- Héliotropes : le plus beau groupe de 5o.
- Hyacinthus jacinthes: La plus belle collection ; la plus belle collection de 5o.
- Hydrangeas hortensia: Le plus beau groupe de 20.
- Impatiens balsamines : Le plus beau groupe, de 5o.
- Iris : La plus belle collection ; la plus belle collection de 5o.
- Iris xyphium et variétés: Le plus beau groupe de 5o.
- Kalmias : Le plus beau groupe de 2 5.
- Lantanas : Le plus beau groupe de 5o.
- Ligustrums : Le plus beau groupe de 5o.
- Liiiums, lis : La plus belle collection ; le plus beau groupe.
- Liliacées diverses : La plus belle collection ; ie plus beau groupe.
- Lobelias : Le plus beau groupe.
- Magnolias à feuilles persistantes : Le plus beau groupe de 12.
- Magnolias à feuilles caduques : Le plus beau groupe de 12.
- Mahonias : Le plus beau groupe de 20.
- Myrtes : Le plus beau groupe de 20.
- Musas, bananiers: Le plus beau groupe de 5o,
- p.824 - vue 409/496
-
-
-
- Troisième Année. — N° 147.
- Nerium (Lauriers roses) : Le plus beau groupe de 20.
- Œillets : La plus belle collection; la plus belle collection de 5o.
- Œillets mignardises : La plus belle collection de 5o.
- Orangers (Gitrus) : Le plus beau groupe de 10.
- Orchidées indigènes : La plus belle collection ; la plus belle collection de 25.
- Pelargoniums à grandes fleurs et de fantaisie : La plus belle collection ; la plus belle collection de 5o.
- Pelargoniums P. zonale et inquinans à fleurs simples : La plus belle collection ; la plus belle collection de 5o.
- Pelargoniums P. zonale et inquinans à fleurs doubles : La plus belle collection ; la plus belle collection de 5o.
- Pensées : le plus beau groupe de 200; le plus beau groupe de 100.
- Pentstemons : Le plus beau groupe de 5o.
- Pétunias à fleurs simples et doubles : Le plus beau groupe de 100.
- Phlox vivaces : La plus belle collection de 5o : le plus beau groupe de 5o.
- Phormiums vert et panaché : Le plus beau groupe de 12.
- Pivoines arborescentes : La plus belle collection de 2 5.
- Pivoines herbacées ; La plus belle collection : la plus belle collection de 5o.
- Pivoines paradoxales : La plus belle collection de 25.
- Plantes annuelles d’ornement : La plus belle .collection ; la plus belle collection de 100 ; la plus belle collection de 5o.
- Plantes aquatiques : la plus belle collection.
- Plantes grimpantes, vivaces,ligneuses, annuelles : La plus belle collection.
- Plantes officinales de pleine terre : La plus belle collection.
- Plantes vivaces de pleine terre, fleuries ou à feuillages : la plus belle collection ; la plus belle .collection de 5o.
- Potentilles : Le plus beau groupe de 5o.
- Pyrethrums carneum : Le plus beau 'groupe de 5o.
- Pyrethrums de l’Inde, chrysanthèmes d’automne : La plus belle collection ; la plus belle collection de 5o ; le plus beau groupe de 100.
- Reines marguerites : Le plus beau groupe de ,ioo ; le plus beau groupe de 5o.
- Renoncules : Le plus beau groupe de 100.
- Réséda! Le plus beau groupe de 5o.
- Rhododendrons : La plus belle collection ; la plus belle collection de 5o ; la plus belle collection de 2 5.
- Rosiers : La plus belle collection : la plus belle collection de 200 ; la plus belle collection de 100 ; .la plus belle collection de 5o.
- Saxifrages : La plus belle collection.
- Sempervivums : La plus belle collection.
- Solanums à feuillages : Le plus beau groupe .de 2 5.
- Spirées : Le plus beau groupe de 25.
- Tulipes : La plus belle collection ; la plus belle collection de 5o.
- Tritomas : La plus belle collection : le plus .beau groupe de 20.
- Véronique : Le plus beau groupe de 25.
- Verveines : Le plus beau groupe de 100.
- Yuccas : La plus belle collection ; la plus belle .collection de 20.
- Zinnias : Le plus beau groupe de 5o.
- Art. 8. — Des concours seront ouverts pour la plus belle collection générale et pour la plus belle •collection de variétés dans chaque genre de fleurs coupées, aux onze époques indiquées à l’art. 5 du règlement général.
- Art. 9. — Un concours pour le plus beau motif de mosaïculture sera ouvert à chacune des onzes époques indiquées à l’article 5 du règlement général.
- Art. 10. — Des concours d’ornementation eh fleurs naturelles, pour les plus beaux bouquets, les plus beaux motifs ou sujets divers, les plus belles garnitures et ornementations diverses d’appartements, de tables, etc., seront ouverts à chacune des onze époques indiquées à l’article 5 du règlement général.
- Art. 11. — Des concours pour les plus beaux massifs de plantes ligneuses, fleuries ou à feuillage seront ouverts aux onze époques indiquées à l’article 5 du règlement général.
- Art. 12. — Des concours pour les plus belles corbeilles de plantes fleuries ou à feuillages seront ouverts aux onze époques indiquées à l’article 5 du règlement général.
- Art. i3. — Pour les gazons, un concours permanent est ouvert. Le passage du jury aura lieu les 6 mai, 12 juillet et 18 octobre.
- Ces gazons devront être semés dès le printemps de 1889.
- Art. 14. — Les exposants, dans les concours prévus par les articles 9, 11, 12 et i3 du règlement spécial de la classe 79, devront indiquer, .dans leur demande d’admission, la forme et la
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1SS9
- dimension maxima des mosaïcultures, massifs, corbeilles ou gazons qu’ils désirent exposer.
- L’administration se réserve le droit de limiter ces dimensions au besoin des cas.
- CLASSE 80
- RÈGLEMENT SPECIAL
- Plantes potagères
- Espèces de plantes et spécimens de cultures rappelant les types caractéristiques des jardins potagers de chaque contrée.
- Art, 1e1’.— Les exposants de la classe 80 doivent se conformer au règlement général.
- Art. 2. - Un espace de 200 mètres carrés environ sera mis, par l’administration, à la disposition des exposants de la classe 80 pour y créer un jardin type maraîcher et y entretenir des cultures.permanentes rappelant les spécimens caractéristiques des jardins potagers de chaque contrée.
- Art. 3. — L’administration fournira, pour ce jardin potager, l’eau, le fumier et le terreau nécessaires.
- Art, 4. — Des concours seront ouverts aux onze époques indiquées à l’article 5 du règlement général pour tous les genres de plantes potagères.
- Art. 5. — Un concours sera ouvert, dans chaque genre de plantes potagères, pour les plantes nouvelles n’ayant pas encore été mises dans le commerce (espèces ou variétés).
- Ces plantes nouvelles inédites seront divisées en plantes nouvelles inédites d’importation, d’introduction obtenues de semis.
- Art. 6. — Un concours sera ouvert, dans chaque genre de plantes potagères, pour les plus belles plantes (espèces ou variétés) mises dans le commerce depuis l’Exposition universelle de Paris en 1878.
- Art. 7. Un concours sera ouvert, dans chaque genre de plantes potagères, pour les plus beaux spécimens.
- Art. 8. — L’Administration autorise la vente sur place des produits provenant des cultures maraîchères, ainsi que ceux qui, à la fin de chaque concours, ne seraient pas réclamés par les exposants.
- Cette vente sera faite au profit de la « Société de secours mutuels des jardiniers-horticulteurs du département de la Seine », par ses soins et à sa charge.
- CLASSE 81 . règlement spécial Fruits et arbres fruitiers
- Espèces de plantes et spécimens de produits de culture rappelant les types caractéristiques des vergers de chaque contrée.
- Art. 1e1'. — Les exposants de la classe 81 doivent se conformer au règlement général.
- Art. 2. — Des concours seront- ouverts à la deuxième époque indiquée par l’art. 5 du règlement général ;du 24 au 29 mai 1889) entre les diftérénts genres d’arbres à haute tige*, à fruits de table ou d’économie domestique ou industrielle (sauf les fruits à cidre) dont le nom suit :
- Abricotiers, amandiers, cerisiers, châtaigniers, noyers, pêchers, poiriers, pommiers, pruniers, etc.
- Toutes les espèces ou variétés de ces différents arbres seront représentées: i° par de jeunes sujets de pépinières ; 20 par des arbres formés.
- Art. 3. — Des concours seront ouverts à. la deuxième époque indiquée par l’article 5 du règlement général (du 24au 29 mai 1889), entre les différents genres d’arbres à fruits à cidre (poiriers et pommiers).
- Toutes les variétés pourront être représentées: i° par des sujets greffés ; 2° par des égrins élevés à tiges et destinés à recevoir la greffé.
- Chaque sujet sera muni d’une étiquette indiquant l’époque de la floraison, celle de la maturité du fruit et la nature de celui-ci.
- Art. 4.—; Un concours sera ouvert à la deuxième époque indiquée par l’article 5 du règlement général (du 24 au 29 ruai) entre les différents ge nés d’arbres ou arbrisseaux fruitiers, à tige nue ou ramifiée, pour les lots d’ensemble composés : d’aze-roliers, cognassiers, cormiers et similaires, cor-nouilliers, figuiers, mûriers, néfliers et noisetiers.
- Art. 5.—. Un concours sera ouvert à la deuxième époque indiquée par l’article 5 du règlement général (du 24 au 29 mai) entre les -différents genres d’arbres et arbustes fruitiers de la région du Sud, pour les lots d’ensemble composés : d’arbousiers, bibaciers, citronniers, dattiers, grenadiers, jujubiers, oliviers, orangers, pistachiers, plaquemi-niers, etc.
- Arf; 6. — Des concours seront ouverts à la deuxième époque indiquée par l’article 5 du règlement général (du 24 au 29 mai) entre les différents genres d’arbres et arbustes à basse tige (sujets de divers âges pour culture en plein air ou en espalier) dont le nom suit:
- Dimanche 2 3 Octobre 8§;
- Abricotiers, cerisiers, groseillers, pêchers, poiriers, pommiers, pruniers et vignes de jardins.
- Chaque espèce ou variété pourra être représentée : i° par de jeunes sujets de pépinières, non formés ; 20 par des arbres dressés sous une forme usitée ou nouvelle.
- Ces concours seront exclusivement réservés aux arbres dits : arbres de vente. Les arbres formés en jardins dits : arbres d’étude, arbres d’école ou de rapport, qui ne sont.pas considérés comme arbres de vente, feront l’objet d’un concours spécial.
- Art. 7.—Un concours sera ouvert à la deuxième époque indiquée par l’article 3 du règlement général (du 24 au 29 mai) entre les arbres et arbustes de toutes sortes (autres que les vignes) élevés en pot pour la culture forcée.
- Art. 8.—. Un concours sera ouvert à la deuxième époque indiquée par l’article 5 du règlement général (du 24 au 29 mai) entre les vignes élevées en pot pour la culture forcée.
- Art. 9. — Les exposants, dans les concours prévus par les articles 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8 du règlement spécial de la classe 81,'ne pourront présenter, pour chaque genre, que deux sujets au plus de même âge ou de même forme.
- Art. 10, — Des concours seront ouverts aux
- 1 r° et 2e époques indiquées par l’article 5 du règlement général (du 6 au 11 mai et du 24 au 29 mai :
- i° Entre les collections de fruits frais conservés dont les noms suivent : poires, pommes, raisins.
- 20 Entre les collections de : citrons, oranges, bibaces et autres fruits de la région du Sud.
- 3° Entre les collections de fruits frais en maturité, récoltés en plein air, dont les noms suivent : abricots, cerises, fruits divers de la région du Sud.
- 40 Entre les fruits forcés (par espèces ou variétés) cueillis ou exposés sur l’arbre, les raisins exceptés.
- 5° Entre les raisins forcés cueillis ou exposés sur la souche.
- Art. 11. — Des concours seront ouverts aux 3e et 4e époques indiquées par l’article 5 du règlement général (du 7 au 12 juin et du 21 au 27 juin 1889) :
- i° Entre les collections de fruits frais dont les noms suivent: abricots, cerises, groseilles, pêches, poires, etc. ;
- 20 Entre les collections de fruits divers de la région du Sud ;
- 3° Entre les divers fruits forcés — les raisins exceptés — (par espèces ou variétés) cueillis- ou exposés sur l’arbre :
- 4° Entre les raisins forcés cueillis ou exposés sur la souche.
- Art. 12. — Des concours seront ouverts à la 5e époque indiquée par l’article 5 du règlement général (du 12 au 17 juillet 1880) :
- i° Entre les collections de fruits frais de toutes sortes, en maturité, dont les noms suivent : abricots, amandes, cerises, framboises, groseilles, pêches, poires, pommes, prunes, raisins.
- 20 Entre les collections de fruits divers (espèces et variétés) de la région du Sud.
- Art. i3. — Des concours seront ouverts aux 6e et 7e époques indiquées à l’article 5 du règlement général (du 2 au 7 août et du ib ou 21 août 1889):
- i° Entre les collections de fruits frais de toutes sortes, en maturité, dont les noms suivent : abricots, amandes, cerises, figues, framboises, groseilles, mûres, pêches, poires, pommes, prunes, raisins.
- 20 Entre les collections de fruits divers (espèces et variétés) de la région du Sud.
- Art. 14. — Des concours seront ouverts aux 8a et 9e époques indiquées par l’article 5 du règlement général (du 5 au 11 septembre et du 20 au
- 2 5 septembre 1889) :
- i° Entre les collections de fruits frais de toutes sortes, en maturité, dont les noms suivent : abricots, amandes, cerises, figues, framboises, groseilles, pêches, poires, pommes, prunes, raisins.
- 20 Entre les collections de fruits divers (espèces ou variétés) de la région du Sud.
- Entre les fruits a cidre de première saison (poires et pommes).
- Art. i5. — Des concours seront ouverts aux ro* et 11e époques indiquées à l’article 5 du règlement général (du 4 au 9 octobre 1889 et du 18 au 23 octobre) :
- i° Entre les collections de fruits frais de toute sorte, en maturité, dont les noms suivent : aze-roles et fruits similaires, coings, figues, framboises, groseilles, noisettes, noix, pêches, plaquemines’ poires, pommes, prunes, raisins.
- 20 Entre les collections de fruits divers (espèces ou variétés) de la région du Sud.
- 3° Entre les collections de fruits à cidre (pommes et poires).
- Art. 16. — Les exposants de fruits à cidre, dans les concours prévus par les articlès 14 et i5 du règlement spécial de la classe 81, devront accompagner chacune des especes ou variété de fruits exposés d’une étiquette indiquant l’époque de la maturité du fruit et la nature de sa chair, le port de l’arbre, sa fertilité et l’époque de sa floraison.
- Art. 17. — Des concours sont ouverts, aux différentes époques indiquées par les articles 10, 11,
- p.825 - vue 410/496
-
-
-
- 826. — Troisième Année. — N° 147.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- Dimanche 20 Octobre 1887.
- 12, i3, 14 et t 5 du règlement spécial de la classe 81, dans les différents genres de fruits exposés à ces époques pour les plus belles et les meilleures variétés mises dans le commerce depuis l’Exposition universelle de Paris en 1878.
- Art. 18. — Les lots de fruits seront composés soit de collections générales, soit de plusieurs genres, soit d’un seul genre, soit d’une seule espèce ou variété.
- Art. 19. — Les exposants dans les concours prévus parles articles 10, 11, 12, i3, 14 et i5 du reglement spécial de la classe 81 ne pourront présenter plus d’une assiette, panier ou corbeille de chaque variété de fruits.
- Art. 20. — Les exposants dans les concours prévus par les articles 10, 11, 12, i3, 14 et i5 du règlement spécial de la classe 81 devront placer leurs fruits dans un ordre régulier (ordre alphabétique, époque de maturité, etc.) et les grouper par sections séparées (fruits de table, à couteau ou à cuire, fruits d’économie domestique ou industrielle; fruits locaux; variétés inédites, etc.).
- Art. 21. — Des concours seront ouverts dans chaque genre de fruits, pour les variétés nouvelles n’ayant pas encore été mises dans le commerce.
- Ces variétés nouvelles inédites seront divisées en variétés nouvelles inédites d’importation, d’introduction, obtenues des semis.
- CLASSE 82
- RÈGLEMENT SPECIAL
- Graines et plantes d’essence forestière
- Espèces de plantes et spécimens de produits de culture rappelant les procédés de peuplement des forêts usités dans chaque pays.
- \rt. i6r. — Les exposants de la classe 82 doi-en se conformer au règlement général.
- Art. 2. — Des concours seront ouverts à la deuxième époque indiquée par l’article 5 du règlement général (du 24 au 29 mai 1889) :
- i° Entre les arbres d’essences feuillues employées au repeuplement des forêts sous divers climats, dans les conditions suivantes :
- I. — Une collection d’espèces et de variétés, à raison de 2 sujets par espèce ou variété.
- II. — Un lot d’espèces d’introduction récente, à raison de 10 sujets par espèce.
- 20 Entre les arbres d’essences résineuses utilisées pour le repeuplement des forêts sous divers climats, dans les conditions suivantes :
- I. — Une collection d’espèces et de variétés, à raison de un sujet (quelle que soit sa dimension) par espèce ou variété.
- IL — Un lot d’espèces d’introduction récente à raison de 4 sujets par espèce.
- 3° Entre les arbustes, arbrisseaux et sous-ar-brisseaux pouvant servir à maintenir les terres sur les pentes abruptes ou à couvrir temporairement les terrains dénudés, dans les conditions suivantes :
- I. —• Collection d’espèces et de variétés;
- II. — Lot de sujets d’introduction récente.
- Art. 3. — Des concours seront ouverts à la quatrième époque indiquée par l’article 5 du règlement général (du 21 au 27 juin 1889) : entre les procédés pratiques et économiques pour la destruction des insectes et des parasites végétaux nuisibles aux plantations forestières et aux arbres d’alignement.
- Art. 4. — Des concours seront ouverts à la cinquième époque indiquée par l’article 5 du règlement général (du 12 au 17 juillet 1889) :
- i° Entre les plants de pépinières (hautes, moyennes et basses tiges) destinées aux reboisements, dans les conditions suivantes :
- I. — Collection d’espèces et variétés, à raison de 10 pieds par espèce ou variété.
- IL — Lot de 25 variétés parmi les plus répandues, à raison de 10 pieds par variété.
- III. — Lot de semis, boutures et greffes.
- 20 Entre les arbres tiges d’ornements propres à la plantation d’un parc.
- I. — Le plus beau lot de 5o espèces ou variétés, à raison de 2 sujets par espèce ou variété.
- IL — Le plus beau lot de 5o espèces ou variétés (2 sujets par espèce ou variété) introduites depuis l’Exposition de 1878.
- 3° Entre les arbres tiges d’alignement propres aux plantations des boulevards, promenades publiques, routes, etc.
- Le plus beau lot de 5o espèces ou variétés, à raison de 2 sujets par espèce ou variété.
- Art. 5. — Un concours sera ouvert à la septième époque indiquée par l’article 5 du règlement général (du 16 au 21 août 1889) : entre les graines et plants d’essences forestières exposées collectivement par les administrations, les communes, les sociétés, etc.
- Art. 6. — Des concours seront ouverts à la dixième époque indiquée par l’article 5 du règle-mént général (du 4 au 9 octobre 1889) :
- i° Entre les plans en relief et dessins de forêts et de parcs ;
- 20 Entre les différentes espèces de grains forestiers dans les conditions suivantes :
- I. — La plus belle collection d’espèce et de variétés de toutes essences.
- II. Le plus beau lot de résineux en cônes.
- III. — Le plus beau lot de résineux en graines nettes.
- IV. — La plus belle collection d’espèces et de variétés d’essences feuillues à feuilles caduques et à feuilles persistantes.
- Art. 7. — Un concours sera ouvert dans chaque genre de plantes d’essence forestière pour les plantes nouvelles n’ayant pas encore été mises dans le commerce (espèces ou variétés).
- Ces plantes nouvelles inédites seront divisées en plantes nouvelles inédites d’importation, d’introduction, obtenues de semis.
- Art. 8. — Un concours sera ouvert dans chaque genre de plantes d’essence forestière pour les plus beaux sujets.
- Art. 9. — Les différents plants d’essences forestières devront être plantés avant le i5 mars 1889 (si possible même dès le printemps de 1888) et resteront en place pendant toute la durée de l’Exposition aux conditions prévues par l’article 10 du règlement général.
- CLASSE 83
- RÈGLEMENT SPECIAL
- Plantes de serre
- Spécimens des cultures usitées dans divers pays en vue de l’agrément et de l’utilité
- Art. 1er. — Les exposants de la classe 83 doivent se conformer au règlement général.
- Art. 2. — Des concours seront ouverts à la deuxième époque indiquée par l’article 5 du règlement général (du 24 au 29 mai 1889) entre diverses espèces de plantes de serre dans les conditions suivantes :
- Plantes de serre chaude: 1. La plus belle collection de 5o ; 2. La plus belle collection de 25.
- Plantes de serre tempérée : 3. La plus belle collection de 40.
- Orchidées exotiques en fleurs : 4 La plus belle collection; 5. La plus belle collection de 3o ; 6. La plus belle collection de 12 ; y Le plus beau lot.
- Cypripediums en fleurs : 8. La plus belle collection ; 9. Le plus beau lot de 12.
- Ixoras : 10. Le plus beau lot.
- Broméliacées fleuries ou non fleuries: 11. La plus belle collection; 12. Le plus beau-lot.
- Fougères herbacées de serre: i3. La plus belle collection; 14. Le plus beau lot.
- Calcéolaires herbacées variées : i5. Le plus beau lot de 80 ; 16. Le plus beau lot de 5o.
- Cinéraires simples variées: 17. Le plus beau lot de 5o ; 18. Le plus beau lot de 25.
- Cinéraires doubles variées: 19. Le plus beau lot de 25.
- Amaryllidées fleuries deserre: 20. La plus belle collection ; 21. Le plus beau lot.
- Imantophyllum ou Clivia variés en fleurs: 22. Le plus beau lot ; 23. Le plus beau lot de.25.
- Azalées de l’Inde: 24. La plus belle collection de 60 : 2 5. La plus belle collection de 40 ; 26. La plus belle collection de 25.
- Azalées de l’Inde, nouvelles variétés : 27. La plus belle collection de 20.
- Rhododendrons de Java et de l’Hymalaya en fleurs: 28. Le plus beau lot.
- Plantes de la Nouvelle Hollande : 29. Le plus beau lot.
- Araucarias : 3o. La plus belle collection.
- Conifères de serre: 3i. La plus belle collection.
- Plantes officinales de serre : 32. La plus belle collection.
- Anthuriums fleuris : 33. Le plus beau lot: 34. La plus belle collection.
- Ixias et Sparaxis en fleurs : 35. Le plus beau lot.
- Bonaparteas et Dasylirions : 36. Le plus beau lot.
- Primula sinensis en fleurs: 37. Le plus beau lot.
- Art. 3. — Des concours seront ouverts à la cinquième époque indiquée par l’article 5 du règlement général (du 12 au 17 juillet 1889) entre diverses espèces des plantes de serres, dans les conditions suivantes :
- Orchidées exotiques en fleurs : 1. La plus belle collection ; 2. La plus belle collection de 3o ; 3. La plus belle collection de 12; 4. Le plus beau lot.
- Caladiums : 5. La plus belle collection; 6. La plus belle collection de 5o ; 7. La plus belle collection de 25.
- Caladiums nouveaux : 8. La plus belle collection de 20.
- Gloxinias en variétés nommées : q. La plus belle collection; 10. La plus belle collection de 3o ; 11. Le plus beau lot de 100.
- Tydœnas, Noegelias, Achimenes et autres Ges-nériacées (sauf les Gloxinias): 12. La plus belle collection ; i3. Le plus beau lot.
- Ne seront admises aux concours désignés sous les nos 1, 2 et 3 du présent article que les plantes n’ayant pas été présentées au concours de la deuxième époque (24 mai).
- Art. 4. Des concours seront ouverts à la septième époque indiquée par l’article 5 du règlement général (du 16 au 21 août 1889) entre diverses espèces de plantes de serres, dans les conditions suivantes :
- Orchidées exotiques en fleurs : 1. La plus belle-collection ; 2. La plus belle collection de 3o ; 3. La plus belle collection de 12 ; 4. Le plus beau lot.
- Crotons : 5. La plus belle collection; 6. La plus belle collection de 25.
- Dracœnas : 7. La plus belle collection ; 8. La plus belle collection de 25 ; 9. Le plus beau lot.
- Marantacées : 10. La plus belle collection ; 11. La plus belle collection de 25.
- Aroïdées à feuillage ornemental (à l’exception des caladiums): 12. La plus belle collection ; i3. La plus belle collection de 25.
- Fougères arborescentes : 14. La plus belle collection ; i5. Le plus beau lot.
- Salaginelles et Lycopodes : 16. La plus belle collection.
- Fougères translucides, todeas, etc. : 17. La plus belle collection.
- Palmiers .• 18. La plus belle collection; 19. La plus belle collection de 40 ; 20. La plus belle collection 'de 25 ; 21. La plus belle collection de i5.
- Cycadées : 22. La plus belle collection.
- Népenthes : 23. La plus belle collection.
- Plantes carnicoves : Sarracenia, Cephalotus, Dionœa, etc. : 24. La plus belle collection,
- Cactées fleuries ou non fleuries : 25. La plus belle collection.
- Cactées en fleurs : 26- Le plus beau lot.
- Bruyères du Cap : 27. Le plus beau lot.
- Plantes grimpantes de serres, fleuries ou non fleuries : 28. La plus belle collection; 29. La plus belle collection de 25.
- Plantes grimpantes de serres, à feuillage coloré :: 3o. Le plus beau lot.
- Musas : 3i. La plus belle collection.
- Bégonias à feuillage ornemental: 32. La plus belle collection de 5o ; 33. La plus belle collection de 2 5.
- Bouvardias : 43. La plus belle collection; 35. Le plus beau lot.
- Bertolonias et sonerilas : 36. La plus belle col-leclion.
- Ancectcchilus et autres orchidées à feuillage ornemental : 3y. La plus belle collection.
- Rhopalas : 38. Le plus beau lot.
- Plantes aquatiques de serres: 3g. La plus belle collection ; 40. Le plus beau lot.
- Ne seront admises aux concours désignés sous les n0s 1, 2; 3 et 4du présent article que les plantes n’ayant pas été présentées au concours desdeuxième et cinquième époques (24 mai, 12 juillet).
- Art. 5. — Des concours seront ouverts à la dixième époque indiquée par l’article 5 du présent règlement général (du 4 au 9 octobre 1889) entre diverses espèces de plantes de serres dans les conditions suivantes :
- Orchidées exotiques en fleurs : 1. La plus belle collection ; 2. La plus belle collection de 3o,3. La plus belle collectionde 1254. Le plus beau lot.
- Araliacées : 5. La plus belle collection ; 6. La plus belle collection de 25 ; 7. Le plus beau lot.
- Cyclamens : 8. Le plus beau lot ; 9. Le plus-beau lot de 25.
- Palmiers de serre froide : 10. La plus belle collection ; 11. La plus belle collection de 25.
- Palmiers cultivés en plein air dans le midi de la France : i3. La plus belle collection ; 14. La plus belle collection de 20 ; i5. Le plus beau lot.
- Ne seront admises aux concours désignés sous les n0s 1,2, 3 et 4 du présent article que les plantes-n’ayant pas été présentées aux concours des deuxième, cinquième et septième époques (24 mai,. 12 juin, 16 août).
- Art. 6. — Des concours seront ouverts aux deuxième, cinquième et dixième époques indiquées par l’article 5 du règlement général, poulies plantes nouvelles, dans les conditions suivantes :
- 1. Une ou plusieurs plantes fleuries ou à feuillages introduites le plus récemment en Europe.
- 2. Une ou plusieurs plantes fleuries ou à feuillage introduites directement en France.
- 3. Lot de plantes hybrides dont les parents seront indiqués.
- 4. Une ou plusieurs plantes fleuries ou a feuillage obtenues de semis par l’exposant et non-encore dans le commerce.
- 5. Une ou plusieurs plantes fleuries ou à feuillage obtenues de semis par l’exposant et dans le commerce depuis 1878.
- Ne seront admises à prendre part à ces concours que les plantes n’ayant pas été présentées auxcon-cours généraux précédents.
- Art. 7. — Des concours de belle culture seront ouverts aux deuxième, cinquième, septième et: dixième époques indiquées par l’article 5 du règlement général, dans les conditions suivantes :
- 1. Une ou plusieurs plantes fleuries ou à feuillage que la bonne culture aura fait arriver de plus près de son maximum de développement.
- 2. De 4 à 10 plantes fleuries ou à feuillage des-
- p.826 - vue 411/496
-
-
-
- p.n.n. - vue 412/496
-
-
-
- N* 147
- LE MONITEUR DE E EXPOSITION DE 1889
- Dimanche 23 Octobre i887
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1889
- Sgap, o, rue de /’Echelle Paris Plaques deM.M. Guilleminot&C'.6 A. Broise & Courtieu Phot.
- TOUR EIFFEL
- DETAILS DE CONSTRUCTION DU PILIER N°1
- pl.n.n. - vue 413/496
-
-
-
- p.n.n. - vue 414/496
-
-
-
- Troisième Année. — N° 147.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 23 Octobre 1887. — 827,
- plus remarquables par leur forme et leur développement.
- 3. Le plus beau lot de 20 plantes à feuillage ornemental, remarquables par leur développement.
- 4. Le plus beau groupe composé de 20 plantes diverses, fleuries, à quelque catégorie qu’elles appartiennent.
- Ne seront admises à prendre part à ces concours que les plantes n’ayant pas été présentées aux concours généraux précédents.
- Art. 8. — Des concours de culture spéciale seront ouverts aux deuxième, cinquième, septième et dixième époques indiquées par l’article 5 du règlement général, dans les conditions suivantes :
- 1. La plus] belle collection de 5o plantes fleuries ou à feuillage, cultivées en vue de l’approvisionnement des marchés.
- 2. Le plus beau lot de plantes fleuries ou àfeuil-lage, cultivées en vue de l’approvisionnement des marchés.
- Ne seront admises à prendre part à ces concours que les plantes n’ayant pas été présentées aux concours généraux précédents.
- Art. 9 — Des concours particuliers entre les diverses espèces de plantes de serres seront ouverts aux première, troisième, quatrième, sixième, huitième, neuvième et onzième époques indiquées par l’article 5 du règlement général.
- Ne seront admises à ces concours que les plantes qu’il y aura impossibilité de présenter aux concours généraux des deuxième, cinquième, septième et dixième époques.
- Paris, le 5 octobre 18S7.
- Vu et présenté :
- Le directeur général des travaux, Alrhand.
- Le directeur général
- de Z’exploitation,
- G. Berger.
- Vu et approuvé :
- Le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général,
- Lucien Dautresme.
- PROGRAMME DES ONZE ÉPOQUES DE CONCOURS
- Première Époque. — 6-11 Mai 1889
- Concours particulier
- CLASSE 79
- FLEURS ET PLANTES d’oRNEMENT
- I. Plantes d’ornements
- Concours (à déterminer) suivant les demandes des horticulteurs.
- IL Plantes nouvelles
- Trois concours : dans tous les genres de végétaux exposés entre les plantes nouvelles inédites :
- 1. D’importation.
- 2. D’introduction.
- 3. Obtenues de semis.
- Un concours : dans tous les genres de végétaux exposés pour les plus belles plantes mises dans le commerce depuis 1878.
- III. Belle culture
- Un concours : dans tous les genres de végétaux exposés entre les plus beaux exemplaires (1 à 5 sujets par espèces ou variétés).
- IV. Fleurs coupées. — Deux concours
- 1. La plus belle collection générale.
- 2. La plus belle collection de variétés dans chaque genre.
- V. Ornementation en fleurs naturelles. — Trois concours
- 1. Les plus beaux bouquets.
- 2. Les plus beaux motifs ou sujets divers.
- 3. Les plus belles garnitures d’ornementation diverses d’appartement, de table, etc.
- VI. Corbeilles de plantes fleuries ou à feuillages
- Un concours : entre les plus belles.corbeilles de plantes fleuries ou à feuillage.
- VIL Galons
- Un concours : entre les plus belles pelouses.
- CLASSE 80
- PLANTES POTAGÈRES
- I. Plantes potagères
- Concours permanent entre tous les genres de plantes potagères.
- II. Plantes nouvelles. — Quatre concours
- 1. Plantes nouvelles inédites d’importation, n’ayant pas encore été mises dans le commerce.
- 2. Plantes nouvelles inédites d’introduction, n’ayant pas encore été mises dans le commerce.
- 3. Plantes nouvelles inédites obtenues de semis, n’ayant pas encore été mises dans le commerce.
- 4. Les plus belles plantes mises dans le commerce depuis 1878.
- III. Belle culture. — Un concours
- 1. Les plus beaux spécimens de plantes potagères.
- CLASSE 81
- FRUITS ET ARBRES FRUITIERS
- 1. Fruits. — Cinq concours
- 1. Collection de fruits frais conservés.
- 2. Collection de citrons, oranges, bibaces et autres fruits de la région du Sud.
- 3. Collection de fruits frais en maturité, récoltés en plein air : abricots, cerises et fruits de la région du Sud.
- 4. Collection de fruits forcés (raisins exceptés) cueillis ou exposés sur l’arbre.
- 5. Collection de raisins forcés, cueillis ou exposés sur la souche.
- IL Fruits nouveaux. — Cinq concours.
- 1. Fruits nouveaux inédits d’arbres d’importation, n’ayant pas encore été mis dans le commerce.
- 2. Fruits nouveaux inédits d'arbres d’introduction, n’ayant pas encore été mis dans le commerce.
- 3. Fruits nouveaux inédits d’arbres obtenus de semis n’ayant pas encore été mis dans le commerce.
- 4. Les plus belles variétés mises dans le commerce depuis 1878.
- 5. Les meilleures variétés mises dans le commerce depuis 1878.
- CLASSE 82
- GRAINES ET PLANTS D'ESSENCE FORESTIÈRES
- Pas de concours.
- CLASSE 83
- PLANTES DE SERRE
- /. — Plantes de serre
- Concours (à déterminer) entre les plantes de serre qu’il y aurait impossibilité à présenter aux concours généraux.
- II. —Plantes nouvelles. —Cinq concours
- 1. Une eu plusieurs plantes fleuries ou à feuillage introduites le plus récemment en Europe.
- 2. Unfe ou plusieurs plantes fleuries ou à feuillage introduites directement en France.
- 3. Lot de plantes hybrides dont les parents seront indiqués.
- 4. Une ou plusieurs plantes fleuries ou à feuillage, obtenues de semis et non encore dans le commerce.
- 5. Une ou plusieurs plantes fleuries ou à feuillage,obtenues de semis et dans le commerce depuis 1878.
- III. —’ Belle culture. — Quatre concours
- 1. Une ou plusieurs plantes fleuries ou à feuillage que la bonne culture aura fait arriver le plus près possible de son maximum de développement.
- 2. De quatre à dix plantes fleuries ou à feuillage les plus remarquables par leur forme-et leur développement.
- 3. Le plus beau lot de 20plantes à feuillage ornemental.
- 4. Le plus beau groupe de 20 plantes diverses fleuries à quelque catégorie qu’elles appartiennent.
- IV. Culture spéciale. — Deux concours
- 1. La plus belle collection de 5o plantes fleuries ou à feuillage cultivées en vue de l’approvisionnement des marchés.
- 2. Le plus beau lot de plantes fleuries ou à feuillage, cultivées en vue de l’approvisionnement des marchés.
- CLASSE 79
- FLEURS ET PLANTES ü’ORNEMENT
- I. Plantes d’ornement
- Concours (à déterminer) suivant les demandes des horticulteurs.
- IL — Plantes nouvelles-
- Trois concours : dans tous les genres de végétaux exposés, entre les plantes nouvelles inédites :
- 1. D’importation.
- 2. D’introduetion.
- 3. Obtenues de semis.
- Un concours : dans tous les genres de végétaux exposés pour les plus belles plantes misesdans le commerce depuis 1878.
- III. Belle culture
- Un concours : dans tous les genres de végétaux exposés entre les plus beaux exemplaires (un à cinq sujets par espèce ou variété).
- IV. Fleurs coupées. — Deux concours
- 1. La plus belle collection générale.
- 2. La plus belle collection de variétés dans chaque genre.
- V. Ornementation en fleurs naturelles. — Trois
- . concours
- 1. Les plus beaux bouquets.
- 2. Les plus beaux motifs ou sujets divers.
- 3. Les plus belles garnitures d’ornementation diverses d’appartement, de tables, etc.
- VI. Corbeilles de plantes fleuries ou à feuillage
- Un concours : entre les plus belles corbeilles de plantes fleuries ou à feuillage.
- CLASSE 80
- PLANTES POTAGÈRES
- I. Plantes potagères
- Concours permanent entre tous les genres de plantes potagères.
- II. Plantes nouvelles. — Quatre concours
- 1. Plantes nouvelles inédites d’importation, Payant pas encore été mises dans le commerce.
- 2. Plantes nouvelles inédites d’introduction, n’ayant pas encore été misesdans le commerce.
- 3. Plantes nouvelles inédites obtenues de semis, n’ayant pas encore été mises dans le commerce.
- 5. Les plus belles plantes mises dans le commerce depuis 1878. '
- III. Belle culture. — Un concours.
- 1. Les plus beaux spécimens de plantes potagères .
- CLASSE 81
- FRUITS ET ARBRES FRUITIERS
- I. Arbres à haute tige, à fruits, de table, ou d’économie domestique ou industrielle {sauf les fruits à cidre). — Dix-huit concours.
- 1. Abricotiers...
- 2. Amandiers ...
- 3. Cerisiers....
- 4. Châtaigniers..
- 5. Noyèrs.......
- 6. Pêchers......
- 7. Poiriers.....
- 8. Pommiers ....
- 9. Pruniers.....
- Deux concours : i° entre les jeunes sujets de pépinière ;
- 20 entre les arbres formés.
- IL Arbres à fruits à cidre. — Deux concours.
- Poiriers et pommiers : i° Sujets greffés ;
- 20 Egrins élevés, à tige et destinés à recevoir la greffe.
- III. Arbres ou arbrisseaux fruitiers à tige nue ou ramifiée. — Un concours.
- . Lot d’ensemble composé d’azeroliers, cognassiers, cormiers et similaires, cornouillers, figuiers, mûriers, néfliers et noisetiers.
- IV. Arbres et arbustes fruitiers de la région du Sud. — Un concours.
- _ Lot d’ensemble composé d’arbousiers, bibaciers citronniers, dattiers, grenadiers, jujubiers, oliviers, orangers, pistachiers, plaqueminiers, etc.
- V. Arbres et arbustes à basse tige. — Seize concours.
- 1. Abricotiers.... \
- 2. Cerisiers.......
- 3. Groseilliers.... / Deux concours :
- 4. Pêchers......... ( i° entre les jeunes sujets de
- 5. Poiriers........ ( pépinière;
- 6. Pommiers........ \ 20 entre les arbres dressés.
- 7. Pruniers......... ]
- 8. Vignes,de jardin /
- VI. Culture forcée. — Deux concours.
- 1. Lot d’arbres et arbustes élevés en pot pour la culture forcée.
- 2. Lot de vignes élevées en pot pour la culture forcée.
- VIL Fruits. — Cinq concours
- 1. Collection de fruits frais conservés.
- 2. Collection de citrons, oranges, bibaces et autres fruits de la région du Sud.
- 3. Collection de fruits frais en maturité, récoltés
- p.827 - vue 415/496
-
-
-
- 828. — Troisième Année. — N° 147.
- en plein air : abricots, cerises et fruits de la région du Sud.
- 4. Collection de fruits forcés (raisins exceptes) cueillis ou exposés sur l’arbre.
- 5. Collection de raisins forcés, cueillis ou exposés sur la souche.
- VIII. Fruits nouveaux. — Cinq concours
- 1. Fruits nouveaux inédits d’arbres d’importa-
- tion, n’ayant pas encore été mis dans le commerce. . .
- 2. Fruits nouveaux inédits d arbres d introduction, n’ayant pas encore .été mis dans le commerce.
- 3. Fruits nouveaux inédits d’arbres obtenus de semis,n’ayant pas encore été mis dans le commerce.
- 4. Les plus belles variétés mises dans le commerce depuis 1878.
- 5. Les meilleures variétés mises dans le commerce depuis 1878.
- CLASSE 82
- GRAINES ET PLANTS D’ESSENCE FORESTIÈRE
- I. Arbres d'essences feuillues employés au repeu-
- plement des forêts. — Deux concours
- 1. La plus belle collection d’espèces et variétés.
- 2. Le plus beau lots d’espèces d’introduction récente.
- II. Arbres d'essences résineuses utilisés pour le
- repeuplement des forêts. — Deux concours
- 1. La plus belle collection d’espèces et de variétés.
- 2. Le plus beau lot d’espèces d’introduction récente.
- III. Arbustes, arbrisseaux et sous-arbrisseaux. —
- Deux concours.
- 1. La plus belle collection d’espèces et de variétés.
- 2. Le plus beau lot de sujets d’introduction récente.
- IV. Arbres nouveaux.— Quatre concours.^
- 1. Arbres nouveaux inédits d’importation, n’ayant pas encore été mis dans le commerce.
- 2. Arbres nouveaux inédits d’introduction, n’ayant pas encore été mis dans le commerce.
- 3'. Arbres nouveaux inédits obtenus de semis, n’ayant pas encore été mis dans le commerce.^
- 4. Les plus beaux plants d’essence forestière, mis dans le commerce depuis 1878.
- V. Belle culture. Un concours.
- 1. Les plus beaux sujets d’essences forestières. CLASSE 83
- PLANTES DE SERRE
- I. Plantes diverses. — Trente-sept concours.
- Plantes de serre chaude : 1. La plus belle collection de 5o ; 2. La plus belle collection de 25.
- Plantes de serre temporée : 3. La plus belle collection de 40.
- Orchidées exotiques en fleurs, de serre tempérée : 4. La plus belle collection; 5. La plus belle collection de 3o ; 6. La plus belle collection de 12 ; 7. Le plus beau lot.
- Cypripedium en fleurs, de serre tempérée : 8. La 'plus belle collection; 9. Le plus beau lot de 12.
- Ixoras : 10. Le plus beau lot.
- Broméliacées fleuries ou non fleuries : 11. La plus belle collection : 12. Le plus beau lot.
- Fougères herbacées de serre : i3. La plus belle collection ; 14. Le plus beau lot.
- Calcéolaires herbacées variées: i5. Le plus beau lot de 80 ; 16. Le plus beau lot de 5o.
- Cinéraires simples variés : 17. Le plus beau lot de 5o ; 18. Le plus beau lot de 25.
- Cinéraires doubles : 19. Le plus beau lot de 25.
- Amaryllidées fleuries . de serre: 20. La plus belle collection ; 21. Le plus beau lot.
- Imantophyllums ou Clivias variés en fleurs : 22. Le plus beau lot ; 20. Le plus beau lot de 25.
- Azalées de l’Inde : 24. La plus belle collection de 60 ; 25. La plus belle collection de 40 ; 26. La plus belle collection de 25.
- Azalées de l’Inde, nouvelles variétés : 27. La plus belle collection de 29.
- Rhododendrums de Java et de l’Himalaya en fleurs : 28. Le plus beau lot.
- Plantes de la Nouvelle-Hollande : 29. Le plus beau lot.
- Araucarias : 3o. La plus belle collection.
- Conifères de serre : 3i. La plus belle collection.
- Plantes officinales de serre : 32. La plus belle collection.
- Anthuriums fleuris : 33. Le plus beau lot: 34. La plus belle collection.
- lxias et Sparaxis en fleurs : 35. Le plus beau lot.
- Bonaparteas et Dasylirions : 36. Le plus beau lot.
- Primula sinensis en fleurs : 3y. Le plus beau lot.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- II. Plantes nouvelles
- 1. Une ou plusieurs plantes fleuries ou à feuillage introduites le plus récemment en Europe.
- 2. Une ou plusieurs plantes fleuries ou à feuillage introduites directement en France.
- 3. Lot de plantes hybrides dont les parents seront indiqués.
- 4. Une ou plusieurs plantes fleuries ou à feuillage, obtenues de semis et non encore dans le commerce .
- 5. Une ou plusieurs plantes fleuries ou à feuillage, obtenues de semis et dans le commerce depuis 1878.
- IIP Belle culture. — Quatre concours
- 1. Une ou plusieurs plantes fleuries ou à feuillage que la bonne culture aura fait arriver le plus près possible de son maximum de développement.
- 2. De 4 à 10 plantes fleuries ou à feuillage les plus remarquables par leur forme et leur développement.
- 3. Le plus beau lot; de 20 plantes à feuillage ornemental.
- 4. Le plus beau groupe de 20 plantes diverses fleuries, à quelque catégorie qu’elles appartiennent.
- IV. Culture spéciale. — Deux concours
- 1. La plus belle collection de 5o plantes fleuries ou à feuillage cultivées en vue de l’approvisionnement des marchés.
- 2. Le plus beau lot de plantes fleuries ou à feuillage cultivées en vue de l’approvisionnement des marchés.
- (A suivre).
- COMITÉS DÉPARTEMENTAUX
- Par arrêté en date du 14 octobre 1887, le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a nommé :
- MEMBRE DU COMITÉ DÉPARTEMENTAL DU NORD
- Sous-comité de Varrondissement de Lille M. Crespel (Albert), industriel à Lille.
- MEMBRE DU COMITÉ DÉPARTEMENTAL DE SEINE-ET-MARNE
- Sous-comité de Iarrondissement de Meaux
- M. Lyon (Edouard), ingénieur ordinaire des ponts et chaussées à Meaux, en remplacement de M. Callon,.démissionnaire.
- MEMBRES DU COMITÉ DÉPARTEMENTAL DE SEINE-ET-OISE
- Sous-comité de l’arrondissement de Versailles
- MM. l’agent-voyer en chef du département ; l’architecte du département ; Mérandon, conservateur; Sanson (E.-A.), trésorier.
- COMITÉ DÉPARTEMENTAL
- DU GERS
- Par arrêté en date du i5 octobre 1887, le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a constitué comme suit le comité départemental du Gers :
- 4° Sous-comité de l’arrondissement d'Audi
- MM. Ader (E.), banquier, ancien président du tribunal de commerce; Alem (H.-J.), propriétaire à Boulaur, canton de Saramon ; Aucoin, conseiller général ; Baylac (E.), négociant juge au tribu- ! nalde commerce; Bourdil, négociant; Brux, négociant ;Cahuzac, manufacturier, conseiller municipal ; Cardes (de), propriétaire, président de la société d’agriculture, à Barrau ; Carlier, conseiller municipal ; Dast-Dieuzède, industriel (tanneries) ; Dillon (comte), maire de Pavie, président de la société départementale d’agriculture du Gers ; Escrivant, négociant, administrateur de la Banque de France; de Ferrabouc, conseiller général ; Fontanier, architecte, membre du conseil municipal ; Gabarrot, négociant, à Vic-Fezenscac, administrateur de la Banque de France; Gage (Henri), maire d’Auch ; Gage (Louis), trésorier-payeur général du Gers ; Gignan, négociant, président du tribunal de commerce ; Inspecteur (1’) d’académie ; Labénère, négociant, juge au tribunal de commerce ; Lacoste, fabricant de draps ;
- Dimanche 23 Octobre 1887.
- Laffargue, chef de division à la préfecture ; Lagardère, serrurier ; Larroucau, menuisier ; Lartigue, industriel ; Lartigue, manufacturier (tuiles et briques) ; Loze,.marchand de nouveautés ; Mauco père, peintre décorateur ; Métivier, architecte du département ; Montanié, négociant en vins, conseiller municipal ; Nestié, censeur delà Banque de France ; Ortholan aîné, négociant, juge suppléant au tribunal de commerce ; Parfouru, archiviste du département ; Phiquepal d’Arusmont, ingénieur en chef du département ; Pic, marchand de chaussures ; Pujos (docteur), médecin des hôpitaux ; Rivis, propriétaire, à Pavie; Roque-Or-dan (de la), conseiller général, à Jegun ; Saint-Martin, maire de Jegun, viticulteur ; Samalens (docteur), médecin des hôpitaux ; Sancet (Edmond), propriétaire ; Sancet (Louis), propriétaire; Sentoux, industriel, fabricant de cartes ; Tarbès, négociant, ancien président du tribunal de commerce ; Trouette, négociant en tissus.
- 20 Sous-comité de l’arrondissement de Condom
- MM. Boué (Frédéric), adjoint au maire; Boué (Marcel), conseiller général ; Chanson, négociant en tissus ; Chapoulié, de la maison Chapoulié et Boursac, négociants en eaux-de-vie ; Daynaud, député ; Ducom (Denis), conseiller général, à Mon-lezun, président du comice agricole de Nogaro ; Lacroix, propriétaire, maire ; Lafargue (Victor), négociant ; Lary, maire de Saint-Orens-Pouy-Pe-tit, Lascourrèges, propriétaire conseiller général ; Nasse,((négociant à Campagne; Roujou, adjoint au maire; Rouquairolle, entrepreneur de travaux publics; Saint-Mézard, conseiller municipal de Condom.
- 3° Sous-comité de ! arrondissement de Lectoure.
- MM. Barlié, mécanicien, à Fleurance ; Belle-garrigue, conseiller municipal, à Solomiac ; Delpech Cantaloup, président du conseil général ; Descamps, ancien député, maire de Lectoure; Descomps* (A.), propriétaire à Gézan, conseiller d’arrondissement; Druilhet, adjoint au maire de Lectoure; Fonbonne, fabricant de machines agricoles; Gastebois, ingénieur civil à Saint-Glar ; Labadie, maire de Castet-Arrouy ; Lasserre, propriétaire, maire de Saint-Glar ; Maignaut (Joseph), conseiller municipal ; Massoc (Louis), adjoint au maire, à Saint-Glar; Pujol (Ariste), négociant; Pujos (Justin), forgeron-carrossier à Pouy-Roque-laure ; Sérilhac, (confections) à Flourance ; Sou-cadauch, négociant; Verdun (Jean), mécanicien, à Lectoure.
- V° Sous-comité de Iarrondissement de Lombey
- MM. Bagnéris (Ismaël), docteur en médecine à Samatan ; Bagnéris (G.), maire de Samatan; Bro-cas (Casimir), ancien conseiller général, à Samatan ; Cardou, négociant ; Daguzan, à l’Isle-Jour-dain, agronome ; Dardenne (A.), maire d’Encausse; Dartigues (I.), propriétaire et maire, à Villefranche; Dasmé (M.), propriétaire, maire d’Endoufîelle ; Delibes maire de Cologne ; Pérare (F.), négociant à l’Isle-Jourdain ; Pouget, négociant à Samatan ; Rôtis (A.), propriétaire à L.ombez ; Thoulouse, avocat, conseiller général.
- 5° Sous-comité de T arrondissement de Mirande
- MM. Bajon, tanneur; Bertrand (O.), architecte ; Bibal (travaux publics) à Esclassan-Labastide ; Bonnecaze, vice-président du comice agricole de M. Mirande; Campardon, maire de Mirande; Cordes, maire de Masseube; Débat, marchand de cuirs ; Douât, conseiller général, maire de Miélan; Dufilho, négociant en vins; Dupuy, négociant; Forgues (travaux publics) à Berdoues ; Gabarret, agriculteur, à Lasserrade ; Herlaud, horticulteur; Lacoste, pharmacien à Montesquiou ; Lacouture, bijoutier ; Lagardère, négociant à Aignan ; Lourdes, ébéniste; Luro, sénateur; Luro, conseiller général, maire de Blousson-Sérian; Maur, docteur en médecine, maire de Plaisance; Montaut (L.), vice-président de la société d’agriculture de Mirande ; Mouras, serrurier; Ninous (E.), propriétaire à Masseube ; Pourqué, marchand de cuirs; Sausot fils, propriétaire à Aignan; Sau-bolle, charpentier; Séguinel, mécanicien ; Soubi-ran père, négociant à Iliscle.
- COMITÉ DÉPARTEMENTAL
- DU LOT-ET-GARONNE
- Par arrêté, en date du i5 octobre 1887, le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’exposition universelle de 1889, a constitué comme, suit le comité départemental de Lot-et-Garonne :
- i° Sous-comité cle l’arrondissement d'Agen
- MM. Laporte, sénateur ; Mondenard (de), député ; Bitaubé, conseiller de préfecture; Castelnau, propriétaire à Layrac; Charpentier, secrétaire général de la société d’encouragement à l’agricul-
- p.828 - vue 416/496
-
-
-
- Trosième Année. — N° 147.
- ture; Dombrosky, conservateur du musée d’Agen; Drême (de), président du comice agricole d’Agen; Durand, conseiller général, maire d’Agen ; Four-nié (F.), maire de Sérignac-de-Laplume ; Fuma-delle, sculpteur ; jaille (A.), (engrais chimiques) ; Lafitte-Lajoannenque (P. de), président du comité départemental d’études contre le phylloxéra ; Lanes, (N.), manufacturier; L’Ecluse (de), professeur ^ d’agriculture ; Magen, homme de lettres; Mazières, ingénieur-constructeur ; Payen, architecte du département ; Peyrard, artiste peintre ; Tholin (G.), archiviste du département ; Thomas, (G.), membre de la chambre de commerce d’Agen, (produits chimiques et pharmaceutiques).
- 20 Sous-commité de l’arrondissement de Marmande
- MM. Faye (L.), sénateur; Deluns-Montaud, député ; Bruneau, vice-président de la chambre de commerce d’Agen ; Courret, docteur en médecine ; Damaniou, vice-président de la société d’encouragement à l’agriculture de Lot-et-Garonne ; Dedieu de Samazan, propriétaire, président du comice agricole de Marmande; Florence, négociant ; Flourestie', juge au tribunal de commerce, à Tonneins y Géraudie, négociant ; Massat, président du tribunal de commerce de Marmande; Meyniel, maire de Marmande ; Pigousset, président du comité des cépages américains; Pons, notaire, président du comice agricole de Seyches ; Villemor (de), propriétaire, vice-président do la société d’encouragement à l’agriculture de Lot-et-Garonne.
- 3° Sous-comité de l'arrondissement de Nérac
- MM. Fallières, député, ministre de l’intérieur; Bancharel, négociant en vins ; Gapgrand-Mothes, agriculteur à Saint-Pau ; Chevalier (A.), conseiller général ; Courrent, conseiller d’arrondissement à Nérac ; Darlan, conseiller général à Nérac; Des-cudé, négociant à Mézin ; Laporte (A.), propriétaire à Mézin ; Latouche, juge au tribunal de commerce à Vianne ; Laubenheimer, industriel; Saint-Andrieu, négociant en eaux-de-vie à Mézin.
- 40 Sous-comité de Varrondissement de Villeneuve-sur-Lot
- MM. Pons, sénateur; Leygues, député ; Austruy, maître de forges à Cuzorn; Balet (P.), président du tribunal de commerce ; Caries, conseiller général, maire de Villeneuve-sur-Lot; Couderc (A.), ingénieur; Froument, trésorier de la chambre syndicale de Villeneuve-sur-Lot; Ginet (A.), vice-président du comice agricole de Villeneuve-sur-Lot ; Laffargue (N.), négociant ; Moutardier, fabricant de ciment à Sauveterre-de-Fumel ; Pin-cemaille, constructeur; Pujols, négociant à Cas-tillonnès; Rabot (J.), industriel à Sauveterre-de-Fumel; Robin, manufacturier; Saint-Amant (de), président du comice agricole de Villeneuve-sur-Lot.
- ........ mn^wT- G fQ lO iwi ---
- COMITÉ DÉPARTEMENTAL
- DU TARN
- Par arrêté en date du i5 octobre 1887, le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a constitué comme suit le comité départemental du Tarn :
- i° Sous-comité de l’arrondissement d’Albi
- MM. Cavalié, député; Fle'ral, député; Jaurès, député ; Andouard, conseiller général, maire, à Serénac ; Auque (H.), juge suppléant au tribunal de commerce ; Aussel, horticulteur; Baudel, proviseur du lycée ; Bounhiol, conseiller municipal ; Galvignac, secrétaire de la chambre syndicale à Garmaux ; Camboulives, juge au tribunal de commerce ; Campa (P.), juge au tribunal de commerce ; Carayon, membre de la chambre de commerce d’Albi, à Réalmont; Gazais, membre de la chambre de commerce ; Chatard, notaire, conseiller général à Valence ; Chay, secrétaire de la chambre syndicale des patrons chapeliers à Albi ; Delbosc, conseiller général ; Doat (V.), propriétaire, chimiste; Duluguet, chef de division du cabinet de la préfecture ; Espinasse, directeur de l’usine du Saut-du-Tarn, président de la chambre de commerce d’Albi, à Saint-Juéry; Gillet, maître de forges ; Grimai, vice-président du conseil de prud’hommes ; Fless, architecte du département; FIuc, président du conseil de prud’hommes ; Humblot, directeur des mines, à Garmaux ; l’Ingénieur en chef du département; Jolibois, archiviste du département; Mathieu, chef de division ; Monclar, propriétaire, président du conseil d’arrondissement à Marssac; Monestiès, président du tribunal de commerce ; Maraval (G.), président de la chambre syndicale des patrons chapeliers ; Moffre, directeur de la verrerie, à Carmaux ; Poux-Lavelle père, négociant ; Raimbaud, professeur de physique au lycée; Revelli, juge suppléant au tribunal üe commerce; Roger, inspec-
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889. Dimanche 23 Octobre 1887. — 829.
- teuy d’académie; Soulages, avocat, conseiller général, maire d’Albi ; Teyssier, colonel en retraite ; Thie'ry, avocat, conseiller général.
- 20 Sous-comité de l’arrondissement de Castres
- MM. Barbey (Edouard), sénateur, ministre de la marine et des colonies; Lavergne (docteur Bernard). député, à Montredon ; Bardou(P.), horticulteur pBaithe (E.), fabricant de draps à Labastide-Rouairoux ; Bonin jeune, président du conseil de prud’hommes ; Boudou (A.), fabricant de molletons à Mazamet ; Brenac (J.), fabricant de draps ; Brenac (D.), président du conseil de prud’hommes de Mazamet ; Cormouls (Ch.), propriétaire, à Montdragon ; Cormouls (G.), fabricant de draps; Cormouls (J.), proprietaire,à Mazamet ; Coste (H.), président de la chambre de commerce ; Gros (A.), président du tribunal de commerce; Daure (P.), négociant en laines à Mazamet ; Ducros, fabricant de poteries; Fourniès, greffier de la justice de paix à Saint-Amans-Soult ; Fuzier (J.), conseiller général, à Vabre ; Gau-Bosc, fabricant de molletons à Mazamet; Goure, fabricant d’ornements en bois; Grach (E.), trésorier de la chambre de commerce; Guillemet, fabricant de bonneterie à Labruguière; Jauge, propriétaire à Gibrondes ; Laran (J.), fabricant d’ornements en bois; Larivière (Ch. de), directeur de la Revue générale, rédacteur au Petit républicain de Soult ; Lasource (A.), membre de la chambre de commerce de Castres, à Mazamet; Lastours (de), président du comice agricole de Castres; Laval (J.), fabricant de draps, membre de la chambre de commerce ; Moziman, propriétaire; Olombel (Ph.), fabricant de draps, à Mazamet ; Pagès, fabricant de bas, à Roquecourbe ; Puech, propriétaire, président du comice agricole de Brassac ; Rives (G.), juge suppléant au tribunal de commerce de Castres, à Mazamet ; Rouvière, président du comice agricole de Mazamet ; Sabatier (Ch.), négociant en laines à Mazamet; Scliabaver (I.), ingénieur, membre de la chambre de commerce; Tournier (A.), fabricant de molletons à Mazamet; Vabre (A.), maire, à Labastide-Rouai-roux.
- 3° Sous-comité de /’arrondissement de Gaillac
- MM. Rigal (docteur), sénateur, à Gaillac; André, charron-carrossier; Azémar (G.), pharmacien ; Baljalade, conseiller général; Barbe, fabricant de vinaigres; Barreau (E.), négociant ; Bécat, propriétaire à Rabastens; Bonnet (A.), teinturier; Bonnet (E.), ébéniste ; Bousquet(T.), propriétaire ; Coutaud (A.), propriétaire ; Darchy, principal du collège ; Demurs, conseiller municipal; Dios (A.), tonnelier ; Duffaud, fabricant de cordes à Penne-du-Tarn; Dupuy-Dutemps, conseiller général, maire de Gaillac; Durel (L.), horloger; Frézsuls (L.), expert-géomètre, à la Bastide-de-Lévis ; Fré-zouls (S.), négociant; Jalibert (E.), architecte; Lauga (C.), forgeron; Laville (L.), négociant ;
- Molis (Ed.), négociant; Monjoie, inspecteur primaire ; Raynal (L.), négociant ; Roziès, maire, aux Cabannes ; Soulassol, minotier ; Tre'gan (A.), cordonnier à Rabasten ; Vieules (B.), propriétaire; Viste (A.), maire, à Saint-Beauzile.
- 40 Sous-comité de l’arrondissement de Lavaur
- MM. Jaurès (l’amiral), sénateur, à Graulhet ; Voisins-Lavernière (de), sénateur, président du comice agricole, à Lavaur ; Compayré, député, à Lavaur; Auriol, tailleur; Auriol, tapissier ; Bou-jol, horticulteur; Bourges (P.), minotier ; Bous-casse, propriétaire à Maurens-Scopont ; Brieussel, président de la chambre syndicale, à Graulhet ; Cambefort, notaire, maire de Lavaur ; Cassan, maire, à Graulhet; Compayré (E.), président du comice agricole, maire à Teyssode ; Espénan, viticulteur; Fourgassié, vice-président de la société d’agriculture de Saint-Paul, à Cuq-Toulza; Fourgassié, maire de Prades ; Gineste (P. de), propriétaire ; Iversenc, mégissier à Graulhet ; Julien (V.), liquoriste; Lasserre, pharmacien; Laurent (C.), mégissier à Graulhet ; Manenc, brossier à Saint-Sulpice-la-Pointe ; Massou'cié, tanneur à Graulhet; Massoutier, horticulteur ; Montet (docteur), conseiller général, à Brtatexte ; Ramière, instituteur à Graulhet ; Salguès, docteur, vice-président du comice agricole, à Lavaur; Salinier (E.), propriétaire à Cuq-Toulza ; Sigeac, viticulteur ; Terson (docteur), maire à Puylaurens ; Tignol - Rou-quariès, mégissier à Graulhet.
- --------- j. ir.MWwTîi « 1. --- |
- COMITÉ DÉPARTEMENTAL
- DU TARN-ET-GARONNE
- Par arrêté en date du i5 octobre 1887, le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a constitué comme suit le comité départemental du Tarn-et-Garonne :
- i° Sous-comité de Varrondissement de Montauban
- MM. Alazard, horticulteur ; Batailler, ingénieur en chef du département; Bergis (A.), négociant,
- conseiller général, maire de Montauban ; Bergis (L.), propriétaire à Molières; Bernardin, industriel ; Bonnal, professeur de dessin ; Cambe, président du comice agricole de Saint-Antonin'; Ca-pelle, ébéniste; Caries, filateur; Castan, ancien négociant ; Combebiac, architecte du département-Courtois, président du comice agricole de Caus-sade ; Daussargues, agent-voyer en chef; Dubois jeune, président du comice agricole de Monclar; Dubreuilh, professeur départemental d’agriculture; Fournier, professeur de dessin; Gardelle, architecte de la ville ; Garrisson (G), sénateur, président de la chambre consultative d’agriculture de Montauban ; Iches, président du comice agricole de Molières ; l’Inspecteur d’académie ; Langlade, négociant en vins ; Mallet, président du comice agricole de Montauban.
- Maréchal, ingénieur des ponts et chaussées ; Marty (A.), président de la chambre de commerce de Montauban ; Ménescal (V.), propriétaire ; Mom-méjà, instituteur public ; Monod (J.), président de l’académie des sciences, belles-lettres et arts ; Nazon, artiste peintre; Nicolas, président delà société d’instruction populaire ; Pons (S.), professeur de dessin ; Potier, président de la société archéologique ; Pouché, mécanicien; Poujade, agriculteur ; Rattier, président de la société d’horticulture de Tarn-et-Garonne; Rolland, président du comice agricole; Romagnac, minotier; Saint-Faust (E.), président du tribunal de comrïierce de Montauban ; Saint-Geniès (L.), conseiller général ; Souleil, filateur ; Tachard-Petit, ancien négociant; 1 ardy, président du comice agricole de Lafran-çaise ; Turlan, propriétaire; Vidal, filateur; Vi-guié, president du comice agricole de Nègrepe-lisse ; Vivie (de), dioguiste.
- 20 Sous-comité de Varrondissement de Castelsarrasin
- MM. Aché, président du comice agricole de Castelsarrasin ; Boudou (E.), président du comice agricole de Montech; Clavel, directeur de la papeterie de Montech; Fabre, industriel à Meauzac ; Flamens, maire de Castelsarrasin, conseiller général ; Fraîche, propriétaire à Cordes-Tolosannes ; Gimat, négociant ; Guilmin, directeur de rosine’ métallurgique; Langlade, entrepreneur de travaux publics; Lasserre, député, président de la société départementale d’agriculture ; Martin (E.), propriétaire à Dieupentale ; Moysset (S.), publiciste, à Beaumont ; Sénac, président du comice agricole de Saint-Nicolas.
- 3° Sous-comité de Varrondissement de Moissac
- MM. Alazard (A.), minotier à Valence-d’Agen ; Baron, négociant à Lauzerte; Bourgeat, propriétaire à la Magistère, conseiller général ; Boursiac, (A.), négociant; Bruguières (C.), industriel à Montbarla; Chabrie', maire, conseiller général; Combarieu (de), président du comice agricole de Lauzerte ; Delthil (C.), publiciste ; Duhard (A.), négociant en vins à la Magistère ; Fraunié, propriétaire à Saint-Nazaire ; Garrigues aîné, négociant ; Labau, fabricant de faïences à Auvillars ; Lassalle, président du comice agricole de Mois-sac; Levet, propriétaire à Montaigut-de-Quercy ; Moussaron, propriétaireàDunes ; Pouzet, propriétaire à Bourg-de-Visa; Rey, propriétaire à Sistels.
- ........."««fi@ «îaSBBrwi.---
- Par arrêté en date du 14 octobre 1887, le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition de 1889, a nommé
- MEMBRES DU COMITÉ DÉPARTEMENTAL DE L’AUBE.
- Sous-comite de l’arrondissement de Troyes
- MM. Cavalier, entrepreneur de travaux publics à Troyes ; Honnet, président de la chambre syndicale des entrepreneurs de bâtiments de la ville de Troyes ; Mouzard, entrepreneur de menuiserie à Troyes.
- MEiMBRES DU COMITÉ DEPARTEMENTAL DU PUY-DE-DOME
- i° Sous-comité de l’arrondissement de Clermont-Ferrand
- MM. Dionis du Séjour, confiseur à Clermont-Ferrand ; Frelut, confiseur à Clermont-Ferrand.
- 20 Sous-comité de l’arrondissement de Riom
- MM. Corre (Jeang agriculteur, maire de Ran-dan ; Dçsmonteix, agriculteur à Pionsat.
- NOMINATION
- d’un Attaché à la direction de l’Exploitation
- Par arrêté en date du 17 octobre 1887, le ministre du commerce, commissaire général de l’Exposition universelle a nommé M. Paul Blondot auditeur de ire classe au conseil d’Etat, attaché à la direction générale de l’exploitation (service des auditions musicales).
- p.829 - vue 417/496
-
-
-
- 83o. — Troisième Année. — N° 147.
- LE BANQUET
- DES COMITÉS D'ADMISSION
- Mardi dernier, 18 octobre,a eu lieu le grand banquet organisé par les soins de M. Prevet, député de Seine-et-Marne, et de M. Ossude, attaché principal au cabinet de M. Berger , le succès indiscutable de cette brillante réunion a prouvé au comité supérieur de révision qu’il avait été bien inspiré en accueillant favorablement la proposition mise en avant par M. Prevet.
- Le but qu’on s’est proposé en organisant ce banquet était multiple, on voulait montrer que la période des tâtonnements étant passée depuis longtemps, on était franchement entré dans la voie de l’exécution, que, contrairement aux bruits répandus à dessein par quelques intéressés, l’organisation de cette grande entreprise était complète, et que ceux qui se sont résolument placés à la tête de ce mouvement industriel, scientifique et artistique ont toujours eu la pensée d’être prêts à l’époque fixée sans avoir jamais songé à un ajournement. On voulait également offrir au ministre et aux directeurs généraux l’occasion de donner des explications précises et .importantes sur ce qui est déjà fait et sur ce qui reste encore à exécuter, de faire des déclarations formelles destinées à entretenir le zèle des uns et à stimuler les quelques indécis qui hésitent encore et surtout de faire bien ressortir le caractère spécial, tout de concorde et de paix, que présentera la lutte internationale de 1889. On voulait enfin prouver par le nombre des adhésions et la valeur sociale des signataires que les hommes les plus distingués, savants, artistes, industriels, s’étaient résolument associés à l’œuvre grandiose entreprise parla France et dont tout le monde souhaite, sans en douter du reste, la complète réussite.
- La tâche n’était pas aisée pour les organisateurs, car il fallait vaincre mille difficultés et résoudre de nombreuses questions de détail, cependant grâce à leur bonne volonté inépuisable et à leur énergie, tout a réussi à la satisfaction générale, le résultat a été merveilleusement atteint et on a eu le spectacle, malheureusement trop rare, d’une assemblée de plus de mille personnes, présentant une complète conformité de pensée et cordialement unies pour marcher vers le but commun.
- C’est la salle des Etats, au palais du Louvre, qui avait été choisie comme lieu de réunion, ces énormes proportions se prêtaient absolument à la circonstance et lorsqu’après avoir gravi l’escalier bordé de magnifiques plantes vertes on pénétrait dans la salle, c’était un véritable éblouissement tant le coup d’œil était féerique.
- Rien n’avait été épargné pour donner à cette solennité le plus grand éclat et M. Alphand, directeur des travaux, ainsi que M. Williamson, directeur du garde-meuble, avaient lutté à qui contribuerait le mieux à l’embellissement, du local affecté au banquet, le premier avec ses innombrables plantes rares répandues partout à profusion, le second avec ses merveilleuses tapisseries des Gobelins dont on avait tendu les murailles ; tous deux ont dû être satisfaits, car leurs envois, éclairés par des milliers de bougies, produisaient le plus brillant effet.
- La disposition des tables, dirigées longitudinalement, était particulièrement heureuse ; les convives v étaient réunis suivant leur groupe et leur classe'mdiqués par des pancartes placées au centre des tables, de plus aucune confusion ne pouvait se produire, carie nom de chaque invité était inscrit sur un charmant carton illustré par Louis Bonnier et donnant le menu du repas préparé par Chevet.
- Le service a été fait avec la plus grande habileté par un personnel nombreux et tout eût été parfait s’il ne s’était produit le retard obligatoire de toute réunion officielle; le banquet annoncé pour sept heures n’a commencé qu’a huit heures un quart, mais enfin ce petit manquement au programme n’a eu aucune influence fâcheuse, et l’excellente musique du 101e de ligne a contribué à entretenir la bonnehumeur de tous les assistants.
- Anx accords de la Marseillaise, le Ministre est entré dans la salle et s’est dirigé vers la table d’honneur à laquelle il a pris place ayant à sa droite MM. Teisserenc de Bort, vice-président du Sénat, et Tirard sénateur, et à sa gauche,MM. Al-' phand, directeur* général des travaux et Lockroy, ancien ministre.
- A la même table se trouvaient : MM. Prevet, organisateur; G. Berger et Grison, directeurs généraux; Hovelacque, président du conseil municipal; Jacque, président du conseil général; David Dau-tresme, chef de cabinet du ministre ; les membres de la commission des 43, puis MM. Thurneyssen, Dupuich, de Mallevoue, Savoye, Lion, Lafor-cade, etc., attachés au divers services de l’exposition, enfin, MM. Hébrard, Eiffel, Salles, Antonin Proust, etc., et diverses notabilités de la politique, de la finance, des arts et de l’industrie.
- Des places spéciales, de chaque côté de la table d’honneur, avaient été réservées aux représentants de la presse qui se trouvaient ainsi dans la
- LE MONITEUR DE L EXPOSITION DE i8S9’ Dimanche c3 Octobre 1887,
- meilleure situation possible pour ne rien perdre des divers discours qui ont été prononcés.
- Au dessert, vers 10 h. 1/4, M. Teisserenc de Bort a pris le premier la parole comme ancien ministre et commissaire général de l’exposition de 1878 :
- «.Les démocraties s’honorent, a-t-il dit, en témoignant de leur respect aux hommes éminents qui les représentent.
- .« Je bois au plus élevé d’entre eux, à l’illustre citoyen, à M. Jules Grévy, deux fois élu Président de la République, dont le nom signifie : Honneur, Intégrité,^Patriotisme et Dévouement sans bornes aux intérêts de la République ! »
- Ces paroles couvertes, d’applaudissements, ont été suivies de quelques autres par lesquelles M. Teisserenc de Bort a félicité également M. Dautresme et M. Lockroy, son prédécesseur.
- M. Prevet s’est alors levé et, d’une voix vibrante, dont.les accents se faisaient entendre jusqu’aux extrémités de la salle du festin, il a prononcé une allocution très applaudie qu’il a terminée en buvant au succès de l’Exposition de 1889. « Eclatante manifestation du Génie de la France »
- M. Lucien Dautresme, ministre du commerce et de l’industrie a pris ensuite la parole pour féliciter les organisateurs de la réunion et pour remercier tous ceux qui le secondent dans la réalisation de la magnifique entreprise en cours d’exécution; nous reproduisons plus loin son discours fréquemment interrompu par d’enthousiastes applaudissements.
- On trouvera également ci-après les discours prononcés par M. Alphand et par M. Berger.
- Enfin la séance a été clôturée par les toasts portés par MM. Michaud, président du tribunal de co mmerce ; Poirrier, président de la chambre de com merce et Hébrard qui a parlé au nom de la presse.
- A onze heures et demie tout était terminé et les assistants se retiraient enchantés de leur soirée, plaignant ceux de leurs collègues qui n’avaient pas voulu ou pu assister au banquet, et emportant plus que jamais au fond du cœur la conviction de l’entière réussite d’une œuvre à laquelle chacun, dans la mesure de ses moyens, apporte le concours de son temps et son argent et surtout, chose précieuse, de sa bonne volonté à l’épreuve de tout découragement.
- Discours de M. Lucien Dautresme Ministre du Commerce et de VIndustrie Messieurs,
- « Les organisateurs de ce banquet, en m’en offrant la présidence, m’ont fait un honneur dont je sens vivement le prix. Il est rare de voir une réunion où, comme dans celle-ci, se rencontrent, mêlés et confondus, tant d’hommes éminents exerçant les professions les plus diverses, occupant* les situations sociales les plus, opposées. Agriculture, commerce, industrie, sciences, beaux arts, toutes les branches de l’activité humaine dans notre, pays y sont représentées et Ton dirait une réduction de la France elle-même.
- « Aussi ne faut-il pas s’étonner que le gouvernement ait fait appel à votre concours pour l’aider dans la grande œuvre qu’il a entreprise. Vous êtes les ouvriers de la première heure, — la plus difficile, quoi qu’on prétende, — et vous avez apporté dans l’accomplissement de votre tâche un zèle et un dévouement, auxquels je suis heureux de rendre un public hommage.
- « Messieurs, on s’est souvent demandé qui avait eu l’idée d’une Exposition en 1889. Personne et tout le monde. La vérité est qu’elle existait à l’état latent dans tous les esprits, et, pour employer une formule devenue célèbre, chacun y pensait, nul n’en parlait.
- « Au cours de Tannée 1884, un journal important et populaire s’en fit le promoteur. Ce fut une traînée de poudre. Pour répondre au sentiment qui venait de se manifester avec tant d’énergie, M. Rouvier, alors ministre du commerce, soumit à la signature de M. le Président de la République, un décret qui, en principe, décidait la question. Quant aux voies et moyens, il en confiait l’étude à une commission consultative, présidée par M. Antonin Proust.
- «Sous le ministère de M. Pierre Legrand, après M.'Rouvier, sous le mien après M. Pierre Legrand, les choses ne sortirent qu’à demi du domaine spéculatif. C’est à l’honorable M. Lockroy qu’échut l’honneur d’inaugurer la véritable période d’action. Il s’était adjoint pour directeurs: MM. Alphand, Berger et Grison.
- « De ces choix personne ici, j’en suis convaincu, ne contestera l’excellence.
- « Depuis plus de trente ans, M. Alphand a pris une part prépondérante, souvent maîtresse, aux travaux qui ont si complètement transformé Paris. Portant la pioche dans les vieux quartiers et les ( vieilles rues, bouleversant le sol de fond en comble, il a répandu partout des flots d’air et -de lumière, et c’est à lui que nous devons nos derniers boulevards, nos jardins, nos squares, toutes ces merveilles de verdure et de fleurs qui excitent à la fois l’admiration et l’envie des étrangers.
- « M. Berger n’était pas moins connu. Collaborateur de M.'Leplay, en 1867, de M. Krantz, en 1878, il avait acquis au contact de ses illustres maîtres, une expérience qui, depuis, s’est encore augmentée ; et dans vos rapports avec lui, vous avez pu apprécier sa compétence, les ressources de son esprit et la facilité avec laquelle il sait modifier ses combinaisons selon les besoins qui surgissent ou les convenances qu’il est utile de ménager.
- « Quant à M. Grison, que dire de lui sans blesser sa modestie, sinon qu’il est la personnification même de Tordre et de la probité.
- « Avec de tels auxiliaires, il n’y a pas de mécomptes à craindre, et,, grâce à leur énergique impulsion, on peut considérer comme terminées les opérations préliminaires de l’Exposition.
- « Ne vous laissez donc pas troubler par ceux qui prétendent que nous ne serons pas prêts pour 1889. Loin d’être en retard, nous avons six mois d’avance. Pour s’en convaincre, il suffit d’aller au Champ de Mars. Déjà d’immenses espaces y sont couverts de constructions métalliques, les fondations de la galerie des machines s’achèvent, et les ares de la tour Eiffel en font prévoir les dimensions gigantesques.
- « N’écoutez pas davantage ceux qui prétendent que nos industriels refusent d’exposer. Les membres des comités d’admission qui sont ici peuvent attester que les adhésions recueillies atteignent un chiffre fort important, etqu’ilen arrive chaque jour de nouvelles.
- « Au dehors, la situation n’est pas moins favorable. Sans doute, dans les Etats dont la participation officielle nous fait défaut, il existe quelques difficultés, mais elles s’aplanissent aisément. Nous en avons eu récemment la preuve.
- « Les délégués italiens étaient venus à Paris, ayant quelque défiance ; je les ai conduits sur nos chantiers, je leur, ai montré l’emplacement qui leur était destiné et comme ils exprimaient le désir d’en avoir la possession exclusive, je leur ai répondu: « J’y consens ; vous aurez l’Italie au Champ-de-Mars ». Ils sont partis enchantés de notre accueil, enthousiasmés de ce qu’ils avaient vu et j’ai la conviction qu’ils demanderont bientôt qu’on leur donne plus de place.
- « Un mouvement analogue s’opère en Belgique et en Angleterre ; la contagion de l’exemple en-, traînera les autres peuples.
- « En attendant, appliquons-nous à imprimer à notre Exposition le caractère élevé qu’elle doit avoir. « Il ne suffit pas qu’on y trouve les produits de toute sorte, recueillis sur tous les points du globe, il faut qu’elle soit l’inventaire de la civilisation.
- « Pour obtenir ce résultat, le gouvernement a besoin de votre concours ; vous n’hésiterez pas à le lui accorder et vous vous rappellerez qu’il s’agit de l’honneur de la France et de la République.
- Messieurs, en terminant, je remercie M. Teisserenc de Bort, mon ancien de l'Ecole polytechnique ; je remercie mon jeune collègue, M. Prévet, et vous tous avec lui, et je vous propose de boire au succès de l’Exposition. » (Applaudissements répétés.)
- Discours de M. Alphand « Messieurs,
- « Lorsque nous avons formé le projet de célébrer par une grande Exposition internationale le centenaire de la Révolution de 1781), nous ne pouvions pas nous dissimuler que nous allions nous heurter à bien des obstacles. Nous savions que notre entreprise serait accueillieavec défiance par les plus sincères patriotes, par les républicains les plus convaincus. Aujourd’hui, les résultats acquis ont victorieusement démenti tous les sinistres pronostics dont on avait essayé de nous effrayer. L’Exposition est en bonne voie, elle sera prête à l’heure fixée.
- « Elle sera la revanche pacifique de notre glorieux pays. Ce succès est dû à votre patriotique concours. Il est dû aussi, j’ai bien le droit de le dire avec quelque fierté, aux efforts simultanés de vos directeurs, qui ont toujours marché la main dans la màin dans une entente commune sans se laisser distraire de leur but par aucune jalousie mesquine.
- «... Pour moi, qui compte cinquante ans de services dévoués à mon pays, qui depuis trente-quatre ans consacre toute mon activité et tout mon travail à l’embellissement de notre cher Paris, je considère comme le plus grand honneur de ma carrière d’avoir contribué dans un rôle bien modeste à en faire la capitale du monde civilisé. Et la nouvelle épreuve à laquelle nous convions le monde ne fera qu’affirmer une fois de plus cette éclatante royauté.
- « Sur le seuil même de l’Exposition, le visiteur étonné s’arrêtera devant deux merveilles qui porteront chez les nations les plus reculées le renom de notre industrie parisienne. Je veux parler de la tour Eiffel et de la galerie des machines.
- « La tour Eiffel, dont on a pu discuter le caractère et le mérite artistique, mais qui sera sans contredit une œuvre grandiose et magistrale, continue à s’élever, en dépit de tous ses détracteurs.
- p.830 - vue 418/496
-
-
-
- Troisième Année. — N° 147.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 28 Octobre 1887. — 83i.
- « J’en garantis la solidité. J’affirme qu’elle sera prête à heure fixe. En un mot, je réponds de son succès à tous les points de vue.
- « Quant au palais des machines, non seulement il donnera satisfaction à toutes les exigences du programme, mais encore il représentera un travail gigantesque que le concours de nos savants et de nos industriels les plus renommés peut seul conduire à bonne fin... »
- M. Alphand a terminé en portant un toast à ses collaborateurs.
- Discours de M. Georges Berger Messieurs,
- Après le discours si éloquent et si substantiel de M. le ministre du commerce et de l’industrie, après les paroles si autorisées prononcées par mon éminent collègue, M. Alphand, pour remercier l’honorable M. Prevet, des termes flatteurs dans lesquels il a bien voulu apprécier les directeurs généraux de l’Exposition, je devrais rester muet. Mais votre indulgence m’a tellement habitué à parler, chaque fois que j’ai l’honneur de me trouver réuni à vous dans les comités de classes ou de groupes, que je me lève malgré moi, ce soir, comme si j’allais vous entretenir de nos affaires et de nos travaux communs. N’ayez crainte cependant : je ne vous infligerai pas, au dessert, une de ces homélies journalières par lesquelles je cherche à faire grandir rapidement les résultats que nous avons le droit d’attendre de la collaboration d’hommes tels que vous. Qu’il me soit permis d’abord de déclarer encore, après M. le ministre, que les choses prennent en France et à l’étranger une tournure qui indique que le succès de l’Exposition de 1889 est assuré dès maintenant. Les débuts ont été pénibles, mais ils sont oubliés.
- M. le ministre vient d’énumérer tout ce qui a été préparé afin de faire sûrement de cette solennité la démonstration des progrès réalisés, non seulement depuis onze années, mais aussi depuis un demi-siècle, dans chacune des branches de l’activité humaine qui importent à la richesse, à l’avancement social et à l’éclat artistique des peuples. C’est vous dire que nous avons complètement terminé la réglementation nécessaire au fonctionnement des services et des comités constitués afin que ce beau programme puisse être rempli. Les travaux déjà accomplis dans ce sens sont pleins d’encourageantes promesses ainsi que de nobles exemples à l’adresse de ceux qui ne sont pas encore à l’œuvre, mais qui y seront demain.
- Dix-neuf mois nous séparent de l’ouverture de l’Exposition ; reconnaissons, néanmoins, que l’heure de son premier triomphe a déjà sonné. Il nous faudra, il est vrai, attendre 1889 pour faire, dans nos galeries, l’étalage des produits et des documents qui offriront matériellement le tableau de la production universelle. Mais n’est-ce pas déjà une exposition moralement imposante et patriotiquement belle que celle que nous offrent, dans l’ensemble de leurs personnalités, les Membres de nos Comités et de nos Commissions. Il y a là une réunion fraternelle de la plupart de ceux de nos concitoyens qui, par leurs mérites, ont marqué leurs places au premier rang parmi les artistes, les savants, les industriels, les agriculteurs et les commerçants ; et ces hommes sont venus apporter à l’Exposition le faisceau de leurs bonnes volontés, de leurs compétences, de leurs dévouements, sans marchander ni leur temps ni leur peine ! Quel majestueux prologue de l’apothéose de 1889 que le spectacle de cette fédération des coeurs français et des forces utiles de la nation, pour marcher vers l’accomplissement d’une oeuvre qui, on ne saurait assez le répéter, peut aider au maintien delà paix du monde et à l’apaisement de l’esprit du parti : c’est-à-dire à la concorde nationale ! Et, si vous voulez vous rendre compte par vos yeux de ce que peut être cette Exposition des hommes qui aura précédé l’Exposition des choses,, regardez autour de vous dans cette salle, examinez cette assemblée, qui m’intimide si souvent, cette assemblée où se coudoient aux mêmes tables, amicalement mélangés les uns aux autres, ceux qui ont occupé les plus hautes fonctions de l’Etat, ceux qui appartiennent au Parlement et aux grands Corps ou aux grandes Administrations du Gouvernement : ceux qui portent vaillamment les insignes de nos armées de terre et de mer ; ceux qui sortent de nos académies, de nos usines industrielles ou agricoles, de nos comptoirs commerciaux, de nos ateliers d’ouvriers ; ceux enfin qui sont venus se joindre à nous en nous apportant l’appui et le secours de leurs plumes de journalistes.
- Ce sont ces hommes-là qui, le 5 mai 1889, ouvriront au Champ de Mars les Etats généraux de la France industrielle et artistiques, comme le 5 mai 1789 se sont ouverts, à Versailles, les Etats génsraux delà Franéemûre pour la liberté.
- En se réunissant à nous aujourd’hui, la Presse nous permet de compter sur elle comme sur une alliée fidèle. Cela nous est facile, car nous connaissons son patriotisfne. Ses comptes rendus nous
- sont précieux ; ses éloges nous sont sensibles, et nous aurions mauvaise grâce à lui reprocher ses criiiques, même lorsqu’elles sont un peu amères. C’est, par exemple, quand on a laissé supposer que les plans de répartition ont été horriblement embrouillés par le pauvre Directeur général de l’Exploitation, que celui-ci est heureux de pouvoir prouver qu’il est, dans la mesure de ces moyens, partisan de l’ordre, autant qu’ami de la logique et de la conciliation.
- Messieurs, après avoir porté un toast à tous les membres de nos Comités et de nos Commissions de Paris et des départements, après avoir bu aux représentants de la Presse, je ne terminerai pas sans vous dire combien je me sens honoré et fier de mes rapports avec vous. C’est dans les témoignages, que vous me prodiguez, de votre indulgence et, j’ose le dire, de votre affection que je puise les forces nécessaires pour suffire à ma tâche. Il y a vingt ans que j’ai commencé à travailler avec un certain nombre d’entre vous : mon coeur a battu d’émotion et ma confiance dans la réussite s’est affirmée lorsque je vous ai retrouvés.
- Beaucoup de nos amis des Expositions de 1867 et de 1878 ont, hélas ! disparu. Ils ont été remplacés par des nouveaux venus qui, sans nous faire perdre le cher souvenir de ceux qui ne sont plus, adoucissent nos regrets en montrant que notre pays n’a pas cessé de produire des hommes de devoir et des patriotes. Je veux que rien ne puisse me séparer de vous et de l’œuvre de l’Exposition^ côté de mes chers collègues et à la tête des chefs de services et des fonctionnaires de ma direction, dont vous appréciez comme moi, chaque jour, les capacités et l’énergique labeur. Pour cela, je ferai mon devoir avec acharnement.
- Nous avons, nous, messieurs, une responsabilité commune contractée dès les premiers jours de nos relations ; il faut donc que l’occasion que mes fonctions créent entre vous et moi soit insoluble, et je ferai en sorte qu’il en soit ainsi en m’efforçant de rendre vos travaux faciles, comme vous saurez les rendre utiles. Je n’aurai pas de peine à réussir, grâce à la part qui me revient de la confiance dont M. Lucien Dautresme, ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général, veut bien honorer ses directeurs généraux, grâce aussi à l’estime dont messieurs les membres de la commission des finances et du contrôle, qui sont nos juges, nous donnent constamment ies preuves.
- de cette intéressante exposition, qui excite un vif intérêt dans les cercles locaux.
- L’exposition générale d’alimentation, qui aura lieu à Düsseldorf du jeudi 3 au lundi 7 novembre, et dont nous avons parlé à différentes reprises, a réuni jusqu’ici quatre cents adhésions.
- L’intérêt tout particulier de cette exposition résidera dans le grand nombre d’installations modèles que les visiteurs y pourront voir en fonctionnement.
- Une distribution d’aliments pour mille personnes sera faite, chaque jour, dans le grand hall de l’alimentation populaire.
- * *
- Une exposition permanente du commerce et de l’industrie avait été organisée, l’année dernière, par la direction du musée de l'industrie bavaroise à Nüremberg. Cette institution, dont nous avons eu l’occasion de parler en son temps, avait pour double but de constituer deux musées réunis, un musée commercial et un bazar modèle d’exportation. La durée, à l’essai, en avait été fixée à deux ans.
- Les heureux résultats obtenus ont décidé la direction à prolonger l’exposition permanente, dès maintenant, pour cinq ans. Quelques chiffres motivent cette décision.
- L’exposition a reçu en effet, durant les douze premiers mois, 15,000 visiteurs, bien que primitivement un droit fût perçu à l’entrée.
- Aujourd’hui, l’accès des galeries est libre.
- *
- Sf.
- L’exposition internationale d’aquarelles, pastels et dessins qui a récemment eu lieu à Dresde, et dont nous avons parlé à différentes reprises, a, paraît-il, obtenu un grand et d’ailleurs légitime succès.
- Il a été perçu 15,000 marks d’entrées et- les ventes ont atteint 35,000 marks.
- *
- * *
- Angleterre
- Une excellente exposition de laiterie combinée avec des concours pour les races bovine et porcine, les volailles et les pigeons, a eu heu il y a quelques jours à VAgrieultural hall d'Islington (Londres).
- Dans la liste des exposants récompensés, on relève le nom de la reine.
- *
- •¥• *
- Paris
- L’exposition publique et gratuite des œuvres envoyées aux concours Jauvin d’Attainville a eu lieu à l’école des beaux-arts, lundi dernier 17 et jeudi dernier 20 octobre.
- Le sujet du concours de peinture historique était : Décoration d’un fond de galerie pour une petite salle de musée.
- Pour le concours de paysage, le sujet suivant avait été donné : Des voyageurs égarés cherchent un refuge dans un ravin, poursuivis par un ouragan formidable qui brise les arbres. Effet de crépuscule.
- *
- * *
- La société botanique de France et la société mycologique ont ouvert, dimanche dernier, 16 octobre, au 84 de la rue de Grenelle, une exposition gratuite et publique de champignons comestibles, vénéneux, etc., organisée par leurs soins.
- *
- * *
- ETRANGER
- Allemagne
- Nous avons, dans un précédent numéro, annoncé que la Société des travaux de la cathédrale de Metz prépare pour le courant de l’hiver une exposition historique-rétrospective, où prendront place des manuscrits, livres, sceaux, objets d’art et productions des industries artistiques offrant un intérêt particulier au point de vue de l’histoire de la cathédrale, de la ville et de la province.
- C’est à cette occasion que l’on exposera publiquement, pour la première fois, le manteau de couronnement de Charlemagne, qui fait partie du trésor de la cathédrale, ainsique le Graolly, figure colossale de dragon, que l’on portait solennellement en procession jusqu’aux événements de 1793.
- Le riche musée municipal contribuera à l’éclat
- Les nouvelles enregistrées par plusieurs de nos confrères d’outre-Manche et de la presse anglo-parisienne font considérer comme certaine l’organisation, à Londres, d’une exposition générale italienne.
- Cette exposition, qui aura certainement une grande portée, ne peut manquer d’être féconde en résultats pour le développement de l’industrie italienne que son activité, son esprit d’initiative et d’entreprise appellent d’ailleurs à de hautes destinées.
- Comme nous le faisions prévoir dans un précédent numéro, l’exposition italienne succédera, dans quelques mois, à l’exposition américaine, dont elle occupera les emplacements.
- Que l’on sache bien en France ce que l’on ignore trop. Il y a de l’autre côté des Alpes un peuple jeune et industrieux, en pleine renaissance politique et économique, et que l’industrie française doit s’habituer à considérer comme un concurrent sérieux sur le terrain industriel et commercial.
- L’organisation en Allemagne de grands musées commerciaux pour l’exportation a créé une vive agitation dans les cercles industriels anglais. Die lllustrirte Zeitung nous apprend que ce mouvement vient d’aboutir à la création à Londres d’une institution similaire, qui pourra fonctionner prochainement.
- La presse commerciale anglaise insiste vivement auprès des intéressés afin qu’ils suivent l’exemple et l’impulsion donnés par l’Allemagne, et nouent autant que possible des relations directes avec les marchés d’exportation d’outre-mer. IdEx-port- Exchan ,e de Londres sera installé au centre de la City, comprendra trois cents sections distinctes et son administration sera choisie avec soin de façon qu'elle puisse répondre à tous les renseignements demandés et donner les éclaircissements les plus détaillés en toutes matières de son ressort.
- Les promoteurs se promettent les plus heureux résultats, et la création de cette institution, nouvelle à Londres, est impatiemment attendue pour le développement du commerce anglais d’exportation.
- p.831 - vue 419/496
-
-
-
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- 832. — Troisième Année. — N° 147.
- Dimanche 23 Octobre 1887.
- Encore une fois, qu’on nous permette de le répéter, n’est-il pas réellement et profondément regrettable de voir Paris encore privé, à l’heure qu’il est, de cette institution précieuse que l’on appelle un musée commercial, centre de renseignements, de relations commerciales étendues, d’enseignements, au moyen d’expositions- permanentes et temporaires, françaises et étrangères, point de ralliement du commerce et de l’industrie, instrument de défense des intérêts généraux et de lutte contre les crises et la concurrence.
- Nous avions cependant entendu dire que Paris était la première ville du monde !
- * «
- Les conservateurs-administrateurs du British Muséum ont organisé une exposition de documents, livres, manuscrits, etc., ayant trait à l’histoire de la sténographie et à ses différentes formes.
- ¥ ¥
- Autriche-Hongrie
- L’exposition internationale des beaux-aats, organisée par l’administration des artistes de "Vienne, à l’occasion du quarantième aniversaire du règne actuel, ouvrira, comme nous l’avons dit, dans notre dernier numéro, le 1er mars, pour clôturer le 31 mai.
- Pour la monarchie austro-hongroise, l’exposition sera historique et comprendra les quarante années du règne de François-Joseph, offrant ainsi un tableau général du développement des Beaux-Arts durant cette période.
- De plus, pour donner un développement suffisant à la section étrangère qui sera très importante, l’Association fait procéder à de grands travaux d’aménagement et de décoration, d’après les plans du professeur Deininger.
- Nous rappelons qu’une grande exposition industrielle de la basse Autriche doit avoir lieu à la même époque et à la même occasion que l’exposition artistique.
- L’entreprise, dont nous avons déjà eu l’occasion de parler à différentes reprises, a déjà réuni quatorze cents adhésions.
- *
- * *
- Etats-Unis
- La New-York Society for the promotion of Art a fait, le 30 septembre dernier, dans la Galerie artistique récemment annexée à l’Eden-Musée, •une exposition particulière d’une collection de peintures, formée par ses soins.
- A signaler : les Deux Sœurs, de Charles Giron, tableau remarqué au Salon de 1883; le Départ cTEmigrants de Dawant (Salon de 1887), ainsi que des œuvres de Troyon, Flandrin, Grolleron, etc.
- En tout soixante-quatre toiles exposées.
- *
- * *
- Italie
- Nous avons parlé en son temps d’une exposition internationale pour une part, qui aura lieu l’année prochaine à Bologne et dont l’inauguration est fixée au 1er mai.
- Parmi les sections internationales les plus intéressantes, il faut citer l’exposition musicale, qui piésentera un vif attrait de nouveauté, et qui renfermera tout ce qui a trait à cette tranche particulière de l’art.
- On réunira là les instruments de tous genres, depuis les plus anciens jusqu’aux plus récents, les ouvrages théoriques, les publications les plus variées, livres, manuscrits, instruments spéciaux de précision, etc.
- Le maestro Verdi sera président d’honneur, de la section; l’éminent cempositeur et poète, Arrigo Boïto, l’auteur de Mefistofele, président actif.
- *
- ¥ ¥
- Belgique
- Notre confrère le Journal des Artistes signale parmi les expositions artistiques, celles de Spa, de Malines, et la troisième exposition annuelle du • cercle artistique de Tournai.
- *
- ¥ ¥
- Norvège
- L’exposition norvégienne des beaux-arts est -actuellement ouverte à Christiania. Elle réunit 239 numéros dont 219 pour la peinture, 8 pour la sculpture, L2 pour l’aquarelle et le dessin.
- Les œuvres les plus appréciées d’un public très résolument moderniste, au sens le meilleur du mot, sont celles des jeunes peintres qui retracent des scènes de la vie locale et nationale, ou fixent en des paysages clairs et froids, comme la nature qu’ils représentent, les montagnes, les lacs et les .fjords de la Norvège.
- *
- ¥ ¥
- Espagne
- La reine régente a présidé lundi dernier, 17 octobre, la cérémonie de la distribution solennelle des récompenses de l’Exposition coloniale des Philippines, dont nous avons parlé en son temps, si nos lecteurs se le rappellent.
- SCIENCES & INDUSTRIE
- Nouvelles cartes postales
- Le nouveau système que nous allons exposer est dû, comme un grand nombre d’inventions modernes, à nos voisins d’outre-Manche, toujours pratiques, comme l’on sait, et nous est apporté par notre excellent confrère londonien Invention. Peut-être assez peu intéressant en apparence et de minime importance au premier abord, nous le croyons appelé à un grand succès. Voici en quoi il consiste :
- Les cartes postales toutes préparées, et munies du cadre nécessaire à l’affranchissement qu’effectue l’administration, sont pourvues chacune d’une pièce additionnelle. Cette pièce annexe est, ou bien une souche d’où l’on détache par un pointillé la missive à envoyer, ou bien une pièce sous-jacente à la carte-postale et différenciée de celle-ci d’une manière quelconque, par la couleur ou la nature du papier par exemple.
- L’utilité du procédé est évidente et consiste dans la possibilité de conserver un duplicata du message expédié. Dans la première des dispositions indiquées plus haut, la teneur du billet est sommairement reproduite sur la souche ; dans la seconde, un intercalant une feuille de matière appropriée, papier gras par exemple, l’on obtient en écrivant sur la carte postale originale, une copie sous-jacente.
- Dans les deux systèmes, original d’une part, souche ou copie de l’autre, sont numérotés et cotés de façon identique, ce qui permet un facile rapprochement.
- Les cartes postales avee la pièce annexe, quelle qu’elle soit, peuvent être séparées ou réunies en un carnet semblable aux carnets de chèques.
- Le nombre des cartes postales expédiées chaque année par les différentes administrations européennes et américaines est énorme. Dans le Royaume-Uni, l’année dernière, la poste en a enregistré 200 millions. Les lettres proprement dites avaient été, dans la même période, sept fois plus nombreuses. Or la correspondance par cartes postales étant, en matière commerciale et dans un grand nombre d’affaires privées, très expéditive et commode, on ne s’explique cette grande disproportion que par un désavantage du système des cartes.
- Ce désavantage réel est dans l’impossibilité de conserver facilement une copie des messages expédiés, et de pouvoir, à toute heure, opposer un duplicata, numéroté et daté comme l’original, et consistant soit en une copie conforme, soit en un sommaire. Nous trouvons l’invention, si simple qu’elle soit, fort ingénieuse et féconde en économies de tous genres qu’il est inutile de mieux préciser et nous croyons que nos lecteurs partageront cet avis favorable.
- LES LIVRES
- CXXVII
- Adélaïde Ristori, — Etudes et Souvenirs, Paris, Paul Ollen. dorff. in-18.
- Adélaïde Ristori, marquise de Capranica del Grillo, est une honnête femme et une grande artiste. Au premier titre, femme d’un mari de son choix, qui a été le compagnon dévoué et le conseiller éclairé de ses campagnes dramatiques, elle a été sage, heureuse et n’a pas d’histoire. Au second titre, elle n’a d’autre histoire que celle de son art dont elle a été quarante ans l’honneur et l’exemple. Aujourd’hui retirée, entre son mari et les deux enfants qui lui restent, dans le repos si bien gagné après tant de nobles fatigues et le recueillement d’une âme généreuse, elle se plait à faire profiter le public qui ne peut plus l’applaudir,des résultats de son expérience et elle revit sa vie passée dans des souvenirs sans remords sinon sans regrets.
- Il n’y a pas d’autre intérêt dans ces souvenirs d’une existence, laborieuse heureuse, toute entière consacrée aux plaisirs et aux travaux de l’art, aux devoirs et au bonheur de la famille, d’une existence sans aventures, sans roman que celui qu’on trouve aux confidences d’une femme douée du génie de son iart qui a porté, à travers le monde pendant des pérégrinations dontla France a eu la primeur en 1855, et qui ne se sont close qu’en 1880, la tragédie et sa fortune.
- Adélaïde Ristori est née, pour ainsi dire, sur les planches. C’est une enfant de la balle, comme on dit en argot de coulisses. Comme notre Clairon fille d’un acteur et d’une actrice, elle a débuté à trois mois, non sans un incident comique qu’elle raconte elle-même en riant, dans le rôle d’un enfant en maillot, instrument inconscient d’une réconciliation de famille, dans une pièce intilulée Les Etrennes, où du milieu des présents du nouvel an, elle devait tendre vers un père irrité puis attendri ses bras innocents et obtenir le pardon
- d’une union maudite dans sa fleur et bénie dans son fruit.
- Les débuts de son initiation précoce aux travaux et aux succès du théâtre, le prologue de sa vie dramatique exclusivement italienne pendant la première période, n’ont pour nous qu’un intérêt relatif. Il n’en est pas de même des souvenirs de sa venue en France en 1855 et de sa rivalité avec Rachel, devenue impopulaire à la suite de sa désertion du Théâtre-Français et de sa fugue en Amérique. Nous sommes blasés aujourd’hui et par suite plus indulgents sur ces brusques départs d’artistes enivrés,et ces passagères disgrâces d’artistes trop gâtés, qui rentrent après des absences un peu ingrates, sur la scène de leurs premiers succès et y retrouvent à peine disputés, par une rancune bientôt apaisée, les applaudissements du retour de l’enfant prodigue. Sur ces relations avec Rachel, dont le mutuel élan fut contrarié par les indiscrétions et les intrigues de partisans trop zélés, et qui se bornèrent à un échange d’éloges et à un mélange de cartes flatteuses, nous n’avons que quelques pages dont les réticences ne satisfont qu’à moitié notre curiosité. Nous possédons du moins l’opinion de Mme Ristori sur le talent et les procédés de Rachel, leur puissance et leurs lacunes, dans des pages où une rivalité généreuse ne fait qu’aviver un sens critique très judicieux.
- Madame Ristori, comme Rachel a les deux cordes, la fibre tragique et la fibre comique. Elle s’est produite avec un succès inégal, mais avec succès dans les deux genres. Elle n’a donné toute sa mesure que dans le drame et la tragédie où elle a développé des qualités et des moyens très différents de ceux de Rachel. Nous résumerons le parallèle en disant que la Ristori avait plus d’ampleur, plus de feu, plus d’âme, qffelle avait une gamme d’expression plus étendue et plus variée, qu’elle mettait le coloris là où Rachel se contentait de la ligne, qu’elle peignait enfin les rôles que Rachel sculptait.
- En même temps que ses qualités d’inspiration, de divination, la Ristori avait des qualités de réflexion, de méditation, qui présidaient à l’étude de ses rôles ; et les actrices contemporaines qui osent encore s’essayer aux manifestations supérieures de l’art dramatique trouveront d’utiles indications et de précieux conseils dans les pages où elle rend compte au public de sa façon de comprendre, d’interpréter, de composer ces grandes figures de Médée, de Phèdre, de Myrrha, de lady Macbeth. Elles verront avec quelle habileté et quel art ingénieux elle est parvenue à dompter la difficulté, pour une artiste italienne de langue et surtout de tempérament et de génie, de rendre une tragédie française'ou une tragédie anglaise dans leur langue originale et de forcer en jouant Beatrix en français et lady Macbeth en anglais, les applaudissements des dilettanti de Paris, de Londres ou de New-York.
- Bien que les souvenirs de la Ristori, purement artistiques, soient presque exclusivement consacrés à ses travaux et à ses succès de théâtre, il s’y trouvequelques détails anecdotiques qu’elle raconte avec un agrément particulier, avec l’enjouement bon enfant d’une nature bien équilibrée, foncièrement raisonnable et sensée, qui n’a jamais perdu pied dans la vie et qui a réservé à l’art ses ressources d’imagination, de sentiment, de passion; comédienne et tragédienne seulement au théâtre, à la ville excellente épouse, excellente mère et femme comme il faut. Ses études surses rôles favoris témoignent d’une érudition historique et d’une finesse psychologique rares même chez les artistes de premier rang. Elle met avec raison à un plus haut prix que les couronnes reçues d’un public enthousiaste qui, plus d’une fois détela ses chevaux, que les bijoux et les bracelets reçus de souverains amateurs, qui se plurent à décorer sa poitrine sur le champ de bataille dramatique de leur médaille pour le _ mérite, l’hommage plus modeste de la reconnaissance de ce soldat espagnol condamné à mort, et déjà, en chapelle, dont elle arracha la grâce en 1857 à la clémence attendrie à force d’éloquence et de larmes, de la reine Isabelle et du maréchal Narvaez.
- C’est quelques jours auparavant que lui était arrivé l’unique accident de sa carrière dramatique, un élan mal combiné, une chute sur la rampe, d'où elle aurait pu se relever défigurée et dont elle n’a gardé qu’au bras, déchiré par des éclats de verres, la large cicatrice.
- Le lecteur trouvera dans ce livre, avec ces quelques anecdotes qui en relèvent un peu la saveur une analyse des rôles principaux de son répertoire, de la Myrrha d’Alfieri à la Marie-Antoinette de Giacometti, qui témoigne d’une vocation dramatique aussi éclairée que sincère, aussi habile qu’heureuse, qui fait l’éloge de l’esprit et du caractère autant que du talent d’une grande artiste dont le nom demeure glorieusement aidé à l’histoire de son art pendant ces quarante dernières années.
- M. de Lescure.
- Le Gerant, GARREAU,
- Tours. — lmp. E. ARRAULT et
- , rue de la Préfecture, 6
- p.832 - vue 420/496
-
-
-
- Le Moniteu
- DE
- L’EXPOSITION DE 1889
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
- TROISIÈME ANNÉE. Dimanche 30 Octobre 1887. NUMÉRO 148
- SOMMAIRE :
- 1. Les travaux du Champ-de-Mars; 2. L’horticulture à l’Expo-sitionde i88ç);3. Les Compagnies de chemins de fer à l’Exposition de 1889; 4. Résultat d'adjudication 5 Comités départementaux de la Côte-d'Or, .de Seine-et-Marne, de la Loire-Inférieure, du Pas-de-Calais, des Basses-Pyrénées; 6. Bureaux des Comités départementaux: Aveyron, Haute-Saône, Loire, Saône-et-Loire, Var, Vosges, Yonne; 7. L’Europe et l'Amérique latine à l’Exposition de 1889 ; 8. Echos; 9. Dernier délai; 10. La Belgique à l’Exposition de 1889; 11. Exposition des insectes ; 12. Les Livres; i3. Les Théâtres.
- EXPOSITION UNIVERSELLE
- DE 1889
- LES TRAVAUX DU CHAMP-DE-MARS
- Bien difficile à établir d’une façon intéressante le bilan des travaux pour la semaine qui vient de s’écouler, et nous ne voyons pasgrand’-chosejt signaler ; il ne faudrait pourtant pas se méprendre sur le sens de cette exclamation et croire qu’il y a eu perte de temps ou chômage, loin de là ; on a, au contraire, très bien travaillé et mis à profit ces belles journées d’arrière-saison, suffisamment fraîches pour ne pas inspirer aux ouvriers l’envie de rester inactifs, et pas assez froides pour empêcher le travail. Non, la difficulté signalée provient de la nature même des travaux exécutés : si nous avions à fournir un rapport documentaire ou un procès-verbal pur et simple, rien ne serait plus facile, on pourrait le faire très long, les documents abonderaient ; mais ce n’est pas un procès-verbal, c’est une simple chronique qu’on nous demande et, avec les données recueillies sur les chantiers, il n’est pas possible d’être intéressant, aucun nouvel ouvrage n’a été entrepris, aucune particularité ne s’est produite, et nul incident digne d’être relaté n’est venu rompre la monotonie de ces huit derniers jours, calme plat sur toute la ligne, on s’est tout bonnement contenté de poursuivre, activement il est vrai, ce qui était commencé; il est évident que c’est très intéressant au point de vue du résultat vers lequel on tend, mais il n’y a pas là matière à causerie et nous doutons fort, qu’à part certains amateurs de statistique, nos lecteurs prennent grand plaisir à la seule chose qu’il nous soit possible de leur offrir aujourd’hui, c’est-à-dire un vulgaire tableau bourré de chiffres et constatant ce que, du 22 au 29 octobre, on a employé et mis en place de matériaux de chaque nature.
- Enfin, on ne peut pas toujours avoir du nouveau et quand on en manque il faut savoir sinon s’intéresser, du moins se contenter de ce qui est ; au surplus, ce que nous venons de dire n’est probablement qu’une calomnie de notre part à l’égard de nos lecteurs, nous nous empressons donc de faire amende honorable, persuadé que nous sommes qu’ils suivent tous avec trop d’attention les progrès de la grande entreprise qui nous occupe, pour ne pas prendre plaisir àen connaître tous les détails, quelque insignifiants qu’ils soient en apparence. Voici donc, aussi succinctement que possible, le résumé de la tournée faite par nous sur les divers chantiers du Champ-de-Mars :
- Au palais des machines, les fondations marchent rapidement et on est en droit d’espérer qu’à moins de mauvaise chance on pourra terminer les maçonneries avant l’arrivée des gelées capables d’interrompre ce travail ; il ne reste plus que 3o pieux de 14 mètres à battre sur 80
- environ qu’exigeait le mauvais état du sol en certains endroits ; les pieux sont recepés à la longueur voulue dans 17 puits, 3 seulement ont encore à subir cette opération ; on a coulé le béton dans 14 fouilles ce qui, à raison de 40 mètres cubes pour chacune d’elles, donne approximativement un cube de 55o mètres employés ; de plus, dans 8 puits, la maçonnerie de meulière est amenée au niveau fixé et représente l’emploi de i,35o mètres cubes de matériaux.
- En se rappelant que la file de puits qui regarde le Trocadéro est achevée depuis longtemps et qu’il en est de même des fondations des galeries latérales, les chiffres qui précédent indiquent que le travail en sous-sol intéressant le palais des machines touche à sa fin.
- Si, au chantier de M. Manoury, on peut, jusqu’à un certain point, prendre intérêt à regarder des travaux dont il est possible de s’approcher, par contre, il n’en est pas de même dans les diverses parties du palais des Industries diverses, là tout se passe à une hauteur où il ne fait pas bon se promener ; aussi sans trop nous attarder à examiner en détail les diverses opérations auxquelles se livrent les ouvriers sur les combles des charpentes de 2 5 mètres, contentons-nous de récapituler les résultats obtenus, à la fin du présent mois, en ce qui concerne la couverture du palais.
- Le chevronnage et le voligeage mis en place actuellement représentent une surface de 17.600 mètres carrés, soit environ le quart de la superficie générale à recouvrir ; on a posé 15,000 mètres carrés de vitres et enfin la quantité de couverture métallique employée est de 2,400 mètres à peu près.
- A mesure qu’avance la couverture de ces longues nefs métalliques, leur aspect se modifie profondément. Auparavant, en se plaçant à l’extrémité d’une des galeries, la vue de toutes ces fermes fuyant au loin formait un coup d’œil dont le parallélisme des lignes n’excluait pas l’originalité. Grâce au jour pénétrant largement de toute part et aux reflets de la teinte grise, légèrement bleutée, on distinguait nettement tous les détails, aujourd’hui les travées couvertes, examinées dans les mêmes conditions, rappellent un peu des tunnels, cet effet est dû d’abord en grande partie au voligeage qui assombrit beaucoup, et ensuite aux vitres qui, vues sous un angle aigu, ont une teinte verte très foncée êt peu harmonieuse, noyant tous les détails des charpentes dans une sorte de pénombre ; du reste, cet aspect change complètement quand on pénètre sous les galeries, car alors la lumière frappe normalement les verres et les fait paraître presque blancs.
- Ce travail de couverture marche maintenant avec d’autant plus de rapidité que les matériaux peuvent arriver en grande quantité et sans retard sur les lieux d’emploi, ce résultat est dû au réseau de voies ferrées sillonnant la surface occupée par le palais des Industries diverses et qui, parcourant les galeries en tous sens, permettent par leur jonction avec la gare du Champ-de-Mars, l’arrivage des approvisionnements au fur et à mesure des besoins.
- Ce réseau, sous les charpentes du palais, est composé de 10 tronçons de voie d une largeur de im5o, reliés entre eux par 19 plaques tournantes, et formant une longueur totale de 1 1/2 kilomètre.
- Ne quittons pas ce palais sans constater les progrès réalisés par la canalisation des eaux plu-
- viales qui s’écouleront de toutes ces toitures; nous en avons dit quelques mots dans un précédent article et nous aurons l’occasion d’en reparler en détails ; pour le moment, disons seulement qu’une grande partie des 4,000 mètres de tuyaux nécessités par le drainage est déjà couchée au fond desstranchées qui ont été creusées à cet effet, et que nombre de piliers métalliques ont été munis des tuyaux de descente chargés d’amener l’eau des gouttières à la canalisation générale.
- Dans les deux palais des beaux-arts et des arts libéraux, on se dépêche le plus possible; les fondations des dômes vont bon train. Dans deux ou trois jours elles seront complètement achevées et reliées aux fondations du reste du palais, il n’y aura plus qu’à attendre l’arrivée des premières fermes de 5o mètres; jusqu’à ce moment on procédera au remblaiement des abords des fouilles, de ce chef il sera nécessaire d’amener en ces points 12,000 mètres cubes de remblai, en quelques jours on pourra terminer cette opération.
- Les adjudications relatives aux parcs et au jardin central ayant eu lieu samedi dernier, comme nous l’avions annoncé, M. Manoury, adjudicataire, va entreprendre ces travaux dans les premiers jours du mois de novembre; auparavant il faut procéder à la préparation du sol qui doit être abaissé de om3o sur tout l’espace occupé par les parterres, massifs, sentiers..., etc., et de om2o seulement sur les emplacements des chemins empierrés.
- Cette fouille de om3o sera comblée avec de la terre végétale dans laquelle les plantations commenceront aussitôt ; quant à l’abaissement de om2o il sera racheté par les chaussées en meulière cassée et qui auront précisément cette épaisseur.
- De place en place, le sol est coupé par de nombreuses tranchées dont le fond sera occupé par les conduites d’eau ; comme en général le terrain est assez ébouleux, des blindages sont nécessaires pour maintenir les parois, quelquefois un peu plus hautes; jusqu’à présent ce travail e’est effectué sans encombre et tout fait présumer qu’il s’achèvera dans les meilleures conditions ; des tronçons de conduites, en quantité considérable, sont déjà en place dans leur tranchée remblayée.
- A vue d’œil on voit s’élever la première des fameuses charpentes de 45 mètres de hauteur, qui nécessite la continuation du montage des pieds de la tour; la base de ces charpentes, couvrant environ 800 à 900 mètres carrés, forme une sorte de gigantesque estrade sur laquelle on continue à dresser les bois qu’il faut assembler pour atteindre la hauteur voulue, tout cela est colossal elles dimensions inusitées de ces échafaudages font considérer comme de simples constructions enfantines les plus grandes entreprises analogues qu’il nous ait été donné d'examiner.
- En attendant que, ces pylônes une fois construits, on puisse lancer d'un pied à l'autre les pièces métalliques horizontales qui doivent servir d’appui au premier étage, on va continuer sous peu le montage, en hauteur, des quatre piliers; c’est à l’achèvement de la pose des parties basses des premiers arcs qu’est due la reprise de l’opération du montage proprement dit.
- En disant, au commencement de notre chronique, qu’il ne s’était absolument rien produit de nouveau, nous nous trompons un peu, en ce sens qu’on s’est livré, au chantier de M. Eiffel,
- p.833 - vue 421/496
-
-
-
- 834- — Troisième Année. — N° 148.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 3o Octobre 1887.
- à des expériences qui n’avaient pas encore été tentées, du moins dans ces conditions. Pour la première fois on a fait manœuvrer, cette semaine, les fameux vérins hydrauliques, d’une force de 600 tonnes, dont nous avons parlé à plusieurs reprises.
- Il s’agissait, au pied n° 2, de soulever les arbalétriers de quelques centimètres, afin d’obtenir le jeu qui sera ultérieurement nécessaire pour la mise en place des poutres horizontales du premier étage. A cet effet, les vernis ayant été introduits dans les cavités ménagées au centre des sabots d’appui, on les mit en relation avec la pompe hydraulique chargée de les actionner et on commença l’opération. Elle a pleinement réussi, justifiant ainsi parfaitement les prévisions des ingénieurs qui l’avaient entreprise et au bout d’une heure environ (le mouvement ascensionnel étant forcément très lent), toute cette écorme masse métallique était arrivée au bout de la course jugée nécessaire. Beaucoup de personnes assistaient à cette expérience qui a vivement intéressé ceux auxquels il a été permis d’en être témoins. Défait, rien n’est plus curieux que la grandeur du résultat obtenu eu égard à la faiblesse apparente des appareils employés : une sorte de cylindre de om6o de diamètre environ, une pompe n’occupant pas même une surface d’un mètre carré et un tuyau de jonction à peine gros comme le doigt, voilà tous les moyens mis en œuvre pour soulever cet énorme pylône métallique ; c’est réellement merveilleux etlorsqu’on voit de tels essais couronnés de succès, on se demande quelles limites ne pourra pas franchir le génie industriel.
- Comme ces opérations 11e sont pas de celles qu’on peut contempler tous les jours, nous ferons^notre possible pour prévenir nos lecteurs lorsqu’elles se représenteront, de façon à ce qu’ils puissent prendre leurs mesures pour.tâcher d’y assister.
- Pour terminer,_ signalons l’achèvement de la tranchée du quai d’Orsay dont les trottoirs et les candélabres sont mis en place : elle pourra être livrée à la circulation aussitôt que cela deviendra nécessaire.
- H. de Baecker. ------------
- MINISTÈRE DU COMMERCE ET DE L’iNDUSTRIE
- EXPOSITION INTERNATIONALE DE PARIS EN 188g
- L’HORTICULTURE
- A L’EXPOSITION DE 1889
- PROGRAMME DES ONZE EPOQUES DE CONCOURS {Suite.)
- Troisième Époque. — 7-12 Juin 1889
- Concours particulier CLASSE 79
- FLEURS ET PLANTES D’ORNEMENT
- I. Plantes d’ornement
- Concours (à déterminer) suivant les demandes des horticulteurs.
- II. Plantes nouvelles
- Trois concours : dans tous les genres de végétaux exposés, entre les plantes nouvelles inédites :
- 1. D’importation.
- 2. D’introduetion.
- 3. Obtenues de semis.
- Un concours : dans tous les genres de végétaux exposés, pour les plus belles plantes mises dans le commerce depuis 1878.
- III. — Belle culture.
- Un concours : dans tous les genres de végétaux exposés entre les plus beaux exemplaires (un à cinq sujets par espèce ou variété).
- IV. Fleurs coupées. — Deux concours
- 1. La plus belle collection générale.
- 2. La plus belle collection de variétés dans chaque genre.
- V. Ornementation en fleurs naturelles.
- Trois concours
- 1. Les plus beaux bouquets.
- 2. Les plus beaux motifs ou sujets divers.
- 3. Les plus belles garnitures d’ornementation diverses d’appartement, de table, etc.
- VI. Corbeilles de plantes fleuries ou à feuillage
- Un concours : entre les plus belles corbeilles de plantes fleuries o*u à feuillage.
- CLASSE 80
- PLANTES POTAGÈRES
- /. — Plantes potagères
- Concours permanent entre tous les genres de plantes potagères.
- II. — Plantes nouvelles — Quatre concours
- 1. Plantes nouvelles inédites d’importation, n’ayant pas encore été mises dans le commerce.
- 2. Plantes nouvelles inédites d’introduction , n’ayant pas encore été mises dans le commerce.
- 3. Plantes nouvelles inédites obtenues de semis, n’ayant pas encore été mises dans le commerce.
- 4. Les plus belles plantes mises dans le commerce depuis 1878.
- III. Belle culture.— Un concours
- 1. Les plus beaux spécimens de plantes potagères.
- CLASSE 81
- FRUITS ET ARBRES FRUITIERS
- I. Fruits. — Deux concours
- 1. La plus belle collection de fruits frais de toutes sortes, en maturité, dont les noms suivent: abricots, amandes, cerises, figues, framboises, groseilles, mûres, pêches, poires, pommes, prunes et raisins.
- 2. La plus belle collection de fruits divers (espèces et variétés) de la région du sud.
- II. Fruits nouveaux. — Cinq concours
- 1. Fruits nouveaux inédits d’arbres d’importation n’ayant pas encore été mis dans le commerce.
- 2. Fruits nouveaux inédits d’arbres d’introduction n’ayant pas encore été mis dans le commerce.
- 3. Fruits nouveaux inédits d’arbres obtenus de semis n’ayant pas encore été mis dans le commerce.
- 4. Les plus belles variétés mises dans le commerce depuis 1878.
- 5. Les meilleures variétés mises dans le commerce depuis 1878.
- CLASSE 82
- GRAINES ET PLANTS D’ESSENCE FORESTIÈRE
- I.Graines et plantes d’essences forestières exyosées
- collectivement par les administrations, communes et sociétés. — Un concours.
- La plus belle collection de graines et plantes d’essences forestières.
- CLASSE 83
- PLANTES DE SERRE
- Plantes diverses. — Quarante concours
- Orchidées exotiques en fleurs : 1. La plus belle collection; 2. La plus belle collection, de 3o ;
- 3. La plus belle collection de 12 ; 4. Le plus beau lot.,
- II. Plantes nouvelles. — Cinq concours.
- 1. Une ou plusieurs plantes fleuries ou à feuillage, introduites le plus récemment en Europe.
- 2. Une ou plusieurs plantes fleuries ou à feuillage, introduites directement en Francce.
- 3. Lot de plantes hybrides dont les parents seront indiqués.
- 4. Une ou plusieurs plantes fleuries ou à feuillage obtenues de semis et non encore dans le commerce.
- 5. Une ou plusieurs plantes fleuries ou à feuillage, obtenues de semis et dans le commerce depuis 1878.
- III. Belle culture. — Quatre concours
- 1. Une ou plusieurs plantes fleuries ou à feuillage que la bonne culture aura fait arriver le plus près possible de son maximum de développement.
- 2. De 4 à 10 plantes fleuries ou à feuillage les plus remarquables par leur forme et leur développement.
- 3. Le plus beau lot de 20 plantes à feuillage ornemental.
- 4. Le plus beau groupe de 20 plantes diverses fleuries, à quelque catégorie qu’elles appartiennent.
- IV. Culture spéciale. — Deux concours
- 1. La plus belle collection de 5o plantes fleuries ou à feuillage cultivées en vue de l’approvisionnement des marchés.
- 2. Le plus beau lot de plantes fleuries ou à feuillage, cultivées en vue de l’approvisionnement des marchés.
- Quatrième Époque. — 21-27 juin 1889
- CLASSE 79
- FLEURS ET PLANTS D’ORNEMENT
- I. Plantes d’ornement
- Concours (à déterminer) suivant les demandes des horticulteurs.
- II. Plantes nouvelles
- Trois concours : dans tous les genres de végétaux exposés entre les plantes nouvelles inédites.
- 1. D’importation.
- 2. D’introduction.
- 3. Obtenues de semis.
- Un concours : dans tous les genres de végétaux exposés pour les plus belles plantes mises dans le commerce depuis 1878.
- III. Belle culture
- Un concours : dans tous les genres de végétaux exposés entre les plus beaux exemplaires (1 à 5 sujets par espèces ou variété).
- IV. Fleurs coupées. — Deux concours
- 1. La plus belle collection générale.
- 2. La plus belle collection de variétés dans chaque genre.
- V. Ornementation en fleurs naturelles. —Trois concours
- 1. Les plus beaux bouquets.
- 2. Les plus beaux motifs ou sujets divers.
- 3. Les plus belles garnitures d’ornementation diverses d’appartement, de table, etc.
- VI. Corbeilles de plantes fleuries ou à feuillage
- Un concours : entre les plus belles corbeilles de plantes fleuries ou à feuillage.
- CLASSE 80
- PLANTES POTAGÈRES
- I. Plantes potagères
- Concours permanent entre tous les genres de plantes potagères.
- II. Plantes nouvelles. — Quatre concours
- 1. Plantes nouvelles inédites d’importation n’ayant pas encore été mises dans le commerce.
- 2. Plantes nouvelles inédites d’introduction n’ayant pas encore été mises dans le commerce.
- 3. Plantes nouvelles inédites, obtenues de semis, n’ayant pas encore été mises dans le commerce.
- 4. Les plus belles plantes mises dans le commerce depuis 1878.
- III. Belle culture. — Un concours.
- 1. Les plus beaux spécimens de plantes potagères.
- CLASSE 81
- FRUITS ET ARBRES FRUITIERS
- I. Fruits. — Quatre concours.
- 1. La plus belle collection de fruits frais : abri-, cots, cerises,groseilles, pêches, poires, etc."
- 2. La plus belle collection de fruits divers de la région du Sud.
- 3. La plus belle collection des fruits forcés (raisins exceptés), par espèces ou variétés, cueillis ou exposés sur l’arbre.
- 4. La plus belle collection de raisins forcés; cueillis ou exposés sur la souche.
- II. Fruits nouveaux. — Cinq concours.
- 1. Fruits nouveaux inédits d’arbres d’importation n’ayant pas encore été mis dans le commerce.
- 2. Fruits nouveaux inédits d’arbres d’introduction n’ayant pas encore été mis dans le commerce.
- 3. Fruits nouveaux inédits, d’arbres obtenus de semis, n’ayarit pas encore été mis dans le commerce.
- 4. Les plus belles variétés mises dans le commerce depuis 1878.
- 5. Les meilleures variétés mises dans le commerce depuis 1878.
- CLASSE 82
- GRAINES ET PLANTES D’ESSENCE FORESTIÈRE
- Procédés pratiques et économiques pour la destruction des insectes et des parasites végétaux nuisibles aux plantations forestières ou arbres d’alignement. — Deux concours.
- 1. Le meilleur procédé pratique et économique pour la destruction des insectes nuisibles aux
- p.834 - vue 422/496
-
-
-
- Trosième Année.
- N° 148.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1SS9.
- Dimanche 3o Octobre 18S7. — 835.
- plantations forestières ou aux arbres d’alignement.
- 2. Le meilleur procède' pratique et e'conomique pour la destruction des parasites végétaux nuisibles aux plantations forestières aux arbres d’alignement.
- CLASSE 83
- PLANTES DE SERRE
- I. Plantes de serre.
- Concours (à déterminer) entre les plantes de serre qu’il y aurait impossibilité à présenter aux concours généraux.
- II. Plantes nouvelles. — Cinq concours
- 1. Une ou plusieurs plantes fleuries ou à feuillage introduites le plus récemment en Europe.
- 2. Une ou plusieurs plantes fleuries ou à feuillage introduites directement en France.
- 3. Lot de plantes hybrides dont les parents seront indiqués.
- 4.. Une ou plusieurs plantes fleuries ou à feuillage obtenues de semis et non encore dans le commerce.
- 5. Une ou plusieurs plantes fleuries ou à feuillage obtenues de semis et dans le commerce depuis 1878.
- III. Belle culture. — Quatre concours.
- 1. Une ou plusieurs plantes fleuries ou à feuillage que la bonne culture aura fait arriver le plus près possible de son maximum de développement.
- 2. De 4 à 10 plantes fleuries ou à feuillage les plus remarquables par leur forme et leur développement.
- 3.. Le plus beau lot de 20 plantes à feuillage ornemental.
- 4. Le plus beau groupe de 20 plantes diverses fleuries, à quelque catégories qu’elles appartiennent.
- IV. Culture spéciale. — Deux concours.
- 1. La plus belle collection de 5o plantes fleuries ou à feuillage cultivées en vue de l’approvisionnement des marchés.
- 2. Le plus beau lot de plantes fleuries ou à feuillage cultivées en vue de l'approvisionnement des marchés.
- Cinquième Époque. — 12-17 juillet 1889
- Concours général CLASSE 79
- fleurs et plantes d’ornement
- I. Plantes d’ornement.
- Concours (à déterminer) suivant les demandes des horticulteurs.
- II. Plantes nouvelles
- Trois concours dans tous les genres de végétaux exposés entre les plantes nouvelles inédites :
- 1. D’importation.
- 2. D’introduction.
- 3. Obtenues de semis.
- Un concours : dans tous les genres de végétaux exposés pour les plus belles plantes mises dans le commerce depuis 1878.
- III. Belle culture
- Un concours: dans tous les genres de végétaux exposés entre les plus beaux, exemplaires (1 à 5 sujets par espèce ou variété.).
- IV. Fleurs coupées. —Deux concours
- 1. La plus belle collection générale.
- 2. La plus belle collection de variétés dans chaque genre.
- V. Ornementation en fieurs naturelles. — Trois concours
- 1. Les plus beaux bouquets.
- 2. Les plus beaux motifs ou sujets divers.
- 3. Les plus belles garnitures d’ornementation diverses d’appartement, de table, etc.
- VI. Corbeilles de plantes fleuries ou à feuillage
- Un concours : entre les plus belles corbeilles de plantes fleuries ou à feuillage.
- VII. Ga\on
- Un concours : entre les plus belles pelouses.
- CLASSE 80
- PLANTES POTAGÈRES
- I. Plantes potagères
- Concours 'permanent entre tous les genres de plantes potagères.
- II. Plantes nouvelles. — Quatre concours
- 1. Plantes nouvelles inédites d’importation n’ayant pas encore été mises dans le commerce.
- 2. Plantes nouvelles inédites d’introduction n’ayant pas encore été mises dans le commerce.
- 3. Plantes nouvelles inédites obtenues de semis n’ayant, pas encore été mises dans le commerce.
- III. Belle culture. — Un concours
- Sli. Les plus beaux spécimens de plantes potagères.
- CLASSE 81
- FRUITS ET ARBRES FRUITIERS
- I. Fruits. — Deux concours
- 1. La plus belle collection de fruits frais en maturité : abricots, amandes, cerises, framboises, groseilles, pêches, poires, pommes, prunes, raisins.
- 2. La plus belle collection de fruits divers de la région du Sud.
- II. Fruits nouveaux. — Cinq concours
- 1. Fruits nouveaux inédits d’arbres d’importation n’ayant pas encore été mis dans le commerce.
- 2. Fruits nouveaux inédits d’arbre d’introduction n’ayant pas encore été mis dans le commerce.
- 3. Fruits nouveaux inédtts d’arbres obtenus de semis n’ayant pas encore été mis dans le commerce.
- 4. Les plus belles variétés mises dans le commerce depuis 1878.
- 5. Les meilleures variétés mises dans le commerce depuis 1878.
- CLASSE 82
- GRAINES ET PLANTS D’ESSENCE FORESTIÈRE
- I. Plantes de pépinières. — Trois concours
- La plus belle collection d’espèces et de variétés.
- 2. Le plus beau lot de 25 variétés parmi les plus répandues.
- 3. Le plus beau lot de semis, boutons et greffes.
- II. Arbres-tiges d’ornement. — Deux concours.
- 1. Le plus beau lot de 5o espèces ou variétés.
- 2. Le plus beau lot de 5o espèces ou variétés introduites depuis l’Exposition de 1878.
- III. Arbres-tiges d'alignement. — Un concours.
- Le plus beau lot de 5o espèces ou variétés.
- IV. Arbres nouveaux.— Quatre concours.
- 1. Arbres nouveaux inédits d’importation, n’ayant pas encore été mis dans le commerce.
- 2. Arbres nouveaux _ inédits d’introduction, n’ayant pas encore été mis dans le commerce.
- 3. Arbres nouveaux inédits obtenus de semis, n’ayant pas encore été mis dans le commerce.
- 4. Les plus beaux plants d’essences forestières, mis dans le commerce depuis 1878.
- F. Belle culture. Un concours.
- lage que la bonne culture aura fait arriver le plus près possible de son maximum de développement.
- 2. De quatre à dix plantes fleuries ou à feuillage les plus remarquables par leur forme et leur développement.
- 3. Le plus beau lot de 20 plantes à feuillage ornementale.
- 4. Le plus beau groupe de 20 plantes diverses fleuries à quelque catégorie qu’elles appartiennent.
- IV. Culture spéciale.— Deux concours.
- 1, La plus belle collection de 5o plantes fleuries ou à feuillage cultivées en vue de l’approvisionnement des marchés.
- 2. Le plus beau lot de plantes fleuries ou à feuillage cultivées en vue de l’approvisionnement des marchés.
- Sixième Epoque. — 2-7 août 1S89
- Concours particulier
- CLASSE 79
- FLEURS ET PLANTES d’oRNEMENT
- I. Plantes d’ornement .
- Concours (à déterminer) suivant les demandes des horticulteurs.
- II. Plantes nouvelles
- Trois concours : dans tous les genres de végétaux exposés entre les plantes nouvelles inédites :
- 1. D’importation.
- 2. D’introduction.
- 3. Obtenues de semis.
- Un concours : dans tous les genres de végétaux exposés pour les plus belles plantes mises dans le commerce depuis 1878.
- III. Belle culture
- Un concours : dans tous les genres de végétaux exposés entre les plus beaux exemplaires (un à cinq sujets par espèce ou variétés).
- IV. Fleurs coupées — Deux concours
- 1. La plus belle collection générale.
- 2. La plus belle collection de variétés dans chaque genre.
- F. Ornementation en fleurs naturelles. — Trois concours
- 1. Les plus beaux bouquets.
- 2. Les plus beaux motifs ou sujets divers.
- 3. Les plus belles garnitures d’ornementation diverses d’appartement, de tables, etc.
- VI. Corbeilles de plantes fleuries ou à feuillage
- Un . concours entre les plus belles corbeilles de plantes fleuries ou à feuillage.
- CLASSE 80
- PLANTES POTAGÈRES
- 1. Les plus beaux sujets d’essences forestières. CLASSE 83
- PLANTES DE SERRE
- I. Plantes diverses. — Treize concours.
- Orchidées exotiques en fleurs : 1. La plus belle collection ; 2. La plus belle collection de 3o ; 3. La plus belle collection de 12 4. Le plus beau
- lot.
- Caladiums: 5. La plus belle collection; 6. La plus belle collection de 5o ; 7. La plus belle collection de 25.
- Caladiums nouveaux : 8. La plus belle collection de. 20.
- Gloxinias. en variétés nommées : 9. La plus belle collection;*10. La plus belle collection de 3o ; 11. Le plus beau lot de 100.
- Tydœas, Nœgelias, Achimenes et autres Ges-nériacées (sauf les Gloxinias): 12. La plus belle collection; i3. Le plus beau lot.
- II. Plantes nouvelles. — Cinq concours.
- 1. Une ou plusieurs plantes fleuries ou à feuillage introduites le plus récemment en Europe.
- 2. Une ou plusieurs plantes fleuries ou à feuillage introduites directement en France.
- 3. Un lot de plantes hybrides dont les parents seront indiqués. _
- 4. Une ou plusieurs plantes fleuries ou a feuillage obtenues de semis et non encore dans 1® commerce. __
- 5. Une ou plusieurs plantes fleuries ou à feuillage, obtenues de semis et dans le commerce depuis 1878.
- III. Belle culture. — Quatre -concours,
- 1. Une ou plusieurs plantes fleuries ou à feuil-
- I
- Concours permanent entre tous les genres de plantes potagères.
- II. Plantes nouvelles. — Quatre aoncours
- 1. Plantes nouvelles inédites d’importation n’ayant pas encore été mises dans le commerce.
- 2. Plantes nouvelles inédites d’introduction, n’ayant pas encore été mises dans le commerce.
- 3. Plantes nouvelles inédites obtenues de semis, n’ayant pas encore été mises dans le commerce.
- 4. Les plus belles plantes mises dans le commerce depuis 1878.
- III. Belle culture. — Un concours
- 1. Les plus beaux spécimens de plantes potagères.
- CLASSE 81
- FRUITS ET ARBRES FRUITIERS
- I. Fruits. — Deux concours.
- 1. La plus belle collection de fruits frais de toutes sortes, en maturité, dont les noms suivent : abricots, .amandes, cerises, figues, framboises, groseilles, pêches, poires, pommes, prunes et raisins.
- La plus belle collection de fruits divers (espèces et variétés) de la région du Sud.
- II. Fruits nouveaux. — Cinq concours
- 1. Fruits nouveaux inédits d’arbres d’importation, n’ayant pas encore été mis dans le commerce.
- 2. Fruits nouveaux inédits d’arbres d’introduction, n’ayant pas encore été mis dans le commerce.
- p.835 - vue 423/496
-
-
-
- 836.
- Troisième Année —- N° 148.
- Dimanche 3o Octobre 1887.
- flLE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1SS9.
- 3. Fruits nouveaux- inédits d’arbres obtenus de semis n’ayant pas encore été mis dans le commerce.
- 4. Les plus belles variétés mises dans le commerce depuis 1878. :
- Les meilleures variétés mises dans le commerce depuis 1878.
- CLASSE 82
- GRAINES ET PI.ANTES D'ESSENCE FORESTIÈRE
- Pas de concours.
- CLASSE 83
- PLANTES DE SERRE
- I. Plantes diverses
- Concours (à déterminer) entre les plantes de serre qu’il y aurait impossibilité à présenter aux concours généraux.
- IL Plantes nouvelles. — Cinq concours.
- 1. Une ou plusieurs plantes fleuries ou à feuillage introduites le plus récemment en Europe.
- 2. Une ou plusieurs plantes fleuries ou à feuillage introduites directement en France.
- 3. Lot de plantes hybrides dont les parents seront indiqués.
- 4. Une ou plusieurs plantes fleuries ou à feuillage obtenues de semis et non encore dans le commerce.
- 5. Une ou plusieurs plantes fleuries ou à feuillage obtenues de semis et dans le commerce depuis 1878.
- III. Belle culture. — Quatre concours
- 1. Une ou plusieurs plantes fleuries ou à feuillage que la bonne culture aura fait arriver le plus près possible de son maximum de développement.
- 2. De 4 à 10 plantes fleuries ou à feuillage les plus remarquables par leur forme et leur développement.
- 3. Le plus beau lot de 20 plantes diverses fleuries, à quelque catégorie qu’elles appartiennent.
- 3. Le plus beau groupe de 30 plantes diverses fleuries, à quelque catégorie qu'elles appartiennent.
- IV. Culture spéciale. — Deux concours
- 1. La plus belle collection de 5o plantes fleuries ou à feuillage cultivées en vue de l’approvisionnement des marchés.
- 4. Le plus beau lot de plantes fleuries ou à feuillage cultivées en vue de l’approvisionnement des marchés.
- Septième Epoque. — 16-21 août 1889
- Concours particulier
- CLASSE 79
- FLEURS ET PLANTES D’ORNEMENT
- I. Plantes d’ornement
- Concours (à déterminer) suivant les demandes des horticulteurs.
- II. Flantes nouvelles
- Trois concours : dans tous les genres de végétaux exposés entre les plantes nouvelles inédites :
- i° D’importation.
- 20 D’introduction.
- 3° Obtenues de semis.
- Un concours: dans tous les genres de végétaux exposés poui les plus belles plantes mises dans le commerce depuis 1878.
- III. Belle culture.
- Un concours : dans tous les genres de végétaux exposés, entre les plus.beaux exemplaires (1 à 5 sujets par espèce ou variété).
- IV. Fleurs coupées. — Deux concours.
- 1. La plus belle collection générale.^
- 2. La plus belle collection de variétés dans chaque genre.
- V. Ornementation en fleurs naturelles. — Trois
- concours.
- 1. Les plus beaux bouquets.
- 2. Les plus beaux motifs ou sujets divers.
- 3. Les plus belles garnitures d’ornementation diverses d’appartement, de table, etc.
- VI. Corbeilles de plantes fleuries ou à feuillages.
- Un concours : entre les plus belles corbeilles de plantes fleuries ou à feuillage.
- CLASSE 80
- PLANTES POTAGÈRES
- I. Plantes Potagères..
- Concours permanent entre tous les genres de plantes potagères.
- II. Plantes nouvelles. —Quatre concours.
- 1. Plantes nouvelles inédite? d’importation, n’ayant pas encore été mises dans le commerce.
- 2. Plantes nouvelles inédites d’introduction, n’ayant pas encore été mises dans le commerce.
- 3. Plantes nouvelles inédites obtenues de semis n’ayant pas encore été mises dans le commerce.
- 4. Les plus belles plantes mises dans le commerce depuis 1878.
- III. Belle culture. — Un concours.
- r. Les plus beaux spécimens de plantes potagères.
- (A suivre.)
- ------- 1 1 ^ ----—----
- LES COMPAGNIES DE CHEMINS DE FER
- ET L’EXPOSITION DE 1889
- Sur la demande de son collègue du commerce, M . de Hérédia va demander aux Compagnies de chemins de fer des conditions spéciales pour le transport des produits et des matières premières de l’Exposition universelle de 1889. II a été convenu que, en principe, on demanderait aux Compagnies de revenir à l’état de choses établi en 1876, en vue de ^Exposition de 1878, c’est-à-dire une réduction dé 5o 0/0 sur les tarifs généraux et conventionnels.
- Les deux ministres se proposent, en outre, de demander aux Compagnies de consentir, pour les matières premières, à une fixation à 3 cent, au lieu de 4 uent., du minimum de perception par tonne et par kilomètre. Enfin, ils essayeront d’obtenir que les Compagnies renoncent à la clause établie en 1876, comme compensation à la réduction des tarifs, clause par laquelle les Compagnies étaient déchargées de toute responsabilité.
- ---------------------------------
- L’administration de l’Exposition universelle de 1889 nous communique l’avis suivant:
- Certaines personnes, parait-il, parcourent Paris et les départements pour offrir aux exposants de leur faire obtenir des emplacements de faveur. Ces personnes se prétendent autorisées ou déléguées par l’administration supérieure.
- Il est bon de faire savoir qu’aucun agent, qu’aucune agence n’a reçu mandat de faire des offres de cette nature, et qu’il y a lieu de considérer ces offres comme des actes d’escroquerie justiciables des tribunaux.
- M. Georges Berger envoie aux présidents des comités d’admission et des comités départementaux une circulaire pour leur signaler ces faits ; il leur rappelle que nul n’a mission, en dehors de ces comités et des comités d’installation qui pourront être ultérieurement constitués, pour répartir entre les exposants admis les espaces mis à la disposition de chaque classe.
- L’administration ne perçoit aucun loyer pour les places accordées aux exposants.
- ------- -----iliTii»® crBBrm----
- RÉSULTAT DE L’ADJUDICATION
- des fournitures et travaux pour l’exécution des parcs duChamp-de-Mars et du Trocadéro.
- Il a été procédé samedi dernier à l’adjudication : i° en un lot, des fournitures et travaux pour l’exécution des parcs du Champ-de-Mars et du Trocadéro, et de l’établissement des chaussées empierrées, des allées et des trottoirs sablés dans le Champ-de-Mars ; 20 en un lot, de la transplantation d’arbres au chariot.
- Le premier lot, qui comprenait les fournitures de terre végétale, terre de bruyère, terreau, paillis de champignons et sable de rivière, était évalué à 364,713 fr. 64. Il a été adjugé, moyennant un rabais de 36 0/0, à M. Joseph Manoury.
- Les travaux de transplantation d’arbres, évalués à 16,706 francs, ont été adjugés à MM. Huguet, Versifier et Cie, moyennant un rabais de 2t 0/0.
- -------- .----- T' '? I? -—ni -—-
- COMITÉS DÉPARTEMENTAUX
- Par divers arrêtés parus pendant le mois d’octobre, le ministre du commerce et de l’industrie commissaire général de l’Exposition de 1889 a nommé
- MEMBRES DU COMITÉ DÉPARTEMENTAL DE LA COTE-D’OR :
- Sous-comité de Varrondissement de Châtillon
- MM. Beurton, agent-voyer, faisant fonctions d’ingénieur, à Châtillon ; Laribe, vice-président du
- comice agricole, à Châtillon; Petit-Demandre, conseiller municipal à Châtillon ; Profilet, maire, président du syndicat agricole, à Coulmier-le-Sec ; Rhône-Converset, ingénieur-mécanicien à Châtillon.
- MEMBRES DU COMITÉ DÉPARTEMENTAL DE SEINE-ET-MARNE
- 10Sous-comité de Iarrondissement de Melun
- MM. Barthel, brasseur à Melun ; Thouvenin, garde-mines principal en retraite.
- 20 Sous-comité de /’arrondissement de Coulommiers
- MM. Farny (docteur), maire de Rebais ; Guil-lot, conseiller d’arrondissement, maire de Rosoy; Mie, maire de Coulommiers.
- 3° Sous-comité de Varrondissement de Fontainebleau
- MM. Combes, maître carrier à Souppes ; Fortin, mécanicien à Montereau-Faut-Yonne ; Pro-venchère. meunier à Moret ; Souillard (Jules), horticulteur à Fontainebleau.
- 4° Sous-comité de l'arrondissement de Meaux.
- MM. Butel, vétérinaire à Meaux; Clairet, industriel, maire de Vareddes; Engrand, négociant à Lagny ; Guérin, président du syndicat du commerce et de l’industrie, à Lizy-sur-Ourcq ; Guichard, négociant, maire de Claye-Souilly ; Haquin, cultivateur à Juilly ; Roger, fabricant de meules à la Ferté-sous-Jouarre.
- 5° Sous-comité de /’arrondissement de Provins.
- MM. Bernard (Désiré), cultivateur à Fontaine-Pépin, commune de Jouy-le-Châfel ; Blampignon, directeur du journal le Progrès de Seine-et-Marne ; Briftard, distillateur à Nangis; — Chaudieu, cultivateur, ancien maire, à Sourdun ; — Darolles, docteur-médecin des épidémies de l’arrondissement de Provins ; Durand, industriel à Longueville, commune de Lourps ; Jeulin père, chef d’extraction des carrières de Cessoy; Macquin, cultivateur, maire d’Egligny ; Noël, constructeur-mécanicien à Provins; Vernant, directeur delà Feuille de Provins.
- MEMBRES DU COMITÉ DÉPARTEMENTAL DE LA LOIRE-INFÉRIEURE
- i° Sous-comité de l'arrondissement de Châteaubriant
- M. Davy, ingénieur civil des mines, à Châteaubriant, en remplacement de M. Saint-Fort-Rondelou, démissionnaire.
- 20 Sous-comité de l’arrondissement de Paimbœuf
- MM. Guichet, maire de Paimbœuf, en remplacement de M. Gariou, décédé ; Danais, négociant à Paimbœuf ; Esseul, négociant à Paimbœuf.
- MEMBRES DU COMITÉ DÉPARTEMENTAL DU PAS-DE-CALAIS
- Sous-comité de l’arrondissement de Boulogne-sur-Mer
- MM. Bourré (J.), courtier juré près le tribunal de commerce de Calais, en remplacement de M. Clin, décédé ; Fournier (G.), président delà Chambre syndicale des fabricants de tulles, à Calais, en remplacement de M. Grassier, démissionnaire.
- MEMBRES DU COMITÉ DÉPARTEMENTAL DES BASSES-PYRENÉES
- Sous-comité de l’arrondissement de Mauléon
- M. Berdoly, conseiller général, propriétaire à Uhart (Saint-Palais).
- BUREAUX DES
- COMITÉS DÉPARTEMENTAUX
- AVEYRON
- Sous-comité de Rodep
- Président : M. Durand, agriculteur à Arsac. —• Vice-président : M. Gaubert, négociant, adjoint au maire de Rodez. — Trésorier : M. Recoules, manufacturier à Rodez. — Secrétaire-. M. Saint-Jean, chef de division à la Préfecture.
- Sous-comité d’Espalion
- Président : M. Ouvrier, médecin, vice-président du conseil général, à Mur-de-Barrez. — Vice-président : M. Thédenat, avoué, conseiller d’arrondis-
- p.836 - vue 424/496
-
-
-
- Troisième Année. — N° 14S
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1S89.
- Dimanche 3o Octobre 1S87. — 887.
- sement à Espalion. — Trésorier : M. Moulines, notaire, à Laginale. — Secrétaire : M. Burguière, avoué à Espalion.
- Sous-comité de Millau
- Président : M. Paul Fabry, industriel, à Millau.
- — Vice-présidents ; M. Clausel de Coussergues, propriétaire-agriculteur à Coussergues; M. de Carbon-Ferrière, inspecteur des forêts à Millau.
- — Trésorier : Gustave Solanet, fabricant tanneur à Millau. — Secrétaire : Louis Alric, fabricant gantier à Millau.
- Sous-comité de Saint-Affrique
- Président : M. Paul Fournol, propriétaire, conseiller général à Saint-Affrique. — Secrétaire : M. Estienne, inspecteur primaire à Saint-Affrique.
- — Trésorier : M. Tyssié-Solier, banquier à Saint-Affrique.
- Sous-comité de Villefranche
- Président : M. Seibel, ingénieur, directeur des Mines de Campagnac, à Cransac. — Vice-présidents : M. Cot, fabricant à Villefranche ; M. Four-gous, agriculteur, conseiller général à Asplos. — Trésorier : Marty, notaire et maire à Majac. — Secrétaire : M. Eage, architecte, à Villefranche.
- HAUTE-SAONE
- Comité départemental
- Président : M. Noblot, sénateur, manufacturier à Héricourt. — Vice-présidents : MM. Meillier, conseiller général, maire de Vesoul ; Millot, membre de la Chambre de commerce, constructeur-mécanicien à Gray Marquiset, député à Fontaine-les-Luxeuil. — Secrétaire : M. Albert Clerget, membre de la Chambre de Commerce, fabricant de pâtes alimentaire à Vesoul. — Secrétaire-adjoint : M-. Firniss, chef de traction à la Compagnie de l’Etat à Vesoul. — Trésorier : M. Voisard, docteur en médecine, conseiller d’arrondissement à Vesoul. — Assesseurs : MM. Vincent, maître de forges à Verchamps ; Bontemps, docteur en médecine, maire de Jussey ; Coillot, docteur en médecine, maire de Montbazon ; Dervieux (Louis), conseiller d’arrondissement à Gray ; Hérard, conseiller général à La Romaine ; Jacquinot, cultivateur à Auvet ; Schwolo, conseiller d’arrondissement, filateur à Héricour ; Scheurer, filateur à Lure ; M...
- Sous-comité de Vesoul
- Président : M. Meillier. — Vice-présidents : MM. Vincent; Bontemps. —Secrétaire : M. Albert Clerget. —Secrétaire-adjoint : M. Fi iniss. — Trésorier : M. Voisard. — Assesseurs : MM. Coillot, Poinsot, Gaston Michel.
- Sous-comité de Gray-
- Président : M . Millot. — Vice-président : M. Dervieux (Louis). — Secrétaire : M. Hézard. — Assesseurs : MM. Jacquinot; Gras, propriétaire à Arsans ; Drouhot fils à Saint-Loup-lez-Gray ; Prunel à Brézilley,
- Sous-comité de Lure
- Président : M. Noblot, sénateur. — Vice-président : M. Schwob.— Secrétaire : M. Scheurer.
- LOIRE
- Comité départemental
- Président. — M. Reymond, député. — Vice-présidents : MM. Raffin, maire de Roanne ; Levet, député; Richarme, ancien député. — Secrétaires : MM. Bourgeois ; Fortier-Beaulieu ; Holtzer.
- Sous-comité de Saint-Etienne
- Président: M. Euverte, président de la chambre de commerce de Saint-Etienne.— Vice-présidents : MM. Oriol, de Saint-Chamond ; Brunon, de Rive-de-Gier ; Villière, de Saint-Etienne. — Secrétaires : MM. Galley, administrateur de l’Ecole régionale des arts industriels ; Lebois, directeur de l’Ecole professionnelle ; Thiolier, secrétaire delà Chambre de commerce.
- Sous-comité de Montbrison
- Président : M. Chollet. — Vice-présidents : MM. Huguet ; Provot. — Secrétaires : MM. Bourgeois ; Dulac.
- Sous-comité de Roanne
- Président : M. Raffin. — Vice-présidents : MM. Péronnet ; Lapoire. — Secrétaires : MM. Enfantin ; Fortier-Beaulieu; Ojordias.
- SAONE-ET-LOIRE
- Comité départemental
- Président : M. Sarrien, député, ancien ministre, président du Conseil général. — Vice-présidents : MM. Paul Martin, vice-président de la chambre de commerce à Mâcon ; Dulac, architecte, vice-président du Conseil général. — Secrétaires : MM. Lex, archiviste du département ; Battanchon, professeur départemental d’agriculture; Lémonon, industriel, directeur d’une fonderie à Mâcon.
- Sous-comité de Chalon
- Président : M. Chevrier,président de la chambre de commerce à Chalon.— Vice-président: M. La-vrand, président du tribunal de commerce à Chalon. — Secrétaires : MM. Mauchamp, conseiller général ; Maurin, directeur de la navigation des mines de Blanzy ; Brill, industriel à Chalon.
- Sous-comité de Mâcon
- Président : M. Reboul, ingénieur en chef des chemins de fer à Mâcon. — Vice-président: MM. Desvignes, négociant en vins, président du comice agricole à la Chapelle-de-Guinchay.—Secrétaires : MM. Lex; Battanchon.
- VAR
- Sous-comité de Brignoles
- Président: M. Paul Christian, propriétaire à Camps; Vice-président : M. Hippolyte Brun, fabricant de chaussures à Camps; Secrétaire : M. Roc-que, ingénieur ordinaire dés ponts et chaussées à Brignoles. ’
- VOSGES
- Comité départemental
- Président: MM. Méline, député, ancien ministre. — Secrétaire : M. Chevreux, archiviste-paléographe. — Membres: MM. Favre, Evrard, Biaise, Humbel, Frientz, Mougin, Garnier Schwartz, Burlin.
- Sous-comité d’Epinal
- Président : M. Fabre (Jules). — Secrétaire : M. Chevreux.
- Sous-comité de Mirecourt Président: M. Evrard.— Secrétaire : M. Mougin.
- Sou s-comité de Neu/château
- Président: M. Biaise. —• Secrétaire : M. Garnier.
- Sous-comité de Remireront Président: M. Humbel. —Secrétaire: Schwartz.
- Sous-comité de Saint-Dié Président: M. Frientz. —Secrétaire: M. Burlin.
- YONNE
- Sous-comité de Sens
- Président : M. Charton, sénateur. — Vice-président: M. Landry, maire de Sens. —Secrétaire : M. Perrin, conseiller municipal, à Sens. — Secrétaire-adjoint: M. Bézine,conseiller d’arrondissement à Molinons.
- Sous-comité de Tonnerre
- Président : M. Régnier, conseiller général,maire de Tonnerre. — Vice-président : M. le docteur Quillot, industriel, maire de Vireaux. — Secrétaire : M. le docteur Droin, médecin à Tonnerre.
- L’EUROPE & L’AMÉRIQUE LATINE
- A l'Exposition universelle de 1889
- 2e ARTICLE
- (Voir le Moniteur du g octobre i88~)
- LES PAYS LATINS
- De même que depuis un demi-siècle, à peu près, on peut constater le courant qui tend à rallier tous les peuples de même origine sous un même drapeau, on peut constater aussi le mouvement
- ayant pour but l’unification des races, et on est en mesure surtout d’en juger par l’impulsion des races slaves et germaniques.
- L’impulsion de la race latine est moins vive ; toutefois elle commence à se dessiner, elle aussi, d’une manière assez frappante, ce qui ne pourrait être plus digne et plus à propos.
- C’est la race latine qui a fondé l’unité de l’Empire romain et la législation du monde entier c’est elle qui a propagé l’idée chrétienne, la protégeant contre toute exploitation de la Papauté ; c’est elle qui a civilisé le monde barbare ; c’est elle qui a sauvegardé 1 idéal littéraire et artistique de l’humanité, qui a répandu partout la lumière par l’invention de l’imprimerie, que l’on attribue à tort à l’Allemand Guttemberg, et que l’on doit à l’Italien Gastaldi ; c’est elle qui a découvert l’Amérique, colonisé les pays inconnus, aboli tout esclavage, toute servitude et toute entrave à la liberté individuelle ; c’est la race latine qui a fait la Révolution de 1789.
- Ceci étant donné, la solennité de 188g n'est pas seulement une solennité française, mais elle estpour bien dire commune à tous les peuples latins, qui, par conséquent, ne peuvent pas se dispenser d’y participer.
- Leur participation à une telle solennité sera la meilleure des occasions pour resserrer les liens qui les unissent, et leur alliance sera la préface de l'alliance de leurs gouvernements.
- La question de régime politique n’empêche nullement la réalisation progressive de l’idéal que nous poursuivons.Acesujet M. Emile Castelar disait, très à propos, dans son discours du 4 novembre au grand banquet du monde latin à l’hôtel Continental :
- Pour réaliser une idée, rien n’est aussi indispensable que de la dégager de toute utopie. Nous protestons contre toute ingérence d’un Etat gréco-latin dans un autre Etat gréco-latin. Nous protestons contre toute entreprise qui aurait pour but de donner à tous la même forme de gouvernement et la même organisation.
- « Chaque Etat est le maître de ses destinées, choisit la forme de gouvernement qui lui convient, monarchie ou république, et jouit du plein exer-cice de sa souveraineté. Ceci n’empêche nullement l’entente commune. La république saxonne d’Amérique s’entend parfaitement aujourd’hui avec l’empire russe d’Europe. L’Angleterre d’Olivier Crom-wel s’est entendue parfaitement avec l’Espagne de Philippe II. Disons d’une façon claire, définitive et indiscutable ce que nous devons avoir de commun ensemble.
- « Ententeentreles Grécos-Latins d’abord,alliance ensuite, et Zollverein méditerranéen plus tard'; enfin , confédération et entrée triomphale dans les Etats-Unis de la future Europe. »
- La déclaration d’un des chefs les plus autorisés de l’alliance latine est bien de nature à rassurer sur les intentions de ses propagateurs, dont le but peut se résumer dans la pacification des esprits , dans la garantie des intérêts mutuels et dans un travail en commun pour leur développement moral et matériel.
- Résumons en quelques lignes le mouvement de cette idée en France.
- Tout mouvement politique a toujours pris naissance dans un mouvement littéraire et économique^ La formation de l’unité italienne et germanique, qui a changé la situation européenne, est la meil-leure des preuves que nous en puissions donner, de Dante à Mazzini, de Goëte a Lassalle ; des concours agricoles régionaux en Italie, au Zollverein en Allemagne. Cela étant donné, on peut dire que l’idée latine est une filiation du philhellénisme littéraire et politique créé par Byron et Léopardi; d’ailleurs M. Castelar a eu soin de faire ressortir que l’idéalité permanente de la littérature, mieux que l’histoire dans sa réalité transitoire, peuvent donner une mesure exacte du mouvement signalé.
- La première manifestation sensible, pour ainsi dire, de l’idée d’alliance latine est la fondation, en 1864, à Avignon, du félibrisme. Vinrent ensuite, en 1876, le centenaire de Pétrarque; en 1878 les fêtes littéraires de Montpellier, dans lesquelles M. Vasili-Alessandri, ministre de la Roumanie à Paris, se signala dans le monde littéraire international des pays latins ; dans la même année eut lieu la première réunion à Paris de l’Alouette., société littéraire et artistique latine ; en 1879 on fonda le félibrisme parisien et son organe : la Revue du Monde latin, fondation faite par le féli-bre majorai baron de Tourtoulon et dont la dernière réunion a eu lieu il y a peu de temps à Sceaux, présidée par Mistral.
- En 1882, on fondait VEtendard, organe démo-
- p.837 - vue 425/496
-
-
-
- 838. — Troisième Année. — N° 148.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- Dimanche 3o Octobre 1887.
- cratique de propagande latine, qui, à son tour, donna naissance à une société ayant pour titre : Y Alliance franco-italienne. Elle a été formée le Ier juin 1882 à l’occasion de la mort de l’apôtre le plus autorisé de la fédération des peuples latins, le général Garibaldi, se signalant, plus tard, par une grande oeuvre de charité internationale en faveur des victimes de la catastrophe d’ischia. Après cette époque, Y Alliance franco-italienne ne donna guère signe de vie. Par contre, le 20 septembre de l’année dernière prit naissance une société d’Italiens et de Français sous le nom : Union franco-italienne, s’affirmant nouvellement à l’occasion de la commémoration de la mort de Garibaldi, à la mairie du XIe arrondissement, commémoration présidée par M. Anatole de la Forge; elle s’affirmait encore le 19 septembre dernier célébrant, par un punch fraternel, au café Corazza, l’anniversaire de l’entrée des troupes italiennes à Rome, ainsi que l’anniversaire de la bataille de Valmy. Cette fête était présidée par le comte de Douville-Maillefeu.
- En avril 1886, on se retrouvait à l’hôtel Continental pour célébrer la mémoire du général américain San - Martin ; en septembre 1886, c’étaient, à Barcelone et à Madrid, des fêtes en l’honneur des journalistes italiens, invités par leurs confrères d’Espagne, ce qui donna occasion à MM. Nunez, de Arce, sénateur et président de la Société des gens de lettres en Espagne et Cavallotti , député, chef de la délégation des journalistes italiens dans la presqu’île Ibérique, à un échange de déclarations d’une haute importance au point de vue d’uneliaison entre le peuple italien etle peuple espagnol. Finalement, comme nous avons eu déjà l’occasion de le dire, ce fut le 4 novembre dernier qu’eut lieu le grand banquet offertà M. Cas-telar. Nous prendrons note encore d’un fait. Il vient de se produire au moment même où nous écrivons : et il consiste dans la formation d’un groupement franco-américain, à la tête duquel se trouve M. Thiessé, tout dernièrement chargé d’une mission diplomatique et commerciale au Vcnézuela.
- C’est depuis le banquet du 4 novembre que nous avons songé à prendre l’initiative, d’accord avecM. Emile Castelar, ainsiqu’avec d’autres individualités, d’une vaste propagande pour favoriser l’Exposition universelle de 1889, comme adhésion du monde latin à cette solennité et à cette œuvre de paix et de civilisation. C’est une manifestation évidemment destinée à prendre le plus grand développement en dehors de la France puisque c’est elle qui organise l’Exposition. Il s’agit de la participation de l’Italie, de l’Espagne, de la Grèce, du Portugal, de la Roumanie, du Mexique, du Brésil, de la République Argentine, de l’Uruguay, du Chili, de la Colombie, du Ve'né-zuela, et des autres Etats latins de l’Amérique centrale et méridionale.
- Mais il est question de donner une forme pratique à cette initiative. La voici selon notre manière de voir :
- Elle pourrait consister dans la formation d’un Comité central des pays latins d'Europe et d'Amérique en faveur de lExposition de 188g, à Paris,
- 1 auquel concourent tous les chefs de comités de divers pays latins qui viennent de se constituer dans le même but, pour faciliter la participation de leurs compatriotes à l'Exposition. Nous sommes certain, par exemple, que le Comité de Rome dont nous avons parlé à fond dans le dernier numéro du journal, s’empresserait de donner son adhésion à une initiative qui n’a pas besoin de commentaire pour s’imposer à la considération de tous ceux qui s’intéressent à l’Exposition de 1889 au point de vue le’plus large, le plus universel dans l’étendue de l’expression.
- Donc, après avoir développé lajraison d’être de notre initiative et envisagé de quelle façon elle pourrait s’accomplir, il ne nous reste qu’à engager les amis de nos idées à nous apporter le concours de leur autorité à l’intérêt commun : celui de l’union des peuples latins pour la glorification du centenaire de 1789,'du travail universel et de l’entente des représentants autorisés de l’idée latine, pour aboutir au développement pratique du programme dont nous . avons donné un aperçu.
- De cette façon, la grande fête du travail de 1889 sera appelée à laisser un souvenir d’autant plus impérissable qu’elle aura occasionné, comme nous voulons bien espérer, d’après l’entente, l’union des peuples latins dans un seul faisceau.
- Pio Lazzarini.
- ......I 1 ----------
- ÉCHOS
- Paris
- La très belle exposition, dite de la Gramme du Siècle, s’est ouverte la semaine dernière, à la Galerie de la rue de Sèze.
- C’est la première fois que l’art si français et si brillant de la gravure se manifeste exclusivement en une exposition digne de lui, et le succès consacrera l’heureuse initiative qui a su grouper l’incomparable collection que voudront voir tous les fervents de l’art.
- * *
- * *
- Une exposition des objets offerts au souverain Pontife, à l’occasion de son jubilé sacerdotal, aura lieu, dans les salons de l’Archevêché, du samedi 5 au jeudi 10 novembre, inclusivement.
- * ¥
- Départements
- Une importante exposition viticole a coïncidé, à Maçon, avec le congrès national des viticulteurs, qui s’est ouvert dans cette ville, le 20 octobre.
- ETRANGER
- Allemagne
- Une intéressante exposition artistique, comprenant toutes les écoles allemandes de peinture, est ouverte à la Galerie Schulte de Berlin, sur l’Avenue Unter den Linden.
- *
- ¥ ¥
- Les résultats financiers de l’exposition internationale des Beaux-Arts, de l’Académie de Berlin, s’annoncent comme très satisfaisants. On compte que, tous frais payés, il restera en caisse un excédent de recettes d’environ 70,000 marks. Les ventes, à l’exclusion des achats de l’empereur et de la galerie nationale, non encore effectués, ont été aussi actives qu’aux expositions précédentes.
- La liste des récompenses, encore soumise à l’approbation de l’empereur, 11’a pas été publiée jusqu’ici.
- *
- * *
- On assure que Berlin, continuant la série des expositions ethnographiques-pittoresques, commencée il y a deux ans, par le « Village Japonais » sur lequel nos lecteurs eurent, en leur temps articles et illustrations, aura l’année prochaine un « Village mexicain », avec ses habitants et son industrie. Cette exposition étant de celles qui plaisent vivement au grand public aura, sans nul cloute, le succès de la précédente.
- *• *
- Nos lecteurs se rappellent que nous leur avons, dans nos derniers numéros, parlé de l’exposition d’appareils de sûreté que piNparent, pour 1889, les cercles industriels et les associations techniques de. la brasserie berlinoise. Cette exposition tout en gardant le caractère d’exposition spéciale que lui assignaient dans leur pensée, les promoteurs, sera exécutée sur une grande échelle et comprendra, d’après les décisions les plus récentes, tous les appareils, procédés et systèmes de prévention et de protection contre les accidents, non plus seulement au point de vue spécial de la brasserie, mais au point de vue de l’industrie générale.
- Il est probable que vu l’importance et l’étendue de l’entreprise, le choix des organisateurs s’arrêtera pour l’installation de l’exposition, sur les bâtiments avoisinant la gare de Lelirte, et qui ont déjà reçu l’exposition hygiénique et différentes expositions artistiques.
- ¥ ¥
- L’exposition d’ornements religieux anciens (tissus et broderies) que nous avons annoncé il y a quelque temps, a été ouverte le mardi 11 octobre dans les locaux de l’école de tissage de Krefeld, en présence de Monseigneur l’archevêque de Cologne.
- * *
- Une exposition générale de la petite industrie et du travail manuel aura lieu probablement à Dresde, pour tout le royaume de Saxe, dans le courant de 1889.
- Les premières bases de l’organisation, patronnée par plusieurs associations importantes, sont déjà posées.
- *
- * *
- Le conseiller Ehin de Stuttgard prépare, dans cette ville, une exposition d’objets d’art, — peintures, sculptures, bijoux,_ bronzes, porcelaines, sculptures sur bois et ivoire, en tout plus de 2,009 objets ayant appartenu à l’infortuné Louis II, roi de Bavière, célèbre par ses magnificences et sa mort tragique.
- On sait que le roi-artiste est mort obéré de dettes et que l’administration de la liste civile s’occupe de liquider cette situation anormale, née de grandes prodigalités, entreprises artistiques et théâtrales, construction de châteaux, etc.
- On assure donc que l’exposition, dont nous avons parlé, serait suivie d’une vente, faite aussi discrètement que possible et à l’amiable autant que faire se pourra. On dit même que la majeure patie des collections précitées a été vendue pour les Etats-Unis et que le reste suivra la môme route.
- La série d’objets d’art qui sera prochainement exposée, est évaluée à 1 million de marks, soit environ 1 million 250 mille francs.
- . *
- * *
- Angleterre
- L’exposition annuelle de chrysanthèmes, des Inner Temple Gardens a eu lieu la semaine dernière à Londres.
- *
- * *
- En même temps avait lieu, au Crystal-Palace, la dix-neuvième exposition annuelle de chats.
- Le concours, très nombreux, comprenait 429 numéros, répartis en cinquante deux classes distinctes.
- A signaler, parmi les expositions artistiques actuellement ouvertes à Londres, celles des œuvres de M. Harry Furniss, illustrant La politique et le Monde, à la Gainsborough Gallery, 25 Old Bond-Street; celle des dessins de M.G. Talbot, dans les galeries de la Fine Arts society. 148 New-Bond-Street.
- *
- X *
- Notre excellent confrère le Journal des Arts annonce l’ouverture, pour mardi prochain 1er novembre, (160 New Bond-Street) de l’exposition annuelle organisée par la société des peintres-aquafortistes (Painters-Etchers).
- Notre Contemporary consacre aussi quelques lignes à l’exposition d’hiver organisée dans la Hanooer Gallery (47. New Bond-Street), par MM. Hollender et Cremetty, et consacrée surtout, comme les années précédentes, aux repré-tants de l’art français.
- *
- ïfc £
- Australie
- Les délais d’adhésion à l’exposition internationale de Melbourne (1888) déjà prorogés une première fois, au lundi 31 octobre, sont reportés définitivement au samedi 31 décembre prochain.
- * *
- Autriche-Hongrie
- Notre excellent confrère le Moniteur Industriel mentionne une exposition technologique, récemment ouverte à Prague, sous le patronage de l’Association des ingénieurs et architectes du royaume de Bohême.
- Cette exhibition qui est installée au musée des arts et métiers, comprend plusieurs sections. Le rez-de-chaussée est réservé aux machines et appareils divers, servant aux usages industriels. Il y a entre autres des moteurs à pétrole et à gaz actionnant des machines électriques qui éclairent toutes les salles de l’exposition.
- Le premier étage est occupé par les instruments de précision et appareils électriques ; les deuxième et troisième étages comprennent l’art architectural.
- *
- X X
- La capitale de la Bohème, suivant l’exemple donné par Vienne et Buda-Pesth, s’occupe de la création d’un musée commercial. Les chambres de commerce de Prague sont saisies, en effet, d’un projet tendant à l’organisation d’un musée commercial d’exportation. Hôtels-des-Postes, musées commerciaux, musées d’art industriel, Chemins de fer métropolitains ! Que penses-tu 4e tout cela, ô Ville-Lumière ?
- *
- ¥ ¥
- Belgique
- C’est le 1er décembre qu’expirent les délais d*ad-mission au concours international de Bruxelles (1888;. Rappelons que cette intéressante manifestation industrielle comporte deux divisions distinctes ; un concours et une exposition, également internationaux. L’exposition, classée par nationalités, recevra tous les produits de l’industrie universelle. Au concours prendront part, dans cinquante sections internationales, comprenant chacune une industrie particulière, certaines branches de l’activité scientifique et industrielle pour lesquelles ont été rédigées par le Comité des listes de desiderata à résoudre et qui résument les aspiration du progrès.
- p.838 - vue 426/496
-
-
-
- Troisième Année. — N° 14S.
- Ces desiderata, au nombre de 2988, problèmes industriels, scientifiques, économiques et sociaux, serviront de base à tous les concours organisés pour les différentes branches de l’industrie, et donneront la somme des progrès à réaliser par l'ensemble des industries et des sciences.
- Au concours sera donc admis spécialement tout ce qui peut conduire à la résolution d’un des problèmes posés, que cette solution vienne d’inventions nouvelles ou de perfectionnement notables ; tandis qu’à l’exposition internationale devront se ranger toutes Jes productions ne répondant à aucun fait nouveau. L’entreprise est certes fort curieuse, en ce qu’elle marquera, à l’époque que l’on a appelée le siècle du Progrès, une étape du génie humain dans l’ensemble de ses recherchas.
- Voici d’après la Revue Commerciale, Diplomatique et Consulaire la nomenclature des différentes sections du Concours : 1. Enseignement professionnel et industriel; 2. Imprimerie, lithographie; 3. Journaux, publications; 4. Librairie; 5. Papeterie ; 6. Applications du dessin, des arts plastiques et de la sculpture ; 7. Topographie, géographie, cosmographie; 8. Instruments de précision ; 9. Photographie; 10. Instruments de musique, appareils musicaux; 11. Médecine, chirurgie, etc.; 12. Appartements, objets mobiliers; 13. Glaces, verrerie, céramique; 14. Fonte et Ferronnerie d’art ; 15. Joaillerie, bijouterie; 16. Coutellerie et armes de luxe ; *17. Chauffage et venti- . lation; 18. Eclairage ; 19. Tissage ; 20. Vêtements ; 21. Exploitation minière; 22. Métallurgie; 23. Agriculture ; 24. Horticulture; 25. Sylviculture ; 26. Brasserie, vinaigrerie; 27. Distillerie; 28. Meunerie, boulangerie; 29. Sucrerie 30. Tannerie; 31. Huilerie; 32. Chasse: 33. Carrosserie, sellerie; 34. Chimie; 35. Pharmacie ; 36. Caoutchouc, amiante, gutta-percha ; 37 Industries mécaniques; 38. Machines à vapeur; 39. Matériel de chemin de fer; 40. Génie civil ; 41. Art militaire ; 42. Corps gras alimentaires ; 43. Condiments ; 44. Navigation ; 45. Matériel de sauvetage et d’incendie ; 46. Pèche et pisciculture ; 47. Applications de l’électricité; 48. Travail en chambre; 49. Associations de prévoyance et secours mutuels ; 50. Ornementation générale de l’Exposition.
- Un. mot.maintenant pour terminer. Bruxelles ne sera jamais Paris, et son exposition ne sera jamais celle de 1889. Cependant 11’est-il pas permis de regretter que les expositions internationales se multiplient à ce point.
- . Qu’est-ce après tout qu’une exposition internationale? Un inventaire in specie et corpore des progrès réalisés par une période donnée.
- A.quel but répond-elle? A un but et à un besoin de libre enseignement et de large vulgarisation. Mais si chaque année voit surgir une dizaine d’expositions internationales, le double but que nous avons indiqué est dépassé. Chaque concours est condamné à n’être que la répétition de l’autre, et chose plus grave, l’industrie trop sollicitée, trop fatiguée par d’incessants efforts d’argent, finit, quand elle n’est pas attirée par le puissant attrait d’un nom, par se désintéresser de ces luttes courtoises et salutaires.
- Le même inconvénient n’existe pas pour les expositions d’un cadre plus restreint, soit comme compréhension territoriale, soit comme sujet et comme champ d’études !
- Que l’on ne se méprenne pas d’ailleurs sur notre pensée. Le concours de Bruxelles, sera, nous l’avons dit nous-même plus haut, fort curieux et intéressant à plus d’un titre ; l’Exposition de 1889 sera ce qu’ont été les .précédentes, magnifique, brillante, et n’aura à souffrir d’aucun voisinage.
- Les réflexions que nous avons faites ont été purement amenées par une association d’idées, et nous les avons écrites parce qu’elles nous paraissent justes, en dehors de toute considération extérieure.
- *
- * *
- Espagne
- Nous avons dit, dans un précédent numéro, comment l’inauguration de l’exposition de Barcelone a été, de date en date, prorogée jusqu’au 8 juillet 1888.
- Il s’ensuit que les derniers délais pour l’envoi des demandes d’admission ne sont pas encore fixés et seront déterminés par une communication ultérieure.
- Etats-Unis
- M. W. Voegtlin expose à New-York, dans Chickering-Hail, sous le patronage de la Boston Art Association, une collection de trente tableaux, illustrant sous le nom de « Grand Ulysseum », la vie du général Ulysse Grant.
- * *
- Indes-Anglaises
- Une exposition de machines agricoles ouvrira le 5 janvier 1888, à Shikarpoor (Upper-Sindh) station de chemins de fer à 302 milles au nord du
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- port de Kurrachee. L’exposition durera plusieurs jours et coïncidera avec le concours hippique annuel.
- Les agents consulaires de Bombay peuvent fournir tous les renseignements nécessaires.
- *
- * *
- Italie
- Selon toutes prévisions, l’on pense que l’exposition des Beaux-Arts de Venise, exposition nationale dont nous avons parlé en son temps, laissera un déficit de 200,000 francs.
- Il paraît aussi que les peintres n’y ont pas fait plus, d’affaires qu’à l’exposition'Milanaise du Palais de Brera.
- DERNIER DELAI
- POUR LE DÉPÔT DES DEMANDES D’ADMISSION
- La circulaire suivante vient d’être adresse'e aux présidents des comités d'admission et des comités départementaux :
- « Monsieur le président,
- . « J'ai l’honneur de vous informer que, par décision prise en comité administratif de l’Exposition de 1889, la date du ier février 1888 est fixée comme dernier délai pour le dépôt des demandes d’admission.
- « Agréez, monsieur le président, l’expression de mes sentiments les plus distingués.
- « Le directeur général de l’exploitation,
- Georges Berger.
- LA BELGIQUE A L’EXPOSITION
- DE
- Une imposante réunion s’est tenue le 19 octobre au palais des Académies, à Bruxelles. Cette réunion avait pour objet la participation de l’industrie belge à l’Exposition de 1880, à Paris. Le comte d’Oultremont présidait. Dans l’assistance fort nombreuse on remarquait, dit le Matin, les grands industriels du pays, les chefs des grands établissements et les gros négaciants.
- M. Bernaert, chef du cabinet, a déclaré que la Belgique agirait comme les autres puissances, mais le ministre verrait avec plaisir se constituer un syndicat belge ayant pour objet la participation à l’entreprise française.
- M. djOultremont a demandé à l’assemblée de décider de créer une organisation en vue de participer à l'Exposition de Paris.
- M. Lynen, d’Anvers, a déclaré qu’il serait long et difficile de faire un appel direct à tous les industriels ; mieux vaudrait, par l’intermédiaire d’un comité, répartir les risques sur tout le pays en ouvrant des souscriptions.
- M. Evrard a exposé ensuite l’intérêt qu’a l'industrie belge à figurer le plus largement possible à l’Exposition ; il demande que le gouvernement belge soit large dans les subsides.
- L’orateur a ajouté que les frais imposés aux exposants ne sont pas énormes, que l’Exposition s’annonce brillamment, qu’elle est excellente en ce qui concerne l’organisation et sera une Exposition sérieuse.
- Il a donc proposé de nommer une commission composée des présidents des douze groupes prévus par la classification française.
- L’assemblée a adopté a l’unanimité cette proposition et s’est divisée en douze groupes qui ont nommé immédiatement leurs délégués.
- Ces délégués se sont aussitôt réunis pour arrêter les premières mesures d’organisation.
- SOCIÉTÉ CENTRALE D’APICULTURE ET dTnSECTOLOGIE
- EXPOSITION DES INSECTES
- UTILES ET NUISIBLES Sous le patronage du Ministre de l’Agriculture Du 27 août au 28 septembre 1887
- IOans l’Orangerie des Tuileries à Taris
- Cette intéressante exposition, dont nous avons publié le programme dans un de nos précédents numéros, a réuni plus de cinq cents exposants et attiré pendant cinq semaines un public nombreux de savants et d’amateurs.
- L’Apiculture dépassait deux cents numéros ;
- La Sériciculture n'en comptait qu’une trentaine;
- L’Insectologie se composait de cent cinquante;
- Dimanche 3o Octobre 1887. — 839.
- L’Enseignement était représenté par cent envois:;
- Et enfin la section des Beaux-Arts, quoique très intéressante, ne comprenait qu’une vingtaine d’articles'.
- Nous n’essayerons pas ici de donner un compterendu complet que l’espace ne nous permet pas de présenter, mais en indiquant les parties les plus remarquables nous croyons suffisamment faire ressortir le réel intérêt de cette exhibition qui sera divisée en plusieurs classes dans le grand tournoi de 1889.
- Parmi les exposants de Y Apiculture, il nous faut citer en première ligne les magnifiques miels en rayons de M.Asset qui est parvenu, à force de soins méticuleux, à obtenir des résultats tout à fait artistiques; quant à son miel coulé, il continue à tenir, la première place : membre du Jury et par ce fait hors concours, cet exposant a reçu comme distinction Y Abeille d’honneur qui n’est décernée par la société qu’après de longs et réels services.
- M. Saint-Pée présentait aussi des miels aux rayons et des miels coulés, étant également membre du Jury et hors concours, la même distinction lui a été décernée. — Une autre abeille d’Honneur a été attribuée à M. l’abbé Bover pour ses produits.
- La médaille d’or du ministre de l’agriculture a été accordée aux produits présentés par M. Gois-Flatté.
- Des médailles de i>'e classe G. M. ont été décernées à MM. Bertrand, Kirsch, Meyran, Moglia, Parpaite, Royer, Vaast et Vivien-Joly pour l’ensemble de leur exposition. M. l'abbé Delépine a obtenu la même récompense non seulement pour l’ensemble de sa bonne exposition mais aussi pour ses intéressantes publications relatives à l’apiculture.
- Médailles de i« classe P. M. à M. Raimbault et-à M. Warquin pour la fabrication des ruches.
- Rappel de médaille de ire classe : M. Bourgeois, M. Robert Denis. 6 J
- Vermeil G. M., M. Robert; P. M., M. Jacque-lin ;
- Vermeil de la Société d'Apiculture de l’Aube, M. Joly; ’
- Médaille d’argent du ministre de l’agriculture;: M. Gremy ;
- Médaille d’argent de la Société d’Apiculture de l’Aube, M. Braielle ;
- Médaille d’argent de la Société des Agriculteurs de France : M. Sevalle, pour l’ensemble de son exposition, notamment pour sa chaudière à fondre la cire.
- Parmi les marchands et fabricants, nous citerons :
- Diplômes de Mérite, Mme Vve Brunet et fils;
- M. Petit, pour l’ensemble de sa magnifique exposition ; et M. Wavelet d’Arras pour ses pains d'épices ;
- Médaille de ire classe : M. Béal-Canonne et M. Coenon ;
- Médaille de 2e classe : MM. Doroy, Gariel, La-gaune, Miguel, Moriceau.
- {A suivre.)
- LES LIVRES
- CXXVIII
- Notes et Pensées, par Jules Troubat. Paris. Librairie générale de L. Sanvaitre, 1 vol. in 18
- M. Jules Troubat est un poète et un critique, ancien secrétaire de Sainte-Beuve, auprès duquel il a passé les huit dernières années de la vie du maître, qui en a fait son héritier et lui a légué le soin de sa mémoire. Cette confiance qui serait à elle seule pour M. Troubat un brevet d’honneur et de mérite, a été justifiée par le pieux dévouement et le zèle de gardien fidèle et jaloux avec lesquels le disciple et le confident du maître a consacré plusieurs années à publier ses dernières œuvres, sa correspondance, a préserver de toute atteinte, à défendre contre tonte injure la mémoire vénérée, à entretenir avec qnelques amis dont nous nous honorons d’être, la petite lampe de vigilant souvenir qui brûle devant l’image, devenue domestique pour plus d’un intérieur laborieux et modeste., d’un des plus grands poètes et du plus grand critique de ce siècle.
- On pourrait croire qu’un serviteur si dévoué du maître s’est consacré tout entier à cette mission d’éditeur, de défenseur de son œuvre et qu’il ne lui est plus demeuré de loisir pour des travaux plus personnels. Ce serait une erreur. Les laborieux trouvent le temps de tout faire ; les consciencieux ne négligent aucun de de leurs devoirs. Si M. Troubat avait des devoirs à remplir envers la mémoire du maître, il en avait aussi à remplir envers lui-même. Il se devait, il devait au public l’affirmation de sa propre personnalité. Il lui devait, et il lui a payé en effet tour à tour le tribut de ses inspirations de poète, de ses découvertes d’observateur, de ses conclusions de moraliste, le témoignage d’une indépendance de pensée que n’ont pas énervée des jougs salutaires, d’un
- p.839 - vue 427/496
-
-
-
- 840- — Troisième Année. — N° 148.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 3o Octobre 1887.
- originalité de forme qui ne s’est pas émoussée, mais au contraire aiguisée dans le commerce non stupéfiant mais vivifiant d’un philosophe et d un écrivain comme Sainte-Beuve. M. Troubat est bien, et il s’en honore justement un disciple du maître en ce sens qu’il use de ses procédés et de ses méthodes. Il observe comme, lui de près et par le menu. Il analyse avec une finesse paifois malicieuse ; il a la sage horreur des généralités hasardeuses et des prétentieuses synthèses. Il tire comme lui non des livres mais de 1 observation des hommes une expérience qui est sans illusions, et n’est pas sans regret. Il en coûte, et c est de cette encore noble source que viennent le petit filet de mélancolique ironie, le petit levain de généreuse amertume qui plissent parfois cette lèvre au large et jovial sourire, qui font passer le nuage dans ces yeux de méridional épris de la lumière et de la chaleur, au ciel et chez les gens:, il en coûte d’être plus désabusé que détaché et d’aimer encore les hommes tout en se rendant compte des raisons qu’il y a trop souvent de ne les point estimer. Ce sont cette finesse et cette malice d’un homme qui a beaucoup vu, beaucoup lu, beaucoup retenu, cette mélancolie dans l’enjouement d’un pessimiste malgré lui qui se souvient sans rancune, mais non sans tristesse, de ce qu’il a souffert ) ce mélangé de rusticité patriarcale et cordiale, qui a ses hardiesses et ses franchises, et d’affabilité, d’aménité d’un homme à la fois très simple de cœur et très affiné d’esprit, qui sait bien son Montaigne et son Voltaire, son Jean-Jacques et son Bernardin, son Vauvenargues et son Chamfort mais qui doit trouver Chateaubriand trop théâtral et Joubert trop pointu, qui constituent les traits caractéristiques delà physionomie de M. Troubat comme écrivain moraliste. Il n’a pas beaucoup d’illusions parce qu’il est fin, et il en a encore parce qn’il est bon.
- Son recueil, partagé entre des anecdotes vivement contées, et qui sans avoir l’air d’y toucher, vont au tuf des hommes et des choses, et des maximes d’une bonhomie socratique, et d’une philosophie tour à tour joviale à la Rabelais et subtile à la Saint-Evremond, est très intéressant, très amusant, très moderne, très contemporain d’allure et de ton, très fait pour renouveler et vivifier par des échappées de vue très personnelles et des curiosités de forme et de style inattendues, ce genre un peu suranné et démodé des Maximes et pensées, caractères et anecdoctes, à la Vauvenargues, à la Duclos, à la Chamfort, à la Rivarol. Le verre de cet observateur,_ de ce moraliste est petit mais il est à lui ; il boit dans son verre en un temps où tant de gens boivent dans le verre des autres. Il pense et il sent par lui-même ce qui n’est pas commun.
- On doit bien s’attendre à trouver beaucoup d’anecdotes sur Sainte-Beuve dans ces souvenirs d’un homme qui a beaucoup vécu avec lui, qui a beaucoup causé avec lui, et quelques autres grands causeurs, comme Préault. Il y a aussi dans ce chosier beaucoup de choses empruntées à la conversation d’un M. Milbert, un de ces inconnus d’esprit qui ont préféré au théâtre du monde, sa coulisse, et qui ont l’indiscrétion des témoins de coulisse. Il faudrait ici beaucoup citer et notre cadre est trop étroit pour les extraits abondants. C’est dommage. 11 y a là plus d’une anecdote, notamment sur M. Buloz et sa Revue, qui serait un régal pour le dilettante friand des curiosités psychologiques et physiologiques, des vicissitudes de ce perpétuel combat de l’ange et de la bête dans le drame intérieur, dans la comédie intérieure. Nous renvoyons les amateurs de ces curiosités, de ces chinoiseries de l’âme humaine, de ces dessous de cartes du jeu politique et historique, à ce petit volume, à ce joli flacon ciselé, rempli tour à tour de quelques perles d’idées et desentiment et aussi de quelques petites pilules où a été distillé ce « délicieux poison », comme eut dit Sainte-Beuve, de l’expérience sceptique et de l’épicurisme contemporain : cet épicurisme darwinienqui considère avec une volupté triste les blessures que le combat pour la vie nous fait et fait aux autres.
- Un bouquet de citations pour finir, et donner une idée au lecteur du parfum raffiné qu’on retrouve dans ces fleurs de désabusement et aussi des épines qui vous y égratignent.
- — « On critiquait le peintre Amaury Duval d’avoir exposé, au Salon de 1802 ou 1863, une Vénus debout. « Il faut bien se reposer quelquefois, dit Madame de T... »
- — « Les fatigués, c’est le mot par lequel les Grecs désignaient les morts. »
- — « Il n’y a pas de ville pour se retrouver ou pour se fuir comme Paris. »
- — « La femme de plaisir n’est pas toujours la plus dangereuse. »
- — « De même que l’appétit vient en mangeant, les idées viennent en travaillant. »
- — « Partout où l’on travaille, l’on_ chante. Le chant fait passer agréablement les journées de travail. Les menuisiers, les blanchisseuses chantent, le rabot ou le fer à la main. L’homme de lettres ne peut pas chanter. »
- — « Un mot d’About : « On voit tous les jours des couvents hériter de quelqu’un ; on ne voit jamais personne hériter d’un couvent. »
- « je ne connais personne* dont on ne m’ait dit du mal. »
- « On est souvent mieux payé d’une mauvaise action que d’une bonne. >
- — « Les hommes d’Etat, vraiment dignes de ce nom, au lieu de produire un remous, créent un courant. »
- — * On m’a enseigné, au collège, tout ce qu’il fallait pour ne pas gagner ma vie. » '
- — « Oui, la Révolution a commis des crimes, mais la nature en commet tous les jours. »
- — « Le roman de Daudet, les Rois en exil est écrit en style Grévin. »
- — « La peur d’en trop faire fait qu’on n’en fait jamais assez. »
- — » Il y a l’abus du bon sens, comme il y a celui de l’esprit. •>
- -- « On est toujours tenté de croire que ce qu’on voit pour la première fois est nouveau. »
- Nous pourrions aller ainsi longtemps et le lecteur ne se plaindrait pas. Mais le savant et aimable bibliothécaire de Compiègne aurait le droit de nous reprocher de dispenser le lecteur d’acheter ce livre, à force de l’y inviter. Nous avons parlé de Compiègne et de cette bibliothèque de 3b,000 volumes, que des économies pires que toutes les dépenses, menaçent, si un vœu irréfléchi de la commission du budget était réalisé,de laisser sans bibliothécaire comme elle est déjà sans garçon et presque sans feu. Nous ne pouvons nous empêcher, à cette occasion, d’exprimer à notre tour le vœu de tous les lettrés, c’est que cette bibliothèque comme celle de Fontainebleau, demeure ouverte à ce public honnête et sérieux, plus commun qu’on ne pense, en province comme à Paris, qui préfère le plaisir et le profit, de la lecture au café, à l’auberge et au jeu, dont il est inutile de multiplier les clients et les victimes ; et que ces sanctuaires livresques demeurent l’asile inviolable, de travail et de repos, de littérateurs honorables ou éminents, qui ont fait leurs preuves de talent, et donné assez de gages à la République, pour qu’elle recule devant l’injustice et la maladresse d’en chasser des écrivains comme J.-J. Weiss ou Jules Troubat.
- M. de Lescure.
- LES THÉÂTRES
- La semaine Théâtrale
- Roméo et Juliette. — UArlésienne. — La Chatte
- Blanche. — Souvent homme varie. ~~ La Cigale
- et la Fourmi.
- Les premières continuent à se succéder avec un entrain vraiment digne d’une meilleure situation financière, théâtralement parlant.
- L’Opéra-Comique a fait sa réouverture dans la salle des Nations.
- On ne peut actuellement constater qu’une chose: c’est le succès artistique retrouvé par Roméo et Juliette avec ces vaillants chanteurs qui s’appellent Talazac, Fugère, Bouvet, Mouliérat et Mlle Isaac.
- Pour le reste on ne peut qu’espérer, le présent n’offrant pas des bases assez solides pour préjuger de l’avenir.
- L’Odéon de son côté a repris Y Arlésienne pour une série de vingt représentations qui pourraient bien être des plus fructueuses.
- Du livret d’Alphonse Daudet il est inutile de rappeler le charme, mais jamais assurément les entr’actes et la musique de scène de Bizet n’avaient produit pareille sensation sur le public. L’orchestre de M. Lamoureux a magistralement enlevé ces pages délicates et colorées.
- U Arlésienne servait de début à Mlle Sizos dans le rôle de Vivette; la jeune femme y a montré de réelles qualités bien qu’elle pèche toujours un peu par préciosité. Quant à Mlle Tessandier, le personnage de Rose Mamaï convient essentiellement à son tempérament fougueux et le succès obtenu par elle a été des plus francs.
- Autre début dans Frédéric : celui de M. Marque!, un comédien de la bonne école qui avait déserté à tort l’Odéon où sa place deviendra des meilleures. Il a été accueilli très chaleureusement et c’était justice.
- Rappelons que Mme Crosnier et M. Paul Mou-net sont délicieusement touchants à la fameuse scène où les deux vieillards se retrouvent.
- Le Châtelet a fait sa réouverture avec la reprise de la Chatte Blanche ; c’est un spectacle attrayant pour les enfants qui y mèneront volontiers leurs parents.
- Lundi, c’était le tour de la Comédie-Française, qui remettait à la scène une charmante petite aquarelle due au pinceau poétique de M. Auguste Vacquerie.
- Souvent homme varie est l’histoire d’un araou reux éconduit qui prend pour exciter la jalousie de sa belle une jeune et jolie compagne platonique dont il finit par devenir follement épris et qu’il épouse au grand dam de la coquette délaissée prise ainsi à son propre piège.
- Mon Dieu cela est léger dans la forme et le fond, mais en même temps cela a tout le mérite d’une
- de ces pimpantes gouaches de Leloir qui réjouissent la vue et même le cœur.
- Mlles Pierson et Muller y donnent le plus gracieusement du monde la réplique à MM. Le Bargy et de Féraudy.
- La même soirée servait de troisième début à M Beer dans Mascarille des Précieuses Ridicules dont la scène principale lui avait obtenu le prix au Conservatoire.
- M. Beer a complètement réussi; il a beaucoup de gaieté et de naturel ; espérons que les promesses qu’il a données deviendront des réalités absolues avec le travail et l’habitude de la Comédie-Française.
- A la Gaîté, excellente réouverture avec la Cigale et la Fourmi de Chivot, Duru et Audran. Livret et partition ont retrouvé malgré plus de cent représentations un succès de très bon aloi.
- Mme Morin, une étoile marseillaise, succédait à Jeanne Granier : grosse responsabilité. Elle a su pourtant triompher d’une façon très personnelle. C’est une chanteuse habile et une comédienne fort plaisante.
- Autour d’elle MM. Alexandre, Raiter, Emile Petit, Noël Martin, Mlles Aga et Laforêt complètent un excellent ensemble qui donnera certainement un regain à cette pièce que toutes les familles peuvent voir et se plairont certainement à entendre.
- Et maintenant, comme un ouvrage inédit, ne fût-il qu’un simple chef-d’œuvre, ferait bien mieux notre affaire.
- Comédie-Française : Le Jeu de l'amour et du hasard
- On peut penser ce qu’on voudra du léger babillage de Marivaux, du papillotage de ses pièces et de la mièvrerie des .personnages qu’il fait mouvoir, il n’empêche que cet auteur possédait un art charmant et un esprit incontestable.
- Si légère qu’elle paraisse, l’étude des sentiments du coeur humain qu’il a faite d’une plume alerte dans le Jeu de l'amour et du hasard n’en est pas moins absolue et réelle et il fallait un talent bien délicat pour peindre la passion naissante de la belle Sylvia à l’égard de celui qu’elle prend pour un valet, sans que cette expression pût paraître grossière ou inconvenante.
- Je ne parle pas de la gaieté de parfait aloi et de la bonne humeur intarrissable qui régnent d’un bout à l’autre de l’action et qui sont devenues classiques.
- L’œuvre de Marivaux servait de début à Mlle Ludwig, premier prix du Conservatoire au dernier concours.
- La jeune élève, élancée de sa personne, de physionomie aimable et au sourire très franc, a plu d’emblée aux spectateurs.
- Non qu’elle n’ait encore à apprendre et que ses bras ne la gênent un peu, mais la diction est nette et sonore, l’attitude aisée et la mine accorte.
- MUe Ludwig n’est pas une soubrette « fort en gueule » comme MI1,C Jeanne Samary, c’est plutôt une camériste de bonne maison, n’ayant point non plus sa langue dans sa poche, mais d’une répartie davantage musquée ; moins carrée d’allure, plus fine mouche, et certainement experte dans l’art du marivaudage.
- Le rôle de Lisette n’est pas capital et la débutante pouvait d’autant moins prétendre y» frapper un coup d’éclat que Mme Baretta tenait le personnage de Sylvia et a su déployer un art consommé, mais Mlle Ludwig a su néanmoins tenir très vaillamment sa place et plusieurs de ses répliques ont été soulignées d’applaudissements.
- J’ai dit que Mm* Baretta abordait pour la première fois le rôle de Sylvia. En dehors de sa beauté personnelle à laquelle la perruque poudrée sied à ravir, la charmante artiste a gradué les diverses nuances de son caractère avec un talent réellement supérieur.
- Que l’on veuille faire du personnage une coquette, je tiens que c’est une erreur ; la fiancée de Dorante est une amoureuse et il faut toute la grâce de cet emploi pour excuser l’amour inspiré à Sylvia par un domestique en somme, puisqu’elle ignore que sous la livrée se dissimule précisément son amant.
- Mme Baretta a montré une émotion naturelle, une grâce parfaite et la douce coquetterie nécessaire, elle a obtenu un succès complet.
- M. Prudhonest trop bellâtre physiquement et manque de légèreté pour le rôle de Dorante ; la distinction du gentilhomme ne perce pas assez sous l’habit du domestique Bourguignon. M. Garraud tient honnêtement le père de Sylvia.
- M. Truffier a très bien compris le valet Rustaud Pasquin qui, sous le costume mordoré d’un grand seigneur, ne résiste pas à l’offre d’un verre de vin et encaisse les coups de pied au derrière avec un flegme de diplomate de basse-cour.
- Alfred Delilia.
- Le Gerant, GARREAU.
- Tours. — lmp. E. ARRAULT et , rue de la Préfecture, 6.
- p.840 - vue 428/496
-
-
-
- Le Moniteur
- DE
- L’EXPOSITION DE 1889
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
- TROISIÈME ANNÉE. Dimanche 6 Novembre 1887. NUMÉRO 149
- SOMMAIRE :
- a. Los travaux du Champ-de-Mars ; 2. Exposition d'économie sociale en 1889 î 3. La Martinique à l'Exposition dt 1889; 4. Comité départemental de Seine-et-Oise; 5. L’Horticulture à l'Exposition de 188g ;6. Comités départementaux de Saône-et-Loire et de la Haute-Marne ; 7. Bureaux des Comités départementaux : Drôme, Puy-de-Dôme, Var; 9. Echos; 10. Exposition des Insectes; 11. A la Chambre de commerce de Paris; 12. Les Livres; i3. Les Théâtres.
- Par suite d’un accident survenu au cliché photographique qui devait accompagner ce numéro de notre journal, nous sommes obligés fie renoncer, pour cette semaine, à l’encartage que nos abonnés reçoivent tous les quinze jours. Ils le trouveront dans notre prochain numéro.
- EXPOSITION UNIVERSELLE
- DE 1839
- LES TRAVAUX DU CHAMP-DE-MARS
- Le public, qui suit avec tant d’intérêt tout ce qui se rattache à l’Exposition de 1889, accorde une préférence marquée à l’exécution matérielle de l’œuvre, et bien que, loin de considérer comme indifférentes ou secondaires les questions d’ordre administratif, il tient beaucoup à être renseigné sur ce qui touche à l’organisation. Néanmoins les travaux de quelque nature qu’ils soient l’intéressent bien davantage et il aime à en apprécier les différentes phases d’une façon pour ainsi dire quotidienne. Cela se conçoit, et cette préférence est toute naturelle; en effet, si, d’une part, pour des motifs d’intérêts directs ou indirects, d’amour-propre national ou simplement de curiosité, le public veut être tenu au courant de ce qu’on projette, décide et organise dans les conseils, comités ou bureaux, au fond ces questions très abstraites sont de celles qui exigent des connaissances en quelque sorte administratives spéciales pour présenter un réel intérêt et ne pas lasser rapidement ceux qui les étudient. L’exécution, au contraire, sous forme de travaux préparatoires ou définitifs, intéresse à la fois la vue et l’intelligence, elle offre de plus un attrait considérable à l’ascendant duquel presque personne n’échappe, sans s’en douter même : la critique, chère à tout le monde, peut, à tort ou à raison, s’y exercer sur une large échelle et donner ainsi naissance à d’interminables causeries et à ces discussions sans fin que prisent si fort les oisifs.
- En général, les travaux sont toujours suivis avec plaisir même par ceux ou peut-être préci--sément par ceux qui s’y connaissent le moins, à plus forte raison ne peut-on manquer de s’intéresser à des opérations aussi importantes que celles nécessitées par une entreprise considérable comme l’Exposition universelle. La rapidité exceptionnelle qu’on est obligé d’apporter à l’exécution ainsi que la multiplicité des détails font modifier profondément, presque d’un jour à l’autre, l’aspect des chantiers, on peut constater à de très courts intervalles les progrès des constructions et, sans sortir d’une enceinte relativement restreinte, le promeneur a la faculté
- soit de voir fonctionner tous les corps de métiers, soit de suivre toutes les périodes successives d’un même travail. On a pour ainsi dire sous les yeux, au point de vue constructif, une sorte d’encyclopédie en action qui permet aux uns de s’instruire, aux autres de se souvenir et fournit à certains l’occasion de se distraire sans efforts d’imagination.
- Il est bien évident que seules, des entreprises telles que ces gigantesques luttes pacifiques de l’humanité travailleuse peuvent donner lieu à une aussi complète concentration, en un même point, des représentations les plus diverses de la puissance créatrice de l’homme. C’est en effet un monde en miniature, une ville entière qu’il faut créer de toutes pièces, et nombreuses sont les difficultés matérielles à vaincre pour résoudre le problème si compliqué d’établir, sur un sol nu, une installation complète capable de satisfaire à tous les besoins d’une population dont la densité n’est aussi considérable dans aucune ville de l’univers. Constructions, canalisations d’alimentation ou d’évacuation, éclairage, voies de communications, plantations, ornementation, organisation générale, tout doit marcher de front et chacune de ces différentes parties étant intimement liée aux autres, aucune ne peut subir de retard dont l’ensemble subirait les conséquences. Si on songe que ce résultat étonnant doit être obtenu dans un temps infiniment court, dix-huit mois en moyenne, desquels il faut encore retrancher quelques-uns consacrés exclusivement aux installations intérieures, on ne peut se défendre d’un sentiment d’admiration à l’égard de pareilles manifestations d’une activité sans rivale, et on s’explique l’empressement de la foule à se porter là où elle peut assister à l’éclosion de ces merveilles qui constitueront, par leur réunion, la grande œuvre de l’Exposition.
- Dans quelques jours, l’administration prendra possession des terrains qui s’étendènt le long du quai d’Orsay entre l’avenue Rapp et l’avenue de Labourdonnais; on ne prendra pas entièrement la bande comprise entre la Seine et les bâtiments en bordure du quai d’Orsay, la chaussée qui longe ces bâtiments restera à la disposition du public ainsi qu’une largeur d’un mètre qu’on laissera en dehors de la clôture sur le trottoir du terre-plein du milieu.
- La circulation pourra donc se faire, comme par le passé, de l’avenue Rapp à l’avenue de Labourdonnais; seulement elle ne disposera que d’un espace restreint; cela ne présente presque pas d’inconvénients, car cette partie des quais n’est jamais très fréquentée, même en ce moment où les préparatifs de l’Exposition donnent à ce quartier une animation passagère. En général, les véritables voies d’accès qu’on utilise pour aller au Champ-de-Mars, sont les avenues et les rues y aboutissant, aussi la gêne apportée par le rétrécissement du quai d’Orsay sera-t-elle très peu sensible pour le public et certains fournisseurs de matériaux auront-ils seuls, peut-être, quelques motifs de s’en plaindre.
- Bien que la circulation, ainsi que nous venons de le dire, ne soit pas très active sur cette partie de la rive gauche de la Seine, pourtant l’administration. afin de l’entraver le moins possible, ne prendra que plus tard possession du terrain situé en face du Champ-de-Mars : quand cette décision sera devenue indispensable, on sera forcé, pour aller de l’avenue de Suffren à l’avenue de Labourdonnais, d’utiliser la tranchée du quai d’Orsay, mise dès à présent
- en état de viabilité, mais dont l’accès n’est pas encore donné au public.
- Cet envahissement d’une portion de la voie publique par les chantiers ue l’Exposition va donner, pendant un certain temps, un nouvel aliment à la curiosité générale ; ce sera une attraction de plus pour les promeneurs qui, malgré les averses, sont encore assez nombreux dans ces parages.
- Une fois les palissades de clôture mises en place on procédera aux travaux préliminaires que nécessitera l’érection des constructions projetées en cet endroit; ces constructions sont de deux sortes et bien distinctes les unes des autres : quatre bâtiments seront affectés à l’agriculture, et le cinquième, avec des annexes s’il y a lieu, consacré aux produits alimentaires, formera ce qu’on a déjà appelé le palais de la gourmandise.
- Ce palais, aux dimensions énormes et comprenant plusieurs étages, ne sera pas un des moindres attraits de l’exposition. Tout le monde en effet s’intéresse aux produits alimentaires, les moins gourmands eux-mêmes n’y peuvent rester complètement indifférents et, soit qu’il s’agisse des aliments simplement indispensables à l’existence, ou bien qu’il soit question des conceptions les plus raffinées de l’art culinaire, nul ne peut se déclarer absolument désintéresse de la question de l’alimentation surtout de nos jours où la science de la falsification a atteint le dernier degré de la perfection.
- Les produits alimentaires auront donc leur palais, nous allions dire leur temple, où ils seront disposés par classes ; à cheval à la fois sur la berge et sur le quai, la situation du palais sera exceptionnelle ; la Seine d’un côté, l’exposition d’agriculture de l’autre, offriront deux charmants points de vue aux consommateurs qui se tiendront sur la terrasse ou dans les salles.
- Quant aux quatre constructions destinées à l’agriculture, elles seront semblables à toutes celles qui, pour le même usage, s’élèveront le long du quai, nous aurons l’occasion d’en reparler et de les décrire en détail lorsqu’on procédera à leur exécution.
- Tout ce qui précède s’applique surtout aux travaux futurs. Jetons maintenant un coup d’œil sur les travaux actuels afin d’en constater les récents progrès. Ces progrès sont minimes, les averses et les bourrasques ont causé des retards relatifs impossibles à éviter et qui malheureusement se reproduiront souvent, selon toutes probabilités, au cours de l’hiver ; du reste, les prévisions tiennent compte des pertes de temps dues à la mauvaise saison, néanmoins, en tout état de cause, il serait à souhaiter que l’hiver 1887-88 fût aussi clément que celui qui a précédé l’exposition de 1878, l’avancement du travail 11’en serait que plus grand, et on trouvera toujours à utiliser les belles journées dont on pourra bénéficier, ce ne sont certainement pas les occupations qui feront défaut. ,
- MM. Huguet, Versellé et Appay mettent la dernière main à la grosse besogne des terrassements du jardin central; tout sera terminé dans deux ou trois jours et ils entameront immédiatement la partie du travail relative à la préparation des jardins, c’est-à-dire l’enlèvement des terrains sur une épaisseur de om3o. et son remplacement par de la terre végétale. Pour l’exécution de cette entreprise on a déjà posé une certaine longueur de chemin de fer portatif : ils ont commencé jeudi dernier la planta-
- p.841 - vue 429/496
-
-
-
- 042.
- Troisième Année. — N° 149.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche G Novembre 1887.
- tion des arbres, jusqu’à nouvel ordre on en mettra en terre trois ou quatre par jour. Ces arbres sont actuellement pris dans les environs du Trocadéro.
- Ces concessionnaires ont entrepris également le nivellement du sol sous les galeries des industries diverses afin de le préparer à recevoir le dallage, ils le nivellent à la cote générale de 3 5"*53, et ont mis les ouvriers dans l’aile construite par lTisine Joret, seule partie du reste qui soit entièrement couverte et offre un abri suffisant aux travailleurs.
- Dans les autres parties du palais on continue la pose de la couverture, mais cette opération est longue et n’avance qu’avec une certaine lenteur, elle durera donc encore quelque temps.
- M. Manoury a complètement achevé la maçonnerie des fondations des dômes pour les palais des beaux-arts et des arts libéraux; il fait remblayer tous les vides afin d’égaliser le terrain et en même temps poursuit, à l’autre bout du Champ-de-Mars, l’achèvement des fondations du palais des machines.
- A la tour Eiffel on a repris l’œuvre du montage, une nouvelle hauteur de tubage a été rapportée à l’extrémité des arbalétriers dont l’altitude est maintenant d’environ 36 à 37 mètres; pendant ce temps on travaille avec la plus grande rapidité au dressage des quatre hautes charpentes intermédiaires dont deux sont déjà très avancées ; en somme, ce chantier offre l’image d’une activité qui ne se dément pas un seul instant et donne le droit de bien augurer pour la suite des constructions.
- H. de Baecker.
- ------- - ----------------- ------
- L'EXPOSITION D'ÉCONOMIE SOCIALE
- EN 1889
- M. G. Berger vient d’adresser la circulaire suivante aux présidents des comités départementaux :
- Monsieur le Président,
- Par arrêté du 9 juin, il a été créé à l’Exposition universelle de 1889 une exposition d’Economie sociale qui comprend quinze sections.
- J’ai l’honneur de vous adresser avec la présente circulaire une brochure contenant :
- i° Une instruction aux comités départementaux ;
- 20 L’arrêté du 9 juin 1887, portant la création de l’exposition d’Economie sociale avec sa classification en quinze sections et l’exposé des motifs qui en fait connaître le caractère et le but ;
- 3° La liste des membres des comités d’admission et de la commission d’organisation de l’exposition d’Economie sociale;
- 40 Les questionnaires correspondant à chacune des quinze sections.
- Ces documents définiront pour vous ainsi que pour vos collègues et, je puis le dire, pour le pays, la nature, le cadre et la portée de cette exposition, qui répond aux préoccupations générales de l’opinion et des pouvoirs publics vis-à-vis des questions sociales. Les comités départementaux ont à y jouer un rôle considérable, et c est avec confiance que l’administration fait appel à leur concours.
- Les instructions détaillées que. contient la brochure ci-jointe me dispensent d’insister ici sur la manière dont vous aurez à coopérer à la préparation de cette exposition et à l’enquête qui doit en être la préfacé. Je prie le comité départemental de s’en pénétrer et de s’y conformer, pour que sa marche concorde avec celle des autres comités et ’ pour que tous les départements, ayant agi de même, puissent contribuer par des résultats comparables et homogènes au grand travail d’ensemble qui devra plusàard résumer leurs travaux.
- Si, en cours d’exécution, il surgissait quelque difficulté inattendue, vous voudriez bien m’en référer, ou meme, pour gagner du temps, vous adresser aux présidents des. comités de section, qui pourront correspondre directement avec vous.
- Gomme vous le verrez par la lecture des instructions, l’administration a fait tirer deux éditions des questionnaires : l’une, sous la forme de la brochure ci-jointe qui les comprend tous avec les documents officiels à l’appui, l’autre par sections isolées.
- Le questionnaire collectif devra être réservé aux grands établissements qui peuvent avoir à répondre ou à exposer dans plusieurs sections, et aux personnes dont on aurait à solliciter le concours général.
- Mais c’est le questionnaire individuel, sous forme de feuille volante, qui conviendra àla grande généralité des cas, c’est-à-dire pour tous les cor-
- respondants dont la spécialité ne dépasse pas les limites d’une section
- Je vous envoie dès aujourd’hui cinq brochures; mais pour guider mes envois ultérieurs, je vous prie de m’indiquer combien vous désirez de questionnaires complets et de questionnaires partiels, en remarquant que toutes les sections sont loin d’avoir la même clientèle et qu’elles réclament dès lors des nombres très différents de formules.
- J’estime qu’il conviendrait de procéder à la constitution immédiate, dans le sein de chaque Comité départemental, d’une commission d’Economie sociale. S’il y a lieu de proposer l’adjonction à votre Comité de quelques membres d’une compétence spéciale, vous voudrez bien, aux termes de l’arrêté ministériel du 9 juin, vous entendre à cet égard avec M. le Préfet, chargé de faire les propositions au Ministre.
- Je vous prie de m’accuser réception de cette communication et de m’indiquer, dans le plus bref délai possible, la composition de la commission d’Economie sociale, avec la désignation de son bureau, en distinguant sur cette liste les noms des membres dont vous auriez demandé l’adjonction par l’entremise de M. le Préfet.
- Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’assurance de ma considération la plus distinguée.
- Le Directeur général,
- Georges Berger.
- Instructions aux Comités départementaux, relatives à VExposition d’Economie sociale, instituée par l’arrêté du g juin 1887.
- 1. Attributions des Comités départementaux. — Aux termes de l’article 11 de .l’arrêté ministériel du 26 août 1886, portant règlement général de l’Exposition universelle de 1889, les Comités départementaux sont chargés de faire connaître, dans toute l’étendue du département, les documents relatifs à l’Exposition, d' distribuer les formules de demandes d’admir ion, de signaler les personnes dont la partic’pation semblerait particulièrement utile, et de provoquer les expositions individuelles ou collectives des produits du département.
- Eii ce qui concerne spécialement l’exposition d’économie sociale, l’article 2 de l’arrêté du 9 juin 1887 confie en outre au comité départemental la mission de procéder à une enquête préalable sur les objets, les institutions et les œuvres ressortissant à cette exposition. L’enquête, pour laquelle la commission d’organisation constituée par l’article 3 du même arrêté a préparé nn questionnaire méthod^ue ci-après annexé, doit servir en même temps à prononcer l’admission des exposants, à faire apprécier leurs mérites respectifs en vue des récompenses ; enfin, à fournir de précieux renseignements à la science, à l’administration et aux pouvoirs publics.
- On voit, d’après ce qui précède, que, pour l’exposition d’Economie sociale, la tâche du comité départemental est double.
- Il doit, en effet, procéder d’abord à une enquête puis faire usage de cette enquête pour préparer l’exposition.
- I. — ENQUÊTE.
- 2. Concours spontanés ou provoqués. — Il importe tout d’abord de bien déterminer l’esprit dans lequel doit être faite l’enquête.
- La publicité donnée aux arrêtés et aux questionnaires relatifs à l’Exposition d’économie sociale amènera sans doute un certain nombre de dépositions spontanées. « Le comité départemental, comme le dit expressément l’article 2 de l’arrêté du 9 juin 1887, recueillera les dépositions écrites de toutes les personnes, — sans en exclure aucune — qui voudront prendre part à l’enquête.»
- La porte est ainsi ouverte à tout le monde ; mais les initiatives les plus empressées ne sont pas toujours les plus utiles. Il est des mérites qui se cachent et des compétences qui ne s’offrent pas. On aura donc à solliciter des concours C’est ce que prévoit formellement l’arrêté : « Le comité s’adressera, pour provoquer les réponses, aux personnes dont le concours lui semblerait désirable. »
- Le choix de ces concours étant aussi délicat qu’essentiel au succès, il est nécessaire, pour le guider, de commencer par définir nettement les caractères de l’œuvre à entreprendre.
- 3. Caractères de l’enquête. — Un de ces premiers caractères, c’est que l’enquête a pour but de constater des faits et non de recueillir des vues idéales; elle ne demande pas à ses correspondants des propositions de réformes, mais des observations précises ; en un mot, elle recherche non ce qui pourrait et devrait être, mais ce qui est de manière à mettre en lumière les louables initiatives d’où qu’elles viennent, les progrès constatés, et à signaler par des récompenses les exemples qui méritent d’être proposés à l’imitation générale.
- En s’attachant ainsi aux faits, l’enquête ne doit pas avoir la prétention de lutter avec les statistiques officielles qui les embrassent tous et qui disposent, pour les recueillir, de toutes les ressources de l’organisation administrative. Il ne s’agit donc pas de refaire ces statistiques, mais de les compléter au point de vue social, et pour ainsi dire de les « illustrer » par l’étude attentive d’un nombre de types bien choisis.
- 4. Caractères du questionnaire. — Le questionnaire doit donc être individuel, c’est-à-dire s’adresser à un industriel, un établissement, une institution, tout au plus à une commune, et non pas à englober une région tout entière (1). PlUs tard, quand les comités départementaux auront à centraliser et à dépouiller ces réponses individuelles, ils recevront à temps des instructions détaillées pour le rapport collectif, qui résumera sous forme de généralités synoptiques, les faits concernant leur circonscription (Article 2 de l’arrêté du 9 juin).
- Enfin, aux termes de ce même arrêté, l’enquête devant être internationale, il convient que le questionnaire qui en est l’instrument soit préparé en vue non seulement de notre pays, mais encore de l’étranger.
- 5. Rédaction du questionnaire. — Quant à la rédaction même du questionnaire, elle s’est inspirée des prescriptions de l’arrêté du U juin, c’est-à-dire qu’elle a été « préparée de manière à guider les déposants et les enquêteurs tant en France qu’à l’étranger, à faciliter le dépouillement et le classement des réponses, enfin à augmenter l’intérêt pratique de leur rapprochement en les rendant comparables entre elles ».
- Pour remplir ce rôle, le questionnaire ne pouvait s’en tenir à des énoncés généraux et devait entrer dans certains développements. Toutefois, on a essayé d’en masquer en quelque sorte l’étendue, en graduant l’importance relative de ses diverses parties par l’emploi de caractères typographiques d’inégale grandenr.
- Ainsi, l’on a détaché par des caractères très apparents les titres des chapitres et l’énoncé des paragraphes ; les alinéas sont imprimés en caractères courants ; enfin l’on a eu recours à des caractères plus fins là où il y avait intérêt à entrer dans de minutieux détails pour se faire comprendre.De la sorte, le lecteur pressé s’en tiendra aux chapitres et aux paragraphes qui suffiront à lui donner déjà la clef du questionnaire; celui qui aura plus de temps ou de zèle abordera les alinéas ; enfin celui qui voudra creuser une question spéciale, pour laquelle il a plus de goût ou de compétence, poussera jusqu’aux notes et aux commentaires en petit texte.
- Malgré leurs détails, ces questionnaires n’ont pu tout dire et tout prévoir : ils ne sont ni complets, ni limitatifs, et le comité départemental ne devra pas hésiter à y rattacher les réponses aux. questions qui, sans être formulées au programme, rentreraient dans le même ordre d’idées.
- 6. Numérotage des questions. — On s’est demandé s’il ne conviendrait pas de réserver, en face de chacune des- questions du questionnaire, un blanc ménagé pour la réponse ; mais on a écarté cette solution : d’abord, parce qu’elle aurait doublé au moins le volume du questionnaire; ensuite et surtout, parce qu’il est impossible de proportionner d’avance les dimensions du blanc à celles de la réponse qu’il doit recevoir. Cette étendue varie en effet d’un déposant à un autre. Il esttelle-question sur laquelle un industriel ne dira qu’un mot, tandis que son voisin en fera l’objet de longs commentaires. Dans tout un questionnaire, un déposant préférera ne s’attacher qu’à un point particulier pour le traiter avec ampleur, tandis qu’il négligera le reste. Les blancs disposés dans ce texte ne sauraient donc, quelle que fût leur mesure, s’adapter à toutes les convenances individuelles, et l’on peut affirmer d’avance qu’ils seraient tour à tour, sinon en même temps, insuffisants et excessifs.
- Ce système des blancs en regard des questions présente,- il exî vrai, l’avantage de réduire au minimum la fatigue du déposant, en mettant à sa disposition une case toute prête pour sa réponse et en lui épargnant la peine de reproduire la question. En vue de retenir l’avantage de ce système sans encourir ses inconvénients, on a adopté un numérotage unique des paragraphes depuis lé premier questionnaire jusqu’au dernier. De cette-manière, chaque paragraphe a son individualité définie par son numéro matricule, qu’il suffira au déposant d’inscrire en tête de sa réponse, sans qu'il ait besoin de transcrire le titre même de ce paragraphe.
- Il lui sera donc facile de choisir dans un questionnaire les questions qu’il lui plaît de traiter, en omettant les autres, de même que ce numérotage unique simplifiera plus tard le classement et le dépouillement des réponses.
- (1) Pour l'Hygiène sociale (section xm), on a dû, à titre exceptionnel, ouvrir un Questionnaire régional, qui vise principalement les mesures prises par l’Etat en cette matière à l'étranger, et qui sera rempli non par un déposant isolé, mais par la'commission chargée de centralis.r les réponses des déposants de la région.
- p.842 - vue 430/496
-
-
-
- Troisième Année. — N° 149. LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- 7. Double édition du questionnaire. — Ce questionnaire méthodique a été tiré en deux éditions : l’une collective, pour les quinze sections, sous forme de brochure ; l’autre, par petits fascicules spéciaux à chaque section. C’est sous cette dernière forme fractionnée qu’il sera communiqué à la plus grande partie des déposants, le questionnaire collectif étant réservé aux établissements et aux personnes (en petit nombre) dont la situation comporte l’envoi du document complet.
- 8. Principes généraux pour le choix des types. — A qui doit être adressé le questionnaire collectif ou scindé ? Quels principes doivent guider le comité dans ses choix !
- Pour certaines sections, le comité n’éprouvera nulle hésitation. Ce sont celles, où, comme dans les sections II, VI, IX, X, le questionnaire ne vise qu’un petit nombre de personnes ou de sociétés. Dans ce cas, le parti le plus simple est de l’envoyer à toutes, sans exception.
- En ce qup concerne les autres sections, on ne saurait procéder de même sans être submergé par un flot de réponses de valeurs très inégales ; force est donc d’opérer par sélection, de choisir des types.
- Ces types ne seront pas déterminés de même pour toutes les sections. Cependant on peut poser en règle générale qu’ils devront être presque toujours désignés par quelque particularité caractéristique ou quelque mérite exceptionnel. On aura surtout en vue les établissements, les sociétés, les personnes, dont les efforts, caractérisés par le succès, peuvent servir d’exemple et se distinguent, soit par une heureuse innovation, soit par une utile et féconde application des pratiques déjà connues. La notoriété, les récompenses déjà obtenues dans d’autres circonstances seront ici de précieux éléments à consulter.
- D’autres fois, au contraire, ce qu’on demandera au type, c’est de représenter fidèlement la moyenne, de manière à donner une idée exacte d’un milieu, d’une situation.
- C’est ce qui aura lieu notamment pour la section XV, où l’on se préoccupe d’établir les positions respectives de la grande et de la petite industrie, de dresser le budget de la famille ouvrière, de suivre les courants d’émigration. Il est clair qu’ici sous peine de fausser l’étude, il ne faudra pas interroger les communes, les exploitations, les familles qui se détachent de l’ensemble, mais bien celles qui en représentent le mieux les circonstances moyennes. Dans les autres sections, il s’agissait de modèles à découvrir et à mettre en évidence ; ici, il s’agit d’échantillons à recueillir, de « témoins » à interroger. La différence du point de vue doit réagir sur les conditions mêmes à remplir par le type.
- Dans ce choix du type moyen, le comité aura aussi à tenir compte des garanties plus ou moins sérieuses d’une bonne description. Entre plusieurs unités équivalentes comme intérêt scientifique, il donnera naturellement la préférence à celle pour laquelle il disposera d’un observateur présentant les conditions les meilleures de compétence et d’impartialité.
- 9. Choix des types par section. — Gomme on ne saurait trop insister sur ce choix des déposants à provoquer, eu égard à son influence sur la valeur et le succès de l’enquête, il a semblé utile de passer en revue les diverses sections, en donnant à propos de chacune d’elles des indications succinctes, que les comités pourront consulter avec profit.
- Section I. — Rémunération du. travail . — S’adresser uniquement aux exploitations industrielles et agricoles qui se recommandent par quelque mérite spécial, notamment en ce qui concerne l’organisation et les époques de paiement des salaires, les primes ou « sur-salaires », le travail des enfants et des femmes, les prix ou médailles attribués à la qualité ou à l’ancienneté des services, etc.
- Section II. — Participation aux bénéfices . Associations coopératives de production. — Il s’agit ici d’établissements dont le nombre n’est pas très considérable, mais il importe d’étudier de près l’organisation. Il faudra donc envoyer le questionnaire à tous ceux dont on aura pu constater l’existence dans le département.
- Pour le métayage, on s’attachera aux types les plus remarquables en réservant à la section XV les types moyens qui caractérisent ce mode d’exploitation.
- Section III. — Syndicats professionnels. — Envoyer le questionnaire à tous les syndicats industriels, agricoles ou autres, et à tous les établissements où peuvent exister des moyens de conciliation et d’arbitrage.
- Au point de vue des ^différents industriels, il sera communiqué aux conseils de prud’hommes et aux tribunaux de commerce.
- Pour les sociétés savantes, industrielles ou autres, qui s’occupent de questions sociales, on s’adressera à toutes celles qui sont accréditées par la valeur de leurs travaux.
- Section IV. -— Apprentissage. — En ce qui touche le contrat d’apprentissage, c’est par voie d’exemples qu’il faut procéder. Quant à l’ensei-
- gnement professionnel, on enverra le questionnaire à tous les établissements qui donnent cet enseignement, ainsi qu’à toutes les sociétés de patronage.
- Section V. — Sociétés de secours mutuels. — Le ministère de l’intérieur possède à l’égard des sociétés approuvées une statistique très complète, avec laquelle l’enquête ne doit pas faire double emploi.
- Il conviendra de n’adresser le questionnaire qu’aux sociétés approuvées ou non, qui, par leur ancienneté, l’importance de leurs services, l’originalité de leurs combinaisons, ou leur annexion à une industrie, méritent d’être signalées à l’attention ou à l’imitation publiques.
- Section VI. — Caisses de retraite et rentes viagères. — Le questionnaire devra être envoyé à tous les établissements privés, tels que les compagnies de chemins de fer, de gaz, sociétés houillères et autres, qui ont organisé un système quelconque de retraite pour leur personnel, ou aux institutions collectives dirigées par l’Etat, les provinces, les villes, les associations de toute nature.
- Section VIL — Assurances contre les accidents et sur la vie. — Adresser le questionnaire à tous les établissements industriels ou autres qui assurent leur personnel contre les accidents ou sur la vie, à tous ceux qui ont organisé des caisses de secours particulières, se rattachant ou non à une caisse régionale ou centrale.
- Section VIII. — Epargne. — Pour ne pas faire ici encore double emploi avec les statistiques officielles, le comité se bornera, en ce qui concerne les caisses d’épargne fondées, dirigées ou patro-nées par l’autorité, à noter les particularités locales qu’elles pourraient présenter. Mais il enverra le questionnaire à toutes les sociétés d’épargne émanant de l’initiative des intéressés; et à tous les établissements industriels ou autres qui ont établi pour leur personnel un système d’encouragement à l’épargne.
- Section IX. — Associations coopératives de consommation. — Adresser le questionnaire à toutes les associations qui existent dans le département et à tous les établissements industriels qui ont des économies, des cantines, etc.
- Section X. — Associations coopératives de crédit.. — Adresser le questionnaire à toutes les associations qui existent dans le département, à toutes les banques faisant habituellement des avances aux associations ouvrières, aux ouvriers ou aux petits agriculteurs, à tous les établissements industriels ou autres qui font des prêts d’honneur ou d’autres avances.
- Section XI. — Habitations ouvrières. — Le Comité départemental enverra le questionnaire à ceux des établissements industriels qui ont créé des habitations ouvrières dans des c&iditions dignes d’être remarquées ; il l’enverra en outre à toutes les sociétés financières ou philanthropiques et à toutes les personnes, architectes, entrepreneurs ou autres, qui s’occupent d’habitations ouvrières à un point de vue pratique.
- Section XII. — Cercles d'ouvriers, récréations et jeux. — Envoyer le questionnaire aux cercles d’ouvriers dont l’organisation peut être citée comme exemple ou qui ont rendu des services exceptionnels, ainsi qu’aux orphéons et fanfares constitués par des cercles ou par des établissements industriels.
- Section XIII. — Hygiène sociale. — Envoyer le questionnaire aux chefs d’industrie et aux sociétés qui ont pris des mesures remarquables de précaution contre les accidents de fabrique ou qui ont organisé des bains et ktvoirs ; aux commissions et agents des services d’hygiène et d’assistance, et aux personnes les plus compétentes ; aux sociétés de tempérance, aux sociétés maternelles, aux sociétés de protection des enfants en bas âge, etc.
- Section XIV. — Institutions diverses créées par les chefs d'exploitation en faveur de leur personnel. — Cette section est en quelque sorte une récapitulation des précédentes, en ce sens qu’elle a pour objet de grouper dans un cadre unique les efforts faits par un même établissement, au lieu de les laisser à l’état d’éparpillement dans les diverses sections. Le Comité départemental adressera le questionnaire aux établissements dignes d’être cités à ce point de vue, sans s’inquiéter ici d’empiéter sur le domaine des autres sections, ce double emploi étant systématiquement prévu et prescrit par l’arrêté du 9 juin.
- Section XV. — Grande et petite industrie. — Grande et petite culture. — C’est par voie de type moyen que devra procéder le Comité départemental pour cette section, qui embrasse des matières très diverses et touche à des questions très générales. Il s’inspirera dans ce choix des considérations émises plus haut et de celles qui sont consignées en tête du ' questionnaire lui-même de la section XV (1).
- (il Les arrêtes du 11 mars 1887 et du ior ruai 1887, qui rattachent au huitième groupe de la classification générale une nouvelle classe 73 bis consacrée à l'agronomie et à la statistique agricole, n'empêchent pas l'exposition d'Economie sociale de comprendre en meme temps dans ses sections respectives les institutions diverses de prévoyance ou autres énumérées dans
- Dimanche 6 Novembre 1887. — 8q3.
- 10. Importance du choix des types. — A l’aide de ces indications, le Comité départemental pourra s’orienter dans la tâche délicate qui lui incombe et choisir judicieusement les personnes dont il y a intérêt à provoquer les réponses, sans se laisser envahir par un fatras sans valeur. Les observations valent par leur qualité et non par leur quantité. Le Comité saura solliciter et obtenir les concours nécessaires, suppléer aux abstentions, découvrir les institutions et les hommes qui, par modestie, sont tentés de fuir le grand jour de le publicité.
- L’enquête ainsi comprise est faite pour éveiller les sympathies les plus vives du Comité départemental et pour se recommander à tout son dévouement. Très importante par elle-même à cause de ses résultats immédiats et de ceux que donnera plus tard le dépouillement méthodique des réponses, elle a encore un autre objet de premier ordre : c’est de servir à préparer l’exposition d’Economie sociale et à décerner les récompenses auxquelles cette exposition donnera lieu.
- II. — EXPOSITION
- 11. Caractère de l’exposition d’Economie sociale. — Les déclarations de l’exposé des motifs et les dispositions de l’arrêté du 9 juin suffisent pour faire bien comprendre le caractère de l’exposition projetée. Il importe néanmoins de répéter dans les présentes instructions « qu’en organisant l’installation de l’exposition nouvelle, on devra s’attacher à parler aux yeux en même temps qu’à l’esprit » et que « pour les matières qui comportent surtout des documents, des rapports, des statistiques, il conviendra de les illustrer autant que possible par des cartes, des plans en relief, des tableaux graphiques, de manière à rendre sensibles aux regards des visiteurs les faits qui, pour la plupart d’entre eux, courraient risque de rester stérilement enfouis sous les chiffres.
- Il pourra être bon, à ce point de vue, d’encourager les expositions collée tives.
- Il faut donner à l’exposition d’Economie sociale un aspect agréable et vivant ; rendre palpables et sensibles, par tous les moyens matériels dont on pourra disposer, les faits économiques mentionnés dans l’enquête. L’Administration, sans doute, ne négligera rien de ce qui pourra imprimer à cette entreprise le caractère décoratif et pittoresque qui doit lui servir de cachet particulier ; mais il faut que les Comités départementaux et les exposants s’inspirent de la même idée pour lui donner corps et vie (1).
- 12. Programme général d’installation. — Les cartes murales, les tableaux graphiques devront jouer un rôle important, en rendant accessibles à tous les visiteurs les chiffres caractéristiques et les faits essentiels. On pourrait placer dans les sections des syndicats professionnels et des sociétés de secours mutuels des bannières anciennes et modernes, des insignes et des médailles, symboles de la vie des corporations; à côté des documents relatifs à l’apprentissage, des travaux d’élèves (fleurs et plumes, peinture, imprimerie, bijouterie, dessin, etc.)
- C’est surtout la section dis habitations ouvrières qui doit contribuer à donner à cette exposition sa physionomie spéciale. « Pour l’importante question des habitations économiques, dit l’exposé des motifs de l’arrêté du 9 juin, il sera bon d’installer des spécimens de grandeur naturelle, que les exposants tiendront- certainement à construire eux-mêmes et qui pourront recevoir le mobilier le mieux adapté comme hygiène et bon marché aux besoins de la famille ouvrière.
- S’il était possible d’installer au centre de l’Exposition un cercle d’ouvriers avec toutes ses dépendances, y compris une salle de conférences, on y disposerait, sous un aspect décoratif, beaucoup d’objets intéressant l’économie sociale, des bustes et des portraits de personnes décédées qui se sont signalées par leur dévouement aux classes populaires et par leurs sacrifices, des spécimens, des modèles ou des dessins de l’outillage, du vêtement et de l’habitation des ouvriers et des paysans à diverses époques, de manière à permettre au visiteur de mesurer le chemin parcouru depuis un siècle dans leur mode d’existence et de travail.
- Autour de ce cercle, on pourrait grouper des établissements populaires, tels que restaurant ou réfectoire économiques, dispensaire, café de tempérance, modèles de bains et de lavoirs, etc., le tout distribué avec art, ainsi que les maisons ouvrières, au milieu des pelouses et des massifs qui doivent décorer l’enceinte de plusieurs milliers de mètres .carrés assignée à l’exposition d’Economie sociale.
- Indépendamment de ces installations particulières, un bâtiment collectif, garnissant le fond de cette enceinte, recevra l’exposition méthodique des quinze sections, avec leurs documents, leurs tableaux, leurs dessins, en un mot tout ce qui
- le programme de la classe 73 bis. L'agriculture joue dans le pavs un rôle trop considérable pour qu’eîle n'ait pas dans l'exposition d'Economie sociale une place proportionnée à son importance.
- (1) Les demandes d'admission seront rédigées sur la formule déjà en vigueur pour les autres classes de l'Exposition.
- p.843 - vue 431/496
-
-
-
- §44- — Troisième Année. — N”0 149.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- Dimanche 6 Novembre 1887.
- sera de nature à frapper les yeux en meme temps que l’esprit du visiteur.
- Ce programme d’installation ne peut-etre encore qu’à l’état de simple croquis ; mais les contours s’en préciseront dès que les exposants, comme ce n’est pas douteux, auront répondu à l’appel qui leur est adressé.
- 13. Rapports directs de la commission départementale d’Economie sociale avec les comités des quinze sections. — Les comités départementaux sont instamment invités à s’inspirer, dans leurs travaux, des considérations qui précèdent.
- La commission d’Economie sociale,que chacun d’eux doit constituer, est autorisée à se mettre en rapport directement avec les présidents des quinze comités des sections, pour leur soumettre ; les idées qui pourraient contribuer au succès de l’enquête ou de l’exposition dans chacune de leurs sections respectives, et pour leur demander de trancher certaines difficultés non prévues par les présentes instructions.
- 14. Résumé. — En résumé, il s’agit, commeje dit l’exposé des motifs, de former, par l’enquête et l’exposition, « un inventaire complet et impartial de la question économique et sociale à la fin du xix° siècle, de ses transformations successives, de son état actuel et de ses desiderata. »
- Nous devons tous, en effet, pour l’amour du pays et dans un intérêt supérieur, étudier de près, avec un zèle toujours croissant, les questions relatives au travail industriel et agricole ; encourager les espérances légitimes ; exposer les institutions qui ont fait leurs preuves, les solutions conquises par la libre action des individus ou des associations; mettre en pleine lumière les initiatives ignorées; venir en aide aux bonnes volontés ignorantes; en un mot, signaler aux patrons et aux ouvriers qui n’ont rien fait encore l’exemple instructif de ceux qui ont su agir et agir avec succès.
- Telle est la grande œuvre à laquelle sont conviés les comités départementaux. Le pays leur saura gré du dévouement qu’ils mettront à s’en acquitter.
- Le directeur général, Georges Berger.
- LA MARTINIQUE A L’EXPOSITION
- DE 1889
- Par arrêté, en date du mois d’octobre 1887, pris, par M. Albert Grodet, gouverneur de la Martinique, il a été créé par dette colonie un Comité général Martiniquais de l’Exposition de 1889.
- Le comité est composé comme suit :
- Président : Le gouverneur de la Martinique. — Vice-présidents : MM. César-Lainé, président du conseil général, maire de Saint-Pierre; Jules Fan-fan, conseiller général, maire de Fort-de-France ; Comairas, membre de la chambre de commere de Saint-Pierre ; Membres : MM. Agricole, Beau-harnais-Cadeau, Braud, Marius-Hayot, Nicole, Nollet, Osenat père, Théophile Roy, DeThoré, Waddy, conseillers généraux ; Les maires de la Basse-Pointe; du Diamant; du Lamentin ; du Marin ; du Saint-Esprit ; de la Trinité : du Robert; le Médecin en chef de la marine ; le Vice-Recteur, le Secrétaire général de la direction de l’intérieur, le Directeur d’artillerie ; le Chef d’escadron de gendarmerie ; le Chef du service des ponts et chaussées ; le Capitaine de port, directeur du bassin de radoub; le Chef du service pharmaceutique de la marine ; l’Inspecteur primaire; Bailly, habitant, à la Trinité; Blanchette, négociant; Borde, président de la chambre de commerce de Saint-Pierre ; Bougenot, usinier : Brière de l’Isle, directeur de l'usine du Simon; Chérius Chéry, ancien président delà chambre de commerce de Fort-de-France ; le docteur Clarac, médecin de ia marine ; Chovel, chef du bureau à la direction de l’intérieur ; Quentin Doria, président de la chambre de commerce de Fort-de-France; Emile Dorn, membre de la chambre de commerce de Fort-de-France; le docteur Gros-Désormeaux, médecin au Vauclin; Octave-Hayot, usinier; L.-T. Knight, négociant à Saint-Pierre ; Félix Ninet, négociant à Saint-Pierre; Pomponne, habitant, maire delà Rivière-Pilote ; Saint-Léger Lalung, négociant à Saint-Pierre ; le président du syndicat des rhum-miers; Lombart et Manceau, professeurs au lycée; MM. Thierry, directeur du jardin botanique, Nollet fils, ingénieur agronome, directeur du laboratoire agricole, et Laffon, chef du secrétariat du gouvernement, remplissent les fonctions de secrétaires du comité général, avec voix délibérative.
- Le comité général se divise en deux sous-comités :
- Le sous-comité de Fort-de-France; le sous-comité de Saint-Pierre.
- Le premier sous-comité est formé de tous les membres du comité général, domiciliés dans l’arrondissement du Sud.
- Le second sous-comité se compose de tous les membres appartenant à l’arrondissement du Nord.
- Chacun des sous-comités doit nommer dans les communes de sa circonscription des membres correspondants qui ont voix délibérative quand ils assistent à la séance de leur sous-comité respectif.
- COMITÉ DÉPARTEMENTAL
- DE SEINE-ET-OISE
- Séance du vendredi 28 octobre 188 j
- Le comité départemental de Seine-et-Üise pour l’Exposition universelle de 1889 s’est réuni hier, dans l'après-midi, à Versailles, sous la présidence de M. Georges Berger, délégué du ministre du commerce.
- Au début de la séance, à laquelle assistaient cent cinquante personnes environ, M. Albert de Girar-din, préfet de Seine-et-Oise, a prononcé une courte allocution. Après avoir dit que le département qu’il administre saura témoigner de la vitalité de tous ses moyens de productions au moment de l’Exposition, il a rappelé la part que la ville de Versailles a prise aux grands événements de la Révolution française. Le passage suivant de son discours a été particulièrement applaudi :
- «Lorsque l’intérêt de la patrie est en jeu, qu’il s’agisse de défendre notre sol, ou qu’il faille faire triompher devant le monde entier notre art, nos productions industrielles ou nos richesses agricoles ; lorsqu’il faut, en un mot, maintenir ou accroître le prestige national, alors, messieurs, nous savons nous unir dans un patriotique rapprochement et faire trêve à ces discussions vives, ardentes, souvent passionnées, dont il ne faut ni s’étonner, ni s’affrayer, car elles sont les conséquences mêmes de ces libertés publiques conquises en 1789 et dont nous préparons le glorieux centenaire. Dans ces circonstances solennelles,tous les intérêts se taisent devant ceux de la patrie : il n’y a que des Français. »
- L’assemblée a ensuite procédé à la constitution de son bureau : M. Léon Feray, sénateur, a été nommé président, et M. Ferdinand Dreyfus, ancien député, secrétaire général.
- M. Feray a aussitôt prononcé quelques paroles très applaudies, et M. Georges Berger, dans un discours substantiel, a fait un intéressant exposé de l’organisation général de l’Exposition et de l’état d’avancement des travaux. En terminant, M. Berger rappelle que ia date du ier février 1888 a été fixée comme dernier délai pour le dépôt des demandes d’admrsSiôti. fl îhvftè donc’ le comité à pousser avec ardeur son travail de propagande et à recueillir les adhésions le plus rapidement possible.
- A quatre heures, la séance était levée.
- ---- I ~ - ~ M — ---------
- MINISTÈRE DU COMMERCE ET DE L’INDUSTRIE
- EXPOSITION INTERNATIONALE DE PARIS EN 188g
- L’HORTICULTURE
- A L’EXPOSITION DE 1889
- PROGRAMME DES ONZE EPOQUES DE CONCOURS
- (Suite.)
- CLASSES f
- FRUITS ET ARBRES FRUITIERS
- I. Fruits. — Quatre concours.
- 1. La plus belle collection de fruits frais (abri cots, cerises, groseilles, pêches, poires, etc.).
- 2. La plus belle collection de fruits divers delà région du Sud.
- 3. La plus belle collection de fruits forcés (raisins exceptés), par espèces ou variétés, cueillis ou exposés sur l’arbre.
- 4 La plus belle collection de raisins forcés, cueillis ou exposés sur la souche.
- II. Fruits nouveaux. — Cinq concours.
- 1. Fruits nouveaux inédits d’arbres d’importation n’ayant pas encore été mis dans le commerce.
- 2. Fruits nouveaux inédits d’arbre d’introduction n’ayant pas encore été mis dans le commerce.
- 3. Fruits nouveaux inédits d’arbres obtenus de semis n’ayant pas encore été mis dans le commerce.
- 4. Les plus belles'variétés mises dans le commerce depuis 1878.
- 5. Les meilleures variétés mises dans le commerce depuis 1878.
- CLASSE 82
- GRAINES ET PLANTS d’eSSENCE FORESTIÈRE
- Pas de concours.
- CLASSE 83
- PLANTES DE SERRE
- I. Plantes de serre
- Cpncours (à déterminer) entre les plantes de serré qu’il y aurait impossibilité à présenter aux concours généraux.
- Crotons : 5. La plus belle collection ; 6. La plus belle collection de 23.
- Dracœnas : 7. La plus belle collection ; 8. La plus belle collection de 25 ; 9. Le plus beau lot.
- Marantacées : 10. La plus belle collection ; 11 „ La plus belle collection de 25.
- Aroïdées à feuillage ornemental (à l'exception des caladiums) : 12. La plus belle collection ; i3. La plus belle collection de 25.
- Fougères arborescentes : 14. La plus belle collection ; i5. Le plus beau lot.
- Salaginelles et Lycopodes : 16. La plus belle collection.
- Fougères translucides, todeas, etc. : 17. La plus belle collection.
- Palmiers : 18. La plus belle collection; icj. La plus belle collection de 40 ; .20. La plus belle collection de 25; 21. La plus belle collection de i5.
- Gycadées : 22. La plus belle collection.
- Nèpentbes : 23. La plus belle collection.
- Plantes carnivores : Sarracenia, Cephalotus,. Dionœa, etc. : 24. La plus belle collection.
- Cactées fleuries ou non fleuries : 25. La plus belle collection.
- Cactées en fleurs : 26. Le plus beau lot.
- Bruyères du Cap : 27. Le plus beau lot.
- Plantes grimpantes de serres, fleuries ou non fleuries : 28. La plus belle collection; 29. La plus belle collection de 25.
- Plantes grimpantes de serres, à feuillage coloré : 3o. Le plus beau lot.
- Musas : 3i. La plus belle collection.
- Bégonias à feuillage ornemental: 32. La plus belle collection de 3o; 33. La plus belle collection! de 25.
- Bouvardias : 34. La plus belle collection ; 35.. Le plus beau lot.
- Bertolonias et sonerilas : 36. La plus belle collection.
- Anœctochilus et autres orchidées à feuillage ornemental : 37. La plus belle collection.
- Rhopalas : 38. Le plus beau lot.
- Plantes aquatiques de serres: 3g. La plus belle collection ; 40. Le plus beau lot.
- II. Plantes nouvelles. — Cinq concours
- 1. Une ou plusieurs plantes fleuries ou à feuillage introduites le plus récemment en Europe.
- 2. Une ou plusieurs plantes fleuries ou à feuillage introduites directement en France.
- 3. Lot de plantes hybrides dont les parents seront indiqués.
- 4. Une ou plusieurs plantes fleuries ou à feuillage obtenues de semis et non encore dans le commerce.
- 5. Une ou plusieurs plantes fleuries ou à feuil lage obtenues de semis et dans le commerce depuis. 1878.
- III. Belle culture. — Quatre concours
- 1. Une ou plusieurs plantes fleuries ou à feuillage que la bonne culture aura fait arriver le plus près possible de son maximum de développement.
- 2. De 4 à 10 plantes fleuries ou à feuillage les plus remarquables par leur forme et leur développement.
- 3. Le plus beau lot de 20 plantes à feuillage ornemental.
- 4. Le plus beau groupe de 20 plantes diverses,, fleuries, à quelque catégorie qu’elles appartien- . nent.
- IV. Culture spéciale. — Deux concours
- 1. La plus belle collection de 5o plantes fleuries ou à feuillage, cultivées en vue de l’approvisionnement des marchés.
- 2. Le plus beau lot de plantes fleuries ou à feuillage, cultivées en vue de l’approvisionnement, des marchés.
- Huitième Époque. — 6-11 Septembre 1889
- Concours particulier CLASSE 79
- fleurs et plantes d’ornement
- I. Plantes d'ornement
- Concours (à déterminer) suivant les demandes des horticulteurs.
- II. Plantes nouvelles
- Trois concours : dans tous les genres de vé-
- p.844 - vue 432/496
-
-
-
- Troisième Année. — N° i_jq
- LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE 1SS9
- gétaux exposés entre les plantes nouvelles inédites :
- 1. D’importation.
- 2. D’introduction.
- 3. Obtenues de semis.
- Un concours : dans tous les genres de végétaux, exposés pour les plus belles plantes mises dans le commerce depuis 1878.
- III. Belle culture.
- Un concours : dans tous les genres de végétaux exposés entre les plus beaux exemplaires (t à 3 sujets par espèce ou variété).
- IV. Fleurs coupées. —Deux concours
- 1. La plus belle collection générale.
- 2. La plus belle collection de variétés dans chaque genre.
- V. Ornementation en fleurs naturelles. — Trois
- concours
- 1. Les plus beaux bouquets.
- 2. Les plus beaux motifs ou sujets divers.
- 3. Les plus belles garnitures d’ornementation diverses d’appartement, de table, etc.
- VI. Corbeilles de plantes fleuries ou à feuillages.
- Un concours entre les plus belles corbeilles de plantes fleuries ou à feuillage.
- CLASSE 80
- PLANTES POTAGÈRES
- I. Plantes potagères
- Concours permanent entre toutes les plantes potagères.
- II
- 1. Plantes nouvelles inédites d’importation n’ayant pas encore été mises dans le commerce.
- 2. Plantes nouvelles inédites d’introduction n’avant pas encore été mises dans le commerce.
- 3. Plantes nouvelles obtenues de semis, n’ayant pas encore été mises dans le commerce.
- 4. Les plus belles plantes mises dans le commerce depuis 1878.
- III. Belle culture. — Un concours.
- 1. Les plus beaux spécimens de plantes potagères.
- CLASSE 81
- FRUITS ET ARBRES FRUITIERS
- I. Fruits. — Trois concours.
- 1. Les plus belles collections de fruits frais en maturité dont les noms suivent : abricots, amandes, cerises, figues, framboises, groseilles, pêches, poires, pommes, prunes, raisins.
- 2. La plus belle collection de fruits divers (espèces ou variétés) de la région du Sud.
- 3. La plus belle collection de fruits à cidre de première saison, poires et pommes.
- II. Fruits nouveaux. — Cinq concours
- 1. Fruits nouveaux inédits d’arbres d’importation n’ayant pas encore été mis dans le commerce.^
- 2. Fruits nouveaux inédits d’arbres d’introduction n’ayant pas encore été mis dans le commerce.
- 3. Fruits nouveaux inédits d’arbres obtenus de semis n’ayant pas encore été mis dans le commerce.
- 4. Les plus belles variétés mises dans le commerce depuis 1878.
- 5. Les meilleures variétés mises dans le commerce depuis 1878.
- CLASSE 82,
- GRAINES ET PLANTS D’ESSENCE FORESTIÈRE
- Pas de concours.
- CLASSE 83
- PLANTES DE SERRE
- I. Platites diverses
- Concours (à déterminer) entre les plantes de serre qu’il y aurait impossibilité à présenter aux concours généraux.
- II. Plantes nouvelles. — Cinq concours.
- 1. Une ou plusieurs plantes fleuries ou à feuillage introduites le plus récemment en Europe.
- 2. Une ou plusieurs plantes fleuries ou à feuillage introduites directement en France.
- 3. Lot de plantes hybrides dont les parents seront indiqués.
- 4. Une ou plusieurs plantes fleuries ou à feuillages obtenues de semis et dans le commerce depuis 1878.
- 3. Une ou plusieurs plantes fleuries ou à feuillage obtenues de semis et dans le commerce depuis 1878.
- III. Belle culture. — Quatre concours
- 1. Une ou plusieurs plantes fleuries ou à feuillage que la bonne culture aura fait arriver le plus près possible deson maximum de développement.
- 2. De 4 à 10 plantes fleuries ou à feuillage les plus remarquables par leur forme et leur développement.
- 3. Le plus beau lot de 20 plantes à feuillage ornemental.
- 4. Le plus beau groupe de 20 plantes diverses, fleu ries, à quelque catégorie qu’elles appartiennent.
- IV. Culture spéciale. — Deux concours.
- 1. La plus belle collection de 5o plantes fleuries ou à feuillage, cultivées en vue de l’approvisionnement des marchés.
- 2. Le plus beau lot déplantés fleuries ou à feuillage, cultivées en vue de l’approvisionnement des marchés.
- Neuvième Époque. — 20-25 Septembre 1SS9
- Concours particulier
- CLASSE 79
- FLEURS ET PLANTES D’ORNEMENT
- I. Plantes d’ornement
- Concours (à déterminer) suivant les demandes des horticulteurs.
- II. Plantes nouvelles
- Trois concours : dans tous les genres de végétaux exposés entre les plantes nouvelles inédites:
- 1. D’importation.
- 2. D’introduction.
- 3. Obtenues de semis.
- Un concours : dans tous les genres de végétaux exposés pour les plus belles plantes mises dans le commerce depuis 1878.
- III. Belle culture
- Un concours : dans tous les genres de végétaux exposés entre les plus beaux exemplaires (1 à 5 sujets par espèces ou variété). '
- IV. Fleurs coupées. — Deux concours
- 1. La plus belle collection générale.
- 2. La plus belle collection de variétés dans chaque genre.
- V. Ornementation en fleurs naturelles.
- Trois concours
- 1. Les plus beaux bouquets.
- 2. Les plus beaux motifs ou sujets divers.
- 3. Les plus belles garnitures d’ornementation diverses d’appartement, de table, etc.
- VI. Corbeilles déplantés fleuries ou à feuillage
- Un concours : entre les plus belles corbeilles de plantes fleuries ou à feuillage.
- CLASSE 80
- PLANTES POTAGÈRES
- /. — Plantes potagères
- Concours permanent entre tous les genres de plantes potagères.
- II. Plantes nouvelles. — Quatre concours.
- 1. Plantes nouvelles inédites d’importation, n’ayant pas encore été mises dans le commerce.
- 2. Plantes nouvelles inédites d’introduction n’ayant pa s encore été mises dans le commerce.
- 3. Plantes nouvelles inédites obtenues de semis n’ayant pas encore été mises dans le commerce.
- 4. Les plus belles plantes mises dans le commerce depuis I878.
- III. — Belle culture.
- 1. Les plus beaux spécimens de plantes potagères.
- CLASSE 81
- FRUITS ET ARBRES FRUITIERS
- I. Fruits. — Trois concours
- 1. Les plus belles collections de fruits frais en maturité dont les noms suivent: abricots, amandes, cerises, figues, framboises, groseilles, pêches, poires, pommes, prunes, raisins.
- 2. La plus belle collection de fruits divers (espèces ou variétés) de la région du Sud.
- 3. La plus belle collection de fruits à cidre de première saison (poires et pommes )
- II. Fruits nouveaux. — Cinq concours
- 1. Fruits nouveaux inédits d’arbres d’importation n’ayant pas encore été mis dans le commerce.
- Dimanche 6 Novembre 1887. — 84D.
- 2. Fruits nouveaux inédits d’arbres d’introduction n’ayant pas encore été mis dans le commerce.
- 3. Fruits nouveaux inédits d’arbres obtenus de semis n’ayant pas encore été mis dans le commerce.
- 4. Les plus belles variétés mises dans le commerce depuis 1878.
- CLASSE 82
- graines et plantes d’essence forestière
- Pas de concours.
- CLASSE 83
- PLANTES DE SERRE
- I. Plantes diverses
- Concours (à déterminer) entre les plantes de serre qu’il y aurait impossibilité à présenter aux concours généraux.
- II. Plantes nouvelles. — Cinq concours.
- 1. Une ou plusieurs plantes fleuries ou à feuillage introduites le plus récemment en Europe.
- 2. Une ou plusieurs plantes fleuries ou à feuillage introduites le plus directement en France.
- 3. Lot de plantes hybrides dont les parents seront indiqués.
- 4. Une ou plusieurs plantes fleuries ou à feuillage obtenues de semis et non encore dans le commerce.
- 5. Une ou plusieurs plantes fleuries ou à feuillage obtenues de semis et dans le commerce depuis 1878.
- III. Belle culture.— Quatre concours
- 1. Une ou plusieurs plantes fleuries ou à feuillage que la bonne culture aura fait arriver le plus près possible de son maximum de développement.
- 2. De 4 à 10 plantes fleuries ou à feuillage les plus remarquables par leur forme et leur développement.
- 3. Le plus beau lot de 20 plantes à feuillage ornemental.
- 4. Le plus beau groupe de 20 plantes diverses, fleuries, à quelque catégorie qu’elles appartiennent.
- IV. Culture spéciale. — Deux concours
- 1. La plus belle collection de 5o plantes fleuries ou à feuillage, cultivées en vue de l’approvisionnement des marchés,
- 2. Le plus beau lot dé plantés fleuries ou à feuillage, cultivées en vue de l’approvisionnement des marchés.
- Sixième Époque. — 2-7 août 1S89
- Concours général CLASSE 79
- FLEURS ET PLANTES D’ORNEMENT
- I. Plantes d’ornement
- Concours (à déterminer) suivant les demandes des horticulteurs.
- II. Plantes nouvelles
- Trois concours : dans tous les genres de végétaux exposés entre les plantes nouvelles inédites :
- 1. D’importation.
- 2. D’introduction.
- 3. Obtenues de semis.
- Un concours : dans tous les genres de végétaux exposés pour les plus belles plantes mises dans le commerce depuis 1878.
- III. Belle culture
- Un concours : dans tous les genres de végétaux exposés entre les plus beaux exemplaires (un à cinq sujets par espèce ou variété).
- IV. Fleurs coupées — Deux concours
- 1. La plus belle collection générale.
- 2. La plus belle collection de variétés dans chaque genre.
- V. Ornementation en fleurs naturelles. — Trois concours.
- 1. Les plus beaux bouquets.
- 2. Les plus beaux motifs ou sujets divers.
- 3. Les plus belles garnitures d’ornementation diverses d’appartement, de table, etc.
- VI. Corbeilles de plantes fleuries ou à feuillage
- Un concours : entre les plus belles corbeilles de plantes fleuries ou à feuillage.
- p.845 - vue 433/496
-
-
-
- 846. — Troisième Année. — N° 149.
- CLASSE 80
- PLANTES POTAGÈRES
- I. Plantes Potagères.
- Concours permanent entre tous les genres de plantes potagères.
- II. Plantes nouvelles. — Quatre concours.
- 1. Plantes nouvelles inédites d’importation n’ayant pas encore e'te' mises dans le commerce.
- 2. Plantes nouvelles inédites d’introduction n’ayant pas encore été mises dans le commerce.
- 3. Plantes nouvelles inédites obtenues de semis n’ayant pas encore été mises dans le commerce.
- 4. Les plus belles plantes mises dans le commerce depuis 1878.
- III. Belle culture.— Un concours
- 1. Les plus beaux spécimens de plantes potagères.
- CLASSE 81
- FRUITS ET ARBRES FRUITIERS
- I. Fruits. — Trois concours
- 1. La plus belle collection de fruits frais de toutes sortes enmaturité : azeroles et fruits similaires, coings, figues, framboises, groseilles, noisettes, noix, pêches, plaqueminiers, poires, pommes, prunes, raisins.
- 2. La plus belle collection de fruits divers (espèces ou variétés) de la région du Sud.
- 3. La plus belle collection de fruits à cidre (pommes et poires).
- II. Fruits nouveaux. — Cinq concours
- r. Fruits nouveaux inédits d’arbres d’importation n'ayant pas encore été mis dans le commerce.
- 2. Fruits nouveaux inédits d’arbres d’introduction n’ayant pas encore été mis dans le commerce.
- 3. Fruits nouveaux inédits d’arbres obtenus de semis n’ayant pas encore été mis dans le commerce.
- 4. Les plus belles variétés mises dans le commerce depuis 1878.
- 5. Les meilleures variétés mises dans le commerce depuis 1878.
- CLASSE 82
- GRAINES ET PLANTS D’ESSENCE FORESTIÈRE
- L Plans en relief et dessins de forêts et de parc.—
- Un concours
- II. Graines forestières. —Quatre concours
- 1. La plus belle collection d’espèces ou de variétés de toutes essences.
- 2. Le plus beau lot de résineux en cônes.
- 3. Le plus beau lot de résineux en graines nettes.
- 4. La plus belle collection d’espèces et de variétés d’essences feuillues, à feuilles caduques et à feuilles persistantes.
- CLASSE 83
- PLANTES DE SERRE
- I. Plantes diverses. — Quinze concours
- Orchidées exotiques en fleurs : 1. La plus belle collection ; 2. La plus belle collection de 3o; 3. La plus belle collection de 12 ; 4. Le plus beau lot.
- Araliacées : 5. La plus belle collection; 6. La plus belle collection de 25 ; 7. Le plus beau lot.
- Cyclamens : 8. Le plus beau lot ; 9. Le plus beau lot de 25.
- Palmiers de serre froide : 10. La plus belle collection ; 11. La plus belle collection de 25 ; 12 Le plus beau lot.
- Palmiers cultivés en plein air dans le midi de la France : i3. La plus belle collection ; 14. La plus belle collection de 20 ; i5. Le plus beau lot.
- II. Plantes nouvelles. — Cinq concours
- 1. Une ou plusieurs plantes fleuries ou à feuillage introduites le plus récemment en Europe.
- 2. Une ou plusieurs plantes fleuries ou à feuillage introduites directement en France.
- 3. Lot de plantes hybrides dont les parents seront indiqués.
- 4. Une ou plusieurs plantes fleuries ou à feuillage obtenues de semis et non encore dans le commerce.
- 5. Une ou plusieurs plantes fleuries ou à feuillage obtenues de semis et mises dans le commerce depuis 1878.
- III. Belle culture. •— Quatre concours.
- 1. Une ou plusieurs plantes fleuries ou à feuillage que la bonne culture aura fait arriver le plus près de son maximum de développement.
- 2. De 4 à 10 plantes fleuries ou à feuillage les plus remarquables par leur forme et leur développement.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- 3. Le plus beau lot de 20 plantes à feuillage ornemental.
- 4. Le plus beau groupe de 5o plantes diverses, fleuries, à quelque catégorie qu’elles appartiennent.
- IV. Culture spéciale. — Deux concours
- 1. La plus belle collection de 5o plantes fleuries ou à feuillage, cultivées en vue de l’approvisionne ment des marchés.
- 2. Le plus beau lot de plantes fleuries ou à feuillage, cultivées en vue de l’approvisionnement des marchés.
- (A suivre.)
- COMITÉS DÉPARTEMENTAUX
- Par arrêté en date du 26 et du 27 octobre 1887, le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a nommé
- MEMBRES DU COMITÉ DÉPARTEMENTAL DE SAONE-ET-LOIRE :
- i° Sous-comité de ! arrondissement de Châlons-sur-Saône
- M. Gillot (Léon), conseiller général, maire de Sevrey.
- 20 Sous-comité de l’arrondissement de Louhans
- M. Mathey (Louis), conseiller général, maire de Thurey.
- MEMBRES DU COMITÉ DÉPARTEMENTAL DE LA HAUTE-MARNE
- i° Sous-comité de l’arrondissement de Langres
- MM. Brocard (Henri), secrétaire de la société d’archéologie de Langres; Gardiennet, avocat à Langres, juge suppléant, président de la société de tir langrois.
- 20 Sous-comité de l’arrondissement de Vassy
- MM. le directeur de l’asile des aliénés de Saint-Dizier; Royer, architecte à Joinville.
- BUREAUX DES
- COMITÉS DÉPARTEMENTAUX
- DROME
- Comité départemental
- Président : M. Courthial, négociant, président de la chambre de commerce de Valence. — Vice-présidents : MM : Roux, négociant, président du tribunal de commerce de Romans ; Tavan, président de la société des agriculteurs de la Drôme ; Bouvier, moulinier en soie, vice-président du sous-comité de Dié ; Loubet, sénateur, vice-président du sous-comité de Montélimar ; Richard député, vice-président du sous-comité de Nyons. — Secrétaires : MM. Breheret, professeur dépar-temeptal d’agriculture ; Tezier, vice-président de la société des horticulteurs de la Drôme, à Valence.
- Sous-comité de Valence
- Présidents : M. Courthial, négociant, président de la chambre de commerce de Valence. — Vice-présidents : MM. Roux-Ulysse, négociant, président du tribunal de commerce de Romans ; Tavan, président de la société des agriculteurs de la Drôme. — Secrétaires : MM. Breheret, professeur départemental d’agriculture ; Tezier, horticulteur, vice-président de la société dos agriculteurs de la Drôme à Valence.
- Sous-comité de Saint-Dié
- Président : M. Bouvier, moulinier en soie à St-Dié. — Vice- présidents : MM. Nal, conseiller général à Lucé ; Perrier, conseiller général à Crest. —Secrétaire : M. Chevalier, imprimeur à St-Dié. — Trésorier : M. Rulat, négociant à St-Dié.-
- Sous-comité de Montélimar
- Président : M. Loubet, sénateur, maire de Montélimar. — Vice-présidents : MM. Josserand; Fayn.
- Sous-comité de Nyons
- Président : M. Richard, député. — Vice -président : M. Laurent, conseiller général. — Secrétaire : M. Ravoux, pharmacien. — Trésorier : M. Pelissier, fabricant de chaux hydraulique. —
- Dimanche G Novembre 1S87.
- Membres : MM. Bonfils, conseiller général ; Porte, négociant, Espieu, minotier ; Bernard, docteur en médecine ; Aubert, ouvrie'r bottier.
- PUY-DE-DOME
- - Comité départemental
- Président: M. Côte-Blatin, agriculteur, conseiller général, à Clermont. — Vice-présidents : MM. Ossaye, ancien négociant, président de la société d’horticulture et de viticulture, président du conseil d’administration de la caisse d’épargne; Guillemin, conseiller général, maire de Thiers ; Farjon, conseiller général, président de la chambre consultative des arts et manufactures ; Sauret, président du tribunal de commerce, de Riom ; Bouy-Citernes, agriculteur à Saint-Cirques, conseiller d’arrondissement d’Issoire. — Secrétaires : MM. Yberty, manufacturier de pâtes alimentaires à Clermont ; Parmentier, directeur de la station agronomique du Centre, professeur de la faculté des sciences de Clermont ; Celme, président du conseil des prud’hommes de Clermont; Tardy-Jury, fabricant d’étamines à Ambert ; Sauvat, fabricant de passementeries à Brassac-les-Mines ; Girerd, imprimeur à Riom; Chamerlat, maire de Courpière.
- Sous-comité de Clermont
- Président d’honneur : M. le président du conseil général du département. — Président : M. Côte-Blatin, agriculteur, membre du conseil général à Clermont. — Vice-présidents : MM. Ossaye, ancien négociant, président de la Société d’horticulture et de viticulture du Puy-de-Dôme, président du conseil d’administration de^ la caisse d’épargne ; Torilhon, manufacturier à Chama-lières, chevalier de la Légion d’honneur; E. Gaillard, fabricant de papier à Saint-Amand-Tallende.—Secrétaire : MM. Parmentier,directeur de la station agronomique du centre, professeur à la faculté des sciences de Clermont-Ferrand ; Celme, président du conseil des prud’hommes à Clermont-Ferrand; Yberty, manufacturier de pâtes alimentaires à Chamalière, à Clermont-Ferrand, rue Neuve.
- Sous-comité d’Issoire
- Président : M. Chantagrel, député du Puy-de-Dôme. •— Vice-présidents : MM. Gauttier, négociant, maire d’Issoire ; Batifolin, notaire, agriculteur à Champeix. — Secrétaire : M. Daureille; propriétaire à Issoire.
- Sous-comité d’Ambert
- Présidents d’honneur : MM. Guyot-Dessaigne ; Barrière, députés du Puy-de-Dôme. —Président : M. Farjon, président de la chambre consultative des arts et manufactures d’Ambert, maire, conseiller général, à Ambert. — Vice-président : M. Féchet, maire d’Ambert, usinier. — Secrétaire : M. Ledieu-Bazin, secrétaire, de la chambre des arts et manufactures d’Ambert.
- Sous-comité de Thiers
- Président : M. Goutay, sénateur du Puy-de-Dôme, à Joze, par Maringue. — Vice-présidents : MM. Guillemin, maire de Thiers, chevalier delà Légion d’honneur ; Marigner, fabricant de chaux hydraulique à Joze, vice-président de la chambre de commerce de Thiers. — Secrétaires : MM. Chamerlat, maire de Courpière ; Astier-Pradon, fabricant de coutellerie à Thiers.
- Sous-comité de Riom
- Président : M. Gomot, député du Puy-de-Dôme, à Riom. — Vice-présidents : (Beaux-arts) MM. le docteur Girard, maire de Riom, conseiller général ; (Industrie), Sauret, président du tribunal de commerce; (Agriculture), Annet-Tallon, président du comice agricole. —Secrétaires : MM. Girerd, imprimeur à Riom ; Mandet, directeur du musée de Riom; Lecoq, agriculteur, maire de Neuf-Eglise ; Cabassut, entrepreneur de travaux publics à Riom; Paul Talion, agriculteur, maire de Tei-lhède.
- VAR
- Sous-comité de Toulon
- Président : M. Dorian, directeur des constructions navales en retraite. — Vice-présidents : MM. Abel fils, président d,.i tribunal de commerce; Flameng, propriétaire, président de la société d’agriculture et d’acclimatation du Var. — Secrétaires : MM. Zurcher, ingénieur .ordinaire des ponts et chaussées; Hardy, horticulteur à Hyères.
- ----------------------------------------
- p.846 - vue 434/496
-
-
-
- Trosième Année. — N° 149.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE1SS9.
- Dimanche G Novembre 1887. — 847.
- ÉCHOS
- Paris
- Rappelons, avec quelques-uns de nos confrères qu’une exposition internationale des inventions contre les dangers de l’incendie, ouvrira le mardi 25 novembre aux Champs-Elysées, dans le Pavillon de la ville do Paris, qu’elle occupera jusqu’au samedi 31 décembre. Le secrétariatprovisoire est, 2, rue Villejust.
- *
- ¥ ¥
- Les journaux d’art annoncent que le Cercle des Jeunes Artistes, (28, rue Fontaine), reçoit aujourd’hui dimanche, 6 novembre, les œuvres de peinture et sculpture destinées à l’exposition que nous avons annoncée.
- *
- ¥ ¥
- D épartements
- Rappelons qu’une exposition viticole de la Gironde aura lieu à Bordeaux entre le 10 et le 15 courant.
- k
- ETRANGER
- Allemagne
- Une exposition d’aquarelles, pastels et dessins, est actuellement ouverte dans les galeries do l’association artistique de Leipzig.
- Le noyau en est formé par une partie des œuvres qui furent cette année réunies et exposées à l’exposition internationale de Dresde dont nous avons parlé dans le courant del’été. L’expositionactuelle est fort intéressante et renferme un grand nombre <fœuvres nouvelles.
- *
- ¥ ¥
- Un grand mouvement se prépare en ce moment dans toutes les villes d’Allemagne pour organiser la participation de tous les grands .centres de l’Empire à l’exposition nationale d’art industriel de Munich (1888).
- De grands comités d’organisation se constituent pour chaque Etat ou pour chaque région, à Dresde, Karlsruhe, Darmstadt, Francfort, Hanau, Magdebourg, Stuttgard, Hambourg, Oldebourg.
- A Nuremberg, l’organisation est confiée à la direction du musée Bavarois du commerce et de l’industrie; en Alsace Lorraine au D1' Schrieker, secrétaire de l’Université de Strasbourg. Les directions des écoles d’art industriel de Nuremberg et du musée industriel du Palatinat, à Kaiserslantern ont adhéré à un projet d’exposition collective.
- Enfin, l’Union des industries artistiques de la Bavière a décidé à l’unanimité, dans son assemblée générale du 18 octobre, de souscrire une somme de 40.000 fr. pour le capital de garantie.
- *
- ¥ ¥
- L’exposition d’objets d’art ayant appartenu à Louis II de Bavière, exposition dont nous annoncions la prochaine ouverture dans notre dernier numéro, a été ouverte il y a quelques jours à Stuttgard. La note dominante en est le style Louis XIV pour lequel, on lésait, le pauvre roi avait une prédilection toute particulière.
- *
- * *
- L’Empereurvient d’approuver la liste des récompenses de l’Exposition internationale académique des beaux-Arts de Berlin.
- *
- * *
- On annonce que S. M. le roi de Portugal vient d’envoyer à l’union des artistes de Berlin une aquarelle signée de lui, en remerciement des heures agréables qu’il a passées l’année dernières au milieu d’eux à l’occasion de l’exposition des beaux-arts.
- Le sujet : un éventail et des Heurs.
- x x
- Angleterre
- Invention nous apprend l’organisation au Rot/al Aquarium de Londres d’une grande exposition de machines à coudre.
- * *
- La neuvième exposition nationale annuelle des brasseurs, malteurs, distillateurs, fabricants d’eaux minérales, marchands de vins et. spiritueux, etc., a eu lieu la semaine dernière àl’ Agriculture Hall d’Islington.
- La dixième exposition annuejle de la Seottish Water - Colour Society, (société écossaise des aquarellistes) a été inaugurée le samedi 22 octobre à Glasgow, dans les galeries du Fine-Art, lnsti-tutc, Sanchiehall-Street.
- k
- ¥ ¥
- L’exposition des cadeaux offerts à S. M. la Reine, à l’occasion de son jubilé, clôturera le mercredi 23 courant, au palais de Saint-James.
- ¥ *
- Australie
- On sait que l’Allemagne se prépare à participer officiellement à l’exposition internationale de Melbourne (1888), et que la nomination d’un commissaire impérial vient d’être décidée.
- Il paraît que l’on songe à confier ce poste au conseiller de gouvernement Reulaux, ex-commissaire général de l’empire aux expositions internationales de Melbourne et Sydney, et que sa nomination prochaine est attendue. *
- *
- ¥ ¥
- Autriche-Hongrie
- Un concours avait été ouvert pour les compositions des médailles qui seront, l’année prochaine, décernées à l’exposition qu’organise, à l’occasion du jubilé impérial, l’Union industrielle de la Basse-Autriche. (Voirnos précédents numéros).
- Le projet du professeur Stephan Schwartz a été choisi, .et le prix de 300 florins décerné à son auteur.
- ¥ ¥
- Belgique
- M. Lee Bapty, manager de l’Exposition internationale de Manchester, sera commissaire général pour l’Angleterre au concours de Bruxelles (1888).
- *
- ¥ ¥
- Etats-Unis
- Le Christ au Calcaire de Munkascy, que les Parisiens ont vu il y a quelques années à la galerie Selelmeyer, est exposé depuis le 12 octobre à New-York, au Tabernacle, 23e rue.
- disque une petite tache blanche en forme de rein, et vers l’angle supe'rieur une petite tache en forme d’œil.
- Les diverses me'tamorphoses se sont opérées •pendant la durée de l’Exposition et le public a pu voir depuis l’éclosion de l'œuf jusqu’à la transformation en chrysalide.
- Notre confrère M. Ramé, qui, en même temps que YAttacus Cynthia, exposait de très jolis spécimens d’espèces exotiques élevées à Paris, a obtenu la deuxième récompense. Cette médaille a été confondue avec celle de l’Insectologie dont nous parlerons un peu plus loin.
- Mme Simon présentait divers spécimens de soie obtenus d’espèces exotiques acclimatées et de plus des objets fabriqués, surtout de la dentelle faite avec cette soie.
- Une médaille d’argent du ministre de l’agriculture a été décernée à M. Lelong du Dreneuc pour ses études microscopiques sur la coupe des fils de soie exotique.
- Disons enfin que dans cette section un diplôme d’honneur a été décerné au ministère de la marine et des colonies, ainsi qu’une médaille de ire classe à M. Bilbault, conservateur adjoint du musée des colonies, pour participation à l’Exposition en présentant des soies et autres produits de la Guyane, du Sénégal, du Cambodge, du Tonkin et de la Cochinchine.
- ¥ ¥
- SOCIETE CENTRALE D APICULTURE ET D INSECTOLOGIE
- EXPOSITION DES INSECTES
- UTILES ET NUISIBLES Sous le patronage du Ministre de IAgriculture
- Du 27 août au 28 septembre 1887
- Dans l’Orangerie des Tuileries à 3?aris
- (Suite.)
- Dans cette première section nous avons constaté de réels progrès et nous espérons bien que les producteurs ne s’en tiendront pas là, qu’ils nous montreront au prochain concours général que lorsqüe l’on est dans la bonne voie on doit toujours faire de mieux en mieux.
- Du reste, les curieux s’arrêtaient enfouie devant les ruches garnies d’abeilles vivantes présentées parM. l’abbé Delépine et par M. Saint-Pée.
- Si maintenant nous passons à la section de la Sériciculture, nous aurons le regret de constater le nombre très restreint des exposants, aucun producteur de cette grande industrie nationale n’ayant voulu- prendre la peine d’envoyer des produits.
- M. Fallou a obtenu la médaille d’or du ministre de l’agriculture pour sa splendide collection d’At-taciens séricigènes de provenances exotiques et acclimatés dans la forêt de Sénart. Ce chercheur infatigable présentait des sujets hors ligne dans leurs divers états et accompagnés de leur produit respectif par de petits écheveauxde soie dévidée. Nous regrettons seulement que cet habile entomologiste ait cru devoir ménager la place, en serrant un peu trop ses sujets, ce qui nuisait à l’ensemble du coup d’œil.
- M. Caillas exposait un type de magnanerie qui devait servir à l’éducation de notre ver à soie indigène, mais les éclosions ayant manqué, le public n'a pu jouir du spectacle qu’auraient donné ces insectes utiles; il en a été un peu dédommagé par l’élevage de YAttacus Cynthia ou ver à soie de l’ailante, ce bombyx devenu tout à fait indigène, qui produit la soie nommée Tussor, a l’avantage d'être polyphage, ce qui en rend l’éducation facile, malheu-' reusement . la routine a jus-J qu'ici empêché) l’emploi de cette’ soie, soi-disant à cause de la difficulté du dévidage. *
- Lepapillonde l’ailante a ordinairement o, iq5 d’envergure certains sujets ayant jusqu’à 0,160.
- C’est comme on en peut juger par la figure, un magnifique lépidoptère, qui rappelle en plus petit YAttacus Atlas. Ses ailes brunes, nuancées de jaunâtre, sont traversées par deux bandes blanches et portent une tache arquée blanche bordée de noir antérieurement et de jaune au-dessous, puis sur le
- w.S?
- V'
- -V ',7-2 .x.-U
- v . XV
- Nous voici arrivés à la partie la plus attrayante. Vlnsectologie, qui, en effet, passionne beaucoup de monde, et beaucoup d'amateurs deviennent entomologistes en quelque sorte par la force des choses, d’aucuns sont même devenus de réels savants qui n’ont commencé que dans le but de se distraire et simplement de tuer le temps.
- Cette section est une des plus laborieuses à examiner, les exposants ayant été catalogués.le plus souvent sous un seul numéro pour de nombreuses vitrines représentant des genres bien différents.
- La grande médaille d’or du ministre de l’agriculture a été décernée à M. Ramé pour sa grande et savante collection : coléoptères, lépidoptères, orthoptères, névroptères, etc., comprenant douze grandes vitrines, puis contenus dans douze autres vitrines, les dégâts des scolytes et des longicornes, diptères utiles et nuisibles, collections d’ichneu-mons, chrysalides et cocons, etc., etc.
- En outre de ces vingt-quatre vitrines, cet exposant présentait encore un cadre contenant un chiffre monogramme, dessin de style, fait avec des ailes de papillons et des coléoptères tous dénommés scientifiquement. Enfin une très jolie aquarelle représentant le rucher du professeur Hametau Luxembourg.
- Venait ensuite la savante collection de coléoptères présentés par familles, avec tableaux explicatifs, présentée par M. A. Wallès qui s’est vu décerner une Abeille d'honneur. Cette exhibition classée scientifiquement et avec la plus scrupuleuse méthode attirait plus particulièrement le monde des savants.
- Des diplômes d’honneur ont ensuite été accordés à M. le docteur Trouessart pour ses préparations microscopiques d’acariens épizoïques et de ricins, différents spécimens de plumes attaquées par les sarcoptides plumicoles, des dessins grossis et des photographies microscopiques représentant ces infiniment petits ; M. Môntau-don, pour ses préparations anatomiques; M. Masson, pour sa collection de ravageurs des bois ; M. Debraine, pour ses vitrines d’insectologie; M. Mirand et enfin M. Daguin pour une collection complète des coléoptères et lépidoptères de la Haute-Marne, contenue en trente-six vitrines.
- Rappel de médaille de ire classe: M. Lesueur, collections de reptiles vivants.
- Médaille d'or du ministre : M. Chevalier, 48 vitrines d’insectes utiles ou nuisibles avec leurs
- p ro d u i t s ou leurs dégâts, et les parasites des parasites.
- Grande médaille de vermeil de la société d’agriculture de France : M. Gal-lais, nombreuse collection disposée pour l’enseignement.
- Médaille de ire classe G. M. ; M. Cazet ; M. Lancelevée; M. Morel; M. Gu illot pour une collection d’insectes vési-cants, plusieurs
- très belles vitrines de coléoptères exotiques aux élytres brillantes et aux formes étranges, préparés de main de maître, de même que des lépidoptères également exotiques aux couleurs irisées ou diaprées, et enfin pour une très belle vitrine d’oiseaux insectivores au plumage multicolore
- VW' i
- v
- Attacus cynthia, Drury ; vera, Guérin-Méncville.
- p.847 - vue 435/496
-
-
-
- 84S — Troisième Année — N 0 >49
- Kl.E MONITEUR DE L’EXPOSl MON DE 1SS9.
- Dimanche 6 Novembre 1887.
- Médaille de ire classe P. M. : M. Chrétien, pour une splendide collection de chenilles soufflées, cataloguées avec les noms scientifiques.
- Médaille d’argent du ministre de l’agriculture Mm* Wallès, pour ses vitrines de coléoptères classés et dénommés d’après Geoffroy (1764),
- Nous avons encore remarqué :
- Médaille de 2e classe G. M. : M. Bure, de l Guider, le seul exposant venu de l’Algérie, qui présentait une grande vitrine, les ravageurs de 1 Algérie, parmi lesquels il faut citer Y Acridium Egyp-tium, l’impitoyable sauterelle oui s’abat en nuages dévastateurs sur les champs algériens et dont les indigènes se vengent en la mangeant à la croque au sel; et une autre vitrine, les protecteurs de cette contrée ; dans celle-ci nous remarquons la Mante religieuse, en provençal Préga-Diou~ en raison de l’attitude pieuse de ses pattes de devant, qui, lorsqu’elle guette sa proie, imitent l’agenouillement.
- On remarquait aussi la collection de vésicants et de cynips exposés par M. Marvan.
- MM. Girardin, Puille, Teton, également médaille de 2e classe G. M.
- Parmi les produits nous citerons ;
- Médaille de 1» classe G. M. : MM. Bazire, Clostre, Bourgeois, Cottu,de Meyer, etc.
- * *
- Il esta peu près impossible de citer les travaux de la section Enseignement, ces travaux consistant en volumes, cahiers, brochures, travaux d’élèves.
- Les éditeurs ont obtenu des diplômes d’honneur.
- Parmi ces diplômes il nous faut citer la maison Hachette qui présentait la collection de ses magnifiques bons points scolaires ; M. Bouasse-Lebel et Massin pour ses tableaux de collections d’insectes, batraciens, mollusques, reptiles etc. M. Natan, série de tableaux représentant les oiseaux insectivores. Le Magasin pittoresque présentait trois grands cadres contenant des épreuves de leur publication, sur l’habitat des insectes de toute nature, disposés avec le goût que Ton connaît aux collaborateurs de M. Charton. Puis à côté le Moniteur d'horticulturey qui présentait différents spe-eimens de la flore des tropiques. M. Chauré avait aussi mis à la disposition du public quantité d’exemplaires de cette intéressante publication qui ne laisse jamais passer un numéro sans donner à ses lecteurs un article sur l’insectologie agricole.
- Rappel de médaille de ire classe : MM. les instituteurs Lavenne, Patte.
- Médaille ire classe: MM. Tarlin, Perron, Téton, qui ont en outre obtenu des livres et médailles pour leurs élèves, ainsi qu’un diplôme pour leur école.
- Un diplôme de mérite a été décerné au Musée pratique d’histoire naturelle (collection des charançons de France).
- Médaille ire classe: M. Trouillet, architecte du gouvernement et médaille de 2eclasse à MM. Tour-mant père et fils.
- ¥ ¥
- Il nous reste à parler de la section des Beaux-Arts.
- Médaille de ire classe G. M. : Mlle Lagoderie pour un éventail violettes et papillons, un éventail églantines et insectes, puis le portrait de Michelet (l’auteur de Y Insecte) émail dit de Limoges. Ce bouquet de violettes enveloppé de la vapeur du matin et ces papillons voltigeant dans l’espace sont du plus gracieux effet ; quanta l’autre, ces roses et ces ronces ont un air de forêt vierge et les mouches, les libellules qui n’osent à peine s’en approcher semblent craindre de déchirer aux ronces leurs ailes transparentes. Le portrait de Michelet est un chef-d’œuvre. L’éventail présenté par Mra9 L. de Waldner est composé d’oiseaux qui dans l’envolée font la chasse aux papillons, tout cela est campé dans l’air d’une façon charmante.
- (A suivre.)
- —------- ...-nB»y ' «1,01-------
- A LA CHAMBRE DE COMMERCE
- DE PARIS
- Avec l’assentiment de M. le ministre du commerce et de l’industrie, la chambre de commerce de Paris a décidé que les chambres de commerce seraient invitées à envoyer à Paris un ou plusieurs délégués pour prendre part à une réunion qui doit avoir lieu, 2, place de la Bourse, le mercredi 2 3 novembre.
- L’ordre du jour comprendra la discussion d’une convention internationale sur la propriété industrielle, et de questions coloniales.
- Les délégués pourront, èn outre, profiter de cette circonstance pour échanger leurs idées sur d’autres points, comme la participation à l’exposition de 1889 et la création d’un musée national du commerce Français.
- LES LIVRES
- CXXIX
- Les Mémoires d’Antoine ou Notions populaires de morale et d’économie politique, par Antonin Rondelet, ouvrage couronné par l'Académie française. — U Alsace-Lorraine en Australie. Histoire d’une famille d’émigrants sur le continent austral, par Armand Dubarry, illustré de gaavures sur bois, 2 vol. in-18. Librairie académique Didier, Perrin et C'% libraires-éditeurs.
- Voici deux excellents ouvrages de vulgarisation et de moralisation d’un ton très différent, mais qui, par des sentiers divers, tendent et arrivent au même but : fournir une lecture saine, vivifiante, instructive et amusante à la fois, qui laisse à l’esprit et au cœur du lecteur des notions utiles et de bons exemples. Nous allons les feuilleter successivement en disant au public honnête et sérieux, auquel nous les recommandons, ce qu’il y trouvera de renseignements curieux, de leçons fécondes, ce qu’il y prendra tour à tour de plaisir et de profit. Trop rares malheureusement sont les livres dont on peut en dire autant.
- Les Mémoires d’Antoine sont l’histoire, racontée par lui-même, d’un ouvrier charpentier de Lyon, qui, après avoir passé par toutes les péripéties, par toutes les vicissitudes du métier, se dégrossit, s’affine peu à peu au contact de la vie, à l’épreuve de l’expérience, devient d’apprenti compagnon, de compagnon contremaître, de contremaître patron, fait son tour de France, s’établit, se marie, fait à son tour souche d’ouvriers habiles et d’honnêtes gens, est propriétaire, maire de son village et laisse une mémoire honorable et honorée. Chemin faisant, grâce à la sollicitude d’un patron éclairé, grâce à la lecture de quelques bons livres, il acquiert par lui-même cette instruction et cette éducation qu’aujourd’hui avec le développement de notre civilisation, tout ouvrier intelligent, économe et sage peut se donner, de façon à s’élever peu à peu au niveau des classes dirigeantes. Il se débarrasse des préjugés et des erreurs de sa situation. Il fait son apprentissage moral et social en même temps que son apprentissage professionnel. Il s’initie au mécanisme de nos institutions. Il apprend l’économie politique de la bonne façon, sans utopie et sans chimère. Toute cette initiation progressive est contée dans un style familier, aisé, tour à tour avec une pointe de malice ou une pointe de sentiment. On s’intéresse au héros victorieux de cette lutte contre l’ignorance et contre la misère. On le voit triompher non sans payer à l’expérience son inévitable tribut de déceptions et de leçons parfois rudes, et s’élever par le travail, par le bon sens, par l’effort en tout sens à une destinée supérieure à celle à laquelle il semblait condamné. Ces Mémoires d'Antoine rappellent par leur bonhomie non sans finesse les Mémoires des Français des divers états aux trois derniers siècles de notre histoire qu’Alexis Monteil a su si bien écrire. L’auteur, M. Rondelet, les a rédigés en s’inspirant un peu de ce modèle comme forme et comme fond des ouvrages de Le Play. C’est de l’Emile Souvestre moins le roman, c’est de l’Audiganne chrétien.
- Quoique M. Rondelet ait évité autant que possible les écueils du sujet, notamment une certaine monotonie dogmatique, didactique, il n’a pu aiteindre (il ne se l’est d’ailleurs pas proposé) à l’effèt et au succès plus vif d’une narration plus animée, comme M. Armand Dubarry. Son ouvrage met en scène et montre en action un groupe d’émigrants Alsaciens-Lorrains parvenant à Melbourne, but de leur odyssée, à travers des aventures, des mésaventures qui mettent singulièrement en relief la suprématie du principe de la solidarité, de l’union fraternelle, de l’association, de la mise en commun des forces, sur celui de l’énergie, toujours un peu égoïste et intéressée, delà volonté individuelle, de la lutte isolée. Ce qui fait à nos yeux l’intérêt du Robinson Crusoé, c’est le drame de cette lutte üe l’iiomme seul contre la mauvaise fortune. Mais la moralité du Robinson Crusoé est trop particulièrement anglaise. Il manque quelque chose à ces victoires et conquêtes du Robinson anglais. Il y manque ce qui fait le ressort de notre société moderne, l’idée de la puis-ssnce de l’association, de la lutte en commun, du charme de la fraternité humaine. Le Robinson suisse a cherché à combler la lacune. Là, c’est une famille, qui réunit ses forces pour triompher de l’isolement, de l’abandon sur une terre inconnue. U y a un progrès de plus dans cette idée de dix-huit Alsaciens-Lorrains fuyant le joug prussien et arrivant à travers les naufrages, les longues marches dans le dangereux inconnu de la nature australienne à fonder une colonie agricole, dont chaque groupe, chaque famille assure l’avenir par la mise au service de la communauté de toutes les aptitudes, de toutes les expériences, de toutes les ressources, vivifiée parles haines et les espérances de cette religion patriotique, la dernière et la plus sûre de toutes. Car il peut y avoir dissidence sur le Dieu à adorer, il'n’y en a pas sur la patrie à aimer et à faire respecter à l’étranger.
- La fiction imaginée par M. Dubarry est tellement imprégnée de réalité qu’on s’y laisse pren-
- dre et que ce journal de l’instituteur, le chef intellectuel et moral de la caravane d’Alsaciens émigrés, donne l’impression du vu, du vécu, du souffert d’une relation authentique. L’auteur a très habilement excité, par des scènes variées, des épisodes tour à tour comiques et tragiques, un heureux relief des types et des caractères, ce qui fait que chaque personnage se détache bien sur l’ensemble avec une originalité distincte, un intérêt qui ne languit pas un s^ul instant. C’est ainsi qu’il nous conduit du naufrage du Franklin au séjour sur l’île d’Amsterdam, puis à la marche vers Victoria à travers les dangers d’une nature dont la flore et la faune sont à peine connues de la science et les luttes avec la barbarie cannibalesque, aux placers et aux combats de boxe, où le champion français l’emporte si héroïquement sur le champion allemand de la région de Ballarat, pour nous arrêter enfin dans le riant et patriarcal tableau de la concession Y Alsace-Lorraine dans l’Etat de Victoria, où nos colons unis, bientôt devenus riches par le travail, aspirent au retour triomphal dans la patrie redimée et aux larmes de joie succédant aux larmes nostalgiques avec lesquelles ils écoutent leur compagnon Maréchal, jouant sur son hautbois la valse du Lauterbach.
- Il y a plus qu’un bon livre dans l’ouvrage de M. Armand Dubarry. Il y a une bonne action. Il y a la glorification non seulement par les paroles, mais par les faits de ces nobles passions, les seules fécondes, l’amitié fraternelle, l’union des forces dans le travail pour le triomphe dans la lutte de la vie, la fidélité à la double religion de la famille et de la patrie.
- M. DE LESCURE.
- ------------iTiTïïiîir» O --------
- LES THEATRES
- Vaudeville : Le Père
- M. Jules de Glouvet, alias Quesnav de Beaure-paire, est un écrivain distingué qui cumule agréablement les fonctions de magistrat avec celles de romancier en vogue.
- Ses succès au tribunal et chez les libraires lui ont donné la louable ambition d’aborder le théâtre et d’ajouter à ses couronnes de nouveaux lauriers. Malheureusement ceux-ci se sont trouvés cette fois trop verts et le nouvel auteur n’a pas su les cueillir.
- Naturellement la situation de M. de Glouvet lui impose la discussion des problèmes sociaux et la thèse adoptée par lui est celle-ci :
- Une femme mariée a eu un enfant d’un amant, puis elle est morte. L’amant vole cet enfant, une fille, et l’élève. Le mari qui connaît son déshonneur prend philosophiquement ce rapt et déclare à tout le monde le décès de sa pseudo-fille.
- Et personne ne s’étonne de cela et nul ne songe à s’enquérir dans la famille ou l’entourage, chez la nourrice ou les gens qui la gardaient, de l’acte mortuaire de celle qui a disparu.
- Invraisemblance d’autant plus criante qu’elle est l’œuvre d’un légiste.
- Mais la fille devenue grande veut se marier, car elle aime et le véritable père, pris au trébuchet, ne pouvant accéder à son désir, puisqu’elle n’a pas d’état civil, va trouver le mari trompé pour lui demander naïvement le bonheur de l’enfant de l’adultère.
- Le mari refuse. Mais de son côté il est amoureux et voudrait se remarier. O mon Dieu ! le dénouement imaginé par l’auteur est bien simple. La future femme exige du mari trompé qu’il fasse procéder officiellement à la noce de sa fille adultérine moyennant quoi elle lui donnera sa main.
- Et le tout se termine par cette espèce de partie carrée matrimoniale.
- L’action absolument nulle de cette comédie qui se passe toute en dialogues, en allées et venues de personnages d’un intérêt médiocre, n’a pas réussi à émouvoir le public.
- Le stjle de la pièce est lui-même d’une banalité désespérante et ne dénote certainement pas chez M. de Glouvet l’étoffe d’un auteur dramatique.
- L’interprétation ne pouvait opérer un sauvetage impossible. M. Dupuis le père,'en artiste qui sent le terrain lui manquer, s’est montré cette fois un peu monocorde et ne nous a' pas procuré l’émotion qu’il sait si bien amener d’habitude par son jeu sobre et fin ; M. Duflos a parlé presque constamment trop bas ; seul M. Montigny s’est tiré habilement du rôle ingrat du mari trompé.
- C’est une débutante, Mlle Rolland, alias Chai-gneau , qui tenait l’emploi de la jeune fille. Mlle Rolland a de la tenue, mais il faut compter avec une grande inexpérience, qui nous empêcherait de la juger sur ce seul rôle.
- Mlle de Cléry, en revanche, a montré beaucoup d’adresse et de grâce dans un personnage insignifiant qui n’a que le mérite d’amener le dénouement par le moyen facile que Ton sait.
- Alfred Delilia.
- Le Gerant, GARREAU.
- Tours. — lmp. E. ARRAULT et , rue de la Préfecture, 6,
- p.848 - vue 436/496
-
-
-
- Le Moniteur
- DE
- L’EXPOSITION DE 1889
- \
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
- TROISIÈME ANNÉE. Dimanche 13 Novembre 1887. NUMÉRO i5o
- SOMMAIRE :
- 1. Les travaux du Champ-de-Mars ; 2. Première séance de l’Exposition rétrospective du Travail •, 3. La participation à l’Exposition de 1889; 4. Le comité de la presse à l’Exposition de 1889 î 5. Les congrès et conférences àl’Exposition de 1889', ô. L’Exposition d’économie sociale en 1889; 7. Nominations; 8. Bureaux des comités départementaux de la Côte-d'Or, de la Gironde, de la Haute-Vienne, des Pyrénées-Orientales, de Saône-et-Loire; 9. Commission decontrôle et de finances; 10. L'Horticulture à l’Exposition de 1889 ; 1 1 . Les Echos ; ta. Sciences et industrie ; i3.^Exposition des insectes ; 14. Les Livres; i5. Les Théâtres.
- EXPOSITION UNIVERSELLE
- DE 18 8 9
- LES TRAVAUX DU CHAMP-DE-MARS
- Parmi les personnes qui se rendent aux abords du pont d’Iéna pour constater les progrès des travaux de l’Exposition, il en est énormément que l’entreprise de M. Eiffel intéresse au plus haut point; elles en suivent avec attention les moindres phases, et éprouvent un véritable plaisir à voir s’élancer vers le ciel ces immenses pylônes métalliques dont la hardiesse est encore accrue par leur inclinaison considérable.
- Si quelques, personnes manifestent des sentiments de frayeur et admirent le courage qu’il faut pour travailler à une telle hauteur, beaucoup d’autres, au contraire, seraient bien aises de se trouver, ne fût-ce qu’un moment, à la place des ouvriers pour se rendre compte de la sensation éprouvée et de l’aspect présenté par le chantier, vu du sommet d’un des montants de la tour, mais la défense de pénétrer sur les travaux et surtout de monter dans les piliers est formelle, nul ne peut l’enfreindre, le désir des visiteurs reste donc impossible à contenter : ces précautions sont du reste fort naturelles et on conçoit que, dans une pareille entreprise, il faille prendre toutes les mesures nécessaires pour éviter les accidents inutiles.
- Pour satisfaire, autant que possible, cette curiosité d’une partie du public, nous avons fait photographier la pile n° 2 du haut de la pile n° 4. Nos lecteurs pourront donc, sauf toutefois en ce qui concerne la sensation du vertige, juger de la vue que présente cette construction métallique regardée de haut en bas : l’effet est grandiose et, en songeant qu’on ne voit là que 'la huitième partie environ de la hauteur totale qu’aura l’édifice, on peut apprécier combien merveilleuse sera cette construction, échantillon sans pareil de l’art métallurgique.
- Vers le commencement du mois d’août nous signalions à nos lecteurs l’entreprise de la reconstitution de la Bastille, et nous promettions d’en reparler plus tard ; le moment nous semble venu de tenir notre promesse en entrant dans quelques détails sur ce projet, qui se rattache intimement à l’Exposition, en ce sens qu’il a pour but de faire revivre momentanément un quartier de Paris, qui disparaissait précisément à l’époque dont l’Exposition se propose de célébrer le centenaire.
- Depuis longtemps, l’auteur du projet, M. Coli-bert, architecte, caressait l’idée de cette reconstitution historique ; il avait, dans cet espoir, élaboré un plan complet et réuni tous les documents indispensables; ayant fait part de ses intentions à M. Perrusson, manufacturier .du département de Saône-et-Loire, ce dernier, séduit par cette entreprise, offrit son concours
- à M. Colibert qui l’accepta, cette collaboration lui facilitant les moyens de réaliser son plus cher désir.
- Ces messieurs voulant profiter de l’intérêt qu’apporterait à leur tentative l’approche de l’année 1889, se mirent immédiatement à l’œuvre, et déployèrent une telle activité que les travaux, commencés au mois d’avril, sont déjà en grande partie achevées ; ils sont, en tous cas. suffisamment avancés pour qu’on puisse se rendre compte, dès maintenant, de l’effet à la fois curieux et saisissant que présentera cette résurrection temporaire d’une des parties les plus intéressantes de ce vieux Paris, presque entièrement disparu aujourd’hui.
- On sait que le nom de Bastille ou Bastide , s’appliquait en général à certains ouvrages de délense, qui garnissaient de place en place l’enceinte continue d’une ville. Dans celle qu’Etienne Marcel fit élever vers le milieu du xive siècle, pendant la captivité du roi Jean, pour préserver Paris que ne protégeaient pas suffisamment, contre les Anglais envahisseurs, les fortifications de Philippe-Auguste, dans cette enceinte, disons-nous, on distinguait deux bastilles principales : celle de Saint-Denis et celle de la porte Saint-Antoine ; c’est cette dernière dont ta reconstitution, y compris ses abords, fait l’objet du projet qui nous occupe. Avant d’entrer dans la description des travaux, rappelons sommairement l’origine de ces constructions, dont le nom évoque tant de souvenirs, et qui furent .le théâtre des nombreux événements que l’histoire a consacrés, et dont l’art dramatique et le roman s’emparèrent pour faire le fond d’ouvrages qui ont toujours passionné le public.
- La bastille Saint-Antoine, d’abord simple porte flanquée, comme c’était alors l’usage, de deux grosses tours, ne devint que plus tard la forteresse dont il fut si souvent question ; construite sous le règne de Charles VI et de Charles VII, elle fut commencée en 136g ou 1370 par Hugues Aubriot, prévôt de Paris ; son achèvement complet n’eut lieu que vers 1384.
- A cette époque, en plus des deux tours primitives elle en comprenait six autres, ce qui faisait un total de huit. Ces tours, hautes de 73 pieds et dont les murailles étaient épaisses de 10 pieds, avaient chacune leur nom ; rappelons seulement celle de la Bazinière et celle de la Bertaudière, qui ont été popularisées par maints récits plus ou moins historiques et notamment par Alexandre Dumas dans ses merveilleux romans de cape et d’épée.
- Pour entrer dans Paris, venant de la direction de Vincennes, on passait d’abord sous un arc triomphal qui fut commencé sous Henri II, et achevé sous Henri III ; cet arc fut reconstruit en 1660 pour l’entrée de Louis XIV, on le remania ensuite en 1672, et enfin on le démolit en 1788. Après avoir franchi cet arc, on pénétrait dans la ville par la vraie porte Saint-Antoine, en laissant à sa gauche la forteresse dont l’entrée principale, avec son pont-levis, se trouvait sur le petit côté opposé à la porte ; pour aller de cette dernière au pont-levis du fort, en côtoyant les fossés le long desquels s’élevaient de petites boutiques dont les auvents formaient une sorte de galerie oû on pouvait au besoin s’abriter.
- En tournant le dos à la Bastille (pour nous servir du nom par lequel la bastille Saint-Antoine finit par être simplement désignée], on avait devant soi la rue Saint-Antoine oû, parmi
- les plus importantes constructions, on remarquait, sur la gauche, l’hôtel de Lesdiguillières, l’hôtel de la Reine, l’église Sainte-Marie, l’hôtel de Mayenne, l’église Saint-Paul... etc., le reste se composait de maisons en général fort simples entre lesquelles s’ouvraient les diverses rues qu’on voit encore de nos jours, la topographie générale étant restée à peu près la même, et les changements n’ayant guère porté que sur les constructions qui furent remplacées par d’autres à l’exception de quelques-unes telles que l’église Sainte-Marie, l’hôtel de Mayenne, un peu modifié, et l’église Saint-Paul, qui subsistent encore.
- Cette bastille Saint-Antoine, où son fondateur, Etienne Marcel, trouva la mort en 1358, occupait l’espace où débouchent aujourd’hui la rue Saint-Antoine et le boulevard Henri IV, et servait à protéger le quartier de l’hôtel Saint-Paul, alors résidence royale ; elle fut successivement prison d’Etat et prison ordinaire, elle servit également de dépôt pour des armes et des archives, ces dernières furent presque toutes détruites en 1789, lors de la prise de la_ forteresse.
- Parmi les prisonniers fameux qui, pour des motifs divers, se virent enfermés dans cette prison, nous citerons : Ambriot, son constructeur, Fouquet, surintendant des finances, et son ami Pellisson qui, pour tromper l’ennui de sa captivité, apprivoisa une araignée, Voltaire qui. dans sa jeunesse, y resta un an et demi (1715), Labourdonnais, et enfin Latude dont l’évasion célèbre et la longue captivité fournirent les données de tant de romans.
- C’est ce coin de notre vieille ville, si plein de souvenirs de toutes sortes, que MM. Colibert et Perrusson veulent faire renaître, non sous forme d’un froid panorama ou d’une réduction à petite échelle, mais en réalité, sous forme de constructions durables, de grandeur réelle, et dans lesquelles on pourra se promener, évoquer le passé et revivre un moment la vie d’il y a cent ans, sans qu’aucun détail de cet ensemble vienne, par un anachronisme fâcheux, rompre l’enchantement qui transportera les visiteurs en plein xvmc siècle.
- Tout a été, grâce à des documents indiscutables, étudié et reconstitué avec la fidélité la plus scrupuleuse et le seul accroc donné à la vérité consiste dans le choix de l’emplacement. Il est évident qu’il eût été plus intéressant de réédifier chaque chose à sa véritable place, mais des empêchements majeurs s’y opposant, force fut aux auteurs du projet de choisir un autre endroit, du reste le hasard les servit à souhait et, à l’angle des avenues de Suffren et de Lamothe-Piquet, ils trouvèrent un terrain dont la configuration coïncidait exactement avec celle du quartier Saint-Antoine indiqué sur le plan dit ue Turgot.
- L’espace occupé par les constructions est d’environ un hectare ; les bâtiments qui l'enserreront, et tous, copie exacte des habitations de l’époque, masqueront complètement la vue qui ne pourra se reporter sur rien, rappelant l’actualité, et restera ainsi sous le charme des choses et des gens datant du siècle passé. C’est avec intention que nous disons les gens d’il y a un siècle, car les locataires des cinquante et quelques boutiques qui se dresseront autour de la Bastille auront le costume qu’on portait en 1789. et ce qui ajoutera encore à l'illusion, c’est qu'on les verra dans leur milieu naturel, cha- cune de ces boutiques étant la reproduction
- p.849 - vue 437/496
-
-
-
- 85o. — Troisième Année. — NJ i5o.
- exacte d’une habitation similaire du xvmc siècle avec ses toits en pointe, ses pignons, ses auvents, ses petits carreaux verdâtres et aussi avec ses curieuses enseignes ; dont on rencontre encore de ci de là quelque spécimen oublié.
- Les parties principales de ce projet sont d’abord : la Bastille avec ses tours, ses ponts-levis, son fossé plein d’eau et ses caveaux où on pourra voir des prisonniers, genre Musée Gre-vin, puis l’église Sainte-Marie, aujourd’hui temple protestant et diminuée de quelques-uns des ornements qui s’y trouvaient alors, l’hôtel' de Mayenne. 11 y aura aussi les trois grandes portes : celle de l’Arc de Henri II, dont nous parlions plus haut, celle de l’arsenal conduisant à l’entrée de la Bastille, et celle de la Conférence, qui fermera la rue Saint-Antoine du côté de l’avenue de Suffren ; cette dernière n’était pas réellement en cet endroit, et si les constructeurs l’ont choisie pour terminer leur enceinte, c’est qu’elle s’offre comme un type remarquable tant au point de vue de ses proportions que des ornements qui la décorent.
- Les tentatives de reconstitutions historiques qui ont été faites à deux reprises différentes à Londres et à Anvers, ont eu le plus grand succès ; nous sommes donc convaincu que la réédification du quartier Saint-Antoine, avec son importance et sa scrupuleuse fidélité, offrira un spectacle inoubliable, et que le iei‘ mai 1888, date à laquelle on fera l’inauguration, le public se pressera pour admirer cette résurrection d’un autre âge qui aura sur les panoramas, un peu monotones, l’avantage d’être réelle ; du moins, on pourra circuler, regarder, étudier en détail. Certainement, l’aspect de cet ancien quartier, connu très imparfaitement par les dessins qui ont été publiés, sera absolument curieux et l’animation sera sans nul doute constante au milieu de ces boutiques, de ces cabarets, de ces hôtels que dominera la silhouette imposante de la Bastille.
- H. de Baf.cker.
- PREMIÈRE SÉANCE DE LA COMMISSION DE
- L'EXPOSITION RÉTROSPECTIVE DU TRAVAIL
- et des Sciences anthropologiques
- La commission de l’exposition rétrospective du travail et des sciences anthropologiques a tenu sa première séance vendredi dernier sous la présidence de M. le Ministre du commerce et de l’industrie.
- M. Jules Simon, sénateur, et M. de Quatre-fages, membre de l’Institut, président et vice-président de la commission, assistaient le ministre.
- Parmi les membres présents, nous citerons :
- MM. Faye, Heuzey, Bréal et Jurien de la Gra-vière, membres de l’Institut ; général Grévy, sénateur ; Sadi-Carnot, député ; Picard, président de section au conseil d’Etat ; l’amiral Cloué, Ed. De-taille, et M. Deck, administrateur de la manufacture de Sèvres, G. Berger, directeur général de l’exploitation de l’Exposition de 1889.
- Le ministre a ouvert la séance en prononçant l’allocution suivante :
- Messieurs,
- En prenant place à ce fauteuil, que je me sens un peu confus d’occuper, en voyant autour de moi tant d’hommes éminents, mon premier mot sera pour vous remercier d’avoir bien voulu accepter la mission que vous a confiée le gouvernement. Vous savez quel en est l’objet.
- Ainsi que je l’ai dit dans une récente occasion, nous n’avons pas voulu que l’Exposition de 1889 fut seulement l’exhibition plus ou moins complète des produits de toute nature, recueillis sur les différents points du globe et rassemblés au Champ-de-Mars. Elle doit avoir une portée plus haute, une signification plus élevée.
- A côté des splendeurs de la civilisation moderne, nous voulons que le visiteur puisse voir, d’une manière saisissante, par quelles transformations l’homme a passé depuis les temps les plus reculés que nous connaissions, comment, aux prises avec la nature, il a su la vaincre, comment ses organes se sont affinés, son intelligence développée, par quels efforts continus, quel travail constant, s’élevant toujours, sé perfectionnant sans cesse, il est arrivé de l’état primitif à l’état actuel.
- Quoi de plus curieux et de plus intéressant que de suivre ainsi pas à pas, étape par étape, la marche de l’humanité à travers les siècles 1 Tel est précisément le programme de « l’Exposition des sciences anthropologiques et de l’histoire rétrospective du travail ». Je viens d’en résumer les traits essentiels, il vous appartient de le réaliser. Votre compétence et votre autorité vous rendront
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1S80.
- cette tâche facile, et j’ai la conviction que vous la remplirez à l’honneur du pays.
- M. Jules Simon a remercié le ministre de ses paroles de bienvenue et l’a assuré de la bonne volonté et du dévouement de tous les membres.
- M. G. Berger a rappelé en quelques mots quel était le mandat de la commission et comment les diverses sections devaient se partager le travail pour mener à bonne fin l’œuvre entreprise.
- Chacune des cinq sections a constitué immédiatement son bureau.
- -----------T» 0 «---------
- LA PARTICIPATION ÉTRANGÈRE
- A L’EXPOSITION DE 1889
- L’industrie suédoise se prépare à participer à l’Exposition de 1889, ainsi que nous l’avons annoncé. L’Evénement nous apprend aujourd’hui qu’à Stockholm le ministre des affaires étrangères a promis au chargé d’affaires de la République française que le gouvernement suédois seconderait le mieux possible ses nationaux et leur donnerait les plus grandes facilités pour le transport des produits à exposer.
- En même temps est arrivée la nouvelle de la participation officielle du Chili à l’Exposition de Paris. M. Lanen, ministre de la République française, vient d’en informer M. Flourens. Le gouvernement chilien demande seulement, comme a fait la délégation italienne, qu’un emplacement à déterminer soit spécialement attribué à ses exposants, afin qu’ils puissent se grouper et faire ainsi apprécier leurs industries nouvelles.
- Une autre participation encore est à signaler, qui ne sera pas la moins curieuse, la participation des divers fabricants japonais. Une dépêche de notre chargé d’affaires de Tokio vient de l’annoncer comme parfaitement certaine. On n’a pas oublié le succès de l’Exposition japonaise, au Champ-de-Mars également, en 1878. Depuis lors, l’imitation de quantité d’objets japonais en a fait chez nous, pour ainsi dire, des articles-Paiis. Or, les vrais fabricants du Japon prétendent avec raison triompher sur place, ici même, de ces imitations effrontées, par une vaste et riche exhibition de leurs vrais bronzes, de leurs vrais ivoires, de leurs vraies porcelaines.
- Quelques inexactitudes avaient été répandues sur la participation de la Suisse à l’Exposition de 1889. On avait prétendu que cette participation ne devait guère comprendre que les montres de Genève et les soieries de Zurich. Or, M. Lucien Dautresme, ministre du commerce et de l’industrie, vient d’être officiellement informé que non seulement Zurich et Genève schsignaleront à notre Exposition dans les conditions les plus larges et les plus intéressantes pour ces deux industries, mais que les autres fabriques importantes, telles que les broderies, les impressions de Saint-Gall et Claris, les cotons filés, les usines de Winterthur, etc., se préparent également à exposer leurs produits de tous genres.
- Ces renseignements ont été donnés directement à M. Emmanuel Arago, ambassadeur de la République française à Berne, par M. le président Droz qui, à cette occasion, vient de renouveler, au nom de la Suisse, les dispositions les plus favorables, celles enfin qui avaient été exprimées à la France lors de la décision relative à l’Exposition universelle.
- Le commissaire général de la Suisse est déjà désigné. Tout naturellement le choix s’est porté sur le colonel Vegeli Bodmer, principal délégué, qui était, en 1883, le président de l’Exposition de Zurich.
- A mesure que les participations nouvelles s’annoncent ainsi des divers pays étrangers, M. le ministre du commerce et de l’industrie fait prendre toutes dispositions préalables, afin que rien ne soit négligé dans l’accomplissement des mesures successives qui permettront de donner satisfaction aux exposants étrangers dans les conditions où ces participations doivent se réaliser.
- Les gouvernements de la Perse et du Chili viennent de notifier officiellement au gouvernement français leur intention de participer à l’Exposition de 1889.
- D’autre part, des négociations sont engagées avec le Japon en vue d’obtenir également sa participation officielle. Quel que doive être le résultat de cette actiun diplomatique, l’industrie japonaise se fera largement et brillamment représenter à Paris et la section qui lui sera réservée permet d’être une des plus intéressantes. Les renseignements les plus favorables sont fournis par notre chargé d’affaires à Tokio.
- En Europe, les gouvernements belge, espagnol et portugais, sans avoir de représentation officielle, favoriseront, dans la plus large mesure, la participation de leurs nationaux, encourageront la formation de grands Comités promoteurs, et accorderont toutes les facilités désirables en matière de transport.
- Dimanche i3 Novembre 1887.
- LE COMITÉ DE LA PRESSE
- A L’EXPOSITION DE 1889
- Le ministre du commerce et de l’industrie commissaire général de l’Exposition, assisté de* M. Georges Berger, et de M. David Dautresme, chef de cabinet, a reçu les membres du comité de la presse à l’Exposition. Un grand nombre de nos confrères étaient présents à cette entrevue.
- Après les présentations faites par M. Adrien Flébrard, président du comité, M. le ministre a déclaré qu’il avait été heureux de déférer au vœu des différentes associations de la presse française et qu’il avait accepté avec empressement le'plan d’organisation qui lui avait été fourni par elle.
- Le ministre a réclamé le concours de la presse française, en vue du succès de l’œuvre nationale de 1889.
- Après quelques explications présentées par M. Georges Berger, M. Adrien Flébrard a répondu au ministre et lui a affirmé que la presse prêterait à l’Exposition son active collaboration.
- Il a annoncé en même temps que, dès cette semaine, le bureau de la presse installé, 16, avenue de la Bourdonnaye, fonctionnerait régulièrement.
- LES CONGRÈS & CONFÉRENCES
- A L’EXPOSITION DE 1889
- Le ministre du commerce et de l’industrie vient de prendre u.11 arrêté aux termes duquel:
- L’article 4 de l’arrêté ministériel en date du 2. août 1887, ainsi conçu : « Une commission supérieure, composée des présidents des quinze' sections, sera chargée, conjointement avec le directeur général, de l’exploitation, de l’organisation et de la direction des congrès et conférences.
- « En cas d’absence, chacun des présidents sera suppléé.par le vice-président », est modifié ainsi qu’il suit :
- Une commission supérieure, composée des présidents et des vice-présidents des quinze sections, sera chargée, conjointement avec le directeur général de l’exploitation, de l’organisation et de la direction des congrès et conférences »
- -----------------------------------
- L'EXPOSITION D'ÉCONOMIE SOCIALE
- EN 1889
- (Suite).
- (Voir le Moniteur du 6 novembre 1887.)
- ENQUÊTE
- QUESTIONNAIRE
- Section I
- Rémunération du travail
- Nota. — L’enquête, dont ce questionnaire est l’instrument pour la section I, ne peut avoir la prétention d’embrasser tous les faits qui se rattachent à cette section. Gomme elle a pour objet de servir de préface et de préparation à l’exposition d’Economie sociale (art. 2 de l’arrêté du q-jnin 1887), c’est de ce point de vue qu’ont à s’ins’-pirer ceux qui doivent y procéder. Il s’agit, dans la section I, de découvrir et de mettre en relie!" les meilleures solutions données par les industriels et les agriculteurs de divers pays au problème de la « Rémunération du travail ». On s’attachera donc à ces particularités caractéristiques et l’on réservera le questionnaire aux exploitations et aux établissenments qui en présentent de telles, surtout pour les primes ou « sur-salaires » et pour les encouragements au travail, — au lieu de le distribuer indistinctement à toutes les personnes qui recourent à la main-d'œuvre dans la région (i).
- En tête du questionnaire, on a placé un chapitre de généralités où le déposant définira la nature et la consistance de l’industrie qu’il exerce. Ces notions sont en effet indispensables pour permettre d’apprécier la portée et la valeur pratiques des solutions appliquées et décrites aux chapitres suivants.
- Ce questionnaire étant « individuel », c’est-à-dire destiné à un établissement déterminé, on n’a pu y comprendre les questions relatives à la légis-
- (i) La section XV. qui a de nombreux points de contact avec la section ir». est plus spécialement consacrée à l’étude de la grande et de la petite industrie, de la.grande et de la petite culture. envisagées dans leur généralité économique et sociale. Aussi est-ce le type moyen qui convient à la section XV. tandis que la section i,c s’adresse surtout aux établissements qui se détachent de la masse par leur mérite exceptionnel, on se recommandent par quelque particularité intéressante.
- p.850 - vue 438/496
-
-
-
- Troisième Année. — N1 2 * * * *
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1SS9.
- Dimanche i3 Novembre 1S87. — S5 1.
- ?o
- lation, qui auraient oblige tous les exposants d’un même pays à de fastidieuses redites. Mais pour chaque pays étranger, les commissions qui centraliseront les réponses sont instamment priées de les accompagner d’une étude spéciale sur la législation du travail dans le pays ou dans ses diverses circonscriptions, si elle n’est pas uniforme pour toutes les parties du territoire.
- Cette étude régionale portera notamment sur les points suivants : ,
- Formes et conditions légales du louage d’industrie ou contrat de travail. (Droit commun. — Coutumes. — Preuves du contrat. — Sa résiliation. — Règlements d’ateliers).
- Protection légale de l’ouvrier. (Insaisissabilité des salaires. — Privilège pour le paiement des salaires. — Droits de la femme mariée sur ses salaires -et sur ceux de son mari. — Mesures de protection pour les femmes, les filles, les enfants, les adultes.
- — Durée du travail journalier, hebdomadaire, de nuit).
- Réglementation spéciale à certaines industries. •{Régime de la concession, — de l’autorisation). — Formalités pour l'exercice de la profession. — Mesurespour la bonne tenue des ateliers. — Précautions contre les abus commis dans le paiement des salaires. — Truck acts.
- Surveillance pour l’application des lois et règlements sur la matière. — Fastories acts. — Inspecteurs du travail. — Statistique des résultats de leur intervention.
- Responsabilité des patrons en cas d’accidents (Législation et jurisprudence. — Caisses de secours. —- Assurances légales. — Résultats).
- Contestations entre patrons et ouvriers. (Jurisprudence. — Procédure. — Frais. — Résultats).
- Ces grandes questions générales, sans être exclues des réponses au questionnaire individuel, ne pourront y tenir la place principale, qui appartient aux solutions adoptées par l’établissement dont il s’agit et aux circonstances qui les définissent.
- I. — GÉNÉRALITÉS DE L’ÉTABLISSEMENT OU
- l’exploitation
- 1. (i) Définition de l’établissement. — Industrie qu’on y exerce. _— Consistance et division des ateliers. — Chiffre annuel des affaires.
- Personnel. — Son effectif (par catégories professionnelles, en distinguant les hommes , les femmes, les enfants, et ceux-ci par âges). — Son recrutement (local, à l’étranger, — detail par nationalités). — Sa stabilité ou son instabilité (2).
- Allures de l’industrie. — Périodes d’activité ou de chômage. — Sont-elles régulières ou intermittentes ?
- Montant annuel des salaires, — Son rapport au chiffre des affaires.
- S’il s’agit d’une exploitation agricole, indiquer sa superficie totale et par cultures.— Assolement.
- — Mode d’exploitation. — Personnel d’exploitation. — Récoltes annuelles.
- Autres détails caractérisant l’atelier ou l’exploitation.
- II. — SALAIRES INDUSTRIELS
- 2. Mode de fixation du salaire. — Le salaire -est-il fixé à la journée — à l’heure, — à la tâche,
- — au marchandage ? —Résulte-t-il de la combinaison de ces divers modes. — Sont-ils respectivement appliqués à différents travaux d’après leur naturel Quels sont ces travaux?
- Cette fixation dépend-elle à quelque degré du prix des produits fabriqués ? (Sliding scale anglais.
- -— Basis System américain).
- 3. Offre et demande de travail. — Mode de recrutement du personnel. — Embauchage. — Garanties requises. (Liyret. — Casier judiciaire. — Références. — Diplôme. — Enquête).
- Bureaux de placement. — Bourses du travail.— (Origine. — Organisation. — Résultats).
- 4. Taux des salaires. — Taux par catégorie professionnelle dans l’atelier : hommes, femmes, enfants (en indiquant pour chaque subdivision le taux maximum, le taux minimum et le taux moyen).
- Comparaison du taux des salaires suivant les divers modes de fixation (journée, marchandage, etc.), si plusieurs de ces modes sont simultanément mis en œuvre.
- Fluctuation des salaires depuis un quart de siè-
- (1) Le numérotage des paragraphes se poursuivant sans interruption du premier au dernier questionnaire, chacun d’eux se trouve ainsi défini par sou numéro matricule, de sorte, qu'en tète de la réponse ii suffira d’inscrire ce numéro sans avoir à reproduire ni le titre du paragraphe, ni celui de la section.
- Parmi les questions du présent: questionnaire, chaque déposant se bornera à traiter celles qui le visent personnellement et sur lesquelles il a quelques renseignements de fait à fournir, sans s'occuper des autres.
- Il est prié de désigner d’une manière précise et complète, en tète de ses réponses, le nom. la nature it l’adresse de ['exploitation ou diy l'institution qu’il représente, avec les fonctions qu'il y remplit, et de joindre à sa déposition tous les documents susceptibles de l'éclairer et de la fortifier, tels que statuts, règlements, comptes renaus, rapports, statistiques, etc.
- (2) Pour mesurer cette stabilité, le mieux est de dresser le
- tableau des ouvriers ou employés en les classant par durée de
- services: o à 6 mois; 0 mois à i an ; i an à 2 ans; 2 ans à
- 5 ans : 5 ans à 10 ans; 10 ans à 20 ans: 20 ans et plus, et
- d’exprimer chaque proportion en pourcentage du total.
- cle. (Remonter plus haut si on le peut avec précision, soit pour l’atelier lui-même, soit clans le même milieu).
- Rémunération annuelle d’un bon ouvrier ordinaire et d’un bon ménage d’ouvriers (en tenant compte des chômages par morte-saison ou autres).
- Chiffres comparatifs pour les familles se livrant, ert dehors de l’atelier, aux autres travaux du voisinage, par exemple aux travaux des champs.
- 5. Primes ou sur-salaires. — Existe-t-il dans l’atelier, en sus du salaire, des primes calculées d’après l’un ou plusieurs des principes suivants :
- a. Quantité cle travail fait dans la journée, la semaine, la quinzaine ou le mois au delà d’une moyenne déterminée ;
- b. Qualité du produit fabriqué (Mode de constatation de cette qualité).
- c. Economie réalisée sur la matière première, le combustible ;
- d. Ancienneté de service.
- Indiquer la formule de ces diverses combinaisons ; leurs bases d’application — Au bout de quel délai les intéressés en connaissent-ils les résultats ? — Ces primes ont-elles pour contrepartie des réductions de salaires, si la quantité et la qualité de produit restent au-dessous d’une certaine limite, si la consommation des matières premières la dépasse ? — Le calcul de ces primes donne-t-il lieu dans la pratique à des contestations ?
- En l’absence ou en outre de ces primes mathématiquement fixées, en existe-t-il d’autres à titre de gratifications facultatives, accordées discrétionnairement par les patrons. ? — Montant annuel de ces primes et gratifications : pour tout le personnel, par ouvrier.
- 6. Subventions en nature. — En sus du salaire ou des primes, le personnel jouit-il de subventions en nature, proportionnelles moins au travail effectué qu’aux besoins des familles ? En quoi consistent-elles :
- a. Habitations avec loyers réduits ou à titre gratuit. — Jardin. — Champs ; b. Chauffage, c. Remèdes et soins médicaux ; d. Ecolage ; e. Fournitures et services gratuits ou à prix réduits. (Her-rnhorn de Hartz; — Transports et habillements des employés de chemins de fer); •—/. Droits d’usage sur les propriétés du patron .
- Montantannuel des subventions : total, moyenne par ouvrier. — Leur rapport au chiffre des opérations de l’atelier et à celui des dividendes (si on peut le donner).
- 7. Régime du travail. — Durée moyenne du travail : (par jour, par semaine, par mois, par an. — Dimanche, jours fériés). — Chômages.
- L’ouvrier allie-t-il les travaux agricoles aux travaux manufacturiers pour traverser les chômages ?
- Nombre d’années de travail avant la retraite ?
- •— Morbidité et mortalité' professionnelles.— Situation de l’ouvrier dans sa vieillesse.
- 8. Eneouragements au travail et à la durée des services. — Avantages spéciaux attribués aux ouvriers les plus anciens pour favoriser la permanence des engagements. (Primes d’ancienneté. — Secours. — Emplois légers réservés aux ouvriers infirmes ou âgés. — Préférences dont ils jouissent pour les habitations disponibles. — Pensions de retraite.) — Montant de ces avantages.
- Médailles et prix récompensant la qualité et la fidélité des services, et relevant la situation des ouvriers anciens et méritants.
- 9. —Payement des salaires. — Espacement des jours de paye. (Par mois, par quinzaine, par semaine.) — Influence de cet espacement sur l’épargne et sur la situation de la famille ouvrière. — Mesures prises pour conjurer les entraînements du jour de paye. (Payement un jour de semaine, par série alphabétique. — Remise d’un bulletin de paye destiné à la ménagère).
- Dans quel lieu fait-on la paye? Une partie du payement s’effectue-t-elle en nature ? (Vêtements ou denrées fournis par un économat, une cantine.) — Proportion du salaire en nature et du salaire en argent.
- Retenues, sur le salaire (pour la caisse de secours, les retraites, l’assurance, les fournitures diverses.) — Montant mensuel de ces retenues et leur proportion par rapport au salaire touché .en argent. — Parmi ces retenues, en est-il qui correspondent à des fournitures faites par des sociétés coopératives de consommation ayant leur organisation distincte de l’atelier ?
- Réclamations ou incidents auxquels aient ^u donner lieu les payements en nature et les retenues ?_
- Les salaires sont-ils l’objet d’opposition de la part des fournisseurs locaux ? — Nombre et montant de ces oppositions. — Expulsions d’ouvriers locataires pour non-payement ou saisies.
- 10. Contestations sur la fixation ou le règlement des salaires. — Difficultés sur les salaires. — Grèves. (Histoires. Causes. Résultats).
- Les ouvriers ont-ils recours à la juridiction instituée pour trancher leurs différends avec leurs patrons ? — A quelles occasions ? — Résultats.
- Existe-t-il une institution de conciliation ou d’arbitrage pour dénouer pacifiquement les conflits et conjurer les grèves?— Organisation de cette institution. — Circonstances dans lesquelles elle a fonctionné. •— Résultats.
- 11. Rapports entre les salaires et le prix du vivre (i). — Situations comparatives de l’ouvrier, au point de vue des ressources et des dépenses, aujourd’hui et à diverses époques, en remontant aussi haut que possible pour la même localité.
- La hausse du salaire a-t-elle marché plus ou moins vite que le prix du vivre.9—A-t-elle été eu partie consacrée à l’épargne ?
- Situation générale des ouvriers employés dans l’établissement et la localité.
- III. — Salaires agricoles
- Ce questionnaire ne s’applique pas aux tenanciers proprement dits, fermiers, métayers, colons, mais seulement aux ouvriers agricoles, auxiliaires de l’exploitation. (Valets de ferme, bordiers, bouviers, pâtres, bûcherons, vendangeurs, moissonneurs, etc.).
- Après avoir rempli les généralités énoncées au chapitre I, le propriétaire du domaine qui emploie des ouvriers agricoles aura à répondre, en ce qui les concerne, à la plupart des questions déjà énumérées au chapitre précédent pour les ouvriers industriels, mais en insistant sur les particularités qui caractérisent le travail des champs et la situation du travailleur rural.
- On se bornera donc ici à reproduire les titres des paragraphes du chapitre II, avec quelques sous-détails plus appropriés aux salaires agricoles, mais en renvoyant à ce chapitre pour le développement des questions.
- 12. Mode de fixation des salaires : à l’heure, — à la journée, — au mois, — à l’année, — à la tâche.
- 13. Offre et demande de travail. — Mode de recrutement du personnel. — Bandes d’ouvriers embauchés pour les récoltes. (Bonan^a farms des Etats-Unis. — Runs de l’Australie et du Canada.
- — Grands domaines en Angleterre, Italie, etc.) — Dates d’embauchage. — Durée et conditions des engagements. — Influence de la coutume.
- Nombre d’ouvriers nécessaires par hectare : suivant les cultures, — suivant les saisons.
- Quel emploi les ouvriers font-ils des loisirs que leur laisse la culture, surtout l’hiver?— Industries domestiques. Lesquelles?
- Occupe-t-on les femmes, les enfants ? — Dans quelles conditions?
- Les ouvriers pratiquent-ils l’émigration périodique ? Où vont-ils ? — Quand reviennent-ils ? — Résultats.
- 14. Taux des salaires. — Taux suivant les sai sons, les travaux, les âges. (Maximum, — minimum, — moyen.)
- Variation des salaires agricoles depuis un quart de siècle ou plus. (Influence exercée sur ces variations parole prix du vivre,— le cours des produits du sol, — l’introduction des machines,
- — l’émigration vers les villes et le manque de bras).
- Comparer la marche des salaires à celle de la
- rente du sol, et au prix des principales denrées (en indiquant la proportion pour laquelle la main-d’œuvre entre dans ce prix à chacune des époques considérées.
- 16. Primes ou sur-salaires — Existe-t-il, en dehors du salaire, des primes destinées à exciter le zèle ou l’habileté de l’ouvrier ? — En indique!* les bases, le montant et les résultats.
- 16. Subventions en nature. — Les ouvriers sont-ils logés : dans un des bâtiments d’exploitation, dans une maison qui leur soit spécialement affectée (Bordier) ? — Jouissent-ils d’un lot de-terre ? Peuvent-ils y élever des animaux ? — Lesquels ?
- Sont-ils nourris par le propriétaire ? — En quoi consiste cette alimentation ?
- Abandon du croît d’animaux. (Le Pen-ty breton). — Ramassage de bois mort. — Droits de pâturage et autres droits d’usages coutumiers ou bénévoles. (Traits de mœurs. — Particularités traditionnelles. — Moisson. — Fenaison. — Vendanges. — Fêtes rurales).
- Montant annuel des subventions : total ; — par tète.
- 17. Régime du travail. — Durée du travail. -Dimanches et jours fériés.
- Stabilité des rapports entre les ouvriers agricoles et les propriétaires. (Citer des exemples de cette stabilité pour le personnel d’exploitation).
- Chômages. — L’ouvrier allie-t-il des travaux manufacturiers aux travaux agricoles ?
- Situation du vieux paysan.
- 18. Encouragements au travail et à la durée des services. — Distinctions honorifiques aux vieux domestiques agricoles. — Médailles. — Prix. ^Organisation et résultats de ces concours).
- A-t-il été pris quelques mesures pour dévelop-
- 0 Voir à la section XV le chapitre consacré au budget de la t’amillc ouvrière.
- p.851 - vue 439/496
-
-
-
- 852. — Troisième Année. — N° i5o.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche i3 Novembre 1887.
- per l’habileté professionnelle, l’emploi des outils et des machines perfectionnées et généralement la puissance productive du travail ? — Lesquelles ?
- 19. Payement des salaires. — Mode et périodicité de payement. — Dépenses faites les jours de paye. — Emploi d’une partie du salaire en épargnes. Lesquelles?
- Salaires en nature. (Prélèvement sur la moisson. — Denrées. — Boissons. — Vêtements). — Influence des salaires en nature sur l’équilibre du budget de l’ouvrier rural, sur l’assiette et la situation de sa famille.
- 20. Contestations sur la fixation ou le règlement des salaires. — Y a-t-il des difficultés relatives aux salaires ? —• Comment se dénouent-elles?
- 21. Rapport entre les salaires et le prix du vivre. __Comparer, au point de vue des ressources et des
- , dépenses, la situation de l’ouvrier agricole à diverses époques, au cours de ce siècle. — Progrès du bien-être dans son mode d’existence. (Habitation, nourriture, vêtement, hygiène.) — L’épargne a-t-elle marché du même pas (1).
- Situation générale des ouvriers agricoles employés dans l’exploitation et la localité.
- NOMINATION DE MEMBRES
- du jury d'admission à l'Exposition nationale des beaux-arts en 188g.
- Par arrêté du ministre de l’instruction publique, des cultes et des beaux-arts, en date du 2 novembre 1887, rendu sur la proposition du conseiller d’Etat, directeur des beaux-arts, sont nommés membre du jury d’admission à l’Exposition nationale des beaux-arts de 1889 :
- Classes 1 et 2 (peinture, dessins, aquarelles, pastels, etc.) : M. André Michel, critique d’art, en remplacement de M. Charles Clément, décédé.
- Classe 3 (sculpture et gravure en médailles) : M. A. Kaempfen, directeur des musées nationaux et de l’Ecole du Louvre, en remplacement de M. Louis de Roffchaud, décédé.
- Classe 4 (Architecture) : M. Lucien Magne, architecte, en remplacement de M. Ruprich-Robert, décédé.
- Classe 5 (gravure au burin ou à l’eau-forte et lithographie) : M. Henri Béralcii, critique d’art, en remplacement de M. Hédouin, démissionnaire.
- ---------ni \ ~ 1 m Ti IÏÏ 1 "f 1 -
- NOMINATIONS DE MEMBRES des comités départementaux.
- Par arrêté en date des 2 et 4 novembre 1887, le ministre du commerce et de l'industrie, com-missarie général de l’Exposition universelle de 1889, a nommé
- MEMBRES DU COMITÉ DÉPARTEMENTAL DES PYRÉNÉES-ORIENTALES :
- i° Sous-comité de Varrondissement de Perpignan.
- M. Henrion (P.), ingénieur civil à Perpignan.
- 20 Sous-comité de l'arrondissement de Céret.
- M. Martinet (L.), docteur en médecine à Banyuls-sur-Mer.
- MEMBRES DU COMITÉ DÉPARTEMENTAL DE LA HAUTE-VIENNE :
- 2° Sous-comité cle Y arrondissement de Limoges.
- MM. Jullien, agent-vover en chef du département; Peyrusson (Edouard), chimiste à Limoges.
- 20 Sous-comité de l’arrondissement de Saint-Yrieix
- MM. Cheize (E.), président du comice agricole de Saint-Germain-les-Belles ; Mosnier, notaire, conseiller général.
- MEMBRES DU COMITÉ DÉPARTEMENTAL 1)U RHONE:
- i° Sous-comité de l’arrondissement de Lyon.
- MM. Barbezat, juge au tribunal de commerce ; Bouvard, administrateur de l’école des beaux-arts; Brun (A.), ancien manufacturier, courtier expert; Clavenad, ingénieur, directeur de la voirie municipale ; Dupont, conseiller municipal ; Guicherd, conseiller d’arrondissement ; Lévy, conseiller d’arrondissement , Milleron, conseiller général ; Poncet fils, fabricant de soieries ; Rike-bus, tisseur : Romain, ex-président du conseil de prud’hommes.
- 20 Sous-comité de Y arrondissement de Villefranche-sur-Saône.
- MM. Carriez, conseiller général, à Anse ; F orest-Lamure, membre de la chambre de com-merce de Tarare ; Godde (Victor), membre de la chambre de commerce de Tarare ; Président (le) de la chambre de commerce de Tarare.
- MEMBRE DU COMITÉ DÉPARTEMENTAL DE LA CORSE :
- Sous-comité de l’arrondissement de Corte.
- M. Pinelli, conducteur des ponts et chaussées, faisant fonctions d’ingénieur, à Corte.
- BUREAUX DES
- COMITÉS DÉPARTEMENTAUX
- COTE-D'OR
- Président : M. Sadi-Carnot, député. — Vice-présidents : MM. Jules Régnier, négociant en vins à Dijon; Antonin Bouchard, négociant en vins à Beaune ; Louis Cailleté, maître de forges, à Châtillon; Bizouard-Grosbois, tanneur à Semur. — Secrétaires : MM. Amédée Bargy; Colot; Laurent; Mesner, à Dijon; Antonin Bourgeois, négociant en vins à Beaune ; Georges Minot, négociant à Châtillon ; Creuzé, secrétaire de la Commission du Musée de Semur. — Trésorier : Beffara, directeur de la succursale de la Banque de France à Dijon.
- Sous-comité de Dijon
- Président : M. Jules Regnier, négociant en vins à Dijon. — Vice-présidents : MM. Tuvier-Carré, brasseur à Dijon; Robelin, industriel à Dijon. — Secrétaires : MM. Amédée Bargy, industriel à Dijon; Coliot; Laurent, constructeur à Dijon; Mesner, brasseur à Dijon. — Trésorier : M. Beffara, directeur de jla succursale de la banque de France à Dijon.
- Sous-comité de Beaune
- Président : M. Antonin Bouchard, négociant en vins à Beaune. — Vice-présidents : MM! Cloutier-Martin, industriel à Beaune; Jules Ricaud, brasseur à Beaune. — Secrétaires : MM. Antonin Bourgeois, négociant en vins à Beaune; Lyan, directeur de l’école de viticulture à Beaune.
- Sous-comité de Châtillon
- Président : M. Leroy, député. — Vice-présidents : MM. Nouyion, président du tribunal de commerce de Châtillon ; Japiot, propriétaire éleveur à Châtillon; Cailletet, maître de forges à Châtillon. — Secrétaire : M. Minot, Georges, négociant à Châtillon. — Trésorier : M. Bricet, banquier à Châtillon.
- Sous-comité de Semur
- Président : M. Hugot, sénateur. — Vice-président: M. Bizouard-Grosbois, tanneur à Semur. — Secrétaire : Creuzé, secrétaire du musée de Semur.
- GIRONDE
- Comité départemental
- Président : M. Daney, maire de Bordeaux. — Vice-présidents : MM. Hubert Prom, président de la chambre de commerce ; Dupouy, sénateur; Alexandre, Léon, conseiller général ; "Goudineau, conseiller général ; Surchamp, conseiller générai. — Secrétaire : M., Buhan, Eugène, secrétaire général de la société Philomathique.
- Sous-comité de Lesparre
- Président : M. Goudineau, propriétaire, conseiller général de Saint-Vivien. — Vice-présidents : MM. Clauzel, propriétaire à Vertheitil. —Secrétaire : M. du Perrier de Larsan, propriétaire, maire de Soulac-les-Bains.
- Sous-comité de La Réole
- Président : M. Caduc, sénateur. —Vice-présidents : M. Estève, pharmacien. — Secrétaire : M. Herbet, vétérinaire.
- HAUTE-VIENNE
- Comité départemental
- Président: M. Teisserenc de Bort, sénateur, vice-président du sénat. — Vice-présidents : MM. Nassans, président du conseil général delà Haute-
- Vienne, à Limoges ; Ardant, vice-président de la chambre de commerce à Limoges; Muret, vice-président société d’agriculture à Limoges; Georges Perrin, député de la Haute-Vienne, à Paris.
- — Secrétaires : MM. Poullin, publiciste à Limoges ; Reclus, professeur départemental d’agriculture, à Limoges j Garrigou-Lagrange, secrétaire général de la société Gay-Lussac à Limoge Ley-marie, contrôleur de la Bibliothèque municipale, à Limoges.
- Sous-comité de Limoges
- Président : M. Chybois, membre delà chambre de commerce de Limoges; Vice-président. —MM. Sazerat, fabricant de porcelaines, à Limoges; Bar-dinet, liquoriste à Limoges.— Secrétaires : MM. Faure, ingénieur mécanicien à Limoges : Labus-sière, entrepreneur, conseiller municipal et conseiller d’arrondissement à Limoges ; Geay, architecte, membre de la société archéologique à Limoges ; Teisserenc de Bort, Edmond, président du comice agricole d’Ambazac.
- Sous-comité de Bellac
- Président: M. Vacherie, conseiller général, maire de Rançon. — Vice-présidents : MM. Bi-gaud-Dumonard, président du conseil d’arrondissement, maire^ de Magnac-Laval ; de Fombelle, président du comice agricole de l’arrondissement
- — Secrétaires : MM. Papon, conseiller d’arrondissement ; Taboury, directeur de l’école supérieure de Bellac.
- Sous-comité de Rochechouart
- Président : M. Dumas, conseiller général, maire de St-Junien.— Vice-présidents : MM. Labrousse, ingénieur-mécanicien, fabricant de papier à St-Junien ; Hugonneau-Lessard, tréfileur et fabricant de pointes à St-Mathieu. — Secrétaires : MM. Rougier-Labergerie, fabricant de gants à St-Junien ; Esckel, fabricant de porcelaines à St-Junien.
- Sous-comité de St-Yrieix
- Président : M. Baury, ancien député, président du comice agricole. — Vice-présidents : MM. Bonnet, conseiller général à Nexon ; Roux, conseiller général à St-Yrieix. — Secrétaires : MM. Auroux, maire de Bussiere-Galant ; Meyer, Georges, brasseur à St-Yrieix.
- PYRÉNÉES ORIENTALES
- Comité départemental
- Président : M. Jules de Lamer, ancien préfet, président du syndicat agricole du département. — Vice-présidents: MM. Joseph Sauvy, président de la chambre de commerce à Perpignan, Joseph Triquera, conseiller général à Perpignan, Simon Violet, négociant à Thuir. — Secrétaires : MM. Jean de Roca, conseiller d’arrondissement à Vil-lemolaque ; Pierre Ghaubet, conseiller d’arrondissement à Perpignan, Joseph Philip, maire à Espira de l’Agly. — Trésorier : M. Bardou-Job, manufacturier à Perpignan.
- Sous-comité de Perpignan
- Président : M. Jules de Lamer, ancien préfet, président du syndicat agricole du département. — Vice-présidents : MM. Joseph Sauvy, président de la chambre de commerce à Perpignan, Joseph Triquera, conseiller général à Perpignan, Simon Violet, négociant à Thuir.— Secrétaires, MM. Jean de Koca, conseiller, d’arrondissement à Villemo-laque; Pierre Ghaubet, conseiller cl’arrondissement à Perpignan ; Pierre Henrion, ingénieur civil, à Perpignan. — Trésorier: Gustave Gazes, banquier à Perpignan.
- Sous-comité de Ceret
- Présidents : M. Jules Brousse, député à Perpignan. — Vice-présidents: MM. Joseph Noé, conseiller général à Ceret ; Thomas Pascal, conseiller d’arrondissement à Banuyls-sur-Mer. — Secrétaires : MM. Calmon, docteur, conseiller d’arrondissement à Ceret \ Paul Soulier, propriétaire à Collioure. — Trésorier. M. Blanquer, notaire à Ceret.
- Sous-comité de Prades
- Président : M. Edouard Vilar, député à Prades. Vice-président : M. Ferdinand Xatard, maire à Prades. — Secrétaires : MM : Paul Vilar, avoué à Prades ; André Gay, notaire à Plette. — Trésorier: M. Alexandre Lafabrègue, architecte à Prades.
- p.852 - vue 440/496
-
-
-
- Trosième Année. — N° i5o.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE1889.
- Dimanche i3 Novembre 18S7. — 853.
- SAONE-ET-LOIRE
- Sous-comité d'Autun
- Président : M. Martin, sénateur, docteur en médecine au Creusot. — Vice-présidents : MM. Rigollot^ adjoint au maire d’Autun; Magnien, député à Autun. — Secrétaires : MM. Roche, juge.au tribunal de commerce à Autun ; Tarago-net,'industriel à Saint-Pantaleon ; Abord, Charles, conseiller d’arrondissement, maire à Mesvres.
- Sous-comité de Charolles
- Président : M. Demôle, sénateur, avocat à Charolles. — Vice-présidents : M. Perraudin. président de la chambre de commerce., de Maçon, maire de Forges.— Secrétaire : M. Rotival, architecte à Charolles.
- Sous-comité de Louhans
- Président :..M. Lucien Guillemaut, député, docteur médecin à Louhans. — Vice-président : M. Derrepas, maire, pharmacien h Louhans. — Secrétaire : M. Cordier, professeur de dessin au collège de Louhans.
- COMMISSION DE CONTROLE
- ET DE FINANCES
- La commission de contrôle et de finances de l'Exposition de 1889 s’est réunie vendredi sous la présidence de M. Dautresme.
- Elle a adopté sans discussion, sur les rapports de MM. Bixio et Chabrière-Arles, les projets sur les bâtiments destinés à l’agriculture, à la presse, et aux postes et télégraphes.
- Une longue discussion s’est engagée à la suite de la lecture du rapport de M. Prevet sur l’établissement du chemin de fer de circulation intérieure. La solution de la question s été renvoyée à la prochaine séance.
- Enfin, la commission a adopté, sur le rapport de MM. Hart et Prevet, le projet relatif à l’exposition d’horticulture.
- MINISTÈRE DU COMMERCE ET DE ^INDUSTRIE
- EXPOSITION INTERNATIONALE DE PARIS EN 1889
- L’HORTICULTURE
- A L’EXPOSITION DE 1889
- PRÔGRAMME DES ONZE EPOQUES DE CONCOURS
- (Suite.)
- Onzième Epoque. — 18-2 3 octobre 1889
- Concours particulier
- CLASSE 79
- FLEURS ET PLANTES D’ORNEMENT
- I. Plantes d’ornement..
- Concours (à déterminer) suivant les demandes des horticulteurs.
- II. Plantes nouvelles. — Quatre concours
- Trois concours : dans tous les genres de végétaux exposés entre les plantes nouvelles inédites :
- 1. D’importation.
- 2. D'introduction.
- 3. Obtenues de semis.
- Un concours : dans tous les genres de végétaux exposés pour les plus belles plantes mises dans le commerce depuis 1878.
- III. Belle culture
- Un concours : dans tous les genres de végétaux exposés entre les plus beaux exemplaires ( 1 à 5 sujets par espèce ou variété).
- IV. Fleurs coupées. — Deux concours
- 1. La plus belle collection générale.
- 2. La plus belle collection de variétés dans chaque genre.
- E. Ornementation en fleurs naturelles. — Trois concours
- 1. Les plus beaux bouquets.
- 2. Les plus beaux motifs ou sujets divers.
- 3. Les plus belles garnitures d’ornementation diverses d’appartement, de table, etc.
- VI. Corbeilles de plantes fleuries ou à feuillage
- Un concours entre les plus belles corbeilles de plantes fleuries ou à feuillage.
- Galons
- Un concours entre les plus belles pelouses.
- CLASSE 80
- PLANTES POTAGÈRES
- J. Plantes potagères
- Concours permanent entre tous les genres de plantes potagères.
- II. — Plantes nouvelles — Quatre concours
- 1. Plantes nouvelles inédites d’importation n’ayant pas encore été mises dans le commerce.
- 2. Plantes nouvelles inédites d’introduction n’ayant pas encore été mises dans le commerce.
- 3. Plantes nouvelles inédites obtenues de semis, n’ayant pas encore été mises dans le commerce.
- 4. Les plus belles plantes mises dans le commerce depuis 1878.
- III. Belle culture. — Un concours
- 1. Les gères.
- plus beaux spécimens de plantes CLASSE 81
- pota-
- FRUITS ET ARBRES FRUITIERS
- I. Fruits. —Trois concours
- 1. La plus belle collection de fruits frais de toutes sortes en maturité (azeroles et fruits similaires, coings, figues, framboises, groseilles, noisettes, noix, pêches, plaqueminiers, poires, pommes, prunes, raisins).
- 2. La plus belle collection de fruits divers (espèces ou variété de la région du Sud).
- 3. La plus belle collection de fruits à cidre (pommes et poires).
- II. Fruits nouveaux. — Cinq concours
- 1. Fruits nouveaux inédits d’arbres d’importation n’ayant pas encore été mis dans le commerce.
- 2. Fruits nouveaux inédits d’arbres d’introduction n’ayant pas encore été mis dans le commerce.
- 3. Fruits nouveaux inédits obtenus de semis n’ayant pas encore été mis dans le commerce.
- 4. Les plus belles variétés mises dans le commerce depuis 1878.
- 5. Les meilleures variétés mises dans le commerce depuis 1878.
- CLASSE 82
- GRAINES ET PLANTES D'ESSENCE FORESTIÈRE
- Pas de concours.
- CLASSE 83
- PLANTES DE SERRE
- I. Plantes diverses
- Concours (à déterminer) entre les plantes de serre qu’il y aurait impossibilité à présenter aux concours généraux.
- IL Plantes nouvelles. — Cinq concours
- 1. Une ou plusieurs plantes fleuries ou à feuillage introduites le plus récemment en Europe.
- 2. Une ou plusieurs plantes fleuries ou à feuillage introduites directement en France.
- 3. Lot de plantes hybrides dont les parents seront indiqués.
- 4. Une ou plusieurs plantes fleuries ou à feuillage obtenues de semis et non encore dans le commerce.
- 5. Une ou plusieurs plantes fleuries ou à feuillage obtenues de semis et dans le commerce depuis 1878.
- III. Belle culture. — Quatre concours
- 1. Une ou plusieurs plantes fleuries ou à feuillage que la bonne culture aura fait arriver le plus près possible de son maximum de développement.
- 2. De quatre à dix plantes fleuries ou à feuillage les plus remarquables par leur forme et leur développement.
- 3. Le plus beau lot de 20 plantes à feuillage ornemental.
- 4. Le plus beau groupe de 20 plantes diverses fleuries à quelque catégorie qu’elles appartiennent.
- IV. Culture spéciale. — Deux concours
- 1. La plus belle collection de 5o plantes fleuries ou à feuillage, cultivées en vue de l’approvisionnement des marchés.
- 2. Le plus beau lot de plantes fleuries ou à feuillage, cultivées en vue de l’approvisionnement des marche's.
- ÉCHOS
- Paris
- Nous avons parlé, à différentes reprises, do l’exposition internationale qui s’organise actuellement et qui comprendra tous les systèmes, toutes les inventions propres à prévenir les incendies, à en empêcher le développement, et à en combattre les dangers.
- Cette exposition, nui aura lieu aux Champs-Elysées, dans le pavillon de la Ville de Paris, du vendredi 25 novembre au samedi 31 décembre, sera divisée, dit notre excellent confrère le Cos--/nos, en trois sections subdivisées elles-mêmes en groupes distincts :
- 1° Les appareils et systèmes d’éclairage électrique et autres, les tissus ininflammables, les constructions métalliques, etc., etc., pouvant prévenir l’incendie.
- 2° Les extincteurs, avertisseurs, pompes, cheminées d’appel, rideaux, etc., propres à empêcher le développement de l’incendie.
- 3° Les groupes de secours et de protection du public, appareils de sauvetage, plans de théâtres, dégagements, chauffage, ventilation, etc.
- * *
- M. Barbe, l’honorable ministre de ].’agriculture, a annoncé au Conseil des ministres que l’Exposition de brasserie laissera, toutes dépenses payées, un bénéfice évalué dès maintenant à une vingtaine de mille francs.
- Cette somme sera affectée à la création d’un laboratoire technologique et industriel spécial, annexé à l’Institut national agronomique.
- *
- * *
- Le Concours général agricole annuel aura lieu, en 1888, du 23 janvier an 8 février, au Palais de l’Industrie, selon la coutume.
- * *
- Un* grand laboratoire électro-teclmique sera prochainement institué à Paris, au moyen des fonds provenant des dernières expositions d’électricité.
- Ajoutons à ce propos, qu’une grande exposition d’électricité vient de s’ouvrir à New-York, à 1 ’A-merican Institute, et que l’année prochaine en verra trois importantes, à Bruxelles, Barcelone et Saint-Pétersbourg.
- Une très belle exposition de fusains par Léon. Llierrnitte, le peintre bien connu, s’est ouverte, samedi dernier 5 novembre, dans les salons de la Librairie Artistique, IUT,boulevard Saint-Germain.
- *
- * *
- M. Durand-Ruel prépare dans ses galeries de la rue Laffite, IG, une exposition des œuvres de Puvis de Chavannes.
- Tous les amateurs qui possèdent des œuvres de l’artiste, sont priés d’apporter leur précieux concours à cette intéressante exposition.
- * *
- L’intéressante exposition de l’Union centrale des Arts décoratifs, clôturera le 30 courant par la distiûbution solennelle des récompenses.
- * *
- Départements
- Le Journal des Artistes nous apprend que la Société Lyonnaise des Beaux-Arts ouvrira son prochain Salon, le 15 janvier.
- La Société des Amis des Arts de Pau prépare, pour le 15 janvier prochain, l’inauguration de sa vingt-quatrième exposition annuelle, dont la clôture se fera le 15 mars suivant.
- Sont admises à l’exposition les œuvres de peinture, sculpture, gravure en médailles, gravure, architecture, lithographie et dessin. Les envois doivent être rendus à destination avant le 20 décembre.
- Nous renvoyons pour tous autres détails plus circonstanciés à notre excellent confrère le Journal clés Arts qui, dans son dernier numéro, donne le règlement complet.
- ¥ ¥
- ETRANGER
- Allemagne
- Comme nous l’avons dit dans nos précédents numéros, l’Allemagne prendra part officiellement à l’Exposition internationale de Melbourne (1888). Nous ferons remarquer que par ce fait disparait la légende suivant laquelle le prince de Bismarck professait à l’égard de tous les concours industriels une hostilité définitive a priori. Cette légende était de celles avec lesquelles on masque si facilement au bon Français, toujours insouciant de ce qui se passe extra muros, les abstentions
- p.853 - vue 441/496
-
-
-
- 854- — Troisième Année. — N° i5o
- dédaigneuses et nous avons pour notre part combattu de toutes nos forces la créance que l’on y ajoutait avec une réelle ignorance des choses d’outre-Vosges. Les événements viennent de nous donner raison. .
- Est-ce à dire qu’il faille bouder pour cela"? Aon, mille fois non. L’Australie est pour 1 industrie universelle un précieux débouché, un champ vaste et encore neuf de transactions commerciales étendues et fructueuses. Mais l’Angleterre y doit régner en maîtresse, dira-t-on '? Erreur ! L’Australien professe pour sa métropole une jalousie non déguisée et une défiance résolument accusée.
- Le prince de Bismarck à qui son vaste esprit permet de saisir avec clairvoyance et sûreté les faits d’ordres les plus divers a compris que la participation de l’Allemagne à l’exposition de Melbourne pouvait avoir pour l’Empire qu’il dirige d’une main de fer les résultats économiques les plus précieux, et sautant à pieds-joints par dessus les principes, sachant qu’en matière de Gouvernement ceux-ci doivent avoir pour limite de leur existence, leur utilité, il a décidé que l’Allemagne se ferait officiellement représenter en Australie.
- Rapprochons de ce fait la conduite d’une grande maison parisienne de spiritueux, dont les trois chefs ont chacun cinq cents mille livres de rente, et qui durant trois mois hésita à envoyer à Sydney pour 250 francs d’échantillons et finalement y renonça ! !
- Mais laissons là ces discours oiseux et ne risquons pas de nous faire morigéner pour avoir trop rudement aimé ce beau pays de France.
- Le Conseil fédéral a donc approuvé en principe la nomination d’un Commissaire impérial à Melbourne et décidé que les dépenses d’installation, d’ornementation et de surveillance de la section Allemande seraient inscrites au Budget de l’Empire.
- Ajoutons que ces résolutions sont dues en grande partie à la propagande do la Société berlinoise de Géographie commerciale, et que le Commissaire d’Empire sera, selon toutes probabilités, le Conseiller du Gouvernement Reuleaux ex-commissaire aux expositions de Melbourne et Sydney.
- ¥ ¥
- L’exposition de la Société Allemande d’Âgri-culture aura lieu, l’année prochaine à Breslau, du 7 au 11 juin. Elle comprendra les races chevaline, bovine, ovine, porcine, l’aviculture, l’agriculture, la pisciculture, les produits agricoles, etc.
- La société a décidé qu’une somme de trente-cinq mille marks serait distribuée en primes et en prix d’honneur.
- D’autres catégories de récompenses seront instituées ultérieurement.
- *
- ¥ ¥
- Une exposition modèle de produits nationaux, argentins, organisée par les soins _ du Bureau officiel d’informations de la République Argentine a été ouverte, le mercredi 26 octobre, dans les Galeries de la Bourse du Commerce de Berlin.
- *
- ¥ ¥
- Angleterre
- Les bâtiments de l’exposition nationale des Trésors artistiques qui eut lieu à Folkestone, il y a deux ans, dans le courant de l’été, et dont nos lecteurs se rappellent avoir entendu parler en cette place, en môme temps que d’intéressantes illustrations étaient mises sous leurs yeux, ont été vendus, il y a quelques jours, au maire de Folkestone, au prix de 2100 livres sterling, soit une perte de 14,00 livres pour les souscripteurs du capital de garantie.
- On se rappelle que cette exposition, réellement fort intéressante et attrayante n’avait obtenu qu’un succès très relatif.
- ¥ ¥
- L’exposition royale des mines, du génie civil et de l’industrie qui a, tout l’été, constitué la y récit attraction de Nevvcastle-on-Tyne, a été clôturée le samedi 29 octobre dernier, en présence du duc de Cambridge. Ouverte le mercredi 11 mai, cotte grande exposition a reçu en tout 2,092,273 visiteurs, chiffre important que justifiaient des attractions de tous genres.
- *
- * #
- Le môme jour la princesse Béatrice, dernière fille de la reine et princesse de Battenberg présidait à Saltaire, la cérémonie de clôture de l’Exposition Royale jubilaire du Comté d’York.
- Cette exposition inaugurée le vendredi 6 mai avait reçu, pour sa. part, 823, 113 visiteurs.
- L’entreprise, dont les bénéfices devaient être consacrés à la création de nouvelles écoles d’art et de sciences, n’a pas donné, paraît il, tous les résultats que l’on espérait. Il avait ôté un moment
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- question de rouvrir l’exposition l’année prochaine sur des bases nouvelles, mais le projet a paraît-il été abandonné.
- *
- * ¥
- Autre clôture, celle de l’Exposition Américaine de Londres qui a été célébrée lundi 31 octobre dernier.
- *
- ¥ ¥
- Invention, toujours très bien renseignée, dil que l’on essaye, de l’autre côté de la Manche, d’organiser une exposition générale de Potterios pour l’année prochaine.
- #*
- + *
- Le projet, dont nous avons à différentes, reprises entretenu nos lecteurs, et qui consiste à organiser à Londres, pour l’année prochaine, une exposition générale italienne, est très favorablement accueilli dans 1a. Péninsule. Des Comités promoteurs se sont formés à Rome, Turin et Milan.
- 1/exposition italienne succéderait, on lésait, à l’exposition Américaine.
- ¥ *
- Australie
- Sir Vincent Barrington, commissaire européen de l’Exposition de Melbourne, est arrivé do Madrid à Marseille, où il a été reçu par la Chambre de Commerce. L’honorable sir doit engager à Paris des négociations avec le gouvernement français, afin d’obtenir de celui-ci sa participation officielle à l’exposition australienne, et la nomination d’une commission.
- *
- ¥ ¥
- Belgique
- Le Salon triennal de peinture, récemment clôturé à Bruxelles, a donné les résultats financiers les plus déplorables.
- On a encaissé 20,019 entrées à un franc, 9,500 entrées à 50 centimes, et délivré 87 cartes d’abonnement.
- *
- ¥ ¥
- Espagne
- Le gouvernement espagnol prendra part à l’exposition internationale australienne de Melbourne, mais seulement pour sa colonie des Philippines.
- Cette décision a été prise au Conseil des ministres le lundi 7 novembre.
- Italie
- C’est le 6 janvier que S. S. Léon XIII inaugurera, au Vatican, en présence des hauts dignitaires de l’Eglise et des membres du corps diplomatique, l’exposition des cadeaux offerts à l’occasion de jubilé sacerdotal.
- *
- ¥ ¥
- Portugal
- Une exposition nationale industrielle ouvrira en mai prochain à Lisbonne, dans le parc du Palais-Royal d’Ajuda.
- Ajoutons que le gouvernement portugais a décliné l’invitation officielle du gouvernement français à l’Exposition universelle de 1889.
- Roumanie
- Notre excellent confrère le Moniteur Industriel nous apprend que le ministre de la guerre crée à Craïova, dans les locaux de l’école militaire, un musée industriel permanent où prendront place, à côté des produits de l’industrie romaine, .les objets de provenance étrangère.
- .
- ¥ ¥
- République Argentine
- Le Moniteur officiel du commerce enregistre une communication du consul général de France à Gênes qui renferme quelques nouveaux détails sur le musée commercial italien de Buenos-Ayres, dont nous avons parlé lors de son inauguration en juin dernier.
- Cette intéressante et utile institution réunit plus de 4,000 échantillons répartis dans cinq salles : tissus et mercerie; vins, comestibles et liqueurs ; produits chimiques et médicaux, matières extractives, travaux en bois ; enfin, matériaux de construction.
- La Chambre de commerce italienne de Buenos-
- Dimanche i3 Novembre 1887.
- Ayres a fait dresser un catalogue contenant la description exacte des échantillons, les noms et résidence des fabricants, les prix, conditions de vente et d’escompte, lieux de livraison, etc.
- Ah ! que notre industrie n’imite-t-elle l’activité de nos voisins !
- ¥ ¥
- Russie
- Une exposition de matières textiles, tissus et machines spéciales ouvrira à Varsovie dans le courant de décembre.
- Les industriels et producteurs do tous les pays seront admis à y prendre part
- ¥ A-
- Suède
- Ue exposition consacrée à la culture des tourbières et divisée en huit groupes, ouvrira le mercredi 30 novembre à Jonkoping.
- *
- * %
- Tunisie
- Une nouvelle exposition française, la seconde du genre, aura lieu àTunis, l’année prochaine, de février à avril.
- Les adhésions sont reçues jusqu’au 25 janvier 1888; les envois, centralisés à Marseille, peuvent être expédiés depuis le 5 janvier..
- Nous renvoyons d’ailleurs pour tous renseignements complémentaires à la direction de l’Exposition française, à Tunis.
- *
- ¥ ¥
- Japon
- Le gouvernement japonais vient d’annexer à l’école de commerce de Tokio un musée commercial, dans le but de faire connaître aux importateurs japonais des produits étrangers de nature, aies intéresser.
- ---------——--------------------------
- SCIENCES & INDUSTRIE
- Nouvelle lampe à brûleur incombustible
- M. Adolfo Saeng Yane7, Jefe de Construcciones civiles, Inspeccion Gen’l de Obras Publicas, Ha-bana, Cuba, (chef des constructions civiles de l’inspection générale des travaux publics, à la Havane, Cuba), vient d’imaginer une lampe nouvelle, qui a pour but de donner .à la flamme un pouvoir éclairant supérieur à celui des autres systèmes, en assurant la carburation de la matière combustible par la suppression de toutes les matières étrangères qui donnent si facilement à la flamme des colorations diverses au détriment de son intensité.
- Le problème à résoudre consistait à supprimer la combustion directe de la mèche, combustion lente, il est vrai, dont l’usure quotidienne est presque inappréciable, mais qui reste cependant une des causes les plus nuisibles au pouvoir éclairant.
- On sait, en effet, que toute flamme ne brûle qu’une faible partie de ses éléments constitutifs, que les particules de charbon incandescent qui flottent à son centre restent carbure'es imparfaitement et entraînent avec elles des matières organiques provenant des déchets constants de la mèche.
- Pour obvier à cet inconvénient, toute mèche externe est supprimée dans le nouvel appareil. Seule une mèche interne en matière textile, amène par capillarité les matériaux de combustion à un cylindre ou pointe brûlante de terre réfractaire, brique anglaise (bath-brick) non vernissée et concernant par cela une porosité considérable.
- C’est cette porosité qui, s’unissant à l’action capillaire de la mèche et alimentée par elle, amène les matériaux de combustion vers l’extérieur et permet à la flamme de conserver tout son éclat.
- Nous nous demandons même si cette matière poreuse ne joug pas le meme rôle que la craie dans l’appareil de Drumond pour donner à la flamme ce pouvoir éclairant multiplié.
- Quoi qu’il en soit, l’appareil offre à peu près la disposition des lampes ordinaires, sauf des ajustages spéciaux de tubulures, destinées à l’introduc-
- p.854 - vue 442/496
-
-
-
- Troisième Année. — N° i5o
- LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE 1SS9
- Dimanche i3 Novembre 1887. — 855.
- tion de l’air dans l’appareil et à la division de la flamme.
- La mèche restant fixe, l’intensité de la flamme est réglée par l’ascension d’un cylindre qui entoure la terre réfractaire et permet à celle-ci d’offrir à la combustion une section plus ou moins étendue.
- Nous ne pouvons pas donner, sans figures, de détails plus étendus sur la construction de l’appareil qui est un peu complexe, mais le principe nous a paru intéressant et nous renvoyons ceux de nos lecteurs qui désireraient de nouveaux éclaircissemnnts à Y Invention, notre confrère londonien qui a, dans son dernier numéro, parlé de l’ingénieux appareil que nous venons de décrire.
- *
- * *
- Nouvel indicateur électrique de niveau
- M. J.-L.-W. Olsen de Copenhague, vient d’imaginer un nouvel appareil servant à contrôler à distance le niveau de l’eau dans les chaudières à vapeur,
- L’appareil, décrit par notre excellent confrère romain, le Bollettino delle Finance, Ferrovie e Industrie, consiste en une plaque métallique, munie de deux petites pièces de platine auxquelles se rendent les fils d’une pile.
- Le contact qui permet le passage du courant s’effectue par la descente du niveau d’eau et actionne par cela même, deux sonneries e'iectri-' ques placées, l’une à proximité de la machine, l’autre à distance, dans un bureau de surveillant, ou une administration par exemple.
- Si le niveau de l’eau vient à s’abaisser ou à s’élever au delà de la limite voulue, les contacts servent de frein virtuel en indiquant au chauffeur par une sonnerie l’existence de ces mouvements, et deviennent en même temps une sauvegarde morale ; en assurant un travail consciencieux de l’ouvrier en fonctions qui craindra toujours qu’une inattention de sa part ne soit révélée par une seconde sonnerie au lieu convenable où celle ci aura été disposée.
- L’appareil, si simple qu’il soit, peut donc et doit rendre de grands services.
- * *
- Un nouveau compas
- Nous crpyons devoir signaler, sans en pouvoir malheureusement donner de description, faute de figures, une invention mécanique fort ingénieuse, on peut dire même géniale, qui vient de transformer radicalement le compas à dessin.
- Qu’il nous suffise de dire que l’on a réalisé un perfectionnement attendu depuis 200 ans et que le nouvel instrument non plus condamné à la seule circonférence, peut décrire également des hexagones concaves ou convexes, des ellipses, etc.
- Inventeurs : MM. F.-F. Bennet and C°, Ellipses Works, Wright’s Hill, Sheffied.
- G. H.
- --------uiagau>. -------------------
- SOCIÉTÉ CENTRALE D’APICULTURE ET dTnSECTOLOGIE
- EXPOSITION DES INSECTES
- UTILES ET NUISIBLES
- Sous le patronage du Ministre de l’Agriculture Du 27 août au 28 septembre 1887
- Dans l’Orangerie des tLuileries h IPax'is
- (Suite.)
- Médaillé de 2e classe : Mlles Duthu ont exposé une série de sujets en terre cuite qui leur ont valu une médaille de i1'0 classe P. M. ; nous n’en citerons que quelques-uns : un magnifique plat garni de fleurs de houblon dans lesquelles gazouillent quatre petits oiseaux courant après des moucherons, une belle grappe de roses avec fruits, une autre de raisin, une charmante coupe garnie d’églantines, puis quantité de feuilles, fruits, ruches, fleurs garnie de chatoyants insectes aux ailes ou aux elytres éblouissantes. D’autres médailles de —111 e classe G. Al. ont été décernées à M. Victor hese pour une collection de gravures d’insectes, à M. Lemoine pour ses gravures jetons et médailles,
- ruches, abeilles, fourmies, etc., et à M. Poulin pour ses épreuves de lépidochromie.
- Nous allions oublier, et cela n’eût point été gracieux, deux dames : Mlle Fortier a obtenu un diplôme d’honneur pour sa belle collection de plantes avec insectes préparées pour l’enseignement. Mme G. Demoulin, médaille ire classe P. M. pour plusieurs de ses œuvres charmantes parmi lesquelles nous citerons : Les animaux étranges, la maison des Bêtes, Bêtes de nos maisons, Bêtes-de mon jardin, Bêtes de mon étang.
- Pour être tout à fait impartial, il faut citer les noms des exposants hors concours comme membres du jury, M. Bouvier, M. Daguin, M. Beuve qui a présenté un magnifique lot de cire ; M. Savart qui a obtenu précédemment toutes les plus hautes distinctions de la société et qui a présenté une très grande et très belle collection, aussi espérons-nous le voir récompenser prochainement dans les sphères officielles ; M. Wallès a envoyé quatre manuscrits très intéressants sur l’insectologie dénotant une science approfondie.
- La distribution des récompenses aux exposants, a eu lieu, devant une nombreuse assistance, sous la présidence deM. de Hérédia, ministre des travaux publics, assisté de Son Exc. le général Tcheng-Ki-Tong, de MM. Wilfrid de Fonvielle et Malessard, vice-présidents, Hamet, secrétaire général et Ramé, commissaire général de l’Exposition, Wallès, secrétaire, et de plusieurs notabilités, parmi lesquelles M. Deligny, membre du conseil municipal de la ville de Paris, et M. Dandre, adjoint au maire du Ier arrondissement.
- La salle des conférences et les salles d’exposition avaient été parées pour la circonstance d’arbustes tirés des serres de la ville de Paris et de dahlias mis à la disposition de la Société par l’administration du jardin des Tuileries.
- L'estrade était ornée de trophées formés de drapeaux chinois et de drapeaux français entrelacés.
- La séance a été ouverte par M. le ministre qui, dans une intéressante improvisation, a exposé les regrets de M. le ministre de l’agriculture qui n’a pu venir prendre part à cette fête de famille, mais qui a délégué à sa place M. Auriol, membre de son cabinet, pour prouver toute sa sympathie à la Société d’apiculture et d’insectologie.
- M. le ministre exprime ensuite tous ses remerciements à M. Hamet, homme de science et de volonté, qui a fondé la Société d’apiculture, il y a plus de 35 ans. M. Wilfrid de Fonvielle, vice-président, reçoit également son tribut d’éloges bien mérités pour le dévouement et l’activité qu’il apporte dans sa tâche délicate.
- « C’est M. de Fonvielle, dit M. le ministre, qui va vous décrire le mérite des exposants et ceux des instituteurs qui se sont si intelligemment associés à son œuvre.
- « J’ai aussi auprès de moi, ajoute M. de Hérédia, un homme auquel j’ai voué depuis longtemps une amitié profonde, M. Ramé, l’honorable commissaire général de l’Exposition et le propagateur infatigable de l’Association Philotechnique.
- « Ces Messieurs, dit en terminant M. le ministre, vont vous faire connaître la situation satisfaisante de la Société en développant les mérites particuliers des exposants et en témoignant des espérances_qu’il est permis de former au sujet de l’amélioration de l’enseignement technique. »
- La parole est donnée ensuite à M. Ramé qui s’exprime ainsi :
- Allocution de M. Ramé
- Commissaire général
- Monsieur le Ministre,
- Mesdames, Messieurs,
- Parmi les manifestations modernes, il en est qui marquent leur passage d’une façon toute particulière. Ce sont celles qui ont trau aux découvertes des savants et des chercheurs aidant ainsi à la diffusion des lumières et à la vulgarisation de la science.
- Ce n'est pas sans peine que l’on arrive à redresser les erreurs et à combattre les préjugés.
- Aussi avons-nous eu recours à tous ceux qui, de près ou de loin, protègent les efforts soutenus d'obscurs citoyens, n’ayant d’autre ambition que le soulagement de l’humanité et la grandeur de la France.
- Afin de pouvoir remercier toutes les personnes qui ont bien voulu collaborer à notre œuvre, je vous-demande un peu de bienveillance.
- Commençant par notre cher président, M. le ministre des travaux publics, éloigné de nos travaux, a-t-il dir, il les connr.it tous cependant et les suit, je puis l'assurer, d’une façon très assidue. Jamais il n’a laissé échapper l’occasion de rendre service à notre Société.
- Merci, cher président, de tout ce que vous : vez fait pour nous; et puisse la modeste éping'e ornée de Y Abeille d’honneur que la Société se tait un devoir et un plaisir de vous offrir, vous rap-
- peler de temps en temps les quelques instants que vous avez bien voulu nous consacrer aujourd'hui.
- Merci aussi à M. le ministre de l’agriculture, qui non seulement a patronné notre œuvre, mais nous a aidés par les allocations dont il dispose, et par ces récompenses qui vont être distribuées et à monsieur le ministre de l’instruction publique pour les magnifiques volumes qu’il nous a fait re mettre hier.
- Adressons encore nos remerciements à la Société des agriculteurs de France qui a mis à notre disposition avec empressement, et je le dis bien haut, avec sa bienveillance habituelle, des médailles de vermeil, d’argent et de bronze qui seront décernées en son nom, ainsi qu’à la Société d’apiculture de l’Aube qui nous a offert les mêmes médailles.
- Merci également à la municipalité du 18r arrondissement, qui nous a fait l’honneur de faire frapper une médaille à l’occasion de cette solennité.
- Aux éditeurs qui ont bien voulu participer à notre fête par des dons de livres destinés aux enfants studieux des écoles, nous offrons l’expression de notre plus vive reconnaissance. Nom-noms également Mme Demoulin, qui nous a offert plusieurs ouvrages choisis parmi les plus charmantes de ses œuvres .
- A vous, Messieurs les Conférenciers et Membres des jurys, qui nous avez prêté votre bienveillant concours, nous offrons le témoignage de notre gratitude : Que nos remerciements soient également entendus de la Presse qui, en nous aidant de son pouvoir, a contribué au succès de notre Exposition.
- Que les exposants qui ont répondu à notre appel reçoivent aussi nos remerciements, et si quelque collaborateur se voyait oublié, qu’il ne pense pas à.mal, et prenne, lui aussi, la part qui lui revient dans la réussite de cette exhibition qui, quoique restreinte, n’en a pas moins eu pour seul objectif, la lutte contre les infiniment petits, les plus terribles ennemis que nous ayons à combattre et contre lesquels nous devons nous réunir tous pour rendre la nation grande et prospère.
- Enfin, permettez-moi, en terminant, de vous dire que tous les résultats obtenus sont l’œuvre d’un homme modeste, dont l’initiative ' et l’infatigable ténacité ont, depuis plus de trente ans, tenu en haleine les partisans de l’apiculture : j’ai nommé notre vénérable Secrétaire général, M. Hamet.
- Après cette allocution, très applaudie, M. le Ministre donne la parole à M. W. de Fonvielle qui donne lecture de son Rapport d’ensemble dont nous extrayons le passage suivant:
- « Nous avons cru qu’il était de notre devoir d’accorder, à titre exceptionnel, notre plus belle récompense au général Tcheng-Ki-Tong, bien connu déjà des lettrés français parles publications qu’il a faites sur le vaste empire dont nous sommes à la fois devenus les voisins et les amis sincères. C’est un faible tribut de reconnaissance pour la multitude de choses intéressantes, que ce sympathique diplomate nous a apprises sur sa patrie.
- Certaineruent son mérite personnel est suffisant déjà pour justifier complètement cette haute distinction. Mais nous ne cacherons pas que nous sommes heureux de lui accorder notre Abeille d'honneur comme un témoignage de sympathie envers la grande nation qu’il représente si dignement parmi nous, et qui doit se considérer comme chez elle dans toute exposition consacrée à l’insec-tologie. En effet, c’est dans les annales des Chinois qu’il faut aller chercher l’histoire de la première conquête d’un insecte utile. Ce haut fait est consacré par leur littérature , et un de leurs plus grands monarques en a fait l’objet d’un admirable poème ».
- Le magnifique et éloquent rapport de M. de fonvielle a été publie, a part, en une brochure de 16 pages. On peut se le procurer au secrétariat, 67,_ rue Monge, ainsi que les diverses conférences qui ont été imprimées.
- La distribution des récompenses commence ensuite par la section d’apiculture.
- Le Ministre, félicite chaque lauréat et lui serre la main. Les diplômes de mérite, les médailles d’or et de vermeil sont remises aux heureux titulaires.
- Après la distribution des lauréats de l’Apiculture une magnifique coupe de bronze à été offerte par Al. W allés, au nom des membres de la Société et des exposants, à l’honorable M. Hamet qui a remercié en termes émus. ’
- A l’issue de l’appel des récompenses, M. le ministre dit qu'il a encore une tâche à remplir au nom de MMe ministre de l’agriculture et décerne à M. Ramé, en l’accompagnant dés éloges les plus flatteurs, le diplôme et les insignes de chevalier dp Méi ite agricole. M. Hamet reçoit également le diplôme d’officier de l’instruction publique et Al. Saint-Pée, trésorier de la Société, est nommé officier d'académie.
- Avant de clore la cérémonie, M. le ministre prononce encore quelques^ paroles de félicitation à l'adresse de la Société et des exposants et leur donnne rendez-vous à l’Exposition de i88q, où la f rance restera toujours digne de son titre de grande nation.
- p.855 - vue 443/496
-
-
-
- 856 — Troisième Année — N° i5o
- LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche i 3 Novembre 1887.
- A ce moment, M. Malessart, vice-président de la Société, offre à M. Ramé, au nom des membres delà Société et des exposants, un superbe objet d’art en témoignage de reconnaissance pour -es services qu’il a rendus a la Société et aux exposants. ,,,
- M. Ramé, d’une voix que couvre lemotion, répond, en disant : « Je vous remercie bien sincèrement. Ce témoignage d’estime et de sympathie dont mon cœur est jaloux me touche profondément : il prouve qu’il n’v a pas eu que des mécontents dans l’Exposition.
- « Lorsqu’elle essaime, l’abeille à l’abeille s’attache, imitons-là pour former de nouveaux essaims et agrandir ainsi notre rucher. »
- Après la séance, un lunch a été offert a M. le Ministre dans les bureaux du commissaire général. C’est l’hydromel qui a eu les honneurs de la dégustation.
- Enfin, M. Ramé a prié tous les insectologues présents de se faire inscrire pour le rendez-vous de 1889, auquel M. le Ministre les avait conviés.
- LES LIVRES
- cxxx
- L’Irlande depuis son origine jusqu'aux temps présents, par E. Ganneron, secrétaire-rédacteur au Sénat. 1 vol. grand iu-8° illustré. Tours, Alfred Maine et fils, Editeurs.
- Deux questions historiques et politiques pèsent depuis de longues années sur la conscience de l’Europe, et on peut le dire, sur la conscience de la France, bien qu’elle n’ait jamais été complice de ces deux crimes et de ces deux fautes, pires, selon le mot de Talleyrand, que des crimes, qui s’appellent le partage de la Pologne et l’oppression de l’Irlande. De tout temps la France a manifesté, dans cette défaite de deux nationalités héroïques et martyres, sa sympathie pour les vaincus, sa réprobation pour les vainqueurs. Cette sympathie pour la Pologne et pour l’Irlande a passé sans s’altérer de génération en génération et de régime en régime. Elle fait à la fois partie du programme et des traditions monarchiques, du programme et des traditions républicains. Les Irlandais depuis Louis XV, les Polonais depuis Napoléon ont lait partie de nos armées comme soldats, et comme proscrits ont toujours trouvé ouverts les asiles de notre hospitalité. Les libéraux et les cléricaux ont uni leurs efforts pour favoriser, par la parole à la tribune, par la plume, par la presse, par les manifestations qui, sans engager les gouvernements, attestent les sollicitudes et les prédilections de l’opinion , les revendications de deux nationalités vivaces qui luttent contre la tyrannie, protestent contre la force, et s’obstinent à ne pas mourir. Nous n’insisterons pas sur la question polonaise, qui n’est pas de notre sujet. Nous nous bornerons à faire remarquer que si la Pologne a été victime de la coalition des trois puissances qui en ont fait leur proie, elle a, jusqu’à un certain point, par les dissensions de sa remuante aristocratie, par le défaut d’union et l’état d’anarchie, offert trop de prétextes aux intrigues de ses ennemis, au découragement de ses amis, et mérité son sort. Mais l’Irlande n’a pas offert le spectacle désolant de cette anarchie. Elle a toujours lutté, unie contre l’ennemi commun pour sa foi religieuse et pour son autonomie. Elle ne s’est jamais désintéressée de sa propre cause. Elle a toujours combattu sans autres armes que celles de l’association, groupant dans un même élan toutes les classes du pays, bourgeois et nobles, soldats et peuple, prêtres et fidèles, contre l’égoïste et brutale absorption de l’Angleterre. Encore à l’heure qu’il est mutilée, dépouillée, saignante de la double et périodique blessure de la famine et de l'émigration, elle combat sous la direction de la Land-League, avec l’appui d’une forte minorité parlementaire, sous les auspices d’un homme d’Etat libéral et prévoyant, M. Gladstone, contre un suprême retour offensif de l’oppression anglaise, cherchant, le plus possible, à préserver sa cause des inévitables souillures, des violences du désespoir et des crimes isolés, revendiquant son double droit, celui de se gouverner elle-même par un Parlement élu, et celui de se suffire à elle-même par la propriété agricole affranchie et le commerce et l’industrie émancipés, affirmant ce double droit dans des meetings présidés par ses députés et dans des scènes d’éviction qui mettent l'odieux et souvent le ridicule à la charge des expulseurs.
- Il est évident que la situation, aujourd’hui arrivée à l’état aigu, qui met de nouveau en présence
- toutes les forces d’une nation impatiente de consommer sa conquête, fut-ce par ie fer et le feu, et toutes les faiblesses d’une autre nation encore redoutable par les colères et les désespoirs du droit opprimé, n’est pas de ces situations qu’un jour crée et qu’un jour dénoue, nées d’un accident et à la merci d’un accident. La question irlandaise date de plusieurs siècles. Elle a ses racines nourries du sang et des larmes de batailles héroïques et de répressions impitoyables au plus profond, au plus lointain de l’histoire même de l’Irlande. Il faut lire, il faut étudier cette histoire complexe et dramatique pour se' rendre compte des levains de haine et de rancune qui jettent aujourd’hui leur suprême explosion, des griefs sans cesse renouvelés, d’autonomie confisquée, de propriété spoliée, de foi persécutée qui mettent en ce moment aux mains de l’Irlande en révolte, en attendant qu’elle soit en insurrection, les armes de la lutte légale, bientôt, trop tôt remplacées par les armes de la lutte populaire et révolutionnaire.
- Même apiès les travaux célèbres des Gustave de Beaumont, des Montalembert, des Mgr Perraud, des Hervé, il y avait beaucoup à dire, et pour le public beaucoup à apprendre dans une Histoirede l'Irlande depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours écrite sans parti pris, autre que celui de la justice etde la vérité, par un homme habitué à dépouiller et à analyser les documents, à généraliser, à synthétiser ses analyses. C’est cette histoire résumée où frémit, animé par un souffle contenu de généreuse indignation et de communicative pitié, tout ce qu’il y a d’essentiel dans Un si vaste sujet que M. Emile Ganneron a écrite, comblant une lacune regrettable, à l’intention de tous ceux qui pensent que le présent et l’avenir sont contenus dans le passé, qu’aucune question politique ne s'explique et ne s’éclaire qu’à la lueur historique, qu’il faut, pour comprendre ce que l’Irlande est et ce qu’elle devrait et voudrait être, savoir à fond ce qu’elle a été.
- Nous ne pouvons suivre dans le détail cet excellent et substantiel résumé, où dix siècles d’histoire revivent en trois cent cinquante pages, sans qu’on puisse reprocher à l’auteur d’avoir négligé un fait important, oublié une figure caractéristique, et nous devons nous borner à le recommander chaudement au lecteur justement désireux de s’instruire d’événements du passé, dont les conséquences se poursuivent dans le présent avec des vicissitudes diverses, pour se dénouer dans un prochain et encore douteux avenir, par le triomphe défini-tifoul’irrévocable écrasement du droit. Nous n’exprimerons qu’un regret: c’est que rillustradon de ce livre dont le sujet est le plus dramatique, le plus poétique, le plus pittoresque de tous ceux qui peuvent tenter une plume d’écrivain ou un pinceau d’artiste, soit par trop médiocre, ou trop économique comme exécution, c’est-à-dire peu digne du sujet, et destraditions, deperfection typographique et de luxe artistique de la grande maison, justement célèbre par tant de belles publications.
- M. de Lescure.
- LES THEATRES
- Odéon : l'Agneau sans tache. — Gymnase : l'abbé
- Constantin. — Opéra : 5ooe de Faust. —
- Bouffes du Nord : le Drame des Charmettes.
- — Menus-Plaisirs : la Fiancée des Verts-Poteaux.
- La semaine s’est trouvée suffisamment chargée cette fois.
- A l’Odéon nous avons eu un gracieux petit acte de MM. Adolphe Aderer et Armand Ephraïm : Y Agneau sans tache. Le thème 'pris par les auteurs était celui-ci : l’art pour un mari de se débarrasser d’un petit cousin^ qui fait la cour à sa femme — laquelle est honnête pourtant, n’oublions pas ce point délicat, car chacun sait que ce que femme veut, le diable — à.plus forte raison un mari quÿne vaut pas le diable — ne l’empêcherait pas.
- Notre homme, sous le fallacieux prétexte d’apprendre au petit cousin la façon d’enlever les places fortes, lui conseille la brutalité et l’audace exagérée, ce qui fait que l’épouse renvoie aux Folies-Bergères cet apprenti cupidonesques.
- Très aimablement écrite, cette comédie fait assurément un vif honneur aux deux auteurs dont le langage^ très littéraire est néanmoins poudré et musqué comme leurs personnages.
- Mlle Panot, charmante en marquise à la mode de 1820; MUe Letur.c, délicieuse sous le travesti masculin qu’elle porte avec une aisance à faire rougir— de plaisir ceux de mon sexe; — Mlle Lyn-nès, une soubrette aux pieds de laquelle tomberaient les maîtres ; M. Colombev, en marquis, et
- M. Sujol, en abbé, forment une interprétation excellente.
- A la Gaîté, je signalerai le parfait début de MUe Destrées dans le rôle créé par M,lie Thuillier-Leloir de La Cigale et la Fourmi. Très gracieuse et douée d’une jolie voix, Mllu Destrées a pleinement réussi. Nous la retrouverons du reste bientôt dans 10 Jours aux Pyrénées.
- Le Gymnase a brillamment réussi avec Y Abbé Constantin, de MM. Hector Grémieux et Pierre Decourcelle ; non pas que ce spectacle un peu mièvre et aux émotions trop douces puisse faire complètement le bonheur des fervents de l’art théâtral, mais il est foncièrement honnête et suffisamment dàns la note placée entre Scribe et Ber-quin pour que tout un public familial emplissent pendant de nombreuses soirées la salle du Boulevard Bonne-Nouvelle.
- Tous les parents qui ont des enfants ; toutes les jeunes filles qui adorent l’uniforme ; tous les jeunes gens qui rêvent des dots de vingt millions; tous ceux qui en sont encore au bon curé de village autorisant tous les péchés véniels et les couvrant de son indulgence iront applaudir P Abbé Constantin.
- Lafontaine a joué le rôle de l’abbé en grand artiste, je l’aurais préféré moins comédien et davantage bonhomme ; M. Marais n’est pas fait pour ses situations évangéliques et sa voix de tonnerre, excellente pour le drame ou les fortes situations, détonnait absolument dans ce milieu plein de componction, ses gestes énergiques se conte-n aient mal et en somme cette rentrée ne peut lui compter comme sérieuse.
- Quant à M. Noblet, dans un éternel personnage de jeune viveur il a été parfait. Son camarade sort de la Comédie-Française, lui y rentrera certainement, car il travaille sérieusement et s’observe rigoureusement sans tomber dans la charge si facile dans son emploi.
- Mlle Darlaud interprétait l’héroïne du roman, la jeune américaine, riche maisamoureuse, elle s’est tirée avec beaucoup de grâce et d’adresse d’un rôle scabreux et s’est montrée très en progrès. Un petit tic-tac de plus sous la mamelle gauche et la chose serait au point.
- Mmes Grivot, Desclauzas et Magnier ont droit à des éloges.
- La mise en scène est soignée au possible et d’un goût artistique indiscutable.
- A l’Opéra, on a fêté la 5ooe de Faust, avec Gounod au pupitre de chef d’orchestre et M. Jean de Resxké débutant dans le rôle de Faust.
- Le maître a été acclamé ainsi que son chef d’œuvre.
- Le début de M. de Reszké a été des meilleurs, il est élégant, Faust est bien dans sa voix, aussi a-t-il été fort justement applaudi.
- Je m’en voudrais de ne pas signaler la tentative couronnée de succès des Bouffes du Nord qui nous ont offert,sous la direction de M. Abel Ballet, un ouvrage inédit de M. H. Demesse : Le Drame des Charmettes. La pièce habilement charpentée traite de l’hypnotisme et de crimes commis par suggestion. L’intérêt en est indiscutable et fera certainement venir là-bas un nombreux public.
- Le gros effet d’interprétation a été pour M. Lé-raud, que nous allons revoir au Château-d’Eau ; c’est un artiste d’un très grand naturel. A côté de lui, le premier rôle, M. Darmont, et une bonne jeune première MUe Lévy-Leclerc, ont obtenu tous les suffrages.
- Les Menus-Plaisirs viennent de donner la Fiancée des Verts-Poteaux, opérette de M. Maurice Ordonneau, musique d’Edmond Audran.
- La trame en est légère : la fille de l’épicier Rigaud aime un jeune homme sans fortune ; pour éviter d’épouser le limonadier du théâtre que son père veut lui infliger, elle feint de s’être fiancée au jeune marquis des Verts-Poteaux et, lorsque tout est rompu avec le limonadier, elle présente à l’épicier qui n’a plus le choix, son véritable amoureux.
- La chose est écrite gaiement et spirituellement malgré quelques scènes inexpliquées ou un peu lâchées. Quant à la musique, elle est d’une facture charmante. Je citerai le trio de Bottin, entre Mlle Lardinois, MM. Bartel et Bonnet, un passage bouffe digne d’Offenbach ; les couplets du temps jadis, un pastiche adorable qui aurait demandé une chanteuse plus exercée que Mlle Berthier qui cependant y a mis la meilleure bonne grâce ; et la chanson de Mme Farine excellemment enlevée par MUe Lardinois.
- Celle-ci, qui tenait le principal rôle, a été très goûtée, c’est l’honneur de l’épicerie et des Menus-Plaisirs.
- A ses côtés, Mlle Berthier très gaie, très experte, MM. Bartel, Darman, Jourdan et Jacquin ont obtenu leur bonne part de bravos.
- Alfred Delilia.
- Le Gerant, GARREAU.
- j Tours. — lmp. E. ARRAULT et , rue de la Préfecture,
- p.856 - vue 444/496
-
-
-
- Le Moniteur
- DE
- L’EXPOSITION DE 1889
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
- TROISIÈME ANNÉE. Dimanche 20 Novembre 1887. , NUMÉRO i5i
- SOMMAIRE :
- 1. Les travaux du .Champ de Mars; 2. Les délégués des chambres syndicales au Champ-de-Mars ; 3. La sous-commission de l'Exposition coloniale de 1889 ; 4. La Suisse à l'Exposition de 1889; 5. Nominations; 6. Bureaux des comités départementaux, de la Dordogne, de l’Ile-et-Vilaine, de Seine-et-Oise, de la Corse; 7. Echos ; 8. Exposition de Barcelonne ; 0. Le Congrès national des Chambres . syndicales ; 10. Sciences et industrie; 11. Variétés; 12. Les Livres; i3. Les Théâtres; 14. Le Bon.Marché. .
- EXPOSITION UNIVERSELLE
- DE 1889
- LES TRAVAUX DU CHAMP-DE-MARS
- Franchement, parle froid assez rude de ces jours derniers, il ne faisait guère bon se promener sur le terrain de la future Exposition, et sans les obligations qui nous sont imposées par notre devoir de chroniqueur, nous nous serions volontiers abstenu de circuler sur les chantiers, il eut été plus agréable de pouvoir écrire cet article au coin d’un bon feu en examinant l’état actuel des travaux du Champ-de-Mars sur un miroir magique, transmettant fidèlement, à distance, la vue des objets éloignés, de même que le téléphone reproduit au loin la parole; cela nous faisait regretter le retard que la science apporte à la réalisation de ce progrès dont on sera probablement témoin un jour, carde nombreuses recherches sont constamment faites dans ce sens.
- Quelle merveilleuse chose si on pouvait non seulement écrire à distance et causer au loin, mais encore voir à travers l’espace et pratiquer la transmission télescopique malgré tous les obstacles s’opposant à la vision directe ; actuellement, cela semble presque un rêve insensé, une profonde utopie, pourtant peut-être verrons-nous quelque jour, avant qu’il soit longtemps même, ce souhait devenir une réalité, et quand cela sera^ tout en admirant la découverte, on la trouvera toute simple, on s’étonnera qu’elle n’ait pas fait son apparition plus tôt et elle passera rapidement dans la pratique comme une chose tort naturelle, tant il est vrai que l’accroissement constant et rapide du progrès habitue les hommes à désirer toujours mieux et à ne plus s’étonner de rien.
- Maintenant, est-il donné à l’Exposition de 1889 d’inaugurer cette merveilleuse invention ? Nul ne le sait, il est pourtant permis d’en douter, car, sans nier la possibilité de la chose, l’état actuel des recherches entreprises dans ce but ne donne pas le droit de conclure à la proche réalisation de ce désir, mais dans ces sortes de questions, la plus grande réserve doit présider à tous les jugements et quelquefois le hasard, plus savant que tous les spécialistes, fait surgir inopinément le résultat infructueusement poursuivi pendant longtemps, maintes découvertes l’ont prouvé ; quoi qu’il en soit, en vertu de ce principe absolu que chaque question soulevée trouve tôt ou tard sa solution, on ne peut guère mettre en doute la possibilité d arriver à la transmission télescopique, il reste à souhaiter de voir bientôt cette merveille qui, avec la télégraphie et la téléphonie, complétera le trio des plus admirables conquêtes scientifiques du siècle.
- Ces considérations, moins déplacées qu’elles
- en ont l’air au premier abord, puisqu’il s’agit après tout d’une exposition, c’est-à-dire du résumé de tous les progrès, ces considérations, inspirées à un frileux par une envie de paresse, nous ont un peu éloigné du Champ-de-Mars, revenons-y donc, bien qu’il n’y fasse pas bon. Ainsi que nous le disions en commençant, cette immense plaine, lorsqu’il gèle et que le vent souffle, se donne des airs de petite Sibérie et on ne songe guère à flâner en se rendant d’un chantier à l’autre, on se frotte les mains, on bat la semelle et on se dépêche de prendre quelques notes sur les travaux exécutés pendant la semaine ; ils n’offrent rien de bien remarquable, c’est du reste fort compréhensible, car l’ouvrage au ras du sol étant à peu près terminé, presque tous les ouvriers travaillent sur les toitures ou sur les piliers de la tour, c’est-à-dire à des hauteurs assez grandes où les premières atteintes de l’hiver sont encore plus sensibles qu’à terre. Franchement ce doit être dur, surtout pour les couvreurs et les vitriers, car les forgerons se livrent au moins à un travail violent qui les réchauffe un peu, et ils ont de plus leurs foyers portatifs où ils peuvent se dégourdir les mains et les pieds.
- En ce qui concerne la couverture, constatons qu’à l’heure actuelle on a posé environ 21,000 mètres carrés de voligeage et 25,000 mètres carrés de vitrerie, il reste alors 12,000 mètres du premier et 3 3,000 mètres de la deuxième, il y a donc d’exécuté à peu près les deux tiers et la moitié de la totalité de la couverture des fermes de 2 5 mètres actuellement dressées.
- Les vitres employées pour la couverture sont faites dans des usines françaises, occupant un personnel français et leur prix a été établi à raison de 2 fr. 60 le mètre superficiel, rabais à déduire.
- Au sujet de ces vitres, quelques détails, tirés du cahier des charges de l’adjudication, ne seront pas sans intérêt pour nos lecteurs auxquels ils ont peut-être échappé lors de la publication de ladite adjudication, déjà ancienne, puisqu’elle a eu lieu le 31 janvier.
- Les verres, striés, transparents, d’une épaisseur d’au moins onioo5, hauteur des stries comprise et sans aucune tolérance à cet égard, ont des dimensions déterminées, mais telles que la longueur de chaque feuille est dépendante de sa largeur : la longueur ne pourra pas dépasser 2m2 2 pour une largeur variant entre om45 à om51 et 3,n75 pour une largeur de om66 à oul75, ces limites sont fixées en vue d’obtenir le maximum de résistance pour une surface donnée.
- Cette résistance du verre, ainsi que cela se pratique pour tous les matériaux employés dans la construction, est mesurée par des expériences directes, qui sont de deux sortes, ayant pour but de déterminer sa flexibilité maxima et le choc qu’il peut supporter sans se rompre; sur 20 échantillons soumis aux essais de chaque espèce, 10 au moins doivent en sortir intacts.
- Pour mesurer la résistance à la flexion, on emploie la machine Thomasset avec une charge de rupture d’environ 32 5 kil. par centimètre carré de section transversale, les feuilles soumises à l’expérience ont om5o à om6o de longueur sur om20 de largeur et reposent sur deux couteaux de bois distants de om4° l’un de l’autre ; aucun échantillon 11e doit se briser sous un effort de 200 kil.
- Quant au choc que doit pouvoir subir le verre, on le détermine en employant des feuilles de om5o sur o^So maintenues solidement de deux
- côtés par des bandes de caoutchouc et sur lesquelles on laisse tomber, d’une hauteur de 7 mètres, une balle de plomb pesant 7 grammes ; 10 feuilles sur 20 doivent résister à cette épreuve et en tout cas aucune ne doit se ressentir des effets d’un essai analogue exécuté avec une balle de 5 grammes.
- Malgré ces expériences, toute pièce fêlée, écornée ou jugée défectueuse, pourra être refusée ; on voit par cet aperçu que les précautions sont bien prises pour assurer la conservation de la couverture et avoir le moins de verres possible à remplacer pendant la durée de l’Exposition, les travaux à la toiture étant toujours désagréables pendant une exploitation, sans compter que les ouvertures résultant du bris des vitres peuvent être la cause de dégâts qu’il est bon d’éviter.
- Pendant qu’on couvre les galeries constituées par les fermes de 2 5 mètres, les terrassiers règlent leur niveau en égalisant le sol, ce travail marche bien, grâce à la sécheresse ; pourtant il ne faudrait pas que le froid devînt trop vif, car le terrain durcirait et se laisserait difficilement entamer par les outils, en ce moment la gelée a déjà fait sentir son action à une profondeur d’environ omio.
- Sur l’emplacement de la galerie des machines, on a presque entièrement terminé la mise en place des pieux, les massifs e,n maçonneries sont à peu près achevés et quelques-uns même sont garnis de leur couche de béton au milieu de laquelle émergent, comme de gros champignons, les boulons qui maintiendront les sabots des fermes de 110 mètres sur leur pilier, et assureront la parfaite solidité de cette énorme construction ; quant aux puits complètement finis, on procède actuellement à leur remblayage, opération qui va, du reste, assez vite.
- Des marches ont été pratiquées dans les talus qui séparent le jardin central des terrasses des deux palais et du jardin haut, ceci a été fait afin qu’on put se rendre compte de l’effet que produisaient les grands escaliers qui doivent être construits en ces endroits. Autant qu’il est possible d’en juger, le coup d’œil sera joli, surtout lorsque les balustrades seront en place et courront tout le long des terrasses; dans ce même jardin on travaille activement à la mise en état des chemins et sentiers, on creuse d’un côté, on remblaie de l’autre, en un mot, on bouleverse pas mal de terrains, dont les diverses parties commencent à se bien dessiner ; à mesure que se poursuivent les opérations de terrassements et de voirie, le service du jardinage s’empare du sol préparé et commence ses plantations, elles marcheront assez promptement mais, pour le moment, elles se bornent à une demi-douzaine d’arbres qui, quoique de belle venue, sont passablement isolés dans cette plaine, et produisent un effet assez original, ils ont l’air de s’ennuyer.
- La tour monte toujours, les échafaudages aussi, et*tout cela s’élance vers le ciel avec la même tranquillité que s’il s’agissait d’un travail absolument normal, les tronçons de piliers s’ajoutent à ceux mis en place, les entretoises succèdent aux entretoises, les pièces de fer se noient dans la masse déjà construite, et ce travail continu d’assimilation se traduit par la conquête progressive de l’empire de l’air. On rattrape joliment le temps qu’il a fallu, non pas perdre, mais consacrer à la consolidation des arbalétriers, et pendant lequel le montage a été délaissé; chaque pilier dépasse mainte-
- p.857 - vue 445/496
-
-
-
- 858. — Troisième Année. — N° i5i.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 20 Novembre 1887.
- nant d’une quinzaine de mètres les pylônes triangulaires qui lui servent de supports, ce qui équivaut, pour la partie supérieure, à une altitude de 40 à 45 ; mètres au-dessus du sol ; vus d’en bas, les ouvriers, à cette hauteur, ne semblent plus bien grands et commencent à ne plus être que de petites ombres qu’on voit s’agiter activement en tous sens.
- Les échafaudages intermédiaires ont fait de grands progrès et comme montage et comme préparation, celui situé entre les piles 3 et 4 est terminé, celui placé entre les piles 1 et 2 le sera sous peu, et presque toutes les pièces destinées aux deux autres sont préparées sur le sol ; ces échafaudages ont un caractère très curieux dû à leurs grandes dimensions jointes à leur légèreté, il est de fait que jamais on n’a vu de charpentes aussi considérables comme hauteur et comme superficie, être construites .avec une aussi faible quantité de bois, cela montre le résultat qu’on peut obtenir par un emploi judicieux des matériaux résultant de la connaissance approfondie des lois de la résistance.
- L’achèvement de ces échafaudages coïncidera à peu près avec l’arrivée des quatre piliers à la hauteur du premier étage de la tour, on posera alors les fameuses poutres transversales : ce sera là iTn travail digne d’attirer l’attention, et qui voudra être suivi de près.
- H. de Baecker.
- LES DELEGUÉS DES CHAMBRES SYNDICALES
- AU CHAMP-DE-MARS
- Dimanche dernier, M. Dautresme, ministre du commerce et de l’industrie, a reçu, hier, au Champ-de-Mars , les délégués des chambres syndicales de France, conduits par M. Muzet, président , et les membres du bureau du congrès.
- Le ministre était accompagné deM. G. Berger, directeur général de l’exploitation, et de M. de JVlallevoue, chef du service de M. Alphand, directeur général des travaux.
- Les visiteurs ont parcouru les galeries des sections françaises et étrangères dont letat d’avancement les a particulièrement frappés. Ils ont remarqué les importants travaux du palais des machines en voie de construction, puis se sont rendus à l’immense chantier de la tour Eiffel.
- M. Eiffel et M. Sauvestre, architecte, ont reçu le ministre et sa suite nombreuse. Là aussi l’animation est grande, le vaste édifice s’élève rapidement.
- Les délégués des départements et des chambres françaises à 1 etranger ont emporté de leur visite l’assurance, qu’ils transmettront dans le pays, que tout sera prêt, même avant l’heure, pour la grande solennité de 1889.
- Les visiteurs, après avoir remercié vivement M. Dautresme, se sont rendus à l’avenue de Suffren, -où s’élève lat reproduction*de la Bastille et de la rue Saint-Antoine de 1789. Cette reconstitution de tout un quartier est faite avec une grande exactitude.
- ------ I i—mTi ~ * ----———
- [LÀ SOUS-COMMISSION
- DE L’EXPOSITION COLONIALE DE 1889
- La sous-commission chargée d’examiner les plans et devis de l’exposition coloniale s’est réunie le 3 novembre, sous la présidence de M. Jacques Hébrard, sénateur de l’Inde française, pour prendre connaissance du rapport de M. Isaac, sénateur de la Guadeloupe.
- Ce rapport a été approuvé à l’unanimité et soumis à la commission qui s’est réunie hier sous la présidence de M. Schœlcher, sénateur.
- Les propositions de la sous-commission ont été adoptées, ainsi que les plans établis par M. Sauvestre, architecte.
- En conséquence, l’exposition coloniale de 1889, établie sur l’esplanade des Invalides, se composera :
- i° D’un palais central, construit de manière à pouvoir être ultérieurement transporté sur un autre point, pour le cas où il serait transformé en vue d’une exposition coloniale permanente.
- 20 D’une série de pavillons spéciaux reproduisant les types de constructions des diveises colonies, savoir : pagodes hindoue et cambodgienne, cases canaques, tahitiennes, sénégalaises, pahouines, sakalaves, formant village et habitées par des indigènes exerçant divers I métiers ; palais du roi Norodom en style khmer, tour de Saldé, maisons de colons concessionnaires, etc.
- En outre de ces constructions, il sera établi un restaurant créole, une serre contenant les plantes de nos diverses colonies, des pavillons de dégustation des produits coloniaux. j
- La garde de l’exposition sera confiée, en outre des gardiens civils ordinaires, à des soldats indigènes de nos diverses colonies, cipahis de l’Inde, tirailleurs sénégalais et tonkinois, etc. ’
- La commission a chargé de l’exécution de ses décisions une sous-commission composée de :
- MM. Jacques Hébrard, sénateur de l’Inde, président ; Isaac, sénatèur de la Guadeloupe ; Higginson, industriel delà Nouvelle-Calédonie : Rodier, capitaine d’artillerie de marine ; Muzet, président des chambres syndicales ; Hetzel, membre de la commission de révision de l’Exposition universelle ; De Cambourg, vice-président de la Société des études maritimes et coloniales ; Rueff, administrateur des Messageries fluviales en Cochinchine.
- L’administration des colonies est représentée par M. Louis Henrique, commissaire de l’exposition coloniale de 1889, et M. des Tournelles, commissaire-adjoint.
- La sous-commission tient ses séances au commissariat de l’exposition coloniale, 16, rue Boissy-d’Anglas.
- Les représentants ou les délégués de chaque colonie assisteront, avec voix délibérative, à celles des délibérations de la sous-commission qui intéressent leurs colonies’respectives.
- LA SUISSE À L’EXPOSITION
- DE 1889
- M. Lardy, ministre de Suisse à Paris et M. Georges Berger, directeur général, ont présenté hier à M. Dautresme, M. le colonel Vœgeli Bodmer, commissaire général de la Confédération helvétique pour l’Exposition universelle de 1889.
- NOMINATIONS
- NOMINATION D’UN MEMBRE de la Commission consultative de contrôle et de finances
- membres des comités des congrès et des conférences.
- section 1
- Belles-lettres
- M. Got, doyen des sociétaires de la Comédie-Française, en remplacement de M. Vacquerie, démissionnaire.
- M. Guy de Maupassant, homme de lettres, en remplacement de M. de Goncourt, démissionnaire.
- section m
- Histoire et archéologie
- M. Lacroix (Sigismond), député, précédemment membre de la section XII, en remplacement de M. Challemel-Lacour, démissionnaire.
- M. Salomon Reinach., conservateur adjoint du musée de Saint-Germain, en remplacement de M. Renan, démissionnaire.
- section vu
- Sciences géographiques
- M. Gauthiot, secrétaire générai de la société de géographie commerciale de Paris, en remplacement de M. Elysée Reclus, démissionnaire.
- SECTION XII
- Génie civil et travaux publics
- M. Gérardin, ingénieur des ponts et chaussées, chef du cabinet de M. le ministre, des travaux publics, en remplacement de M. Sigismond Lacroix, nommé membre de la section III (Histoire et archéologie).
- NOMINATION DE MEMBRES des Comités des Auditions musicales
- Par arreté en date du 11 novembre 1887, le ministre du commerce a nommé membres des comités des auditions musicales.
- I1'0 SECTION
- Composition musicale
- M. Franck (César), organiste de Sainte-Clo-tilde.
- M. Guiraud, compositeur de musique, précédemment membre de la section 3 (fanfares et musiques d’harmonie).
- M. Lalo (Edouard), compositeur de musique.
- IIe SECTION
- Orphéons et sociétés chorales
- M. Messager (André;, compositeur de musique.
- IIIe SECTION
- Fanfares et musiques d’harmonie
- M. Cahen (Albert), compositeur de musique.
- M. Canoby, inspecteur de l’enseignement musical, en -remplacement de M. Guiraud, nommé-membre de la ire section (composition musicale).
- IVe SECTION
- Musiques militaires
- M. Gastinel (L.), compositeur de musique.
- M. Maréchal, inspecteur de l’enseignement musical, en remplacement de M. Mermet, démissionnaire.
- NOMINATION DE MEMBRES des Comités départementaux
- Par arrêté en date du 9 novembre 1887, le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a nommé M. Daubrée (Lucien), directeur intérimaire des forêts (représentant le ministère de l’agriculture), membre-adjoint de la commission consultative de contrôle et de finances de l’Exposition universelle de 1889, en remplacement de M. Gabé, admis à faire valoir ses droits à la retraite.
- Par arrêtés en date des 9, 11, 1 3 et 16 novembre 1887, le ministre du commerce ei de l’industrie a nommé membres des comités départementaux du:.
- LOT-ET-GARONNE Sous-comité de l'arrondissement d’Agen M. Lauras, président du tribunal de commerce. Sous-comité de l’arrondissement de Marmande
- NOMINATION DE MEMBRES des Comités des Congrès et Conférences
- Par arrêté en Mate du 10 novembre 1887, le ministre du commerce et de l’industrie a nommés
- M. Berbineau, capitaine de frégate en retraite à Duras.
- VAR
- i° Sous-comité de larrondissement de Draguignan
- MM. Augier (L.), propriétaire: Ferrier, ancien président du tribunal de commerce; Ravel, architecte à Saint-Raphaël.
- p.858 - vue 446/496
-
-
-
- Trosième Année. — N° i5i.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1SS9.
- Dimanche 20 Novembre 18S7. — 85g.
- 20 Sous-comité de l’arrondissement de Brignoles
- MM. Georges (E.), marchand tailleur à Barjols; German (H.), négociant à Pignans ; Romey (L.), viticulteur à Gotignac ; Sylvestre (M.), fabricant tanneur à Barjols ; Vidal (V.), négociant, conseiller d’arrondissement à Pignans.
- 3° Sous-comité de Varrondissement de Toulon
- MM. Aubert, fabricant tanneur; Gabran, distillateur à la Grau ; Cadillat, ingénieur aux. ateliers Mouraille ; Couret, propriétaire viticulteur à 01-lioules ; Courmes, fabricant de bouchons à Bor-mes ; Requier, président du conseil d’arrondissement à la Crau ; Senès, dit la Sinso, homme de lettres, à Saint-Nazaire.
- AISNE
- j 0 Sous-comité de Varrondissement de Laon
- M. Ermant (G.), architecte départemental.
- 2° Sous-comité de l’arrondissement de Soissons
- M. Dreyfus-Brisac, publiciste, rédacteur en chef de la Revue internationale de l’enseignement secondaire, à Villers-Cotterets.
- EURE
- Sous-comité de l’arrondissement de Bernay
- M. Simon (Julien), manufacturier, conseiller municipal, président du conseil de prud’hommes.
- MARNE
- i°Sous-comité de l'arrondissement de Châlons
- MM. Jacquinet (E.), filateur à Suippes ; Godart •(L.), dessinateur; Duval, meunier à Villeseneux ; Hanra, professeur à l’école des arts et métiers ; Limasset, ingénieur des ponts et chaussées.
- 20 Sous-comité de l'arrondissement de Reims
- MM. Werlé, négociant en vins de champagne ; Arthur de Bary, négociant en vins de champagne; Vasnier, négociant en vins de champagne ; Irroy, négociant en vins de champagne à Reims.
- 3° Sous-comité de Varrondissement de Vitry-le-François
- MM. Gilardoni, fabricant de tuiles à Pargny-sur-Saulx ; Launoy, meunier; L. Michel, cultivateur à Plichancourt.
- 4° Sous-comité de l’arrondissement de Sainte-Menehould
- MM. Noailles, maire; Lallement (E.), fondeur.
- RHONE
- Sous-comité de l’arrondissement de Lyon
- M. Robin, adjoint au maire.
- SAONE-ET-LOIRE
- t
- Sous-comité de l’arrondissement de Mâcon
- M. Thévenin, directeur des fonderies de cuivre de Mâcon, en remplacement de M. Lambert..
- PUY-DE-DOME
- Sous-comité de l’arrondissement d’Ambert
- MM. Bachellerie (P.), fabr. de blondes et dentelles à Ariane; ' Béraudy (J.), fabr. de chapelets ; Dapzol-Chaumette, ébéniste à Ambert ; Deveaux, fabr. de tulles et moulinage de soie ; Poumarat aîné, fabr. de tissus à la mécanique à Olliergues ; Tixier-Chabrier, fabr. de papier à la cuve.
- YONNE
- Sous-comité de L’arrondissement d’Auxerre
- MM. Angilbert-Rollinat, de la maison Rollinat, joaillerie et diamants, à Thury ; Leriche, négociant en vins et liqueurs, conseiller d’arrondissement, à Saint-Sauveur-en-.Puisaye ; Mathieu (J.), fabr. de poterie de grès, adjoint au maire de Trei-gny ; Merlou (le docteur), conseiller général, à Saînt-Sauveur-en-Puisaye ; Morisset (H.), banquier à Saint-Sauveur-en-Puisaye.
- SEINE-ET-MARNE
- Sous-comité de l’arrondissement de Melun
- M. Florand (Jean-Maurice), propriétaire à Nandy.
- --------- ~-î-tt» & .g, «am.---.—
- BUREAUX UES
- COMITÉS DÉPARTEMENTAUX
- DORDOGNE
- Président : M. Wallon, agriculteur, conseiller général, maire de Lanouaille. — Vice-présidents : MM. Sécrestat, conseiller général, maire de Saint-Pierre-de-Chignac ; Garrigat (Henri), propriétaire à Bergerac; Danède (Edgard), lieutenant-colonel en retraite, à Montron ; Brugère, député, maire deMonpont; Glerjonnie, conseiller général, maire de Sarlat. — Secrétaires : MM. Laussinotte, notaire à Tubjac ; Peynaud, vétérinaire à Périgueux. — Trésorier : M. Rolland de Denus, banquier à Périgueux.
- Sous-comité de Périgueux
- Président: M. Secresfat. — Vice-présidents: MM. Requier et Aubarbier, négociants à Périgueux. — Secrétaire : M. Laussinotte. — Trésorier : M. Rolland de Denus.
- Sous-comilé de Bergerac
- Président : M. Garrigat. — Vice-président : M. de la Batut, député, maire de MontbaziUac. — Secrétaire : M. Faisandier, adjoint au maire de Bergerac.
- "*» Sous-comité de Nontron
- Président : M. Danède (Edgard). — Secrétaire : M. Ribeyrol, adjoint au maire . — Membres: MM. Neury, conseiller général, maire de .Non-tron ; Faucher, capitaine en retraite, maire de Saint-Pancrace; Wallon, conseiller général, maire de Lanouille ; comte de Villarson, propriétaire à Abjat.
- Sous-comité de Ribérac
- Président : M. Brugère, député. — Vice-présidents : MM. de Lentillac, agriculteur à Saint-Jean-d’Atanx ; Renault, agriculteur à Festatemps. — Secrétaire : MM.) Pourtegrond, conseiller général, maire de Saint-Vincent-de-Connezat ; Com-bescot, maître de forges au Piron.
- Sous-comité de Sarlat
- Président : M. Arbetot, adjoint au .maire de Domsne. — Vice-président : M. Glerjounie. — Secrétaire : M. Coudert, fabricant de conserves à Sarlat. — Trésorier : M. Carrier-Ladevèze, conseiller d’arrondissement à Saint-Cyprien.
- ILLE-ET-VILAINE
- Comité départemental
- Président: M. Lechartier, directeur de la station agronomique à Rennes. —- Trésorier : M. Hérissant, directeur de la ferme-école des Trois-Croix, à Rennes.
- Sous-comité de Saint-Malo
- Président : M. Demalvilain, président du tribunal de commerce, à Saint-Servan. —Secrétaire : M. Péraldi, épicier à Saint-Malo.— Trésorier: M. Hervoche, conseiller général, président de la commission départementale.
- SEINE-ET-OISE
- Comité départemental
- Président : M. Ernest Feray, sénateur, vice-président du conseil supérieur du commerce et de l’industrie. — Secrétaire-général : M. Ferdinand Dreyfus, ancien député, publiciste.
- CORSE
- Sous-comité de l’arrondissement de Bastia
- Président : M. Ajaccio (Jean-Jacques), président de la chambre de commerce et de la société d’agriculture. -— Secrétaire : M. Godinot de Vi-laire, directeur de l’école d’arboriculture et de jardinage.
- Sous-comité de Varrondissement de Calvi
- président : M. Costa, avocat. — Vice-presidents : MM. Malaspina, maire de Belgodere ; Rocca-Castellani, conseiller d’arrondissement. — Secrétaires : MM. Carli, conseiller d’arrondissement; Rigollet, conseiller municipal ; Francisci, négociant.
- Sous-comité de l’arrondissement de Corte
- . Président : M. Emmanuel Arène, député. — Vice-présidents: MM. Levie-Ramoüno, président du tribunal de première instance de Corte; Bal-dacci, adjoint au maire. — Trésorier: Docteur Grimaldi. —Secrétaire: Docteur Battesti.
- ÉCHOS
- Paris
- Nous avons parlé, il y a déjà quelques mois, d’une exposition de la caricature française qui alors était à l’état de projet, et qui,, depuis même avait disparu au champ de la chronique.
- Pour peu de temps, il est vrai, puisque la question nous revient aujourd’hui, sortie définitivement de la.période des tâtonnements, et le projet mûr pour l’exécution.
- On annonce en effet aujourd’hui, que l’exposition des maîtres français de la caricature et de la peinture de mœurs dont l’intelligente et heureuse initiative est due à M. Armand Dayot, inspecteur des beaux-arts, aura lieu dans le courant de cet hiver.
- M. Castagnary, le sympathique directeur des beaux-arts, met à la disposition du comité de patronage une salle de l’école des beaux-arts.
- Voici la composition du comité :
- M. le ministre de la Marine, président d’honneur ; M. Antoine Proust, ancien ministre des beaux-arts, président; MM. Alexandre Dumas, Arsène Alexandre, Théodore de Banville, Champ-fleury, Jules Claretie, Destable, Jules Dupré, Armand Dayot, A. de Courcy, Geoffroy De-chaume, Falguière, Adrien Hêbrard, Kaempfen, Pierre Loti, Francis Magnard, Paul Mantz, Alfred Stevens, Pierre Véron, Albert AVolff.
- Disons tout de suite, pour expliquer la présidence d’honneur de l’honorable ministre de la marine, que les recettes de cette exposition doivent être versées ès-mains de M. Alfred de Courcy, l’actif président de la société de secours aux familles des marins français naufragés.
- L’exposition sera donc, en même temps qu’une entreprise artistique du plus haut intérêt, une de ces bonnes œuvres à laquelle tous tiennent à apporter leur obole.
- M. Armand Dayot adresse un appel à tous les amateurs, et reçoit toutes les communications, 3, rue de Valois. La date de l’exposition sera ultérieurement désignée.
- *
- * *
- L’Union des femmes.peintres et sculpteurs prépare sa septième exposition annuelle, qui aura lieu, comme les années précédentes, au palais de l’Industrie.
- L’inauguration est fixée au 15 février et la clôture au 15 mars 1888. Les demandes d’admission sont reçues chez madame Léon Bertaux, présidente, au siège de la Société, 147, avenue de Vil-liers.
- *
- * *
- Mademoiselle Sabine Méa, dans un article que publie le Journal des Arts, étudie la question du musée des arts décoratifs.
- Il est à peu près, sinon absolument certain, dit-elle en substance, que quelles que pussent être maintenant la décision de la Chambre et la diligence que l’on pourrait apporter à la réédification du palais ruiné de la Cour des Comptes, la Société de l’Union centrale ne pourra organiser le musée attendu pour 1889.
- Notre confrère demande donc que l’on se passe du concours de la société, puisqu’elle ne tient point ses promesses, pour des raisons que nous n’examineront.pas, et demande que l’on installe au parc Daumesnil, dans les constructions non utilisées du cinquantenaire des chemins de fer, un musée national des arts décoratifs pour 1889.
- Là prendraient place les chef-d’œuvres appartenant à l’Etat, meubles, tapisseries, etc., toutes œuvres d’art disséminées on ne sait où, inaccessibles au public, inconnues de lui et partant affectées peut-être à des usages imprévus !
- * *
- L’exposition, annoncée dans notre dernier numpro, des tableaux pastels et dessins de Puvis de Ghavannes, chez Durand-Ruel, IG, rue Laflite, s’est ouverte vendredi 18 pour la presse, hier samedi 19 pour les invités, aujourd’hui dimanche 20 pour le public (de 10 à 5 heures).
- ¥ ¥
- Départements
- La Société des beaux-arts de Nice ouvrira le 15 janvier prochain, au palais des beaux-arts, sa-douzicme exposition annuelle, dont la durée s’éten dra aux derniers jours de mars 1888.
- Seront admis à cette exposition les ommages de peinture, sculpture, gravure, architecture, dessin et lithographie dûs à des artistes vivants ou morts
- p.859 - vue 447/496
-
-
-
- S6o. — Troisième Année. — N° i5i.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- Dimanche 20 Novembre 1887.
- dans l’année. De plus, une salle spéciale sera affectée aux faïences artistiques, émaux, terres cuites, etc.
- Les envois doivent parvenir au secrétariat de la société, du jeudi 15 au dimanche 25 décembre.
- Ne pouvant nous étendre plus longuement et consacrer plus de place à des détails précis, nous renvoyons les intéressés à notre excellent confrère le Journal des Arts, qui, dans son numéro du mardi, donne le règlement complet.
- La Société des amis des arts de Lyon qui, depuis cinquante ans, faisait son Salon annuel au palais des arts, n’aura pas d’exposition cette année, l’administration municipale 11e pouvant prêter le local habituel et les envois étant trop nombreux pour que l’on puisse en choisir maintenant un autre.
- Mais, d’autre part, une nouvelle Société artistique s’est constituée sous le titre de Société lyonnaise des beaux-arts, et la nouvelle Union prépare à son tour une exposition dans un local qui sera spécialement édifié sur la place Morand.
- C’est donc l’exposition de ce second groupe que nousannoncions dans notre dernier numéro,d’après 1 ajournai des Artistes, et dont l’inauguration aura lieu le 15 janvier prochain.
- Les détails d’organisation et les conditions ainsi que les délais do réception seront, connus ultérieurement.
- ETRANGER
- Allemagne
- C’est le conseiller impérial Wermuth (rien de la liqueur de Turin), qui vient d’être désigné pour remplir à l’Exposition internationale de Melbourne les fonctions do commissaire général de l’empire d’Allemagne.
- Ses bureaux sont installés provisoirement à Berlin, AV. 74, Wilhelmstrasse.
- L’exposition générale d’alimentation, dont nous avons, à differentes reprises, entretenu nos lecteurs, a été inaugurée le jeudi 3 novembre à Düsseldorf, en présence des autorités.
- La question de l’alimentation populaire y tient une large place et fait le principal attrait de cette exposition.
- * *
- Il parait que- l’on projette à Stuttgart, pour 1889, l’organisation d’une exposition nationale industrielle, et cela à roccasion des fêtes qui célèbrent le vingt-cinquième anniversaire du règne de S. M. le roi Charles Ier.
- -¥• ¥
- La Société Omis de Berlin prépare une grande exposition internationale d’aviculture, qui ne sera pas seulement ce que les italiens appellent si bien une mostra, mais aura aussi un caractère scientifique.
- Les travaux préparatoires sont, assure-t-on, terminés, les bases de l’entreprise posées, cependant les promoteurs ne croient pas pouvoir mettre le projet à exécution avant l’année prochaine.
- Il est nécessaire en effet d’entrer en relations avec les cercles spéciaux de chaque pays, afin que l’exposition soit aussi complète que possible.
- Etats-Unis
- Le mercredi 9 novembre a.ôté ouverte à la Yan-dell Gallery, de Nevr-A’ork, une exposition des œuvres do von Piloty, le maître de Munich.
- Le clou do l’Exposition est le grand tableau des Vierges sages et des Vierges folles qui fut terminé à Munich en 1882, et exposé dans cette ville la même année, puis' à Vienne, Berlin, Buda-Pestli, Dresde, Prague, etc.
- Italie
- Il estmaintenant décidé qu’une exposition générale italienne ouvrira l’année prochaine ;il.on-dres, où elle succédera à l’exposition américaine, récemment clôturée.
- L’inauguration, dit Intention, est fixée au 1er mai.
- Les adhésions sont sans nombre, les cercles industriels se montrent très empressés.et la plupart des Chambres de commerce ont donné leur concours. Citons au hasard Borne, Turin, Naples, Milan qui vient d’envoyer à Londres le président do sa Chambre de commerce, le chevalier Ernesto de Angeli, puis encore Florence, Gènes, Bologne, Ancône, Païenne, etc.
- La Chambre de commerce italienne de Londres participe avec MM. Grant et Jolm R. AYhitley, l’éminent directeur de l’exposition américaine, aux travaux d’organisation.
- L’entreprise est dirigée par M. AYhitley assisté d’un influent Comité exécutif.
- A’oici une ébauche de classification :
- Machines et instruments d’agriculture, Architecture, Verrerie artistique, Industrie artistique des cuirs, livres et reliure, Bronzes, Tapis, Cotons, Produits chimiques, Chromolithographie, Habillement, Gravure, Industrie artistique religieuse, Pêcheries, Sylviculture, Ameublement, Orfèvrerie d’or et d’argent, Mosaïques, Maïsli-ques, Marbres, Camées, Porcelaines, Poterie, Terres cuites, Peinture, Sculpture, Photographie, Musique et instruments de musique, Minéralogie et métallurgie, Perles, Corail, Papeterie, Soierie et sériciculture, Paille, Alimentation, Ahticulture, Huiles, Appareils et instruments scientifiques, etc.
- L’exposition illustrera avec la renaissance actuelle, commerciale et industrielle de l’Italie, son passé historique, politique et artistique.
- Le côté pittoresque sera très soigné : une restauration du Colysée avec ses jeux, ses combats de gladiateurs, ses courses de chars, une reconstitution de château moyen âge, de palais et d’édifices connus, attireront vivement l’attention du grand public appelé à l’exposition par des fêtes et des réjouissances de tous genres.
- Pin somme, un programme des plus attrayants, un grand succès en perspective, et de féconds résultats pour l’industrie transalpine.
- La Chambre de commerce de Turin, confirmant sa délibération du 4 juillet dernier, vient d’adhérer en principe au Comité national de participation italienne à l’exposition de Paris et accepté le soin de recueillir les adhésions, en émettant cependant le vœu que, conformément au principe que les Chambres de commerce sont les représentants naturels et directs de l’industrie, laquelle, à son tour, fournit aux expositions le plus large contingent, une part convenable soit faite aux délégués de ces Chambres dans l’élaboration du règlement définitif, dans la constitution d’un Comité central et dans le choix des fonctionnaires de la section italienne à Paris.
- ¥ ¥
- Notre excellent confrère Bollettino délie Finalise, Ferrovie e Industrie, dit que le Cercle œnophile italien, dont le siège est à Rome, a décidé de tenir le mois prochain une exposition do vins nouveaux, en vue du développement du commerce national des vins.
- L’EXPOSITION DE BARCELONE
- La date officielle de l’ouverture de l’Exposition de Barcelone est maintenue au i5 avril 1888. Une erreur d’impression nous a fait dire que l’inauguration de cette Exposition ne devait avoir lieu que le i5 octobre de la même année.
- ------—-süira^^ssT----------
- LE CONGRÈS NATIONAL
- DES CHAMBRES SYNDICALES
- Les sections du congrès ont terminé la semaine dernière leurs travaux.
- La première section (finances) a maintenu les vœux émis, l’an dernier, sur les contributions mobilières, les banques et les douanes. Le seul desideratum nouveau, formulé par les délégués, relatif aux magasins généraux, est le suivant:
- i° Rigoureuse observation de la loi existante sur les magasins généraux, afin qu’il ne soit fait aucune avance sur les marchandises qui ne sont pas indiquées dans les tableaux annexés au décret d’administration publique ;
- 20 Rapporter la loi de 1870 en vue d’interdire au titulaire d’un magasin général de faire lui-même aucune avance sur les marchandises remises dans son établissement. -
- Le directeur de la Compagnie Paris-Lyon-Méditerranée a assisté à l’une des séances de la deuxième section (transports). Les délégués ont
- insisté sur l’intérêt qu’il y avait pour tout le commerce en général à voir établir un traitement spécial pour les voyageurs de commerce. Le directeur de cette compagnie a répondu qu’il « ne voyait pas d’une manière bien claire le moyen d’accorder un traitement spécial à une certaine catégorie de voyageurs. Le cahier des charges, a-t-il dit, ne donne pas aux compagnies un droit semblable. Je ne crois pas, a-t-il ajouté, qu’on permette aux voyageurs de commerce d’occuper des places de 2e classe, tout en ne payant que le prix des 3cS. Le ministre écarterait sûrement une semblable proposition , attendu qu’elle est en désaccord avec le droit commun et que le publlic ne manquerait pas de protester contre une liberté qui ne peut être exclusive et dont tous peuvent prétendre profiter. »
- Dans une autre séance, la deuxième section, sur la question de la marine marchande et les postes et télégraphes, a exprimé les nouveaux desiderata suivants :
- i° Que le tarif des dépêches télégraphiques entre la France et l’Algérie soit ramené au tarif général do la métropole.
- 20 Qu’à l’exemple de ce qui se fait à l’étranger, l’administration des postes et télégraphes emploie à l’avenir des cachets indiquant non seulement le lieu de dépôt et la date, mais encore l’heure où a été effectué le dépôt.
- 3° Que les gares grande vitesse soient ouvertes jusqu’à neuf heures du soir.
- La troisième section, celle des importations et exportations, a abrogé son vœu sur les comptoirs d’échantillons et maintenu ceux relatifs aux musées commerciaux. Puis elle a émis les vœux suivants :
- i° Qu’un traité de commerce soit conclu avec l’Italie; que les bases en soient assez promptement étudiées pour qu’une prorogation du traité actuel puisse être obtenue; que le nouveau traité constitue, pour les intérêts français, une amélioration sur celui qui vient d’être dénoncé.
- 20 Que les consuls de France tiennent autant que possible à jour la liste des Français négociants et industriels résidant dans leur ressort, et la communiquent à toute réquisition.
- 3° Que la seule forme de vente admise à la section universelle de 1889 soit la vente livrable après la clôture. (Ceci afin de ne pas faire de l’Exposition une simple question de trafic par des gens qui ne seraient pas fabricants.)
- La quatrième section (législation) n’a traité qu’une question nouvelle : celle des hôteliers logeurs. Elle a demandé que ceux-ci pussent désormais vendre ce que leur ont abandonné leurs locataires, après être partis sans payer, au bout d’un an et en vertu d’une simple décision du juge de paix. Le surplus de ce qui serait dû à l’hôtelier serait versé au Trésor. Enfin elle a demandé que la responsabilité des hôteliers ne dépasse pas la somme de mille francs.
- Enfin, la cinquième section (économie industrielle et commerciale) a émis les nouveaux vœux suivants :
- i° Que les chambres syndicales soient consultées en ce qui concerne la rédaction du règlement d’administration publique qui devra intervenir après la promulgation de la loi modificatrice de celle des 1874, soumise actuellement aux pouvoirs publics-
- 20 Que la loi de 1874 soit appliquée dans tou les bureaux, ateliers et manufactures de l’Etat.
- 3° Que, danâ les écoles du gouvernement, les examens pour le volontariat soient exigés.
- 40 Que les pouvoirs publics et les industriels provoquent et favorisent dans la plus large mesure possible la formation, l’accroissement de l’épargne ouvrière et le développement de toutes les combinaisons économiques ayant pour but l’amélioration des moyens d’existence des ouvriers, entre autres des associations coopératives de consommation .
- -©-©-8
- p.860 - vue 448/496
-
-
-
- Troisième Année. — N° 5i.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1S89.
- Dimanche 20 Novembre 1887. — Soi.
- SCIENCES & INDUSTRIE
- Varia
- M. Karl GriAntz, (6 Charitestrasse, Berlin N VV) vient d’imaginer un petit appareil assez ingénieux qui permet l’introduction dans les murailles, murs, parois ou cloisons de clous et de crochets, sans que le craquelage du crépi, la détérioration des peintures et des papiers s’en suivent.
- L’outil consiste en une pièce arrondie d’acier fondu trempé. Cetre pièce, que l’on pourrait comparer à un chasse-clous, si son diamètre ne restait toujours égal à lui-même, est, par la partie antérieure, creusée jusqu’à la moitié environ de sa longueur,et dans lasection qui correspond à cette partie creuse est pratiquée une lumière qui s’étend longitudinalement sur la surface externe, et qui, durantl’opération, laisse échapper la matière pulvérulente. Enfin l’extrémité antérieure est en outre munie à la périphérie de dents entaillées.
- Ceci posé, voici quel est le mode d’emploi fdu perforateur. L’outil, appliqué sur la muraille par l’extrémité dentée, on l’introduit peu à peu, en frappant de légers coups de marteau sur l’autre extrémité pleine, et'en ayant soin de lui imprimer un lent mouvement de rotation. Lorsque l’on a percé à la profondeur désirable on extrait l’outil qui laisse un trou propre et net. Ajoutons que l’appareil peut être tubulaire d’une extrémité à l’autre. Si le diamètre de l’orifice est supérieur à celui du clou une cheville de bois facilement insérée obviera à cet inconvénient et ne fera qu’assurer à l’opération une solidité plus grande, en faisant disparaître l’ennui de clous tordus par les' approches d’une matière peu friable. Parce temps de constructions économiques en briques, simili-briques et plâtre, M. Grüntz va faire fortune !
- *
- Y Y
- M. William H. Brown, de Jersey City, a mis en pratique un nouveau procédé de fabrication du fer-blanc, dont le principe consiste dans la substitution delà tôle d’acier à la tôle de fer.
- La tôle d’acier, préalablement laminée à chaud, dit le Moniteur industriel, est soumise ensuite à un laminage à froid, double opération qui permet d’atteindre une épaisseur déterminée et de donner aux surfaces un grand poli.
- On pratique alors l’étamage, puis la tôle est de n ouveau laminée sous une forte pression, entre des cylindres polis.
- Une union intime s’établit entre l’étain et l’acier et la surface acquiert en même temps un haut degré de poli et de dureté.
- Ce traitement, qui ne convient qu’à un produit de structure moléculaire parfaitement homogène, ne peut s’appliquer au fer à cause de la nature fibreuse de ce dernier.
- *
- Y -V
- Les rapports du bureau impérial de statistique montrent que la culture du tabac en Allemagne a été, cette année, en augmentation sur l’année précédente.
- Le nombre de planteurs est de 180,141 contre 176,718 en 1886, et 175,192 en ï885-
- La surface est de 2,146,748 hectares contre 1.984,808 et 1,952,829 hectares en 18S5 et 1886 respectivement.
- L’accroissement le plus important est dans le grand-duché de Bade et la Bavière ; l’Alsace-Lor-raine, au contraire, accuse une diminution de 22,748 hectares.
- Voici d’ailleurs, pour chaque région, la surface cultivée. Les chiffres indiquent des hectares :
- Bade, 790,640; Bavière, 899,088; Brandebourg, 208,714; Alsace-Lorraine, 288,608; Poméranie, 116,728; Hesse, 89,872 ; Hanovre, 49,480; Prusse occidentale, 47,558; Prusse orientale, 16,082; Province rhénane, 44,887; Wurtemberg, 81,480;
- Silésie, Saxe, Mecklembourg, Nassau et Thu-ringe, respectivement, 19,107; 15,729; 14,142; 12,755; 11,076 hectares.
- *
- * *
- Voici que l’on reparle, après un silence de quelques semaines, du canal interocéanique du Nicaragua. On sait que le projet d’un nouveau percement transisthmique dans l’Amérique centrale a été dès longtemps agité, surtout depuis l’inauguration des travaux du Panama et, il y a quelques mois, le congrès du Nicaragua avait même accordé à un ingénieur américain les concessions nécessaires à l’exécution de cette œuvre. Les études sont, parait-il, terminées aujourd’hui. Les dépenses n’excéderaient pas, disent les promoteurs, 65,ooo,ooo de dollars, soit environ 3a5 millions de francs. Le canal pourrait être ouvert au trafic à l’expiration d’une période qui n’excéderait pas six années. Le tracé choisi aurait 169 milles de longueur dont 40 seulement en canal, les 129 autres milles étant de navigation libre sur le lac du Nicaragua, la rivière San Juan et la rivière San Francisco.
- C. H.
- VARIÉTÉS
- LES INSECTES UTILES DE LA CHINE
- (Nous croyons intéresser nos lecteurs en reproduisant dans notre journal la spirituelle conférence faite par le général Tcheng-Ki-Tong, à l’Exposition des insectes. )
- Mesdames, Messieurs,
- Lorsque votre sympathique et honorable commissaire général est venu me demander de parler ici des insectes utiles de mon pays, je me suis demandé, en me plaçant en imagination à la place que j’occupe en ce moment, si vous accepteriez et si... j’oserai. M. Ramé me paraissait certain de votre acquiescement.
- J’ai cependant hésité, et j’aurais hésité encore très longtemps si je n’avais été complètement rassuré, et sur votre indulgente attention et sur votre libéral accueil.
- J’en profite tout d’abord pour vous exprimer ici tous mes regrets de n’avoir pu vous apporter le concours matériel que la Société de l’Exposition avait bien voulu me demander, c’est-à-dire de lui faire venir en temps utile de Chine une collection d’insectes. La distance était trop grande et surtout le temps trop court.
- C’est aussi un peu pour remplir cette lacune que j’ai la hardiesse de faire cette causerie, malgré mon ignorance en insectologie, ignorance bien regrettable dans la société moderne qui est infectée de microbes.
- Une autre difficulté se présentait encore. Dans le monde des infiniment petits, qui est infiniment grand, je ne savais réellement par où commencer. Heureusement l’enceinte où a lieu cette intéressante Exposition m’est venue en aide et m’a tiré d’embarras.
- N’est-ce pas en effet ici, aux Tuileries, que le célèbre agronome Olivier de Serres, 160 r, plantait les vingt mille mûiiers blancs, sur la demande de François ier et Catherine de Médicis?
- Et comme l’industrie séricole est une de nos premières institutions en Chine, il est tout naturel que je vous propose de commencer par la culture clu ver à soie.
- Vous connaissez tous trop bien la manière dont on élève chez nous les vers à soie pour que j’aie besoin de vous la raconter en détails, au fond, notre méthode n’a pas beaucoup de différences avec la vôtre, peut-être celle-ci n’a-t-elle fait que copier l’institution chinoise sans aucune prétention à la nouveauté. Il va sans dire que la science moderne a dû changer bien des choses en les améliorant, et puis l’influence des climats donne souvent lieu à des modifications. Mais notre institution remonte à 2,700 ans avant J.-C. La femme de l’empereur Hoang-Ti eut alors la première, l’idée d’élever les vers à soie et de confectionner, avec le produit de cette culture, des vêtements pour habiller le peuple, que gouvernait son auguste mari.
- Cette invention eut un tel résultat, qu’elle s’est propagée aujourd’hui dans tout l’univers sur une échelle de plus en plus grande. Malgré la laine et la fourrure que nous fournissent les animaux, la
- soie reste et restera toujours un article de luxe dont nul ne peut se passer, lorsqu’il a le moyen de s’en procurer. Nous ne revenons pas rien qu’à nos moutons.
- Chez nous, nous sommes toujours très reconnaissants envers nos bienfaiteurs, nous avons pour l’inventrice de la science séricicole un vrai et perpétuel culte. Ainsi, outre les temples élevés en son honneur dans tous les coins de l’Empire, tous les ans, à l’époque de l’éclosion des vers à soie, Sa Majesté l’impératrice se rend, en personne, avec toute sa suite, et en grande pompe, au champ du Mûrier pour faire des sacrifices à la déesse qui fut épouse de l’empereur FIoang-Ti.
- Après la cérémonie qui a lieu au temple, Sa Majesté, suivie des dames d’honneur, cueille, au milieu du champs et entourée des femmes des cultivateurs, quelques feuilles du mûrier, puis elle dépose elle-même ces feuilles sur le panier où se trouvent les vers nouveau-nés et la Souveraine clôt la fête en dévidant, devant le peuple, un cocon de ver à soie comme pour donner l’exemple, et en distribuant les récompenses aux personnes les plus méritantes qui lui ont été signalées par les autorités du district chargées de veiller à la culture des vers à soie. :
- Cette cérémonie, une des plus importantes de l’année, que Sa Majesté l’impératrice ait à accomplir, est un grand encouragement pour la population séricicole; en présence du labeur delà Souveraine, elle n’ose négliger le sien. C’est une question capitale dans un pays essentiellement agricole comme le nôtre. Un vieux proverbe dit : « Un cultivateur paresseux fait mourir dix hommes de faim ; une femme qui ne tisse pas verra dix individus mourant de froid. » Ce proverbe prouve combien l’encouragement est nécessaire et il montre également que la culture de vers à soie et le tissage appartiennent exclusivement aux femmes.
- En Chine, l’époque de l’éclosion coïncide toujours avec les premiers coups de tonnerre du printemps. Au bruit de ses détonations on veille sur les œufs soigneusement préparés jusque-là, et à partir de ce moment on peut compter les éclosions jusqu’au 5e jour au plus. A cette époque, le tonnerre révèle l’action de cette électricité dont on se sert actuellement en Europe pour hâter l’éclosion au moyen d’une pluie d’étincelles.
- Afin de protéger la culture du mûrier, il est même interdit, clans certaines contrées,.d’élever les polyvoltines, c’est-à-dire les vers qui font plusieurs générations par an. Mais la plupart des chenilles n’ont que trois mues. Ici, permettez-moi, Mesdames et Messieurs, de vous faire remarquer que nous désignons les mues par dem- périodes : i° au moment où les chenilles cessent de prendre de la nourriture, nous disons qu’elles se couchent ; 20 au moment où elles se dépouillent de la carapace, nous disons qu’elles se lèvent. Une autre particularité : lorsqu’on les étouffe à l’eau chaude, on dit que c’est un bain que prennent les vers.
- Pourquoi, et que signifient ces mots : se coucher, se lever et se baigner? Je ne sais, mais je suppose que lorsqu’on est chargé de bien les élever, on veut qu’ils aient une conduite régulière et de la propreté.
- La qualité de notre soie et le moyen de sa fabrication sont aussi trop connus pour que j’aie besoin de les énumérer dans ce court entretien; mais je tiens à vous signaler une particularité qui, je crois, n’existe que chez nous, et dont la découverte remonte à l’antiquité.
- C’est le son de la soie. Avant que mes compatriotes eussentinventé l’art de travailler la soie et de l’employer à la fabrication des étoffes, ils avaient trouvé le secret de faire servir à la musique, et d’en tirer les plus doux et les plus tendres des sons.
- Du temps même de l’empereur Fou - Hi (3,ooo ans avant Jésus-Christ), ils firent un instrument qui ne consistait qu’en une simple planche d’un bois doux, sec et léger, sur laquelle ils avaient tendu plusieurs cordes en fil de soie, qu’ils avaient joint ensemble en les tordant entre les doigts. Peu à peu, ils façonnèrent la planche ; elle fut courbée en voûte, et on y garda certaines dimensions. Les cordes furent filées avec plus d’art ; les fils de soie qui les composaient furent comptes, et l’on en détermina le nombre selon les différentes grosseurs désirées. Ces cordes, pincées légèrement, rendirent ainsi tous les sons, graves, aigus ou moyens, suivant le degré de ten-l sion qu’on leur donnait et le nombre des fils dont elles étaient composées.
- Tel est en substance l’origine de nos premiers instruments de musique Kin et Chê, inventés tous les deux par le même auteur et à la même date, et qui rendent l’un et l’autre le son propre de la soie.
- La construction de l’instrument Kin est aussi très intéressante à connaître. Il est tout en bois de Toung. Sa partie supérieure est arrondie pour représenter le ciel ; sa partie inférieure est plate, elle représente la terre. La demeure du dragon, c’est-à-dire la partie supérieure, depuis le chevalet est fixée à huit pouces pour représenter les huit airs du vent ; le nid de Foung-Hsang, c’est-à-dire la même partie prise dans sa hauteur à quatre
- p.861 - vue 449/496
-
-
-
- 862. — Troisième Année. — Nü i5i.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 20 Novémbre 1SS7.
- pouces pour représenter les quatre saisons de l’année. Il est garni de cinq cordes qui représentent les cinq planètes et les cinq éléments ; sa longueur totale est de sept pieds deux pouces pour représenter l’universalité des choses.
- L’inventeur, au moyen de cet instrument, régla d’abord son propre cœur et renferma ses passions dans de justes limites. Il travailla ensuite à civiliser les hommes. Il les rendit capables d’obéir aux lois, de faire des actions dignes de récompense, et de cultiver en paix l’industrie, d’où naquirent les arts.
- Outre ces cinq cordes qui donnent les cinq tons pleins, il y a encore deux autres cordes qui donnent les demi-tons et qui représentent le soleil et la lune.
- Quant à la construction de Ghê qui avait cinquante cordes et qui a encore vingt-cinq cordes, je vous demande la permission de ne pas en parler ; car je vois qu’en parlant du son de la soie, je m’étends trop sur la musique ; il a pourtant été utile de vous donner une idée complète de l’instrument Kin qui nous valut la découverte du son de la soie.
- Je passe maintenant à l’apiculture et rapidement :
- On élevait très peu d’abeilles dans l’antiquité, mais sous les trois premières dynasties de la Chine on se mit à cultiver avec ardeur les abeilles domestiques. Avant que Cadmus eût porté des lettres aux Grecs barbares et que Minos eût donné des lois à 1 île de Crète, la table des empereurs de Chine, ainsi que celle de nos princes,'étaient couvertes chaque jour de plusieurs sortes de mets, de viandes avec des gâteaux de miel et de froment.
- On distingue chez nous trois sortes d’abeilles : les abeilles des forêts, les abeilles des rochers et les abeilles domestiques. Les premières sont plus grosses et d’un jaune se rapprochant du gris, les secondes sont presque noires et les dernières jaunes comme les vôtres.
- Quant au miel, il est blanc, jaune plus ou moins clair, suivant les endroits ; il varie également de saveur et de parfum.
- Nos historiens remarquent comme une providence singulière que les abeilles des forêts se sont multipliées considérablement certaines années dans des districts affligés par la famine, au point d’être un grand secours pour le peuple.
- Pour bien comprendre ce que l’histoire entend par là, je crois utile de vous faire une citation trouvée dans un ancien livre, qui donne diverses préparations de farine, déracinés et de cire, admirables pour suppléer à une nourriture abondante. Parmi ces propositions, la plus estimée est celle dont on fait usage quelquefois dans les fortins des frontières et dans les voyages où l’on a à traverser de longs déserts et en voici la formule:
- « Faire cuire dans l’eau en pâte très épaisse six onces de fleur de farine, cinq onces de belle colle-forte (transparente comme de la gomme, préparée avec beaucoup de soin et parfumée par les aromates qu’on y mêle). Quand la pâte est cuite et refroidie, en former de petites boules grosses comme des pois et, ces boules une fois séchées, les jeter dans trois onces de cire jaune fondue, puis remuer jusqu’à ce qu’elles l’aient toutes pompées, lés laisser alors sécher de nouveau à l’ombre, après quoi les mettre dans un vase de terre et les garder pour s’en servir en cas de besoin.
- Quand on a pris à jeun quarante à cinquante de ces boules, on peut .rester plusieurs jours sans absorber d’autre nourriture ; la seule précaution qu’il faille prendre, c’est de boire chaud après les avoir avalées.
- Dans les autres recettes, on fait entrer dans la composition des boules des racines aquatiques, de la poussière, de la viande sèche, des graines huileuses, des amandes, des pois, du miel, des aromates, etc., etc. On dit que quelques-unes peuvent soutenir et conserver la santé pendant huit oudixjours etmême davantage, quand on en a pris deux ou trois onces. Si l’on en prend tous les jours une demi-once, on peut se passer de nourriture pendant plusieurs mois.
- Ce fait, si singulier qu’il paraît, a été constaté plusieurs fois.
- N'est-ce pas là une concurrence terrible pour les jeûneurs Succi et Merlatti qui, au fond, ne doivent pas posséder un secret plus puissant que celui-ci, puisqu’ils n’ont pu résister aux aliments aussi longtemps que mes anciens compatriotes ?
- Aujourd’hui, les abeilles domestiques sont moins nombreuses en Chine ; l’hiver, trop rigoureux dans le Nord, et l’été, trop pluvieux dans le Midi, rendent la conservation des ruches trop difficile. Une autre raison encore plus évidente, la cause plus sérieuse de cet abandon, c’est la culture des abeilles sauvages.
- Celles-ci se logent sur les arbres dans toutes les provinces du Midi, et à moitié en terre dans les provinces du Nord. Nos habitants méridionaux placent leurs ruches dans des endroits exhaussés, secs, et aérés, pour leur épargner les incommodités de l’humidité et de la trop grande chaleur. Ceux du Nord, au contraire, les placent dans des endroits enfoncés, abrités et tournés au Midi. Le paysan regarde comme un point essentiel de ne
- laisser ni trop ni trop peu de miel aux abeilles, pour qu’elles ne deviennent pas paresseuses ou stériles, ou qu’elles se voient réduites à l’état d’épuisement.
- Dans le Midi, on fait deux récoltes de miel et de cire au printemps et en automne ; dans le Nord, on n’en fait qu’une au printemps.
- Nous avons une autre espece d’insectes à cire blanche que nous appelons Pé-la-Tchong ; on en a fait la découverte au me siècle, et nous en avons maintenant dans presque toutes nos provinces, bien que nous employions encore le moyen de blanchir la cire jaune que fournissent les abeilles de certaines contrées.
- Ces insectes se logent également sur les arbres appelés arbres à cire, qui restent verts toute l’année et qui se couvrent au printemps de fleurs blanches ressemblant à celle de l’aubépine.
- Les gens qui cultivent ces insectes accrochent, au commencement du printemps, les cocons, gros comme- les œufs de poule, et d’une couleur violette. Ces cocons, espèces de galles de Chine et de formes inégales, contiennent les œufs d’insectes par plusieurs centaines. A mesure que l’éclosion se fait, les insectes grimpent de suite aux feuilles des arbres à cire, où ils se tiennent collés à merveille, comme pour y faire corps.
- Le liquide qu’ils distillent sur les branches se transforme instantanément en cire blanche, et au moment de la récolte, ces arbres sont, tellement blancs, que de loin on les croirait couverts de neige.
- Ces insectes, blancs à leur naissance, deviennent presque noirs à l’approche de la mort.
- En été on arrache les nouveaux cocons pendus aux arbres et on les tient cachés, enveloppés dans une feuille de no, plante exotique, pour les préserver des fourmis qui les dévorent avec appétit lorsqu’elles les trouvent. Pendant la sa'ison on met également au pied des arbres toutes sortes de choses insecticides pour éloigner les fourmis. Cette cire est plus blanche et plus belle que celle des abeilles. L’industrie de bougies, et de chandelles en fait une grande consommation.
- Si la plupart des insectes sont nuisibles, beaucoup d’entre eux ont une utilité incontestable dans la pharmacie en Chine.
- Nos anciens faisaient usage dans la médecine des végétaux, des animaux, des minéraux et des insectes qu’ils avaienf rangés par classe, ainsi que l’indique la longue nomenclature de Eul-Ya, notre recueil d’histoire naturelle. Il est évident qu’ils se servaient sinon intérieurement, du moins extérieurement, des poisons et des venins les plus redoutés et qu’ils savaient les atténuer comme les amalgamer avec assez d’art pour en faire des remèdes bienfaisants. Ils savaient extraire des sels, exprimer les huiles et préparer des décoctions et des infusions médicales. Tout cela tenait à une théorie supérieure à ces routines qu’aucune connaissance approfondie ne guide ni éclaire.
- Ils avaient découvert ainsi les plus curieux secrets de la chimie.
- A en raisonner, ces sciences des anciens nous paraissaient aussi simples que nos mœurs de ce temps. —La religion et la politique y étaient pour beaucoup. —. D’après le Ly-Ki, livre des rites, nous avions un règlement qui montre combien était éclairé le conseil de la médecine. On interdisait de vendre au marché des herbages, des légumes ou des fruits précoces ou prématurés; de manger pendant certaines saisons certains poissons, gibiers ou animaux. U-n autre règlement fixait l’âge de se marier et l’âge d’entrer dans la milice. Enfin c’était la médecine qui réglait le temps où l’on devait quitter ou prendre les fourrures o,u habits de coton, les soies doublées ou sans doublure, les gazes ou les toiles légères. Combien d’imprudences épargnées par là aux vieillards qui veulent encore paraître jeunes et aux jeunes qui veulent trop le paraître.
- La médecine prescrivait, les princes et le peuple se soumettaient à ses ordonnances. C’était en effet très simple. — C’est justement la simplicité des mœurs qui ne donne pas assez de maladies trop compliquées pour avoir recours à la haute chimie. La nature n’avait pas encore reçu l’outrage de voir la personne la plus noble renversée par des vapeurs et des bourgeois étudiant soigneusement leur digestion. On ne connaissait pas à cette époque-là les affreux ravages pour lesquels les modernes emploient le mercure. Aussi dans les annales de médecine on ne trouve pas de noms pour la plupart des maladies de langueurs, de faiblesses, etc. Ils ne sont inventés qu’à mesure que la luxure et la bonne chaire augmentent.
- Le torrent des siècles a pu épargner quelques-uns de nos anciens livres de médecine, c’est grâce à cette épave que nous avons su conserver encore la méthode et le traitement dans la pratique de l’art médical, qui ne cause pourtant pas plus de mortalité que partout ailleurs, au contraire 1
- Pour revenir à notre sujet, je vais indiquer, sans entrer dans les détails, l’utilité de quelques-uns de nos insectes dans la médecine.
- Par exemple : pour le croup, on prend sur les vieux murs sept nids de grosses araignées dont deux au moins doivent contenir les araignées vivantes. On en fait une pâte à laquelle on ajoute
- deux grammes et demi d’alun dissous d’avance. On les réduit ensemble, après avoir bien mélangé" sur le feu, puis on laisse refroidir la cendre. Au moyen d’un petit tube de bambou on souffle cette cendre dans la gorge du malade qui se sent immédiatement débarrassé du mal qui l’étouffait.
- Il parait qu’avec ce moyen on peut même rappeler à la vie ceux qui sont déjà emportés par la maladie foudroyante. Pendant la convalescence, il est défendu aux malades de manger de la viande chaude et des aliments indigestes.
- Les lézards que nous appelons « tigres des murs <' ont leur venin dans la queue qu’ils jettent en se sauvant, si on les poursuit de trop près. Cette queue, après être tombée à terre, a la force de rebondir pour entrer justement dans l’oreille de celui qui poursuit la bête. Alors l’oreille saigne tellement qu’il n’y a pas moyen d’arrêter le sang. Mais il existe une espèce de lézards blancs appelés « Siou-Kung » (garde palais) qui sont au contraire très précieux. Quand on les trouve, on les enferme dans une cage, en leur donnant pour nourriture du vermillon mélangé de miel. Ils deviennent complètement rouges après cent jours de ce régime. On prend leur sang et on en met une goutte sur le bras des jeunes filles. Cette tache ne s’efface généralement que le lendemain du mariage... et les filles sages la portent avec fierté. Sous les dynasties de Hau et de Tang on employa pour préserver les jeunes filles au service du palais ce moyen qui, ce me semble, faciliteraient les opérations du jury pour le choix des rosières.
- La cigale a aussi sa part d’influence dans la médecine, Elle n’est que la métamorphose des vers de terre et, à l’automne, elle devient muette d’abord, en.se dépouillant d’une carapace et meurt ensuite en se rapetissant accrochée sur l’arbre. La vie de la cigale ressemble bien à celle des gens qui n’aiment que chanter, mais la cigale a encore cet avantage, celui de voir sa peau utile à quelque chose. C’est la tisane de cette carapace, mélangée d’autres substances médicales, que nos médecins emploient pour traiter la fièvre des enfants causée par le froid.
- Je vous ai parlé des grosses araignées, mais nous en avons encore d’autres qui ont aussi leur utilité. Celles qui répandent leur toile au coin du grenier. Si elles ont le corps gris, elles sont d’un remède excellent pour le choléra ou pour le carreau des enfants. On s’en sert aussi comme de sangsues pour sucer le sang vicié par la morsure des bêtes venimeuses, telles que les serpents, les millepattes et les scorpions. La morsure des araignées peut être quelquefois mortelle aussi, si on n’applique pas à temps un essaim de cellules détaché de la ruche des abeilles de terre. Pour compléter ce chapitre sur les araignées, je crois intéressant d’ajouter qu’on ne guérit les goitres qu’au moyen des fils d’araignées serrés autour du mal.
- Je vous entends, ce sont là, dites-vous, des remèdes de bonnes femmes en usage à la campagne. Détrompez-vous, du reste, je dois ajouter qu’ils ne s’emploient jamais seuls. On les mélange toujours avec d’autres médicaments prescrits par une savante ordonnance. On ne les emploie seuls que lorsque le médecin n’arrive pas à temps.
- A Canton, il y a un arbre à moustiques. Vous verrez pourquoi on lui donne ce nom. Il ne diffère pas beaucoup des autres, mais il porte un fruit semblable à une prune jaune. Quant le fruit est mûr, il en sort une quantité de moustiques. Ce fruit-là n’est qu’en réalité une espèce de galles de Chine, qui renferme les insectes nouveau-nés. A la province de Ixiang-Si on voit souvent un oiseau de l’espèce du coucou; lorsqu’il chante, une multitude de moustiques sortent de son bec.
- Ce sont-là des phénomènes assez curieux.
- Je vous raconte pêle-mêle tout ce que je sais sans exagération aucune, c’est pour vous prouver que je ne sais pas davantage. Je vous fais cette confidence et espère que les autres insectes de mon pays ne me reprocheront pas de les avoir traités, moi aussi, en quantité négligeable.
- Pour ne pas abuser de votre bienveillante attention, je terminerai ce petit entretien, si vous le permettez , Mesdames et Messieurs, en vous décrivant le récit d’un combat de grillons, jeu naïf et innocent, bien en rapport avec les mœurs patriarcales d’un peuple que la Société protectrice des animaux pourrait recevoir tout entier dans son sein.
- Pas d’arène, aucun préparatif, rien de la mise en scène des combats de coqs, et à plusYorte raison des courses de taureaux.
- Les grillons sont des lutteurs acharnés, mais de bonne compagnie. Ils combattent avec les armes que la nature leur a données sans demander à des éperons d’acier le moyen d’arracher à son adversaire une plume, un œil ou un lambeau de chair,
- Un entraînement raisonné les prépare au combat. Dès sa capture dans le champ, le grillon est enfermé dans une cage de bambou, où il reçoit comme une nourriture quelques feuilles de salade et des grains de riz. Après quelques jours de ce régime, il sort de sa prison ; on lui apprend alors à mesurer ses forces avec un vétéran. Pour cela, on place les deux adversaires dans une coupe ; celle-ci est en bois, afin que les combattants glissent moins sur leurs pattes. L’entraîneur leur •
- p.862 - vue 450/496
-
-
-
- Troisième Année. — N° i5i.
- chatouille la tête avec un cheveu pour les exciter. Quand ils sont bien en colère, ils se précipitent l’un contre l’autre ; au premier choc, la victoire est décidée. Le vaincu se retire calme et résigné, tandis que le vainqueur, battant de l’aile, célèbre son triomphe par ses cris stridents. Après une série d’expériences, on choisit les champions qui figureront dans les luttes publiques, et sur lesquels des paris seront engagés avec cette ardeur que mes compatriotes mettent dans tous les jeux. Mais cette passion n’est pas ruineuse ; jamais les enjeux ne dépassent quelques sous. Cela permet aux joueurs de s’adonner plus souvent à leur distraction favorite.
- Vous voudrez bien reconnaître comme moi, Mesdames et Messieurs, que ce jeu, aux proportions modestes, ne dénote, chez ses admirateurs, rien de la barbarie étroite des combats de coqs, ni de la sanglante sauvagerie des combats de taureaux.
- L’homme a besoin de demander aux animaux un sujet de distraction et d’émotion, ceux qui suivent si passionnément les courses de chevaux qui entraînent parfois mort d’hommes, ne doivent pas s’étonner que mes compatriotes se livrent à des combats inoffensifs de grillons. La passion du pari demande à être satisfaite quelle que soit l’importance de son objet. Du reste, n’est-il pas plus moral de se distraire en voyant des animaux infiniment petits, dépourvus de raison, quoique doués d’une certaine intelligence, se livrer à des luttes anodines plutôt que de prendre plaisir à suivre d’un œil jaloux, les progrès que font les hommes dans l’art de se détruire ?
- La nature a fourni aux grillons le moyen de mesurer leur force sans recourir aux armes meurtrières, pourquoi les êtres raisonnables épuisent-ils tous leur intelligence à rechercher les moyens de s’entre-tuer, moyens qui déciment parfois des peuples entiers, désolent les champs et ruinent l’agriculture qui est la plus bienfaisante des cultures ?
- —----------—------------------------
- LES LIVRES
- CXXXI
- Paul Bourget. Mensonges, i vol in-18. Alphonse I.emeire, éditeur
- Voilà le roman, dont nous ne parlerons pas parce que l’on en parie, parce que 1’aüteur est à la mode mais parce qu’il mérite que nous en parlions. Il ne le mérite pas seulement parce que c’est une œuvre où il y a beaucoup de talent mais encore parce que c’est une œuvre où il y a beaucoup de courage. L’auteur est un fier, sinon un dédaigneux, qui veut bien obtenir les suffrages du public, mais qui ne veut pas les devoir à la flatterie.
- Il ne flatte ni l’homme, ni la femme dans ce livre consacré aux ingénuités des rouées et aux roueries des ingénues, dans ce livre où les mystères et les problèmes de l’amour sont dévoilés jusqu’au nu, creusés, jusqu’au tuf, et où il demeure bien peu de chose du sentiment ainsi décomposé et réduit à. ses illusions changées en déception: une pincée de cendres amères. Telle est au fond la philosophie de ce psychologue subtil, de cet observateur raffiné, de ce penseur délicat de cet écrivain de style, qui est aussi un poète et dont la prose a toute la finesse, toute la saveur des proses aiguisées sur la meule poétique, des proses parfumées à l’éternel parfum. Cette philosophie désabusée, désenchantée cette sagesse faite des dégoûts de l’expérience, et qui a quelque chose de la mélancolie fataliste de YEcclésiasie, ce pessimisme profane qui semble aboutir à la conclusion du pessimisme sacré d’où est sortie Ylm -talion et son amour de Dieu fait du mépris des hommes et de la crainte des femmes : ce pessimisme profane qui, à bout de forces, s’asseoit sur ses ruines et regarde passer d’un œil d’envie la Charité courant les rues sous la soutane du nrêtre, ou la Foi, au front baissé sous le capuchon du froc monacal marchaut vers l’autel à travers les arceaux du cloître, et qui pleure ses dernières larmes comme Faust, aux souvenirs d’enfance pieuse et pure qu’éveillent les cloches de Pâques; eh bien ! ce pessimisme qui doute mais n’insulte pas, c’est le premier courage de ce livre plein des courages de l’esprit. Il ne dit pas que l’unique remède aux douleurs que causent aux âmes loyales les mensonges de l’amour (il a eu encore ce courage d’inthuler carrément Mensonges ce livre de vérité sur l’amour, triste comme la vérité) est dans le
- LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE 18S9
- mariage modeste, chaste, fidèle, dans le mariage chrétien ou dans le célibat non égoïste mais généreux du prêtre militant, donnant à tous ce feu trop pur pour brûler dans la lampe des vierges folles, mais il le pense : et à travers la réticence, il y a encore du courage dans cette moralité implicite du livre que nous allons analyser à notre tour après avoir essayé de le caractériser dans sa crâne franchise d’allure et son mâle dédain des fictions, son art cruel de faire vrai, sa douloureuse habileté à dire juste. Ce livre, le roman le plus remarquable sorti de l’école de Balzac et de Stendhal, mais par un i élève passé maître, est un chef-d’œuvre d’analyse implacable (on croirait par moment qu’il se venge) et jamais n’a été habillé avec plus de coquetterie et déshabillé avec plus de malignité le sexe auquel nous devons notre mère, et qui à ce titre a droit à tous nos respects, mais auquel nous devons aussi la maîtresse et l’épouse, et qui mérite à cet égard toutes nos méfiances. Quelles belles ennemies a du se faire ce prosecteur encore galant qui promène d’une main gantée de blanc, le scal pel de ses impitoyables anatomies dans les plus secrets replis de la coquetterie et de la perfidie féminines 1 C’est là encore un courage dont il faut louer l’auteur de Mensonges. Il a celui de dire la vérité aux coupables et aux victimes, aux dupes et aux fripons, qui se fâchent également de ce qu’il a coupé la retraite à ces fuites qui permettent le retour, à ces manègës de fugues savantes et d’ingénieux stratagèmes, qui l'ont qu’une femme infidèle à quatre-vingt-dix chances sur cent devoir revenir à elle l’amant trompé, jaloux et repentant, de ce qu’il a vulgarisé les secrets de cette tactique et ridiculisé les triomphes de 'cette stratégie. Il s’est fait un tort irréparable aux yeux naïfs des René Viney, à leur première gloire, à leur première passion pour une femme du monde qui leur semble ce qu’il y a de plus doux dans' les fruits délicieux que fait mûrir le printemps de la célébrité. Quelqu’un d’entre eux, peut-être, prêtera-t-il le style émoussé de ses vers d’homme heureux (la volupté ne fait guère de bons vers, ni la fatigue de la satiété de bien larges blessures) à la cause des Colette Rigaud, et des Suzanne Moraines qui se diront calomniées. Peu importe sans doute à l’auteur de Mensonges qui n’a pas évidemment fait son livre pour conquérir les bonnes grâces des actrices, qui sont meilleures comédiennes à la ville qu’au théâtre et dans leur boudoir du moins sont franchement cyniques, et des femmes du monde assez corrompues pour paraître honnêtes, assez habiles pour cumuler les agréments du vice et les profits de la vertu ; assez dépravées pour vouloir atteler à trois, tromper à la fois le mari, hentrete-neur et l’amant, et suffire à tout avec l’œil au ciel des belles hypocrisies, le sourire tranquille des hystéries robustes dont l’herculéenne faiblesse défie les fatigues du plaisir.
- Mais il aura du moins l’honneur d’avoir vengé l’amour véritable, l’amour salutaire, l’amour inspirateur, réparateur, pacificateur, consolateur de la contrefaçon triomphante qui fait circuler sa fausse monnaie dans le roman et dans la réalité. Il aura du moins l’honneur d’avoir vengé l’amour qui est le dévouement, le sacrifice à deux de cet amour factice, postiche, qui est à la mode des boudoirs et des salons, mais qui n’est que de l’égoïsme à deux, que l’échange du caprice du chien qui est dans l’homme avec le caprice de la chatte qui est dans la femme. Il aura du moins eu l’honneur de montrer aux poètes et aux artistes véritables la vanité et le danger des flirtâtions mondaines, la banalité écœurante de ces éloges de femmes décolletées qui sont surtout curieuses quand elles semblent le plus sincèrement enthousiasmées, qui demeurent indifférentes quand elles paraissent le plus emballées, qui applaudissent ce qu’elles ne comprennent pas, admirent ce qu’elles n’ont pas lu, et quand l’auteur est jeune et bien tourné, ne se soucient point d’autre chose que d’ajouter une conquête littéraire aux autres, que de savoir si le cœur d’un greluchon de lettres ou d’art est fait comme celui de tout le monde, et le déchirent et le brisent comme l’enfant fait d’une fleur ou d’une montre, pour savoir ce qu’il y a dedans.
- Ce monde, cet Eden artificiel, cette terre pro-
- Dimanche 20 Novembre 18S7. — 863.
- mise, aux fruits décevants, de tous ceux qui ne la voient que de loin et qui aspirent à la voir de plus près et considèrent comme le plus agréable brevet de leur renommée la recommandation ou la présentation qui leur ouvre les portes de ce monde dont l’homme de lettres, l’artiste ne seront jamais qu’à titre d’exception, de passage, d’invités bientôt suspects dont l’homme de lettres et l’artiste sincèrement épris de leur métier ou de leur art ne feront jamais partie quelles que soient leur naissance ou leur fortune, parce que leur profession n’est pas du monde, ni de celui où l’on s’amuse,, ni de celui où l’on s’ennuie : ce monde a eu un. observateur bien fin un peintre qui l’a reproduit bien ressemblant c’est-à-dire non flatté, dans M. Paul Bourget. De meme personne en ce temps n’avait peint comme lui cet étrange ménage à quatre, composé du mari confiant, et dont la naïveté semble complicité, de l’entreteneur discret, égoïste et sceptique, qui dose ses plaisirs et s’interdit la jalousie comme fatigante et ridicule, de l’amant de cœur, du greluchon, comme on disait au siècle des marquises, des pages de sofa et des abbés de toilette, qui s’essaie à la passion, qui croit que c’est arrivé, qui s’indigne d’un odieux partage, qui fait des scènes, qui met les pieds dans le plat, qui a la jalousie brutale, et le désespoir tragique ; enfin de la sensuelle à visage de mystique, de la voluptueuse à l’air idéal, de l’hystérique positive qui veut tâter de tous les plaisirs sans se compromettre, qui veut garder son jour pour chaque genre de baiser: le conjugal, l’extra-conjugal, presque légitimé par l’habitude et l’autre, celui où l’on dépense tout ce qu’on a de tempérament et de roman, et où l’on se console du mari et où l’on se venge de l’amant; mais qui s’effarouche, qui s’indigne, qui se moque de la prétention du préféré d’être seul, et rit, Charlotte sans vertu, du coup de pistolet du trop exigeant Werther. Ce sont là des figures.qui vivent dans leur relief caractéristique, des personnages qui font type, surtout le viveur Desforges, à tête de Morny, et Suzanne Moraines. Pour son mari, il est par trop mari, pour René, il est par trop amant de cœur pour ne pas ressembler à d’autres qui auraient la confiance bête ouïe greluchonnage naïf. Mais ce ne sont pas tant dans ces figures principales et surtout dans celle de Claude Larcher, l’écrivain usé, blasé, triste Mentor d’un triste Télémaque, qu’éclatent le talent et l’art de donner la vie psychique en même temps que la vie pittoresque à ses créations dont jamais M. Paul Bourget n’avait fait preuve au même degré. Le ménage Offarel, leménage Fresneau, l’affection fraternelle d’Emilie pour René, où il entre des illusions de la mère et des complaisances de l’amie, l’amour pur, désintéressé, fidèle de la pauvre Rosalie, la triste, la tendre, la pâle aux yeux noirs constituent des tableaux d’intérieur de bourgeoi; ie bureaucratique ou professorale, admirablement étudiés, des têtes de caractère d’une vérité franche sous le moindre poncif, et qui semblent des portraits. Poncif avons-nous dit. Ce qui nous plaît précisément dans cette œuvre d’art d’un véritable artiste c’est l’absence de tout poncif, l’horreur du convenu, le goût du neuf et du hardi : un roman d’amour sans flatterie pour la femme, sans complaisance pour l’homme, qui a le courage d’être nouveau, c’est-a-dire sincère et vrai, éloquent comme tout ce qui est sincère, triste comme tout ce qui est vrai.
- M. DE LeSCURE.
- LES THÉÂTRES
- Opéra-Comique : le Roi malgré lui. — Vaude-vii.ee : Un voyage d’agrément ; le Chapeau d’un horloger. — Théâtre libre : Esther Brandès ; Tabarin ; Belle petite.
- La direction intérimaire de hOpéra-Comique a repris le Roi malgré lui, de M. Chabrier. On se souvient peut-être que la pièce avait été arrêtée dès la quatrième représentation par la catastrophe de la salle Favart.
- Deux choses avaient été signalées à ce moment: livret trop simple, musique trop compliquée. Le temps n’a malheureusement rien pu changer à ce jugement.
- p.863 - vue 451/496
-
-
-
- 36q. — Troisième Année — N° 1 5 i.
- LE MONITEUR DE L’EKPOSmON DE 1889.
- Dimanche 20 Novembre (887.
- M. Chabrier est un musicien qui cherche la dif-iiculté et y réussit; mais la grande portion du public qui préfère les choses claires et évidentes, même dans les travaux scientifiques, n’a pu que se montrer dérouté devant des combinaisons excessivement laborieuses.
- Déjà pareille déconvenue était arrivée avec Gwendoline du même compositeur, et son éditeur avouait lui-même que la partition se trouvait irréductible au piano.
- Sans vouloir prendre la réduction comme pierre de touche, il est évident que cela dénote un parti-pris d’orchestration enchevêtrée qui ne peut satisfaire que quelques fanatiques de l’incohérence.
- M. Chabrier, avec tout son talent, en reste donc encore sur sa rapsodie hispâna qui est le « tartre à la crème » de ses amis en musique. Je n’y vois aucun inconvénient.
- On a applaudi beaucoup MM. Fugère, Bouvet et Mlle Isaac, dont la valeur triomphe toujours des plus mauvaises causes.
- Quant à Mlle Chevalier, l’artiste à tout faire^de la maison, malgré son zèle, il nous semble qu’on utilise un peu trop ses services. C’est la Dufranc de l’Opéra-Comique. Hélas il y a souvent un fossé entre Y utile et le dulci.
- Le Vaudeville abandonné par le père dont nous avions prédit l’insuccès, vient de reprendre deux pièces des plus amusantes.
- Du Voyage d’agrément, trois actes de MM. Bisson et Gondinet, il n’y a plus rien à dire ; il ne reste qu’à constater l’accueil parfait reçu par la première représentation et à citer MM. Dupuis, Boisselot et Mlle de Cléry, les protagonistes de la chose.
- Quant au Chapeau cl’un horloger, dans lequel je me rappelle les ahurissements de cet excellent Lesueur, il a obtenu un des plus brillants regains que l’on ait pu espérer.
- Jolly n’est sans doute pas l’inimitable queue rouge'qu’était son devancier, mais ce n’en est pas moins un des plus délicieux jocrisses et des plus fins comédiens que nous ayons. Il a rendu le rôle d’Amédée avec une \erve’qui a désopilé la salle une heure durant.
- Le côté gracieux, personnifié par Mlles Cécile et Marguerite Caron, n’a rien laissé à désirer.
- Rue de la Gaité, le Théâtre libre nous a mené à la tristesse. Jamais pétaudière pareille n'avait été pareillement organisée. Sous prétexte de mieux servir la presse, M. Antoine, le grand maître de ces représentations, nous avait attirés par fraude dans le traquenard du théâtre Montparnasse.
- Mais M. Antoine avait préparé une petite combinaison et c’était simplement dans le but de réunir davantage de souscripteurs à cent francs qu’il nous faisait traverser ainsi Paris pour voir toutes les places occupées par des gens étrangers aux questions d’art.
- Cette tentative pseudo-littéraire n’étant plus qu’une entreprise financière, nous ne voyons pas pourquoi la presse l’encouragerait; les pièces de rebut qu’on nous soumet n’ayant d’autre raison d’être que de procurer des fonds à l’administrateur mal habile de cètte exploitation.
- Les crudités et les audaces de Belle-Petite, de Tabarin et d’Esther Brandès, ne pourraient supporter une scène publique. Celà n’intéresse donc en somme personne.
- Alfred Delilia.
- ---- wmnrr* ng --
- LE BON MARCHÉ
- SOLDE ET OCCASIONS
- EN NOUVEAUTÉS D’HIVER
- Avant l’exposition de fin d’année, si riche en articles d’étrennes, le Bon Marché a l’habitude d’offrir à sa clientèle les soldes et occasions en nouveautés d’hiver à des prix exceptionnellement avantageux et cette année l’exposition de ces articles aura lieu le 28 courant.
- Aussi bien dans les tissus de soie et de laine que dans les articles confectionnés, les surprises ne manqueront pas aux acheteurs qui feront bien de ne pas retarder leur visite s’ils veulent en profiter, car l’hiver paraît ne pas vouloir laisser se prolonger les beaux jours de l’été de la Saint-Martin et l’apparition de la neige nous semble l’indice d’une saison froide précoce..
- Le comptoir des soieries est particulièrement intéressant. Les soieries noires sont des plus variées : faille, drap de soie, cachemire de soie, peau de soie, surah et taffetas. Le choix des failles françaises affirme la supériorité et l’élégance de notre fabrication française que n’a jamais pu atteindre la fabrication étrangère, malgré les plus grands efforts, et nous devons dire que la maison
- Boucicaut aide par tous les moyens en son pouvoir, nos fabricants à conserver le premier rang parmi les industriels du monde entier. Nous avons remarqué des failles nouvelles d’une grande solidité et d’un goût irréprochable, de. magnifiques satins noirs, de très beaux tissus dits bengaline, étincelle, sicilienne, etc., etc. La moire antique jadis si appréciée revient à la mode : il y. a vingt ans à peine, bien peu de corbeilles de mariages ne contenaient pas quelques mètres de cette belle moire dont le prix était alors très élevé ; le Bon Marché offre à sa clientèle un très beau choix de moire antique, de moire française et d’une étoffe nouvelle dite moire nationale faisant le plus grand honneur à notre industrie. Cette moire, à effet des plus harmonieux, nous semble appelée à un très grand succès à cause de sa qualité et de son prix exceptionnellement avantageux.
- Les velours et les peluches noires méritent une mention spéciale : Les velours sont tous d’une qualité supérieure, depuis les velours tramés fantaisie d’un prix fort modéré jusqu’aux velours tout soie véritable merveille de fabrication. La peluche continue toujours à avoir le même succès : Signalons dans l’exposition qui nous occupe, les belles peluches noires pour garniture et pour confection et principalement une peluche peau de loutre d’une qualité des plus brillantes. Cette étoffe chaude, aux reflets doux et harmonieux, convient admirablement à la confection des manteaux d’hiver.
- Les étoffes des couleurs les plus variées, les plus heureuses forment un ensemble qui fait preuve du meilleur goût. Toutes les nuances nouvelles sont représentées. Quelle belle gamme pour la palette d'un peintre et comme il serait injuste de ne pas reconnaître que les nuances, aujourd’hui à la mode, sont plus belles, plus éclatantes, j’oserais même dire plus suaves que les couleurs trop uniformes dont on se contentait autrefois. Les recherches de la science moderne sur les couleurs ont permis de donner aux étoffes des nuances plus douces, d’une tonalité charmante et merveilleusement appropriée aux toilettes du jour.
- Indiquons en passant parmi les soieries de couleur, les failles pour jupes et garnitures, les belles failles françaises, les soieries bengaline et Victoria, tramées laine, une superbe étoffe dite veloutine, des taffetas glacés, satin duchesse, peau de soie, surah, moire française, moire antique. C’est là un merveilleux assortiment d’étoffes pour robes que le Bon-Marché seul pouvait réunir et dont il va faire profiter sa clientèle, qui trouve également à de très bonnes conditions un beau choix de velours et peluches unis de couleur, de peluche loutre pour manteaux de deux sortes : peluche loutre long poil et poil bas, d’une très belle qualité, et peluche peau de loutre à fond glacé imitant absolument la véritable fourrure dont elle porte le nom. Signalons aussi la peluche ciselée loutre pour manteaux riches, ainsi qu’un choix considérable de peluches et velours de fantaisie, nouveautés tels que pékin, velours à deux et trois couleurs, pékin peluche, pekin velours du nord et satin, pekin velours et moire antique, velours écossais, velours façonné Cluny, à motifs très élégants, velours ciselé d’une grande richesse qui sera recherché par les dames.
- Les doublures des vêtements de dames doivent présenter un grand cachet d’élégance en même temps qu’une réelle solidité ; la maison Boucicaut offre des doublures noires en satin, en tissu sergé noir tout uni, en satin de chine, lustrine, marce-line polonaise et des soieries spéciales pour doublures blanches et de couleurs des plus variées, parmi lesquelles nous signalerons les tissus blancs et de couleurs dits Florence et Marceline sergés blanc et loutre. Un comptoir spécial de soieries blanches a été organisé et contient des étoffes d’un éclat délicieux en faille, bengaline, veloutine, satin, peau de soie, surah, moire française et moire antique ainsi qu’un grand choix de damas, brocarts, velours ciselés blancs pour toilettes de mariées et toilettes de lumière : Les femmes, filles qui se proposent d’aller aux bals blancs, aujourd’hui si goûtés du monde parisien, trouveront dans le comptoir un assortiment de tissus d’une grande élégance et de bon ton.
- Nous terminerons cette revue des soieries du Bon Marché en disant un mot des soieries de fantaisie et nouveautés tels que : pekin, reps en satin, en faille française, peau de soie à filets camaïeus et multicolore, moire antique écossaise. Les dames ne manqueront pas d’admirer les magnifiques damas riches, moire et satin pompadour à nuances claires et foncées. — A côté, les visiteurs trouveront de ravissants taffetas rayés et quadrillés ainsi que des surahs à damiers rayés et quadrillés, destinés à fournir de belles toilettes de fantaisie. La soie est particulièrement recherchée, cette année, mais les autres étoffes n’ont cependant pas perdu leurs droits et le Bon Marché, au comptoir des étoffes nouvelles, expose des costumes mi-confec-tionnés d’un goût parfait. Nous signalerons une fort gracieuse robe de chambre disposée en tissu drapé d’une excellente qualité, nuances marine, gris, loutre, marron, beige, etc., avec une élégante bande brodée sur toute la hauteur de la robe.
- La jacquette, soutaebée disposée en drap marine, vert, joutre etc., se distingue par des dessins très bien choisis et une forme nouvelle bien trouvée. Le succès du costume soutaché disposé ne sera pas moins grand; ce vêtement d’un prix si modéré se compose de dix mètres, tissu pure laine pour le costume, d’un tablier soutaché, d’une garniture soutachée pour le corsage et d’un patron de grandeur naturelle.
- Nous ne saurions citer toutes les étoffes nouvelles de ce comptoir, indiquons seulement des quadrillés avec effets de damiers en tissu de bonne qualité, des drapés mélangés de toutes nuances en étoffe solide et d’un long usage malgré son extrême bon marché, des draps des Vosges d’un tissu épais et chaud convenant merveilleusement à la confection des robes de chambre, des foulés beige en pure laine pour robes, des cardés mélangés, drap du Nord, etc.— Plus loin, on trouve un assortiment de pékins nouveaux pour jupes drapées, des armures et des petites rayures en soie pour costumes complets, des cheviottes à rayures soie avec fonds de toutes nuances, des étoffes à rayures limousines de soie, des tissus brochés à rayures sur fond de drap et de pekin broché en velours de laine formeront de charmants costumes composés.
- Nous conseillons pour costumes de voyage des petits effets de draperies en mille carreaux et rayures, et les cheviottes anglaises avec rayures pour lampe; pour costume de ville, les rayures brochées et les rayures soie sur fond cachemire nouveauté très riche.
- Le Bon Marché a réuni un lot d’étoffes destinées à des œuvres de bienfaisance, les visiteurs pourront y trouver des occasions extrêmement avantageuses qui leur permettront de faire à leurs pauvres des cadeaux bien utiles. C’est là une bonne pensée dont nous devons féliciter la maison Boucicaut, dont la générosité et la charité sont proverbiales,ceci dit en passant pour rendre hommage à la vérité, poursuivons notre visite à travers différents comptoirs :
- Celui des lainages nous contient un assortiment des plus variés en Orléans, mohairs, moires et pachas Anglais, une étoffe dite sicilian de très belle qualité sera fort appréciée.
- Les mérinos et cachemires d’Ecosse conviennent à la confection des robes et châles de deuil, leur fabrication est irréprochable.
- Le Kachemyr des Indes et la Vigogne de l’Inde se recommandent, par leur souplesse, pour costumes et confections d’un long et bon usage.
- Les armures damassés, brochés, escots et ana-costes sont des étoffes très solides. Nous avons remarqué un très beau tissu en crêpe français pour confections et robes de grand deuil ; un drap moscowite à grande largeur, souple et très chaud pour costumes.
- Le Bon Marché a réuni un choix considérable de châles noirs pour deuil, carrés ou longs en mérinos et cachemire noirs ou en cachemire de l’Inde, en grenadine noire, bizantine noire, tissu de laine et de soie, crêpe de Chine noir, le tout à des prix très avantageux.
- . Parmi les lainages à couleurs unies nous devons signaler des occasions exceptionnelles en che-viotte drapée, en drap melton très solide, en sibérienne, sorte de tissu se rapprochant du drap, en cheviotte pure laine d’un excellent usage, la vigogne drapée pure laine, joli tissu pour robes et confections en diagonale et en drap de Paris.
- Les hautes nouveautés de la saison sont la rayure mohair, bien beau tissu à nuances unies, le rayé mohair d’une belle et bonne qualité, le rayé soie d’une grande richesse, pour jupes et costumes, les popelines de Lyon rayées satin et les magnifiques velours ciselés.
- Pour costumes de soirées, le Bon Marché offre à ses clientes des gazes unies de très belle qualité, des gazes rayées soie très brillantes, des gazes brochées soie à dessins riches, les satins gaufrés à chaine de soie et des barèges pekin d’un fort joli tissu.
- Le comptoir de draperie et des flanelles renferme un énorme choix de beaux façonnés blancs pour vêtements d’enfants, des flanelles de toutes nuances, des molletons pour peignoirs de dames, des meltons pour robes, des Tweeds pour manteaux de voyage, etc., etc.
- Nous ne terminerons pas cette petite revue sans rappeler, à nos lectrices qu’elles trouveront à l’exposition du Bon Marché de belles occasions en coupes et coupons de toutes nuances et tous tissus de tout métrage. Ces soldes de coupes et coupons sont à des prix qui prouvent que la maison Boucicaut ne craint pas de faire de grands sacrifices pour satisfaire ses nombreuses clientes, qui aiment à choisir dans ces énormes quantités de marchandises amoncelées sur des comptoirs spéciaux dans toutes les galeries.
- Baille.
- Le Gerant, GARREAU.
- Tours. — lmp. E. ARRAULT et , rue de la Piéfecture, 6.
- p.864 - vue 452/496
-
-
-
- Le Moniteur
- DE
- L’EXPOSITION DE 1889
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
- TROISIÈME ANNÉE. Dimanche 27 Novembre 1887. NUMÉRO i52.
- SOMMAIRE :
- 1. La Hollande et l’Exposition de 1889 ; 2. Les républiques de l’Amérique Centrale et Méridionale; 3. La presse étrangère à l’Exposition de 1889; 4. Circulaire; 5. Le Commerce et l’Exposition; 6. « 1889 » et l’Académie ; 7. Nominations; 8. Comités départementaux; 9. Bureaux desComités départementaux: Aisne, Haute-Marne, Landes, Loire-Inférieure, Seine-et- : Oise ; 10. Exposition universelle de 1889 I il- l'Lhos ; I
- 12. Sciences et Industrie ; i3. Les Livres; 14. Les Théâtres; , i5. Le Bon Marché.
- Les travaux de l’Exposition ont été poursuivis avec la plus grande activité, et on peut être assuré que les exposants de la section française seront au moins aussi nombreux qu’en 1878.
- Le système des expositions collectives a été partout adopté, chacun ayant reconnu qu’il servirait à rendre l’Exposition plus pratique et plus attrayante.
- Les demandes isolées dans les sections industrielles atteignent à peine le chiffre de 3,000, j tandis que le nombre paraît presque quadruplé : par les grandes collectivités qui sont assurées ou qui sont en préparation. j
- On peut citer, parmi ces dernières et en dehors des collectivités purement agricoles et alimentaires qui renferment le plus grand nombre de participants, les collectivités de Saint-Étienne pour les rubans, de Lyon pour les soieries, de j Saint-Quentin pour les tissus, de Besançon pour ! l’horlogerie, de la Somme pour la serrurerie, etc., j sans tenir compte de toutes les collectivités des j industries parisiennes. i
- Parmi les classes exposantes dont les collée- j tivités industrielles sont difficiles à réaliser à ‘ cause de la nature des produits, on peut citer 1 celles delà librairie, des instruments de musique et des bronzes qui doivent être considérées comme complètement organisées et possédant le nombre d’exposants désirable.
- Ces heureux résultats sont dus à l’activité des comités d’admission die Paris et des comités départementaux qui sont à peu près partout en plein et utile fonctionnement.
- Quant aux pays étrangers, des comités na_ tionaux se forment dans les centres les plus importants. A l’action gouvernementale ou diplomatique a succédé celle de l’initiative privée, que la direction générale de l’exploitation, grâce à ses relations internationales si étendues, entretient par de nombreuses correspondances.
- Toutes les questions relatives au transport des produits, à leur manutention, à l’éclairage du soir seront définitivement réglées avant la fin de l’année, malgré les retards que la crise ministérielle peut amener dans la convocation de la commission de contrôle et des finances.
- LA HOLLANDE & L’EXPOSITION
- DE 1889
- 11 vient d’avoir lieu à la Haye, pour déterminer les conditions delà participation de l’indus-
- trie néerlandaise'à l’Exposition de 1889, une importante réunion à laquelle assistaient les représentants des diverses sociétés industrielles commerciales et agricoles des Pays-Bas ainsi que les présidents des chambres de commerce d’Amsterdam, La Haye et Rotterdam.
- L’assemblée a décidé qu’elle se mettrait en rapport avec le gouvernement néerlandais et lui demanderait de préciser l’importance du concours qu’il avait promis d’accorder aux Hollandais qui prendraient part à l’Exposition.
- L’assemblée a décidé également d’entrer en rapport avec le gouvernement français ou avec son représentant à la Haye, afin d’examiner quelle serait la décharge, tant au point de vue des frais de transport que des droits dédouané, dont pourrait bénéficier l’industrie néerlandaise.
- M. Malivoir de Butet, consul général de France, a fait part de ces décisions à M. le ministre des affaires étrangères qui en a avisé son collègue, M. Dautresme, ministre du commerce, commissaire général de l’Exposition.
- LES
- RÉPUBLIQUES DE L’AMÉRIQUE
- CENTRALE & MÉRIDIONALE
- A L’EXPOSITION DE 1889
- Samedi dernier a eu lieu, dans les bâtiments .de l’exploitation de l’Exposition, une réunion à laquelle avaient été convoqués, à titre purement officieux, les représentants ou hauts personnages, en ce moment à Paris, des Républiques de L’Auvergne cen.tçale et méridionale. Nous signaTèronTpârmi eux :
- MM.
- Le baron de Alméda, ministre de Saint-Domingue ;
- Le général Guzman Blanco, ministre du Venezuéla ;
- Blest Gana, ministre du Chili :
- Cadot, consul de Paraguay :
- Colonel Diaz, ministre de l’Uruguay ;
- Louis Gaubert, consul général de Honduras ;
- Crésanto Médina, ministre de Guatémala;
- Francisco Médina, ministre de Nicaragua;
- Ortiz Viola, ier secrétaire de la République Argentine :
- Louis Salinas Vega, chargé d’affaires de Bolivie ;
- Jules Thiessé, délégué du Venezuela.
- | M. Georges Berger a donné quelques explications sur l’organisation des sections étrangères et a demandé aux membres de la Réunion si leurs gouvernements respectifs ne préféraient pas avoir chacun un pavillon isolé où serait groupée toute l’exposition du pays plutôt que de 1 voir leurs produits disséminés dans tous les palais du Champ-de-Mars.
- La plupart des membres présents se sont i prononcés pour la première méthode: mais aucune décision n’a été prise.
- En ce qui concerne la République Argentine, nous pouvons annoncer, dès aujourd’hui, que
- cette nation aura, dans les jardins de l’Exposition, un magnifique pavillon de 2,000 mètres superficiels environ.
- M. Ramon Fernandez, ministre du Mexique à Paris et M. Manuel Diaz Nimiaga, sous-secrétaire d’Etat au ministère des affaires étrangères du Mexique, se sont rendus, vendredi matin, au Champ-de-Mars, pour annoncer à M. Georges Berger que le Gouvernement mexicain a décidé de prendre officiellement une large part à l’Exposition de 1889.
- ----——---------------
- LA PRESSE ÉTRANGÈRE
- ET L’EXPOSITION DE 1889
- La lettre suivante, adressée à M. Gaston Bé-rardi, directeur des services de la Presse étrangère à l’Exposition de 1889, a été communiquée la semaine dernière à M. le ministre du commerce, au nom de l’association syndicale de la presse étrangère à Paris :
- Paris Grand-Hôtel. 18 novembre 1887.
- Monsieur et cher confrère,
- J’ai l’honneur de vous transmettre la résolution suivante :
- « Les membres de l’association syndicale de la presse, réunis le 12 novembre en assemblée générale, sous la présidence de M. Guillaume Singer, syndic , de la presse étrangère à Paris, nommé par les questures de la Chambre des députés et du Sénat, ont adopté à l’unanimité la résolution suivante :
- « Les correspondants des journaux étrangers, membres de l’association syndicale, déclarent qu’ils feront personnellement tous leurs efforts pour contribuer au succès de l’Exposition universelle de 1889.
- « Ils chargent leur syndic de communiquer cette résolution à M. G. Bérardi, directeur des services de la presse étrangère à l’Exposition de 1889 en le priant de la transmettre à Son Excellence M. le ministre du commerce et à la commission d’organisation de l’Exposition.
- « Paris, 12 novembre 1887. »
- Ont signé :
- Le président : Guillaume Singer, syndic de la presse étrangère ;
- Les membres du bureau : Child, Meunier de Scheidlein, Thibault;
- Les membres du conseil : Berardi, Campbell-Clarke, Caponi, Daireaux, Pavlovski, Sam-pieri.
- Voici la réponse de M. le ministre du commerce :
- Monsieur le Directeur,
- « J’ai l’honneur de vous accuser réception de la lettre que vous m’avez remise au nom de l’association syndicale de la presse étrangère à Paris.
- J’ai été très heureux de constater que les correspondants des journaux étrangers promettaient de faire personnellement tous leurs efforts pour contribuer au succès de l’Exposition de 1889. et je vous prie d’être mon in-
- p.865 - vue 453/496
-
-
-
- 866. — Troisième Année — N° 162.
- terprète auprès de chacun d’eux et en particulier de leur syndic, M. Singer, pour les remercier vivement de leur démarche spontanée.
- J’apprécie hautement la valeur du concours de la presse étrangère pour la réussite de l’œuvre internationale de 1889, œuvre de travail et de paix dont les grands organes de l’opinion universelle sauront marquer le caractère et populariser le but.
- Le ministre du commerce et de l’industrie, Lucien Dautresme. ---------—— ^ ^ —--------------
- CIRCULAIRE
- adressée par le président de la classe 2g aux Présidents des Comités départementaux
- Monsieur le Président,
- Un délai très restreint nous séparant maintenant de la date du ier février 1888, fixée, comme dernière limite pour le dépôt des demandes d’admission, et la classe 29 n’ayant encore eu l’occasion d’examiner aucune demande des départements, où les industries qui les composent sont généralement exercées, j’ai l’honneur d’appeler tout particulièrement votre attention sur les produits qui doivent figurer dans cette classe (dont vous trouverez ci-dessous la nomenclature), en vous priant de vouloir bien, avec l’aide de vos sous-comités d’arrondissement, rechercher, dans votre département, les adhésions des représentants de ces industries, dont la participation peut vous paraître désirable.
- L’urgence de l’envoi de ces demandes, suffisamment expliquée par les raisons qui précèdent, réside encore dans ce fait que, l’administration supérieure, obligée de procéder bientôt à la répartition des espaces, se trouvera dans la nécessité de les accorder, tant aux Français qu’aux étrangers, selon l’importance et à la proportion des demandes qui auront été produites, de sorte que, malgré l’impartialité et l’esprit d’équité dont elle est animée, elle serait exposée à n’attribuer qu’une étendue insuffisante à des industries dont les demandes ne lui seraient pas parvenues en temps opportun, et l’on peut dire, en un mot que, fatalement, les groupes et les classes les plus favorisés seraient ceux dont les participants se seraient le plus pressés.
- La gratuité des emplacements, l’encouragement donné aux expositions collectives des petits fabricants, qui ne pourraient pas isolément supporter des frais d’installation de nature à donner à leur vitrine un intérêt ou une attraction que présentera le groupement de plusieurs d’entr’eux et enfin cette clause, que les industriels, ne se trouvant liés par aucun engagement, jusqu’au jour où, après leur admission prononcée, ils se seront mis d’accord avec les Comités d’admission et d’installation pour la répartition des espaces et des dépenses ; toutes ces considérations sont autant d’arguments qui répondent d’une façon péremptoire aux objections habituelles des intéressés, qui attendent trop souvent le dernier moment pour se prononcer sur leurs intentions.
- D’un autre côté, il importe de ne pas perdre de vue que le travail qui incombera aux Comités d’installation, étant intimement lié à celui qui aura été préparé parles Comités d’admission, le succès d® l’Exposition dépend, en grande partie, selon les termes dont se servait Monsieur le Directeur Général de l’Exposition, dans sa circulaire du 20 septembre dernier, du degré d’activité que déploieront les membres des Comités départementaux et des Comités d’admission.
- L’empressement que montreront les exposants français sera le meilleur témoignage de leur confiance dans le succès de l’Exposition de 1889, et en même temps qu’il sera d’un puissant effet pour entraîner les nations étrangères à participer plus largement à cette grande manifestation de l’industrie moderne.
- En terminant, Monsieur le Président, je me mets entièrement à votre disposition pour vous fournir les renseignements qu’il peut vous paraître utile de recevoir pour tout ce qui concerne les industries de la classe 29, et en vous donnant l’assurance que je serai très heureux de suivre avec vous la correspondance indiquée précédemment par M. Georges Berger.
- Je vous prie d’agréer, etc., etc.
- Emile Dupont,
- président du Comité d'admission de la classe 2g.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- LE COMMERCE & L’EXPOSITION
- La crise politique que nous traversons n’a pas amoindri l’énergie de ceux qui travaillent au développement de la fortune publique. Pendant que les hommes politiques discutent les moyens de la résoudre, les commerçants et les industriels se préoccupent d’assurer le succès de l’Exposition universelle de 1889, de transformer pratiquement notre système douanier, de changer le régime des impôts ; en un mot, dit la France, de maintenir la France à son rang.
- Est-ce à dire que les commerçants et les industriels français se désintéressent complètement du régime politique ? Certainement non ; mais ils n’ont pas le temps d’en discuter longuement les mérites et les inconvénients ; ils préfèrent penser à l’avenir, se préparer à soutenir dignement la réputation industrielle de leur pays à l’Exposition de 1889. Pour cela tous les instants sont bons ; en perdre un seul, c’est perdre une chance, car on ne se dissimule pas l’importance que les étrangers attachent à cette Exposition, quoique la plupart de leurs gouvernements aient refusé officiellement d’y être représentés.
- Hier, nous avons assisté à une réunion commerciale, présidée par M. Péan. Le directeur de l’exploitation de l’Exposition, M. G. Berger, a fait une conférence sur la situation actuelle de l’Exposition.
- Une innovation que nous n’hésitons pas à approuver, c’est la substitution des diplômes de plusieurs degrés aux médailles. Ce mode de récompense existe en Amérique depuis longtemps ; il y a produit les meilleurs résultats.
- Le comité de l’Exposition travaille donc activement pour mener à bien l’œuvre qui lui est confiée. M. Berger a affirmé que, malgré tous les pronostics pessimistes, les travaux sont très avances ; cela n’est point extraordinaire, puisqu’on s’est mis à l’œuvre ün an plus tôt que pour les Expositions précédentes. Les fondations sortent de terre à vue d’œil. Les pièces métalliques sont commandées. On pourra commencer le montage dès février prochain.
- Les questions de transport et de manutention sont élaborées chaque jour. Les compagnies .de chemins de fer viennent de faire des concessions importantes. Au lieu des conditions anciennes (tarif plein à l’aller, gratuitau retour), elles viennent d’accorder une remise de 5o ojo sur les tarifs généraux, tant à l’aller qu’au retour (port payé pour l’aller, port dû pour le retour). Ce sont là des avantages considérables pour l’industrie.
- Le nombre considérable de commerçants et d’industriels qui sont venus à la réunion commerciale d’hier prouve bien que la crise politique les préoccupe moins que la concurrence étrangère qui pourrait faire naître une crise économique autrement importante.
- ------------!!!»"'!>VS>-&Ki iiaiMIIII -
- « 1889 » & L’ACADÉMIE
- A l’une des dernières séances de l’Académie, M. Camille Doucet, traçant le programme du Concours ouvert à l’occasion du centenaire de 1889, s’est exprimé en ces termes :
- « Ce concours de 1889 méritait, par sa date même^ une attention toute particulière : le culte des centenaires étant aujourd’hui fort à la mode. Celui que la France se prépare à fêter dans quelques mois ne saurait nous entraîner sur le terrain de la politique, qui n’est pas le nôtre. L’Académie se respecte trop pour en appeler jamais à d’autres passions qu’à celles du Beau et du Bien. S’associant avec plaisir à la saine et salutaire pensée qu’il a voulu qu’un grand congrès pacifique réunît, à cette époque, dans la capitale du progrès, tous les utiles produits du travail, c’est le Travail que l’Académie a choisi pour sujet de son concours.
- « Le travail est la loi du monde, » a dit un jour M. Guizot, de cette voix haute et puissante qu’on entend toujours quand on a eu le bonheur de l’entendre. Le travail n’est pas seulement la loi du monde, il en est aussi l’honneur, il en est la vie et la gloire !
- Dimanche 27 Novembre 1887.
- NOMINATIONS
- NOMINATION D’UN MEMBRE des Comités d’admission (classe 3o)
- Par arrêté en date du 19 novembre 1886, le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a nommé membre de la classe 3o des comités d’admission M. Waddington (Evelyn), manufacturier à Saint-Remy-sur-Avré (Eure-et-Loir), en remplacement de M. Richard Waddington, démissionnaire.
- NOMINATION D’UN MEMBRE-ADJOINT
- de la Commission consultative de contrôle et de finances
- Par arrêté en date du 17 novembre 1887, le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a nommé membre adjoint de la commission consultative de contrôle et de finances M. Bouffet, secrétaire général de la préfecture de la Seine-Représentant la préfecture de la Seine), en remplacement de M. Favalelli, appelé à d’autres fonctions.
- ----— •• - T' —1- -----
- COMITÉS DÉPARTEMENTAUX
- Par arrêté en date du 19 novembre 1887, le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a constitué comme suit le comité départemental
- D’ORAN :
- i° Sous comité de Varrondissement d’Oran
- MM. Jacques, sénateur; Etienne, député; Sabatier (Camille), député ; Ali Mahi Eddin, conseiller général; Bails, ingénieur des mines; Ben Daoud, conseiller général, agha des Douaüs; Brémond, vétérinaire départemental; Brunie, ex-ingénieur de la compagnie Ouest-Algérien ; Calmels, président du comice agricole d’Oran; Chape, professeur de dessin; Cousin, chef de section à la compagnie Paris-Lyon-Méditerranée; Daniel, mercier;' Fabriès, chimiste; Fouque (Laurent), président du conseil général; Fouque, libraire; Giraud, président de la chambre de commerce ; Haret, sculpteur; Hentschel, négociant, président du tribunal de commerce; Jarsaillon, vice-président du comice agricole d’Oran; Johner, fondeur; Lamur (Auguste), propriétaire; Maire (le) d’Oran; Meis-ter, architecte; Monbrun, avocat, vice-président du conseil général; Poisson, ingénieur ordinaire des ponts et chaussées ; Sandras (le docteur), médecin de l’hôpital civil; Saintpierre, agriculteur; Viénot, agriculteur.
- 20 Sous-comité de Varrondissement de Bel-Abbès
- MM. Bastide, président du comice agricole ; Bernard, entrepreneur à Bel-Abbès ; Decrion, propriétaire à Bel-Abbès; El Hadj El LIabib ben Tsa-bet, caïd de l’Oued-Sesiam ; Fabriès, vice-président du comice agricole; Lavenue, industriel à Bel-Abbès; Maire (le) de Bel-Abbès; Nouzille, propriétaire ; Perry, brasseur à Bel-Abbès ; Si Mohamed El Arbi, caïd des Oulad-Balagh.
- 5° Sous-comité de Varrondissement de Mascara
- MM Administrateur (1’) de la commune mixte de Cacherou ; Administrateur (T) de la commune mixte de Mascara ; Administrateur (T) de la commune mixte de Saïda ; Cabassot, propriétaire ; Cornut, propriétaire ; Cuq, propriétaire ; Fabas, propriétaire ; Maire (le) de Moscara ; Maire (le) de Saïda; Saint-Martin, propriétaire.'
- 40 Sous-comité de l’arrondissement de Mostaganem
- MM. Bloch, minotier à Mostaganem ; Cauquil,. agriculteurs Rivoli ; Cazalis, agriculteur à Reli-zane ; Cohen (Samuel), minotier à Mostaganem ;. David (Cyrille), minotier à Mostaganem ; Gros-claude, agriculteur à Mostaganem ; Priou, agriculteur à Mostaganem ; Ramier, minotier à Saint-Aimé ; Sauye, agriculteur à Relizane ; Vagnon, agriculteur à Mostaganem.
- 5° Sous-comité de l'arrondissement de Tlemcen
- MM. Aymé, viticulteur; Castanié, directeur des mines de 'Béni Saf ; Chancogne (Ernest) ; Havard, viticulteur ; Icard, propriétaire à Pont-de-l’Isser ; Joignot, directeur des carrières de marbre de Tekbo ; Moktar M’Sifi ; Sabatier (Jérôme), brasseur ; Safrané (Jean), propriétaire à Bréa ; Soip-teur, viticulteur ; Tedeschi, maire.
- p.866 - vue 454/496
-
-
-
- Troisième Année. — N° i?2
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 27 Novembre 1887. — 867.
- Par arrêtés en date des 16, 17 et 19 novembre 1887, le ministre du commerce et de l’industrie a nommé membres des comités départementaux de la
- LOIRE
- Sous-comité de l’arrondissement de Saint-Etienne
- MM. Bietrix, constructeur; Colombet, fabricant de rubans à Saint-Etienne; Couturier (le docteur), médecin de l’Hôtel-Dieu, en remplacement du docteur Riembault, à Saint-Etienne ; Devillaine, directeur des mines de Montrambert et de la Beraudière, à Saint-Etienne; Deville^ président du syndicat des tissus à Saint-Etienne; Evrard (Maximilien), ingénieur à Saint-Etienne et la Talaudière ; Gautier (Antoine), fabricant de rubans à Saint-Etienne ; Grand-Eury., professeur à l’école des mines, à Saint-Etienne ; Marthourey, quincaillier à Saint-Etienne; Olzy, directeur de l’école des mines, à Saint-Etienne ; Perny, fabricant de limes (maison Desvignes et Perny), au Chambon ; Rousset (du), ingénieur, directeur des mines de la Loire, à Saint-Etienne, en remplacement de M. Houppeurt, démissionnaire; Seguin, •administrateur délégué des fonderies de l’Horme, à l’Horme, Valjoli ; Voisin, ingénieur des mines, à Firminy.
- 20 Sous-comité de Varrondissement de Roanne
- MM. Faisant,fabricant de cotonnades à Roanne ; Guilloud, fabricant de cotonnades (maison Guil-îoud, Chaland et Ce), à Roanne ; Michalon, fabricant de cotonnades (maison Michalon, Berthoud et Boutry), à Roanne ; Sérol, fabricant de cotonnades, à Roanne.
- 3° Sous-comité de l’arrondissement de Montbrison
- MM. Bonnassieux fils, fabricant de lingerie de table à Panissières; Dérory, minotier, conseiller municipal, à Montbrison ; Descours aîné, négociant en vins à Saint-Just-sur-Loire ; Gaudet (Jean), agriculteur à Magneux-le-Gabiou, près Montrond; Loir (Jacques), fabricant de lingerie de table à Panissières; Martinod, fabricant de tissus à bluter à Panissières.
- DE LA SEINE-INFÉRIEURE
- i° Sous-comité de l’arrondissement de Rouen
- MM. Leballeur, conseiller d’arrondissement, -maire d’Héroncheiles ; Levillain, négociant, président du syndicat général des liquides, à Rouen; Métivier, inspecteur d’académie, à Rouen ; Perré, président du tribunal de commerce d’Elbeuf ; Reber, chimiste, membre de la société industrielle, maire du Houlme.
- 20 Sous-comité de l’arrondissement du Havre
- MM. Génestal, armateur, conseiller municipal, membre de la chambre de commerce du Havre ; Latham, vice-président de la chambre de commerce du Havre.
- 3° Sous-comité de Varrondissement de Neufchâtel
- MM. Clémenche, fabricant de ferronnerie à Wanchy-Capval ; Cœurderoy, négociant en liquides à Londinières ; Desjonquières-Mambour, négociant, maire de Foucarmont; Fouquet, agriculteur, maire de Maucanchy ; Houé (Alphonse), banquier à Aumale; Lherminier, agriculteur maire de Sigy-en-Bray ; Lucquet, agriculteur ; à Brémontier-Merval ; Moulin, fabricant de cidres à Gournay; Turquet, maire de Neufchâtel.
- Sous-comité de l’arrondissement d’Yvetot
- M. Gervais, maître tanneur, juge suppléant au tribunal de commerce d’Yvetot, à Caudebec-en-Caux.
- DU GERS
- i° Sous-comité de l’arrondissement d’Auch
- M. le docteur Marcet, à Gimont.
- 2° Sous-comité de l’arrondissement de Condom
- M. Branet, conseiller général, maire de Saint-Puy.
- 3° Sous-comité de l’arrondissement de Lectoure
- M. Denjoy, conseiller général, à Fleurance.
- 4° Sous-comité de l'arrondissement de Mirande
- M. Lannes de Montebello, conseiller général, à Riscle.
- DU NORD
- Sous-comité de l'arrondissement de Valenciennes
- DE LA SAVOIE
- Sous-comité de l'arrondissement de Chambéry
- M. le docteur Legrand, médecin à Aix-les-Bains.
- DE L’YONNE
- Sous-comité de Varrondissement de Joigny
- M. Pignon, avocat, conseiller général de l’Yonne.
- BUREAUX DES
- COMITÉS DÉPARTEMENTAUX
- AISNE
- Président : M. Fouquet, agriculteur, fabricant de sucre, conseiller général à Sinceny. — Vice-prési-dents:MM. Hugues, François, industriel, maire de St-Quentin ; Beauchamps, distillateur à Soissons. — Secrétaires : MM. Girard, ingénieur en chef, à Laon ; Mâcherez, fabricant de sucre à Neuilly-St-Front ; Joncourt, entrepreneur de travaux publics à Chauny.
- Sous-comité de l'arrondissement de Laon
- Président : M. Bonnot, maire de Laon. — Vice-président : M. Evrard, directeur de la Soudière de Chauny. —Secrétaire : M. Maguin, industriel à Charmes.
- Sous-comité de l’arrondissement de St-Quentin
- Président : M. Hugues, manufacturier, à St-Quentin. — Vice-président : M. Trocmé, négociant, à St-Quentin. — Secrétaires : MM. Robert, Eugène, sénateur, à St-Quentin ; Jonquoy, sénateur, à St-Quentin ; Demonchaux, négociant, à St-Quentin.
- Sous-comité de l’arrondissement de Vervins
- Président : M. Godin, directeur de la faculté de Guise. — Vice-président : M. David, filateur, à St-Gobert. — Secrétaire : M. Lagasse, vannier, à Etréanpont.
- Sous-comité de l’arrondissement de Soissons
- Président : M. Labarre, président dutribunalde commerce de Soissons. — Vice-président : M. Caillez, maire de Soissons.—Secrétaire: M. Des-maretz, de Villers-Cotterets.
- Sous-comité de l’arrondissement de Château-Thierry
- Président ; M. Charbonniez, ingénieur-manufacturier à Fère-en-Tardenois. — Secrétaire : M. Gaillard, agriculteur, maire de Monnes
- HAUTE-MARNE
- Président : M. Danelle-Bernardin, sénateur. — Vice-présidents : MM. Bizot de Fonteny, député; Dutailly, député.— Secrétaire : M. Giros, président de la chambre de commerce de Saint-Dizier. — Vice-secrétaire : MM. Ripert, Naudet. — Trésorier: M. Dupuy.
- Sons-comité de Chaumont
- Présidents: M- Tréfousse. — Vice-présidents: MM. de Montrot ; Moissenet ; Darcy. — Secrétaire: M. Pierre.
- Sous-comtié de Langres
- Président: M. Darbot. — Vice-président: M. Bressand. —Secrétaire: MM. Richert; Gardien-net.
- Sous-comité de Vassy
- Président: M. Capitain. — Vice-présidents: MM.de Joamis; Bourdon-Delaunay. — Secrétaire : M. Barotte.
- LANDES
- Président: M. Lacroix, Adrien, vice-président du conseil général à Mont-de-Marsan. — Vice-presidents: MM. Pazat, Childebert, Maire de Mont-de-Marsan; Duboy, Hippolyte, conseiller général àPoyanne. — Secrétaires :MM.Gobert, docteur, à Mont-de-Marsan ; Dubalen, directeur du Musée de Mont-de-Marsan à Montsoué ; Taillebois, Emile, à Dax. — Trésorier : M. Lapèle-Lateulère, négociant à Mont-de-Marsan.
- LOIRE-INFÉRIEURE
- Sous-comité de l’arrondissement de PaimbœuJ
- Président : M. G uchet, maire de Paimbœul (en remplacement de M. Gariou, décédé).
- SEINE-ET-OISE
- Sous-comité âe l’arrondissement de Versailles
- Président : MM. Journault, sénateurà Sèvres.— Vice-présidents : MM. Pillet, président du tribunal de commerce, à Versailles; Deroisin, président du Conseil général, maire de Versailles.—Secrétaires : Attenheim, conseiller général ; Rivière, professeur départemental d’agriculture.
- Sous-comite de Varrondissement de Corbeil
- Président : M. Petit, membre de la chambre consultative d’agriculture. —Secrétaire : M. Wid-mer, manufacturier à Essonnes.
- Sous-comité de Varrondissement d’Etampes
- Président : M. Lebaudy, ancien député, conseiller général, industriel, rue d’Amsterdam, 81, à Paris. —; Secrétaire : M. Croutelle, phormacien, secrétaire de la société d’agriculture, à Nantes.
- Sous-comité de l’arrondissement de Pontoise
- Président : M. Léon Say, sénateur. —Vice-président : M. Aylé, conseiller d’arrondissement, maire de Sarcelle. — Secrétaires : MM. Thomassin, agriculteur, maire de Puiseux ; Leclaire, industriel à Neuilly-sur-Marne.
- Sous-comité de l’arrondissement de Rambouillet
- Président : M. Poirrier, président de la chambre de commerce de Paris, propriétaire à Behoust.— Vice-président : M. Gautreau, fabricant de machines agricoles, maire de Dourdan. —Secrétaires: MM. Issartier, agriculteur à Greffier ; Montaudon, fabricant, adjoint au maire de Rambouillet.
- EXPOSITION UNIVERSELLE
- DE 1889
- Une commission centrale, destinée à s’occuper delà représentation des industries de la Grande-Bretagne à l’Exposition de 1889, est en voie de formation à Londres.
- . En attendant la constitution de cette commission, les industriels, les agriculteurs et les artistes anglais peuvent adresser leurs demandes d’admission et d’emplacement au consulat général de France à Londres, ou aux consulats de Liverpool, Glascow, Dublin, Newcastle et Cardiff.
- _ Ces demandes seront transmises à l’administration supérieure de l’Exposition, qui les classera, jusqu’à ce que la commission britannique soit formée.
- Le ministre des affaires étrangères, d’accord avec le ministre du commerce et de l’industrie, vient d’adresser les instructions nécessaires aux consuls de France du Royaume-Uni.
- ÉCHOS
- Paris
- L’exposition annuelle de chrysanthèmes s’est ouverte avant-hier vendredi,à l’hôtel de la Société nationale d’horticulture de France, 84, rue de Grenelle.
- Cotte exposition de la couleur triomphante clôture aujourd’hui dimanche, à quatre heures du soir.
- *
- * *
- L’Exposition de l’Union centrale des Arts Décoratifs aux Champs-Elysées est prolongée de quelques jours. La clôture devait avoir lieu mercredi prochain, 30 novembre ; elle est reportée au dimanche suivant et coïncidera ainsi avec une journée toujours particulièrement fructueuse.
- Autres expositions à visiter :
- Chez Georges Petit, 8, rue de Sèze, l’exposition des Estampes du siècle, ouverte jusqu’au jeudi 15 décembre.
- Chez Durand-Ruel, 11, rue Laffitte, l’intéressante exposition des œuvres de Puvis de Cha-vannes, inaugurée dimanche dernier.
- M. Houtard.
- (Voir la suite à la page 8~o)
- p.867 - vue 455/496
-
-
-
- 868 et S69. — Troisième Année.
- N» 1D2.
- LE MONITEUR DE L’ëXP°SITI0N DE 1889
- Dimanche 27 Noveembre 1887
- PALAIS DES BEAUX-ARTS ET DES ARTS LIBÉRAUX
- COUPE DES FERMES
- l'oupe «up îa Ferme
- Coupe sur h> Lontjero
- 1 "^4
- b - >7° •
- ... 7 s„. . .
- .. :
- A/7 /7 ,77/
- ^^^m^^mwnTrrrrrm7m7frfnmr!W7tmm7fmirrrnm, 7,
- 777777777777'77777777777777777777777.
- 777777777777777777777-,
- 7/77777777777/7,
- HOIÀ: leBalcon en saillie sur la Granae Nef n ex/sterajoas dans le Balais des Beaux-Arts .
- G av a 8
- Nous donnons aujourd’hui le dessin des fermes de 5o mètres de portée qui vont être employe'es dans la construction des palais des beaux-arts et des arts libe'raux dont l’exécution a été confiée à M. Formigé.
- On se souvient, d’après des dessins antérieurs et différents comptes rendus, que ces palais seront rectangulaires, avec un dôme central et des galeries extérieures de i5 m. de largeur dont le faîte sera à la hauteur de la corniche du bâtiment principal, c’est-à-dire à environ 20 m. au-dessus du sol; les galeries extérieures s’appuieront, dans la direction de l’Ecole militaire, à la travée vitrée construite sur la rue transversale du Champ-de-Mars et, du côté de la Seine, à des pavillons. carrés faisant saillie sur chacun des angles du palais qui, de la base au sommet de la toiture, mesurera à peu près 3o m.
- La même idée a présidé à l’établissement de ce projet et à ceux des autres constructions, également métalliques : avoir des nefs d’une seule portée, sans qu’aucun appui intermédiaire vînt encombrer l’intérieur en'lui ôtant le cachet de légèreté qu’on tenait à lui donner; ce résultat n’était pas difficile à atteindre pour les galeries des industries diverses, leur largeur de 25 m., relativement faible, ne pécessitait pas d’autres soutiens que les colonnes extrêmes ; à ce sujet nous ferons même, en passant, une petite remarque, c’est que ces fermes avaient, sur le dessin, une forme plus élégante qu’elles ne l’ont en exécution, la hauteur assez faible des galeries et leur grande longueur doivent être la cause de l’aspect un peu écrasé présenté par ces charpentes et il est à souhaiter que cette sorte d’aplatissement ne soit pas accentué par la situation qu’occupera le palais des industries diverses entre celui des machines et ceux des arts, tous trois beaucoup plus élevés que lui.
- La solution du problème proposé, extrêmement compliquée en ce qui concerne le palais des machines puis-qu’aucun travail aussi audacieux n’avait encore été
- tenté, offrait encore pas mal de difficultés pour les palais des beaux-arts et des arts libéraux ; grâce à d’heureuses combinaisons et à de remarquables études de résistance, on est arrivé à un résultat satisfaisant, il y aura de magnifiques vaisseaux constitués par des fermes n’ayant d’autres supports que des espèces de pivots horizontaux, formant charnières, sur lesquels reposera tout l’édifice.
- Même en supprimant les appuis intermédiaires, il eût été facile de combiner des fermes d’une seule portée en employant des systèmes déjà appliqués, tel par exemple le comble dit à 1a. Polonceau ou tout autre dans lequel des combinaisons de poinçons et d’entraits viennent donner aux charpentes toute la solidité désirable, mais ces modèles ont le défaut de trop rappeler les constructions industrielles ; de plus, les entraits et les poinçons alourdissent les fermes, sans compter qu’il est presque impossible d’en tirer parti au point de vue décoratif, Côté dont l’importance est capitale quand il s’agit d’une exposition dans laquelle l’art et l’industrie doivent être intimement liés.
- O11 a donc été conduit à combiner des charpentes d’un type nouveau et, en examinant notre dessin, on peut voir que ce type, quoique très audacieux dans son élégance, n’inspire aucune crainte sur sa solidité et présente, au contraire, un cachet de stabilité tout à fait rassurant.
- Ce résultat est atteint grâce à la forme arquée adoptée, elle n’est pas tout à fait identique pour les fermes de 110 m. et pour celles de 5o m., bien que toutefois l’aspect générai soit le même. Gomme nous aurons plus tard l’occasion d’étudier les premières en détails, contentons-nous cette fois de voir ce que présentent d’intéressant les secondes, c’est-à-dire celle des palais des arts.
- Les appuis verticaux sont constitués par des caissons métalliques à treillis d’une largeur de im5o et de 14 m.
- de hauteur; sur ces supports, et les continuant, repose la ferme proprement dite dont le gabarit intérieur est un arc elliptique de 100 m. environ de grand axe avec une flèche de i3m5o; à la partie supérieure, l’arc d’ellipse présente une solution de continuité dans laquelle est inséré un rouleau horizontal semblable à ceux maintenant les piédroits, la charpente complète est dont composée de deux demi-fermes comprenant chacune un pilier et un 1/4 d’ellipse, ces deux dernières parties ri’en faisant qu’une ; le rôle des trois rouleaux ou pivots horizontaux est de permettre le jeu nécessaire aux mouvements qui pourraient se produire dans la membrure. . 7
- Chaque moitié supérieure de la ferme est constituée par une poutre ajourée, d’une hauteur variant entre im35 (milieu) et 3m8o (extrémité) ; les courbes limitant cette poutre sont, pour l’intrados, l’ellipse citée plus haut et, pour l’extrados, un arc de cercle de 90 m. environ de rayon.
- Si, pour la grande nef, on a tenu à ce qu’aucune ligne accessoife ne vînt rompre l’harmonie de la courbe adoptée, cette considération n’était plus obligatoire pour les galeries latérales bordant l’édifice principal. La, on a êïdopté pour la couverture une ferme ordinaire de i5 m.’ de portée et formée de deux arbalétriers rectilignes renforcés par un . entrait et un poinçon; chaque arbalétrier est fait d’une poutre en treillis et repose, a sa partie basse, sur des corbeaux métalliques. •
- Ces galeries latérales, en communication permanente avec la grande salle du palais, seront à deux étages avec vue soit sur le jardin, soit sur une des avenues de Sui-fren ou de Labourdonnais, la hauteur de l’étage inferieur, c’est-à-dire du rez-de-chaussée, sera de 7moo. Enfin, pour terminer cette description sommaire, des deux palais, quant à leur ossature, disons qu’à ^intérieur de la nef du palais des arts libéraux régnera, a une hauteur de 7moo, c’est-à-dire de plain pied avec le
- Ier étage des galeries latérales, un balcon de 3 m. de largeur supporté par de solides corbeaux au droit de chaque appui des grandes fermes ; ce balcon, supprimé dans le palais des beaux-arts, sera un promenoir des plus agréables d’où on pourra tout à l’aise admirer l’aspect général des bâtiments et suivre les évolutions du public réuni sous cette voûte immense.
- Avant de quitter le chantier où se dresseront ces deux palais, constatons la construction, fort avancée déjà, de deux baraquements en planches destinés à servir d’abri pour les magasins et les bureaux qui seront indispensables lors du montage des fermes de 5o m., montage qu’on espère commencer dans les premiers jours de l’année prochaine.
- On a terminé cette semaine le deuxième battage des pieux imposé parle cahier des charges de l’adjudication relative aux fondatiQns du palais des machines ; on se rappelle, en effet, qu’il était stipulé que les pieux battus ne seraient acceptés qu’après avoir subi l’épreuve d’une deuxième volée de coups du mouton espacée .du battage primitif par un intervalle de quatre semaines; l’épreuve a été favorable et, si la gelée ne vient y mettre obstacle, on pourra terminer rapidement l’ensevelissement des têtes des pieux dans leur massif de béton et monter les maçonneries sur ce dernier; du reste il ne s’agit ici que d’un nombre de puits très limité • puisque ia plupart d’entre eux sont achevés, ainsi que nous l’avons dit dans un précédent compte rendu.
- Ce qui a demandé le plus de temps dans cette entreprise, c’est la mise en place des boulons d’ancrage, il fallait qu’ils fussent tous parfaitement verticaux et dans une position toujours rigoureusement identique à elle-même. On a donc été obligé, pour obtenir ce résultat, d’employer des gabarits spéciaux et de procéder avec beaucoup de précautions absolument incompatibles avec une exécution rapide ; malgré ces retards inévitables le travail ,est en bonne voie, les quelques puits restant
- seront bientôt construits et il n’y aura plus qu’à remplir les excavations pour que toutes les fondations soient prêtes à recevoir les charpentes métalliques qui arriveront probablement en janvier ou en février au plus tard.
- Sur ce chantier, on élève également un grand bâtiment en planches pour abriter les différents services du montage; ce bâtiment, qui est en bordure de l’avenue de Labourdonnais, n’est, bien entendu, que provisoire et disparaîtra quand le palais sera construit ; il en sera de même des baraquements des palais des.beaux-arts et des arts libéraux.
- La couverture du palais des industries diverses se continue, pas bien vite, c’est vrai, mais enfin il n’y a pas d’arrêt; du reste, avec ce mauvais temps, on ne peut pas se montrer trop exigeant, toutefois, ainsi que nous l’avons déjà fait remarquer, il serait bon de se hâter afin que ces galeries fussent complètement couvertes et offrissent un abri utile dans bien des cas, notamment pour le réglage du niveau du sol qui s’exécute bien plus aisément avec un terrain sec, les ouvriers faisant de la meilleure besogne lorsqu’ils travaillent à couvert.
- L’endroit où les progrès sont bien appréciables, c’est le jardin bas, il commence à bien se dessiner et sa physionomie générale se modifie rapidement, les quatre arbres, dont nous constations la présence il y a huit jours, ont reçu de nombreux compagnons et le gazon-nement des talus se poursuit activement ; c’est même étonnant combien quelques mètres carrés de gazon vert et un certain nombre d’arbres, quoique sans feuilles, ont profondément modifié l’aspect de ce grand terrain triste et désolé il y a encore peu de temps; lorsque les plan-tati@ns seront finies, les pelouses gazonnées et les che mins définitivement tracés , on aura là, en attendan l’exposition, un spectacle très agréable et nul ne recon* naîtra, au printemps prochain, dans ce parc verdoyant l’affreuse fondrière dans laquelle on pataugeait auparavant.
- Le gâchis qui, dans cette partie du Champ-de-Mars, existe encore comme cela se conçoit puisque les terres sont fraîchement remuées, ne subsistera plus longtemps. Vendredi dernier on a commencé la pose de la couche de mâchefer qui doit former le dessous des chaussées on cylindrera cette couche et on y établira la forme elle-meme ; à partir de ce moment oh pourra circuler entre les pelouses et les plantations sans risquer (.renfoncer jusqu au genou.
- Sur un terre-plein avoisinant la tour, on dresse des fermes en charpentes destinées à l’établissement d’un hangar où pourront s’abriter les divers services exigés pai 1 execution des parcs et jardins et de leur décoration.
- . Il y a quelques jours nous , avions annoncé comme imminente la prise de possession, par l’administration de 1 exposition, de la partie du quai d’Orsay comprise entie laienue de Labourdonnais et l’avenue Bosquet, cette^ prise de possession a reçu son commencement d’exécution cette semaine. On peut voir en effet, en bordure de la contre-allée opposée à la Seine, une série de trous dans lesquels on plantera les poteaux d’appui de la palissade formant l’enceinte continue, déjà une certaine quantité de voliges ont été amenées là et seront employées à bref délai.
- On a également palissade' une grande étendue des parcs du Trocade'ro,et la vue de ces préparatifs semble plaire vivement au public qui, tout en se rendant parfaitement compte qu’il y aura là un peu de gêne pour lui,. 1 elativement a la circulation, n’en est pas moins satisfait en constatant qu’on pousse activement les travaux de la grande oeuvre qui l’intéresse à tant de titres c’est-à-dire de l’Exposition universelle. ’
- H. de Bâecker.
- p.dbl.n.n. - vue 456/496
-
-
-
- S70 — Troisième Année. — N° 1S2.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- Dimanche 27 Novembre 1887.
- *
- * *
- ETRANGER
- Allemagne
- Une exposition spéciale de matériel de. brasserie, dont nous avons annoncé l’organisation dans un précédent numéro, a lieu actuellement à Munich, dans les Salles de l’Ecole pratique de brasserie.
- * *
- La première exposition générale d’agriculture, qui a eu lieu dans le courant de cet été à Franc-f'ort-sur-le-Mein, sous les auspices de la Société allemande d’agriculture, a donné un résultat financier très satisfaisant.
- Les dépenses s’étant élevées à 140,012 marks, les recettes totales à 155,141 marks, il est resté en caisse un excédent net d’environ 15,000 marks (18,750 francs).
- Belgique
- Les dessins d’affiches, diplômes, médailles, ainsi que les projets de constructions à ériger dans les jardins, envoyés au Comité exécutif du grand concours de Bruxelles, en 1888, sont en ce moment réunis en exposition, et présentés au public dans une des salles de l’Hôtel de Ville.
- Un grand nombre d’artistes et architectes ont pris part à ce concours et ce n’est qu’après une étude approfondie, dit la Remie commerciale, diplomatique et consulaire, que le jury rendra ces jours-ci ses différentes décisions.
- Ajoutons que le Gouvernement belge vient d’inviter oflicieilement les nations étrangères à participer à l’exposition de Bruxelles.
- SCIENCES & INDUSTRIE
- L’Inventeur du Timbre-Poste
- hauts fonctionnaires résidant un peu partout, disséminés sur tout le territoire de l’Union Américaine et parmi lesquels l’on remarque un « surintendant des échanges », un « agent acheteur » et un « agent chargé de découvrir et signaler les contrefaçons. »
- Un vrai ministère !
- La Société est une -Fédération de toutes les Associations de moindre importance que l’on trouve dans la plupart des grandes villes, et que fortifie, à leur tour, le laborieux travail du collectionneur individuel.
- Il parait du reste que les collectionneurs ne sont pas ce qu'un vain peuple pense, des écoliers en rupture de classe, ou de doux maniaques. La profession a acquis importance et honneurs. Dans un manifeste, le président de l’Association déclare en effet que les potentats, les hommes d’Etat ne dédaignent pas de consacrer leurs loisirs à cette inoffensive occupation, et que la grande masse des adeptes, se recrute dans la magistrature, l’armée, le clergé, le corps médical, etc. Il convient de dire qu’il existe aussi une littérature spéciale très étendue, sous forme de publications de tous genres, et l’on cite d’importantes bibliothèques spéciales, notamment celle du président de l’Association américaine, M. Tiffany, qui renferme plus de 700 volumes.
- Il y a aussi les amateurs de tapisseries en timbres-poste, mais de ceux-là les « gâte-métier», notre auteur n’en parle pas !
- * -Y-
- La conférence internationale des sucres
- Ces jours-ci se réunit à Londres la conférence internationale des sucres dont le gouvernement anglais a pris l’initiative, il y a quelques mois, et à laquelle ont adhéré tous les Etats intéressés. Notre gouvernement, notamment, a délégué, pour le représenter à cet important congrès, l’honorable M. Sans-Leroy.
- On sait quel est le but de la conférence.
- La question sucrière est une de celles qui, depuis longtemps, préoccupent les économistes et les législateurs. Nous 11’en voulons pour preuve que les modifications multiples par lesquelles a passé, en France, la législation spéciale qui régit la matière, et les lois innombrables qui, sur l’initiative du gouvernement ou des Chambres, ont régi successivement cette branche importante de l’activité nationale et de la production industrielle. La France n’a pas été seule à passer, sur ce point, par une série de phases successives et de la diversité des législations, de l’énormité des primes établies par chaque Etat pour favoriser et protéger, chacun sur son territoire, la production nationale, est née une véritable guerre de tarifs, une de ces' guerres qui, pour être économiques et industrielles, n’en sont pas moins meurtrières. C’est pour mettre fin à ce conflit que l’Angleterre a proposé de discuter, dans une réunion d’intéressés, les bases d’un régime commun à tous les Etats participants, qui faciliterait tout d’abord la diminution, plus tard, peut-être la suppression des primes d’exportation, actuellement en usage un peu partout, et mettrait fin à un état aigu qui, en se prolongeant, deviendrait de jour en jour plus désastreux.
- Ce n’est pas la première fois que la question qui nous occupe est traitée dans un Congrès.
- Une première conférence eut lieu en 1804. Mais seuls alors les gouvernements français, anglais, belge et hollandais y prirent part. La* Convention du 8 novembre qui en fut le résultat avait pour but de déterminer le rendement des sucres au raffinage et de fixer par suite le chiffre des drawbacks à l’exportation. Conclue pour dix ans, puis prorogée par mutuel consentement pour deux ans, elle donna lieu à d’innombrables difficultés d’application. De nouvelles conférences eurent lieu de 1872 à 1876 à Londres, Paris et Bruxelles, mais ' sans qu’un accord pût intervenir. Une période d’anarchie douanière débuta alors par l’impossibilité où s’étaient trouvés les premiers contractants à faire re\ivre l’acte devenu caduc, et c’est un nouvel accord plus large qu’il faut établir aujourd’hui.
- Les difficultés sont encore plus ardues, parce • que tous les Etats intéressés se trouvent aujourd’hui en présence, l’industrie sucrière ayant pris un développement considérable, en Allemagne, notamment, en Russie et en Italie.
- De plus, le problème est plus complexe qu’il ne le fût jamais. La conférence devra non plus seulement s’occuper de quelques Etats et limiter ses travaux à la question des drawbacks, mais faire entrer dans la Convention tous les pays producteurs. Il faudra qu’elle pose les bases d’une législation unique sur la matière première, qu’elle détermine une échelle unique de droits, et tienne compte en même temps des besoins financiers de-chaque Etat, et de mille autres faits, tous d’une égale importance.
- On voit que la tâche des délégués internatio naux est des plus difficiles, hérissée d’écueils-futile en problèmes, riche de questions multiples et diverses
- ¥ *
- Nos lecteurs connaissent par ce que nous leur en avons dit, à différentes reprises, l’exposition nationale des industries artistiques, que prépare l’Association Bavaroise d’art Industriel et qui, de mai à octobre 1888, aura lieu parallèlement à l’Exposition internationale des Beaux-Arts, de Munich. Une section rétrospective réunira dans une série de salles, de styles différents., des, spécimens de l’industrie d’art aux principales époques artistiques. Les envois modernes seront groupés par associations et sociétés diverses.
- Une vente curieuse a eu lieu, il y a quelques jours, à Berlin, dans les galeries de Rudolf Lepke. Il s’agissait d’une importante collection de 5,300 photographies d’acteurs et actrices allemands, très soigneusement classifiée et arrangée. Le tout vendu en bloc, 105 francs. Le chiffre n’est pas gros, mais la collection devait à coup sûr être fort curieuse.
- * *
- Angleterre
- L’exposition internationale de Manchester, dont la clôture a eu lieu le jeudi 10 novembre, a reçu en tout 4 millions 765,137 visiteurs, et ses recettes totales se sont élevées à 250,000 livres sterling (6 millions 250,000 francs).
- Un très beau succès à tous points de vue !
- *
- * *
- Un certain nombre de fort intéressantes expositions artistiques se partagent en ce moment, à Londres, l’attention sympathique des amateurs.
- Ce sont, à V Egyptian Hall, celle de la Dudley Galery Impérial Art Society, dans les galeries de 460 et 147 New Bond-Street, celles de la Society of Painters-Etchers (peintres-aquafortistes) et de la Fine-Art Society. Ici M. E. George expose une série particulièrement intéressante de vues rapportées de voyages en zig zag, en Hollande, en Belgique, en' Allemagne, dans les Alpes, en Suisse et aux lacs Italiens.
- Enfin, à la Continental Gallery, 457, New-Bond-Street, l’expssition d’automne réunit un certain nombres d’oeuvres signées d’artistes étrangers connus. A signaler entre autres, des tableaux de Normann, Benner, peintres bien connus des salons parisiens, et Chapiron, qui expose La douche au régiment, son envoi du salon de cette année.
- Invention, notre excellent confrère londonien, dit que la première exposition internationale de machines à coudre et d’appareils spéciaux pour l’économie domestique a ôté ouverte le samedi 12 novembre pour clôturer le samedi 26, au Royal Aquarium, Westminster.
- La grande exposition des Arts, des Sciences et de l’Industrie qui doit s’ouvrir à Glascow dans le courant de l’année prochaine est, paraît-il, en bonne voie d’organisation et donne de grandes espérances de succès.
- L’édification du palais procède avec beaucoup d’activité à Overnewton et est assez avancée à l’heure présente pour que l’on puisse se faire d’ores et déjà une idée sommaire de ce que seront les constructions une fois achevées.
- Les différents comités s’occupent de la réception et du classement des demandes d’inscription et prennent les mesures nécessaires pour l’allocation des emplacements.
- Les sections du Génie civil et de l’Architecture navale seront tout particulièrement importantes et complètes. Cette dernière empruntera un grand éclat à la participation des grands chantiers de la Clyde et des autres grands centres de constructions navales.
- *
- * *
- M. Patrick Chalmers, membre de la société royale d’histoire, est l’auteur d’une intéressante brochure qui vient de paraître à Londres, sous le titre de : The American Philatélie Association and the adhesive postage-stamp.
- M. Chalmers y insiste tout particulièrement sur la grande et durable reconnaissance que doit s’être acquis de la part des hommes James Chalmers, pour avoir inventé le timbre postal adhérent.
- L’auteur de la brochure que nous citons, est, il faut le dire, le propre fils de ce James Chalmers, qui, je le crains bien, est assez peu connu de ce côté-ci de la Manche du moins ; mais, comme le dit excellemment la Springfield Union, qui nous fournit ces détails, il s’honore en s’efforçant ainsi d’honorer son père. Cependant, il faut bien l’avouer, il semble qu’il doive être bien difficile de déraciner l’opinion universellement accréditée, qui fait de Rowland Hill. le père du timbre-poste ; tout aussi difficile sans doute que de convaincre nos contemporains que Christophe Colomb ne fut point le premier à connaître le merveilleux continent, auquel dans notre orgueil d’Européens, imbus et nourris d’idées romaines, latines et méditerranéennes, nous avons donné le nom de nouveau monde. Je ne regrette pas, pour ma part, qu’à l’égard de Colomb, la science et le document souverain 11’aient pas réussi à nous ôter nos illusions. J’ai toujours eu je ne sais quelle sympathie pour ce pauvre grand homme, dont on ignore même le lieu d’origine et qui partage avec \ le grand aveugle de l’Hellade, le chantre sublime des héros de la Grèce antique, la platonique satisfaction de voir plusieurs villes se disputer la gloire de lui avoir servi de berceau. Et puis si Colomb, le vaillant, le croyant et le persécuté n’a pas découvert l’Amérique, il l’a du mqins retrouvée, virtuellement conquise, soumise à la domination intellectuelle du vieux monde et c’est déjà assez à mes yeux que notre ingratitude inconsciente, ait refusé au pauvre et courageux héros le droit d’attacher son nom à la terre transatlantique, comme une étiquette de triomphe légitime.
- Voilà, cher lecteur, une bien longue digression, et qui, contre toutes les règles que formulent sentencieusement les manuels de rhétorique, conformes aux programmes, ces fameux livres qui n’apprirent jamais à écrire ou à parler, nous a entraînés loin, bien loin du timbre-poste.
- Laissez-moi donc vous y ramener et, affranchi — c’est le cas de le dire — de vos préjugés, vous dire, que M. Patrick Chalmers, l’auteur de notre brochure, a réuni une série de documents démontrant surabondamment que James Chalmers inventa, en août 1834, le timbre- poste adhésif, dont Rowland Hill se fit plus tard le vulgarisateur, le propagateur, et ce, avec le succès que l’on sait.
- Amerigo Vespucci a éclipsé Colomb dans la terminologie géographique , le plus grand renom de Hill a obscurci le nom du véritable initiateur en la matière actuelle.
- C’est donc une œuvre de réhabilitation filiale, et de restitution que poursuit M. P. Chalmers. Il s’est souvenu de la grande et profonde parole Suum cuique, ainsi que de la deuxième injonction du Décalogue. Cela portera bonheur à sa louable tentative.
- Mais ce ne sont pas là les seules choses dignes d’être rapportées, que renferme le pamphlet en question, comme l’on dit au pays dont un couplet fameux parlait en ces termes :
- C'est les Normands (ter)
- Qu'a conquis l’Angleterre 1
- L’auteur initie les profanes à l’existence et aux détails d’organisation d’une vaste association, qui, sous le nom de American Philatélie Association, a été créée de l’autre côté de l’Atlantique pour le développement du collectionnage des timbres-poste. Qu’on nous passe ce terme qui ne figure peut-être pas au Dictionnaire de l’Académie mais rend notre pensée, et qu’en considération de cette utilité, nous prions lés puristes de nous pardonner.
- L’Association, donc, possède un état-major de
- p.870 - vue 457/496
-
-
-
- Troisième Année. — N° 132.
- LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE 1889
- Dimanche 27 Novembre 1887. — 871.
- Souhaitons leur cependant de mener à bonne fin leur travail et de faire œuvre qui dure.
- Ce ne seront pas les intéressés qui s’en plaindront !
- C. II.
- LES LIVRES
- CXXXII
- Journal de Papillon de la Fertë, intendant et contrôleur de
- l’argentefie, Menus-plaisirs et affaires de la chambre du roi
- (1756-1780) publié avec une introduction et des notes par
- Ernest Boyssë, un vol. in-S. Paul Ollendorif, éditeur.
- L’Administration del’argenterie, des Menus plaisirs et affaires de la chambre du roi, était un des rouages principaux de la machine aulique, volup-tuairé, somptuaire chargée de présider aux mouvements de la cour, à l’éclat de la représentation royale , aux divertissements variés, bals, fêtes, théâtres, grâce auxquels le souverain oubliait les ennuis du pouvoir et les serviteurs oubliaient les ennuis de leur domesticité plus ou moins dorée, plus ou moins galonnée, plus ou moins empanachée, plus ou moins pensionnéeetlecrapaud quotidienàavaler sans grimaces du régime des palais. C’était, de tous les services de la maison du roi, qui constituait comme on sait, un ministère spécial, le plus intime, celui qui touchait du plus près aux mystères du sérail de Versailles.
- « Elle avait un budget variable, comprenant des dépenses ordinaires et des dépenses extraordinaires.
- « Dans les premières figuraient d’abord les gages et émoluments des charges dont l’état était arrêté par le ministre de la maison du roi. Le grand-maître de la garde-robe, les premiers gen-ilshommes delà chambre, le médecin de la chambre, les musiciens du roi sont portés sur cet état. Les dépenses ordinaires comprennent, en outre, le renouvellement des toilettes du roi et du dau phin, les fêtes religieuses, les menues fournitures de la chambre, les voitures de la Cour, l’entretien des magasins, les gages du personnel des menus, les dépenses de la chambre et de la garde-robe du dauphin et de Mesdames, filles du roi, l’entretien des tentes et maisons de bois du roi, les voyages à Compïègne et à Fontainebleau, les spectacles de la Cour, les présents du roi et des princes à des personnages de la cour, à des auteurs, à des artistes, à des églises.
- « Les cérémonies funèbres et la construction des catafalques qu’elles entraînaient, les mariages dans la famille royale, les lits de justice, les réjouissances publiques, le sacre constituent les dépenses extraordinaires. »
- Les intendants des Menus, d’abord au nombre de trois, puis de deux, l’un chargé de l’intendance l’autre du contrôle, présidaient, de plus, non au point de vue budgétaire, mais au point de vue administratif, à la direction de la Comédie-Française et de la Comédie-Italienne, comme intermédiaires et agents d’exécution des premiers gentilshommes de la Chambre.
- On voit d’ici l’importance et la complication de cette gestion d’affaires multiples et délicates roulant sur un budget moyen de 5 millions par an. Il fallait un homme singulièrement souple, habile, ingénieux pour présider aux plaisirs dramatiques d’un prince qui s’ennuyait facilement, pour louvoyer sans choc et sans naufrage entre les prétentions rivales des quatre grands-officiers de la couronne dont il relevait, pour diriger et contenir sans les froisser les ambitions, les vanités, jalousies des acteurs et surtout des actrices des deux principaux théâtres de Paris (plus tard Papillon de la Ferté ajoute même à tant de charges celle de gouverner l’Opéra), pour résister aux exigences des hommes, aux caprices des femmes, pour satisfaire les protectrices des uns et les protecteurs des autres.
- Papillon de la Ferté avait un esprit, un caractère qui semblaient le prédestiner, comme son nom gracieux et galant, à exercer avec succès les fonctions de la plus frivole des charges sérieuses ou de la plus sérieuse des charges frivoles, comme on voudra, et à jouer magistralement avec ses difficultés et ses dangers. Il fut en effet pendant 24 ans, de 17 56 à 1780, l’arbitre des fêtes et des plasirs de la cour la plus brillante de l'Europe. Il le fut avec une sorte de génie particulier, de façon à incarner en lui ce ministère aulique , à demeurer à nos yeux la plus complète, la plus heureuse personnification de cet office où il fallait tant d’e_sprit, tant de patience, tant d’adresse pour n’être jamais ni maladroit, ni malheureux, ni odieux,ni ridicule, et pour recueillir sans trop d’accrocs ni de reproches les avantages, les profits d’honneur et d’argent d’une fonction qui permettait de distribuer tant de faveurs et exposait aussi à tant de disgrâces.
- Le prédécesseur de M. de la Ferté, M. de Curis, avait appris à ses dépens qu’il ne faisait pas bon se frotter sans ménagement à tant d’ambitions, de vanités, de jalousies, de rancunes facilement conjurées contre un homme qui ne prer^ait pas la précaution de s’étouper, de se cuirasser de ouate pour ne pas endommager les roses, et pour ne pas s’égratigner aux épines du tripot aulique, du tripot
- comique, du tripot tragique. Il avait tour à tour mécontenté le duc d’Aumont, premier gentilhomme de la chambre, son chef direct, ce qui était grave ; mais ce qui était plus grave encore il n’avait pas voulu plier devant les caprices d’un le Kain, d’un Molé, d’une Clairon. Il avait payé de la disgrâce et du congé des couplets trop spirituels, dont Messieurs les gentilshommes de la chambre avaient daigné rire, ce qui ne l’empêcha pas d'être renvoyé, et d’entraîner dans son infortune Marmontel, soupçonné de l’avoir inspiré, de l’avoir aidé, et qui pour ce fait, tâta de la Bastille, ce cachot classique de la littérature au xvme siècle.
- Papillon fut plus habile et se tira les ailes nettes du guêpier où Curis avait laissé ses plumes dorées. Dorées, disons-nous, car si la charge d’intendant des Menus coûtait 260,000 livres, elle rapportait en dehors des émoluments de 10,000 livres, de la gratification annuelle de 6,000 livres, tous les avantages d’une fonction où l’art de plaire permettait à un homme placé à la source de toutes les laveurs, d’en détourner plus d’une à son profit. C’estainsi qüe Papillon put faire nommer son frère et son cousin fermiers généraux, reçut plus d’une gratification de 3o,ooo livres, et fut intéressé dansla fourniture des poudres qui lui laissa des aubaines plus positives que celles de la flamme et de la fumée des feux d'artifice.
- Mais certes ce fut de l’argent bien gagné, car il ne le fut pas sans peine, s’il le fut sans reproche. Papillon, lui, n’écrivit pas des couplets. Il écrivit un journal détaillé de ses opérations qui lui servait à tenir note de délibérations et décisions souvent contradictoires, à se consoler in petto de plus d’une déception, à se décharger sans crainte de trahison, des rancunes de son expérience, à se venger, avec une malice discrète, des petits affronts qui eussent rendu trop lourd le poids de la résignation s’il ne l’eût partagé avec cet invisible confident auxquels s’adressent les faiseurs de Mémoires, et qui se trouve parfois, à l’étonnement satisfait de leur ombre invulnérable, la postérité elle-même. Ils se défendent tous d’y avoir songé ; mais quand on écrit, c’est pour être lu et il ne suffit à personne de n’être lu que de soi-même. Tout homme qui écrit est plus ou moins un auteur déguisé. Et du haut du ciel, sa demeure dernière, Papillon ne doit pas fâché de se voir imprimé sans avoir à craindre la Bastille ni l’échafaud. Car c’est par l’échafaud révolutionnaire que sortit de la vie cet homme aimable, coupable d’avoir contribué de son mieux aux plaisirs de la royauté par les spectacles delà cour, mais aussi aux plaisirs du public ordinaire par l’administration de l'Opéra. Cette inoffensive réputation ne le sauva pas en un temps où le génie de Lavoisier, le talent d’André Chenier, la science de Condorcet, la vertu de Malesherbes, le nom de Buffon, ne préservaient pas plus d’une mort tragique que l’esprit de Camille Desmoulins, l’éloquence de Vergniaud et de Danton, la beauté et le courage d'une Madame Roland.
- Dansr une introduction étendue, pleine de faits et de vues, M. Ernest Boysse, avec la triple compétence de l’érudit, du lettré fin et délicat, du parlementaire expérimenté, rompu à toutes les questions d’organisation et d’administration, a fait ressortir judicieusement l’intérêt historique et politique, l’intérêt artistique et social de ce journal détaillé, où abondent les curiosités anecdotiques et les renseignements utiles sur des affaires qui de royales sont devenues publiques. Il est toujours d’actualité de pouvoir consulter les précédents sur tout ce qui se rattache pendant la monarchie à la gestion de l’Opéra, à ses déficits traditionnels, au droit des pauvres, aux obligations et privilèges des comédiens, etc.
- Nous étions déjà initiés aux problèmes et aux mystères du gouvernement de l’ancien régime en ce qui concerne les affaires étrangères et les cérémonies, par les Mémoires de M. de Verneuilet de Dufort de Chiverny, introducteur des ambassadeurs sous Louis XV, en ce qui concerne la cour des comptes et l’administration des provinces par les travaux de M. de Boislisle et sa publication de la correspondance des premiers présidents et des intendants. Nous sommes maintenant, grâce à M. Ernest Boysseet à sa publication du curieuxetamu-sant journal de Papillon de la Ferté, pleinement édifiés,si onpeut employerle motenmatière si profane,, sur l’histoire intime et financière des plaisirs publics du roi, des fêtes et cérémonies de cour, des théâtres de l’Opéra, de l’Opéra-Comique, de la Comédie-Française pendant la brillante période qui va du milieu du règne de Louis XV au milieu du règne de Louis XVI.
- M. de Lescure.
- LES THÉÂTRES
- Comédie-Française: La Souris.— Gaîté: Dix jours aux Pyrénées. — Parais Royal: Le Club des pannes. —Cluny : BouT Midi1 Revue.
- Jamais les théâtres n’ont renouvelé aussi fréquemment leur affiche, ce qui tient peut-être plus à
- la pénurie de bonnes pièces qu’au manque d’argent au fond des bas de laine,
- L’événement de la semaine a été l’apparition de la Souris de M.E. Pailleron, attendue depuis deux ans, et remise sans cesse parce que l’auteur tenait avant tout à M. Delaunay comme principal interprète.
- Mais comme heureusement nul n’est indispensable sur la terre et que le départ de la maison de Molière de l’éternel jeune premier, pas plus que celui de Sarah Bernhardtet deCoquelin major, ne devait empêcher la terre de tourner, il s’est trouvé justé à point que le suppléant, M. Worms, a obtenu un immense succès. Le sombre premier rôle s’est transformé fort habilement en un jeune premier léger, en un amoureux chaleureux et brillant, qui a enlevé tous les suffrages. Avec les artistes de talent il y a toujours de la ressource-
- Mon Dieu ! ça n’est paS que la Souris soit le modèle du genre. Un seul homme et cinq femmes comme interprètes de trois actes, cela devait forcément donner à la pièce un peu de monotonie et en effet toute l’action, sauf deux scènes, se passe en bavardages, en papotages, chatoyants, je le veux bien, mais sans grand corps.
- J’en ai tiré deux scènes : celle de la poupée et celle de la déclaration, dont l’effet a été très grand parce qu’elles appartenaient bien au sujet.
- De quoi s’agit-il ? De prouver qu’un homme de quarante ans peut fort bien inspirer de l’amour. Et à l’appui : une veuve de vingt-cinq ans, Mme de Moisand ;une précieuse ridicule de vingt-huit ans, Mmc de Sagancey; une jeune évaporée de vingt ans, M110 Pépa et une ingénue de dix-huit, Marthe, 1a. souris, ainsi appelée parce qu’elle trottine toujours silencieusement, solitaire et triste ; total quatre femmes amoureuses de Max de Simiers.
- . Or, qu’arrive-t-il ? Abandonnant le vrai, le sérieux, le certain qui est Mnie de Moisand, pour pour courir les chances de la trop grande jeunesse, Max s’éprend de Marthe, qui l’aime et l’épouse.
- Si celui-là n’est pas « minotaurisé » comme dit Balzac, c'est que Marthe sera crânement vertueuse ou d’un tempérament singulièrement calme. Notez que de son côté M. de Simiers ne manqueia pas de retomber aux pieds de Mnie de Moisand.
- Donc, la Souris soutient et résout une thèse fausse. A part cela je déclare franchement que l’œuvre de M. Pailleron est fort agréable à entendre.
- Le passage où Max traitant Marthe en enfant lui offre une poupée et provoque un aveu dans les larmes; celui où il exprime son amour à la jeune fille sont réellement de premier ordre.
- Quant à l’interprétation, elle est hors ligne.
- J’ai dit que M. Worms a soulevé l’enthousiasme par son talent hors ligne .; de pair avec lui il faut citer Mlle Bartet, le charme personnifié et Mlle Reichemberg la grâce et la chasteté mêmes.
- Mmes Samary, Montaland et Broisat complètent un ensemble qui prouve que M. Glaretie, le très éminent administrateur de la Comédie-Française, saura maintenir fermement à son rang notre première scène littéraire.
- La Gaîté, coutumière du succès et où toutes les pièces dépassent la centième, rara avis, nous a donné Dix jours aux Pyrénées, pièce musicale en cinq actes et dix tableaux, de M. Paul Ferrier, musique de Louis Varney.
- Je ne raconterai pas l’odyssée plaisante du pharmacien Chandillac qui tient à la fois de M. Pefri-chon et de Tartarin sur les Alpes; il me suffira de dire que sur un canevas léger mais des plus intéressants, M. Paul Ferrier a brodé des situations d’une gaieté bien franche et qui pourrait bien attirer les familles durant tput l’hiver.
- Pour ajouter encore au charme de ce voyage pittoresque, M. Varney, un musicien éprouvé, a écrit une musique volontairementfacile bien appropriée au sujet, dont on a bissé très justement nombre de morceaux: le duo des chats, Les couplets de Chandillac, la lettre de sa femme, etc., etc.
- Comme mise en scène M. Debruyère s’est surpassé. Je cite la gare d’Orléans, la route de Cau-terets, le col de Gavarnie la course de taureaux et la plage de Biarritz.
- Les costumes ont été dessinés par Job dont la réputation grandit tous les jours.
- Enfin, les interprètes ont enlevé d’assaut le succès, Berthelier est un excursionniste hors ligne et avec lui ou franchirait les montagnes les plus difficultueuses, il a atteint le sommet de la Sierra Triomphe.
- Mme Théo est câline et mutine au possible ; Mlle Demars y devient mieux qu’une jolie femme : une excellente artiste ; Mlle Destrées, une charmante comédienne un peu sacrifiée cette fois, a montré néanmoins de grandes qualités dans son rôle de soubrette pyrénéenne, elle est gracieuse au possible; MM. Vauthier, Alexandre, Petit, Delausnay, Gardel, Mlles Barley et Brionne agrémentent ce voyage — au long cours.
- Le Club des Pannés, tel est le titre de la revue de MM. Wolff, Blum et Toché, peut être expliqué ainsi : un premier acte étourdissant d’esprit et d’entrain, un second plus faible et un acte des théâtres absolument manqué.
- p.871 - vue 458/496
-
-
-
- 8^2. — Troisième Année. — N° 02.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 27 Novembre 1887.
- 11 faut neanmoins citer la scène de la Terre et des airs d’opéras adoptés à En revenant de la Revue, par M. Millier ; l’élève de Saint-Ouen et la parodie de la Cornalba, par Mlle Lavigne et M. Dailly, les ombres chinoises de Caran d’Ache et les jolis minois de Mlles Bonnet, Marie Leroux, Descorval, Dezoder, Elven, etc.
- Spectacle à voir néanmoins. Quel dommage que les auteurs n’aient pas commencé par le troisième acte pour finir par le premier.
- Gros succès à Cluny où MM. Milher et Nurnès ont réussi aussi complètement que possible avec Boni’ Midi’ Revue.
- M. Marx, l’heureux directeur, a vu ses recettes s’élever à je ne sais combien de pieds au-dessus du niveau du boulevard Saint-Michel. La pièce a, il est vrai, été montée magnifiquement par ses soins; décors et costumes sont ravissants.
- Les excellents artistes de la maison : MM. Dor-gat, Nurnas, Lureau, Allart, Dupuy, et les charmantes actrices qui s’appellent Aciana, Dumont, Jeanne Andrée, Nancy, Berthin, Sellier, Debray, Lambert, ainsi que la désopilante Billy, etc., ont vaillamment eu leur part d’un succès qui va amener toute la rive droite sur la rive gauche.
- Alfred Delilia.
- LE BON MARCHÉ
- EXPOSITION DES ÉTRENNES
- L’époque bénie des enfants, le premier jour de Pan, est prochain. Ce ne sont pas les enfants seuls qui attendent avec impatience la fin de l’année, dans toute la Franceles industriels et les commerçants espèrent que les transactions si importantes qu’amènent les étrennes produiront une activité bienfaisante dans les affaires.
- Le Bon Marché n’a pas voulu se laisser devancer et dès maintenant il a réuni un choix varié d’étrennes qui feront de son exposition une des' grandes attractions de la saison.
- L’extension de ses affaires a obligé la maison Boucicaut à hâter l’exécution des grands travaux qu’elle a entrepris et les galeries du rez-de-chaussée des nouveaux magasins permettront de donner à cette magnifique exposition toute l’importance qu’elle comporte.
- La devise : Miscuit utile dulci est certainement la caractéristique de cette exposition.
- Une des grandes préoccupations des parents au moment du premier de l’an consiste dans le choix des livres à offrir comme étrennes. Le Bon Marché a su former une collection d’ouvrages admirablement assortis et convenant aux enfants aussi bien qu’aux jeunes gens.
- Tous les jeunes babys seront heureux de recevoir des ravissants livres d’images, albums d’images coloriées, alphabets coloriés, albums amusants, albums sur toile indéchirable Le prix de ces livres est des plus minimes. Une série de trois grands albums coloriés contient des illustrations qui seront fort appréciées.
- Le Bon Marché a acquis la propriété exclusive de deux albums coloriés dont l’un : Les Refrains de l’enfance renferme de charmantes rondes en musique pour piano. Nous signalerons également les albums à transformations amusantes et les albums théâtres avec décors et personnages qui feront la joie de l’enfance. Une jolie collection de petits volumes renferme les fables de La Fontaine et de Florian, les contes de Perrault, le Robinson Crusoë, etc., excellents éléments de bibliothèque. Parmi les albums artistiques en couleurs, les vieilles Chansons et Rondes pour les petits enfants avec accompagnement de piano par Widor sont illustrées avec un charme exquis par B. de Mon-vel, l’observateur si fin des mœurs enfantines. La Chasse à Tir de Crafty est aussi un excellent livre d’étrennes.
- La bibliothèque de l'éducation maternelle comprend, comme nouveautés de charmants ouvrages. Dans la série pour enfants de 8 à 12 ans, les Contes du chanoine Schmidt, le Plutarque de la jeunesse et les Mille et une Nuits méritent une mention spéciale. Ces livres, nous les avons lus avec une véritable joie dans notre enfance, ils resteront éternellement jeunes comme le Don Quichotte de Cervantès. Du reste, des livres plus nouveaux et d’un vif intérêt permettront aux parents de faire un choix varié.
- Le Bon Marché offre également, avec de grandes différences de prix, les ouvrages récents publiés par les premiers éditeurs de Paris aussi bien en livres d’histoire, de géographie, de voyages qu’en livres de sciences. Ce choix d’ouvrages riches est très heureux. Nous signalerons : l'Histoire des Grecs et Y Histoire des Romains, de V. Duruy. LHistoire de France, de Guizot dont l’éloge n’est plus à faire, l’intéressante publication le Littoral de la France, qui fixera le souvenir des enfants
- après leurs stations balnéaires; un joli ouvrage d’actualité, Au Tonkin et dans les mers de Chine ; enfin les ouvrages d’Elisée Reclus, magnifique et instructive promenade à travers le monde, le récent tome XIII est consacré à l’Afrique méridionale que notre civilisation n’a encore qu’imparfai-ternent pénétrée, la nouvelle météorologie populaire ; l’Atmosphère, de Camille Flammarion, obtient un grand et légitime succès.
- Les voyages de Nordenskiold au Groenland, de Dieulafoy, en Perse et en Chaldée et en Susiane, le Mireille de Mistral et tant d’autres ouvrages réunis dans cette belle exposition constituent de magnifiques étrennes de luxe. Mais il faut nous arrêter, ab uno disce omnes.
- Les jeunes pianistes recevront utilement et avec plaisir comme étrennes les nouveaux albums pour piano. Sous le titre « Les gloires du piano » le Bon Marché publie une série de trois albums composés de morceaux choisis de Rubinstein, l’illustre virtuose du piano, de Georges Bizet, que la mort a trop vite fauché et de Joachim Ratf. Le Piano modèle est composé de 36 mélodies parmi lesquelles nous citerons la célèbre valse de Faust, les meilleures pages de Carmen, de YArlésienne, autre chef-d’œuvre de Bizet, celles non moins inspirées des contes d’Hoffman dans lesquelles Oftenbach a prouvé, par un dernier souffle d’une incomparable inspiration, qu’il était plus qu’un charmant compositeur.
- Le Succès du piano contient 100 morceaux de Gounod et de Schubert.
- Le comptoir des jouets présente un ensemble d’une énorme variété.
- Voici d’abord les fameux bébés Jumeau dont la réputation est universelle. La fabrication de ces poupées est une branche importante de l’industrie parisienne qui occupe un grand nombre d’ouvriers. Grâce à une excellente division du travail, les diverses parties de la poupée sont fabriquées à des prix extrêmement modérés. Le marché étranger inondait la France, il y a quelques années,, de poupées bon marché ; nos fabricants français sont arrivés tout en faisant beaucoup.mieux, à vendre à des prix très bas.
- L’élégance de ces poupées les fait rechercher non seulement en France mais à l’étranger.
- Les bébés Jumeau sont entièrement articulés. Leur succès sera considérable grâce aux prix exceptionnels offerts par le Bon Marché à ses visiteurs.
- Signalons aussi les bébés dormeurs, les marottes et les poussahs.
- La poupée possède aujourd’hui son mobilier complet : armoire à glace, chaises, fauteuils, toilette, etc. ; tous ces jolis petits objets se trouvent réunis au Bon Marché, ils sont en frêne et bambou et joignent la solidité à l’élégance. Lamaison Boucicaut offre à ses jeunes clientes un ravissant mobilier complet renfermé en une boîte qui sera très demandé.
- Parmi les autres jouets destinés à un grand succès nous mentionnerons les théâtres avec jeu d’acteurs, les billards chinois, les pianos de poupée, les clowns articulés, les petites voitures en bois d’acajou avec cheval, l’imprimerie presse avec jeu complet de caractères, les polichinelles avec costume de laine ou de satin, les animaux et personnages en caoutchouc, les lanternes magiques les plus complètes. La lanterne à verre circulaire dite Lampadophofe mérite une mention spéciale à cause de la facilité de sa manœuvre.
- Voici les chemin&*de fer avec rails mobiles, les montagnes Russes et un fort ingénieux jouet dont les diverses parties reproduisent le métropolitain aérien.
- Les soldats en plomb n’ont jamais cessé d’amu-ser les enfants; malheureusement il y a peu d’années encore ils étaient de fabrication étrangère mais aujourd’hui l’industrie française est arrivée à fabriquer mieux et à meilleur marché ce jouet si goûté de l’enfance et tous les magnifiques soldats de plomb du Bon Marché sont de fabrication française.
- Un jouet appelé à un grand succès est la mobilisation du 17e corps: dans une boîte sont contenus les soldats et accessoires destinés à simuler les diverses manœuvres.
- Les panoplies sont nombreuses est bien composées soit en armures soit en équipements militaires, en objets de chasse ou de jardinage.
- Les animaux sauteurs mécaniques sont très ingénieusement agencés.
- L’assortiment des chevaux mécaniques, voitures, animaux aboyant ou marchant est des plus complet. Les visiteurs trouveront également de jolies boites garnies de couleurs et d’articles à dessin, des ménages, des jeux de patience, des malles contenant des jeux de salon et de jardin, des jeux de course, etc., etc.
- Les articles buvards et papeteries qu’expose le Bon Marché se recommandent par leur élégance et la modicité de leur prix ; les buvards genre vieux à tissu orné de galon d’or sont très à la mode. Le papier à lettres du Bon Marché a un succès toujours de plus eiTplus grand.
- Les articles de bijouterie sont du meilleur choix, ils sont en or contrôlé, en argent ou en imitation, les modèles sont tous très beaux aussi bien comme
- bracelets que comme broches, bagues, chaînes, etc.
- Bien peu de visiteurs de cette exposition quitteront le Bon Marché sans avoir choisi un porte-monnaie ou un étuis à cigares ou à cigarettes. Ces articles sont en effet fort coquets et d’un prix exceptionnellement modéré; leur solidité ne laisse rien à désirer.
- Nous avons remarqué de charmants cadres et albums parmi lesquels il convient de citer l’élégant porte-photographie chevalet en satin avec bord en cuir et dorure en or fin, les cadres en maroquinerie avec bouquet, imitation vieil argent sont aujourd’hui très recherchés et ornent toutes les tables des salons parisiens. Les albums de photographie sont ornés de riches appliques et de beaux fermoirs.
- Comme étrennes utiles les nécessaires et articles de vanneries présentés par le Bon Marché seront très.recherchés, ainsi que les articles d’horlogerie, les jumelles, baromètres, les boîtes à jeux, caves à liqueurs, cabarets, etc., etc.
- L’Exposition du Bon Marché comprend un choix nombreux et vaiié d’articles d’orfèvrerie en argent contrôlé qui constituent des cadeaux fort appréciés. Toutes ces pièces sont d’un goût parfait et de jolies formes; nous recommandons aussi tous les objets du service de la table en métal argenté.
- Les appartements modernes tendent à devenir de véritables serres, l’amour des Parisiennes pour les fleurs n’a plus besoin d’être constaté; les jardinières du Bon Marché seront donc les bienvenues ainsi que toutes les faïences et porcelaines.
- . Les bronzes et les cristaux sont également très bien représentés dans cette exposition par de très belles pièces telles que la jolie jardinière Louis XV en bronze et \ieil argent, et la jardinière surtout en.bronze poli et ciselé à jour, la jardinière en cuivre repoussé, des porte-bouquet, porte-cartes, appliques, etc., d’élégantes suspensions de salle à manger pour lampes à huile ou à pétrole et de jolies garnitures.de cheminée.
- Nous ne saurions trop recommander une promenade au milieu des ravissants articles du Japon qu’offre le Bon Marché : Nous comptons parmi nos amis des touristes qui ont eu le bonheur de visiter ce merveilleux pays et d’en rapporter de nombreux souvenirs, mais achetés à des prix très élevés : le Bon Marché à su fouiller, pour ses clients, les boutiques de Tokio, de Kioto et des moindres villages du Japon. O11 ne peut trouver de plus charmantes étrennes que ces vases de porcelaine avec garniture en bronze, ces cache-pot en émail cloisonné ou en bronze, ces jardinières et coupes en porcelaine d’Imari, ces paravents dont les feuilles en satin ou en soie sont des merveilles de broderies.
- La laque du Japon fournit de superbes boîtes à gants, de ravissants coffrets à bijoux.
- N’oublions pas les panneaux japonais pour décorations d’appartement. Ces peintures à la main sur soie représentent les sujets les plus variés, leur facture atteste le goût exquis des artistes Japonais.
- Le comptoir d’ébénisterie renferme dé jolis petits meubles de fantaisie, cadeaux utiles tels que : armoire à glace, lits, toilettes, fauteuils, tabourets de piano, liseuses en bois noir ciré avec dessus, casiers à musique, tables à ouvrages, tables, à étagères, bahuts, etc., etc.
- Nous recommandons aussi comme cadeaux d’étrennes les ravissants éventails en bois et plumes, les écrans en satin, les jolis mouchoirs en linon de fil, en batiste de fil et en soie du Japon.
- Citons un grand choix de machines à coudre, véritables petits bijoux, les pelotes, les parapluies, cannes, cravaches.
- Nous devons aussi appeler l’attention sur les sacs à bonbons, car bien peu de visiteurs quitteront le Bon Marché sans en avoir fait acquisition et ils ne le regretteront pas car le prix de ces sacs est remarquablement avantageux. Ces sacs sont en satin avec sujets peints ou brodés, les teintes en sont toutes charmantes ; le sac dit bonbonnière en peluche avec passementerie vieil or ou vieil argent sera fort apprécié.
- Terminons en signalant comme étrennes utiles les beaux articles de lingerie, de layettes, services de linge de table et de toilette, etc.,'etc.
- Les efforts des directeurs du Bon Marché pour contenter leur clientèle ont obtenu un bien légitime succès : les expositions de nouveautés les plus variées ont attiré en 1887 une f°ule considérable de visiteurs. L’exposition des étrennes surpasse peut-être encore les précédentes, car jamais collection aussi complète n’a été réunie dans des galeries aussi vastes et le succès mérité de là maison Boucicaut s’affirme de plus en plus, grâce à sa parfaite intégrité, aux efforts de tous et surtout à la stricte observation des principes de son fondateur.
- Baille.
- Le Gerant, GARREAU.
- Tours. — lmp. E. ARRAULT et , rue de la Préfecture, 6.
- p.872 - vue 459/496
-
-
-
- Le Moniteur
- DE
- L’EXPOSITION DE 1889
- Rédaction et Administration : /8, rue Bergère, 18, a Paris
- TROISIÈME ANNÉE Dimanche 4 Décembre 1887. NUMÉRO 153.
- SOMMAIRE :
- i. Les travaux du Ghamp-de-Mars ; 2. La participation étrangère à l’Exposition de 1889 ; 3. Commission supérieure des congrès et conférences ; 4. L'Exposition d’économie sociale en 1889 ; 5. Arrêtés ministériels; 6. Burea'uxdes comités départementaux: Corse, Doubs, Lot-et-Garonne, Tarn-et-Garonne ; 7. Les Expositions collectives en 1889; 8. Le Transport des objets exposés en 1889; 9. L’Aquarium du Trocadéro ; 10. Echos; ii. IXe Exposition de l'Union centrale des Arts Décoratifs ; 12. L’Exposition de Barcelonne; i3. Les Livres ; 14. Avis commerciaux ; i5. Les Théâtres.
- EXPOSITION 'UNIVERSELLE
- DE 1889
- LES TRAVAUX DU CHAMP-DE-MARS
- ' Quelle que soit la fidélité des vues prises au Champ-de-Mars, il en est qui ne donnent qu’une idée absolument imparfaite de certains travaux, on ne peut pas se rendre un compte exact des proportions et des difficultés d’exécution, celles-ci étant généralement la conséquence de celles-là.
- Parmi les travaux dont les dessins n’offrent qu’une notion incomplète, il faut, pour le moment, placer en première ligne les immenses. échafaudages qu’on élève actuellement dans le chantier de M. Eiffel, pour permettre Rétablissement des poutres soutenant le premier étage de la tour ; on a toujours une tendance à faire un rapprochement entre ce qui est nouveau et ce qu’on connaît, et à ramener l’inconnu aux proportions du connu; c’est pourquoi ceux qui n’ont pas visité les travaux ne peuvent presque pas se figurer l’importance des charpentes en question, habitués qu’ils sont à ne voir communément que les charpentes des constructions usuelles qui n’ont guère que la moitié ou le tiers de la hauteur de celles dont nous nous occupons.
- Nous avons eu, à plusieurs reprises, l’occasion de parler de ces échafaudages, mais sans entrer dans de grands détails, aujourd’hui que sur les quatre qui sont nécessaires, il y ert a deux pour ainsi dire achevés, il nous paraît bon d’ajouter quelques renseignements complémentaires utiles, et pour ceux qui, ne pouvant aller au Champ-de-Mars, doivent se contenter d’examiner des dessins, et pour les personnes qui, ayant la possibilité d’aller sur les chantiers, auront ainsi quelques données numériques capables de leur servir de points de repère : du reste, ces sortes de constructions présentent par elles-mêmes assez d’intérêt pour qu’on soit obligé d’en parler plusieurs fois, cet intérêt étant encore^ accru par le caractère essentiellement éphémère de ces ouvrages qui, une fois disparus, ne seront peut-être plus refaits d’ici longtemps et dont les documents explicatifs, quels qu’ils soient, resteront comme les témoignages visibles des efforts prodigieux qu’aura exigés l’érection de la tour de 3oo mètres.
- Ces énormes pylônes ont, comme nous l’avons déjà dit, q.3 mètres de hauteur et occupent sur le sol une surface de 2 56 mètres, soit un carré de 16 mètres de côté; chacun d’eux nécessite environ 200 mètres cubes de bois, ce chiffre seul suffirait à indiquer l’importance du travail.
- Le mode de construction adopté est celui qu’on emploie habituellement, seulement on a été obligé, eu égard aux dimensions exceptionnelles, d’augmenter un peu les précautions prises ordinairement pour assurer la solidité de
- l’ensemble qui, malgré cela, garde encore le cachet de légèreté, marque absolument distinctive de tout ce qu’on exécute sur ce chantier. L’ossature est constituée par quatre grands montants verticaux de om45 d’équarrissage, reliés les uns aux autres par des moisss horizontales et des croix de Saint-André; deux planches installées à 20 mètres et 40 mètres de hauteur donnent un surcroît de solidité à l’édifice et serviront aux diverses manœuvres qu’exigera le montage des pièces métalliques.
- La plate-forme supérieure présente, pour la facilité des opérations, une surface plus grande ue celle du pylône, elle a 2.5 mètres de côté ans un sens et 3o mètres dans l’autre; une partie offre donc un porte à faux variant entre 4m5o et 7 mètres ; cet encorbellement est soutenu par des jambes de force, formées de pièces moisées, qui viennent prendre appui sur les faces extérieures des montants principaux.
- L’état exact de ce travail de charpente à la fin du mois de novembre est le suivant : un pylône entièrement terminé (entre les piliers 3 et 4) ; un autre, vis-à-vis, auquel il ne manque que la plate-forme du haut ; un troisième (entre les piliers 1 et 4' dont la moitié de la hauteur totale est atteinte, et enfin le quatrième, au montage duquel on commence à procéder.
- Pour faciliter lô travail de la préparation des bois, toutes les jîaces des pylônes étant semblables, on a installé sur le terrain, au moyen de madriers solidement assujettis, un gabarit représentant un des côtés des échafaudages, les charpentiers n’ont donc qu’à présenter la pièce de bois à celle correspondante du gabarit et à faire leurs coupes en suivant le modèle préparé, on est sûr, par ce système, d’avoir pour chaque portion de la construction des parties constituantes toujours identiques à celles précédemment mises en œuvre, l’uniformité des quatre charpentes est ainsi absolument complète.
- Cette espèce de tour quadrangulaire est fixée à d’énormes pieux enfoncés profondément dans le sol ; en somme l’ensemble de cette installation présente toutes les garanties possibles au point de vue des services qu’elle est appelée à rendre et, une fois qu’elle sera complète, l’établissement du plancher du premier étage de la tour marchera rapidement ; du reste, le travail général est conduit de telle sorte que l’achèvement des échafaudages coïncidera, très sensiblement, avec la pose des derniers tronçons qui doivent amener les arbalétriers à la hauteur requise pour la mise en place des poutres qui doivent les relier; il n’y aura ainsi aucun arrêt et par conséquent aucune perte de temps.
- Si nulle complication dépendante de la volonté humaine, telles par exemple des pluies ininterrompues, des neiges persistantes ou de trop fortes gelées, si aucune complication, disons-nous, ne vient à surgir, l’altitude de 5o mètres environ sera atteinte dans le courant de janvier 1888 et ce résultat confirmera une fois de plus les assertions de M. Eiffel dont, jusqu’à présent, les prédictions relatives au temps nécessaire pour l’exécution de chaque phase de la construction se sont parfaitement réalisées.
- Pour le moment, on en est, à peu près, à 45 mètres, c’est-à-dire deux fois la hauteur des hautes maisons de Paris, cette élévation, quoique atteinte et même dépassée par de nombreux monuments, n’est pas sans occasionner un certain sentiment de malaise au visiteur, qu’il se trouve sur le sol ou qu’il monte au sommet d’un des piliers. Cette espèce d’inquiétude, abso-
- lument chimérique d’ailleurs, est due à la disposition inclinée des montants de la tour : si on est au pied, cette énorme masse métallique semble, par son formidable porte à faux, vouloir toujours réduire en miettes les charpentes qui le soutiennent et venir s’écraser sur le sol en ensevelissant tout sous ses débris ; si, au contraire, on se place à l’extrémité supérieure d’un des arbalétriers, son inclinaison ne permet pas de voir la base du pilier, on n’a en dessous que le vide, la terre paraît déjà bien loin et, en vertu de cette attraction mystérieuse qu’on nomme le vertige, la tentation d’aller le rejoindre autrement que par les escaliers se manifeste vite chez ceux dont les nerfs sont trop sensibles, la plus vulgaire prudence commande alors de ne pas continuer davantage l’examen, car le garde-corps, à claire-voie, pourrait bien n’être qu’une protection insuffisante contre cette tendance à étudier expérimentalement la loi de la chute des corps, mais il est douteux que celui qui se livrerait à cette étucie puisse jamais raconter ses impressions. Quant aux ouvriers on est en droit d’espérer qu’il ne leur arrivera pas d’accidents de ce genre, d’abord parce qu’on choisit des hommes sur lesquels le vertige n’a pas d’action et ensuite parce que la plate-forme qui leur sert de chantier est suffisamment large pour qu’ils puissent travailler à l’aise sans avoir à s’approcher outre mesure des bords.
- La montée et la descente s’effectuent, dans chaque pilier, au moyen d’un escalier du genre dit « échelle de meunier» de im20 de largeur environ, muni d’une double rampe et appuyé contre l’arbalétrier intérieur dont il a, par conséquent, l’inclinaison, c’est dire qu’il est assez raide ; il le paraît d’autant plus qu’il est d’une seule venue, sans solution de continuité. A ce sujet même nous nous permettrons une petite réflexion qui se présente tout d’abord à l’esprit lorsqu’on considère cette longue et rapide échelle, il nous semble que le fractionnement de l’escalier en plusieurs tronçons, de directions différentes, eut augmenté la sécurité des travailleurs en réduisant dans une notable proportion la hauteur des chutes que pourraient faire les ouvriers lors de leurs diverses allées et venues; il nous paraît regrettable que certaines conditions spéciales n’aient pas permis d’adopter ce mode de construction.
- Quoi qu’il en soit, rien n’est plus original que d’assister au départ des ouvriers, lorsque sonne la cloche du déjeuner, à 11 heures, ou lorsque retentit le signal indiquant la fin de la journée. La rapidité avec laquelle ils descendent les escaliers est vertigineuse; en un clin d’œil les chantiers sont évacués ; par exemple le retour, après le déjeuner, s’effectue moins rapidement, la montée étant naturellement plus laborieuse que la descente ; cette ascension est doublement pénible en ce sens qu’elle est une cause de fatigue, supplémentaire et une perte de temps qui oblige les travailleurs à empiéter un peu sur la duree de leur repas, déjà diminuée notablement par l’aller et le retour pour ceux qui vont manger à une certaine distance.
- Pour remédier à ces inconvénients, il est question, lorsque le premier étage sera construit, d’y installer une cantine où les hommes pourront se restaurer avec facilité, tout en s’épargnant un surcroît de fatigue, puisqu’ils n’au-ront plus à monter et à descendre qu’une seul fois, le matin en arrivant et le soir pour quittee le travail.
- p.873 - vue 460/496
-
-
-
- I KOISIÈMK Anxék. -- N° lï>3.
- LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE 1889
- Dimanche 4 Décembre 1887.
- S74. -
- Lorsqu’on suit d’une façon régulière les différentes phases d’une construction métallique aussi importante que la tour de 3oo mètres, il est des remarques qui reviennent constamment vous frapper, et auxquelles l’habitude n enle-vera rien de leur intérêt telle est la précision avec laquelle chaque piece constituante, préparée d’avance à l’usine et arrivant entièrement terminée sur le lieu d’emploi, vient exactement s’assembler avec les pièces déjà montées, tout prévu, calculé; rien ne cloche, et c’est merveille de voir avec quelle exactitude chaque tronçon s’ajuste à ses voisins, et combien les œuvre-points viennent rigoureusement recouvrir la surface qui leur est assignée ; tous les trous, percés à l’atelier, coïncident d’une manière parfaite et peuvent recevoir, sans perte de temps, les boulons et les rivets d’assemblage ; il en est de même des entretoises dont la longueur est absolument en rapport avec la place qu’elles doivent occuper; cette précision explique la rapidité du montage et le nombre, relativement restreint, d’ouvriers qu’il nécessite, elle donne aussi une haute idée du savoir des directeurs de l’entreprise ainsi que de leur habileté en ce qui concerne les études préparatoires.
- Lorsqu’on parle de cette entreprise colossale, le sujet est tellement attachant qu’on se laisse entraîner plus loin qu’on ne voudrait, et bien des choses restent encore à dire, alors que la place réservée à la chronique des travaux est déjà remplie, il faut donc remettre à une autre fois l’inspection des divers chantiers du Champ-de-Mars. Du reste, la tournée habituelle sur le terrain de la future exposition n’aurait pas été bien intéressante cette semaine, car aucun travail nouveau 11’a été entrepris; notons seulement, en passant, que chaque corps d’état a bien employé la dernière période, du mois et partout les terrassiers, les jardiniers, les maçons, les couvreurs, les vitriers...., etc., ont avancé d’une notable façon la besogne qui leur est confiée.
- H. de Baecker-
- LA PARTICIPATION ÉTRANGÈRE
- A L’EXPOSITION DE 1889
- L’énumération est déjà intéressante à donner de^ays étrangers dont le concours est assuré à l’Exposition universelle de 1889 à Paris. D’autres participations encore sont attendues d’ici au iRr février 1888, délai officiellement fixé pour les demandes d’admission. Voici la liste de celles qui sont présentement acquises :
- Angleterre
- Sans engagement d’une coopération^officielle, le gouvernement anglais s’est déclaré prêt à seconder les exposants des trois royaumes en leur accordant toutes les facilités désirables.
- Une commission centrale, destinée à s’occuper de la représentation des industries de la Grande-Bretagne à l’Exposition de 1889, est en voie de formation à Londres.
- En attendant la constitution de cette commission, les industriels, les agriculteurs et les artistes anglais peuvent adresser leurs demandes, d admission et d’emplacement au consulat général de France à Londres ou aux consulats de Liverpool, Glasgow, Dublin, Newcastle et.Cardiff.
- Ces demandes seront transmises a l’administration supérieure de l’Exposition, qui les classera jusqu’à ce que la commission britannique soit
- formée. ,
- Le ministre des affaires étrangères,. d'accord avec le ministre du commerce et de l’industrie, vient d’adresser les instructions nécessaires aux consuls de France du Royaume-Uni.
- Confédération argentine
- Le commerce et le gouvernement se sont montrés dès le premier jour très favorables à une large participation à l’Exposition universelle de
- 1889. ...............
- Déjà, le 6 mai 1886, Une commission était instituée, à Buenos-Ayres, pour l’organisafion. d’une exposition des produits du pays a destination de
- l’Exposition universelle de Paris.
- Les crédits votés pour les premières dépenses préliminaires s’élèvent à 800,000 francs. D après les dispositions manifestées par le gouvernement et le Congrès, on a l’assurance que ces crédits seront doublés et même triplés, pour seconder une participation aussi complète que possible.
- M. E. Cambacérès, délégué de la commission argentine, est déjà depuis deux mois à Paris.. Il s’occupe activement de faire établir les projets
- d’un pavillon, qui ne coûtera pas moins de 400,000 francs. Malheureusement, la direction de l’exploitation n’est pas encore en mesure de lui fournir le plan du terrain sur lequel ce pavillon pourra être élevé.
- Ce retard ne provient que de l’affluence des demandes d’emplacement formulées par les Républiques de l’Amérique Centrale et Méridionale. Pour notre part, nous regrettons vivement que le commerce supérieur n’ait pas réservé le pan du-Trocadéro pour les pavillons de toutes ces Républiques. On aurait obtenu ainsi un ensemble d’un effet très pittoresque et des plus décoratifs ; but qui ne sera pas certainement atteint en couvrant ce pan de terres destinés.à l’Exposition horticole..
- Autriche-Hongrie
- A Buda-Pesth, déclaration du ministre du commerce portant que le gouvernement encouragerait l’initiative prise par les grands industriels du royaume, pour leur participation à l’Exposition de 1889.
- Le 3i mai dernier, déclaration au Parlement, parle président du conseil, disant que, dans l’impossibilité de faire les dépenses d’une participation officielle, le gouvernement donnerait cependant tout appui possible aux exposants hongrois.
- Belgique
- Le gouvernement belge a refusé de participer officiellement à l’Exposition. Un premier comité avait été formé sous la direction de M. le comte d’Oultremont qui représentait, le gouvernement belge à la dernière Exposition de 1878. Un second comité s’est formé sons l’initiative de la Chambre de commerce française, de Bruxelles.
- Dans une réunion tenue dimanche, on a appris que le gouvernement avait décidé d’accorder à ces comités réunis un subside d’un million de francs, plus la franchise postale et des réductions de frais de transports.
- Les comités vont se mettre activement à l’œuvre et tout porte à croire que la Belgique sera brillamment représentée à l’Exposition de 1889.
- Bolivie
- Participation officielle du gouvernement, Exposition dans un pavillon spécial.
- Brésil
- Participation de l’industrie de ce pays, sympathiquement secondée auprès du commissariat général de l’Exposition de 18S9 par le gouvernement brésilien.
- Chili
- Après avoir fait part aux diverses administrations du pays de l’initiative du gouvernement français, le ministre des relations extérieures de la République chilienne a déclaré, le i3 septembre dernier, la participation officielle de son gouvernement à l’Exposition universelle de 1889 à Paris.
- Colombie
- Sur la proposition du gouvernement colombien, le Conseil national législatif a voté, le 10 juin dernier, une loi autorisant la participation officielle du pays à l’Exposition universelle de Paris.
- République de Costa-Rica
- Le 3t août 1887, communication d’une décision du gouvernement de Costa-Rica portant que les mesures voulues seront prises afin, que les produits du pays soient exposés à Paris. Un délégué spécial sera désigné pour la représentation des exposants.
- République dominicaine
- Le 3o juillet 1887. Avis notifiant l’acceptation, décidée parle Congrès dominicain, de l’invitation de participer à l’Exposition de 1889.
- Equateur
- Le gouvernement équatorien a promis son concours actif, en vue de la participation du pays à l’Exposition de 1889 à Paris, et les facilités nécessaires pour l’expédition des produits.
- Etats-Unis
- Le cabinet de Washington a témoigné les dispositions les plus favorables et efficaces.
- Avis du consul de France à Chicago, en date du 22 octobre dernier, annonçant la formation^ d’un comité privé en vue d’une participation à l’Exposition universelle. En meme temps, le gouvernement de la Louisiane annonçait à notre consul., à la Nouvelle-Orléans, qu’il présenterait à.la législature une demande de crédit pour la participation de l’Etat.
- Grèce
- Le gouvernement hellénique a donné, dès l’année 1886, l’assurance de sa coopération officielle à
- l’Exposition de 1889 à Paris. Une commission nationale est maintenant en voie d’organisation dans ce but.
- Guatémala
- Le gouvernement accepte de concourir à l’Exposition universelle. Le ministre de Guatemala en France remplira les fonctions de commissaire général de son pays à Paris.
- Haïti
- Avis a été envoyé, le 7 juin dernier, par le chargé d’affaires de France à Port-au-Prince, que le gouvernement haïtien avait décidé de prendre officiellement part à l’Exposition de 1889.
- Royaume hawaïen
- Accueil très favorable, fait le 11 juin dernier,, à l’invitation de participer à l’Exposition de Paris. Un accord est attendu entre le gouvernement hawaïen et le Parlement au sujet des crédits nécessaires à un concours officiel de l’Etat.
- Honduras
- Concours actif du gouvernemengpour la participation des industries du pays , à l’Exposition universelle. Le gouvernement lui-même se propose d’v figurer comme exposant.
- Italie
- A défaut du concours officiel que l’industrie, l’art et le commerce d’Italie attendaient de leur gouvernement, un mouvement général de la nation s’est produit en faveur de l’Exposition de 1889 à Paris. L’initiative nationale s’est manifestée partout à la fois. Dans les principales villes, des comités se sont formés. Les chambres de. commerce se sont associées aux comités régionaux dans toutes les provinces. De son côté, le gouvernement italien assure.aux exposants toutes les facultés nécessaires à cette grande participation.
- Japon
- L’industrie japonaise, dont la participation était acquise, se prépare à figurer dignement à l’Exposition de 1889.
- Jersey-Guernesey
- Le lieutenant-gouverneur de Jersey et Guerne-sey va prendre, d’accord avec la chambre de commerce, les mesures nécessaires afin que. toutes facilités soint données pour les participations projetées.
- Grand-duché de Luxembourg
- Dispositions sympathiques à l’Exposition de 1889, manifestées par le gouvernement grand-ducal, dès le mois d’octobre 1886, en vue d’une participation de l’industrie de ce pays.
- Maroc
- Le 3o avril dernier, le ministre de France.à Tanger a transmis une lettre vizirielle par laquelle le gouvernement du Maroc annonçait sa participation effective à l’Exposition universelle.
- Principauté de Monaco
- Le gouvernement monégasque s’est montre favorable à la participation.
- Norvège
- Les dernières nouvelles confirment la participation projetée des industries de ce pays.
- Paraguay •
- Invitation française accueillie de la manière la plus favorable. Le gouvernement de l’Assom ption a pris les mesures nécessaires pour la participation du pays à l’Exposition universelle.
- Pays-Bas
- Le cabinet de La Haye a décidé d’assurer toute s facilités aux nationaux pour leur participation à l’Exposition universelle.
- Pérou
- Lettre du gouvernement péruvien au ministre de la République française au Pérou, en date du 2 juin dernier, annonçant acceptation de l’invitation de participer à l’Exposition de 1889.
- Perse
- Le gouvernement persan a donné avis officiel au représentant de la France qu’il autorisait ses nationaux à participer à l’Exposition universelle.. Par ses soins, un syndicat va être organisé à Thé-héran pour seconder les industriels qui voudront prendre part à l’Exposition.
- Portugal
- Participation secondée .officieusement par le gouvernement portugais pour les facilités nécessaires aux exposants.
- p.874 - vue 461/496
-
-
-
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1S89.
- Dimanche 4 Décembre 1SS7. — 87 5.
- Troisième Année. — N° iro.
- Serbie
- Acceptation — notifiée au ministre de France à Belgrade. — de la participation de la Serbie à l’Exposition universelle.
- Siam
- Avis du commissaire du gouvernement français, en date du 19 juillet dernier, annonçant que le gouvernement siamois accepte l’invitation de pouvoir participer à l’Exposition de 1889, à Paris.
- République Sud-Africaine
- Le 2juillet dernier, avis du consul de France à Pretoria annonçant la participation de l’Etat Sud-Africain à l’Exposition de 1889.
- Suisse
- La participation des industries de la Confédération helvétique est assurée et en voie d’accomplissement, dans les plus larges et meilleures conditions. • [
- Vénézuela
- Le 24 juin dernier, une lettre du ministre -des affaires étrangères du Vénézuela donnait avis officiel de la décision par laquelle son gouvernement acceptait l’invitation de participer à l’Exposition de -1889.
- Uruguay
- Avis du ministre de France à Montevideo, en date du 26 juillet dernier annonçant que le gouvernement de l’Uruguay accepte Vinvitation de prendre part à l’Exposition de 1889.
- Zanzibar
- Décision, en date du 3o juillet dernier, par laquelle le sultan Saïd-Burgash accepte l’invitation de prendre part à l’Exposition de 1889.
- --------». (SHgHS^mr------------
- COMMISSION SUPÉRIEURE
- DES CONGRÈS ET CONFÉRENCES
- La commission supérieure des congrès et conférences s’est réunie au Champ-de-Mars, samedi dernier, s.ous la présidence de M. Me'zières, de l’Académie française.
- Etaient présents : MM. Victor Duruy, Jules Simon, amiral Cloué, Janssen, Emile Augier, Méline, Roy, Poirrier, Picard, Baïhaut, etc., et M. David Dautresme, secrétaire.
- M. Gariel, rapporteur général, a donné lecture du projet de règlement élaboré avec M. Georges Berger pour être présenté à l’approbation du ministre.
- Après discussion, ce règlement a été adopté dans ses parties essentielles.
- ----------- IïiTbi > -------
- L'EXPOSITION D'ÉCONOMIE SOCIALE
- EN 1889
- [Suite ).
- ENQUÊTE
- QUESTIONNAIRE
- Section II
- Participation' aux bénéfices. — Associations coopératives de production
- I. — PARTICIPATION AUX BENEFICES
- 22 ( 1 ). Nature de l’industrie exercée et renseignements généraux. — Dates de la fondation de la maison et de la participation. — Sa forme légale. (Entreprise individuelle ; sociéte'en nom collectif ; en commandite, anonyme). — Chiffre d’affaires moyen par an depuis cinq ans. — Capital engagé- , • , ,
- Nombre des ouvriers et employés. — Sur ce nombre, combien d’auxiliaires ne travaillant pas d’une manière permanente ?
- (1) Le numérotage des paragraphes se poursuivant sans interruption du premier au dernier questionnaire, chacun d’eux se trouve ainsi défini par son numéro matricule, de sorte qu'en tète de la réponse il suffira d'inscrire ce numéro sans avoir à reproduire ni le titre du paragraphe, ni celui de la section.
- Parmi les questions du présent questionnaire, chaque déposant s.e bornera à traiter celles qui le visent personnellement et sur lesquelles il a quelques renseignements de fait à fournir, sans s’occuper des autres.
- Il est prié de désigner d’une manière précise et complète, en tète de ses réponses, le nom, la nature et l’adresse de l’exploitation ou de l’institution qu’il représente, avec les fonctions qu’il y remplit, et de joindre à sa déposition tous les documents susceptibles de l’éclairer et de la fortifier, tels que statuts, règlements, comptes rendus, rapports, statistiques, etc.
- A-t-on organisé l’apprentissage ? — fondé une société de secours mutuels?
- Pêche maritime.
- 23. Proportion pour cent que représentent dans la valeur produite les salaires comparés à l'ensemble des autres frais de production. — Travaille-t-on à la jo urnée ou à la tâche? Taux du salaire : supérieur, égal ou intérieur au taux moyen ?
- Primes calculées d’après la quantité plus grande du travail lait, sa qualité supérieure ou l’économie des matières employées. —Avantages gratuits qui pourraient être considérés comme des suppléments de salaire (1).
- 24. Proportion et bases de l’attribution aux employés et ouvriers d’une part du bénéfice annuel ?
- — Est-ce une quotité fixe pour cent du bénéfice net ? — Cette quotité est-elle connue du personnel?— Est-ce une quotité fixe du chiffre brut des ventes de l’année? — Le taux est-il indéterminé ?
- La participation est-elle établie au profit de tout le personnel sur l’ensemble des bénéfices sans distinction entre les opérations commerciales et le bénéfice du travail industriel proprement dit ?
- — Se borne-t-on à faire participer les ouvriers dans-les bénéfices industriels?—Divise-t-on pour cela les ouvriers en groupes, par spécialité de fabrication ?
- Distribue-t-on aux ouvriers un compte-rendu annuel ?
- A-t-on institué un comité consultatif?
- A-t-on adopté l’usage de faire contrôler les comptes, à chaque inventaire, par l’intervention amiable d’un arbitre-expert, choisi d’accord par le patron et les ouvriers pour constater, par une déclaration sommaire, la régularité et la sincérité de l’inventaire ?
- Bases de répartition de la quotité attribuée au personnel (au prorata des salaires; d’après l’ancienneté ; suivant l’appréciation du patron). — Droits réservés à l’employé absent, — appelé sous les drapeaux, — congédié.
- Conditions exigées pour l’admission au partage des bénéhces. — Par qui l’admission est-elle prononcée ?— Les auxiliaires ont-ils une part quelconque dans les bénéfices ?
- Y a-t-il un fonds de réserve destiné à couvrir les pertes et constitué au moyen de prélèvements annuels faits avant tout partage de bénéfices ? ,
- Le capital et le patron prélèvent-ils, avant tout partage de bénéfices, un intérêt et des frais de gérance ?
- 25. Pouvoirs du patron. — Le patron a-t-il sa pleine liberté pour la gestion de l’entreprise, ainsi que pour nommer et congédier le personnel?
- 26. Mode d’emploi du produit de laparticipatiou.
- — Payement en espèces. — Emploi, en tout ou partie, à des versements à la caisse des retraites de la viellesse ; — à une autre caisse de pensions viagères ; à des primes d’assurances en cas de décès, mixtes ou à terme fixe.
- Capitalisation totale ou partielle,sur livrets individuels, pour la création du patrimoine. — Conditions mises à la délivrance du capital ainsi formé. — Clauses de déchéance. — Modes de placement de ce capital.
- Obligation ou simple faculté pour l’ouvrier de laisser le produit de laparticipatiou dans l’établissement pour en devenir co-propriétaire par la possession d’une ou de plusieurs actions. — (Indiquer le nombre des ouvriers ainsi devenus actionnaires, en rapprochant du chiffre du capital social le montant total des actions souscrites par eux.
- 27. Résultats matériels et moraux de la participation pour les ouvriers et pour les patrons. — Montant total, depuis l’origine de la participation, des sommes attribuées à ce titre, sous une forme quelconque, au personnel de la maison. — Chiffre total correspondant des salaires.
- Depuis qu’ils participent aux bénéfices, les ouvriers se montrent-ils plus stables, plus assidus, plus économes de matières premières ?
- II. — ASSOCIATIONS COOPÉRATIVES DE PRODUCTION.
- 28. Nature de l’industrie exercée et renseignements généraux. — Date de la fondation. — Comment la société s’est-elle créée ? (Appel à la corporation ; adhésions successives venant s’ajouter au premier noyau ; transformation en association coopérative d’une maison patronale.)
- Chiffre moyen d’affaires par an depuis dix ans.
- — Capital engagé. •— Travaux faits. •— Intervention et encouragements des pouvoirs publics.— Adjudications publiques detravaux.— Difficultés.
- — Moyens et résultats.
- Forme légale de l’association. (En nom collectif ; en commandite simple ; en commandite par actions ; anonyme ; à capital variable. — Formalités ; charges fiscales.)
- 29. Mode de formation du capital. — Apport en nature, — en espèces, — retenues sur le salaire.
- — Ces retenues sont-elles obligatoires ?
- (1) Voir aussi, sur ce même sujet du « sur-salaire», la section I.
- Un associé peut-il former son apport uniquement par des prélèvements sur les bénéfices futurs ? — Y a-t-il un minimum et un maximum d’apport pour les associés ? — Quels en sont les chiffres ?
- Le capital jouit-il d’un intérêt prélevé avant tout partage de bénéfices. —Quel est cet intérêt ?
- Accepte-t-on comme associés des capitalistes ne travaillant pas comme ouvriers ou employés de l’association ?
- 30. Constitution de a gérance. — Comment sont élus les gérants ou directeurs? — Pour quelle durée?— Y a-t-il un traité passé avec eux? — Sont-ils rééligibles ? — Dans quelles conditions peuvent-ils être révoqués ? — (Indiquer la durée effective des fonctions de chaque gérant depuis la fondation de la société.)
- Nature et limitation des pouvoirs des gérants ou directeurs.
- Comment sont-ils rémunérés : au 'mois, à l’année ? — Ont-ils des frais de représentation ? — Ont-ils un tantième sur le chiffre des affaires ?
- 41. Nombre et situation des associés. Y a-t-il plusieurs catégories d’associés ? — Recrutement de nouveaux associés. — Durée du noviciat imposé aux auxiliaires pour devenir associés.
- Delai du remboursëment du capital aux associés démissionnaires ou exclus. — Mode de remboursement du capital des associés décédés. — La veuve a-t-elle le droit de remplacer comme associée son mari défunt ?.
- 32. Mode de répartition du bénéfice net. — Parts attribuées au travail et au capital. — La société a-t-elle un fonds de réserve constitué par des prélèvements sur bénéfices ? — Ce fonds est-il indivisible? — Quel est son chiffre maximum ? — Budgets et comptes de gestion depuis dix ans.
- 33. Droits des auxiliaires. — Ont-ils une part de bénéfices? Laquelle, et dans quelles conditions? (D’après le salaire ; l’ancienneté ; l’appréciation des gérants? — Cette part est-elle réglée d’avance ou variable chaque année ?)
- L’association a-t-elle créé au profit des auxiliaires quelque institution de prévoyance? — En cas d’affirmative, donner des détails complets.
- 34. Associations fruitières. — Fromageries. — Organisation, résultats.
- III. — MÉTAYAGE
- L’enquête, en ce qui concerne le métayage, ne pouvant porter sur toutes les propriétés où ce système est en vigueur, le comité chargé d’y procéder est: prié de choisir quelques domaines, qui -représentent, — non pas le type moyen dont l’étude appartient à la section XV, — mais les types les plus intéressants du métayage dans la région, et de faire donner par le propriétaire ou par l’exploitant les renseignements ci-apr.ès :
- 35. Nature de l’exploitation et renseignements généraux. — Mode de culture. — Surface exploitée parle métayer. — Conditions du logement.
- 36. Proportions et conditions du partage entre le propriétaire et le métayer. — (Produire avec la réponse la copie ou l’analyse du bail en vigueur).
- •37 « Clauses spéciales. — Faisances ; Redevances ; — Impôts.— Vieilles coutumes. — (Bail à comptant, domaine congéable, tenant right, etc.) — Leur transformation. — Modifications apportées aux anciens contrats pour adanter le métayage à l’agriculture intensive et aux progrès agricoles.
- 38. Résultats matériels et moraux du métayage pratiqué sur le domaine. — Durée et nature des rapports entre le propriétaire et le métayer. — Aisance. — Epargne.
- ---------------------------------
- ARRÊTÉS MINISTÉRIELS
- COMITÉS D’ADMISSION
- Par arrêté en date du lq novembre 1887,1e ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a nommé membre des comités d’admission, pour la classe 64, M. le docteur Goujon, sénateur, maire du douzième arrondissement, en remplacement de M. le docteur Lionville, décédé.
- COMITÉ DE LA PRESSE
- Par arrêté en date du 29 novembre 1888, rendu sur la proposition du bureau du comité de la presse, le ministre du commerce et de l’industrie a nommé membres du comité de la presse :
- MM. de Locquessy,
- Henry Maret,
- Edmond Lebey,
- Camille Dreyfus,
- Niel,
- Edgar Hément,
- Francisque Sarcey.
- p.875 - vue 462/496
-
-
-
- 876. — Troisième Année — N® 1 53
- EXPOSITION RÉTROSPECTIVE DU TRAVAIL
- et des Sciences anthropologiques
- Par arrêté en date du 3o novembre 1887, le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a nommé membre du comité d’organisation de l’exposition rétrospective du travail et des sciences anthropologiques, section III (arts et métiers), M. Raynaud (Jules), ingénieur des télégraphes, en remplacement de M. Mercadier, démissionnaire.
- ------—---iTir>0rTMÎim--n~---
- BUREAUX DES
- COMITÉS DÉPARTEMENTAUX
- CORSE
- Sons-comité de l'arrondissement de Sartène
- Président : M. Roccasera, Jérôme, viticulteur.— Vice-présidents: MM. Lertora, Jean, viticulteur; de Giacomoni, Jacques, avocat, conseiller général. — Secrétaires : MM. Ortoli, notaire, d’Ortoli, avocat.
- DOUBS
- Sous-comité de Varrondissement de Besançon
- Président: M. Châtel, ingénieur en chef des ponts et chaussées à Besançon.— Vice-présidents : MM. Sandoz, Charles, adjoint au maire de Besançon; Bercot, Louis, administrateur de la distillerie Sugnot-Colladon, 24 bis, rue Ch.-Nodier. — Secrétaires: MM. Grosjean, avocat, membre du conseil général, 39, quai Vieil-Picard ; Gauthier, avocat, président de la société d’agriculture, rue Ch.-Nodier ; Schœndœrfer, ingénieur des ponts et chaussées, 117, grande rue Besançon.— Trésorier-général : MM. Lerch, avocat, membre du conseil général, 17, place St-Pierre, à Besançon.
- Sous-comité de Varrondissement de Beaume-les-Dames
- Président: M. Bernard, député du Doubs à Beau me.— Vice-président : M. Barnier, Emile, industriel à Augny-Douvot. — Secrétaire : M. Pou-get, conducteur des ponts et chaussées à Beaume.
- — Trésorier : M. Converset, horticulteur à Beaume.
- Sous-comité de Varrondissement de Montbéliard
- Président: M. Viette, député à Blamont.— Vice-présidents: MM. Peugeot, Armand, industriel, à Valentigny; Japy, industriel à Dampierre-les-Bois. —Secrétaires: MM. Berger, Charles, conseiller d’arrondissement à Montbéliard ; Borne, conseiller général à Hérincourt. — Trésorier : M. Ablitrer-Lépée, industriel à Ste-Suzanne.
- Sous-comité de Varrondissement de Pontarlier
- Président d'honneur : M. Ordinaire Dyonis, député.— Président: M. Pillod, Félix, conseiller général à Pontarlier.— Vice-présidents: M. Vandel Charles, conseiller d’arrondissement à Pontarlier.
- — Secrétaires : MM. Jouffroy, conseiller d’arrondissement à Mouthe ; Junod, distillateur à Pontarlier.— Trésorier: M. Meunier, herbo: iste à Pontarlier.
- LOT-ET-GARONNE
- Comité départemental et sous-comité de l’arrondissement d’Agen
- Président : M . Mazières, président de la Chambre de commerce, ingénieur constructeur, cours Victor Hugo, à Agen. — Vice-présidents : MM. Thomas, Georges, négociant à Agen, boulevard Scaliger ; de Lafitte de Lajoanmenque, Pros-per, président du comité départemental d’études de Vigilance contre le Phylloxéra à Astoffort. — Secrétaire général : M. Lanes, Nelson, manufacturier, rue Molinier, à Agen. — Secrétaires : MM. de Lecluse, professeur départemental d’agriculture, rue Neuve-Trénac, à Agen; Tholin, Georges, archiviste départemental, boulevard Scaliger, à Agen.
- Sous-comité de l’arrondissement de Marmande
- Président : M. Meyniel, maire de Marmande. Vice-présidents : MM. Dedieu de Samazan, président du comice agricole de Marmande; Fourestier, juge au tribunal de commerce, négociant à Ton-neins. — Secrétaires : MM. Courret, docteur en médecine à Marmande; Bruneau, vice-président de la Chambre de commerce d’Agen, négociant à Marmande.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Sous- comité de l’arrondissement de Nérac
- Président : M. Lambenheimer, industriel à Nérac. — Vice-président : M. Desoudé, négociant à Hezin. — Secrétaire M. Latouche, juge au Tribunal de commerce, minotier à Vionne.
- Sous-comité de Varrondissement de Villeneuve-sur-Lot
- Président : M. Caries, conseiller général, maire de Villeneuve. — Vice-président : M. Cinet, vice-président du comice agricole de Villeneuve. — Secrétaire : M. Couderc, André, ingénieur à Ville-neuve.
- TARN-ET-GARONNE
- Président : M. Bergis, maire de Montauban, conseiller général. — Trésorier: M. Saintgéniès, banquier, conseiller municipal de Montauban. — Secrétaire : M. Pouillot, inspecteur d’Académie.
- Sous-comité de Varrondissement de Montauban
- Président : M. Bergis; Trésorier : M. Saintgéniès ; Secrétaire : M. Pouillot, sus-désignés.
- Sous-comité de Castelsarrasin
- Président : M. Flamens, avocat, maire de Castelsarrasin , conseiller général. —• Trésorier : M. Guilmin, directeur de l’usine métallurgique de Castelsarrasin.— Secrétaire : M. Langlade, Justin, entrepreneur de travaux publics à Castelsarrasin.
- Sous-comité de Varrondissement de Moissac
- Président : M. Chabrié, maire de Moissac, conseiller général. — Trésorier : M. Garrigues aîné, négociant à Moissac. — Secrétaire : M. Boursiac, Arthur, négociant à Moissac.
- LES EXPOSITIONS COLLECTIVES
- EN 1889
- Le système des expositions collectives ayant été partout adopté, les demandes isolées dans les sections industrielles atteignent à peine le chiffre de 3,ooo, tandis que le nombre paraît presque quadruplé par les grandes collectivités qui sont assurées ou qui sont en préparation. O11 peut citer, parmi ces dernières et en dehors des collectivités purement agricoles et alimentaires qui renferment le plus grand nombre de participants, les collectivités de Saint-Etienne pour les rubans, de Lyon pour les soieries, de Saint-Quentin pour les tissus, de Besançon pour l’horlogerie, de la Somme pour la serrurerie, etc., sans tenir compte de toutes les collectivités des industries parisiennes. Quant aux pays étrangers, des comités nationaux se forment dans les centres les plus importants.
- LE TRANSPORT
- DES OBJETS EXPOSÉS EN 1889
- Nous avons déjà mentionné les facilités accordées, pour les transports des objets destinés à figurer à l’Exposition de 1889. Ces facilités se traduiront tout d’abord par des réductions de tarifs.
- Nous pouvons annoncer qu’à Paris les questions relatives aux transports des produits et à leur manutention s’étudient et se traitent, au Commissariat général de l’Exposition, de façon à être réglées et accomplies avant la fin de la présente année, époque à laquelle sera également organisé l’éclairage du soir au Champ-de-Mars.
- L’AQUARIUM DU TROCADÉRO
- Dans la transformation projetée du parc du Trocadéro pour l’Exposition universelle, l’aquarium sera conservé et même considérablement agrandi. On y fera une exposition complète de pisciculture, un établissement définitif et permanent qui offrirait un double attrait, et comme curiosité et comme utilité.
- En attendant, l’aquarium actuel va être l’objet de travaux de réfection d’une certaine importance. Sur les soixante-huit glaces qui forment le côté des bacs faisant face aux visiteurs, on en compte au moins une trentaine qui sont fendues de part en part et qu’il faut remplacer.
- Les agrandissements viendront après.
- L>imanche 4 Décembre 1887,
- ÉCHOS
- Paris
- Nos lecteurs connaissent, parce que nous leur en avons dit, l’exposition historique de Montmartre, exposition encore dans la période d’organisation d’ailleurs.
- Nos confrères artistiques annoncent que la ville de Paris a concédé aux organisateurs un immeuble lui appartenant et sis rue Lamarte.
- L’inauguration aura lieu irrévocablement dans le courant de ce mois. Les envois seront reçus pendant toute la durée de l’Exposition.
- Toutes les communications doivent être adressés 27, rue Tholozé, chez M. Rodolphe Elina.
- * *
- Aujourd’hui clôture de l’exposition des Arts décoratifs.
- Départements
- On mande de Lyon, que la société « Les Gones » ouvrira le 23 décembre, dans les salles du palais du Commerce une exposition de peinture, sculpture, architecture et gravure ainsi que d’art « incohérent ».
- Organisée au profit des fourneaux de la Presse, l’exposition clôturera le 31 janvier 1888.
- * *
- ETRANGER
- Allemagne
- Le prince Louis de Bavière, fils aîné du prince régent Luitpold, et héritier du roi Othon à qui sa folie ne permet point l’exercice effectif du pouvoir, le prince Louis, disons-nous, a accepté la présidence d’honneur de l’Exposition internationale des Beaux-Arts dont l’ouverture se fera à Munich, le 1er juin 1888.
- Ajoutons que les travaux d’organisation de cette exposition procèdent avec beaucoup de régularité.
- Le Comité central d’administration a été constitué, il y a quelques jours, et la présidence en a été donnée au peintre Eugène Stieler, en sa qualité de président de l’Association munichoise des artistes. Les adhésions les plus nombreuses et les plus importantes en même temps que les plus autorisées sont acquises à cette importante manifestation artistique qui aura pour cadre le palais de Cristal (Glasspalast) où l’on procède à des
- aménagements nouveaux.
- L’exposition internationale clôturera , nous l’avons déjà dit, à la fin d’octobre.
- Nous avons déjà entretenu nos lecteurs, — il y-a d’ailleurs quelques mois de cela —, du projet qui consistait à célébrer à Stambourg, en 1889, une exposition générale de la production locale.
- Cette exposition aura lieu, la chose est décidée, du 15 mai au 15 septembre 1889, et réunira toutes les productions de l’industrie et du commerce hambourgeois. On peut donner d’ores et déjà la catégorie approximative des différentes sections. Ce seront les suivantes : architecture, arts industriels, arts décoratifs, procédés artistiques de reproduction, alimentation, chimie, matières textiles et tissus, papiers, cuirs, caoutchouc, métaux, bois, verrerie, poterie et céramique, machines et transports, instruments de iîiusique, matériel des sciences, génie civil, architecture navale, hygiène, enseignement.
- A la tète du comité promoteur se trouvent MM. Al. von Ohlendorff et Dr Justus Brunch» mann.
- *
- ¥> *
- L’Union générale industrielle de Munich se propose de faire coïncider, avec le Congrès de l’Union ouvrière allemande et bavaroise qui se réunira l’année prochaine, une .exposition de moteurs et machines pour la petite industrie.
- ¥• *
- Angleterre
- L’exposition internationale des arts, des sciences et de l’industrie qui aura lieu à Glasgow, dans le courant de l’année prochaine, est placée sous le haut patronage de S. M. la reine Victoria. L’emplacement sur lequel elle s’élèvera a été concédé par l’administration municipale et comprend la partie occidentale du Kelvingrove-Park, ainsi qu’une des pentes du Gilmorehill La superficie en est de 60 acres, 12 hectares environ.
- Ajoutons que le Comité exécutif est présidé par Te maire de Glasgow.
- *
- * *
- p.876 - vue 463/496
-
-
-
- Troisième Année. — N° i 53
- La princesse Christian a présidé, ces jours derniers, deux cérémonies d’inauguration à Londres.
- Le mercredi IG novembre, au Peoplcs Palace, Mile-End Road, l’ouverture d’une exposition de chrysanthèmes, le lendemain 17, l'inauguration de l’exposition et vente annuelle de travaux d’aiguille, organisée par l’Ecole royale de travaux artistiques d’aiguille.
- *
- * ¥
- Notre excellent confrère Invention donne quelques détails sur l’Exposition italienne dont nous avons parlé et qui aura lieu l’année prochaine à Londres.. Il annonce la constitution d’une société dite National Exhibition Association Limited, à l’ellet d’acquérir la propriété de l’Exposition Américaine, et de préparer dans le Royaume Uni ou en tout autre lieu, des expositions artistiques, industrielles, etc.
- La série de ces manifestations débutera par l’Exposition Italienne. La direction de l’association sera confiée à un conseil exécutif. M. John Robinson Whit'ey, l’habile manager de l’Exposition Américaine, devient directeur-général auxappoin-tcments de 2,000 livres sterling par an (50,000 tr.j.
- Australie
- L’Agent-général de la colonie de Victoria, résident à Londres, croit devoir mettre fin à l’incertitude qui semble régner dans le public sur les dates fixées pour l’allocation des emplacements et l’inauguration de l’Exposition de Melbourne. L’inauguration reste annoncée pour le 1er août 1888 et les demandes d’emplacements seront reçues jusqu’au samedi 31 décembre, à la London Commi-sion, A1, Victoria Cha/nbers.
- Rappelons que les intéressés trouveront tous les renseignements désirables : à Paris, au ministère du commerce et de l’industrie (Direction du personnel et de l’enseignement technique, bureau du personnel et du secrétariat, 80, rue de Va-rennes), ou au secrétariat de la Chambre de commerce, 2, place de la Bourse ; à Bruxelles, au ministère de l’agriculture, de l’industrie et des travaux publics, rue Latérale.
- Belgique
- Nos confrères d’art annoncent qu’il vient de se fonder à Bruxelles, sous le titre d’Union des Arts décoratifs, une Société qui sous la présidence de M. Armand Lynen groupera les décorateurs de talent et organisera des expositions annuelles.
- *
- ¥ ¥
- Nos confrères annoncent qu’au grand concours de Bruxelles, 1888, par suite de retards imprévus, le délai d’inscription des producteurs belges fixé primitivement au 1er octobre a été prolongé jusqu’au jeudi 1er décembre.
- De plus, le Comité éxécutif, désireux de donner un éclat particulier à la section « Electricité » du concours, vient de faire appel aux électriciens de tous pays, en vue d’obtenir ' leur participation à l’éclairage des locanx et jardins de l’exposition.
- Les firmes qui désireraient entreprendre une partie de cet éclairage, sont conviées à faire connaître les conditions auxquelles elles se chargeraient d’installer des lampes à arc ou à incandescence suivant des conditions d’ensemble et de détail à déterminer.
- *
- * *
- Etats-Unis
- Au Musée artistique de New-York, exposition d’automne.
- Italie
- Nous avons parlé à différentes reprises de l’Exposition musicale qui, l’année prochaine, aura lieu à Boulogne.
- Le Gouvernement italien a mis une subvention de 100,000 fr. à la disposition du Comité d’organisation que président Verdi et Boïto, l’auteur applaudi du Mefistofele.
- *
- *
- L’exposilion des vins que prépare à Rome le cercle œnophile italien, et dont nous, avons parlé dans de précédents numéros, aura lieu dans les galeries du cercle du samedi 10 au mercredi 14 courant. Notre excellent confrère Bolletino delle Finance, Ferroeie e Industrie, dit que l’entreprise obtient le plus heureux succès, que les adhésions sont nombreuses au delà de toute attente, et proviennent, par ordre d’importance, des provinces méridionales, de la Sicile, la Sardaigne, la Toscane, les Marches, l’Ombrie, le Piémont, la Vénétie et le Latium. Des invitations ont été adressées à tous les centres de viticulture en France, et
- LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE 1889
- les compagnies de transport ayant accordé de notables rabais, on s’attend à constater à l’exposition un grand nombre de transactions actives.
- * *
- Maroc
- Un groupe nombreux d’exportateurs de la Monarchie austro-hongroise prépare une exposition générale de produits nationaux qui aura prochainement lieu à Tanger, contre des transactions commerciales dans l’empire marocain.
- L’initiative de cette entreprise est due à M. Rei-ser, chancelier du Consulat austro-hongrois.
- Mexique
- Le ministre d’Italie au Mexique a adressé un rapport que le gouvernement italien a communiqué aux Chambres de commerce, sur les moyens de développer le commerce des produits italiens dans la République Mexicaine.
- Il propose l’organisation d’un musée général d’échantillons, qui pourra ouvrir en janvier à Mexico et qu’administrera gratuitement la plus importante des maisons italiennes, celle connue sous la raison sociale Successori For mentor C°.
- Il n’est pas douteux que l’entreprise ne réussisse et n’ait les plus heureux résultats pour le développement du commerce italien d’éxporta-tion.
- *
- ¥ ¥
- Addenda
- Angleterre. — L’exposition artistique de la Grosvenor Gallerg ouvrira à Londres, dans les premiers jours de janvier prochain.
- Russie. — L’exposition d’éclairage de la société polytechnique de Saint-Pétersbourg a été inaugurée dimanche dernier 27 novembre.
- IXe EXPOSITION DE
- L'UNION CENTRALE DES ARTS DÉCORATIFS
- AU PALAIS DE L’iNDUSTRIE
- ILE PAPIER, LE LIVRE, etc.
- Combien a-t-on vu d’Expositions cette année ? Peut-être serait-il difficile de répondre à cette question d’une façon bien catégorique; les unes ont succédé aux autres bien souvent avant que l’on ait eu le temps de s’en apercevoir ; à cela évidemment on ne peut que reconnaître un signe de temps et le développement de l’activité parisienne : voilà le mouvement de la Grande Cité !...
- Mais plus elles se renouvellent et plus elles se ressemblent, celle-ci, a, il est vrai, un cachet artistique bien marqué, ce qui ne pourrait manquer de dominer.
- De la plate-forme des escaliers, on jouit d’un coup d’œil assez agréable, mais nous nous sommes demandé à quoi pouvaient bien servir les loggias à quatre entre-colonnements qui sont de chaque côté de ces gigantesques escaliers. Constatons cependant qu’il y a là une idée et que l’on pourra avec un peu de grâce et de légèreté, en tirer un bon parti.
- Admirons seulement le grandiose de cette réunion de degrés, d’où l’on découvre une série de petites vitrines éparses çà et là dans un tapis de verdure dont l’ensemble coquet se trouve entouré par un vaste parallélogramme composé de salons aménagés avec beaucoup de goût..
- Puisque nous sommes sur la plate-forme de l’un fies escaliers, examinons la vitrine de l’un de nos plus habiles relieurs : Mai ius-Michel.
- Sans prétention, cette vitrine à quatre faces contient des chefs-d’œuvre. Est-ce le travail d’art ou d’exécution que nous examinons? Pour le travail d’art, nous n’avons qu’à regarder et certes, avec ces in-folio mosaïque à entrelacs, nous trou • verons de magnifiques spécimens à admirer et admirer encore.
- Mais si nous voulons parler de l’exécution qui sans le moindre doute ne laisse rien à désirer, il nous faudra voir quelques-uns de ces magnifiques volumes, les voir, les ouvrir, les examiner: nous avons eu cette bonne fortune de pouvoir palper tous ces joyaux, de les ouvrir, et nous avons été heureux d’admirer la finesse d’exécution, de juger une fois de plus l’habileté de ce tour de main à nul autre pareil !...
- La reliure française, ouvrage placé dans la vitrine, œuvre de M. Marius-Michel, prouve suffisamment que nous avons affaire à un maître de l’art aimant le livre parce que, ainsi que le dit la banderolle qui entoure le monogramme des éditeurs : Un livre est un ami qui ne change jamais. Cet ouvrage de publication récente contient les
- Dimanche 4 Décembre 1887. — 477.
- différents styles ; les fers à dorer y sont détaillés à ravir et on y trouve de nombreuses planches spécimens des reliures du xive ,au xvme siècle dont quelques types font partie tant de la bibliothèque Mazarin que de collections particulières.
- Les. reproductions de reliures françaises de la Renaissance placées dans la vitrine montrent ce que peut la volonté réunie à l’art et au bon goût ; nous sommes évidemment en face d’un chercheur des plus habiles. Notons aussi le Mireille qui est au centre et lorsque nous aurons dit que cette reliure est des plus gracieuses et des plus parfaites, avec ces reliefs en creux, nous serons contraints d’arrêter là nos citations, devant lesquelles la critique ne saurait avoir le moindre accès.
- Du reste, cet exposant remporte la plus haute récompense : Prix d’Excellence — Médaille d’Or.
- M. Ritter a obtenu une médaille de mérite, en bronze, pour ses reliures parmi lesquelles nous citerons quelques volumes : les Arts au moyen âge, couverture en maroquin du Levant lisse ; le Faust de Goethe, couvert en peau de truie, fers à froid ; l’Ombrelle et Y Eventail, couverts en maroquin du Levant vert Mettemich avec encadre-* ments au. petit fer sur les plats, et de nombreuses demi-reliures de bibliothèques d’un travail très courant.
- M. Giraudon, membre du jury, ne pouvait concourir dans cette classe et était hors-concours. Un salon d’angle au sud-ouest de la nef contient de nombreux spécimens de maroquinerie d’une fabrication élégante et coquette, tout est gracieux parmi ces coffrets, voire même ces petits meubles en peau de requin de Chine, avec garnitures en nickel; mais ce qui ne lasse ni le curieux, ni l’amateur, ce sont ces belles et magnifiques reliures placées dans une vitrine à côté du salon. Cet habile industriel, qui s’était adjoint l’an dernier un graveur émérite vient de prendre un nouveau collaborateur : M. Amand, le fin relieur qui en 1879 nous a présenté des reliures avec mosaïque appropriée à l’ouvrage et qui cette fois a fait preuve de bon goût en exposant ces dessins qu’il intitule Allégorique, Emblématique, Romantique.
- Nous ne pouvons que répéter ce que disait M. Wynants en 1879 : ;< Là, vraiment, il y a une méthode à suivre, un exemple à encourager. Dans tous ces dessins il y a de l’originalité, de la satire, de l'imagination et déplus un réel talent d’exécution. M. Quinet aussi est un relieur éméritequi, de plus, expose des œuvres d’art sous la dénomination métallisation du plâtre ; nous pouvons dire que c’est un artiste doublé d’un homme d’une grande intelligence.
- Parmi les expositions les plus remarquables nous citerons celles de différents éditeurs : La Librairie des Imprimeries réunies, ancienne maison Morel, présente de nombreux ouvrages édités avec le plus grand soin et édités avec le luxe que comportent l’architecture et l’archéologie aussi bien que les travaux d’art et tout ce qui touche aux différentes branches de l’instruction. —- La Vie privée des anciens, composé de quatre volumes, est un de ces ouvrages hors de pair. Nous remarquons dans le troisième volume : Le Travail dans l’antiquité, que déjà l’on s’occupait de la littérature au point, de vue ae la situation des auteurs et qu'il y avait des libraires et des copistes. La plupart des ouvrages sont signés de maîtres tels que Viollet-le-Duc, Ouradou, Rohant de Fleury, Deville, Prignot, Chabat, Ch. Blanc, Guichard, etc. — Citons également les diverses descriptions des Monuments élevés par la Ville de Paris : l’auteur s’est acquitté de cette tâche avec un talent digne de ce grand sujet et chaque monographie se complète d’une notice explicative et descriptive.
- L'histoire des Arts Industriels au Moyen âge et à l’époque de la Renaissance, par Jules La-barthe,de l’Institut, forme une des plus magnifiques réunions d’objets d’art caractérisant les principales périodes du moyen âge. — Enfin, on ne peut pas tout savoir; mais on peut être à même d’avoir sur . toutes choses des renseignements clairs, précis et complets, c’est pourquoi cette importante maison vient de mettre sous presse le Dictionnaire des dictionnaires. Monsieur Mot-teroz, directeur, étant membre du Jury, ces exposants ont été classés hors concours.
- Quant à la librairie Quantin, M. H. May, le directeur, étant aussi membre du jury, ces exposants ont été également classés hors concours. — Qui ne connaît les magnifiques publications de Y Enseignement des Beaux-Arts ? Cet ouvrage a été couronné par l’Académie française. L’Encyclopédie pédagogique de l’Enseignement, honorée de souscriptions ministérielles, se compose de plusieurs séries de modèles moulés d’après l’antique, les maîtres anciens et modernes.
- Mais où nous retrouvons les grandes qualités de l’imprimerie française, c’est plus particulièrement parmi les monographies des grands maîtres de l’art, de même que dans cette nouvelle publication qui vient de naître : Le dictionnaire de l’ameublement, par Henry Havard, ouvrage depuis longtemps désiré et impatiemment attendu. L’Eventail et les autres œuvres écrites avec tant de délicatesse, par O. Uzanne, sont des ouvrages illustrés en plusieurs tons, gravure taille douce
- p.877 - vue 464/496
-
-
-
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 4 Décembre 1887.
- 878. — Troisième Année. — N° i53.
- qui méritent de fixer l’attention. Notons aussi : Les environs de Paris où domine l’élément pittoresque, ce volume a été illustré par un artiste d’une patience rare et d’une fécondité de ressources extraordinaire. Puis enfin le livre, publication mensuelle du plus haut intérêt. En résumé, cette maison se tient à la hauteur de sa vieille réputation et rivalise avec les productions de l’Etranger en livrant des tirages d’une netteté incomparable.
- Si nous passons à l’Exposition présentée par la maison Delagrave, nous ne rencontrerons pas ces grandes publications artistiques, mais par contre nous y trouverons des ouvrages de science et d’éducation autant que d’instruction. Ici le fonds a une toute autre portée, sans parler des livres classiques d’après les programmes les plus complets et à tous les degrés, nous remarquons avec satisfaction que les mères de famille, aussi bien que les maîtres,peuvent- puiser sans choisir, sûrs à l’avance d’emporter un livre instructif et attrayant.
- Les tableaux d’enseignement Armengaud, que nous avons déjà cités à cette place, obtiennent toujours le même succès ainsi que les planches anatomiques. Les cartes géographiques méritent aussi un éloge spécial autant que les modèles en relief destinés à l’enseignement du dessin. Les grands Dictionnaires se trouvent aussi à leur place à côté des publications d’histoire naturelle et d’agriculture. Nous remarquons aussi la Revue des Arts décoratifs, magnifique publication qui a sa place marquée dans bon nombre de bibliothèques .
- Du reste, la maison Delagrave a obtenu deux médailles d’argent dont une pour: invention, forme et décor et l’autre pour l’exécution.
- M. E. Rouveyre, nommé membre du jury, se trouvait par ce fait hors concours. Nous avons remarqué dans sa vitrine les principaux ouvrages dont il a en quelque sorte fait sa spécialité. Les ouvrages d’art illustrés, notamment la reliure, sont réunis par ce fin et délicat bibliophile.
- L’an dernier, nous avons vu la reliure moderne, mais cette année l’éditeur nous met à même d’admirer une nouvelle publication qui, certes, eût valu une des premières récompenses ; en effet : la reliure de luxe, le Livre et l'Amateur par L. De-rôme (nom prédestiné) est une œuvre digne d’une attention soutenue, toutes ces planches représentant les types de reliures sont entièrement nouvelles et d’un tirage tout ce qu’il y a de plus soigné. Nous avons admiré aussi les premières épreuves d’un autre ouvrage : les styles dans la maison française que nous retrouverons certainement complet lors d’une prochaine exposition. Citons aussi dans cette même vitrine : la reliure ancienne, par G. Brunet ; l’art dans la maison, par H. Havard; édition des romantiques, etc., etc.
- Les divers exposants de l’industrie du papier sont un peu partout, au lieu d’être groupés, ce qui serait, croyons-nous, plus logique.
- Il faut les chercher aussi bien au rez-de-chaussée que dans les diverses salles du iÆr étage ou sur la galerie extérieure ; c’est à ce dernier endroit que nous trouvons l’album de chiffres décoratifs par Boussenot, les spécimens de galvanoplastie exposés par M. Capelle, les deux cadres de Mouil-lot, de Marseille, qui nous montre que dans la vieille cité Phocéenne on fait d’aussi beau travail que dans la capitale. Plus loin ce sont les spécimens de la Maison Gasté, puis les épreuves de gravures et modèles de galvanoplastie présentés par Victor Rose l’habile spécialiste des illustrations industrielles et scientifiques —, dessins de machines, plans, lavis, etc., pour lesquels il a obtenu une médaille de bronze; cet ensemble méritait mieux que cela, surtout si l'on compare avec les deux précédents auxquels le jury a décerné des médailles d’argent. Sur la même galerie se trouve un grand cadre à quatre compartiments contenant de jolis spécimens d’impression typographique préténtés par M. Hamel médaille de bronze.
- Dans les salles nous voyons les crayons Ca-cheux, à vrai dire cela n’est pas du papier, mais s’en rapproche beaucoup par l’usage. Les Classe-Feuille de Delagarde, l’inventeur de cet utile instrument qui sert à réunir provisoirement les livraisons de publication courantes, en attendant la reliure. Pourquoi M. Delagarde qui est un relieur de talent n’expose-t-il pas les magnifiques spécimens qu’il a chez lui ? Par là, il montrerait que le goût artistique se trouve chez les relieurs en général, et chez lui en particulier.
- Nous avons aperçu aussi, les plumes Humboldt et autres présentées par la maison G. Gaffré et Joudrier, qui n’ont obtenu qu’une maigre récompense, mais il y en a tant qui n’en ont pas,^ qu’il faut savoir se contenter de peu !... Une récompense aux arts industriels est la consécration de récompenses antérieures.
- Si nous examinons un peu l’art rétrospectif, nous trouverons dans une des salles du Musée ouvertes seulement depuis peu, une vitrine contenant plusieurs spécimens de reliures française et italienne des xvn et xvme siècles, ainsi que des objets divers présentés comme les reliures au point de vue de la dorure sur cuir. L’Union centrale des Arts décoratifs s’inquiète peu de la propagation de l’imprimerie et le livre n’est l’objet d’aucune
- préoccupation, c’est fâcheux, il y a tant à faire et à dire sur ce sujet, cependant !...
- Parmi les concours, il y a des œuvres pleines d’intérêt ; nous avons remarqué le panneau décoratif présenté par M. Toché et avons été frappé par la vigueur avec laquelle le maître a traité son sujet. D’autres aussi sont pleins de coloris et de composition agréable.
- Un grand carton représentant l’imprimerie, habilement brossé par E. EHRMANN. mérite de fixer l’attention : Machina multiplicat scribentis nuinera dextrœ—unefemme présente une épreuve sur laquelle on lit : et la lumière fut. — De la main droite elle tient la barre d’une presse qui laisse échapper un feuillet de la Bible, à ses pieds une bible et un châssis, disons une forme contenant une composition en caractères mobiles; sur les côtés deux médaillons représentantles portraits de J. Gutenberg et de Rob. Estienne. C’est une très belle page, pour l’histoire de l’imprimerie, qui doit être exécutée en tapisserie par la manufacture Nationale des Gobelins.
- Dans la salle 10, de nombreuses compositions représente l’art moderne. Dans plusieurs autres salles nous trouvons les reproductions par le moulage des chefs-d’œuvre de l’art français exposés par l’Union centrale et présentés par M. Mathivet. i — Nous avons vu également de très beaux spéci-| mens d’encadrement envoyés par M. Luthinger qui n’a qu’une mention honorable et qui certes méritait beaucoup mieux. Les belles épreuves en taille douce, de gravure et armoiries de M. Dewambez lui ont valu une médaille d’argent, de même'qu’à M. Petit pour ses belles impressions qui, croyons-nous, n’ont pas été appréciées à leur réelle valeur; cette maison n’est pas descendue.... Or, en 1882, l’Union centrale lui décernait une médaille d’or ?
- Citons aussi les épreuves Tissot- pour projections lumineuses, médaille de bronze ; voici du pro grès : ces épreuves typialographiques sont appelées à rendre de très grands services pour l’enseignement par la vue.
- Avant de sortir de ce temple consacré aussi bien au commerce et à l’industrie qu’à l’agriculture, l’horticulture, de même qu’à la science et aux arts, jetons un coup d’œil à travers cette grande glace de Saint-Gobain et notons les Terres-cuites présentées par Mlles Duthu, c’est léger et coquet tout à la fois, aussi le Jury a-t-il décerné une médaille de bronze à ces charmantes artistes. Puisque nous parlons, d’art, citons aussi le joli petit salon de M. Soleau, grâce, élégance, bon goût, tout y est réuni. Tous ces petitsbronzes n’auront certes pas difficile à trouver place chez les amateurs, il n’y a que l’embarras du choix. Aussi le jury a-t-il, et cela sans la moindre hésitation, décerné une médaille d’argent pour la supériorité bien marquée d’une exécution irréprochable.
- Un peu plus loin, se trouve la maison André, Daly et fils, éditeurs de diverses publications traitant de l’architecture, cette maison s’est depuis longtemps créé une place spéciale en faisant paraître la revue générale de l’Architecture et des Travaux publics, les croquis d’architecture, l’Art et 1 Industrie, l’Art pratique etc., etc. Nous avons surtout remarqué dans cette installation de très belles épreuves en chromo tirées avec un soin méticuleux. Médaille d’argent.
- Il y a encore beaucoup d’exfositions intéressantes dont nous voudrions parler mais l’espace nous fait défaut, et puis, sans nul doute nous aurons lieu de réparer les omissions l’an prochain, car il y aura une grande exposition au Palais de l’Industrie, sous le patronage de l’ancien ministre des arts.
- A. Ramé.
- L’EXPOSITION DE BARCELONE
- EN 1888
- Agriculture — Elevage — Industrie — Commerce
- — Enseignement—Sciences — Arts libéraux — Marine — Pêche — Pisciculture — Beaux-Arts
- — Archéologie — Electricité — Balnéologie — Mines.
- RÈGLEMENT GÉNÉRAL
- Article Ier. Sous la direction du Conseil municipal de la ville et sous les auspices du Gouvernement de S. M. et des Conseils généraux de la Nation, aura lieu à Barcelone, en 1888, une Exposition Universelle d’Agriculture, Industrie et Beaux-Arts dans toutes leurs manifestations, où seront admis les produits de tous les pays.
- Art. 2. L’Exposition se tiendra dans des édifices expressément construits au Parc de la ville et sur des terrains contigus. Pour les installations, les promenades, les jardins et autres emplacements on dispose d’une étendue de terrain de 465,000 mètres carrés
- Art. 3. La durée de l’Exposition sera de six mois. Son ouverture solennelle aura lieu le 8 avril 1888. En cas de prorogation, celle-ci n’excédera pas deux mois.
- Art. 4. Il est constitué un Conseil général de l’Exposition de Barcelone, composé de personnes qui, par leur situation, leurs connaissances et leur expérience dans cette matière, peuvent mener à bonne fin tous les travaux nécessaires à l’heureux succès de ce Concours. Le Conseil général est placé sous la présidence d’honneur de Son Excellence Monsieur le Gouverneur civil de la province et.la présidence effective de Son Excellence Monsieur le Président du Conseil municipal de la ville.
- Art. 5. Le Conseil Général est divisé en treize Commissions :
- 1re Commission Centrale, qui exerce les fonc-.tions de Comité de Direction.
- 2e Commission des Affaires générales.
- 3° Commission des Travaux.
- 4e Commission de Comptabilité.
- 5e Commission Technique.
- 6e Commission d’installations.
- 7e Commission de Propagande.
- 8e Commission des Services intérieurs.
- qe Commission des Services extérieurs.
- io° Commission des Fêtes.
- 1 ie Commission des Récompenses.
- 12e Commission des Arbitres.
- i3e Commission des Exposants.
- Art. 6. Les Gouvernements étrangers pourront nommer des Commissaires pour qu’ils les représentent auprès du Conseil général.
- Les exposants étrangers qui auront un représentant officiel à Barcelone ne communiqueront avec le Conseil que par l’intermédiaire du Commissaire de leur Gouvernement respectif.
- Art. 7. Une fois que l’emplacement nécessaire pour chaque nation, aura été désigné, aucun changement ne pourra plus être fait sans l’assentiment de la Commission centrale, et d’après un rapport favorable de la Commission d’installations et de celles des exposants.
- Art. 8. Lœs objets seront classés d’après la classification détaillée de l’Exposition établie parla Commission Technique ; ils seront exposés dans les sections attribuées à chaque section.
- Art. 9. — Dans des cas particuliers seulement, suivant l’avis de la Commission centrale et d’après un rapport favorable des Commissions d’installations et technique, il sera permis de grouper des produits appartenant à des sections différentes.
- Art. 10. Les demandes d’emplacements se feront en remplissant les bulletins qu’on adressera aqx personnes qui manifesteront le désir d’exposer.
- Dans ces demandes, on indiquera: l’espace dont l’exposant aura besoin, la nature des produits qu’il désire exposer, ainsi que tous les autres renseignements qui y sont demandés. On les adressera ensuite à Son Excellence M. le maire de Barcelone, président effectif de l’Exposition.
- Art. 11. Le Conseil général s’appliquera à :
- i° Obtenir du Gouvernement que les produits étrangers qui figureront à l’Exposition soient considérés, tant qu’ils y resteront, comme marchandises en entrepôt.
- 20 Obtenir du Conseil municipal que les produits qui devraient payer des droits d’octroi à leur entrée dans la ville, soient considérés comme de transit tant qu’ils resteront à l’intérieur de l’Exposition.
- Et 3° Amener les Compagnies de chemins de fer et de bateaux à vapeur à .accorder des.réductions sur les tarifs de transport en faveur des produits destinés à l’Exposition.
- Les Exposants qui voudront jouir de ces bénéfices devront se conformer aux dispositions prises parle Gouvernement et le Conseil municipal pour assurer le payement des droits dus pour les produits qui seront livrés à la consommation, ainsi qu’aux dispositions prises parlesdites Compagnies afin que les produits ayant cette destination soient les seuls à jouir des rabais accordés.
- Art. 12. Les prix des emplacements, espaces ou terrains, seront établis sur les bases suivantes, en raison de l’endroit qu’occuperont les produits :
- Emplacements dans les Salles
- Sur le sol : Par mètre superficiel . . Fr. 5o
- Sur les murs ou cloisonnements :
- Par mètre courant de façade .... Fr. 5o
- Les emplacements angulaires ou de plus d’une façade payeront, en plus des prix ci-dessus, le supplément proportionnel.
- Dans les galeries centrales, le prix des emplacements subira, en général, une augmentation de 25 pour 100.
- Le prix pour les salons ou emplacements ayant leur façade sur les galeries centrales et dont la profondeur sera de 5 m. subiront une augmentation de i5 pour 100.
- p.878 - vue 465/496
-
-
-
- Trosième Année. — N° i53.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DEiSSg.
- Dimanche 4 Décembre 18S7. — 879.
- Toutes les superficies, en général, seront comptées par mètres carrés complets.
- Les cloisonnements seront établis conformément aux dispositions de la Commission d’installations .
- Galerie des machines
- Par mètre superficiel.................Fr. 5o
- Pour toute machine en mouvement, les prix ci-dessus obtiendront une réduction de 40 p. 100: Cette réduction ne sera accordée que lorsque les machines fonctionneront au moins 4 jours par semaine et 5 heures par jour.
- Les exposants qui auront besoin de force motrice devront en faire la demande au moins 4 mois avant l’ouverture de l’Exposition, en précisant la quantité de force dont ils voudront disposer.
- La force motrice sera fournie d’après un tarif spécial basé sur le coût naturel de la même. (Le prix du charbon à Barcelone est actuellement d’environ 28 fr. la tonne de 1,000 kilos.)
- Annexes d’Agriculture, Marine, Pêche, Pisciculture
- Par mètre superficiel. ..............Fr. 3o
- Emplacements à l’air libre Par mètre superficiel................ Fr. 10
- La Commission d’installation marquera les points d’emplacement.
- L’Administration recouvrera les prix d’emplacement aux termes suivants : la moitié en envoyant le certificat d'admission; un quart un mois avant l’ouverture de l’Exposition et le quart restant, un mois après. Les produits exposés restent en éviction, de préférence à tout autre créance, pour le payement des redevances dont l’exposant serait en découvert.
- La Commission se réserve la faculté de déclarer périmé le droit de tout exposant qui, sans un motif justifié, n’aurait pas installé ses produits à leur place quinze jours avant l’ouverture. Les sommes perçues resteraient acquises à la Caisse de l’Exposition.
- Art. C3. Les exposants obtiendront sur les prix de leurs emplacements une diminution proportionnelle à la quantité de mètres courants ou superficiels qu’ils auront demandé, aussi bien dans les salles, que dans les galeries de machines, que dans les annexes et qu’à l’air libre, en conformité d’un tarif réduit que la Commission Directive déterminera.
- Art, 14. Les vitrines, les étagères et autres installations devront être mises à leur place avant le 1 5 mars 1888.
- Art. 15. Tous les frais et opérations de décharge, transport, déballage et installation des produits, seront à la charge et aux risques et périls des exposants.
- Art. 16. A l’entrée des colis dans l’Exposition, l’exposition devra présenter une note détaillée de ce que contient chacun d’eux, pour la confronter avec la déclaration portée dans la demande d’admission ; il recevra en échange un coupon ou reçu détaché d’un livre à souche.
- Art. 17. La déclaration générale des locaux de l’Exposition est à la charge du Conseil général ; mais la décoration spéciale des installations particulières seront pour le compte de l’exposant, qui devra soumettre ses projets, plans ou dessins à l’approbation de la Commission des Installations. Celle-ci veillera à ce qu’il ne se commette aucune infraction au Règlement pouvant porter préjudice aux autres exposants, à la commodité du public, à la décoration générale et au bon goût.
- Art. 18. Les objets devront être installés le ier avril 1888.
- Art. 19. Les caisses et les emballages, à mesure qu’ils seront vidés, devront être emmagasinés dans l’endroit qui sera désigné.
- Art. 20. Les produits seront exposés sous le nom de la personne qui sera désignée comme exposant dans la demande d’admission.
- Art. 21. Les exposants sont autorisés à inscrire à la suite de leur nom, ou raison sociale, les noms des coopérateurs qui ont contribué à la confection du produit exposé.
- Art. 22. On fournira aux exposants la force motrice nécessaire, prise sur l’arbre moteur de la transmission générale, ainsi que la vapeur, l’eau et le gaz dont ils auront besoin, d’après les conditions établies par le tarif qui réglera ces services ; resteront à la charge entière de l’exposant tous les frais d’excavations, terrassements, fondations, tuyauterie, transmissions spéciales, œuvres de maçonnerie, charpenterie, mobilier, etc., etc. : ainsi que le soin de laisser le local en bon état lors delà fermeture de l’Exposition.
- Art. c3. Il sera établi un service général de surveillance pour éviter les vols.
- Les Commissions étrangères , ainsi que tout
- exposant, pourront employer des gardiens spéciaux pour leur compte, à la condition de les faire agréer parla commission des services intérieurs, qui pourra leur interdire l’entrée de l’Exposition, dans les cas où elle jugera qu’il y a des motifs sérieux pour prendre cette mesure. Sa décision sera sans appel.
- Art. 24. Le conseil général de l’Exposition et ses commissions ne sont nullement responsables des vols et soustractions qui pourraient être commis dans l’intérieur de l’Exposition, ni des pertes ou dégâts causés par incendie ou autres accidents.
- Art. 25. Les gardiens particuliers établis par les exposants seront secondés autant que possible par les agents de surveillance du conseil et par ceux de l’ordre public qui se trouveront dans l’Exposition.
- Art. 26. Les gardiens établis par le conseil général et ceux qui surveilleront pour le compte des exposants ou des collectivités, porteront un signe distinctif pour qu’ils puissent être facilement reconnus.
- Art. 27. Les matières explosives ou dangereuses ne seront pas admises à l’Exposition. Les allumettes, la poudre et la dynamite, les amorces, capsules et autres produits analogues ne pourront être exposés que lorsqu’ils seront fabriqués sans matières inflammables ou comme imitations. Les fabricants de ces objets qui voudront faire connaître au jury les qualités de ces produits, se mettront d’accord avec lui sur la manière de le faire.
- Les liquides inflammables et corrosifs ne seront admis qu’en très petites quantités et dans des vases ou réceptacles qui offriront une sécurité complète après l’avis des commissions technique et des installations.
- Ces commissions pourront refuser tout produit de facile décomposition, ainsi que tous ceux qui pourraient être une cause de danger, d’incommodité, ou dont l’aspect serait répugnant ou contraire aux convenances générales de l’Exposition .
- Art. 28. Aussitôt l’Exposition inaugurée, il sera publié un catalogue général réunissant les catalogues partiels que les représentants de chaque nation et les autres collectivités auront présenté à la commission technique avant le ier avril.
- Art. 29. Les gardiens, chargés du service de surveillance, empêcheront toute copie, mensuration ou reproduction des objets exposés, sans l’autorisation écrite de l’exposant.
- Le conseil général se réserve le droit de prendre des vues d’ensemble et d’en autoriser la reproduction.
- Art. 3o. Aucun écriteau ou inscription ne pourra être fixé aux vitrines ou sur les objets exposés, sans, l’approbation de la commission de services intérieurs.
- Art. 3t. Il y aura un service général de nettoyage ; mais l’entretien et le nettoyage des vitrines et des objets exposés seront à la charge des exposants, qui devront faire cette opération aux heures signalées par la Commission des Services intérieurs.
- Art. 82. Aucun objet exposé ne pourra être retiré de l’Exposition qu’après la fermeture.
- Il sera permis de placer la pancarte Vendu sur tous les objets qui auront été achetés pendant la durée de l’Exposition.
- Art. 33. Les petits objets de peu de valeur fabriqués à l’Exposition dans le but de faire connaître un procédé^spécial quelconque de fabrication, pourront être vendus et livrés sur place, moyennant l’autorisation de la Commission Centrale. .
- Art. 35. Chaque exposant recevra un seul billet d’entrée. Ce billet sera personnel et intransmissible ; il devra porter la photographie et la signature de l’intéressé, ainsi qu’un numéro d’ordre et le sceau du Conseil général. Tout abus ou infraction constatés, seront punis par l’annulation du billet sans que l’exposant ait droit à la remise d’un autre et aussi sans préjudice de la procédure judiciaire qui pourrait avoir lieu.
- A'rt. 35. Si un exposant voulait s’absenter en laissant un représentant à sa place, il devrait en référer à la Commission afin de faire procéder au changement de nom du billet d’entrée.
- Art. 36. Les exposants demanderont à chaque commission respective les billets d’entrée dont ils auront besoin pour leurs gardiens, employés ou ouvriers. Ces billets seront accordés dans les mêmes conditions que ceux des exposants, et avec les indications que la- commission jugera nécessaires.
- Art. 3y. Il sera institué un jury international pour apprécier le mérite des produits exposés et récompenser ceux qui l’auront mérité.
- Le jury commencera à fonctionner immédiatement après l’ouverture de l’Exposition.
- Un règlement spécial, qui sera publié avant le 16 juillet de cette année, fixera l’organisation du
- jury ; le nombre et la classe des récompenses dont il pourra disposer, ainsi que tout ce qui a rapport aux opérations de son fonctionnement.
- Art. 38. Le lendemain de la fermeture de l’Exposition, les exposants devront commencer à retirer leurs objets et à les remballer. Ce travail sera fait à leur compte et à leurs risques et périls.
- Art. 39. Deux mois après la fermeture de l’Exposition, tous les objets devront être tout à fait retirés et le local laissé libre.
- Le Conseil général disposera des objets qui n’auront pas été retirés ; dansjce cas il est entendu que les exposants renoncent à leur propriété et celle-ci reste acquise à l'administration de l’Exposition.
- Art. 40. Des règlements détermineront et spécifieront le fonctionnement de chaque Commission, pour l’accomplissement de la mission qui lui sera confiée.
- Art. 41. La qualité d’exposant oblige à l’accomplissement de ce qui est prescrit dans ce Règlement général et dans les règlements spéciaux des Commissions, de même qu'à tout ce qui sera ordonné parle Gouvernement et par les Autorités locales.
- Art. 42. Toute plainte ou réclamation devra être adressée au Président effectif de la Commission Centrale, aux Bureaux de l’Exposition.
- Art. 43. Pendant la durée de l'Exposition, on pourra organiser des Expositions spéciales, ayant un ^caractère universel, national, conformément aux dispositions qui seront annoncées en temps opportun.
- Barcelone, le ier juin 1887.
- Le maire-président du Conseil général de l’Exposition.
- Francisco de P. Rius y Eaulet.
- LES LIVRES
- C XXXIII
- La Grande Encyclopédie, inventaire raisonné des sciences, des lettres et des arts, par une société de savants et de gens de lettres, sous la direction de MM. Berthelot, Hartwig Derem-bourg, F.•Camille Dreyfus, député de la Seine, A. Giry, Glas-son, docteur L. Habn, Laisant, député de la Seine, docteur ès-sciences mathématiques, H. Laurent, E. Levasseur, H. Marion, E. Müntz, A. Waltz. — Secrétaire général : F.-Camille Dreyfus, député de la Seine. — Nombreuses illustrations et cartes en couleur hors texte. — H. Lamirault et Cie, éditeurs, rue de Rennes, 61.
- Nous tenons aujourd’hui la promesse que nous avons faite à nos lecteurs de les tenir annuellement, par un compte-rendu exact, au courant des progrès de ce monument de vulgarisation, qui par ses proportions colossales, son ampleur et sa hauteur, sa finesse de lignes et sa précision de détails, sera dans le domaine de la science contemporaine, le digne pendant delà tour Eiffel dans le domaine de l’architecture et delà serrurerie.
- La Grande Encyclopédie en est aujourd’hui au cinquième étage, au cinquième volume des vingt-cinq étages, des vingt-cinq volumes qu’elle doit avoir. La livraison cent sixième vient de paraître (Bangouelo-Banqueroute).
- Dans notre compte-rendu précédent, nous ne pouvions que donner au lecteur, d’après les exposés et les débuts de l’entreprise, une idée du plan et des méthodes, d’après lesquels est construit ce solide et élégant édifice de vulgarisation critique et scientifique. Aujourd’hui que l’œuvre atteint son premier quart il est possible de mieux apprécier et meme de juger définitivement les qualités d’exécution qui font ressortir les nouveautés, les originalités d’une entreprise distinguée des précédentes partant de supériorités. Nous avons déjà dit les avantages que possédait la Grande Encyclopédie sur VEncyclopédie de d’Alembert et de Diderot, sur Y Encyclopédie Panckoucke et sur le Dictionnaire Larousse, qui n’est qu'une compilation sans méthode ef sans critique. La Grande Encyclopédie n’est pas une œuvre de philosophie militante, comme celle de d’Alembert et Diderot, ni de didactique élémentaire, comme celle de Panckoucke,n^ de spéculation de librairie comme le Larousse-Elle répond à un besoin, elle sert une idée. Elle répond au besoin d’inlormations sommaires mais sûres, de la curiosité intellectuelle de notre temps à tous les degrés. Elle sert l’idée de la vérité et de la justice, de l’impartialité absolue, de la probité critique complète dans le domaine des sciences, des lettres et des arts. Cette grande entreprise qui,
- p.879 - vue 466/496
-
-
-
- 88o. — Troisième Année. — N° 153.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 4 Décembre 1887.
- sous l’Empire, fit partie des projets de deux hommes d’initiative, les frères Pereire, n’a été et ne pouvait peut-être être réalisée que sous la République. Œuvre de progrès, elle l’a été en donnant elle même, dans sa conception et son exécution, l’exemple de tous les progrès. G est un progrès que ce papier solide et léger à la fois; d’une blancheur sans fadeur; c’est un progrès que cette composition en caractères fins et nets sur une justification où la largeur de la marge donne de l'air à l’impression serrée sans être compacte. C’est un progrès que ces cartes et ces gravures qui ajoutent l’instruction par les yeux à l’instruction par l’esprit, et font voir pour aider à comprendre. C’est un progrès que cette distribution méthodique des matières confiant chaque sujet à des spécialistes autorisés, de façon à avoir sur chacun un résumé magistral,'définitif, vraiment critique épuisant la question. C'est la supériorité de chacun de ces petits articles pris en soi, qui constitue la supériorité de 1 ouvrage, consioere dans son ensemble. Cetinventaire, aussi précisque vaste, des connaissances actuelles sur les lettres, les sciences, les arts se trouve aussi intéressant que profitable, aussi agréable qu’utile. L’impression de sa lecture est une impression philosophique et morale. On y puise confiance dans la doctrine, confirmée par le fait de la perfectibilité indéfinie de l’homme au moins en ce qui touche la science. On y est à la fois écrasé et enorgueilli par le spectacle de cet immense grenier où reposent, prêtes pour fournir aux semailles et aux moissons prochaines qui centupleront les semailles, les gerbes amoncelées de ce pur froment des notions définitives, des résultats acquis, dans tous les ordres de connaissances.
- L’achèvement de cet immense ouvrage ajoutera, à l’honneur de la France contemporaine, une fête nouvelle, aussi grandiose que silencieuse à toutes les fêtes de l’Exposition universelle et du centenaire de la Révolution qui a émancipé l’esprit humain, la fête dé l’esprit humain lui-même, de ses joies modestes et tranquilles, de son triomphe pacifique et fécond.
- M. DE LeSCURE.
- -------- r—-----------------------
- AVIS COMMERCIAUX
- LÉGISLATION COMMERCIALE ÉTRANGÈRE
- PAYS-BAS. — ESPAGNE
- SUCRES. — PAQUEBOTS-POSTE. — ALCOOLS
- Le Moniteur officiel du Commerce du 17 novembre publie les documents suivants :
- i° Un arrêté royal du 3 septembre prorogeant jusqu’au ier août 1888 la faculté accordée aux fabricants de sucre de betterave, dans le Royaume des Pays-Bas, de travailler le sirop et la mélasse suivant le système de séparation du docteur Stefifen;
- 20 Deux décrets royaux, des 4 et 27 octobre, relatifs, le premier aux manifestes des paquebots-poste faisant escale en Espagne, et le second, à l’interdiction dans toute l’étendue du royaume de la circulation et de la vente des alcools destinés à la consommation, quelle qu’en soit la classe ou la provenance, qui ne seraient pas parfaitement purs, bien rectifiés et en état éthylique.
- A l’avenir, l’importation des alcools ne pourra avoir lieu que par les douanes de ir0 classe ci-après : Alicante, Badajoz, Barcelone, Bilbao, Cadix, Carthagène, La Corogne, Gijon, Irun, Malaga, Palma, Pasages, Port-Bou, Santander, Séville, Tarragone, Valence, Valence d’Alcantara, Vigo et Vinaroz.
- MUSÉES COMMERCIAUX
- FRANCE
- ENVOI D’ÉCHANTILLONS AU MUSÉE COMMERCIAL DE LILLE
- . M. le Ministre du commerce et de l’industrie vient de transmettre au Musée commercial de Lille une collection d’échantillons de tissus et d’ar-
- ticles de bonneterie recueillis à Port-Louis (Maurice) par M. le Président du comité consultatif commercial français.
- ADJUDICATIONS
- BRÉSIL
- TRAVAUX DU PORT DE PERNAMBUCO
- Le Gouvernement brésilien propose de mettre en adjudication l’exécution des travaux du port de Pernambuco, sous forme de concession, comprenant la construction de ces travaux et leur jouissance pendant quarante ans au maximum.
- L’exécution se compose des travaux et ouvrages spécifiés dans les rapport et avant-projet présentés par l’ingénieur du Gouvernement.
- La jouissance consiste dans la perception des taxes calculées de manière à assurer un intérêt de 6 p. 0/0 au capital employé et à couvrir son amortissement dans le délai de la concession, ainsi que les frais d’entretien et les dépenses de la fiscalisation.
- Le concours porte sur : i° le temps nécessaire à l’achèvement complet des travaux ; 20 la durée de la concession ; 3° le prix des invités de travaux ; 40 le maximum des taxes à imposer à l’accostage des navires, au chargement, au déchargement et à la consigne des marchandises.
- Les soumissions seront reçues sous enveloppes cachetées, jusqu’au 3i janvier 1888, à trois heures de relevée, aux légations du Brésil, à Paris, Londres, Berlin, Bruxelles et Washington, ainsi qu’au département des travaux publics, à Rio de Janeiro.
- Ces soumissions seront précédées d’un dépôt de 2,000 livres sterling fait à l’une des légations susin-dique'es ou à la Délégation du Trésor national du Brésil à Londres.
- Les personnes qui désireraient soumissionner trouveront à la légation du Brésil à Paris, 17, rue de Téhéran, les clauses détaillées de la mise en adjudication, le rapport et l’avant-projet de l’ingénieur et tous autres renseignements dont elles pourraient avoir besoin.
- LES THÉÂTRES
- Porte-Saint-Martin : La Tosca. —""Ambigu :
- Mathias Sandorf. — Opéra-Comique : Philémon
- et Baucis; le Caïd. — Renaissance : le Roi
- Koko. — Nouveautés : Les Delegués.
- La rentrée de Sarah Bernhardt est toujours un événement artistique de la plus grande importance; à chaque déplacement de l’éminente tragédienne on se demande dans quel état physique elle reviendra et si sa « voix d’or » résistera aux fatigues exagérées auxquelles elle se livre.
- Eh bien! cette fois encore la grande artiste a triomphé de toutes les préventions, non seulement elle a suscité les justes ovations d’une salle enthousiasmée, mais encore elle a atteint le sublime.
- Non pas que M. Sardou ait de son côté présenté une de ces œuvres admirables comme il sait les faire, la Haine, Patrie ou Théodora, non il a tout matériellement et mercantilement travaillé pour l’exportation.
- Il fallait à Sarah Bernhardt une pièce qui fut facile à suivre en secret et même en voyageant et notre académicien lui a confectionné sa pilule selon la formule la plus élémentaire : un personnage principal, la Tosca (Elle), deux secondaires (Berthon et Dumény), un accessoire (Rhodé) et à peine de figuration.‘Pas de décors spéciaux, pas de costumes.
- Ça peut être représenté sur la plus grande scène de New-York ou dans le plus petit théâtricule de Valparaiso.
- Tous les cafés-concerts voudront monter la Tosca.
- La donnée ! C’est celle de Fédora, de Théodora, Marion Delorme, Rien n’est nouveau sous la lumière électrique.
- La Tosca aime un peintre qui bénévolement sauve un prisonnier nullement intéressant échappé du château Saint-Ange. On va le fusiller, mais le régent de la police signe sa grâce en échange des faveurs de la Tosca qui, nouvelle Judith, le poignarde au moment psychologique.
- Puis elle court à son amant, mais l’ordre de grâce était simulé et elle ne trouve qu’un cadavre. Pour.que la fête soit complète elle échappe à la punition de son assassinat en se jetant du haut de la plate-forme du château.
- Un point, c’est tout. On voit que Fauteur n’a pas fait de grands efforts d’imagination, mais un simple rappel de mémoire.
- En revanche, l’habrle ouvrier qu’il est, en dépit de tout, a tracé de la Tosca un type qui s’adapte merveilleusement à l’immense talent et au tempérament de sa brillante interprète évidemment unique probablement au monde.
- Mme Sarah Bernhardt a eu des scènes d’une composition et d’une énergie au-dessus de tout éloge. C’est l’art dans sa perfection la plus pure.
- De son côté M. Berton,s’incarnant dans lesforts premiers rôles, a secondé vaillamment sa partenaire et a composé une de ses plus sérieuses créations avec le baron Scarpia. M. Dumény a montré de la distinction dans le personnage du peintre Mario et M. Rohde, le fugitif Angelotti, mérite également une bonne mention.
- La mise en scène est toujonrs parfaite et digne du renom de M. Duquesnel.
- A l’Ambigu nous étions appelé par Mathias Sandorf, pièce à spectacle tiré des Voyages extraordinaires de Jules Verne si artistiquement édités par Hetzel avec un succès toujours croissant.
- Comme je suppose que tout le'monde a lu le livre ou le lira, je ne parlerai donc que de l’interprétation et de l’œuvre des décorateurs qui compte pour une bonne part.
- Les protagonistes de ce drame qui offre cette particularité qu’il intéresse surtout par sa partie gaie sont MM. Chelles, Montai, Péricaud, Fabré-gues — côté sinistre — Dumaine et Fugère — côté plaisant.
- M. Chelles est un Mathias Sandorf énergique et convaincu, MM. Montai et Péricaud deux traîtres de la plus belle eau... trouble et M. Fa-brègues un Bathory très sympathique.
- Quant aux dames dont le rôle est un peu effacé, ce sont M,nes Deschamps, une Marocaine à l’âme noire, mais à la physionomie bien aimable, Mlle Lucy Manvel, que tous les critiques ont traitée en débutante bien qu’elle ait fait jadis un heureux passage au Vaudeville et qui s’est montrée touchante, et Mme Murai, une bonne artiste de mélo.
- Les principaux décors représentent le fond d’un abîme avec cascade d’eau naturelle, l’éruption de l’Etna et Tétouan illuminé.
- Ce spectacle sera la joie des enfants et la tranquillité des parents.
- L’Opéra-Comique a repris Philémon et Baucis et le Caïd, deux des plus agréables pièces du répertoire.
- Dans l’œuvre délicieuse de Gounod, M. Bouvet a beaucoup réussi sous les traits de Jupiter, sa voix. chaude, sa bonne diction et son jeu très étudié ont mérité des applaudissements. Quant à M. Fournets, il est demeuré dans une tonalité lugubre désespérante, malgré sa belle voix.
- On donnera une récompense honnête à la personne qui pourra dire lequel a chanté le moins juste de M. Mouliérat ou de Mlle Simonnet.
- . Le Caïd, une bonne vieille farce d’antan, a fait rire encore par sa bonne humeur. Le succès en a été pour Ali-Bajou Barnolt et le tambour major Taskin, côté masculin. Mlle Samé, premier prix du Conservatoire et élève de Mme Pasca, a doublement réussi comme chanteuse et comme comédienne; c’est en outre une jolie femme, ce qui me paraît une qualité utile, sinon nécessaire au théâtre.
- Mme Degrandi, MM. Bertin et Thierry ont été fort agréables.
- C’est une grosse bouffonnerie à la bonne franquette que M. Brisson nous a servie à la Renaissance sous le titre du Roi Koko.
- Des gens qui se déguisent en sauvages, une vieille fille qui veut épouser un roi nègre, un jeune, ahuri qui poursuit une famille pour obtenir la main d’une jeune fille qu’il aime, de grosses plaisanteries, des gauloiseries énormes, en voilà plus qu’il n’en faut pour désopiler les rates de ceux qui ne demandent qu’à rire sans disséquer les procédés employés.
- Maugé, Raimond, Galipaux, Beliot, Montcavrel, Régnard. Mmes Mathilde et Patry mettent un brio indiscutable au service de cette amusante fumisterie .
- Aux Nouveautés les Délégués sont une pièce dans le genre de la Cagnotte.
- De braves villageois ont été délégués aux obsèques du député Gobichard à Paris où ils mangent l’argent destiné à sa statue. Au retour ils apprennent que Gobichard n’est pas mort mais se tirent heureusemeut de ce mauvais pas.
- MM. Blavet et F. Carré pour les paroles, M. A, Banès pour la musique, ont écrit une œuvre facile et sans prétention.
- MM. Saint-Germain-Brasseur père et fils et Mme Grisier-Montbazon Font jouée de même.
- Alfred Delilia.
- Le Gerant, GARREAU.
- Tours. — lmp. E. ARRAULT et , rue de la Piéfecture, 6.
- p.880 - vue 467/496
-
-
-
- Le Moniteur %
- DE
- L'EXPOSITION DE i88q
- Rédaction et Administration : i8t rue Bergère, 18, a Paris
- TROISIÈME ANNÉE.
- Dimanche 11 Décembre 1887.
- NUMÉRO 154.
- SOMMAIRE :
- 1. Les travaux du Champ-de-Mars ; 2. La participation étrangère à l’Exposition de 1889 ; 3. La Tunisie à l’Exposition de 1889 ; 4. L’Exposition d’économie sociale en 1889 ; 5. Circulaire;
- 6. Bureaux des comités départementaux: Ille-et-Vilaine, Landes;
- 7. L’Exposition des Arts Décoratifs ; 8. Comité central d’initiative des Exposants français à l’Exposition universelle de Barcelone; 9. Echos ; 10. Société nationale d’horticulture de France ; 11. Nécrologie; ï2. Les Livres ; i3. Avis commerciaux ; 14. Les Théâtres.
- EXPOSITION UNIVERSELLE
- DE 1889
- LES TRAVAUX DU CHAMP-DÉ-MARS
- Voici environ une année qu’à pareille date le Champ-de-Mars était livré aux ouvriers et on commençait à y voir régner cette animation qui ne s’est pas ralentie depuis sauf, bien entendu, pendant les quelques rares périodes de chômage forcé dues à l’inclémence des éléments rendant impossible toute occupation extérieure.
- En indiquant un an comme laps de temps écoulé depuis le début des opérations, nous ne voulons parler que de celles qui eurent le Champ-de-Mars pour théâtre sans nous occuper de celles qui furent faites antérieurement dans les bureaux et qui avaient pour objet des études soit préparatoires, soit définitives. S’il fallait tenir compte de ces études, c’est-à-dire des préparatifs de l’Exposition, nous serions obligé de nous reporter à trois années en arrière, car c’est en effet le 8 novembre 1884 que le Président de la République, sur le rapport de M. M. Rouvier, ministre du commerce, décrétait une exposition universelle internationale devant s’ouvrir à Paris ; le 5 mai 1889, à dater de la signature de ce décret s’ouvrait la période préparatoire de ce grand tournoi pacifique dont on ne devait plus cesser de s’occuper de la manière la plus active.
- Rappelons brièvement les points importants qui signalèrent les deux années séparant la décision ci-dessus indiquée, de l’ouverture réelle des chantiers.
- Un second décret, instituait une commission chargée de rechercher les moyens propres à assurer la réalisation du projet.
- On affectait au ministre du commerce, le Ier août 1885, un crédit de cent mille francs pour les études préliminaires.
- Le 3 avril 1886, le Gouvernement présentait le projet de loi relatif à l’Exposition universelle, puis le 28 juillet 1886, paraissait le décret réglant l’organisation des divers services ; dans l’intervalle s’ouvrait le 21 mai, dans la salle des fêtes de l’Hôtel de Ville, un concours auquel prenaient part 107 concurrents présentant chacun un projet delà future exposition ; 18 de ces projets lurent retenus par la commission qui,le 26 mai, classa en première ligne le plan dû à la collaboration de MM. Dutert, Eiffel et Formigé; une prime de 4,000 fr. fut accordée à cette étude, dont on décida l’exécution.
- Enfin, tandis que chacun des divers services institués étudiait les projets définitifs le concernant, le directeur des travaux, M. Alphand, faisait procéder à des sondages rendus indispensables par les modifications apportées dans la nature du sol du terrain depuis 1878.
- Ce n’est que lorsque tous ces multiples dé-
- tails furent arrêtés qu’on commença les travaux proprement dits ; nous étions donc dans le vrai en disant, au début de cet article, que ces derniers n’étaient entrepris que depuis un an. Voyons ce qui a été exécuté pendant ces douze mois.
- La clôture d’enceinte a été placée et le tracé général effectué; on a procédé au nivellement intégral du Champ-de-Mars, au déblai des fondations des divers palais, de la Tour et du grand jardin centrai; la tranchée du quai d’Orsay a été mise en état de viabilité et le profil de l’avenue de Labourdonnais modifié.
- En ce qui concerne les maçonneries, on a exécuté toutes les fondations y compris celles de la Tour qui, nécessitant en partie l’emploi de l’air comprimé, offraient des difficultés particulières ; du reste, des complications d’un autre genre surgirent du côté du palais des machines où on fut obligé de battre des pieux, quelques-uns d’une longueur exceptionnelle ; les égouts formant un réseau d’environ 3,000 mètres de longueur furent également construits et raccordés à la canalisation générale.
- Comme travaux au-dessus du sol, nous avons eu le montage de toutes les fermes de 2 5 mètres du palais des Industries diverses, l’érection du pavillon de l’Exploitation et surtout l’exécution partielle de la tour dont on est sur le point d’atteindre le premier étage, ce qui, proportionnellement au temps nécessaire pour la construction totale, représente au moins un tiers de celle-ci.
- Enfin comme travaux divers, nous constaterons la. mise en couleur des fermes dressées, ainsi que la mise en place d’une notable portion de leur couverture ; l’établissement d’une grande partie de la voie ferrée desservant l’intérieur de l’Exposition et le commencement des plantations du jardin central.
- En somme, tout cela représente une quantité de travail assez considérable ; mais afin de pouvoir se rendre un compte exact et établir une comparaison il faut mettre ce qui reste à faire en regard de ce qui a été fait. Pour cela on doit se rapporter au projet général ; on y voit qu’il y a encore à ériger les palais des machines et des arts ; à terminer celui des Industries diverses et la tour de 3oo mètres ; à édifier les nombreuses constructions des quais, de l’esplanade des Invalides et du Trocadéro; à construire le chemin de fer de ceinture ; à achever les parcs et les jardins et enfin à aménager les divers bâtiments suivant leur destination en y installant tout ce u’exigent les services des eaux, de l’éclairage, e la ventilation..., etc. ; nous omettons à dessein l’organisation des produits exposés, organisation que nous ne faisons pas entrer dans la catégorie des travaux bien qu’elle demande beaucoup de soins et de temps.
- Au premier abord, le parallèle que nous venons d’établir semble devoir inspirer des craintes sur l’issue de l’œuvre dont nous nous occupons, car les opérations à intervenir forment un total beaucoup plus considérable que eelui présenté par les entreprises déjà terminées et, toute proportion de temps gardee d’ailleurs, on est tenté de conclure à du retard ; ce retard n’est qu’apparent et tient uniquement à ce qu’on n’envisage que la partie visible des travaux sans tenir un compte suffisant des préparatifs de toutes sortes qu’ils nécessitent et toujours beaucoup plus longs que l’exécution elle-même.
- Une fois les projets définitivement arrêtés, avec leurs nombreux détails, les travaux peuvent être poussés avec toute la rapidité voulue ; le
- seul facteur réellement important est le nombre d’ouvriers ; or, il est facile de se l’assurer aussi grand que cela est nécessaire, de plus les constructions étant disséminées sur une étendue de terrain considérable on n’est gêné en aucune façon pour les entreprendre simultanément, de sorte que, prises dans leur ensemble, elles ne demandent pas plus de temps que chacune considérée isolément ; ces considérations font voir qu’il n’y a pas lieu de s’inquiéter si le sol n’est encore que peu garni ; du jour où on s’y mettra, tout marchera avec une remarquable rapidité ; du reste, les préparatifs extérieurs d’une pareille exposition amenant forcément une certaine perturbation dans les habitudes du public, il ne faut pas se plaindre de ce que l’administration ne les commence qu’à la dernière limite, afin de réduire au minimum les ennuis qui en sont la conséquence.
- Le temps que bien des personnes ont considéré comme mal employé parce qu’elles ne voyaient pas constamment du nouveau, a, au contraire, été mis très judicieusement à profit pour étudier les dispositions de chacune des parties constituantes; les bureaux n’ont pas cessé un instant de fonctionner, dessinant, calculant, modifiant, refaisant même les projets, et ne s’arrêtant définitivement qu’à ceux capables de donner satisfaction, sinon à tout le monde, ce qui est possible, au moins à la grande majorité des intéressés.
- A mesure que les décisions étaient prises concernant chacune des parties de l’Exposition et que tous les détails en étaient réglés, les diverses industries chargées de l’exécution recevaient l’ordre de se préparer, voire même de se mettre à l’œuvre, de sorte que, à l’heure actuelle, si très peu d’ouvriers sont employés sur les chantiers, une véritable armée de travailleurs est, au contraire, constamment occupée dans toutes les usines auxquelles des commandes ont été faites, mettant ainsi à profit la période d’hiver qui ne permet guère que les travaux intérieurs; dans les ateliers, l’activité la plus grande ne cesse de régner, la fabrication des pierres se poursuit sans discontinuer, on s’approvisionne de matériaux et, quand reviendra le printemps, on verra apparaître au grand jour le merveilleux résultat de tout ce travail caché, l’embarras sera même grand pour ceux dont la mission est de suivre les opérations, il leur sera difficile de rendre compte fidèlement de tout ce qu’on entreprendra alors.
- Pour nous résumer nous dirons que, les expositions précédentes étant prises comme termes de comparaison, celle de 1889 est loin d’être en retard, nous aurons même l’occasion de démontrer, à l’aide de chiffres et de dates, qu’elle est plutôt en avance, ce dont il faut se féliciter.
- Le bonheur des uns fait toujours le malheur des autres, la gelée appréhendée par les maçons et les jardiniers serait, en ce moment, préférable à ces pluies' persistantes que nous subissons, et qui interrompent forcément la besogne des autres ouvriers tels que couvreurs, vitriers..., etc. ; on s’était réjoui trop tôt du peu de rigueur de l’hiver, et un abaissement de température, amenant de la sécheresse, serait accueilli avec un vif plaisir, on pourrait au moins achever la couverture du palais deM. Bouvard, et les jardiniers travailleraient plus facilement, néanmoins ces derniers restent sur la brèche et, dans la mesure du possible, transforment de jour en jour le parc qui prend décidément bonne tour-
- p.881 - vue 468/496
-
-
-
- 882. — Troisième Année — N° 1 5q.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DS iSs,-»
- nure ; les arbres le garnissent bien, les pelouses se dessinent, dans les environs de la tour on peut même voir certains massifs entièrement terminés, cela donne un aspect tout autre à ce coin du Champ-de-Mars. et inspire une confiance, quant à l’achèvement heureux des parcs et jardins.
- M. Manoury, ayant terminé les fondations du palais des machines, va entreprendre celles du grand dôme central ; pour l’instant, il procède au nettoyage du chantier qu’il quitte, il enlève ses matériaux, ses instruments et cédera la place MM. Muguet, Versifié et Appay, auxquels incombe le soin de donner au sol une surface bien nette et en tout conforme aux cotes de nivellement prévues par le cahier des charges ; pour préserver de la rouille les boulons d’ancrage des fermes de i io mètres, on a coiffé leur extrémité d’une sorte de pot en terre maintenu en place avec du plâtre, ils pourront ainsi attendre sans danger la fin de la saison humide; ces enveloppes protectrices ont absolument l’aspect de pots à fleurs retournés, et on est tenté de se demander à quelle étrange culture on se livredans ce milieu de pierres et de béton.
- Quelques mètres carrés de voligeage et de couverture ont été posés ainsi qu’un certain nombre de feuilles de verre, c’est peu de chose, mais enfin on n’y peut rien et il faut attendre que l’humidité permette de terminer ces opérations.
- En traversant, pour nous rendre à la tour, le marécage qui sera le grand jardin, nous constatons que plusieurs chemins ont reçu la couche de mâchefer qui doit constituer le dessous de la forme, on l’égalise et on l’écrase avec des rouleaux compresseurs, puis on posera le gravier dont se composera la chaussée. Comme on l’a vu plus haut, les arbres arrivent d’une façon régulière, ils sont immédiatement descendus dans les trous creusés à l’avance et qu’on rebouche ensuite; c’est toujours intéressant d’assister au transport d’un convoi d’arbres, maintenus verticalement au milieu du truc, si on détourne les regards des roues du chariot on ne voit plus que les plantes qui semblent se promener au travers des voitures; l’effet est très original. A mesure qu’on effectue les plantations de toutes sortes, les petites tranchées, réservées à ces usage, reçoivent les tubes en poteries nécessaires au drainage; ces tubes sont mis en tas, de place en place, sur les bords des chemins.
- La construction de M. Eiffel ayant fait le sujet presque exclusif de notre dernière chronique, nous en parlerons sommairement aujourd’hui, il est pourtant certains points qu’on ne peut réellement pas passer sous silence.
- Les piliers sont arrivés au niveau inférieur de la poutre horizontale qui doit les relier, l’accroissement en hauteur va donc subir maintenant un temps d’arrêt, on s’occupera surtout de la mise en place des poutres de jonction; cette opération commencera bientôt, car les échafaudages chargés de la rendre possible sont sur le point d’être terminés.
- Avant de procéder à la réunion des piliers entre eux, il fallait s’assurer s’ils occupaient bien la position prévue par le projet, et si le montage, opéré par fractions successives, avait été bien conduit; on a employé pour cette vérification un moyen essentiellement pratique dont la simplicité égale l’ingéniosité : De chaque point important des arbalétriers intérieurs, on a laissé pendre un fil à plomb jusqu’à sa rencontre avec le sol, puis, prenant comme origines des distances le centre de la tour et les pieds des arbalétriers, on a mesuré les longueurs séparant les points de repère des traces des divers fils à plomb sur le terrain, toutes ces mesures, concordaient rigoureusement avec celles indiquées dans l’épure de construction, ce qui donnait la certitude, pour chaque pilier, d’une inclinaison conforme aux prévisions ; de plus, les marques faites sur le sol, projections des divers points de l’arbalétrier, se trouvant exactement sur une môme ligne droite, passant par le centre de la tour, on était sûr que le montage avait eu fieu d’une façon bien régulière, sans aucun inflexion d’un côté ou de l’autre de la part des arbalétriers.
- De cette expérience de contrôle, dont la réussite est entière, on est en droit de conclure que la partie le plus difficile de l’entreprise avant été si bien conduite, il est de toute probabilité que le reste s’achèvera avec la même précision et le succès le plus complet couronnera cette oeuvre sans pareille.
- Dans notre prochain article nous donnerons quelques détails sur les escaliers intérieurs dont on a commencé la pose définitive.
- La photographie encartée dans le présent numéro fait voir l’aspect des grands pylônes que nous avons précédemment décrits ; elle fera bien ressortir leur importance et les soins qu’il a fallu apporter à la confection d’une telle charpente. L’échafaudage représenté est celui situé entre les piliers n° 3 et 4, et la vue est prise du pied du pilier n° 2.
- H. de Baecker.
- LA PARTICIPATION ETRANGERE
- A L’EXPOSITION DE 1889
- (Suite)
- Bolivie
- Il vient d’être constitué une commission chargée de préparer la participation de la Bolivie qui est décidée à faire figurer ses riches produits miniers à l’Exposition de i88y.
- République de Saint-Marin
- La République de Saint-Marin vient de faire savoir au gouvernement français par M. le baron Morin de Malsabrier, son chargé d’affaires à Paris, qu’elle participerait officiellement à l’Exposition de 1889.
- Cette décision a été prise à Y unanimité des suffrages par le grand-conseil de la République san-marinaise qui, dans la même séance, a désigne comme délégués officiels : M. .Morin de Malsabrier et M. Emile Réaux, déjà commissaires en 1878.
- Norvège
- Appiai du gouvernement en faveur des
- industriels norvégiens qui veulent exposer, à Paris, en- 1889. Un crédit spécial, demandé au Storthing, sera sûrement voté.
- Colonies Britanniques
- D’après les dépêches parvenues de la Nouvelle-Galles du Sud, de la Nouvelle-Zélande, du cap et des colonies australiennes permettent d’assurer dès aujourd’hui la participation de ces contrées. Les autorités anglaises promettent aux exposants de leur fournir toutes les facilités nécessaires.
- Suisse
- Une communication de Berne annonce que la commission fédérale, composée de vingt-cinq représentants de l’industrie et de l’agriculture, s’est prononcée pour la participation officielle de la Suisse à l’Exposition universelle de Paris, avec un commissaire fédéral.
- M. Deucher, chef du département de l’industrie et de l’agriculture, a déclaré, au nom du Conseil fédéral, que celui-ci approuvait la décision prise et s’y conformerait.
- Bohême
- Dans tous les centres industriels et commerciaux de Bohême on se prépare à figurer largement à l’Exposition. Un comité général vient de s’organiser à Prague.
- , Un autre comité, qui allait clore ses travaux en vue d’une exposition locale, a décidé de rester en permanence, afin de pouvoir donner son concours, dès qu’une résolution définitive aura été prise, au comité général.
- Quelques députés tchèques ont l’intention de soumettre une demande de crédit à la Diète de Bohême1 pour appuyer les efforts des comités.
- Un délégué chargé de s’entendre avec le commissariat general vient d’arriver à Paris.
- LA TUNISIE A L’EXPOSITION
- DE 1889
- Le jury chargé de l’examen du concours entre les architectes pour le palais tunisien, à l’Exposition universelle, a rendu son jugement.
- M. Saladin a obtenu le 1e1’ prix; le 2e a été obtenu ex œquo par MM. Mermet et Bertaud.
- Le projet de M. Saladin a été, en conséquence, adopté pour la construction de l’édifice qui aura lieu sur l’esplanade des Invalides.
- I Dm anche m Décembre 1887.
- L'EXPOSITION DEGONOMIE SOCIALE
- EN 1889
- (Suite)
- ENQUÊTE
- QUESTIONNAIRE
- Section III
- Syndicats professionnels
- I. — ASSOCIATIONS PROFESSIONNELLES
- Nota. — Chaque syndicat interrogé est invité à répondre: d’abord aux questions du paragraphe 3q (Généralités) ; puis , suivant sa spécialité et sa nature, aux questions comprises dans l’un des paragraphes suivants 40 à 45.
- 39. Généralités s’appliquant à tous les syndicats.
- — Définition de l’association. — Syndicat ou chambre syndicale de patrons ; d’ouvriers ; mixte entre patrons et ouvriers ou employés ; agricole. (Association de constitution récente ou coutumière; prud’hommes pêcheurs de la Méditerranée, portefaix de Marseille, Tsecks et Artels russes, Ghildes et Nations belges, Trade’s Unions anglaises, Knappschaftsvereine, Baucrnvereine, Ge-werksvereine et Innungen allemandes, Genossens-chaften autrichiennes, Knights of labor des Etats-Unis, etc.).
- Industrie ou commerce représentés. -— Cette représentation s’étend-elle à la ville ; au canton ; à l’arrondissement, au département ; à la région?
- Histoire de l’association. — En France, s’est-elle conformée à la loi du 21 mars 1884 sur les syndicats professionnels ?
- Organisation intérieure et financière. — Budget..
- — Subventions et cotisations. — Dépenses.
- Nombre annuel des adhérents depuis l’origine.
- — Effectif actuel. — Proportion des adhérents, avec les non adhérents de même catégorie dans la circonscription.
- L’association admet-elle des femmes ? — des. étrangers ?
- A-t-elle institué des cours, des conférences ; — des écoles professionnelles ou d’apprentissage ; — des caisses de prêts, d’assistance ou de retraite ;
- — des cercles d’ouvriers ; — des sociétés d’assurances contre les accidents ; — des sociétés de secours mutuels ; — des caisses de chômage ; — de résistance ; (La caisse de résistance se confond-elle, sans budget distinct, avec les fonds de prévoyance : Trade’s Unions ; friendly societies.)
- A-t-elle prêté son concours à des expositions nationales ou étrangères ? — en a-t-elle organisé d<e corporatives ?
- A-t-elle organisé des bureaux de placement ?
- — Comment fonctionnent-ils ? — A quelles industries ou à quel commerce s’appliquent-ils ? — Rendent-ils des services ? — Combien d’emplois procurent-ils annuellement?
- A-t-elie coopéré à une Bourse de travail (1) ? Organisation et résultats.)
- Comment l’association assure-t-elle à l’égard de ses membres l’exécution des décisions prises et des règles posées ?
- Possède-t-elle un local en propre ? — Une bibliothèque ? — A-t-elie un organe spécial ?— (Périodicité. — Prix d’abonnement. — Joindre un spécimen.) — Est-elle apte à recevoir des dons et legs ? — En a-t-elle reçu ?
- S’est-t-elle fédérée avec d’autres associations analogues ? — Dans ce cas, but, ressources et composition de ce groupement. — Organe directeur.
- A-t-elle pris part à des congrès professionnels ? En a-t-elle organisé ? — Résultats.
- L’association a-t-elle eu à intervenir dans les. conflits entre patrons et ouvriers, dans ies grèves de l’industrie qu’elle représente ? —Circonstances, et résultats de son intervention (2) G
- 40. Association syndicale des patrons. — L’association a-t-elle organisé une société coopérative pour l’achat en commun de matières premières ou pour la vente en commun des produits fabriqués par ses membres individuellement ? — Dans l’aifirmative, cette société est-elle distincte du syndicat qui Ta formée ?
- Les tribunaux de commerce demandent-ils à l’association des arbitres gratuits ? — Statistique de cette coopération.
- Intervention de l’association dans les élections consulaires, — dans la défense des intérêts généraux du commerce ou de l’industrie ; des intérêts particuliers de la corporation.
- Syndicats contre la surproduction pour l’exportation.
- (1) Voir également, pour ce qui touche les Bourses de travail, la section I.
- (2) Voir pour les Grèves, la section I.
- p.882 - vue 469/496
-
-
-
- Troisième Année. — N° 1:4
- 41. Association syndicale d’ouvriers ou d’employés. — L’association a-t-elle organisé des sociétés coopératives de consommation ? — A-t-elle provoqué la formation de sociétés coopératives de production ou de crédit? — Les a-t-elle aidées ou subventionnées ?
- Est-elle intervenue dans l’organisation, la réglementation ou la rémunération du travail? — dans la surveillance, la protection des apprentis ou la limitation de leur nombre ? — dans les élections aux conseils de prud’hommes ? Moyens et résultats.
- 42. Syndicat mixte de patrons et d’ouvriers, ou de patrons et d’employés. — Dans l’association, les patrons et ouvriers ou employés délibèrent-ils en commun ou forment-ils deux sections distinctes ?
- 43. Rapports entre les syndicats de patrons et d’ouvriers. — Ces rapports ont-ils lieu d’une façon accidentelle ou régulière? — S’opèrent-ils par l’intermédiaire d’une commission mixte permanente ?
- Circonstances dans lesquelles ce s rapports se sont produits. — Résultats obtenus.
- 44. Syndicat agricole. — Le Syndicat a-t-il organisé une société pour acheter en commun dos semences, engrais, macnines, bestiaux. — pour vendre en commun les produits de ses membres (fruitières, — cayes ou chais collectifs), — pour prévenir ou réprimer la fraude sur les denrées vendues par les membres de l’association ? — Dans l’affirmative, cette société est-elle distincte du syndicat ? — Résultats obtenus.
- 45. Associations professionnelles à l’étranger. — Corporations ouvertes ou fermées. — Indiquer les particularités qui ne se trouveraient pas prévues dans les articles précédents du questionnaire.
- II. CONSEILS DE CONCILIATION ET TRIBUNAUX d’aRBI-
- TRAGE, CONSEILS DE PRUD’HOMMES.
- 46. Conseil de conciliation. —Tribunal d’arbitrage. — (Board of arbitration ; — Einigungsam-ter ; — Ausgleischs-Kammer ; — Lohn-Komissio-nen, etc.).
- Origine. — Histoire. — Composition et organisation du conseil ou du tribunal. — Compétence.
- -— Sanction. — Echelle mobile des salaires — (Sliding scale,— Basis System.)— Intervention des corporations ou des associations professionnelles dans l’institution. — Juridiction arbitrale -créée par la loi.
- Permanence ou intermittence de l’institution.— Circonstances dans lesquelles elle fonctionne. — Résultats obtenus.
- Conseil de prud’hommes (1). Tribunal industriel. —• Composition du conseil. — Proportion des patrons et des ouvriers. — Présidence.— Durée des pouvoirs.
- Elections — par groupes (classement des industries qui les composent) ; — par métiers .— Nombre des électeurs inscrits et proportion des votants pour les dernières élections. :— Industries auxquelles ne s’applique pas cette juridiction. — Motifs de cette exception.
- Attiibutions et limites delà compétence du conseil.
- Résultats obtenus. — Statistique des affaires déférées au conseil, —conciliées — jugées.
- Appel devant les tribunaux de commerce. — Statistique des affaires déférées à ces tribunaux.
- Action des prud’hommes sur l’harmonie des rapports entre patrons et ouvriers, — sur les grèves;— sur la bonne exécution des contrats d’apprentissage; — sur la sauvegarde de la propriété industrielle (dessins et modèles, marques de fabrique, etc.).
- III. '— SOCIÉTÉS SAVANTES ET INDUSTRIELLES ADON-
- NÉES a l’étude des questions sociales
- Nota. — Les sociétés dont l’activité embrasse à la fois des questions techniques, scientifiques et sociales, borneront leurs réponses à la partie de leurs attributions et de leurs travaux qui peut intéresser l’économie sociale.
- 48. Sociétés d’économie sociale. — Sociétés industrielles ou autres. Régime de la société. — Histoire. — Composition. — Attributions.
- Nombre des adhérents. — Ressources.
- Institutions créées par la société et initiatives prises par elle. — Cours. — Conférences. — Enquêtes. — Concours. — Récompenses. — Publications intéressant l’économie sociale.
- Résultats obtenus.
- (1) En ce qui concerne les Conseils de prud'hommes, l'enquête n'a pas à faire double emploi avec les statistiques officielles et devra se borner à mettre en lumière les particularités pitéressantes.
- " ———===:LhrmMFa~Jrt-/rÏÏ-Jfî!\ —^TS~ n
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1SS9
- CIRCULAIRE
- Adressée -par le directeur général de VExploitation aux présidents des comités départementaux
- Monsieur le président,
- Beaucoup d’agriculteurs s’adressent journellement à la direction générale de l’exploitation, pour connaître comment sera faite l’exposition des produits divers de l’agriculture et du matériel servant aux exploitations agricoles, i Pour satisfaire à ces demandes, je crois devoir > vous envoyer une circulaire spéciale, vous informant de l’emplacement réservé au groupe de l’agriculture, et vous donnant tous les renseignements utiles, tant sur la nature des objets qui 1 seront admis dans ce groupe, que sur la manière ; dont en sera organisée l’exposition.
- Vous voudrez bien, je vous prie, donner à cette circulaire toute la publicité possible.
- I. — Emplacement réservé aux Expositions agricoles
- Les produits internationaux de l’agriculture auront leur emplacement d’exposition dans des hangars élégants et d’un accès facile, construits sur le quai d’Orsay,entre l’Esplanade des Invalides et le Champ-de-Mars.
- Au milieu de la section agricole, un pavillon a été projeté pour contenir les produits alimentaires relevant du groupe VII. (Produits alimentaires).
- II. — Produits faisant partie des Expositions agricoles
- L’exposition du groupe • de l’agriculture comprend : i° les plans, documents, procédés, méthodes, etc., présentés par les exploitants ; —2°le matériel, les machines, instruments, outils, etc., employés et mis en œuvre par les cultivateurs et présentés par les constructeurs, pour être examinés au point de vue de la pratique agricole ; — 3° les produits issus directement des exploitations agricoles proprement dites. Ces derniers produits, destinés à être considérés en dehors de toute élaboration industrielle, feront d’abord partie de l’exposition d’agriculture ; ils pourront ensuite être présentés simultanément dans les classes spéciales où ils sont de nature à être envisagés comme matières premières industrielles et placés, dès lors, suivant la classification générale adoptée dans le Groupe V et le Groupe VII.
- Le matériel et les produits exposés dans le Groupe de l’agriculture appartiennent aux classes ci-après désignées :
- CLASSE 49. — MATÉRIEL ET PROCÉDÉS DES EXPLOITATIONS rurales et forestières. — Telle qu’elle est libellée à V éditionnouvelle du Règlement général, à l’exclusion du matériel et des instruments et machines-de la fabrication des tabacs, primitivement inscrits dans cette classe.
- Plans de culture, assolements et aménagements agricoles. Matériel et travaux du génie agricole : dessèchements, drainage, irrigations. Plans et modèles de bâtiments ruraux.
- Outils, instruments, machines et appareils servant au labourage et autres façons données à la terre, à l’ensemencement et aux plantations, à la récolte, à la préparation et à la conservation des produits de la culture.
- Machines agricoles diverses, mues par des attelages ou par la vapeur.
- Matériel des charrois et des transports ruraux.
- Machines locomobiles spéciales et manèges.
- Matières fertilisantes d’origine organique ou minérale.
- Appareils pour l’étude physique et chimique des sols.
- Plans de systèmes de reboisement, d’aménagement, de culture des forêts.
- Matériel des exploitations et des industries forestières .
- Classe 73 bis. — Agronomie. — Statistique agricole. — Etudes sur le sol, les eaux, les climats, les populations rurales. Répartition des territoires, des cultures.
- Statistiques agricoles , cartes agrologiques, hydrographiques, climatériques; cartes agronomiques. Tableaux, dessins, modèles.
- Stations agronomiques, laboratoires agricoles.
- Syndicats, sociétés et comices agricoles.
- Institutions de crédit, de bienfaisance, de protection pour les populations rurales ; crédit foncier, banques agricoles , banques populaires ; caisses d’assurance, d’épargne, etc., etc.
- Mesures législatives ; code rural, lois spéciales.
- Administration officielle de l’agriculture; travaux et publications. Missions agricoles.
- Classe y3 ter. — Organisation, méthodes et matériel de l’enseignement agricole. — Plans, modèles et programmes des écoles primaires agricoles, des orphelinats agricoles, des fermes-écoles ou écoles d’apprentissage.
- Méthodes et matériel d’enseignement, champs d’expériences, etc.
- Travaux des élèves.
- Plans et modèles des écoles pratiques d’agricul-
- Dimanche 11 Décembre 1887. — 883.
- ture, des écoles spéciales de viticulture, d'horticulture, de sylviculture, etc., etc.
- Méthode et matériel d’enseignement.
- Travaux des maîtres ; spécimens des travaux des élèves.
- Plans et modèles des écoles nationales d’agriculture, des académies agricoles. Ecoles vétérinaires. Ecoles de sylviculture. Ecoles supérieures d’agriculture ; instituts agronomiques.
- Méthodes et matériel d’enseignement.
- Travaux des professeurs, spécimens des travaux des élèves.
- Classe74.— Spécimens d'exploitations rurales et d’usines agricoles. — Types des bâtiments ruraux.des diverses contrées.
- Types d’écuries, d’étables, de bergeries et de parcs à moutons, de porcheries et d'établissements propres à l’élevage et à l’engraissement des animaux.
- Matériel des écuries, étables, chenils, etc.
- Appareils pour préparer la nourriture des animaux.
- Machines agricoles en mouvement : charrues à vapeur, moissonneuses, faucheuses, faneuses, batteuses, etc.
- Types d’usines agricoles : distilleries, sucreries, raffineries, brasseries, minoteries, féculeries, ami-donneries, magnaneries, fromageries et laiteries.
- Pressoirs pour le cidre, l’huile.
- Types de poulaillers, de pigeonniers, de faisanderies.
- Appareils d’éclosion artificielle.
- Types de chenils.
- (Dans cette classe seront admis les céréales et grains présentés par les cultivateurs, tels que : froment, seigle, orge, rip, maïs, millet, etc., selon les indications portées au paragraphe intitulé : Produits agricoles végétaux.)
- Classe 76. — Viticulture. — Types de bâtiments d’exploitation pour la viticulture.
- Matériel de la culture de la vigne.
- Matériel des chais, caves et cuviers. Pressoirs. Procédés et méthodes employés pour combattre les maladies de la vigne.
- Collections de cépages.
- (Dans cette classe seront admises les boissons fermentées de Vannée, présentées par le producteur) .
- Classe 76. — Insectes utiles et insectes nuisibles. — Abeilles, vers à soie, bombyx divers, cochenilles.
- Matériel de l’élevage et de la conservation des abeilles et des vers à soie.
- Matériel et procédés de la destruction des insectes nuisibles.
- Classe 77.— Poissons,crustacés etmolusques. — Animaux aquatiques utiles à l’état vivant.
- Aquariums ; procédés de la pisciculture ; matériel de l’élevage des poissons, des mollusques et des sangsues.
- i° Produits agricoles végétaux.
- Les exposants à admettre sont ceux qui se présenteront en état de donner une idée nette, précise et complète de leurs exploitations culturales, au point de vue de l’importance de celle-ci ; des progrès réalisés ; de la qualité et de la variété des espèces végétales, etc.
- Dans ce but, ils enverront à l’Exposition non pas seulement les produits prêts à être livrés à l’industrie ou à la consommation, mais encore des types des plantes qui fournissent ces produits, garnies de leurs racines, de leurs tiges, de leurs feuilles et de leurs fruits ou épis, avec indication des différents terrains dans lesquels ces plantes végètent.
- Dans ces catégories de produits, les grains et graines seront accompagnées de petites gerbes ou bottes de la plante non battue ; les filasses, des pieds complets de la plante d’où on les tire Lies huiles, de graines ou de fruits, etc., etc.
- Les échantillons seront en quantité suffisante pour permettre une appréciation aussi complète que possible.
- Il sera bon d’accompagner ces produits de notices explicatives dont le modèle pourra être fourni ultérieurement.
- Les viticulteurs admis à envoyer les produits de leur dernière récolte, -auront avantage à y joindre des ceps, des sarments, etc. ; ils devront présenter des tableaux, cartes, plans, modèles, etc., indiquant l’étendue des vignobles, le rendement de ceux-ci, et leurs procédés de culture et de vinification.
- Les cidres, les poirés, etc., de l’année précédente, exposés par les cultivateurs producteurs, seront, par analogie, admis comme les vins nouveaux dans le groupe de l'agriculture.
- 20 Produits agricoles animaux.
- Les produits de provenance animale devront être exposés de façon à faire apprécier, autant que possible, les conditions économiques de leur origine.
- Les produits de l’apiculture seront accompa-
- p.883 - vue 470/496
-
-
-
- 884- — Troisième Année. — Nù i 54.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- Dimanche ii Décembre 1887.
- gnés de spécimens conservés des insectes producteurs.
- Les produits delà sériciculture seront exposés à l’état de cocons et desoies dévidées, avec des spécimens de vers à soie, de leurs chrysalides et papillons, toutes les fois qu’il y aura intérêt à faire connaître l’espèce, la race ou la variété.
- Il en sera de même des cochenilles et autres insectes utiles.
- Des concours ou expositions temporaires pourront être organisés, pour les produits à l’état frais, tels que les laits, beurres et fromages, qui ne pourraient être conservés pendant toute la durée de l’Exposition.
- III. — Expositions d’ensemble
- Les exposants admis dans le groupe de l’agriculture seront autorisés, par exception, à réunir dans le meme emplacement tous les produits divers de leurs exploitations ; ils auront cependant le droit de figurer au catalogue, dans les différentes classes auxquelles ressortissent leurs produits.
- IV. — Expositions collectives
- Les sociétés, les comices agricoles et les syndicats constitués en vue du progrès de l’agriculture, sont instamment invités à former des collectivités propres à faire connaître l’importance culturale de leurs régions.
- Ces expositions collectives pourront être uninominales ou accompagnées d’un tableau indiquant les noms des participants, avec mention de l’espèce de produits fournis par chacun d’eux.
- Dans ce dernier cas, l’inscription au catalogue pourra relater le contenu de cette notice, si son texte rentre dans les conditions générales, qui seront prévues par le cahier des charges de l’adjudication du catalogue.
- Dans le premier cas, le jury ne décernera des récompenses qu’à l’ensemble des produits exposés, dans le deuxième, au contraire, il pourra distinguer, comme susceptibles d’être récompensés, les participants à la collectivité.
- Les demandes d’admission relatives à ces deux modes d’expositions collectives indiqueront, dans le premier cas, le nom de l’association initiatrice, dans le second, les noms à inscrire simultanément sur la notice d’exposition et dans le catalogue.
- Les demandes d’admission de l’une ou de l’autre espèce, devront être signées par le président de l’association initiatrice, au nom des participants anonymes ou désignés nominalement, et être, en tous cas, contresignées par le président du comité départemental.
- Agréez, monsieur le président, l’assurance de mes sentiments les plus distingués.
- Le directeur de Vexploitation, Georges Berger.
- M. Antonin Proust, qui présidait cette solennité, a prononcé un discours dans lequel, après avoir excusé tout d’abord M. Spuller, ministre de l’instruction publique et des beaux-arts, qui n’avait pu assister à la cérémonie, il a ajouté :
- « J’espère, je suis même convaincu que les événements qui motivent l’absence de M. Spuller, et qui ont scellé une fois de plus l’accord des bonnes volontés, persuaderont à notre pays que cette grande cause du travail que nous défendons sera désormais l’objet de la constante préoccupation de son patriotisme. » (Très vifs applaudissements) .
- M. Antonin Proust a continué, en remerciant les gouvernements étrangers de leur participation à l’Exposition par l’envoi des reproductions de leurs musées. Il a terminé en retraçant les efforts de l’Union centrale et en indiquant le but qu’elle poursuit.
- MM. Magne, architecte, rapporteur général du jury pour l’invention de la forme et du décor ; Chevie, fabricant de meubles, rapporteur général du jury pour la forme et l’exécution ; et Crépinet, architecte, rapporteur général du jury pour les concours d’écoles ont donné ensuite successivement lecture de leurs rapports.
- On a procédé ensuite à la distribution des récompenses consistant en médailles d’or, d’argent, de bronze, accompagnées d’un diplôme.
- Ces médailles, valeur intrinsèque, valent certainement entre i5o francs pour celles en or, et 12 francs pour les médailles de bronze.
- Ajoutons que, outre ces médailles, des primes en argent ont été distribuées cette année aux lauréats des concours, ce qui porte à 25,ooo francs la somme des récompenses décernées.
- Deux bourses de voyage de 1,000 francs chacune ont été accordées l’une à M. Maglin, élève de l’Ecole des beaux-arts, et l’autre ex œquo à M11® Albran et à Mme Leroux-Villeneuve.
- Parmi les principaux lauréats, citons : MM. Blo-che, Cavaillé-Coll, Charles Lemeire, Roty etTru-gard, qui ont obtenu des médailles d’excellence en or.
- Puis MM. Roulin pour le bois, Guilbert-Martin et Varangoz pour la pierre; Brocard et Delacherche pour la terre et le verre ; Couquaux, Megemand etM oreau frères, pour le métal.
- Mme Leroudier, de Lyon, pour les tissus, et M. Marius Michel, pour la reliure, ont obtenu également les plus hautes récompenses.
- COMITÉ CENTRAL D’INITIATIVE
- DES EXPOSANTS FRANÇAIS
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE BARCELONE
- plus grandes espérances sur le succès certain de cette solennité.
- Il explique que la question des douanes, qui a été discutée à Barcelone même par notre collègue M. Bretagne, de concert avec notre consul général, vient d’être résolue dans un sens favorable, et à l’appui il donne lecture d’une dépêche du secrétaire général de l’Exposition, ainsi conçue : k Question douanes réglée, feuilles d’envois seront sous peu adressées au Comité. »
- Le président annonce que des comités régionaux ont été constitués à Toulouse et à Bordeaux, que d’autres le seront sous peu à Nantes, Rouen, etc., ce qui prouve que la France industrielle et commerciale comprend l’importance qu’il y a pour elle à être dignement représentée à une exposition qui aura lieu dans un pays de consommation.
- Enfin, ajoute-t-il, nous entrons dans la période d’action ; le 8 avril approche, et à présent que la sécurité est absolue, tant sous le rapport de l’ouverture que sous celui des douanes, il convient de former notre comité en groupes ou subdivisions qui se réuniront isolément, dresseront les listes des maisons françaises susceptibles de représenter dignement la France à Barcelone et qui, au moyen de démarches et de visites, solliciteront et obtiendront de nombreuses adhésions; il compte que l’on pourra aussi provoquer de belles expositions collectives.
- M. Mülhbacher se préoccupe de savoir si le bureau a obtenu une diminution du prix des emplacements qui lui paraît trop élevé. M. Sandoz pense que les sous-comités devront s’occuper de toutes ces questions et dresser des listes d’observations et de réclamations.
- M. le Président donne la parole à M. Bretagne qui arrive de Barcelone pour fournir au Comité des explications sur l’Exposition et l’état d’avancement des travaux.
- M. Bretagne explique que le palais a la forme d’un demi-fer à cheval, que les bâtiments élevés près de la gare de France sont presque entièrement terminés, que l’Etat a accordé un fonds de garantie de 2 millions de francs qui sont versés au fur et à mesure des besoins, qu’une commission royale a été nommée par la reine-régente qui a promis d’assister à l’ouverture de l’Exposition. La question des douanes discutée par lui et notre consul général avec M. le Maire de Barcelone, président de l’Exposition, paraît avoir été résolue dans un sens favorable à nos désirs, c’est-à-dire que l’Exposition sera constituée en entrepôt réel de douanes, ainsi que semble l’indiquerladépêche adressée à M. Sandoz.
- M. Bretagne ajoute qu’il sait que M. le maire de Barcelone, la commission exécutive et la direction de l’Exposition étudient les moyens d’avoir des rapports de plus en plus intimes avec le comité central ; du reste, au point de vue des adhésions françaises déjà arrivées, il a appris que la Chambre syndicale des constructeurs français, désirant organiser une exposition collective', a fait une demande d’emplacement de deux mille mètres carrés, avec réduction de prix, qui a été accordée en principe. Notre consul a particulièrement insisté avec lui pour que ces questions du prix des emplacements soient résolues de suite.
- En terminant, M. Bretagne affirme que l’Allemagne, la Belgique, l’Autriche et l’Italie ont déjà retenu d’immenses emplacements, et comptent étaler des merveilles aux yeux des Espagnols; il espère que la France, de son côté, fera tous ses efforts pour conserver la suprématie qu’elle s’est légitimement acquise,
- M. le président remercie M. Bretagne de ses explications si rassurantes, et donne la parole à M. Lemoine, qui annonce que la Chambre syndicale de l’ameublement, qu’il préside, prépare une exposition collective qui nécessitera un emplacement d’au moins 200 mètres, sans préjudice des merveilles isolées que certaines maisons préparent. Il est surpris qu’on réclame le payement de surfaces murales, attendu que jamais le fait ne s’est produit.
- M. Sandoz explique que les surfaces murales dont il est question sont celles occupées par les exposants qui apposent leur exposition sur les murs. Il fait des vœux pour que l’exemple de la Chambre syndicale de l’ameublement soit suivi par de nombreux groupes syndicaux et, au nom du comité, il adresse à M. Lemoine de chaleureuses félicitations pour son initiative.
- M. de Dramard estime que les beaux-arts ne doivent avoir aucun emplacement à payer; à quoi il lui est répondu affirmativement.
- M. Follot, surpris par l’annonce de la constitution de groupes départementaux, pense que l’intention des membres de ces groupes est de marcher d’accord avec notre Comité, auquel ils se trouveront ainsi affiliés.
- M. Sandoz explique que le comité de Toulouse, né à la clôture de l’Exposition de cette ville, est présidé par le maire, M. Sirven, avec M. Hébrard comme secrétaire général, et que, en raison des relations entre les deux maires, M. Sirven a voulu, en constituant ce Comité régional, donner une preuve de l’intérêt qu’il prend à l’Exposition de Barcelone et engager ses administrés à y repré-
- BUREAUX DES
- COMITÉS DÉPARTEMENTAUX
- ILLE-ET-VILAINE
- Sous-comité de l’arrondissement de Montfort
- Président : M. André. — Secrétaire : M. Legendre. — Trésorier : M. Gallerand.
- LANDES
- Sous-comité de l'arrondissement de Mont-de-Marsan
- Président : M. Petit, ingénieur en chef des ponts et chaussées, à Mont-de-Marsan. — Vice-président : M. Jules Cadilhon, maire d’Onesse-Laharre.
- — Secrétaire : A. Grandeur, pharmacien à Mont-de-Marsan.
- Sous-comité de l'arrondissement de Saint-Sever
- Président : M. Dubov, maire de Flagetman. — Vice-président : M. Laussuy, conseiller général, maire de Pomarez. — Secrétaire : M. le docteur Lemée.
- Sous-comité de l’arrondissement de Dax
- Président : M. Milliès-Lacroix, maire de Dax. — Vice-président : M. Coudanne, pharmacien à Dax.
- — Assesseurs : MM. du Boucher et Taillebois. — Secrétaire : M. Laborde.
- A L'EXPOSITION DES ARTS DÉCORATIFS
- Mardi dernier, à deux heures, a eu lieu, au Palais de l’Industrie, la distribution des récompenses de la neuvième exposition de l’Union centrale des Arts décoratifs.
- Séance du vendredi 26 novembre 1887
- La séance est ouverte dans les salons de l’hôtel Continental à dix heures précises, sous la présidence de M. G. Sandoz.
- Sont présents : MM. Sandoz, Pelpel, Hottot, Leys, Blouet, Petitjean, Legriel, Quignon, Aron, Goélzer, Guy, Allain, Bretagne, G. Caen, Ch. Boutmy, Leroy-Dupré, Lemoine, Damon, Patay, Sandoz fils, Chenaillier, G. Pillois, de Dramard, Louis Bourne, Thierry, Bertrand, Ch. Legrand, Portes, Chassaing, Allcard, Carré, Blondel, Paul Foucher, Chapu, Sudrot, Létang, Prevet, Varey, Lemariey, Boivin, Wickham, Desnoix, F. Xau, Boure, L. Hubert, Follot, Mülhbacher, Albert Goelzer, Durand, Beaume, Rouhette, Camille, Wollf, Gastine-Renette, Domange-Scellos.
- Sont excusés : MM. Saintpierre, Vigneron, Macs, Elisée Cusenier, Paul Merlin.
- Il est donné lecture du procès-verbal de la séance du jeudi 11 novembre 1886, qui est adopté à l’unanimité.
- M. Sandoz explique les raisons pour lesquelles le Comité n’a pas été réuni depuis un an. Lorsque le concours des industriels et négociants français fut demandé, l’Exposition était l’œuvre d’une entreprise privée qui en peu de temps a épuisé les fonds qu’elle avait à sa disposition et aurait été dans la nécessité de renoncer à cette œuvre nationale si la municipalité de Barcelone n’avait pris en mains la continuation de l’entreprise qui est actuellement en marche vers un succès certain. A ce moment, M. Sandoz lit une dépêche de M. Francisco de Ruis y Taulet, maire de Barcelone, qui annonce que l’Exposition ouvrira ses portes au public et sans aucune remise le 8 avril 1888.
- M. Sandoz communique également à l’assemblée une lettre de M. le maire de Barcelone qui approuve la constitution du Comité central d’initiative avec lequel il entend rester en rapports constants. M. Sandoz informe le comité que M. le colonel Fabra, député aux Cortès et vice-président de l’Exposition de Barcelone, qui, lors d’um récent voyage à Paris a été reçLi par quelques membres de notre comité, a donné les renseignements les plus satisfaisants sur l’Exposition et les
- p.884 - vue 471/496
-
-
-
- Troisième Année. — N° i rq
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche ii Décembre 1SS7.
- senter dignement le sud-ouest de la France. La lettre que M. Sandoz a reçue du comité de Toulouse est conçue dans de tels termes qu’il ressort clairement que ce Comité a l’intention de vivre en rapports constants avec le nôtre.
- M. Wickham appuie les paroles de M. Follot et exprime le vœu qu’une unité d’action soit employée à représenter la France.
- M. Sandoz trouve la question très intéressante, et désire qu’elle soit étudiée par le Bureau avec l’intérêt qu’elle comporte.
- M. de Dramard se croit autorisé à affirmer, d’après les conversations qu’il a eues avec M. Sirven, que le désir de ce dernier est de voir le Comité de Paris prendre la direction du mouvement en France.
- M. XVickman émet le vœu que les délégués de Toulouse et des autres Comités fassent partie du Comité central, afin de servir de trait d’union.
- M. Desnoix pense que, pour fédérer tous les Comités d ipartementaux, la consécration officielle est indispensable au Comité central.
- M. Hottot fait observer que la consécration officielle française est acquise au Comité central par les démarches déjà faites par M. Prevet.
- M. Prevet explique alors très clairement les démarches qu’il a faites auprès de M. Dautresme, ministre du commerce, en vue d’une organisation définitive.
- M. le Ministre devait désigner notre consul à Barcelone comme commissaire général français et charger officiellement notre Comité de toutes les démarches et organisations en vue de donner un plus grand éclat à la participation française.
- Mais M. Prevet fait remarquer que suivant la déclaration qui vient d’être faite par M. de Dramard, assurant que le Comité déjà formé à Toulouse désirait lui-même voir prendre à Paris la direction générale de l’œuvre, il n’existait aucun inconvénient à décider de suite que le Comité de Pans acceptait d’être le Comité central auquel viendraient se joindre dans une communauté d’efforts, les Comités régionaux déjà formés ou qui pourraient encore se constituer en France.
- Un Comité central est, en effet, indispensable pour donner une unité aux expositions des industriels français à Barcelone. Il convient, pourl’hon-neur même de notre pays, que nos nationaux soient placés dans l'Exposition, sans confusion, et qu’une véritable section française soit conçue et installée avec méthode.
- Il faut, pour cela, qu’un architecte soit chargé de tout l’ensemble de la section française, et, par conséquent, que toutes les adhésions soient communiquées au Comité central.
- La proposition est adoptée à l’unanimité ; en conséquence, M. Sandoz répondra à M. le Maire de Toulouse et se mettra en rapport avec les Comités départementaux constitués ou qui le seront ultérieurement.
- M. Lemoine émet le vœu qu’un plan soit remis à chaque président de groupe. M. Sandoz pense que, puisque l’emplacement offert à la France n’est pas entouré, il ne pourra être attribué que lorsque le nombre de mètres demandés sera connu.
- M. Goelzer propose de choisir un architecte chargé de la division et de l’installation de la section française, et il pense que ce serait un hommage rendu au talent et au dévouement aux intérêts français de M. Sallé en le désignant pour ce poste ; M. Bretagne appuie chaleureusement en faisant connaître qu’il y a intérêt à choisir M. Sallé, déjà chef du service général des installations. M. Patay pense aussi qu’un architecte est indispensable et partage l’opinion de MM. Goelzer et Bretagne.
- M. Sandoz désire que la question du choix de l’architecte de la section française soit réservéeau Bureau et promet d’appuyer dans le sens approuve parle Comité, afin que l’Exposition soit considérée comme- « UN ENTREPOT- RÉEL DE DOUANES».
- Il est ensuite procédé à la constitution des groupes de ia manière suivante :
- Premier Groupe
- enseignement, esthétique, médecine, sciences
- d’enseignement, hygiène, médecine, institutions philanthropiques.
- Président : M. Desnoix.
- Membres : MM. Wickham ; Chassaing ; Aron ; Portes, pharmacien en chef à l’hôpital de Lour-cine ; Louis Bourne, directeur du Travail ; docteur Hubert; docteur Monin ; Guerlain.
- Deuxième Groupe
- travaux publics et de défense, hygiène et salubrité des villes, défense et répression
- Président : M . Sudrot.
- Membres : MM. Carré ; Boileau ; Coutelier; A. Goelzer.
- — SB 5.
- Troisième Groupe
- agriculture, produits non alimentaires, cuirs, laines, peaux, pèche et chasse
- Président : M. Noël Bretagne.
- Membres : MM. Alcart; Pillois, Gaston; Beaume; Rouhette ; Durand, fils ; Caen, Gustave; Albaret; Ail ain; Champenois-Rambault ; Léon Thomas.
- Quatrième Groupe
- PRODUITS alimentaires, industries
- DE L’ALIMENTATION
- Président : M. Prevet.
- Membres : MM. Chapu ; Blouet; Foucher (Paul); Gu) ; Foucher, G.; Allain ; Pelpel; Bretagne; Pelletier ; E. Cusenier.
- Cinquième Groupe
- MÉTALLLUKGIE.-- OUTILLAGE ET PROCÉDÉS DES INDUS-
- TRIES MÉCANIQUES.
- Président : M. Ch. Boutmv.
- Membres : MM. Petitjean, Létang; Leroy-Dupré: Vigneron: Bertrand; Boileau; Domange-Scellos; A. Goelzer.
- Sixième Groupe
- ÉLECTRICITÉ, ÉCLAIRAGE, GÉNÉRATEURS, MOTEURS, EXPÉRIENCES, APPAREILS ET LUSTRERIE, SONNERIES, PORTE-VOIX, TÉLÉPHONIE, TELEGRAPHIE.
- Président : M. Varey.
- Membres : MM. Boucheron Henri, professeur à l’Ecole centrale ; Boivin; Reau ; Boileau; A. Goelzer.
- Septième Groupe
- MATÉRIEL DE TRANSPORTS, CARROSSERIE, SELLERIE, CHEMINS DE FER, TRAMWAYS
- Président : M . Mühlbacher.
- Membres: MM. Camille; Decauville; Moussard.
- Huitième Groupe
- TISSUS, VÊTEMENTS ET ACCESSOIRES DU VETEMENT
- Président : M . Bréant.
- Membres : MM. Lemariey; Biais; Patay; Dehes-din; Levallois ; Legrand, Ch.; Paul Simon; Blondet; Loiseau; Lecoustellier.
- Dixième Groupe
- HABITATIONS, MOBILIER
- Président : M. Leys.
- Membres : MM. Lemoine; Datnon; Legriel; Qui' gnon; Hollande; Follot.
- Neuvième Groupe
- PAPETERIE, IMPRIMERIE, MATÉRIEL DES ARTS, PHOTOGRAPHIE, INSTRUMENTS DE MUSIQUE
- Président : M. Wolff.
- Membres: MM. Lahure ; Gand ; Poure (G.); Blondel (maison Erard) ; Fernand Xau ; Paul Merlin.
- Onzième Groupe
- MÉTAUX TRAVAILLÉS, ARMURERIE, SERRURERIE, ORFÈVRERIE, HORLOGERIE.
- Président : M. Sandoz._
- Membres: MM. Chenailler; Gastinne Renette ; Létang; Petitjean ; Hubert.
- Douzième Groupe
- MÉTAUX FONDUS, FORGÉS, REPOUSSÉS, BRONZES D’ART.
- Président : M. Gagneau.
- Membres : MM. Barbedienne ; Hottot; Bertrand; Coutelier; Dasson ; A. Goelzer.
- Treizième Groupe
- CÉRAMIQUE, CRISTALLERIE, VERRERIE, VITRAUX.
- Président: M. Thierry.
- Membres : MM. Ma es ; Pelletier de Sugny; Gaston Paris.
- Quatorzième Groupe
- BEAUX-ARTS, DESSIN, PEINTURE, SCULPTURE
- Président : M. de Dramard.
- Membres : MM. Hottot ; Leroy-Dupré ; Pelpel; Gaston'Pillois ; Saintpierre ; Albert Goelzer.
- Les présidents seront prochainement convoqués pour, avec les membres du Bureau, arrêter tous les détails communs au fonctionnement de chaque groupe, après-quoi ils seront invités à hâter leurs travaux.
- Enfin, le Bureau du . Comité reste constitué comme suit :
- Président : M. Sandoz.
- Vice-Présidents : MM. Hottot, Leys, Pelpel.
- Secrétaires : MM. Biais, N. Bretagne, A. Goelzer, Vigneron.
- Secrétaire-adjoint : M. Roger Sandoz fils.
- Rien n’étant plus à l'ordre du jour, la séance est levée à midi.
- L’un des Secrétaires,
- A. Goelzer.
- ÉCHOS
- Paris
- Nous avons parlé, en son temps, d’an projet d’exposition des œuvres de Guillaumot, le regretté orientaliste, si prématurément enlevé à l’art, il y a quelques rnois.
- Ce projet, que nos lecteurs se rappelleront sans doute, sera réalisé dans les premiers jours de l’année prochaine.
- L’exposition de l’œuvre du grand artiste ouvrira le 12 janvier, dans les Galeries de l’Ecole des beaux-arts, quai Malaquais, et aura une durée d’un mois.
- •k
- if *
- La curieuse exposition de M. Puvis de Chavan-nes (Galerie Durand-Ruel, rue Laffitte) clôturera le mardi 20 courant, après un heureux succès.
- Sur la proposition de M. Castagnary, directeur des Beaux-Arts, l’Etat y a fait, pour le musée du Luxembourg l’acquisition du Pauvre Pécheur, le tableau bien connu et si vivement discuté.
- C’est aujourd’hui dimanche, 11 décembre, qu’a lieu, au Palais de l’industrie, à 2 heures, (porte n° 1), sous la présidence de Mme L. Bertaux, l’assemblée générale des sociétaires de rUnion des femmes peintres et sculpteurs. On sait que l’Union prépare sa neuvième exposition annuelle dont l’inauguration sê fera le 21 février ; dépôt des œuvres les 11 et 12 février au palais des Champs-Elysées.
- Le cercle des Jeunes artistes a ouvert la semaine dernière, 28 rue Fontaine, son exposition annuelle de peinture et sculpture que nous avions annoncée. Clôture le 15 janvier.
- if
- Une association artistique nouvelle vient, dit le Journal des artistes, de se constituer sous le nom de Trentistes parisiens, et la première exposition delà jeune société ouvrira le vendredi 30 décembre à une heure, chez Georges Petit, 8, rue de Sèze.
- L’organisation de ce salon est identiquement calquée, paraît-il, sur celle des Expositions des XX qui, chaque année, ont lieu à Bruxelles, et que nous enregistrons à cette place. Le règlement par exemple, institue le tirage au sort des places, le groupement des œuvres par panneaux, etc.
- La plupart des membres du groupe bruxellois seront parmi les exposants.
- Noüs avons, à différentes reprises, parlé du concours ouvert par les soins de la Préfecture de la Seine, pour la décoration de la mairie du VIe arrondissement.
- L’exposition publique des projets envoyés par soixante concurrents environ, est ouverte à l’Hôtel-de-Ville, tous les jours, de midi à cinq heures, jusqu’au mardi 20 décembre.
- Le jury, composé du Préfet de la Seine et de huit membres, trois pour le Conseil municipal, deux pour l’administration, trois pour les artistes exposants, rendra un jugement jeudi prochain, 15 courant.
- p.885 - vue 472/496
-
-
-
- g 86.
- Troisième Année. — N° 154
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche ii Décembre 1887.
- Les jurés élus par les artistes sont MM. Puvis de Chavannes, Cabanel, J-P. Laurens, et MM. Olivier Merson, Boulanger, JElie Delaunay, jurés supplémentaires.
- * *
- M. Castagnary, dit le Temps, voudrait/à l’imitation de la Galerie qui existe à Florence, créer au Louvre une galerie spéciale uniquement consacrée à l’exposition des portraits de peintres peints par eux-mêmes.
- Notre excellent confrère quotidien émet l’idée que cette nouvelle création pourrait heureusement se compléter d’une collection fort curieuse, celle des palettes de la plupart des peintres de ce siècle, collection formée par M. Beugniet, qui désirant primitivement la léguer à l’Etat, serait paraît-il décidé a en faire don au Louvre, de son vivant
- L’idée est curieuse et vaut certainement qu’on l’examine.
- La semaine dernière a continué, à l’Hôtel Drouot, une vente qui eût pu être brillante : celle des modèles d’œuvres de deux de nos grands sculpteurs, Clésinger et Falguière. Les résultats en ont été déplorablement médiocres, ce qui d’ailleurs semble dégénérer en habitude à l’Hôtel des Commissaires-priseurs.
- Ici les conditions trop compliquées auxquelles s’effectuait la vente semblent être la cause du maigre résultat obtenu L’acquéreur devait en effet exploiter commercialement son achat, et être d’une nationalité qui permît la perception des droits d’auteur. Il devait en outre subir des conditions spéciales pour la reproduction, payer outre les frais de vente des droits divers, etc., toutes choses qui ont éloigné le public et rendu la vente entière un peu hésitante.
- Quelques prix : de Falguière, la Marguerite, 1,700 fr. ; la Danseuse Egyptienne, bronze de lm30, avec ses quatre réductions et un modèle en plâtre, 1,400 fr. sur une demande de 5,300 ; La Source, l'Elégie, la Vérité, 510,120 et 990 fr. respectivement. De Clésinger :1a Dans eus ? aux Cymbales,NN) fr. avec quatre réductions et trois modèles en plâtre; le Taureau Romain, 500 fr. sur une demande de 2,000.
- Départements
- Notre excellent confrère le Journal des Arts dit qu’une exposition d’études et croquis, organisée par Nancy-Artiste, s’est ouverte le 27 novembre, pour dix jours, à l’Hôtel de Ville de Nancy.
- L’exposition réunit environ 250 études, signées de noms connus.
- *
- * *
- ETRANGER
- Angleterre
- A Londres, les expositions artistiques se continuent par l’exposition d’aquarelles de la Society 0f Pointers in Water-Colours.
- ¥ ¥
- Jusqu’au jour où sera définitivement instituée la Commission Britannique de l’Exposition de 1889, les demandes d’admission et d’emplacements peuvent être adressées par les intéressés au Consulat général de France à Londre 138, Finsbury Circus, E. C. et à tous les consuls ou agents consulaires, qui se chargeront de la transmission des communications à la direction de Paris.
- *
- * *
- Autriche - Hongrie
- Un Comité s’organise à Prague pour préparer la participation du Royaume de Bohème à l’exposition de Paris.
- Un délégué doit préparer une entente avec l'administration compétente à Paris, et il est probable qu’une demande de crédit sera déposée sur le bureau de la Diète.
- * ¥
- Amérique du Sud
- Un Comité se constitue en ce moment à Paris, 23, rue Chauchat, pour favoriser et développer l’introduction et la vulgarisation dans l’Amérique du Sud des productions de l’art français. Cette
- j entreprise intéressante, patronnée par M. Spuller,
- [ ministre de l’Instruction publique et des Beaux-Arts, par tous les hauts fonctionnaires des Beaux-Arts et nos artistes les plus connus, est appelée à d’autant plus de succès qu’elle est assise sur les bases les plus solides, les garanties les plus sérieuses et aura pour banquiers, MM. Bamberg et C®, une des plus puissantes maisons de Buenos-Ayres (à Paris, 13, rue Grange-Batelière).
- La première tentative du Comité, provisoirement installé au Palais de l’Industrie, salle 28, sera l’organisation à Buenos-Ayres, d’abord, à Montevideo ensuite, de deux expositions successives de Peinture, Sculpture, Céramique, Tapisserie, Emaux, Art décoratif, etc.
- Nous engageons vivement les artistes à s’initier plus en détail à l’organisation du nouveau Comité. Ils trouveront tous les renseignements nécessaires, 23, rue Chauchat, au Comité des Artistes peintres et, sculpteurs pour l’introduction et la vulgarisation de l’art dans VAmérique du Sud, où M. Bloche, l’expert bien connu, secrétaire général du Comité de patronage, les recevra de midi à 2 heures.
- Belgique
- A Gand, exposition des œuvres de César de Code, Auguste Daël, Bœrtsen; etc., organisée par le Cercle artistique et littéraire.
- . A Bruxelles, au Cercle du même nom, exposition de Jean Van Beers, le peintre des Copur-chies.
- *
- * *
- Italie
- Aujourd’hui a lieu à Rome .l’inauguration de l’exposition des vins nouveaux que nous avons annoncée, qu’a organisée le cercle œnophile italien et dont l’importance est toute particulière.
- Clôture, le mardi 20 décembre.
- *
- * *
- C’est le 31 décembre que prennent fin les délais d’admission à l’exposition de Bologne (1888).
- Les grandes, fêtes du centenaire de l’université bolonaise, anniversaire que célébrera l’exposition de 1888, auront lieu les 11, 12 et 13 juin.
- Avis aux touristes, amateurs de beaux spectacles.
- Notre excellent confrère romain, le Bollettino clelle Finalise Ferrome e Industrie annonce qu’avec le patronage, l’encouragement ' et le concours du ministère de l’agriculture, de l’industrie et du commerce., de la municipalité de Rome, etc., une commission présidée par le marquis Antaldi-Vit, prépare à Rome une exposition industrielle italienne de produits alimentaires qui comprendra les classes suivantes :
- Classe I. — Farineux et dérivés (farines, pâtes, biscuits, etc.).
- Classe IL — Corps gras (lait, beurre, fromages, huiles, œufs).
- Classe III. — Viandes et poissons (salés et conservés, jambons, charcuterie, bouillons, produits concentrés).
- Classe IV. — Fruits et légumes (frais et conservés, champignons, truffes, etc.)
- Classe V. — Sucreries, pâtisserie, confiserie, chocolats, etc.
- Classe VI. — Liqueurs et boissons artificielles.
- Classe VII. — Produits dérivés (bougies stéariques, allumettes, essences, extraits, parfumerie, colle de poisson).
- L’exposition s’élèvera au Ninfeo d’Egeria, à droite du pont de Ripetta et ouvrira le 2 février prochain. Adhésions, jusqu’au 10 janvier.
- La présidence d’honneur de l’exposition a été acceptée par le syndic de Rome.
- *
- * *
- Suisse
- La très belle exposition de peinture, organisée par la société des beaux-arts de Bâle,""clôture aujourd’hui 11 décembre.
- SOCIÉTÉ NATIONALE D'HORTICULTURE DE FRANCE
- DISTRIBUTION SOLENNELLE
- DES RÉCOMPENSES
- Tous les ans une série de concours de chrysanthèmes a lieu le jour de la distribution des récompenses aux lauréats des expositions qui ont eu lieu dans le courant de l’année.
- La salle de la rue de Grenelle se trouve ainsi garnie d’une parure multicolore très variée faisant un contraste agréable avec la nudité des murs. — Jeudi 24 novembre, à 2 h., a eu lieu la proclamation des lauréats.
- Parmi ceux-ci nous avons entendu les noms de M. Breauté, prix d’honneur, vase de Sèvres offert par le Président de la République, puis: MM. Chan-tin, Lévêque et fils pour leurs splendides collections de rosiers, Honoré Defresne pour ses superbes plantes à feuillage persistant, etc., Salomon pour ses fruits et primeurs, Croux et fils pour leurs plantes fleuries, arbres fruitiers et fruits frais, Moser, Debrie, Laizier, Poulin, etc., etc, qui, en dehors de leurs nombreuses récompenses, avaient obtenu des prix d’honneur.
- La séance a, suivant l’habitude, été émaillée de nombreux rapports; mais il nous a été donné l’agréable plaisir d’entendre la parole claire et précise de M. Léon Say, président de la société qui, avec une rare éloquence et une puissance tout académique, a dit qu’il fallait se tenir dans les idées générales et que c’est en cherchant dans ses vieux papiers qu’il avait trouvé un discours paraissant s’approprier à la science et au mérite de l’horticulture et au bien-être qu’elle procure. Citant Cicéron plaidant pour un poète et pour la poésie, il en est de même ici, a-t-il dit, et je plaide pour un art de tous les arts, de tous les âges, de tous les pays, l’agrément de notre vie, qui fait la joie de la vieillesse, etest, en un mot, la poésie de laNature.Ce brillant discours a été fréquemment interrompu par les applaudissements.
- Voici les noms des lauréats des concours de chrysanthèmes :
- Fleurs coupées: MM. Levêqueetfils, Forgeotet Cie, grande médaille d’argent ; MM. Margottin père, de Rosier, Chantrier,médaille d’argent, M. de Reydelet médaille de bronze.
- Fleurs en pots (collections): MM. Levêque et fils, grande médaille de vermeil ?... M. Yvon, médaille de vermeil.
- Semis : M. Chantrier, médaille vermeil; M. de Reydelet, grande médaille d’argent.
- *
- ¥ *
- La splendide collection de MM. Levêque et fils qui renfermait cent espèces nouvelles de semis était bien supérieure à son exposition de l’an dernier, et le jury (pour quelle raison ? nous l’ignorons) lui a décerné, il est vrai, la première récompense, mais inférieure à celle de l’an dernier. Une médaille d’or eût été, certes, très bien placée ..
- Rose éclairé, violette de Parme, revers blanc d’argent, telle est la désignation de la variété nommée VEnchanteresse ; il faudra bientôt, ma foi, autant de science pour faire la prose nécessaire à la dénomination des variétés que pour arriver à la multiplication des espèces. — Lalimé : aurore saumoné, centre spirale, revers vieil or ; et dire que cela est la traduction fidèle de la fleur !.... Le surprenant, cramoisi brun, éclairé feu, strié or, etc.; ne semble-t-il pas qu’à cette heure où, contraints et forcés, nous abandonnons les roses, il se trouve une baguette magique chargée de diaprer ces péta les enrubannés d’une variation de nuances étincelantes. Il j a là des collections rares et tout à fait exceptionnelles : nous aurions à choisir les citations en prenantles variétés les unes après les autres que nous ne saurions où nous arrêter ; ne serait- ce que ce petit Alix Hugnier, lie de vin, pointé et brodé or: quoi de plus coquet: une fleur brodée or?... etc., etc.
- Parmi les diverses autres expositions nous avons admiré surtout les variétés présentées en fleurs
- p.886 - vue 473/496
-
-
-
- Trosième Année.
- N° îèq.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE1SS9.
- Dimanche ii Décembre 1887.
- coupées par MM. Forgeot et Cie, qui ont obtenu pour cette splendide collection la grande médaille d’argent ; les espèces de l’Inde et de la Chine rivalisent de coloris, passant du cramoisi le plus foncé aux couleurs les plus tendres ; les genres aux pétales complètement laciniés et fimbriés sont très remarquables.
- Dans cette collection nous avons surtout remarqué: Cullingfordi, riche cramoisi, amarante velouté, revers jaune bronzé, qui est une nouveauté splendide, de même que Samuel Morley, cramoisi brillant, velouté, revers et centre vieil or. Parmi les variétés japonaises, nous devons citer : Romain Bou-charlat, aux pétales très fins et tout à fait cylindriques, Salmonea plena, Robert Owen, Lady Mathe-son, etc., également à voir : ^Gloire rayonnante, Coquette de Castille, la Triomphante, l’or du Rhin, etc , etc ; plus nous regardons l’ensemble multiple de ces diverses espèces et plus nous voudrions encore citer d’autres noms, mais elles sont toutes magnifiques à l’envi les unes des autres.
- Nous apprenons de source certaine que plusieurs de nos grands horticulteurs ont chargé divers explorateurs de leur rapporter de nouvelles espèces de plantes exotiques, rares ou fort peu connues dans nos contrées. On peut donc d’ores et déjà être assuré que la flore des tropiques nous procurera longtemps encore bien des surprises.
- A. Ramé.
- ----------- îKSSwfr» <5H5P@- -«gSïSSSrr-a—-
- NÉCROLOGIE
- M— BOUCICAUT
- Nous avons le regret d’apprendre que Mme Bou-saut vient de mourir à Cannes, où elle était à peine arrivée.
- Quand on voudra écrire l’histoire commerciale de notre temps, l’une des figures les plus dignes d’y prendre place sera certainement celle-là. Mme Boucicaut n’était pas seulement la digne continuatrice d’Aristide Boucicaut, le fondateur de la maison du Bon-Marché; on peut dire qu’elle a été de moitié dans toutes les créations de son mari.
- Sous leur direction commune, toute une organisation nouvelle de la vente au détail a été constituée, où sont mis simultanément en oeuvre, pour arriver au maximum de la réduction des prix de vente, tout ce que la science commerciale la plus étendue, les relations, les plus vastes peuvent ajouter à la puissance d’un large fonds de roulement.
- Cependant, dit le Temps, l’originalité distinctive des fondations de M. et Mme Boucicaut, leurs noms sont désormais inséparables, ne réside pas là seulement. Elle est encore dans le caractère essentiellement philanthropique donné à l’institution du Bon-Marché. Tous les employés de la maison, du plus humble au plus élevé, forment une véritable famille, où chacun se sent solidaire de tous.
- La participation aux bénéfices joue un rôle considérable dans cette vie spéciale; à tous les degrés de la hiérarchie, elle stimule le zèle et le dévouement. Mais elle n’est que l’un des rouages imaginés par M. et Mme Boucicault.
- Une caisse de retraites, amplement dotée par la générosité de M. et Mme Boucicaut, vient couronner l’œuvre philanthropique en donnant une absolue certitude d’avenir à tous les membres de la maison.
- Mme Boucicaut avait, l’année dernière, presque à pareille époque, ajouté, sur sa fortune personnelle, une somme de quatre millions au capital qui alimente cette caisse.
- Les employés du Bon-Marché ne perdent pas seulement, en Madame Boucicaut, une directrice.à l’activité, à la raison, à l’intelligence incomparables, ils perdent une bienfaitrice comme on en voit peu.
- Aussi la maison entière a pris le deuil. Les magasins ont immédiatement fermé. Us ne rouvriront que mardi prochain.
- LES LIVRES
- cxxxv
- La Terre, par Emile Zola, un vol iu-iS.
- Nous voici bien loin des finesses et des délicatesses des romans comme celui de Paul Bourget,
- que nous avons analysé et apprécié l’autre jour. Mais le contraste ne nous déplaît pas. Ce qui demeure commun à ces ouvrages si différents d’inspiration, de procédé, de style, c’est leur amertume et leur tristesse ; tous deux sont d’un pessimisme qu’on pourrait trouver outré, si, comme nous l’avons déjà remarque', la réalité, la vérité, dans le roman, image de la vie, comme dans la vie, n’étaient pas plutôt tristes que gaies. Ce n’est pas sans la mélancolie et sans le dégoût des vérités inévitables, irréparables, sans une sorte de résignation douloureuse aux fatalités de la destinée humaine, qu’on aborde et qu’on creuse jusqu’au tuf une passion humaine, qu’elle s’attache aux personnes ou aux choses, qu’elle ait pour objet la femme et ses perfidies, la terre et ses trahisons.
- Un autre trait commun de la physionomie de ces deux ouvrages, cvest la puissance de talent qu’ils révèlent chez leurs auteurs. Chez M. Bourget cette puissance ne s’affiche pas, ne vous empoigne pas brutalement, ne vous prend pas au collet pour vous traîner devant la guenille de la misère humaine. Elle est d’une action insinuante, sourde, pénétrante comme celle d’une eau qui coule goutte à goutte, et goutte à goutte creuse la pierre, ou même d’un vinaigre dissolvant. Chez M. Zola elle est d’un effet plus vif, plus grossier, plus impatient. L’un nous montre un vice moral et le décompose jusqu’à nous faire conclure du particulier au général et de l’individu à la société. L’autre, cherchant ses sujets dans les milieux populaires et non plus les milieux bourgeois, met en scène le drame, plus encore extérieur qu’intérieur,’ d’une passion qui dévore et corrompt non plus un individu mais une classe tout entière, et \ donne perpétuellement pour fond à ce drame toute une foule, tout un peuple, tandis que le dédain aristocratique (de cette aristocratie d’esprit qui distingue les artistes raffinés) de son confrère pour la masse écarte systématiquement de la scène tout entière vouée à quelques individualités typiques, le chœur populaire qui grouille, rit ou pleure dans le théâtre antique ou le théâtre shakespearien.
- Quelle est donc la passion qu’a étudiée plus puissamment encore que savamment M. Emile Zola, à qui nous revenons' exclusivement, et qui lui fournit les péripéties plus émouvantes que compliquées de son drame ? C’est la passion de la terre,’de la propriété cultivée par lui, arrosée de ses sueurs qui anime et consume le paysan des contrées essentiellement agricoles, la Beauce, par exemple, qui fait sa grandeur et sa misère, sa vertu et son crime, sa faiblesse et sa force, sa vie et sa mort.
- Une bonne préparation à la lecture du roman de M. Emile Zola serait la contemplation préalable des chefs-d’œuvre de la peinture réaliste, de ce temps, de ces types et de ces scènes de la vie agreste qu’ont signés les Millet, les Bastien-Lepage, Les Jacques, les Lhermitte, les Ribot. Jules Breton et son école sont atteints d’idéalisme. Ils cherchent la poésie des choses et des hommes de la nature et du travail de la glèbe. M. Zola la trouve quelquefois, mais ne la cherche pas. Ce qui le préoccupe surtout dans ses paysages qu’il esquisse à grands traits, d’un pinceau qui a les audaces, les brutalitéset parfois aussi les bonheurs de la fresque, c’est le relief des passions et des caractères dans cet animal humain délivré des entraves féodales, mais asservi au joug d’une servitude volontaire, qui chemine et rumine, croît et se multiplie, sous l’empire d’une seule idée, tenace, patiente, jalouse, indomptable, l’ambition de conserver le bien acquis héréditairement, de le faire valoir, de l’agrandir, et cela par tous les moyens licites ou autres, honnêtes ou criminels, per fas et nef as, comme dit l’axiome latin. Car cette passion de -la terre est vieille comme le I monde. Elle est de tous les temps, de tous les pays, de toutes lps races. Elle est un trait non seulement de physionomie française, mais de physionomie humaine. C’est par l’amour de la terre, amour superstitieux, idolâtre, jaloux que la terre dure, à l’état de terre cultivée, engraissée de la sueur du travail et parfois du sang des discordes
- fratricides, comme c’est par l’amour de la femme, en dépit de tant de déceptions, que l’humanité dure, et se perpétue par la famille.
- Cette thèse, ce sujet de l’amour, de la passion, de la folie de la terre, qui caractérise, ennoblit, abaisse le paysan, le rend tour à tour heureux jusqu’à l’allégresse, malheureux jusqu’au désespoir étaient assez grands, assez beaux, assez gais, assez tristes, assez dignes du moraliste, du philosophe, du peintre, de l’écrivain pour que M. Zola s’y tînt. Son talent en eût été plus assuré, son succès plus sain. Car il est à remarquer que toutes les fois qu’il reste dans les données justes, dans les limites légitimes de son sujet, cela lui porte bonheur. Il ne touche jamais la terre, son sujet, sans rebondir avec une force renouvelée. Quel besoin avait-il donc des épisodes superflus par lesquels il déshabille la vérité jusqu’aux nudités les plus cyniques et les plus répugnantes, par lesquels, sous prétexte d’intermèdes comiques, il déshonore son pinceau par des tableaux qui vont de la grivoiserie à la saloperie, et sur lesquels il faudrait jeter non ce voile de Timanthe, symbole de la pudeur antique, mais la toile phéniquée des désinfections de la police hygiénique. Certes, nous admettons la liberté de l’art jusqu’à ses dernières limites. Mais à quoi servent des licences qui nous montrent ce qui est sale, sous prétexte que cela est vrai? La probité de l’art consiste-t-elle à tout montrer, à tout dire, ou à ne montrer et à ne dire que ce qui convient? Sans partager les férocités du cant allemand, non moins implacable que le cant anglais, qui fait proscrire et supprimer à Munich et à Vienne les traductions de la Terre, nous pensons qu’il y a dans ce livre bien des scènes, bien des épisodes qui pourraient en être retranchés non seulement sans inconvénient mais avec avantage. D’abord, ils ne tiennent ni à l’action ni au sujet d’une façon nécessaire. Ce sont des hors-d’œuvre, et des hors-d’œuvre qui font rougir les plus aguerris. La scène de remonte du début du livre, la scène de la mise bas simultanée de la vache et de la femme, les scènes d’orgie ou de ribote semées çà et là au milieu de superbes tableaux de l’intérieur de la ferme ou des travaux de la vie rurale, les semailles, la fenaison, la moisson, la vendange, les passions de l’amour partout abaissées, ravalées au besoin d’un rut universel et réduites aux voluptés bestiales de l’accouplement, tout cela est répugnant et un corps de garde n’en entendrait pas la lecture de sang-froid. Des tripots ou des lupanars seuls daigneraient peut-être rire d’un rire aviné à ces peintures lubriques devant lesquelles les kermesses de Jordaens sont pudiques.
- C’est là le mauvais côté, le bas côté de ce livre, qui en a de généreux, qui en a de hauts et de grands. Une autre réserve doit porter non seulement sur le fond, mais sur la forme de certains chapitres. Certes, les paysans, au cabaret, à la ferme, à la foire, à la noce, ne sauraient s’ébattre à la façon des pensionnats de demoiselles ou s’entretenir à la façon des académiciens.
- Mais est-il bien nécessaire de reproduire exactement les f..., les b.... les m... dont ils émaillent leurs conversations? Si c’est là de la hardiesse, elle est bien facile. Si c’est de la vérité, elle est bien commode. Si c’est de l’art, il est à la portée de tout le monde, mais il dégoûte les délicats.
- Ce qui n’est pas à la portée de tout le monde, c’est ce qui fait la beauté — par places — de ce livre plein de laideurs. C’est ce qui permet, ce qui oblige de reconnaître les qualités d’observateur et de peintre dont M. Zola a fait preuve dans les portraits comme celui du père Fouan, du berger Soûlas, du fermier Hourdequin, du notaire Bail-lehache, de la servante maîtresse la Cognette,'du curé Godard, de Buteau, de Lise, de Françoise, de Jean Macquart, du garde champêtre Be'cu, et de la sœur du père Fouan, l’implacable, la Grande. Ce sont des scènes comme celles de la donation anticipée, du martyre du père Fouan, de sa mort de la mort de Françoise, de l’incendie de la ferme, de la foire. Il y a là des figures et des tableaux d’une vie intense, puissante, inoubliable. M. Zola a le don rare de peindre et de manier les foules. 11 a le don rare des traits caractéristiques qui font
- p.887 - vue 474/496
-
-
-
- S8S — Troisième Année. — N° 154
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- Dimanche ii Décembre 1887.
- des types de certains de ses personnages. Il a enfin les qualite's et les défauts qui font de ce livre de la Terre tour à tour un mauvais livre qui mérite tous les mépris, et un chef-d’œuvre digne de toutes les admirations.
- M. de Lescure.
- ------- 1— 1 iji i?l M —n
- AVIS COMMERCIAUX
- POSSESSIONS ANGLAISES D’AFRIQUE. — LE CAP
- ARTICLES D’IMPORTATION. — ÉTABLISSEMENTS A FONDER OU EMPLOIS A OCCUPER. — ACHATS DIRECTS
- DE LAINES.
- Le consul de France au Cap termine un rapport sur la situation du commerce delà colonie par les observations suivantes :
- Dynamite.— Je crois devoir appeler d’une façon toute spéciale l’attention de nos fabricants sur le mouvement afférent à la dynamite. Si, comme tout porte à le croire, l’or se trouve en quantités payantes dans les quartz de certaines régions de l’Afrique australe, l’emploi de cet explosif jouera d’ici à quelques mois un rôle essentiel dans la rubrique des réceptions de cette colonie. Il en a été expédié en 1886 pour 99,575 livres sterling, soit i,75i,oo3 livres. L’Allemagne représente dans ce total 556,85o livres (32,584 liv. st.). Je tiens de source certaine que les négociants qui s’occupent au Cap de ce commerce seraient disposés à entrer en rapport d’affaires avec nous, si nous leur faisions des offres avantageuses.
- Machines. — Le commerce des machines agricoles est depuis son début accaparé par l’Angleterre (6,487 livres sterling) et les Etats-Unis (2,201 livres sterling). Nous ne saurions donc chercher à nous créer un débouché pour ce genre de marchandises sans courir le risque d’un insuccès. Mais, par contre, nos ingénieurs devraient profiter de l’absence de toute habitude déjà contractée pour se faire connaître dans cette extrémité du continent africain, à l’occasion de l’exploitation des mines d’or du Transvaal. Ils jouissent d’une réputation trop bien établie pour que le meilleur accueil ne leur soit pas réservé. Les procédés actuels de l’amalgamation laissant beaucoup à désirer, tout perfectionnement qui s’inspirerait de cet ordre d’idées dans la construction des machines leur rapporterait honneur et profit.
- Les envois des six derniers mois de 1886 ont représenté pour l’Angleterre un bénéfice de 37,726 livres sterling.
- Bougies. — Les bougies fines de notre fabrication pourraient être d’un placement courant dans cette extrémité du continent austral. L’Allemagne, profitant des avantages que lui offre l’existence d’un service direct entre Hambourg et le Cap> cherche à monopoliser ce commerce. Elle a envoyé au cours du dernier exercice 41,635 livres de stéarine valant 997 livres sterling. Si nous arrivions à diminuer nos frais de transbordement, nos chances de succès seraient au moins égales.
- Vêtements. — L’Angleterre a expédié en 1886 pour 58,85o livres sterling' de vêtements et pour 43,820 livres sterling de couverture de laine. Ces articles laissent à désirer, en raison de la proportion du coton qui entre dans leur fabrication. Peut-être serait-il possible à nos industriels d’entreprendre l’importation de ces produits.
- Confiseries. — Sous le nom de French confectio-nary, on vend dans les principaux centres de la colonie des chocolats et des fondants qui n’ont qu’une ressemblance fort lointaine avec ceux de nos produits portant ces noms.
- Il suffira sans doute d’appeler l’attention des personnes qui s’occupent de cette branche de notre commerce extérieur, pour les inciter à adres. ser ici quelques-uns de leurs meilleurs produits, l’article de luxe dont il s’agit étant un de ceux où la question de la qualité prime celle du bon marché.
- Modes. — L’Angleterre vient d’expédier au Cap pour plus de dix millions de francs d’articles de modes. Dans ce total figurent les chapeaux, qui, pour la majeure partie, viennent de Paris et n’ont fait que transiter par l’Angleterre. Bien que le prix de ces marchandises soit très élevé, la vente en est pourtant aisée. Une maison de confections et de modes qui s’installerait dans le lieu de ma résidence pourrait donc réussir, sans trop de difficultés, à se créer une clientèle sérieuse, si celui qui en prenait charge parlait l’anglais.
- Soieries. — Cette observation s’applique également aux soieries qui sont presque toujours croisées de coton. Les meilleurs rubans sont français ou vendus comme tels.
- Savons. — La fabrication de savons ordinaires est, avec celle des chandelles, la seule industrie implantée dans la colonie, et comme le suif se vend ici à vil prix, il est inutile de songer à entrer en concurrence avec les industriels indigènes pour ces deux articles. Par contre, les savons fins donnent lieu à un mouvement d’affaires considérable avec l’extérieur. En 1886, les expéditions d’Amérique ont représenté 22,o55 livres, celles d’Allemagne, 1,080 livres, celles d’Australie 26,985 livres, et celles d’Angleterre plus de 7,490,000 livres. Paris et Marseille ont donc au Cap un marché tout trouvé.
- Laines.— Ce sont les besoins de la France et de l’Allemagne qui réglementent le prix des laines du Cap sur le marché de Londres. Actuellement nos fabricants de draps sont dans l’obligation d’accepter une majoration du prix delà matière première.
- L’Allemagne semble avoir renoncé à ces procédés, car on constate qu’elle a établi des représentants à poste fixe dans la colonie et qu’elle a pu effectuer directement, en 1886, des achats représentant 171,889 livres de « fleecewashed », 861,800 livres de « scoured » et 1,919,367 livres de « grease » Les Etats-Unis ont de leur côté importé à New-York, sans payer aucune commission, 5,833,017 livres de « grease wool » et près de 20,000 livres de « scoured ». La Belgique semble, elle aussi, suivre l’impulsion. Nous sommes donc menacés de demeurer la seule grande nation industrielle se perpétuant dans des usages surannés.
- LES THÉÂTRES
- Opéra-Comique: Galathée. —Comédie-Française:
- Début de AZlles Lerault et Rachel Boyer. — Variétés : Nos bons jurés. — Eden-Théatre :
- Brahma.
- La reprise de Galathée à l’Opéra-Comique avait surtout pour but, je crois, de nous faire entendre Mlle Deschamps dans le rôle de Pygmalion et Mme Salla dans celui de Galathée.
- La première a complètement réussi ; bien découplée, d’une allure hardie et douée d’une magnifique voix de mezzo, elle a enlevé avec une véritable maestria la musique de Victor Massé. On lui a fait un réel succès.
- Mme Salla a moins réussi. Plastiquement — bien que la tête se polichinellise de plus en plus — elle a tout ce qu’il faut pour représenter l’œuvre du sculpteur: le bras, les épaules, la jambe sont d’un excellent coup de ciseau, mais la statue qu’elle nous offre rivaliserait mal avec celle de Memnon. Le chant en est criard et les éclats remplacent imparfaitement la méthode. Cependant, on a fait bon accueil à Mme Salla dans l’air de la coupe où elle a fait preuve, et il n’était que temps, d’une certaine virtuosité.
- MM. Herbert-Ganymède et Caisso-Midas sont insuffisants.
- La musique de Massé a, comme toujours, fait un sensible plaisir ; il est regrettable qu’une belle ou même simplement bonne interprétation n’ait pas donné à cet ouvrage le regain de vogue auquel il avait droit.
- Mais l’Opéra-Comique est dans un tel désarroi qu’il faut savoir gré à M. Barbier de se donner du mal pour ce théâtre de province.
- La Comédie-Française si habilement et surtout si hospitalièrement dirigée par le plus aimable des administrateurs, M. Jules Claretie, vient d'augmenter sa collection de jolies pensionnaires.
- Je l’en félicite d’autant plus que j’ai toujours pensé que le physique est indispensable au théâtre surtout pour les femmes et que les disgraciées n’y ont aucune chance, du moins dans le genre littéraire.
- Mlle Legault qui a fait un peu tous les théâtres de genre, vient de finir par où elle aurait dû commencer et la femme s’est décidée à incliner les prétentions de la jeune fille devant la vérité artistique .
- En camp volant au Vaudeville dans la comédie, au Palais-Royal dans la bouffonnerie et à la Porte Saint-Martin dans la féerie, prohpudor, elle a compris qu’une situation moins appointée mais stable dans la maison de Molière, valait encore mieux que les hasards de la fourchette.
- C’est dans le Legs qu’elle débutait. Tout à fait en dehors du jeu classique, elle s’est néanmoins montrée charmante et a beaucoup plu dans sa manière personnelle. La poudre lui sied à ravir et ses charmes féminins très galamment encadrés dans une toilette du meilleur goût lui ont mérité la majorité des suffrages.
- Mlle Rachel Boyer reprenait le rôle de Lisette du Légataire universel qu’elle a déjà joué àl’Odéon.
- Est-ce intimidation, émotion, tentative manquée, au lieu de se livrer à sa nature hardie et en dehors, la jeune artiste a sombré sa voix, étriqué ses gestes et finalement n’a pas apporté au service de son rôle ce qu’elle possède.
- Certes, elle s’est montrée accorte, mais pas assez joyeuse commère.
- On lui a fait néanmoins crédit non seulement sur sa mise, mais sur les preuves de jadis. Seulement il faut que la prochaine fois elle « remonte sur sa bête » et donne tout ce qu’elle a.
- Nos bons jurés n’ont pas réussi, aux Variétés.
- MM. Paul Ferrier etFabrice Carré partant d’une donnée originale, celle de Jean Baudry, la réhabilitation des malfaiteurs, se sont égarés dans les mots d’esprit et les scènes décousues sans donner à leur pièce le fonds qu’elle comportait et c’est bien dommage.
- On a ri par moments et l’on a été rétif par d’autres.
- Comme ce vaudeville ne restera pas longtemps sur la scène, je me dispenserai de le raconter.
- MM. Christian et Baron ont défendu, très vaillamment la position.
- Mlle Mily Meyer a fait également tout ce qu’elle a pu, mais outre que sa petite personne n’est pas de taille à soutenir seule le poids d’un ouvrage, il faut reconnaître qu’elle a été mal servie par son rôle et par des couplets sans portée.
- L’Eden a repris Brahma avec des décors et des costumes remis à neuf et volontiers pimpants.
- Mlle Rivolta n’a pas un tempérament d’étoile, elle remplaçait la Cornalba et n’a pu la faire oublier; mais elle est agréable à voir.
- L’ensemble du ballet mérite la peine d’être vu. Mais ce qu’il y a de plus intéressant à contempler c’est la ligue des messieurs vieux et même jeunes qui, correctement vêtus, au premier rang des fauteuils, célèbrent de la canne sur le parquet les exploits de leurs danseuses de prédilection.
- Très curieux comme étude de mœurs chorégraphiques. ^
- Alfred Delilia.
- Le Gerant, GARREAU.
- Tours. — lmp. E. ARRAULT et , rue de la Préfecture, 6.
- p.888 - vue 475/496
-
-
-
- Le Moniteur
- DE
- L’EXPOSITION DE 1889
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
- TROISIEME ANNÉE.
- Dimanche 18 Décembre 1887.
- NUMERO 155.
- SOMMAIRE :
- I. Les Travaux du Champ-de-Mars ; 2. L’e'clairage électrique à l’Exposition de 1889 ! 3. Décret; 4. Arrêtés ; 5. Bureau des Comités départementaux : Tarn, Gironde; 6. L’Exposition d’économie sociale en 1889; 7. La participation étrangère à l’Exposition de 1889 ; 8. L’Algérie à l’Exposition de 1889; 9. La section coloniale à l’Exposition de 1889 ; 10. Echos; 11. Sciences et Industrie ; 12. Les Livres ; 13. Avis commerciaux; 14. Les Théâtres ; i5. Le Bon Marché.
- Les chantiers de l’Exposition universelle sont toujours en pleine activité et, tandis qu’on achève, au Champ-de-Mars, les fondations des palais des Beaux-Arts, des Arts libéraux et de la galerie des machines, on commence, au Troca-déro, les travaux qui vont transformer le parc actuel. Déjà, sur le quai de Billy, les jardiniers ont fait les plantations nécessaires pour l’Exposition horticole, et on s’occupe activement de la pose des clôtures qui vont interrompre la circulation du public dans les allées du parc.
- En face, sur le quai d’Orsay, on entoure également de clôtures les parties réservées aux bâtiments de l’agriculture.
- On voit donc, d’après l’exposé qui précède, que les travaux de l’Exposition se poursuivent avec une activité qui ne s’est pas arrêtée un seul moment.
- Quant aux questions d’administration, elles étaient presque toutes résolues avant le commencement des incidents parlementaires qui ont empêché les réunions hebdomadaires de la commission de contrôle et de finances.
- Les seules questions importantes sur lesquelles la commission devra statuer dans ses prochaines réunions sont : l’éclairage électrique du soir et le chemin de fer intérieur.
- Sur le premier point, les dernières difficultés Viennent d’être levées par M. Lucien Dautresme, ministre du commerce et de l’industrie, et la commission n’hésitera pas évidemment à adopter le projet qui assure l’ouverture du soir et les fêtes superbes dont l’éclairage électrique doublera l’intérêt.
- Pour le chemin de fer intérieur on avait fait un concours qui n’a pas donné de résultat, et la commission devra statuer définitivement.
- Tout fait donc présager l’achèvement rapide des travaux de l’Exposition, qui s’ouvrira au jour fixé, le 5 mai, ainsi que l’a rappelé M. Lucien Dautresme au banquet des comités d’admission.
- EXPOSITION UNIVERSELLE
- DE 1 8 S 9
- LES TRAVAUX DU CHAMP-DE-MARS
- Quoi qu’en disent certains économistes,quelles que soient les critiques formulées fréquemment à l’égard des expositions, il est indéniable
- qu’aucun argument^ n’a prévalu contre le goût pris par le public à ces tournois industriels, aucune des craintes manifestées par les alarmistes _ n’a pu arrêter l’essor pris par ces concours internationaux, et chacun d’eux a tou-jours^surpassé le précédent en importance et en intérêt sans qu’une seule fois cette marche en avant dans la voie du progrès s’arrêtât ou se ralentît même ; en considérant les préparatifs qui se font aujourd’hui et l’œuvre colossale qui se. prépare, on est tenté de se demander si cette fois le summun n’est pas atteint, si la progression ascendante constatée jusqu’ici ne subira pas forcément un temps d’arrêt à l’avenir et comment s’y prendront ceux qui seront chargés d’organiser les futures expositions pour obtenir un résultat supérieur à celui dont nous constatons chaque jour les éléments. Pour répondre à cette question d’une façon satisfaisante pour nos successeurs il faut être bien pénétré de cette vérité que le champ du progrès est tellement vaste que de nouveaux sillons pourront toujours y être creusés et que l’avenir a constamment démontré combien était téméraire la tendance manifestée à chaque époque de croire que les découvertes réalisées représenteront le dernier mot dans les sciences, les arts ou l’industrie ; chacune de ces branches de l’intelligence humaine voyant se perfectionner ses moyens d’action, il était tout naturel de voir ses manifestations progresser dans la même proportion.
- Quofqu’il en soit, et sans vouloir préjuger de l’avenir, on est en droit de supposer que les perfectionnements qu’on apportera plus tard aux autres exhibitions porteront plutôt sur leur organisation et leur côté artistique que sur leur importance au point de vue de l’étendue, cette dernière semble ne plus pouvoir pratiquement devenir plus grande car un accroissement ininterrompu finirait par en rendre presque impossible, à beaucoup de monde, la visite complète ; déjà cela est difficile dans les conditions actuelles, si difficile même qu’il est nécessaire de créer des moyens de transports intérieurs, la durée du parcours à effectuer pour se rendre de certains points à l’autre constituant une perte de temps considérable et une grande fatigue.
- Dans un autre ordre d’idées, l’augmentation de surface ôterait évidemment à l’ensemble le caractère d’unité qui lui convient; dans l’impossibilité où seraient les visiteurs d’étudier suffisamment la totalité de l’œuvre, fisse cantonneraient dans l’examen des spécialités, chacun dans celle qui l’intéresserait particulièrement et il en résulterait en quelque sorte la formation d’une masse de petites expositions quasi indépendantes, ce qui constituerait un véritable réveil dans la voie du progrès. Du reste, il est probable que cette hypothèse ne se réalisera pas, car les motifs, qui justifiaient jusqu’à présent cet accroissement constant, n’existeront pour ainsi dire plus : en effet,les moyens de communications devenant plus nombreux et plus faciles, les demandesd’admission allaient toujours en augmentant, mais maintenant que lesdits moyens ont à peu près atteint leur perfection et que les plus grands voyages se font avec beaucoup de facilité et de sécurité, le nombre des exposants ne croîtra plus autant qu’autre-fois, il n’y aura donc pas lieu de s’étendre autant qu’on le faisait pour trouver la place nécessaire et tous les efforts pourront se concentrer sur les autres points de l’organisation : les aménagements, la décoration, les constructions
- qu’on pourra faire, et plus belles et peut-être plus hardies encore, bien que celles actuellement en cours d’exécution le soient d’une remarquable façon et laissent difficilement concevoir d’autre progrès en ce genre.
- Quelque confiance qu’aient en général les inventeurs dans le succès de leurs entreprises, il était difficile de prévoir celui qu’auraient les expositions, et lorsqu’en 1798,François deNeuf-château, ministre du Directoire, eut l’idée du concours industriel du Champ-de-Mars on l’eût bien étonné en lui prédisant que le petit temple qu’il fit alors édifier pour recevoir quelques produits exclusivement français, et qui n’occupait qu’une infime portion de la plaine, s’agrandirait successivement jusqu’à envahir les quais, l’esplanade des Invalides et même leTrocadéro, terrains absolument vagues à cette époque ; son étonnement se serait encore accru s’il eût pu deviner que les cent dix personnes qui répondirent à son appel et participèrent à cette fête du travail feraient place à des milliers d’exposants apportant de tous les points du globe les fruits de leur intelligence et de leur industrie ; enfin il eût taxé de folie celui qui lui aurait dit que les préparatifs, pour lesquels quelques jours lui avaient suffi, prendraient un tel développement qu’on serait obligé, cent ans plus tard, de s’en occuper quatre années à l’avance, et pourtant nous voyons par expérience que ce laps de temps n’est que bien juste ce qu’il faut pour tout préparer.
- Sans même remonter aussi loin dans l’histoire et pour ne prendre d’exemples que dans des faits presque contemporains, quelles profondes modifications ont successivement subi les trois étapes de 1855, 1867 et 1878. Laissons de côté l’exposition de 1855 qui, dans son temps, fut cqnsidérée comme des plus importantes et dont nous pouvons nous rendre compte puisque le palais de l’Industrie en est resté comme le témoignagne visible. Si nous nous reportons en 1867, nous constatons que le concours qui eut lieu alors fut, jusqu’à son ouverture, l’objet de nombreuses critiques : c’était trop grand, on se perdrait, on ne pourrait jamais remplir cet énorme palais ! et pourtant le succès fut tellement complet que les espaces prévus furent à peine suffisants.
- Les mêmes critiques se renouvelèrent onze ans plus tard lorsqu’on projeta d’étendre encore l’enceinte de l’exposition et d’augmenter les dimensions des bâtiments. Le merveilleux résultat. atteint par la manifestation pacifique de 1878 démontra que les prévisions des organisateurs étaient sages et que le terrain réservé était à peine assez grand pour contenir la foule qui s’y pressait à certains jours. Cette fois encore, on peut, sans être prophète, prédire qu’il en sera probablement ae même et lorsqu’en 1889 on visitera ces gigantesques galeries, qu’on se promènera dans ces immenses jardins et qu’on circulera avec difficulté entre mille sujets d’attraction, on comprendra l’utilité d’avoir réservé à toutes les merveilles offertes à l’admiration des visiteurs un cadre digne d’elle. Quant à l’avenir, réservons notre opinion qui risquerait d’être démentie par les faits et, tout en pensant que les expositions futures n’auront guère la possibilité de s’étendre davantage, gardons-nous de l’affirmer : nul ne peut prévoir où s’arrêtera cette tendance à faire de plus en plus grand.
- Du reste, en relisant certains documents antérieurs à des choses passées, on voit combien
- p.889 - vue 476/496
-
-
-
- N° 154
- LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE 1889
- Dimanche 11 Décembre 1887
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1889
- »
- TOUR EIFFEL
- ÉCHAFAUDAGE D’UN PILIER
- pl.n.n. - vue 477/496
-
-
-
- 890. — Troisième Année. — Nû i55.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- Dimanche 18 Décembre 1887.
- i\ est bon d’être sobre d’appréciations et nous ne pouvons mieux terminer les commentaires auxquels nous venons de nous livrer qu’en citant une phrase extraite d’un journal daté du mois de décembre 1866. qui décrit l’exposition de l’année suivante ; après être entré dans d’assez grands détails il ajoute : «En attendant cette dernière et magnifique exhibition dés chefs-d’œuvre de l’art et de l’industrie du monde entier, la France se prépare.... » Ainsi donc voici en quels termes on parlait il y a vingt ans d’un palais de 16 hectares de superficie qu’on qualifiait de dernier mot du progrès. Que faudrait-il dire alors des constructions projetées pour 1889, dont les moins importantes ont presque cette étendue et dont une seule, la Tour de 3oo'n, loin d’être achevée, a déjà absorbé près de 2,000,000 de kilogrammes de fer ! Le meilleur encore est de s’abstenir de préjuger et de se contenter d’enregistrer les progrès au fur et à mesure de leur réalisation,
- Puisque nous venons de citer le poids du fer actuellement amené sur le chantier de M. Eiffel, ajoutons que chaque mois les pièces manufacturées qu’on y apporte forment un total de 3oo tonnes en moyenne.
- En attendant l’achèvement des deux charpentes de 43 mètres qui se trouvent dans l’axe du Champ-de-Mars, on a commencé depuis huit jours à utiliser les deux qui sont terminées et on peut, dès à présent, voir en place les premiers treillis des poutres qui relieront respectivement les piliers 1 et 2, et 3 et 4 ; vus d’en bas, ces treillis, d’une section d’environ om6o, semblent de fines lignes noires se détachant sur le ciel et leur aspect, absolument léger, ne donne qu’une idée très imparfaite des efforts nécessités par leur mise en place.
- C’est maintenant, en voyant exécuter le travail, qu’on peut apprécier toute l’habileté dont on a fait preuve dans les prévisions relatives au montage, grâce à l’énorme porte à faux de la plate-forme des charpentes et à l’encorbellement cjui règne autour de chaque pilier, l’espace vide que doivent franchir les pièces métalliques se trouve réduit à 5 ou 6 m., ce qui fait que les treillis constituant les poutres de jonction reposent, dans presque toute leur étendue, sur un appui solide et large où les ouvriers sont absolument à l’aise pour travailler.
- Si on désire avoir un terme de comparaison pour l’évaluation des hauteurs, nous pouvons faire remarquer que la distance entre le dessous de la poutre de jonction est de 44m5o, cette hauteur, dans le terrain nu où s’élève les constructions, perd une partie de son importance qu’on apprécierait bien mieux s’il se trouvait aux alentours quelque bâtiment pouvant servir de point de repère ; néanmoins les dimensions réduites sous lesquelles apparaissent les travailleurs perchés en haut des échafaudages permettent déjà de voir que l’œuvre à laquelle ils collaborent n’est pas une entreprise ordinaire.
- Des escaliers en fer, dont nous avons signalé la mise en place, ont été substitués aux escaliers en bois dans les piliers 2 et 4, il ont 1 m. de largeur et sont constitués par des tronçons dont l’inclinaison est contrariée; le tout est maintenu par des tiges de fer verticales qui, reliées à chaque pilier, viennent se fixer par leur extrémité supérieure à l’arbaletrier extérieur du pilier. L’escalier est donc ainsi comme suspendu à l’intérieur et prend, grâce à cette disposition, un caractère de légèreté en harmonie parfaite avec l’ensemble du projet.
- Le point de départ est à la première entretoise au bas, près l’arbalétrier supérieur ; deux tronçons de 2 5 marches chacun, séparés par un joalierj, se dirigent dans le sens de la pente du pilier et aboutissent à un deuxième palier d’où part un troisième tronçon de 2 5 marches dirigé suivant une inclinaison opposée, la série se continue ainsi jusqu’en haut par fraction de deux étages allant vers l’intérieur de la tour et d’un étage dans le sens contraire.
- Les marches sont en bois et les contremarches en fer ; ces dernières, qui n’existaient pas dans les escaliers provisoires en bois, ont été jugées utiles afin de ne pas laisser d’ouvertures susceptibles d’être la cause d’accidents et de soustraire les visiteurs à la sensation du vide, sensation qu'ils éprouveraient certainement si le regard pouvait passer à travers les marches pendant la montée ; enfin, de chaque côté, on est protégé par une balustrade formée de quatre tiges de fer parallèles suivant la pente de l’escalier et maintenue de mètre en mètre par une piècede fer verticale.Quelque pénible que puisse
- être une ascension à une si grande élévation il est certain que l’aspect tout à la fois coquet et rassurant de l’escalier engagera maints visiteurs à l’utiliser; maintenant, iront-ils jusqu’au bout? c’est moins probable et la fatigue forcera beaucoup d’entre eux à continuer la montée en employant les moyens mécaniques, de préférence aux moyens naturels; c’est fort compréhensible du reste, car en supposant qu’un homme puisse s’élever d’un mouvement continu, sans aucun repos, jusqu’à une hauteur de i5om seulement, il lui faudrait employer environ 45 minutes, il est douteux que des jambes soient capables de résister à une telle dépense d’énergie.
- H. DE BAECKER.
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- A L’EXPOSITION
- La question de l’éclairage électrique à l’Exposition de 1889 vient d’être résolue parla commission de contrôle et finances dans sa séance d’aujourd’hui.
- Les principaux électriciens se sont réunis en syndicat pour une exposition collective. Ils offrent de faire les frais d’éclairage à leurs risques et périls, moyennant la perception de la moitié du droit d’entrée, qui serait fixé à 2 francs pour la soirée. Cette perception aurait lieu jusqu’à concurrence des 2 millions que les exposants électriciens estiment nécessaires pour leur installation. A partir dés 2 millions, l’Etat entrerait en participation dans les bénéfices réalisés. La société de garantie percevrait 1 franc sur chaque entrée.
- Ce projet a été vivement combattu par M. Albert Christophle au nom de la société de garantie. Un article de la loi dispose en effet que toutes les recettes appartiennent avant tout à cett^&pciété, M. Christophle réclamait donc l’intégralfe de la recette au nom des actionnaires.
- MM. Alphand et Prevet ont soutenu, en s’appuyant sur un avis du Conseil d’Etat, que les intérêts de la société de garantie ne seraient nullement lésés, puisque la recette du soir était une ressource nouvelle, non prévue avant l’organisation de l’Exposition.
- M. Albert Christophle a fait toutes ses réserves sur cette théorie, et l’on a passé au vote.
- La commission a adopté le principe du contrat à passer avec le syndicat des électriciens par 17 voix contre 8.
- Une commission spéciale étudiera le projet de traité, puis le soumettra à la commission du contrôle et de finances.
- La commission d’études est composée du président de chacune des sous-commissions d’organisation, de finances et de construction, et d’un délégué par sous-commission.
- Les sous-commissions vont être prochainement convoquées à l’effet de nommer ces délégués.
- DÉCRET
- nommant un membre de la commission de contrôle et de finances de Y Exposition de 188 g.
- Le i3 décembre a été rendu un décret ainsi conçu :
- Art. ier. — Est nommé membre de la commission consultative de contrôle et de finances de l’Exposition universelle de 1889, sous la présidence du ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général (pour représenter l’Etat) en remplacement de M. Tirard, nommé ministre des finances, président du conseil des ministres, M. Maurice Rouvier, député.
- Art. 2. — M. Rouvier est nommé vice-président de la commission de contrôle et de finances, dans les conditions définies par le Règlement général, en remplacement de M. Tirard.
- Art. 3. — Le ministre du commerce et de l’industrie est chargé de l’exécution du présent décret qui sera publié au Journal officiel de la République française.
- r~TT— ^ TT ~
- ARRÊTÉ
- Instituant les comités d’installation pour les classes des groupes 2, 3, 4, 5, 6, 7 et 8 à VExposition de 1889.
- Art. ier. — Il est institué pour chacune des classes des groupes 2, 3, 4, 5, 6, 7 et8 un «comité d’installation».
- Art. 2. — Les comités d’installation sont chargés :
- i° De répartir entre les exposants admis, et conformément aux décisions des comités d’admission, les espaces attribués à chaque classe ;
- 20 De dresser les plans d’installation spéciaux à chaque classe, en se conformant, pour la déclaration des espaces accordés, aux ensembles et types particuliers déterminés par l’administration pour chaque groupe;
- Ces plans d’installation et de décoration devront, en tout cas, être approuvés par l’administration avant toute exécution;
- 3° D’établir le devis général des dépenses d’installation et de décoration des salles de classes et celui des frais de gardiennage et d’entretien;
- 40 De faire la répartition de ces dépenses et de ces frais entre les exposants et d’accord avec eux ;
- 5° De percevoir le montant de ce qui sera dû par chaque exposant, sans aucune intervention ni aucune responsabilité de la part de l’administration, et de régler les mémoires des entrepreneurs, ainsi que toutes les dépenses courantes.
- Art. 3. — Pour chacune des classes des groupes-II, III, IV, V, VI, VII, VIII, le bureau du comité d’admission deviendra celui du comité d’installation de la même classe.
- Le comité d’installation de chaque classe sera,, en outre, composé:
- i° De quatre membres exposants du comité d’admission nommés par le ministre. Ce nombre pourra être réduit à deux pour certaines-classes ;
- 20 De quatre membres pris parmi les exposants-admis de la classe et élus par ces derniers. Ces-quatre derniers membres pourront, comme les-quatre premiers, être pris au sein du comité d’admission.
- Le secrétaire du comité d’installation fera fonctions de trésorier, ou un trésorier spécial pourra, être élu parmi les membres.
- Art. 4. — Les comités d’admission des classes-du groupe 9 feront fonctions de comités d’installation, pendant toute la durée des concours et des expositions temporaires d’horticulture.
- Art. 5. —- Chaque comité d’installation de classe-devra faire agréer par M. le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général, conformément à l’article 3 du décret présidentiel du 28 juillet 1886, un architecte ou un ingénieur chargé des travaux collectifs d’installation et de décoration de la classe, à exécuter sous la surveillance immédiate et s®us le contrôle des agents de la directions générale de l’exploitation.
- Art. 6. — Le directeur général de l’exploitation pourra assister à toutes les séances des comités-d’installation.
- Il pourra se faire présenter par le chef du service des sections françaises, le chef du service-mécanique et électrique, et le chef du service des-installations intérieures, chacun en ce qui concerne leurs attributions.
- Art. 7. —. Les comités de groupe et le comité-supérieur de révision institués par les articles 4 et 6 de l’arrêté ministériel du 11 mars 1887, concernant les comités d’admission, connaîtront de toutes les contestations qui pourront s’élever entre les comités d’installation,
- Art. 8. — Les comités d’installation seront: formés de façon à entrer en fonctions dès le 1 5 février 1888, la date arrêtée comme dernier délai pour le dépôt des demandes d’admission étant, fixée au ier février 1888.
- —1--------- "iTïii i Ûi T fi? ~~ --------
- ARRÊTÉ
- nommant un membre du comité d'admission
- Par arrêté en date du 10 décembre 1887, le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a nommé membre des comités d’admission, pour la classe 65 (matériel de la navigation et du sauvetage), M. le lieutenant de vaisseau de Poret, en remplacement de M. de Percin, démissionnaire.
- ------ fi—H-> rtSBru—----
- ARRÊTÉ
- nommant un membre du comité d'organisation de l’Exposition rétrospective du travail et des sciences anthropologiques.
- Par arrêté en date du 10 décembre 1887, ministre du commerce et de l’Industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a nommé membre du comité d’organisation de
- p.890 - vue 478/496
-
-
-
- Troisième Année. — N° 1 h5-
- LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 18 Décembre 1887. — S91.
- l’exposition rétrospective du travail et des sciences anthropologiques, section IV (Moyens de transport), M. Sartiaux, chef-adjoint de l’exploitation de la compagnie du chemin de fer du Nord, en remplacement de M. Sadi Carnot.
- BUREAUX DES
- COMITÉS DÉPARTEMENTAUX
- TARN
- Comité départemental
- Président : M. Monestié, président du Tribunal de commerce, à Albi. — Vice-présidents : MM. Espinasse, directeur des Aciéries du Saut du Tarn, à St-Juéry; Coste, Hippolyte, président de la chambre de commerce, à Castres; Dupuy-Du-temps, avocat, maire, conseiller général, à Gaillac; Cambefort, notaire et maire. — Secrétaire général : M. Tamboulives, pharmacien de ir0 classe, •à Albi. — Secrétaires adjoints : MM. Aussel, pépiniériste, à Albi; Calvignac, secrétaire de la chambre syndicale des ouvriers mineurs, à Carmaux ; Joli-'bois, archiviste du département, à Albi ; Revelli, Juge au tribunal de commerce à Albi.
- Sous-comité de Varrondissement d’Albi'
- Président : M. Espinasse, directeur des Aciéries du Saut du Tarn, à Saint-Juéry. — Vice-président : M. Moffre, directeur de la Verrerie, à Car-man. —Secrétaire : M. Mathieu, chef de division à la Préfecture, à Albi.
- Soas-comité de Varrondissement de Castres
- Président : M. Coste, Hippolyte, papetier, pré--sident de la chambre de commerce, à Castres. — Vice-présidents : MM. deLastours, François, propriétaire, président du comice agricole, à Castres; Alba-Lasource, fabricant de draps, membre de la .chambre de commerce de Castres à Mazamet ; Barthe, Eugène, fabricant de draps, à Labastide-Rouairoux. — Secrétaires : MM. Bardou, Paul, propriétaire horticulteur, marchand de nouveautés, .à Castres; Cros, Auguste, marchand de fer, à Castres ; Sabatié, Charles, négociant en laines, à Mazamet; Vabre, Auguste, fabricant de draps, à Labastide-Rouairoux.
- Sous-comité de l’arrondissement de Gaillac.
- Président : M. Dupuy-Dutemps, avocat, maire, .conseiller général, à Gaillac. — Vice-président: M. Darchy (Eugène), principal au collège, à Gail-Jac. — Secrétaires : MM. Barbe (Jean-Louis), fabricant de vinaigres, à Gaillac ; Durel (Léon), -horloger-bijoutier, à Gaillac.
- Sous-comité de Varrondissement de Lavaur.
- Président : M. Cambefort, notaire et maire, à Lavaur. —• Vice-président : M. Espénan, viticulteur, à Lavaur. — Secrétaires: MM. Ramière, instituteur, à Graulhet; Terson, docteur-médecin, maire, à Puylauren ; E. Conpayré, conseiller général, maire, à Teyssodes ; Julien, distillateur-liquoriste, à Lavaur.
- GIRONDE
- Sous-comité de l’arrondissement de Baqas
- Président: M. Alexandre Léon, conseiller général, à Bordeaux. — Vice-présidents : MM. Ser-vière, conseiller général, maire de Bazas ; Callen (Numa), sénateur-propriétaire, à Saint-Sympho-rien. — Secrétaires : MM. Courrégélongue (Marcel), propriétaire à Bazas ; Brassens, banquier, propriétaire à Langon.
- L'EXPOSITION D'ÉCONOMIE SOCIALE
- EN 1889
- {Suite)
- ENQUÊTE
- QUESTIONNAIRE
- Section IV
- Apprentissage
- I. — APPRENTISSAGE DANS UaTELIER
- 49. Généralités sur l’atelier. — Définition de l’atelier et des travaux qui s’y opèrent. — Nombre des ouvriers.
- Nombre des apprentis classés par-âge et par
- durée de séjour. — Principes guidant leur recrutement. (Préférence donnée aux fils d’ouvriers de l’atelier ; — aux élèves exercés au maniement des outils dans l’école primaire ; — au degré d’instruction.)
- Le nombre des apprentis est-il limité dans votre industrie ? — Principes, sanction et résultats de cette limitation.
- 50. Rapports entre le patron et l’apprenti. —
- Condition d’admission des apprentis. — Durée de l’apprentissage.
- Existe-t-il un contrat d’apprentissage écrit ou verbal ? — Quelles sont ses clauses? — Quelle est sa sanction ? Est-il généralement exécuté?
- L’apprenti est-il nourri, couché ?— Rétributions payées par sa famille ou touchées par lui: lesquelles ? — au bout de combien de temps ?
- Rapports avec les parents et les tuteurs pendant l’apprentissage.
- 51. Méthodes d’apprentissage. — L’apprenti est-il successivement initié aux divers travaux de l’atelier ?
- Peut-il immédiatement coopérer à des travaux utiles ou doit-il apprendre d’abord les premiers éléments du métier sous la direction d’un ouvrier exercé ? — Perte de temps et de matières pour cet apprentissage.
- Quel est le procédé qui développe le mieux chez l’apprenti le goût du travail? (Est-ce quand il collabore à des ouvrages destinés à la clientèle ou quand il exécute des travaux spéciaux en vue de son instruction professionnelle ?)
- Système de récompenses pour exciter le zèle des apprentis.
- 52. Résultats de l’apprentissage. — Quelle influence l’apprentissage exerce-t-il sur le développement physique, professionnel, intellectuel et moral de l’apprenti ?
- Que devient l’apprenti à la fin de l’apprentissage?
- — Quelle est alors sa rétribution moyenne comme ouvrier ? — Est-il recherché ? Est-il préféré aux élèves sortis des écoles professionnelles ? Reste-t-il dans l’atelier? — Est-il utile qu’il se déplace ou change de maison pour compléter son savoir professionnel? — Revient-il à l’acelier après ce déplacement? — La maison compte-t-elle parmi ses employés, contremaîtres et ouvriers, plusieurs de ses anciens apprentis ? Combien par grade ? — Les apprentis ont-ils formé entre eux une société amicale pour secours aux camarades appelés sous les drapeaux ?
- Constitution d’unp écule au profit de l’apprenti.— Emploi de ce pécule. — Habitudes d’épargne (inspirées aux apprentis par la délivrance de livrets delà caisse d’épargne et de la caisse de retraites pour la vieillesse, ou par la participation aux institutions de prévoyance de la maison ou du milieu, telles que sociétés de secours mutuels, caisses de retraite, etc. )
- II. — ENSEIGNEMENT PROFESSION N El.
- 53. Ecoles d’apprentis spéciales à un atelier.
- Le patron qui aura une école de ce genre dans son atelier répondra d’abord aux questions des paragraphes qui précèdent et, en outre, aux question suivantes :
- Nature de l’enseignement. — Ses dispositions générales. — Programme et organisation des cours.
- 54. Cours professionnels en dehors de l’atelier. —
- Par qui sont-ils fondés ? — Organisation. Budget. — Local.
- Recrutement du personnel enseignant. — Est-il rétribué ?
- Programme des cours. — (Sont-ils accompagnés d’exercices pratiques ? Comprennent-ils des notions d’économie sociale, principalement en ce qui concerne les sociétés de secours mutuels, les assurances, les caisses d’épargne et de retraite ?;
- Recrutement et composition du personnel enseigné.— Fréquentation des cours. — Résultats.
- 55. Ecoles professionnelles (1).,—• Nature de l’école. — Est-elle instituée par l’Etat, — par une municipalité, — par une chambre de commerce,
- — par un syndicat ? — Est-elle spéciale à une profession ou en embrasse-t-elle plusieurs? — Dans ce cas, les énumérer.
- A-t-elle pour objet de former des ouvriers ou des contremaîtres ?
- Histoire de l’école. — Situation financière. — Pudget. — Dépense moyenne par élève. — Nombre des élèves depuis l’origine.
- Conditions d’admission des élèves internes ou externes. — Prix de la pension, —- du trousseau.
- — Bourses. — Discipline. — Cantine.
- Programme détaillé des cours. — Nature et recrutement du personnel enseignant.— Temps consacré aux travaux pratiques. — Leur organisation au sein de l’école. — Qui fournit la matière pre-
- (1) La classe VI de la classification générale comprend spécialement les modèles et le matériel de eet enseignement, qui appartient, par son côté intellectuel et professionnel, à l’exposition d'Êconomie sociale.
- mjère qu’ils élaborent ? — Leur travail s’applique-t-il à des produits marchands ou à des objets de démonstration ? — Que fait-on de ces produits ?
- Les élèves ont-ils une prime sur les résultats de leur travail ? — Sont-ils spécialisés ou coopèrent-ils à des travaux variés ?
- _ Durée du séjour réglementaire. — Durée effective. — Proportion des élèves abandonnant l’école avant l’achevèment des études. — Que fait-on pour retenir les élèves jusqu’à la fin de l’enseignement ? (Examens de sortie. — Certificats. — Diplôme. — Haute paye. — Contrats). Que deviennent les élèves à la sonie de l’école ? Sont-ils recherchés ?
- Ont-ils formé entre eux une société d’anciens élèves ? Son organisation et ses résultats.
- 56. Ecoles ménagères pour enseigner aux jeunes filles la tenue du ménage. — Histoire. — Organisation technique et financière de ces écoles. — Budget. — Recrutement. — Programmes (couture, blanchissage et repassage, cuisine, panification, hygiène, ménage, pansements, comptabilité, domestique). — Résultats.
- 57. Orphelinats industriels ou agricoles. — Qu-vroirs. — Caractère et objet de l’établissement. — Reçoit-il des orphelins, des enfants moralement abandonnés ?
- Histoire. — Organisation. — Recrutement des enfants. — Conditions d’admission : — Age. — Sexe. — Prix de la pension. — Durée du séjour.
- Nature des travaux. — Proportion de temps consacré à l’enseignemenr technique et au travail manuel (par jour, par semaine, par an).
- S’il s’agit d’une exploitation agricole, indiquer la surface, le nombre d’hectares cultivés, l’assolement, le mode de culture, les récoltes obtenues.
- Si l'établissement est industriel, quels sont les métiers enseignés? — Forme-t-on des spécialistes ou des ouvriers complets?— Les enfants sont-ils disséminés ou groupés?
- Méthodes et programmes de l’enseignement technique. — Outre cet enseignement, donne-t-on un enseignement moral, civique, religieux ?
- Recrutement du personnel enseignant.
- Conditions de la vie matérielle : — Nourriture.
- — Trousseau. — Hygiène. — Repos. — Dortoir ou chambres séparées. — Surveillance. — Règles disciplinaires . — Personnel des surveillants (laïques, congréganistes, anciens militaires). — Pénalités. — Récompenses (prix, livrets, primes, salaires, pécule de sortie).
- Rapports des‘enfants avec leur famille, — avec les habitants du pays. — Leur concours est-il prêté aux exploitations du voisinage ? — Dans quelles conditions ? Rentrent-ils périodiquement à la maison-mère ?
- Budget de l’institution. — Ressources financières (dons, cotisations, subventions publiques ou particulières). — Produit du travail des enfants et son chiffre proportionnel dans la recette totale. — Dépenses d’un enfant par jour, par an, pendant la durée moyenne du séjour. — Balance annuelle des comptes.— Situation financière.
- Résultats de l’institution. — Services rendus. — Récompenses obtenues. — Que deviennent les enfants à leur sortie de la maison ? — Statistique. — Trouvent-ils à s’installer dans la localité ou s’en éloignent-ils ?
- III. — SOCIÉTÉS DE PATRONAGE
- 58. Nature, services et objets de la Société de patronage. — Son organisation. — Ses statuts et ses règlements. — S’applique-t-elle à une seule profession ou à toutes les professions indistinctement?
- Procédés mis en oeuvre pour surveiller l’exécution du contrat écrit ou verbal d’apprentissage, sauvegarder la moralité, la santé et l’instruction professionnelle des apprentis, les placer à leur sortie. — Intervention en cas de difficultés entre ceux-ci et leur patron.
- Réunion des enfants à intervalles déterminés ou le dimanche. — Jeux. — Cantines. _— Cours du soir. — Concours annuels. — Distribution de prix.
- Budget de la société. — Recettes et dépenses.
- — Résultats.
- Section V.
- Sociétés de Secours mutuels
- Nota, — L’enquête pour l’Exposition d’Econo-mie sociale ne pouvant faire double emploi, en ce qui concerne la France, avec celle à laquelle procède annuellement le Ministère de l’intérieur, le questionnaire ci-après ne devra être envoyé qu’aux sociétés dont il y aurait intérêt à mettre en lumière quelques particularités caractéristiques ou qui se recommanderaient par un mérite exceptionnel.
- I. — GÉNÉRALITÉS.
- 59. Définition de la Société. — Société de se-cours mutuels : Friendly Society Knappschaft, etc.
- Sa situation au regard de la loi de son pays.
- p.891 - vue 479/496
-
-
-
- 892. — Troisième Année. — N° 155.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- Dimanche 18 Décembre 1887.
- (Est-elle reconnue d’utilité publique, approuvée, autorisée, enregistrée ? — Est-elle obligatoire ?)
- 60 Éléments qui la constituent.— Est-elle recrutée avec les adhérents d’une même circonscription d’un même atelier, d’une même industrie ou profession ? — Comprend-elle des membres honoraires?— Admet-elle les deux sexes; — les enfants ?
- 61. Histoire de la Société. — Date de sa fondation; — nom de ses fondateurs; — ses principales phases. — Particularités coutumières.
- 62. Personnel. — Tableau de l’effectif depuis l’origine ou au moins pour les dix dernières années (si l’âge delà société le permet), en décomposant cet effectif par catégories (membres honoraires, membres participants. — Distinguer, dans ces catégories, les hommes, les femmes et les enfants). — Age et causes principales des décès des sociétaires morts en 1887.
- 63. Organisation, administration. — Présidence, conseil d’administration, commission permanente.
- — Intervention de l’Etat, — de la corporation ou des syndicats, — de la commune, — des patrons. (Diverses formes de caisses pour la grande et la petite industrie. — Caisses communales, patronales, syndicales ou libres. — Stadtischen, Zwangskassen,— Fabrikkassen, — Freiekassen ( 1)
- 64. Rapports avec d’autres institutions. — La
- Société est-elle liée avec des sociétés analogues pour le passage éventuel de ses membres à ces dernières ou réciproquement ? — Mécanisme de ces rapports.
- Existe-t-il entre elle et les autres sociétés du département une convention en vue de la coassurance pour les maladies prolongées?
- A-t-elle des rapports avec d’autres institutions, et lesquels? (Compagnies d’assurances, associations syndicales, sociétés de consommation, sociétés immobilières, Buildings Soeieties, sociétés de crédit, caisses d’épargne et de retraite, chambre consultative des sociétés de secours mutuels, etc.
- Dépend-elle d’une corporation, d’une commune, s’il s’agit d’un pays où l’assurance contre la maladie est obligatoire ? Organisation et fonctionnement.
- 65. Particularités diverses n’ayant pas trouvé place dans les questions précédentes.
- Il — OBJET DE LA SOCIETE
- 66. Secours en cas de maladie. —Soins médicaux et médicaments. — Dispensaires. — Traitement thermal. — Séjour à l’hôpital. — Secours aux femmes en couches; aux enfants. —Secours à domicile. — Soins de convalescence.
- Restrictions et contrôle. (Maladies exclues ; visiteurs.)
- Indemnité de chômage pour cause de maladie.
- — Conditions et limitation de cette indemnité. — Précautions contre les abus. — Participation simultanée à plusieurs sociétés.
- 67. Secours en cas de chômage industriel. — Allocations pour soutenir le sociétaire privé de tra-trail.
- Placement du sociétaire sans emploi. —Secours en travail. — Organisation de ce service et résultats obtenus.
- 68. Secours pour la vieillesse. — Pensions de retraite. — Taux de ces pensions. — Calculs sur lesquels on l’appuie. — Conditions pour la délivrance des pensions.
- Le pensionnaire continue-t-il à verser une cotisation ;— à bénéficier des secours de diverses natures attribués aux membres participants ?
- Nombre des pensionnaires depuis l’origine et au moins pour les dix dernières années (si la société remonte au delà de 1876). Prévisions d’avenir. — Secours aux vieillards infirmes et incurables.
- 69. Secours en cas de décès. — Frais funéraires.
- — Taux de ces frais. — Délégations pour les funérailles.
- Secours aux veuves et aux orphelins. — Taux et conditions.
- 70. Assurances diverses. — La Société a-t-elle contracté une assurance collective : sur la vie ; —. en cas d’accident ; — en cas d’incendie.
- Taux de l’assurance. — Somme assurée en cas d’accident ; — de décès.
- III. — ORGANISATION FINANCIÈRE
- 71. Recettes de la Société en 1887. — Cotisation des membres honoraires, des membres participants (hommes, femmes et enfants). — Droit d’admission ou de diplôme. —• Le taux de la cotisation ou du droit d’admission varie-t-il pour le membre participant suivant le sexe, l’âge, l’emploi, le salaire ?
- Amendes. — Conditions et taux. — Produit.
- <J) L°is allemandes des 7 avril 1876, 8 avril 1877, i5 juin low, 28 mai 1885,rendant obligatoire l’assurance des ouvriers contre la maladie. — Loi autrichienne du i5 mars i883.
- Subventions spontanées ou légales de l’Etat, des communes, des patrons.— Dons et legs.
- Intérêts des fonds placés.
- Recettes diverses. (Concerts, bals, etc.)
- Récapitulation des recettes.
- 72. Dépenses de la Société en 1887. — Frais généraux. (Local, secrétariat, imprimés.)
- Secours médicaux et pharmaceutiques. — Nombre de membres secourus (hommes, femmes, en-fafits). — Dépense totale et par tête.
- Indemnités de chômage. — Nombre de journées de maladie (en distinguant les hommes, les femmes et les enfants).
- Service des retraites. — Versements pour le fonds de retraite et versements facultatifs.
- Secours aux vieillards infirmes et incurables. — Nombre de vieillards secourus. (Dépense totale et par tête).
- Frais funéraires. (Total et par tête).
- Secours aux veuves et aux orphelins. —Nombre de personnes secourues. Dépense totale, — par tête).
- Assurances collectives. — Leurs charges par catégorie d’assurances.
- Récapitulation des dépenses.
- 73. Situation financière à la fin de 1887.
- Tableau des bilans successifs (depuis l’origine ou au moins pour les dix dernières années, si la fondation est antérieure à 1876).
- Encaisse. — Réserves. — Comptes du capital engagé. —Fonds de retraites.
- # Placements.—Garanties et contrôle de la gestion financière.
- Section VI
- Caisses de retraites et rentes viagères.
- I. - INSTITUTIONS OFFICIELLES
- L’enquête n’a pas à faire double emploi avec les documents officiels qui, pour la plupart des pays, analysent avec détail les institutions comprises dans ce chapitre (caisses d’Etat, de provinces, de départements, de villes, etc.) Les comités chargés d’y procéder devront en conséquence réunir avec soin tous ces documents pour leur circonscription et se borner à les compléter, en insistant sur les particularités locales qui distingueraient telle ou telle de ces institutions.
- Pour les pays ou ces documents manqueraient de précision, 'il sera bon d’adresser ce questionnaire à quelques institutions choisies de manière à servir de type moyen pour les établissements analogues, enles invitant à répondre aux questions suivantes :
- 74. Définition de l’établissement. — Son histoire. — Origine. Phases diverses.
- Organisation légale et administrative.
- 75. Fonctionnement et administration de la caisse.
- Règles adoptées pour le calcul et la fixation des retraites.
- _ Taux de l’intérêt servant de base à la capitalisation. (Ce taux est-il fixé d’avance ou annuellement ? — Est-ce le taux courant des capitaux ? — Un taux de faveur est-il consenti par l’Etat, au moins dans certains cas ? — L’institution admet-elle d’autres modes de bonification que ce taux de faveur consenti par l’Etat ? — Dans quel cas ?)
- Tables de mortalité en usage. — Observations auxquelles elles donnent lieu.
- 76. Régime des pensions servies par l’Etat.
- Conditions des versements. — Leurs limites. —
- Capital aliéné ou réservé.
- Droits de la femme mariée.
- Age de l’entrée en jouissance.
- Insaisissabilité de la pension.
- 77. Personnel. — Nombre des adhérents depuis l’origine. — Leur répartition entre les diverses classes de la population.
- Nombre des pensionnaires.
- 178. Résultats financiers. — Opération de la caisse depuis l’origine.
- Montant des versements par année. (Distinguer les versements. individuels et ceux qui sont faits par des collectivités : administrations publiques ou privées, sociétés de secours mutuels).
- Montant de la pension par tête.
- Placements effectués par la caisse.
- Sacrifices (directs ou indirects) imposés à l’Etat par cette institution.
- Contrôle financieç.
- 79. Retraite des fonctionnaires. — Législation.
- Existe-t-il une caisse par administration publique ou une caisse unique pour tous les fonctionnaires ?
- Est-elle alimentée par des retenues obligatoires sur leur traitement ?-Lesquelles ? — Proportion pour laquelle concourent ces deux natures de ressources.
- Conditions à remplir pour la liquidation des
- pensions. (Age, — durée des services, — invalidité. ) — Déchéance. — Droits de la famille en cas de décès. (Veuves. — Orphelins.)
- Système du patrimoine, avec livret individuel acquis au fonctionnaire ou à sa famille en cas de révocation ou de décès. — Conditions d’application.
- Statistique des opérations de la caisse de retraite des fonctionnaires. — (Nombre des participants, — des pensionnaires. — Montant des versements annuels, — des subventions, — des pensions.) — Situation de la caisse. — Engagements d’avenir.
- II. INSTITUTION PROVENANT DE iflNITIATIVE DES INTÉRESSÉS
- On renvoie, pour ce chapitre, aux paragraphes du questionnaire des syndicats professionnels, des sociétés de secours mutuels et des associations coopératives, où il est question des rapports entre ces institutions et les retraites. (Sections III, V, IX et X).
- LA PARTICIPATION ETRANGERE
- A L’EXPOSITION DE 1889
- (Suite)
- Belgique
- Une réunion du comité provisoire pour l’Exposition de Paris de 1889, à laquelle étaient conviés les membres du bureau de l’Union syndicale de Bruxelles, a eu lieu mercredi matin dans cette ville.
- Le comte Adrien d’Oultremont, après avoir exposé les démarches déjà faites par le comité provisoires et les arrangements pris avec M. Berger, directeur général de l’Exposition, dans le but d’assurer aux exposants belges un emplacement avantageux, a fait connaître les conditions dans lesquelles le gouvernement belge serait disposé à accorder son patronage à cette œuvre.
- Les membres du bureau de l’Union syndicale de Bruxelles se sont pleinement ralliés à la ligne de conduite qui avait été suivie jusqu’à ce jour par le comité provisoire, et il a été décidé, d’un commun'accord, de faire appel à bref délai à tous les industriels qui ont figuré dans les expositions précédentes.
- Des réunions des différents groupes d’industrie seront convoquées dans le courant du mois de janvier, aussitôt que les listes seront dressées. Ces assemblées plénières des grôupes formeront le corps électoral qui sera appelé à nommer le comité des classes. Chaque comité de classe élira son délégué, qui fera partie du comité central permanent. Les délégués des classes auront à élire les bureaux de chaque groupe, et les présidents des groupes constitueront le comité exécutif. Le comité exécutif aura à procéder à l’élection de son bureau. Il pourra, de même que les bureaux de groupes, s’adjoindre les personnes dont le concours serait nécessaire pour accomplir les travaux d’organisation, de correspondance, etc.
- Enfin, le bureau aura à nommer son président, qu’il lui sera permis de choisir même en dehors de son sein,
- Suisse
- Le département du Commerce a convoqué en assemblée générale à Berne, sous la présidence de M. Deucher, conseiller fédéral, plusieurs comités composés de représentants du commerce et de l’industrie de tous les cantcns de la Suisse, dans le but de statuer sur la question de participation à l’Exposition.
- Le concours de la Suisse a été décidé à l’unanimité ; la participation officielle à l’unanimité, moins une voix (celle de M. Beck-Len). Un commissaire général sera nommé.
- On a voté à l’unanimité une subvention de 425,ooofr. (Celle votée en 1878 était de 845,000 fr.)
- Le département du Commerce présentera au Conseil fédéral la décision prise pair la réunion des comités.
- L’emplacement mis à la disposition des exposants suisses sera le même qu’en 1878, sauf pour la galerie des machines, cette partie de l’industrie ayant pris un développement considérable demandant beaucoup plus d’emplacement qu’autrefois.
- Hongrie
- M. le comte Zichv publie, dans la Revue d’Orient, un appel aux industriels hongrois en vue de l’Exposition de 1889. Dans cet important et intéressant article, les deux lettres suivantes sont reproduites:
- A Monsieur le Comte Zichy.
- Mon cher comte et noble ami,
- Je m’empresse de vous envoyer une lettre que m’adresse M. Berger, directeur général de l’Expo-tion universelle de 1889.
- p.892 - vue 480/496
-
-
-
- Troisième Année
- LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE 1889
- . — N° 155.
- Dimanche 18 Décembre 1887. — 898.
- J’espère que vous voudrez bien accueillir la demande qui vous est faite et à laquelle je me joins avec empressement et avec l’expression de mes sentiments les plus affectueux et dévoués.
- Comte Ferdinand de Lesseps.
- La lettre suivante est celle mentionnée par le comte de Lesseps :
- A Monsieur le Comte Ferdinand de Lesseps.
- Monsieur le Comte,
- Connaissant l’accueil enthousiaste qui vous a été fait à Budapest, en 1885 , les souvenirs et les excellentes relations que vous y avez laissés, je me permets devous consulter sur les influences et les sympathies françaises auxquels nous pourrions nous adresser en Hongrie pour préparer une participation de l’industrie de ce pays à notre Exposition en 1889.
- Le gouvernement austro-hongrois a décidé qu’il ne prendrait pas une part officielle à notre concours international, mais nouj n’avons pas renoncé à l’espoir de voir l’initiative privée se substituer à l’action gouvernementale et nous pensons que les artistes, les industriels et les agriculteurs hongrois ne seraient pas opposés à l’idée de se syndiquer et de former un comité national chargé d’assurer l’envoi et l’installation de leurs produits dans nos palais au Champ-de-Mars.
- Il suffirait que ceux qui, parmi les Hongrois, ont toujours pris à coeur de faire connaître à l’étranger les immenses progrès de leur industrie national voulussent bien se mettre à la tête d’un mouvement en faveur de l’Exposition de Paris et grouper toutes les bonnes volontés.
- Cet appel du comte Zichy qui a été, je crois, l’organisateur de l’Exposition de Budapest, a une importance dont il serait possible de tirer parti.
- Notre ministère des affaires étrangères a envoyé partout des circulaires invitant les représentants de la France à aider activement à la formation de comités nationaux. Il est de mon devoir de m’utiliser de mon côté, afin que l’action administrative, aussi bien que les influences personnelles, viennent aider l’action diplomatique.
- Veuillez ne voir dans cette démarche toute personnelle qu’une preuve de ma profonde conviction que vous avez toujours rendu d’inestimables services à notre pays dans l’entretien et le développement de ses bonnes relations internationales.
- Veuillez agréer, Monsieur le comte, l’assurance de ma respectueuse et affectueuse considération.
- Le Directeur général:
- Georges Berger.
- Angleterre
- M. Blanchard de Farges, consul général de France à Londres, vient d’adresser au Times une lettre par laquelle il invite toutes les personnes de nationalité anglaise qui désirent prendre part à l’Exposition universelle de 1889 à adresser leurs demandes d’admission au consulat général de France, tant qu’il ne sera pas institué à Londres une commission centrale anglaise à cet effet.
- L’ALGÉRIE A L’EXPOSITION
- DE 1889
- La commission départementale du conseil général d’Alger, informée qu’aucun crédit n’était affecté pour assurer une exposition distincte à l’Algérie dans l’Exposition de 1889, vient d’adopter une motion invitant le sénateur et les députés du département d’Alger à s’entendre avec les représentants des départements d’Oran et de Cons-tantine, en une de tenter des démarches auprès du Parlement et des ministres compétents afin d’obtenir un crédit pour la construction d’un pavillon et des ses annexes affectés exclusivement à l’Algérie.
- LA SECTION COLONIALE
- A L’EXPOSITION DE 1889
- M. Etienne, sous-secrétaire d’Etat aux colonies, vient d’envoyer àM. Lucien Dautresme, ministre du commerce, commissaire général de l’Exposition de 1889, le plan définitif de l’exposition coloniale.
- Cette exposition comprendra :
- i° Un palais central;
- 20 Une pagode d’Ankor, renfermant les produits du Cambodge ;
- 3° Un palais annamite ;
- 4° Diverses constructions spéciales à nos possessions de la Martinique, de la Guadeloupe, de la Guyane, de l’Inde, de Taïti, de} la Nouvelle-Calédonie, du Sénégal, du Congo et du Gabon.
- ÉCHOS
- Paris
- L’exposition publique de ciselure, du concours Willemsens et Crozatier est ouverte depuis dimanche dernier 11 décembre, au siège de la réunion des fabricants de bronze,rue Saint-Claude, 8. L’exposition clôturera dimanche prochain, 25 décembre, jour de Noël.
- *
- * *
- Nos confrères d’art annoncent l’exposition, 10, boulevard du Temple, d’une trentaine de tableaux par F. Pierdon.
- * *
- A voir à la salle des mariages du 1er arrondissement, inaugurée la semaine dernière, les peintures murales de M. Besnard, dont un fragmeut admiré au dernier Salon.
- *
- * *
- Le Journal des Arts dit que la neuvième exposition des Arts Décoratifs, clôturée la semaine dernière après une durée de trois mois et demi, a reçu plus de 350,000 visiteurs.
- Les recettes produites tant par les entrées que par les droits payés par les exposants se sont élevées au t otal de 340,000 fr. environ. Il restera en caisse, toutes dépenses soldées, 40,000 francs que la société consacrera à l’acquisition d’objets d'art.
- L’exposition « ignifuge » est ouverte aux Champs-Elysées, pavillon de la Ville de Paris, depuis jeudi 8 décembre. Mais comme elle n’était point à cette date entièrement terminée, l’inauguration officielle a été remise à une date ultérieure.
- ¥ ¥
- ETRANGER
- Allemagne
- Une belle exposition d’œuvres d’artistes français et italiens est ouverte en ce moment à Munich dans les galeries de H. L. Neumann. Le clou de l’exposition, le joyau, disent nos confrères d’outre-Rhin, devant lequel s’arrêtent tous les visiteurs, est le Lansquenet endormi sur le banc du Corps de Garde de Meissonnier. Avec cela, des Th. Rousseau, des Jules Dupré des Daubigny, des Corot, des Ziem, des Ribot ; de ce dernier, le Mendiant et Y Enfant. Très admirés aussi, le Grolleron En reconnaissance, vu au Salon à Paris, il y a trois ans., et d’intéressantes toiles de Ciardi, Lojakono, Diaz, etc.
- *
- * *
- Très prochainement ouverture d’une importante exposition de fleurs, plantes et fruits, organisée par l’Association d’horticulture de Mayence.
- * *
- A l’exposition nationale d'art industriel de Munich (1888), la Prusse occupera une superficie de 2,200 mq. et organisera une exposition collective de ses industries d’art.
- Le conseiller secret Liiders, l’architecte du gouvernement heiden, et le directeur de l’Ecole artistique industrielle de Berlin,Ewald, ont été chargés par le ministère prussien du commerce d’arrêter avec le Comité de Munich les détails d’organisation de la section de Prusse.
- * *
- Angleterre
- Les souscripteurs du capital de garantie de l’Exposition de Liverpool viennent d’être appelés à couvrir le déficit de cette entreprise pour cette année, déficit qui s’élève à plus de 50,000 livres sterling (1 million 250,000 francs).
- *
- Chaque année a lieu à Londres, en décembre, une exposition de jouets, fabriqués par des amateurs, ou achetés pour être ensuite distribués aux enfants dans les hôpitaux, hospices, écoles, etc.
- Cette année, l’exposition, la huitième du genre, aura lieu à Willis’s Rooms, demain lundi 19 et après-demain mardi 20 courant.
- On assure qu’il y aura plus de 22,000 jouets et la collection des poupées dépasse à elle seule plus de 3,800 spécimens.
- Que d’heureux tout cela va faire dans le petit monde !
- *
- * *
- La troisième exposition annuelle de chiens d’agrément a eu lieu, ces jours derniers, à Saint-Ste-pben’s Hall, Westminster.
- * *
- Lundi 5 décembre, dans Agricultural Halls à Islington, a eu lieu l’inauguration de l’exposition annuel de bétail organisée par le Smithfield-Club.
- Très importante exposition et grande affluence; je prince de Galles avec la comtesse de Paris et ja princesse Hélène.
- * *
- Australie
- Le commissaire impérial allemand, conseille-Wermuth, a engagé des négociations avec le Comité de Londres pour régler les détails de partir cipation de l’Empire à l’exposition internationale de Melbourne (1888). Il est établi en principe que l’Allemagne aura à sa disposition un minimum de superficie égal à la surface qu’elle occupait en 1880, à la première exposition de Melbourne, et les aménagements nouveaux donneront selon toute probabilité une nouvelle étendue à ces emplacements.
- ¥ ¥
- Autriche-Hongrie
- L’acide fluorhydrique et la phtisie
- La médecine a été', dès la plus haute antiquité définie « l’art de guérir ». Est-ce un art? Nous le croyons. A t-elle toujours atteint le but qu’on lui demandait? C’est plus que discutable. Car comme tout art elle a semblé longtemps échapper à une méthode scientifique rigoureuse, et par cela même s’est faite le plus souvent l’écho de théories, plus ou moins énergiques qui ont eu force de loi dans le corps enseignant. C’est ainsi qu’au commencement du siècle on a vu se grouper autour des plus grands noms des pléiades d’élèves qui devinrent le reflet fidèle des idées qui leur avaient été enseignées, idées basées la plupart du temps sur des discussions de mots et que. rappelaient les discussions oiseuses des scholastiques. Les uns s’intitulant allopathes, formulèrent un adage; les autres, prenant le contre-pied, s'intitulèrent homéopathes et créèrent une formule à leur tour pour les besoins de la cause. Mais au fond, semblables aux augures qui ne pouvaient se regarder sans rire, ils livrèrent à la compromission leurs doctrines qui ne peuvent survivre aujourd’hui, grâce à la méthode scientifique rigoureuse qui semble s’appliquer à toutes les branches de l’activité intellectuelle.
- De l’art de guérir découle la thérapeutique qui a pris rang parmi les sciences exactes grâce aux belles découvertes de la physiologie, et en particulier de la physiologie expérimentale dont Claude Bernard a été le créateur. Nous avons donc abandonné la chimiâtrie pour faire de la chimie médicale et de la physique biologique ; et ces sciences rigoureuses, s’appliquant aux idées connues et aux doctrines histologiques de tous les pays, ont abouti à la plus grande découverte moderne dans ce domaine spécial, l’antiseptie. Nous n’en sommes plus aux théories humorales de Broussais, et nous savons que toutes les maladies sont engendrées et évoluent sous l’influence d’un organisme vivant, et la culture microbienne, permettant de suivre pas à pas l’évolution des générations du bacille, a pu en établir l’histoire naturelle et faire pour les infiniment petits ce que Cuvier a fait pour le monstrueux. L’antiseptie, entrevue dans ses effets par Ambroise Paré, qui
- On parle beaucoup de l’Exposition de sauvetage et d’hygiène, avec annexes des Industries d’exportation, qui s’organise pour l’année 1888 au Palais de l’Industrie et qui sera comme le prélude de la grande manifestation industrielle de 1889.
- On nous promet de nombreuses attractions qui dépasseront en intérêt tout ce qui a été fait jusqu’à ce jour.
- C’est ainsi que la nef du Palais sera transformée en un vaste bassin et que le premier étage contiendra un Diorama « Vhabitatwn, le mobilier et le vêtement à travers les âges »,dont l’organisation a été confiée à notre confrère M. Louis Bourne.
- C’est avant le 15 janvier que doivent être adressées les demandes d’admission à l’exposition internationale des Beaux-Arts de Vienne.
- Nous rappelons que cette exposition, sur laquelle nous avons donné de nombreux détails, célébrera l’année prochaine le 40e anniversaire du règne de l’Empereur et ouvrira le 1er mars pour clôturer le 31 mai.
- Envois avant le 1er février.
- SCIENCES & INDUSTRIE
- ¥ ¥
- p.893 - vue 481/496
-
-
-
- 894* — Troisième Année — N° 155.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 18S9.
- Dimanche 18 Décembre 1887.
- appliquait invariablement le fer rouge aux plaies, a révolutionné, avec Lister, la chirurgie.
- On croyait autrefois que pour guérir, une plaie devait suppurer. Nous savons de nos jours que la suppuration n’est- qu’une fermentation locale qui s’oppose le plus souvent à la cicatrisation desplaies, ou du moins la retarde. Avec la méthode de Lister et tous ses dérivés, la chirurgie devenue à la fois et plus conservatrice et plus hardie, est arrivée à ce résultat surprenant, de pouvoir produire d’énormes traumatismes qui guérissent de la façon la plus simple, et cela entre les mains des moins habiles.
- La médecine, suivant l’exemple de la chirurgie et s’armant du microscope, a vu ou entrevu les bacilles de presque toutes les maladies ; la chimie biologique, s’emparant de ces bacilles, les a cultivés, poussés aux limites de leur évolution nuisible, et amoindris.
- Ce que nous voulons en effet du bacille, ce n’est point son développement progressif, c’est son abâtardissement. Et si, saisissant une génération, nous la voyons féconde, nos efforts doivent tendre à la stériliser ; de là découle toute la thérapeutique moderne.
- Aussi depuis quelques années voit-on naître sur tous les points du monde savant des méthodes scientifiques nouvelles, s’appliquant à des cas particuliers et tendant toutes au même but, l’annihilation ou l’amoindrissement des bacilles pathogènes.
- De toutes les maladies bacillaires la tuberculose, qui en France seulement fait chaque année plus de quatre-vingt mille victimes, a été plus spécialement l’objectif des recherches des médecins. Le bacille a été entrevu en Allemagne, capté en France, et maintenant tous les efforts tendent à le stériliser. Les médecins ont pris à la chirurgie les différentes substances antiseptiques, et les ont employées par des méthodes et sous des formes variées pour le traitement de la tuberculose en général et de la phtisie en particulier. C’est ainsi qu’on a proposé des injections directes dans les poumons de solutions mercuriques, d’autres, s’adressant à la voie hypodermique, injectèrent à tour de rôle sous la peau des substances balsamiques réputées antiseptiques, le thymol, l’euca-lyptol et tous ses dérivés, d’autres, utilisant l’absorption des muqueuses, inhalèrent l’acide carbonique, l’oxygène, l’ozone, l’hydrogène, l’acide sulfhydrique. Dans cet ordre d’idées la plus belle découverte paraît due à deux médecins de Paris, les docteurs Seiler et Garcin, qui, simultanément et parallèment, ont eu l’idée d’utiliser l’action de l’acide fluorhydrique dans l,e traitement de la phtisie pulmonaire.
- Depuis longtemps on avait remarqué que l’emploi de cet acide, loin de nuire à la santé des ouvriers qui travaillent dans l’industrie du verre, et en particulier à Baccarat, était un agent énergique de prophylaxie contre les maladies de poitrine.
- Mais cette observation était restée sans porter son fruit, vu la difficulté de manipulation d’un acide aussi violent.
- Cette difficulté n’était qu’apparente et les auteurs des deux mémoires présentés à l’Académie de médecine sont, après bien des recherches infructueuses, arrivés à un résultat facile et pratique qui a déjà fait ses preuves.
- C’est M. le Dr Hérard qui, au nom d’une Commission dont il faisait partie avec les docteurs Fé-reol et Proust, a lu à l’Académie dans la séance du 22 novembre, un rapport sur le nouveau traitement, rapport dont voici la substance.
- Après un historique de la question et des circonstances qui ont conduit à l’idée de soupçonner et d’éprouver l’action de l’acide fluorhydrique sur l’organisme, le savant rapporteur rappelle que depuis longtemps les recherches ne s’étaient portées sur cette substance au point de vue du traitement de la phtisie, lorsqu’une note de M. Seiler, lue à l’Académie, signala les bons effets de cette médication sur laquelle l’auteur avait repris les expériences interrompues. En 1886, au congrès de Nancy, M. Seiler attirait de nouveau l’attention sur cette médication. Tout dernièrement enfin, le Dr (ïarcin communiquant à l’Académie un travail appuyé des résultats de cent observations. Comme le Dr Seiler, M. Garcin considère que l’acide fluorhydrique en inhalations possède des propriétés thérapeutiques réelles et efficaces, et qu’il faut le placer au premier rang dans la série des médica-menis reconnus heureusement utilisables pour le traitement de la phtisie pulmonnaire.
- Ici M. le rapporteur examine successivement le bien-fondé de ces assertions, la question de savoir si l’acide fluorhydrique est bacillaire et finalement les résultats thérapeutiques obtenus.
- Sur 100 malades phtisiques traités, la statistique de M. Garcin donne : 35 guérisons, 41 améliorations, 14 états stationnaires, 10 morts. Devant cette statistique favorable, trop favorable même, penseront quelques collègues, M. Hérard a mûrement contrôlé les observations, visité,pour ce faire, la plupart des malades à domicile, recueilli tous les renseignements indispensables et reconnu finalement l’exactitude des faits. Il restait cependant à se demander si le temps écoulé depuis la
- mise en traitement était suffisant pour que la guérison pût être affirmée. Or pour les plus anciens des malades de M. Garcin, quinze mois au plus se sont écoulés depuis le traitement. C’est beaucoup assurément ; ce n’est pas assez pour pouvoir affirmer que les malades ne seront point peut-être exposés à un retour offensif du mal.
- M. Seiler ne donne point de statistique ; mais ses observations fournissent des résultats aussi remarquables, des guérisons, notamment, remontant à près de deux ans. M. Hérard conclut donc que lorsque la phtisie n’est point arrivée à une période trop avancée, les inhalations d’acide fluorhydrique possèdent des propriétés thérapeutiques incontestables, n’offrent aucun inconvénient ni difficulté d’emploi et peuvent se combiner avec les médications interne ou externe et surtout avec le traitement hygiénique, base essentielle de tout bonne thérapeutique.
- Les conclusions de l’honorable rapporteur ont été adoptées.
- Telle est la voie nouvelle que bien d’autres suivront et qui ne peut manquer d'être féconde. Lavoisier, à la fin du siècle dernier, découvrait l’oxygène; de cette connaissance naissait naturellement celle de l’hématose. L’homme apprit qu’il vivait par ses poumons. Il sait maintenant aussi que l’organe est délicat et que trop souvent la camarde l’attaque par là. Mais l’ingéniosité des assiégés est infinie. Un corps simple peut rendre aux lobules pulmonaires la fonction qu’ils avaient perdue et ce corps simple est le fluor. Entrevu seulement par les chimistes, jamais isolé jusqu’ici, il l’a été, il y a deux ans, par M. Moissan, et devant les multiples résultats obtenus depuis, il doit être permis de dire que c’est là, en même temps qu’une des plus grandes découvertes de ce temps, une découverte qui honore la France.
- C. H.
- Un certain nombre de nos lecteurs nous ayant demandé de publier à nouveau le portrait de Mme Boucicaut qui a paru dans notre journal il y quelques mois, nous nous faisons un devoir de satisfaire à leur demande, rendant ainsi un respectueux hommage à la femme de bien qui emporte avec elle des regrets unanimes et dont le souvenir restera à jamais gravé dans tous les cœurs.
- A titre de documents nous donnons ci-dessous les dispositions principales du testament de Mme Boucicaut:
- i° Legs au profit des employés hommes et
- femmes du Bon Marché : Aux employés ayant moins de 3 ans de présence (ne seraient-ils entrés que depuis un jour) chacun. . 1.000
- Aux employés ayant de 3 à 6 ans de présence, chacun. 3.000
- Aux employés ayant de 6 à 10 ans de présence, chacun. 6.000
- Aux employés ayant plus de 10 ans de présence, chacun. 10.000
- Aux ouvriers et ouvrières à la journée, ayant moins de 6 mois de séjour, chacun. 100
- Aux mêmes ouvriers et ouvrières ayant plus de 6 mois de présence et moins de 6 ans chacun. 5oo
- Aux mêmes ouvriers et ouvrières ayant plus de 6 ans de présence, chacun. 1.000
- Aux ouvriers des entrepreneurs travaillant dans la maison, chacun 100
- Aux entrepreneurs travaillant dans la maison, chacun. 0 0 U"}
- Aux veilleurs de nuit ayant moins de 6 ans de présence, chacun. 0 0
- Aux veilleurs de nuit ayant plus de 6 ans de présence, chacun. I .000
- Aux professeurs de toutes sortes enseignant dans la maison, chacun. Les dons aux employés et ouvriers peuvent être évaluées à seize millions. 20 A la Société civile du Bon Marché, pour établir une maison de repos et de convalescence, pour les employés, sa propriété de Fontenay-aux-Roses, évaluée à plus d’un million. 1.000
- I .000.000
- 3° Au bureau de bienfaisance de Verjux (Saône-et-Loire), pays natal de Mme Boucicaut, 100.000
- 4° Au bureau de bienfaisance de Bellême (Orne), pays natal de M. Boucicaut. 5oo.ooo
- 5° Au bureau de bienfaisance de Cannes. 5o.qoo
- 6° Au bureau de bienfaisance de F ontenay-aux-Roses. 5o.ooo
- 7° Aux jeunes ouvrières de l'Œuvre de St-Nicolas reconnue d’utilité publique. 1.000.000
- 8° Aux ouvrières dites « les Jeunes Economes ». Soo.ooo
- 9° Aux jeunes ouvrièresfaisantpartie de l’Internat professionnel de la rue
- Picpus. 5oo.ooo
- io° A l’Association des peintres, sculpteurs , architectes , graveurs , dessinateurs.
- 11° A l’Association des artistes musiciens.
- i2° A l’Association des artistes dramatiques.
- 13° A EAssociation des inventeurs et des artistes industriels.
- 140 A la Société des professeurs et membres de l’enseignement.
- 15° Aux individualités souffrantes de la Presse parisienne.
- 160 A M. Pasteur, en sus des iSo.ooo fr. donnés précédemment.
- 170 Pour fonder trois maisons de refuge aux environs de Lille , de Rouen et de Chalon-sur-Saône.
- 180 A la maison de retraite de Fon-tenay-aux-Roses, l’immeuble construit par Mme Boucicaut évalué 100.000 fr., plus une somme en argent de 5oo.ooofr. soit
- ig° Pour un hospice de vieillards, femmes, et pour un ouvroir de jeunes filles à Bellême, sa propriété de Bellême évaluée 100.000 fr. plus en argeut 5oo.ooo fr., total
- 20° Pour entretenir quatre lits de vieillards à l’hospice de Bellême.
- 2i° Au ministre des Beaux-Arts pour le musée du Louvre et du Luxembourg: Un Fromentin, La Biche sous bois, de Courbet. Les Faucheurs de Dupré.
- 220 Aux maisons d’éducation de St-Denis, d’Ecouen et des Loges, tout son linge de table et toute son argenterie.
- 23° Aux pauvres des vingt arrondissements de Paris, 10,000 fr. pour chaque arrondissement, en tout.
- Plus aux pauvres de son quartier (7e arrondissement) 10,000 autres fr.
- 240 Aux ministres des divers cultes reconnus en France, savoir:
- Au grand Rabbin de France.
- Au Président du consistoire de la confession d’Augsbourg et à celui du consistoire de l’Eglise réformée, ensemble.
- Au représentant des intérêts religieux orthodoxes à Paris.
- A Monseigneur l’archevêque de Paris.
- Aux 3oo intéressés du Bon Marché l’immeuble, la maison de commerce et les marchandises soit.
- 100.000 100.000 100.000 100.000 100.000 100.000 100.000
- 2.645.000
- 600.000
- 600.000
- 100.000
- 200 000 10.000
- 100.000
- 100.000 2 5.000 Soo.ooo
- 60.000.000
- Le reste de la fortune, montant à 10.000.000 de fr. environ, déduction faite de nombreux legs à des parents et amis, va à l’Administration de l’assistance publique, à charge de construire à Paris un hôpital.
- On sait que la raison sociale du Bon Marché était jusqu’ici : Aristide Boucicaut et G10. A partir d’aujourd’hui, le Bon Marché, devenu société civile, aura comme raison sociale : Jules Plassart et Cie.
- LES LIVRES
- CXXXVI
- Mémoires et correspondance du comte de Villèlc, tome i»r,
- in-8, avec portrait, librairie académique Didier Perrin et Cia,
- libraire-éditeur.
- Puisque les marchands de livres d’étrennes, rendant justice à des ouvrages où trop souvent le texte ne sert que de prétexte, de chaperon à l’image empruntée au procédé économique de l’hélio-gra-vure, ne nous jugent pas digne de leurs envois, préférant sans doute une annonce à un jugement, comme ils préfèrent pour l’écoulement de leurs nouveautés les docks du Louvre, du Bon Marché et du Printemps aux rayons des librairies, nous nous résignerons à cette honorable disgrâce. Nous' parlerons peu des livres d’étrennes, puisque nous ne parlerons que de ceux dont les éditeurs ont assez conscience d’avoir fait œuvre d’art et de goût pour s’exposer avec confiance au jugement d’une critique sincère et désintéressée. Et en attendant, quand un livre d’histoire ou de littérature intéressante nous tombera sous la main, nous nous ferons un devoir et un plaisir de faire part à nos lecteurs de cette bonne fortune trop rare.
- La librairie académique Didier, intelligemment et brillamment conduite par M. Paul Perrin dans les voies où l’on trouve des succès qui ne doivent rien à la réclame, en récompense d’efforts qui ne sacrifient pas aux curiosités frivoles, annonce la publication prochaine des Mémoires de M. de Fal-loux dont les extraits publiés au Correspondant et dans divers journaux ont vivement intéressé le public. En attendant elle commence la publication des Mémoires d’un homme qui a joué un grand
- p.894 - vue 482/496
-
-
-
- Trosième Année. — N° i55.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1SS9.
- Dimanche 18 Décembre 18S7. — 895.
- rôle sous la Restauration, le comte de Villèle. C’est ce premier volume que nous allons analyser et apprécier aujourd’hui.
- Nous sommes loin de partager et de préconiser les idées et les passions dont fut l’instrument le plus habile ministre des finances de la Restauration. Nous pensons aussi qu’il fut meilleur financier qu’homme d’Etat, que sa poltiique se ressentait un peu trop de son origine, de son éducation et gardait sur les yeux l’œillère des préjugés traditionnels. Mais au demeurant, c’était quelqu’un que cet homme, c’était un esprit, c’était un caractère, et si la publication de ses Mémoires ne l’absout pas de l’impopularité de ses erreurs, elle contribue à le faire mieux connaître, et n’empêche pas de'l’estimer. Tant s’en faut. M. de Villèle mérite l’estime de ses adversaires ; et il n’est pas sans profit d’entendre sur les événements de 1814, 181 5, 1816 (le Ier volume s’arrête au vote du budget de 18iG), sur le jeu des partis, sur les intrigues de cour, sur les hommes et les choses contemporaines de la Chambre introuvable la déposition, les explications, les apologies d’un contradicteur de cette valeur et de cette force.
- Un régal de curieux et de dillettante que nous nous sommes donné et que nous recommandons aux lettrés assez heureux pour avoir du loisir et du calme en ces temps laborieux et troublés, c’est la lecture successive et la confrontation entre eux par une comparaison portant sur certains points essentiels, des témoignages si divers résultant des Souvenirs du feu duc de Broglie, des Mémoires du duc de La Rochefoucauld-Doudeauville, devenus introuvables, et retirés de chez l’éditeur Michel-Lévy par les susceptibilités quelque peu ombrageuses du fils et de l’héritier de l’auteur de ces Mémoires considérés comme indiscrets et importuns par sa famille, M. le duc de La Rochefoucauld-Bisaccia, aujourd’hui duc de Doudeauville ; des Mémoires et correspondance du comte de Villèle, de la Correspondance de Mme de Rémusat. On sait que M. de Rémusat était préfet de la" Haute-Garonne en même temps que M. de Villèle était maire de Toulouse (1815). C’est pendant leur administration qu’éclatèrent ces troubles ensanglantés par l’assassinat du général Ramel, dont les causes sont demeurées mystérieuses et l’auteur resté inconnu. Nous avons lu tour à tour les récits de M. de Villèle et sa correspondance avec son père, écho fidèle de ses impressions parlementaires de i8i5-i8i6, et les fines, piquantes, malignes lettres de Mme de Rémusat. Elle est loin d’être' enthousiaste de M. de Villèle; les opinions et appréciations fort divergentes du préfet et du maire de Toulouse, tous deux serviteurs sincères de la même cause, sont un curieux tableau des mœurs politiques d’un temps où les partisans et les agents du même gouvernement, en croyant et en voulant le bien servir, le servaient de façons si différentes, si contraires même et poussaient tour à tour à sa perte, dans les meilleures intentions du monde, la Restauration qu’ils avaient le devoir et le désir de sauver. Dieu garde les gouvernements qui méritent de durer de la maladresse des bonnes'intentions, et des fautes de leurs amis, bien plus dangereuses que les manœuvres de leurs ennemis!
- La vie de M. de Villèle est pleine de leçons et celle que nous venons de caractériser n’est pss la seule. On peut dire que les vicissitudes étranges de sa jeunesse pourraient être invoquéesàl’appui de leur système par les pessimistes qui voient aans la destinée humaine le jouet d’une inévitable et inexorable fatalité, et aussi par les optimistesqui attribuent à l’intervention d’une providence bienveillante et salutaire les événements où nous nous agitons et où elle nous mène.
- M. de-Villèle naquit àToulouse, le iqavril 1773, d’une ancienne famille de noblesse languedocienne, propriétaire depuis le i3 avril i3godela terre de Morvilles-Basses, dans le comté de Ca-raman. Cette terre encore en la possession de la famille, n’est jamais sortie de ses mains depuis le xiv° siècle. Il quitta le collège de Toulouse en mars 1788 pour entrer à l’école de marine d'Alais. ,C’est M. Monge qui présidait aux examens d’admission. Le jeune aspirant ou garde-marine de 14 ans, embarqué sur la corvette d’instruction la Bayonnaise, commandée par M. de Lajaille, capitaine de vaisseau, recevait la ration des matelots en pain, viande, plus un franc de supplément par jour, qui lui servait à se procurer des légumes et à payer la blanchisseuse, le perruquier et le cuisinier. Ses appointements étaient de 3oo livres par an auxquelles les familles étaient tenues d’ajouter 600 livres par an.
- Voilà quel était en 1788 le budget de notre garde-marine, promu élève de seconde classe en juillet 1789 sur le rapport de l’examinateur M. Monge et expédié aussitôt à Saint-Dominique sur la frégate Y Engageante que commandait M. de Lajaille, et qui avait à bord M. de Peynier nommé gouverneur de Saint-Dominique en remplacement de M. Duchilleau.
- M. de Villèle, parti le 18 juillet 1789 pour les colonies ne devait rentrer en France, dans le vieux château patrimonial de Morville que le 3i août 1807. Il avait quitté la patrie simple aspirant de marine en juillet 1789, à l’aurore encore rose de la révolution. Il y rentrait au déclin san-
- glant de la gloire impériale, marié depuis le 1 3 avril 1799, jour où il avait fini ses 26 ans, à Mlle Desbassayns, de la famille créole bien connue, après avoir traversé les aventures et les mésaventures du rôle dangereux de l’officier suspect, arrêté, emprisonné, sauvé par la] nouvelle de la réaction de thermidor , puis du rôle non moins périlleux parfois de propriétaire et de député colonial.
- Il allait continuer à vivre en propriétaire et en père de famille, ne touchant que discrètement à la vie. politique en sa double qualité de maire et de conseiller général, et attendant patiemment les occasions qui n’allaient pas tarder à mettre en lumière ses qualités de raison et d’énergie, et à le placer à la tête du mouvement de réaction royaliste dont il chercha en vain à prévenir et à réprimer les excès.
- Elu député à la première Chambre de la seconde Restauration, la fameuse Chambre introuvable, le maire de Toulouse partit le 18 septembre 1815 avec toute sa famille parla diligence de Paris, et il n’arriva dans la capitale que le 25 au soir ; tant se prolongeait à cette époque, au point de durer une semaine, un voyage qui se fait aujourd’hui en une nuit.
- Nous signalerons en finissant dans ce premier volume comme contribuant à fournir les traits les plus essentiels de cette physionomie caractéristique plus encore qu’originale, les pages contenant le portrait intime et politique de Louis XVIII, à qui M. de Villèle ne pardonne pas la charte et la monarchie constitutionnelle ; la théorie curieuse qu’il dresse en prenant pour exemple la faveur de M. Decazes, du favoritisme considéré au point de vue psychologique et philosophique ; enfin l’opinion de M. de Villèle sur les procès du maréchal Ney et du comte de La’valette qu’il déplore sans les blâmer. Ce ne sontpas les seules pages intéressantes dans ce volume où l’histoire garde quelque chose des familiarités et des surprises du roman.
- M. DE LESCURE.
- iimiiii 1 iji IJ ÿ i 1 1 " --
- AVIS COMMERCIAUX
- INFORMATIONS ET RENSEIGNEMENTS
- ANGLETERRE
- IMPORTATION DES PRODUITS FRANÇAIS A BELFAST.
- CONSEIL AUX IMPORTATEURS.
- Le vice-consul de France à Belfast écrit que le commerce des produits français s’est considérablement accru depuis deux ans environ dans le pays de sa résidence. Les soieries, les cachemires, les étoffes de fantaisie, les rubans, les confections et les chaussures pour dames, la ganterie, la parfumerie, les vins, les eaux-de-vie, les huiles de table, les denrées alimentaires, les légumes et spécialement les légumes conservés, certains fruits, les meubles de luxe, les objets d'art, les papiers peints de qualité supérieure, viennent en assez grande quantité de France. Malheureusement la plupart de ces articles passent par des intermédiaires de Londres et arrivent ici frappés d’une commission plus ou moins élevée qui rend leur écoulement plus difficile en augmentant leur prix de revient.
- Les négociants français devraient envoyer des voyageurs à Belfast et je puis garantir, ajoute notre /agent, qu’ils réussiraient après un certain temps à écouler avantageusement leurs produits. Ils ne devraient pas, par exemple, se rebuter après le résultat d’un ou deux voyages, car le commercant belfastais ne se laisse pas facilement entraîner. Il faut être patient avec lui et surtout deviner ses goûts, parce qu’il n’est guère parleur.
- Le port de France qui fait le plus de commerce avec Belfast est celui de Bordeaux ; tous les mois en moyenne, un navire à vapeur vient de Bordeaux à Belfast ; les communications directes avec les autres ports ne sont pas régulières.
- EXPOSITIONS
- ESPAGNE
- DATE DE L’OUVERTURE DE L’EXPOSITION DE BARCELONE.
- La date de l’ouverture de l’exposition de
- Barcelone, qui avait été primitivement fixée au i5 septembre 1887, vient d’être reportée définitivement au 8 avril 1888.
- Une insertion ultérieure fera connaître la date attribuée comme dernier délai pour l’envoi des demandes d’admission à cette exposition.
- Les intéressés sont informés de nouveau qu’ils peuvent prendre connaissance du règlement général de cette exposition au Ministère du Commerce et de l’Industrie (Direction du personnel de l’enseignement technique. — Bureau du personnel et du secrétariat), n° 80, rue deVarenne.
- LISTE DES FRANÇAIS ÉTABLIS A L’ÉTRANGER
- RUSSIE, ALLEMAGNE, AUTRICHE-HONGRIE, TURQUIE, ESPAGNE ET ITALIE.
- N° 690. Le Moniteur officiel du Commerce a repris la publication des listes des Français établis à l’étranger. Ces listes ont été mises, par les soins de nos consuls, au courant des modifications qui se sont produites depuis les années 1884-1885, date de leur première publication.
- On trouvera dans les numéros des 13 et 20 octobre, la nomenclature de nos nationaux résidant dans les circonscriptions consulaires de Varsovie, Hambourg, Trieste, Salonique, la Canée, Bilbao et Cagliari.
- LES THÉÂTRES
- Comédie - Française. Anniversaire d’Alfred de
- Musset. — Opéra-Comique : Débuts de Mlle Ar-
- noldson. — Bouffes Parisiens : Le Microbe. —
- Déjazet : La Grenouille — Folies-Bergère :
- Débuts.
- C’est une très heureuse idée qu’a eue l’administrateur de la Comédie-Française en honorant l’anniversaire de Musset à l’égal de Molière et de Corneille. Le poète des jeunes, le sympathique traducteur des choses du cœur, méritait cette démonstration artistique.
- Malheureusement le régal n’a pas été parfait cette fois. L’année prochaine on fera mieux.
- Il est évident que M. Prudhon et Mlle Persoons sont tout à fait insuffisants pour l’exécution d'il faut qu’une porte... Cela peut passer dans un salon bourgeois, c’est maigre sur notre première scène.
- La Nuit d'octobre, interprétée par Mlle Bartet et M. Mounet-Pully ne pouvait rencontrer de plus éminents protagonistes ; mais la Nuit de Juin, un à propos de M. Corbeiller, a semblé bien obscure avec M. Leloir et Mlle Dudlay, malgré M. Lambert fils. Bonne exécution d'On ne badine pas avec l’amour, en ce qui concerne Mmes Reichemberg, Barretta, MM. Thiron et Barré, mais M. Le Bar-gy a bien du mal à lutter contre un physique peu engageant et un nasillement perpétuel.
- Un Caprice a du moins été absolument favorable à Mlle Legault pour son second début ; elle s’y est montrée en tous points charmante. M. Mou-net-Sully, discuté par ceux-ci, blâmé par ceux-là, ne nous a paru mériter ni cet excès d’honneur, ni cette indignité. Un peu emphatique peut-être, mais excellent comédien quand même. Mlle Durand mauvaise comme toujours, hélas !
- Le couronnement du buste de Musset, enfantin ainsi que tous les couronnements passés, présents et futurs. Est-ce qu’une belle représentation n’est pas un hommage suffisant et un groupement autour d’une tête sortie d’un magasin d’accessoires, doit-il être l’apothéose carnavalesque de nos grands auteurs ?
- A la veille du prononcé du jugement, la direction intérimaire de l’Opéra-Comique a eu la eu-
- p.895 - vue 483/496
-
-
-
- £q6. — Troisième Année. — N® 155.
- rieuse idée de reprendre Mignon comme pour rappeler à M. Carvalho et a ses juges le fait brutal de l’horrible catastrophe. Ave César.... !
- Costumes neufs, puisque tout a été dévoré par l’incendie, décors neufs, avec une auberge de la Cigogne dont l’enseigne est placée à l'intérieur. C’est peut-être une attention délicate pour les spectateurs, mais c’est une absolue sottise décorative que l’on devrait bien laisser aux petits théâtres.
- L’attrait principal de cette reprise était le début de MUe Sigrid Arnoldson, une jeune et jolie Suédoise présentée par sa compatriote, Mme Nilsson. La débutante a été accueillie de la façon la plus sympathique.
- Comédienne très adroite, se servant de ses moyens naturels qui sont la grâce et l’enjouement, elle a remplacé la sauvagerie du type créé par Galli-Marié « la perfection même» par la gaminerie, ce qui a son charme aussi. Comme chanteuse la voix est pure, bien étoffée, bien que d’un registre encore un peu restreint ; avec encore de l’étude Mlle Arnoldson deviendra certainement artiste de premier plan et qui sait ? probablement une étoile.
- Elle inspire la sympathie par le manque absolu de pose et de cabotinage. Les applaudissements chaleureux dont elle a été l’objet sont donc très justement mérités.
- A côté d’elle M. Cobalet-Lhotario s’est montré comme d’habitude un chanteur merveilleux. Quel timbre solide et impeccable.
- Mlle Merguillier, avec son organe souple et facile, nous présente une Philine précieuse, affectée, et M. Mouliérat est un Wilhem Meister bien faible. Des éloges à M. Collin, un Laërte très enjoué et à M. Barnolt qui finit par jouer et chanter comme Léonce, ce qui ne nous déplaît pas pour cela.
- Le Microbe devait être représenté cet été aux Bouffes. La commission de sécurité ayant sans doute redouté qu’il ne brûlât les planches, nous Lavons eu cet hiver. En somme, il ne nous a fait ni chaud ni froid.
- Cela repose sur l’idée passablement grivoise de pastilles de cantharide pour donner aux gens les forces qui leur manquent ou de cigarettes calmantes pour ceux qui ont trop d’appétit. Des spectateurs auxquels ces plaisanteries rappelaient sans doute des aventures personnelles ont bien voulu rire.
- Nous craignons bien que cette gaieté ne se propage pas pendant cent représentations.
- Une musique agréable orne certains couplets que M. Piccaluga a détaillés avec un talent exquis. Cet artiste est actuellement le meilleur baryton de nos théâtres de genre.
- Mlle Cheirel, une nouvelle acquisition, a fait preuve de beaucoup d’entrain, l’opérette gagnerait à s’attacher cette jeune personne et Mlle Gilbert est mieux que jolie, elle se montre charmante. Avec MM. Roux et Laury voici une excellente petite troupe qui n’attend qu’une bonne pièce.
- Les paroles du Microbe sont de M. Vitrac, la musique de M. Defrêne.
- Nos Confrères Boucheron et Grisier ont donné au théâtre Déjazet la Grenouille, comédie satirico-politique, en trois actes.
- Le bureaucrate Blanchard, envoyé à Montargis pour y patronner une candidature électorale, se gonfle tellement qu’il finit par vouloir supplanter le candidat et qu’il faut le ramener à la réalité de sa médiocrité.
- Thème un peu spécial pour un vaudeville qui montre surtout de la bonne humeur et de l’entrain à défaut d’une base très solide.
- Un défilé de gymnastes féminins a.fait plaisir ; de jolis décors et de braves interprètes qui se nomment Chameroy, Verlé, Fournier et Angely. Quant aux dames, une très gentille ingénue, Mlle Elza Vogel — on jurerait un personnage .de Wagner — et une bonne duègne Mme Régnier, voilà le bilan.
- Aux Folies-Bergère, spectacle toujours renouvelé et généralement amusant à voir.
- A signaler un joli divertissement les Réservistes à venir très gracieux et crânement dansé par Mlle
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Lola Rouvier une étoile des plus brillantes, Mlles Rosita Rouvier et Lhéry.
- Les Le'opold’s, acrobates d’une gaieté folle ; et puis des gymnasiarques excessivement forts ainsi qu’une dame qui fait tourner sur ses pieds tout un mobilier de salon. L’art de l’ameublement n’avait pas prévu celle-là.
- Alfred Delilia.
- LE BON MARCHÉ
- LES ÉTRENNES
- Au moment où l’exposition des étrennes est en pleine activité le Bon Marché est en deuil.
- Durant quatre jours entiers, le mouvement des affaires y est complètement arrêté ; la maison est fermée ; au-dessus plane une atmosphère de tristesse morne et de muette douleur. La mort impitoyable a passé par là, emportant celle qui était l’âme de cette oeuvre, la fée bienfaisante qui avait réalisé tant de merveilles , le cœur d’élite qui avait compris les misères des travailleurs et leurs besoins, l’intelligence qui avait trouvé la conception démocratique d’une association parfaite en tous points.
- Madame Boucicaut a complété en la continuant l’œuvre de son mari. Elle s’en va, sa tâche accomplie, emportant des regrets unanimes, laissant après elle des souvenirs tout de respect et de reconnaissance ; mais son œuvre, comme toutes les œuvres puissamment conçues, porte en elle-même une inébranlable vitalité.
- Sa maison, à laquelle elle laisse une empreinte ineffaçable, le Bon Marché, rouvre en effet ses portes fermées pendant quelques jours sur un deuil presque glorieux par certains aspects.
- L’exposition des étrennes, un instant interrompue, reprend son cours. Paris tout entier s’y rend, malgré la pluie et les intempéries de décembre. C’est que là surtout, dans cette maison universelle, on trouve la profusion du choix, l’élégance de bon aloi, des nouveautés parfaitement inédites.
- Et puis, là bas, il y a de l’air, les galeries sont vastes, et commodément aménagées. La reconstruction d’une partie des magasins a permis d’étendre les rayons. On peut faire son choix tout à l’aise et avec la certitude de trouver tout ce qu’il faut pour satisfaire ce que l’on doit contenter au jour des cadeaux, petits et grands.
- Allons donc au Bon Marché et préparons-nous à un voyage de .long cours à travers les merveilles qui s’y pressent comme dans une île enchantée.
- Il faut à tout le monde, pour le ier janvier, des cadeaux utiles à offrir, des cadeaux élégants ou de fantaisies et des cadeaux amusants.
- On cherche l’utilité pour en faire don aux intimes, aux membres de la famille, aux ménagères, aux jeunes filles.
- Or, il n’y a ici que l’embarras du choix, depuis les articles de lingerie , trousseaux complets, layettes, services de linge de table et de toilette, jusqu’à des ameublements complets du meilleur goût et à des prix exceptionnellement avantageux; armoires à glace, lits, toilettes, chaises et fauteuils de style, bahuts antiques, casiers à musique, etc., etc. Un rayon entier est destiné aux machines à coudre. Il y en a de toutes dimensions et quelques-unes sont de vrais bijoux, comme perfection et com modite.
- On peut aussi faire son choix de cadeaux utiles parmi une variété étonnante de cannes, de parapluies, d’ombrelles, de cravaches. Que d’heureux on peut faire avec tous ces objets !
- A côté des intimes à qui on peut être agréable tout en leur offrant des objets de ce genre, il y a les amis et ceux à qui les convenances obligent de faire un cadeau quelconque. Et vraiment! on se trouvent souvent bien embarrassé.
- C’est une dame âgée, élégante encore, amie d’un certain luxe, ou bien une jeune fille ou une jeune femme, aux goûts raffinés, toujours en quête de quelque chose qui les charme ou rehausse leur beauté.
- Cette fois encore, comme toujours, les rayons du Bon Marché vous répondront en vous tentant. Que de jolis sourires de convoitise s’épanouissent à la vue des petites merveilles de bijouterie et d’orfèvrerie, en or contrôlé, en argent, en métal imitation! Tous objets du meilleur goût et d’une infinie variété de modèles.
- Et, tout en marchant dans l’exposition, tout en faisant un choix, on achète en passant un porte-monnaie, un étui à cigares, élégants, solides, et à si beau compte.
- Voici des albums à photographies ornés d’appliques, avec chiffres et fermoirs; des cadres en maroquinerie ornés d’un bouquet vieil argent.
- Dimanche 18 Décembre 1887.
- On en voit dans tous les salons et c’est vraiment fort joli.
- Plus loin, des bronzes et des cristaux véritables objets d’art, de belles suspensions, des jardinières de style en bronze et vieil argent, des faïences, des porcelaines, de provenances authentiques; enfin, tous ces bibelots, toutes ces futilités charmantes qui sont l’ornement des salons modernes.
- Nulle part ailleurs qu’au Bon-Marché on ne trouve un aussi grand choix d’objets de Chine et du Japon, en bronze, en porcelaine d’Imari, en émail cloisonné, en laque. Et rien de tout cela n’est imité, pas plus les boîtes à gants en laque, les cache-pots, les jardinières japonaises que les panneaux et les peintures sur soie. Toutes ces merveilles sont de provenance directe de leur pays d’origine.
- Un rayon devant lequel s’extasient les dames, mondaines et mères de famille ainsi que les jeunes filles, est celui des éventails. Jamais aucun magasin n’en a montré autant et de si beaux, à des prix comparables de bon marché, ni choisis avec plus de goût parmi tout ce que l’art de l’éventailliste peut produire de charmant, de fin et d’exquis.
- L’éventail est un cadeau qui plaît toujours à une femme. Elle sait le choisir suivant la couleur qui convient à sa physionomie propre, avec l’ornementation qui lui sied le mieux. Et, quand elle l’a entre les mains, que de choses elle lui fait dire, à ce joujou qui peut être si riche, qui se plie, se ferme, se déploie à volonté, comme un papillon aux ailes multicolores butinant une fleur.
- Les étrennes sont faites aussi pour les petits, surtout pour eux. Ne sont-ils pas l’avenir et l’espoir ? Et leurs sourires ne sont-ils pas la joie des foyers, comme leurs pleurs en sont la tristesse ?
- Quelle moisson de bonheur on peut glaner pour eux dans les rayons du Bon-Marché, quels amusements variés, instructifs, que d’objets utiles applicables à la science pratique de cette existence où ils ne font que d’entrer et contre laquelle, hélas ! il leur faudralutter peut-être avec ce qu’ils auront appris.
- Les jouets du Bon-Marché sont vraiment bien faits en vuedu double but d’instruire et d’amuser. Ajoutons que dans cette maison si française, aucun jouet n’est de provenance étrangère. Tout y est français et exécuté avec ce cachet de fini, de bon goût et de solidité qui est une des marques distinctives de notre industrie nationale.
- Les bébés Jumeau articulés, vraie création parisienne, obtiennent au Bon-Marché un succès sans précédent, grâce aux prix exceptionnels auxquels on les livre.
- Il en est de même des poupées, des mobiliers enfantins, des petits théâtres avec leur troupe d’acteurs, des clowns articulés, des petites imprimeries avec jeu de caractères, des chemins de fer avec rails mobiles. Il y a même dans cette collection une reproduction miniature du Métropolitain aérien.
- Le Bon-Marché n’a pas demandé à l’étranger ses petits soldats de plomb. Il s’est adressé à l’industrie française qui fait bien mieux et à meilleur marché.
- Une spécialité : une boite renfermant soldats et accessoires pour opérer de grandes manœuvres. On appelle cela : la mobilisation du 176 corps. Que d’enfants apprendront avec ce jouet l’art de la guerre inoffensive !
- Les livres de tout genre ne manquent pas-non plus dans cette exposition d’étrennes. Il y en a pour tous, d’enfantins, de presque sérieux, de très instructifs, historiettes, nouvelles, romans irréprochables, œuvres littéraires, voyages illustrés, etc., etc.
- Tous cesl ivres reliés en toile ou avec des reliures de luxe sont donnés à des prix absolument exceptionnels.
- Ajoutons pour terminer cette nomenclature forcement incomplète qu’on trouvera également au Bon Marché un grand choix d’ouvrages de musique, des morceaux variés pour piano et même des partitions complètes.
- Cette exposition clôture dignement la série de toutes celles que le Bon Marché a offertes au public d’une manière si brillante, dans le cours de l’année 1887. C’est que cette maison est toujours.en quête du mieux. Fondée avec des principes irréprochables, elle y est restée fidèle et poursuit chaque jour l’œuvre entreprise par son fondateur et si dignement continuée par la noble femme dont la mort a été un vrai deuil commercial universel en France. —
- Baille.
- Le Gerant, GARREAU,
- Tours. — lmp. E. ARRAULT et Cie, rue de la Préfecture, 5.
- 4
- p.896 - vue 484/496
-
-
-
- Le Moniteur
- DE
- L'EXPOSITION DE 1889
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
- TROISIÈME ANNÉE. Dimanche 25 Décembre 1887. NUMÉRO 156.
- SOMMAIRE :
- 1. Les Travaux du Champ-de-Mars ; 2. La participation étrangère _ à l'Exposition de 1889; 3. Arrêté reconstituant la commission de l’Exposition universelle des beaux-arts en 1889 ; 4. Arrêté nommant un membre des Comités de congrès et conférences; 5. Arrêté nommant un membre du comité départemental du Rhône ; 6. Adjudication; 7 L’Exposition d’Eco-nomie sociale en 1889; 8. L'Algérie à l’Exposition de 1889; 9. Comité départemental de la Loire ; 10. Bureaux des comités départementaux: Gers, Gironde; 11. Echos; 12, Sciences et industrie; i3. L’Exposition de Bruxelles ; 14. L’Exposition de Barcelone ; 15. Les Livres ; 16. Les Théâtres; 17. Livres d'étrennes.
- EXPOSITION UNIVERSELLE
- DE 18 89
- LES TRAVAUX DU CHAMP-DE-MARS
- Des palissades le long des quais d’Orsay et de Billy, quelques arbres plantés, des terrassements remaniés en vue des chemins et chantiers, le sol réglé d’une façon définitive en certains points, enfin la continuation de la pose de la couverture au palais des industries diverses, tels sont les travaux qui ont été exécutés cette semaine dans l’enceinte de l’Exposition ; bien que peu appréciables à l’œil par suite de l’énorme étendue sur laquelle ils sont répartis et du grand nombre de chantiers fonctionnant simultanément, ils n’en sont pas moins réels et cette période, bien employée, a avancé l’œuvre générale autant et même plus qu’on avait osé l’espérer à cette époque de l’année.
- Tout en ignorant ce que nous réserve la fin de l’hiver, il est à remarquer que la première moitié s’en est écoulée dans de bonnes conditions, les ennuis dus à la saison, et auxquels on pouvait s’attendre, ont été peu nombreux: c’est à peine si le chômage a duré quelques jours, aussi le travail est en bonne voie et les préparatifs suivent une marche absolument régulière ; du reste, la nature semble favoriser les expositions en n’apportant pas trop d’entraves àleur organisation ; autant qu’il nous en souvient, l’hiver 1866-67 fut assez doux ; celui qui précéda le concours international de 1878 a été très clément et, jusqu’à présent, la saison actuelle se montre favorable; il reste à souhaiter que cela continue et que la température réserve ses rigueurs pour des années où elles ne risqueraient pas de porter préjudice à des entreprises d’un intérêt aussi général que celle dont nous nous occupons.En tout cas, en admettant que ce souhait ne se réalisât pas, il ne faudrait pas s’en préoccuper outre mesure, car, au lieu d’arriver avec un peu de cette avance si utile au dernier moment, on en serait quitte pour n’être prêt que juste à temps, ce qui n’est déjà pas à dédaigner alors qu’on voit souvent se produire des retards sans qu’aucune cause exceptionnelle les ait motivés.
- Derrière les palissades qui ont été élevées sur les quais on va incessamment commencer les travaux nécessités par les expositions d’horticulture et par le palais de l’alimentation ou temple des gourmets qui, comme l’indique le plan d’ensemble, doit être édifié sur le quai d’Orsay, entre les avenues Rapp et de Labour-donnais ; en ce moment on met la dernière main à l’étude des détails de ces projets, arrêtés depuis longtemps, quant à leurs grandes lignes, et dont l’exécution donnera un peu d’animation à cette partie de Paris généralement assez déserte.
- Il est probable que la construction des pavillons de l’horticulture marchera assez rapidement car on va employer à cet usage des matériaux tout préparés : nous voulons parler des fermes métalliques qui ont figuré au bois de Vincennes et servaient d’ossature aux galeries élevées pour l’exposition du cinquantenaire des chemins de fer.
- Ces fermes d’environ 9 m. de hauteur sont de deux sortes: les unes, placées sur la chaussée même, auront i3n'8o de. portée; les autres, de i5 "8o d’ouverture, constitueront les bâtiments qui garniront la contre-allée ; le poids moyen de ces charpentes est de 2,000 kilos.
- En mettant en parallèle ce poids et les portées que nous venons d’indiquer,on peut facilement se rendre compte de la légèreté ae ces constructions qui se rapprochent de celles du palais des industries diverses en ce qu’elles sont à deux rampants et reposent directement sur leurs appuis ; il n’y a pas de tirant réunissant les abouts des arbalétriers ; du reste, il est inutile de décrire longuement ces fermes que tout le monde a pu voir au bois de Vincennes.
- Quant aux palissades formant l’enceinte des chantiers qui vont s’ouvrir, elles sont du même modèle que celles élevées tout autour du Champ-de-Mars ; c’était indispensable pour donner à tous les travaux de l’Exposition un caractère d’unité prouvant que, bien que disséminés, ils n’en constitue pas moins un ensemble unique.
- Les poteaux maintenant en place cette clôture sont ‘renforcés à leur partie inférieure par une semelle et deux jambes de force; ils sont espacés d’environ 5 m. et profondément enterrés dans le sol ; cette disposition assure aux palissades une grande solidité encore accrue par trois roues de chevrons parallèles qui, à l’intérieur, réunissent entre elles toutes les planches de clôture.
- Dans le jardin central on continue les plantations, jusqu’à présent elles se sont effectuées de la façon le plus convenable, avec toute la régularité désirable, chaque jour voyant s’accroître le nombre des arbres transplantés ; très peu de ces derniers auront à souffrir du changement apporté dans leur existence car on les choisis parmi les sujets les plus vigoureux et leur enlèvement, leur transport et leur mise en place sont confiés à des travailleurs tout à fait au courant de ces opérations.
- C’est au moyen d’un rouleau compresseur à vapeur, modèle des ponts et chaussées, qu’on procède maintenant à la confection des chaussées empierrées entre les divers massifs du jardin ; ce rouleau, du poids de 17 tonnes, exerce son action sur une largeur de 2 m. et laisse, après son passage, un sol bien préparé et parfaitement uni. Le soin qu’on apporte à l’établissement des chaussées est une chose excellente et on ne saurait regretter le temps un peu long qu’exige ce travail, car il est de première nécessité d’avoir de bon chemins ne se transformant pas en lacs boueux aux premières gouttes de pluie ; nous pensons que sous ce rapport les visiteurs de l’Eposition n’auront aucune plainte à formuler.
- Puisque nous parlons des jardins, rappelons qu’ils doivent être pourvus de tentes-abris où pourront se reposer les promeneurs. Un modèle de ces tentes, non encore définitivement arrêté, est actuellement visible sous la galerie des industries diverses, parallèle à l’avenue de La ' Bourbonnais. Cet abri est composé de fermes en bois qui s’appuient sur des supports affectant la
- forme de colonnes surmontées d’un écusson aux armes d’une Ville de France ; entre ces colonnes s’élève un mât assez haut au sommet duquel flotte une oriflamme de deux couleurs ; le milieu du mât est garni d’un ornement représentant une tête de lion supportant les armes de la Ville de Paris.
- Le plafond des tentes est fait en étoffe, non tendue, rayée gris et blanc ; quant au toit, il a pour couverture une autre étoffe, tendue celle-ci, à rayures rouges et blanches, qui vient pendre entre les colonnes et présente des dentelures garnies d’une frange à boules, les points de jonction des fermes et des colonnes sont ornés de torsades et de glands. En somme, l’aspect est coquet et, en tenant compte de l’uniformité de la construction à décorer, il faut avouer qu’on a fait quelque chose assez agréable à voir ; du reste, nous n’avons vu que ce projet, peut-être s’en présentera-t-il un autre encore mieux et s’éloignant davantage des types habituels.
- La vue publiée aujourd’hui nous dispense de nombreux détails sur l’état des travaux de la tour de 3oo m.: pour faire apprécier exactement des œuvres aussi complexes, une photographie est toujours plus claire que les descriptions dans lesquelles, malgré le soin qu’on y apporte, il se glisse généralement des lacunes souvent regrettables.
- Après avoir donné successivement des explications sur le montage des échafaudages et des piles prises isolément, il nous a paru utile de faire voir l’ensemble du chantier, ce dessin, comparé à la dernière vue d’ensemble que nous avons publiée, permettra de constater que les progrès ont été réalisés dans un temps relativement court et avec quelle rapidité, conforme aux prévisions, s’est effectuée la construction du premier étage qu’on terminera complètement avant un mois, du moins quant à son ossature, qui est la partie la plus importante du travail. L’achèvement du premier étage dissipera les craintes que l’audace du projet et de ces moyens d’exécution avait pu faire naître,car le montage s’effectuant dès lors presque sans porte à faux la plus grande difficulté aura disparu avec les dangers qui en étaient la conséquence.
- La mise en place définitive des poutres transversales reliant le sommet des piles nécessite diverses opérations que la gravure est impuissante à rendre et dont l’intérêt est pourtant très grand; nous allons en dire deux mots.
- Les pièces métalliques composant les semelles inférieures de la poutre de 7 m. de hauteur reposent sur les échafaudages par l’intermédiaire de boîtes en fonte de 0,40 c. de diamètre et de om5o de hauteur pleines d’un sable fin parfaitement sec sur lequel s’appuie un tampon pouvant pénétrer exactement dans la boîte quand elle est vide ; lorsque ces pièces métalliques -seront en place, c’est-à-dire lorsque les poutres seront montées, on laissera sortir le sable en débouchant des petits trous pratiqués à la base des boîtes et garnis d’une cheville pendant le montage, le sable en s’écoulant permettra l’abaissement des tampons et par suite celui de la poutre elle-même qui arrivera ainsi mathématiquement au niveau qu’elle doit occuper ; pour amener alors les trous pratiqués dans les extrémités de la poutre à coïncider exactement avec ceux réservés dans les arbalétriers des piles on exercera sur ces dernières une pression, les forçant à s’incliner légèrement
- p.897 - vue 485/496
-
-
-
- SqS. — Troisième Année. — N° i56.
- vers le centre; à ce moment on opérera la jonction des différentes pièces au moyen déboulons et de rivets. Ces opérations terminées, on aura ainsi une pyramide quadrangulaire tronquée, d’une rigidité parfaite, sur laquelle on pourra s’appuyer en toute sécurité pour continuer le montage de la tour. Les échafaudages ne seront plus, dès lors, d’aucune utilité et leur disparition fera bien ressortir, en les dégageant, la légèreté extraordinaire des constructions que dirigent si habilement M. Eiffel et ses collaborateurs MM. Mongnîer et Cœchlin ; plus tard, cette légèreté, qui paraîtrait excessive, sera atténuée par la pose des soubassements et des pièces décoratives.
- Tous ces travaux ont été exécutés, sous la direction du chef de chantier, M. Compagnon, par 2 5o ouvriers dont 5o affectés spécialement à l’établissement des charpentes , les autres étant repartis entre les divers chantiers et exécutant le déchargement des matériaux, leur bardage et surtout les rivures qui, à elles seules, occupent une centaine de travailleurs.
- H. de Baecker.
- ----------—gir-v & *> o --------
- LA PARTICIPATION ETRANGERE
- A L’EXPOSITION DE 1889
- (Suite)
- Turquie
- M. Georges Berger, directeur de l'Exploitation de l’Exposition de 188g, s’étant adressé par lettre à la chambre de commerce pour lui demander de participer à l’organisation, à Constantinople, d’une section spéciale qui représenterait à l’Exposition les produits ottomans, le conseil de la chambre, dans sa séance du 8 courant, a pris en considération cette proposition de M. G. Berger.
- La chambre a nommé dans son sein une commission composée de S. E. Aristakès, effendi Aza-rian, président de la chambre ; Suléiman Suba effendi, vice-président ; MM Georges Casanova, Sylvain Mille, et Er-Ali Zadé Hadji Ahmed effendi, avec mission de s’entendre avec avec l’honorable M. Emile Deveaux, directeur de la Banque impériale ottomane, et régler ce qui a trait à cette affaire.
- Suisse
- Le 21 décembre, le Conseil national a discuté le projet de participation officielle de la Suisse à l’Exposition de 1889.
- Le Conseil fédéral et la commission ont conclu à la participation officielle et à l’obtention d’un crédit de 425,000 francs.
- Un seul membre a fait observer que la plupart des Etats refusent d’y adhérer officiellement.
- M. Deucher, membre du conseil fédéral, a répliqué que la Suisse, n’était mue par aucune considération d’ordre politique. Gomme les autres Etats, elle veut donner à la France une preuve de bon voisinage et d’amitié. Elle désire participer à cette fête pacifique du travail.
- De nombreux orateurs ont ensuite pris la parole, et se sont déclarés au nom de l’industrie et l’agriculture, pour une participation officielle.
- Finalement, la proposition a été votée à une. énorme majorité, sans contre épreuve et les articles ont été adoptés sans discussion.
- Etats-Unis
- On a tout lieu de compter sur la participation officielle des Etats-Unis à l’Exposition de 1889. — Nous donnerons de plus amples détails à ce sujet dès que les négociations entamées à ce sujet auront abouti.
- Angleterre
- L’Angleterre ayant refusé de participer officiellement à l’Exposition de 1889, notre gouvernement a cru devoir opposer le même refus aux offres des colonies anglaises, et il avait décidé de n’être point représenté notamment à l’exposition de Melbourne en 1888.
- Mais les Parlements locaux de ces colonies, qui jouissent d’une certaine indépendance, se sont émus de cette situation et ils se sont défendus de partager les sentiments du Foreign-Office-
- La colonie de Victoria demande donc qu’un agent français soit accrédité à l’Exposition de Melbourne, elle est décidée de son côté à se faire représentera Paris en 1889.
- Notre ministre des affaires étrangères paraît disposé à accueillir cette requête, à la condition que le délai d’admission des demandes de participation limité au icr janvier prochain soit reculé d’au moins deux mois.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE Tf
- ARRÊTE
- Reconstituant la commission de l'Exposition univer-selle des beaux-arts en 188 g.
- Le ministre de l’instruction publique et des beaux-arts a pris, en date du 16 décembre dernier, l’arrêté suivant:
- La commission de l’Exposition universelle des beaux-arts de 1889 est reconstituée de la manière suivante :
- Président
- Le ministre de l’instruction publique, des cultes et des beaux-arts.
- Vice-président
- Le directeur des beaux-arts.
- Membres
- L,e directeur des bâtiments civils et des palais nationaux.
- Le directeur des musées nationaux.
- MM. Antonin Proust, député, ancien ministre des arts.
- Turquet, député, ancien sous-secrétaire d’Etat au ministère des beaux-arts.
- Bouguereau, peintre, membre de l’Institut.
- Bonnat, peintre, membre de l’Institut.
- Cabanel, peintre, membre de l’Institut.
- Ribot, peintre.
- Cizin, peintre.
- Roll, peintre.
- Eug . Guillaume , sculpteur , membre de l’Institut.
- Mathurin Moreau, sculpteur.
- Dalou, sculpteur.
- Rodin, sulpteur.
- Bailly, architecte, membre de l’Institut.
- Questel, architecte, membre de l’Institut.
- Magne, architecte.
- Sédilie, architecte.
- Formigé, architecte.
- Chaplain, graveur en médailles, membre de l’Institut.
- Roty, graveur en médailles.
- Bracquemond, graveur.
- le président de l’académie des beaux-arts.
- le président de l’académie des inscriptions et belles-lettres.
- Henzev, membre de l’Institut.
- Deliste, membre de l’Institut.
- baron Alphonse de Rothschild, membre de l’Institut.
- Schlumberger, membre de l’Institut.
- Béraldi, critique d’art.
- Fourcaud, critique d’art.
- Gustave Geffroy, critique d’art.
- Paul Mantz, critique d’art.
- André Michel, critique d’art.
- Hènri Havard, inspecteur des beaux-arts. MM. Roger Ballu, inspecteur des beaux-arts.
- Hecq, chef du secrétariat des beaux-arts et des bâtiments civils au cabinet du ministre.
- Deck, administrateur de la manufacture de Sèvres.
- Champfieury, administrateur-adjoint de la manufacture de Sèvres.
- Gerspach, administrateur de la manufacture des Gobelins.
- Badin, administrateur de la manufacture de Beauvais.
- Baumgart, chefdu bureau des travaux d’art, expositions et manufactures nationales..
- Grost, chef du bureau de l’enseignement et des musées.
- Des Chapelles, chef du bureau des théâtres.
- Viollet-le-Duc, chef du bureau des monuments historiques.
- Secrétaires
- MM. Bigard-Fabre, sous-chef du bureau des travaux d’art, expositions et manufactures nationales.
- Roger-Marx, secrétaire de la direction des beaux-arts.
- P. Delair, commissaire des expositions.
- Giudicelli, commissaire des expositions
- ........................................-
- ARRÊTÉ
- Nommant un membre des comités des Congrès et Conférences
- Par arrêté en date du 12 décembre 1887, je ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a
- Dimanche 25 Décembre 1887.
- nommé membre des comités des congrès et conférences :
- section xii. — Génie civil et travaux publics.
- M. Carnot, ingénieur en chef au corps des mines, professeur et directeur du laboratoire de l’école nationale des mines, en remplacement de M. Paul Luuyt, décédé.
- ------ irnari MW «ni» ---
- ARRÊTÉ
- Nommant un membre du Comité départemental du Rhône.
- Par arrêté en date du 19 décembre 1887, le ministre du commerce et de l’industrie, commissairs-général de l’Exposition universelle de 1889, a nommé membre du comité départemental du Rhône :
- Sous-comité de l’arrondissement de Lyon
- M. Chapuis, administrateur des chemins de fer d’intérêt local du département du Rhône, à Lyon.
- ADJUDICATION EN UN LOT
- A FORFAIT
- cLes Travaux cle construction, d’un
- GROUPE DE BATIMENTS
- EN PANS de BOIS HOURDÉS ET EN CHARPENTE
- A exécuter au Champ-de-Mars pour llinstallation des services de la Presse et des-Postes et Télégraphes.
- 1. Le lundi 9 juin 1888, à une heure de l’après-midi,, il sera procédé publiquement, dans une des salles du Conseil de Préfecture (Palais du Tribunal de Commerce), par le Préfet de la Seine ou son délégué, assisté de deux membres du Conseil de Préfecture et du Directeur général des Travaux ou de son délégué, à l’adjudication, au rabais, sur le prix de 80,000 francs et par soumission cachetées, de l’entreprise, en un lot, à forfait, des. travaux de construction, en location, d’un groupe de bâtiments en pans de bois hourdés et en char-pente à exécuter au Champ-de-Mars pour l’instal- . lation des services de la Presse et des Postes et: Télégraphes.
- Le cautionnement est fixé à 5,000 francs.
- 2. Le cahier des charges et des plans sont déposés à la Direction générale des Travaux, dans, les bâtiments du Champ-de-Mars, à l’extrémité de-l’avenue Rapp, où Ton pourra en prendre connaissance, tous les jours non fériés, de une heure à quatre heures.
- 3. Nul ne sera admis à concourir s’il ne remplit les conditions imposées par le cahier des charges, générales.
- Chacun des concurrents devra adresser à l’Agence-des Travaux du Champ-de-Mars, au Directeur général des Travaux de l’Exposition, qui est. chargé d’arrêter la liste des concurrents, huit jours au moins avant la date de l’adjudication :
- i° Une déclaration écrite sur papier timbré, faisant connaître ses nom, prénoms, domicile, lieu et date de naissance ;
- 20 Un extrait de son casier judiciaire ayant moins d’une année de date ;
- 3° Les pièces demandées par le cahier des charges générales, telles que certificats de capacité, etc.
- Le délai fixé ci-dessus pour le dépôt de ces. pièces sera rigoureusement appliqué.
- Sur avis de l’Administration ces pièces seront: retirées parles entrepreneurs pour être jointes à leur soumission.
- 40 Chaque soumission, rédigée sur papier-timbré, conformément au modèle ci-après, sera, placée isolément sous un pli cacheté, et le paquet portant le nom du soumissionnaire, sera renfermé, avec les pièces dont il a été parlé ci-dessus et avec le certificat de dépôt du cautionnement, sous une seconde enveloppe cachetée portant pour suscription :
- Exposition universelle de 188g. — Travaux de construction, en location, d’un groupe de bâtiments à exécuter au Champ-de-Mars pour l’installation des services de la Presse et des Postes et Télégraphes.
- Les soumissions qui ne seraient pas exactement conformes au modèle ci-après seront considérées comme nulles et non avenues:
- Les rabais seront énoncés en francs et décimes par cent francs (sans fraction de décime) et porteront sur le prix à forfait. Les rabais portant fraction de décime seront comptés au décime plein inférieur à la fraction exprimée.
- p.898 - vue 486/496
-
-
-
- Troisième Année. — N° 156.
- LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE 1889
- Dim anche 25 Décembre 1887. — 899.
- 5. Le jour de l’adjudication, les paquets seront remis par les intéressés au bureau d’adjudication, dans la salle du Conseil de Préfecture, au Tribunal de Commerce, depuis midi jusqu’à une heure. Les paquets recevront un numéro dans l’ordre de leur présentation.
- 6. A une heure, on remettra au bureau d’adjudication, et sous enveloppe cachetée, le minimum des rabais moyennant lequel l’adjudication pourra être prononcée ; ensuite on procédera à l’ouverture des paquets.
- Le bureau d’adjudication, après vérification des pièces, arrêtera la liste des concurrents agrès.
- Immédiatement après, il sera procédé à l’ouverture des soumissions présentées parles concurrents admis.
- 7. Dans le cas où une seule soumission serait déposée, l’Administration se réserve le droit de ne pas prononcer l’adjudication.
- 8. Si aucun des rabais offerts dans les soumissions ouvertes n’atteint le minimum fixé, l’adjudication pourra être prononcée provisoirement ou ajournée, sur l’avis du bureau d’adjudication, qui en délibérera séance tenante.
- En aucun cas, le minimum fixé ne sera rendu public.
- 9. Dans le cas où le rabais le plus fort aurait été souscrit par plusieurs soumissionnaires, un nouveau concours sera ouvert, séance tenante, entre ces soumissionnaires seulement.
- Les rabais de la nouvelle adjudication ne pourront être inférieurs à ceux de la première.
- Si les soumissionnaires se refusaient à faire de nouvelles offres, ou si les rabais souscrits étaient encore égaux, l’adjudicataire serait désigné par la voie du sort.
- 10. L’adjudication n’est valable qu’après approbation par le Ministre du Commerce et de l’Industrie.
- 11. Les frais de publicité, d’expédition et d’impression, ceux de timbre et d’enregistrement seront supportés par l’adjudicataire, qui devra en faire le dépôt dans un délai maximum de trois jours, à partir de la date de l’adjudication.
- 12. Toutes les conditions insérées dans la présente affiche sont obligatoires et déclarées annexées au cahier des charges.
- Fait le 15 décembre 1887.
- Le Ministre du Commerce et de VIndustrie, Commissaire général,
- Lucien Dautresme.
- MODÈLE DE SOUMISSION (sur papier timbré)
- Je soussigné, entrepreneur de
- demeurant à après avoir pris connais-
- sance des clauses et conditions générales imposées .aux entrepreneurs de l’Exposition universelle de 1889, du cahier des charges spéciales concernant la construction, à forfait, par voie d’entreprise .générale, d’un groupe de bâtiments pour l’installation des services de la Presse et des Postes et Télégraphes, au Champ-de-Mars.
- M’engage à exécuter, à forfait invariable, les travaux dont il s’agit évalués à la somme de quatre-vingt mille francs, moyennant un rabais de.... (en ,toutes lettres) par cent francs.
- Je me soumets, en outre, à supporter tous les .droits d’affichage, de timbre et d’enregistrement ;à droit fixe ou autres auxquels la présente soumission pourra donner lieu, si elle est acceptée.
- Paris, le 1887. (Signature).
- L'EXPOSITION D'ÉCONOMIE SOCIALE
- EN 1889
- (Suite)
- ENQUÊTE
- QUESTIONNAIRE
- ni. — INSTITUTIONS PROVENANT I)E L’iNITIATIVE PATRONALE
- 80. Organisation et fonctionnement de ces institutions. — Comment sont-elles alimentées ? — par quelles retenues sur le salaire ou le traitement des intéressés ; — par des subventions patronales; — par des donations spéciales ayant contribué à former ou alimenter les fonds de retraite ? — Proportion dans laquelle ces différentes ressources concourent aux charges.
- Emploi des fonds recueillis. — Sont-ils conservés dans la caisse de la maison. — Sont-ils versés par le patron à titre d’intermédiaire, dans une caisse de l’Etat, — dans celle d'une compagnie d’assurance ?
- , Tous les agents de l’établissement bénéficient-ils de l’institution? N’y ont-ils droit qu’après un stage ? (Employés commissionnés et auxiliaires.— Ouvriers stables et instables, des caisses allemandes.)
- Ont-ils des livrets individuels ? — Les conservent-ils en cas de démission ou de révocation? — Peuvent-ils, sans perdre leurs droits, passer d’un établissement à un autre dans là même circonscription?
- Les pensions sont-elles constituées à capital aliéné ou à capital réservé ? —- Des avantages spéciaux sont-ils consentis en vue de la constitution des rentes à capital réservé ?
- 81. Caisses de prévoyance. — Système du patrimoine substitué à la rente viagère. — Conditions du système. — Déchéance en cas de départ. — Droits de la famille.
- 82. Résultats financiers. — Opérations de la caisse depuis l’origine.
- . Nombre successif des adhérents, — des pensionnaires. (Les décomposer en catégories par âges.)
- Montant des versements des intéressés ; — des sacrifices des patrons.
- Pension moyenne par tête.
- Situation de la caisse. — Son budget en 1887. — Recettes et dépenses. — Excédent. — Subventions patronales.
- _ Etat des engagements de la caisse. — Sa situation en cas de liquidation.
- Section VII
- A ssurances contre les accidents et sur la vie
- I. — ASSURANCES CONTRE LES ACCIDENTS
- 83. Bases de l’assurance et renseignements généraux. — Nature de l’industrie exercée par l’établissement. — Outillage qu’il emploie. (Outils à la main; — machines-outils; — moteurs).
- Effectif moyen des ouvriers depuis cinq ans (en le décomposant par sexe, par âge, par spécialités.
- — Occupe-t-on des apprentis ? — Combien ?) — Montant moyen annuel de la main-d’œuvre.
- Règlements, prescriptions et mesures ayant pour objet la sécurité des ouvriers. (Produire les textes.) — Surveillance exercée sur l’exploitation par les délégués des ouvriers ou de l’Etat.
- Nombre des accidents survenus depuis dix ans.
- — Leurs causes. — Leurs conséquences (Mort. —-Incapacité permanente ou temporaire de travail.)
- Joindre aux réponses les statistiques qui auraient été dressées sur les accidents constatés dans l’industrie dont il s’agit et dans la contrée qu'elle occupe, en définissant les circonstances de ces enquêtes et leurs garanties d’exactitude.
- 84. Mode d’assurance. — Les ouvriers sont-ils assurés contre les accidents du travail à titre individuel ou collectif? — Le sont-ils à une caisse publique, — à une compagnie d’assurance anonyme, — à une compagnie mutuelle, à une corporation ou à un syndicat,— à une caisse.particu-lière à l’établissement ou au groupe d’exploitation dont il fait partie ?
- L’assurance couvre-t-elle tous les accidents quels qu’üs soient, ou seulement ceux qui entraînent l’incapacité permanente de travail ou la mort?
- L’initiative de l’assurance émane-t-elle des ouvriers, — des patrons, — de l’Etat ?
- Dans le cas oh l’initiative émanerait de l'Etat, comme en Allemagne (lois des 6 juillet 1884 et 28 mai L885), décrire avec soin l’organisation de Vassurance obligatoire, son mécanisme, son application et ses résultats.
- 85. Responsabilité civile du patron. — A qui incombe l’obligation de la preuve ? — Responsabilités de droit commun. (Risques professionnels inhérents au travail ; — cas de force majeure ; — faute du patron ; — faute de l’ouvrier.) — Législation, — jurisprudence.
- La responsabilité civile du patron est-elle couverte en même temps par la prime de l’assurance souscrite en faveur de ses ouvriers, ou par une prime et une police distinctes?— Reste-t-il son propre assureur en conservant une part proportionnelle ou autre dans le règlement des sinistres qui peuvent engager sa responsabilité civile ?
- 86. Fonctionnement de l’assurance. — Mode de constatation des accidents. — Formalités et procédure. — Classement des accidents d’après leur gravité (Incapacité temporaire de travail, — incapacité permanente, — décès.) — Soulève-t-il des difficultés? — Par qui sont-elles résolues ?
- 87. Primes ou cotisations. — Les primes sont-elles calculées par tête, — sur la masse des salaires?
- — Taux suivant la base adoptée et suivant la nature des risques. (Ordinaires, — hasardeux ; — très chanceux. ) — Procédure de ce classement.
- — Gomment se tranchent les contestations qu’il soulève ?
- La prime de l’assurance au profit des ouvriers est-elle supportée : par le patron, — par les ouvriers — par le patron et les ouvriers et dans qu’elle proportion ?
- Mécanisme de l’assurance collective avec ou sans clauses de substitution.
- Conditions de la prime pour couvrir la_ responsabilité civile du patron, si elle lait l’objet d’une assurance distincte.
- ----------—@ ^ ©M^üiüigT—-------
- L’ALGÉRIE A L’EXPOSITION
- DE 1889
- La commission départementale d’Alger a tenu une séance très importante le 9 décembre dernier et s’est occupée de l’exposition algérienne en 1889.
- Nous extrayons du procès-verbal le passage suivant :
- M. le Président rappelle que la Commission départementale réunie hors séance mardi dernier, s’est rendue chez M. le Gouverneur général, pour se concerter avec lui au sujet des difficultés signalées dans la récente communication de M. Bour-lier, et relative à la participation de l’Algérie à l’Exposition de 1889. Il résulte des renseignements fournis par ce haut fonctionnaire que la situation est plus grave encore que ne le pensait M. le député Bourlier.
- En effet, ce dernier croyait savoir qu’un crédit de 100.000 francs serait prévu au budget de 1888, pour part contributive de l’Etat dans cette dépense et que pareille somme figurerait pour le meme objet dans les prévisions budgétaires pour 1889.
- Or, les informations parvenues au gouverneur général font connaître que ce crédit n’a pas été porté en ce qui concerne le prochain exercice, et il est à présumer que les propositions du ministère, en admettant qu’elles soient maintenues, ne recevront pas un meilleur accueil pour l’année suivante.
- Dans ces conditions les ressources de la colonie consisteraient uniquement daus la somme de 100,000 francs inscrite aux budgets départementaux.
- M. le Gouverneur général a communiqué à la Commission la dépêche qu’il avait adressée au ministère pour démontrer la nécessité de faire en faveur de l’Algérie au moins autant à l’occasion de l’Exposition de 1889, qu’il a été fait à l’occasion des expositions de 1867 et 1878. L.es frais, -à l’heure actuelle sont, en effet, beaucoup plus considérables qu’aux dates précitées.
- Les exposants sont tenus de payer le loyer de l’emplacement qu’ils occupent. C’est pour un espace total de 2,200 mètres réservé aux produits algériens, une dépense de plus de 80,000 francs.
- En outre, les transports qui étaient en 1875 effectués gratuitement par le service de la guerre, resteront, suivant toute’probabilité, pour le prochain concours, à la charge des propriétaires.
- On objectera, peut-être, que les loyers du terrain et les frais de transport ne regardent ni l’Etat ni le département et qu’ils doivent être supportés par les particuliers. Il en sera sans doute ainsi dans la métropole, mais l’industrie algérienne n’a pas encore atteint un développement suffisant pour lui permettre de se passer de tout concours. Il est d’autant plus nécessaire de lui venir en aide que les principaux produits de la colonie consistent en denrées agricoles telles que le blé et autres céréales qui ne peuvent être grevés de frais importants.
- Ces considérations ont été développées par M. le Gouverneur général, dans un rapport en date du 10 décembre 1886.
- Cette manière de voir n’a pas été, tout d’abord, admise par M. le Ministre du commerce qui entendait assimiler complètement les départements algériens, à ceux de la métropole et contestait la nécessité de leur attribuer un pavillon spécial. Ses résistances furent cependant vaincues par l’insistance de M. le Gouverneur général et des représentants de la colonie au Parlement, et M. Lockrov prit’ à cet égard des engagements que confirme M. Dautresme.
- Ce dernier était à la veille de présenter un projet de loi tendant à l’allocation d’un crédit pour la construction d’un pavillon algérien, lorsque sont survenus les derniers événements politiques. Le cabinet a démissionné et malgré tous les efforts du Gouverneur et des représentants de l’Algérie, qui ont tenté une démarche collective, la question n’a pas encore reçu de solution.
- Le budget n’est pas voté à ce jour, l’eut-il été d’ailleurs, que les crédits dont nous réclamons
- p.899 - vue 487/496
-
-
-
- 900. — Troisième Année.
- N® i5ô.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 2 5 Décembre 1887.
- l’inscription eussent, sans doute, e'te' repousse's.
- Les Chambres vont se se'parer et s’ajourner au 12 janvier, après avoir voté des douzièmes provisoires, aucune décision ne peut dont être prise à ce sujet avant la fin de janvier.
- M. le Gouverneur général, préoccupé de la situation, a adressé, à la date du ier décembre, à M. le Ministre du commerce une lettre dans laquelle il fait à sa bienveillance un dernier appel. En même temps M. le Gouverneur faisait parvenir à MM. les sénateurs et députés de l’Algérie une circulaire faisant appel à leur concours et leur démontrant la nécessité de tenter au premier moment opportun une dernière démarche collective qui aura tout au moins pour résultat de montrer que la représentation et l’administration supérieure algérienne ont fait tout ce qui était en leur pouvoir pour éviter l’échec dont nous sommes menacés.
- Après un échange d’observations entre M. le préfet, MM. Altairac et Broussais, la Commission départementale adopte à l’unanimité la délibération suivante proposée par ce dernier:
- « A la suite d’une communication de M. Bour-lier et après un entretien avec M. le Gouverneur général, la Commission départementale d’Alger, informée que malgré les démarches réitérées de ce haut fonctionnaire et de la représentation algérienne aucun crédit n'est encore inscrit au budget l'Etat pour assurer une exposition distincte et complète de l'Algérie en 1889 vivement préoccupée de la situation ainsi faite aux exposants algériens, prie instamment M. le Sénateur et MM. les Députés du département de s’entendre avec M. le Gouverneur général et les représentants d’Oran et de Constantine pour tenter une démarche décisive auprès du Parlement et des Ministres compétents afin d’obtenir l’inscription au budget du crédit pour la construction du pavillon algérien et autres indispensables pour faire connaître les richesses de l’Algérie. Dans l’intérêt national il faut éviter à tout prix que l’Algérie ne soit pas représentée à la grande Exposition de 1889. »
- La Commission décide en outre que cette délibération sera transmise par télégramme aux sénateur et députés d’Alger et aux présidents de la Commission départementale des départements d’Oran et de Constantine.
- COMITÉ DÉPARTEMENTAL
- DE LA LOIRE
- Le Comité départemental de la Loire s’est réuni mardi dernier. M. le préfet de la Loire assistait à la séance ainsi que M. Eu verte, président de la Chambre de commerce et un grand nombre des membres du comité, qui sont pour la plupart industriels ou commerçants.
- M. Raymond, député, président, a présenté à l’assistance M. Georges Berger, directeur général de l’exploitation de l’Exposition de 1889, et lui a donné ensuite la parole.
- M. Berger a rappelé aux membres du comité le but de l’Exposition et les a vivement engagés à y prendre part et à faire tous leurs efforts pour trouver le plus grand nombre d’exposants possible.
- Après diverses explications fournies par M. le directeur général aux personnes qui les lui avaient demandées, la séances été levée à quatre heures.
- BUREAUX DES
- COMITÉS DÉPARTEMENTAUX
- GERS
- Comité départemental
- Président: M. Albert Gignan, président du tribunal de commerce, Auch. — Vice-président : M. de Cardes, président de la société d’encouragement à l’agriculture, à Barran. —Secrétaire : M. Laffargue, chef de division à la préfecture. — Membres : MM.Lacroix, Joseph, maire à Condom; Descamps, ancien député, maire à Lectoure ; Boué Marcel, conseiller général à Condom; Chanson, négociant à Condom ; Descomps, conseiller d’arrondissement à Cézan ; Fujot, négociant à Lectoure; Dasmé, maire à Endoujielle ; Rosti?, André, propriétaire viticulteur à Lombez ; Dagu-zan Placide, agronome à l’Isle-Jourdain ; Campar-don, maire à Mirande ; Luro, conseiller général, maire à Blousson-Sérian ; Douât, conseiller général, maire à Miclan.
- Sous-comité de l’arrondissemeut d’Auch
- Président : M. Albert Gignan, président du tribunal de commerce. — Vice-président : M . de Cardes^ président dç la société d’encouragement à l’agriculture, à Barran. — Secrétaire. : M. Laffargue, chef de division à la préfecture.— Membres : MM. Saint-Martin, maire à Jegun ; Léo Montanié, négociant à Auch.
- Sous-comité de l’arrondissement de Condom
- Président : M. Lacroix, Joseph, propriétaire, maire à Condom. — Vice-président : M. Boué Marcel, propriétaire, conseiller général à Condom. — Secrétaire : M. Chanson, négociant à Condom. — Membres: MM. Laffargue, Victor, propriétaire, conseiller d’arrondissement à Blaziert ; Lary, Maximilien, officier de santé, conseiller d’arrondissement à Saint-Orens-Pony-Petit ; Rouyou, Jules, propriétaire, adjoint au maire de Condom ; Cha-poulié, négociant en eaux-de-vie à Condom.
- Sous-comité de Varrondissement de Lectoure
- Président: M. Descamps, ancien député, maire de Lectoure. — Vice-président : M. Descomps, conseiller d’arrondissement, à Cézan. — Trésorier : M. Labadie, maire de Castel-Arrony. — Secrétaire : M. Pujol, négociant à Lectoure. — Membre : M. Barlié, mécanicien, à Fleurance.
- Sous-comité de l’arrondissement de Tombery.
- Président : M. Basmé (Marcel), maire, à Endou-fielle. — Vice-Président : M. Rôtis (André), propriétaire-viticulteur, à Lombez. —Secrétaire: M. Daguzan-Placide, agronome, à l’Isle-Jourdain. — Membres: MM. Cadou, négociant, à Lombez. Pouget, négociant, à Samartan.
- Sous-comité de /’arrondissement de Mirande.
- Président: M. Campardon, maire à Mirande. — Vice-président : M. Douât, conseiller général, maire à Miélan.—Secrétaire: M. Luro, conseiller général, maire à Blousson-Sérian. — Membres: MM. Cortie, maire à Massembe ; Dufilho, négociant à Mirande,; Bertrand, Olivier, architecte', à Mirande ; Forgues, entrepreneur de travaux publics, à Berdoues.
- GIRONDE
- Sous-comité de Blaye
- Président : M. Dupoury, sénateur. — Vice-président : M. Gervais, conseiller général. — Secrétaire : M. Lacourtiade,: médecin, à Blaye
- ------a ij-o-ss;—r——--------
- ÉCHOS
- Paris
- Rue Laffitte, le succès obtenu par l’Exposition Puvis de Chavannes a engagé les organisateurs à retarder la clôture primitivement et, avait-on dit, irrévocablement fixée au mardi 20 décembre.
- La galerie Durand-Ruel restera donc ouverte pour cette exhibition jusqu’à samedi prochain, 31 décembre.
- Les œuvres de M. Henri Guérard sont exposées jusqu’au jeudi 0 janvier, à la galerie Bernheim jeune, 10, rue Laffitte.
- Trois cents numéros intéressants : tableaux, aquarelles, eaux-fortes, éventails.
- * ¥
- Nous avons annoncé, dans notre dernier numéro, l’exposition prochaine, à l’école des beaux-arts, de l’œuvre du regretté orientaliste. Guil-laumet. Les trois jours d’ouverture seront consacrés : le vendredi G janvier à la presse; le samedi 7 aux invitations spéciales ; le dimanche 8, enfin, à l’inauguration publique.
- L’exposition se prolongera jusque dans les premiers jours de février, et les œuvres qui la composent seront, après nouvelle exhibition à la galerie Georges Petit,-rue de Sèze, dispersées à l’hô-tel Drouot, sous le marteau traditionnel.
- Ajoutons que les entrées prélevées au quai Malaquais seront consacrées à l’érection d’un monument en mémoire du grand artiste François Bonvin, frappé par la mort au commencement de la semaine dernière.
- La famille de Guillaumet en a décidé ainsi, en souvenir de l’amitié qui unissait les deux peintres.
- *
- ¥ ¥
- Le Journal des Arts annonce qu’une exposition de la Tentation de Saint-Antoine de José Frappa a
- commencé jeudi dernier 22 décembre à la galerie des Artistes modernes, 5, rue delà Paix, et s’y prolongera jusqu’au samedi 14 janvier.
- •k
- ¥ ¥
- Nous avons parlé de l’exposition des projets envoyés à l’hôtel de ville pour le concours de décoration de la mairie du VIe arrondissement.
- Cette exposition a été clôturée mardi dernier 20 décembre, après le jugement du premier degré.
- Sont désignés, par ordre alphabétique, pour prendre part, au second degré du concours, et subir le jugement définitif en mars 1888 :
- MM. Urbain Bourgeois, Henry Lévv, Lionel Royer.
- Ont obtenu ensuite le plus grand nombre de voix :
- MM. Cebon, Weiss, Feyen-Perrin, Bourgon-nier.
- ¥ ¥
- Le comité des monuments parisiens a décidé que la société participera à l’Exposition de 1889.
- *
- * *
- .Notre excellent confrère le Bâtiment signale avec la participation individuelle, maintenant décidée, de la ville de Paris à l’exposition de 1889, plusieurs projets à réaliser à l’occasion de là grande manifestation attendue de l'activité nationale, notamment le Palais de l'Enfance, ]n maison de Victor Hugo à Guernesey, la réédification des trente-deux provinces de France, au’ moven de constructions types rappelant l’architecture" le mobilier et les moeurs de l’époque. On pourrait, ce nous semble, remplacer la maison de Victor Hugo qui n’offre qu’un intérêt des plus relatifs, par un Palais de la Femme qui serait autrement attrayant. A part cela, les projets sont intéressants.
- ¥ ¥
- La deuxième exposition des œuvres de M. La-chenal, le jeune céramiste, commence demain lundi 26, à la galerie Georges Petit, 8, rue de Sèze, et s’y continuera les mardi 27 et mercredi 28.
- A l’Hôtel Drouot, les visites sont nombreuses et parfois intéressantes.
- Lundi, a commencé notamment la vente posthume des oeuvres de Carrier-Belleuse, dont la première vacation a été brillante et a produit 19,038 francs.
- Onze tableaux de Jules Garnier ont été adjugés la semaine dernière. Le fameux Flagrant délit, l’immense toile qui fut refusée au Salon comme immorale, a trouvé acquéreur à 400 francs. Ajoutons que l’acheteur est Brésilien et qu’il va promener son acquisition dans toutes les villes de l’Amé-xique du Sud. Voilà certainement un futur millionnaire!
- Des autographesaussi, beaucoup d’autographes :
- Quinze manuscrits de Félicien David n’ont produit que 1,005 francs.
- Enfin l’autre jour, on a vendu, car l’on vend de tout aujourd’hui, un... bâton de maréchal, et une série de reliques impériales. O décadence !
- Ceci nous conduit, par association d’idées, à une petite anecdote que vous serez peut-être curieux d’entendre, chers lecteurs, et qui me fut racontée, l’hiver dernier, dans un salon hospitalier et charmant, où se coudoient des amateurs de choses sérieuses, des amateurs de beau dire, et des amateurs de frivolités !
- La voici : Vous vous rappelez tous sans doute avoir vu au Salon dernier un portrait du général Boulanger, signé du nom bien connu d’Ar-mand-Dumaresq'.
- Ce portrait est, paraît-il, le seul pour lequel le général eût consenti de poser, et l’uniforme de grande tenue restamême longtemps chez l’artiste.
- Or, Armand Dumaresq possède un chapeau de Napoléon Ier, un de ces fameux petits chapeaux bicornes, que la gravure a vulgarisés. Est-il besoin de dire que la relique est gardée comme un trésor, et abritée par une cloche des injures du temps.
- Un jour donc, c’était l’hiver dernier, on annonçait à l’atelier le prince Eugène de Suède, venu en France pour des études artistiques, et que lMris possède de nouveau cette année. Le prince, accompagné d’un aide de camp et d’un officier français, si je ne me trompe, fut reçu avec empressement, promené dans l’atelier, et amené devant le fameux chapeau. Sur le désirdu prince, le couvre-chef sortit de son écrin et,comme Monseigneur le voulait examiner de prés, Armand Dumaresq le lui abandonna.
- Mais à peine cette imprudence avait-elle été commise, que le prince se coiffait sans façon du précieux chapeau, et... proh pudor !.... piquait un
- p.900 - vue 488/496
-
-
-
- p.n.n. - vue 489/496
-
-
-
- LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE 1889
- Dimanche 25 Décembre 188
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1889
- Sâap 3. pue de / Echelte Pap/s
- Plaques de A/MGuiilemmot&C'.'
- A. Broise & Courtier. Phot
- VUE ïy ENSEMBLE
- DE LA TOUR EIFFEL
- 1
- p.dbl.n.n. - vue 490/496
-
-
-
- p.n.n. - vue 491/496
-
-
-
- Troisième Année. — N° 156.
- ; LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE1SS9.
- cancan endiablé, aux yeux ahuris du peintre et des officiers scandalisés ! On assure que la fin de la visite fut... fraîche.
- L’artiste aimait à raconter que, quelques jours auparavant, il s’etait avancé, pendant une interruption de la séance, vers le général Boulanger, et, le chapeau de Napoléon en main, lui avait dit: « Général, permettez-moi de vous essayer ceci ». Ce à quoi le général, se reculant vivement, avait répondu : « Oh non! ce serait une profanation ! »
- On ajouta, en me lacontant l’anecdote, que le visage du général s’était, illuminé' tout à coup, à ce moment, ce à quoi une charmante femme, très spirituelle, répondit en disant que le général a un peu la tète en pain de sucre, et que s’il avait refusé de mettre le chapeau, c’était, moins par modestie que par crainte de voir le couvre-chef historique lui entrer jusqu’aux oreilles! Je laisse à vous, amis lecteurs, de décider qui de mes deux interlocuteurs avait raison, l’enthousiaste ou la sceptique.
- Je vous ai raconté l’anecdote telle qu’elle me fut donnée, et l’on m’a assuré qu’elle était authentique.
- Départements
- Le Journal des Artistes signale une nouvelle tentative artistique de décentralisation. Celle d’expositions semestrielles d’œuvres d’art choisies, organisées à Douai par M. Edouard Cellier.
- ¥ ¥
- A Lyon, la Société lyonnaise des Beaux-Arts continue les préparatifs en vue de sa première exposition qui ouvrira dans les premiers jours de février.
- Des baraquements spéciaux s’élèvent place Bellecour.
- Il paraît même que l’on édifierait prochainement un palais définitif d’exposition permanente.
- *
- * *
- ETRANGER
- Allemagne
- Les organisateurs de la troisième exposition internationale de beaux-arts, dont nous avons parlé à différentes reprises, et qui aura lieu l’année prochaine à Munich, viennent de lancer leurs invitations.
- Ils ont adressé par l’entremise du gouvernement bavarois, à toutes les nations que prévoit le statut de l’exposition, les programmes, règlements, etc., afin que ces pièces parviennent par la voie diplomatique aux académies, écoles des beaux-arts, associations artistiques, etc.
- Les puissances invitées à donner leur participation sont : les Etats-Unis de l’Amérique du Nord, la Belgique, l’Allemagne, c’est-à-dire les Etats confédérés qui constituent l’empire ; le Danemark, l’Angleterre, la France, la Hollande, l’Italie, la Grèce, l’Autriche-Hongrie, l’Espagne et le Portugal, la Russie, la Suisse, la Suède et la Norvège.
- * *
- Le prince régent de Bavière vient de consacrer une subvention de 25,000 marks à l’exposition nationale d’art industriel de Munich (1888). Ce crédit qui est destiné à faciliter la participation des industries artistiques bavaroises, sera réparti entre les comités locaux.
- *
- ¥ ¥
- Une exposition de trente portraits, à l’huile et au pastel, par Franz de Lenbach, a été ouverte le vendredi 16 courant à Berlin, dans la galerie Schulte. C’est l’événement artistique de la dernière quinzaine. Parmi les portraits exposés, ceux de l’empereur, du prince de Bismarck, du comte de Moltke, du roi Louis de Bavière, etc.
- * *
- Angleterre
- A Londres, chez MM. Boussod, Valadon et Cie, exposition d’œuvres d’artistes français et italiens. A la Société royale des aquarellistes, l’exposition annuelle, déjà signalée, qui réunit environ 350 ouvrages intéressants.
- A Newcastle-on-Tyne, le Bewick-Club organise, avec le concours de l’administration municipale, sa cinquième exposition annuelle. Envois avant le 6 janvier prochain.
- Inauguration le vendredi 20 janvier ; clôture le samedi 18 février (Voir le Journal des Arts).
- * ¥
- Autriche - Hongrie
- Nous avons, à différentes reprises, entretenu nos lecteurs de l’exposition industrielle et artistique industrielle que l’on organise à Viennepour la Basse-Autriche, et qui célébrera l’année prochaine le quarantième anniversaire de l’avènement de l’empereur.
- Jusqu’ici seize cents adhésions ont été enregistrées, entre autres celles des ministères, de la ville de Vienne, des compagnies de chemin de fer, la commission de régularisation du Danube, des écoles d’art industriel, de l’imprimerie d’Etat, de la régie des tabacs, etc.
- L’exposition aura donc une importance exceptionnelle et sera, pour certaines sections, internationale. De grands travaux sont entrepris pour l’aménagement des galeries qu’entourera un parc de 15,000 mètres carrés, éclairé entièrement à la lumière électrique.
- Un pavillon spécial, dit pavillon du travail, sera consacré à la petite industrie en activité, au travail manuel, aux machines en fonctionnement. Une large place sera faite au Sport.
- Des adhésions nombreuses sont assurées à l’expositi: n internationale des Beaux-Arts, qui ouvrira à Vienne le Ie1' mars 1888. L’Allemagne y participera largement, Menzel, Franz von Lenbach, Knaus, Kaulbach, Defregger, Achenbach, ont promis leur concours. On attend d’Angleterre des adhésions importantes ; la Reine a dès maintenant consenti à prêter aux organisateurs le magnifique album que lui ont offert à l’occasion deson Jubilé,les plus grands artistes duRoyaume. En Russie, l’association des Artistes de Saint Pétersbourg, en Belgique, un Comité spécial, s’occupent de recueillir des adhésions. Celles-ci sont attendues nombreuses de Suède, de Danemark. de France enfin et d’Espagne, où des négociations sont engagées. Une somme de 100,000 florins sera affectée par les promoteurs aux achats.
- * ¥
- Une exposition de gravures, d’une importance toute particulière, renfermant les œuvres de premier ordre en même temps qu’inédites pour la plupart, à Vienne, est ouverte au musée Autrichien par la Maison Artaria, depuis le 1er décembre.
- Très remarqués,les envois de Unger de Vienne, Waltner et Kæppping de Paris, Herkomer, et les œuvres du regretté Gaillard.
- *
- * * *
- Canada
- Le Moniteur officiel du Commerce donnelano-menclature des maisons françaises qui ont obtenu des récompenses à la récente exposition depro-duits de l’Agriculture, qui a eu lieu à Québec.
- ¥ ¥
- Espagne
- Le Figaro nous apprend dans sa correspondance de Madrid, qu’une société vient de se fonder dans le but d’organiser une exposition flottante qui fera connaître aux Etats de l’Amérique les produits de l’industrie espagnole. Cette exposition, aménagée sur un steamer, doit paraît-il, partir prochainement pour visiter successivement le Brésil, l’Uruguay, la République Argentine, le Chili, la Bolivie, le Pérou, l’Equateur. £$ Le gouvernement patronne cette entreprise fort importante, si l’on songe que l’Amérique du Sud est une annexe virtuelle de l’Espagne, et que cette dernière peut, par les affinités de race et de langue, reconquérir pour son industrie une suprématie que la chute de sa domination matérielle avait anéantie.
- A ce propos, que l’on nous permette de demander ce que sont devenus les beaux projets d’expo-
- sitions flottantes françaises. Voici longtemps que nous n’en avons entendu parler. Qu’est donc devenu le beau feu de la première heure ? On ne parlait de rien moins que de demander à l’Etat ses vieux transports, et voici que pas la moindre felouque, pas la plus frêle balancelle n’a mis à la voile ! à notre connaissance du moins. Si l’un de nos lecteurs est plus au courant que nous, nous lui serons reconnaissant de ce qu’il pourra nous apprendre, et c’est là d’ailleurs une invitation que nous posons en règle générale pour tous les renseignements que voudront nous adresser gracieusement nos lecteurs, et qui, pouvant trouver place dans nos échos, seront accueillis avec plaisir par Véchotier soussigné, « Ubique ».
- ¥ ¥
- Les exposants français récompensés à l’Exposition maritime de Cadix sont signalés par le Moniteur Officiel du Commerce.
- Dimanche 25 Décembre 18S7. — 901. >
- Etats-Unis *
- A Boston, une exposition de quatre cents œuv environ, signées d’aquafortistes femmes, obtient beaucoup de succès.
- ¥ ¥
- Le 30 novembre aux American Art Galleries de New-York, a eu lieu l’inauguration de l’exposition d’automne de peinture et de sculpture américaines.
- ¥ ¥
- L’exposition d’automne de la National Academg obtient beaucoup de succès à New-York, et les ventes y sont nombreuse;.).
- Ubique.
- SCIENCES & INDUSTRIE
- LE MÉGASCOPE ÉLECTRIQUE
- Nous lisons, dans la Nature, la description d’un mégascope électrique appelé par M. Trouvé, l’inventeur bien connu : anxanoscope.
- Nous nous sommes donné beaucoup de peine pour déchiffrer quelle pouvait bien être l’étymologie de ce mot barbare; barbare, non point parce qu’il est grec, mais parce qu’il semble être un barbarisme. Nous comprendrions auxanoscope, c’est-à-dire appareil pour voir en grand.
- Quoi qu’il en soit, et en supposant qu’il y ait là faute d’impression, nous devons reconnaître que cet appareil, comme tous ses congénères, est exclu de la série des instruments de précision, par une erreur d’optique, erreur transmise par des générations d’inventeurs.
- Cette erreur repose sur ce fait : toute image située sur un plan et qui, au moyen d’un artifice de lentille, est agrandie par un instrument quelconque, que ce soit un microscope ou un appareil photographique, subit une loi de physique basée sur l’aberration de sphéricité des lentilles, et produit, par ce fait même, une image augmentée mais partiellement déformée. On conçoit en effet que les points d’un plan projetés sur une lentille, ne forment pas au foyer principal des rayons égaux. Pour arriver à ce résultat, il faudrait que l’image fût elle-même sphérique. Ces points seraient alors à égale distance du foyer principal et ces distances seraient toutes les rayons de la sphère génératrice.
- Le centre de l’image peut donc être projeté mathématiquement et agrandi ; les points voisins du centre sont projetés obliquement, agrandis, mais déformés ; les points extrêmes de l’image, devenant de plus en plus obliques, sont également agrandis, mais subissent une déformation tellement accentuée que pour la démontrer une expérience des plus faciles s’impose.
- Passez, comme le font et surtout comme le faisaient les peintres, votre image au carreau; pro-jetez-la ensuite par un mégascope quelconque, et comparez sur la projection les carreaux du centre avec ceux de la périphérie. Vous verrez ces derniers, non seulement quadruplés, mais déformés et présentant une figure géométrique trapézoïde.
- On voit donc à quelles erreurs peut conduire une semblable reproduction, s’il s’agit d’agrandir une étude destinée à une toile de fond pour la scène ou un panorama.
- Un appareil, trop inconnu de nos jours et qui cependant a rendu aux artistes de précieux services, le mégascope de M. Manuel Perrier, était construit pour échapper à ce vice d’optique. Cet instrument, qui n’est point éclairé par l’électricité, ce qui d’ailleurs n’est pas indispensable, alors surtout qu’il faut le transporter à de grandes distances, a servi aux agrandissements des panoramas les plus connus, tant en France qu’à l’étran ger, ainsi qu’à la carte des Gaules que l’on a pu admirer à l’Exposition de 1878. On a pu se convaincre alors que l’appareil était d’un rendement égal à la difficulté de la tâche imposée. Nous ne le décrirons pas aujourd’hui. Il suffira de signaler
- \
- p.901 - vue 492/496
-
-
-
- g02. — Troisième Année. — N° 156.
- ce fait particulier qui donne à l’auteur la priorité dans cette voie; nous voulons parler de la correction de l’aberration de sphéricité obtenue par des diaphragmes de façon qu’une section seule de l’image à reproduire soit projetée et cette section est précisément celle qui se trouve dans la zone mathématique exempte du vice de l’aberration.
- Le mégascope de M. Trouvé est d’ailleurs un petit appareil très bien compris pour la science amusante, destiné à remplacer avantageusement la lanterne magique, le plus ancien des appareils mégascopiques. Très intéressant aussi par l’application ingénieuse de l’électricité. Mais son emploi doit être limité aux reproductions d’objets de faibles dimensions, et nous ne croyons pas qu’il soit applicable aux agrandissements autres que ceux d’une échelle restreinte.
- Errata
- Dans notre dernier article sur l’action de l’acide fluorhydrique dans la tuberculose, un compositeur, ennemi de l’étymologie, nous a fait constamment écrire phtisie, au lieu de pAf/iwie. Comme nous tenons à l’opinion de nos lecteurs, et qu’à moitié enfant de l’Hellade, nous ne pouvons point décemment avoir l’air d’ignorer nos deux langues, nous avons voulu nous disculper.
- On voudra bien aussi rétablir comme suit la phrase du début, qu’une erreur d’impression, en remplaçant empirique, par énergique a rendue parfaitement incompréhensible : « Car, comme tout & art, elle (la médecine) a semblé longtemps « échapper à une méthode scientifique rigou-« reuse, et par cela même s’est faite le plus sou-« vent l’écho de théories plus ou moins empi-« riques qui ont eu force de loi dans le corps en-« seignant ».
- Quand nous aurons rectifié l’orthographe d’ho-mœopathe écrit homéopathe, le mal sera à peu près réparé, et nos lecteurs nous tiendront quitte du reste.
- Morale : Apprenez à vos enfants la calligraphie, pour que leur copie soit nette et lisible!
- C. H.
- —---- —-----^ ^ --------------
- L’EXPOSITION DE BRUXELLES
- Si nous groupons les nouvelles les plus importantes récemment publiées par les journaux belges sur l'Exposition de 1888, nous nous convaincrons aisément que l’Europe industrielle et commerciale se préoccupe beaucoup de cette grande entreprise, que le roi des Belges vient de prendre officiellement sous sa protection, en invitant les pays étrangers à y participer.
- Nous savons que l’Angleterre doit y occuper une superficie de 25,000 mètres et que le gouvernement de l’Inde intervient officieusement pour que les principaux produits agricoles du nouvel empire tels que thés, cafés, tabacs, tissus, métaux, y figurent brillamment.
- Plus loin, nous annonçons la participation officielle et très active du Canada.
- L’Allemagne occupera près de 20.000 mètres ; ses libraires, ses carrossiers, ses fabricants de bronze se syndiquent pour y exposer collectivement.
- La Hollande a retenu déjà 9.000 mètres et se propose de participer au grand concours. 2,5oo mètrescarrés sont, entre autres,loués par MM. Spin-ger et Cie afin d’y établir une place publique dans le style flamand du xvie siècle, avec sa maison communale, son marché aux poissons, ses boutiques, ses débits de boissons, etc., le tout animé par les pittoresques costumes de l’époque, dont seront revêtus les débitants et leurs gens de service.
- L’Autriche-Hongrie a retenu 5 000 mètres, et nous avons déjà fait connaître toute l’importance que l’on attache à cette exposition des deux côtés de la Leitha. En effet, le comité exécutif vient d’apprendre que la chambre de commerce de Vienne avait soumis la liste d’une commission autrichienne au ministre du commerce.
- Les Etats-Unis occuperont une superficie égale et forment de toutes parts des comités pour l’exposition de Bruxelles.
- La Russie, de son côté, doit y prendre une part active. Les fabricants de bronzes de l’empire, ne voulant pas se laisser devancer parleurs confrères de Berlin, ont décidé, déjà depuis quelque temps, de participer collectivement au grand concours.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- Nous apprenons à ce propos que la princesse Urussowa, descendante d’une des familles les plus illustres de la Russie et qui possède de vastes propriétés dans le gouvernement de Smolenck, sur le Dnieper, a chaudement adhéré à la partie du grand concours relative au travail en chambre.
- La princesse, qui exerce dans son pays la plus large et la plus intelligente philanthropie, a résolu d’exposer à Bruxelles, en 1888, les produits des Sociétés slaves patronnées par elle : dentelles, tissus, broderies, costumes nationaux, en un mot, les mille ouvrages qui constituent le travail domestique parmi ses humbles compatriotes.
- Le vingt-huitième concours, celui de la meunerie, s’annonce comme devant être exceptionnellement brillant, principalement dans la section de la boulangerie.
- La brasserie ne sera pas moins bien représentée l’an prochain à la plaine des Manœuvres, con me on dit là-bas. M. Becquet, échevin de Bruxelles, vient de prendre l’initiative d’une installation monstre de cette branche d’une industrie florissante en Belgique.
- La cristallerie de Bohême sera représentée par une au moins des plus importantes maisons de Prague.
- Enfin, dans la galerie des machines, on est assuré d’une importante coopération de la part de l’Allemagne, des Etats-Unis et de l’Angleterre.
- Est-ce que cette énumération ne donne pas à réfléchir à nos industriels français !
- N’avons-nous pas à Paris, parmi nos fabricants de bronze, d’assez-puissantes et nombreuses maisons pour écraser la collectivité de Berlin ? Nos verreries de Paris n’éclipsent-elles pas celles de la Bohême ?
- Est-ce qu’on ne fait pas d’aussi bon pain à Paris que dans le reste du monde, même à Vienne ?
- Nos bières françaises ne reviennent-elles pas de s’affirmer aux Champs-Elysées d’une façon assez éclatante ?
- Enfin, nos libraires parisiens n’offriraient-ils pas, s’il leur plaisait, une collectivité à faire rentrer sous terre celle de Leipzig ?
- Nous n’avons donc qu’à vouloir. Et pourquoi ne voudrions-nous pas ? Est-ce parce que des nations jalouses pensent nous jouer un bon tour en se ruant à l’Exposition de Bruxelles ?
- L’excuse est vraiment belle, et nous ferions leur jeu en désertant la lutte. Nos concurrents n’y comptent que trop.
- Et, pourtant, ce ne sont pas les facilités qui manqueront à nos compatriotes. N’ont-ils. pas sous la main le Comptoir international de vente, dont les organisateurs, MM. Estor et Mortier, délégués officiels pour la France, sauront faire la grande attraction de l’Exposition de Bruxelfes, où nos produits seront habilement groupés et sérieusement représentés ? MM. Estor et Mortier offriront, à leurs participants, une économie notable sur les installations individuelles ; car ils ont fort intelligemment mis en pratique la devise belge : l’Union fait la force.
- --------------------------------
- L’EXPOSITION DE BARCELONE
- Sous la direction du Conseil municipal et sous les auspices du gouvernement de S. M. et des Conseils généraux de la nation, aura lieu à Barcelone, en 1888, une Exposition universelle d’agriculture, industrie et beaux-arts dans toutes leurs manifestations, où seront admis les produits de tous les pays.
- La durée de l’Exposition sera de six mois. Son ouverture solennelle aura lieu le 8 avril 1888. En cas de prorogation, celle-ci n’excédera pas deux mois.
- Les gouvernements étrangers pourront nommer des commissaires pour qu’ils les représentent auprès du Conseil général.
- Les exposants étrangers qui auront un représentant officiel à Barcelone ne communiqueront avec le Conseil que par l’intermédiaire du commissaire de leur gouvernement respectif.
- Les demandes d’emplacements se feront en remplissant les bulletins qu’on adressera aux personnes qui manifesteront le désir d’exposer.
- Dans ces demandes, on indiquera l’espace dont l’exposant aura besoin, la nature des produits qu’il désire exposer, ainsi que tous les autres renseignements qui y sont demandés. On les adressera ensuite à Son Excellence M. le Maire de Barcelone, président effectif de l’Exposition.
- Les prix des emplacements, espaces ou terrains seront établis sur les bases suivantes, en raison de l’endroit qu’occuperont les produits:
- Emplacements dans les salles.
- Sur le sol : par mètre superficiel. Fr. 5o
- Sur les murs ou cloisonnements: par mètre courant de façade.............Fr. 5o
- Les emplacements angulaires ou de plus d’une façade payeront, en plus des prix ci-dessus, le supplément proportionnel.
- Dimanche 2 5 Décembre 1887.
- Dans les galeries centrales, le prix des emplacements subira, en général, une augmentation de 25 pour 100.
- Les prix pour les salons ou emplacements ayant leur façade sur les galeries centrales et dont la profondeur sera de 5 m. subiront une augmentation de 1 5 pour 100.
- Toutes les superficies, en général, seront comptées par mètres carrés complets.
- Les cloisonnements seront établis conformément aux dispositions de la Commission d’installation.
- Galerie des machines.
- Par mètre superficiel..................fr.5o
- Pour toute machine en mouvement, les prix ci-dessus obtiendront une réduction de 40 pour 100. Cette réduction ne sera accordée que lorsque les machines fonctionneront au moins 4 jours par semaine et 5 heures par jour.
- Les exposants qui auront besoin de force motrice devront en faire la demande au moins 4 mois avant l’ouverture de l’Exposition, en précisant la quantité de force dont ils voudront disposer.
- La force motrice sera fournie d’après un tarif spécial basé sur le coût naturel de la même. (Le prix du charbon à Barcelone est actuellement d’environ 28 fr. la tonne de 1.000 kilos.
- Annexes d’agriculture, marine, pêche, piscicul-
- ture
- Par mètre superficiel....... Fr. 3o
- Emplacements à l’air libre
- Par mètre superficiel...... Fr. 10
- Les objets devront être installés le ier avril 1888.
- ----------—-----a->^sH5H5HSi5i-----------
- LES LIVRES
- C XXXVII
- L’Aventure de Paul Sotange, par Emile Desbeaux. — La Montagne Bleue, par Paul Combes. — Messieurs et Mesdemoiselles Bébé carnet d’un papa, par F.Méaulle. Paul Ducrocq, libraire-éditeur.
- Le regretté Paul Ducrocq, chef de la maison dont sa fille, Mme Paul Sauvat-Ducrocq, vient de prendre la direction, avait préparé pour son contingent annuel à ces étrennes dont il ne devait pas revoir la fête, plusieurs beaux ouvrages destinés à augmenter son rayon, des plus honorables et des mieux famés, dans cette librairie spéciale où il occupait un des premiers rangs.
- Nous avions chaque année le plaisir, aujourd’hui attristé par le regret de sa perte prématurée, de présenter et recommander au public ses nouveautés, toujours marquées par l’effort d’une recherche souvent heureuse de l’originalité de bon goût.
- Nous retrouvons encore ces qualités et ces agréments dans les trois volumes qu’il offre pour 1888 à la curiosité des enfants et à la satisfaction des parents.
- Il y a de quoi apprendre et de quoi se plaire non seulement pour la jeunesse mais pour la famille entière et ses chefs dans ces récits, dont M. Emile Desbeaux a crééle genre, destinés à encadrer des notions précises de vulgarisation scientifique par une action romanesque, dramatique, tenant éveillée par ses péripéties,l’attention la plus distraite. Plusieurs de ces récits sont de petits chefs-d’œuvre que l’Académie française a justement récompensés de ses couronnes, de même que la Société d’instruction populaire et la Société d’encouragement au bien. L'Aventure de Paul Solange est le huitième de cette série féconde en succès, et non le moins intéressant.
- Il s’agit d’un brave et galant homme, M. Roger, qui revient d’Australie où ses talents d’ingénieur ont fait sa fortune, plusieurs fois millionnaire, mais désespéré,car les millions ne font pas le bonheur et ne pourraient lui rendre sa femme et son fils Georges, perdus dans le naufrage du steamer le Britannic incendié en mer. Il reçoit l’hospitalité de ses meilleurs amis,M.et Mme Dalize,riches industriels, dans leur château de Sainte-Gemme et ne tarde pas à entrer dans les bonnes grâces de
- p.902 - vue 493/496
-
-
-
- Troisième Année. — N° ihô-
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1S89.
- Dimanche 2 5 Décembre 1887. — go3.
- Mlle Miette, l’aimable fillette, enfant de prédilection de ses amis, à l’intelligence précoce, à l’imagination toujours en éveil, au cœur aimant et généreux. Gomment cette charmante enfant se trouve jouer un rôle gracieux d’intermédiaire providentielle dans le petit drame dont le dénouement immédiat sera la découverte par M. Roger, du fils qu’il croyait perdu, et dont le dénouement futur sera le mariage de Georges avec Mlle Miette : c’est ce que je ne veux pas dire pour ne pas déflorer le plaisir et l’émotion des jeunes lecteurs suspendus aux incidents de cette recherche pathétique et de cette découverte très ingénieusement amenée. Tellement suspendus même et par une fièvre si généreuse, par une si noble impatience que nous craignons bien (et c’est là l’écueil du livre et peut-être du genre) que nos jeunes amis, qui donnent une attention passionnée au moindre incident qui rapproche le malheureux père de son bonheur, ne soient absorbés au point d’oublier les renseignements précis qui leur sont donnés au cours du récit, sur l’oxygène, les aérostats, la machine pneumatique, l’air et les poumons, etc...
- Il n’est que juste pourtant de reconnaître que ces notions scientifiques sont liées au récit avec un art très ingénieux, qu’elles arrivent à point, au moment où on en a envie et besoin, qu’elles sont très curieuses et très intéressantes par elles-mêmes, que l’illustration, perpétuel commentaire pittoresque de l’ouvrage, en éclaire et en facilite l’intelligence avec beaucoup d’agrément. Nous ne voyons pas dans ces nombreux ouvrages destinés à la jeunesse que multiplie cette année la librairie parisienne de livre où l’illustration soit mieux combinée et où la gravure sur bois atteigne à de plus beaux effets d'expression et on pourrait dire de couleur. Tel de ces cent dessins gravés par le burin habile de F. Miaulle, et dus au crayon de MM. Rochegrosse, Borione, A. Brun, Forcade, Clair Guyot, L. Mouchot, Toussaint, est un véritable tableau.
- M. Paul Combes a commencé l’an dernier, par un curieux et amusant petit volume où les mœurs des batraciens et des oiseaux aquatiques étaient décrites et mises en scène avec une observation pleine de malice et d’humour, une réputation à laquelle ne nuira pas ce nouvel ouvrage, où il a raconté sous ce titre : la Montagne bleue, avec beaucoup d’esprit et de gaîté les aventures alpines et mari-tines d’un jeune peintre qui courait en vain après la fortune comme paysagiste, et qui l’attrape comme armateur baleinier et pêcheur de harengs. Au cours" de l’histoire de ces voyages animés par la verve du vieux savant Bizet qui mêle la science de Cuvier,de Brongniart, de Saussure à la verve un peu prudhommesque d’un Perrichon,et où le jeune Bizet, son neveu, sauve la jeune fille qu’il aime et qu’il épouse au dénouement, se déroulent de très intéressantes leçons de physique et de minéralogie qui ne perdent rien non plus aux éclaircissements fournies par les cent dessins de MM. Habert Dys, Clair Guyot, Méaulle, L. Mouchot, etc., gravés par F. Méaulle.
- Ce dernier artiste, qui n’est pas seulement un graveur très habile, mais un dessinateur et un aquarelliste plein de finesse et de goût, en même temps qu’un homme d’esprit, a non seulement gravé mais composé, car il a un gentil bout de plume à son crayon, le texte de cesnaïfs et amusants Propos d'enfants intitulés : Messieurs et Mesdemoiselles Bébé. Père d’une nombreuse et char-mantefamille, il n’a eu qu’à interroger ses souvenirs pour mettre en scène en leur donnant pour épigraphe quelque joli mot d’enfant. Gavarni en herbe ou Grévin minuscule les épisodes les plus habituels de la vie enfantine, rencontre de promenade, espiègleries et pénitences, rêves et cauchemars d’une nuit agitée par le remords du crime d’un encrier renversé! Les personnages fantastiques, ombres chinoises menaçantes, spectres macabres, que le crayon du peintre fait sortir de la dilution de cette grosse goutte d’encre, de cette tache non moins célèbre désormais que la fameuse tache d’encre de P.-L. Courier au manuscrit de Langres, sont d’une invention très heureuse et d’un effet très original. 11 y a là aussi des
- têtes d’enfants, d’adolescents, de jeunes filles, croquées avecungrand art,un grand goût, et une originalité d’allure de laquelle nous ne trouvons pas d’exemples plus remarquables dans l’exposition livresque de cette année. Le portrait de Jacques en léger frottis d’aquarelle, la scène du même genre Greeneway entre Jeanne et Mariette sont très finement colorés. Le portrait d’enfant demi-assis,au béret empanaché, est undes chefs-d’œuvre de la gravure sur bois de cette année. Ces trois ouvrages font grand honneur à la maison Ducrocq, et nous avons un plaisir particulier à la féliciter et à recommander au public des livres amusants, intéressants, dont l’illustration atteint souvent à l’art, et dont le prix, chose très à considérer, est à la portée des plus modestes bourses.
- M. de Lescure.
- LES THÉÂTRES
- Vaudeville / l'Affaire Clemenceau. — Variétés :
- Le Grand Casimir. — Menus-Plaisirs : François
- les Bas-Bleus. — Cirque-d’hiver : Ceylan. —
- Nouveau Cirque : Le Carnaval de Venise. —
- Scàla : C’est ta poire. — Eden-Concert : La
- Foire aux potins.
- Par une curieuse décision, M. Alexandre Dumas, qui avait toujours refusé de tirer une pièce de son merveilleux roman Y Affaire Clemenceau, a tout d’un coup autorisé M. Armand d’Artois à se livrer au dit travail.
- Reconnaissons tout de suite que le jeune auteur, s’il n’a pas eu le grand talent de composition du maître, n’a pas nui au succès de l’ouvrage, ce qui est déjà fort joli.
- Le cadre restreint dont je dispose, et l’abondance des matières ne me permettent pas malheureusement de m’étendre longuement sur le sujet des ouvrages représentés. Je renvoie donc mes lecteurs au livre, et me contente de donner un résumé succinct de la comédie.
- Le sculpteur Pierre Clémenceau, qui a toujours vécu chaste, s’éprend tout à coup de la fille d’une aventurière polonaise, la belle Iza Dobronowska et l’épouse.
- Cependant les mauvais instincts ne tardent pas à prendre le dessus chez Iza et la soif de richesse aidant, elle prend pour amant un ancien fiancé à elle, le prince Serge de Russie qui lui donne de quoi satisfaire ses goûts luxueux.
- Une lettre d’elle, surprise par son mari, dévoile à Clémenceau toute la vérité et le sculpteur chasse impitoyablement de chez lui la mère et la fille. Puis il se sauve à Rome pour tâcher d’oublier. Mais le cœur de l'homme est lâche devant l’amour et après avoir longtemps lutté il revient plus fou que jamais de la créature devenue maîtresse du jeune roi d’Espagne.
- Cependant Iza aime toujours au fond celui qu’elle a déshonoré, le cœur ou les sens n’ont rien eu à voir dans l’immense fortune qu’elle possède enfin, et elle a gardé pour son mari l’attachement de la bête pour celui qui la fouaille, peut-être même une petite étincelle luit-elle au fond de l’être immoral et cyniquement inconscient.
- Elle propose à son mari de devenir sa maîtresse, ou plutôt son esclave et de le recevoir désormais quand il voudra le jour, la nuit, une heure. Il n’aura qu’à commander.
- — Eh bien soit, ce soir! demande Clémenceau fasciné par la sirène.
- — Ce soir, je ne peux pas! réplique vivement Iza.
- Et le mari, fou de rage sous la honte brutale que cette réponse lui crache à la face, saisit un poignard coupe-papier qui traîne sur une table, le plonge dans le sein de Ja misérable en même temp s qu’il dépose un baiser suprême sur ses lèvres et laisse retomber le cadavre.
- Le monstre est mort.
- Tel est dans ses grandes lignes ce magnifique drame un peu languissant au début, mais captivant, énergique et réellement émouvant dans sa
- seconde partie où la patte de Dumas se fait le plus vigoureusement sentir.
- Œuvre très vivante et très osée, aux théories carrément exposées, contre-partie merveilleuse des tiédeurs douceâtres de Yabbé Constantin, réaction violente contre les fadeurs « scribéennes » et d’un tempérament qu’il faut applaudir sans réserve
- C’est le travail d’un mâle et pendant que les petites filles iront au Gymnase avec leurs gouvernantes, les grands, tous ceux qui ont quelque chose là, iront tressaillir au Vaudeville et applaudir Dumas, avec Armand d’Artois.
- L’interprétation n’exige que quatre personnages effectifs tous les autres n’é.tant que secondaires.
- C’est Mlle Tessandier qui a remporté le plus réel succès sous les traits de la comtesse Dobronowska , un rôle qu’elle avait pourtant refusé. Comme les meilleurs artistes se trompent ! Elle s’y est montrée pariaite de tact et d’allure rasta-quouère. Ce type est le digne pendant de l’Américaine de VAge ingrat.
- Puis M. Duflos dans Pierre Clémenceau. La belle voix sonore de ce comédien, sa diction mesurée dans les premiers tableaux, ses magnifiques emportements aux scènes finales lui ont mérité des applaudissements unanimes parmi lesquels on remarquaitceux de son éminent professeur Worms sur les traces duquel il marche si brillamment.
- Mlle Cerny, également élève de Worms, débutait au Vaudeville dans le rôle très audacieux, très risqué d’Iza. Elle y a fait preuve d’un talent indiscutable et envers lequel beaucoup de gens se montraient rétifs. Tout le côté félin, souple, charmeur du rôle a été rendu par elle avec un art exquis et si par moments — très courts — elle n’a pas semblé tout à fait à la hauteur de la situation, c’est que sa voix encore jeune et toute de grâce ou de gaminerie ne possède pas encore l’ampleur qu’exige parfois le drame. N’importe, c’est une magnifique création qui marquera sa carrière et qui comptera surtout chez l’administrateur de la Comédie-Française où manque la nature très personnelle de Mlle Cerny.
- L’exhibition de la charmante artiste en Danaë n’est pas ce quinte plaît le plus et je me demande si la nudité de ce personnage est bien nécessaire à l’action.
- Les sentiments charnels de quelques.amateurs de nudités y trouveront peut-être leur compte, mais n’avaient-ils pas suffisamment des féeries et des revues de fin d’année.
- Je fais très volontiers montre de pruderie à l’égard des comédiennes de valeur, c’est une théorie que je prétends formellement soutenir.
- M.Dieudonné nous représente l’Olivier deJaîin, le Desgenais traditionnels, sous forme d’un lieutenant de chasseurs ami intime de Clémenceau avec lequel Iza joue la scène du Demi-Monde. M. Dieudonné tend à prendre trop de laisser-aller. sa voix n’est plus claire, bref, avec son acquis indiscutable, il n’a plu qu’à demi.
- Je citerai'volontiers ensuite Mlle de Cléry qui n’a qu’à se montrer belle en costume de merveilleuse et qui donne la bonne mesure ; M. Courtès un statuaire de belle apparence ; Mlle Cécile Caron, une soubrette très délurée et un joli petitfou nommé Régina Ferney qui a très gentiment débuté.
- Les Variétés ont repris le Grand Casimir avec Mme Judic dans le rôle créé par Mme Chaumont. Mme Judic n’a pas le brio de sa .devancière, c’est indiscutable, mais elle a sa voix toujours fraîche et douce. Elle a donc enlevé délicieusement la partie musicale, notamment le rondeau des Deux pigeons et les couplets. Il le savait bien, le perfide.
- Dupuis, Baron et Germain ont repris leurs emplois avec le même succès.
- Autre reprise aux Menus-Plaisirs, celle de François les Bas-Bleus. On a goûté avec un nouveau plaisir la charmante musique de Bernicat et Messager, excellemment exécutée par le brillant orchestre deM. Lagoanère; voilà des mélodies qui demeurent toujours fraîches. Mais l’interprétation est bien inférieure à l’ancienne.
- p.903 - vue 494/496
-
-
-
- QCU-
- Troisième Année — N® 156
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1SS9.
- Dimanche 25 Décembre 1887,
- On a accueilli très sympathiquement une toute jeune débutante, Mlle Pierny, dont la voix pure et les gestes gauchement aimables ont produit une excellente impression. Quant à M. Jacquin, notre opinion n’a pas changé sur son compte, son affaire n’est point l’opérette qui demande plus de légèreté et. d’aisance; en outre son organe se fatigue par moments. Et puis tout le monde pontifie dans ce petit théâtre. Bartel joue le marquis de Pont-cornet comme celui de la Seiglière, il y montre du talent là où la simple gaieté bon enfant de Montrouge était préférable.
- Mlle Berthier est jolie femme et le montre, quand il faudrait au contraire interpréter son rôle très en dehors. Darman est bien en soldat suisse.
- Tous les enfants, petits et moyens, voudront aller voir la pantomime du Cirque d’hiver : Ce/lan.
- Il y a là une mise en scène très belle et très intéressante, avec éléphants, maharajah, matelots et ballet d’enfants. C’est très divertissant et d’un bon spectacle.
- Au Nouveau Cirque, au contraire, le Carnaval de Venise manque totalement de variations. C’est incompréhensible, prétentieux et pas gai un seul instant, malgré les frais faits par M. Oller.
- Egalement duo de revues et réussite dès deux côtés. A la Scala, avec C'est ta poire de MM. Ser_ met et Bataille, très gaiement écrit et lestement enlevé par une troupe solide. A l’Eden-Concert, la Foire aux potins des infatigables Milher et Numès dont la verve ne se lasse pas.
- Alfred Delilia.
- LIVRES D’ÉTRENNES
- La librairie Paul Ducrocq met en vente aujourd’hui, un délicieux album,
- MESSIEURS ET MESDEMOISELLES BÉBÉ
- Carnet d’un papa, que l’auteur, M. F. Méaulle, a évidemment écrit pour la jeunesse, mais que les parents liront par-dessus l’épaule de leurs enfants, et s’empresseront de mettre sur leur table de salon.
- C’est un livre fait au jour le jour, dans lequel un papa, qui n’est autre que M. Méaulle lui-même, a noté avec la plume, avec le crayon, toute la vie courante d’une petite famille, 11 y a de tout dans cet album, des croquis, des dessins admirablement gravés, signés Méaulle et Vogel, des aquarelles, mais surtout une observation pénétrante de l’enfance. On y sent la chaleur paternelle : scènes, petits drames, réflexions y sont pour ainsi dire sténographiés ; les mots, les récits semblent cueillis sur la bouche même des enfants. Et quels jolis enfants ! (Riche reliure toile anglaise, fers spéciaux, tranche jaspée, prix: 6 fr.).
- LA MONTAGNE BLEUE, par Paul Combes. — Tour à tour gracieuse et terrible, la Montagne Bleue cache un mystère que s’attache à découvrir une famille de gais excursionnistes, parmi lesquels se distingue, par sa verve et sa haine contre les harengs, le peintre Ernest Bizet. Rien de plus amusant que la série de péripéties à la suite desquelles Bizet devient lui-même pêcheur de harengs, après avoir peint sur une falaise des Alpes une réclame gigantesque en faveur de ce poisson abhorré. Dans ce récit plein d’attrait, l’auteur a su glisser — avec tant d’art que le lecteur s’en aperçoit à peine — une étude complète de la montagne, considérée sous les aspects les plus variés: géologie, faune, flore, vie pastorale, industrie humaine, etc.
- De nombreux dessins, reproductions de sites réels, ajoutent un charme puissant à cette lecture entraînante. Le volume est d’ailleurs magnifique de tous points. (Prix broché, 5 fr. ; riche reliure anglaise avec biseaux et fers spéciaux, tranche dorée, 8 fr.).
- L’AVENTURE DE PAUL SOLANGE, par M. Emile Desbeaux. — M. Emile Desbeaux, dont les livres d’enfants obtiennent tant de succès, publie cette année un nouvel ouvrage intitulé : L’Aventure de Paul Solange.
- Ce volume est consacré à des leçons de physique et de chimie ; mais ces leçons, présentées selon la manière propre à l’auteur, sont pleines d’intérêt, de curiosité, d’imprévu. On pourrait dire que
- M. Emile Desbeaux fait, au milieu de l'Aventure cle Paul Solange , un cours de physique et de chimie amusantes.
- Le roman moral, où se placent ces très utiles et très indispensables notions scientifiques, est d’un attrait considérable.
- Nous ne saurions donc trop recommander aux papas et aux mamans, qui ont le bonheur d’avoir des enfants curieux et intelligents, ce nouvel ouvrage de l’auteur du Jardin de Mlle Jeanne, des Pourquoi et des Parce que de Mlle Suzanne, des Projets de Mlle Marcelle, etc., que l’Académie française a couronnés à deux reprises.
- L'Aventure de Paul Solange est magnifiquement illustrée, comme les autres volumes de la collection, par Rochegrosse, Brun, Mouchot, avec gravure de Méaulle. (Prix, broché, 7 fr. ; riche reliure anglaise, avec biseaux et fers spéciaux, tranche dorée, 10 fr.).
- Ces trois charmants ouvrages sont publiés par la librairie Paul Ducrocq, 55, rue de Seine.
- CHEMINS DE FER DE L’OUEST
- VOYAGES A PRIX REDUITS
- PARIS A LONDRES
- Par DIEPPE ET NEWPIAVEN Départs tons les jours (Dimanches compris)
- De PARIS (Saint-Lazare) à 8 h. 50 du soir
- De IONDRFÇ f (Victoria) à 7 h. 50 —
- De LONDRES j (London_Bridge) à8h^ _
- Pris des Billets :
- aller et retour, valables pendant un mois: lr* cl., ”71 fr. 25 — 2. cl., 51 fr. 25 — 3e cl., 40 francs
- BILLETS SIMPLES, VALABLES 7 JOURS
- T° Cl., 42 fr. 50 — 2e cl., 31 fr. 25 — 3° cl., 22 fr. 50
- H. C.
- CHEMIN DE FER D’ORLÉANS
- FÊTES DU PREMIER DE L’AN
- Billets d’aller et retour à prix réduits
- BILLETS D’ALLER ET RETOUR
- De PARIS à toutes les stations situées au delà de Mantes, Rambouillet, Houdan et Gisors Ces billets sont délivrés toute Vannée.
- Ils comportent une réduction de 25 0/0 sur les prix du tarif
- Ils sont valables :
- 1 jour pour les parcours de là 75 kilomètres 2jours — — îli à 125 —
- a — — — 120 à 250 —
- 4 — — — 251 à 500 —
- 5 — — — au-dessus de 500 kil.
- A l’occasion des Fêtes du premier de l’An, les billets d’Aller et Retour comportant une réduction de 25 0/0 sur le prix du tarif général délivré les 31 Décembre 1887, 1er, 2, 3 et 4 Janvier 1888 seront valables jusqu’aux derniers trains de la journée du Jeudi 5 Janvier.
- Les billets de ou pour Paris conserveront leur durée de validité lorsqu’elle sera supérieure à celle fixée ci-dessus.
- - w"~THT» &OQ rpT-i-- -
- CHEMINS DE FER D’ORLÉANS ET DU MIDI
- EXCURSIONS
- Dans le Centre de la France et les Pyrénées
- VOYAGES CIRCULAIRES A PRIX RÉDUITS
- En Voitures de 1re et de 2e classe
- lr0Classe} 225fr.—2cOIasse, 170 Ir
- Paris, Bordeaux, Arcachon, Biarritz, Hendaye, Pau ou Arcachon, Pau directement (par Mimbaste), Lourdes, Pierrefitte, Tarbes, Bagnères-de-Bigorre, Tarbes-Montréjeau, Bagnères-de-Luchon, Montré-jeau, Boussens-Saint-Girons, Boussens, Toulouse, Tarascon (Ariège), Quillan, Castelnaudary, Ma-zamet, Carmaux, Albi, Rodez, Brive ou Quillan, Brive directement (par Toulouse), Limoges (par Périgueux ou Saint-Yrieix), Paris.
- La durée de validité de ces billets est de 30 jours, non compris celui du départ; elle peut être prolongée d’une, deux ou trois périodes successives de 10 jours moyennant le paiement, pour chaque période, d’un supplément égal à 10 o/o des prix ci-dessus. La demande de prolongation devra être faite et le supplément payé avant l’expiration de la durée de validité primitive ou prolongée. Ces formalités pourront être remplies, soit à la gare de départ, soit à une gare quelconque du parcours.
- LES BILLETS SONT DÉLIVRÉS TOUTE L’ANNEE:
- A PARIS, à la gare du chemin de fer d’Orléans, quai d’Austerlitz,et aux Bureaux succursales de la Compagnie ainsi que dans les Agences COOK & SON, 9, rue Scribe et au Grand-IIùteb, et LUBIN, 30, boulevard Ilaussmann.
- ABONNEMENTS
- Des Caries d’abonnement nominatives et personnelles, valables en ilC, 2e ou 3e classe, sont délivrées sur tout le réseau.
- Les prix sont calculés d’après la distance kilométrique parcourue.
- Ces abonnements, dont la durée est de 3 mois, de 6 mois ou d’une année, partent du Ie1' de chaque mois.
- CHEMINS DE FER DE L’OUEST
- VOYAGES A PRIX RÉDUITS
- En Angleterre et en Irlande
- DÉPARTS TOUS LES JOURS
- (dimanches compris)
- de Paris (Gare St-Lazare) à 8 h. 50 du soir
- PRIX DES BILLETS :
- BILLETS SIMPLES ALLER ET RETOUR
- LES UN MOIS
- DURÉE \r. cl. 2° cl. 3° cl. 1™ cl. 2° ci. 3° cl.
- fr. c. fr.c. fr. c. fr. c. fr. c. fr.c.
- de Paris à Londres de Paris à New- 7 jours 42 50 3 L 25 22 50 71 Î5 51 25 40 »
- havfln 3 — 37 8J 27 50 62 50 fA 40 ))
- de Paris à Liver-
- pool 10 - 78 75 58 45 43 15 143 75 105 65 OI DA
- de Paris à Man- ol yu
- chcstcir - 10 - 73 15 5G 25 41 80 O CO 101 25 78 65
- de Paris â Bir-
- rninp’ham 10 - Üi 48 15 3i 95 113 15 82 50 CO ^
- de Paris à Dublin Ut) DD
- {W-R.) de Paris à Dublin 10 - 113 75 84 40 » 190 65 140 » »
- {W-R.) 10 - 10G 78 76 50 95 177 50 130 88 15
- de Dieppe à Lon-
- dres CO 21 2o 45 » 31 25
- de Dieppe à New- 15 65
- haven 1 - 21 25 )) 35 65 26 25
- de Dieppe à Liver-
- pool 10 - 66 48 45 f) 117 50 85 65
- dé Dieppe à Man-
- chester 10 - 60 05 16 25 1(6 25 81
- de Dieppe à Bir-
- mingham 10 - 51 75 38 15 » 86 90 62 50 »
- de Dieppe à Dublin
- W-R.) 10 — 101 25 74 40 » 164 40 120 »
- de Rouen à Lon-
- dres 7 — 36 25 26 25 )) 55 » 40 )) jj
- du Havre à Lon-
- dres 7 — 41 25 31 25 " 62 50 47 50 )>
- Le Gérant, GARREAU.
- Tours. — lmp. E. ARRAULT et Cie, rue de la Préfecture, 6
- p.904 - vue 495/496
-
-
-
- p.n.n. - vue 496/496
-
-