Le Moniteur de l'exposition de 1889
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- L'EXPOSITION DE i
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
- QUATRIEME ANNEE. Dimanche 1er Janvier 1888. NUMÉRO 157.
- SOMMAIRE :
- 3. Les Travaux, du Champ-de-Mars : 2. La participation étrangère à l’Exposition de 188g; 3. L'agriculture, à l’Exposition de 1S89 ; 4. Les auditions musicales à l’Exposition de 1889 ; 5. [. Exposition d’économie sociale en 1889; 6. La Tour Eiffel ; 7. Bureaux des comités départementaux; 8. Nominations de membres des Comités départementaux; 9. Le Sénégal à l’Exposition de 1889; 10. Echos; 11. Lacommission d organisation de la Section coloniale française à l’Exposition universelle de 1889; iz. Sciences et industrie; 12. Exposition des Bières françaises de 1887 ; i3. L’Exposition permanente des Colonies; 14. Les Livres ; i5. Les Théâtres.
- Nos lecteurs trouveront encartée dans le présent numéro, la photographie que nous avions annoncée et qu’il nous avait été impossible de publier dans le numéro précédent.
- EXPOSITION UNIVERSELLE
- DE 18 8 9
- LES TRAVAUX DU CHAMP-DE-MARS
- Dans l’enceinte palissadée du quai d’Orsay, entre l’avenue de la Bourdonnais et le pont de l’Alma,la carcassed’un des pavillonsde l’agriculture est déjà dressée ; on se souvient qu’ils sont construits avec les fermes du cinquantenaire des chemins de fer. il n’y avait donc qu’une opération de remontage à effectuer, c’est ce qui explique comment, en une dizaine de jours, il a été possible de monter 33 charpentes, les quilles avec les deux extrémités formant les 34 travées dont se compose le bâtiment.
- Ce bâtiment, d’une largeur de i5m 80. n’est pas rectiligne dans le sens de sa longueur, il suit au contraire la courbe que le quai forme à cet endroit, c’est-à-dire sensiblement un arc de cercle de 565 m. de rayon. Si toutes les fermes avaient été posées normalement, c’est-à-dire suivant le prolongement des rayons de la courbe, l’écartement entre leurs rapports eut été plus grand du côté de la Seine que du côté de la concavité du pavillon, il aurait donc fallu refaire complètement les sabliers et les faîtages, celles existantes étant toutes de même longueur puisque le bâtiment de Vincennes était rectiligne, c’est-à-dire présentant un même écartement entre ces fermes. Pour tourner cette difficulté, on s’est arrêté à un moyen terme, en construisant le pavillon par tronçons de 6 charpentes placées parallèlement à intervalles égaux, chaque tronçon faisant avec ses voisins l’angle voulu pour que la construction suive l’inflexion du quai ; par cet artifice de montage, le bâtiment n’est donc pas régulièrement curviligne mais bien composé d’une série de lignes droites ; du reste, cela n’offre aucun inconvénient car l’œil ne peut se rendre compte de ce défaut de régularité et présente par contre l’avantage de permettre l’emploi des pièces déjà faites, la jonction des tronçons exigeant seule la confection de pièces spéciales.
- On a adopté, pour les façades des quatre pavillons formant le groupe de l'agriculture, deux genres différents suivant que lesdites façades regardent la Seine ou se trouvent vers l’intérieur. Du côté de la rivière le remplissage des travées sera fait en briques jusqu’à une hauteur d’environ quatre mètres, la partie inférieure étant garnie de vitres disposées entre des montants verticaux ; quant au côté intérieur il sera
- pourvu d’une balustrade d’appui coupée de place en place par des colonnes auxquelles se rattacheront des draperies fixées à la sablière.
- Le projet primitif portait un grand nombre de portes donnant accès dans les galeries. Malheureusement cet effet décoratif d’un fort bel aspect a dû être abandonné, car la position des arbres garnissant le quai d’Ôrsay ne permettait pas de le réaliser, les arbres ne pouvant être abattus aux endroits convenables,ils se seraient trouvés vis-à-vis des baies et en auraient détruit l’harmonie ; on s’est alors contenté de faire, pour chaque pavillon, trois entrées à plusieurs marches et ornées de draperies et d’écussons ; mais là encore les plantations ont nui à la disposition adoptée, car ces entrées ne pourront même pas se faire face.
- Les extrémités intérieures des galeries se suivant auront une porte placée au milieu du vitrage de clôture et les extrémités extérieures, complètement closes, seront fermées par des vitres affectant la forme de trois fausses portes, une grande centrale, et deux petites.
- Pour terminer ce qui, quant à présent, est relatif au groupe de l’agriculture du quai d’Orsay, ajoutons que le voligeage de la couverture se poursuit au fur et à mesure de l’élévation des travées.
- Bien que les charpentes soient très légères et que le sol du quai soit assez résistant, on 11e pouvait songer à établir les constructions directement sur le terrain, il a fallu faire un dé de fondation pour chaque support de ferme afin d’avoir une assiette suffisante ; ce dé est en béton de o,m6o de hauteur et présente une surface de 111100 sur om8o, le montant vertical s’y appuie comme toujours avec l’interposition d’une feuille de plomb.
- Puisque la question des fondations se représente ici, disons quelques mots d’une expérience dont nous n’avons pas encore parlé et qui a été tentée, il y a environ deux mois, au Champ-de-Mars, sous la direction de M. Lion, ingénieur, à l’endroit où se trouve un espace vide entre les galeries construites par l’usine de Saint-Denis et celles édifiées par les forges de la Franche-Comté.
- Cette expérience a été faite afin de connaître exactement la résistance naturelle du sol et pour contrôler pratiquement les dimensions données, dans les projets, aux fondations des divers bâtiments.
- Après avoir préparé une surface parfaitement horizontale à la cote générale de 35™66 on plaça, à des intervalles de 3m5o d’axe en axe, quatre dés en fonte de om5o de côté disposés de manière à occuper les quatre angles d’un carré; sur ces dés on fit reposer un châssis composé de 8 fers à T de o'n3o de hauteur, chaque côté des châssis comprenant deux fers accolés; ces préparatifs terminés, on procéda, le 3 1 octobre au matin, à l’expérience proprement dite en chargeant le châssis avec des fers à T dont le poids et le nombreuétaient soigneusement notés.
- Au bout de 11 heures d’épreuve, la charge étant de 64,075 kilos, le tassement commença à se produire ; la surface totale des dés étant de 1 m. carré, le sol naturel pouvait donc résister à une pression de 6 kilos 40 par centimètre carré. Ce premier point acquis, on continua les essais en augmentant graduellement le chargement jusqu’à une pression de 8 kilos par centimètre, à ce moment on abandonna l'expérience jusqu’au lendemain.
- Le 1e1' novembre au matin on constata, dans
- l’appareil, un affaisement variant entre omo6 et om29, on remit de nouveaux fers et lorsque la charge totale atteignit 93,400 kilos on arrêta l’épreuve, car les dés situés du côté de l’école militaire étaient complètement enterrés, le châssis reposant directement sur le sol.
- On tira donc de cette épreuve la conclusion que, surtout dans la direction de l’avenue de Suffren, le terrain résistait à 6 kilos déchargé, qu’il cédait partiellement sous un effort de 8 kilos, et qu’enfm il était incapable d’offrir la moindre résistance à une pression dépassant 9 kilos par centimètre carré.
- Ces chiffres permirent de constater que les prévisions, en ce qui concernait la fondation des palais, étaient parfaitement suffisantes.
- Les prophètes de malheur doivent commencer à regretter un peu leur précipitation en voyant avec quelle sereine tranquillité s’effectue le montage de la tour, leurs fâcheux pronostics n’ont pas du tout l’air de vouloir se réaliser et la pose des poutres de jonction, en réunissant les quatre pieds du colosse métallique, consolide ce dernier et augmente considérablement les chances d’une réussite que nous n’avons jamais mise en doute ; ces gigantesques poutres, de 43 m. de longueur sur 7 m. de hauteur, sont en bonne voie de construction, leurs arêtes principales sont en place et quelques panneaux ont déjà été dressés entre les piles n° 1 et 2.
- Il est probable que vers la fin de janvier la jonction des quatre piles sera complètement terminée, le premier étage sera achevé, quant au gros œuvre, et on pourra entreprendre la deuxième portion de la tour, beaucoup moins difficile que la première.
- En se basant sur le temps qu’il a fallu employer pour atteindre le premier étage, c’est-à-dire environ la cinquième partie de la hauteur totale de l’édifice, beaucoup de personnes en concluent que l’édifice ne pourra pas être achevé à l’époque voulue, c’est une grave erreur qu’il convient de dissiper en faisant bien comprendre que ce premier étage était nécessairement le plus long à compléter.
- En effet, si cette première portion de la construction ne représente, comme élévation, que le cinquième de la hauteur, comme masse métallique mise en œuvre, elle en représente au moins le tiers ; de plus, elle nécessitait, pour rendre la réussite certaine, de nombreuses précautions qui ne seront plus utiles à l’avenir, le travail étant amorcé de telle façon qu’il n’y aura plus qu’à le continuer en suivant les mêmes errements ; la seule cause retardatrice d’une certaine importance sera, dorénavant, le temps nécessaire à l’élévation des matériaux jusqu’à leurs places respectives, et, encore, cette cause sera-t-elle très atténuée par l’emploi d’engins spéciaux qui faciliteront les opérations.
- Une autre préoccupation du public est basée sur la gène qu’il pense que les ouvriers éprouveront à travailler à une telle altitude. Là encore on commet une erreur, car les ouvriers, s’élevant peu à peu en môme temps que leurs chantiers, se cuirassent progressivement contre les effets du vertige et ont, pour leurs diverses manœuvres, une base suffisamment large qui rend peu probables les chutes qu’on serait en droit de craindre avec d’autres conditions d’installation.
- En suivant les quais entre l’esplanade des Invalides et le pont de l’Alma nous avons constaté la mise en place d'une nouvelle portion de
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- o)o6. — Quatrième Année. — N° i5".
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche ier Janvier 18S8.
- la palissade que nous avons précédemment décrite. Cette clôture est en bordure du trottoir de la contre-allée, du côté opposé de la Seine et ses extrémités ne sont pas encore munies des retours d'équerre qui doivent la prolonger jusqu’au parapet du quai, en ne laissant de libre, pour la circulation, que la chaussée etle trottoir du côté des bâtiments ; il est probable que l'achèvement de cette palissade sera retardé le plus possible afin de laisser circuler, aussi longtemps qu'on le pourra, les deux lignes de tramways qui suivent le quai et ont un trafic assez important, dans ces parages, à cause de leur correspondance avec d’autres lignes ; du reste, nous n’avons pas encore connaissance des décisions prises à cet égard, aussitôt qu’elles nous parviendront nous les enregistrerons car c'est une question qui intéresse évidemment beaucoup de monde.
- Dans notre prochain article nous donnerons quelques renseignements sur les passerelles qui doivent mettre, par l’intermédiaire du pont d’Iéna, le Champ-de-Mars en communication avec le Trocadéro et ses annexes.
- H. de Baecker.
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- LA PARTICIPATION ETRANGERE
- A L’EXPOSITION DE 1889
- {Fin)
- Bolivie
- M. Bresson, ingénieur et consul de Bolivie à Marseille, vient d’être nommé commissaire du Gouvernement bolivien pour l’Exposition universelle de 1889.
- Egypte
- Un comité spécial sous la présidence d’honneur d’Ali-Pacha, vient de s’organiser au Caire en vue de la participation de l’Egypte à l’Exposition universelle de 1889*
- Un sous-comité a été ainsi composé :
- M. Guillois, consul de France au Caire; M. Dombre, commerçant, premier député de la nation française au Caire ; Guigou Bey, M. Gré-bault, directeur du musée et de l’école de Boulaq; Vidal pacha, directeur de l’Ecole de droit.
- D’autres sous-comités ont été formés à Alexandrie et à Port-Saïd ayant les consuls de France comme présidents.
- Serbie
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- Le gouvernement serbe a notifié à M. Milieu ministre de France à Belgrade, qu’il renonçait à participer à l’Exposition de 1889 pour des considérations exclusivement financières.
- Cette communication a pour but de prévenir toute pensée de mauvais vouloir envers la France.
- Suisse
- Le colonel Vœgeli-Bodmer, de Zurich, a été nommé commissaire général de la Ruisse à l’Exposition universelle de 1889.
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- L’AGRICULTURE A L'EXPOSITION
- DE 1889
- Dans la dernière séance de la commission de la ramie, M. Tisserand, directeur de l’agriculture a donné lecture du programme que la commission l’avait chargé d’élaborer en vue d’un concours'de machines ou de procédés propres à décortiquer la ramie.
- Ce concours aurait lieu en 1889 et coïnciderait avec l’Exposition universelle.
- La commission a donné son approbation a ce programme; elle a pensé toutefois qu’il y aurait un grand intérêt à se renseigner dès à présent sur l’état de l’industrie de la ramie, et a émis le vœu de l’ouverture, au mois de juillet 1888, d un concours préparatoire qui permettrait de dresser le bilan des divers systèmes employés poiuTa décortication, et d’assurer, par un premier travail de sélection indispensable, le succès des épreuves définitives de 1889. Ce vœu sera transmis à M. le minrstre do l’agriculture.
- LES AUDITIONS MUSICALES
- A L’EXPOSITION DE 1889
- La commission d’organisation des auditions musicales à l’Exposition de 1889 s’est réunie mercredi dernier au ministère du Commerce et de l’Industrie.
- M. Dautresme a souhaité la bienvenue aux commissaires et a indiqué les conditions dans lesquelles doit être réalisée la participation de la musique à l’Exposition de 1889. Le ministre a terminé en disant qu’il espérait que l’on ferait entendre, à côté des maîtres anciens, les maîtres modernes, et que l’on prouverait què dans l’art comme dans l’industrie, la France est restée digne de son passé, digne d’elle-même.
- Le ministre a ensuite parlé de l’idée heureuse d’une cantate qui resterait comme un monument de glorification de l’émancipation française dont 1789 a été la glorieuse aurore.
- Le mot cantate ayant paru un peu suranné, le ministre a proposé de le remplacer par l’appellation de scène lyrique.
- M. Georges Berger, directeur général de l’exploitation, a ensuite pris la parole, et a tracé le programme du concours et rappelé le mandat dont la commission avait la charge délicate.
- Les sections se sont ensuite formées pour procéder à la nomination de leurs bureaux.
- Le jury de la scène lyrique a ainsi composé son bureau: Président, M. Th. de Banville, Vice-président, M. Coppée. Secrétaire-rapporteur, M. Dor-chain.
- La coniknission de composition musicale a élu : Président, M. Ambr. Thomas. Rapporteur, M. L. Kerst. Secrétaire, M. Wormser.
- La commission des fanfares et des musiques d’harmonie a nommé : Président, M. Reyer. Vice-président, M. Altès, Secrétaire, le vicomte V. dTndy. Rapporteur, M. Besson.
- Enfin la commission des orphéons a compos, son bureau de la façon suivante : President, Laue rent de Rillé ; Vice-président, M. Gaillard; Secré~ taire, M. Messager ; Rapporteur, M. A. Pougin"
- L'EXPOSITION D'ECONOMIE SOCIALE
- EN 1889
- (Suite)
- ENQUÊTE
- QUESTIONNAIRE
- 88. Règlement des sinistres. — Taux et nature de l’indemnité allouée à l’ouvrier sinistré (Capital, rente viagère, allocation fixe ou quotidienne), suivant la gravité et les circonstances de l’accident — Ce taux est-il proportionnel à la prime, — au salaire ? — Tient-il compte de l’âge de la victime, — de la situation de famille ?
- Cette indemnité éteint-elle la responsabilité de droit commun ? Se cumule-t-elle avec celle que pourrait entraîner cette responsabilité ?
- En cas de décès, quels sont les droits de la veuve, des enfants mineurs, des ascendants et autres héritiers ? — Conditions en cas de convoi de la veuve.
- Procédure de la liquidation des indemnités. — Instruction.— Autorités prononçant en première instance, — en appel. — (Vertrauen — Ma.nn'ër et Tribunal arbiral delà loi allemande.) —Gomment se constate la cessation de l’invalidité temporaire: Mécanisme du payement aux avants droit, dans le cas de rentes ou d’indemnités périodiques.
- 89. Caisses de secours. — L’établissement a-t-il établi en faveur de ses ouvriers une caisse de secours contre les accidents ?
- Organisation de cetre caisse (Produire les statuts, les règlements, les comptes rendus et documents analogues.) — Est-elle obligatoire ou facultative ? — Gomment est-elle gérée r — Formation du conseil d’administration. —Ses pouvoirs.
- Provenance des ressources delà caisse. (Cotisation des ouvriers, — subvention des patrons, — amendes, — etc.)— Budget annuel.
- Taux des cotisations. — Montant des indemnités en cas de sinistre. — Nombre des adhérents,— des pensionnaires (ouvriers, veuves, orphelins),— des ouvriers secourus.
- Opérations de la caisse. — Sa situation à la fin de 1887. — Réserve. — Placement des fonds. — Contrôle de la gestion.
- Tableau des engagements d'avenir mis en regard de l’actif dans l’hypothèse d’une liquidation de la caisse. — Les statuts ont-ils prévu le cas de déficit et les moyens d’y parer :
- Si la caisse particulière à l'exploitation est affiliée à une caisse centrale ou régionale, fournir les memes renseignements et définir les attributions respectives de ces deux ordres de caisses.
- 90. Résultats de l’assurance. — Résultats financiers. — Montant des primes annuelles à la charge de l’établissement, — des ouvriers. — Les charges de l'établissement sont-elles établies de façon à soulager le présent en grevant l’avenir, ou dès à. présent proportionnées aux engagements pris vis-à-vis des sinistres avec constitution de réserves suffisantes ?
- Montant des indemnités allouées sous diverses
- formes (en donner la décomposition et le détail)._
- Si. la caisse d’assurance est patronale et si les primes laissent un boni, comment est-il réparti?
- Résultats moraux. — L’assurance éteint-elle les procès en cas d’accidents ? (S’il en est survenu, en dire.les causes, les circonstances et les effets).
- — Diminue-t-elle la vigilance contre les accidents:
- — A-t-elle détendu les liens entre les ouvriers et les patrons, en rendant ces derniers plus ou moins irresponsables, ou a-t-elle resserré ces liens, en supprimant les occasions de conflits pour le règlement des indemnités en cas d’accident? — Les indemnités sont-elles suffisantes pour les besoins des sinistrés ?
- 91. Particularités -diverses n’ayant pas trouvé place dans les paragraphes précédents. — Détails d’organisation coutumière en matière de groupement corporatif et d’assurance.
- IL — ASSURANCES SUR LA VIE
- 92. Personnel assuré. — Y a-t-il dans l’établissement des ouvriers ou des employés assurés sur la vie? — Combien ? — Appartiennent-ils à une catégorie distincte? —• Laquelle? — L’initiative de cettfe assurance émane-t-elle des ouvriers, — de leur patron, — d’une société philanthropique de propagande (société de Mulhouse),— d’une société de secours mutuels approuvée ? (Assurance collective annuelle en cas de décès, au profit des membres des sociétés de secours mutuels, prévue par la loi française du 11 juillet 1868).
- 93. Conditions de l’assurance. — A quelle caisse sont assurés ces ouvriers ? (Caisses publiques d’assurances par l’Etat; compagnie d’assurances par actions; — société mutuelle).
- Taux des primes ou cotisations. — Le patron les paye-t-il en totalité ou en partie? — Formule de
- l’assurance (en cas de décès ; — en cas de vie;___
- assurance mixte; — différée ; — à terme fixe ;____
- sur une ou plusieurs têtes ; — avec ou sans participation aux bénéfices; — à primes temporaires.
- — Assurance de capital ou de rente). — Rachat delà police, en cas d’interruption du paiement des primes. — Conditions de ce rachat. —Des mesures-ont-elles été prises pour coujurerla déchéance des assurés à défaut du paiement des primes ?
- Avantages assurés en échanges des primes. — Montant du capital ou de la rente. — Age auquel on y a droit. — Réversibilité au profit de la veuve-et de ses enfants. — L’assurance couvre-t-ede-tout ou partie des frais funéraires?
- III. — ASSURANCES DIVERSES
- 94. Renseignements généraux. — Signaler les particularités qui, en m.arières d’assurances contre-l’incendie, la grêle., les épizooties, etc., peuvent intéresser les ouvriers industriels et agricoles. ,— Produire les statistiques, les cartes, établies sur ces sinistres, leur fréquence, leur gravité, et sur le classement des risques suivant la contrée et. l’objet assuré.
- IV. — INSTITUTIONS D’ASSURANCES
- 95. Documents à réunir. — Statuts, règlements,, comptes rendus, tables de mortalité, statistiques collectives ou distinctes concernant les institutions d’Etat, les corporations, les syndicats et les compagnies à primes lixes ou les’sociétés mutuelles, nationales ou locales, françaises ou étrangères, qui pratiquent sous toutes ses formes l'assurance contre les accidents, sur la vie, sur les transports, contre l’incendie, la grêle, l’épizootie et autres, risques.
- Section VIII
- Epargne
- I. — INSTITUTIONS AYANT UNE ORIGINE OU DES ATTACHES OFFICIEL LES
- On comprend, sous ce chapitre, les caisses fondées, dirigées ou patronnées par l’Etat, les provinces, les départements, les communes, les chambres de-commerce, etc.
- I .'enquête n’étant pas destiné® à faire double-emploi avec les statistiques officielles, qui, pour la plupart des pays, ont répandu la plus grande lumière sur les institutions de cette nature, les comi-
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- Quatrième Année. — N0
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- tes d’enquête devront reunir avec soin tous ces documents pour leur circonscription, en se bornant à les compléter et à signaler les particularités locales qui pourraient distinguer telle ou telle caisse d’épargne.
- Pour les pays où les documents officiels ne renseigneraient pas les comités avec assez de précision, il sera bon d’adresser ce questionnaire à quelques établissements choisis pour servir de type moyen parmi les établissements analogues, en les invitant à répondre aux questions suivantes:
- 96. Définition de l’établissement. — Caisses nationales. — Caisses postales. — Caisses scolaires.
- — « Monts » italiens. — Saving Banks. — Spar-kassen.
- Histoire. — Origine. — Phases diverses.
- 97. Organisation légale. — Rapports avec l'Etat.
- — Administration.
- Emploi des fonds. — Surveillance. — Versement dans une caisse d’Etat. — Amortissement de la dette publique. — Prêts hypothécaires. — Conditions de ces prêts. — Réserves.
- 98. Condition des dépôts. — Intérêts payés aux déposants.— Versements. — Retraits. — Formalités. — Droits de la femme mariée.
- Limite des dépôts (pour les versements en une fois, annuels, cumulés). Emploi des fonds excédant la limite.
- Clause de sauvegarde. — (A-t-elle été appliquée ?
- — Dans quelles conditions?)
- 99. Clientèle. — Nombre annuel des déposants depuis l’origine, — livrets ouverts, — liquidés, restants).
- Décomposition du personnel par profession.
- 100. Résultats financiers. — Indiquer depuis l’origine de l’institution, le chiffre et le mouvement des dépôts, — des retraits, — des comptes ouverts;
- — le montant moyen des livrets (avec l’explication des brusques écarts.en plus ou en moins présentés par ce tableau, qui gagnerait à être produit sous la forme graphique).
- Etablir le bilan détaillé des opérations pour Tannée 1887, en spécifiant l’emploi des .fonds et celui des réserves.
- 101. Particularités. — Consigner ici les détails qui n’auraientpu trouver place dansles paragraphes précédents.
- II. — INSTITUTION d’un CARACTÈRE PUREMENT PRIVÉ
- 102. Généralités sur l’institution. — Son nom. — Sa forme légale. (Société en nom collectif, — anonyme, association commerciale en participation aux termes des articles 47 et suivants du Code de commerce français. — Autres formes prévues par les législations étrangères.)
- Histoire. — Origine. — Noms des fondateurs.
- — Phases diverses.
- 103. Mécanisme de la Société. — Définir exactement son objet et son mécanisme.— Analyser ses statuts. (Vise-t-elle surtout une clientèle rurale ou urbaine, agricole ou industrielle?)—• Durée statutaire.
- Administration. — Son mode de formation. Ses pouvoirs. — Leur durée. — Leurs limites. — Le mandat des administrateurs est-il gratuit?
- Composition et pouvoirs de l’assemblée générale.
- Droits et devoirs des sociétaires.— Montant de îa cotisation. •— Justification de leurs versements.
- — Livrets (joindre un spécimen). — Engagements pris envers les membres. — Clauses de déchéance. — Libérations et remboursements anticipés. — Droits des familles des sociétaires décédés. — Mesures prévues et cas de liquidation.
- LA TOUR EIFFEL '
- M. G. Eiffel vient d’adresser la rectification suivante au directeur du journal le Temps relativement à des prétendus accidents survenus dans les chantiers de la tour en construction au Champ-de-Mars :
- Monsieur le directeur,
- ‘Vous avez dit, dans votre numéro du 23 décembre, que les accidents qui se sont produits depuis un an aux chantiers du Champ-de-Mars avaient entraîné deux morts d’homme et non deux cents, comme on l'affirmait, il y a quelques jours, en réu- I nion publique.
- Permettez-moi d’ajouter, pour prévenir toute confusion, que depuis le commencement des travaux de la tour au Champ-de-Mars, soit pendant le travail des fondations, soit pendant celui du montage, il ne s’est pas produit un seul accident ayant entraîné mort d'homme.
- Le seul blessé grave que nous ayons eu a pu reprendre du travail sur nos chantiers, où il est actuellement.
- Je compte sur l’impartialité des journaux qui ont pu être induits en erreur à ce sujet pour insérer la présente note à laquelle j’attache une importance que tout le monde comprendra.
- Veuillez agréer, etc.
- G. Eiffel.
- BUREAUX DES
- COMITÉS DÉPARTEMENTAUX
- DOUBS
- M. Peugeot (Armand), industriel à Valentigney, vice-président du sous-comité de l’arrondissement de Montbéliard, a été désigné pour suppléera la présidence M. Viette, nommé ministre de l’agriculture.
- Comité départemental
- Président : M. Châtel, ingénieur en chef des ponts et chaussées à Besançon. — Vice-présidents : MM. Charles Sandoz, adjoint au maire de Besançon ; Armand Peugeot, industriel à Valentigney'; Charles Vandel, industriel à Pontarlier ; Bainier, industriel à Cugney-Donvot. — Secrétaires: MAI. Bouvard, avocat à Besançon; Henri Japy, industriel à Baderel ; Richard, ingénieur-civil à Besançon.— Trésorier: M. Benoist, Président de la chambre syndicale des fabricants d’horlogerie, à Besançon.
- NOMINATIONS
- de membres des Comités départementaux
- Par divers arrêtés pris, en date des 21, 23 et 24 décembre, par M. le ministre du Commerce et de l’Industrie, commissaire général de l’Exposition de 1889, ont été nommés membres du Comité départemental de :
- ALLIER
- Sous-comité de Varrondissement de Moulins
- M. Robert, inspecteur d’académie, à Moulins.
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- HAUTES-ALPES
- Sous-comité de Varrondissement de Gap
- M. Meyer, inspecteur d’Académie à Gap.
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- AUBE
- Sous-comité de l’arrondissement de Troyes
- MM. Babeau, homme de lettres ; Chauvin, ingénieur ; A. Finot, docteur en médecine; Vernant, ancien instituteur.
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- AUDE
- /° Sous-comité de Varrondissement de Carcassonne
- MM. Cornet-Peyrusse, ancien président de la société d’agriculture; Daguet, agent d’assurance.
- 2° Sous-comité de l’arrondissement de Caslelnaudary
- MM. Barrié, conseiller général ; de Vezian, avoué.
- 3° Sous-comité de l’arrondissement de Limoux
- MM. Adamoli ; Guet, docteur en médecine.
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- CHARENTE-INFÉRIEURE
- Sous-comité de l’arrondissement de La Rochelle
- M. Laronze, inspecteur d’académie.
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- CORSE
- Sous-comité de l’arrondissement de Bastia
- M. Benedetti (François), ingénieur agricole, à Bastia, en remplacement de M. Benedetti iCésar), aécédé.
- CREUSE
- Sous-comité de l'arrondissement de Guéret
- M. Derennes, inspecteur d’académie, à Guéret, en remplacement de M. Chandelliez, démissionnaire. —
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- EURE
- Sous-comité de l'arrondissement d’Evreux
- M. Lemaire (Edouard), fabricant de liqueurs à Ivry-la-Bataille.
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- HAUTE-GARONNE
- Sous-comité de l’arrondissement de Toulouse
- M. Hébrard (Emile), secrétaire général de la société d’agriculture de la Haute-Garonne, pro-priétaireà Montplaisir, commune de Fronton.
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- ILLE-ET-VILAINE
- Sous-comité de l’arrondissement de Monifort
- MM. Besnard, maire de la Chapelle-Thouarault : Cosnier, maire de Montauban, en remplacement de M. Robert, démissionnaire; I^emoine, maire du Lou-du-Lac.
- ISÈRE
- Sous-comité de l’arrondissement de Grenoble
- MM. Bernard, conseiller à la cour d’appel de Grenoble; Jay, professeur agrégé à la faculté de droit ; Leborgne, industriel à Grenoble.
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- LOT-ET-GARONNE
- Sous-comité de l’arrondissement de Marmande
- M. Belloc (Louis), négociant et propriétaire à Marmande.
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- NORD
- i° Sous-comité de l’arrondissement de Lille
- MM. Facq-Durdan, fabricant de meublesà Lille ; Moy, doyen de la faculté des lettres, à Lille.
- 20 Sous-comité de l’arrondissement de Cambrai
- M. Jacquemart (Evariste), ancien chef d’institution, à Cambrai.
- 3° Sous-comité de l’arrondissement de Douai
- M. Côuat, recteur de l’académie de Douai, en remplacement de M. Nolen, démissionnaire.
- 40 Sous-comité de l’arrondissement de Dunkerque
- M. Terquem (Paul), ancien professeur d’hydrographie, ancien adjoint au maire de Dunkerque.
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- PUY-DE-DOME
- Sous-comité de l’arrondissement de Clermont-Ferrand.
- M. Kuhn (Williams), brasseur à Clermont-Ferrand.
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- PYRÉNÉES-ORIENTALES
- Sous-comité de l’arrondissement de Perpignan
- MM. Amouroux, artiste peintre à Perpignan ; Bosch (Louis), professeur de mathématiques au collège de Perpignan ; Izarn (Armand), avocat à Perpignan ; Pams (Jules), avocat à Perpignan: Villarouge (Jacques), serrurier, à Perpignan; Viry (de), directeur de la compagnie du gaz à Perpignan.
- SAONE-ET-LOIRE
- i° Sous-comité de l’arrondissement de Mâcon
- MM. Bessard, conseiller général, à Tournus ; Chantin, conseiller général, à Saint-Point ; Directeur (le), des haras deCluny; Dubost, maire de Tournus ; Genairon, à Saint-Romain-des-Iles : Guillemin, de la maison Doyen et Guillemin, à
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- Mâcon ; Malicier (Jérôme), distillateur, à Corma-tin ; Piguet, aîné, à Mâcon ; Revel, propriétaire, maire de Matour.
- 2° Sous-comité cle l’arrondissement d’Autun
- MM. Périer, avocat, conseiller général, maire d’Autun ; Bulliot, président de la société éduenne, à Autun; Duprev, conseiller général, maire de Roussillon ; Lacomme, conseiller général, à Mesvres ; Legendre, docteur à Saint-Léger-sous-Beuvray.
- 3d Sous-comité de l’arrondissement de Chalon-sur-Saône
- M. Chagot (Léonce), à Montceau-les-Mines.
- 40 Sous-comité de l’arrondissement de Charolles
- MM. Aucourt (Antoine), propriétaire à Anzj -le-Duc; Fichot (Louis), industriel négociant a Toulon-sur-Arroux ; Fournier, constructeur-mécanicien à Génelard ; Gondard (Glaudien), avocat à Charolles; Lablaye, ingénieur des ponts et chaussées, à Charolles.
- 5° Sous-comité de l’arrondissement de {Louhans M. Alaise (Laurent), mécanicien à Louhans.
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- SEINE-ET-OISE
- i° Sous-comité de l'arrondissement de Versailles
- MM. Bertbault, professeur d’agriculture l’école de Grignon ; Récopé, inspecteur des forêts à Saint-Germain-en-Laye ; Moutier (Paul), entrepreneur de serrurerie à Saint-Germain-en-Laye.
- 2° Sous-comité de l’arrondissement d’Etampes
- M. Blavet, président de la société d’Etampes, en remplacement de M. Dupré, démissionnaire.
- 3° Sous-comité de l’arrondissement de Pontoise
- MM. Melon (Paul), propriétaire h Ermont ; Bry, conseiller d’arrondissement, maire de Gagny ; Poilpot, artiste peintre, maire de Noisy-le-Grand. Picot, membre de l’Institut, conseiller municipal à Asnières-sur-Oise.
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- TARN
- i° Sous-comité de l’arrondissement d'Albi
- MM. Grant, ingénieur des mines à Albi ; Ma-zères, inspecteur de l’enseignement primaire à Albi; Nouguiès (G.-M.), directeur du Patriote albigeois à Albi ; Poux-Laville (Gaston), rédacteur en chef de l’Union républicaine à Albi.
- 2° Sous-comité de l’arrondissement de Castres
- MM. Verdeil, directeur de l'Avenir à Castres ; Cormouls-Houlès (Eugène), manufacturier à Ma-zamet, en remplacement de M. Cormouls-Houlès (Gaston), démissionnaire.
- HAUTE-VIENNE
- Sous-comité de l’arrondissement de Limoges.
- MM. Landon (Henri), filateur-manufacturier, à Eymoutiers ; Pradet, conseiller général à Eymou-tiers ; le maire de Limoges ; Thuillier (Gilbert), publiciste, à Limoges.
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- VOSGES
- Sous-comité de l’arrondissement de Remiremont
- MM. Malve, inspecteur des forêts, à Remire-mont; Sauvage, inspecteur des forêts, à Remire-mo"\
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- YONNE
- Sous-comité de l'arrondissement cl’Avallon
- M. Hervieu, député.
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- LE SÉNÉGAL A L’EXPOSITION
- DE 1889
- La participation du Sénégal à l’Exposition universelle de 1889 promet d’être très attrayante. M. Noiro, l’explorateur du Fouta-Djallon, aujourd’hui administrateur colonial, qui a été délégué par le comité de Saint-Louis pour préparer i’orga-
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE :8S:
- nisation de la section sénégalaise, a soumis au commissariat colonial un projet très intelligemment conçu. Tout ce qui peut servir à renseigner notre commerce et notre industrie est l’objet de soins particuliers. L’enquête commerciale en préparation renseignera avec toute l’exactitude possible les intéressés. Le côté pittoresque et instructif promet d’être des plus curieux.
- Le pavillon du Sénégal sera une reproduction exacte de la tour de Saldé, un des plus beaux modèles des nombreux blochaus que le général Faidherbe, au temps où il était gouverneur du Sénégal, a semés çà et là dans le pays.
- Ce bâtiment, œuvre d’officiers français, n’a rien de spécial au pays, où toutes les constructions sont à peu près semblables à celles d’Europe. Mais sa forme particulière donnera bien l’idée de ces fortins où une poignée d’hommes peut tenir en respect, ainsi que le fit Paul Holl à Médine, pendant plusieurs mois, une armée considérable de noirs.
- Cette reproduction de la tour de Saldé sera entourée de différents modèles de cases de la Sénégam-bie, qui seront habitées par des indigènes exerçant divers métiers.
- On y verra des cases Ouoloff, en roseaux, l’une avec son mobilier quasi-européen, qui donnera une idée de la recherche du confortable chez les indigènes; une seconde, son mobilier tel qu’il existe chez les indigènes pauvres. Les autres cases seront dete reproductions exactes de celles habitées par les Toucouleurs, les Bambaras, les Se'rères, les Soussous, les Peulhs du Fouta-Diallou et l'es Peulhs pasteurs. Elles contiendront tous les objets propres à la vie des noirs. Rien ne manquera dans la reproduction de ce'village, protégé par son fort. Il y aura une petite mosquée, la paillotte, où se tiennent les palabres. Une plantation de maïs, avec son épouvantail pour les oiseaux et l’abri du gardien, donnera l’aspect d’un champ indigène.
- Le personnel se composera d’un orfèvre, un forgeron ouoloff, un forgeron maure, travaillant sous sa tente, un tisserand, des cordonniers noirs et maures ; de différents types de griots, jouant des instruments divers en usage dans le Soudan.; ces musiciens, ces chanteurs, sont aussi les conteurs qui charment les veillées au Pays noir; ce sont les griots qui, de retour chez eux, diront les merveilles que possède la France, combien ils ont été choyés chez ces blancs qu’ils connaissaient si peu-ils seront écoutés avec recueillement; cependant, plus d’un auditeur pensera tout bas ; ils inventent, ils n’ont pas vu tout cela; Dieu seul dans son ciel peut montrer d’aussi belles choses au croyant.
- Un équipage de piroguiers de Guet N’Dar (faubourg de Saint-Louis) viendra montrer aux Parisiens comment ces hardis pêcheurs, qui, en maintes circonstances, ont donné des preuves de dévouement à l’administration française, manœuvrent leurs légères embarcations.
- Tous ces noirs seront accompagnés de leurs familles. Ils vivront ici comme ils vivent chez eux.
- La garde de la section du Sénégal sera faite par un détachement composé de soldats indigènes • spahis et tirailleurs.
- Le projet présenté par M. Noirot a été soumis à M. Etienne, sous-secrétaire d’Etat, et à M. Louis Henrique, commissaire de la section coloniale française de l’Exposition universelle de 1889, qui l’ont approuvé; il sera discuté prochainement par la sous-commission d’organisation.
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- ÉCHOS
- Paris
- Chers lecteurs, avant toute chose, recevez les vœux de bonheur que la nouvelle année motive et que vous permettrez do vous offrir à qui a fait avec vous route commune durant trois années. « Ubique ;> vous remercie de l’avoir voulu suivre dans cette longue étape qui finit, et vous souhaite mille joies pour 1888.
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- Dimanche ier Janvier 1888.
- Vendredi soir, 30 décembre, a été inaugurée à la galerie Georges Petit, 8, nie de Sè/.e, l’exposition des trente-trois artistes français et étrangers' que nous avons annoncée au commencement du mois dernier. Peinture, aquarelle, pastel, sculpture, l’exposition comprend tout cela. C’est hier qu’a eu lieu l’inauguration publique.
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- Le Pavillon de la Ville de Paris vient d’être concédé aux organisateurs de deux expositions.
- A l’Association des Cuisiniers français d’abord, qui ouvrira en février, aux Champs-Elysées, son exposition culinaire annuelle ; aux Artistes Indépendants ensuite, qui préparent pour le mois de mars leur salon habituel.
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- Départements
- Le samedi 10 mars prochain, ouvrira à Bordeaux la trente-sixième exposition annuelle de la Société des Amis des Ai ts qui comprendra, comme par le passé, les ouvrages de peinture, sculpture, architecture, gravure, dessin et lithographie.
- ETRANGER •
- Allemagne
- Nous avons eu l’occasion de parler, il y a quelque temps, alors qu’il en fut pour la première fois question, d’une exposition projetée dans laquelle les organisateurs se proposaient de réunir à Berlin, tous les appareils desûreté, tous les systèmes de prévention des accidents utilisables dans l’industrie et la brasserie.
- Quelque temps après, nous faisions part à nos lecteurs de l’importance que prenait le dessein énoncé, en annonçant que les promoteurs ne limitaient plus leur entreprise à une industrie particulière, mais se proposaient de l’étendre a la généralité des industries.
- ' Cette exposition générale des appareils de sûreté aura lieu dans le courant de 1889. Les ministères compétents viennent de concéder aux initiateurs les galeries d’exposition de la gare de Lehrte, où se célèbrent, depuis l’exposition d’hygiène, toutes les manifestations importantes de l’art et de l’industrie, ainsi que l’esplanade qui les entoure et une partie des arcades du chemin de fer Métropolitain. L’inauguration se fera en avril 1889 et la clôture à la fin de juin. Les recettes seront consacrées à des œuvres de bienfaisance.
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- La Chambre des députés bavaroise vient d’accorder un crédit de 100.000 maries qui constituera la subvention gouvernementale à la prochaine exposition d’art industriel de Munich (1888).
- A Berlin, l’exposition des portraits doFranz van Lenbaeh obtient beaucoup de succès. On y remarque beaucoup, à côté des œuvres que nous avons nommées dans notre dernier numéro, les portraits du roi Louis Ier de Bavière,de Dollinger, de Gladstone, du prince Liechtenstein, de Paul Heyse, de Richard Wagner, de Franz Iaszt, etc.
- A Munich, dans le courant de l’année prochaine, l’exposition annoncée de machines et moteurs, s’augmentera d’une troisième exposition spéciale organisée par l’Union industrielle générale de Munich, et qui réunira les machines en usage dans la petite industrie et dans l’exercice des petits métiers.
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- Le Comité central pour la participation de l’Allemagne à l’exposition universelle de Barcelone (8 avril 1888., s’est réuni en Assemblée générale, le 11 décembre, et a adopté, entre autres mesures, le principe d’un appel à l’industrie qui sera prochainement lancé et qui fera ressortir l’importance qu’aurait pour le développement, en Espagne, du commerce allemand d’exportation, une participation nombreuse et choisie.
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- Angleterre
- Les résultats financiers de l’exposition de Nevrcastle-on-Tyne sont très satisfaisants.
- Le Comité exécutif dispose d’un excédent d’environ trois à quatre mille livres, dont une très large part sera absorbée par les frais de mise en état des emplacements.
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- Notre excellent confrère Intention donne les meilleures nouvelles de l’exposition internationale de Glasgow (1888) dont les travaux sont très activement menés.
- Le gros œuvre du Palais d’Exposition est presque achevé à l’heure actuelle, le grand dôme central, conçu dans le style oriental, comme tout l’ensemble des constructions, est à peu près terminé.
- Le catalogue sera édité en petit format très léger et portatif, tiré à un grand nombre d’exemplaires, etlargement répandu, partout où le public pourra avoir un intérêt à le consulter.
- . Ce sont là une série d’heureuses innovations qui contribueront incontestablement au succès général de l’entreprise.
- Rappelons enfin que l’exposition comprendra, avec l’industrie et les sciences, une section de Beaux-Arts, divisée en deux groupes, dont l’un comprendra les œuvres empruntées aux collections publiques et privées, tandis que l’autre sera exclusivement consacrée aux ouvrages d’artistes vivants.
- Sculpture, peinture, aquarelle, dessin, gravure et eau-forte, architecture, figureront dans ce dernier groupe. ,
- Tous les renseignements peuvent être demandés aux bureaux de la Glasgow International Exhibition, à Glasgow, 27, Saint-Vincent-Place.
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- Autriche-Hongrie
- Nous avons déjà brièvement mentionné un projet d’exposition aéronautique émis à Vienne dans les Cercles spéciaux. Voici quelques nouveaux détails à ce sujet :
- C’est dans les premiers jours d’avril 1888 que sera inaugurée, à l’Institut aéronautique du Prater, pour se prolonger durant toute la saison d’été, la première grande exposition générale de navigation aérienne.
- Les promoteurs se proposent d’y réunir, non point seulement tout ce qui a trait à la question des ballons, mais aussi tout ce qui concerne le côté technique de la navigation aérienne, l’aviation et les questions qui s’y rattachent.
- Toutes les communications doivent être adressées à M. Silberer, éditeur de la Gazette générale du Sport (Allgenieine-Sport-Zeitung) et directeur de l’Institut aéronautique, Vienne I, Elisabeth-strasse, 15.
- C’est le mercredi 1er février prochain que doivent être rendus, au Kunstlerhaus de Vienne (Hô tel des Artistes), les envois destinés à l’Exposition internationale des Beaux-Arts. Cette exposition, déjà connue de nos lecteurs par les détails que nous avons maintes fois donnés à cette place, comprendra dans une action rétrospective embrassant quarante années, les productions de l’art en Autriche, depuis l’avènement de l’empereur, dans une section internationale les productions d'artistes vivants.
- Cette importante manifestation artistique , placée sous le haut patronage de S. A. I. et R. l’archiduc Charles-Louis, dirigée par un Comité composé de notabilités viennoises le.plus n vue, pécuniairement encouragée par l’Etat et l’Administration ' municipale, ouvrira au Künst-lerhaus, à la date déjà indiquée, jeudi 1er mars, pour clôturer le jeudi 31 mai.
- Toutes communications sont reçues par la commission de l’Exposition internationale des Beaux-Arts de Vienne, à Vienne I, Künstlerhaus, Lo-Ihringerstrasse 9.
- Belgique
- L’organisation nouvelle du' Concours international de* Bruxelles (1888) a assuré à cette entreprise intéressante et qui s'éloigne des errements connus, un nombre considérable d’adhésions importantes. Nos lecteurs ont pu lire dans notre dernier numéro les intéressants détails donnés par l’un de nos collaborateurs sur le grand mouvement de participation qui se dessine un peu partout, sur tous les points du monde industriel, artistique ou savant. Déjà plus de 100,000 mètres carrés de superficie viennent d’être concédés à la suite de demandes d’emplacement.
- L’Allemagne notamment se prépare à participer, dans la plus large mesure, au concours de Bruxelles ; les motifs ? Les voici, très franchement indiqués par nos confrères d’outre-Vosges ; il faut, disent-ils en chœur et en substance, que l’Allemagne soit brillamment réprésentee à cette exposition qui lui est une compensation du refus énoncé de prendre part à l’Exposition de Paris; il le faut aussi parce que l’Emp're doit tout mettre en œuvre, pour que la Belgique neutre devienne
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE il
- irrévocablement et exclusivement un pays de transit, un débouché sur la mer, pour le commerce allemand d’exportation. C’est clair ! C’est aussi, qu’on nous passe le mot, très légitime. Aux intéressés à veiller pour que certaines éventualités ne se produisent pas.
- Les intéressés, vous les connaissez, n’est-ce pas t
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- Il paraît que le Comité exécutif du.Concours de 1888 a reçu du Comité central de la Croix-Rouge, siégeant à Berlin, une communication l’informant que l’impératrice Augusta a institué un prix de 6,000 marks à décerner au meilleur aménagement intérieur d’un lazaret-ambulance de campagne.
- Un concours particulier devra être institué pour l’obtention de ce prix spécial.
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- La Société d’Agriculture et de Botanique de Gand prépare sa quinzième exposition d’horticulture et de fleurs. Cette exposition, qui aura lieu du dimanche 15 au dimanche 22 avril 1888, se divisera en seize sections et comprendra 417 concours.
- Les vainqueurs se partageront 60,000 francs de prix, consistant en œuvres d’àrt, médailles d’or et d’argent.
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- Danemark
- Nos lecteurs se rappellent certainement avoir lu dans ces colonnes, il y a quelques mois, quelques entrefilets sur une Exposition Scandinave projetée pour l’année prochaine.
- Cette exposition, qui réunira l’industrie, l’agriculture et les beaux-arts, entre dans la période d’organisation ; son inauguration aura lieu à Copenhague, le vendrèdi 18 mai, sa clôture le dimanche 30 septembre 1888.
- Réservée aux produits de la Suède, de la Norvège et du Danemark, elle admettra dans sa section artistique les productions internationales de l’art Décoratif.
- Notre excellent confrèreBollettino clelle Finanze Ferrovie e Industrie nous apprend que l’Italie participera à l’Exposition dans cette dernière section et y occupera une superficie de huit cents mètres carrés.
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- Etats-Unis
- Les Etats-Unis ont été invités par. le Gouvernement de Victoria à participer officiellement à l’exposition internationale de Melbourne 1888. M. Bayard, secrétaire d’Etat pour les affaires Etrangères, en communiquant cette invitation au Congrès, a déposé sur le bureau une demande de crédit en vue de cette participation.
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- A l’Académie des Beaux-Arts de Philadelphie est ouverte, en ce moment, une exposition de portraits historiques empruntés aux collections publiques et privées.
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- A Boston, chez MM. Doll et Richards, vient de s’ouvrir avec succès une exposition du club des Aquarellistes ( Waier colour club), société exclusivement composée defemmes artistes.
- C’est avec l’exposition des aquafortistes, annoncée dans notre dernier numéro, la seconde manifestation, cet automne, du sexe que l’on ne peut plus hélas ! appeler faible. Le fut-il jamais ? En tous cas, voilà qui réjouira madame Hubertme Auclert et autres émancipatrices, parties en guerre contre ces affreux tyrans masculins.
- Pauvre nous! A quand notre rélégation à la cuisine ? A quand les jupons !
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- Espagne
- L’Exposition de Barcelone s’organise, assure-t-on, très activement. Il est temps !
- L’inauguration est irrévocablement fixée au dimanche 8 avril 1888.
- Seules jusqu’ici fAutriche-Hongrie et la Belgique ont notifié leur participation officielle.
- Mais l’initiative privée supplée un peu partout à l’action gouvernementale ; en France, où cependant la nomination d’un commissaire officiel est probable ; en Allemagne, comme on l’a vu plus haut, en Italie où des démarches sont engagées auprès des ministères pour obtenir des réductions notables sur les tarifs des transports ; aux Etats-Unis, qui, selon toutes prévisions, adhéreront sous peu officiellement.
- Rappelons que le gouvernement espagnol a
- Dimanche ier Janvier 1888. — 909.
- accordé son haut patronage et son concours formel en avançant à l’administration municipale une somme de 2 millions que celle-ci s’est engagée à rembourser intégralement, dans un délai de six ans, si l’entreprise donne des résultats favorables. Dans le cas contraire il ne serait restitué que 75 0/0 du capital avancé.
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- Italie
- Notre confrère Bellettino delle Finance enregistre pour l’Italie une exposition régionale agricole qui ouvrira à Aquila en août prochain, et une exposition provinciale ouvrière à Teramo.
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- COMMISSION D’ORGANISATION
- De la Section coloniale française
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1889
- La Commission d’organisation de la section française des colonies et protectorats a tenu sa seconde séance le it novembre 1887, sous la présidence de M. le sénateur Schoelcher.
- M. Isaac, sénateur, rapporteur de la sous-commission chargée d’examiner les plans et devis, a rendu compte des travaux de cette sous-commission dans le rapport suivant :
- Messieurs,
- La commission générale d’organisation de l’Exposition coloniale de 1889, dans sa première séance tenue sous la présidence de M. le Sous-Secrétaire d’Etat, le ier août dernier, a été saisie des trois questions suivantes :
- i° Y a-t-il lieu de donner suite au projet d’une exposition particulière des colonies ?
- 20 Dans le cas de l’affirmative, quel est le crédit qu’il conviendrait de demander au Parlement ?
- 3° La Commission approuve-t-elle les plans et devis présentés par l’architecte, et les dispositions d’exécution préparées par le commissariat ?
- La première de ces questions a seule été résolue, et l’a été dans le sens de l’affirmative.
- La Commission, à défaut d’un examen préparatoire des plans et devis, objet de la troisième question, n’a pas pu se prononcer sur le chiffre du crédit à demander au Parlement, et c’est en vue de la solution à donner à ces deux dernières parties de son programme, qu’elle a constitué une sous-commission dont les travaux sont résumés ci-après :
- L’Administration, chargée de préparer la participation des colonies françaises à l’Exposition de 1889, s’est inspirée de cette pensée que les colonies, qui forment aujourd’hui un domaine bien autrement important que celui que nous possédions en 1878, doiventêtre aussi plus brillamment représentées à la prochaine solennité nationale, qu’elles ne l’ont été à la précédente Exposition. Elle a, en conséquence, élaboré un plan d’organisation dans lequel elle s’est attachée à réaliser une figuration, rationnelle et attrayante à la fois, de l’industrie, des moeurs, de l’aspect extérieur de chacun de nos groupes de possessions dans les différentes parties du monde.
- C’est sur ce plan dont la conception revient, en partie au moins, à l’ingénieur Des Tournelles, conservateur adjoint de l’Exposition permanente des colonies, et l’exécution à M. l’architecte Sau-vestre, que la Sous-Commission a été appelée à fournir un avis. Cet avis s’étendra nécessairement d’une part, aux dispositions techniques proposées par le représentant de l’administration, et, d’autre part, à l’évaluation des dépenses à engager.
- Le projet, établi dans l’esprit qui vient d’être rappelé, comprenait :
- i° Un palais ou bâtiment principal, qui occuperait sur l’esplanade des Invalides la partie médiane du rectangle affecté aux constructions de l’exposition coloniale. Ce palais aurait un développement de 2,000 mètres environ de masse couverte, et une élévation de 12 mètres sur les ailes, avec un pavillon central surélevé de six mètres. Il serait destiné à contenir les collections de l’Etat, les expositions de travaux publics, les envois des
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- qio et 911.— Quatrième Année. — N* 157.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche ier Janvier 18S8.
- écoles coloniales, des établissements pénitentiaires ainsi que les documents géographiques et statis-sisque comprenant une cartologie aussi variée, aussi développée que possible.
- II y aurait avantage à ce que ce palais fût cons-truit'de telle sorte qu'il pût être affecté plus tard à l’Exposition permanente des colonies, soit qu’il fût maintenu à l’esplanade des Invalides, soit qu’il dût être démonté après l’Exposition, et transporté sur un autre point de Paris.
- Cette construction ainsi comprise nécessiterait une dépense de 440.000 francs.
- 20 Une série de pavillons spéciaux, reproduisant les types de constructions des diverses colonies, et destinés à contenir les produits de l’industrie spéciale de chacune d’elles. Ces pavillons, correspondant respectivement aux groupes de possessions situés dans les différentes colonies, seraient au nombre de cinq, savoir :
- jcr groupe. — Possessions de l’océan indien (Réunion, Mayotte, Nossi-Bé, Madagascar, Inde française) : i° Pagode hindoue. — 20 Pagode d’Ankor, encadrant à droite et à gauche le palais centrai.
- 2e groupe. •— Possessions d’Amérique (Antilles, Martinique et Guadeloupe Saint-Pierre et Miquelon). — Maison créole à un étage avec vérandah, à gauche du palais.
- 3e groupe. — Possessions de l’Océanie (Nouvelle-Calédonie, Tahiti). — Maison de colon concessionnaire, comme à la Nouvelle-Calédonie et à la Guyane ; cases canaques ; cases tahitiennes.
- 4e groupe. — Possessions d’Afiique. — Tour de Suidé (Sénégal), avec des cases sénégaliennes formant village : village pahuin (Gabon); village alfourou (Congo) ; 12 cases habitées.
- 5e groupe. — Possessions de l’Indo-Chine. — Palais cochinchinois et cambodgien, qui occupera une superficie de 2.000 mètres environ, sur la droite et à l’alignement du palais central. '
- En outre de ces constructions, le projet de l’administration prévoit un restaurant et une serre, des pavillons de dégustation, un kiosque de musique, des jardins, pelouses et bassins.
- Aux dépenses que nécessitera l’exécution de ces divers travaux, il faut ajouter les frais de transport, d’aménagement et de conservation des objets, ainsi que ceux d’envoi et d’entretien en France d’un certain nombre d’indigènes des colonies nouvelles. L’administration évaluait le tout, non compris les dépenses spéciales à l’Indo-Chine, de la manière suivante :
- Constructions......................... 800.000 fr.
- Frais de décoration intérieure et
- extérieure.......................... 100.000
- Frais de gardiennage de transport
- de catalogues et d’administration. 100.000
- Total.........1.000.000 fr.
- Pour faire faire à ces dépenses, l’administration a à compter sur les ressources ci-après :
- Fonds de concours votés par les
- colonies.......................... 200.000 fr.
- Subvention de l’Etat............. 800.000
- Total..........1.000.000
- Il faut dire ici tout de suite que la contribution des colonies n’a atteint, jusqu’à ce jour, qu’une somme de i6.7,ooofrancs, qui se décompose ainsi:
- Guadeloupe......................... 40.000 fr.
- Martinique.......................... 10.000
- Saint-Pierre et Miquelon........ * 8.000
- Guyane.............................. 20.000
- Gabon........................... 5.000
- Réunion............................. 10.000
- Nossi-Bé............................. 4.000
- Mayotte......................... 3.000
- Inde française...................... 10.000
- Sénégal......................... 25.000
- Nouvelle-Calédonie.................. 12.000
- Tahiti.............................. 20.000
- Total.......... 167.000 fr.
- Si cette allocation ne devait pas être complétée par de nouveaux contingents, la part à demander à l’Etat se trouverait nécessairement augmentée dans une certaine proportion.
- Il est entendu d’ailleurs que la Cochinchine subviendra directement aux frais de son exposition particulière.
- Quant aux protectorats de l’Annam et du Tonkin, dont les expositions seront nécessairement jointes à celles des colonies, les conditions de leur concours n’ont pu jusqu’ici être déterminées, en raison des questions qui se rattachaient à la formation de l’Union indo-chinoise. Il est
- tion, et puisque, de toute façon, l’édification de ce bâtiment nécessitera une certaine dépense, on doit considérer comme une bonne fortune l’occasion qui se présente de faire servir cette dépense à une oeuvre durable. Il restera, il est vrai, à déterminer l’emplacement définitif de ce nouveau palais de l’Exposition permanente, mais on a le droit de penser que les différentes autorités de qui dépend la décision sur ce point ne refuseront pas de s’associer à un projet dont le caractère d’utilité générale ne peut pas, en définitif, être contesté.
- La sous-commission a émis, en conséquence, l’avis que le palais central devait être construit de manière à pouvoir être ultérieurement démonté. Elle a demandé, en outre, à
- entendu seulement que la même commission sera chargée d’examiner les projets d’exposition des colonies et des protectorats, et qu’en ce qui concerne ces derniers établissements, le ministre de la marine ou celui des affaires étrangères, suivant le cas, prendra l’initiative de former devant les Chambres les demandes de crédit nécessaires.
- C’est dans ces conditions que la sous-commission a discuté les différentes parties du programme qui lui était présenté. Elle l’a fait en s’inspirant du double souci d’éviter toute dépense inutile et d’assurer en même temps une participation honorable de nos établissements d’outre-
- l’architecte, M. Sauvestre, quelques modifications du plan primitif, comme l’adjonction des quatre pavillons latéraux. Ces modifications n’ont pas eu pour effet de grossir le chiffre du devis, lequel est resté fixé à 440,000 francs. Il faut ajouter toutefois à cette dépense celle des travaux de moulage et de reproduction, ainsi que les frais de quelques objets d’ornementation, tels que bassins, sphinx, etc.
- Passant à l’examen des projets de constructions particulières, la sous-commission a, en premier lieu, exprimé la pensée que la maison créole représentant une habitation aux Antilles, et qui est portée au devis pour 5o,ooo francs, pouvait, sans inconvénient, être supprimée, mais à la con-
- mer aux grandes assises industrielles de notre grand anniversaire national.
- La première question examinée a été celle de savoir s’il convenait de maintenir le palais central, et, dans le cas de l’affirmative, quelle serait l’importance à assigner à cette construction, relativement à l’ensemble des travaux de l’Exposition. Le principe de l’utilité de ce palais, où seront réunies les différentes expositions partielles de chaque groupe colonial, a été immédiatement admis. La sous-commission a admis de même qu’il serait désirable que ce bâtiment ne fût pas une simple construction éphémère,
- dition que le restaurant qui figure aussi au devis, pour une somme beaucoup moindre, fût agrandi et approprié de manière à produire un effet au moins équivalent à celui ffu’on pouvait attendre de la maison elle-même. Le bâtiment occupé par ce restaurant affecterait le style des constructions coloniales; il serait entouré d’eau et de iVerdure, c’est-à-dire de deux choses qui contribuent le plus ù donner de l’originalité aux habitations des Antilles.
- plus, suivant un désir manifesté par le Comité de l’Ex-Position à la Guadeloupe, une partie de ce bâtiment serait affectée à la vente des denrées coloniales. On peut espérer qu’un établissement de cette nature, dirigé et tenu jPar des personnes accoutumées aux usages de la vie
- destinée à disparaître avec les besoins qui l’auraient fait naître, mais un monument définitif propre à remplacer, dans un avenir prochain, l’exposition permanente actuelle, qu’ occupe, trop ignorée, un des coins du palais de l’industrie. Il importe, en effet, pour qu’une semblable exposition, qui doit être non seulement une collection scientifique, mais un musée commercial, puisse rendre les services en vue desquels elle a été créée, qu’elle attire l’attention du public et qu’elle sollicite les visiteurs, soit par son heureuse situation, soit par l’originalité desa structure extérieure. Le palais central se prêtera merveilleusement à cette affecta-
- coloniale, exercerait une certaine attraction, qui contribuerait beaucoup au succès de l’exposition spéciale des colonies.
- Les renseignement pris par divers membres de la sous-commission permettent de penser que cette combinaison ne provoquera aucune difficulté de la part du Commissariat général de l’Exposition universelle.
- La question s’est élevée ensuite de savoir si la reproduction de la tour.de Saldé devait être maintenue. Il a paru, au premier abord, que cette tour, ne présentant par elle-même aucun caractère d’originalité, pouvait être utilement supprimée; mais des membres ont objecté qu’il n’était pas sans intérêt de placer, à côté des résultats de la coloni-
- sation du Sénégal, un objet emprunté à la vie militaire, propre à rappeler la part que nos soldats ont prise à cette œuvre décolonisation. Rien, d’après eux, ne pouvait mieux exprimer cette pensée que la tour de Saldé, qui apparaitra comme un témoignage de la protection sous laquelle s’est développé le travail du colon. Ces considérations avaient paru déjà déterminantes au Comité d’Exposition de Saint-Louis (Sénégal) ; aussi la sous-commission les a-t-elles accueillies de son côté, en décidant le maintien de la tour et des constructions annexes.
- Bien que la Nouvelle-Calédonie n’ait contribué que pour 12.000 francs au contingent colonial, il a paru que l’existence de cette colonie en voie de développement ne serait pas suffisamment représentée par une maison de concessionnaire commune avec la Guyanne. et par quelques cases canaques. La sous-commission a admis, en conséquence, que le nombre de ces cases serait augmenté de manière à former un, village indigène. Un crédit de 20.000 francs a été réservé à cet usage. On pourrait d’ailleurs diminuer les frais et les difficultés de cette installation, en recommandant à l’administration de la colonie d’envoyer en France tout le matériel rudimentaire nécessaire, cocotiers, fougères, paille, perches, écorces de niaouli, etc. On donnerait ainsi au village projeté ^ sans dépense excessive, toute la couleur locale désirable.
- Des raisons de même nature, ajoutées à cette considération que l’ile de Tahiti a contribué pour 20,000 francs à la formation du contingent colonial, ont déterminé la sous-commission à évaluer à 10,000 francs la dépense qui pourra être faite pour les constructions spéciales à cette colonie. A défaut de documents précis, il a été sursis à la fixation de ces constructions.
- Un autre point, que la sous-commisdon a tenu à régler, est celui de savoir dans quelles conditions pourrait être procurée la serre destinée à abriter notre exposition florale. Notre collègue M. Muzej a eu la gracieuseté de se mettre, à cet effet, en relation avec des industriels, et nous a rapporté la proposition suivante: Un constructeur, M. Izam-bert, s’engagerait à installer une serre assez spacieuse pour contenir toutes les plantes appartenant-à l’exposition coloniale. Ce travail se ferait gratuitement, l’industriel devant y trouver l’avantage d’une exhibition de ses produits. Toutefois, il demande que le gros œuvre de maçonnerie, dont la dépense peut être évaluée à 3 ou 4,000 francs, reste à l’administration. Cette proposition a paru acceptable, et la sous-commission, toute réserve étantfaite du droit de décision de l’administration, l’a acceptée en principe.
- Le chauffage de la serre ferait l’objet d’une autre convention, au sujet de laquelle aucun renseignement suffisant n’a pu encore être recueilli.
- A ce sujet, il est bon de mentionner la nécessité où pourrait se trouver l’administration de pourvoir à l’entretien de celles des plantes qui arriveraient à Paris avant l’achèvement de locaux destinés à les recevoir. Le Muséum d’histoire naturelle, qui profitera, suivant le désir exprimé par la Guadeloupe, de plantes rares dont cette colonie a annoncé l’envoi, serait bien placé pour se charger d’un pareil soin. Sans qu’il soit besoin de rien préjuger, quant à présent, de la décision qui sera prise à cet égard, on peut dire seulement que toutes les démarches nécessaires seront faites en temps utile.
- Les autres parties du projet de l’Administration ont paru devoir être acceptées sans modifications. La Sous-Commission propose, en conséquence, d’arrêter comme suit le programme des opérations de recettes et de dépenses de l’Exposition
- coloniale :
- Dépenses § i#r
- Palais central des Colonies .... 440.000 fr.
- Soubassements , reproductions ,
- moulages....................... 10.000
- Deux bassins devant le Palais. . . 16.000
- Aux centre desdits, deux figures. . 2.000
- Pagode hindoue.................. 10.000
- V Umversi
- Cons tan Une
- AGRICOLE
- BAZAR.
- VILLAGE
- P» \
- VILLAGE
- dO.
- SENEGALAISE
- CONCESSI
- NNAÎRE.
- VILLAGE
- MALGACHE
- Galerie.
- jj TOUR
- Il D;E
- IL SALDÉ
- ALFOUROU
- VALAIS
- PAGODE d’ANGKOR
- COCHINCHINE
- O Allée O
- TOMBEAUX
- MIRADOR
- SAÏGONNAIS
- nOTEL DES IxVAÜD'ES
- Invalides.
- TUae de l'Uni
- L’EXPOSITION COLONIALE DE 1889 SUR L’ESPLANADE DES INVALIDES
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- qi2. — Quatrième Année.
- N° i 5~.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche ier Janvier 1888.
- Pagode d’Ankor........................ 10.000
- Constructions tahitiennes............. 10.000
- Village canaque avec cases de i5
- mètres............................... 20.000
- Maison de colon concessionnaire.................................. g.5oo
- Tour de Saldé, avec cases sénégalaises............................... 10.000
- Village pahuin :
- 21 cases à 200 fr........4.200
- Clôture de village en bois.
- Soit 120 mètres à 10 fr. . 1.200
- Restaurant créole.................... 25.000
- 4 Pavillons de dégustation à
- i.ooofr............................. 4.000
- 3 Bazars agricoles à 4.000 fr. . . . 12.000
- Jardin, serre, mouvement du sol,
- allées et plantations.............. i5.2ûo
- Clôture provisoire sur 730 mètres
- à 4 fr. le mètre.................... 2.900
- Décoration pour relier les divers pavillons, mâts, drapeaux, oriflammes, etc......................... 20.000
- Imprévu............................. -60.000
- Honoraires et direction des travaux................................. 34.000
- 5.400
- Total...... 716.000 fr.
- §2. — Décoration intérieure et extérieure, boiseries, tentures, peintures, oriflammes, mâts, etc. 5o.ooo fr.
- §5. — Cartes coloniales. 20.000
- § 4..— Transport d’indigènes civils et militaires . . . 20,000
- § 5. —Entretien des indigènes à
- Paris.......... 20.000
- § 6. — Transport des colis . . . 14,000
- § 7. — Publication de catalogue s
- et de notices de vulgarisations ................ 20.000
- § 8. — Frais d’administration, de
- surveillance de travaux, de gardiennage, habillement et solde des
- gardiens................. 100,000
- § 9. — Dépenses supplémentaires pour l’exposition des
- protectorats. 200.000
- § 10. — Dépenses imprévues . . 40.000
- Total. . . . 1.200.000 fr.
- RECETTES
- Le contingent des Colonies est, on
- l’a vu, de......................167.000 fr.
- A cette somme on peut ajouter pour vente de catalogues et autres
- produits......................... 33.ooo
- Il reste donc à demander à l’Etat. 1.000.000
- Total. . . . 1.200.000
- Le rapport de M. Isaac a été adopté à l’unanimité.
- Deux nouveaux membres, MM. de Cambourg et Rueif, ont été adjoints à la sous-commission précitée qui, en outre de ses attributions primitives, sera désormais chargée de l’exécution des décisions de la Commission d’organisation. La sous-commission est donc ainsi composée :
- MM.
- Hébrard, sénateur de l’Inde, président, plus spécialement chargé des questions intéressant les Colonies de l’océarf Indien.
- Isaac, sénateur de la Guadeloupe. — Colonies d’Amérique.
- Higginson, industriel de la Nouvelle-Calédonie, — Colonies de l’Oce'anie.
- De Cambourg, vice-président de la Société des Etudes coloniales et maritimes, — Colonies d’Afrique.
- Rueff, administrateur des messageries fluviales de Cochinchine, —Indo-Chine.
- Ducret, président de la Chambre syndicale des Industries diverses.
- Hetzel, membre de la Commission de révision de l’Exposition universelle.
- Rodier, capitaine d’artillerie de marine.
- Muzet, président des Chambres syndicales. Chaper, ingénieur civil.
- Henrique, commissaire de l’Exposition.
- Des Tournelles, commissaire adjoint.
- J.-L. Deloncle, secrétaire.
- Colin, secrétaire adjoint.
- Il a été décidé que, chaque fois que la Sous-Commission examinerait des questions intéressant une Colonie ayant un représentant officiel au sein de la Commission d’organisation, ce représentant serait convoqué à la réunion de la Sous-Commission et aurait voix délibérative.
- --------- I '!! Ui 1 !» 1 -----
- SCIENCES & INDUSTRIE
- Varia
- La maison A. W. Faber vient d’introduire sur le marché allemand des crayons d’un nouveau genre, sortant de ses fabriques, et servant à écrire ou dessiner sur le verre, la porcelaine ou les métaux, en blanc, en rouge, ou en bleu.
- La composition s’obtient par le mélange suivant : quatre parties de spermaceti, ou blanc de baleine; trois parties de suif et deux de cire. A cette manipulation, l’on ajoute, suivant la couleur à obtenir : six parties de minium (oxyde rouge de plomb) ; ou six parties de blanc de céruse (carbonate de plomb); ou bien encore la même proportion de bleu de Prusse (cyanure de fer).
- La masse ainsi préparée est débitée sous forme de bâtons.
- Ces nouveaux crayons auront, à n’en pas douter, des applications nombreuses, et il n’est pas inutile d’ajouter que les traits, marques, dessins, caractères qu’ils tracent peuvent être facilement effacés.
- Notre excellent confrère le Cosmos signale, d’après un rapport de M. Joseph Arène, vice-consul de France à Mons, un nouveau procédé de nickelage employé avec succès dans le Hainaut.
- Cette méthode permet de déposer une couche épaisse de nickel, sur un métal quelconque, en peu de temps et au moyen d’un courant assez faible.
- Voici la formule du bain employé :
- Sulfate de nickel.............. 1 kilogr.
- Tartrate neutre d’ammoniaque. 0,725 gr.
- Acide tannique................ o,oo5 »
- Eau............................ 20 litres.
- Le tartrate neutre d’ammoniaque est obtenu par la saturation de l’acide tartrique au moyen de l’ammoniaque. Le sulfate de nickel s’emploiera également à l’état neutre.
- On ajoute d’abord deux ou trois litres d’eau, et l’on fait bouillir la solution durant un quart d’heure environ. La quantité d’eau restante est ajoutée ensuite, puis on filtre et décante le tout.
- Le bain peut servir indéfiniment, à condition de l’additionner de temps en temps des mêmes sels, dans les mêmes proportions.
- Le dépôt de nickel obtenu par ce procédé est blanc, ductile, homogène. On n’y observe, même en couche épaisse, ni irrégularités de surface, ni tendance à s’écailler.
- Des dépôts de nickel très épais ont été ainsi obtenus sur de la fonte brute ou polie, avec une dépense à peine supérieure à celle qu’exige le dépôt du cuivre.
- *
- * *
- Nous empruntons à l’excellente publication spéciale qui a pour titre le Moniteur Industriel, la formule d’un papier imperméable et incombustible. La pâte de ce papier, dû à M. Ladewig, se compose de vingt-cinq parties de fibre d’amiante, mélangées à vingt cinq ou trente parties de sulfate d’alumine; le mélange est humecté de chlorure de zinc, bien lavé à l’eau, puis traité par une solution d’une partie de savon résineux dans huit ou dix de sulfate d’alumine pur. Même fabrication que pour la pâte de chiffons.
- Exposition des Bières Françaises de 1887
- RAPPORT
- Présenté à M. le Ministre de*TAgriculture
- Par M. Ch. Prevet, député,
- vice-président du comité de patronage (président du jury supérieur des récompenses)
- Monsieur le ministre,
- Appelé par vous à l’honneur de présider le jury supérieur des récompenses de l’Exposition des bieres françaises, je viens vous présenter notre rapport général sur l’ensemble de l’œuvre, les travaux du jury et les récompenses décernées.
- Avant d’entrer dans le détail de nos opérations, je crois utile de rappeler brièvement les origines de cette exposition spéciale et les règles qui ont présidé à son organisation, ainsi que les résultats immédiats qu’elle a déjà produits et ceux que nous sommes fondés à en espererpour l’avenir.
- Il résulte des statistiques officielles que nous consommons encore annuellement en France des quantités considérables de bières étrangères, parmi lesquelles figurent, en majeure partie (pour les neuf dixièmes au moins), les bières d’origine allemande.
- Nous avons, en effet, importé, en 1886, 293,563 hectolitres de bières étrangères, dont 233,807 hectolitres de bières allemandes.
- Cependant nous fabriquons couramment en France, depuis, longtemps déjà, des bières comparables aux meilleures bières allemandes, et depuis 1871 notamment, nous avons de grandes brasseries qui ne le cèdent en rien aux plus importants établissements d’Outre-Rhin et même d’Europe; soit pour la puissance de leur production, soit pour la perfection de leur outillage et la qualité de leurs produits.
- Cette situation, monsieur le ministre, ne pouvait échapper à votre haute sollicitude pour tout ce qui touche à l’industrie nationale, et vous avez accueilli avec la plus grande bienveillance l’idée d’une exposition taite en vue d’obtenir pour nos brasseurs français la fabrication totale des bières nécessaires.à notre consommation et.de nous affranchir ainsi du tribut que nous payons annuellement à l’étranger.
- Pour atteindre ce but, il fallait tout d’abord réagir contre la vogue dont jouissent en France, et surtout à Paris, les bières allemandes ou réputées telles. Il fallait- donner au public la preuve que les nôtres peuvent soutenir facilement la comparaison avec celles d’outre-Rhin les plus renommées et lui démontrer même' que les bières offertes au consommateur sous une étiquette allemande ne sont bien souvent que des bières françaises dont on dissimule l’origine pour en exiger un prix plus élevé.
- Une exposition de bières françaises venait fournir à nos brasseurs les moyens’de faire connaître leurs produits sous leur vrai nom et permettre au public d’en juger la valeur en toute sécurité d’origine.
- Mais vous avez pensé que, s’il importait de faire mieux apprécier nos bieres françaises, il n’était pas moins utile de vulgariser, parmi nos brasseurs, les méthodes de production les plus perfectionnées et d’amener ainsi un réel progrès dans une branche importante de l’industrie nationale.
- La fabrication de la bière a subi, en effet, une véritable transformation dans ces dernières années; après s’être bornée pendant longtemps à n’appliquer que des procédés de routine, cette industrie, éclairée par les travaux de notre grand savant M.. Pasteur, a su enfin appeler la science à son aide et remplacer les méthodes incertaines d’autrefois par une marche rationnelle et sûre.
- Vous avez donc résolu d’annexer à l’exposition des bières proprement dite une exposition des produits et appareils spéciaux a la brasserie et, pour permettre à nos nationaux d’apprécier, par comparaison, la valeur de nos propres appareils ou les perfectionnements dont ils peuvent bénéficier, vous avez pense qu’il convenait d'admettre les constructeurs étrangers à concourir avec nos constructeurs français.
- Organisation de l’exposition
- Si disposé, monsieur le ministre, que vous vous soyez montré à reconnaître l’importance d’une exposition des bières françaises et à lui accorder votre patronage officiel, vous avez tenu à n’en pas faire une œuvre gouvernementale, et vous avez voulu, au contraire, laisser aux intéressés l’honneur de réaliser par eux-mêmes l’exposition qu’ils avaient conçue.
- Homme d’initiative vous-même, vous pensez, en effet, monsieur le ministre, qu’il convient de laisser aux industriels, qui connaissent mieux que personnes les boissons de leur industrie, l’initiative de rechercher les moyens d’y satisfaire et le soin d’arriver au résultat qu’ils désirent, l’action gouvernementale devant se borner à une surveil-
- C. H.
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- Quatrième Année. — N° iSj.
- lance et à un contrôle qui garantissent la parfaite régularité des opérations.
- Selon ce principe, vous avez voulu que les brasseurs fissent eux-mêmes leurs propres affaires sous le contrôle et la haute direction du ministère de l’agriculture, et le beau succès de l’exposition qui vient de finir est une preuve de ce que peut l’initiative privée quand elle est sagement guidée et courageusement soutenue.
- Se conformant à ce programme, plusieurs représentants de nos grandes brasseries et de notre commerce des houblons s’empressèrent de constituer, sous le nom d'Association de garantie, un syndicat qui prenait à sa charge tous' les risques financiers de l’entreprise.
- Un capital de garantie fut constitué à qqQooofr., par divers souscripteurs dont nous vous donnons ici les noms :
- MM. le baron d’Adelsward ; E. Beirnaert; E. Bernet ; E. Bertrand-Oser ; H. Hirsch; Pavard; Propper ; E.Tourtel ; E.Velten; Bouchard (René) et O; Lantzenberg frères; Union générale des brasseurs du Centre et du Midi; Champion et Virey ; Dumesnil frères ; Rink; Artigaud (Léon) ; Fr'ühinzholzfrères ; Taffin-Binault; Chambre syndicale des brasseurs de Paris ; Fontaine et Cef De votre côté, monsieur le ministre, vous assuriez à cette œuvre patriotique l’appui et le concours de nos savants les plus distingués en réunissant dans un comité de patronage, sous votre présidence et celle de M. le ministre du commerce, des membres de l’Institut des professeurs éminents et des industriels compétents.
- L’arrêté ministériel du io juillet 1887 a défini ainsi qu’il suit le rôle du comité de patronage :
- «Il est chargé de l’étude et de l’examen de toutes les questions relatives à l’exposition nationale de brasserie, ainsi que des produits et appareils servant à la fabrication de la bière et de tout ce qui s’v rattache.
- a II est appelé à donner son avis sur l’organisa-, tionproposée pour chacune des sections de l’exposition ; il fait connaître à l’administration les avantages qui doivent en résulter et les mesures à prendre pour réaliser en France de nouveaux progrès pour l’industrie de la brasserie. »
- Voici la liste des membres dont s’est composé le comité de patronage :
- Presidents :
- M.le ministre de l’agriculture; M. le ministre du commerce.
- Vice-présidents :
- M. Prevet, député; M. Velten, sénateur.
- Membres
- MM. Imbertr, député ; Chevreul, membre de l’Ins* titut ; Frémv, membre de l’Institut; Pasteur? membre de l’Institut ; Schlœsing, membre de l’Institut y Vaudremer, membre de l’Institut; Tisserand, directeur de l’agriculture; Adelsward (le baron d’) ; Boucheron, professeur à l’école centrale; le docteur Félix Brémond ; Duclaux, professeur à l’institut agronomique ; Duménil, président de la chambre syndicale des brasseurs; Girard (Aimé), professeur à l’Institut agronomique; Labourasse (Robert-Charlie) ; Lucas (Félix), ingénieur en chef de ponts et chaussées; Mamelle, chef de bureau de l’enseignement agricole; Masson, Orry, ingénieur agronome ; Parisot, commissaire général à l’exposition; Pavard; Risler, directeur à l’institut agronomique ; Schutzemberger, professeur au Collège de France ; Sincholle, ingénieur; Taffin-Binault, président du syndicat des brasseurs du Nord; Tourtel, président de l’association de garantie de l’exposition ; Velten (Eugène), président de l’union générale des brasseurs du Centre et du Midi de la France.
- Secrétaires :
- MM. Deloncle (Charles) ; Grandpierre (Emile), ingénieur.
- Un autre arrêté ministériel, de même date, constituait d’ailleurs ainsi qu’il suit le commissariat chargé de présider à l’installation matérielle de l’exposition :
- MM. Parisot; Orry; Sincholle; Vappler.
- Nous devons citer ici les noms de MM. Bischofï et Grandpierre, qui ont bien voulu se charger gracieusement, l’un de la décoration générale de l’exposition, et l’autre de l’installation des exposants.
- On avait pensé d’abord que le pavillon de la ville de Paris serait suffisant pour contenir l’ensemble de l’exposition, dont l’ouverture devait primitivement avoir lieu le 29 août, mais dès la seconde quinzaine du mois d’août, les demandes d’emplacement devinrent tellement nombreuses que l’on dut affecter spécialement la galerie sud du palais de l’Industrie aux produits et appareils, le pavillon de la Ville restant exclusivement réservé aux bars de dégustation.
- D’autre part, les cultivateurs d’orges et les planteurs de houblons, désirant exposer les produits de la récolte 18S7, demandaient instamment
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION. DE 1S89.
- que la date extrême d’admission fût reculée d’un mois pour leur permettre de participer à l’exposition de la façon la plus utile à leurs intérêts.
- C’est ainsi que les dates d’ouverture et de elôture furent définitivement arrêtées comme suit:
- Du 7 au -I4 septembre, réception et installation des bières et des produits;
- Le 15 septembre, ouverture officielle de l’exposition ;
- Du 20 au 3o septembre, réception et installation des machines et appareils, ainsi que des orges et houblons de la nouvelle récolte ;
- Le i5 novembre, clôture de l’exposition.
- Grâce aux efforts communs de tous les organisateurs et à leur concours dévoué, l’exposition des bières françaises, officiellement décidée le 10 juillet seulement, put ouvrir ses portes au public le 1 3 septembre, c’est-à-dire à la date précise fixée par M. le Ministre de l’Agriculture, qui tint à honneur de venir en faire lui-même l’inauguration et porter le premier toast au succès de cette œuvre patriotique.
- Dès le premier jour les visiteurs affluèrent et la faveur du public ne se démentit pas jusqu’à la fin, car du i5 septembre au 20 novembre, c’est-à-dire en 66 jours et malgré la saison peu favorable, on enregistra 181,797 entrées et une consommation totale de 121,943 litres de bière.
- Encouragée par ce succès, l’association de garantie ne négligea d’ailleurs aucun effort pour augmenter encore l’attrait de l’exposition : éclairage électrique, orchestre, musiques militaires , concerts, etc.
- Afin que l’exposition ne fût pas détournée de , son but d’intérêt général et qu’il ne pût s’établir aucune rivalité entre les diverses brasseries exposantes, les buffets de dégustation furent tous construits sur un modèle uniforme et répartis par voie de tirage au sort.
- Enfin l’objet primordial de l’exposition ayant été de faire connaître et apprécier au public les bières françaises, sous leur vrai nom, et non pas de consacrer officiellement la supériorité relative de telle ou telle bière sur.ses concurrentes, il fut expressément stipulé-, dans le règlement général d’organisation, qu’il ne serait pas décerné de récompenses aux bières exposées.
- Conférences
- A partir du 14 octobre, date de l’ouverture de la galerie des machines, des conférences scientifiques, organisées par les soins du comité de patronage, ont eu lieu deux fois par semaine dans l’intérieur même de l’exposition.
- Voici le programme de' ces conférences et les noms de leurs auteurs.
- MM. Robert Charlie :'« La bière française et les bières étrangères » ; Schribaux : « L’orge de brasserie » ; Kayser : « Les matières premières : eaux, orges, houblons » ; Lindet : « La fabrication de la bière » ; Gassaud : « Les sucres en brasserie »; Schutzenberger : « La fermentation »; E. Velten: « La culture du ferment de brasserie»; Colomb-Pradelle : « L’analyse de la bière » ; Ba-daire: « Utilité de la création d’écoles de brasserie en France »; Sincholle: « Soins à donnera la bière après sa fabrication »; Eugster : « Les houblons de Bourgogne. »
- Le public a fait à ces conférences l’accueil le plus oropressé et vous avez décidé, monsieur le ministre, que ces conférences sténographiées seraient réunies prochainement en un volume imprimé par les soins du ministère de l’agriculture.
- Jury des récompenses
- CO M P O S I T I O N DU JURY
- Le jury chargé de décerner les récompenses aux exposants a été institué par arrêté ministériel en date du 20 octobre 1887, et composé comme suit :
- classe 1. — Agriculture
- MM. Tisserand ; Risler ; Schribaux ; Orry ; Joigneaux fils.
- classe 11. — Matières premières
- MM. Müntz ; Forgeot; Hirsch; Bernet; Fou-cher; Marx (J.); Ledoux.
- classe m. — Matériel propre à la fabrication de la bière
- MM. ScMœsing; Pavard; Propper; Gassaud; Lindet; Barrier; Glaeys ; Nivoit ; Leclercq.
- classe iv. — Bières
- En vertu de l’article 3 de l’arrêté rappelé ci-dessus, MM. les membres du jury de la classe Vil ont été chargés, conformément à l’article 22 du règlement général, de faire un rapport technique sur la fabrication des bières exposées.
- classe v. — Matériel pour Vexpédition et le traitement de la bière
- MM. Tourtel, Bertrand, Boulier, Michaux, A.-J. Boyer.
- Dimanche ier Janvier 1SS8. — 90.
- classe vi. — Matériel pour la vente et le débit de la bière
- MM. le baron d’Adelsward, Masson, Bernaërt, le docteur Louveau, Marguery.
- classe vil — Utilisation des sous-produits de la fabrication de la bière
- MM. Schutzenberger, Aimé Girard, Boucheron, Duclaux.
- classe viii. — Enseignement
- MM. Félix Lucas, Mamelle, Labourasse (Robert-Charlie), docteur Brémond, Ch. Viguier.
- Jury supérieur de révision
- L’arrêté ci-dessus rappelé instituait en outre un jury supérieur de révision, chargé d’arrêter définitivement la liste des récompenses d’après les rapports partiels des jurvs de chaque classe et de statuer sur les réclamations qui pourraient se produire.
- Ce jury a été composé de :
- MM. Charles Prevet, député, vice-président du comité de patronage ; Tisserand, président du jury delà classe I ; Müntz, président du jury de la classe II ; Schlœsing, président du jury de la classe III; Tourtel, président du jury de la classe V ; baron d’Adelsward, président du jury de la classe VI ; Schutzenberger, président du jury de la classe VII; Félix Lucas, président du jury de la classe VIII; Grandpierre, secrétaire du comité de patronage, secrétaire.
- Le jury a reconnu tout d’abord qu’il convenait de partager les exposants en deux grandes classes distinctes, suivant que les produits ou appareils exposés servaient directement à la fabrication de la bière ou n’étaient que des annexes ou accessoires de cette fabrication.
- Il a donc divisé la liste des récompenses en deux chapitres :
- LISTE DES RÉCOMPENSES
- CHAPITRE Ier
- Produits et appareils servant à la fabrication de la bière.
- Diplômes d'honneur hors concours
- MM. Bernet (Edouard), à Paris; Forgeot, à à Paris; Grande .société française de distilleries, malteries et brasseries, à Châlons-sur-Marne; Hirchs frères, à Paris; Marx père et fils, à Marseille ; Société des brasseries et malteries de France, à Paris; Tantonville (Brasserie de), Meurthe-et-Moselle.
- Diplômes d'honneur
- Brasseries de la Méditerranée (Société des), à Marseille; MM. Carpentier (Henri), à Paris; Ecole professionnelle de brasserie de Gand; Frühinsholz frères, à Nancy.
- Guéret frères, Paris ; Martin frères, à Châlons-sur-Marne ; Quiri et Ce, constructeurs d’appareils de brasserie à Schiltigheim ; Rouart frères, à Paris; Syndicat des planteurs de Bourgogne, à Dijon (Côte-d’Or).
- Médailles d’or
- MM. Bellot (P.), aux Mathes (Charente-Inférieure); Bergé (Joseph), à Mossus ; Brasserie Yu-ng, à Varsovie ;• Collin (V.) et Ce, à Paris ; Comice agricole de Selongey ; Coutard, à Sablé-sur-Sarthe: Orges ; Crespin (A.), à Paris; Deyrolle (E.), à Paris"; Diétricht (de) et Ce, à Lunéville; Enzinger, à Worms; Faure, à Nancy ; Géliot (Ch.), à Selongey ; Gosselin-Hénaut, à Valenciennes; Koch fils, à Maxéville, près Nancy; KolbtEd.), à Paris; Kuhn (W.), à Clermont-Ferrand ; Lachapelle à Strasbourg; Lawrence et Cie, à Lille; Marot (J.) et fils, à Marseille; Nachet (A.), à Paris; Parrot et Ce, à Paris ; Richard frères, à Paris ; Stockeim à Man-heim ; Vandenbroucque, à Bourbourg.
- Médailles de vermeil
- MM. Bornier (V.-J.) et Joigneaux (E.) à Seurre (Côte-d’Or); Bordet (R), à Essarois (Côte-d’Or) ; Boyveau (G. de), à Villiers près Toulon-sur-Arroux (Cote-d’Or) ; Broquin, Roger et Muller, à Paris ; Dalbouze-Valéry, à Paris ; Durafort père et fils, à Paris; Durozoi (M.) à Paris; DyckoffjR.ff à Bar-le-Duc (Meuse); Farcot (D.-E.) à Paris; Geneste, Herscher et Cie, à Paris; Girodet (A.), à Is-sur-Tille (Côte-d’Or) ; Grimmeisen (Th.), à Paris ; Imbert frères, à Saint-Chamond ; Kruis ''D.), à Prague; Lenoir (J.), à Beïre-le-Chàtel (Côte-d’Or); Mathe-lin et Garnier, à Paris ; Perriquet, à Orville (Côte-d’Or); Picart (A.-A.), à Paris ; Royer-Gallot (G.) à Châtellerault ; Schmidt (A.), à Arcis-sur-Aube ; Société des constructions mécaniques, à Paris : Vuylsteke et Vandermolen, à Tournai.
- Médaillés d’argent
- MM. Boche à Paris: Bordet (A.), à Froidvent (Côte-d’Or); Boulé (L.), à Bourges ; Boulet (J.) et Cic à Paris; Brun, père et fils à Grenoble (Isère);
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- 914- — Quatrième Année: — N° i b~.
- Chaudron, à Beïre-le-Châtei (Côte-d’Or) ; Cimetière (C.), à Paris ; Claudet à Grenoble (Isère) ; | Compagnie française de ventilation, à Paris ; Co-quelle (P.) à Paris ; d’Anthoney (L.), à Paris; De-lahaye, à Paris; Dromain (N.-À.), à Pierre-pont-en-Laonnois (Aisne); Drouot(F.)à Boulogne-sur-Seine; Dubosc frères et Subert, à Paris ; Eckens-tein (E.), au Puy ; Fernbach (E.), à Nancy ; Fernbach, à Nancy; Fontenay (de) àPuycheny; Gallet-Gibou et Ciej à Paris; Gougenheim (A.), à Paris; Gravel (F.), à Toul; Heching, à Paris; Herlin (A.) à Paris; Hirner (J.), à Paris; Hugedé (P.), à Paris; Langet(E.), et fils à Paris; Leclère, à Paris; Mathon-net, a Ville-Bernot; Monpillard (A.), à Paris; Pass-burg, à Paris; Pellîn (Ph.), à Paris; Le Phénix à Marseille ; Philippi, à Chambéry ; Pic, à Paris; Pluyaud, à Paris; Ricard (I)1'), àTrnovan; Rousseau (Paul) et Ce, à Paris; Roux(J.-P-), à Paris; Roy (Ed.), à Paris; Schad (J.-A), à Nancy; Schrœder à Genève-, Schweitzer (J.), à Paris; Simoneton (A.), et fils a Paris; Société de produits chimiques, à Paris; Syndicat de Bèze, à Bèze ; Uhlfeder à Bamberg; Verreries de Lourches, à Lourches.
- Médailles de bronze
- MAI. Arbey (F.) et fils, à Paris; Bure (Ed. et Ad.), à Bône ; Caziès-Dufios, à Bussigny; Chan-dora (L.), à Moissy-Cramayel ; Colonie agricole de Mettray ; Cumin frères à Montreuil-sous-Bois; Deneux-Souvaux (F.), à Amiens ; Dreyfus (les fils de S.), à Nancy; Ducomet (J.), à Paris ; Dufour (L.), au Havre; Eon à Paris ; Eugster, à Seurre ; Gottsmann et Robert à Biscwiller; Grimeisen (L.) à Paris ; Guichard (Al.), à Dracy-le-Fort ; Guichard-Grand, à Reissouze ; Guibert-Martin, à Saint-Denis; Knusli, à Paris ; Le Vray, au Petit-Quévilly ; Mou-nier, à Paris; Neveur, 14, rue Condorcet,à Paris; Paillet (E.), à Paris; Pedrazzetti, à Paris; Poirson, à Bar-le-Duc; Quantin (A.), à Vérone-les-Grande ; Rode (J.), à Paris; Roger, à Paris; Roland (L.), à Courtilles ; Romain (Fr.), à Grenoble; Rouhette, à Paris; Wenger et C10, à Lyon ; Weyl frères et Cic, à Nancy.
- Mentions honorables
- MM. Beuret-Champenois, à Signy-le-Petit ; Dannhauser et Weilkorb, à Lunéville; Deîassus Mutuel, à Merville; Fleurot; Foucault, à Paris; Girard (A.), à Paris ; Girval (de), à Salives ; Gleize, à Brétigny-les-Norges ; Guende (E.), à Marseille; Hébert (P.), à Paris ; Lebon, à Dompierre-sur-Vingeame ; Lebrun-Monet, à Felleries ; Lefébure, à Paris; Lefebvre (E.), à Onnaing ; Lireux et Sorel, à Rouen ; Meuret, à Fontaines; Payot, à Neufchâteau ; Quantin (E.), à Vérone les-Grandes ; Reuille (école professionnelle des inventeurs); Reuss, à Paris ; Riester (L.), à Puteaux (Seine) ; Robelin, à Ruffrey-lez-Beaune ; Stivalet, à Arceau ; Strube, à Paris ; Téroute et Godard, à Reims; Thé-mar (F.), à Paris; Vidus-Huet, à Paris.
- chapitre 11
- Produits et appareils ne servant pas spécialement à la fabrication de la bière
- PARTICIPATION A LA PREMIÈRE EXPOSITION DES BIÈRES FRANÇAISES
- * Médailles d'or
- MM. Appert frères, à Clichy ; Bardon (L.) à Clichy ; Boulet (J.) et Cie, à Paris Decauville, à Petit-Boug; Domange (A.), à Paris; Lagosse et Bouché. — MM. Le Brun, Pillé et Daydé, à Creil;
- Médailles de vermeil
- MM. Aude et Cie, à Paris ; Augé (D.) à Paris; Brun (Vve) et Cie, à Paris ; Chapel (Ed.) à Paris ; Loquet (J.) à Marseille; Paupier (L.), à Paris; Robin (A.), à Paris : Roser (N.) à Saint-Denis ; Taverdon et Cie, à Paris ; Terme et Deharbe à Paris ; Van Veersen (B.), à Sommedienne.
- Médailles d’argent
- MM. Allaire (O.), à Levallois-Perret ; Berthe-lière (L. de la), à Paris; Bréville (G.) et Cie, à Paris; Broquet (A.), à Paris; Castelli (A.), à Paris ; Constant (L.), à Clichy ; Derondelle (E.), à Paris; Dumont (L.), à Paris; Féret, à Paris; Fré-tin (A.), a Paris; Gautreau, à Dourdan ; Grimm (L.), à Paris; Guyenet, à Paris; Hamet (IL), à Paris; Laiterie de Saint-Julien, à Paris; Palau-Nègre et Cie, à Paris ; Percevault, à Paris ; Perron (F.), à Paris; Pissavy père et fils, à Lyon; Rey-naud et Cie, à Paris ; Ritter (Vve), à Paris; Société anonyme des lièges, à Paris.
- Médailles de bronze
- MM. Abelous et Cie à Paris ; Asset (E.) à Sèvres; Benart-Amant, à Paris ; Blanc et Devaux à Paris; Bourguet (M.), à Paris; Brossement, à Paris; Bureau (Ch.), à Lille; Cossas à Paris; Fournier (A.) à Angervilie ; Garnot (Th.), à Vitry-sur-Seine ; Grivotet (C.) à Levallois-Perret ; Hirt à Paris; Kirsch à Poiseul-la-Ville ; Lagneau (V.) à Paris ; Marcoux (Ch.) à Paris ; Reddaway et Cis à Payis ;
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1SS9 Dimanche Ier Janvier 188S.
- Rode (J.) à Paris ; Rosenthal (M.) à Lyon ; Seval-lée et Freissein à Paris ; Tissot (P.) à Paris; Williams et C‘e à Paris,
- Mentions honorables
- MM. Blondon (C.) à Besançon ; Bruant (E.) et Cie à Paris; Guislain à Paris; Mercier à Paris ; Simonnot (H.) à Paris.
- Citations avec remerciements
- Le jury a décidé qu’un certain nombre d’exposants qui ont mis gracieusement leurs produits ou appareils à la disposition de l’exposition seraient mentionnés dans une liste spéciale et qu’il leur serait voté des remerciements pour le concoiirs désintéressé qu’ils ont bien voulu apporter aux organisateurs de l'exposition.
- Ces exposants sont :
- MM. Augé (D.); Bardon (L.) ; Boulet (J.) et Cic ; Constant (Louis) ; Crespin (A); Decauville aîné ; Grimm (L.); Le Brun, Pillé et Daydé à Creil; Percevault ; Reddaway et C° ; Rode (Jl; Société anonyme des lièges ; Terme et Deharbe; Van Veer-sén (B.).
- Bières exposées
- L’article 22 du règlement général est ainsi conçu ;
- « Il ne sera pas décerné de récompenses aux bières exposées. Elles seront examinées par un jury spécial qui fera un rapport technique sur leur fabrication. »
- L’arrêté ministériel du 20 octobre charge de ce soin MM. Schutzenberger, Aimé Girard, Boucheron et Dj^claux qui vous présenteront, monsieur le ministre, un rapport technique sur les analyses des diverses bières fabriquées en France et les procédés de fabrication.
- L’attention du jury supérieur ayant été appelée sur la fausse interprétation que certains brasseurs croiraient pouvoir donner aux récompenses ou aux distinctions honorifiques dont ils ont été l’objet, a pensé qu’il convenait de préciser exactement les conditions dans lesquelles ces exposants pouvaient se servir de ces récompenses dans leurs réclames commerciales.
- Le principe que les bières exposées ne seraient pas récompensées a non seulement été inscrit dans le règlement, mais a été considéré par le comité de patronage et par vous, monsieur le ministre, comme la condition essentielle de l’exposition. C’est le succès des bières françaises en général qu’il fallait affirmer et non point la supériorité relative de telle ou telle bière. S’il est possible, en effet, à un jury d’apprécier utilement les-éléments techniques de la fabrication, par contre, il 11e pourrait porter un jugement certain sur le goût, la finesse ou le bouquet des produits, éléments qui ont un grand poids dans la faveur du public, mais échappent absolument aux investigations de la science.
- Il convient donc de bien rappeler ici : i° que les récompenses accordéesauxbrasseurs exposants, leur ont été exclusivement décernées pour des appareils ou produits autres que la bière;
- 20 Que les dictinctions honorifiques accordées à quelques-uns d’entre eux, soit pour leur passé industriel, soit pour les progrès qu’ils ont fait réaliser à leur industrie, sont des récompenses absolument personnelles et ne peuvent dès lors pas plus que les précédentes, être considérées comme établissant à un titre quelconque la supériorité des bières de ces exposants sur celles de leurs concurrents.
- Le jury estime qu’il convient dans l’intérêt de tous, de prévenir tout abus à ce sujet, en décidant expressément que les brasseurs récompensés ne pourront faire usage, dans leurs réclames commerciales, des récompenses ou des distinctions obtenues par eux à l’exposition des bières françaises qu’à la condition formelle d’indiquer en même temps l'objet pour lequel ils ont été récompensés.
- Le règlement de l’exposition, par son article 23, avait prévu la création d’un grand prix unique, consistant en une médaille d’or grand module, pour être décerné à l’appareil considéré comme constituant le plus grand progrès ou comme ayant le plus d’utilité pour l’industrie de la fabrication de la bière.
- Après mûr examen, le jury a pensé que quels qu’aient été les immenses progrès réalisés par quelques-uns de nos principaux brasseurs, en appliquant les méthodes scientifiques de M. Pasteur,-aucun, à l’heure actuelle, ne présentait dans les appareils exposés de différences ou de supériorités suffisantes pour motiver l’attribution d’une récompense exceptionnelle.
- Le jury a donc décidé qu’il ne serait pas fait application de l’article 23.
- Il convient de noter que parmi le? bières exposées, ce sont celles dites à fermentation basse qui ont été le plus largement représentées ; les bières de fermentation haute, spécialement fabriquées dans le norddela Franceétaientmoinsnombreuses.
- Ceci résulte non d’une abstention systématique, mais bien d'une circonstance indépendante de la
- volonté des brasseurs du Nord. On sait, en effet, que la fabrication des bières de fermentation haute ne commence guère qu’en octobre et que les produits ne peuvent être utilement livrés à la consommation qu’aprèsun ou deux mois de mise en cave; il était donc à peu près impossible de faire figurer ces bières avec avantage à l’exposition, ouverte le iô septembre.
- L’exposition faite spécialement en vue de démontrer que les bières de fermentation basse, ou bières de luxe françaises, n’avaient rien à redouter de leur comparaison avec les meilleures bières de fermentation haute eût produit cet autre résultat de montrer qu’il y avait aussi de ce côté une très réelle ressource pour notre alimentation populaire, en face de nos vignes phylloxérées.
- Malgré tout et à ce point de vue là même, l’exposition aura montré que la consommation, en France, des bières en général, par la qualité et par le prix, peut se développer dans toutes les classes de la société et répondre à toutes les exigences.
- Quant à l’exposition des produits et appareils, sa réussite a dépassé les prévisions, tant par le nombre des exposants que par la quantité des objets exposés. Nous avons déjà dit qu’en raison de l’affluence des demandes arrivées dans la seconde quinzaine du mois d’août, il avait fallu adjoindre au pavillon de la ville, la galerie sud du palais de l’industrie; or, malgré la vaste étendue de ce local on n’a pu accepter, faute de place, un grand nombre de demandes tardives.
- La culture française des orges et des houblons a été largement représentée et certains de ces produits jusqu’ici méconnus ou peu appréciés parla brasserie, ont attiré l’attention de nos fabricants qui se sont montrés tout disposés à les faire entrer désormais pour une part importante dans la consommation,
- Il n’est pas douteux que les relations qui se sont développées à la faveur de l’exposition entre nos .producteurs d’orges et de houblons et nos brasseurs n’amènent pour les uns et les autres les plus heureux résultats.
- Les machines et appareils exposés ont été aussi beaucoup plus nombreux qu’on ne pouvait s’y attendre,'en raison des courts délais laissés aux constructeurs pour préparer leurs installations. Le jury a été heureux de constater que dans la construction spéciale des appareils de brasserie, notre industrie nationale n’a rien à redouter de celle des autres pays et qu’elle occupe toujours le premier rang par la bonne qualité des matériaux employés et la perfection de la main-d’œuvre.
- Nos brasseurs savent donc maintenant qu’ils peuvent trouver en France même tout l’outillage le plus perfectionné nécessaire à leur industrie.
- Laboratoire et Ecole de brasserie
- A côté des conséquences heureuses et immédiates que l’Exposition aura eues pour nos producteurs et nos consommateurs français, il est indispensable de songer aux moyens d’assurer dans l’avenir les progrès scientifiques de l’industrie de la brasserie.
- Tout le monde est à même de reconnaître qu’il faut pour cela qu’il soit fondé en France un laboratoire de brasserie sur le modèle de ceux qui existent depuis longtemps déjà à Munich et a Copenhague et une école pratique de brasserie.
- Le laboratoire peut être créé à très peu de frais à l’institut agronomique de France, sous la direction du directeur de l’institut et du ministère de l’agriculture. Tous les intéressés trouveraient là, à des tarifs établis, des renseignements et des analyses certaines qui assureraient la marche régulière et progressive de leur industrie.
- Une école de brasserie à côté du laboratoire, aurait cet avantage de créer, pour les jeunes gens qui se destinent à l’industrie de la brasserie, lu moyen de recevoir en France l’instruction spéciale technique qui leur est nécessaire, et, poulies brasseurs, le moyen de recruter là le personnel de contre-maitres et de chefs de fabrication qu’ils sont actuellement obligés d’aller chercher en Allemagne.
- Nous avons la conviction, monsieur le ministre, qu’il sera possible à votre administration de créer le laboratoire de brasserie dans un délai relativement très court.
- Quant à l'école de brasserie, nous sommes persuadés que nos industriels français qui se sont rapprochés à l’occasion de l’exposition, comprendront l’intérêt direct qu’il y a pour eux à suivre le gouvernement dans la voie qu’il leur a tracée et en aider la réalisation par un concours financier suffisant.
- Déjà, un très grand nombre d’exposants ont, dans ce but, fait don à l’Etat de leurs appareils exposés et ces dons représentent une valeur relativement élevée. Voici d’ailleurs la liste des premiers donateurs :
- MM. Bernet (E.), J. Boulet et Cie, Brasserie Yung (Varsovie), Broquet (A.), Buss, Carpentier (IL), Cimetière (C.), Collin (V.) et Cie, Lelbouze-Valerv, Dumont et Rousseaux, Dyckhoff (R.), Eon, Forcot (E.-D ), Fimbel (A.), Gravel (F.), Guéret frères, Herlin (AA, Knusli, Kolb (En,
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- Quatrième Année. — N° G;. LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1SS9.
- Kruts (Dr.), Lawrence et Cie, Le Brun, Pillé, Dayé, Marx (L.), fils, Palau, Nègre et Cie, Parrot et Cie, Paupier, Picart (A.), • Reuss (L.), Romain, Rouart frères et Cie, Simenetton (A.) et fils,Stock-heim (H.), Taverdon et Cie, Thémar (T.), Wolf.
- L'exposition des bières françaises a eu, Monsieur le ministre, un autre résultat bien flatteur pour tout cœur français : elle a mis en relief, d’une façon éclatante, les immenses services rendus à cette industrie par les merveilleuses découvertes de M. Pasteur.
- J.es théories modernes, basées sur les recherches de notre grand savant, ont été pour l’Industrie de la brasserie, comme d’ailleurs pour tant d'autres branches de la science, la source féconde de tous les progrès accomplis.
- La brasserie française reconnaissante a tenu à honneur d’offrir à M. Pasteur une médaille commémorative de la première exposition des bières françaises.
- Je" suis heureux en terminant, monsieur le ministre, d’avoir pu vous faire connaître les résultats d’ordres divers obtenus par la première exposition des bières françaises ; il est permis d’en espérer pour notre agriculture et notre industrie nationale, les conséquences les plus fécondes dans un avenir prochain.
- Nota. — MM. les exposants sont prévenus qu’ils pourront faire retirer leurs diplômes au ministère de l’agriculture, rue de Varennes, n° 80 (bureau n° SG), à partir du icr février 1S88.
- La médaille type de l’exposition sera déposée au même bureau.
- L’EXPOSITION PERMANENTE
- DES COLONIES
- Le comité consultatif de l’Exposition permanente des colonies vient de tenir, au palais de l’Industrie, sa réunion mensuelle, sous la présidence de M. le sénateur Schœlcher.
- Ce comité n’a pas seulement à recevoir communication de tous les faits et documents relatifs à l’Exposition coloniale ; il a également à donner son avis sur toutes les dispositions qui lui paraissent devoir être prises pour la prospérité de nos colonies.
- Le comité a entendu un négociant exporta-tateur, qui propose d’introduire certaines réformes dans le régime commercial de nos colonies. En ce qui concerne nos établissements de l’Ouest africain, ce négociant a particulièrement insisté sur l’urgence de la création d’une ligne régulière de paquebots français qui desservirait les différents points de la côte, et notamment le Gabon, concurremment avec les lignes anglaises, allemandes et nortugaises, les seules qui existent actuellement.
- Puis, le conservateur de l’Exposition a rendu compte de nouvelles tentatives qui ont été faites par l’administration centrale des colonies dans l’intérêt de la production coloniale, comme pour le développement de nos transactions commerciales. Le comité a appris avec satisfaction les résultats avantageux qui ont été obtenus au Gabon par la culture du coton, les ressources multiples que nos colonies peuvent offrir pour l’industrie des parfums, et enfin le parti que le commerce métropolitain pourrait tirer de l’industrie des nattes confectionnées dans l’Inde française.
- 'LES LIVRES
- CXXXV1II
- Littérature enfantine. — Quelques ouvrages detrennes des maisons Quantin et Plon. Volumes divers bariolés, bigarrés, dorés, gaufrés etimagiés en noir et en couleur.
- La librairie Quantin nous a traité en enfant. Mais ne nous en offusquons pas, ne nous en plaignons pas. Il est toujours flatteur pour un barbon, pour un grison d’être considéré comme assez jeune, assez frais, assez naïf d’esprit et de cœur pour s’amuser aux petits chefs-d’œuvre de la littérature imberbe; le mot est d’autant plus juste que
- le sexe sans barbe excelle dans cette- littérature-là. Pardieu! Nous ne ferons pas plus les dégoûtés qu’un La Fontaine ou qu’un Voltaire, et, comme eux, nous sommes bien capables de prendre un plaisir extrême aux aventures de Peau-d’Ane elle -même. Laissant donc aux journaux privilégiés le soin de rendre compte des ouvrages à grandes images, à grands falbalas, à grandes prétentions, pas toujours justifiées, dont on n’a pas jugé digne notre modeste critique, nous nous contenterons philosophiquement de notre lot . de littérature puérile, et nous y trouverons encore suffisamment matière à réflexion.
- Voici, par exemple, un album traité avec des soins particuliers bien dus à un auteur qui s’édite lui-même, à ses frais, et nous l’espérons bien à ses bénéfices. Carie texte est de la naïveté malicieuse qui convient au sujet et l’oncle Eugène est homme d’esprit. Il est aussi homme de goût. Et il a choisi pour illustrer son Manuel de civilité puérile et honnête, dédié à ses neveux et nièces, un artiste de beaucoup de talent qui excelle à croquer sur le vif les expressions si curieuses mais si fugitives du masque enfantin et à les varier avec une connaissance de toutes les nuances de cette gamme qiq atteste la finesse d’un observateur, la souplesse de main d’un virtuose, etsansdoute l’expérience d’un père : M. B. de Monvel.
- Voici le Voyage de Mlle Rosalie de Paris.... à Garches qui est tout bonnement une chose exquise. Impossible de faire plus habilement, plus simplement beaucoup avec rien. C’est l'art des maîtres. Nous nous intéressons aux aventures et mésaventures de la brave fille, Parisienne de soixante ans, qui n’a jamais perdu de l’œil le clocher de sa rue Saint-Jacques. Et rien n’est plus touchant, plus spirituellement moral que l'ahurissement de la digne couturière, les préparatifs de son voyage, ses adieux à ses canaris, et ses ébahissements naïfs, et ses joies innocentes, et le plaisir extrême qu’elle prend aux leçons de Mademoiselle Camille la promenant dans le parc et le jardin, et lui apprenant que les œufs sont fait par les poules, et que les pommes de terre poussent dans la terre_ Notre ami Valléry-Radot,heureux père de charmants enfants, heureux auteur d’un récit plein d’une bonhommie fine, dont ni le sentimental Berquin, ni le iacrymatoire Bouilly, ni la sèche Mme le Prince de Beaumônt n’ont connu le sourire, a été aussi heureux comme illustrateur, car le commentaire pittoresque qui traduit son récit, le suit pas à pas et ne le trahit jamais. M. Adrien Marie est aussi un très habile homme en son art et ses dessins légèrement colorés en deux tons et comme frottés' de gouache sont dignes du texte.
- C’est aussi M. Adrien Marie qui a illustré Petites Bonnes gens par Mme Julie de Monceau. C’est une série de nouvelles tour à tour joyeuses et attendries où passe comme un souffle léger quelque chose de l’inspiration de Toppfer.
- C’est un joli pays que le pays des fées et il est agréable d’y voyager en compagnie de la baronne de Rochemont. Pourtant si ingénieux, si amusants que puissent être ses récits, ils ne sont et ne sauraient être que des pastiches. Nous croyons que Perrault et Mme d’Aulnoy (et non Mme Dufres-nois , qu’une réclame mal informée place en un lieu où elle n’a que faire et serait fort dépaysée), . ont épuisé le genre. Après eux le comte de Caylus et Mme de Beaumont ont trouvé peu à glaner. Aujourd’hui depuis Charles Nodier, le dernier des féeristes, il n’y a plus à glaner, à plus forte raison à moissonner dans ce genre. Il n’y a plus à aller au bois mystérieux dont tous les sentiers sont devenus banaux, dont tous les lauriers sont coupés.
- Un sujet toujours d’actualité en France, où les enfants aiment à jouer au soldat, par goût héréditaire et traditionnel, c’est l’histoire du soldat dans les temps anciens et modernes. C’est la vie, la phvsiologie du soldat surtout depuis la Révolution que M. Charles Leser habitué et habile à faire vibrer la corde patriotique, a retracées d’une plume alerte, et que M. Eugène Chaperon a illustrées d’un crayon qui ne l’est pas moins.
- La Bibliothèque de VEducation maternelle et la j Bibliothèque enfantine publiées par cette active |
- Dimanche 1er Janvier 18S8. — 915.
- maison Quantin qui s’installe en conquérante et en maîtresse dans ces genres où les Hachette, les Hetzel, les Didot, les Delagrave, les Hennuyer, les Ducrocq, gardent encore de beaux domaines, ont enrichi de nouveaux volumes leurs rayons où l’œil est attiré par l’attrait du neuf et du nouveau. Dans Hans Mertens M. Henry Carnoy, professeur au lycée Louis-le-Grand, que les lauriers de M. Girardin, le professeur bien connu par ses récits humouristiques et moraux, a raconté les aventures d’un enfant prodigue qui rentre au logis assagi et repentant et son récit est intéressant et amusant, sans pétiller assez du grain de sel ironique et fantaisiste de cet inimitable Jean Paul Choppart, de Louis Desnoyers, le chef-d’œuvre du genre. Les Rogimbot de Mme Noémi Balleyguier, les Cœurs aimants de Mme de Witt, née Guizot dont la fécondité se lasse un peu et dont l’ingéniosité se répète, Bouton d’or de Mme S. de Sobol; enfin les Vingt-huit jours de Suzanne sont d’aimables livres, taillés sur un type qui commence à se banaliser, et qu’il faudrait renouveler, lequel sert à toutes ces épreuves successives et de plus en plus effacées, d’une littérature puérile, qui se puérilise trop, d’une littérature enfantine qui se féminise trop. Le genre devient par trop florianesque. Il faudrait un loup dans cette bergerie-là.
- Pour finir par un livre d’homme, destiné aux hommes, nous recommanderons à nos lecteurs s'ils sont curieux, dilettantes, amateurs de gravures., s’ils ont le goût des portraits, et la philosophie dont il faut s’armer pour trouver impunément tantôt si semblables, tantôt si differentes les images du même visage, un guide excellent dans l’Iconographie bretonne, liste de portraits de personnages nés en Bretagne ou appartenant à l’histoire de cette province, avec notices biographiques par le marquis de Granges de Surgères (1). C’est le très érudit et très consciencieux auteur d’une autre étude spéciale du même genre, que nous recommandons également, l’Iconographie des Françaises du xviiD siècle.
- M. de Lescure.
- LES THÉÂTRES
- Nouveautés : La Lycéenne. — Châtelet : Michel
- Slrogojf — Cabaret du Chat Noir : La Tentation de Saint Antoine.
- Enfin nous commençons donc à respirer. Je crains bien que ça ne soit pas pout longtemps, plusieurs théâtres étant à la tête de pseudosuccès qui ne tarderont guère à lâcher pied; mais enfin c’est probablement une quinzaine de répit.
- Aux Nouveautés, c’est la Lycéenne qui a succédé aux Délégués morts en trois semaines. Je crains bien que le sort de la pièce de M. Georges Feydeau ne soit pas plus brillant malgré quelques scènes cl’un comique très franc.
- Le sujet n’est pas nouveau, il tient du Lycée de jeunes filles, des Mousquetaires au Couvent et de Mam selle Nitouche.
- Lhie jeune fille qui refuse d’épouser un vieux savant parce qu’elle aime un jeune ignare, et que l’on remet au lycée de demoiselles, qui y fait les cent coups, s’en évade et va chanter la gaudriole au Jardin de Paris, bref qui se compromet tellement qu’on est forcé de lui accorder la main de celui qu’elle adore, voilà le thème.
- Line leçon de physique (amusante) et de chimie fantaisiste, donnée avec beaucoup de verve par M. Albert Brasseur, a franchement
- (L Pari<. Alplions» Pkarj. Rennes, .1. Plihon cl L. Herve.
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- LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE iSSq.
- Dimanche icr Janvier 1888.
- , :6.
- Quatrième Année. — N° 177.
- diverti la salle au second acte. Quelques épisodes heureux ont agrémenté cette comédie-opérette sur laquelle Serpette a brodé des airs faciles, trop faciles.
- Le succès a été pour M. Albert Brasseur, déjà nommé, qui a mis beaucoup d’entrain au service de l’amoureux évincé et pour Mme Jane May qui débutait dans un rôle peu destiné à étonner les masses.
- ff Mme May, dont la voix est ténue mais agréable, s’est tirée habilement de couplets anodins et d’un personnage trop connu, que la gaieté de l’interprète ne pouvait faire briller davantage.
- Saint-Germain continue à prouver qu’il n’a rien de ce qu’il faut pour réussir dans l’opérette, bien qu’011 lui ait retaillé en forme de veste son ancien rôle de pion pétillon.
- Rien autre à signaler.
- Michel Strogoff tout battant neuf, artistes, décors et costumes, reparaissait sur la scène du Châtelet où il va retrouver certainement une bonne série de représentations.
- Seule de la création Mme Marie Laurent reprenait son rôle deMarfa dans lequel son éloge n’est plus à faire.
- C’est M. Volny qui jouait Michel Strogoff. Le successeur de M. Marais a bonne mine, sa voix est bien timbrée, il a le jeu exhubérant et outré qu’il faut pour ces sortes de personnages vengeurs, sauveurs, providentiels, il a parfaitement réussi.
- M. Laray reprenait Ivan Ogareff qu’il a déjà interprété très consciencieusement après le tonitruant Paul Deshayes. Quant aux deux reporters anglais et français ils ont passé à MM. Lerant et Paul Reney,qui n’ont rien de la fantaisie de Dailly et de Joumard, mais qui s’en sont bien tiré quand même.
- La grande fête à Moscou illuminé, le ballet au camp tartare, le champ de bataille de Koly-van et l’incendie du fleuve de Waphte ont de nouveau fait l’admiration des spectateurs.
- Michel Strogoff restera le prototype du drame à mise en scène, et MM. Clèves et Floury pourront encore en tirer une reprise très fructueuse durant l’exposition de 188g.
- Si les événements politiques nous le permettent !
- Il y une année que M. Rodolphe Salis nous conviait à l’Epopée de Caran d’Ache. Celui-ci ayant émigré au théâtre du Palais-Royal, le directeur du cabaret du Chat Noir a confié à M. Henri Rivière le soin de le remplacer, et la Tentation de Saint Antoine fut!
- C’est décidément une chose bien intéressante que ces ombres chinoises améliorées au goût actuel, avec adjonctions de détails coloriés se détachant sur un fond noir.
- La légende du saint exposé aux sept péchés capitaux et sa résistance inébranlable avec assomption céleste comme récompense a diverti infiniment une salle de-grands enfants.
- Ce nouveau speetacle, complété par plusieurs petits tableaux de MM. Somm et Villette, va encore faire courir pendant une année le tout Paris artistique et bon enfant.
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- DE
- L’EXPOSITION DE 1889
- Rédaction et Administration : i8, rue Bergère, i8, a Paris
- QUATRIÈME ANNÉE.
- Dimanche 8 Janvier 1888.
- NUMÉRO 158
- SOMMAIRE : !
- 1. Avis concernant la participation à l'Exposition de 1889; j 2. Les Travaux du Champ-de-Mars; 3. Le Conseil des travaux i de l’Exposition de 1889; 4. La participation étrangère à l’Exposition de 1889; 5. Les travaux des Comités départementaux; 6. Les Commissions pour l’Exposition de 1x89 ;
- 7. Les beaux-arts à l’Exposition universelle de 1889 ; 8- Noms et adresses des présidents des Comités départementaux ;
- 9. Nominations de membres des Comités départementaux;
- 10. Eciios ; 11. L’Exposition de Melbourne en 1888; 12. Expo-
- sition de Bruxelles; 12. Une Exposition française à Saint-Pétersbourg ; 14. Participation de la France aux Expositions internationales en 1888; i5. L’industrie sidérurgique en
- 1886 ; 16. Les Livres ; 17. Les Théâtres; 18. Le Bon Marché.
- AVIS
- Concernant la Participation à l’Exposition de 188g
- Le Journal officiel vient de publier l’avis suivant :
- L’administration supérieure de l’Exposition croit devoir rappeler aux intéressés que la date du jer février 1888 a été fixée et est maintenue, comme dernier délai, pour le dépôt des demandes d’admission émanant de Paris et des départements.
- EXPOSITION UNIVERSELLE
- DE 18 8 9
- LES TRAVAUX DU CHAMP-DE-MARS
- Jusqu’à présent, nous nous sommes exclusivement occupés des travaux neufs qu’on doit exécuter en vue de la solennité de 1889, nous avons annoncé toutes les particularités relatives aux installations au fur et à mesure des décisions prises à cet égard, nous avons également noté semaine par semaine les progrès de chaque entreprise et relaté les faits intéressants qui se produisaient sur les chantiers ; en un mot, nous avons fidèlement tenu nos lecteurs au courant de tout ce qui se passait sur le terrain de la future Exposition. Il ne serait peut-être pas sans intérêt, maintenant que la saison entrave un peu les opérations, de jeter un coup d’œil sur quelques-unes des constructions qui,conservées après 1878. seront de nouveau utilisées en 1889 et de rappeler à leur sujet certains détails qui, en dix ans, ont dû probablement sortir de bien des mémoires ; du reste, cette revue rétrospective fait partie de notre programme, puisque nous avons à nous occuper de tout ce qui constituera le grand concours international.
- En première ligne, parmi les installations ayant échappé à la pioche des démolisseurs, il convient de placer le palais du Trocadéro dont la construction peut, à juste titre, être considérée comme une merveille de travail rapide puisque c’est seulement au mois de novembre 1876 qu’on s’occupadela reconnaissance du sous-sol et de sa consolidation et que les travaux en élévation commençaient à peine treize mois avant l’ouverture de l’exposition.
- Au premier abord, il peut paraître étrange qu’on n’ait accordé qu’un aussi court laps de temps pour l’érection d’un tel palais, et certes il n’était pas dans l’esprit des auteurs du projet que leur œuvre fut exécutée avec une promptitude presque regrettable à certains points de vue ; malheureusement, l’incertitude où on était alors
- de savoir si le monument serait conservé ou non, puis les différends qui s’élevèrent au sujet de sa possession en cas de conservation définitive, causèrent des retards qu’il ne fut possible de rattraper en partie que par des prodiges d’activité et encore en sacrifiant quelques détails qu’en d’autres conditions on eût pu modifier avantageusement.
- La principale de ces causes de retard était la difficulté d’une entente entre l’Etat et la Ville au sujet de l’interprétation de l’article 7 de la convention du Ier août 1876; par cet article l’Etat reconnaissait à la ville le droit d’acquérir. par préférence à toute autre personne, après la clôture de l’Exposition, les constructions établies sur les terrains du Trocadéro ; évidemment cette clause pouvait être interprétée différemment suivant les intérêts en jeu, et c’est ce qui arriva.
- La première évaluation portait une somme de cinq millions à consacrer au palais du Trocadéro, mais on n’avait pas prévu que, le terrain étant généralement très mauvais, il faudrait faire des fondations beaucoup plus importantes que celles du projet et exécuter de très coûteux travaux de consolidation, quelle que fût du reste la destinée du palais, soit qu’il dût être conservé soit qu’on le démolît; ces fondations une fois faites on réfit les devis et on s’ap-perçut que, pour édifier un bâtiment convenable, la somme nécessaire, travaux en sous-sol compris, s’élèverait à environ dix millions, c’est-à-dire au double des premières prévisions.
- Cette différence dans les évaluations était trop considérable pour que le commissaire général pût s’engager davantage avant qu’on fût absolument fixé sur ce qu’il adviendrait plus tard du monument; en effet, s’il fallait le démolir au bout de six mois, il n’y avait qu’à le faire strictement suffisant pour durer ce laps de temps ; si, au contraire, il devait être conservé, on était obligé de l’édifier en conséquence, donc la nécessité s’imposait de s’entendre au plus vite avec la ville au sujet de ses intentions relativement au droit que lui conférait l’article 7 du 1e1' août.
- Les pourparlers s’engagèrent immédiatement. Le ministre, par une lettre en date du 3o janvier 1877, communiqua au préfet de la Seine les conditions particulières qui se présentaient et lui demanda d’exposer la situation au Conseil municipal, afin que ce dernier fît savoir tout de suite,d’une façon formelle,s’il comptait bénéficier de la clause stipulée dans la convention citée plus haut ; le Conseil ne répondit pas immédiatement et parut tout d’abord vouloir s’en tenir strictement aux termes d’un traité qui lui laissait une très grande latitude et lui permettait d’ajourner sa détermination jusqu’à la clôture de l’Exposition; enfin, après de nombreuses propositions échangées de part et d’autres sans résultats, l’accord se fit sur une combinaison ratifiée par la convention du 14 mai 1877. Par cette nouvelle convention la ville renonçait à ses droits relativement à l’article 7 du premier traité et devait, dans les six mois suivant la clôture de l’Exposition,opter soit pour la cession à l’Etat du terrain occupé par les constructions, à certaines réserves près, soit pour le rachat des dites constructions au prix de trois millions payables en six annuités.
- Cette solution était très raisonnable car la conservation du palais du Trocadéro et de ses annexes était surtout profitable à la Ville de Paris, dotée ainsi d’embellissements nouveaux;
- enfin, quoiqu’il en soit, ces décisions mettaient fin à l’incertitude et on put, de suite, continuer les travaux en se demandant toutefois s’il serait possible de les terminer pour l’époque voulue, l’activité déployée permit d’y arriver.
- Ayant relaté les diverses phases par lesquelles passa la construction du palais, il reste à ajouter que plus tard la ville renonça à son droit de rachat, le bâtiment resta donc la propriété de l’Etat et la remise à l’administration des domaines en fut faite le 14 août 1879 : quant aux terrains du Trocadéro et du quai de Billy, la ville en avait déjà repris possession ainsi que du grand aquarium. La remise en état de ces terrains incombant à l’Etat, il eut de ce chef à payer une somme de 450,000 francs.
- Le monument dont il vient d’être question, un peu longuement peut-être, étant connu de tous,il serait superflu d’en donner une description, aussi nous contenterons-nous de signaler quelques chiffres et certaines particularités.
- Le palais, d’une surface d’environ 17,000™, a son premier plancher, c’est-à-dire le niveau supérieur des fondations, à la cote 6im5o d’élévation au-dessus de la hauteur moyenne de la Seine (cote de 2 7“oô au barrage de Surennes) t quant aux tours, leur élévation est d’à peu près 40“ ; à propos de ces dernières nous ne décrivons pas non plus l’ascenseur dont presque tout le monde s’est servi pour arriver aisément au sommet et contempler le splendide panorama de Paris.
- La somme nécessaire à l’établissement complet de cet édifice avait été d’abord estimée à 7 millions et demi, sur laquelle somme les jardins et la cascade figuraient pour environ 2 millions et demi, on a vu que plus tard cette évaluation fut reconnue insuffisante, c’est du reste ce qui fit naître les difficultés dont nous avons parlé et faillit compromettre l’œuvre en ne laissant qu’un délai trop court pour l’exécuter ; l’évaluation résultant des nouvelles conditions qui s’imposaient donna un total de 12.000,000 se décomposant ainsi (1) :
- Fondations et soubassements. 2.o56.202 62
- Grosse oeuvre au-dessus du
- premier plancher........... 6.302.491 68
- Décoration intérieure et mobilier. ........................bSo.ooo 00
- Cascade et jardins........... 2.263.000 00
- Total . 11.273.694 3°
- A valoir pour frais imprévus. 726.305 70
- Total général . 12.000.000 00
- En ne tenant pas compte des sommes affectées à la mise en état des cascades et jardins, on voit que la construction revint à peu près à 600 fr.le mètre carré au lieu des. 3oofr. estimés primitivement,
- Nous reverrons donc en 1889 le public affluer de nouveau dans ces immenses galeries, but des promenades dominicales pour bien des gens ; nous reverrons, d’une manière à peu près constante, le jeu delà magnifique cascade, ne fonctionnant que trop rarement en temps normal ; enfin l’aquarium, réparé et embelli, continuera à offrir sous ses voûtes et un lieu de repos, pendant la chaleur de l’été, et une source toujours nouvelle d’études intéressantes, en permettant de saisir sur le vif la vie et les cou-
- pi Ces documents sont empruntés au Rapport administratif du Commissaire général.
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- q:$. — Quatrième Année. — N° 1:8.
- LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE iSSq
- Dimanche 8 Janvier 1888.
- tûmes des habitants de l’eau ; pour ce qui est de l’exposition des poissons d’eau de mer on nous promet des dispositions encore mieux comprises que celles de 1878; les visiteurs ne se plaindront pas de la réalisation de cette promesse.
- L’installation des parcs et jardins se poursuit toujours d’une façon très active, les vallonnements se dessinent bien, le nombre des plantations s’accroît de jour en jour et un certain nombre de chemins, presque terminés, permettent de patauger un peu moins ; néanmoins en ce moment on enfonce encore aisément jusqu’à la cheville, mais comme précédemment on s’engluait jusqu’aux genoux, il y a un réel progrès ; en réalité,on ne peut contester la bonne marche du travail qui avancerait encore plus vite sans ces alternatives continuelles de gelée et d’humidité, conditions des plus défavorables à un bon établissement des chaussées.
- Sur le quai d’Orsay, rien de nouveau à signaler, on continue le montage des bâtiments du groupe de l’agriculture et, grâce aux dispositions prises, les constructions se dressent pour ainsi dire à vue d’œil, elles semblent sortir de terre. C’est certainement celle des annexes de l’Exposition qui sera terminée la première.
- Les galeries des palais des industries diverses sont presque entièrement couvertes, l’achèvement complet ne tardera guère et à mesure que la couverture se pose on nivelle le sol qu’on débarrasse en même temps de tout ce qui l’encombrait naguère.
- Le chantier du palais des machines, abandonné parles maçons et les terrassiers, est livré depuis plusieurs jours aux charpentiers qui y reçoivent les immenses et nombreuses pièces de bois que nécessiteront les charpentes de dressage des fermes de 110 m.; ces charpentes,d’une importance au moins égale à celles exigées par la tour de 300 m., vont être entreprises à bref délai et animeront un peu, par leur présence, cet énorme terrain qui s’étend devant l’Ecole militaire.
- H. DE BaECKER.
- LE CONSEIL DES TRAVAUX
- DE L’EXPOSITION DE 1889
- A la fin de la dernière séance du conseil des travaux de l’Exposition universelle de 1889, à laquelle assistaient, sous la présidence de M. le directeur général des travaux, MM. Charles Garnier, Bouvart, Dusert, Formigé, Charton, Délions, Laforcade, Lyon et de Mallevoue, M. Contamin s’est fait l’interprète des sentiments du conseil en adressant à M. Alphand les paroles suivantes :
- Permettez-moi, monsieur le directeur général, de ne pas laisser se terminer cette séance, la dernière de l’année, sans venir vous remercier, au nom de mes collègues et amis du conseil et au mien, de l’affectueuse sympathie et de la bienveillance que vous avez bien voulu nous témoigner pendant tout le cours de cette année ; puis vous prier d’agréer, avec nos meilleurs vœux de santé et de bonheur pour vous, ceux que nous faisons pour que les travaux de cette exposition, que vous dirigez avec une si grande intelligence et une si haute compétence , continuent leur marche ascendante vers un succès qui vous sera dû tout entier.
- Vous pouvez, Monsieur le directeur général, compter sur notre dévouement le plus complet pour vous aider à' mener à bien cette œuvre grandiose, car il tire sa source dans notre amour profond de la patrie et la très grande et très sincère affection que nous éprouvons tous pour l’homme de bien, le grand citoyen, l’ingénieur illustre, qui nous sert de guide et préside nos séances.
- M. Alphand a remercié ses collaborateurs, en quelques paroles émues, des sentiments qu’ils venaient de lui exprimer et du dévouement dont ils font preuve chaque jour, avec un patriotique désintéressement.
- L’état d’avancement des travaux, a-t-il ajouté, nous donne la certitude que l’Exposition sera prête à l’heure voulue ; aussi, avec l’aide de collaborateurs tels que vous, messieurs, unis dans les mêmes sentiments de concorde dans le travail et de foi dans la grandeur scientifique et artistique de notre pays, le succès de cette grande œuvre nationale n’est-il pas douteux. Mais je ne saurais accepter tout entière la part que vous m’en attribuez par avance ; je tiens à ce que l’honneur vous en revienne aussi et devant le gouvernement, à qui je ne cesserai de signaler vos éminents services, et devant l’opinion publique, qui seia, je n’en doute pas, unanime à consacrer, en 1889, le succès de vos travaux et de notre œuvre commune.
- LA PARTICIPATION ÉTRANGÈRE
- A L’EXPOSITION DE 1889
- (Suite)
- Espagne
- Un grand nombre d’industriels et de commerçants de Madrid se sont réunis mercredi au.cercle de l’Union commerciale. Le but de la réunion était de trancher la question de savoir si l’Espagne devait participer à l’Exposition universelle de i88q.
- If est peu probable, a déclaré le président, que les gouvernements monarchiques adhèrent officiellement à l’Exposition. Il est donc nécessaire de constituer un comité composé de représentants du commerce, de l’industrie et des arts, chargés de diriger les travaux de propagande et d’obtenir des secours en argent.
- Le comité une fois constitué, a ajouté le président, il sera convenable de s’adresser d’abord au gouvernement, afin de solliciter des secours.
- Tous les assistants ont reconnu l’utilité de participer à l’Exposition.
- Egypte
- La participation de l’Egypte à l’Exposition de 1889 est formellement acquise. Le consul général de France au Caire vient de transmettre officiellement cette nouvelle. Le khédive et Nubar-Pacha ont déclaré que la franchise de douanes à la sortie et à la rehtrée serait accordée, ainsi qu’une réduction aussi forte que possible dans les tarifs de transports pour tous les produits égyptiens destinés à l’Exposition. En même temps, le commissaire général de l’Exposition, ministre du commerce et de l’industrie, a été informé qu’un comité égyptien venait d’être constitué de la manière suivante :
- Président d’honneur : Ali-Pacha, Chérif, président de l’Assemblée des notables, président du conseil législatif.
- M. Guillois, chevalier de la Légion d’honneur, consul de France au Caire ;
- Ahmet-Pacha-Sioufi, chef de la corporation des marchands du Caire.
- M. Dombre, commerçant, premier député de la nation française au Caire ;
- Guigon-Bey, directeur de l’école khédivale des arts et métiers, membre rapporteur du jury de l’exposition cotonnière d’Egypte en 1885.
- (Les membres ci-dessus désignés forment le sous-comité du Caire).
- M. Grébant, chevalier de la Légion d’honneur, directeur général des fouilles et des musées d’Egypte;
- Vidal-Pacha, chevalier de la Légion d’honneur, directeur de l’école khédivale de droit, secrétaire du comité égyptien pour l’Exposition universelle de Paris en 1867, secrétaire;
- M. Kleczkowski, chevalier de la.Légion d’honneur, consul de France à Alexandrie;
- Naddoury-Bey, chef de la corporation des marchands, à Alexandrie ;
- Saddalah-Bey-Hallabo, commerçant ;
- Daninas-Pacha, chevalier de la Légion, d’honneur, agent de la Daïra—Samieh à Alexandrie, délégué du gouvernement égyptien aux expositions universelles de Vienne et de Philadelphie;
- M. Franger, chevalier de la Légion d’honneur, président de la chambre de commerce française d’Alexandrie, secrétaire.
- M. Dol, secrétaire de la chambre de commerce française d’Alexandrie, secrétaire.
- (Les membres ci-dessus désignés forment le sous-comité d’Alexandrie.)
- M. Laporte, consul de France à Port-Saïd ;
- M. Tillier, chevalier de la Légion d’honneur, lieutenant de vaisseau, chef du service du transit et de la navigation du canal de Suez ;
- M. Rouyer, agent de la maison de commerce Worms, Josse et C°.
- (Les membres ci-dessus désignés forment le sous-comité de Port-Saïd.)
- LES TRAVAUX
- DES COMITÉS DÉPARTEMENTAUX
- Le comité départemental de l’Ain, pour l’Exposition universelle de 1889, vient d’adresser à tous les industriels et à tous les commerçants de ce département, la circulaire suivante pour les inviter à participer à l’Exposition de 1889.
- Monsieur et cher Concitoyen,
- Vous savez qu’aux termes des décrets rendus par le président de la République et sur .la proposition du ministre du commerce et de l’industrie.
- et du ministre de l’instruction publique et des beaux-arts, une Exposition internationale sera ouverte à Paris, du 5 mai 1889 au 3i octobre suivant.
- Il nous semble inutile d’insister sur l’importance qu’aura une pareille manifestation au double point de vue économique et patriotique, — de même qu’il serait superflu d’énumérer les avantages que doivent en retirer les producteurs, soit par l’exposition de leurs produits, soit par l’étude des méthodes nouvelles et des progrès réalisés par leurs concurrents français ou étrangers.
- Déterminés par ces raisons d’ordre supérieur, convaincus d’ailleurs qu’à côté des grands intérêts généraux, chaque intérêt particulier est enjeu et doit recevoir satisfaction, nous venons, Monsieur et cher concitoyen, solliciter votre adhésion.
- Vous voudrez, comme nous, que le département de l’Ain tienne, dans l’Exposition universelle, la place à laquelle lui donnent droit l’intelligence et l’activité de ses industriels, de ses agriculteurs, de ses commerçants.
- Aussi sommes-nous certains que vous voudrez bien nous retourner, remplie et signée de vous, la formule de demande d’admission que vous trouverez ci-contre, nous secondant ainsi dans une œuvre que nous considérons non seulement comme un patriotique devoir, mais encore comme un monument de progrès et de paix.
- Le Président, Mercier,
- Sénateur, président du Conseil général.
- Les Vices-Présidents,
- MM. Goujon, sénateur, conseiller général, maire du XIIe arrondissement de Paris; Giguet, député, conseiller général; Pradon, député; Ducher, député, conseiller général; Rozet, président de la commission départementale.
- Les Secrétaires,
- Authier, président du tribunal de commerce.
- Loiseau, avoué.
- AVIS IMPORTANT
- Le signataire d’une demande d’admission ne contracte pas un engagement ferme. Il ne sera lié que le jour où, après son admission prononcée, il sera tombé d’accord avec les comités d’admission et d’installation sur la répartition des espaces et des dépenses.
- Aucune demande d’admission ne sera reçue après le ier février prochain.
- A cette lettre est joint l’extrait suivant du règlement général de l’Exposition.
- Art. 3i.
- Le Directeur général de l’exploitation pourra toujours faire retirer les produits de toute provenance qui, par leur nature'ou par leur aspect, lui paraîtraient nuisibles ou incompatibles avec le but ou les convenances de l’Exposition.
- Art. 32.
- Les demandes d’admission de Paris et du département de la Seine devront être envoyées directement au Ministre du commerce et de l’industrie, Commissaire général à Paris, quai d’Orsay, 2 5, ou au directeur général de l’exploitation, rue de Varenne, 80.
- Celles des départements seront recueillies parles soins des comités départementaux, qui les. feront parvenir aux mêmes adresses.
- Toutes les demandes françaises ainsi centralisées seront soumises, par classes, à l’examen de Comités, d’admission nommés par le xMinistre et statuant en dernier ressort.
- Il est essentiel que toutes les demandes soient remises dans le plus bref délai.
- Les formules imprimées de demandes d’admission seront mises gratuitement à la disposition du public :
- i° A Paris : au Ministère du commerce et de-l’industrie, quai d’Orsay, 25, et boulevard Saint-Germain, 244, aux bâtiments d’administration de l’Exposition (avenue de la Bourdonnaye, et rue de Varenne, 80), au Tribunal et à la Chambre de commerce ;
- 20 Dans les départements : aux préfectures, sous-préfectures, chambres de commerce, tribunaux de commerce, Chambres consultatives des arts et manufactures, et aux sièges des comités départementaux ainsi qu’aux lieux de distribution que ceux-ci auront désignés.
- Il serait à désirer que tous les comités départementaux imitassent l’exemple de celui du département de l’Ain et qu’ils invitassent les commerçants et les industriels à participer à l'Exposition.
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- Quatrième Année. — N° i58.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE ;88o.
- Dimanche 8 Janvier iSSS.
- LES COMMISSIONS
- POUR L'EXPOSITION DE 1889
- La commision supérieure des congrès et conférences a été reçue par M. Lucien Dautresme, ministre du commerce et de l’industrie, qui a remercié tous les membres de leur zèle et de leur dévouement.
- Il leur a ensuite adressé une allocution dont voici un des passages saillants :
- « L’œuvre des congrès et conférences est une œuvre complexe et difficile; elle soulève des questions délicates, de graves problèmes qui embrassent toutes les branches des connaissances humaines.
- « On ne pouvait pour les étudier choisir des hommes mieux préparés par leur profession, leur science ou leur caractère. On peut dire de vous, messieurs, que vous constituez une véritable encyclopédie vivante. »
- M. Gariel, rapporteur général, a donné lecture du projet de règlement général élaboré par la commission; après une courte discussion et quelques légères modifications introduites, le ministre a approuvé le règlement.
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- La commission supérieure de l’exposition de l’Histoire du travail et des sciences anthropologiques s’est réunie sous la présidence deM. Jules Simon.
- Les rapporteurs des diverses sections ont présenté à la commission leurs rapports respectifs. Après une longue délibération , il a été décidé qu’un comité, composé des cinq rapporteurs et du président, serait chargé de dresser un programme définitif. Il a été également décidé que les seuls objets exposés seraient une transformation essentielle de la matière et un instrument de travail nouveau.
- La commission invitera les musées nationaux à prêter leur concours à l’Exposition de l’histoire du travail, notamment en lui prêtant les types principaux de l’histoire de l’art industriel.
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- Les sous-commissions de la commission des quarante-trois se sont réunies et ont nommé des délégués qui vont se constituer en comité spécial ayant mandat de traiter avec un syndicat d’électriciens pour l’éclairage de l’Exposition de 1889.
- Ce comité est ainsi composé : MM. Rouvier, Prévet, Teisserenc de Bort, Guichard, Gristophle, Magnien, et les trois directeurs généraux de l’Exposition.
- Il se réunira mercredi prochain, à quatre heures, au ministère du commerce et de l’industrie.
- LES BEAUX-ARTS
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1889
- L’abondance des matières nous avait empêché de reproduire dans notre précédent numéro le remarquable article suivant dû à la plume de notre distingué confrère du Siècle, M. Henry Havard.
- Hier, jeudi, de quatre à six heures du soir, la commission d’organisation de l’Exposition universelle des beaux-arts a tenu sa première séance, et dès le début de cette première réunion, il a été facile de constater que les problèmes, dont ses membres auront à poursuivre la solution, sont assez variés et assez nombreux, pour que leur rôle ne dégénère pas en sinécure.
- Ainsi que le directeur des beaux-arts l’a rappelé dans son allocution, les commissaires auront à s’occuper: i° d’une exposition des productions de l’art français depuis 1878 jusqu’à 1889; 20 d’une exposition analogue pour l’art étranger ; 3° d’une exposition de l’enseignement du dessin, partant de l’école primaire et aboutissant à l’école do Rome; 40 d’une exposition rétrospective de l’art français allant de 1789 à 1889; 5° d’une exposition des travaux de la commission des monuments historiques, et 6° d’une exposition de l’art théâtral.
- S’il est vrai, comme on l’a prétendu, que l’oisiveté est la mère de tous les vices, il ne semble pas que la vertu des commissaires doive, d’ici longtemps, courir des dangers sérieux.
- Ajoutons que tout est à faire pour ces expositions diverses. On leur construit un palais, il est vrai, mais on ne livre à l’administration des beaux-arts que les quatre murs de ce palais. Tous les aménagements intérieurs restent à sa charge. Encore si ces quatre murs englobaient un espace suffisant, où l’on pût se mouvoir à l’aise, peut-être serait-il possible de s’arranger confortablement et rapidement. Mais il n’en est rien, et c’est avec une surprise douloureuse qu’on a pu, dès les premières communications, constater dans les plans soumis, des lacunes absolument regrettables.
- Certes les beaux-arts sont très fiers d’occuper un édifice séparé, mais il leur est permis de re-
- — 919.
- gretter que l’édifice à eux réservé ne soit pas sensiblement plus vaste que celui qui leur était affecté en 1878.' Ce dernier couvrait une surface de 14,140 mètres, et le palais dont on élève les gros murs en couvrira 16,870. Le premier développait 3,ooo mètres de cymaise ; le second ne comptera que 200 mètres de plus. Si l’on tient compte de l'importance de cette solennité unique, ainsi que la multiplicité des expositions qui doivent théoriquement' prendre place dans ce temple futur, l’augmentation est plus qu’insignifiante.
- L’architecte, M. Formigé, dont le cœur est sensible aux reproches et qui paraît animé des intentions les plus conciliantes, se propose, il est vrai, de remédier à ce manque d’espace par la création de galeries superposées, et par une distribution nouvelle du rez-de-chaussée de la grande nef. Ce dernier serait distribué en boxes, ce qui permettrait d’accrocher des tableaux enfauxjour, et le premier étage serait divisé en appartements séparés où l’on verrait à l’aise les petits tableaux. Un escalier gigantesque, monumental, superbe, occupant le milieu de la nef, mettrait en communication le rez-de-chaussée et le premier étage.
- Malheureusement cette disposition n’a pas eu l’heur de plaire à tous les membres présents, et M. Fourcand a demandé avec quelque malice s’il s’agit d’exposer des tableaux, des statues, des gravures ou un escalier. Ce n’est point tout, M. Guillaume intervient au nom des sculpteurs et s’indigne qu’on n’a point dit un mot, dans l’exposé du projet, de la statuaire et de ses œuvres. Où compte-t-on les loger ? E11 1878 on avait oublié de leur faire une place, de leur réserver une galerie spéciale et il a fallu, au dernier moment, improviser un salon pour les recevoir. Cette fois en agira-t-on de même ? Somme toute, l’architecte a tout prévu, il a assigné dans le palais des Beaux-Arts une place aux restaurants, aux cafés, brasseries et autres lieux, il a ménagé dans les sous-sols des emplacements spacieux pour les cuisines, il n’a pas pensé à la sculpture. Elle méritait mieux.
- En vain M. Formigé explique-t-il qu’on casera la sculpture dans les vestibules, dans les couloirs et sur les marches de son cher, de son merveilleux escalier, M. Guillaume n’accepte par ces défaites. Il continue d’exiger pour les .œuvres des statuaires français une place décente, et la commission appuie ses justes revendications.
- Est-ce tout? Point encore. La peinture proteste à son tour par l’organe de M. Bouguereau. M. Bouguereau n’est pas de ceux qui
- Pour honorer les morts font mourir les vivants.
- Il s’inquète pour ses contemporains de l’exposition rétrospective. David, Prud’hon, Géricault, Gros, Gérard, Ingres et Delacroix lui paraissent voisins dangereux. Il les trouve bien à leur place dans les musées, et son respect pour les morts lui fait souhaiter qu’on les laisse reposer en paix dans leur glorieux asile.
- Là encore on est loin de s’accorder,MM. Magne et Fourcand tiennent pour nos ancêtres, et M. Berger, le grand organisateur de l’Exposition qui cherche à marier l’eau et le feu et à contenter tout le monde et les restaurateurs, propose de loger les anciens au Trocadéro. On n’admettra au Champ-de-Mars que les modernes. Avec 200,000 fr. sacrifiés par les bâtiments civils, on pourra déménager l’ethnographie et abriter convenablement les vieux maîtres.
- Comme ceux-ci ne sont plus là pour protester, la commission prête une oreille presque favorable à cette proposition conciliante. En même temps, M. Castagnary fait remarquer qu’un des pavillons actuellement demandés par la Ville de Paris avait jadis été promis à l’administration des beaux-arts. Il offre de le réclamer. De cette façon on pourra loger commodément l’exposition de l’enseignement du dessin sans empiéter sur la modeste place réservée aux œuvres des artistes vivants.
- Cette dernière proposition est votée par acclamation; mais la commission n’est pas encore édifiée. Elle tient, avant de rien décider pour le reste, à se rendre un compte exact de l’état des localités. Elle veut une information claire, précise, et qui lui donne toute confiance. Elle nomme en conséquence une sous-commission composée de MM. Bouguereau, Roll, Guillaume, Rodin, Bailly, Magne, Bracquemont, Chaplin, Antonin Proust, Fourcand et André Michel porr étudier la question de visu et lui faire promptement un rapport détaillé sur cette première question, dont les autres dépendent.
- Certes, ceux qui verront accoupler les noms de MM. Roll et Bouguereau, de MM. Guillaume et Rodin ne se plaindront pas que la sous-commis-sion manque d’éclectisme. Seule, l’administration des beaux-arts n’y est pas représentée. On ne lui reprochera pas d’accaparer tous les emplois.
- Malgré cela, la situation reste encore suffisamment embrouillée. Le temps presse, et bien des problèmes demeurent à résoudre qui désespéreraient certainement une administration plus hésitante et des commissaires moins bien intentionnés.
- Henry Havard.
- NOMS ET ADRESSES DES PRÉSIDENTS
- DES COMITÉS DÉPARTEMENTAUX
- Bien que nous ayons publié, au fur et à mesure de leurs nominations les noms des présidents des comités départementaux, nous croyons utile de les rassembler dans le tableau synoptique suivant :
- 1. Ain: M. Mercier, sénateur, président du
- conseil général, 11, cité de l’Alma,'Paris.
- 2. Aisne : M. Fouquet, ancien député, fabricant
- de sucre, à Sinceny (Aisne).
- 3. Allier : M. Bruel, sénateur, fabricant d’instru-
- ments agricoles, à Moulins, 2 5, boulevard de Courcelles, Paris.
- 4. Alpes (Basses-) : Proal, docteur en médecine,
- à Riez.
- 5. Alpes (Hautes-) : Euzièues, maire de la ville de
- Gap.
- 6. Alpes-Maritimes :M. X...
- 7. Ardèche : M. Fougeirol, député, maire aux
- Ollières, 12,5, boulevard Saint-Germain, Pans.
- 8. Ardennes : M. Boutmy, conseiller général,
- maître de forges, à Messèmpré-Pure, près Carignan.
- 9. Anège : M. Garrigou, docteur en médecine,
- chimiste, 38, rue Valade, à Toulouse.
- 10. Aube : M. Buxtorf, Emmanuel, ingénieur-
- mécanicien, à Troyes.
- 11. Aude : M. Durand, banquier, président du tri-
- bunal de commerce de Carcassonne.
- 12. Aveyron : M. Lacombe, Louis, conseiller géné-
- ral, maire de Rodez.
- 13. Belfort (Territoire) : M. Boigeol, Louis,
- manufacturier, à Giromagny.
- 14. Bouches-du-Rhône : M. Fabre, Cyprien, prési-
- dent de la chambre de commerce, au Palais de la Bourse, à Marseille.
- 15. Calvados : M. Lavallay, A., sénateur, prési-
- dent de la société des ingénieurs civils, 5i, . rue du Rocher, Paris.
- 16. Cantal : M. Delzons, Amédée, ancien député,
- à Aurillac.
- 17. Charente : M. Marrot, ancien député, conseil-
- seiller général, à Angoulême.
- 18. Charente-Inférieure : M. Bêltrémieux, prési-
- dent de l’association des sciences naturelles, à La Rochelle.
- 19. Cher : M. Brisson, Henri, député, 9, rue Maza-
- gran, Paris.
- 20. Corrèze : M. Vacher, député, i32, faubourg
- Saint-Denis, Paris.
- 21. Corse : M. Aude, trésorier-payeur-général de
- la Corse, à Ajaccio.
- 22. Côte-d'Or : M. X...
- a3. Côtes-du-Nord : M. Pradal, conseiller général, maire de Saint-Brieuc.
- 24. Creuse: M: Sauton, Frédéric, architecte, mem-
- bre du conseil municipal de Paris, 24, rue Souffot.
- 25. Dordogne : M. Wallon, agriculteur, conseil-
- ler général, maire de Lanouaille.
- 26. Doubs.: M. X...
- 27. Drôme : M. Courthial, négociant, président
- de la Chambre de commerce, à Valence.
- 28. Eure : M. Papon, député, 48, rue de Clichv,
- Paris. "r
- 29. Eure-et-Loir : M. Labiche, Emile, sénateur,
- président du Conseil général, 72, faubourg St-Honoré, Paris.
- 30. Finistère: M. E. de Lécluse, agriculteur à
- Tréquépellec.
- 31. Gard: M. Perrier (le Général), président du
- conseil général, à Nîmes, i33, rue de Grenelle, Paris.
- 32. Garonne (Haute-): M. Sirven, maire de Tou-
- louse, manufacturier, membre de la chambre de commerce.
- 33. Gers : M. Gignan (Albert), président du Tri»
- bunal de commerce, à Auch.
- 34. Gironde : M. Daney, maire de Bordeaux, à
- l’école professionnelle, 66, rue St-Sernin, Bordeaux.
- 35. Hérault : M. X...
- 36. Ille et-VHaine : M. Lechartier, directeur de
- la station agronomique, à Rennes.
- 3p. Indre : M. Guinon, directeur delà station agronomique, à Châteauroux.
- 38. Indre-et-Loire : M. Guinot, sénateur, maire d’Amboise, 24, rue de Milan, Paris.
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- C 2 D
- Quatrième Année. — N° U8.
- LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE :8Sq.
- D.manche S Janvier 1888.
- 3q. Isère : M. Vlallet, Constant,^ fabricant de ciments, 2, rue de France, à Grenoble.
- 40. Jura : M. Grévy, (le général), sénateui, 99, quai
- d’Orsay, Paris.
- 41. Laudes ; M. Lacroix, Adrien, vice-piésident
- du conseil général, à Mont-de-Marsan.
- 42. Loir-et-Cher : M. Deniau, député, 28, rue
- d’Auteuil, à Paris-Auteuil.
- 43. Loire : M. Reymond, député, ingénieur, à
- Montbrison, 4, rue de Naples, Paris.
- 44. Loire (Haute-): M. Aymard, Auguste, archi-
- viste honoraire, président du musée, Le Puy.
- 43 Loire-Inférieure : M. Léchât, industriel, membre de la chambre de commerce, place Launay, à Nantes.
- 46. Loiret : M. Cochery, Adolphe, ancien ministre,
- 38, avenue d’Iéna, a Paiis.
- 47. Lot : M. Rodelosse, architecte départemental,
- à Cahors.
- 4.8. Lot-et-Garonne : M. Mazières, président de * ' la Chambre de commerce, cours Victor-Hugo, à Agen.
- 40. Lozère : M. Roussel, sénateur, président du conseil général, 64, rue des Mathurins, Paris.
- 50. Maine-et-Loire : M. Max-Richard, filateur,
- vice-président de la Chambre de commerce d’Angers.
- 51. Manche : M. Lenoei., Emile,-sénateur, prési-
- dent du conseil général, 18, rue Corot, Paris.
- 52. Marne : M. Dauphinot, sénateur, 3, rue de
- l’Isle, Paris.
- 53. Marne (Ha,ute-) : M. Danelle-Bernardin, sé-
- nateur, 20, rue Laffite,. Paris.
- 34. Mayenne : M. Denis, sénateur, président de la chambre consultative des Arts et manufactures à Mayenne, à Fontaines-Daniel, par Saint-Georges-Bullavent (Mayenne).
- 55. Meurthe-et-Moselle: M. Rogé, maître de forges,
- à Pont-à-Mousson.
- 56. Meuse : M. P. Varin-Bernier, président du
- tribunal de commerce, à Bar-le-Duc.
- 57. Morbihan : M. Trottier père, conseiller gé-
- néral, maire d’Hennebont.
- 58. Nièvre : M. Massé, A , sénateur, 29, avenue de
- l’Observatoire, Paris.
- 59. Nord : M. Seydoux, Charles, conseiller géné-
- ral, manufacturier, au Cateau.
- 60. Oise : M. Cuvinot, sénateur, ingénieur en chef
- des ponts et chaussées.
- 61. Orne : M. Gélelot, député, 10, rue de Cli-
- chy, Paris.
- 62. Pas-de-Calais : M. Camescasse, ancien pré-
- fet, 17, rue de Phalsbourg, Paris.
- A3. Puy-de-Dôme : M. Cote-Blavin, agriculteur, conseiller général, à Clermont-Ferrand.
- 64. P/renées (Basses) : M. Prozyinski, ingénieur
- en chef des ponts et chaussées, à Pau.
- 65. Pyrénées (Haute:-)'. X.
- 66. Pyrénées-Orientales : M. Jules de Lamer, an-
- cien préfet, président du syndicat agricole du département, à Perpignan.
- 67. Rhône : M. Sevène, président de la chambre
- de commerce, à Lyon.
- 68. Saône (Haute) : M. Noblot, sénateur, manu-
- facturier, à Héricourt.
- Gq. Saône-et-Loire : M. Sarrien, député, ancien ministre, 10, rue Galilée, Paris.
- n0, Sarthe : M. Lebert, président de la chambre J ' de commerce, ancien commerçant, Le Mans.
- 71. Savoie : M. Forest, Charles, conseiller général, 7 ' fabricant de papiers, à Chambéry.
- T72. Savoie (Haute-) : M. Dunant Camille, président ' de la Société florimontane, à Annecy.
- -3. Seine-et-Marne : M. Prevet, Charles, député, / ' 48, rue des Petites-Ecuries, Paris.
- -4. Seine-et-Oise : M. Féray, sénateur,càEssonnes ‘ (Seine-et-Oise).
- -5. Seine-Inférieure: M. Besselièvre, conseiller ' ’ général, manufacturier, à Maromme, près Rouen.
- 76. Sèvres (Deux-): M. delà Porte, député,, président du conseil général, 67, rue de l’Université, Paris.
- Somme : M. Labbé, président de la chambre '/ de commerce d’Amiens.
- -S. Tarn : M. Monestié, président du tribunal de commerce, à Albi.
- 79. Tarn-et- Garonne : M. Bergis, conseiller général, maire de Montauban.
- So Var : M. Félix Angles, conseiller général, à Draguignan.
- Si. Vaucluse : M. Poucet, Pauhmaire d’Avignon.
- 82. Vendée : M. Madeleine, ingénieur des che-
- mins de fer de l’Etat, à la Roche-sur-Yon.
- 83. Vienne : M. Hérault, conseiller, maître à la
- cour des comptes, président dn Conseil général, à Poitiers.
- 84. Vienne (Haute-) : M. Teisserenc de Bort,
- sénateur, 82, avenue Marceau, Paris.
- 85. Vosges : M. Méline, député, 20, rue de Vau-
- girard, Paris.
- 86. Yonne : M. Guichard, sénateur, président du
- Conseil général, 34, quai de Billy, Paris.
- NOMINATIONS
- de Membres des Comités départementaux
- Par divers décrets pris en date des 3o et 3i décembre 1887 par M. le ministre du Commerce et de l'industrie, commissaire général de l’Exposition de 1S89, ont été nommés membres du comité du départemental des :
- ARDENNES
- i° Sous-comité de l'arrondissement de Méqières
- MM. Dufossé, vérificateur des poids et mesures, à Charleville, secrétaire de la commission locale du trcfVail des enfants et des filles mineures employées dans l’industrie ; Rasquin, ingénieur, à Charleville, chef des ateliers de la compagnie des chemins de fer de l’Est à Mohon.
- 20 Sous-comité de l'arrondissement de Rocroi
- MM. Parent (Albéric) fils, à Givet, en remplacement de M. Parent, décédé; Mongon, directeur d’usine, à pumay, en remplacement de M. Boucher, décédé.
- 3° Sous-comité de l’arrondissement de Sedan
- MM. Gairal (Jules),* docteur en médecine, à Ca-rignan ; Péronne, doc teur en médecine, président de la société de secours mutuels de Sedan.
- AVEYRON
- i° Sous-comité de l’arrondissement d’Espalion
- M. Rives, inspecteur primaire, à F.spalion, en remplacement de M. Bardin, démissionnaire.
- 20 Sous-comité de l’arrondissement de Saint-Affrique
- M. Balland, inspecteur primaire à Saint-Affrique, en remplacement de M. Estienne, démissionnaire.
- *
- Y Y
- FINISTÈRE
- Modification
- M. de Lécluse, secrétaire du comité départemental du Finistère, a été élu président en remplacement de M. Arnould, décédé.
- * *
- GARD
- i° Sous-comité de l’arrondissement de Nîmes
- MM. Boyre (de), à Nîmes ; Fabre (Auguste),trésorier à la Solidarité, à Nîmes; Maurin (Georges), avocat, membredel’Abeille et Solidarité,à Nîmes; Villard (Amédéel, administrateur des hospices et du mont-de-piété, à Nîmes.
- 20 Sous-comité de l'arrondissement du Vigan
- M. Chante (Camille), ancien professeur, au Vigan.
- *
- * *
- GIRONDE
- Sous-Comité de /’arrondissement de Bordeaux
- MM. Faure, secrétaire de la chambre de commerce, à Bordeaux; Lescarret, économiste, à Bordeaux; Maurel, président de la société d’économie politique, à Bordeaux ; Maurel (Emile), ancien président du tribunal de commerce, à Bordeaux.
- * *
- LOIRET
- Sous-comité de l’arrondissement d'Orléans
- M. Hubert (d’), membre du syndicat de l’ameublement, à Orléans ; Ménager, président du syn dicat des tailleurs du département du Loiret, à Orléans.
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- * *
- MEURTHE-ET-MOSELLE Sous-comité de l’arrondissement de Briey
- M. Colomb, inspecteur primaire, à Briey, en remplacement de M. Perrin, démissionnaire.
- *
- * *
- PUY-DE-DOME
- Sous-comité de l’arrondissement de Clermont-Ferrand
- MM. Chigot, ingénieur en chef des ponts et chaussées ; de Béchevel, ingénieur ordinaire des mines ; Adrien Gaultier de Biauzat, ingénieur.
- *
- * *
- SAVOIE
- Sous-comité de l’arrondissement d’Albertville
- M. Roy, inspecteur primaire, à Albertville, en remplacement de M. Dodey, démissionnaire.
- *
- * *
- YONNE
- Sous-comité de l’arrondissement d’Auxerre
- MM. Chailley (Joseph), publiciste, ancien secrétaire général du gouvernement du Tonkin ; Cam-buzat-Roy, négociant à Seignelay; Favimaire, directeur des enfants assistés de la Seine; Moiset, ancien secrétaire général de l’Yonne.
- ÉCHOS
- Paris
- Comme nous l’annoncions dans notre dernier-numéro, en mentionnant la concession du Pavillon de la ville de Paris aux Champs-Elysées, la Société des artistes indépendants prépare un Salon annuel, qui aura lieu du mercredi 21 mars au jeudi 3 mai.
- Les envois se feront du samedi 10 au mercredi 14 mars inclusivement.
- L’Union centrale des Arts décoratifs a organisé, au Palais de l’Industrie, une exposition des œuvres d’art acquises pour son musée.
- Cette exposition intéressante sera visible jusqu’au dimanche 15 janvier.
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- Y ¥
- C’est hier qu’a eu lieu dans les galeries de-l’Ecole des Beaux-Arts, en pi’ésence de M. le président de la République, l’inauguration particulière de l’exposition posthume des œuvres de Guillaumet.
- Aujourd’hui, dimanche, ouverture publique.
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- Départements
- Notre confrère le Journal des Arts dit qu’une-exposition industrielle aura lieu à Autun, à l’occasion du concours régional, du 2 juin au2ü juillet.
- Les communications sont :e<;ues par M. le maire d’Autun et les adhésions acceptées jusqu’à la fin du mois.
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- ETRANGER
- Allemagne
- (On mande de Munich que l’organisation de l’exposition allemande d’art industriel (1888) se poursuit avec beaucoup d’activité. Les travaux de construction du palais sont assez avancés pour que désormais aucun doute ne puisse subsister quant à l’achèvement, en temps utile, des importantes installations et de l’ensemble très étendu des bâtiments.
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- Quatrième Année. — N° 158.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 8 Janvier 1888. — 921.
- Les emplacements les plus vastes sont, dès maintenant, retenus par les sections prussienne et bavaroise ; les participations les plus importantes seront ensuite et par ordre : celles du Royaume de Saxe, du Grand-Duché de Bade, et de ’ l’Alsace-Lorraine. Les renseignements sont encore très incomplets quant aux préparatifs du royaume de Wurtemberg et aux dispositions des autres gouvernements confédérés de l’empire d’Allemagne. Les organisateurs avaient cru, au début, pouvoir .compter sur la présence officielle de l’Autriche à l’exposition de Munich. Mais le gouvernement autrichien, ne pouvant disposer que de crédits insuffisants, ne se fera pas représenter officiellement. Les industries artistiques dé l’Autriche seront, cependant réuniesà Munich, grâce à l’adhésion des maisons les plus importantes qui dirigent, à Vienne, le mouvement do participation.
- Très actifs, les travaux d’installation et d’aménagement du Glciszpalast, Palais de Cristal do .Munich, où s’ouvrira, le vendredi 1er juin, pour s’y prolonger jusqu’à la fin d’octobre, la troisième exposition internationale des Beaux-Arts.
- Cette exposition, dont nous avons parlé à différentes reprises, et pour laquelle nous renvoyons à tous nos précédents numéros, sera tout particuliérement intéressante. Rappelons que l’Allemagne, l’Autriche-Hongrie, la France, l’Angleterre, la Belgique, la Russie, la Suède et la Norwège, les Pays-Bas, le Danemark, l’Italie, la Suisse, l'Espagne, le Portugal, la Grèce et les Etats de l’Amérique y prendront part.
- Les adhésions sont reçues jusqu’au 15 mars ; les envois, du 1er au 15 avril.
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- L’Association allemande des Graveurs organise, pour les mois de février et de mars, au musée d’art industriel de Berlin, une exposition spéciale de gravure, depuis longtemps projetée. Rétrospective et contemporaine/cette exposition sera probablement inaugurée le mardi 21 février.
- Les communications seront reçues par M. R. Otto, graveur do la Cour, à Berlin.
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- Autriche-Hongrie
- On connaît les bases d’organisation de/Exposition internationale des Beaux-Arts qui ouvrira le 1er mars, au Kunstlerhaus de Vienne. L’administration municipale a voté, en faveur de cette entreprise, une subvention de 20.000 florins ; le gouvernement autrichien, d’autre part, consacrera une somme de 20.000 florins à des achats, et offrira vingt médailles d’or et vingt médailles d’argent pour les meilleurs ouvrages exposés.
- 80.000 florins sont réservés pour l’organisation d’une loterie.
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- C’est à l’occasion des fêtes de la quarantiène année du règne de l’Empereur, que s’organisera, avec l’exposition industrielle de la Basse-Autriche, et l’exposition internationale des Beaux-Arts l’exposition générale aéronautique dont nous avons précédemment annoncé l’ouverture à Vienne pour le courant de cette année.
- Belgique
- Le Journal des Artistes dit qu’une nouvelle société qui a pris le nom de Cercle Saint-Luc, vient d’ouvrir à Bruxelles une première exposition de peinture, sculpture et dessin._
- L’Association renouvellera périodiquement ces expositions chaque année.
- Rappelons encore que le délai utile pour l’envoi des demandes d’admission par les exposants étrangers, au concours international des sciences et de /industrie, ainsi qu’à l’exposition internationale, dont /inauguration doit se faire à Bruxelles dans quelques mois, est reporté au dimanche 15 janvier 1888. Les communications sont reçues par le Comité exécutif à Bruxelles, 22, rue des Palais.
- Il serait bon que /industrie française fit quelques efforts pour se faire dignement représenter à ce très important concours-exposition de /activité universelle. On nous répondra peut-être que 1889 est proche, que l’exposition de Paris exige la concentration de toute les forces. Cela est vrai assurément, et /argument ne manque pas de valeur. Mais niera-t-on, par exemple, que là où tous nos concurrents vont se presser en foule, il ne soit pas fâcheux que nous nous abstenions ?
- Nous ne sommes pas, pour notre part, partisan des expositions à outrance; nous trouvons même qu’elles se multiplient beaucoup trop, au delà de toutes limites raisonnables. Et cependant, leur principe étant généralement admis, la mode y étant, 11e trouverez-vous pas que /industrie française perd un peu trop de terrain partout, que f’on se déshabitue d’elle, parce qu’elle ne marche pas avec le progrès, qu’on l’oublie parce qu’elle se confine trop chez elle, manque d’initiative et de hardiesse, et que les absents ont toujours tort. Nous faire voir chez nous; soit, et nous ne manquerons pas de visiteurs, certainement; mais cela suffit-il ?
- Ne faut-il pas occuper le monde de nous, au dehors, attirer son attention de force, lutter avec nos concurrents sur leur propre terrain, et ne pas se figurer que nous sommes sans rivaux. Ne gardons pas l’attitude de gens qui, orgueilleusement, se renferment chez eux et se disent que, lorsqu’on aura besoin d’eux, on les viendra chercher parce qu’ils sont incomparables.
- Ah ! sachez donc que tout se remplace ici-bas, que rien n’est indispensable. Fe faites pas comme la .< Fille » de La Fontaine, ne laissez pas pousser l’herbe sur le chemin qui mène à vous ; ne laissez pas, par inertie, passer à d’autres, le spectre déjà rogné et ébréché que vous tenez encore.
- Dites-vous que là où vous laissez vos rivaux seuls , sans terme de comparaison aux yeux des tiers, vous êtes battus d’avance, et que le terrai perdu se reconquiert bien difficilement.
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- Brésil
- Notre excellent confrère le Moniteur Industriel dit que l’on donne comme décidée l’ouverture d’une exposition industrielle à Rio-de-Janeiro, dans le courant de. cette année.
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- Espagne
- flottante, devront s’adresser à la satrice siégeant à Madrid.
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- Italie
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- Notre excellent confrère le Bollettiro de lie Finanze, Ferrocie e Industrie annonce la Constitution, à Rome, d’un Comité promoteur, en vue de l’exposition italienne de Londres, dont nos lecteurs connaissent les préparatifs.
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- On annonce à Rome, pour le dimanche 19 février prochain, l’ouverture de l’exposition annuelle des Beaux-Arts, qui se prolongera jusqu’au dimanche 15 avril,
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- C’est avant-hier, 6 janvier qu’a dû avoir lieu /inauguration solennelle de l’exposition Vaticane. Le nombre, la valeur des présents offerts au Pape à l’occasion de son Jubilé sacerdotal, sont choses véritablement inouïes, s’il faut en croire les correspondances de Rome. Il paraît cependant que /organisation de l’exposition en elle-même a été assez défectueuse. On avait, la semaine dernière, des doutes sur /achèvement en temps nécessaire de tous les travaux d’installation auxquels on a procédé par à coup, sans plan défini, et en en éter.dant le cercle et /importance à mesure que l’on était débordé par la multiplicité des envois. La tâche, il est vrai n’était pas facile, si l’on songe qu’entre les présents royaux et princiers, l’on a reçu au Vatican plus de (5,000 caisses de cadeaux, que les chasubles à elles seules étaient au nombre de 40,000, le 15 décembre; les bouteilles de champagne au nombre de 75,000, les calices au nombre de 12,000 etc., etc.
- Les dépenses ont été énormes et se solderont par trois ou quatre millions. Il est vrai que les donations en espèces dépassent assure-t-on 12,000,000.
- L’exposition internationale de Barcelone joue décidément de malheur! Voici que,pour en retarder /organisation, une grève vient de s’y déclarer et deux cents ouvriers ont abandonné les chantiers .
- On assure que /inauguration se fera à 1a. date fixée. Nous ne demandons pas mieux que d’y croire; mais r/est-il pas permis à ceux qui ont suivi l’histoire de cette exposition de rester quelque peu sceptiques?
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- Nous avons précédemment parlé de l’exposition flottante qui s’organise en Espagne, à destination de /Amérique. La Epoca de Madrid a publié à ce sujet un article dont voici la teneur :
- Notre confrère dit qu’une société s’est constituée pour organiser cette exposition, afin de faire connaître directement, dans les Etats américains, les produits espagnols et démontrer qu’ils peuvent, quant à la qualité et aux prix, supporter la comparaison avec ceux des autres nations, sinon les surpasser dans bien des cas. L’expos tion partira prochainement à bord d’un vapeur qui visitera Jes ports principaux de l’Empire du Brésil, des Républiques Argentine, de /Uruguay, du Chili, de la Bolivie, du Pérou et de /Equateur.
- Cette seule indication permet de comprendre /importance d’une pareille entreprise, la première qui soit tentée en Espagne.
- Aussi le gouvernement a-t-il décidé de prêter son appui à /entreprise, à laquelle est également assuré le concours de l’Agriculture, du Commerce et de /Industrie. La Commission organisatrice, dont font partie un grand nombre de notabilités et que préside le comte de Vilana, met tout en œuvre pour que son exposition soit une représentation complète de /activité nationale. Le steamer choisi réunira les meilleures conditions au point de vue de la navigation et de /aménagement spécial. Des installations y seront disposées pour les exposants ou leurs représentants.
- L’exposition sera officiellement et solennellement inaugurée en Espagne, et cérémonie pareille se renouvellera dans chaque port d’escale, en.pré-sence des autorités respectives spécialement invitées, des représentants de l’Espagne et des Chambres de Commerce. L’exposition s’arrêtera le temps nécessaire dans les ports de Rio-de-Janeiro, Montevideo, Buenos-Ayres, Valparaiso, Arica, Callao, Guayaqui! et Panama.
- Les autorités invitées, comme nous l’avons dit plus haut, constitueront avec la Commission officielle, le jury chargé de décerner les récompenses. Un bureau, installé à bord du steamer, recevra sur ses registres les commandes que feront aux producteurs espagnols les commerçants de chaque pays, mentions qui seront accompagnées de tous les renseignements désirables. Toutes les personnes désireuses de concourir par l’envoi de leurs produits à l’Exposition
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- Tunisie
- On prépare à Tunis une grande exposition agricole. Le projet en avait été émis il y a quelque temps déjà, et l’on assure qu’il serait mis à exécution. L’inauguration se ferait dans le courant d’avril, avec le concours officiel et les subventions des Gouvernements français et tunisien, ainsi que de la municipalité.
- Cette exposition serait la première d’une série de manifestations semblables qui se renouvelleraient tous les quatre ans.
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- Suisse
- Depuis /acceptation par le Conseil fédéral de /invitation du Gouvernement français en vue de /exposition de 1889, le Commissariat général helvétique a reçu 529 adhésions, représentant une superficie de 3.000 mètres.
- Ubiqué.
- L’EXPOSITION DE MELBOURNE
- EN 1888
- Le Gouvernement français vient de décider la participation officielle de la France à /exposition internationale séculaire qui doit s’ouvrir à Melbourne (Australie) le i01' août 1888, et a confié les fonctions de commissaire général au consul de France à Melbourne.
- A la suite d’une entente avec le Gouvernement français et le gouvernement de Victoria, le délai pour la production des demandes d’admission présentées par les exposants français a été prorogé du ier janvier au ier mars 1888. Ces demandes devront être adressées le plus tôt possible au ministère du commerce et de l’industrie (direction du personnel et de /enseignement technique, bureau du personnel et du secrétariat, 80, rue de Varen-nes); elles devront être écrites très lisiblement sur des formules spéciales, qui sont déposées au ministère du commerce et de/industrie et qui seront envoyées par la poste aux personnes qui en feront la demande.
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- 922. — Quatrième Année. — N° 1 58.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 18S9
- Dimanche S Janvier 18S8.
- Les industriels français qui auraient déjà adressé directement leurs demandes d’admission soit aux commissaires exécutifs de l’exposition de Melbourne soit à l’agent général du gouvernement de Victoria, à Londres, devront faire parvenir sans retard des duplicata de ces demandes au ministère du commerce et de l’industrie (direction du personnel et de l’enseignement technique, bureau du personnel et du secrétariat, 80, rue de Varennes).
- La .commission préparatoire, en vue de la participation de la France aux diverses expositions internationales, qui doivent avoir lieu en 1888, s’est réunie mercredi matin au ministère du commerce et de l’industrie. La participation officielle de la France à l’Exposition de Melbourne a été décidée à l’unanimité. Un projet de règlement général va être préparé et publié dans le plus bref délai, car la dernière limite pour les envois est le 1e1'avril 1888.
- L’opportunité de cette participation pour nos artistes et nos industriels n’échappera à personne : on n’a pas oublié de quelle importance a été pour le commerce français l’exposition de Melbourne de 1881, ni les succès obtenus par les œuvres d’art, dont les 4/5 ont été achetés par les Australiens.
- Aussi les ministres de l’instruction publique et des beaux-arts, des affaires étrangères, de la marine et des colonies, du commerce et de l’industrie, vont-ils, dès leur entrée, demander aux Chambres des crédits suffisants.
- Toutes les facilités nécessaires seront données pour l’expédition, le transport et l’installation.
- M. Castagnary va s’assurer le concours de nos plus grands peintres et sculpteurs. Il enverra d’ailleurs les dernières acquisitions de l’Etat, ainsi que les produits de nos manufactures natio-tionales.
- De son côté, le président de la Chambre de commerce de Paris s’est porté garant de l’ardeur et du dévouement des principaux industriels qui n’ont à attendre de cette participation que les résultats les plus favorables.
- EXPOSITION DE BRUXELLES
- La chambre de commerce de Paris s’empresse de satisfaire au désir exprimé par M. le ministre du commerce, en avisant le commerce parisien que la date extrême pour la production des demandes d’admission à l’exposition et au concours international de Bruxelles, vient d’être reportée au i5 janvier 1888.
- En raison de la brièveté de ce délai, les intéressés sont invités à produire immédiatement leurs demandes en vue de participations individuelles ou collectives à l’exposition dont il s’agit.
- Ils pourront consulter le règlement général à la chambre de commerce, 2, place de la Bourse, et y déposer leur demandes d’admission.
- UNE EXPOSITION FRANÇAISE
- A SAINT-PÉTERSBOURG
- Fin mars 1888, on inaugurera dans la grande salle des conférences de l’Académie des sciences de Saint-Pétersbourg, une exposition de beaux-arts arrangée par le Comité d’encouragement des sœurs de charité de la Croix-Rouge dans le but d’augmenter les ressources pécuniaires dont il dispose.
- L’exposition sera composée d’œuvres des peintres fr mçais, contemporains. Une partie sera prêtée par les propriétaires de tableaux résidant en Russie et le reste sera envoyé de France par les principaux peintres de ce pays.
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- PARTICIPATION DE LA FRANCE
- ADX EXPOSITIONS INTERNATIONALES EN 1888
- En vue de la participation éventuelle de la France aux diverses expositions internationales qui doivent avoir lieu en 1888, il est institué, sous la présidence du ministre du commerce et de l’industrie, une commission préparatoire comme suit :
- MM. Berger, ancien commissaire général à l’exposition de Melbourne (1880), vice-président.
- Castagnary, directeur des beaux-arts au ministère de l’instruction publique.
- Charmes, directeur du secrétariat au ministère de l’instruction publique.
- Cavery, directeur des affaires commerciales et consulaires au ministère des affaires étrangères.
- David Dautresme, chef du cabinet du ministre du commerce et de l’industrie.
- Ollendorff, directeur du personnel et de l'enseignement technique au ministère du commerce et de l’industrie.
- Poirier, président de la chambre de commerce de Paris.
- contre-amiral Le Timbre, chef d’état-major général du ministre de la marine et des colonies.
- , Secrétaires :
- A
- MM. Baumgart, chef de bureau au ministère de l’instruction publique.
- PaulDelair, commissaire des expositions des beaux-arts.
- Paulet (Georges), chef de bureau au ministère du commerce et de l’industrie.
- Rouché (Jacques), sous-chef du cabinet du ministre du commerce et de l’industrie.
- Paris, le 29 décembre 1887.
- Lucien Dautresme.
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- L’INDUSTRIE SIDÉRURGIQUE
- EN 1886
- L’association des maîtres de forges de Charle-roi vient de publier son rapport général sur la situation de l’industrie sidérurgique en 1886. Ce rapport contient des renseignements très complets que nous résumons.
- En Amérique, l’extension considérable des voies ferrées a continué à développer la production de l’acier tout en augmentant les prix.
- En Europe les prix baissent jusqu’en septembre, moment où l’Amérique vient s’approvisionner surtout en Angleterre et en Allemagne. La France et la Belgique ont moins profité de la demande américaine. La fin de l’année 1886 amenait la hausse et terminait la crise aiguë pendant laquelle les industriels avaient dû s’entendre pour limiter la production.
- En considérant les prix moyens de toute l’année, on trouve que l’exercice 1886 a été pour la sidérurgie plus mauvais encore que le précédent.
- Voici la situation particulière à chaque pays :
- Belgique
- Hauts-Fourneaux
- Fonte Fonte Fonte
- de moulage d’affmage pour acier Total
- 1884.. .. T. 5o,620 547,328 152,804 750,812
- 1885.. .. 75,417 3oy,i37 128,322 712.876
- 1886.. .. 72,994 486,072 i38,o34 097,110
- Le prix de la fonte d’affinage a varié de 3y à 46 francs la tonne ; le prix de la fonte de moulage a varié de 09 à 5y francs.
- Les fontes de moulage du Luxembourg belge ont remplacé les fontes démoulage anglaises. Les premières s’obtenaient à 45 fr. rendues à Liège ou à Charleroi, tandis que les secondes, quand elles n’étaient pas destinées à la réexportation et ne pouvaient par conséquent profiter du drawback revenaient à plus de 50 fr.
- A la fin de l’année il a été question pour la fonte d’un syndicat des hauts-fourneaux de Charleroi et du Luxembourg, mais ce projet n’a pas abouti.
- Dans le Grand-Duché de Luxembourg il s’est formé un syndicat pour la vente des fontes de moulage semblable à celui qui existait déjà poulies fontes d’affinage.
- Laminoirs à fers
- La production des fers finis a été :
- Rails et Tôles Fers divers Total
- 1884............ iu.839 359.201 471.040
- 188 5.......... 103.087 366. 162 469.249
- 1886........... 112.700 357.322 470.022
- Les prix en 1886 ont été :
- Fers n° 1 pour l'exportation.... ... fr. 95 à 97
- F ers n° 1 pour le pays 97 a 100
- Poutrelles 9S à 97
- Cornières I 10 à
- Tôles n° 2 exportation 117 à 127
- Tôles ne 2 polir le pays I 20 à i3o
- Tôles de commerce 16 5 à 100
- Tôles fines 185 à 210
- Une majoration des prix se produisit en juin à la suite d’un syndicat des maîtres de forges de Charleroi et de Liège.
- Les poutrelles en fer des usines belges se vendent en quantités importantes en Angleterre. Le syndicat a le premier janvier 1887 prorogé pour nn terme de six mois.
- Le prix des vieux rails Vignole a été de 70 fr. et celui de la mitraille de fer de 55 fr.
- Le travail fut interrompu par les émeutes sanglantes dont on a gardé le souvenir
- Aciéries
- Leur produit a été :
- Produits fondus, Produits forgé s,
- lingots, etc. rails, tôles, etc.
- 1884 ........... T. 185.916 153.999
- 1885 ........... i55.oi2 125.461
- 1886 .......... 13 9.215 129.418
- On verra àquel point intervient la fabrication de l’acier Thomas par cette statistique de la, quantité d’acier basique fabriqué en Europe pendant les deux dernières années.
- Du ier novembre 1885 Pendant les au3i octobre 1886 12 mois précédents
- Angleterre...... T. 258.466 147.807
- Allemagne.......,1
- Luxembourg...... 883.859 617.514
- Autriche........(
- France.......... 422.711 i3o.582
- Belgique................ 48.595 51.514
- Donc en Belgique la fabrication de l’acier Thomas s’est élevée en 1886 à 35 p. c. de la fabrication totale.
- Les scories du procédé basique contiennent de 3o à 35 p. c. de chaux phosphatée ; elles constituent un excellent engrais pour les terres trop légères: on l’emploie en poudre en remplacement d’hyperphosphates. Une fabrique de ce produit existe à Angleur.
- Le syndicat international pour les rails, constitué au début de 1884, a été rompu en 1886.
- En 1885, le prix moyen des rails était de 110 fr. Il est descendu en 1880 à 100 fr.
- Les éclisses d’acier ont été adjugées à 148 fr. et à 13 5 fr.
- Etats-Unis
- Hauts-Fourneaux
- Production en fonte :
- Aucoke et àla houille
- crue.............T.
- A l’anthracite.....'F.
- Au charbon de bois,T,
- 1884 1885 1886
- 2.544.742 2.675.635 3.414.787
- 1.586.453 1.454.390 1.854.590
- 4.58.613 899.844 412.861
- 4.589.808 4.529.869 5.682.238
- Cette production, qui est huit fois celle de la Belgique, a doublé en moins de dix ans.
- De nouveaux établissements considérables sont en construction, notamment un haut-fourneau monstre pour la firme Jones et Langlings de Pitt-burg. Ce fourneau a 29 mètres de haut et 6in 10 au ventre. Le vent sera lancé par 10 tuyères ; la cheminée d’appel aura plus de 53 mètres. La production pourra dépasser 200 tonnes par 24 heures.
- En 1886 il y avait en feu 137 hauts-fournaux au coke et à la houille crue, i3o à l’anthracite et 59 au charbon de bois.
- Laminoirs à fer. — Les mueck bars de Pittburg valaient en 1886 de 27 a 3i dollars; la mitraille, de 18,5o à20,5o dollars, et les vieux rails de 18,5o à 24 dollars.
- Aciéries
- La production en net tons, valant 2.000 lbs on 907 kilogrammes a été de:
- Lingots Rails
- i885 ’........... 1.701.762 1.074.607
- 18S6............. 2.641.493 1.749.899
- Cette production considérable est due surtout au grand développement des voies ferrées.
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- Quatrième Année. — N° 158.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1SS9.
- Dimanche S Janvier 1888. — 923.
- Les usiniers américains se livrent de ve'ritables luttes; c’est qui à produira le plus. Voici un exemple : les Pennsylvania Steelworks, à Steelton, ont produit en mars 20,862 tonnes d’acier. Les principaux résultats journaliers ont été de 92G, 857, 900 et 854 tonnes. Le 8 mars,_ en 24 heures, il a été laminé 2,812'rails de 56 livres, soit 702 tonnes, avec une perte de temps de 2 heures 5 minutes.
- Au mois d’août 1886, le nombre des aciéries Bessemer s’élevait à 27, avec 58 convertisseurs, et sept usines étaient en construction.
- A la même époque, il y avait 6 aciéries Clapp Griffiths et deux en construction. Elles compteront ensemble 1 3 convertisseurs et pourront produire 200,000 tonnes de lingots.
- Nous devons mentionner aussi 42 aciéries Siemens et 7 en construction, capables de produire 600,000 tonnes.
- La production de l’acier au creuset diminue graduellement et est remplacée par celle de l’acier sur sole. Néanmoins, cette fabrication s’élève à environ 110,000 tonnes.
- L’acier Bessemer seit principalement à la fabrication des rails, mais en partie aussi à celle de tôles d’acier, de clous, de billettes, de machines, de verges à tréfiler, etc.
- L’acier Clapp Griffiths est employé surtout pour tôles à clous, verges à tréfiler, mais il commence aussi à remplacer le fer dans plusieurs autres applications.
- L’acier sur sole a la préférence pour les chaudières, les boîtes à feu des locomotives, les machines agricoles, etc., tandis que l’acier au creuset sert principalement à la fabrication des outils et reste recherché pour cet usage spécial.
- Depuis 1885 les producteurs de rails sont en syndicat.
- Rappelons enfin que le Bureau des brevets annula le brevet Thomas Gilchrist et donna la priorité de l’invention de la déphosphoration à M. Jacob Reese. Faisons remarquera ce sujet que toutes les aciéries américaines emploient le procédé acide, et que, jusqu’à présent, aucune n’a essayé le convertisseur basique.
- année, à cause des grandes quantités de tôles et de cornières qu’on y fabrique actuellement poulies chantiers navals. Pour tout le pays, ces spécialités entrent pour près de 36 p. c. dans la production totale d’acier sur sole.
- Le tableau suivant donne le détail par districts des nombres de fours en activité et de ceux hors feu, avec la production en regard:
- Fours Production
- à feu hors feu en 1886
- Ecosse 5o 17 T. 244.900
- Sud du Pays de Galles.... 52 44 1 9.1.5oo
- Cleveland 28 6 123.100
- Lancashire, etc I 0 I 22.750
- Sheffield l7 [ 2 39 5oo
- Autres districts 3o I I 68.400
- Total.. 187 51 T. 694.i5o
- Voici encore la comparaison entre la produc-on d’acier Bessemer et la production d’acier sur
- sole : Bessemer Sus sole Pourcentage Total Acier sur sole
- 1884... T. i.Soo.ooo 475 000 1.775.000 V
- 1886... 1.304.000 584.000 1.888.000 3o
- 1886... 1.570.000 694.000 2.264.000 3o
- La rupture du syndicat amena une diminution des prix. Les Anglais et les Belges attaquèrent alors la concurrence allemande et lui firent baisser ses prix.
- I. Écosse . — Hauts-Fourneaux
- La production de la fonte a été :
- 1884 .............. T. 988.000
- 1885 .............. i.oo3.56'2
- 1886 .............. 935.801
- Les hauts fourneaux en activité diminuent. Les marques de fonte d’Ecosse : Coltners, Gartsherrie, Summerlée, Glengarnock, Shotts, ont varié de 42 à 49 sh.
- France
- Leur concurrent est surtout le Grand-Duché de Luxembourg où un syndicat de vente a été formé.
- Laminoirs à fers
- Les tréfîleries, les grosses têtes et les barres ont constitué trois syndicats. Un quatrième a groupé les fabricants de poutrelles. Ces syndicats se basent ou sur la réglementation de la production avec prix, libres, ou sur la réglementation de la production avec concentration des produits des usines syndiquées sous une direction unique.
- Aciéries
- Il s’est établi une convention entre les aciéries allemandes et anglaises d’après laquelle les usines de ce pays devaient s’abstenir de se faire la concurrence sur leurs propres marchés. Semblable convention fut également conclue avec les aciéries belges. Celle-ci devait durer jusqu’au ter août.
- Le prix de M. 120 se maintint donc en Allemagne pour les adjudications qui eurent lieu en juin.'
- A l’expiration des susdites conventions, Cocke-rill fit baisser les rails pour l’intérieur de l’Allemagne successivement de M. 120 à M. io5 aux usines et même à moins.
- Le prix minimum de la dernière adjudication de l’année, qui eut lieu à Elberfeld, était de M. 118-70 livraison aux usines et dépassait donc notablement celui des adjudications précédentes.
- Pendant les deux ou trois derniers mois de l’année, le marché de l’acier s’était considérablement amélioré par suite des demandes très suivies pour les Etats-Unis. De l’acier fondu, des fils et des verges d’acier, des blooms, etc., furent enlevés en grande quantité, ce qui détermina une hausse très sensibles sur ces produits.
- LES LIVRES
- Royaume-Uni
- Hauts Fourneaux
- I. Cleveland. — Hauts-Fourneaux Production :
- 18S4..........,. 2 484.340 tonnes
- 188 5......... 2.458.880 —
- 1886.......... 2.406.276 —
- Il y avait 98 hauts-fourneaux à feu sur 156. Dans ce nombre 85 en fonte Cleveland et 53 en fonte hématite, spiegel ou basique.
- Le Cleveland occupe le premier rang comme producteur de fonte dans le Royaume-Uni.
- La production de tout le pays est:
- Production :
- 1885 1886
- Affinage..., T. 1.258.348 1.196.553
- Moulage.... 370.597 311.287
- Total. 1.628.941 1.507.85o
- Le département de Meurthe-et-Moselle, qui comprend les deux groupes de Longwy et de Nancy, et qui est le principal producteur de fonte en France, n’a eu que 33 hauts fourneaux à feu sur 53.
- Laminoirs à fers
- x884.>............. 7.528.966 tonnes
- 1885 ............. 7.250.657 —
- 1886 ............. 6.870.065 —
- Depuis 1882, -le nombre des hauts-fourneaux diminue tous les ans.
- En 1886, il y avait 25q hauts fourneaux en fonte ordinaire, q3 en fonte hématite, 11 en fonte Spiegel, et 10 en'fonte Thomas.
- Fourn. Fourn. en activité' construits
- Ecosse........................... 7A
- Cleveland........ ............- 68
- South Staffordshire.............. 28
- South Nales...................... 34
- Cumberland ..,....................*9
- I.ancashire........ ............. 29
- Derbyshire et Nottinglanshire... 21
- Durlam et Northumberland...... i5
- 141 109 100 127 53
- 48
- 54
- 48
- Les maîtres de forge de Cleveland se sont entendus pour réduire la production de 20 p. c. Les salaires ont été réduits de 10 p. c.
- Royaume-Uni
- Aciéries
- 188 5 1886
- Rails....... T. 4-479 9TO
- Fers marchands. 5cô,525 665.608
- Tùlcs....... 102.196 100.696
- Total. ' 782.431 767.214
- Dans les Ardennes et dans la Haute-Marne les prix ont varié de 12 à 14 francs.
- Aciéries
- La production a été :
- 1885 1886
- Rails........ T. 355.55o 252-933
- Fers marchands. 152.459 166-773
- Tôles........ 45.83o 47-20Q
- Total. 553.879 466.910
- A la rupture du syndicat international, les aciers diminuèrent de prix et la plupart des établissements firent des pertes.
- Le Creuzot abandonna la fabrication des rails pour se consacrer au matériel de guerre. Le Centre ne pouvait plus lutter avec le Nord et l’Est.
- La production de tout le royaume a été:
- Allemagne
- i88.|.
- 1885.
- 1886.
- Lingots Acier fini Rails
- T. 1.299.676 1.247.091 1.570.520
- 1.775.000 784.968 1.888.000 671.583 2.264.000 800.343
- La fabrication de l’acier sur sole prend de plus en plus d’extension. Elle a été de :
- 1884.................. T. 475.018
- 188 5................. 583.918
- 1886.................. 694.150
- En deux années, la production a donc été presque doublée.
- C’est l’Ecosse qui tient la tête pour cette fabrication. Viennent ensuite le sud du pays de Galles et le Cleveland. Dans ce dernier district, le progrès a surtout été très considérable depuis une
- Hauts fourneaux
- Production :
- 1884 ............ T. 3.662.726
- 1885 .......... ... 3.652.634
- 1886 ............ 3.339.8o3
- La diminution de 1886 est la première qui se produit. Depuis i855, la production avait toujours augmenté.
- La production de 1886 comprend :
- Fonte d'affinage et spiegel.... T. 1.696.839
- Fonte Bessemer et Thomas....... 1.261.606
- Fonte de moulage................ 381.358
- Dusseldorf et la Haute-Silésie sont les principaux producteurs.
- CXXXIX
- Alphonse Daudet. — Trente ans de Paris {1).
- Tout ce qui touche à la vie, au caractère, aux débuts des hommes célèbres, aux influences d’origine et de milieu qu’ils ont subies, à la genèse de leurs œuvres, trouve un public curieux, attentif et sympathique. Il est agréable de savoir comment est fait physiquement et moralement notre auteur favori, d’où il est, quel visage il a, quelles sont ses habitudes, ses relations, s’il est riche, s’il est heureux, s’il est marié ou célibataire, etc. C’est à cette curiosité, qui n’est pas exclusivement frivole, que répondent les biographies, et surtoutles Mémoires auto-biograph-iques, ceux où l’auteur, avec plus ou moins de modestie, fait à ses lecteurs, en confidences plus ou moins romancées, en aveux plus ou moins sincères, les honneurs de lui-même.
- C’est le cas de M. Alphonse Daudet romancier célèbre, chef de groupe, sinon chef d’école, car il n’est peut-être qu’un in itateur original, dont quelques œuvres ont eu un succès retentissant, dont la réputation est grande en France, encore plus grande à l’étranger, sans qu’il ait jamais touché à la popularité. Son talent est trop fin, trop habile, trop artiste, trop peu d’une pièce, de trop peu d’haleine pour les coups de surprise brutale et les effets grossiers et la grosse rouerie, et la grosse gloire de Zola. De plus, il faut lui rendre cette justice qu’il se ménage avec une grande sagesse et une juste fierté ; qu’il va peu dans le monde et préfère vivre en famille au milieu d’un groupe ami, dans la douce et chaude pénombre d’une existence intime, rarement dévoilée pour le public.
- Par tous ces motifs, les souvenirs d’Alphonse Daudet sur lui et son groupe ne sauraient avoir l’étoffe, l’envergure, le brillant, le fantasque, le théâtral des Mémoires écrits par Alexandre Dumas, ou qu’aurait pu écrire Balzac.
- L’ouvrage, ces réserves faites, sur son air un peu étriqué et son caractère de mosaïque, car il se compose de fragments de Mémoires, dont l’unité réside surtout dans ce sens qu’ils s’appliquent au
- (1) Lorsque nous achetons les ouvrages dont nous parlons, ce qui nous arrive assez souvent, et ce dont nous ne nous plaignons point, la disgrâce de quelques libraires étant un hommage à l'indépendance de nos jugements, nous trouvons cependant inutile de faire une réclame à l'éditeur et nous nous abstenons de le nommer.
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- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 8 Janvier 1888.
- développement d’une seule personnalité, envoyés aux Revues russes ou américaines , l’ouvrage, disons-nous, n’est guère que d’un intérêt anecdotique, mais cet intérêt existe et parfois sollicite notre gourmandise de dilettante par des détails d’une saveur assez piquante.
- Nous allons d’abord dire ce qu’on trouvera dans le volume. Nous dirons ensuite ce qu’on n’y trouvera pas. On y trouvera l’arrivée à Paris, les rapports avec Villemessant et l’histoire de ce premier habit qui joue un si grand rôle dans la vie de tous les débutants en tout genre. On y trouvera l’histoire du tambourinaire Buisson et de son four tragi-comique sous un ciel qui n’est pas clément aux cigales humaines comme le ciel provençal. On y trouvera quelques détails sur les salons littéraires à Paris, au temps où débutait l’auteur: le salon de Mme Ancelot le salon de Mrae Mélanie Waldor, le salon de l’Arsenal, déchu de Charles Nodier à Eugène Loudun. On y trouvera une curieuse étude sur Henri Rochefort. On y trouvera enfin, et c’est là qu’est la véritable originalité du yolume, l’histoire, la genèse de certains de ses ouvrages par un romancier dont la caractéristique est l’impression étonnamment juste, implacablement exacte du détail des gens et des choses, d’une vue moins ouverte, d’une observation moins pénétrante quand il s’agit des ensembles, des foules, de la synthèse philosophique d’un sujet. C’est ainsi que l’auteur du Petit Chose, de Tartarin de Tarascon, des Lettres de mon moulin, de Jack, de Fromont jeune et Risler aîné nous raconte, et à ce récit nous prenons un plaisir extrême, comment ces livres sont nés, ont été conçus, ont été portés par une gestation plus ou moins longue dans son cerveau et dans son cœur. Ce qu’on ne trouvera pas dans l’ouvrage, c’est l’histoire des livres les plus hardis, les plus militants, les plus intéressants de l’auteur ; Le Nabab, Numa Roumestan, Y Evangéliste, les Rois en exil, Saplio.
- L’auteur a réservé sans doute pour une série postérieure ses confidences sur ces ouvrages qui n’occupent pas le moindre rang dans son œuvre-En attendant, sur ce point notre curiosité sera déçue, et ne sera que médiocrement satisfaite par l’étude sur lafin d’un pitre et la Bohême de Miirger, sur Henry Monnier et sur Tourgueneff, ou par l’histoire de la première pièce. Chemin faisant nous glanerons des anecdotes d’un comique amer ou d’une leçon morale bien inattendue. Par exemple, nous apprendrons à la fin d’un amusant épisode, consacré à cet étonnant et presque fantastique ménage de Piiilogène Boyer, que nous avons vu jadis courir les bibliothèques, le mari avec son habit noir râpé et ses longs cheveux d’une blancheur précoce, la femme avec l’allure résignée d’une institutrice copiste, que la veuve inconsolable de l’auteur de ce fameux livre sur Shakespeare, qui ne fut jamais écrit, tant il fut longuement et laborieusement préparé, pourvue d’un petit bureau de poste, a fini par épouser son facteur.
- Nous apprendrons aussi que moins heureux avec Tourgueneff qu’avec Dickens, qui professait une admiration paternelle pour l’auteur du Petit Chose qui se défend de l’avoir jamais imité, et même de l’avoir beaucoup lu, M. Alphonse Daudet a eu la cruelle désillusion, en lisant les souvenirs posthumes du grand romancier russe, de se voir vilipendé par celui qu’il considérait comme un de ses meilleurs maîtres et amis. Tourgueneff, tout Slave qu’il fut, avait le secret mépris et la secrète-haine de ceux de ses disciples qui devaient le faire oublier. Cet oncle littéraire ne s’est pas montré tendre, paraît-il, envers ses héritiers.
- L’ouvrage est illustré de ces gravures qui ressemblent à de la photogravure, dont le velouté est parfois agréable, parfois désagréablement flou, qu’a mises à la mode de la librairie de luxe économique le procédé, non toujours heureux, de MM. Guillaume et Cie.
- M. de Lescure.
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- LES THÉÂTRES
- Nous n’en avons pas encore fini avec les revues de fin d’année. Le théâtre Déjazet vient de représenter Une Etoile , S. V. P., de MM. Maurice Bou-char et Jules Oudot.
- Une étoile, S. V. P. est une œuvre d’amateurs i — cela se voit de reste — bonne pour être jouée ! un soir 'devant un public de gens du monde. Ce 1 n’est ni la revue « bon enfant » de Cluny, ni la j maîtresse-revue des Folies-Dramatiques : à Dé-j jazet, où elle n’est guère à sa place, et fortement ; expurgée par la censure, elle peut encore attirer [ un public d’amis et de gommeux déjà venus à l’Hôtel Continental, mais elle n’est pas faite pour porter sur les habitués de l’endroit : bref, nous craignons une reprise des Femmes collantes.
- Est-ce à dire pour cela qu’il n’y ait rien, absolument rien, dans ces trois actes ? Il y a quelques bons couplets passablement chantés.
- M. Paravey a pris possession du théâtre de l’Opéra-Comique.
- La nouvelle administration est composée ainsi qu’il suit :
- M. Paravey, directeur;
- M. Gandrey, administrateur ;
- M. -Robert Kemp, ancien secrétaire général du Théâtre Italien et notre confrère, secrétaire général ;
- M. Emile Max, ex-secrétaire général du théâtre des Nations et de l’Ecfen-Théâtre, qui a fait représenter plusieurs pièces applaudies, secrétaire de la direction ;
- M. Durrant, caissier.
- M. Gandrey, le nouvel administrateur de l’Opéra-Comique, a trente-huit ans. Il laisse à Nevers, sa ville natale, où il est conseiller municipal, en passe de devenir maire, une position politique et commerciale considérable pour venir diriger l’administration de son ancien camarade de classe M. Paravey. M. Grandreyest capitaine démissionnaire de l’armée territoriale et président de la Société de Nevers qu’il a fondée.
- Il s’est toujours occupé d’arts et de théâtre. Il a dirigé la première compagnie d’artistes de la Comédie-Française qui est allée jouer à la Monnaie de Bruxelles.
- Il a fait représenter, tant à Bruxelles qu’à Londres, et en Italie, diverses œuvres lyriques, notamment à Bologne Flora Mac-Donald, opéra en cinq actes, en collaboration avec M. Armand Sil-vestre. .
- M. Gandrey collabore, en outre, à un ballet intitulé Gallia, avec M. Paul Milliet, ballet qui sera terminé pour l’année de l’Exposition et dans lequel figureront les principaux épisodes de l’histoire de France jusqu’en 1889.
- M. Gandrey appartient à la presse départementale.
- Mlle Arnoldson aura fini le i5 janvier son engagement à TOpéra-Comique.
- Le Journal officiel vient de publier la promotion de M. Massenet (Jules-Emile-Frédéric) membre de l'Institut, au grade d’officier de la Légion d’honneur.
- Nous applaudissons de tout cœur à cette distinction si justement méritée.
- Bien que l’on ne répète rien encore à l’Ambigu à cause du succès de Sandorf, il est plus que probable qu’on va mettre à l’étude, ces jours-ci, la pièce qui doit succéder à l’ouvrage de MM. William Busnach' et Georges Maurens.
- Le Décoré, la comédie nouvelle de M. H. Meilhac, va entrer très prochainement en répétition au théâtre des Variétés. Mlle Réjane, qui a signé définitivement avec M. Bertrand, débutera dans cette pièce sur la scène du boulevard Montmartre.
- M. Paul Burani a lu, hier, à M. Brasseur, le livret de son nouvel opéra-comique en trois actes, le Fils de Figaro, dont la musique sera écrite en collaboration par MM. Serpette et Laconie.
- Le premier grand bal masqué de l’Opéra est fixé aü samedi 14 janvier. Les abonnés et les grands cercles de Paris se sont déjà fait inscrire au bureau de location, pour retenir leurs loges. D’autre part, un grand nombre de jolies actrices, qui, jusqu’à présent, délaissaient les bals de l’Opéra, réclament des invitations et se préparent à danser. Tout fait donc présager une brillante inauguration du carnaval de 1888.
- Comme les années précédentes, Arban dirigera l’orchestre de la salle de bal, et Broustet celui de l’avant foyer.
- LE BON MARCHÉ
- Exposition de JmiN d’Jîiver
- SOLDES ET OCCASIONS
- Nos lecteurs savent avec quelle générosité Mme Boucicaut a su récompenser ses fidèles collaborateurs et tous les employés de sa maison de commerce.
- Le testament de cette femme de cœur est une œuvre de haute élévation de sentiments et d’union, car Mme Boucicaut a également fait participer à sa générosité les pauvres de Paris, ceux de son pays et les compatriotes de son mari, Aristide Boucicaut, le créateur de la maison du Bon Marché, les églises catholiques, protestantes et juives, aussi bien que les associations artistiques, etc. etc. Son legs à l’assistance publique assure la perpétuité d’un nom si honorable. En partageant une partie de sa fortune entre les membres de la Société du Bon Marché elle a permis à la maison fondée par son mari et amenée à un si haut degré de prospérité, grâce à des traditions de loyauté toujours suivies, de se placer hors de pair et de poursuivre ses éclatants succès.
- La clientèle du Bon Marché a pu souvent appréciera les efforts soutenus tentés pour la satisfaire.
- Nous disions, il y a quelques semaines, les merveilles réunies dans les magasins de la rue du Bac pour la fin de l’année 188T et pour les étrennes de la nouvelle année.
- Aujourd’hui une autre exposition se prépare non moins brillante et destinée à une complète et légitime réussite.
- Fidèle à la tradition, l’ancienne maison Boucicaut, devenue aujourd’hui Plassard et Cie, tient à offrir à sa clientèle, à des prix extraordinairement réduits, les objets les plus variés, les plus utiles et la brillante attraction de l’exposition du 9 janvier prochain sera la mise én vente des nombreuses occasions et des soldes réunis parle Bon Marché. Les coupons de toutes sortes, les objets confectionnés avec le goût exquis de la Maison feront la joie des dames et la large diminution faite sur ces articles de nouveautés est un sûr garant du succès de cette nouvelle exposition.
- Les étoffes et les objets confectionnés rassemblés dans les divers et nombreux comptoirs du Bon Marché se caractérisent par la plus exquise harmonie : jamais visite plus utile ne saurait être indiquée à la clientèle fidèle delà maison Boucicaut.
- Baille.
- Le Gérant, GARREAU,
- Tours. — lmp. E. ARRAULT et Cie, rue da la Préfecture, 6
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- I
- Le Moniteur
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- L'EXPOSITION DE i
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
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- QUATRIEME ANNEE.
- Dimanche 15 Janvier 1888.
- NUMÉRO 15g.
- SOMMAIRE :
- j.M. le Président de la République au Champ-de-Mars ; 2. Exposition de 1889 : Congrès et conférences; 3. La Ville de Paris à l'Exposition de 1889; 4. Les commissions pour l’exposition de 1889; 5. Nominations ; 6, I/Exposiüon universelle de 1889 et les pays étrangers; 7. Les Comités étrangers pour l’Exposition de" 1889 ; 8. L’Exposition de 1889 ; 9. Le pavillon de la Presse à l’Exposition de 1889; 10. L’Exposition permanente des Colonies ; n. Echos; 12. L’Exposition de Melbourne; i3. Les Livres ; 14. Les Théâtres ; i5. Dernière heure : Réunion de la grande Commission de l’Exposition
- M. LE PRESIDENT DE U RËPDBLIQDE
- AU CHAMP-DE-MARS
- Le Champ-de-Mars et ses annexes présentaient lundi dernier unê animation plus grande que celle qui y règne ordinairement et tout le monde attendait l’heure de la venue du Président de la République. Ces visites officielles sont un peu semblables aux tournées d’un général dans un régiment ; le visiteur est censé arriver à l’improviste, mais on l’attend depuis longtemps et tout est disposé à l’avance pour le recevoir : dans la plupart des cas cette préparation d’une visite, qui devrait être imprévue, a pour but de masquer certains petits détails, incontestablement utiles mais un peu choquants dans un coup d’œil d’ensemble ; ici on n’a pas à invoquer ce prétexte, car tout fonctionne avec la plus parfaite régularité; cependant l’avis préalable de la visite n’en est pas moins nécessaire, il permet aux chefs de sercice et aux intéressés, dont la présence est indispensable, de s’arranger de manière à se trouver là lors de l’arrivée du visiteur.
- Donc lundi, M. Carnot, accompagné du colonel Favet.arriva vers deux heures au pavillon de la direction des travaux, avenue de la Bourdonnais ; M. Dautresme, ministre du commerce, attendait le président dans le vestibule en compagnie des trois directeurs, MM. Alphand, G. Berger et Grisou, et de leurs secrétaires, MM. de Mallevoue, rhurneyssen. L. Savoye.
- La présentation du personnel fut faite par le ministre qui prononça la petite allocution suivante ayant le double mérite d’être courte et bonne :
- Monsieur le Président,
- J’ai l’honneur de vous présenter messieurs les directeurs de l’Exposition, vous les connaissez déjà ; M. Alphand dirige depuis longtemps les travaux de Paris, et il n’y a pas un coin de cette grande ville qui ne porte en quelque sorte sa griffe. Ce qu’il a fait nous permet d’attendre de lui des merveilles.
- M. Berger a pris une part considérable et remarquée à l’organisation de toutes les Expositions qui ont eu lieu depuis trente ans, l’expérience qu’il a acquise nous est un sûr garant de succès.
- Quant à M. Grisou, qui dirige nos services financiers, il est resté de longues années à la tête de la comptabilité du ministère du commerce et ce serait un impitoyable modérateur si, tous ici, nous n’avions la volonté bien arrêtée de ne pas dépasser les crédits qui nous ont été alloués par les Chambres
- A côté de MM. les directeurs et sous leurs ordres,nous avons en première ligne des ingénieurs, les uns sortent de l’école polytechnique, et personne mieux que vous ne sait ce qu’ils valent, les autres viennent de l’Ecole centrale et n’apportent dans l’accomplissement de leur tâche ni moins de dévouement ni moins de science. Au milieu de nous enfin, nous comptons d’habiles sculpteurs et
- j d’éminents architectes. Parmi ces derniers, je n’en I veux citer qu’un seul, mais dont le nom est illustre, je parle de M. Charles Garnier.
- C’est parce que nous possédons de pareils collaborateurs que notre œuvre est arrivée à l’état d’avancement que vous allez constater; c’est pourquoi aussi je ne crains pas d’affirmer dès à présent que l’Exposition de 1889 fera honneur à la France, à la République et à votre Présidence.
- M. le Président de la République a répondu :
- Monsieur le ministre,
- Je suis trop heureux de pouvoir m’associer aux éloges que vous avez adressés à vos collaborateurs, et dont j’ai apprécié les mérites depuis longtemps. Je suis certain à l’avance que nous réaliserons cette grande œuvre qui sera digne de la France. L’exposition a été ma première préoccupation lorsque j’ai ôté appelé à la présidence de la République et j’ai manifesté mes sentiments dans le Message que j’ai adressé aux Chambres.
- Après cet échange de politesses, et afin de ne pas perdre en longues phrases un temps assez parcimonieusement mesuré, M. Alphand, encore plus concis que ne l’avait été M.Dautresme, se contenta de prononcer les quelques paroles suivantes :
- M. le Président, je ne vous ferai pas de discours. Vous ôtes ingénieur. .Je vous montrerai mes plans.
- Le directeur des travaux conduisit M. Carnot et lui soumit tous ses projets avec les plans, dessins et épures qui les constituent. Evidemment la plupart de ces questions étaient familières au Président, non seulement en sa qualité d’ingénieur, mais encore comme ex-membre de la section de l’Exposition concernant l’histoire rétrospective du travail; néanmoins, il prit un grand intérêt à tout ce qui lui fut montré, s’occupant aussi du côté financier de l’entreprise et constatant avec plaisir que les détails imprévus qui proviendront n’apporteront aucun trouble dans le fonctionnement général puisque, contrairement à ce qui arrive d’ordinaire, les dépenses sont constamment inférieures aux prévisions.
- La v isite des bureaux étant terminée, on commença sur les chantiers l’inspection, précédée de la présentation des divers chefs d’emploi par leur directeur respectif. Cette formalité, accompagnée de quelques discours, prit un certain temps et l’heure était déjà avancée quand le cortège se mit en marche sous les galeries du palais des industries diverses, seul endroit où, grâce aux toitures presque entièrement posées, il soit possible de circuler sans craindre de s’enliser complètement.
- A l’instant précis où le Président de la République quittait la petite tente, décrite précédemment, qui avait servi de salon de réception, tout le monde fut surpris par une série de détonations dont la cause restait inconnue. Renseignements pris, ces bruyantes explosions provenaient de coups de mine tirés dans le jardin central, par les entrepreneurs désireux de célébrer, au moyen de ces engins pacifiques, véritables canons de l'armée des travailleurs, la visite de M. Carnot à qui cette manifestation ne parut pas déplaire.
- L’extrémité des galeries étant atteinte, on arriva en vue du terrain où s’élèvera le palais des machines Là. tout le monde fit halte pour permettre au Président d’écouter les explications données sur cette future merveille et de se rendre compte, par l'étendue de l’espace réservé, de
- l’importance extraordinaire de ce bâtiment dont les énormes fondations, à fleur de terre, attirent beaucoup l’attention des visiteurs.
- Il s’agit maintenant de se rendre dans les autres parties du Champ-de-Mars ; en été, par un beau temps, c’eût été une assez agréable promenade, mais en ce moment il n’y fallait pas songer car le terrain n’est qu’un vaste marécage dont on ne se tirerait pas sans peine. Cet inconvénient avait été prévu et on y avait obvié en préparant un train spécial circulant sur les lignes ferrées installées depuis longtemps dans toute la longueur de l’Exposition. Tout le monde monta en wagon ; on se rendit d'abord à l’emplacement qu’occupera le palais des arts libéraux, seulement esquissé, à l’heure présente, par quelques fondations, puis de là au chantier de la tour où le ministre présenta à M. Carnot, M. Eiffel ainsi que MM. Gobert, Kœchlin, Salles, Monguier.
- L’auteur de cette formidable entreprise répondit avec une précision complète aux très nombreuses questions que ne cesse de lui poser le Président, relativement surtout aux délais d’exécution ; l’éminent constructeur, avec l’assurance que lui donnent ses nombreux et remarquables travaux toujours menés à bien, réitère la promesse, déjà faite plusieurs fois, d’arriver à mi-hauteur le 14 juillet et d'avoir terminé ses constructions à la .fin de i8$8 : cette partie de la visite officielle a été particulièrement intéressante etM. Carnot a dû regretter que le manque de temps ne lui permît pas de monter au premier étage de la tour pour voir de près ces assemblages placés trop haut pour qu’il fût possible d’en apprécier toute l’ingéniosité.
- La visite s’est terminée au pavillon de l'exploitation où M. Georges Berger prononça l’allocution que nous reproduisons :
- Monsieur le Président,
- Nous sommes honorés et heureux de vous recevoir ici, où vous êtes venu naguère collaborer1 comme membre de nos comités aux préparatifs de la grande œuvre de 1889.
- J'ai l’honneur de vous présenter mes chefs de services et mon personnel. Vous voyez également devant vous les membres, vos anciens collègues, de la 4e section de l’Exposition de l’histoire du travail, qui ont tenu à venir vous offrir leurs hommages.
- Cette grande maison de bois est devenue une sorte d’Académie encyclopédique où s’étudient, par des discussions orales et une correspondance ininterrompue, toute les hautes questions techniques, scientifiques, industrielles, artistiques et sociales qui intéressent le travail universel. On fait de tout ici, sauf de la politique, et j'ose dire que c’est pour ce motif que nous arriverons à célébrer dignement et libéralement, c’est-à-dire avec le concours de tous les Français et de beaucoup d’étrangers réunis dans un meme sentiment de concorde et d'amour du progrès, l’anniversaire de 1789.
- Depuis quelques semaines, le succès de l’Exposition s’affirme de tous côtés et, à moins d’obstacles que nous ne voulons ni ne pouvons prévoir, Aypus ouvrirez en 1889 une Exposition digne du Immonde civilisé, digne de la France et de la République que vous représentez avec tant d'honneur.
- M. Carnot répondit par quelques paroles de félicitation, puis après avoir suivi, à l’aide de plans spéciaux, les explications données par le Directeur de l’exploitation sur le mécanisme de l’installation générale, le président de la République se rendit un instant dans la section
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- (J2Ô. — Quatrième Année. — N° i5o.
- LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche i? Janvier 1888,
- dont il était membre avant son élection et regagna enfin sa voiture, vers quatre heures, non sans avoir, encore une fois, remercié tous les organisateurs de l’Exposition.
- N’oublions pas de mentionner le très vif succès obtenu par le jardin central que le cortège officiel a traversé pour se rendre de la tour au pavillon de l’exploitation ; les grandes lignes de cette magnifique promenade étaient suffisamment esquissées pour qu’il fût facile de se rendre compte de l’aspect merveilleux qu’elle offrira ; de plus, le parcours avait été rendu agréable grâce à une épaisse couche de sable sec que, d'après les indications de M. Alphand, M. Léon, ingénieur des travaux, avait eu soin de faire répandre sur les chemins encore très peu praticables en temps normal.
- II. de Baecker.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE
- DE 1889
- CONGRÈS ET CONFÉRENCES
- RÈGLEAIENT GÉNÉRAL
- I. — DISPOSITIONS GÉNÉRALES
- Art. icr. — Les congrès et confeTences organisés sous la surveillance de la commission supérieure pour avoir lieu pendant la durée de l’Exposition de 1889 sont placés sous le patronage du gouvernement français. Ce patronage ne peut en aucune façon engager l’administration quant aux opinions émises ou aux résolutions formulées.
- Les sujets religieux et politiques sont formellement interdits.
- Art. 2. — Toutes les communications relatives aux congrès et conférences de l’Exposition de 1889 doivent être adressées à M. le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général (Direction générale de l’exploitation. Congrès et conférences).
- Art. 3. — La surveillance générale des salles des congrès et conférences appartient à l’administration supérieure, à laquelle un certain nombre de places seront réservées sur sa demande.
- Art. 4. — Les membres de la commission supérieure, instituée par arreté en date du 2 août 1887, auront leurs libres entrées à tous les congrès et à toutes les conférences. Ils ne pourront prendre part aux délibérations d’un congrès qu’en qualité d’adhérents.
- Art. 5. — La commission supérieure assure et surveille la publication des résumés des conférences et des actes des congrès. Elle statue sur les réductions qu’il y aurait lieu de faire subir aux manuscrits qui lui sont remis, après avoir pris l’avis du comité compétent ; le bureau du congrès auquel se rattachent les manuscrits sera entendu sur ces réductions.
- Art. 6. — La commission supérieure est chargée de rédiger les instructions destinées à assurer l’application du présent règlement.
- Art. 7. — Tout incident non prévu par le présent règlement sera soumis à la commission supérieure qui statuera.
- II. — CONGRÈS
- Art. 8. — Des comités spéciaux seront saisis des demandes de congrès qui seront adressées à l’administration et auront à donner leur avis sur ces demandes, sur lesquelles la commission supérieure statuera, sauf approbation du ministre.
- Ils auront, en outre, à dresser une nomenclature des congrès qu’il leur paraîtrait utile de provoquer; cette nomenclature sera soumise à l’approbation de AI. le ministre du commerce et de l’industrie, après avis de la commission supérieure. '
- Art. 9. — Toute demande tendant à obtenir qu’un congrès fasse partie de la série des congrès de l’Exposition de 1889 devra indiquer son programme général et le but qu’il se propose d’atteindre.
- Elle devra faire connaître le nom des promoteurs du congrès et spécifier si le congrès fait suite plus ou moins directement à des congrès antérieurs.
- Art. 10. — Les congrès s’organiseront et s’administreront eux-mêmes,|en se conformant aux conditions d’ordre général déterminées par le présent règlement. A cet effet, il sera institué pour chaque congrès une commission d’organisation qui aura la charge d'en préparer les travaux et qui le représentera auprès de l'administration.
- Art. 11. — Les congrès qui sont la suite de congrès antérieurs pourront être autorisés à faire partie de la série des congrès de l’Exposition de 1889, en conservant intégralement l’organisation qu’ils possèdent (1).
- Art. 12. — Les comités spéciaux sont autorisés, sous le contrôle de la commission supérieure, à se concerter sur les programmes avec les bureaux des congrès permanents qui, tout en se réunissant à Paris, en 1889, demeureraient indépendants de l’Exposition.
- Art. i3. — Sauf les cas spécifiés à l’article 11, les commissions d’organisation seront nommées par M. le ministre du commerce et de l’industrie, .sur la proposition des comités spéciaux, après avis de la commission supérieure.
- Dans le cas où une demande de congrès adressée par un groupe de personnes aurait été acceptée, il sera réservé dans la commission d’organisation une part au promoteur du congrès.
- Art. 14. — Les commissions d’organisation auront à soumettre à bref délai à l’administration le programme des questions soumises aux délibérations des congrès, l’indication des sujets qui devront faire l’objet de rapports préparés à l’avance et les noms des rapporteurs qui auront été désignés. Elles auront à fournir l’indication du nombre présumé des séances, de l’époque proposée pour la tenue du congrès, et des locaux demandés pour les réunions.
- Il sera statué définitivement par la commission supérieure, surle rapport du comité spécial compétent.
- Art. i5.— Les congrès auront lieu dans des salles^ situées dans l’enceinte de l’Exposition.
- Art. 16. Les cartes de membre d’un congrès ne dispenseront pas d’acquitter le droit d’entrée à l’Exposition.
- Art. 17.— Les délégués étrangers pourront être accrédités par leurs gouvernements respectifs pour suivre les travaux des congrès.
- Art. iS. — Les adhérents à un congrès et les délégués des administrations publiques françaises et des gouvernements étrangers pourront seuls présenter des travaux en séance et prendre part aux discussions et délibérations. Ils recevront une carte personnelle, qui leur sera délivrée par les soins de la commission d’organisation ; ces cartes recevront l’estampille du commissariat général.
- Il pourra être décidé pour chaque congrès que le public sera admis à assister à une ou plusieurs séances, qui devront être désignées à l’avance.
- Art. 19.— Il sera publié,. aux frais de l’administration, un recueil des procès-verbaux sommaires des séances des congrès. Chaque commission d’organisation recevra, sur sa demande, des exemplaires des procès-verbaux relatifs au . congrès qu’elle représente ; le nombre qui pourra lui être attribué gratuitement sera, au plus, supérieur de 100 au nombre des membres adhérents. Elle pourra d’ailleurs obtenir en plus autant d’exemplaires qu’il lui sera nécessaire, à un prix qui sera déterminé.
- Art. 20. — La publication des procès-verbaux sommaires des congrès aura lieu sous la surveillance de la commission supérieure, à qui chaque commission d’organisation aura à remettre, dans un délai qui sera spécifié :
- i° Les procès-verbaux sommaires des séances ; 20 La liste des membres ayant pris part au con-
- ? ...
- 3° L’indication du nombre d exemplaires qui
- auront à être délivrés soit gratuitement, soit à titre onéreux.
- Art. 21. — Il devra être remis à l’administration quinze exemplaires des comptes rendus détaillés qui pourront être publiés pour chaque congrès.
- III. — CONFÉRENCES
- Art. 22.— Toute personne qui désirera faire une ou plusieurs conférences devra joindre à l’appui de sa demande l’indication du sujet qu’elle se. propose de traiter. Il sera stataé par la commission supérieure sur le rapport du comité spécial compétent, sauf l’approbation de M. le ministre du commerce et de l’industrie.
- Art. 23. — Les comités spéciaux auront à dresser la nomenclature des conférences qu’il y aurait lieu de faire en plus de celles qui seront demandées et acceptées; cette nomenclature sera soumise à l’approbation de M. le ministre du com-merée et de l'industrie, après avis de la commission supérieure.
- Art. 24. — Les comités spéciaux seront chargés de désigner les personnes qu’il y aura lieu d’inviter à traiter en conférences les sujets faisant partie de la nomenclature précédemment indiquée : ces
- (1) Des dispositions spéciales seront arrêtées, s'il y a lieu, en ce qui concerne les congrès permanents qui tiendraient une session à Paris; pendant la durée de l'Exposition, sans faire partie de la série des congrès de l'Exposition.
- désignations devront être aporouvées dans la même forme.
- Art. 23. — Les conférences seront publiques. Suivant leur nature et leur but, la perception d'un droit d’entrée pourra être autorisée.
- Art. 2o. — Aucune discussion ne pourra avoir lieu à la suite d’une conférence.
- Art. 27. — Il sera publié, aux frais de l’administration et sous la surveillance de la commission supérieure, un recueil contenant les résumés sommaires des conférences faites pendant la durée de l’Exposition de 1889. A cet effet, chaque auteur sera invité à remettre le manuscrit de ce résumé dans un délai déterminé.
- Chaque conférencier recevra gratuitement cent exemplaires du résumé cle sa conférence ; il pourra en obtenir d’autres exemplaires à un prix qui sera déterminé, en faisant connaître à l’avance le nombre qui lui est nécessaire.
- Le présent règlement délibéré par la commission supérieure des congrès et conférences, dans ses séances du 20 novembre et du 3o décembre 1887.
- Vu et présenté :
- Le directeur général,.
- G. Berger.
- Vu et approuvé :
- Paris, le 3o décembre 1887.
- Le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général,
- Lucien Dautresme.
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- LA VILLE DE PARIS
- A L’EXPOSITION DE 1889
- Le conseil municipal, dans une de ses dernières séances, a voté un crédit de 700,000 fr. destiné à couvrir les frais de l’exposition spéciale de la Ville de Paris à l’Exposition universelle de 1889. Ce crédit sera utilisé, à concurrence de i5o,ooo fr., pour la construction de deux pavillons, dans lesquels les collections des différents services de la. Ville seront exposées. Le surplus de la somme, soit 55o,ooo fr., sera réparti entre les services de la Ville pour leurs expositions particulières.
- On sait que, en 1878, l’exposition de la Ville se trouvait réunie, tout entière, dans un bâtiment situé dans le jardin central ; c’est ce bâtiment qui a été réédifié aux Champs-Elysées, entre le palais de l’Industrie et le cours la Reine.
- La disposition d’ensemble de l’Exposition de 1889 n’a pas permis la construction d’un pavillon unique. En effet, cet édifice n’aurait pu être situé que dans l’axe du Champ-de-Mars et aurait masqué la perspective qui s’étendra, sur une longueur d’un kilomètre, depuis le palais du Trocadéro jusqu’à la façade centrale du palais de l’Exposition,, en passant sous la tour Eiffel.
- Dans ces conditions, il a été entendu que la Ville édifierait deux constructions sur le grand terre-plein qui sera établi dans la partie centrale de l’Exposition. Les deux pavillons seront placés à droite et à gauche de la ligne médiale du Champ-de-Mars. Les plans définitifs ne sont pas encore adoptés. Mais, comme la construction sera principalement métallique, l’ensemble de la décoration rappellera celle de 1878.
- Parmi les objets qui seront exposés se trouvent les modèles en relief de la Sorbonne, de l’Ecole de médecine et de l’Ecole pratique de médecine. Quatre grands dessins perspectifs représenteront l’aspect comparatif de Paris en 1789 et en 1889, et dix aquarelles donneront l’aspect actuel de la zone voisine des fortifications dont la transformation est si rapide. Le service de l’assainissement exposera, dans le jardin entourant les pavillons, deux types de maison : l’une salubre, l’autre insalubre. L’exécution de ces modèles nécessitera une dépense de 20,000 fr.
- Enfin des photographies, des lavis, des gra-. phiques, des plans de toute sorte montreront les progrès réalisés dans les services de la Ville depuis la dernière Exposition, c'est-à-dire depuis, dix ans.
- LES COMMISSIONS
- POUR L’EXPOSITION DE iS8y
- On sait que, dans une première séance, la commission des beaux-arts pour l'Exposition universelle (qu’il ne faut pas confondre avec le jury des beaux-arts pour la même Exposition), a été saisie d’une proposition tendant à faire en 1880 une exposition rétrospective de l’art du xixe siècle.
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- Quatrième Année. — N° iAj.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1S80.
- Dimanche i: Janvier i8TS. _ 0^7.
- Avant de statuer la commission a décidé de faire d’abord examiner la question du local afin de savoir si cette exposition serait juxtaposée ou séparée de l’exposition des tableaux modernes.
- Mais, sans attendre qu’une décision aité té prise, certains artistes se montrent opposés à une exposition d’art rétrospectif du xixc siècle. C’est ainsi que, dans sa dernière séance, la Sociétélibre des artistes français a voté un ordre du joui-que nous reproduisons à titre de document, et par lequel elle considère ce projet d’exposition rétrospective comme préjudiciable à la manifestation de l’art moderne.
- Attendu, dit cet ordre du jour, que dans leur mise en œuvre, ou bien les propositions de cette nature tendront à restreindre considérablement les emplacements mis à la disposition de l’art contemporain, ou bien elles occasionneront de nouvelles dépenses au détriment du budget des beaux-arts.
- Que, d’autre part, préoccupés des dangers qu’il y aurait à faire courir aux œuvres d’art par des déplacements;
- Préoccupés également d„u vide occasionné par la même cause dans nos collections publiques ;
- Les artistes membres delà Société libre invitent leur comité à prendre toutes mesures pour s’opposer à ces projets ;
- Fait appel aux membres du comité des 90 (Société des artistes français), enfin à ceux du jury et des commissaires de l’Exposition universelle pour protester par tous les moyens contre Injonction à l’art moderne de toute exposition rétrospective.
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- La commission supérieure chargée de l’organisation d’une' histoire rétrospective du travail a tenu une importante séance/ sous la présidence de M. Jules Simon.
- Les rapports des différentes sections ont été lus, et nous signalerons notamment les très remarquables rapports de MM. Pernolet, Bixio et Germain Bapsl.
- On peut, d’ores.et déjà, affirmer que l’exposition de cette histoire rétrospective du travail sera un très grand succès. Les hommes éminents qui se sont attachés à cette œuvre, ont jeté les bases d’un programme dont la réalisation leur fera le plus grand honneur en même temps qu’elle excitera d’une façon puissante l’intérêt et la curiosité des visiteurs.
- M. -Jules Simon a expliqué que l’objectif poursuivi était plutôt une histoire du travail que des •objets produits, une histoire des instruments, de leurs transformations et de leurs perfectionnements; qu’il conviendrait,, dès lors, de montrer l’outil, et à côtelé produit de cet outil; mais qu’il faudrait tracer cette histoire dans ses grandes lignes et non dans ses nuances intermédiaires : qu’il faudrait procéder par bonds. Ce plan a été approuvé à l’unanimité.
- Comme l’a ajouté avec infiniment de raison l’amiral Jurien de la Gravière, il s’agit moins d’instruire les savants que d’émerveiller les profanes, et nous avons en France des collections de toutes sortes avec lesquelles nous ne pourrions pas lutter; il faudra donc choisir les types les plus remarquables. B
- Nous avons, dès à présent, donné un aperçu de ce que sera cette exposition.
- La peinture aura son histoire complète : nous verrons les époques antérieures à la peinture à l’huile, et l’époque de transition de la peinture à la détrempe et de la peinture à l’huile. Il y aura la sculpture sur bois, la sculpture sur pierre, les reproductions par le. bronze et parles divers procédés de moulage.
- Dans la section des arts et naétiers figureront le bois, le fer, la pierre, les textiles, la transformation des débris animaux; pour expliquer l’outil, on mettra à côté le produit.
- On a l’intention de nous représenter un laboratoire de chimiste et un laboratoire d’alchimiste, et, si les ressources le permettent, on y placerait des ouvriers avec les costumes de l’époque, avec les outils et les produits du temps.
- La section de la traction sera des plus curieuses. On nous présentera la traction sur terre, sur eau et dans l’air. D’abord la traction par les moyens naturels, l’homme portant l’homme, et la série des divers moyens de locomotion. Pour l’eau : l’ancienne galère, le navire à voile, le navire à vapeur, .à roue et à hélice. Pour la terre : l’ancien coche, le légendaire coucou, les premiers omnibus qui firent leur apparition sous Louis XIV, les voitures, les traîneaux, Enfin, pour l’air : les ballons on suspendra des ballons, on les verra dans toutes leurs transformations : le ballon avec nacelle, le ballon dirigeable.
- La section de l’art militaire nous réservera de nombreuses surprises : le projet en a été rédigé par M. Germain Bapst ; il promet de nous faire voir la construction des places fortes et des camps, une histoire des régiments, le régiment à son origine, avec ses armes et son costume, ses transformations successives, les variétés d’uni-ormes,ainsi que l’histoire des diverses manœuvres,
- les étendards de chaque régiment avec la collection île leurs faits d’armes, et enfin une galerie des portraits des hommes de guerre qui ont modifié la tactique militaire.
- Nous devons souhaiter que cette entreprise, si intelligemment conçue, soit 'menée à bonne fin, car elle constituera un des plus grands attraits de l’Exposition universelle.
- NOMINATIONS
- NOMINATION
- d’un Membre-adjoint de la Commission consultative pour l’Exposition de 188g
- Par arrêté en date du 9 janvier 1888, le ministre du commerce et deTindustrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a nommé membre adjoint de la commission consultative de contrôle et de finances, M. Lanjalley (Amand-Louis-Ernest), directeur général de la comptabilité publique, représentant le ministère des finances, en remplacement de M. Chevrey-Rameau, décédé.
- NOMINATIONS
- de Membres des Comités départementaux
- Par divers décrets pris en date des 9 et 11 janvier 1888 par M. le Ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition de 1889, ont été nommés membres du comité des départements de :
- .HÉRAULT
- Sous-comitë de Varrondissement de Montpellier
- Président-. M. Gaston Bazille (sénateur). — Vice-présidents : MM. Charles Leenhardt ; Dean-dreis, député; Louis Vialla. — Secrétaires-. MM. Elie Cousin; Messine; Olive; Goûtés. — Trésorier: MM. Tissié Sarrus, banquier.
- Sous-comité de Varrondissement de Béliers
- Président : M. de Crozals. — Vice-président : M. Bompaire. — Secrétaire : M. Gannat. — Trésorier : M. Runet.
- Sous-comité de Varrondissement de Lodève
- Président : MM. Hugonneng. — Vice-présidents : MM. Puech et Maistre. — Secrétaire: M. Mourgues. —- Trésorier : M. Olivier.
- Sous-comité de Varrondissement de Saint-Pons
- Président : M. Razimband, député. — Vice-président: M. Ch. Azaïs., — Secrétaire : M. Fraisse (Gustave). — Trésorier : M. Bec (Joseph).
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- MARNE
- Sous-comité de l’arrondissement de Reims
- M. Albert de Bary, négociant en vins de Champagne à Reims.
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- OISE
- Sous-comité de l’arrondissement de Beauvais
- M. Clément Savoye, inspecteur primaire à Beauvais, en remplacement de M. Mourié, admis à faire valoir ses droits à la retraite.
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- HAUTES-PYRÉNÉES
- Sous-comité de P arrondissement d’Angeles
- M. Galandy, inspecteur primaire à Argelès, en remplacement de M. Lacabe-Plasteig, démissionnaire.
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- PY RÉN ÉES-ORIENTALES
- i° Sous-comité de Varrondissement de Perpignan
- M. Delcros (Elie), avocat à Perpignan.
- 20 Sous-comité de l’arrondissement de Prades
- M. Duthu (Georges), ingénieur des hauts fourneaux de Ria ; M. Pelet, directeur de l’usine de Ria.
- L'EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1889
- ET LES PAYS ÉTRANGERS
- L’heure de l’ouverture de notre Exposition universelle va bientôt sonner. C’est le moment, nous semble-t-il, de reprendre d’une manière générale les informations que nous avons jusqu’ici données au jour le jour sur les adhésions des pays étrangers. On sait qu’auprès de certains gouvernements les représentants de la République française ont rencontré des difficultés invincibles, motivées en apparence par la date même à laquelle doit avoir lieu l’Exposition, en réalité, pour plusieurs, commandées.par le. mauvais état de leurs finances. Quoi qu’il en soit, l’absence de toute participation officielle de ces pays n’a que médiocrement influé sur l’intervention des industriels, commerçants et agriculteurs qui y résident. La meilleure’preuve en est que, soit individuellement, soit par groupes, ils adressent tous les jours au directeur général de l’Exposition de nouvelles demandes d’admission. Fait à noter d’ailleurs : les gouvernements étrangers sont nombreux qui, dans l’impossibilité de se faire représenter officiellement, aident d’une manière officieuse, il est vrai, mais .puissante, à la réunion en comité de leurs exposants, et se proposent de leur faciliter- l’expédition à prix réduit des produits destinés au concours international.
- Comme chacun des gouvernements dont nous avons reçu l-’adhésion officielle a nommé un commissaire général chargé d’assurer sa représentation en toutes choses, on comprendra que nons en donnions seulement la nomenclature, dit le Temps.
- Voilà qui sûrement ira bien. Il est, en conséquence, plus intéressant et plus utile à la fois de s’étendre sur la.participation à l’Exposition universelle des seize puissances où, jusqu’à ce jour, l’initiative privée a tout fait: Angleterre, Espagne, Portugal, Italie, Belgique, Hollande, Norvège, Autriche, Hongrie, Bohême, Russie, Turquie, Egypte, Chine, Japon et Etats-Unis de l’Amérique du Sud.
- Angleterre. — Plusieurs comités créés dans divers centres industriels sont sur leTointde fusionner et de nommer un comité central, qui recevra les demandes des exposants et les transmettra directement à la direction générale de l’exploitation. Les nombreuses demandes qui ont été recueillies jusqu’à présent ont été expédiées par les comités et par le consulat de France. Parmi les colonies anglaises, le Canada, en Amérique, la Nouvelle-Galles du Sud, Victoria et la Nouvelle-Zélande, en Australie, ont entamé des pourparlers avec le gouvernement français. La participation officielle, à peu près certaine aujourd’hui, de ces gouvernements, tel sera le résultat de ces pourparlers.
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- Espagne. — Le Cercle mercantile et la chambre de commerce de Madrid ont pris l’initiative de la création d’un comité dans lequel seront comprises toutes les chambres de commerce de la*pénin-sule.
- Le gouvernement, quoique ne participant pas officiellement à l’Exposition universelle, s’intéresse d’une manière toute spéciale à la formation de ce grand comité national. Il a promis à ses membres le concours le plus sérieux pour que la représentation de l’Espagne à Paris, en 1889, soit aussi brillante qu’elle le fut en 1*878.
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- Portugal. — Un comité fonctionne qui centralise les. demandes d’admission. Tout dernièrement, le ministre des affaires étrangères a promis à M. Billot, notre ministre plénipotentiaire, « d’encourager et de seconder les efforts de l’initiative privée en vue d’une sérieuse représentation du Portugal à l’Exposition universelle de 1889 ».
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- Italie.— C’est l’un des pays où les préparatifs ont p'ris le moins de temps. Le comité national, présidé, comme on le sait, par M. Villa, vice-président de la Chambre italienne, a reçu déjà l’adhésion de toutes les chambres de commerce du royaume, qui presque toutes ont voté d’une manière définitive les sommes nécessaires pour l’emballage et l’expédition des produits provenant de leur circonscription. De plus, le comité national vient de créer, sous la présidence de M. Luzzatti, une commissionspéciale pourles sciences sociales.
- Il a créé également une commission pour les beaux-arts, et il en forme actuellement une troisième pour l’exposition de l’anthropologie criminelle. Le comité s’occupe, en outre, dé la constitution d’une autre commission, qui sera chargée d’assurer l’exposition italienne des soieries et des industries similaires.
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- 928. — Quatrième Année. — N° ifq.
- Quant au gouvernement italien, il se montre très favorable à ce mouvement. M. Villa a obtenu de lui l’assurance formelle que l’expédition et le retour des produits exposés seraient facilités par tous les moyens possibles. Bien plus, il est très sérieusement question, dans les Chambres, de voter enfin un crédit pour la représentation nationale de l’Italie à l’Exposition.
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- Belgique. — Bonne situation. Un premier comité provisoire, composé d’industriels importants, représentant chaque groupe de la classification générale des produits à exposer, s’est formé sous la présidence de M. d’Outremont, qui organise en ce moment la prochaine Exposition de Bruxelles et qui fut en 1878 commissaire général de là Belgique. Il y a accord complet entre ce comité provisoire et les Chambres syndicales _ belges pour constituer le comité définitif. En notifiant officiellement cette transformation décidée à la direction de l’exploitation, le ministre de Belgique à Paris, M. de Beyens, a ajouté que son gouvernement . avait l’intention de demander aux Chambres une subvention destinée au comité de l’Exposition.
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- ' Hollande. — Là, une commission d’initiative, composée des présidents des principales sociétés poulie développement du commerce et de l’industrie, s’est formée pour étudier les conditions dans lesquelles cette commission pourrait se transformer définitivement en comité exécutif. La solution favorable ne peut se famé attendre. En outre, la grande Société coloniale d’Amsterdam a fait savoir à la commission d’initiative qu’elle s’emploierait de toutes ses forces à assurer, de concert avec elle, une belle exposition des colonies néerlandaises.
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- Norvège. — Le royaume de Norvège n’a pas encore répondu à la note du gouvernement français. Mais il est dès’ maintenant certain que, quelle que soit cette réponse, le Storthing — Chambre des députés —votera les crédits nécessaires pour aider les industriels qui se sont déjà groupés dans le but défaire figurer leurs produits à notre Exposition.
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- Autriche. — Le mouvement qui s’est dessiné en 1886 s’accentue chaque jour. A Vienne, plusieurs des grands industriels qui faisaient partie des jurys internationaux de 1878 groupent, en ce moment, les nombreux fabricants producteurs du pays qui ont, depuis longtemps, fait connaître à la direction de l'exploitation leur intention formelle de prendre part à l’Exposition.
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- Hongrie. — Le comte Eugène Zichy, l’organisateur de l’Exposition de Pest en 1885,_ apris à cœur d’assurer pour 1889 la représentation complète des industries hongroises. Il a récemment réuni un cërtain nombre des futurs exposants, pour les grouper en un comité qui nommera un commissaire général chargé de l’organisation d’une section spéciale à la Hongrie.
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- Bohême. — Un groupe d’artistes de Prague et d’industriels de différents centres a résolu de créer une section tchèque. Il vient d’envoyer à Paris un délégué chargé d’étudier les conditions dans lesquelles les produits de Bohême pourront être exposés.
- Russie. — Saint-Pétersbourg et Moscou ont organisé un comité russe qui fonctionne etqui déjà s’est inquiété, auprès de la direction générale, de savoir quelle surface du Champ-de-Mars est réservée à la Russie.
- Le commerce et l’industrie polonaises sont disposés à former un groupe à part. Un grand syndicat est actuellement en formation à Varsovie.
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- Turquie. — La Porte ne prenant pas part officiellement à l’Exposition, la chambre de commerce turque de Constantinople a nommé une commission qui s’est immédiatement mise en rapport avec les différentes chambres de commerce de l’empire, afin de s’entendre avec elles sur les mesures à prendre en vue de la représentation des diverses industries.
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- Egypte. — Le comité de l’Exposition, composé des personnalités les plus honorablement connues, est définitivement constitué. U est divisé en sous-comités qui fonctionnent au Caire, à Port-Saïd et à Alexandrie, sous la présidence des consuls de France.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE :88q
- Chine. — La Chine 11’a pas encore fait connaître sa réponse. Mais l’administration des domines chinoises, qui a qrganisé la section de l’empire aux dernières expositions, est admirablement disposée en notre faveur, et il est permis d’assurer d'ores et déjà que la participation de la Chine à l’Exposition universelle sera aussi brillante et aussi pittoresque qu’elle l’a été précédemment.
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- Japon. — Comme de la Chine, nous n’avons encore reçu aucune réponse de cet Etat. L’usage veut d’ailleurs, là-bas, que le gouvernement laisse à l’initiative privée la liberté de participer à son gré aux expositions étrangères. Aussi les fabricants japonais se préparent-ils, de leur propre mouvement, à venir à Paris en 1889. Ils ont envoyé ici plusieurs représentants qui ont étudié sur place avec la direction générale de l’exploitation, les conditions les plus favorables dans lesquelles leur exposition pourra avoir lieu.
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- Etats-Unis de l’Amérique du Nord. — Là encore, pas de réponse définitive du gouvernement. Mais les meilleures assurances nous sont données par les membres du cabinet de Washington et par le président Cleveland lui même, qui, affirme-t-on, doit, dans un prochain Message, attirer l’attention du Congrès sur l’importance qu’il y a, poulies Etats-Unis, à se faire largement représenter à l’Exposition universelle de 1889.
- D’autre part, les grands industriels et fabricants de ce pays, et leurs représentants en Europe, en envoyant leurs demandes d’admission, se préoccupent de savoir si des emplacements suffisants leur seront réservés dans le palais du Champ-de-Mars.
- En attendant la nomination d’un comité officiel, un comité privé de quinze membres fonctionne à New-York. Il est en relations avec les comités locaux de la Pensylvanie et du Delaware, et avec le comité qui s’est récemment créé à Chicago. Nous apprenons enfin, que la Chambre des députés de la Louisiane va discuter incessamment la demande de crédit dont elle a été saisie, en vue de la participation de cet Etat à l’Exposition de Paris.
- Tel est, succinctement résumé, l’état actuel de nos relations avec l’étranger en ce qui concerne l’Exposition universelle. Il est, on le voit, des plus rassurants pour son succès.
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- Principauté de Monaco. — A la réception du 1e1' janvier, le gouvernement général à Monaco a fait savoir à M. de la Morlière que la principauté prendra part à l’Exposition.
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- Turquie. — La chambre ottomane de Constantinople a résolu d’entrer en rapport avec les cinq autres chambres de commerce de l’empire pour la participation des négociants et industriels de l’empire à l’Exposition de 1889. Elle ferait un emprunt d’un million, destiné à couvrir les frais généraux du comité d’organisation.
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- Italie. — Le comité national italien pour le concours de l’Italie à l’Exposition de 1889 reçoit de nombreuses adhésions.
- Le Secolo annonce que plusieurs banques et des chambres de commerce de presque toutes les villes importantes s’organisent pour envoyer à Paris les produits italiens, en affranchissant les fabricants des frais de transports, grâce à la création de caisses spéciales.
- Les comités de Rome et de Naples ont une réserve de 20,000 francs.
- Plus de 4,000 circulaires ont été envoyées dans les principaux centres afin d’engager les habitants à ouvrir des souscriptions publiques pour favoriser le concours de l’Italie à l’Exposition de Paris.
- LES COMITÉS ÉTRANGERS
- POUR L’EXPOSITION DE 1889
- Parmi les questions soumises aux Chambres fédérales dans leur dernière session figurait celle de la participation de la Suisse à l’Exposition universelle de 1889. La participation officielle, recommandée par le Conseil fédéral, n’a rencontré qu’une très faible opposition et a été votée à une grande majorité. Les membres du gouvernement ont eu soin d’expliquer que l’attitude prise à cet égard par les Etats monarchiques de l’Europe était dictée par des raisons politiques toutes particulières, qui n’existent nullement pour la Suisse.
- C’est pourquoi plusieurs orateurs ont profité de la discussion pour saluer la grande entreprise projetée à laquelle l’agriculture et l’industrie suisses
- Dimanche i5 Janvier 1888.
- doivent. prendre part sans arrière-pensée, et se sont félicités de pouvoir donner ainsi, au nom de la Confédération suisse, une marque de svmpathie à la République, sœur qui se prépare à célébrer dignement le Centenaire de 1789.
- L’arrêté adopté par l’Assemblée fédérale insti- -tue, comme en 1878, une commission centrale, un commissaire général, des commissions et des experts spéciaux. En outre, la Confédération prend à sa charge le transport des animaux et l’assurance de tous les objets exposés. Les frais officiels sont évalués à 425,000 francs.
- En exécution de cet arrêté, le Conseil fédéral a nommé commissaire général M. Vogeîi-Bodmer, colonel fédéral, ancien président du comité central de l’exposition nationale suisse de 18S3. Le Vorort (comité directeur) de la Société commerciale et industrielle suisse, à Zurich, a été chargé de remplir les fonctions de commission centrale, à la condition de s’adjoindre, dans ce but, des délégations de la Société, suisse des arts et métiers, des Sociétés centrales d’agriculture, ainsi que de la Société suisse des beaux-arts.
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- ^Le comte Adrien d’Oultremont, .commissaire général de la Belgique, est venu la semaine dernière à Paris. Le comte d’Oultremont, qui, dès le mois d’octobre, a pris l’initiative de la formation d’un comité national belge pour l’Exposition de 1889, a été nommé président de ce comité provisoire. Pendant son séjour ici, il s’est entretenu longuement ' avec M. Georges Berg r, directeur général de l’exploitation, et lui a donné l’assurance qu’il y avait un accord complet entre tous les industriels de la Belgique pour organiser la représentation de leurs produits.
- Le comte d’Oultremont a visité les travaux du Champ-de-Mars èt a examiné les plans de la galerie des machines dont l’installation intéresse particulièrement les constructeurs belges.
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- A Gênes, un comité s’est formé dans le but de participer à notre Exposition universelle de 1880. Ont été élus : président, M. Giacomo Grillo ; èt MM. Emmanuel Celesia et Louis Argento, vice-présidents.
- Le comité a proposé de demander le concours de tous les commerçants de la province et de la municipalité pour obtenir le transport gratuit des produits destinés à l’Exposition universelle.
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- Le docteur Eugène Cambacérès a été nommé délégué provisoire pour représenter à Paris la commission nationale argentine, chargée de s’occuper de la participation du pays à l’Exposition universelle.
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- L’EXPOSITION DE 1889
- Malgré les avis publiés à différentes reprises, un grand nombre d’industriels et d’agriculteurs continuent à croire qu’ils auront un loyer à payer pour les emplacements qui leur seront concédés à l’Exposition de 1889.
- Les places d’exposition seront données gratuitement. Les exposants admis auront seulement à payer, proportionnellement à l’espace occupé par chacun, leur quote-part des frais d’installation, de décoration et de gardiennage des salles. Le directeur général de l’exploitation a déterminé des types généraux d’installation appropriés à chaque groupe, qui, tout en laissant une grande latitude pour varier les aspects et les décorations, entraîneront de la part des exposants des dépenses très inférieures à celles qu’ils ont dû supporter en 1878.
- L/approche de la date du 1e1' février, après laquelle l’administration aurait le droit de ne plus recevoir que très exceptionnellement les demandes d'admission, détermine l’affluence du dépôt de ces dernières qui, comme on le sait, ne constitueront des engagements définitifs de la part de leurs signataires que le jour où ceux-ci seront tombés d’accord sur la répartition des places et des frais avec les comités d’installation dont les travaux vont commencer.
- M. Cleveland, président des Etats-Unis, a communiqué au Congrès l’invitation adressée par la France aux Etats-Unis de prendre part à l’Exposition de 1889.
- Le rapport adressé à ce sujet par M. Bayard au président expose que les avantages que le commerce, l’industrie, les sciences et les arts des Etats-Unis ont retirés des précédentes expositions parisiennes ont été si nombreux, si manifestes, qu’il convient certainement d’accepter la nouvelle-invitation.
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- Quatrième Année. — N° 15o-
- Le rapport fait connaître en outre que, de tous les points de l’Union, des demandes émanant de maisons qui représentent les intérêts les plus importants sont adressés au ministère d’Etat.
- Le rapport conclut en recommandant au président de solliciter du Congrès la nomination d’un commissaire et un crédit de 200,000 dollars.
- La Serbie a avisé officiellement la France de son adhésion à l’Exposition universelle de 1889.
- LE PAVILLON DE LA PRESSE
- A L’EXPOSITION DE 1889
- Mardi dernier a eu lieu la mise en adiudication des travaux qui seront effectués au Champ-de-Mars pour l’érection du pavillon de la Presse et des bâtiments destinés aux services des postes et télégraphes, pendant la durée de l’Exposition.
- C’est la Société des ouvriers charpentiers de la Villette qui a été déclarée adjudicataire, moyennant un rabais de 7 fr. 5o 0/0.
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- L’EXPOSITION PERMANENTE
- DES COLONIES
- Le comité consultatif de l’exposition permanente des colonies a tenu vendredi sa réunion mensuelle au Palais de l’Industrie, sous la présidence de M. Schœlcher.
- Le comité a admis que les sénateurs, députés et délégués des colonies pourraient assister à ses séances, toutes les fois qu’ils le jugeraient convenable, et il a décidé qu’une convocation spéciale leur serait adressée ainsi qu’aux délégués commerciaux, toutes les fois que seraient mises en délibération des affaires intéressant les colonies qu’ils représentent.
- Le comité a ensuite entendu l’exposé des études qui ont été faites, depuis sa dernière séance, par sa sous-commission permanente. Sur sà proposition, il s’est, en principe/montré favorable à la participation des colonies aux expositions internationales de 1888 qui doivent avoir lieu à Melbourne, à Barcelone et à Bruxelles.
- Une sous-commission spéciale a été constituée sous la présidence de M. Muzet, pour étudier dans quelles mesures et sous quelles réserves il serait possible de le faire.
- M. Cachet, délégué commercial de la Guyane, a entretenu le comité de l’intérêt qu’il y aurait pour la colonie à favoriser l’immigration d’Annamites en vue des besoins de l’agriculture.
- Enfin le comité a adopté les bases d’une organisation nouvelle pour l’Exposition du Palais "de l’Industrie, et il a chargé sa sous-commission permanente d’en étudier la réalisation pratique. La partie capitale de ce projet, c’est d’abord l’organisation d’un bureau de renseignements commerciaux qui est destiné à centraliser, pour être communiquées aux intéressés, les informations de toute nature que comportent les produits exposés; c’est ensuite une bibliothèque publique dans laquelle seraient réunis tous les documents susceptibles d’initier le public à la connaissance de nos possessions d’outre-mer, où serait réuni, en un mot, tout ce qui peut constituer un véritable centre d’éducation coloniale.
- Le comité désire que les galeries où sont exposés les produits de nos colonies deviennent comme le quartier général où se rencontreront tous ceux qu’intéresse, à un titre quelconque, l’étude de ces contrées dans leurs rapports avec la mère-patrie.
- ÉCHOS
- Pai'is
- L’exposition de la galerie Georges Petit obtient beaucoup de succès. Les trente-trois artistes qui y ont réuni environ 360 ouvrages sont: MM. Au-grand, Vollon fils, Jearmiot, Moreau-Nélaton, ÀValter Gav, Michel Cazin, Skredsvig, Besnard, Ary Renan," MI,1C Ayrton, Mlle Breslau, etc.
- L’exhibition se prolongera jusqu’au 21 ou 25 courant.
- L’exposition qu’avait fait de ses acquisitions nouvelles la Société do l’Union centrale des Arts décoratifs, et qui avait été ouverte, il y a quelques jours, au palais de l’Industrie, est brusquement interrompue. Un incendie, qui heureusement n’a pu, vu la promptitude des secours, prendre des
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1SS9.
- proportions sérieuses, a cependant causé suffisamment de dégâts pour que la fermeture des galeries devînt momentanément nécessaire.
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- Un nouveau musée, celui "des religions orientales, sera ouvert à la fin de l’année, probablement, aux visiteurs et aux curieux. On sait que cette institution nouvelle est due à la généreuse initia, tive de M. Guimet, de Lyon, et réunira les admirables collections réunies par ses soins.
- Les bâtiments de l’avenue d’Iéna comprendront avec des galeries d’exposition, des bibliothèques, des salles de travail et d’étude. Les dépenses de construction et d’aménagement, évaluées à un million, seront couvertes, pour un tiers par le ministère de l’Instruction publique, pour les deux autres tiers par le fondateur et généreux donateur, qui supporte également les frais du transport de ses collections de Lyon à Paris, opération délicate à laquelle seront consacrés environ 75,000 francs.
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- A la fin du mois, les œuvres de Guillaumet, exposées depuis dix jours à l’Ecole des beaux-arts, seront transportées à la galerie Georges Petit, et exposées de nouveau, dans les salons de la rue de Scze, jusqu’au jour do la vente.
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- Départements
- A signaler parmi les expositions artistiques de province: l’exposition des rones, inaugurée à Lyon, le 22 décembre dernier, et la trente-sixième exposition annuelle qui se prépare à Bordeaux, pour le 10 mars prochain.
- Correspondant à Paris de la Société organisatrice : M. Olivier Merson, l’artiste bien connu, 117, boulevard Saint-Michel.
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- ETRANGER
- Allemagne
- Chez MM. Amsler et Ruthardt, de Berlin, l’on visite avec empressement et beaucoup d’intérêt l’exposition des eaux-fortes de Stauffer-Bern, l’aquafortiste et peintre, de portraits bien connu, dont les œuvres furent très admirées à l’exposition académique des beaux-arts.
- Un grand succès, dit-on.
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- Notre excellent confrère, le Moniteur industriel, donne quelques nouveaux détails sur une exposition que nous avons annoncée il y a quelque temps déjà. Nous voulons parler de l’exposition de machines motrices et réceptrices, qui aura lieu à Munich, dans le courant de cet été.
- No seront admises à cette exhibition que des machines réceptrices appropriées aux travaux d’importance secondaire et qui mettent le chef d’atelier à môme de soutenir, dans beaucoup de cas, la concurrence des grands établissements industriels. Les moteurs pour la petite industrie seront reçus également ; leur puissance a été provisoirement limitée à trois chevaux.
- On érige, en vue de cette exposition,des galeries qui auront une longueur de 500 mètres.
- Le prince régent de Bavière a accordé à l’entreprise une subvention de 25,000 marks.
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- Le ministère des cultes organise à Dresde, avec le concours des associations professionnelles du royaume de Saxe, une exposition spéciale d’habileté professionnelle qui doit ouvrir à la fin du mois.
- Les adhésions des cercles industriels allemands à l’Exposition internationale de Melbourne, qui jusqu’ici étaient restées assez rares, son devenues dans ces derniers temps très importantes et l’on augure bien de la participation générale.
- Angleterre
- On mande de Londres que sir Frederick Leighton, l’éminent artiste et président do l’Académie Royale, a accepté la présidence d’honneur de l’exposition spéciale italienne que nos lecteurs connaissent, et qui doit succéder dans le courant de cette année à l’exposition américaine, le grand succès de 1887.,
- Ajoutons que l’entreprise semble assurée d’un très brillant succès, encouragé qu’elle est par le gouvernement italien, toutes les Chambres de commerce de la péninsule, le grand Comité de participation fondé ces jours derniers à Rome. La présidence effective du Comité de Londres a été dévolue au président de la Chambre de commerce italienne, l’honorable M. Bonacina.
- Dimanche i5 Janvier 18S8. — 929.
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- Parmi les expositions artistiques qui se partagent, en ce moment, les amateurs de la métropole, il convient-de signaler tout d’abord l’exposition des maîtres anciens à Burlington-House, puis l’exhibition de la Grosvenor-Gailery, qui réunit les productions les plus intéressantes de l’art anglais à dater de 1737 jusqu’en 1837. Les organisateurs ont voulu faire connaître ici cette période séculaire qui a précédé l’ère victorienne, si brillamment illustrée par la section des Beaux-Arts de l’exposition de Manchester.
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- Les collections _ de lâches présents offerts cet été à S. M. la reine, à l’occasion du jubilé qui a mis en liesse tout l’empire britannique^ ces collections, déjà exposées au palais de Saint-James durant deux mois, viennent d’être transportées de AVindsor-Castle au musée de Bethnal-Green où les pourront admirer quelque temps les habitants de l’East-End (Londres-Est).
- La Roqal Dublin Socictij prépare pour les premiers jours do printemps son exposition agricole annuelle. L’inauguration en aura lieu le lu,ndi 23 avril prochain, a Dublin. Ball’s Bridge, pour une durée de quatre jours.
- Aux prix offerts par la Société, et dont la valeur s’élève à plus de 1,000 livres sterling, s’ajoutent les primes nombreuses offertes par le gouvernement à différentes sections du concours.
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- Autriche-Hongrie
- A Vienne, l’Union artistique autrichienne a inauguré ses expositions du soir en présentant des œuvres choisies de Michel de Zichy et de la princesse Eristoff.
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- Munckacsy termine pour la prochaine exposition internationale des Beaux-Arts le carton du grand plafond destiné au musée d’histoire naturelle de Vienne.
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- Australie
- C’est le jeudi 1er mars prochain qu’expire le délai fatal pour l’envoi des demandes d’admission à l’exposition internationale de Melbourne. Cette très importante exposition devant être officiellement inaugurée le mercredi 1er août, le Comité de Londres n’enregistrera aucune adhésion postérieure aux délais irrévocablement fixés. Les industriels Français, qui auraient déjà adressé directement des demandes d’admission aux commissaires Exécutifs à Melbourne ou à l’agent général du gouvernement de Victoria, à Londres, devront en adresser sans retard des duplicata au ministère du Commerce et de l’Industrie (Direction du personnel et de renseignement technique, bureau du personnel et du secrétariat, 80, rue de Varennes).
- Le ministre français du commerce, comprenant que là où seront représentés officiellement tous les grands Etats, la France ne peut être absente, que pour fortifier et étendre la position commerciale acquise en Australie, il importe que nos principales industries figurent à l’exposition de Melbourne, a constitué par arrêté une commission spécialement chargée de régler la participation de la France aux différentes expositions internationales de 1888.
- Cette Commission, présidée par le ministre, se compose de M. G. Berger, vice-président ; MM. Castagnary, Charmes, Clavery, David Dau-tresme, Ollendorff, Poirrier, contre-amiral Le Timbre, Baumgart,P. Delair, G. Paulet,.!. Rouché.
- Un jury d’admission, formé par M. Dautresme, commencera ses opérations d’examen, le 1er février et les poursuivra jusqu’au 1er mars, date à laquelle, comme nous l’avons dit, sera close la liste d’admission.
- Les décisions du _ jury pourront être communiquées aux parties intéresséss jusqu’au 20 mars.
- Toute l’organisation pour la France est dès maintenant centralisée au ministère du Commerce, auquel doivent être adressées toutes les communications.
- Le délai extrême pour l’arrivée des envois à Melbourne est fixé au mardi 12 juin ; le dernier départ aura donc lieu de Marseille, le mercredi 2 mai.
- Un règlement spécial sera publié prochainement pour la section des Beaux-Arts.
- Des demandes de crédits seront déposées sur le bureau des Chambres par les ministres des affaires étrangères, des beaux-arts et du commerce.
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- Toutes les marchandises envoyées à l’exposition de Melbourne seront considérées comme expédiées en entrepôt et franches de tous droits,
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- 93o. — Quatrième Année. — N° i?cj.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- Dimanche i5 Janvier 1888.
- à moins qu’elles n’entrent en consommation dans la colonie.
- Mais toutes les marchandises vendues seront frappées des droits courants. Aucune modification ne sera apportée au tarif général.
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- Notre excellent confrère Invention dit que le gouvernement de la Nouvelle-Galles du Sud a concédé à la Société anglo-australienne des Artistes une salle de la National Art Galle ry de Sydney, pour y organiser une exposition de peinture.
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- Belgique
- La société belge des ingénieurs et des industriels organise chaque année, dans les salons du Palais de la Bourse de Bruxelles, des expositions spéciales d’un caractère scientifique et industriel.
- Cette année, la société a choisi pour ses diverses expositions, les sujets suivants :
- 1° Les instruments et les outils servant à l’ingénieur ;
- 2° Procédés, matériel et produits de la reproduction, de l’agrandissement et de la réduction industriels des plans et dessins;
- 3° Plans, devis et modèles d’habitations et de cités ouvrières, et, en général, de toutes constructions avant pour but de faciliter l’existence ou d’augmenter le bien-être de l’ouvrier.
- Les deux premières des expositions précitées seront internationales. L’exposition placée en tête de la série sera inaugurée,pour un mois, le vendredi 3 février prochain et comportera cinq classes.
- Les adhésions sont reçues immédiatement ; les emplacements sont gratuits,les frais d’installation minimes Chaque semaine, conférence le vendredi soir. _ •
- Toutes les communications sont reçues parle président du IIe comité de la société belge des ingénieurs et des industriels au palais de la Bourse, à Bruxelles.
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- Nous avons parlé, il y a quelque temps, du cons cours international de'projets de constructions, projets d’affiches, diplômes et médailles, organisé en vue du grand concours de 1888 par le comité exécutif de la grande exposition de Bruxelles (1888). Nous avons également parlé de l’exposition des envois faits à cette occasion. On mande aujourd’hui que les différents jurys spéciaux ont rendu leurs jugements.
- La prime du concours de grandes affiches a été attribuée à M. Constantin Meunier. Il 11’y a pas eu de prix décernés dans le concours de petites affiches, diplômes et médailles, jugés insuffisants.
- Les primes des divers concours de constructions sont échues à MM. Jules Rau,Gevaërts, Saintenoy, Dodeur, etc.
- Les projets non récompensés peuvent être retirés 22, rue des Palais.
- Un correspondant nous écrit qu’à Liège, l’association pour l’encouragement des Beaux-Arts prépare, avec le concours de l’administration communale, une exposition d’œuvres d’artistes vivants, belges et' étrangers.
- L’inauguration se fora le dimanche 21) avril prochain, la clôture le dimanche 17 juin.
- Sont admis les ouvrages de peinture, dessin, aquarelle, les miniatures et émaux; la sculpture, l’architecture, la gravure et la lithographie.
- Envois avant le samedi 7 avril irrévocablement.
- Etats-Unis
- La Society of American AHists prépare à New-York sa dixième exposition annuelle, qui sera inaugurée aux galeries Yandell, pour une durée de quatre semaines, le mardi 17 avril.
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- Le lundi 30 janvier ouvrira, à l’académy de New-York, la vingt et unième exposition annuelle de la Société des aquarellistes, American Water-eolour Society. La clôture 'est fixée au samedi 25 février.
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- Au Tabernacle, do New-York, l'exhibition du Christ sur te Calcaire, do Munckacsy obtient toujours un très grand succès. C’est un véritable pèlerinage, et cela-au sens propre du mot. Les enfants des écoles y vont en corps, sous la conduite de leurs maîtres, et les visiteurs y entendent des conférences pieuses. Art et religion ! L’un n’est pas si loin do l’autre, après tout.
- On annonce la prochaine exposition, à Boston tout d’abord, puis successivement dans les villes les plus importantes, des trente tableaux de M. Philippoteaux, illustrant la vie du général Ulysse Grant, le héros de la guerre de Sécession.
- Italie
- Inaugurée officiellement le G janvier, par le pape, l’exposition vaticane n’était pas encore terminée, comme il sied à tout exposition qui se respecte.
- Il parait d’ailleurs que le puissant esprit de méthode et d’organisation que l’on attribue généralement à Léon XIII, n’a pas été prodigué au même degré aux promoteurs de cette section spéciale des fêtes jubilaires. Que l’on ne se plaigne pas trop cependant, et que l’on réfléchisse qu’oneques ne se vit telle affluence do présents, telle multitude d’hommages, jointes à telles difficultés d’installation.
- Les envois sont classés par pays et représentent l’effort, l’activité et le travail de notre petite sphère tout entière. L’Autriche-Hongrie, l’Allemagne, l’Italie, la France, l’Espagne, la Belgique, la Suisse etc., sont représentées là, avec tous les pays, toutes les contrées, tomes les régions des cinq parties du monde que la science géographique a classés dans sa terminologie. Nous ne tenterons ni l’énumération des sources, ni la description, ni même la simple nomenclature des objets divers de nature, de destination, de forme et de nom, qui encombrent les galeries du Vatican.
- La salle des. souverains réunit les hommages de tous les chefs d’Etat, puis vient la brillante section austro-hongroise qui occupe une salle tout en-I tière ; dans une autre galerie fraternisent les envois de France et d’Allemagne, et ainsi de suite. On remarque une réduction de la célèbre horloge de Strasbourg, offerte par la ville du mômotnom ; de très beaux ornements et vêtements sacrés,hommagesde Milan, de Munich,etc., un autel portatif .d’un style très pur, veau de Ratisbonne et enrichi de très belles broderies ; les magnifiques tissus envoyés par Lyon et plusieurs villes italiennes ; une réduction, en métaux précieux de la cathédrale de Turin ; un très grand nombre de cloches enfin, qu’il a fallu, faute de place, réunir dans un espace découvert.
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- République Argentine
- Le gouvernement argentin, poursuivant un plan connu de nos lecteurs,vient d’organiser à Londres, (22,. Great George Street, Westminster) un bureau général d’informations.
- Les intéressés y peuvent trouver toutes les indications utiles,et celagratuitement; une carte détaillée dressée par les soins du bureau est mise à leur.disposition, avec les renseignements les plus sérieux et les plus récents sur l’organisation politique, l’agriculture, l’industrie, le commerce, les impôts, le budget,les chemins de fer,voies do communication, transports en général, et sur toutes les questions similaires.
- Des échantillons des différentes productions du pays y‘ sont déposés, tels que laines, céréales, peaux, viandes conservées, fumées, bouillons concentrés, peptones, extraits de viandes, etc.
- Le bureau et les collections sont ouverts de 11 heures à 4 heures chaque jour, et le catalogue peut être obtenu sur demande.
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- ' Russie
- Le comité de la Croix-Rouge prépare à Peters-bourg. une exposition de peinture française dont l'inauguration se fera à l’académie des sciences dans le courant d’avril.
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- Suisse
- Le Conseil fédéral a voté en faveur de la participation officielle de la confédération à l’exposition de Paris (1839) une subvention de 425.000 francs. Nous'avons dit précédera ment que les adhésions do nos voisins transjurans sont nombreuses.
- En conformité de l’arrêté qui a institué une Commission centrale, un commissaire général et des comités spéciaux, ie comité directeur de la société commerciale et industrielle suisse, de Zurich, a été investi des fonctions de Commission Centrale, et se complétera, pour les exercer, de délégués des sociétés d’agriculture, de beaux-arts et d’arts et métiers.
- Ubique.
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- L’EXPOSITION DE MELBOURNE
- Le ministre du commerce et de l’industrie.
- Vu les notifications reçues par le gouvernement français au sujet de l’exposition internationale de Melbourne (1888) ;
- Vu les Conditions générales, le Règlement et le Système de classification générale arrêtés par les commissaires exécutifs et communiqués, en tra-
- duction française, au ministère du commerce et de l’industrie ;
- Sur la proposition du directeur du personnel et de l’enseignement technique.
- Arrête :
- Art. 1er. — Les agriculteurs, les industriels et les négociants commissionnaires français désirant participer à l’exposition internationale qui doit s’ouvrir à Melbourne le 1e1'août 1888, pour être close le 31 janvier 1889, sont invités à adresser leurs demandes d’admission au ministre du commerce et de l’industrie (Direction du personnel et de l’enseignement technique, bureau du personnel et du secrétariat, rue de Varenne, n° 80) dans le plus bref délai possible et au plus tard avant le 2g février 1888.
- Ceux qui auraient déjà fait parvenir directement leurs demandes soit aux commissaires exécutifs à Melbourne, soit à l’agent général de la .colonie de Victoria, à Londres, devront en adresser sans retard des duplicata au ministre du commerce et de l’industrie.
- Art. 2. -— Toutes les demandes en original ou én duplicata doivent être écrites très lisiblement sur des formules spéciales, qui se trouvent déposées au ministère du commerce et de l’industrie, rue de Varenne, 80, et boulevard Saint-Germain, 244, et avenue de la Bourdonnaye, 16, ainsi qu’aux endroits ci-après désignés :
- Chambre de commerce de Paris ;
- Tribunal.de commerce de Paris.
- Seront également déposés aux endroits sus-indiqués des exemplaires du présent règlement et du Règlement australien.
- Art. 3. — Un jury d’admission, nommé par arrêté ministériel, examinera toutgs -les demandes et statuera sur leur admission ou leur rejet.
- Ce jury fonctionnera dès le 181' février 1888.
- Art. 4. — Le 29 février, la liste des demandes sera définitivement close.
- Avant le 20 mars, les intéressés seropt officiellement avisés des décisions prises à leur égard par le jury d’admission.
- Art. 5. — 1ms exposants admis recevront et rempliront sans retard un formulaire en vue de la rédaction de la partie française du catalogue géné-ral. ’
- Ils recevront également les étiquettes qu’ils devront apposer en double sur chaque colis expédié à destination de l’exposition.
- Art. 6 — L’emplacement sera fourni gratui-
- tement aux exposants dans les bâtiments de l’exposition.
- Les produits destinés à l’exposition seront admis en franchise de droits de douanes, mais resteront assujettis aux déclarations d’entrée.
- Art. 7. — Les exposants auront à leur charge tous les frais de transport, d’assurance, de réception, de déballage, d’installation, etc.
- Ils bénéficieront des réductions de tarif consenties à la demande du ministre du commerce et de l’industrie, par les compagnies des chemins de fer français et par la compagnie des messageries maritimes.
- Art. 8. — Tous les produits destinés à l’exposition devront être parvenus à Melbourne, dans l’enceinte de l’exposition, et à l’adresse du consul de France à Melbourne, commissaire général, au plus tard lei2 juin 1888.
- Art. 9. — Le commissaire général se concertera avec les commissaires exécutifs de l’exposition afin qu’une surveillance rigoureuse soit organisée contre le vol.
- Le commissariat général ne sera, en aucune façon, responsable des pertes occasionnées par suite de vols ou d’incendies ni de dégâts ou dommages quelconques.
- Les exposants trouveront toutes facilités auprès du commissariat général pour assurer à leurs frais leurs marchandises.
- Art. 10. — Les exposants auront la faculté de confier à des représentants le soin d’installer, d’entretenir et de vendre leurs produits, mais ces représentants n’auront aucun caractère officiel.
- Les exposants sont invités à faire connaître au ministre du commerce et de l’industrie les noms et qualités des personnes qu’ils auraient choisies pour les représenter.
- Art. 11.— Les délégués ou agents du gouvernement français rie pourront, dans aucun cas et sous aucun prétexte, représenter des exposants.
- Art. 12. — Les objets exposés qui seront vendus ne pourront être livrés aux acheteurs qu’après la clôture de l’exposition.
- Des autorisations spéciales pour la vente et la livraison des articles fabriqués à l’exposition pourront être accordées par les commissaires exécutifs.
- Art. i3.— La classification générale des produits arrêtée par la commission australienne, comprend 83 classes réparties en 1 1 groupes, suivant la nomenclature annexée au présent règlement.
- Art. 14. — Un jury international sera chargé de juger les produits.
- Les récompenses auront pour bases les rapports écrits adoptés par les jurés. Elles consisteront en médailles d’or, d’argent et de bronze et en certificats de mentions honorables.
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- Quatrième Année. — N° i5p.
- Chaque exposant aura le droit de reproduire le rapport spécial qui le concernera.
- Art. i5. — Les membres français du jury inter- . national des récompenses seront nommés par arrêté ministériel.
- Aucun représentant d’exposant ne pourra faire partie de ce jury.
- Art. 16. — Immédiatement après la fermeture de l’exposition, les exposants ou leurs représentants dûment autorisés retireront leurs produits. Ce retrait devra être terminé avant le 3i mars 1889.
- Art. 17. —Toutes les communications relatives à l’exposition de Melbourne doivent être adressées au ministre du commerce et de l’industrie (Direction du personnel et de l’enseignement technique. — Bureau du personnel et du secrétariat, 80, rue de Varenne).
- Paris, le 7 janvier 1888.
- Le ministre du commerce et de l'industrie,
- Lucien Dautresme.
- APPENDICE
- Système de classification générale annexé an règlement australien
- Groupe I Œuvres d'art
- Classe 1. — Tableaux à l'huile.
- Classe 2. — Peintures diverses, dessins, etc.
- Classe 3. — Sculpture et gravure.
- Classe 4 — Dessins et modèles relatifs à l’architecture et à l’art de l’ingénieur.
- Classe 5. — Gravure et lithographie.
- Groupe II
- Education et enseignement ; appareils et procédés en usage dans les arts libéraux
- Classe 6. — Education des enfants, instruction primaire, enseignement des adulpes.
- Classe 7. — Organisation et matériel de l’enseignement secondaire.
- Classe 8. — Organisation, méthodes et instruments de l’enseignement supérieur.
- Classe 9. — Imprimerie, livres.
- Classe 10. —• Papeterie, reliure, matériel de la peinture et du dessin.
- Classe 11. — Application générale des arts du dessin et du modelage.
- Classe 12. — Epreuves et appareils photographiques.
- Classe i3. —Instruments de musique.
- Classe 14. — Instruments de précision.
- Classe i5 — Cartes; appareils de géographie et de cosmographie.
- Groupe III
- Ameublement et accessoires
- Classe 16. — Ameublement.
- Classe 17. — Ouvrages du tapissier et du décorateur
- Classe 18. — Tapis, tapisseries et autres tissus pour ameublement.
- Classe 19. — Papiers peints..
- Classe 20. — Coutellerie.
- Classe 21. — Orfèvrerie.
- Classe 22. — Bronzes et fontes d’art divers ; métaux repoussés.
- Classe 23. — Horloges et montres.
- Classe 24. — Parfumerie.
- Classe 22. — Ouvrages en cuir, articles de fantaisie, vannerie.
- Groupe IV
- Verrerie, poterie, etc.
- Classe 26. — Cristaux, verres et vitraux.
- Classe 27.— Poterie.
- Groupe V
- Tissus, habillement et accessoires
- Classe 28. — Fils et tissus de coton.
- Classe 29. — Fils et tissus de lin, de chanvre, etc.
- Classe 3o. — Fils et tissus de laine peignée.
- Classe 3i. — Fils et tissus de laine cardée.
- Classe 32. — Soie et tissus de soie.
- Classe 33. — Châles.
- Classe 34. — Dentelles, tulles, broderies, passementeries.
- Classe 33. — Bonneterie, lingerie et accessoires de l’habillement.
- Classe 36. — Vêtements pour les deux sexes.
- Classe 3p. — Joaillerie et pierres précieuses.
- Classe 38. — Armes portatives, équipements de chasse.
- Classe 39. — Appareils de voyage et objets de campement.
- Classe 40. — Jouets.
- Groupe VI
- Produits bruts et manufacturés. — Procédés
- Classe 41. — Produits de la culture des forêts et des industries qui s’y rattachent.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1S89.
- Classe 42. — Produits de la chasse et de la pêche. Produits spontanés de la terre ; machines et instruments pour les recueillir.
- Classe 43. — Produits agricoles ne servant point à l’alimentation.
- Classe 44. — Produits chimiques et pharmaceutiques.
- Classe 45. — Procédés chimiques pour le blanchissage, la teinture, l’impression et l’habillement.
- Classe 40. — Cuirs et peaux.
- Groupe VII
- Appareils et procédés en usage dans les industries
- mécaniques
- Classe 47. — Instruments agricoles et procédés employés dans la culture des champs et forêts.
- Classe 48. — Appareils et procédés employés pour les travaux de l’agriculture et pour la préparation des aliments.
- Classe 49. — Instruments, modèles et plans relatifs à l’irrigation.
- Classe 5o. — Appareils employés en chimie, en pharmacie et en tannerie.
- Classe 5i. — Machines et appareils en général.
- Classe 52. —• Machines-outils.
- Classe 53. — Appareils employés pour filer et fabriquer les cordes.
- Classe 5q. — Appareils et procédés de tissage.
- Classe 55. -• Appareils et procédés pour la couture et la confection des vêtements.
- Classe 56. — Appareils et procédés employés dans la fabrication des objets de mobilier et d’habitation.
- Classe 5y. — Appareils et procédés en usage pour la fabrication et la teinture du papier et pour l’imprimerie.
- Classe 58. — Machines, instruments et procédés en usage dans diverses industries.
- Classe .''9. — Voitures et charronnage.
- Classe 60. — Harnais et sellerie.
- Classe 61. — Matériel des chemins de fer.
- Classe 62. — Appareils et procédés électriques, pneumatiques et autres.
- Classe 63. — Appareils et procédés employés par les ingénieurs civils. — Travaux publics et architecture.
- Classe 64. — Navigation et sauvetage.
- Classe 65. — Objets et appareils militaires.
- Groupe VIII Produits alimentaires
- Classe 66. — Céréales. Produits farineux et produits dérivés.
- Classe 67. — Pain et.pâtisserie.
- Classe 68. — Substances grasses servant à la nourriture. Lait et œufs.
- Classe 69. — Viande et poisson.
- Classe 70. - Légumes et fruits.
- Classe 71. — Condiments et stimulants. Sucre et confiserie.
- Classe 72. — Boissons fermentées et distillées.
- Groupe IX
- Salubrité, médecine, hygiène et assistance publique,
- Classe 7a. Appareils sanitaires, instruments de chirurgie, plans, modèles, etc.
- Classe 74. Appareils et procédés de chauffage et d’éclairage.
- Groupe X
- Agriculture et industrie qui s'y rattachent
- Classe 73. — Spécimens de bâtiments de ferme et de travaux agricoles.
- Groupe XI Horticulture
- Classe 76. — Serres et appareils horticoles.
- Classe 77. — Fleurs et plantes d’ornementation.
- Classe 78. — Légumes.
- Classe 79. — Fruits et arbres fruitiers.
- Classe 80. — Semences et plants d’arbres forestiers.
- Classe 81. — Plantes de serres chaudes.
- Groupe XII
- Industrie minière, machines et produits
- Classe 82. — Appareils et procédés.
- Classe 83. — Produits.
- La deuxième réunion de la commission organisée pour la participation française'à l’exposition de Melbourne, a été tenue samedi 7 janvier, au ministère du commerce et de l’industrie, pour arrêter les termes du règlement à soumettre au ministre. Voiciles principales dispositions de ce règlement, approuvé par M. Lucien Dautresme.
- Un jury d’admission, nommé par le ministre, fonctionnera dès le 1e1' février prochain.
- La liste des demandes sera close le 29 février.
- Avant le 20 mars, les intéressés recevront avis des décisions prises à leur égard par le jnry.
- Dimanche i5 Janvier 1S8S. — 93 t.
- Toutes les communications doivent être adressées au ministère du commerce et de l’industrie.
- Les futurs exposants bénéficieront des réductions des tarifs consenties, sur la demande du ministre, par les compagnies de chemins de fer et de messageries maritimes.
- Tous les produits destinés à l’Exposition de Melbourne devront y être arrivés le 12 juin 1888, extrême délai. Le dernier départ de Marseille est fixé au 2 mai prochain.
- Un règlement spécial aux beaux-arts sera publié prochainement.
- Pour aider à cette participation française, un crédit important sera demandé aux Chambres par le ministre du commerce, le ministre des affaires étrangères et le ministre des beaux-arts.
- Comme indication particulièrement intéressante pour les futurs exposants, nous relevons dans un état de situation de notre commerce à Melbourne, malgré l’active concurrence de l’Allemagne, une proportion de 15o pour cent d’augmentation de nos débouchés sur cette place, de 1875 à 1885.
- On n’a pas oublié de quelle importance a été pour le commerce français, l’Exposition de Melbourne de 1881, ni les succès obtenus par les œuvres d’art dont les quatre cinquièmes ont été achetés par les Australiens.
- Toutes les facilités nécessaires seront données pour l’expédition, le transport et l’installation.
- M. Castagnary va s’assurer le concours de nos plus grands peintres etsculpteurs.il enverra d’ailleurs les dernières acquisitions de l’Etat, ainsi que les produits de nos manufactures nationale-s.
- De son côté, le président de la chambre de commerce de Paris s’est porté garant de l’ardeur et du dévouement des principaux industriels, qui n’orit à attendre de cette participation que les résultats les plus favorables.
- M. Poirriër, président de la chambre de commerce, et M. Georges Berger, ancien commissaire général à l’exposition de Melbourne en 1880, ont désigné plusieurs notables commerçants qui seront reçus, le i3 janvier courant, à cinq heures, à l’hôtel du ministère du commerce, par M. Lucien Dautresme, qui les entretiendra des intérêts que présente pour l’industrie et les arts de notre pays la participation française à l’exposition de.Melbourne.
- LES LIVRES
- CXL
- Nos Marins, par Etienne Tréfeu, avec une préface de M. Ferdinand de Lesseps, illustrations par Ernest Langlois et Ginos.
- Paris, Berger-Levrault, éditeurs, un volume iri-88. 188S.
- Voici un livre qui est un chef-d’œuvre en son genre, un modèle de clarté, de consciencieuse information, d’impartialité, de tact et de goût qui fait le plus grand honneur à son auteur, homme d’avenir, qui mérite son succès, car il répond, en .lui donnant pleine et entière satisfaction, à un besoin de la curiosité et de la sympathie nationales.
- Gomment ne s’arrêteraient-elles pas avec une prédilection de confiance et d’orgueil sur ce corps de la marine dont le siège de Paris et la campagne de la Loire ont rendu si fortement populaire les mérites et les services, sur ce corps de la marine qui a contribué à donner aux vaincus de 1870 la consolation et l’espérance des victoires et des conquêtes de ces guerres lointaines grâce auxquelles notre empire colonial s’est enrichi des trophés de la Tunisie et du Tonhin?
- Il n’est pas douteux que dans une guerre européenne, inévitablement compliquée de luttes navales par suite des intérêts orientaux en jeu, et des ambitions et des alliances dont la prépondérance navale et coloniale serait l’appât plus encore que la suprématie occidentale, la marine française aurait à jouer un rôle important, peut-être décisif.
- C’estdoncun livre plein d’intérêt,pleind’à-propos et dont l’actualité n’est pas près de s’épuiser que ce Recueil de Notices biographiques sur nos vice-amiraux, nos contre-amiraux, tous les officiers généraux, dans l’état-major de la flotte ou des troupes du cadre d’activité sans aucune distinction, et dans le cadre de réserve et le cadre de retraite des anciens ministres, membres cte l’Institut, conseillers d’Etat et chefs de mission à l’étranger. L’auteur n’a pas oublié les corps entretenus'et le génie maritime, le service hydrographique, lec service de santé, le commissariat et 1 inspection des services administrants comptent dans son livre des représentants choisis parmi ceux qui tiennent la tête du corps et ceux qui sont pourvus d’emplois à Paris.
- On ne saurait trop louer ce plan qui fournit au publiciste, à l’historien, à l’homme politique, au marin, à tout le monde, car tout le monde est in-ressé à un tel ouvrage par quelque côté, les détails du signalement particulier, les états de service de tous les officiers généraux de notre marine et de nos troupes d’artillerie et d’infanterie de marine. L’auteur n’a pas voulu faire de choix et s’exposer ainsi au soupçon de partialité par certaines préférences et certaines exclusions. Il a pensé, avec
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- LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE 1889
- Dimanche i5 Janvier 1888.
- raison, que si l'historien a le devoir de renseigner le public sur les hommes placés en lumière par leurs succès, il a aussi le devoir de fournir aux officiers demeurés dans l’ombre par suite de leur mouestie ou de la disgrâce de la fortune, les movens d’être mieux connus. C’est souvent dans cette réserve obscure et modeste que la nécessité trouve ses héros, l’occasion ses favoris imprévus. Qui eut jamais deviné dans le taciturne et flegmatique Courbet, ami de la méditation et de la solitude, épris de sa carrière au point de lui sacrifier l’unique amour de sa vie,le futur victorieux armé contre toutes les difficultés, manœuvrant, et opérant avec la précision mathématique d’une im-pertubable expérience, et réjouissant le cœurde la France par des succès enviés des autres nations trop tôt vengées par une mort prématurée ? Il y a certainement des Courbet de l’avenir dans l’état-major général de notre marine. Et c’est avec sagesse, avec raison que M. Etienne Tréfeu n’a pas voulu avoir à se reprocher l’oubli d’un seul nom, le prédestiné peut-être.
- Nous le louerons encore d’avoir exclu la politique de l’histoire d’un corps militaire, c’est-à-dire national avant tout, qui doit demeurer en dehors et au-dessus des luttes des partis et ne se préoccuper que du devoir et de l’honneur. C’est précisément parce que la marine plus encore que l’armée s’est gardée de cette contagion corruptrice qu’elle inspire au pays l’estime et la confiance dont elle est justement fière. M. Tréfeu lui a rendu un premier et délicat hommage en s’abstenant jalousement et fièrement de toute préoccupation, de toute considération politique dans l’histoire de ces officiers généraux de notre marine, dont quelques-uns ont été appelés à prendre .part à la discussion ou au maniement des affaires du pays, mais l’ont fait en général avec une modération et une réserve qui justifient le parti pris par l’auteur de ne pas entrer dans ce côté dangereux de son sujet. Il y aurait en effet à louer souvent, à blâmer quelquefois. Il y aurait à commettre la faute qu’on pourrait reprocher à certains d’avoir commise. Le mieux est de s’abstenir et de n’arborer sur ce bel ouvrage consacré à nos gloires et à nos espérances maritimes que le pavillon national.
- C’est ainsi que l’auteur a gagné à son livre le patronage qui est déjà un succès, et la recommandation d’un homme qui est précisément un grand Français, et qui n’a jamais voulu être que cela (le titre en effet est assez beau), Ferdinand de Les-seps qui ouvre le livre par une de ces préfaces vives et nettes dont il a le secret et où apparaît en quelques mots toujours appropriés, toujours heureux, sa martiale, cordiale, joviale figure.
- Le grand écueil du sujet traité par M. Tréfeu c’était la monotonie. Comment l’éviter dans une galerie de quatre-vingts portraits d’officiers généraux, lesquels appartenant tous à la même famille militaire, doivent fournir à l’observation plus de traits communs que de dissemblances ? Il fallait pourtant trouver le trait distinctif de chaque physionomie, la caractéristique de chaque individualité. C’est à quoi M. Tréfeu a admirablement réussi. En quelques pages, dont la forme est toujours variée, il a donné à chaque figure sa valeur absolue et sa valeur relative, il a mis en relief ce qui distingue chacun de ses modèles, faisant ressortir la note maîtresse : supériorité comme tacticien. comme manœuvrier, comme organisateur, comme administrateur. Il a montré les uns sur leur navire, les autres dans leur cabinet; ceux-ci dans leur préfecture, ceux-là sur le champ de bataille, chacun dans le plus bel effort et le plus grand succès de leur carrière. Il nous a fait voir en quoi l’amiral Jauréguiberry, protestant austère et convaincu, pouvait différer de l’amiral Duperré, type d’homme du monde et d’homme de cour; en quoi l’amiral Paris, l’amiral de Jonquière, l’amiral Mouchez, membre de l’Académie des sciences, différaient de l’amiral Cloué, hydrographe consommé dont le nom est attaché à celui de notre station de Terre-Neuve; en quoi l’amiral Jaurès, qui a fait preuve en 1870-71 des meilleures qualités du général d’infanterie, ne ressemble pas à tel autre de ses collègues dont les facultés et les qualités sont essentiellement nautiques. Il nous a fait assister, dans un récit plusieurs fois répété, à ce fameux coup d’obus du 17 octobre i85q, légendaire dans la marine, qui fit sauter la dunette de la Ville de Paris, renversant le vice-amiral Hamelin, le contre-amiral Bouët-Willaumez et le commandant de Dompierre-d’Harnoy dans la chambre duquel le projectile avait éclaté tout d’abord, tuant un lieutenant de vaisseau et un aspirant, fracassant les jambes au lieutenant de vaisseau Zédé, officier d’ordonnance, et blessant plus ou moins grièvement les autres officiers de l’état-major du commandant en chef, MM. Garnault, Grivel, de Rosamel, Puech; de telle sorte que s’il eût accompli entièrement sa mission meurtrière, il eut rayé de la liste de la marine déux amiraux et huit futurs amiraux.
- Il nous a dit les titres glorieux de l’amiral Amet comme commandant du fort de Montrouge, battu pendant vingt-cinq jours des obus prussiens et maintenu libre, sinon intact, par une héroïque défense.
- Il nous a raconté le duel du Bouvet avec le Météor, seul fait d’armes de la guerre maritime de 1870-1871, qui valut au futur contre-amiral Franquet les ovations enthousiastes de la population de la Havane, témoin de ce combat inégal et pour nous victorieux, la rosette d’officier et le grade de capitaine de vaisseau.
- 11 nous a dit enfin, et il faut l’en remercier, en termes dignes du sujet, les épisodes glorieux, les traits d’héroïsme qui font que la France est fière et rassurée quand elle considère les hommes qui tiennent la tête de son armée et de sa marine et dont le passé garantit l’avenir.
- M. de Lescure.
- LES THEATRES
- La question de la subvention accordée par l’Etat à certains théâtres va de nouveau être agitée au Parlement quand viendra la discussion du budget.
- Voici quelques extraits du rapport qui sera présenté à ce sujet par M. Henry Maret à la Chambre des députés.
- Opéra. — La subvention de l’Opéra est de 800,000 fr. Les charges auxquelles cette dotation doit faire face sont de 833,000 fr.
- L’inventaire au 3r décembre • 1886 accuse une perte de 109,533 fr. 20, la situation arrêtée au 3ojuin 1887 donne un bénéfice de 123,641 fr. 89. Dans ce chiffre est compris le bénéfice net des bals masqués, soit42,22i fr. o5 pour 1887.
- Les ^engagements et réengagements d’artistes donnent, pour l’année 1887, une augmentation de dépenses de 18,178 fr.
- En 1887, on trouve une diminution de 69,873 fr. dans les recettes journalières, dont 17,772 fr. poulie mois de juin.
- Le budget du chant s’élevait à la somme de i,oo3,66o fr. en 1885, ce budget a été réduit à 779,574 fr. en 1886. Il sera, en 1887, de 836,811 fr. environ.
- La direction actuelle est parvenue à monter six ouvrages, dont quatre grands opéras (Tabarin, Ri-goletto, Sigurd, le Cid, les Deux pigeons, Patrie) en ne dépensant que 440,149 fr. 72, alors que pour monter neuf ouvrages, la direction précédente avait dépensé 1,260,710 fr. 26.
- Les trois premières années du privilège actuel se soldent par une perte de plus de cent mille fr., si l’on ajoute à cette perte les bénéfices nets s’élevant pour ces trois années à la somme de 150,173 fr. 5o, on voit que l’exploitation lyrique a donné une perte de 250,573 fr. en trois ans.
- La direction actuelle, en ce qui concerne les décors, a détruit dix-sept actes (six ouvrages : Polyeucte, le Tribut de Zamora, Yedda, la Source, Namouna, la Farandole, ayant été retirés).
- Elle en a produit vingt-deux. Elle a fait repeindre à neuf le premier acte de Y Africaine, celui du vaisseau, le ballet, le troisième acte des Huguenots, le troisième acte de Faust et le premier acte d'Aida.
- Les recettes des six premiers mois, pour 1886, produisent la somme de 1,562,604 fr. 67. Les recettes des six premiers mois, pour 1887, donnent un total de 1,522,431 fr. 26. Il y a donc une différence de 39,873 fr. 40 en faveur de 1886 sur 1887.
- Comédie-Française. — La subvention qui lui est allouée est de 240,000 fr.
- Les recettes de 1886 se sont élevées à la somme de 2,3o2,2o5 fr. 2 5 et les dépenses à 2 millions 297,528 fr. 40; le chiffre du partage a été de 20,000 fr. par part entière. Il reste un fonds de roulement, pour 1887, de 4,676 fr. 08. Pendant les six premiers mois de l’année, les recettes ont été de 1,122,755 fr. et les dépenses de 1 million 720,000 fr. 90.
- Vingt-sept sociétaires et trente-trois pensionnaires touchent ensemble une somme de 423/600 francs.
- En 1S86, onj a joué cent quarante et une fois vingt-cinq pièces du répertoire ancien, et six cent neuf fois cinquante-cinq pièces du répertoire moderne.
- Dans le premier semestre de 1887, on a joué soixante-dix fois dix-neuf pièces du répertoire ancien et trois cent onze fois trente-six pièces du répertoire moderne.
- Dû i01'juin 1886 au 3o juin 1887, il aétédouné dix-neuf actes nouveaux représentés et vingt-trois actes de reprises.
- Depuis l’année 1883, il est d’usage de donner quatre représentations gratuites par an ; l’année qui vient de s’écouler en a donné cinq.
- Pendant l’année 1886, 307,485 personnes ont assisté aux représentations en payant, et 156,412 y ont assisté gratuitement.
- La troupe du Theâtre-Français a donc joué devant 464,107 personnes.
- Il résulte de ce dernier dénombrement que la Comédie-Française ouvre largement ses portes aux artistes étrangers de passage à Paris, aux élèves de nos écoles et aux élèves du Conservatoire.
- De 1S41 à 1887, la Comédie-Française a encaissé
- 09,741,050 fr. 40 et a versé pour le droit des pauvres 4,538,335 fr. 33 et pour le droit d’auteurs 5,655, r 17 fr.
- On parle d’un nouveau projet pour l’installation de l’Opéra-Comique à l’Eden-Théâtre. Il ne s’agit plus de MM Cantin et Bertrand, mais de MM. Klein et Duclos, deux architectes qui représentent de gros bailleurs de fonds. D’après le plan de ces messieurs, l’Etat n’aurait à débourser qu’un peu plus de deux millions de francs.
- Nous ne croyons pas que ce projet réussisse. Il devient de plus en plus certain que le nouvel Opéra-Comique s’élèvera sur l’emplacement de l’ancienne salle avec façade sur le boulevard.
- DERNIÈRE HEURE
- RÉUNION DE LA GRANDE COMMISSION
- de l’Exposition de 188g
- La grande commission de l’Exposition s’est réunie le vendredi i3 janvier sous la présidence de M. Dautresme, ministre des travaux publics.
- Les trois directeurs. MM. Alphand, Berger et Grison, assistaient à la séance.
- Parmi les membres présents, on remarquait : MM. Lockroy, Prevet et Dreyfus,, députés ; Tolain, sénateur ; Cernesson, Arsène Lopin et Guichard, conseillers municipaux, etc.
- Le Conseil municipal de Paris a déjà voté une somme de i5o.ooo francs pour l’établissement d’un port définitif devant le Champ-de-Mars, port dont les dépenses s’élèveront à environ 000,000 francs. La commission de l’Exposition a voté ce matin une somme de iôo.ooo francs ; l’Etat donnera le complément.
- Un crédit de 200,000 fr. est alloué pour l’établissement d’une exposition d’économie sociale qui sera installée sur la place des Invalides.
- Le principe de l’éclairage électrique du soir à l’Exposition a été décidé dans la séance du 16 décembre.
- Une sous-commission composée des trois directeurs. des trois présidents des commissions des travaux, des finances et de l’exploitation, et de MM. Guichard, Magnin et Prevet, a étudié les traités à intervenir entre l’administration et le syndicat des électriciens. Le rapport de M. Prevet à la commission supérieure du contrôle et des finances a été accepté.
- Voici les principales clauses du traité qui sera signé d’une part par M. le ministre du commerce et d’autre part par quatre des plus importantes maisons qui s,occupent d’installations électriques. Ce traité a été préparé en conformité de l’avis du conseil d’Etat, qui avait été demandé.
- « Les droits d’entrée de l’Exposition du soir sont fixés à 2 francs la semaine et 1 franc le dimanche. Les exposants électriciens abandonnent à l’Etat la moitié des recettes brutes jusqu’à 3,6oo,ooo fr., 7110 des 5oo,ooo francs suivants, 8,110 des autres 400,000 fr., et 3,i 10 des recettes qui pourraient être encore faites en excédent.
- « Le syndicat des électriciens a décidé que l’exposition d’électricité, pour conserver son caractère d’exposition collective, restera ouverte à tous les exposants d'appareils d’électricité.
- « Les bas-côtés de l’exposition, le long des avenues Suffren et la Bourdonnais, et la Cascade du Trocadéro, sont réservés pour être éclairés au gaz. »
- Par suite de l’adjudication qui a eu lieu. M. Severac, ingénieur, a été chargé de l’établissement du chemin de fer intérieur de l’exposition.
- M. Severac établira un réseau continu de la largeur de un mètre qui ira du ministère des affaires étrangères, le quai et passera devant la tour Eiffel et desservira l’avenue Suffren et l’avenue de la Motte-Piquet. Dans une prochaine séance on examinera la proposition d’exonération des frais d’exposition en faveur des exposants ouvriers et des petits producteurs.
- Le Gérant, GARREAU.
- Tours. — lmp. E. ARRAULT et Cie, rue de la Préfecture, 6
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- Le Moniteur
- DE
- L'EXPOSITION DE 1889
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
- QUATRIÈME ANNÉE. Dimanche 22 Janvier 1888. NUMÉRO 1G0
- SOMMAIRE :
- i. Les travaux du Champ-de-Mars ; 2. Les Comités départementaux pour l’Exposition de .889; 3. Arretés; 4. Nominations de membres des Comités départementaux ; 5. L’exposition des Colonies; 6 La participation étrangère à l’exposition de 1889; 7. La Pisciculture à l'Exposition de 1889; 8- Echos; 9. Sciences et industrie; 10. Exposition universelle de Barcelone en 1888; ir. Exposition universelle de Bruxelles en 1888; 12. L’Exposition de Melbourne; i3. Concours agricoles régionaux en 1888; 14. Avis commerciaux; 15. Adjudication ; t6. Les Combustibles; 17. Le Cabotage en 1886; 18. La Bourse du commerce; 19. Les Livres; 20. Les Théâtres.
- EXPOSITION UNIVERSELLE
- DE 1889
- LES TRAVAUX DU CHAMP-DE-MARS
- . Nos lecteurs ont pu voir, dans le dernier numéro du Moniteur de /’Exposition, que la construction du pavillon de la presse, mise en adjudication, avait été adjugée à la Société des ouvriers charpentiers de la Villette. Ce bâtiment intéressant un grand nombre de personnes, tant par lui-mème que par les annexes : postes et télégraphes, nous allons en donner une description en essayant d’être aussi clair que possible. afin qu’on puisse se faire à l’avance une idée de l’aspect du projet de M. Vaudoyer, architecte.
- D’abord l’emplacement : le pavillon de la presse sera situé le long de l’avenue de Labour-donnais, en face le palais des Beaux-Arts dont il regardera l’extrémité opposée à l’Ecole militaire ; il occupera une surface d’environ 65o m. carrés y compris ses annexes. La façade générale aura à peu près un développement de i5 m. comprenant 17 m. pour le pavillon pro-prement.dit et 17 m. pour chacune de ses dépendances.
- L’aspect général sera celui d’une habitation rustique à un étage sur rez-de-chaussée et flanquée de deux constructions auxquelles leur façade entièrement vitrée donne l’apparence de serres ou jardins d’hiver; ces constructions latérales ne comportent qu’un rez-de-chaussée et, quant à celle du milieu, elle est surmontée d’un toit en ardoise très élevé ainsi qu’il convient à ce genre de couverture dont la faible inclinaison amènerait très vite la destruction par suite de l’eau et de la neige qui y séjourneraient.
- La décoration extérieure est simple, d’une simplicité peut-être même un peu trop grande, étant donnée la destination : c’est tout bonnement un endroit sur lequel sont appliqués des bois simulant des chaînes, des sablières et des encadrements.; quelques briques apparentes et des moulures complètent cet ensemble dont le motil décoratif principal est un cartouche contenant la lettre P qui surmonte la fenêtre du milieu du premier étage.
- Ce pavillon, grâce surtout à ses deux annexes vitrées, a une apparence assez agréable mais, sans nulle intention de critiquer, nous ne nous expliquons pas très bien dans quel but on a adopté un style un peu rustique, ne rappelant en aucune façon la destination du bâtiment qui est d’abriter les représentants d’une institution ayant fort peu la prétention d’être champêtre ; pour l’administration d’une exposition agricole ou horticole, ce genre de construction eût été parfaite mais pour la presse n’eût-il pas mieux valu adopter un style nlus fantaisiste, se prêtant mieux à une décoration originale et variée, ces
- deux qualificatifs devant surtout être l’apanage du journalisme; mais peut-être a-t-on craint de tomber ainsi dans l’excès contraire et ne vou-lait-on pas accuser trop nettement le caractère du bâtiment.
- Six ouvertures sont ménagées dans la façade : une porte avec perron et deux fenêtres au rez-de-chaussée, trois fenêtres au premier étage ; chacune de ces ouvertures donnant jour à une pièce séparée ; en réalité, le premier étage a cinq ouvertures, car les baies extrêmes sont constituées par des fenêtres jumelles.
- La disposition intérieure est régulière : au rez-de-chaussée, quatre salles séparées par un double vestibule en croix, au premier, trois pièces desservies par un seul vestibule. En entrant, en bas, les deux premières pièces sont réservées, celle de droite aux téléphones, celle de gauche au commissaire ; quant aux salles du fond, celle de droite sert de cabinet de travail en communication directe avec l’annexe placée de ce côté (bureau des postes et télégraphes), et l’autre est destinée au Comité.
- Le vestibule qui, partant de la porte principale, divise en deux le pavillon sur sa largeur, contient le vestiaire et donne accès sur l’escalier conduisant au premier étage ; quant au vestibule latéral, il aboutit aux deux annexes c’est-à-dire, à gauche, au restaurant de la presse et à droite, au bureau de poste. En dehors de leurs communications directes,réservées spécialement à la presse, avec le pavillon principal, ces deux dépendances ont des ouvertures extérieures à l’usage du public qui peut ainsi se rendre au restaurant ou à la poste.
- Au premier étage, le salon du milieu sera occupé parla bibliothèque, et les deux autres seront affectés, l’un à la presse française, l’autre à la presse étrangère ; ce premier étage ne règne que sur le devant du bâtiment dont la partie postérieure (salles du Comité et de correspondance) ne comprend qu’un rez-de-chaussée.
- En ce qui concerne l’ornementation intérieure, nous nous abstiendrons d’en parler jusqu’au jour où les décisions prises à cet égard seront devenues définitives, mais en tout cas nous sommes convaincu que rien ne sera négligé pour rendre le pavillon élégant, riche et confortable.
- Le bâtiment réservé à la presse à la dernière exposition était très coquet et fort bien orné, son aspect était gracieux mais il présentait un grave inconvénient auquel on a remédié dans le projet actuel : il fallait sortir des locaux pour se rendre au bureau des postes et télégraphes : enfin il présentait encore un autre défaut qui subsiste dans le pavillon qu’on va construire : aucune salle particulière n’a été prévue pour recevoir les personnes désirant parler à des journalistes ou les attendre, il est à craindre que cette omission cause un encombrement fâcheux des vestibules.
- Enfin, pour terminer, ajoutons que les annexes seront construites suivant deux types différents qui, croyons-nous, feront bon effet. Le pavillon des postes et télégraphes aura toutes ses baies vitrées, de forme rectangulaire et sera surmonté d‘un toit unique tandis-que le, restaurant aura une partie de ses ouvertures en plein cintre, celles du milieu étant seules rectangulaires, et sa toiture sera divisée, en. trois portions : les deux latérales avec lanterneau et celle du centre, plus élevée, présentant des pans coupés supportant une sorte de clocheton. On accédera à ces deux dépendances du
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- pavillon de la presse par des perrons de 7 à 8 marches.
- On a profité du froid assez vif de ces temps derniers pour procéder à quelques mesures relatives à la contraction éprouvée par les fermes métalliques du palais des industries diverses, on a fait deux expériences portant, la première, sur un ensemble de trois travées, c’est-à-dire sur une longueur de 75 m. et la seconde sur sept travées, soit 175 m. A cet effet on à suspendu, à la paroi extérieure des piliers extrêmes de l’ensemble des travées, des fils à plomb dont on a mesuré, lors de leur pose, la distance à la paroi des piliers ; à la fin de l’expérience cette distance a été de nouveau mesurée très exactement et a donné, par différence, la contraction qu’avaient subie les fermes.
- Les mesures ont été prises à deux moments présentant entre eux une différence de température de i7°et les résultats ont été les suivants: On a constaté un retrait de 35m/m pour les trois fermes formant une longueur de jS m. et un retrait de 5o m/m pour les sept fermes dont la longueur totale était de 175 m.
- Au premier abord ces chiffres causent un certain étonnement car la construction ou la dilatation due à une différence de températurr étant habituellement proportionnelle à la Ion gueur, il peut paraître étrange de n’avoir que 59 m/m de racourcissement sur une longueur plus que double de celle qui avait éprouvé 3o ra/ra de retrait. Ce manque de proportionnalité dans les chiffres relevés serait incompréhensible s’il s’agissait d’une pièce métallique rigide, homogène et ne présentant aucune irrégularité, mais ici la longueur soumise à l’expérience est, non seulement en ligne brisée, mais encore est formée d’un assez grand nombre de pièces qui, malgré toutes les précautions prises, ne nous paraissent pas devoir constituer un en semble assez rigoureusement homogène pour empêcher la production de petites actions locales modifiant le résultat total ; dès lors en admettant, à chaquepoint de réunion des pièces, la possibilité d’un petit jeu, aussi faible qu'il soit, comme ces points de jonction sont très nombreux leur influence peut devenir sensible et l’apparente anomalie constatée plus haut s’explique fort bien.
- Quoi q-u’il en soit, que cette sorte de paradoxe-physique soit dû à la cause que nous signalons ou, ainsi qu’on nous le faisait observer, prenne sa source dans la résistance offerte par les piliers intermédiaires, ne laissant dès lors du jeu qu’aux extrémités, la contraction totale constatée est assez faible pour n’inspirer aucune inquiétude au sujet de ses.éftets sur la construction et, en somme, c’est pour tout le monde le point véritablement important.
- Actuellement la gelée arrête presque tous les travaux, seuls, les jardiniers et les ouvriers de M. Eiffel fournissent leur tâche journalière, non sans souffler fréquemment dans leurs doigts, par exemple.
- Les premiers continuent les plantations et le tracé des pelouses, ils remuent énergiquement le sol un peu durci, préparent les bordures, répandent la terre végétale et, grâce à leur activité, le parc commence à prendre bonne tournure : la partie avoisinant la tour est particulièrement avancée et un certain nombre de massifs de plantes vertes entièrement terminés contribuent
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- à donner un aspect coquet à ce coin du Champ-de-Mars.
- Quant aux seconds, perchés au sommet de tour, à 5o m. au-dessus du sol, ils travaillent avec une ardeur que ne décourage pas l’âpre brise qui les enveloppe et qu’aiguillonne au contraire l’espoir de se réchauffer un peu au moyen d’une grande dépense de mouvement. Ces" travailleurs, dont le nombre est réduit de 260 à 207 par suite du départ des charpentiers, momentanément inutiles, exécutent lestement leur besogne ; c’est avec plaisir qu’on voit les masses de fer s’élever en l’air au moyen des grues et être absorbés par la masse principale avec laquelle ils se confondent de suite ; le résultat actuel de l’apport journalier de ces. nombreuses pièces de fer se traduit par l’achèvement prochain des quatre grandes poutres réunissant les piliers ; quant aux escaliers des pieds n° 2 et 4 leur exécution se poursuit d'une façon régulière de manière à ce que leur partie supérieure soit toujours au niveau de la plateforme où travaillent les forgerons, les ajusteurs et les rheurs.
- L’aspect présenté, en ce moment, par le chantier de M. Eiffel est des plus curieux : en pénétrant dans l’encemte et circulant au milieu des innombrables pièces de bois et de fer qui la remplissent, on est assourdi par un vacarfne formidable, et pourtant on ne voit que peu ou même pas d’ouvriers, et ce n’est qu’en levant les yeux qu’on aperçoit les auteurs de ce bruit courant, avec une agilité simiesque, dans^ l’enchevêtrement des poutres, ou frappant à tour de bras sur des rivets sortant d’une forge dont la lueur rouge tranche vivement sur la teinte foncée de la construction. La brume aidant à l’illusion, à voir ces travailleurs s’agiter confusément autour de leurs - foyers portatifs, on les prendrait volontiers pour des génies se livrant à quelque besogne surnaturelle. En tout cas,plus que jamais il est prudent de ne pas trop s avan-turer dans l’espace compris entre les quatre piliers car, malgré toute leur attention, les ouvriers lâchent assez fréquemment des morceaux de fer et dame, quelque petites qu’en soient les gouttes,, cette pluie martiale ne laisse pas que d’être-dsrgâteuse ; du reste, on fait bonne garde et les accidents ne sont guère à craindre.
- L’étendue du futur palais des machines est couverte de madriers, de planches et de sapines que des charpentiers coupent,façonnent et ajustent pour la construction des échafaudages nécessités par le montage des fermes de 110 me; actuellement tous les bois sont encore sur le sol, mais, à en juger par la quantité de matériaux disséminés un peu partout, on doit s’attendre à voir se dresser une véritable forêt ; cette importance des charpentes n’a rien qui puisse étonner si on considère les propositions colossales du bâtiment dont elles sont chargées de faciliter la construction.
- Quand nous aurons dit que l’échafaudage du palais des Beaux-Arts est en bonnevoie d’avancement nous aurons signalé à peu près tout ce qui concerne les travaux de l’Exposition, surtout si nous ajoutons que les bâtiments de l’agriculture, quai d’Orsay,continuent à s’élever avec la même rapidité. En résumé, malgré l’hiver, tout marche assez bien et si la rigueur de la saison occasionne quelques retards ils n’auront qu’une importance très secondaire.
- H. de Baeckeu.
- LES
- COMITÉS DÉPARTEMENTAUX
- POUR L’EXPOSITION DE 1889
- COMITE DÉPARTEMENTAL DE LA 1 lAUTE-GARONNE
- Le comité' départemental de la Haute-Garonne A ient d’adresser la lettre suivante aux industriels et commerçants de ce département pour les inviter à participer à l’Exposition :
- Le 5 mai 1789 s’ouvrirent à Versailles, ’es Etats Généraux de la France avide d’égalité, et proclamant, comme unique suprématie, l’intelligence fécondée par le travail.
- Cent ans après, le 5 mai 1889, sera inauguré, à Paris, en l’honneur du travail, l’Exposition universelle, qu’on pourrait appeler les Etats Généraux
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE :S8c
- de la France scientifique, industrielle, agricole et artistique.
- Le monde entier est convié à y prendre part ; et, déjà affluent les demandes des peuples étrangers; — de ceux meme dont les gouvernements ont décliné l’honneur d’une participation officielle.
- De notre côté, le patriotisme autant que l’intérêt nous font un devoir de contribuer à son éclat et de maintenir la France au rang élevé qu’elle a su conquérir dans les Expositions antérieures.
- Aussi, c’est avec confiance que nous venons solliciter votre concours.
- Comme le délai d’inscription expire à une date prochaine : le 1e1' février 1888, il convient de se hâter. Le succès de l’œuvre dépend, d’ailleurs, de l’empressement et de l’activité de tous.
- Vous n’aurez aucune somme à payer pourloca-tien de terrain et vous pourrez réduire vos frais d’installation en faisant, avec des producteurs d’objets similaires, une Expositio.il collective qui laissera subsister, en son entier, votre droit à une récompense individuelle.
- Vous trouverez, sous ce pli', une formule d’admission. Vous voudrez bien, après l’avoir remplie, l’envoyer à la Préfecture, à l’adresse de M. le Prédent du Comité départemental.
- Veuillez agréer, M , l’expression de nos
- sentiments les plus distingués.
- Pour le comité départemental de la Haute-Garonne :
- Le Président, J. SlRVEN.
- La Commission des beaux-arts de la Haute-Garonne s’est réunie le 12 courant, à 5 heures du soir, à l’hôtel de la Préfecture et a procédé à la nomination de son bureau, qui sera ainsi composé :
- Président : M. Landes, conseiller général. — Vice-president : M Eugène Reynis. — Secrétaire : M. Provost.
- La commission a ensuite décidé que, vu la date rapprochée du 1e1' février, après laquelle les demandes d’admission ne seront plus acceptées, il y avait lieu d’inviter à se presser les artistes toulousains désireux d’envoyer leurs œuvres à l’Exposition universelle.
- Le Secrétaire général, Paul de Lapeyrouse.
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- COMITÉ DÉPARTEMENTAL DE L’HÉRAULT
- Président : M. Gaston Bazilie. — Vice-présidents'. MM. Charles Leenhardt, de Crozals, Hu-gonnenq, Charles Azaïs. — Secrétaires : MM. Elie Cousin, Messine, Olive, Gontès, Gannat, Mourgues, Gustave Fraisse. — Trésorier M. Alphonse Tissié, banquier à Montpellier.
- COMITÉ DÉPARTEMENTAL DU RHONR
- Présidents d’honneur : MM. le préfet de Rhône; le maire de Lyon; le président du Conseil général du Rhône. — Président : M. Sevène, président de la Chambre de. commerce de Lyon. —. Vice-Présidents : MM. le président de la Chambre de commerce de Tarare ; Gosse, président de l’Univers des chambres syndicales lyonnaisss ; Bouffier, premier adjoint au maire de Lyon. — Secrétaires : MM. Marius Moran, secrétaire de la chambre de commerce de Lvon : J.Testenoire.
- M. Dautresme, ministre du commerce, ira' à Evreux, ledimanche22 janvier, présider la réunion des membres du comité départemental de l’Exposition nniverselle.
- M. Berger doit faire une conférence à cette réunion.
- ARRÊTÉS
- Par arrêté en date du 1 1 janvier 1887, le ministre du commerce et de l’industrie a. appelé M. le contre-amiral Gervais, chef d’état-major général et directeur du cabinet du ministre de la marine et des colonies, à remplacer M. le contre-amiral Le Timbre dans la commission préparatoire instituée en vue de la participation de la France aux diverses expositions internationales qui doivent s ouvrir en 188S.
- Par arrêté du ministre du commerce et de l’industrie, en date du 12 janvier 1888, _M. Ernest Meyer, auditeur au conseil d'Etat, chef du cabinet du sous-secrétaire d’Etat au ministère de la ma-
- D.manche 22 Janvier.1888.
- rine et des colonies, a été nommé membre delà commission préparatoire instituée en vue de la participation de la France aux diverses expositions internationales qui doivent avoir lieu en 1888.
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- Par arrêté en date du i3 janvier 1888, le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de TExposition universelle de 1889, a nommé :
- i° Vice-président de la commission d’organisation et de direction des congrès et conférences, M. Meissonier-, membre de l’Académie des beaux-arts ;
- 20 Membre du comité de la section II (beaux-arts) des congrès et conférences, M. Puvis de Cha-vannes. membre du conseil supérieur des beaux-arts, en remplacement de M. Meissonier, nommé vice-président de la commission d’organisation et de direction.
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- Par arrêté en date du iqjanvier 1888, M. Charles Prevet, député, est nommé commissaire général de la France à l’Exposition de Barcelone.
- NOMINATIONS
- de Membres des Comités départementaux
- Par divers arrêtés pris par M. le Ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition de 1889, ont été nommés membres des comités des départements du :
- CALVADOS
- Sous-comité de P arrondissement de Caen
- MM. le vicomte de Saint-Pie'rre, sénateur 7 Edmond Henry, ancien député ; Guerlin de Guer, chef de division à la préfecture.
- ILLE-ET-VILAINE
- Sous-comité de P arrondissement de Rennes
- MM. Lenoir, directeur de l’école des beaux-arts, à Rennes, en remplacement de M.. Jan, décédé; Paisant, inspecteur d’académie, à Rennes, en remplacement de M. Le Bastard, démissionnaire; Si-rodot, doyen de la faculté des sciences, membre correspondant de l’Institut, président de la société d’agriculture, du commerce et de l’industrie pour le département d’Ille-et-Vilaine, en remplacement de M. Aubrée, démissionnaire.
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- LOIRE
- Sous-comité de P arrondissement de Saint-Etienne
- MM. Cholat, administrateur délégué de la compagnie des forges et aciéries de Saint-Etienne, en remplacement de M. Barrouin, démissionnaire Périer (Louis), président du syndicat des liquides de la Loire, à Saint-Etienne.
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- NORD
- i° Sous-comité de P arrondissement de Lille
- MM. Renouard (Alfred), vice-président de la société industrielle du Nord de la France, à Lille; Schouteeten (R.), distillateur liquoriste à Lille.
- 2° Sous-comité de P arrondissement de Valenciennes
- M. Mariage (Jean-Baptiste), agriculteur, fabricant de sucre, maire de Thiant.
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- SAONE-ET-LOIRE Sous-comité de Pari'ondissement d’Autan M. Taragonet, négociant à Autun.
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- SAVOIE
- Sous-comité de l’arrondissement de Moutiers M. Duraz (Victor), ancien juge de paix à Bozel.
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- Quatrième Année.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1SS9.
- — N° iôo.
- Dimanche 22 Janvier 1SS8. — qJ:.
- L’EXPOSITION DES COLONIES
- La section spéciale des colonies françaises et pays des protectorats à l’Exposition de 1889 promet un intérêt tout particulier.
- Une première subvention de 2,000,000 de francs a été votée par diverses colonies comme fonds de concours à l’exposition coloniale de 1889.
- Ce subside diminuera d’autant la part contributives de l’Etat dans les dépenses des sections des colonies et pays de protectorat.
- LA PARTICIPATION ÉTRANGÈRE
- A L’EXPOSITION DE 18S9
- (Suite)
- D’une communication officielle transmise à M. Lucien Dautresme, ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’exposition universelle de 1889, il résulte que, d’après un télégramme du ministre de la République française à Washington, le président Cleveland vient de. faire tenir au congrès le rapport du secrétaire d’Efat au sujet de la participation des Etats-Unis à l’Exposition.
- Ce rapport conclut à l'adoption d’une loi autorisant la nomination d’un commissaire général pour représenter les Etats-Unis et recommande le vote d’un crédit de 800,000 dollars pour subvenir aux dépenses nécessaires. II. demande également la réadmission en franchise des objets qui seront envoyés à l’Exposition.
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- La municipalité de Barcelone a voté un crédit de 200,000 fr. pour l’achat des.meilleurs tableaux qui seront envoyés à l’Exposition.
- LA PISCICULTURE
- A L’EXPOSITION DE 1889
- Plusieurs de nos confrères, écritle Temps, rappelant qu’une des sections de l’Exposition de 1878 les moins réussies avait été celle de la pisciculture ont annoncé que « l’aquarium existant actuellement au Trocadéro allait etre agrandi, de façon a en faire une exposition complète ». Il s’en faut que cette information soit absolument exacte; elle n’a pu prendre naissance que parce que l’on ignore généralement dans quel but et surtout dans quelles conditions spéciale a été ronstruit cet aquarium. Il nous a donc paru intéressant de donner et sur cet établissement, et sur celui plus complet et plus vaste que projette d’établir M. Alphand en 1889, quelques renseignements précis.
- Il a toujours été d’usage, aux Expositions universelles, de construire un aquarium. C’est ainsi que celui de l’Exposition de 1866 a été pour ainsi dire démonté et transporté morceau par morceau au Havre, où il se trouve encore aujourd’hui. Il n’a pu en être de même, par exemple, pour celui de l’Exposition de 1878. Construit dans d’anciennes carrières, sur les plans de M. l’ingénieur Barrois, l’aquarium du Trocadéro est entièrement souterrain et ne reçoit la lumière qu’à travers la couche d’eau contenue dans ses vingt-trois bacs. Sa superficie est d’environ 3,200 mètres carrés et sa disposition est celle d’une galerie elliptique se déroulant autour d’un massif central. Large de six à huit mètres, décorée de rocailles et de stalactites, cette galerie présente un développement de cent cinquante mètres environ. C’est dans les parois latérales que sont scellées les grandes glaces, au nombre de deux cent quarante, permettant au regard de plonger dans les paysages aquatiques où circulent les poissons. La lumière qui traverse l’eau des bacs pour pénétrer à l’intérieur n’éclaire que faiblement la galerie, de telle sorte que les poissons ne soupçonnent pas la présence des visiteurs qui les contemplent.
- , La capacité totale des vingt-trois bassins dépasse 1,200 mètres cubes et la profondeur de l’eau varie de 3 à 4 mètres. C’est l’eau de la Vanne qui circule dans l’aquarium.
- Après l’Exposition de 1878, celui-ci fit retour a la Ville de Paris et resta provisoirement annexé au service des plantations et promenades. Ce n’est qu’en 1884 que M. Alphand, songeant que.la France avait perdu, en 1871, son unique établissement de pisciculture, celui d’Huningue, entreprit de fonder à nouveau un centre d’études sur la pisciculture et d’entretenir à Paris une sorte de musée vivant des poissons d’eau douce de la France.
- Ses vues furent accueillies par la commission d'enseignement du conseil municipal, et MM. Thu-
- lié et Hovelacque prirent l’initiative d’une proposition tendant à créer à l’aquarium du Trocadéro un cours de pisciculture et une direction scientifique qui furent confiés, au mois d’avril 1884, à un physiologiste, ancien élève de Claude Bernard, M. Jousset de Bellesme. Depuis lors, ce dernier s’est exclusivement consacré aux recherches sur la reproduction des poissons et l’acclimatation, de certaines espèces.
- Malheureusement l’aquarium du Trocadéro, qui n’a pas été construit dans un but d’étude, présente beaucoup d’imperfections. Par exemple, l’eau ne se renouvelant pas assez rapidement, le directeur se voit obligé de « refaire sa collection complète de sujets » tous les trois ou quatre ans.
- Les poissons d’espèces communes : brochets, perches, carpes, anguilles, etc., sont achetés tout vivants aux Halles. Comme ceux-là ne frayent pour ainsi dire que dans l’eau tiède (170 ou 18°), ils ne peuvent se reproduire dans l’eau de la Vanne, qui se tient généralement entre 11° et 12°.
- Seuls les salmonidés, comme la truite, le saumon, l’ombre-chevalier, etc., sont venus à l’état d’œufs et ont été fécondés et élevés à l’aquarium.
- Rien de plus curieux et de moins connu que les opérations que nécessite la reproduction de ces salmonidés.
- A l’époque de la ponte, c’est-à-dire dans les mois de novembre et de décembre, le directeur de l’aquarium fait vider les bassins de façop à ne plus y laisser que 5o centimètres d’eau. Chaussés d’énormes bottes d’égoutiers, revêtus de blouses en toile cirée, quatre ou cinq aides entrent dans les bassins et prennent un à un les poissons. Tandis que l’un des hommes tient le poisson par la queue et un autre par la tête, un troisième presse doucement l’abdomen du salmonide et fait tomber les œufs dans un bassin en tôle galvanisée. Puis, par de même procédé, on répand de la laitance sur ces œufs. On les place ensuite dans un appareil à éclosion composé de rigoles dans lesquelles circule une eau très vive, ayant une température moyenne de io°. On les y laisse 45 jours.
- Ce laps de temps écoule les œufs, éclosent, mais on conserve encore pendant quarante-cinq jours les alevins dans l’appareil afin' de leur donner le temps de résorber tranquillement leur vésicule vitelline, sorte de petite poche jaunâtre qu’ils portent sous le ventre et qui renferme alors toute leur nourriture. Puis, pendant trois ou quatre, mois encore, on les nourrit avec de la rate, du foie ou des petits poissons hachés très menu. Ce n’est que lorsqu’ils ont atteint dix centimètres de longueur environ, c’est-à-dire quand ils sont assez forts et assez agiles pour échapper à leurs ennemis, qu’op les met en liberté. M. Jousset de Bellesme a lâché ainsi, il y a quelque temps, dans les affluents de la Seine, vingt mille saumons de Californie qui viennent à merveille et s’acclimatent parfaitement.
- Et cependant il n’a pu opérer que dans un aquarium, dans un lieu de curiosité et d’agrément, et non dans un établissement de pisciculture scientifique, comme celui d’Huningue, par exemple, que les Allemands améliorent sans cesse et qui produit annuellement un million et demi d’œufs servant à empoissonner les fleuves et les rivières de la Prusse. L’Amérique possède d’admirables installations de pisciculture ; l’Ecose, l’Irlande ont Stor» manfield et Galway ; le Danemark, Viborg ; la Russie, Nikolski ; l’Autriche, Salzbourg; la Suisse possède à Zurich, à Neufchâtel, à Vaud, à Lausanne des établissements de premier ordre.
- Non sans juste raison, M. Alphand a pensé que lorsque ces nations viendraient à Paris, pour l’Exposition de 1889, il serait bon que la ville pût leur offrir un établissement de pisciculture capable de rivaliser avec les leurs, et il a demandé à M. Jousset de Bellesme de lui soumettre le plan d’un éta-lissement type.
- L'aquarium du Trocadéro, emprisonné pour ainsi dire dans une carrière, enclavé dans un massif de rochers, ne pouvait recevoir aucun agrandissement. Les moindres travaux eussent été très coûteux et peu pratiques : il ne fallait pas y songer. M. Jousset de Bellesme, cherchant alors à utiliser un terrain de sept cents mètres environ que possède la ville au Champ-de-Mars, au coin du quai d’Orsay et de l’avenue de Suffren, a présenté un projet consistant dans la construction d’un simple pavillon, composé d’un sous-sol, d’un rez-de-chaussée et d’un premier étage-. On pourrait ainsi, dans des salles spacieuses, disposer des appareils à éclosion, mettre en œuvre tous les perfectionnements apportés dans la pisciculture, installer un petit musée, organiser des magasins pour l’expédition des œufs et des alevins, etc., etc. Après l’exposition de 1889, cet établissement resterait à la ville comme école de pisciculture.
- Alors, au lieu des 200,000 œufs que l’on obtient péniblement à l’aquarium du Trocadéro, on en pourrait avoir pour ainsi dire une quantité illimitée. O11 pourrait repeupler promptement le bassin de la Seine et travailler surtout à la reproduction des poissons herbivores : carpes, goujons, tanches, barbeaux, etc.
- ÉCHOS
- Paris
- _ A la galerie Georges Petit, l’intéressante exposition des trente-trois se prolonge jusqu’à- la fin du mois.
- Avis aux retardataires.
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- Dans les cercles, on prépare les expositions artistiques annuelles si appréciées des Parisiens et des Parisiennes.
- A la place Vendôme, l’Union artistique inaugurera le 27, vendredi prochain ; au cercle Volney, ouverture le lundi G février.
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- Nos confrères d’art disent que M. Grand-Car-teret, qui prépare une iconographie illustrée de la Révolution française, aurait l’intention d’organiser une Exposition de toutes les pièces, estampes, céramiques, bronzes, relatives à cette publication.
- Un comité sera, dit-on, bientôt formé et l’exhibition sera installée dans un des bâtiments de la ville ou de l’Etat.
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- Beaucoup de visiteurs au quai Malaquais, pour l’exposition Guillaumet.
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- Tous les renseignements afférents à la prochaine exposition des artistes indépendants, au pavillon municipal des Champs-Elysées, doivent être demandés à M. Serendat de Bei/im, l’artiste bien connu, trésorier de la société, 5G, rue du Rocher.
- Départements
- La série des concours agricoles régionaux pour 1888 s’ouvrira dans trois mois.
- Ces concours sont :
- A Auch et Nantes, du. samedi 21 au dimanche 29 avril ; à Laon, du samedi 10 au dimanche 27 mai ; à Nimes et Châteauroux, du samedi 26 mai au dimanche 3 juin; puis du samedi 2 juin au dimanche 10, à Autun; du samedi 9 au dimanche 17 à Epinal ; et enfin du samedi IG.au dimanche 24 juin, à Alençon.
- Nos lecteurs savent qu’il s’organise généralement en province, à l’occasion des concours régionaux, quelques expositions de nature et de but variés.
- Cette année, il convient de signaler l'exposition industrielle que possédera Autun, durant son concours agricole, et que nous avons déjà mentionnée précédemment, ainsi que l’exposition des beaux-arts de Nimes.
- Cette dernière, organisée'par les soins de la société des Amis des Arts, aura lieu du mardi 1er mai au dimanche 10 juin; l’exposition industrielle d’Autun, du 2-juin au 29 juillet.
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- La vingt-quatrième exposition annuelle organisée à Pau, par la société dos Amis des Arts et annoncée à cette place en novembre dernier, a été inaugurée le dimanche 45 janvier.
- Le même jour ouvrait, dans notre autre station d’hiver, à Nice, au palais des Beaux-Arts, la douzième exposition annuelle do la société du même nom (cf. Moniteur, 20 novembre 1887).
- Ces deux intéressantes exhibitions se prolongeront jusque dans lo courant do mars.
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- A Reims, la société des Amis des Arts met en pratique le judicieux aphorisme de notre charmant et immortel fabuliste :
- Rien ne sert de courir ; il faut partir à point.
- Elle a décidé que son exposition do 1888 ouvrira le samedi G octobre pour clôturer le lundi 12 novembre.
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- A Bordeaux, exposition des projets envoyés au concours pour le « monument des Girondins.
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- ETRANGER
- Allemagne
- Une très importante exposition cynégétique se prépare à Berlin. L’inauguration s’en fera probablement dans le courant do mai et la durée en sera de deux mois environ.
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- q36. — Quatrième Année. — N° 160.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 22 Janvier 1888.
- Les travaux préparatoires sont en bonne voie et des adhésions nombreuses ont été recueillies de Russie, d’Autriche-Hongrie, d’Angleterre, des royaumes Scandinaves, etc.
- Disciples de Saint-Hubert, à vous d’v représenter la France !
- L’exposition cynégétique proprement dite se complétera d’une exposition canine.
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- Une exposition d’aquarelles est ouverte aux galeries Schulte, à Berlin. Elle réunit les œuvres les plus intéressantes déjà exposées à Dresde, à l’exposition internationale des aquarellistes.
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- Les ventes artistiques qui ont, eu lieu cette année à Berlin, dans les galeries de Rudolf Lepke se sont élevées au nombre de G42.
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- Notre excellent confrère Invention dit que Leipzig et Munich possèdent deux expositions permanentes d’appareils à gaz.
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- Angleterre
- Une importante exposition d’alimentation et d’art culinaire doit s’ouvrir à Londres, dans le courant d’avril prochain.
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- L’exposition annuelle de la société d’agriculture du comité d’Oxford (Oæfordshire Agricul-tural Societjj), aura lieu pour 1888, à Abingdon, jes mercredi 23 et jeudi 24 mai.
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- L’exposition des Apprentis qui, depuis quelques mois, attirait les visiteurs au People’s-Pcdace de Londres, a été clôturée le samedi 7 janvier. On avait enregistré, depuis la date de l’inauguration, 18 octobre dernier, près de 90,000 entrées.
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- Autriche-Hongrie
- Nous sommes en mesure de donner aujourd’hui à nos lecteurs le programme de l’exposition générale de navigation aérienne qui s’organise cette année à Vienne, à l’occasion du quarantième anniversaire du règne de l’empereur et de l’exposition industrielle de la Basse-Autriche.
- Cette exposition, dont nous avons déjà précédemment parlé, se tiendra à l’Institut aéronautique du Prater spécialement aménagé, grâce à d’importants travaux; et nous compléterons les renseignements que nous avons déjà donnés à nos lecteurs par les détails suivants que nous devons à la gracieuseté de l’organisateur.
- L’exposiùon comprendra tout ce qui appartient au domaine de la navigation aérienne; on rattachera donc une attention spéciale non point'seulement aux ballons et tout ce qui les, concerne, mais à la technique du vol.
- Trois sections se partageront suivant un ordre déterminé les envois et les participations.
- La première, celle des ballons, groupera : les aérostats complets, avec leur équipement, ainsi que les parties constitutives seules, les pièces séparées, telles que nacelles, ancres, filets tant en grandeurs naturelles qu’en modèles seulement; les matières premières pour la construction des ballons, les plans, projets, dessins et constructions, etc. ; les appareils pour la production du gaz et en général tous les appareils, tous les instruments, tout le matériel auxiliaires, tant en nature qu’en modèles, plans ou dessins. Les instruments scientifiques en tous genres, utilisés ou utilisables par l’aéronautique : baromètres, thermomètres, hygromètres, etc., appareils photographiques et autres; les photographies de ballons, d’établissements aéronautiques, de machines, etc., ainsi que les épreuves photographiques obtenues au cours d’ascensions ; enfin la littérature spéciale.
- La seconde section, dite de la technique du vol, réunira les modèles, projets, plans, dessins et photographies d’appareils pour le vol, l’aviation, etc., ainsi que les publications spéciales.
- Dans la troisième section industrielle, seront admis les objets en tous genres se rapportant à l’aéronautique soit parce qu’ils contiennent des reproductions, soit parce qu’ils affectent la forme d’autres objets en usage dans la locomotion aérienne
- La première exposition viennoise de navigation aérienne ouvrira dans les premiers jours d’avril prochain, pour se prolonger durant tout l’été. Les adhésions doivent être adressées dans le plus bref délai.
- Il ne sera perçu, tant que la surface disponible le permettra, aucun droit d’emplacement; par contre, la livraison des objets d’exposition devra sc faire franco à l’établissement aéronautique.
- Chaque exposant peut organiser lui-même ses
- installations; mais l’administration s'en chargera sur la demande des intéressés.
- Le Comité promoteur est présidé par le Landgrave Fürstenberg.
- Toutes les communications, toutes les demandes de plus amples renseignements doivent être adressées à notre confrère, M. Victor Silberer, éditeur de V Allgemeine Sport-Zeitung et propriétaire delà Wiener aeronautischen Anstalt, Wien. I, Elisa-bethstras.se, 15.
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- Asie Centrale
- La mode des expositions envahit jusqu’aux contrées que l’on a dénommées le berceau de la race humaine et sur le plateau central de l’antique Asie on rêve exhibitions comme dans la vieille Europe. Ne nous en plaignons pas ; c’est peut-être là le moyen de se refréner quelque peu sur notre modeste continent la rage immodérée d’expositions qui y sévit.
- Hahncniann, en formulant l’axiome de l’homœo-pathio, n’a-t-il pas dit : Similia similibus curcin-tur !
- Quoi qu'il en soit, nous avons annoncé, il y a quelque temps, l’organisation à Téhéran, dans la capitale de la Perse, d’une exposition russe ; aujourd’hui, le Messager de Sibérie nous apprend par l’entremise de notre excellent confrère londonien, Invention, que la tache d’huile exhibitionniste s’étend encore.
- Les marchands de Tashkend ont, paraît-il, invité les commerçants russes de Tomsk à s’unir à eux pour organiser cette année une exposition pour l’Asie Centrale et la Sibérie.
- Omkbre de Marco-Polo, qu'en dis-tu?
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- Belgique
- Notre excellent confrère, le Moniteur industriel, dit qu’une exposition internationale d’hygiène et de sauvetage s’organise cette année à üstende, sous les auspices de l’administration communale.
- Cette exposition, qui comprendra avec l’hygiène publique et privée, l’hygiène industrielle, navale et maritime, une section spéciale consacrée à l’enfance, et une section de sauvetage, se fera au parc Léopold et ouvrira le vendredi 1er juin pour clôturer le lundi lei> octobre.
- Un grand nombre de festivités seront organisées à cette occasion, durant la saison ; entre autres, une exposition de bébés, un concours international de gymnastique, un festival international, des courses, des régates, etc. Les renseignements doivent être demandés au secrétariat du Comité d’organisation, 3, rue des Rcgnesses, à Gand.
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- Espagne
- La municipalité de Barcelone a voté un crédit de 250,000 francs pour l’achat d’œuvres d’art à la prochaine exposition qui, disons-le en passant, semble être entrée définitivement dans la période d’organisation sérieuse. A la nouvelle déjà connue de nos lecteurs, de la nomination de M. Charles Prévet, député, aux fonctions de Commissaire général officiel pour la France, nous pouvons ajouter celle de l’adhésion officielle des Etats-Unis de l’Amérique du Nord, dont le président, M. Cleveland, a confié à M Emile Blum la tâche de représenter cette puissance à Barcelone.
- Un de nos confrères parisiens do la presse quotidienne a signalé l’exposition à Valence de la plupart des belles œuvres de Ribera, le grand peintre espagnol du xvne siècle.
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- Italie
- L’exposition vaticane, solennellement inaugurée le G janvier par le pape, en présence de la grande-duchesse de Toscane, 'des cardinaux, des dignitaires de la Cour pontificale, de plus de trois cents évêques et archevêques, ainsi que du Corps diplomatique, a dù être ouverte au public dès vendredi dernier, 20 janvier.
- Les participations les plus brillantes sont celles de l’Italie, la France, l’Autriche-Hongrie et l’Espagne.
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- Le Journal des Arts signale l’Exposition annuelle du Cercle des artistes de Turin.
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- Le Bollettino cl elle Finance, Ferrooie e Industrie annonce pour les premiers jours de février l’ouverture à Rome de l’exposition de vins italiens du Cercle œnophile et enregistre les rabais
- consentis par les. compagnies de chemins de fer, en vue des expositions de Bologne: exposition nationale des beaux-arts et internationale de musique.
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- L’exposition flottante italienne qui s’organise à Gènes sous la direction de M. Canepa, recueille, dit-on, nombre d’adhésions. Le gouvernement de Saint-Domingue a accordé aux promoteurs, pour le vapeur-exposition, exemption de tous droits dans les ports de la République.
- Aucun correspondant ne nous ayant, à ce propos, donné des nouvelles des expositions flottantes projetées en France, nous en concluons que nos lecteurs n’ont pas plus de renseignements que nous sur la question.
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- Russie
- • On dit beaucoup de bien de l’exposition d’éclairage qu’a organisée la société polytechnique de Rétersbourg et qui, avec la question des éclairages comparatifs, illustre avec succès les progrès des industries russes de la naphtc et du petrole.
- Ubique.
- SCIENCES & INDUSTRIE
- IA PYROGRAVURE
- L’art de façonner ou de de'corer les objets au moyen du feu, remonte à la plus haute antiquité. L’homme primitif, avant de posséder les instruments nécessaires aux besoins de l’existence, chercha dans cet élément, dont la conquête fut pour lui le premier pas dans la voie du progrès, un agent actif et puissant.
- Le feu lui servit à durcir le bois pour faire ses armes, lui creusa sa première pirogue, lui produisit longtemps tous les instruments nécessaires, tous les engins primitifs de sa vie nomade.
- Mais sans remonter aussi loin, sans nous égarer dans les ténèbres des âges qui ne nous ont point laissé de tradition écrite, sans parler du déluge, que s’il en fallait croire M. de Mortillet, aurait provoqué l’invention des bateaux à roulettes, nous arriverons immédiatement à une période plus rapprochée de nous où le développement de la civilisation, le besoin inné chez l’homme d’étendre le cercle de son activité, d’exercer ses facultés intellectuelles, ont créé les arts graphiques et tous leurs dérivés, l’art décoratif et toutes ses annexes, où le besoin de pourvoir aux nécessités premières de la vie, de créer l’indispensable et l’utile, s’est augmenté de la tendance naturelle de joindre à l’utile, l’agréable, d’embellir le nécessaire pour le pur plaisir des yeux et de l’esprit ou pour lui donner une valeur nouvelle d’échange, où enfin sont nés le luxe et le confortable, deux choses que ni Caton, ni les lois somptuaires n’excluront jamais de toute société civilisée.
- Pour revenir au feu, toutes les branches de l’art furent tributaires de cet agent que l’admiration de l'homme rendit sacré. Nous ne pouvons point, étant donné le peu déplacé dont nous pouvons disposer, nous étendre en détail sur ses applications multiples, et nous nous attacherons plus particulièrement aux arts graphiques, d’ornementation et de reproduction.
- Détrôné comme unique moyen d’action par les découvertes, les conquêtes successives et les applications de la pierre taillée, de la pierre _ polie, des métaux, et de toutes les substances animales, végétales ou minérales, le feu resta cependant l’agent universel capable de modifierla matière ou de lui imprimer son empreinte d’une façon impérissable. Admirable propriété que l’art devait toujours utiliser et dont les progrès les plus récents de la science n’ont pu remplacer l’efficace simplicité.
- La gravure, par exemple, n’a eu tout d’abord pour instrument qu’un charbon ardent promené sur une surface polie. Nous possédons des spécimens d’os, de cornes, de bois ainsi décorés et représentant la faune et la flore des âges primitifs.
- Plus tard au moyen âge, la grande école de Charlemagne, chargée par le monarque d’Occident de reproduire les fragments connus, les œuvres existantes de la science et de la littérature antiques, fit naître cette pléiade de scribes et de copistes qui nous ont légué de précieux manuscrits, richement enluminés et renfermés dans d’artistiques reliures en peau de truie, gravées au moyen du feu, aussi délicates par le fini du travail que par l’harmonie inimitable et la richesse décorative de l’ensemble. Aussi avec la découverte de l’imprimerie, les relieurs continuèrent-ils avec l’extension de leur artistique industrie, à conserver l’usage des ferrets incandescents pour graver leurs productions et les décorer en fixant l’or et les métaux précieux dans les rinceaux un peu crus de la reliure ancienne.
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- Quatrième Année. — N° 160.
- Cependant le feu, cet argent naturel si puissant, a été depuis trop négligé, et cela s’explique assez si l’on conçoit la difficulté d’emploi, la primitivité des métho’des d’application et l’absence d’instrumentation suffisante. Si donc le résultat artistique avait atteint son maximum, le moyen pratique restait imparfait, imperceptible, susceptible ni de mesure, ni de contrôle.
- Il fallait les découvertes modernes pour assurer un nouveau regain d’actualité aux applications directes du feu à l'art et à l’industrie. La découverte de la pile, de ses actions chimiques et physiques fut une source féconde où tous les savants, à tour de rôle, puisèrent ; l’un cherchant la décomposition d’un corps par l’électricité, l’autre cherchant à la modifier dans sa constitution physique. De là naquirent les nombreuses applications qui font de notre siècle le siècle de la science, et qui lui mériteraient encore à plus juste titre le nom de siècle de l’électricité.
- Se basant sur les propriétés calorifiques des courants, on fit rougir un fil métallique et ce fil devenu entre les mains du chirurgien un couteau incandescent, sectionna les tissus tout en les cautérisant.
- Le graveur, prenant les armes du chirurgien, trouva dans la continuité du phénomène la solution du problème* instrumental cherchée par les âges, et dès lors la pyrogravure affectait une forme plus accessible et déjà plus pratique.
- Cependant l'instabilité de la pile, son prix élevé, sa manipulation fastidieuse ont mis obstacle à la vulgarisation de cet art, et il faut arriver à la découverte du thermo-cautère par le docteur Paque-lin pour qu’il devienne possible, par la suite, de franchir les dernières résistances, de faire sortir définitivement des limbes un art, non point nouveau dans son principe primordial, mais neuf par ses moyens d’action, ses applications nombreuses, ses productions et son avenir.
- Cette œuvre a été poursuivie avec le plus heureux succès par M. Manuel Pierrier, déjà connu par de nombreuses applications de la science à l’art et à l’industrie. Ses recherches ont enrichi les arts industriels et l’industrie, d’un nouveau procédé de gravure ou de dessin sur bois, sur cuir, sur verre et^toute substance attaquable par le feu.
- Les instruments sont pratiques, l’usage en esta la portée de tous et les productions obtenues sont des plus variées. Leur1 échelle s’étend depuis le dessin en miniature, à la plume jusqu’au dessin décoratif le plus vaste. Nos lecteurs en auront pu voir des spécimens dans les expositions, des reproductions sur bois, par exemple, d’œuvres de nos maitres de la peinture.
- La Société d'encouragement à l'industrie nationale, amenée à se prononcer sur la valeur de la nouvelle méthode, a décerné dernièrement au jeune auteur, après en avoir entendu une communication importante, une médaille de platine, et c’est là un résultat qui semble permettre un heureux avenir à ce procédé nouveau dont les arts graphiques tireront, croyons-nous, grand profit.
- C. H.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE DE BARCELONE
- EN x 888
- Il s’est constitué à Paris une commission d’initiative privée pour recueillir (des adhésions des artistes, industriels et négociants français à l’Exposition de Barcelone.
- Cette commission est ainsi composée :
- MM. Charles Prevet, député, président._ Gustave Sandoz, horlogerie-joaillerie. Barbedienne, bronzes.
- Hottot, bronzes.
- Leys, ameublement.
- Ch. Boutmy, métallurgie.
- Mühlbacher, carrosserie.
- Desnoix, produits pharmaceutiques.
- Sudrot, industries du bâtiment. Courtois-Suffit, industries du bâtiment. Bréant, tissus.
- Wolff, papiers.
- Thierry, céramique.
- Chapu, produits alimentaires.
- Pelpel, liqueurs.
- Allain, vins.
- Piaud, constructions navales.
- Varey, électricité.
- Rau, électricité.
- Noël Bretagne, horticulture.
- Chessé, agriculture.
- Daney, maire de Bordeaux.
- Espihasse, président du tribunal de commerce de Toulouse.
- Emile Hébrard, secrétaire général de la société d’agriculture de Toulouse.
- Un avis fera connaître aux intéressés le local qui sera affecté aux différents services de l’exposition de Barcelone.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1SS9.
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE BRUXELLES
- EN 1888
- Le comité exécutif de l’Exposition de Bruxelles, tenant compte du trouble que les derniers événements ont dû apporter dans les affaires de notre pays, a reculé jusqu’au 3i janvier, pour la section française, la limite extrême de la réception des demandes d’admission au grand concours international des sciences et de l’industrie.
- Nous avons déjà dit quel avantage il y a pour notre industire à prendre part à cette exposition. La Belgique est un pays producteur, il est vrai, mais partant consommateur et avec lequel les relations sont sûres.
- Ce serait une faute de la part des exposants français d’abandonner au reste de l’Europe les rapports commerciaux que nous avons avec la Belgique, rapports que fortifient le voisinage et la communauté de langue.
- L’objection tirée de la production, relativement considérable de la Belgique, ne peut se soutenir. A ce compte, on ne devrait pas exposer en France. Or de nombreux précédents nous ont appris que c’est dans notre pays, essentiellement producteur, que l’Europe expose le plus volontiers.
- Au reste les nations les plus importantes se disputent les emplacements à l’Exposition de Bruxelles, nous montrant ainsi quel est notre devoir et quel est notre intérêt.
- L’EXPOSITION DE MELBOURNE
- Une réunion de commerçants dans laquelle devait être décidée la participation de l’industrie française'à l’Exposition de Melbourne a eu lieu, il y a quelques jours, au ministère du commerce sous la présidence de M. Dautresme,
- Quatre-vingts personnes environ ont assisté à cette réunion.
- Le ministre a remercié les assistants de leur empressement à répondre à sa convocation et il leur a demandé leur avis sur la manière dont il convenait de préparer la participation du commerce français à l’exposition de Melbourne.
- Un échange d’observations s’est alors engagé. L’opinion qui a paru dominer est que le gouvernement ne devait pas se borner à nommer un commissaire général, mais qu’il devait encore se constituer l’intermédiaire entre les participants français et l’exposition de Melbourne.
- Plusieurs personnes présentes, notamment MM. Lourdelet et Muzet, ont insisté sur la nécessité de s’assurer des représentants établis dans le pays. Ils ont cité des négociants français qui, ayant des comptoirs en Australie, pourraient y représenter les exposants français.
- f .j,0n a alors demandé si, parmi les assistants, il en était qui, dès à présent, désiraient s’installer comme participants à l’exposition de Melbourne.
- Plusieurs se sont faits immédiatement inscrire, notamment MM. Michaud, Rodanet, etc.
- M. Dautresme a annoncé qu’il avait déjà désigné pour remplir les fonctions de commissaire général le consul général de France à Melbourne.
- M. Dautresme a ensuite appelé l’attention des assistants sur l’exposition de Barcelone, qui doit avoir lieu en avril prochain.
- Le comité des exposants pour Barcelone est déjà formé sous la présidence de M. Prevet. Il a réuni plusieurs milliers d’adhérents qui occuperont une . surface de 3,000 mètres carrés, soit deux galeries entières de l’exposition.
- Le comité a toutefois subordonné son concours à des conditions formelles qui seraient soumises au gouvernement espagnol.
- Constitution d’un entrepôt ;
- Location à des prix réduits ;
- Concession de terrains ;
- Gratuité absolue pour les œuvres se rattachant aux beaux-arts.
- M. Dautresme, sur la demande qui lui en a été faite, a promis de faire donner l’estampille officielle à cette organisation due à l’initiative de M. Prevet et de nommer une commission qui revisera ce qui s’est fait jusque-là et serviraen quelque sorte de comité d’admission.
- Le gouvernement nommera aussi pour cette exposition un commissaire général.
- Enfin, le ministre du commerce a amené l’entretien sur la prochaine exposition de Bruxelles.
- 11 a constaté qu’il y avait d’ailleurs peu de chose à faire, le gouvernement ayant, dès le début, nommé un commissaire général qui s’était entendu avec des maisons de publicité et avait ainsi assuré, en peu de temps, un mouvement marqué en faveur de cette exposition.
- Aussi l’exposition française à Bruxelles s’annonce-t-elle comme devant être plus importante que l’exposition belge elle-même.
- Les ministres du commerce, de l’instruction pu-
- Dimanche 22 Janvier iSSS. — 937.
- blique et des beaux-arts, des affaires étrangères, le sous-secrétaire d’Etat aux colonies se sont mis d’accord pour déposer prochainement sur le bureau de la Chambre une demande de crédit supplémentaire de 3oo,ooo francs.
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- CONCOURS AGRICOLES REGIONAUX EN 1888
- Les concours agricoles régionaux d’animaux reproducteurs, d’instruments et de produits auront lieu, en 1888, dans les villes et aux dates suivantes :
- Auch, du samedi 21 au dimanche 29 avril; Nantes, du samedi 21 au dimanche 29 avril ; Laon du samedi 19 au dimanche 27 mai; Châteauroux, du samedi 26 mai au dimanche 3 juin ; Nîmes, du samedi 23 mai au dimanche 3 juin; Autun, du samedi 2 mai au dimanche 10 juin; Epinal, du samedi 9 mai au dimanche 17 juin; Alençon, du samedi 16 au dimanche 24 juin.
- Pour être admis à exposer, on doit adresser au Ministre de l’agriculture une déclaration écrite dans la forme prescrite parles programmes. Toute déclaration parvenue au ministère après les dates fixées ci-dessous sera considérée comme nulle et non avenue :
- Auch et Nantes, au plus tard le i5 mars 1888 ; Laon, au plus tard le i5 avril 1888; Nîmes et Châteauroux, au plus tard le 20 avril 1888 ; Autun, au plus tard le 25 avril 1888; Epinal, au plus tard le 5 mai 1888; Alençon, au plus tard le 10 mai 1888.
- Les programmes et formules de déclarations sont distribuées gratuitement; à Paris, à la direction de l’agriculture, rue de Varenne, 78 ; dans les départements, à toutes les préfectures et sous-préfectures.
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- AVIS COMMERCIAUX
- RELATIONS COMMERCIALES ENTRE la FRANCE ET
- l’êgypte
- Le Consul de France à Alexandrie écrit que les importations françaises, en y comprenant celles de nos possessions méditerranéennes, avaient produit, en septembre 1886, un chiffre de 56,5g6 livres égyptiennes, sur lesquelles 54,891 livres avaient été fournies par la métropole. Dans le mois correspondant de 1887, nos importations totales qui, depuis le commencement de l’année, étaient demeurées au-dessous des moyennes obtenues en 1886, ont atteint, le chiffre de 89,378 livres, sur lesquelles 88,173 livres reviennent au commerce métropolitain.
- Il résulte de ce fait que le chiffre des importations françaises est arrivé à dépasser légèrement, à la fin du mois de septembre, celui qui avait été constaté l’an dernier à la même époque; il était de 613,457 livres en 1886; il est cette année de 613,825 livres.
- Quant aux exportations d’Egypte en France, elles sont toujours en hausse sur la période correspondante de l’année dernière ; elles se chiffraient, à la fin de septembre 1886, par 410,120 livres : elles s’élèvent, à la fin du troisième trimestre 1887, à 528,930 livres.
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- MEXIQUE
- CRÉATION A MEXICO DE MAGASINS DE DEPOT
- Par décret du 11 septembre dernier, des magasins de dépôt ont été établis dans la douane de Mexico. Le Moniteur officiel du Commerce du 22 décembre publie le règlement relatif au dépôt des marchandises.
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- RUSSIE ET ITALIE
- Le Moniteur officiel du Commerce, du 29 décembre, fait connaître les nouvelles formalités à remplir pour les expéditions de marchandises à destination de la Russie.
- Le même journal publie une loi italienne, du
- I 3 novembre, relative aux formalités à suivre en cas de contestation entre les importateurs et la douane au sujet du classement des marchandises.
- II donne également le texte d’un décret royal du i5 décembre portant modifications au tarif des douanes du 14 juillet 1887, en ce qui concerne l’entrée et la sortie des graines.
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- HAITI
- Le Moniteur officiel du Commerce, du 5 janvier, publie une circulaire du Président de la République d’Haïti relative à la répression des fraudes en matière de douanes.
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- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 22 Janvier 188S.
- MAROC
- IMPORTATIONS FRANÇAISES
- Le Consul de France à Mogador constate, dans un récent rapport, que le Maroc reçoit maintenant d’une façon assez suivie, des envois de cognacs, d’une excellente qualité. Les Anglais et les Allemand avaient fourni jusqu’à ce jour, à Mogador, cette denrée essentiellement française.
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- POSSESSIONS ANGLAISES D'AFRIQUE. — LE CAP
- PRINCIPAUX ARTICLES D’iMPORTATlON
- L’Afrique australe offre un champ très vaste au commerce français d’exportation. Les principaux produits'qui composeront sa sphère d’activité sont, d’après le Consul de France au Cap, et en dehors des articles de Paris, les cotonnades, les perles destinées aux tribus de l’intérieur, les vins et les eaux-de-vie de bonne qualité, les couvertures de laine rayées pour les noirs, les armes de précision, les chaussures, la bijouterie, les vieux uniformes, les épiceries, les mélangés de laine et de caoutchouc, les rubans, les chapeaux et les robes de femme, les coiffures à large bord pour les hommes, la verrerie et la porcelaine commune, etc.
- Pour toutes celles de ces marchandises dont la destination finale sera le centre de l’Afrique de même que pour les armes que les colonies anglaises ne reçoivent pas en transit, la voie la plus courte est celle de Lorenzo-Marquez, dont le port va devenir le point de départ du chemin j de fer de Pretoria. Elle se recommande également à cause des droits, que viennent diminuer les Portugais.
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- POSSESSIONS PORTUGAISES D’AFRIQUE. — ILES DU PRINCE ET DE SAINT-THOMAS
- DOUANES. — RÉGIME DES MAISONS DE FER
- Un décret royal, du 10 novembre dernier, a décidé que les maisons complètes en fer payeront à l’importation dans la province de Saint-Thomas et du Prince l’impôt de 3 reis par kilogramme.
- ITALIE
- 1MR0RTATI0NS FRANÇAISES EN TOSCANE
- Quoique nous ayons été en 1886 au nombre des nations les moins éprouvées, écrit le Consul de France à Livourne, la situation vie notre commerce continue à être peu favorable, o Toutefois, si le commerce français perd du terrain enToscane, la faute doit en être imputée, dans une assez large mesure, aux exportateurs français, surtout en ce qui concerne les objets manufacturés. Nos nationaux, qui ont à lutter contre une concurrence étrangère puissamment secondée par l’infériorité du prix de la main-d’œuvre, se laissent chaque jour distancer par . leur défaut d’initiative. Ils n’ont pas à l’étranger un nombre suffisants de représentants actifs, bien armés par la lutte industrielle. Ils ne semblent pas comprendre assez la nécessité de reprendre pied, coûte que coûte, là où leur situation est menacée. Pourtant la lutte n’est pas impossible, loin de là ; je pourrais citer une importante maison qui, depuis sept ou huit ans, ayant négligé le marché italien, s’était laissé supplanter presque partout. Elle a envoyé, pour se rendre compte de la situation, un de ses gérants, qui, en un mois, a reconquis du coup presque tout le terrain perdu, renouant pour l’avenir d’importantes relations d’affaires. C’est un exemple qu’on ne saurait trop placer sous les yeux de nos compatriotes.
- En présence de la concurrence habile et tenace des Allemands, des Belges et des Suisses, il faut que nos concitoyens payent de leur personne, surtout dans un pays où l’industrie nationale prend un développement considérable et tend à diminuer chaque jour davantage les importations étrangères.
- Il faut, si nous voulons vendre à l’étranger, non pas seulement présenter aux consommateurs des produits français préparés en vue de notre consommation intérieure, mais surtout leur offrir des produits fabriqués pour eux, répondant exactement à leurs besoins, à leurs habitudes. C’est ce que les étrangers viennent faire chez nous ; ils n’ont pas la prétention de nous imposer leur goût, mais de servir le nôtre en nous apportant des articles de Paris fabriqués en Allemagne ou à Vienne.
- Imitons-les, et nous verrons nos débouchés s’élargir au lieu de sè restreindre.
- Certains producteurs, pour excuser leur inertie, disent qu’ils sont les représentants du goût français et qu’ils ne veulent pas compromettre par des concessions la vieille réputation de nos articles. L’argument est spécieux. L’élite des consommateurs étrangers qui, sans se préoccuper du prix, demande à notre industrie artistique ses productions les plus remarquables, s’adresse directement à Paris, sans recourir aux intermédiaires. Les
- articles de grand luxe seront toujours demandés par le public opulent, délicat, mais restreint, qui a l’habitude de s’en servir.
- Ce qu’il faut offrir, ce sont les objets de consommation courante, élégants, ayant de l’apparence, mais à bon marché. Pour ces articles, il ne faut pas, nous le répétons, avoir la prétention d’imposer nos produits manufacturés, mais il importe d’aller au-devant des demandes, d’imiter les Allemands, les Suisses, les Belges, qui présentent aux marchands italiens des échantillons en leur proposant des modifications répondant aux exigences locales. Le représentant du commerce français ou anglais qui offre toujours un article tel quel, à prendre ou à laisser, s’expose à des mécomptes. Un des principaux agents consulaires d’Angleterre en Italie montrait, il y a deux ans, le danger de cette prétention chez ses nationaux, dans un rapport officiel à son gouvernement.
- Nos compatriotes se plaignent enfin des déboires qui les frappent souvent en Italie quand il s’agit de régler avec leurs clients. Ils nous permettront de leur dire aussi que, même sur ce point, ils ne sont pas exempts de tout reproche. Souvent ils engagent des affaires avec des négociants à eux inconnus, sans prendre la peine de demander aux consuls des renseignements sur la solvabilité de leurs correspondants; ils s’adressent ensuite à nous lorsque leurs lettres de change ont déjà été protestées. On avouera qu’il est un peu tard alors pour se renseigner et qu’il eût mieux valu recourir à nous avant de contracter.
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- Y ¥
- GRÈCE
- OUVERTURE D'UN CONCOURS POUR L’INSTALLATION DE
- 4 l’éclairage électrique du port de syra
- Le Consul de France à Syra annonce qu’un concours vient d’être ouvert par la préfecture des Cyclades, en vue de la fourniture et de l’installation complète des machines et appareils nécessaires à l’éclairage du port de cette ville par la lumière électrique.
- Les documents relatifs à ce concours sont à la disposition des intéressés à en prendre connaissance, au ministère du commerce et de l’industrie n° .80, rue de Varenne (Direction du commerce extérieur — Bureau des renseignements commerciaux).
- EXPOSITIONS
- POSSESSIONS ANGLAISES D’OCÉANIE. — AUSTRALIE.
- EXPOSITION DE MELBOURNE EN 1888
- Le gouvernement français vient de décider la participation officielle de la France à l’exposition internationale séculaire qui doit s’ouvrir à Melbourne (Australie) le Ier août 1888, et a confié les fonctions de commissaire- général au consul de France à Melbourne.
- A la suite d’une entente avec le gouvernement français et le gouvernement de Victoria, le délai* pour la production des demandes d’admission présentées par les exposants français a été prorogé du Ier janvier au iei'mars 1888. Ces demandes devront être adressées le plus tôt possible au ministère du commerce et de l’industrie (Direction du personnel et de l’enseignement technique. —. Bureau du personnel et du secrétariat, n° 80, rue de Varenne) ; elles devront être écrites très lisiblement sur des formules spéciales, qui sont déposées au ministère du commerce et de l’industrie et qui seront envoyées par la poste aux personnes qui en feront la demande.
- Les industriels français qui auraient déjà adressé directement leurs demandes d’admission soit aux commissaires exécutifs de l’exposition à Melbourne, soit à l’agent général du gouvernement de Victoria, à Londres, devront faire parvenir sans retard des duplicata de ces demandes au ministère du commerce et de l’industrie (Direction du personnel et de l’enseignement technique. — Bureau du personnel et du secrétariat, n° 80, rue de Varenne).
- ADJUDICATION EN UN LOT
- des Travaux de Pose, d’Entretien et de Dépose DE VITRERIE EN VERRES STRIÉS Pour la couverture des Combles du Palais des Machines au Champ-de-Mars
- i. Le lundi 3o janvier 1888, àune heurede l’après-midi, il sera procédé publiquement, dans une des salles du Conseil de Préfecture (Palais du Tribunal de Commerce), par le Préfet de la Seine ou son délégué, assisté de deux membres du Conseil de Préfecture et du Directeur général des Travaux on de son délégué, à l’adjudication, en un lot, au
- rabais, sur les prix portés au détail estimatif et par soumissions cachetées, des travaux de vitrerie en verres striés pour la couverture des combles du Palais des Machines au Champ-de-Mars, lesquels sont évalués à 24,940 fr. 3a cent., somme à valoir pour imprévus comprise.
- Le cautionnement est fixé à 2.5oo francs.
- 2. Le détail estimatif et le cahier des charges sont déposés à la Direction générale des travaux, dans les bâtiments du Champ-de-Mars, à l’extrémité de l’avenue Rapp, où l’on pourra en prendre connaissance, tous les jours non fériés, de une heure à quatre heures.
- 3. Nul ne sera admis à concourir à l’adjudication s’il ne remplit les conditions imposées par le cahier des charges générales.
- Chacun des concurrents devra adresser, à l’Agence des travaux du Champ-de-Mars, au Directeur général des Travaux de l’Exposition qui est chargé d’arrêter la liste des concurrents, huit jours au moins avant la date de l’adjudication :
- i° Une déclaration écrite sur papier .timbré, faisant connaître ses nom, prénoms, domicile, lieu et date de naissance
- 20 Un extrait de son casier judiciaire ayant moins d’une année de date ;
- 3° Les pièces demandées par le cahier des charges générales, telles que certificats de capa cité, etc.
- Le délai fixé ci-dessus pour le dépôt de ces pièces sera rigoureusement appliqué.
- Sur avis de l’Administration, ces pièces seront retirées par les entrepreneurs pour être jointes à leur soumission.
- 4. Chaque soumission, rédigée sur papier timbré, conformément au modèle ci-après, sera placée isolément sous un pli cacheté, et le paquet, portant le nom du soumissionnaire, sera renfermé, avec les pièces dont il a été parlé ci-dessus et avec le certificat de dépôt du cautionnement, sous une seconde enveloppe cachetée portant pour sus-cription :
- Exposition universelle de 188g, — Travaux du vitrerie en verres striés pour la couverture des combles du Palais des Machines au Champ-de-Mars.
- Lés soumissions qui ne seraient pas exactement conformes au modèle ci après seront considérées comme nulles et non avenues.
- Les rabais sont énoncés en francs et décimes par cent francs (sans fraction de décime) et porteront sur le prix du détail estimatif. Les rabais portant fraction de décime seront comptés au décime plein inférieur à la fraction exprimée.
- 5. Le jour de l’adjudication, les paquets' seront remis par les intéressés au bureau d’adjudication, dans la salle du Conseil de Préfecture, au Tribunal de Commerce, depuis midi jusqu’à une heure.
- Les paquets recevront un numéro dans l’ordre de leur présentation.
- 6. A une heure, on remettra a a bureau d’adjudication, et sous enveloppe cachetée, le minimum des rabais moyennant lequel l’adjudication.pourra être prononcée ; ensuite on procédera à l’ouverture des paquets.
- Le bureau d’adjudication, après vérification des pièces, arrêtera la liste des concurrents agréés.
- Immédiatement après, il sera procédé à l’ouverture des soumissions présentées par les concurrents admis.
- 7. Si aucun des rabais offerts dans les soumissions ouvertes n’atteint le minimum fixé, l’adjudication pourra être prononcée provisoirement ou ajournée, sur l’avis du bureau d’adjudication, qui en délibérera séance tenante.
- En aucun cas, le minimum fixé ne sera rendu public.
- 8. Dans le cas où le rabais le plus fort aurait été souscrit par plusieurs soumissionnaires, un nouveau concours sera ouvert, séance tenante, entre ces soumissionnaires seulement.
- Les rabais de la nouvelle adjudication ne pourront être inférieurs à ceux de la première.
- Si les soumissionnaires se refusaient à faire de nouvelles offres, ou si les rabais souscrits étaient encore égaux, l’adjudicataire serait désigné par la voie du sort.
- q. L’adjudication n’est valable qu’après approbation par le Ministre du commerce et de l’industrie.
- 10. Les frais de publicité, d’expédition et d’impression , ceux de timbre et d’enregistrement seront supportés par l’adjudicataire, qui devra en
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- Quatrième Année. — N° 160.
- LE MONITEUR 1)E L’EXPOSITION DE iSSq.
- Dimanche 22 Janvier 18S8. — 939.
- faire le dépôt dans un délai maximum de trois jours, à partir de la date de l'adjudication.
- 11. Toutes les conditions insérées dans la présente affiche sont obligatoires et déclarées annexées au cahier des charges.
- Fait à Paris, le 4 janvier 1888.
- Le ministre du commerce et de Vindustrie, commissaire général,
- Lucien Dautresme.
- MODÈLE DE SOUMISSION (sur papier timbré)
- Je soussigné, , entrepreneur
- de vitrerie, demeurant à , après
- avoir pris connaissance des clauses et conditions générales, imposées aux entrepreneurs de l’Exposition universelle de 1889, en date du 2 5 août 1886, du cahier des charges spéciales aux travaux de vitrerie de combles, du 23 novembre 1886, ainsi que des conditions particulières se r apportant à l’exécution de la couverture en verres striés de la grande nef et du grand vestibule du Palais des Machines au Champ-de-Mars,
- M’engage à. exécuter les travaux dont il s’agit, évalués à la somme de vingt-deux mille “douze francs soixante-quatre centimes, moyennant un
- rabais de.....(en toutes lettres) par cent francs
- sur les prix indiqués aux clauses et conditions particulières.
- Je me soumets, en outre, à supporter tous les droits d’affichage, de timbre et d’enregistrement à droit fixe ou autres auxquels la présente soumission pourra donner lieu, si elle est acceptée.
- Paris, le . 1886
- (Signature)
- LES COMBUSTIBLES
- Les ingénieurs des mines du Pas-de-Calais viennent de publier leur rapport sur la situation des charbonnages dans cette région.
- Ce rapport dont nous donnons une courte analyse, accuse 5o mines en activité, produisant 109,546 tonnes en moyenne, au total 6,463,214 tonnes. Cette production se classe suivant lés qualités de la manière suivante: Gros 13o,ij3 tout-venant 6,128,872, escaillage 204,149.
- Les houillères qui ont fourni les plus fortes extractions-sont celles de Lens, 1,178,527; Nceux, et Vicoigne, i,o54,i85 ; Courrières, 859,140 > Bully-Grunav, 721,267; Bruay, 686,269.
- Les houillères qui ont réalisé les plus fortes augmentations en 1886 sur 1885 sont celles : de Dourges, 70,673 (27,5 p. c.) ; Courrières, 70,412 (89 p. c.) ; Lens, 60,137 (34 p. c.) ; Drocourt, 55,615 (94,9 p.c.); Nœux et Vicoigne, 44,673 (6,9 p. c.) ; Bruay, 49,979 (4,7 P- c-)-
- L’effet utile s’est élevé de 1885 à 1886 de 276 à 299 tonnes pour l’ouvrier du fond, de 227 a 21 5 pour l’ouvrier du-fond et du jour.
- Les houillères qui ont atteint, comme effet utile du fond, les meilleurs résultats se classent comme suit : Drocourt, 368 tonnes ; Meurchtn, 366; Nœux, 354 ; Courrières, 313 ; Bruay, 3io; Lens, 609; Bully-Grenay, 3o2.
- Les salaires se sont relevés de 1,045 fr. en i885, à 1,072 en 1886.
- La main-d’œuvre par tonne extraite s’est élevée à 3-72 pour les salaires du fond, 0-96 pour les salaires du jour, au total 4-68.
- L’ouvrier du fond a fait en moyenne 287 journées et a gagné 3-87 par jour, tandis que l’ouvrier du jour faisait 312 journées, mais ne gagnait que 3-02.
- Dans certaines houillères, le salaire moyen annuel dépasse 1,100 francs; Drocourt, i,;o8; Nens, 1,145; Dourges, 1,416; Courrières, 1,111 ; Bruay, 1,094; Meurchin, 1,076; Liévin, 1,074; Nœux, 1,024.
- Le prix moyen de vente est tombé de n-14 à 10-30. C’est surtout le fait de la concurrence acharnée que se font les houillères.
- Pour l’ensemble du bassin du Nord et du Pas-de-Calais, la diminution du prix de vente atteint depuis 1886 1-97 et nul ne peut savoir oii ce bassin s’arrêtera.
- L’examen des modes d’expédition n’est pas plus rassurant : il montre bien l’immense intérêt qu’ont les houillères au creusement du grand canal du Nord, aujourd’hui surtout où l’ancien canal a atteint sa limite de trafic, où le fret s’est relevé presque au prix des expéditions par voie ferrée.
- Il a été expédié par voiture 171,921' tonnes, par bateaux 2,22 r ,483, et par voie ferrée 3,582,836.
- On voit le pas considérable fait par les expéditions par bateaux depuis i885, 289,794 tonnes d’augmentation.
- Le Bulletin de la Chambre de commerce de Liège donne également des renseignements intéressants sur les industries charbonnières belges.
- Un rapport constate notamment qu’en 1886 la production charbonnière du royaurfle a été de 17,437,608 tonneaux de 1,000 kil. pour i5o charbonnages en activité.
- Il donne, au sujet du commerce extérieur des combustibles minéraux pendant les trois années
- 1884 à 1886, des chiffres intéressants.
- Les importations de houilles étrangères en Belgique se sont élevées en 18S6 à 1,002,283 tonneaux, pour 1,237,449 en 1885 et 1,223,691 en 1884.
- Dans son ensemble, l’importation est en décroissance.
- Le détail des chiffres par pays montre que cette décroissance atteint principalement les houilles allemandes : 261,105 tonneaux en 1886, pour 387,241 en 1885 et 468,578 en 1884; tandis qu’il y a un accroissement de l’importation française, laquelle de 78,673 tonneaux en 1884 et 123,112 en 1885 monte à 166,640 en 1886 ; l’importation anglaise reste à peu près stationnaire: 293,141 en 1886 pour 605,441 en iS85 et 268,284-en 1884.
- De même quant au coke, l’importation allemande décroît sensiblement : 12,601 tonneaux en 1S86 pour 13,241 en 1885 et 21,423 en 1884.
- Le total de l’importation des diverses provenances décroît également.
- Les chiffres de l’exportation de Belgique vers les pays étrangers n’accusent pas une progression proportionnelle. Pour les houilles le total est de 4,272,721 tonneaux en 1886, pour 4,338,33o en
- 1885 et 4,619,192 en 1884; ce qui constitue une diminution. Mais il y a lieu de noter que pour les Pays-Bas et les pays autres que la France, l’exportation belge est en progrès.
- Pour le coke, le total accuse une progression : 907,621 tonneaux en 1886 pour 848,726 en 1885 et 854,258 en 1884.
- Quant à l’industrie charbonnière allemande, la direction des. mines de Breslau vient de publier les statistiques du troisième trimestre de l'année pour les exploitations de Silésie. La production de cette période est de 77,600 tonnes inférieure à celle du trimestre précédent. La diminution par rapport à l’an dernier est de 40,660 tonnes.
- Le prix moyen du troisième trimestre a été de M. 3-74, contre M. 3-85 pendant le troisième trimestre 1886 et M. 3-96 pendant la période correspondante de 1885 et de 1884.
- Cette réduction de M. 0-21 donne depuis deux ans une diminution dans les recettes de 63o,ooo mark pour le trimestre.
- Les extractions et les expéditions se sont main tenues comme- suit pendant ce troisième trimestre des dernières cinq années :
- En 1883, des expéditions de 2,702,064 tonnes pour une extraction de 2,961,144 tonnes.
- En 1884, 2,755,485 tonnes expédiées sur une production de 3,io5,i36 tonnes.
- En 1885, 2,924,700 tonnes d’expe'diées pour une extraction de 3,287,613 tonnes.
- En 1886, 2,906,932 tonnes d'expédiées pour une extraction de 3,301,869 tonnes, enfin pour 1887 on a expédié 2,866,278 tonnes pour une extraction de 3,224,3/3 tonnes.
- LE CABOTAGE EN 1886
- La direction générale des douanes vient de faire paraître à l’Imprimerie nationale le tableau général du mouvement du cabotage pendant l’année 1886. En voici le résumé :
- Le poids total des marchandises de toute nature expédiées par cabotage en 1886 a été de 2,262,047 tonnes de 1,000 kilogrammes.Ce chiffre comprend à la fois le grand cabotage, c’est-à-dire les expéditions de l’Océan à la Méditerranée et réciproquement, et le petit cabotage, c’est-à-dire entre les ports de la même mer.
- Le chiffre correspondant de 1885 était de 2,14^,413 tonnes, et la moyenne des cinq années antérieures de 2,069,462 tonnes. Les résultats de 1886 sont donc supérieurs de 86,664 tonnes à ceux de 1885 et de 172,596 à la moyenne quinquennale.
- La part du grand cabotage dans les quantités transportées en 1886 a été de 11 5,629 tonnes ; celle du petit cabotage, de 2,116,418 tonnes.
- Il a été expédié en 1886, tant pour le grand que pour le petit cabotage, 55,902 navires, jaugeant 4,446,486 tonneaux (jauge officielle).
- En 1885, le nombre des navires avait été de 55,279 et le tonnage de 4,138,064 tonneaux; la moyenne des cinq années antérieures donne 55,204 navires et 3,838,269 tonneaux.
- L’année 18S6 présente ainsi sur la période quinquennale des augmentations de 698 navires ei de 605,217 tonneau x; elle se trouve, comparativement à -i885, en excédent de 623 navires et de 285,422 tonneaux.
- Dans le mouvement général de la navigation, la part du grand cabotage a été de 35 1 navires et de 253,817 tonneaux; celle du petit cabotage, de 55,5 5 1 navires et de 4,189,669 tonneaux.
- LA BOURSE DU COMMERCE
- M. Blondel, l’architecte de la Bourse du commerce qu’on est en train d’édifier en utilisant la superbe rotonde de la Halle au Blé, a chargé le sculpteur Croisy de toute la partie décorative de ce monument.
- L’importance de ces travaux artistiques est considérable. La nouvelle façade comprendra un fronton reposant à vingt mètres de hauteur sur quatre colonnes de style grec, renfermant, à trois mètres de profondeur, un sujet allégorique composé de figures d’enfants qui représentent les travaux de la ville et les travaux des champs.
- Au-dessus de ce fronton, l’artiste a placé un groupe colossal: la Ville' de Paris, assise sur son navire, tenant dans ses mains une branche d’olivier, abrite le Commerce et l’Industrie couchés à ses pieds.
- Le Commerce, représenté par un Mercure, verse de sa corne une abondance de biens sur'la terre.
- L’Industrie, très peu vêtue, repose au*.milieu des travaux d’art et des principaux métiers.
- Chaque figure aura cinq mètres de proportion. Aux deux angles du monument seront placés deux groupes : Les génies des arts et de l’architecture.
- Vingt statues, représentant des villes de France, commandées à divers sculpteurs, seront placées dans les galeries qui entoureront ce monument.
- La Bourse du commerce comptera donc parmi les plus intéressants édifices de Paris.
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- LES LIVRES
- CXI.I
- ISA4C Payloyskv. Souvenir sur lotirgueneff, Albert Savine. éditeur.
- Nous racontions, dans un de nos derniers articles, l’impression de désabusement sans colère, sinon sans douleur, bientôt suivie du sourire de scepticisme mélancolique avec lequel il convient de saluer les ironies de la vie qu’avait causée à M. Alphonse Daudet la lecture des souvenirs posthumes de Tourgueneff. Il y était question de lui,
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- Dimanche 22 Janvier 1S88.
- en effet, en termes qui n’avaient rien de commun avec les mines d’admiration attendrie et de bienveillance paternelle que jouait si bien, en secouant sa tête d'ours bon enfant, de patriarche slave, le faux bonhomme qui était dans Tourgueneff.
- Nous ne savons à quelle publication Alphonse Daudet faisait allusion. Nous ne connaissons pas de publication posthume de Tourgueneff, ayant le caractère auto-biographique, comme les Souvenirs de Tolstoï par exemple. Ivan Tourgueneff tenait un journal intime et détaillé de sa vie. Mais il ordonnait dans son testament qu’il fût détruit.
- Nous lisons à la page 168 du volume intéressant que nous analysons, Souvenirs non de Tourgueneff, mais sur Tourgueneff, par un de ses compatriotes lettrés qui semble l’avoir bien connu, le récit d’une entrevue où il fut question de ce fameux journal dont la publication ferait en effet du bruit dans le Landerneau littéraire: « Quant à moi, dit Tourgueneff, je fais toujours mon journal, où j’écris tout ce qui m’intéresse. Dans ce journal, je suis chez.moi, je juge et je déjuge tous et toutes choses — Vous pensez l’imprimer un jour ? — Jamais,' répondit-il brusquement, je prescris à Mme Viardot de le brûler immédiatement après ma mort, et elle accomplira pieusement mon désir. » Peut-être ajoute M. Pavlovsky, le désir de Tourgueneff n’a-t-il pas été accompli. Il serait à désirer que Mme Viardot n’ait pas obéi à cet ordre de notre grand romancier et que son journal intime soit publié à une heure donnée.»
- Quoi qu’il en soit, il y a dans les Souvenirs de M. Pavlovsky quelques détails caractéristiques, typiques, qui nous font mieux connaître l’homme et par là l’écrivain, et nous expliquent les lacunes et les défaillances de son talent parcelles même de son caractère. C’était un, homme, un personnage assez étrange, assez bizarre que ce grand romancier russe qui reçut sans leur en témoigner grande reconnaissance, l’hospitalité et la consécration d’un groupe de nos écrivains, Flaubert, les Goncourt, Emile Zola, Alphonse Daudet. Il n’est demeuré tendre que pour George Sand, vraiment indulgent que pour Guy de Maupassant. Il avait aussi beaucoup d’estime pour Flaubert. Mais il ne prisait pas le maniérisme d’Edmond de Goncourt et le talent de Daudet lui semblait brillant et décevant comme l’homme. Il s’exprime du moins en termes qui témoignent de peu d’illusions. Le Gascon du Midi et le Gascon du Nord ne s’étaient pas entendus, et il y avait eu des chocs secrets au fond des caresses de leur admiration mutuelle. Gascon du Nord, avons-nous dit de Tourgueneff. Il mérite l’épithète quand on le voit, au dire de son biographe, s’emballer, s’engouer et aussi se dégoûter, se désabuser avec une égale facilité, quand on le voit pratiquer auprès de ses compatriotes, lettrés et réfugié s russes à Paris qu’il cherche en vain à grouper en cercle sous sa direction, une sorte de ministère j’influence et de protection, dont la générosité un peu ostentatoire n’était pas sans avoir ses égoïsmes secrets et ses despotismes apparents. Il était généreux avec égoïsme et libéral avec intolérance. Il n’aimait pas trop la contradiction ni la critique. Malgré ses services et ses bienfaits, il n’avait pas d’amis. Malgré son apparent désintéressement de toute passion littéraire mesquine, il n’était pas sans avoir ses jalousies discrètement implacables et ses antipathies parfois violemment affichées.Tl sentait, comme il l’a avoué lui-même qu’il n’avait été dans le mouvement, aujourd’hui en pleine fécondité de la littérature russe vers des aspirations- et des formes nouvelles, qu’un précurseur, qu’un initiateur, qu’un homme d’évolution et de transition. Il avait eu, avec le comte Tolstoï et avec Dostoiewski, les chefs de ce mouvement, qui avait dépassé de beaucoup les limites où il s’était arrêté, des relations tour à tour amicales et hostiles, qui avaient failli se dénouer, en ce quiconcerne Tolstoï, par un duel dont l’issue eût sans doute été tragique. Peut-être eût-il fallu ajouter une mort prématurée et un deuil littéraire de plus à ceux qui ont voilé de crêpe l’image des Pouskine et des Lermontoff. Il était, en ce qui concerne ses rapports avec la jeune école russe, en politique et en littérature, dans la situation équivoque d’un homme favorable aux idées, partisan du progrès, mais
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1SS9
- ennemi des moyens violents, dont la part à l’abolition du servage demeurait le titre unique, et qui se voyait en politique et en littérature, dépassé par ses disciples et menacé par ses héritiers. Ayant toujours vécu d’une vie isolée à l’étranger, devenu aussi Français que Russe, sans autre famille que sa fille naturelle Assia, qu’il avait eue de sa liaison passagère avec une serve de sa cousine Elisabeth Tourgueneff, il était devenu humoriste, inquiet, et le déclin de sa santé minée de bonne heure par la goutte et les rhumatismes n’avait pas peu contribué à aigrir son caractère et à attrister son existence. Les ovations qu’il avait reçues en 1879 de jeunesse russe n’avaient cicatrisé qu’à demi la blessure, souvent irritée par les coups d’épingle de la critique, du dépit qu’il éprouvait de se sentir, dans son originalité tempérée, et dans son rôle de protecteur et de souffleur, inférieur par ses œuvres à son ambition et à sa renommée. Son calme et sa .sérénité d’apparence cachaient des orages intérieurs et il y avait des volcans d’impatience fiévreuse et d’activité stérile sous la neige de ses cheveux blancs. Tous ces traits de nature ont été finement et parfois cruellement observés par son biographe qui n’a pas pour son héros la tendresse et la discrétion d’Eckermann vis-à-vis de Goethe. Ici le Dieu n’es qu’un homme, à qui rien des faiblesses et des douleurs humaines n’a été étranger, qui, fils d’une mère acariâtre, colérique, excentrique, n’est pas sans avoir, dans sa vie encore plus que dans ses œuvres, offert plus d’un exemple de ce défaut d’équilibre, de proportion, de mesure, d’harmonie, qui est le grand et juste grief de la critique.contre la littérature russe contemporaine.
- En résumé,l’ouvrage de M.Pavlovski est curieux, intéressant, quoique décevant sur plus d’un point et sur un écrivain un moment surfait, aujourd’hui peut-être trop déprécié, sur sa vie, son caractère, les mystères de son cœur et de son talent, il contient des renseignements, des détails qui contribueront à une connaissance plus complète et à une appréciation plus juste de Tourgueneff et de son influence sur la littérature française et la littérature russe contemporaine. Il contient en dehors de quelques lettres du grand romancier russe, un morceau de lui sur l’exécution de Tropmann qui est, dans son genre, un modèle, et fournit témoignage de toutes les qualités et de tous les défauts de sa manière.
- M. de Lescure.
- LES THÉÂTRES
- Peu de nouveauté, cette semaine, dans les théâtres parisiens. Une seule pièce nouvelle, YHypnotisé,comédie en trois actes de MM. Albert Millaud et de Najac, représentée au théâtre de la Renaissance. Ce n’est pas un succès, oh non ! mais ce n’est pas non plus un four. Cela rentre dans la catégorie des médiocrités honnêtes.
- « Un vieux savant ridicule qui s’appelle — ô finesse de l’esprit français! Toutenpain de Gluten, a, dans sa jeunesse, trompé un sien ami, un savant tout aussi ridicule, Leplatreux. Celui-ci a pardonné, mais il garde une dent à son ami perfide, et Toutenpain, s’étant à son tour marié, il voudrait bien le voir à son tour trompé.
- Essayer la chose par lui-même, Leplatreux, remarié du reste, n’y peut compter. Mais il s’avise de soumettre Toutenpain au sommeil hypnotique, et lui suggère de tout faire ce qu’il faut pour jeter sa propre femme dans les bras d’un certain Du-brocard. Nous voyons donc Toutenpain s’attacher au jeune homme, en faire son ami, l’attirer chez lui; Mme Toutenpain résiste de son mieux, mais ce diable de Dubrocard est un charmant garçon et Toutenpain se montrant froid envers sa femme, celle-ci va succomber. Elle va voir Dubrocard chez lui.
- Mais Toutenpain, de son côté, fait la cour à la seconde Mme Leplatreux, qui, amoureuse elle-même de Dubrocard, se rend à son domicile, où
- tout le monde se retrouve. Ah! ce troisième acte des pièces à quiproquo! Toujours le même, toujours la même formule... Menacé dans son honneur conjugal par celui-là même qu’il a choisi pour le venger de Toutenpain, Leplatreux déshypnotise son ami, se ligue avec lui contre l’ennemi commun ; et, comme le beau Dubrocard ns peut être vaincu, il reste maître du champ de bataille en épousant une bécasse de jeune fille qui est la nièce de Toutenpain, à moins que ce ne soit de Leplatreux.
- Ici, l’hypnotisé est une sorte de malade et il n’y a rien à tirer de gai d’un cas pathologique. L’idée d’appliquer la suggestion au théâtre est une idée de drame et non de vaudeville. Il faudrait les allures d’une grande farce pour nous faire passer sur une donnée au fond pénible. Elles n’y sont pas. '
- La pièce est agréablement jouée par Mlle Le-riche dont la vertu bourgeoise a d’amusantes défenses contre elle-même, et par Maugé, excellent, encore qu’en poussant un peu à la caricature, il rende trop invraisemblables les fringales amoureuses de son épouse et de sa propre confiance en lui-même.
- Parmi tant de critiques qui ont été faites de cette pauvre pièce, celle-ci, signé des initiales H. F. (traduisez Henri Fouquier) est une des plus bénignes. Jugez ce que peuvent être les autres.
- Un théâtre qui ne sera pas ouvert à tout le monde, mais qui est une œuvre intéressante, le Théâtre d’application, a été ouvert le mardi if> courant.
- L’ouverture a eu lieu en présence du ministre de l’instruction publique, de M. Camille Doucet, des directeurs des deux Théâtres-Français, de toute la critique parisienne et de quelques amateurs de spectacle qu’on voit partout.
- La salle est charmante, bien décorée, bien aménagée, bien éclairée, bien chauffée.
- Tout y est confortable.
- Il n’y a pas d’orchestre.
- Le programme se composait de fragments classiques.
- D’abord, le Dépit amoureux, puis le Mariage forcé.
- Les jeunes élèves sont en costumes, c’est la première fois qu’ils paraissent devant un vrai public. Cette épreuve les émeut probablement, mais elle leur sera bien salutaire dans leurs études, et nous aurons, au sortir du Conservatoire, des artistes qui ne seront pas embarrassés de leur démarche et dont les qualités ne seront pas annihilées par des préoccupations de détail.
- Venait ensuite le quatrième acte d’Horace.
- Mlle Bailly a dit les imprécations de Camille avec un réel sentiment dramatique, une énergie extraordinaire et un feu étonnant..
- Elle a produit beaucoup d’effet.
- La soirée se terminait par les Plaideurs.
- Nous sommes heureux d’avoir à constater le plein succès de l’intéressante entreprise due à l’initiative de M. Bodinier, et placée sous la direction intelligente et dévouée de MM. Delaunay, Worms, Got et Maubant.
- Nouvelles de l’Opéra-Comique.
- M. Paravey a l’intention de monter le Roi d’Ys, l’ouvrage en trois actes et cinq tableaux de MM. Lalo pour la musique, Edouard Blau pour les paroles.
- Le Roi d’Ys passera aussitôt après la Carmosine de M. Poise et une reprise de Madame Turlupin, de M. Guiraud, que Mlle Daram créa à l’Athénée.
- Nous avons dit que M. Talazac créera Ruy-Blas dans l’opéra de ce nom, qu’écrivent MM. Détroyat, Silvestre et Godard.
- M. Taskin fera don Salluste; M. Soulacroix, don César; Mme Rose Caron, Marie de Neubourg.
- Le Gérant, GARREAU,
- Tours. — lmp. E. A RR AU LT et Cie, rue de la Préfecture, 6
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- Le Moniteur
- DE
- L'EXPOSITION DE 1889
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
- QUATRIÈME ANNÉE. Dimanche 29 Janvier 1888. NUMÉRO 161
- SOMMAIRE :
- I. Les Travaux du Champ-de-Mars ; 2. Les demandes d'admission à l’Exposition de 1889; 3. Projet d’une Loterie pour l’Exposition de 1889 ; 4. Nominations de Membres de Comités départementaux; 5. Le Comité départemental de la Vienne ; 6. Les Pays de protectorat à l’Exposition de 1889; 7. L’Exposition rétrospective du Travail; 8. La reconstitution de la Bastille à l’Exposition de 1889; 9. La participation étrangère à l’Exposition de 1889 ; 10. Echos; t r. La Belgique à l’Exposition de 1889; 12. Exposition universelle de Barcelone en 1888; i3. L’Exposition de Copenhague; 14. Concours général agricole de 1888; i5. Concours pour la construction du pavillon de la République Argentine à l’Exposition de 1889; ib. Sciences et industrie; 17. Les Livres; 18. Les Théâtres ; 19. Le Bon Marché.
- EXPOSITION UNIVERSELLE
- DE 1889
- LES TRAVAUX DU CHAMP-DE-MARS
- Les travaux continuent partout. Ralentis parfois, lorsque le temps est trop mauvais, ils reprennent de plus belle dès que le froid devient moins vif ou que la pluie cesse ; un grand nombre d’ouvriers de toutes professions sont journellement disséminés sur le Champ-de-Mars et ses annexes, mais si nombreux qu’ils soient ils ne font pas grand effet tellement est vaste le terrain sur lequel ils opèrent ; en ce moment ce sont les forgerons et les charpentiers qui dominent, ces derniers surtout, car de toute part on élève des charpentes afin de n’avoir à subir aucun retard dans le montage des bâtiments lorsque les usines livreront les fermes en cours d’exécution.
- Le cube total des bois,soit déjà utilisé, soit sur le point de l’être, est prodigieux, rarement on a eu l’occasion de voir,réunis presque en un même endroit, une si grande quantité d’échafaudages de cette importance, et pourtant leur nombre est réduit au minimum possible car, presque partout, mettant à profit la disposition régulière des constructions à édifier, il n’a été dressé que les charpentes nécessaires au montage d’une partie des galeries et on les a faites mobiles afin de pouvoir les déplacer au fur et à mesure de l’avancement des travaux. Sans cette façon de procéder, tout indiquée d’ailleurs, le montage des divers palais aurait atteint un chiffre véritablement exorbitant qui aurait fortement grevé le budget de l’Exposition. En effet, si l’on songe que, abstraction faite des charpentes employées par M. Eiffel et celles encore existantes, utilisées pour le palais des industries diverses, des échafaudages vont être simultanément nécessaires au Champ-de-Mars pour la galerie des machines, pour le grand dôme central, pour les palais des beaux-arts et des arts libéraux et sur l’esplanade des Invalides pour les nombreux bâtiments dont la mise en exécution ne tardera guère, il est facile de se rendre compte de la somme considérable absorbée par l’emploi de tous ces bois.
- Au sujet de toutes ces charpentes, la même réflexion se représente souvent à l’esprit, il est difficile de ne pas éprouver de regret en pensant qu’il n’en restera rien et qu’on les démontera une fois le montage terminé. Assurément il serait enfantin de songer à conserver ces constructions de bois mais, par contre, certaines d’entre elles présentent un caractère tellement intéressant qu’il est fâcheux que leur durée soit aussi limitée ; au point de vue des dimensions, de la hardiesse et de l’emploi judicieux des matériaux, il y a là des échafaudages qui peuvent passer pour des modèles du genre et qui fourniraient facilement les éléments d’une étude
- technique intéressante. Laissons aux publications spéciales le soin de discuter cette question en attendant que nous en retrouvions les éléments ou d’autres analogues, lors de l’ouverture de l’Exposition, dans différentes classes, et notamment dans la classe 63 renfermant les objets utilisés pour les travaux publics.
- Si maintenant, époque des travaux en quelque sorte préparatoires, les charpentiers sont plus nombreux que les ouvriers du fer, bientôt la proportion sera renversée et les forgerons seront en majorité, bien entendu en laissant de côté les nombreux travailleurs de la tour qui à eux seuls constituent une petite armée. On espère que, dans quelques semaines, six ou sept environ, les premières pièces métalliques coînmenceront à arriver et aussitôt le montage sera entrepris avec la plus grande célérité ; c’est probablement par la galerie des machines qu’on débutera, car les études et, par suite, la fabrication des fermes du palais des beaux-arts ayant été un peu retardées, ces dernières sont moins avancées; en tous cas, ces deux constructions se suivront de très près et marcheront de concert, on ne manquera donc pas de sujets d’études curieuses ; du reste, avec le printemps commencera la péripde d’activité un peu fiévreuse qui durera jusqu’à l’ouverture ; c’est que le temps marche vite et ne s’inquiète pas des motifs capables de causer du retard, 11 faut donc se aépêcher si on ne veut pas perdre le bénéfice de l’avance, que nous constations, il y a quelque temps, sur les délais prévus pour le marché des travaux ; il est indispensable que cette avance se maintienne car, lorsqu’il s’agit d’une exposition, ne pas arriver plus tôt que les prévisions c’est être en retard. Ce serait d’autant plus fâcheux, dans le cas actuel, qu’en comparant le travail effectué dans le temps écoulé avec celui à faire dans la période qui reste à courir, on acquiert la conviction que tout peut être prêt pour l’époque fixée, mais, encore une fois, il faudra, comme on dit, mettre'les bouchées doubles et ne pas perdre nne minute des beaux jours qui vont commencer.
- La grosse difficulté dans une entreprise du genre de ces grands concours internationaux provient de la multiplicité extraordinaire des détails qu’il faut prévoir et dont il convient d’assurer la bonne exécution: évidemment, les grandes lignes du projet sont faciles à tracer et leur mise à exécution serait assez aisée si elle ne dépendait pas d’une foule de questions secondaires, ces questions venant se greffer, presque quotidiennement, sur les données princi-! pales du problème en retardant constamment la solution par suite des études supplémentaires i auxquelles il faut se livrer pour rattacher l’accessoire au principal et former de ces éléments souvent disparates un tout bien homogène.
- Cette organisation est un véritable casse-tête et, quelle que soit l’intelligence des hommes chargés de tout régler à l’avance, il leur est absolument impossible de ne pas oublier certaines particularités, sans importance propre, de nature à amener des modifications sensibles dans l’ensemble lorsqu’on s’aperçoit de l’o-; missiorl. Ce sont ces modifications qui font , perdre du temps et absorbent peu à peu l’avance que les travaux prennent sur les délais fixés dans les premiers moments de la mise en. train.
- Du reste, des considérations sur ce qu’on pourrait appeler les sous-détails d’une exposition nousentraîneraienttrop loin et il serait facile
- de varier à l’infini les preuves de cette vérité que ce sont les petits côtés d’une question qui, pratiquement,en rendent la solution laborieuse. On peut en donner une idée : Dans certaines constructions on emploiera, pour les décorations, des poteries émaillées dont la préparation est assez longue. Sachant que la fabrication exigera six mois, on serait en droit de ne faire la commande qu’un semestre avant l’emploi ; en agissant ainsi, on risquerait fort d’être dans l’erreur et de se créer des difficultés, car si l’usine, pour des motifs indépendants de sa volonté, apporte du retard dans la livraison des poteries, leur pose ne pourra se faire au moment prévu et empêchera, par cela même, l’exécution des divers autres travaux qui en sont la conséquence. De même si, pour une cause ou pour une autre, quelque travail vient à être mal exécuté, on aura beau se montrer rigoureux et sévir contre l’entrepreneur, le résultat n’en sera pas moins le même etil faudra bien réparer l’accident. Pour cela, il est de toute nécessité d’avoir le temps suffisant ; donc, pour conclure, à quelque point de vue qu’on se place, on voit qu’il est indispensable d’avoir constamment un peu d’avance et que, pour être prêt au moment de l’ouverture, il serait pratique de tout terminer bien avant cette date.
- Naturellement les organisateurs de l’Exposition et les chefs de service sont les premiers à faire toutes ces réflexions et ils agissent en conséquence; aussi est-il intéressant de voir l’animation qui règne dans tous les bureaux ; chacun ayant à cœur de mener à bien la tâche qui lui incombe, personne ne perd un instant ; tous les agents travaillent avec un entrain qu’inspire une besogne agréable et avec la conviction qu’ils ont que, loin d’être improductif, leur labeur concourra à la grandeur de l’œuvre dont leur pays a eu l’initiative. Au surplus, la période des tâtonnements est passée, et tout travail actuellement accompli dans les bureaux a son application immédiate sur les chantiers ; l’année qui vient de s’écouler ayant été surtout employée à rédiger les projets et à exécuter les fondations ou autres travaux préléminaires. Aussitôt que les constructions reprendront, tout ce qu’on effectuera sera visible pour tous et les changements d’aspect qui ne manqueront pas de se produire chaque jour sur l’étendue de la future exposition, offriront un aliment constant à la curiosité publique notamment ralentie par le froid et les intempéries.
- Nos lecteurs ont lu, il y a quelques jours, une note leur faisant connaître la décision prise par l’administration au sujet de l’éclairage du soir; cette mesure a eu, comme toute chose, ses partisans et ses détracteurs, mais il est vraisemblable qu’elle a dû avoir l’approbation de la majorité du public et des exposants.
- Cette prologation de l’accès de l’exposition dans la soirée permettra la visite du Champ-de-Mars à une foule de personnes que des occupations ou des obligations de toute nature empêchent de disposer librement de leur temps dans la journée ; ces visiteurs jouiront en outre d’un spectacle absolument unique : l’illumination, pouvant être instantanée, de ces innombrables constructions dont l’aspect sera ainsi complètement modifié et offrira un contraste frappant avec celui présenté à la lumière, fût-elle due au plus brillant soleil.
- A notre époque, l’électricité, sous toutes ses applications, fait de si grands progrès et tend tellement à se répandre, surtout comme moyens
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- d’éclairage, qu’il eût été fâcheux de voir la proposition des électriciens repoussée par l’administration. En dehors de l’attrait incontestable que l’éclairage du soir donnera à l’exposition, l’absence des applications pratiques delà science électrique eût été une véritable lacune rendant impossible un jugement impartial sur l’état actuel de toute une branche de l’industrie. En effet, les exhibitions les plus soignées d’engins et d’appareils propres à l’éclairage électrique ne valent pas une expérience faite en grand, seule capable de montrer efficacement les progrès réalisés et de faire voir les côtés forts ou faibles de la question; or, comme ces expériences faites en plein jour ou de temps à autre dans la soirée, n’auraient donné qu’un résultat absolument insuffisant, l’acceptation des offres des groupes d’électriciens s’imposait donc, et, grâce à cette décision, tout le monde sera appelé à se prononcer dans une question à laquelle nul ne peut demeurer étranger aujourd’hui.
- Les pourparlers engagés au sujet des passerelles destinées à réunir le Champ-de-Mars au Trocadéro, en passant au-dessus du quai de Billy, sont activement menés, d’ici là la solution définitive interviendra et les travaux ne tarderont pas à être entrepris.
- 'Nous aurons, sous peu, à signaler’quelques petites modifications apportées au projet du chemin de fer dont nous avons parlé et qui doit desservir les divers points de l’Exposition. Les changements projetés n’ont, du reste, qu’une importance secondaire et ont surtout pour but de transformer le système complètement circulaire, à voie unique, d’abord adopté en un système interrompu à double voie ; aussitôt les modifications complètement arrêtées, nous les ferons connaître à nos lecteurs.
- H. DE BaECKER.
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- LES DEMANDES D’ADMISSION
- A L’EXPOSITION DE 1889
- Depuis quelques jours, les demandes d’admission à l’Exposition de 1889 affluent dans les bureaux de M. Georges Berger, directeur général de l’exploitation, de Paris et des départements. On peut dire, dès maintenant, que le nombre et la qualité des demandes qui seront enregistrées à la date du Ier février garantissent complètement le succès de la section française daus les classes industrielles et agricoles.
- Les nouvelles de l’étranger sont de plus en plus favorables.
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- PROJET D’UNE LOTERIE
- POUR L’EXPOSITION DE 1889
- Dans un rapport qu’il adresse au ministre, relativement à l’exonération des. frais d’exposition en faveur des exposants ouvriers, des petits producteurs, des inventeurs et des artistes non commerçants, M. Berger demande en ces termes l’organisation d’une loterie pour 1889 :
- J’estime qu’il y a lieu de prévoir, pour l’année 1889, une somme de 3,5oo,ooo francs au moins, dans le but de subvenir aux voyages, au séjour et aux visites des délégations ouvrières françaises, en se souyenant qu’aux termes du contrat passé avec l’association de garantie, celle-ci aura le droit de faire ajouter aux recettes ordinaires le remboursement intégral des visites gratuites à l’Exposition...
- Il sera utile, pour acquérir cette somme de 3,5oo,ooo francs, de s’adresser, comme il a été fait en 1878, aux départements et aux communes, afin d’obtenir, de leur part, un appoint aussi considérable que possible; le principal pourra être obtenu grâce à l’organisation d’une nouvelle loterie nationale.
- Il serait inscrit dans le règlement de cette loterie dont les billets pourraient être mis en vente dès ’e jour de l’ouverture de l’Exposition, que les produits de cette vente seraient affectés :
- Un quart pour solder la dépense des voyages, du séjour et des visites des délégations ouvrières, moitié pour l’acquisition de lots choisis exclusivement parmi les objets exposés, et un quart pour la constitution d’une réserve dont l’administration réglerait l’emploi avec la commission de contrôle et de finances pour solder certaines dépenses extraordinaires, y compris les frais de la loterie.
- La loterie de 1878 a produit 12 millions. M. Berger estime que celle de 1889, si elle est décidée à temps, pourra en produire 20.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE i88q-
- L’annonce préalable de cette loterie aurait, en outre, l’avantage de faire cesser les hésitations d’un certain nombre d’exposants qui reculent devant la dépense et qui verraient, dans l’acquisition probable de leurs objets d’exposition, la récupération d’une partie de leurs frais.
- En ce qui concerne l’exonération des frais d’exposition en faveur des exposants ouvriers, M. Berger dit qu’il est à supposer que les demandes d’exonération qui se produisent seront nombreuses, et qu’une somme supérieure à 70,000 francs (somme dépensée pour le même objet en 1878) sera nécessaire.
- NOMINATIONS
- de Membres des Comités départementaux
- Par divers arrêtés pris par M. le Ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition de 1889 ont été nommés membres des comités départementaux de :
- ALGER
- i° Sous-comité de Varrondissement d’Alger
- MM. Mauguin, sénateur; Bourlier, député ; Le-tellier, député; Alcav, négociant à Alger; Alphan-déry, conseiller général ; Altairac aîné, industriel, à Maison-Carrée; Battandier, professeur à l’école d«. médecine; Ben Siam, conseiller général, propriétaire, à Alger ; Bertrand, président de la société d’agriculture d’Alger; Bézard, propriétaire, maire de Cheragas ; Bianconi, inspecteur d’académie; Billard, fabricant d’instruments agricoles à Alger; Bonaud (de), propriétaire, à Oued-El-Al-leug ; Bouzom, vétérinaire à Alger ; Borde, propriétaire viticulteur, à l’Arba; Brissonnet, négociant à Alger; Broussais père, propriétaire, à Palestro ; Casabianca, imprimeur à Alger ; Castan, négociant à Alger; Chuffart, propriétaire à Oued-El-Alleug ; Claude, secrétaire principal de la société d’agriculture ; Combe, conservateur des forêts, à Alger ; Cuvellier, vérificateur du service topographique ; Decaillet, directeur de _ l’école d’agriculture deRouïba; Dessoliier, ancien député, minotier, à Maison-Carrée; Desvallons, trésorier de la société d’agriculture d’Alger ; Dorez, bijoutier à Alger ; Dubois, directeur de l’école nationale des beaux-arts ; Ehrempfort, négociant à Alger ; Faizam, propriétaire à Koleah; Famin, photographe à Alger; Faure, négociant à Alger; Fourquet, sculpteur à Alger ; Galland (de), professeur au lycée d’Alger, agriculteur ; Garrey, propriétaire, maire de Maison-Carrée; Gérin, armurier à Alger ; Gobel (Jacques), propriétaire, à la Réghaia; Grellet, propriétaire viticulteur, à Kouba ; Gros, maire de Boufarik, propriétaire distillateur ; Josset, industriel à Alger; Jourdan, imprimeur à Alger ; Kocher, directeur des tabacs ; Lasserre, industriel à Alger; Lecq, professeur à la chaire d’agriculture; Magnier, propriétaire, maire de Castiglione ; Mairot (Pierre), propriétaire à Oued-El-AUeug ; Malglaive, propriétaire à Marengo ; Mercier, pharmacien à Alger ; Mermet, architecte, propriétaire agriculteur; Mouloud ben Saïd, négociant à Alger ; Narbonne, minotier à Hussein-Dey; Paoli, propriétaire à Bouhira; Pi-tolet, agent-voyer en chef ; Portier, propriétaire à Guyotville ; Pouyanne, ingénieur en chef des mines; Proviseur (le) du lycée; Président (le) du comice agricole des Aribs, à Aïn-Bessem; Prési-eent (le) du comice agricole de Boufarik; Président (le) du comice agricole de Sahel ; Rivière, du comice agricole d’Alger, directeur du jardin d’Essai ; Sapor, maire d’Aumale; Tiné, négociant à Alger ; Trottier, propriétaire à Houssein-Dey ; Vinson, industriel à Alger; Warot, président de la chambre de commerce d’Alger.
- 20 Sous-comité de l’arrondissement de Médéah
- MM. Amaury, propriétaire à Lodi; Boisset, fabricant de pâtes alimentaires à Médéah; Couput, directeur delà bergerie nationale de Mondjebeur; Daudet, maire de Médéah, propriétaire viticulteur; Donnadieu, à Boghar; Fallet, conseiller général, propriétaire à Médéah; Figarol, président du comice agricole de Médéah; Geaud, maire de Ber-rouaghia, viticulteur; Henri père, distillateur à Médéah; Laffargue., propriétaire à Hassen-ben-Ali; Masclet, capitaine en retraite et cultivateur à Lodi; Nicolas (Louis), propriétaire à Médéah; Palbroy, propriétaire viticulteur; Payrouse, adjoint de la section des Hassen-ben-Ali ; Sost, propriétaire à Berrouaghia et à Médéah; Sylvestre, propriétaire à Damiette; Tamboveau, propriétaire à Médéah.
- 30 Sous-comité de l’arrondissement de Milianah
- MM. Alcay fils, propriétaire à Duperré; Anas-taze, propriétaire viticulteur à Hammam-Rhira; Bonnard, propriétaire viticulteur à Bou-Medfa; Charlet, propriétaire, maire de Littré; Eynard,
- Dimanche 29 Janvier 1888.
- propriétaire et maire à Teniet-el-Haad ; Gourgues, propriétaire à Hammam-Rhira; Hiard, agriculteur aux Braz ; Jourdan, propriétaire àAffreville; Lepesant, propriétaire viticulteur à Milianah; Liberloo, propriétaire à Lavarande; Payen, agriculteur et maire de Carnot; Pourrailly, maire de Milianah; Pujo, propriétaire à Lavarande; Simonin, propriétaire agriculteur à Vesoul-Benian ; Téton, propriétaire à Aïn-Sultan.
- 4° Sous-comité de l'arrondissement d'Orléansville’
- MM. Birgy, maire de Montenotte ; Brossard,. propriétaire aux Cinq Palmiers ; Casanova, propriétaire à Orléansville ; El Hadj benYamina, conseiller général ; Emmanuely, propriétaire àTenès ;. Fougerousse, président du comice agricole d’Or-léansville; Fournier, propriétaire, maire de Cavai-gnac ; Fourrier, conseiller général, maire d’Or-léansville; Gidel, propriétaire, maire de Charon ; Jobert, propriétaire à Oued-Fodda ; Koziell, conseiller général, ingénieur civil ; Mariaccia, agent-voyer d’arrondissement; Mellan, administrateur de la commune mixte d’Aïn-Méran ; Paignon, propriétaire, maire de Tenès ; Robert, minotier, Orléansville ; Si Mohamed ben Henni, cadi, conseiller général.
- 5° Sous-comité de l’arrondissement de Tip-Oiqou
- MM. Adouy, propriétaire agriculteur à Isser-ville ; Aillaud, chef d’usine à Tizi-Ouzou ; Barthet aîné, négociant à Tizi-Ouzou ; Baussard, propriétaire à Azazga ; Bernard, propriétaire à Dellys; Boullu, propriétaire agriculteur à Melda ; Bourguignon, chef d’exploitation forestière à Azeffoum; Cayrol, propriétaire à Dellys ; Chanal, maire de Dra-el-Mizan ; Emerat, à Fort-National; Frances-chi, armateur, à Dellys; Guignard, à Tizi-Renif Labatut, propriétaire à Dra-ben-Khedda ; Ligniè-res, propriétaire à Dra-el-Mizan ; Lormand, propriétaire à Bordj-Menaïel ; Obitz, propriétaire à Dra-ben-Khedda; Président (le) du comice agricole de Tizi-Ouzou; Roux, propriétaire à Fort-National ; Si Moula, propriétaire à Haut-Sébaou ;. Thédrel, propriétaire à Bordj-Menaïel; Veyron,. propriétaire à Fort-National.
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- CONSTANTINE
- i° Sous-comité de Varrondissement de Constantine-
- MM. Thomson, député; Treille, député ; Abadie (Gustave), président de la société d’agriculture de Constantine; Audibert (d’), concessionnaire forestier, à El-Milia; Bauguil, professeur départemental d’agriculture, à Constantine; Ben Aïssa, adjoint: indigène au conseil municipal, à Constantine; Ben Badis, assesseur au conseil général, à Constantine;. Bonnifay, président du tribunal de commerce, à Constantine; Brunache (Lucien), propriétaire,, papeterie du Hamma; Buhot, négociant en tissus,, à Constantine ; Calinet, conservateur des forêts, à Constantine; Cambon, propriétaire à Tébessa;; Ceccaldi, propriétaire-viticulteur, à Constantine; Chalus (de), propriétaire à Mila ; Corps (colonel), propriétaire, conseiller général, à Aïn-Beïda ;, Dukers, négociant à Constantine; Ferrier, vétérinaire, à Constantine; Friang, propriétaire-viticulteur, à Rouffach; Germon, président de la chambre-de commerce de Constantine; Hinglais, docteur en médecine, à Constantine; Isaac (Emile), négociant, à Constantine; Jacob, ingénieur des mines, à Constantine; Joly de Brésillon, propriétaire, négociant, conseiller général, à Hamma; Lahiteau, président du conseil de prud’hommes, à Constantine ; Larrey, propriétaire, négociant, à St-Donat;. Mouline, commandant, chef des affaires indigènes à la division, à Constantine; Pelletreau, ingénieur en chef des ponts et chaussées, à Constantine ;, Poulie, président de la société archéologique, à Constantine; Ripet, inspecteur d’académie, à Constantine; Truc père, négociant, conseiller mu», nicipal, à Constantine.
- 20 Sous-comité de l’arrondissement de Batna
- MM. Arnaud (Marius), commerçant et agriculteur à Batna; Beun-, imprimeur à Batna; Bonat. (Constant), agriculteur à Batna ; Bouniol (Justin),, commerçant à Batna ; Cazenave, conseiller général, maire de Biskra ; Chapuis (Claude), agricul-teu, industriel à Batna ; Chartier (François), agriculteur à Batna ; Chaulliac (Camille), agriculteur à Batna ; Combes, industriel à Batna; Demole (Charles), agriculteur à Batna; Dufourg, agriculteur à Biskra; Dukers, négociant à Batna; Dumoulin (Louis), agriculteur à Batna; Duprat, maire de Lambèse; Flottard, docteur en médecine à Batna; Jus, ingénieur de forages artésiens à Batna; Lecourt, ingénieur des ponts et chaussées à Batna; Pennato (Pierre), agriculteur à Batna ; Perreau (François), agriculteur à Batna; Raffin, conseiller général, maire de Batna; Renaut, banquier à Batna; Ribes (Jean-Marie), agriculteur à Batna ; Soldati, imprimeur à Batna.
- 3° Sous-comité de l’arrondissement de Bône
- MM. Ahmed ben Ozen Ahmed, propriétaire à Bône; Arnaud, propriéraire à Blandan (commune
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- Quatrième Année. — N° 161.
- mixte deZérizer ; Barris, conseiller général, maire de la Galle ; Beïs (Julien), ingénieur mécanicien, à Bône ; Bertagna (Jérôme), négociant, conseiller général, à Bône ; Beugin, propriétaire à l’Oued Besbès (Randon); Briet, propriétaire, maire de Morris, Zérizer ; Bronde (Casimir) , ancien président de la chambre et du tribunal de commerce de Bône; Bure, propriétaire forestier à i’Ouïder (Bône) ; Carrot, propriétaire à Bouda-rouah (Duvrvier) ; Cerner (de), directeur de la .compagnie du Mo_kta-el-Hadid, à Bône; Chaix, propriétaire, conseiller municipal, à Bône ; Dévidés (Théodore), transitaire, à Bône ; Dubourg, propriétaire, maire de Bône ; Georges, mandataire .de la société Besson, à l’Oued-El-Aneb (Aïn Mokra mixte) ; Gros, propriétaire à Penthièvre ; Hügel, président du comice agricole de Bône ; Lacombe .(de), propriétaire-agriculteur à Bône; Laurent, propriétaire-viticulteur, maire de Randon ; La-vagne, propriétaire, maire de Duvivier ; Legendre, président de la ligue de l’enseignement, à Bône ; Letellier, conseiller général, membre de la chambre ,de commerce de Bône; Lorquin, négociant à Bône ; Loupiac (de), mandataire de la société anonyme des forets de l’Edough Bugeaud ; Ma-gliulo, architecte, conseiller municipal, à Bône ; Mohamed ben Ramdan, propriétaire à Bône : Molière, fabricant de glace artificielle à Bône ; Nayme, propriétaire à Mondovi ; Papier, président de l’académie d’Hippone à Bône ; Perrin, négociant à Bône ; Rousseau Bourgoin, propriétaire viticulteur à Bône ; Sainte-Croix (de), viticulteur à Mondovi; Si Tahar bou Maïza, propriétaire à Bône ; Sonis (de), propriétaire-viticulteur à Bône; Tezier, viticulteur à l’Oued-el-Aneb (Aïn-Mokra mixte); Toche, président de la chambre de commerce de Bône; Veil (Achille), .courtier en marchandises à Bône.
- 4° Sous-comité de l’arrondissement de Bougie
- MM. Abry (Louis), puopriétaire à l’Oued-Ami-.zour ; Béguin, mécanicien à Bougie ; Bergé, .comptable à Bougie ; Boyer, négociant à Bougie ; Bruyas, propriétaire à Él-Kseur ; Bucquet, propriétaire à Bougie ; Carpentier (Edmond), industriel, propriétaire àDjidjelli ; Cazaubon, industriel, propriétaire à Fenaïa ; Chancel (Fernand), propriétaire à Duquesne ; Charrotte, propriétaire à El-Kseur ; Chatillon, conducteur principal des ponts et chaussées en retraite, à l’Oued-Marsa ; Chaulet, mécanicien à Bougie; Chauvot (Emile), négociant à Akbou ; Chérif fils, propriétaire-industriel à Akbou mixte ; Coing, serrurier à Bougie ; Couret (Joseph) , propriétaire-industriel à Sidi-Aïch ; Dauphin fils, propriétaire à Fenaïa ; Denizot (Marcel, propriétaire à Djidjelli ; Dol(Emi-lien) , industriel-propriétaire à Djidjelli ; Dol (Justin), propriétaire industriel à Strasbourg; Dolfus (Gustave) , propriétaire à Djidjelli ; Eubar, propriétaire à Bougie ; Dumas , propriétaire à Akbou mixte ; Ferrouillat (Prosper), industriel-propriétaire à l’Oued-Marsa; Franchi, officier en retraite à Bougie ; Gireaud, propriétaire à Bougie; Guillot (Marius), propriétaire à Djidjelli;- Huet, propriétaire à El-Kseur; Jean (Félix), propriétaire à Djidjelli ; Lambert, régisseur cultivateur à l’Oued-Marsa ; Lochart, propriétaire à Talabort ; Lorcet, carrossier à Bougie ; Lucas, charpentier de marine à Bougie; Maffeo-Maffel, bottier à Bougie ; Menochet, négociant à Bougie ; More, propriétaire à Akbou mixte ; Morineaud (Jules), banquier proprietaire à Djidjelli ; Muntada (Augustin), industriel à D idjelli ; Nozières, ferblantier à Bougie; Perpoli, greffier à Bougie; Petin, notaire à Bougie ; Philip (Bruno), propriétaire industriel à Sidi-Aïch ; Philippot, conducteur des ponts et chaussées, à Bougie; Picatier, cultivateur à Bougie; Plaëtvoët, président du comice agricole de Bougie à Fenaïa; Raybaud, menuisier à Bougie ; Salom (Antoine), propriétaire négociant à Akbou; Segade, industriel, fabricant des carreaux mosaïques, à Bougie : Senac-Pagès, vétérinaire à Bougie; Si Belkassem ben Sliman, adjoint indigène, à Akbou mixte ; Si Chérif ben Ali, propriétaire industriel à Akbou mixte ; Soum (Ba-zile); propriétaire industriel à Sidi-Aïch; Tou-roumate, agriculteur à Bougie; Valleix, architecte à Bougie ; Vassoille, propriétaire à El-Kseur ; Voile (Pierre), propriétaire à Akbou : Vulmont (François), agronome, expert phylloxerique, à l’Oued-Amizour.
- 5° Sous-comité de Varrondissement de Guelma
- MM. Bailleul,agriculteur et viticulteur à Guelma; Barbier, conseiller général, agriculteur à La Sefia ; Boujol, conseiller général, agriculteur à Héliopolis ; Courtois (de), agriculteur à Petit ; Combes, agriculteur à Héliopolis ; Desfontaines, agriculteur et viticulteur à Guelma ; Devaux (céréales) , à Guelma ; Garros, horticulteur à Guelma ; Guiraud (A.), agriculteur et viticulteur à Guelma ;_Lambert, industriel à La Sefia ; Lam-pronti, agriculteur à Héliopolis ; Lavie, industriel a Héliopolis ; Lesieur, agriculteur à La Sefia ; Maudemain, agriculteur à Guelma ; Mollet, agriculteur à l’Oued-Cherf mixte ; Renier, pharmacien à Guelma ; Rouyer, conseiller général, à Guelma ; Salencourt (de), président du comice
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- agricole de Souk-Ahras, à Héliopolis ; Seguin, agriculteur à Petit.
- 6° Sous-comité de l’arrondissement de Philippeville
- MM. Blanchet, membre de la chambre de commerce de Philippeville ; Bouyn (de), viticulteur à Philippeville ; Bozard, chimiste à Philippeville ; Bruno, président de la chambre de commerce de Philippeville ; Catherineau (Julien), viticulteur à Philippeville : Cauro, fabricant de conserves alimentaires, maire de Stora ; Châtelain, directeurde la société des lièges du Fendeck, à Jemmapes ; Chauvin, fabricant de conserves alimentaires à Collo ; Couput (industrie forestière), à Philippe-ville ; Jacquier, propriétaire-viticulteur à El Arrouehs ; .Tandon de Longeville, propriétaire viticulteur à Philippeville ; Leprêtre, directeur de la société des lièges de la petite Kabvlie; Lesueur, conseiller général, entrepreneur des travaux du port et des carrières du marbre du Filfilo, à Philippeville ; Mollet (industrie forestière), conseiller général et viticulteur, à Jemmapes ; Perney propriétaire-viticulteur, maire de Jemmapes ; Ra-monatxo (Martial), conseiller général, viticulteur, à Saint-Charles ; Ricoux, docteur en médecine, maire de Philippeville ; Tessier, vice-président de la chambre de commerce de Philippeville, Tous-seau, fabricant de lièges à Philippeville.
- 70 Sous-comité d’arrondissement de Sétif
- MM. Ahmed ben Cheik ben Salah, éleveur agriculteur, adjoint indigène à Sétif; Bigonnet, conseiller général, propriétaire-agriculteur à Bordj-bou-Arréridj; Bourgeois, propriétaire, quincaillier à Sétif; Chollet, propriétaire agriculteur, adjoint au maire de Bouhira; Dardillac, maire de Bordj-bou-Arréridj ; Dussaix (Uldéric), propriétaire-agriculteur, à Mahouan (Sétif); Falk, propriétaire-agriculteur éleveur, à Sétif; Gagnage, élève de Grignon, propriétaire-agriculteur, vice-président du comice agricole de Sétif; Girardin, propriétaire minotier, à Aïn-Roua; Golay, propriétaire, maire de Bouhira; Kraft, avocat, conseiller général, à Sétif; Lagarde, maire de Sétif; Mairesibile, alfa-tier, négociant à Sétif; Martin, banquier et minotier, propriétaire, à Sétif; Mercier, propriétaire, agriculteur, maire de Saint-Arnaud; Mollon, conseiller général, propriétaire agriculteur, à Saint-Arnaud ; Morfaux, pharmacien membre du comice agricole de Sétif; Niocel, propriétaire minotier, agriculteur éleveur, à Sétif; Puech, conseiller général, banquier, agriculteur et viticulteur, à Sétif ; Rejany, propriétaire agriculteur, à Aïn-Abessa; Saad ben Debech, chevalier de la Légion d’honneur, propriétaire agriculteur, à Sétif; Schwatz, propriétaire agriculteur, président du comice agricole de Sétif; Sliman ben Anco, lieutenant de spahis en retraite, agriculteur, à Sétif; Zermati (Dqvid), propriétaire agriculteur à Sétif.
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- FINISTÈRE
- Sous-comité de Varrondissement de Brest
- MM. Nicol (Théophile), juge-suppléant au tribunal de commerce à Lesneven : Tanguy (Hervé), médecin vétérinaire à Landerneau, en remplacement de M. Staars, démissionnaire..
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- GARD
- i° Sous-comité de Varrondissement de Nîmes
- M. Lugol (Ed.), président de la société d’agriculture du Gard.
- 20 Sous-comité de l'arrondissement d’Alais
- M. Cartayrade (Isidore), ancien instituteur public à Alais.
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- HAUTES-PYRÉNÉES
- Comité départemental
- Président : M. Michelier, ingénieur en chef en retraite à Tarbes. — Vice-président : M. Vausse-nat, directeur de l’Observatoire du Pic du Midi à Bagnères. — Secrétaire: M. Dallas, conseiller d’arrondissement à Sénéac, près Tarbes. — Trésorier : M. Despaux, président du conseil d’administration de la société des eaux thermales de Barèges et de Saint-Sauveur à Tarbes.
- Sous-comité de l’arrondissement de Tarbes
- Président : M. Lupour, maire de Tarbes. — Vice-président: M. Michelier, ingénieur en chef en retraite à Tarbes. — Secrétaire : M. Lacube, négociant à Tarbes.
- Sous-comité de l'arrondissement de Bagnères
- Président : M. Dumoret, président du tribunal civil de Bagnères. — Vice-président : M. Vausse-
- Dimanche 29 Janvier iSSS. — 943.
- nat, directeur de l’Observatoire du Pic du Midi à Bagnères. — Secrétaire: M. Dallas, conseiller d’arrondissement à Sénéac, près Tarbes.
- Sous-comité de l’arrondissement d’Argelès
- Président : M. Ce'nac, conseiller général, maire d’Argelès-de-Bigorre. — Vice-président : M. le D1-Daudirac à Bagnères. — Secrétaire : M. Galandy, inspecteur primaire à Argelès-de-Bigorre.
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- HAUTE-SAONE
- i° Sous-comité de l’arrondissement de Vesoul
- MM. Allard, professeur d’agriculture; Cordier, directeur de l’école pratique d’agriculture de St-Remy; Jolyet, conservateur des forêts, à Vesoul ; Trelut, médecin vétérinaire départemental, président du comice agricole de Vesoul; Willemot, ancien président du comice agricole de Vesoul.
- 20 Sous-comité de l’arrondissement de Lure
- MM. Beaudoin, filateur à Saint-Sauveur ; Bécots, maître de forges à Varigney, commune de Dara-pierre-lès-Conflans; Despierres, président du comice agricole de Luxeuil.
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- YONNE
- i° Sous-comité de l’arrondissement d’Auxerre
- M. Bogard (de) à Auxerre.
- 20 Sous-comité de /’arrondissement d’Avallon
- MM. Bidault, fabricant de chaussures à Avallon; Bouché, banquier, ancien conseiller d’arrondissement, à Avallon; Caristie, propriétaire, à Avallon; Chariot, agriculteur, maire de Saint-Léger-Vau-ban;Danzin, propriétaire, à Avallon; Haran (le docteur), à Vézelay; Rouzaud, propriétaire, maire de Montréal.
- LE COMITÉ DÉPARTEMENTAL
- DE LA VIENNE
- Le dimanche i5 janvier, le comité départemental de la Vienne s’est reuni à 2 heures à la préfecture, sous la présidence de M. Hérault, pour entendre une conférence de M. Berger, commissaire général de l’exposition universelle de 1889.
- Le président a d’abord demandé aux comités d’arrondissement de faire connaître le résultat de leur travail préparatoire, et il a constaté avec regret que jusqu’ici les exposants de la Vienne .paraissaient peu nombreux. Jl a de nouveau insisté auprès des sous-comités d’arrondissement pour qu’ils fassent connaître au public les avantages de transport offerts aux exposants, et la facilité qu’ils trouveront pour l’exposition de leurs produits.
- Après avoir souhaité la bienvenue à M. Berger, M. Hérault s’est empressé de lui donner la parole.
- Dans un discours souvent interrompu par des marques unanimes d’assentiment, l’orateur a fait l’historique de l’Exposition de 1889. Il a indiqué la classification adoptée qui diffère essentiellement des systèmes de 1867 et 1878, et annonce qu’en 1889 la plus grande part sera réservée à l’agriculture, et aux produits agricoles et alimentaires qui en dérivent. Pour donner à cette exposition toute sa portée utile, il a décidé que des laboratoires de dégustation seraient mis à la disposition des exposants qui en feraient la demande, et qui pourraient ainsi faire apprécier la qualité de leurs produits.
- M. Berger a annoncé également qu’un vaste espace de terrains était réservé, quai d’Orsay et à l’entrée du Champ-de-Mars pour cette exposition agricole; il a en outre parlé de la tour Eiffel, qui est destinée à des expériences physiques et météorologiques pouvant amenerles plus grandes découvertes au point de vue de l’électricité.
- Enfin, l’orateur a dépeint la galerie des machines construite avec une hardiesse inconnue jusqu’à ce jour, et qui sera éclairée la nuit par l’électricité. M. Berger a terminé sa conférence en indiquant quel parti la commission compte tirer des bâtiments existants du Trocadéro. On verra dans ces bâtiments l’histoire rétrospective du travail depuis l’âge de la pierre jusqu’à nos jours. C’est là que seront exposées les grandes découvertes faites il y a cent ans par les Jacquart, les Volta, les Vaucan-son, les Montgolfier, etc. Dans ce même bâtiment on placera des tableaux, des choses, des idées. Les grandes salles du Trocadéro seront réservées à des conférences et à des congrès où les savants de tous les pays pourront échanger leurs idées. Les réunions d’économie sociale, ouvrière d’hygiène, des travaux publics, du génie civil, du
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- N° 161.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 18S9
- Dimanche 29 Janvier 1888.
- commerce et de l’industrie, auront e'galement lieu dans cet édifice.
- Sur l’esplanade des Invalides seront exposés des types de maisons ouvrières avec tout ce qui concerne l’hygiène et le bien-être des travailleurs.
- En dernier lieu, M. Berger a fait appel à la bonne volonté de tous pour hâter les travaux préparatoires d’installation. Il est nécessaire, a-t-il dit, que les demandes parviennent à Paris dans le plus bref délai, afin que la commission de classement puisse commencer son travail.
- Pendant plus d’une heure, M. Berger a tenu sous le charme de sa parole vive et imagée tous les membres du comité départemental qui assistaient à cette conférence.
- En terminant, il a demandé au comité d’élire une commission spéciale, dite d’économie sociale, qui aura à rédiger un rapport sur un certain nombre de questions soutenues dans un catalogue dont il a été donné connaissance à rassemblée..
- Ont été nommés membres de cette commission :
- MM. Pousset, président de la société d'encouragement à l’agriculture de la Vienne.
- Babinet, président de la société d’agriculture, belles-lettres, sciences et arts de Poitiers.
- De Larclause, directeur de la ferme école de Montlouis, président du syndicat des agriculteurs.
- Isambert, membre du conseil d’hygiène, professeur à la faculté des sciences de Poitiers.
- Dubois-Bastien, président du conseil des prud’hommes.
- Gassan, conseiller d’arrondissement.
- Hamlis, manufacturier.
- Thezard, doyen delà faculté de droit, maire de Poitiers.
- de Touchimbert, ancien adjoint.
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- LES PAYS DE PROTECTORAT
- A L’EXPOSITION DE 1889
- Par arrêté du ministre des affaires étrangères, M. le baron d’Estournelles, chef de bureau au ministère des affaires étrangères, est nommé commissaire spécial de la section des pays placés sous le protectorat de la France à l’Exposition universelle de 1889, en remplacement de M. Jus-serand, récemment nommé conseiller d’ambassade à Londres.
- M. Blondel, sous-chef de bureau au ministère des affaires étrangères, est nommé commissaire spécial adjoint.
- L'EXPOSITION RETROSPECTIVE DU TRAVAIL
- La commission de l’Exposition rétrospective du travail et des services anthropologiques s’est réunie sous la présidence deM. Jules Simon.
- Une discussion s’est engagée relativement à la rédaction du règlement de l’Exposition qui sera terminé dans quelques jours et présenté à l’approbation de M. Dautresme, ministre du commerce et de l’industrie.
- Les cinq sections se sont ensuite occupées des espaces respectifs que l’administration pourra mettre à leur disposition.
- On se rappelle que cette Exposition doit être placée dans une construction spéciale située dans la grande nef du palais des arts libéraux et dont l’agencement rappellera le pavillon construit dans le vestibule d’entrée en 1878 pour l’exposition particulière du prince de Galles.
- Ce pavillon se composera de deux étages ayant près de 6,000 mètres carrés de surface et sera divisé en cinq compartiments attribués à chacune des cinq sections.
- L’aérostation sera installée au centre de l’Exposition, sous le dôme. C’est là que M. Tissandier produira le ballon qu’il s’occupe d’établir en grandeur réelle, au milieu des réductions de tous les différents ballons construits jusqu’à présent, depuis la rudimentaire montgolfière jusqu’aux modernes ballons dirigeables les plus perfectionnés.
- Là aussi seront représentés des ateliers de diverses époques et de différents métiers avec des mannequins figurant des ouvriers au travail, le tout constituant un véritable musée Grévin rétrospectif.
- M. Faye, membre de l’Institut, a réclamé la construction d’un observatoire en miniature.
- Comme la place est relativement restreinte, on a pensé à consacrer une autre partie de l’Exposition à l’histoire de l’habitation qui consistera dans une rue qu’on pourra appeler la rue de l’anachronisme, car tous les types de maisons y seront reproduits, depuis la hutte primitive jusqu'aux luxueux hôtel moderne, en passant par tous les degrés transitoires.
- Ces maisons seront garnies de mobiliers, d’ateliers, de brasseries, de théâtres anciens. On restituera la maison de Molière, etc.
- La mise à exécution de ce projet qui est à l’étude exigera une notable augmentation de l’emplacement réservé à l’Exposition du travail.
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- LA RECONSTITUTION DE LA RASTILLE
- A L’EXPOSITION DE 1889
- Dans trois mois, — le ier mai 1888, — s’ouvrira par anticipation, au coin des avenues de la Motte-Piquet et Suffren, l’une des annexes de l’Exposition de 1889 destinée, ou nous nous trompons fort, à en devenir l’un des clous.
- Nous voulons parler de la reconstitution de la Bastille et de la rue Saint-Antoine, telles qu’elles étaient en 1789.
- Cette oeuvre intéressante, conçue sur un plan absolument nouveau et due à la collaboration féconde de l’architecte, auteur du projet, M. Coli-bert, et d’un entrepreneur en produits céramiques bien connu par ses travaux et par sa situation financière, M. Perrusson, n’est ni une réduction, ni un plaquage.
- Les dimensions historiques sont absolument respectées, et le trompe-l’œil — si trompe-l’œil il y a — est construit à chaux et à mortier dans des conditions qui peuvent lui assurer au moins vingt ans, de durée.
- En dehors des souvenirs historiques d’une époque qui fut le berceau de la République française, cette ingénieuse reconstitution fait revivre en quelque sorte, dans une forme aussi artistique que, nous ne saurions trop le répéter, scrupuleusement exacte, la civilisation, les us et coutumes, les arts et métiers d’il y a un siècle.
- Et cette ville ne sera pas une nécropole, une sorte de Pompéi sortant de terre dans un des coins de Paris ! La vie réelle l’animera comme dans un rêve magique ; le mouvement y grouillera à foison, installations, ustensiles, costumes, tout sera rigoureusement de l’époque et selon l’ordre auquel appartiendra le visiteur : noblesse, clergé ou tiers-état, il trouvera là-bas des attractions et des distractions à sa portée. S’il y est rasé, ce ne sera jamais en tous cas que dans l’échoppe du perruquier du temps, là-bas sur la place, à côté de l’écrivain public au Tombeau des secrets.
- Et maintenant, vieilles tours rondes aux créneaux altiers, aux fossés pleins d’eau, aux ponts-levis mouvants, faites tonner vos canons d’invalides au-dessus de l’immensité du Champ-de-Mars dont la ruche bourdonnante s’agite à vos pieds ! Le bon peuple de Paris accourra en foule vous contempler, suivi des députations provinciales et des cohortes d’étrangers que va attirer dans ses murs le glorieux centenaire de la date immortelle. Tout le monde voudra voir le « monstre » de l’ancien régime, et bien des têtes féminines s’endormiront le soir en songeant aux malheurs de Latude ou du Masque de fer, dont l’âme tressaillera d’aise, quelque part ou ailleurs, à ce regain de popularité absolument gratuite.
- LA PARTICIPATION ÉTRANGÈRE
- A L’EXPOSITION DE 1889
- (Suite)
- M. Berger, directeur général de l’exploitation de l’Exposition universelle, vient de recevoir la nouvelle que les gouvernements, dont l’adhésion officielle avait été jusqu’ici refusée à notre grand concours international, consentaient à y participer officiellement pour la section des beaux-arts.
- Cette décision n’est point sans précédent.
- En 1878, en effet, l’Allemagne, qui s’était tenue sur la réserve jusqu'à la veille de l’inauguration, finit par se résoudre à réclamer une place dans la section artistique. Une salle y fut aménagée à la hâte, et elle fut remplie en quelques jours par les envois des artistes d’outre-Rhin.
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- Le Mexique prendra une large part à l’Exposition de 1S89. Le gouvernement a chargé son ministre à Paris, M. Ramon Fernandez, de faire la demande d’une étendue de terrain de 3,ooo mètres carrés, afin d’y élever un palais qui devra renfermer les nombreuses antiquités, ainsi que les produits naturels et de l’industrie que le Mexique y exposera.
- ÉCHOS
- ETRANGER
- Voici la nomenclature des principales exposi-fions que verra l’année 1888 :
- Ajoutons de suite que cette énumération est sommaire et constitue un simple renseignement, non point un répertoire infaillible et complet.
- Ceci posé, nous récapitulons et enregistrons par ordre alphabétique :
- Amsterdam : Exposition musicale internationale.
- Barcelone : Exposition internationale; 8 avril.
- Berlin : Exposition de gravure ; février à avril.
- Berlin : Exposition internationale cynégétique et sportique ; mai à juillet.
- Bruxelles : Grand concours international
- Bruxelles : Expositions spéciales de la Société belge des ingénieurs et industriels.
- Bologne : Exposition régionale agricole et industrielle, nationale artistique et internationale musicale; 1er mai.
- Cincinnati : Exposition industrielle de l’Oliio.
- Copenhague. : Exposition Scandinave agricole et industrielle, internationale artistique; du 18 mai au 30 septembre.
- Ferrare : Concours international spécial de machines.
- Gènes : Exposition florale et horticole.
- Glasgow : Exposition internationale des arts, des sciences et de l’industrie ; mai.
- Lima : Exposition minière; 29 juin.
- Lisbonne : Exposition industrielle; mai.
- Londres : Exposition italienne; mai à octobre.
- Londres : Exposition alimentaire ; avril.
- Melbourne : Exposition internationale ; 1er août au 31 janvier 1889.
- Munich : Exposition internationale des beaux-arts; 1er juin à octobre.
- Munich : Exposition nationale d’art industriel ; mai à octobre.
- Munich : Exposition de moteurs et machines pour la petite industrie ; août à octobre.
- Ostende : Exposition internationale d’hygiène et de sauvetage ; 1er juin au 1er octobre.
- Portici : Concours international spécial de machines.
- RIo-de-Janeiro : Exposition industrielle.
- Rome : Exposition de beaux-arts ; 19 février au 15 avril.
- Rome : Exposition générale d’alimentation.
- Téhéran : Exposition industrielle.
- Tashkend : Exposition sibérienne et centrale-asiatique.
- Tunis : Exposition agricole.
- Tunis : Exposition française ; février à avril.
- Vienne : Exposition internationale de beaux-arts ; 1er mars au 31 mai.
- Vienne : Exposition industrielle de la Basse-Autriche.
- Vienne : Exposition de navigation aérienne ; avril.
- Varsovie : Exposition internationale de tissus, matières textiles et machines spéciales.
- Nous avons, depuis une année donné, des renseignements détaillés sur toutes ces expositions. Nos lecteurs n’auront qu’à se reporter à la série des précédents numéros.
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- Allemagne
- La Société d’horticulture Flora, qui, sous le haut patronage de S. M. l’impératrice, est devenue à Cologne la plus importante des associations similaires d’Allemagne, fête cette année le vingt-cinquième anniversaire de sa fondation, et désireuse d’en rehausser l’éclat a décidé d’organiser, à cette occasion, une exposition internationale d’horticulture.
- Cette exhibition qui illustrera les progrès les plus récents, les améliorations nouvelles de l’horticulture s’ouvrira dans le courant d’août : elle comprendra les sections suivantes: jardinage; produits de l’horticulture ; architecture de jardins et ornementation; matériel, outillage, instruments et appareils spéciaux ; littérature spéciale , et apiculture.
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- L’exposition de machines motrices et réceptrices, dont nous avons, à différentes reprises, traité à cette place, sera inaugurée le mercredi 1er août, pour se prolonger jusqu’au lundi 15 octobre.
- Ces dates d’inauguration et de clôture ont été récemment déterminées.
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- La société allemande d’agriculture publie les règlements et programmes de sa deuxième exposition qui aura lieu à Breslau, du 7 au 11 juin.
- Cette exhibition, que nous avons annoncée en novembre dernier, embrassera l’élevage des
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- Quatrième Année. — N° iGt.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 29 Janvier 1S88. — 945-
- races chevaline, ovine, bovine, porcine, l’aviculture, la pisciculture, les produits agricoles, etc.
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- La ville de Dresde met au concours laconstruc tion d’un grand palais spécial d’expositions, sorte de Crystal Palace.
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- Angleterre
- Toujours les expositions artistiques à Londres. A la Fine-A.rt Society's Gallery (148, New Bond-Street), exposition intéressante d’art japonais ; à la galerie Dowdeswells, M. Rodolphe Monticelli, notre compatriote, pré sente une série de ses œuvres ; enfin, à Hanooer Gallery, le paysagiste américain bien connu, M. G Munger, expose des vues de France.
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- Notre confrère londonien Invention donne d’excellentes nouvelles de l’exposition internationale de Glasgow, dont les travaux divers sont menés avec une très grande activité.
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- Il nous est revenu, ees jours derniers, qu’un comité se forme actuellement à Paris pour préparer l’organisation à Londres d’une exposition française.
- Cette exhibition, qui comprendrait les beaux-arts, les sciences, le commerce et l’industrie, serait installée pour trois ou quatre mois, au Royal Aquarium. L’inauguration s’en ferait dans les premiers jours de mai.
- Nous avouons n’avoir pas, pour le moment du moins, de détails plus précis ou même de renseignements pouvant confirmer cette nouvelle.
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- L’exposition italienne de Londres s’annonce décidément comme un succès. Un large mouvement de participation se dessine dans tous les grands centres producteurs de la péninsule apen-nine, encouragé par l’espérance de nouveaux et précieux débouchés, l’attente d’importantes transactions ultérieures.
- Des comités promoteurs se sont formé à Turin, Florence, Milan, Gênes, Naples, Venise et Palerme. Un comité, présidé par l’éminent économiste et homme d’Etat, sénateur Bonghi, centralise à Rome les rapports et communications, les négociations éventuelles des Chambres de commerce et des comités avec le gouvernement.
- A Londres, un comité composé de notabilités anglaises et italiennes fontionne, comme nous l’avons déjà dit, sous la présidence du Cliev. Bonacina, président de la Chambre de com-mei ce italienne.
- Le Conseil des ministres italien a accordé son haut patronage à l’entreprise si éminemment favorable au développement des relations extérieures, industrielles et commerciales du pays. Un vaisseau de l’Etat, transportera gratuitement des ports italiens jusqu’à Londres, les envois faits à l’Exposition.
- Les compagnies de chemins de fer et de transports accorderont, de leur côté, de grandes facilités et des rabais considérables.
- Il convient d’ajouter qu’à Londres, sous l’intelligente et compétente direction de MM. Grand et Whitley, tout est préparé pour assurer le succès final. On sait que l’exposition italienne succède à l’exposition américaine de 1887, que l’idée en est due à M. Whitley, manager de cette première exhibition, et qu’il lui suffira de s’installer, sur les emplacements, dans les galeries et les jardins, où l’année dernière le succès est entré si brillamment. La superficie à occuper 11’est pas moindre de 100,000 mètres carrés, et les installations y sont complètes.
- L’inauguration se fera le mardi 1er mai et jusqu’au jeudi 1er novembre toutes les attractions, les fêtes et les divertissements variés, concourront à attirer les visiteurs.
- Les adhésions sont reçues par les comités, jusqu’au vendredi 10 février prochain.
- Le secrétariat de l’exposition est à West-Brompton, Londres.
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- Australie
- L’exposition internationale de Melbourne recueille toujours des adhésions, dont une officielle. Le télégraphe a enregistré le vote de la Ciiambre des représentants de Washington, autorisant le gouvernement des Etats-Unis à accepter l’invitation de la colonie du Victoria, et accordant un crédit de 50,000 dollars pour les frais de cette participation.
- En Allemagne, le mouvement de participation se dessine aussi très important. Cette puissance figurera à l’exposition pour les arts, la musique,
- les instruments de musique, l’imprimerie, la photographie et son matériel, les mathématiques et la physique, les meubles et l’ameublement, l’habillement, les produits chimiques et pharmaceutiques, les cuirs, la télégraphie, les bières, les liqueurs, etc.
- Les participations britanniques seront, est-il besoin de le dire? très importantes.
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- Afrique du Sud
- Le 15 décembre dernier, a eu lieu à Graham’s-Town, sous la présence du gouverneur sir Hercules Robinson, l’inauguration de l’Exposition jubilaire de l’Afrique du Sud.
- Belgique
- Nous avons précédemment parlé de la grande exposition internationale que prépare la société royale d’horticulture et de botanique de Gand. D’importantes et nombreuses adhésions ont été recueillies, nous dit-on. Des pavillons spéciaux seront affectés aux collections d’orchidées annoncées notamment d’Allemagne et de Hollande.
- Nous avons parlé des prix importants qui seront décernés: ajoutons que la cour, les ministères, l'administration municipaleoffrirontégalementdes récompenses. '
- Une attraction intéressante et toute particulière sera la reconstitution exacte de la première, exposition d’horticulture .organisée à Gand en 1809. Les renseignements . sont si nombreux sur ce point dans les archives municipales que l’on pourr i obtenir une restauration rigoureuse ettrès curieusement « amusante », comme disent les peintres.
- Inauguration le dimanche 15 avril prochain.
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- Brésil
- Notre excellent confrère le Moniteur industriel parle d’une exposition sucrière et viticole brésilienne qui aurait lieu l’année prochaine à Rio-de-Janeiro.
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- Danemark
- C’est définitivement le vendredi 18 mai que sera inaugurée à Copenhague, pour clôturer le vendredi 30 septembre, l’exposition Scandinave de l’industrie, de l’agriculture et des Beaux-Arts, dont nous avons, à diverses reprises, entretenu nos lecteurs. Nous avons dit précédemment que la section des arts décoratifs y est internationale.
- L’exposition Scandinave consacrée aux productions du Danemark, de Suède et de la Norvège rappellera le centième anniversaire de l’émancipation des serfs de la Glèbe, et le vingt-cinquième anniversaire de l’avènement au trône de S. M. le roi Christian IX.
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- Espagne
- On donne de bonnes nouvelles de l’exposition de Barcelone, des travaux d’installation et de répartition des emplacements. A Hambourg, un comité de participation vient de se constituer pour l’Allemagne.
- Pour la France, les communications seront adressées désormais à Paris à M. Charles Prevet, député, commissaire général, aux bureaux du commissariat, palais de l’Industrie (porte n° 1).
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- Etats-Unis
- On nous signale une exposition américaine de portraits actuellement visible dans les Galeries de la Pennsylvania Academy of Art à Philadelphie.
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- Italie
- Jeudi prochain 2 février ouvrira à Rome l’exposition industrielle italienne de produits alimentaires, dont nous avons traité dans nos précédents numéros.
- Clôture le dimanche 19 février.
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- Notre excellent confrère le Bollettino delle Finance Ferrovie e Industrie annonce pour jeudi également l’ouverture de l’exposition annuelle de vins italiens à l’amphithéâtre Umberto.
- Notre même confrère annonce que le Comice agraire de Rome adresse aux éleveurs italiens et étrangers le programme et le règlement d’une exposition d’animaux de basse-cour et de colombier, chiens de chasse et animaux de réserve de chasse.
- Cette exposition se fera du lundi 16 au mercredi 30 avril. Des récompenses seront offerte par le ministère de l’agriculture et le Comice agraire.
- Pays-Bas
- Notre confrère le Journal des Arts donne le règlement complet de l’exposition triennale organisée en 1888 pour l’Académie des Beaux-Arts de Rotterdam.
- L’exhibition, internationale, se fera, comme les précédentes fois, dans les salons de l’Académie Coolvcst, à Rotterdam, du dimanche 27 mai au dimanche 8 juillet.
- Envois : du lundi 30 avril au samedi 12 mai.
- Ubique.
- LA BELGIQUE A L’EXPOSITION
- DE 1889
- L’Association libérale flamande d’Anvers vient d’adresser aux deux Chambres du Parlement belge une pétition demandant que la Belgique participe officiellement à l’Exposition universelle de 1889 à Paris.
- Dans cette pétition, après avoir démontré l’intérêt industriel, commercial et artistique qu’a la Belgique d’être représentée officiellement à l’Exposition, l’Association libérale flamande s’exprime comme suit sur la signification politique de cette adhésion :
- Nous n’hésitons pas à déclarer que la cause initiale de notre requête est d’un ordre plus élevé.
- En effet, l’événement qu’il s’agit de célébrer a été et n’est pas seulement de la plus haute importance pour la France seule, il a eu une influence profonde sur la vie civile et politique de tous les pays civilisés.
- C’était la renaissance ou plutôt l'apparition de l’Etat moderne, de l’homme et du citoyen d’une ère nouvelle.
- Nous savons très bien que 1789 ne s’est pas produit sans secousses violentes, sans faits pénibles et a été suivi d’événements terribles et sanglants dont nous, Flamands, nous avons été les premiers à souffrir et non le moins. Nous n’avons pas à les examiner, et, pas plus que les événements semblables de notre propre histoire, à les juger ici.
- Mais nous sentons d’autant mieux l’obligation de témoigner combien nous sommes pénétrés de la vérité qu’un mal passager nous a conduits vers une ère de bonheur durable, combien nous savons apprécier la source de notre état social et ,politique actuel et combien nous désirons prendre part à sa glorification.
- Nous voulons remémorer 1789, parce que nous, Flamands, nous pouvons aussi revendiquer comme nôtres les principes proclamés alors; — nos ancêtres n’avaient-ils pas, plusieurs siècles avant cette époque, inscrit dans leurs Keuren et Privilèges les germes des libertés sociales et des droits de l’homme ?
- Comme Flamands, nous désirons prendre notre part aux fêtes en l’honneur de 1789 pour donner un témoignage des sentiments intimes qui nous animent : à côté de l’amour ardent de la patrie et de l’attachement profond à notre langue, il n’y a dans notre cœur pas de place pour la haine de l’étranger.
- Comme citoyens libéraux d’un pays libre, nous voulons écarter tous les sentiments mesquins et célébrer avec les peuples du monde entier un fait glorieux.
- Nous vous demandons en conséquence, messieurs, de décider que la Belgique participera à l’Exposition universelle de 1889. Vous contribuerez par là à augmenter la prospérité et la gloire du pays et vous donnerez un témoignage du vœu général : vivre en bons voisins avec un pays ami.
- La Réforme., de Bruxelles, dit, à propos de cette pétition de l’Association libérale flamande :
- Voilà qui est bien parlé. Nous espérons que l’exemple de l’Association sera suivi et que de partout l’on pétitionnera de telle façon que nos gouvernants ne pourront persister dans leur attitude équivoque, hostile à une nation amie et aux institutions que la Belgique s’est librement données, et nuisible à nos intérêts économiques et politiques. Il faut que l’opinion publique se prononce et force le gouvernement à se faire représenter officiellement à l’Exposition de Paris.
- Quant à faire représenter au centenaire de la Révolution le pays qui a le premier adhéré aux principes qu’elle proclamait dans le monde, on peut compter que l’opinion publique saura y pourvoir. Ceci est affaire aux peuples et non plus aux gouvernements.
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- 946. — Quatrième Année. — N° 161. LE MONITEURjDE L’EXPOSITION DE :88q.
- Dimanche 29 Janvier 1888.
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE BARCELONE
- EN 1888
- Une réunion générale de la Corrmission d’initiative pour la participation des artistes, industriels et commerçants français à l’Exposition universelle de Barcelone, s’est réunie au Palais de l’Industrie, le samedi 21 janvier, sous la présidence de M. Charles Prével, commissaire général.
- Diverses questions spéciales intéressant les exposants ont été traitées. Un grand nombre d’adhésions sont déjà parvenues et il résulte des déclarations fournies par les membres de la Commission que le succès de la participation française est dès à présent largement assuré.
- Les services du commissariat général sont installés Palais de l’industrie (porte n° 1).
- Les intéressés y trouveront tous les renseignements désirables et devront y adresser leurs déclarations d’admission.
- Les industriels et commerçants français qui désirent participer à l’exposition universelle de Barcelone sont priés d’adresser leur demande d’admission au commissariat général, Palais de l’Industrie (porte n° I), à Paris, avant le 28 février.
- Aucun exposant ne pourra être admis, à Barcelone, si l’emplacement qu’il doit occuper n’a été préalablement déterminé par les services du commissariat général.
- Aucun agent ou représentant français ou étranger n’est spécialement accrédité auprès de l’administration de l’exposition.
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- L’EXPOSITION DE COPENHAGUE
- Une exposition internationale aura lieu cette année à Copenhague. Cette exposition qui s’ouvrira le ier mai est destinée à célébrer le centenaire de l'affranchissement des paysans qui a eu lieu en 1788 dans les Etats Scandinaves à la suite du mou vement provoqué par les encyclopédistes. Elle coïncide avec la cinquantième année de la fondation de la « Société pour la protection du travail et de l’industrie. »
- L’exposition de Copenhague est organisée par la Société pour la protection du travail et de l’industrie avec une subvention de l’Etat danois, une subvention de la municipalité de Copenhague et un fonds de garantie.
- La Russie et l’Angleterre y prendront une large part, et, à défaut du concours officiel, l’exposition de Copenhague compte sur l’initiative privée en France pour obtenir l’adhésion des exposants français. Le comité danois prend tous les frais à sa charge à l’exception des frais de transport de Paris au Havre et des dépenses des installations particulières dans le palais de l’Exposition.
- Une réunion des exposants français appelés à se syndiquer aura lieu la| semaine prochaine au n° 3 de la place de Vosges sur la convocation de l’Union centrale des Arts décoratifs, qui a accepté de centraliser les adhésions.
- En outre, un citoyen danois, M. Jacobson, qui vient de faire don au gouvernement de son pays de plusieurs millions pour la construction d’un musée à Copenhague, fait construire à ses frais, près du palais de l’Exposition, un palais des beaux-arts. M. Jacobson prend à sa charge tous les frais d’emballage, de transport, d’assurances et d’installation pour les œuvres des artistes français et il a proposé de constituer à Paris un comité qui réunirait les œuvres qui seront envoyées à Copenhague.
- Nous ferons connaître prochainement la composition de ce comité et la date à laquelle devrontêtre faits les envois.
- CONCOURS GÉNÉRAL AGRICOLE
- DE 1888
- Les installations des concours généraux de l’agriculture qui auront lieu du 28 janvier au 8 février au Palais de l’Industrie et au Cours-la-Reine (Champs-Elysées) se poursuivent avec une très grande activité, sous l’habile direction de M. Menault, inspecteur général de l’agriculture et commissaire général.
- Au centre de la grande nef on dessine un jardin à la française entouré de gazon où seront exposés les objets d’art attribués aux lauréats des divers concours.
- Comme sujets décoratifs,deux taureaux de grandeur naturelle, d’après Bonheur, seront exposés, à droite et à gauche de ce parterre, par l’usine du Val d’Osne.
- Quatre kiosques seront affectés au débit du lait provenant des vaches laitières exposées et de fruits exotiques et de raisins conservés frais.
- Au premier étage, le grand salon d’honneur est disposé pour une exposition spéciale de fleurs et produits agricoles.
- Les salles de gauche du palais sont consacrées aux expositions des divers appareils destinés à l’élevage et à l’engraissement des volailles, et aux produits du lait, fromages et beurres.
- Les salles de droite sont affectées à l’exposition de plantes céréales, graines, légumes divers et produits agricoles ; des miels, cires, huiles, fruits secs et exotiques, ainsi que des produits des colonies et des protectorats.
- La grande salle du pavillon nord-est est transformée en serre chauffée destinée à recevoir les plantes d’ornement et les fleurs de serre, les ananas, raisins et fraises en pot, ainsi que les fleurs coupées provenant des régions du Midi de la France.
- L’aile droite du Palais est réservée à diverses expositions de fleurs et produits agricoles de fruits et légumes frais. Deux salles sont réservées aux produits de l’Algérie.
- Au pourtour de la grande nef seront exposés les coqs, poules, pintades, pigeons el lapins.
- Le nombre des animaux exposés pour le premier concours se répartit ainsi :
- Taureaux . . Soi
- Vaches laitières . . . 184
- Bandes de vaches . . * • 44
- Têtes . . . 529
- Béliers . . 102
- Verrats .* . . 23
- Coqs et poules. . . 624
- Pigeons . . 345
- Les^machines et instruments agricoles exposés au cours la Reine représentent 7,000 appareils divers.
- Le pavillon de la Ville de Paris est spécialement affecté à l’exposition des instruments et appareils qui ne peuvent être exposés en plein air sans inconvénients.
- Ces diverses installations en cours d’exécution permettent d’affirmer que le concours agricole de 1888 présentera un très puissant intérêt par son intelligente organisation et la variété des produits représentés.
- CONCOURS
- Pour la Construction du Pavillon de la République Argentine à l’Exposition de 188g
- Un concours est ouvert pour un projet de construction devant recevoir l’Exposition de la République Argentine, à Paris, en 1889.
- PROGRAMME
- i° D’après le plan dressé par le Commissariat général, l’emplacement réservé à la République Argentine est situé dans le parc du Champ-de-Mars, en bordure du quai.
- Cet emplacement, de forme rectangulaire, est isolé et mesure 70 mètres en largeur et 3o mètres en profondeur maximum, soit une superficie de 1,600 mètres carrés qui devra être porté à 3,000 mètres carrés environ par la construction d’un étage ; mais dans ces mesures extrêmes de 70 m. X 3o m. les concurrents auront faculté de modifier la silhouetté extérieure du plan, sans toutefois dépasser la surface maximum de 1,600 m.
- 20 Les dépenses totales de construction proprement dite ne devront pas dépasser la somme de 25o,ooo francs (fondations non comprises).
- Celles relatives à la décoration intérieure, comprenant les vélums, tentures, écussons, drapeaux, statues, peintures décoratives, etc., ne devront pas dépasser la somme de 5o,ooo francs ;
- Soit ensemble une somme de trois cent mille francs (3oo,000 francs).
- 3° Le Pavillon doit être entièrement construit en fer. — Les façades seront en briques et ornées de faïences ; la toiture en zinc et vitrages. — La façade principale devra être du côté du Champ-de-Mars.
- Après la clôture de l’Exposition, le Pavillon sera démonté puis transporté et réédifié à Buenos-Ayres.
- La République Argentine étant un pays neuf, ses villes, ses monuments n’ont pas encore de style architectural particulier. Les concurrents seront donc libres de donner à leur composition le caractère qu’ils croiront devoir convenir à un édifice destiné : à Paris, à l’Exposition des divers produits de la République Argentine ; à Buenos-Ayres, à différentes Expositions d’utilité générale.
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- CAHIER DES CHARGES
- i° Les projets devront comprendre : (a) plans, coupes, élévations, vues, perspectives, détails des fermes et des planchers, et généralement tous les
- documents graphiques nécessaires ; —(b) le cahier des charges à imposer aux entrepreneurs; (c) les devis détaillés des frais de construction et d’aménagement de tout le local.
- 20 Les devis devrontêtre établis suivant la dernière série de prix de la Ville de Paris.
- 3° Il sera réservé, pour imprévus et pour chaque catégorie d’articles, une somme de 10 0/0 en dehors de la somme de 3oo,ooo francs ci-dessus fixée (soit 3o,ooo francs).
- 40 II ne sera pas tenu compte des projets qui ne fourniraient pas tous les détails ci-dessus énoncés.
- 5° Une prime de 4.000 est allouée au projet classé le premier.
- Une prime de i.5oo fr. est allouée au projet classé le second.
- _ 6° Le Jury sera composé de la Commission instituée à Paris, en vue de la participation de la République Argentine à l’Exposition de 1889, et de trois architectes désignés par la Société centrale des architectes.
- 70 Le projet classé le premier sera adopté pour l’exécution, mais la Commission se réserve le droit d’y apporter telles modifications qu’elle jugera nécessaires.
- La Commission devient propriétaire du projet.
- 8° La direction des travaux sera confiée soit à l’auteur, soit à toute autre personne, au choix de la Commission. — Les honoraires sont fixés à 5 0/0 du total des travaux et ne seront calculés que sur le montant des devis acceptés par la Commission.
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- RÈGLEMENT DU CONCOURS
- i° Le concours sera clos le i5 avril 1888, à 5 h. du soir.
- 20 Le jugement sera rendu le 20 avril 1888 et aussitôt notifié aux intéressés.
- 3° Les projets doivent être anonymes. — Le nom et l’adresse du concurrent devront être contenus dans une enveloppe cachetée qu’ils adresseront à M. E. Cambacérès, président de la Commission Argentine, à Paris, 85, rue Taitbôut, — et qui portera une devise. — Cette devise sera répétée sur le projet.
- 40 Tous les dessins seront à une échelle uniforme de 1 centimètre par mètre, sauf les détails qui seront à l’échelle de 5 centimètres par mètre.
- 5° Les projets non primés devront être réclamés par leurs auteurs à partir du 21 avril, au siège de la Commission, 85, rue Taitbôut, à Paris.
- 6° Les présents programme, cahier des charges” et règlement seront déposés : Au siège de la Commission Argentine, 85, rue Taitbôut, où de plus amples renseignements seront fournis aux intéressés (de 4 h. à 6 h.)
- Le Président de la Commission Argentine, E. Cambacérès.-
- SCIENCES & INDUSTRIE
- NOUVEAU THERMOMÈTRE ROTATIF
- Les physiciens se sont, de tout temps, préoccupés de trouver des moyens de contrôle pour la température, Ce problème du thermomètre a fixé l’attention des plus illustres et sans parler des belles recherches de Gay-Lussac sur la question, recherches qui furent le point de départ de tous les perfectionnements apportés au thermomètre, contentons-nous de signaler une invention récente, basée sur un principe absolumentnouveau.
- Jusqu’ici l’indication des températures a toujours été fournie par l’ascension ou le retrait d’un liquide contenu dans le tube thermométrique ; de là l’obligation de donner à ce tube des dimensions qui le rendent peu pratique pour les usages journaliers. Si, en effet, au lieu de prendre la graduation centigrade, on désire avoir des fractions de degrés, la construction de l’appareil devient très minutieuse et l’exiguité du tube capillaire, qu’on ne peut obtenir par des moyens absolument mécaniques, devient une cause d’erreur par les grandes irrégularités qu’elle entraîne.
- Notons en passant la difficulté de lire des dixièmes de degrés et nous comprendrons que le problème de la construction du thermomètre est loin d’atteindre dans sa solution toute la rigueur scientifique désirable.
- Basant ses expériences sur un principe absolument nouveau, sur un point de départ original, M. Rabinovitch a inventé l’appareil dont voici la description sommaire : un tube cylindrique en verre, d’un diamètre un peu fort, est terminé à l’une de ses extrémités par un tube capillaire coudé de façon à former un cercle.
- Ce>cylindre, rempli d’un liquide dilatable ou d’un gaz, est situé sur le diamètre du tube circulaire qui lui-même est rempli d’une certaine quantité de mercure. La partie cylindrique du tube oscille entre deux pointes situées au centre mathé-
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- matique de la circonférence que forme l’anneau tubulaire. L'appareil fonctionne de la manière suivante :
- Le liquide contenu dans le cylindre, venant à se dilater, chasse devant lui la colonne de mercure, qui, par un poids, occupe la partie la plus déclive de l’appareil, et en déplace ainsi le centre de gravité. Le tube oscillant parcourt un limbe gradué, entraînant dans sa course deux aiguilles fixées à l’axe. L’une indique les degrés de droite, l’autre, ceux de gauche. Ces aiguilles, parfaitement asta-tiques, conservent la position que leur donne le mouvement de l’appareil et deviennent par conséquent des index précieux de maximaet &eminima.
- L’inventeur a de plus adopté un dispositif qui permet de faire passer des courants électriques chargés d'activer une sonnerie indicatrice.
- A cet effet, un petit curseur mobile peut être fixé sur les différents points du limbe gradué, où il est rencontré par l’extrémité indicatrice du tube qui ferme le circuit.
- Le cylindre oscillant est muni à sa partie inférieure d’une armature qui porte un crayon. Celui-ci, suivant les mouvements du tube, vient tracer une courbe sur un papier mû, de bas en haut, par un mouvement d’horlogerie. Dans cette courbe les abscisses marquent les températures, et les ordonnées le temps.
- Les degrés croissent sur la circonférence graduée en raison directe de la longueur du rayon et proportionnellement à l’ouverture de l’angle formé par deux rayons.
- On voit par cette brève description combien est ingénieusement pensé et construit cet appareil thermométrique dont la nature a donné des figures.
- Il est, de plus, et c’est là son grand mérite, basé sur un principe absolument nouveau, nous le répétons encore.
- Jusqu’ici, dans les instruments de formes connues, l’indication des températures était due à la dilatation, l’augmentation de volume d’un liquide renfermé dans un tube gradué. Or ce tube était rarement d’une exactitude rigoureuse, jamais parfaitement égal en diamètre malgré toute la minutie, tous les progrès de la fabrication; difficilement subdivisable ; toutes conditions qui cependant eussent été véritablement indispensables pour un instrument scientifique.
- Dans l'appareil de M, Rabinovitch les indications de température sont dues au déplacement du centre de gravité amené par les mouvements du liquide. Les variations sont rigoureusement notées, puisqu’elles ne dépendent plus d’un récipient irrégulier, et rigoureusement conformes à la vérité puisqu’elles se lisent sur une surface mathématiquement divisée. Si faibles qu’elles soient, elles peuvent se lire facilement, leur amplification par l’accroissement de l’angle les rendant appréciables.
- Pour toutes ces raisons et pour tous ses avantages, il faut donc reconnaître au nouveau thermomètre les qualités d’ingéniosité, en même temps que de rigoureuse précision qui caractérisent les inventions heureuses, les instruments scientifiques viables, à qui leur valeur garantit le succès. Ici la nouveauté féconde du principe égale la qualité des résultats.
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- Varia
- Un fait curieux s’est passé, ces jours derniers, chez M. Massue, fabricant de peignes en ivoires, 34, rue des Gravilliers, à Paris. Il se débite, dans cette maison, de grandes quantités d’ivoire.
- Dernièrement un ouvrier était occupé à diviser une défense au moyen de la scie circulaire quand un bruit particulier, un grincement métallique vient tout à coup attirer son attention.
- Il arrête la marche de l’appareil et à son grand étonnement aperçoit dans la section une balle en plomb sphérique, une balle d’arme à feu, d’un modèle très primitif, et si intimement liée au tissu qu'elle fait corps avec lui.
- Cette balle, enfermée dans la masse éburnée,ne pouvait y avoir été logée par un coup direct. Sa position était donc le résultat d’un phénomène très curieux que nous avons analysé et dont voici, croyons-nous, l’explication :
- Un coup de feu a atteint l’animal dans la région maxillaire et le projectile se sera logé dans la pulpe molle, située à la racine de la défense, pulpe qui, on le sait, sécrète l’ivoire de la même façon que le bulbe pileux sécrète un cheveu.
- Peu à peu, la balle franchissant, avec le déplacement progressif de la matière pulpeuse et la croissance de la défense, la zone sécrétante, a fait corps avec du tissu de nouvelle formation, mais durci, et, avec le développement successif de la défense est arrivée à occuper une position centrale.
- Ce fait n’est pas isolé. Le même industriel possède trois spécimens de balles trouvées, dans les mêmes conditions, dans des défenses d’éléphants qui peuvent avoir près de deux siècles'de date. Il a trouvé même un dard de flèche enkysté, de 8 à 10 centimètres de longueur. Ces quelques faits semblent infirmer une opinion des physiologistes
- qui prétendent que tout tissu, soit osseux, soit éburné, rejette de son sein les matières étrangères ou, s’il ne les rejette pas, permet leur enkystement. Ces kystes conservent aux corps et, tout en les retenant d’une façon définitive, une certaine mobilité avec une indépendance absolue des tissus environnants. Le corps étranger est alors emprisonné et isolément mobile.
- Tel n’a pas été le cas d’une balle qui a pu rester dans la masse centrale d’une défense et s’identifier avec elle; qui, par conséquent, a dû être tirée sur un animal jeune, s’est éloignée ensuite de la lésion primitive, a suivi la défense dans son développement et a été enfin emprisonnée par une masse qui, peu à peu, s’est durcie.
- On peut donc supposer, et c’est pour la singularité du fait que nous en parlons au lecteur, qu’il se serait écoulé au moins un siècle, peut-être même un siècle et demi, entre l’introduction du projectile et sa situation actuelle.
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- Erratum. — Notre dernier article sur la pyrogravure renferme quelques fautes d’impression regrettables, mais qui, cependant, n’ont pas altéré le sens général assez profondément pour que nos lecteurs ne pussent le rétablir aisément. Il est cependant une de ces erreurs que nous ne pouvons et ne devons pas laisser sans rectification : les typographes nous ont fait appeler l’auteur de la pyrogravure, M. Manuel Pierrier; c’est Manuel Perrier qu’il faut lire.
- Cette rectification était indipensable ; la voilà
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- LES LIVRES
- CXLI
- Pierre et Jean, par Guy de Maupassant. Dix-huitième édition, Paris, Paul Ollendorff, éditeur.
- Le lecteur qui veut bien nous suivre dans ces modestes compte-rendus, dont l’unique objet est de le renseigner exactement et dont l’unique mérite est dans leur sincérité, connaît l’estime que nous professons pour Le talent de M. de Maupassant, pour sa veine franche d’observation, son naturel et son charme de conteur. Nous ne laissons donc guère passer sans le lire aucun ouvrage nouveau d’un écrivain qui a d’ailleurs l’amour de son art, le respect de son métier, et ne gaspille pas, comme d’autres,en uneproductiondémesurée, en une fécondité stérile les qualités dont il est si heureusement doué.
- Son œuvre nouvelle est précédée d’une Préfacé qui n’a ptis les allures d’un manifeste d’école, et ne semble avoir eu d’autre but que de permettre au jeune auteur, qui est pourtant un enfant gâté du succès, d’épancher sa bile contre quelques critiques dont la contradiction l’importune. Les heureux de l’esprit, les riches de la célébrité sont des hommes comme les autres. Ils sont même plus hommes que les autres, d’une sensibilité plus affinée, d’une susceptibilité plus délicate. Des roses de leur triomphe ils ne sentent que les épines. Voici par exemple un bourdonnement de mouche qui agace, qui énerve notre auteur. Et il prend pour tuer la mouche le pavé d’une Préface. Etait-il besoin d’un si lourd morceau pour nous dire, car c’est là toute la théorie, .toute la philosophie du romancier sur le roman, que le roman est un genre libre, indépendant des moules, des formes, des formules, que les, critiques qui prétendent l’astreindre à des règles immuables, au joug.d’une sorte de grammaire sont des pédants et des cuistres, qu’on peut faire un roman à son gré, y mettre tout ce que l’on veut à l’unique condition de n’être pas ennuyeux et de faire si l’on peut un chef-d’œuvre ?
- M. de Maupassant a raison. Ce qui fait la force, le charme, l’influence du roman, influence qui suffit à faire de l’auteur d’un roman à succès, un personnage d’une notoriété européenne, influence dont les femmes et les jeunes gens sont les propagateurs passionnés, influence à laquelle n’échappent point les rois, les potentats, les papes mêmes, puisque tous les rois lisent des romans, et meme que quelques-uns eiwfont, que l’empereur Cuil7 laume ne hait point les romans, que M. de Bismarck s’en régale et que s’ils ont un faible pour Gaboriau, le pape Grégoire XVI raffolle de Paul de Kock ; ce qui fait, disons-nous, la force, l’influence, le charme du roman, c’est précisément cette indépendance de toute, règle cette variété de formes qui lui permettent de choisir celle qui convient le mieux au sujet et au moment. C’est ainsi que se ressemblent par leur succès tout en différant singulièrement par leurs formes les romans célèbres tels que Paméla, Clarisse Harlowe, Tristram Shandtj, le vicaire de Wackefield, Paul et Virginie, Emile, la Nouvelle Héloïse, Werther, René, Asala, Adolphe, Ivanhoë, le Rouge et le Noir, Notre-Dame-de-Paris, Colomba, Madame Bovary, la Case de l'oncle Tom, Nicolas Nickleby.
- Il est incontestable qu’il y a là autant d’œuvres et de chefs-d’œuvre, autant déformés, d’espèces différentes d'un même genre: le genre roman dont M. de Maupassant a raison de revendiquer l’entière liberté, au point de vue de la forme, du sujet, du procédé, de la théorie et de la pratique d’art. M. de Maupassant appartient à l’école naturaliste, ou réaliste, c’est-à-dire à celle qui s’est, donné pour mission de peindre les sentiments, les passions avec vérité. Or la vérité, comme la vie, a cela de particulier qu’elle est triste souvent et encore plus souvent, très simple, sans rien d’extraordinaire, d'exceptionnel, de compliqué. La vie étudiée d’après nature ne donne pas toujours de grands événements, ne fournit pas toujours matière à tendre cette grande ficelle qu'on appelle: l’Intrigue. C'est par de petits faits, c’est par de petits fils qu’est machinée l’action obscure, modeste de beaucoup de vies qui peuvent n’en être pas moins intéressantes, à certains moments, pour l’observateur et le moraliste, et peuvent fournir sujet à un tableau, matière à une œuvre d’art. Beaucoup de vies aussi avortent et perdent dans leur fleur flétrie par la gelée le fruit attendu. Beaucoup de vies, en un mot, n’arriventpas à leur but, se traînent dans une action sans dénouement. M. de Maupassant proclame donc le droit de l'auteur que Marivaux avait proclamé et exercé avant lui, de ne pas finir son roman, de ne pas lui donner de dénouement.
- En matière de littérature et d’art, les théories ne signifient pas grand’chose. Il n’y a que la pratique qui importe. A quoi sert en effet une belle théorie, si elle accouche d’une œuvre sans valeur et sans grâce, d’un avorton ? C’est pourquoi M. de Maupassant aurait bien pu s’éviter la peine inutile et le luxe superflu d’une Préface qui ne dit rien de bien neuf, puisqu’elle se résume dans le droit revendiqué pour le romancier, de faire son roman comme il l’entendra, à la seule condition qu’il profite de cette liberté pour nous donner une œuvre d’art intéressante, contenant une heure d’émotion pour notre cœur et de plaisir pour notre esprit, et s’il se peut, de satisfaction pour notre conscience. Mais il n’est pas plus indispensable, nous en convenons, pour un roman d’offrir une leçon morale que d’avoir un dénouement. Ce sont là deux préjugés, deux superstitions que M. de Maupassant a bien fait de battre en brèche.
- « Intéressez-moi, dit en effet le lecteur au romancier. Faites-moi rire ou pleurer par l’image non de ma vie mais de la vie des autres, qui pourrait devenir la mienne. Je vous fais grâce du reste. »
- Eh bien ! se demandera-t-il, nous demandera-t-il à nous critique : « Qu’est-ce que le roman de Pierre et Jean ? Que vaut-il? Que tient-il des promesses que fait toujours un auteur quand il critique ? Est-il intéressant? Est-il gai? Est-il vrai ? Dans quel milieu se passe-t-il ? Quel est son dénouement ?
- Nous répondrons rapidement à ces questions.
- Le roman de Pierre et Jean a une grande valeur littéraire et morale, non dans le sens vulgaire qui veut dire vertueux, mais dans le sens philosophique et artistique qui signifie qu’il y a là des problèmes de conscience subtilement résolus, et des leçons plus ou moins amères, plus ou moins ironiques, plus ou moins saines qui résultent de ces solutions.
- Le cadre c’est le Havre et la mer ; le milieu, c’est une famille de petits bourgeois, bijoutiers de Paris non enrichis, mais arrivés à l’aisance, composé des parents, M. et Mme Roland, et des enfants, Pierre et Jean, tous deux parvenus, grâceaux sacrifices de leurs parents, à une carrière libérale, ce qui ne veut pas dire une position sociale ; l’un médecin encore sans malades ; l’autre, avocat encore sans clients.
- Le sujet c’est la tempête causée dans ce verre d’eau, les orages de drame intérieur pas même domestique, caria vérité n’éclatera pas, le funeste secret ne sera pas dévoilé et M. Roland se croira toujours aussi heureux père de Jean qu’heureux mari de sa mère ; le sujet, disons-nous, c’est la tempête de jalousie, l’orage de rancunes et de représailles que détermine la nouvelle d’un héritage inattendu de 20,000 livres de rente qui tombe sur Jean, en vertu du testament d’un M. Léon Maréchal, un ami du mari, plus encore ami de la femme, puisqu’il est le père réel de Jean dont M. Roland n’est que le père putatif et légal.
- Comme il n’y a jamais eu d'esclandre dans^ ce partage ignoré, comme M. Roland ne s’est même jamais soupçonné un rival et un collaborateur, nous pourrions nous demander comment, en vertu de quels signes physiologiques on peut déduire du fait que Mme Roland a été la maîtresse de M. Maréchal, la preuve que Jean est son fils ? quand il y a collaboration et à ce point d’intimité, on peut se demander en effet quelle est dans l'œuvré, surtout si cette œuvre est un fils, la part de chaque auteur.
- Mais ce nuage dissipé, ce doute écarté, nous dirons que jamais n’a été disséqué d’une main plus subtile, ce sentiment d’envie, de jalousie féroce qui porte Pierre à procéder à une enquête mystérieuse, à se vouer à cette œuvre vengeresse de la recherche de la paternité, que jamais n’ont été analysés avec plus de finesse, de délicatesse et
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- peints avec plus d’intensité ces sentiments expiatoires de la mère coupable et du fils pardonnant.
- Comment finit le roman, où l’auteur a déployé des qualités d’émotion, de tendresse, de générosité que nous ne soupçonnions pas à son talent vif et clair, mais un peu ironique et sec ? Il finit sans finir, par l’exil volontaire de Pierre, le pardon de Jean, leur silence sur l’aveu que Roland ignorera toujours, continuant comme par le passé à fumer sa pipe, à se promener sur la Perle et à considérer comme la plus vertueuse des femmes l’épouse qui tous les soirs se couche dans le lit conjugal, à ses côtés, et dont il a eu les deux fils, Pierre et Jean, qu’il se croit tenu à aimer également.
- Conclusion : un livre remarquable, qui vaut la peine d’être lu, vrai comme la vie, triste comme la vérité.
- M. de Lescure.
- LES THEATRES
- Théâtre des Bouffes-Parisiens. — Mam'^elle
- Crénom,opéra-comique en 3 actes de MM. Jaime
- et Duval, musique de M. Léon Vasseur.
- MM. Jaime et' Duval viennent d’obtenir un franc succès. Le théâtre des Bouffes est décidément désenguignonné. Ce sera pour longtemps. Souhaitons-lui que ce soit pour toujours.
- De fines intrigues de pensionnat, de fraîches histoires scolaires ont ramené chez Mme Ugalde les vieux messieurs et le franc succès.
- C’est au milieu des incidents les plus burlesques et les plus gais que la jeune Henriette Vincent, une luronne fille de soldat, à qui l’habitude des jurons militaires a fait donner le nom de Mam’zelle Crénom, est mise à la porte de son lycée et ramenée chez son oncle, le terrible capitaine Vincent, R:imollot parfait.
- Elle y trouve son inséparable de la pension, Mlle Sophie Hotard, douce, mélancolique, éprise d’un beau lieutenant rêveur, et condamnée à épouser un joyeux compère, M. Serpin, dont la gaîté la rendra bien malheureuse. Mam’zelle Crénom, en héroïne accomplie des vieux vaudevilles, rend le mariage impossible, elle compromet effroyablement le petit Serpin, se compromet elle-même avec lui, se fait surprendre dans sa chambre, l’affiche comme son amant, le tout dans une grande innocence et le seul désir de sauver son amie. L’union projetée est forcément rompue. Sophie épouse son lieutenant poétique, et Serpin, très épris de cette mam’zelle Crénom, qui lui a fait tant de mauvaises farces, est fort heureux de la prendre pour femme, effaçant ainsi des torts qu’il n’a jamais eu. Tout cela ne va pas sans des péripéties multiples et presque toutes drolatiques, et sans le tableau final d’un « pensionnat régénérateur pour jeunes personnes désabusées », où mam’zelle Crénom avait été conduite pour faire pénitence. Dans cette maison modèle, chaque pensionnaire des Bouffes s’adonne à des occupations convenant à son tempérament et se livre à des jeux séant à ses aptitudes. Tout le monde m’y a paru au courant des plus hautes études.
- Mlle Grisier-Montbazon est la plus crâne et la plus gentille Crénom qui se puisse imaginer, nous lui envoyons mille millions de bravos. Cooper, comique charmant ; Montrouge, extraordinaire vieux capitaine ; Scipion, qui a toujours son physique enchanteur, et Piccaiuga, toujours pourvu de sa charmante voix, la très drôle Mme Macé-Montrouge et la très jolie Mlle Gilberte ont interprété avec belle gaieté et vrai talent ce joyeux vaudeville.
- Pourquoi diable les chroniqueurs, nos confrères, oublient-ils cette fois de faire l’éloge de Mme Desgenets, ce charmant petit diable-femme si plein d’entrain, de finesse et de franche gaieté ?
- La musique de M. Léon Vasseur brochant sur le tout et vous rappelant la Timbale d'argent, on passe là une fort agréable soirée.
- Il y a si longtemps qu’on espérait cela des Bouffes !
- Voici l’ordre dans lequel seront joués les ouvrages que M. Paravey, le nouveau directeur de l’Opéra-Comique, vient de recevoir et de commander :
- Carmosine, trois actes, d’après la comédie d’Alfred de Musset, poème de M. Ch. Monselet, musique de M. Poise ;
- Madame Turlupin, deux actes, de M. Guiraud, qui furent donnés jadis à l’Athénée ;
- Le Roi d’Ys, grand opéra en trois actes, poème de M. Edouard Blau, musique de M. Lalo.
- Ces trois ouvrages seront représentés dans le cours de cette saison. Pour la saison prochaine, M. Paravey montera :
- Ruy-Blas, grand opéra en cinq actes, d’après le drame de Victor Hugo, poème de MM. Armand Silvestre et Léonce Détroyat, musique de M. Benjamin Godard.
- Beaucoup de bruit pour rien, quatre actes, d’après la pièce de Shakespeare, musique de M. Paul
- Puget, prix de Rome de 1873, auteur d’un ouvrage en un acte, le Signal, représenté il y a trois ans à l’Opéra-Comique.
- M. Paravey, qui a déjà réengagé M. Talazac pour créer le rôle de Ruy-Blas dans l’opéra de M. Godard, vient de traiter avec Mme Rose Caron, qui débutera dans le rôle de Marie de Neu-bourg. M. Taskin remplira celui de don Sallu
- Peu de nouvelles théâtrales à part cela.
- Les Parisiens s’en plaignent et ils ont tort. Ces gens-là sont trop vite blasés. Quand ils ont vu une pièce, si jolie qu’elle soit, ils rêvent tout de suite de nouveautés.
- Et, pourtant, il leur serait si facile de se distraire.
- Allez donc aux Nouveautés, mes amis. Oncques n’avez vu plus délicieux et charmant spectacle que le gentil prince de Syracuse, tour à tour Amour, oiseau en cage, pensionnaire d’un couvent idéal. Quel charmant amour, quel oiseau mignon, quelle gentille pensionnaire!
- Jamais non plus vous ne rirez autant qu’en écoutant et regardant ces aimables farceurs qui ont nom Brasseur , père et fils.
- Ferlux.
- LE BON MARCHÉ
- EXPOSITION DE BLANC
- 4. ---------
- Tous les ans, à peu près à la même époque, c’est-à-dire sur la fin de l’hiver, les grands magasins du Bon Marché font une exposition de blanc qui est une des plus importantes de l’année.
- On sort à peine de la grande exposition des étrennes qui fait tant d’heureux et offre tant de merveilles. Voici qu’une autre exhibition se prépare sur une échelle plus vaste encore, d’un intérêt capital dans son genre. J^t cette exposition de blanc du 6 février sera suivie d’autres rendez-vous donnés au bon goût, au désir du confortable et de l’utile, chaque année ramène invariablement, à des époques déterminées, les mêmes occasions d’orner les foyers de famille, d’augmenter les trousseaux des chers bébés, ou des fillettes, ou des grands enfants qui seront un jour des pères et des mères qui auront les mêmes besoins et qui reviendront à leur tour acheter les mêmes objets, aux mêmes époques, au même endroit.
- Car on trouve tout ce qu’on veut dans cet emporium du goût français.
- L’exposition de blanc au Bon Marché sera, cette année, particulièrement intéressante en raison de l’extension qu’on pourra lui donner, grâce aux agrandissements considérables des magasins. Ces mille objets que comporte cette mise en vente y seront mieux en vue, plus richement étalés que jamais et offerts à la convoitise des acheteurs à des conditions très avantageuses.
- Les préparatifs d’une telle mise en vente sont considérables et représentent à eux seuls une somme énorme de travail et de soins. Rien n’y est épargné de ce qui peut contenter l’acheteur et lui faire dire en toute vérité qu’il y a vraiment trouvé de remarquables occasions et des avantages incontestables.
- Les assortiments s’entassent et se succèdent, offrant la plus immense variété. Les prix les plus avantageux s’offrent aux regards et s’abaissent ou s’élèvent à la portée de toutes les bourses. La qualité de tous les tissus ne laisse rien à désirer.
- Ajoutons que tous ces tissus sont français, que rien de ce qui les compose n’est demandé à l’industrie étrangère. Le Bon Marché sait que la | Franceproduit des fils et des cotonnades supérieurs | à tous les pays étrangers.
- Et il y a mieux encore : tous ces tissus confectionnés, en draps, en linge de corps ou de table, ont été mis en œuvre dans les ateliers de la maison. L’exécution, la qualité n’en sont que plus parfaite, sans compter que cela fait travailler des quantités d’ouvriers et d’ouvrières et donne du pain à des centaines de familles.
- Voici d’abord le comptoir des toiles. Les belles toiles blanches ou écrues, toile de ménage ou toile de Bretagne, tissée avec le beau chanvre qui pousse dans nos champs, qui s’enroule à des milliers de rouets dans les chaumières, et que d’innombrables machines, toujours en mouvements, tissent ensuite.
- De ces belles toiles on fait des draps. Il y en a de très fins, de plus gros, pour toutes les fortunes, pour tous les usages, depuis les draps les plus riches pur fil, jusqu’aux draps de ménage, ces draps solides entre lesquels on dort si bien après une journée de fatigue et qui, à la cam- 1 pagne, sentent la lavande quand on les tire de l’armoire.
- Il y a encore les draps brodés avec festons et
- fleurettes, ou garnis de deux guipures, d’entre-d’eux, de volants, ou encore découpés et brodés à la main.
- Ces raffinements de luxe qui, autrefois, coûtaient des prix fous, se trouvent au Bon-Marché à des prix véritablement exceptionnels.
- Après le comptoir des toiles, le linge d’office et de cuisine .confectionné. Les ménagères seraient vraiment bien naïves de vouloir faire confectionner elles-mêmes à présent, quand elles peuvent trouver à l’exposition de blanc du Bon-Marché tout ce qu’il leur faut à moins de frais et beaucoup mieux fait.
- Vient ensuite le linge de table, damassé, uni, blanc, granité, à franges avec encadrement de fleurettes, le linge de fantaisie à dessins de couleur ; les serviettes de tout genre et de tout tissu, pour la toilette ou pour l’office. Tout cela, à des prix tels que les moindres petits ménages peuvent à présent se donner le luxe du plus beau linge.
- Plus loin, sont les rideaux blancs qui forment tout un comptoir spécial. Il y en a de grands, de petits, en étamine, en mousseline, avec les dessins les plus variés. Et, de tous côtés, cette étiquette : guipure française. C’est assez dire que tout cela est fini et du meilleur goût.
- Comptoir des trousseaux. — Que de monde s’y arrête. Les mamans surtout et les jeunes filles. Les mères se souviennent du jour où a été complété leur trousseau, quelquefois acheté tout d’un coup, parfois complète peu à peu. Elles s’apprêtaient à être mères de famille, comme le seront bientôt à leur tour les charmantes créatures qu’il faut à présent munir de tout ce qui fait le fond de la toilette féminine, à la veille du mariage. Ce sera dans un an, dans quelques mois, on profite de l’occasion; ce sera peut-être demain, alors on se hâte. La maman choisit ; il n’y en a jamais trop ; elle se souvient. La future épousée rougit et donne son avis. Ce ne sont point là des futilités. Cet achat du trousseau est une préparation obligée du plus grand acte de la vie féminine. Et c’est charmant, attendrissant aussi, qui n’a sa mère, ou sa sœur ou sa femme ? ’
- Que de choses pour les contenter dans les rayons du Bon Marché, et à quels prix ! Autrefois, tout cela était fort cher, aujourd’hui, un trousseau se complète en un clin d’œil, sans changer de place, on peut le faire très beau sans qu’il en coûte beaucoup.
- ^Charmant, délicieux, le comptoir des layettes. L’occasion est tentante. Les jeunes mères passent attendries., elles achètent pour les tout petits déjà nés ou qui vont venir et qui sont si coquets et si roses enveloppés de ces charmants colifichets si peu coûteux que l’on trouve à l’exposition depuis les blanches et fines chemisettes brodées, jusqu’aux bonnets brodés, aux capotes, aux douillettes.
- t Plus loin, un comptoir spécial pour linge d’hommes. Ici toutes les chemises sont de tissu excellent et de confection très soignée. Elles sont remarquables par leur qualité, par leur élégance et leur bon marché.
- On en trouve la plus complète variété, ainsi que pour les gilets de flanelle, les bas, chaussettes, mouchoirs, avec des écarts de prix qui permettront tous les choix.
- Regardons en passant le comptoir des couvertures et ameublements, les grands rideaux gui-pure d’art, les rideaux de satin russe, le magnifique rideau canova. 0
- ; Cette exposition est complète et splendide. Rien n’a été négligé de ce qui peut lui donner un intérêt capital, tant au point de vue du bon goût qui a présidé à son agencement, qu’en raison du choix des mille objets qu’on y rencontre.
- Le Bon Marché est et restera toujours la maison modèle que Monsieur et Madame Boucicaut ont fondée et organisée. Un grand esprit et une vaste intelligence planeront toujours sur cette œuvre dont les dignes héritiers continuent les traditions. C’est la maison de la loyauté commerciale, la maison française par excellence, la grande ruche du progrès et du travail, où chaque jour marque une étape nouvelle vers une amélioration et vers la perfection.
- Le grand esprit qui avait organisé cette œuvre survit au Bon Marché malgré la mort. La mort ne tue pas l’esprit. L’âme revit dans les grandes conceptions humanitaires et sociales, par les bases qu’elle a établies, par la création qu’elle a faite, par ceux qu’elle a choisis pour continuer et parfaire l’œuvre grandiose.
- Baille.
- Le Gerant, GARREAU.
- Tours. — lmp. E. ARRA.ULT et Cie, rue de la Préfecture, 6
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- Le Moniteur
- DE
- L'EXPOSITION DE 1889
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
- QUATRIÈME ANNÉE. Dimanche 5 Février 1888. NUMÉRO 162
- SOMMAIRE :
- . Les Travaux du Champ-de-Mars ; 2. Les demandes d’admission à l’Exposition de 1889 ; 3. La Commission de contrôle et de finances de l’Exposition de 1889; 4. Les Exposants ouvriers ; 5. La participation des militaires à l’Exposition de 1880; 6. Les transports pour l’Exposition de 1889 ; 7. Arrêtés;
- 8. Nominations de Membres des Comités départementaux;
- 9. Comité départemental de lTlle-et-Vilaine; in. La participation étrangère à l’Exposition de 1889 ; 11. La Tour Eiffel; 12. Un coin de l'Exposition de 1889; i3. Les auditions musicales à l'Exposition de 1889; 14. Le Banquet de l’Hôtel Continental; t5. Echos; 16. Exposition universelle de Barcelone ; 17. La participation de la France à l'Exposition de Melbourne; 18. Concours général agricole ; 19. Les Livres; 20. Les Théâtres.
- EXPOSITION UNIVERSELLE
- DE 1889
- LES TRAVAUX DU CHAME-DE-MARS
- Décidément, l’hiver met de la mauvaise volonté dans ses .manifestations, il abuse de son droit d’être désagréable. Le temps devrait pourtant se mettre à la hauteur des circonstances et ne pas oublier qu’aux approches d’une exposition le baromètre doit rester au beau fixe. La neige et la gelée sont choses indispensables, c’est entendu ; il serait fâcheux qu’elles ne se produisent pas, c’est, encore indéniable ; mais franchement, autant ces manifestations hivernales sont utiles à la campagne pour les besoins de l’agriculture, autant elles sont gênantes et désagréables dans les villes et particulièrement aux endroits où se font des travaux ; allez donc faire des maçonneries, des revêtements ou des peintures quand l’alcool ou le mercure du thermomètre se recroqueville comme un homme frileux et accuse une température favorable seulement aux loups ou aux ours blancs ; allez donc grimper sur le faîtage d’une charpente ou en haut d’un échafaudage quand la neige recouvre tout d’un blanc manteau trompeur et, tourbillonnant, risque d’aveugler et de causer des chutes au moins dangereuses ; non, dans ces conditions, presque tous les travaux sont impossibles, il n’y a qu’à se résigner et à attendre des jours plus cléments, seulement cela fait perdre un peu de ce temps dont on doit se montrer d’autantplus avare que les délais d’exécution deviennent plus courts.
- Dans un siècle de progrès comme le nôtre, alors que la plupart des obstacles opposés par la nature à la volonté de l’homme sont aplanis par son génie, il est regrettable que, lorsqu’il s’agit de travaux importants à faire en plein air, leur exécution soit à la merci d’un caprice de la température. Arrivera-t-on un jour à s’affranchir, par un procédé quelconque, des entraves mises par les éléments à l’accomplissement de la volonté humaine? Nul ne peut affirmer le contraire, on peut même croire que le problème recevra sa solution, mais jusque-là il faut se contenter d’espérer pour cette année une fin d’hiver pas trop rude et surtout pour les derniers mois de 1888 et les premiers de 1889 une entente complète entre tous les éléments afin qu’ils nous gratifient d’un climat des plus tempérés permettant d’exécuter tout à loisir et sans arrêt les derniers préparatifs de la grande entreprise dont quinze mois seulement nous séparent.
- En attendant le jour heureux où. grâce aux progrès réalisés par les ingénieurs et les architectes, on pourra braver, sur les chantiers, la mauvaise saison et son cortège d’ennuis, on peut faire une remarque qui, spécialement du domaine de l’architecture, n’est pas déplacée
- lorsqu’on parle de travaux, il est curieux d’observer combien, dans certaines régions de la France, notamment dans le Nord, l’Est et le Centre, sont nombreuses les habitations dont la construction est mal étudiée au point de vue des précautions à prendre contre les froids, parfois excessifs, qui régnent dans ces régions : des matériaux trop légers, des cheminées mal comprises et, par-dessus tout, des baies énormes et multipliées dont les joints pratiquent fréquemment, envers les frimas, une hospitalité tout écossaire fort peu de mise dans la circonstance. Certaines de ces habitations présentent un manque de confortable frisant la barbarie, on se demande si réellement elles appartiennent au pays dont la civilisation est la plus avancée et si elles ne sont pas les derniers vestiges d’une époque déjà lointaine. Cette supposition pourrait être vraie si les vieilles maisons seules avaient les défauts que nous signalons, mais nombre de nouvelles constructions sont édifiées d’après les mêmes errements qu’on croirait provenir d’une tradition indéracinable. Peut-être, au temps jadis, ces parties de la France jouissaient-elles d’un climat printanier dont le souvenir est tellement vivace qu’on se figure l’avoir encore, peut-être cette façon d’agir est-elle due à d’autres causes telles que la pauvreté relative de ces régions, ou la vigùeur des habitants ; nous laissons à d’autres le soin de résoudre ces questions et nous nous bornons à constater un fait qui semble une anomalie.
- Etait-ce, inconsciemment, dans le but de nous réchauffer? mais toujours est-il que ces considérations sur l’hiver nous ont entraîné à courir bien loin et nous ont fait perdre de vue notre objectif ordinaire : le Champ-de-Mars. Revenons-y donc vite pour faire notre petite tournée hebdomadaire.
- Ma foi, il est peu chargé cette semaine le bulletin des chantiers et nous n’y relevons guère de matière à causerie ; quelques plantations, la confection des chemins et sentiers dans le parc, quelques vitres en plus et la continuation du montage des grands échafaudages de bois ainsi que celui des charpentes en fer sur le quai d’Orsay, voilà à peu près tout, et si on veut quelques sujets intéressants c’est actuellement dans les bureaux qu’il faut aller les chercher ; la température de couveuse artificielle qui règne en ces endroits privilégiés doit singulièrement faciliter l’éclosion des projets, c’est du reste ce qu’on peut constater, presque toutes les études sont achevées, du moins quant à leurs grandes lignes, et n’attendent plus que le moment propice pour passer du domaine de la conception dans celui de la pratique; on achèvera alors de mettre au point les parties accessoires de l’œuvre.
- Dans les ateliers des trois architectes l’animation est la- même : Chez M. Bouvart, on étudie les dispositions et l’ornementationdu palais des industries diverses dont la charpente métallique a été si vivement dressée ; chez M. Dutert, les préparatifs de l’immense nef réservée aux machines nécessitent tous les soins et l’intelligence des agents; chez M.Formigé, enfin, on mène de front les dernières études et la partie décorative des deux palais des arts. Pendant ce temps, le nombreux personnel placé sous les ordres de l’ingénieur en chef, M. Contamin, ne perd pas un instant pour arriver à accomplir la lourde tâche qui lui incombe. C’est un travail énorme de revoir, de corriger et de contrôler la quantité de projets divers, émanés des différents services, que fait naître l’emploi du fer régnant presque
- en maître absolu dans l’Exposition de 1889; cette direction du contrôle est surtout importante en ce sens qu’il s’agit à la fois d’assurer aux constructions une solidité parfaite, et d’arriver à ce résultat en employant la plus petite quantité possible de matériaux, de façon à bâtir avec la plus grande économie. Que de calculs, de tâtonnements et de recherches avant d’arriver à remplir ces conditions et de rendre pratiquement exécutables des projets, généralement très habilement conçus, dans lesquels l’auteur, entraîné par son sujet, sacrifie presque toujours, au profit du côté artistique de l’œuvre, les côtés techniques relégués ainsi au second plan, malgré leur importance capitale!
- L’architecte, dans la fougue de l’improvisation, combine, modifie, dessine, voit bien son sujet dans l’espace et donne naissance à un projet parfait ; l’harmonie des couleurs, l’exacte proportion des diverses parties, l’heureuse disposition de l’ensemble, tout concourt à donner à cette étude un aspect merveilleusement séduisant que n’altèrera pas l’exécution; mais cette dernière sera-t-elle pratique ? Cette question, qui exige une réponse catégorique, nécessite l’entrée en scène de l’ingénieur, il reprend le projet, le dissèque, en analyse toutes les paries ; il recherche si les matériaux prévus sont suffisants pour assurer la solidité de l’édifice ou si, au contraire, les prévisions ne sont pas exagérées ; il fait les modifications nécessaires dans l’un et l’autre cas, apporte dans la forme ou l’assemblage des pièces les changements susceptibles d’amener d’heureuses économies, en un mot, rend le projet capable d’être exécuté avec le maximum de garanties et le minimum de dépenses.
- Dans ces conditions, le rôle de l’ingénieur est à la fois difficile et ingrat ; difficile, car il lui faut faire les corrections voulues sans dénaturer l’œuvre de l’architecte, avec laquelle il doit s’identifier; ingrat, car son travail n’est appréciable que pour les spécialistes et n’est guère fait pour attirer l’attention de la foule ; néanmoins, quelque effacé que ce soit rôle, il n’en est pas moins important et lorsque le public admire une construction satisfaisant son goût inné pour le beau, il doit en savoir gré aux aeux collaborateurs.
- Du reste, on aurait tort de vouloir établir une ligne de démarcation absolue entre l’art de l’architecte et celui de l’ingénieur, tous deux ont un but unique : faire beau et bien. Or on n’arrivera à ce résultat qu’en appliquant judicieusement les principes de l’art et ceux de la science, car ces deux branches du génie humain sont trop étroitement liées entre elles pour qu’on puisse dire exactement où finit l’une et où commence l’autre. 11 serait absolument puéril de prétendre faire une œuvre remarquable en se basant exclusivement sur l’une de ces deux assises de la civilisation ; malgré soi, on serait amené à empiéter quelque peu sur l’autre, seulement il y aurait naturellement prédominance delà première et c’est cette prédominance, jamais exagérée, qui doit constituer la seule différence entre l’ingénieur et l’architecte, Aussi pourrait-on, en résumé, les définir l’un et l’autre en disant qu’un bon ingénieur est un architecte chez lequel le technicien l’emporte et qu’un bon architecte est un ingénieur en qui domine l’artiste.
- Cette digression allait nous faire oublier de relater le seul incident intéressant de la semaine, nous voulons parler de la visite laite, dimanche matin, à la tour de 3oo mètres par les membres de la Conférence Saentia.
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- 95o. — Quatrième Année. — N° 162.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- Dimanche 5 Février 1888.
- Cette conférence, association amicale des membres de la presse scientifique et des amis des sciences, convie à des banquets intimes ceux qui se sont signalés par des travaux importants ou des découvertes remarquables; son but est d’encourager tout travail utile au pays et son désintéressement absolu lui a mérité, dès son début, l’appui de l’Institut et lui a valu l’honneur de compter comme présidents des hommes tels que : Chevreuil, Pasteur, de Lesseps, de Brazza... etc.
- Jeudi, 26 janvier, le Scientia offrait un banquet à M. G. Berger, directeur général de l’exploitation, qui avait accepté la présidence d’honneur, la réunion se tenant sous la présidence de M. Gariel, membre de l’académie de médecine. Parmi les convives on remarquait MM. Janssen, Verneuil, Trelat, Poirrier, F. Passy, de Nadailhac, Tissandier, de Nan-souty, Eiffel, G. Petit, Lalance, Talansier.., etc.
- M. Gariel, aux applaudissements de tous, a souhaité la bienvenue à M. Berger dont il a rappelé les services rendus dans les diverses expositions et constaté le dévouement pour celle de 89,
- Ensuite M. Janssen, l’illustre président de l’académie des sciences, a porté un toast à la Tour Eiffel ; il en a parlé chaleureusement, ne ménageant pas les éloges dus à une telle entreprise et constatant combien le succès de cette œuvre est désiré par les savants du monde entier qui voient là un essai industriel et scientifique du plus grand intérêt.M. Eiffel, dans une heureuse improvisation, a remercié M. Janssen ainsi que les membres de la Conférence et les a invités à se rendre le 29 aux chantiers du Champ-de-Mars pour voir de près les travaux dont il venait d’être parlé.
- Fidèles à ce rendez-vous, les assistants du banquet, au nombre de cinquante environ, se sont donc rendus dimanche matin au pied ou plutôt aux pieds de la Tour où M. Eiffel les attendait et les a fait entrer dans les bureaux pour leur donner toutes les explications théoriques capables de les intéresser et de leur rendre facile la visite des travaux.
- Malgré le vent, la pluie et la neige fondue, choses dont un vrai savant doit du reste ne pas se préoccuper, la visite a été complète, toutes les parties de cet édifice colossal ont été examinées avec soin et les descriptions les plus minutieuses données par le constructeur ont charmé tous les assistants. Ils n’ont pas voulu se retirer sans monter au sommet de ce qui est déjà construit, c’est-à-dire à 52 mètres, niveau de la plate-forme ; de là, ils ont pu ieter un coup d’œil sur les travaux en cours d’exécution au Champ-de-Mars et sur les quais, ils en ont constaté l’avancement et sont redescendus en se promettant de renouveler leur ascension dès que la tour atteindrait 15o mètres, c’est-à-dire vers le 14 juillet.
- H. de Baecker.
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- LES DEMANDES D’ADMISSION
- A L’EXPOSITION DE 1889
- M. Georges Berger a adressé aux présidents des comités d’admission une circulaire où il leur annonce que, par décision prise par le comité administratif, sous la présidence de M. le ministre du commerce et de l’industrie, en date du 26 janvier courant, la date fixée comme dernier délai pour le dépôt des demandes d’admission a été reportée du ier février au iermars 1888.
- Les comités d’installation commenceront à fonctionner dès le i5 mars 1888, au plus tard,
- Les seuls exposants admis à la date du ier mars 1888 seront électeurs et éligibles pour la constitution des comités d’installation, conformément à l’article 3 de l’arrêté ministériel du 12 décembre 1887.
- LA COMMISSION DE CONTROLE
- ET DE FINANCES
- DE L’EXPOSITION DE 1889
- La commission de contrôle et de finances de l’Exposition universelle de 1889 s’est réunie sous la présidence du ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général.
- La commission a adopté l’ouverture du crédit nécessaire à l’exonération des frais d’installation en faveur des exposants ouvriers.
- A propos de la construction d’un palais des produits alimentaires, la commission a décidé l’ouverture d’un crédit de 600,000 francs dont 33o,ooo pour les travaux.
- Le ministre a soumis ensuite et fait adopter une modification au cahier des charges du catalogue, modification demandée par les artistes.
- M. Ména'rd-Dorian, ayant demandé quelques explications au sujet de l’avancement.des travaux, le ministre a annoncé qu’il remettrait demain au président de la République un long rapport qui constate précisément l’état d’avancement très satisfaisant des travaux.
- M. de Bouteiller a donné connaissance d’une pétition déposée au conseil municipal sur les conditions du travail sur les chantiers de l’Exposition. Il a demandé notamment que le nombre des ouvriers étrangers admis sur les chantiers ne puisse pas dépasser 10 pour 100 et que l’administration veille attentivement à l’application de la loi interdisant le marchandage.
- M. Alphand, directeur général des travaux, a répondu à M. de Bouteiller que les feuilles d’admission permettent de prouver que l’administration se montre plus sévère que M. de Bouteiller lui-même, et que le nombre des ouvriers étrangers employés sur les chantiers est inférieur au chiffre réclamé par le conseil municipal.
- Quant au marchandage, il n’est admis nulle part, mais il ne faut pas le confondre avec les sous-traités qui, dans l’état actuel de notre législation, sont de nature à favoriser les ouvriers qui n’au-rafent pas les ressources nécessaires pour prendre part à une adjudication, et qui peuvent, par ce moyen, prendre à leur compte de petits lots de travail.
- Ces explications ayant paru suffisantes, la commission a voté l’ordre du jour pur et simple.
- Sur la proposition de M. Christophle, la commission a décidé que la souscription de la société de garantie serait close le ier mars et que le versement de la somme de 5o francs par action aurait lieu le ier avril.
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- LES EXPOSANTS OUVRIERS
- Les ouvriers de toutes industries, artistes ou inventeurs qui désireraient exposer en 1889, sont priés de faire parvenir leurs adhésions écrites, dans le plus bref délai, au secrétaire du groupe des ouvriers exposants individuels, 8, avenue du Château-Gaillard, à Alfort (Seine). Le secrétaire va faire, très prochainement, d’après l’avis reçu de M. le ministre du commerce et de l’industrie, ainsi que de M. G. Berger, directeur général de l’Exposition, le dépôt général des demandes d’admissions et d’exonération des frais d’installation et de décoration nécessaire à l’exposition des œuvres de chaque exposant du groupe.
- Nota. — Joindre à l’adhésion un timbre pour réponse ou convocation.
- LA PARTICIPATION DES MILITAIRES
- A L’EXPOSITION DE i
- Le général Logerot vient de décider que tous les officiers, fonctionnaires et employés militaires de tous grades seront autorisés à présenter à l’Exposition universelle de 1889 les produits de leur invention, de quelque nature qu’ils soient. Le gouvernement se réserve le droit de s’opposer à la divulgation des produits, objets ou appareils dont il jugera utile, dans l’intérêt de la défense du pays, de garder le secret. Les demandes devront être adressées au ministre de la guerre par la voie hiérarchique.
- LES TRANSPORTS
- POUR L’EXPOSITION DE 1889
- Le Ministre des travaux publics vient deprendre l’arrêté suivant, concernant le transport des marchandises destinées à l’Exposition de 1889 :
- Exposition universelle de 1889 Arrêté :
- Le Ministre des travaux publics,
- Sur le rapport du Directeur des chemins de fer,
- Vu les lois, ordonnances et décrets portant concession des chemins de fer, ensemble les cahiers des charges y annexés ;
- Vu les tarifs généraux et spéciaux actuellement en vigueur ,
- Vu les propositions des compagnies conces^ sionnair es,
- Arrête :
- Article premier. — Le tarif ci-après sera appli-, qué, sur les chemins de fer d’intérêt général, au transport des produits de toute nature destinés à l’Exposition universelle qui doit avoir lieu à Paris, en 1889.
- §Tr. — Transports sur les chemins de fer
- (aï Produits de toute nature (animaux, objets d’art et valeurs exceptes).
- Les produits de toute nature (animaux, objets d’art et valeurs exceptés), les voitures et le matériel roulant pouvant circuler sur les voies des chemins de fer français, à destination de l’Exposition universelle de 1889 à Paris, seront transportés par les compagnies à moitié prix des tarifs généraux et spéciaux autres que ceux des expositions et concours ordinaires.
- Le prix réduit ne devra, dans aucun cas, descendre au-dessous de la base de quatre centimes par tonne et par kilomètre; mais il est bien entendu que ce prix de quatre centimes ne sera pas appliqué d’office et que la perception aura lieu d’après les tarifs ordinaires (généraux ou spéciaux) toutes les fois que les taxes de ces tarifs seront plus avantageux pour l’expéditeur.
- Les conditions des tarifs généraux et spéciaux seront applicables aux transports à destination de-l’Exposition universelle. Ces transports seront passibles des frais accessoires dont la perception est autorisée par l’Administration, ainsi que du droit ordinaire d’enregistrement et du prix du timbre dû au Trésor.
- Il ne sera pas admis de voyageurs dans les voi-, tures transportées aux conditions du présent tarif,
- (b) Animaux.
- Les animaux destinés à l’Exposition universelle seront transportés aux prix pleins des tarifs généraux à l’aller et ramenés gratuitement au point de départ.
- Le transport aura lieu, quant à la responsabi-, lité, aux conditions des tarifs spéciaux.
- Pour jouir de la gratuité au retour, les expéditeurs devront présenter :
- i° Le récépissé constatant qu’ils ont payé à, l’aller le tarif plein ;
- 2° Le bulletin d’admission, à l’Exposition, des. animaux à réexpédier.
- L’expéditeur aura toujours, d’ailleurs, la faculté de demander l’application de tous autres tarifs qui lui paraîtraient plus avantageux.
- (c) Objets d’art, valeur et masses indivisibles
- Le transport des objets d’arts et valeurs et celui des masses indivisibles (autres que wagons, machines et tenders roulant sur la voie) pesant plus, de 10,000 kilogrammes, ainsi que des objets dont les dimensions excèdent celles du matériel, seront effectués aux prix et conditions des tarifs ordD naires en vigueur sur chaque réseau.
- Il en sera de même des locomotives, tenders et wagons ne pouvant circuler sur la voie des che->. mins de fer français.
- g 2. Transports dans Paris
- Le transport dans Paris des objets destinés à l’Exposition universelle pourra être 1 ait soit parles exposants ou leurs agents, soit par les compagnies de chemins de fer.
- Dans le premier cas, les colis seront adressés ou, dirigés sur les gares des diverses lignes dans Paris et enlevés par les destinataires désignés par les, exposants.
- Dans le second cas, le transport sera fait par les compagnies, aux prix et conditions suivants, qui comprendront les frais de chargement et de déchargement, avec emploi de la grue, s’il y a lieu ;
- Les colis pesant isolément moins de 1,200 kilogrammes seront conduits par camions;
- Les colis pesant isolément 1,200 kilogrammes et au-dessus seront conduits par les chemins de fer de ceinture, rive droite et rive gauche de la Seine ;
- Les parties d’un même tout, telles que les pièces, d’une machine, lorsqu’elles pèserontles unes plus, les autres moins de 1,200 kilogrammes, seront réunies dans une même expédition et conduites, à l’Exposition par les chemins de fer;
- Les wagons complets en provenance del’étranger et plombés en douane pourront être amenés par les chemins de ceinture et seront remis sur les, voies de l’Exposition aux destinataires ou à leurs délégués, lesquels auront à pourvoir au déchargement et à la distribution du contenu de ces wagons;
- Le prix du transport dans Paris, lorsqu’il aura été effectué par les compagnies, sera de 10 francs par tonne ;
- La perception aura lieu par fraction indivisible
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- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
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- de 10 kilogrammes, avec un minimum de perception de 1 franc ;
- Les colis transportés par camions seront déchargés sur les voies macadamisées de l’Exposition, aussi près que possible du local. affecté a chaque exposant, qui en prendra livraison en ce point ; le surplus des déplacements auxquels les colis pourront être soumis demeurera à la charge des exposants ;
- Lorsque l’emploi des grues sera nécessaire, le déchargement et la livraison auront lieu à la grue -la plus rapprochée du lieu de la destination définitive du colis ;
- Les wagons non plombés amenés par les chemins de ceinture et l’embranchement du Champ-de-Mars seront conduits par les voies spéciales de l’Exposition jusqu’au point le plus rapproché de leur destination, puis déchargés au moyen des grues roulantes dont l’administration de l’Exposition pourra disposer; à défaut de grues roulantes disponibles, le déchargement sera fait à la grue fixe la plus voisine.
- g 3. — Conditions d’application
- i° Pour jouir des tarifs indiqués ci-dessus, chaque exposant devra présenter à la gare de départ les pièces justificatives constatant l’admission de ses produits à l’Exposition universelle.
- 20 Les compagnies ne répondront pas des ava-. ries de route provenant de défauts d’emballage ou de mauvais conditionnements des colis.
- 3° Tous les transports auront lieu en port payé au départ, y compris, si la'marchandise est adressée à l’Exposition, le prix du camionnage; au retour, les transports auront lieu en port dû. Toutefois, en ce qui concerne les expéditions en provenance de l’Algérie et de la Tunisie, les compagnies exploitant les réseaux de ces deux pays pourront, à leur gré, livrer ces expéditions en port dû ou en port payé aux .entreprises maritimes chargées d’en continuer le transport et sans que, dans le cas de livraison en port dû, il en résulte pour elles aucune responsabilité pour les au delà.
- 40 Tous les envois à l’Exposition seront adressés au nom des exposants destinataires et seront reçus par ces derniers ou, à leur défaut, par les délégués qu’ils auront accrédités pour donner quittance au moment de la livraison.
- Outre cette adresse, l’administration de l’Exposition fournira aux exposants expéditeurs d’autres étiquettes indiquant l’enceinte, la section et la classe auxquelles chaque envoi sera destiné. Des modèles de ces étiquettes, à coller en double sur chaque colis, seront remis aux différentes compagnies de chemins de fer.
- 5° Si le destinataire ou son agent n’est pas présent pour recevoir les colis à leur arrivée dans l’enceinte de l’Exposition, les compagnies remporteront immédiatement lesdits colis, soit dans leurs gares, soit dans un magasin public ; elles percevront, pour cette opération, les frais ordinaires de camionnage et de magasinage.
- 6° Après la clôture de l’Exposition, la réexpédition de tous les objets exposés aura lieu aux conditions du présent tarif, pourvu, toutefois, que cette réexpédition soit effectuée dans un délai de six mois à partir du jour de la fermeture de l’Exposition. Il est bien entendu, d’ailleurs, .que les exposants auront le droit de faire, par eux-mêmes ou par leurs agents, le transport dans Paris des objets exposés.
- Art. 2. — Le présent arrêté sera notifié au
- ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition, et aux compagnies de chemins de fer.
- Les préfets, les fonctionnaires et agents du contrôle sont chargés d’en surveiller l’exécution .
- Proposé :
- Le directeur des chemins de fer,
- Signé : J. Lax.
- Paris, le 6 janvier 1888.
- Signé: Emile Loubet.
- * *
- D’autre part, M. le ministre de l’agriculture a adressé la lettre suivante à la Chambre syndicale au sujet du transport des machines et instruments envoyés aux concours agricoles et aux expositions :
- Monsieur, vous m’informez que vous avez trans-tnis à la chambre syndicale des constructeurs de machines et instruments d’agriculture et d’horticulture de France ma lettre du 19 septembre dernier, par laquelle je vous communiquais la réponse -de M. le Ministre des travaux publics à la pétition que vous m’aviez adressée précédemment au sujet de la clause de non-garantie insérée dans les tarifs spéciaux de chemins de fer, en ce qui concerne le transport des machines et instruments envoyés aux concours agricoles et aux expositions. Vous ajoutez que, malgré les objections formulées par M. le Ministre des travaux publics, la Chambre syndicale, que vous présidez, a cru devoir maintenir sa réclamation et vous a chargé d’incer-
- délai pour le dépôt des demandes d’admission à l’Exposition universelle de 1889 est fixée au i0r février 1888. A cette date, le gros-œuvre des constructions sera terminé etles Comités d’admission entreront en fonction pour répartir, entre tous les exposants, la place attribuée à chaque classe et pour préparer l’installation définitive.
- Les exposants n’ont aucun loyer à payer pour l’occupation de leurs emplacements. Ils auront à leur charges toutes les dépenses d’installation et de décoration, la fourniture et la pose des planchers et des vélums, le salaire et l’habillement des gardiens. L’eau, le gaz, la vapeur, la force motrice dans la galerie des machines sont concédés gratuitement.
- Nous devons ajouter que l’installation et la décoration intérieures ont été prévues de manière à ne mettre à la charge des exposants que des frais aussi peu élevés que possible, et le Président du Comité est en situation de fournir, comme renseignement, un aperçu des dépenses afférentes à chaque unité de surface dans chacune des classes.
- L’Exposition recevra les œuvres d’Art et tous les produits de l’Industrie, de l’Agriculture et de l’Horticulture.
- Nous appelons surtout l’attention sur l’organisation d’expositions collectives, qui, tout en diminuant les dépenses des exposants, permettent de mettre en relief les mérites de chacun et de grouper tous les produits d’une même industrie, de manière à montrer nettement le degré de perfection auquel elle est parvenue dans une même région.
- Cette organisation d’expositions collectives est surtout à recommander pour les produits agricoles. Aussi le Comité départemental adresse-t-il un appel spécial aux Sociétés d’agriculture, aux Comices et aux Syndicats agricoles de notre département. L’Agriculture, de même que l’Industrie, a besoin de débouchés.
- Le but vers lequel elle doit tendre est l’exportation, non seulement à l’étranger, mais aussi dans les grands centres de population, et l’Exposition universelle de 1889 constituera pour tous nos produits un mode de publicité qui l’emporte sur tous les autres et dont notre département doit savoir profiter pour conserver le rang qu’il occupe dans l’agriculture et l’industrie.
- Le Comité sera heureux de recevoir toutes les demandes d’admission qui lui seront adressées ; il se met à la disposition de tous les producteurs pour être leur intermédiaire auprès de la direction générale de l’Exposition et leur procurer les renseignements dont ils pourraient avoir besoin.
- La demande d’admission ne constitue pas un engagement ferme de la part des signataires, qui ne seront liés que lorsqu’ils seront tombés d’accord avec les Comités sur la répartition des places disponibles et des dépenses à supporter.
- Les demandes d’admission doivent être adressées à la Préfecture d’I!le-et-Vilaine au nom du Président du Comité départemental.
- Veuillez agréer, Monsieur, l’assurance de ma considération distinguée.
- Le Président du Comité^^i G. Lechartier^ Correspondant de l’Insti
- LA PARTICIPATION ETRAN
- A L’EXPOSITION DE 1889
- (Suite)
- venir auprès de mon département en vue d’obtenir des compagnies qu’elles la prennent en sérieuse considération.
- J’ai l’honneur de vous faire connaître, Monsieur, que je viens d’écrire à mon collègue M. le Ministre des travaux publics, pour lui faire part de votre nouvelle démarche et lui exposer les raisons et les faits qui la justifient et le prier de faire tout ce qui dépendra de lui pour que satisfaction soit donnée à votre juste réclamation. Je ne manquerai pas de vous mettre au courant de la suite donnée à cette affaire.
- Recevez, etc.
- Le Ministre de l'agriculture,
- Signé : F.-J. Viette.
- ARRÊTÉS
- Par arrêté en date du 22 janvier 1888, le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a nommé membre des comités d’admission, pour la classe 6, M. Ollendorff (Gustave), directeur du personnel et de l’enseignement technique au ministère du commerce et de l’industrie.
- *
- •¥ *
- Par arrêté en date du 26 janvier 1888, le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a nommé membre-adjoint de la commission consultative de contrôle et de finances, pour représenter le ministre de l’instruction publique, des cultes et des beaux-arts, M. Castagnary, conseiller d’Etat, directeur des beaux-arts, en remplacement de M. A. Kaempfen, démissionnaire.
- *
- * *
- Par arrêté en date du 26 janvier 1888, le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de in89, a nommé membre du comité d’organisation de l’exposition rétrospective du travail et des sciences anthropologiques, section II (arts libéraux), M. Pillaut (Léon), conservateur du musée instrumental du Conservatoire national de musique, en remplacement de M. Réty, démissionnaire.
- NOMINATIONS
- de Membres des Comités départementaux
- Par divers arrêtés pris en date des 26, 3o janvier pris par M. le ministre du commerce et de l’industrie,commissaire général de l’Exposition de 1889,. ont été nommés membres du Comité départemental de :
- MEUSE
- i° Sous-comité de Varrondissement de Bar-le-Duc
- MM. Bonnefond, secrétaire de la caisse des incendiés, à Bar-le-Duc ; Thiébaut, inspecteur des enfants assistés, à Bar-le-Duc.
- 20 Sous-comité de l’arrondissement de Verdun
- MM. Villard, docteur en médecine à Verdun; Elie, agent, d’assurances, à Etain.
- *
- ♦ *
- ORNE
- Sous-comité de l’arrondissement d’Alençon
- M. Guilmard, chef du cabinet du préfet de l’Orne, en remplacement de M. Larobertie, démissionnaire.
- k
- * *
- SAONE-ET-LOIRE
- Sous-comité de l'arrondissement de Chalon
- M. Landa (Louis), ancien imprimeur à Chalon.
- COMITÉ DÉPARTEMENTAL
- DE L’ILLE-ET-VILAINE
- Le comité départemental du département de l’Ille-et-Vilaine pour l’Exposition de 1889 vient d’adresser la circulaire suivante aux industriels, commerçants et agriculteurs de ce département :
- Monsieur,
- Le Comité départemental d’Ille-et-Vilaine a I l’honneur de vous rappeler que l’expiration du
- Le comité parlementaire des affaires étrangères a conclu en faveur de la participation des Etats-Unis à l’Exposition de Paris de 1889. Le rapport du comité expose que le but général de l’Exposition est tel qu’il ne peut qu’avoir' les sympathies des Etats-Unis. Ceux-ci ne sauraient oublier ce qu’ils doivent à la France pour l’aide qu’elle leur a prêtée dans la guerre de l’Indépendance, ni les bons sentiments que les Français leur ont manifestés dans diverses occasions.
- Le rapport se termine par une invitation au Congrès de donner promptement son approbation proclamant ainsi d’une façon positive toute la valeur qu’il attache à l’œuvre de la France.
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- Le ministre de France à Mexico vient d’adresser à M. Flourens la traduction de la lettre par laquelle M. Marsical, ministre des relations extérieures, lui a annoncé la participation officielle du Mexique à l’Exposition universelle de Paris.
- Le ministre des affaires étrangères a reçu, en outre, du ministre de France à Belgrade la confirmation du télégramme officiel par lequel il avait annoncé la participation officielle de la Serbie à l’Exposition de Paris.
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- Samedi, à la Chambre des députés du Portugal, M. Fieschini a demandé quelles sont les inten-
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- g52. — Quatrième Année. — N° 1C2.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 5 Février 1888.
- tions du gouvernement au sujet de l’Exposition de Paris en 1889, et s’il est vrai que le Portugal aurait l’intention de ne pas y prendre part, par égard pour la maison d’Orléans.
- Le député portugais est d’avis que la Constitution démocratique du Portugal est issue de la Révolution de 1789, et il estime que le Portugal devrait fêter ce grand anniversaire.
- Le ministre des finances a répondu que le gouvernement a décidé de s’abstenir, non pour un motif politique, mais pour des raisons d’économie. Pour des motifs de même ordre, le gouvernement a décidé aussi de ne prendre part ni à l’Exposition de Barcelone, ni à celle de Bruxelles.
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- La commission serbe pour l’Exposition de 1889 a tenu une réunion. Elle a décidé que les produits serbes seraient exposés à Belgrade avant leur envoi à Paris.
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- Il y a quelques jours une centaine de commerçants austro-hongrois résidant à Paris ont nommé un comité chargé d’organiser la participation de leurs compatriotes à l’Exposition. Ce comité fera toutes les démarches gratuitement.
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- La chambre ottomane de Constantinople a résolu d’entrer en rapport avec les cinq autres chambres de commerce de l’empire pour la participation des négociants et des industriels de l’empire à l’Exposition de 1887. Elle ferait un emprunt d’un million destiné à couvrir les frais généraux du comité d’organisation.
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- Grâce aux efforts de nos agents, la Chine s’était montrée disposée à prendre part à l’Exposition Universelle de 1889.
- Notrechargé d’affaires à Pékin, M. Souhart, avait reçu à ce sujet des assurances formelles.
- Aussitôt connue, la nouvelle a produit une grande émotion parmi les étrangers fixés dans le Céleste-Empire.
- Une campagne très active est actuellement ouverte dans le but d’amener l’abstention de la Chine : les deux initiateurs de cette campagne sont, le ministre d’Allemagne,, à Pékin et sir Robert Hart, commissaire général des douanes chinoises.
- LA TOUR EIFFEL
- Les dernières opérations pour la jonction des quatre piliers de .la tour Eiffel ont eu lieu ces jours derniers et se sont très heureusement terminées. Ces piliers sont maintenant bien solidement réunis à leur partie supérieure, défiant vents et tempêtes. Quant aux fondations, elles ont été descendues jusqu’à un sol inébranlable et on'peut être assuré que pas plus sous les charges futures que sous celles actuelles, elles fléchiront de si peu que ce soit.
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- Vendredi dernier a eu lieu, à l’Hôtel Continental, le premier banquet de l’année de la conférence « Scientia », offert à M. Georges Berger, directeur général de l’Exposition, et présidé par M. Gariel, professeur-à la Faculté de Médecine. De nombreuses notabilités y assistaient, parmi lesquelles MM. Janssen, docteur Verneuil, V. Tré-lat, Poinrier, Frédéric Passy, Bartholdi, de Na-dailhac, G. et A. Tissandier, G. Eiffel, Richer, M. de Nansouty, Lalance, député d’Alsace ;Talan-sier, Evrard, Delécain.
- M. J«nssen, l’illustre président de l’Académie des sciences, a porté un toast chaleureux à la tour Eiffel, dont le succès est vivement désiré par tous les savants et dont tous les progrès de la construction sont suivis avec intérêt non seulement par la population parisienne, mais par le monde entier.
- M. Eiffel a témoigné sa gratitude aux membres de la Conférence pour un témoignage de sympathie aussi flatteur, et leur a donné rendez-vous, pour dimanche matin, aux chantiers de la tour.
- UN COIN DE L’EXPOSITION
- DE 1889
- On a fort peu parlé jusqu’ici d’une partie de l’Exposition à laquelle on peut prédire un véritable succès de nouveauté et d’originalité. C’est celle qui sera installée sur l’esplanade des Invalides. Elle comprendra l’exposition d’économie sociale, l’exposition militaire, l’exposition d’hygiène et l’exposition des colonies françaises.
- L’exposition d’économie sociale occupera, devant l’hôtel des Invalides, une superficie de 6,400 mètres. Le bâtiment comprendra une bibliothèque, une salle de jeux avec ses dépendances, une salle de conférences, de nombreuses galeries, etc. Dans le jardin, seront édifiées des maisons modèles, représentant les différents types des habitations ouvrières dans divers pays.
- Les visiteurs descendant de cette exposition vers la Seine traverseront l’exposition militaire, installée de la façon la plus pittoresque dans un camp retranché avec remparts gazonnés et front de bandière. Un bâtiment central contiendra une exposition de tous les uniformes de l’armée française, depuis Louis XIV jusqu’à nos jours, tous portés par des mannequins disposés par groupes. Puis viendront l’exposition d’hygiène, l’exposition des ambulances militaires et, enfin, l’exposition des colonies françaises qui s’annonce comme devant être particulièrement brillante.
- Au centre, d’abord, le palais des colonies, où seront réunies les différentes expositions partielles de chaque groupe colonial, puis, aux alentours, un échantillon des habitations, de la végétation de nos possessions coloniales, des mœurs de leurs habitants, car on fera venir des indigènes qui se livreront à leurs occupations accoutumées. Il y aura un village sénégalais avec la tour de Saldé et un blockhaus, des villages pahouin (Gabon), al-fourou (Congo), tahïtien, des cases canaques entourant la demeure d’un chef et formant village à côté de la demeure d’un colon concessionnaire.
- Pour l’Inde, ce sera une pagode hindoue et la merveilleuse pagode d’Angkor avec l’allée des Sphinx qui y mène ; pour les Antilles, une maison créole à un étage avec sa véranda et ses comptoirs de dégustation ; pour l’Indo-Chine, un palais co-chinchinois et un palais cambdogien. A citer encore un village tonkinois avec sa pagode et ses miradors ; des lacs artificiels, etc., etc.
- Deux grandes serres recevront les plantes américaines et africaines, qui seront les hôtes du Muséum en attendant la date de mai 1889, et formeront une magnifique exposition florale. Puis ce seront les palais de l’Algérie et de la Tunisie avec leur architecture mauresque, et, sous les quinconces, les annexes à l’exposition d’agriculture.
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- LES AUDITIONS MUSICALES
- A L’EXPOSITION DE 1889
- Par un arrêté du ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général, il est ouvert un concours pour les paroles d’un poème lyrique qui sera mis en musique pour être exécuté lors de la distribution des récompenses de l’Exposition universelle de 1889.
- Le sujet proposé est le suivant : Quatre-vingt-neuf, chant séculaire pour chœurs, soli et orchestre.
- La limite de cent vers devra, autant que possible, n’être pas dépassée parles concurrents.
- Il sera décerné pour ce concours :
- Un premier prix de 3,ooo fr.;
- Un second prix de 1,000 fr.
- Le poème qui aura obtenu le premier prix sera seul proposé au concours de composition musicale.
- Les Français seront seuls admis à concourir.
- Les lauréats devront pouvoir justifier de la nationalité française.
- Les ouvrages présentés ne seront reçus que jusqu’au 3i mars 1888.
- Un seul exemplaire manuscrit devra être déposé ou adressé, franc de port, au secrétariat du Conservatoire national de musique et de déclamation, avant le terme prescrit, et porter une épigraphe ou devise qui sera répétée sur un billet cacheté contenant le nom et l’adresse de l’auteur, qui ne doit pas se faire connaître d’avance.
- Les concurrents sont prévenus que l’administration ne rendra aucun des manuscrits qui lui auront été remis.
- LE BANQUET DE L’HOTEL CONTINENTAL
- Samedi soir, a eu lieu, à l’hôtel Continental, un banquet offert à M. Dautresme, ministre du commerce, par la Réunion amicale, industrielle et commerciale,, qui a pour président M. Prevet, député, nommé récemment commissaire général de l’Exposition de Barcelone. Cette réunion avait pour objet.la remise à M. Alphand, directeur des travaux de l’Exposition de 1889, d’une médaille commémorative.
- Au dessert, M. Prevet, député,a pris le premier la parole. Dans un discours intéressant, il a fait connaître que le commerce parisien tenait à témoigner, par un souvenir durable, sa gratitude envers M. Alphand. Après lui, M. Dautresme a prononcéavec humour et succès quelques paroles;
- puis, aux applaudissements de l’assistance, il a remis la médaille à M. Alphand , qui a remercié en quelques mots. M. Georges Berger a fait l’éloge de M. Alphand, et, finalement, M. Sandoz* vice-président et fondateurde la Réunion amicale, industrielle et commerciale, a porté un toast à M. Berger. L’assemblée s’est séparée vers dix heu* res.
- ÉCHOS
- Paris
- L’exposition annuelle du Cercle de V Union artis-. tique ne sera inaugurée que le 13 courant, c’est-à-dire de demain lundi en huit. Les causes de ce retard sont les suivantes: la fusion, récemment accomplie des cercles de l’Union Artistique et des Champs-Elysées, a rendu fort étroits et dé-, sormais insuffisants, les salons de la place Vendôme. Aussi l’exposition devra-t-elle émigrer cette année à la galerie Georges Petit, rue de Sèze. Le succès l’y suivra!
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- L’intéressant salon du cercle Volney, plus strie* tement, « artistique et littéraire », inauguré le 27 janvier, a déjà vaillamment affirmé le sien.
- La clôture s’en fera le jeudi 23 courant, pour être suivie, du jeudi 1er au lundi 12 mars, de l’exposition annuelle d’aquarelles, dessins et gra-. vures.
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- On annonce déjà la troisième exposition du Blanc et Noir, qui se fera du 1er octobre au 15 novembre 1888, au Pavillon municipal des Champs-Elysées, sous le patronage et la présidence de M. E. Guillaume.
- Les communications sont reçues par M. E. Ber* nard, directeur, 71, rue La Condamine, et par M. F. Bournand, secrétaire général, 19, rue des. Fermiers.
- Une exposition de pastels et dessins de M. Ch. Serret est visible tous les jours, dimanches excep* tés, de trois à cinq heures, aux galeries Durand-. Ruel, rue Laffitte, 16.
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- A voir, au musée ethnographique du Trocadéro, la très curieuse et très intéressante exposition Samoyède, avec tableaux panoramiques et figures, organisée par M. Charles Va rat, au retour d’une mission scientifique en Russie,
- Très instructive et attrayante exhibition inau-. gurée la semaine dernière.
- ETRANGER
- Allemagne
- L’Académie des Beaux-Arts de Berlin ne croit pas devoir abandonner pour 1888 l’organisation de son exposition internationale annuelle, malgré les deux grandes exhibitions similaires qui attireront cette année à Munich et à Vienne l’attention presque exclusive des artistes et des amateurs.
- L’exposition académique aura donc lieu, comme à l’ordinaire, et l’inauguration s’en fera dans le le courant de juillet.
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- Le Comité central de l’exposition internationale des beaux-arts de Munich annonce que les œuvres ayant figuré au salon de Paris 1888, seront admises de droit à l’exposition (1er juin à fin octobre).
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- Angleterre
- Nous avons brièvement mentionné dans notre dernier numéro, un projet d’exposition Française, à Londres.
- Voici quelques nouveaux détails : en présence des grands efforts faits pour l’organisation de l’exposition Italienne, un Comité s’est formé à Paris pour préparer parallèlement une exposition exclusivement française qui comprendra, comme sa rivale, les arts, les sciences, le commerce et l’industrie et aura pour titre, « Exposition des lauréats de France ».
- L’exhibition aura pour cadre, comme nous l’avons dit précédemment, le Royal aquarium à Westminster, et l’ouverture s’en fera le mardi 1er mai prochain.
- Le siège du Commissariat général est à Neuilly-sur-Seine, 49, rue Jacques Dulud.
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- L’exposition alimentaire et culinaire universelle dont nous avons annoncé l’organisation à Londres, recueille de nombreuses et importantes adhé-* sions.
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- Quatrième Année. — N° 162.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 5 Février 1888. — 953.
- Le Comité exécutif, qui cherchait à s’assurer des locaux convenables, a pu obtenir de S. G. duc de Wellington la concession gratuite de son vaste manège de Knightsbridge. L’inauguration reste fixée au mois d’avril.
- Un mouvement très important de participation se dessine en Italie en faveur de l’exposition italienne de Londres, sous le patronage du gouvernement et avec le concours officiel des autorités. On a lu les détails que nous donnions déjà à ce sujet dimanche dernier.
- M. J.-B. Whitley, l’organisateur et ex-directeur de l'exposition américaine, a été reçu dernièrement à Rome par le roi Humbert qui lui a assuré quelle importance le gouvernement attachait à la réussite de cette entreprise, dont les résultats pratiques pouvaient être inappréciables pour le développement du commerce et de l’industrie dans la péninsule, pour le développement des exportations au dehors.
- Si nous citons tous ces détails et insistons si vivement sur une entreprise étrangère, c’est, nous l’avouons ingénument, avec un léger sentiment d’envie, aussi pour faire connaître encore avec quel esprit d’initiative, quelle activité agissent tous nos concurrents, et combien leurs efforts sont encouragés dans les sphères officielles.
- En est-il toujours ainsi chez nous?...Hélas !
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- Belgique
- Nos confrères d’art annonce que V Union des Artistes Gantois prépare une exposition de beaux-arts, dont l’ouverture se fera le dimanche 26 février.
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- Ces jours-ci doit être inaugurée à Bruxelles la cinquième exposition annuelle de peinture et de sculpture, connue sous le nom de Salon des XX.
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- Nous avons précédemment parlé des trois expositions spéciales qu’organise à Bruxelles, comme chaque année, la Société belge des ingénieurs et industriels, et dontles deux premières sont internationales.
- L’exhibition n° 1, consacrée aux instruments et outils de l'ingénieur, a été inaugurée le vendredi 3 février. Elle se subdivise en cinq classes dont la composition a été donnée par notre confrère la Revue Commerciale diplomatique et consulaire. Voici la nomenclature que nous lui empruntons :
- lre Classe. — Instruments , appareils et matériels servant à la topographie, au nivellement et au lever des plans, tels-que : règles, chaînes, cordeaux, mires, jalons, podomètres, équerres, sta-dias, goniomètres,sextants,niveaux, théodolithes, tachéomètres, éclimètres, planchettes et appareils photographiques appliqués au lever des plans, baromètres, thermomètres, boussoles, longues-vues, etc.
- 2* Classe. — Outils et matériel du dessin : Compas, règles, échelles, équerres, planches et tables à dessiner, pantographes, micographes, rapporteurs, jeux de courbes, etc.
- 3e Classe. — Instruments de calcul, tels que : Planirri êtres, machines à calculer, règles, cercles et montres à calcul, etc
- 4e Classe. — Matériaux du dessin, tels que : papiers et toiles à dessins, crayons, enores, couleurs, pinceaux, godets, plumes, grattoirs, punaises, gommes, etc.
- 5e Classe. — Carnets, aide-mémoire, tables à calcul, etc. Toutes les communications relatives à l'exposition sont reçues par* le président du IIe comité de la société Belge des ingénieurs et industriels au palais de la bourse, à Bruxelles.
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- L’honorable M. John Bigelow, de New-York, ex-ministre des Etats-Unis à Paris, aurait, paraît-il, été chargé des fonctions de commissaire général pour cette puissance au concours international de Bruxelles. A Londres, une réunion générale a été tenue le 24 janvier à Mansion House, sous la présidence du Lord-Maire, en vue de la participation de l’industrie et du commerce anglais au concours et à l’exposition.
- Les délais d’admission expirent le 15 de ce mois.
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- Espagne
- L’Allemagne se prépare à prendre une très large part à l’exposition universelle de Barcelone. Un comité central s’est constitué ces jours derniers à Berlin et a absorbé le comité hambourgeois dont nous avions précédemment mentionné la formation. Le siège du comité est à Berlin, W. Wilhelmstrasse n° 706. De grands efforts sont faits pour rendre aussi importante que possible
- la participation de l’Allemagne, étant donné l’intérêt très accusé qu’a cette puissance à accaparer tous les débouchés dans la péninsule espagnole et à se créer une situation prépondérante sur les marchés locaux On fait surtout valoir qu’il importe de combattre énergiquement la participation, devenue officielle, de la France.
- En Belgique, la commission belge, appuyée par le gouvernement, facilite par tous les moyens la représentation de l’industrie et du commerce nationaux.
- Rappelons d’ailleurs que l'exposition de Barcelone sera inaugurée 1e dimanche 8 avril prochain, qu’elle est organisés sous les auspices de l’Aguntiamento Constitucional de la Ville, du gouvernement ro> al de la province et de l’assemblée provinciale.La superficie totale des emplacements, palais et parcs, est de 465,000 mètres carrés. L’exposition aura une durée de six mois. La section de Beaux-Arts sera importante ; l’administration municipale a affecté un crédit de 250,000 fr. pour ses achats dans la section de peinture.
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- L’exposition des œuvres de Ribéra dont nous avons annoncé l’inauguration à Valence, le ^janvier dernier, a été organisée à l’occasion du troisième centenaire de la naissance du grand peintre, àJativa, en 1588.
- A la même occasion, une statue commémorative a été élevée à Valence.
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- Etats-Unis
- On signale les expositions du peintre Philippo-teaux, à Boston ; de Y Union League Club, à New-York. Cette dernière, inaugurée le jeudi 12 janvier dernier, réunit des œuvres de peinture, empruntées aux collections publiques et privées.
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- L’exposition de portraits historiques, ouverte depuis le Ie1' décembre dernier à la Pennsylvania Academy of art, de Philadelphie, a été clôturée le dimanche 15 janvier.
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- Italie
- La Belgique prendra part à l’exposition internationale musicale de Bologne.
- Le musée du Conservatoire de Bruxelles a été autorisé par le gouvernement à y faire des envois.
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- Jeudi dernier, 2 février, a été inaugurée à Rome l’exposition annuelle de viticulture italienne.
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- Tunisie
- Le résident général projette d’annexer au Concours agricole dont 'nous avons parlé une exposition scolaire.
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- Autriche
- On trouve, affiché dans nos bureaux, le programme sommaire de l’exposition internationale d’aéronautique (Vienne, Autriche, avril 1888).
- Ubique.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE DE BARCELONE
- La participation française à l’Exposition universelle de Barcelone est complètement organisée.
- On sait qu’un comité d’initiative privée avait été organisé à Paris. Il était composé de l’élite de l’industrie et du commerce parisiens.
- Lorsque la municipalité de Barcelone eut pris la direction de cette vaste entreprise et que le patronage du gouvernement espagnol eut apporté l’estampille officielle, les travaux du comité s’accentuèrent d’avantage et la sollicitude du ministère du commerce et de l’industrie fut spécialement attirée sur les avantages qu’il y avait à conserver à la France son principal marché en Espagne en défendant la suprématie acquise aux marques françaises, non seulement dans la Péninsule, mais encore dans les colonies espagnoles dont Barcelone est principal centre d’exportation.
- C’est pour répondre à cet appel des industries et du commerce français que M. le ministre du commerce et de l’inaustrie a consacré l’œuvre d’initiative privée qui avait été organisée, et nommé officiellement, commissaire général, chargé de représenter la France et d’organiser la section française, M. Charles Prevet, député de Seine-et-Marne, président de la commission.
- Les services du commissariat général ont été installés, Palais de l’Industrie, n° 1, et les adhésions des artistes, industriels et commerçants y sont dès à présent reçues. Le Plan de la section française y est préparé et tous les renseignements désirables y seront fournis. Aucun agent ou représentant français ou étranger n’est spécialement accrédité auprès du commissariatgénéral, mais un pressant appel est fait à tous pour coopérer au succès de la participation française.
- M. le commissaire général vient d’adresser à tous les artistes industriels et commerçants français la circulaire suivante :
- Monsieur,
- « Une Exposition universelle, artistique, industrielle et agricole doit s’ouvrir à Barcelone au mois d’avril prochain.
- Je ne crois pas nécessaire d’insister sur le grand intérêt qu’il y a pour les industriels français à participer à cette Exposition.
- La situation géographique, l’affinité de race, la similitude des besoins ont fait de l’Espagne un marché presque exclusivement réservé aux produits français. Nos industries et notre commerce y trouvent des débouchés qu’il importe de défendre, avec d’autant plus de soin, que d’autres nations font de très grands efforts pour nous enlever une partie des importations.
- Ces nations qui rencontrent dans l’Exposition de Barcelone un puissant moyen de propagande commerciale, s’imposent de très grands sacrifices pour augmenter l’importance de leur participation.
- L’Exposition de Barcelone n’est pas intéressante seulement par le commerce de la Péninsule, elle offre encore un grand intérêt pour les transactions avec les colonies espagnoles qui y seront largement représentées.
- Barcelone qui compte 400,000 habitants est la capitale commerciale et le principal port de l’Espagne. L’affluence des visiteurs y sera certainement considérable.
- J’espère, Monsieur, pouvoir vous compter au nombre des exposants français qui iront soutenir à Barcelone une véritable lutte patriotique.
- Toutes les demandes d’admission devront être parvenues au commissariat avant le 28 février 1888. Il est nécessaire que l’administration de l’Exposition puisse connaître à cette époque, l’étendue des espaces qui doivent être réservés à la section française.
- Veuillez agréer, Monsieur, l’assurance de ma considération très distinguée. »
- Le Commissaire général,
- Ch. Prevet.
- Il résulte des communications déjà faites par les membres de la Commission que le succès de la participation française est, dès à présent, largement assuré.
- Comme l’ouverture de l’Exposition universelle de Barcelone est prochaine, nous ne saurions trop engager les artistes, industriels et commerçants français à adresser leurs adhésions -au commissariat général, au Palais de l’Industrie, porte n° 1.
- LA
- PARTICIPATION DE LÀ FRANCE
- A L’EXPOSITION DE MELBOURNE
- Le ministre du commerce et de l’industrie,
- Vu l’arrêté du 29 décembre 1887, constituant une commission préparatoire en vue de la participation de la France aux diverses expositions internationales qui doivent s’ouvrir en 1888 ;
- Vu les arrêtés des 11 et 12 janvier 1888, complétant la commission susvisée ;
- Vu l’arrêté du 7 janvier 1888, portant règlement général de l’exposition de Melbourne ;
- Vu l’article 3 dudit arrêté, prévoyant l’institution d’un jury d’admission à Paris ;
- Sur la proposition du directeur du personnel et de l’enseignement technique,
- Arrête :
- Art. Ier.— Il est institué, sous la présidence du ministre du commerce et de l’industrie, une commission spéciale en vue de la participation de la France à l’exposition internationale de Melbourne (1888). Cette commission se subdivise en huit sections.
- Art. 2. — La première section est chargée de la centralisation et de l’examen de toutes les affaires relatives à l’exposition.
- Elle est composée des membres de la commission préparatoire ci-dessus visée, sous la présidence de M. Georges Berger, ancien commissaire général à l’exposition de Melbourne (1880).
- Art. 3. — La deuxième section remplira l’office de jury d’admission pour le groupe I (beaux-arts). Elle sera constituée par arrêté du ministre de l’instruction publique et des beaux-arts.
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- N° 162.
- iÆ MONITEUR DE L’EXPOSITION DE i88q-
- Dimanche 5 Février 1888.
- Art. 4. — Les six autres sections seront constituées par arrêté du ministre du commerce et de l’industrie.
- Elles rempliront l’office du jury d’admission pour les groupes et classes de la classification australienne ci-après désignés:
- Section III, 2e groupe et classe 73.
- — IV, 3e et 4e groupes et classe 74.
- — V, 3e groupe.
- — VI, 6e groupe.
- — VII, 7e et 12e groupes.
- — VIII, 8e, 10e et 11e groupes.
- Art. 5. — La première section connaîtra de toutes les difficultés et réclamations qui pourraient s’élever au sujet des décisions prises par les autres sections.
- Paris, le 17 janvier 1888.
- Lucien Dautresme.
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- Par arrêté en date du 21 janvier 1888, le minis tre du commerce et de l’industrie a nommé membres de la commission spéciale de l’exposition de Melbourne :
- Section III
- MM.
- Blondel, de la maison Erard, secrétaire des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Braun (Gaston), photographe des musées nationaux, membre des comités d’admission à l'Exposition universelle de 1889.
- Brouardel (le Dr), membre de l’académie de médecine, doyen de la faculté de médecine, président du comité consultatif d’hygiène publique de France, président des comités d’admission à l’Exposition universelle de 18S9. )
- Buisson (Fi), inspecteur général de l’Instruction publique, directeur de l’enseignement primaire au ministère de l’instruction publique et des beaux-arts, vice-président des comités d’admission à l’Exposition universelle de 18S9.
- Choquet, président de la chambre syndicale du papier et des industries qui le transforment, vice-président des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Colin (Armand), éditeur, secrétaire des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Delagrave (Charles) , libraire-éditeur, membre des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Delalain (Paul), président du Cercle de la librairie, président des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Dupont (Paul), administrateur-directeur de la société anonyme d’imprimerie et de librairie des administrations de chemins de fer, membre des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Fouret (René), de la maison Hachette et. Cle, rapporteur des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Gréard (Octave), membre de l’Académie française, vice-recteur de l’académie de Paris, président des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Laroche-Joubert (Edgard), fabricant de papier, député, président des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Laussédat (le colonel), directeur du conservatoire national des arts et métiers, vice-président des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Lévy (Georges), président de la chambre syndicale de la photographie, vice-président des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Lyon (Gustave), directeur de la maison Pleyel, Wolffet Ce, membre des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Martin (le docteur Th.), auditeur au comité cousultatif d’hygiène de France, rapporteur des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Masson (Georges), libraire-éditeur, membre de la chambre de commerce, membre des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- May (Henri), de la maison Quantin, juge au tribunal” de commerce, membre des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Perrier (le général), membre de l’académie des sciences, directeur du service géographique au ministère de la guerre, membre des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1880.
- Plon (Eugène), imprimeur-libraire, ancien président du Cercle de la librairie, membre des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889..
- Proust (Antonin), député, président de l’Union centrale des arts décoratifs, membre des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Rossigneux (Charles), architecte - décorateur, président des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- . Siegfried (Jacques), député, membre des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Tasset (Paulin), président de la chambre syndi-
- cale des graveurs en tous genres, membre des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Vidal (Léon), vice-président de la chambre syndicale de la photographie, rapporteur des comités d’admission à l’Fxposition universelle de 1889.
- Wickham, président de la chambre syndicale des instruments et appareils de l’art médical, membre des comités d’admission à l’Exposition . universelle de 1889.
- Section IV
- MM.
- Balliman, président de la chambre syndicale des verres à vitres, membre des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Barbedienne, fabricant de bronzes et d’objets d’art, président honoraire de la chambre syndicale des fabricants de bronzes, président des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Benda (A.), président honoraire de la chambre syndicale des miroitiers, membre des comités d’aamission à l’Exposition universelle de 1889.
- Christofle, fabricant d’orfèvrerie, d’argenture et de galvanoplastie, secrétaire des comités d’admission à 1 Exposition universelle de 1889.
- Davoust, fabricant de toiles cirées, président des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Deck (Th.), administrateur de la manufacture nationale de Sèvres, vice-président des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Dietz-Monnin, sénateur, ancien président de la chambre de commerce de Paris, vice-président du comité supérieur de révision à l’Exposition universelle de 1889.
- Dubreuil (Alfred), président de la chambre de commerce de Limoges, membre des comités d’admission à l’Exposition universelle de (889-
- Gagneau (G.), fabricant de bronzes, président de la chambre syndicale des fabricants de bronzes, vice-président des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- .Geneste (Eugène), constructeur d’appareils de chauffage et de ventilation, vice-président des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Gsrspach, administrateur de la manufacture nationale de tapisseries des Gobelins, membre des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Gillou fils, fabricant de papiers peints, président de la société de protection des apprentis du papier peint, membre des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Giraudon (S.), président de la chambre syndicale de la maroquinerie et gaînerie, membre des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Guerlain (Aimé), fabricant de parfumerie, ancien vice-président de la chambre syndicale des parfumeurs, président des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Lauth (Ch.), administrateur honoraire de la manufacture nationale de Sèvres, président des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Lemoine (H.), président de la chambre syndicale de l’ameublement, membre de la chambre de commerce, président des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Leroy (Isidore), père, fabricant de papiers peints, président des comités d’admission à l’Exposition universelle de I889.
- Maes (G.), membre delà chambre de commerce, président de la chambre syndicale des fabricants de cristaux et verreries, membre des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Piault (Jules), fabricant de coutellerie, membre de la chambre de commerce, président des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Pierrat (D.), président de la chambre syndicale de la tabletterie, membre des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Rodanet (A.-H.), fabricant d’horlogerie, membre de la chambre de commerce, président de la chambre syndicale d’horlogerie, président des comités d’admission à l’Exposition universelle de 188g.
- Thierry (G.), président de la chambre syndicale de la céramique et de la verrerie, membre des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Williamson, administrateur du mobilier national, membre des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Section V
- MM.
- Bessand (Paul), manufacturier, secrétaire des comités d’admission à l’üxposition universelle de 1889.
- Biais (aîné), vice-prési dent de la chambre syndicale des dentelles, tulles et blondes, président des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- MM.
- Chauvin, président de la chambre syndicale des fabricants de jouets, rapporteur des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Depasse-Laridan, président de la chambre syndicale de la bonneterie, membre des comités d'admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Gastinne-Renette, président de la chambre syndicale de l'industrie et du commerce des armés, munitions et articles de chasse, membre des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1880,
- Germain (Léopold),négociant en soies grèges et ouvrées, secrétaire des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Haas, membre de la chambre syndicale de la chapellerie, membre des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1880.
- Hayem (Julien), président delà chambre syndicale de la chemiserie en gros pour hommes, président des comités d’admission pour l’Exposition universelle de 1889.
- Hériot, directeur des magasins du Louvre, membre des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Legrand (Victor), fabricant de tissus imprimés pour ameublement, juge suppléant au tribunal de commerce, membre des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Levallois, de la maison Levallois et Delon, président de la chambre syndicale des tissus et nouveautés, membre des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Loiseau (A.), président de la chambre syndicale des dentelles, tulles, blondes, rapporteur des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Magnier, manufacturier, membre de la chambre de commerce, président des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Marcilhacy, secrétaire de la chambre de commerce de Paris.
- Marret, président de la chambre syndicale de la bijouterie, joaillerie et orfèvrerie, rapporteur des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- M.uzet (Alexis), président du syndicat général de l’union des chambres syndicales, président des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Péan (Charles), président de l’union des fabricants de jouets, président des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Piel (A.), président de la chambre syndicale de la bijouterie-imitation, vice-président des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Plassard, administrateur des magasins du Bon Marché, membre des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Sriber (Alph.), président de la chambre syndicale du caoutchouc et toile cirée, secrétaire des comités d’admission à l’Exposition de 1889.
- Talamon (F.), négociant en draps, ancien président de la chambre syndicale du commerce et de l’industrie des tissus et des matières textiles, secrétaire des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Thézard (A.), négociant - commissionnaire en draps, vice-président de la chambre de commerce d'Elbeuf, membre des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- (A suivre).
- ------~--—----îr»'0 Mîgrr—n» --.
- CONCOURS GÉNÉRAL AGRICOLE
- AU PALAIS DE L’INDUSTRIE
- Du Samedi 28 Janvier au Mercredi 8 Février
- Le Paris des Parisiens se divise en deux groupes : les Parisiens qui travaillent et les Parisiens pour qui on travaille.
- Sur le pourtour du premier étage du palais de l’Industrie, on trouve les premiers qui viennent pour vendre aux autres le produit de leur travail; il en est ainsi dans toutes les manifestations qui se produisent dans ce temple du commerce et de l’industrie aussi bien que de l’agriculture. Mais le temps n’est pas propice.
- Cependant, samedi 2-8, à 2 heures, le président de la République a visité le concours général agricole et l’exposition d’instruments d’agriculture installés au palais de l’Industrie.
- M. Carnot, qui était accompagné du colonel Lichtenstein et d'un capitaine d’ordonnance, a été reçu à l’entrée de la grande nef par MM. Sarrien, ministre de l’intérieur; Viette, ministre de l’agriculture; Tisserand, directeur de l’agriculture; Menault, inspecteur général de l’agriculture, commissaire général du concours ; des présidents et membres des jurys des concours.
- Traversant l’exposition du concours de toutes les volailles et des instruments de culture, M. Car-
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- Quatrième Année. — N° 162.
- not s’est rendu à l’intéressante exposition des produits de l’Algérie et de nos colonies, puis a parcouru le salon de MM. Forgeot et Cie en remarquant avec une attention soutenue l’exposition de cette importante maison.
- De là, passant dans la serre tempérée où sont exposées des plantes de toute beauté, il a paru émerveillé et a notamment félicité M. Dallée de sa splendide exposition qui lui a, du reste, valu la médaille d’or ; passant ensuite par l’exposition des colonies, M. Carnot est arrivé à l’exposition des miels et cires où il s’est arrêté un moment à admirer la pureté des produits exposés et qui, cette année, sont tout à fait remarquables. Le président du jury lui ayant exprimé le désir qu’un prix d’honneur fût donné dans cette classe, M. le président et le ministre de l’agriculture, approuvant la justesse de cette demande, ont accordé cette récompense tout à fait supérieure. Là, M. Carnot s’est retrouvé en pays de connaissance avec un agriculteur de la Savoie qui l’a connu lorsqu’il était ingénieur de ce département; puis a complimenté le commissaire général sur la beauté des miels d’Arlgerville exposés par M. Fournier et aussi sur l’ensemble de tous les produits de l’agriculture.
- Passant ensuite par le salon de l’école de Saint-Rémy (Haute-Saône), il a félicité M. Cordier, le directeur de cet établissement, et a terminé par le grand salon de M. Vilmorin.
- La visite présidentielle a ' duré environ une heure et demie.
- En se retirant, M. Carnot a prononcé une courte allocution ; il a complimenté le ministre et surtout l’organisateur du concours général, M. Menault, qui, cette année, inaugure une série de conférences, causeries, promenades, sous le nom de le çons de choses.
- En effet, quoique le concours de l’an dernier fût déjà supérieur aux précédents comme organisation, il y a un nouveau et très sensible progrès cette année ; une heureuse amélioration a été réalisée. Au lieu des constructions qui étaient au centre du concours, on a établi un ravissant jardin orné de deux magnifiques taureaux en bronze, grandeur naturelle, et on nous promet encore d’autres merveilles pour l’an prochain ; il paraît que les habitants de la basse-cour monteront au premier étage et seront placés sur le pourtour de. la galerie.
- Du reste, cette année déjà, les pigeons, ces gentils volatiles, ont été placés au premier étage où l’on peut aller entendre leurs roucoulements presque plaintifs, car, par ce temps de neige, on les voit à peine. Cependant il y en a de bien jolis, et nous en parlerons un peu plus loin.
- Il nous a paru intéressant de signaler avec les sujets de conférence le nom des conférenciers qui se sont dévoués pour ce premier essai, certain à l’avance que l’an prochain on n’aura que l’embarras du choix.
- Conférences, Leçons de choses, Causeries-promenades, organisées pendant le Concours général, au Palais des Champs-Elysées, sous les auspices du Ministère de l’agriculture.
- PREMIER CONCOURS
- Dimanche 29 Janvier. —9 heures. M. Lemoine, aviculteur : Caractères distinctifs des races de volailles, coqs et poules. — 10 heures. M. Baron, professeur à l’Ecole vétérinaire d’Alfort : Animaux reproducteurs.
- Lundi 3o. — 1 heure. M. Léré, professeur à l’Ecole nationale d’agriculture de Grignon : Altération et conservation du lait.—2 heures. M. Henri Vilmorin, membre de la Société nationale d’agriculture : Pommes de terre.
- Mardi 3i. — 10 heures. M. Max. Cornu, professeur-administrateur au Muséum d’histoire naturelle : Produits des colonies.— 2 heures. M. Ed. André, rédacteur en chef de la Revue horticole, voyageur naturaliste dans l’Amérique du Sud ; Plantes d'ornement de serre.
- DEUXIÈME CONCOURS
- Des leçons de choses seront faites au Palais de l’Industrie dans l’ordre suivant :
- Jeudi 2 Février. — io heures. M. Roullier-Arnoult, aviculteur : Incubation artificielle. — 2 heures. M. Delahaye, marchand grainier : Graminées et plantes fourragères.
- Vendredi 3 Février. — 9 heures. M. Forgeot, marchand grainier : Culture maraîchère. —
- 10 heures. M. Fournier, professeur d’apiculture : Apiculture, rayons artificiels. — 2 heures. M. Vacher, agriculteur : Histoire d'un grain de blé.
- Samedi 4 Février. — 10 heures. M. Voitellier, aviculteur : Hygiène des animaux de basse-cour. — 2 heures. M. Bouçhereaux, aviculteur : Couveuses artificielles. — 3 heures. M. G. Heuzé, inspecteur-général honoraire de l’agriculture, professeur à l’Institut national agronomique : Influence des engrais verts sur la production économique des céréales.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 5 Février. — 9 heures. M. Baillet, vétérinaire, inspecteur général de la boucherie de Bordeaux : Animaux gras. — 10 heures. M. Charles Baltet, président de la Société horticole, vigneronne et forestière de l’Aube : Fruits de table. —
- 2 heures. M. Moreau, membre du Jurv : Fromages.
- Lundi 6 Février. — 10 heures. M. Rouvière, agriculteur : Lapins, dindons, oies, canards, pigeons. — 2 heures. M. Rivière, professeur départemental d’agriculture : Moyens d'accroître le volume des fruits et d’exalter leur coloris. —
- 3 heures. M. Chirade (Armand), membre du jury: Beurres.
- Mardi 7 Février. — 10 heures. M. Salomon, viticulteur àThomery : Conservation des raisins.
- — 2 heures. M. Hédiard, négociant : Fruits exotiques.
- Ainsi, nous avons noté quelques passages de la conférence sur les Pommes de terre:
- Après un court historique de l’introduction et de la vulgarisation de la pomme de terre dans lequel il fait la comparaison des Anglais qui aiment une pomme de terre ronde à chair blanche, mousseuse et crémeuse lorsqu’elle est cuite, tandis que les Français préfèrent une pomme de terre à chair jaune ayant l’aspect d’un gâteau, M. H. Vilmorin indique la nécessité d’une classification méthodique de mille ou douze cents variétés actuellement connues. Les éléments de cette classification se trouvent dans la forme et la couleur des tubercules, et subsidiairement dans la couleur et l’apparence des germes et des fleurs.
- Le semis est le moyen d’obtenir des variétés encore plus parfaites que celles qui existent. Les pommes de terre d’avenir sont celles qui répondent d’une façon parfaite à un emploi déterminé , comme les pommes de terre Marjolin hâtive, Royale, Quarantaine de Noizy, Vitelotte dans les races potagères; comme la Saucisse, la Chave pour la culture en grand et la consommation d’hiver, la Jeaucé, la Farineuse rouge et surtout l’Imperator pour les emplois agricoles ou industriels.
- M. Menault, commissaire général, qui ne néglige rien, fait recueillir toutes ces conférences ou causeries, comme on voudra, dans le but de les réunir en un volume, qui, nous devons le dire par celles qu’il nous a été donné d’entendre, sera très intéressant.
- Mais revenons au concours ; au premier étage le côté sud-ouest est occupé sur la gauche par les diverses expositions des produits de l’Algérie. Comme toujours, M. Desvallons a organisé les trois salles avec beaucoup de soin et avec une harmonie locale. L’une contient les vins— 231 nos vins rouges récoltes de 86-87, Près de cent n0s de vins blancs secs, des vins de liqueurs, muscat et autres; i5o nos sont réservés pour les eaux-de-vie puis viennent les céréales, les huiles, miels, cire, légumes et fruits, enfin les plantes textiles ; les plantes exotiques, essences forestières, etc.; les lièges et les bois industriels. Dix comices de l’Algérie réunissent environ 25o exposants de produits divers. Du côté de l’Algérie nous trouvons la Cochinchine, puis la Guadeloupe, dont les exposants ont envoyé divers produits, notamment du rhum; la Martinique, Mayotte, la Réunion, le Sénégal ont également envoyé des produits qui tous intéresseront vivement autant les amateurs que les curieux.
- Le protectorat de l’Annam et du Tonkin est très bien représenté, les envois faits par M. Ch. Lemire, résident de France à Qui-Nhoa, tant en graines, légumes que plantes vivantes comprennent 25o nos, 5o nos pour les ustensiles, des publications sur l’agriculture, etc.
- La province de Mung et la vice-résidence de Phuong-Lam ont également envoyé des produits, ainsi que le protectorat de Tunisie.
- La Société d’agriculture d’Alger s’est particulièrement distinguée par ses nombreux échantillons de légumes frais (primeurs; qui malheureusement ont à souffrir ici de la température sibérienne qui sévit en ce moment et quantité de produits agricoles divers ; partout des plantes vertes du jardin d’essai du Hamma (Alger) ornent les salles ; au milieu de l’une d’elles un magnifique rond-point composé de cocos, de lataniers, strelit -zia, araucarias et autres plantes variées, fait le meilleur effet, mais là où M. Ch. Rivière, l’habile directeur de cet établissement, s’est surpassé , c’est dans ce magnifique massif du grand salon nord-ouest: une forêt vierge de l’Afrique avec ses lianes; avec un peu plus de profondeur on croirait quedes animaux sauvages vont se faire entendre, effet merveilleux, surtout si l’on se rend compte de la distance et de la difficulté de transport pour des plantes de 4 et 3 m. de hauteur.
- Nous voudrions encore parler de l’Algérie, mais nous devons aussi consacrer quelques lignes aux autres exposants et c’est à regret que nous ne pouvons donner de plus amples détails.
- En suivant nous trouvons les deux salons de MM. Forgeot et Cie, qui se tiennent à la hauteur de la réputation qu’ils ont su conquérir; au deuxième concours nous les retrouvons avec les plantes bulbeuses et autres nouveautés.
- Dimanche 5 Février 1S8S. — 955.
- Entrons maintenant voir les plantes de serre, nous y trouverons aussi les plantes fleuries à feuillage persistant, et les plantes forcées fleuries : un magnifique massif de lilas Charles X (Violet) s’offre à la vue, placé, comme par enchantement, dans une pelouse artificielle très bien disposée; à l’autre extrémité un massif de camélias plus frais les uns que les autres, citons : Chandlerii elegans, rose tendre ; Cup of Beauty, qui est bicolore, d’une part rose panaché et en haut rouge carmin vif, Madona, rose chair, Micholsini, carmin vif, Mistriss Cope, rose et panaché rose, Gloire de Giganti, Il Giogetlo, Virginia Franco, rose panaché et blanc, etc., etc.; telle est la première exposition de Levêque et fils, et quand nous dirons que le Jury a décerné deux médailles d’or, personne ne sera surpris, mais au second concours, tout cela va changer comme un décor des Mille et une Nuits et nous aurons d’autres merveilles à admirer.
- En se promenant dans jce atdin, sur une autre pelouse, M. Moser a placé un massif de Rhododendrons de plein air, des avalées, de très jolis magnolias, des Ericas, et des Rhododendrons de l’Himalai a, qui lui ont valu aussi une médaille d’or bien méritée ; malgré la température, quelques plantes ont souffert du courant d’air d’une porte de service que l’on ouvre trop souvent, c’est fâcheux.
- Nous trouvons à côté un massif de plantes vertes disposées avec beaucoup de goût par l’habile M. Chautin qui, étant membre du jury, ne pouvait prendre part au concours ; néanmoins ses collègues ont tenu à apprécier cet envoi suivant ses mérites et lui ont décerné un diplôme d’honneur, ce qui a été fait également pour M. Rivière, directeur des jardins du Hamma, et qui était hors concours.
- Trois exposants seulement avaient présenté des plantes de serre, plantes vertes; une médaille de vermeil a été décernée à M. Lellieux, une médaille d’argent grand module à M. Lange. Mais où est le réel mérite? c’est dans la grande et splendide exposition de M. Dallé qui a obtenu la médaille d’or. Elle se compose d’un grand massif dont le fond est formé par les plantes gigantesques des contrées de l’équateur. Des Cocos australis, Chamœrops stauracanta, PhœnixSchaottiana masquent le fond, au centre un énorme Pritchardia macrocaspa étale majestueusement ses larges feuilles, semblables à de grands parasols protégeant cet admirable petit oiseau-mouche qui a emprunté à l’aurore les plus vives couleurs de son plumage : Oncidium krame-rianum (Equateur), qui étale ses ailes et redresse ses aigrettes mieux que ne le ferait le plus parfait colibri. Des Laelia, des Authurtums, et quantité à’Orchidées, donnent à ce massif un air gai, que relève encore les festons multicolores du bas; un Tillandsia muscaïca du Brésil est aussi très remarquable.
- En sortant de ce jardin d’hiver nous trouvons l’Exposition des colonies qui est très remarquable, puis plus loin, salle 17, l’exposition des miels, cires, huiles, olives, fruits secs. Il est nécessaire de dire que les exposants des miels et cires se sont surpassés cette année et que pour peu qu’ils continuent ils aideront au. vote de la loi de protection contre les miels étrangers, qui trop souvent sont trafiqués.
- M. Asset, de Sèvres, remporte cette année un prix d’honneur qui a été demandé spécialement, vu la supériorité des produits : c’est la première fois qu’un prix d’honneur est décerné à l’Apiculture ; mais devant de tels mérites, la cause était facile à plaider, aussi a-t-elle été gagnée grâce aux magnifiques travaux de l’apiculteur lui-même. Très nombreux cette année, nous ne pouvons les citer tous ici, mais nous indiquerons seulement les principaux.
- M. Beuve, diplôme d’honneur, pour ses miels, rappel de médaille d’or pour ses cires; Fournier d’Angerville, médaille d’or pour ses miels, médaille d’argent, Froissard à Annecy, Saint-Pée à Paris, Malézé, Grenier-Dalbine, Warquin, etc., etc.
- Pour les huiles et olives, la palme revient à M. Leydet qui remporte deux médailles d’or et une d’argent, ainsi que la médaille d’or pour les fruits secs. MM. Anastay et Cie obtiennent deux médailles d’argent pour les huiles et une de bronze pour les olives.
- Parmi les exposants de fruits et légumes exotiques frais ou conservés, il faut voir, salles 14 et 16, les installations de Beaudouin, de A. Michel et V7e Place qui exposent des ananas, citrons, oranges, dattes, bananes, etc., etc., mais l’exposition la plus complète est sans contredit celle de Hédiard qui est toujours en progrès et nous montre des produits inconnus jusqu’alors.
- Ce sont des bananes sèches de l’ile Maurice ; des figues séchées et mélangées avec des amandes, mises en pain à la mode espagnole; des pêches sèches, pêche jaune dite alberque, très bonne pour compotes et d’une agréable saveur, connue en Espagne sous le nom d’oresjones; des tomates sèches de Blidah, qui s’emploient pour les sauces et dont les Arabes se servent pour lecousscoussou; puis le gombo fevy (hibicus esculentus) ce légume est très bon pour les soupes dites câlalou aux An-
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- g5f>. — Quatrième Année. — N° 162. LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE : BS
- Dimanche 5 Février 1888.
- tilles ; on le reçoit à l'état vert de juin à octobre. — Nous avons remarqué un chapelet de gombo, provenant de Tunisie.
- Des confitures de bananes et autres conserves de fruits exotiques, des grenades, etc., etc., complètent cette intéressante exposition^la plus variée en son genre.
- A. Ramé.
- (A suivre.)
- LES LIVRES
- CXLII
- L'Ambassade de France en Angleterre sous Henri IV. Mission de Jean de Thumery, sieur de Boissise (i598-i6o2),_ par
- P. Laffleur de Kermaingant, Paris, Firmin-Didot, 2 vol. in-8.
- L’histoire politique et anecdotique du règne d’Henri IV semble épuisée par les travaux divers dont elle a été l’objet. Il en résulte un jugement qu’on peut formuler par ces mots : « En dépit de ses erreurs et de ses fautes, Henri IV fut un grand roi. » On peut ajouter. « En dépit de ses erreurs et de ses fautes, Henri IV fut un bon roi. » Il est demeuré populaire à ce double titre, parce que parmi des défauts dont aucun n’est fait pour le rendre odieux ou ridicule, et qui sont de ceux qui trouvent la postérité désarmée par une irrésistible indulgence, il eut des qualités qui permettent à l’histoire de pardonner. Il aima la France plus qu’aucune de ses maîtresses. Il garda, à travers les épreuves d’une vie longtemps militante, faite pour lui causer bien des déceptions et pour justifier en lui un certain mépris des hommes, cette gaieté vraiment française qui se rit des caprices de la fortune, et cette bonté vraiment française, qui aime à aimer, qui se plaît à se souvenir du bien et à oublier le mal.
- Cette impression que cause la lecture de tout ce qui a été écrit sur Henri IV au point de vue de l’histoire de sa politique intérieure ou au point de vue de l’étude de son caractère, n’est pas modifiée, n’est pas infirmée quand on essaye de le juger en le considérant dans ses rapports avec les puissances, dans ses relations avec ses alliés ou avec ses ennemis. La politique extérieure d’Henri IV nous le montre le même roi, le même homme que sa politique intérieure, toujours préoccupé et avant tout autre, de l’intérêt national, toujours habile sous la forme la plus agréable de l’habileté, la franchise, plein de ressources, de souplesse, portant dans les négociations les plus longues, les plus épineuses, une patience souriante qui ressemble à l’insouciance, toujours prêt à l’expédient, alerte à la riposte, d’une escrime diplomatique à fois généreuse et fine, sans bottes secrètes et sans manœuvres équivoques, mais non sans une légèreté de main déconcertante et une promptitude de coup d’œil qui lui ménage des coups décisifs et des parades victorieuses.
- On connaissait très peu jusqu’ici le détail de l’histoire diplomatique d’Henri IV, le menu de ses négociations. M. Poirson, Michelet, Henri Martin n’ont pas assez insisté sur ce trait original de la physionomie royale : son habileté de négociateur. On peut dire cependant que les plus belles batailles, les plus belles victoires d’Henri IV ont été livrées, ont été remportées sur le terrain diplomatique. C’est à sa diplomatie confiée à des légistes ou à des prélats d’une expérience et d’une finesse consommées comme Villeroy, le président Jeannin, le cardinal d’Ossat, Duplessis-Mornay, qu'il a dû. d’en finir avec la Ligue, d’en finir avec l’Espagne, d’abjurer impunément, de conjurer par l’édit de Nantes les mécontentements protestants, de pacifier et d’agrandir la France, de mettre la Papauté dans son parti, d’en obtenir le divorce, de devenir à son tour le médiateur de l’Europe, et grâce aux calculs les plus habiles et les plus hardis, de contenir les exigences, de désarmer la jalousie, de déconcerter les ambitions, de déjouer les pièges de la plus nécessaire et de la plus décevante des alliances, l’alliance anglaise.
- M. de Kermaingant, qui consacre laborieusement et utilement à l’histoire les loisirs que lui laisse la fortune, s’est attaché, avec une prédilection qui est déjà un témoignage de sa sagacité critique à éclairer d’un jour définitif ces négociations avec la reine Elisabeth qui sont, on peut le dire, la clef de voûte de l’édifice de la politique extérieure d’Henri IV et le chef-d’œuvre de sa diplomatie. Jusqu’ici ces négociations n’avaient fait l’objet d’aucune étude d’ensemble. M. Poirson avait eu peine à en démêler les fils entrecroisés, à en saisir les sous-entendus perpétuels, et il avait plus d’une fois mis gauchement le pied sur ces toiles si ingénieusement et si laborieusement ourdies.
- M. de Kermaingant, prenant pour point de départ le traité de Vervins, et s’aidant non seulement des documents français jusqu’ici seuls consultés, mais des documents anglais pour la première fois étudiés dans leur indispensable contrepartie, est arrivé à nous donner, des négociations qui aboutirent à ce traité mémorable, une histoire pleine de lumières inattendues et d’aperçus neufs. Les papiers des archives de Montmorency, libé-
- ralement mis à sa disposition par le baron d’Hu-nolstein lui ont permis de tracer un portrait vivant d’un négociateur de second ordre, par le talent mais non par le caractère, envoyé en Angleterre de 1.^98 à 1602 précisément pour conjurer les difficultés non subalternes, puisqu’en somme elles pouvaient provoquer une rupture dangereuse, issues de ce traité conclu avec l’Espagne contre le gré des Hollandais et encore plus contre le gré des Anglais. Elisabeth a été une reine essentiellement anglaise et véritablement politique, ne voyant, avec un égoïsme, que les coquetteries et les jalousies féminines rendaient encore plus implacable, que l’intérêt anglais, se félicitant in petto des revers de ses alliés qui leur rendaient un secours plus nécessaire etpermettaientdelelui vendre à plus haut prix, se tourmentant, s’inquiétant, se vengeant de victoires qui déjouaient ses plans. Ces victoires ou ces traités permettaient à un prince avisé de s’émanciper peu à peu d'une tutelle importune, de secouer le joug de cette politique de marchands qui profitaient, pour réclamer l’argent prêté, du moment où les finances d’Henri étaient le plus précaires, qui lui demandaient le gage de Calais le lendemain de la perte d’Amiens, qui ne pardonnèrent jamais complètement au roi de France de n’avoir pas voulu attendre pour faire la paix sans eux leurs ambassadeurs toujours en retard, et se prétendirent dupés quand il cessa de vouloir être dupe.
- Rien de plus intéressant, de plus curieux, déplus amusant, car ici la vérité est amusante comme une fiction, et l’histoire comme une comédie, que ce double manège, que ce double jeu, demeuré traditionnel dans la politique anglaise. Il est impossible de ne pas se souvenir de la boutade de Frédéric, rappelée par Joseph de Maistre : « Il n’y a pa^de pires alliés que les Anglais ».
- Dans cette histoire de l’alliance anglaise sous Henri IV, suivie d’un œil attentif, et sûr pour lequel le doigté diplomatique le plus prestigieux n’a pas de secrets, et qui ne se paye d’aucune apparence, M. de Kermaingant a trouvé une mine d’informations et de révélations où il est en train de creuser au grand profit et au grand agrément du public lettré un filon très habilement exploité par lui. Ce n’est pas un petit talent ni un petit succès que de trouver un coin tout à fait inexploré, un filon tout à fait neuf dans une histoire déjà si fouillée. Cette bbnne fortune est échue aux recherches et aux découvertes de M. de Kermaingant qu’on ne saurait trop encourager à les poursuivie, trop féliciter du parti qu’il en a déjà tiré.
- Grâce à lui, à ses investigations sagaces, à ses déductions patientes, nous déroulons sans peine cet écheveau embrouillé des négociations avec l’Angleterre, qui avait effarouché et rebuté jusqu’ici les historiens. Nous avons un Henri IV nouveau, une Elisabeth nouvelle, confirmant par un trait nouveau subitement mis en lumière, a physionomie de leur caractère et de leur esprit devant l’histoire. Nous retrouvons un Heuri IV non moins habile, non moins prudent avec les apparences de la témérité, non moins prévoyant avec les airs de l’insouciance, non moins madré, sous le sourire attirant d’une cordialité qui a ses finesses et' d’une bonhomie qui a ses malices que l’Henri IV des conversations avec Sully et avec d’Aubigné. Nous retrouvons une Elisabeth coquette, jalouse, revêche, acariâtre, intéressée, rudoyant nos ambassadeurs, réclamant impérieusement l’argent prêté, marchandant sournoisement les soldats promis, mais perspicace, toujours pénétrée du devoir royal et de l’intérêt anglais, et sachant au besoin comme Henri IV réparer, au point de s’en faire des avantages, les erreurs de ses soupçons ou les fautes de ses emportements, et alors devenant caressante, insinuante, séduisante, et jouant à merveille la satisfaction des avances illusoires et des galanteries flatteuses par lesquelles s’esquive d’une obligation dans un hommage le roi le plus prompt à perdre son cœur en amour mais le moins prompt à perdre la tête en affaires. Les négociations de M. de Bois-sise, diplomate austère, peu fait pour l’intrigue, et qui est un peu raide pour son rôlet, mais honnête homme et habile homme au fond par sa probité même, font encore mieux ressortir les finesses et les malices de cette politique anglaise par laquelle nos alliés travaillent à se rendre indispensable et de cette politique française qui trouve parfois de tels amis plus importuns et plus dangereux que des ennemis.
- Le dernier épisode de ces négociations de quatre années qui roulent sur l’éternelle affaire du remboursement des deniers prêtés et du règlement des relations maritimes, fort difficiles avec une nation de marchands et de marins pour qui toute marchandise étrangère est de contrebande et toute prise de bonne prise, est l’épisode tragique de la disgrâce et de la mort du comte d’Essex. Henri IV cherche d’abord à lui rendre ses bons offices par une intervention discrète mais l’abandonna à son sort dès qu’il le vit convaincu de trahison, en roi qui aura aussi bientôt le devoir de se montrer impitoyable comme roi envers Biron, auquel comme homme il eut voulu pouvoir pardonner.
- Il y a sur ce sujet dans l’ouvrage de M. de Ker-maingaut des détails intéressants et neufs comme sur tant d’autres.
- M. de Lescure.
- LES THEATRES
- Théâtre des Variétés. — Décoré, comédie en trois actes, en prose, de M. Meilhac.
- C’est de l’esprit à profusion, de l’esprit gaulois, de l’esprit français, de l’esprit parisien, qualifiez-le comme vous voudrez, c’est de l’esprit, et du meilleur !
- Aussi, il fallait voir et entendre les spectateurs! Quelle joie sur les visages! Combien vifs et répétés étaient les bravos !
- La comédie est très bien jouée.
- Mlle Réjane a parfaitement interprété ce rôle très touillé et très étudié de petite marquise-Fran-cillon de la bourgeoisie. Elle a eu de la délicatesse, du tact, de la sensibilité. On avait craint un moment que Mlle Réjane ne voulût trop « quintes-sencier » et qu’elle ne songeât trop... à la Comédie-Française : elle est vite revenue au ton juste et a beaucoup plu.
- M. Dupuis a mêlé avec un art charmant la vérité et la fantaisie ; il a su, comme l’a voulu l’auteur, ne jamais 'aisser devenir ridicule le personnage de Dandrecy qui doit rester sympathique.
- M. Baron est toujours M. Baron, et c’est le meilleur éloge qu’on puisse lui adresser.
- M. Lassouche rend à merveille mauvais rôle de domestique.
- Mlle Crouzet a dit en fine comédienne l’unique scène de la comtesse.
- Mlle Réal est une agréable servante qui tiendrait aussi bien l’emploi de maîtresse.
- Victoire pour tous ! Pour tous, nous sommes heureux de ce résultat, mais plus particulièrement pour M. Meilhac, qui est un littérateur digne de toutes les fortunes.
- Décoré est un succès de la saison, il ramènera au théâtre des Variétés la longue série de représentations qui a si souvent distingué ce théâtre.
- Théâtre national de l’Opéra. — La Dame de Montsoreau, musique de M. Salvayre.
- Impression très défavorable à la première représentation. Mise en scène splendide. Livret très faible, par instants ridicule. Musique savante... c’est trop dire ; ce n’est pas assez pour rester au répertoire.
- Théâtre Déjazet. — Tous pincés, comédie en trois actes, de M. Pierre Reynaud.
- Vaudeville dans le genre de la Cagnotte, mais non dans le genre de Labiche. Surprises, quiproquos, portes qui se ferment, gros rire, m®ts gaulois et salés. Il y a là de quoi s’amuser un brin et... rigoler tout son saoul. Mais Tous pincés ne pincera jamais personne à revenir deux fois au théâtre Déjazet.
- — A part cela, quoi de nouveau au théâtre ? Où aller par ce temps de froidure ?
- La semaine dernière, nous donnions à nos amis le conseil d’aller voir la fin de Y Amour Mouillé, aux Nouveautés.
- Cette semaine, nous leur dirons : Amis, allez voir une pièce qui durera longtemps encore, qui brillera éternellement par son esprit, sa bonne humeur et l’éclat de la collaboration qui l’a mise au jour.
- Amis, allez au Palais-Royal, voir le Réveillon, cette délicieuse comédie-facétie qui date déjà de 1872, mais qui n’en est pas moins neuve. — Qui se souvient aujourd’hui des pièces de 1872. On vit double en ce temps de scandales et d’incidents; on n’a pas le temps de regarder derrière soi. Et qu’on se soucie peu des grandes œuvres de l’esprit gaulois et honnête !
- On a besoin de rire un tantinet en ce temps de palinodies. Le rire n’est-il pas trop souvent voisin de la saine philosophie ?
- Allez contempler Gaillardin sous les traits de Daubray. Finesse et gaîté, que cela est bien français et bien Daubray.
- Tourillon, représenté par Millier, est le plus original directeur de prison qui se puisse voir et rêver.
- Et le gentil prince Yermontoff et la belle Metella, et le délicieux quatuor d’hétaïres du souper et la scène de la consultation, tout est à voir, à entendre, à applaudir.
- Plaignez-vous donc, ô Parisiens ! de ne savoir où passer vos soirées.
- Ferlux.
- Le Gérant, GARREAU,
- Tours. — lmp. E. ARRAULT et Cie, rue de la Préfecture, 6
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- Le Moniteur
- DE
- L'EXPOSITION DE 1889
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
- QUATRIÈME ANNEÎ:
- Dimanche 12 Février 1888.
- NUMÉRO 16 3.
- SOMMAIRE :
- 1. Les Travaux du Chanip-de-Mars ; 2. L’Exposition internationale des Beaux-Arts en 1889; 3. L’Agriculture à l’Exposition de 1889; 4. Arretés; 5. Nominations de membres des Comités départementaux; 6. Le chemin de fer circulaire de l'Exposition de 1889; 7. Une circulaire de M. G. Berger; 8. Le Tonkin à l’Exposition de 1889; 9. Echos; 10. La visite du sous-secrétaire d’Etat des Colonies à l’Expositiondes produits coloniaux; 11, L’Exposition de Melbourne ; 12. Sciences et industrie; i3. La participation de la France à l’Exposition de Melbourne; [4. Les Livres ; i5. Les Théâtres ; 16. L’Exposition des gants et dentelles du Bon Marché.
- EXPOSITION UNIVERSELLE
- DE 1889
- LES TRAVAUX DU CHAMP-DE-MARS
- Pendant que le .Champ-de-Mars restait un peu désert et que les ouvriers s'y faisaient rares, les préparatifs se continuaient en d’autres endroits ; alors que des causes naturelles occasionnaient le chômage dans les chantiers en plein air, les usines, sur lesquelles ces causes n’ont aucune influence fâcheuse, marchaient sans relâche, redoublaient d'activité et accumulaient les matériaux, afin d’être à même de pouvoir suffire aux demandes qui se suivront, nombreuses et pressantes, dès que le temps permettra aux ouvriers de se remettre à la besogne, ce qui ne tardera guère.
- Des arrivages de pièces métalliques ont eu lieu cette sernaine, c’est l’usine de Fives-Lille qui a ouvert la marche et fait les premiers envois qu’on va voir se succéder sans interruption jusqu’à parfait achèvement de tous les édifices constituant l’Exposition de 1889.
- On annonce également comme prochaine l’arrivée de quelques éléments du palais des Beaux-Arts, on aura alors à visiter deux chantiers intéressants, ou les spécialistes trouveront sans doute bien des choses à observer.
- La construction de ces deux palais, beaux-arts et galerie des machines, sera d’autant plus curieuse à suivre que, non seulement le montage de fermes de 5o m. ne se présente pas fréquemment, mais encore celui de fermes de 110 m. est une innovation, aucune construction métallique n’ayant eu jusqu’à ce jour une portée aussi considérable; bien entendu, nous avonsla plusentièreconfiance dans laréussite de ces opérations, étudiée avec tout le soin désirable, et c’est précisément parce que nous sommes assuré du succès qu’il sera extrêmement instructif d’observer la marche des travaux. L’intérêt'sera plus grand que celui offert, l’année dernière, par le montage du palais des industries diverses, bien que chacun des quatre lots de cette construction ait été édifié par un procédé spécial, différent des trois autres, ce qui permettait,il estvrai,d’établir des comparaisons, mais ne portant que sur des charpentes d’une faible dimension, tandis que dans le cas actuel il s’agit d’ouvrages d’une toute autre importance.
- A coup sûr, plus tard, lorsqu'on publiera les documents détaillés de tout ce qui a trait aux travaux du Champ-de-Mars. l’ouvrage dans lequel seront décrits, analysés et comparés les moyens mécaniques employés pour la mise en place de toutes les masses- métalliques, cet ouvrage, disons-nous, sera d'une incontestable utilité pour ceux qui s’occupent de constructions, car à peu près tous les procédés possibles, depuis la simple chèvre jusqu'au grand échafaudage roulant, auront été mis à contribution
- pour les préparatifs de l’Exposition, véritable triomphe du fer sous toutes ses formes.
- En parlant des constructions métalliques il convient defaireressortir l’habileté avec laquelle, pour les différents projets, chacun a su mener à bien la tâche qui lui incombait. L’entente a été telle entre les auteurs, les techniciens et les constructeurs que, notamment pour la galerie des machines, le montage pourra s’effectuer, à quinze jours près, à la date assignée longtemps à l’avance ; c’est dire que les prévisions se réalisent d’une façon parfaitement régulière, car une différence de quinze jours, pour une entreprise de cette nature, est chose insignifiante et équivaut à une exactitude absolue.
- La vitesse du travail exécuté sur le quai d’Orsay est remarquable, l’ossature des divers bâtiments du groupe de l’agriculture se complète de jour en jour. A peine les diverses pièces de métal sont-elles amenées aux chantiers et déchargées, qu’aussitôt elles sont dressées, ajustées et viennent se réunir aux fermes déjà en place ; dès qu’un certain nombre de ces fermes sont montées, les couvreurs s’y installent et font la toiture, on peut donc suivre d’une façon régulière les progrès du montage de ces longues galeries.. Toute la partie comprise entre l’avenue de Labourdonnais et l’avenue Rapp est terminée; quant à l’autre portion, presque tous les fers sont rendus à pied d’œuvre et peuvent être immédiatement utilisés; pour être juste et tout en constatant, la rapidité de ces travaux, il convient de ne pas oublier que les charpentes destinées aux pavillons de l’agriculture ont été employées, partant ajustées, une première fois à Vincennes, de plus elles sont très légères et ces conditions particulières en rendent le réemploi plus facile; du reste, cette petite réserve n’a d’autre but que ne pas laisser croire qu’on apporte, au quai d’Orsay, des soins spéciaux au détriment des autres parties de l’Exposition, les bras et les matériaux sont heureusement en quantité suffisante pour qu’on puisse déployer la même activité sur tous les chantiers.
- Le terrain dont l’aspect a le plus varié est, sans contredit, le jardin central ; c’est là, il est vrai, où l’hiver a le moins gêné les travailleurs; quoi qu’il en soit, en trois mois la transformation a été prodigieuse. M. Alphand. aidé de ses lieutenants, M*M. Lion et Laforcade, ont complètement modifié la physionomie de ce grand quadrilatère ; grâce à leurs efforts, cette immense cuvette, vrai lac de boue, offre déjà un coup d’œil agréable, encore que les travaux soient loin d’être finis et que la saison ne présente pas les jardins sous un jour favorable.
- Là où dernièrement encore on ne voyait que des petites montagnes de terre remuée et gluante, que des trous remplis d’une eau jaunâtre et où on n’osait guère poser le pied sans avoir, au préalable, sondé le sol pour être sûr de n’y pas disparaître, en ce lieu, naguère absolument sauvage et désert, se dessine nettement un parc qui promet d’être merveilleux et digne, en tous points, de ses aînés, fils du même père, le directeur des travaux, dont les Parisiens ont constamment l’occasion d’admirer les nombreuses créations, toutes empreintes du même cachet artistique.
- La plupart des allées sont tracées, quelques-unes sont complètement terminées et offrent aux promeneurs qui s’aventurent dans ces parages par ces temps marécageux une chaussée dont l’empierrement repose un peu des fondrières émaillant les autres chantiers.
- Entre les allées, les massifs, harmonieusement
- profilés et ondulés, mettent les agréables tons verts des plantes vivaces dont ils sont garnis ; tout autour du parc, les talus, recouverts de leur gazon, forment une claire ceinture que coupent çà et là des taches noires : emplacements des escaliers d’accès ; enfin, dominant et massifs et sentiers, qu’ils abriteront plus tard, les grands arbres étendent leurs bras déchargés dont l’aspect désolé rappelle l’hiver que la vue des massifs tendrait à faire oublier. Lorsque les plantes auront recouvré leurs teintes printanières et que les arbres auront caché leurs rameaux sous les feuilles nouvelles, ce jardin central sera ravissant, on aura déjà un aperçu du coup d’œil féerique dont on jouira lorsque les escaliers, les bassins, les statues auront achevé de l’embellir et d’en faire une promenade sans rivale.
- En quelques points de ce parc, des constructions artistiquement disséminées attireront l’œil par la diversité de leur style et de leur décoration ; ce s constructions, soit pavillons de nations étrangères, soit entreprises particulières, animeront extraordinairement le jardin sans le déparer, car toutes devront présenter un aspect en harmonie avec le parterre qui leur servira de cadre.
- Laissant de côté les entreprises particulières, dont les bâtiments ont déjà fait l’objet de nombreuses commandes à des architectes, plusieurs nations ont également fait commencer l’étude du pavillon qu’elles comptent édifier pour 1889; nous pouvons citer notamment le Mexique, la République argentine,... etc.
- Cette dernière, ainsi qu’on a pu le voir dans notre précédent numéro, a mis son projet au concours, tout le monde a été à même de prendre connaissance des conditions; aussi sommes-nous persuadé que de nombreuses études seront adressées à la commission de classement ; du reste ce sera tout naturel, car non seulement la construction dont il s’agit est importante, mais encore elle doit être édifiée dans un endroit où elle pourra faire honneur à l’architecte qui l’emportera sur ses concurrents. Placé dans le parc, à droite de la tour, en entrant dans le Champ-de-Mars, ce pavillon aura une situation topographique excellente et ne manquera pas d’attirer l’attention des visiteurs.
- Comme il est facile de le constater, beaucoup de choses restent encore à exécuter et pour les mener à bien il va falloir se multiplier; du reste, en tous les points de l’enceinte de l’Exposition, des préparatifs sont faits avec le plus grand soin en vue de la reprise prochaine des travaux ; d’ici à quelques jours un mouvement considérable se produira simultanément au Champ-de-Mars, le long des quais et sur l’esplanade des Invalides, les chantiers abandonnés reprendront une vie nouvelle, d’autres s’ouvriront et les ouvriers, avec cette rapidité qu’ils savent déployer à l’occasion , feront sortir de terre les diverses annexes que rend indispensables le développement toujours croissant des tournois internationaux. Nous allons v( ir s’élever le palais de produits alimentaires, les constructions destinées aux colonies, ainsi que celles affectées à des services de détail, les pavillons de la Ville de Paris et mille autres, dont les travaux offriront un grand intérêt pour tout le monde, et serviront d’aliment à la curiosité générale jusqu’à la date impatiemment attendue du ier mai 1889.
- A notre avis, le plaisir éprouvé en parcourant une exposition est certainement augmenté si on en a observé les phases préparatoires et si on a assisté à son enfantement, 011 se retrouve en
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- g5S. — Quatrième Année.
- N° 163.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 12 Février 1888.
- pays de connaissance et l’œil , loin d’être violemment attiré et parfois fatigué par des choses inconnues auxquelles il faut un certain temps pour devenir familières, se repose agréablement sur des tableaux déjà vus, seulement modifiés, à leur avantage du reste ; puis, on ne perd pas de temps à se rendre compte des dispositions adoptées, on les a étudiées à l’avance, en un mot ceux auxquels il est permis de suivre pas à pas la marche en avant de l’œuvre générale en tireront plus tard un bénéfice assuré, aussi comme ces privilégiés sont en très petit nombre, nous efforcerons-nous de renseigner le mieux possible les autres et de leur donner tous les détails intéressants, au fur et à mesure de l’avancement des travaux, qui vont devenir déplus en plus nombreux et fertiles en sujets d’observation.
- H. de Baecker.
- EXPOSITION INTERNATIONALE
- DES BEAUX-ARTS, EN 1889
- RÈGLEMENT
- Art. Ier. — L’exposition internationale des beaux-arts s’ouvrira à Paris le 5 mai 1889 et sera close le 3i octobre de la même année; elle sera ouverte aux œuvres des artistes français et étrangers exécutées depuis le i8r mai 1878 et rentrant dans les cinq genres suivants : l
- i° Peinture :
- 20 Dessin, aquarelle, pastel, miniature, émaux, peintures céramiques;
- 3° Sculpture, gravure en médailles et sur pierres fines ;
- 40 Architecture, modèle et décoration monumentale ;
- 5° Gravure et lithographie ;
- Sont exclus :
- i° Les copies, meme celles qui reproduisent un ouvrage dans un genre différent de celui de l’original ;
- 2° Les tableaux ou les dessins qui ne sont pas encadrés ;
- 3° Les sculptures en terre non cuite ;
- 40 Les gravures obtenues par des procédés industriels ;
- Art. 2. — L’exposition internationale comprendra : '
- i° Une section française ;
- 20 Autant de sections étrangères distinctes qu’il y aura de pays représentés par des commissariats généraux ou par des comités nationaux ;
- 4° S’il y a lieu, une section internationale poulies artistes des pays étrangers non représentés, qui seront admis individuellement, conformément aux articles 12 et 13 du présent règlement.
- Section française
- Art. 3. — Les artistes français devront déposer ou faire déposer au commissariat des expositions (palais des Champs-Elysées, porte 1), du i5 mai au ier juin 1888, une liste, signée par eux, des ouvrages qu’ils désirent exposer.
- Cette liste contiendra la désignation des œuvres, leurs dimensions et l’indication des expositions où elles auront déjà figuré.
- Chacun des genres désignés à l’article ier fera l’objet d’une liste séparée.
- Le nombre des ouvrages que peut exposer chaque artiste est limité à dix.
- Art. 4. — Le jury d’admission, nommé conformément aux arrêtés du ministre de l’instruction publique et des beaux-arts, en date des
- 14 janvier, 3o. mars et 2 novembre 1887, examinera, du ier juin au ier juillet, les listes envoyées.
- Il dressera d’après ces listes un état des ouvrages admis d’office.
- Art. 5. — Les artistes dont les ouvrages auront été, en totalité ou en partie, admis d’office, sur le vu des listes, seront avisés par lettre avant le
- 15 juillet 1888.
- Ils devront déposer les ouvrages ainsi admis, eux-mêmes ou par fondés de pouvoirs, au palais du Champ-de-Mars, du i5 au 20 mars 1889.
- Le dépôt aura lieu franc de port et il en sera délivré récépissé.
- Les ouvrages devront être accompagnés d’une notice définitive contenant les noms et prénoms de l’artiste, le lieu et la date de sa naissance, le nom de ses maîtres, la mention de ses récompenses aux expositions de Paris, enfin le sujet et la dimension de ses ouvrages et le nom du propriétaire.
- Art. 6. — Les ouvrages qui n’auraient pas été admis d’office sur le vu des listes, ou ceux que les artistes présenteraient en surplus, seront déposés francs de port, du 5 au 20 janvier 1889, au palais des Champs-Elysées, porte I, pour y être examinés par le jury.
- Ils devront être accompagnés d’une notice con-
- tenant les indications énoncées à l’article précédent.
- Art. 7. — Les artistes dont les ouvrages seront admis conformément aux dispositions de l’article qui précède seront avisés immédiatement, par les soins de la direction des beaux-arts.
- Art. 8.— Le ministre de l’instruction publique, des cultes et des beaux-arts, est président, le directeur des beaux-arts, vice-président des jurys réunis en assemblée générale, mais chacune des sections élit son bureau particulier.
- La présence dans chaque section de la moitié au moins des jurés est nécessaire pour la validité des opérations.
- L’admission sera prononcée à la majorité a b-solue des membres présents.
- En cas de partage, l’admission est prononcée.
- Sections étrangères
- Art 9.—Par dérogation aux articles 16 et 40 du règlement général de l’Exposition de 1889, l’administration des beaux-arts prend à sa charge tous les frais d’installation, de décoration et de gardiennage de l’intérieur du palais consacré à l’exposition desbeaux-arts.Néanmoins toutarrange-ment spécial et en dehors de l’aménagement prévu restera à la charge des comités nationaux qui l’auraient demandé.
- Les travaux d’installation et de décoration seront exécutés conjointement par l’architecte du palais des beaux-arts du Champ-de-Mars et par l’architecte chef du service des installations.
- Art. 10.—Les commissariats généraux ou les comités nationaux institués dans chaque pays sont invités à se faire représenter auprès du ministre de l’instruction publique, des cultes et des beauk-arts, avant le i5 mars 1888, par un délégué muni de leurs pouvoirs.
- Ce délégué sera chargé de traiter de toutes les questions intéressant ses nationaux, notamment de celles relatives à la répartition de l’espace et au mode d’installation de chaque section.
- En conséquence, le ministre ne correspond pas directement avec les artistes des pays représentés, et les œuvres de ces artistes ne sont admises que par l’intermédiaire des commissariats généraux ou des comités nationaux chargés des mesures à prendre pour leur réception et leur réexpédition.
- Art. 11. —Les délégués étrangers régulièrement accrédités entrent en relations directes avec le directeur des beaux-arts.
- Us doivent recourir à son intermédiaire pour les échanges de pays à pays.
- Section internationale
- Art. 12. — Les artistes étrangers dont le pays ne sera pas représenté par un commissariat général ou par un comité national devront adresser leur demande au directeur des beaux-arts avant le 1 5 mai 1888.
- Ils indiqueront le nombre des œuvres qu’ils désirent exposer, le sujet et les dimensions (cadre compris).
- Art. i3. — Un jury spécial prononcera sur l’admission des œuvres des artistes étrangers non représentés par un commissariat général ou par un comité national.
- La nomination de ce jury fera l’objet d’un arrêté ultérieur.
- Les ouvrages destinés à l’examen de ce jury devront être remis francs de port au palais des Champs-Elysées, du 5 au 20 décembre 1888.
- Ils devront être accompagnés d’une notice, remplie et signée par l’artiste, contenant les indications énoncées à l’article 5. Des formules de ces notices seront adressées par la direction des beaux-arts à ceux qui en feront la demande.
- Dispositions communes aux diverses sections
- Art. 14. — L’emballage et le transport des œuvres sont à la charge des exposants.
- Un règlement ultérieur fera connaître les modes d’expédition et de réception des ouvrages.
- Art. 15. — Il sera dressé en langue française un catalogue méthodique et complet.
- Deux lignes, ou trois lignes, si les deux premières ne suffisent pas, sont dues gratuitement, par exception et selon l’usage, à chaque exposant du groupe I (classes 1 à 5), pour l’indication de ses noms et prénoms, de son lieu de naissance, des noms de ses maîtres et des récompenses qu’il a obtenues.
- Une autre ligne, ou deux lignes, si la première ne suffit pas, lui sont dues, en moyenne, pour l’indication et la description sommaire de chacun des ouvrages qu’il expose.
- Chaque nation aura le droit de faire à ses frais, mais dans sa propre langue seulement, un catalogue spécial des œuvres exposées dans sa section.
- L’adjudicataire du catalogue général aura la faculté de publier, à part, un catalogue illustré des œuvres d’art comprises dans l’exposition internationale des œuvres des artistes vivants. Il ne pourra toutefois reproduire aucun ouvrage sans l’autorisation de l’artiste.
- Art. 16. — Les artistes exposants auront droit à une carte d’entrée permanente et gratuite pour toute la durée de l’Exposition.
- Cette carte d’entrée sera signée par l’intéressé et devra être exhibée à toute réquisition.
- Art. 17. — Le directeur général de l’exploitation aux termes de l’article 3 du décret du 28 juillet 1886, est chargé du service de police intérieure.
- Par ses soins, une surveillance sera établie contre les détournements, et des mesures seront prises pour protéger contre toute perte et toute avarie les ouvrages exposés ; mais il est expressément entendu que l’administration repousse toute responsabilité relativement aux faits de ce genre qui pourraient se produire.
- Les artistes exposants seront libres d’assurer leurs ouvrages directement et à leurs frais, s’ils jugent à propos de le faire.
- Art. 18. — L’Exposition étant constituée en entrepôt réel, les œuvres exposées sont affranchies des droits et visites de l’octroi de Paris ainsi que de la douane française.
- Art. 19. — Aucune œuvre d’art ne peut être destinée, copiée ou reproduite sous une forme quelconque sans une autorisation de l’exposant, visée par le directeur des beaux-arts.
- Art. 20. — Il sera statué ultérieurement sur le nombre et la nature des récompenses, ainsi que sur la constitution du jury international qui sera chargé de les décerner.
- Les articles qui accepteront de faire partie de ce jury devront se considérer comme hors du concours.
- Art. 21. — Aucune œuvre d’art ne pourra être retirée avant la clôture de l’Exposition, sans une autorisation spéciale signée à la fois par le directeur des beaux-arts et par le directeur général de l’exploitation.
- Art. 22.— Les ouvrages exposés devront être retirés dans le courant du mois qui suivra la clôture.
- Ils ne seront rendus que sur la présentation des récépissés.
- Art. 23. —• Les artistes français et étrangers, en acceptant la qualité d’exposant, déclarent, par cela, même, adhérer aux dispositions édictées par le présent règlement.
- Vu et approuvé :
- Le ministre de Vinstruction publique,, des cultes et des beaux-arts,
- Léopold Faye.
- Le ministre du commerce et de Vindustrie,
- L. Dautresme.
- Dressé et présenté :
- Le conseiller d’Etat, directeur des beaux-arts
- Castagnauy.
- Le directeur général de l’exploitation,
- G. Berger.
- L’AGRICULTURE A L’EXPOSITION
- DE 1889
- M. Georges Berger, directeur général de l’exploitation ae l’Exposition universelle de 1.889, vient de déterminer dans la circulaire suivante, la situation et les conditions dans lesquelles se fera l’exposition agricole en 1889.
- Monsieur,
- Par une circulaire en date du 22 novembre-1887, M. Georges Berger, directeur général de l’exploitation de l’Exposition universelle de 1889, a déterminé l'étendue, la situation et les conditions dans lesquelles se ferait l’Exposition des divers produits de l’agriculture et du matériel servant aux exploitations agricoles.
- Il appartient au groupe VIII de renseigner les personnes susceptibles d’exposer des produits agricoles ou rattachés au groupe de l’agriculture, en donnant la plus grande publicité possible aux instructions qui suivent, contenues dans la circulaire, de M. le Directeur général de l’Exploitation.
- 1° Emplacement réservé aux expositions agricoles.
- Les produits internationaux de l’agriculture auront leur emplacement dans des hangars élégants et d’un accès facile, construits sur le quai d’Orsay, entre l’esplanade des Invalides et le Champ-de-Mars ; ils seront aménagés de manière à permettre l’installation des exposants dans-les conditions les plus favorables d’économie.
- Au milieu de la section agricole, un pavillon a été projeté pour contenir les produits alimentaires relevant du groupe VII.
- Des expositions extérieures, pour les produits qu’il ne serait pas nécessaires d’abriter, pourront être établies dans les emplacements non occupés par les pavillons.
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- Quatrième Année. — N° iG3.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889. Dimanche 12 Février 18S8. — g5g.
- II. — Produits faisant .partie des expositions agricoles
- L’exposition du Groupe de l’agriculture comprend :
- i° Les plans, documents, procédés, méthodes, etc., présentés parles exploitants ;
- 20 Le matériel, les machines, outils, instruments, etc., employés et mis en œuvre par les cultivateurs et présentés par les constructeurs pour être examinés au point de vue de la pratique agricole ;
- 3° Les produits issus directement des exploitations agricoles proprement dites ; ces derniers produits, destinés à être considérés en dehors de toute élaboration industrielle, feront d’abord partie de l’exposition d’agriculture ; ils pourront ensuite être présentés simultanément dans les Classes spéciales où ils sont de nature à être envisagés comme matières premières industrielles, et placés dès lors, suivant la classification générale adoptée, dans le groupe V et dans le groupe VII.
- Classe 49. — Matériel et procédés des exploitations rurales et forestières. — Plans de culture, assolements et aménagements agricoles. — Matériel et travaux du génie agricole : dessèchements, drainage, irrigations.— Plans et modèles, de bâtiments ruraux.
- Outils, instruments, machines et appareils servant au labourage et autres façons données à la terre, à l’ensemencement et aux plantations, à la récolte, à la préparation et à la conservation des produits de la culture.
- Machines agricoles diverses mues par des attelages ou par la vapeur.
- Matériel des charrois et des transports ruraux.
- Machines locomobiles spéciales et manèges.
- Matières fertilisantes d’origine organique ou minérale.
- Appareils pour l’étude physique et chimique des sols.
- Plans de systèmes de reboisement, d’aménagement, de culture des forêts.
- Matériel des exploitations et des industries forestières.
- Classe 73 Ms. — Agronomie. Statistique agricole. — Etudes sur le sol, les eaux, les climats, les populations rurales.
- Répartition des territoires, des cultures.
- Statistiques, agricoles, cartes agrologiques, hydrographiques, climatériques, cartes agronomiques. Tableaux, dessins, modèles.
- Stations agronomiques, laboratoires agricoles.
- Syndicats ; Sociétés et Comices agricoles.
- Institutions de crédit, de bienfaisance, de protection pour les populations rurales ; Crédit foncier; banques agricoles, banques populaires; caisses d’assurances, d’épargne, etc., etc.
- Mesures législatives, code rural, lois agricoles.
- Administration officielle de l’Agriculture. 1 ra-vaux et publications. Missions agricoles.
- Classe 73 ter. — Organisation, méthodes et matériel de h enseignement agricole. — Plans, modèles et programmes des écoles primaires agricoles, des orphelinats agricoles, des fermes-écoles ou écoles d’apprentissage.
- Méthodes et matériel d’enseignement, champs d’expériences, etc.
- Travaux des élèves.
- Plans et modèles des écoles pratiques d’agricul-, ture, des écoles spéciales de viticulture, d’horticulture, de sylviculture, etc.
- Méthodes et matériel d’enseignement.
- Travaux des maîtres, spécimens des travaux des élèves.
- Plans et modèles des écoles nationales d’agriculture, des académies agricoles. Ecoles ,vétérinaires. Ecoles de sylviculture. Ecoles supérieures d’agriculture, instituts agronomiques.
- Méthodes et matériel d’enseignement.
- Travaux des professeurs, spécimens de.s travaux des élèves.
- Classe 74. — Spécimens d’exploitations rurales et cl’usines agricoles. — Types des bâtiments ruraux des diverses contrées.
- Types d'écuries, d’étables, de bergeries et de parcs à moutons, de porcheries et d’établissements propres à l’élevage et à l’engraissement des animaux.
- Matériel des écuries, étables, chenils, etc. Appareil pour préparer la nourriture des animaux.
- Machines agricoles en mouvement : charrues à vapeur, moissonneuses, faucheuses, faneuses, batteuses, etc.
- Types d’usines agricoles, distilleries, sucreries, raffineries, brasseries, minoteries, féculeries, ami-dooneries, magnaneries, fromageries et laiteries.
- Pressoirs pour le cidre, l’huile.
- Types de poulaillers, de pigeonniers, de faisanderies.
- Appareils d’éclosion artificielle.
- Types de.chenils.
- (Dans cette classe, seront admis les céréales et grains présentés par les cultivateurs, tels que: froment, seigle, orge, riz, maïs, millet, etc., selon les indications portées au paragraphe intitulé : Produits agricoles végétaux).
- Classe 75. — Viticulture. —Types de bâtiments d’exploitation pour la viticulture.
- Matériel de la culture de la vigne.
- Matériel des chais, caves et cuviers. Pressoirs.
- Procédés et méthodes employés pour combattre les maladies de la vigne.
- Collections de cépages originaires des départements non phylioxérés.
- (Dans cette classe seront admises les boissons fermentées de l’annce, présentées rar les producteurs avec leurs procédés et méthodes de vinification ou de fabrication).
- Classe 76. — Insectes utiles et insectes nuisibles. — Abeilles, vers à soie et bombyx divers.
- Cochenilles.
- Matériel de l’élevage et de la conservation.
- Matériel et procédés de la destruction des in- ' sectes nuisibles.
- Classe 77. — Poissons, crustacés et mollusques. -—Animaux aquatiques utiles, à l’état vivant.
- Aquariums. Procédés de la pisciculture.
- Matériel de l’élevage des poissons, des mollusques et des sangsues.
- Produits agricoles végétaux
- Dispositions spéciales. — Les exposants des produits agricoles végétaux devront donner une idée nette, précise et complète de leurs exploitations, au point de vue de l’importance et de l’étendue culturale; indiquer les progrès réalisés, et montrer des spécimens de leurs produits agricoles végétaux qui permettront d’en apprécier la qualité, la nature, la variété, etc., etc.
- Dans ce but, ils enverront à l’Exposition, non seulement les produits prêts à être livrés à l’industrie ou à la consommation, mais encore des types des plantes qui fournissent ces produits, garnies de leurs racines, de leurs tiges, de leurs feuilles, de leurs fruits ou épis, etc., avec toutes les indications nécessaires à faire connaître les terrains dans lesquels ces plantes végètent, ainsi que lés conditions spéciales de leur végétation.
- Dans ces catégories de produits, les grains et les graines seront accompagnés de petites gerbes de la plante non battue ; les filasses, de pieds complets de la plante d’où on les tire ; les huiles, des graines ou des fruits, origine de leur production, etc., etc.
- Les échantillons seront en quantité suffisante (au moins 5 litres de graine), pour permettre une appréciation sérieuse et aussi complète que possible. • ,
- Il sera bon d’accompagner ces produits de notices explicatives qui devront indiquer exactement l’étendue de la culture en général, la surface ensemencée en céréales ou autres produits exposés, la nature du sol, les conditions particulières de l’exploitation, les débouchés, etc., etc.
- Les viticulteurs admis à envoyer à l’Exposition universelle les produits de leur dernière récolte vinicole devront, autant que possible, montrer des spécimens en grappes de leurs differentes variétés de raisins à vin. Seuls ceux qui habitent des départements non phylioxérés pourront joindre des collections de cépages, sarment en feuilles, etc.
- Tous devront joindre aux produits exposés des tableaux, cartes, plans, modèles, photographies, indiquant l’étendue des vignobles, le rendement de ceux-ci, ainsi que leurs procédés de culture et de vinification.
- Les cidres, les poirés, etc.> de l’année précédente, exposés par les cultivateurs "producteurs, seront, par analogie, admis comme les vins nouveaux dans le groupe de l’agriculture et aux conditions établies pour les produits viticoles.
- Des concours ou expositions temporaires pourront être organisés pour les produits à l’état frais, tels que raisins de toutes sortes destinés à la fabrication du vin, pommes à cidre et poires à poirés.
- Produits agricoles d’origine animale
- Dispositions spéciales. — Les produits de provenance animale devront être exposés de façon à faire apprécier autant que possible les conditions économiques de leur origine.
- Apiculture. — Les produits de l’apiculture seront accompagnés de spécimens conservés des insectes producteurs.
- Sériciculture. — Les produits de sériciculture seront exposés à l’état de cocons et de soies dévidées, avec des spécimens de vers à soie, de leurs chrysalides et papillons, toutes les fois qu’il y aura intérêt à faire connaître l’espèce, la race ou la variété.
- Il en sera de même des cochenilles et autres insectes utiles.
- Laiteries, Fromageries. — Des concours ou expositions temporaires seront organisés pour les produits à l’état frais, tels que les laits, beurres et fromages qui ne pourraient être conservés pendant toute la durée de l’Exposition.
- Expositions d’ensemble
- Les exposants admis dans le groupe de l’agriculture seront autorisés, par exception, à réunir dans le même emplacement tous les produits divers de leurs exploitations ; ils auront cependant le droit de figurer au catalogue dans les différentes classes auxquelles seront inscrits leurs produits.
- Expositions collectives
- Ces expositions ont pour but principal de permettre à la moyenne et à la petite culture de participer à l’Exposition universelle de 1889, en réduisant au minimum les frais incombant aux exposants. En conséquence, les départements, les sociétés, les comices et syndicats agricoles sont instamment invités à former ces collectivités, qui permettront de faire connaître l’importance culturale et la situation agricole de leurs régions.
- Ces expositions collectives pourrpnt être uninominales ou accompagnées d’un tableau indiquant les noms des participants, avec mention de l’espèce des produits fournis par chacun d’eux.
- Dans ce dernier cas, l’inscription au catalogue pourra relater le contenu de cette notice, si son texte rentre dans les conditions générales qui seront prévues par le cahier des charges de l’adjudication du catalogue.
- Dans le premier cas, le Jury ne décernera des récompenses qu’à l’ensemble des produits exposés ; dans le deuxième, au contraire, il pourra distinguer, comme susceptibles d’être récompensés, les participants à la collectivité.
- Les demandes d’admission relatives à ces deux modes d’expositions collectives indiqueront, dans le premier cas, le nom de l’association initiatrice; dans le second, les noms des coopérateurs, devant figurer simultanément dans la notice d’exposition et dans le catalogue.
- Les demandes d’admission de l’une ou de l’autre catégorie.devront être signées par le Président de l’association initiatrice, au nom des participants anonymes ou désignés nominalement, et être, en tous cas, contresignées par le Président du Comité départemental.
- Agréez, Monsieur, l’assurance de nos sentiments les plus distingués.
- Le Secrétaire, Le Président du Groupe VIII, Alphonse Hardon. A. Foucherde Careil.
- ARRÊTÉS
- Est nommé membre de la commission consultative de contrôle et de finances de l’Exposition universelle de i88gsousla présidence du ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général : (pour représenter l’Etat), en remplacement de M. Félix Faure, nommé sous-secrétaire d’Etat au ministère de la marine et des colonies, M. Edouard Millaud, sénateur.
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- Par arrêté en date du 2 février 1888, le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a nommé membres du comité départemental d’Indre-et-Loire, pour faire partie de la commission d’économie sociale :
- MM. François (Alexandre), vice-président du •conseil des prud’hommes, à Tours.
- Garnier, président de la société des Prévoyants de l’avenir, à Tours.
- Legrain, inspecteur principal de l’exploitation des chemins de fer de l’Etat, à Tours.
- Lemesle (Albert), conseiller général, à Langeais.
- Loiseleur, président du comice agricole de Chinon, à Bourgueil.
- Montgolfier (de), directeur de la papeterie de Balesmes.
- Oudin, fabricant de carton à Truyes.
- Wassner, ingénieur en chef de traction à la compagnie du chemin de- fer d’Orléans.
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- Par arrêté, en date du 3 février 1888, du ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 18S9, les membres des comités d’admission ci-après dénommés passent delà classe 67 (céréales, produits farineux avec leurs dérivés) à la classe 74 (spécimens d’exploitations rurales et d’usines agricoles) :
- MM. Boitel, inspecteur général honoraire de l’enseignement agricole.
- Fagot, député des Ardennes.
- Schribaux, directeur de la station d’essais de graines de l’institut agronomique.
- Têtard .(S.), agriculteur.
- NOMINATIONS
- de Membres des Comités départementaux
- Par divers arrêtés pris en date des 2 et 3 février par M. le ministre du commerce et de l’industrie,
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- 960. — Quatrième Année. — N° 163.
- commissaire général de l’Exposition de 1889, ont e'té nommés membres du Comité départemental de :
- AUBE
- Sous-comité de Varrondissement de Bar-sur-Aube
- M. Berl (A.), fabricant de lits et meubles en fer à Clairvaux, commune de Ville-sous-La-Ferté.
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- HAUTE-GARONNE
- Sotis-comité de l’arrondissement de Toulouse
- MM. Rivets propriétaire, ancien professeur au conservatoire de Toulouse ; Roschach, archiviste de la ville de Toulouse; Saint-Raymond, ancien critique d’art; Saunhac (de), délégué de l’Union artistique.
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- Y Y
- GIRONDE
- Sous-comité de l’arrondissement de Lesparre
- MM. Marcou , maire de Lesparre ; Arnaud Lebœuf, banquier à Lesparre ; Jamont, industriel, conseiller municipal à Lesparre ; Coiffard, conseiller général, à Saint-Trelody,
- *
- Y Y
- HAUTE-MARNE
- Sous-comité de l’arrondissement de Vassy
- M. Collin, adjoint au maire de Vassy.
- LE CHEMIN DE FER CIRCULAIRE
- DE L’EXPOSITION DE 1889
- On a annoncé, il y a plusieurs mois, qu’une ligne de chemin de fer enceindrait le vaste périmètre de l’Exposition et pour ainsi dire tout le quartier du Gros-Caillou. Le point de départ de cette ligne est sur le quai d’Orsay, près du ministère des affaires étrangères , la voie doit courir le long du quai, contourner tout le Champ-de-Mars et aboutir à l’esplanade des Invalides. Elle sera partout établie sur la chaussée même, sauf sur un espace d’environ un kilomètre où un viaduc sera jeté sur l’avenue de la Motte-Piquet.
- Les études du tracé définitif viennent d’être terminées ainsi que les nivellements; mais les travaux ne seront guère entrepris avant la belle saison. Us pourront alors être menés rondement; au reste, l’établissement de la nouvelle ligne ne demandera guère plus de trois mois,- de travail.
- Un point reste à débattre entre les ingénieurs : conservera-t-on à cette ligne son caractère provisoire ou bien, une fois l’expérience faite, la maintiendra-t-on en la perfectionnant, et en dotant ainsi un quartier très fréquenté d’un système de locomotion qu’il sera très facile de rattacher définitivement à la ligne de ceinture par le maintien de la petite gare du Champ de Mars.
- Et, puisque nous parlons chemins de fer, profitons-en pour donner quelques détails sur la ligne des Moulineaux, que l’on est en train de construire.
- Cette ligne viendra, on se le rappelle, se raccorder à la petite ceinture à la hauteur du viaduc d’Auteuil, fournissant ainsi une communication plus rapide vers le centre de Paris et plus directe vers l’Exposition à presque toute la région sud-ouest du département.
- Dans la majeure partie de son tracé, la ligne court parallèlement à la Seine; sur un tronçon d’environ deux kilomètres, aucun ouvrage d’art à proprement parler; vu la nature du terrain qui est tout entier situé en plaine, on se borne à élever de légers remblais ou à opérer des déblais, de peu d’importance en somme.
- Mais,^quelle hâte sur tout le chantier ! On veut être prêt à fonctionner vers la fin de l’été si possible et au plus tard dès les premiers jours de janvier. Les tombereaux se suivent en longues files ; les wagonnets courent avec un sourd bruit de ferraille, le long de la. petite ligne provisoire ; près de trois cents ouvriers terrassiers fouillent le sol, tassent les terres rapportées, chargent les tombereaux, vident les wagonnets de ballast. De là une grande animation sur ces rives de la Seine un peu délaissées pendant l’hiver.
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- UNE CIRCULAIRE DE M. G. BERGER
- A la suite d’une lettre du comité départemental de Saône-et-Loire pour l’Exposition universelle de 1889, donnant des renseignements sur l’état actuel des travaux du Comité,
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE :8Sq. Dimanche 12 Février 1888.
- et demandant des détails aussi complets que possible sur les dépenses qui seront à la charge des exposants, M. Berger, directeur général de l’Exposition, a adressé au vice-président la réponse suivante, datée du 26 janvier :
- Aucune décision n’a été prise jusqu’à présent sur la prolongation du délai fixé pour le dépôt des demandes d’admission. Celles-ci affluent dans nos bureaux ; quoi qu’il en soit, les Comités départementaux sont autorisés à provoquer, à recevoir et à transmettre de nouvelles demandes, même après le délai du ier février.
- J’aurai l’honneur de vous faire connaître, par une circulaire ultérieure, jusqu’à quelle époque la délai pourra être prolongé officiellement.
- Soucieux des intérêts des exposants, j’ai fait étudier divers systèmes économiques d’installation, de façon à réduire autant que possible le chiffre des dépenses de l’Exposition de 1878, qui ont atteint jusqu’à 5oo, 600 et 800 fr. par mètre carré occupé, y compris le prix des vitrines et les frais de gardiennage.
- Actuellement, je crois pouvoir dire qu’en laissant de côté les surfaces absorbées par les chemins de la circulation générale où le plancher seul sera à la charge de l’Administration, la dépense ne devra jamais dépasser 3o fr. par mètre carré dans les salles des groupes II, III, IV, V, pour les cloisons séparatives entre les classes, avec leurs portes et leurs garnitures, les vélums avec leurs accessoires et les planchers ; la proportion entre les superficies totales des salles et les parties de ces superficies recouvertes par le mobilier d’installation, tel que les vitrines, les gradins, les plateformes, etc., est variable de 1/2 à 1 /3.
- VjDus voyez donc que la dépense primaire de chaque exposant, par mètre occupé, sera vraisemblablement moindre que celle qui lui est imposée tout d’abord dans les expositions où le terrain nu couvertlui est loué de 100 fr. à i5o fr. le mètre, comme cela s’est passé à Anvers, où il avait, en outre, à faire ses frais d’installation et de décoration.
- En 1889, vous le savez, nous ne percevrions aucun prix de location des espaces concédés.
- Quant aux vitrines, leur prix au mètre linéaire, sur une profondeur variant de 1 mètre à 0,70 c. peut aller de i5o à 200, 3oo, 400 fr., suivant la richesse de l’ébénisterie et des garnitures. Les exposants seront d’ailleurs consultés lors de l’établissement des prix, directement ou par l’intermédiaire de ceux d’entre eux qui feront partie des Comités d’installation.
- Les frais de gardiennage et d’entretien n’entraîneront qu’une plus-value minime dans le prix du mètre carré occupé.
- Lœs frais d’installation des produits de l’agriculture (groupe VIII) seront très peu élevés, dans les hangars du quai d’Orsay; je n’en parle que pour mémoire.
- Les frais d’installation dans la Galerie des machines varieront suivant ce qui sera nécessaire comme travaux de substructions, comme transmission de mouvements, comme pose de tuyaux d’adduction d’eau, de vapeur, de gaz, etc., etc.
- Dans le Palais des Produits alimentaires qui, comme vous le savez, sera, dans ses parties essentielles, construit à frais communs par les exposants des diverses nationalités, le prix du mètre carré tout installé, c’est-à-dire avec les gradins et les vitrines nécessaires, ainsi que la décoration complète des salles, ne semble pas devoir être supérieur à 3oofr. Ce prix est extrêmement réduit, si on le compare à ceux auxquels ont dû se soumettre les exposants du groupe VII (Produits alimentaires) dans les autres expositions, et si l’on considère que les expositions des produits alimentaires sont celles qui demandent généralement le moins de développement.
- Veuillez agréer, etc.
- Le Directeur général,
- G. Berger.
- LE TONKIN A L'EXPOSITION
- DE 1889
- Le 16 décembre, a eu lieu à la Résidence générale la première réunion de la commission de l’Exposition de 1889.
- Vingt-quatre membres étaient présents. M. Berger, résident général p. L, a ouvert la séance par une allocution applaudie chaleureusement.
- L’Exposition de 1889, a-t-il dit, est une magnifique occasion d’affirmer la richesse du pays et de répondre aux attaques qui ont été dirigées contre le Tonkin.
- Il faut prouver à la France qu’elle est plus grande maintenant grâce à sa magnifique colonie et que les sacrifices qu’elle s’est imposés n’ont pas été stériles.
- Notre pays doit avoir la place d’honneur dans la section coloniale, et, pour arriver à ce résultat,
- M. Berger compte sur le concours dévoué de chacun.
- La commission passe, après avoir examiné diverses propositions, à la nomination d’une sous-commission qui se réunira à Hanoï tous les mois.
- Font partie de cette sous-commission :
- MM. le docteur Nogier, directeur du service de santé ;
- Dumoutier, inspecteur de l’enseignement; Halais, vice-résident de Hanoï; de Mazas, ingénieur en chef;
- S. E. le Kinh-luoc; le colonel Granade ;
- Voinier, vétérinaire en Ier; de Saint-Mathurin, directeur de la Compagnie fermière de l’opium ;
- Kœnig, négociant.
- Cette sous-commission sera présidée par le vice-président de l’Exposition.
- La commission décide qu’il sera établi, dans chaque province, un comité nommé par arrêté du Résident général.
- La séance s’est terminée par l’élection au scrutin d’un commissaire général, délégué à l’Exposition de 1889. C’est M. Charles Lemire, résident de.Quinhon, qui a réuni le plus grand nombre de voix et qui a été désigné.
- —---------— '77T^n^grT~I7i-—----
- ÉCHOS
- Paris
- Les expositions artistiques :
- Demain, à la galerie Georges Petit, ouverture de l’exposition de 1 ’ Union artistique.
- Aujourd’hui, dernier jour de réception des œuvres envoyées à l’exposition de l’Union des femmes peintres et sculpteurs.
- Inauguration le mercredi 22.
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- Y Y
- On annonce l’ouverture du Salon pour le mardi 1er mai. Clôture le samedi 30 juin.
- Nos confrères d’art donnent le règlement in extenso.
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- Y Y
- Très brillantes enchères à la vente Guillaumet.
- La famille offre à l’Etat le Désert de l’artiste regretté.
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- Y Y
- Départements
- Du 1er mai au 10 juin, à Nîmes, cinquième exposition de la société des Amis des Arts.
- ETRANGER
- Allemagne
- Nos lecteurs connaissent, par ce que nous avons eu l’occasion de leur en dire à différentes reprises, l’exposition générale d’appareils de sûreté et de protection contre les accidents, que l’on organise à Berlin, pour le courant de 1889.
- Cette. exhibition réunira les machines, appareils, dispositifs, instruments, etc., imaginés pour la prévention des accidents dans les différentes industries visées par les lois d’assurances ; ces différents objets, tant en grandeur naturelle et en exécution définitive qu’en plans, dessins, photographies, modèles ou fragments.
- On admettra également avec tout ce qui concerne la protection de l’ouvrier et son bien-être dans l’exercice de l’industrie générale, les instructions, ordonnances, règlements de fabriques, statuts, et toute la littérature spéciale.
- Les promoteurs désirent surtout que l’on s’attache à présenter des machines en fonctionnement ou des modèles.
- L’exposition sera donc appelée, en se maintenant cependant dans les traits particuliers de son programme, à prendre un caractère très large, son cadre lui donnant, pour ainsi dire, toute la compréhension d’une exposition industrielle.
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- L’exposition professionnelle du royaume de Saxe, annoncée à cette place il y a quelque temps, a eu lieu à Dresde, du mercredi 1er au dimanche 5 février, sur l’initiative du ministère des cultes et avec la participation de tous les établissements spéciaux.
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- A la prochaine exposition académique des beaux-arts de Berlin, le panorama de Pergame, installé dans le parc, sera remplacé par la toile panoramique colossale de Y Incendie de Rome, due aux peintres Max et George Koch. ’
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- Quatrième Année.
- N° i63.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 12 Février 1888. — 961.
- * *
- L’association des brasseurs vvurtembergeois prépare, sur l’initiative de son comité, une exposition générale de matériel de brasserie, qui aura lieu à Stuttgard, à l’occasion du congrès général des brasseurs allemands.
- Les autorités municipales ont concédé pour l’installation le Hall industriel local (Gewerbe-halle), où eut lieu l'exposition agricole du royaume en 1881. Le capital de garantie est d’ores et déjà souscrit.
- L’ouverture se fera le dimanche 27 juin, et la clôture le samedi 30 suivant.
- En même temps, aura lieu une exposition-concours de machines à glace.
- Angleterre
- La Dudley G aller y Art Society a organisé à Egyptian Hall, dans Piccadilly, une intéressante exposition d’aquarelles.
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- L’exposition vélocipédique annuelle, connue sous le nom de Stanley Show, depuis que le Stanley Bicycle. Club l’organisa pour la première fois, il y a quelques années, a été inaugurée le 28 janvier dernier au Royal Aquarium de Westminster.
- L’exhibition réunit environ cent cinquante exposants, et comporte plus de huit cents appareils divers, bicycles, tricycles, etc., qui illustrent les perfectionnements nouveaux.
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- Exposition des Lauréats de France. — Nous avons déjà brièvement parlé-de cette intéressante tentative. Nous y revenons aujourd’hui avec des détails nouveaux.
- Une série d’expositions diverses s’ouvrira, le 1er mai prochain, à Londres, dans les vastes locaux du Royal Aquarium (Westminster).
- Ces expositions seront internationales, mais, pour y participer, il faudra justifier d’une récompense obtenue à un concours ou exposition quelconque organisés en France.
- L’ensemble des expositions des Lauréats de France comprendra, comme nous l’avons dit précédemment, les arts, les sciences, l’industrie et le commerce.
- Le cycle des exhibitions comprendra :
- 1° Une exposition des Beaux-Arts et des Arts décoratifs, avec section spéciale pour la photographie ;
- 2° Une exposition des Modes françaises, comprenant l’habillement de l’homme, de la femme et de l’enfant ;
- 3° Une exposition à'alimentation, de viticulture. de brasserie et, en général, de toutes les boissons entrant dans l’alimentation ;
- 4° Une exposition de la santè.publique, d'hygiène, de salubrité, de matériel et engins de sauvetage, et, en général, de tout ce qui concerne la prévention et l’extinction des incendies ;
- 5° Une exposition générale industrielle et commerciale ;
- 6° Une exposition des agréments, délassements et plaisirs de la vie.
- Ajoutons que, sur la demande d’un grand nombre d’industriels, il sera organisé, en vue de ceux qui ne rempliraient pas les conditions spéciales d’admission à l’exposition proprement dite des « Lauréats de France », une exposition annexe particulière, dite Exposition de Westminster.
- Toutes les communications doivent être adressées à M. Hervé du Lorin, promoteur et directeur général de l’Exposition des Lauréats de France, aux bureaux et au siège du Commissariat général, 49, rue Jacques-Dulud, à Neuilly-sur-Seine, près Paris.
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- Les Chambres de commerce du royaume d'Italie s’occupent activement d’organiser la participation générale à l’Exposition italienne de Londres. Le Comité central dans cette ville a reçu un nombre très important d’adhésions de ce fait.
- On signale aussi la formation de plusieurs Comités spéciaux artistiques et des expositions collectives préparées par des groupes d’établissements industriels et commerciaux.
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- Autriche-Hongrie
- On donne d'excellentes nouvelles des travaux préparatoires pour l’exposition internationale des Beaux-Arts, de Vienne.
- Les travaux d’aménagement intérieur sont terminés au Künstlerhans et la réception des oeuvres d’art peut désormais se faire dans les meilleures conditions. Si l’on exclut la section rétrospective, on sait que seules seront admises les œuvres achevées depuis 1882, et n’ayant jamais encore été présentées dans aucune exposition, en Autriche-Hongrie.
- Le jury est entré en fonctions le 1er février. Les Etats qui ont organisé des expositions corporatives ont constitué pour leurs sections respectives des Commissions spéciales.
- Les participations les plus importantes seront celles de l’Allemagne et de la France; aussi des emplacements appropriés ont-ils été réservés pour les envois de ces deux pays. L’Italie, qui viendra en troisième ligne, n’a pas institué de Comité particulier et s’est soumise à la juridiction du jury austro-hongrois.
- Le comité devienne s’occupe de la répartition des emplacements pour les trois puissances dénom méefe et pour la Hongrie, l’Angleterre, l’Espagne, la Belgique, la Suède et la Norvège,etc.
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- La Société de Numismatique devienne prépare, à l’occasion de l’inauguration du monument de Marie-Thérèse, en mai prochain, une exposition de Numismatique consacrée à la grande impératrice et à son temps.
- L’exposition réunira, avec les monnaies et médailles de Marie-Thérèse, celles de son impérial époux, François de Lorraine, grand-duc de Toscane, plus tard empereur d’Allemagne, et de son fils, et successeur l’empereur Joseph II, ainsi que les monnaies contemporaines locales et seigneuriales.
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- Chine
- Nons avons parlé jadis d’un projet.d’exposition internationale pour Shang-Haï; il y a bien longtemps que ce renseignement a paru à cette place, nos lecteurs se le rappelleront cependant peut-être encore.
- Toujours est-il que ce projet a échoué, le gouvernement impérial chinois n’estimant pas que le moment opportun soit venu d’organiser une exposition internationale et ne voulant accorder ni son concours pécuniaire, ni la franchise de douane pour les objets d’exposition. Cette attitude a fait naître le projet d’une exposition restreinte municipale, mais ouverte cependant à toutes les participations.
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- Espagne
- S. M. la Reine-Régente se rendra à Barcelone pour y présider à l’inauguration et au départ de la première exposition flottante espagnole, dont nous avons précédemment parlé.
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- Italie
- Notre excellent confrère Bollettino delle Finance Ferrovie e Industrie rappelle le concours international organisé par le ministère de l’agriculture pour encourager la diffusion, la vulgarisation de machines et instruments destinés à améliorer la culture, faciliter le travail et diminuer les dépenses de production du chanvre.
- Les primes à décerner sont nombreuses et le ministère fera l’acquisition d’un certain nombre de machines perfectionnées.
- Le. concours aura lieu à Ferrare, en août prochain.
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- Tunisie
- Nous rappelons l’exposition des Beaux-Arts, qui ouvrira le mercredi 25 avril à Tunis, en même temps que le concours agricole annoncé.
- La réception des envois se fera jusqu’au mercredi 11 avril, à l’inspection de l’agriculture de la régence.
- Ubique.
- LA VISITE DU SOUS - SECRÉTAIRE D'ÉTAT
- DES COLONIES
- A l’Exposition des Produits Coloniaux
- M. Félix Faure, sous-secrétaire d’Etat de la marine et des colonies, a visité l’Exposition des produits coloniaux au concours général agricole (Palais de l’Industrie).
- Cette exposition, qui a été organisée par les soins de l’Exposition permanente des colonies, comprend une réunion très intéressante des principales productions de nos établissements d’outremer.
- On remarque principalement des nattes de l’Inde et de la Cochinchine, des rhums, des tafias, des sucres et des fruits conservés de la Guadeloupe et de la Martinique, des cotons de Mayotte et de plus un ensemble de produits naturels de l'An-nam.
- M. le sous-secrétaire d’Etat a exprimé sa satisfaction pour cette exposition.
- Il faut ajouter que le jury a décerné aux exposants coloniaux 33 récompenses, dont 4 médailles d’or, 18 d’argent et 11 de bronze.
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- L’EXPOSITION DE MELBOURNE
- Par arrêté du ministre de l’instruction publique, des cultes et des beaux-arts, en date du 3i janvier 1888, le jury d’admission des ouvrages d’artistes français à l’exposition internationale de Melbourne en 1888 est constitué ainsi qu’il suit ;
- Président
- M. le ministre.
- Vice-président
- M. le directeur des beaux-arts.
- Membres
- MM. Comte, directeur des bâtiments civils et des palais nationaux.
- Kaempfen, directeur des musées nationaux.
- Antonin Proust, député.
- Gaston Thomson, député.
- Delaunay, membre de l’Institut, peintre.
- Henner, peintre.
- Benjamin Constant, peintre.
- Pointelin, peintre.
- Chapu, membre de l’Institut, sculpteur.
- Dalou, sculpteur.
- Bracquemond, graveur.
- Magne, architecte.
- Havard, inspecteur des beaux-arts.
- Dayot, inspecteur des beaux-arts.
- Paul Mantz, critique d’art.
- Geffroy, critique d’art.
- Baumgart, chef du bureau des expositions,
- Roger-Marx, secrétaire de la direction des beaux-arts.
- Secrétaires
- M. Delair, commissaire des expositions des beaux-arts.
- M. Giudicelli, commissaire des expositions des beaux-arts.
- Secrétaire-adjoint
- M. Dupré fils.
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- Règlement de l’exposition internationale de Melbourne en 1888
- Art. Ier. — L’exposition française des beaux-arts comprendra les œuvres des genres suivants :
- i° Peinture ;
- 20 Dessins, aquarelles, pastels et miniatures ;
- 3° Sculpture, gravure en médailles et sur pierres fines ;
- 40 Architecture, modèles et dessins ;
- 5° Gravure et lithographie.
- Chaque artiste ne pourra exposer que deux ouvrages du même genre.
- Art. 2. — Sont exclus:
- Les copies ;
- Les peintures, dessins ou gravures sans cadres ;
- Les sculptures en terre non cuite.
- En raison des difficultés de transport, les tableaux dont les dimensions excéderaient 2m5o, dans un sens ou dans l’autre, ainsi que les sculptures qui présenteraient trop de risques, et notamment les plâtres, ne pourront être acceptés.
- Art. 3. — Les artistes qui désirent exposer devront adresser leurs demandes, avant le 20 février prochain, à M. le directeur des beaux-arts, au commissariat des expositions, palais des Champs-Elysées, porte n° I.
- Les demandes devront mentionner les nom, prénoms et adresse de l’artiste ;
- Le sujet des ouvrages ;
- Les dimensions (cadres compris) ;
- La valeur estimative des ouvrages, qu’ils soient à vendre ou non, cette valeur estimative devant servir de base aux assurances.
- Si l’artiste a l’intention de vendre, il devra le déclarer et, dans ce cas, indiquer le prix en toutes lettres.
- Art. 4. — Les ouvrages devront être déposés franco au palais des Champs-Elysées, porte IX, du 27 février au 3 mars, de dix heures à cinq heures.
- Il en sera délivré récépissé.
- Chaque ouvrage devra être muni d’un cartel portant le nom de l’auteur et l’indication du sujet.
- Art. 5. — L’admission des ouvrages sera prononcée par un jury nommé par l’administration.
- Art. 6. — L’administration prend à sa charge les frais d’emballage, de transport et d’assurance.
- Elle se chargera de l’encaissement des produits de la vente, sauf déduction des frais de change et de la retenue qui pourra être faite par le comité melbournien de l’exposition.
- Art. 7. — Les ouvrages non admis devront être retirés du 20 au 3o mars, contre présentation des récépissés.
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- 962. — Quatrième Année. _— N° 1G3.
- Lors du retour des oeuvres qui auront figuré à l’exposition, les artistes seront^ prévenus individuellement du lieu et du jour où elles seront rendues.
- Paris, le 3i janvier 1888.
- Le ministre de l'instruction publique, des cultes et des beaux-arts,
- Léopold Faye.
- Par le ministre :
- Le conseiller d’Etat, directeur des beaux-arts,
- Castagnary.
- * r * *
- Par arrêté en date du 3 février 1888-, le ministre du commerce et de l’industrie a nommé membres de la commission spéciale de l’exposition de Melbourne :
- MM.
- Roume (Ernest), auditeur au conseil d’Etat (section III].
- Dupont (E.), fabricant de brosserie fine et tabletterie, président des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889 (section IV), Hurard, député, membre des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889 (section VIII). Charles Ledoux, juge, suppléant au tribunal de commerce, rapporteur des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889 (section VIII). Clermont (Hermann de) négociant en fourrures et poils de chapellerie, membre des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889 (section VIII).
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- Les diverses sections de la commission spéciale de l’exposition internationale de Melbourne se sont réunies ces jours derniers au ministère du commerce et de l’industrie (86, rue de Varenne) pour examiner les demandes d’admission déjà parvenues au ministère et prendre des mesures en vue de provoquer des adhésions à l’exposition.
- Conformément aux dispositions d’un arrêté ministériel en date du 21 janvier 1888, chaque section, dans sa première séance, a procédé à l’élection- de son président et de son secrétaire, à la majorité relative des membres présents.
- Ont été élus .
- Section III. — M. le colonel Laussédat, directeur du Conservatoire national des arts et métiers, président ; M. le docteur Martin, auditeur du comité consultatif d’hygiène de France, secrétaire.
- Section IV. — M. Lemoine, président de la chambre syndicale de l’ameublement, président ; M. Maes, membre de la chambre de commerce, président de la chambre syndicale des fabricants de cristaux et verreries, secrétaire.
- Section V. — M. Muzet, président du syndicat général de l’Union des chambres syndicales, président; M. Bessand (Paul), manufacturier, secrétaire.
- Section VI. •— M. Dehaynin, membre de la chambre de commerce, président; M. Persoz, directeur de la condition des soies et laines à la chambre de commerce, secrétaire.
- Section VII. — M. Michau, président du tribunal de commerce, président ; M. Liébaut, président de la chambre syndicale des mécaniciens, chaudronniers et fondeurs, secrétaire.
- Section VIII. — M. Hurard, député, président ; M. Ledoux, juge suppléant au tribunal de commerce, secrétaire.
- Les intéressés sont informés à nouveau que les demandes d’admission pour l’exposition de Melbourne doivent être adressées sans retard au ministre du commerce et de l’industrie.
- Pour tous renseignements, s’adresser au ministère (direction du personnel et de l’enseignement technique, bureau du personnel et du secrétariat, 80, rue de Varennej.
- SCIENCES & INDUSTRIE
- LE BALLON CAPTIF SÉBILLOT A L’EXPOSITION DE 1889
- Vous vous rappelez tous,chers lecteurs, ou presque tous, soit pour l’avoir vu planer dans les airs, soit pour vous y être élevés avec lui, le ballon captif qu’avait construit pour l’Exposition de 1878, l’excellent et regretté ingénieur Henri Giffard. Vous vous rappelez tous aussi quel succès obtinrent les ascensions du gigantesque aérostat.
- L’heureux résultat d'une première entreprise devait amener tout naturellement des tentatives similaires. Aussi tous les amateurs d’expériences scientifiques, d’émotions et de belles vues panoramiques ont-il appris avec plaisir qu’un ingénieur ae'ronaute de talent, M. Sébillot, s’apprêtait à renouveler, en 1889, l’expérience heureuse de 1878, et se proposait de construire un ballon monstre destiné à planer à 600 mètres au-dessus de Paris en fête. Mais ce n'est pas sans quelque surprise
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- que quelques-uns ont appris de quelle nature devait être le ballon captif nouveau.
- M. Sébillot a en effet renoncé au système d’aérostat à gaz pour revenir au type trop négligé, abandonné meme de la montgolfière, qu’il a perfectionnée, suivant des données spéciales, et rendue absolument incombustible. Nous ne partageons pas absolument les préventions que nourrit l’auteur du projet en cause contre les ballons à gaz.hydrogénés. M. Sébillot leur attribue l’état stationnaire, où, malgré les efforts réunis d’hommes de valeur, tels que MM. G. Tissandier et Giffard, est restée la science de l’aéronautique. C’est aller peut-être un peu loin. Il est évident que ces engins ne sont pas sans inconvénients ; qu'ils offrent, par exemple, de graves dangers d’inflammabilité, d’explosion, de déperdition rapide par exosmose, de déchirure par suite d’un excès de pression ou d'un choc.
- Sans entrer dans l’examen de ces questions, nous disons seulement aujourd’hui que la montgolfière de 1889 sera exempte deces inconvénients divers, à l'abri des déchirures et de tous risques d’incendie.. L'enveloppe en sera composée, non plus de matières éminemment combustibles comme celles dont on s’était servi jusqu’à ce jour, papier, toile ordinaire ou soie, mais d’une toile métallique ininflammable, tendue sur une ossature rigide, qui conservera continuellement sa forme propre et n’offrira aucune prise au contact de la flamme du foyer. L’enveloppe sera donc constituée par cette toile métallique, revêtue extérieurement d’un papier d'amiante, matière que ses qualités spéciales doivent vulgariser et répandre de plus en plus, et enfin d’un tissu métallique de laiton et soie.
- Donc aucun danger d’incendie.
- Le gallon aura quarante mètres de diamètre et pourra enlever cinquante personnes.
- Si l’on s’étonne que l’air chaud, dont la force ascensionnelle est évidemment inférieure à celle du gaz hydrogène, puisse suffire pour enlever, avec le poids énorme qu'entraîneront de pareilles dimensions, la charge totale des passagers qui s’élève à quatre mille kilogrammes, le constructeur répondra : que le poids de l’enveloppe n’est pas aussi considérable qu’il se peut présumer au premier abord ; il n’est que de deux cent cinquante grammes par mètre carré. La montgolfière, avec tous ses accessoires et son câble, représentera donc un poids total inférieur à celui du ballon Goiffard qui était de dimensions moindres, soit 12,000 kilogr. au lieu de 14,000.
- Sans entrer dans des détails trop techniques, nous dirons que la force ascensionnelle de l'air chaud a fait l’objet de calculs rigoureux. Elle pourra être de 5oo à 55o grammes par mètre cube, avec une température approchant de 200 degrés. Ce qui rend donc intéressante la tentative de M.Sébillot en lui donnant une sécurité absolue,c’est la suppression parfaite de ce grave inconvénient qu’on reprochait à juste titre aux montgolfières de l’origine : la possibilité d’un accident fatal du au foyer que les engins de ce genre doivent nécessairement emporter pour l’entretien de leurs forces.
- Des expériences anciennes fournissent des documents précieux sur la puissance des montgolfières et la facilité avec laquelle on entretient leur ascension. On sait, par exemple, que Pilâtre des Roziers s’est élevé à 4,000 mètres et a franchi 52 kilomètres sans avoir épuisé sa provision de combustible. Des relevés connus ont fourni le chiffre d’une dépense de 32 kilos environ de bois par heure pour l’entretien d’un état normal de flottaison d’un ballon de 33 mètres de diamètre. M. Sébillot brûlera 70 kilos de bois sur une grille de 7 mètres carrés, pour atteindre une hauteur de 6on mètres dans l’espace de cinq minutes.
- Pour passer à un autre point, le câble projeté sera d’une solidité à toute épreuve, composé de fils d’acier extra-supérieur pesant 5 kilos par mètre et ne pouvant céder sous un effort moindre de 11 5,ooo kilos. La sécurité complète consistant à ne demander que le sixième de la résistance totale, ici 19,000 kilos environ, et l’effort maximum ne devant pas, pour la montgolfière, dépasser 3,ooo kilos, 4,000 au plus, on voit qu’une grande marge a été réservée et qu’aucun doute, aucune inquiétude ne seront possibles ni admissibles.
- Au point de vue financier, si l’on prend pour comparaison le ballon Giffard, on verra que le projet actuel donne d’importantes économies, il a fallu, en 1878, rien que pour la production du gaz destiné à gonfler l’aérostat pendant les quelques mois de l’exploitation, réunir, comme matières premières, 190,000 kilos d’acide sulfurique et 80,000 kilos de tournure de fer! Le remplissage était de vingt-cinq heures.
- La Montgolfière Sébillot serait, paraît-il, prête à partir en vingt minutes avec une dépense, durant ce temps, de 260 kilos de bois. Il lui faudrait ensuite 70 kilos pour s’élever à 600 mètres, position qu’une_ alimentation de 60 kilos par heure lui pourrait conserver indéfiniment.
- L’intention de M. Sébillot serait de faire sa première ascension au mois de juin prochain pour continuer l’exploitation pendant l’Exposition de 1889 et les années suivantes.
- Dimanche 12 Février 18SS.
- L’éclairage électrique permettrait des ascensions de nuit.
- Une société financière, au capital de 750,000 fr., se constitue pour l’exploitation de l’affaire jusqu’en 1890. Ceci n'est plus dans notre domaine et nous ne citerons quelques chiffres qu’à titre de curiosité.
- Les dépenses de trois années étant estimées à 780.000 francs, les recettes d’autre part étant évaluées, sur les bases de l’exploitation Giffard, à 3,88o,ooo francs; il resterait un bénéfice de 3 millions 100,000 francs.
- L’entreprise, on le voit, est assez curieuse et peut être fort intéressante. Comme tout ce qui intéresse l’exposition doit trouver place ici, nous nous réservons de revenir quelque jour sur ce sujet, mais alors à un point de vu'e spécial et critique. C. H.
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- Une regrettable erreur d’impression s’est glissée dans notre description du nouveau thermomètre rotatif de M. Rabinovitch.
- Nous rétablissons simplement la phrase dénaturée telle qu’elle doit être : .
- « Le liquide contenu dans le cylindre, venant à « se dilater, chasse devant lui la colonne de merci cure, qui, par son poids (et non par un poids),
- « occupe la partie la plus déclive de l'appareil, et « en déplace ainsi le centre de gravité.
- PARTICIPATION DE LA FRANCE
- A L’EXPOSITION DE MELBOURNE
- (Suite et Fin)
- Trouillier, de la maison David, Trouillier et Adhémar, vice-président des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Waddington (Richard), filateur'et fabricant, député, membre des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Worth (Gaston), fabricant dé nouveautés, président de la chambre syndicale delà couture et confection pour dames, membre des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Section VI
- MM.
- Blouet (A.), négociant en gélatines, colles et huiles, membre de la chambre de commerce, membre des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Bresson (Jean), président de la chambre syndicale de la fourrure et pelleterie, membre des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Chartier (Alex.), négociant en rouenneries et lainages en gros, membre des comités, d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Decaux, directeur des teintures aux manufactures nationales de tapisseries des Gobelins et de Beauvais, membre des comités d’admissionà l’Exposition universelle de 1889.
- Dehaynin (Félix), membre de la Chambre de commerce, membre des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Durfort, président de la chambre syndicale des mégissiers, membre des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Fortier-Beaulieu (Ad.), président de la chambre syndicale des cuirs et peaux, président des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Guillaumet (Léon), président de la chambre syndicale de la teinture, apprêts et blanchiement, secrétaire des comités d’admission à l'Exposition universelle de 1889.
- Guillou (Marius), fabricant de peaux de chèvres pour chaussures, vice-président des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Persoz (J.), directeur de la condition des soies et laines. à la chambre de commeree, rapporteur des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Riche (Alfred), membre de l’académie de médecine, rapporteur des comités d’admission à l'Exposition universelle de 1889.
- Samson, négociant en matières tannantes, vice-président des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Vée (A.), droguiste, ancien président du syndicat des produits chimiques et du comité central des chambres syndicales, membre des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Section VII
- MM.
- Agnellet-Parfait, fabricant de chapeaux de paille et de feutre, de tulles, crêpes et fournitures pour modes, président des comités d’admission à l’Exposition universelle de i88q.
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- Quatrième Année. — N° 163-
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 12 Février 1S88. — g63.
- Bange (le colonel de), directeur de la socie'té des anciens établissements Gail, membre des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Baudet (Emile), président de la chambre syndicale des constructeurs métalliques de France, membre des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Beaudoire (Th.), fondeur en caractères, vice-président des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Blagé, directeur de la compagnie des chemins de fer du Midi, membre des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1S89.
- Bougarel, secrétaire de la chambre syndicale des mécaniciens chaudronniers-fondeurs, rapporteur des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Capgrand-Mothes, président de la chambre syndicale des fabricants de produits pharmaceutiques de France, membre des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Cendre, directeur des chemins de fer de l’Etat, membre des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Cousté, entrepreneur de maçonnerie, vice-président de la chambre de commerce de Paris, membre des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Denis (Gustave), filateur et tisseur de coton, sénateur, président des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Fontaine (Hipp.), administrateur de la société Gramme, président honoraire de la chambre syndicale de l’électricité, président des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Fouquet, fabricant de sucre, vice-président des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Gautreau (Charles), vice-président de la chambre syndicale des instruments d’agriculture et d’horticulture, membre des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Guiet, président de la chambre syndicale de la carrosserie, président des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Haret père, président de la chambre syndicale de la menuiserie, président des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Helbronner (Alphonse), manufacturier, président de la chambre syndicale des fabricants d’équipements militaires, membre des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Heurteau, directeur de la compagnie des chemins de fer de Paris à «Orléans, membre des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Jacquemin, directeur de la compagnie des chemins de fer de l’Est, membre des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Lax, directeur des chemins de fer au ministère des travaux publics, membre des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Lemonnier (Paul), président de la chambre syndicale des industries électriques, membre des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Létrange, président de la chambre syndicale du commerce, des métaux, membre des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Liébaut (Arthur), président de la chambre syndicale des mécaniciens, chaudronniers et fondeurs, vice-président des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Marin, directeur de la compagnie des chemins de fer de l’Ouest, membre des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Max-Richard, manufacturier, vice-président de la chambre de commerce d’Angers, président des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Michau, président du tribunal de commerce, président des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1 889.
- Micbaud (Jules), de la maison Marinoni, membre des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1880.
- Mozet, ancien président du conseil des chambres syndicales de l’industrie du bâtiment, membre des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Noblemaire, directeur de la compagnie des chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée, membre des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Perret (Michel), administrateur de • la société anonyme des manufactures de glaces et produits chimiques de. Saint-Gobain, Chauny et Cirey, président des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Pihet (Au guste), président honoraire de la 1 chambre syndicale des mécaniciens, rapporteur des comités d’admission à l’Exposition universelle
- dej88g.
- Schneider (Fleuri), directeur de la société des houillères, forges, aciéries et ateliers de construction du Creuzot, membre des comités d’admission u 1 Exposition universelle de 1889.
- y are y (Charles), secrétaire des comités d’ad-uaission à l’Exposition universelle de 1889.
- Vésigné (Octave), administrateur de la compagnie des Messageries maritimes, membre des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Section VIII
- MM.
- Bleu (Alfred), secrétaire général de la Société nationale d’horticulture de France, vice-président des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Desmarais (Henri), raflineur de pétrole et épurateur d’huiles, président de l’union centrale de l’épicerie en gros, vice-président des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Gabriel (Louis), président de la chambre syndicale du commerce en gros des vins et spiritueux du département de la Seine, rapporteur des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Guillout, fabricant de biscuits, vice-président des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Guy (Louis), président de la chambre syndicale des distillateurs en gros de Paris, membre des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Jarlauld (F.), négociant en vins, membre de la chambre de commerce, président honoraire du syndicat des vins et spiritueux en gros de Paris, et du syndicat général des chambres vinicoles de gros de France, président des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Leydet, député, président des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Ménier (Gaston), président de la chambre syndicale des chocolatiers et confiseurs, membre des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Prevet (Charles), fabricant de conserves alimentaires, député, président des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.'
- Sigault fils, fabricant de pain d’épices, secrétaire des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Sohier (Georges), constructeur de serres, rapporteur-secrétaire des comités d’admission à l’Ex-, position universelle de 1889.
- Tisserand, directeur de l’agriculture au ministère de l’agriculture, membre des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Way (H.-A.), président de la chambre syndicale des grains, farines et huiles, membre de la chambre de commerce, rapporteur des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
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- L’abondance des matières nous oblige à remettre au prochain numéro la suite du compte-rendu du Concours Régional Agricole, de M. A. Ramé.
- LES LIVRES
- CXLIII
- Bibliothèque de l’enseignement des Beaux-Arts. — L’Art chinois par M. Paléologue Un vol. m-40 illustré de i5o gravures, par Henri Guérard : Paris, maison Quan lin.
- Nous n’en sommes plus à faire l’éloge de cette collection de vulgarisation, d’un plan excellent, d’une exécution parfaite, qui a conquis bien vite l’autorité et le .succès et qui est traduite aujourd’hui dans presque toutes les langues de l’Europe. Nous l’avons plus d’une fois déjà signalée et recommandée à nos lecteurs.
- Elle vient de s’enrichir de deux nouveaux volumes, dont le plus important, 1 ’Art chinois, nous occupera exclusivement aujourd’hui.
- L’auteur, M. Paléologue, dont nous lisions récemment dans la Revue des Deux-Mondes, un article des plus intéressants sur les sépultures chinoises, est secrétaire d”ambassadeà Pékin, et a pu étudier de visu et d’après nature, en quelque sorte, le sujet délicat et compliqué où il s’est proposé, non sans courage, d’apporter les lumières de notre méthode scientifique et critique.
- Si les documents de détail ne lui faisaient pas défaut, il n’en était pas de même des histoires générales et des vues d’ensemble. Il ne pouvait guère s’appuyer sur les travaux de ses devanciers. Il devait presque tout puiser dans son propre fonds. Et si un travail entrepris dans de si difficiles conditions, n’a pu se préserver de bien des lacunes, il garde du moins le mérite de plus d’une considération originale, de plus d’un aperçu neuf.
- L’art chinois ! Existe-t il vraiment un art chinois dans le sens large et complet du mot, tel que nous l’interprétons aujourd’hui ? Nous serions tentés de dire non, et de penser que les Chinois n’ont jamais possédé l’art qu’à l’état rudimentaire, fragmentaire.
- Au vi° siècle, il y a en Chine deux millions de
- religieux bouddhistes et trente mille temples. C’est dire que l'art chinois a été longtemps et est encore un art presque exclusivement dominé par l’influence religieuse, essentiellement hiératique, comme l’art égyptien, emprisonné dans des formules immuables, empreint du caractère mystérieux, énigmatique, grâce auquel les prêtres ont maintenu leur domination. En ce qui touche l’architecture, par exemple, nous la voyons réduite servilement à l’usage de la brique et du bois, n’employant jamais la pierre et même pour les constructions civiles, soumise à une règlementation officielle. La peinture, d’un caractère étroitement linéaire et graphique, ignore la plupart des jeux de la couleur. Elle ne connaît pas davantage les combinaisons de la lumière, de l’ombre, du clair-obscur, de la dégradation des teintes par le lointain. Ses pinceaux, puisant à une palette riche de nuances, mais de nuances de premier plan, ne s’exercent volontiers que sur le papier, la soie, le laque. Elle ne reproduit la figure humaine qu’à l’état rudimentaire, soignant minutieusement, parfois puérilement, les détails, mais dédaignant, et pour cause, les finesses ou les effets du modelé. Il n’existe pas, de l’aveu de l’auteur, un seul beau et bon portrait, une seule image exacte et vivante de la figure humaine en Chine. Dans ces conditions, n’est-il pas permis de dire que hormis pour la porcelaine où le génie chinois a trouvé une originalité particulière de formes, de couleurs, d’ornements il n’existe pas d’art chinois, à proprement parler, pas de grands artistes chinois, mais seulement des ébénistes, des bronziers, des émailleurs, des damasquineurs, d’une ingéniosité et d’une habileté incomparables, d’admirables ouvriers, en somme, mais pas un artiste digne de ce nom.
- C’est notre opinion, et en songeant à cette civilisation précoce et surannée, vieillotte et puérile à la fois, à ces représentations de la figure humaine tournant fatalement à la grimace et à la caricature, nous ne pouvons nous empêcher de dire que les Chinois n’ont que l’art qu’ils méritent, un art minutieux, subtil, passionné pour la laideur plus que pour la beauté, presque exclusivement limité aux applications rituelles, funéraires, somptuaires, voluptuaires, un art sans philosophie, sans esthétique, sans idéal. Certes, l’art antique a aussi ses défectuosités et ses défaillances. Dans les fresques et les statues de Pompéï, dans les terres cuites de Tanagra nous trouvons ces tendances d’un réalisme brutal, cynique, parfois ces exagérations grotesques, qui nous choquent si souvent dans l’art chinois. Mais nous trouvons aussi un goût et un sentiment de la beauté, des proportions, de l’harmonie, du rhythme dans le geste et dans la marche, un respect de la nature, qui témoignent même dans les applications vulgaires de l’art, d’aspirations supérieures. Rien de tout cela dans ces torses contournés, ces figures grimaçantes, ces animaux d’une forme grotesque, ces plantes et ces fleurs d’une flore fantastique, dans ces lions à tête de chien, ces dragons ailés, ces chimères à corps de serpent, ces magots surtout, ces magots dont nous dirions volontiers comme Louis XIV, qu’ils déshonorent la figure humaine et qu’il faut les renvoyer au cauchemar dont ils sont sortis.
- Le général Theng-Ki-Tong, dont nous avons lu le livre spirituel et amusant sur l’art dramatique ou censé tel et sur les moeurs de l’Empire du Milieu n’est pas timide, et il n’ignore aucune des ressources et des ironies de notre langue qu’il manie à merveille. Il n’a pas osé cependant essayer de nous tracer une esthétique, une plastique de l’art chinois, trouvant sans doute l’entreprise téméraire.
- M. Paléologue, qui est un esprit vif et clair, un savant et un lettré français, dans la plus fine et la plus souple acception du mot, a été plus brave. Il a tenté de réduire en corps d’histoire, en corps de méthode, les notions que nous possédons sur l’art chinois. 11 a réussi à jeter quelque lumière dans ce chaos. Nous lui devons des vues critiques intéressantes et des reproductions curieuses. Il a réussi à tracer de l’art chinois une physionomie exacte et fidèle. Mais sur certains points, il a peut-être cédé à l’attrait naturel d’un sujet, pour celui qui le traite, et trop flatté son portrait. Pour nous, tout en le félicitant d’avoir mené à terme une si difficile entreprise, d’avoir fourni à nos artistes desdocuments techniques et pittoresques précis sur cet art chinois si peu connu, et sur lequel circu lent en France tant de préjugés, nous le remercions surtout d’avoir fait marcher devant nos jeunes disciples du culte de la nature et de la beauté, la leçon vivante de l’ilote ivre, et de leur avoir fourni moins le modèle à suivre que l’exemple à éviter.
- M. de Lescure.
- LES THÉÂTRES
- Le Cid, de Massenet, vient de remporter un gros succès coup sur coup à La Haye, à Rotterdam et à Amsterdam.
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- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE iSSq
- Dimanche 12 Février 1888.
- Aces trois villes de Hollande, on peut ajouter Francfort, Vienne et Hambourg, qui jouent en ce moment l'ouvrage du jeune maître.
- Le Ciel enfin est sur les affiches de deux villes de province, Dijon et Amiens; il est en répétition à Rouen, et Bordeaux en prépare pour la semaine prochaine une reprise solennelle.
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- Trors nouveaux sociétaires ! Tel est le résultat de la séance tenue hier par le comité de la Comédie-Française.
- MM. Boucher et Truffier, Mme Céline Monta-land ont été promus sociétaires à un quart de part, les deux derniers pour prendre rang à partir du ier janvier dernier, M. Boucher à compter du 1er juillet prochain.
- Dans la même séance, MM. Baillet, Le Bargy et de Féraudy, Mme Pierson, ont été augmentés chacun d’un douzième; MM. Laroche, Barré, Coquelin cadet, Prudhon, Mmes Broissat, Lloyd et Muller ont été augmentés chacun d’un sixième.
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- On a remarqué depuis quelque temps un courant d’idées favorable à la pantomime. En vue d’en accentuer le développement, un groupe de gens de lettres et d’artistes vient de constituer le Cercle funambulesque, qui se proposerait en outre de remettre à la scène quelques-unes des comédies et parades de l’ancien théâtre de la Foire et de la Comédie Italienne.
- Outre MM. Richepin, L. Lacour, H. de Lapom-meraye, J. Lemaître, F. Sarcey, E. Stoullig, A. Vitu, le Cercle funambulesque compte déjà au nombre de ses adhérents, MM. Fernand Beissier, P. Ginisty, G. Feydeau, L. Hennique,A. Heulhard, K. Huysmans, Félix et Eugène Larcher, Paul Legrand, P. Lordon, P. Marguerite, Paul Milliet, R. de Najac, etc. Parmi nos compositeurs: MM. J. Massenet, F. Thomé, Vidal, Chapuis, ont également promis leur concours.
- Les représentations du cercle seraient exclusivement réservées aux membres de la critique, aux gens de lettres et aux artistes.
- Le Cercle funambulesque sollicite les adhésions et l’appui de tous ceux que cette tentative pourrait intéresser. Prière d’adresser provisoirement les communications à M. Félix Larcher, rue Saint-Lazare.
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- Aucune première représentation cette semaine.
- Toutefois, les Théâtres parisiens ne chôment pas et il en est de privilégiés qui réalisent toujours de fort belles recettes.
- Au Châtelet, Michel Strogojf continue à faire salle comble. Mme Marie Laurent arrache tous les soirs des larmes aux spectateurs et la vaillante troupe passe à travers des tonnerres d’applaudissements du Palais d’hiver au camp de Féofar, sur les rives de l’Angaron, à Irkoustsk. Rien de plus beau que ces décors, ces costumes, ces scènes si vivantes qu’on les croirait réelles, tant la mise en scène et le talent des artistes savent les rendre palpitantes. Aussi quels bravos!
- Le Vaudeville réalise toujours son maximum de recettes avec l’Affaire Clémenceau. C’est qu’il s’en faut que tout le monde, à Paris, ait applaudi Mme Tessandier et la charmante Cerny, Dieu-donné, l’acteur toujours sympathique et M. Raphaël Dufios !
- Le théâtre de la Renaissance passe en de nouvelles mains. M. Samuel a cédé la direction de ce charmant théâtre à M. Henri Arrault, un de nos confrères qui fut longtemps rédacteur dramatique au Courrier du Soir, qui a écrit au Gaulois de charmantes pages rétrospectives sous ce titre alléchant : La Banlieue dramatique et qui s’est fait applaudir tout récemment comme auteur dans une spirituelle Revue : Y a rien d'fait, représentée près de cinquante fois au Château-d’Eau.
- Bonne chance au jeune et sympathique nouveau directeur. Il connaît à merveille les choses du théâtre. Et de sa part ou peut s’attendre à de charmantes surprises qui feront la joie de Tout-Paris... Mais... Pas d’indiscrétion prématurée ! Nous en reparlerons.
- Ferlux.
- L'EXPOSITION DES GâNTS ET DENTELLES
- AU BON MARCHÉ
- L’exposition de blanc est terminée. Elle a été brillante plus qu’aucune des précédentes, et, pendant plusieurs jours, le va-et-vient n’a pas discontinué sous ces hautes galeries de l’immense édifice, où l’on peut circuler tout à l’aise, sans crainte d’y étouffer quand il fait chaud, sans peur de la froidure, l’hiver.
- Un succès de plus à l’actif de cette maison inimitable pour qui la perfection est un mot d’ordre, qui ne se contente pas de faire bien et qui veut toujours faire mieux.
- Voici venir à présent l’exposition des gants, des dentelles et des fleurs qui aura lieu le 20 février.
- C’est une exposition artistique dans toute l’acception du mot.
- Etes-vous poète ? Aimez-vous à rêver sur un rien, sur un simple objet qui paraît futile et qui, pourtant, renferme un monde d’idées ? Allez voir les gants et les dentelles, et vous rêverez sur tout ce que ces objets vous rappellent, vous disséquerez maintes idées qu’ils vous donnent, vous trouverez des retours imprévus vers le passé, vers le monde ancien, des aperçus sur le monde des sensations, des parfums et des fleurs.
- Etes-vous économiste, ou, tout simplement, vous intéressez-vous aux progrès de l’industrie, aux perfectionnements des objets usuels ? Allez encore voir les gants, les dentelles et les fleurs. Vous vous rendrez compte des merveilles que notre siècle peut réaliser en donnant à de si justes prix d’aussi jolies choses.
- Le gant est aujourd’hui le complément indispensable de la toilette. C’est une nécessité que d’avoir des gants. Tout le monde en porte. L’ouvrière endimanchée se croirait mal vêtue si elle n’avait ses gants. Elle ne les met point pour cacher l’injure que le travail peut avoir faite à ses mains. Elle les met parce que c’est la mode, parce que^cela est de bon ton.
- La dame fortunée met une part de son luxe à avoir beaucoup de gants, de toutes nuances, de toute longueur. Elle les parfume, les gardes dans des sachets ou des boites élégantes. Elle s’approvisionne à l’avance, guette les jours d’exposition et choisit des gants pour toutes les circonstances : gants de visite, de soirée, de ville ou de promenade.
- Qui ne connaît le gant Boucicaut, cette perfection de l’article qui a obtenu la médaille à l’Exposition de 1878.
- On trouve au Bon Marché la plus grande variété dans ce genre en même temps que la plus grande diversité de prix. Mais quelles que soient vos ressources, vous y trouverez toujours des gants de qualité parfaite.
- Il y a loin de ce qui se fait aujourd’hui dans ce genre aux gants d’autrefois, ceux que l’on portait dans le bon vieux temps, sous Henri III alors que les hautes et nobles dames de la Cour portaient des gants de soie tricotés plutôt mitaines que gants.
- 11 y a loin encore des gants, perfection du genre que nous offre le Bon Marché, aux gants de peau du temps de Louis XIV.
- Le Directoire vint — époque de transition et d’inventions luxeuses qui, le premier en France, mit à la mode les gants longs, à plusieurs rangées de boutons. La mode a survécu ; elle prédomine aujourd’hui.
- Mais combien changée, agrémentée, perfectionnée. Que de variétés elle comporte, et quelle différence des gants exposés aujourd’hui par le Bon Marché aux plus jolis articles du temps de Louis XIV et de Louis XV.
- En ce temps-là, époque de coquettes inventions, de délicieuses nouveautés, de transition de la mode on ne connaissait guère et on ne portait que le gant de tricot, soie ou fil. Le gant de peau était le grand luxe, le suprême du bon goût et du grand ton. Mais qui savait travailler la peau, la glacer, lui donner une teinte, la rendre souple, la modeler à la mesure des jolis doigts, des poignets et des bras ? Seuls quelques ouvriers florentins, héritiers des luxueuses traditions du temps des Médicis, étaient assez habiles pour soigner relativement l'exécution de cet objet de luxe qui, alors, indiquait une grande richesse et presque de princières accointances.
- Deux siècles ont passé sur cette industrie, sur ces modes. La perfection s’est faite. On croirait, en contemplant l’exposition du Bon Marché, qu’elle a dit son dernier mot.
- S’est-on jamais demandé, en achetant des gants, ou en les mettant, qu’ils exigent une telle préparation, de si grands soins, un tel contrôle, que les pointures, coutures et boutons, que la qualité des peaux, que le travail préparatoire exigent tant d’efforts, d’ouvriers, de minutieuses vérifications?
- Au Bon Marché, dans ce genre tout est parfait, quelque prix qu’on y mette. On trouve le gant de luxe et le gant d’utilité quotidienne, le gant de chamois pour la chasse, le gant fourré pour l’hiver, le gant de soirée à fines piqûres de soie, la
- plus grande variété de gants de Suède brodes, avec les fines manchettes de dentelle qui montent jusqu’au coude, lalongue série de boutons si fort à la mode.
- De vieux livres de contes nous disent qu’au temps jadis, sous Louis XV, on payait deux louis de vingt-quatre livres chacun une paire de gants « bien finis, parfaitement assortis à la main, de bonne teinte et brodés sur phalanges. »
- Que nous sommes loin du temps jadis et de ses prix fabuleux.
- Combien coûtent au Bon Marché les gants les plus luxueux et les plus finis? Et ne peut-on aussi trouver à l’exposition des articles suivant toutes les convenances, toutes les beautés et toujours de la plus parfaite qualité.
- Cette exposition de fin d’hiver comprend aussi un article qui est l’ornement et la grâce de toute toilette féminine : les dentelles.
- Les mortels qui ont vu Venise, ses gondoles et ses dentelles ne sont pas, hélas! la majorité. Quand viendra le temps où les voyages seront à aussi bon compte et aussi bien à la portée de tous que les objets d’utilité, de luxe et d’agrément ? C’est encore un progrès économique à réaliser.
- Voulez-vous voir, admirer et acheter les vraies Valenciennes, les véritables dentelles de Chantilly, la parfaite reproduction de ce qui se faisait de mieux à Venise au vieux temps, allez à l’Exposition du Bon Marché.
- Quel problème, en effet, que de mettre à la portée de tous, les plus exquis modèles de cet art si délicat de la dentelle !
- Nombre d’amateurs, nous pouvons même dire des connaisseurs, se trompent aujourd’hui sur les imitations de Valenciennes, de Malines, de Chantilly et de blondes de soie offertes par le Bon Marché. Sont-ce bien là des imitations ? Ne se trouve-t-on pas en présence de vraies collections de ces splendides oeuvres de l’art et du travail ? Et, à côté de cela, quelle variété de dentelles modernes ! Quels progrès réalisés dans cet art ! Quelle stupéfiante modicité dans tous les prix !
- Points d’Alençon, volants, mouchoirs, voiles de mariée au point, à l’aiguille, écharpes, garnitures en point d’Angleterre, dentelles fantaisie, au fuseau et à l’aiguille, rien de plus fin, de plus délicat et de plus gracieux.
- Et, du milieu de cet envolement des dentelles qui ressemble à un envolement dans les nuages brodés, découpés dans l’azur, fondus dans le bleu-du ciel, échancrés parle soleil radieux, des fleurs, partout des fleurs, produits de l’art, étalant leurs couleurs chatoyantes dans ce parterre éthéré tout fait de sourires et de nuances.
- Rêve idéal, auquel il ne manque que le parfum ! Azalées roses, tendres violettes, pervenches et lilas, roses qui viennent d’éclore, boutons d’or et bluets des champs, marguerites des prés, coquelicots épanouis dont la note pourpre tranche sur le jaune doré des épis mûrs, fleurs aimées, fruits admirables, corolles délicates et fines dentelures, que l’art vous a bien imités !
- Et quelle joie, quels désirs de beauté, quels sourires quand on vous voit épanouis dans la toilette et sur les cheveux des tant aimées que nous appelons : Mère, épouse, sœur !
- Et quelle gaieté dans nos logis, quelle effluve de printemps autour de nos foyers !
- Vous nous coûtez si peu, choses charmantes, et il faut si peu de temps pour aller vous cueillir, dans ce parterre de toutes les beautés et de tous les ravissements qui s’appelle le Bon-Marché.
- A toutes les élégances que nous venons de décrire, ce serait conscience à nous d’oublier, de signaler aussi le comptoir de parfumerie. Là, comme ailleurs, le Bon Marché s’est ingénié à se dépasser et a tenu à honneur de joindre l’utile à l’agréable. On trouve là, en effet, choisis et réunis, tous les éléments d’une parfumerie sérieuse et raisonnée, mariant dans un ensemble remarquable l’hjgiène auquel tient tant la mère de famille et l’élégance de la femme du monde.
- Baille.
- Le Gérant, GARREAU.
- Tours. — lmp. E. ARRAULT et Cie, rue de la Préfecture, 6
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- Le Moniteur
- DE
- L’EXPOSITION DE 1889
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
- QUATRIÈME ANNÉE. Dimanche 19 Février 1888. NUMÉRO 164
- SOMMAIRE :
- *5, Les Travaux du Champ-de-Mars ; 2. Les admissions à l’Exposition de 1889 ; 3. Rapport de M. Dautresme au Président de la République, relatif à l’Exposition de 1889 ; 4. La Commission de contrôle et de finances de l’Exposition de 1889; 5. Nominations; 6. La Photographie à l’Exposition de 1889; 7, La participation étrangèreà l’Exposition de 1889; 8. L’Exposition des appareils de sauvetage; q. Echos; 10. L’Exposition de Barcelone ; 11. Le Salon de 1888; 12. Concours général agricole; i3. Avis commerciaux; 14. Les Livres; i5. Les Théâtres.
- EXPOSITION UNIVERSELLE
- DE 1889
- LES TRAVAUX DU CHAMP-DE-MARS
- Nos prévisions se réalisent, les différentes parties de l'Exposition, notamment le Champ-de-Mars, commencent à se repeupler. Les chantiers se garnissent, l’animation y renaît et le retour de la température à une moyenne plus raisonnable a imprimé une impulsion nouvelle à l’ensemble des travaux qui, pendant quatorze mois, ne s’arrêteront plus un instant ; l’hiver qui se termine actuellement a causé plusieurs fois des chômages involontaires car, les opérations se faisant toutes en plein air, les intempéries étaient souvent trop pénibles pour que les ouvriers pussent les braver; mais durant l’hiver 1888-89 il n’en sera pas de même, le travail extérieur sera presque entièrement terminé et il 11e restera guère que les arrangements intérieurs, menuiserie, installations, peinture, décoration, toutes choses qui, exécutées dans des enceintes closes et couvertes, pourront se faire sans que les travailleurs aient à souffrir du froid ou de l’humidité. La période hivernaleprochaine n’occasionnera donc aucune perte de temps et toutes les journées, les nuits s’il le faut, seront utilisées d’une façon fructueuse.
- Lorsque ce moment sera venu et que le travail intérieur restera seul à parfaire, l’intérêt offert par les préparatifs de l’Exposition sera grandement diminué ; actuellement,la besogne s’effectuant sous les yeux du public, tout le monde peut suivre facilement le progrès des diverses opérations, mais quand les galeries et les palais seront clos il n’en sera plus ainsi, les rares privilégiés pourront seuls continuer à se tendre compte de visu de l’avancement de l’œuvre générale, les autres n’auront pour tout spectacle que les allées et venues des ouvriers et la vue des bâtiments construits, ils auront toutefois la consolation de savoir que derrière ces murs il se passe quelque chose ce qui, paraît-il, est déjà fort curieux ; en tout cas, l’avantage de cette façon d’opérer, à l’abri des regards indiscrets, sera d’offrir au moins, à la curiosité publique, un peu d’imprévu lors de l’ouverture de l’Exposition.
- Actuellement c’est le règne des charpentiers, ris sont absolument les maîtres du terrain et pas un coin du Champ-de-Mars qui ne soit encombré de pièces de bois, que des hommes en Marges pantalons de velours coupent, rognent, ajustent et manœuvrent avec la plus grande célérité en faisant un vacarme qui serait insoutenable s’il n’était atténué par l’étendue du terrain sur lequel on travaille.
- Dans la partie haute, c’est-à-dire vers l’Ecole niihtaire, à l’emplacement qu’occupera la galerie des machines, M. Poirrier exécute les charpentes qu’a combinées la Compagnie de Fives-
- Lille, pour effectuer le montage de la partie du bâtiment qui lui a été adjugée. Cette usine doit construire une moitié de la galerie, celle qui touche à l’avenue de Labourdonnais, et comme la préparation des fers est déjà fort avancée, elle hâte l’établissement des échafaudages qui lui seront nécessaires et qui se composent de trois pylônes séparés.
- Le pylône central, atteignant à ce moment une hauteur de 40 m., aura 5o m. d’élévation, il sera utilisé pour amener au point voulu les pièces métalliques constituant le faîtage des fermes ; c’est une charge considérable qu’il devra supporter,aussi lui a-t-on donné des dimensions et une assiette en rapport avec l’effort auquel il lui faudra résister ; l’aspect qu’il présente est tout à fait robuste.
- Les pylônes latéraux, de 2 5 m. de hauteur, sont destinés à dresser et à maintenir les montants verticaux servant d’appuis à la ferme proprement dite, leur solidité doit être également considérable, elle le sera si on en juge par la façon dont est combiné le pylône qui, du côté de l’avenue de Lamothe-Piquet, est presque entièrement terminé, l’autre commence seulement à se monter.
- Sur ces échafaudages, des grues, d’une grande puissance, permettront l’élévation des poutres formant des arbalétriers et devant réunir, pour compléter la ferme, le faîtage aux colonnes d’appui ; toutes les pièces étant- ainsi maintenues par des supports inébranlables, on aura toute facilité pour opérer le boulonnage et le rivetage, opérations dont l’importance 11e peut échapper à personne puisque une fois les échafaudages enlevés c’est de leur bonne exécution que dépendra la solidité des immenses arcs de 110 m. audacieusement jetés, sans tirant ni poinçon, au-dessus de la galerie et se maintenant par leur propre rigidité due à l’égale répartition, savamment calculée, des efforts en tous les points de la courbe.
- Ce qui fait de ces engins de montage des types absolument sans précédent, ce n’est pas tant la dimension colossale qu’on leur adonnée que la propriété qu’ils auront de se mouvoir et de se déplacer, sur des galets de roulement, pour se rendre d’une ferme à une autre, à mesure de la construction du palais. La solution de ce problème était sans contredit ce qu’il y avait de lus difficile dans le projet; en effet, donner une auteur considérable à une charpente n’est guère qu’une question d’augmentation dans la quantité des matériaux, mais rendre cette charpente mobile était autrement délicat car on avait non seulementàdéplacer un poids énorme, mais encore à éviter la rupture que pouvaient amener les oscillations produites par l’ébranlement d’une pareille masse ; c’est en étudiant d’une façon judicieuse les dispositions à donner aux nombreuses pièces de bois qu’on est arrivé à un résultat écartant toute crainte d’insuccès : tous les assemblages se réduisent au triangle, figure indéformable, tous les emboîtements ont été faits avec une précision telle qu’aucun jeu n’est possible et enfin, chaque pièce a des dimensions calculées d’après l’effort auquel elle sera soumise ; dans ces conditions on peut attendre en toute sécurité le moment où l’épreuve sera faite.
- La deuxième partie de la galerie des machines, côté avenue de Suffren. dévolue à l’usine Cail, sera montée au moyen d’un échafaudage unique également mobile ; on n’en est encore qu'à la période préparatoire, mais l’exécution ne tardera guère.
- Plus avancés sont les monteurs chargés du levage des fermes du palais des beaux-arts, la charpente est presque entièrement terminée ; c’est encore, comme dans le système adopté par l’usine Cail, une charpente d’une seule pièce, déplaçable sur galets, constituée par sept pylônes accolés et joints sur un seul rang, de manière à former un tout bien homogène ; le pylône central est le plus élevé, les autres ont des hauteurs décroissantes, deux par deux, afin de donner à l’échafaudage un gabarit extérieur rappelant, autant que possible, l’intrados des fermes de 5om et dmffrir à ces dernières, pendant la construction, autant de points d’appuis qu’il sera jugé nécessaire ; le problème du déplacement a été également résolu d’une façon satisfaisante par M. Munier, constructeur de cette charpente.
- La maison Caron, chargée d’établir l’écnafau-dage du palais des arts libéraux, a adopté aussi le système unique, sur galets mobiles, mais la forme qu’elle a choisie diffère un peu de celles préparées par les autres monteurs.
- La charpente, de surface rectangulaire, présente à chacun de ses angles un fort pylône relié à ses voisins par une sorte de pont volant soutenu par des jambes de force ; sur ce pont seront appuyés des petits pylônes, de hauteur variable, dont les sommets épouseront à peu près l’intrados des fermes ; afin dUvoir des points d’appui pour les abouts, les quatre pylônes d’angle sont munis d’encorbellements également soutenus par des jambes de force. Ce système, ainsi combiné, nous paraît très bien compris, car le vide, réservé au milieu de l’échafaudage, doit produire une notable économie dans l’emploi des matériaux tout en donnant une solidité suffisante.
- Pendant que tout se prépare pour commencer le montage des palais, on exécute les fondations du grand dôme qui occupera le milieu du vestibule central, réunissant les deux ailes du bâtiment des industries diverses ; presque tous les puits sont creusés et on a entrepris le coulage du béton qui doit former l’assise inférieure. Ce travail, étant donnée l’importance de l’édifice à construire, doit présenter toutes les garanties désirables, aussi l’avait-on différé jusqu’à présent à cause du froid ; maintenant que le voilà en bonne voie on va le pousser activement et il sera terminé à bref delai.
- Les plantations des grands arbres sont finies, il ne reste plus dans le jardin central qu’à mettre en état certains massifs, les pelouses et les bordures composées de rhododendrons ; les jardiniers travaillent avec le plus grand entrain et cette partie de l’exposition sera certainement prête bien avant toutes les autres ; c’est, du reste, conforme aux intentions des organisateurs. Marchant de front avèe le jardinage, les travaux de mise en état de viabilité des chemins et sentiers se poursuivent avec rapidité, la plupart des chaussées sont garnies de leurs matériaux qu’écrasent et nivellent deux compresseurs à vapeur fonctionnant sans interruption.
- La crainte de recevoir quelque ferraille sur la tête et surtout l’horreur inspirée par une boue d’une épaisseur invraisemblable, nous avaient fait un peu négliger la tour pendant ces temps derniers. Nous avons donc eu une agréable surprise en constatant, ces jours-ci, les progrès réellement merveilleux réalisés pendant les trois semaines qui viennent de s’écouler : les quatre poutres de jonction, de 7 m. de hauteur sont entièrement posées, leur réunion s’est opérée dans les meilleures conditions possibles et leur mise en place termine la première phase de l’érection de la tour dont la base est définitivement consti-
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- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
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- tuée; le tronc de pyramide ainsi formé est maintenant d’une rigidité absolue et offre une base des plus sûres pour le montage du deuxième étage.
- Les quatre montants ont même été prolongés au delà des poutres transversales, de toute la hauteur d’un demi panneau, ce qui porte à 60 m. environ l’altitude extrême à laquelle travaillent les ouvriers; on met la dernière main à ces tronçons afin d’entreprendre sans retard la pose du second rang de poutres, également de 7 m. qui seront appuyées sur les premières. La superposition de ces poutres a un double but, d’abord augmenter la solidité de la tour, puis ensuite donner un peu de corps à la ligne indiquant le premier étage ; en effet la hauteur de 7 m., que possède actuellement cette bande de séparation des deux étages, est un peu grêle et aurait un fâcheux aspect si les choses restaient en cet état, l’élévation à laquelle se trouvent ces pièces métalliques diminuant considérablement leurs dimensions, l’impression produite serait celle d’une manque de solidité, ce qu’il faut absolument éviter dans un pareil monument à cet égard; et en dehors de la question d’utilité, l’addition de la seconde poutre est donc indispensable.
- Dans le courant du mois de janvier la tour a absorbé 362,000 kil. de fer. ce qui porte à 2,700 tonnes, en nombre rond, le poids du métal utilisé à ce jour dans l’édifice de M. Eiffel ; ces chiffres se passent de comrfien-taires, ils ont leur éloquence et montrent avec uelle rapidité est menée cette œuvre colossale, i on compare le poids du métal déjà employé à celui qu’exigera la construction entière, on voit que le fer employé forme un total flottant entre un tiers et la moitié de celui fixé par les projets, cette considération est la meilleure preuve qu’on puisse fournir de l’exécution de la tour dans les délais prévus.
- Le premier étage étant terminé, la continuation du montage marchera d’autant plus vivement qu’on ira toujours en se rétrécissant et qu’on opérera sur une base inébranlable formant, à 60 m. au-dessus du sol, un véritable chantier sur lequel les ouvriers auront toute liberté pour se mouvoir et pour manœuvrer engins et matériaux.
- L’achèvement de ce premier étage a aussi l’avantage de faire disparaître certaines craintes, chimériques au dire des gens compétents, qui préoccupaient un peu le public : ces piliers inclinés, simplement soutenus par des échafaudages relativement légers, semblaient toujours vouloir écraser leurs supports et le porte à faux considérable, qui résultait de leur élévation, produisait une impression d’instabilité assez émouvante ; maintenant cette impression ne subsiste plus et les piliers, reliés par les énormes poutres horizontales, présentent un coup d’œil tout à fait rassurant. Du reste, sans partager les craintes du public, nous avons vu avec plaisir s’opérer la jonction définitive des pièces du premier étage car si, malgré les études minutieusement faites, quelque accident avait pu se produire, c’est pendant le montage des piliers, sans aucun lien entre eux, qu’il eût été à craindre ; actuellemeut les quatre pieds ne formant plus qu’une base unique, la masse est à l’abri des mouvements improbables mais possibles, qui auraient été capables de compromettre ses parties constituantes.
- En somme, l’état d’avancement de la tour de 3oo m. est tout à fait satisfaisant,le succès s’affirme tous les jours et ces curieux travaux, que rien n’arrête, continuent à attirer de nombreux visiteurs qui peuvent suivre sans difficulté aucune les diverses phases du montage de chaque pièce. A propos de visiteurs, les téméraires qui s’étaient risqués jeudi au Champ-de-Mars ont eu un spectacle absolument féerique : la neige, très abondante ce jour-là, avait couvert l’œuvre de M. Eiffel d’un manteau blanc du plus gracieux effet ; tous ces fers, d’un aspect habituellement assez confus, ressortaient d’une manière saisissante ; grâce à la couche de neige qui les recouvrait, on pouvait se rendre un compte exact de tous les assemblages et l’ensemble rappelait une immense dentelle, dont les fils, noirs et blancs, se faisaient admirablement valoir.
- H. DE BaECKER.
- LES ADMISSIONS
- A L’EXPOSITION DE 1889
- Les demandes d’admission sont arrivées en nombre très considérable, à la direction générale de l’exploitation, pendant le mois de janvier ; la moyenne a été de 25o par jour pendant la première quinzaine et de 700 par jour pendant la seconde quinzaine.
- Le comité administratif, qui a tenu sa séance hebdomadaire sous la présidence de M. le ministre du commerce et de l’industrie, a pris une résolution qu’on ne saurait trop vivement approuver ; il a reporté du ier février au ier mars, la date fixée, comme dernier délai, pour le dépôt des demandes d’admission.
- Après le Ier mars, aucune demande ne sera plus accueillie, et, si le comité administratif a cru devoir accorder un mois de plus, c’est qu’il a compris qu’en présence de l’innovation des expositions collectives, certains exposants, en l’absence d’indications suffisantes, se sont trouvés surpris par les nombreuses formalités à remplir.
- M. G. Berger, directeur général de l’exploitation, vient d’adresser la circulaire suivante à tous les présidents de comités d’admission et de comités départementaux :
- « Monsieur le président,
- « J’ai l’honneur de vous informer que, par décision prise par le comité administratif, sous la présidence de M. le ministre du commerce et de i’industrie, en date du 26 janvier, la date fixée comme dernier délai pour le dépôt des demandes cRadmission, a été reportée du ier février au ier mars 1888.
- v Les comités d’installation commenceront à fonctionner dès le i5 mars 188S au plus tard.
- « Malgré l’affluence des demandes concernant les groupes industriels, ce sursis a été accordé en raison du temps qui est nécessaire pour la rédaction et les signatures de celles qui se rapportent aux nombreuses expositions collectives en voie de formation.
- « J’ai l’honneur d’insister auprès de vous afin que, vous et vos honorables collègues, vous usiez de toute votre influence pour décider les retardataires à faire parvenir immédiatement leurs demandes. Il s’agit de faire bien savoir à nouveau que les seuls exposants admis à la date du iermars 1888, seront électeurs et éligibles pour la constitution des Comités d’installation, conformément à l’article 3 de l’arrêté ministériel du 12 décembre 1887.
- « Agréez, monsieur le président, l’expression de mes sentiments les plus distingués.
- s Le Directeur général,
- « Georces Berger. »
- On sera vraisemblablement forcé de restreindre la place réclamée par chaque exposant, ou tout au moins on devra opérer cette réduction pour certains exposants qui ont demandé des emplacements trop considérables, sans doute avec la pensée qu’on ne tiendrait compte que d’une partie de leurs exigences.
- Quant à la date de l’ouverture de l’Exposition de 1889, elle reste toujours fixée au Ier mai 1889. Et, comme nous avons déjà eu occasion de le dire, tout sera prêt avant même cette date.
- — ------—----------------------------
- RAPPORT DE M. DAUTRESME
- AU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE
- relatif à l’Exposition de 188g
- Voici le texte du rapport qui vient d’être adressé à M. le président de la République par le ministre du commerce et de l’industrie, relatif à l’état des travaux pour l’Exposition de 1889 :
- Monsieur le Président,
- Conformément aux prescriptions de l’article 7 de la loi du 6 juillet 1886, qui est, en quelque sorte, la loi organique de l’Exposition universelle de 1589, j’ai l’honneur de vous présenter l’état des travaux, ainsi que le compte détaillé des dépenses autorisées et liquidées, au 3i décembre dernier.
- En prenant possession du ministère du commerce et de l’industrie, le 3i mai dernier, mon premier soin avait été de demander au directeur général des finances la situation exacte de l’entreprise, c’est-à-dire le tableau comparatif des opérations engagées et des prévisions de dépenses correspondantes.
- Depuis, à la fin de chaque mois, je me suis fait remettre un état semblable, comme c’est l’usage dans les grandes affaires industrielles, ce qui m’a permis de suivre pas à pas l’œuvre dont j’ai la responsabilité,
- Le rapport que j’ai l’honneur de vous soumettre-a pour base l’état qui m’a été adressé au 3i dé* cembre dernier. Je me suis borné à y ajouter des, renseignements généraux sur les divers services, de l’Exposition.
- Les résultats qui s’en dégagent sont des plus, satisfaisants.
- En ce qui touche les travaux, le degré d’avancement, que vous avez pu constater lors de votre-visite aux chantiers, prouve que l’Exposition sera, prête et pourra s’ouvrir à la date fixée dès l’ori-, gine, c’est-à-dire le 5 mai 1889.
- Quant à la situation financière, elle est de na^ ture à dissiper toute espèce d’appréhension.
- J’ai, à différentes reprises et très énergiquement* exprimé la volonté que, sous aucun prétexte, on ne dépassât les crédits qui nous ont été alloués, par le Parlement ; les explications qui vont suivre démontreront que ce programme a été fidèlement; exécuté.
- Plan général
- L’Exposition universelle de i88q comprend un ensemble de constructions, de parcs et de jardins, répartis sur l’Esplanade des Invalides, le quai, d’Orsay, le Champ-de-Mars et le Trocadéro.
- Dans les diverses parties du parc établi sur l’Esplanade des Invalides doivent s’élever les palais des colonies, des expositions d'état et de l’éco-. nomie sociale; le quai d’Orsay sera occupé, dans toute sa longueur, par les pavillons de l’exposition d’agriculture et le palais des produits alimentaires ; au Trocadéro seront installés les serres et les pavillons d’horticulture; enfin, le Champ-de-, Mars sera couvert de jardins et de divers palais représentant une surface totale de 255,000 mètres carrés, c’est-à-dire 3o,ooo mètres environ de plus, qu’en 1878.
- A côté de la tour Eiffel, et séparés par des jardins et la pièce d’eau centrale, les beaux-arts et les arts libéraux occuperont, à droite et à gauche-du Champ-de-Mars, deux bâtiments symétriques.
- A gauche de l’avenue Rapp, une galerie ordi-naire recevra les sections industrielles.
- Elle , sera coupée en deux parties par une autre galerie conduisant au palais des machines.
- Tel est l’ensemble des travaux-pout lesquels le-Parlement a ouvert au ministre du commerce et de l’industrie un crédit total de 4) millions.
- Ce crédit a été réparti, sur l’avis de la commis-i sion consultative de contrôle et de finances, de la manière suivante :
- . Chapitre Ier..— Administration... 3.35o.ooo.
- Chapitre 2. —Travaux.............. 2q.65o.ooo
- Chapitre 3. —Exploitation....... 5.000.000.
- Crédit spécial pour les travaux de l’Esplanade des Invalides, les appon-tements du quai d’Orsay et la reproduction des monuments historiques. 2.000.000. Réserve........................... 3.000.000
- Total général..... 4.3.000.000,
- i"8 PARTIE
- ADMINISTRATION
- Dépenses engagées. — Les dépenses de l’admi-* nistration forment le chapitre 161' du budget de l’Exposition, et le crédit ouvert, qui concerne à la fois le personnel, le matériel et les impressions,
- s’élève à la somme de........... 3.35o.ooo &
- Sur cette somme on avait engagé au 3i décembre 1887 un total de.. 688.536 3o.
- Reste disponible .... 2.661.463 61
- La situation est donc excellente et quoique au moment de l’Exposition le personnel de l’exploitation doive augmenter forcément dans des pro portions notables, on peut légitimement compter-sur un boni.
- Organisation administrative. — L’administration, de l’Exposition universelle de 1889 est divisée en, trois directions générales : les travaux, l’exploita-tation, les finances.
- Au-dessus de ces directions, et placé auprès du ministre, le commissariat général centralise tous les services.
- Enfin, la commission consultative de contrôle et de finances, composée de 43 membres représentant l’Etat, la ville de Paris et l’association de garantie, donne son avis au ministre sur toutes les questions intéressant la gestion financière de l’Exposition. Cette grande commission, dont les membres ont montré une rare compétence et un dévouement auquel nous sommes heureux de rendre hommage, a résolu, dans vingt séances successives, toutes les questions vitales pour-l’Exposition, en sauvegardant scrupuleusement les grands intérêts dont elle a la garde.
- Comités départementaux. — L’article 11 du règlement général de l’Exposition instituait, dans chaque département, un comité départemental, divisé en sous-comités d’arrondissement, dont la mission consiste : à faire connaître dans le département les règlements concernant l’exposition; à distribuer les formules de demandes d'admission ; à provoquer les expositions des produits indus-
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- Quatrième Année. — N° 164.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889. Dimanche 19 Février 18S8. —967.
- \riels, agricoles et horticoles du département ; à organiser, s’il y a lieu, le groupement collectif des produits similaires du département ; à accréditer un délégué chargé de représenter chaque exposition collective, et à préparer, par voie de souscription ou tout autre moyen, la création d’un fonds spécial destiné à faciliter la visite et l’étude de l’Exposition universelle à un certain nombre de contre-maîtres, d’ouvriers et de cultivateurs du département.
- Le commissariat général a terminé depuis longtemps déjà la constitution des comités départementaux.
- Ces comités, présidés le plus souvent par des 'membres du Parlement, se sont mis rapidement à X’oeuvre. Avec l’aide des autorités locales, ils ont recueilli les demandes d’admission et provoqué ^organisation des expositions collectives de produits similaires, qui, depuis 1878, ont obtenu de >si grands succès dans les différentes expositions universelles.
- Comités d’admission. —Les comitésd’admission sont appelés, sous la haute direction d’un comité supérieur de révision, à statuer sur l’admission •de toutes les demandes présentées, que les comités départementaux se bornent à recueillir.
- Il est inutile de dire qu’ils mettent à l’accomplissement deleur mission un zèle, un dévouement -au-dessus de tout éloge. Ces efforts patriotiques ont eu leur récompense. Un grand mouvement s’est produit en faveur de l’Exposition de 1889; près de 6,000 demandes d’admission individuelles sont déjà inscrites, et on peut chiffrer à 5,000 environ les demandes de participation émanant des •collectivités de tous genres. Nous sommes, dès à présent, certains d’avoir plus d’exposants qu’en 1878, et cependant seize mois nous séparent encore de l’ouverture.
- Comité supérieur de révision. — Du reste, on peut juger de la compétence de ces comités parle .petit nombre de questions dont est saisi le comité supérieur de révision, chargé de connaître de toutes les contestations. On peut citer diverses modificatic ns au règlement général que ce comité a proposées à mon approbation, sur les désirs exprimés par les classes intéressées et que j’ai ratifiées par décision du 23 juillet 1887.
- Comités d'installation. — L’article 16 du règle-tnent laisse à la charge des exposants toutes les ‘dépenses d’installation et de décoration. Il ne les assujettit de ce chef à aucune règle et à aucune limite. L'utilité des comités d’installation, chargés de gérer l’ensemble des intérêts, communs à chaque classe, s’est donc manifestée aussitôt que l’on est entré dans la période active de l’Exposition.
- Une circulaire détaillée a été envoyée dernièrement aux comités d’admission, les invitant à établir aussitôt que possible les listes des exposants admis, en vue de la nomination et de l’élection des membres à prendre parmi les exposants. Il leur a .été aussi recommandé d’indiquer, avant le Ier février 1888, les noms des membres exposants, faisant partie des comités d’admission, qui doivent être présentés pour la formation de cès comités d’installation. Cette circulaire leur donne la faculté d’aviser aux moyens les plus pratiques pour l’organisation et la réglementation des élections à faire pour les exposants admis ; ils devront, dans un delai très rapproché, me soumettre leurs propositions dans ce sens.
- Exonération des frais d'exposition en faveur des exposants ouvriers, des petits producteurs, etc. — Mais siTadministration reste, d’une manière générale, étrangère aux frais d’installation, il est une situation à laquelle elle doit s’intéresser d’une fa--çon toute particulière : c’est celle de certains exposants peu fortunés et dont les produits méritent 'de ne pas être exclus.
- Je cherche, en ce moment, un moyen d’accorder l’exonération totale ou partielle des frais de transport et d’installation aux exposants de la classe ouvrière, aux petits producteurs, aux inventeurs et artistes non commerçants et à certains exposants de la classe de l’enseignement.
- La question mérite, à mon avis, d’être examinée 'conjointement avec celle dont la solution déterminerait dans quelle mesure et dans quelles conditions on facilitera le voyage à Paris, et on accordera l’entrée gratuite à certaines personnes auxquelles leurs moyens ne permettent pas de venir faire, dans les galeries du Champ-de-Mars, des visites et des études utiles pour leur profession.
- Vous voyez, d’après ce qui précède, monsieur le Président, quel rôle considérable avait à jouer l’administration et avec quelle activité elle s’est 'efforcée de mener à bien l’organisation de l’Exposition.
- Il® PARTIE
- TRAVAUX
- Le chapitre des travaux est le plus important et le plus délicat, car c’est de lui qu’il faut craindre les mécomptes les plus sérieux.
- Or, les travaux mis jusqu’ici en adjudication ont été adjugés à des sommes inférieures à celles qu’on avait prévues, et cette constatation rassurante, que vont mettre en lumière les explications
- qui suivent, justifie la gestion passée et fait heureusement présager de l’avenir.
- PALAIS DU CHAMP-DE-MARS
- Sur les 29,650,000 francs réservés aux travaux, 20 millions étaient destinés aux divers palais à édifier au Champ-de-Mars et, dans sa séance du 22 janvier 1887, la commission de contrôle et de finances adopta, sur le rapport de M. Ménard-Dorian, la répartition suivante :
- Palais des beaux-arts............. 6.295.725 »
- Galerie des machines.............. 6.496.228 25
- Galeries des expositions diverses. 5.900.179 »
- Nivellement et égouts............... 780.000 »
- Réservepour dépenses imprévues 527.867 75
- 20.000.000 <>
- La somme afférente à chacun de ces articles a été fixée d’après les évaluations des ingénieurs et des architectes, et ces évaluations elles-mêmes résultent des devis de détail portant sur les différentes parties des travaux : fondations, maçonneries, charpente, constructions métalliques, menuiserie, etc.
- Nous allons montrer que jusqu’à présent le total des adjudications auxquelles on a procédé n’a pas atteint le total des évaluations correspondantes ; de là un excédent qui augmente d’autant les crédits affectés aux opérations restant encore à effectuer, et permettra, par conséquent, de faire face aux mécomptes, s’il vient plus tard à s’en produire.
- Palais des beaux-arts et des arts libéraux. — Nous avons dit que pour les palais des beaux-arts et des arts libéraux, la commission de contrôle et de finances avait fixé la dépense à la somme totale de 6,295,725 fr. (Voir la répartition au tableau ci-annexé).
- On a mis d’abord en adjudication les travaux de terrassement et de maçonnerie des sous-sols des deux palais et des galeries Rapp et Desaix.
- Pour'ces travaux, les devis s’élevaient à la
- somme de............................... 406.613 08
- et l’adjudication a été faite au prix
- de..................................... 3o3.739 98
- Rabais obtenu.... 102.873 10
- Pour les charpentes en fer, la somme du devis des travaux mis en adjudication s’élevait
- à................................ 2.7 14.288 80
- et les adjudications ont donné un
- total de................ ........ 2.698.626 70
- Rabais obtenu.... 15.662 10
- Les travaux de maçonnerie sont aujourd’hui presque terminés, les charpentes seront entièrement levées dans le délai fixé, c’est-à-dire en juillet 1888, et les dômes, dont la commission de contrôle et de*finances a autorisé la concession à forfait, seront terminés un mois plus tard.
- Il restera alors à exécuter les travaux de moindre importance : menuiserie, couverture, peinture, etc. On les adjugera aussitôt que possible, et M. le directeur général de l’exploitation pourra prendre possession des deux palais, au mois d’octobre prochain, pour y commencer les installations intérieures.
- Palais des machines. — Le palais des machines doit mesurer 410 mètres de longueur sur i5o mètres de largeur. Il sera couvert par des fermes métalliques ayant 115 mètres de portée et, au pourtour, une galerie de 17 mètres 5o delargeur, placée à une hauteur de 8 mètres, complétera les espaces nécessaires aux groupes de la mécanique.
- Les premières adjudications ont porté sur les travaux de terrassement et de maçonnerie formant les fondations du sous-sol du palais.
- Un crédit de 3+8,450 fr. 65 avait été attribué pour ces travaux ; mais la nécessité d’asseoir les énormes assises des fermes sur un terrain fouillé et sans consistance, a dû faire battre des pieux, ce qui a entraîné un surcroît de dépenses de 106,078 fr. $1. Par suite le devis d’adjudication s’est
- trouvé porté à....................... 454.529 46
- L’adjudication a été faite au prix de.............................. 440.439 o5
- Rabais obtenu . . 14.090 41
- Les constructions métalliques entraient dans le devis général pour le chiffre de 4.176.138 fr, 48, et, comme pour les terrassements et maçonneries le devis primitif a dû être augmenté. Une entente s’est en effet produite entre les constructeurs pour imposer à l’administration des conditions onéreuses, et, malgré la substitution du fer à l’acier, la dépense s’est accrue.
- Le devis d’adjudication pour les constructions métalliques s’est donc trouvé porté à 4.694.674 18 et l’adjudicationa été faite auprixde. q.673.309 76
- Rabais obtenu............... 21.36442
- Les constructions métalliques de la galerie des machines constituent l’entreprise la plus importante de tous les travaux de l’Exposition.
- Les fermes de n5 mètres, d’une hardiesse et d’une portée sans précédents, entraînent la mise en œuvre de plus de 7 millions de kilogrammes de
- fer; elles sont aujourd’hui en pleine voie d’exécution dans les ateliers Cail et Fives-Lille, et le levage pourra commencer dans six semaines. Aussi, grâce aux puissants moyens dont disposent les adjudicataires, l’œuvre pourra être menée à bonne fin pour le mois d’août prochain. En ce qui concerne les bas-côtés, on peut être assuré de la prompte exécution du travail, qui n’exigera pas moins de 3 millions de kilogrammes de fer.
- Pour la coupole du vestibule d’entrée et les autres travaux dont le détail et les frais figurent au tableau annexé, des études définitives sont faites en ce moment ; les dernières adjudications pourront avoir lieu au mois de mai, et les installations intérieures commenceront au mois de septembre.
- (A suivre.)
- •— *^7^- .***-*. - -----
- LA COMMISSION DE CONTROLE
- ET DE FINANCES
- DE L’EXPOSITION DE 1889
- La commission de contrôle et de finances de l’Exposition universelle s’est réunie au ministère du commerce et de l’industrie, sous la présidence de M. Dautresme.
- La commission a examiné d’abord le projet de concession des cafés restaurants et brasseries, etc. On a prévu que les emplacements seraient au nombre de 90 et varieraient d’étendue entre 100 et goomètres, dans les diverses parties du Champ-de-Mars et du Trocadéro.
- Ces établissements seront de préférence situés près de la tour Eiffel.
- Il y aura également des cafés, restaurants et brasseries à prix fixe devant les galeries d’industries diverses.
- ADes restaurants populaires seront installés du côté de la galerie des machines.
- Les demandes devront être adressées au ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition, ou à la Direction générale des travaux.
- Une commission spéciale statuera sur les admissions d’après les garanties que présenteront les demandeurs au point de vue des ressources et des aptitudes particulières.
- Des adjudications auront lieu pour chaque genre d établissement. Les mises à prix seront établies suivant la nature de chacun de ces établissements et fixées à quatre, cinq, six ou sept centimes par mètre carré occupé, et par mille visiteurs.
- Les adjudicataires devront naturellement construire à leurs frais les établissements qui leur seront attribués.
- Sur un second rapport de MM. Prevet et Jacques, il a été décidé, d’accord avec la chambre syndicale des photographes, qu’on demanderait à tout photographe qui voudrait prendre des vues à l’Exposition le paiement d’une redevance de 20 francs pour quatre heures de séance et par appareil.
- Pour les photographes exposants, on pourra leur accorder un abonnement au prix de Soo francs par appareil.
- En plus de ces redevances, les photographes et leurs aides auront à payer l’entrée.
- Enfin la commission a adopté, sur un troisième rapport de MM. Prevet et Jacques,le projet d’installation de l’histoire rétrospective du travail. Cette installation se fera dans le palais des arts libéraux. Le ministre esyautorisé à prélever 3oo,ooo fr. sur la réserve générale pour faire face aux dépenses de cette installation.
- NOMINATIONS
- NOMINATIONS
- jk de Membres des Congrès et Conférences pour l’Exposition de 188g
- Par arrêté en date du 10 février 1888, le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 18S9, a nommé membres des congrès et conférences :
- section 1. — Belles-lettres
- M. Rivet (Gustave), député, précédemment membre de la section III (histoire et archéologie), en remplacement de M. Emile Augier, démissionnaire.
- section iii. — Histoire et archéologie
- M. Müntz (Eugène), conservateur du musée et de la bibliothèque de l’école des beaux-arts, en
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- 968. — Quatrième Année. — N° 164.
- remplacement de M. Gustave Rivet, nomme' membre de la section I (belles-lettres).
- section xm. — Agriculture
- M. Grandeau, directeur de la station agronomique de l’Est, doyen de la faculté des sciences de Nancy, en remplacement de M. Viette, démissionnaire.
- NOMINATIONS
- de Membres des Comités départementaux
- Par divers arrêtés pris en date des 5, 9 et i3 février par M. le ministre du commerce et cle l’industrie, commissaire général de l’Exposition de 1889, ont été nommés membres du comité départemental de :
- AISNE
- Sous-comité de l’arrondissement de Vervins
- M. Bernardot, ingénieur civil, au Familistère de Guise, en remplacement de M. Godin, décédé.
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- CORSE
- Sous-comité de /’arrondissement de Bastia M. Polidori (Laurent), négociant à La Porta.
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- NIÈVRE
- i° Sous-comité de l’arrondissement de Cosne
- MM. Alton, mairede Neuvy-sur-Loire ; Cordier, maire de Myennes.
- 20 Sous-comité de l’arrondissement de Château-Chinon
- M. Bazot (Firmin).
- 3° Sous-comité de l’arrondissement de Clamecy
- MM. Gillet (Elie), à Clamecy; Thiennault, à Marcy.
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- SEINE—INFÉRIEURE
- MM. Damez, conseiller municipal à Rouen ; Robert, conseiller municipal à Rouen ; Lespine, président de la société la Prévoyance mutuelle à Rouen ; Crampon, président de la société de secours mutuels l’Alliance,, à Rouen ; Lacoste, vice-président de la société de. secours la Prévoyance mutuelle ; Moinet, directeur des hospices de Rouen ; Docteur Gibert, fondateur du dispensaire des enfants malades du Havre ; Bouchet, président de la caisse d’épargne.
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- VENDÉE
- i° Sous-comité de l’arrondissement de la Roche-sur- Yon
- MM. Bouvet, maire de Montaigne, président de la boucherie coopérative ; Brun-Prélong, trésorier-payeur général de la Vendée ; Guillemé, adjoint faisant fonctions de maire de la Roche-sur-Yon.
- 20 Sous-comité de l’arrondissement de Fontenay-le-Comte
- M. Baron-Latouche, juge au tribunal civil de Fontenay-le-Comte, membre du syndicat du marais de la Jeune-Autise.
- 3° Sous-comité de Varrondissement des Sables-d’Olonne.
- M. Dodin, délégué cantonal à Challans.
- 4° Sous-comité de l’arrondissement de Fontenay-le-Comte.
- M. Guinaudeau (Emile), vice-président du comice agricole de Fontenay-le-Comte, agriculteur à Moreilles.
- 5° Sous-comité de l'arrondissement des Sables-d’Olonne.
- M. Boucher (Adam), propriétaire-éleveur à Bois-de-Céné.
- LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE :8Sq. Dimanche 19 Février 1888.
- LA PHOTOGRAPHIE A L'EXPOSITION DE 1889
- RÈGLEMENT
- Sur l’emploi de la photographie à l’Exposition universelle de 188g
- Art. Ier. — La faculté de prendre des vues photographiques dans les enceintes de l’Exposition universelle de 1889 ne fait l’objet d’aucun monopole ou privilège exclusif.
- Tout photographe admis sur sa demande à opérer dans les enceintes de l’Exposition, à des jours et à des heures déterminés par l’administration, devra être pourvu d’une autorisation signée par le directeur général de l’exploitation.
- Pour ce qui concerne le groupe des beaux-arts (classes 1 à 5), les autorisations devront être signées à la fois par le directeur des beaux-arts et par le directeur général de l’exploitation.
- Toute autorisation devra être exhibée par son titulaire, à toute réquisition.
- Art. 2. — Les photographes autorisés, comme il est dit à l’article Ier du présent règlement, procéderont par séances. Chacune des séances donnera lieu, au profit de l’administration, à une redevance de 20 fr. par appareil employé. Cette redevance sera payée contre visa dans la caisse de l’Exposition.
- Les séances auront une durée de quatre heures, soit de 8 h. du matin à midi, soit de 10 h. du matin à 2 h. de l’après-midi.
- Toute autorisation ne sera valable que pour les jours et heures indiqués ; le directeur général de rexploitation aura toutefois la faculté de renouveler sans nouvelle redevance à exiger les autorisations dont il n’aurait pu être fait usage aux jours et heure assignés.
- Art. 3. — Les demandes en autorisation adressées au directeur général de l’exploitation mentionneront :
- i° Le nombre d’aides opérateurs que le demandeur compte employer;
- 20 L’indication sommaire du matériel dont il doit faire usage ;
- 3° La déclaration formelle que le demandeur assume les responsabilités de toute nature que ses reproductions peuvent entraîner ;
- 40 L’engagement de se conformer aux règlements de police et d’ordre intérieur.
- Art. 4. — Des cartes d’abonnement, du prix de 3oo francs par appareil employé, valables pour toute la durée de l’Exposition, aux heures fixées par l’article 2, pourront être accordées aux exposants photographes qui en feront la demande.
- Art. 5. — Les aides opérateurs devront, comme les opérateurs eux-mêmes, acquitter le droit d’entrée fixe pour les visiteurs ordinaires, en dehors de la redevance payée lors de la remise de l’autorisation.
- Art. 6. — Les opérateurs admis à photographier, ne devront, dans aucun cas, introduire dans les enceintes de l’Exposition ni feu, ni substances inflammables ou explosibles.
- Leurs préparations devront s’effectuer en dehors de ces enceintes.
- Art. 7. — Toute reproduction d’objets exposés, de quelque nature que soient ces objets, est absolument subordonnéeà l'autorisation des exposants ou de leurs ayants droit, contresignée par le directeur général de l’exploitation.
- Art. 8. — Les photographes munis d’autorisations auront le droit de prendre des vues d’ensemble des palais, parcs ou galeries, à condition de remettre dix épreuves de chaque vue à l’administration.
- Vu et présenté :
- Le directeur général de l’exploitation, G. Berger.
- Paris, le 10 février 1888.
- Vu et approuvé :
- Le ministre du commerce et de l’industrie commissaire général,
- L. Dautresme.
- LA PARTICIPATION ÉTRANGÈRE
- A L’EXPOSITION DE 1889
- D’après les nouvelles publiées par le Times, sir James Fergusson, sur la demande de lord Lytton, ambassadeur d’Angleterre à Paris, vient d’adresser une circulaire à la société des arts, à la société des ingénieurs civils, à plusieurs autres associations de Londres et aux différentes chambres de commerce du Royaume-Uni.
- Il appelle leur attention sur l’Exposition de 1889 et les informe que, bien que le gouvernement ait cru devoir s’abstenir de participer officiellement à l’Exposition, l’administration des douanes accordera toutes les facilités désirables aux exposants, et que le Board of Trade fera les démarches né-
- cessaires auprès des Compagnies de chemins d§ fer pour obtenir d’elles toutes mesures favorables^
- Sir James Fergusson a joint à sa lettre-circulaire la copie d’un mémorandum que le directeur général de l’exploitation, M. Georges Berger, a remis à lord Lytton ; il offre, en outre, de transmettre à l’ambassade d’Angleterre à Paris toutes*, les réponses qui lui seraient faites par les sociétés, auxquelles il s’est adressé.
- Dans ce mémorandum, M. Georges Berger exprime le désir que la société des arts, l’association des ingénieurs électriciens et les chambres d©. commerce soient invitées à former une commission anglaise qui se chargerait d’organiser la sec->. tion britannique.
- M. Georges Berger se rendra le 19 février à Londres, où il restera le temps nécessaire pour constituer cette commission.
- L'EXPOSITION DES APPAREILS DE SAUVETAGE
- Après le Salon, nous aurons, au Palais de l'In^ dustrie, une Exposition consacrée au sauvetage s®us toutes ses formes, dans les eaux, dans les airs, sur la terre, ainsi qu’aux sciences et aux industries qui se rattachent à ce grand art humanitaire.
- L’hygiène navale et terrestre fournira un des, plus intéressants chapitres du programme de cette Exposition, qui se présentera comme un prélude de celle du glorieux centenaire de notre grande Révolution.
- ÉCHOS
- Paris
- Une exposition choisie de modèles propres à l’enseignement du dessin a été ouverte par* l’Union Centrale des Arts Décoratifs, dans sa galerie de conférences, 3, place des Vosges.
- Une exposition d’aquarelles, d’Edmond Debon,, est visible dans l’atelier de l’excellent artiste, 99, rue de Vaugirard, du samedi 11 au jeudi 23 février.
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- Les envois du Salon seront reçus au Palais de l’Industrie aux dates suivantes, pour les différentes catégories :
- Du samedi 10 au jeudi 15 mars, les ouvrages, de peinture, dessins, pastels, aquarelles, émaux, miniatures, cartons de vitraux et vitraux.
- Du vendredi 30 mars au jeudi 5 avril exclusive^ ment, les ouvrages de sculpture, gravure en médailles et sur pierres fines.
- Du lundi 2 au jeudi 5 avril, les ouvrages d’ar-, chitecture, gravure et lithographie.
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- L’honorable M. Faye, ministre de l’instruction publique et des beaux-arts, a trouvé, en arrivant, au ministère, le projet, connu de nos lecteurs, qui concédait à l’Union Centrale des Arts Décoratifs pour l’installation de son musée, l’emplacement et les ruines de l’ancienne Cour des. comptes. Cette concession faite à certaines con-. ditions sur l’examen desquelles nous ne reviendrons pas.
- Mais, voici que la Cour des comptes expose des doléances très justifiées. Les dossiers innombrables de ses archives sont disséminés un peu partout, dans les caves de l’ancien palais du quai d’Orsay, au pavillon de Marsan, etc. La moindre recherche nécessite un travail de quatre ou cinq jours, au milieu d’un amoncellement de pièces de tous genres, qu’il faut ensuite voiturer à travers Paris, exposées constamment à être égarées, détruites, volées. La haute comptabilité de l’Etat est passée au rang de bouillon d’imprimerie.
- De plus, les fonctionnaires de la Cour ne possèdent pas de locaux .suffisants pour eux-mêmes.
- J1 se trouve alors à point nommé un jeune architecte qui soumet au ministre un projet de construction, moyennant une dépense modérée delà Cour des comptes sur son ancien emplacement. Le projet sourit.
- Mais, que faire du projet de convention avec les Arts Décoratifs ? On offre à l’Union le pavillon de Marsan en compensation. L’Union refuse les présents d’Artaxerxès, ou du moins se fait tirer l’oreille.
- L’affaire en est là. Quelle sera la solution? la solution indispensable qui doit faire disparaître pour 1889 les tristes ruines du quai d’Orsay.
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- Quatrième Année. — N° 164.
- Et dire que voilà cinq ans au moins, sinon plus, que l’Etat négocie avec l’Union Centrale.
- Loteries, conventions, réduction spontanée et inexplicable des millions en cause ! Bouteille à l’encre que tout cela ! Mystère !
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- Très brillante chambrée, lundi dernier, à la galerie Petit, rue de Sèze, où l’Union artistique conviait à l’inauguration de sa charmante exposition annuelle.
- Une trentaine d’exposants nouveaux, et de jolis envois.
- A citer : les Meissonier, l’Alphonse Karr de Carolus Duran, la baronne G. de Rothschild, de Théobald Chartran, Vénus et l’Amour de Tlii-rion, un five o’clock de Doucet, très curieux, etc.
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- La nouvelle salle des portraits, créée au Louvre par M. Castagnary, directeur des beaux-arts, a été inaugurée mardi, en présence de M. le président de la République.
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- Départements
- Les envois destinés à la cinquième exposition de la Société des Amis des Arts de Nîmes, seront reçus par le président de la Société, du dimanche 1er au dimanche 15 avril.
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- Le concours organisé à Bordeaux, pour l’érection du monument des Girondins, a été très brillant.
- Cinq projets ont été désignés ex-æquo, récompensés’ chacun d’une prime de 2,000 francs, et réservés pour le concours définitif.
- Ces projets sont ceux de MM. Guadia, Deverin et Dumilâtre, Raoul et Edouard Larché, Rouyère et Steiner.
- Le second degré du concours est fixé au mois d’août.
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- ETRANGER
- Allemagne
- Une exposition générale des écoles professionnelles d’industrie et de commerce, est organisée pour le royaume de Saxe, sur l’initiative et par les soins du ministère royal de l’intérieur.
- L’ouverture s’en fera à Dresde, dans les derniers jours de septembre.
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- Le résultat financier définitif de l’exposition internationale alimentaire et culinaire, dont nous avons mentionné la tenue à Düsseldorf, en novembre dernier, est très favorable.
- Le bilan se solde, en effet, malgré des dépenses importantes sur tous les chapitres, par un excédent de recettes de 25,000 marks
- Une exposition de moteurs pour la petite industrie se fera à Glogau, en mai prochain, sur ^initiative de l’association locale industrielle.
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- Nous avons précédemment parlé de l’exposition générale industrielle et commerciale, qui s’organisera à Hambourg pour 1880.
- Il est décidé maintenant que le palais de l’exposition et toutes ses annexes, s’élèveront à proximité de la Holstenthor, et auprès du nouveau palais de justice.
- Le projet comporte pour le pavillon central et pour la galerie des machines, des superficies couvertes de 5,000 et 3,000 mètres carrés, respectivement. Il prévoit de plus l’érection d’un palais à charpente de fer pour une exposition de beaux-arts, et d’un pavillon de moindre importance, qui recevra l’exposition de pisciculture.
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- Angleterre
- Une exposition ouvrière industrielle sera inaugurée à Londres, le vendredi 18 mai, dans Peo-ple’s Palace, Mile-End.
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- La Compagnie des Charpentiers se propose d’organiser, avec le concours de la Compagnie des Menuisiers de Londres, une exposition de modèles, dessins et spécimens d’ouvrages en bois, productions des industries.respectives.
- Cette exposition se fera dans Carpenters’Hall, en mai et juin.
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- La Corporation des tonneliers prépare également pour le mois de mai prochain une exposition
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889. Dimanche 19 Février 188S. — 969.
- de tonnellerie qui sera installée dans les Galeries de People’s Palace.
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- On assure que le Comité de l’exposition italienne de Londres a reçu déjà sept cents demandes d’admission émanant d’exposants italiens, et que le succès de cette intéressante entreprise est désormais assuré.
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- Les œuvres destinées à la section de Beaux-Arts de l’exposition londonienne des Lauréats de France (V. nos précédents numéros), doivent être déposées chez M. Dangleterre fils, 16, rue Labié, du 1er au 5 avril.
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- Australie
- La Revue Commerciale, Diplomatique et Consulaire a fait un relevé des récompenses décernées à l’exposition internationale, récemment clôturée, d’Adélaïde.
- Les récompenses étaient de trois catégories, et si l’on exclut préalablement, si l’on met hors de compte les différents Etats de l’empire britannique, on trouve que les participants les plus favorisés sont : la Belgique, avec 156 récompenses, dont 71 de lre catégorie, 39 de seconde et 46 de troisième ; l’Allemagne, avec 114 récompenses, dont 71 de lre catégorie, 32 de seconde et 11 de troisième ; l’Autriche, avec 45, 32 et 17 récompenses, en tout 94 ; et enfin les Etats-Unis, avec 56, 21 et 10 récompenses, en tout 87.
- La France, l’Italie, la Suède, les Pays-Bas, etc., ont obtenu également quelques récompenses.
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- Autriche-Hongrie
- Est-il vrai que le Gouvernement français, non content d’avoir refusé une subvention en faveur de la participation des artistes français à l’exposition internationale de Beaux-Arts de Vienne, ait engagé les artistes à n’y point participer officiellement, vu l’attitude déclinatoire prise par l’Autriche-Hongrie en ce qui concerne l’exposition de 1889?
- Dût-on trouver cela singulier, nous nous permettons de trouver cette attitude du Gouvernement français... enfantine, pour ne pas dire plus, et indigne d’un pays fort et conscient de sa dignité personnelle.
- Vous vous moquiez, disiez-vous, de la participation de pays monarchiques, et puis, tout à coup, comme des enfants, vous boudez, parce qu’on ne s’est pas précipité en masse à vos dînettes !
- Non, espérons que ces bruits sont une vulgaire plaisanterie et que la France sait ce qu’elle doit à sa fierté et à son nom !
- Il n’appartient à qui que ce soit d’attenter à la liberté personnelle, et nul ne doit pouvoir empêcher nos artistes d’aller tenir la place qui leur appartient, et qu’un intérêt patriotique leur commande de tenir, dans un pays surtout qui, malgré sa ligne politique et ses alliances actuelles, nous est profondément sympathique.
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- Serait-ce pour imiter nos théoriques et problématiques, mais pschutteux alliés, les Russes, qui, s’il en fallait croire la Neue freie Presse, refuseraient, eux aussi, de prendre part à l’exposition devienne?
- Nous aimons profondément la Russie et nous avons pour cela des raisons personnelles sérieuses; mais nous ne croyons pas que l’empire moscovite pousse, lui, l’affection pour nous jusqu’à risquer son repos, son argent et ses iiommes, à notre seul profit, et nous pensons, en résumé, ô mode, que l’on commet bien des bêtises en ton nom !
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- Belgique
- Une nouvelle section spéciale s’ajoutera à celles qui subdivisent déjà l’exposition internationale de Bruxelles ; elle sera consacrée à la géographie. Le président de cette dernière section est le professeur du Fief, 22, rue des Palais, à Bruxelles.
- D’autre part, les délais d’admission ayant expiré et sans doute les listes d’adhésions n’étant point très encombrées, le comité du grand concours s’occupe de compléter les groupes divers au moyen d’adhésions nouvelles, en sous-main et sous toutes réserves.
- Ce que l’on assure, c’est que ce sous-main se pratique surtout chez nos voisins d’outre-Vosges, et en leur faveur.
- Que signifie tout cela? Sont-ce vérités, ou potins et on dit? Chi lo sà ?
- La Belgique occupera au grand concours une superficie de 30,000 mètres ; puis viennent la France avec 12,000, l’Allemagne avec 10,000 mètres. Ce dernier chiffre représente plus de 600 adhésions, provenant principalement de la province
- Rhénane, de l’Allemagne centrale et des provinces prussiennes.
- La Bavière et le Wurtemberg seront l’une assez mal représentée, l’autre presque absolument absent.
- L’Angleterre occupera 25,000 mètres ; la Russie et l’Autriche-Hongrie, chacune 6,000; l’Italie 5,000; les Pays-Bas, 4,000.
- A ajouter à la nomenclature des participants : la Suède et la Norvège, l'Australie, les Etats Balkaniques, les Etats de l’Amérique septentrionale, centrale et méridionale, le Japon, etc.
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- M. Alfred Geelhand est commissaire général du gouvernement belge à l’Exposition internationale de Melbourne (1er août 1888).
- Les bureaux sont installés rue de l’Hôpital, 20, à Anvers.
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- Brésil
- La République argentine doit prendre part à l’Exposition des sucres dont nous avons parlé et dont l’ouverture doit se faire à Rio-de-Janeiro dans le courant d’août.
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- Etats-Unis
- ^L’exposition-concours artistique, . dite Prise Fund exhibition, ouvrira cette année en avril, aux American art Galleries de New-York.
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- Aux galeries Doll et Richard, à Boston, l’artiste bien connu, M. Dodge Mac Knight expose une intéressante collection d’aquarelles, vues d’Algérie et du midi de la France.
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- Italie
- Notre excellent confrère le Bollettino delle Finanse, Ferrovie e Industrie donne comme très réussie l’exposition industrielle des produits alimentaires dont nous avons annoncé l’ouverture à Rome.
- Notre confrère annonce aussi que le Conseil d’administration de la Société du réseau méditer-1 ranéena décidé, dans sa réunion du 29 janvier, de prendre part à l’Exposition de Paris de 1889.La Société enverra les dessins de toutes les lignes principales de son réseau, avec les représentations graphiques des ouvrages d’art construits et en cours de construction, le tout corroboré et expliqué par des mémoires correspondants.
- La direction générale surveille l’organisation de cette exposition spéciale.
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- Tunisie
- Un décret beylicala réglementé le régime douanier spécial, applicable aux produits envoyés aux expositions et concours de Tunis.
- L’admission de ces envois sera faite en franchise temporaire à condition qu’ils soient adressés à l’inspecteur d’agriculture de la régence.
- Ceux qui seront vendus pour être utilisés dans la régence acquitteront les droits avant la sortie des locaux de l’exposition; ne seront soumis à aucune taxe les produits réexpédiés.
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- République Argentine
- Un décret présidentiel, en date du 29 décembre dernier, a prescrit l’organisation à Buenos-Ayres d’une exposition permanente des produits naturels et industriels du pays.
- Cette exhibition réunira, d’après un® classification scientifique et industrielle, toutes les richesses et matières premières que renferme la République, avec la désignation de la zone territoriale de provenance, de l’abondance de chacune d’elles, et autres renseignements puisés aux sources les plus autorisées, établis d’après les calculs et documents les plus récents. On collectionnera de la même façon les renseignements industriels détaillés, les échantillons de produits des industries existantes et il se fera ainsi entre la direction de l’exposition et les bureaux d’information que possède la République dans les grands centres étrangers, un échange incessant et salutaire de communications scientifiques industrielles et commerciales.
- L’entreprise est des plus intéressantes et ne peut manquer d’être féconde en résultats pour le développement si prompt et si important de l’activité nationale à La Plata.
- Ubique.
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- 970* — Quatrième Année. — N° 164. LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE 1889. Dimanche 19 Février 1888.
- L’EXPOSITION DE BARCELONE
- Le Commissaire général delà section française de l’Exposition universelle de Barcelone rappelle aux artistes industriels et commerçants que la date extrême pour la réception des demandes d’admission est fixée au 28 janvier prochain.
- Des renseignements parvenus au commissaire général, il résulte que les principales nations de FEurope organisent des expositions très brillantes et se mettent en mesure de nous disputer la possession du plus grand marché industriel de l’Espagne, qui est de plus le centre le plus important des exportations pour les colonies espagnoles et le pays de l’Amérique du Sud.
- Il importe donc que tous nos industriels coopèrent activement par leur participation à la défense des intérêts français.
- LE SALON DE 1888
- Le règlement de l’Exposition de peinture de cette année.
- Voici comment vient d’être arrêté, par le comité de la société des artistes, le règlement du Salon de 1888.
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- Peinture
- Les ouvrages de peinture, les dessins, aquarelles, pastels, miniatures, émaux, cartons de vitraux et vitraux devront être déposés au Palais de l’Industrie du samedi 10 mars au jeudi 15 mars.
- Le jury ne pourra recevoirplus de 2,5oo tableaux et de 800 dessins.
- Le vote pour le jury aura lieu au palais des Champs-Elysées le dimanche 18 mars, de neuf heures du matin à quatre heures du soir.
- Le jury, composé de quarante membres, disposera de 40 médailles : 3 premières, 10 deuxièmes, 27 troisièmes.
- Le vote pour la médaille d’honneur aura lieu seulement après la décision du jury pour permettre aux nouveaux médaillés de prendre part au scrutin qui s’ouvrira le 3i mai, et cela - dans toutes les sections : gravure, peinture, architecture et sculpture.
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- Sculpture
- Et gravure en médailles et sur pierres fines.
- La réception des ouvrages aura lieu au palais de l’Industrie du vendredi 3o mars au jeudi 5 avril exclusivement, de dix à cinq-heures.
- Toutefois, les sculpteurs auront la faculté jusqu’au 2 5 avril inclusivement, de remplacer par les ouvrages exécutés dans leur matière définitive, le modèle en plâtre déposé dans les délais prescrits.
- Vote pour le jury, composé de 24 statuaires, 2 sculpteurs d’animaux, graveurs en médailles et 1 sur pierres fines, le samedi 7 avril.
- Le jury disposera de 21 médailles, 2 premières,
- 6 secondes, i3 troisièmes.
- Le règlement de la section ne spécifie rien de particulier pour la médaille d’honneur.
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- Architecture
- Réception des ouvrages, du 2 au 5 avril au palais de l’Industrie.
- Election des quatorze membres du jury le
- 7 avril ; le jury aura à décerner une médaille d’honneur, 2 médailles de première classe et 10 médailles à répartir en seconde et troisième classes.
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- Gravure et Lithographie
- Les dates de l’architecture sont applicables à cette section, tant pour la réception des ouvrages que pour le vote du jury.
- Dans cette section, le vote pour la médaille d’honneur présente une particularité. Son règlement porte.:
- La médaille d’honneur sera votée par tous les artistes français exposants, les artistes médaillés antérieurement, exposants ou non, et le jury de la section.
- La médaille d’honneur sera décernée à la majorité absolue des votants ; elle ne pourra donner lieu qu’à trois tours de scrutin.
- Les artistes qui jugeraient qu’aucune oeuvre exposée ne mérite cette haute récompense mettront un zéro sur leurs bulletins; si ces derniers sont en majorité, il ne sera pas procédé à un second tour de scrutin.
- Le jury de cette section se compose de quatre graveurs au burin, quatre graveurs à l’eau-forte, quatre graveurs sur bois et quatre lithographes.
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- CONCOURS GÉNÉRAL AGRICOLE
- AU PALAIS DE L’INDUSTRIE Du Samedi 28 Janvier au Mercredi 8 Février (Suite)
- Animaux reproducteurs. — Gomme cela a eu lieu l’an dernier, le concours, plus complet que les années précédentes, a été divisé en deux parties.
- En ce qui concerne les animaux des espèces bovine, ovine et porcine, la première partie comprend les animaux reproducteurs mâles, les vaches laitières (en lait) et pour les volailles, les coqs, poules, pintades et pigeons. Puis, pour les produits agricoles divers : les céréales, les plantes fourragères et tubercules, les plantes industrielles et enfin les différentes parties qui ont fait l’objet de notre précédent article.
- Le total des animaux reproducteurs présentés se décompose comme suit :
- 3o2 taureaux, 104 béliers, 23 verrats, 126 vaches laitières et 11 bandes de vaches, soit 44 bêtes ;
- 3oo coqs, 247 lots de 3 poules, 84 lots de coqs et poules et enfin de 345 lots de pigeons.
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- Le prix d’honneur pour le plus beau taureau de race française, un objet d’art, a été décerné à M. Charain (Joseph), de Vigeu (Haute-Vienne), pour son magnifique taureau race limousine, n° 184. d’une très belle conformation, âgé de 26 mois, pelage froment. Le propriétaire qui ne présentait que cet individu a d’abord remporté, avec le même animal, le premier prix de la 5e catégorie, 2e section.
- Le prix d’honneur pour le plus beau taureau de race étrangère, également un objet d’art, a été attribué au n° 73, Roméo-Hincks, rouan, 3t m. 18 j. (i) [né de Ribaud I4.5q9et de Pistache ii.u3] (2).
- Les animaux de la race bovine formant la première division sont répartis en 16 catégories divisées, les deux premières en trois sections : i1-9, animaux de 6 à 12 mois ; 2S, de 12 à 24 mois et la 3e de plus de 24 mois. Pour les douze autres catégories qui suivent il n’y a que deux sections : la ire pour les animaux de 10 à 24 mois et la seconde pour ceux ayant plus de 24 mois.
- ir8 Catégorie. — Race Durham
- ire section. — Le premier prix a été attribué au n° 8, Abat-jour-Hincks, 7 m. 20 j., rouan [né de Hercule 15.248 et de Urèle 13.413J appartenant à M. L. Souchard, de Verron (Sarthe).
- 2e section. — ier prix : au n° 46, Harpagon, 14 m. 26 j., rouan [né de Héros 15.249 et de Africaine] présenté par M. de Blois à Bourg-d’Iré (Maine-et-Loire) qui remporte aussi le 2e prix de la 3* section.
- 3e section. — ier prix : au n° 7J, Roméo-Hincks, qui a remporté le prix d’honneur des races étrangères.
- 2e Catégorie. — Race Normande
- Cette catégorie est très bien représentée et il a été attribué quatre prix supplémentaires pour la ira section et deux pour la deuxième.
- ire section. — ier prix attribué au n° 83, 6 mois, pelage bringé caille, présenté par M. Cérand-Maillard, de Turqueville (Manche).
- 28 section. — i9r prix: n° r25, 18 m. 12 j., bringé, appartenant à M. G. Barassin,de St-Martin-de-Fonteny (Calvados), également propriétaire du n° 108 qui a obtenu le 2e prix de la ira section.
- 3e section. — ier prix: n° 133 bis, présenté par M. V. Lebreton, de St-Senier (Manche).
- 39 Catégorie. — Race Flamande
- ire section. — ier prix : n° 153, 22 m. 22 j., présenté par M. Gruson-Cousinne à Estaires (Nord).
- 2® section. — ier prix : n° 161, 40 m , beau pelage rouge, appartenant à M. Noyelles, de Blendecques (Pas-de-Calais).
- (1) L’âge des animaux est calculé au i*r janvier 1888.
- [2) Ces numéros sont ceux de l’inscription des Durham au Herd-Book.
- 4* Catégorie. — Race Charolaise et Nivernaise
- ire Section. — ier prix : n° 197, 19 m., appartenant à M. Lapeyre.
- 2® Section. — ier prix : n° 201, 32 m. 5 j., appartenant à M. Panderoux.
- 7e Catégorie. — Race Garonnaise
- ire Section. — ier prix : n° 2i3, co m. 14 j., M. Rifiàud, propriétaire.
- 2e Section. — ier prix: n° 220, 32 m. 10 j. M. Bernède, propriétaire.
- 8e Catégorie. — Race Gasconne
- Un seul propriétaire a présenté des animaux dans les deux sections ; M. Galinier a obtenu le ier prix de la 2e section pour son taureau : n° 223,
- 25 m. 7 j.
- 9e Catégorie. — Race Bazadaise
- Les deux sections ont présenté des sujets parfaits, aussi le jury a-t-il ajouté deux prix supplémentaires dans chaque section. — Les deux premiers prix ont été remportés par le même éleveur, M. Elie Darquey à Bernos (Gironde), pour ses taureaux n° 224, 11 m. 2 5 j., et n° 2 31, 2 5 m. 7 j.
- 10e Catégorie. — Races Parthenaise, Chole-
- taise, Nantaise et Vendéenne
- Dans cette catégorie, fort peu d’animaux présents. Les deux premiers prix ont été décernés aux nos 237, i3 m. et 23g, 3o m., tous deux de la race parthenaise et appartenant au même propriétaire M. Nadaud de Dun-le-Palleteau (Creuse).
- 119 Catégorie. — Race Marchoise
- Un seul premier prix. — ire Section ': n° 240, 10 m., pelage gris foncé, appartenant à Mme de Paumule, de Pêchereau (Indre). Dureste, très peu d’individus présentés.
- 128 Catégorie. — Race Bretonne
- Les deux premiers prix ont été remportés par : n» 246, 17 m., pelage blanc et noir ; et n° 249,
- 26 m., également blanc et noir, appartenant tous deux à M. L. Guyader, de Ergué-Gabéric (Finistère).
- 1 3* Catégorie. — Race Hollandaise
- La première section,quoique nombreuse, ne présentait pas d’animaux remarquables.
- 2® Section, ier prix, attribué au n° 268, 3i m. 26 j., pelage noir et blanc, présenté par M. Geste à Auxerre (Yonne).
- 14e Catégorie. — Race Schwitz
- Malgré le nombre des individus présentés, les premiers prix n’ont pu être attribués.
- 1 5e Catégorie. — Races Françaises 160 Catégorie. — Races Etrangères
- Autres que celles dénommées ci-dessus.
- Peu de prix ®nt été décernés, mais nous remarquons dans la 15e catégorie, deuxième sous-catégorie; petites races(Ayrshire, Jersiaise et analogues).
- Ier prix : n° 297, Fairy-King, jersiais gris, 19 m. 3 j., présenté par M. L. Nicolas, à Arcy (Seine-et-Marne). Ce charmant petit taureau, d’une conformation parfaite est d’un caractère doux et familier, ce qui est assez habituel à cette race. — Il descend d’une haute origine ; son père a été vendu en Angleterre 100 1. s. (2,5oofr.) etsa mère,. Reine des Fées a été vendue 100 guinées (2,600 fr.)
- 2e Division. — Espèce Ovine
- ire Catégorie. — Race Mérinos
- ire Sous-Catégorie. — ier prix : n° 3oq— 14m. mérinos. — Lemoine, à Montron (Aisne).
- 2e Sous-Catégorie. — 1er prix : n° 326. — 22 m. 8 j. — Métis-mérinos, à M. Hincelin, à Loupeigne (Aisne). Cette catégorie présente une belle exposition pour laquelle le jury a dû, en outre des six prix prévus à l’arrêté, decerner dans chacune des sous-catégories quatre prix supplémentaires.
- (1) En vertu de l’art. 17 de l'arrêté Ministériel du 5 mai 1887.
- Dispositions’ générales
- Le vote des divers .jurys demeurera secret, comme par le passé. L’agitation, qui avait précédé l’élection du comité des quatre-vingt-dix, n’a donc pas abouti et c’est très heureux pour l’indépendance des jurés. C’eût été éviter la camaraderie pour tomber dans la coterie.
- Les dispositions pour les entrées sont les mêmes que l’année dernière : cinq francs le jour du vernissage et le vendredi de chaque semaine, deux t francs dans la matinée saufle lundi, un franc dans ! l’après-midi et dans la matinée du dimanche et des jours de fêtes où les portes s’ouvriront gratuitement à partir de midi.
- Dans les deux sections, M. Joyon, de Laugeron (Nièvre), remporte nonseulement lesdeux premiers prix, mais aussi le troisième de la ir® section avec ses magnifiques taureaux blancs : nos 164, 166 et 171.
- 5e Catégorie. — Race Limousine
- ire Section. — ier prix : n° 172, 10 m. 2 j., pelage froment, présenté par M. de Léobardy, à la Fouchère (Haute-Vienne).
- 2* Section. — Rappel de ier prix (1) : au n° 188, 38 m. 21 j., rouge, appartenant à M. L. Parry, de Limoges (Haute-Vienne) ; ier prix : au n° 184 que nous avons cité plus haut comme prix d’honneur.
- 6® Catégorie. — Race de Salers
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- Dimanche 19 Février i8S8.
- Quatrième Année. — N° 164.
- 2® Catégorie. — Races françaises diverses pures.
- i«r prix : n° 35o, 23 m. 10 j., chamois, présenté par M. Leroy à Villers-Hélon (Aisne).
- 3e Catégorie. — Dishley-Mérinos
- i®r prix : n° 36o,i5 m.,propriété de M. Triboulet à Aissainvillers(Somme).
- 4e Catégorie. — Races étrangères pures à longue laine (Dishley, Newkent, Cotswold et analogues).
- ier prix : n° 3y5, 9 m. Diskley, présenté par M. G. Be'glet à Vrappes (Seine-et-Oise).
- 5* Catégorie. — races étrangères pures à courte laine (Southdown, Sthropshire et analogues)
- 1er prix : n° 394. — 21 m., Southdown, appartenant à M. de Bouillé à Villats (Nièvre).
- 3e Division. — Espèce porcine
- ire Catégorie. — Races françaises pures
- Ier prix: n° 409, 6 m. 10 j., craonnais blanc,présenté par M. Goussu, à Voves (Eure-et-Loir), qui . obtient également le 2e prix avec le n° 412.
- 2e Catégorie. — Races étrangères pures
- Ier prix : n° 416, 6 m. 10 j., Yorkshire blanc, présenté par M. L. Parry, à Limoges (Haute-Vienne).
- Vaches laitières (en lait)
- Prix d’honneur : A la vache reconnue la meilleure, soit qu’elle ait été présentée isolément, soit qu’elle fasse partie d’une bande.
- Un objet d’art décerné à M. Guillermain, à Fresme (Seine), pour la vache normande n° i5,
- 4 ans 4 m., caille noire, qui a obtenu le premier prix de la 2® catégorie.
- ire Catégorie. — Race Flamande.
- ier prix : n° 12,6 ans 4 m., brun, appartenant à M. Morel, à Adinfer (Pas-de-Calais).
- 2e Catégorie. — Race Normande
- ier prix : n° 15, citée au prix d’honneur.
- Dans, cette catégorie, outre les sept prix prévus à l’arrêté, il a été accordé quatre prix supplémentaires. Nous constatons que M. Nicolas a vu attribuer le 3e prix à la vache n° 33 et un prix supplémentaire à celle n° 5o, tandis que celle n° 52 a été mise hors concours à cause de son pelage qui n’est pas bringé quoique née de père et mère normands. Cette belle bête a remporté, en 1884 à Amsterdam, la médaille d’or, sur toutes les races d’Europe, pour la qualité de son lait, eu égard à la quantité. En 1887, elle a produit 6,36o litres de lait soit une moyenne de 17 litres 66 cent.par jour.
- 3e Catégorie. — Race Bretonne
- ier prix : n° 70 bis, à M. L. Guyader.
- 4e Catégorie. — Races fémelines, de Salers et autres races françaises rures ou croisées
- Ier prix: n° 107, 6 ans 6 m., croisée Durham, rouge et blanche, présentée par M. Morel à Adinfer (Pas-de-Calais.)
- . 5e Catégorie. — Races étrangères pures
- ire sous-catégorie : Races de grande taille et de moyenne taille (Schwitz, Bernoise, Hollandaise et analogue). — ierprix : n° 1 31,8 ans, hollandaise, appartenant à M. Martin, de Chatenay Seine-et-Oise).
- 2e sous-catégorie : races de petite taille, (Ayrshire, Jersiaise et analogue). — ier prix : n° 140 Georgina,7 ans, 9 m. 18 j., Jersiaise grise, appartenant à M. Nicolas. Cette gentille bête, née à l’île de Jersey, donne 12 litres de lait, un kilog de beurre par jour, elle est d’une très haute origine : son père Néro du Coing descend du grand champion d’Angleterre (cette race mange peu et produit beaucoup).
- Bandes de vaches laitières
- ire Catégorie. — Races de grande taille
- ET MOYENNE TAU.LE
- ier prix :nos 141 à 144 (normandes) à M. Castel,à Maison (Calvados).
- 2e Catégorie. — Races de petite taille
- ier prix : nosi77 à- 180 (b t'étonnés) is,M. Feunteun, à Penhars (Finistère).
- CONCOURS DE VOLAILLES VIVANTES ite Division. — Coqs et Poules, Pintades
- PRIX D’HONNEUR au plus beau lot exposé dans la ire division.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1S89.
- Un objet d’art a été décerné à M. Ch. Farcy, à Foulletourte (Sarthe), pour un coq, race de la Flèche, n° 119, 3me catégorie, et un lot de poules, n° 142, même race.
- Médaille d’or attribuée à Mme Gorin pour le coq n° 432, race Dorking, 12e catégorie.
- Parmi les récompenses très nombreuses qui ont été décernées dans cette division, nous remarquons neuf premiers prix décernés à Mm® Gorin, six à M. Voitelier, cinq à M. Lemoine, dont un dans la ire section de la 16e catégorie, coqs et poules, quatre à M. Voisin, trois à M. Farcy, qui remporte le prix d’honneur, deux à M. Pointelet, etc. Cette année, le nombre s’est encore accru et peut-être est-ce la cause qui a fait reléguer les pigeons au premier étage, abandonnés sur le péristyle du grand salon, où, il faut l’avouer, ils ne sont pas gaiement.
- 5e Division. —Pigeons, M. Courant a remporté quatre premiers prix, deux ont été décernés à M. Leudet et un seul a été remporté par MM. Al-liot, Crignou, Giraud, Lauger, Pointelet, Vincelet.
- Avant de parler des animaux gras, parmi lesquels nos pères choisissaient jadis le bœuf-gras traditionnel, et la seconde partie des volailles, il nous a paru intéressant de dire quelques mois des céréales qui ont fait partie des premiers concours, ainsi que des légumes qu’une température sibérienne a réduits à néant.
- Parmi les producteurs, sur les cinq classes composant la ire division, Céréales (salle 18) trois seulement sont bien représentées et surtout la première qui comprend les Froments ; dans celle-ci M. Nicolas, d’Arcy, a obtenu la médaille d’or (rappel) pour ses blés n0s 1 g3 à 222, et le Jury a demandé pour la supériorité de tous ses produits une médaille d'honneur. Nous devons dire que si beaucoup de cultivateurs suivaient son exemple, les étrangers ne trouveraient pas aussi facilement le débit de leurs produits sur nos marchés. Médaille d’or, M. de Launay, à Moyencourt. (rendement 5i hectolitres par hectare). Aux médailles d’argent, nous trouvons : M. le vicomte d’Avène (blé d’Hallet), MM. Bignon, Gouère, Boucaud (blé de Noé). Citons aussi un cultivateur qui fait de grands efforts en Algérie, M. Bure, au domaine de l’Ouïder, a obtenu une médaille de bronze et nous le retrouvons également aux orges et dans beaucoup d’autres sections, voire même dans la section des primeurs.
- 2e classe : M. Mauger, à Saussay-la-Vache (Eure) remporte la médaille d’or [Orges 'Chevalier).
- 3e classe: M. A. Perrin a obtenu la médaille d’or pour son Avoine noire de Brie.
- 4e classe : Seigles et 5e classe : Maïs, Millet, Sarrapn, les médailles d’or n’ont pas été décernées.
- 2e Division. — Plantes fourragères, légumineuses et graminées.
- Pour la* ire classe : Plantes légumineuses, et la 3e Plantes de prairies naturelles, les médailles d’or n’ont point été décernées. — 2e classse : Plantes des prairies artificielles, la médaille d’or a été décernée à M. Nicolas d’Arcy (Seine-et-Marne), pour la supériorité de ses produits, nos 525 à 540, Luzerne, Trèfle, Minette.
- 3e Division. — Racines fourragères et tuberculeuses .
- ire classe (salle 28) : Betteraves, carottes, rutabagas, choux-raves, navets et autres racines fourragères.— Nos 61 3 à 626: Rappel de médaille d’or, M. Guilloux; nos 567 à 571 : médaille d’or, M. Chandora.
- 2e classe (salles 14 et 16) : Pommes de terre. — Rappel de médaille d’or: H. Rigault, à Groslay (Seine-et-Oise), pour sa splendide collection nos 754 à 8o3 et d’autres variétés dites de grande culture nos 804 à 823, pour la nourriture des animaux ; Rappel de médaille d’or : J . Rigault à Groslay (Seine-et-Oise), pour sa magnifique collection n01’ 824 à 887, pommes de terre pour la petite culture, nos 970 à 981, pour la féculerie, noS 982 à 1021, pommes de terre cultivées pour collections, et nrs 1022 à io32 semées en divers états.
- Cette partie de l’agriculture que nous désignerons plus particulièrement sous le nom d’industrielle est en réels progrès. Une médaille d’or a été attribuée à M. Sevin pour les nos io33 à 1070, puis viennent trois médailles d’argent à MM. Garenne, Bignon, Torcy-Vannier de Melun, encore un travailleur que rien n’arrête, et que nous trouvons sans cesse sur le chemin du progrès.
- 3e classe : Patates ignames, etc., pas de médaille d’or ni médaille d’argent, vu le manque des apports.
- 4e Division. — Plantes industrielles.
- ire classe : Plantes oléagineuses. — Médaille de bronze, M. Grenier-Dalbine.
- 2e classe : Plantes textiles. — Médaille d’argent, M. Ammeux, M. Guichard-Grand.
- 3e classe : Houblons.— Les produits exceptionnels de M. Lecoq à Mathes (Charente-Inférieure), nos 1194 à 1196, lui ont fait décerner la médaille d’or.
- — 971,
- 4e classe. : Betteraves à sucre. — Médaille d’or, nos 1233 bis et 1233 ter, présentés par'M. Meyer, à Coubert (Seine-et-Marne), qui a remporté à Melun, l’an dernier, les plus hautes récompenses. Nos 1229 et i23o, également médaille d’or, décernée à M. Paillard, de Quesnoy-le-Mon tant (Somme).
- 5® classe (Salle 17: Plantes à parfums, plantes médicinales, etc., etc.— Médaille d’or, n0s 1456 à 1453, provenant des cultures de M. Gagnet, à Au-bervilliers (Seine), exposition très intéressante et présentée d’une façon scientifique ; cet exposant a eu l’heureuse idée de faire mettre au catalogue les noms communs, les noms botaniques en indiquant aussi la famille des plantes ; c’est encore un progrès à signaler, en un mot, très belle exposition de plantes médicinales, qu’il ne faut pas dédaigner; elle est divisée, du reste, en plusieurs parties, plantes entières, plantes mondées, racines fraîches, semences, racines sèches. Deux médailles d’argent ont été attribuées à M. Lahaye-Viard, de Mon-treuil-sous-Bois pour les nos 1558 à 1880 et à M. Broult, de Versailles, pour les nos 1235 à 1443.
- Parmi les exposants récompensés, nous n’avons pas cité le nom de M. Cordier — Ecole pratique d’agriculture de Saint-Remy (salle 19) — dont l’ensemble de l’exposition a mis le jury dans la quasi obligation de demander une récompense spéciale, ce qui a été fait lors de la visite de M. le Président de la République: un prix d’honneur, avec objet d’art, a été accordé à M. Cordier, pour la supériorité des produits exposés dans toutes les catégories de la grande culture.
- Nous avons omis de parler, lorsque nous étions au rez-de-chaussée, des splendides mass’fs de plantes vertes faisant partie du concours d’horticulture ; il est très intéressant de citer la ire division, Plantes vivantes : ire classe ; Plantes vertes d’ornement et de pleine terre (cèdres, cyprès, thuyas, lauriers, fusains, etc.).— Deux exposants se partagent les succès: les n0s 5ioi à 5322 présentés par M. H. Defresne à Vitry (Seine) lui ont valu une médaille d’or. Sous le grand escalier de la nef, un massif disposé a\ec art nous permet d’admirer des Abies et des Hex de toute beauté, nous remarquons surtout un magnifique Biota orientalis variegata ; devant ce massif, dans une habitation grillagée, se prélassent les volatiles du prix d’honneur.
- De chaque côté dudit escalier, deux admirables massifs reposent agréablement la vue ; parmi ces plantes groupées avec harmonie, nous trouvons une variété de nuances remarquables, à droite, un Biota orientalis elegantissima (ces adjectifs disent bien la vérité), reflets couleur feu de soleil couchant sur le Bosphore et d’une forme élégant....
- issima ; un Ilex aquifolium elegans, à tige un An-dromeda Japonica, et dans le fond du massif, un Pinus excelsa, un Cedrus Deodora et un Ilex aquifolium calamistratum, dominent ce groupe d’arbustes magnifiques : à gauche, un Cryptomeria elegans, un Ilex aquifolium marginatum pendulum, un Biota Japonica, un Taxus hibernica variegata aurea, puis au fond, un splendide Cupfessus Lawsonian, un Cedrus atlantica et enfin un Ilex aquifolium serratifolium dont les graines rouges sont du meilleur effet, etc., etc. Ces massifs coquets et gracieux masquent admirablement le fond du concours.
- En entrant par la porte principale, du milieu, se trouvent deux grands massifs magnifiquement disposés en triangles et cintrés sur le devant.
- Le public s’y arrête trop peu, l’attraction est au milieu du palais, mais de grâce, au moins, un coup d’œil sur ce s belles plantes que tant d’amateurs seraient heureux de posséder: noùs retrouvons là MM. Croux et fils, hôtes assidus des grands concours, leurs pépinières du Val d’Aulnay, près de Sceaux (Seine), permettent d’obtenir les meilleurs résultats; l’an dernier ils remportaient le prix d’honneur au concours d’arboriculture fruitière (dont nous avons, du reste, rendu compte à l’automne). La médaille d’or a cette fois encore couronné leurs efforts pour les nos 5020 à 5o63, Conifères, et 5o6q à 5100, arbustes à feuillage persistant. Nous ne pouvons résister au plaisir de citer quelques variétés. Dans le massif de gauche, 5044 Cryptomeria elegans, à teinte marron foncé, Araucaria imbricata, 5o2i, Abies concolor, 5o54, Sciadopitys verticillata ; et dans celui de droite Ilex aquifolia laurifolia, Juniperus hybernica, 5092 Viburnum tinus flore rubra, etc., etc. Mais pour le mois de mai prochain, nous aurons la satisfaction d’admirer à l’Exposition d’horticulture une splendide collection de Rhododendrons de plein air composée de plus de 400 variétés et dont chacune d’elles possède un nombre incalculable de boutons à fleurs.
- Nous aurons pour le mois de mai à admirer toutes ces merveilles, dont le coup d’œil sera réellement féerique.
- A. Ramé.
- (A suivre.)
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- 972. — Quatrième Année. — N° 164.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889,
- Dimanche 19 Février 1888.
- AVIS COMMERCIAUX
- ALLEMAGNE
- TISSUS ET BRODERIES ARTISTIQUES
- M. le Consul de France à Dusseldorf vient d’adresser un extrait de la Galette de Crejeld, accompagné de sa traduction (1) et relatif à une exposition de tissus et de broderies artistiques pour ornements d’églises et habits sacerdotaux,, qui a récemment eu lieu à Crefeld.
- A la clôture de ce concours, le Comité a provoqué une réunion composée de fabricants et de notabilités ecclésiastiques qui s’est tenue à l’Ecole royale de tissage de la ville, en vue de fixer les principes à suivre dans la fabrication de ces produits .
- Cette assemblée a notamment appelé l’attention des industriels sur les conditions de solidité et de durée que doivent présenter les ornements et les vêtements sacerdotaux. Elle a recommande l’emploi de teintures spéciales, d'étoffes de soie pure et de brocart en fil doré de Chypre. Elle a également signalé l’intérêt qu’il y aurait à utiliser, pour ce genre de fabrication, les dessins et les modèles de l’art ancien.
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- CHINE
- COMMERCE DES SOIERIES
- On lit dans le Journal de la Chambre de commerce de Constantinople que les Européens résidant en Chine ne s’approvisionnent plus chez les marchands d’articles en soie indigènes, mais font venir les étoffes en soie, les brocarts et les satins de Malabar, où ils les ont en qualités meilleur marché, mais moins bonnes. Les marchandises venant de Malabar sont pour la plupart de provenance anglaise. Les Annamites emploient pour leurs costumes trois sortes de tissus de soie : l'une, tissée à la campagne, est employée parles habitants ; l’autre, d’un toucher très doux, vient du Tonkin et se vend dans tous les centres, mais principalement à Saïgon et à Cholon ; enfin la troisième, d’un toucher moins doux, vient deCan-ton. En dehors de ces tissus, les Chinois en emploient deux autres sortes : l’une importée de Su-Than (province de Shanghaï) et l’autre de Canton. Les étoffes de soie de provenance européenne pourraient s’y vendre très bien, à condition qu’elles réunissent les qualités propres aux étoffes de provenance asiatique, savoir : qu’elles aient la même longueur et la même largeur, qu’elles soient solides à l’eau et qu’elles ne prêtent pas en les étirant.
- Généralement, les marchands chinois se contentent d’un bénéfice de 7 à 8 p. 0/0 et les conditions de payement des fabricants indigènes pour le commerce de gros sont le comptant avec 1 p. 0/0 d’escompte. Ce débouché est d’autant plus grand que les Chinois et les Annamites se vêtissent presque entièrement de soie.
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- ESPAGNE
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE BARCELONE EN 1888
- Les industriels et commerçants français qui désirent participer à l’Exposition universelle de Barcelone sont priés d’adresser leurs demandes d’admission au commissariat général, palais de l’Industrie (porte n° 1), à Paris, avant le 28 février.
- Aucun exposant ne pourra être admis à Barcelone, si l’emplacement qu’il doit occuper n’a été préalablement déterminé parles services du commissariat général.
- Aucun agent ou représentant français ou étranger n’est spécialement accrédité auprès de l’administration de l’Exposition.
- LES LIVRES
- CXLIV
- Bibliothèque de l’enseignement des Beaux-Arts, publiée sous la direction de M. Jules Comte. — Broderie et Dentelles, par Ernest Lefébure, fabricant de dentelles, administrateur du Musée des arts décoratifs, un vol. in-18, avec nombreuses gravures d’après les dessins de M. Faucher-Gudin.
- Voilà encore, dans cette Bibliothèque de l’ensei-nement des Beaux-Arts, qui est une des plus eureuses et des plus utiles entreprises de la maison Quantin, un volume d’un intérêt historique et artistique général, et d’un attrait particulier pour le public féminin. Il s’agit, en effet, là d’un art essentiellement, presque exclusivement féminin. H y a eu des dessinateurs en broderie, des brodeurs; mais, dans ces époques chères à l’élégance et à l’effet décoratif où l’habit des hommes comme celui des femmes se parait d’ornements dus à toutes les ingénieuses combinaisons de la broderie et où la tête poudrée d’une neige gracieuse,
- neige gaie et non triste, neige de printemps et non neige d’hiver, ressortait sur la fraise ou la cravate de dentelles, c’est l’aiguille, maniée par des doigts féminins, qui mariait Tes nuances ou les couleurs sur le lin, la soie ou le velours, de façon à faire des tableaux véritables de certains chefs-d’œuvre de cet art dont les instruments sont demeurés comme les attributs du sexe, qui n’est pas le nôtre. La broderie, la dentelle, l’art de diaprer de fleurs, de scènes de chasse ou de guerre, d’une sorte d’épopée à l’aiguille, comptant douze cent cinquante figures, des surfaces de 70m34 de long sur om5o de large comme la fameuse tapisserie de Bayeux, due à la reine Mathilde, femme de Guillaume le Conquérant (mort en 1087), ou de semer les mêmes fleurs, les mêmes scènes sur un champ de tulle, sur un de ces tissus d’Orient, sur une de ces gazes ou de ces mousselines transparentes (ainsi nommées de Gaza et de Mossoul) que les poètes arabes comparent à « l’eau courante », à « de l’air tissu ». à du « brouillard du soir » : cet art est un art où les femmes, et les femmes seules ont excellé. Il est ancien comme le monde, comme la beauté, comme la coquetterie, comme la grâce de la femme. Dès qu’elles ont eu une pointe affilée en os ou en fer, percée au nœud capital d’un trou à passer le fil, à leur disposition, les femmes ont brodé, et, dès le commencement du moyen âge, elles ont, sur le métier, fait monter et descendre l’aiguille industrieuse ou promené le chassé-croisé des menus fuseaux d’ivoire ou de buis sur le cylindre à dentelles.
- De même de tout temps, la femme a considéré la broderie et la dentelle, qu’elle seule sait faire, comme les deux grandes pourvoyeuses des ornements de sa coquetterie. Dès le xvi® siècle, on se transmet héréditairement de mère en fille les guipures ç|e Flandre et les points vénitiens ou milanais. Sous Louis XIV, grâce à l’initiative de Colbert, le point d’Alençon et le point d’Argentan, et bientôt après le point de Chantilly fournissent aux femmes les ornements de leurs robes et de leurs coiffes, aux hommes la parure de leurs cravates et de leurs manchettes.
- Le xvme siècle est la plus belle période pour la dentelle aux fuseaux comme le xvne siècle est l’apogée de la dentelle à l’aiguille.
- C’est au xviii6 siècle que le trousseau des jeunes mariées comprend toujours un legs anticipé des dentelles maternelles, et que certaines femmes adorent la dentelle au point d’en constituer de vrais trésors, et même d’en manger, s’il faut en croire ce que Mme de Genlis dit de Ta manie un peu excessive, en ce cas, de Mme de Puysieux. A partir du règne de Louis XIV, où le règne de Colbert émancipe l’art français, en matière de broderie et de dentelle, du joug de l’art flamand et espagnol, de l’art italien, anglais et allemand, cet art devient un art national, marqué des qualités de finesse, de grâce, de goût élégant, et subtil qui caractérisent' le génie national. La vogue du point d’Alençon, du point de Chantilly, du point de Valenciennes éclipse celle de la guipure flamande, du point de Malines, du point de Venise, du point de Windsor.
- Malgré la rude concurrence que font à la dentelle française, à l’aiguille et aux fuseaux, la dentelle au métier mécanique et la mode économique des imitations, elle garde sa supériorité traditionnelle. Une population de cent cinquante mille femmes trouve son gagne-pain dans ce travail si féminin, en Auvergne, dans le Bourbonnais, en Normandie, en Artois et en Hainault. Aurillac, Le Puy, Alençon, Argentan, Caen, Valenciennes, Mirecourt, Epinal, Saint-Omer sont demeurés des centres de fabrication et de production justement renommés. Nous nous souvenons d’avoir vu dans notre enfance, en Auvergne, les menettes, femmes ou filles, à la cornette noire doublée de linon, au bavolet, blanc orné d’une croix d’argent, sortes de béguines françaises, manier, assises sur le devant de leur porte, d’un doigt agile, les cent fuseaux courant sur le petit tambour à épingles posé sur leurs genoux. On dirait d’une musique silencieuse emmêlant et entrecroisant les fils sur le carton épinglé, comme les notes sur un clavier. De là naissent des chefs-d’œuvre de dentelle aristocratique ou populaire, car dans ces pays-là, la coiffe de la paysanne, comme la robe de la marquise s’ornent de volants à cent francs ou de picot à un franc le mètre.
- On comprend qu’il est difficile, sinon impossible de rendre un compte détaillé d’un livre plein de détails, car la dentelle et la broderie surtout sont vieilles comme le monde, et datent de l’aiguille, qui date de la femme elle-même, et où la gravure joue un rôle prépondérant, car elle seule peut donner l’idée des types et des chefs-d’œuvre de la dentelle et les faire passer sous les yeux par des images fidèles. L’ouvrage de M. Lefébure est d’un maître en ces matières, initié à tous les secrets de la pratique comme il est expert dans l’analyse des théories, des méthodes et des procédés. Son livre est digne et sûr du succès, cars’iln’est pas déplacé sur la table de travail du cabinet, il mérite une place d’honneur dans la bibliothèque de tous les boudoirs féminins.
- M. de Lescure.
- LES THÉÂTRES
- Eden-Théatre. La Fille de madame Angot
- La Fille de madame Angot est sans contredit la meilleure et la plus complète partition de Charles Lecocq. Malgré ses seize ans d’existence et son nombre incalculables de représentations, elle n’a nullement vieilli et a conservé toujours son parfum de jeunesse et de gaieté. L’idée de M. Bertrand, en inaugurant sa nouvelle direction avec cette amusante pièce, était excellente. Seulement, si la Fille de madame Angot se trouvait admirablement dans son cadre au théâtre des Folies-Dra-matiques, il n’en est plus de même à l’Eden-Théâtre, malgré la nombreuse figuration, la mise en scène splendide et le corps de ballet.
- Le changement ne lui a pas été favorable, il faut bien l’avouer : d’abord l’action semble plus morne et se traîne péniblement au milieu de ce déploiement de décors et de costumes, et puis c’est à peine si on entend le dialogue ainsi que la plupart des interprètes. Le public ne s’est échauffe hier qu’en écoutant la charmante musique du maestro, interprétée par les deux reines de l’opérette, Judic et Granier. Avec deux étoiles de telle grandeur, il est évident que la Fille de madame Angot fera courir tout Paris.
- Ces deux artistes rivales se sont complétées sans se nuire, et c’est vraiment un véritable régal que de les entendre chanter le ravissant duo du deuxième acte, ainsi que le fameux duo de l’engueulade.
- Granier et Judic ont été successivement acclamées et fêtées à tour de rôle. Jamais, on peut le dire, on n’avait vu succès pareil.
- Si l’interprétation féminine est hors de pair, il n’en est pas de même du côté des hommes. M. Christian ne peut déployer sa verve habituelle dans le rôle de Larivaudière qui n’est guère drôle ; M. Romain est un excellent comédien qui fera mieux de rester au Gymnase, ou il tient bien sa place. Sa tentative d’aborder les ténors d’opérettes ne lui a guère réussi hier soir. M.. Lamy est un excellent Pomponnet, mais c’est à peine si l’on entend son joli petit filet de voix.
- En somme, l’attrait de cette reprise repose absolument sur Judic et Granier. Avec ces deux noms sur l’affiche, l’Eden-Théâtre fera tous les soirs salle comble.
- Cette appréciation de la France est la plus exacte et la plus fidèle à notre avis de toutes celles qui ont été données sur cette reprise.
- Le même soir on jouait au Théâtre-Libre la Puissance des Ténèbres, du comte Tolstoï.
- L’enthousiasme a été indescriptible et l’émotion profonde. Se trouve-t-on en face d’une formule nouvelle ? D’aucuns prétendent que c’est du vieux mélo. D’autres portent aux nues l’audace de l’auteur et entrevoient pour le théâtre des horizons nouveaux. La pièce est redemandée, sera rejouée et prendra peut-être place sur ceux de nos grandes scènes. Mais, pour en bien parler, il faudrait l’avoir vue.
- Faute de places au Théâtre-Libre, on va passer sa soirée au Cirque. — Où ? à quel Cirque ? — Mais, c’est tout simple, chez M. Fernando.
- Le cirque Fernando est loin, c’est vrai, mais on y passe les plus agréables soirées qui se puissent voir. Admirables chevaux, artistes de premier ordre, gentes écuyères, et, par-dessus tout, des clowns qui touchent à l’idéal du genre. On n’entend point là les grosses farces des fils de John Bull, avec leurs éternelles rengaines. Chez M. Fernando les clowns sont Espagnols ou Français. L’inimitable Medrano (Boum-Boum) est toujours de la maison. Pour un bon clown, voilà un bon clown! Il y a plus, Medrano est un artiste. Ses fantaisies les plus extravagantes sont de bon goût, ses boutades sont spirituelles, ses inventions désopilantes. On pense, en le voyant, aux types immortels des Concourt, les frères Zenganno. Il eût pu leur servir de type. Avec cela, bon enfant, point raide du tout, comme les Anglais, agile comme un singe. Aussi, on l’applaudit à outrance et il le mérite.
- Ferlux.
- Le Gérant, GARREAU.
- Tours. — lmp. E. ARRAULT et Cie, rue de la Préfecture, 5
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- Le Moniteur
- DE
- L'EXPOSITION DE 1889
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
- QUATRIÈME ANNÉE.
- Dimanche 26 Février 1888.
- NUMÉRO 16 5
- SOMMAIRE :
- 1. Avis; 2. Les Travaux du Champ-de-Mars; 3. Rapport de M. Dantresme au Président de la République relatif à l’Exposition de 1889; 4- Nominations de membres des Comités départementaux; 5. La Participation étrangère à l’Exposition de 1889; 6. Echos; 7. Exposition universelle de Barcelone; 8. j L’Exposition de Copenhague en 1888 ; 9 Ouverture de l’Exposition des femmes peintres et sculpteurs; 10. Le catalogue général de l’Exposition de 1889; 11. Concours général agricole; 12. Avis commerciaux; i3. Les Livres ; 14. Les Théâtres.
- AVIS
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- Les demandes d’admission continuent à arriver dans les bureaux du ministère du commerce et de l’industrie de la direction générale de l’exploitation, mais il est bon de rappeler aux exposants de Paris et de la province que la date du ier mars reste fixée comme dernier délai du dépôt de ces demandes..
- Si ce délai est prolongé, il ne le sera qu’au profit de certaines classes particulières dans les groupes de l’agriculture et des produits alimentaires.
- EXPOSITION UNIVERSELLE
- DE 1889
- LES TRAVAUX DU CHAMP-DE-MARS
- Il y a quelques jours, la lettre suivante est parvenue à notre rédacteur en chef ; comme son contenu concerne plutôt les travaux, on nous l’avait transmise, mais l’abondance des matières ne nous avait pas permis de l’insérer dans le dernier numéro. Nous publions aujourd’hui, in extenso, cette lettre à laquelle un peu de concision n’ôterait rien de sa valeur.
- Monsieur le Rédacteur en chef,
- Vers la fin de l’an dernier, en cherchant, dans le Moniteur de F Exposition de 188g, des renseignements sur la tour de 3oo mètres, tour que M. Eiffel construit dans le Champ-de-Mars, j’ai lu que les piliers de ce monument sont indiqués par des numéros (1,2, 3, 4).
- Permettez-moi, Monsieur, de faire à ce numérotage d’ordre, qui désigne ainsi un des piliers, comme premier parmi les autres, cette observation préalable que, la tour étant un carré parfait, an-cun angle ou côté ne peut être appelé premier pas plus que dernier.
- Ce système de désignation engendre d’ailleurs un grave inconvénient. Sans cesse les interrogations suivantes seront faites : Tout individu, à qui on parlera du pilier n° 1, ou qui lira ce qu’on aura écrit concernant ce pilier, répliquera à son interlocuteur ou se demandera à lui-même ? Quel est celui des 4 piliers qui porte ce numéro ?
- Si on lui parle ensuite du pilier n° 2, il ne sera aucunement avancé d’avoir appris où est situé le n° 1, car, partant de ce dernier numéro,on peutfaire le tour de la tour aussi bien par la droite que parla gauche ; donc le pilier n° 2 peut être l’un aussi bien que l'autre des deux piliers voisins du n° 1 (2 ou 4).
- Il y a plus. La place du pilier n° 3, qui a été fixée en continuant le tour dans le sens commencé ne l’est pas plus péremptoirement que celle du n° 2. En effet, après avoir fait suivre, au numérotage, un côté, on aurait pu ne pas continuer ainsi et prendre la diagonale qui part du pilier 2, d’où résulterait que le n° 3 occuperait la place donnée au n° 4 ; en conséquence 4 serait situé où est 3.
- Les inconvénients seraient évidemment les mêmes si les piliers avaient été désignés par des lettres, A. B. C. D.
- Je me vois donc forcé de conclure que le numérotage pas plus que le lettrage ne sont rationnels dans le cas présent; puisqu’il y a pour tout le monde et qu’il y aura toujours incertitnde et besoin de renseignements.
- Le Moniteur de VExposition, dont j’ai feuilleté la quarantaine de fascicules, qui ont paru en 1887, pour trouver la clé de ce numérotage (voyez quelle besogne et que de temps perdu) ne donne qu’en un seul de ces fascicules l’itinéraire qui a été suivi. C’est assez certainement, mais encore fallait-il le trouver.
- Il emploie i5 mots pour faire connaître la situation géographique du premier pilier et 7 et 8 pour indiquer où se trouvent chacun des 3 autres, en tout 48 mots qni sont indispensables au système adopté et viennent le compliquer. Et encore faut-il connaître les environs du Champ-de-Mars ou avoir un plan de Paris sous les yeux pour comprendre les renseignements topographiques sur lesquels s’appuient ces explications.
- Je viens, Monsieur, proposer de ne plus avoir besoin d’explication aucune.
- Je puis ajouter que ces noms s’imposent, tant par leur précision géographique, vraiment remarquable dans ce cas, que par leur caractère scientifique. Ils s’imposent en outre par leur simplicité. D’ailleurs le monde, dans la conversation, leur donnera quand même les noms que je propose.
- L’adoption de ces noms pour les piliers fournirait immédiatement des noms pour les quatre angles de chacun d’eux, on aurait -ainsi : l’angle nord du pilier Nord, l’angle est du pilier Ouest, etc.
- Il y a plus, les noms que je propose désigneront aussi, en les combinant comme pour la «Rose des Vents » les façades de la tour et même les côtés de chaque pilier. Ainsi, d’une part, la façade qui regarde le Trocadéros’appellerait Nord-Ouest tandis que son opposée, regardant l’Ecole militaire, serait appelée Sud-Est ; d’autre part on aurait les côtés intérieurs Nord-Ouest et Sud-Ouest du pilier Est, etc.
- Pour tirer de ces diverses désignations, pendant le cours des travaux, tout le secours qu’elles promettent, il faudrait qu’elles soient écrites sur place, soit sur le métal de la tour, soit sur des planchettes qui y seraient fixées. A l’achèvement de l’édifice ou substituerait à ce provisoire, et pour le public, des plaques semblables à celles qui indiquent le nom des rues.
- Je rappelle, en finissant, qu’avec mes désignations plus aucun besoin n’est d’explications. Dans quelque lieu de la terre que l’on se trouve on saurait, à l’instant, lorsqu’il s’agirait du pilier Nord ou du pilier Ouest, par exemple, que c’estle pilier qui regarde l’Angleterre ou celui qui est situé du côté de l’Atlantique, etc.
- J’ose espérer, Monsieur le Rédacteur en chef, que vous voudrez bien accorder à ma proposition l’attention qu’elle me semble comporter et lui faire l’honneur de la publier... avec le dessin..
- Veuillez agréer, l’assurance de ma considératio n la plus distinguée.
- Van Heyden.
- L’axe principal (1) de la tour se confond avec l’axe longitudinal du Champ-de-Mars ; cet axe commun fait presque un demi-angle droit avec la méridienne de l’Observatoire (voir le dessin plus bas) ; l’angle réel est de qV et quelques minutes.
- Or les diagonales du carré parfait que forme la tour font aussi des demi angles droits- avec les axes longitudinal et transversal de cette tour; il en résulte que, ces diagonales étant perpendiculaires entre elles, l’une d’elles, celle qui va du pilier n° 1 au pilier n» 3, est parallèle à la méridienne, tandis que l’autre est parallèle à l’équateur.
- La tour est donc presque parfaitement orientée ! la première diagonale marque le nord-sud et la deuxième l’est-ouest. Les quatre piliers sont donc ainsi placés, par un de leurs angles, en face des quatre points cardinaux.-
- La conséquence inévitable et toute de hasard de cet état de choses est que les noms définitifs des piliers de la tour ne sauraient être autres que :
- Pilier Nord au lieu de Pilier n° 1 Pilier Est — Pilier n° 2
- Pilier Sud — Pilier n° 3
- Pilier Ouest — Pilier n° 4
- E
- Nous commençons par déclarer à M. Van Heyden, que nous n’avons du reste pas l’honneur de connaître, que sa proposition mériterait d’être prise en sérieuse considération si elle ne se produisait un peu tard, alors que tout le monde s’est familiarisé avec le numérotage adopté par l’administration de l’Exposition pour les piliers de la tour de 3oo m., numérotage qu’il nous a paru inutile de transcrire dans chaque article, l’ayant donné une fois pour toutes.
- Si ces remarques avaient été faites dès le début des opérations, peut-être aurait-on adopté le système de notation préconisé par notre correspondant, mais maintenant la chose nous paraît malheureusement difficile, car, non seulement il faudrait que le public s’habituât à ces nouvelles désignations, mais encore leur adoption pourrait faire naître des confusions dans le service des travaux, toutes les pièces documentaires relatives à la tour étant basées sur le numérotage des piliers.
- Ceci dit, et tout en regrettant, jusqu’à un certain point, qu’on n’ait pas tiré parti de l’orientation, presque régulière, du monument pour désigner ses montants et leurs angles, nous avouons que le numérotage, une fois admis, n’a rien de si particulièrement défectueux et a même été choisi avec assez de logique ; en effet, lorsqu’on entre dans le Champ-de-Mars par le quai, on a immédiatement le pilier n° i à sa gauche, puis, continuant à marcher vers la droite, on rencontre successivement les n0S2, 3 et 4, or le mouvement dans ce sens est le plus naturel, témoins la marche des astres, la rotation des aiguilles d’une montre, le numéro-
- (1) L’auteur de la lettre nous permettra de lui faire remarquer que la tour, étant un carré parfait, ne peut avoir d'axe principal.
- Côté du
- Axe. longitudinal
- Trocadéro
- du Champ-de-Mars
- Côté
- TOUR
- Ecole Militaire
- —1 rs
- 4 I IM
- O s
- N S — Direction de la Méridienne de l’Observatoire faisant un angle de 45» avec l’axe du Champ-de-Mars.
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- 974“ — Quatrième Année, — N° 165.
- LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 26 Février 1888,
- tage d’un cadran quelconque... etc., tous ces mouvements se produisent de gauche à droite et il suffit, pour être au courant de la désignation de chacun des pieds de la tour, de se rappeler que leur numérotage, à partir de gauche en entrant, suit le même ordre que les heures sur le cadran d’une montre.
- Du reste, répondant à l’autre objection de l’auteur de la lettre citée plus haut, nous ferons remarquer qu’il est tout aussi difficile, pour quelqu'un placé au pied de la tour, de savoir quel est le pilier qui regarde l’Angleterre que d’être renseigné sur le numéro dudit pilier: le Champ-de-Mars, quelque grand qu’il soit, est un espace trop peu important pour qu’une carte géographique indique son orientation.; il faudrait donc, pour connaître cette dernière, quand le soleil ne se montre pas, une boussole dans sa poche et alors on tomberait dans les complications, sans compter que la boussole risquerait fort d’être affolée, voisine d’une telle masse de fer, on pourrait la perdre.
- Enfin, s’il est utile que le public connaisse la dénomination des piliers, il faudra de toutes façons mettre des indicateurs d’une nature quelconque ; dans ce cas, il serait facile de concilier et les errements suivis jusqu’ici et le système qu’on nous indique : il suffirait d’inscrire, sur la même plaque, le numéro et l’orientation. Quant à nous, nous 11’y voyons aucun inconvénient, au contraire.
- * ¥
- Il est presque-certain que l’Exposition sera cause de la création d’un bas port permanent, lequel, après 1889, restera affecté au service public qui était privé d’ouvrages de ce genre dans toute cette région de la Seine. Le bas port construit pour le service de l’Exposition de 1878 ayant été détruit après la clôture, il fallait absolument, pour 1889, refaire les mêmes travaux; dans ces conditions, le service des travaux et celui de la navigation pensèrent que, du moment que des dépenses de ce genre étaient indispensables, il était préférable de les augmenter un peu afin d’obtenir du définitif, donnant le bénéfice des sommes dépensées, au lieu du provisoire, sacrifiant complètement les fonds qui y seraient affectés.
- Si, comme c’est à peu près décidé, le projet est adopté il restera donc, après l’Exposition, un ouvrage durable d’une incontestable utilité publique. Le projet d’un port de plus de 35o m. de longueur en face le Champ-de-Mars prévoit une dépense de 450,000 fr. répartie entre l’Etat, la ville de Paris et l’Exposition.
- Le Conseil municipal ayant voté sa participation de i5o,ooo fr.. il ne reste plus qu’à obtenir celle de l’Etat et celle de l’Exposition ; il est probable que les ministres des travaux publics et du commerce l’accorderont sans difficulté.
- Le public en général et les exposants en particulier ont eu ces temps derniers une émotion, parfaitement compréhensible du reste ; on faisait courir le bruit que le ministre de la guerre, déclarant que l’Esplanade des Invalides lui était indispensable pour les manoeuvres militaires, cet immense terrain ne ferait pas partie de l’exposition, réduite du coup à l’étendue de celle de 1878 ; l’émoi était d’autant plus justifié que cette décision aurait nécessité un remaniement complet du plan général et aurait amené, sinon la suppression, au moins l’amoindrissement d’une foule d’exhibitions particulièrement intéressantes qui feront de l’Esplanade un endroit extrêmement attrayant. Renseignements pris, les bruits en question étaient dénués de tout fondement ; on les devait simplement aux démarches faites par l’administration de l’exposition afin d’obtenir du ministre de la guerre, aussi promptement que possible, l’autorisation d’occuper temporairement la place des Invalides.
- Rappelons, puisque nous parlons de cette annexe du concours international de 1889, due c’est sur ce terrain que seront établies les installations suivantes :
- Exposition militaire avec camp peuplé de soldats couverts d’uniformes variés rappelant l’histoire de l’habillement militaire depuis Louis XIV jusqu’à nos jours ; exposition d’hygiène ; exposition d’économie sociale avec ses dépendances comprenant divers genres de constructions notamment des habitations ouvrières ; exposition des Colonies avec les constructions, les habitants et les produits des diverses régions coloniales.
- Cette dernière sera particulièrement remarquable par le nombre et la diversité des curio-
- sités qu’elle renfermera ; la Nouvelle-Calédonie ; le Sénégal; le Gabon ; le Congo ; Taïti ; l’Indo-Chine, comprenant la ’Cochinchine. le Cambodge, l’Annam. le Tonkin; l’Algérie et la Tunisie ; les Antilles et l’Inde même y seront représentées.Ce sera un spectacle merveilleux, sorte de kaléidoscope vivant dont les plus indifférents seront obligés d’amirer le splendide coup d’œil.
- 11 est évident que tous ces groupes n’auraient eu au Champ-de-Mars et au Trocadéro qu’un espace absolument insuffisant, c’eût été mesquin, le caractère de ces expositions eût été complètement dénaturé; l’annexion de l'Esplanade s’imposait donc et certes les attraits qu’on y trouvera récompenseront amplement les visiteurs de la peine qu’ils auront eue à parcourir la distance séparant le Champs-de-Mars de son annexe; du peste, ceux que la promenade effrayera pourront utiliser le chemin de fer demi-circulaire, partant de la rue de Constantine pour aboutir à l’angle des avenues de Lamothe-Piquet et de Labour-donnais, et desservant ainsi toute l’Exposition.
- Ce petit chemin de fer, qui devait être d’abord complètement circulaire et à voie unique, a été quelque peu modifié depuis le jour où nous en avions fait une description : la partie longeant l’hôtel des Invalides et redescendant le long de l’esplanade jusqu’au quai a été supprimée; quant au reste de la ligne, il sera exécuté en double voie avec trains circulant dans les deux sens. Lorsque les travaux seront sur le point d’être entrepris, nous donnerons en détail les modi-ficàtions apportées au tracé primitif.
- Comme après tout on ne peut pas être constamment esclave du mauvais temps, dont la cessation ne paraît pas devoir être proche, on a travaillé un peu malgré le vent, le froid et la neige ; les charpentes, décrites précédemment, ont été continuées avec assez d’ardeur; certainement elles seraient presque terminées si la saison s’était montrée plus clémente, mais, malgré ce contretemps, elles approchent de leur achèvement et seront bientôt en état de servir.
- Continuation des plantations. On attaque actuellement le jardin haut, enserré entre les trois corps du palais des industries diverses ; on prépare les trous destinés à recevoir les arbres ; mais cet ouvrage est pénible, car tantôt la terre, mouillée par la neige fondue, est lourde et colle aux outils et tantôt, durcie par une nuit de gelée, elle offre une grande résistance et ne se laisse entamer que difficilement, néanmoins, cela marche assez bien. La mise en chantier du jardin haut n’a pas arrêté les travaux du jardin central dont les arbres sont à peu près tous plantés, les massifs se garnissent, les chemins s’allongent de plus en plus et le tracé des parterres s’accentuant, on ne peut rien trouver à redire de ce côté de l’Exposition.
- La société des charpentiers de la Villette, à laquelle le terrain a été livré, s’est mise immédiatement à l’œuvre pour commencer le pavillon de la Presse ; ces ouvriers ont bien employé leur temps, car en quelques jours ils ont dressé toute l’ossature du pavillon central, y compris la charpente de la toiture ; si le reste de la construction est mené de cette façon, cette installation sera certainement prête une des premières.
- De même qu’au Champ-de-Mars on a continué le travail sur les quais, où les charpentes des bâtiments de l’agriculture s’élèvent d’une manière tout à fait régulière. On a palissadéun des côtés du terre-plein du milieu, depuis le pont d’iéna jusqu’au pont des Invalides : quant à l’autre côté, il est provisoirement clos au moyen de bois horizontaux fixés de place en place ; dans cette enceinte, les monteurs dressent les charpentes déjà alignées, on prépare celles qui ne le sont pas encore. Bien que le nombre de travailleurs réunis à cet endroit soit assez restreint, le montage de ces galeries ne durera pas bien longtemps ; il restera encore à construire le palais de l’alimentation auquel, à coup sûr, bien des gens s’intéresseront.
- Pour clore notre revue habituelle, ajoutons qu’à la tour l’activité qu’on y déploie est toujours remarquable ; la deuxième poutre de 7“ jetée au-dessus de celle qui vient d’être posee, se construit sans encombre ; déjà presque tous les croisillons sont en place, et on pourra, sous peu, fixer les semelles supérieures, le couronnement du premier étage sera alors complètement terminé et on attaquera le deuxième tronçon de cette gigantesque pyramide.
- H. de Baecker.
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- RAPPORT DE M. DAUTRESME
- AU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE
- relatif à l’Exposition de 188g (Suite).
- Galeries des expositions diverses. — Les galeries des expositions diverses ont donné lieu à une ouverture de crédit total de 5,900,179 fr. (Voir le détail dans le tableau annexé.)
- Les premières adjudications de maçonneries et terrassements ont été faites sur une mise à prix
- de........................_........ 425.67474
- et les travaux ont été adjugés au
- prix de............................. 282.648 o3
- Rabais obtenu........... 143.026 71
- Pour les constructions métalliques l’adjudication
- sur une mise à prix de........... 3.011.790 »
- a été faite au prix de............ 2.845.160 99.
- Rabais obtenu..... 166.629 01
- Ces travaux sont complètement terminés depuis le mois d’août. Il reste seulement à donner une dernière couche de peinture, la veille de l’ouverture de l’Exposition. Quant au grand dôme central, il sera achevé au mois d’août prochain.
- Enfin les travaux accessoires, la couverture par exemple, sont déjà fort avancés.
- Pour divers travaux de charpente en bois, couverture, vitrerie, etc., les devis s’élevaient, au to-
- tal, à la somme de................ 733.920 »
- Les adjudications ont été faites
- au prix de........................ 599.657 72.
- Rabais obtenu... 134.262 28-
- La direction de l’exploitation pourra certainement, avant le terme fixé, prendre possession de l’immense surface de plus de 100,000 mètres carrés que couvrent les galeries des expositions diverses.
- Nivellement général et réseau d’égouts. — Les travaux que comprend le nivellement général ont pour objet la construction d’un réseau d’égouts destiné à desservir les palais et les jardins de l’Exposition et l’exécution des terrassements généraux en dehors de ceux qui seront exécutés pour les
- services d’architecture.
- Pour ces travaux la .mise à prix
- était de................'.......... 780.000 »
- et l’adjudication a été faite au prix de..................................... 481.847 6i
- Rabais obtenu........... 298.152 3y
- Sur .cette somme de '298,02 francs 3q, il a été prélevé pour la modification du profil de l’avenue de La Bourdonnaye...................... 43.000 »
- Il reste donc un boni de......... 2 55.02 3g
- Le réseau d’égouts est aujourd’hui terminé. Quant au nivellement, il sera fini au mois de mars prochain, sauf le déblai de la levée du chemin de fer dans le jardin bas, qui ne pourra être exécuté qu’en 1889.
- En résumé, les diverses adjudications ont donné des rabais dont le total s’élève à :
- Palais des beaux-arts........... 118.535 20.
- Galerie des machines............... 35.454 83.
- Galerie des expositions diverses.. 443.918 »
- Verres striés......................... 143 52
- Nivellement général............... 298.152 39,
- Total........... 896.203 94.
- Mais comme nous avons constaté un supplément de dépenses de...... 642.860 97
- Il reste en fin de compte un boni de 2 53.342 97
- Ainsi se trouve justifiée l’affirmation que nous avons émise au début de ce rapide exposé.
- Malgré cette situation si favorable, il serait imprudent d’affecter à de nouvelles dépenses les économies qui ne seront réelles qu’après l’achèvement des travaux.
- TOUR EIFFEL
- Quoique la construction de la to ur ne se fasse pas pour le compte de l’Exposition, mais bien sous la responsabilité et la surveillance de l’inventeur, nous ne saurions dans ce rapport la passer sous silence.
- Lorsque ce projet fut présenté par M. Eiffel, la commission de contrôle et des finances, à l’examen de laquelle il dut être renvoyé, pensa que, par la hardiesse de sa conception, il constituerait pour l’Exposition un élément d’attraction tout à fait exceptionnel.
- Une convention fut passée entre le ministre représentant l’Etat, le préfet de la Seine agissant au nom de la ville de Paris et M. Eiffel.
- Aux termes de cette convention, une subvention de i,5oo,ooo fr. est allouée à M. Eiffel, qui a en outre le droit d’exploiter la tour pendant la durée de l’Exposition et les vingt années qui suivront.
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- Quatrième Année. — N° 165.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1S89. Dimanche 26 Février iSSS. —
- Toutefois, après la clôture de l’Exposition, et dès ]a remise du parc duChamp-de-Mars, la propriété en reviendra à la ville de Paris, qui est déjà proprietaire du terrain où s’appuient les piliers.
- Une commission spéciale devra recevoir la tour avant que M. Eiffel puisse exploiter, mais cette réception de diminuera en rien la responsabilité du constructeur.
- EXPOSITION D’HORTICULTURE
- (Art. 2, chap. 2)
- Cette exposition, qui sera installée au Troca-déro, figure au devis général pour la somme to-
- tale de............................ 3oo,ooo »
- Les travaux déjà autorisés s’élèvent à la somme de............... 64.191 94
- Différence en moins... 2'35,8o8 06
- Cette différence comprend les dépenses restant à autoriser. Ces dépenses seront faites au courant de 1888, mais une partie des travaux devra être ajournée jusqu’aux derniers jours qui précéderont l’Exposition.
- EXPOSITION D’AGRICULTURE
- (Art. 3, chap. 2)
- Pour cette exposition les prévisions du budget
- sont de.............................. 600.000
- L’ensemble des dépenses autorisées s’élève à............................. 402.986
- Différence en moins...... 9 17.014
- Cet excédent n’est pas disponible, car il reste à pourvoir aux charpentes et à la couverture de 2’,5oo mètres carrés environ, et à la décoration des façades de toutes les galeries.
- PARCS ET JARDINS
- (Art. 4, chap. 2)
- On trouve au budget un crédit de 3 millions pour ces travaux. On a autorisé seulement 537,373 fr. 62 de dépenses. La différence entre le total du crédit et les dépenses autorisées servira pour les travaux de jardinage dont une grande partie devra s’exécuter au dernier moment, sans compter les jardins de l’exposition coloniale et des expositions des ministères.
- En attendant, les terrassiers ont commencé et poursuivent activement les mouvements de terre. Les chemins sont passés au rouleau, des arbres déjà grands accentuent le relief des massifs, et, au printemps prochain, il y aura au Champ-de-Mars un véritable square rempli d’arbres et de verdure.
- BUREAUX POSTES DE POLICE ET DE POMPIERS ENTRÉES
- (Art. 5, chap. 2)
- Le crédit primitif était de 345,000 fr., il a été porté à 458,911 fr. 65 par-suite du prélèvement sur la réserve générale d’une somme de 113.911 fr. 5i pour le pavillon de la presse et des postes et télégraphes.
- Sur ce crédit le total des dépenses autorisées .s’élève à la somme de 149,147 fr. 95, somme relativement très faible. Mais il convient de remarquer qu’il reste à adjuger les travaux relatifs aux pavillons de l’octroi, de la douane et des recettes.
- Quant au pavillon de la presse et des postes et télégraphes, il sera terminé le i5 avril prochain.
- CLOTURES DE L’EXPOSITION
- (Art. 6, chap. 2)
- Sur les 450,000 fr. prévus au budget pour les clôtures, on a autorisé seulement la dépense de -60,341 fr. 12. Sur les disponibilités, on prendra les sommes nécessaires aux clôtures de l’esplanade des Invalides et des parties du quai d’Orsay retirées à la circulation, et à la décoration des entrées ménagées dans ces clôtures.
- VIABILITÉ DE LA TRANCHÉE DE LA RIVE GAUCHE
- (Art. 7, chap. 2)
- On avait inscrit au budget pour ce travail une somme de 80,000 fr. L’adjudication a été faite au prix de 25,672 fr. C’est donc une économie réelle de 54,328 fr. réalisée sur cet article.
- PASSERELLES AU-DESSUS DE LA TRANCHÉE
- (Art. 8. chap. 2)
- Les projets sont à l’étude et l’administration a à sa disposition un crédit de 200,000 fr. qui lui parait suffisant.
- EAU ET GAZ EN DEHORS DES PALAIS
- (Art. 9, chap. 2)
- Un crédit de 600,000 fr. est ouvert pour ces travaux, et on a déjà autorisé une dépense de 162,000 fr. La disponibilité de 408,000 fr. est apparente, car il faut songer aux frais d’établissement des bouches d’arrosages et d’incendie dans le palais, dont le nombre reste encore indéterminé.
- VOIES FERRÉES
- Sur le crédit de 35o,ooo fr., on a prélevé 224,410 fr. pour le réseau des voies qui part de la gare du Champ-de-Mars et dessert toutes les galeries.
- L’économie de 125,590 fr. ne peut encore être considérée comme assurée, car il peut y avoir des prolongations de voies assez importantes à exécuter au dernier moment.
- WATER-CLOSET
- Le crédit de 175,000 fr. prévu pour cet objet reste absolument disponible, car une adjudication a assuré non seulement la construction des water-closet nécessaires à la période d’exploitation, mais ceux nécessaires à la période des travaux.
- REMISE EN ÉTAT DES LOCAUX OCCUPÉS
- Pour cet article, le crédit de 3oo,ooo fr. ne trouvera d’emploi qu’à la fin de l’Exposition.
- IMPRÉVU ET TOUR EIFFEL
- Le crédit affecté à cet article
- était de........................ 3.280.000 »
- Les dépenses autorisées se sont élevées à la somme de....... 1. 530.024 52
- Reste disponible.. 1.749.975 48
- RÉSUMÉ
- Le chapitre 2 du budget de
- l’Exposition s’élevait à........ 29.793.911 5i
- Et 1 es dépenses engagées sur ce chapitre montant à........... 16.88g.461 90
- Somme disponible.. 12.904.449 61
- III® PARTIE
- EXPLOITATION
- La direction générale de l’exploitation avait à jouer, dans l’organisation de l’Exposition, un rôle considérable.
- Il lui fallait traiter toutes les questions de mécanique et d’électricité, préparer les installations intérieures, constituer les commissions chargées d’organiser les expositions spéciales; s’occuper, en un mot, de tous les détails de la future Exposition. Cette tâche si complexe est aujourd’hui presque achevée.
- Dépenses engagées. — L’exploitation, qui forme le chapitre 3 du budget de l’Exposition, y figure pour une somme de 5 millions. Sur cette somme, on a autorisé seulement 97,149^. 21 de dépenses, et les prévisions primitives permettent d’espérer que le crédit sera largement suffisant pour couvrir tous les frais du service mécanique, des expositions diverses, des fêtes et du gardiennage.
- Service mécanique et électrique. — Le service mécanique et électrique, aidé du concours du comité technique des machines et du comité technique d’électricité, a réglé la répartition des espaces et l’installation des transmissions et des ponts roulants dans la galerie des machines. Il a résolu, en outre, les problèmes relatifs à la fourniture de la force motrice et au service des eaux d’alimentation et de condensation.
- Service des installations. — Tout le travail de détail et d’ensemble que le service des installations avait à exécuter est terminé. L’on est en mesure d’assigner à chaque classe l’espace qu’elle sera appelée à occuper, et à indiquer approximativement le quantum de dépenses que chaque exposant aura à supporter par mètre carré pour l’installation, la décoration, l’entretien et le gardiennage.
- Le plan général adopté-répartit les exposants français par groupes et par_ classes et les exposants étrangers par nationalités.
- Dans le but de laisser apparentes les constructions métalliques, on a subdivisé les différentes classes au moyen de cloisons peu élevées, permettant à l’œil de suivre la perspective de toute une galerie, et percées de portes de communication d’une décoration variée. Des vélums rampants seront établis directement sous les parties vitrées ménagées aux centres des fermes, tandis que les parties voisines formant plafonds seront décorées de cartouches et d’inscriptions. A la rencontre des différentes voies, de vastes salons d’honneur offri-ront aux classes environnantes l’occasion d’exposer leurs plus beaux produits.
- Les exposants étrangers seront invités à suivre ces mêmes principes de décoration d’ensemble.
- Ouverture du soir. — Eclairage électrique. — L’ouverture de l’Exposition, le soir, à l’éclairage électrique, a semblé nécessaire pour ne pas tromper l’attente et la curiosité du public. En dehors de l’attrait qu’il offre par lui-même, l’éclairage électrique facilite l’installation et l’exploitation d’établissements de consommation ou de plaisir, dans des conditions particulièrement séduisantes; il permettra en outre l’organisation de fêtes d’un grand éclat. Enfin, il est indispensable de donner aux constructeurs l’occasion de faire leur exposition des appareils nouveaux ou perfectionnés.
- Il a été décidé que l’ensemble du parc du Champ-
- de-Mars, la nef des machines et des grands vestibules seraient éclairés le soir.
- Ce projet, pour être mis à exécution, exigeait des dépenses considérables. Une combinaison, approuvée par la commission de contrôle et de finances, permet, au moyen d’un traité avec un syndicat d’électriciens ouvert à tous les exposants, d’arriver à un résultat pécuniaire beaucoup plus satisfaisant.
- EXPOSITIONS SPÉCIALES
- Diverses commissions spéciales ont été nommées pour l’organisation de l’exposition d’économie sociale et de celle de l’histoire rétrospective de travail et des sciences anthropologiques, pour l’organisation des congrès et conférences et des auditions musicales.
- Exposition d'économie sociale. — La création de l’exposition d’économie sociale a été inspirée par le haut intérêt qui existe à montrer tout ce qui a été fait et tout ce qui peut encore être tenté pour l’amélioration du sort des travailleurs. Une enquête préalable sur les objets, les institutions et les œuvres ressortissant à cette exposition, servira à prononcer l’admission des exposants et à classer leurs mérites respectifs en vue des récompenses à accorder.
- La commission d’organisation s’est occupée de la division des travaux entre les quinze comités d’admission constitués et de la publication d’une note devant contenir, sous forme d’instructions et de questionnaires, tous les renseignements qu’il est utile d’obtenir des comités départementaux et de personnes qui s’intéressent au succès de cette œuvre.
- Exposition rétrospective du travail et des sciences anthropologiques. — L’exposition rétrospective du travail et des sciences anthropologiques a pour but de retracer à grands traits, au moyen de la production de documents et de monuments authentiques, les étapes du génie humain, et, prenant l’homme tel qu’il est sorti des mains delà nature, dans ses formes physiques des différentes races, de faire voir quelle route il a fait parcourir aux moyens et aux méthodes de son travail. La commission supérieure élabore un projet de règlement qu’elle me soumettra dans quelques jours.
- Congrès et conférences. — L’organisation des -congrès et conférences pendant l’Exposition est le moyen le plus efficace de mettre en- rapport les savants, les artistes, les industriels de tous les pays, et de profiter de leur réunion à Paris pour établir entre eux des échanges de vues et dé connaissances.
- Les congrès et les conférences sont aussi destinés à éclairer ce que la simple exposition des produits pourrait avoir d’obscur pour le public. L’étude des machines par exemple, l’application de la vapeur, de l’électricité, constituent un fonds inépuisable de savantes et utiles conférences qui pourront être suivies de promenades dans les galeries, où les conférenciers montreront la mise en œuvre de leurs théories.
- Une commission supérieure, qui a déjà élaboré un règlement très complet, sera chargée de prononcer l’admission des congrès et de statuer sur les difficultés qui pourraient s’élever sur le choix des conférenciers.
- Auditions musicales. — L’exposition musicale a été ainsi répartie*:
- i° Concours pour les paroles et la musique d’une cantate avec chœurs, soli et orchestre ;
- 2° Concours pour la musique d’une marche militaire ;
- 3° Auditions d’orchestres ;
- 40 Concours d’orphéons et de sociétés chorales ;
- 5® Concours de fanfares et de musiques d’harmonie ;
- 6° Concours de musiques militaires.
- Une commission spéciale est chargée d’organiser les auditions, les concours, les concerts historiques, les séances d’orgue et de musique de chambre.
- Je cherche, en outre, les moyens d’établir un concours pour un ouvrage en plusieurs tableaux, inspiré par le centenaire de 1789, qu’on exécuterait sur la scène de l’Opéra et dont il serait possible de détacher des fragments pour les faire entendre dans les cérémonies et dans les fêtes données lors de l’Exposition. Ce serait là pour les musiciens et les auteurs dramatiques une occasion précieuse de se produire qu’ils ne manqueraieht pas de saisir avec empressement.
- (A suivre.)
- ----------— .wijjjün-Q ---------
- NOMINATIONS
- de Membres des Comités départementaux
- Par divers arrêtés, en date des 13, 16, 17 et 18 février, pris par M. le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposi-
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- 976. — Quatrième Année.
- LE MONITEURLDE L’EXPOSITION DE 1^9
- Dimanche 26 Février 1888.
- — N°h65.
- tion de 1889, ont été nommés membres du comité départemental de:
- CHARENTE
- Sous-comité de l’arrondissement d’Angoulême
- M. Guinefollaud (Léonide), président du syndicat des négociants en vins et eau-de-vie, à Angou-lême.
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- LOT
- Sous-comité de l’arrondissement de Cahors
- MM. Calmon, sculpteur à Cahors; Combarieu, archiviste départemental, à Cahors ;.Deymard, ingénieur civil à Cahors ; Mouret, ingénieur des ponts et chaussées, à Périgueux; Trubert, industriel à Cahors.
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- ORNE
- Sous-comité de l’arrondissement de Domfront
- MM. Bouvet (Paul), fabricant de clous à Beau-chêne, en remplacement de M. Dubois, décédé; Delarchand, fabricant de serrurerie d’art à Tin-chebray, en remplacement de M. Levée, décédé.
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- BOUCHES-DU-RHONE
- Sous-comité de l’arrondissement de Marseille
- M. Marquisan, ingénieur, chef de l’exploitation des gaz et hauts-fourneaux de Marseille, en remplacement de M. Couture (Jules), démissionnaire.
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- SAVOIE
- Sous-comité de l’arrondissement de Chambéry
- M. Mottet, directeur des eaux de Mariiez.
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- DEUX-SÈVRES
- Sous-comité de l’arrondissement de Niort
- MM. Bouhault, inspecteur des enfants assistés, à Niort ; Causeret, inspecteur d’académie, à Niort.
- HAUTE-VIENNE
- Sous-comité de l’arrondissement de Limoges M. Blanchard, adjoint au maire de Séreilhac.
- LA PARTICIPATION ÉTRANGÈRE
- A L’EXPOSITION DE 1889
- Belgique
- La Chambre des représentants de Bruxelles s’est occupée de la participation de la Belgique à l’Exposition de 1889.
- M. le prince de Chiinay, répondant à une interrogation posée dans une précédente séance, s’est exprimé ainsi :
- En présence de la multiplicité des expositions, dit-il, nous avons renoncé à nous faire représenter officiellement. Nos voisins, l’Angleterre, la Hollande, l’Allemagne, ont appliqué cette mesure à l’Exposition de Paris.
- Nous désirons vivement, cependant, que nos industriels prennent une large part à cette exposition. L’un de nos collègues, dont la compétence en matière d’exposition est connue, le comte d’Oultremont, a déjà pris l’initiative de réunir les principaux industriels de la Belgique, dans le but de se concerter sur les mesures à prendre. On s’occupera de la constitution d’un comité auquel nous accorderons tous les avantages et toutes les facilités désirables.
- Nous avons, en outre, l’intention de demander aux Chambres un crédit destiné à aider les industriels dans leurs dépenses d’installation à l’Exposition de Paris. Ces mesures ont été portées à la connaissance du gouvernement français, qui nous en a exprimé sa satisfaction. C’est dans ces conditions que la France prendra part, cette année, à l’Exposition de Bruxelles.
- Personne ne méconnaît la reconnaissance que nous devons à la France. Mais, dans les conditions actuelles, nous n’avons pas à apprécier les événements de 1789 ni l’influence qu’ils ont eue sur nos libertés.
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- Hollande
- M. fDautresme, ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition de 1889, vient d’être informé qu’une réunion a eu lieu à Amsterdam le 3 février, et qu’elle a été l’occasion de manifestations de sympathie pour la France. Ces sympathies ont trouvé particulièrement leur expression dans les paroles de M. Wer-theim, membre de la première Chambre, et dans les résolutions qui, sur sa proposition, ont été votées à l’unanimité par l’Assemblée. Elles assurent la participation des Pays-Bas à l’Exposition universelle de 1889.
- Il a été décidé qu’une Société serait constituée pour rendre effective la participation des Pays-Bas à l’Exposition de I889, représenter les exposants et subvenir aux frais nécessaires par la formation d’un capital de garantie. Par le fait même de cette organisation, le nombre des adhérents s’augmentera ; il renferme, dès à présent, les industriels les plus importants, nombre d’agriculteurs et d’artistes. Trente-sept maisons de commerce, les premières du royaume, sont inscrites, et on peut, dès aujourd’hui, prévoir tout l’intérêt que présentera la section néerlandaise à l’Exposition univer-seilc de 1889.
- M. le ministre a appris, d’autre part, que la Chambre luxembourgeoise avait voté un crédit pour assurer la participation du grand-duché à l’Exposition universelle de 1889.
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- Turquie
- La chambre de commerce de Constantinople vient de nommer une commission chargée d’étudier la question de la participation de la Turquie à l’Exposition universelle de 1889.
- Cette commission est composée de MM. Aris-takes-Effendi et Azarian, président de la chambre; de Suleyman-Subaï-Eff'endi, vice-président ; de Sénékérim-Efi'endi-Manouguian, conseiller, et de MM. Casanova, Sylvain Mille, Eralizadé-Ahmet-Eflèndi.
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- On mande de Helsingfors que la Finlande se prépare à participer sérieusement à l’Exposition universelle de 1889 à Paris. Il vient de se former à Helsingfors un comité de négociants pour étudier à fond la question et demander au gouvernement russe d’accorder certaines facilités de transport aux exposants finlandais.
- ÉCHOS
- Paris
- La semaine passée nous donne à enregistrer l’ouverture de deux expositions artistiques nouvelles.
- Au palais de l’industrie (porte n° 5), l’Union des femmes peintres et sculpteurs a inauguré mardi et ouvert au public mercredi dernier, 22, sa neuvième exposition qui se prolongera jusqu’au mercredi 14 mars, et est visible chaque jour, de 11 à 5 heures.
- Rue de Province, 34, Adolphe Willette, le peintre apprécié, dont les charmantes fantaisies sont si goûtées, a ouvert lundi dernier une exposition fort intéressante, visible de neuf heures du matin à onze heures du soir, et dont le succès sera très grand.
- Très intéressant, dans un autre genre, le sixième concours culinaire, inauguré samedi dernier, aux Champs-Elysées, dans le pavillon de la ville de Paris, et organisé avec beaucoup de goût par la société des Cuisiniers français, avec le concours des sociétés culinaires et des Chambres syndicales de l’alimentation de Paris et des départements.
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- L’exposition des projets de concours au second degré, pour la décoration de la mairie du VIe arrondissement, a lieu du vendredi 24 février au dimanche 4 mars prochain, inclusivement, de midi à 4 heures, à l’hôtel de ville, salle des prévôts.
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- La vente au profit de MUe Pillet, fille du regretté Charles Pillet, l’ancien commissaire-priseur, récemment décédé, se fera à l’iiôtel Drouot, les vendredi 2 et samedi 3 mars.
- Les dons et œuvres d’art sont reçus chez M. Ch. Mannheim, l’expert bien connu, 7, rue Saint-Georges. Une exposition piécédera la vente, jeudi prochain 1er mars.
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- Une exposition artistique bretonne-angevine, la première du genre, s’organise à Paris, sous le
- patronage de la société bretonne-angevine, et sous la direction d’un comité d’organisation, parmi les membres duquel on relève les noms de MM. E. Delaunav, O. Merson, Toulmouche, David d’Angers, etc.
- L’exposition comprendra la peinture, la statuaire, les dessins, cartons, aquarelles, gravures, émaux et faïences, et aura lieu à la galerie Georges Petit, rue de Sèze, du vendredi 25 mai au lundi 25 juin.
- Toutes les communications sont reçues par M. Léon Séché, secrétaire général de l’association bretonne-angevine, fi, boulevard du Port-Royal, à Paris.
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- Toujours très visitée l’exposition des Mirlitons à la galerie Petit.
- Les envois sont au nombre de 2C4, dont 232 pour la peinture et 32 pour la sculpture.
- Très appréciés, les Jules Lefebvre, les Cabanel, les Bonnat, les Stewart, Jacquet, Benjamin-Constant, Bougereau, Delort, Bridgman, Le-matte, Gérôme, Aimé Morot, etc. Clôture le 6 mars.
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- Très visitée aussi, au Louvre, la nouvelle salle des portraits qui réunit une centaine de numéros.
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- Il se crée, en ce moment à Paris, avec le concours de toutes les sommités de l’art et de la littérature, une association artistique et littéraire franco-russe, dont le but est de faire connaître en France les œuvres de littérature et des arts.en Russie, et de vulgariser dans l’empire moscovite les productions françaises sur le même domaine.
- L’association, présidée dans ses trois sections par MM. Bonnat, Ambroise Thomas et.Alexandre Dumas, organisera à Paris des expositions et des concerts russes, fera des traductions et des éditions de nos auteurs.
- On assure que la participation de l’Allemagne à l’Exposition de IMris est désormais acquise pour la section des beaux-arts au moins, et que la Chambre de Commerce austro-hongroise, récemment constituée à Paris, s’occupe tout particulièrement d’organiser la participation de l’Autriche-Hongrie.
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- Départements
- Une société artistique se constitue dans la Haute-Marne.
- La première de ses expositions se fera à Langres, en août.
- Les adhésions sont reçues par le président, M. Charles Royer, à Langres. \
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- ETRANGER
- Allemagne
- A Berlin, les travaux préparatoires de l’exposition générale des appareils de sûreté (188fi), entrent dans la période d’exécution.
- Seize commissions spéciales se. sont constituées et se répartiront l’organisation des différents groupes.
- Les règlements et programmes divers sont définitivement arrêtés. Les adhésions seront reçues jusqu’au dimanche 1er juillet 1888. Les étrangers sont admis à prendre part à l’exposition.
- Ajoutons que le comité de direction se propose d’inaugurer dans le courant d’avril 1881), cette-très importante exhibition, dont la durée sera de trois ou quatre mois.
- Les questions de la force motrice et des recompenses sont à l’étude; des démarches sont entreprises pour obtenir, en faveur des exposants et de leurs envois, des réductions sur les tarifs de^ transports et de douanes.
- 11 sera publié, après la clôture de l’exposition,, et outre le catalogue ordinaire, un rapport général avec illustrations.
- Nous rappelons aux intéressés avoir, à différentes reprises, traité de cette exposition, à cette place même, dans nos précédents numéros.
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- Une exposition d’économie, d’hvgiène et d’ornementation domestiques s’est ouverte à Son-dershausen, le jeudi 2 février.
- L’exhibition a un caractère local.
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- Une exposition spéciale, réunissant des productions des maîtres de l’école de Munich, depuis la fin du xvme siècle jusqu’à nos jours, s’organise à
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- Quatrième Année.
- N° 165*
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 26 Février 1888. — 977.
- Munich, sur l’initiative du* peintre Joseph Ange-rer, à l’occasion de l’exposition artistique internationale, dont l’ouverture se fait en juin.
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- Une exposition internationale de chiens de chasse et d’agrément s’ouvrira à Francfort-sur-le-Mein, le dimanche 13 mai prochain. Les récompenses seront importantes et nombreuses.
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- La société des femmes artistes a ouvert, le dimanche 12 février, à l’Académie Royale de Berlin, sa onzième exposition, qui réunit environ trois cents œuvres de peinture, sculpture, etc.
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- La galerie nationale de Berlin offre, en ce moment, aux amateurs une exposition de plus de cinq cents dessins et gravures de feu le professeur Oscar Pletsch, le peintre d’enfants bien connu et récemment décédé.
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- La section allemande à l’exposition internationale de Melbourne (1888), réunira pour les beaux-arts 306 envois, dont 257 pour la peinture, 25 pour la sculpture et 24 pour l’aquarelle.
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- Angleterre
- Un meeting du Conseil général de l’Exposition internationale de Glasgow (1888), a eu lieu ces jours derniers, dans cette ville.
- Sir James King, au cours d’une allocution, a déclaré que cette exposition, qui comprendra les arts, les sciences et l’industrie, sera la plus vaste et la plus importante que l’on ait organisée, dans le Royaume-Uni, depuis 18G2. On a enregistré jusqu’ici 14,000 adhésions et les recettes de ce chef s’élèvent, à 42,000 livres sterling (1 million 50,000 francs). Le capital de garantie est de 300,000 livres, environ 7,500,000 francs.
- Enfin l’éclairage électrique comportera un ensemble de 1,100,000 bougies.
- Voilà des chiffres qui promettent,
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- A Londres, il convient de signaler parmi les expositions artistiques :
- A la Galerie Goupil, 116, New-Bond-Street, une exposition d’aquarelles choisies, signées de membres et élèves du Royal Institute of Painters in Water- Colours.
- A la Fine-Art Gallery, 148, New-Bond-Street, à l’exposition japonaise artistique, connue de nos lecteurs, s’est ajoutée une exposition d’études et croquis vénitiens de M. Roussof.
- A la Galerie Mao-Lean, 7, Haymarket, exposition d’aquarelles de miss Clara Montalba.
- A la Continental Gallery, l’exposition de printemps est en préparation pour être inaugurée le jeudi 15 mars (157, New-Bond-Street).
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- La Royal Ayricultural Society prépare dans le parc de Windsor une grande exposition agricole jubilaire.
- Dans la liste des souscripteurs au Capital de Carantie, 011 relève le nom de la Reine.
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- Autriche-Hongrie
- L’exposition projetée du matériel de chemin de fer dans les Galeries de l’exposition industrielle annoncée, deviendra, mande-t-on de Vienne, une exposition à laquelle prendront part toutes les grandes Compagnies. Cette exposition des Chemins de fer sera la première de ce genre qui ait été organisée à Vienne. En 1873, en effet, à la grande exposition internationale, les éléments divers en étaient répartis dans les différentes sections, suivant leur nature.
- Cette année, l’iqdustrie autrichienne faisant une manifestation spéciale à l’occasion du quarantième anniversaire de l'empereur, on a jugé convenable de réunir dans une exhibition particulière tout ce qui concerne les Chemins de fer. '
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- Belgique
- Nos confrères artistiques donnent le compterendu du salon annuel des XX actuellement ouvert à Bruxelles, et annoncent deux expositions nouvelles.
- _ A Bruxelles, pour le mardi 28 février, exposition d’oiuvres de M. E. Claus, au Cercle artistique et littéraire; à-Garni, pour le 26 février, l’inauguration de l’exposition, précédemment annoncée, des artistes gantois.
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- X X
- Nous avons omis de mentionner dans nos précédents numéros l’engagement parle Comité exécutif du Grand Concours (Bruxelles, 1888), d’une tribu de Pahouins, indigènes de la région gabo-naise-congolaise.
- L’installation de cette tribu sur un terrain de 1,800 mètres de superficie constituera une de ces exhibitions ethnologiques - pittoresques, dont le grand public se montre très friand.
- Les Pahouins figureront d’ailleurs à l’exposition de 1880.
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- X X
- Etats-Unis
- La American Water Colour Society a ouvert son exposition d’aquarelles à l’Academy de New-
- A Boston, l’exposition du Diorama de la vie de Grant, par Philippoteaux,obtient aussi beaucoup de succès.
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- X X
- Italie
- Quelques-uns de nos confrères d’outre-Manche, ordinairement bien renseignés, croient savoir que la volonté du roi Humbert est de faire présider par le prince royal l’inauguration de l’exposition italienne de Londres.
- Triple alliance for coer!
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- Les cinq projets envoyés pour le Concours définitif du monument de Victor-Emmanuel à ériger sur le Capitole sont actuellement exposés au Palais des Beaux-Arts de Rome, Via Nazionale.
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- Rappelons que l’exposition internationale musicale de Bologne réunira les instruments de tous genres, de toutes époques et de toutes provenances, toutes les inventions nouvelles ayant trait à la musique, tout ce qui concerne l’acoustique, les manuscrits précieux, la littérature spéciale, etc.
- L’exposition sera accompagnée de festivals, concerts, auditions, embrassant l’histoire de la musique, depuis Palestrina jusqu’à nos jours.
- Une série de fêtes, combinées avec les expositions internationale de musique, nationale de beaux-arts, provinciale d’agriculture et d’industrie, donneront un éclat exceptionnel à la célébration du quatrième centenaire de l’Université de Bologne.
- X X
- Les demandes d’admission reçues par le Comité de l’exposition italienne de Londres s’élèvent au chiffre d’environ quatorze cents.
- S. M. le roi Humbert a consenti sur la demande des promoteurs à ce que le haut patronage de l’exposition fût offert au prince héréditaire et accepté par lui.
- Il est question d’installer dans les Galeries une section spéciale, dite des Colis postaux, où viendraient prendre place tous les produits qui, conformément à la Convention postale entrée en vigueur en octobre dernier, peuvent être expédiés par ce moyen. L’idée est assez originale.
- La Société générale des viticulteurs italiens prépare, de son côté, une exposition collective pour l’installation de laquelle elle fera ériger un kiosque de dégustation.
- X X
- Dimanche dernier a eu lieu, à Rome, sous la présidence du ministre de l’agriculture, du commerce et do l’industrie, la distribution des récompenses de l’exposition d’alimentation.
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- Nous avons fait connaître en son temps à nos lecteurs le déficit assez important laissé par l’exposition nationale des Beaux-Arts de Venise (1887). Notre excellent confrère Bollettino dette Finanze, Ferroviee Industrie, nous apprend que la grave question du règlement de ce passif a été définitivement résolue.
- Il a été décidé que les 400,000 lires de passif, seraient à la charge de la province et de la municipalité de Venise, jusqu’à concurrence de 250,000 francs, le gouvernement prenant à son compte le reliquat de 150,000 francs. Mais comme, d’autre part, pour l’acquittement de cette dernière somme, il eût été nécessaire de présenter un projet de loi dont les chances de succès devant la Chambre étaient très douteuses, on a imaginé de mettre à contribution les ministères de l’intérieur, de l’instruction publique et du commerce. Chacun d’eux paiera en deux annuités 50,000 lires ; il deviendra ainsi possible de ne point recourir .aux Chambres, les ministères usant de la faculté qui leur est accordée de disposer sur chaque exercice, et dans les limites du budget, de 30,000 francs, par voie de simple décret.
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- * Espagne
- La commission exécutive de l’Exposition universelle de Barcelone consent, dans l’intérêt des exposants, une réduction de 50 0/0 sur les taxes d’emplacement, en faveur des nations qui organisent officiellement des expositions collectives, par l’entremise de Commissions ou de délégations désignées par les gouvernements respectifs.
- Il est nécessaire, dans ce cas, que la commission exécutive puisse traiter exclusivement avec ces représentations officielles, lesquelles doivent, à leur tour, entrer en relations directes avec les exposants, et veiller à la décoration des sections, conformément aux règlements.
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- X X
- Russie
- Nous avons précédemment parlé de l’exposition française artistique qu’organise à Saint-Pétersbourg, au profit d’œuvres de bienfaisance, le comité de la Croix-Rouge. Un appel est adressé par les promoteurs aux artistes, aux amateurs et collectionneurs. Les adhésions doivent être adressées en faveur de cette intéressante et sympathique entreprise, à M. E. Guillaume, de l’Institut, avant le 1er mars prochain, terme de rigueur.
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- * ¥
- Suisse
- Le Journal des Arts annonce qu’une exposition générale des Beaux-Arts s’ouvrira en Suisse dans les villes suivantes : à Berne, du 15 avril au 6 mai :à Lucerne, du 13 mai au 3 juin ;à Aarau, du 10 juin au 1er juillet ; à Lausanne, du 8 au 20 juillet ; à Soleure, du 5 au 19 août ; à Locle du 16 septembre au 26.
- Les envois doivent être effectués avant le 5 avril au plus tard, et adressés au comité de l’exposition suisse, à Berne.
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE BARCELONE
- Le vigoureux mouvement imprime' en France en faveur de l’Exposition universelle de Barcelone s’accentue chaque jour davantage ; M. le commissaire de la section française apporte tous ses efforts à en augmenter l’importance. C’est ainsi que, membre de la Commission des 43, Président du 7e groupe et du Comité départemental de Seine-et-Marne , M. Charles Prevet vient d’adresser aux présidents des comités départementaux, ses collègues, la lettre circulaire suivante:
- « Monsieur le Président et cher collègue,
- « Monsieur le Ministre du commerce et de l’industrie, tout en préparant l’éclatante manifestation de notre génie national en 1889, a pensé qu’il était de l’intérêt de la France de ne pas négliger les Expositions universelles qui doivent avoir lieu à l’étranger en 1888. Parmi ces expositions, celle qui doit s’ouvrir à Barcelone le 8 avril prochain, a une importance particulière en raison des débouchés considérables que nos produits nationaux trouvent en Espagne et dans les colonies espagnoles.
- Je viens donc vous prier, Monsieur le Président, de bien vouloir entretenir vos collègues du Comité départeméntal de la participation française à l’Exposition de Barcelone, en les engageant à signaler aux industriels de votre région le danger qu’il pourrai: y avoir à laisser des nations rivales présenter leurs produits sur des marchés qui nous ont appartenu jusqu’ici presque exclusivement, sans que nous soyons là pour soutenir hautement la concurrence qui nous serait faite. Les produits qui seront envoyés à Barcelone seront d’ailleurs revenus en temps utile pour être exposés au Champ-de-Mars en 1889. Je vous remercie à l’avance, Monsieur le Président et cher collègue, du concours que vous voudrez bien prêter à l’œuvre patriotique dont j’ai la charge et vous prie d’agréer l’assurance de ma haute considération.
- Ch. Prevet,
- député, commissaire général, Président du Comité départemental de Seine-et-Marne.
- Cette lettre va certainement provoquer de la part des comités départementaux des démarches actives dont les heureux résultats augmenteront l’importance de la section française à l’Exposition universelle de Barcelone et y consacreront la suprématie industrielle de la France.
- De plus, M. le commissaire général a écrit aux Présidents des chambres syndicales une importante lettre circulaire d’où nous extrayons les passages suivants :
- « Je viens donc vous prier, monsieur le Président, de bien vouloir engager les membres de votre Chambre syndicale professionnelle à participer à l’Exposition universelle de Barcelone ou
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- 978. — Quatrième Année. — N° 165.
- individuellement ou mieux par collectivités. Tandis que dans, nos grandes expositions françaises, chacun peut s'efforcer de faire apprécier ses mérites personnels industriels et artistiques en présentant des œuvres maîtresses, il est plus profitable de n’envoyer à l’étranger que des produits courants et de les présenter dans des sortes de comptoirs d’échantillons. Des représentants autorisés peuvent alors plus facilement engager et traiter des affaires dans l’exposition même. »
- Ainsi sont parfaitement indiquées les raisons qui doivent guider les exposants français. Ajoutons qu’il résulte des derniers renseignements qui parviennent de la direction de Barcelone au com • missariat que l'Allemagne, l’Angleterre, l’Italie et la Belgique, qui n’avaient primitivement demandé que des espaces de 1,000, 2,000, 3,000 et 4,000 m. réclament aujourd’hui des emplacements au moins égaux à celui réservé à la France, qui est, on le sait, de 5,000 m. dans le Palais des industries diverses seulement, et non compris les pavillons et les jardins. Le commissaire général proteste contre toute modification dans la proportion des emplacements accordés qu’il prétend avec raison être la loi internationale des parties, mais il y a là une tendance économique que nous devons signaler etqui montre les efforts quefont,les nations concurrentes pour diminuer l’importance de notre situation commerciale en Espagne.
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- Le Journal officiel vient de publier la co m-munication officielle suivante :
- MINISTÈRE DU COMMERCE ET DE L’iNDUSTRIE
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE BARCELONE
- Le commissaire général de la section français6 à l’Exposition universelle de Barcelone prie MM-les industriels et commerçants français avant adressé leurs déclarations directement à l’administration de l’Exposition à Barcelone de vouloir bien envoyer de suite les duplicata de leurs déclarations au commissariat général (Palais de l’Industrie, porte n° 1).
- Cette précaution est indispensable pour éviter les erreurs ou les omissions qui pourraient se produire.
- MM. les agents ou représentants d’exposants voudront bien se conformer aux mêmes prescriptions.
- La date extrême pour les demandes d’admission reste fixée au 28 février prochain.
- L’EXPOSITION DE COPENHAGUE
- EN 1888
- L’Union Centrale des Arts décoratifs a accepté du comité danois la mission d’organiser la participation d’une section française d’art industriel à l’Exposition qui doit avoir lieu cette année à Copenhague, du i5 mai à fin septembre.
- La dernière assemblée des Exposants ordinaires de l’Union Centrale des Arts décoratifs, qui a eu lieu le samedi 18 courant au Palais de l’Industrie, a nommé une commission spéciale chargée de déterminer les bases d’organisation de cette section française, de centraliser et d’admettre les demandes d’adhésion, de répartir les emplacements disponibles entre les exposants, etc. Ce comité est composé des personnes suivantes :
- MM. Antonin Proust député, président de l’Union centrale, président; Baudry, Biais, Boin-Taburet, Henri Bouilhet, DaniellI jeune, Darcel, Delamarre Didot, G. Duplessis, Falize, comte de Ganay, G. Lafenestre, Le prince, Ringuet, Plon, Winther.
- Le comité danois, mettant à titre absolument gratuit, à la disposition de la section française un emplacement déterminé dans l’édifice principal de l’Exposition Scandinave et prenant à sa charge les frais de transport du Havre à Copenhague et retour, les Exposants français n’ont donc plus à se préoccuper que des frais suivants : emballage de leurs produits au départ, transport de Paris au Havre, dépenses de décoration générale de l’emplacement de la section française, d’installation personnelle et de représentation.
- Le transport de Paris au Havre et retour aura lieu, sur la demande faite par l’Union centrale auprès des Compagnies de chemins de fer intéressées, suivant les tarifs spéciaux applicables aux Expositions, c’est-à-dire avec paiement du plein tarif à l’aller et gratuité au retour.
- Les autres frais ont été fixés et répartis comme suit par la commission française :
- Pour la décoration générale de l'emplacement de la section française
- i° Un droit fixe par. exposant de y5 fr. exigible au moment de l’adhésion.
- 20 Une somme à déterminer ultérieurement en proportion du nombre des adhérents et de l’espace
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889. Dimanche 2Û Février 1888.
- occupé par chacun d’eux sans que cette somme puisse dépasser 23 fr. par mètre.
- Pour l’installation particulière de chacun des Exposants
- Dans les salons prévus au plan : les dits salons variant de 4m5oX3ra75 à 2m5oX2m5o : de 17a fr. à 202.50,
- En surface horizontale sur sol planchéié : a5 fr. le mètre carré sans estrade.
- La mètre carré du plancher jointif en sapin de 0,027“ pour estrade en location, 3 fr. le mètre carré.
- En surface horizontale sans vitrine :
- Sous vitrine isolée de imXinl 180 fr.
- — — — de imXa“ 315
- — — — de imX3m 450
- compris les gradins, lainage et inscription dorée.
- En surface murale sur hauteur maxima de 3m5o et saillie de o^o : 26 fr. le mètre linéaire.
- Pour mètre ou fraction de mètre de hauteur en plus : 5 fr. le mètre.
- Sous vitrine murale: 90 fr. le mètre linéaire.
- Une autre question qui a fait l’objet de l’examen attentif de la Commission française est celle de la représentation à Copenhague des exposants qui, pour une cause quelconque ne seraient pas disposés à envoyer un agent spécial à l’Exposition pour les représenter. Sur ce point il était impossible de compter sur l’Union centrale qui ne voulait et ne pouvait du reste prendre à sa charge que le soin de l’organisation matérielle de la section française.
- L’Union centrale des arts décoratifs devant toutefois procéder à cette organisation matérielle sous la surveillance de certains agents relevant d’elle et appafkenant à son personnel, il a été entendu que ces agents se mettraient à la disposition des exposants qui en feraient la demande pour leur trouver des représentants surplace. Si l’Union centrale a promis d’exercer un contrôle sévère et une surveillance des plus actives sur la conduite et la tenue de ces représentants au cours de l’Exposition, il est bien entendu qu’elle ne saurait cependant en aucun cas encourir une responsabilité quelconque dans leur gestion.
- La limite indiquée pour la remise des objets destinés à figurer à l’Exposition de Copenhague est le i5 mars. C’est à cette date que les produits doivent être rendus au Havre à l’adresse de M. Schramm, consul de Danemark, qui a pour mission de les faire diriger sur le navire de guerre danois chargé de les transporter à Copenhague.
- Nous insistons donc auprès des industriels qui doivent prendre part à cette exposition pour qu’ils fassent parvenir immédiatement leur adhésion définitive à l’Union centrale des arts décoratifs.
- Pour tous renseignements, plans, communications on est prié de s’adresser à M. Dessesquelle, secrétaire général de l’Union centrale des arts décoratifs, palais de l’Industrie, porte VII, Paris.
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- OUVERTURE DE L’EXPOSITION
- DES FEMMES PEINTRES ET SCÜLPTEÜRS
- L’Union des femmes peintres et sculpteurs a inauguré mardi sa septième exposition dans le pavillon nord-est du Palais de l’Industrie.
- Beaucoup de monde à cette première réunion, où dominait, comme de juste, l’élément féminin accouru avec empressement, autant pour faire étalage de toilette qu’œuvre de bonne camaraderie. Et les chuchottements dans l’oreille, et les exclamations mal contenues, et les éclats de rires étouffés mêlés au froufrou de la soie, et le va-et-vient des visiteuses d’un tableau à l’autre donnent bien le sentiment et le spectacle d’une ruche laborieuse.
- Nous cueillons au passage quelques critiques plus ou moins justes lancées avec un air de naïve candeur par de bonnes petites amies pâles de jalousie.
- D’autres, au contraire, dont l’admiration et les éloges excessifs paraissent suspects tombent en pâmoison devant des œuvres plus que médiocres: une mère, une sœur, une amie... trop zélée et trop peu maîtresse de ses impressions.
- On a beaucoup remarqué plusieurs œuvres de Mme Marie Viteau qui n’est autre que Mme Cas-tagnary, la femme du directeur des Beaux-Arts.
- Le poète Jean Rameau s’arrête en contemplation devant son buste en plâtre, par Mmè Elisa Bloch, très réussi.
- Plusieurs peintres et sculpteurs du sexe fort formulent leur jugement sur un petit ton protecteur et bienveillant qui dissimule mal la conviction intime d’une supériorité indiscutable. Mme Léon Bertaux, l’organisatrice et la fondatrice de l’Union des femmes peintres, a exposé une Psyché sous l’empire du nystère, moulage d’une statue en cours d’exécution, autour de laquelle nous avons entendu exprimer par quelques maîtres des critiques et des éloges également raisonnés et sincères.
- LE CATALOGUE GÉNÉRAL
- DE L’EXPOSITION DE 1889
- Le directeur général de l’exploitation de l’Exposition universelle de 1889 vient défaire apposer à Paris et en province l’affiche concernant l’adjudication du Catalogue général et officiel de l’Exposition universelle de 1889. Cette adjudication est fixée au lundi 9 avril prochain.
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- CONCOURS GÉNÉRAL AGRICOLE
- AU PALAIS DE L’INDUSTRIE
- Du Samedi 28 Janvier au Mercredi 8Février
- (Suite)
- Dans un précédent numéro, nous indiquions le changement qui devait avoir lieu dans la serre du grand salon carré (Nord-Est) où étaient disposés les fleurs et arbustes du premier concours, et cela a eu lieu comme nous l’avions indiqué : les deux pelouses ont été transformées en quatre corbeilles, avec la même architecture pour base, puis la colonne du centre a été entourée d’une tablé sur laquelle sont disposés des fruits et des plantes forcés.
- La.veille de l’ouverture de ce second concours, le soir tirait à sa fin, chacun donnait le dernier coup de main à ce féérique tableau.
- Un jour, le soir tombait (1).
- l’effet était magique : en entrant (par la porte de la salle d’exposition des produits des Colonies) on pouvait admirer une splendide corbeille de Cinéraires hybrides bleues, blanches, rouges, violettes, etc., à peu près impossible à décrire ; sur la droite les panaches jaunes d’or des Himantophyllum miniatum que présente M. Lange, les tulipes, les Primevères de Chine frangées, les Crocus et Cyclamens de Perse à grandes fleurs, puis en ligne directe les Orchidées de Régnier qui lui ont valu la médaille d’or, parmi lesquelles nous remarquons : 5g36 Phalœnopsis Schilleriani, 5929 Cypripedium Callosum, 5g3g Saccolabium giganteum et enfin le 5394 le Phalœnopsis grandi-fora, variété aurea, qui a l’aspect d’une tête de serpent montrant les deux crochets de sa mâchoire inférieure ; à côté les Ananas monstres'et les Figuiers garnis de fruits, de Crémont aîné (médaille d’or avec objet d’art), auxquels sont adossés de jolis Cerisiers, Pêchers et Pruniers en fleurs, de Crémont jeune (médaille d’or), qui expose aussi des Ananas Figuiers avec fruits et de magnifiques Fraisiers garnis de très belles fraises. Plus loin, un massif vaporeux et touffu est formé des Lilas et Camélias de Lévêque et fils, enfin au fond prenant les teintes du meilleur faire de Corot, le massif des plantes d’Algérie dont nous avons déjà parlé... Effet grandiose et majestueux tout, à la fois; ce rapprochement des extrêmes repose un peu d’une saison trop rigoureuse.
- ^Arrêtons-nous un moment et examinons en détail toutes ces plantes magnifiques : à tout seigneur tout honneur, MM. Vilmorin-Andrieux et Cie ont garni une corbeille de Cinéraires en variétés de plusieurs couleurs, plus vives les unes que les autres entourées de Primevères de Chine, avec un feston de Pâquerettes doubles à feuilles tuyautées. (Médaille d’or).
- La corbeille qui est à droite est divisée entre deux exposants ; M. Lange a présenté entre autres ' variétés des Epiphyllums et des Himantophyllums dont le panache saffran doré s’étale en brillantes couronnes. A côté M. Torcy-Vannier, de Melun, avait apporté une collection de Cyclamens de Perse à grandes fleurs et qui malheureusement ont été gelés pendant le transport, il nous permet néanmoins d’admirer ses belles Tulipes pour lesquelles il a obtenu une médaille d’argent.
- Quoique trouvant M. Truffaut au catalogue, nous remarquons qu’il ne brille que par son absence : quoi donc 1 les maîtres de l’Orchidophilie craignent la gelée ? Mais, que nous sachions, il ne gèle pas sous les tropiques, eh bien ! sachez Maître qu’il ne doit pas geler pour vous ! — Allons, un peu. plus de hardiesse une autre fois !...
- Sur le troisième côté les Cyclamens de Perse présentés par MM. Billard et Barré, de Fontenay-aux-Roses, ont obtenu une médaille d’argent. La corbeille qui est en face se compose : i° des Cyclamens de Perse à grandes fleurs, d’une rare beauté, présentés par la maison P'orgeot et Cie et pour lesquels il a été attribué une médaille d’or ;
- 20 à gauche, dans cette corbeille, nous remarquons des Violettes de Parme d’un parfum exquis ; 3° à droite des Primevères de Chine aux pétales chatoyants, et enfin au centre une belle variété de Jacinthes parmi lesquelles nous avons remarqué; 5324 Ami du Cœur, rose ; SSqqNorma, rose pâle;
- (1) Victor Hugo, les Rayons et les Ombres,
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- Quatrième Année. — N° 165.
- 5357 Baron Van Thuyll, bleue ; 5362 Couronne de Celles, bien porcelaine pâle; 5365 Grand maître, bleu foncé ; 53/8 Alba superbissima et 538 5 Grand vainqueur, ces dernières d’un blanc immaculé. Quittons ce petit palais enchanteur et passons maintenant dans la salle suivante où MM. Forgeot et Cie ont non seulement présenté des spécimens de céréales dignes de remarque, et qui lui ont valu le rappel de pris d’honneur avec objet d’art, mais aussi des primeurs de toute beauté, des petits radis blancs et roses, des laitues, des chicorées, des andives forcées, de Vincennes, et dont nous avons été à même d’admirer les progrès de culture, d’une part dans des fosses spéciales et d’autre part dans les serres au thermo-syphon ; les résultats obtenus sont surprenants et nous ne doutons pas que par la suite ce légume soit cultivé très régulièrement chez nous ; citons aussi de belles tomates naines en pleine maturité, etc., etc.
- La salle qui est à côté contient des collections de pommes de terre, parmi lesquelles nous avons retrouvé la succulente Belle de Vincennes, également de la maison Forgeot et Cie.
- De très beaux choux (décoratifs) multicolores garnissaient agréablement le pourtour de cette salle et le centre des tables de la précédente.
- Ajoutons que les spécimens de semis faits dans l’établissement de culture de Vincennes donnent les meilleurs résultats sur les grainages qui du reste sont soumis à la station d’essai.
- Passons maintenant à l’exposition des
- VOLAILLES MORTES
- EXPOSANTS PRODUCTEURS
- Le prix d’honneur, un objet d’art, a été décerné au.lot n° 1 de la première catégorie présenté par Mme Bernard-Nayard, au Miroir (S.-et-L.).
- ire catégorie : Race de la Bresse. —• ire section, chapons, premier prix n° 1, Mme Bernard-Nayard.
- ire Section (2mc sous-catégorie), n° 42 présenté par Mm0 Guerrin, à Frontenand.
- 2me section. Poulardes. N° 22 présenté par M. Drevet, à Bény (Ain).
- 1er prix (2rae sous-catégorie), n° 45 appartenant à Mmo Belay (Marie-Rose), au Miroir S.-et-L.).
- 2111 e Catégorie : Race de La Flèche. — ire Section, chapons, 1e1' prix; et 2me section. Poulardes, attribués à M. Choquet, au Bailleul (Sarthe), pour les nos 57 et 71. Ce même exposant remporte aussi les deux premiers prix de la 3me catégorie.— Race de Houdan (mâles ou femelles) Nos 96 et 97, premier et deuxième prix Mme Berthelot à La Cropte, qui obtient aussi le Ier prix pour les races diverses (n° 11 5).
- 4e Catégorie: Race de Crèvecœur (mâles ou femelles), nos 106 et io5.
- Dindons. — Les premiers prix mâles et premiers prix femelles ont été décernés aux Nos 1 57 et 1 58, présentés par M. Tontain (Pierre), au Bailleul (Sarthe).
- Canards pour la broche. — N° 192 à M. Da-voust; pour foies gras, 1er prix, n° 210, à M. Jaudet ainé.
- Oies pour la broche. — N° 226, à M. Veno-t à. la Pooté ; pour foies gras, n° 23o, à M. Jaudet.
- Pigeons. — N° 241, M. Vernier à Paris.
- Pintades. — icr Prix, n° 244, M. Choquet.
- Lapins et Léporides.— W Prix, M. Vernier.
- En résumé, brillante exposition et si la 5e catégorie a fait défaut les'autres l’ont bien remplacée, car il a été décerné de nombreux prix supplémentaires.
- Dans les deux salons qui viennent après sont exposés les fruits frais et primeurs. Nous avons beaucoup regretté l’absence des ceps d-e vigne que devait exposer M. Salomon de Thomery, l’inclémence de la température ne leur a pas permis d’arriver indemnes au Palais de l’Industrie.
- Dans la petite maison de verre, que nous connaissons déjà, on peut admirer en plus de quelques hottes bien garnies de grappes vermeilles, les nombreux spécimens de ces raisins merveilleux que Maître Salomon a seul le talent de produire et parmi lesquels nous citerons au hasard : 6176 Bellino, 6181 Blanc de Calabre, 6183 Boudalès, 6224 Ribier du Maroc, 6229 San-Antoni, 623, Sicilien-, puis le Dodrelabie, gros noir (prunes); le Black alicante, Chasselas blond de Thomery, le Frankenthal, le Requien, le Malvoisie des Chartreux, etc., etc. Près d’une centaine de variétés les unes plus recommandables que les autres,
- En voyant ce s fruits d’or, dont les regards avides De loin caressaient la beauté On croyait être transporté Dans les jardins des Hespérides.
- Mais pour le mois de mai ce digne émule du pa-triarche'Noé va prendre une revanche éclatante sur le mauvais tour que Phébus lui a joué là : en attendant le jury lui a décerné un rappel de diplôme d’honneur, bien justement attribué. On peut encore pendant quelques jours admirer ces grappes vermeilles aux vitrines de la maison Pc tel et Chabot.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- M. Rigault présente deux belles variétés, le Chasselas doré et le noir Frankenthal qui lui ont valu la médaille d’argent grand module, ces produits sont très bien conservés. Ce même exposant a installé à côté de ses Chasselas une belle collection de pommes, Calville blanc, Reinette franche et du Canada, Api rose et des variétés de poires remarquables ; Directeur Alphan , Saint-Germain-Vauquelin, Belle-Angevine, Passe-cras- sane, etc., auxquels le jury a attribué une médaille d’or. Dans cette même section Pommes et Poires il a été décerné trois médailles d’or, ce qui indique la supériorité des produits présentés. M. Boucher (Georges) de Paris a obtenu la première de ces médailles pour les n0s 6236 à 6279 parmi lesquels il convient de citer : pour les pommes 6273 Reinette du Canada, 6274 Reinette de Cantorbéry, 6275 Reinette de Caux, 6279 Reine des Reinettes, 6265 Api étoilé, plus fraîches et plus belles les unes que les autres, quant aux poires nous citerons 6252 Doyenné d’Alençon Doyenné d'Hiver, 6262 Saint-Germain-d’Hiver, et tant d’autres dont l’énumération serait trop longue. La seconde médaille d’or a été décernée à M. Chevalier fils de Montreuil-sur-Bois lequel a lui aussi envoyé une très belle variété d’espèces.
- N’oublions pas un exposant qui a apporté ses produits du Puy-de-Dôme, M. Chabriat, à Coudes, a présenté des espèces courantes e,t d’autres de la contrée, parmi lesquelles le Pigeonnet d’Auvergne ainsi que la Reinette marbrée et de belles Reinettes blanche et grise du Canada qui lui ont valu une médaille d’argent grand module.
- La seule récompense, médaille d’argent, accordée pour les oranges, a été décernée à M Bure, du domaine de l’Ouïder (Algérie) , pour les nos 6389 à 6391. Cet exposant, que nous suivons depuis plusieurs années, fait de réels progrès et on ne saurait trop encourager les Algériens qui cultivent d’aussi beaux fruits et d’aussi beaux légumes que ceux présentés parle même exposant dans la catégorie dite Légumes de saison et pour lesquels il a obtenu également une médaille d’argent.
- Nous, avons remarqué les poireaux monstres de Carentan et pour lesquels M. J. Rigault a été récompensé antérieurement.
- En fait de Légumes forcés, nous ne pouvons passer sous silence les magnifiques asperges de Chemin, ses salades et champignons pour lesquels la médaille d’or lui a été attribuée. Parmi les légumes de saison, il convient aussi de remarquer les chicorées Wichloof, Brunswick et autres espèces présentées par M. Buisson, de Montreuil-sous-Bois, qui, pour sa belle exposition, a obtenu la médaille d’argent grand module.
- (A suivre.)
- A. Ramé.
- AVIS COMMERCIAUX
- PORTUGAL
- APPLICATION DE L’iMPOT ADDITIONNEL DE 6 P. o/o CRÉÉ PAR LA LOI DU 27 AVRIL 1882 AUX MARCHANDISES ADMISES EN EXEMPTION DE DROITS DE DOUANE, MAIS SOUMISES A L’iMPOT DE 2 P. O/O POUR LES PORTS ET BARRES DU ROYAUME. -
- Des doutes s’étant élevés sur la question de savoir si l’impôt additionnel de 6 p. o/oycréé par la loi du 27 avril 1882 et aboli par la loi du 16 août de l’année 1887 dans la partie qui se réfère aux droits d’importation, doit être perçu ou non sur les marchandises soumises à l’impôt de 2 p. 0/0 ad valorem pour les ports et les barres désignés dans le tarif B (articles admis en franchise) auquel se réfère l’article ier des instructions préliminaires du tarif en vigueur, un ordre royal du 22 décembre 1887 a déclaré que l’impôt additionnel précité est dû à l’importation des marchandises m ntionnées dans le tarif B ; font seules exception à cette règle celles de ces mêmes marchandises qui se trouvent comprises dans le traité de commerce avec la France, toutes les fois que ce traité sera appliqué.
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- ALLEMAGNE
- COMMERCE EXTÉRIEUR. — INDUSTRIES MÉTALLURGIQUE ET HOUILLÈRE
- Le Moniteur officiel du Commerce, du 9 février, publie un rapport très étendu de M. Amédée Marteau, consul de. France, chargé de travaux particuliers, sur le commerce extérieur de l’Allemagne pendant les années 1884 et 1886 comparées, et sur la situation des ^industries métallurgique et houillère dans le même pays.
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- REPUBLIQUE ARGENTINE
- TRAVAUX D’ASSAINISSEMENT DE BUENOS-AYRES
- Le Congrès argentin vient d’approuver définitivement le projet de loi mettant en adjudication
- Dimanche 26 Février 18S8. — 979.
- les travaux d’assainissement qui doivent être exécutés à Buenos - Ayres. Les soumissions sont reçues, jusqu’au i5 mars prochain, soit au ministère de l’intérieur à Buenos-Ayres, soit dans l’une des délégations argentines de Paris ou de Londres.
- Le cahier des charges de cette adjudication est à la disposition des entrepreneurs français au ministère du commerce et de l’industrie, 80, rue de Varenne (Direction du commerce extérieur. — Bureau des renseignements commerciaux).
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- BRUXELLES
- Les membres de la Chambre de commerce française de Bruxelles, réunis en assemblée générale, le 7 janvier dernier, ont procédé aux élections suivantes : M. Ch. Rolland a été nommé président de la Chambre, et MM. F. Bonvallet, Em. Faure, H. Jullien, T. Maussion et Nodé-Langlois ont été nommés membres du Conseil.
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- POSSESSIONS ANGLAISES D’OCÉANIE. NOUVELLE-ZÉLANDE
- ADJUDICATION DE TRAVAUX. — ECLAIRAGE DE WELLINGTON A LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE. — ÉTABLISSEMENT D’UN CHEMIN DE FER ÉLECTRIQUE.
- Le vice-consul de France à Wellington annonce que l’industrie française sera admise à concourir à l’adjudication, qui vient d’être décidée par la municipalité, des travaux nécessaires à l’éclairage de cette ville par la lumière électrique.
- Comme il est probable que les villes d’Auckland, Christchurc, Dunedin, Napier, Nelson, etc., suivront l’exemple de Wellington, il y aura vraisemblablement une fourniture importante assurée aux adjudications du service de cette dernière ville. Ils peuvent aussi compter, en dehors du service municipal proprement dit, sur une très nombreuse clientèle de particuliers.
- Un prochain avis fera connaître la réception par le Ministre du Commerce et de l’Industrie du cahier des charges, clauses et conditions générales de cette adjudication, ainsi que des plans et photographies de la ville de Wellington.
- On peut, d’ailleurs, prendre note, dès maintenant, que les offres devront parvenir à Wellington le ier mai au plus tard.
- Une autre question est actuellement à l’étude : c’est celle de l’établissement d’un chemin de fer à moteur électrique qui relirait les terminus actuellement existants des deux lignes de chemins de fer à la ville de Wellington, soit une distance d’environ cinq mille. Il n’est pas décidé si ce service sera concédé à une compagnie ou entrepris par la ville ellé-même ; mais, quel que soit le système adopté, l’affaire en question, qui peut être très rémunératrice dans les deux cas, mérite d’être étudiée par les constructeurs français. Nos constructeurs peuvent se mettre én rapport, par lettre en anglais, avec Samuel Brown, esquire mayor of Wellington, M. G., qui est lui-même un ingénieur compétent.
- LES LIVRES
- CXLV
- Un érudit du xixe siècle. Armand Baschet et son œuvre, par le D1' Ch. Dufay, sénateur-i vol. in-8». Rouquette, libraire-éditeur.
- Armand Baschet, l’auteur de cette excellente bio-bibliographie le constate avec un juste regret, serait déjà oublié dans son pays natal, sans le soin pieux avec lequel quelques amis entretiennent sa mémoire. Plus connu, et plus sûr du souvenir de ses travaux si variés et, par quelques côtés si originaux, notre ami est—il apprécié et jugé, même' en France, même à Paris, comme il mérite de l’être ? Ne lui est-il pas arrivé d’éprouver cette surprise flatteuse et pénible à la fois, que plus d’un de nos confrères a ressentie, en se trouvant à l’étranger, mieux jugé que dans sa propre patrie ? « Nu! n’est prophète en son pays », dit un proverbe dont la vérité ironique n’est pas sans avoir laissé son amertume en plus d’une âme de ce temps, son pli à la lèvre et sa. ride au front de plus d’un historien et d’un écrivain de notre connaissance.
- La mémoire d’Armand Baschet n’a pas à redouter ces méprises et ces ingratitudes de l’opinion et de la critique qui parfois ont affligé pendant sa vie cet ami de notre jeunesse et de notre maturité. Le Blésois est une terre historique, de tout temps féconde en historiens et en érudits. Les archives de Blois, à défaut de sa bibliothèque ont recueilli les manuscrits épaves de cette laborieuse vie de bénédictin profane. Plusieurs des travaux commencés de Baschet seront achevés par des mains compétentes et amies. Sa figure ou plutôt sa physionomie littéraire, car la variété et l’pndoie-ment des traits de cette physionomie mobile l’ont empêché précisément d’avoir une figure, c’est-à-dire de se présenter à l’avenir avec l’unité et l’harmo.nie de lignes qui n’appartiennent qu’aux
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- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1SS0
- Dimanche 20 Février 1S88.
- 980. — Quatrième Année. — Nu 163. '
- talent magftrraux et aux carrières sans détours : sa physionomie littéraire, disons-nous, revit pour ses amis et pour le public, dans une image fidèle, où l’habileté du peintre a secondé heureusement les intentions de l’ami.
- M. le docteur Dufay n’en est plus à faire ses preuves d’érudit et de lettré. On n’a pas oublié au Sénat, par exemple, son remarquable rapport sur le château de Chambord, et les revendications dont ce monument historique, ce chef-d’œuvre de l’architecture française, a été l’objet de la part d’une délégation des anciens donateurs, qui n’avaient pas pu supposer qu’une libéralité nationale put enrichir un prince étranger.
- M. le docteur Dufay, compatriote et ami de Baschet, a consacré un zèle infatigable, de laborieuses recherches, un talent solide et agréable à la fois, à retracer le portrait de Baschet historien et écrivain, et à dresser l’inventaire méthodique et analytique de son œuvre. Grâce à lui, pour le public lettré, les titres de Baschet à l’estime du présent et de l’avenir ont été recueillis et pesés, et nous avons lu avec des émotions de souvenir, de regret et de gratitude ce livre dont l’hommage a réjoui tous les amis de Baschet et consolera son ombre attristée d’une fin prématurée. Ceux qui connaissaient Baschet comme nous depuis vingt-cinq ans, ceux qui étaient appelés comme nous par sa confiance à la primeur de ses découvertes, à la confidence de ses projets, ceux qui au sortir d’une conversation enjouée, ou d’un déjeuner cordial, lui avaient serré la main dans les derniers jours de sa vie, comme Ch.Yriarte, comme Claudius Popelin, comme M. de Kermaingand, comme nous, sans se douter qu’ils avaient causé avec lui, qu’ils lui avaient serré la main pour la dernière fois, ceux-là le reconnaîtront, le retrouveront avec un plaisir attendri dans cette esquisse ressemblante, familière, vivante, tracée par un ami, trop au courant des scrupules et des modesties de son modèle pour avoir songé à lui consacrer les honneurs dangereux d’un portrait trop minutieux et trop achevé.
- Ceux qui ne connaissaient pas Baschet se rendront compte, grâce aux analyses, aux extraits, aux anecdotes, aux catalogues si complets de M. Dufay, à ses appréciations d’une saine et juste critique, de l’aménité et de la jovialité de caractère qui rendaient le commerce de Baschet attrayant, de l’érudition curieuse et passionnée qui le rendait utile et fécond, de l’originalité de son talent, et de sa méthode comme historien. C’est là surtout ce qui permettra à la plupart de ses travaux de durer, bien qu’il n’ait pu toujours les consacrer du sceau du style, qu’il ait été un écrivain inférieur à l’historien, et sous ce rapport inégal à son œuvre, où la couleur ne vaut pas le dessin et où l’art d’exécution n’atteint pas au d\gré de l’art de composition.
- Ce qui constitue l’originalité de Baschet comme historien, ce qui lui crée un titre à part à l’estime des lettrés, c’est qu’il a eu le premier le sentiment, le flair d’une voie nouvelle en histoire. Il a eu le premier l’idée de féconder et de renouveler notre histoire nationale au moyen des sources étrangères. Il a été un des précurseurs, un des initiateurs du monument d’investigation qui a porté un certain nombre de chercheurs à utiliser pour l’histoire les documents diplomatiques. Les ambassadeurs vénitiens, si fins observateurs, si sagaces, si avisés, ont été interrogés par lui, dans les témoignages écrits de leur mission, qu’une heureuse tradition les obligeait à adresser à leur gouvernement et nous ont fourni sur le xvie siècle, comme ils nous les fourniront un jour sur le xvne et le xvme, la contre-partie, pleine de révélations, du témoignage des Chroniques et des Mémoires. Si abondante que soit cette source pour l’histoire de Ffi-ance, le génie français ayant la vocation et l’aptitude particulières de ce genre d’écrits qu’on appelle les Mémoires, cette source a été singulièrement vivifiée, élargie, éclairée par ces dépêches de politiques philosophes, qui ne croyaient pas écrire pour la postérité, dont la franchise familière et la liberté d’appréciation, favorisées par les commodités et les immunités diplomatiques, ont été une bonne fortune pour la vérité et pour la justice, quelquefois aussi pour la médisance, car la vérité a souvent ses malignités, ou si l’on veut simplement ses malices.
- Le verre de Baschet, historien, est petit, mais il a bu dans son verre. Et il nous y fait boire après lui une histoire politique où les intrigues et les cancans de cour ont leur place, mais qui a pour nous la saveur piquante, le ragoût d’ironie des confidences d’un chambellan indiscret qui se venge, où, ce qui vaut encore mieux, d’un diplomate sans préjugés, d’un observateur habitué par le régime inquisitorial de Venise, à ne pas taire fi des petits moyens, ni des menues bonnes fortunes de l’espionnage, pensant, avec raison, qu’il n’y a rien de petit chez les grands, et que la politique comme l’histoire ne perd rien à s’enquérir des petites causes, souyent fertiles en grands effets. Voilà la véritable originalité de Baschet historien.
- Il a eu l’idée de chercher, et la bonne fortune de trouver du neuf dans les documents diplomatiques et surtout les dépêches des ambassadeurs vénitiens accrédités à la cour de France, et qui pen-
- dant trois siècles ont observé et espionné légitimement nos princes et nos peuples, nos hommes et nos choses, avec une liberté et une franchise sinon un talent, non à la Dangeau ou à la de Luynes, mais à la Saint-Simon.
- Fidèle à son système jusqu’à ses dernières conséquences, Baschet a le premier donné pour mot d’ordre et pour cri de ralliement aux curieux, aux érudits, aux historiens : « A bas les mystères hiératiques de la prétendue raison d’Etat ! A bas le secret de la comédie des archives ! A bas les archivistes qui jouent le chien du jardinier, et ne faisant rien nuisent à qui veut faire! » Cette initiative hardie, a été favorisée et secondée par un vif mouvement d'opinion. Et c’est grâce à Baschet d’abord, aux ministres ensuite, qui, de M. Decazes à M. de Freycinet ont trouvé le désideratum du monde savant mûr et en ont cueilli le fruit à leur honneur et au bénéfice de l’histoire, que les historiens, la plume à la main, ont pu entrer dans ces sanctuaires poudreux, ces nécropoles au désordre rébarbatif, ces hypogées documentaires jusque-là inviolables, sous la garde de chefs des eunuques comme Prosper Faugère et en ont brisé impatiemment les bandelettes et les sceaux. Baschet fut le promoteur de ce mouvement des archives ouvertes succédant aux archives fermées. Il poussa la modestie jusqu’à n’être pas de la commission. Et on respecta cette modestie, un peu contre son gré. On lui épargna, par une reconnaissance qui ressemble un peu à son contraire, l’embarras d’être l’auxiliaire en titre de l’œuvre dont il devait lui suffire d’avoir été le promoteur.
- Par ses travaux, tous puisés à cette source, encore bien loin d’être tarie, des archives vénitiennes, par ces livres dont M. Dufay analyse si consciencieusement le fond et juge si justement la valeur, par la part primordiale et prépondérante prise au mouvement, grâce auquel les missions dans les archives étrangères ont été multipliées, grâce auquel, dans les archives de nos affaires étrangères, où n’avaient pénétré que quelques privilégiés comme Lemontey en 1806 et M. de Sybel en 1869, se sont assis des historiens comme le duc de Broglie, Camille Rousset, Albert Sorel, Chan-telauze, Frédéric Masson, Albert Vandal, André Lebon, et tantd’autres que j’oublie et qui marchent sur leurs traces, Armand Baschet laisse au public un nom qui ne périra pas. Grâce à la biographie et à la bibliographie de M. Dufay, un historien consciencieux, minutieux et aimable comme lui, ses amis qui n’avaient plus que ses ouvrages pour se consoler de l’avoir perdu, l’ont retrouvé et reconquis tout entier, dans une image ressemblante, c'est-à-dire comme lui, qui en cinquante-six ans a usé sa vie, d’une activité et d’une jovialité exubérantes, mais d’une sûre et loyale cordialité.
- M. de Lescure.
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- LES THÉÂTRES
- Cluny. — Les Mariés de Mongiron, comédie-bouffe en trois actes, de M. Grenet-Dancourt.
- Balandard a eu le tort de jeter des œufs sur le plat à la tête de sa femme, qui a riposté en le coiffant-d’un compotier de pruneaux; la, belle-mère, Mme Lépineux, était présente et a empêché toute réconciliation ; le divorce a été prononcé.
- Survient d’Amérique un Durosier, qui, en apprenant Je divorce, confie à Balandard que, s’il avait quitté la France, c’était pour n’être pas témoin du bonheur d’un autre, car il aimait celle qui a été Mme Balandard. Elle ne l’est plus ! il va la demander. — Bigre! se dit Balandard, je ne veux pas; il n’aurait plus qu’à la rendre heureuse !
- Et le voilà, cherchant un mari pour sa femme, mais un mari qui le fasse amèrement regretter. C’est ainsi qu’il dirige vers son ex-épouse un Gigolet idiot qui lui demandait sa nièce Blanche. Lui-même creusera un fossé entre « elle et lui », en épousant la première venue, Zénobie ? Et sa nièce r Ilia jette dans les bras de Durosier.
- Voilà les trois noces réunies; le même jour, à la même heure, à la mairie, par groupes antipathiques. Il en résulte un duel. Evanouissement des femmes... — L’ex-épouse de Balandard, en revenant à elle, revient à lui. Remariage. Blanche n’épouse ni Durosier ni Gigolet, elle aime un mouleur. 11 lui est accordé. Gigolet se consolera avec Zénobie.
- MM. Dorgat et Allard sont aussi.amusants que possible ; les femmes sont un peu effacées : on entrevoit pourtant les aimables figures de Mlle Jeanne Andrée et de Mlle Ber tin.
- Ambigu. Reprise delà Jeunesse des Mousquetaires, drame en cinq actes et douze tableaux, d’Alexandre Dumas et Auguste Maquet.
- C’est à cette même date du 17 février — en 1849 — que le Théâtre-Historique donna le drame de Dumas et Maquet, que reprend l’Ambigu. La Jeunesse des Mousquetaires continuait cette bril-
- lante série qui, dans le roman ou au théâtre, passionna toute cette génération ; et, malgré les préoccupations du moment, le succès fut enlevé à la pointe de l’épée des mousquetaires.
- A chaque reprise, le drame parut plus jeune, et nous le revoyons, toujours héroïque, chevaleresque, spirituel, pimpant, la plume au feutre, la dague au poing, personnifié par ce brave et beau d’Artagnan, grand défenseur du faible et de l’opprimé. On se laisse emporter dans ce tourbillon d’aventures galantes, frémissant à la scène de la provocation, ému à la scène de l’ivresse, touché par cette bonne Mme Bonacieux, et anxieux de savoir si d’Artagnan rapportera enfin à la reine Anne d’Autriche les ferrets de diamants de Buckingham.
- M. Chelles donne un noble allure à ce gentilhomme, avec la pointe de gasconnade impertinente qui lui sied, et M. Gravier est excellent dans Athos. M. Montai a dessiné un Richelieu que signerait Philippe de Champaigne (après quelques retouches). M. Donato prête sa large encolure à Porthos et M. Fugère met sa verve au service de Planchet. Mlle Jeanne May est une agréable et touchante Mme Bonacieux et la beauté de Mlle Deschamps fait passer l’épouvantable personnage de Milady.
- Renaissance: Cocard et Bicoquet
- Depuis quelque temps, la mode était de prétendre, entre un certain nombre d’auteurs dramatiques dont il est inutile de rappeler les noms, qu’on ne pouvait pas avoir de succès à la Renaissance. MM. Raymond et Boucheron viennent de prouver victorieusement la fausseté de cette assertion.
- Leur comédie-vaudeville a été, en effet, saluée, d’autant d’applaudissements que d’éclats de rire.
- La donnée de Cocard et Bicoquet repose sur une de ces erreurs judiciaires chères à feu Gaboriau, et dont les fournisseurs du Château-d’Eau eussent tiré un drame palpitant d’émotion, mais qui, sous laplumedeMM. Raymond et Boucheron, s’est transformée en fantaisie à la fois ingénieuse et échevelée.
- La mise en scène de cette joyeuse pièce est d’une exquise simplicité. Nous ne trouvons guère à citer dans le décor que le piano du deuxième acte, instrument harmonique d’un aspect étrange.
- Pas de costumes, bien entendu. En revanche, des têtes. Les pensionnaires de la Renaissance se sont confectionné une série de visages soit gracieux, soit pittoresques, qui méritent des mentions spéciales.
- Côté des hommes:
- M. Raimond, deux têtes. Le visage barbu, à toque de loutre, de l’infortuné Cocard, et le minois imberbe du blond jeune premier Bicoquet.
- M. Larcher, deux têtes également. Tête anodine dTlègant de province, et tête impressionniste d’escarpe par amour.
- M. Montcavrel, bonne tête d’avocat. Favoris opulents, chapeau demi-haute forme.
- M. Maugé, tête d’adjoint surmontée d’une casquette inénarrable.
- M. Bellot, tête de marinier.
- M. Regnard, tête de secrétaire de maire, blond ardent.
- Côté des dames :
- Mme Mathilde, tête superbe d’aubergiste.
- Mlle Leriche, tête d’institutrice anglaise transformé^ en jeune fille à marier.
- Mme Rolland, tête de belle-mère dans toute la force du terme.
- Mlles Boris, Léry et Darther, charmantes têtes de poupées Huret.
- Mais les meilleures têtes de-toutes étaient encore celles des auteurs et du directeur de la Renaissance, têtes réjouies comme on n’en avait pas vu depuis longtemps dans la maison.
- Assisté à une intéressante soirée, 23, rue Cla-peyron, chez Mlle Yvonne Rouget, une artiste de grand talent qui est en même temps un professeur émérite.
- Remarqué de fort jolies voix de jeunes filles maniées avec une méthode parfaite et les meilleures traditions de style. Il y a dans ce gentil monde d’élèves plus d’une virtuose future. Le professeur y compte bien et y met tous ses soins.
- Aussi les. cours de Mlle Rouget sont-ils de plus en plus suivis, d’autant plus que le cercle s’en agrandit chaque jour.
- Prochainement, ouverture d’une classe de déclamation qui promet d’être très suivie.
- Bonne chance à ce petit conservatoire, d’où il sortira des artistes aussi exercés et moins rogues que ceux que nous fournit la maison de la rue Sainte-Cécile.
- Ferlux,
- Le Gérant, GARREAU.
- Tours. — lmp. E. ARRAULT et Cie, rue ds la Préfecture, 6
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- Le Moniteur
- DE
- L'EXPOSITION DE
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
- QUATRIÈME ANNÉE. Dimanche 4 Mars 1888. NUMÉRO 166.
- SOMMAIRE :
- i. Les Travaux du Champ-de-Mars; 2. Le Pavillon de la presse à l’Exposition de iS8g ; 3. Les Commissions pour I'Expo-sition de 1889; 4. Nominations de membres des Comités départementaux; 5. Arrêté; 6. Une circulaire de M. G. Berger; 7. La Participation étrangère à l'Exposition de 1889; I-es Beaux-Arts à l’Exposition de 1889; 9 Echos; .o. Adjudication de travaux pour l’Exposition de 1X89; 11. L’Elxposition de
- Bruxelles; 12. L’Exposition de Melbourne ; i3. M. G. Berger à Londres; 14. Concours général agricole; i5. Les Livres; 16. Les Théâtres; 17. Le Bon Marché.
- EXPOSITION UNIVERSELLE
- DE 1889
- LES TRAVAUX DU CHAMP-DE-MARS
- Le comité technique des machines ayant pris communication et adopté le rapport présenté par M. Vigreux, chef du service mécanique et électrique à l’Exposition de 1889, sur l’installation de la transmission principale de mouvement dans le palais des machines, nous allons donner queques renseignements sur ce rapport.
- Ce travail, étudié jusque dans ses moindres détails, et ils sont nombreux, de façon à ne pas se laisser surprendre par l’imprévu, constitue un ensemble des plus remarquables tant par la clarté de l’exposé général que par le soin avec lequel les plus petites questions ont été traitées. C’est une oeuvre éminemment scientifique qui lait le plus grand honneur à son auteur.
- On ne se doute pas du temps, des calculs et des études que nécessite une pareille étude et de quelle prévision exacte et raisonnée des nécessités ultérieures il faut faire preuve pour la mener à bien. Dans un projet habituel de distribution de force de transmission de mouvement, l’espace à utiliser est généralement d’une étendue restreinte, les données sont parfaitement établies et les engins à employer sont ordinairement destinés à concourir tous à un but unique./bien défini ; en un mot, l’imprévu y tient fortp eutle place.Dans le cas actuel, il n’en estpas de même; d’abord la nef principale qu’il s’agit d’agencer n’a pas moins de 45,000 m. carrés, de plus les appareils qu’il faudra faire fonctionner seront tous différents les uns des autres et devront être, au besoin, parfaitement indépendants: enfin on est obligé de tout prévoir sans même être fixé sur le nombre des machines actionnées, sur leurs dimensions ni sur leur force. Le problème est donc indéterminé en apparence et, pour le résoudre, il faut une connaissance approfondie de ces questions, de ce qui a déjà été fait en ce genre, et un raisonnement juste permettant de tout établir afin que, d’une part, il n’y ait pas d’installation inutile et que, d’un autre côté, on puisse satisfaire à tous les besoins quelles que soient les machines qui seront exposées, leurs dimensions, leur forme et leur force.
- Ce document a une telle importance et intéresse à un si haut degré un nombre considérable d: exposants que nous voudrions pouvoir le
- ter en entier ; la place nous faisant défaut, cnous nous contenterons d’en donner les extraits principaux.
- jVl. Vigreux étudie d’abord la disposition générale et recherche quel est l’emplacement que doivent occuper les arbres de couche, artères principales de la transmission :
- « La partie médiane de la grande nef du pa-« lais qui est réservée aux machines en mouve-« ment, est divisée, dans sa largeur, en
- « quatre travées de i5 m., séparées les unes « des autres, dans le sens de leur longueur, x par un chemin central de 8 m. et par des « passages latéraux de 3 m.
- « Chacune de ces travées est coupée par un « chemin traversai et principal de 10 m. de « largeur, ménagé dans l’axe transversal du « palais.
- « La surface attribuée aux machines en mou-« vement est donc partagée en huit sections « sensiblement égales en longueur et disposées « symétriquement par rapport aux axes princi-« paux du palais.
- « Nous avons eu à rechercher quelle est, en « projection horizontale, la meilleure disposi-« tion à adopter pour chacune des quatre lignes « d’arbre de couche, et nous avons été conduit « à le placer au milieu de la largeur de i5 m. « attribuée à chacune des sections.
- « De cette façon, il y aura de chaque côté, « entre la transmission et la main courante qui « limitera les bandes longitudinales, un empla-« cernent de 7m5o de largeur.
- « D’ailleurs, un examen fait au moyen des « gabarits d’un grand nombre de types de ma-« chines motrices, nous a démontré que l’ins-« tallation de ces machines, par rapport à la « transmission placée comme nous venons de « l’indiquer, peut s’effectuer, dans des condi-« tions favorables à leur bon fonctionnement. »
- Vient maintenant l’étude de la hauteur à laquelle il convient de placer les arbres de couche. Comme le dit très bien le rapport, le palais étant extraordinairement élevé, le coup d’œil d’ensemble eût été d’autant plus agréable qu’on eût pu placer ces arbres à une grande distance du sol ; mais, plus on les met à une cote élevée, plus leur installation est coûteuse et plus difficile est rendue la main d’œuvre des opérations ultérieures; il a donc fallu adopter une hauteur moyenne qui serait parfaite dans un hall de moindre élévation mais qui, peut-être, paraîtra bien mesquine sous de pareils arceaux :
- « En raison de la hauteur du palais, nous « avons pensé que nous devions élever la « transmission autant que cela ne nous entraî-« nerait pas à dépasser, pour les supports, la « limite des crédits accordés. La marche des « courroies et l’aspect général de l’installation « ne peuvent en être que plus satisfaisants. La \ cote de 4111 5o est celle à laquelle nous nous « sommes arrêtés. »
- L’auteur étudie ensuite l’écartement et l’importance des supports de la transmission, cherchant à assurer une sécurité absolue tout en n’employant, par raison d’économie, que le nombre de supports rigoureusement nécessaires ; cette étude est appuyée sur les exemples choisis dans des installations existantes et sur des calculs assez compliqués qui exigent une précision parfaite :
- « La distance à laquelle nous nous propose sons de placer les paliers sera d’environ 4 m.
- cc Nous n’aurons de manchon d’accouple-« ment que tous les deux paliers et chaque bout « d’arbre aura environ 8 m., c’est-à-dire une « longueur convenable pour le réemploi de « ce matériel et pour son transport par chemin « de fer. De plus, sur chaque tronçon d’arbre,
- « on pourra, en trois endroits, placer les pouce lies motrices des machines des exposants cc contre les paliers, circonstance utile à prévoir « pour celles de ces machines qui prendront « beaucoup de force.
- « Nous n’avons aucune crainte en ce qui cc concerne l’écartement que nous proposons « d’adopter entre les paliers ; en effet, c’est « celui qui existe dans les ateliers des anciens « établissements Cail et Cie. Dans la grande « usine de Raisme, nouvellement construite, « les paliers des arbres de couche sont espacés « de 4m5o. Ces arbres, de omo8 de diamètre, cc sont complètement garnis de poulies, dont « bon nombre mettent en mouvement de puis-« sants outils.
- ce Alors même qu’on réserverait, aux poulies « qui recevront le mouvement des machines « motrices, l’un des emplacements dont nous « venons de parler, il ne nous paraîtrait pas « prudent d’établir l’attaque d’une machine « fournissant jusqu’à i5o chevaux entre deux « supports espacés de 4 m. Nous avons, en « conséquence, étudié, pour les points oû doi-« vent être montées les poulies menées par les « machines motrices, des dispositions spéciales « qui, suivant les types des supports adoptés, « se composeront d’un groupe de quatre co-« lonnes formant beffroi. »
- Le rapport se continue par la recherche des précautions à prendre pour assurer le parfaite stabilité de tous ces supports ; la distance entre les lignes longitudinales d’arbres de couche étant trop grande pour qu’on puisse songer à un entretoisement, il convient de ne compter que sur les phases et de leur donner, à cet effet, une solidité suffisante pour n’avoir pas à redouter de renversement dans le sens transversal. Quant à le stabilité dans le sens longitudinal, elle est obtenue en réunissant tous les supports d’une même rangée, à leur partie supérieure, par l’intermédiaire d’une poutre d’une résistance calculée de manière à résister aux plus grands efforts capables de se produire. Cette poutre, en dehors de son but principal, qui est d’assurer le solidité des supports, servira en même temps à la circulation des ponts roulants, d’une portée de 18 m. et d’une puissance de 10 tonnes, qui s’appuieront, par leurs extrémités, sur deux poutres parallèles et assureront un service régulier et commode tant pour le montage des machines elles-mêmes que pour les manutentions ultérieures que pourraient nécessiter certains fardeaux lourds ou encombrants :
- « Ces appareils (les ponts roulants) qui, lors « du montage des machines rendront les plus « grands services, pourront constituer, une fois « l’Exposition ouverte, un système de transport « qui ne manquera pas d’intéresser les visiteurs, « en leurpermettant d’avoir sur la galerie un coup « d’œil d’ensemble; cette combinaison offrira « aux constructeurs d’appareils de lavage l’occa-« sion de présenter des machines qui, jusqu’à « ce jour, n’ont pu figurer et fonctionner dans « les expositions. On aura accès sur ces ponts « roulants au moyen d’ascenseurs qui seront « ainsi utilisés et présentés en service par les « constructeurs de ce genre d’appareils. »
- M. Vigreux entre ensuite dans des considérations particulières et dans des calculs spéciaux relativement à la vitesse (120 tours par minute) qu’il convient de donner aux arbres de couche et aux résistances à la torsion et à la flexion ; puis il passe à la description détaillée des supports, des paliers, des manchons et enfin étudie les moyens à employer pour parer aux accidents qui'peuvent se produire sur tel ou tel point, de façon à c: que l’arrêt d’une section ou d’une partie de section n’entraîne aucun désordre et
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- ne nuise en rien au fonctionnement du reste de l’installation.
- Nous pourrions certainement faire encore bien des citations, mais nous sommes forcés de nous limiter et nous concluons en faisant remarquer que ce travail peut être considéré comme un véritable type qui pourra servir de modèle à ceux qui s’occupent d’installations de ce genre.
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- Généralement, c’est d’un œil assez distrait qu’on lit les rapports officiels publiés à certaines époques, résumant la situation d’une entreprise et mettant en regard ce qui a été fait et ce qui reste à faire. Ces documents mériteraient pourtant qu’on apportât un peu plus d’attention à leur lecture car ils permettent souvent de se rendre un compte exact de l’état d’une question a une date déterminée : ils fournissent ainsi des renseignements capables de servir de termes de comparaison.
- Cette sorte d’indifférence tient généralement à cette cause que, lisant d’une façon régulièrement périodique, tout ce qui touche au sujet traité dans le rapport officiel, on croit n’avoir rien à en tirer d’intéressant, et pourtant, on a là un résumé clair qui fait ressortir, d’une façon concise, les points saillants qu’il serait difficile de dégager des articles périodiques, forcément un peu diffus.
- C’est ainsi que le rapport présenté par M. Dautresme, ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général, au président de la République, rapport que nous publions in-extenso, permet de bien juger les progrès réalisés, en 1887, par l’Exposition dans chacun des trois services : travaux, exploitation et finances.
- Les deux derniers ne sont pas de notre ressort, mais le premier nous intéressant spécialement, nous en extrayons certains chiffres qu’il est bon de faire ressortir, car ils sont faits pour donner confiance dans le bon achèvement de cette colossale entreprise.
- D’abord ce qui frappe le plus c’est que, pour presque tous les détails de ce chapitre-, la réalité a été de beaucoup préférable aux prévisions, soit comme dépenses, soit comme délais d’exécution ; de plus, si on compare, dans la partie financière des travaux, les sommes engagées et*' celles qui restent disponibles, on est à peu près certain qu’il n’y aura pas de mécomptes et qu’on arrivera à faire face largement à toutes les nécessités d’une installation grandiose et artistique. Ceci est d’autant plus vrai que ce sont en général les travaux les plus importants, partant ïes plus coûteux, qui figurent dans le rapport, les crédits restants seront donc certainement suffisants pour exécuter les travaux non encore entrepris et on n’aura pas à faire, comme cela s’est quelquefois produit, des économies, imposées par le manque de fonds, et qui, appliquées à certaines parties seulement, détruisaient l’harmonie d’un ensemble en contrastant désavantageusement avec les portions voisines.
- Sur les 29,793,911 fr. 5i prévus au chapitre 2 du budget de l’Exposition il reste disponible 12,904,449 fr. 61, c’est-à-dire environ les 2/5, Or cette dernière somme .eût été bien plus faible si, pour la plupart des adjudications ou marchés, on avait dû affecter le crédit prévu tout entier. Dans ces conditions, on a donc un boni qui, certainement, s’accroîtra encore des rabais qu’on obtiendra sur ce qui reste à adjuger. Grâce à cet emploi avantageux des fonds alloués pour les travaux, on a la certitude qu’ils ne. seront pas interrompus; de plus, ce boni pourra, au besoin, être aff ecté à l’embellissement de certaines parties pour lesquelles, par raison d’écqnomie, on n’avait prévu que le juste nécessaire tant au point de vue de l’aménagement qu’au point de vue décoratif.
- Si, laissant de côté l’analyse de la partie financière des travaux, on examine en détail certains chiffres, on est frappé de l’importance de l’œuvre qui se poursuit pratiquement depuis un an environ; ainsi, rien que sur l’étendue du Champ-de-Mars, sans compter les petites constructions accessoires, il* sera employé 27,824,175 kilos de métal, formant l’ossature des trois grands palais principaux nécessitant une dépense de 10,208,997 francs, ce qui fait ressortir à o fr. 367 environ le prix du kilo de métal mis en place ; ces chiffres se décomposent ainsi :
- Palais des Beaux-Arts. 7,515,854 kil., nécessitant une dépense de 2,690,626 fr.
- LE MONITEURXDE L’EXPOSITION DE îoèq-
- Palais des Machines, 11,469,321 kil., nécessitant une dépense de 4,673,209 fr.
- Palais des Industries diverses, 8,839,000 kil., nécessitant une dépense de 2,845,160 fr.
- Encore faut-il faire remarquer que ce détail ne fait pas mention delà tour Eiffel, qui, a elle seule, absorbera 7,000,000 de kil. de métal.c’est-à-dire presque autant que les deux palais des arts réunis, avec leur dôme et leurs galeries.
- Il y aura donc sur le Champ-de-Mars, en chiffre rond, 35,ooo tonnes de métal utilisées. Jamais une telle agglomération de constructions métalliques ne s’était produite sur un espace aussi restreint, et l’Exposition de 1889 caractérisera bien, comme grandeur et hardiesse de ses composantes, une époque où la métallurgie tend à jouer un rôle de plus en plus considérable.
- Ces aperçus, tirés du rapport officiel, étant les plus importants, nous bornerons là nos remarques, suffisantes pour faire voir l’intérêt que peut présenter ce document résumé.
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- L’hiver continuant à sévir, plus rigoureux que jamais, nous pourrions faire notre rapport hebdomadaire sur les travaux en n’employant que la formule R. D. N. (rien de nouveau) si chère à la plupart des inspecteurs ; cette formule ne serait pas rigoureusement exacte car on a tout de même travaillé, peu il est vrai, mais enfin le chômage n’a pas été aussi complet qu« pouvait le faire craindre ce froid véritablement abusif. Dans ces circonstances, les ou-Auiers méritent vraiment d’être félicités tous sans exception, mais particulièrement ceux qui, juchés à 60 m. au-dessus du sol. continuent le montage de la tour malgré le vent glacé qui leur coupe la figure et engourdit leurs doigts, ils travaillent toujours, la pyramide géante s’élève de plus en plus et la deuxième poutre se trouve actuellement fort avancée. La chose qui nous étonne le plus, c’est le nombre extrêmement restreint des chutes d’outils ou de pièces de fer ; nous ne comprenons réellement pas comment ces objets n’échappent pas, à toute minute, aux mains raidies des hardis travailleurs.
- Comme nouveauté intéressante, nous signalerons l’arrivée des premières parties des charpentes métalliques du palais des machines. Ces envois, provenant de la Compagnie de Fives-Lille, consistent en portions de la membrane inférieure de l’arc qui sera composé d’un intrados et d’un extrados réunis par des treillis, dont quelques morceaux sont également arrivés.
- Ün chiffre peut donner une idée des dimensions colossales de ces arcs : la semelle, formée de plusieurs tôles réunies, a une épaisseur totale de omc>9.
- Les échafaudages se continuent avec activité et les arrivages de fer devant se suivre sans interruption, il est probable que sous peu on pourra assister au spectacle grandiose qu’offrira le montage de ces gigantesques charpentes.
- H. DE BAECKER.
- LE PAVILLON DE LA PRESSE
- A L’EXPOSITION DE i
- Le comité de la presse, constitué pour l’Exposition de 1889, en vue d’arrêter les mesures à prendre pour l’installation de la presse dans un pavillon qui lui serait spécialement réservé, s’est déjà réuni plusieurs fois.
- Au mois d’août 1887, il établissait, sous la présidence de M. Alphand, directeur général des travaux, les grandes lignes du programme fixant l’importance à donner à ce pavillon. Ce programme, rédigé à la demande du comité, par l’un de ses secrétaires, M. Gustave Simon, disait : « Un pavillon, permettant à la presse d’être en rapports constants avec les exposants et les visiteurs et de faire les honneurs de l’Exposition aux représentants de la presse de tous les pays, serait élevé aux frais de l’Etat et situé dans la partie du Champ de Mars avoisinant la Seine. Il comprendrait :
- « i° Une salle de lecture et de correspondance de 40 mètres superficiels ;
- « 20 Des salles privées pour les représentants admis de la presse française et étrangère ;
- « 3° Un cabinet pour les commissaires de service ;
- « 40 Une salle de réunion pour le comité ;
- « 5° Un bureau postal et télégraphique ;
- « 6° Un bureau téléphonique ;
- Dimanche 4 Mars 1888.
- « 70 Un buffet-restaurant ouvert aux seuls représentants reconnus de la presse française et étrangère ou à ces représentants accompagnés de personnes amenées par eux.
- « Les honneurs du pavillon de la presse seraient faits par des commissaires de semaine, choisis dans les syndicats des associations.
- « Le comité de la presse serait composé de délégués élus par les syndicats et associations. »
- Puis venait à la suite la désignation des fonctions de ce comité, jours de réunion, etc.
- M. le directeur général des travaux fit choix, pour la réalisation de ce programme, de M. Alfred Vaudoyer, architecte, à l’Exposition universelle de 1878.
- Pour satisfaire aux règles que nous venons de résumer brièvement, M. Vaudoyer avait à se préoccuper d’abord du programme qui lui avait été tracé. Disposant d’un terrain tout en longueur, le groupement de trois pavillons d’assez grande étendue présentait une difficulté dont il a tiré un bon parti en donnant à chacun d’eux une physionomie particulière. Pour cela, l’architecte a silhouetté ses constructions en variant la forme des toits, en élevant d’un premier étage le pavillon central, en l’accentuant aussi par des avant-corps bien placés pour rompre l’alignement des façades. Ces avant-corps traduisent, d’ailleurs, les dimensions plus importantes des salles intérieures de ce pavillon qui contient, au rez-de-chaussée, les salles du comité, de lecture et de correspondance, celles de réception par les commissaires de service, et celle des téléphones.
- Relié, à droite, au pavillon des postes et télégraphes par des guichets réservés ; à gauche, au pavillon du restaurant, le pavillon de la presse donnera accès par une large entrée de trois mètres, précédée d’un porche ouvert, à une galerie-vestibule assez spacieuse pour permettre les allées et venues des visiteurs. Un escalier à balustres en bois, éclairé d’une large fenêtre que décoreront de belles verrières conduira au premier étage, où seront les salles privées et une bibliothèque.
- La galerie du rez-de-chaussée, traversant le pavillon dans sa longueur, laissera voir à l’une de ses extrémités la grande salle du restaurant et, au travers d'une large porte vitrée, le jardin réservé à la presse par une gracieuse attention de M. le directeur général des travaux. Planté d’arbres d’essences diverses, ce jardin sera comme le prolongement en plein air du restaurant.
- En résumé, le programme est rempli. Assurés de trouver au pavillon de la presse toutes les facilités pour satisfaire aux comrhunications postales et télégraphiques, les journalistes français et étrangers jouiront au Champ-de-Mars d’une installation tout à fait appropriée à leurs besoins.
- M. Vaudoyer promet que les services de la presse pourront s’installer au mois de mai prochain.
- LES COMMISSIONS
- POUR L’EXPOSITION DE 1889
- La commission consultative de contrôle et dû: finances de l’Exposition universelle de 1889 s’est réunie au ministère du commerce, sous la présidence de M. Lucien Dautresme. Elle avait à examiner un projet de M. Garnier relatif à l’histoire de l’habitation, et un projet d’établissement de paratonnerres.
- Après une intéressante discussion, la Con>mis-sion a adopté, en son ensemble, le premier projet et voté les 56o,ooo francs nécessaires à son exécution. Ce projet consiste à élever dans l’axe delà tour Eiffel, sur le quai d’Orsay, et aux deux extrémités du pont d’Iéna, une série d’habitations reproduisant fidèlement le type des demeures de l’homme depuis l’âge de pierre jusqu’à la Renaissance, en passant par les époques intermédiaires.
- Cette exhibition, qui permettra de suivre les progrès de l’architecture à travers les âges, comprendra des spécimens des arts grec, indou, assyrien, égyptien, romain, moyen âge, etc.
- Chacune des habitations sera entourée d’un petit jardin ; àl’intérieur seront disposés des meubles et des objets de l’époque. L’administration pourra en concéder l’exploitation à des marchands qui devront être vêtus des costumes du temps.
- La commission de contrôle et de finances a ensuite adopté, sans débat, sur la proposition de MM. Griolet et Cristophle, l’ouverture d’un crédit de 14,500 francs pour l’établissement des paratonnerres.
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- La commission spéciale qui a été instituée par M. Lucien Dautresme, ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle, pour les adjudications relatives aux restaurants, buffets, brasseries, etc., tiendra le 3 mai prochain, dans le cabinet du directeur général des travaux, une séance qu’il importe d’annoncer dès à présent.
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- Quatrième Année. — N° 166*
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 4 Mars 18S8. — 983.
- En cette séance, il sera procédé à l’adjudication, aux enchères, sur soumissions cachetées, de tous établissements de ce genre à installer dans l’enceinte de l’Exposition de 1889.
- Le cautionnement est fixé, pour chaque concurrent, au sixième de la redevance totale établie, comme il est dit aux cahiers des charges et annexes, d’après le nombre de visiteurs payants admis dans toutes les enceintes de l’Exposition et calculée sur 13,000,000 de visiteurs.
- Il devra être déposé, sous peine de déchéance, dans les quarante-huit heures qui suivront l’approbation de la soumission par M. le ministre du commerce et de l’industrie.
- Le plan indiquant les emplacements à concéder ainsi que les cahiers des clauses et conditions générales, spéciales et particulières, sont déposés à la direction générale des travaux, dans les bâtiments du Champ-de-Mars, où l’on pourra en prendre connaissance, tous les jours non fériés, de dix heures à quatre heures.
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- La commission des auditions musicales (section ire) de l’Exposition de 1889 a tenu sa première séance au Conservatoire de musique.
- En l’absence de M. Ambroise Thomas, M. Léo Delibes a présidé cette séance, qui avait pour but de déterminer les conditions du concours d’une marche solennelle pour musique militaire, qui sera exécutée soit au Trocadéro, soit au Palais de l’Industrie.
- Les compositeurs français pourront seuls prendre part au concours. Cette marche devra être instrumentée pour une musique d’infanterie constituée conformément au décret du ministre de la guerre de 1872.
- Sa durée maximum ne dépassera pas dix minutes.
- Les manuscrits devront être déposés avant le 1e1' novembre au Conservatoire.
- Telles sont, grosso modo, les conditions du concours, qui seront, d’ailleurs, publiées, sous forme d’arrêté ministériel, dans le Journal ojjîciel avec tous les renseignements nécessaires.
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- NOMINATIONS
- de Membres des Comités départementaux
- Par divers décrets en date des 18, 23 et 27, pris par M. le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition de 1 880, ont été nommés membres du comité départemental de :
- HAUTE-MARNE
- Sous-comité de l’arrondissement de Chaumont
- M. Simon (Joseph), dit Jules, ancien président du tribunal de commerce de Chaumont, en remplacement de M. Thomachot, démissionnaire.
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- NORD
- Sous-comité de Varrondissement de Valenciennes
- MM. Lebacqz, directeur d’une faïencerie à Saint-Amand.
- Vigreux, distillateur à Denain.
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- ORNE
- Sous-comité de Varrondissement d’Alençon M. Duval, archiviste du département de l’Orne. *
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- VENDÉE
- Sous-comité de Varrondissement de Fontenay-le-Conite
- M. Baron (Edgard), propriétaire à Fontenay-le-Comte.
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- ARRÊTÉ
- Par arrêté en date du 27 février 1888,!le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a nommé membre des comités des' auditions musicales, 3e section (fanfares et musiques d’harmonie), M. An-tony Choudens, éditeur de musique, en remplacement de M. Choudens père, démissionnaire.
- UNE CIRCULAIRE DE 1. G. BERGER
- M. G. Berger, directeur général de l’Exposition de 1889, vient d’adresser la circulaire suivante aux présidents des comités départementaux :
- Monsieur le Président,
- J’ai l’honneur de vous adresser une vue perspective des galeries intérieures de l’Exposition universelle (Palais des Sections industrielles), qui vous indiquera les dispositions générales qu’il y aura lieu d’adopter, suivant l’arrêté de M. le Ministre du Commerce et de l’Industrie, commissaire général, en date du 12 décembre I889, pour-la délimitation et la décoration des espaces accordés aux différentes classes des Groupes III, IV et V.
- Ces dispositions ont été prises à la fois pour ménager les grandes vues perspectives des galeries d’Exposition, assurer leur ventilation, permettre aux visiteurs de se diriger aisément et faciliter leurs recherches, enfin pour établir la décoration générale des galeries dans des conditions certaines d’économie en l’uniformisant pour chacun des trots groupes.
- C’est pourquoi les vélums ont été reportés directement sous les châssis vitrés des combles, où ils formeront à la fois abri et réseau décoratif. Ils seront encadrés dans deux larges bandes.de frises peintes et ornées de tableaux et cartouches dont les inscriptions correspondront directement aux produits exposés au-dessous.
- Chacun des espaces attribués aux différentes classes sera entouré d’une cloison mitoyenne avec la classe voisine, de cinq mètres de hauteur, avec corniche supérieure ajourée.
- Des portes principales, ou portiques à double face, de style et de décor variés pour chacun des trois groupes, ornementés d’inscriptions indicatrices, serviront de passage d’une classe à l’autre et seront placées en travers des voies servant à la circulation générale.
- Suivant les dispositions relatives des classes et suivant leurs besoins, d’autres portes seront ouvertes latéralement ou transversalement dans les cloisons mitoyennes pour mettre en communication les salles limitrophes.
- L’Administration fera la pose générale des planchers, et les exposants en feront le remboursement au prix coûtant, conformément aux dispositions de l’article 16 du Règlement général, au prorata des surfaces occupées par les classes, en dehors des chemins de circulation générale.
- Ce remboursement sera fait par l’entremise des Comités d’installation chargés de la répartition des dépens&s et du recouvrement de celles-ci.
- En résumé, j’estime que la dépense relative aux enceintes de chacune des classes et à la décoration générale, conformément aux plans de l’Administration, c’est-à-dire celle comprenant les vélums, le décor des combles, les cloisons séparatives les portes grandes et petites et les planchers, représentera une somme d’environ 2 5 à 3o francs par mètre carré de la surface totale accordée à chaque classe.
- On peut considérer la surface réellement utilisable comme atteignant ordinairement le tiers de la surlace totale d’une classe. Il convient donc de tripler les chiffres ci-dessus pour apprécier avec quelque certitude la dépense qui pourra incomber à chaque exposant par chaque mètre carré sur le sol occupé par lui.
- Mais cette estimation par mètre carré, sur sol, occupé par les exposants, ne saurait s’appliquer à tous les cas. Dans quelques classes, certains exposants pourront n’avoir besoin que de surfaces verticales sur parois. Dans ce cas, comme dans tous autres cas particuliers, il appartiendra toujours aux Comités d’installation de répartir le plus équitablement possible, entre tous les exposants de la même classe, les frais d’installation générale relatifs à celle-ci.
- La dépense de 25 à 3o francs par chaque mètre superficiel sur sol doit aussi être considérée comme quelque peu variable d’une classe à l’autre, en raison de la différence des surfaces occupées par les classes, et, par suite, en raison du développement proportionnel des cloisons et du nombre variable des portesde grande ou de petite communication.
- Il est bien entendu également que les classes qui jouiront du privilège d’avoir des salles en bordure, soit sur l’extérieur, soit sur les grands vestibules ou sur la grande galerie centrale de trente mètres, auront aussi le soin du décor de leurs portes d’accès et de leurs façades particulières sur l’extérieur ou sur ces grandes voies, cela suivant une ordonnance générale déterminée d’accord avec l’Administration.
- Dans les enceintes de chaque classe, établies comme il est dit ci-dessus, les Comités d’installation auront toute liberté pour disposer leurs expositions spéciales, conformément à leurs besoins et à leurs goûts. Les vitrines et meubles indiqués sur le dessin perspectif n’y sont placés qu’à titre
- de simple renseignement. Les frais de vitrines, estrades, _ gradins, tables et autres meubles spéciaux varieront en raison des dimensions, du style et du luxe qu’il conviendra à chaque classe d’y apporter.
- Toutefois, il sera nécessaire que le mobilier d’une même classe se présente avec une unité de style et une harmonie de décor qui, tout en assurant.à' l’exposition de celle-ci un caractère bien particulier, contribue au bon aspect général des galeries. Mais je ne saurais trop répéter que les irais d installation seront d’autant moindres, que les Comités d’installation se trouveront 'plus vite en mesure de les adjuger à un plus grand nombre d’entrepreneurs capables de les exécuter en se mettant à l’œuvre de suite.
- J’ajouterai que si les voies de cinq mètres doivent être laissées libres dans leurs longueur, pour assurer la circulation générale et maintenir les perspectives désirées, l’Administration se réserve d’autoriser. le placement, sur leur parcours, de certains édicules, meubles et objets d’exposition, dont le caractère décoratif pourrait augmenter le bon aspect d’ensemble des galeries.
- J’espère que les prix concernant l’installation et la décoration générales, que j’ai indiqués plus haut, pourront être applicables à l’installation des classes dégroupe II (Arts libéraux) dans le palais spécial qui leur est affecté.
- D’autre part, une circulaire spéciale vous indiquera les dispositions prévues pour l’installation des classes du Groupe VII (Produits alimentaires).
- Les produits de l’Agriculture, groupe VIII, comporteront dans les galeries du quai d’Orsay,, des prix d’installation généralement très minimes évaluables tout compris, gradins, tables et décoration, à vingt-cinq ou trente francs par mètre linéaire pour ceux de ces produits qui ne nécessitent pas des meubles fermés, et en exceptant les machines.
- Ces dernières ne subiront, pour leur mise en place, que la plus-value de dépenses résultant des fondations nécessaires ou de l’organisation de leur mise en mouvement.
- Le règlement spécial de l’Horticulture, dont des exemplaires ont été expédiés aux intéressés, est de nature à éclairer complètement sur les prix auxquels peuvent s’attendre les exposants du Groupe IX pour leurs expositions permanentes et temporaires.
- Enfin, en ce qui concerne les exposants des classes du Groupe VI (Machines), les dépenses seront différentes suivant la nature des appareils exposables à l’état inerte ou en mouvement. Les objets en vitrines on en meubles spéciaux, qui seront généralement placés .dans la galerie supérieure du Palais des machines, pourront entraîner des frais d’installation équivalents^ ceux que je viens d’indiquer pour les exposants des classes des Groupes II, III, IV, V, en ce qui concerne les planchers, cloisons, portes, vélums, etc.
- Les frais de gardiennage sont laissés à la charge des exposants ; ils seront répartis au prorata de l’espace occupé par chacun. Les appointements des gardiens sont ordinairement de i5o francs par mois, avec 100 ou 120 francs de costume uniforme une fois payé par homme. Je suppose que ces frais de gardiennage, avec le petit entretien courant, pourront s’élever en moyenne pour toutes les classes, à 5 ou 7 francs par mètre carré occupé.
- J’ai tenu à vous donner un aperçu sommaire des dépenses présumables de chaque classe, sans engagement absolu de ma part, et pour bien vous 'montrer quel’Administration a étudié des dispositions générales de nature à réduire pour chacun les frais généraux d’installation par rapport à ce que ces frais ont pu être en 1878.
- Je termine en -vous rappelant que les Comités d’admission ont, non seulement à juger la qualité professionnelle des exposants à admettre, mais aussi à apprécier leurs demandes d’emplacement. Les Comités d’installation se chargeront de la dis-tribûtiondes surfaces et de la répartition des places en tenant compte des avis donnés sur ce dernier point par les Comités d’admission pour chaque exposant admis.
- J’ai l’honneur de demander à chaque Comité de vouloir bien établir, pour le 1e1’ mars prochain une première"liste alphabétique des exposants admis à cette date, avec indication de l’espace attribuable à chacun d’eux.
- Je serai également obligé à Messieurs les Présidents des Comités d’admission de faire déposer dans mes bureaux, autant que possible le surlendemain de chacune des séances, le registre de procès-verbaux mis à jour. 11 est essentiel, en effet, que je puisse être constamment tenu au courant des travaux des divers comités.
- Agréez, Monsieur le Président, l’expression de mes sentiments les plus distingués.
- Le directeur général,
- G. Berger.
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- 984. — Quatrième Année. — N° 166.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- Dimanche 4 Mars 1888.
- LA PARTICIPATION ÉTRANGÈRE
- A L’EXPOSITION DE 1889
- Norvège
- La Chambre des députés norvégiens vient d’être saisie d’un projet de loi présenté par le gouvernement royal et qui tend à mettre un crédit de 100,000 fr. à la disposition du comité chargé d’organiser la participation de la Norvège à l’Exposition internationale de 1889.
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- Angleterre
- Le lord-maire a accepté la présidence de la commission générale formée à Londre en vue de l’Exposition de 1889. La commission se réunira au Mansion-house ; un comité exécutif sera cons-titué.
- Le ministre des affaires étrangères avait fait savoir au lord-maire que le gouvernement ne voyait aucun inconvénient à ce qu’il acceptât la présidence de la commission.
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- Serbie
- Le gouvernement serbe vient de faire connaître au ministre de la République française à Belgrade que la commission d’organisation, nommée en vue de la participation de la Serbie à l’Exposition universelle de Paris en 1889, vient de commencer ses travaux sous la présidence de M. Gannowitch, ancien ministre des travaux publics, assisté du maire de Belgrade.
- Il a fait, en outre, savoir à notre représentant que M. Gibert, consul général de Serbie à Paris, a été désigné comme délégué spécial, chargé de correspondre avec les autorités françaises pour assurer la participation du royaume serbe à l’Exposition française.
- Suisse
- D’après information du ministre de Suisse à Paris, le conseil fédéral a désigné M. Auguste Du-plan, second secrétaire de la légation helvétique à Paris, pour remplir les fonctions d’adjoint et suppléant du commissaire général de laConfédération pour l’Exposition universelle à Paris.
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- Japon
- Le ministre des affaires étrangères vient de recevoir une lettre du ministre du Japon à Paris l’informant que les questions relatives à la participation officielle de son gouvernement à l’Exposition de 1889 sont définitivement réglées. Les commissions impériales sont organisées au Japon et en France.
- Le délégué du gouvernement japonais est M. Okoski, consul du Japon à Lyon.
- LES BEAUX-ARTS
- A L’EXPOSITION DE 1889
- Nous empruntons au journal le Siècle l’article suivant concernant l’Exposition des Beaux-Arts en 1889 :
- On a pu lire dans les journaux s’occupant spécialement des questions d’art qu’on fait en ce moment circuler dans les ateliers une adresse de félicitations destinée au président et aux membres de la commission chargée de l’organisation de l’Exposition internationale des beaux-arts en 1889.
- Cette nouvelle, faut-il l’avouer, n’a pas été sans étonner grandement ceux qui, par métier ou par goût, vivent au milieu des peintres et des sculpteurs français. Les artistes, en effet, sont les enfants gâtés de notre temps et, comme tous les enfants gâtés, on parvient très rarement à les satisfaire.
- Certains d’entre eux croient de la meilleure foi du monde que tous les hommages leur appartiennent, et que toutes les aubaines leur sont dues. Sans eux, la France sembleraitassurément peu de chose, et la République ne serait rien. Si le soleil nous gratifie (parfois) de ses vivifiants rayons, c’est uniquement pour éclairer leurs œuvres, et le vote du budget ne devrait avoir d’autre but que de les pourvoir de commandes grassement rétribuées.
- Pauvres grands hommes ! Cette douce conviction est si bien passée chez eux à l’état de privilège de nature, ils pensent tout cela si naturellement, si naïvement, que personne ne songe, je ne dis pas à leur en vouloir, mais simplement à s’en montrer surpris. Ce sont, je l’ai dit, de grands
- enfants gâtés dont on respecte les caprices et auxquels on pass-e toutes leurs fantaisies.
- Pour que ces privilégiés du sort daignent ainsi spontanément reconnaître qu’une commission nommée par l’Etat leur a rendu quelque service, pour qu’ils se croient tenus de lui offrir des remerciements, il faut assurément qu’il se soit passé quelque chose d’anormal.
- _ C’est pourquoi, en y réfléchissant bien, on arrive à se persuader que cette grave démarche est, sans doute, moins spontanée qu’on pourrait croire au premier abord. Peut-être même est-il permis de soupçonner, avec le poète, qu’un serpent se cache sous ces fleurs.
- Pour bien comprendre le but et la portée de cette démonstration insolite, il faut se souvenir, en effet, des tiraillements déjà anciens, qui marquèrent la nomination du président de la Société des artistes peintres, sculpteurs, etc., et plus récemment la réélection du comité vulgairement appelé « les 90 ». La presse, à cette époque, enregistra ce mémorable différend.
- La Société des artistes peintres est, nul ne l’ignore, une très puissante association de mutuelle bienfaisance. Le comité des 90, on le sait également, veille sur les destinées du Salon annuel. Ce sont, somme toute, les deux institutions qui ont le plus d’influence sur la carrière des artistes secondaires, et qui peuvent rendre le plus de services à ceux qui débutent dans la vie artistique ou qui, arrivés au terme de leur existence, n’ont point eu à se louer d’eux-mêmes ou du sort.
- Le bien que pourraient faire deux institutions deice genre, conduites avec vigilance et dirigées avec impartialité, n’est pas à démontrer. Mais le malheur, c’est que l’impartialité n’est pas de ce monde. Elle s’y hasarderait, au surplus, que personne ne la reconnaîtrait, tant il est naturel de se croire frustré ou lésé par ceux qui pensent ou qui peignent d’une façon différente.
- De là vient que deux partis actifs et nombreux se disputent le gouvernement de ces deux grandes associations. De part et d’autre on bataille. On attaque et l’on se défend, on se dresse des embûches et l’on met en mouvement de redoutables machines de guerre.
- Eh bien, faut-il le dire ? je crains fort que cette fameuse adresse de remerciements, qu’on nous montre circulant fiévreusement dans les ateliers, ne soit rien autre chose qu’une de ces dangereuses machines. Ce qui me le fait croire, je vais essayer de l’expliquer.
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- Les deux partis dont nous venons de parler sont assez faciles à caractériser. Le premier, celui qui détient actuellement le pouvoir est inféodé à l’Institut. De l’Institut il ne faut jamais dire de mal, car c’est par là qu’ont fini trop souvent les fiers Sicambres qui ont attaqué l’Académie avec le plus de violence.
- L’autre parti s’appelle « des jeunes », et quoiqu’il compte à sa tête et dans ses rangs nombre de jouvenceaux qui ont vu de quarante-cinq à soixante fois reverdir le printemps, il est plein d’ardeur, de bienveillance et d’expansion. Il réclame tout le soleil pour sa part et ne peut souffrir qu’Alexandre lui-même lui porte ombrage.
- Nul n’aura le talent que nous et nos amis
- Entre ces deux partis flotte la grande masse des irrésolus, la foule des indécis. Ce sont eux qu’il s’agit de fixer pour pouvoir ensuite gouverner le monde.
- Or, entre autres griefs, le parti des « jeunes » a reproché au parti de l’Institut de négliger un peu trop les intérêts matériels de la corporation, et ce brave, ce généreux parti de l’Institut, au lieu de découvrir le traquenard qu’on lui tendait, s’est montré extrêmement désireux d’éviter ce reproche.
- De là sont nés cette parcimonie que nous avons maintes fois signalée, ce commerce d’entrées au Salon chichement marchandées, ce mirage d’une maison de retraite s’élevant dans un nouveau paradis, ces promesses de pensions destinées aux Bélisaires de l’art, toutes choses en un mot que l’Etat n’avait nullement prévues quand il abandonnait si généreusement le Palais de l’Industrie aux artistes.
- Eh bien! ce même besoin de transcendante administration, de protection à outrance des intérêts matériels et corporatifs, s’est révélé dans les deux réunions de la commission chargée d’orga-niser l’Exposition internationale de 1889.
- _ C’est à lui qu’on doit cette protestation si persistante qui s’est produite contre l’Exposition rétrospective des chefs-d’œuvre du siècle, cette crainte exagérée du tort que les morts pourraient faire aux intérêts corporatifs des vivants, ce regret hautement exprimé de voir quelques administrateurs expérimentés et quelques écrivains démérité mêlés à de.nombreux artistes, et quantités d’autres récriminations, présentées du reste avec plus de persistance que de succès par un de nos peintres les plus sympathiques et les plus écoutés.
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- A toutes ces objurgations, M. le directeur des beaux-arts aurait pu répondre qu’en organisant l’Exposition internationale de 1889, l’Etat a bien entendu venir en aide à la nombreuse et intéressante corporation des artistes français, mais qu’il a voulu surtout provoquer une grande manifestation morale. Il aurait pu dire encore que l’art français ne l’intéresse pas seulement en tant qu’in-dustrie ou profession plus ou moins lucrative, mais à cause du rôle élevé qu’il joue dans l’édu-catîon générale du goût. Il aurait pu ajouter qu’on trouve la preuve de cette préoccupation dans le soin qu’a pris le ministre de l’instruction publique de conserver en ses mains la haute direction de cette exposition, au lieu de l’abandonner à son collègue du commerce; qu’une preuve nouvelle de l’intérêt supérieur attaché par l’Etat à cette grande manifestation ressort de ce fait, qu’il prend à sa charge la construction d’un palais spécial et tous les frais d’installation, de décoration, de gardiennage, etc. ; que ce faisant, il ne traite pas les peintres, sculpteurs et graveurs en exposants ordinaires, mais en collaborateurs privilégiés, et que, par réciprocité, il peut demander aux artistes de faire, pour cette fois, passer leurs préoccupations mercantiles après les intérêts de l’art et la grandeur de la France.
- Voilà ce qu’aurait pu répondre M. Castagnary, et s’il ne l’a pas fait, c’est qu’en homme de tact il a pensé qu’il y aurait mauvaise grâce à faire sentir, chez soi, à des gens qu’on invite, les avantages énormes qu’on leur fait et le rôle considérable ou’on leur réserve.
- Une chose, par contre, nous chagrine. Les artistes protestataires, que ces généreux scrupules ne pouvaient guère gêner, n’ont pas songé à faire entrer une seule de ces excellentes raisons dans leurs remerciements. Ils n’ont pensé à rien de tout cela, — voilà ce qui nous contrarie.
- Les compliments qu’ils adressent à la commission ne portent que sur deux points assez secondaires. Ils concernent spécialement la limitation des œuvres que chaque artiste pourra exposer, et dans l’attribution des médailles, la mise hors concours des membres du jury des récompenses.
- Ainsi réduites, ces félicitations perdent le caractère élevé qu’elles auraient pu revêtir. Elles semblent même viser uniquement des personnalités qu’à tort ou à raison on prétend encombrantes. C’est ce qui me fait soupçonner, dans l’adresse qui se signe, bien plus une protestation déguisée qu’un témoignage sincère de reconnais sance
- Mais il n’importe. Ce jour marquera dans l’his-toire de l’Administration des beaux-arts. Suivant la mode antique, on pourra le distinguer à l’aide d’un caillou blanc, albo lapiculo, et pour notre part, cette adresse nous cause une joie exempte de tout mélange, car, avant notre heure dernière, il nous aura été donné de voir, au moins une fois, quelques artistes se déclarer satisfaits.
- Henry Havard.
- ÉCHOS
- Paris
- Il est depuis quelque temps très question d’élever un monument à Alphonse de Neuville, le peintre regretté. Un Comité de fidèles s’est formé pour rendre au grand artiste cet hommage mérité.
- L’idée d’une exposition générale de l’avuvre de Neuville a été émise par plusieurs de nos .confrères, le Bâtiment entre autres. M. Albert Wolf, la critique du Figaro, estime que c’est là le meilleur moyen défaire, entre amis, avec le concours du public amateur, le nécessaire pour arriver à la réalisation de l’idée pieuse des admirateurs de l’artiste.
- Nous sommes de son avis et nous souhaitons que cette voie soit prise. Elle a conduit à de bons résultats pour les monuments de Delacroix et de Millet, et étant donné l’attrait particulier qu’offrait une exhibition choisie de l’œuvre de Neuville, il n’est pas douteux qu’elle ne fût heureuse dans le cas présent.
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- Le Cercle artistique et littéraire de la rue Vol-ney a ouvert jeudi dernier, 1er mars, la seconde série de ses expositions annuelles, consacrée aux aquarelles, dessins, gravures, etc.
- Il y a là près de cent quatre-vingt-dix envois des plus intéressants, quelques-uns même très remarquables. Les exposants : Allongé, Vevrassat, Frédéric Régamey, Bonnat, Zieni et bien d’autres, que nous ne nommons pas et dont tout le monde ira voir les productions.
- L’exposition se prolongera jusqu’au mardi 13 mars.
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- Quatrième Année. — N° T66-
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1S89.
- Dimanche 4 Mars 18S8. — 985.
- Le Journal des Artistes enregistre une exposition d’aquarelles, organisée, rue Furstemberg, par les Amants de la Nature.
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- L’exposition des femmes peintres et sculpteurs, ouverte la semaine dernière aux Champs-Elysées, réunit cette année cinq cent dix envois.
- C’est après la clôture du Salon qu’ouvrira au Palais de l’Industrie, pour ne clôturer que le 1er décembre, l’exposition de saucetage et d'hygiène que nous avons annoncée à cette place il y a quelque temps.
- Cette entreprise, dont un des promoteurs les plus actifs est notre confrère M. Louis Bourne, directeur du Traçait, réunit dans son comité de patronage les noms de MM. Turquet, Berger, Prevet, Farcy, etc.
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- Aujourd’hui, dernier jour d’exposition, à F hôtel de ville, des projets de plafond pour la mairie du VIe arrondissement.
- Intéressants envois de MM. Urbain Bourgeois, Henry Lévy et Lionel Royer, désignés pour subir le jugement définitif du concours.
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- Départements
- La société Lyonnaise des Beaux-Arts, de constitution récente, a inauguré le jeudi 16 février sa première exposition.
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- Les intéressés trouveront, dans les colonnes du Journal des Arts, le règlement in-extenso de la neuvième exhibition que prépare, pour le 15 avril, à Roubaix, sous le titre d’Exposition rétrospective d’objets d’art et de curiosité, la société artistique de Roubaix-Tourcoing.
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- ETRANGER
- Allemagne
- Nous avons précédemment annoncé que l’exposition académique internationale des beaux-arts se ferait cette année à Berlin, comme à l’ordinaire, malgré la simultanéité et la redoutable concurrence des deux expositions internationales artistiques de Munich et de Vienne.
- On assure que l’exhibition berlinoise ouvrirait ses portes du dimanche 15 juillet au lundi 1er octobre.
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- La ville d’Eisleben aura, le mardi 10 avril, l’inauguration de la première exposition provinciale canine, et de la septième exposition générale d’aviculture.
- Les adhésions sont très nombreuses en vue de ces deux exhibitions.
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- L’importante exposition de gravure dont avons, en son temps, mentionné l’organisation parT’Asso-ciatâon des graveurs berlinois, avec le concours de ses membres et d’artistes étrangers, s’est ouverte au musée d’art industriel, le mardi 21 février.
- L’exhibition joint aux envois d’exposants un grand nombre d’œuvres empruntées aux musées nationaux et aux collections privées par l’Association promotrice.
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- L’Association artistique et industrielle de l’Allemagne Centrale se propose d’organiser, pour le courant de l’année, à Francfort-sur-le-Mein, une exposition des travaux d’apprentis dans le domaine des industries de la charpente, de la menuiserie et de la maroquinerie.
- _ Les communications sont reçues au secrétariat de l’Association à Francfort, Neue Mainzers-trasse, 49, et les adhésions admises jusqu’au 31 mars.
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- Le commerce de la librairie de Leipzig va posséder dans quelques jours, définitivement installée et organisée, la Bourse Centrale qu’il s’est constituée. L’inauguration solennelle de la nouvelle institution n’aura pas lieu cependant avant la grande foire pascale annuelle, et l’on annonce, à cette occasion, l’ouverture d’une grande exposition spéciale du livre. Cette exhibition aura une durée d’un mois.
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- Nous rappelons qu’une exposition internationale horticole, dont la mention a paru dans un des derniers numéros du Moniteur, se tiendra à Cologne, en août prochain.
- Elle comprendra, dit notre confrère, le Moniteur Industriel, toutes les plantes et tous les produits du jardinage (hors les vignes), l'architecture.des jardins, l’ornementation, les collections horticoles, la bibliographie spéciale, et tout ce qui se rattache par quelque lien à l’horticulfure.
- Les travaux préparatoires sont en bonne voie.
- L’exposition de machines et moteurs pour la petite industrie, dont l’ouverture se fera à Munich le mercredi 1er août, et dont la liste d’adhésions a été close jeudi dernier 1er mars, comprendra les moteurs jusqu’à une puissance de deux chevaux.
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- Angleterre
- Les promoteurs de l’exposition italienne de Londres continuent à poursuivre activement et à surveiller dans tous ses détails, avec le concours officiel du gouvernement italien, l’organisation de cette entreprise importante, dont le succès semble devoir être très grand.
- Les Comités locaux de patronage ont été d’un grand secours pour la centralisation des adhésions dont nous, avons dans notre dernier numéro, donné le chiffre imposant.
- Le Comité de Londres a, nous croyons l’avoir déjà dit, pour président d’honneur, sir Frederick Leighton, l’éminent artiste et président de la Royal Academy of Arts, et pour président effectif, le Cliev, Bonacina, président de la Chambre de Commerce italienne, à Londres.
- A Rome, la présidence honoraire du Comité appartient au duc Torlonia, ex-syndic de la ville, dont la brusque révocation fit tant de bruit au moment des fêtes du Jubilé Papal; l’honorable M. Bonglii, sénateur, l’éminent économiste et homme d’Etat, ex-ministre de l’Instruction publique est investi dos fonctions de président effectif.
- L’excellent artiste, M. Pasini, le peintre bien connu, préside honorairement le Comité parisien, dont les travaux sont dirigés effectivement par M. Galante, qui fut commissaire du gouvernement italien à l’Exposition universelle de Paris, en 1878.
- Le Comité de Paris s’occupe de faciliter et centraliser les efforts de coopération des nombreux italiens résidant en France. Il convient d’enregistrer de ce côté les meilleures prévisions, surtout pour ce qui concerne la section de beaux-arts.
- Rappelons que l’exposition italienne sera inaugurée le mardi 1er mai,- à Earl’s Court, Wost-Brompton et West-Kensington,sous la présidence, sans doute, du prince de Naples, prince royal d’Italie, qui a déjà accepté le haut patronage.
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- A signaler parmi les expositions artistiques qui se partagent en ce moment l’attention des amateurs :
- La galerie graphique des héroïnes de Shakespeare, à laquelle coopèrent un certain nombre d’artistes en vue, avec vingt et un envois (Brook-street, Hanover square).
- Une très belle exposition de la gravure du Japon, formée par. le Burlington Fine-Arts Club, et par la réunion de très curieuses et précieuses collections.
- Enfin, une exposition de maîtres modernes à la galerie Goupil, avec des envois de MM. Gérome, Jules Lefebvre, Henner, Carolus Duran, etc.
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- Nos confrères d’art annoncent la formation, à la future exposition internationale industrielle, scientifique et artistique de Glasgow, d’une section de Blanc et Noir, pour les dessins au crayon et à la plume, fusains, eaux-fortes, dessins sur bois, gravures au burin et sur bois, lithographies, et dessins monochromes en tous genres.
- Nous avons donné, la semaine dernière, les détails sur l’importance générale de l’exposition internationale de Glasgow.
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- Australie
- La Commission exécutive de l’Exposition internationale de Melbourne a, par l'organe de son président, sir George Higinbotham, exprimé sa reconnaissance pour les participations officielles accordées en Europe à cette entreprise.
- La manufacture nationale de Sèvres fera une exposition dans la section française.
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- Autriche-Hongrie
- Très actifs ont été, nous écrit-on, durant les derniers quinze jours, les travaux du jury de l’Exposition internationale de beaux-arts, dont l’inauguration se faisait à Vienne, jeudi dernier 1er mars.
- L’exposition est éclairée à la lumière électrique et doit se prolonger jusqu’au jeudi 31 mai.
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- Nous avons dit que la cérémonie d’inauguration du monument de Marie-Thérèse à Vienne, sera dans le courant de mai, l’occasion d’une série de festivités, au premier rang desquelles nous ayons placé une exposition spéciale de numismatique.
- On nous mande aujourd’hui l’organisation d’une exposition, dite de Marie-Thérèse, où l’on réunira les œuvres d’art, objets de curiosité ou précieux ayant appartenu à l’impératrice, à sa famille, à son entourage ou datant simplement de son temps.
- Un comité s’est formé sous la présidence du comte Ed. Zichy et du prince Fr. Liechtenstein pour mener à bien cette entreprise, dont le haut patronage a été accepté par l’archiduc Régnier.
- Sa Majesté l’Empereur a décidé d’ores et déjà que les collections impériales pourront être mises à contribution, pour tout ce que les promoteurs exprimeront le désir de voir figurer à l’Exposition.
- Les recettes de cette dernière seront, il ne faut pas négliger de le dire, consacrées à la fondation d’un hôpital de polyclinique.
- L’inauguration du monument de Marie-Thérèse est fixée au dimanche 13 mai.
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- Belgique
- Le Journal des Artistes annonce la douzième exposition annuelle que prépare à Bruxelles le groupe d’artistes belges l'Essor. L’exposition ouvrira le samedi 10 mars pour clôturer le mardi 10 avril.
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- Le Cercle artistique et littéraire de 'Bruxelles prépare sa quatorzième exposition collective annuelle, dont l’ouverture se fera le samedi 14 avril.
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- Le Salon annuel se fera à Anvers, au Palais de l’Industrie, du dimanche 15 juillet au lundi 15 octobre. La Société royale d’encouragement des Beaux-Arts qui organise le Salon, célèbre cette année le centenaire de sa fondation.
- L’exposition comprend les œuvres de peinture, aquarelle, pastel, miniature, dessin, gravure, lithographie, sculpture, architecture et gravure en médailles.
- Les demandes d’admission sont reçues avant le 1er juin, les envois avant le 20 du même mois.
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- Danemark
- L’Union centrale des arts décoratifs s’est chargée d’organiser une section française d’art industriel à l’Exposition de Copenhague. Les emplacements sont gratuits et nous engageons vivement les intéressés à demander communication des renseignements nécessaires à M. Dessesquelle, secrétaire général de l’Union, porte VII, au Palais de l’Industrie, à Paris.
- Ajoutons que les manufactures- nationales de Sèvres, des Gobelins et de Beauvais seront représentées à l’Exposition Scandinave.
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- Espagne
- Les travaux de l’Exposition internationale de Barcelone sont très activement menés et l’on assure que l’achèvement en est prochain.
- S. M. la reine légente présidera la cérémonie officielle d’inauguration. On attend aussi la visite des rois de Suède et de Portugal.
- Dans la section française figureront des envois de nos manufactures nationales.
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- Italie
- La Commission de l’Exposition internationale musicale de Bologne, conformément à des modifications récemment introduites au règlement général, prendra à sa charge les frais de transport sur toutes les'lignes de chemins de fer, de tous les envois faits à l’Exposition, dans un but non pécuniaire.
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- L’exposition annuelle artistique a été inaugurée le 19 février, au palais des beaux-arts de Rome, via Nazionale. Les ouvrages exposés sont au nombre de trois-cent-vingt-quatre.
- L’absence des artistes les plus en vue a rendu l’exposition de sculpture assez faible, mais, pour le reste, l’exhibition est, assure-t-011, de beaucoup plus intéressante que les précédentes et le niveau général en est assurément supérieur.
- „ Ubique.
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- gBb. — Quatrième Année. — N° 1G6.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 4 Mars 1888.
- ADJUDICATION DE TRAVAUX
- POUR L’EXPOSITION DE 1889
- Lundi dernier, à une heure, le conseil de préfecture a adjugé : i° les travaux de maçonnerie en élévation à exécuter pour les palais des Beaux-Arts, des Arts libéraux, les galeries Rapp et Desaix, dans le Champ-de-Mars ; 2° les parquets et lambourdes des galeries et des tribunes du premier étage du palais des machines, au Champ-de-Mars.
- Le premier lot a été adjugé à MM. Ménesson et Bargeat, moyennant un rabais de 4 fr. 60 0/0.
- Le second lot a été adjugé à M. Antoine Collet, moyennant un rabais de 6 fr. 10 0/0.
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- L’EXPOSITION DE BRUXELLES
- Grand concours international des sciences et de
- l'industrie, et exposition universelle internationale de Bruxelles, 1888.
- Une commission d’initiative privée s’est réunie pour veiller à l’organisation de. la section, française au grand concours international des sciences et de l’industrie et à l’exposition universelle internationale de 1888 à Bruxelles.
- Cette commission s’est constituée comme suit :
- Président, commissaire général.
- M. A. Muzet, président du syndicat général de l’union nationale du commerce et de l’industrie, président du comité d’admission à l’Exposition universelle de 1889, etc.
- Vice-présidents
- MM. •
- Jarlaud, président honoraire des chambres vinicoles de France, membre de la chambre de commerce, président du comité d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Bertrand, président du conseil d’administration dss chambres syndicales du bâtiment, membre du comité d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Rodanet, président de la chambre syndicale de l’horlogerie, membre de la chambre de commerce, président du comité d’admission à l’Exposition de 1889.
- Secrétaires
- MM.
- J. Cahen, secrétaire de la chambre syndicale des conserves alimentaires, membre du comité d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Chevrie, meubles d’art, rapporteur du jury de l'exposition de l’Union centrale des arts décoratifs.
- Ghapel, secrétaire deTa chambre syndicale des caoutchoucs, membre du comité d’admission à l’Exposition universelle de 1889..
- Membres
- MM.
- Jules Bon, membre de la société centrale des architectes.
- Cusenier (E.), distillateur, membre du comité d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Decauville aîné, ingénieur, matériel de chemins de fer, membre du comité d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Ducher (H.), vêtements militaires, membre du comité d’admission à l’Exposition universelle de 1889. ...
- Fontaine (H.), administrateur de la société Gramme, président du comité d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Geneste (E.), ingénieur, constructeur d’appareils de chauffage et de ventilation, vice-président du comité d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Giraudon, président de la chambre syndicale de la maroquinerie, membre du comité d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Legrand (Victor), tissus, juge au tribunal de commerce, membre du comité d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Lemoine (Henri), président de la chambre syndicale de l’ameublement, membre de la chambre de commerce, président du groupe à l’Exposition universelle de 1889.
- Leprhice-Ringuet, meubles et bronze d’art.
- Liébaut, président de la chambre syndicale des mécaniciens, chaudronniers et fondeurs, ingénieur, vice-président du comité d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Marguery, président du comité de l’alimentation parisienne, • membre du comité d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Mascuraud (A.), vice-président de la chambre syndicale de la bijouterie-imitation, membre du
- comité d’admission à l’Exposition universelle de 1889. .
- Patay (E.), ancien président de la chambre syndicale des fleurs et plumes, membre du comité d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Piel (A.), président de la chambre syndicale de la bijouterie-imitation, membre du conseil des prud’hommes, vice-président du comité d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Planchenault, sellerie, harnachement, membre du comité d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Ranvier, président de la chambre syndicale du bronze-imitation, membre du comité d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Ravasse, ingénieur constructeur, membre du comité d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Thibouville, vice-président de la chambre syndicale des instruments de musique, membre du comité d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Thiébault (Jules), bronzes d’art, juge suppléant au tribunal de commerce, rapporteur du comité d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Touzet (H.), président de la chambre syndicale de la chaussure en gros, membre des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Tresca (E.), tissus, membre, vice-président du comité d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Viardot, meubles artistiques, membre du jury aux expositions internationales.
- Vidal (Léon), président de la chambre syndicale de la photographie, rapporteur du comité d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- W*ay (A.-H.;, président delà chambre syndicale des grains, graines, farines et huiles, membre de la chambre de commerce, rapporteur du comité d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Martial-Bernard, président honoraire de la chambre syndicale de la bijouterie, joaillerie, orfèvrerie, membre de la chambre de commerce, président du comité d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- May (Henry), imprimeur-libraire éditeur (maison Quentin), juge au tribunal de commerce, membre du comité d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Mesureur (Jules), ancien président de l’association des anciens élèves des écoles nationales d’arts et métiers, membre du comité d’admission à l’Exposition universelle de 18S9.
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- L’EXPOSITION DE MELBOURNE
- Le délai fixé pour la présentation des demandes d’admission à l’exposition internationale de Melbourne a expiré le 29 février.
- Les intéressés trouveront au ministère du commerce et de l’industrie (Direction du personnel et de l’enseignement technique, rue de Varennes), tous les renseignements nécessaires sur l’organisation de l’exposition, les moyens de transport, etc.
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- Par arrêté en date du 2 5 février 1888, le ministre du commerce et de l’industrie a nommé membres de la commission spéciale de l’Exposition de Melbourne :
- MM. Révoil (Paul), chef du cabinet du sous-secrétaire d’Etat au ministère de la marine et des colonies (ire section).
- Gaud, luthier du Conservatoire et de l’Opéra, vice-président des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889 (3e section).
- Amson (Georges), fabricant d’articles de Paris, rapporteur des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889(4® section).
- Touzet (Henri), président de la chambre syndicale des fabricants et négociants de chaussures en gros, membre des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889 (5e section).
- Germain-Thomas, juge au Tribunal de commerce, président de la chambre syndicale de l’épicerie en gros, secrétaire des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889 (8e section).
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- Par arrêté en date du 18 février 1888, le ministre du commerce et de l’industrie a nommé membre de la commission spéciale de l’exposition de Melbourne (section III), M. Paul Ollendorff, libraire-éditeur, membre des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- M. G. BERGER A LONDRES
- M. Georges Berger, directeur général de l’exploitation, en ce moment à Londres pour l’organisation de la commission anglaise, a assisté au banquet des chambres de commerce, qui réunissait de nombreux membres du Parlement. Sir Bernhard Samuelson, qui présidait, al souhaité la bienvenue à M. Berger, et a parlé de la longue amitié de la France et de la Grande-Bretagne, qui fait que l’Angleterre ne peut être prospère, si la France ne l’est aussi.
- Voici en quels termes M. Berger lui a répondu:
- Je n’aurais pas dû prendre la parole ce soir devant vous, car j’aurais dû avoir l’amour-propre de ne pas laisser soupçonner à quel point j’ignore votre langue si universelle ; mais l’honorable président de l’Association des chambres de commerce du Royaume-Uni m’a provoqué en parlant de l’Exposition de Paris en 1889, au succès de laquelle un toast a été porté. Je ne saurais donc garder le silence, du moment qu’il s’agit de ce'tte grande entreprise que la France dédie, sans aucune arrière-pensée politique, aux gloires du travail universel et à l’extension ainsi qu’à la consolidation des rapports commerciaux des peuples.
- Le gouvernement français et les organisateurs de l’Exposition de 1889 considèrent avec le respect dû aux autorités d’une nation amie les décisions du gouvernement de Sa Majesté britannique. C’est dans ce sentiment que je suis venu à Londres me mettre, au nom de M. le ministre du commerce et de l’industrie, à la disposition du comité national anglais qui pourra être formé dans le but de préparer et d’assurer, par un mouvement d’initiative privée, la participation des artistes, des manufacturiers et des agriculteurs anglais, qui, en 1889, seront attirés vers le Champ-de-Mars par leur intérêt de négociants et, je l’espère, par leurs sympathies pour la France.
- D’après ce que j’ai pu voir et entendre depuis mon arrivée à Londres, j’ai tout lieu de croire que les producteurs anglais pourront, avant peu de jours, se grouper autour d’un comité puissant composé d’hommes dignes de toute confiance et représentant brillamment leurs intérêts divers auprès du commissariat général de Paris.
- Je suis un vétéran des expositions, c’est vous dire que j’ai la prétention de connaître les égards dus à la personne et à la bourse des exposants; soyez donc assurés, messieurs, que j’ai déjà pris des mesures afin que les dépenses personnelles de chacun soient aussi réduites que possible,
- Permettez-moi de boire, dès ce soir, au succès certain de ia section britannique à l’Exposition de 1889 ; je vous remercie, messieurs, de votre aimable hospitalité ; votre bon accueil me crée vis-à-vis de vous et de vos amis une obligation que le directeur général de l’Exposition n’oubliera pas. J’ose vous donner rendez-vous au Champ-de-Mars le 5 mai 1889.
- CONCOURS GÉNÉRAL AGRICOLE
- AU PALAIS DE L’INDUSTRIE
- Du Samedi 28 Janvier au Mercredi 8Février (Suite)
- Pour les Produits agricoles divers, exposants producteurs, il a été décerné: i° un rappel de prix d’honneur à M. Cordier, directeur de l’Ecole pratique d’agriculture de Saint - Remy (Haute-Saône), pour l’ensemble de son exposition composée de céréales, plantes fourragères, légumineuses et graminées, betteraves de toute beauté; légumes secs, pois, haricots, etc. remarquables, qui ont obtenu une médaille d’argent ; enfin, les huiles diverses nos 1919 à 1929 ont obtenu une médaille d’or ; nous signalerons une huile de noisette d’un goût exquis. Puis une Médaille d’or grand module a été décernée à M. Nicolas, d’Arcy (S.-et-M.) pour sa collection de céréales et son exposition de plantes fourragères tout à fait hors ligne.
- Si nous examinons les installations des exposants marchands, il nous faudra évidemment commencer par la maison Vilmorin-Andrieux et Cis. Comme on dit d’un livre dont l’impression est irréprochable : c’est du Didot ! on dit aussi pour des produits de l’agriculture qui sont admirablement disposés dans le grand salon carré c’est Vilmorin qui expose ici, et tous les amateurs d’admirer à qui mieux mieux. Du reste pour l’ensemble de leur splendide exposition il a été décerné un rappel de prix d’honneur. Nous y remarquons parmi les blés, orges, avoipes, seigles, etc., les blés d’Attel et Lained, excellents hybrides obtenus par les exposants.
- Puis ce sont les fourrages, les plantes industrielles, les pommes de terre de petite et grande culture, pour distilleries et féculeries, betteraves à sucre : Vilmorin améliorée; des Choux fourrages et frisés d’ornement, puis les Choux de Géorgie très rustiques, à cœur blanc. Une belle variété de légumes frais parmi lesquels nous citerons le
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- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Quatrième Année. — N° 166.
- Dimanche 4 Mars iSSS. — 987.
- Céleri violet doré. etc. De nombreuses et très belles variétés de légumes secs, haricots, pois, fèves, lentilles, etc. Quant au second concours, qui comprenait les primeurs, légumes forcés et de saison, ainsi que les plantes fleuries, nous avons parlé des cinéraires qui formaient une des corbeilles du jardin d’hiver, chauffe au thermo-siphon, le seul endroit où la température se soit maintenue. Mais maintenant qu’Eole a calmé ses fureurs, que le temps est devenu plus doux, entrons de nouveau dans ce salon carré (autrefois nommé salon officiel) nous y trouvons des Jacinthes, des Tulipes, des Crocus.
- Et le muguet en fleurs agitant ses clochettes, des narcisses, des perce-neige, etc., dont le parfum faisait dire :
- D’où viennent ces odeurs,
- Cet air embaumé qu’on respire ?
- La reine charmante des fleurs A-t-elle ici, près de Zéphire Arrêté ses pas pour toujours?
- Hélas ! non, les roses promisesne sontpas venues, mais de timides violettes les ont remplacées.
- Regardons au centre, cette pyramide multicolore garnie de variétés plus agréables les unes que les autres.
- Parmi les Jacinthes nous citerons : 5583, Général Pelissier, rouge foncé; 5587, Incomparable, pétales rouges ayant une pointe de malachite à l’extrémité; 5640, Mont-Blanc, blanche mousseuse très fournie; 5649, Arnold Prinsen, violette; 5671, Grand-Maître, bleu-porcelaine; 507a, Lord Palmerston, bleu-porcelaine très nuancé; toutes ces variétés prises parmi les simples ; quant aux doubles il y en a également de très jolies. Sur la table qui supporte cette pyramide, nous remarquons des Narcisses blancs et jaunes, notamment Totus albus et Bouquet de Constantinople ; sur la table en face, au milieu, des Scilles de Sibérie, campanulée major et à fleur blanche, puis ces fameuses tulipes, immortalisées par La Bruyère; '58a-1, duc de Thol, tournesol demi-double-, 58q5, tournesol jaune nuancé d’orange, etc., etc., aussi cette merveilleuse exhibition a-t-elle été couronnée d’une médaille d’or, de meme que pour les Primevères et Cinéraires. Quant aux légumes forcés, une médaille d’argent grand module indique suffisamment la supériorité des produits, de meme que pour les légumes de saison, lesquels ont obtenu une médaille d’or.
- Passons à l’autre salon carré Nord-Est où a été installée, cette année, l’exposition des Fromages. De nombreuses pyramides disposées avec soin remplissent cette grande salle. Le temps a empêché bien des envois, néanmoins le Brie est très bien représenté et le prix d’honneur attribué à M. Profit pour son lot n° 45 est justement mérité. Le Coulommier et façon Brie sont représentés par des produits remarquables et nous pouvons dire que nos fabricants se sont signalés. M. Maurice Rendu de Lieury (Calvados), a obtenu la médaille d’or pour son lot n° 204, Camembert ; nous devons dire que ses produits sont d’une fabrication modèle dans laquelle on constate de réels progrès.
- A. Ramé.
- (A suivre.)
- LES LIVRES
- CXLVI
- Histoire de Beaumarchais, par Gudin de la Brenellerie. Mémoires inédits publiés sur les monuments originaux, par Maurice Tourneux. Paris, librairie Plon, 1 vol. in-18.
- C’est une chose à remarquer et que nous remarquons sans déplaisir: chaque fois que l’Académie française met au concours l’éloge d’un écrivain célèbre, et tire ainsi son nom du respect ou de l’oubli solennel où il languit, il se fait autour de ce nom remis en lumière, un mouvement d’opinion et de discussion ; la ruche littéraire s’agite et bourdonne, la gloire souffrante redevient militante ;. la gloire militante triomphe ; et les ouvrages de pleuvoir sur ce sujet ; ce qui montre en passant que l’Académie n’est pas si impuissante qu’on le dit à' deviner les courants d’opinion ou à les provoquer.
- Ce qui a eu lieu pour Marivaux se reproduit pour Beaumarchais. En 1888, nous assistons au même mouvement d’opinion, au même réveil de ruche qu’en 1880. Et les ouvrages de MM. E. Lintilhac E. Barberot, Maurice Tourneux sur Beaumarchais paraissent au lendemain du concours académique dont Beaumarchais a été l’objet, comme les ouvrages de MM. Gustave Larroumet, Gossot et Jean Fleury sur Marivaux avaient paru au lendemain du concours académique sur Marivaux.
- Nous ne nous plaignons pas non plus d’avoir à constater un autre fait d’observation : c’est l’attrait contagieux, le goût commun qui porte maintenant les professeurs de la jeune université à choisir pour sujet de leur thèse de doctorat ès-lettres des ou des hommes touchant à l’histoire du 1 6KtI-e ’ t^ses récentes et successives, devenues de bnlhmt3 volumes sur Dancourt, sur Nivelle de la Chaussée, sur Lesage et le théâtre de la Foire, les travaux hors de pair de MM. Larroumet et
- Lintilhac sur Marivaux et Beaumarchais, et consacrés à la conquête du bonnet et de la fourrure sorbonniques ne sont pas pour nous contredire. Autrefois l’école normale envoyait ses plus brillants élèves, déserteurs du professorat, au journal ; aujourd’hui elle les envoie au théâtre ; les lecteurs de MM. Sarcey, Emile Faguet, Jules Lemaître ne le regrettent pas.
- Mais puisque Beaumarchais a été l’occasion de cette digression de début, nous revenons bien vite à lui et nous raccrochons au passage à ce diable d’homme au rire étincelant, à la séduction irrésistible qu’on ne quitte plus une fois qu’il a arrêté sur vous le magnétisme de son regard, la fascination de son esprit. On est dompté, conquis, admirateur et ami pour la vie, en dépit des fautes et des défauts. On pardonne tout à un homme si vivant, si brillant, si généreux, si aimable qui dépense en bienfaits secrets, en nobles entreprises politiques ou littéraires la fortune dont les origines rapides gardent quelque'chose de suspect, dont l’intrigue et le scandale ont troublé les sources. Ce fut le cas de Gudin. Après avoir hésité, s’être disputé même un moment, il ne résista pas à l’irrésistible. Il voua à Beaumarchais une affection tendre, dévouée, fidèle, crédule, une amitié amoureuse. Gudin c’est le confident, c’est 1 ’alter ego. C’est le régisseur parlant au public, de ses pièces, de ses affaires, de ses revers, de ses procès, de ses succès qu’a choisi Beaumarchais. Il a bien vu et bien choisi en cela comme en tout le reste. Tous les écrivains qui avaient parlé de lui avaient consulté, de M. de Lo-ménie, à M. Lintilhac en passant par MM. Edouard Fournier et d’Heilli le témoignage demeuré manuscrit de Gudin. Mais ils l’avaient consulté confidentiellement, en quelque sorte, et discrètement, fragmentairement cité. Enfin voilà cette déposition imprimée et nous ne savons si le grand jour lui laissera le petit ragoût d’intimité et de mystère et l’attrait d’inconnu que lui ménagaient son état de document manuscrit, et la pénombre de l’archive. Aujourd’hui ces confidences de l’intendant, du factotum, de l’ami de Beaumarchais ne sont plus murmurées à l’oreille ; elles sont abandonnées aux indiscrétions de la publicité. Elles y perdent ce que perdrait le pastel qui voudrait se hausser jusqu’à la dignité du portrait à l’huile, l’épinette du temps de Louis XVI qui voudrait grossir sa frêle voix jusqu’au grondement de l’orgue ou jusqu’aux éblouissantes arpeggiatures du piano parcouru par une main savante.
- Enfin nous savons ce que contient ce témoignage de Gudin qui garde d’ailleurs la valeur d’une déposition enthousiaste mais sincère, émanant de l’homme qui a été le plus à fond dans la confiance de Beaumarchais, avec lequel il a plus d’un point commun , plus d’un trait de ressemblance sauf l’esprit et le génie. Gudin fut-fils d’horloger, horloger lui-même, poète, auteur dramatique et homme d’affaires comme Beaumarchais. Mais il n’eut ni le talent, ni les succès, ni les malheurs de son ami, et il nJa pas fait comme lui ses affaires de financier et d’écrivain ; il se trouve tout à fait en sous-ordre, en posture subordonnée de brave homme, de bon versificateur, de caissier irréprochable, devant la postérité. Quand nous disons caissier, c’est une erreur partagée jusqu’ici par bien d’autres. M. Tourneux, dont les notes exactes, d’une érudition curieuse et précise à la fois, et qui prennent parfois l’envergure d’une discussion critique serrée, sont pour le volume un ornement non superflu, mais un commentaire aussi agréable qu’indispensable , M. Tourneux nous apprend à ne pas confondre, comme on l’a fait trop souvent, les deux frères Gudin, Gudin de la Brenellerie, et Gudin delaFerlière qui fut, lui, le caissier de Beaumarchais. Gudin de la Brenellerie fut plus que cela, il fut le compagnon, l’ami, l’intendant, l’ambassadeur, le commissionnaire, la mouche, parfois mouche du coche de Beaumarchais. De même il ne faut pas confondre ensemble, ce qu’on fait tous les jours, les deux Benjamin de la Borde, tous deux amateurs des lettres et des arts, tous deux riches, l’un valet de chambre du Roi, l’autre banquier de la Cour, tous deux guillotinés sous la Terreur à peu de jours d’intervalle.
- Mais ce n’est pas le seul service que nous rende M. Maurice Tourneux. Il nous rend aussi celui de nous éviter à tout moment de trébucher dans une confusion et celui aussi de redresser les erreurs nombreuses qui dépareraient et discréditeraient un témoignage auquel il faut laisser toute sa fleur d’éloquence déclamatoire et toute sa saveur piquante pour nous d’archaïsme, d’anachronisme.
- Gudin écrit comme on écrivait en 1801. Il voit avec une naïveté qui l’empêche d’être ridicule dans Beaumarchais l’homme sensible et vertueux par excellence. Il croit aveuglément tout ce que lui dit son ami, qui pourrait bien parfois avoir cédé à ces tentations de mystification qui lui prenaient souvent. Il lui communique aussi ses propres erreurs, car cet homme si habile a été souvent trompé, cet homme a été dupe parfois dans les affaires où on le croyait fripon et victime, où on le croyait bourreau. S’il lui fait croire à la légende du juif Angelucci et de la lutte demeurée problématique où il manque d’être victime de son zèle et de son courage, s’il lui exagère ses mérites et ses services avec la même hâblerie qui préside à la rédaction de ses dépêches à M. de Sartines, à
- M. de Vergennes ou au Roi, car cet ardélion de faveur royale et populaire tour à tour, ce fanfaron ; de vertu et de vices n’était pas de ceux qui ont le service modeste et travaillent à se rendre inutiles, il le fait tomber avec lui dans le piège des fourberies et des minauderies du chevalier d’Eon, que Gudin comme Beaumarchais lui-même prend bien pour une femme.
- ^ Mais cette erreur de détail et bien d’autres n’enlèvent rien à la valeur de ce témoignage bienveillant, illusionné, mais honnête, sincère, et rempli de détails précieux, de ces détails de témoin oculaire ou auriculaire, qui permettent des comparaisons décisives et fournissent des confirmations ou des contradictions utiles.
- 11 Test pas jusqu’au style, qui ne soit amusant (quoique parfois agaçant aussi) par la phraséologie déclamatoire, sentimentale , les prosopopées et les périphrases et les images chères à la Muse du Directoire et du Consulat. On est brusquement reporté au temps où les Beaumarchais ont leur Gudin et les Homère leur Bitaubé, et les Bernardin de Saint-Pierre leur Ducray-Duminil , par toute cette rhétorique à perruque, à frac, à cravate blanche aux grands noeuds, à bas de soie, à épée de salon qui florissait en 1801, mais qui en 1888 semble un peu démodée, surannée, et sent sa feuille morte. A chaque page de ce Joseph Pru-dhomme consulaire, tour à tour Jean-Jacquiste et ossianesque, on rencontre « les actes de violence plus dignes d’undespote d’Asie, que d’un souverain d’Europe » « la satisfaction d’avoir arraché quel-quessifflets à l’envie », « l'astuce profonde qui faisait imprimer en même temps deux éditions » des pamphlétaires « vivant du criminel produit de leur plume » etc. On n’en finirait pas si. on voulait s’arrêter à ces fleurs d’herbier, à ces écailles de faux, vernis, à ces notes de vieille harpe qui détonnent si singulièrement sur les vivacités, les simplicités et les harmonies du bon langage et du bon style contemporain. A ce titre le monument élevé à Beaumarchais est aussi un monument de cet art biographique, critique qui n’est pas plus aujourd’hui de mode, que les vas.es étrusques ou les tombeaux égyptiens. C’est aussi avec ses marques du temps, ses becs de cygne et ses têtes de sphinx une pièce essentielle du dossier de Beaumarchais.Quand on pense-qu’il n’écrivit ses immortels Mémoires que faute de trouver un avocat pour oser le défendre devant les juges qu’il traitait, il est vrai, en accusés ! Les temps sont bien changés, Beaumarchais ne manque pas aujourd’hui d’avocats. Il est peut-être même un peu trop défendu. En tout cas, un de ses plus utiles, un de ses plus vaillants défenseurs, c’est encore, avec sa prose déclamatoire et lacrymatoire le bon Gudin de la Brenellerie.
- M. de Lescure.
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- LES THÉÂTRES
- Nous avons à signaler deux premières représentations. C’est d’abord, au Palais-Royal, Les Noces de Mlle Gamache, comédie en trois actes, de MM. H. Raymond et Ordonneau.
- Mlle Gamache devrait plutôt s’appeler Mlle Ganache, pour répondre au vrai signalement de son brave homme de père, ancien chef d’orchestre d’un assez médiocre génie et d’une audace également tempérée, dont toute l’ambition se borne à marier sa fille avec un bon jeune homme appelé Ernest. Nicolette— c’est Mlle Gamache— n’a qu’un défaut : elle n’est pas riche. Or, le père d’Ernest exige pour son fils une dot. Heureusement, l’ex-chef d’orchestre a une cousine, Mlle Cléopâtre, qui a promis de mettre quarante mille francs-dans la corbeille de noce de. l’enfant.
- Mais le pauvre Gamache a commis une faute. Il s’est laissé « traiter de melon » par un monsieur et il n’a pas riposté. Or, Cléopâtre est la fille d’un ancien commandant de cuirassiers, qui l’a élevée comme un enfant de troupe, et elle n’entend pas raillerie sur le point d’honneur. Gamache s’est déshonoré ; sa fille n’aura pas de dot.
- Gamache se réhabilite par un hasard étrange. Deux passants se sont pris de querelle à sa porte. Il se mêle à la dispute et au duel qui s’ensuit. Au récit qu’il en fait, Cléopâtre croit que c’est lui qui s’est battu. Gamache, qui s’est contenté du rôle de témoin, se garde de dissiper cette erreur profitable. car, du coup, Cléopâtre rend les quarante mille francs. Mais Nicolette a deux autres soupirants qui savent la vérité et dont la complicité est nécessaire à Gamache. Cette complicité, il tâche de se l’assurer par une série de fugues savantes , dans lesquelles il entraîne toute la noce de Nicolette, y compris le notaire, réduit à achever à la cave la lecture d’un contrat commencé dans le grenier.
- Malgré l’apparente drôlerie de cette donnée, la pièce de MM. H. Raymond et Ordonneau n’a que médiocrement réussi. L’esprit en est parfois d’une lourdeur fâcheuse, imparfaitement rachetée par l’épileptique mouvement de quelques scènes d’une fantaisie invraisemblable.
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- Dimanche 4 Mars.1888.
- 988 — Quatrième Année. — N° 166.
- M. Dailly et Mlle Lavigne animent ces trois actes de leur verve que leurs camarades secondent de leur mieux.
- Théâtre des Foi.ies-Dramatiques: La Demoiselle
- de Belleville, pièce en trois actes, de MM. Nuit-
- ter et Beaumont, musique de M. Millocker.
- La Demoiselle de Belleville des Folies-Drarrnti-ques était la Pucelle de Belleville de Paul de Kock.
- Mettons qu’il n’y a de changé que le mot et n’en parlons plus. Je ne veux ici, à la sortie du théâtre, que vous dire ce que je pense de la musique de M. Millocker, dont le nom, si je ne me trompe, figure pour la première fois sur une affiche du théâtre, à Paris.
- Ce compositeur d’opérettes est un Viennois qui s’ëst fait comme tel une réputation en Autriche, notamment avec 1 ’Etudiant pauvre, dont le succès a été grand dans toute l'Allemagne. U Etudiant pauvre n’est autre chose que la pièce d’origine française le Guitarero, de Scribe et Halévy, opéra-comique en trois actes, joué à Paris, en janvier 1841.
- Suivant le précepte: « Ote-toi de là que je.m’y mette », le Viennois Herr Zell, qui a traduit le livre en allemand, a fait disparaître le nom de Scribe pour y placer le sien. La pièce de l’auteur français étant intéressante, celle de Zell ne pouvait ^pas paraître sans intérêt, puisque c’est la même chose, et la musique facile et bien rythrïiée de Millocker ayant plu, le tout courut à la gloire et fit de l’argent.
- Mais il ne s’agit pas ce soir du Guitarero, c’est-à-dire de Y Etudiant pauvre, il s’agit de la Demoiselle de Belleville, c’est-à-dire de la pucelle de cette localité, découverte joyeusement jadis par Paul de Kock, qui a tant amusé, comme personne ne l’ignore, le spirituel Pie IX.
- Eh bien ! la musique de cette opérette, qui coule abondante et sans effort du cerveau, de M. Millocker comme l’eau claire des fontaines Wallace, a paru agréable aux Français autant qu’aux Viennois quand ils l’entendirent dans la capitale de l’Autriche pour la première fois, il y a trois ans environ.
- Les airs de cette partition, sans offrir rien de bien original, plaisent par leur allure franche et ce tour distingué qui caractérise la musique légère des Viennois. Toujours bien rythmés et brillants sans aucun tapage, les morceaux d’ensemble sont spirituellement écrits pour la scène et il en est de tout à fait réussis, comme, par exemple, le petit trio de la lettre au premier acte. La Marche des pompiers deviendra populaire chez nous, comme elle l’est déjà en Autriche. Je pourrais citer beaucoup d’autres morceaux qui valent, ce trio et cette marche. Partout une mélodie facile, écrite de verve, sans prétention au grand style, qui se laisse écouter avec plaisir et qu’on retient sans peine.
- LE BON MARCHÉ
- EXPOSITION GÉNÉRALE
- DE TOUTES LES NOUVEAUTES DE LA SAISON
- Il y a quelque temps, l’angle de la rne du Bac et de la rue de Sèvres était en pleine démolition. On nTy voyait que pans de murs déchiquetés, charpentes, surplombant le vide, chaos de plâtres et de pierres. Image saisissante de tout ce qui se renouvelle ici-bas, de tout ce qui disparaît pour renaître sous la poussée du progrès.
- Aujourd’hui, après quelques, mois de travaux l’aspect de ce coin de Paris a changé. Avec sa ceinture de vitrages, ses pavillons qui se découpent sur le ciel gris parisien; le soir surtout, avec ses milliers de lumières étincelantes qui lui donnent un aspect de féerie, l’édifice du Bon Marché offre une physionomie nouvelle et d’un genre tout spécial au milieu de ce Paris presque lointain de la rive gauche, si différent par tant de côtés de celui de la rive droite.
- C’est qu’ici, dans cette ville étrange où se coudoient tous les contrastes, chaque coin de quartier, chaque angle de rue offre un horizon nouveau.
- Le faubourg Saint-Germain fit loi en matière d’élégance, pendant un temps. Mais tout change en ce monde, le quartier aristocratique devint morne et sombre, quand l’élan se porta vers la rive droite. Et à une certaine époque, aux alentours de la rue de Sèvres, on n’entendait dans le jour que le roulement des équipages et le bruit des portes cochères s’ouvrant ou se fermant.
- On était là dans une autre contrée. Les contours s’estompaient différemment, les objets revêtaient un autre aspect, il semblait qu’on ne fût plus sous le même ciel. Dans la rue, les passants n’avaient plus la même allure. On coudoyait un autre peuple ; on se croyait à cent lieues de ce qu’on rencontrait avant de passer les ponts.
- Mais voici que le règne de l’élégance s’est cen-
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- tralisé dans ce faubourg, autrefois et pour quelque temps découronné, et qui paraissait mort.
- La création du Bon Marché a établi,un courant nouveau. Peu à peu les magasins se. sont agrandis. Ils tiennent aujourd’hui tout un îlot de Paris, depuis les dernières constructions. Ils s’étendent par leurs dépendances jusqu’au delà de la rue de Babylone Demain, sans aucun doute, ils seront encore trop petits et s’étendront à nouveau.
- Vienne un jour d’exposition, pour parler le langage courant, un de ces jours d’exhibition universelle du triomphe de la mode qui se renouvellent plusieurs fois chaque année dans cet emporium du luxe et de l’utile, de la fantaisie et du confortable, alors on se reconnaît comme des voyageurs déjà rencontrés, qui viennent de loin, qu’on a toujours vus aux mêmes jours de fête, à la même place, aux mêmes rendez-vous du bon ton.
- Il est des choses qu’on ne trouve qu’ici ou là, dans Paris. Le Bon Marché est une maison où l’on trouve tout ce qu’on veut, où l’on rencontre ce qui n’a sa place nulle part ailleurs, avec un raffinement spécial de bon goût, un cachet particulier d’élégance, un parfum de bon aloi qu’on chercherait en vain en tout autre endroit.
- Il faut à ces expositions presque universelles, une place énorme, de larges comptoirs, d’interminables galeries, où puissent s’étaler à l’aise tous ces objets tant convoités qui sont le luxe des maisons, la parure des dames, l’ornement du foyer.
- Et voilà pourquoi les magasins du Bon Marché se sont agrandis, pourquoi cet angle de rue composé de vieilles bâtisses qui fut le berceau de la maison a pris un air de jeunesse, de fête et de grandeur.
- Plus d’un de ces vieux employés, comme il en reste encore dans cette maison modèle, qui ont vu les commencements, qui sont les ouvriers de la première heure, qui ont assisté aux développements de cette colossale entreprise qui est surtout une oeuvre, plus d’un de ces fidèles a dû sentir une larme furtive mouiller ses joues, à la vue des démolitions du coin de la rue du Bac.
- Que de souvenirs, que de travail, que d’efforts, de difficultés vaincues, de prospérité toujours croissante, représentaient ces vieux murs qui ont abrité tant d’espoirs et vu se réaliser tant de succès légitimés et mérités.
- Ce coin de Paris lointain est devenu comme un phare lumineux, un pôle magnétique, pour les reines de la mode, pour toutes ces chères aimées que nous adorons, que nos cœurs voudraient toujours heureuses, même au prix des plus heureuses futilités.
- Elles se coudoient au milieu de ces mille merveilles créées par le progrès de notre siècle. Elles y vont toutes, à quelque classe de la société qu'elles appartiennent, et la noble dame à qui la fortune a prêté ses ailes d’or, et la femme delà bourgeoisie aisée qui recherche l’utile, et l’ouvrière qui, sur ses économies et le fruit de son travail, veut orner les dons naturels de la nature, ou embellir son foyer.
- L’élégante y trouve des raffinements au luxe qu’elle adore, des embellissements nouveaux, des charmes ignorés perfectionnés par la science ou la vulgarisation üu progrès. La femme qui doit tenir son rang avec de médiocres ressources y trouve tout ce qui peut l’orner à bon compte, donner à la maison de famille un aspect luxueux. La femme du peuple s’y raffine, y prend le goût de l’économie pour pouvoir se procurer ce qui est beau, ce qui a du style, pour la décoration de son logis.
- Tout ce quitoucheà l’art du vêtement, à l’ameublement, aux objets nécessaires ou simplement agréables y est exposé tour à tour, à différentes époques de l’année.
- Ces expositions sont annoncées à l’avance, impatiemment attendues. Dès le matin, les omnibus regorgent de voyageurs, les fiacres circulent; on va, on vient, on court, on se presse. Et le soir, des milliers de familles admirent les achats de la journée, en commentant la qualité, l’élégance, s’extasiant sur les prix modiques auxquels elles ont pu acquérir tout cela. Souvent on s’étonne sans réfléchir au progrès qui permet ces tours de force sans penser que c’estprécisément l’immense débit des marchandises qui autorise une telle modicité de prix.
- En un mot, dans les grands magasins de nouveautés, au Bon Marché surtout, on a réalisé le problème de la vulgarisation du luxe de bon aloi, la concentration universelle de tout ce qui touche à l’utile et au bien être extérieur dans les choses usuelles, une certaine égalisation de tous les objets relatifs à la décoration d’un intérieur, à l’ameublement, aux chefs-dïœuvre même de l’art.
- Tout est devenu à la porte de tous.
- On a crié au monopole, sans songer qu’au contraire la création du Bon Marché, avec son admirable organisation basée sur la participation, avec son fonctionnement perfectionné, les immenses moyens d’action, sa puissance de concentration de tous les objets dus au progrès moderne, a contribué puissamment à l’égalisation, dans le sens le plus social et le plus humanitaire de ce mot, du luxe devenu absolument nécessaire à tous, dans tous les rangs de la Société.
- On a beaucoup dit mais on n’a pas tout dit sur
- l’organisation merveilleuse de cette maison du Bon Marché. On n’en a pas dévoilé tous les rouages.
- Elle se présente comme le prototype, en ce siècle de progrès du magasin universel qui fait travailler les masses et concentre dans ses murs tous les produits de l’industrie usuelle, et tous ses raffinements, en réalisant le désidératum général du prix rationnel, jamais arbitaire, uni à la qualité supérieure de la confection.
- C’est là un résultat considérable qu’on avait longtemps cherché sans le trouver jamais, en raison des prix de main-d’œuvre trop élevés eu égard à la consommation.
- En centuplant la consommation, le Bon Marché a donc résolu le problème des prix abordables à tous.
- L’ouverture des nouveaux locaux va donner plus d’extension encore à son immense mouvement de commerce, plus de vie à ce coin de Paris, et plus d’ouvrage aux ouvriers. Les exposi-sitions y seront plus grandioses.
- C’est un foyer de travail qui réchauffera plus de monde.
- Le lundi 5 mars et jours suivants aura lieu une exposition générale de toutes les nouveautés de la saison.
- Cette exposition, une des plus considérables de l’année, prendra, cette fois-ci encore, un aspect particulier et tout nouveau pour les habitués et, elle attirera forcément un plus grand nombre de visiteurs. Les agrandissements considérables qui viennent d’être terminés vont donner une place énorme à tous les articles exposés. On circulera plus librement, on pourra mieux choisir au milieu de toutes ces merveilles de l’utilité.
- Tout le monde voudra profiter des prix exceptionnels offerts par le Bon Marché à l’occasion de cette mise en vente qui comprend tout un monde d’objets.
- Les soieries occupent le premier rang avec les lainages unis et fantaisie. Le printemps va venir et il faudra des vêtements nouveaux, d’étoffes différents. Soit qu’on achète les étoffes pour les faire confectionner, soit qu’on s’en tienne à la confection toute faite, on trouvera au Bon Marché le choix le plus varié de tous les tissus, de soie, de laine, des étoffes nouvelles remarquables par le choix qu’on en peut faire, par leur qualité exceptionnelle et le bon marché auquel elles sont offertes.
- L’exposition s’étendra à tout ce qui concerne le vêtement. Pour les dames, elle comprend les soieries noires, les soieries de couleurs, les soieries de fantaisie, les étoffes nouvelles à rayures de dispositions variées, les lainages de couleurs unies, les lainages noirs, la rouennerie, la passementerie. Les costumes confectionnés pour dames sont à des prix très modérés et atteignent par une gradation raisonnée à des chiffres plus élevés, mais toujours des plus abordables. Ils sont tous exquis, du meilleur goût, en même temps qu’ils sont de la dernière nouveauté. Costumes de ville, de campagne, d',intérieur, corsages, jupes jerseys, chapeaux des meilleures formes, l’assortiment est on ne peut plus complet.
- Le rayon des conLctions pour hommes et garçonnets, qui vient de recevoir un développement nouveau, offre à la clientèle un choix facile à des prix variés.
- Notons encore, pour n’être pas trop incomplet dans cette énumération qui serait immense si on pouvait tout nommer, les chaussures, les en-cas et ombrelles, les cravaches, les dentelles, etc., etc.
- On peut aisément, à cette exposition, se monter de tout pour toute la saison nouvelle.
- Le Bon Marché n’aura pas vu encore une telle affluence à son exposition des nouveautés de la saison. C’est que, cette fois-ci, tout le monde voudra voir les agrandissements et circuler dans ces superbes galeries qui renferment tout un monde.
- Les créateurs de la maison, M. et Mmc Bouci-caut, ne verront pas l’extension de leur œuvre. Après tant de travaux accomplis, après la fondation d’une société colossale, après l’institution de la prévoyance, de la caisse des retraites, ils ont quitté ce monde, l’un après l’autre, à quelques années de distance, dans toute la sérénité d’une vieillesse autour de laquelle se groupaient mille regrets, des élans de reconnaissance qui faisaient comme une auréole à leur vie toute de bonté, de dévouement à la cause sociale comprise noblement, de désintéressement magnanime et de délicate intelligence.
- Les fleurs qui recouvrent leurs tombes sont de celles qui ne passent pas, parce qu’elles sont nées, épanouies dans des milliers de cœurs et qu’elles sont faites de reconnaissance et de pleurs mérités.
- Baille.
- Le Gérant, GARREAU.
- Tours. — lmp. E. ARRAULT et Cie, rue de la Préfecture,
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- Le Moniteur
- DE
- L'EXPOSITION DE
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère> 18, a Paris
- QUATRIÈME ANNÉE. Dimanche 11 Mars 1888. NUMÉRO 167.
- SOMMAIRE :
- 1. Les Travaux du Champ-de-Mars ; 2. Rapport de M.Dautresme au président de la République relatif à l'Exposition de 188g; 3. Arrêtés; 4. Association de garantie pour l’Exposition de 1889; 5. La participation étrangère à l’Exposition de 1889; ü. Echos; 7. L’Exposition de Barcelone ; 8. L’Exposition de Copenhague; 9. Exposition de l’art culinaire; 8. Sciences et industrie ; 11. Concours général agricole ; 12. Canal de Panama; i3. Les Livres; 14. Les Théâtres.
- EXPOSITION UNIVERSELLE
- DE 1889
- LES TRAVAUX DU CHAMP-DE-MARS
- Les montage des pavillons de l’agriculture sur le quai d’Orsay se continuant avec une grande rapidité, l’ossature de ces galeries ne tardera guère à être terminée et on procédera sans retard aux travaux accessoires, maçonnerie légère, menuiserie... qui transformeront ces carcasses métalliques en constructions complètes. A ce sujet, s’il nous en souvient, nous avons donné, il y a quelque temps, une légère esquisse de la décoration qui serait employée pour les façades 'longitudinales, mais nous n’avions pas parlé des extrémités des pavillons dont l’ornementation diffère de celle des travées; peut-être serait-il utile de compléter notre description précédente en ajoutant quelques renseignements sur l’aspect que présenteront les faces extrêmes des palais de l’agriculture, renseignements qu’on peut d’ailleurs trouver avec plus de détails dans le devis descriptif qui a été dressé pour l’adjudication des travaux.
- Ces façades extrêmes sont de deux types, l’un à 8 extrémités et l’autre à 6 seulement.
- La première façade, épousant le périmètre de la ferme en fer, se compose d’un grand motif central avec fronton triangulaire surélevé au-dessus de ladite ferme et de deux bas-côtés à un seul rampant.
- Dans la partie centrale, se trouve une grande baie cintrée avec archivolte moulurée divLée dans la hauteur, à la naissance de l’arc, par une traverse d’imposte au-dessus de laquelle se trouvent deux meneaux divisant eux-mêmes l’imposte en trois châssis égaux ; dans chacun des bas-côtés se voit une baie de croisée également cintrée avec archivolte moulurée.
- Cette façade est décorée de 4 pilastres saillants avec piédestal, corniche et chapiteau reposant à la partie basse sur un socle courant mouluré reposant lui-même sur un soubassement ; au-dessus du socle un bandeau d’appui sous croisées se raccorde avec l’architecture des pilastres.
- La corniche du fronton et de sa base, ainsi que celle des deux rampants, est décorée de consoles et modillons et surmontée à la partie supérieure d’une rive moulurée en plâtre peint avec motifs d’angles. A la rencontre des deux corniches rampantes de ce fronton se place un grand motif R. L. de sculpture et aussi un grand motif sur l’archivolte de la grande baie. Les quatre pilastres sont ornés de cartouches sculptés.
- Dans l’axe des pilastres extrêmes et du motif supérieur s’élèvent des hampes de drapeaux avec motifs sculptés à la base. Le porte est décorée de tentures formant portières et rappelant le style des façades longitudinales.
- La façade du deuxième type épouse le périmètre de la forme en fer ; elle se compose d’un soubassement en briques apparentes d’environ 2 mètres de hauteur au-dessus du sol, sur un socle également en briques et couronné d’un bandeau divisé en deux parties égales par la porte d’entrée d’une largeur de 4 m. 5o sur 5 m. de hauteur.
- Au-dessus du soubassement ainsi qu’au-dessus de la porte se trouve un châssis vitré en fer. De chaque côté de la porte et aux angles de la façade se trouveront des pilastres en bois, les premiers, partant du sol, avec socle à la base et ornementation à la hauteur de la traverse qui termine la porte, les seconds, reposant sur le soubassement décorés d’écussons et surmontés de hampes de drapeaux.
- La porte est terminée à la partie supérieure par une large traverse d’imposte décorée de croisillons. Au-dessous des rampants de la ferme en fer se place un lambrequin saillant en frises rainées et arrondies à la partie inférieure et surmonté, suivant le rampant, d’une corniche en menuiserie.
- D’après la maquette, que nous avons vue dans les bureaux, ce projet nous paraît devoir donner un bon résultat et si l’exécution est conforme aux dessins, l’alliance des tons de faïence et de briques avec les couleurs des tentures formera un ensemble polychrome d’un joli effet, heureusement complété par les faisceaux de drapeaux.
- *
- X *
- Les promeneurs qui se trouvaient ces jours derniers sur l’esplanade des Invalides ont pu voir des opérateurs munis d’un niveau et de mires, c’étaient des agents de l’administration de l’Exposition qui nivelaientleterrain afin d’avoir exactement les cotes des différents points de cette A^aste promenade. Cette opération nous fait grand plaisir, car elle prouve qu’on s’occupe de l’importante annexe qui s’étendra depuis l’hôtel des Invalides jusqu’à la Seine et que bientôt on y commencera les travaux que nécessiteront les nombreuses attractions réunies en cet endroit, attractions dont nous avons déjà donné la nomenclature.
- Les constructions devant s’élever sur l’Esplanade sont, en général, à l’exception pourtant du grand palais des Colonies, d’une importance secondaire. Quant aux dimensions néanmoins, comme elles sont nombreuses, variées, et que la décoration y joue un rôle prépondérant, elles nécessiteront encore une somme de travail assez considérable et il est temps de s’en occuper si on ne veut pas être obligé d’ouvrir un trop grand nombre de chantiers à la fois et d’encombrer complètement le terrain en question d’ouvriers et de matériaux.
- Puisque nous avons parlé des opérateurs chargés de niveler l’espace réservé aux expositions, coloniales, il est bon de faire remarquer l’importance qu’a ce travail bien modeste en apparence; nous ne nous arrêterons pas à la précision qu’il faut apporter dans ces sortes de mesures ni à décrire les précautions minutieuses que ne doit pas négliger celui que les prend. Bien que tout cela ait une importance énorme, nous ferons seulement observer combien est indispensable ce nivellement en disant que la plupart des endroits sur lesquels on d oit construire, quoique présentant à l’œil une surface parfaitement régulière, offrent d’un point à un autre des différences de niveau suffisantes pour qu’en les négligeant on risque de modifier con-
- sidérablement les prévisions d’un projet, surtout en ce qui concerne* les fondations ; de plus, la connaissance de ces cotes du terrain est indispensable pour permettre de donner aux édifices la régularité nécessaire. Un fait montrera le justesse des remarques qui précèdent : bien qu’au premier abord le quai d’Orsay paraisse parfaitement plan et régulier, il a fallu, pour que toutes les fermes destinées aux pavillons de l’agriculture se trouvassent de niveau, exécuter pour la plupart d’entre elles des excavations atteignant parfois 0,70 c. à 0.80 c. de profondeur. Pour s’en assurer il suffit de parcourir le quai et d’examiner lesdite excavations non encore remblayées.
- Il est bien évident que si le nivellement n’avait point été fait à l’avance le montage des fermes eût présenté de grandes difficultés ; il eut fallu, à phaque instant, procéder à des mesures directes longues et incommodes tandis que connaissant, avant le montage, les cotes des points où devaient s’implanter les charpentes, on a pu creuser, à la fois, tous les trous dans lesquels il n’y a plus eu qu’à poser les montants métallt-ques sous lesquels ont été placés de petits massifs de béton, sauf pourtant dans les excavations où se rencontraient les grosses racines des arbres du quai ; dans ces cas, afin de ne pas couper les racines en approfondissant le trou, on a supprimé le massif et on a simplement mis des plaques entre les semelles et le sol.
- Ce mode de procéder est des plus simples, peu coûteux assurément, mais offre-t-il bien toutes les garanties de stabilité ? Evidemment, les fermes utilisées pour les bâtiments de l’agriculture sont très légères, leurs comœrtures et les remplissages ne seront pas bien lourds mais, enfin, le tout formera encore un poids assez respectable. Or, dans les endroits que nous signalons, la charge reposera donc sur le sol par l’intermédiaire d’une surface d’appui d’étendue très restreinte et, dans ces conditions, n’a-t-on pas à craindre de ci de là quelque affaissement ? Les données exactes nous manquant pour calculer la pression qui s’exercera sur le sol, notre observation est seulement basée sur les remarques faites en examinant le montage, c’est pourquoi nous la faisons simplement sous forme de question destinée à fixer un point de détail, car il est bien certain que les précautions voulues ont dû être prises et que, si ce mode d’installations a été adopté, c’est qu’il a été reconnu suffisant pour éviter tout mécompte.
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- Il a été publié un cahier des conditions et clauses générales imposées aux exposants qui désirent élever des constructions particulières en dehors des bâtiments édifiés par l’Exposition; certaines de ces conditions étant purement du ressort administratif, nous n’avons pas à nous en occuper, mais d’autres clauses, concernant exclusivement les travaux, leur exécution, leur entretien et leur démolition, nous paraissent offrir un intérêt assez général pour justifier quelques citations.
- On voit d’abord que toute construction devra être autorisée par le ministre et que. pour obtenir la permission, l’exposant devra fournir au directeur des travaux tous les détails : plans, coupes et élévations du projet.
- Comme la plupart de ces constructions auront un caractère d’utilité publique, l’administration se résenœ le droit d’employer, sur le terrain accordé, un espace de 9m. carrés à Tins-
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- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- Dimanche ii Mars 1888.
- tallation d’un poste téléphonique ou télégraphique aménagé, sauf les appareils, aux frais des concessionnaires.
- Les travaux devront être conduits conformément aux prescriptions générales imposées à tous les entrepreneurs et le dernier délai d’exécution est fixé au i®1' mars 1889, date à laquelle tous les chantiers doivent avoir disparu.
- Les installations accessoires, création des trottoirs ainsi que leur entretien en état de propreté et de viabilité, canalisations spéciales pour l’eau, le gaz et l’électricité seront à la charge des exposants. Le chauffage sera fait exclusivement au gaz et, quant à l’éclairage, il sera obtenu par le gaz et l’électricité soit séparément soit concurremment et selon les indications de l’administration ; en tout cas, le concessionnaire devra, pour l’eau, le' gaz et l’électricité, adresser une demande d’abonnement en indiquant le plus exactement possible sa consommation probable par vingt-quatre heures.
- Les intéressés seront libres du choix de leurs entrepreneurs pour tout ce qui concerne l’intérieur de la construction, quant aux canalisations extérieures, ils seront tenus de s’adresser aux services spéciaux bien que les frais d’établissement soient à leur charge, ainsi qu’il vient d’être dit précédemment.
- Parmi les frais d’établissement qui incombent encore aux exposants, il faut citer ceux qui se rapportent aux terrassements, massifs, pelouses, jardins et allées, compris dans le périmètre assigné, on doit y joindre aussi l’arrosage ; mais, dans ces diverses catégories, l’exposant n’a qu’à acquitter ses droits sans opérer lui-même l’installation et l’entretien dont se charge l’administration.
- Pour terminer, il convient d’ajouter que sous peine de dommages-intérêts en cas de retard, les permissionnaires devront avoir fait disparaître les constructions et tout remis en état dans un délai de deux mois à partir de la clôture de l’Exposition.
- Grâce à la publication de ce cahier des charges les exposants, dès à présent, peuvent se rendre un compte assez exact des frais auxquels les entraîneront leur installation ; du reste, la dernière circulaire de M. Berger a complété ces renseignements en indiquant, d’une façon approximative, le prix auquel reviendra l’ensemble des dispositions prises d’office par l’administration en ce qui concerne les planchers, clôtures, portes et tentures, ornementation générale et gardiennage ; on peut admettre que tous ces frais accessoires atteindront en moyenne un chiffre d’environ 70 à 80 fr. le mètre carré et ne dépasseront pas 100 fr.. en tout cas.
- Rien n’est désagréable comme d’être obligé de toujours revenir sur le même sujet et pourtant on y est bien contraint lorsqu’il s’agit de travaux d’aussi longue durée que ceux actuellement en cours d’exécution ; avec la meilleure volonté possible, l’établissement des échafaudages, qu’on dresse en ce moment, demande un certain temps qui ne peut être abrégé : de plus, ce travail n’offre aucune variété puisqu’il consiste toujours à ajuster de nouvelles pièces de bois à celles déjà en place; aussi, ne pouvant fournir nul détail intéressant relatif à ces constructions, il nous suffira de dire qu’elles sont menées avec la plus grande rapidité afin de rattraper le temps que l’hiver a fait perdre.
- Les autres chantiers reprennent petit à petit leur animation, le Champ-de-Mars et ses abords se repeuplent et. sauf imprévu, il est probable qu’avant peu les travaux, en pleine reprise, nous offriront d’intéressants sujets de causeries.
- H. de Baecker.
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- RAPPORT DE M. DAUTRESME
- AU. PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE relatif à l’Exposition de 188g (Suite et fin).
- participation des étrangers a l’exposition
- Plusieurs gouvernements étrangers nous ont déjà informé de leur participation officielle à l’Exposition de 1889. En Grèce, en Suisse, en Norvège, en Serbie, des commissaires généraux ont été nommés et d’importants crédits ont été votés par les parlements. Le Japon, le royaume de Siam, le Maroc, le Transvaal, Zanzibar et Hawaï
- ont donné l’assurance que leurs envois ne le céderaient en rien aux précédents. Toutes les républiques de l'Amérique centrale et de l’Amérique méridionale s’occupent très activement de leur participation, dont le succès promet d’être brillant, si on en juge par l’emplacement considérable qu’elles demandent.
- Les puissances, qui ne veulent pas seconder de leur patronage officiel la participation de leurs nationaux, ont promis toutefois leur protection et leurs encouragements, et la plupart d’entre elles aident d’une manière efficace à la réunion de leurs exposants. Les comités nationaux, composés des notabilités commerciales et industrielles des divers pays, se sont organisés avec empressement.
- Un comité consultatif d’industriels, représentant chaque groupe de la classification générale des produits à exposer, s’est constitué en Belgique, et a déjà envoyé à l’administration plusieurs centaines de demandes d’admission.
- Depuis longtemps, un comité national, à la tête duquel se trouvent de nombreux sénateurs et députés, s’est formé à Rome pour l’Italie, et a reçu l’adhésion des principales chambres de commerce du royaume. Le président et le secrétaire général de ce comité sont venus à Paris, au mois de septembre dernier, pour s’entendre avec le commissariat général : ils m’ont assuré, dans leur visite au Champ-de-Mars, qu’ils allaient, dès leur retour, pousser encore plus activement l’accomplissement de la coopération italienne. J’apprends que dans ces derniers jours dessous-commissions spéciales viennent d’être créées pour les sciences sociales, les beaux-arts, les soieries et l’anthropologie criminelle.
- En Espagne, le Cercle mercantile et la chambre de commerce de Madrid provoquent, avec le concours de toutes les chambres de commerce espagnoles, la formation d’un comité semblable à celui de l’Italie. Le gouvernement royal, de son côté, est prêt à faire parvenir des instructions pressantes aux gouvernements des provinces.
- En Portugal, un comité, fort encouragé par le gouvernement, réunit les adhésions.
- Plusieurs notabilités industrielles s’occupent de préparer une brillante exposition des produits des Pays-Bas; une commission d’initiative, composée de membres des principales sociétés industrielles, recueille les demandes.
- Le gouvernement grand-ducal du Luxembourg a exprimé la volonté de seconder les efforts de l’initiative privée par une subvention, et a invité la chambre de commerce à provoquer la constitution d’un comité national.
- En Turquie, une commission vient de se former, sur l’initiative de la chambre de commerce de Constantinople, pour l’Exposition des produits ottomans.
- En Egypte, S. A. le khédive a bien voulu promettre une subvention et toutes les facilités de transport. La création d’un comité égyptien divisé en trois sous-comités pour le Caire, Alexandrie et Port-Saïd, permet d’espérer une exposition du plus grand intérêt.
- Les industriels anglais ont pris part à toutes les récentes expositions, le plus souvent en l’absence d’un patronage officiel : il n’est donc pas douteux que le nombre des exposants ne soit aussi considérable qu’aux expositions précédentes. Une commission d’organisation est sur le. point d’être constituée, et de nombreuses demandes d’admission individuelles ont déjà été transmises par les consuls à l’administration. La Grande-Bretagne se montre d’ailleurs prête à faciliter le concours de ses colonies, dont l’opinion est généralement favorable à une participation à l’Exposition de 1889. En Australie, Victoria et la Nouvelle - Galles du Sud sont résolues à envoyer leurs produits, et il est question d’une entente entre les colonies australiennes pour la formation d’un syndicat les réunissant toutes. Le Canada participera très probablement d’une manière officielle, comme il l’a fait à Anvers et à Amsterdam sans le patronage de la métropole. Dans le cas où le gouvernement viendrait à s’abstenir, la chambre de commerce de Montréal a décidé de prendre l’initiative de l’organisation du département canadien. Enfin, un mouvement vient de se produire dans les Indes.
- Les industriels russes s’occupent d’établir deux comités, l’un à Saint-Pétersbourg, l’autie à Varsovie.
- Les associations commerciales constituent de même un comité national en Autriche.
- Une commission hongroise va fonctionner sous peu de jours. Quant aux artistes de Bohême, ils préparent une exposition des plus intéressantes.
- Aucune réponse ne nous est encore parvenue ni du Danemark, ni de la Chine, quoique des demandes d’emplacement dans les palais ou de concession dans les jardins aient été envoyées par des Chinois; ni de l’Allemagne, dont la participation pour les beaux-arts parait très probable; ni du Brésil, ni de l’Equateur, dont nous espérons fermement le concours.
- Les Etats-Unis n’ont pas non plus affirmé leur participation officielle, qui est cependant certaine. Un crédit considérable, sur le désir diupresident, vient d’être voté par le congrès. Un comité s’est constitué à New-York et entretient des relations
- avec les comités locaux de la Pensylvanie, du Delaware et de Chicago. Les visites nombreuses et les demandes de renseignements laites par les représentants des diverses industries permettent de compter sur une large participation de l’Amérique du Nord.
- Comme vous le voyez, monsieur le Président, il se produit à,l’étranger un grand mouvement en faveur de l’Exposition de 1889. L’initiative privée se substitue aisément à l’action gouvernementale dans les pays où celle-ci fait défaut. Partouyles principaux industriels et commerçants sont décidés à envoyer leurs plus beaux produits : la contagion de l’exemple entraînera les autres. On peut donc compter que la section étrangère de l’Exposition de 1889 offrira un ensemble complet, et présentera le plus grand attrait par sa variété et ses développements.
- IVe PARTIE Résumé général
- Dépenses autorisées. — La situation des dépenses autorisées par décision ministérielle, après avis de la commission de contrôle et de finances, se résume ainsi qu’il suit :
- Crédit........................ 43.000.000 »
- Dépenses engagées :
- Chap. i01’.. 688.536 3g J
- Chap. 2... 16.889.461 90 >17-675.14; 5o
- Chap. 3... 97-H9 21 J______________
- Excédent disponible au 3i décembre 1887...................... 25.619.042 5o
- Les tableaux annexés au présent rapport contiennent le développement détaillé de ces résultats et il paraît superflu de les reproduire ici.
- Les marchés ont été passés par adj udication ou de gré à gré lorsque les circonstances l’exigeaient.
- IÎ y a eu 17 adjudications publiques.
- Le montant des travaux mis en adjudication est de 9,864,660 fr. 72.
- Les travaux concédés de gré à gré s’élèvent a 6,144,328 fr. 52.
- L’importance des marchés passés en location est de 1,287,424 fr. 63.
- Les constructions métalliques sont partagées en vingt-trois entreprises, les terrassements en forment huit et les autres travaux dix-neuf.
- Dépenses liquidées. — Les dépenses liquidées s’élèvent à 3,542,337 fr, 33, savoir:
- Chap. ier.—Administration . . 68'8.i36 3q
- Chap. 2. — Travaux. _ . . . . 2,852,854 94
- Chap. 3. — Exploitation. . . . 1,346 »
- Somme égale. . . . 3,542,337 33
- Les dépenses liquidées sont ordonnancées par le ministre, commissaire général, et payées par le Trésor public. Les salaires des ouvriers employés aux travaux exécutés en régie sont payés au moyen d’une avance permanente, véritable fonds de roulement, faite par la caisse centrale du Trésor public au caissier de l’Exposition. Les salaires acquittés de cette manière s’élevaient, au 3i décembre 1887, à 50,624 fr. 41. Les sommes avancées par le caissier central de l’Exposition sont ordonnancées à son nom à titre de remboursement, d’avance.
- Service médical. — Les dépenses du service médical sont prélevées sur le produit d’une retenue exercée, conformément aux dispositions de l’article 17, paragraphe 2, sur le montant des travaux exécutés et fournitures faites par les entrepreneurs.
- Les dépenses faites pour le service médical s’élèvent, au 3i décembre 1887, à. 40,739 5q
- Les recettes effectuées au 3i décembre ne s’élevant qu’à...........25,928 59
- Il ressort un excédent de dépenses de............................... • 14,811 »
- La situation anormale que présente le compte du service médical provient de ce que les recettes, qui consistent dans une retenue de 1 p. 100 sur les travaux, ne peuvent être réalisées qu’au moment même du payement des travaux exécutés.. Elle prendra donc fin dès que Timportance des payements augmentera, c’est-à-dire très prochainement.
- Le service médical compte aujourd’hui un médecin en chef, trois médecins adjoints, un pharmacien et deux infirmiers.
- Le nombre des malades et blessés a été, depuis l’ouverture des chantiers, relativement très restreint, et il n’y a eu que huit accidents graves. Trois ouvriers des chantiers sont morts,'mais deux seulement des suites de leurs blessures ; les chiffres sont très rassurants si l’on songe qu’il y a, chaque jour, une moyenne de 526 ouvriers employés au Champ-de-Mars.
- CONCLUSION
- En limitant à q3 millions les dépenses de l'Exposition universelle de 1889, le Parlement imposait de grands devoirs au ministre commissaire géné-
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- Quatrième, Année. — N° 167.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1S89.
- Dimanche ii Mars 18S8. — 991.
- val ; un crédit si restreint pour une entreprise si considérable, sujette à des mécomptes et des imprévus, exigeait une recherche constante de stricte économie.
- Les rapports mensuels du directeur général des finances me donnaient avec précision la situation budgétaire ; bien que l’exactitude en fût pour moi absolument certaine, j’ai tenu à la faire confirmer par le témoignage d’un inspecteur des finances que, sur ma demande, M. le président du conseil, ministre des finances, a bien voulu déléguer.
- Tout le monde apprécie la haute valeur des inspecteurs des finances dont la commission du budget a refusé de réduire le nombre, « pour marquer tout le prix qu’elle attache au contrôle e.t aux travaux de ce corps d’élite ».
- Or, voici dans quels termes s’exprime M. Ma-chard, l’inspecteur désigné par M. le ministre des finances :
- « Le devis d’estimation primitif a été établi d’une manière très large, et il en est résulté un boni important pour les dépenses de terrassement; par contre, il y a eu pour les constructions métalliques, un mécompte dont la cause nous a été indiquée par M. le directeur général, et auquel il a été pourvu au moyen d’un transport de crédits d’un article à l’autre.
- « Lors de la rédaction du devis primitif, les architectes avaient prévu qu’il pourrait être nécessaire de modifier ainsi la répartition des sommes qui étaient mises à leur disposition. Dans les services de l’Etat, un tel transport entre les divers articles ou paragraphes du chapitre budgétaire serait d’ailleurs parfaitement correct, et l’on peut admettre qu’il en soit de même pour l’exécution du budget de l’Exposition. Ce budget a été en effet établi suivant les règles générales qui président à la rédaction du budget de l’Etat et a été divisé_ en chapitres qui ne comprennent que « des services corrélatifs ou de même nature », comme le prescrit l’article 56 du décret du 3i mai 1862. Il semble donc légitime d’accorder à ses ordonnances les mêmes latitudes qui sont données aux ordonnateurs des dépenses publiques.
- Les prévisions du devis primitif n’ayant pas été dépassées dans leur ensemble, jusqu’à présent, pour cette importante partie de l’entreprise, tout permet d’espérer qu’il continuera à en être de même dans l’avenir; mais, pour éviter tout mécompte, il sera important de n’ajouter aucune dépense nouvelle à celles qui ont été. prévues aux devis primitifs, et de respecter ainsi les limites du budget qui a été adopté dès l’origine. » _
- Je n’ai rien à ajoutera cette appréciation. Vous me permettrez toutefois, monsieur le Président, de reporter à ceux à qui il est dû, le mérite des résultats que constate M . l’inspecteur des finances.
- J’ai rappelé plus haut le concours précieux que nous a prêté en toute circonstance la commission de contrôle et de finances. Je ne saurais, sans injustice, passer sous silence l’empressement _ avec lequel, dans les divers comités qu’il a fallu instituer, ceux à qui nous nous sommes adressés ont répondu à notre appel. Quant à nos collaborateurs directs, depuis les directeurs éminents, dont vous connaissez la haute valeur, jusqu’aux plus modestes employés, chacun, dans sa sphère, a rempli sa tâche avec un zèle et un dévouement que je suis heureux de proclamer.
- Tous nous sommes animés du même sentiment patriotique; tous, nous voulons que l’Exposition de 1889 efface, par son éclat, les expositions précédentes, et, comme je l’ai dit en vous recevant au Champ-de-Mars, fasse honneur à la France, à la République et à votre présidence.
- Veuillez agréer, monsieur R Président, l’expression de mon respectueux dévouement.
- Le ministre du commerce et de l'industrie, commissaire général,
- Lucien Dautresme.
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- ARRÊTÉS
- Par arrêté en date du 29 février 1888, le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a nommé membre de la section III (arts et métiers) de l’exposition rétrospective du travail et des sciences anthropologiques, en • remplacement de M. Raynaud, décédé, M. Clérac (H.), inspecteur ingénieur des postes et télégraphes.
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- ’ Par arrêté en date du 29 février p888, du ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, M. Joseph Plassard est admis à remplir les fonctions de secrétaire de la section VI (caisses de retraites et rentes viagères) de l’exposition d’économie sociale.
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- Par arrêté en date du 29 février 1888, du ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, M.
- Chiris (Léon), sénateur, membre du comité d’admission de la classe 4S (Produits chimiques et pharmaceutiques), passe au comité d'admission de la classe 28 (Parfumerie).
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- Par arrêté, en date du 3 mars 1888, le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, .a nommé membre des comités d’admission, classe IX (Imprimerie et librairie), M. Alban Chaix, imprimeur-éditeur, en remplacement de M. A. Chaix père, démissionnaire.
- D
- Danel (Léonard), imprimeur à Lille. 6.000
- Danhauser, inspecteur principal de l’enseignement du chant, 1, rue de Mau-beuge. 1.000
- Dantu-Dambricourt, industriel et agriculteur à Steene, près'Bergues (Nord). 2.000
- Dubar (Gustave), vice-président de la société des agriculteurs du Nord, 8, Grande-Place, à Lille. 1.000
- Dubosc (Paul-Eugène) , fabricant de
- moutarde, 79, rue de la Verrerie. 1.000
- F
- ASSOCIATION DE GARANTIE
- POUR L’EXPOSITION DE R
- Sixième et dernière Liste des Souscripteurs
- A
- MM.
- Aubert (Pierre-Félix), entrepreneur de
- travaux publics à Angers. B Bley (Lonis-Raymond), entrepreneur de 1.000
- travaux publics à Luçon (Vendée). Banque de l’Indo-Chine, 22, rue de la 1.000
- Grange-Batelière. G Chambre de commerce de : 0 0 0
- Angers. 1.000
- Carcassonne. 2.000
- Castres (ses membres). 1,000
- Chalon-sur-Saône. 1.000
- Bône. 1.000
- Grenoble. 1.000
- Montpellier. 1.000
- Nice. 1.000
- Oran. 1.000
- Perpignan. 1.000
- Saint-Omer. 3.000
- Tarare. 1.000
- Toulon. 1.000
- Troyes. 1.000
- Vienne. Chambre syndicale de la stéarinerie et de la savonnerie : Bolle-Besson (Jean-Gustave), fabricant 1.000
- de bougies et savons, à Dole (Jura). Lenoël (Victor-Julien), directeur de la manufacture des bougies et savons de l’Etoile, 178, avenue de Paris, plaine 1.000
- Saint-Denis (Seine). Michaudfils frères, fabricants de savons, 89, avenue delà République, àAuber- 5.ooo
- vîlliers (Seine). Venèque et ses fils, fabricants de bougies, 48, 5o et 32, rue du Milieu, à Ivry (Seine). Chambre syndicale des carrossiers, charrons, selliers, bourreliers et des industries annexes : Ui O O O
- S.ooo
- Chambre syndicale, 3, rue de Lutèce. Carrossiers ,et charrons : T . OOO
- Belvallette frères, 24, Champs-Elysées. Binder aîné, 40, avenue du Bois-de- 1.000
- Boulôgne. Binder (Charles), 40, avenue du Bois- I .000
- de-Boulogne. 5.000
- Geibel (Alfred), 14, rue de Milan. I .000
- Kellner (Georges), 109, avenue Malakoff. La Carrosserie industrielle, 228, fau- I .000
- bourg Saint-Martin. Million, Guiet et Cie, 60, avenue Mon- Cn O O O
- taigne. Copeau (Victor), 83, faubourg Saint- \ Denis. j 1.000
- Méré (Paul), à Chantilly (Oise). \ 1.000
- Thiercelin aîné et Boisée, 108, fau bourg Saint-Honoré.
- Chambre syndicale des entrepreneurs
- de démolitions, 3, rue de Lutèce. Colonie de la Martinique. Compagnie des mines de : 1.000
- 1.000
- Aniche (Nord). 9.000
- Anzin (Nord). 31.000
- Béthune (Pas-de-Calais). 10.000
- Bruay (Pas-de-Calais). 10.000
- Carvin (Pas-de-Calais). 3.000
- Courrières (Pas-de-Calais). 12.000
- Douchy (Nord). 5.000
- Dourges (Pas-de-Calais). 5.000
- Drocourt (Pas-de-Calais). 2.000
- Ferfay (Pas-de-Calais). 3.ooo
- La Grand’Combe (Gard). 12.000
- Lens (Pas-de-Calais). 16.000
- L’Escarpelle (Nord)._ 7.000
- Liévin (Pas-de-Calais). 7.000
- Maries (Pas-de-Calais). So.ooo
- Meurchin (Pas-de-Calais). S.ooo
- Vicoigne et Nceux (Pas-de-Calais). 10.000
- Fauré Le Page (Emile-Henri), fabricant d’armes, 8, rue Richelieu.
- G
- Genevoin (Jean-Germain-Marie-François-Ernest) , marchand de bois à Precprosap (Cambodge).
- Génie civil (souscriptions recueillies par le journal le) :
- de Arozarena (Luis), ingénieur des arts et manufactures, docteur ès-sciences, Caljada del Cerro, n° 549, à la Pla-vane (île de Cuba).
- Baudelle (Henri), ingénieur, architecte (E.C.P.), 12, rue de la République, à Troyes.
- Benoit Buffaud et Tobie Robatel, ingénieurs-constructeurs, rue de Bara-ban, 27 et 29, à Lyon.
- Meissirel (Henri), ingénieur à la verrerie de Bayel (Aube).
- Marquot (G'.i, administrateur des verreries de Bayel et Clairey, à Bayel (Aube).
- Gosse (Paul-Emile) , directeur de la succursale du Crédit foncier de France, rue Louis XVI, x 5, à Cher-bourg.
- Grellou (Henri), ancien membre de la chambre de commerce de Paris.
- H
- Haulpetit (Alexandre), directeur d’école communale, T66, rue de Pelieport.
- Hecht Lilienthal et Cie, à Lyon.
- S.ooo
- 1.000
- 2.000
- 2.000
- ï. 000 1 .coo
- t. 000
- 5.000
- 10.000
- 5.000 i5.000
- (A suivre.)
- LA PARTICIPATION ÉTRANGÈRE
- A L’EXPOSITION DE 1880
- Etats-Unis
- La Chambre des représentants a adopté une résolution tendant à accepter l’invitation de la France à participer à l’Exposition universelle de 1889.
- M. Belmont, en déposant cette résolution, a fait l’éloge de l’histoire et du passé de la France.
- « Mais, a ajouté l’orateur, c’est la France d’aujourd’hui que les Etats-Unis désirent tout spécialement honorer. »
- ÉCHOS
- Paris
- Jeudi dernier 8 mars, s’est ouverte à la galerie Georges Petit, 8 rue de Sèze, l’exposition annuelle de la société des Aquarellistes français.
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- Une exposition d’aquarelles de G. Jacquet est ouverte à la galerie des artistes modernes, 5, rue de la Paix, du 7 au. 31 mars.
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- * if.
- A voir au cercle militaire, une exposition de peinture militaire, avec des œuvres de Neuville, Détaillé, Dumaresq, Berne-Bellecour, etc.
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- * >6
- Nous avons dit l’exposition, à l’hôtel de ville des œuvres envoyées au concours de décoration pour la salle des'fêtes de la mairie du VIe arrondissement.
- Le jury a attribué le prix et confié l’exécution à M. Lévy (Henri) et décerné la première et la seconde prime à MM. Urbain Bourgeois et Lionel Royer.
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- Nos confrères d’art parlent de l’organisation, sur l’initiative et au profit de la société de l’Hospitalité de nuit, d’une exposition de l’art français sous Louis XIV et Louis XV.
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- 992. — Quatrième Année. — N° 167.
- L’exposition en question se fera en mai etjuin, à l’hôtel de Cliimay, dépendance de l’école des beaux-arts.
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- Départements
- La Société des Amis des Arts prépare à Saintes une exposition de peinture, pastel, aquarelle, dessin, émail, faïence et gravure, qui se fera, salle Palissy, du 25 avril au 31 mai.
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- ETRANGER
- Allemagne
- Nous avons précédemment annoncé que le prince régent de Bavière avait accepté le haut-patronage, et le prince Louis la présidence d’honneur de l’exposition internationale de beaux-arts dont l’inauguration, à Munich, est fixée au 1er juin prochain.
- Ajoutons que les demandes d’admission doivent être adressées par les artistes avant le 15 courant, la réception des envois devant s’effectuer du 1er au 15 avril.
- Les frais de transport et d’assurance sont à la charge du Comité. Toutes les communications sont reçues par M. Eugen Steiler, peintre, président du Comité central des artistes à Munich, auquel peuvent être demandés tous les renseignements nécessaires, que l’on trouve également dans les bureaux de la légation de Bavière à Paris.
- Les dessins destinés au catalogue doivent être expédiés à Munich, à la maison de publications artistiques.
- Friedrich Bruckmann, Kaulbachstrasse, 22 ; le service d’expédition est confié à MM. Welscli, frères, Schützenstrasse, 5.
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- Signalons l’inauguration, faite à Strasbourg le 1er mars, du musée industriel, organisé, comme nous l’avons annoncé il y a quelques mois, par les soins de M. Scbrieker, et la Création, à Cologne, d’un musée d’arts décoratifs, organisé par l’initiative privée avec le concours de l’administration communale.
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- L’exposition des industries artistiques dont l’ouverture se fera à Munich, en mai prochain, couvrira de ses constructions une surface d’emplacements d’une superficie de 12,203 mètres carrés pour les galeries d’exhibition seulement, et à l’exclusion des annexes.
- L’ensemble des bâtiments s’érige avec une grande activité. Plans et exécution sont de l’architecte Seidel.
- Le palais comporte deux grands corps de bâtiment, reliés par une galerie couverte. La grande entrée donne sur la Maximilianstrasse.
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- L’Association d’aviculture de Dresde a, durant ia dernière semaine de février,, ouvert dans les galeries de la société horticole Flora, dans Ostra-Allée, son exposition annuelle. L’exhibition comporte 824 numéros, gallinacées, pigeons, canards, oies, dindons, oiseaux chanteurs et d’agrément.
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- Angleterre
- Une très importante exposition photographique a été inaugurée le lundi 20 février au Crystal-Palace. L’exposition comprend, avec de très belles productions photographiques, près de 150 appareils.
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- Toujours à Londres :
- La Nineteenth-Century Art-Society a réuni en exposition aux Conduit-Street Galleries, 250 ouvrages de peinture et 200 aquarelles environ.
- MM. Agnew ont aussi, dans leurs galeries de Old-Bond-Street, une exposition intéressante d’aquarelles.
- Enfin aux Dowdeswell’s Galleries, 160, New-Bond-Street, les amateurs trouvent une exposition d’études de M. Ed. Hav, et une exposition de fantaisies de M. Ludovici, conçues dans le genre Van Beers et Whistler, et consacrées au monde des théâtres.
- La neuvième exposition annuelle hippique de la Shire Horse Society a été ouverte le mardi 28 février dernier, dans Agricaltural Hall.
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- Le Conseil exécutif de l’exposition internationale de Glasgow a été officiellement informé que S. M. la reine daignait prêter aux organisateurs
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE :88q
- un choix des objets artistiques et précieux qu’elle possède, ayant trait à l’histoire d’Ecosse, entre autres un portrait de la reine Marie Stuart, avec le scène de l’exécution, au dernier plan, un portrait de lord Darnley et de son frère, un portrait de Georges IV en costume écossais, et une sélection de ses présents jubilaires.
- Le prince et la princesse de Galles ont bien voulu promettre d’assister à l’inauguration de l’exposition, le mardi 1er mai prochain.
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- Autriche-Hongrie
- L’exposition industrielle, préparée à Vienne, à l’occasion du jubilé quarantenaire. du règne de l’empereur, sera solennellement inaugurée, le • lundi 14 mai.
- L’exposition aéronautique, dont nous avons également traité précédemment, s’ouvrira le dimanche 1er avril, jour de Pâques. Les travaux divers de construction et d’aménagement entrepris au Prater, en vue de cette dernière sont entièrement achevés à l’heure actuelle. Les adhésions étrangères sont, assure-t-on, nombreuses. M. V. Silberer, le promoteur, et notre confrère de l’Allyenxeine Sport-Zeitung, annonce une série d’ascensions pour cet été, dont quelques-unes exclusivement scientifiques, ainsi que des expériences de parachutes, etc.
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- L’inauguration au Kunstlerhaus de Vienne, de l’Sxposition internationale des beaux-arts, primitivement annoncée pour le jeudi 1er mars, avait été remise, au dernier moment, au samedi suivant, 3.
- C’est à cette date qu’elle a eu lieu, sous la présidence de l’archiduc Charles-Louis, représentant l’empereur absent.
- L’ambassadeur de France assistait à la cérémonie.
- La France et la Russie ne sont point officiellement représentées à l’exposition ; cette dernière puissance y a cependant quelques envois industriels.
- L’Angleterre figure avec entre autres envois, les 60 aquarelles que réunit l’album jubilaire, hommage à la reine Victoria. La participation de l’Allemagne est des plus importantes. Il faut citer en première ligne dans cette section les aquarelles de A. Menzel, les toiles de Anton von Wer-ner. Defregger, Passim tiennent la tête de l’exposition autrichienne avec le peintre polonais M. de Matejko qui expose une scène de la vie de Kos-ciusko.
- L’art hongrois est aussi très brillamment représenté : l’empereur a prêté 23 ouvrages d’artistes divers; Benczur a un portrait du premier ministre Tisza ; Munkacsy expose un portrait de Liszt.
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- Belgique
- Nos excellents confrères la Reçue Sud-Américaine et la Reçue Commerciale, Diplomatique et Consulaire, annoncent qu’un Comité des consuls des différents Etats sud et centre-américains, s’est réuni à Bruxelles pour préparer une exposition collective d’échantillons des produits de ces pays dans les galeries du grand concours.
- Le but poursuivi est l’organisation d’une exposition aussi complète que possible d’échantillons, de documents, de photographies, d’armes et de renseignements statistiques, relatifs aux Etats du sud et du centre de l’Amérique.
- Le Comité adresse, en faveur de cette entreprise intéressante, un appel à tous ceux qui sont à même d’aider de leur précieux concours à la réussite générale, et les prie de faire parvenir à M. de Sorbein, secrétaire du Comité, 19, rue de Berlin, à Bruxelles, tous les objets ou renseignements qui pourront contribuer à la création de cette importante exposition-musée commerciale.
- Les intéressés trouveront dans le Moniteur officiel de Belgique, du 12 février, le texte de l’arrêté royal qui détermine le traitement douanier applicable aux produits étrangers qui figureront an grand concours.
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- Le Bollettino delle Finance, Ferrocie e Industrie dit qu’il y a environ deux ans, le gouvernement belge soumit à toutes les puissances la proposition d’installer à Bruxelles, à frais communs, un bureau International pour favoriser le développement du commerce universel.
- Cet office serait chargé,. d'après le projet, de l’échange et de la communication entre tous les pays de toutes les lois ayant trait au commerce ou" à l’industrie ; de la traduction de ces documents, des tarifs douaniers, etc., en allemand, en français, en italien, en anglais, en espagnol, etc.,
- Quarante-huit Etats, dont l’Allemagne, l’Angleterre, l’Autriche-Hongrie, la France et l’Italie, ont adressé leur adhésion.
- En conséquence, le ministre des finances de Belgique a annoncé dernièrement aux Chambres
- Dimanche ii Mars 1888.
- que le 15 mars se réuniront à Bruxelles, pour délibérer sur l’organisation du bureau, les représentants des Etats qui ont adhéré à la proposition belge.
- Danemark
- Tout est mis en œuvre, nous mande-t-on, pour assurer une réussite brillante et donner tout l’éclat désirable à l’exposition Scandinave de l’agriculture, de l’industrie et des beaux-arts de Copenhague.
- Les adhésions étrangères sont si nombreuses, et dépassent à un tel point les prévisions primitives, que d’importants travaux d’agrandissement sont devenus nécessaires.
- Chaque corps de bâtiment est conçu dans un style différent, approprié à son affectation particulière.
- On signale comme devant constituer la principale attraction de la section agricole, une ferme-métairie en fonctionnement.
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- Le mouvement de participation française pour les différentes sections artistiques continue d’être très vif.
- La Société des Pastellistes français a résolu de se faire représenter à l’exposition.
- L’Union centrale des Arts décoratifs est, nous l’avons dit, investie des fonctions de Commissariat général pour la section française d’art industriel. Elle a pu, en faveur de nos exposants, obtenir une prorogation du délai primitivement désigné pour la remise au Havre des envois destinés à l’exposition : le terme de dépôt est prolongé du 15 mars au 15 avril. Les colis à destination de Copenhague devront être adressés directement au Havre, à M. Emile Bauzin, agent de transports maritimes, 1, rue Dubocage de Bléville.
- L’exposition de Copenhague sera inaugurée le mardi 15 mai pour clôturer le dimanche 30 septembre.
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- Etats-Unis
- Les nouvelles œuvres du peintre Pliilippoteaux, exposées actuellement à Boston, — le Panorama de la bataille de Gettysburg et le Diorama de la vie du général Grant en vingt et un tableaux, — obtiennent beaucoup de succès.
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- Chez MM. Doll et Richards, à Boston encore, le peintre J. FoxcroftCole a une exposition de peintures et d’aquarelles.
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- Grèce
- Notre excellent confrère, le Moniteur indus triel, donne, d’après le Messager d'Athènes, quelques détails sur l’exposition nationale dont nous avons, il y a deux ans, mentionné l’organisation à Athènes, et dont l’inauguration se devait faire en novembre 1887.
- Les produits étrangers ne seront pas admis à l’exposition ; il est fait exception cependant pour les machines agricoles. L’inauguration de l'exhibition est fixée au mois d’octobre prochain. Ce que ne dit point notre confrère pour expliquer ces longs retards, c’est qu’ils ont été causés par des défectuosités de construction du palais et notamment par l’écroulement, dans les premiers mois de 1887, d’une partie de la toiture. D’où, procès contre les entrepreneurs, réclamations, etc., et interminables délais.
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- Espagne
- Un décret royal, inséré à la Gaceta, décide qu’une exposition s’ouvrira en 1892, à l’occasion des fêtes qui célébreront le quatrième centenaire de la découverte de l’Amérique par Colomb. Le même décret institue une commission chargée de rédiger un programme.
- Si nos lecteurs se le rappellent, nous avons, il y a près de deux ans, parlé de ce projet à l’origine de son apparition.
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- Italie
- Les demandes d’admission adressées à l’exposition italienne de Londres atteignent aujourd’hui le chiffre total de .1800.
- Les ministères italiens de la marine, de l’agriculture et du commerce feront, l’un une grande exposition navale pour laquelle sera réservée une surface de 140 mètres carres et 180 mètres de paroi; le second une exhibition spéciale de produits des mines et de l’agriculture.
- A ces expositions officielles s'ajoutera encore celle de l’école navale de Gênes.
- Le steamer qui transportera à Londres les
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- Quatrième Année. — N° 167.
- objets d’exposition part de Venise ces jours-ci et fera escale, pour de nouveaux embarquements, dans les principaux ports de l’Adriatique et de la Méditerranée.
- Dans la partie de l’exposition où seront réunis les échantillons de produits italiens, on créera une voie, une avenue moyen âge, bordée de maisons, de palais, d’hôtels du temps et où figureront tous les costumes de l’époque. D’autres projets sont à l'étude pour donner un éclat et un intérêt tout particuliers à l’exposition.
- La section de Beaux-Arts comprendra les œuvres italiennes possédées par des collectionneurs anglais et spontanément prêtées.
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- Vous enregistrions dans notre dernier numéro l’exposition au palais romain des Beaux-Arts, via Mazionale, des projets envoyés au concours pour le monument de Victor-Emmanuel.
- Le jugement définitif devait intervenir avec le choix de l’exécutant. A la stupéfaction générale, la Commission n’a pu prendre une décision et a convoqué les mêmes artistes à une nouvelle épreuve fixée au 29 mars 1889.
- Nous raconterons peut-être un jour pour l’édification des artistes, l’étonnante odyssée de ce concours ouvert depuis des années, jamais clos, jamais jugé et remis encore ad calendas.
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- Une exposition d’oiseaux de basse-cour et de colombier, de gibier, de lapins, de chiens, etc., aura lieu à Rome, le mois prochain à l’occasion du concours agricole.
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- Notre excellent confrère, le BolleUino delle Finance, Ferrocie e Industrie a ouvert dans ses colonnes une rubrique spéciale consacrée à l’exposition de 1889.
- La situation nouvelle créée entre la France et l’Italie par la rupture des relations commerciales, rendra sans doute inutile cette excellente initiative et la fera abandonner, et il faudra sans doute considérer comme définitivement dissous, après une interruption absolue de ses travaux, le Comité central promoteur de participation, que présidait, à Rome, l’honorable député M. Villa.
- LeJournal des Arts dit qu’à Vérone une exposition de peinture se prépare sur l’initiative de la Société locale des Beaux-Arts.
- Cette exhibition se fera à l’occasion du troisième centenaire de la mort du Véronèse et ouvrira le 19 avril pour clôturer le 3 juin.
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- République Argentine
- Nous avons annoncé, dans un précédent numéro, l’organisation, à Buenos-Ayiœs, par décret présidentiel, d’une exposition permanente des produits nationaux.
- Le Gouvernement a décrété, en vue de l’installation de cette exposition spéciale, la construction d’un palais à Buenos-Ayres.
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- Norvège
- Notre confrère, le Journal des Artistes, dit qu’une intéressante exposition des œuvres de M. Grimelund, le peintre de marine connu et apprécié de nos salons, est ouverte en ce moment au palais des Beaux-Arts de Christiana.
- Ubique.
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- .L’EXPOSITION DE BARCELONE
- M. Charles Prevet, commissaire général de la section française à l’Exposition universelle de. Barcelone, sVst rendu il y a quelques jours dans cette ville pour se rendre compte de l’état des travaux, de l’importance de l’Exposition et régler les derniers détails de la section française.
- Il a reçu de M. le. sénateur Pirma, commissaire royal représentant le gouvernement espagnol, de M. Francisco de Ruis y Toulet, alcade constitutionnel de Barcelone, président de l’Exposition, de ^L Lopez, fabricant, président du jury des récompenses, de l’administration centrale, et de M. le délégué général à la direction de l’Exposition,
- 1 accueil le plus empressé.
- Il a visité toutes les galeries, étudié avec m- Courtois-Suffit, architecte de la section française, l’installation de la section, arrêté les dispositions principales, et pris les mesures nécessaires pour que les produits français puissent tenir à Barcelone la situation exceptionnelle qui leur est due sur le principal marché de l’Espagne.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dès son retour à Paris, M. le commissaire général a réuni la commission d’initiative de l’Exposition de Barcelone, au commissariat (Palais de l’Industrie, porte n°i) ; Il était assisté de M. Gustave Sandoz, premier vice-président; MM. les commissaires de classes et de groupes avaient presque tous, et au nombre de plus de cent, répondu à cet appel. M. Ch. Prevet a rendu compte de son voyage et affirmé que l’Exposition universelle de Barcelone serait réellement considérable et grandiose et tout à fait digne des sacrifices que devaient s’imposer au nom des grands intérêts du pays, artistes, industriels et commerçants français pour faire de la section de la France la plus importante et la plus brillante de toutes les sections internationales.
- Les questions de douanes ont été résolues conformément aux désirs qu’il avait formulés, c’est-à-dire que les colis marqués au départ de doubles étiquettes espagnoles et françaises, et de lettres d’admission, à destination de l’Exposition de Barcelone, ne seront pas visités en douane, ni à Port-bou, ni à Barcelone, pas plus que les vitrines, et ne paieront aucun droit de douane.
- Bien plus, les colis et les vitrines seront pris à la gare de Barcelone et transportés à pied d’œuvre dans l’intérieur de l’exposition par les soins de la direction de l’exposition.
- Le transbordement à Port-Bous sera surveillé par M. le vice-consul de France désigné à cet effet.
- Les intérêts français seront sauvegardés et défendus par M. le consul général de France à Barcelone.
- Les compagnies de chemins de fer accordent 5o 0/0 de réduction sur le tarif commun P V 364, c’est-à-dire tarif plein à l’aller et retour gratuit. 11 existe d’autres compagnies de transport par voie de mer qui offrent aussi des réductions importantes et dont les conditions sont déposées au commissariat.
- Le gardiennage de la section française à Barcelone sera l’objet des soins du commissariat.
- En terminant, M. Ch. Prevet a remercié les membres de la commission d’initiative de leurs efforts couronnés de succès, à ce point que dès aujourd’hui les emplacements affectés à la section française peuvent être considérés comme entièrement occupés, et le succès le plus brillant absolument assuré.
- La réunion a voté des remerciements chaleureux à M. le commissaire général.
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- Le commissariat général français de l’Exposition universelle de Barcelone vient d’adresser à MM. les commissaires de classes et de groupes la note suivante :
- L’Exposition de Barcelone sera ouverte le 8 avril, mais l’inauguration officielle n’aura lieu que dans les premiers jours du mois de mai.
- Les certificats d’admission qui devront être remis aux compagnies de chemins de fer pour bénéficier des réductions de tarifs, ainsi que les étiquettes spéciales à apposer sur tous les colis, seront envoyés aux exposants du 1 5 au 20 mars. L’architecte de la section française résidera à Barcelone pendant tout le mois d’avril et veillera à l’installation des exposants, conformément aux plans établis et aux emplacements attribués.
- L’Exposition française devra être entièrement achevée le 1e1’ mai 1888.
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- M. le commissaire général de la section française de l’Exposition universelle de Barcelone fait connaître que le rôle de réception des demandes d’admission des exposants français étant depuis quelques jours dépassé, il ne sera plus, à partir du samedi 10 mars, admis de déclarations nouvelles.
- Les plans de la section française du pavillon de l’agriculture et des emplacements à l’air libre, ainsi que ceux des sections maritimes, sont en ce moment dressés parles soins de l’architecte de la section et les reçus d’admission sont envoyés aux intéressés.
- La première moitié du prix des emplacements étant due aussitôt la place de chaque exposant définitivement arrêtée, l’encaissement aura lieu vers le i5 mars parles soins du Crédit lyonnais, et aussitôt après l’avis d’encaissement, les certificats, étiquettes et pièces nécessaires seront envoyés aux intéressés pour l’expédition des produits qui devra être faite le ier avril au plus tard.
- A cause de l’encombrement inévitable et des difficultés de transit, MM. les exposants sont priés de surveiller les libellés de leurs lettres de voiture et leurs déclarations ainsi que l’opposition des étiquettes qui leur seront fournis par les soins du commissariat général.
- M. le commissaire rappelle que l’installation complète de tous les produits devra être terminée expressément du ierau 5 mai. Après le 5 mai, il sera pris aux frais des exposants retardataires telles mesures qui seront jugées nécessaires à l’intérêt général.
- Dimanche ii Mars 1S8S. — 998.
- L’EXPOSITION DE COPENHAGUE
- L’Union centrale dés arts décoratifs agissant comme secrétaire général de la section française d’art industriel qui doit prendre part à l’Exposition Scandinave ayant lieu cette année du i5 mai au 3o septembre à Copenhague, informe ses exposants qu’elle vient d’obtenir la prorogation du délai fixé pour la remise au Havre des produits destinés à cette Exposition.
- La date de remise des objets primitivement indiquée pour le i5 mars prochain a été reculée jusqu’à. i5 avril. Les colis à destination de l’Exposition de Copenhague devront être expédiés directement par les Exposants à l’adresse suivante ;
- M. Emile Bauzin, agent de transports maritimes 1, rue Dubocage-de-Bleville, au Havre.
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- EXPOSITION- DE L'ART CULINAIRE
- Par le temps qui court on ne peut guère voir en même temps toutes les expositions : c’est le siècle qui veut cela, ou pour mieux dire c’est la marque indéniable de l’esprit des temps.
- Or, donc ! tableaux au cercle Volney ; tableaux aux Mirlitons, dessins de rechef à Volney ; Expositions particulières de tel ou de tel grand maître, etc., etc., c’est à ne plus pouvoir respirer et dire que cela va durer ainsi sans interruption : donc l’Exposition est utile, nécessaire même!...
- L’art culinaire, • car c’est un art, veut aussi montrer son savoir faire, n’oublions pas que quantité de génies dans les sciences et dans les arts sont sortis du cratère fulminant de ces brasiers inextinguibles ; qu’on le remarque bien, n’est pas cuisinier qui veut, oui, certes, dresser un plat avec art n’est pas l’œuvre du premier maçon venu et toutes ces pièces montées, ces édifices en sucre, en tétine, en pastillage, ou en glace royale sont œuvre de gens habiles, de vrais artistes.
- Les poètes et les littérateurs de l’art culinaire existaient naguère tout comme aujourd’hui, et M. Ozanne n’est pas le premier luth qui ait chanté la gloire des maîtres-queux; mais ce fut seulement après l’abolition des maîtrises et des jurandes que tous les métiers de bouche purent jouir d’une liberté qui quoique relative n’en était pas moins un grand bienfait.
- La sixième exposition de l’art culinaire a eu lieu, comme précédemment, au Pavillon de la ville de Paris. — Véritable Ile des Plaisirs, sucreries et gourmandises, crocambouches, nougats, tartelettes, et massepains; toutes sortes de confitures, de gelées, etc. : un conte de fées, quoi !... mais si ce n’était que cela, ce ne serait pas sérieux, rien que des friandises.
- Le gourmet qui préside aux destinées des bons estomacs est, lui, bien plus sérieux, il coordonne et réglemente le menu, compassé et mesure chaque mets, mais n’a malheureusement pas invité tout son monde crainte d’être en retard,
- Sachant qu’il suffisait de prévenir Vatel (1).
- Un grand cœur qui battait dans un maître d’hôtel !
- cette fois il n’a convoqué que le dessus du panier sans regarder que le dessous n’avait toutefois qu’un peu moins de soleil.
- Qu’Alexandre Dumas ait vanté les écrevisses à la bordelaise et PauldeKock ses fameux coulis, que l’on consulte Carême ou prenne avis de Brillât-Savarin, il n’en est pas moins vrai que dans tout l’univers, et on le peut dire très haut, les tables les mieux servies n’ont d’autre chefs que les maîtres de la cuisine française. Tout aussi bien le chef de l’Empire Germanique n’a pour présider aux destinées de... sa table, qu’un maître-queux, français, très français, et qu’il n’en a jamais voulu d’autre.
- Allons, Messieurs, voici, pour vous aussi, venir le centenaire de l’émancipation. — Que ce 89 là soit digne de vos ancêtres !...
- M. Bouchot (2) nous initie aux choses vraies, côté matériel qui, bien à tort, il faut le reconnaître, réglementait tout aussi bien les métiers de bouche que les autres, pour un peu on aurait aussi réglementé la nourriture (c’est, hélas ! bien assez en temps de siège) ; ces temps sont loin de nous. Néanmoins il faut bien remarquer que les Tale-meliers d’autrefois (boulangers) reçurent des statuts en i3o5 et 1349, etc. Que le métiers de boucher est un des plus anciens et que les statuts définitifs de cette corporation furent homologués en i6y3, après avoir reçu au préalable une apparence de règlement sous le règne de Henri II ; et qu’à cette époque dos que l’on désigne sous le nom de réjouissance, par ironie, était très en usage chez ces marchands.
- (i) Paul Harcl.
- , (2) Histoire anecdotique des métiers, H. Lecène et II. Oudin Éditeurs. *
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- 994- — Quatrième Année. — N° 167.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche i i Mars 1888.
- Le Parlement défendait à tous « maistres bouchers, détailleurs, leurs serviteurs et autres... d’injurier, outrager ou dire aucun blasme aux personnes qui d’eux achepteront, soit hommes, femmes, filles, serviteurs ou chambrières.
- La communauté des charcutiers est née.de celle des bouchers en 1476 ; mais où nous voici dans le vif de la question c’est au sujet des Oyers-rôtisseurs « En tant que corps de métier constitué en maîtrise et pourvu de statuts, le corps des cuisiniers est un des plus anciens. Dès le principe, les rôtisseurs tenant boutique et débitant de la viande rôtie par eux étaient appelés oyers. Leur nom venait de l’oie dont les Parisiens nos pères se montraient fort friands.
- Dès le xiv° siècle, la rue aux Oues ou aux Oies était cette voie difforme et peu engageante qui s’est conservée jusqu’à nous et que nous appelons aujourd’hui la rue aux Ours, par corruption. La renommée de cette halle aux viandes rôties était telle, que le vieux proverbe disait en parlant des gourmands : « Tu as le nez tourné aux choses de la gueule, comme Saint-Jacques l’Hôpital ! » Saint-Jacques donnait alors sur la rue aux Ours.
- Les premiers statuts des oyers-rôtisseurs se retrouvent dàns le Livre des métiers d’Etienne Boileau, qui les appelle des cuiseniers.
- Ce fut en mars 1609 ( 1 51 o), que les oyers-rôtisseurs obtinrent des lettres fixant définitivement leurs statuts.
- Puis ce sont les Pâtissiers-oublieurs qui dès le xme siècle fabriquaient le casse-museau, le raton, les talemouses, les bridaveaux, et divers sortes de gauffres qu’on appelait des oblies-renforcées, etc.
- Quand les oublieurs reçurent leurs statuts en 1406, ils devaient, pour obtenir la maîtrise, faire par jour 5oo oublies, 3oo supplications et 2 5o estérets, etc.
- Les oublieurs fabriquaient aussi des échaudés, des petits-choux, des massepains, des gauffres. François I01' aimait beaucoup les gauffres et n’en voulait point d’autres que celles des gens du métier . En 1776, la corporation des pâtissiers-oublieurs fut réunie à celle des oyers-rôtisseurs,
- Et enfin les Cuisiniers. — A la cour de nos anciens rois, la charge de queux (coquus) ou cuisinier était une des plus considérables. Comme beaucoup d’autres, celle du sénéchal, par exemple, elle dévia de son but primitif et devint un office politique confié à de grands feudataires, dont, le moindre souci était bien le soin des sauces et la préparation des. banquets. Aussi le cuisinier nominal s’entoura-t-il d’une nuée de valets et d’aides dont Futilité pratique n’était pas toujours suffisamment démontrée, mais qui avait sur le maître-queux l’incontestable avantage de mettre, selon l’expression vulgaire, « la main à la pâte ». Sous le nom d’officiales, officiaux, les cuisines royales •regorgeaient d’une foule de queux, hasteurs, paiges, souffleurs, sauciers, enfants , sommiers, pouliers, tous gens ayant une besogne définie et réglée par le « chef des broches », seigneur souverain dans les cuisines.
- Cependant, antérieurement au xme siècle, les rois de France n'avaient point déployé un bien grand luxe de cuisine. -
- Loui IX ne favorisa pas à sa cour les charges culinaires ; il ne faisait guère que suivre en cela l’exemple de son aïeul Philippe-Auguste, dont Brussel nous a fait connaître les modestes dépenses personnelles. Les menus de nos pères n’avaient point atteint cette pointe de raffinement que le luxe des xive et xve siècles vit naître et grandir démesurément.
- La vraie cuisine d’artiste s’élaboraitloin du bruit des villes, dans ces abbayes perdues au milieu de grasses campagnes où tout concourait à perfectionner et à rendre inimitable la science culinaire.
- Le queux est devenu alors un artiste au sens culinaire du mot: il invente, il crée, il diversifie, et Taillevent, cuisinier de. Charle V, laisse un manuscrit qui est le monument de ses découvertes.
- De nos jours les maîtres-queux sont de véritables artistes travaillant avec l’amour de l’art et s’ils font moins de livres de cuisiné, c’est pour éviter l’embarras du choix, mais par contre ce sont des savants, des lettrés, des poètes, qui quittent volontiers la queue de la poêle pour les jeux floraux, et s'habituent aisément aux couronnes que tresse l’Académie française aussi bien qu’aux bijoux de Clémence Isaure.
- Hérodote gaulois, Tacite malotru Dont les habits narguaient la brosse et la baguette Retrempe la malice au vin de la guinguette Qui rend Conrar'd loquace et fait taire Patru.
- Buvez à petits coups à longs traits, sec et dru.
- Racine en belle humeur, Despréaux en goguette •,
- Déridez en trinquant Molière qui vous guette Et souriez ensemble à l’hôtelier (1) ventru.
- Sur la table de pots et de verres couverte Par la fenêtre haute ou la porte entr'ouyerte Se glisse or et lumière un rayon de soleil,
- Votre lèvre étincelle en son ivresse folle,
- Un éclair empourpré jaillit du vin vermeil Et vos fronts radieux sont ceints d’une auréole.
- Et si l’on osait dire que les cuisiniers ne sont
- (1) Paul Harel, Sous les Pommiers ; Gousses d'Ail et Fleur de Serpolet. Alphonse Lemerre, éditeur.
- pas des meilleurs parmi les artistes de l’humanité on pourrait répondre avec l’éminent cuisinier-poète :
- La bouche qui vous nie est la bouche qui ment.
- Cette exposition culinaire est tout à fait supérieure et fera certainement renaître, en France, le goût de la bonne cuisine, comme c’était coutume à l’époque du romantisme (i83o), alors que la génération qui passe se composait de génies et de talents supérieurs, tels que les Benoit, les Bernard, les Dugleré, les Gillet, les Halinger, les Mayeux, les Prunier, etc., etc., sans oublier le grand Alexis qui tenait en mains tontes les satisfactions que pouvait désirer l’estomac de l’ambassadeur d’Autriche. C’est à ce maître supérieur que l’on doit l’invention des conserves de légumes. — Maintenant la place est aux jeunes, à eux de faire leurs preuves !
- A. Ramé.
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- SCIENCES & INDUSTRIE
- VARIA
- M. le docteur Defontaine, médecin en chef des usines du Creusot, est l’auteur d’une note sur le Coup de Soleil électrique.
- Ce travail, déjà analysé par nos confrères spéciaux, Y Union Médicale et la Revue internationale des Sciences médicales, est relatif à des lésions produites par l’action de la lumière électrique et comparables à celles de la lumière solaire. Les observations communiquées aujourd’hui par notre auteur ont été faites au cours d’expériences sur la soudure directe de l’acier, à l’aide d’un arc électrique d’une intensité lumineuse de dix mille lampes Carcel au minimum.
- Les assistants, bien qu’éloignés du foyer lumineux, d’une distance variant entre 5 et 10 mètres, éprouvaient une sensation de brûlure comparée par l’un d’eux à celle qu’il avait ressentie lors d’un coup de soleil antérieur, et la distance sus-indiquée était cependant de beaucoup supérieure à celle dans la proximité de laquelle se peut éprouver le rayonnement calorifique. Deux heures de présence à ces expériences eurent, malgré l’interruption fréquente de l’arc lumineux, ce résultat que le cou, la figure et le front, jusqu’à la partie cachée par la coiffure, devinrent légèrement douloureux au toucher et accusèrent une teinte rouge bronzé nettement prononcée. Ajoutons à cela que les yeux sont protégés par des verres noirs tellement foncés qu’à peine se peut apercevoir le disque du soleil, et cependant la rétine est impressionnée au point qu’en plein jour la vision soit abolie durant quelques minutes, et que, par la suite, durant une heure au moins, les objets prennent une teinte jaune safran très prononcée. Une forte hyperémie s’empare en outre des conjonctives et se prolonge durant quarante-huit heures, au minimum, en donnant la sensation très pénible de corps étrangers sous la paupière. La sécrétion des larmes est exagérée ; celles-ci se répandent abondamment pendant toute la soirée, la nuit et même le lendemain de l’expérience. A ces manifestations s’ajoutent de la céphalalgie, de l’insomnie due à la douleur et à l’hypersécrétion des larmes, et même un léger état fébrile.
- Les jours suivants l’observation décèle sur toute la face une desquamation par larges .lamelles, phénomène qui prend fin vers le cinquième jour.
- M. Defontaine a' fait suivre la relation de ces faits de quelques remarques. Il y insiste particulièrement sur l’influence exclusive de la lumière électrique pour la production des phénomènes décrits, phénomènes qui présentent une si grande analogie avec ceux du coup de soleil ordinaire; mais dans ce dernier cas il faut tenir compte du rôle de la chaleur.
- M. Terrier, après examen de l’intéressante notice dont nous avons résumé la teneur, a signalé des faits semblables, observés en differentes occasions, tant par divers auteurs que par lui-même, et il a étudié les phénomènes pathologiques qui en dérivent.
- il faut distinguer dans cet ordre d’idées : les accidents du côté des téguments, et les troubles éprouvés par l’organe de la vision.
- Quant aux téguments, le premier phénomène qui apparaisse sans sensation douloureuse, il est vrai, est la rougeur très accentuée, l’erythême. Puis surviennent, plus ou moins accusées, selon le degré de sensibilité des individus, et pour un temps assez limité d’ailleurs, des démangeaisons, auxquelles succède une sensation, successive dans ses degrés, de gêne, de tension, de brûlure enfin, identique à celle que produit le véritable coup de soleil. Cette sensation, en l’absence des phlyctènes de brûlures du second degré, disparait vers le troisième jour, et quelque temps après, se produit, avec les modifications de lieu et d’intensité des accidents cutanés, la desquamation du tégument.
- Les accidents furent dans la plupart, des cas, d’un caractère bénin et ne furent accompagnés de phénomènes inquiétants, fièvre etc., que lorsqu’ils
- s’étalent manifestés le plus intenses à la face et compliqués de troubles oculaires.
- Ceux-ci, pour passer au second point, ont été désignés par M. Terrier, sous le nom d’ophthai-mie électrique.
- Cette ophthalmie varie d’intensité dans une très large mesure. On a signalé cependant des accidents sérieux, qui généralement ont disparu en quelques jours, après un rapide affaiblissement mais qui quelquefois aussi ont pu déterminer des troubles persistants des membranes profondes.
- M. Terrier a recherché la cause possible de ces accidents diverses. L’influence des rayons calorifiques tout d’abord, doit être absolument éliminée. Dans le coup de soleil électrique, c’est à peine si les téguments perçoivent la chaleur, et le fait de l’impuissance possible des verres colorés pour la protection des membranes oculaires suffit pour faire écarter l’influence calorifique. Reste donc, dans la production de l’ophthalmie électrique, la question des rayons lumineux et des rayons chimiques. Les premiers agissent-ils seuls, ou faut-il au contraire admettre l’action exclusive des secondes (rayons violets et ultra-violets) ? Adhuc sub judice lis est.
- Les indications thérapeutiques sont simples. Elles consistent : contre les accidents cutanés, à éviter de laisser à découvert les téguments et à se protéger la face avec un écran. Contre les phénomènes oculaires, même précaution de l’écran. Mais avec les verres les plus teintés qu’il soit possible, soit en noir, soit peut-être de préférence en rouge et jaune, ainsi que l’a enseigné l’expérience des opérations de la soudure des métaux.
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- La Pall Mail Galette a fait la statistique des grèves aux Etats-Unis durant l’année 1887. Il en résulte que l’on a enregistré 884 grèves, comprenant 340,000 grévistes, contre 35o grèves importantes et 750,000 grévistes en 1886.
- Le nombre de ces manifestations a donc été deux fois et demi plus important, mais le nombre d’hommes entraînés à y prendre part en 1887 ne constitue que les trois quarts du chiffre total constaté en 1886.
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- Le professeur Kirchhoff de Halle a été amené dernièrement, à la suite d’un pari dont il fut pris pour arbitre, à faire connaître quelques estimations au point de vue du degré de vulgarisation et d’usage des principales langues parlées sur le globe.
- Le professeur estime que le chinois et l’hin-doustani sont parlés respectivement par 400 et plus de 100 millions d’hommes. L’anglais, le russe, l’allemand, l’espagnol, le français, enfin, sont parlés par 100, 70, 58, 48 et 40 millions d’hommes environ.
- S’il est vrai que la langue d’un peuple soit le plus puissant véhicule de ses idées et de sa civilisation en même temps que de son influence, il importe donc de seconder les efforts de F Associa-^ tion pour la propagation de la langue française, dont la tâche est importante, s’il faut en croire les chiffres, donnés.
- C. H.
- CONCOURS GÉNÉRAL AGRICOLE
- AU PALAIS DE L’INDUSTRIE
- Du Samedi 2 8 Janvier ait Mercredi 8 Février
- {Suite.)
- Pour les fromages de Gruyère la médaille d’or a été attribuée à M. Champon, de Cer-nans (Jura) ; ici nous devons faire remarquer qu’il a été créé dans cette industrie une école de fromagerie et que le jury, très heureux de l’encourager suivant ses mérites présents, a décerné à M. .Morin., directeur de l’école de fromagerie de Maillat (Ain), une médaille d’argent pour son lot n° 394. Parmi les fromages divers, nous signalons aussi un progrès : on fabrique maintenant en Vendée, dans la Charente et la Loire-Inférieure des fromages façon Hollande qui sont très recommandés, c’est dans cette catégorie et pour cette nouvelle qualité que la médaille d’argent grand module a été accordée à M. Delisse de "Saint-Nicolas-le-Redon (Loire-Inférieure) pour son lot n° 3q3.
- Le prix d’honneur pour l’exposition des Beurres a été attribué à M. Dubucq (J.-B.) fils, à la Bel* lière (Seine-Inférieure), pour son lot n° 629, beurre de provenance du rayon de Gournay.
- Plusieurs catégories n’étaient que peu ou pas représentées. La médaille d’or a été décernée, pour les beurres d’Isigny, au n° 602 présenté par M. Paris, aux Oubeaux (Calvados), et pour les beurres de Bretagne à M. Le Breton de Taden (Côtes-du-Nord) pour son lot n° 690.
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- Quatrième Année. — N° 167.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche ii Mars 1888. — 995.
- L’exposition des instruments et appareils de l’industrie laitière comprenait deux salles et nous avons beaucoup remarqué les détails d’installation de la ferme d’Arcy.
- Nous avons omis de dire que le prix d’honneur pour les exposants marchands avait été attribué à M. Beaudouin pour sa remarquable exposition qui tenait tout un côté de la salle 16 et dans laquelle on remarquait des fruits exotiques de toutes provenances tels que : mangues, anones, cheremolia, bananes,poires dAvocates, contenant le beurre végétal à la pistache, etc.
- Avant de quitter le premier étage, jetons un coup d’œil dans les salles n° 1 et 2 où sont exposées les publications agricoles, les méthodes d’enseignement et beaucoup de choses non prévues à l’arrêté.
- D’abord, place aux anciens : Le Journal d’Agriculture pratique fondé en 1827 par Alexandre Bixio, est l’organe sérieux par excellence.
- Sans rappeler toutes les importantes améliorations qui ont été successivement apportées comme une conséquence naturelle de son succès croissant, nous ne parlerons ici que de la plus récente : depuis le 1e1'janvier 1885, le Journal d’agriculture pratique donne en planches coloriées d’une exécution irréprochable,-les portraits de nos animaux les plus remarquables de nos fermes et de nos concours, reproduits d’après les modèles de l’un de nos peintres animaliers les plus justement en renom, M. Olivier de Penne, qui a bien voulu se charger des aquarelles. Ces gravures pourront au besoin se détacher du journal, s’encarter, ou se placer dans des albums spéciaux qui constitueront bientôt un vrai musée zootechnique, où M. de Penne aura illustré les types les plus parfaits des animaux de la ferme. Ce succès n’a fait que croître chaque année. Il a vu reconnaître ses longs services par l’Académie des Sciences, qui lui a décerné le Prix Morogues, comme à l’ouvrage ayant fait faire le plus de progrès à l’agriculture.
- N’oublions pas de dire que la Maison Rustique continue avec un zèle digne d’éloges la publication des ouvrages spéciaux à l’agriculture, l’horticulture, la viticulture, la sériciculture, à l’étude des sciences naturelles et que plusieurs volumes nouveaux sont sous presse pour paraître dans le courant du mois prochain.
- La maison Hachette et Cie vient de publier le tome II du Dictionnaire de /’Agriculture, encyclopédie agricole complète par J.-A. Barral et continué sous la direction de Henri Sagnier ; il comprend les lettres G. à F. Cet ouvrage est appelé à rendre les plus grands services à la science agricole. Puis ce sont les Etudes agronomiques par L. Grandeau (1886-1887), cette publication n’est pas étrangère au mouvement marqué, qui s’est produit en France, en faveur de l’expérimentation agricole. L’auteur nous dit avec beaucoup de justesse que : « Loin de désespérer de l’avenir agricole de notre pays, nous avons une foi absolue dans son relèvement prochain, à la condition que les intéressés, au lieu de tourner tour à tour, vers l’être impersonnel qu’on nomme l’Etat, des bras suppliants pour en obtenir des droits protecteurs ou des regards courroucés, en le rendant responsable des maux dont ils souffrent, prennent résolument le parti d’agir et d’entreprendre des réformes devenues nécessaires par la force des choses. Ce volume intéressant contient de nombreux tableaux comparatifs : de la production dans les divers Etats du monde, des importations et exportations, du rendement suivant l’étendue cultivée, etc., etc., et se termine par un chapitre concernant l’enseignement de l’agriculture. Un autre petit ouvrage de la Bibliothèque illustrée à cinquante centimes le volume et concernant les machines agricoles vient d’être publié par les mêmes éditeurs. Très sérieux et à la portée de tous les cultivateurs, cet ouvrage contient en treize chapitres le meilleur.compte rendu que l’on puisse faire sur tous les instruments modernes utiles à l’agriculture, tant pour les labours en parlant des charrue s que pour les récoltes en parlant des Faucheuses, Faneuses, Moissonneuses, Lieuses, etc.
- Nous retrouvons les tableaux d’enseignement de Armengaud aîné ; la collection du Moniteur d’horticulture et ses magnifiques planches de fleurs imprimées en couleurs avec un soin très méticuleux, ainsi que les nombreux ouvrages spéciaux publiés par cet important organe, qui est du reste un de ceux les plus goûtés, tant du monde horticole que des amateurs ; puis le Journal des Campagnes et ses diverses publications agricoles dontFes prix ont été établis de façon à les rendre accessibles à tous aussi bien aux professeurs qu’aux écoliers; tous ces volumes sont très bien traités par des auteurs dont le mérite égale la science. Nous remarquons aussi les magnifiques herbiers artificiels pour l’enseignement de la bota-nique, préparés avec le soin méticuleux que l’on connaît à M1Ie Portier. L’Apiculteur, journal des cultivateurs d'abeilles rédigé depuis trente-cinq ans par un praticien émérite M. H. FIamet, qui a exposé la collection complète de cette publication dune réelle valeur. Citons aussi le Jardin, organe qui n’a encore qu’une année d’existence mais qui promet beaucoup et a déjà tenu au-delà de ses
- promesses. Cette publication qui compte parmi ses collaborateurs, des noms comme Baltet pour la culture fruitière ; Bréauté, plantes de serre et de plein air-, Croux, cultures ornementales-, Dybows-id, culture potagère; Levêque pour les rosiers, Châtenay pour les Pépinières ; Alph. Karr, de Cherville, Bergmend, Bohnhof, Cayeux, etc., etc., est habilement dirigée par Godefroy-Lebeuf, et ces noms réunissent tous les desiderata.
- Sans plus nous attarder sur une partie aussi intéressante, nous arriverons aux animaux gras; 1 mais avant d’entrer dans la nef nous trouvons une vaste table placée devant l’un des splendides mas-. sifs présentés par MM. Croux et fils. Sur cette table sont étalés de nombreux livres spéciaux, nous ne les passerons pas en revue, mais il y en a quelques-uns qu’il convient de remarquer, car ils font partie de la Bibliothèque l’Enseignement agricole ( 1), publiée par une réunion d’agronomes etdes. savants, sous la direction de M. A. Muntz, deux volumes déjà ont parus, les Herbages et Prairies par M. Boitel, et dont nous avons rendu comptel’ander-nier, et les Plantes vénéneuses, par M. Cornevin, ouvrage que nous aurons le plaisir d’analyser prochainement, puis quantité d’autres ouvrages scientifiques sur l’agriculture, labotanique,l’histoirenatu-relle et l’horticulture, que nous voudrions pouvoir citer si l’espace ne nous faisait défaut, mais dont nous parlerons plus longuement dans un autre compterendu. A côté de ces ouvrages, nous avons remarqué l’Art de greffer, par Ch. Baltet, quatrième édition (2), ce volume qui contient les méthodes de greffe pour les arbres et arbustes fruitiers, ou d’ornement, reconstitution du vignoble auxquelles l’auteur vient d’ajouter la greffe des végétaux exotiques et des plantes herbacées ou charnues , et indiquant les moyens de destruction de tous les insectes nuisibles qui s’attaquent aux arbres fruitiers, tous les procédés de greffages possibles et pratiques ont été complétés et dessinés, y compris les arbres exotiques.
- Traité de culture potagère (2) (petite et grande culture) par J. Dybowski, maître de conférence d’horticulture à l’Ecole nationale d’agriculture de Grignon; comme le précédent, cet ouvrage est de la plus grande valeur et comble une lacune en répondant à un véritable besoin ; il est classé alphabétiquement, ce qui rend les recherches très faciles et en même temps qu’il indique les moyens de culture indique aussi les ennemis à combattre et les moyens de les détruire. Disons enfin que très pratique il s’adresse aussi bien à l’amateur qu’au jardinier de profession et à l’agriculteur.
- A. Ramé
- (A suivre.)
- CANAL DE PANAMA
- Assemblée extraordinaire du 1er mars 1888
- Le Rapport in extenso est envogô à toute personne qui le demande à la Compagnie, rue Caumartin, 46, à Paris.
- EXTRAIT DU RAPPORT
- DE
- M. Ferdinand de LESSEPS
- Nous vous avons convoqués extraordinairement, pour vous exposer la situation de l’entreprise et vous soumettre les moyens que nous avons adoptés pour ouvrir le Canal à la grande navigation en 1890.
- Nous ne laisserons dans l’ombre aucun détail ; nous répondrons à votre confiance, comme nous l’avons fait jusqu’ici, en ne vous dissimulant rien.
- Vous n’avez peut-être pas oublié cette parole, prononcée le jour où le Congrès international de 1879 votait l’exécution du Canal de Panama : « Le « Canal de Panama coûtera le double et rappor-« tera le triple du Canal de Suez ».
- Nous avions demandé en 1885, au gouvernement de la République, rautorisation d’émettre des obligations à lots, pour alléger les charges d’intérêts devenues lourdes ; nous avons présenté dernièrement la même requête dans le même but.
- La lettre de votre Président au Ministre, commençait ainsi :
- « La Compagnie du Canal de Panama se trouve « actuellement dans la situation où se trouvait la « Compagnie du Canal de Suez, deux ans avant « l’inauguration du Canal maritime.
- « Pour l'achèvement du Canal de Suez, et en « pareille occurrence, le gouvernement français
- (1) Firmin Didot et Cie, éditeurs.'
- (2) Masson, éditeur.
- « accorda à M. Ferdinand de Lesseps l’autorisa-«.tion d’émettre des obligations à lots.
- « Ces obligations à lots, émises au prix de 300 « francs, valent actuellement 5G5 francs. »
- Divers incidents ne nous permirent pas d’attendre le vote de la Chambre des Députés. Il fallait marcher, continuer le creusement, sous peine'de perdre le fruit de travaux considérables, et nous dûmes procéder à un emprunt dont le succès fut complet, mais dont les charges vinrent augmenter encore celles que nous supportions déjà.
- La pétition que vous avez adressée à vos Sénateurs et à vos Députés, ne dit-elle pas, en termes respectueux, que votre but principal est la recherche de la vérité ?
- Les Représentants de la Nation' n’oublieront pasfles vœux émis par les Chambres de commerce de Bordeaux, de Saint-Nazaire, de Rouen et de Marseille, au retour des Délégués que ces Chambres avaient envoyés à Panama.
- Le tracé du Canal à biefs, que l’on exécute actuellement, ne diffère pas du tracé adopté pour le Canal à niveau.
- Ce Canal aura, sur toute sa longueur, dans chaque bief, autant de largeur et de profondeur d’eau que le Canal définitif.
- Les plus grands navires (les' navires de 150 mètres de longueur et de 8 mètres de tirant d’eau) pourront passer en 1890 d’un Océan à l’autre Océan.
- Tous nos efforts se sont concentrés sur la nécessité dominante d’ouvrir le Canal à la navigation universelle avec la plus grande rapidité, par des moyens absolument certains.
- Nous avons la conviction d’y avoir réussi.
- Après l’inauguration, le seul produit des taxes de transit étant de 125.218.750 fr. et toutes les charges étant de 103.926.260 fr., il reste une marge, en chiffres ronds, de 21 millions de francs, distribuables aux Actionnaires après les prélèvements files réserves et de la redevance au^Gou-vernement Colombien.
- Le 20 janvier dernier, je vous faisais connaître que je ne renoncerais pas à la demande que j’avais faite d’être autorisé à émettre des obligations à lots, et je vous engageais à signer une pétition :
- « N’ayant rien à cacher, vous disais-je, je veux « un débat public où la véritable situation de « l’entreprise sera exposée. Ce n’est donc pas une « mise en demeure que mes associés, que les « électeurs transmettront à leurs représentants, « mais une respectueuse requête n’ayant pour but « que la vérité. »
- Vous avez répondu à cet appel et les représentants de la B’rance sont saisis de la question.
- Mais, là-bas. dans l’Isthme, on travaille, et le temps marche ! Et si nous voulons inaugurer le Canal à sa date, nous ne devons rien négliger. Plus on travaille, {.lus nous devons veiller à l’exécution des marchés que nous avons passé. La moindre suspension des travaux, pour une cause quelconque, amènerait un grand retard, et nos adversaires, qui veulent s’emparer de votre œuvre en dépréciant le cours de vos titres, ne manqueraient certes pas l’occasion.
- J’ai proposé de procéder tout de suite à l’émission d’une 3me série à’Obligations nouvelles, qui offrira précisément les garanties de remboursement que je veux assurer aux obligations à lots : c’est-à-dire qu’un prélèvement proportionnel sera fait pour qu’un achat de Rentes françaises assure, garantisse le remboursement à 1,000 francs de toutes les obligations.
- Cet emprunt étant comme à valoir sur l’emprunt définitif des 600 millions, il est juste que les souscripteurs jouissent d’un privilège:
- La Compagnie réservera donc à chaque souscripteur à l’émission actuelle des Obligations nouvelles, 3me série, et suivant les circonstances, dans le cas bien entendu où rautorisation d’émettre des obligations à lots me serait accordée, ou le droit de souscrire avec irréductibilité à un même nombre à’Obligations à lots, ou le droit d’échanger (aux conditions qui seront alors déterminées) les Obligations nouvelles de la 3me série qu’il aura souscrites, contre un même nombre d'Obligations éo lots.
- Grâce à cette émission partielle, nous continuerons avec la môme vigueur indispensable le creusement du Canal maritime de Panama ; et le Parlement aura le temps d’examiner les conditions diverses de l’œuvre que nous avons entreprise.
- Je terminerai en rappelant une parole prononcée dans l’Isthme devant de nombreux témoins :
- M. Ponce de Léon, ingénieur du gouvernement des Etats-Unis de Colombie, qui venait de visiter les chantiers, s’exprima ainsi: « Nous sommes à « même d’apprécier quelle foi, quelle force de « volonté et quelle constance ont été nécessaires « pour commencer, organiser et installer les tra-« vaux de l'excavation du Canal. Je ne doute « plus maintenant du succès de l’entreprise : La « France a commencé l’œuvre, et la France la « terminera ! »
- L’Assemblée a approuvé, à Uunanimité, les résolutions pré sente es par le Conseil cVadministration.
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- 996. — Quatrième Année. — N° 167.
- LES LIVRES
- CXLVI
- Le général Chanzy ( 18a3-1883). par Arthur Chuquet.
- ^Léopold Cerf, éditeur. Nouvelle édition.
- Un pays ne doit jamais oublier ceux qui ont mérité qu’il se souvienne d’eux. Heureux les peuples où ce culte pieux des grands souvenirs, cette religion des grands serviteurs de la patrie forment un trait du caractère national. Ces peuples-là ne périront pas, car c’est à l’école des héros que se forment les héros et c’est l’exemple de ceux qui ont répondu à l’appel du pays à l’heure des sublimes efforts et des dangers suprêmes, qui inspire et suscite les imitateurs de cet exemple, les hommes nouveaux, les génies inconnus, les dévouements libérateurs, dont l’émulation attend dans l’ombre modeste où se cachent les vrais talents, les vrais mérites, l’heure de l'occasion, l’heure de l’action, l’heure de la preuve. C’est dans cette réserve obscure et modeste de généraux de camp et non de cour, d’expédition et non de parade qui avaient appris la guerre en Algérie ou au Sénégal que la France trois fois déçue dans sa confiance en Mac-Mahon, en Bazaine, en Bourbaki, trouva pour le salut sinon pour la victoire, les Faidherbeet les Chanzy.
- La biographie de Chanzy, l’histoire de ses origines, de ses débuts, de ses campagnes d’Afrique d’Italie, de son expédition de Syrie, de son voyage d’Egypte, de son arrivée en France au moment décisif, de sa campagne de la Loire ; l’histoire de Chanzy rendu par la paix à d’autres devoirs et à d’autres services, comme chef d’un groupe parlementaire important, comme réorganisateur de l’armée, défenseur de la discipline, comme gouverneur général de l’Algérie, ambassadeur en Russie et enfin comme général en chef, a été écrite par M. Arthur Chuquet avec les qualités solides et agréables qui distinguent ses récits, leur information consciencieuse, leur judicieuse cii-tique, leur méthode scientifique, et cette abondance de détails auxquels ils gagnent une sorte d’animation pittoresque.
- L’auteur remarqué par le public, distingué par l’Académie, de cette histoire de la première invasion prussienne et de cette histoire de la campagne couronnée par la victorieuse canonnade de Valmy qui ont ranimé, revivifié, renouvelé de vieux sujets par l’emploi de documents étrangers et l’application des méthodes et des procédés nouveaux de la jeune école, faisait ses premières armes dans cet ouvrage sur Chanzy, où l’on trouve dans leur primeur des qualités, qui ne sont pas encore un peu gâtées par certains défauts, la minutie dans le détail et le fourmillement parfois confus des témoignages Elle est pleine de saveur morale, cette vie de Chanzy, héros à la Plutarque, sans corruption, sans défaillance, d’un génie certainement inférieur à celui d’un César ou d’un Napoléon, mais non à celui d’un Turenne ou d’un Catinat, de ce génie moins fait d’intuition et d’inspiration que de souplesse, de patience, de ténacité, de méthode, de fécondité d’expédients, d’art de profiter des circonstances, génie français mais de Français du Nord, qui garda toujours bien qu’affiné, aiguisé, à l’expérience des hommes et des choses, quelque chose du sel plus âpre que piquant, et de la rudesse d’arrière-goût de l’esprit et du caractère ardennais.
- Chanzy, eneffet, était fils et petit-fils de modestes soldats de l’Empire et chez lui la vocation militaire dut être héréditaire. Elle se dessina de bonne heure, mais mêlée à des curiosités d’inconnu, à des soifs d’aventure qui dirigèrent un moment vers la marine celui qui devait être un des maîtres, un des honneurs de notre armée de terre contemporaine. Chanzy, on aurait de la peine à le croire, si ce n’était l’exacte vérité, passa deux ans de sa jeunesse à l’épreuve de l’apprentissage de la vie de matelot sous la rude férule ou plutôt garcette d’un loup.de mer demeuré légendaire par son esprit fantasque et sa sévérité, le capitaine de vaisseau, futur contre-amiral Lalande.
- Cette épreuve que sa famille arrêta au moment où elle pouvait devenir funeste, delà vie maritime subalterne, trempa vigoureusement le caractère et le tempérament du jeune novice, qui ne tarda pas à entrer à l’école de Saint-Cyr, après avoir rattrapé au lycée de Metz, par des miracles de volonté et de persévérante énergie, le temps perdu pour l’étude durant ses voyages. Entré à l’école militaire le 133e suri 38 il en sortit dans les vingt-cinq premiers. Il avait pour camarades de promotion des jeunes gens aux destinées bien diverses : Bataille, Brincourt, Dervroja, DeJouffroy, Doineciu Brissy.
- Le ier octobre 1843, Chanzy entrait comme sous-lieutenant au régiment de zouaves qu’avait commandé Lamoricière et que commandait alors Cavaignac. avec lequel M. Chuquet le compare plus spécieusement, selon nous, que justement. Chanzy servit en Algérie pendant seize ans sans interruption.. Il fut de cette troisième génération d’Africains qui devait fournira la défense nationale en 1871 ses deux meilleurs généraux Chanzy et Faidherbe, elles de Sonis, les de Co-
- LE MONITEUR^DE L’EXPOSITION DE 1089
- lomb, les Céretz. Son avancement malgré ses mérites et ses services n’eut rien d’exceptionnelle • ment rapide. Il comptait douze ans de service et dix campagnes quand il reçut la croix (16 juillet i852). L’année précédente il avait été nommé capitaine au ier régiment de la légion étrangère qui avait compté avant lui parmi ses capitaines, Saint-Arnaud, de Luzy, Bazaine, Vinoy, etc. Détaché aux affaires arabes de la province d’Oran, et chef du bureau arabe de Tlemcen, Chanzy apprit à fond les rudiments du métier d’organisateur et d’administrateur. Il était vraiment à une bonne école et avait complété, on peut le dire, son éducation à tous ses degrés, et acquis toutes les initiations quand, après la campagne d’Italie qu’il avait faite en qualité de chef de bataillon au 2 3° de ligne, il fut attaché au quartier du général de Beau-fort, chef de l’expédition française en Syrie. Cette campagne de Syrie où il n’y eut pas de combat,, et où l’intervention française se borna à négocier l’épée à la main, et son voyage de Palestine et d’Egypte achevèrent de tailler pour tous les besoins,pour toutes les occasions de l’avenir ce futur général à la carrière exclusivement africaine, qui n’avait compromis ni dans les entreprises césariennes, ni dans les discordes civiles la pureté et l’indépendance de sa renommée. Chanzy, après trois années passées à Rome, rentra en Algérie, comme colonel du 48° de ligne (6 mai 1864). Il avait quarante et un ans. Promu général de brigade (14 décembre 1868), il continua à guerroyer en Afrique jusqu’au mois d’octobre 1870. Il n’avait pas enco/e percé en France soit par la réputation, soit par la faveur. Il n’était pas connu en cour. Le maréchal Le Bœuf lui refusa, dit-on, un commandement, et il fallut l’inspiration patriotique et la recommandation prophétique du maréchal de Mac-iMahon à Gambetta pour que le choix du gouvernement de la défense nationale se portât sur le récent divisionnaire du 20 octobre. O11 sait comment il le justifia. Il paya glorieusement sa bienvenue à la France et à l’armée en partageant avec le vieux d’Aurelle de Paladine l’honneur de notre première victoire, celle de Coulmiers, Il fit surtout comme chef de la deuxième armée de la Loire, cette campagne de six semaines, campagne de retraite parallèle au front d’opérations, campagne défensive au besoin offensive, de recui face à l’ennemi, de temporisation militante où il para toujours les coups décisifs de l’ennemi, non sans lui en porter parfois de sensibles, campagne qui de l’avis de tous les hommes compétents est un modèle, un chef-d’œuvre et marque d’une originalité particulière la figure de Chanzy comme tacticien.
- Cette campagne que Chanzy a racontée comme il l’avait faite, avec la clarté, la simplicité et la modestie des grands capitaines, attira sur lui sans qu’il en fut jamais écrasé l’effortcombiné du grand duc de Mecklembourg et du prince Frédéric-Charles. Sans l’infériorité numérique de troupes d’abord indiciplinées et démoralisées., qu’il avait supérieurement entraînées par un régime de combats quotidiens, sans l’absence de diversion et d’appui soit du côté de Paris délivré, soit du côté de Faidherbe immobilisé malgré ses succès, soit du côté de Bourbaki, dirigé vers Belfort et entraîné dans une irrésistible déroute, Chanzy eût pu arrêter définitivement l’invasion qu’il empêcha du moins de s’étendre. Après des combats glorieux et tragiques comme ceux de Josne, de Vendôme, de Beaugency, du Mans, où il toucha à la victoire, écartée par des évacuations imprévues ou des paniques aveugles, Chanzy après avoir reculé d’Orléans à Vendôme, de Vendôme au Mans, se trouvait à Laval, quand l’armistice et bientôt la paix (12 mars 1871) l’obligèrent de remettre l’épée au fourreau non sans protestation ni regret, car il croyait fermement au succès de la lutte prolongée Mais la France était épuisée, affamée de paix, et s’il avait raison comme l’honneur, M.Thiers avait raison comme la nécessité.
- La seconde partie de l’ouvrage de M. Chuquet, n’est pas moins intéressante que la première pour être d’un intérêt différent. Elle expose les services de Chanzy comme législateur, chef d’un groupe parlementaire à l’influence un moment décisive, comme gouverneur général de l’Algérie pendant six ans, comme ambassadeur de France à Saint-Pétersbourg, où les diplomates à plumet, les ambassadeurs équestres réussiront toujours mieux que les diplomates à plume, de cabinet ou .de salon, qui ne peuvent suivre l’empereur à la parade ou à la chasse : enfin comme général chef de corps. Le récit de la mort prématurée, imprévue de Chanzy foudroyé par l’apoplexie en plein sommeil, et succombant cinq jours après la mort de Gambetta. Le récit de ses funérailles militaires et populaires terminent dignement cet ouvrage, plein de talent littéraire, d’une inspiration patriotique élevée, fait pour contribuer à entretenir cette lampe des piétés nationales, dont il ne faut jamais dans le sanctuaire de notre histoire où reposent nos morts illustres, laisser s’éteindre le feu sacré d’exemple, d’émulation et d’espérance.
- M. de Lescure.
- Dimanche i i Mars 1888.
- LES THÉÂTRES
- Théâtre du Vaudeville. — Première représentation des Surprises du divorce, comédie en trois
- actes de MM. Bisson et Antonv Mars.
- Henry Duval, un compositeur de musique, est auteur d’opéras qui n’ont jamais été représentés et d’une entraînante barcarolle, qu’il a dédiée à Diane, sa jeune femme. Tout compte fait, il arrive à gagner avec sa musique, en deux ans, la somme de 172 fr. 5o, tandis que le Bi du bout du banc a déjà rapporté à son auteur une douzaine de mille francs. « Voilà ce que j’appelle de la musique ! » dit Mme Bonnivard, sa belle-mère.
- Notre compositeur, paresseux de sa nature, se consolerait assez facile de sa déveine, mais il est empêtré d’une belle-mère comme il n’y en a pas. Mme Bonnivard est une ancienne danseuse qui regrette ses succès chorégraphiques. La voilà meme apparaissant sous le maillot d’une ballerine — figurez-vous Mme Grassot — esquissant ses pas d’autrefois et se faisant photographier sous son costume de la Sylphide.
- Duval a une chance : sa belle-mère tombe à l’eau, c’est un accident; mais on la repêche, c’est un malheur. — « De quoi se mêlent-ils ? » s’écrie l’infortuné gendre, s’emportant contre les sauveteurs qui lui réclament 5oo francs. Mme Bonnivard le traite d’assassin et de « raté ». C’en est trop : le musicien, exaspéré, souffleté sa belle-mère : c’est sa femme qui reçoit la gifle... On se retrouvera devant le tribunal.
- C’est au second acte, deux ans après, que nous assistons aux Surprises du divorce. Duval est-divorcé et remarié : il a épousé Mlle Gabrielle Bourganeuf, qu’iljja rencontrée plusieurs dimanches de suite aux concerts du Châtelet. Et le père de Gabrielle s’estimant encort vert, a épousé. Qui ?... Je vous le donne en cent : l’ex-femme de son gendre: — « Je suis sa belle-mère! » s’écrie Diane en revoyant son ex-mari. Le malheureux avait deux belles-mères, au lieu d’une!
- Duval n’a qu’un moyen de se débarrasser de Mme Bonnivard: jeter la zizanie dans lepnénage de Bourganeuf qui n’est encore que mari honoraire. Il trouve d’ailleurs une alliée dans Mme Bonnivard à qui son second gendre déplaît plus que le premier, et il en arrive à faire gifler Diane par son nouveau mari. Le divorce de Bourganeuf le délivre enfin de la famille de sa première femme.
- Le succès remporté par cette spirituelle comédie est immense. Depuis longtemps on n’avait ri au théâtre aussi franchement qu’à la première représentation de cette pièce ; aussi le nom des deux auteurs, MM. Alexandre Bisson et Antony Mars a-t-il été salué parles applaudissements de toute la salle.
- L’interprétation a été bonne: Henry Duval, c’est Jolly, qui a composé son rôle avec une finesse et une observation parfaites. Félicitons également Mme Dayres-Grassot — l’horrible belle-mère ! — MM. Boisselot, Corbin, Mlles Marguerite et Cécile Caron. (
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- Mercredi dernier, à dix heures, la commission supérieure des théâtres s’est réunie au laboratoire central de l’électricité, à Grenelle, pour assister à une série d’expériences exécutées sous la direction de M. Mascart, de l’Institut.
- Ces expériences, faites dans le but de déterminer le degré de sécurité que peut offrir, pour le public l’installation de l’électricité dans les théâtres, ont été fort intéressants. Les lampes à incandescence, tour à tour appuyées contre des fragments de décors, recouvertes de morceaux de gaze et de velours, brisées au milieu d’étofles, appuyées à des planches, n’ont brûlé aucun des objets aisément inflammables qui les touchaient.
- Par une dernière expérience, M. Mascart a démontré que ces lampes ne mettraient le feu à un tissu quelconque qu’au cas où elles en seraient soigneusement enveloppées, de manière à ce qu’aucun courant d’air ne puisse se produire.
- La commission des théâtres désire, avant de se prononcer, assister à de nouvelles expériences qui auront lieu prochainement.
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- * *
- M. Maurice Desvallières a lu, mercredi dernier, aux artistes du Palais-Royal, une comédie en trois actes, intitulée ; Monsieur l'Adjoint. Les principaux rôles en seront joués par MM. Daubray, Milher, Pellerin, Numa, Matrat, Hurteaux, Mmes Dunoyer, Leroux, Berny, Dezoder, Arnault et Renault.
- Après-demain samedi, reprise de la Boule, la charmante et si amusante comédie de MM. Meil-hac et Halévy.
- Le Gérant, GARREAU.
- Tours. — lmp. E. ARRAULT et Cie, rue ce la Préfecture,
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- Le Moniteur
- DE
- L'EXPOSITION DE 1889
- Rédaction et Administration : i 8, rue Bergère, 18, a Paris
- QUATRIEME ANNÉE. Dimanche 18 Mars 1888. NUMÉRO 168.
- SOMMAIRE :
- j. Les Travaux du Champ-de-Mars ; 2. Association de garantie pour l’Exposition de 1889 ; 3. Arrêtés; 4. Nominations; 5. Concours; 6. La participation étrangère à l’Exposition de 1889; 7. Nominations de membres des Comités départementaux ; 8. Echos; t). Sciences et industrie ; 10. Septième exposition des Beaux-Arts; 11. Exposition universelle de Barcelone; 12. Concours général agricole; i3. Avis commerciaux; 14. Les Livres; i5. Les Théâtres ; 16. Le Bon Marché.
- EXPOSITION UNIVERSELLE
- DE 1889
- LES TRAVAUX DU CHAMP-DE-MARS
- Le sort en est jeté, cette semaine a vu l’inauguration du montage des fameuses fermes de 110 m., le palais des machines est donc commencé et, dans un délai relativement court, on .sera fixé d’une façon définitive sur l’aspect que présentera l’œuvre conçue parM. Dutert et étudiée au point de vue pratique par M. Conta-min; ce nom est déjà une garantie de succès, quant à la partie matérielle de l’ouvrage et les craintes qui ont pu naître au sujet de la solidité de ce hall sans précédent sont dénuées de fondement dès l’instant que l’ingénieur en chel des constructions métalliques antorise la mise en marche des travaux. Laissons donc de côté cette partie de la question et voyons un peu les discussions qu’a provoquées ce gigantesque projet.
- La plus grande partie des critiques est basée sur l’inutilité d’un pareil édifice. A quoi bon, dit-on, faire si grand ? dans quel but adopter des dimensions absolument en dehors de celles qui sont habituellement employées ? Evidemment ces critiques, les mêmes, au reste, qui ont été formulées lors de la décision de la tour de 3oo m., sont parfaitement fondées si on n’envisage la question qu’au point de vue rigoureusement pratique ; assurément, pour abriter les machines, quelque énormes soient-elles, un bâtiment de bien moindres proportions peut suffire; partant de ce principe de ne considérer le contenant que comme l’abri pur et simple du contenu, on peut dire qu’un modeste hangar ferait tout aussi bien l’affaire ; si on poussait mieux cette théorie à la limite on en arriverait à considérer comme des manifestations d’un luxe superflu la presque totalité des constructions d’une exposition qui toutes, à peu près, rempliraient encore le but qui leur est assigné avec des dimensions plus restreintes, mais ici il ne faut pas se laisserguider par des considérations d’un ordre secondaire, ni discuter sur l’utilité plus ou moins absolue des bâtiments qu’on édifie. Une question plus élevée prime les autres, c’est celle des manifestations industrielles ou artistiques qui, lors d’une exposition, doivent être la caractéristique de l’époque de cette exposition et bien montrer le dernier degré de perfection auquel sont parvenus les arts, les sciences et l’industrie.
- Quelque partisan qu’on soit des projets grandioses qui verront le jour en 1889, pour quelque merveilleux qu’on tienne ce palais des machines, l’enthousiasme n’aveugle pas au point de n’en pas faire apercevoir les défauts ; ainsi, il est bien certain qu’en comparant, quant à la hauteur, l’espace réellement utilisé et l’élévation totale de la charpente, on voit là une ano-
- malie choquante; les transmissions ne s’élevant qu’au dixième environ de la hauteur, seront absolument écrasées et, malgré leur importance, auront l’air de jouets dans une immense boîte, mais cette disproportion, fâcheuse avouons-le, n’est pas une raison suffisante pour condamner l’édifice qui en est la cause, cet édifice a son but individuel et pour que l’anomalie signalée ne blesse plus les yeux, il suffit de considérer, comme cnoses absolument distinctes, le bâtiment et les objets qu’il renferme.
- Si on examine les machines, générateurs, transmissions, moteurs, etc., sans regarder au delà et sans parti pris de comparaison, on trouve dans le palais tous les éléments d’attraction qu’on peut souhaiter pour une semblable exposition ; de la machine la plus simple au mécanisme le plus compliqué, du moteur microscopique aux engins les plus puissants,tout ce que le génie mécanique peut imaginer et produire se trouve réuni dans un espace unique et il est possible d’embrasser l’ensemble d’un seul coup d’œil sans être gêné par des cloisons ou des supports qui nécessiteraient des galeries établies dans d’autres conditions.
- Maintenant si, abandonnant la mécanique en tant que productrice, nous désirions l’étudier au point de vue des résultats obtenus, il nous suffit de jeter les yeux autour de nous et d’examiner l’étonnant vaisseau dans lequel nous nous trouvons : une nef, capable de servir d’abri à la plupart des édifices similaires, n’ayant d’autres soutiens que ses parois verticales et maintenant dans l’espace son ossature colossale sans que l’absence de points d’appui nuise en rien à sa solidité et à son élégance, voilà, il faut en convenir, un spectacle grandiose et c’est assurément le meilleur moyen de montrer à quel degré de hardi progrès est arrivé l’art de la construction métallique.
- Naturellement les machines exigeaient un bâtiment qui leur fût spécial ; d’autre part les constructions dont les métaux sont les matières premières désiraient exhiber un bâtiment capable de donner une haute idée de leur industrie. N’était-il donc pas rationnel d’utiliser l’un à abriter les autres et à leur donner un cadre digne de leur importance à une époque où la mécanique tend à devenir <^e plus en plus maîtresse du monde. Au reste, pour ne pas négliger même les petits côtés de la question, l’inconvénient théorique, résultant de la disproportion entre le contenant et le contenu est bien peu de chose, quand on considère l’avantage pratique dont tout le monde ressentira les effets. L’immensité du vaisseau en atténuera la sonorité; et le bruit étourdissant, accompagnement habituel d’une exposition de machines, sera grandement amoindri et même rendu tolérable. Ce résultat est déjà suffisamment heureux pour servir de réfutation aux critiques.
- Maintenant, qu’on ne vienne pas dire que le progrès de la construction métallique eussent pu être rendus frappants avec des exemples moins gigantesques et que des charpentes, à une échelle réduite, eussent suffi à donner une idée de ce qu’il était possible de faire, c’est là une erreur. Evidemment pour les gens du métier un modèle en réduction est suffisant pour formuler un jugement, mais pour le public, et c’est la généralité, il ne peut se rendre compte que de ce qui le frappe, et le grand palais des machines excitera une admiration aussi grande qu’eût été l’indifférence en face d’un modèle plus réduit malgré toute la fidélité de ses proportions.
- Enfin, quant à ce qui concerne la critique basée sur le manque d’élégance du palais et sur l’absence de tout cachet artistique, il y a là assurément un malentendu ; on ne distingue pas suffisamment la différence qui existe entre les termes non synonymes de dimensions et proportions.
- La caractéristique d’une œuvre d’art ne réside pas exclusivement dans ses dimensions, elle se trouve surtout dans ses proportions ; tout objet, quelles qu’en soient les dimensions, sera absolument dépourvu de cachet artistique, s’il n’existe pas une heureuse proportionnalité entre ses différentes parties et, par contre, toute création possédant cette harmonie, tombera dans le domaine de l’art quels qu’en soient l’usage et la matière qui le compose.
- Quelle comparaison peut-on établir entre les gigantesques sculptures égyptiennes, assyriennes ou autres, et les microscopiques bijoux qui, de tous temps, jouirent d’une vogue si méritée? Aucun lien ne réunit ces créations placées aux deux extrémités de l’échelle des dimensions et pourtant nul ne peut nier qu’elles possèdent les unes comme les autres un cachet artistique incontestable.
- Donc, pour conclure, quand on reproche à l’art d’être trop étranger aux colossales entreprises destinées à l’Exposition universelle, il est probable que ces masses, inusitées, troublent momentanément la vue, sans quoi on se rendrait compte de ce fait que leurs proportions sont parfaitement harmonieuses et les rendent dignes de l’admiration de tous, y compris les artistes.
- Pour revenir à notre point de départ, le montage des premières pièces métalliques, nous dirons que la partie par laquelle on a commencé est celle qui, en haut du support vertical, viendra remplir le vide triangulaire survi-ligne existant entre le support, l’arbalétrier et la semelle de l’extrados de la poutre ; on a pu s’étonner un peu du choix qui a été fait de cette pièce comme début du montage, car, son rôle étant de boucher un trou, il eût semblé plus rationnel de commencer par la mise en place des fers dont l’ajustage devait réserver le vide en question, l’explication de cette façon d’opérer est toute naturelle. Pour assurer une solidité et une stabilité parfaites à l’échafaudage, les fers, en montant, glissent dans une sorte de coulisse ménagée dans l’épaisseur de la charpente et d’une largeur strictement suffisante, deux morceaux ne pouvant donc pas s’y trouver côte à côte, il a bien fallu faire monter en premier les pièces qui occuperont la place la plus élevée dans la charpente métallique, quitte à ne les ajuster définitivement que lorsque les autres composantes de l’ossature seront dressées.
- On se propose d’opérer, pour chaque demi-ferme, le montage en trois fois, une partie comprenant le support vertical et la naissance de l’arc, une autre formée d’une portion de l’arbalétrier et la troisième composée du reste de l’arbalétrier. Ce mode d’opération sera évidemment très rapide, seulement il présente l’inconvénient de faire enlever, d’un seul coup, par les appareils, des masses d’un poids énorme, pouvant aller jusqu’à 2 5 ou 3o tonnes, mais enfin les précautions sont prises pour arriver à un bon résultat.
- Il va sans dire que ces portions de ferme n’arrivent pas au Champ-de-Mars prêtes à être dressées, aucun véhicule ne pourrait être employé à ce transport, tout est amené par frac-
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- Dimanche 18 Mars 1888.
- lions et c’est sur l’emplacement du Palais même qu’on procède à la jonction des morceaux séparés, lors du dressage, il n’y a plus à opérer que l’ajustage des tronçons; le montage proprement dit s’effectuera donc avec une grande rapidité et moins de danger pour les ouvriers.
- Sur le même chantier, on commence à élever les premiers bois des échafaudages destinés à la mise en place des fermes dont l’usine Cail a obtenu la fourniture, ces charpentes étant encore à l’état embryonnaire il n’est pas possible de les juger, mais, tout étant bien préparé, il est probable que leur installation ne sera pas très longue à terminer, on pourra alors se rendre compte du système employé.
- Les études relatives au petit chemin de fer de ceinture étaient à peu près achevées, diverses modifications avaient été apportées notamment, quant à son parcours, qu’on limitait aux quais et à l’avenue de Suffren en adoptant la voie double au lieu de la voie unique, enfin nous espérions voir bientôt entreprendre les travaux lorsque nous apprenons que tout est remis en question, non pas en ce qui touche au principe, subsistant toujours, d’un chemin de fer de service intérieur, mais en'ce qui concerne le mode d’exécution. Les arrangements que nous croyions être définitifs ne l’étaient pas, à ce qu’il paraît, puisque la construction et l’exploitation de cette petite voie ferrée vont prochainement faire l’objet d’une adjudication ; espérons que ces- changements n’apporteront aucun retard préjudiciable à l’ensemble des travaux. Cette question offrant un intérêt particulier pour le public, nous tiendrons nos lecteurs au courant des décisions qui seront prises ultérieurement.
- Les fers affluent sur l’emplacement des palais des Arts ; la quantité amenée à pied d’œuvre forme déjà un total respectable et l’utilisation de tous ces fers sera assurément entreprise à bref délai. Au sujet de ces palais une réflexion nous est inspirée par ce fait que l’échafaudage destiné au dôme et ceux construits en vue du dressage des fermes n’appartiennent pas au même entrepreneur ; comment fera-t-on alors, lorsque les fermes d’une moitié du palais seront en place, pour monter les fermes de l’autre moitié ? l’échafaudage réservé à l’ossature générale sera arrêté, dans son mouvement de translation, par la charpente du dôme; 011 ne peut guère supposer qu’arrivé en ce point, on démontera cet immense assemblage pour le reconstituer de l’autre côté ; nous ne voyons donc pas bien le moyen qu’on emploiera pour tourner la difficulté à moins pourtant que, le dôme étant alors terminé, on supprime la charpente centrale pour permettre à l’autre de continuer son chemin, ou bien encore qu’on n® commence le montage du milieu du palais qu’après l’achèvement d’une des moitiés.
- Notre promenade nous ayant amené sur le quai d’Orsay, nous avons pu constater le commencement "des travaux pour la construction des parois verticales, on pose actuellement les petits fers verticaux qui doivent servir de soutiens au remplissage et en deux ou trois points des essais de maçonnerie ont été faits à l’aide de divers matériaux; en résumé, dans cette section, le travail nous paraît en bonne voie.
- H, DE BAECKER.
- ------ -—ssB» g ---------
- ASSOCIATION DE GARANTIE
- POUR L’EXPOSITION DE 1889
- Sixième et dernière Liste des Souscripteurs
- (Suite et fin).
- Morel (Auguste-Guillaume), 1 53, boulevard National, à Clichy (Seine. 1.000
- Muhlbacher(Louis-Gustave), 36, Champs-Elysées. 1.000
- Rebut (Edouard), 3, rue Duroc. 1.000
- Dubut (Auguste), 21, rue Breda. • Prenat (Claude), 121, boulevard Haus- [ 1.000
- mann. 1 ail (aîné), 96, avenue Kléber oulogne (Eugène, 144, boulevard j Haussmann. _ / Dupont (Albert-Thimothée), 29., rue î 1.000
- Guyot, 1
- Felbert (Charles) , 163 , boulevard Haussmann.
- Larochette (Jean), 120, avenue Dau-mesnil.
- Merlin et Roux, 297, rue de Charen-ton.
- Ménard (Armand), 21, rue Pajol.
- Thibout (Edouard), 4, passage Lathuile.
- Selliers :
- Bernard (Emile), 46, boulevard de
- Strasbourg. 1.000
- Clément (Gabriel), 126, boulevard Haussmann. 1.000
- Chambre syndicale, 3, rue de Lutèce. \ Millié (Victor), 32, rue Taitbout. J Mollot (Adolphe), 26, rue Matignon, f Sellenn (Georges), 1 bis, rue Mon- ) 1.000
- taigne.
- Van Loyen, 1, rue de la Michodière.
- Barrier (Alexandre), 3, rue de l’Université.
- Desgrais (Achille), 33, rue Vivienne.
- Guinand (Claude), y5, avenue de la Grande-Armée.
- Lasne (Auguste), 19, rue de Pen-thièvre.
- Létrange (François), 3o, rue Caumar-tin. ,
- Guilloton (Théophile), 8 , passage Feuillet. \
- Hermès (Charles), 24, faubourg Saint- !
- Honoré. I
- Morrow, 41 , rue Boissy-d’Anglas. > 1.000
- Vanlerberghe (Joseph), rue de l’Isly. t Vanlerberghe (Constant), 1, rue de j Misly. I
- Industrie annexes :
- Bail (Michel), i57, faubourg Saint-
- Denis. 1.000
- Devenne (Alexandre), 5, rue Joquelet. 1.000
- Pozzy (Sosthènes-Claude), 145, quai Valmy. 1.000
- L
- Larroque (Eugène), banquier, 16, place Saint-Pierre, à Orthez (Basses-Pyrénées), (2e souscription). S.ooo
- Lonquéty aîné (Pierre), ancien président de la chambre de commerce de Boulogne-sur-Mer, demeurant à Boulogne-sur-Mer, 56, rue Boston. 1.000
- P
- Parcelier et Foulon, négociants en fruits confits, 13, rue du Temple. 2.000
- Perret (Claude), entrepreneur de travaux publics, 40, boulevard Montparnasse. 2.000 Pillois (Gaston-Marie), banquier, 96, rue Miromesnil. 2.000
- Pillois (Louis-Charles), ancien banquier,
- 25, boulevard Sébastopol. 1.000
- Pour.e, O’Kelly et Cie, fabricants de plumes métalliques et porte-plumes à la marque Blanzy, Poure et Cie, à Bomlbgne-swr-Mer. 10.000
- Q
- De Quillacq (Auguste), ingénieur-constructeur à Anzin (Nord). 2.000
- R
- Ramé (Achille-Alexis), ancien président des cours professionnels de la chambre syndicale du papier, 19, rue Ber-
- lioz (3e souscription). 5.000
- Robert (Auguste), manufacturier, secrétaire de la chambre de commerce de Sedan, à Sedan (Ardennes). 4.000
- Rollin (Louis), 123, rue des Boulets. 1.000
- Roser (Nicolas), constructeur, 17 et .
- 19, rue Petit, à Saint-Denis (Seine). 2.000 Rousseau (Paul) et Cie, fabricants de produits chimiques et d’instruments de physique, 17, rue Soufflot. 1.000
- S
- Société agricole,horticole, d’agriculture et des sciences industrielles de l’ar-
- rondissement de Boulogne-sur-Mer. 1.000 Société anonyme des aciéries de France à Isbergues (Pas-de-Calais) :
- Comme industrie métallurgique. 5.000
- Comme compagnie minière de l’Aveyron. 3.000
- Société anonyme des forges et aciéries du Nord et de l’Est, à Valenciennes (Nord). 20.000
- Société anonyme de Vezin-Aulnoye. 10.000
- Société artistique et industrielle de Cherbourg. 1.000
- Grande société française de distilleries, malteries et brasseries, 72, boulevard Haussmann. 25.000
- Société française de matériel agricole, à Vierzon (Cher). 1.000
- Société française des munitions de chasse, de tir et de guerre, 3o, rue Notre-Dame-des-Victoires. 25.000
- 1.000
- V
- Vicat et Cie, fabricants de ciments, 31, rue Lesdiguières, à Grenoble.
- 4.000
- Total de la 6e et dernière liste — des listes précédentes.
- Total général.
- 461.000 22.696.000 i3.jJ7.ooo
- Souscriptions faisant double emploi :
- Bernier, Achille, caissier à la Banque de France (ire liste). 1.000
- Croquelois (Victor), caissier à la Banque de France ( 1rc liste). 1.000
- Chambre de commerce de Bourges (ire et 3e listes). r.000
- Chambre de commerce de Lille (2e et
- 3e listes). _ 20.000
- Eaux d’Enghien (Seine-et-Oise), société anonyme (4e et 5e listes). 5.000
- Mourceau, 16, rue Vignon (ire et 3e listes). 5.000
- Total. 33.000
- Total définitif. 23.124.000
- Errata.
- (5e liste. — Chambre syndicale des distillateurs en gros de Paris).
- La souscription de 5, 000 fr. inscrite au nom de M. Marchand (Victor) aurait dû l’être au nom de la maison Marchand frères.
- La souscription de 2,000 fr. inscrit au nom de M. Renard aurait dû l’être au nom de la maison Godard fils et Renard.
- La souscription de 1,000 fr. inscrite au nom de M. Bénard aurait dû l’être au nom de la maison Bénard et Lemaître.
- Dans sa séance du 27 janvier dernier, présidée par M. le ministre du commerce, la commission de contrôle et de finances de l’Exposition universelle de 1889 a décidé que la souscription à l'association de garantie, étant plus que couverte, serait close à partir d’aujourd’hui ier mars 1888.
- Elle a décidé, en outre, que le versement de 5o fr., pour chaque pari souscrite, prévu par l’article 5 de la loi du 6 juillet 1886, devrait être effectué d’ici au ier avril prochain au plus tard.
- Les versements seront reçus sans frais :
- A Paris, au Crédit foncier de France, rue des Capucins, 19.
- Dans les départements, aux guichets des succursales et bureaux auxiliaires de la Banque de France.
- Ces versements seront constatés par des récépissés provisoires à échanger à partir .du 1e1' mai, contre les titres définitifs.
- Les fonds seront centralisés au Crédit foncier et, conformément à la loi du 6 juillet 1886, reversés au Trésor.
- ARRÊTÉS
- Par arrêté en date du 7 mars 1888, le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a nommé membres du comité d’organisation de l’exposition rétrospective du travail et des sciences anthropologiques :
- section 1. — Anthropologie. Ethnographie
- MM. de Rosny, vice-président de la société d’ethnographie, en remplacement de M. Carnot, démissionnaire.
- Héron de Villefosse, membre de l’Institut, en remplacement de M. Charton, démissionnaire.
- *
- * *
- Par arrêté en date du 10 mars 1888, du ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, M. Friedel, membre de l’académie des sciences, professeur à la faculté des sciences, conservateur des collections minéralogiques à l’école nationale supérieure des mines, membre des comités d’admission et du jury des récompenses à l’Exposition de Paris, en 1878, passe du comité d’admission delà classe 41 (produits de l’exploitation des mines et de la métallurgie), au comité d’admission de la classe 45 (produits chimiques et pharmaceutiques).
- — 1. —<gHg) <g> ——
- NOMINATIONS
- de membres de la Commission consultative d’organisation de l’Exposition de 188g
- Par décision du sous-secrétaire d’Etat au ministère de la marine et des colonies, en date du ier octobre 1887, M. Louis Guillot, député de
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- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche iS Mars 188S.
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- l’Isère, a été nommé membre de la commission consultative d’organisation de l’exposition coloniale française de 1889, instituée par arrêté en date du 19 juillet 1887.
- Par décision en date du 10 octobre. 1887, ont été pommés membres de ladite commission : MM. Paul Nicole, publiciste; Paul Trouillet, éditeur de VAnnuaire colonial ; Peghoux, conseiller référendaire honoraire à la cour des comptes, ancien membre de la commission supérieure de l’exposition permanente des colonies.
- Par décision en date du 28 octobre 1887, ont été nommés membres de ladite commission : MM. Paraf (Gustave), fabricant de tissus de coton, ancien membre du jury à l’exposition d'Anvers ; Belevs (Albert).
- Par décision en date du 9 novembre 1887, ont été nommés membres de ladite commission : MM. Pector, président de la chambre syndicale du commerce d’exportation ; Roux, membre de la Chambre syndicale du commerce d’exportation.
- Par décision en date du 18 novembre 1887, ont été nommés membres de ladite commission : MM. Massip, publiciste ; Ebrard Saint-Ange, ancien magistrat aux colonies ; Disnematin-Dorat, lieutenant-colonel d’infanterie de marine en retraite ; Chabrier, administrateur de la compagnie transatlantique.
- Par décision en date du 2 décembre 1887, a été nommé membre de ladite commission : M. Vincent Antony, publiciste.
- Par décision en date du 16 février 1888, ont été nommés membres de ladite commission : MM. Fou-chet, Villequiez.
- Par décision en date du 28 février 1888, ont été nommés membres de ladite commission : MM. Boulloche, chef adjoint du cabinet de M. le sous-secrétaire d’Etat ; Cornu, professeur au Muséum ; Etienne Tréfeu, publiciste; H. Aron, adjoint au maire du 2e arrondissement de Paris; Joseph Montet, publiciste.
- Par décision en date du 5 mars 1888, ont été nommés membre de ladite commission : MM. Eugène Etienne, député, ancien sous-secrétaire d’Etat aux colonies; Pierre Filippini, agent commercial de la Cochinchine ; Achille Meiffre, négociant au Tonkin.
- *
- H- *
- La commission consultative a nommé une sous-commission d’organisation, composée ainsi qu’il suit :
- MM. Hébrard, sénateur de l’Inde,président.
- Isaac, sénateur de la Guadeloupe.
- Higginson,. président de la société calédonienne des Nouvelles-Hébrides.
- Le baron de Cambourg, vice-président, de la société des études coloniales et maritimes.
- RuefF, administrateur des messageries fluviales de Cochinchine.
- J. Haussmann, chef de division à l’administration des colonies.
- Meyer, auditeur au conseil d’Etat.
- Hetzel, éditeur, .
- Muzet, président de l’union des chambres syndicales.
- Ducret, président de la chambre syndicale des industries diverses.
- Chaper, ingénieur civil.
- *
- *
- L’administration des colonies est représentée, à la commission consultative et à la sous-commission d’organisation, par :
- MM. Louis Henrique, commissaire spécial de l’exposition coloniale de 1889.
- Paul Revoil, chef de cabinet du sous-secrétaire d’Etat aux colonies, commissaire-adjoint.
- des Tournelles, ingénieur civil, conservateur adjoint à l’exposition permanente des colonies, commissaire-adjoint.
- Deloncle, secrétaire delà commission.
- Colin, secrétaire adjoint.
- -----—-------üv^ f*- ---------
- CONCOURS
- pour la composition d'une marche solennelle pour l’Exposition de 188 g
- Par arrêté du ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général, il est ouvert un concours ayant pour objet la composition d’une •«Marche solennelle » pour musique militaire :
- . Cette marche devra être instrumentée pour musique réglementaire d’infanterie, constituée con-
- formément à l’article-4 du.décret du 26 mars 1860 (1) et pourra être exécutée pendant la durée de l’Exposition universelle.
- Les partitions devront être accompagnées d’une réduction pour piano à deux ou à quatre mains.
- La durée maximum de l’exécution ne devra pas dépasser dix'minutes.
- Il sera décerné :
- Un premier prix de 3,000 fr. ;
- Un second prix de 1,000 fr.
- Deux mentions honorables de 3oo fr. chacune pourront être accordées, s’il y a lieu, par le jury.
- Les Français seuls seront admis à concourir.
- Les lauréats devront pouvoir justifier de la nationalité française.
- Les manuscrits devront être déposés ou adressés au secrétariat du Conservatoire de musique, 15, faubourg Poissonnière, avant le 3i octobre 1888, et porter une épigraphe ou devise qui sera répétée sur un billet cacheté contenant le nom et l'adresse de l’auteur, qui ne doit pas se faire connaître à l’avance.
- Les concurrents sont prévenus que l’administration ne rendra aucun des manuscrits déposés.
- LÀ PARTICIPATION ÉTRANGÈRE
- A L’EXPOSITION DE 1880
- Angleterre
- Le lord-maire, président du comité exécutif de la section anglaise à l’Exposition universelle de 1889, a convoqué une grande réunion à laquelle devront se faire représenter les grandes maisons de commerce de Londres et de la province. On discutera lés moyens d’assurer une brillante participation de l’industrie et des arts britanniques à l’Exposition.
- *
- * •¥
- Suisse
- Le commissariat général suisse de l’Exposition universelle de Paris en 1884 a remis à la direction générale de cette entreprise la liste des participants de l’industrie des machines qui se sont annoncés définitivement jusqu’au 29 février 1888. Cette liste renferme les noms de trente-deux exposants, réclamant un espace de 2,187 mètres.
- Dans le calcul de l’espace à occuper, on n’a compté que la surface nécessaire au montage, au fonctionnement et au service des machines. L’espace utilisé par l’exposition suisse des machines n’était en 1878 que de 490 mètres.
- Les offres de force motrice à livrer à la trans-' mission principale de la halle des machines représentent un total d’environ 920 chevaux-vapeur effectifs ; tandis que cent chevaux suffiraient aux machines à exposer.
- NOMINATIONS
- de Membres des Comités départementaux
- ALGÉRIE. — ORAN
- Comité départemental
- Président : M. Giraud, président de la chambre de commerce, à Oran. — Vice-présidents : MM. Saurel, adjoint au maire d’Oran, à Oran; Jarsail-lon, vice-président du comice agricole, à Oran.
- — Secrétaire : M. Bails, ingénieur des Mines, à Oran. — Trésorier : M. Daniel, mercier, à Oran.
- — Membres : MM Bastide, président du comice agricole, à Sidi-bel-Abbès; Bernard, entrepreneur, à Sidi-bel-Abbès ; Gazalis, agriculteur, conseiller général, à Relizane ; Prion, conseiller général, à Mostaganem ; Solari, maire de Saïda, à Saïda ; Perès, maire de Mascara, à Mascara; Tedeschi, maire de Tlemcen, à Tlemcen ; Gastanié, directeur des mines de Beni-Suf, à Tlemcen.
- Sous-comité de l’arrondissement d’Oran
- Président : M. Cousin, chef de section au P.-L.-M., à Oran. — Vice-président : M. Brunie, ex-ingénieur de l’Ouest-Algérien, à Oran. — Membres : MM. Chape, professeur de dessin, à Oran; Meister, architecte, à Oran; Ali-Mahi-Eddin, conseiller général, à Oran. — Secrétaire : M. Bré-mond, vétérinaire départemental, à Oran.
- (1) Petite flûte en ré b ; grande flûte; i0r et 2e hautbois en ut ; ire et 2e petites clarinettes en mi b ; 1re et 2= clarinettes en si b; saxophone, sop., alto, ténor et baryton; irs et 2e trompettes en mi b ou fa-, i<,r, 2e, 3e et 4e trombones; Ier et 28 pistons en si b\ i°r‘et 2e bugles en si è; i01’ et 2° altos en mi b (3 ad libitum); t0r et 2e barytons en si b ; basses en si b ; contrebasse en mi b ; contrebasse en si b ; batterie. (Bassons, cor et petit bugle ad libitum).
- Sous-comité de Varrondissement de Mascara
- Président: M. Perez, agriculteur, maire de Mascara.— Trésorier: M. Varnier, administrateur de la commune mixte de Mascara. — Secrétaire : M. Saint-Martin, publiciste à Mascara. — Membres: MM. Solari, viticulteur, maire de Saïda ; Gabassot, viticulteur, éleveur Mascara.
- Sous-comité de Varrondissement de Mostaganem
- Président : M. Cauquil, agriculteur à Rivoli. — Secrétaire : M. Cohen Samuel, minotier à Mostaganem.
- Sous-comité de l’arrondissement de Tlemcen
- Président : M. Tedeschi, maire de Tlemcen. — Secrétaire : M. Havard, viticulteur à Tlemcen.
- Sous-comité de Varrondissement de Sidi-bel-Abbès
- Président : M. Bastide, président du comité agricole à Sidi-bel-Abbès. — Vice-Président : M. Perret, maire de Sidi-bel-Abbès. — Secrétaire : M. Fabries, docteur en médecine à Sidi-bel-Abbès. — Membres : MM. Bernard, entrepreneur de travaux publics à Sidi-bel-Abbès ; Decrion, propriétaire à Sidi-bel-Abbès ; El hoejd-el habid, Caïd de l’Oued Sefierim à Télagh ; Davoine dit Lavenne, industriel à Sidi-bel-Abbès ; Nouzille, agriculteur à Sidi-bel-Abbès ; Perry, brasseur à Sidi-bel-Abbès ; Mohamed ould el Arbi, caïd Oulad Balagh à Télagh.
- ÉCHOS
- Paris
- Très intéressante, supérieure peut-être à ses devancières, la deuxième exposition annuelle de la société,- des aquarellistes français, ouverte la semaine dernière à la galerie Petit, rue de Sèze.
- Plus de 250 envois signés : Béraud, Adrien Marie, Maurice Leloir, Boutet de Monvel, Charles Delort, de Penne, Worms, E. Lami, Français, Harpignies, François Flameng, Maurice Courant, Yon, Madeleine Lemaire, Adan, Heilbuth, Lher-mitte, James Tissot, J.-P. Laurens, Aimé Morot, Benjamin-Constant Cazin, Gilbert, Duez, etc.
- *•
- * •¥•
- C’est jeudi prochain, 22 courant, que se fera aux Champs-Elysées, dans le pavillon de la ville de Paris, l’inauguration de l’exposition annuelle de la société des artistes indépendants.
- * *
- La souscription publique au monument d’Alphonse de Neuville, a été ouverte, il y a quelques jours, comme nous l’avons fait prévoir.
- Les versements sont reçus : à la Ligue des Patriotes; au siège du Comité, 17, rue Jouffroy ; chez le trésorier M. Audbourg, place de la Bourse, 10, et à la Banque Lehideux, 3, rue Drouot.
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- Il se fait temps, au moment où les jurys divers vont entrer en fonctions, de parler un peu des œuvres qu’offrira cette année le Salon à ses fidèles visiteurs.
- Nous citerons au hasard et en bloc :
- De M. J.-P. Laurens : un portrait de Mounet-Sullrj, de la Comédie-Française.
- De Carolus Duran : un portrait de M. Vander-bilt, le milliardaire américain ; un autre de M. Pasteur.
- De Henner : un saint Sébastien.
- De Yvon : le portrait officiel du président Carnot.
- De Rapin, le paysagiste apprécié : Novembre dans l’Ain et Effet de Neige.
- De Henri Gervex ; le portrait de Mlle J. Hardyng et le Tub.
- De Charles Jacque : Dans la prairie.
- De C. Giron : un portrait de M. Louis Prétet et Pagsans et Paysage.
- Nous continuerons cette nomenclature dans nos prochains numéros.
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- Jusqu’au 31 mars, les amateurs pourront visiter, 5, rue de la Paix, à la galerie des artistes modernes, l’exposition de Jacquet.
- Mal commencée, la saison à l’Hôtel Drouot va se terminer plus brillamment avec les ventes déjà faites de Trouillebert, Lançon, Bonvin, avec les ventes annoncées d’Albert Goupil et de Mrae Bou-cicaut.
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- ETRANGER
- Allemagne
- L’exposition académique des beaux-arts aura lieu à Dresde, du mardi 1er mai au vendredi
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- 15 juin dans les salles de second étage du nouveau musée royal de sculpture, sur le Zeughaus-platz.
- Les envois sont reçus par la Commission de l’Exposition à Dresde, du jeudi 15 mars au mardi 10 avril, dernier délai.
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- L’exposition spéciale de gravure et ciselure, dont nous avons annoncé l’organisation à Berlin, par l’association des graveurs, et dont l’inauguration s'est faite le jeudi 23 février au musée d’art industriel, présente un aperçu général des productions de la gravure, sur le domaine de l’art proprement dit et des branches annexes do l’art industriel.
- Les participations les plus importantes sont celles des différents centres artistiques d’Allemagne, de l’Autriche et de la Suisse.
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- Une exposition spéciale aura lieu à Francfort-sur-le-Mein, du jeudi 19 au mercredi 25 avril, à l’occasion du troisième congrès de navigation intérieure, et réunira tout ce qui a trait, par quelque rapport, aux travaux de la conférence.
- Les envois adressés de l’étranger seront, conformément aux règlements spéciaux de l’Union douanière, exempts de tous droits à l’entrée sur le territoire.
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- Les artistes français, conformément à l’attitude déjà observée à l’égard de l’exposition internationale des beaux-arts de Vienne, auraient décliné aussi l’invitation à l’exposition internationale artistique de Munich.
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- Nous enregistrons tous les ans, à pareille époque, les expositions de l’Association artistique de Hanovre.
- La cinquante-sixième exhibition de la Société, ouverte à Hanovre, le vendredi 24 février dernier, réunit 649 numéros, présentés au public par séries successives, et dont la majeure partie est •consacrée au paysage ou à la peinture de genre.
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- Très importante sera, selon toutes prévisions, l’exposition générale d’horticulture que prépare à Düsseldorf, l’association locale horticole, et dont nous avons déjà annoncé l’inauguration pour le samedi 31 mars.
- L’exhibition, dont les promoteurs ont déjà recueilli de nombreuses adhésions, tant à l’intérieur qu’à l’étranger, se prolongera jusqu’au mardi 3 avril.
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- Angleterre
- On signale une très belle exposition de la peinture en Chine et au Japon, visible depuis quelques jours à Londres, au British-Museum.
- A Londres encore, dans York-Street, Westminster, a été inauguré récemment un très beau panorama des Chutes du Niagara, signé du peintre Phiîippoteaux.
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- La Hackney Horse Society et la Huniers' Impro-venient Socieh/ ont ouvert le 6 mars et les jours suivants, au ftoyal Agricultural Hall, Islington, leur quatrième exposition hippique annuelle.
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- C’est le Graphie, le célèbre journal illustré do Londres, qui a eu l’heureuse idée de demander aux peintres anglais les plus en vue, et de grouper en une exposition dont nous avons déjà parlé avec éloges, les portraits des héroïnes de Shakespeare. Les très remarquables envois de sir Frederick Leighton, de M. et Mme Alma Tadema et de bien d’autres constituent une exhibition des plus intéressantes et très visitée.
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- Autriche-Hongrie
- Nous avons annoncé dans notre numéro, paru dimanche dernier, l’inauguration célébrée à Vienne, le 3 mars, sous la présidence de l’archiduc Charles-Louis, de l’Exposition internationale des beaux-arts.
- Une erreur d’impression nous a môme fait assez ridiculement dire que la Russie, malgré son abstention officielle, imitée par la France, avait fait quelques envois industriels, au lieu de individuels.
- A part les abstentions déjà dites, toutes les puissances se sont fait représenter, et le catalogue enregistre 1,458 numéros. L'exhibition qui
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- fait partie des festivités et réjouissances du jubilé impérial quarantenaire, et qui réunit les plus grands noms de l’art en Europe, est donc des plus brillants, et par la compréhension et par la valeur des œuvres groupées.
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- Belgique
- On aura été très satisfait dans le monde industriel et commercial de l’arrangement intervenu entre les gouvernements de France et de Belgique, pour ce qui concerne la participation belge à l’exposition de 1889, et la participation française au grand concours bruxellois de 1888.
- L’heureuse issue, sur ce terrain, des négociations diplomatiques, et la combinaison de la reconnaissance officielle, sans responsabilité gouvernementale, des deux grandes Commissions d’initiative privée, créées à Bruxelles pour Paris, et réciproquement, ont très opportunément mis une lin à la froideur réciproque des deux parties en présence, à l’égard des expositions respectives, et heureusement'dénoué une situation gênante en permettant à chacun des voisins de se faire, avec confiance, représenter à la solennité de l’autre, certain d’une courtoise réciprocité.
- Cet arrangement était nécessaire entre deux nations aussi intimement liées de toutes façons que la Belgique et la France, et aura les effets les plus salutaires pour le succès de deux entreprises similaires, également importantes et utiles,-chacune en son cadre.
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- Qes inventeurs de tous pays sont conviés à prendre part au grand concours international de Bruxelles, dans la section dite du Génie Industriel, et où seront groupées toutes les inventions patentées depuis 1875.
- La direction prend à sa charge dans cette partie de l’exposition, toutes les dépenses ; il ne reste donc à supporter aux exposants, avec le droit fixe payable à l’administration, que le coût de transport des envois.
- L’acquittement du droit d’admission dégage même les exposants de l’obligation de s’installer enx-mêmes et permet cependant qu’il leur soit fourni une représentation convenable. La qualité d’exposant confère le droit de prendre part, sur demande, au concours international.
- Toutes les communications devront être adressées par les intéressés, et ils sont nombreux, à M. Raclot, directeur de la classe internationale du « Génie Industriel » (Inventions brevetées), 22, rue des Palais, à Bruxelles.
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- On donne les détails les plus encourageants sur la marche des travaux de constructions du Palais de l’Exposition internationale.
- L'inauguration est fixée au.5 mai.
- Le Comité met gratuitement à la disposition des ouvriers, qui désireraient exécuter en public des travaux manuels, avec le mobilier nécessaire, les derniers emplacements disponibles. Ces derniers'peuvent être, dans les mêmes conditions, demandés par les associations ouvrières pour des exhibitions collectives. Ces différentes combinaisons obtiennent beaucoup de succès.
- Le catalogue officiel de la section française est confié à Paris, à l’éditeur Monnier.
- Un programme des plus attrayants de fêtes de tous genres est en préparation.
- Un festival doit avoir lieu à l’occasion de la distribution des prix pour le concours des affiches, diplômes et médailles.
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- Bolivie
- U11 concours est ouvert pour la présentation de projets, en vue de l’érection du pavillon bolivien à l’Exposition de 1889.
- Les délais courent jusqu’au 30 avril. Il sera attribué aux projets-, jugés les meilleurs, deux primes de 2,000 et 1,000 francs respectivement.
- Tous renseignements complémentaires se peuvent trouver à la Chancellerie de la Légation, 8, rue de Berry, à Paris.
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- Brésil
- Il a été dit ces jours derniers que pour des raisons d’ordre exclusivement financier, l’empire brésilien ne prendrait peut-être point officiellement part à l’exposition de Paris, 1889.
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- Espagne
- L’exposition de Barcelone, qui s’ouvrira le 8 avril, a recueilli, dans les derniers délais, un nombre important d’adhésions nouvelles, venues d’un peu partout.
- La Belgique aura une représentation d’environ
- Dimanche 18 Mars 18S8.
- 3ô0 exposants dans la section industrielle et de 150 dans la section des Beaux-Arts.
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- Italie
- L’exposition annuelle des Beaux-Arts qui s’est ouverte le 19 février à Rome, au palais de la Via Nazionale, et dont nous avons précédemment parlé, comprend 179 ouvrages de peinture, 65 de sculpture, et 63 d'aquarelle.
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- Le gouvernement italien a décidé d’envoyer un choix, une sélection d’œuvres d’art à la section des Beaux-Arts de l’exposition italienne de Londres.
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- Le Comité de participation italienne à l’Exposition de 1889, réuni à Rome sous la présidence de l’honorable M. Villa pour examiner la situation nouvelle, née de la rupture des relations commerciales franco-italiennes, a émis le vœu, qui semble devoir se réaliser, d’une reprise des négociations entre les deux gouvernements et ne considérant point sa mission comme terminée, a résolu de continuer ses travaux et de garder une attitude expectative jusqu’à une réunion ultérieure qui aura lieu sous peu.
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- Russie
- Une importante exposition photographique, la première qui jusqu’ici ait été organisée en Russie, a été ouverte le 1er mars, à Pétersbourg, dans les galeries du musée pédagogique. Beaucoup d’envois d’amateurs.
- Ubique.
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- SCIENCES & INDUSTRIE
- VARIA
- M. Goguillot a fait paraître, il y a quelque temps, des obvervations curieuses sur la syntaxe des sourds-muets. Quelques passages de cette étude, publiée par la Revue internationale de l’enseignement des sourds-muets et la Revue internationale des sciences médicales, nous ont paru particulièrement intéressants, au point de vue de la physiologie psychologique. Ils présentent, en effet, des particularités que ne doit pas négliger l’étude philosophique attentive du travail de la pensée et de son expression.
- Les sourds-muets font des inversions, en écrivant et en parlant, alors qu’ils sont encours d’instruction. Notre auteur nous apprend, par exemple, ( que le sourd-muet, instruit par la méthode orale, dira et écrira, dès qu’il pourra prononcer ces mots au bout de sept mois environ : moi, méchant, non, au lieu de « Je ne suis pas méchant; ou encore, Bertrand, girafe, grand, comme, pour exprimer que Bertrand est grand comme une girafe.
- Ces fautes, corrigées assez facilement par ses soins, le professeur pourra constater alors des énonciations comme : J’ai mis ma tête sur ton chapeau, inversion pour « J’ai mis ton chapeau sur ma tête»; ou, dans un autre genre, moins imparfait parce qu’il semble impliquer un accusatif tacite : Le lièvre le chien chasse, pour le chien chasse le lièvre.
- Plus tard l’élève, moins étranger aux formes et à l’usage de la langue, écrit : J’ai ouvert le robinet qui coule l'eau pour me laver les mains, quand normalement, on eût simplement écrit: Je me suis lavé les mains.
- Les divers exemples donnés correspondent à ce que peuventfaire les.élèves en première, troisième et cinquième années. Un exemple de septième année, rigoureusement correct, et offrant le maximum de perfectibilité, est ainsi conçu : « M. Grévy n’est plus président de la République : un nouveau Président le remplace qui s’appelle Sadi Carnot. »
- L’ordre suivi dans cette phrase n’est pas indifférent paraît-il, et l’on peut affirmer que le sourd-muet n’eût pas. comme un entendant l’eût pu faire, écrit : « M. Carnot remplace M. Grévy à la présidence de la République.
- M. Goguillot, examinant la raison de tous ces faits divers, recherchant la cause possible de ces anomalies, a formulé cette opinion que l’on peut considérer comme la loi de la syntaxe spéciale en cause :
- Le sourd-muet aune tendance naturelle a exprimer les faits dans l’ordre où il les voit se produire et à exprimer successivement toutes les phrases d’un meme fait, sans les grouper, comme nous le ferions, sous une appellation générique.
- Ceci posé, notre auteur passant au point de vue de comparaison, de rapprochement avec les formes normales et régulières d’expression, parlée
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- ou écrite, de la pensée, d’excuse d’émettre un avis qui peut paraître paradoxal, mais qui lui semble néanmoins assez juste, on pourrait démontrer, dit-il en substance, que c’est notre langage actuel qui est plein d’inversions, et non le langage des anciens, le latin, par exemple qui suit très généralement, en sa construction, l’ordre familier au sourd muet. On a coutume, poursuit-il, de parler « d’inversions latines ». On a peut-être raison en ce qui concerne les poètes que les nécessités.prosodiques ont pu obliger à faire des inversions. Mais, à mon avis, on a, d’une façon générale, tort de traiter « d’inversions » l’ordre de la phrase latine chez les prosateurs. Et l’auteur ouvre, à l’appui de sa thèse, un Tacite, où dès la première phrase des annales se révèle chez l’historien de Rome l’adoption ou plutôt le choix naturel des formes ordinairement adoptées par le sourd-muet.
- « Urb en Romain a principio regcs habtterc »
- Proposition qu’en français nous traduisons : des vois eurent (ou gouvernèrent) d’abord la ville de Rome, comme Tacite, un sourd-muet eût dit exactement :
- « Ville Rem:: autrefois rois avaient, ou avait »
- Et M. Goguillot rappelle combien cette forme fait songer au vieux français.
- De fait, l’argumentation de notre auteur me paraît très juste, et je n’hésite pas à adopter ses conclusions quant au vice probable de notre mode actuel d’élocution et à la supériorité possible du mode grammatical des sourds-muets et des langues classiques. Nous croyons, à ce propos cependant, que le véritable nœud de la question lui a échappé, ou que, s’il l’a saisi et compris dans toute sa portée, il a du moins négligé de nous le communiquer.
- A notre avis personnel, la clef du problème est dans les modifications casuelles que possédaient les langues anciennes pour la transformation du régime actif ou passif de'leurs substantifs, et que les langues vivantes ont abandonnées, les langues latines et mixtes du moins., car les langues germaniques les ont conservées intactes.
- Il y a là, dans nos langues modernes, un très grand progrès pour la simplicité, et à ce point de vue la combinaison est très ingénieuse d’exprimer les situations diverses du nominatif, du génitif, du datif, de l’accusatif et de l’ablatif par l’apposition de prépositions appropriées, et l’adjonction hellénique de l’article. Mais, d’autre part, au point de vue logique et analytique de la pensée et de son expression, l’abandon des cas a donné aux langues modernes, l’allemand exclu avec ses similaires, une infériorité flagrante à notre avis, et une impuissance de conformer strictement à l’évolution de la pensée la représentation écrite . ou parlée; comme, par exemple, l’impossibilité de faire saillir et ressortir le côté qualificatif, seul visé en pensée, de l’état constaté, de l’action exercée, et par contre l’obligation de mouler toute proposition dans un cadre immuable, où une logique conventionnelle, une euphonie particulière doivent mettre en lumière, par des moyens artificiels, le fait pensé d’une façon spéciale et que ne définissent plus des cas.
- Hors de cela, pour nous, tout est inversion; inversive la phrase du sourd-muet :
- Le lièvre le chien chasse
- phrase juste cependant, justement pensée, que le latin éût exprimée de même, avec l’accusatif pour le lièvre, le nominatif pour le chien et que notre invariabilité moderne rend ambiguë, faute d’attribuer à l’un, à l’exclusion d’une succession particulière des mots, l’activité, la passivité à l’autre.
- Où donc est l’expression la plus raisonnable et la plus rationnelle de la pensée ? Dans l’analyse linguistique moderne, ou le synthétisme ancien ï
- Ce dernier n’était-il pas le plus naturel?
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- SEPTIÈME EXPOSITION DES BEMJX-ARTS
- Organisée au Palais de /’Industrie (Porte 5)
- PAR L’UNION DES FEMMES PEINTRES & SCULPTEURS
- L’art n’a pas de patrie, dit-on; mais ajoutons, appréciation qui a bien sa valeur : l’art n’a pas de sexe, c’est-à-dire qu’il ne peut être l’apanage plutôt des hommes que des femmes.
- Critiques acerbes qui rebutez la femme d’une occupation si louable, que ne faisiez-vous donc tapage devant Y Attelage nivernais de Rosa Bonheur ou devant la Sœur de charité d’Henriette Brown ? C’est que vous y trouviez du talent, que ces œuvres étaient traitées de main de maître 1... Eh bien! examinons sans parti pris' ces cinq cents tableanx, pastels,aquarelles, miniatures, porcelaines, fusains, dessins, statues, bas-reliefs, médaillons etc., etc., et vous serez, avec nous, tout à fait convaincu qu’il faut encourager de telles manifestations.
- Souvenez-vous, tout au moins, que les Femmes-Peintres, il y a tout à l’heure un siècle, donnèrent à la nation un des plus beaux exemples de patriotisme qu’ait jamais enregistré l’Histoire de France : C’était le lundi 7 septembre 1789, moment précieux au génie des arts non moins qu’au patriotisme. L’Assemblée nationale siégeait à Versailles, le président demanda à Rassemblée si elle voulait recevoir une députation composée de vertueuses citoyennes, qui venaient lui offrir, avec leurs hommages, leurs parures et leurs bijoux. Un applaudissement universel fut la réponse à cette question...
- Dans son discours (1) Mme Moitte, présidente disait : « Lorsque les Romaines firent hommage de « leurs bijoux, c’était pour procurer au Sénat l’or « sans lequel il ne pouvait accomplir le vœu fait à « Apollon par Camille avant la prise de Veies.
- « Les engagements contractés envers les créan-« ciers de l’Etat sont aussi sacrés qu’un vœu...
- « C’est dans cette vue que quelques citoyennes, « femmes ou filles d’artistes, viennent offrir à « l’auguste assemblée nationale des bijoux qu’elles « rougiraient de porter, quand le patriotisme leur « en commande le sacrifice.
- « Notre offrande est de peu de valeur, sans « doute ; mais, dans les arts, on cherche plus la « gloire que la fortune ; et notre hommage ne peut « être proportionné au sentiment qui nous ins-« pire ».
- A la suite de ce discours, très applaudi, Mme Moitte déposa la cassette qui fut remise sur le bureau du Président, celui-ci répondit : « Puisse le noble exemple que vous donnez en ce « moment, propager le sentiment héroïque dont il procède, et trouver autant d’imitateurs qu’il a « d’admirateurs!
- « Vous serez plus ornées de vos vertus et de « vos privations que des parures que vous venez de sacrifier à la patrie. »
- L’assemblée nationale leur fit les honneurs de là séance.
- De toutes parts on leur fit une chaleureuse ovation. Le peuple, enthousiaste, les comblait de bénédictions. Les districts devant lesquels elles passèrent firent prendre les armes, et ajoutèrent chacun un certain nombre d’hommes pour augmenter la garde d’honneur qui précédait les voitures.
- Et si ces grand’mères étaient de véritables patriotes, d’un dévouement et d’un désintéressement sans borne, est-ce à diré que les petites filles de ces grand’mères là aient démérité ? Oh! non, elles sont dignes de leurs aïeules et l’abnégation qui préside à l’installation de cette exposition avec autant de désintéressement que de bonne grâce, nous prouve surabondamment que les femmes artistes d’aujourd’hui ont en tous points marché sur les traces de leurs devancières.
- L’Union des femmes peintres et sculpteurs dans un ordre d’idées bon à suivre, n’a ni jury d’admission ni comité de placement, l’harmonie seule sert de* base pour placer, les œuvres aussi bien sur la cimaise qu’au milieu des panneaux, et il ne faut préjuger en rien du mérite par la place occupée.
- En entrant, assez généralement, on s’arrête dans la première salle et le plus souvent l’effet produit se poursuit sur l’ensemble, aussi pour éviter cet écueil nous avons pris au hasard examinant, tout particulièrement, ce qui a le plus attiré notre attention.
- Le Rêve d'enfant, par Mme Inès de Beaufond, est évidemment le rêve qu’une mère suppose à l’esprit endormi d’un chérubin rose ;. quoi de plus vrai que cette composition d’un idéal qu’elle-même a peut-être rêvé dans son enfance, et quelle harmonie de tons, quelle finesse de dessin ; njy a-t-il pas là un sentiment naturel ? D’aucuns trouveront peut-être que ce n’est pas de la grande peinture, peu importe, nous dirons, certains de n’être pas contredit : c’est delà bonne peinture.
- Un très joli Portrait de femme, par Mme Mary Aub, ne figure pas au catalogue, mais il soutient aisément l’examen le plus sérieux et vaut beaucoup mieux que certains portraits, de grand maître qui avaient sans doute pris du sirop de groseille pour relever un peu leur peinture.
- Mme Aub expose d’autre part une tête de vieille femme pleine de vie et de santé, c’est une étude parfaite et rendue avec une expression juste.
- On cite toujours les grands tableaux et les petits viennent ou ne viennent pas ensuite, suivant qu’il reste on ne reste plus de place : c’est un tort.
- Une petite toile par Mme Cibot, Oignons et ail ou aulx, comme vous voudrez, est une peinture franche et vraie ; il ne manque absolument que de faire grand maintenant.
- Citons, à Rentrée : la Prière du matin de Mlle L’Hermerout, porcelaine assez bien traitée ; quatre bonnes aquarelles par Mlle Durand, qui a aussi trois autres numéros, puis n° 118, aquarelle présentée par Mlle Grivart, des amours groupés avec talent sur un joli et gracieux éventail.
- Dans la salle de droite, nous trouvons d’abord : lavées avec habileté, trois aquarelles, n° 46, qui
- (1) Lu par un député d’Aix.
- nous amènent à parler des autres envois de Mme Bilinska ; n° 48, Négresse, une tête d’étude savamment peinte, et avec un accent de vérité qui fait l’admiration des visiteurs, puis n°.44, portrait de M. B. Z. sur son lit de mort, petite toile que l’on ne remarque pas assez, puis enfin un Portrait au fusain, ces œuvres dénotent un talent acquis et cela nous promet des surprises pour le Salon.
- N° 140, Eventail crêpe de Chine rouge, exposé par Mlle !.. Descamps-Sabouret, cette œuvre d’un réel mérite a un défaut capital : que viennent donc faire ce bouton, à gauche : et cette branche de roses mousseuses à droite ? Hélas! c’est de trop; il ne faut pas faire deux éventails sur un seul; de plus, le papillon Callimorpha Hera (Phalène chinée) quoique assez juste de ton et d’un bon effet, n’est pas assez cherché, la forme est incorrecte ; les roses capitaine Christy et gloire de Dijon sont bien, une branche allongée eût suffi. Peut-être entrons-nous un peu dans le menu, mais s’il nous fallait apprécier des fleurs de Couder, nous verrions la facture sous un autre aspect. Les autres envois, portrait de Mme D. S., Dessert, etc., de la même artiste dénotent néanmoins beaucoup d’habileté.
- Dans un angle de cette même salle nous trouvons une belle gouache que Mme Relin nous présente sous le titre de Titiana en voyage ; que de grâce, de coquetterie et de gentillesse dans cette grisaille ; en avant un Attacus Pin, qui au crépuscule, vole dans l’espace guide , le cortège, en portant sur son dos (thorax) un chérubin qui tient une torche allumée, et ce charmant feston de petits amours qui escortent le char, tout cela^est joliment campé dans l’espace. lien est de meme des autres éventails : une Course, la Balançoire, très bien traités ; et le n°4o5 donc : histoire naturelle en action (très bien, Madame, vous cultivez les arts et les sciences) ; l’amour à califourchon sur un Scarabée Hercule traverse les contrées tropicales et arrive en Europe où il est reçu par une nuée de bourdons (bombus hortorum, b. ter-restris, b. muscorum,) qui lui font escorte, et c’est là ce que vous intitulez : le Petit Chasseur, parfait, parfait !... Nous trouvons ensuite n° 96, encore un éventail, aquarelle, Mm0 Chennevières a mis une petite étiquette [pas terminé], — n,ous ajouterons volontiers : [n’en a pas besoin).
- Deux pigeons s’aimaient d’amour tendre... voilà le titre que nous donnerions à ce charmant Desgrieux faisant sa cour à Manon-Lescaut. N°93 Violoniste : le printemps rappelant les hirondelles ; N° 95 Dévideuse, est un peu trop maniéré, mais n° 94 Agréable envoi est un sujet gracieux.et chatoyant beaucoup plus fin que les deux précédents.
- Mme Huillard a huit numéros au catalogue, nous estimons que c’est trop, mais cependant son Buste de jeune fille est une très bonne étude et le profil de jeune"femme est plein de hardiesse. M.“l® Crestv a notamment une aquarelle Roses Trémières qui dénote une grande habileté, n° 4.65 Portrait de Mme d’E. et n° 465, Portrait de Titi sont de bons pastels.
- Les aquarelles de Mme Cazelles sont l’expression de la nature vue et admirée..
- Certainement Mme Delphine de Cool tient un des premiers rangs parmi les Femmes Peintres, ses deux aquarelles Lauriers et Violettes, très brillante et la Table de Juanita sont d’un lavis très correct et d’une sûreté de main hors ligne, mais nous aimons moins son grand canon, quoique d’un dessin très correct. Sous les n0s 1.90 et 191, Mme Espinet présente des ombres chinoises : Menuet, allant au Sabat : de la fantasmagorie !...
- Mlle Cécile Desliens expose trois portraits bien brossés, mais nous préférons celui du R. P. G. P. présenté par sa sœur, Mlle Marie Desliens, il est d’une excellente facture, quant à son autre toile Fleurs de Printemps, ses lilas sont trop mousseux, cela manque de hardiesse.
- La tête de femme, étude, de Mlle Dodson, est d’une touche extraordinaire, pour uneqétude faite en une heure, on se demande ce qu’eût été cette étude.. . terminée; quelle furia, le profil de vieille italienne est supérieurement enlevé, continuez maître !... Mme Chrysanthème q st une bonne toile, mais nous lui préférons les Etoiles du matin.
- Plus loin, sous le n° 38, nous trouvons une très belle aquarelle Giroflées et Lilas, œuvre de Mlle Bernamont qui nous montre d’autres aquarelles bien lavées, des croquis de voyage .et aussi une bonne miniature ; nous Rengageons à ne pas négliger ce genre si goûté autrefois et encore très apprécié.
- Les fleurs constitueront longtemps encore une des supériorités de la femme, là elle brille d un réelle prestige ; en effet, si la rose est la plus belle des fleurs, la femme n’est-elle pas la plus belle des roses ?... Mlle Adrien nous le prouve en exposant un panier de roses.. • superbes, et des jai-dinières garnies, l’une de Rhodondendrons, l’autre ce Pivoines; ces aquarelles sont pleines de finesse.
- Voulez-vous vous récréer un peu ? admirez les aquarelles de Mme Lacroix, de gentils croquis rehaussés pour illustrer les contes de M,ne d’Aul-noy, puis un éventail humoristique composé de dix têtes : Paysans Poitevins. — N° 422, Huîtres et Poissons, par MUe Emma Ronner, bonne exécution qui tient du genre Vollon, cependant pas
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- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 18 Mars 1888.
- assez de mollusques dans les coquilles; quant au cabillot, il manque de fraîcheur, l’œil est trop creux : il faut faire des études, au bord de la mer, à la rentrée des barques. Vue de Bornholm, par Mlle Stjernstedt, effet de soleil levant, bonne impression qui mérite d’être signalée.
- Parmi les envois de Mm0 Réal del Sarte, nous avons remarqué : Profil de Négresse dessin très serré, Froufrou, aquarelle d’une bonne exécution, en somme du talent. Nos 342 à 3q6, Têtes d’études et portraits, par M1Ie Norisot, sont très bien traités. — Paysage de Thiérache, par Mme la comtesse de Toybert, est une aquarelle très largement lavée, il y a là du talent, de même que dans 1 ’Etude de chien.
- Les Jumeaux, deux têtes de chat, dessin très correct dénote chez-Mme Galimard une grande habileté.
- Parmi les six envois de Mme Brodheck, nous avons surtout remarqué ses deux panneaux d’Etudes ; l’expression d’une nature vue, des études très bien saisies, peut-être quelques duretés, effet du plein air qu’un peu d’attention corrigera facilement; c’est très bien, mais maintenant à l’œuvre pour nous faire admirer vos tableaux qui, nous n’en pouvons douter, seront charmants. — Il y a beaucoup d’études cette année, et si les études ont du bon, il n’en faut pas abusera moins toutefois que ces études soient de véritables tableaux comme dans la magnifique série que présente Mme Peyrol-Bonheur, intitulée Panneau d’Etudes : oui, c’est vrai, il y a des études, de belles et bonnes études, comme les moutons; toutefois il convient de dire qu’il n’y a pas là que des études mais bien de jolis tableaux : une saulée qui vaut mieux que bien des Lambinet, des bouleaux qui sont du Jules Coignet, et un morceaux des montagnes Pyrénéennes qui rappelle le meilleur faire de Calame, mais la modestie de l’artiste veut que ce ne soit que des études ; parla on peut juger de ce que peuvent être les tableaux !... ~
- Citons aussi Brassée de lilas et boules de ilêige, de Mme de Boussaincourt, et une grande toile, Dans le Parc, rhododendrons et fougères, panneau décoratif, voilà certes de bonnes pages.
- Etang, par Mlle Taconnet est une bonne toile, effet vaporeux bien rendu, beaucoup de profondeur, mais il est nécessaire que les premiers plans soient plus précis et mieux soutenus, c’est le contraire dans son autre toile, la hotte de pivoines, iris et lilas est bien campée, la bourriche de pensées que l’on va mettre en place sur l’heure, cette brassée de vegelia et la touffe de giroflée sont d’un ensemble gracieux; nous dirons toutefois que les premiers, plans sont bien vigoureux ce qui, proportion gardée manque aux pivoines et iris.
- Mme Demont-Breton, qui est déjà passée maître, nous présente Y A. B. C, page pleine d’expression qui gagnerait beaucoup si la teinte générale était moins sombre. Les toiles de Mme Elodie La Vi-lette sont des pages parfaitement traitées, un cadre de neuf panneaux contient autant de tableaux bien rendus, ces petites marines sont hardiment brossées.
- Mme Ronner a envoyé une série'de petits chats plus charmants les uns que les autres; le chat et la Mouche est un gentil petit bijou. Nous avons parlé précédemment de Mlle Emma Ronner il convient aussi de citer les appétissantes Côtelettes de Mlle Alice Ronner, c’est parfaitemenà rendu.
- Pavots et dernières fleurs, par Mlle de Lajaîlet, deux œuvres sincères, d’une couleur très harmonieuse. Quatre pastels et de bonnes études empreintes d’une grande sincérité et au piano, composent le bagage de Mlle Turner. Bataille d’oiseaux, uu bouvreuil et deux mésanges bleues, par Mme Doutreleau, les oiseaux sont bien perchés, mais le fond est trop sombre. Le n° 434, présenté par Mme Souverbie, est une bonne bourriche de pensées, c’est brossé avec franchise. A signaler tout particulièrement les charmants portraits de Mme P. Coeffier, élève de Léon Cogniet: cette artiste marche sur les traces du maître et depuis bien longtemps déjà les portes du Salon devraient lui être ouvertes à deux battants. Très gentil le Guignol ae Mme Baumetz, déjà vu. Citons aussi un paravent, Baie de Stora de Mme Desnoux. — Mlle Duncan illustre d’une façon merveilleuse les œuvres de Victor Hugo, Gilliat lisant son nom sur la neige de Noël est bien : Un mot écrit sur une page blanche. Mme Ayrton a envoyé Oiseaux de mer, page importante d’une très bonne facture, et des études largement traitées. Mme M. Martin expose Coin de jardin et Fruits d’hiver qui'sont de bonnes toiles empreintes de sincérité. D’un coloris très brillant, les envois de Mme Moutot se distinguent par une exécution très soignée et une observation très juste de la nature. Dans le n° 35o le martin-pêcheur est splendide.Citons aussi les portraits présentés par Mmes Grandmougin, Huillart, Mlles Baury-Saurel, Bonnefoi, Borgnet, Fichel, Houssay, et enfin les envois très remarquables de Mme Viteau et de Mme Turner, ainsi que le panneau de Roses Trémières de Mlle Ninot. etc., etc.
- Nous terminerons par la sculpture qui ne comporte que 28 numéros. — Le satyre Jean Rameau, figure de plâtre souriant: quel talent, faire rire ainsi les gens!... Nous ignorions que Mme Cro-
- zier occupât ses loisirs à patiner la glaise. C’est là un agréable passe-temps qui fait aussi les délices de Mme Hugues. Bravo!... Mme Olivetti a envoyé la Russie, allégorie... Saluons!... — Très remarquable le beau buste du regretté André GUI par Mme Coûtant, qui envoie aussi trois autres portraits bustes, bronze et marbre. N° 21 Un vieux Curieux, pourquoi ce titre? — c’est Scapin qu’il eut fallu dire, car il a l’air de jubiler à l’avance en pensant aux coups de bâtons qu’il donnera tout 5 à l’heure, très bonne expression; Mlle Moria a aussi envoyé Italienne et Electre? de.ux bustes plâtre étudiés avec soin et d’un rendu très sincère. Voilà des études scientifiques qui font honneur et au professeur et à l’élève.
- Nous terminerons par le maître de céans : Mme Léon Bertaux a envoyé une exquisse : la Législation, hardiment patinée, mais là où est son succès, succès que tout le monde se plaît à reconnaître, c’est dans cette épreuve d’une statue en cours d’exécution : Pysché sous l’empire du mystère. Que faut-il dire qui n’ait pas encore été dit de cette œuvre charmante ? il faut convenir que c’est difficile !...
- Certes, c’est avoir entrepris une grande tâche que d’organiser ces expositions annuelles surtout en prêchant d’exemple-, avec abnégation et le plus grand de tous les désintéressements, mais c’est aussi une œuvre des plus louables que de relever le moral en mettant au même rang des œuvres d’un aussi grand mérite. Le public est là le grand juge et la critique n’a ici qu’un devoir : faire taire les appréciations malsaines ou désobligeantes pouvant s’adresser aux œuvres dont les auteurs oublient de se juger, dans ce cas, le silence est le plus éloquent panégyrique que l’on puisse faire ;~ sqps toutefois vouloir attribuer ces lignes à toutes les .œuvres que nous avons omis de citer.
- Le sculpteur émérite qui a présidé aux destinées de ces expositions a jugé que si les maîtres féminins ne coopéraient pas à cette œuvre, ce serait peine perdue et pour en décider d’autres elle a commencé par exposer elle-même.
- Au musée de Versailles une Jeanne d’Arc, par la princesse Marie d’Orléans démontre clairement que l’art est de tous les temps, de toutes les époques.
- Quoi ! cette petite bergère a trouvé des -mains royales qui armées du ciseau ont fouillé ce marbre glacial et l’ont animé, lui ont donné la vie, et plus, l’ont assoupli à l’exigence d’une volonté et l’on pourrait douter des enseignements à tirer de telles leçons !... Oh non !... Si la tille de France a voulu, elle aussi, immortaliser Jeanne d’Arc, c’est par devoir, par respect qu’elle a voulu lui rendre ce pieux hommage.
- Jalouse, peut-être, d’un courage aussi héroïque, jalouse aussi de ce dévouement stoïque, ne pouvant l’imiter, elle a voulu la glorifier, en satisfaisant cette pieuse jalousie : elle a fait son devoir !...
- N’est-ce pas aussi une pieuse jalousie qui anime la Présidente de l’œuvre? Nous répondrons, oui !... et c’est là ce qui fait sa force et fera le succès.
- Nous ajouterons pour ceux qui peuvent douter du succès d’une tentative faite depuis quelques années, qu’il n’y a qu’à consulter les - us et coutumes du temps passé (1) : Etienne Boileau, par exemple, pour constater que le 3 janvier 1430, Charles VII accorda aux imagiers, sculpteurs, peintres ou verriers, le droit de continuer « àestre quittes et exempts de toutes tailles, aydes, subsides, garde des portes, guets, arrière-guets, etc. »
- Et dans les statuts, greffés sur ceux d’Etienne Boileau, la partie la plus curieuse était assurément le chef-d’œuvre nécessaire aux maîtres pour faire partie de la confrérie, et qui était ce que nous appelons aujourd’hui le prix de Rome.
- L’académie de peinture et sculpture naquit d’un conflit en 1647, à la suite duquel Lebrun fonda une académie approuvée en 1648 et confirmée en 1651. Vingt-quatre années plus tard Louis XIV réunit cette académie à celle de Saint-Luc établie à Rome, en 1692 elle fut installée au Louvre. Le nombre de ses membres était illimité, les femmes en faisaient partie. Elle fut réunie à l’Institut en 1795.
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- M. Carnot, sénateur, ancien ministre de l’instruction publique, a écrit :
- « Je lis avec regret ces mots: sans profession, à la suite de presque tous les noms de femmes qui figurent dans les actes civils. Ce n’est pas seulement un aveu d’incapacité, c’est un renoncement à l’indépendance personnelle. Si j’étais femme, je mettrais mon orgeuil à effacer ce stigmate. L’indépendance, quand elle a pour garantie une profession utile, doit inspirer à qui la possède un juste sentiment de sa valeur.
- « Félicitons ceux que la fortune autorise à choisir un travail conforme à leur goût, mais nul ne peut se croire à l’abri des revers ; nous avons connu des femmes heureuses et fières de trouver un moyen d’existence dans un talent qu’elles
- (1) Histoire anecdotique des Métiers, H. bouchot, Imagiers, Peintres, Sculpteurs, H. Oudin, éditeur.
- avaient cultivé pour s’en faire une agréable occupation.
- « Ne fût-ce qu’à ce titre d’occupation agréable, chacun devrait s’efforcer d’acquérir la* pratique d’un métier, soit intellectuel, soit manuel, pour conjurer le fléau de l’oisiveté.
- « Ces réflexions vont à l’adresse des deuxsexes; elles conviennent à toutes les éducations, dont le complément devrait être un apprentissage professionnel. Quand les femmes s’honoreront d’avoir obtenu ce complément, comme elles s’honorent déjà aujourd’hui de triompher dans certains examens, elles auront fait beaucoup pour la glorification du travail. »
- Enfin convenons-en, l’idée de ces expositions est bonne, mais il ne faut pas dire que les femmes peintres et sculpteurs n’existent que depuis quelques années, mais bien depuis plusieurs siècles. Au surplus, il ne faut décourager personne, au contraire, tel qui était apprenti hier pourra devenir maître demain, et tous-les moyens honnêtes sont bons pour gagner honorablement les ressources nécessaires à l’existence.
- A. Ramé.
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE BARCELONE
- Le succès de la section française à l’Exposition Universelle de Barcelone s’annonce comme devant être des plus brillants .
- Les appels faits par M. Charles Prevet, commissaire général et par ses collaborateurs de la commission initiative aux comités départementaux de 1889 aux chambres de commerce, aux chambres syndicales professionnelles ainsi qu’à nos-grandes notabilités artistiques et industrielles, Ont été entendus, et les résultats acquis dépassent toutes les prévisions.
- Tandis qu’on pensait réunir un nombre de 2 à 400 exposants, comme pour Melbourne et Bruxelles, les déclarations pour Barcelone dépassent aujourd’hui le chiffre de 1000, et le commissaire ne peut plus garantir que les nouvelles demandes qui viennent encore chaque jour, pourront être acceptées.
- La section française occupera plus de 5,000 m. dans le palais des industries diverses ; 1,000 m. dans la galerie des machines ; 1,000 m. dans le pavillon de l’Agriculture; 1,000 m. dans le palais des Beaux-Arts, et plus de i,5oo mètres dans les jardins, sans parler du palais des sciences et de l’Exposition maritime. C’est donc une superficie totale de plus de 10.000. m. qui sera occupée par la France.
- Les certificats d’admission, les pièces justificatives et les étiquettes seront fournis au commissariat général à partir du 20 mars, aussitôt après encaissement de la première moitié des prix des emplacements, par les soins du Crédit lyonnais.
- Les expéditions pourront être faites par les soinsj des intéressés, à partir du ier avril. Les installations devront être terminées du 1e1’ au 5 mai au plus tard.
- Le commissaire général fait remarquer à ceux de nos nationaux qui possèdent des établissements industriels en Espagne ou ailleurs et qui, comme tels, exposent dans les sections espagnole ou étrangères, qu’il leur est absolument nécessaire de figurer par une seconde exposition à la section française pour être classés et récompensés au titre français.
- Il est à ce propos un fait qui vient d’être signalé au commissariat général et sur lequel il importe d’attirer l’attention des exposants.
- Certains agents, se disant officiellement autorisés par la, direction de l’Exposition à Barcelone, ont cherché et pourraient chercher encore, dans un but intéressé, à entraîner quelques industriels désireux d’exposer à leur confier le soin de demander leur emplacement directement à Barcelone, se flattant d’obtenir ainsi des réductions sur les prix.
- La section française, qui n’a pas à se préoccuper de ce qui peut se passer dans les autres sections, est organisée exclusivement par les soins du Commissariat général qui prend à sa charge tous les frais de l’ornementation générale de toutes les galeries de la section. Les prix sont les mêmes pour tous, et le classement fait suivant les précédents établis dans les expositions internationales où la France a figuré officiellement. Seront donc exclusivement considérés comme exposants français, classés et récompensés comme tels, les industriels et les artistes figurant dans la section nationale.
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- Le gouvernement tunisien a décidé de participer à l’Exposition universelle de Barcelone.
- M. Poncignon a été désigné comme commissaire général â Barcelone. Le comité va être constitué et les fonds nécessaires seront votés. L’exposition des produits tunisiens aura lieu dans le pavillon de la France.
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- Quatrième Année. — N° 168.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 18 Mars 1888. — ioo3.
- CONCOURS GÉNÉRAL AGRICOLE
- AU PALAIS DE L’INDUSTRIE
- Du Samedi28 Janvier au Mercredi 8 Février
- (,Suite et fin.)
- Les ANIMAUX GRAS ont été, cette année, présentés en nombre plus restreint ; alors que, pour les animaux reproducteurs, on comptait 5oo têtes pour l’espèce bovine, on n’en compte même pas 340 pour les animaux gras. Aussi a-t-on supprimé beaucoup de places, ce qui permet de circuler plus facilement.
- Trois prix d’honneur ont été décernés :
- i° Au bœuf reconnu le plus parfait de formes et d’engraissement parmi tous les animaux primés, sans distinction d’âge ni de race. — Un objet d'art a été décerné à M. Desgraviers, de Mornac (Charente), pour le n° 19S âgé de 47 mois, Durham-Charolais, froment pesant 1,092 kilog.
- 20 A la vache reconnue la plus parfaite de formes et d’engraissement. —‘ Un objet d’art a été décerné à M. Tabouet (Louis), de Vallon-en-Sully (Allier) pour le n° 2*53, âgée de 39 mois, Durham-Charoiaise, jaune et blanche, pesant 854 kilog.
- 3° A la meilleure bande de bœufs. — Un objet d’art a été attribué à M. Point (Edouard), de Lan-geron (Nièvre), pour les nos 33o, 331, 4 ans 11 m., Durham-nivernais, jaune, et les nos 332, 333, 5 ans, Durham- nivernais jaune, pesant 1,210 k. i,i38 k., 1,100 k. et 1,114 küog.
- Voici maintenant les principaux prix décernés dans les diverses catégories :
- Première classe : Jeunes bœufs, sans distinction de race : ire catégorie, animaux nés depuis le Ier janvier 1885.. — Ier prix, n° 27, 33 m., Durham-Nivernais, blanc et rouge, pesant 836 kilog., présenté par M. Bellard à Gimouille (Nièvre). — 2e catégorie, animaux nés depuis le ier janvier 1884 et avant le ior janvier 1885. — ior prix, n° 36, 38 mois 15 jours, Durham-Manceau, rouge et blanc, pesant 934 kilog., appartenant à M. Valtau, de Vindelle (Charente).
- Deuxième classe : Bœufs divisés par race, quel que soit leur âge :
- Races charolaise, nivernaise.— ier prix, n°7'2, 38 m., nivernais, blanc, pesant 9 18 kilog., présenté par M. Chaumereil à Billy-Chevannes (Nièvre).
- Race normande. — ier prix, n° 97, 4 ans 4 m., Cailleblanc, pesant 1,181 kilog., appartenant à M. Langlois à Bayeux.
- Race limousine. — ier prix, n° 119, 4 ans 6 m., froment, pesant i,o56 kilog., propriété de M. Char-bonnaud à Linars (Charente).
- Race garonnaise. — ier prix, n° 126, 5 ans, blanc, pesant 1,104 kilog., présenté par M. Dussaux à Loupiac (Gironde).
- Race bazadaise. — ier prix, n° 134, 4 ans 2 m. 21 jours, noir et gris, du poids de 892 kil. appartenant .à Befnède à Meilhau (L.-et-GQ.
- Race de Salers. — i01' prix, n° 142, 4 ans 1 m.
- 8 jours, rouge, du poids de 1,140 kilog., présenté par M. de Barbarin à Rancogne (Charente).
- Races parthenaise, choletaise, nantaise et vendéenne. — ior prix, n° i52,4 ans 17 jours, par-thenais, froment, pesant 900 kilog., présenté par M. de Planche à Fléac (Charente), qui a obtenu quatre prix dans d’autres catégories.
- Dans la 9e catégorie, Races françaises diverses, deux premiers prix seulement ont été décernés et attribués tous deux à M. Rousseau ainé à Bordeaux (Gironde) pour les nos 163 et 172, ce même éleveur a également obtenu deux prix dans d’autres catégories.
- Races étrangères, Ier prix, n° 180, présenté par M. Caillaud-Belisle à Magnan sur-Toure (Charente), Croisements divers. 1e1' prix, n° iy5 appartenant à M. Desgraviers qui a aussi obtenu un prix pour le n° 47, dans la 2® catégorie. Femelles nées avant le 1e1' janvier 1885.
- Races françaises ou croisées entre elles : ier prix, n° 233,^4 ans 3 mois, charolaise-nivernaise blanche, pesant 810 kilog. appartenant à M. Petit, de Chatenay-le-Royal (Saône-et-Loire).
- Races étrangères pures ou croisements : ierprix, n* 253, M. Tabouret, prix d’honneur.
- Bandes de bœufs, nés depuis le Ier janvier 1885 : i*r prix, nÜS 274 à 277, appartenant à M. Desgraviers, nés avant le i0r janvier 1884, 1e1 prix, nos 33o à 333, présentés par M. Point qui a obtenu nn prix d’honneur.
- Espèce Ovine, espèce peu représentée. — Trois prix d’honneur: Un objet d’art à M. Colas (Louis) pour le lot de moutons n° 33g, reconnu le meilleur parmi tous les lots primés ;
- Un objet d’art à M. Tiersonnier, pour le lot de brebis n® 406 ;
- Un objet d’art à M. Triboulet, pour la bande de moutons n° 426, reconnue la meilleure parmi toutes les bandes primées de la 4® classe.
- Espèce Porcine : Deux prix d’honneur. — Un objet d’art, à M. Larrouy, pour le porc n° 47c, reconnu le meilleur parmi tous les animaux primés des trois premières catégories- — Un objet d’art à M. Fournier, pour le lot de porcs nos 590 à 592, reconnu le meilleur parmi tous les lots primés de la 4e classe.
- Volailles vivantes : Lapins et Léporides. — Prix d’honneur: Trois prix d’honneur pour les volailles vivantes et un pour les lapins ont été attribuées: i° un objet d’art à M. Lemoine pour ses canards de Rouen, n° 1 24 : 20 une médaille d’or à M . Voitelier pour l’ensemble de son exposition; 3° médaille d’or à M. Courant, de Créteil, pour l’ensemble de son exposition de pigeons ; 40 médaille d’or, accordée par M. le Ministre de l’agriculture sur la demande du jury, à M. Bouche-reaux pour ses lapins russes, n° 223.
- Autour du Palais de l’Industrie et dans le Pavillon de la Ville de Paris étaient exposées plus de 6,000 machines, dont la variété représentait la perfection de l’outillage employé par l’agriculteur. Plus de 200 constructeurs ont exposé des appareils de toutes sortes et quelques-uns les faisant fonctionner mettaient le public à même d’en apprécier le mécanisme. Comme l’an dernier, l’exposition du Crédit agricole, Union des Syndicats, couvrait une grande surface et attirait l’affluence des visiteurs par le grand nombre d’instruments mis en œuvre. La moissonneuse Hornsby, les faucheuses, lieuses, râteaux-faneuses, étaient représentés par de nombreux spécimens.
- A. Ramé.
- Le ministre de l’agriculture vient de décider qu’un concours général d’animaux gras et de volailles mortes aura lieu en 1889, à Paris, au palais de l’Industrie, du jeudi 21 au mercredi 27 février.
- Des prix seront décernés, s’il y a lieu, aux propriétaires des animaux nés et élevés en France, reconnus les plus parfaits de conformation et les mieux préparés pour la boucherie.
- AVIS COMMERCIAUX
- PEROU
- augmentation des droits de douane pour l’amortissement DES BILLETS FISCAUX
- Le Gouvernement péruvien a rendu, le 21 décembre dernier,'un décret relatif à l’amortissement et au change des billets fiscaux.
- Les mesures édictées par' cet acte consistent dans le relèvement de 5 à 10 p. 0/0 de la somme prélevée en espèces (soles argent) sur les droits d’importation.pour l’amortissement des billets, et dans la création d’un droit additionnel de 5 p. 0/0, payable en papier-monnaie, sur toutes les marchandises importées au Pérou, le tout sans préjudice des droits de douane et des taxes fiscales intérieures déjà établis.
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- POSSESSIONS ANGLAISES D’AMERIQUE. — CANADA
- articles d’importation
- Le Consul général de Belgique au Canada signale les articles suivants, comme étant d’une bonne vente dans la Colombie britannique :
- Vêtements complets confectionnés ;
- Bas et chaussettes de couleur et à rayures fantaisie, pour hommes, femmes et enfants ; longueur des pieds pour bas d’enfants 14 pouces 1/2;
- Articles de bonneterie, écrus, blanchis, de couleur, à rayures ;
- Châles de laine carrés de couleurs vives et genre plaids, aussi lourds que possible, coûtant à Londres 3 shillings 6 deniers à i5 shillings la pièce ;
- Mousseline imprimée, de 2 ij2 à 5 deniers le yard ;
- Corsets pour dames. L’article bon marché est aux mains des Canadiens, mais il y a une demande pour les produits plus chers ;
- Garnitures en dentelles, plumes pour chapeaux, ouvrages en tapisserie, peluche de soie, jerseys pour dames en Burling wool et autres laines à tricoter;
- Accordéons et autres instruments de musique ; boîtes à compas, instruments pour l’étude des mathématiques ; veires à vitres.
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- LES LIVRES
- CXLVII
- Emmanuel des Essarts. — Portraits de maîtres, un vol. in-18, Paris, librairie académique, Didier, Perrin et O, 1888.
- Nous ne cachons pas notre goût, notre faible, si l’on veut, pour les Portraits littéraires, c’est-à-dire pour les travaux de critique personnelle, vivante, où l'étude de l’homme n’est pas séparée
- de celle de l’auteur et où, à travers l’ouvrage, est subtilement, sagacement poursuivi le secret de la source, le mystère de l’inspiration d’où l’ouvrage est né.
- Il n’y a, selon nous, de critique complète qu’à ce prix de la recherche simultanée, de la découverte concurrente des origines, des influences, des milieux, des variations du goût, de la mode, de l’opinion, quant aux formes, aux procédés, aux styles, du contre-coup des événements sur les idées, et des mœurs sur les passions. Toute histoire littéraire digne de ce nom, doit être un tableau d’une époque, mis à son point, avec des portraits des hommes supérieurs, mis dans leur jour, c’est-à-dire placés en plein jeu des lumières individuelles et des lumières de rapport. Quand ces conditions rares sont remplies, nous lisons avec profit et avec plaisir ces études où l’originalité des vues personnelles, des aperçus nouveaux résultant du commerce intime que tout lettré entretient avec ses auteurs favoris, anime et éclaire les notions générales acquises, où ce que tout le monde pense et voit désormais s’accroît et s’aiguise de ce que peuvent y ajouter les analyses et les synthèses d’un dilettante raffiné, d’un juge épris à la fois des règles éternelles du goût, et de l’idéal particulier de son temps.
- C’est là le caractère de la critique, telle que la comprend et la pratique M. Emmanuel des Essarts, qui a fait brillamment ses preuves comme poète, comme écrivain, comme professeur. Il est de son temps par les aspirations généreuses, vives, franches, vers le rajeunissement des formes, la liberté des procédés, les sources nouvelles. Il est de tous les temps par cette religion du goût,(aux règles immuables, qui n’a ni intolérance, ni superstition, et prend partout où elle le trouve le bien de l’admiration. Il est de tous les temps par son respect de la mesure, des proportions « par cet éclectisme impartial dont certains lui feront un grief, et qu’il estime, avec raison, être un des modes de la justice, une des formes de la probité » (p. 12 1).
- On ne saurait mieux penser et mieux dire, et nous connaissons maintenant le point de vue élevé où se place, affranchi de toute œillère d’école, de coterie, de chapelle, le critique indépendant de tout autre souci que celui de la vérité, de la justice, de la beauté, auteur de ces onze études inégales de proportion et de valeur, mais toutes intéressantes sur Chateaubriand, Lamartine, Alfred de Vigny, George Sand, Béranger, Sainte-Beuve, Michelet, Théophile Gautier, Victor de Laprade, Edgar Quinet, Victor Hugo. Ce sont là des noms bien disparates si on les considère isolément : ils sont toutefois unis par le lien commun de leur influence sur notre génération littéraire contemporaine, un peu oublieuse, un peu ingrate, il faut bien le dire, et qui comme le vàeux Ducis célébrant la fête de Shakespeare, néglige un peu trop de couronner les fontaines où elle a bu.
- On est un peu étonné, un peu affligé, un peu indigné, un peu humilié (car il entre de la honte pour tous dans l’injuste oubli de certaines gloires) quand on pense à l’indifférence ou au dédain de notre génération pour ses maîtres, pour ses ancêtres, quoi qu’elle fasse.
- Nous ne dissimulons pas notre admiration pour Balzac. Mais il nous en coûte de voir que ce temps-ci, dans ses hommages et dans ses éloges, ne sacrifie pour ainsi dire qu’à lui et à Stendhal. Certes nous ne méconnaissons pas le génie de l’un et le talent de l’autre, quoique son meilleur ouvrage soit encore Mérimée. Mais n’y a-t-il donc eu dans ce siècle que Balzac, Stendhal et Victor Hugo, devant lequel la nouvelle génération daigne encore s’incliner avec un respect d’habitude, de bienséance, qui ne dissimule pas toujours assez discrètement l’ironie souriant des incorrections et des inégalités et trouvant à l’idole une tête encore sublime, mais des pieds déjà ridicules.
- Et Chateaubriand? Et Lamartine ? Et Alfred de Vigny, et Théophile Gautier, et Victor de Laprade et Béranger lui-même parmi les poètes ? Et George Sand, parmi les romanciers, et Mchelet, et Quinet parmi les historiens, les poètes, les artistes, les philosophes de l’histoire ? N’est-ce donc rien que cela?
- M. Emmanuel des Essarts ne le pense pas, et nous ne le pensons pas plus que lui, Pour Chateaubriand surtout et pour Lamartine nous pensons qu’on a cessé d’être juste. Chateaubriand est le vrai père, le véritable ancêtre du romantisme. Il lui a ouvert toutes ses voies. Il lui a donné toutes ses formes, légué tous ses moule?, la poésie de la nature et de la religion, le goût de l’infini, la tristesse amère du moi qui se regarde et qui se plaint, la mélancolie intense de la passion, le pittoresque du moyen âge, le mélange de souvenirs et d’espérances de l’homme moderne qui pleure le passé et sourit à l’avenir. Tout cela n’est pas encore si démodé, si fané, si vieux jeu, si vieil oripeau, si arme de rebut qu’on affecte de le croire, Chateaubriand a créé la langue de la nature, de la passion, et jusqu’à un certain point la langue de la politique nouvelle. Il a senti et exprimé la beauté de notre passé religieux et national en maître. Si Jean-Jacques, Bernardin de Saint-Pierre et Madame de Staël n’eussent pas existé, George Sand n’eût pas écrit. Mais Lamartine,
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- ioo4- — Quatrième Année. — N° 1G8. ]
- Victor Hugo lui-même, Alfred de Vigny, Michelet et Quinet lui-même, ne doivent-ils rien à celui qui a écrit le Génie du Christianisme, les Martyrs, les Etudes historiques, qui a le premier célébré l’Enfant sublime comme on célèbre un élève de génie, qui a éveillé la vocation historique d’Augustin Thierry, qui a le premier évoqué non le faux moyen âge à la Marchangy ou à la Barante, mais le vrai, celui qu’achèvera de ressusciter Michelet.
- M. Emmanuel des Essarts a donc rendu hommage c’est-à-dire justice a Chateaubriand. De même il a replacé, d’accord avec une réaction à la fois de raison et de sentiment, de justice critique et de justice morale, replacé à son jang non au-dessus, non au-dessous, mais à côté de Victor Hugo et d’Alfred de Musset, le poète des Méditations et des Harmonies, de Jocelyn et même de la Chute d'un ange, l'auteur de Raphaël et de Gra-qiella, l’historien plein d’erreurs, mais _ aussi plein d’intuition et de divination des Girondinst.
- Il y a des choses très sagaces et très fines dans l’étude sur Alfred deVigny.ee précurseur inconnu ou méconnu de l’école poétique romantique (peut-être l’auteur exagère-t-il un peu l’influence de Soumet sur Vigny), sur Théophile Gautier, poète et écrivain, sur Sainte-Beuve envisagé comme poète novateur dans Joseph Delorme, comme créateur de la méthode critique contemporaine, (celle qui étudie et qui revête l’homme dans l’écrivain, et qu’on peut appeler la critique psychologique); enfin sur Béranger, sur son art de composition, sa recherche du style, sa souplesse et sa variété de rythmes.
- Ce livre fait honneur à son auteur. C’est un de ces ouvrages agréable et solides a la fois, fruits mûrs d’une vaste lecture, et d’un long et intime commerce avec les maîtres, pleins de^ jugements substantiels, et d’aperçus savoureux, où la critique parle le langage généreux qu’inspirent l’amour de la vérité, de la justice, de la beauté, de la liberté.
- M. de Lescure.
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- LES THEATRES
- Les concerts symphoniques
- Mlle Augusta Holmès, compositeur d’un mérite indiscutable, vient de donner au concert du Conservatoire une ode-symphonie pour orchestre et chœur, dont elle a écrit également les paroles et la musique. Cette œuvre se distribue en quatre parties parfaitement distinctes, reliées par des récits en vers alexandrins exposant les situations. Ludus propatriâ : tel est le titre et la pensée générale. Que si je me demande de quelle étroite façon s'y rattachent les quatre scènes, j’éprouverai quelque embarras.
- Le premier chœur est une sorte d’hommage à la patrie ; le second est fait du dialogue des amoureux sous les feuillées, dans la nuit claire ; le troisième nous évoque de rudesforgerons forgeant une épée ; le quatrième, enfin, a les allures d’un chant d’apothèse nationale. On voit que le lien est tout fictif : c'est l’œuvre elle-même de Mlle Hol-mee, et non ce qu’elle retrace, qui est le Ludus pro patriâ. Mais il n’importe !
- Ce qui nous touche dans cette partition de concert, c’est qu’elle atteste un art haut et sincère, aimable et fort. Le premier et le dernier morceau me plaisent, à vrai dire, autant que les deux autres ; mais le chœur des amoureux, précédé d’une page symphonique où les violoncelles chantent rêveusement dans un doux mystère de sonorités, est d’une grâce extrême, et le chœur des forgerons me parait d’une inspiration très heureuse, soutenue par une grande facture.
- Somme toute, l’auteur des Argonautes et de Lutèce se fait voir plus maître de soi-même qu’il n’a jamais été et mieux en possession des ressources techniques. Il faut le louer infiniment de la limpidité de son style, qui n’en est pas moins coloré de belles harmonies et réchauffé de la beauté des timbres. Ce n’est pas tout de savoir parer les idées des richesses symphoniques : il faut encore avoir des idées. Mlle Holmès en a. *
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- Une amusante et spirituelle boutade de Frimousse du Gaulois, à propos des deux seules nouveautés ou plutôt reprises de la semaine :
- Deux reprises, c’est juste le compte pour la soirée d’hier. Au Palais-Royal, reprise, de la Boule, la charmante comédie née de la radieuse collaboration de MM. Meilhac et Halévy, et interprétée par l’excellente troupe de MM. Briet et Mussay ; au Château-d’Eau, reprise de Lazare le pâtre, le célèbre drame de Joseph Bouchardy, joué par les artistes en société.
- Donc, vouliez-vous rire ou pleurer, il vous était tout loisible. Quant à moi, vous pensez bien que je ne m’en vais pas vous raconter deux pièces que tout le monde sait par cœur. Je saisirai seulement cette occasion de me livrer à une étude qui s’impose et que j’ai trop longtemps négligée : l’étude comparative des talents de Meilhac et de Bouchardy.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- Dimanche 18 Mars 1888^.
- An premier abord, il est aisé de constater une ressemblance. Comme Bouchardy, Meilhac est auteur dramatique et, comme Meilhac, Bouchardy a fait représenter des pièces de théâtre. Ce point commun est indéniable, fût-ce pour les gens de mauvaise foi.
- Mais, à mesure qu’on approfondit la question, on voit insensiblement surgir des nuances dignes de peser dans un jugement. D’abord, Meilhac se prénomme Henri et Bouchardy, Joseph ; c’est déjà quelque chose.
- De plus, on pourrait presque affirmer que les deux producteurs affectionnent des genres différents. En feuilletant les mémoires, on découvre aisément que Bouchardy aimait mieux le drame, tandis que l’observation quotidienne suffit à nous indiquer que Meilhac préfère la comédie. L’un recherche les pleurs, l’autre le rire; celui-ci agit sur le système nerveux, celui-là sur la rate du public. Cependant, j’ai vu souvent rire aux drames de Bouchardy ; jamais je n’ai vu pleurer aux comédies de Meilhac.
- Le style de ces deux hommes n’est pas du tout le même. Bouchardy emploie volontiers la phrase ronflante ; Meilhac est plutôt pour la phrase sobre. Le premier s’écrie: « Oh! ma mère! ma mère! » Le second répond: « Oh! la mauvaise bête ! la mauvaise bête ! » Cette observation nous semble précieuse pour le classificateur.
- Leurs types diffèrent également. Les bandits de Bouchardy sont terribles, farouches et sanguinaires. Les Brigands de Meilhac sont gais.
- Aucune connexité n’existe dans les moyens. Bouchardy dénoue ses œuvres à la pointe de l'épée ; Meilhac, à la pointe d’un couplet. Bouchardy est violent, Meilhac est doux. Si Bouchardy eût écrit Décoré, il eût fait dévorer Dupuis paf le lion ; Meilhac s’en est abstenu.
- Enfin, après avoir relu consciencieusement les œuvres complètes des deux dramaturges, je n’hésite pas à déclarer que les mots drôles sont plus nombreux dans les pièces de Meilhac que dans celles de Bouchardy. On y trouve également plus d’observations modernes et de plaisanteries élégantes. Meilhac est incontestablement plus Parisien.
- Je terminerai cette intéressante étude par une réflexion frappante, dont la vérité éclatera à tous les yeux et qui prouvera à quel point j’ai creusé mon sujet, car il ne suffit pas de captiver le lecteur, il faut le convaincre.
- Meilhac sera de l’Académie française ;
- Bouchardy; jamais !
- ¥ ¥
- A part cela, quoi de nouveau ? — Rien ou presque rien.
- On annonce aux Nouveautés le Puits qui parle. Bonne chance à MM. Brasseur, ils méritent toutes les fortunes, tous les succès et toutes les sympathies.
- Aux Bouffes-Parisiens, on dit que Mamfelle Crénom n’aura plus que quinze représentations. Ceux qui aiment les petites bobonnes regretteront sans aucun doute de ne plus voir la gente Mlle ou Mme — je ne sais trop au juste — Dugenet.
- Les Premières armes de Louis XV attirent toujours beaucoup de monde. C’est que le roi Bien-aimé est charmant sous les traits de Mlle Nixaux. Comment être pas bien-aimé quand on s’habille de la sorte?
- Bonne chance à Boum-Boum (Medrano) du Cirque Fernando, il invente chaque jour quelques spirituelles cocasseries ; aussi va-t-on le voir, l’entendre et l’admirer.
- Ferlux.
- LE BONMÂRCHÉ
- EXPOSITION DES TOILETTES D’ÉTÉ
- du Lundi 26 mars
- L’approche de chaque nouvelle saison est un triomphe pour les grands magasins du Bon-Marché, car chaque exposition marque une série de progrès, s’il est possible d’accomplir un progrès dans une maison où tout est déjà parfait.
- Vous assistez sans doute chaque année à cette exposition des Toilettes d’été et vous y viendrez encore certainement cette fois-ci, eh bien ! est-elle pareille à celles que vous avez déjà vues ?
- Assurément l’ensemble est le même. Mais quelle diversité de modèles nouveaux dans tous les genres, quels perfectionnement dans les moindres détails, quelles nuances subtiles, délicates dans les changements apportés à toutes ces choses charmantes !
- Et puis, cette année, les agrandissements de la maison donneront un lustre nouveau à toutes les mises en vente. Les choix sont plus faciles, tous les objets exposés ayant plus de place, sur de plus vastes rayons.
- L’exposition des toilettes d’été est une des plus gaies de l’année. Elie est toute en fleurs, en couleurs vives, en choses légères, comme revêtues déjà des chauds rayons du soleil d’été.
- Elle se compose en effet des nouveautés d’été.
- La nature est en fête, les feuilles poussent à tous les rameaux des grands arbres, la nature a revêtu son frais manteau de verdure. C’est l’époque des sèves nouvelles, des jardins parfumés, la saison des sourires où tout s’e'panouità la campagne, où les plages ensoleillées, naguère désertes, vont être peuplées par tous ceux qui peuvent fuir l’air embrasé des villes, pour aller vivre au grand air et respirer le large souffle vivifiant des flots ou des champs.
- Les conditions de la vie changent plus ou moins pour tous. Il faut donc aux enfants des vêtements plus légers, aux allures plus libres, aux dames des toilettes plus claires qui permettent de les mieux confondre avec les fleurs. Les hommes eux-mêmes ont besoin d’autres vêtements.
- Le Bon Marché offre sous ce rapport tout ce qu’on peut désirer, avec toutes les diversités de choix, de prix, de confection se mettant en rapport avec toutes les bourses et avec tous les goûts.
- Les chapeaux de dames, d’abord, cette partie de la parure féminine sujette à tant de soubresauts capricieux de la part de la mode toujours changeante et inventive. Le Bon Marché en offre la plus grande variété de modèles, de formes, de garnitures, chapeaux de ville, chapeaux de jardin et de plage C’est la diversité la plus étonnante qui se puisse rencontrer, mais toujours unie à un bon goût exquis.
- Viennent ensuite les lainages, étoffes souples et légères avec rayures très variées, de toutes nuances et de bonnes qualités.
- Les confections, robes toutes faites, les costumes complets, jupes, corsages, peignoirs, matinées, vêtements, tiennent une place immense dans l’exposition des nouveautés d’été.
- Cette année, comme toujours, les modèles sont nouveaux, au courant de tout ce que la mode fait de plus exquis, souvent même la devançant par un détail heureux, par des nuances délicates, mais sans jamais s’écarter de ce qui est beau, de ce qui a du goût, de ce qui flatte, sans tomber dans l’excentricité, cette plaie des allures de notre temps.
- Tout ce que le Bon Marché vend confectionné a été créé dans ses ateliers, c’est assez dire que la confection en est absolument irréprochable et parfaite et que la bonne exécution ne laisse jamais aux acheteurs le moindre regret.
- Les étoffes pour robes, lainages unis et fantaisie, les soieries, les tissus imprimés, les indiennes toutes ces matières premières des toilettes des dames sont l’objet d’un choix raisonné et des plus méticuleux.
- Inutile d’ajouter qu’au Bon Marché, toutes les étoffes sont de fabrication française. Et qui oserait s’en plaindre ? Ne fait-on pas mieux chez nous qu’en n’importe quel pays ? La solidité, la perfection, le bon goût, l’élégance ne sont-ils pas l’apanage de la fabrication française ?
- Le comptoirdes vêtements pour enfants occupe aussi une place considérable.
- C’est là encore que grande est la variété.
- Les mamans qui viennent de se munir pour l’été de tous les objets qui leur seront utiles à la ville, à la campagne, au bord de la mer, circulent attendries au milieu de ces confections charmantes qui habilleront les chers bambins, depuis le tout petit bébé blanc et rose comme les beaux fruits mûrs de la saison, jusqu’au diablotin qui, vêtu d’un jersey, d’une culotte courte, coiffe d’un bonnet de pêcheur, ira bientôt faire des trous dans le sable doré des plages, barbottant dans l’eau salé, sous le souffle du large qui le brunit comme un loup de mer.
- Terminons cette nomenclature par les ombrelles.
- La mode est à présent aux ombrelles multicolores. Et c’est là surtout que la nouveauté s’est exercée. Il y a loin de ces charmants objets, offerts par le Bon Marché, et dont tous les détails sont finis, dont toutes les fantaisies sont exquises aux lourdes ombrelles qui garantissaient nos aïeules des rayons trop ardents du soleil.
- Et quel spectacle plus gai que celui d’une plage animée, à l’heure de la marée, quand tout le monde se promène, en toilettes claires et que des centaines d’ombrelles ouvertes ressemblent à un parterre multicolore, pendant que les nœuds de rubans et de dentelles flottent sous la brise.
- Le Bon Marché a fabriqué pour son immense clientèle des modèles tout à fait nouveaux et qui sont en tous points parfaits comme solidité, élégance et perfection de tous les détails, depuis le manche ouvragé en jonc ou en bois de luxe, jusqu’aux dispositions des étoffes.
- Cette Exposition comme toutes les autres attirera une foule considérable à cette maison modèle, et les dames en emporteront comme toujours aussi un bon souvenir.
- Baille.
- Le Gérant, GARREAU,
- Tours. — lmp. E. ARRAULT et Cie, rue de la Préfecture,
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- Le Moniteur
- DE
- L’EXPOSITION DE i
- Rédaction ht Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
- QUATRIEME ANNÉE.
- Dimanche 25 Mars 1888.
- NUMÉRO 169.
- SOMMAIRE :
- X. Les Travaux du Champ-de-Mars ; 2. L’Expos'tion rétrospective du travail à l’Exposition de 1889 ; 3. Nominations; 4. Arrêtés; 5. La Société des Gens de Lettres à l’Exposition de 1889; 6. La participation étrangère à l'Exposition de 1889; 7. Echos; 8. Adjudication; 9. Les Livres.
- EXPOSITION UNIVERSELLE
- DE 1889
- LES TRAVAUX DU CHAMP-DE-MARS
- Un travail dont on s’est fort peu préoccupé dans le public a été exécuté au début de l’hiver sur l’emplacement du palais des industries diverses ; ce travail, d’une importance capitale, avait pour but d’assurer le bon écoulement des eaux naturelles, pluies ou neiges, que pouvaient retenir les toitures des galeries. Comme on peut l’apprécier, étant donnée l’immense surface occupée par le palais, il s’agissait ià d’une chose très sérieuse; et si peu de personnes seulement y ont prêté quelque attention, cela tient tout simplement à ce que ces opérations ont été faites pendant le mauvais temps et ne donnaient pas de résultats appréciables pour les Visiteurs. Il s’est passé, en cette circonstance, ce qui avait déjà eu lieu plusieurs fois pour les fondations et les travaux en sous-sol : ce qu’on exécute dans ces conditions ne devant pas être visible, les curieux s’y intéressent peu et les •chantiers n’ont guère d’autres visiteurs que les spécialistes capables de suivre les manœuvres avec intérêt.
- Il était de toute nécessité que ces conduites d’eaux pluviales fussent mises en place le plus tôt possible afin de pouvoir être utilisée aussitôt la couverture achevée ; à ce point de vue, tout s’est fort bien passé et la toiture était loin d’être terminée que toute la canalisation était faite et prête à fonctionner. Au reste, l’hiver affreusement long et pluvieux que nous avons subi a bien prouvé combien l’établissementde tous ces canaux souterrains était indispensable.
- Avant de décrire avec quelque détail cette canalisation, nous en ferons ressortir l’importance en disant que le seul groupe des industries diverses a exigé l’emploi de 3.669 niètres de longueur de toutes sortes répartis ainsi qu’il suit :
- Tuyaux de poterie de om25 . 1,729 mètres
- Tuyaux de poterie de om40 . 794 —
- Tuyaux de béton de om45 ... • 604 —
- Tuyaux de béton de om5o.... 471 —
- Tuyaux de béton de om55... . 71 —
- Total..., 0669 mètres
- Encore ce chiffre ne comportera-t-il pas les 172 tuyaux de descente d’environ 8 m. de hauteur.
- Tous les trois piliers de soutien des fermes, c’est-à-dire tous les 25 m., on a placé, dans le pilier même, un tuyau de descente en zinc de oJ‘i8 de diamètre débouchant directement dans le chéneau à la partie haute et se terminant en bas par une partie coudée et contre-coudée venant se raccorder à la canalisation souterraine. Dans ces conditions, chaque tuyau de descente sert de déversoir à la pluie ou à la neige que peut recevoir une surface de couverture d’environ 65o m. carrés.
- Pour la moitié du palais des industries di-
- verses, qui longe l’avenue de Labourdonnais, le drainage en sous-sol se divise en quatre groupes distincts : le premier, comprenant 11 tuyaux de descente, conduit ses eaux dans le grand égout qui, extérieurement au palais, du côté de l’Ecole militaire, traverse tout le Champ-de-Mars ; le deuxième réunit les eaux de 17 tuyaux et les amène dans l’égout, également extérieur, parallèle à l’avenue de Labourdonnais; le troisième fait tomber les eaux de 3i tuyaux dans l’égout oblique qui, partant du grand transversal,vient se brancher sur le grand égout central ; enfin le quatrième, formé de 27 tuyaux, a pour déversoir l’égout longitudinal interne qui se branche sur l’oblique précédent (Voir le plan des égouts que nous avons donné dans le n° 120 du 17 avril 1887).
- L’écoulement pour le côté du palais, du côté de l’avenue de Suffren, se partage en 3 groupes comprenant respectivement 8, 3o et 48 tuyaux de descente et ayant pour déversoirs le grand égout transversal du haut, l’égout oblique symétrique de celui qui est cité précédemment et l’égout longitudinal intérieur, parallèle à l’avenue de Suffren, et venant se brancher sur l’oblique.
- A sa base, le tuyau de descente se raccorde d’abord avec un tuyau de om2 5 de diamètre, placé dans une petite tranchée àom5o en contrebas du sol, avec une pente de 0,01 par mètre ; lorsque ce drain a parcouru 2 5 m. il rencontre une nouvelle bouche de descente, la quantité d’eau déversée se trouvent alors doublée, la section d’écoulement doit être aussi deux fois plus large, on ne peut pas continuer la canalisation avec le diamètre de om2 5, on fait donc suivre le premier tuyau d’un deuxième de om4o de diamètre. Remarquons en passant que, pour obtenir la section nécessaire, un diamètre de om355 eût été suffisant, mais la dimension de om40 étant une forme courante de fabrication on l’a adoptée pour simplifier.
- Si la canalisation rencontre une troisième descente, le diamètre du drain devient om45, section triple de la première, puisqu’il s’agit de pouvoir véhiculer l’eau provenant d’une surface également trois fois plus grande. On continue ainsi en augmentant le diamètre cha-ue fois qu’il se présente une nouvelle bouche ’évacuation, de façon à avoir toujours une section égale à la première multipliée par le nombre de tuyaux de descente rencontrés sur le parcours ; dans le cas actuel le plus gros drain employé ne dépasse pas om55.
- Le premier genre de tuyau de om2 5 de diamètre, incliné de omo 1 par mètre, peut débiter environ 2,000 litres par minute, ce que permet l’écoulement,pour une surface de 65o m.,d’une hauteur d’eau de omoo48.
- De place en place, c’est-à-dire à peu près tous les 5o m., des regards ont été ménagés pour vérifier l’état de canalisation ; ces regards sont des espèces de petits puisards à parois de béton fermés à la partie supérieure par une dalle qui recouvre le terrain sur une épaisseur de omo5.
- Ces travaux, dont nous avons fait ressortir toute l’importance, ont été exécutés parM. Ma-noury qui a employé pour tuyaux en poterie ceux tournis par MM. Thibaut et Delafond et pour drains en béton ceux fabriqués par M. Coignet.
- Les tuyaux de ce dernier genre nous intéressaient beaucoup, car ayant eu. à plusieurs reprises, l’occasion de voir exécuter des travaux de maçonneries en béton, notamment des
- égouts, nous étions curieux de connaître les procédés de fabrication employés pour obtenir des pièces moulées, spécialement aes cylindres d’un diamètre aussi considérable que ceux dont on fait souvent usage.
- Nous nous sommes donc rendu à Asnières où se trouve l’usine des bétons et là, sous la conduite obligeante de M. Coignet, qui a bien voulu fournir lui-même tous les détails désirables, nous avons assisté à la fabrication de tuyaux semblables à ceux qui ont servi à la canalisation décrite plus haut.
- Un tube vertical en tôle épaisse, d’un diamètre extérieur égal au diamètre intérieur du tuyau à obtenir, est dressé sur un plateau creusé sur son pourtour, d’une gorge, demi circulaire, destinée à donner à l’extrémité des drains de forme voulue pour permettre l’emboitement; autour de ce premier tube on en place un second devant limiter la surface extérieure du tuyau, ce deuxième étant formé de 3 parties se raccordant longitudinalement au moyen d’écrous de serrage.
- Entre ces deux cylindres de tôle on obtient donc un vide annulaire égal à l’épaisseur u’aura le drain, dans ce vide, on vient verser u béton fraîchement préparé qu’on tasse par couches successives au moyen de petites dames en fer à angles arrondis ; c’est cette opération, fabrication proprement dite au reste, qui offre le plus d’intérêt : un premier ouvrier tourne constamment autour du moule en versant le béton par quantités régulières et le deuxième ouvrier, ou pilonneur, suit le premier entassant d’un mouvement uniforme le béton qui vient d’être versé. On conçoit que, par ce procédé, aucune solution de continuité ne peut exister sur toute la longueur du tuyau qui est ainsi constitué par une sorte de ruban de béton enroulé en spirale à la manière des bandes métalliques employées à la fabrication des canons de fusils. Lorsque le vide est entièrement rempli, le dernier pilonnage s’effectue avec un morceau de fer profilé suivant la nécessité de l’emboitement; à ce moment le tuyau, qu’on fabrique partout de 1 m. de longueur est entièrement achevé, il ne reste plus qu’à démonter le moule pour retirer le cylindre qu’on laisse sécher jusqu’à ce qu’il ait atteint la dureté et la sonorité voulues, c’est-à-dire jusqu’à ce qu’il soit devenu semblable à une véritable pierre qu’on aurait évidée au moyen d’un tour.
- En ne tenant pas compte de la fabrication du béton lui-même, opération que nous avons décrite autrefois, deux ouvriers bien approvisionnés de matière première peuvent faire de 12 à 16 m. de gros tuyaux par jour ; c’est, comme on le voit, une production capable de répondre à une très grande consommation.
- Nous avons profité de notre présence à l’usine pour visiter les autres ateliers où se fabriquent les objets les plus divers : carrelages unis et décorés, blancs et polychromes, mosaïques mouchetées et régulières en qetits 'fragments de marbre noyés dans le béton, marches d’escalier, soubassements, jusqu’à des ornements et des statuettes, on peut dire que le béton y est mis à toutes sauces ; c’est on ne peut plus intéressant et, si cela ne nous éloignait pas trop de notre sujet, il serait curieux de décrire les procédés employés pour obtenir tous ces objets ; nous y reviendrons peut-être si d’autres fournitures doivent être faites par cette usine à l’Exposition.
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- ioo6. — Quatrième Année. — N° 169.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- Dimanche 25 Mars 1888.
- C’est bien joli la neige, mais elle ferait bien de ne posséder que cette qualité sans tous les défauts qui l’accompagnent ; en attendant le dégel, dont l’humidité et la boue sont les suites obligées, cette belle couche blanche nous refroidit considérablement et arrête presque complètement les travaux. Faites donc des maçonneries, des ouvrages en plâtre ou de la peinture par cette température sibérienne, et, au bout de très peu de temps, vous verrez le beau résultat obtenu ; encore une fois, tout ce qu’il serait nécessaire d’entreprendre ou d’achever est empêché, et, si cela continue, on perdra tout le bénéfice, retiré jusqu’ici, de l’activité déployée en commençant les préparatifs de l’Exposition.
- Lorsque, il y a quelques mois, nous disions que dans une entreprise de cette nature l’avance était une chose non seulement utile mais même indispensable, nous ne pensions pas être si bon prophète en parlant des circonstances imprévues capables de paralyser les efforts les plus sérieux ; or, pour de 1 imprévu en voilà certes, car assurément on ne pouvait pas se douter que le printemps au lieu de nous apporter le soleil nous amènerait un nouvel hiver ; quoiqu’il en soit, cet état de chose cause des retards extrêmement fâcheux et il va falloir, pour compenser cela, faire marcher les travaux avec une rapidité considérable sinon, pour peu que l’hiver prochain nous réserve d’aussi désagréables surprises, il serait bien difficile d’avoir tout terminé pour l’époque de l’ouverture.
- En attendant que le thermomètre et le calendrier se mettent d'accord, on fait ce qu’il est possible d’exécuter dans les mauvaises conditions où on se trouve: sur les quais on continue la pose des fers destinés au remplissage des murs de l’agriculture et on dresse quelques fermes pour compléter les galeries ; au palais des beaux-arts et des arts libéraux, les arrivages de matériaux ne s’arrêtent plus, on vient de placer, au sommet des échafaudages, les appareils de levage et cette opération va commencer ; au palais des machines, le montage se poursuit, déjà le pic droit du côté de l’Ecole militaire s’accuse d’une façon assez nette, une partie du tympan est posée et, sur le sol, on achève l’ajustage d’un des arbalétriers dont l’élévation sera la plus importante phase de l’entreprise ; cette masse métallique paraît si monstrueuse, lorsqu’on l’examine ae près, son poids semble si formidable que la première impression fait qu’on se demande si les échafaudages pourront supporterune pareille charge. En effet, la légèreté ae ces charpentes et leur grande hauteur font qu’on leur suppose une fragilité qui n’est qu’apparente, nous en sommes persuadés ; néanmoins le montage de cette poutre sera un spectacle assez émouvant dont nous comptons bien être témoin dans les premiers jours d’avril.
- Dans les jardins, MM. Huguet, Appay et Versifié n’ont guère, malgré le mauvais état du terrain, interrompu leurs grosses plantations, elles sont presque toutes terminées et sauf peut-être une dizaine d’arbres qui restent encore à placer dans le jardin haut, ce ne sera pas long. En même temps ces messieurs continuent le réglage général du sol; tout est à peu près fini et, si le soleil voulait enfin se montrer définitivement, rien, dans les gros travaux de terrassement et de plantation, ne viendrait plus mettre obstacle aux opérations qui restent à effectuer, le terrain étant complètement libre.
- H. de Baecker.
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- L EXPOSITION RÉTROSPECTIVE DU TRAVAIL
- A L’EXPOSITION DE 1889
- L’exposition rétrospective du travail et des sciences anthropologiques s’organise dans des conditions qui font espérer un plein succès et constituera certainement une des grandes attractions de l’Exposition universelle de 1889.
- Cette exposition sera installée dans la grande nef du palais des Arts libéraux. La direction générale de l’exploitation met dès maintenant en adj u-dication la construction en charpentes qui devra abriter cette encyclopédie du travail humain.
- Cette adjudication aura lieu le 16 avril prochain au conseil de préfecture. On peut, dès à présent, prendre connaissance des plans et du cahier des charges dans les bureaux de la direction générale de l’Exploitation, 16, avenue de la Bourdonnais, tous les jours non fériés, de une heure à quatre heures.
- NOMINATIONS
- de Membres de la Commission consultative pour l’Exposition Coloniale de 188g
- Par décisions du sous-secrétariat d’Etat aux colonies, en date des 1 3 et 17 mars 1888, ont été nommés membres de la commission consultative d’organisation de l’exposition coloniale de 1889:
- MM. Weill-Wormser, directeur du syndicat industriel de Normandie et du Nord.
- Charles Bing, négociant-importateur.
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- ARRÊTÉ
- Par arrêté en date du 14 mars 1888, du ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, M. Cho-tard, avocat, docteur en droit, ancien élève de l’école des sciences politiques, est admis à remplir les fonctions de secrétaire de la section IX (associations coopératives de consommation) de l’exposition d’économie sociale.
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- LA SOCIÉTÉ DES GENS DE LETTRES
- A L’EXPOSITION DE 1889
- Le comité de la Société des gens de lettres vient de décider qu’à l’occasion de l’Exposition de 1880, toutes les nations seraient convoquées à un congrès littéraire.
- La présidence *a été offerte à M. Jules Simon, qui a accepté.
- LA PARTICIPATION ÉTRANGÈRE
- A L’EXPOSITION DE 1889
- Angleterre
- Une réunion convoquée par le lord-maire de Londres vient d’avoir lieu à Mansion-house dans le but de constituer une commission ayant un caractère de responsabilité, qui serait chargée d’organiser la section britannique de l’Exposition universelle à Paris.
- La réunion a été informée qu’en réponse à un appel pressant de la direction générale de l’Exposition et avec le consentement tacite du gouvernement de la reine, le lord-maire avait entrepris de former une commission et qu’on avait nommé un comité exécutif dans lequel on avait eu soin de faire entrer des représentants des diverses branches de l’industrie pris dans tous les grands centres manufacturiers.
- La superficie mise à la disposition de la Grande-Bretagne et de ses colonies serait d’environ i5o,ooo pieds carrés.
- La question la plus importante pour la commission est la question financière, il est nécessaire d’avoir un fonds de garantie.
- Lord Brassey a rappelé de son côté que le gouvernement n’avait aucune relation officielle avec l’oeuvre de l’Exposition ; qu’il était donc nécessaire que la réunion prît elle-même ses dispositions.
- Il a proposé, en conséquence, que l’assemblée s’engageât à favoriser les intérêts de l’exposition parisienne, et à faire tout son possible pour assurer une représentation honorable de l’industrie britannique.
- M. B. Samuelson a appuyé cette motion qui a été approuvée à l’unanimité.
- Des remerciements ont été votés au lord-maire.
- * *
- Brésil
- M. Georges Berger, directeur général de l’exploitation, a reçu de l’empereur du Brésil, qui est en ce moment* à Cannes, une lettre autographe dans laquelle S. M. Dom Pedro lui annonce, en termes très affectueux, que le cabinet de Rio-Janeiro a résolu de venir en aide à l’initiative particulière en vue de l’Exposition universelle de 1889.
- MM. les présidents et les secrétaires de la chambre syndicale des négociants commissionnaires et de la chambre syndicale du commerce d’exportation ont pris, avec les membres de leur compagnie qui font des affaires au Brésil, l’initiative d’une mission ayant pour but de provoquer la représentation du grand empire américain à l’Exposition universelle.
- Les principaux membres de la colonie brésilienne à Paris se sont joints aux promoteurs, et il a été décidé qu’un comité provisoire serait formé à Paris en attendant la constitution d’un comité définitif.
- M. Diego Velho C. d’Albuquerque, ancien ministre d’Etat, membre du conseil privé et sénateur de l’empire du Brésil, qui est bien connu à Paris où sa famille réside depuis quatre ans, vient de partir pour Rio-Janeiro avec les instructions de son souverain.
- Le ministère brésilien vient, comme on le sait, d’être changé.
- M. Prado, qui a de nombreuses relations à Paris, vient d’être nommé ministre des affaires étrangères.
- On compte sur son active intervention en faveur de l’Exposition.
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- * *
- Mexique
- M. Ramon Fernandez, ministre du Mexique à Paris, vient de recevoir une dépêche de son gouvernement l’informant de la nomination d’un délégué pour l’exposition universelle de 1889.
- Ce délégué est M. Manuel Diaz Mimiaga, sous-secrétaire au ministère des relations extérieures, résidant actuellement à Paris en vertu d’un congé.
- La nouvelle nomination a été communiquée au gouvernement français par l’intermédiaire dq ministre du Mexique.
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- Belgique
- M. Carlier, nommé par la Commission d’organisation constituée en Belgique commissaire général de la section Belge à l’Exposition de 1889, a rendu visite à M. Georges Berger, directeur général, accompagné de M. Muzet, commissaire général de la section française à l’Exposition de Bruxelles.
- M. Berger a fait le meilleur accueil au représentant de la Belgique, auquel il a fourni tous les renseignements nécessaires à l’organisation de la section belge, annoncée comme très importante.
- M. Carlier sera présenté officiellement, par M. le baron Beyens, ministre de Belgique, à M. le minis-, tre des affaires étrangères et à M. le ministre dq commerce et de l’industrie.
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- Pérou
- M. Lucien Dautresme, ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition de 1889, vient d’être officiellement informé des dispositions prises par le gouvernement péruvien pour sa participation à l’Exposition de 1889.
- Une commission spéciale a été organisée à Lima par les soins de M. Denegri, ministre de l’intérieur, sous la présidence du génésal Canevais, alcade de la municipalité de Lima.
- MM. D. Maximilien Mimey, architecte, et Alexandre Garland, délégué du gouvernement aq comité de l’Exposition minière, font partie de cette commission.
- M. Denegri, d’accord avec son collègue des, relations extérieures, a fait appel aux notables, industriels, ainsi qu’aux municipalités, dans la mesure de leurs ressources fiscales, pour que l’exposition péruvienne à Paris ait son accomplisse-, ment aussi étendu que possible.
- ÉCHOS
- Paris
- Jeudi dernier s’est ouverte au public, dans lô pavillon de la ville de Paris, aux Champs-Elysées, l’exposition annuelle de la Société des artistes indépendants.
- L’exhibition réunit pour la peinture 693 numéros, 10 pour la sculpture, envois de 180 exposants.
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- Les ouvrages présentés cette année au Salon, dans la section de peinture, ne sont pas moins de 7,64ff soit 263 de plus que l’année dernière.
- Sur ce total respectable, le jury ne pourra accepter que 2,500 tableaux et 800 dessins.
- C’est là qu’il y aura des pleurs et des grincements de dents !
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- Nous continuons encore aujourd’hui la nomenclature des envois :
- De M. Delort : Retour de Chasse et l'Enlôve-ment, vu déjà aux Mirlitons.
- M. de Drumard : ta Fête-Dieu à Béncroille et la Pénitence.
- M. Eugène Thirion : La Fondation des Etablissements hospitaliers de Berck-sur-Mer.
- M. Guillaume Dubuffe : la Trinité poétique; Victor Hugo, Lamartine, Alfred de Musset, apothéose.
- Mme Bataille : portrait à’Antoine Léandri, le héros dp l’échauffourée corse de l'année dernière.
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- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Quatrième Année. — N° 169.
- Dimanche 25 Mars 1888. — 1007.
- M. Henri Caïn : Au Loutre, jeune fille dessinant.
- M. Georges Caïn : la Criée des poissons aux Halles.
- M. Th. Chartran : Louis IX et Vincent de Beauvais à l'abbaye de Roy au mont, fragment de la Décoration de la Sorbonne.
- M. Cormon : Bacchanale.
- M. Bouguereau : Baigneuse et Premier chagrin.
- M. Moreau de Tours : le Drapeau, épisode du siège de Sébastopol.
- M. T. Robert-Fleury : portrait de la princesse Teska Jablonowska.
- M. E. Krug : portrait de M. Oudin, président à la cour d’Amiens.
- M. Détaillé : le Rôoe.
- M. Leroux : plâtre de la statue deM. Boucicaut.
- M. Doublema'd : buste de MUe Pierson. de la Comédie-Française et de M. Raphaël Duflos, le créateur de l’Affaire Clemenceau.
- M. Boulanger : Esclaves ci tendre.
- M. Th. Axentowitch : portraits de M. Edouard Portalis, et de Mme Camescasse ; pastels de Mme Sarah Bernharclt, et de M. René d’Hubert.
- M. Paul Mathey : portrait de Félicien Rops.
- Mme Lucy Chéron : portraits-miniatures de Mme Philippe Jourde, et de Mme Paul Foucher.
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- Une exposition publique d’œuvres de Manet est visible, à la Reçu ; Indépendante, 11, rue Chaussée d’Antin.
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- L’exposition internationale, déjà annoncée, du Blanc et Noir se fera, cette année, dans le pavillon de la ville de Pans, aux Champs-Elysées, du 1er octobre au 15 novembre.
- A la section de Blanc et Noir, qui réunira les dessins au crayon, à la plume, les fusains, gravures au burin, eaux-fortes, gravures sur bois, lithographies, etc., s’adjoindra une section pour l’aquarelle, le pastel, le dessin aux crayons de couleur, les gouaches, etc.
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- Les ventes importantes se succèdent sans interruption à l’hôtel Drouot.
- Après la vente des dessins et études du regretté Bonvin, la vente des tableaux formant la collection de M. P.:, a produit 116,000 francs, avec la Tonte des Moutons de Millet, vendue 13,000francs ; le Pont de Mantes, de Daubigny, 13,000 francs également ; la Toilette de Henner, 4,900 francs ; un Massacre dans une Eglise, d’Isabey, adjugé 12,000 francs.
- Puis la vente des tableaux anciens et modernes de la collection Gellinard, avec des Coypel, des Hobbema, des Philippe de Champaigne, des Vanloo ; total 199,916 francs.
- Une très intéressante vente de sculptures de Pigalle et de tableaux anciens, provenant de la succession de Mme Devismes, née Pigalle ; près de 48,000 francs.
- Enfin cette semaine, après des incidents multiples, le commencement de la vente impatiemment attendue de la collection d’autographes Dentu, et le début de la vente Delaherche.
- Entre temps, la vente de la succession Marie Régnault, la victime de Pranzini, mettait en émoi l’hôtel des commissaires-priseurs, nécessitait un déploiement de police, tout à fait insolite, et attirait un monde étrange, sorti d’011 11e sait où, alléché par ce goût du crime, si bien décrit par notre confrère Henry Fouquier, ce dilettantisme de la débauche qui a attendri bien des gens sur l’assassinat d’une fille assez vulgaire, sur la suppression d’une domestique peu intéressante, et d’une enfant que le couteau a sauvée, en la sous trayant à un milieu honteux.
- Prochainement, pour les amateurs, — il en est paraît-il, —la vente de la succession d’une trop célèbre « baronne » qui de l’ange n’avait que le nom.
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- Départements
- Une exposition régionale des produits de l’industrie s’ouvrira le 16 juin à Sens, pour le département de l’Yonne et les départements limitrophes. Les demandes d’admission à cette exhibition, qui se prolongera jusqu’au 1er juillet, doivent être adressées avant le 15 avril, à AI. le Maire de Sens ou au président du Comité d’organisation.
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- Une exposition industrielle, à laquelle sont appelés à participer tous les producteurs de France, s’ouvrira à Alençon le 16 juin prochain.
- M. le maire d’Alençon, reçoit avant le Ie1' juin les demandes d'admission.
- Ajoutons que tous renseignements concernant ces deux expositions industrielles se peuvent trouver au ministère de l’industrie et du commerce, à la direction du commerce intérieur, bureau de l’industrie, 80, rue de Varennes.
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- La Société des Amis des Arts de la Dordogne
- ouvrira le 15 août prochain, à Périgueux, sa deuxième exposition des beaux-arts.
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- ETRANGER
- Allemagne
- Dans une importante réunion, convoquée sur l’initiative et par les soins de la Chambre de commerce de Brême, il a été décidé d’ouvrir en cette ville, dans le courant de l’année prochaine, une grande exposition générale industrielle à laquelle sera appelée à participer toute la région nord-ouest de l’Allemagne.
- Rappelons, à ce propos, que nous avons déjà, à diverses reprises, parlé de l’organisation à Hambourg d’une exposition importante, pour 1889 également.
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- Il se donne des nouvelles favorables de l’exposition internationale spéciale de brasserie, dont l’organisation à Stuttgard a été précédemment mentionnée à cette place, et dont l’inauguration se fera en juin prochain.
- Le nombre des adhésions qui dépasse toute attente, la très large participation des industries étrangères autorisent les plus heureuses prévisions. Un fait est déjà acquis, c’est que l’exposition qui se prépare sera de tous points la plus importante et la plus intéressante des expositions spéciales similaires qui ont eu lieu jusqu’ici.
- Par contre, le projet d’une exposition particulière pour les machines à glace, qui, ainsi que nous l’avions dit, se devait faire concurremment a été abandonné, au moins comme entreprise distincte, et cette exhibition constituera une section spéciale de la précédente.
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- Une importante exposition des œuvres de Ludwig Burger est visible, à Leipzig, dans les galeries du musée municipal.
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- Le commissariat impérial de la section allemande à l’Exposition internationale de Melbourne, vient de faire paraître le catalogue officiel de la participation allemande à cette exhibition.
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- Une exposition générale de l’industrie allemande vélocipédique et de ses annexes est projetée, à Leipzig, pour le courant de février 1889.
- Le grand développement de cette branche industrielle a inspiré aux cercles locaux l’idée d’une exhibition où se montreront tous les progrès récents qui ont mis l’Allemagne à même de lutter, sur ce point spécial, avec toutes les industries étrangères similaires, et de soutenir notamment la concurrence anglaise sur tous les marchés.
- Un Comité préside à tous les détails d’organisation, sous la direction de la section locale de l’union vélocipédique allemande. Toutes les communications sont reçues par le secrétaire du Comité, M. Theophil Weber, Weststrasse, 26, à Leipzig.
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- Le club cynégétique Hansa, de Hambourg, prépare une exposition internationale de chiens de toutes races et de sport cynégétique. L’exhibition se fera au Heiliyengeistfeld, du 25 au 28 mai prochain. Legrand-duc de Mecklembourg-Schwerin, le sénat de la ville de Hambourg et le ministre prussien de l’agriculture, docteur Lucius, ont accordé leur haut patronage, et offert une série de récompenses consistant en prix d’honneur, médailles officielles, médailles d’or, d’argent et de bronze.
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- Tandis qu’à Munich se poursuivent, avec la plus grande activité, les travaux de construction, d’aménagement et d’installation de l’iîxposition internationale de beaux-arts, d’importantes négociations sent engagées à l’étranger pour obtenir la participation des artistes de tous pays à cette importante manifestation artistique. L’art espagnol sera représenté, et par ses plus grands noms, plus brillamment encore qu’aux précédentes expositions internationales de Munich.
- L’Italie a donné un nombre important d’adhésions sous l’impulsion, notamment, des cercles artistiques de Milan et Venise. L’Amérique du Nord, la Belgique, dont le gouvernement a voté une subvention d’encouragement, auront de nombreux envois.
- L’Autriche-Hongrie, dont une large participation a été acquise dès longtemps, sera très brillamment représentée. En Angleterre, enfin, d’heureux résultats sont sur le point d’être obtenus, grâce aux efforts d’une délégation chargée de négociations auprès des artistes britanniques, et composée du peintre d’histoire Papperitz, assisté du secrétaire de l’Association artistique muni-choise, Paulus.
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- Angleterre
- A Londres, une exposition intéressante de
- peinture à la Royal Society of British Artists, Suffolk-Street, Pall-Mall, et chez MM. Dowdes-well, 160, New-Bond Street, une très curieuse exhibition d’aquarelles, toute composée de vues de Londres, par différents artistes.
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- 11 est question d’ouvrir dans le courant de juillet 1889, au grand parc de Windsor, l’exposition jubilaire de la Royal Agricultural Soctcty.
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- Autriche-Hongrie
- L’expositmn internationale artistique de Vienne réunit 1,456 ouvrages, dont la section rétrospective, consacrée aux quarante années du règne de l’empereur, absorbe environ 400. La section contemporaine réunit, pour la parlicipation étrangère, des envois importants d’Allemagne, d’Angleterre et d’Italie.
- Une somme totale de 100,000 florins, dont 80,000 fournis par la loterie, 20,000 par la subvention gouvernementale, sera consacrée à des achats.
- Seront décernées les récompenses suivantes 20 médailles d’or, autant de médailles d’argent, 3 médailles d’or offertes par l’archiduc Charles-Louis, haut protecteur de l’Exposition, et 2 prix académiques de 1,503 florins chacun.
- L’exposition 11e clôturera que le 31 mai.
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- La Socictà degli Amici dcll' Arte organise à Trieste, au musée municipal Revoltella, une exposition générale d’art industriel, qui ouvrira le 1er mai prochain.
- L’exhibition, qui aura une durée d’un mois, comprendra : les productions de l’art industriel (modèles, projets), les procédés de reproduction artistique, eaux-fortes, gravures sur bois_, lithographies, photographie artistique, imprimerie d’art, peinture sur verre, céramique, sculpture sur bois, gravure et ciselure, mobilier d’art, objets tournés, reliure, dentelles et broderies artistiques, etc., etc.
- Ubique.
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1889
- direction générale des travaux
- ADJUDICATION EN UN LOT
- des Travaux de Charpente en bois et grosse Menuiserie
- A exécuter pour les Combles du Palais des Machines dans le Champ-de-Mars
- 1. Le lundi 9 avril 1888, à une heure de l’après-midi, il sera procédé publiquement, dans une des salles du Conseil de Préfecture (Palais du Tribunal de Commerce), par le Préfet ou son délégué, assisté de deux membres du Conseil de Préfecture et du Directeur général des Travaux ou de son délégué, à l’adjudication, au rabais, sur les prix delà série et par soumissions cachetées, de l’entreprise, en un lot, des travaux de charpente en bois et grosse menuiserie à exécuter pour les combles du Palais des Machines dans le Champ-de-Mars ; lesquels travaux sont évalués à 184,941 fr. 88, somme à valoir pour imprévus comprise.
- Le cautionnement est fixé à 5,600 francs.
- 2. Le devis, la série, le cahier des charges et les plans sont déposés à la Direction générale des Travaux, dans les bâtiments du Champ-de-Mars, à l’extrémité de l’avenue Rapp, où l’on pourra en prendre connaissance, tous les jours fériés, de une heure à quatre heures.
- 3. Nul ne sera admis à concourir à l’adjudication s’il ne remplit les conditions imposées par le cahier des charges générales.
- Chacun des concurrents devra adresser à l’Agence des Travaux du Champ-de-Mars, au Directeur général des Travaux de l’Exposition, qui est chargé d’arrêter la liste des concurrents, huit jours au moins avant la date de l’adjudication :
- i® Une demande d’admission à l’adjudication sur papier timbré, faisant connaître ses noms, prénoms, domicile, lieu et date de naissance ;
- 2° Un extrait de son casier judiciaire ayant moins d’une année de date ;
- 3° Les pièces demandées par le cahier des charges générales, telles que certificats de capacité, etc.
- Le délai fixé ci-dessus pour_ le dépôt de ces pièces sera rigoureusement appliqué.
- Sur avis de l’Administration, ces pièces seront retirées par les entrepreneurs pour être jointes à leur soumission.
- 4. Chaque soumission, rédigée sur papier timbré, conformément au modèle ci-après, sera placée isolément sous un pli cacheté, et le paquet, portant le nom du soumissionnaire, se.ra renfermé, avec les pièces dont il a été parlé ci-dessus et avec le certificat de dépôt du cautionnement, sous une
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- iooS. — Quatrième Année. — N° 169.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE ibiq
- Dimanche 25 Mars 188S.
- seconde enveloppe cachetée portant pour suscrip-tion : Exposition universelle de 188g. — Travaux de charpente en bois et grosse menuiserie, à exécuter pour les combles du Palais des Machines dans le Champ-de-Mars.
- Les soumissions qui ne seraient pas exactement conformes au modèle ci après seront considérées comme nulles et non avenues.
- Les rabais seront énoncés en francs et décimes par cent francs (sans fraction de décime) et porteront sur les prix de la série. Les rabais portant fraction de décime seront comptés au décime plein inférieur à la fraction exprimée.
- 5. Le jour de l’adjudication, les paquets seront remis au bureau d’adjudication, dans la salle du Conseil de préfecture, au Tribunal de Commerce, depuis midi jusqu’à une heure. Les paquets recevront un numéro dans l’ordre de leur présentation.
- 6. A une heure, on remettra au bureau d’adjudication, et sous enveloppe cachetée, le minimum du rabais moyennant lequel l’adjudication pourra être prononcé ; ensuite on procédera à l’ouverture des paquets.
- Le bureau d’adjudication, après vérification des pièces, arrêtera la iiste des concurrents agréés.
- Immédiatement après, il sera procédé à l’ouverture des soumissions présentées par les concurrents admis.
- 7. Dans le cas où une seule soumission serait déposée, l’Administration se réserve le droit de ne pas prononcer l’adjudication.
- 8. Si aucun des rabais offerts dans les soumissions ouvertes n’atteint le minimum fixé, l’adjudication pourra être prononcée provisoirement ou ajournée, sur l’avis du bureau d’adjudication, qui en délibérera séance tenante.
- En aucun cas, le minimum fixé ne sera rendu public.
- 9. Dans le cas où le rabais le plus fort aurait été souscrit par plusieurs soummissionnaires, un nouveau concours sera ouvert, séance tenante, entie ces soumissionnaires seulement.
- Les rabais de la nouvelle adjudication ne pourront être inférieurs à ceux de la première.
- Si les soumissionnaires se refusaient à faire de nouvelles offres, ou si les rabais souscrits étaient encore égaux, l’adjudicataire serait désigné par la voie du sort.
- 10. L’adjudication n’est valable qu’après appro* bation du Ministre du Commères et de l’Industrie.
- 11. Les frais de publicité, d’expédition et d’impression, ceux de timbre et d’enregistrement seront supportés par l'adjudicataire, qui devra en faire le dépôt dans un délai maximum de trois jours, à partir de la date de l’adjudication.
- 12. Toutes les conditions insérées dans la pré-
- sente affiche sont obligatoires et déclarées annexées au cahier des charges. y
- Fait à Paris, le 21 lévrier 1888.
- Le ministre du commerce et de Vindustrie, commissaire général,
- Lucien Dautresme.
- MODÈLE DE SOUMISSION (sur papier timbre)
- Je soussigné, , entrepreneur de
- maçonnerie, demeurant à , après
- avoir pris connaissance des clauses et conditions générales imposées aux entrepreneurs de l’Exposition universelle de 1889 en datedu 25 août 1886, du cahier desXcharges spéciales aux travaux de charpente en Irais et de grosse menuiserie, en date du 21 février 4888, ainsi que des dessins et des conditions particulières se rapportant directement aux travaux de charpente et de grosse menuiserie pour les 'combles du Palais des Machines, au Champ-de-Mars,
- M’engage à exécuter les travaux dont il s’agit, évalués à la somme de cent soixante-neuf mille sept cent quarante francs quarante et un centimes, moyennant un rabais de (en toutes lettres) . . . . sur le prix de la série spéciale de l’entreprise dont il s’agit.
- Je me soumets, en outre, à supporter tous les frais d’affichage, de timbre et d’enregistrement à droit fixe ou autres auxquels la présente soumission pourra donner lieu, si elle est acceptée.
- Paris, le 1888. (Signature.)
- LES LIVRES
- CXLIX
- Jules Lemaître. — Impressions de théâtre. — Première série. 1 vol. in—18. Paris, librairie H. Lecèneï et H. Oudin
- Nous l’avouons tout net. Nous avons un faible pour le talent de M. Jules Lemaitre. L’aveu n’a rien d'original ni rien de bien compromettant puisque beaucoup de gens sont de notre avis, que M. Jules Lemaitre a beaucoup de succès, qu’il est le favori de certains salons, qu’il- déride en enfant
- gâté les gravités du Journal des Débats, que l’Académie le récompense discrètement non pour tel ouvrage, mais pour ses ouvrages, et couve en lui maternellement un Prévost-Paradol de l’avenir, qui saura demeurer jusqu’au bout dans la littérature (laquelle d’ailleurs mène à tout) et ne se four-voira point, il faut l’espérer, dans la politique. Enfin, il vient de recevoir dans le ruban rouge une ; récompense fort méritée, puisqu’elle honorait u ne distinction véritable et a fait plaisir à tous les lettrés.
- Il n’y a donc pas le moindre courage à se mettre du parti de M. Jules Lemaître. C’est venir au secours du plus fort. Mais enfin on n’a pas toujours à sauver une cause perdue et à jouer le rôle de courtisan du malheur. Il faut bien se résigner à louer un écrivain, s’il le mérite, malgré son succès et s’il nous fait plaisir d’ailleurs, peu importe qu’il ne fasse pas plaisir à tout le monde. Car M. Jules Lemaitre, s’il a ses partisans, a ses détracteurs, et s’il a ses amis a aussi ses ennemis, et sans doute mérite les uns comme les autres.. Nous n’en saui i.uis juger, n’ayant l’honneur d’être ni des uns ni ces autres. Nous parlons de M. Lemaitre en homme tout à fait désintéressé, ne comprenant en matière littéraire comme lui-même, que les voluptés ou les colères du goût, nous inquiér tant moins de l’auteur que de l’ouvrage et croquant celui-ci avec une gourmandise enthousiaste s’il est un beau fruit mûr plein de saveurs piquantes, ou le jetant à terre avec une grimace de dépit, s’il est plein de décevantes cendres.
- Il est donc peu intéressant de savoir si M. Jules Lemaitre, c’est-à-dire son talent, nous plaît ou nous déplaît. Ce qui l’est plus, parce que l’avis d’un juge, si modeste qu’il soit, peut avoir sa valeur, et qu’il n’y a dans ce monde ni petits ni grands avis, mais seulement des avis bons ou mauvais, c’est de savoir, et nous allons le dire, pourquoi et comment il nous plaît, par où nous le trouvons original dans le genre où il est le plus difficile de l’être, amusant dans le genre qui comporte le moins l’esprit, du moins l’esprit qui fait rire et qui fait penser.
- Nous faisons grand cas de l’opinion de M. Jules Lemaître, précisément parce qu’il ne se flatte pas d’avoir une opinion ; il se contente comme ce temps lui-même d’avoir une impression, et s’il se donne la peine de l’expliquer et de la motiver, c’est parce que cette impression l’amuse et lui semble un beau thème non à déclamation mais à conversation. Voilà donc l’priginalité de M. Jules Lemaître comme critiqu-éè II ne se met pas en , chaire au-dessus du public. Il se met à la place du public. Il nous donne dans son impression celle même du public, mais d’un public d’élite, d nu pjablic idéal, d’un public indépendant de tout mot d’ordre^de toute coterie, de toute chapelle, qui s’amuse ou s’ennuie, qui pleure pu rit dans sa /stalle de théâtrie et qui se demande ensuite pourquoi. Ensuite ! entendez-vous bien. Après et non avant. Ce dédain de l’opinion préconçue, ce mépris de la thèse, cet affranchissement de toutes les idolâtries traditionnelles, de toutes les superstitions, non de toutes les religions classiques, voilà ce qui distingue M. Jules Lemaitre comme critique. Il est d’une bonne foi absolue; il est d’une entière franchise, d’une entière sincérité de langage. 11 a même parfois de ces libertés d’idées ou de mots dont le libertinage ne dure qu’un éclair, qu’un sourire, et dont il est impossible de se fâcher en le voyant non s’esquiver, mais vous regarder, le pied sur sa fusée, avec un air de ne pasl’avoir fait exprès, dont l’ingénuité goguenarde vous désarme. Et voilà pourquoi nous aimons M. Jules Lemaitre et le lisons avec plaisir. Il a le courage d’avoir, ou plutôt le courage, plus difficile, de ne pas avoir une opinion. Il vous donne son impression et voilà tout. Mais comme cette impression est formulée dans une langue excellente, parfois exquise, (le poète de jadis a brisé son vase, mais sa prose en a gardé aux doigts un indélébile parfum de rose et d’hyacinthe), comme elle est justifiée à coups de paradoxe, mais le paradoxe c’est le feu d’artifice delà vérité, il se trouve que l’impression de cet homme, qui se garde bien d’avoir une opinion, crainte des contradictions, permises à l’impression, défendues à l’opinion, plaît à la majorité, est adoptée par elle et pourra bien être le jugement de l’avenir. Il faut beaucoup de talent pour obtenir beaucoup de succès, en réclamant absolument et dès l’abord le droit de chercher du neuf n’en fut-il plus au monde, de trouver dans les chefs-d’œuvre tant de fois jugés ce que les auteurs n’y ont peut-être pas mis et d’y découvrir ce qui peut-être n’y est pas. Enfin, voilà un critique qui n’est pas un auteur, mais un homme, et qui ne parle pas en professeur. Professeur : M. Jules Lemaître, un de ces élèves échappés de l’Ecole Normale qui lui font honneur dans la littérature, dans le journalisme, mais qui ont bien vite jeté aux orties et même par-dessus les moulins le bonnet et la robe de l’Université, M. Jules Lemaître l’a été, paraît-il, tout d’abord en Algérie, au Havre, dans le Midi. Mais il l’a été à sa façon, c’est-à-dire peu de temps et très peu. Il pourrait dire quand on lui demande s’il est professeur ce que Dumas père répondait à ceux qui lui demandaient s’il était marié : « Oui, je le suis, mais si
- peu ». Eh bien ! c’est être quelqu’un que de vouloir si peu être quelque chose.
- Et voilà pourquoi nous nous plaisons aux impressions de M. Jules Lemaître. Ce sont les impressions d’une nature d’élite, mais surtout d’une nature bien moderne, bien de son temps, éprise de vérité encore plus que d’idéal, et de raison encore plus que de poésie, mais qui ne se pique pas d’être moral, ni d’être insensible, ni d’avoir des nerfs pour ne pas sentir, des yeux pour ne point voir, et qui prend même à un ballet, à une féerie un plaisir extrême. Nous avons enfin ce charme, ce délice inconnu de la critique, non pratiquée comme un sacerdoce, mais comme un art, non comme un devoir mais comme un plaisir, par un dilettante raffiné qui est aussi un virtuose de premier ordre, qui ne s’interdit ni les contrac-dictions, ni les paradoxes, ni le tempérament, ni le roman. Ah 1 nous sommes loin de tous les modèles, bien loin de La Harpe, de Marmontel,_de Geoffroy, de Jules Jannin, de Théophile Gautier, de Paul de Saint-Victor, de Francisque Sarcey, d’une bonhomie si fine quand elle n’est pas lourde et qui a si agréablement raison quand il ne se pique pas d’avoir trop raison et de trop professer son avis ; car celui-là, bien que très boa critique et très bon journaliste, a parfois l’intempérance conférentielle et la nostalgie bourgeoise de la chaire. M. Lemaître ne l’a pas et c’est déjà un point par lequel il ne ressemble à personne de ses devanciers ou de ses émules. Il n’y a pas de critique moins doctoral (bien qu’il soit docteur comme un autre), moins professoral que cet homme à qui une chaise suffit bien, sur laquelle il s'agite, sur laquelle il se met à califourchon quand il enfourche quelques-uns ae ses dadas (qui n’a pas le sien ?) sur laquelle il huit son verre d’eau qui n’est pas toujours sucrée, qu’il jette parfois, faute de table où le poser, par la fenêtre, non sans casser parfois la vitre. Toutes ces images familières n’ont d’autre but que de montrer en action pour ainsi dire, cette critique aisée, hardie, qui ne recule jamais devant une assertion si elle lui paraît neuve, qui s’ingénie à toucher juste sans s’interdire de parfois frapper fort, qui doit singulièrement -horripiler les Philistins, s’il en est encore, mais qui ravit les lettrés par son accent contemporain, son ton bon enfant, son lorgnon de pince sans rire, et son rire sceptique et même parfois blagueur. Je vous assure que c’est un régal d’entendre Corneille, Racine, Molière, interprétés par ce critique sans façon mais non sans esprit qui, dans son horreur des bandelettes, des sceaux de l’hiératisme classique, prend toutes choses en s’abstrayant du jugement traditionnel, voit tout du point de vue contemporain et vous dit tranquillement (p. 33) :
- « J’ai sans doute dénaturé les personnages de Corneille, mais les tragédies classiques sont si connues que nous ne pouvùns plus trouver d’intérêt qu’en y découvrant des choses qni n’y sont peut-être pas » ou avec une égale désinvolture se donne pour but « de prendre le contrepied des jugements traditionnels » (p. 83). Il y a plaisir piquant (qu’importe que parfois l’épine pique un peu trop et égratigne et qu’on en sente plus la blessure qu’on ne sent le parfum de la rose ?) à causer avec un homme dont la formule d’affirmation est celle-ci :
- « Je n’en sais rien, mais j’en suis sûr » (p. 64), et qui lorsqu’il est en veine de dénicher une tradition ou un préjugé, c’est pour lui même chose vous dit: « Pardon de ces irrévérences ; mais j’exprime librement ma pensée, et comme dit élégamment le Chassagnol de Charles Demailly « ceux à qui ça donne des engelures... eh bien ! j’en suis fâché ».
- Tout cela isolé ne serait qu’impertinent. Mais cette impertinence est bien vite pardonnée et on la trouve charmante quand elle secoue comme une pluie de pierreries, à propos du Cid, de Po-lyeucte, d'Andromaque, de Don Juan, du Misanthrope et du caractère de Corneille, de Racine et de Molière une pluie d'idées ou, si vous aimez mieux, d’impressions neuves ; quand on lit des dissertations etincelantes comme les variations sur Hamlet, sur ie Songe d’une nuit d’été, quand on lit l’admirable page 125, sur le baiser de Titania à Bottom, quand on lit la très spirituelle et très sensée consultation sur la décoration des comédiens, ou le plaidoyer pour la Vie parisienne et son genre, surtout quand on savoure en gourmet de la volupté des idées et de celle des mots, les tours de force de style de tout ce chapitre composé de la fine fleur de l’élixir de plusieurs chapitres intitulé : les Ballets (surtout p. 022, 333, 3qi, 34.3, 344) ; quand on a fait de telles preuves d’ouvrier dans l’art d’exprimer l’ineffable et d’arriver à donner des impressions qui sont assez intenses pour passer pour des sensations, on est un maître. Et c’est beaucoup que d’être aujourd’hui un maître en quelque chose.
- M. de Lescure.
- Le Gerant, GARREAU.
- Tours. — lmp. E. ARRAULT et Cie, rue de la Piéfecture,
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- Le Moniteur
- DE
- L’EXPOSITION DE
- Rédaction bt Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
- QUATRIEME ANNÉE.
- Dimanche 1er Avril 1888.
- NUMÉRO 170.
- SOMMAIRE :
- j. Les Travaux du Champ-de-Mars ; 2. La participation des Ministères à l’Exposition de 1889 ; 3. Nominations desmembres des comités d’installations ; 4. Nominations de membres des
- comités départementaux; 5. L’Expos;tion permanente des Colonies ; 6. La Tunisie à l’Exposition de 1889; 7. La participation étrangère à l’Exposition de 1889; 8. Echos; 9. Exposition universelle de Barcelone ; 10. Avis commerciaux; 11. Adjudication; 12. Les Livres.
- EXPOSITION UNIVERSELLE
- DE 1889
- LES TRAVAUX DU CHAMP-DE-MARS
- Bien que, malgré l’hiver, la tour Eiffel soit le seul travail qui n’ait subi aucune interruption et que ce chantier soit resté animé même pendant les plus mauvais temps, nous nous étions abstenu d’en parler depuis quelques semaines, car le travail qu’on y exécutait pouvait, aux yeux du public, passer à juste titre pour fastidieux: le monument ne s’élevait pas davantage malgré les énormes quantités de métal qu’on montait incessamment et qui disparaissaient au fur et à mesure sans que le visiteur pût voir d’une façon bien nette le résultat obtenu par l’absorption régulièrement quotidienne de ces masses de fer, on se demandait positivement ce qu’elles devenaient et, n’était la difficulté de digérer un semblable aliment, certaines gens n’auraient pas été éloignées d’accuser les ouvriers d’absorber les matériaux au lieu de les employer à élever le monument.
- Pourtant le travail marchait, et ferme; pour s’en convaincre, il aurait suffi de voir s’agiter au sommet de la pyramide métallique actuellement construite, les nombreux ouvriers que' l’élévation fait déjà paraître bien petits et qui, semblables aux nains des légendes merveilleuses ou de contes de féés, vont, viennent, courent et se remuent avec une désinvolture remarquable au milieu du fouillis en apparence inextricable que présente l’ossature de la tour.
- Aujourd’hui le résultat, absolument inappréciable d’un jour et même d’une semaine à l’autre, commence à se dessiner franchement, les deux rangs de poutres joignant les sommets des quatre piliers de base sont presque entièrement terminés ; cette formidable ceinture qui entoure le premier étage a définitivement consolidé la première partie de l’édifice dont les échafaudages ne constituent plus qu’un surcroît de précautions qu’il serait loisible de faire disparaître sans que le plus petit mouvement se produisît dans l’ensemble.
- Tout en constatant qu’il est après tout préférable de laisser subsister ces charpentes, quant à présent, si on venait à les supprimer actuellement le spectacle serait très curieux, le pylône métallique construit semblerait d’une légèreté absolument stupéfiante et d’une effrayante fragilité malgré l’énormité des pièces qui le composent. Cela se conçoit car, en ce moment, les soubassements n’étant pas faits ni les cintres Trns en place non plus que les motifs décoratifs, si tous les bois de support venaient à être enlevés, la carcasse resterait seule et l’œil voyant se découper surle ciel l’ossature avec tous ses vides, bien plus nombreux que les surfaces pleines, ressentirait une impression pénible
- qu’il attribuerait, à tort il est vrai, à un manque de solidité. Cette impression ne sera plus la même lorsque tous les ornements seront posés et auront ainsi donné du corps à l’ensemble ; néanmoins nous persistons à penser que, loin de paraître lourde, la tour, une fois achevée, péchera par excès contraire et semblera trop légère. On peut s’en rendre compte dès à présent en remarquant combien les grosses pièces formant les poutres paraissent déjà petites et déliées, bien qu’elles ne soient situées qu’à une soixantaine de mètres, c’est-à-dire à environ le cinquième de la hauteur totale ; évidemment lorsque la construction sera terminée, la vue, à moins d’être extraordinairement bonne, ne pourra plus distinguer aucun des détails du haut, les poutres feront l’effet de simples fils et, le gabarit spécial de l'ouvrage y aidant, il faudra que le temps soit bien clair pour qu’on puisse voir nettement la partie supérieure de l’édifice sinon, en général, elle se perdra dans le ciel comme le fait une pointe de paratonnerre ; cette illusion d’optique sera, naturellement, d’autant plus grande qu’on sera moins éloigné de la tour et qu’on sera forcé de lever davantage la tête pour en voir le sommet.
- Puisque nous sommes sur ce sujet, ajoutons qu’il s’écoulera encore quelques jours avant que le fameux clou de l’Exposition s’accroisse sensiblement en hauteur et continue son ascension vers les nuages ; on veut auparavant achever définitivement tout le premier étage, quant au gros œuvre s’entend, et ce n’est qu’après l’achèvement complet de ce travail qu’on reprendra le montage en construisant sur la plate-forme, les quatre nouveaux piliers inclinés qui doivent, à i5o m. environ au-dessus du sol, se réunir pour former le deuxième étage. Comme nous l’avons déjà dit, M. Eiffel compte atteindre ce niveau vers le milieu de la présente année. Pour notre part, nous ne doutons pas de voir la réalisation de cette promesse.
- En attendant, si pour la masse du public les opérations auxquelles on se livre en ce moment ne présentent qu’un médiocre attrait, il n’en est pas de même pour les spécialistes dont l’intérêt est toujours aussi vivement excité; quelque blasé qu’on soit sur les prodiges que peut accomplir de nos jours l’art de la construction, on ne peut s’empêcher d’être émerveillé en voyant avec quelle précision mathématique chaque pièce de fer, préparée au loin et sur de simples données graphiques, vient s’ajuster à ses voisines et s’appliquer exactement à la place qui lui est assignée comme le morceau détaché d’un gigantesque jeu de patience. Ce résultat est d’autant plus digne d’admiration que toutes les fractions de cette œuvre immense étant dessinées avec des dimensions réduites, on est obligé d’apporter à la confection de ces modèles graphiques les soins les plus grands et l’attention la plus soutenue car, lors de l’agrandissement, la moindre erreur étant amplifiée d’une manière considérable, les pièces fabriquées sur ces données seraient absolument fausses et leur ajustage ne pourrait plus se faire qu’au prix de longues et pénibles retouches.
- Pour compléter aujourd’hui ce qui est relatif à la tour, disons que, dans les piles 2 et 4, on a presque entièrement posé les escaliers brisés dont nous avons précédemment donné la description ; ils vont maintenant jusqu’à la plateforme ; rien n’est plus élégant que ces petits chemins aériens dont on soupçonne à peine le mode d’attache et qui s’élèvent dans le vide des
- piliers pour aller se perdre dans le fouillis des poutres supérieures. Quant aux piles 1 et 3, elles ne sont toujours munies que de leurs échelles de meunier, en bois, qu’on n’utilise du reste que le moins possible.
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- Si nous franchissons d’un coup le Champ-de-Mars pour aller du chantier de M. Eiffel à celui des usines Cail et Fives-Lille, nous tombons en plein montage du Palais des machines, les deux piédroits de la première ferme commencent à s’élever et, en s’élevant, perdent beaucoup de l’aspect un peu lourd qu’ils présentaient lorsque leurs parties constituantes étaient étendues sur le sol ; cette modification dans l’apparence de toutes les pièces métalliques sera encore plus marquée lorsqu’on mettra en place les arbalétriers ; actuellement, couchés sur le terrain, ces caissons semblent monstrueux, ils seront certainement très maigres quand on les verra à ào111 de hauteur.
- C’est, au reste, le propre de la plupart des grandes constructions métalliques de paraître un peu trop légères, alors qu’en général les petites constructions de même espèce produisent l’effet inverse, on les trouve trop lourdes ; cela tient à plusieurs causes: d’abord l’illusion d’optique, car plus l’édifice est grand plus les différents points sont éloignés de l’œil et se rapetissent; ensuite l’accroissement des dimensions des diverses pièces d’un bâtiment n’est pas toujours proportionnel àl’agrandissementdu aitbâtiment, ce qui contribue encore à modifier l’impression ressentie et constitue un véritable trompe-l’œil. Pour ces raisons, on est obligé de donner du corps aux constructions d’une certaine dimension en les garnissant de motifs décoratifs sans aucune utilité, du reste, au point de vue de la solidité générale.
- Il est probable que le montage de chaque ferme demandera environ 20 à 25 jours ; comme il y a deux chantiers travaillant simultanément, cela fera pour les 20 fermes de la galerie des machines à peu près 6 à 7 mois, mais naturellement on n’attendra pas, pour entreprendre les travaux accessoires, que l’ossature soit complètement terminée ; les différentes opérations nécessaires à l’achèvement de l’édifice commenceront beaucoup plus tôt et se poursuivront au fur et à mesure de l’élévation des charpentes.
- Dès que quelques fermes seront en place on se mettra à l’œuvre et on fera ainsi marcher de front le montage des galeries latérales, la couverture, la vitrerie et le garnissage en général ; il est bienévident que, sans cette façon d’opérer, il serait matériellement impossible d’être prêt pour l’époque voulue; déjà la prolongation du mauvais temps a causé bien du tort et ce n’est qu’au prix d’un travail rapide et soutenu qu’on rattrapera le temps que l’hiver a fait perdre, annulant ainsi les bénéfices de l’avance primitivement acquise par la prompte exécution des premiers travaux.
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- Si, tout à l’heure, nous avons sauté brusquement d’un bout à l’autre du Champ-de-Mars, nous devons avouer que l’épaisse couche de boue qui s’y étale en toute liberté était la cause de ce bond" désordonné, nous n’avions pas le courage de patauger là-dedans pour visiter les autres chantiers, mais une fois la visite faite au palais des machines, un remords nous a pris et nous sommes revenus sur nos pas pour voir où en sont les deux palais des arts. On exécute
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- iaio. — Quatrième Année. — N° 170.
- sur le sol l’assemblage des pièces qui doivent constituer les principales portions de chaque ferme: cetteoperation marche assez bien et probablement la semaine prochaine nous pourrons annoncer le commencement du levage des charpentes, car les fers, arrivant d’une façon continue et les ateliers étant bien organisés, ces derniers seront en état d’approvisionner régulièrement les monteurs.
- Dans les deux chantiers on élève actuellement les échafaudages destinés aux dômes du centre; ils seront d’une grande importance, cela va sans dire, mais pour le moment il est bien difficile d’en parler, car ils ne sont pas suffisamment avancés et on ne peut juger encore de ce que sera leur structure, la seule chose visible, quant à présent, sont les huit grandes sapines qui se dressent au milieu du palais des beaux-arts et semblent être les pièces principales sur lesquelles s’appuiera l’écnafaudage général.
- On a également travaillé au parachèvement de la charpente déjà construite, des chèvres ont été installées à la partie supérieure pour le montage des pièces, les derniers assemblages ont été faits et on a posé les galets qui serviront, selon les vues des constructeurs, à rendre mobile, sur rails, cette énorme machine, véritable forêt.
- L’esplanade des invalides commence à être livrée aux travailleurs ; quelques baraquements d’entreprise sont construits et on pose des grilles d’entourage dans certaines parties de la plaine: nous aurons là, sous peu, de nouveaux sujets d’observation.
- Sur le quai d’Orsay on continue à monter les fermes de l’agriculture et à exposer le garnissage, elles seront bientôt toutes mises en place, mais il nous a paru que, dans ces derniers temps, le travail avait subi un léger ralentissement, c’est peut-être une illusion; nous l’espérons, au reste, car là, comme ailleurs, le temps presse et l’activité la plus grande devient indispensable. pp,
- H. de Baecker,
- LA PARTICIPATION DES MINISTERES
- A L’EXPOSITION DE 1889
- Nous avons dit que le ministre du commerce avait déposé sur le bureau de la Chambre une demande de crédits extraordinaires s’élevant à. 6,817,000 francs, en vue de la participation des divers départements ministériels à l’Exposition universelle de 1889.
- Voici la répartition exacte, par ministère, de ces différents crédits :
- Instruction publique. —Services généraux : installation dans le palais des Arts libéraux, 450,000 francs.
- Beaux-arts. — Enseignement des arts du dsssin ; Manufactures des Gobelins, de Beauvais et de Sèvres ; installation dans le palais des Beaux-Arts ; exposition rétrospective du Centenaire ; construction à élever; dépense non prévue à l’origine, 1,5oo.,ooo francs.
- Travaux publics. —Construction très intéressante à cause des progrès considérables de l’électricité en ces dernières années et du développement des grands travaux, 185,000 francs.
- Guerre. — Exposition très intéressante des armes et costumes de tous les temps. Mise à la portée de tous d’un spécimen des dernières inventions, de façon à donner une idée des perfection-nem'entsde notre outillage militaire; construction à élever aux Invalides, — 1 million de francs.
- Marine.— Spécimens de nos navires; construction à élever sur la berge de la Seine. — 51 5,000 francs.
- Colonies et pays de protectorat (sauf la Tunisie qui fait son exposition avec ses seules ressources).
- — Palais, pagodes, miradors, maisons de tous les pays à élever sur l’esplanade des Invalides. — 900,000- francs.
- Intérieur. —Services pénitentiaires ; exposition placée dans le Champ-de-Mars. Palais général.— 250,000 francs.
- Intérieur (service de l’Algérie). — Très intéressante reproduction de constructions algériennes à élever sur l’esplanade des Invalides. — 200,000 francs.
- Affaires étrangères (protectorat de Madagascar).
- — Construction'd’un pavillon spécial sur l’esplanade des Invalides. — 5o,ooo francs.
- Agriculture. — Exposition du quai d’Orsay; concours des animaux vivants ; haras; forêts.— 1,i85,ooo francs.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- Dimanche ier Avril 1888.
- Commerce et industrie. —Enseignement professionnel ; eaux minérales ; établissements thermaux ; hygiène ; statistique. — 335,000 francs.
- Justice. — Sceaux et travaux de l’imprimerie nationale; Légion d’honneur ; travaux pédagogiques des maisons d’éducation. — 47,000francs.
- Finances. — Manufactures (constructions à élever dans le parc du Champ-de-Mars) ; enregistrement (machines à produire du papier filigrané) ; statistique (tableaux à exposer) ; monnaies et médailles ; postes et télégraphes (installations diverses) ; contributions directes (documents divers et statistiques). — 200,000 francs.
- --------.T-rî.-TiîB» O rgjgni--
- NOMINATIONS
- de Membres des Comités d’installation des Classes et Groupes à l’Exposition de 188g
- Le ministre du commerce et de l’industrie,commissaire général.
- Vu la loi du 6 juillet 1886 ;
- Vu l’article 5 du décret du 28 juillet i886_, réglant l’organisation des services de l’Exposition universelle de 1889 ;
- Vu l’arrête ministériel du 26 août 1S86, portant règlement général de l’Exposition universelle de 1889, et le système de classification y annexé;
- Vu l’arrêté ministériel du 11 mars 1887, complétant le système de classification générale ;
- Vu l’arrête' ministériel du 11 mars 1887, instituantes comités d’admission ;
- Vu l’arrêté ministériel du 12 décembre 1887, instituant pour chacune des classes des groupes II, III, IV, V, VI, VII, VIII, un comité d’installation ;
- Vu le paragraphe ier de l’article 3 de ce même arrêté du 12 décembre 1887 ;
- Vu l’article 4 de l’arrêté du 12 décembre 1887, visé ci-dessus, portant que les comités d’admission des classes du groupe IX feront fonctions de comités d’installation ;
- Sur la présentation des comités d’admission et sur la proposition du directeur général de l’exploitation,
- Arrête :
- Art. ier. — Sont nommés membres des comités d’installation des classes des groupes II à IX :
- Classe 6
- Education de l’enfant. — Enseignement primaire.
- Enseignement des adultes
- MM. Dreyfus (Ferdinand), ancien député, membre du conseil supérieur de l’agriculture.
- Bonjean (Georges), président de la société générale de protection pour l’enfance abandonnée ou coupable.
- Remoiville, député de Seine-et-Oise, président de la société pour l’instruction élémentaire.
- Trélat (Emile), architecte, professeur au Conservatoire national des arts et métiers, directeur de l’école spéciale d’architecture, membre des comités d’admission, d’installation et du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878.
- Classe 7
- Organisation et matériel de l'enseignement secondaire
- MM.. Hardy (L.-Amédée), architecte du gouvernement.
- Dupré, inspecteur de l’Académie de Paris.
- Jourdan (Ed.), ingénieur civil, directeur de l’école des hautes études commerciales.
- Godard (A.), membre du conseil supérieur de l’instruction publique, directeur de l’école Monge, membre des comités d’admission , d’installation et du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878.
- Classe 8
- Organisation, méthodes et matériel de l'enseignement supérieur
- MM. Boutmy, membre de l’Académie des sciences morales et politiques, directeur de l’école libre des sciences politiques, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878.
- Dreyfus-Brissac (Edmond), rédacteur en chef de la Revue internationale de l’enseignement.
- Rouché, professeur au Conservatoire national des arts et métiers, examinateur à l’école polytechnique.
- Saint-Arronian (Raoul de), secrétaire de la commission des missions scientifiques et littéraires, sous-c’nef de bureau au ministère de l’instruction publique et des beaux-arts.
- Classe 9
- Imprimerie et librairie
- MM. Masson (Georges), libraire-éditeur d’ouvrages classiques et de médecine, ancien président du cercle de la librairie, membre de la chambre de commerce, membre des comités d’admission, d’installation et du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878.
- Plon (Eugène), imprimeur-libraire, éditeur d’ouvrages de littérature, de droit, de voyages et de livres de luxe, ancien président du cercle de la librairie.
- Doniol, correspondant de l’Institut, directeur de l’imprimerie nationale, membre du jury des récompenses à l’exposition d’Anvers en i885.
- M. Ollendorf (Paul), libraire-éditeur d’ouvrages de littérature et de théâtre.
- Classe 10
- Papeterie, reliure, matériel des arts de la peinture et du dessin
- MM. Dumont, directeur des papeteries du Marais et de Sainte-Marie, membre de la commission permanente des valeurs de douane, membre des comités d’installation à l’Exposition de Paris en 1878.
- Engel père, relieur, membre des comités d’admission, d’installation et du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878.
- Hild, fabricant de cartes en feuilles.
- Vacquerel (Eugène), fabricant de cartons, membre des comités d’admission, d’installation et du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878.
- Classe ii
- Application usuelle des arts du dessin et de la-plastique
- MM. Champenois, imprimeur lithographe, président de la chambre syndicale des impri-
- . meurs lithographes de Paris.
- Corroyer (Edouard), inspecteur général des édifices diocésains.
- Lavastre (J.-B.), peintre décorateur du théâtre national de l’Ope'ra, membre des comités d’installation à l’Exposition de Paris en 1878.
- Louvrier de Lajolais, directeur de l’école nationale des arts décoratifs, membre des comités d’installation à l’Exposition de Paris en 1878.
- Classe 12
- Epreuve s et appareils de photographie
- MM. Guilleminot, fabricant de produits et appareils pour la photographie, ancien vice-président de la chambre syndicale de la photographie.
- Darlot, opticien, membre du conseil municipal de Paris, membre des comités d’admission à l’Exposition de Paris en 1878.
- Fribourg (Arthur-Sylvain),chef de bataillon du génie hors cadres, employé à l’état-major général du ministère de la guerre (service géographique).
- Baiagny, photographe amateur.
- Classe i3
- Instruments de musique
- MM. Cavaillé-Coll, facteur de grandes orgues, président de la chambre syndicale des instruments de musique, membre des comités d’admission et d’installation à l’Exposition de Paris en 1878.
- Thibouville-Lamy, fabricant d’instruments de musique, vice-président de la chambre syndicale des instruments de musique, membre des comités d’admission, d’installation et du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878.
- Lyon (Gustave), ancien élève de l’école.po-lytechnique, directeur de la maison Pleyel, Wolf et Cie.
- Couesnon, ancienne maison Gautrot.aîné et Ce, fabricant d’instruments de musique.
- Classe 14
- Médecine et chirurgie. — Médecine vétérinaire
- et comparée
- MM. David (le dr), directeur de l’école dentaire.
- Collin, fabricant d’instruments de. chirurgie, membre des comités d’installation à l’Exposition de Paris en 1878.
- Mathieu (Raoul), fabricant d’instruments de chirurgie.
- Wickham, adjoint au maire du 2e arrondissement, président de la chambre syndicale des instruments et appareils de l’art médical.
- Classe i5
- Instruments de précision
- M. Bardou fils, constructeur d’instruments d’optique.
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- Quatrième Année. — N° 170.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche Ier Avril 1888. — 1011.
- MM. Ducretet (Eugène), constructeur d’instruments de précision.
- Nachet (Alfred), constructeur d’instruments d’optique, membre des comités d’admission et d’installation à l’Exposition de Paris en 1878.
- Possien, membre de la société des lunetiers.
- Classe 16
- Cartes et appareils de géographie et de cosmographie. — Topographie
- MM. Germain (Adrien), ingénieur hydrographe de la marine, membre des comités d’admission, d’installation et du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878.
- DeFgrave (Charles), libraire-éditeur d’ouvrages classiques, membre des comités d’admission et d’installation à l’Exposition de Paris en 1878.
- Erhard, graveur.
- Classe 17
- Meubles à bon marché et meubles de luxe
- MM. Beurdeley (A.), fabricant de bronzes et objets d’art, ébe'nisterie et bois sculptés. Damon (E.), ancien fabricant de meubles, membre des comités d’admission, d’installation et du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878.
- Dasson (Henri), fabricant de bronzes pour ameublement.
- Pérol (Félix), fabricant de meubles, adjoint au maire du 129 arrondissement.
- Classe 18
- Ouvrages du tapissier et du décorateur
- MM. Benda (A.), fabricant déglacés et miroiterie, président honoraire de la chambre syndicale des miroitiers, arbitre-rapporteur près le tribunal de commerce. Lameire (Charles), artiste peintre.
- Parfonry, marbrier.
- Verrebout (Auguste), fabricant de meubles d’églises.
- Classe 19
- Cristaux, verreries et vitraux
- MM. Oudinot (Eug.), peintre verrier, membre du jury des récompenses à l’Exposition d’Amsterdam en i8>3.
- Renard (Léon), député du Nord, administrateur de verreries , membre des comités d’admission à l’Exposition de Paris en 1878.
- Landier, manufacturier, directeur des cristalleries de Sèvres et Clichy réunies.
- Classe 20 Céramique
- MM. Gastellier, député de Seine-et-Marne, président de l’union céramique et chaufour-nière de France.
- Boulenger (H.), fabricant de faïences, membre des comités d’installation à l’Exposition de Paris en 1878.
- Thierry (G.), négociant en porcelaines, président de la chambre syndicale de la céramique et de la verrerie, membre de la commission permanente des valeurs de douane, membre du jury des récompenses aux Expositions d’Amsterdam en 1883 et d’Anvers en 1885.
- Soyer (Paul), peintre émailleur, viee-prési-dent de la chambre syndicale de la céramique.
- Classe 21
- Tapis, tapisseries et autres tissus d’ameublement
- MM. Defosse, de la maison Braquenié et Cie, fabricant de tapisseries pour ameublements.
- Quénardel, fabricant de cuirs artistiques pour ameublements.
- Legrand (Victor), fabricant de tissus Imprimés pour ameublements, juge suppléant au tribunal de commerce.
- Boyer, fabricant d’étoffes pour meubles.
- Classe 22 Papiers peints
- MM. Desfossé père, fabricant de papiers peints, membre des comités d’admission et d’installation à l’Exposition de Paris en 1878.
- Gillou fils, fabricant de papiers peints, président de la société de protection des apprentis du papier peint.
- Pacon (Victor), ancien fabricant de papiers peints, ancien président honoraire de la chambre syndicale des fabricants de papiers peints, membre du conseil des prud’hommes.
- Classe 2 3 Coutellerie
- MM. Marmuse, fabricant de coutellerie.
- Pérille, fabricant de coutellerie.
- Thinet, fabricant de coutellerie fine et ordinaire.
- Classe 24 Orfèvrerie
- MM. Falize (Lucien), orfèvre-joaillier.
- Fray, fabricant d’orfèvrerie, membre des comités d’installation et du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878.
- Mégemont, orfèvre.
- Trioullier, fabricant d’orfèvrerie religieuse. Classe 25
- Bronzes d’art, fontes d’art diverses, ferronnerie d’art, métaux repoussés
- MM. Durenne (A.), fabricant de fontes d’art, membre des comités d’admission, d’installation et du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878.
- Houdebine (Henri), fabricant de bronzes, membre des comités d’installation à l’Exposition de Paris en 1878.
- Ranvier (Jules), fabricant de zinc et bronzes d’art, président de la chambre syndicale du bronze-imitation (zinc d’art), membre des comités d’admission, d’installation et du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878.
- Hottot (Louis), édition de sculpture d’art. Classe 26 Horlogerie
- MM. Drocourt (Alfred), fabricant d’horlogerie, trésorier de l’école d’horlogerie de Paris. Fenon, constructeur de chronomètres, horloger de l’Observatoire de Paris. Henri-Lepaute (Paul), fabricant d’horlogerie.
- Leroy (Théodore), constructeur de chronomètres pour la marine de l’Etat.
- Classe 27
- Appareils et procédés de chauffage. — Appareils et procédés d’éclairage non électrique
- MM. Allez (Adrien), manufacturier, fabricant de fourneaux et appareils de chauffage, membre des comités d’admission à l’Exposition de Paris en 1878.
- Bayle (Paul).
- Beudin (Gustave), ingénieur, directeur du service technique de la compagnie générale des allumettes chimiques.
- Lacarrière (Amédée), fabricant de bronzes et d’appareils d’éclairage.
- Classe 28
- Parfumerie
- MM. Raynaud (A), fabricant de parfumerie.
- Chiris (Léon), sénateur des Alpes-Maritimes.
- Gallet père, de la maison Roger et Gallet, fabricant de parfumerie, membre des comités d’installation à l’Exposition de Paris en 1878.
- Chouët (A)., de lamaison du docteur Pierre, ancien juge au tribunal . de commerce, membre du jury des récompenses à l’exposition d’Amsterdam en 1883.
- Classe 29
- Maroquinerie, tabletterie, vannerie et brasserie.
- MM. Moreau-Vauthier (Augustin), statuaire et sculpteur sur ivoire, professeur à l’école nationale des arts décoratifs.
- Maréchal, de la maison Bine, Maréchal et Cie, fabricant de pipes.
- Pierrat (D.), fabricant de peignes, président de la chambre syndicale de la tabletterie. Pitet aîné, fabricant de brosses et pinceaux.
- Classe 3o
- Fils et tissus de coton
- MM. Berger (Casimir), manufacturier, fabricant de fils et tissus de coton, membre de la commission permanente des valeurs de douane, membre des comités d’admission et d’installation à l’Exposition de Paris en 1878.
- Cocquel (A.), fabricant de velours.
- Ponnier, manufacturier en tissus de coton, membre de la commission permanente des valeurs de douane, membre des comités d’admission et d’installation à l’Exposition de Paris en 1878 et du jury des récompenses aux expositions d’Amsterdam en 1883 et d’Anvers en 188 5 . Waddington (Evelyn), manufacturier.
- Classe 3 1
- Fils et tissus de lin, de chanvre, etc.
- MM. Le Blan (Julien), filateur, membre du
- comité consultatif des arts et manufactures, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878 et à l’exposition d’Anvers en i885.
- Faucheur, président du comité linier du nord de la France.
- Saint (Ch.) , manufacturier , filateur et tisseur de sacs et toiles, membre de la commission permanente des valeurs de douane, membre des comités d’admission d’installation et du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878. Carmichaël (Robert), manufacturier, filateur et tisseur de sacs et toiles.
- Classe 02
- Fils et tissus de laine peignée. — Fils et tissus de
- laine cardée
- MM. Legrand (Léon), fabricant de tissus, membre de la commission permanente des valeurs de douane, membre des comités d’admission, d’installation et du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878. Montagnac (Lucien de), fabricant de draps. Bréant (Eugène), fabricant de châles et tissus, membre de la commission permanente des valeurs de douane, membre des comités d’installation à l’Exposition de Paris en 1878 et du jury des récompenses à l’Exposition d’Anvers en 1885. '
- Huot (Jules), de la maison David et Huot, filateur de lainages et cachemires, membre de la commission permanente des valeurs de douane.
- Classe 33
- Soies et tissus de soie
- ME. Hamelin (E.), fabricant de soies teintes et écrues.
- RafFard (Paul), négociant-commissionnaire, juge au tribunal de commerce, membre de la commission permanente des valeurs de douane, membre du jury des récompenses à l’exposition d’Anvers en 1885. Sevène, président de la chambre de commerce de Lyon, membre du jury des. récompenses à l’exposition d’Anvers en 188 5.
- Teissier du Gros, filateur et moulinier de soie.
- Classe 34
- Dentelles, tulles, broderies et passementeries
- M. Lefébure (E.), fabricant de dentelles et blondes.
- MM. Darquer (Adolphe), fabricant de dentelles, vice-président de la chambre de commerce de Calais.
- Blazy (L.-P.), fabricant de tapisseries et d’ouvrages à la main, président de la chambre syndicale des laines, membre des comités d’installation à l’Exposition de Paris en 1878.
- Langlois, fabricant de passementeries et de boutons.
- Classe 35
- Articles de bonneterie et de lingerie. — Objets et accessoires du vêtement
- MM. Boussard (F.), fabricant de gants, président honoraire de la chambre' syndicale de la ganterie et des peaux pour gants, membre des comités d’admission, d’installation et du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878. •
- Dehesdin (Emile), fabricant de lingerie, membre de la commission permanente des valeurs de douane, membre des comités d’admission et d’installation à l’Exposition de Paris en 1878.
- Klotz (Eugène), fabricant de cravates, membre des comités d’installation à l’Exposition de Paris en 1878 et du jury des récompenses aux expositions d’Amsterdam en 1883 et d’Anvers en 1885.
- Parent, fabricant de boutons, président de la chambre syndicale de la passementerie.
- Classe -36
- Habillement des deux sexes
- MM. Touzet (Henri), fabricant de chaussures, président de la chambre syndicale des fabricants et négociants de chaussures en gros, membre du jury des récompenses aux expositions d’Amsterdam en 1883 et d’Anvers en 1885.
- Patay, fabricant de fleurs artificielles, président de la chambre syndicale des fleurs et plumes.
- Worth (Gaston), fabricant de nouveautés confectionnées, président de la chambre syndicale de la couture et confection pour dames.
- Ducher (Hippolyte), président de la Chambre syndicale des tailleurs sur mesure.
- (A suivre.)
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- ioi2. — Quatrième Année. — N° 170. LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE iu8q
- Dimanche 1e1' Avril 188S.
- NOMINATIONS
- de Membres des Comités départementaux
- COMITÉ DÉPARTEMENTAL D’ALGER
- Président : M. Boicly-la- Sapie, conseiller général de la circonscription de Boufarik, propriétaire agriculteur.— Vice-présidents : MM. Alphandéry, conseiller général de la circonscription d’Alger, banquier; Warot, propriétaire, membre de la chambre de commerce.— Secrétaires : MM. Bou-zoim, vétérinaire à Alger; de Galland, professeur au lycée d’Alger ; Altairac, conseiller général de la circonscription delà maison Carrée, industriel.
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- Sous- comité de Médéah
- Président : M. Siméon Pigarol, propriétaire à Médéah, président du comité agricole de Médéah, — Vice-président : M. Daudet (Joseph), viticulteur, ïnaire de Médéah. — Secrétaire : M. Sylvestre (Fernand), viticulteur, maire de Damiette. — Secrétaire adjoint : M. Palleroy (Prosper), propriétaire à Médéah. — Trésoriers : MM. Raymond, pharmacien, à Médéah ; Tambareau, pharmacien à Médéah.
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- Sous-comité de Miliana
- Président : M. Pourailly, maire de Miliana. — Secrétaire : M.Lepésant, adjoint au maire de Miliana. — Membres : MM Alcay fils, propriétaire ; Duperré ; Jourdan propriétaire à Affreville à Anastaze, propriétaire à Hammam-Dirah.
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- Sous-comité déOrlèanville
- Président : M. Fourrier (Henri), avocat défenseur, maire d’Orléansville, conseiller général, propriétaire. — Vice-président : M. Si Mohammed ben Henni, d’Orléansville, propriétaire ; Cadhi, assesseur au Conseil général. — Secrétaire : M. Casanova Joseph, propriétaire. —Secrétaire-adjoint : M. Fougerousse, Léon, épicier, propriétaire.
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- Sous-comité de l'arrondissement de Tiqy-Ouqou
- Président : M, Labattut, ingénieur civil et propriétaire domicilié à Tizi-Ouzou. — Vice-Présidents : MM. Cayrol, propriétaire et maire de Del-lys ; Lormand^ propriétaire à Bordj-Ménouël. — Secrétaires: MM. Ailland, propriétaire et industriel, à Tizi-Ouzou; Baussart, propriétaire etsup-pléant du juge de paix domicilié à Azazga.
- MM. Roux et Veyron démissionnaires ; Bernard, absent; Emerat, décédé.
- L’EXPOSITION PERMANENTE
- DES COLONIES
- M. F. Des Tournelles, conservateur adjoint de l’Exposition permanente des colonies et commissaire adjoint de la section des colonies françaises à l’Exposition universelle de 1889, vient de présenter à M. le sous-secrétaire d’Etat aux colonies un rapport très intéressant sur les musées commerciaux à l’étranger. Les conclusions qui découlent de cette étude, au point de vue de l’Exposition permanente des colonies et de la section coloniale à l’Exposition de 1889, méritent de fixer l’attention du gouvernement.
- Les Expositions et les Musées commerciaux sont devenus des leviers si puissants pour le développement du commerce et de l’industrie, que nous croyons devoir donner à nos lecteurs une analyse complète de la brochure de M. des Tournelles.
- C’est surtout pour nos colonies que les Expositions et les Musées commerciaux devraient être appelés à rendre de grands services. Les tentatives laites par les industriels et les commerçants de la métropole pour conquérir de nouveaux débouchés dans les colonies sont généralement infructueuses parce qu’ils ne connaissent pas les exigences du commerce dans les régions lointaines. Ainsi que le dit M. Des Tournelles dans ses considérations générales sur les musées commeiciaux » Il faut, pour pratiquer le commerce d’exportation, _ pouvoir disposer d’une organisation spéciale impliquant l’existence de correspondants habiles, et connaître les moyens efficaces de recouvrer les créances, les voies de communication, les frais de transport, les conditions de vente, etc., etc. Il fallait donc ou créer des institutious capables de rendre les services voulus, ou se résigner à essayer de faire du commerce indirect. Or, faire
- du commerce indirect, c’est tirer parti, pour vendre le produit de ses usines dans les p*ys lointains, de l’organisation commerciale créée par des tiers; et, en fait, une telle alternative est peu satisfaisante au point de vue du bénéfice à acquérir.
- « De plus, il faut constater, dans presque tous les cas, l’insuffisance des renseignements donnés par les tiers. En effet, ces derniers ont tout intérêt à garder le secret des débouchés qu’ils ont su conquérir et ils se bornent généralement à soumettre à l’industriel un échantillon, sans aucune indication commerciale, avec prière de faire connaître le prix auquel la marchandise conforme pourrait être fournie. Si ce prix paraît trop élevé, le tiers pousse naturellement plus loin ses investigations, et il ne finit par donner une commande qu’après avoir acquis la certitude de ne pas pouvoir se procurer l’article à meilleur compte chez un autre fabricant. Or, dans les temps de crise surtout, le tiers trouve généralement un industriel ou commerçant disposé à livrer la marchandise dans des conditions qui ne laissent pas un bénéfice suffisant, et il agit ainsi, soit par amour-propre, afin de ne pas laisser enlever l’affaire par un concurrent, soit dans la crainte de perdre la clientèle du tiers, soit enfin pour procurer à son personnel le travail qui fait défaut. Il est bon de signaler également l’état de dépendance absolue dans lequel le producteur se trouve placé vis-à-vis de l’intermédiaire: en effet, celui-ci donne souvent des ordres pour l’exécution desquels un outillage spécial est indispensable, que le producteur est forcé de se procurer, et, à l’expiration de ses contrats, il est obligé par l’intermédiaire d’accepter les conditions nouvelles qui lui sont imposées. En cas de résistance de sa part, les relations sont rompuès et il court, dès lors, les risques de ne plus trouver le placement de produits dont il ignore le plus souvent la destination, et tout au moins les acheteurs. Généralement même, sa marque est inconnue sur les marchés de vente, l’intermédiaire ayant soin d’apposer sa propre étiquette sur la marchandise avant d’en faire l’expédition. Enfin la nécessité s’impose de supprimer d’une façon absolue, pour faire place à la grande concurrence que le fabricant rencontre dans ses entreprises, tout rouage qui n’est pas entièrement indispensable. Dans ces conditions, il est évident que le bénéfice prélevé par les intermédiaires augmente d’autant plus le prix de vente à l’étranger; d’où il résulte que les services rendus par eux dans les pays de production peuvent être demandés aux négociants importateurs établis dans les centres de consommation, et que les intermédiaires exportateurs peuvent disparaître sans inconvénient, à condition que les fabricants soient mis en rapport direct avec les négociants importateurs.
- « Tel est le but principal qu’on a essayé d’atteindre, tant en France qu’à l’étranger, en créant l’institution des musées commerciaux.
- « Le musée commercial a donc pour mission de donner aux producteurs des informations qui leur permettent de se mettre directement en rapport avec les consommateurs ouïes intermédiaires des centres de consommation. »
- M. Des Tournelles donne ensuite la description des quatre types bien distincts de musées commerciaux :
- « i° Les musées de matières premières et de produits manufacturés importés des pays étrangers ou exportés par ceux-ci, les échantillons d’exportation étant limités aux seuls articles qui sont produits dans des pays autres que ceux où les musées sont établis : exemple : le musée commercial de Bruxelles.
- « 20 Les musées de matières premières et de produits manufacturés importés des pays étrangers ou exportés parceux-ci, mais dans lesquelles échantillons d’exportation sont aussi bien indigènes qu’étrangers: exemple: le musée commercial colonial de Paris ;
- « 3° Les musées ou plutôt les agences d’exportation qui sont des expositions permanentes d’articles produits dans les pays où ils sont établis; les acheteurs étrangers sont seuls invités à examiner ces collections, tandis que les manufacturiers indigènes ne sont pas admis à les visiter : exemple : le musée commercial de Stuttgard ;
- « 40 Les expositions flottantes créées par les Allemands, qui ont converti des navires en magasins flottants servant à l’exposition des marchandises allemandes, et qui ont pour but de s’installer sur les principaux marchés du globe ou des débouchés nouveaux sont à rechercher : exemple : musées flottants allemands — collections permanentes établies par les consuls allemands dans différentes localités des deux Amériques.
- « Les services rendus par ces différents musées ont déjà été très appréciables, aussi bien en Belgique, par son musée commercial de Bruxelles, qu’en Allemagne, par ses musées de Stuttgard, de Munich et par ses expositions, flottantes, qui tous ont exercé une influence prépondérante sur l’industrie et le commerce général dans ces dernières années. »
- L’auteur s’étend longuement sur le musée commercial de Bruxelles qui paraît présenter le plus
- d’importance, comme organisation et comme résultats pratiques. Ce musée publie un bulletin hebdomadaire dont l’objet principal est de faire connaître les parties les plus récentes du Catalogue général des collections.
- Il passe ensuite en revue les musées commerciaux de Hollande, d’Angleterre, d’Allemagne, d’Autriche, d’Italie, du Portugal et de la Suisse.
- Nous arrivons maintenant à la partie du rapport la plus intéressante, celle qui se rattache à l’Exposition permanente des colonies et à la section coloniale à l’Exposition universelle de 1889.
- Le progrès de l’industrie indigène et la concurrence toujours croissante de l’étranger sur les marchés coloniaux et nationaux ont obligé l’administration centrale des colonies à créer, en 1885, une section commerciale à l’Exposition permanente des colonies. Cette exposition se compose seulement de marchandises de toute provenance en faveur sur nos marchés coloniaux.
- Or, comme le dit avec juste raison M. Des Tournelles : « Un musée commercial ne doit pas se borner à contenir des objets d’exportation dans les colonies, mais il doit montrer aussi des produits coloniaux: car, dans tous les cas, un pays ne peut exporter avec profit que dans les contrées dont il importe lui-même les produits 11 y a donc absolue nécessité à connaître les ressources en matières premières offertes par nos colonies, et cela d’une façon exacte et absolument commerciale. Il est vrai de dire que tous les produits coloniaux français sont classés scientifiquement et avec le plus grand soin à l’Exposition permanente des colonies ; mais il faut reconnaître aussi qu’ils ne le sont pas du tout, au point de vue qui nous occupe. Or, c’est une grave erreur, car un musée commercial colonial doit avoir pour objet de réunir les matières premières produites par les colonies, afin d'en faire connaître les ressources aux commerçants et industriels, et de leur suggérer l’idée d’introduire et d’employer leurs matières premières ; il doit avoir également pour but de réunir les articles consommés aux colonies, de provenance étrangère ou indigène, afin de montrer aux négociants les articles préférés, et aux fabricants le goût, le mode, la qualité, la quantité, etc., etc., tous ces articles d’importation et d’exportation, sans exception, devant fournir au public les renseignements commerciaux nécessaires et possibles à se procurer. »
- L’Exposition permanente des colonies réalise-t-elle actuellement le but pour lequel elle a été créée? Nous regrettons d’être obligé de dire que, malgré les efforts les plus louables de la part de l’administration, elle ne sert pour ainsi dire à rien !
- Cette Exposition, située dans la partie sud du palais de l’Industrie, est ignorée du public ; elle a besoin d’un local plus convenable, et surtout d’une publicité intelligente la faisant connaître aux parties intéressées, les industriels et les commerçants.
- Il faut en outre qu’un bureau des renseignements commerciaux annexé à cette Exposition puisse indiquer au visiteur qui y vient dans l’intention de se créer de nouveaux débouchés, en un mot pour faire des affaires : i° quel est le prix du produit exposé dans la colonie elle-même ; 20 quels sont les frais d’emballage ; 3° quels sont les droits de sortie, d’entrée; quel ept le fret et quelle est la voie la plus économique pour expédier ses produits ou recevoir ceux des colonies dont il a besoin.
- M. Des Tournelles va plus loin, car voici ce qu’il propose :
- « Il ne s’agirait même pas seulement de montrer un produit au visiteur; il faut lui faire de la publicité, il faut lui chercher des débouchés; il faut le faire connaître, secouer l’apathie du commerçant et même, peut-être, aller le trouver, lui dire^u’on est à sa disposition, lui donner rendez-vous, prendre ses jour et heure, lui répéter que telle ou telle denrée intéressant son commerce est exposée à titre d’échantillon et qu’il peut en obtenir à titre d’essai. Enfin, que si ce genre, une fois éprouvé, convenait, qu’il est de tel fabricant, à tel endroit, qu’on pourrait le vendre à tel prix, et, en dernier lieu, solliciter une commande d’essai.
- « Par ce moyen on augmenterait le trafic colonial, on encouragerait les producteurs locaux qui, eux-mêmes, se sentant soutenus, feraient tous leurs efforts pour améliorer leurs cultures et leurs fabrications, de manière à pouvoir lutter avec les produits similaires étrangers. Tel est le rôle qui semblerait dévolu à l’Exposition permanente des colonies. Et, cela fait, il n’y aurait plus alors qu’à lutter contre la routine habituelle du commerce français, qui constate bien tous les jours les difficultés de placer ses produits manufacturés, mais qui ne se rend pas assez compte que d’avoir le produit brut de première main est déjà une amélioration de son prix coûtant.
- « Une division importante qui s’impose à l’Exposition permanente des colonies est celle des produits fabriqués consommés dans ces mêmes parages. Un industriel s’est dérangé à la suite de plusieurs démarches répétées, afin d’examiner les produits : il voit son profit à tenter un essai d’importation dont il pourra remettre l’ordre directe-
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- Quatrième, Année. — N° 170.
- ment sur l'indication de l’administration, et, en examinant les articles d’exportation, il remarque qes produits similaires de source anglaise ou allemande. De suite, il dira : mais en achetant mon produit directement, je gagne tant sur mon prix de'revient ; pourquoi ne tenterais-je pas aussi d’écouler ma fabrication aux colonies et d’imiter ce que font les étrangers qui n'ont aucun scrupule d’appliquer marques et estampilles indiquant l’origine française ? »
- En ce qui regarde la partie industrielle, il serait je toute importance de créer à l’Exposition permanente des colonies un service qui aurait pour mission de se mettre en rapport avec tout ce qui touche à l’industrie dans nos colonies etde donner tous les renseignements nécessaires sur le prix des matériaux combustibles, de la main-d’œuvre, etc.
- L’administration de chaque colonie devrait fournir, le plus souvent possible, un aperçu général des opérations commerciales et industrielles de la colonie.
- M. Des Tournelles réclame l’installation d’un laboratoire colonial.
- « Ce laboratoire serait patronné par le gouvernement, c’est-à-dire indépendant, d’une manière absolue, et destiné à donner non la valeur, mais l’analyse et la .composition des marchandises adressées, et à renseigner les colons sur la composition des matières, de minéraux à eux inconnus et dont ils ne pourraient dans leur pays arriver à connaître la richesse ou l’utilisation la plus avantageuse.
- « La création de ce laboratoire n’entraînerait pas à de grands frais, car l’emplacement se trouverait facilement au palais de l’Industrie, à côté même de l'Exposition permanente des colonies, et le service matériel pourrait en être fait par les agents de l'Exposition. La dépense annuelle d’un tel laboratoire serait minime, et même cette somme pourrait être obtenue dans chaque colonie au prorata des analyses que chaque colonie aurait envoyées. Le relevé en serait dressé tous les ans par le chef du service, et, dans ces conditions, la répartition serait équitable et gênerait très peu le budget colonial. De plus, les produits coloniaux, envoyés par des tiers domiciliés en France, pourraient être analysés moyennant une faible rétribution, qui viendrait également en déduction de la mise de fonds annuelle. »
- L’auteur recommande en outre la création:
- D’une bibliothèque coloniale comprenant des ouvrages de commerce, d’industrie, d’émigration, de statistique, d’histoire, d’hygiène, etc. ;
- D’un catalogue officiel contenant tous les renseignements commerciaux, industriels et agricoles, catalogue qui serait mis à jour tous les deux ans, par exemple ;
- D’archives commerciales, industrielles et agricoles ;
- D’expositions temporaires se rapportant à telle ou telle colonie ;
- Et enfin d'un bulletin colonial hebdomadaire faisant connaître en temps voulu, aux intéressés, les renseignements les plus nouveaux.
- Cet organe spécial, sous la dépendance de l’Exposition permanente des colonies, pourrait, en outre, embrasser toutes les questions coloniales relatives au commerce et à l’industrie et serait appelé à rendre de grands services.
- M. Des Tournelles donne ensuite un modèle de classification divisée en trois sections : végétale, minérale et animale et aux produits d’importation et d’exportation, et il termine ainsi son rapport :
- « En résumé, ce rapport et ces considérations « ont pour objet de faire entrevoir le but idéal à « atteindre, c’est-à-dire :
- « Ne vendre aux colonies françaises que des pro-« duits français, et vendre en France et à l’étran-« ger le plus possible de produits coloniaux fran-« çais. »
- Nous espérons que le travail de M. Des Tournelles servira de base à des modifications importantes dans l’organisation de l’exposition permanente des colonies, modifications qui permettront à ses assises du travail de rendre au commerce et à l’industrie français tous les services qu’ils sont en droit d’en attendre.
- LA. TUNISIE À L’EXPOSITION
- DE 1889
- Depuis son arrivée à Paris M. Massicault s’est occupé d’activer les préparatifs de l’Exposition tunisienne qui occupera, comme on sait, un vaste emplacement sur l’Esplanade des Invalides, entre l’Algérie et les colonies françaises..
- La construction du palais tunisien, qui a été confiée, après concours, à M. Saladin, architecte diplômé par le gouvernement, va commencer.
- Le motifs de l’entrée principale ont été empruntés au Bardo, au Dar el Bey et à la mosquée de Sidi-Bou-Arouy de Tunis.
- La grande mosquée de Ruouan et les monu-
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE
- ments les plus célèbres de la Régence sont également reproduits avec tout leur caractère de saisissante originalité.
- Une série de constructions représentant les maisons si carieuses des oasis du Djerid, les boutiques et les souks-voûtes de Tunis et des villes du Sahel peuplées de marchands et d’artisans tunisiens, travaillant sous les yeux du public, sera Tune des plus merveilleuses attractions de l’Exposition universelle de 1889.
- Une petite école d’enfants d’Arabes sera installée au bout de cette avenue aussi animée que pittoresque.
- Avec ces restaurants, ces cafés et ces concerts, l’exposition tunisienne réalisera un rêve des « Mille et une Nuits ».
- Ce sera l’évocation de l’orientalisme sur les bords de la Seine dans ce qu’il a de plus chatoyant et de plus enchanteur.
- Dans un récent voyage en Tunisie, M. Charles Panson, commissaire général de l’exposition tunisienne, a reçu du bey la promesse que son gouvernement ne négligera rien pour lui donner le plus vif éclat et pour en assurer le complet succès.
- LA PARTICIPATION ÉTRANGÈRE
- A L’EXPOSITION DE 1889
- Russie
- M. Lucien Dautresme, ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a été informé par son collègue M. le ministre des affaires étrangères que le chancelier de l’ambassade de France à Saint-Pétersbourg avait réussi à constituer un bureau central, composé de : MM. Andreieff, économiste; Posnanski, vice-président de la Société d’encouragement du commerce ; Wargonnie, grand industriel.
- Ce bureau a été élu par un groupe nombreux pour servir d’intermédiaire entre M. le ministre du commerce, commissaire général, et MM. les exposants russes.
- M. le ministre du commerce a répondu que ces messieurs seraient reconnus officiellement, afin qu’ils puissent se mettre immédiatement à l’œuvre.
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- Angleterre
- M. Dautresme, ministre du commerce et de l’industrie, a reçu la délégation du comité anglais, composée de : sir Bernardt Samuelson, membre du Parlement ; sir Francis Bell Dillon, agent général des colonies; MM. Henry Wood, secrétaire de la Soeiété des Arts; Hart, esquire, et Aylmer, secrétaire de la Société des ingénieurs électriciens et télégraphistes de Londres.
- Ces messieurs avaient vu M. Georges Berger, avec lequel ils ont longuement conféré, et qui leur a montré sur le terrain les emplacements réservés à la section anglaise. Toutes les dispositions prises par M. Georges Berger ont été approuvées par la délégation anglaise.
- ÉCHOS
- Paris
- Nous avons dès longtemps annoncé l’Exposition des maîtres français de la caricature au xixe siècle. Cette exhibition, infiniment curieuse et originale, dont les recettes seront versées entre les mains de M. Alfred de Courcy, président de la société de secours aux familles des marins français naufragés, ouvrira le jeudi 19 avril, à l’école des beaux-arts.
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- Nous avons précédemment parlé delà troisième exposition internationale de Blanc et Noir qui s’ouvrira le 1er octobre prochain au pavillon de la ville de Paris (Champs-Elysées), pour clôturer le 15 novembre. Nous n'y reviendrons donc pas.
- Qu'il nous suffise d’ajouter que les ouvrages devront être adressés du 1er au 15 septembre à M. E. Bernard, directeur-administrateur, au pavillon de la ville de Paris.
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- Rappelons'que le 25 mai commencera à la galerie Georges Petit, pour se prolonger jusqu’au 25 juin, la première exposition Bretonne-Angevine de peinture, sculpture, dessins, cartons, aquarelles, gravure, émaux et faïences.
- Tous renseignements autres que ceux que nous avons donnés antérieurement, se peuvent demander àM. Léon Séché, secrétaire général de l’Association Bretonne-Angevine, 9, boulevard du Port-Royal, à Paris.
- Dimanche 1e1’ Avril 1888. — ioi3.
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- Deux expositions artistiques intéressantes ont été visibles cette semaine : chez G. Petit, Louise Abbéma présentait une série d’œuvres chaînantes; chez MM. Boussod-Valadon, rue Chap-tal, Détaillé réunissait ses inimitables observations de types et costumes militaires, dessins et peintures.
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- Toujours les envois du prochain Salon :
- Le comte J. Constantin Zukowsky : le buste de M. Ican de Wœstyne
- M. J. Vey.rassat : En Normandie et Y Automne.
- MUe Camille Aderer : portrait de MUe Alice Panot, de l’Odéon, dans le rôle de Psyché.
- M. J. Machard : portrait de Mlle de Blest-Gana, la fille de l’ex-ministre du Chili.
- M. Louis Lavalley : portrait de M. le général Boulanger aux arrêts.
- M. Charpentier: buste de M. Antoine, du Théâtre-Libre, dans le rôle de Pierrot, du Baiser, de Théodore de Banville.
- M. Latour : le buste de M. Taskin.
- Mlle Burrel : portrait de M. Léonce Détroyat.
- M. Mombur: buste de Mme Lureau-Esealaïs.
- M. Félix Barrias : Camille Desmoulins au Palais-Royal.
- M. Tabins Brest : le Débarcadère à Scutari, la Chrysopolis du Bosphore.
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- . C’est vendredi prochain 6 avril que clôturera l’intéressante exposition des aquarellistes.
- Avis aux retardataires.
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- La vente des autographes de la collection Dentu à l’hôtel Drouot, n’a pas donné les résultats que l’on espérait. La première vacation qui compre-' nait 557 numéros de choix n’a pas produit plus de 1,500 francs. En un mot, les trois vacations réunies de la première série n'ont pas produit tout à fait 8,300 francs.
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- Départements
- La Commission des beaux-arts de la société d’émulation des Vosges a décidé qu’une exposition aurait lieu à Epinal, du 9 juin au 15 juillet prochain.
- Cette exhibition comprendra les ouvrages de peinture, aquarelle, pastel, dessin, gravure, sculpture, etc., et les ouvrages d’arts appliqués à l’industrie.
- Le Journal des Arts donne le règlement in-extenso.
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- ETRANGER
- Allemagne
- L’exposition académique internationale des beaux-arts de Berlin ouvrira, comme nous l’avons déjà dit, le 15 juillet, pour clôturer le 30 septembre.
- Mais les grandes expositions concurrentes de Munich et de Vienne, sollicitant toute l’attention et tous les efforts des artistes, il a été décidé de donner cette année, à Berlin, une importance toute particulière aux sections de l’aquarelle, du pastel et des procédés de reproductions artistiques.
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- Il a été décidé que l’installation des parcs et jardins de l’exposition d’art industriel de Munich fournirait le prétexte d’une grande exposition horticole annexe, organisée sous la direction de la société bavaroise d’horticulture, et ouverte du 15 mai au 15 octobre prochain.
- L’exhibition comportera trois périodes, et les délais de réception des envois seront : le 15 mai au plus tard, pour la flore printanière ; le 15 juin pour la flore estivale; le 1er septembre enfin pour la flore d’automne.
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- L’exposition internationale de beaux-arts de Munich comportera, pour célébrer le centenaire de la première exposition d’artistes bavarois, une importante section rétrospective.
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- Une exposition de peinture, préparée par les soins de l’Union industrielle de Mühlhausen, ouvre aujourd’hui dimanche 1er avril, pour clôturer le 15 courant.
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- Une intéressante exhibition d’œuvres choisies des maîtres de l’école de Munich et du tableau colossal de Hans Makart, Bacchus et Ariane attire beaucoup de visiteurs dans les galeries de l’Union artistique de Berlin.
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- Une exposition, permanente des Beaux-Arts et des Arts industriels doit prochainement s’ouvrir au musée d’Altenbourg.
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- ioi4- — Quatrième Année. — N° 170.
- LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE :88q.
- Dimanche Ier Avril 1888.
- A Mayence, au hall municipal, une exposition générale d’aviculture a très brillamment réussi.
- Elle avait été inaugurée le 10 mars.
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- Angleterre
- Tout d’abord à Londres, une série d’expositions artistiques, dites « de printemps ».
- A la French GalUry, 120, Pall-Mall, trente-cinquième exposition annuelle, avec des oeuvres des maîtres français, Diaz, Corot, Jules Dupré, Decamps, et de nombreux spécimens de l’école allemande.
- A la galerie Tooth, 5 et 0, Haymarket, fraternisent la blanche Albion et la brune Italie.
- A la Fine Arts Society, M. John Fulleylove expose des aquarelles.
- Enfin, du 20 mars au 7 avril, quatrième exposition à la galerie de la Royal Water-Colours Society, Pall-Mall, East.
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- C’est le 12 mai qu’ouvrira au Royal Aquarium,., Westminster, l’exposition de beaux-arts qui fait partie de la série d’exhibitions françaises, dites des Lauréats de France.
- Sont admises les oeuvres de peinture, sculpture, architecture, etc.
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- Il y aura à l’exposition internationale de Glas-gow’une exposition spéciale dénommée des Arts et des Industries de la Femme.
- La princesse Christian préside cette section, assistée de Lady Rosebery, qui remplit les fonctions de secrétaire.
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- Nous avons dit précédemment l’exposition universelle alimentaire et culinaire qui se prépare à Londres.
- Cette exhibition, organisée avec les plus hauts patronages, au profit du fonds de construction de l’hôpital français et du Charing-Cross Hospital se fera au manège Wellington, à Knightsbrige, du
- 23 au 28 avril.
- Il y aura neuf classes et les récompenses se répartiront en médailles d’or, d’argent, de bronze et en diplômes.
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- Une exposition importante de travaux d’aiguille a eu lieu à Londres, la semaine dernière dans lord Aberdeen’s House, Grosvenor-Square.
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- Aut riche-Hongrie
- Une grande exposition d’hygiène et. d’éducation de l’Enfance s’est ouverte à Vienne, le
- 24 mars, dans les galeries de la société d’horticulture, avec le patronage du ministère de l’instruction publique et le concours de tous les établissements officiels.
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- Le Bulletin Mensuel de la Chambre de Commerce française de Bruxelles, dans un avis officiel, appelle l’attention sur le grand concours qui, le 5 mai prochain, doit s’ouvrïr à Bruxelles pour les sciences et l’industrie et se met officieusement à l’entière disposition des exposants pour leur fournir tous les renseignements commerciaux qu’ils peuvent désirer et notamment leur signaler les articles de leur fabrication propres à leur ouvrir de nouveaux débouchés pour l’exportation en Belgique ou à l’étranger.
- Le but de la Chambre est surtout de pouvoir éclairer ces exposants en temps opportun et suivant leurs désirs : sur les qualités de marchandises les plus demandées ; les prix courants des spécimens préférés ; les concurrences à vaincre à ou redouter, etc.
- La chambre de commerce française de Bruxelles, en un mot, désire, en cette qualité, faciliter à nos compatriotes, par tous les moyens dont elle dispose et qui leur peuvent être d’un puissant appui, la réussite de leurs entreprises dans un pays ami, dont elle connaît les besoins et lesdésh derata.
- Toutes communications sont reçues au secrétariat de la chambre, 110, boulevard Anspach, à Bruxelles.
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- Il y a- quelques jours a été communiqué aux journaux le règlement d’une exposition rétrospective d’art industriel, organisée par le gouvernement belge sous le haut patronage du Roi.
- Cette exhibition, sur l’importance . toute particulière de laquelle il est inutile d’insister, se fera à l’occasion du grand concours, et ouvrira à Bruxelles le 5 mai.
- Elle comportera les catégories suivantes :
- 1° Epoque belgo-romaine; 2° Epoque franque ; 3° Orfèvrerie et émaillerie civiles ; 4° Orfèvrerie et émaillerie religieuses ; 5° Montres, bijoux et miniatures; 6° Médaillés; 7° Cuivres; 8° Etains ; '9° Ferrures; 10° Coffrets; 11° Armes et armures ;. 12° Ivoires ; 13° Marbres et albâtres ; 14° Bois sculptés; 15° Meubles; 10° Horloges et pendules ;
- 17° Libres et reliures; 18° Verres; 19° Vitraux; 20° Grés; 21° Terres vernissées; 22° Faïences; 23° Porcelaines; 24° Terres cuites; 25° Tissus ; 26° Tapisseries ; 27° Broderies ; 28° Dentelles ; 29° Vêtements sacerdotaux; 30° Costumes civils; 31° Eventails; 32° Manuscrits enluminés ; 33° Instruments de musique; 34° Guildes et corporations.
- Un comité de direction, une commission de patronage, un comité des installations sont chargés des différentes opérations d’organisation de l’exposition.
- Un pressant appel est adressé à tous les collectionneurs belges . er étrangers ; tous frais d’assurance, d’installation, de surveillance et de transport sont à la charge du gouvernement.
- Les communications doivent être adressées au président du Comité de direction, place de Louvain, 11, à Bruxelles.
- La réception des envois doit être faite quinze jours avant la date d’ouverture.
- Parmi les membres étrangers des différents comités, nous relevons les noms de MM. Darcel, conservateur du musée de Cluny, Ch . Mannheim, l’expert bien connu Spitzer, le baron ürlanger, à Paris ; d’autres notabilités à Lyon- Rouen, à Londres, Cologne, La Haye, Utrecht, etc.
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- Nous avons déjà p ’\rlé de l'Exposition triennale internationale que prépare à Anvers, la Société Royale d’Encouragement des Beaux-Arts, et qui coïncidera, cette année, avec le Centenaire de la Société.
- L’exhibition s’ouvrira dans le Grand Hall du Palais de l’Industrie, le 15 juillet, pour clôturer le 15 octobre.'Y seront admises les œuvres dans les cinq genres suivants, d’artists vivants au 1er octobre 1885 : 1° Peinture; 2° Dessin, pastel, aquarelle, miniature; 3° Sculpture et gravure en médailles; 4° Architecture; 5° Gravure et lithographie.
- Les envois sont reçus, à la Société Royale d’encouragement des Beaux-Arts, au Palais de l’Industrie, à Anvers, jusqu'au 20 juin prochain, dernier délai.
- Nous avons dit, dans un précédent numéro qu’à l’Exposition internationale de Bruxelles se trouverait une section spéciale dite « du Génie Industriel », où prendront place toutes les inventions brevetées nouvelles. La direction de ce groupe est confiée à MM. les ingénieurs Raclot et Jach-mann, et leur tâche consistera à classer méthodiquement et produire au jour les inventions les plus, récentes. Nous avons déjà indiqué brièvement les conditions de participation dans cette section..
- Ajoutons que les appareils trop volumineux pourront être exposés en modèles ou même en dessins, plans et projets.
- Le tarif est de 200 francs par mètre carré et l’on n’admettra en outre que les inventions postérieures à l’année 1875. Des récompenses nombreuses seront décernées. 1
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- Brésil
- C’est, de fait, pour des raisons d’ordre financier, et exclusivement tel, auxquelles ne sont pas étrangères les difficultés de l’abolition de l’esclavage, que le gouvernement Impérial Brésilien se voit forcé de décliner l'invitation que lui avait adressée le gouvernement de la République de se faire officiellement représenter à l’Exposition de Paris 1889.
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- Bolivie
- Nous avons enregistré, il y a quelques jours, à cette place, l’arnonce d’un concours pour la construction en vue de l’Exposition de 1889 d’un pavillon destiné aux envois de la République Bolivienne.
- Les dépenses totales de construction et d.e décoration intérieure ne devront pas excéder 80,090 francs.
- Le concours sera clos le 30 avril à 5 heures ; les projets anonymes seront adressés à M. Salinas Vega, chargé d’affaires, 8, rue.de Berri ; le jugement sera rendu le 5 mai. Nous engageons vivement les intéressés à demander les programme et règlement du concours. Ces pièces se peuvent trouver de 2 à 4 heures, à la chancellerie de la légation, 8, rue de Berri ; chez M. le comte, de Artola, consul général, 25, rue de l’Echiquier ; aux bureaux du délégué technique, 1, rue La-fayette ; chez M. Joaquin Caso, secrétaire, 154, boulevard Haussmann.
- Espagne
- L’exposition universelle de Barcelone, dont l’inauguration se fera le 8 ou le 9 avril continue à recevoir nombre d’adhésions.
- Un comité général de participation s’est constitué pour l’Italie, à Rome, sous la présidence du comte de Rascon, ambassadeur d’Espagne près S. M.le Roi d’Italie. Des Comités régionaux fonctionnent à Naples, Florence, Palerme, Sienne, Turin, Venise, Bologne, Milan et Gênes.
- En Angleterre, à la requête du secrétaire d’Etat pour les affaires étrangères, la Society of Arts a bien voulu se charger des fonctions de commission promotrice pour le Royaume-Uni, et d’intermédiaire entre les exposants britanniques et le Conseil exécutif de l’Exposition de Barcelone. Des démarches sont engagées pour obtenir une prolongation des délais d’admissio-n.
- Toutes communications concernant la section anglaise devront être adressées à Londres, au secrétaire de la Society of Arts, John-Street, Adolphi, Londres, W. C.
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- Etats-Unis
- L’exposition de printemps de la galerie artistique de l’Eden-Musée s’est ouverte à New-York, le 1er mars. Une importante série d’envois de l’Ecole de Düsseldorf en constitue la principale attraction. A la suite de cette première exhibition un accord est intervenu entre l’administration du musée et l’Académie de Düsseldorf, et cette dernière fera tous les six mois, à fin d’exposition, un envoi d’œuvres choisies.
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- Grèce
- Nous avons, à différentes reprises depuis plus de deux ans, attiré l’attention de nos lecteurs sur l’exposition nationale Hellénique qui sera inaugurée à Athènes dans le courant d’octobre prochain.
- Cette exhibition, la quatrième du genre et dite, pour cette raison, « de la quatrième Olympiade coïncidera avec les fêtes du vingt-cinquième anniversaire de S. M. le roi Georges Ier.
- A côté des expositions exclusivement nationales se trouvera une section internationale pour les machines, instruments, outils, appareils, procédés agricoles elles inventions nouvelles de toutes catégories.
- Ce groupe est spécialement destiné à réunir le matériel industriel et agricole, les inventions récentes dont l’importation sur le territoire hellénique pourrait avoir une heureuse influence pour le développement de la production nationale.
- Les envois sont reçus par le Comité jusqu’au 1er juillet au plus tard.
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- Italie
- Une exposition internationale d’animaux de basse-cour et de colombier, de chiens, de matériel d’aviculture et de chasse, se fera à Rome, du 16 au 30 av.il prochain, à l’occasion du concours agraire.
- Un comité, présidé par le marquis Vitelleschi, en surveille l’organisation avec le Concours du gouvernement italien et des autorités municipales de Rome.
- Des adhésions nombreuses sont recueillies à l’extérieur.
- La commission se charge de l’entretien et de l’alimentation des animaux pour les exposants qui ne le pourraient ou ne le voudraient faire. Elle ( fournit gratuitement des installations pour les objets exposés qui nécessitent une surveillance.
- Les demandes d’admission sont reçues jusqu’au 30 mars. De nombreuses récompenses seront données: prix d’honneur, médailles d’or, d’argent et de bronze.
- De plus, les sociétés de chemins de fer ont été autorisées à appliquer le tarif spécial réduit.pour les voyages des exposants et des jurés, ainsi que pour le transport des envois. Les délais utiles pour jouir de ces rabais courent du 10 au 30 avril pour l’aller, du 16 avril au 6 mai pour le retour.
- La Société de navigation générale Italienne consent le rabais accoutumé de 30 0/0 pour les transports sur ses paquebots. Une série de récompenses particulières sont mises à la disposition du jury, avec ou sans affectation déterminée, par la Chambre de commerce de Florence, l’Institut d’encouragement et l’Association des propriétaires et agriculteurs de Naples.
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- La société promotrice des Beaux-Arts de Turin ouvrira le 1er mai prochain, dans cette ville, son exposition annuelle dont la durée sera d’un mois. La réception des envois se fera du 15 au 20 avril. Le Journal des Arts publie le règlement in-extenso.
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- Le transport à vapeur, P lata, de la marine de l’Etat, qui convoie, à Londres, les objets destinés à la grande exposition italienne de cette ville, a quitté Venise le 16 mars, pour arriver à Londres le 15 ou 18 avril, après avoir fait escale à Bari le 20 mars, à Catagne le 25, à Naples le 27, à Livourne le 30, à Gênes le 3 avril.
- L'exposition italienne comprendra deux importantes sections consacrées, l’une aux colis-postaux et aux produits susceptibles d’être expédiés par ce procédé ; l’autre aux dentelles anciennes; un pressant appel est adressé aux collectionneurs.
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- Quatrième Année. — N° 170.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche i«r Avril 1S8S. — ioi5.
- Un concours agricole régional se tiendra en août prochain, à Aquila. A cette occasion se fera une exposition internationale de machines agricoles dont la réussite paraît devoir être très heureuse. +
- Nous avons dit précédemment que le Comité central italien de participation à l’Exposition de 1889 s’était réuni à Rome, dans les premiers jours du mois, sous la présidence de l’honorable député Villa pour examiner la situation créée par la rupture des relations commerciales entre la France gt l’Italie.
- Notre excellent confrère romain, Bollettino folle Finance, Ferrovie e Industrie, dit qu’à cette réunion, tenue le 7 courant, assistaient les honorables Villa, président, Miceli, Baccarini, Luigi, Ferrari, Cavallotti, Feudinando, Martini, Dobolli, Seismit-Doda, Cavalieri, Branca, Ferraris, Mag-o-iorino, Pianciani, Maiocchi, Roux et Gentile.
- ° Après la relation, par l’honorable président, des travaux accomplis, l’exposé des difficultés nées de la rupture des relations économiques avec la France, une discussion calme et élevée s’engagea sur les mesures à prendre, et finalement fut voté à l’unanimité, l’ordre du jour suivant, rédigé par M. Seismit-Doda, l’économiste bien connu, et légèrement modifié par M. Villa. En voici la teneur : ...
- « Le Comité, déplorant que le régime douanier actuel mette obstacle à ses travaux ; ne désespérant pas cependant de voir les deux nations trouver facilement et par des concessions réciproques un arrangement meilleur et plus conforme aux intérêts communs, délibère de poursuivre son œuvre, dans de telles limites que le permettront les circonstances actuelles, et décide qu’une réunion nouvelle aura lieu dans un mois environ. »
- Ubique.
- EXPOSITION UNlVERSELhE DE BARCELONE
- Les nouvelles qui parviennent au commissariat général français concernant l’Exposition universelle de Barcelone sont excellentes et font tout à fait présager le plus brillant succès.
- La participation de la France, dont on connaît l’importance, a été organisée avec la compétence et le dévouement que l’on sait par M. Charles Prevet, député, commissaire général nomme' par M. le ministre du commerce et de l’industrie et Gustave Sandoz, vice-président de la commission ; elle sera de beaucoup plus considérable que celle des autres nations et en rapport avec les grands intérêts nationaux qui doivent être défendus.
- Le nombre et la notoriété des artistes et des industriels exposants, l’importance et le goût des préparatifs de décoration de la section française dont les plans sont connus et tout à l’honneur de l’architecte de la section, font à Barcelone une impression considérable, rehaussent le prestige du nom français et grandissent notre influence sur le principal marché industriel de l’Espagne, en face des rivalités ambitieuses qu’il est inutile de désigner autrement.
- Notre manifestation nationale resserrera les liens d’affection et d’intérêt qui doivent réunir deux nations amies de même race et de mêmes besoins.
- M. Noël Bretagne, rédacteur au Journal officiel, secrétaire général des services extérieurs au commissariat général français, se trouve en ce moment à Barcelone pour régler, suivant les instructions de M. le commissaire général de la section française, certaines questions non encore résolues et prendre les dernières dispositions. Il fait savoir que les travaux s’achèvent activement, que le conseil général sous la haute inspiration de M. l’alcade constitutionnel Francesco de Ruis y Taulet, apporte la plus grande impulsion et que l’organisation placée sous la direction très compétente de M. Rouvière, délégué général, ingénieur des plus distingués, sera terminée à l’époque fixée. On sait que le commissaire royal nommé pour représenter S. M. la reine régente est l’éminent sénateur Girona. M. le colonel Lopez Fnbra est président du jury des récompenses.
- M. Ponsignon, consul général de France à Barcelone, commissaire général délégué, accorde l’appui le plus bienveillant et le plus actif à l’organisation d’une participation brillante delà France dans cette Exposition universelle. C’est pour cela
- qu’il a accepté de M. Massicault, ministre résident général de France à Tunis, la fonction de commissaire général de notre beau protectorat. La section tunisienne fera partie de l’exposition française avec les produits de toutes sortes, tissus et vins, meubles et bijoux, etc. Elle montrera les rapides effets de l’influence civilisatrice et régé. nératrice de la France.
- La colonie française de Barcelone, nombreuse et bien représentée, sera heureuse de retrouver pendant la durée de l’exposition un coin du pays natal et de nombreux compatriotes dans notre section nationale, où les centaines de drapeaux et d’oriflammes tricolores, qui flotteront au gré du vent méditerranéen de l’autre côté de Marseille, leur rappelleront la mère patrie. Le doyen de la colonie est M. Théodore Raynal, ancien préfet, homme des plus affables et des plus vénérés, et l’estimé M. Croos est président de la chambre de commerce et du cercle français.
- Les exposants français, artistes et industriels, vont donc se trouver tout à fait chez eux à Barcelone. Les fêtes nombreuses et brillantes se succéderont et les grandes facilités accordées par les compagnies de chemins de fer de France et d’Espagne feront de cette magnifique ville un centre merveilleux d'attraction. Le commissariat général français va pouvoir dès à présent remettre aux exposants les certificats, étiquettes et pièces nécessaires à Fexpédition des produits. Les pièces pourront être retirées au commissariat général (palais de l’Industrie, porte n° 1), où toutes les indications utiles seront fournies. M. le commissaire général rappelle que l’installation complète devra être terminée au plus tard du ierau 5 mai.
- L’inauguration officielle de l’exposition de Barcelone aura lieu le i5 mai prochain en présence de S. M. la reine régente d’Espagne, des ministres, des commissaires généraux des nations exposantes et des corps constitués.
- AVIS COMMERCIAUX
- SUISSE. — ITALIE. — PEROU.
- Le Moniteur officiel du Commerce du i5 mars publie :
- i° Une ordonnance du 17 janvier 1888 concernant la vente de l’alcool en Suisse;
- 20 Un décret du 29 février portant modifications au tarif des douanes d’Italie à l’égard des marchandises de provenance française ;
- 3° Un décret rendu parle Gouvernement péruvien, le 21 décembre dernier, relativement à l’amortissement et au change des billets fiscaux.
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- CHARLEROI
- INDUSTRIE DU PAPIER EN FRANCE ET SON IMPORTATION EN BELGIQUE
- M. le Ministre du Commerce et de l’Industrie a reçu de la Chambre de commerce française de Clîarleroi un rapport présenté par M. Wautier-I.ebucq, membre du Conseil de cette Compagnie, sur l’industrie du papier en France et sur son importation en Belgique.
- Ce document a été communiqué à la Chambre syndicale du papier et des industries qui le transforment, à Paris, et à la Chambre de commerce d’Angoulême. Il est à la disposition des fabricants et négociants français intéressés à en prendre connaissance, au Ministère du Commerce et de l’Industrie, 80, 1 ue de Varenne (Direction du Commerce extérieur. — Bureau des Renseignements commerciaux).
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- CONSTANTINOPLE
- COMPOSITION DU CONSEIL POUR l’eXERCICE IS88
- Ont été élus : MM. J. Thouz'ery, président ;
- E. Giraud, secrétaire; L. Lemoine, trésorier; H. Aubert, R. Briata, Ch. Dalmas, E. Dumas, C. Duval, S. Mille, E. Monnier, A.-N. Moussât,
- F. Oërti, membres du Conseil.
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- ESPAGNE. — ITALIE. — RUSSIE.
- Le Moniteur officiel du Commerce du 22 mars publie :
- i° Un projet de loi du 12 février portant modifications au tarif des douanes espagnoles en ce qui concerne les goudrons, pétroles, etc. ;
- 20 Deux ordres royaux des ier et 18 février, ouvrant les douanes de Monacor et de Grao de Castellon à certaines marchandises ;
- 5° Les documents, en date des 26 et 29 février, relatifs à la prorogation du traité de commerce entre l’Espagne et l’italie ;
- 40 Un décret du 29 février mettant en vigueur la nouvelle convention commerciale entre l’Italie et la Suisse ;
- 5° Un décret du 8 mars portant augmentation à l’importation des riz en Italie.
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- CONSTANTINOPLE ET ROSARIO
- COMPTE RENDU DES TRAVAUX PENDANT l’ANNEE 1887
- M. le Ministre du Commerce et de l’Industrie vient de recevoir les comptes rendus des travaux de ces compagnies pendant l’année dernière.
- Ces documents contiennent des renseignements susceptibles d’intéresser les industriels et les négociants français désireux d’étendre leurs relations ave les marchés turcs et ceux de la République Argentine. On peut en prendre connaissance, 80, rue de Varenne. (Direction du Commerce extérieur. —Bureau des renseignements commerciaux.)
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- POSSESSIONS ANGLAISES D’OCEANIE.
- NOUVELLE-ZELANDE
- ENVOI D’ÉCHANTILLONS
- M. le vice-consul de France à Wellington vient d’adresser deux échantillons de « phormium tenax» (chanvre de la Nouvelle-Zélande) avec une notice sur l’usage et les prix de vente de ce produit.
- Ces échantillons sont à la disposition des fabricants et négociants français intéressés à en prendre connaissance, au ministère du commerce et de l’industrie, 80, rue de Varenne. (Direction du commerce’ extérieur. — Bureau des renseignements commerciaux.)
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- ESPAGNE
- ACQUISITION DE SIX GRUES A VAPEUR POUR LE PORT DE SÉVILLE
- Le vice-consul de France à Séville annonce l’ouverture d’un concours pour l’acquisition de six grues à vapeur destinées au chargement et déchargement des marchandises dans le port de sa résidence.
- Le cahier des charges et conditions de ce concours (texte espagnol) est à la disposition des ingénieurs et constructeurs français au ministère du commerce et de l’industrie, 80, rue de Varenne. (Direction du commerce extérieur. — Bureau des renseignements commerciaux.)
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- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1889
- DIRECTION GÉNÉRALE DES TRAVAUX
- ADJUDICATION EN UN LOT
- des Travaux de Couverture, Plomberie et Zincage
- A exécuter en location pour le Palais des Machines dans le Champ-de-Mars
- 1. Le lundi 16 avril 1888, à une heure de l’après-midi, il sera procédé publiquement, dans une des salles du Conseil de Préfecture (Palais du Tribunal de Commerce), par le Préfet ou son délégué, assisté de deux membres du Conseil de Préfecture et du Directeur général- des Travaux ou de son délégué, à l’adjudication, au rabais, sur lés prix delà série et par soumissions cachetées, de l’entreprise, en un lot, des travaux de couverture, plomberie et zincage à exécuter en location, poulie Palais des Machines dans le Champ-de-Mars; lesquels travaux sont évalués à 178,986 fr. 46, somme à valoir pour imprévus comprise.
- Le cautionnement est fixé à 6,3oo francs.
- 2. Le devis, la série, le cahier des charges et les plans sont déposés à la Direction générale des Travaux, dans les bâtiments du Champ-de-Mars, à l’extrémité de l’avenue Rapp, où l’on pourra en prendre connaissance, tous les jours non fériés, de une heure à quatre heures.
- 3. Nul ne sera admis à concourir à l’adjudication s’il ne remplit les conditions imposées par le cahier des charges générales.
- Chacun des concurrents devra adresser à l’Agence des Travaux du Champ-de-Mars, au Directeur général des Travaux de l’Exposition, qui est chargé d’arrêter la liste des concurrents, dix jours au moins avant la date de l’adjudication :
- i° Une demande d’admission à l’adjudication
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- ioib. — Quatrième Année. — N° 170.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche ier Avril 18S8.
- sur papier timbré, faisant connaître ses noms, prénoms, domicile, lieu et date de naissance ;
- 20 Un extrait de son casier judiciaire ayant moins d’une année de date ;
- 3° Les pièces demandées par le cahier des charges générales, telles que certificats de capacité, etc.
- Le délai fixé ci-dessus pour le dépôt de ces pièces sera rigoureusement appliqué.
- Sur avis de l’Administration, ces pièces seront retirées par les entrepreneurs pour être jointes à leur soumission.
- 4. Chaque soumission, rédigée sur papier timbré, conformément au modèle ci-après, sera placée isolément sous un pli cacheté, et le paquet, portant le nom du soumissionnaire, sera renfermé, avec les pièces dont il a été parlé ci-dessus et avec le certificat de dépôt du cautionnement, sous une seconde enveloppe cachetée portant pour suscrip-tion : Exposition universelle de 188g. — Travaux de couverture, plomberie et pinçage à exécuter en location pour le Palais des Machines dans le Champ-de-Mars.
- Les soumissions qui nè seraient pas exactement conformes au modèle ci-après seront considérées comme nulles et non avenues.
- Les rabais seront énoncés en francs et décimes par cent francs {sans fraction de décime) et porteront sur les prix de la série. Les rabais portant fraction de décime seront comptés au décime plein inférieur à la fraction exprimée.
- 5. Le jour de l’adjudication, les paquets seront remis au bureau d’adjudication, dans la salle du Conseil de préfecture, au Tribunal de Commerce, depuis midi jusqu’à une heure. Les paquets recevront un numéro dans l’ordre de leur présentation.
- 6. A une heure, on remettra au bureau d’adjudication, et sous enveloppe cachetée, le minimum du rabais moyennant lequel l’adjudication pourra être prononcée ; ensuite on procèderaà l’ouverture des paquets.
- Le bureau d’adjudication, après vérification des pièces, arrêtera la liste des concurrents agréés.
- Immédiatement après, il sera procédé à l’ouverture des soumissions présentées par les concurrents admis.
- 7. Dans le cas où une seule soumission serait déposée, l’Administration se réserve le droit de ne pas prononcer l’adjudication.
- 8. Si aucun des rabais offerts dans les soumissions ouvertes n’atteint le minimum fixé, l’adjudication pourra être prononcée provisoirement ou ajournée, sur l’avis du bureau d’adjudication, qui en délibérera séance tenante.
- En aucun cas, le minimum fixé ne sera rendu public.
- 9. Dans le cas où le rabais le plus fort aurait été souscrit par plusieurs soumissionnaires, un nouveau concours sera ouvert, séance tenante, entre ces soumissionnaires seulement.
- Les rabais de la nouvelle adjudication ne pourront être inférieurs à ceux de la première.
- Si les soumissionnaires se refusaient à faire de nouvelles offres, ou si les rabais souscrits étaient encore égaux, l’adjudicataire serait désigné par la voie du sort.
- 10. L’adjudication n’est valable qu’après approbation par le Ministre du Commerce et de l’Industrie. -
- 11. Les frais de publicité, d’expédition et d’impression, ceux de timbre et d’enregistrement seront supportés par l’adjudicataire, qui devra en faire le dépôt dans un délai maximum de trois jours, à partir de la date de l’adjudication.
- 12. Toutes les conditions insérées dans la présente affiche sont obligatoires et déclarées annexées au cahier des charges.
- Fait à Paris, le 21 mars 1888.
- Le ministre du commerce et de l'industrie, commissaire général,
- Lucien Dautresme.
- MODÈLE DE SOUMISSION (sur papier timbré)
- Je soussigné, , demeurant à ,
- après avoir pris connaissance des clauses et con-
- ditions générales imposées aux entrepreneurs de l’Exposition universelle de 1889 en date du 25 août 1886, du cahier des charges spéciales aux travaux de couverture, en date du 11 mai 1887, ainsi que des dessins et des conditions particulières se rapportant directement à la couverture, à la plomberie et au zincage, pour le Palais des Machines, au Champ-de-Mars,
- M’engage à exécuter les travaux dont il s’agit, évalués à la somme de cent soixante-quatre mille trois cent cinquante-cinq francs soixante-huit centimes, moyennant un rabais de {en toutes lettres) . . par cent francs sur les prix de la série spéciale de l’entreprise dont il s’agit.
- Je me soumets, en outre, à supporter tous les droits d’affichage, de timbre et d’enregistrement à droit fixe ou autres auxquels la présente soumission pourra donner lieu, si elle est acceptée.
- Fait à Paris, le 1888.
- (Signature.)
- LES LIVRES
- CL
- Jules Adeline. — La Peinture à Veau. Aquarelle. Lavis. Gouache. Miniature. Ouvrage illustré de 145 figures dans le texte et de 5 planches en couleur. Paris, maison Quantin, Compagnie générale d’impression et d'édition.
- ^ Un écrivain d’art connu par ses travaux sur Hippolyte Bellangé et son œuvre, sur L.-H. Bré-vière et son œuvre, sur les sculptures grotesques et symboliques, sur Rouen au point de vue archéologique et pittoresque, et par son Lexique des termes d’art, M. Jules Adeline vient de publier un ouvrage sur la peinture à l’eau et ses procédés, livre à la fois historique, technique, critique, auquel nous reconnaissons tous les mérites qui assurent le succès. Ce livre, en effet, est d’une clarté limpide et transparente comme la couleur dont il enseigne l’usage, et il vulgarise avec beaucoup d’habileté, en s’aidant, pour l’esprit, d’explications topiques, et pour les yeux, de tableaux ingénieusement gradués, les procédés d’un art très à la mode, très en vogue aujourd’hui, pour lequel on peut même dire que le tempérament et le génie français ont une aptitude particulière.
- Il s’agit, en effet, de l’aquarelle, cet art à la portée de tout le monde, depuis le plus modeste amateur jusqu’au plus grand artiste, qui n’est pas obligé de courber ses effets sous le joug d’une inévitable monotonie, comme la photographie, mais qui permet de rendre une fleur dans toute sa fraîcheur, un paysage avec tous ses accidents, tous les jeux d’ombre et de lumière, le ciel et la mer sous tous les aspects de leur mobilité.
- Cet art de l’aquarelle, que les Anglais pratiquent avec une supériorité mécanique et une froide perfection, est un art français par excellence. Il satisfait les besoins de gaîté, de clarté, d’harmonie, de goût qui caractérisent l’âme française. Aussi, n’a-t-il pas tnrdé à l’emporter victorieusement dans la préférence des artistes et du public, sur un autre art éminemment français aussi, le pastel, art gracieux, mais d’une gamme d’exécution et d’expression bien moins riche, d’une fraîcheur fugitive, d’un éclat prompt à se faner et qui convenait surtout au temps où il compta tant de maîtres illustres, et en tête de tous, La Rosalba, La Tour et Peronneau et bien d’autres qui ont montré ce qu’on pouvait faire avec le pastel. Ils ont compté de nos jours des disciples dignes d’eux. Mais il semble que cet art léger et gracieux qui convenait si bien au xvme siècle, à son costume, à ses mœurs, à sa poudre, à ses dentelles, à son élégance frivole, soit dépaysé dans le nôtre et garde, malgré tous les efforts, quelque chose de rétrospectif, de démodé, de fané, de suranné, comme les taffetas rayés, les droguets à fleurs, les montres émaillées, les épinettes peintes sur vernis Martin, et les bergères en tapisserie à nymphes, ou à attributs d’hyménée, de nos bisaïeules.
- L’aquarelle, au contraire, est un art vivant, qui compte en France un grand nombre d’adeptes et quelques maîtres tout à fait supérieurs, réunis dans une association florissante, dont les expositions sont très suivies. Le livre de M. Adeline vient donc tout à fait à son heure. Il ajoute à tous ses mérites celui de l’à-propos. Il paraît au moment où vont recommencer les promenades dans les jardins et les prés et les bois reverdissants, refleurissants, à cette aube délicieuse de la saison printanière où la renaissance de la nature se pare des fleurs d’un blanc nuptial, de l’amandier, du cerisier, du prunier et de l’aubépine ; il paraît à la veille des séjours et des excursions dans la montagne ou au bord de la mer, en villégiature de santé, de repos, de distraction ! C’est à ce moment où la lumière et la couleur se disputent la parure des lieux et des choses, qu’il est agréable d’en fixer au vol dans un croquis rapide, coloré par les procédés de l’aquarelle ou de la gouache, c’est-à-dire de
- la couleur transparente sur fond blanc ou de la couleur opaque sur fond teinté, les jeux harmonieux, les fantaisies fugitives, les poésies variées. La miniature fournira aussi une gracieuse et agréable récréation aux doigts féminins, non moins habiles à manier le pinceau que l’aiguille. Mais c’est là une récréation des jours douteux, des jours où il est sage de ne pas quitter le logis. Mais les procédés de l’aquarelle, de la gouache et même du lavis comportent toutes les facilités, toutes les commodités, toutes les mobilités de l’exécution en plein air, de l’exécution d’après nature, sur le modèle vivant, ambiant, et qu’on poursuit à la course et qu’on guette à l’affût, chasseur d’effets pittoresques, pêcheur de motifs empruntés au paysage marin. Et cette chasse au crayon, cette pêche au pinceau ne sont pas moins fécondes que la chasse au fusil, que la pêche au filet. Et le gibier ne passe pas, le poisson ne passe pas. Le croquis reste et les pages les meilleures de notre album nous rappellent parfois, par une image toujours riante, dont les couleurs ne se fanent pas comme celles de la fleur, les meilleures pages de notre vie.
- On a contesté quelque temps à l’aquarelle sa puissance de moyens. On l’a comparée, dans ses efforts pour se hausser aux effets de la peinture sur toile, de la peinture à l’huile, à la grenouille voulant se faire aussi grosse que le bœuf. On l’a réduite longtemps à la condition des arts dits d’agrément, des métiers d’amateur, des arts auxiliaires de l’industrie. Tous ces mépris ne sont plus de mode. L’aquarelle a fait ses preuves. Elle vit, elle fleurit, elle prospère, elle atteint sous le pinceau des Détaillé, des Leloir, sous le pinceau de Meissonnier lui-même qui s’est épris de ses grâces et lui prête les forces de l’art le plus puissant, elle a atteint les effets et les prix de la peinture à l’huile. Elle a pris une place de plus en plus honorable dans nos expositions et nos musées. Elle est en train de faire sa révolution du Tiers-Etat en 1789. Qu’était-elle ? Rien ou presque rien. Que veut-elle être ? Quelque chose. Qu’est-elle ? Elle est plus que quelque chose ; elle est beaucoup. Elle, ne saurait être tout. Elle ne saurait, quoi qu’on dise, atteindre à tous les effets de la peinture à l’huile. Elle ne saurait rendre toutes les profondeurs du clair-obscur. Elle ne saurait se donner les vigueurs, les reliefs des empâtements savants. Elle est toujours d’une platitude et d’une maigreur inévitables. Mais quel charme ! quelle fraîcheur, quelle douceur, quelle finesse de tons, quel sourire de la couleur et aussi quelle intensité d’effets quand elle est maniée par un Meissonnier, un Leloir, un Détaillé, un J. Jacquemart, par un H. Baron, un Eugène Lami, un Henri Régnault, un H. Guiot, un F. Ehrmann, un Heilbuth, un Vibert, un Lambert, une Madeleine Lemaire et avant eux par un Isabey, un Granet, un Decamps, un Delacroix !
- C’est donc avec raison qu’un critique, M. Paul Desjardins, faisant en très bons termes le départ de ce que l’aquarelle ne peut pas et de ce qu’elle peut, a caractérisé sa physionomie à part, son individualité, son originalité' dans ces quelques lignes citées par M. J. Adeline. « L’aquarelle est un genre à part, qui a ses sujets préférés, ses moyens d’expression et son charme, j’entends l’aquarelle franche et sincère, sur un papier à gros grains, avec un pinceau hardi et point de retouches. Tout ce qui échappe par sa fluidité ou son inconstance aux efforts consciencieux de la palette et de l’huile est du domaine de cette fugitive aquarelle : transparence de l’eau, rayon oblique du soleil, silhouette mobile des nuages, vite il faut saisir cette nuance qui, déjà, s’évanouit, cet orangé du couchant, ce violet du crépuscule ; ce n’est qu’une note prise, un souvenir du regard; mais si c’est juste, aucun tableau n’en pourra faire oublier la fraîcheur. »
- Oui, de même qu’un sonnet sans défaut vaut seul un long poème, de même un simple croquis d’aquarelle, une simple ébauche de gouache, un simple lavis, un simple dessin rehaussé de sépia peuvent valoir mieux et plus que bien des tableaux, à visées plus ambitieuses et à renommée plus sonore. Le tout est de savoir s’y prendre. Et pour peu qu’on ait du génie ou simplement du talent, le livre de M. Adeline est le meilleur des guides. Il n’apprendra pas à l’apprenti-aquarelliste ce qui ne s’apprend pas, mais il lui apprendra tout ce qui s’apprend.
- M. de Lescure.
- Le Gérant, GARREAU.
- Tours. — lmp. E. ARRAULT et Cie, rue de la Préfecture,
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- Le Moniteur
- DE
- L'EXPOSITION DE
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
- QUATRIEME ANNEE.
- Dimanche 8 Avril 1888.
- SOMMAIRE :
- i. Les Travaux du Champ-de-Mars ; 2. Avis; 3. Nominations des membres des comités d’installations ; 4. Les Gobelins à l’Exposition de 1889 ; S. Les Sociétés ae secours mutuels à l'Exposition de 1889; 6. La Tour Eiffel; 7. Œuvre utile;
- 8. Voyage au centre de la Terre à l'Exposition de 1889;
- 9. La participation étrangère à l’Exposition de 1889; xo. Echos; 11. Exposition universelle de Barcelone ; 12. Ecole des Beaux-Arts ; i3. Les Livres,
- EXPOSITION UNIVERSELLE
- DE 1889
- LES TRAVAUX DU CHAMP-DE-MARS
- En écrivant, dans notre dernière chronique, que la tour ne reprendrait pas son mouvement ascensionnel avant quelques jours, nous éprouvions une certaine hésitation à fixer un délai aussi court et nous étions sur le point d’écrire quelques semaines, nous avons fort bien fait d’employer le première formule, car la seconde aurait reçu un démenti éclatant.
- On peut voir actuellement, au-dessus des deux grosses poutres horizontales, s’élever obli-uement, aux quatre angles de la plate-forme u premier étage, les principales pièces du premier des panneaux dont le juxtaposition doit constituter les arbalétriers du 2e étage ; le tour s’est donc accru d’une dizaine de mètres et une semaine a suffi pour le faire passer de la cote 60 à la cote 70 environ (le niveau du Champ-de-Mars étant pris comme point zéro).
- Ce résultat est réellement stupéfiant et, n’étaient les travaux accessoires tels que, pose des planchers, garnissage, ornementation, qui ne se feront qu’avec une certaine lenteur, on pourrait annoncer l’achèvement de la tour pour une date très prochaine ; en tous cas, à moins d’événements improblables, M. Eiffel aura certainement achevé son œuvre bien avant l’ouverture de l’Exposition.
- Quelques personnes émettant des doutes sur la solidité du gigantesque monument et n’ayant qu’une médiocre confiance dans la sécurité dont jouiront les excursionnistes pendant leur ascension vers le pays des oiseaux ou lors de leur retour vers celui des ruminants, l’édification complète de la tour avant l’époque où il sera permis d’y monter, ou plutôt de s’y faire monter, aura un excellent résultat : on s’habituera à la voir debout, bien droite, bien solide, et rendant intacts les quelques privilégiés qui pourront la gravir avant l’heure solennelle. Cette habitude détruira ou du moins atténuera considérablement les craintes chimériques que la nouveauté et l’inattendu d’une pareille construction pourraient avoir fait naître dans certains esprits que les innovations effrayent.
- La rapidité avec laquelle l’exhaussement de la tour semble vouloir se continuer tient surtout a ce que les ouvriers ont maintenant une excellente base d’opération, la plate-forme du premier étage constituant de vastes chantiers ; elle tient aussi un peu à la diminution notable des dimensions des pièces employées, leur maniement en est rendu plus facile ; enfin, les ouvriers s étant très vite accoutumés à se mouvoir à des niveaux ordinairement peu fréquentés, se sentent tout à fait chez eux sur ces chantiers aériens,
- 1 entreprise à laquelle ils collaborent les intéresse et, dans ces conditions, travaillent avec une grande ardeur, voyant avec une véritable satisfaction d’amour-propre les accroissements ' rapides du produit de leurs efforts.
- Quant à la perte de temps, prédite par certaines gens, résultant de la grande hauteur à laquelle il faut élever les matériaux, nous croyons nous souvenir d’avoir déjà donné quel-ues explications à cet égard : la mise en place es pièces étant une opération plus longue que leur montage et ce dernier, une fois en train, ne s’interrompant pas, les chantiers, quelle que soit leur élévation, seront toujours suffisamment approvisionnés de fer pour satisfaire aux exigences des ouvriers ajusteurs. Aucun retard n’est donc à redouter parce que les ateliers seront aériens au lieu d’être au niveau du sol.
- Sans sortir du chantier de la tour, dans lequel elle est enclavée, on peut voir une espèce de petite cabane en planches dont la modeste apparence n’est pas faite pour laisser soupçonner la véritable merveille qu’elle abrite sous son toit: nous voulons parler du modèle, en réduction, des écluses queM. Eiffel est chargé de construire pour le canal de Panama afin d’ouvrir provisoirement, dans un délai de deux ans, le passage d’un océan à l’autre et se permettre d’attendre tranquillement l’achèvement régulier du canal véritable.
- Bien que cette question sorte un peu de notre cadre habituel, nous croyons pouvoir en causer en passant invoquant pour cela le prétexte que les modèles exposés se trouvent dans l’enceinte de la future exposition, notre champ ordinaire d’exploration. Au reste, ce sont encore ici des travaux dont il s’agit et nous pensons que bien des personnes’ nous sauront gré de donner des détails sur cette entreprise qui a pour but de faciliter l’accomplissement d’une œuvre intéressant presque tout le monde et des plus glorieuses pour la France.
- Comme renseignements généraux, disons tout de suite que ce modèle, construit sur le type de ceux qu’on admire au conservatoire des Arts et Métiers, est à l’échelle de om02 pour les hauteurs et les largeurs et à l’échelle de omoo5 pour les longueurs. Le public peut visiter ces petites écluses tous les jours, de une heure à trois heures, et assister aux conférences, agrémentées d’expériences, qui sont faites soit par M. Eiffel lui-même, soit par quelqu’un de ses Collaborateurs.
- Habituellement les portes fermant les écluses sont à deux vantaux tournant autour d’un axe vertical, ce système, dont la manœuvre est déjà très pénible lorsque les portes atteignent les dimensions de 10 à i5m, eût été absolument impraticable dans le cas actuel, les portes ayant jusqu’à i8m de largeur sur 2im de hauteur. On conçoit quel peut être le poids d’une pareille masse et la pression que peut exercer l’eau sur cette surface.
- Donc au lieu d’employer, pour fermer ses écluses, des portes dont les vantaux viennent se coller contre les bajoyers, M. Eiffel utilise une sorte de grand rideau métallique qui, glissant perpendiculairement à l’axe du canal, vient se loger dans une coupure pratiquée dans le terrain de la rive.
- Ce rideau au lieu de reposer sur des roulettes placées à la partie inférieure est suspendu par des galets roulant sur des rails fixés à l’intérieur d’une passerelle en treillis qui franchit toute la largeur du canal et peut, lorsque la porte est rentrée dans sa chambre de remisage, tourner sur un pivot, à la manière des ponts mobiles, pour venir se ranger parallèlement au bief et laisser le passage libre aux navires.
- Pour résister à l’effort considérable exercé par la poussée de l’eau et être mue facilement, la
- porte- devait être à la fois très solide et relativement légère. On est arrivé à obtenir ce double résultat en constituant la dite porte par une série de caissons vides qui lui donnent une grande rigidité et rendent sa manœuvre aussi aisée que possible; car pouvant à volonté être remplis d’eau ou être débarrassés, ils permettent de modifier le poids du rideau obturateur et de lui donner une densité à peine supérieure à celle de l’eau ; dans ces conditions il flotte presque et le plus léger effort suffit à le faire rouler ; ce mouvement de translation est obtenu au moyen d’une manivelle commandant une chaîne sans fin. Pour rendre complètement étanche la chambre de l’écluse, on placera des pièces de bois sur le seuil et les bajoyers ; la porte peut alors, au moyen d’une vis supérieure lui imprimant un mouvement suivant l’axe du canal, venir s’appuyer hermétiquement contre ces corps morts qu’on remplace aisément lorsqu’ils s’usent.
- Enfin, pour permettre la visite et les réparations de l’intérieur du seuil de l’écluse et du rideau métallique mobile, on a réservé dans ce dernier des chambres spacieuses dans lesquelles il est possible de comprimer de l’air afin que les ouvriers travaillent à pied sec.
- Un mot maintenant sur le système employé pour arriver à remplir rapidement la capacité comprise entre deux portes. Ordinairement on obtient ce résultat en ouvrant des vannes pratiquées dans les vantaux ; ici ce moyen n’était pas applicable, car il eût été trop lent et eût occasionné des remous considérables absolument fâcheux ; on a substitué aux vannes deux gros aqueducs courant latéralement sous les bajoyers et percés de distance en distance d’ouvertures qui laissent arriver l’eau à la fois sur tous les points et parle fond, on gagne donc du temps et on supprime les inconvénients. A chaque extrémité, ces aqueducs sont garnis d’énormes robinets commandés par des vis à écrou n’exigeant qu’une force très restreinte, on peut donc opérer le syphonnage avec la plus grande facilité.
- Ces écluses au nombre de 10 et comprenant par conséquent 20 portes analogues à celle que nous venons de décrire, seront alimentées par les eaux de petites rivières circulant dans le massif montagneux à une cote supérieure à celle du canal; au cas oû ces petits cours d’eau seraient parfois insuffisants on y suppléerait par l’eau provenant de rivières situées plus bas et près desquelles seront installées des machines levatoires se déversant dans le bief supérieur à la cote 49 (relativement au niveau des océans pris comme point de départ). Partant donc d’un des côtés de l’isthme à la cote zéro, les navires s’élèveront graduellement, d’écluse en écluse, jusqu’à 4gm au-dessus du niveau des mers et, redescendant par le même procédé, se retrouveront de l’autre côté ayant ainsi opéré ce passage considéré comme chimérique pendant si longtemps.
- Donnons pour terminer quelques chiffres faisant bien ressortir l’importance des travaux entrepris par l’audacieux auteur de la tour, et qui ne mettront pas en œuvre moins de i5,ooo tonnes de fer et 20,000 tonnes de fonte, tous matériaux de provenance exclusivement française.
- Longueur totale d’une écluse. . . . 240“
- Longueur réellement utilisable. . . 197™
- Largeur ae l’écluse.............. 18 m
- Hauteur de la chute.............. iim
- Hauteur de la porte d’aval. .... 21 m
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- ioi8. — Quatrième Année.’
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE iu^.
- Dimanche 8 Avril 1888.
- — N° 171.
- Hauteur de la porte d’amont. . v .' 10m
- Volume d’eau d’une éclusée .... 40.000ra3 Diamètre des deux aqueducs . . ... 2m8o Diamètre de leurs orifices d’évacuation ............................. °m4°
- Durée d’une vidange............... i5 min.
- Durée totale de l’éclusage........1 heure.
- Poids approximatif d’une porte . . 8oo.oook
- Ainsi que nous le faisions pressentir la semaine dernière, on a commencé ces jours-ci le montage du palais des Beaux-Arts ; les deux piédroits de la deuxième ferme sont en place et comme c’est la mise en train qui demande le plus de temps, il est à présumer que le travail éta-nt maintenant entamé, rien ne s’opposera à ce qu’il soit poussé avec une grande activité.
- On a dû débuter par la deuxième ferme car la première, ou ferme de tête, n’est pas encore arrivée ; il serait à souhaiter qu’elle ne tardât guère car son montage nécessiterait celui de nouveaux échafaudages une fois que ceux actuellement utilisés se seront éloignés pour élever d’autres fermes courantes.
- Dans ces mêmes chantiers du palais des arts, on continue à dresser les charpentes destinées aux dômes, mais elles ne peuvent s’élever qu’avec une certaine lenteur étant donnée l’importance du travail en vue duquel elles sont construites.
- Au milieu du palais des industries diverses on a repris les travaux de fondations du grand dôme central ; les maçons avaient été arrêtés longtemps par le mauvais temps, mais ils reprennent leur ouvrage avec une nouvelle ardeur et l’achèvement des assises souterraines du dôme ne tardera pas,à moins toutefois qu’on ne soit obligé, comme il est malheureusement à craindre, de battre des pieux dans la troisième pile dont le terrain semble être particulièrement mauvais; si cette éventualité se produisait, le battage d’une centaine de pieux, nombre estimé nécessaire, retarderait forcément, d’une manière notable, l’entreprise générale.
- Comme dernière nouvelle nous signalerons l’arrêté du 1e1' avril qui interdit au public de circuler sur la rue transversale coupant en deux le Champ-de-Mars. Jusqu’à nouvel ordre cette voie est remplacée, pour les piétons seulement, par un chemin de 3 m. de largeur allant, à travers l’Exposition, de l’avenue Rapp à la rue Desaix ; ce chemin ne sera ouvert que le jour.
- Il est évident que cette nouvelle intéresse, désagréablement peut-être mais enfin intéresse, tout le monde et particulièrement ceux qui faisaient passer leurs véhicules par la rue condamnée. On a attendu aussi longtemps que possible avant cle prendre cette mesure un peu gênante pour le public, mais les nécessités du service l’exigeant, on a dû s’y résigner ;les personnes qui auront à souffrir de cette modification apportée au régime de la circulation se consoleront en songeant que ce sacrifice est fait en faveur de l’Exposition que tous souhaitent grande et belle et pour laquelle on peut bien supporter quelques petits ennuis.
- H. DE BaECKER.
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- AVIS
- La direction générale de l’exploitation de l’Exposition nous communique la note suivante :
- Certaines agences de représentation d’exposants et d’entreprise de travaux d’exposition continuent à envoyer des circulaires par lesquelles elles se prétendent reconnues officiellement par l’administration.
- L’une d’elles va jusqu’à imprimer dans ses prospectus qu’un décret a été rendu en sa faveur. Cela est faux. L’administration de l’exposition de 1889 a toujours laissé les exposants absolument libres du choix de leurs représentants et de leurs entrepreneurs. Elle ne favorisera personne et s’honorera toujours de maintenir la liberté du travail etde la concurrence par tous les moyens à sa disposition.
- NOMINATIONS
- de Membres des Comités d’installation des Classes et Groupes à l’Exposition de 188g (Suite.)
- Classe 3y
- Joaillerie et bijouterie
- M. Boucheron (F.), joaillier, membre des comités d’installation à l’Exposition de Paris en 1878.
- 'MM. Soufflot fPaul-Justih), bijoutier-joaillier, juge suppléant au tribunal de commerce.
- Murat, bijoutier en doublé, membre des comités d’admission et d’installation à l’exposition de Paris en 1878.
- Mascuraud (A.), fabricant de bijouterie, trésorier du syndicat général du congrès des chambres syndicales de France.
- Classe 38
- A rmes portatives. — Chasse
- MM. Debertrand, de la maison Lochet et Deber-trand, fabricant de colliers et articles de chasse.
- Gastinne-Renette, arquebusier, président de la chambre syndicale de l’industrie et du commerce des armes, munitions et articles de chasse, membre des comités d’installation à l’Exposition de Paris en 1878.
- Maurouard, inspecteur général des poudres et salpêtres.
- Riéger (Henri), arquebusier.
- Classe 39
- Objets de voyage et de campement
- MM. Guilloux (E.), fabricant de tentes et objets de campement.
- Chenue, emballeur de meubles et objets d’art, attaché aux musées nationaux.
- Classe 40 Bimbeloterie
- MM. Jullien, fabricant de tabletterie et jeux en cartonnage, président de la chambre syndicale de la bimbeloterie.
- * Sevette, fabricant de tambours et jouets habillés.
- Chapel, fabricant de jouets en caoutchouc, secrétaire de la chambre syndicale du caoutchouc.
- Duhotoy, fabricant de jouets roulants et mécanique, secrétaire de la chambre syndicale des fabricants de jouets.
- Classe 41
- Produits de Vexploitation des mines et de la métallurgie
- MM. Arbel (Lucien), maître de forges à Rive-de-Gier, membre des comités d’installation à l’Exposition de Paris en 1878.
- Boas, fabricant d’ustensiles de ménage et de jardinage, vice-président de la chambre syndicale des ferblantiers-lampistes.
- Laveissière (Emile), négociant en métaux, membre de la commission permanente des valeurs de douane.
- Mignon, ingénieur civil, membre de la chambre de commerce, membre de la commission permanente des valeurs de douane, membre des . comités d’admission, d’installation et du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878
- Classe 42
- Produits des exploitations et des industries forestières
- MM. Gallien-Valéry, tanneur, membre des comités d’installation à l’Exposition de Paris en 1878.
- Vigués (G.), fils, marchand de bois des îles, président de la chambre syndicale des bois d’ébénisterie.
- Classe 40
- Produits de la chasse. — Produits, engins et instruments de la pêche et des cueillettes
- MM. Moriceau (G.), fabricant d’ustensiles pour la pêche et la chasse.
- Chapal (Léonard), négociant en pelleteries.
- Falco (A.), négociant en pierres fines, vice-président de la chambre syndicale des négociant en diamants, juge suppléant au tribunal de commerce.
- Révillon (Théodore), négociant en fourrures, membre des comités d’admission et d’installation à l’Exposition de Paris en 1878.
- Classe 44
- Produits agricoles non alimentaires
- M. Tellier, président de la société des agriculteurs du Nord.
- Classe 45
- Produits chimiques et pharmaceutiques
- MM. Adrian, fabricants de produits chimiques et pharmaceutiques.
- Bonnard (de), de la maison Coigniet et Ge, ingénieur civil.
- Jourdin, chimiste, inspecteur des établissements insalubres.
- Lorilleux (Charles), fabricant d’encres d’imprimerie et de couleurs.
- Classe 46
- Procédés chimiques de blanchiment, de teinture, d’impression et d'apprêt
- MM. David, de la maison David et Ce, teinturier et apprêteur.
- Chappat (Ferdinand), teinturier sur étoffes.
- Classe 47 Cuirs et peaux
- MM. Clavé-Bertrand, tanneur, membre du 'jury des récompenses aux expositions d’Amsterdam en 1883 et d’Anvers en x885.
- Floquet père, fabricant de peaux teintes et maroquinées.
- Denant, marchand de cuirs.
- Combe (A.), fabricant de peaux de chevreau.
- (A suivre)
- LES G0BEL1NS
- A L’EXPOSITION DE 1889
- Par une coïncidence des plus heureuses, toute une série de tapisseries commencées, il y a sept ou huit ans, à la manufacture des Gobelins, pour servir à l’ornementation de différents monuments publics, sera précisément terminée pour l’Exposition de 1889.
- Parmi ces nombreuses pièces, nous citerons, comme devant attirer particulièrement l’attention :
- Les Lettres, les Sciences et les Arts (Ehrmann) ; tô dans l’antiquité; 20 dans le moyen âge; 3° dans la renaissance ; ces panneaux, au nombre de trois, résultent d’un concours qui eut lieu en 1880 entre les artistes français.
- L’un de ces panneaux ne mesure pas moins de trente-six mètres carrés : la Filleule des Fées (Ma-zerolle).
- Ces panneaux et quatre autres pièces isolées sont destinés à l’ornementation de la Bibliothèque nationale.
- Pour le palais de l’Elysée : le Salon d’Apollon (Galland), une vingtaine de pièces, dessus déporté, panneaux, pilastres.
- Pour l’escalier d’honneur du Sénat : huit verdures des Gobelins, quatre fleurs de Beauvais, de nombreuses tentures d’après Chardin; Jules Lefebvre, etc.), et quelques pièces en Savonnerie, sous forme de panneaux et de pilastres.
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- LES SOCIÉTÉS DE SECOURS MUTUELS
- A L’EXPOSITION DE 1889
- Le comité d’admission de la section V (Sociétés de secours mutuels) de l’Exposition d’économie sociale fait un appel pressant aux sociétés de secours mutuels, aux fédérations et aux syndicats mutualistes qui se trouvent dans les conditions désirables pour prendre part à l’Exposition.
- Le but poursuivi est de mettre en lumière les types les plus remarquables de la mutualité, taiijt parmi les sociétés professionnelles que parmi les sociétés locales, tant parmi les sociétés approuvées ou déclarées d’utilité publique que parmi les sociétés autorisées ou même en dehors des cadres ordinaires.
- Il s’agit de présenter les monographies des sociétés qui sont le plus dignes d’être étudiées, soit à cause de leur ancienneté, de leur importance et de leur prospérité, soit à cause de leurs progrès rapides quelque modestes que soient leurs débuts, soit en raison des extensions et innovations introduites par elles dans le fonctionnement de la mutualité : admission des femmes et des enfants, combinaison de co-assurance pour les maladies prolongées, soins de convalescence, secours en cas de chômage, secours pour la vieillesse, secours en cas de décès, assurances diverses, rapports avec d’autres institutions de mutualité, d’épargne, de prévoyance ou de coopération, etc.
- La participation des sociétés à l’Exposition d’économie sociale n’entraînera pour elle aucune contribution dans les frais de l’Exposition. Des récompenses doivent être décernées aux exposants les plus méritants.
- Les sociétés et les fédérations de sociétés de secours mutuels désirant figurer à l’Exposition d’économie sociale sont priées d’envoyer dès à présent leurs notices, statuts, règlements, comptes-rendus, rapports statistiques, etc , à M. Paul Buc-quet, président du comité de la section V, à Paris, 69, avenue d’Antin, qui fournira, s’il y a lieu, tous les documents et renseignements nécessaires.
- LA TOUR EIFFEL
- Il Y a quelques (ours, a eu lieu, au Champ-de-Mars, une réunion de la Commission de contrôle des travaux de la Tour Eiffel, à laquelle assistaient MM. Alphand, Philipps, Becquerel, Contamin, Molinos, l’amiral Mouchez, Mascart, etc. Après la
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- Quatrième Année. — N° 171.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 8 Avril 1888.
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- lecture du rapport dressé par le directeur général des travaux, relatant la marche des opérations qui ont amené la Tour à la hauteur du premier étage, et dont les conclusions sont tout à l’éloge de M. Eiffel, la Commission a décidé de lui verser le premier acompte sur l’allocation de quinze cent mille francs fournie par l'Etat.
- Les ascenseurs de différents systèmes que M. Eiffel propose d’installer pour le service d’exploitation ont fait l’objet d’un examen spécial, et une sous-commission, composée de MM. Colignon, inspecteur et professeur à l’Ecole des ponts et chaussées; Vigreux, ingénieur en chef du service électrique et mécanique de l’Exposition; Philipps, Mascart, Becquerel, membres de l’Institut, a été chargée de rédiger, dans un très bref délai, un rapport sur ces appareils.
- ün ne s’est séparé qu’après avoir fait l’ascension de la Tour et une visite au premier étage. C’est déjà un magnifique panorama.
- ŒUVRE UTILE
- Une lettre vient d’être adressée au ministre du commerce pour mettre à sa disposition une somme de 100,000 francs, destinée à l’œuvre qui, dans quelque genre que ce soit, sera reconnue par un jury spécial comme la plus intéressante, au point de vue de l’humanité, parmi celles qui figureront à l’Exposition universelle de 1889.
- Cette somme serait divisée en deux parts :
- i° 5o,ooo fr. à l’exposant titulaire de l’œuvre j récompensée ;
- 2°5o,ooofr. aux collaborateurs et ouvriers qui auront concouru à la préparation comme à l’exécution de ladite œuvre.
- ----------—- iiîf ---------------
- VOYAGE AD CENTRE DE LA TERRE
- Cette exhibition, qu’il faut voir, se prolongera jusqu’au dimanche 22 courant.
- Au palais de l’industrie, le jury de peinture a •terrniné l’examen des ouvrages de peinture et dessin,_ destinés au prochain Salon. Son travail de révision définitive a dû porter sur un ensemble de 2,548 envois, retenus pour cette opération finale.
- Continuons à signaler aux visiteurs futurs les numéros suivants :
- M. Loustaunau : Lancemrnt de pont par des soldats du Génie au polygone de Versailles.
- M. Alph. Monchablon : portrait du vice-amiral, baron Roussin.
- M. Léopold Bemstamm : le buste d’Albert Wolff.
- JVI. Trentacoste : buste en marbre de M Lulou.
- M._ E. Lavieille : le Repas de la Terre et l'Eglise du Village.
- Mlle de Merbitz : portrait de la princesse Jeanne Bonaparte, marquise de Villeneuve.
- M. S. Arcos : le Trouoère du Douar.
- M. A. Gravillon : buste en marbre de M. Le Roger, l’honorable président du Sénat.
- M. Auguste Caïn : Lion terrassant un Crocodile., groupe.
- M. Brispot : le Départ pour la Mairie.
- M. Gabriel Terrier : portrait de Jules Claretie.
- M. G. Lemaire : portraits d’Ernest Renan, Camille Doucet, Désiré Nisard.
- M. Faverot : portrait du clown Mêdrano.
- M. Cabanel ; deux portraits, Mme Van Loon et Mlle Leiler.
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- Hier; au soir, à la galerie Georges Petit, rue de Sèze, inauguration de la quatrième exposition de la Société des pastellistes français.
- Beaucoup d’envois, et de très beaux. Grand succès en perspective.
- A L’EXPOSITION DE 1889
- Une concession vient d’être accordée à une originale installation souterraine qui s’intitulera : « Voyage au centre de la terre », et qui utilisera une partie du jardin du Trocadéro. Il s’agit de donner au public le spectacle des principales curiosités du sous-sol. Pour cela, au moyen d’une sorte d’ascenseur, on transportera les visiteurs à quelques mètres de profondeur ; puis, tandis qu’au moyen d’un mécanisme ingénieux une trépidation sera communiquée à la cage de l’ascenseur et entretiendra leur esprit dans une complète illusion de la descente, on fera passer sous leurs yeux de grands tableaux où seront peints :
- i° Une portion des égouts de Paris, dont la visite présente un si grand intérêt ; une galerie des catacombes ; une excavation des anciennes carrières de pierres, presque toutes occupées aux environs de Paris par la culture des champignons ;
- 20 Les différentes couches sédimentaires dont la stratification apprend l’histoire géologique du globe terrestre, et qui seraient représentées avec des spécimens naturels ou artificiels dont l’ensemble formera un intéressant musée paléonto-iogique ;
- 3° Enfin, des galeries de mines de charbon et de fer, des filons métalliques, des carrières de sel gemme, ou de tous autres produits souterrains, en pleine activité d’exploitation.
- Les organisateurs de cette exhibition espèrent qu’elle restera après l’Exposition de 1889 et constituera un intéressant musée industriel et géologique.
- LA PARTICIPATION ÉTRANGÈRE
- A L’EXPOSITION DE 1889
- Autriche
- Une dépêche de Prague annonce que la feuille tchèque Iblas Naroda a commencé une campagne en faveur d’une large participation de la nation bohème à l’Exposition universelle de Paris.
- Ce journal dit que les Tchèques, prouveront qu’ils n’ont aucune concurrence à craindre.
- Le comité de participation est déjà constitué et tient de fréquentes conférences. Il faut espérer qu’une section spéciale sera attribuée au Champ-de-Mars à la nation tchèque.
- ÉCHOS
- Paris
- Au cercle artistique et littéraire de la rue Vol-uey, s’e.st ouverte dimanche dernier, 1er avril, une exposition d’œuvres nouvelles de Wassily We-reshagin, le peintre russe bien connu.
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- Toujours brillant, toujours aussi couru, le concours hippique annuel, qui, ouvert au palais de l’industrie le samedi 31 mars, clôturera le 16 avril par une grande fête militaire.
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- La charmante exposition des. œuvres de Willette, au 34 de la rue de Provence, fermera irrévocablement vendredi prochain, 13 avril.
- Avis aux retardataires.
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- t La souscription au monument d’Alphonse de Neuville se poursuit très satisfaisante.
- M. le Président de la République, le général Logerot, un grand nombrê de notabilités militaires, ont fait parvenir des offrandes au comité.
- Des souscriptions pourront être ouvertes dans l’armée avec l’autorisation du ministre de la guerre.
- Le trésorier du comité est M. Audbourg, 10, place de la Bourse.
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- ETRANGER
- Allemagne
- On mande de Munich que les travaux préparatoires de l’Exposition annoncée de machines et moteurs pour la petite industrie progressent très activement.
- On sait que cette exhibition commencera le 1er août prochain, pour prendre fin le 15 octobre suivant.
- .Les récompenses seront décernées par le ministère d’Etat pour l’intérieur, et sous sa direction. Les délais d’adhésion ont été prolongés jusqu’au 15 courant. Le nombre des demandes enregistrées jusqu’ici est considérable; aussi de nouvelles galeries ont-elles dû être créées.
- L’exposition sera très intéressante et très complète, notamment pour les moteurs à gaz et les nouveautés industrielles.
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- L’Association des fabricants de papier de l’Allemagne Centrale, section régionale avec siège à Leipzig, de l’Association générale pour l’Allemagne, organise à Leipzig, à l’occasion de la grande foire pascale annuelle, une exposition générale de l’industrie du papier, d’articles de bureau, de librairie, etc.
- Cette exhibition se fera dimanche prochain 15 avril, et le lendemain lundi 16, dans les salles du 1er étage de l’Eldorado, Pfaffendorfstrasse.
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- La dix-neuvième exposition générale d’aviculture de l’Union des aviculteurs de Leipzig, réunie à la sixième exposition de la fédération des Sociétés d’aviculture du Royaume de Saxe, a été inaugurée le 24 mars dernier pour clôturer trois jours plus tard, après un très brillant succès.
- Pour donner une idée de l’importance des exhibitions, disons que la section des gallinacés réu-
- nissait 450 numéros, et celles des pigeons plus de 800. v
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- Une exposition de semences et de machines pour le traitement industriel des céréales a été inaugurée à Dortmund, le 20 mars dernier. ; *
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- L’inauguration de l’Exposition nationale d’art industriel qui devait être célébrée à Munich le 15 mai, est remise au vendredi 1er juin.
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- Les artistes de New-York, qui avaient été invités à prendre part à l’Exposition internationale artistique de Munich, et auprès desquels avait été députés pour les négociations nécessaires, A. Robert Kœhler, n’ont pas jugé qu’il fût opportun de faire une exposition collective et corpora-r tive des artistes américains.
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- L’art allemand formera un groupe assez important de la section allemande à l’exposition internationale de Melbourne. Une sélection de 306 œuvres choisies a été faite par les jurysj locaux dans les différents centres artistiques île Dresde, Düsseldorf, Munich, Berlin, Karlsulie, Weimar, etc.
- Le chiffre total des envois effectués par voie de Brême, comporte 232 ouvrages pour la peinture, 35 pour la sculpture, 39 pour la photographie, des aquarelles et dessins. Parmi les exposants : Anton von Werner Begas, A. Achenbach, C. von Piloty, Ludwig, etc.
- La décoration de la section à Melbourne sera exécutée d’après les projets de l’architecte ITof-facker et sous la direction de l’architecte du gouvernement Jaffé, assisté du peintre, Schmaus, délégué de l’Association allemande des artistes.
- Cette'société a reçu cette année, pour la première fois, en faveur de cette exhibition, la subvention annuelle d’encouragement, crédit officiel de 20,000 marks.
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- Angleterre
- * . Toujours et encore à Londres, série d’expositions artistiques.
- A Egyptian Hall, Picadilly, trente-troisième exposition annuelle de la Society of Lady Artists, inaugurée le 26 mars, et très heureusement réussie.
- A la galerie Goupil, chez M. Boussod-Valadon, 116 et 117, News-Bond-Street, M. J. Haynes Williams présente une très belle série d’études du château de Fontainebleau, « la vraie demeure des Rois ».
- Enfin, autre exposition de peinture chez M. Thomas M’Lean, 7, Haymarket.
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- L’exposition florale printanière a eu lieu au Crystal-Palace le 24 mars, au milieu d’une grande affluence dé visiteurs.
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- Autriche-Hongrie
- On dit beaucoup de bien de l’exposition d’hygiène et d’éducation de l’enfance, ouverte à Vienne le 24 mars, dans les galeries de la Société d’horticulture.
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- L’explorateur africain, Dr Emil Holub, se propose d’organiser à Vienne une grande exposition sud-africaine, dont l'inauguration se ferait l’année prochaine en mai, à la Rotonde du Prater.
- Quelques difficultés d’ordre financier s’opposent encore à la réalisation de l’entreprise, mais on espère qu’elles pourront être levées et que dès lors rien n’entravera l’exécution d’un projet intéressant.
- ^ L’exhibition serait organisée sur le modèle de l’exposition coloniale de Londres et comme ell« offrirait un tableau fidèle de l’Afrique du Sud, de l’industrie des noirs, de leurs habitations, de la vie des Boers, et réunirait, en outre, avec les articles d’exportation sud-africaine, les précieuses collections rapportées de ses explorations par le Dr Holub.
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- Alsace-Lorraine
- La société des Amis des Arts de Strasbourg annonce que son exposition ouvrira le dimanche 6 mai prochain pour clôturer le dimanche 10 juin.
- Toutes communications doivent être adressées au conservateur de la société, M. Ad. Seyboth, 32, boulevard de Saverne, à Strasbourg.
- M. Pottier, 14, rue Gaillon, est chargé à Paris de la centralisation des envois, du 10 au 20 avril.
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- Belgique
- . Nos lecteui’s savent qu’une exposition internationale d'fiygiène et de sauvetage se prépare à Ostende, que l’inauguration s’en fera le 3 juin, la clôture dans le courant de septembre.
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- 1020. — Quatrième Année. — N° 171.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 8 Avril 1888.
- L’administration municipale d’Ostende offre une médaille d’or, d’une valeur de 500 francs, qui sera décernée à l’exposition la plus intéressante pour l’hygiène de l’enfance.
- Aux différentes sections d’hygiène seront annexées des sections spéciales pour les beaux-arts et les arts industriels.
- Toutes communications sont reçues par le secrétaire du Comité d’organisation, M. L. de Yriese, 3, rue des Régnesses, à Gand.
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- Espagne
- Les travaux d’installation sont en pleine activité à Barcelone, au palais de l’Exposition universelle. On dit que vu le nombre sans cesse croissant d’adhésions qui ne cessent d’affluer, vu les importants travaux d’agrandissement nécessités par cet empressement général et les demandes nouvelles que Ton attend, la cérémonie d’inauguration serait remise au 15 mai.
- Il est impossible, faute d’espace, de donner satisfaction à tous les exposants pour ce qui concerne la galerie des machines.
- La bénédiction solennelle des travaux a été faite il y a quelques jours par l’archevêque de Barcelone en présence de toutes les autorités et du corps consulaire.
- La France, l’Allemagne, l’Autriche-Hongrie, la Belgique, l’Italie et l’Angleterre auront des sections exceptionnellement brillantes et dignes en tous points de ces différents Etats.
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- Etats-Unis
- Le samedi 26 mai ouvrira à Chicago la première grande exposition annuelle de peinture américaine, organisée varYArt Institute.
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- République Argentine
- L’exposition agricole annoncée, de la province de Buenos-Ayres, a été inaugurée le 26 février dernier à la Plata.
- Ubique.
- P. S. Nos lecteurs auront rectifié d’eux-mêmes l’erreur qui, dans notre dernier numéro, a fait enregistrer sous le titre Autriche-Hongrie, une série d’échos qui eussent dû être rangés sous la rubrique Belgique.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE DE BARCELONE
- L’importance de la section française de l’Exposition universelle de Barcelone grandit encore chaque jour, et le nombre des demandes d’admission arrivées au commissariat général, Palais de l’Industrie, dépasse aujourd’hui i,3oc.
- Le plan est définitivement dressé et près de 200 exposants n’ont pu trouver place dans les espaces réservés à la section française dans les divers palais, pavillons et galeries, espaces qui pourtant représentent, allées comprises, plus de 10,000 mètres carrés.
- M. Charles Prevet, commissaire général, joignant ses efforts à ceux de M. le Consul général de France, qui, comme commissaire général de la Tunisie, réclamait un emplacement, pour notre protectorat, a pu obtenir que les galeries préalablement affectées à l’Italie, immédiatement voisines de la section française, fussent attribuées définitivement à la Tunisie et à la France. Cet avantage permettra probablement à un certain nombre de demandes qui, quoique présentées en temps utile, n’avaient pu cependant trouver place d’être agréées.
- Les exposants reçoivent en ce moment leurs certificats définitifs 'd’admission, leurs étiquettes et toutes les pièces nécessaires aux expéditions. Rappelons, entre parenthèses, que toutes les expéditions doivent être accompagnées de certificats d’origine signés par l’exposant, légalisés par le maire de l’arrondissement et visés par M. le Consul d’Espagne.
- M. Noël Bretagne, qui avait été envoyé à Barcelone par M. le commissaire général avec des instructions spéciales, est rentré à Paris. Il a trouvé auprès de M. Ponsignon, consul général, commissaire général délégué et de M. Desécritures, consul suppléant, le plus actif appui et auprès de M. Francesco de Ruis y Toulet, maire de Barcelone, de M. le délégué général Rouvière,, de M. le colonel Lopez Fabra et des divers présidents de Commission, le meilleur accueil.
- M. Courtois-Suffit, architecte de la section française, se dispose à partir, afin de procéder à l’installation des exposants. Le commissariat général installera sous peu de jours quelques-uns de ses services.
- L’inauguration officielle de l’Exposition aura lieu irrévocablement le i5 mai prochain en présence de S. M. la Reine régente.
- Les six semaines qui nous séparent de cette date suffisent pour l’installation complète de tous les produits français.
- La France aura sans contredit la plus belle et la plus importante de toutes les expositions étrangères, affirmant ainsi une fois de plus sa puissante vitalité industrielle et artistique et sa légitime influence sur les marchés du monde.
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- ÉCOLE DES BEAUX-ARTS
- Le jury de peinture de l’Ecole des beaux-arts a rendu hier, 3 avril, son jugement pour les concours d’esquisse trimestrielle de figure dessinée d’après l’antique et de perspective.
- Pour l’esquisse trimestrielle, il n’y a pas eu de 2e médaille décernée. M. Manceau, élève de MM. Cabanel et Maillard, a obtenu la 3e médaille. Deux mentions ont été décernées ; la première à M. Doyen, élève de MM. Boulanger, Laurens et Saint-Pierre ; la deuxième, à M. Lamour, élève de MM. Boulanger et Maillart.
- Figure destinée d’après l’antique. — Pas de deuxième médaille.
- La troisième médaille est décernée à M. Deleuze, élève de M, Boulanger, et à M. Leroux, élève de MM. Bouguereau et Robert Fleury.
- Des mentions sont données à MM. Boisson, élève de M. Cabanel; Brun, de MM. Bouguereau “et Robert Fleury.; Dechenaud, de MM. Boulanger et Lefebvre; Bourgogne, de MM. Lefebvre et Boulanger.
- Figure dessinée d’après l'antique. — Pas de deuxième médaille.
- Troisième médaille: MM. Deleuze, élève de M. Boulanger; Leroux, élève de MM. Boulanger et Robert Fleury.
- Mentions: M. Boisson, élève de M. Cabanel; M. Brun, élève de MM. Bouguereau et Robert Fleury ; M. Dechenaud, élève de MM. Boulanger et Lefebvre ; M. Bourgogne, élève de MM. Boulanger et Lefebvre ; M. Lévy, élève de MM. Boulanger et Lefebvre ; M. Montignv, élève de M. Gé-rôme ; M. Chabrié, élève de MM. Bouguereau et Robert Fleury; M. Rousin, élève de MM, Bouguereau et Robert Fleury.
- Perspective. — Première médaille: M. Villette.
- Mentions : MM. Gérôme, Denis, Pol, Bragagui-maraès, Rousin.
- Pour le concours semestriel de sculpture (figure modelée), la première médaille a été décernée à M. Sicard, et deux mentions, à MM. Gasq et Macé.
- LES LIVRES
- CLI
- Les époques de l’Eloquence judiciaire en France, par Munier-Joi.ain, avocat à la Cour d'appel. Paris, librairie académique Didier, Perrin et Cie, libr.-éditeurs. 1 vol. in-18.
- Quand nous avons ouvert ce livre, qui, comme bien d’autres, tient beaucoup moins qu’il ne promet, nous avions la naïveté de croire que, répondant à son titre, il était une histoire de l’éloquence judiciaire en France, tribunaux, parquet, barreau, caractérisée dans ses vissicitudes, depuis ses origines jusqu’à ses transformations actuelles, en un tableau critique animé par des portraits typiques.
- Au lieu de cela, nous avons trouvé un travail d’avocat lettré, écrit sur des informations quelque peu hâtives et superficielles, avec une certaine vivacité de style, pas toujours exempte de mauvais goût. Nous avions affaire à un de ces remarquables travaux — suivant l'expression un peu banale de juges optimistes — de conférences qui sont pavés de bonnes intentions, mais ou tout lecteur un peu au courant de la question trouve moins à louer ce qu’on lui offre qu’à regretter ce qu’on ne lui offre pas et où ce qui est ne le console pas assez de ce qui devrait y être. Ce n’est pas que cette déception n’ait pas ses circonstances atténuantes. L’auteur, ni dans la lettre de dédicace à son maître, M. Cléry, dont il a encore plus appris les défauts que les qualités, ni dans Y Avant-propos, car ce mince volume ne manque pas de vestibule et de hors-d’œuvre luminaires, ne se targue d’un plan bien précis. Sa composition a les flottements et les ondulations de la robe d’avocat elle-même. En ne nous montrant pas trop exigeant sur ce qui nous manque, nous pouvons trouver à ce qui nous est donné un certain mérite et un certain agrément. Ne nous flattons pas de rencontrer là, la saveur piquante des vues et des. formes originales. Ce ragoût là n’est pas du festin. Mais faute de grives on se contente de merles.
- Nous ne reprochons pas à l’au-teur de s’être épargné et de nous avoir épargné de nous introduire dans le labyrinthe de la chicane, au moment où la langue judiciaire n’existe encore qu’à l’état gothique. Nous tenons peu à connaître le nom des avocats contemporains des Menot, des Maillard, grotesques du barreau comme ceux-ci étaient les grotesques de la chaire. L’éloquence du barreau comme celle de la chaire a eu sa période d’origine troublée , fangeuse , obstruée de formules
- scholastiques et de réminiscences pédantesques, mêlant les latinismes et les hellénismes gallicisés, c’est-à-dire macaronisés, aux termes de l’argot de Bohème, de basoche, des marchands de la Halle des forts du port, des charlatans du Pont-Neuf, on peut rechercher dans Y Histoire de la prédication de Joly, les noms de ces grotesques de la chaire de Menot jusqu’à Séraphin et les noms de leurs dignes confrères du palais surtout au temps des prédicateurs de la ligue dont Ch. Labitte a retracé les curieuses et truculentes figures ne seraient pas difficiles à trouver aussi.
- M. Munier-Jolain a glissé bien légèrement sur ces premiers ancêtres, sur ces premiers pères du barreau au temps de la Ligue et de la Fronde, au temps d’Henri III et d’Henri IV. Nous ne lui demandions pas des portraits achevés, mais quelques ébauches, et quelques profils de ces grands magistrats, de ces grands avocats de Duprat et de l’Hôpital à Molé, Séguier et Talon, de ces grands avocats contemporains des grandes luttes pour l'Université contre les jésuites, de ces grands avocats qui ont contribué à la Satire Menippé. Rien dans son livre des Pasquier, des Versoris de Hérault et de bien d’autres. Il fait commencer son histoire de l’éloquence judiciaire à Claude Gaultier (Gaultier La Gueule) 1590-1666. Il nous donne un bon portrait de cet avocat qui ne saurait cependant personnifier à lui tout seul l’éloquence judiciaire pendant la période qui va de l’entrée d’Henri IV dans Paris à l’avènement de Louis XIV. Sa figure est peut-être démesurément grossie, fort au détriment de celle de Le Maistre qui est bien étroitement esquissée, au goût de ceux qui ont lu les livres de M. Oscar de Vallée, d’une autre critique, d’un autre style, d’une autre envergure que celui de M. Munier-Jolain sur Le Maistre et sur Daguesseau, cette grande figure si caractéristique d’une des plus belles périodes de l’éloquence judiciaire et qui n’a pas paru mériter un coup de crayon à notre auteur.
- Il a ses sympathies, ses antipathies, ses répugnances et ses préférences qui ne sont pas toujours sans étonner, sans prendre un air de paradoxe et comme de défi. Ainsi, il rend justice et hommage à Palru en bon termes et distingue bien, aidé d’un excellent guide, Bonavanture d’Argonne. (Vigneul-Marville), son originalité qui est l’épuration de la langue du barreau, ramenée à la religion non sans superstition, de l’orthodoxie philologique et à l’imitation des modèles oratoires antiques, de Cicéron à Saint-Jean Chrysostome. Ce portrait de Patru est le meilleur du livre, à galerie bien étroite, dans laquelle n’entreront plus que les portraits de Loyseau de Mauléon, de Romain de Sèze et de Berville. Oui, rien des Target, des Tronchet, des Linguet, des Gerbier. Rien de ces avocats d’avant la Révolution dont les mémoires de Berryer père, les mémoires plus curieux encore et bien moins connus de Hua, membre de l’assemblée législative en 1791, puis magistrat éminent nous font connaître les figures, les mœurs, les talents, que les mémoires de Lacretelle, de Montlosier et de Beugnot nous permettent d’achever de connaître.Rien sur les grands magistrats duxvme siècle, les Joly de Fleury, les Séguier, les Malesherbes, non plus que sur les Lamoignon et les Daguesseau. Rien sur le groupe des avocats littérateurs, éditeurs de causes célèbres, grands faiseurs de mémoires romanesques et déclamatoires de Gayot de Pitaval aux Elie de Beaumont et aux rédacteurs des factums dans l’affaire du Collier ou des facturas contre Beaumarchais. Rien des avocats chroniqueurs, Barbier, Mathieu Marais, etc.Le barreau de la période de l’influence de Rousseau se personnifie aux yeux prévenus de l’auteur dans Loyseau de Maule'on, le barreau de la Révolution dans De Sèze (rien de Chauveau-Lagarde) le barreau de la restauration dans Berville. Rien des grand magistrats les Portalis, les Marchangy, les Bellard (toutes réserves faites sur les causes et les degrés de leur célébrité). Rien des Berryer, des Dupin, des Odilon-Barrot, des Chaix-d’Est Ange des Jules Favre. Rien du barreau contemporain et de l’influence de Gambetta, et de ses procédés oratoires sur l’éloquence actuelle du barreau. Rien des Dufaure, des Allou, des Rousse, des Lenté. Rien de la figure particulièrement originale de Me Waldeck-Rousseau comme avocat d’affaires. Rien... Mais c’est assez dire ce qu’on ne trouvera pas dans ce livre. Ce qu’on y trouvera, ce sont, toutes réservesfaitessurla place d’honneur,lerelief excessif, le jour trop vif accordés à ces figures de second et même de troisième ordre, un bon portrait de Patru, bien en son point, et d’intéressants portraits, trop flattés, trop grandis, mais curieux de couleur, de Loyseau de Mauléon, de Romain de Sèze, et de Saint-Albin-Berville. C'est un peu maigre pour un livre intitulé : les Epoques cle l’éloquence judiciaire eu France, où ne figurent que quatre avocats, et pas un seul magistrat de jugement ou de parquet.
- M. de Lescure.
- Le Gérant, GARREAU,
- Tours. — lmp. E. ARRAULT et Cie, rue de la Préfecture,
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- Le Moniteur
- DE
- L’EXPOSITION DE
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
- QUATRIEME ANNÉE. Dimanche 15 Avril 1888. NUMÉRO 172;
- SOMMAIRE :
- i. Les Travaux du Champ-de-Mars ; 2. Visite du Ministre du Commerce à l'Exposition; 3.. Nominations de membres des comités d'installation: 4. La participation étrangère à l’Exposition de 1889; 5. L’Exposition rétrospective du travail ; 6. L’Exposition d’Athènes ; 7. Sciences et industrie ; 8. Les Livres ; 9. Les Théâtres,
- EXPOSITION UNIVERSELLE
- DE 18S9
- LES TRAVAUX DU CHAMP-DE-MARS
- Et le flot montait toujours ! Ainsi commençait nous ne savons plus trop quel roman, aujourd’hui ce n’est plus de la mer qu’on peut parler ainsi mais bien de la tour qui monte, qui monte, et atteint des hauteurs telles que sœur Anne, même sans longue-vue, eût pu voir beaucoup plus tôt autre chose que l’herbe verdoyante; qui sait, peut-être que plus tard, oh! bien plus tard, alors que la tour aura disparu ainsi que tout ce qui est humain, une légende, dont elle fera les frais, sera racontée le soir aux petits enfants qui, confondant l’histoire de la pyramide métallique et celle de la Babel antique, seront capables de demander si M, Eiffel et Noë étaient une même personne.
- Mais en attendant que la tour de 3oo mètres ne soit plus qu’une légende, elle est là, bien visible et continuant de la façon la plus régulière son accroissement ascensionnel, elle atteint actuellement le cote assez respectable de 70 mètres environ, c’est-à-dire une altitude supérieure à celle du sommet des tours de Notre-Dame.
- Bien visible, elle l’est en effet et déjà de certains points fort éloignés ; du quai d’Orsay on eut apercevoir les assemblages de la partie aute de la tour dominant, de sa masse imposante, les constructions voisines impuissantes désormais à la masquer aux yeux des curieux. Si, comme tout le fait supposer, la même activité continue à régner sur le chantier, l’élévation sera bientôt telle que le colosse métallique sera visible de tous les coins de Paris et, pour suivre les progrès du montage, il ne sera plus indispensable de navrer un cocher en se faisant véhiculer, comme le fit dernièrement un spirituel chroniqueur, vers les régions peu explorées du Champ-de-Mars.
- Dès les débuts du projet, aussitôt qu’il fut question d’exécuter cette œuvre sans précédent, presque tout le monde applaudit à cette entreprise, le nombre des opposants fut restreint, mais, faisant un bruit considérable, comme la plupart des minorités qui cherchent ainsi à donner le change sur leur véritable valeur, ils s’élevèrent bien fort contre l’audacieuse tentative qu’ils qualifièrent d’insensée et à laquelle ils prédirent les destinées les plus épouvantables, un peu semblables en cela à la mauvaise fée qui, dans les vieux contes, se venge de n’avoir pas été invitée au baptême du nouveau-né auquel elle fait de sombres prophéties.
- Peu importe quels étaient ceux dont les voix tranchaient si aigrement sur le ton de louange général accueillant l’œuvre naissante, mais à voir l’ardeur qu’ils mettaient à jeter le discrédit sur elle, il est permis de se demander si une des fables du bon La Fontaine n’aurait pas pu leur être appliquée et s’ils 11’appartenaient pas à cette catégorie de gens que le succès des autres offusquant, ne pardonnent pas à autrui d’avoir eu
- certaine bonne idée qui ne leur est pas venue à eux-mêmes.
- Pendant la première période de la construction, les détracteurs furent à peu près silencieux, peut-être pensaient-ils, sans grand espoir pourtant, voir se réaliser leurs fâcheux pronostics par la production d’un événement malheureux, capable de faire avorter l’entreprise, peut-être comptaient-ils sur une impossibilité matérielle quelconque, car la pose des fondations et le montage de la première partie étaient considérés comme ce qu’il y avait de plus difficile; en somme, ils attendaient.
- Maintenant que le premier étage est achevé, que les piliers reliés entre eux forment une base absolument inébranlable, la tactique se modifie un peu, on prédit bien toujours qu’il faudra renoncer à la hauteur de'3oo mètres, mais on ajoute qu’en attendant le nombre des victimes du colosse de fer s’accroît avec ses dimensions, on cherche* à représenter la tour comme une sorte de monstre, de génie malfaisant dont l’élévation sera une calamité par suite du sang et des pleurs qu’elle aura coûtés, on espère, en un mot, arriver à transformer l’opinion du public en lui faisant considérer comme un objet d’horreur ce que, dans son bon sens naturel, il sent être une merveilleuse manifestation de la puissance humaine, qu’il admire simplement et sans analyse.
- Heureusement la foule sait à l’occasion faire preuve de sagesse, lorsqu’une chose lui plaît elle s’y intéresse ; questionnant, furetant de droite, de gauche, et aux bonnes sources, elle arrive à connaître la vérité, et cette vérité n’a rien d’effrayant. Evidemment quelques accidents se sont produits, mais peu nombreux et la plupart sans gravité. Ôr quel est le travail dont on peut dire qu’il est absolument sans danegr ; la moindre construction coûte, parfois, la vie à plusieurs hommes, tous les jours on le voit; la machine broie trop souvent son mécanicien ; l’arbre même peut, en tombant, écraser le bûcheron ; partout enfin où l’homme agit le danger est présent, en reste-t-on inactif pour'cela ? Non, car on sait que cette espèce de loi fatale est inéluctable et tout ce qu’on peut faire c’est de prendre toutes les précautions commandées par la prudence, afin d’amener à son minimum le contingent de victimes que la matière exige de ceux qui veulent la dominer. Au reste, comme toujours, le malheur des uns sert au bien des autres et pour un ouvrier qui, dans les travaux, paie de sa vie les difficultés de l’exécution ou parfois simplement son imprudence, combien n’en est-il pas que ces mêmes travaux font vivre en leur procurant le pain quotidien.
- Les deux principaux arguments invoqués contre ce que le Parisien a déjà une tendance à rappeler sa tour sont la laideur et l’inutilité.
- La laideur, mais en quoi consiste-t-elle? Évidemment il y a beaucoup d’individualité dans cette appréciation, mais en général on est convenu de considérer comme laid ce qui est disproportionné, lourd, heurté ; or la tour n’est rien de tout cela, ses proportions sont admirablement gardées, aucune ligne, dans son ensemble, ne jure avec ses voisines ni ne choque l’œil en le tirant violemment d’une façon désagréable ; enfin son aspect, loin d’être mastoc, mériterait plutôt jusqu’ici le reproche contraire, on pourrait l’accuser de trop de légèreté et naturellement, elle ne la perdra pas en s’élevant. E11 somme, on voit que la seule laideur qu’il serait possible de lui prêter à l’avance résiderait dans ses dimensions gigantesques et, à cet égard,
- nous avons eu déjà plusieurs fois l’occasion de démontrer que le genre colossal était rarement laid, nous n’y reviendrons donc pas.
- Reste le dernier grief, l’inutilité ; certaines gens croient avoir tout dit en prononçant ce mot, ils se figurent avoir ainsi prononcé une condamnation sans appel, nous ne sommes pas du tout de leur avis. En fait, les services que pourra rendre la tour ne sautent pas aux yeux, jusqu’à présent on ne la considère guère que comme un objet de curiosité, mais ce qualificatif n’est pas tant que cela à dédaigner et c’est déjà quelque chose que de n’être pas banal. Si on frappait d’ostracisme tout ce qui n’est que curieux, le monde en général et les expositions en particulier seraient bien vides. Après tout, ui dit exposition dit agglomération d’objets e toute nature ; il n’est pas spécifié qu’ils seront exclusivement utiles, on doit y trouver tout ce que le génie de l'homme peut enfanter, tout ce que son travail peut produire. Or, à une époque où l’art de la construction métallique tend à se généraliser, il nous semble que, dans l’enceinte du Champ-de-Mars, la tour avait sa place toute marquée comme spécimen de ce que peut l’industrie dirigée par l’ingénieur dont le rôle est de plus en plus prépondérant.
- Enfin, laissant même de côté ce qui pourtant n’est pas un facteur négligeable, le plaisir qu’on éprouvera à monter au sommet de l’édifice, pour jouir en toute sécurité d’un panorama incomparable, plaisir que procuraient seuls les ballons captifs ou autres, mais avec accompagnement forcé de dangers réels, laissant cela de côté, disons-nous, qui peut affirmer que cette entreprise n’amènera pas quelques révolutions profitables soit dans l’art de la construction, soit dans les lois de la physique, particulièrement au point de vue de l’attraction, de l’électricité ou encore de l’optique en permettant de faire des essais instructifs sur l’éclairage ?
- Toutes ces considérations montrent bien qu’il faut se garder de juger les choses témérairement et surtout éviter de critiquer une œuvre par cela seul qu’elle sort de l’ordinaire et trouble un peu les conventions reçues. Si on n’admire pas cette audacieuse entreprise, il faut au moins ne pas la condamner et attendre ce que l’avenir lui réserve ; pour le moment, ue ce soit de l’admiration ou simplement e la curiosité, le montage du grand pylône attire, même en semaine, une foule de visiteurs; cette affluence devient tout à fait considérable quand arrive le dimanche, et à voir l’intérêt qu’excitent les travaux et la persistance des curieux, malgré un temps fort peu engageant, on peut se faire une idée de la vogue dont jouira cette promenade lorsque le soleil invitera à sortir.
- Enfin, la première ferme du palais des beaux-arts est en place ; c’est mardi dernier que l’opération a été tentée, elle a pleinement réussi et les assemblages des autres fermes se poursuivant activement on est en droit d’espérer que le montage de la nef prendra moins de temps qu’on le prévoyait tout d’abord, à moins pourtant que le déplacement de l’énorme échafaudage soit plus difficile qu’on le présume ; pour l’instant on affirme que ce mouvement de translation s’effectuera sans encombre en quelques heures. Nous souhaitons vivement que cette évaluation soit exacte, mais néanmoins l’entreprise ne nous semble pas des plus commodes.
- Quant à la charpente du dôme, elle paraît se
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- X ?22. — Quatrième Année. — N° 172.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche i5 Avril 1888.
- du jury des récompenses à l'Exposition de Paris en 1878.
- Decauville (Paul), ingénieur.
- Gautreau (Ch.), constructeur de machines agricoles, vice-président de la chambre syndicale des instruments d’agriculture et d’horticulture.
- Classe 5o
- Matériel et procédés des usines agricoles et des industries alimentaires.
- MM. Boire (Emile), ingénieur civil, administrateur de la sucrerie de Bourdon.
- Egrot (A.), ingénieur-constructeur.
- Hignette, ingénieur-constructeur, membre clés comités d’admission et du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878.
- Laîney, directeur de la société des moulins de Corbeil.
- Classe 5i
- Matériel des arts chimiques, de la pharmacie et de la tannerie.
- MM. Morane jeune, ingénieur-mécanicien, ancien maire du 1 36 arrondissement, membre des comités d’admission et d’installation à l’Exposition de Paris en 1878.
- Capgrand-Mothes, président de la chambre syndicale des fabricants de produits pharmaceutiques de France.
- Thibault (Paul), pharmacien de ire classe, secrétaire de la société de pharmacie de
- * Paris.
- Lutz (Georges), fabricant d’outils pour tanneurs et corroyeurs.
- Classe 5 2
- Machines et appareils de la mécanique générale
- MM. Boulet (J.), ingénieur-mécanicien, vice-président de la chambre syndicale des mécaniciens, chaudronniers et fondeurs de Paris.
- Delaunay-Belleville (Louis),, ingénieur-constructeur, membre de là commission centrale des machines à vapeur.
- Piat (A.), fondeur-mécanicien, membre des comités d installation à l’Exposition de Paris en 1878.
- Richard (Gustave), ingénieur civil, directeur de la société des constructions mécaniques spéciales.
- Classe 53 Machines-Outils.
- MM. Bariquand (Emile), .ingénieur-constructeur, membre des comités d’installation et du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878 et du jury des récompenses à l’exposition d’Anvers en 1885.
- Elwell (Th.), ingénieur civil, constructeur mécanicien.
- Lenicque, de la maison Jacométy et Lenic-que, ingénieur civil.
- Denis Poulot, fabricant de produits pour le polissage et de meules artificielles.
- Classe 54
- Matériel et procédés de la filature ët de la corderie
- M. Bessonneau, fabricant de cordages, membre du jury des récompenses à l’exposition d’Anvers en 1885•
- Classe 55
- Matériel et procédés du tissage
- MM. Bossuat, fabricant de tissus.
- Guérin (Louis), de la maison Pinon et Guérin, fabricant de draps, membre de la commission permanente des valeurs de douane, membre des comités d’admission à l’Exposition de Paris en 1878.
- Classe 56
- comités d’installation à l’Exposition de-Paris en 1878.
- Michaud (Jules), de la maison Marinoni, ingénieur civil. ’
- Rayasse (E.), ingénieur-mécanicien, constructeur de presses, membre des comités-d’installation à l’Exposition de Paris en 1878.
- (A suivre.)
- LA PARTICIPATION ÉTRANGÈRE:
- A L’EXPOSITION DE 1889
- Pays-Bas
- . M. W. van der Vliet, président de la commission des Pays-Bas pour l’Exposition de 1889, accompagné de M. H. van Lier, consul général à Paiis, de MM. E. V. L. van Zuylen, H. Zillesen et Edouard Wunderly, membres de la commission, sont arrivés à Paris.
- Ces messieurs se sont rendus hier au Champ-de-Mars, où M. Georges Berger leur a expliqué toutes les dispositions prises pour l’organisation de la section de la Hollande et de ses colonies dans l’archipel indien.
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- Angleterre
- La députation de la section anglaise à l’Exposition universelle de 1889, qui a été reçue dernièrement à Paris par M. Berger, vient d’adresser au lord-maire un rapport détaillé sur son voyage.
- La députation s’est montrée très satisfaite de l’accueil qui lui a été fait à Paris, notamment par le ministre du commerce ; l’emplacement réservé aux exposants anglais a paru très convenable aux membres de la députation.
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- * -¥•
- Japon
- Le consul de France à l’Assomption vient d’envoyer au gouvernement le texte du décret déterminant l’organisation de la participation du Paraguay à l’Exposition universelle de 1889.
- De renseignements adressés à M. Pierre Legrand, ministre du commerce, il résulte que la» participation du Japon à notre Exposition sera très étendue et très brillante. Une commission de-sept membres a été constituée.
- Le gouvernement japonais s’est engagé à prendre à sa charge le transport à Paris des objets destinés à l’Exposition.
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- Turquie
- La commission nommée par la chambre de, commerce de Constantinople, à l’effet de pourvoir aux voies et moyens d’organiser à 1’Exposition universelle de Paris une section spéciale des produits ottomans, a décidé, dans sa dernière séance, d’inviter par une lettre-circulaire toutes les chambres de commerce de province à activer autant que possible l’envoi à la chambre de Constantinople d’une liste de négociants et industriels de leur circonscription qui auraient le désir de participer à l’Exposition et de lui faire connaître aussi le genre des produits, bruts ou manufacturés, qu’ils-comptent exposer.
- Les chambres de commerce de province ont été-égale ment prévenues que la chambre de Constantinople est en pourparlers avec une maison de-banque, qui ouvrira à la chambre un crédit pour faire, le cas échéany aux exposants ro °/0 d’avance-sur la valeur des produits qu’ils enverront à Paris..
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- L'EXPOSITION RÉTROSPECTIVE DD TRAVAIL
- ET DES SCIENCES ANTHROPOLOGIQUES
- A L’EXPOSITION DE 1889
- monter bien lentement et être bien en retard sur sa voisine du palais des arts libéraux qui touche à son achèvement. La présence de cet échafaudage central gênera probablement beaucoup le montage des fermes du palais et tout fait supposer qu’on sera forcé d’établir une nouvelle charpente pour la seconde moitié de la nef.
- Les quatre montants des deux premières fermes du palais des machines sont debout, les quatre arbalétriers sont prêts et reposent sur le sol. semblables à d’énormes ponts. D’un jour à l’autre, demain peut-être, on va procéder à leur mise en place, ce qui permettra de se rendre bien compte de l’aspect présenté par cet arc colossal de 110 m., on doit s’attendre à ce qu’il paraisse extrêmement léger, car l’élévation modifie beaucoup les dimensions apparentes et rien n’est plus trompeur que l’éloignement vertical ; pour le moment, couchées sur le chantier, ces poutres paraissent monstrueuses et, à côté d’elles, les ouvriers qui y mettent la dernière main prennent absolument les proportions de pygmées.
- Depuis quelques jours des chantiers nouveaux se sont installés sur les côtés des palais des industries, on creuse de petites tranchées et on apporte des blocs de pierre que des appareil-leurs taillent et ajustent; ces matériaux sont destinés aux soubassements des annexes du palais, lesquelles annexes ne tarderont guère à arriver elles-mêmes.
- Au grand dôme central on continue les fondations, elles marchent assez bien et seraient sur le point d’être terminées si, comme nous le laissions supposer dernièrement, le mauvais état du terrain n’obligeait pas à battre des pieux pour donner à une des piles la solidité nécessaire. On va apporter à ce travail toute la célérité possible afin d’annuler, en grande partie, le retard causé par cet imprévu.
- Enfin, sur les quais et sur l’esplanade les préparatifs se poursuivent assez tranquillement, mais d’une façon régulière ; les travaux à exécuter en ces deux endroits n’étant pas des plus importants, une grande activité y est moins indispensable que sur les autres chantiers.
- H. DE BaECKER.
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- VISITE DU MINISTRE DU COMMERCE
- A L’EXPOSITION
- M. Pierre Legrand, ministre du commerce, accompagné de MM. Alphand, directeur des travaux , Georges Berger, directeur des services administratifs à l’Exposition de 1889, et de M. David Dautresme, son chef de cabinet, a fait une longue visite aux travaux de restitution de la Bastille et de la rue Saint-Antoine, au Champ-de-Mars, qui sont aujourd’hui achevés.
- Le ministre et les directeurs de l’Exposition ont félicité les organisateurs et l’architecte qui leur a confirmé la date du 5 mai 1888 pour l’ouverture publique.
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- NOMINATIONS
- de Membres des Comités d’installation des Classes el Groupes à VExposition de 188g (Suite.)
- Classe 48
- Matériel et procédés de l’exploitation des mines et de la métallurgie.
- MM. Ledoux (Ch.), ingénieur en chef au corps des mines, ingénieur-conseil de la compagnie des mines d’Anzin, membre des comités d’admission, d’installation et du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878.
- Lippmann (Edouard), ingénieur civil.
- Paraf (Emile), directeur des mines de Pont-gibaud.
- Parran, ingénieur en chef au corps des mines, directeur de la compagnie des minerais de fer magnétique de Mokta-el-Hadid.
- Classe 49
- Matériel et procédés des exploitations rurales et forestières.
- MM. Albaret, constructeur de machines agricoles, membre des comités d’installation à l’Exposition de Paris en 1878.
- Chabrier (Ernest), ingénieur civil, membre des comités d’admission, d’installation et
- Matériel et procédés de la couture et de la confection des vêtements
- M. Peugeot (Benjamin) , constructeur-mécanicien.
- Classe 57
- Matériel et procédés de la confection des objets de mobilier et d’habitation
- MM. Panhard, constructeur-mécanicien.
- Simonet, entrepreneur de menuiserie.
- Radot, fabricant de briques et tuiles.
- Daraon (Alfred), fabricant de meubles.
- Classe 58
- Matériel et procédés de la papeterie, des teintures et des impressions
- MM. Darblay (P.), manufacturier, membre de la commission permanente des valeurs de douane.
- Debié, directeur d’un bureau d’études et d’installation de papeteries, membre des
- RÈGLEMENT GÉNÉRAL
- Art. ier. — L’exposition rétrospective du travail et des sciences anthropologiques sera internationale. Son règlement général, arrêté par la commission supérieure d’organisation, instituée par l’article 3 de l’arrêté ministériel du 12 octobre 1887, et approuvé par le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général, sera envoyé-à tous les comités départementaux de la France et à tous les comités nationaux étrangers.
- Art. 2. — Cette exposition aura lieu dans la-rande nef du palais des Arts libéraux au Champ-de-Mars.
- L’administration prend à sa charge la construction et la décoration des locaux nécessaires pour cette exposition.
- L’administration pourra également se charger de l’installation et du transport de certains objets prêtes,
- Art. 3. — L’administration prendra toutes les-précautions utiles pour préserver les objets expo-
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- Quatrième Année. — i\° 17
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1SS0.
- Dimanche i5 Avril 188S. — 102J.
- ses contre le vol et les accidents de toute nature ; mais elle ne pourra être rendue responsable en aucun cas.
- Art. 4. — L'adjudicataire du catalogue géne'ral de l’Exposition de 1889 sera invite', conformément à l’article 3 du cahier des charges, à publier un catalogue _ spécial et descriptif de l’Exposition rétrospective du travail et des sciences anthropologiques.
- Art. 5. — Les objets qui composeront l’Exposition rétrospective du travail et des sciences anthropologiques seront répartis par groupes distincts correspondant aux cinq sections indiquées par l’article 1e1' de l’arrêté ministériel du 12 octobre 1887, à savoir :
- Section ire. — Sciences anthropologiques et ethnographiques.
- Section 2. — Arts libéraux.
- Section 3. — Arts et métiers.
- Section 4. — Moyens de transport.
- Section 5. — Arts militaires.
- Art. 6.^— Chacun des comités, nommés conformément à l’article 2 de l’arrêté ministériel du 12 octobre 1887, sera chargé de l’organisation de la section pour laquelle il a été désigné conjointement avec le directeur général de l’exploitation.
- Art. 7. — L’exposition rétrospective du travail et des sciences anthropologiques, spécialement en ce qui concerne les sections II, III et IV, comprendra les procédés du travail intellectuel aux différentes époques du monde ; les appareils anciens de recherches scientifiques et de pratique industrielle, professionnelle ou usuelle; les appareils, engins et moyens de transportées engins anciens de mécanique générale et les outils anciens de métiers représentés à l’état d’originaux, de modèles restitués, de reproductions plastiques, dessinées ou photographiées, d’images fournies par l’épigraphie monumentale, la sigillographie, la numismatique, etc., etc.
- Les matières premières et les produits fabriqués, artistiques ou industriels ne pourront figurer qu’à l’état d’échantillons ou de types caractéristiques, à côté des appareils, engins et outils exposés ayant servi à la récolte, à l’extraction, à la préparation des matières premières et à l’exécution technique des produits fabriqués.
- Art. 8. — L’exposition rétrospective du travail ne devra contenir généralement que les appareils, engins et outils qui ne sont plus en usage ou qui ne sont employés maintenant que sous une forme plus perfectionnée.
- Art. 9. — Aucun objet exposé ne pourra être copié, dessiné ou reproduit, sous une forme quelconque, sans l’autorisation du propriétaire ou de l’exposant, visée par le directeur général ce l’exploitation.
- ( Art. 10. — Le programme général de l’exposi-Uon rétrospective du travail et des sciences anthropologiques est résumé ainsi qu’il suit:
- Section 1
- Anthropologie. — Ethnographie
- I. — Anthropologie.
- Pièces d’anatomie comparée et d’embryogénie relative à l’homme. — Moulages de cerveaux. — Crânes et squelettes typiques, et, à leur défaut, moulages.
- Crânes_ préhistoriques, crânes trépanés et pathologiques préhistoriques.
- Moulages de bustes et de masques typiques (vivant).
- Instruments d’observation physique et physiologique. — Instruments de craniométrie et d’anthropométrie.
- Cartes de répartition des races ou des caractères de races. Photographies de crânes et de types ethniques. Photographie composite.
- IL — Ethnographie.
- Matériel de travail et spécimens représentant les diverses phases de la fabrication des instruments primitifs.
- Taille, polissage, perforation,'etc., des objets de pierre. — Travail des os, des bois de ruminants, etc. — Pièces se rapportant aux origines de la pratique des arts, du dessin, etc. — Céramiques primitives.
- Vues, plans ou modèles réduits d’habitations, de monuments funéraires, etc., des temps antiques .
- Coulage et martelage des métaux : cuivre, bronzes, fer. — Spécimens de moules et d’objets en métal fondu ou martelé. — Cachettes de fondeurs, etc.
- Origines du verre, de l’émail, etc.
- Termes de comparaison empruntés aux populations sauvages actuelles. — Moyens d’obtenir le feu, de fabriquer les objets en pierre, en os, en bois, en terre cuite, etc. — Métallurgie comparée.
- III. — Archéologie.
- . Objets relatifs à l’histoire du travail dans l’antiquité : Egypte, Assyiie, Phénicie, Grèce, Empire
- romain (Gaule en particulier), extrême Orient, nouveau-monde.
- Modèles réduits, plans, etc., de constructions caractéristiques.— Sculptures et peintures (originaux ou copies) reproduisant des professions manuelles. — Appareils scientifiques et matériel des arts industriels jusqu’au règne de Charlemagne. — Spécimens représentant les diverses phases de la fabrication. — Collections de produits fabriqués caractéristiques.
- (A suivre.)
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- L’EXPOSITION D’ATHÈNES
- Une exposition nationale, qui comprendra toutes les branches des arts, du commerce et de l’industrie helléniques, s’ouvrira à Athènes le t/13 octobre prochain.
- Les étrangers seront admis à y exposer certains produits tels que machines agricoles et industrielles, instruments ou outils en usage en Grèce, etc.
- Ces produits, qui ne pourront, dans aucun cas, concourir pour les récompenses avec les proauits helléniques, seront exposés dans la galerie circulaire du palais de l’exposition et, seulement dans le cas où cet emplacement deviendrait insuffisant, dans des pavillons détachés, construits aux frais des exposants.
- On peut s’adresser, pour demander des renseignements, au ministère du commerce et de l’industrie (direction du personnel et de l’enseignement technique. — Bureau du personnel et du secrétariat), 80, rue de Varenne.
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- vapeur échauffée à la même température que le sulfate.
- Celui-ci, sous l’action de cette vapeur surchauffée, entre en décomposition, et il se forme de l’acide sulfurique et de l’hydrate de chaux. Les vapeurs de l’acide sulfurique sont recueillies en un récipient et on leur donne ensuite, d’après les procédés connus, la concentration voulue.
- M. Polony, par de nombreuses expériences, a démontré que semblable était l’action de la vapeur surchauffée sur les sulfates de soude, de baryum, et de strontium.
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- L’exportation des diamants africains a atteint pour l’année 1887 le chiffre total de 3,5qg,o36 carats, estimés 4,2,51,83g livres sterling, soif une valeur approximative de 106,295,975 fr.
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- La Pall Mail Galette a fait une statistique hippique universelle, en faisant remarquer, qu’étant donné le rôle important que jouent dans la guerre moderne, la cavalerie et l’artillerie, il peut être intéressant de connaître le nombre total de chevaux que les principaux pays pourraient mettre en ligne, le cas échéant. En voici la liste d’après les données les plus récentes : Russie, 21,760,000 chevaux ; Amérique, 9,500,000; République Argentine, 4,000,000 ; Autriche, 3,500,000: Allemagne, 3,35o,ooo ; France, 2,800,000 (et 3oo,ooo mules) ; Angleterre, 2,790,000; Canada, 2,624,000; Espagne, 680,000 (et 2,3oo,ooo mules) ; Italie, 2,000,000 ; Belgique, 383,000 ; Danemark, 3i6,ooo; Australie, 3o 1,000; Hollande, 126,000; Portugal, 88,000 (et 5o,ooo mules).
- II n’est pas superflu de constater que l’empire des czars tient la tête avec une immense majorité.
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- SCIENCES & INDUSTRIE
- VARIA
- M. Reynaud, fabricant à Oran, a fait dernière-rement à la Société d’Encouragement une communication sur l’utilisation des déchets du palmier nain pour la fabrication de la pâte à papier. Cette note, analysée par la Nature, dit que dans la fabrication du crin végétal, 3oo kilogrammes de palmier doivent être employés pour produire 100 kilogrammes de crin. D’où 200 kilogrammes ; de déchets. Il y avait donc une masse importante de résidus, qui jusqu’ici n’étaient utilisés que pour le chauffage des fours à chaux et dont l’accumulation devenait fréquemment assez embarrassante pour que les industriels se 'vissent contraints d’en payer l’enlèvement. M. Reynaud portant son attention sur cette énorme déperdition de matière, eut l’idée d’utiliser ces rebuts pour la fabrication de la pâte à papier et réussit en effet parce moyen à obtenir des produits de tous points excellents. En comparant les frais nécessités par la fabrication de la pâte à papier d’alfa et ceux que demande la fabrication de cette même pâte au moyen des déchets de palmier, il affirme que ' cette dernière revient à 22 francs 02 centimes par 100 kilogrammes a1 ors que pareille quantité de pâte d’alfa ne coûte pas moins de 40 francs 45 centimes. L’Angleterre tire en ce moment delà province plus de 70,000 tonnes d’alfa qu’elle nous réimporte manufacturée sous forme de pâte à papier, et cela après avoir réalisé de considérables bénéfices. De même l’Espagne en prend 5o,ooo tonnes qu’elle reintroduit également après traitement industriel. Cette fabrication étrangère enlève plus de 8 millions à l’Algérie. Aussi M. Reynaud espère-t-il que la France ne se laissera pas soustraire les bénéfices importants que, suivant son système, l’on peut obtenir en appliquant à la fabrication de la pâte à papier les déchets du palmier nain, bénéfices qui, à son dire, seraient une fois plus importante que ceux obtenus par l’emploi de l’alfa.
- * *
- Le Moniteur Industriel a donné dernièrement une statistique intéressante, celle delà production totale du cuivre dans le monde, pour l’année iS86.
- Le rendement général a été de 214,533 t. dont 49,655, soit 1/4 environ, fournies par l’Espagne. Les Etats-Unis ont donné 69,971 t., ou un peu moins d’un tiers. Le Chili, d’autre part a fourni un sixième environ, soit 35,025 t., ce qui. laisse pour le reste du monde un rendement de 5g,885 tonnes, chiffre auquel l’Allemagne figure pour 14,465 t.
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- M. Cari Polony, de Vienne, a imaginé un procédé nouveau pour la fabrication de l’acide sulfurique. L’inventeur, dit le Moniteur des Produits chimiques, obtient de l’acide sulfurique,en soumettant le sulfate de chaux à l’action de la vapeur surchauffée. Le sulfate, préalablement réduit en petits morceaux, subit durant une à trois heures, dans un creuset, une température variant entre 600 et i,5oo°. On introduit en même temps de la
- Il convient de signaler parmi les congrès et conférences :
- La conférence internationale, réunie à Bruxelles, pour la constitution d’un bureau international de législation douanière et commerciale ;
- Le seizième congrès de l’Association française pour l’avancement des sciences, qui s’est tenu il y a quelques jours à Oran;
- Le deuxième congrès bibliographique international qui s’est ouvert la semaine dernière à Paris, sur l’initiative de la Société Bibliographique, à l’hôtel de la Société de Géographie.
- Enfin, le congrès international archéologique dont la réunion a été arrêtée pour l’année L890 et dont les séances se tiendront à Moscou.
- Il ne faut pas omettre le congrès français de chirurgie récemment ouvert à Paris et le congrès littéraire international que prépare pour 1889 la Société des gens de lettres. La présidence en sera confiée à M. Jules Simon.
- C. H.
- LES LIVRES
- CLII
- B(aumarchais et ses œuvres. — Précis de sa vie et histoire de son esprit d'après des documents inédits avec un portrait et un fac-similé, par E. Dintilhac, agrégé de l’Université,, docteur ès-lettrcs. Paris, un vol. in-8. Lib. "Hachette.
- Nous revenons volontiers à Beaumarchais. Il n’est pas d’esprit plus français et qui ait été plus de son temps et plus de notre temps. Car, par ses aventures, ses mésaventures, son art de parvenir, ses ambitions multiples, sa verve d’improvisation, sa fièvre de création, son goût du progrès et de la nouveauté, son génie à la foisspéculatifet pratique sa générosité, sa philanthropie, son habileté à donner et à esquiver le ridicule, son courage à braver les puissances, son talent de pamphlétaire, son mépris du scandale, la perpétuelle lutte d’une vie que l’obstacle encourage, que le triomphe ennuie, ses'procès, ses spéculations,ses qualités, ses défauts, c’est essentiellement un grand Français et un grand Français qui semble de notre temps, tant il demeure dans son passé, de notre présent, de notre avenir, tant il serait facile de trouver dans la physionomie de plus d’un contemporain célèbre des traits de sa figure. N’y a-t-il pas du Beaumarchais et tour à tour du meilleur ou du moindre dans About, dans Sardou, dans Rochefort, dans Lesseps ? La mémoire de Beaumarchais semble aussi participer des contrastes, des contradictions, des vicissitudes de sa vie. Elle est demeurée militante comme lui. Elle a été ballotée comme lui à travers les suffrages et les ostracismes aristocratiques ou populaires, les prédilections et les. ingratitudes de la foule ou de l’élite. Sa gloire plus encore que celle de Voltaire ou de Rousseau a gardé quelque chose de scandaleux et de diffamé. Calomnié pendant sa vie, il a été calomnié après sa mort, et tous les Basiles, en tous les temps, se sont plu à le flétrir dans les petites choses, en oubliant de lui rendre justice sur les grandes, sachant bien que de la calomnie, c’est lui qui l’a dit, après l’avoir tant de fois éprouvée, il reste toujours quelque chose.
- Ce quelque chose heureusement n’est plus rien,
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- 1024- — Quatrième Année. — N° 172.
- parce que la raisonfinittou jours par avoir raison, et l’opinion en France a ses retours, ses remords de justice, et ne considéré pas toujours comme 1 en a accusé Duclos, que le vrai doit etre malin, et que le malin doit être vrai. Si Beaumarchais n’a pas été de l’Académie, et nous croyons que pour cela le temps seul lui a manqué, l’Académie, quatre-vingts ans après sa mort a pu mettre au concours son étude et même son éloge. Et depuis ce mouvement réparateur, des écrivains distingués ont pu risquer non sans quelque courage, mais sans trop de témérité sa réhabilitation et son apologie. C’est un ouvrage à la fois critique et apologétique qu’a écrit, après en avoir soutenu en Sorbonne les conclusions avec une éloquence, un esprit, un succès récompensés d’une rare et flatteuse unanimité, M. E. Lintilhac, docteur ès-léttres de par Beaumarchais.
- M. E. Lintilhac est un jeune professeur qui .appartient à ce groupe remarquable, qui fera parler de lui et où il faut saluer d’avance., dans FUniversité, une des forces et une des gloires de l’avenir, d’agrégés et de docteurs capables et coupables — pour un temps — de ne pas sortir de la pépinière classique, c’est-à-dire de l’Ecole Normale. Ils sont plusieurs comme lui, Jules Favre, Larroumet,etc.qui ont eu le courage de commencer par le commencement, de se faire laborieusement eux-mêmes avant de prétendre à faire les autres, qui ont débuté par l’épaulette et les galons de laine universitaires, qui ont consacré les plus belles années de leur jeunesse à penser, à apprendre leur thèse avant de l’écrire, qui ont gagné leur. bonnet de docteur à la pointe de la plume, après avoir composé des thèses qui sont des livres et des meilleurs. L’Ecole Normale, depuis une quinzaine d’années, a pour spécialité de former des professeurs obscurs et des journalistes célèbres. M..Lintilhac sort d’une école encore meilleure, à en juger par les résultats, l’école de la vocation obstinée, du travail patient et tenace, du professorat appris par l’expérience et non par la théorie plus ou moins pédagogique, du succès payé non en monnaie de promesses et d’espérances, mais en monnaie d’œuvres. En vérité, je vous le dis, c’est àces laborieux, c’est à ces patients, c’est à ces faiseurs d’élèves qui seront des hommes, et de thèses qui sont des livres, qu’appartient l’avenir. En dépit des conspirations du silence, des courte-échelle de la camaraderie, de la puissance du préjugé, de la.force des médiocrités coalisées sous la livrée hiératique, l’avenir est à ceux-là. Ils occupent déjà, attendant l’heure, les avenues de la Sorbonne, du collège de France, de l’Institut. Il faudra compter avant peu avec ces individualités indépendantes, originales, qui veulent infuser clans les veines languissantes de l’Université un sang jeune, chaud, vif, qu’à formé le vin amer de la.vie militante, et qui ne doit rien au lait stérile des vieilles mamelles de la vieille école.
- M. Lintilhac nous a donc donné un livre sur Beaumarchais, un livre digne du sujet, vif, hardi, militant comme lui, un livre rempli de moelles savoureuses et de sels piquants accumulés pendant une gestation de cinq années, un de ces livres pleins de choses, qui tombent de l’esprit comme le fruit tombe de la branche, à l'heure de la pleine maturité. Qu’y a-t-il dans ce livre ? On comprend bien que nous ne pouvons ici entrer dans le détail et décomposer l’ouvrage comme on ouvre et démantibule une montre pour en étudier et en reconstituer le mécanisme. Mais nous pouvons et nous devons examiner l’ouvrage dans ses lignes principales, en signaler les points de vue nouveaux, les aperçus personnels, les qualités maîtresses.
- Ce qu’il y a dans ce livre c’est tout d’abord un commerce intime, assidu avec le sujet, une lecture énorme et néanmoins digérée, une critique pénétrante, subtile, se jouant parfois aux rapports imprévus des mots et des choses, une humanité sympathique, joviale et cordiale, un grand goût de justice, de vérité, d’impartialité, enfin un amour du sujet, un amour du héros sans lesquels il n’y a pas de livre, entendez-vous, dans le sens d’œuvre achevée. L’amour seul crée: la haine ne peut que détruire, elle ne crée pas. Evidemment M. Lintilhac, et il ne s’en défend pas, aétégagné, enjôlé, ensorcelé par Beaumarchais. Il n’est ni la première ni la dernière conquête de ce grand séducteur, mais il n’est pas une des moindres. M. Lintilhac, grâce à la juste confiance de la famille, a pu pénétrer dans les poudreuses archives de Beaumarchais, fouiller ces malles moins légères que son esprit et sa gloire, se faire une route et. des. sentiers dans cet énorme amas de papiers jaunis ou M. de Loménie, qui n’avait pas, comme M. Lintilhac, le diable au corps de la recherche et de la découverte, a parfois perdu sa voie et négligé des trésors. C’est que M. de Loménie était un bénédictin à la curiosité plus vite lassée que rassasiée, un bénédictin d’académie, à lampe de salon. Il a beaucoup vu, il a bien dit ce qu’il avait vu; mais il a laissé beaucoup à voir et à bien dire. Il n’a pas épuisé le sujet, tant s’en faut, etalaisséà faire aux successeurs. Il est vrai que ce sujet de Beaumarchais et de sa vie est un monde.
- Dans ce monde, M. Lintilhac, qui est un ardent et un patient à la fois, s’est dirigé avec la robuste alacrité de sa nature de montagnard très avisé,
- LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche i3 Avril. î888.
- ayant l’habitude des sommets et des sentiers, gardant la tête calme sur les uns, le pied alerte dans les autres. Il a parcouru la mine dans tous les sens, taillant, traçant, jalonnant et mettant soigneusement de côté jusqu’aux copeaux, car même les copeaux, on peut en juger par les appendices, sont, dans un tel travail, bons sinon pour le moment, du moins pour plus tard. Plus tard, l’auteur de cette histoire critique de Beaumarchais, de sa vie, de son œuvre, nous doit, se doit à lui-même une édition définitive de Beaumarchais. Ef la maison Hachette se doit et nous doit aussi de commencer les grands écrivains du xvme siècle et de nous donner le Montesquieu et le Beaumarchais en attendant le Voltaire et le Rousseau. Le plus difficile pour de pareilles éditions, c’est de trouver l’homme qu’il faut, le Faugère du Pascal, le Chantelauze du Retz. Nul aujourd’hui n’est préparé, n’est indiqué pour nous donner le Marivaux définitif comme M. Larroumet, pour nous donner le Beaumarchais définitif comme M. Lintilhac.
- Peut-être pourrait-on lui reprocher d’avoir surfait quelque peu Beaumarchais comme homme et comme auteur comique. C’est peut-être trop dire que de faire de Beaumarchais un second Voltaire, quoiqu’il l’emporte sur le patriarche par certains côtés et surtout que de le placer comme auteur dramatique, immédiatement au-dessous de Molière. On n’est point parfait et on comprend que sur la pente de la réaction, de la réhabilitation M. Lintilhac ait parfois dépasse légèrement la mesure. Beaumarchais avait été tellement déprécié, Xju’il était presque inévitable de ne pouvoir toujours résister à la tentation de le surfaire, pour le dédommager posthumément de tant d’injustices contemporaines. Ce sontlà, en somme, des vétilles que nous n’enregistrons que pour faire la part d’une certaine critique !
- Mais comme il est facile de se dédommager par de justes éloges pour les parties vraiment neuves du livre, pour celles où ceux qui se flattent le plus justement de bien connaître Beaumarchais trouvent à apprendre et à se corriger eux-mêmes de plus d’une erreur.
- Ainsi c’est un morceau de critique tout à fait magistral que l’étude et l’analyse des Mémoires de Beaumarchais, trop négligées par plus d’un prédécesseur. De même ce sont des modèles de fine exégèse et de critique subtile et sagace que ces études des pièces de Beaumarchais, avec le départ exact de la part d’invention et de la part de réminiscence, de ce qui constitue Beaumarchais imitateur et Beaumarchais original. Jamais esprit n’a été ainsi fouillé, scalpé jusqu’au tuf des origines et des influences.
- Enfin, l’histoire de Beaumarchais pendant la Révolution et pendant le Directoire est tout à fait complète et tout à fait neuve.. Le Beaumarchais éternel conseilleur, éternel souffleur, inspirateur, initiateur, vulgarisateur des idées d’une politique alors tout à fait nouvelle et hardie, aujourd’hui courante, est très habilement mis à sa place et à son. rang et on s’étonne de ces vues si sagaces et si profondes sur le rôle de la presse et de l’opinion dans la société moderne. Il y aurait de curieux rapports et de curieux contrastes à rechercher entre la politique de Beaumarchais, souffleur de Sartines, de Vergennes, de Talleyrand et la politique de Mirabeau souffleur de Louis XVI, et de Fiévée et de Rœderer, souffleurs de Bonaparte. Sous ce rapport, en tout cas, Beaumarchais est bien supérieur à Voltaire, dont la politique eut toujours des œillères, et dont l’étroitesse de vues et la stérilité d’idées eussent éclaté d’une façon flagrante si la Révolution eut mis ces deux philosophes, et Diderot lui-même, à l’épreuve de la pratique, ce qu’une mort opportun» leur épargna heureusement pour eux., et peut-être aussi pour nous.
- Voilà quelques côtés neufs d’un livre qui en contient bien d’autres, livre tout à fait digne de son sujet, vivant, amusant comme lui, qui mérite et qui aura, après les succès universitaires, les succès et les couronnes littéraires et académiques.
- M. de Lescure.
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- LES THÉÂTRES
- Menus-Plaisirs — La Belle Sophie, opéra-bouffe en trois actes, paroles de MM. Burani etAdenis, musique de M. Missa.
- La Belle Sophiel c’est ainsi qu’on appelait autrefois, il y a vingt-cinq ans, Mme veuve Bourdinos, et c’est également ainsi que Mme veuve Bourdinos a baptisé le navire commandé par ces deux fils jumeaux, Marius et Michel.
- Marius, l’aîné de dix minutes, vient d’épouser une jeune fille qu’il aime, nommée Rosette, et Mme Bourdinos choisit cette occasion pour raconter à ses enfants que, le jour de ses propres noces, elle a eu l’imprudence de se tromper de porte et de_ pénétrer dans la chambre d’un rajah logé dans le même hôtel que son mari. Cette délicate révélation n’enlève rien à l’estime que les
- jeunes gens éprouvent pour leur mère; elle les transporte même de joie, quand l'ambassadeur dudit rajah arrive pour réclamer à la belle Sophie le fruit des fugitives amours de son maître,afin de lui transmettre son troue.
- Mme Bourdinos n”hésite pas un instant, et comme il faut que l’héritier de la couronne de Kaïva soit célibataire, afin d’épouser la nièce de l’ambassadeur en question, elle fait entendre raison à Rosette, quiiaisse partir Marius en lui demandant seulement de revenir bientôt.
- Malheureusement, Michel qui a vu la nièce de l’ambassadeur et qui en est tombé amoureux, vend la mèche et apprend à Rosette qu’elle est délaissée pour une autre.
- La jeune femme n’entend pas de cette oreille là et elle s’embarque à son tour pour rejoindre aux Indes son.époux et l’arracher aux séductions de la belle Mariska.
- Elle arrive à temps: Marius a bien accepté la succession du rajah, mais il a refusé de conduire à l’autel Nariska qui est enchantée de cette décision, car elle adore Michel. Les voilà donc d’accord pour résister au rajah, lequel n’attendait que la venue de son fils pour retourner en Europe avec ses trésors.
- Les combinaisons du souverain sont traversées par divers incidents : d’abord une conspiration qu’il déjoue, puis l’invasion des matelots de la Belle-Sophie, qui pénètrent dans le palais et empêchent les fakirs et autres personnages de faire mourir non seulement Marius, mais encore Michel et Rosette.
- Tout ce monde se retrouve à bord du navire, le rajah et ses trésors, Marius et Rosette, Michel et Nariska, sans compter Mme Bourdinos et l’ambassadeur, et l’on appareille après avoir chanté le couplet final.
- Nous pouvons citer au premier.acte une farandole bien enlevée, un excellent duo, Frères tous deux, et bon final; au second acte, une cavatine. Vers lui s’élancaient mes désirs, pleine de grâce et de charme, que Mlle Pierny dit d’ailleurs d’une façon tout à fait adorable. Signalons encore, au troisième acte, un duetto, Je n'étais qu'une bambine, dont la couleur et l’accent sont dignes des plus vifs éloges.
- Mlle Pierny prête sa jeunesse et sa voix ravissante au rôle de Rosette, Mlle Dartès est une Nariska très agréable, et Mlle Berthier donne de l’allure au personnage du mousse Veille-au grain.
- Marius., c’est M. Jacquin, dont la belle voix est toujours appréciée.
- La direction des Menus-Plaisirs a monté luxueusement cette pièce.
- La Marchande de sourires, le drame japonais de Mme Judith Gautier, passera, à l’Odéon, vers le 14 avril.
- Le directeur du second Théâtre-Français a voulu constituer, pour cet ouvrage, une mise en scène scrupuleusement exacte et qui donnera aux spectateurs une illusion complète au point de vue de la couleur locale. C’est ainsi que le rideau ordinaire ne fonctionnera pas pour les représentations de la Marchande de sourires et sera remplacé par un rideau peint tout exprès, et qui s’ouvrira à droite et à gauche, suivant le mode des théâtres japonais, au lieu de se lever de bas en haut. Ce rideau spécial est peint par M. Jambon.
- Pour les costumes, M. Porel et Mme Judith Gautier ont tenu à s’entourer des documents les plus authentiques. Mais comme les étoffes provenant du Japon ne donneraient pas, suivant l’optique de la scène, une idée exacte de la proportion des dessins, on a fait peindre tout exprès des étoffes, pour les dessins desquelles il a été tenu compte de cet objectif.
- Aux Nouveautés, le Puits qui parle réalise toujours de fort belles recettes. Tant mieux pour les sympathiques directeurs de ce charmant théâtre. Ils méritent toutes les chances et quand, par malheur, une pièce ne leur réussit pas, on est unanime à le regretter. Cette fois-ci, ils tiennent une excellente veine. Puisse-t-elle ne s’épuiser que le plus tard possible.
- Le Palais-Royal n’a pas eu de chance avec Doit et Avoir. La reprise des Petites Godin va ramener le public et le bon rire gaulois à cette scène célèbre et qui mérite mieux que la série noire qui paraît la poursuivre depuis quelque temps. Mais, après la pluie le beau temps. La saison prochaine ramènera les beaux jours du franc rire, des succès et des belles recettes.
- Est-ce le théâtre des Bouffes qui est engui-gnonné ? N’est-ce pas plutôt la direction? On dit que les artistes sont malades et que c’est pour cela que le Valet de Cœur ne peut être joué cette semaine. Et voilà pourquoi Mam\elle Crénom continue à jurer. Il est probable qu’aux Bouffes on ne jure pas que sur la scène.
- Ferlux.
- Le Gérant, GARREAU.
- Tours. — lmp. E. ARRAULT et Cie, rue de la Préfecture,
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- Le Moniteur
- DE
- L'EXPOSITION DE
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
- QUATRIEME ANNÉE. Dimanche 22 Avril 1888. NUMÉRO i73.
- SOMMAIRE :
- i. Les Travaux du Champ-de-Mars ; 2. La participation à 'l’Exposition de 1889 ; 3. Nominations d'un membre des comités d’installation; 4. Le Palais des machines à l’Exposition de (889; 5. La participation étrangère à l’Exposition de 1889; 6. Nominations de membres des sous-comités d’arrondissement du département de Constantine; 7. Echos; 8. Exposition universelle de Barcelone; 9. Adjudication de travaux pour l’Exposition de 1889; 10. Les Livres; 11. Le Bon Marché.
- EXPOSITION UNIVERSELLE
- DE 1889
- LES TRAVAUX DU CHAMP-DE-MARS
- Si nous continuons à donner ce titre à nos causeries,c’estplutôt par habitude, car, en réalité, il faudrait remplacer les mots Champ-de-Mars par celui de riDc/?oszYz'oft,attenduque depuis un certain temps déjà des chantiers se sont ouverts dans bien des points non situés dans Eenceinte de l’ex-champ de manœuvre. Au Trocadéro, sur les quais, sur l’esplanade des Invalides, partout on voit des ouvriers ; seulement, on est tellement accoutumé à considérer le Champ-de-Mars comme le véritable centre des expositions' qu’on ne nomme plus que lui, laissant involontairement un peu dans l’oubli les annexes qui, pourtant, surtout dans le cas actuel, méritent bien d’être mentionnées ; elles occupent en effet un espace considérable et les groupes qu’elles contiendront, horticulture, agriculture, marine, colonies... sont des facteurs dont l’importance n’est pas à dédaigner. Si on évaluait exactement les surfaces qui couvriront toutes les annexes en 1889, on arriverait probablement à un total égal, sinon supérieur, à celui des emplacements de l’Exposition principale, nous donnerons un de ses jours les chiffres exacts ; mais, en attendant, on ne changera rien à l’habitude prise et, un autre concours ayant lieu, étendît-il ses ramifications encore plus loin que celui-ci, on continuerait à se faire conduire directement ou à se transporter dans la vaste plaine, déserte il y a quelques mois et peuplée aujourd’hui d’une légion de travailleurs.
- 11 est évident que la supposition précédente est toute gratuite ; à l’heure où l’on n’en est encore qu’à la période préparatoire de la grande manifestation pacifique de l’année prochaine, il ne saurait être question d’en prévoir une autre. Mais plus on examine de près les travaux, plus on se pénètre de leur importance et l’on acquiert la conviction de l’impossibilité, signalée autrefois par nous, de faire, pratiquement, une exposition plus grande que celle qui se prépare ; non seulement ce serait un monde dans lequel on ne pourrait se retrouver, mais encore il faudrait en commencer l’organisation à une date si éloignée de celle de l’inauguration que forcément l’imprévu jouerait quelque mauvais tour entre ces deux époques, des modifications profondes dans les sciences et l’industrie auraient le temps de se produire, qui rendraient ridicules, vers la fin, certains préparatifs faits au début des travaux, puis à coup sûr on ne serait pas prêt.
- Ceci, au premier abord, peut paraître un peu hasardé, car, dira-t-on, il est toujours possible d être prêt lorsqu’on s’y prend à temps ; c’est une erreur, on se rend mal compte de la durée d’un trop long travail et s'en rendît-on un compte ^bien exact, jamais on n’obtiendrait 1 activité voulue de gens sachant qu’ils ont de nombreux mois devant eux.
- Quoi qu’il en soit, laissons de côté ce qui pourra advenir plus tard, il sera toujours temps d’en causer quand il sera nécessaire, et contentons-nous, pour l’instant, de continuer à suivre les progrès que fait l’œuvre de 1889.
- A vrai dire ces progrès n’ont rien d’extrêmement sensible, et malgré les bonnes volontés, qui ne se sont pas démenties un seul jour, le travail semble n’avancer que bien lentement. Cela tient à deux causes : La première c’est l’affreuse saison qui paraît vouloir s’éterniser comme si le printemps- n’était plus qu’une fiction, souvenir oublié d’un âge disparu : constamment de la pluie, des giboulées, des rafales, enfin toutes sortes d’intempéries bien faites pour arrêter l’élan des travailleurs et rendre la besogne très pénible sinon impossible ; allez donc faire de la maçonnerie lorsqu’il pleut à verse ou dresser des charpentes métalliques quand vous êtes aveuglé par le vent ou la grêle, forcément l’activité se ralentit. L’autre cause n’a pas l’importance de la première et ses résultats sont moins fâcheux en réalité qu’en apparence : on est arrivé maintenant à ce qu’on pourrait appeler le travail courant. Or là, les changements,quelle que soit l’habileté déployée, ne sont guère appréciables qu’au bout d’un délai assez long et c’est le motif qui tendrait à faire croire au public qu’on avance moins alors qu’une énorme somme d’efforts a été effectivement dépensée.
- Cet espèce de statu quo durera forcément encore un peu* et ce n’est qu’après l’achèvement des gros œuvres que les progrès seront rendus manifestement sensibles. Lorsqu’on remplira les vides entre les supports, qu’on posera les motifs deécoratifs et qu’on préparera les installations, l’aspect se modifiera pour ainsi dire d’un jour à l’autre et de tous ces assemblages, un peu informes, sortiront comme par enchantement les magnifiques constructions dont l’ensemble réjouira la vue.
- Jusqu’au moment où il nous sera donné de contempler ce spectacle, nous devons nous borner à noter au passage les phases successives par lesquelles passe la période préparatoire, ce n’est pas toujours récréatif, mais ceux qu’intéressent le grand tournoi pacifique comprendront l’utilité de ces descriptions généralement un peu sèches.
- Cette semaine les monteurs qui travaillent au palais des beaux-artsont arboré le petit drapeau, indice de l’achèvement de la première ferme. Ce bout d’étoffe tricolore nous a fait plaisir, il marquait la fin de l’ère des tâtonnements, le montage va maintenant se poursuivre avec rapidité et on verra bientôt se dresser la carcasse de ce palais qui promet d’être magnifique si l’exécution reproduit fidèlement les projets.
- Cette ferme, de 5o m. de portée, est très élégante. S’élevant d’abord par un montant assez léger, elle s’élargit un peu vers le tympan et se continue formant une sorte d’ellipse, jusqu’au sommet par une poutre en treillis d’un gabarit très pur. Ce qu’il y a de plus intéressant pour tout le monde en général et les spécialistes principalement, c’est le mode de liaison des piliers verticaux avec leur support et celle des arbalétriers entre eux et avec les piliers. Aucune attache rigide, seulement trois cylindres métalliques, engagés librement dans des alvéoles et ne se maintenant que par la poussée des différentes parties de la charpente; les cylindres placés sous les piliers, entre ces derniers et les sabots, permettent à la dilatation de se produire sans nulle gêne. Quant au cylindre supérieur.
- situé entrelesabouts desarbalétriers curvilignes, il se trouve pressé également des deux côtés et assure à la partie haute uns facilité de dilatation égale à celle des supports verticaux. La ferme est absolument articulée sur ses trois tourillons ; ce système est fort élégant et donne un cachet tout particulier à la construction.
- Cette disposition est, du reste, la même que celle, adoptée par M. Dutert pour son gigantesque arc de 110 m. au palais des machines, et, dans ce dernier, ce mode de liaison des diverses parties de la ferme paraît encore plus curieux. La dilatation, ce facteur important de toute construction métallique, s’opérera en toute liberté, grâce à la mobilité des tourillons, et les effets produits seront un léger renverse-, ment des piliers verticaux vers le dehors, un relèvement du sommet de la ferme et une légère fermeture de l’angle du dit sommet ; il est bien évident que ces mouvements seront inappréciables à l’œil et ne pourront être évalués qu’au moyen des procédés spéciaux.
- Avant de quitter le palais des machines, disons qu’au moment où nous écrivons cette chronique on commence le montage des énormes poutres constitant les arbalétriers ; il est aisé de comprendre que ce travail ne s’accomplit pas avec une grande célérité, l’élévation de pareilles masses exige des précautions infinies et par conséquent du temps, néanmoins tout semble marcher à souhait et dans notre prochain article nous pensons bien pouvoir annoncer l’achèvement des deux premières fermes ou tout au moins de l’une d’elles. Quoi qu’il en soit, cette opération nous fait entrer en pleine période de construction.
- Ce que nous venons de dire s’applique à la Cie de Fives-Lille, les usines Cail étant encore un peu en retard, mais il est probable qu’elles rattraperont vite les autres, car les échafaudages étant terminés, elles ont commencé cette semaine le dressage des piliers de leur première ferme. Les échafaudages employés sur ce chantier dffèrent un peu de ceux utilisés par la Cie Fives-Lille; au lieu d’être composés de trois parties indépendantes, ils sont constitués par plusieurs pylônes réunis entre eux par des ponts de service en tôle de fer.
- ¥ *
- On a achevé de battre les pieux dans la pile du dôme central, on se souvient que l’état du sol faisait prévoir la nécessité de le consolider par des pilotis, ce travail a été exécuté sans encombre, il est terminé et permet de considérer comme prochain l’achèvement des fondations. On espère que le dôme sera entièrement construit pour le mois d’octobre, date à laquelle toutes les constructions doivent être, au reste, entièrement finies. Si l’on peut, suivant les prévisions, arriver à terminer tous les édifices, et surtout leur couverture, avant le commencement de l’hiver, tout ira bien, car alors les ouvriers, se trouvant à l’abri, pourront travailler sans arrêt aux aménagements intérieurs; dans ces conditions l’hiver, fût-il fort rude, n’aura presque plus d’influence sur les préparatifs de l’exposition, le chômage ne sera plus à craindre et on ne perdra plus de temps.
- Dans le jardin haut les fondations des pavillons de la ville ont été entreprises il y a quelques jours ; en cet endroit le sol paraît assez résistant et comme les constructions ne présentent pas de dimensions inusitées, leurs assises seront vraisemblablement exécutées à bref délai.
- Pour ce qui est des plantations des jardins,
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- LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE 1889.
- Démanché 22 Avril 1888.
- tout est à peu près fini, il ne reste plus guère qu’à opérer la pose de certaines plantes et les gazonnements, mais, pour ces deux opérations, on attend que le service d’architecture ait achevé la mise en place des fontaines, des escaliers et des balustrades; sans cette précaution, les semis faits actuellement seraient fort compromis par le transport et le dépôt des matériaux.
- On poursuit activement le montage du dôme des palais des beaux-arts et de celui des arts libéraux, c’est ce dernier qui est le plus avancé et cela compense un peu l’infériorité dans laquelle se trouve, au point de vue de l’avancement, l’ensemble total du palais dont les formes sont encore sur le sol, attendant leur emploi.
- Signalons, avant de terminer, les deux visites faites au Champ-de-Mars par le ministre du commerce; la première, datant de la fin de la semaine dernière, était tout officielle, tandis que la seconde, faite mercredi, avait un caractère privé, le ministre n’étant presque pas accompagné. Il s’est promené sur les divers chantiers, examinant tout en détail et s’est longuement arrêté à contempler la tour, du haut de laquelle il a tenu à jeter un coup d’œil sur l’aspect général présenté par le Champ-de-Mars.
- H. DE BAECKER.
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- LA PARTICIPATION
- A L’EXPOSITION DE 1889
- Le comité girondin de l’Exposition de 1889 vient de décider d’organiser une exposition collective des vins de la Gironde ; il a reconnu que c’était là le seul moyen d’arriver à ce que notre collection complète de vins girondins soit représentée.
- D’actives démarches sont faites pour obtenir que le président de la République, au retour de sa visite aux docks, s’arrête un moment place Picard, où un comité de souscription a fait ériger une fontaine dont le motif principal est une réduction de 3 mètres 85 de la statuera Liberté éclairant le monde, montée sur un piédestal de 5 mètres 5o, et qu’on inaugurerait à ce moment en présence de M. Bartholdi.
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- Une importante réunion du sous-comité d’exploitation a été tenue au Champ-de-Mars, sous la présidence du ministre du commerce et de l’industrie, dans le cabinet de M. Georges Berger.
- Il ressort des explications données par ce dernier que les exposants français de 1889 seront plus nombreux que ceux de 1878.
- Il y a, à l’heure actuelle, 19,885 demandes d’admission.
- D’après les renseignements reçus à la direction générale de l’exploitation, 10,000 demandes nouvelles doivent se produire à bref délai pour les groupes des colonies, de l’Algérie, des beaux-arts, des animaux vivants, etc.
- D’autre part, des demandes d’admission émanant de certaines collectivités, telles que celles des produits alimentaires et de l’agriculture régionale, doivent encore être présentées.
- Ces chiffres, concernant les exposants français seulement, assurent la présence a l’Exposition de 1889 de 29,000 exposants au moins.
- Malgré le mauvais temps, qui a ralenti les travaux de construction, et grâce à l’habileté consommée de M. Alphand, qui remédiera à cet accident de force majeure, l’Exposition de 1809 est prête dans ses lignes générales; son succès est assuré.
- M. Georges Berger a conduit les membres du sous-comité dans les bureaux de ses différents services, afin de faire bien apprécier leur organisation et la somme énorme de travail accompli par chacun.
- Le sous-comité-a exprimé sa complète satisfaction au ministre et aux directeurs généraux.
- NOMINATION
- d’un Membre des Comités d’installation pour l’Exposition de 188g
- Par arrêté en date du 14 avril 1888, le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a nommé membre de la classe 82 des comités d’installation, M. Bénardeau, inspecteur des forêts, chef du Ier bureau du service central du ministère de l’agriculture, en remplacement de M. Charlemagne, démissionnaire.
- LE PALAIS DES MACHINES
- DE L’EXPOSITION DE 1889
- La première ferme métallique du palais des machines de l’Expositiou universelle sera levée aujourd’hui jeudi, en présence de tout le haut personnel des directions des travaux et de l’exploitation.
- Cette opération constitue la solution d’un des plus hardis et des plus grandioses problèmes qu’ait encore abordés la métallurgie à l’art de la construction moderne. Il s’agit, en effet, de la mise en place d’un arc métallique de 40,000 kilogrammes, élevé au-dessus du sol de 45 mètres, et d’un écartement, d’une portée (pour employer le terme propre) de 11 5 mètres.
- Elle s’effectuera avec une régularité mathématique, à l’aide d’ingénieux et puissants engins dressés dans ce but par la Compagnie de Fives-Lille, chargée du montage de la moitié des vingt fermes du palais.
- LA PARTICIPATION ÉTRANGÈRE
- A L’EXPOSITION DE 1889
- Sur l’initiative de la Société artistique Um-lecka-Beseda, les artistes tchèques ont constitué un comité national pour la participation à l’Exposition de Paris.
- Le peintre Brozik, de Paris, a accepté les fonctions de délégué des artistes de Bohême.
- Il est probable que, dans quelques jours, un comité pour l’industrie et les arts industriels viendra joindre ses efforts à ceux du comité artistique, afin de rendre aussi complète que possible l’exposition de la Bohême à Paris.
- --------------Tr.~ISKj).«-sSüi—r—-
- NOMINATIONS
- de Membres des sous-Comités d’arrondissement DU DÉPARTEMENT DE CONSTANTINE
- i° Sons-comité de Constantine
- Président : M. Germon, président de la chambre de commerce de Constantine.— Vice-présidents MM. Abadie, Gustave, président de la société d’agriculture à Constantine ; Friang, propriétaire viticulteur à Rouffach ; Ben Aïssa, adjoint indigène au Conseil municipal à Constantine. —Secrétaires : MM. Jacob, ingénieur des mines à Constantine ; Banguil, professeur départemental à Constantine; Ferrier, vétérinaire à Constantine; Dukers, négociant à Constantine.
- 20 Sous-comité de Guelma
- Président-. M. Seguin, agriculteur à Petit. — Vice-président: M. Barbier, conseiller général agriculteur à La Sefia. — Secrétaires : MM. Com-bès, agriculteur à Héliopolis ; Lesieur, agriculteur à La Sefia ; Lavie, industriel à Héliopolis ; Bailleul, agriculteur et viticulteur à Guelma ; Dénier, pharmacien à Guelma.
- 30 Sous-comité de Philippeville
- Président : M. Blancliet, membre de la chambre de commerce à Philippeville. — Vice-président : M. Teissier, vice-président de la chambre de commerce à Philippeville.— Secétaire: M. Catherineau, Julien, viticulteur à Philippeville.
- 40 Sous-comité de Sétif
- Président : M. Schmutz, propriétaire agriculteur, président du comice agricole des vins, à Sétif. — Vice-président : M. Gagnage, propriétaire agriculteur, vice-président du comice agricole de Sétif. — Secrétaire : MM. Zernati, David, propriétaire agriculteur, à Sétif ; Mairesibille, alfatier négociant à Sétif.
- 5° Sous-comité de Bougie
- Président : M. Dubar, propriétaire à Bougie. — Vice-président: M. Vulmont, François, agronome, expert phylloxérique, à Oued-Amizoua — Secrétaire : M. Philippot, conducteur des ponts et chaussées, à Bougie. — Trésorier : M. Segade, fabricant de carreaux mosaïques, à Bougie. — Assesseurs : MM. Bucquet, propriétaire à Bougie; Lambert, régisseur, cultivateur à Oued-Marsa; Carton, à Oued-Marsa.
- 6° Sous-comité de Batna
- Président : M. Arnaud-Marino, commerçant et agriculteur à Batna. — Vice-présidents : MM. Ca-zenave, conseiller général, maire de Biskra ; Jus, ingénieur de forages artésiens, à Batna. — Secrétaires : MM. Renault, banquier à Bône ; Bonniol Justin, commerçant à Batna.
- 70 Sous- comité de Bône
- Président: M. Ghaix, propriétaire, conseiller municipal à Bône. — Vice-présidents : MM. Le-tellier, conseiller général, membre de la chambre de commerce de Bône ; de Lacombe, proprié-
- taire, agriculteur à Bône. — Assesseurs : MM, Hugel, président du comice agricole à Bône; Si Tahar bou Maiza, propriétaire à Bône’; Beiss, Julien, ingénieur mécanicien à Bône; Maglinlo, architecte, conseiller municipal à Bône; de Cerner, directeur de laCie Mokhta-el-Hadid à Bône,
- ÉCHOS
- Paris
- Les expositions artistiques se suivent, se succèdent et se multiplient dans des proportions inusitées.
- A la galerie des Artistes modernes, 5, rue de laPaix, du 5 au 21 avril, agréable exposition de trente-trois tableaux, paysages et marines par M. Petitjean, le peintre apprécié.
- Chez M. Georges Petit, 12, rue Godot-de-Mauroy, intéressante exposition de tableaux et aquarelles, rapportés du Canada par M. Gaston Roulletet peintre distingué du département delà, marine, dont on se rappelle l’exposition de l’année dernière, consacrée au Tonkin.fDu 3 au 17 avril.)
- A la même galerie, du 9 au 17 avril, exposition de tableaux et études de M. le baron Jules Goë-thals, le peintre flamand.
- Au cercle Yolney, la charmante et captivante exposition du peintre russe Wassily Wereshagin, visitée par le président de la République avee Mme Carnot, et prolongée par un vif succès jus-. qu’au 29 avril.
- A la galerie Petit, rue de Sèze, la quatrième exposition de la société des Pastellistes français avec les exposants Adan, Béraud, Dagnan-Bou-. veret, John Lewis-Brown, O. Merson, Yon, Yollon, Madeleine Lemaire, Duez, Flameng’ Puvis de Chavannes, Roll, Mmes Cazin, Gervex", E. Levy, Heilbuth, Besnard, Dubufe, etc. ’
- A la galerie Durand-Ruel, 11, rue le Peîetier, du 15 avril au 15 mai, exposition des œuvres de Van Beers, qui devait primitivement se faire chez, Sedelmeyer, rue Larochefoucauld, du 12 avril au 12 mai, et que le récent et retentissant procès de Bruges a déplacée au dernier moment.
- Enfin, à l’Ecole des Beaux-Arts, mercredi dernier, sous la présidence de M. Carnot, inauguration de l’exposition des maîtres de la caricature du xixe siècle, qui jeudi s’est ouverte au public. Quelques heures charmantes à passer et le plaisir de donner son obole en faveur d’une œuvre entre toutes intéressante, la société de secours aux familles des marins français naufragés.
- Puis, en perspective, inauguration officielle de la Bastille et du quartier Saint-Antoine reconstitués au Champ-de-Mars, avenue de Suffren, par M. Colibert, le distingué architecte. Ceci dans les premiers jours de mai, le 5, dit-on.
- Mais auparavant le vernissage du salon, qui, la veille 29 avril, sera visité par le président de la. République et les membres du cabinet.
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- À l’Hôtel Drouot, cette semaine, grande af-, fluence au début de la vente Boucicauït, et jeudi à la vente de tableaux, aquarelles et pastels par le maître E. Boudin.
- Demain, commencement de la dispersion aux enchères de la merveilleuse collection Goupil.
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- L’exposition publique des esquisses présentées au concours pour la décoration picturale des mairies d’Arcueil-Cachan et de Nogent-sur-Marne, s’ouvre anjourd’hui dimanche 22 avril, pour se prolonger jusqu’au 6 mai inclusivement.
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- La Société La Pomme a, sur l’initiative de son président, M. Albert Christophle, décidé l’organisation d’expositions périodiques dont la première ouvrira au. Palais de l’Industrie, le 25 juillet prochain.
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- Il faut signaler l’exposition annuelle de la Société française de physique qui a eu lieu durant la semaine de Pâques et dont notre excellent confrère le Cosmos a donné le compte-rendu.
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- D épartements
- La société des Amis des Arts de Douai ouvrira, le 18 juillet prochain, à l’Hôtel de Ville, pour la clôturer le 1er août, sa trente-troisième exposition de peinture, dessin et gravure.
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- Du 1er juillet au 30 septembre, à Versailles, trente-cinquième exposition de la société des Amis des Arts de Seine-et-Oise,
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- Le 29 avril, à Toulouse, exposition annuelle de l’Union artistique.
- Le 16 août, à Langres, première exposition de la société artistique de la Haute-Marne.
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- Quatrième Année. — N° 173.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 22 Avril 18S8. — 1027
- ETRANGER
- Allemagne
- L’exposition nationale d’art industriel sera définitivement inaugurée à Munich, le mardi 15 mai prochain.
- L’administration a préparé à cette occasion toute une série de publications spéciales, savoir : Un catalogue officiel non illustré ; un catalogue officiel illustré ; un Guide officiel de l’exposition; une chronique de l’Exposition qui, à partir du 1er mai, paraîtra chaque quinzaine en fascicules, dont la réunion constituera un important ouvrage artistique de luxe; ce sera l’organe officiel de l’administration et le monument destiné à perpétuer le souvenir de l’entreprise ; enfin, un Moniteur de l’Exposition qui sera publié dès le début de l’Exposition et pourra paraître quotidiennement si besoin est.
- I L’édition et la rédaction de ces publications diverses sont confiées au secrétaire du Comité, Dr Paul Von Salvisberg.
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- La participation étrangère à l’exposition internationale des Beaux-Arts de Munich, participation qui au début s’annonçait assez faible ou du moins hésitante, devient, aux dernières nouvelles, au contraire assez considérable. Les artistes français ont donné des adhésions grâce à l’opportune mesure qui a assuré l’admission à l’exposition de Munich d’œuvres ayant ligure au Salon de Paris, et après la clôture de ce dernier.
- Comme nous l’avons dit, l’Autriche-LIongrie, l’Angleterre, l’Espagne et l’Italie auront les représentants les plus nombreux. Le Glaszpalast recevra aussi des envois importants centralisés dans les principaux centres artistiques européens par les Comités locaux d’artistes américains.
- Les travaux d’aménagement du Palais de Cristal se poursuivent d’une façon très satisfaisante, et l’achèvement en est assez proche pour que la réception et l’installation des envois puissent commencer sans retard. L’inauguration officielle reste fixée au vendredi Ie1'juin.
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- Une partie des importantes collections rapportées de l’Asie centrale par le célèbre explorateur suisse, G. Moser de Charlottenfels, sera exposée cette année à Francfort-sur-le-Mein dans les Galeries de la société d’art industriel.
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- Le peintre Deiters de Düsseldorf est chargé pour l’Allemagne des fonctions de commissaire général de l’exposition triennale préparée à Anvers par la société d’encouragement aux Beaux-Arts.
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- Ne quittons pas Düsseldorf sans enregistrer l’inauguration officielle, célébrée le samedi 31 mars, de la grande exposition internationale d’horticulture, connue de nos lecteurs.
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- Nous avons parlé à différentes reprises d’une exposition d’appareils de sûreté, de prophylaxie des accidents préparée à Berlin pour 1889. Les délais d’admission expirent cette année le dimanche 1er juillet. Le secrétaire du Comité est M. le Director Max Schlesinger, à Berlin, S. W. Koch-strasse, 3.
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- L’exposition générale qui aura lieu à Breslau par les soins de la société d’agriculture d’Allemagne, aura une, importance particulière pour la section d’animaux vivants, la galerie des machines devant être réduite cette année au minimum.
- II n’y aura donc pas moins de 3,348 numéros, dont 324 spécimens pour la race chevaline, 1,160 pour la bovine, 1,457 pour l’ovine, 507 pour la porcine. L’exposition s’étendra également à l’aviculture, l’apiculture, les semences, engrais, fourrages, etc.
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- Le professeur Huber de Stuttgart'avait émis dernièrement le projet d’une exposition générale, 'wurtembergeoise d’édition et de librairie. Cette exhibition devait prendre rang parmi les solennités et festivités projetées pour l’année prochaine à l’occasion du 25e jubilé royal.
- _L’idée a été discutée dernièrement dans une réunion des intéressés et la réalisation en a été décidée pour juin et juillet 1889. Les bases d’exécution ont été arrêtées et déterminées, de même les mesures financières indispensables. L’exposi-tions comportera les envois des plus grandes maisons d’édition, les procédés artistiques, mécaniques et chimiques d’impression et de reproduction, l’héliographie, la xylographie, la chromolithographie, la photographie, l’auto, l’hélio et la phototypie, une exposition rétrospective d’illustration anciennes, de reliures, le matériel enfin des procédés de reproduction.
- Le Comité promoteur réunit les noms bien connus de MM. von Cotta, président, conseiller du commerce, Kroner, et Karl Kallberg, vice-prési-
- dents, le professeur Huber, Th. Gobel, Paul Neff, etMaxSieger.
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- Les terribles inondations qui viennent de désoler certaines régions ont provoqué l’organisation de nombreuses œuvres de charité. Deux importantes expositions artistiques sont préparées cQns le but de venir en aide aux malheureux sinistrés; l’une par la société des artistes Berlinois ; l’autre à la galerie Fritz Guelitt, par un certain nombre d’artistes et plus de 200 collectionneurs qui consentent à se dessaisir momentanément d’œuvres inconnues du public, et qui pour une grande part appartiennent à l’art français.
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- Angleterre
- La première exposition florale printanière de la Royal Horticultural Societj/ a eu lieu à Londres, le mardi 27 mars, au milieu d’une grande affluence de visiteurs.
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- Le lundi de Pâques a été inaugurée à Londres dans l’Ecole de Lathburne Road, sous la présidence de sir Trevor Lawrence, la onzième exposition annuelle des travaux industriels et artistiques des élèves des vingt-deux écoles du dimanche, Sunday-Schools.
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- A Londres encore, au Westminster Aquarium, 3e exposition du Collie Club, durant 3 jours. 266 numéros.
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- A Scarborough, le marquis de Ripon, ex-vice-roi des Indes, a présidé, le 14 avril, l’inauguration d’une exposition d’industrie et de beaux-arts.
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- Est attendue avec impatience l’inauguration à Londres de l’Exposition italienne qui doit réunir de fait un nombre inusité d’attractions de tous genres.
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- Une exposition anglo-danoise est annoncée comme devant avoir lieu cet été à South-Kensing-ton, au profit d’œuvres de bienfaisance. L’entreprise est placée sous le haut patronage du prince et de la princesse de Galles, du prince royal et de la princesse de Danemark.
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- Australie
- Les renseignements sont assez contradictoires en ce qui concerne l’exposition internationale de Melbourne, ses travaux et ses prévisions de succès.
- D’Allemagne, il s’en donne les meilleures nouvelles, tant au point de vue général qu’au point de vue particulier, de la section allemande. Le commissaire impérial, conseiller du gouvernement Wermutli .a quitté Berlin le 29 mars et s’est embarqué le 2 avril à Gênes, à destination de Melbourne.
- En Angleterre, la Commission royale s occupe avec le concours des collectionneurs de réunir un choix d’œuvres d’art qui figureront à l’exposition; la reine, le prince de Galles, le duc de Westminster, lord Rosebery, MM. Agnew, ont répondu à l’appel de la Commission et l’on espère de nouvelles adhésions qui seront reçues jusqu’à la fin d’avril, 79, Spring-Gardens, à Londres.
- D’autre part, un correspondant du Figaro assure que l’enthousiasme manque absolument et que les préparatifs universels en vue de l’Exposition de Paris de 1889 nuisent singulièrement à l’exposition australienne.
- Ubique.
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE BARCELONE
- Depuis le 8 avril l’exposition universelle de Barcelone est virtuellement ouverte, mais cette ouverture, qui n’indique en fait que le commencement de l’organisation des galeries, doit avoir pour effet de presser l’installation.
- Le commissaire général de la section française rappelle à tous les exposants que leurs produits doivent être expédiés immédiatement Ceux d’entre eux qui n’auraient point encore recules pièces et étiquettes nécessaires à l’expédition sont priés de les faire retirer de suite au commissariat.
- L’installation de la section française doit être terminée complètement du 5 au 10 mai au plus tard.
- M. Courtois-Suffit, architecte de la section française, qui avait été à Barcelone pour commencer l’installation de la section, est de retour à Paris, très satisfait des résultats. Il y a laissé son adjoint, M. Dezermaux, qui continue l’organisation avec la meme activité. Le commissariat général y sera bientôt officiellement installé.
- 11 résulte d’un avis officiel émanant de l’ambassade d’Espagne à Paris que la date irrévocable de
- l’inauguration officielle est fixée au i5 mai prochain par la visite de S. M. la Reine Régente qui sera accompagnée de M. Sagasta, président du Conseil des Ministres, et de plusieurs de ses collègues.
- La ville de Barcelone prépare pour l’inauguration de son exposition universelle, qui est assurée du plus brillant succès, des fêtes splendides tout à fait dignes de la capitale industrielle de l’Espagne.
- ADJUDICATION DE TRAVAUX
- POUR L’EXPOSITION DE 1889
- On vient de procéder au palais du tribunal de commerce, par les soins du conseil de préfecture, à l’adjudication, au rabais, de l’entreprise, en un lot, des travaux de couverture, plomberie et zin-gage à exécuter en location pour le palais des machines dans le Champ-de-Mars.
- Ces travaux, évalués à 178,986 fr. 46, ont été adjugés à M. Jules Robin, moyennant un rabais de 12 fr. 70 c. 0/0.
- Hier, également, devait avoir lieu l’adjudication, au rabais, de l’entreprise, en un lot, des travaux de construction, en location, de portiques et escaliers en charpente et grosse menuiserie à exécuter dans la nef du palais des Arts libéraux, pour l’installation de l’Exposition rétrospective du travail et des sciences anthropologiques.
- L’adjudication n’a pu avoir lieu, les six entrepreneurs soumissionnaires ayant demandé une augmentation.
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- LES LYRES
- CLIII
- Histoire d’une grande dame au xvme siècle. — La comtesse Hélène Potocka, par Lucien Perey, 4me édition. Calmann Lévy, éditeur. Un vol. in-8.
- Vous vous souvenez peut-être, car nous vous en avons parlé ici même, de cette petite princesse Hélène Massalska, élevée à l’Abbaye au Bois avec la fleur de l’aristocratie féminine française, enfant prodige, enfant terrible au couvent, puis enfant prodigue dans la vie, spirituelle , malicieuse, étourdie, le cœur sur la main, mais la tête à l’envers, coiffée d’un bonnet destiné à voler par dessus les moulins. Vous savez que notre petite princesse polonaise, dont les confidences de jeunesse nous ont ouvert sur le monde du couvent et du salon à la fin du xviii® siècle des perspectives nouvelles, tomba, comme les autres, au piège d’un de ces mariages de convenance plus que d’inclination, dont plus d’un tourna si mal pour l’honneur du mariage et le repos de la famille. Elle entrait dans une famille illustre dont le chef ajoutait à tant d’autres gloires de son blason la juste réputation d’un écrivain militaire, à la plume aussi alerte, aussi victorieuse que son épée : grand homme d’esprit à qui l’esprit fit du tort et qui dut, par une disgrâce faite surtout du ressentiment de ses épi-grammes, se résigner à la retraite en cultivant ses jardins de Belœil, et plus tard en recevant et en enchantant ses amis dans son manoir du Léopold-berg, se consoler de n’avoir pas reçu l’occasion de montrer son génie.
- Vous avez reconnu le prince de Ligne qui eut pour Hélène toute l’indulgence, toute la clémence d’un beau-père qui avait de tout temps aimé la Pologne et encore plus les Polonaises. Malheureusement, autant le prince était vif, gai, souple, souriant avec la grâce d’une nature insoucieuse et frivole, autant la princesse dont il était le mari lui ressemblait peu : femme pieuse, sévère, raide,, inflexible sur l’étiquette, vertu à vertugadin qui avait dépensé à pardonner au prince ses infidélités toute l’indulgence dont elle était susceptible, et à qui il n’en devait plus rester pour sa petite et charmante bru et ses façons d’alouette.
- Son mari, le prince Charles de Ligne, était un homme grand, blond, animé par tout le courage des de Ligne, mais qui avait moins hérité de l’esprit paternel que de la roideur et du flegme maternel. Sa mort héroïque, survenue en 1792, priva son père d’un fils de prédilection, qu’il ne cessa de pjeurer autant qu’il en était capable et rendit à Hélène de fait et de droit une liberté qu’elle avait depuis-longtemps aliénée de cœur. Car elle avait tout sacrifié à la passion que lui avait inspirée le comte Vincent Potocki et avait rejoint, en attendant qu’il devint son mari, son amant dans ses terres de Xithuanie, abandonnant sa fille Sidonie qu’elle ne devait revoir que dix-huit ans après. ,
- Le second volume, celui que nous présentons et recommandons aujourd’hui au public, _ qui n'a pas besoin de nojtre recommandation, car il a déjà fait à l’ouvrage une fête et un succès tout à fait dignes de lui, s’ouvre sur la seconde moitié de la vie d’Hélène de Ligne, veuve sans regret du prince Charles, héros qui avait ses rudesses et aussi ses faiblesses et ne peut être considéré comme entièrement innocent dans son infortune conjugale, et courant l’aventure romanesque d’une liaison avec
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- 1028. — Quatrième Année. — N° r73,
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 22 Avril 1888.
- le comte Vincent Potocki, dont un deuxième divorce la rendra, non sans vicissitudes, la femme légitime.
- Nous voici donc en présence de cette seconde partie de l’histoire intime et morale d’une femme qui,' malgré ses fautes, ne perd pas une minute notre intérêt, à cause de sa sincérité, de l’espèce de fatalité d’imagination, de tempérament qui la pousse à toutes les folies de la passion, passion expiée dans ses oublis et ses ingratitudes, par l’infidélité de celui qui en est l’objet, passion pleine de leçons et d’exemples.
- Une femme aussi femme que la princesse Hélène, qui est un type de femme tout à fait caractéristique et qui avait bien raison de dire que ses vicissitudes morales inouïes sont faites pour servir à l’histoire du cœur humain, ne pouvait manquer de trouver beaucoup de ces déceptions, de ces désabusements exemplaires dans la passion à laquelle elle s’était donnée tout entière, oubliant les reproches muets de la mémoire de son mari, et les reproches moins discrets de la princesse mère, oubliant sa fille élevée orpheline d’une mère vivante, avec une fille naturelle de son père, Christine dans le triste sanctuaire de vertu et d’orgueil où l’esprit des Lichtenstein, beaucoup moins léger que celui des de Ligne, régnait sans partage ; oubliant son charmant beau-père, père et mari prodigue lui-même qui lui eut tout pardonné parce qu’il avait aussi aimé, jetant au creuset de sa passion son honneur, sa fortune, sa beauté, tout cela pour quelques ivresses fugitives et décevantes, pour quelques rares parcelles d’or pur, c’est-à-dire de bonheur vrai , mêlées à bien des cendres amères.
- C’est en cela qu’est vraiment curieux et neuf ce livre qu’une femme d’esprit et de goût, en qui les meilleures traditions du xvme siècle revivent animées par le sourire d’une philosophie chrétienne sans préjugés, mais sans illusions, a tiré avec une sagacité, une patience, un bonheur complet des carnets, des brouillons, des lettres, laves et cendres refroidies d’une vie volcanique, dont il fallait reconstituer les éruptions ; c’est en cela qu’il est vraiment curieux et neuf ce livre, qui ne doit rien aux livres, qui nous donne les résultats d’une analyse poursuivie sur la nature vivante à travers les palpitations d’un cœur toujours frémissant, les agitations d’une âme vouée à Vénus, et tout entière attachée à sa proie.
- Car il y a tout un drame, un drame shakespearien parfois mêlé de comique, et où le rire interrompt parfois les larmes, dans cette lutte entre la femme aimante, l’homme aimé pour le bonheur humain , c’est-à-dire pour la domination, car l’amour ne voit le bonheur que dans la domination, sauf à ne le trouver que dans le sacrifice.
- Ce qui rend ce duel, qui est l’âme de toutes les comédies, de tous les romans de ce monde, particulièrement intéressant et pathétique pour nous, c’est d’abord qu’il est arrivé, qu’il fait des blessures qui saignent devant nous, qu’il n’a rien de fictif, rien de factice ; c’esjL ensuite qu’il se livre entre deux créatures qu’on peut dire typiques, caractéristiques d'un temps disparu, et qu’il a pour décor ces paysages slaves d’une couleur fantastique et ces mœurs aristocratiques et populaires qui font une société bien à part de cette société évoluant entre les finesses parisiennes et les rudesses tar-tares, entre les corruptions de la civilisation occidentale et les corruptions de la barbarie orientale. Tout cela est très curieux, très neuf, comme ce drame lui-même où une complication vraiment inouïe d’incidents ne laisse jamais languir notre intérêt, notre émotion, notre pitié.
- Le comte Vincent Potocki est un homme typique de son temps et de son pays: grand, beau, souple, gracieux, subtil, portant dans la passion plus d’imagination que de sentiment, plus d’ardeur que d’énergie, sorte de Don Juan slave, profitant pour ses caprices des facilités qui font des divorces polonais, aussi onéreux que faciles, une des sources essentielles des revenus de la cour de Rome ; il a déjà eu deux femmes légitimes: toutes deux vivantes , une remariée et consolée, l’autre fidèle à l’infidèle, inconsolable, une Elvire polonaise, que les devoirs maternels et l’espoir tenace d’une revanche maintiennent dans une viduité tour à tour suppliante et menaçante. Elle a laissé à son mari un de leurs deux fils, a gardé l’autre. Les premières années d’un bonheur qui semble sans mélange mais où déjà on peut, à l’observation, noter le progrès de ces alliages destinés à corrompre les sentiments et les félicités qui paraissent du métal le plus solide et le plus pur sont traversées par les ennuis de ce divorce dont la comtesse Anna dispute à son mari, dispute à sa rivale, par tous les moyens, la conclusion légale, compromise par des retards d’insouciance et d’économie ; par les soucis de l’administration d’une immense fortune qu’obèrent la dispersion des biens, aussi séparés et dispersés que la malheureuse Pologne elle-même, mutilée par trois partages; bien que pillent les intendants et les parasites vivant de l’écorce et de la sève de l’arbre ; que grèvent les séquestres politiques, à la suite de ces révolutions dont la dernière à coûté la vie au prince évêque de Wilna, l’oncle si paternel de la princesse Hélène; que menacent les revendications coalisées de la famille de Ligne
- au nom de Sidonie, de la famille Miecelski au nom de François Potocki. Cependant le ciel d’abord clément a semblé bénir cetre union maudite; il l’a rendue féconde. La comtesse Vincent et le comte peuvent goûter l’une comme diversion à ses jalousies, l’autre comme diversion à ses satiétés les bonheurs paternels et maternels.
- Mais la foudre éclate sur ce bonheur fragile et malgré tout précaire. Les enfants meurent, Hélène est condamnée à la stérilité. Le comte est obligé d’aller à Saint-Pétersbourg solliciter de Catherine la reconnaissance de son mariage, et la levée du séquestre d’une partie de ses biens ou plutôt des biens que safemme a hérités du malheureux évêque de Wilna mort victime d’une sédition populaire. Hélène éprouve à son tour les maux qu’elle a fait souffrir à la comtesse Anna. Elle surprend son mari en flagrant délit d’infidélité et de l’infidélité la plus basse et la plus cruelle de toutes , l’infidélité ancillaire. La comtesse Anna est trop vengée. Les époux se séparent puis se réunissent. Hélène a trouvé au moment du désespoir, au moment où elle s’abîmait dans les résolutions les plus extrêmes, l’appui (Ui prince de Ligne, qui ménage une réconciliation.
- Cette réconciliation a bientôt pour gage la plus imprévue des combinaisons. La fille d’Hélène, Sidonie de Ligne, épousera François, le fils de son mari et de sa seconde femme, dont il est divorcé.
- Ainsi finit le drame, heureusement, et par un mariage. A travers tous ces incidents, l’auteur nous donne des tableaux de la vie d’émigration, des tableaux de la vie de cour sous Catherine et sous Paul Ier, pleins de nouveauté et d’une couleur locale intense.
- Le comte et la comtesse, rentrés dans leurs biens, redevenus riches, apaisés par l’expérience et aussi parla lassitude, se consolent par le bonheur de leurs enfants de mutuelles déceptions.
- Nous avons alors, par ces notes et le journal d’Hélène, des tableaux de la fin de l’Empire et de la première restauration tout à fait curieux. Le prince de Ligne, ses dernières années, sa mort, les salons de Paris de 1810 à 1820, avec leurs figures caractéristiques, comme Mme de Coigny, Mme de Coislin, les salons de Vienne pendant le Congrès (1814), revivent devant nous ranimés avec un art exquis.
- Et nous fermons le livre, pour le placer au rayon d’honneur de notre bibliothèque, comme un des ouvrages d’histoire intime les plus vifs, les plus neufs, les plus intéressants, les plus amusants qui aient paru depuis dix ans, contenant avec une peinture attachante de la décadence et du renouvellement d’une société , un portrait de femme poursuivi dans ses lignes les- plus ondoyantes, ses traits les plus fugitifs ; le portrait d’une femme dont la vie a.été consacrée à une passion, dont la mort subite nous émeut comme celle d’une personne connue, aimée malgré ses défauts et ses fautes et nous fournit des leçons aussi émouvantes que celles de sa vie. Car nous apprenons par les dernières pages du livre, non sans un serrement de cœur, que la princesse Hélène de Ligne, que la comtesse Vincent Potocka repose aujourd’hui, expulsée d’un tombeau délaissé par sa famille, dans la fosse commune, et que la mort de son mari, en 1825, l’a seule empêché de réaliser la bizarre, l’étrange et dernière transformation qu’il préparait : redevenir, grâce au veuvage, le mari de cette comtesse Anna dont le divorce l’avait séparé. C’est un comble ; mais c’est la vérité, mais c’est l’humanité, c’est vrai comme ce qui est humain et c’est triste comme ce qui est vrai.
- M. de Lescürf..
- LE BON MARCHÉ
- EXPOSITION DES TOILETTES D’ÉTÉ
- ET DE CAMPAGNE, AMEUBLEMENTS, ETC.
- Voici bientôt venir la saison où l’on quitte la ville, ün peut dire qu’aujourd’hui tout le monde songe à partir à la campagne. Les facilités de communication sont telles que les plus modestes fortunes peuvent se donner le luxe d’aller respirer le grand air durant quelques mois, loin des bruits de la ville, dans la verdure des paysages. Les plus fortunés vont aux bains de mer, autant pour suivre le courant de la mode que par raison de santé.
- Ce sont donc des conditions de vies nouvelles qui s’imposent pour quelques mois. Ces changements d’existence veulent des costumes nouveaux. On ne s’habille pas aux champs ni à la mer comme on s’habille en ville.
- Le bon marché fait chaque année à la même époque une exposition très complète (et par parenthèse toujours impatiemment attendue), de costumes d’été et de mille objets d’utilité pratique pour la campagne. Quiconque s’apprête à une villégiature trouvera là tout ce qui lui est nécessaire, tout ce qui pourra lui être utile, tout ce qui peut lui sembler agréable, pour se vêtir, pour meubler son habitation, pour agrémenter son
- séjour aux champs, au bord de la mer, ou dans les bois.
- Cette année encore, les occasions sont absolu- ' ment hors ligne.
- Les costumes les plus variés, pour dames s’offrent aux désirs des clientes. Il y en a de tous les prix, pour toutes les bourses et pour tous les goûts, pour toutes les circonstances de la vie à la campagne ou à la mer.
- Costumes en percale, avec les dessins les plus nouveaux, costumes en zéphir de teintes diverses, costumes en lainages unis ou fantaisie, en dentelle tulle Chantilly, très élégamment drapés sur des jupes de teintes sombres. Voilà, certes, une variété qui embrasse toutes les circonstances et qui permet de choisir depuis le costumes le plus simple jusqu’au vêtement de grande toilette.
- Là ne s’arrêtent point les confections pour dames. Que d’autres choses encore sont indispensables à la veille du départ! Et puis, il ne suffit pas d’avoir différents costumes qu.e l’on portera, une fois arrivé à la campagne. Il faut songer au voyage ; il faut prévoir les circonstances où, même loin de la ville, on ne sortira pas de chez soi et celles où, au contraire, on devra s’habiller très élégamment.
- Voici donc des vêtements longs, en imperméable garanti, de différentes couleurs, des mantilles de tous prix, doublées ou non, garnies avec la plus grande variété, des visites, des jaquettes, des pare-poussière pour le voyage et les excursions, des vêtements pour la plage.
- Et puis, pour le matin ou pour la maison, des robes de chambre, des peignoirs de formes les plus élégantes, créés spécialement par le Bon-Marché, des matinées, des Jupes de tous modèles, pour voyage, pour toilettes de bains de mer, très légères, en mousseline, en batiste de laine à jour, en cretonne imprimée, en foulard soie. On va, à ce comptoir, des prix les plus invraisemblables de bon marché au suprême de l’élégance.
- Tous les modèles sont nouveaux, tous les tissus de qualité supérieure et la confection de tous ces objets est très soignée. Un goût parfait a présidé au choix des étoffes, à leur mise en œuvre, à l’exécution complète des mille détails qui forment et complètent la toilette des dames.
- Le comptoir des modes offre aussi le plus grand choix de chapeaux, de capotes, de capelines pour bains de mer. Il en est de toutes formes, pour tous les âges, toujours au goût de la dernière mode.
- Une exposition de toilettes d’été ne serait pas complète s'ans un choix de Jerseys. Le Bon Marché en offre une très grande variété en tissus appropriés à la saison.
- Un comptoir spécial comprend les costumes pour fillettes. Les mamans y font de longues stations et se laissent tenter par ces merveilles de goût et toutes ces charmantes choses qui sont faites pour vêtir, orner, embellir les chères petites créatures que tout le monde doit admirer sur la plage et qui sont si adorables au milieu des fleurs d’été quand.elles courent après les papillons ou qu’elles butinent les parterres. En attendant, elles sourient et se disent certainement que le Bon Marché comme toujours a fait bien et largement les choses.
- Voici encore les costumes pour jeunes garçons, les vêtements pour hommes. Il y en a de toutes nuances et de tissus différents, en lainage, en toile, en alpaga, en diagonale fantaisie. La confection en est parfaite, solide et les prix véritablement exceptionnels.
- Mais l’exposition est immense; il y a encore des comptoirs de soieries noires et de couleur, d’étoffes nouvelles, de lainages, d’indiennes et flanelle.
- Plus loin, sont les ombrelles, les gants, les chaussures, la mercerie, la parfumerie, etc., etc., toutes choses dont il faut se munir, quand on projette une fugue à la plage ou aux champs.
- Enfin, vient l’ameublement. Là encore, comme à tous les comptoirs de cette grande maison, l’assortissement est complet. On peut à des prix extraordinaires de bon marché, garnir très élégamment toute une maison de campagne. Le choix est considérable en fait de meubles en fer, de meubles rustiques, tables, chaises, fauteuils, pliants, tentes de jardin, hamacs. Les articles de voyage sont aussi très au complet et portent tous un grand air de confortable.
- Inutile de dire qu’il y aura foule à cette exposition du lundi 3o avril prochain : car plus que toutes les illustrations des catalogues et les arides nomenclatures, ce qui attire la foule au Bon . Marché, c’est la certitude de trouver là tout ce qu’on veut, la perfection en tout ce qu’on y' achète, le fini et l’élégance dans chaque article qu’on y trouve, ainsi que les prix avantageux auxquels on s’y procure toutes choses utiles, agréables ou luxueuses.
- Baille.
- Le Gérant, GARREAU.
- Tours. — lmp. E.ARRAULT et Cie, rue de la Préfecture,
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- Le Moniteur
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- L’EXPOSITION DE 1889
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
- QUATRIEME ANNÉE. Dimanche 29 Avril 1888. NUMÉRO 174.
- SOMMAIRE :
- l.'Les travaux du Champ-de-Mars; 2. Nominations de membres des comités d’installation ; 3. Echos; 4. Exposition universelle de Barcelone; 5. Les Livres.
- EXPOSITION UNIVERSELLE
- DE 1889
- LES TRAVAUX DU CHAMP-DE-MARS
- Ce n’est pas une, mais bien deux des fermes de palais des machines, dont nous sommes heureux d’annoncer aujourd’hui le dressage complet ; cette importante opération a pleinement réussi et, quelque rigoureuses que fussent les prévisions, nous comprenons le plaisir éprouvé parles ingénieurs, las architectes et les constructeurs en voyant le succès couronner leur audacieuse tentative.
- Des expériences nombreuses confirmant journellement la théorie ont fait maintenant du calcul de la résistance des matériaux une science absolument exacte ne laissant au hasard qu’une part presque sans influence; on peut actuellement calculer à l’avance tous les éléments d’une entreprise et s’assurer ainsi des pos sibilités de l’exécution. Néanmoins lorsqu’un projet sort autant des limites de l’usuel que le font les fermes de i io mètres, qu’on n’aaucune donnée basée sur des précédents semblables et qu’il faut se fier exclusivement à la théorie, il est tout naturel qu’une certaine émotion se manifeste au moment où l’on passe du domaine des hypothèses dans celui delà réalité. A cet instant suprême où la réussite d’une grande œuvre, la renommée des auteurs et la vie de nombreux ouvriers, où toutes ces questions d’une haute gravité sont en jeu; une petite appréhension est bien permise, on conçoit très bien que les créateurs responsables, malgré toute la conscience et la minutie apportées à l’étude des projets, aient un peu d’hésitation en se demandant si l’épreuve tournera à leur avantage.
- Il faut si peu de chose pour amener une catastrophe, une attache mal faite, qui se défait, un cordage qui se brise, un boulon qui se rompt, enfin un détail quelconque, parfois futile en apparence, peut avoir été omis et causer les plus grands malheurs ; aussi quelle surveillance, quelles inspections sévères de toutes les parties du chantier, ceux qui président à un tel travail se figurent toujours qu’ils n’ont pas tout examiné et quelle que soit leur impatience légitime de voir la réalisation de leurs projets, c’est presque à regret qu’ils donnent l’autorisation de commencer les opérations du montage.
- Ces opérations doivent être conduites avec une régularité absolue, car, ayant lieu sur différents points à la fois, comme elles concourent toutes au résultat, si l’une d’elles éprouvait un retard ou une avance, l’harmonie de la manœuvre serait détruite et la réussite pourrait être compromise.
- On élève les deux arbalétriers à la fois au tnoyen de moufles dont les cordages, de la grosseur du bras, sont sollicités par des treuils a double enroulement spécialement établis pour ce gigantesque travail et de dimensions inusitées. Bien qu’énormes, ces treuils sont mis en mouvement par des hommes, car ici on estime que
- le travail doit être plus intelligemment que rapidement conduit. Lorsqu’il est indispensable d’obtenir simultanément de la force et de la vitesse, l’emploi de la vapeur est obligatoire mais dans le cas actuel la force seule a de l’importance ; on peut donc sacrifier la vitesse et dans ces conditions il est préférable d’employer des ouvriers à la production des efforts nécessaires.
- On commence par soulever les poutres du côté des extrémités dont la liaison formera le sommet de la ferme, puis lorsque les poutres, ainsi soulevées, sont dans une position oblique sous un angle égal à celui qu’auront les rampants, on agit simultanément sur tous les points de façon à faire monter les,pièces parallèlement à elles-mêmes jusqu’à ce qu’elles soient arrivées à la hauteur voulue. A ce moment, au moyen d’autres câbles reliés à des appareils secondaires, on opère l’ajustage, c’est-à-dire la mise en face l’une de l’autre des deux parties qui doivent être boulonnées ou rivées, puis on opère la pose des boulons ou des rivets. La ferme est alors constituée.
- En cet état, on comprend qu’elle ne pourrait être encore abandonnée à elle-même, car des causes extérieures, vent, chocs ou trépidations, d’une faible importance même, détermineraient dans une arche aussi vaste des ébranlements qui allant en s’accroissant amèneraient promptement la chute de la charpente.
- Pour éviter de pareils accidents et donner à l’arc dressé une rigidité suffisante, on doit le relier à ses voisins par des pièces de contreven-tement, sablières, pannes, faîtage, c’est pourquoi on est obligé de dresser pour ainsi aire à la fois plusieurs fermes consécutives qui, par leur liaison, constituent un ensemble d’une stabilité suffisante pour qu’on puisse en écarter les échafaudages qui lui servaient d’appui.. C’est à la pose de ces pièces annexes qu’on s’emploie en ce moment avant d’entreprendre le montage des troisième et quatrième arceaux; néanmoins on en prépare toutes les pièces sur le sol pour que le levage ne subisse aucun retard lorsque les grands pylônes de bois seront libres et pourront se déplacer.
- Les fermes déjà montées appartiennent à l’usine Fives-Lille ; l’usine Cail met la dernière main à son échafaudage et prépare toutes ses composantes métalliques. Ainsi que nous le disions la semaine dernière, il est probable que ces deux usines arriveront presque en même temps à la fin de leur entreprise. Quant à l’échafaudage utilisé par les ateliers Cail, il est peut-être à craindre que son déplacement ne présente quelques difficultés, car cette construction de bois ayant une grande longueur, une hauteur énorme et, par contre, une assez faible épaisseur, il se pourrait que de ébranlements se produisissent lorsqu’il s’agira de faire mouvoir à la’ fois et d’une façon régulière tous les points d’appui de cette immense charpente. Le moment venu nous-verrons par quels procédés ce résultat sera atteint ; du reste, nous avons fait une remarque analogue au sujet de l’échafaudage monumental du palais des Beaux-Arts, là encore il est permis de se demander dans quelles conditions s’opérera le mouvement de translation d’une pareille masse. »
- Dans notre dernière chronique nous avons bien expliqué que les fermes seraient articulées sur trois tourillons, mais nous avons omis de dire que les abouts des poutres inclinées qui s’appliquent sur le tourillon du sommet,étaient, en outre, reliés entre eux sur chaque face par
- deux demi-brides formant une sorte de collier aux coussinets de la pièce cylindrique centrale; c’est une simple précaution supplémentaire, car l’arc ne peut disjoindre ses deux parties, puisque toutes les deux, ayant leur centre de gravité complètement en «dedans du pilier vertical, s’appuient avec une force considérable l’une contre l’autre et s’empêchent mutuellement de se renverser à l’intérieur.
- Les arbalétriers sont munis intérieurement d’une échelle de fer couchée sur la semelle inférieure, cette échelle permet aux ouvriers d’arriver sans danger jusqu’au sommet de la ferme; à cet effet les tôles qui réunissent perpendiculairement à celle-ci, la semelle supérieure à la semelle inférieure, sont percées à la partie basse d’une ouverture assez grande pour donner passage à un homme. Cette disposition est très ingénieuse, les ouvriers pouvant circuler ainsi dans la charpente même, ce qui leur épargne le vertige et les met à l’abri des chutes.
- Avant de quitter ce chantier, signalons le début de l’établissement des fondations de la partie élargie du grand vestibule qui joindra le dôme central à la galerie latérale du palais des machines en traversant le palais des industries diverses ;* déjà de nombreux blocs de pierre de taille sont en place, dessinant sur le sol les contours de cette portion de l’édifice, d’autres matériaux sont disséminés aux alentours attendant leur emploi. Ce travail entrepris depuis quelques jours seulement nous paraît être conduit avec une remarquable célérité.
- Nous pouvons en dire autant des maçonneries du grand dôme, le plan de ce dernier çom^ mence à être nettement indiqué et sous peu, croyons-nous, les maçonneries pourront être terminées et les maçons congédies pour laisser la place libre aux constructeurs de ce grand hall.
- Puisque nous sommes sur le chapitre des fondations, il convient de signaler celles qu’on exécute pour les pavillons de la ville de Paris ; comme rapidité d’exécution elles n’ont rien à envier aux autres chantiers, pas même à ceux établis sur l’esplanade des Invalides pour le palais des Colonies, le sol assez résistant à cet endroit permet au travail d’avancer avec une extrême promptitude.
- Les matériaux affluent devant le pavillon de l’administration des travaux, on ne voit que colonnes de fonte, cubes de pierre, pièces métalliques de toutes formes et de toutes dimensions, tout cela va être utilisé à la construction des galeries latérales de 15 mètres qui seront accolées aux travées longitudinales du palais des industries diverses; ces galeries atténueront, d’une façon heureuse, ce que le palais a de trop uniforme, elles le compléteront.
- Dans l’ancienne rue transversale, aujourd’hui enlevée à la circulation publique, on a entrepris les maçonneries qui doivent servir d’appui mi vestibule séparant les beaux-arts des industries diverses ; les ouvriers semblent vouloir apporter une grande célérité dans l’accomplissement de ce travail qui modifiera sensiblement l’aspect de cette partie du Champ-de-Mars.
- Nous trouvant près du palais des Beaux-Arts, nous voyons qu’en cet endroit le temps est également bien mis à profit : deux fermes sont complètement montées et les suivantes sont en bonne voie de préparation ; de plus, l’échafaudage destiné au dôme est assez a^ ancé, sa terminaison est prochaine.
- Il ne nous est pas possible de parler de la même façon du palais des arts libéraux, ce
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- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 29 Avril 1888.
- chantier reste stationnaire depuis quelque temps, et sauf en ce qui concerne l’etablissement de la charpente du dôme aucun progrès n’est à signaler. Espérons que cet arrêt dans le travail prendra bientôt fin et qu’une grande activité amènera bientôt la construction au point où il serait bon qu’elle fût dès à présent.
- Notons encore au passage la continuation des opérations de jardinage, la pose des soubassements en brique des galeries de l’agriculture et .mfin l’essor prodigieux pris par le montage de la tour dont quatre panneaux ont été dressés, faisant ainsi passer le sommet de la cote 70 à la cote 80 environ.
- En un mot, la reprise est générale sur toute l’étendue de l’Exposition ; nous aurions donc encore bien des choses à dire, mais, limité par la place qui nous est réservée, nous sommes obligé de nous arrêter ici pour reprendre dans huit jours notre revue habituelle.
- H. de Baecker.
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- NOMINATIONS
- de Membres des Comités d’installation des < Classes et Groupes à l’Exposition de 188g (Suite.)
- Classe 59
- Machines, instruments et procédés usités dans divers travaux
- MM. Besançon, fabricant de limes et outils d’horlogerie, membre des comités d’installation à l’Exposition de Paris en 1878.
- Chauvel (Emile), lamineur de cuivre.
- Classe 60
- Carrosserie et charronnage. — Bourrellerie et sellerie
- MM. Binder (Henry), carrossier, membre du jury des récompenses à l’exposition d'Amster-’ dam en i883.
- Lasne (Auguste), sellier-harnacheur, prési-sident de la société des selliers-harna-cheurs, membre des comités d’installation à l’Exposition de Paris en 1878.
- Mauclère, directeur des ateliers de la compagnie générale des omnibus de Paris.
- Thibout, fabricant d’articles de charronnage président de la chambre syndicale du charronnage.
- Classe 61
- Matériel des chemins de fer
- MM. Bandérali (D.), ingénieur civil, chef du service central du matériel et de la traction à la compagnie des chemins de fer du Nord.
- Henry, ingénieuren chefau corps des mines, ingénieur en chef du matériel et de la traction à la compagnie des chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée.
- Morel-Thibaut, constructeur de voitures et wagons, juge suppléant au tribunal de commerce.
- Salomon (Louis), ingénieur civil, ingénieur en chef du matériel et de la traction à la compagnie des chemins de fer de l’Est.
- Classe 62
- Electricité
- MM. Berthon, ingénieur, directeur de la société générale des téléphones.
- Bouilhet (H.), ingénieur, directeur de la maison Christofle, membre de la commission permanente des valeurs de douane, membre des comités d’admission et d’installation à l’Exposition de Paris en 1878.
- Cance (Alexis), ingénieur-électricien.
- Jarriant, constructeur d’appareils et de sonneries électriques, président de la chambre syndicale des entrepreneurs de sonneries électriques et de paratonnerres
- Classe 63
- Matériel et procédés du génie civil, des travaux publics et de l’architecture
- MM. Garnier (Hubert), ingénieur civil, juge suppléant au tribunal de commerce, entrepreneur de canalisation d’eau et de
- r gaz.
- Hermant père, architecte, censeur de la société centrale des architectes français.
- Lévy (Théodore), ingénieur en chef des ponts et chaussées, agent voyer en chef du département de la Seine.
- Reymond (Francisque), ancien entrepreneur de travaux publics, sénateur de la Loire, membre du comité de l’exploitation technique des chemins de fer, président de la société des ingénieurs civils.
- Classe 64
- Hygiène et assistance publique
- MM. Dujardin-Beaumetz (le docteur), membre de l’Académie de médecine, médecin des hôpitaux.
- Edme, chef du bureau de la police sanitaire et industrielle au ministère du commerce et de l’industrie.
- Herscher (Charles), ingénieur-constructeur d’appareils sanitaires, vice-président de la société de médecine publique et d’hygiène professionnelle.
- Jéramec, fermier exploitant d’eaux minérales, membre des comités d’admission et d’installation à l’Exposition de Paris en 1878.
- Classe 65
- Matériel de la navigation et du sauvetage
- MM. Vésigné (Octave), administrateur de la compagnie des messageries maritimes.
- Cabrol (de), administrateur délégué de la société anonyme des ateliers et chantiers de la Loire.
- Carié (Paul), ingénieur de la société anonyme des ateliers et chantiers de la Méditerranée.
- Fleuret, ingénieur-architecte, président du cercle nautique de France.
- Classe 66
- Matériel et procédés de' l’art militaire
- MM. Helbronner (Alphonse), manufacturier, président de la chambre syndicale des fabri-< cants d’équipements militaires.
- Simon, sous-intendant militaire de ir® classe chef de la section technique des services administratifs.
- Prère, chef d’escadron au 6e régiment de dragons.
- Boulanger (Julien), capitaine du génie, attaché à la section technique du génie.
- 'Classe 67
- Céréales, produits farineux avec leurs dérivés
- MM. Groult (Camille), manufacturier, membre des comités d’admission, d’installation, et du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878.
- Gibou (Edouard), président de la chambre syndicale des fécules de Paris.
- Vilmorin (Henri), membre des comités d’admission, d’installation et du ]ury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878.
- Truffaud, meunier.
- (A suivre.)
- —-------------^r-H3HSH5>-~i--’ ---------
- L’abondance des matières nous oblige à remettre, au prochain numéro, la suite du Règlement général de l’Exposition rétrospective du Travail et des Sciences anthropologiques à l’Exposition de 188g.
- ÉCHOS
- Paris
- Un grand et légitime succès pour les deux expositions, de la Caricature, à l’Ecole des Beaux-Arts, et de l’art français aux xvn® et xvnie siècles, à l’hôtel de Chimay. Cette dernière absolument exquise, inauguréejeudi dernier, 26 avril.
- Toutes deux, outre leur grand intérêt artistique et leur caractère de franche nouveauté, fort sympathiques par leur but charitable ; l’une en faveur de la Société de secours aux familles des marins français naufragés ; l’autre en faveur de l’hospitalité de nuit.
- Cher lecteur, à toutes deux apportez votre obole, et vos yeux en seront bien récompensés !
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- Toujours beaucoup d’expositions artistiques .:
- A l’hôtel Drouot, vendredi 20 avril, exposition très captivante de 49 tableaux par René Vauque-lin, vendus le lendemain.
- Chez Georges Petit, 12, rue Godot-de-Mauroy, dimanche et lundi dernier, exposition, d’œuvres de Edmond Yon, dispersées mercredi à l’Hôtel Drouot.
- A la Galerie des artistes modernes, 5, rue de la Paix, du lundi 23 avril au mercredi 9 mai, exhibition de trente aquarelles par A. Porcher.
- Au musée des Arts Décoratifs, Palais de l’industrie, porte VII, depuis jeudi dernier, exposition de la grande décoration de M. Galland pour le Panthéon, la Prédication de saint Denis.
- Au Cercle militaire, place de l’Opéra, prolongation de l’exposition de peinture militaire, qui réunit des œuvres de Neuville, Détaillé, Berne-Bellecour, Armand Dumaresq, et dont la recette
- est consacrée en partie à la Société française de secours aux Blessés militaires.
- Dans l’atelier du sculpteur Jean Baffier, 6, rue Lebouis, près l’avenue du Maine, du samedi 21 au mardi 24 avril, première exposition de la Société des gas du Berry et autres lieux du centre.
- Chez Durand-Ruel, 11, rue Lepelletier, exposition du peintre Jean Yan Beers, cent seize numéros et un grand nombre d’études de paysage.
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- On annonce définitivement l’inauguration pour le 5 mai, par une grande fête de bienfaissance, de la Reconstitution de la Bastille et du Quartier Saint-Antoine (Avenue de Suffren).
- M. Charles Floquet a accordé son haut patronage et M. Pierre Legrand, ministre du commerce, a promis d’assister à la fête.
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- La Pomme prépare décidément pour le 25 juillet, au Palais de l’Industrie, sa première exposition, où seront conviés tous les artistes bretons et normands.
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- Quelques-uns de nos confrères parlent depuis quelque temps de démarches qui seraient faites auprès du ministre des Beaux-Arts, afin d’obtenir que chaque année, à une certaine époque, quelques salles du Palais de l’Industrie soient concédées pour une exposition publique d’œuvres des jeunes artistes qu’excluent du salon les privilèges des Hors concours et autres chinoiseries de la Société des artistes français.
- Que fera le ministre? Pour nous, nous serions très tentés d’entonner le «' C’est bien fait, voilà c’que c’est ! » Ah ! vous regimbiez contre l’Etat, vous accabliez ou croyiez accabler l’Institut de vos épigrammes, vous éparpilliez vos plaintes aux trente-deux vents et meniez si grand tapage qu’un beau jour on vous rendit la liberté en vous concédant pour rien un local immense, en adoucissant pour vous les exigences de l’Assistance publique. Vous crûtes alors avoir atteint l’âge d’or. Mais non ! Loin de la férule du maître, les nuisibles bambins que sont les artistes, commencèrent à se manger entre eux,les vieux prenant la tête, et un beau jour ceux qui avaient le plus crié, et qui pour cela 11’avaient pas plus qu’avant approché du banquet désiré, ceux-là s’aperçurent qu’ils avaient échangé un soliveau contre le plus intraitable des monarques, le'frère, l’égal, jaloux et envieux. Et cés messieurs,depuis, nous assomment de leurs doléances ; nous ne devons plus nous occuper que de 10,000 méchants barbouilleurs, peinturlureurs, qui se mangent mutuellement le nez, fondent sociétés sur sociétés., avec commissions et sous-commissions, coteries et sous-coteries, groupes et jsous-groupes et vous débitent de la toile peinte par 10 mètres carrés ! Et les musiciens, Messeigneurs, que fait-on pour eux, et les littérateurs ? Rien. Assez donc de brailler, travaillez plus et mieux, apprenez à peindre, et parlez moins. Les jeunes, s’ils ont du talent, perceront,car le talent est toujours reconnu; mais toutes les expositions du monde ne feront jamais que d’un fruit-sec sorte un grand nom. Ce n’est pas l’intérêt de l’art que vous cherchez, c’est un morceau de mur où vous étaler et raccoler l'acheteur, le bon bourgeois que vous blaguez si. bien quand il vous a richement payé une croûte, et que vous croyez « épater ». Non, mes chers, il ne s’épate plus, ni de vos hors-concours, ni de vos exempts, ni de vos marchandeurs de grandes médailles, ni de vos refusés, ni de tous vos tripatouillages! Et vous le savez bien et c’est ce qui vous blesse ! Rentrez donc dans le rang ; et s’il vous faut du mur, prenez des boutiques, des appartements vides. Il n’en manque pas !!
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- Puisque nous sommes si près du salon, disons tout de suite que M. Carnot a été, avant son départ pour Bordeaux, visiter les galeries à peine installées encore du palais de l’industrie. Il était accompagné de Mme Carnot, des ministres, de la maison militaire et des mamamouchis de la Société des artistes.
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- Le jury de sculpture a terminé ses opérations. Sur 1,674 œuvres présentées, il en a reçu 1,140, un peu plus que l’année dernière, et il a bien fait, car nos pauvres sculpteurs, les plus consciencieux et les plus méritants de nos artistes, ne sont guère gâtés par la fortune. Et par le public, pas plus que par l’Etat !
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- Enfin, bonne nouvelle pour le visiteur. Il y aura cette année deux sorties ! La sortie ordinaire en face Ledoyen et l’autre vis-à-vis le panorama du siège. Et il a fallu des années pour en arriver à cette mesure si simple et si indispensable ! Pourquoi ? Mystère. Je me suis laissé dire qu’en France les portes doivent être fermées, témoin le salon, les théâtres, etc. Musset avait pourtant, et leur inventeur avant lui, permis qu elles fussent ouvertes.
- Enfin, mieux vaut tard que jamais !
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- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
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- La Société française de photographie convie ses membres, et ses membres seuls, à une exposition d’appareils et de produits pour la photographie, qui se fera 76, rue des Petits-Champs, du 10 au 21 mai.
- Les épreuves photographiques seront admises en tant que spécimens des résultats obtenus par les appareils et produits exposés.
- Tous renseignements sont fournis par le secrétariat de la Société, rue Louis-le-Grand, 20.
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- A l’Hôtel Drouot la vente Boucicaut a produit près de 350,000 francs jusqu’ici, mais, toute composée d’objets modernes, n’a excité aucun intérêt artistique.
- Tout autre est la vente Albert Goupil qui fournit des chiffres importants et pour la juste appréciation de laquelle nous renvoyons aux utiles et excellents catalogues que publie dans ses colonnes le Journal des Arts.
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- A l’Hôtel de Ville une nouvelle expositien s’est ajoutée à celle des projets de décoration picturale sur les mairies d’Arcueil et Nogent : nous voulons parler des projets envoyés au Concours pour la construction au Champ-de-Mars du Pavillon de là République Argentine; plusieurs des envois sont intéressants.
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- L’exposition canine qui va se faire prochainement et qui l’année dernière avait émigré au Cours-La-Reine, revient cette fois à l’Orangerie des Tuileries, son emplacement des années précédentes.
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- Départements
- Une exposition industrielle se tiendra à Château-roux du 26 mai au 2 juillet.
- Les industriels et producteurs, français et étrangers, sont appelés à y participer.
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- ETRANGER
- Allemagne
- L’exposition de machines et moteurs qui dans deux mois ouvrira à Munich et dont nous avons à différentes reprises eu l’occasion de parler à nos lecteurs s’augmentera d’une exposition de publications périodiques spéciales et d’ouvrages techniques, pour l’installation de laquelle on érige à l’intérieur du Palais principal un pavillon particulier, dit « de la Presse ».
- . Les demandes d’admission à cette section sont reçues jusqu’au mardi 15 mai.
- On signale, comme devant avoir lieu concurremment, deux expositions organisées par les industries de la chaussure et de la brasserie à l’occasion de leurs Congrès respectifs.
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- Nous avons annoncé en son temps l’organisation à Leipzig, par les soins de l’Association des fabricants de papier de l’Allemagne centrale, d’une exposition de nouveautés et articles de bureau. Cette exhibition, nombreuse, a eu lieu à l’Eldorado, les 15 et 16 avril.
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- Notre dernier numéro enregistrait deux expositions artistiques importantes organisées en faveur des inondés, par la société des artistes berlinois et la galerie artistique Fritz Gürlitt. Cette dernière exhibition, composée d’œuvres empruntées aux collections privées, réunit, comme nous l’avons dit, en grande majorité, des spécimens de l’art français. A signaler des Détaillé, Corot, Diaz, Jacque, Boulanger, Jules Breton, Cabanel, Bou-guereau, Chaplin ; avec cela des toiles signées Munkacsy, Rico, Broughton, Alma-Tadema, Kaubbach, etc. Exposition fort intéressante.
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- Une exposition de moteurs pour la petite.industrie se tiendra à Glogau du 3 au 18 juillet prochain, à l’occasion du Congrès provincial industriel de Silésie.
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- Nos confrères de la presse d’outre-Rhin se plaisent à constater que pour la première fois l’Allemagne est sur le point d’occuper, dans une exposition universelle, le premier rang parmi les nations participantes. Ce fait inusité se produira à Bruxelles, au grand concours international des sciences et de l’industrie, où la superficie de la section allemande ne couvrira pas moins de 10,000 m. q. dont 6,000 pour les salles de l’indus-tNe, 3,000 pour la galerie des machines, 1,000 pour les jardins.
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- Angleterre
- Notre excellent confrère le Bollettino dette ^nanze Ferrovie e Industrie annonce que le *2 avril est entré aux docks de Londres, après nne_ heureuse traversée, le vapeur Plata, de la Société générale de navigation italienne, qui por-
- tait le premier chargement destiné à l’Exposition Italienne.
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- Les organisateurs de l’Exposition des Lauréats de France annoncent pour le 45 mai l’ouverture de leur intéressante exposition au Royal Aquarium de Westminster.
- Cette exhibition française artistique et industrielle mérite toute l’attention ; c’est la première exposition importante de ce genre faite chez nos voisins d’outre-Manche.
- La ville de Londres aura, dans le courant de cet été, toute une série d’expositions, de genres divers ; de grandes expositions s’entend, car les moindres pullulent en toute saison.
- Des premiers jours de mai jusqu’à octobre, exposition italienne, à Earls Court, West-Bromp-ton, sur l’emplacement de feue l’exposition Américaine.
- Au Royal Aquarium, durant la même période, exposition des Lauréats de France.
- A Y Olympia, Kensington, du 4 juin à fin octobre, exposition irlandaise.
- De mai enfin, aux derniers jours de septembre, à South-Kensington, l’exposition générale anglo-danoise annoncée à cette place dimanche dernier.
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- La grande exposition internationale culinaire dont nous avons en son temps annoncé l’organisation sous les plus hauts patronages, et dont les recettes seront consacrées pour moitié à l’hôpital de Charing-Cross, pour moitié à l’autre si intéressante de l’hôpital français a été inaugurée la semaine passée, au manège du duc de Willington, sous la présidence du duc de Cambridge.
- M. Carnot, président de la République, a offert un objet d’art pour la tombola qui clôturera l’exposition et qui comprend un nombre importants de lots.
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- Aut riche-Hongrie
- Une très curieuse exposition d’affiches, de placards illustrés, de réclames, organisée à Vienne dans un but de bienfaisance, sous la présidence du conseiller intime Von Schawrz-Senborn, a été inaugurée le jeudi 12 avril, dans les salons de la société d’horticulture; la clôture en est fixée au mardi 24 courant.
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- Il se dit grand bien de l’Exposition aéronautique inaugurée avec beaucoup de succès, à Vienne, le 1er avril, à l’Institut aéronautique de notre confrère Victor Silberer.
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- Le Comité, de loterie de l’Exposition internationale des Beaux-Arts, de Vienne, vient de faire l’acquisition, pour son gros lot, de la statue Psyché, du sculpteur berlinois Gustave Eberlein. On se rappelle que cette œuvre avait été très admirée l’année dernière à l’Exposition académique de Berlin.
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- Belgique
- Les Etats-Unis participeront officiellement au grand concours de Bruxelles. Le Sénat de Washington a adopté une résolution tendant à accepter l’invitation du gouvernement belge, et voté à cet effet un crédit de 30,000 dollars.
- L’Allemagne, d’autre part, aura à Bruxelles au-delà de mille exposants.
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- Brésil
- Une exposition géographique sud-américaine ést en préparation à Rio-de-Janeiro.
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- Chili
- l.e gouvernement chilien, dit la Revue Sud-américaine, prépare une exposition minéralogique et minière dont l’inauguration se fera le 17 septembre prochain et dont les collections (cuivre, argent,plomb, salpêtre, borax, etc.) seront, après la clôture, dirigées sur Paris pour y figurer à l’exposition de 1889.
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- Danemark
- Le Ministère des affaires étrangères a avisé le Comité exécutif de l’Exposition Scandinave que le gouvernement allemand avait, par l’intermédiaire de son représentant diplomatique à Copenhague, notifié son intention de prendre officiellement part à l’exposition de cette ville, dans la section d’art industriel.
- Cette décision aura été provoquée sans nul doute par l’importance exceptionnelle de l'a participation française à l’exhibition danoise.
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- Espagne
- L’Exposition universelle de Barcelone ne pouvait être et n’a pas été en effet inaugurée le
- 8 avril. Rien n’était prêt, ni près dé l’être. Cependant les portes en ont été ouvertes sans aucune solennité et jusqu’à l’inauguration solennelle le public sera admis à visiter pendant trois heures, chaque jour:
- L’inauguration officielle reste fixée depuis quelques jours au dimanche 20 mai.
- L’archiduc Charles-Louis, arrivé d’Autriche depuis quelques jours, assistera aux fêtes à côté de saniecela reine régente. Il se rendra à Barcelone dès le 4 mai et y sera salué par cinq vaisseaux autricniens. La reine arrivera le 18 mai et consacrera les deux journées qui précéderont l’inauguration aux réceptions officielles et à la visite de la Ville.
- Les délais d’admission ont été, par suite de la remise de l’ouverture, prorogés dans la plupart des pays participants. En Italie, le Comité général italien les a fixés au 30 avril en annonçant la réduction de 50 % apportée par le Comité "exécutif aux tarifs d’emplacement en faveur des exposants italiens.
- La Belgique aura 200 représentants dans la section industrielle et une centaine environ dans la section de beaux-arts.
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- On mande de Barcelone que les seules installations de sections étrangères qui soient à peu de chose près terminées sont celles de l’Autriche-Hongrie et du Japon.
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- Etats-Unis
- A signaler, à Providence, au Club artistique, exposition d’œuvres du feu peintre Thomas Robinson; à Boston, chez MM. Doll et Richards, exposition de l’aquarelliste Arthur Croft.
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- La Society of American Artists a ouvert le 10 avril, à New-York, Vandell Gallery, sa dixième exposition annuelle qui se prolonge jusqu’au 5 mai.
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- A classer encore, à la Galerie Wunderlich de New-York une exposition de gravure consacrée à Rembrandt ; à Boston, au Paint and Clay Club, exposition de reproductions picturales par la photographie, la gravure, et les différents procédés connus.
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- Une vente assez importante a eu lieu dernièrement aux American Art Galleries de New-York. Celle de la collection de peinture d’un amateur de Philadelphie récemment décédé, M. C.-H. Wolff. Nous la mentionnons, parce que comme toutes les ventes transatlantiques, elle a amené l'adjudication d’un certain nombre d’œuvres importantes de l’école française. Le prix le plus élevé a été atteint par un Diaz, Dans lafoêt de Fontainebleau, qui a été adjugé 2,750 dollars, soit environ 13,750 francs. Le résultat total a été supérieur à 27,000 dollars pour 28 toiles dont quelques-unes signées Daubigny, Jacques frère, Pasini, De NiG tis, etc.
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- Italie
- Rappelons que le 15 septembre prochain ouvrira à Portici, par les soins du ministère de l’agriculture, du commerce et de l’industrie, un concours international d’appareils pour la dessiccation, la torréfaction des fruits. Les récompenses consisteront en: 1 médaille d’or et 500 lires; 2 médailles d’argent et 200 lives chacune ; 4 médailles de bronze.
- De plus, le ministère se réserve d’acquérir deux d’entre les appareils récompensés. Les demandes doivent être adressées à \la Commission de l’Exposition jusqu’au 31 juillet, dernier délai. Le concours sera clos le 15 octobre.
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- La rupture des relations commerciales entre la France et l’Italie, l’application subséquente à tous les produits de la péninsule du tarif général, devaient rendre sinon impossible du moins très difficile la participation de l’Italie à l’Exposition de 1889.
- Nous avons dit déjà comment les comités promoteurs qui s’étaient constitués dans les principales villes italiennes avaient dû brusquement cesser leurs travaux et comment le Comité central de Rome avait dû lui aussi se renfermer dans une attitude purement expectative.
- Il eût été cependant profondément regrettable que nos voisins fussent absents au pacifique tournoi du centenaire. C’est alors que la chambre de commerce française de Milan, qui déjà a rendu de si grands services, soumit à M. Dautresme, le précédent ministre du| commerce, par l’organe de M. Lucien Salomon, son excellent président, le vœu que seul le traitement de la nation la plus favorisée fût appliqué aux produits italiens, qui, envoyés à l’Exposition, Seraient, à la clôture de cette dernière, vendus en France. Cette heureuse initiative a eu un plein succès et M. le ministre du commerce a fait connaître que les marchandises livrées à la consommation à l’issue de l’Ex-
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- position ne seraient soumises, qu’elle qu'en fût l’origine, qu’aux droits applicables à la nation la plus favorisée.
- Aussi le Bulletin de la chambre française de Milan engage-t-il vivement les exposants italiens à se préparer activement, et à reprendre les travaux si malheureusement interrompus.
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- S. S. Le pape Léon XIII a décidé d’organiser au Vatican, sous le nom de Museo Leonino, un musée où prendront place les plus beaux des objets d’art qui ont figuré à la dernière exposition Vaticane.
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- Le comité exécutif de l’exposition de Bologne avait annoncé que l’inauguration officielle de cette exhibition provinciale pour l’agriculture et l’industrie, nationale pour les beaux-arts, internationale pour la musique se ferait le l9r mai, en présence de LL. MM. le Roi et la Reine. Ç’est ce que nous annoncions dans un entrefilet qui n’a pu trouver place dans le dernier numéro.
- Depuis, en vertu d’un accord intervenu entre l’honorable M. Crispi, président du conseil, le commandeur Scelsi, préfet, et le chevalier Dallo-lio, assesseur délégué de Bologne, l’inauguration solennelle a été remise au dimanche 6 mai prochain .
- Les souverains quitteront Rome le 4 mai au soir.
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- A la dernière heure, on annonce que le comité central de participation italienne à l’exposition de Paris a été convoqué et a dû se réunir, hier, à Rome.
- Le comité, devant l’impossibilité presque certaine d’organiser une section industrielle, était appelé à se prononcer sur l’opportunité de maintenir ou non les commissions spéciales constituées pour préparer les expositions des sciences sociales, de l’anthropologie et des beaux-arts..
- Les membres des deux premières commissions étaient prêts à conserver leurs fonctions, parait-il.
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- République Argentine
- Notre excellent confrère, la Reçue Sud-Américaine, annonce que la Commission de l’Exposition argentine à l’Exposition internationale de 1889 donne une attention toute spéciale à l’organisation de la section métallurgique et minière dans le but de faire connaître les richesses minéralogiques de la Plata et d’attirer l’attention de l’industrie s,ur une branche trop délaissée de l’activité générale.
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- Russie
- La grande exposition de peinture française, organisée a Pétersbourg, au profit de la société de la Çroix-Rouge, avec le concours de tous les maîtres français, a été inauguré le 14 avril dans l’hôtel de M." Ratkoff-Rinoff, en présence: de LL. MM. le Tsar et là Tsarine, et de la famille impériale. Les honneurs étaienï faits par M. de Labou-laye, notre sympathique ambassadeur.
- Ubique. .
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE BARCELONE
- L’installation de la section française à l’exposition universelle de Barcelone est en pleine activité et M. le commissaire général fait appel à tous les exposants, pour que leurs produits soient complètement installés avant la date extrême du 5 mai. Ceux d’entre eux qui n’auraient pas encore reçu leurs certificats et étiquettes nécessaires à l’expédition de leurs produits, sont priés de les retirer immédiatement au commissariat général, car il est urgent d’expédier de suite.
- M. le commissaire général donne avis qu’un catalogue spécial à la section française va être publié par les soins du commissariat. Ce catalogue édité avec soin formera un volume de 200 pages et comprendra la liste.de tous les exposants français, chacun d’eux aura droit à 4 lignes gratuite^ de texte.
- Des annonces seront acceptées à la fin du catalogue, pour lesquelles les exposants auront à traiter avec le concessionnaire qui leur écrira à sujet, et suivant des tarifs établis.
- Les nouvelles qui parviennent de Barcelone sur la solennité apportée à l’inauguration prochaine de l’exposition permettent d’affirmer que rien ne sera ménagé pour en assurer l’éclat.
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- Avant de procéder à l’impression du catalogue officiel, la direction de l’exposition porte à ,la connaissance des intéressés, que les exposants auront droit à l'insertion gratuite de cinq lignes.. Les dimensions des pages utilisables pour l’impression seront de 104 m/m sur 170 m/m, elles contiendront chacune soixante-cinq lignes disposées en deux colonnes. Les lignes en suppléments des cinq lignes gratuites, se payeront comme suit : Les
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889. Dimanche 29 Avril 1888.
- deux premières à raison d’un franc chacune ; les deux autres suivantes à raison de deux francs l’une, chacune des autres lignes successives sera comptée à raison de trois francs. Les lignes incomplètes seront comptées comme entières.
- On insérera; dans les catalogues la relation faite par chaque exposant sur la demande d’admission, à la condition qu’elle se renferme dans les cinq lignes de la colonne.
- Si cette description devait occuper un plus grand nombre de lignes, elle serait condensée de façon à n’occuper que le nombre de lignes réglementaires, à moins, toutefois, que l’exposant, en décide autrement; alors dans ce cas il aurait à payer les lignes supplémentaires conformément au tarif précité.
- En dehors de la partie officielle, il sera permis, avec l’assentiment de la délégation générale, d’insérer dans le catalogue toute espèce d’annonces.; les exposants auront la faculté de les faire insérer : soit à la suite de leur groupe respectif, soit à la fin du catalogue particulier de leur nation ; soit à la fin du catalogue général dans toutes ces éditions. Ils devront payer pour ces annonces trois cents francs pour une page entière ; cent soixante francs pour une demi-page et cent francs pour un quart de page.
- On admettra également les annonces du. public non exposant à la fin de chacune des sections du catalogue ci-dessus désigné, aux prix respectifs suivants : Quatre cents francs par page entière; deux cent cinquante francs pour une demi-page et cent cinquante francs pour un quart de page.
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- M. le délégué général de l’exposition de Barcelone vient de publier la lettre suivante :
- 4 Monsieur,
- Je m’empresse de vous faire part que le délai accordé pour l’admission des annonces non officielles que l’on désirera insérer à la fin ou au commencement du catalogue officiel de cette exposition a été prorogé jusqu’au 3o du mois de mai prochain au lieu du 10 ainsi que l’indiquait la circulaire du 17 de ce mois que j’ai eu l’honneur de vous adresser en son temps.
- Barcelone, le 21 avril 1888.
- Le délégué général, Rouvière.
- -- Mil ijl ' ——1 1 --
- LES LIVRES
- CLIV
- L’art musical du xix* siècle. Compositeurs célèbres (Beetho-: ven, Rossini,Meyerbeer,Mendeîssohn,Schumann), par le Baron
- Ernouf. —Ouvrage prné de cinq portraits gravés sur bois
- par M. Maurice Baud. Paris, librairie académique Didier,
- Perrin et Cie lib.-édit.
- M. lé baron Ernouf, connu par d’intéressants travaux historiques notamment sur le Français en Prusse (1807-1808), le général Kléber, Maret,duc de Bassano, consacrés comme on le voit de préférence à la période révolutionnaire et à la période impériale, familières dans leur intimité au fils du général Ernouf et au gendre du baron Bignon, est aussi un amateur dé beaucoup de goût, un dilettante d’une finesse aiguisée par l’expérience. Nous avons lu avec un plaisir littéraire et un profit moral les cinq études qu’ilL a consacrées à cinq maîtres dont deux surtout sont très connus. Les ouvrages de Stendhal, les Mémoires du docteur Véron, ceux dont la Revue internationale italienne publie de trop courts extraits d’Henri Blaze, les Souvenirs de M. Legouvé — qui nous font surtout connaître Berlioz — ne sont pas sans nous avoir familiarisés avec l’esprit, le caractère, la physionomie générale et morale de Rossini et de Meyer-beer. Mais nous étions moins au courant de la vie et des œuvres d’un maître dont la vie comme le génie sont pleins de mystères ; et quant à Men-delssohn Bartholdi et à Robert Schumann, nous ( croyons que l’auteur de ces études a rendu un | grand service aux simples amateurs comme nous, qui veulent sel rendrp.compté du plaisir ou de l’ennui qu’ils éprouvent aux concerts du Conservatoire ou aux concerts populaires et possède sur la vie et l’œuvre de ces trois * auteurs favoris de leur répertoire des notions moins superficielles ou moins dogmatiques que celles qu’on peut emprunter à Fétis ou à M. Johannès Weber.
- Les études de M. Ernouf remplissent bien ces conditions de juste milieu, et. répondent bien à ce besoin d’information tempérée. Elles sont d’un homme d’un goût sûr, mais qui n’abuse pas de l’appréciation technique et de la discusnon critique, et qui est en plus un agréable conteur.
- La biographie de Van Beethoven se réduit avec la sagacité de l’esprit français à ce qu’il y a de sûr et d’intéressant dans les biographies allemandes, plus rares toutefois, que celles consacrées à Mozart, et dont la stérile abondance n’est pas moins agaçante parfois que la sécheresse, au point de vue des détails intimes, de celles consacrées à Beethoven. Le récit de M. Ernouf permet de se faire une idée' nette du génie de Beethoven, de ce qu’il eut d’original ou de tradition-
- nel, du pas immense que fit faire le roi de la symphonie à la musique do caractère, de sa vie agitée, au fond sombre, à peine éclairé par le mélancolique rayon d’un amour déçu, dont les soucis d’une réputation militante, d’une aisance précaire, qui toucha dans les derniers jours à la pauvreté, abrégèrent le cours. Mais ce n’est pas tout d’avoir été longtemps contesté et méconnu, puisqu’il fut consolé par la prompte admiration de bons juges et qu’il put compter de bonne heure sur les réparations de la postérité, ce n’es't pas d’avoir été exploité par ses frères, et tourmenté par un coquin de neveu que nous plaindrons Beethoven. Nous le plaindrons surtout de cet étrange supplice de la surdité que la'cruelle ironie du sort imposa au grand compositeur, incapable de goûter lui-même les voluptés de sens et d’esprit que ses œuvres versaient à des millions d’oreilles charmées. C’est à vingt-sept ans que le malheureux grand homme sentit s’affaiblir en lui ce sens de l’ouïe dont la décadence et la perte totale le réduisirent à la solitude et le confinèrent dans une retraite . misanthropique. La moitié des œuvres de Beethoven ont donc été écrite par un sourd, incapable d’en diriger — tentative par lui deux fois renouvelée non sans une déception que la pitié préservait du ridicule — l’exécution.
- A cinquante-sept ans, cet infortuné homme de génie, sevré par lui-même des enchantements et des consolations qu’il prodiguait aux autres, termina sa carrière, laissant à ses admirateurs eux-mêmes à résoudre le douloureux problème de savoir si sa surdité n’entre pas pour quelque chose dans les complications et les difficultés, qui font de ses œuvres un régal de délicats, de raffinés, et empêcheront qu’elles soient jamais populaires. Quelle différence entre la destinée de Beethoven et celle de. Rossini, génie facile, heureux, fécond, dont l’aspiration précoce porta ses fleurs et ses fruits en pleine jeunesse, qui avait épuisé les délices de la gloire dès la trentième année, et qui cessa de produire dès lors, par un calcul d’épicurienne insouciance, pour se borner à jouir de la fortune si vite et si brillamment acquise ! Nous nous souviendrons toujours de l’impression que nous avons remportée de ces obsèques triomphales, au caractère plus profane que religieux, bien qu’elles eussent lieu à l’église de la Trinité où derrière ce cercueil couvert de fleurs, se pressait le tout Paris des premières, assistant à cette messe si peu funèbre, les hommes en habit noir, les femmes en parures de. gala écoutant Faure, la Patti et la Nilson, et ayant besoin de faire effort pour penser à la solennité du lieu, et pour ne pas applaudir comme au théâtre, le maître dont l’immortalité commençait au milieu d’un concert.
- Si Rossini, qui était capable d’atteindre à toutes les hauteurs de l’art, le plus sévère et le plus puissant et qui l’a prouvé dans Guillaume Tell et dans Moïse, mais qui s’est complu le plus souvent à se jouer dans les joies et dans les élégances de la virtuosité mélodique, est mort à soixante-seize ans, d’une mort douce comme sa vie ; si Meyerbeer, génie plus étroit mais plus profond, qui a poussé bien plus loin que Rossini la science de la composition et l’art de l’expression, est mort septuagénaire, ce sont des destinées précocement bornées, des flammes prématurément éteintes que celles des Mendelssohn et des Schumann. Le premier est mort à trente-neuf ans, usé par une sensibilité, devenue à la fin' presque maladive, et bien que mari et père heureux, bien que compositeur célèbre, riche, emporté par la secousse trop forte pour son âme, de la perte d’une sœur adorée.
- . Robert Schumann lui, meurt à quarante-six ans, au terme brusquement rapproché d’une vie laborieuse, tourmentée, dévorée par l’effort souvent impuissant vers l’idéal. Il y a quelque chose d’hoffmannesque dans cette figure de buveui de bière, de fumeur de tabac, dont l’inspiration ne se dégage qu’avec peine, mais parfois victorieusement du brouillard, mort dans une maison de fous poursuivi par des hallucinations sinistres, dont le visage baigné de larmes, de sa femme Clara Wied, ne parvenait pas toujours à chasser l’obsession.
- Il est donc bien vrai que pour les musiciens comme pour les peintres, le culte de l’art est un culte dévorant, meurtrier, qui ne permet ni aux Raphaël, ni aux Mozart, de dépasser les limites de la pleine virilité et d’atteindre cette quarantième année qui semble la borne médiale de tant d’autres vies et qui fut la borne finale de la leur.
- Il y a une leçon dans cette brièveté de la vie de ces grands hommes de l’artdont le génie brille plus tôt que celui des génies scientifiques ou littéraires, et s’éteint plus tôt aussi, par suite d’une sorte de fatalité qui veut que ceux qui jouissent le plus de la gloire, en jouissent le moins longtemps.
- M. de Lescure.
- Le Gérant, GARREAU.
- Tours. — lmp. E.ARRAULT et Cie, rue de la Préfecture,
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- Le Moniteur
- DE
- L'EXPOSITION DE 1889
- Rédaction et Administration : i8f rue Bergère, 18, a Paris
- QUATRIEME ANNÉE. Dimanche 6 Mai 1888. NUMÉRO 175.
- SOMMAIRE :
- 1. Les Travaux du Champ-de-Mars; 2. Les grands projets de l'Exposition ; 3. Nominations de Membres des Comités d'installation; 4. Nominations de Membres des Comités départementaux; 5. L’Exposition rétrospective du Travail ; 6. Echos; 7. Salon de 1888 ; 8. Les Livres.
- EXPOSITION UNIVERSELLE
- DE 1889
- LES TRAVAUX DU CHAMP-DE-MARS
- Ainsi que nous le disions en terminant notre dernière chronique, sur tous les points de la future Exposition le travail a repris avec l’activité que souhaitaient tous ceux qu’intéresse cette glorieuse entreprise, la prolongation anormale de la mauvaise saison faisait éprouver à tout le monde des craintes sérieuses et les gens spéciaux surtout, ceux auxquels les travaux sont lamiliers, s’inquiétaient à juste titre d’un retard qui. prolongé quelque temps encore, pourrait compromettre la réussite du grand concours de 1889.
- C’est que, on ne doit pas se le dissimuler, il reste encore beaucoup à faire et les travaux à exécuter représentent presque autant d’efforts à vaincre qu’en ont coûtés ceux qu’on voit terminés ; or le temps dont on dispose est à peine aussi long que celui déjà employé puisque, en admettant qu’on travaille jusqu’à la dernière minute, une année juste nous sépare de l’inauguration alors cjue le Champ-de-Mars a été pratiquement livre aux ouvriers depuis quatorze à quinze mois ; il faut donc se dépêcher et profiter de la longueur des journées d’été pour mettre, comme on dit, les bouchées doubles ; à ce prix, on pourra être prêt. Au reste, il est probable que sous peu tous les chantiers seront éclairés la nuit afin de pouvoir continuer la besogne pour ainsi dire sans interruption.
- Donc à l’œuvre de toute part, continuons d’apporter aux nombreux préparatifs de l’œuvre l’activité déployée ces jours derniers et,pour peu que l’hiver prochain se montre assez clément, on pourra offrir au monde étonné ce spectacle stupéfiant et sans précédent d’une Exposition ayant son installation complètement terminée le jour de l’ouverture. Puisqu’on a l’intention de tout organiser de façon à ce que le grand tournoi pacifique de 1889 éclipse tous ses devanciers, la première condition à remplir est précisément d’être prêt à l’heure fixée et de ne pas forcer le public à circuler, lors de l’inauguration, au milieu de caisses, de ballots, et d’ouvriers mettant la dernière main à des installations qui devraient être achevées.
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- Si la compagnie de Fives-Lille continue jusqu’au bout comme elle a commencé, il est à présumer que sa tâche sera terminée avant l’époque prévue car, certainement, dans les conditions où cette usine travaille pour le moment, le montage de chaque ferme ne demandera pas les 20 à 25 jours qu’on estimait nécessaires au message de chacun des immenses arcs de 11 om. Ees deux dont nous avons annoncé la mise en place sont déjà en grande partie entretoisés et sont même réunis à la hauteur de la galerie intérieure, par la grande poutre longitudinale jiux piliers de la ferme que préparent les ateliers Cail. H F
- L’échafaudage construit pour ces entrepreneurs est complètement fini, il se compose d’un
- énorme pont en bois de 11 5 m. de longueur supporté par cinq palées de 45 m. de hauteur, ce pont offre ainsi une très grande surface plane sur laquelle on peut aisément effectuer toutes les manœuvres que nécessite l’élévation des diverses parties constituantes de la ferme.
- On a placé le long des palées, et collé contre elles, du côté qui fait face à l’axe longitudinal du Champ-de-Mars, une espèce de deuxième échafaudage en bois dont le gabarit extérieur est exactement celui que présente l’intrados de l’arc, c’est-à-dire la surface externe de la semelle inférieure ; par ce procédé l’arceau gigantesque pourra être assemblé pièce à pièce dans la position même qu’il occupera et reposera dans toute son étendue sur une charpente rigide qui le soutiendra en tous ses points. Comme on le voit, ce mode de montage diffère totalement de celui adopté par l’usine de Fives-Lille, évidemment celui-ci est beaucoup plus élégant, mais celui-là est peut-être plus sûr. Ainsi donc, dans le chantier Cail, on ne verra pas la ferme, assemblée à l’avance sur le sol, s’élever peu à peu majestueusement dans l’espace à l’instar des deux qui sont déjà placées, on ne verra s’élever successivement que des morceaux qu’on ajustera sur l’échafaudage et ce n’est que lorsque ce dernier se déplacera que l’arc ae fer se montrera dans son entier.
- Sans contredit, c’est un spectacle grandiose que l’élévation progressive de cette formidable masse métallique, du poids d’environ 80 tonnes, qui, soulevée par des engins puissants, vient prendre la place qu’on lui a assignée ; mais si l’opération est d’une hardiesse indiscutable, elle offre, par contre, de sérieux dangers dont les résultats seraient incalculables si, par malheur, quelque accident venait à se produire. Comme après tout, bien qu’admirant l’audace, heureuse du reste, de.cette entreprise, nous pensons qu’en matière de travaux les deux facteurs les plus importants sont : d’abord la sécurité des travailleurs, ensuite la célérité dans l’exécution, nous ne serions pas éloigné de préférer le système de montage de l’usine Cail, car il paraît devoir offrir beaucoup plus de garanties contre les dangers éventuels inhérents à tous les travaux où la force et l’adresse doivent concourir au même but.
- Pour compléter ce qui est relatif à l’échafaudage dont nous venons de parler, disons qu’il est accompagné, à chaque extrémité, d’un pylône ou charpente mobile, en bois, surmonté d’un pont de service et qui a pour objet de faciliter le dressage des piliers verticaux.
- On n’est pas sans avoir remarqué sans doute que, dans les trois arcs en cours de montage,, les pièces de contreventement sont plus importantes entre les deux fermes voisines l’une établies de Cail, l’autre de Fives-Lille, qu’entre les deux fermes voisines établies toutes deux par l’usine de Fives-Lilles, cela tient à une cause que l’œil ne perçoit pas tout d’abord : L’intervalle entre deux charpentes métalliques quelconques est plus petit que celui qui sépare les deux charpentes formant le milieu du Palais; on est donc forcé de donner aux pièces qui relient ces dernières une plus grande résistance qu’aux pièces franchissant les autres travées; la même précaution doit être prise pourries entretoises joignant l’avant-dernière ferme à la dernière.
- La longueur des travées est de 2Ôm40 pour celle du centre, de 2 5m3o pour celles des extrémités et seulement de 2im5o pour toutes les autres.
- Depuis quelques jours on peut apercevoir, sur l’emplacement du futur palais des Machines, des pompiers se promenant gravement au milieu des échafaudages, des tas de bois, et faisant, en un mot, avec leur conscience habituelle, leur métier de surveillants en ce qui concerne les dangers d’incendie. La présence de ces braves militaires est une excellente chose dans ce chantier où, constamment, au milieu d’une prodigieuse quantité de matières inflammables, des forges en activité et des pièces de fer rougies, envoient des étincelles dont une seule pourrait parfois allumer un incendie qui deviendrait certainement une épouvantable catastrophe. Se figure-t-on, en effet, le feu prenant, en l’absence des pompiers, dans un de ces échafaudages monstrueux dont l’enchevêtrement même des pièces de bois serait une cause de propagation d’une rapidité inouïe. Que deviendraient les nombreux travailleurs perchés en tous les points de cette charpente transformée en bûcher? Assurément un certain nombre d’entre eux ne pourraient pas descendre assez vite pour se mettre hors de l’atteinte des flammes et, lé pussent-ils même, ne risqueraient-ils pas d’être asphyxiés avant d’avoir atteint le sol ? Cette idée est effrayante et lorsqu’on réfléchit aux conséquences qu’aurait un tel accident on éprouve un véritable sentiment de soulagement en apercevant le casque de cuivre des habiles et courageux soldats préposés à la garde des chantiers.
- Au reste, le désir de parer à toutes les éventualités est tel, que ces jours - ci M. le colonel Coustou doit venir en personne inspecter les chantiers pour organiser des services spéciaux s’ils lui paraissent utiles à la sécurité générale.
- Quelques nouveautés à signaler cette semaine: d’abord le commencement des galeries latérales du palais des industries diverses, ces galeries sont constituées par des fermes de 15m de portée prenant appui d’un côté sur les grandes fermes du palais et de l’autre sur des colonnes en fonte reposant sur un large dé en maçonnerie duquel elles sont rendues solidaires au moyen d’un fort goujon cylindrique pénétrant dans les deux parties. Ces colonnes sont d’un modèle fort élégant qui tranche heureusement avec la simplicité peut-être un peu trop grande des supports des galeries principales ; quant aux fermes elles-mêmes, leur légèreté paraît d’autant plus accentuée que leurs voisines semblent assez massives. En somme, ces petites annexes compléteront fort bien le palais.
- Nous avons ensuite le montage des galeries latérales du palais des Beaux-Arts et le dressage des piliers d’angle; là encore le voisinage des arcs principaux donne aux bas-côtés une apparence de ténuité extrême. Au reste, cette différence d’aspect présentée par la masse principale et ces annexes n’est pas pour nous déplaire, l’effet en est au contraire assez agréable et donne à cet édifice métallique un cachet. artistique qu’il n’est pas toujours aisé d’obtenir dans ce genre de construction.
- L’entreprise du palais des Arts Libéraux semble vouloir sortir de son inaction un peu prolongée, les piliers des premières fermes ont enfin été dressés et recevront vraisemblablement ces jours-ci les arcs de 5cm. qui doivent lescou-ronner. Dans ce chantier, sans attendre l’établissement complet des fermes, on a commencé le montage des galeries latérales, de sorte que, quand les grands arcs seront en place, ce palais n’aura que très peu de retard sur celui qui lui fait vis-à-vis.
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- Enfin, dans ces deux édifices, palais des Beaux-Arts et palais des Arts Libéraux, signalons l’achèvement presque complet des énormes échafaudages des dômes du centre.
- H. DE BAECKER.
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- LES GRANDS PROJETS
- DE L’EXPOSITION
- Pendant que M. Eiffel met toute son activité à élever un monument destiné à conduire, les curieux dans le monde aérien,un autre ingénieur, M.d’Arras, a eu une idée inverse,celle deleur faire visiter l’intérieur de la terre.
- Cette idée a été adoptée par l’administration de l’Exposition, et, depuis quelques jours, les travaux sont commencés. Un puits va être creusé, et dans ce puits, descendra une cage d’ascenseur. Une fois à une certaine profondeur, les spectateurs, placés dans la cage, verront remonter un rideau en toile peinte représentant exactement et en grandeur naturelle toutes les couches de la stratification terrestre... Une trépidation continuelle de l’ascenseur, pendant le mouvement du rideau, donnera l’illusion d’une descente à plus de 1,000 mètres.
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- NOMINATIONS
- de Membres des Comités d’installation des Classes et Groupes à l’Exposition de 188g (Suite et fin.)
- Classe G8
- Produits de la boulangerie et de la pâtisserie
- MM. Bobier (F.-D.), chef de service à la manutention militaire, officier d’administration principal au service des subsistances militaires.
- Crétaine, ancien président de la chambre syndicale de la boulangerie, membre des comités d’admission, d’installation et du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878.
- Leneuf, ancien président de la chambre syndicale de la boulangerie.
- Lépine, ouvrier boulanger, vice-président de la chambre syndicale et caisse fédérative de retraite des ouvriers et patrons boulangers.
- Classe 69
- Corps gras alimentaires, laitages et œufs M. Roullier-Arnoult, aviculteur.
- Classe 70 et 71
- Viandes et poissons; légumes et fruits
- MM. Cahen (J.), secrétaire du syndicat, général des chambres syndicales.
- Dumagnou (Julien), président de la chambre syndicale des conserves alimentaires.
- Salomon, viticulteur.
- Hédiard (Ferdinand), négociant en fruits, membre des sociétés nationales d’horticulture et d’acclimatation.
- Classe 72
- Condiments et stimulants ; sucres et produits de la confiserie
- MM. Guy (Louis), distillateur, président de la chambre syndicale des distillateurs.
- Ménier (Gaston), fabricant de chocolat, président de la chambre syndicale des chocolatiers et confiseurs.
- Wehly, ouvrier confiseur.
- Pelpel (Eugène), distillateur, président honoraire de la chambre syndicale des distillateurs, membre des comités d’admission, d’installation et du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878 et du jury des récompenses à l’exposition d’Anvers en i885.
- Classe 73 Boissons fermentées
- MM. Dolfus (Charles), président de la compagnie viticole d’Àmourah (province d’Alger).
- Duval, distillateur, membre des comités d’installation à l’Exposition de Paris en 1878.
- Cusenier (Elysée), distillateur.
- Marquet de Vasselot, président du syndicat des distillateurs de betteraves, grains et mélasses.
- Classe 73 bis
- Agronomie statistique agricole
- MM. M untz (Achille), professeur et chef des tra- j vaux chimiques à l’institut national agronomiques, membre au jury des récompenses à l'Exposition de Paris en 1878.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE i88q.
- Dimanche 6 Mai 1888.
- MM. Cheysson (E.), ingénieur en chef des ponts et chaussées, membre de la commission supérieure du phylloxéra, professeur à l’école supérieure des mines et à l’école des sciences politiques, membre du conseil supérieur de statistique.
- Guyot (Yves), député de la Seine.
- Ronna, ingénieur agronome, membre du conseil supérieur de l’agriculture.
- Classe 73 ter
- Organisation, méthodes et matériel de F enseignement agricole
- MM. Nocard, professeur à l’école vétérinaire d’Alfort.
- Philippar, directeur de l’école d’agriculture de Grignon.
- Risler, membre de la société nationale, d’agriculture, directeur de l’institut national agronomique, membre du conseil supérieur de l’agriculture, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878.
- Gauwain, maître des requêtes au. conseil d’Etat, professeur de droit administratif à l’institut national agronomique;
- Classe 74
- Spécimens d’exploitations rurales et d’usines agricoles
- MM. Têtard (S.), agriculteur.
- Japy (Adolphe), constructeur - mécanicien, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878.
- Classe 75 4 Viticulture
- M. Lalande, député de la Gironde.
- Classe 76
- Insectes utiles et insectes nuisibles
- MM. Balbiani, professeur au Collège de France membre de la commission supérieure du phylloxéra, membre des comités d’admission et du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878.
- Menault (Ernest), inspecteur de l’agriculture.
- Classe 77
- Poissons, crustacés et mollusques
- M. Chabot-Karlen, membre associé de la société nationale d’agriculture.
- Classe 78
- Serres et matériel de l’horticulture
- MM. Bergmann (Ferdinand), membre de la Société nationale d’horticulture de France, chef des cultures chez M. le baron Alph. de Rothschild, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878.
- Izambert (Alexandre) , constructeur de serres.
- Joly (Charles), vice-président de la société nationale d’horticulture de France, membre des comités d’admission et du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878.
- Classe 79
- Fleurs et plantes d'ornement
- MM. Carrière, directeur de la Revue horticole.
- Cornu (Maxime), professeur-administrateur au Muséum d’histoire naturelle, membre de la société nationale d’agriculture de France, membre de la commission supérieure du phylloxéra.
- Dybowsky, maître de conférences à l’école nationale de Grignon.
- Lévêque (Louis), horticulteur, membre de la Société nationale d’horticulture de France.
- Margottin (Jules), horticulteur.
- Sallier, doyen des jardiniers, membre de la société nationale d’horticulture de France.
- Thibault, horticulteur, ancien vice-président de la société des horticulteurs de Paris.
- Verdier, vice-président de la société nationale d’horticulture de France.
- Classe 80 Plantes potagères
- M. Joret, membre de la société nationale d’horticulture de France, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878.
- Classe 81
- Fruits et arbres fruitiers
- MM. Chevalier, pomologue, membre de la société d’horticulture de France.
- Coulombier, ancien pépiniériste, membr
- de la société nationale d’horticulture de France.
- Jamin, pépiniériste, ancien président de la société nationale d’horticulture de France.
- Vitry (Victor), horticulteur, vice-président de la société nationale d’horticulture de France.
- Classe 83 Plantes de serre
- M. Duchartre, membre de l’académie des sciences, membre de la société nationale d’agriculture et de la société nationale d’horticulture de France.
- Paris, le 21 mars 1888.
- Lucien Dautresme.
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- NOMINATIONS
- de Membres des Comités départementaux ALGÉRIE. — CONSTANTINE
- Président : M. Pelletreau, ingénieur en chef des ponts et chaussées, à Constantine. — Vice-présidents : MxM. Teissier (Henri), vice-président de la Chambre de Commerce de Pbilippeville ; Barbier, conseiller général, agriculteur à la Sefia. — Secrétaires : MM. Jacob, ingénieur des mines à Constantine ; Rousselot, propriétaire à Constantine.
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- L'EXPOSITION RÉTROSPECTIVE DD TRAVAIL
- ET DES SCIENCES ANTHROPOLOGIQUES A L’EXPOSITION DE 1889 (Suite.)
- section 11
- Arts libéraux.
- Sciences
- Astronomie. — Instruments : zodiaques, cadrans solaires, gnomons, clepsydres, astrolabes, armilaires, sphères célestes, horloges, sphères, lunettes, quarts de cercle ; bibliographie astronomique.
- Reconstitutions d’ensembles : Observatoires chinois, hindou, égyptien, d’Ulugh-beg, d’Urianen-borg; ier observatoire de Paris, 2e observatoire de Paris. _
- Géodésie. — Instruments et appareils des stations géodésiques.
- Météorologie. — Instruments et appareils des stations météorologiques.
- Physique. — Instruments.
- Chimie. — Instruments.
- Reconstitutions d’ensembles : Laboratoire d’al-. chimistes : laboratoire de chimiste ; cabinet de sique.
- hirurgie et physiologie. — Instruments.
- II. — Manuscrits. — Imprimerie. — Livres. — Journaux.
- Manuscrits. — Outils employés ; matières employées ; types de tablettes, de papyrus, de parchemins, etc.
- Imprimerie. — Caractères, presse.
- Livres. — Types de papiers; outils de reliure; types de livres (impressions, reliures et formats).
- Journaux et affiches. — Types de journaux et: d’affiches simples et à images ; presses spéciales pour les journaux.
- Reconstitutions d’ensembles : Atelier d’un imprimeur et boutique d’un libraire au seizième siècle.
- III. — Pédagogie.
- Types des objets et du mobilier employés pour l’enseignement selon les temps et les pays.
- Reconstitutions d’ensembles: Classes et bibliothèques.
- IV. — Musique et théâtre.
- Musique. — Instruments de musique ; œuvres musicales, au point de vue bibliographique ; manuscrits : types de notations : partitions et parties d’orchestre.
- Théâtre. — Salles de théâtre, vues et plans; décore, dessins, machines, éclairage, costumes, masques ; affiches de théâtres, journaux de théâtres, programmes, billets de théâtres ; collections de maquettes.
- V. — Arts du dessin.
- Architecture. — Documents graphiques ou modèles représentants les différents modes de constructions- — Reproductions caractéristiques
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- Quatrième Année. — N» 175.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889,
- Dimanche G Mai 1888.
- 1 o 3 5.
- d’art architectural selon les styles et les époques postérieures à Charlemagne.
- peinture. — Documents graphiques représentant des ateliers de peinture; types des différents modes de peintures: peinture antique ; mosaïque ; enluminure de manuscrits ; fresques ; peinture à l’huile, à la cire; peinture artistique sur verre et sur métaux, etc.
- Sculpture. — Documents graphiques représentant des ateliers; types de sculpture artistique en pierre, marbre, marbre polychrome, bronze, autres métaux, bois, terre cuite, etc. ; emploi de la glaise, de la cire, du plâtre: type de fonte artistique d’après la fonte au sable et la fonte à cire perdue.
- Médailles et pierres fines artistiques. — Série d’outils spéciaux à divers procédés de frappe et de gravures : types de produits obtenus avec ces outils.
- Gravure d’art. •— Série de planches et d’outils: types de produits obtenus d’après les divers procédés.
- Lithographie et chromo-lithographie d’art. — Planches, outils, presses : types de produits obtenus d’après les divers procédés.
- section 111
- Arts et métiers
- I. — Arts et métiers ayant pour but le captage et Vutilisation des forces.
- Forces naturelles directement utilisables. — i° Homme. Appareils dynamiques primitifs ; outils du travail à la main. — 20 Animaux, engins de levage : manèges, roues à marche. — 3° Air, Voiles ; moulins à vent ; trompes ; soufflets ; pompes. — 40 Eau; Réservoirs de chasse ; balances d’eau; roues hydrauliques diverses; turbines; machines à colonne d’eau.
- Transformations diverses de l’énergie: appareils utilisant directement ou indirectement l’une quelconque de ses formes. — i° Chaleur. Machines diverses : à feu, à air chaud, à vapeur. — 20 Lumière. Miroir; lentilles; daguerréotype; photographie. — 3° Electricité. Piles; machines électriques ; appareils généraux anciens d’électricité.
- IL — Arts et métiers ayant pour but la recherche et l'extraction de matières premières.
- Recherches des matières premières. — i° Chasse et pêche. Matériel et outillage : pièges, appâts, armes de chasse; animaux auxiliaires; procédés de chasse et de pêche fluviale ou maritime : réserves, viviers, etc. —Pêche des éponges. — Pêche du corail.
- Extraction et préparation des matières minérales. — i° Recherche des matières minérales. Baguette magique , boussole , sondages. — 20 Ex traction des produits minéraux et des matières minérales autres que les métaux. — Produits gazeux, solides et liquides, etc. — 3° Préparation des produits minéraux. — Métaux. — Matières minérales (sel, soufre, pétrole). Produits chimiques. Minerais employés ; matériel, outillage, procédés.
- Récolte et préparation des matières naturelles non minérales. — Procédés de la culture de la terre : horticulture, arboriculture, viticulture. — Cueillette et récolte des produits de la terre : exploitation des forêts. — Outillage des industries agricoles préparant des matières premières.
- III.— Arts et .métiers ayant pour but l’élaboration et la transformation des matières premières.
- Matières alimentaires. — Conservation des matières alimentaires ; laitages, viandes, poissons ; procédés-de préparation des produits agricoles; fabrication des matières alimentaires d’origine végétale et d’origine animale.
- Bois. — i° Bois de construction: a. Bois naturels. Matériel et outillage pour travail préparatoire du bois. b. Bois peints. Matières colorantes employées; matériel et outillage. — 20 Bois d’ameublement. Bois naturels, bois préparés ; matériel, outillage, procédés pour menuiserie d’art, sculpture sur bois, ébénisterie, placage, tabletterie vannerie; fabrication des instruments de musique.
- Pierres naturelles et artificielles. — i° Pierres naturelles : matériel, outillage, procédés pour sciage, taille et sculpture des pierres fines ; pierres d’ornement et de construction. — 20 Pierres artificielles : a. Pierres non cuites; matériel, outillage, procédés pour la fabrication des bétons, enduits et ciments. — b. Pierres cuites : matériel, outillage, procédés pour la fabrication des chaux et ciments. — c. Pierres diversement préparées : procédés pour durcissement, stucage, etc. — d. Pierres assemblées ; mosaïques.
- U- — Terres cuites, céramique, verrerie. — i° Terres cuites industrielles: matériel, outillage, procédés pour la fabrication des briques, carreaux, tuiles, tuyaux.— 20 Céramiques de terres diverses, grès, faïences, porcelaines. Matériel, outillage pour fabriquer : briques, carreaux et tuiles décorées ou émaillées, poteries de toutes sortes, services de table et de toilette, pièces décoratives. — 3° Verrerie et cristallerie. Matériel et outillage pour fabriquer, décorer, tailler, graver : gobelette-
- rie, verroterie, verre filé, perles, imitations de pierres fines, glaces-miroirs, lustrerie, vitraux. — 40 Emaux et émaillerie : matériel et outillage pour la fabrication des émaux, champlevés et cloisonnés ; laves émaillées; fontes émaillées. — 5° Mosaïques en verre et émaux : matériel et outillage pour la fabrication des mosaïques en verre et émaux.
- (A suivre.)
- .. . —i '
- ÉCHOS
- France
- La commission dite des 43 doit se réunir pour s’occuper de diverses questions relatives à l’Exposition de 1889.
- Elle doit examiner la question des entrées : il s’agit de savoir si le prix en sera perçu à l’aide de tourniquets ou au moyen de tickets. On décidera en outre si le montant du prix des entrées sera versé en totalité à la société de garantie, comme celle-ci le demande, ou si les frais de contrôle seront à la charge de cette société.
- La commission examinera aussi s’il y a lieu de créer à l’Exposition un théâtre qui s’intitulerait les Folies-Parisiennes, et dont Daubray demande à être le concessionnaire.
- *
- * *
- ETRANGER
- Le congrès formé aux Etats-Unis en vue de la participation à l’Exposition vient d’adopter une résolution par laquelle il accepte l’invitation de prendre part à l’Exposition de Paris en 1889.
- Il a adopté le crédit de 250,000 dollars demandé à ce sujet, mais sous la condition que l’importation de la viande de porc américain en France ne serait plus entravée.
- * *
- Les délégués de la colonie italienne à Paris doivent se réunir prochainement pour s’occuper de la question de l’Exposition de 1889 de concert avec le comité national. Ensuite les délégués auront une entrevue avec M. Pierre Legrand, ministre du commerce et de l’industrie.
- •¥• *
- M. Francisco Médina, ministre du Nicaragua à Paris, vient d’informer M. Georges Berger que M. Ménier a été nommé premier commissaire de la République du Nicaragua à l’Exposition universelle de 1889.
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- * *
- Le ministre du commerce vient de recevoir la liste, communiquée par le ministre de la République française à la Haye, des membres du comité agricole chargés de représenter les intérêts néerlandais à l’Exposition universelle de 1889.
- Ce comité est composé des plus hautes notabilités du pays, au point de vue notamment de l’agriculture. Il a pour président M. Beretman, pour second président M W.-J. Hofman, pour secrétaire M. P.-B.-F. Waldeck.
- Le comité constate, dans une note qu’il a adressée aux journaux de Hollande, que les Français comptent parmi les plus grands acheteurs de produits agricoles néerlandais. Il déclare ensuite qu’une large participation des agriculteurs à l’Exposition de 1889 sera non seulement l’accomplissement d’un devoir de courtoisie, mais encore une satisfaction donnée aux intérêts de la Hollande.
- *
- * *
- Répondant au bruit d’après lequel l’Italie fait dépendre sa participation à l’Exposition de 1889 des concessions commerciales que la France consentira, le Popolo Romano déclare que le gouvernement s’est expliqué à ce sujet le 25 juin dernier et qu’il n’a aucune raison de modifier son attitude .
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- * *
- La Chambre de commerce de Vienne publie l’avis suivant :
- « En réponse à une demande sur la situation du comité qui s’est formé à Paris sous Le nom de comité général austro-hongrois de l’Exposition de 1889, et qui s’est donné pour tâche de représenter les intérêts des industriels et des négociants de la monarchie, le président de la Chambre de commerce de Vienne fait savoir qu’il est autorisé à déclarer que ce comité n’a été reconnu ni par le gouvernement impérial ni par
- le gouvernement hongrois, que ce comité n’a reçu de ce chef aucune autorisation, et que, par conséquent, celte entreprise doit être regard^e'^fj/^~>. comme une affaire privée ». ^
- XX..
- SALON DE 1888
- Quand on a parcouru les unes après les autres les salles du Palais des beaux-arts dont les murs sont couverts de 2.586 toiles, total auquel il convient d’ajouter un milier de dessins, aquarelles, cartons, etc., la pensée qui vient immédiatement à l’esprit est une pensée d’étonnement à a vue de la fécondité excessive de l’art moderne ; car il ne faut pas oublier que les toiles qui ont franchi la porte du salon ne forment tout au plus que le tiers de celles qui ont été soumises à l’examen du jury chargé de faire une sorte de triage parmi toutes ces productions.
- Cette année, le nombre des envois s’élevait à près de 8,000 et il va grandissant à chaque exposition. On se demande où s'arrêtera cette manie de jeter des couleurs sur une toile, sous prétexte de faire de l’art, car, disons-le tout de suite, l’art est 'bien ce qui préoccupe le moins nos artistes; on fait de la peinture un métier; ce qu’on recherche avant tout, c’est la vogue qui lait vendre les tableaux.
- Quant à l’idéal, on s’en soucie fort peu. Cependant nous ne voulons pas que l’on puisse nous accuser d’être injuste et de formuler des critiques exagérées ou de parti pris. Nous nous plaisons à reconnaître qu’il y a parmi nous des artistes dignes de ce nom, qui possèdent à un haut degré le sentiment de l’art et de l’influence qu’il peut exercer sur les moeurs d’un peuple, mais malheureusement ils sont l’exception. La grande majorité ne considère dans l’art que l’utilitarisme qui a faussé, égaré le jugement du public et amené la décadence dont se plaignent à juste titre ceux qui ont gardé le souvenir des grandes époques où l’idée du beau était aussi populaire que l’est aujourd’hui l’idée de liberté.
- L’exposition annuelle telle qu’elle est organisée concourt-elle efficacement à atteindre le but que l’on s’est proposé en l’instituant?
- Ce but est doublePermettre aux artistes connus, en produisant leurs œuvres récentes, d’affirmer devant le public les progrès qu’ils ont réalisés ; ensuite, donner aux inconnus le moyen de se faire ' connaître.
- Eh bien ! de ces deux buts, le premier seul est atteint.
- Sur les 2.586 tableaux qui figurent au Salon de cette année il y en a près de 2.000 qui, appartenant à des artistes hors concours ou exempts de l’examen du jury, ont été acceptés de plein droit, il ne restait donc que cinq ou six cents places pour les cinq ou six mille inconnus que le Salon est destiné à mettre en lumière.
- Ajoutons que cette proportion très insuffisante menace de le devenir de plus en plus. Car le jury distribuant chaque année environ quarante médailles, et chaque médaillé acquérant pour l’année suivante le droit d’exposer deux tableaux; l’époque n’est pas éloignée où le Salon sera absolument fermé aux inconnus. Donc plus on ira et plus cette expositiondévierade son objet principal, c’est fatal.
- C-est à cet état de choses, à ce déni de justice qu’il faut attribuer les recrues de plus en plus nombreuses que fait la société des artistes indépendants. Son exposition de cette année, pour médiocre qu’elle soit dans son ensemble, renferme cependant bon nombre de tableaux qui ne seraient pas déplacés au Salon et figureraient avec avantage à côté de certaines œuvres qui ont été acceptées, car le favoritisme et la camaraderie ne sont pas bannis du Balais des beaux-arts.
- Nous avons dit que la peinture, aujourd’hui, tend de plus en plus à devenir un commerce. Rien de plus vrai, et cette tendance s’aggrave d’année en année avec une persistance désolante qui fait naître des inquiétudes pour l’avenir d’une branche jadis florissante de l’art français.
- A première vue, le Salon apparaît au visiteur comme un immense bazar où viennent s’entasser des œuvres hâtées, prétentieuses, sans conviction, sans foi. A côté de quelques tableaux d’un mérite réel, combien d’œuvres fausses, maniérées, où l’on sent l’effort, le souci de viser à l’effet ; où l’adresse, le savoir faire, le truc du métier tiennent lieu de l’inspiration absente. Or, l’habileté de la touche ne saurait remplacer l’idée, la pensée qui incarnent en quelque sorte dans une œuvre, ce je ne sais quoi qui séduit, captive.
- Le mal, d’ailleurs, ne date pas d’hier, son origine coïncide avec l’époque où l’amour de l’argent pénétra dans l’atelier, où l’artiste fit de son art une sorte d’industrie ; où la critique cédant, à des entraînements irréfléchis, prôna des œuvres sans mérite, égara le public et faussa son jugement, en célébrant telle et telle école dont les tendances pernicieuses ont poussé l’art dans cette voie fatale qui aboutit à la décadence.
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- io36. — Quatrième Année. — N° 175.
- LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 6 MaI )<'f.
- * Les tonalités grises, doucereuses dont la peinture actuelle s’est tout à coup engouée jettent sur le salon un air de mélancolique tristesse cjue les naïfs prennent pour de la poésie et qui n est que de l’impuissance. M. Puvis de Ghavannes a fait école et ses disciples sont en train de prouver qu’en s’éloignant des saines doctrines de la tradition on risque de tomber dans l’étrange, le ridicule. Nous savons bien que l’on traite de routiniers ceux qui refusent d’endosser le manteau cendré du purisme et de jeter sur la toile des personnages anémiques sans tonalité, mais ces exhibitions de carton-pâte ne sont pas faites pour relever le niveau de l’art, loin de là ; elles sont une contrefaçon, une caricature de la nature et pas autre chose.
- Ce n’est pas en suivant cette voie que l’on régénérera l’art français, et le Salon de 1888 ne permet guère d’espérer que nos artistes reviendront de sitôt à résipiscence.
- Vous aurez beau parcourir toutes les salles , votre œil ne rencontrera pas l’œuvre charmeresse devant laquelle on se sent captivé par la vérité, la puissance idéaliste qui s’en dégage.
- L’habitude désastreuse de produire des oeuvres faciles et hâtées a porté à la peinture d’histoire un coup dont elle ne se relèvera pas de longtemps. C’est à peine si ce genre est représenté à chaque Salon par deux ou trois tableaux sérieux. Le Rêve de M. Détaillé peut à la rigueur être classé dans cette catégorie, ainsi que la Mort de la Tour d’Auvergne de M. Paul Leroy. Mais ces tableaux, quelque habile qu’en soit l’exécution, ne représentent pas suffisamment un genre aussi important.
- Par contre, la peinture décorative devient de plus en plus à la mode, et nous remarquons avec regret que la plupart des artistes empruntent le pinceau et la manière de M. Puvis de Ghavannes, car le genre bâtard anémié auquel M. Puvis a donné son nom est loin de constituer un progrès dans le sens du développement artistique. Mais ce genre est, nous l’avons dit, une mode et l’on ne discute pas un engouement de parti-pris ; le temps en fera justice.
- Ce qui fait meilleure figure au Salon de 1888, c’est le paysage, la gloire de l’école moderne. Sans doute on peut lui reprocher de manquer de variété et de s’attarder à suivre le chemin battu de la routine; néanmoins il faut reconnaître qu'il s’efforce de maintenir sa vieille réputation. Trop souvent ses peintres cherchent l’inspiration dans les tableaux des maîtres qui les ont devancés dans la carrière, au lieu d’interroger la nature qui est le meilleur de tous les maîtres ; c’est là que le paysagiste doit puiser ses inspirations.
- Les partisans du plein air sont moins nombreux cette année que les années précédentes. Est-ce un bien, est-ce un mal? Nous n’avons pas à nous prononcer, car c’est affaire de goût. En revanche, il y a un grand nombre d’intérieurs qui ne sont pas sans mérite, mais ils ont le tort d’abriter des scènes banales.
- Le retour vers ce genre où les Hollandais ont excellé ne saurait être considéré comme une nouvelle conquête, car les Metzu et les Ostade ont poussé aussi loin que peuvent le faire nos artistes, la science du clair-obscur.
- En résumé, le Salon de 1888 ne contient aucune révélation, aucune promesse pour l’avenir; c’est uu salon d’attente. Quand on a parcouru toutes les salles on reporte avec mélancolie son espoir aux années qui doivent suivre.
- Crinon.
- LES LIVRES
- CLV
- Les Ecrivains d’aujourd’hui. Nos Poètes, par Jules Tellier. — Dialogues Parisiens. Huit jours che^ M. Renan, par Maurice Barres. Paris. A. Dupret, éditeur.
- Nous n’abusons pas de l’examen des ouvrages de critique; il faut pourtant leur faire leur part, surtout à cette fin du siècle qui est une fin de siècle critique et quelque peu sceptique, où la verve créatrice, la sève de production épuisées par les-efforts et quelquefois les. excès de la jeunesse romantique et de la maturité réaliste et naturaliste, ne jettent plus que quelques suprêmes éclats, ne portent plus que les derniers rameaux. La fin de ce siècle est donc une époque de souvenirs, de regrets, d’inventaires minutieux, de bilans parfois ironiques, de biographies superficielles, d’encyclopédies hâtives, de .tableaux critiques, par groupes d’œuvres et d’esprits. Nous avons dépensé notre or et notre argent. Nous en sommes à la monnaie. Tous les écrivains, comme tous les peintres et tous les musiciens, ont du talent, un certain talent. Mais il n’y a plus guère de talents originaux. Combien se sont révélés depuis quinze ans ? Le public a ajouté aux noms qu’il connaissait déjà ceux de Paul Bourget, Guy de Maupassant, Pierre Loti, Jules Lemaître, Zola, Daudet, Goncourt en sont déjà à la seconde ma-
- nière, à l’épreuve des réputations triomphantes, redevenant militantes. Dans l’histoire, nous n’avons plus d’œuvre puissante, de tentative hardie et heureuse de résurrection d'une époque, ou d’un homme. Nous n’avons que des monographies anecdotiques ou des bibliographies curieuses. Les Michelet, les Quinet, les Augustin et les Amédée Thierry n’ont pas de successeurs. Dans le roman seulement notre littérature garde une intarissable fécondité. Mais combien y en a-t-il de dignes d’être mis dans la bibliothèque, après avoir été feuilletés en wagon ou sous la tente des casinos ? A peine quatre ou cinq par an. Pour en venir à la poésie, qui est aujourd’hui notre sujet, où est l’homme nouveau, faisant vibrer les anciennes cordes de notes originales et personnelles ? Où est, je ne dirai pas le Victor Hugo, — on ne verra plus jamais un Victor Hugo pas plus qu’un Gœthe — mais l’Alfred de Musset, le Lamartine de cette génération et des prochaines? Dans la poésie, il semble que le siècle ait renoncé à nous montrer quelque chose de neuf. Il semble qu’il n’en soit plus au monde. Toutes les. places de premier et de second rang sont prises. A Hugo, à Alfred de Vigny, à Lamartine, à Musset, à Théophile Gautier, à Béranger, ont succédé Leconte de Lisle, Sully Prud’homme. Théodore de Banville, François Coppée, Gustave Nadaud. Et ensuite ? Ensuite comme au salon, il y a derrière l’élite toujours la même ou à peu près, la foule des troisièmes médailles et des mentions honorables, la foule des poètes avec ou sans chevrons, à leur premier ou à leur troisième recueil, la foule des gens à talent de métier, propre, correct, habile, qui une fois dans leur vie ont trouvé une inspiration heureuse, sinon déci-siVe, et gagné leur petite chambre à l’hôtel des Anthologies. Il y a les jeunes chercheurs mais qui ne trouvent pas, qui prennent leurs réminiscences pour des inspirations, qui découvrent la poésie, comme on découvre la Méditerranée, qui vouent au sortir du collège, ou pendant l’Ecole de droit, leur première harbe à Apollon et leur premier volume de vers imprimé à leurs frais, bien entendu, par Jouaust ou Lemerre, à un des trois ou quatre représentants attitrés de la poésie que j’ai nommés tout à l’heure. Us en reçoivent bon accueil, lettre de remerciements, parfois lettre-préface. Ils sont achetés par quelques curieux monomanes, lus par leurs envieuxqui se moquent, par leurs amis qui les raillent tout en paraissant les défendre, et en province par des avoués désœuvrés, des aspirants grands hommes faisant la critique au journal local, et des institutrices à lunettes, parcourant, l’ombrelle feuille morte à .la main, les allées du parc solitaire. Tout cela frémit, palpite un jour d’une fausse joie, d’une fausse gloire, d’une fausse vie, à la devanture du libraire ou du cabinet de lecture, tout celaprête à conversation et à discussion un jour dans les cafés littéraires; puis de tout cela il ne reste rien que la carte à payer pour l’apprenti poète, l’aspirant poète. Les plus heureux, ceux qui persistent, qui poussent jusqu’aux cheveux blancs le sacerdoce de la rime, ceux-là reçoivent parfois sur leur front de bibliothécaire une couronne académique. Mais c’est rare, parce qu’ils sont trop. Oui, il y a trop de poètes pour une seule poésie. Les Muses n’aiment pas la plaine, la grand’route, la foule. Et c’est tout cela aujourd’hui qui règne et qui gouverne. La nature, la montagne, la mer, ces choses jadis solitaires et sacrées sont à tout le monde. La Suisse est pleine d’hôteliers, l’Italie de cicerones. Le pittoresque s’en va. Les grandes routes en tout étouffent et effacent les sentiers de traverse chers à l’amour et au rêve. Paris, la capitale du monde intellectuel, le cerveau de la France est tout entier aux préparatifs de cette Exposition universelle qui n’est pas faite en vue des rêveurs, en vue des progrès de l’art pur, mais des applications du progrès scientifique. Aujourd’hui tout est bruit, tout est réclame, tout est publicité. Nos hommes en vue vivent publiquement leur vie privée. Où diable voulez-vous que se niche au milieu de ces bruits et de ces fumées d’usine ou d’hôtel qui accaparent tout, qui encombrent tout, l’hirondelle de l'idéal ? Ne vous étonnez donc pas que la poésie se meure, que cette fin de siècle affairée, insoucieuse des intérêts qui ne se monnoyent pas, ne s’inquiète pas des poètes, et que le grand mouvement lyrique, élégiaque qui a commencé par les Orientales, les Méditations et les Nuits en soit aujourd'hui tombé aux virtuosités puériles et aux prétentieuses fadeurs raillées par Adoré Floupette. Les générations qui viennent n’ont pas de tempérament ni de roman. Elles sont positives, scientifiques, sceptiques, blagueuses. C’est tout au plus si les violences et les brutalités d’un Richepin, ce Zola poétique, où les tristesses névrotiques d’un Rol-linat les émoustillent un peu et leur pincent encore la fibre. Mais nos jeunes gens préfèrent encore à tout cela la chanson de café-concert, ou les nouveautés du Chat-Noir. En ce moment, grâce aux circonstances complices, grâce au déroulé-disme, au boulangisme, ce qui reste d’attention et d’intérêt aux choses de l’art poétique tombé du sublime au ridicule se partage entre les chansons du Chat-Noir où l’on chante ce qui ne valait pas la
- peine d’être dit, et où le public, peu difficile d’ailleurs, échappe à l’ennui parla musique, et les miè-veries puériles des élèves de MM. Stéphane Mallamé et Verlaine. Bousingotisme, canaillotisme ou déliquesctntisme. Voilà la fin de la poésie contemporaine, tuée par la blague qui amuse les hommes, et par la musique qui chatouille les femmes. Le livre de M. Jules Tellier est un cimetière critique... Hicjacet. Il est plein de tombes et de croix, talents morts ou méconnus ou inconnus.
- L’auteur est un homme d’esprit, plein de flair et de sagacité qui n’a pas l’inventaire, ennuyeux, le procès-verbal sans le mot pour rire, l’épitaphe sans épigramme. Il a analysé finement le mouvement littéraire contemporain, d’où est sorti le parnassisme. Il a bien distingué les notes nouvelles que nous devons à ce mouvement : intimités bourgeoises, paysages parisiens, impeccabi-leté de la forme, virtuosité des rythmes et comme note philosophique pour les poètes qui se permettent de penser, un byronisme, ou plutôt un shelleysme dont Leconte de Lisle et Sully. Prud’homme sont les maîtres, égoïste et pessimiste et amer chez le premier, chez le second d’un pyrrhonisme plus humanitaire et plus doux. Il a très bien vu et très bien dit ce qu’il y a et surtout ce qu’il n’y a pas dans Victor Hugo, idole d’or dont les pieds d’argile apparaissent aujourd’hui que l’admiration reste, mais que la superstition se retire. Il a bien noté le caractère de la poésie chez Banville, un jongleur prestigieux de mots éblouissants, le dernier païen et pas innocent.. Il a compris ce que cachait d’ironie dans le pli de la lèvre et le coin de l’œil le poète des Humbles. Il a, dans les poètes de la seconde et de la troisième médaille, ceux- dont nous venons de parler. ayant toutes sortes de droits à la première, distingué, avec soin, avec méthode, fait rentrer la logique, la critique, la proportion dans un sujet où tout cela était très difficile, et où le choix des citations ranime heureusement l'intérêt que cet éparpillement de noms, aurait pu faire languir. En un mot, cette étude purement superficielle, mais où il y a de fines caractérisations des talents et des genres, sur le passé et le présent du mouvement poétique, est à lire et à conserver comme document critique et je le crains bien testamentaire, car le temps et le génie nouveau de la race ne sont plus à la poésie, et je crois qu’il n'y aura bientôt plus.de poètes.
- Le petit livre de M. Maurice Barrés, intitulé Huit jours chez M. Renan, nous donne un tableau de l’intérieur de l’écrivain célèbre et un portrait de l’homme intime, placés sous le double jour de la vie familière et de la villégiature bretonne. Ce qui frappe dans ce grand émancipé, ce grand défroqué, comme chez le père Hyacinthe, c’est la persistance indélébile des habitudes hiératiques, de l’esprit sacerdotal. Malgré tout, M. Renan demeure un lévite marié, dont la redingote garde de la soutane raccourcie, dont le ventre est resté canonical, sous le - menton devenu rabelaisien,, et qui n’est pas sans avoir gardé aussi de l’Eglise abandonnée l’ironie de son onction, le sel de son eau de bénisseur, le sourire malin de sa gravité. Pour nous, qui n’apprécions M. Renan qu’en dilettante littéraire, et ne nous piquons pas de chercher la philosophie d’un homme qui n’en a pas- plus que le général Boulanger de programme, M. Renan n’est qu’un admirable écrivain, dans ses bons jours. Pour tout le reste, il aura bien de la peine à s’arranger une attitude définitive, n’ayant pas eu pour corriger les ondovements de son esprit, la forte unité du caractère. M. Maurice Barrés, très spirituellement, avec une ingénuité qui cache bien de la malice, a reproduit les entretiens de ce Gœthe de la libre pensée, sans invention et sans génie, qui n’a fait que paraphraser Strauss, avec une érudition hébraïque et syriaque inférieure à celle d’un d’Eichtal et d’un Le-drain avec un Eckermann qui ne le gobe qu'à moitié et que les fausses bonhomies d’un homme très malin ne prennent pas à leur piège. Reproduction trop fidèle semble-t-il, car M. Renan, cet Ampère et ce Beulé du christianisme, qui a perpétuellement, comme eux, pour expliquer l’antiquité, le commentaire de l’allusion contemporaine, M. Renan s’est trouvé trop sténographié, trop peint d’après nature et au vif, et a protesté contre son traducteur. Nous sommes, nous, du parti du traducteur, parce que nous lui trouvons de l’esprit et de la finesse, et que c’est une malice bien venue à nos yeux que celle qui consiste à confesser les anciens séminaristes et à les montrer tels qu’il sont non tels qu'ils voudraient être, dût-on encourir l’excommunication de ces excommuniés. Et cela, pour avoir mis un pli de rose dans le lit de ces sybarites qu’offense un pli de rose, et qui n’ont pas hésité, eux, à semer d’épines qui réveillent le doute, le lit, où ont dormi tant de générations, de l’antique et naïve foi.
- M. de Lescure.
- Le Gérant, GARREAU.
- Tours. — lmp. E.ARRAULT et Cie, rue de la Préfecture,
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- Le Moniteur
- DE
- L'EXPOSITION DE j88q
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a
- i.
- QUATRIEME ANNÉE.
- Dimanche 13 Mai 1888.
- NUMERO 176
- SOMMAIRE :
- 1. L’Exposition rétrospective du Travail; 2. Les Sociétés de secours mutuels à l’Exposition de 1889; 3. La section des Beaux-Arts ; 4. Les demandes d’admission ; 5. Adjudication; 6. La participation étrangère à l'Exposition de 1889; 7. Adjudication; .8. Echos; g. Salon de 1888; 10. Le Commerce
- maritime du Monde ; 11. L’Enseignement professionnel ; 12. Avis commerciaux; i3. Les Livres.
- L'EXPOSITION RÉTROSPECTIVE DU TRAVAIL
- ET DES SCIENCES ANTHROPOLOGIQUES A L’EXPOSITION DE 1889 (Suite.)
- Métaux. — i° Elaboration préparatoire: matériel et outillage pour dressage, apprêt, décapage, étirage, perçage, estampage. — 20 Élaboration finale. Matériel et outillage : a. Pour le travail des métaux fins: orfèvrerie de tous métaux, bijouterie vraie ou d’imitation, joaillerie, b. Pour le travail des métaux courants : fonte de fer décorative ou industrielle, serrurerie d’art, armes de luxe, dinanderie, poterie d’étain, quincaillerie, ornements fondus ou imprimés pour la décoration des bâtiments, bronzes d’ameublements. Machines et outils pour la fabrication de Thorlo-rie et des instruments de précision ; horloge et montres. •— 3° Arts et métiers annexes de l’élaboration des métaux : moulage pour l’industrie ; fonte sur nature, à cire perdue, à bon creux; galvanoplastie ; décoration des métaux ; gravure, ciselure sur plan ou ciselure repoussée; émaillage; damasquinage, dorure, argenture, nickelage, étamage .
- Matières textiles. — Laine, chanvre, soie, coton, jute, ramie ; matériel et outillage pour peignage, décorticage, etc. ; filature, moulinage, retordage, tissage , blanchisserie et apprêts : teinturerie, imprimerie, corderie.
- Papier. — Matériel et outillage pour la fabrication des papiers bruts, papiers transformés, papiers décorés, papiers imprimés, papiers peints.
- Dépouilles animales. — Matériel et outillage pour préparation et utilisation des peaux, fourrures, crins, cheveux, plumes, cor-ne, baleine, os, ivoire, écaille, boyauderie.
- IV, — Arts et métiers nécessaires à la vie individuelle ou en société
- Art de se vêtir. — Matériel et outillage pour la fabrication de costumes, linge, vêtements, chaussures, ganterie, chapellerie ; costumes civils, costumes militaires, costumes ecclésiastiques. Entretien du vêtement : blanchissage, dégraissage, repassage, cirage. Entretien et ornement de la personne, hygiène, toilette, coiffure, etc.
- Art de bâtir. — Outillage et matériel. Terrassement, maçonnerie , charpenterie, couverture , menuiserie^ serrurerie, peinture et vitrerie. Habitations temporaires, portatives, permanentes. ,
- Art de se chauffer. — Outillage et matériel, chauffage des habitations.
- Art de s’éclairer. — Eclairage par appareils indépendants ou de distribution.
- Art de préparer les aliments . — Appareils employés pour la cuisine : fourneaux, tourne-broches, batteries de cuisine, etc.
- Intervention de l’art de l’ingénieur pour la satisfaction des besoins de l’homme vivant en société. ~~ Ventilation des ateliers, des habitations. Alimentation des villes : réservoirs, aqueducs. Capsage des résidus: canalisations, égouts. Hygiène, f ostes, télégraphes.
- SECTION IV
- Moyens de transport
- I. — Transport par terre
- La voie. — Tout ce qui peut représenter la transformation de la voie servant au transport,
- depuis le sentier naturel jusqu’à la route de terre perfectionnée, en comprenant, par conséquent, tous les systèmes de voies, ainsi que les ponts, viaducs, tunnels, etc., depuis l’origine du monde.
- Le transporteur. — Tout ce qui représente le transport par l'homme, avec ou sans engins ; le transport à bras, à dos d’homme et des animaux ; le transport à l’aide des véhicules traînés par l’homme ou les animaux.
- II. — Transport par voie fluviale et maritime
- Moyens employés pour utiliser les cours d’eau au transport; canaux; ports maritimes. Eclairage, et balisage des côtes. Véhiculés employés sur les cours d’eau ou sur mer.
- III. — Transport par voie de fer
- Lavoie; signaux et appareils protecteurs. — Moteurs. — Matériel roulant. —Outillage accessoire.
- IV. — Transport par l'air
- Aérostats ; nacelles et agrès . — Procédés
- d’aérostation. — Instruments spéciaux.
- section v Arts militaires
- I. — Généralités
- Objets historiques ; pièces ayant appartenu à des hommes de guerre ou à des personnages historiques ; armes diverses, historiques, artistiques ou curieuses, antérieures au dix-huitième siècle ; étendards et drapeaux antérieurs au dix-huitième siècle; tableaux-portraits des grands hommes de guerre.
- II. — Artillerie.
- Effets d’armement et d’équipement ; reproduction par les tableaux, gravures et dessins, de costumes et de scènes se rapportant à l’arme; modèles réduits de machines de guerre, de bouches à leu et de voitures ; modèles de ponts de bateaux et de chevalets; tableaux et portraits.
- III. — Génie.
- Modèles de l’attaque et de la défense des places ; plans en relief; modèles des travaux de sape et de mine; suite d’outils; tableaux et portraits ; histoire par figuration de l’uniforme de l’arme.
- IV. — Infanterie.
- Histoire du régiment par figuration : tableaux représentant les laits d'armes du corps ; histoire des uniformes par régiment; histoire des drapeaux et enseignes ; histoii e des modèles d’armes portatives; histoire des effets d’armement et d’équipement; histoire des instruments de musique. — Escrime, école militaire.
- V. — Cavalerie.
- Histoire des corps par figuration : tableaux des faits d’armes; équipement; harnachement; ferrures ; armes ; sabres; lances ; cuirasses; histoire des étendarts ; carrousels, tournois, équitation ; école de cavalerie. — Gendarmerie.
- VI.___Services administratifs de santé et des
- poudres et salpêtres.
- Instruments pour la fabrication de la poudre; voitures et services d’intendance et de santé : suites d’uniformes des corps administratifs et de santé; chirurgie; portraits.
- VII. — Etat-major.
- Portraits; suites d’uniformes d’officiers généraux et du service d’état-major; suites d’appareils de sciences militaires ; castramétation, topogra-
- phie, plans, cartes, travaux de stratégie et de tactique ; bibliographie générale (la bibliographie se rapportant à chaque arme rentrera dans la section de l’arme qu’elle concerne).
- Le présent règlement délibéré par la commission supérieure d’organisation de l’exposition rétrospective du travail et des sciences anthropologiques, le 29 mars 1888.
- Vu et présenté :
- Le directeur général de l'exploitation,
- G. BERGER.
- Vu et approuvé :
- Paris, le 3o mars 1888.
- Le ministre du commerce et de l'industrie, commissaire général,
- L. DAUTRESME
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- LES SOCIÉTÉS DE SECOURS MUTUELS •
- A L’EXPOSITION DE 1889
- Le comité d’admission de. la section V (Sociétés de secours mutuels) de l’Exposition d’économie sociale fait un appel pressant aux Sociétés de secours mutuels, aux fédérations et aux syndicats mutualistes qui se trouvent dans les conditions désirables pour prendre part à TExposition.
- Le but poursuivi est de mettre en lumière les types les plus remarquables de la mutualité, tant parmi les Sociétés professionnelles que parmi les Sociétés approuvées ou déclarées d’utilité publique que parmi les Sociétés autorisées ou même en dehors des cadres ordinaires.
- Il s’agit de présenter les monographies des Sociétés qui sont le plus dignes d’être étudiées, soit à cause de leur ancienneté, de leur importance et de leur prospérité, soit à cause de leurs progrès rapides quelque modestes que soient leurs débuts, soit en raison des extensions et innovations introduites par elles dans le fonctionnement de la mutualité ; admission des femmes et des enfants, combinaison de co-assurance pour les maladies prolongées, soins de convalescence, secours en cas de chômage, secours pour la vieillesse, secours en cas de décès, assurances diverses, rapports avec d’autres institutions de mutualité, d’épargne, de prévoyance ou de mutualité, etc.
- La participation des Sociétés à l’Exposition d’économie sociale n’entrainera pour elles aucune contribution dans les frais de l’Exposition. Des récompenses doivent être décernées aux exposants les plus méritants.
- Les Sociétés et les fédérations de Sociétés de secours mutuels désirant figurer à l’Exposition d’economie sociale sont priées d’envoyer dès à présent leurs notices, statuts, règlements, comptes-rendus, rapports statistiques, etc., à M. Paul Bucquet, president du comité de la section V, à Paris, 69, avenue d’Antin, qui fournira, s’il y a lieu, tous les documents et renseignements nécessaires.
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- LA SECTION DES BEAUX-ARTS
- L’administration rappelle aux artistes français que ceux d’entre eux qui sont dans l’intention de prendre part à l’Exposition universelle de 1889. seciion des beaux-arts, doivent déposer ou faire déposer au commissariat des expositions, palais des Champs-Elysées, porte I, du i5 mai au 1e1' juin, la liste signée par eux des ouvrages qu’ils désirent exposer. Chacun des cinq genres désignes au règlement devra faire l’objet d’une liste-séparée.
- Le jury d’admission exminera du 1e1' juin au jftl' juillet les listes envoyées, il diessera d’apres
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- io38. — Quatrième Année. — N° 176.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche i3 Maî 1888.
- ces listes un état des ouvrages admis d'office.Les artistes seront avisés avant le i5 juillet.
- Les ouvrages qui n’auraient pas été admis d’office sur le vu des listes, ou ceux que les artistes présenteraient en surplus, devront être déposés, du 5 au 20 janvier 1889, au palais des Champs-Elysées, porte I, pour y être examinés par le jury.
- Les ouvrages admis d’office seront déposés au palais du Champ-de-Mars, du i5 au 20mars 1889.
- Les artistes étrangers, dont le pays ne sera pas représenté par un commissariat général ou un comité national, devront adresser leurs demandes t M. le directeur des beaux-arts, au commissariat ’es expositions,palais desChamps-Elysées,porteI, avant le i5 mai 1888. Un jury spécial prononcera sur l’admission de leurs oeuvres. Les ouvrages que le jury désirera examiner de visu devront être remis Jranco au palais des Champs-Elysées, du 5 au 20 décembre 1888, accompagnés d’une notice remplie et signée par l’artiste.
- LES DEMANDES D’ADMISSION
- De nombreux exposants ont été surpris de n’avoir pas encore reçu de réponse aux demandes d’admission qu’ils ont adressées pour l’Exposition de 1889.
- M. Georges Berger ne pourra notifier les admissions qu’après que les comités d’installation auront dressé et fait approuver les plans de répartition des espaces attribués aux divers exposants admis dans chaque classe, ainsi que les devis de dépenses que chacun devra s’engager à supporter pour occuper sa place.
- Les notifications d’admission seront envoyées dans le courant du mois de juillet prochain, de telle sorte que les travaux d’installation pourront commencer en août.
- Pour l’Exposition de 1878, les exposants n’avaient reçu notification de leurs admissions qu’en décembre 1877.
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1889
- DIRECTION GÉNÉRALE DES TRAVAUX
- ADJUDICATION EN TROIS LOTS
- DE LA FOURNITURE
- En Location, Pose, Nettoyage, Entretien et Dépose
- de la Vitrerie des surfaces verticales des Palais du Champ-de-Mars
- 1. Le lundi 28 mai 1888, à une heure de l’après-midi, il sera procédé publiquement, dans une des salles du Conseil de prélecture (palais du Tribunal de commerce), par le préfet de la Seine ou son délégué, assisté de deux membres du Conseil de préfecture et du directeur général des travaux ou de son délégué, à l’adjudication, en un lot, au rabais, sur les prix portés au détail estimatif et par soumissions cachetées, des travaux de vitrerie des surfaces verticales des palais .du Champ-de-Mars, lesquels sont évalués à 88,985fr. 33,somme à valoir pour imprévus comprise.
- Le
- cautionnement est fixé à :
- 5oo fr. pour le Ier lot. 1,000 fr. pour le 2e lot. 2,5oo fr. pour le 3e lot.
- 2. Le détail estimatif et le cahier des charges sont déposés à la direction générale des travaux, dans les bâtiments du Champ-de-Mars, à l’extrémité de l’avenue Rapp, où l’on pourra en prendre connaissance, tous les jours non fériés, de une heure à quatre heures.
- 3. Nul ne sera admis à concourir à l’adjudication s’il ne remplit les conditions imposées par le carder des charges générales.
- Chacun des concurrents devra adresser à l’agence des travaux du Champ-de-Mars, au directeur général des travaux de l’Exposition qui est chargé d’arrêter la liste des concurrants, huit jours au moins avant la date de l’adjudication :
- i° Une déclaration écrite sur papier timbré, faisant connaître ses nom, prénoms, domicile, lieu et date de naissance ;
- 20 Un extrait de son casier judiciaire ayant moins d’une année de date;
- 3° Les pièces demandées par le cahier des charges générales, telles que certificats de capacité, etc.
- Le délai fixé ci-dessus pour le dépôt de ces pièces sera rigoureusement appliqué.
- Sur avis de l’administration, ces pièces seront
- retirées par les entrepreneurs pour être jointes à leur soumission.
- 4. Chaque soumission, rédigée sur papier timbré, conformément au modèle ci-après,sera placée isolément sous un pli cacheté, et le paquet, portant le nom du soumissionnaire, sera renfermé, avec les pièces dont il a été parlé ci-dessus et avec le certificat de dépôt du cautionnement, sous une seconde enveloppe cachetée portant pour souscription : Exposition universelle de 188g. — Travaux de vitrerie des surfaces verticales des palais du Champ-de-Mars.
- Les soumissions qui ne seraient pas exactement conformes au modèle ci-après seront considérées comme nulles et non avenues.
- Les rabais seront énoncés en francs et décimes par cent francs (sans fraction de décime) et porteront sur les prix du détail estimatif. Les rabais portant fraction de décime seront comptés au décime plein inférieur à la fraction exprimée.
- 5. Le jour de l’adjudication, les paquets seront remis par les intéressés au bureau d’adjudication, dans la salle du Conseil de Préfecture, au Tribunal de Commerce, depuis midi jusqu’à une heure.
- Les paquets recevront un numéro dans l’ordre de leur présentation.
- 6. Aune heure, on remettra au bureau d’adjudication, et sous enveloppe cachetée, le minimum des rabais moyennant lequel l’adjudication pourra être prononcée ; ensuite, on procédera à l’ouverture des paquets.
- Le bureau d’adjudication, après vérification des pièces, arrêtera la liste des concurrents agréés.
- Immédiatement après, il sera procédé à l'ouverture des soumissions présentées par les concurrents admis.
- 7. Si aucun des rabais offerts dans les soumissions ouvertes n’atteint le minimum fixé, l’adjudication pourra être prononcée provisoirement ou ajournée, sur l’avis du bureau d’adjudication, qui en délibérera séance tenante.
- En aucun cas, le minimum fixé ne sera rendu public.
- 8. Dans le cas où le rabais le plus fort aurait été souscrit par plusieurs soumissionnaires, un nouveau concours sera ouvert, séance tenante, entre ces soumissionnaires seulement.
- Les rabais de la nouvelle adjudication ne pourront être inférieurs à ceux de la première.
- Si les soumissionnaires se refusaient à faire de nouvelles offres, ou si les rabais souscrits étaient encore égaux, l’adjudicataire serait désigné par la voie du sort.
- 9. L’adjudication n’est valable qu’après approbation par le ministre du commerce et de l’industrie.
- 10. Les frais de publicité, d’expédition et d’impression, ceux de timbre et d’enregistrement seront supportés par l’adjudicataire, qui devra en faire le dépôt dans un délai maximum de trois jours, à partir de la date de l’adjudication.
- 11. Toutes les conditions insérées dans la présente affiche sont obligatoires et déclarées annexées au cahier des charges.
- Fait à Paris, le 2 mai 1888.
- Le Ministre du Commerce et de l’Industrie, Commissaire général,
- Pierre Legrand.
- MODÈLE DE SOUMISSION (Sur papier timbré)
- Je soussigné, ^ , entrepreneur de vitrerie, demeurant à ,
- après avoir pris connaissance des clauses et conditions générales imposées aux entrepreneurs de l’Exposition universelle de 1889 en date du 25 août 1886, ainsi que des conditions particulières se rapportant directement à l’exécution de la vitrerie des surfaces verticales des Palais du Champ-de-Mars,
- M’engage à exécuter les travaux dont il s’agit, formant le e lot, évalués à la somme de
- moyennant un rabais de. . . . (en
- toutes lettres) par cent francs sur les prix indiqué, aux clauses et conditions particulières.
- Je me soumets, en outre, à supporter tous les droits d’affichage de timbre et d’enregistrement. à droit fixe ou autres auxquels la présente soumission pourra donner lieu, si elle est acceptée.
- Fait à Paris, le 1888.
- (Signature).
- ------- ---rrr- -m------------
- LA PARTICIPATION ÉTRANGÈRE
- A L’EXPOSITION DE 1889
- Il se produit en Autriche un grand mouvement pour la participation à l’exposition universelle de
- Paris, en 1889; on nous signale notamment des; réunions importantes à Prague et à Pesth dans le but de favoriser les adhésions. L’idée dominante des intéressés de la Bohême et de la Hongrie est d’avoir une section spéciale indépendante pour chacun d’eux ; chacune de ces sections serait organisée sur un pied de complète liberté sans, qu’il y eût même direction ni même organisation. Le gouvernement austro-hongrois reste en dehors de la propagande du comité, propagande pour une affaire qu’il considère comme privée.
- Dans une réunion tenue récemment à Prague* un comité national de 160 membres a été constitué. M. Poliri en a été nommé président d’honneur, MM. Dicht et le docteur Dlich, conseillers municipaux de Prague, vice-présidents.
- Une commission exécutive de 21 membres a été constituée.
- — En ce qui concerne l’Italie, nous apprenons, que le comité qui s’était formé à Rome en faveur de la participation de ce pays à l’exposition de 1889, et qui, à la suite des accidents nés de la discussion de traité de commerce, devait se dissoudre, a décidé, sur les instances des représentants les plus autorisés de la colonie italienne, de Paris, de surseoir à sa dissolution.
- Une séance vient d’avoir lieu à Rome, pour entendre les délégués venus de Paris, qui travaillent avec un zèle que nous espérons voir couronné de succès, à la consolidation de l’œuvre pacifique qui doit rapprocher les deux grandes nations latines. De ce côté des Alpes, comme de l’autre, il sera dû de la reconnaissance aux chaleureuses interventions qui marqueront peut-être le premier pas dans le chemin de la réconciliation cordiale
- — Le comité Egyptien vient d’informer officiellement le ministre du commerce de France, qu’il a nommé M. Charles de Lesseps, président de la section égvptienne et le baron Delort de Gleou, délégué du comité de Paris.
- M. Delort de Gleou ira prochainement à Paris, pour soumettre un projet, dont il est l’auteur, en vue de l’installation de l’exposition égyptienne.
- — Le chargé d’affaires de la République française au Guatemala a confirmé l’envoi d’instructions générales officielles à M. Médina, commissaire général de Guatemala à l’exposition de 1889.
- M. Reynaud ajoute que des instructions spéciales doivent être adressées à M. Médina dès que. la Chambre des députés aura voté un crédit de 5o,ooo piastres que le gouvernement sollicite pour-la représentation du pays à l’Exposition de Paris, en 1889.
- — Pour le Maroc, M. le ministre des affaires étrangères a donné avis, à M. Pierre Legrand, que les commissaires désignés pour la participation de ce pays à l’Exposition universelle de 1889, sont :• Sid El Hadj, Abd El Kérim Bricha et Sid El Karbi Abarodi ; ces deux commissaires doivent arriver prochainement à Paris.
- A ces deux commissaires du Maroc sont ad-, joints, avec le titre de commissaires, deux délégués français, M. Gabeau, interprète principal de l’armée au ministère de la guerre, et M. Eugène. Deligny, architecte, rue François Ier, à Paris.
- Mentionnons, pour clôturer cette revue, que la participation du Japon sera très étendue, très, variée et très brillante, d’après les dispositions prises à Tokio. Une commission de sept membres est constituée sous la présidence du comte Kou-reda, ministre japonais de l’agriculture et du commerce. Le vicomte Tanaka, ministre du Japon à Paris, et M. Okoski, consul du Japon à Lyon, font partie de cette commission officielle qui a commencé ses travaux.
- Les producteurs, industriels et commerçants du Japon qui doivent exposer ont, pour la plupart, fait parvenir leurs demandes d’admission au ministre Koureda.
- Le gouvernement japonais s’est engagé à prendre à sa charge le transport à Paris des objets destinés à l’Exposition de 1889.
- M. le vicomte Tanaka et M. Okoski sont en rela-u tions journalières avec M. Georges Berger, directeur général de l’exploitation.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1889
- DIRECTION GÉNÉRALE DES TRAVAUX
- ADJUDICATION EN UN LOT
- DE LA CONCESSION
- DES KIOSQUES LUMINEUX ET CHALETS’
- Pour la vente des Journaux, Jouets d’enfants, etc.K dans l’enceinte de l’Exposition
- 1. Le lundi 28 mai 1888, à une heure de l’après-midi, il sera procédé publiquement dans une. des salles du Conseil de Préfecture (Palais du Tribu-
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- Quatrième Année. — N* 176.
- nal de Commerce), par le Préfet de la Seine ou son délégué, assisté de deux membres du Conseil de Préfecture et du Directeur général des Travaux ou de son délégué, à l’adjudication, aux enchères, sur soumissions cachetées, de la concession des kiosques lumineux et chalets pour la vente des journaux, jouets d’enfants, etc., dans l’enceinte •de l’Exposition.
- Le cautionnement est fixé à 5,000 francs.
- Les frais d’adjudication devront être versés, sous peine de déchéance, dans un délai de trois jours à dater de l’adjudication.
- Le cahier des charges et les plans sont déposés à la Direction générale des Travaux, dans les bâtiments du Champ-de-Mars, à l’extrémité de l’avenue Rapp, où l’on pourra en prendre connaissance, tous les jours non fériés, de une heure à quatre heures.
- 3. Nul ne sera admis à concourir à l’adjudication s’il ne remplit les conditions imposées par le cahier des charges générales.
- Chacun des concurrents devra adresser à l’Agence des Travaux de l’Exposition, au Directeur général des Travaux qui est chargé d’arrêter la liste aes concurrents, cinq jours au moins avant la date de l’adjudication :
- jo Une demande d’admission à l’adjudication sur papier timbré, faisant connaître ses noms, prénoms, domicile, lieu et date de naissance ;
- V 20 Un extrait de son casier judiciaire ayant moins d’une année du date;
- 3» Les pièces demandées par le cahier des charges générales, telles que certificats de capacité,etc.
- Le délai fixé ci-dessus pour le dépôt de ces pièces sera rigoureusement appliqué.
- Sur avis de l’Administration, ces pièces seront retirées par les entrepreneurs pour être jointes à leur soumission.
- 4. Chaque soumission sera conforme au modèle xi-après ; elle sera rédigée sur papier timbré, placée isolément sous un pli cacheté, et le paquet, portant le nom du soumission natre, sera renfermé, avec les pièces dont il a été parlé ci- dessus et avec le certificat de dépôt du cautionnement, sous une seconde enveloppe cachetée portant pour suscription: Exposition universelle de 188g. — Construction, installation et exploitation des kiosques lumineux et chalets pour la vente de journaux, jouets d’enfants etc., dans l’enceinte de /’Exposition.
- Les soumissions qui ne seraient pas exactement xonformes au modèle ci-après seront considérées comme nulles et non avenues.
- Les offres seront énoncées en francs et décimes. Toute fraction de décime sera nulle et ne pourra compter pour la préférence à donner à l’un des concurrents.
- 5. Le jour de l’adjudication, les paquets seront déposés sur le bureau, en séance du Conseil de préfecture, depuis midi jusqu’à une heure ; passé ce délai, il n’en sera plus reçu. Les paquets recevront un numéro dans l’ordre de leur présentation.
- 6. A une heure, on déposera sur le bureau, et sous enveloppe cachetée, le minimum de redevance moyennant lequel l’adjudication pourra être prononcée définitivement; ensuite on procédera à d’ouverture des paquets.
- 7. Si aucun des prix offerts dans les soumissions 'ouvertes n'atteint le minimum fixé, l’adjudication pourra être prononcée provisoirement ou ajournée, sur l’avis du Conseil, qui en délibérera séance tenante.
- 8. En aucun cas, le minimum fixé ne sera rendu public.
- 9. Dans le cas où une seule soumission serait déposée, l’administration se réserve le droit de ne pas prononcer l’adjudication.
- 10. Dans le cas où plusieurs soumissions contiendraient le plus fort prix offert, les signataires des soumissions seront admis à présenter, séance tenante, et sous pli cacheté, une augmentation sur le montant de la redevance primitivement consentie.
- Si aucune enchère n’est faite sur les redevances déjà souscrites ou si la même majoration est faite, l’adjudicataire sera désigné, par la voie du sort, parmi lesdits concurrents.
- 11. L’adjudication n’est valable qu’après approbation par le Ministre du commerce et de l’industrie.
- 12. Les frais de publicité, d’expédition et d’impression, ceux de timbre et d’enregistrement seront supportés par l’adjudicataire, qui devra en faire le dépôt dans un délai maximum de trois jonrs, à partir de la date de l’adjudication.
- 13. Toutes les conditions insérées dans la présente affiche sont obligatoires et déclarées annexées au cahier des charges.
- Fait à Paris, le 23 avril 1888.
- Le Ministre du commerce et de Vindustrie, Commissaire général,
- Pierre Legrand.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- MODÈLE DE SOUMISSION [Sur papier timbré)
- Je soussigné (noms, qualités, demeure),
- après avoir pris
- connaissance du cahier des clauses imposées au concessionnaire de l’exploitation des kiosques lumineux et chalets pour la vente de journaux, jouets d’enfants, etc., dans l’enceinte de l’Exposition ainsi que du plan se rapportant directement à cette entreprise,
- M’engage à exécuter les clauses et conditions dudit cahier des charges et en outre, à payer une redevance de par mille visiteurs
- entrés dans l’enceinte de l’Exposition pendant la période d’exploitation de ladite Exposition.
- Je me soumets, en outre, à supporter tous les droits d’affichage, de timbre et d’enregistrement. à droit fixe ou autres auxquels la présente soumission pourra donner lieu, si elle est acceptée.
- Fait à Paris, le 1883.
- (Signature).
- ÉCHOS
- France
- Le Journal officiel vient de promulguer une loi portant ouverture au ministre du commerce et^de l’industrie sur le budget de l’exercice 1888 d’un crédit de 9,431,295 francs, comme part contributive de l’Etat dans les dépenses de l’Exposition de 1889, et annulation d’un crédit de 8,525,000 francs sur le budget de l’exercice 1887.
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- Par arrêté en date du 3 mai 1888, le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a nommé M. Cirier-Pavard, brasseur à Saint-Germain-en-Laye, membre du comité d’admission de la classe 73 (Boissons fermentées), en remplacement de M. Albert Pavard, décédé.
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- Le comité de l’Exposition de l’art français sous Louis XV, voulant permettre aux ouvriers français d’étudier les œuvres de leurs devanciers, vient de mettre des cartes d’entrée gratuites à . la disposition des chambres syndicales des industries d’art. MM. les présidents de ces chambres pourront se présenter le mercredi, de 3 h. à 5 h., à l’hôtel de Chimay, quai Malaquais,. 17, pour se faire délivrer les" cartes qu’ils seraient désireux d’obtenir.
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- Le Journal officiel vient de publier le décret suivant :
- Art. !«. — Il est ouvert aux ministres du commerce et de l’industrie, des affaires étrangères, de l’instruction publique et des beaux arts-arts, sur l’exercice 1888, au titre du budget ordinaire, des crédits extraordinaires montant ensemble à la somme de 230,000 fr. pour la participation de la France aux expositions internationales de 1888.
- Ces crédits demeurent répartis par ministère et par chapitre, ainsi qu’il suit :
- Ministère du commerce et de l’industrie
- Chap. 44. — Expositions internationales
- de 1888 '. . -.........................50 •000
- Ministère des affaires étrangères
- Chap. 18. — Expositions internationales de 1888 ........... • • •
- 20.000
- Ministère de l’instruction publique et DES BEAUX-ARTS
- section. — Service de Vinstruction publique
- Chap. 04. — Expositions internationales de 1888 ......................... 60.000
- 2e section. — Service des beaux-arts
- Chap. 47. — Expositions internationales de 1888 .......................... 100.000
- Total égal
- 230.000
- Art. 2. — Il sera pourvu aux crédits extraordinaires ci-dessus au moyen de ressources générales du budget ordinaire de l’exercice 1888.
- Dimanche i3 Mai 1888. — 1039.
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- La commission de contrôle et de finances, réunie hier, a fixé comme suit le tarif des entrées à l’Exposition universelle de 1889 :
- De midi à six heures, dimanche compris, l’entrée sera de 1 franc.
- De huit heures ci midi et après six heures, 2 francs. Toutefois le dimanche soir l’entrée sera de 1 franc, avec faculté pour les visiteurs du jour de rester jusqu’à la fermeture.
- Il n’y aura d’entrées gratuites que pour les exposants, le personnel administratif de l’Exposition et la presse française et étrangère, qui disposera de 1,200 cartes.
- La photographie et la signature de chaque titulaire seront exigées sur la carte gratuite.
- Quant aux membres des diverses commissions, ils pourront obtenir une carte d’abonnement, dont le prix a été fixé à 26 francs pour toute la durée de l’Exposition.
- En ce qui concerne le meilleur mode de contrôler les entrées, la commission, considérant ^ue le tourniquet était vieux jeu, a adopté le système des tickets. On prendra son billet pour l’Exposition comme on prend un billet de chemin de fer ou un billet d’omnibus.
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- On sait qu’une exposition Artistique doit avoir lieu à Epinal.
- Les tableaux et objets d’art destinés à cette Exposition devront être déposés par les artistes de Paris du 15 au 20 mai, chez M. Dangleterre fils,. 16, rue Labée, qui est chargé de l’envoi à l’Exposition d’Epinal.
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- ETRANGER
- Le roi d’Annam a manifesté à M. Oonstans, pendant les entretiens qu’il a eus avec le gouverneur général, son intention de se rendre à Paris pendant l’Exposition.
- . Le roi Dong-Khanh attend l’invitation officielle du gouvernement français pour mettre ce projet à exécution.
- D’autre part, le roi a remis à M. Constans sa réponse à une lettre autographe que M. le président de la République lui a envoyée ilya quelques mois.
- Dans sa lettre, le rci d’Annam traite diverses questions politiques et exprime ses desiderata personnels au sujet de l’organisation du protectorat.
- Norodon, le roi du Cambodge, compte -également venir en France l’an prochain.
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- Le Comité qui s’occupe d’organiser la partici pation de l’industrie italienne à l’Exposition universelle de 1889 a tenu vendredi une réunion à Rome, et, après une discussion sur la situation actuelle, il a voté l’ordre du jour suivant :
- L’assemblée, affirmant de nouveau son intention de poursuivre son œuvre, afin d’assurer les concours des producteurs, artistes et instituts italiens à l’Exposition de Paris, décide que la présidence du comité devra mettre promptement à exécution toutes les mesures arrêtées dans les délibérations, ainsi que toutes les autres destinées à lui faire atteindre son but.
- XX...
- S4L0N DE 1888
- (Suite)
- II
- Nous avons dit que le jury distribuait chaque année quarante médailles aux œuvres les plus méritantes. Malheureusement, il n’est que trop prouvé que ces récompenses ne sont pas toujours données à ceux qui les méritent. La camaraderie, les influences de coterie et d’ateliers exercent souvent sur les décisions du jury une pression à laquelle il n’a ni l’énergie, ni la volonté de se soustraire. Il n’est pas rare de voir récompenser des œuvres plus que médiocres tandis que d’autres, qui ont une réelle valeur, n’obtiennent pas même une mention.
- Le système des récompenses, d’ailleurs, est plutôt nuisible que favorable au développement de l’art; il contribue pour une large part à sa dégénérescence qui croît d’année en année. Les jeunes.
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- 1040. — Quatrième Année. — N1 176.
- artistes, ordinairement, n’ont qu’un but : obtenir la récompense qui les rend « exempts », c’est-à-dire qui les met à l’abri de l’examen du jury et leur ouvre toujours et quand même la porte du Salon. Dans ce but, ils font agir auprès ^des membres du jury et quand ils ont la chance d’être les élèves de ces messieurs; la chose se réalise sans grandes difficultés, car Messieurs du jury ayant presque tous des ateliers, ils sont intéressés à « médailler » réciproquement leurs élèves. Passe-moi la rhubarbe, je te passerai le séné.
- Une fois « exempt », le jeune peintre, toujours en vertu de la camaraderie, ne tarde pas à franchir l’autre échelon de cette espèce d’hiérarchie : il est « hors concours •>. Alors c’est un artiste arrivé, coté, classé. 11 n’a pas à se gêner avec les expositions annuelles. Au lieu de travaillera élargir son horizon artistique, à chercher une voie nouvelle, comme l’écureuil, il tourne continuellement dans le même cercle, refaisant cent fois le même tableau. Et cela s’appelle de l’art? Non ! ce n’est plus qu’un métier, et ce métier ne laisse pas que d’être lucratif, car ces fabricants de peinture trouvent des amateurs, nous ne disons pas des connaisseurs, pour acquérir ces œuvres hâtées, à peine ébauchées, dont ils ne voudraient certainement pas si elles étaient signées d’un nom inconnu. C’est affaire de vanité, de gloriole; pour eux le nom est tout ; l’art n’est que l’accessoire.
- On pourrait encore formuler beaucoup d’autres critiques non moins sérieuses et non moins fondées. Mais à quoi cela servirait-il? Toutes les objections que l’on peut soulever, toutes les raisons que l’on peut donner dans le but de démontrer que l’art descend en ce moment la pente de la décadence, ne décideront jamais nos artistes à réagir contre ce courant. Il faut en prendre son parti. Les expositions annuelles continueront probablement longtemps encore à être aussi médiocres que celle de cette année; et les compétitions d’écoles à fatiguer l’opinion de leurs discussions passionnées qui devraient se cantonner dans la 'coulisse. Qu’importent au public ces luttes et ces divisions ! il sait fort bien que l’avènement d’un groupe ou d’une coterie ne modifierait en rien la situation. L’art ne se résume ni dans une école, ni dans un genre ; il est l’expression, l’épanouissement du beau, du bien, du vrai.
- La peinture décorative est représentée au Salon de cette année par trois ou quatre tableaux de grandes dimensions qui ne manquent pas d’un certain agrément, mais la tonalité en est généra-lèment défectueuse.
- •Citons, d’abord, le grand triptyque de M. François Flameng, destiné à l’escalier de la Sorbonne. Au centre, lé cardinal de Richelieu pose la première pierre de l’église de la Sorbonne ; derrière lui, la foule se presse, curieuse. Au premier plan, des ouvriers assis ou accrochés aux échafaudages et aux madriers regardent le cardinal, ou la foule. L’un deux en tablier de cuir, les bras nus, fait face au spectateur.
- Sur le panneau de droite, le recteur de l’Université, accompagné des doyens des Facultés offre un cierge à Henri IV, quelques personnes de la suite du roi occupent le second plan, au fond se dessine, sous un ciel clair, la silhouette de Paris.
- Sur le panneau de gauche la « Renaissance ». Sous un portique, au milieu des livres et des vélins quelques écrivains de cette époque devisent entre eux : Etienne Dolet, Amyot, Ronsard, Rabelais, Ramus , Brantôme, Montaigne, etc. Cette œuvre révèle de grandes qualités de composition, mais s’il faut rendre justice aux efforts, à la volonté et aux patientes recherches de l’artiste, on doit reconnaître aussi qu'elle manque de vie, la note générale en est trop terne.
- Par contre, Y Académie de Paris de M. Benjamin-Constant pèche par l’excès contraire : le rouge, le vert, le violet y forment un contraste désagréable et cependant il y a dans cette œuvre beaucoup de talent, de savoir faire. IJ Académie de Paris, figurée par six de ses membres, occupe le centre de cette composition largement conçue. Les six académiciens sont assis au premier plan ; derrière eux se dressent deux statues.de bronze et à l’arrière-plan , la Sorbonne. Le panneau de droite est consacré aux Sciences que le peintre a symbolisées par des hommes ; les Lettres sont représentées dans le panneau de gauche par des femmes. Dans l’un comme dans l’autre, un paysage sert de fond. Somme toute l’ensemble est d’un bel effet.
- Les Voix du tocsin, peinture allégorique de M. A. Maignan, attirent l’attention des visiteurs du Salon par leur originalité. Des hommes nus aux formes athlétiques sont accrochés aux cordes d’une cloche énorme dont les oscillations les emportent dans l’espace, tandis que des figures étranges sortent pressées de sa gueule et semblent jeter aux échos un appel désespéré. Au loin les lueurs sinistres d’un incendie éclairent l’horizon où l’on aperçoit la mêlée sanglante d’une bataille. U y a du mouvement et de la vie dans cette œuvre mais on sent trop que le peintre a recherché l’effet. Pourquoi ces corps tordus dans des contorsions bizarres et leur couleur vineuse ? Gela manque de naturel.
- Le Printemps, le Destin et Y Hiver de M. Co~ merre, destinés à la mairie du IVe arrondissement
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- de Paris appartient au genre conventionnel et comme toutes les œuvres purement d’imagination, il laisse froid bien que l’artiste ait fait preuve de talent dans la composition et l’ordonnance de son tableau. Le printemps est représenté par une jeune fille qui se promène dans un jardin accompagnée d'amours qui voltigent autour d’elle. L’Hiver est personnifié par un vieillard qui se chauffe au coin du feu entouré de ses enfants et de ses petits-enfants. Quant au destin, le peintre s’en est tenu à la tradition , les Parques et le Temps tenant d'une main sa faulx et de l’autre son sablier forment l’allégorie ; elle est connue depuis longtemps.
- La Légende de Saint-Denis de M. Delance n’est que médiocrement rejouissante. « Alors, dit la légende, le saint prit sa tête et se mit à marcher à travers la plaine ; les paysans effrayés s’écartaient de son passage ». L’ensemble de cette toile est d’un terne que ne suffit pas à égayer le corps cuivré d’un paysan qui s’enfuit à l'aspect du saint.
- Nous en dirons autant de la Décoration d’un porche de M. Emile Bastien-Lepage, et de la Voie lactée de M. Michel qui est cependant un prix de Rome. Les défauts du genre allégorique où tout est conventionnel, apparaissent avec éclat dans ces deux toiles. Tout y est imaginaire et maniéré, paysage et personnages. On sent que c’est là le produit d’un rêve. Aussi ces tableaux laissent-ils complètement froid le spectateur.
- Le diptyque de M. Alphonse Osbert : Fraîcheur matinale et Mystère du soir n’est pas sans mérite. Mystère et Fraîcheur sont incarnés dans deux femmes entièrement nues, dont les corps anémiés rappellent le genre inauguré par M. Puvis de Chavannes.
- M. Checa s’est inspiré de la table dans son Enlèvement de Proserpine. La couleur sombre y domine naturellement. Le roi des enfers, assis sur un char rond qu’emportent deux courriers plus noirs que les ténèbres de son empire, tient entre ses bras une jeune femme évanouie. Ce tableau ne manque pas de vigueur, mais pourquoi puiser ses sujets dans la théologie païenne, alors que l’histoire moderne est une mine féconde ou l’artiste n’a que l’embarras du choix.
- On peut adresser le même reproche à M. Cha-lon à propos de sa Circé. La scène empruntée à Homère représente Ulysse et ses compagnons changés en pourceaux. La nymphe est assise sur un siège fantastique dans une sorte d’atrium que précède une chapelle ardente, tandis que les pourceaux placés au premier plan, dorment ou digèrent dans une lourde immobilité. Un bassin s’étend aux pieds de Circé dont le corps-nu se détache sur un fond de tentures bleues. Tout est singulier comme originalité dans cet étrange tableau, l’idée, l’exécution et jusqu'à la peinture ; l'ensemble dénote une grande habileté d’exécution.
- Le Virgile s’inspirant dans les bois de M. Duez est une œuvre d’imagination qui respire une grande impression de calme et de recueillement. Le poète, la tête laurée, se promène dans les bois, l’index de la main gauche appuyé sur la joue, comme s’il cherchait l’inspiration. L’atmosphère qui l’environne est chaude et les roches grisâtres sont comme noyées dans une vapeur diaphane. Cependant on se demande si tous ces tons sont bien naturels et quand on se rappelle le beau Soir que M. Duez a exposé l’année dernière, on trouve que son Virgile ne constitue pas un progrès.
- Puisque nous parlons de poète c’est le cas de citer le tableau de M. Gérôme.
- Le poète de M. Gérôme est assis sur le rivage de l’Océan: il semble sonder l’horizon du regard. Au lieu d’être drapé à l’antique comme Virgile, il est costumé à la moderne ; manteau brun, bottes à revers etc. Derrière lui se tient débout une femme personnifiant la poésie ou l’inspiration, tandis que d’autres se livrent dans les flots à des ébats variés ou chevauchent sur des monstres marins. Tout cela est peint avec beaucoup de finesse et une habileté consommée.
- Un autre tableau du même artiste, la Soif., représente un lion se désaltérant à une flaque d’eau dans un désert.
- Citons en terminant la Trinité poétique de M. Dubufe vaste composition dans laquelle ce peintre a réuni Musset, Victor Hugo et Lamartine. Cette apothéose pleine de grandeur et de poésie est d’un grand effet, mais elle manque d’éclat.
- Crinon.
- LE COMMERCE MARITIME
- DU MONDE
- C’est une intéressante étude que permettent de faire les tableaux du mouvement maritime du commerce extérieur des principaux pays du globe,
- Dimanche i3 Mai 1888.
- pendant l’année 1885, publiés par le Bulletin du Ministère des Travaux publics :
- C’est ainsi que nous apprenons, ce dont personne ne doutait, que le tonnage des ports anglais est le plus considérable du monde, s’élevant à 64,281,642 tonnes, que celui des ports français vient en second avec 26,00,793 tonnes, et celui des Etats-Unis en troisième, avec 24,783,767 tonnes. Le quatrième tonnage du monde n’est pas, comme on pourrait le croire, celui de l’Allemagne, qui n’atteint que t6,549,934 tonnes, mais celui de l’Espagne, qui s’élève à 17,081,802 tonnes. Ensuite viennent l’Autriche, qui réalise 1 :,896,956 tonnes dans ses deux ports, et l’Italie qui n'obtient que 11,571,955 tonnes^ nonobstant son immense développement de côtes et le nombre relativement considérable de ses points d’embarquement et de débarquement. Après nous trouvons la Russie, avec 10,792,921 tonnes, la Suède avec 8,676,260, la Hollande, avec 8,226,903 la Belgique (8,112,349), la République Argentine (6,950,970), le Danemark (6,561,802).
- Nous ferons, en passant, une observation : c’est qu’il n’est pas dit, dans le tableau que nous analysons, si les chiffres relatifs à la Prusse, àjHambourg et à Brême, font double emploi ou non avec une partie de ceux de l’empire d’Allemagne, dont cet Etat et ces villes libres font partie, ni si ceux de l’Algérie doivent être ajoutés à ceux de France, ou y sont compris. S’il y a double emploi, nous ne comprenons pas la double publication ; si au contraire il n’y a pas double emploi, nous nous demandons pourquoi on n’a pas totalisé pour l’Allemagne, pour la France et ses colonies, comme pour la Grande-Bretagne. Il est vrai que, pour cette dernière, les colonies ne sont évidemment pas comprises, mais pourquoi?
- Toutefois, un très intéressant diagramme, placé à la suite de ces tableaux, et où les chiffres de ceux-ci sont exprimés par des colonnes de hauteur et de teintes diverses, nous autorise à penser que la Prusse et les villes libres hanséatiques font double emploi avec l’empire, puisqu’elles n’ont pas de colonnes figuratives.
- Une autre étude curieuse à faire est celle de la part du pavillon national de chaque pays dans son commerce extérieur. Il n'y a que quatre puissances dont le pavillon nationaldépasse le pavillon étranger dans leurs ports : ce sont l’Angleterre — naturellement — chez qui la proportion est de 72 0/0 contre 28, la Norvège avec 64 0/0 contre 36, le Danemarckavec 52 0/0 contre^, l’Autriche avec 88 0/0 contre 12, soit la plus forte proportion qui existe de pavillon national.
- La France, au contraire, nous montre 35 0/0 contre65, l’Allemagne 42 0/0 contre 78, l’Espagne 39 0/0 contre 61, la Hollande 3i 0/0 contre 69, la Belgique 16 0/0 contre 84, l’Italie 25 0/0 contre y5 ; enfin pour la Russie la proportion est de 9 o]o (et non de 18 comme le ferait croire une faute d’impression) contre 91.
- Non moins instructive est la recherche des nombres proportionnels de tonnes de marchandises et de tonnes de lest entrées et sorties dans les ports de chaque pays. Nous constatons qu’il est entré dans les ports anglais 25,664,460 tonnes de marchandises et 6,197,960 de lest, tandis qu’il est sorti 29,317,731 tonnes de marchandises, et 3,101,491 de lest, soit une différence de 3,553,271 tonnes en faveur de la sortie des marchandises.
- Ce phénomène commercial ne se produit, à part l’Angleterre, que pour les pays plus producteurs de matières premières que d’objets manufacturés ; les Etats-Unis (11,777,601 tonnes de marchandises ) la sortie contre 10,231,728 à l’entrée), la Russie (4,846,544 tonnes contre 2,658,556), la Norvège (1,882,805 tonnes contre 1,334,160), la Suède (3,316,621 tonnes contre 2,071.464), l’Espagne (9,001,297 tonnes contre 5,244,605).
- En revanche, la France nous présente un phénomène inverse -(8,572,762 tonnes de marchandises à la sortie contre 12,338,383 à l’entrée) ; de même l’Allemagne (6,048,239 tonnes contre 7,746,431), l’Italie (3,229,208 tonnes contre 5,154,759), l’Autriche (4,896,673 tonnes contre 5,188,026), la Hollande (2,242,306 tonnes contre 4,o36,44i), la Belgique (2,456,634 tonnes contre 3,700,932).
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- Quatrième Année. — N° 176.
- Il y a deux explications à ces différences : la première est que les produits introduits dans les pays plus importateurs qu’exportateurs sont des matières premières dont le volume et le poids sont considérables, tandis que ceux exportés sont, en grande partie, des objets manufacturés ayant naturellement beaucoup moins de volume et de poids. Cela est particulièrement le cas de la France, et le serait aussi de l’Angleterre, n’était l’énorme exportation des houilles.
- La seconde explication est que certains pays, comme la Hollande particulièrement, et, dans une certaine mesure, la Belgique, sont des pays de transit de marchandises, à destination ou en provenance d’autres pays, lesquelles marchandises entrent par un port et sortent par une voie ferrée, ou inversement. La supériorité du tonnage maritime de l’Angleterre s’explique, en partie, par ce fait qu’elle ne communique que par mer avec les autres pays. Pour comparer,par exemple; le commerce extérieur de la France, en tonnage, avec celui de la Grande-Bretagne, il faut faire entrer en ligne de compte le trafic international de nos chemins de fer et celui de nos canaux communiquant avec la Belgique et l’Allemagne.
- Un examen également intéressant est celui de la proportion du tonnage de marchandises et de lest du pavillon national et des pavillons étrangers. En ce qui concerne la France, par exemple, la proportion est de 3 0/0 de lest contre 32 0/0 de chargement pour le pavillon national, et de 17 0/0 de lest contre 48 0/0 de chargement pour les pavillons étrangers; l’Angleterre, elle, a 9 0/0 de lest contre 63 0/0 de chargement pour le pavillon national, et 5 0/0 de lest contre 23 0/0 de chargement pour les pavillons étrangers. En règle générale, le pavillon national est plus favorisé, mais c’est en France que cette faveur est la plus grande.
- En terminant cette analyse des intéressants tableaux publiés par le Bulletin de statistique du Ministère des Travaux publics, nous formulerons un regret : celui que le compulseur officiel du Statistical Abstract, où les chiffres ont été pris, ait cru devoir se servir de la tonne de jauge de 100 pieds cubes anglais, au lieu de traduire en tonnes métriques françaises. C’eût été un travail long et pénible à faire, nous en convenons, mais il n’est pas compréhensible qu’une publication officielle française se serve d’une indication de mesure autre que la mesure légale. Ajoutons que ce travail de traduction s’imposera à quiconque, par exemple, voudra faire un travail dans lequel entreront les tonnages de la navigation maritime, de la navigation intérieure et des chemins de fer.
- Nous regrettons d’avoir eu à mêler quelques critiques aux éloges adressés au remarquable travail que nous avons analysé ; mais « le mieux est l’ennemi du bien ».
- L'ENSEIGNEMENT PROFESSIONNEL
- LA CÉRAMIQUE
- Nous avons eu la rare bonne fortune de visiter les ateliers de peinture sur faïence de Mlle Menon, à Levallois-Perret (4, rue Fromont). Cette femme si instruite et si distinguée a établi dans son établissement, unique à Paris, des cours professionnels pour les jeunes filles. Les élèves y sont reçues à titre gratuit ; indépendamment des leçons de français, d’histoire, de géographie, etc., les jeunes filles consacrent une importante partie de leur temps à l’étude du dessin, de la peinture céramique et de toutes les connaissances qui s’y rattachent.
- En quittant Mlle Menon, les élèves sont devenues des peintres habiles, des dessinateurs expérimentés, et le problème de l’existence semble résolu pour ces jeunes personnes.
- Ce qui distingue particulièrement cette importante maison d’éducation, c’est l’organisation imaginée par Mlle Menon. Tous les produits céramiques décorés par les élèves, sont fabriqués dans l’établissement. Afin d’obtenir pour la décoration les tons les plus brillants et les plus purs, l’intelligente directrice fait préparer les couleurs dans ses
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1S89.
- ateliers. L’émail de la faïence s’obtient par un procédé spécial qui consiste à produire tout d’abord dans un four ad hoc une poudre cristallisée appelée fleuri.
- La spécialité de Mlle Menon est la faïence stan-nifère, dont la recette est un des secrets de la maison. On fabrique en ce genre des pièces de toute nature et de tous les styles, aussi remarquables par l’originalité que par le fini de l’exécution et par le côté véritablement artistique qui les distingue. Nous avons admiré des pièces, imitant, de façon à faire illusion complète, le vieux Rouen, le Marseille, le Delft, etc. : plats, e'critoires, horloges et une infinité d’autres objets délicieusement décorés.
- Il faut rendre hommage au côté éminemment pratique du but poursuivi par Mlle Menon. Les familles, le corps enseignant, les pouvoirs publics, ne peuvent se désintéresser de cette œuvre. Mlle Menon doit être encouragée, soutenue, récompensée de ses efforts. A une époque où la situation sociale de la femme fait la préoccupation constante de tous, celle qui a si largement contribué à son relèvement ne saurait être oubliée.
- R. B.
- AVIS COMMERCIAUX
- RUSSIE. — ITALIE. — ÉTATS UNIS. — COLOMBIE.
- Le Moniteur officiel du Commerce, du 19 avril, publie:
- i° Les circulaires des douanes russes des 3 et 6 février dernier ;
- 2° La nomenclature des droits applicables, d’après le tarif conventionnel austro-italien, aux articles de lin et de chanvre et aux bouteilles en verre communes importés en Italie;
- 3° Une circulaire du i3 mars 1888 des douanes italiennes concernant le droit de magasinage des marchandises au sujet desquelles, il s’est produit des contestations régulières relatives à leur classement ; - . i :
- 40 Le texte d’un bill adopté par la Chambre des représentants des Etats-Unis et ayant pour objet d’inviter les Etats de l’Amérique centrale et méridionale à prendre part à une conférence réunie à Washington dans le but d’examiner les moyens de favoriser le déveleppement des relations commerciales entre les pays représentés;
- 5° Un décret du Gouvernement de Colombie qui abaisse les droits de douane de 20 p. 0/0 pour les marchandises importées par le port de Buona-ventura, et de 3o p. 0/0 pour celles introduites par le port deTumaco.
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- R10-DE-JANEIR0
- COMPOSITION DU BUREAU DE LA CHAMBRE DE COMMERCE FRANÇAISE POUR L’ANNEE 1888
- Président : M. Ch. Robillard de Marigny; trésorier; M. H. Ulique Delforge; secrétaire: M. Armand Naura ; conseillers: MM. Etienne Collet, Ch. Conteville, Pierre Estoneigt, Isidore Haas et Raverat.
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- TURQUIE
- MACHINES AGRICOLES. — VINS
- Il y a lieu de regretter, écrit le Consul de France à Rodosto, que des machmes agricoles introduites dans ce pays n’aient pu être utilisées, faute de moyens pour la réparation ou le remplacement sur place des pièces endommagées. Aussi, la grande dépense et ’e retard qu’occasionnaient les réparations dans les usines de Constantinople ont motivé la reprise de la charrue indigène et des instruments primitifs de la culture.
- Plusieurs de nos industriels, notamment quelques maisons de France, qui s’occupent du commerce des vins, sont frustrés par les personnes auxquelles ils s’adressent pour effectuer les achats et quelques-uns même de ces établissements ont subi dernièrement des pertes considérables. Il serait avantageux pour nos commerçants de s’adresser d’avance aux agents consulaires dont relèvent les pays de la production, afin d’être renseignés sur la probité des commissionnaires et sur l’inté-
- Dimanche i3 Mai 188$. — 1041.
- grité des détenteurs de la marchandise, avant de confier leurs intérêts à des individus qu’ils connaissent insuffisamment.
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- URUGUAY
- Une loi uruguayenne du 3o janvier 1888, dont suit la traduction, a supprimé, àl’égard de la plupart des matières premières du pays, les taxes de sortie.
- Art. i9r. A partir de la promulgation de la présente loi, sont exempts de droits d’exportation les produits naturels, les fruits et les articles sortant des manufactures du pays.
- Art. 2. Le privilège indiqué dans l’article précédent ne s’étendra pas aux objets suivants : la pierre brute ou sans être travaillée, le sable, et le bétail en troupeaux qui n’est pas désigné comme exempt de droits par l’article 2 de la loi décrétée le 24 août 1877.
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- LONDRES
- COMPOSITION DU CONSEIL ET DU BUREAU DE LA CHAMBRE DE COMMERCE FRANÇAISE POUR L’ANNEE X 888
- Membres du conseil : MM. A. Chauffourier, E. Chevassus, L. Clerc, ïvl, Duché, P. Dutrulle, A. Fontaine-Besson, D.-A. Hine, E. Majolier, Mondon, E.-A. Ralli, F. Rey, A. Sauvée, E. Saint-Clair, A. Stoffel, A. Videcoq. — Membres du bureau : M. E. Majolier, président; MM. A. Chauffourier et Duché, vice-présidents ; M. L. Clerq, trésorier ; M. E. Chevassus, secrétaire.
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- SERBIE
- ARTICLES D’IMPORTATION.
- Le Ministre de la République à Belgrade vient d’adresser un nouveau [rapport, publié dans le Moniteur officiel du Commerce du 26 avril et qui a pour objet l’étude du commerce des vêtements confectionnés, de la bonneterie, de la ganterie, des éventails, des chapeaux, des parapluies, de la mercerie, et des modes en Serbie.
- En résumé, conclut l’auteur du rapport, il résulte de cet exposé un fait bien saillant : c’est que, pour tout ce qui regarde l’industrie de l’na-billement, le nom français jouit d’une réputation bien supérieure au chiffre effectif d’affaires que nous faisons dans cqfte contrée. Nos concurrents n’hésitent pas à s’approprier nos marques, notre style, nos façons. Ils s’excusent de vendre cher en alléguant l’origine française de la marchandise, Ils exploitent ainsi, même contre nous, notre antique renom dans les choses dégoût. Une couturière, une modiste, pour peu qu’elles sachent quatre mots de notre langue, prennent audacieusement la qualification de « Française ». Les enseignes mêmes des magasins qui veulent se donner comme la dernière expression du luxe, sont en français. On est tristement surpris devoir que les vrais Français sont les seuls à ne pas bénéficier de cette vogue etlaissent usurper par d’autres leur titre et leur réputation. Il ne leur manque que de connaître ces pays et de venir étudier par leurs yeux les débouchés qu’ils présentent. Sur le terrain du bon marché, ils seront battus ; mais pour tous les articles où le goût de parure, l’amour du luxe jouent un rôle prépondérant, j’affirme qu’ils n’ont qu’à paraître pour chasser devant eux toutes les contrefaçons. Au-dessus d’un certain niveau, les objets de ce genre sont à meilleur compte en France. Car si la pacotille viennoise est à bas prix, les produits un peu élégants sont moins bons en Autriche et tout aussi chers que chez nous.
- Espérons que l’ouverture de la voie ferrée de Salonique à Belgrade modifiera cette situation à. notre avantage.
- LES LIVRES
- CLVI
- Le duc d’Enghien (1772-1804), par Henri Welschinger, librairie Plon, in-8, 1888
- Depuis que le duc d’Enghien a été la victime innocente, la victime expiatoire des fautes de l’émigration militante et conspiratrice, de son chef,
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- 1042. — Quatrième Année. — N° 176.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- Dimanche 13 Mai 1888.
- le comte d Artois et des intrigues anglaises d’une part, et de l’autre des ambitions, des rancunes et des craintes du Premier Consul, ge'nie égoïste dont les grandes pensées ne venaient pas du cœur; depuis que ce jeune prince si digne de sa race et de son nom est tombé la nuit, une lanterne attachée à la ceinture pour servir de point de mire, dans les fossés de Vincennes, sous les balles d’exécuteurs furtifs, en vertu d’un jugement qui n’avait de juste que l'apparence et do militaire que la rigueur, un sentiment de généreuse pitié s est attaché à la mémoire de l’infortuné dont le sang a porté malheur à tous ses bourreaux. La conscience universelle éprouve du soulagement à la lecture des témoignages historiques desquels il résulte que l’exécution du duc d’Enghien a été un de ces actes maudits que la raison d’Etat essaie en vain de justifier par la nécessité politique, mais qui tournent contre leur but, blessent leurs auteurs, nuisent à leurs complices et coûtent beaucoup plus cher qu’ils ne rapportent; car ils ne rapportent que l’illusion de la durée, de la sécurité, de l’impunité, bientôt perdue devant la prompte réalité de la décadence, de la chute, du blâme universel.
- Car c’est un fait remarquable que l’attentat du 21 mars 1804 ne rencontra que l’approbation des intéressés. Il souilla d’une tache de sang indélébile la gloire du Consulat. Il favorisa, par la terreur, le passage à l’Empire. Mais ce qui est fondé sur la violence ne dure pas ; et la Terreur n’est un moyen que pour les gouvernements qui doutent d’eux-mêmes. La colère et la vengeance ne peuvent que détruire. La justice seule bâtit et le temps ne respecte que ce qu’elle bâtit. Bonaparte céda donc à un entraînement funeste, à l’exaltation de l’ambition, à l’irritation causée par la déception de ses négociations auprès des représentants de la cause monarchique pour obtenir l’abdication de leurs droits, par le renouvellement de complots menaçants inspirés par l’émigration militante et gagés par l’Angleterre ; il agit trop vite, trop bien obéi par des serviteurs trop zélés (la tyrannie n'a que les serviteurs qu’elle mérite : des complices) il frappa un coup qui retomba sur lui et fit à sa gloire, à son ascendant sur l’Europe la blessure irréparable des déchéances devant l’opinion. Car elle lui fut hostile partout en France et en Europe. Elle se sentit froissée de la précipitation d’un châtiment qui aurait exigé, pour paraître juste, les garanties de la contradiction et de la publicité. Elle rendit son mépris à celui qui l’avait méprisée. Elle appela crime un jugement inspiré, dicté, contre un accusé désarmé, par un maître tout-puissant; là où on disait acte de justice, elle dit acte de vengeance. Là où on trouvait l’acte habile tout en étant cruel, elle dit: « qui est cruel n’est jamais habile. Il y a là plus qu’un crime il y aune faute.» L’opinion universelle fut donc parmi les contemporains, sévère pour l’attentat du 21 mars; elle lui est demeurée hostile. Elle a constamment depuis réprouvé un jugement qui frappant un coupable, eut déjà paru excessif; la postérité a partagé ses scrupules, ses répugnances, ses indignations. Elle a pris parti pour la victime. Elle a cité à son tribunal les inspirateurs, les auxiliaires de ce jugement; elle les a flétris du nom de complices. Et depuis 1804, ils en sont réduits à plaider devant elle les circonstances atténuantes. Ils sont si peu sûrs d’avoir eu raison qu’ils se rejettent mutuellement la faute d’un jugement suspect, d’une exécution hâtive.
- Napoléon dans ses conversations, dans son testament a, par suite d’une sorte d’obsession, souvent parlé de cette sinistre affaire, essayant, sans y parvenir, de convaincre les autres et de se convaincre lui-même de la légitimité de la répression; et il n’a pas dissimulé, en se plaignant d’avoir été trop bien servi, c’est-à-dire trop deviné, des regrets qui ressemblent à des remords.
- Il semblait que sur ce procès si souvent examiné sous toutes ses faces, discuté dans tous ses détails, livré depuis plus de 80 ans à la polémique et aux controverses des partis il fût impossible de trouver et de dire du nouveau.
- M. Henri Welschinger, connu par d'intéressants travaux sur Mme du Barry, sur le théâtre de la Révolution, et ses almanachs sur la censure sous
- l’Empire, tous puisés aux sources inexplorées, et éclairés par une critique sagace et une religion passionnée de la vérité, ne l’a pas pensé. 11 a compulsé des dossiers déjà fouillés par M. Crétineau-Joly et M. Boulay de la Meurthe, et il a trouvé encore à y glaner non seulement des épis, mais des gerbes. Il a interrogé la tradition, il a fait appel à de nouveaux témoignages. Il a surtout contrôlé les témoignages connus, mais il a su en faire jaillir des lumières inattendues. Il a apporté dans cette enquêfe, en même temps que ce sentiment d’impartialité générale sans lequel il n’est pas d’historien, un sentiment de pitié généreuse et d'honnêteté révoltée, qui peut ressembler par instants à de la partialité, mais qui n’est qu’une juste revanche de la vérité et de la justice, se portant naturellement, en présence des exagérations de l’apologie, à des exagérations réparatrices, qui ne lont qu’établir la compensation et reconstituer l’équilibre. De là un livre chaleureux, ému, parfois éloquent, qui prend tour à tour les allures du réquisitoire et celles du plaidoyer, mais qui captive et qui plaît par cet excès même. Nous ne sommes point pour l’histoire qui se targue de n’avoir qu’un cerveau et de n’avoir pas de cœur. Dans une cause comme celle-là, il faut prendre nettement parti. Trop longtemps le jugement définitif de l’opinion a pu paraître hésiter entre des affirmations contraires. Il fallait que vînt un historien capable de nous rendre le service de fournir des motifs à notre critique, des raisons à notre pitié. Il nous devait et nous lui devons une histoire de la jeunesse du duc d’Enghien, qui nous le fit mieux connaître dans ses origines, ses sentiments intimes, ses actions du début. L’éclat tragique de la mort du prince a fait tort jusqu’ici à sa vie. On ne se rendait pas assez compte de ce qu’il était, de ce qu’il valait. On ne le voyait que sous la lumière nocturne du drame de Vincennes. M. Welschinger a reconstitué laborieusement, minutieusement cette figure et cette vie au plein jour. Il a surtout, car c’est là le double résultat de son travail, le plus complet, le plus étudié, le plus distingué qui soit sorti de sa plume, traité avec une abondance de détails et de preuves qui est décisive, la double question des circonstances de l’attentat du 21 mars, antérieures, concomitantes, postérieures, et des responsabilités qui en résultent pour l’auteur et les collaborateurs de l’arrestation, du jugement et de l’exécution du duc d’Enghien, c’est-à-dire le premier consul, Talley-rand, Réal, Savary, le général Hulin. Après l’avoir lu, on ne doute plus que le premier consul n’ait voulu, ordonné l’arrestation en pays étranger, le jugement et l’exécution à bref délai, l’exemple et l’effet de terreur, et on reste convaincu que ce n’est qu’après coup qu’il a regretté avec plus d’affectation que de sincérité d’avoir été tenu dans l’ignorance de certains faits qui auraient pu motiver la clémence. Qu’il ait été trop bien servi par des agents impatients de faire preuve de zèle, et de couper le pont, de se donner les bénéfices de l'irréparable, cela n’est pas douteux. Qu’il ait pu le regretter, cela est possible. Mais il n’a pas désavoué ses agents ; il ae les a pas punis, il les a récompensés. Ils ne se sont que plus tard, pendant la Restauration, à l’heure des repentirs utiles, rejeté la faute d’une responsabilité qui pèse et pèsera toujours sur Bonaparte pour avoir ordonné, au risque d’être trop obéi à son gré, sur Talley-rand qui a conseillé et justifié, sur Réal qui a fait semblant de dormir pour s’excuser d’être arrivé trop tard, sur Hulin, qui a exécuté passivement sa consigne, agissant en soldat servile là où il pouvait invoquer l’indépendance des juges, sur Savary, qui a soufflé, inspiré le jugement et a précipité l’exécution.
- M. Welschinger nous a donc rendu le service de nous faire mieux connaître le héros des-! tiné à être la victime dans le charme de son esprit, de son caractère; il a raconté en traits décisifs sa vive et chaude jeunesse; il a soulevé les voiles de son intimité ; enfin et surtout il a, avec une implacable probité, dressé et gradué l’échelle des responsabilités dans ce meurtre inutile de 1804 que dix ans après vengeront si cruellement que le plus mpitoyable talio^ s’en contenterait, les dé chéances
- de 1814. Toute la dernière partie de son livre, une fois le procès des responsabilités jugé et vidé, est consacrée à nous faire plaindre et regretter la victime, après avoir traîné et trempé la mémoire de chacun de ses meurtriers dans le sang de ce jeune héros moissonné dans sa fleur et tombé sous les balles, avec une si fière dignité, une si chrétienne résignation.
- Il avait la tête vive et le cœur chaud, la parole ardente et colorée, la main prompte au défi, prompte à la libéralité, d’unCondédigne desa race. Il en avait aussi les goûts hospitaliers, l'humeur galante de chasseurs non indomptables que la rencontre de Diane ou deses nymphes ne laissaient pas indifférents. Le duc d’Enghien, à l’image de son aïeul, le prince de Gondé, dont le cœur avait connu les blessures de l’amour, comme son corps les blessures de la guerre, et surtout de son père, le duc de Bourbon, séparé de bonne heure de sa femme, et suivi dans l’exil par une compagne irrégulière, la princesse de Monaco, sa femme de campagne comme on disait de Béatrice de Gusance, l’amazone du duc de Lorraine Charles V, le duc d’Enghien avaitnoué avec la nièce du fameux cardinal de Rohan qui jadis.,, mais alors il était converti, la princesse de Rohan-Rochefort un commerce assidu, une liaison intime. Nous ne voudrions pas profaner, par des curiosités indiscrètes et des conjectures sceptiques, un mystère sacré par le deuil, mais il est permis de dire que la légitimité de cette union ne fut jamais consacrée par un aveu public et des engagements solennels. Y eut-il là une liaison d’amitié mêlée d’amour, entre un jeune prince, très capable d’avoir des maîtresses, et ne se défendant pas d’en avoir eu, et une princesse de cinq ans plus âgée que lui, ayant pour unique chaperon un père peu scrupuleux, telle enfin qu’on peut la supposer avec les libertés des mœurs d’exil et d’expédition ? La princesse de Rohan fut-elle pour le duc d’Enghien, toute supériorité gardée en sa faveur, ceque fut la princesse de Monacopour son grand-père, le prince de Gondé, qui avait épousé, en 1798, la princesse de Monaco, couvrant ainsi le passé du voile du mariage ? Il n’est pas douteux que l’intention du duc d’Enghien ne fût d’en faire de même, une fois le consentement de ses parents et du roi obtenu, et de régulariser et de réparer par un mariage l’équivoque d’une liaison forcément soumise à toutes les suspicions des unions clandestines. M. Welschinger penche pour l’hypothèse d’un mariage secret en attendant le mariage public, et donne d’assez bonnes raisons à l’appui de cette hypothèse; mais il ne peut fournir aucune preuve. Et jusqu’à preuve, il est seulement permis de croire à l’intention du prince, de régulariser une liaison d’ailleurs décente et correcte d’apparences, dans laquelle la mutuelle confiance et la fidélité du cœur ' survivaient « à l’ivresse des sens et à la perte des illusions, » car c’est ainsi que le prince caractérise une liaison à laquelle rien de ce qui est humain ne doit avoir été étranger par un implicite aveu dont M. Welschinger cherche en vain à atténuer la portée. Il importe peu d’ailleurs. La princesse de Rohan fut sacrée duchesse d’Enghien par les larmes que la famille de son amant mêla aux siennes, par la fidélité de son deuil, de son culte pour la mémoire du héros adoré qu’elle n’alla rejoindre dans la mort qu’en 1841. Déjà depuis longtemps avait cessé de vivre et d’aimer ce pauvre Mohiloff, admirable type du dévouement de sa race, qui plaça au moment où il était abandonné des hommes, la fidélité, les caresses, les gémissements d’un chien familier, dans la voiture du malheureux duc d’Enghien entraîné de Strasbourg à Vincennes, auprès du condamné attendant la mort, et sur la tombe du héros fusillé.
- M. de Lescure.
- Le Gérant, GARREAU.
- Tours. — lmp. E.ARRAULT et Cie, rue de la Préfecture, 6.
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- Quatrième Année. —- N* 176.
- Dimanche Maï 1888.
- LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE 1889
- ANNONCES
- BANQUE FRANCO-ÉGYPTIENNE
- Assemblée générale du 14 avril 1888
- Extrait du Rapport du Conseil d‘Administration
- L’assemblée générale annuelle des actionnaires a eu lieu le 14 avril 1888, sous la présidence de M. Albert Rostand, président du Conseil d’administration.
- Le rapport du Conseil d’administration expose que, quoique l’année 1887 ait vu se produire une certaine amélioration au point de vue des affaires, elle 11’a pas été affranchie de l’influence fâcheuse des incertitudes politiques. Les résultats obtenus par la banque n’ont pourtant pas été sensiblement affectés par cette situation, ce qui doit être attribué non seulement à la modération de ses engagements, mais encore à la liquidation favorable de plusieurs opérations entamées dans les exercices précédents. Conformément à la règle ui a toujours été suivie, le chiffre des valeurs isponibles en caisse, en reports et en portefeuille d’effets a été maintenu à une somme relativement élevée: 12,476,225 fr. 30, au 31 décembre dernier, soit 207,704 fr. 83, de plus qu’au dernier inventaire.
- Le chapitre des Fonds publics, Actions et Obligations, se montant à 6,030,806 fr.05, est également en augmentation sur le chiffre du 31 décembre 1886 ; dans cette augmentation est comprise laplus value acquise par certaines valeurs dans le courant du dernier exercice.
- Les Participations Financières représentant une somme totale de 9,069,386 fr. 75, sont en légère diminution. Ce compte est appelé à décroître prochainement par la rentrée d’une avance importante faite au Gouvernement mexicain, rentrée dont le remboursement est assuré par le succès
- d’un emprunt extérieur contracté récemment par le Mexique et destiné en partie à l’extinction de la dette flottante. La réussite de cet emprunt aura d’autres conséquences favorables pour la banque, un intérêt lui ayant été attribué dans cette opération.
- Le mpport annonce que le procès poursuivi depuis nombre d’années, aux Etats-Unis, contre les Trustées des obligations du chemin de fer New-York, Boston et Montreal, vient d’avoir une issue défavorable en première instance ; une détermination sera prise incessamment, d’accord avec les autres cointéressés, sur l’appel de ce jugement.
- Le rapport explique la diminution temporaire du compte de la Succursale d'Alexandrie, signale l’extinction graduelle de celui de la Succursale de Port-Louis, dont la liquidation est en voie d’achèvement e*t constate les bonnes conditions dans lesquelles a été construit l’immeuble social dont les locations d’appartement déjà faites représentent un revenu important.
- Passant au compte de Produits et Pertes dont le solde s’élève à 2,054,997, fr. 81, le rapport indique les raisons pour lesquelles le conseil, atin de pouvoir donner plus de fixité aux dividendes futurs, a été unanime à proposer le versement à un compte spécial d’une somme de 600,000 fr. à prélever sur les bénéfices.
- Enfin, il soumet aux votes des actionnaires les propositions suivantes qui ont été approuvées après lecture des rapports du comité de censure et des commissaires des comptes.
- L’Assemblée :
- 1° Approuve les comptes de l’exercice 1887 ;
- 2° Fixe à 32 fr. 50, par action le dividende de l’exercice 1887. Un a compte de 15 fr., ayant été payé le 2janvier dernier, le solde, soit 17 fr. 50, sera payable à partir du 1er juillet prochain, sous déduction des impôts résultant des lois de finances ;
- 3° Approuve le report à nouveau du solde des bénéfices de l’exercice 1887, s’élevant à 219,608, fr. 21 ;
- 4° Réélit M J. Grieninger, administrateur sortant ;
- 5° Réélit M. Morel Kahn, censeur sortant;
- 6° Nomme MM. Durand et Ducourau commissaires chargés de faire un rapport à l’Assemblée générale de 1889 sur les comptes de l’exercice 1888, avec autorisation d’agir isolément en cas d’empêchement de l’un d’eux.
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- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 18 *y
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- L’EXPOSITION DE 1889
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- QUATRIEME ANNEE.
- Dimanche 20 Mai 1888.
- NUMÉRO 177.
- SOMMAIRE :
- 1. Les Travaux du Champ-de-Mars ; 2. Exposition générale Allemande de prévoyance contre les accidents ; 3. Chambre de Commerce ; 4. Concours pour la musique du poème lyrique quatre-vingt-neuf ; 5. Échos ; 6. Salon de 1889 ; 7. Avis Commerciaux ; ÎL Canal de Suez; 9. Les Livres.
- EXPOSITION UNIVERSELLE
- DE 1889
- LES TRAVAUX DU CHAMP-DE-MARS
- Il y a huit jours, 'sur l’invitation des directeurs des travaux, la société des ingénieurs civils a renouvelé la visite qu’elle avait faite au Champ-de-Mars l’année dernière ; depuis cette époque, malgré la. longueur et la rigueur de l’hiver, les travaux ont marché, bien des choses nouvelles .ont été entreprises, quelques-unes même ont été terminées et ceux qui dirigent cette œuvre colossale désiraient faire apprécier, par des hommes compétents, les progrès réalisés ainsi que l’avancement des préparatifs de la future Exposition,
- Bien que, surtout depuis le retour du beau temps, le public continue à se porter en masse vers le quartier de l’Ecole Militaire et admire, d’une façon à peu près générale, tout ce qui se fait sur les divers chantiers, les habiles directeurs de tqutes ces entreprises, sans dédaigner toutefois l’appréciation populaire, aiment bien, de temps à autre, à connaître celle des spécialistes dont les critiques sont souvent bonnes à noter et dont, par contre, les éloges ont une valeur réelle pour ceux qui, sans ménager leur temps et leurs efforts, font tout ce qui est possible pour que l’œuvre de 1889 soit digne de la nation qui l’a conçue.
- . Donc samedi dernier un grand nombre des membres de la Société se sont rendus au Pavillon Rapp où ils ont été reçus par le savant directeur des Constructions métalliques, M. Con-tamin qui, avant de commencer la tournée sur les chantiers, a rappelé dans une courte allocution, l’état des travaux, à la précédente visite, afin qu’il fût facile à chacun de juger l’importance des progrès réalisés pendant les quelques mois écoulés.
- Après avoir j»té un rapide coup d’œil sur les galeries des industries diverses dont le seul point intéressant à signaler est l’annexe latérale qu’on construit en ce moment, tout le monde s’est mis en marche à travers les mille obstacles qui hérissent actuellement le Champ-de-Mars et la halte principale a eu lieu devant les fameuses fermes de 110 mètres qui composeront le palais des machines.
- Comme nous avons donné précédemment à peu près tous les renseignements relatifs à ces immenses arcades, nous ne mentionnerons pas toutes les excellentes choses dites sur place, à ce sujet, par M. Contamin qui a surtout appelé l’attention de ses auditeurs sur les difficultés qu’il avait fallu vaincre pour obtenir une pareille portée sans l’emploi d’entrait, résultat auquel on n’était arrivé qu’en employant le système d’articulation à trois tourillons, que nous avons déjà décrit, et en donnant aux fondations une disposition de nature à leur faire jouer le rôle de culées. Rappelons en passant que les fermes du palais des machines sont les plus grandes qui existent dans le monde entier et
- qu’elles laissent loin derrière elles les arcades de la gare de Saint-Pancrace qui, avec leur portée de 80 mètres, avaient passé jusqu’à présent pour une merveille de hardiesse dans ce genre de constructions.
- Avant de quitter ce chantier, .voyons ce qui a été fait depuis une quinzaine de jours.
- La société de Fives-Lille ayant terminé le montage de ses deux premières fermes a divisé son personnel en deux groupes : l’un s’occupe de la pose des sablières, des pannes et des chevrons et l’autre se prépare à dresser les. charpentes suivantes. A cet effet les échafaudages ont été mis en mouvement et, glissant sur une voie ferrée, ont été amenés à remplacement qu’occupera la troisième arcade dont les deux montants et les arbalétriers sont déjà presque terminés et n’attendent plus sur le sol que la fin des' derniers préparatifs de leur montage.
- L’usine Cail a planté le petit drapeau sur sa première ferme, elle opère le recul de ses échafaudages, et va incessamment entreprendre sa seconde charpente dont les montants verticaux sont d’ailleurs déjà en place.
- En un mois quatre fermes auront donc été dressées, c’est mieux que ce qu’on espérait; aussi le directeur des constructions métalliques affirme-t-il que cette grande nef de.450 mètres de long sera terminée, quant à son ossature, vers le milieu du mois d’août.-
- Du reste, ainsi que nous avons déjà eu l’occasion de le dire, il ne sera pas utile d’attendre la fin du montage-de la carcasse métallique.pour entreprendre îes travaux accessoires. A mesure que les usines Cail et Fives-Lille iront en s’éloignant du centre, leur point de départ, elles laisseront entre leurs ateliers un espace vide dont s’empareront les ouvriers des différents corps d’états qui doivent coopérer à l’érection du monument.
- En quittant le palais des machines, les ingénieurs civils se sont rendus au palais des-Beaux-Arts en passant devant les échafaudages qu’on dispose en ce moment pour la construction des dômes centraux entre le palais des machines et celui des industries diverses et entre les deux ailes de ce dernier.
- Devant les fermes de 5o mètres de l’édifice qui servira d’asile aux œuvres d’art, M. Contamin a recommencé les explications précédemment données ; il n’y avait là rien de bien remarquable attendu que ces arcades sont articulées, comme celles des machines, sur trois tourillons; d’autre part, l’intérêt était moindre puisque la portée n’est pas aussi considérable et que, de plus, nous avons ici pour maintenir les fermes un tirant masqué par le plancher, réunissant les deux sabots d’appui ; néanmoins les. visiteurs ont trouvé fort gracieux le gabarit de ces charpentes métalliques.
- La visite au palais des Beaux-Arts étant terminée, les invités se sont dirigés du côté de la tour auprès de laquelle se tenait M. Eiffel qui; dans une causerie des plus intéressantes, à la fois technique et familière, a refait sommairement l’historique de sa prodigieuse entreprise. Il a rappelé les luttes qu’il fallut soutenir dès le début, les difficultés qu’on fut obligé de vaincre .et l’importance des travaux qu’exigèrent les fondations dans un terrain peu solide et trop voisin du fleuve dont les eaux envahissaient les tranchées. Cette partie de l’allocution fut du reste assez courte, car le plupart des assistants se trouvaient déjà là lors de la visite que la société des ingénieurs fit au chantier de la tour quand on exécuta les fondations des piles n° 1
- et 4 au moyen des grands caissons à air comprimé.
- Ces explications données, l’auteur de cette merveilleuse construction métallique invite ses auditeurs à le suivre sur la première plate-forme afin de juger sur place de la façon dont le travail s’exécute. A très peu d’exceptions près, tout le monde se mit à gravir le léger escalier aménagé dans le pilier nu 2 et, arrivés sur le plancher du premier, étage, les visiteurs oublièrent -vite la .fatigue occasionnée.par l’ascension des 35g marches actuellement praticables : la vue, grâce à un beau soleil couchant, embrassait tous les environs de Paris et de quelque côté qu’on se tournât, un splendide panorama accaparait l’attention de tous au détriment des assemblages métalliques auxquels on ne revint qu’après une assez longue contemplation du merveilleux paysage dont la tour formait le centre. i
- Tous les détails de la colossale, charpente furent passés en revue et M. Eiffel, assailli de mille questions, répondit avec sa bonne 'grâce habituelle à toutes les explications qui. leur furent demandées. Nous ne les relaterons ,pàs attendu qu’elles avaient presque toutes trait a des sujets sur lesquels nous nous sommes déjà' fort longuement étendu. La descente eut lieu par l’escalier de la pile n° 4 etla journée s’acheva par une visite aux modèles des écluses dont nous avons donné la description.
- Ayant signalé l’état d’avancement des travaux du palais des machines, il nous reste à voir ce qui a été fait pendant ces derniers jours sur les autres chantiers.
- Les galeries latérales des indusjries diverses avancent avec une remarquable rapidité, elles seront bientôt toutes placées et on commencera les opérations accessoires : remplissage , peinture, couverture... etc. Les fermes destinées à former les pavillons de la Ville de Paris se dressent également fort vite et, à l’heure actuelle, un des deux pavillons est presque monté.
- Tout ce qui est échafaudage est à peu près terminé; seul celui du grand dôme central demandera encore quelques jours pour son achèvement.
- Quant au palais des arts libéraux il regagne amplement le temps perdu en préparatifs ; commencée sur plusieurs pointsàla fois, son ossature se dessine déjà d’une façon fort distincte et il serait possible que cet édifice fût terminé avant celui qui lui fait pendant le long de l’avenue de Labourdonnais et dont l’exécution est retardée par un accident, heureusement peu important, mais dont les conséquences auraient pu être graves: par suite d’un mouvement mal combiné les deux fermes -déjà montées du palais des Beaux-Arts ont été faussées. Tournant, en quelque sorte, autour de leurs montants verticaux comme charnières, elles ont été ramenées vers l’intérieur, séparant ainsi leurs moitiés au point d’assemblage du tourillon supérieur. Sans l’échafaudage, très robuste, qui les a maintenues, chacune des moitiés ne s’appuyant plus sur l’autre, eût été entraînée par son poids et serait tombée en entraînant avec elle les parties latérales déjà en place.
- Cet accident ne demandera probablement que quelques jours pour être réparé, espérons-le du moins, car il serait fâcheux que d’autres retards fussent apportés à l’exécution de ce palais qui n’est déjà pas fort avancé.
- Signalons aussi l’activité qu’on déploie dans l’artère transversale du Champ-de-Mars où le mur du grand vestibule touche à son achèvement du côté des industries diverses.
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- 1044- — Quatrième Année.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 20 Mai 1888.
- - N» 177.
- Enfin, terminons en disant que, sur l’esplanade des Invalides, les ouvriers travaillent avec ardeur au pavillon des colonies dont les fondations sont tout à fait sorties de terre.
- H. B.
- EXPOSITION GENERALE ALLEMANDE
- DE PRÉVOYANCE CONTBE LES ACCIDENTS
- L’existence et le programme d’ensemble de cette exposition ont déjà été signalés.
- Malgré les préoccupations spéciales qui absorbent tous les esprits en Allemagne, l’importance de cette exposition s’affirme de plus en plus.
- Dès maintenant, il est décidé que toutes les exploitations administrées par l’Etat (mines, usines chemins de fer) prendront une large part à l’exposition.
- En fait, ce concours prend, de plus en plus, le caractère d’une grande exposition de l’industrie allemande.
- En effet, l’exposition ne comprendra pas seulement les appareils de protection contre les accidents, mais. doit présenter en mouvement les machines et installations les plus diverses munies de tous les appareils de protections les plus perfectionnés.
- C’est donc une grande exposition industrielle qui se prépare, avec un caractère tout spécial de protection sociale, qui rentre bien dans l’attitude qu’a prise si nettement, depuis six ou sept ans, l’Empire allemand dans toutes ses relations avec patrons et ouvriers.
- Le programme de l’exposition le dit avec une grande netteté : « Les machines seront présentées le plus tôt possible en mouvement : car ce ne sont pas seulement des appareils de protection, qu’il s’agit de présenter mais bien l’application de ces appareils aux différents types de machines. Contrairement à ce qui a eu lieu jusqu’ici, dans toutes les expositions, il ne s’agit plus seulement de juger de la valeur d’une machine au point de vue de sa production, mais à la fois de la puissance de production et des dispositifs en vue de réduire les dangers d’accidents.
- « Les meilleurs appareils de protection ne rendent pas recommandable une mauvaise machine ; mais une bonne machine, munie de tous les dispositifs possibles en vue de réduire au minimum les dangers d'accidents, sera maintenant toujours préférée’ à celle qui ne possédera pas ces dispositifs, puisque les charges résultant des corporations d’accidents en seront ainsi notablement réduites.
- « Chaque fabricant de machines est convié à présenter ses appareils munis des moyens de protection qu’il croit les meilleurs et les plus facilement admissibles; et chaque industriel est invité à faire connaître les dispositifs pratiques qu’il a imaginés et installés pour lui-même. »
- Il est intéressant de noter que l’idée et l’organisation de cette exposition sont dues à l’initiative privée. C'est en mai 1887 que l’Association pour l’étude et l’enseignement de la brasserie a proposé une exposition spéciale des moyens de protection à employer dans les brasseries ; d’accord avec les brasseurs allemands, cette Association a poursuivi la réalisation de cette idée, qui s’est peu à peu généralisée ; mais il est à remarquer que le fonds de garantie de l’entreprise a été fourni presque exclusivement par des brasseurs.
- L’exposition durera du ier avril au ieraoût 1889, à Berlin.
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- CHAMBRES DE COMMERCE
- La Chambre de commerce de Nantes, par une lettre qu’elle vient d’adresser à M. le chef du service de la marine à Nantes, se plaint de la fourniture des viandes de conserve faites à l’Administration de la marine et des colonies.
- « Est-ce bien une économie sérieuse, dit-elle, celle qui tarit pour l’agriculture nationale un de ses plus naturels débouchés ; et a-t-on suffisamment réfléchi aux conséquences d’une privation de bénéfices qui atteint à la fois l’agriculture, le commerce et de nombreuses industries françaises ? Permettez-nous d’entrer à ce sujet dans quelques explications.
- Etant donné que un bœuf mis en boîtes remplit i5o boîtes de 1 kilog. chacune, la fourniture des 3.3oo.ooo kilog. nécessaires à l’armée eût donné lieu à l’achat de 22.000 bœufs, réparti .en trois années.
- Le travail de préparation de ces conserves aurait occupé chaque année 2.000 ouvriers pendant quatre mois.
- Les 0.000.000 boîtes métalliques nécessaires pour contenir les 3.3oo.ooo kilog. de viandes eussent été fournies par les établissements métallurgiques français, fabriquées et finalement closes par les ouvriers ferblantiers.
- La menuiserie aurait eu à exécuter une commande de 100,000 caisses en bois pour loger, à raison de 3o hoîtes par caisse, suivant l’usage, les 3,3oo,ooo kilog. de viande. Une multitude d’accessoires : suif, os, combustible, peinture, etc., eussent donné lieu à des achats et à une main-d’œuvre de quelque importance. »
- Voici la conclusion de cette lettre :
- ^ «Si l’on ne tient compte que des prix, nous n’avans pas à espérer de pouvoir de longtemps soutenir la concurrence contre les viandes d’Australie et de la Plata. L’avilissement des prix, plus longtemps maintenu et accentué, ne pourrait d’ailleurs qu’entraîner la ruine de notre agriculture. Ce qui nous semble souhaitable, c’est un certain relèvement des prix chez nous, et c’est à cela précisément que contribuerait l’attribution exclusive des fournitures de l’armée à l’industrie nationale. »
- CONCOURS
- pour la musique du poème lyrique QUATRE-VINGT-NEUF
- Par arrêté en date du 16 mai 18S8, le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a réglé, de la manière suivante, le concours pour la musique du poème lyrique : Quatre-vingt-neuf.
- Il est ouvert un concours pour la composition de l’œuvre musicale avec soii, chœurs et orchestre, qui sera exécutée lors de la distribution des récom. penses de l’Exposition universelle de 1889.
- Le poème intitulé : Quatre-vingt-neuf, chant séculaire, par M. Gabriel Vicaire, qui a obtenu le prix au concours préalable pour les paroles, est imposé aux concurrents. Il sera remis à tous ceux qui en feront la demande au commissariat général de l’Exposition, 101, rue de Grenelle, ou à la direction générale de l’exploitation (Exposition universelle de 1889), n° 16, avenue de la Bourdon-nais, ou au secrétariat du Conservatoire national de musique, n° i5, rue du Faubourg-Poissonnière.
- Les partitions présentées devront être accom. pagnées d’une réduction pour chant et piano (à 2 ou à 4 mains) formant un cahier séparé.
- Il sera décerné : un premier prix de 5,000 fr. ; un second prix de 2,000 fr. ; un troisième prix de 1,000fr.; ou deux mentions honorables de 5oofr.; chacune pourront, s’il y a lieu, être accordées par le jury.
- La partition qui aura obtenu le premier prix sera seule exécutée par les soins et aux frais de l’administration.
- Les concurrents conserveront la propriété de leur œuvre, mais ne pourront la faire exécuter avant la distribution officielle des récompenses.
- Les Français seront seuls admis à concourir. Les lauréats devront pouvoir justifier de la nationalité française.
- Les partitions destinées au concours devront être déposées ou adressées (franco de port) au secrétariat du Conservatoire de musique et de
- déclamation, n° i5, rue du Faubourg-Poisson nière, à Paris, avant le 3i janvier 1889, et porter-une épigraphe ou devise qui sera répétée sur un billet cacheté contenant le nom et l’adresse de l'auteur, qui ne devra pas se faire connaître à l’avance.
- Les partitions seront rendues à leurs auteurs, à l’exception des partitions récompensées qui seront déposées à la bibliothèque du Conservatoire.
- ÉCHOS
- France
- La Commission dite des 43, pour l’Exposition de 1889, vient d’adopter les décisions suivantes :
- 1° Elle a adopté le projet de construction, sur l’esplanade des Invalides, d’un bâtiment spécialement destiné à l’exposition d’hygiène, d’assistance publique et services d’hygiène du ministère du commerce. Cette exposition se composera de tout ce qui constitue les services publics et les progrès nouveaux.
- 2° En ce qui concerne le service des entrées, la commission a décidé qu’il y aurait des cartes d’abonnement et elle a fixé à 100 francs le prix de ces cartes, valables pour toute la durée de l’Exposition.
- 3° Pour ce qui concerne les cartes d’entrées gratuites pour le service de la presse, le nombre en a été fixé à 1,500 pour les journaux français et étrangers.
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- * *
- La commission des congrès et conférences de l’agriculture pour l’Exposition universelle s’est réunie au Palais-Bourbon, sous la présidence de M. Méline.
- Sur la proposition de M. Toucher de Careil, elle a décidé l’organisation d’un congrès international sur la crise agricole.
- Ce congrès s’occupera de « l’état présent de l’agriculture clans les différents pays », du « degré d’intensité de la crise », de « ses causes » et des « remèdes » qu’il convient de lui apporter.
- La commission a désigné, comme membres organisateurs de cet important congrès, MM. Fou-cher de Careil, Tisserand, de la Grosse, de Dam-pierre, Teissonière, Rissler,. Duchartre, Passy, Lecouteux, Beaudrillard, Jules Bénard, Samié.
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- La réunion annoncée des participants à l’Exposition d’hygiène et de sauvetage, qui doit sjouvrir le 25 juillet, au Palais de l’Industrie, a eu lieu ces jours derniers, dans la salle des Fêtes du Grand-Hôtel. Plus de six cents personnes y assistaient.
- La séance a été ouverte par une allocution de M. Edmond Turquet, député, président de la Société française de sauvetage, qui a retracé, en quelques paroles très applaudies le rôle considérable et grandissant des Sociétés de sauvetage, et adressé.à tous les courageux, à tous les dévoués, un appel qui sera entendu.
- M. Rocquancourt, secrétaire général, a lu ensuite un rapport très précis, et souvent très éloquent, sur les résultats déjà obtenus par l’administration de l’Exposition, et sur ceux non moins nombreux en voie de réalisation. Il s’est étendu sur les deux caractères distincts et pourtant connexes de l’Exposition, son caractère spécial et son caractère général, et a donné un aperçu fort goûté des attractions diverses qui se préparent, tant au premier étage qu’au rez-de-chaussée du palais. Ce rapport a eu un véritable succès.
- M. Berger, directeur général de l’exploitation à l’Exposition de 1889, s’est levé et de longs bravos l’ont aussitôt salué. Il a remercié les directeurs de l’Exposition de 1888 de l’avoir appelé à la vice-présidence de leur comité d’organisation. Il a insisté sur le rôle efficace de ces expositions passagères, qui portent aux grandes un précieux concours. Il a eu pour la France et son succès légitime des paroles patriotiques très fermes et très émues, qui ont été chaleureusement ap7 puyées, et il a convié tous les exposants de 1888 à la participation et à la propagande pour le grand concours de 1889, sur lequel il a donné les meilleures et les plus rassurantes nouvelles.^
- M. Paul Nicole, vice-président de la Société de sauvetage et président du. comité d’organisation de 1888, a prononcé ensuite une nette et brillante allocution, qui a heureusement confirmé les discours précédents et le rapport du secrétaire général.
- Enfin, sur la demande du comité, une délégation de vingt-deux membres a été nommée par tous les exposants présents. Cette délégation, au mieux choisie, fonctionnera comme commission supérieure pour l’organisation du jury.
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- Par décision du ministre du commerce et^ de l’industrie, commissaire général,les comités d ad-
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- Quatrième Année. — N° 177.
- •nission des classes : G (Education de l’enfant, en-leio-nement primaire, enseignement des adultes), 7 (brganisation, et matériel de l’enseignement secondaire) et 8 (Organisation, méthodes et matériel de l’enseignement supérieur), ont été autori-sés à déléguer chacun trois membres qui, conjointement avec les présidents des comités de ces classes et le directeur général de l’exploitation, s’occuperont spécialement de l’organisation et de l’installation de l’exposition de l’enseignement technique dans le grand vestibule du palais des arts libéraux.
- Ce comité, qui a déjà commencé ses travaux, est
- composé de :
- MM- Qllendorff (Gustave), directeur de l’enseigne' ment technique au ministère du commerce et de l’industrie.
- Noël (Charles), président de l’école commerciale de l’avenue Trudaine, trésorier de la chambre de commerce, membre du comité d’admission de la classe 6.
- Suzanne, fabricant de matériel scolaire, membre du comité d’admission de la classe 6.
- Jacquemart (Paul), ingénieur civil, inspecteur général des écoles d’arts et métiers et de l’enseignement technique, rapporteur du comité d’admission de la classe 7.
- Cahen (Albert), vice-président de la société des anciens élèves des écoles d’arts et métiers, membre du comité d’admission de la classe 7.
- Jourdan (Ed.), ingénieur civil, directeur de l’école des hautes études commerciales, membre du comité d’admission de la classe 7.
- Cauvet, directeur de l’école centrale des arts et manufactures, vice-président du comité d’admission de la classe 8.
- Rouché (Eugène), professeur au Conservatoire national des arts et métiers, examinateur à l’école polytechnique, membre du comité d’admission de la classe 8.
- Angot (Alfred), météorologiste, titulaire au bureau météorologique, rapporteur du comité d’admission de la classe 8.
- *
- * *
- ETRANGER
- On écrit de Barcelone que les préparatifs faits pour la réception de la reine, sont sur le point d’être terminés ; ils sont poussés avec une grande activité, les ouvriers travaillent jour et nuit.
- Le président du tribunal et le procureur de Barcelone iront recevoir la régente à Lerida.
- Un échafaudage s’est effondré à la section française du palais de l’industrie ; deux ouvriers ont été tués.
- Le maire de Barcelone adressera aujourd’hui aux habitants, au sujet de l’arrivée de la reine, une proclamation faisant un vif éloge des vertus de la régente et exprimant l’espoir que les Catalans sauront la recevoir dignement.
- La frégate de guerre américaine Quinnebang a mouillé hier dans le port; elle a fait les saluts d’usage à la place et aux escadres espagnole et autrichienne.
- *
- * *
- L’art français à l’étranger :
- Le Hanover Gallerg vient d’ouvrir à Londres sa neuvième exposition annuelle qui comprend toute une section consacrée aux peintres.
- Corot, Rousseau, Courbet, Troyon, Ziem, Dau-bigny, Diaz, Dupré, Charles Jacque, Bastien-Le-page, Billet, Brillouin, Cazin, Hulbuth, de Neuville, Roybet, Stevens, etc., y sont représentés.
- Les Baigneuses, de Corot ; le Repos des Moissonneurs, de Daubigny ;la Remise des cheoreuils, de Courbet, figurent à cette intéressante exposition.
- *
- * *
- Une proclamation des directeurs chinois des douanes de Tientsin en date du 2b mars, fait savoir que le gouvernement impérial ne peut participer à l’Exposition de 1889, en raison de la grande distance qui sépare la Chine de la France, mais qu’il donne toute latitude à ses sujets pour y prendre part, et qu’il exempte de droit tout objet destiné à cette exposition, à condition que les envois ne soient pas excessifs.
- Jusqu’à présent la Chine a toujours décliné toute participation aux expositions en Occident Pour le motif qu’elle avance cette année encore.
- XX...
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889,
- SALON DE 1.888
- (Suite)
- III
- Est-il vrai, ainsi que l’affirment quelques critiques, que l’art moderne, se débarrassant des règles conventionnelles de la forme classique, tende de plus en plus au symbolisme ? D’abord, nous demandons ce que l’on entend par symbolisme en peinture ou en sculpture, car, avant d’appliquer ce vocable à un genre, ou à une école, il convient de déterminer sa signification exacte.
- Or voici comment un de nos confrères définit le symbolisme :
- « C’est un idéalisme, plus sincère que le spiritualisme, moins étroit que le positivisme, plus puissant que tous les deux et ne gardant de ce dernier que les libertés et les vérités obtenues. Dans les mystères anciens, dans les paraboles, dans les réalités ambiantes, le symboliste dégage ou simplement constate une certitude purement humaine et de là s’envole, rêve ou divague dans le réel, s’élève haut suivant sa puissance. »
- Avez-vous compris? Non: n’est-ce pas? Eh bien ! ni moi non plus. Cette définition peut être très exacte ; malheureusement, elle manque complètement de clarté et m’apprend nullement ce que l’on entend par symbolisme. Quand on tombe dans la métaphysique, l’imagination peut se donner libre carrière, et, comme dit notre confrère, « divaguer » non pas dans le réel, mais dans l’incompréhensible.
- Ne nous payons pas de mots et sachons aller au fond des choses: La manie de vouloir définir, circonscrire l’art -aboutit fatalement à l’absurde, car l’art étant une création de l’imagination est diversifié à l’infini, et par conséquent ne saurait être soumis à une règle, unique, absolue. Le symbolisme est de nous les temps et de toutes les époques. L’artiste fait du symbolisme sans s’en douter, comme M. Jourdain faisait de la prose.
- Ceci dit, continuons l’examen des œuvres exposées au Salon, sans parti pris, louant ce qui est bien et critiquant ce qui est défectueux.
- Voici une grande toile de M. Gervex : Y Avènement de Sémiramis d’un aspect un peu brut peut-être, mais ce défaut est racheté par le coloris. »
- Le Gros temps pendant la construction du brise-lames au Tréport, de M. Berthelon est peint avec vigueur. Les vagues déferlant avec furie viennent se briser contre la digue rompue. La mer est d’une teinte très observée.
- A la Jetée, de M. Haquette, le peintre de la mer et des marins représente deux femmes ; la mère et la fille qui interrogent l’horizon du regard sans oser se communiquer leurs angoisses mutuelles. On peut reprocher à M. Haquette de reproduire toujours le même type de personnage avec une désolante uniformité, Tous ses pêcheurs se ressemblent, ou plutôt c’est le même pêcheur qui reparaît sur toutes ses toiles.
- La Faneuse,de M. Julien Dupré, ne manque pas d’un certain mérite, mais pourquoi l’artiste qui sait manier le pinceau s’est-il contenté, pour ainsi dire, d’ébaucher le ciel de son tableau.
- Crépuscule après l’orage de M. Delpy est une œuvre d’observation saisie sur le vif. L’Asile, de M. Watter Gay, ne manque pas non plus de certaines qualités d’exécution.
- La Chapelle des Marins à Saint- Waast-la -Hogue et la Plaine de Cayeux de M. Guillemet sont pleines de charmes. On sent dans ces œuvres une sorte de pénétration de la nature qui fait croire à la réalité. Nous devons citer également le Champ de bruyères de M. Isenbart et deux toiles charmantes de M. Jan-Monchallon : La Vallée de Jonvelle et les Pâtureaux, remarquables de finesse et de vérité.
- Les Bûcherons de M. Beaudoin méritent également d’être cités, bien que les arbres semblent plus étudiés que les personnages dont le dessin laisse à désirer.
- Une fonte dans les ateliers de M. Thiebaut, de
- Dimanche 20 Mai 1888. — 1045.
- M. Bourgonnier, présente d’habiles variétés de coloration.
- Le Retour de la Foire de M. Degrolle dénote une certaine hardiesse de pinceau qui est loin de déplaire, surtout dans son effet de soleil couchant.
- M. Carrier-Belleuse nous montre les Démolitions de la gare Saint-Lazare dans une peinture serrée et exécutée avec une précision architecture raie, et M. Gilbert, Y Atelier de teinture de la manufacture des Gobelins dont les effets de lumière tamisée sont remarquables.
- Une légende pleine de mysticisme et de poésie a inspiré à M. Lucas son tableau le Fil de la Vierge :
- Marie humble et candide en sa robe de serge,
- Dort en rêvant du ciel, auprès de ses fuseaux,
- Et, pour semer dans l'air les blancs fils de lu Vierge,
- Sur le divin rouet place un essaim d’oiseaux.
- Certes, un peintre habile aurait pu tirer de ce sujet des effets merveilleux par l’arrangement de la scène et du paysage et surtout par la variété des tons. Mais malheureusement l’œuvre de M. Lucas manque de variété. Une tonalité trop uniforme et d’un goût douteux détruit tout le charme de cette composition pleine d’intérêt et d’une conception vraiment originale qui atteste un réel talent.
- On peut adresser le même reproche à M. Ferdinand Humbert pour son triptyque la Maternité.
- Dans un paysage orné de pommiers, une paysanne tient dans ses bras deux enfants, un garçon et une fillette. La mère couve du regard ces deux êtres chéris pour qui elle rêve d’heureuses destinées... Les années se sont écoulées; les enfants ont grandi. Dans le compartiment de gauche, une jeune fille ramasse des pommes de terre; dans celui de droite un jeune soldat, le fils, est gisant à terre, la tête ensanglantée. Ce tableau, empreint d’une mélancolique tristesse, produit une vive impression, mais le coloris laisse à désirer, la teinte bleue qui domine dans toutes ses parties en détruit le charme.
- Les Bords de la Sauldre, de M. Lemarié des Landelles, attestent un talent qui ne manque ni de vigueur, ni d’originalité. Les tons dorés de ce paysage et la brume que estompe les arbres baignés par la Sauldre produiraient plus d’eftet s’ils étaient moins uniformes. Les arbres du premier plan, très étudiés et d’un grand style, donnent à ce tableau une allure des plus pittoresques.
- Le Moulin-Brigand sur la Sedelle,à Croyant, de M. Galerne, n’est pas non plus sans qualité; mais la transparence de l’eau ne saurait faire oublier la crudité d’un ciel trop bleu qui manque de naturel.
- M. Joubert a envoyé deux excellents paysages. La Vallée des Ardoisières et les Oseraies au bord de la Seine à Pont-de-VArche.
- La Part de Pêche, de M. Georges Meyen trop uniforme de ton, manque de naturel, en raison de la teinte bleuâtre répandue sur tout le tableau.
- Les Dernières Gerbes, de M. Georges Langée, est une œuvre pleine de vie, mais le ciel en esL trop lourd.
- Quant à la Vague du matin, de M. Krug, tout y est conventionnel, comme il arrive ordinairement dans le genre allégorique. Cependant sa naïade couchée sur l’onde de la mer ne manque pas de charme.
- La Veille d’une élection au Village,de M.Lubin, est une œuvre d’observation et de finesse. Quant au portrait de M. Hennique par M. Giron, la négligence du dessin ne rachète pas les défauts du coloris.
- La Fin de la Journée, de M. Hermann Léon rappelle les paysages pleins de poésie de Rosa Bonheur. Citons également le Pot-Cassé de Georges Jeannin, colorations vibrantes et chaudes de camélias rouges, de pensées, de pervenches etc., donnant toute la gamme du coloris.
- M. Japy a exposé deux paysages: le Crépuscule et le Vieux Moulin, Matinée de Printemps. Le premier est un peu trop négligé, mais le second en rachète amplement les défauts.
- Un autre Crépuscule, de M. Leroy-Saint-Aubert pèche par la monotonie d’une teinte violette qui
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- enlève tout charme à ce tableau dont la conception, cependant,n’est pas sans mérite.
- Trouville, de M. Laurent Desrousseaux, n’est qu’une étude, une ébauche.
- Passons au Saint-Sebastien de M. Henner dont les chairs nacrées se détachent sur un fond plus noir que la nuit. Voilà des années que M. Henner se copie lui-même. C’est toujours le meme coloris. Deux femmes sont auprès du saint, leur profil perdu dans une obscurité voulue échappe à l’œil du spectateur, ainsique la flèche que l’une d’elles arrache du corps du martyr. Tout cela est très poétique, prétendent certains critiques, nous voulons bien le croire ; mais tout cela est-il bien naturel? M. Henner a également exposé un portrait de femme dont la rutilante chevelure n’existe que dans l’imagination de l’artiste.
- Des deux paysage que nous donne M. Hareux, le Pont delà Folie à Croyant (Creuse) et le Binage des pommes de terre au mois de juin à Cropant, le second est bien supérieur au premier comme conception et comme exécution.
- Dois-je parler du tableau de M. Jean, le Poète et la Muse? Si cet artiste est exempt de l’examen du Jury, ce ne sont certes pas des productions dans le genre de celle qu’il expose aujourd’hui qui lui ont valu ce privilège.
- L’Accouchée de M. La Touche est une bonne scène d’intérieur. Le Rapt, — Age de la pierre de M. Jamin ne manque pas de vigueur. Deux hommes se disputent la possession d’une jeune femme. Il y a de la vie dans ce tableau. Mais pourquoi l’un des hommes a-t-il une jambe d’un ton rougeâtre, tandis que le reste du corps est d’un jaune mat ?
- M. Harpignies nous donne un paysage, Un Torrent dans le Var, d’une facture énergique et d’un caractère original.
- Citons encore Pro aris et focis, de M. Loewe-Marchard, le Làncement de pont, de M. Loustau-nau et les Huîtres, de Mme Louise de Hem.
- Le Repos, de M. Lhermitte, est la reproduction d’une scène champêtre pleine d’une douce poésie. Dans l’ombre des gerbes, assise sur une javelle, une paysanne allaite son enfant, tandis que le faucheur son mari, étendu à ses côtés contemple cette scène avec amour. On peut reprocher à M. Lhermitte de manquer un peu de coloris; il ! n’est pas douteux que si les contours de ses personnages étaient plus fondus, ses paysages gagneraient en vigueur.
- M. Leenhardt a choisi pour sujet Marie-Madeleine se rendant au tombeau du Christ. La Madeleine de M. Leenhardt n’est pas celle de la légende, c’est une paysanne ; elle a renversé sa lampe, ce qui rappelle l’idée de la cruche cassée. Quoi qu’il en soit, ce tableau fait grand effet. La peinture du paysage est bonne et solide.
- M. Gœneutte nous montre, dans sa Fin du jour, trois chanteurs ambulants, le père, la mère et l’enfant qui regagnent leur domicile. Cette toile est fort expressive et largement peinte.
- Mentionnons aussi VOiseau envolé, de M. Jacquet. le Chemin de la fontaine, de M. Labitte, les ' Derniers secours, de M. Maillard et le Village des Salines de Bricqueville, de M. Liot.
- Un Panier de figues, de Mme Montbazon, est très réussi, ainsi que la Romance de M. Kaemmerer qui nous montre une séance de harpe. Les femmes sont bien dans la note de l’époque à laquelle le peintre a donné la préférence.
- Crinon.
- AVIS COMMERCIAUX
- Une exposition des produits de l’industrie aura lieu à Epinal (Vosges) du 9 juin au 14 juillet prochain.
- Les personnes qui désireraient prendre part à cette exposition pourront se procurer 'des exemplaires du règlement et des formules d’admission au Ministère du Commerce et de l’Industrie (Direction du Commerce intérieur, Bureau de l’Industrie), 80, rue de Varenne.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1
- Dimanche 20 Mai i 888.
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- Les télégrammes transmis de Paris à destination des villes pourvues, soit d’un service télégraphique permanent du jour et de nuit, soit d’un service prolongé jusqu’à minuit, parviennent à destination le soir même, s’ils sont déposés :
- Avant 9 h. du soir, dans un bureau quelconque de Paris ;
- Avant 10 h. 55 du soir, dans les bureaux de la place de la République, de la rue des Halles, de la gare du Nord, de l’avenue des Champs-Elysées, du boulevard Saint-Denis, du Palais du Luxembourg, du boulevarp de l’Hôpital, et de la gare de Lyon.
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- Des difficultés ont été suscitées par la douane à la frontière pyrénéenne, en ces derniers temps, à propos de l’entrée en France des marchandises venant d’Espagne. Nous apprenons que M. le directeur général des douanes a donné des ordres pour que les opérations de la douane soient aussi accélérées que possible aux deux points frontière de Cerbère et d’Hendaye.
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- Le bulletin du commerce extérieur de l’Egypte, adressé par le Consul de France à Alexandrie pour les mois de février 1887 et 1888 comparés, fait ressortir que l’importation a augmenté, d’une année à l’autre, de 56,000 livres égyptiennes ; l’exportation a diminué de 114,000 livres. Ce dernier résultat est dû exclusivement à une forte diminution dans les expéditions de coton. La saison cotonnière n’étant pas terminée, il serait prématuré de rechercher les causes de ce déclin probablement accidentel.
- A l’importation, les plus-values les plus sensibles concernent les tissus de coton, articles d’habillement et les ouvrages en métaux.
- Il y a lieu de constater que les importations de France accusent un progrès appréciable sur les chiffres de l’année dernière. Les exportations ont diminué, mais elles n’ont fait en cela que suivre le mouvement de décroissance qui a été précédemment signalé.
- Les importations autrichiennes, qui étaient arrivées il y a quelques années x dépasser les nôtres, ont subi un mouvement cio recul caractéristique; celles d’Italie, beaucoup moins considérables du reste, sont également en baisse. Quant aux impor. tâtions britanniques , elles poursuivent leur marche ascendante. Le phénomène s’explique en bonne partie par l’espèce de monopole que le commerce anglais s’est créé pour la manufacture des cotonnades spéciales qui servent à l’habillement des populations indigènes dans les pays d’Orient et d’extrême Orient.
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- L’administration de l’enregistrement, des domaines et du timbre, faisant droit aux nombreuses réclamations qui lui étaient adressées depuis quelque temps, et dans le but de faciliter aux'contri-buables l’exécution des prescriptions de l’article 18 de la loi du 23 août 1871, vient de décider que désormais tous les débitants de tabac de Paris et de la banlieue, sans aucune exception, seraient approvisionnés de timbres à 0 fr. 10 pour quittances.
- Cette mesure a reçu son exécution dès le mois d’avril dernier.
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- L’Imprimerie nationale vient de mettre sous presse le volume des documents statistiques sur le commerce de la France pendant les quatre mois de l’année 1888.
- Les importations se sont élevées, du ier janvier au 3o avril, à 1,397,628,000 fr., et les exportations à 1,037,257,000 fr.
- Ces chiffres se décomposent comme suit:
- Importations. 1888 1887
- Objets d’alimentation. Matières nécessaires à 523,320,000 513,628,000
- l’industrie 659,5o8,ooo 703,098,000
- Objets fabriqués 182, i3o,ooo 182,356,000
- Autres marchandises. 62,670,000 33,344,000
- Total 1,397,628,000 1 ,432,426,000
- Exportations.
- Objets d’alimentation. Matières nécessaires à 199,5 .'0,000 234,967,000
- l’industrie 226,850,000 224,662,000
- Objets fabriqués 553,741,000 53e,138,ooo
- Autres marchandises. 57,106,000 57,744,000
- Total 1 ,037,257,000 1 0*9,511,000
- Six des bourses créées par l’Etat, à l’école supé. rieure de commerce de Paris, seront vacantes à la rentrée prochaine.
- Un concours pour l’obtention dq ces bourses aura lieu, les iG et 17 juillet prochain, à Parisi Lyon, Marseille, Toulouse, Bordeaux, Rouen, Lille, Nantes, Nancy et Dijon.
- Pour tous les renseignements, s’adresser à M. Grelley, directeur de l’école supérieure de commerce, 102, rue Amelot, Paris.
- CANAL DE SUEZ
- Assemblée du 15 Mai 1888
- EXTRAIT DU RAPPORT
- DE
- M. FERDINAND DE LESSEPS
- Le Rapport entier est envoyé à toute personne qui
- le demande à la Compagnie, rue Charras, 9,
- à Paris.
- Nous venons de subir, sans dommages, une des crises commerciales et maritimes les plus intenses et les plus prolongées qui aient été enregistrées depuis longtemps.
- La diminution de nos taxes a heureusement permis à des marchandises qui ne se transportaient encore que par la voie du cap des Tempêtes, de prendre la voie du canal maritime, ce qui a eu pour nous le double avantage d’éviter à ♦nos recettes la dépression dont souffrent depuis trois ans toutes les entreprises de transport et de détourner dès maintenant, à notre profit, une par. tie du trafic général entre l’Europe et l’Asie des • tiné à nous venir déplus en plus.
- Les premiers mois de l’année actuelle semblent marquer la fin de la crise, en nous promettant un large accroissement de trafic, et il est probable que, suivant la loi ordinaire, la reprise du mouvement s’accentuera d’autant plus que la crise passée aura été plus profonde et plus prolongée.
- Nous sommes en mesure de soumettre à votre approbation un dividende de 78 fr. 229, supérieur de 2 fr. 894 à celui de l’année dernière, avec des recettes actuelles qui sont déjà plus que des promesses pour le dividende de l’exercice 1888. Ces promesses pourraient favoriser des vues de spéculation toujours nuisibles, — qu’elles soient en hausse ou en baisse, — à la marche régulière et progressive des entreprises industrielles. Votre Conseil ne peut que vous prémunir contre les jeux de la spéculation.
- Les recettes du transita a. été de 58,125,375 fr. 43.
- 395 navires ont transité de nuit a l’aide de la lumière électrique. Cette navigation spéciale s’effectue avec la même facilité que la navigation de jour.
- Les recettes du Domaine commun se sont élevées à 548,574 fr. 26 ; celle du Domaine particulier comprennent 292,719 fr. 33 de locations et 6,933 fr. 92 de ventes de bâtiments.
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- Quatrième Année. — N° 177.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1SS9-
- L’augmentation de personnel nécessitée par les travaux d’amélioration du canal nous a conduits à établir un hôpital confié aux sœurs de la Charité et placé sous l’invocation de Saint-Vincent-de-Paul.
- Nous terminons à Port-Thewfik la construction d’une église et d’une école qui donneront satisfaction à un ordre élevé de besoins chez les familles de nos employés.
- La ligne entière du canal et ses gares, la rade et le chenal ont été entretenus en bon état de navigabilité. Les diverses tempêtes qui ont sévi du 21 au 23 janvier et du 14 au 16 décembre, n’ont causé aucun dommage aux ouvragés du port.
- La rectification de la courbe du lac Timsab est terminée.
- L’élargissement de 5 mètres du kilomètre 152 à Port-Thewfik est fini.
- L’approfondissement du canal à 8 m. 50 est exécuté sur 90 kilomètres.
- La vitalité de notre entreprise, prouvée deux fois, ayant deux fois victorieusement traversé une crise économique, se chiffre par un total de bénéfices distribués, sous diverses formes, en France seulement, qui dépasse deux milliards et demi de francs.
- C’est pourtant de cette entreprise qu’on disait ; « Le canal, s’il est jamais praticable, ne saurait en tout cas être susceptible do produits ! ! » Ou bien : « Les ingénieurs employés sur les « lieux avouent « qu’avec les ressources dont on'dispose, il fau-« dra au moins cinquante ans pour mener les trait vaux à bonne fin ! »
- « Ou encore : Nous sommes persuadés que « l’entreprise du canal de Suez ruinera les action-« naires !... <>
- Il faut croire que les pronostics sinistres, que les attaques de la spéculation, que les outrages et les calomnies sont nécessaires à l’accomplissement des œuvres pacifiques, et que la lutte pour les progrès veut des combats rigoureux.
- Les angoisses dont on vous a abreuvés n’ont .pas ébranlé votre persévérance, et vous recueillez aujourd’hui les fruits légitimes de votre patriotique énergie.
- Parmi vous, un grand nombre, répondant avec moi à l’appel du Congrès international de 1879, se sont associés pour exécuter le canal maritime de Panama. Un journal anglais, The Manchester Guardian, disait dernièrement : « La France est « sans nul doute fière d’avoir mené à bonne fin « l’exécution du canal de Suez, en dépit de l’oppo-« sition et du manque de foi du reste du monde ; « l’esprit public a été enflammé par l’idée que « l’énergie et le capital français résoudraient le « problème longtemps débattu d’unir l’Atlantique « et le Pacifique, et de compléter ainsi une route « maritime directe autour du Globe ».
- C’est parce que le canal de Panama est, en effet, le complément nécessaire du canal de Suez que votre président vous demande aujourd’hui, par exception, de rappeler nos luttes et de montrer votre succès à ceux qui, en dépit de tout et de tous, sont restés fidèles à leur mission, en ouvrant au monde le canal maritime de Suez, universel, libre et neutre.
- L’Assemblée a approuoô toutes les résolutions présentées par le Conseil.
- LES LIVRES
- CLVII
- Joseph d’Arçay. — Notes inédites sur M. Thiers. — L’homme privé. L’homme politique. — Préface par Francis Magnard, 1 vol. in— 18. Paul Ollendorff, libraire-éditeur.
- M. Thiers a joué un trop grand rôle et tient une trop grande place dans l’histoire politique et littéraire des cinquante dernières années, pour qu’il n’y ait pas intérêt et profit à lire les ouvrages qui sont consacrés au tableau de sa vie et où des peintres plus ou moins habiles essaient de placer sous un jour favorable ou malin le portrait plus
- ou moins ressemblant ou flatte' d’un original un peu pétulant, un peu impatient, dont la mobilité d’esprit et la vivacité de passions sont faites pour dconcerter quelque, peu la postérité comme elles ont déconcerté les contemporains. La postérité, comme les contemporains, se trouve en présence d'un double courant en ce qui touche M. Thiers, courant apologétique d’un côté, critique de l’autre, optimiste et pessimiste, selon les témoignages et les témoins. Le courant apologétique est représenté par les ouvrages de M. Jules Simon et de M. Hector Pessard ; le courant critique et même satirique est représenté par les ouvrages de MM. Paul d’Hormoys et de M. Joseph d’Arçay,Il y a du vrai, il y a du juste dans les panégyriques comme dans les pamphlets. Mais le vrai, le juste se trouvent sans doute entre les deux extrêmes. C’est à la postérité à se démêler entre les dépositions contraires et contradictoires, et à ne pas se laisser duper par les apparences.
- Duclos a dit : « En France, ce qui est malin semble devoir être vrai, et ce qui est vrai semble devoir être malin. »
- M. Joseph d’Arçay a payé, peut-être plus que de mesure, son tribut à ce sentiment. C’est un témoin curieux, bien informé, mais dont la malveillance n’est pas douteuse. Il y guette par trop le grand homme aux petites choses. Il n’est pas de renommée, il n’est pas de gloire qui puisse résister à cet esprit de dénigrement. « Tout Achille a son talon »,a dit Chamfort. Toute renommée, toute gloire sont vulnérables, par un certain point. Toute cuirasse a son défaut. M. Thiers n’a pas échappé, plus que les autres, à cette infirmité delà condition humaine, qui ne permet à personne d’être parfait. « L’homme n’est ni ange ni bête » suivant le mot de Pascal. Le malheur est que les uns dans l’homme ne voient que l’ange, et que d’autres n’y voient que la bête.
- Ce qui domine la carrière de M. Thiers, lorsqu’on l’envisage de haut, avec l’impartialité que donne cette hauteur, qui efface les détails et ne laisse apparaître que les grandes lignes, c’est qu’il est, dans le sens le plus large du mot, le fils de ses œuvres, c’est qu’il ne doit rien de sa fortune qu’à son talent et à son travail. Il avait contre lui les obstacles d’une condition modeste et d’une pauvreté qui eut grand’peine à lui fournir les premiers instruments du succès futur, c’est-à-dire l’instruction. En ce qui touche ses origines, M. Joseph d’Arçay a fourni de nouveaux éléments à l’enquête. Nous avouons qu’ils nous touchent peu. Nous ne recherchons dans la vie d’un homme pour le juger, que ce qui vient de lui. On a les parents que l’on peut. Il ne nous importe donc guère que le père de M. Thiers ait été un père prodigue, aventureux, qu’il ait été enfant de l’amour (cela ne lui a pas porté malheur), reconnu et légitimé par mariage subséquent à sa naissance. Y a-t-il là de sa faute? Tout au plus trouve-t-on là matière à le plaindre d’avoir manqué pendant son enfance des soins éclairés et de la tutelle dévouée d’un père qui, toujours absent, jusqu’en i83o, ne devait reparaître plus tard auprès de son fils arrivé que pour lui causer des embarras et lui soutirer de l’argent. La mère de M. Thiers valait mieux que son père. Elle était intelligente, spirituelle, mais assez vulgaire de façons. Elle s’occupa de son éducation sans avoir l’intuition de son avenir, le pressentiment de sa destinée, bornant, à ce qu’il semble, son ambition à le voir un jour avocat connu ou notaire achalandé. M. Joseph d’Arçay convient lui-même, malgré sa partialité pour Mme Thiers mère et les rancunes de famille dont il est l’organe, que M. Thiers, sans être un fils bien tendre et bien dévoué, remplit, du moins dans la mesure de ce qui est convenable, sans aller assez peut-être au-delà, ses devoirs de protection et de tutelle envers celle à qui il devait le jour. Il ne se fit pas, comme M. Guizot, un honneur et un plaisir défaire profiter sa mère de sa fortune, de l’associer à sa renommée. Mais il faut bien convenir que les deux femmes ne se ressemblaient guère . Mm9 Thiers n’avait été qu’une mère ordinaire. M®9 Guizot fut une admirable mère, qui avait fait son fils, que M‘“9 Thiers avait laissé se faire tout seul. De là une différence de traitement qui
- Dimanche 20 Mai 1888. — 1047.
- s’explique, si elle ne s’excuse pas entièrement. Toujours est-il que si on peut louer et féliciter M. Guizot d’avoir eu une de ces mères qu’un fils, à tout moment de sa vie, et jusqu’aux plus hauts degrés de l’échelle sociale, est justement fier démontrer à ses amis et à ses ennemis, on ne peut trop reprocher à M. Thiers d’avoir laissé dans la coulisse du théâtre, dans la pénombre du pouvoir une mère qui ne pouvait gagner à sortir de son obscurité. Tout au plus peut-on le plaindre de n’avoir pas eu, comme Voltaire, comme Byron, une grande mère, et d’avoir été comme eux, orphelin d’une mère vivante, non frivole et galante, comme la mère de Voltaire, ou colérique et fantasque comme la mère de Byron, mais bien loin par l’esprit et le caractère de la valeur et de l’influence morale d’une Cornélie, d’une Monique, d’une Mme de Sismondi, d’une Mm0 Goethe, d’une Mme de Lamartine.
- On sent, il faut bien le dire, dans la formation de l’esprit de M. Thiers, dans le caractère de son talent, dans l’égoïsme de son ambition, l’absence irréparable de l’influence d’une grande mère. Son émule, son rival, son adversaire, après avoir été un moment son compagnon de lutte et de triomphe, M. Guizot, plus heureux que lui, eut à ses côtés jusqu’en i85o une noble, une grande mère^ Et il est impossible de ne pas constater qu’il lui doit cette supériorité morale, cette supériorité de caractère, de gravité, de dignité dans son attitude devant l’histoire, qui le distingue de M. Thiers. Nous renverrons le lecteur curieux aux détails amusants et malins, plus dignes de la futilité de la chronique que de la gravité de l’histoire, que M, Joseph d’Arçay donne sur la naissance de 1NÏ. Thiers, sa famille, ses débuts, son art et ses moyens de parvenir, son mariage, sa fortune, etc. Tous ces commérages, en les tenant pour fondés sur des preuves qui leur manquent souvent, n’empêchent pas l’auteur, qu’on ne peut suspecter de-trop d’indulgence pour son héros, de lui reconnaître le talent, l’éloquence — éloquence particulière de conférencier, de débater parlementaire, faite de clarté, de vivacité, de dialectique subtile et d’agréable vulgarisation dont il est demeuré le type — et à travers bien des vicissitudes qui n’cfnt pas été toutes sans défaillance, le courage personnel, le courage de l’esprit, plus rare encore que-l’autre, et un patriotisme passionné.
- Tels qu’ils sont, avec leurs erreurs, leurs fautes, leurs imprévoyances parfois cruellement punies par l’événement, M. Guizot, M. Thiers demeurent,, sous des aspects et à des degrés divers,la personnification éloquente de ce régime parlementaire dont il est de bon ton aujourd’hui de médire, qui. a certainement ses inconvénients, comme toutes les institutions humaines, mais qui est encore ce qu’on a trouvé de mieux pour associer le pays au gouvernement du pays, et fournir à l’opinion et à la liberté leurs garanties contre l’arbitraire minis». tériel et les velléités de dictature et de tyrannie des pouvoirs non contrôlés et des ambitions usurpatrices.
- M. Thiers, dont il est de mode aujourd’hui de dénigrer et de railleries préjugés économiques, le classicisme financier, les prétentions de tacticien et de stratège, a rendu, pour ne parler que de cette1 période de notre histoire, de grands services au pays qui ne pouvait lui reprocher ses malheurs. Il a contribué puissamment, avec l’Assemblée qu’il a longtemps domptée jusqu’au jour où elle s’est cabrée et a renversé le cavalier avec une insouciance voisine de l’ingratitude, à la réorganisation de notre armée et de nos finances, à la libération du territoire. On peut lui refuser certaines des. grandes qualités de l’homme d’Etat. Mais Richelieu, Mazarin, Talleyrand ne les ont pas eues toutes, et ont péché aussi surtout aux yeux de l’historien qui ne tient pas assez de compte du-moment, et des circonstances, par plus d’une-illusion, par plus d’un excès, par plus d’une faute. On ne peut méconnaître à M. Thiers quelques-unes des plus belles parties de l’homme d’Etat, le sens pratique, l’art de manier les hommes, la religion des grands intérêts du pays, éclairée par des connaissances historiques et une expérience politique et diplomatique qui ont fait trop souvent.
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- N° 177.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- Dimanche 20 Mai 1888.
- défaut à ses successeurs. Quand on le considère isolément, il peut diminuer à l’œil, selon le point de vue où l’on se place. Mais lorsqu’on le compare, sa supériorité grandit de toute l’infériorité de ceux qui ont pris après lui la direction de nos affaires.
- De même, si l’on envisage M. Thiers comme historien et comme écrivain, il est certain qu’il y aurait beaucoup à dire sur certains entêtements, certaines infatuations, sur la mise en œuvre superficielle du document, sur sa tendance à juger les événements et les hommes d’après lui plutôt que d’après eux, sur la vulgarité de son style et la banalité de sa philosophie, qui n’est pas toujours supérieure à l’événement, et ressemble tantôt à un fatalisme égoïste, tantôt à la superstition du succès.
- Tout cela est vrai. Mais ne faut-il pas tenir compte à M. Thiers, pour racheter les faiblesses de sa critique, et cette absence, je ne dirai pas de la probité, mais du scrupule documentaire, de ce qu’il est venu le premier, de ce qu’il a le premier déblayé le champ inexploré, dégagé les causes, étudié les hommes de la Révolution, de ce qu’il a le premier apporté l’art et le charme du récit, répandu la clarté, ce vernis des maîtres, sur un sujet, dans des matières qui semblaient incompatibles avec ces qualités. D’ailleurs si son Histoire de la Révolution demeure sur plus d’un point particulier inférieure à celles de Michelet et de Louis Blanc, et si elle laisse tout son rôle, tout son jeu à l’historien définitif encore à venir capable de dresser la synthèse du prodigieux et minutieux mouvement d’enquête et d’analyse qui a accumulé aujourd’hui tant de documents contraires et contradictoires, on ne peut refuser à l'Histoire du Consulat et de l'Empire, bien qu’elle soit loin d’être sans faute et sans erreur, les principales qualités de l’historien et si plusieurs parties du monument sont en simili-bronze et s’écaillent et se lézardent, il en est qui résisteront au temps et survivront à la critique.
- En somme, peu importe que rien des faiblesses de l’hunxanité n’ait été étranger à M. Thiers, si en somme et tout considéré et pesé, on peut dire de lui, ce qui est à nos yeux la vérité, qu’il fut aussi dans le sens le plus noble et le plus élevé du mot, un homme, et par moment un grand homme.
- M. de Lescure.
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- La durée de validité de ces billets est de 30 jours, non compris celui du départ; elle peut être prolongée d’une, deux ou trois périodes successives de 10 jours moyennant lè paiement, pour chaque période, d’un supplément égal à 10 o/o des prix ci-dessus. La demande de prolongation devra être faite et le supplément payé avant l’expiration de la durée de validité primitive ou prolongée. Ces formalités pourront être remplies, soit à la gare de départ, soit à une gare quelconque du parcours.
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- Durée de Validité : 10 jours, non compris les jours de départ et d’arrivée
- Les Billets d aller et retour sont délivrés par l’itinéraire le plus court. Toutefois les Voyageurs peuvent à leur gré choisir, soit pour l’aller, soit pour le retour, un autre itinéraire abrégeant la durée du voyage. Dans ce cas, les prix des Billets sont établis d’après les parcours choisis, lesquels sont mentionnés sur les Billets d’aller et retour,
- Exceptionnellement, les Voyageurs porteurs de Billets d’aller et retour pour Biarritz peuvent descendre à Bayonne à l’aller et repartir de cette gare au retour.
- Au départ de Paris, les Billets sont délivrés^ la gare de la Compagnie d’Orléans, quai d’Austerlitz, et dans tous les Bureaux de ville de la Compagnie, à Paris.
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- les Billets doivent être demandés au Chef de gare, trois jours avant celui du départ.
- Le Gérant, GARREAU.
- Tours. — lmp. E.ARRAULT et Cie, rue de la Préfecture, 6.
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- Quatrième Année. —- N° 177.
- LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE 1889
- Dimanche 20 MAi 1888.
- ANNONCES
- BANQUE FRANCO-ÉGYPTIENNE
- Assemblée générale du 14 avril 1888
- Extrait du Rapport du Conseil d’Administration
- L’assemblée générale annuelle des actionnaires a-eu lieu le 14 avril 1888, sous la présidence de M. Albert Rostand, président du Conseil d’administration.
- Le rapport du Conseil d’administration expose que, quoique l’année 1887 ait vu se produire une certaine amélioration au point . de vue des affaires, elle n’a pas été affranchie de l’influence fâcheuse des incertitudes politiques. Les résultats obtenus par la banque n’ont pourtant pas été sensiblement affectés par cette situation, ce qui doit être attribué non seulement à la modération de ses engagements, mais encore à la liquidation favorable de plusieurs opérations entamées dans les exercices précédents. Conformément à la règle ui a toujours été suivie, le chiffre des valeurs isponibles en caisse, en reports et en portefeuille d’effets a été maintenu à une somme.relativement élevée: 12,476,225 fr. 30, au 31 décembre dernier, soit 207,704 fr. 83, de plus qu’au dernier inventaire.
- Le chapitre des Fonds publics, Actions et Obligations, se montant à 6,030,806 fr. 05, est également en augmentation sur le chiffre du 31 décembre 1886 ; dans cette augmentation est comprise la plus value acquise par certaines valeurs dans le courant du dernier exercice.
- Les Participations Financières représentant une somme totale de 9,069,386 fr. 75, sont en légère diminution. Ce compte est appelé à décroître prochainement par la rentrée d’une avance importante faite au Gouvernement mexicain, rentrée dont le remboursement est assuré par le succès
- d’un emprunt extérieur contracté récemment par le Mexique et destiné en partie à l’extinction de la dette flottante. La réussite de cet emprunt aura d’autres conséquences favorables pour la banque, un intérêt lui ayant été attribué dans cette opération.
- Le. rapport annonce que le procès poursuivi depuis nombre d’années, aux Etats-Unis, contre les Trustées des obligations du chemin de fer New-York, Boston et Montreal, vient d’avoir une issue défavorable en première instance ; une détermination sera prise incessamment, d’accord avec les autres cointéressés, sur l’appel de ce jugement.
- Le rapport explique la diminution temporaire du compte de la Succursale d'Alexandrie, signale l’extinction graduelle de celui de la Succursale de Port-Louis, dont la liquidation est en voie d’achèvement et constate les bonnes conditions dans lesquelles a été construit l’immeuble social dont les locations d’appartement déjà faites représentent un revenu important.
- Passant au compte de Produits et Pertes dont le solde s’élève à 2,054,997, fr. 81, le rapport indique les raisons pour lesquelles le conseil, afin de pouvoir donner plus de fixité aux dividendes futurs, a été unanime à proposer le versement à un compte spécial d’une somme de 600,000 fr. à prélever sur les bénéfices.
- Enfin, il soumet aux votes des actionnaires les propositions suivantes qui ont été approuvées après lecture des rapports du comité de censure et des commissaires des comptes. ,
- L’Assemblée :
- 1° Approuve les comptes de l’exercice 1887 ;
- 2° Fixe à 32 fr. 50, par action le dividende de l’exercice 1887. Un a compte de 15 fr., ayant été payé le 2janvier dernier, le solde, soit 17 fr'. 50, sera payable à partir du 1er juillet prochain, sous déduction des impôts résultant des lois de finances ;
- .3° Approuve le report à nouveau du solde des bénéfices de l’exercice 1887, s’élevant 219,608, fr. 21 ;
- 4° Réélit M J. Grieninger, administrateur sortant ;
- 5° Réélit M. Morel Kahn, censeur sortant;
- 6° Nomme . MM. Durand et Ducourau commissaires chargés de faire un rapport à l’Assemblée générale de 1889 sur les comptes de l’exercice 1888, avec autorisation d’agir isolément en cas d empêchement de l’un d’eux.
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- Depuis quelque temps les affiches blanches des adjudications se succèdent sans interruption sur les murs de Paris; maçons, menuisiers,
- serruriers, peintres..etc., tous les métiers sont
- convoqués et invités à participer à la grande manifestation de 1889. En général, les concurrents sont nombreux et les offres avantageuses, car beaucoup d’entrepreneurs préfèrent sacrifier, dans une certaine mesure, leur bénéfice à l’honneur d’avoir concouru à l’œuvre grandiose qui se prépare. Cela se conçoit, et, en dehors des motifs patriotiques qui peuvent les pousser, il y a aussi les questions d’intérêt qui ne sont pas à dédaigner : les travaux étant extrêmement soignés et l’administration se montrant très sévère sur leur exécution, un entrepreneur peut, plus tard, pour d’autres entreprises, faire valoir celles qu’il a dirigées au Champ'-de-Mars, elles deviennent pour lui une véritable réclame dont il récoltera les fruits ultérieurement.
- D’un autre côté, la multiplicité de ces appels à l’industrie indique que la période des projets touche à sa fin, que les études se terminent et que l’ère. de l’exécution fiévreuse, qui se produit infailliblement dans tous les cas analogues, va s’ouvrir pour se continuer jusqu’au mois de mai 1889, espérons qu’elle ne se prolongera pas au-delà.
- Malgré les causes de retard, surtout dues à un hiver invraisemblablement long, qui se sont produites et ont fait perdre le bénéfice de l’avance obtenue au début des travaux, il est parfaitement possible d’avoir tout terminé pour la date fixée et d’inaugurer le grand concoursjn-ternational non pas seulement d’une manière officielle mais d’une façon réelle, sans que les visiteurs soient forcés de circuler au milieu d’ouvriers achevant un travail non terminé, de caisses non encore ouvertes ou de vitrines vierges de tous produits.
- Par exemple, ainsi que nous le disions il n’y a pas longtemps, il faut se hâter, les moments deviennent précieux et le moindre ralentissement dans l’activité déployée depuis le retour de la belle saison, serait absolument préjudiciable à l’entreprise commencée, rien ne saurait en atténuer les mauvais résultats.
- Pour en revenir aux adjudications, parmi les nombreuses affiches, émaillant les murs et les palissades, nous avons surtout remarqué celle qui annonce le concours ouvert pour l’établissement du petit chemin de fer de ceinture devant relier entre elles les différentes parties de l’Exposition.
- On se souvient qu’un premier projet, dont on avait même publié le plan et sur lequel tous les détails furent donnés, avait été arrêté il y a un certain temps déjà. Ce projet consistait en une
- ligne à voie étroite, entièrement fermée et parcourue par des trains allant toujours dans le même sens; une première modification fut apportée, mais elle ne portait que sur le tracé et le mode d’exploitation, l’entreprise restait'toujours confiée à l’auteur de la première proposition. Actuellement tout est remis en cause et c’est l’adjudication qui décidera le 8 juin 1888 quel sera le constructeur concessionnaire de cette petite ligne.
- Le tracé est peu modifié, le point de départ est toujours rue de Constantine et le point d’arrivée à l’angle des avenues de Suffren et de Lamothe-Picquet; quant à la voie, elle sera étroite, double et suivra constamment le relief du sol, sauf en quelques points, devant le pont de l’Alma par exemple, où elle s’abaissera de façon à ne pas arrêter l’exploitation des lignes de tramways qui passent à cet endroit.
- Les offres porteront sur la redevance que l’adjudicataire se propose d’offrir à l’administration par-voyageur transporté.L’opération devant probablement être fructueuse, on peut s’attendre à ce qu’un grand nombre de concurrents se le disputent, mais ces questions ne sont guère de notre ressort et nous ne reparlerons du petit chemin de fer que lorsqu’on entreprendra les travaux.
- On sait que plusieurs passerelles doivent être établies en divers endroits pour permettre aux visiteurs de franchir des voies publiques sans sortir de l’enceinte de l’Exposition, il y en aura six, savoir : deux franchissant la tranchée du quai d’Orsay,, deux passant au-dessus du quai de Billy, une au passage du pont de l’Alma et la dernière en face du pont des Invalides. Nous avons vu les projets de ces divers ponts, mais pour aujourd’hui nous ne dirons quelques mots que de celles qui doivent franchir le quai de Billy et que construit M. Poirier, entrepreneur de différents travaux de charpente au Champ-de-Mars.
- La maquette de ces passerelles, exécutée à l’échelle de o“o3 par mètre nous a été montrée, elle permet de bien juger ce que sera l’exécution dont l’effet ne peut manquer d’être fort gracieux.
- Le tablier en bois, comme au reste toute la construction, a 21 mètres de portée et passe à 5 mètres au-dessus du quai, il se termine du côté du Trocadéro par un large escalier à angle droit et, du côté de la Seine, par un autre escalier, également à angle droit, débouchant sur le quai en face de l’entrée publique qui sera ouverte en ce point ; un autre escalier, appuyé contre le mur de soutènement, donne accès sur la berge sur laquelle toutes les constructions prennent leur point d’appui. D’élégants garde-corps régneront le long des escaliers et du tablier que recouvrira un vélum supporté par des mâts à oriflamme placés de distance en distance.
- La tournée hebdomadaire sur les chantiers n’offre qu’un médiocre intérêt, car presque tous les travaux étant maintenant entrepris, il n’y a guère qu’à constater les progrès qu’ils font d’une semaine à l’autre. A défaut de nouveautés voyons donc ce qui a été fait ces jours derniers.
- Au palais des machines quatre fermes sont montées, on procède à la pose des pannes, des chevrons et des pièces qui garnissent le vide entre les charpentes ; l’échafaudage de l’usine Cail a été déplacé et on commence le montage de la cinquième ferme dont les deux montants sont déjà dressés sur leur sabot.
- Les échafaudages des deux dômes sont fort avancés, surtout celui du dôme central. Cette charpente donne déjà l’idée des grandes dimen-
- sions ds cette construction, peut-être même un peu trop haute par rapport à celles qui l’entourent et auxquelles elle est reliée ; en tout cas elle en rompra la monotonie.
- La presque totalité des annexes des palais des industries diverses est en place ; ces galeries latérales, dont nous avons déjà parlé, font bon effet-et compléteront agréablement le palais principal. L’ossature des deux pavillons de la ville de Paris est également en bonne voie d’achèvement.
- Le palais des Arts libéraux et ses annexes avancent rapidement, il n’en est pas de même des palais des Beaux-Arts à la construction duquel l’accident que nous relations dans notre précédent article apporte un fâcheux retard,; avant de procéder au montage de nouvelles fermes, il faut d’abord redresser celles qui se sont déplacées et ce n’est pas une mince besogne, on met toute la célérité possible à ramener lès pièces faussées dans leur position régulière,mais il faudra encore quelques jours avant qu’on y soit parvenu.
- Rien de bien particulier à signaler relativement aux dômes des deux palais des arts, les échafaudages sont terminés et le montage pourra être entrepris sous peu.
- Quant à la Tour, on ne peut que le répéter : elle s’élève avec une rapidité merveilleuse, les panneaux qui atteignent la cote de 9im5o étant complètement achevés on a commencé la pose de ceux dont l’altitude sera de 102 mètres ; toutes les pièces étant préparées à l’avance, il est probable que la mise en place ne demandera guère qu’une dizaine de jours ; en somme, jusqu’à nouvel ordre, tout fait supposer que les prédictions de M. Eiffel se réaliseront et que, le 14 juillet, le public parisien pourra jouir de ce spectacle, sans précédent, d’un feu d’artifice tiré à i3o mètresdehauteur; il ne sera permis à personne de dire qu’on ne pouvait pas le voir et au moins, pour le contempler, il n’y aura pas besoin de se fouler et de s’écraser comme cela arrive trop souvent; il est même certain qu’on le verra d’autant mieux qu’on en sera plus éloigné.
- H. B.
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1889
- DIRECTION GÉNÉRALE DES TRAVAUX
- ADJUDICATION EN UN LOT
- des Travaux de Vitrerie en Verres striés
- Pour la couverture des Combles du Palais des Beaux-Arts et des Arts libéraux, ainsi que des Galeries Rapp et Desaix au Champ-de-Mars.
- 1. Le lundi 11 juin 1888, à une heure de l’après-midi, il sera procédé publiquement, dans une des salles du Conseil de Préfecture (Palais du Tribuna de Commerce), par le Préfet de la Seine ou son délégué, assisté de deux membres du Conseil de Préfecture et du Directeur général des Travaux ou de son délégué, à l’adjudication, en un lot, au rabais, sur les prix portés au détail estimatif, et par soumissions cachetées, des Travaux de vitrerie
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- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 27 Mai 1888.
- en verres striés pour la couverture des combles des Palais des Beaux-Arts et des Arts libéraux ainsi que des Galeries Rapp et Desaix au Champ-de-Mars, lesquels sont évalués à 25,310 fr. 12, somme à valoir pour imprévus comprise.
- Le cautionnement est fixé à 2,000 francs.
- 2. Le détail estimatif et le cahier des charges sont déposés à la Direction générale des Travaux, dans les bâtiments du Champ-de-Mars, à l’extrémité de l’avenue Rapp, où l’on pourra en prendre connaissance tous les jours non fériés, de une heure à quatre heures.
- 3. Nul ne sera admis à concourir à l’adjudication s’il ne remplit les conditions imposées par le cahier des charges générales.
- Chacun des concurrents devra adresseràl’Agence des Travaux du Champ-de-Mars, au Directeur général des Travaux de l’Exposition, qui est chargé d’arrêter la liste des concurrents, cinq jours au moins avant la date de l’adjudication :
- i° Une demande d’admission à l’adjudication sur papier timbré, faisant connaître ses nom, prénoms, domicile, lieu, et date de naissance ;
- 20 Un extrait de son casier judiciaire ayant moins d’une année de date ;
- 3° Les pièces demandées par le cahier des char, ges générales, telles que certificats de capacité, etc.
- Le délai fixé ci-dessus pour le dépôt de ces pièces sera rigoureusement appliqué.
- Sur avis de l’Administration, ces pièces seront retirées par les entrepreneurs pour être jointes à leur soumission.
- 4. Chaque soumission, rédigée sur papier timbré, conformément au modèle ci-après, sera placée isolément sous un pli cacheté, et le paquet, portant le nom du soumissionnaire, sera renfermé avec, les pièces dont il a été parlé ci-dessus, et avec le certificat de dépôt du cautionnement, sous une seconde enveloppe cachetée portant pour suscrip-tion : Exposition universelle de 188g. — Travaux de vitrerie en verres striés pour la couverture des combles des Palais des Beaux Arts et des Arts libé- i vaux ainsi que des Galeries Rapp et Desaix au Champ-de-Mars.
- Les soumissions qui ne seraient pas exactement conformes au modèle ci-après seront considérées comme nulles et non avenues.
- Les rabais seront énoncés en francs et décimes par cent francs (sans fraction de décime) et porteront sur le prix du détail estimatif. Les rabais portant fraction de décime seront comptés au décime plein inférieur à la fraction exprimée.
- 5. Le jour de l’adjudication, les paquets seront remis au bureau d’adjudication, dans la salle du Conseil de Préfecture, au Tribunal de Commerce, depuis midi jusqu’à une heure. Les paquets recevront un numéro dans l’ordre de leur présentation.
- 6. A une heure, on remettra au bureau d’adjudication, et sous enveloppe cachetée, le minimum du rabais moyennant lequel l’adjudication pourra être prononcée ; ensuite on procédera à l’ouverture des paquets.
- Le bureau d’adjudication, après vérification des pièces, arrêtera la liste des concurrents agréés.
- Immédiatement après, il sera procédé à l’ouverture des soumissions présentées par Tes concurrents admis.
- 7. Si aucun des rabais offerts dans les soumissions ouvertes n’atteint le minimum fixé, l’adjudication pourra être prononcée provisoirement ou ajournée, sur l’avis du bureau d’adjudication, qui en délibérera séance tenante.
- En aucun cas, le minimum fixé ne sera rendu public.
- 8. Dans le cas où le rabais le plus fort aurait été souscrit par plusieurs soumissionnaires, un nou-> veau concours sera ouvert, séance tenante, entre ces soumissionnaires seulement.
- Les rabais de la nouvelle adjudication ne pourront être inférieurs à ceux de la première.
- Si les soumissionnaires se refusaient à faire de nouvelles offres, ou si les rabais souscrits étaient encore égaux, l’adjudicataire serait désigné par la voie du sort.
- 9. L’adjudication n’est valable qu’après approbation parle Ministre du Commerce et de l’Industrie.
- 10. Les frais de publicité, d’expédition et d’impression, ceux de timbre et d’enregistrement, seront supportés par l’adjudicataire, qui devra en faire le dépôt dans un délai maximum de trois jours, à partir de la date de l’adjudication.
- 11. Toutes les conditions insérées dans la présente affiche sont obligatoires et déclarées annexées au cahier des charges.
- Fait à Paris, le i5 mai 1888.
- Le Ministre du Commerce et de l’Industrie, Commissaire général,
- Pierre Legrand.
- MODELE DE SOUMISSION (sur papier timbré)
- Je soussigné, , entrepreneur de
- vitrerie, demeurant à , après avoir
- pris connaissance des clauses et conditions générales imposées aux entrepreneurs de l’Exposition universelle de 1889, en date du 2 5 mai 1886, du cahier des charges spéciales aux travaux de vitrerie des combles, du 23 novembre 1886, ainsi que des conditions particulières se rapportant directement a l’exécution de la vitrerie des Palais des Beaux-Arts et des Arts libéraux ainsi que des Galeries Rapp et Desaix au Champ-de-Mars.
- M’engage à exécuter les travaux dont il s’agit, évalués à la somme de ving-deux mille trois cent, trente-neuf francs cinq centimes, moyennant un rabais de. . . . {en toutes lettres) par cent francs sur le prix de la série spéciale de l’entreprise.
- Je me soumets, en outre, à supporter tous les droits d’affichage, de timbre, d’enregistrement à droit fixe ou autres auxquels la présente soumission pourra donner lieu, si elle est acceptée.
- Paris, le 1888. (Signature)
- --------T,—iiissaB. —--------
- UN CONGRÈS AGRICOLE
- A L’EXPOSITION DE 1889
- La commission des congrès et conférences de l’agriculture pour l’Exposition universelle s’est réunie au Palais-Bourbon, sous la présidence de M. Méline.
- Sur la proposition de M. Foucher de Careil, elle a décidé l’organisation d’un congrès international sur la crise agricole. Ce congrès s’occupera de « l’état présent de l’agriculture dans les différents pays », du « degré d’intensité de la crise », de « ses causes » et des « remèdes » qu’il convient de lui apporter.
- La commission a désigné comme membres organisateurs de cet important congrès: MM. Foucher de Careil, Tisserand, de la Gorsse, de Dampierre, de Teissonnière, Rissler, Duchartre, Passy, Lecouteux, Beaudrillard, Jules Bernard, Samié.
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- GRAND CONCOURS INTERNATIONAL
- DE BRUXELLES EN 1889
- Les vastes jardins du Grand Concours sont mis à la disposition du public depuis le samedi 5 mai. Les installations des halles font de grands progrès et il est permis d’espérer que bientôt une grande partie des bâtiments, si pas la totalité, sera accessible aux visiteurs.
- On annonce que de grandes fêtes musicales et des illuminations électriques dans les jardins ont eu lieu à l’occasion de la Pentecôte : nul doute qu’une grande influence ne se soit rendue alors à l’exposition, dont les attractions sont actuelle-
- ment l’Aquarium-Kursaal, les montagnes Russes-et les nombreux restaurants qui ornent les. jardins.
- EXPOSITION INTERNATIONALE DE SAUVETAGE
- AU PALAIS DE L’INDUSTRIE IDE JUILLET AX NOVEMBRE
- GROUPES D’HYGIÈNE ET DE GYMNASTIQUE
- Avec Annex: française
- DES PRINCIPAUX ARTICLES D’EXPORTATION
- PROGRAMME
- GROUPE I
- Sauvetage fluvial et maritime. — Hygiène de bord,. — Créations intéressant la sécurité de la navigation et pouvant faciliter le sauvetage des navigateurs et des passagers.
- Classes i à 12.
- GROUPE II
- Assistance aux inondés, asphyxiés et aux victimes des épidémies et des accidents de toute nature. —>• Matériel pour combattre les incendies et secourir les incendiés. — Matériel de secours aux blessés de terre et dê mer.
- Classes 13 à 19.
- CROUPE III
- Vêtements hygiéniques avec les accessoires du-vêtement.
- Classe 20. — Matières premières et tissus d’origine végétale.
- Classe 21. — Matières premières et tissus d’origine animale.
- Classe 22. — Dentelles, tulles, broderies, passementeries.
- Classe23. — Confections , pour, hommes, femmes et enfants. — Vêtements de sauvetage. Classe 24.— Vêtements intimes pour hommes,
- > femmes et enfants, etc.
- Classe 25. — Coiffure hygiénique.
- Classe 26.— Chaussures hygiéniques.
- Classe 27. — Nettoyage et blanchissage des vêtements.
- Classe 28. >— Objets portés par la personne. Classe 29. — Instruments et armes de défense.
- GROUPE IV
- Hygiène de /’habitation et de Vagglomération humaines.
- Classe 3o. — Spécimens d’habitations.
- — 3i. —-Assainissement des habitations.
- — 32. — Choix des matériaux de construction.
- Classe 33. — Appareils balnéaires, salles de bains et baignoires.
- Classe 3q. — Eclairage domestique.
- — 35. — Chauffage domestique.
- 36. — Habitations ouvrières et ateliers.
- — 37. — Hygiène des grandes villes suivant leur situation.
- Classe 38. — Hygiène des rues et places.
- — 3g. — Eaux publiques.
- — 5o. — Eclairage public.
- — 41. — Egouts et vidanges.
- — 42. — Bains et lavoirs publics. — Ressources balnéaires de la France.
- Classe 43. — Cimetières, crémation, columbariums.
- Classe 44. — Hygiène des édifices publics.
- — 43. — Agglomérations rurales.
- — 46. — Mobilier des habitations et leurs accessoires habituels.
- GROUPE V
- L’alimentation hygiénique.
- Classe 47. — Concours entre producteurs.
- J
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- Quatrième Année. — N° 178.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889-
- Classe 48. — Préparation des aliments. — Art culinaire.
- Classe 49. — Epices, condiments, boissons aromatiques.
- Classe 5o. —Conserves. — Pâtés.
- — Si. — Produits divers d’alimentation.
- — 52. — Vins et boissons.
- — 53. — Adultération des- produits alimentaires. — Laboratoires publics. .
- . Classe 54. — Panification et autres industries alimentaires perfectionnées.
- Classe 55. — Hygiène du fumeur.
- — 56. — Transport, distribution et emballage des aliments irais.
- GROUPE VI Hygiène de l'enfance.
- Classes 57 à 64.— Les vêtements de l’enfant.— Le coucher. — La propreté. — L’exercice. — Alimentation infantile.— Hochets et jouets. —Médecine de l’enfance, etc.
- GROUPE VII L’école et l’internat.
- Classe 65 à 69. — L’école et l’internat. — Hameaux scolastiques . — Hygiène des internats Enseignement supérieur. —Mobilier scolaire.
- GROUPE VIII Hygiène militaire.
- Classes 70 à 70. — Habitation du soldat. — Régime alimentaire. —Vêtement et équipement. — .Armement.
- GROUPE IX
- Application des sciences à l’hygiène
- et au sauvetage,
- Classes 74 à 80. — Physique. — Histoire naturelle. — Médecine et art dentaire. — Produits hygiéniques et pharmaceutiques. — Mécanique. — Météorologie, climatologie, géologie. — Ressources sanitaires.
- GROUPE X
- Gymnastique.
- Classes 81 et 82. — Ceintures pour la gymnastique. — Vêtements et accessoires.
- ANNEXE
- GROUPE XI. — Matériel et procédés des arts libéraux.— Classe 83.
- GROUPE XII. — Mobilier et accessoires. — •Classes 84 à 86.
- GROUPE XIII. — Vêtements et accessoires. — Classes 87 à 89.
- GROUPE XIV. — Produits des industries extractives.—Classe 91.
- GROUPE XV. — Outillage industriel. — Classes 92 à g5.
- GROUPE XVI.—Documents imprimés et manuscrits, se rapportant aux groupes de l’Exposition. — Expériences et concours. — Classes 96 à 98.
- GROUPE XVII.— Annexe artistique. — Classe .99-
- * *
- L’Exposition de sauvetage, comprenant une annexe française d’exportation, sera ouverte en 1888, à Paris, au Palais de l’Industrie, du mercredi 25 juillet au 25 novembre. Elle s’organise par les soins de la direction de l’Exposition, sous le patronage d’une commission supérieure composée de notabilités de tout genre, et avec le concours d’un comité d’organisation, et de commissaires de classes, ainsi que de commissaires délégués. L’inauguration de l’Exposition aura lieu le mercredi 25 iuillet 1888, à quatre heures précises.
- Ne sont admis à l’Exposition que les produits qui se distinguent par un mérite, un intérêt, une supériorité quelconque. En cas de difficulté pour l’admission d’une demande, la direction nomme trois jurés et statue sur leur rapport écrit, en dernier ressort, après avoir entendu le demandeur en admission. Les certificats d’admission sont délivrés par le directeur de l’Exposition.
- Sont exclues les matières détonantes, fulminantes, et en général toute matière jugée dangereuse ou susceptible d’incommoder le public.
- Les amorces, pièces d’artifice, allumettes et autres objets analogues ne seront reçus qu’à l’état d’imitation.
- *
- * *
- Les récompenses seront décernées par un jury nommé pour moitié par la direction de l’Exposition, et. pour moitié par les exposants. Le jury sera divisé en sections correspondantes aux classes de l’Exposition.
- La réunion des présidents et secrétaires-rapporteurs des sections du même groupe composera le jury de groupe.
- Les récompenses consisteront en : i° diplômes d'honneur; 20 diplômes de médailles d’or; 3° diplômes de médailles de vermeil ; 40 diplômes de médailles d’argent ; 5° diplômes de médailles de bronze; 6° mentions honorables. L’administration de l’Exposition, sur la demande du jury, fera exécuter des médailles, pour être mises à la disposition des exposants, et acquises à leurs frais.
- Pour plus amples renseignements, demander des renseignements à l’administration, 28, boulevard des Italiens.
- Pour extrait :
- A. Ramé.
- ÉCHOS
- France
- Les trois directeurs de l’Exposition de 1889 se sont réunis, il y a quelques jours, au ministère du commerce et de l’industrie, sous la présidence de M. Pierre Legrand.
- Chacun des trois directeurs a exposé la situa- , tion sur l’état des travaux à ce jour; après quoi on a examiné les mesures à prendre pour donner, sans aucun retard, une vive impulsion aux constructions. Tout a marché à souhait jusqu’à la fin de l’année dernière, mais il est incontestable qu’on a perdu du temps pendant les quatre derniers mois, et aujourd’hui on ne peut pas dire q.u’on soit en avance. La question de savoir à quelle époque les exposants pourront commencer leurs installations sera portée à l’ordre du jour de la prochaine séance de la commission supérieure.
- *
- * *
- Par décision du sous-secrétaire d’Etat au ministère de la marine et des colonies, en date du 8 mai 1888, M. Ch. Coulon, négociant importateur, a été nommé membre de la commission consultative de l’exposition coloniale de 1889.
- L’exposition d’horticulture qui a lieu chaque année à Paris a ouvert ses portes le 25 mai.
- C’est une des plus charmantes attractions de la saison, car jamais encore les fleurs 11’ont eu une vogue aussi grande qu’en ce moment.
- Concert gratuit tous les jours.
- Le matin, conférence-promenade destinée à montrer au public les plantes les plus intéressantes et lui indiquer les soins qu’il convient de leur donner.
- Clôture de l’Exposition le 31 mai.
- •k
- * *
- Hier matin, Al. Georges Berger, directeur général de l’Exposition de 1889, a réuni pour la pre-
- Dimanchk 27 Mai 1888. — 105 1 -
- mière fois, avenue do la Bourdonnais, les présidents, commissaires généraux ou délégués, présents à Paris, des nations qui participeront au grand concours pacifique international qui aura lieu l’année prochaine à Paris.
- Cette réunion avait pour but de présenter l’un à l’autre les représentants des peuples qui vont se trouver rapprochés au Champ-de-Mars, dans le grand tournoi industriel et artistique de 1889.
- Le lord-maire de Londres, AI. de Kayser, a fait exprès le voyage pour assister à cette réunion, à laquelle se trouvaient les représentants de la Suisse, des Pays-Bas, de l’Autriche-Hongrie, du Japon, de la Serbie, de l’Egypte, du Alaroc, de la Grèce, du Alexique, des diverses républiques, de l’Amérique du Sud et de l’Amérique centrale.
- AI. Carlier, député, commissaire général de la Belgique et les' représentants des délégations et commission de la Russie, de l’Italie, de l’Espagne,, de la Norvège et des Etats-Unis, ont manifesté leur regret de ne pas pouvoir se trouver à Paris.
- M. Georges Berger a fait, dans une courte allocution, le résumé des travaux accomplis jusqu’à ce jour et de ceux qui restent à faire. Il a affirmé qu’il était certain de pouvoir livrer au mois de juillet prochain, aux nations étrangères les emplacements qui leur ont été réservés, et il a terminé en disant que l’Exposition universelle de 1889 sera ouverte à l’époque fixée et qu’elle dépassera, en grandeur et en éclat, tout ce qu’on a vu jusqu’à ce jour.
- Chacun des membres des Commissions étrangères a pris ensuite la parole et donné les meilleurs renseignements sur la façon dont l’Exposition avait été partout accueillie. Tous ont assuré qu’un grand mouvement d’opinion s’était produit à ce sujet et qu’ils partageaient l’opinion du directeur général, en ce qui concerne le succès de l’Exposition de 1889.
- *
- * *
- Par arrêté en date du 19 mai 1888, le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a nommé dans la section IV (Apprentissage) des comités d’admission à l’exposition d’économie sociale, en remplacement de M. A. Chaix père, démissionnaire :
- Vice-président, AL Lucas (Charles) ;
- Membre, Al. Chaix (Alfian).
- * •¥
- Une exposition industrielle et commerciale est annexée au concours régional qui a lieu à Châ-teauroux, du 26 mai au 2 juillet 1888, pour les départements de l’Indre, d’Indre-et-Loire, Vienne, Haute-Vienne, Dordogne, Corrèze, Cantal, Puy-de-Dôme, Creuse, Cher.
- Les organisateurs se sont appliqués à éviter toute question irritante pour s’occuper uniquement des intérêts commerciaux et industriels de la région. Les souscripteurs ont dans une réunion plénière, nommé un bureau qui renferme des notabilités de toutes opinions, animés du seul désir de faire bien.
- Un appel chaleureux est fait à tous les commerçants et industriels de France qui voudront bien honorer l’Exposition de leurs adhésions.
- Tous renseignements, toutes communications doivent être adressés au Commissariat général, à Châteauroux.
- *
- * *
- Par arrêté, en date du 19 mai 1888, du ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, M. le commandant Priou, membre de la section technique de l’artillerie et du comité d’admission de la classe 66, a été nommé membre du comité d’installation de cette classe, en remplacement de Al. le commandant Prère, appelé à un emploi de son grade au 6e régiment de dragons.
- ¥ *
- AL le président de la Re'publique a visité l’exposition canine installée sur la terrasse de l’Oran-
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- io52. — Quatrième Année. — N° 178.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 27 Mai 1888.
- gerie, au Jardin des Tuileries. Il a également, visité vendredi dernier l’exposition d’horticulture installée aux Champs-Elysées.
- * *
- On sait que, en raison de l’étendue superficielle que l’Exposition de 1889 occupera au Champ-de-Mars, il a été décidé qu’il serait établi dans l’enceinte de l’Exposition tout un réseau de chemins de fer-tramways pour le transport des visiteurs.
- La construction, l’entretien et l’exploitation de ce chemin de fer seront mis en adjudication le 8 juin prochain. Le cautionnement à fournir est de cent mille francs.
- * *
- ETRANGER
- Une communication officielle de l’ambassadeur de la République à Rome, transmise à M. Pierre Legrand, ministre du commerce et de l’industrie, confirme la résolution prise à l’unanimité par le comité italien de l’Exposition de 1889 pour la participation de l’Italie.
- Voici dans quels termes cette résolution a été formulée :
- « L’assemblée, réaffirmant sa volonté de poursuivre son œuvre, en vue d’assurer l’intervention des producteurs, artistes et instituts italiens à l'Exposition internationale convoqués pour 1889 à Paris, décide que la présidence du comité consacrera tous ses efforts aux projets déjà délibérés et à tous autres conduisant au même but. »
- *
- * •¥
- La Correspondance politique annonce que la Chambre de commerce de Pilsen (Bohême) insiste, dans l’intérêt de l’exportation de Bohême, sur la participation à l’Exposition universelle de Paris.
- * *
- Nous avons annoncé l’entrée en fonctions d’un comité qui servira d’intermédiaire entre la direction générale de l’Exposition universelle de Paris et des industriels de l’empire austro-hongrois qui veulent envoyer leurs produits à cette Exposition. Ce comité vient de former un sous-comité spécial pour l’exposition de la section des arts, et il a nomné membres de ce sous-comité les peintres Munkacsy et Brozik.
- L’Exposition de Copenhague est ouverte depuis quelques jours.
- A cette occasion M. Friis de Friisemborg, président de l’Exposition actuelle, qui comprend à la fois l’industrie, l’agriculture et les arts, est la première qui ait été organisée en commun parles trois royaumes Scandinaves.
- Le roi a prononcé une courte allocution en réponse à ce discours.
- * *
- L’inauguration de l’Exposition de Barcelone a eu lieu par un temps splendide. Après la cérémonie officielle, la reine a parcouru à pied le jardin de l’Exposition et les divers pavillons espagnols et étrangers.
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- La Commission belge, chargée d’organiser la participation des producteurs belges à l’Exposition de Paris en 18b9, s’est réunie en séance plénière, au palais des académies, à Bruxelles.
- M. Beernaert, au nom de gouvernement, a exprimé le vœu de voir la Belgique aussi brillamment représentée à Paris en 1889 qu’elle Fa été en 1878. Le gouvernement, a dit M. le ministre, aidera nos producteurs ; il est convaincu qu’ils tiendront haut et ferme le drapeau de l'art et de l’industrie nationales.
- Il sera accordé à notre pays un espace total de 10,110 mètres carrés.
- Il conviendra que les exposants envoient leur j adhésion au Comité exécutif avant le 1er août prochain.
- Les membres composant les comités de classes de la section belge seront très prochainement 1 convoqués pour procéder à la formation de leurs bureaux.
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- Le comité franco-brésilien pour l’Exposition de 1889, constitué à Paris, vient de recevoir de son délégué spécial à Rio-de-Janeiro, S. Exc. M. le sénateur Diogo-Velho Cavalcanti d’Albuquerque, un télégramme le chargeant de retenir définitivement au Champ-de-Mars l’emplacement où devra s’élever le palais de la section brésilienne. La participation du Brésil est donc assurée.
- XX...
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- SALON DE 1888
- (Suite)
- IV
- Ijous ne parlerons pas du portrait de M. Mou-net-Sully que M. Jean-Paul Laurens a brossé avec une rare vigueur ; on sait que cet artiste possède son métier comme personne, mais nous ne pouvons nous empêcher de faire remarquer que son Ophélie laisse beaucoup à désirer comme dessin et comme exécution : elle a des bras bien disgracieux pour une princesse qui faisait l’admiration de la cour de Danemark.
- L'Institut de France de M. Lansyer d’une peinture très solide, est une œuvre remarquable et par la disposition et par l’exécution. Les personnages sont largement traités avec une couleur locale des mieux réussies.
- M. Le Blant a exposé une Bataille de la Mos-kowa pleine de vie. C’est un des tableaux commandés pour une des salles d’honneur du 9e régiment de ligne. Cependant nous avouons que nous préférons la Mort de la Tour d’Auvergne de M. Paul Leroy.
- Le Ruisseau dans les dunes de Wimereux de M. Masure est d’une crudité de ton exagérée. Pourquoi cette teinte violacée qui n’est pas naturelle ï Nous en dirons autant du paysage de M. de L. Hay, la Dune à Donville. La marine de M. Le Sénéchal de Kerdreoret, Coup de vent du 3o octobre 1887 à l’entrée du Tréport, est mieux rendue et plus naturelle.
- M. Hector Leroux expose deux portraits, Frèré et Sœur qu’il a cru devoir habiller à la romaine . Pourquoi cette fantaisie ?
- La Cour de ferme à Cernay de M. L^gat méritait une meilleure place que celle qui lui a été assignée à une hauteur peu enviable. M. Légat a fait preuve dans cette œuvre de beaucoup de talent. Quant à la Chambre bleue de M. Lobre, elle est d’une teinte trop uniforme et l’exécution des personnages laisse à désirer..
- La Madeleine de M. Lalyre manque de naturel. Cependant ce triptyque de vaste dimension qui retrace la pénitence, la mort et l’apothéose de la sainte atteste un réel talent.
- M. Lecomte du Nouy nous présente une Esclave blanche qui dénote une touche savante,exercée, cela est ingénieusement composé mais manque de souplesse ; cette femme charmante ne vit pas. Quant à la Vision d’Abraham, du même peintre, elle n’est pas non plus exempte de critique.
- Ici on est mieux qu’en face de M. Marée nous représente l’établissement d’un marchand de vin. On aperçoit à travers les fenêtres les tombes et les cyprès d’un cimetière. Ce tableau est intéressant au point de vue des types attablés dans ce cabaret.
- En famille. Sous ce titre M. Victor Lecomte a peint une scène d’intérieur très observée. Deux hommes assis près d’une table jouent aux échecs,
- deux femmes, dont l’une cède au sommeil, tandis que la plus jeune fait de la broderie, complètent cet ensemble. L’effet de lumière est très réussi.
- M. Pierre Lagarde est sans doute un disciple de M. Puvis de Chavannes, car son Orphée et son Saint-Hubert ont tous les défauts de cette peinture anémiée, au coloris uniforme. Tout est bleu dans ces deux tableaux, ciel, terre, arbres, personnages. Ce n’est pas ce genre d’un goût douteux qui régénérera l’art. Nous adresserons le même reproche à la Fuite en Egypte de M. Reid.
- L’Orpheline de M. Jules Lefebvre est d’une facture remarquable. Au premier plan est une femme âgée, à genoux et priant, c’est une Bretonne dont la mer a pris le fils et dont la belle-fille est probablement là, dans le cercueil auprès duquel elle est agenouillée. Plus loin la fillette est assise sur un banc, les yeux rougis par les larmes qu’elle a versées. L’ensemble est d’une harmonie grave qui convient au sujet.
- M. Emile Lévy a exposé la Naissance de Benjamin, œuvre remarquable par la finesse de dessin.
- La Lecture à la Comédie-Française de M. Lais-sement est d’une exécution excellente. Les personnages groupés autour d’une table sont très ressemblants.
- Citons également deux Natures mortes de M. Monginot fort remarquées et un bon paysage de M. Guery, le Hameau de Serbonne près Crécy-en-Brie.
- La Captive blanche de M. Henri Mosler est une œuvre prétentieuse qui laisse trop voir que l’artiste vise à l’effet. Une jeune femme tombée entre les mains d’une peuplade sauvage est attachée à un arbre. Un feu projette ses lueurs sur toutes ces figures fantastiques. Quelques-uns de ces personnages sont peints avec vigueur, mais l’ensemble laisse à désirer.
- La Charité de M. Michelena reproduit une scène d’intérieur d’un réalisme douloureux. Tandis que la mère agonise sur un grabat dans une chambre nue, son petit enfant inconscient s’amuse auprès d’elle. La porte entr’ouverte laisse apparaître une dame qui vient secourir cette infortunée. Cette.œuvre révèle des qualités sérieuses.,,
- L’Arrivée au Synode de M. Moyse est exécutée avec soin et élégance, la correction du dessin, jointe à la sobriété de tons, donnent à cette toile un charme réel.
- M. Leleux expose des Laveuses au bord du Cher fort intéressantes. Son Départ de chasseurs mérite également d’être signalé.
- Une grande toile de M. Henri Motte remet en scène Don Juan. Cette fois le commandeur n’est pas sorti de son lit de pierre. Don Juan va le rejoindre, suivi par les âmes de ses victimes. L’idée' ne manque pas d’originalité.
- Citons encore le Conseil tenu par les rats de Mlle Amélie Malbot : toile bien amusante et qui révèle un réel talent.
- Piété filiale de M. Outin est une œuvre excellente. Elle représente une noce. A la sortie de l’église où vient d’avoir lieu la cérémonie, la fiancée, au bras de son nouvel époux, vient déposer une couronne sur la tombe de ses parents défunts. Les attitudes des divers personnages sont rendues avec beaucoup de vérité.
- Avec son Village de pêcheurs dans le Pas-de-Calais, M. de Montholon nous transporte en pleine nature. Les lointains qui se perdent dans-, la brume de l’horizon dénotent une conception aussi large que vraie; mais le coloris est-il bien naturel ?
- Clair de lune à Lojoten (Norvège) de M. Nor-mann est un paysage plein de poésie. Au loin apparaissent les pics neigeux des montagnes qui ajoutent à la majesté des lieux et à la beauté du paysage. Bon tableau.
- M. Montenard donne une Rade de Toulon trop bleue ; nous aimons mieux sa Fuite en Egypte bien qu’elle ne soit pas sans défaut.
- Le Remords de M. Matignon est d’une tonalité trop uniforme. « He'rodiade, dit la Légende, fut tourmentée pendant son sommeil jusqu’à sa mort. » L’Herodiade de M. Matignon est aussi pâle que la tête exsangue de saint Jean-Baptiste-décapité qui lui apparaît en rêve.
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- Quatrième Année. — N° 178.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 27 Mai 18SS. — io5 3.
- M. Metzmacher dans son Lion amoureux nous représente un vieil officier brodant de la tapisserie auprès d’une femme, comme jadis Hercule filait aux pieds d’Omphale. Cette toile est pleine de
- vérité.
- M. Marais expose deux paysages : En route pour la pâture et les Puits au hameau de Kerve-guen. Dans ce dernier tableau, qui est supérieur au premier, le peintre nous représente une jeune fille puisant de l’eau pour ses vaches non loin de la ferme. Cette toile est pleine de vie et d’observations.
- Nous en dirons autant de la Matinée d’été de M, Emile Michel et de son Torrent à Cerveyrieux (Ain).
- Voici également deux excellents paysages de M. Nazal, Prairies au bord de l’Eure à Louviers, et Un matin d'automne en Brenne (Berry) où le peintre nous montre un soleil levant des plus réussis et des marais pleins d’humidité.
- Quant aux bords de la Loire à Saint-Maurice (Loire) de M. Odier, on peut leur reprocher une teinte trop uniforme.
- Le drapeau de M. Moreau de Tours est une oeuvre largement conçue ; elle touche l’âme et réveille le sentiment patriotique.
- « Le Drapeau du 91e de ligne avait été planté sur le parapet au-dessus d’une poudrière. Tout à coup retentit une terrible explosion, saluée par les hur-rahs des Russes. La poudrière venait de sauter.
- « Le lendemain, dès qu’il fit jour, le lieutenant colonel Becquet de Sonnay réunit ce qui restait
- de soldats valides pour déterrer l’aigle.
- « Après un travail de trois heures le drapeau reparut entouré des cadavres mutilés de ses défenseurs.
- « Le porte-drapeau, Ganichon, tenait encore, serré dans ses mains raidies par les convulsions d’une horrible mort, ce symbole de la gloire, dont la garde lui avait été confiée. »
- Tel est le sujet de cette toile que M. Moreau de Tours a rendu avec un remarquable talent.
- Le Quart d’heure de Rabelais, de M. Gaston Melingue, plein de jovialité, excite la curiosité de la foule. L’idée en est ingénieuse et bien rendue.
- Souvenir de Rolleboise, tel est le titre du paysage de M. Gustave Maincent. C’est un coucher de soleil d’un excellent effet. VArdoux à Saint-Lciu-rent-des-Eaux, deM. Paul Mer y, n’est pas moins remarquable.
- M. Mazerolles a exposé deux sujets tirés de deux scènes intéressantes de Tartufe et du Bourgeois gentilhomme de Molière. Bonne disposition et bonne exécution.
- Le Cardinal d’Amboise à Rouen, de M. Poilleux Saint-Ange, est une toile de grandes dimensions destinée à un Musée. Elle a d’excellentes qualités de dessin et de coloris.
- A la salle d’Armes, de M. Marius Roy, est une œuvre d’observation qui ne laisse pas que d amuser le public.
- Après l’incendie, de M. Hugo Salmon, attire également les regards de la foule. Les attitudes des personnages que le peintre a mis en scène sont remarquables de naturel.
- Voici une Tentation de Saint-Antoine-, il y en a plusieurs à chaque Salon. Celle-ci est de M. Quinsac qui offre au saint des femmes nues qui rqpnt rien de bien appétissant.
- Citons encore une Table de cuisine de M. Rouby garnie de fruits et de légumes, excellemment peints.
- Le tableau de M. Aimé Perret, Une Cinquantaine, respire une douce gaieté. Un paysan entouré de sa nombreuse famille célèbre le cinquantième anniversaire de son mariage. La joie est peinte sur tous les visages. M. Perret modernise, en quelque sorte, les scènes villageoises de David Teniers. Il y a beaucoup de talent dans cette œuvre.
- L'Attente des absents, de M. Reinhart, atteste également de réelles qualités d’exécution. Des femmes attendent avec anxiété le retour des pécheurs sur la jetée que la mer en furie bat de ses lames écumantes. La teinte de l’eau manque de naturel.
- Au revoir, Alsace f de M. Prévot-Valère, est une œuvre d’exquise sentimentalité. Un jeune Alsacien,
- avant de quitter son village, va dire un dernier adieu à la tombe de ses parents qu’il ne reverra peut-être jamais. Ce tableau est bien conçu, mais les tons du paysage laissent à désirer.
- Les Moyettes, de M. Quignon,ne sont pas sans mérite. Ce paysage respire un sentiment de calme qui repose l’âme et porte à la rêverie. Peut-être peut-on lui reprocher trop d’uniformité.
- Le Saint Bertrand de Comminges, de M. René Raivaut,largement peint,est d’un bon effet.
- Les Chevaux de labour, de M. Camille Paris, sont également à citer ; ils dénotent un vigoureux talent d’exécution.
- On ne saurait dire de M. Raffaelli qu’il soit un disciple de Manet, car s’il s’en rapproche par le laisser aller, il en diffère par l’emploi des moyens. Son portrait de M. de Concourt produit une impression étrange. M. Raffaelli est un peintre de tempérament, mais on peut lui reprocher une certaine négligence dans l’exécution qui détruit en partie l’effet qu’il cherche à produire.
- M. Le Poitevin expose un Lever de lune plein de charme et de poésie.
- L’Hymènée de M . Ernest Laurent « Vénus amène l’épouse à l’époux » appartient, à ce genre de peinture anémiée qui amènera la décadence de l’art, si l’on ne s’efforce de réagir contre cette école qui s’affirme à chaque Salon par des spe'ci. mens de plus en plus nombreux.
- Combien lui est supérieur l'Enceinte du pesage de M. Gavarnie. Ce tableau est plein de vie et de mouvement. Charmante aussi la Première communion de M. Firmin-Girerd et le Soleil couchant de M. Jacomin qui a exposé en même temps un Chemin du paccage fort bien peint.
- La Faneuse de M. Feyen-Perrin mérite nos éloges, bien qu’il y ait dans son exécution quelque chose de maniéré qui déplaît. Pourquoi ce fond d’une couleur indécise et peu naturel ?
- Communion de M. Le Rolle. Bonne exécution, mais le dessin laisse quelque peu à désirer.
- L’Incendiaire de M. Alexandre Faiguière produit certainement un excellent effet, mais on se demande si cette teinte verdâtre répandue sur tout le tableau convient bien au sujet. Est-ce que l’on peut appeler cela de la couleur locale ?
- M. Flahaut expose deux paysages, la Ferme des Pertuiseux (Loiret) et A Marée basse (près Dieppe). Ces.toiles ne manquent pas d’intérêt ; mais nous leur préférons /’Appel au passeur de M. Knight, œuvre remarquable d’observation et de vérité.
- La Mort d'un bra>e, souvenir du siège de Paris de M. Forsberg, mérite également de fixer l’attention.
- Voici le peintre des moutons et des pâturages, M. Ch. Jacque ; il a exposé deux tableaux charmants : le Grand troupeau au pâturage, et l’Abreuvoir, clair de lune. Nous n’avons pas à faire l’éloge de cet artiste, il nous suffira de dire que ces deux œuvres possèdent toutes les qualités qui ont fait sa légitime réputation.
- Le Marché aux chevaux de M. Grandjean est un excellent tableau, vigoureusement peint et d’une tonalité pleine de naturel.
- La Houle-Cancale, deM. Auguste Flameng, est d’un bleu trop uniforme et trop cru. Nous aimons mieux la Leçon de musette de M. Deyrolle, œuvre d’une finesse judicieuse.
- Janville de M. Grolleron retrace un épisode de la guerre de 1870. Cette œuvre pleine d’énergie produit un grand effet. Le dessin laisse peut-etie à désirer ; mais ce défaut est largement compensé par l’ordonnance du tableau.
- Le Pas-de-la-Cère (Cantal), de M. Desbrosse, est un excellent paysage. Quant a la Dernièi e gerbe de M. Albert Fourié, le pittoresque ne saurait faire oublier les défectuosités du dessin et du coloris.
- Laissey venir à moi les petits enfants de M. Bu-kovac est une œuvre largement peinte et empreinte d’une grâce charmante.
- M. Debat-Ponsan expose une Paysannerie réellement remarquable. Près d’un puits, une jeune fille et un jeune garçon amenant des vaches a l’abreuvoir. Tout cela est d un natuiel exquis.
- La Chute des Titans de M. Delacroix dénote un
- talent énergique et puissant; mais le colorés est-il bien naturel ?
- Citons encore les Sarcleuses de lin de M. Clous et les Moutons de M. Charpin, deux bons tableaux habilement peints.
- Nous n’en dirons pas autant de la Rebecca de M. Destrem.
- Crinon.
- LES LIVRES
- CLVIII
- Bibliothèque de l'enseignement des Beaux-Arts. — L'architecture romane, par Edouard Corroyer. Maison Quantin, Compagnie générale d’impression et d’édition, 1 vol. in-18, orné de 191 gravures sur bois.
- Nous n’avons plus à faire l’éloge de cette entreprise couronnée par un succès non seulement français mais européen, de la Bibliothèque de l’enseignement des Beaux-Arts publiée sous la direction de M. Jules Comte. Elle est arrivée à son 29e volume consacré à Y Architecture romane, et qui sera suivi d’un volume consacré à Y Architecture gothique. L’auteur est M. Edouard Corroyer, architecte du gouvernement, inspecteur général des édifices diocésains, dont la compétence et l’autorité dans la matière ne sauraient être contestées. Elles ne le seront pas non seulement par les gens du métier, mais par les simples amateurs et dilet-tanti dont nous faisons partie et qui demandent à un livre de leur apprendre ce qu’ils ignorent par des notions exactes et précises, et de leur rappeler ce qu’ils ont su mais peuvent avoir oublié. C’est là le but et le triomphe de cet art de l’exposition et de la vulgarisation, dont M. Edouard Corroyer possède tous les secrets. Avec un scrupule tout scientifique, il tient d’abord à s’expliquer avec nous sur ce qu’il faut entendre par architecture romane.
- C?est en 1825 seulement, nous apprend Jules Quicherat, le maître par excellence, avec Viollet Le Duc, en cette matière que M. de Caumont, autre archéologue éminent, fit prévaloir cette dénomination pour l’architecture postérieure à la domination romaine et antérieure au xne siècle.
- Cette dénomination n’est pas sans pécher par trop d’absolu, trop d’arbitraire ; il serait bon de la tempérer et de la corriger, en tenant compte de ce fait qu’avant d’être romane, en vertu de conventions archéologiques modernes, l’architecture était chrétienne ainsi que le prouvent ses origines historiques. Les premiers chrétiens durent se cacher, et la vie publique resta païenne dans toutes ses manifestations extérieures, jusqu’au jour où Constantin par, le célèbre édit de Milan (31 3) proclama le christianisme religion d’Etat. Dès lors les chrétiens se réunirent avec sécurité en assemblées publiques. Mais la timidité d’une longue persécution et l’absence de temples les réduisirent d’abord à utiliser pour leur culte les asiles païens à leur disposition, tribunaux, bourses, marchés, les édifices connus sous le nom de basiliques civiles qu’ils se contentèrent d’adapter aux nécessités de leur nouvelle destination.
- Si donc l’on veut trouver l’origine de l’architecture romane, il faut chercher bien au delà delà fin de la domination romaine, et étudier à Rome les basi. liques civiles transformées en temples chrétiens dans les premiers siècles du christianisme.
- Il faut faire en Orient et particulièrement dans la Syrie centrale, province romaine où dès les premières années du 11e siècle après Jésus-Christ fleurit l’architecture chrétienne primitive, une excursion pleine de découvertes vulgarisées parles beaux travaux du comte Melchior de Vogué. Au culte mystérieux et furtif des catacombes, où les premiers chrétiens mènent la vie souterraine, a succédé un culte ostensible, public, dont la majesté solennelle a inspiré toute une série de monuments caractéristiques, où le style romain et le style oriental se mêlent dans une proportion har-
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- loSq- — Quatrième Année. — Nù 178.
- monieuse dont Sainte-Sophie demeure le chef-d’œuvre et le modèle.
- Après avoir constaté les origines de l’architecture chrétienne à Rome et en Orient, étudié ses développements à Constantinople et ses transformations en Occident, il convient de s’arrêter à la période historique appelée la Renaissance de Charlemagne, et qui a marqué l’avènement de l’architecture romane, se dégageant des lisières latines et byzantines.
- Il est donc nécessaire de connaître tout d’abord les basiliques civiles, les basiliques ou églises latines et les églises byzantines pour arriver à étudier utilement les monuments les plus caractéristiques de l’architecture romane.
- C’est sur ce plan méthodique et rationnel que M. Edouard Corroyer a établi son livre, dont il développe successivement les points avec une simplicité et une lucidité magistrales. Les basiliques 'étaient, suivant Vitruve, des salles dans lesquelles les souverains rendaient la justice ou la faisaient rendre en leur nom. Plus tard les basiliques n’eurent pas seulement une destination judiciaire. Elles devinrent des marchés, des bourses de commerce, des lieux de réunion pour assister aux conférences des rhéteurs.
- De ces diverses appropriations résultèrent d’abord la nécessité d’une vaste salle à colonnes, avec des portiques d’accès et d’abri, des galeries circulaires pour les auditeurs, et une estrade o u théâtre central pour les juges ouïes professeurs.
- Après l’édit de Constantin, les basiliques civiles furent adaptées au culte chrétien. L’avenue centrale de l’édifice devint la nef divisée en deux parties par des balustrades ou des murs d’appui. Au bas de la nef était le pronaos, destiné aux catéchumènes-et à une certaine classe de pénitents, en un mot à tous les membres de la communauté qui étaient tenus de sortir de l’église avant la consécration. Plus haut, vers le transept, se trouvait le chœur, espace entouré d’une cloison basse, dans laquelle étaient déposés des ambons ou pupitres pour la lecture, par les diacres des Saintes-Ecritures; à cette place se tenaient'les chantres, les instrumentistes, les exorcistes et de nombreux acolytes composant le bas clergé des basiliques.
- A l’extrémité de la nef, au centre du transsept donnant au plan basilical la forme d’un T rappelant celle de là croix, se trouvait remplacement d e l’autel, le sanctuaire, Yaltarium ou sacrarium, la place des diacres et des sous-diacres. L’autel était placé au milieu, entre l’hémicycle ou abside ménagée dans le mur du fond et l’arc triomphal s’ouvrant dans la nef.
- L’abside changea de destination, comme on le voit, dans l’église primitive de Saint-Martin de Tours; elle cessa d’être le presbyterium pour devenir le martyrium, c’est-à-dire le lieu où reposait le corps du patron de la basilique. Alors aussi fut modifiée l’abside primitive qui n’avait pas d’autre jour que celui qu’elle recevait de la nef ou du transept ; transformée en martyrium, elle fut non seulement percée de fenêtres, mais encore elles auraient été entièrement ajourées ou même ouverte à leur base, afin d’être mises en communication avec une galerie basse qui les entourait. C’est ainsi que la disposition si caractéristique du chevet des églises modernes remonterait au ve siècle. Peu à peu aussi les ruines des temples païens épuisées ne fournissant plus de colonnes, on les remplace par des piles. Les bas-côtés se flanquent de chapelles. Le baptême s’administrant, pendant les premiers siècles, par immersion, le baptistère devint un des monuments accessoires de l’église. Le transept fut éclairé par une coupole ou tour-lanterne couronnée d’un campanile en bois doré, qui ne fut remplacé que dans la seconde moitié du vin* siècle par le clocher destiné à abriter les cloches. Le premier clocher connu est celui de Saint-Pierre du Vatican. L’aître ou vestibule d’attente, de purification le plus souvent, orné d’une vasque d’ou sortait un jet d’eau, et le cloître aux colonnades encadrant une cour carrée, asile des communautés attachées à l’église, en complétèrent le plan, et en animèrent la physionomie.
- On comprend qu’après ces quelques détails donnés sur les changements progressifs qui donnèrent
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 18S9
- Dimanche 27 Mai 1888.
- au temple chrétien, à l’église, sa figure définitive, nous ne puissions suivre l’auteur pas à pas dans l’énumération, la description, la comparaison des types divers, en Occident et en Orient, de chaque phase de l’évolution architecturale qui nous conduit au style roman engendré par l’union entre l’art romain et l’art byzantin. Le principal caractère de l’architecture romane c’est la voûte.
- C’est sur l’étude de ce détail caractéristique, dans ses débuts, ses progrès, ses applications diverses, que repose la deuxième partie de cet ouvrage si intéressant dont nous n’avons voulu et pu donner à nos lecteurs qu’une faible idée, leur recommandant de se procurer à peu de frais le profit et le plaisir que nous avons eu à parcourir,sousjla direction d’un guide expérimenté, les variations et évolutions de l’édifice religieux depuis le premier siècle jusqu’au douzième, et à en retrouver les traits essentiels, dans une série de 190 gravures tout à fait démonstratives.
- M. de Lescure.
- LE BON MARCHÉ
- MISE EN VENTE DES TOILETTES LE BAINS DE MER
- ET AMEUBLEMENTS POUR LA CAMPAGNE
- Voici l’époque où tous les murs de Paris et des villes de France sont couverts degrandes affiches multicolores donnant la vue d’.une plage quelconque et annonçant la prochaine ouverture delà saison des bains de mer. Les compagnies de chemins de fer rivalisent elles aussi, pour annoncer au public la marche des trains se dirigeant vers les côtes à des prix de voyages exceptionnels.
- On choisit une plage à sa convenance, on décide qu’on partira bientôt, et, déjà, on s’apprête au séjour plus ou moins long qu’on fera au bord de la mer.
- Mais là-bas on ne s’habille point comme à Paris. On aura besoin de mille choses pour se vêtir, pour aménager l’habitation, pour donner au séjour de la plage tout le confortable nécessaire.
- C’est une préoccupation pour beaucoup de monde que la pensée de se munir de tous les objets qui manquent à la veille du départ. Il faudra multiplier les courses, visiter bien des magasins avant d’avoir rempli la longue listedes objets de toilette, des vêtements, des meubles, dont l’acquisition s’impose et devient parfois très onéreuse, si l’on doit aller de ça et de là pour en faire l’achat.
- La grande mise en vente que fait le Bon Marché, chaque année, dans les premiers jours du mois de juin, dispense de tous ces soucis.
- On y trouve, outre une quantité de soldes et occasions, toutes les nouveautés d’été, des costumes de bains à tout prix, des vêtements confectionnés pour dames, pour hommes et pour enfants, tous les articles de voyage, les articles de Paris et un immense choix de tout ce qui concerne l’ameublement pour la campagne et les bains de mer.
- Cette mise en vente a donc un double attrait. On peut s’y procurer tout ce que nécessite un séjour loin de la ville, et, en outre, profiter de très belles occasions de soldes de toutes sortes d’objets.
- On y trouve un choix très varié de coupes de robes et coupons, en failles, failles françaises, satins merveilleux, surahs, siciliennes, benga-lines, étincelles, moires françaises et tissus façonnés. Toutes ces coupes sont de très belles occasions, car elles sont vendues avec de grandes réductions de prix.
- Les soieries de fantaisie en tout genre sont vendues aussi dans les mêmes conditions, ainsi
- que les lainages noirs, de couleur, unis ou de fantaisie.
- Le comptoir de rouenne/ûe offre les mêmes avantages. On y trouve le plus grand choix de tissus brochés et imprimés, mousselines, organdi et satinette, batiste et zéphir écossais.
- Au comptoir des costumes pour dames, 011 trouvera toutes les variétés désirables des confections charmantes, costumes entiers, jupes, visites, jaquettes, mantilles, matinées, peignoirs, etc., etc.
- Plus loin, sont les modes et coiffures. Le comptoir des chapeaux offre aux dames tout ce qu’elles peuvent désirer comme variété dans le choix, comme prix, élégance et dernier bon goût, depuis le chapeau rond manille, jusqu’à îa capeline garnie de fleurs et dentelles.
- Une mise en vente de nouveautés d’été et de bains de mer serait incomplète si elle ne permettait de se procurer aussi des costumes et confections pour enfants, fillettes et hommes.
- Là les occasions sont également merveilleuses. La confection de tous les vêtements ne laisse, on peut le dire, rien à désirer comme exécution, solidité, élégance et variété de prix.
- On sait ce que sont généralement les vêtements confectionnés pour hommes, cela va mal, n’est pas solide et ne dure pas. Au Bon Marché, toutes les confections se présentent avec les meilleures coupes et sont d’une solidité à toute épreuve. En outre, la qualité des étoffes employées est toujours scrupuleusement examinée.
- La nomenclature serait trop longue, si on voulait passer en revue tous les comptoirs de cette mise en vente exceptionnelle.
- On y trouve des toiles, du linge de table et de toilette, des rideaux, des trousseaux très complets, la lingerie fine et les corsets, des layettes, des jerseys, des costumes de bains, pour dames, hommes et enfants, des rubans, des chaussures, de la mercerie, des fleurs, des tapis, etc., etc.
- Mais arrêtons-nous aux articles de voyage. Que ne faut-il pas quand on va partir ?
- Vous trouverez au Bon Marché des malles de toute grandeur et de tout prix, toujours bien confectionnées, légères et solides, des valises avec trousses complètes, des paniers très élégants, des jumelles de campagne, des flacons, des réchauds faciles à transporter, des étuis à fusils, des carniers, des papeteries, des ombrelles.
- C’est une diversité d’objets impossible à décrire, mais absolument complète.
- Et encore les parasols bains de mer, les meubles rustiques pour les jardins, fauteuils, chaises, canapés, en fer ou en osier, fauteuils, tentes, guérites, stores et hamacs. Et puis, des meubles en fer, toilettes de toutes grandeurs, de toutes formes, aux prix les plus abordables et enfin tous les accessoires gymnastiques.
- Après une visite au bon marché, on est prêt à partir, on est pourvu de tout, on est armé de pied en cap. On n’a pas eu besoin de courir dans cinquante maisons différentes. Dans ces merveilleux magasins, toutes les convoitises, tous les besoins pratiques, tous les désirs qui tendent à l’utile et à l’agréable, de même qu’au superflu, sont satisfaits dans les meilleures conditions.
- Et chaque année marque un progrès nouveau.
- Baille.
- Le Gérant, GARREAU.
- Tours. — lmp. E.ARRAULT et Cie, rue de la Préfecture, 6.
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- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- Dimanche 27 MAi 1888.
- Quatrième Année. — N° 178
- ANNONCES
- BANQUE FRANCO-ÉGYPTIENNE
- Assemblée générale du 14 avril 1888
- Extrait du Rapport du Conseil d’Administration
- L’assemblée générale annuelle des actionnaires a eu lieu le 14 avril 1888, sous la présidence de M. Albert Rostand, président du Conseil d’administration.
- Le rapport du Conseil d’administration expose que, quoique l’année 1887 ait vu se produire une certaine amélioration au point de vue des affaires, elle n’a pas été affranchie de l’influence fâcheuse des incertitudes politiques. Les résultats obtenus par la banque 11’ont pourtant pas été sensiblement affectés par cette situation, ce qui doit être attribué non seulement à la modération de ses engagements, mais encore à la liquidation favorable de plusieurs opérations entamées dans les exercices précédents. Conformément à la règle ui a toujours été suivie, le chiffre des valeurs isponibles en caisse, en reports et en portefeuille d’effets a été maintenu à une somme relativement élevée: 12,476,225 fr. 30, au 31 décembre dernier, soit 207,704 fr. 83, de plus qu’au dernier inventaire.
- Le chapitre des Fonds publics, Actions et Obligations, se montant à 6,030,806 fr. 05, est également en augmentation sur le chiffre du 31 décembre 1886 ; dans cette augmentation est comprise lapîus value acquise par certaines valeurs dans le courant du dernier exercice.
- Les Participations Financières représentant une somme totale de 0,060,386 fr. 75, sont en légère diminution. Ce compte est appelé à décroître prochainement par la rentrée d’une avance importante faite au Gouvernement mexicain, rentrée dont le lemboursement est assuré par le succès
- d’un emprunt extérieur contracté récemment par le Mexique et destiné en partie à l’extinction de la dette flottante. La réussite de cet emprunt aura d’autres conséquences favorables pour la banque, un intérêt lui ayant été attribué dans cette opération.
- Le rapport annonce que le procès poursuivi depuis nombre d’années, aux Etats-Unis, contre les Trustées des obligations du chemin de fer New-York, Boston et Montreal, vient d’avoir une issue défavorable en première instance ; une détermination sera prise incessamment, d’accord avec les autres cointéressés, sur l’appel de ce jugement.
- Le rapport explique la diminution temporaire du compte de la, Succursale d’Alexandrie, signale l’extinction graduelle de celui de la Succursale de Port-Louis, dont la liquidation est en voie d’achèvement et constate les bonnes conditions dans lesquelles a été construit l’immeuble social dont les locations d’appartement déjà faites représentent un revenu important.
- Passant au compte de Produits et Pertes dont le solde s’élève à 2,054,997, fr. 81, le rapport indique les raisons pour lesquelles le conseil, afin de pouvoir donner plus de fixité aux dividendes futurs, a été unanime à proposer le versement à un compte spécial d’une somme de 600,000 fr. à prélever sur les bénéfices.
- Enfin, il soumet aux votes des actionnaires les propositions suivantes qui ont été approuvées après lecture des rapports du comité de censure et des commissaires des comptes.
- L’Assemblée :
- 1° Approuve les comptes de l’exercice 1887 ;
- 2° Fixe à 32 fr. 50, par action le dividende de l’exercice 1887. Un a compte de 15 fr., ayant été payé le ^janvier dernier, le solde, soit 17 fr'. 50, sera payable à partir du 1er juillet prochain, sous déduction des impôts résultant des lois de finances ;
- 3° Approuve le report à nouveau du solde des bénéfices de l’exercice 1887, s’élevant 219,608, fr. 21 ;
- 4° Réélit M. J. Grieninger, administrateur sortant ; 0
- 5° Réélit M. Morel Kahn, censeur sortant;
- 6° Nomme MM. Durand et Ducourau commissaires chargés de faire un rapport à l’Assemblée générale de 1889 sur les comptes de l’exercice 1888, avec autorisation d’agir isolément en cas d’empêchement de l’un d’eux.
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- QUATRIEME ANNÉE. Dimanche 3 Juin 1888. NUMÉRO 179.
- SOMMAIRE :
- 1. L’Exposition et la Tour Eiffel ; 2. Exposition des Produits de l’Horticulture ; 3. Echos; 4. Exposition horticole, agricole et industrielle de Saint-Cloud; 5. Salon de 1888; 6. L’Exposition de Copenhague; 7. Avis commerciaux ; 8. Les Livres.
- L’EXPOSITION & LATOUR EIFFEL
- A l’occasion de leur réunion annuelle à Paris, de nombreux représentants de la presse républicaine départementale viennent de faire aux travaux de TExposition universelle et à la tour Eiffel, une visite des plus intéressants, dont l’un d’eux, notre sympathique confrère, M. Ferdinand Réal, rend compte, ainsi qu'il suit, dans VIndépendant Rémois :
- Ceci n’est pas un conte. Nous venons, nous? journalistes de province, d’inaugurer officieusement, mais joyeusement, je vous l’assure, l’Exposition universelle de 1889. Nous pouvons désormais en parler avec connaissance de cause et, ce qui est mieux, avec une confiance inébranlable dans le succès d’une œuvre appelée à être une nouvelle glorification de la France.
- A l’occasion de la réunion annuelle de la Presse républicaine départementale, à Paris, le Comité du Syndicat, sur l’initiative et par les soins de notre ami Gustave Simon, avait ménagé à ses confrères des départements une surprise qui, dans la réalité, devait dépasser les prévisions des plus optimistes.
- Hier, lundi, nous avions rendez-vous à neuf heures, au Champ-de-Mars, où M. Alphand, directeur général, nous attendait avec une amabilité, une bonne grâce, dont il nous est difficile de donner une idée exacte.
- M. le Directeur général, dont l’énergie semble grandir avec les années, a fait, pour ainsi dire, vivre sous nos yeux, les plans de toutes formes des diverses parties de l’Exposition. Il nous a ensuite dirigés, pendant plus d’une heure, à travers le Champ-de-Mars, hérissé de constructions gigantesques qui sont actuellement dans un état beaucoup plus avancé qu’on ne le croit généralement.
- Essayer de reprendre par le menu tous les détails techniques que M. Alphand nous a fournis serait une tâche au-dessus de nos forces. Nous devons nous contenter de traduire d’une façon générale, non pas notre impression personnelle, mais celle de tous ceux qui ont assisté à cette intéressante visite.
- L’Exposition de 1889 effacera tous les souvenirs de ses devancières. Elle est conçue sur un plan qui ne rappelle rien ni de 1867, ni de 1878 , elle a son originalité propre et porte l’empreinte d’une hardiesse de conception, d’une énergie et d’une sûreté d’exécution destinéés à classer ses auteurs parmi les hommes de génie de notre siècle.
- Nous ne savons vraiment pas ce qu’il y aura de plus curieux ou de l’Exposition achevée, toilettée, brillante de toutes les richesses du monde ou de l’immense arsenal que présente aujourd’hui le Champ-de-Mars. Jamais, croyons-nous, le génie industriel de l’humanité ne s’était affirmé avec une pareille puissance.
- La grande galerie des machines, qui longe toute l’Ecole militaire, frappe en particulier par ses proportions colossales. Construite à une hauteur vertigineuse, elle s’étend sur une longueur de quatre cents mètres avec des travées cintrées cent quinze mètres d’envergure. Nous avons de admiré la maquette d’une fontaine monumentale destinée à orner les jardins qui formeront le centre de l’Exposition ; cette fontaine nous semble destinée à effacer tout ce que Paris possède dans ce genre.
- Nous n’en finirions pas si nous voulions énumérer toutes les merveilles que nous avons déjà entrevues : le pavillon des beaux-arts et du travail rétrospectif, les galeries destinées à l’agriculture, qui s’étendent sur tout le quai d’Orsay pour se relier aux expositions de l’esplanade des Invalides, les jardins déjà créés et qui, par une prévoyance intelligente, transforment en de fraîches oasis, le Sahara parisien que tout le monde connaît, etc.
- En quittant M. Alphand, nous nous rendons chez M. Berger, directeur général de l’exploitation, qui nous réserve le même accueil cordial et empressé. M. Alphand nous avait initiés au côté matériel, M. Berger nous renseigne sur le côté moral et nous donne, avec une confiance communicative, des indications sur la participation du monde à l’Exposition. Tous les peuples, sauf l’Allemagne, y prendront part. On atteindra le chiffre de 3o,ooo exposants.
- Ces derniers occupaient 41,000 mètres carrés en 1878, ils en ont aujourd’hui 5i,ooo; ils en ont demandé 80,000. L’espace réservé aux machines est doublé; la force motrice, qui était de 900 chevaux-vapeur en .1867 et de 1,600 en 1878, s’élèvera à 3,ooo en 1889.
- M. Berger insiste sur une innovation pour laquelle il demande le concours de la presse : l’exposition rétrospective du travail.
- ; Nous voici au pied de la tour Eiffel. Ici il faut nous arrêter, stupéfaits et littéralement émerveillés.
- Nos lecteurs se rappellent peut-être la polémique survenue jadis entre M. Eiffel et les littérateurs gardiens vigilants de l’esthétique classique ('Aujourd’hui c’estM. Eiffel qui a cause gagnée. Son monument ne déparera pas Paris ; il lui donnera un attrait de plus, il contribuera à lui maintenir (son titre de capitale du. monde. _
- Il nous serait impossible de rendre l’impression qu’on éprouve en se trouvant en face de ce gigantesque enchevêtrement de poutres de fer, droites, obliques, cintrées, allant dans toutes les directions et formant un prodigieux travail d’équilibre mathématique. Assurément cela ne saurait s’analyser d’après les règles ordinaires de l’art. Cela ne ressemble à rien, mais c’est l’affirmation la plus éloquente de ce que peut la science mise au service de la volonté et de l’énergie. C’est la caractéristique la plus audacieuse des progrès scientifiques du siècle.
- Après quelques explications de M. Eiffel, sur les fondations, qui ont été la partie la plus difficile et •la plus compliquée de l’œuvre, nous commençons lentement par un escalier, d’ailleurs très doux, l’ascension qui doit nous conduire au( premier étage. Nous nous arrêtons de temps à autre, moins pour respirer que pour admirer le superbe panorama qui se déroule et grandit sous nos yeux à mesure que nous nous élevons. Nous voici enfin au sommet, à soixante-cinq mètres d’élévation. Peindre le tableau que nous avons sous les yeux, dire les réflexions qui s’imposent à nos esprits à la vue de ce grand Paris qui fourmille à nos pieds, sans que le bruit de son agitation parvienne jusqu’à nous, serait une tâche téméraire. Ah! comme; la politique et ses misères sont loin de notre pensée! Comme tout cela nous paraît petit et mesquin !
- Mais deux heures de courses à travers le Champ-de-Mars et les trois cent quarante-cinq marches que nous venons de gravir ont mieux préparé nos estomacs au déjeuner que nos esprits à la philosophie. Quand nons disons ^déjeuner, quelques-uns de nos lecteurs vont peut-être croire à une plaisanterie. Nous nous trompons en effet, c’est banquet que nous devons dire, un banquet copieusement servi par Chevet, arrosé par les vins des « caves de la tour Eiffel » et assaisonné d’un appétit pantagruélique. Une véritable salle à, manger, bien close, bien éclairée, a été improvisée ; soixante convives s’y asseoient et la fete commence. La tour Eiffel a reçu un baptême abondant de chablis, de pomard, de saint-julien et de champagne. Elle a eu pour parrains des représentants de tous les coins de la France : de Lille
- et de Marseille, de Nancy et de Bayonne ; il y avait même, Dieu me pardonne ! des Gascons (des bords de la Garonne). __,
- Au dessert, M. Léon Brière, notre président, s’est levé pour remercier les directeurs de l’Exposition de leur obligeance et de leur amabilité; il leur a promis, au nom de tous, le concours sans réserve de toute la presse républicaine à l’œuvre patriotique dont ils ont la charge et l’honneur. « La tour de Babel, a-t-il dit en terminant, vit autrefois, paraît-il, la confusion des langues, sur la tour Eiffel, se confondront toutes les langues du monde dans un hymne universel d’admiration qui sera un hommage au génie de la France et sa glorification. »
- M. Eiffel s’est levé le premier pour répondre à ce toast. M. Eiffel est un homme jeune encore, à la figure douce et sympathique, au regard langoureux et triste ; mais lorsque ce regard s’anime, lorsque l’ingénieur parle de son œuvre, on sent qu’on a devant soi un convaincu, un apôtre, un homme.
- Avec une grande précision, il nous expose sans amertume les difficultés qu’il a.dû vaincre, les incrédulités qu’il a dû braver; il nous montre les avantages scientifiques, stratégiques, astronomiques, qu’il a eu en vue.
- . Il nous parle de l’attrait que cette œuvre peut apporter à l’Exposition, de la part qu’elle doit avoir dans le succès de cette manifestation de là vitalité et de la grandeur de la France.
- M. Berger, dont la parole chaleureuse entraîne la conviction, confirme les affirmations de M. Eiffel et fait vibrer avec une nouvelle émotion la corde patriotique.
- M. Gustave Simon répond quelques mots aux remerciements qui lui ont été adressés, et nous nous répandons sur la plate-forme pour admirer à nouveau, malgré une petite pluie qui commence à tomber, le splendide panorama de Paris. Tout à coup, le cri: « Ne bougeons plus! » nous cloue à nos places. C’est Pierre Petit — Gustave Simon pense à tout — qui, opérant lui-même, se prépare à nous laisser à tous un souvenir vivant de cette bonne et réconfoitante journée.
- Nous descendons ravis et fortifiés dans notre foi dans l’Exposition comme dans la vitalité et la puissance du génie de la France.
- Dans un an, c’est le monde officiel qui fera l’inauguration de l’Exposition. 11 y aura là des choses splendides. On y entendra d.e beaux discours : on n’y retrouvera pas la gaieté franche, l’émotion sincère et l’enthousiasme vrai de notre inauguration officieuse !
- Ferdinand Réal.
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- SOCIÉTÉ NATIONALE D’HORTICULTURE DE FRANCE
- EXPOSITION GÉNÉRALE
- DES
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- Depuis longtemps déjà la Société nationale d’horticulture a pris la louable habitude d’émerveiller le public qui se presse à ses expositions pour admirer les dons de flore.
- Nous devons dire que cette année encore il y a progression ; l’aspect est nouveau : en entrant dans le pavillon de la Ville de Paris on se trouve dans une grande serre garnie sur les côtés de treillages artistiques très élégants.
- Transformé en jardin français, le sol est disposé en plusieurs parterres de fleurs, toutes plus ravissantes les unes que les autres.
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- io56. — Quatrième Année. — N° 179.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 3 Juin 1888.
- Au centre d’un grand rocher, construit par M. Chassin, descendent les perles de quatre cascades qui se perdent en un ruisseau circulaire habité par de petits poissons rouges : voilà pour le décor.
- Quant à la garniture, c’est une innombrable quantité d’Orchidées plus rares les unes que les autres.
- L’exposition de M. Duval est certainement la plus intéressante. Disposées avec goût, ces variétés d’Orchidées font l’admiration de tout le monde, nous dirons même que cet ensemble est composé avec art, on sent un maître qui connaît la valeur des couleurs; nous avons remarqué parmi ce magnifique lot des Odontoglossum Pescatorei, O. Versillanium, O. Alexandre, des Cipripedium Ci-liolare et Argus, ainsi que des Cattleya oncidium, -Papilio et Crispum. Un peu plus loin, parmi les plantes présentées par M. Piret, on peut admirer un Cattleya qui paraît-il, a été bleu, variété à fleurs mauves, le premier du genre, aussi fait-il prime : il valait dix mille francs la veille et le lendemain on en demandait déjà quinze mille. — Crésus modernes, ouvrez vos caisses, la déesse vous invite à enrichir vos serres.
- Le grand prix d’honneur, vase de Sèvres offert par le Président de la République a été attribué à M. Sauder, pour ses Orchidées.
- Dix autres prix d’honneur consistant en médailles d’or ont été décernés aux exposants suivants :
- M. Verdier pour ses Rosiers hautes tiges et basses tiges, par lots de plantes plus belles les unes que les autres, et qui remporte, d’autre part, une médaille d’or, quatre de vermeil et deux argent également grand module.
- M. Léon Duval, pour ses orchidées précédemment citées. Cet exposant a remporté le premier prix à l’exposition de Saint-Cioud, et le prix d’honneur à celle de Versailles.
- M. Moser, pour une collection de Rhododen. dronSj parmi lesquels nous citerons Towardi, arbuste à fleur rouge; Magnificum, violet ; Catawbieuse Alba, Old Port rouge vif, etc.
- M. Bleu, pour ses Berkolonias, Çaladiums et Bégonias.
- MM. Villmorin, Andrieux et Cie, pour plantes annuelles.
- MM. Levêque et fils, pour Rosiers ; ces pépiniéristes tiennent à honneur de justifier la vieille renommée qui les a placés depuis longtemps au premier rang. Nous croirions manquer à tous nos devoirs si nous ne citions au moins quelques-unes des espèces dignes de remarque : Comte de Paris, rose écarlate ; Gloire de Margottin, cramoisie, espèce nouvelle ; Léon Say, White, comtesse de Roseberry, Gaston Levêque, Eclair, Willam, Richardson etc., etc. Cette maison a du reste en dehors du prix d’honneur remporté trois médailles d’or, deux grandes médailles de vermeil et deux de vermeil; voilà des succès hautement justifiés qui consacrent un mérite exceptionnel.
- M. Debrie-Lachaume pour bouquets et compositions florales (garnitures). Il n’est rien de plus artistique que ce paniergarni d’Orchidées, d’un goût et d'une finesse d’exécution que nulle critique ne saurait atteindre. L’art dans toute sa pureté a présidé à la confection de cette merveille qui nous dispense de parler de toutes les autres ; ce Papilio qui, au centre, voltige dans l’espace a tout à fait l’air d’être échappé de la flore des tropiques.
- M. Chantin pour Palmiers et Cycadôes. Cet horticulteur émérite obtient en outre une médaille d’or, trois de vermeil grand module et une d’argent également grand module. Cette petite forêt qui masque la porte du fond est d un effet grandiose, citons seulement un Kantia barmoreana, un Phoenix canariensis, un Walikia korotoïdes, un Eentia forsteriana, un Zamia villosa portant un fruit de cinquante centimètres de long, et au milieu de ce massif une collection d’Orchidées, très belle variété présentée en un seul exemplaire de chaque espèce, notamment : un Angulosa ruckeri en pleine floraison, enfin des Fougères arborescentes de trois et quatre mètres de haut qui garnissent le milieu du rocher autour desquels sont installées les Orchidées.
- N’oublions pas un Katakidozamia mac Lèonyi unique en Europe, duquel il a été refusé quatre mille francs et qui est au centre de la corbeille de fleurs voisine de son exposition.
- MM, Vilmorin Andrieux et Cie autre médaille d’honneur pour leurs collections de légumes.
- Mm* Block, pour Dracœnas et Palmiers.
- En outre, le Jury adresse ses plus vives félicitations à M. Laforcade, jardinier en chef de la Ville de Paris, pour les beaux végétaux de serre et de pie n air qui ont concouru à l’ornementation de l’exposition : ce qu’il ne manque jamais de faire lorsqu'il s’agit d’assurer le succès et d’affirmer une fois de plus le soin qu’il apporte à conserver les plantes de la Ville de Paris.
- De vives félicitations sont adressées à M. Jolibois, jardinier en chef du Luxembourg, pour sa collection de Broméliacées.
- Nous avons constaté et regrettons beaucoup l’absence, cette année, de plusieurs grands horticulteurs : M. Truffaut qui vient d’être frappé dans ses plus chères affections et à qui nous adressons nos plus sympathiques condoléances. D’autres maîtres sesont sans doute réservés pour le grand tournoi de 89 ; M. Honoré Defresne, le pépiniériste bien connu, dont la place est restée vacante et ce digne émule de Noé qui nous a privé du plaisir d’admirer ses produits incomparables; il est vrai que M. Salomon n’a plus de lauriers à conquérir, c’eût été cependant pour tous, une grande satisfaction de contempler ces grappes vermeilles qu’il présente si artistement; rien ne peut nous en dédommager !...
- Parmi les plantes de serre, M. Bleu s’est vu décerner une médaille d’or et une de vermeil pour ses plantes nouvelles obtenues de semis. M. Leheux, grande médaille de vermeil et M. Landry, médaille de vermeil, pour collection de plantes à feuillages ou fleuries, en vue de l’approvisionnement des marchés. Les premières sont plus fortes comme sujet, mais le jury a dû être très embarrassé pour donner la première place ; dans l’exposition de M. Lelieux nous citerons un très beau Strelitqa Nicolaï et de beaux phcenix et dans celle de M. Landry, un Vidularium fulgens, ainsi qu’un charmant Selaginella casium à feuillage bleu. Est-ce la disposition ou l’effet de lumière ? cette dernière nous a charmé davantage.
- Les plantes en collection ont réuni vingt-huit concours. Nous y trouvons M. Chantin, pour ses fougères, M. Moser, qui en outre d’un prix d’honneur, a remporté deux médailles d’or, deux de vermeil dont une grand module.
- Dans un massif d’angle et un côté de passage difficile à remplir, M. Moser a su présenter très agréablement de magnifiques plantes vertes : au centre sur le devant un magnifique Cicas revoluta qui est du meilleur effet, puis des Phcenix de plusieurs espèces, un très bel Araucaria excelsa glauca robusta, des Ghamoerops, un Latania bor-bonica, etc.., toutes plantes de très belle venue. D’autre part, M. Bleu présente un beau lot de Caladium, et en face de lui nous retrouvons un piocheur qui a placé une jolie variété de cesAroï-dées, M. Torcy-Vannier, aurait, croyons-nous, mieux été récompensé de ses efforts par une médaille de vermeil.
- M. Veitch étant hors concours, le Jury lui a adressé de vives félicitations pour son apport, de plantes insectivores. Plus curieuses les unes que les autres par leur forme et leurs couleurs, ces plantes bizarres sont très intéressantes à examiner^ le Nepenthes Hookeriana porte ses fleurs (en forme de pipe allemande) au bout de la feuille et le Sarracenia flava ornata, on forme de cornet, semble avoir un parapluie au-dessus de l’ouverture.
- Plantes de pleines terre, plantes nouvelles obtenues de semis : M. Verdier arrive le premier pour ses rosiers: cet exposant, qui fait tous les ans de grands progrès dans ce genre de culture,a obtenu en plus d’un prix d’honneur une médaille d’or, quatre médailles de vermeil grand module, et deux d’argent aussi grand module.
- Dans cette catégorie se trouvent les plantes en collections. Deux médailles sont décernées, l’une à M. Moser, l’autre à MM. Croux et fils, pour e urs belles collections de Rhododendrons. MM.
- Croux et fils présentent soixante variétés toutes en pleine floraison: l’Alexander Adie, rouge, Hélène Waterer, rouge panaché, le Tom Poucet violet, fleur de très belle formation, Old Port, lie devin, WilliamAustin, rouge écarlate, Ingrinanini, blanc lilacé, MM. Holford, rose saumoné, Everes-tianum, lilas rosé à bord frisé, espèce charmante, Congestum roseum, rose aurore, et enfin pour nous arrêter, Michaël Waterer, rose vif, et Princesse Hortense, blanc maculé olive, bordé violé. La richesse et la variété des couleurs sont dignes de remarque et si l’on pense que ces plantes ont toutes fleuri en pleine terre dans les pépinières de la vallée d’Aulnay, on se rendra facilement compte de la rusticité de ces belles Ericacées. En suivant nous trouvons une collection d’Apalées : Elise , blanc orangé ; Alphonse Lavallée, cuivre ; Comte de Quincey, jaune canari; Consul Ceresole, rose, et W.-E. Gumbloton, jaune paille, puis enfin un joli groupe de Kalmias lalitofia, fleuris.
- M. Christen a garni un des ronds-points de la tente avec une très belle variété de Clématites qui lui a valu une médaille de vermeil grand mo_ dule ; nous avons remarquées variétés nouvelles obtenues de semis et non encore dénommées, la fleur a une teinte violet foncé avec des reflets irisés qui font un très bel effet ; Furtado Heine est aussi une nouvelle espèce, quand nous aurons . cité les variétés : Duchesse de Cambacérès, Eugène Delattre, Lawsonnia, Mme Maxime Cornu, M. Briot, Paul Avenel, Ville de Paris et William Kenett, on comprendra aisément que nous nous arrêtions pour passer de l’autre côté de ce massif afin d’admirer les rosiers grimpants ; cela est composé des espèces les plus nouvelles et les plus florifères pour lesquelles le jury a décerné une grande médaille d’argent; nous avons admiré le Bennet Sedling, fleurs en bouquet, Ma Capucine Rêve d’or, Spectabilis, très joli bouquet rose, Captain Çhristy, Gloire Lyonnaise, etc., autant de variétés permettant de composer de belles charmilles. Maintenant, arrêtons-nous un peu à la Reine des Fleurs: M. Verdier et M. Levêque obtiennent chacun une médaille d’or pour la plus belle collection de rosiers haute tige en fleurs, et M. Rotberg une grande médaille de vermeil.
- Et en suivant les divers concours ces trois pépiniéristes se partagent les lauriers. Pour les rosiers thés à tige et pour les rosiers basses tiges, M. Levêque remporte deux médailles d’or, et pour les rosiers thés basse tige, médaille de vermeil. Plus loin se trouvent les pensées, les récompenses sont réparties entre deux exposants, M. Falaize et M. Forgeot. Puis viennent les collections de plantes annuelles et bisannuelles fleuries, ainsi que la disposition d’un massif ou corbeille de plantes fleuries annuelles et vivaces. Comme d’habitude la Maison Vilmorin est placée au premier rang; on disait autrefois : qui n’a de beaux chevaux si ce n’est le roi ?
- Ce serait étonnant si ces habiles grainiers n’étaient pas placés les premiers. — M. Forgeot. qui pour la première fois a osé (et il a bien fait, nous l’en félicitons) présenter un massif de plantes fleuries, a marqué sa place du premier coup, la grande médaille de vermeil est la preuve que le Jury a trouvé ce massif gracieux, coquet et artistiquement composé.
- ÉCHOS
- France
- Par arrêté en date du 24 mai 1888, le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a nommé membres des comités d’installation :
- classe 32. — Fils et tissus de laine peignée — Fils et tissus de laine cardée.
- M. Hussenot (Hubert), fabricant de châles et de nouveautés, membre du comité d’admission,
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- Quatrième Année. — N° 179.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 3 Juin 1S8S.
- en remplacement de M. Huot (Jules), filateur de lainages et cachemires, nommé rapporteur.
- chasse 54 — Matériel et procédés de la filature et de la corderie
- M. Kœchlin (Nicolas), administrateur delà société alsacienne de constructions mécaniques, conseiller général du Doubs.
- classe 55. — Matériel et procédés été tissage
- M. Reyrel, manufacturier, fabricant de grenadines, 1 ainages et nouveautés, membre du comité d’admission, en remplacement de M. Guérin (de la maison Pinon et Guérin, fabricants de draps), nommé vice-président.
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- Lundi dernier, il a été procédé, au palais du tribunal de commerce, par les soins du conseil de préfecture, à deux adjudications relatives à l’Exposition universelle.
- Pour la première, qui avait pour objet la concession des kiosques lumineux et chalets pour la vente des journaux, jouets d’enfants, etc., dans l’enceinte de l’Expositio a aucun, soumissionnaire ne s’est présenté.
- La seconde, en trois lots, s’appliquait à la fourniture, en location, la pose, le nettoyage, l’entretien et la dépose de la vitrerie des surfaces verticales des palais du Champ-de-Mars.
- Les trois lots ont été adjugés à M. Louis Mau-gas, moyennant un rabais de 2 fr. 60 pour chacun des deux premiers lots, et de 60 centimes pour le troisième.
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- Par arrêté en, date du 26 mai 1888, le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a nommé membres des comités d’installation : classe 39. — Objets de ooijage et de campement.
- M. Camus, président de la chambre syndicale des transports, membre des comités d’admission.
- M. Dupuy, président de la Chambre syndicale-des emballeurs, membre des comités d’admission.
- M. Viette,ministre de l’agriculture, a reçu du ministre des Etats-Unis à Paris,une communication l’informant que la République américaine participerait dans la plus large mesure possible à l’exposition hippique de 1889 qui doit coïncider avec l’Exposition universelle.
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- La commission supérieure des congrès et conférences de l’Exposition universelle s’est réunie sous la présidence, de M. Mézières. Elle a décidé, sur la proposition de M. Gariel, secrétaire général, que les comités d’organisation de chaque congrès 11e comprendraient pas plus de trente membres.
- Elle a approuvé la création proposée par la section de quatre congrès internationaux : 1° agriculture, 2’ horticulture ; 3° architecture ; 4e science géographique.
- Sur la demande de M. Gomot, la commission prie le ministre de nommer d’urgence les membres du congrès international d’agriculture qui désire commencer de suite ses travaux.
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- ETRANGER
- Le commissaire français de l’exposition de Barcelone a reçu, dans le pavillon français, M. Cam-bon, ambassadeur de France, le préfet de la Seine, les représentants de la municipalité de Earis et l’amiral Amet, commandant l’escadre française. Le commissaire a rappelé les liens d’amitié qui unissent la France à l’Espagne et a bu à la grandeur et à la prospérité de la France.
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- On annonce de Prague qu’une pression a été exercée, en haut lieu, sur le club des députés tchèques à Vienne, pour entraver la participation des commerçants et industriels de la Bohême à l’Exposition de 1889, et spécialement la constitution d’une section nationale que les Tchèques veulent ouvrir à l’Exposition.
- De hauts personnages se sont entretenus avec les membres du club tchèque et leur ont donné à entendre que l’on considérerait ce résultat comme une manifestation autonomiste et une glorification de la République, désagréables au gouvernement impérial.
- C’est sous cette pression que le maire de Prague vient de refuser la salle de l’hôtel de ville au comité tchèque formé en vue de l’Exposition. Ce comité va se réunir pour délibérer sur la conduite à tenir.
- Le Narodnrj Listg, organe des jeunes tchèques, dit que les Hongrois gouvernementaux combattent par tous les moyens pour empêcher les Tchèques d’ouvrir à Paris une section nationale.
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- L’ouverture officielle de l’Exposition de Bruxelles par le roi des Belges aura lieu le 6 juin.
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- Nous lisons dans le Courrier des Etats-Unis :
- Le président Cleveland vient de signer la résolution votée par les deux Chambres du Congrès, acceptant l’invitation adressée par la République française au gouvernement des Etats-Unis de se faire représenter officiellement à l’Exposition universelle de Paris en 1889. Nous savons déjà que la résolution du Congrès et les démonstrations de cordialité envers la nation française dont elle a été accompagnée, ont été accueillies avec-une vive satisfaction en France, et nous sommes convaincus que les exposants américains, ainsi que les représentants de leur gouvernement qui seront à Paris l’an prochain, se ressentiront de sentiments inspirés au peuple français par ce témoignage de sympathie.
- L’expositmn de 1889 ne sera pas seulement pour les Américains une source d’intérêt commercial; ce sera aussi et plus encore un événement politique, d’autant plus significatif et d’autant plus profitable qu’il rapprochera plus étroitement que jamais les deux Républiques qui, après un siècle de vicissitudes diverses, se trouveront au même point pour célébrer ensemble leur centième anniversaire de liberté.
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- Les dépêches reçues de Rome par M. Georges Berger, directeur général de l’exposition, annoncent que le comité national pour l’exposition de 1889 a décidé dans des termes très sympathiques à la France, de continuer ses travaux.
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- Répondant au lord-maire de Birmingham qui lui avait fait parvenir une résolution votée dans un meeting tendant à la nomination d’une commission royale chargée de défendre les intérêts anglais à l’Exposition de 4889, lord Salisbury a déclaré que, cette Exposition coïncidant avec le centenaire de la Révolution française, le gouvernement britannique ne croyait pas utile de participer à la célébration de cet événement politique.
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- Nous croyons intéressant de faire connaître quels sont les rapports qui existent actuellement entre les sujets de l’Autriche-Ho»grie qui ont manifesté l’intention de participer à l’Exposition de 1889 et la direction de l’Exposition.
- La cour de Vienne et l’ambassade d’Autriche à Paris ont officieusement donné leur adhésion au
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- comité austro-hongrois qui s’est constitué pour servir d’intermédiaire entre les industriels de l’empire et l’administration de l’Exposition. Ce comité a été mis en rapport avec notre ministre du commerce, M. Pierre Legrand.
- Depuis des comités hongrois et tchèques se sont organisés et ont demandé à entrer en relations avec le gouvernement. On leur a répondu que le comité ayant l’agrément du cabinet de Vienne s’était déjà entendu avec l’administration de l’Exposition, et que celle-ci avait mis à sa disposition les places dont elle dispose pour les exposants de l’empire.
- EXPOSITION HORTICOLE
- “AGRICOLE ET INDUSTRIELLE DE SAINT-CLOUD
- Certainement, c’est une innovation et qui paraît devoir être renouvelée, le succès qui a couronné cette entreprise crée à l’habile organisateur le devoir de continuer par la suite ces fêtes intimes du travail qui quoique d’un caractère local n’en ont pas moins réuni un nombre respectable d’exposants.
- Premier concours d’horticulture :
- Médaille d’or offerte par M. le Ministre de l’agriculture; M. Du val, pour un magnifique lot d’Orchidées. Médaille de vermeil offerte par M. le ministre de l’agriculture : M. Asset. de Sèvres, pour une splendide corbeille de pensées grandes macules, qui faisait l’admiration des amateurs. M. Moser a obtenu une médaille de vermeil pour ses beaux Rhododendrons et Chamærops. Médaille d’argent à MM. Jourdan père; Moron, Drouet.
- Deuxième concours d’horticulture :
- La belle exposition de légumes forcés présentée par M. Chemin, lui a valu la grande médaille de vermeil. Une très belle collection de Pétunias doubles, présentée par M. Moron, a été consacrée par une médaille de vermeil de même que les magnifiques Asperges exposées par M. Girardin, d’Argenteuil. C’est une médaille de vermeil qui a récompensé les envois de M. Gillard : Anthémis, Hortensias et Bégonias. M. Hoibian a obtenu une médaille de vermeil petit module pour ses, Tulipes et fleurs coupées. Des médailles d’argent ont été ensuite attribuées à M. Cottin pour ses tulipes, M. Renard pour ses asperges, et à M. Guéroult pour son apport de plantes ou de collections à!Histoire naturelle. Nous devons dire que cet exposant s’est trouvé hors concours dans la section industrielle par le fait de sa nomination, par les exposants, comme membre du jury.
- Concours d'animaux reproducteurs et de vaches laitières. — Quarante-sept têtes de bétail ont été présentées.
- Le prix d’honneur a été décerné à M. Brugnon pour une vache normande laitière.
- Le prix d’ensemble a été attribué à M. Paul Auvray qui a présenté seize vaches laitières et un taureau.
- Premier prix : M. Barbary pour une vache normande, le même exposant a remporté également le premier prix pour un magnifique taureau normand et un deuxième prix pour une vache normande bringée, bonne laitière.
- M. Brugnon qui a obtenu le prix d’honneur a aussi remporté deux autres prix pour une vache Caille blanche et une très belle bretonne.
- M. Pujos, de la ferme de Trianon, a remporté également un prix pour une vache Sch\vytz,_ etc..
- Quand au concours industriel, la multiplicité des articles n’a pas permis de faire des catégories par classes, mais les industriels qui ont pris la peine de venir exposer leurs produits avaient tenu à honneur de ne présenter que du travail digne de remarque. C’est ainsi que nous voyons trois Prix d’honneur attribués à M. Leblond pour ses serres, bâches et châssis, à M. Simard pour ses treillages et constructions rustiques et . enfin à M, Asset, de Sèvres, pour son miel préparé en rayons artistiques et ses eaux-de-vie de prunes, récolte de 1885, 86 et 87-
- Viennent ensuite dix diplômes d’honneur, treize médailles de vermeil, quatre argent grandmodule, dix-huit médaille s d’argent, trois médailles d argent aux collaborateurs, etc., etc.
- Des concerts ont été organisés avec le concours d’artistes des théâtres de Paris, ce qui donnait une réelle animation à ce tournoi quasi-local.. Nous sommes convaincu que si cette bonne idée était mise en pratique elle rendrait de très réels services aux populations suburbaines.
- Apprendre aux cultivateurs et aux industriels à se rencontrer, c’est leur apprendre à se connaître, et de là à s’aimer il n’y a qu’un pas facile.à franchir. A. Ramé.
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- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 18S9
- Dimanche 3 Juin 1888,
- SALON DE 1888
- (Suite)
- V
- Les portraits sont nombreux au salon de cette année, et l’on peut constater que, dans ce genre, bon nombre de nos artistes n’ont rien à envier à leurs devanciers pour la finesse, l’énergie et la grâce. C’est dans le portrait que se manifestent le plus grand nombre de talents. Les forces de l’école semblent converger vers ce genre de peinture, ce dont on ne saurait que se féliciter.
- Certes, quand on voit des tableaux comme celui où M. Carolus Duran a peint le portrait de sa jeune fille, et celui du Cardinal de Lavigerie, de M. Bonnat, on est bien obligé de reconnaître que la glorieuse tradition de Ph. de Champaigne, de Rigaud, de Largillère repose entre des mains assurées.
- La toile de M. Bonnat est largement peinte. De la pourpre qui le drape, le vieux cardinal à barbe blanche sort, dans sa personnalité entière, animé, vivant; nous préférons cette oeuvre palpitante de vie au portrait de M. Jules Ferry dont l’exécution laisse un peu trop à désirer.
- Non loin de là, dans la même salle, se trouve un portrait du général Boulanger par M. Bin. Œuvre d’une pâte molle sans énergie. C’est correct, mais froid.
- Pour la France— en Lorraine, M. Bettanier nous représente un jeune homme qui quitte les pays annexés. Il embrasse sa mère ; tandis que son père, assis près de là, cache son visage dans ses mains pour dérober ses pleurs. Plus loin, la voiture attend le voyageur. Ce tableau, empreint d’une mélancolique tristesse, évoque de douloureux souvenirs.
- M. Boudot expose deux paysages charmants : Matinée de septembre et Octobre. Quelle fraîcheur de coloris ! Les martins-pêcheurs qui se jouent sur les eaux donnent toute l’illusion de la réalité.
- Voici une scène amusante de M. Brispot, le Départ pour la mairie. Toute la noce est prête ; la mariée au bras de son fiancé attend. Le père, cependant, ne peut revêtir sa main calleuse d’ouvrier de ses gants et sa femme fait tous ses efforts pour terminer cette besogne difficile.
- Les attitudes des personnages sont rendues avec autant de simplicité que de vérité; mais le coloris de toutes ces physionomies est-il exempt de reproches ?
- Un soleil couchant en mer— souvenir de Berck (Pas-de-Calais), et Un soir d'hiver en Artois, de M. Emile Breton attestent une fois de plus le grand talent de cet artiste. Cependant le premier de ces tableaux est inférieur au deuxième où l’on retrouve les qualités maîtresses qui distinguent les grands peintres.
- L’Enfant dort de M. Biessy est un bon morceau de peinture ; il y là de l’observation. Mais pourquoi a-t-il placé cet enfant en plein rayon de soleil ? Cette réflexion vient naturellement à l’esprit et l’on s’étonne que ce détail ait échappé à l’artiste.
- Ils sont charmants aussi les deux enfants de M. Charnay blottis sous le parapluie, déchirés par la bise, après leur récolte de chrysanthèmes.
- M. Boutigny nous ramèneà la guerre de 1870-71. Son Lendemain de Champigny à Bry-sur-Marne est la reproduction d’une scène dramatique dont il a su tirer d’heureux effets. Son tableau estvigou-reusement peint.
- A bord de l’Austerlity, de M. Bourgain, révèle un remarquable talent d’exécution.
- La Mort du général Beaupuy, de M. Bloch, produirait un effet plus saisissant si cette toile était d’une tonalité moins uniforme.
- U Enfant malade, de M. Cavé, n’est pas sans qua. lités ; il y a de l’observation et du dessin, mais le coloris laisse à désirer.
- M. Desmarest expose une jolie toile. Souvenirs, c’est une œuvre pleine de délicatesse.
- Quant à Y Attila consultant les aruspices avant la bataille de Châlons, M. Bordes a dépensé beau-cou de talent dans cette œuvre pour obtenir un
- résultat médiocre. Nous en dirons autant du Grand Ferré, de M. Brunet.
- Dans un paysage estompé d’une brume légère M. Jules Breton représente des Jeunes filles se rendant à la procession. Certes, le jeu des lumières dans les voiles de gaze blanche des jeunes filles et leurs visages pleins d’une douce sérénité dénotent un grand sentiment artistique. Ce que l’on pourrait reprocher à M. Jules Breton, c’est de ne pas varier sa manière de refaire trop souvent le même tableau.
- L’Etoile du Berger, du même peintre, est une robuste paysanne de l’Artois qui retourne au village portant dans un sac sur sa tête un fagot de luzerne pour sa vache. Le jour sur son déclin s’éteint lentement à l’horizon. Ce tableau est plein d’une douce poésie.
- Bien charmant aussi est le Novembre de M. Emile Adam. Ses ramasseuses de bois mort,-qui regagnent péniblement leur chaumière, s’avancent lentement^courbées sous le fardeau. Les feuilles mortes jonchent le sol. Ce paysage, peint de main de maître, respire un vague sentiment de mélancolie qui va droit à l’âme.
- Esclaves à vendre, de M. Gustave Boulanger, est certainement une des bonnes toiles de cet artiste qui semble choisir de préférence ses scènes dans la vie antique. Son esclave blanche, au torse élégant et flexible, appuyée au mur du bazar avec un cartel de bois suspendu à son cou, produit assurément un grand effet.
- Dans sa Tentation de saint Antoine, qui n’est pas sans mérite, M. James Bertrand nous donne des femmes nues, étendues à terre, qui n’ont rien de bien séduisant. Aussi le saint n’a pas l’air d’y prendre garde.
- La Pénitente, de M. Dramard, est exécutée avec beaucoup de soin.
- M. Brillouin nous représente une sortie d’église un dimanche; la multiplicité des personnages et la variété des vêtements donnent à ce tableau un aspect qui ne manque pas d’originalité.
- La Gardeuse de moutons, de M. Vayson, plaît par sa naïveté. En général, les toiles de cet artiste dénotent une connaissance profonde de l’art. Ses Vaches à Vétable méritent aussi de fixer l’attention.
- La Pêche des crevettes, de M. Pierre Billet, n’est pas sans qualités ; mais le ton général de cette toile est-il bien naturel? M. Pierre Billet est poète à sa façon. Certes, il saisit bien les types et les costumes des paysans qu’il représente, mais possède-t-il un sentiment aussi délicat des scènes de la nature?-
- M. Barrias a exposé un Camille Desmoulin plein d’énergie, et, cependant, nous lui préférons le portrait de Mm® B. H.
- Le Port de Rouen, de M. Vauthier, est largement peint et d’un bon effet.
- M. Beauquesne expose deux toiles: Seul — souvenir de 18 jo et Au Drapeau. Ce dernier tableau est supérieur au premier, comme exécution et comme dessin. Au premier plan une lutte est engagée entre un soldat français et un Prussien. Un peu plus loin le porte-drapeau le défend avec énergie contre les ennemis qui veulent le lui enlever; tandis qu’un trompette sonne au drapeau. Cette toile pleine de vie et de mouvement est fort remarquée de la foule.
- L. es Manœuvres d’artillerie, de M. Armand-Dumaresq, sont aussi l’œuvre d’un vigoureux talent.
- L Enigme, de M. Agache, est représentée par une femme .brune fort jolie dont les traits accentués s’harmonisent avec la robe de velours gros vert; des pavots rouges placés aux pieds de la femme et attachés à sa robe symbolisent, sans doute, le sommeil ou l’oubli. *
- M. Joseph Aubert expose un saint François. Régis d’une réelle valeur. Le peintre a retracé dans un diptyque deux scènes fort touchantes de la vie du saint. A gauche saint François-Régis fait l’aumône à une mère de famille pauvre entourée de ses trois enfants. Dans le compartiment de droite, le saint visite un vieillard prisonnier.
- Manda Lamétrée fermière, de M. Roll, est un tableau vigoureusement brossé ; mais on peut repro-
- cher à l’artiste quelques négligences dans les tons qui diminuent l’effet de son tableau.
- La Grande route dans la forêt de Fontainebleau, de M. Léon Richet, est un paysage de grand style; il s’en dégage un accent de vérité et un souci de l’exécution qui font honneur au talent de cet artiste.
- M. Vuillefroy a exposé des Vaches normandes qui peuvent compter parmi ses meilleures œuvres. La structure des animaux est parfaite. Ces belles bêtes au pelage lustré, les narines frémissantes sont d’un grand effet. L’Etude de chevaux, du même artiste, n’est pas moins remarquable, mais nous déclarons, sans hésitation aucune, que nous préférons ses Vaches normandes.
- Les Saules de Carrières à Collias (Gard), et le Bois de Saint-Privat (Gard), de M. Yarz, sont deux excellents paysages pleins de lumière.
- M. Ziem dans sa Vue de Venise n’a fait que copier lui-même. Sans doute cela est joli, plein de soleil ; mais c’est toujours la même chose.
- M. Jean Aubert nous donne Marché aux amours et un Concert mystique qui sont de véritables chefs-d’œuvre de grâce. Quelle délicatesse de touche ! Quel charme répandu dans ces deuxpetites toiles 1
- Un Orage dans la plaine de Cayeux-sur-Mer, de M. Yon, est une étude pleine d’énergie. Ce paysage est vraiment pittoresque, mais le ciel manque peut-être de naturel.
- M. Vollon expose une nature morte, Produits, de la chasse, remarquable de hardiesse. La Conr de ferme en Picardie, du même peintre, attesteune sûreté de pinceau peu commune.
- Philémon et Baucis, de M. Bertin, est une excellente toile. Ces deux têtes naïves de vieillards assis côte à côte sont d’un sentiment exquis.
- Salut à la victoire, deM. Beaumetz, est une œuvre remarquable ; il y a dans cette toile une puissance de vie étonnante qui agit fortement sur l’âme.
- La Liberté, de M. Roger, est une œuvre décorative qui n’est pas sans mérite. Le groupe de gauche laisse beaucoup à désirer comme coloris.
- L Intrus, de M. Anthonissen, est trop négligé; ce tableau n’est qu’ébauché et le dessin en est défectueux.
- M. Artz expose une scène d’été pleine decharme. La grand’mère et la mère travaillent à l’aiguille en pleine campagne tandis que le grand-père tient sur ses genoux l’enfant qui joue à la poupée. On peut reprocher à M. Artz de refaire continuellement les mêmes figures.
- Moutons dans la plaine et un coin de bergerie, de M. Brissot, sont peut-être un peu ternes. Cet artiste nous a donné de meilleures toiles que celles qu’il a exposées cette année.
- Les Débris du trois-mâts Majestos, de M. Tatte-grain, produit un grand effet. La scène représente le crépuscule, les débris du vaisseau sont épars sur la neige. Un homme contemple ces tristes épaves. C’est plein de grandeur et de mélancolie.
- M. Veyrassat expose une toile charmante, VAutomne, qui respire un sentiment profond de la nature.
- Le Remords de l’ivrogne, de M. Zwiller, ne manque pas de naturel ; mais certains détails laissent à désirer comme exécution.
- Aux écoutes, de M. Saint-Pierre, est certainement une des meilleures toiles que cet artiste ait exposées jusqu’à ce jour.
- M. Beroud a exécuté un Tombeau de Napoléon aux Invalides d’un grand effet. Citons également un Lever de lune, de M. Appian un peu négligé et la Chanson des gueux de M. Crochepierre d’un réalisme plein de sentiment.
- Le scènes arabes, deM. Ch. Landelle, Mahkema, cour du tribunal du Cadi à Alger et Enfants nomades des Beni-Abdas-Ben-Saada sont interprétés avec beaucoup de vérité.
- M. T. Robert-Fleury a exposé un portrait vigoureusement peint, et M. Aimé Morot une femme du monde au milieu de la verdure ; bonne composition mais dessin un peu négligé.
- Un Moine, de M. Valadon, révèle de sérieuses qualités d’exécution. Cette tête ascétique, empreinte de mélancolie, n’est pas sans charme.
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- Quatrième Année. — N° 179.
- M. Rixens nous donne deux excellents portraits, un de jeune fille en plein air, au milieu des fleurs; l’autre de femme demi-nue. Nous préférons le premier, rendu avec plus de finesse et de précision.
- Voici encore un portrait de M. Renouf. C’est celui d’une jeune femme; il y a dans cette toile beaucoup de grâce et de talent,
- Une Forêt en hiver , de M. Zuber, renferme d’excellentes choses. Nous en dirons autant du -berger et son troupeau, de M. Truesdell.
- M Villebesseyx a exposé un superbe bouquet de fleurs, lilas et pavots rouges.
- Crinon.
- EN DANEMARK
- {De notre correspondant particulier) .
- L’EXPOSITION DE COPENHAGUE
- De grandes affiches jaunes placardées dâns Berlin annonçaient l’ouverture de l’Exposition Scandinave. Je' pensai qu’il serait bon de profiter du moment d’accalmie que traverse la politique, en Allemagne ; et je suis venu visiter ce petit peuple danois qui nous est si sympathique. Aussi bien n’est-il pas inutile de faire connaître cette nation dont on ne parle guère, mais qui est loin d’être une quantité négligeable dans le concert européen, tant par les relations de sa famille royale que par sa position sur le flanc de l’Allemagne et à l’embouchure de la Baltique.
- La première chose que j’ai vue en Danemark, c’est l’Exposition. Elle est fort belle. C’est par là que je commencerai :
- Imaginez de colossales constructions en bois, de style nordique Ce style se définit en deux mots : des angles aigus qui se coupent dans tous les sens. Ce sont des toits sur des toits et des clochetons sur des tours carrées. Là sont réunis les divers produits naturels et les produits de l’industrie du Danemark, de la Suède et la Norvège. Vous n’attendez pas, je l’espère, que je vous en fasse l’énumération. Vous devinez sans que je vous en prévienne, que les collections de fourrures sont très 1 riches et les expositions agricoles très pauvres. Cependant, il vous intéressera sans doute de savoir qu’un amateur a exposé du... vin de Norvège! J’ai été présenté à cet original: il m’a raconté que sa vigne poussait dans 'des serres continuellement chauffées ; il m’a déclaré avec orgueil que chaque verre de vin lui revenait à cent francs environ. J’ai goûté cette pâle liqueur et je puis vousdéclarer àmon tour que ça ne.vaut absolument rien. En me quittant l’agriculteur norvégien m’a dit : « J’espère que vous me ferez de la réclame. » Et, afin de ne pas l’oublier, j’ai simplement écrit sur mon carnet de notes : « Le 21 mai 1888, bu pour 5o francs d’eau sale. »
- L’industrie des pays Scandinaves est bien représentée à l’Exposition de Copenhague ; mais elle n’intéresse pas beaucoup le marché européen, elle est appropriée surtout aux besoins de ces régions glacées. Je me contente de remarquer que l’étranger reste un peu surpris devant ces œuvres du travail, comparables à celles de France ou d’ailleurs; il ne s’attendait pas à trouver là, dans leurs dernières applications, les dernières inventions. Le progrès s’avance bien plus vite dans le Nord que dans le Midi. Quelques villes françaises sont éclairées encore au pétrole; on fait déjà usage du téléphone dans des villages du Danemark.
- Le sentiment artistique manque complètement dans les œuvres Scandinaves. C’est ce qui va faire ressortir l’Exposition française. Celle-ci brille surtout par ses œuvres d’art. Il y a ici, des Gobelins, des tapisseries de Beauvais et quelques envois de la manufacture de Sèvres qui plongent ces pauvres Danois presque dans l’humiliation. Je ne parlerai Pas des grandes maisons qui soutiennent dans toutes les Expositions la réputation de la fabrication française : les Pleyel, les Christophle, les Bar-bedienne, Froment-Meurice, etc... Je dirai seulement quelques mots de l’Exposition des beaux-arts 0u la France est absolument hors de pair.
- Ç’est un grand brasseur danois, M. Jacobsen, qui a pris sur lui de faire juger à ses compatriotes la supériorité de l’art français. Ce M. Jacobsen uieriterait à lui seul une longue chronique ; il est , Mecène^ de Copenhague, par tradition, car son Pere. fut également un grand bienfaiteur. Mais, tandis que feu M. Jacobsen étendait ses libéralités sur les classes pauvres, créait des écoles et fondait es hôpitaux, M. Jacobsen fils consacre sa grande ^ortune à répandre le goût des beaux-arts. Il a doté V1''e de Copenhague d’un magnifique musée des uvres modernes; il a orné les jardins publics de tatues, il a ouvert des écoles de dessin. M. Ja-
- ' LE MONITEUR DE L’EXPOSITION. DE 1889.
- cobsen prise par-dessus tout les artistes français. 11 s’est mis en tête d’ouvrir une sorte de Salon où il n’y aurait que des œuvres d’artistes français. Et, ce Salon, très richement installé dans une galerie construite tout exprès, est considéré par tous les visiteurs comme le clou de l’Exposition de Copenhague. La direction des beaux-arts de Paris s’est prêtée avec empressement à la fantaisie de M. Jacobsen. Nous donnons aux peuples du Nord un merveilleux spectacle.
- J’ai vu là réunies les plus belles productions des derniers Salons : les portraits à chaux et à sable de Bonnat, les gélatines de M. Bouguereau, les rutilances de M. Carolus Duran, les décadences de Manet; il y en a de toutes les écoles et pour tous les goûts : Le Bûcheron et la Mort, de Millet ; La Récolte des pommes de terre et Le Mendiant, de Bastien Lepage ; Un coup de vent, de Daubigny; Une forêt, de Rousseau ; et des Diez, des Courbet, des Dubois, des Lefebvre. C’estla fleur du panier. Je cite encore au hasard : Roll, Brouilhet, Cazin, Abbéma, Mmes Lemaire, Pelouze, Monchablon, etc... Dans la sculpture, toutes nos renommées: Rapidité et la Diane, de Falguière, le Vœ Victis, de Mercier; les Ch^>pu, les Dubois, les Daiou, etc,
- Un Danois me disait hier : « Il y a trois jours que l’Exposition est ouverte et je suis déjà venu trois fois au Salon français. Maintenant je suis pris de l’envie folle de voir la France. Je sens que je l’aime profondément ! »
- Et voilà comment, en faisant de la bonne peinture, nos artistes nous font de la bonne politique.
- Les peintres et les sculpteurs des trois Etats Scandinaves ont également ouvert un Salon. Je m’abstiens de toute critique. D’ailleurs, ce sont partout les représentations de scènes et de lieux que je n’ai jamais vus. Si j’avançais quelques doutes sur la réalité des ours bleus, sur des glaces bleues, sous un ciel écarlate, l’artiste serait en droit de me renvoyer de l’autre côté du cercle polaire. Il y a des paysages intitulés : A minuit, et qui sont ruisselants de soleil ; il y en a d’autres qui s’appellent : A midi, et qui sont noirs comme des gueules de four. Et puis, d’ailleurs, les membres du comité Scandinave ont été pour moi des hôtes charmants.
- Le czar Alexandre s’est occupé lui-même de faire organiser splendidement la section russe à l’Exposition qui vient d’être ouverte dans la capitale du roi Christian, son beau père. Une dizaine d’ingénieurs et une quarantaine d’ouvriers russes arrivés à Copenhague depuis plusieurs mois, ont construit une porte monumentale en bois découpé, d'une architecture byzantine très remarquable. Cette porte très lourde et en même temps très élevée écrase entièrement lafaçade de l’Exposition française, reproduction exacte de la porte de l'Hôtel de Ville à Toulon, avec les cariatides si renommées de Puget.
- La section allemande n'est pas encore prête.
- Les préparatifs ont commencé fort tard, parce qu’il avait été d’abord annoncé que l’Allemagne ne prendrait pas part à l'Exposition. On sait, en effet, que les relations étaient très tendues entre la cour de Copenhague et la cour de Berlin, du vivant de l’empereur Guillaume. A la mort de celui-ci les Danois conçurent de grandes espérance en la bonté et la justice de Frédéric. La cour, sans se bercer des mêmes illusions, s’est un peu départie de sa mauvaise humeur. Une nouvelle invitation a été lancée et Frédéric III a saisi avec empressement cette occasion de montrer ses bonnes dispositions envers le Danemark. Il voudrait qu’on oubliât toutes les rancunes sous son règne, il a trop de haines accumulées tout autour de l’empire. Ordre fut donné immédiatement d’organiser la section allemande. Et, pour en rehausser l’éclat, Frédéric a envoyé le merveilleux service de table en argent sculpté qui lui avait été offert, par les villes de Prusse, le jour de son mariage.
- La section anglaise n’est pas prête, l’exposition italienne doit tirer des bordées en ce moment sur les côtes de France; le navire qui l’apporte est attendu prochainement à Copenhague.
- Voici, dans un lac artificiel, une frégate du xvne siècle montée par des matelots en costume du temps. Les visiteurs s’assoient sur des paquets de cordages ou sur des tonneaux de poudre et ils boivent de la bière dans des brocs de bois.
- L’exposition est admirablement bien située, sur le bord de la mer et au centre de la ville, au ras du boulevard le plus fréquenté. Elle est reliée par des ponts de bois aux fameux jardins de Tivoli.
- Tivoli est, dans son genre, le plus bel établissement du monde. Il y est entré, dimanche dernier, trente-cinq mille personnes. Ce sont des concerts de tous les côtés, de jeux en plein vent, des restaurants. C’est la ville.du plaisir, très animée, féconde en surprises, unique au monde. J’ai vu là un certain pierrot fameux, très connu dans la Scandinavie ; dix mille personnes étaient suspendues aux lèvres' muettes de son masque blanc. Un trait vous montrera tout de suite ce qui plaît à ces bons Danois. Le pierrot se saisit d’une lampe allumée, l’éteint et en boit l’huile d’un. trait, en peignant sur sa figure les marques du ravissement. Il paraît que c’est fort difficile. C’est le comble de l’art! Les Danois applaudissent à tout rompre
- Dimanche 3 Juin 1888. — 1059.
- cette répugnante facétie. Et, ce qui rend, pour eux, la chose plus drôle, c’est que, en danois, la bière s’appelle communément 01, qui veut dire : huile.
- Un autre trait: Savez-vous comment ils appellent une sorte de café chantant très renommé? — Caisse de mort ! Les Anglais ont de pareilles plaisanteries lugubres.
- Nous ne saisissons pas bien le côté comique de ces facéties nordiques. Je ne suis pas parvenu à rire dans la Caisse de mort. J’avais froid dans le dos !
- L. Latapie,
- AVIS COMMERCIAUX
- LÉGISLATION COMMERCIALE ÉTRANGÈRE
- SIGNATURE DUN TRAITÉ ENTRE LA FRANCE ET
- l’équateur
- Le ministre des affaires étrangères et le ministre de l’Équateur, à Paris, ont signé un traité d’amitié, de commerce et de navigation et une convention consulaire destinés à remplacer le traité signé à Quito, le 6 juin 1843, entre la France et l’Équateur.
- La convention consulaire a été conclue pour une période de dix années; la durée da traité de commerce et de navigation est limitée au Ier février 1892.
- Les plénipotentiaires ont procédé en même temps à la signature d’une déclaration séparée, relative à la protection de la propriété littéraire, artistique et industrielle.
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- MONTEVIDEO
- COMPOSITION DU CONSEIL POUR L’EXERCICE 1888
- M. Ph, Peyramale, président ; M. Lermitte, vice-président-, M. A. Roux, trésorier-, M. Ch. Garet, secrétaire; MM. J. Guérin, H. Barbiéri, L. Dournau, J.-P. Arosteguy et J.-F. Dajas, membres.
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- SIAM.
- ECHANTILLONS DE TISSUS DU LAOS
- Nous avons fait connaître la réception par le Ministère du Commerce et de l’Industrie d'une collection d’échantillons de tissus et de vêtements confectionnés de fabrication laotionne, de vases d’argent et de vues photographiques du pays.
- Cette collection communiquée sur sa demande à la Chambre de Commerce de Lyon, et augmentée d’un récent envoi du Vice-Consul de France à Luang-Prabang, vient de faire retour au Ministère. Elle est de nouveau, 80, rue de Varennes (Direction du Commerce extérieur. — Bureau des Renseignements commerciaux (à la disposition des Chambres, Musées commerciaux ou négociants, intéressés à en prendre connaissance.
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- RUSSIE. — INDE ANGLAISE. — JAPON.— AUSTRALIE.
- Le Moniteur officiel du Commerce, du 24 mai, publie la liste des Français établis à Moscou, Bombay, Yokohama et Sydney, avec l’indication de leurs professions respectives.
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- ALLEMAGNE
- EXPOSITION INTERNATIONALE d’hORTICULTURE
- DE COLOGNE
- La Revue commerciale, diplomatique et consulaire, de Bruxelles, annonce que la Société d’hor-
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- io6o. — Quatrième Année. — N° 179.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 3 Juin 1888.
- ticulture Flora, de Cologne, organise pour la célébration du 25e anniversaire de sa fondation, une exposition internationale d’horticulture qui aura lieu du 4 août au 9 septembre 1888.
- Le programme comprend huit classes, savoir ;
- ire classe : Plantes horticoles ;
- 2e classe: Produits du règne végétal; pomologie et culture maraîchère;
- 3e classe : Architecture des jardins;
- 4e classe : Matériel horticole ;
- 5e classe : Fleurs sèches et bouquets ;
- 8e classe : Collections et herbiers ;
- 7e classe : Littérature horticole ;
- 8e classe : Apiculture.
- Des prix consistant en médailles d’Etat, objets d’art, prix d’honneur, primes en argent, médailles d’or, d’argent et de bronze, seront décernés aux exposants les plus méritants.
- Les personnes désireuses d’obtenir le programme complet des concours peuvent s’adresser à la société organisatrice, à Cologne.
- Les inscriptions doivent être faites avant le ier juin, pour les concours des classes ni, iv, vii et viii et avant le 10 juillet, pour les concours des classes 1, 11, v et vi.
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- LES LIVRES
- CLIX
- Nouvelle Bibliothèque littéraire.— R. Vallery-Radot.— Mme de Sévigné. (La jeunesse de Mme de Sévigné. Les amis de Mme de Sévigné. Mme.de Sévigné mère, belle-mère et grand’-mêre. — Publication de ses lettres. Résumé general). Unvol. m-18. Librairie H. Lecèneet H. Oudin.
- On ne se lasse pas d’écrire sur Mme de Sévigné parce qu’on ne se lasse pas de lire ses lettres, et parce que ce qui intéresse surtout dans ses lettres, comme ce qui intéresse surtout dans une conversation avec une femme d’esprit qui est un honnête homme comme elle — rare bonne fortune, — c’est elle. Saint-Simon est bien intéressant, amusant aussi mais il ne l’est que poyrTes hommes, parce que c’est un homme trop homme, c’est-à-dire ambitieux, vaniteux, passionne, et amer. Mme de Sévigné plaît à tous parce qu’elle est toute à tous, parce que c’est une charmante femme qui a été une charmante épouse — pour un mari indigne d’elle — et aussi une charmante mère, la plus charmante des mères, pour deux enfants dont celui qui la méritait le plus est celui qu’elle gâta le moins. Mais ainsi va le monde, ainsi va l’humanité. Et le secret de la popularité toujours fraîche, du charme toujours vert de Mme de Sévigné est là. Elle est sincère, elle est humaine, elle exprime des sentiments anciens comme l’humanité, qui dureront autant qu’elle, dans une forme qui n’a pas vieilli parce que le fond n’en a pas veilli non plus. Le style lui-même ne pourrait préserver des sentiments capables dè se flétrir. Mais quelles délices quand la forme est d’accord avec le fond et quand elle ajoute son charme éternel à des sentiments qui sont immortels, autant du moins qu’il y aura des mères et des enfants !
- On a donc beaucoup écrit, on écrira sans doute beaucoup encore sur Mme de Sévigné et ses lettres. C’est un sujet privilégié, assuré du sourire du. public, un de ces sujets qui portent bonheur et que ne peut gâter même un cuistre comme Grou-velle. Pour ne parler que des derniers fruits de cette influence féconde voilà une Mme de Sévigné de l’académicien M. Boissier, et une autre d’un écrivain modeste, ingénieux et fin qui fait son chemin doucement mais sûrement, René Vallery-Rodot, qui n’est pas académicien... encore, mais qui le sera étant certainement du bois dont on les fait. Nous n’hésitons pas à préférer le livre de l’auteur qui n’est pas encore de l’Académie à celui qui en est et le laisse trop voir. M. Boissier est un homme de beaucoup d’esprit, de tant d’esprit qu’il en donne à tout ce qu’il touche, qu’il en a donné — à la façon d’Ampère et de Beulé, c’est-à-dire à la façon réflexe qui n’est pas toujours la
- meilleure —à Cicéron et à ses amis, à Pompéi et à ses catacombes, à la religion romaine elle-même, la plus grave, la plus sérieuse, la plus positive des religions, la moins poétique à coup sûr, et qui fait comprendre l’ennui et le dégoût qui jetèrent tant d’épicuriens désabusés et de stoïciens mécontents dans les nouveautés héroïques du christianisme. M. Boissier a tant d’esprit que dans Mme de Sévigné il n’a cherché, il n’a vu que l’esprit et l’a faite même plus spirituelle que nature, car elle était très spirituelle à coup sûr mais l’était naturellement.
- M. Vallery-Radot a moins cherché la petite bête. Il a moins songé à l’hôtel de Rambouillet et à la philosophie de Descartes. Il a moins pris son sujet à la façon de Cousin subtilisant avec Mme de Sablé, ou galantisant avec Mme de Chevreuse. Il a tout bonnement vu dans Mme de Sévigné ce qu’elle était, ce par quoi elle nous enchante, ce par quoi elle conquiert notre admiration sans y prétendre et par ce perpétuel sourire qui s’attendrit parfois et toujours à propos d’une larme furtive de sentiment: le temps de mouiller de bonté comme l’été mouille d’une courte pluie l’ardeur de ses après-midi, le feu de gaieté qui étincelle dans ses yeux. Car voilà tout le secret, tout le mystère, tout le magnétisme du charme de Mme de Sévigné : il est fait de gaieté et débouté, ces deux Iqualités si éminemment françaises, qui mérite-- raient en ces temps d’égoïsme et de pessimisme à outrance, d’être érigées au rang de vertu. C’est du temps de Mme de Sévigné qu’une femme d’esprit, qui n’était une honnête femme que dans l.e sens masculin du mot, Ninon de Lenclos avait dit ce mot dont la crâne justesse d’expérience nous a toujours frappé: « la.joie de l’esprit en montre la force ». Cette joie de l’esprit, Mme de Sévigné l’eut toujours parce qu’elle la puisait dans son cœur. Et ce cœur, de bonne heure, ne sacrifia qu’aux sentiments naturels, à ceux qu’on ne farde pas : l’amitié avec ses variétés et nuances innombrables, qui conviennent à tous les temps, à tous les âges, ce qui fait sa supériorité sur l’amour qui n’a qu’une forme et qu’un moment, l’affection maternelle, qu’on l’a accusée à tort d’exagérer, oubliant les économies de sensibilité qu’avait dû faire au profit d’une fille.,, ingrate, l’orpheline, l’épouse déçue, la veuve sans illusion, sans regret et sans espérances. Voilà ce que M. Vallery-Radot a très bien compris. Il ne s’est pas attardé à caqueter avec Mme de Sévigné, sur le seuil de l’hôtel de Rambouillet. Il n’a pas oublié que Mme de Sé-. vigne, comme Mme de La Fayette sont des précieuses non perverties, mais converties, qui se sont retirées à temps du couvent de Voiture, ont ouvert sur le monde et la vie les fenêtres de leur originalité bien vite émancipée et n’ont gardé de leurs premiers maîtres, les Chapelain, les Ménage que cette fleur de gentillesse d’esprit, de délicatesse de cœur qui parfume leurs lettres d’une fine mais légère odeur de tubéreuse italienne, de jasmin espagnol et de rose française.
- Donc nous préférons l’étude de M. Vallery-Radot pleine d’intimité, de cette douce intensité d’impression et d’expression qui est le fruit d’un long, patient et discret commerce, l’étude de la femme, de la mère, de l’amie, de l’épistolière, étudiées dans le plain-pied, dans tous les jours de la vie de famille, à l’étude de l’académicien flirtant, en tout bien tout honneur, dans le salon de l’hôtel Carnavalet... avec une ombre de salon. La Mme de Sévigné de M. Vallery-Radot est bien la vraie, la vivante, l’exubérante, la souriante, celle qui ne pousse pas au-delà du nécessaire les plaisirs de l’esprit et les orgueils de la raison, celle dont la clairvoyante franchise corrige les trop aveugles faiblesses, qui expie,non sans s’en apercevoir,par un désabusementprogressif, dont une pudeur héroïque a glacé sur sa lèvre de mourante abandonnée le suprême aveu, la faute d’une prédilection idolâtre pour cette fille qui lui ressemble si peu; celle qui a été, par cette préférence, cause d’un perpétuel sacrifice, par son indulgence pour la conduite et son indifférence pour les intérêts d’un fils plus aimable et plus affectueux que sa sœur, un si éloquent modèle des délicatesses de l’amour maternel, un si frappant exemple de ses erreurs, des
- contradictions du cœur humain et des illusions dont il peut être dupe.
- Car le livre de M. Vallery-Radot est sincère jusqu’à ce point, qu’il ne cache pas les torts de Mme de Sévigné ni ses erreurs, ni ses fautes de gouvernement domestique. Il est sincère, il est franc, il dit tout en homme qui sait que son héroïne à plus à gagner qu’à perdre à sa franchise, y gagnant d’être plus humaine. C’est par ces finesses et parfois ces malices d’observation, c’est par ces remarques de moraliste, ces mots qui font penser, qui gravent une idée juste d’un trait léger, mais sûr comme celui qui nous montre la mère aimant « à cœur perdu » que le livre de M. Vallery-Radot diffère de tous ceux qui l’ont précédé, et les complète et les résume si bien sous une forme nouvelle, qu’il est le meilleur et que nous voudrions qu’il demeurât le dernier. Il a tout dit et bien dit sur ce thème objet de tant de variations. Un ministre disait en parlant du cabinet qu’il remplaçait : « Ce ne sera pas la même flûte mais nous jouerons le même air. » M. Vallery-Radot a hérité de la flûte de Walkenaer et d’Aubenas ; mais ce n’est plus du tout le même air. Et cet air est le bon ; et c’est celui qui vous demeure dans l’oreille, et qu’on fredonne en sortant. Ce livre d’un gentil esprit — Spirto gentil — mérite d’être placé dans toutes les mains, dans la famille, au salon, à l’école. C’est une introduction exquise à la lecture des lettres de la marquise. Sur sa vie, son caractère, sa jeunesse, sa vieillesse, ses amis, sa physionomie de mère, belle-mère, grand’mère, il y a des détails charmants choisis avec le goût et l’art du caractéristique, il y a des observations prises d’après nature, dirait-on, par un fils, un mari, un gendre placé dans des conditions particulièrement heureuses pour bien étudier dans ce qu’elles ont de-meilleur, la mère, la belle-mère, la grand’mère. Cet homme heureux est aussi le fils d’un homme estimé et connu à qui il n’a manqué, pour être célèbre, que d’être moins modeste, ce lettré, cet écrivain, ce causeur brillant seulement dans l’intimité, dont nous nous rappelons toujours la figure robuste, tranquille, méditative, qui a laissé des pages discrètement exquises, timidement magistrales, notamment ce portrait de Mme de Sévigné, que son fils a pieusement suspendu à la fin de son livre, à la place d’honneur de sa galerie, par un hommage justement rendu à l’auteur de ce chef-d’œuvre .
- M. de Lescure.
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- COMPAGNIE UNIVERSELLE DU
- Canal interocéanique de Panama
- Société Anonyme au capital de 300 millions
- MM. les actionnaires sont convoqués en assemblée générale ordinaire pour le mercredi 27 juin 1888, à 2 heures, salle de la Société nationale et centrale d’horticulture de France, 84, rue de Gre-nelle-Saint-Germain.
- Pour assister ou se faire représenter à l’assemblée, les actionnaires propriétaires de vingt actions doivent justifier, rue Caumartin, 46,à Paris, du dépôt de leurs titres dans la Caisse centrale ou chez un des correspondants de la Compagnie.
- Cette justification doit être faite au moins cinq jours avant la réunion.
- Le Gérant, GARREAU.
- T ouïs • — lmp. E.ARRALLT et Cie, rue de la Préfectare'
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- Quatrième Année. — N4 179 LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889 Dimanche 3 Juin 1888.
- ANNONCES
- BANQUE FRANCO-ÉGYPTIENNE
- Assemblée générale du 14 avril 1888
- Extrait du Rapport du Conseil d’Administration
- L’assemblée générale annuelle des actionnaires a eu lieu le 14 avril 1888, sous la présidence de ]Vl. Albert Rostand, président du Conseil d’administration.
- Le rapport du Conseil d’administration expose que, quoique l’année 1887 ait vu se produire une certaine amélioration au point de vue des affaires, elle n’a pas été affranchie de l’influence fâcheuse des incertitudes politiques. Les résultats obtenus par la banque n’ont pourtant pas été sensiblement affectés par cette situation, ce qui doit être attribué non seulement à la modération de ses engagements, mais encore à la liquidation favorable de plusieurs opérations entamées dans les exercices précédents. Conformément à la règle qui a toujours été suivie, le chiffre des valeurs disponibles en caisse, en reports et en portefeuille d’effets a été maintenu à une somme relativement élevée: 12,476,225 fr. 30, au 31 décembre dernier, soit 207,704 fr. 83, de plus qu’au dernier inventaire.
- Le chapitre des Fonds publics, Actions et Obligations, se montant à 0,030,806 fr.05, est également en augmentation sur le chiffre du 31 décembre 1886 ; dans cette augmentation est comprise la plus value acquise par certaines valeurs dans le courant du dernier exercice.
- Les Participations Financières représentant une somme totale de 9,069,386 fr. 75, sont en légère diminution. Ce compte est appelé à décroître prochainement par la rentrée d’une avance importante faite au Gouvernement mexicain, rentrée dont le remboursement est assuré par le succès
- d’un emprunt extérieur contracté récemment par le Mexique et destiné en partie à l’extinction de la dette flottante. La réussite de cet emprunt aura d’autres conséquences favorables pour la banque, un intérêt lui ayant été attribué dans cette opération.
- Le rapport annonce que le procès poursuivi depuis nombre d’années, aux Etats-Unis, contre les Frustees des obligations du chemin.de fer New-York, Boston et Montreal, vient d’avoir une issue défavorable en première instance; une détermination sera prise incessamment, d’accord avec les autres cointéressés, sur l’appel de ce jugement.
- Le rapport explique la diminution temporaire du compte de \& Succursale d'Alexandrie, signale l’extinction graduelle de celui de la Succursale de Port-Louis, dont la liquidation est en voie d’achèvement et constate les bonnes conditions dans lesquelles a été construit l’immeuble social dont les locations d’appartement déjà faites représentent un revenu important.
- Passant au compte de Produits et Pertes dont le solde s’élève à 2,054,997, fr. 81, le rapport indique les raisons pour lesquelles le conseil, afin de pouvoir donner plus de fixité aux dividendes futurs, a été unanime à proposer le versement à un compte spécial d’une somme de 600,000 fr. à prélever sur les bénéfices.
- Enfin, il soumet aux votes des actionnaires les propositions suivantes qui ont été approuvées après lecture des rapports du comité de censure et des commissaires des comptes.
- L’Assemblée:
- 1° Approuve les comptes de l’exercice 1887 ;
- 2° Fixe à 32 fr. 50, par action le dividende de l’exercice 1887. Un a compte de 15 fr., ayant été payé le 2janvier dernier, le solde, soit 17 fr. 50, sera payable à partir du 1er juillet prochain, sous déduction des impôts résultant des lois de finances ;
- 3° Approuve le report à nouveau du solde des bénéfices de l’exercice 1887, s’élevant 219,608, fr. 21 ;
- 4° Réélit M. J. Grieninger, administrateur sortant ;
- 5° Réélit M. Morel Kahn, censeur sortant ;
- 6° Nomme MM. Durand et Ducourau commissaires chargés de faire un rapport à l’Assemblée générale de 1889 sur les comptes de l’exercice 1888, avec autorisation d’agir isolément- en cas-d’empêchement de l’un d’eux.
- • CHEMINS DE FER D’ORLEANS
- Stations Hivernales des Pyrénées.
- •u LKde Paris à Arcachon, Pau Biarritz, St-Jean-de-Luz, Salies-de-Béarn
- Pour permettre aux voyageurs d’effectuer ce trajet dans les meilleures conditions de rapidité, la Compagnie d’Orléans ajoute habituellement, au départ de Paris, à son train rapide du matin (8 h. 45) et à son train express du soir (8 h. 20), des wagons-lits-toilette dont le confortable est de plus en plus apprécié par le public. En outre, deux trains spéciaux composés exclusivement de voitures de luxe de la Société internationale des wagons-lits sont mis en marche les mercredi et samedi de chaque semaine : départ à 6 h. 40 du soir de la gare de Paris (Orléans) : Le train deluxe du mercredi soir, va à Pau et Irun (frontière espagnole) : il conduit à Pau en 13 heures. Le train de luxe partant de Paris le samedi soir, suit la ligne de Bordeaux à Irun et continue sur Madrid et Lisbonne.
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1883
- Manufacture d’instruments de Musique en
- Installation et représentation des Exposants
- BUREAU TECHNIQUE
- H. DE BAECKER
- INGÉNIEUR E. G. P.
- PROJETS, ETUDES, TRAVAUX, UONSULTATIONS
- 4, Rue d'HcLutevüle, 4, PARIS
- RÉCOMPENSES
- à toutes
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- a™i. vigilant
- Breveté S. 6. D. 6.
- Avertisseur de Sûreté à Détonation
- S’expédie par colis ptostal, contre 12 fr. simple, ou io fr. doublé détonation.
- GIB0ÜT, RENEAÜX & Cle
- 29, rue des Ecluses-St-Martin, PARIS
- LES EXPOSITIONS Voir le Moniteur de l’Exposition, du 26 décembre dernier
- BIPLBUB O’HORNSBR - EXPOSITION OMiVBftSKl.1.8 - XNTBBS 1S38
- MAISON COURTOIS
- Pnaiire Sëcompsisa EXPOSITION BOSTON 1883
- Fondée en 1803 HidalHaâ’ûi
- ------- EXPOSITION LONDRES 1885
- ANTOINE COURTOIS ET MILLE
- MILLE
- SUCCESSEUR
- Parfis. — 88, rue des Marais, 8Ô. — Paris.
- MÉDAILLES AUX EXPOSITIONS UNIVERSELLES
- Paris, médaille d'or et de bronze, 1878;
- Paris, grand diplôme d'honneur, 1872; Moscou, grande médaille d’or 1872; Paris, médaille d’argent 1855 et 1867; Londres, médaille d’honneur, 1851 et 1862.
- Foarnisseuï da Ministère des Beau-Arts pou les Consemtoires di Paris it des Qépartemistx
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- QUATRIEME ANNÉE. Dimanche 10 Juin 1888. 180.
- SOMMAIRE :
- i, L’Exposition et la Russie ; 2. Adjudications; 3. L’Exposition militaire au Champ-de-Mars ; 4. Exposition des Produits de l’Horticulture ; 5. Echos ; 6. Expositions ; 7. L’Exposition d’hygiène ; 8. Salon de 1888 ; 9. Société des Amis des Arts ; 10. L’Exposition de Munich ; Les Livres.
- L'EXPOSITION & LA RUSSIE
- De nouveaux renseignements qui nous sont parvenus sur les dispositions du gouvernement russe à l’égard de l’Exposition viennent confirmer et compléter ceux que nous avons publiés hier. Les excellentes relations qui existent entre la France et la Russie ne pouvaient mieux s’affirmer qu’en cette occasion. Un comité important, composé d’industriels, s’est constitué en Finlande, en vue d’assurer la participation de cette province à l’Exposition de 1889. Le syndicat, ainsi constitué, s’est adressé directement à Paris pour faire reconnaître et agréer son mandataire en qualité de représentant officiel. Il demandait en même temps à M. de Laboulaye, ambassadeur français à Saint-Pétersbourg, d’appuyer sa requête près du ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition.
- M. de Laboulaye, avant de faire aucune démarche, s’est empressé d’en référer par courtoisie au ministre secrétaire d’Etat du gouvernement de Finlande, afin de savoir si celui-ci ne ferait aucune objection à l’organisation du comité. La réponse est aujourd’hui connue.
- Le gouvernement impérial russe a déclaré qu’il autorisait la Finlande à prendre part, à titre privé, àl’Exposition de 1889.
- La Russie sera donc représentée à l’Exposition de 1889, et Ie gouvernement de Saint-Pétersbourg, dédaignant les provocations de la presse allemande, refuse de s’associer à la campagne haineuse entreprise en Europe contre cette grande manifestation pacifique. Il ne peut officiellement prendre part à une Exposition qui coïncide avec l’anniversaire de 89 ; mais il ne fera rien pour décourager ses nationaux d’y assister et de s’y faire représenter. Ces bonnes dispositions, qui ont provoqué une irritation mal dissimulée à Berlin et à Vienne, contrastent heureusement avec l’hostilité systématique des gouvernements d’Allemagne et d’Autriche-Hongrie.
- -----------—V ----------
- Le conseil des ministres, réuni le 4 juin, a entendu diverses communications de M. Lockroy, ministre ae l’instruction publique et des beaux-arts :
- pour que la première pierre de ce monument fût posée en 1889.
- . A ce propos, M. Lockroy a confirmé que le nouvel hôtel des postes serait inauguré le 20 ou le 22 juin prochain. Immédiatement après cette inauguration, l’installation provisoire de la place du Carrousel disparaîtra. Les travaux de nivellement, de plantation et de décoration de l’emplacement des Tuileries commenceront aussitôt.
- M. Lockroy a dit qu’il avait terminé l’examen de la question de reconstruction de l’Opéra-Comique. Il a successivement étudié les projets tendant à maintenir le théâtre dans la salle des Nations, où il est actuellement à titre provisoire, et ceux tendant à le transporter à l’Eden ou à la place Ventadour : enfin, celui tendant à le reconstruire sur son ancien emplacement de la place Boieldieu.: C’est ce dernier projet qui a paru le plus pratique et le moins coûteux. Le ministre a fait dresser un nouveau plan qui comporte la reconstruction de la salle Favart avec façade sur le boulevard. Le projet de loi est près d’être terminé et sera incessamment déposé sur le bureau de la Chambre. Le ministre demandera qu’il soit renvoyé à l’examen d’une commission spéciale et non’plus à la commission du budget.
- Enfin, M. Lockroy a annoncé-que l’Union centrale des Arts décoratifs, étant revenue sur sa dernière décision, consentait à traiter avec l’Etat en vue de l’installation du musée des Arts décoratifs sur l’emplacement de l’ancienne Cour des comptes au quai d’Orsay. Le ministre déposera à bref délai un projet en ce sens, à la Chambre, pour faire disparaître les ruines du quai d’Orsay avant l’Exposition de 1889. Ce projet, qui est d’ailleurs le plus économique pour l’Etat, serait complété par l’installation de la Cour des comptes au pavillon de Marsan.
- Le lendemain de ce conseil, le 5 juin, la commission du budget, consultée à propos du concours à ouvrir pour l’érection d’un monument de la Révolution française, s’est montrée favorable à l’idée du gouvernement d’élever un monument commémoratif, musée ou autre édifice sur l’emplacement des Tuileries. Elle a donc approuvé le crédit de 5o,ooo fr. demandé pour les frais du concours. Mais le rapporteur — M. Henry Maret — a été chargé de faire quelques réserves au sujet de la dépense totale, dont le chiffre de 12 millions est considéré comme trop élevé. Le rapporteur, en faisant cette réserve, invitera le gouvernement à se déterminer, après le concours, non seulement d’après la valeur artistique des plans, mais en même temps d’après la moindre élévation de la dépense.
- ADJUDICATIONS
- du Conseil de Préfecture (Palais du Tribunal de commerce) par le Préfet de la Seine ou son délégué, à l’adjudication, en un lot, au rabais, sur les prix portés au détail estimatif, et par soumissions cachetées, des travaux de vitrerie en verres striés pour la couverture des combles des Palais des Beaux-Arts et des Arts Libéraux ainsi que des galeries Rapp et Desaix au Champ-de-Mars, lesquels sont évalués à 25,3io fr. 12 c., somme à valoir pour imprévus comprise.
- Le cautionnement est fixé à 2,000 fr.
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- ADJUDICATION EN UN LOT
- à forfait des travaux de construction, en location, d'un groupe de bâtiments en charpente à exécuter au Champ-de-Mars pour l’installation des services de la douane et de la police.
- Le lundi 11 juin, à 1 heure de l’après-midi, il sera procédé publiquement dans une des salles du Conseil de Préfecture (Palais du tribunal de Commerce) par le Préfet de la Seine ou son délégué, à l’adjudication au rabais, sur le prix de 28,000 fr. et par soumissions cachetées, de l’installation en un lot, à forfait, des travaux de construction, en location, d’un groupe de bâtiments en charpente à exécuter au Champ-de-Mars pour l’installation des services de la douane et de la police.
- Le cautionnement est fixé à 3,000 fr.
- L’EXPOSITION MILITAIRE
- AU CHAMP-DE-MARS
- UNE LETTRE AU MINISTRE DE LA GUERRE
- M. Germain Bapst, secrétaire général de la commission de l’Exposition rétrospective militaire de 1889, vient d’adresser la lettre suivante au ministre de la guerre :
- \ Monsieur le Ministre,
- J’ai l’honneur de porter à votre connaissance que par plusieurs décrets impériaux 60 drapeaux, pris su.r l’ennemi, furent donnés à la Chambre des députés durant le premier empire.
- Ces drapeaux avaient été placés en trophée au-dessus de la tribune, et ils étaient encore à leur place le. matin du 3i mars 1814.
- Les alliés, connaissantl’existence de ces trophées à la Chambre des députés, y pénétrèrent aussitôt leur entrée à Paris, pour les enlever et les détruire.
- Un garçon de bureau, dont je ne sais malheureusement pas le nom, prévenu à temps, put enlever 29 de ces drapeaux et les cacher. Les alliés ne purent donc en prendre que 31, qu’ils détruisirent.
- Les 29 drapeaux sauvés furent rendus ensuite à la Chambre des députés, où ils étaient encor*’ conservés en 1867; mais, à cette date, ces drapeaux roulés étaient placés au-dessus d’une
- L a d’abord annoncé qu’il allait demander à la Chambre la mise à l’ordre du jour du projet de loi approuvé par la commission parlementaire spéciale et par la commission du budget et ayant Pour objet d’ouvrir un crédit de 5o,ooo fr. en vue d instituer un concours pour -l’érection d’un monument commémoratif de la Révolution française SUr l’emplacement des Tuileries. Le ministre Tondrait conduire les choses assez rapidement
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- io62. — Quatrième Année. — N° 180.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 10 Juin 1888.
- bouche de chaleur qui les avait quelque peu détériorés.
- Sont-ils encore à la Chambre des députés, et dans quel état de conservation y sont-ils?
- N’y aurait-il pas lieu de les rechercher et de les envoyer à l’hôtel des Invalides, ce temple des gloires de la France, où ils retrouveraient les 60 drapeaux donnés à la même époque, au Sénat impérial, et qui décorent aujourd’hui, sous la coupole de Mansart, le tombeau de porphyre où repose le cœur du vainqueur d’Iéna?
- Le gouvernement a le devoir de conserver les tropfiées des victoires du pays qu’il administre, comme un témoignage des gloires du passé et comme une espérance dans l’avenir.
- J’ai l’honneur d’être, etc.
- Germain Bapst.
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- Les fleurs coupées sont assez généralement présentées par groupe et sont peu visitées ; placées sur un des bas-côtés elles font une tenture multicolore à la culture maraîchère. Une grande médaille d’argent a été décernée à chacun des deux exposants pour les roses coupées.
- Pour les Pivoines, M. Verdier et M. Paillet ont obtenu chacun une grande médaille de vermeil. Quant aux Anémones et Renoncules, plantes bulbeuses diverses, trois exposants se sont partagé les récompenses. M. Forgeot s’est vu attribuer une grande médaille de vermeil et une médaille de vermeil. Cette maison, qui fait de réels progrès, n’aura bientôt plus de lauriers à conquérir.
- Les cultures du midi de la France ont fourni de jolis spécimens. Parmi les trois exposants qui ont obtenu une grande médaille d’argent, nous avons remarqué plus particulièrement le lot de M. Lero-zier qui a joint aux nombreux specimens de la flore méridionale de belles branches d’olivier en fleur.
- Nous arrivons à une partie qui a été pendant toute la durée de l’Exposition un sujet d’admiration autant pour les amateurs que pour les connaisseurs. Si les Orchidées avaient la vogue, les bouquets avaient aussi leur part. L’exposition de M. Debrie-Lachaume était tellement supérieure que cet exposant a remporté la première récompense dans les quatre concours. Une immense touffe de lilas blanc occupe le centre, puis ce sont des bouquets, des garnitures de salon, des corbeilles de table avec des fruits que les fleurs éclipsent, enfin un panier d’où émerge une branche de forme bizarre, garni d’oirchidées placées avec un goût tout particulier ; la grâce, l’art même, rien n’y manque :
- Que de variété, que de pompe et d’éclat!
- Le pourpre, l’orangé, l’opale, l'incarnat
- De leurs riches couleurs étalent l’abondance.
- D’autre part, Mme Jeangirard a installé un salon qui a mis le jury dans l’obligation de décerner une médaille d’or pour l’ensemble de cette exposition : le plafond, fait tout entier d’une quantité d’anthémis, était étoilé de pâquerettes.
- Quelques fruits frais, pommes et poires, conservés frais, ont été présentés par trois exposants, une grande médaille de vermeil a été attribuée au lot exposé par M. Jourdain. Pour les fruits exotiques, comme toujours, M. Hédiard tient la première place.
- Culture maraîchère. — Le jury a du être bien embarrassé devant ces lots d’ensemble comprenant les légumes et salades forcés de la saison. MM. Vilmorin, Andrieux et O ont obtenu un prix d’honneur pour leur grande et magnifique exposition, danslaquelle tous les produits étaient étiquetés d’une façon des plus correctes. Trois médailles d’or ont été ensuite décernées, les deux premières ex œquo : M. Cousin, M. Forgeot; ce dernier présentait, entre autres particularités, des petits pois cultivés à Vincennes et en pleine récolte.
- Les Asperges n’étaient pas aussi extraordinaires que d’habitude, G. M. de vermeil, M. Lhèraui.t; Méd. vermeil, M. Renard; G. M. d’argent M. Gi-rardin qui méritait bien un rang supérieur, et G. M. d’argent M. Battut. — Une G. M. de vermeil a été attribuée au magnifique lot de Fraises présenté par M. Pageot, ainsi qu’à M. Crémont pour ses Ananas. Enfin des médailles d’argent à MM. Hédiard et M. Place pour légumes exotiques, à Leroyier pour légumes du Midi et à M. Rigault pour un lot de Poireaux de Carentan que l’on ne connaît pas assez et qui font un excellent légume que l’on peut manger comme des asperges ou comme des céleris.
- Instruction horticole. — La médaille d’or est pour la troisième fois attribuée aux plantes artificielles présentées par Mlle Fortier. Ce nouveau genre d’Herbier est non seulement adopté par le i ministère de l’agriculture et le ministère de l’instruction publique, mais aussi par la Ville de Paris. Pour les Herbiers, proprement dits, une médaille de vermeil a été attribuée à l’exposition de M. Jolly. Quant aux collections, d’Histoire naturelle pouvant servir à l’enseignement horticole, une seule collection nous a paru digne de remarque. Les dessins, peintures, aquarelles, représentant des plantes ou des fleurs n’ont point été admis à concourir, quoique cela ait eu lieu précédemment. Il y avait cependant des œuvres remarquables, notamment l’ouvrage sur les Orchidées de Longpré qui présentait quatre peintures à la cire, puis les magnifiques aquarelles très finement traitées par Mme J. Kock ; il y a une sûreté de main et un coloris tout à fait dignes de remarque, ces Orchidées là sont des fleurs vivantes ; enfin les photographies en couleur et Y Art dans V Horticulture, nouvelle et très intéressante publication de MM. Moreau frères, qui certainement remporteront l’an prochain une des premières récompenses. Les plans de M. Lusseau qui a obtenu le prix du concours pour le parc de la Liberté à Lisbonne, a été classé hors concours après le passage du Jury, mais cette mention ne figure pas au Palmarès.
- Les publications horticoles, qui pour la plupart faisaient très bonne figure, n’ont pas non plus été l’objet d’un examen, aucun concours n’étant prévu à leur sujet. Nous citerons cependant en première ligne la Revue Horticole présentant toute la collection (1), de cette publication hors ligne-qui a le rare privilège de se voir consacrée par plus d’un demi-siècle d’existence ; le public est peu habitué et les savants eux-mêmes ne le sont pas encore à une existence aussi bien remplie et . surtout à un succès qui ne s’arrêtera pas en si bon chemin.
- La Maison Rustique n’en est plus à compter ses succès et sans relâche, toujours sur la brèche, cette maison aide au développement des connaissances agricoles et horticoles par tous les moyens possibles; les ouvrages de publication récente qu’elle vient d’éditer sont signés des noms les plus autorisés et nous sommes certains que le grand tournoi du centenaire saura récompenser dignement des œuvres aussi méritantes. Nous voudrions pouvoir ici analyser les derniers volumes parus ; hélas ! la place est restreinte et nous n’abrègerons pas ce compte rendu outre mesure, en citant sommairement: le Potager d'un curieux dû à la plume de deux savants distingués, M. A. Pailleux et D. Bois, préparateur au
- (1) Accompagnée des planches en couleurs faisant partie tantde la Revue Horticole que de la Revue Agricole, et qui sont d’une finesse incomparable.
- Muséum. Ce travail est le fruit de dix années d’ex* périences; ce que l’on n’obtient qu’à l’aide des procédés de la culture maraîchère peut, dans le Midi s’obtenir en plein air et devenir ainsi l’objet d’un trafic lucratif. Le but que se sont proposé les auteurs est l’extension du domaine de l’horticulture maraîchère et nous ne doutons que tous ceux qui comme nous ont lu ce livre intéressant soient convaincus des résultats à obtenir et ne-mettent en pratique ce vieil adage : qui veut, peut.
- A signaler également le volume de 170 pages concernant les mélanges de graines fourragères. La Production fourragère par les engrais, l’auteur qui a signé ce travail, H. Joulie, est assez, connu pour que nous ne nous attardions pas dans de trop longs détails. En sept chapitres ce-savant a résumé tout ce qui constitue la prairie d’autrefois comparée à la prairie d’aujourd’hui. La conclusion forcée des études contenues dans cetravailestévidemmentlasuppressiondes prairies permanentes et l’adoption des systèmes de culture dans lesquels la production fourragère fait partie des assolements, sous formes de prairies artificielles et temporaires. Que nous parlions de la truffe, eh! pourquoi pas ? La parmentière a bien droit de cité, la truffe devrait trouver place aussi bien aux concours généraux, et la Société nationale-d’horticulture pourrait aussi lui réserver un petit coin. M. P Mouillefert l’a très judicieusement démontré dans son agréable volume qui fait savoir la quantité de kilogrammes récoltés en France: plus de 1 5.000 kil., près de 16.000, et ce chiffre date d’un document statistique remontant à 1869. Allons gourmets et gourmands, ne vous désolez pas, vos agapes sentiront encore le Périgord pour vos arrière-neveux!...
- On parle depuis plusieurs années du reboisement de nos forêts, peut-être nous dira-t-on que ceci n’est pas de l’horticulture; à cela, un simple mot : le pépiniériste est-il horticulteur? oui; eh bien ! la plantation des parcs, des jardins, des vergers aussi bien que le reboisement, tout cela ne fait qu’un. M. Jules Nanot l’a fort bien compris dans son volume, Etablissement et entretien des-Plantations d’alignement (1), etc., et il a été plus loin; il a indiqué dans* un chapitre spécial les ennemis de toutes sortes qui attaquent ces plantations, arbres fruitiers ou d’ornement, ainsi que les-moyens de les combattre.
- Le Jardin, très intéressante publication qui est à sa deuxième année, fait des efforts surhumains qui seront couronnés de succès, c’est indubitable;. Y Orchidophile, édité aussi par la maison Godefroy-Lebœuf, n’attend plus ses succès. Illustré parles artistes les plus consommés, les articles, écrits par les sommités de la science horticole, sont autant de pages littéraires intéressantes et instructives ; voilà ce qui fait la vogue de ces deux publications spéciales.
- La maison Hachette a présenté plusieurs ouvrages très savamment traités. En dehors d’une quantité de brochures ayant chacune un sujet distinct et à la portée de tous par la modicité des prix, nous citerons le Dictionnaire d’Agriculture et YHistoire des Plantes de Bâillon, autant de monuments impérissables et qui eux aussi aideront à la vulgarisation de la science par la multiplicité et la variété de tous ces articles pratiques empreints d'une grande précision scientifique.
- La maison Firmin-Didot, qui ne reste jamais en arrière, a suivi depuis longtemps le progrès moderne. La Bibliothèque de l’Enseignement agricole, sous la direction de M. A. Muntz, est une publication qui a le double avantage d’être au-dessus de tout éloge comme science, mais aussi comme impression, ce que du reste on ne doit plus dire lorsque l’on parle de Didot. Nous avons déjà cite le nom des principaux auteurs, et en son temps nous avons annoncé l’apparition du volume Herbages et prairies naturelles, par M. Boitel; lc>rs du concours général, nous avons parlé des travaux de M. Cornevin qui a publié un volume sur
- (1) Ces volumes se trouvent à la Maison Rustique, bibliothèque agricole.
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- Quatrième Année.— N° 180.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
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- les Plantes vénéneuses (1). Nous ajouterons que prochainement cette publication va s’enrichir de nouveaux volumes et que M. le directeur de l’agriculture occupe les quelques moments de loisir que lui laisse sa lourde charge à re'unir tous les documents qui doivent composer le volume intitulé : la Richesse agricole de la France, etc.
- Entre autres publications, nous citerons aussi le Moniteur d'horticulture qui avait envoyé un tableau réunissant plusieurs des fac-similés de fleurs qui accompagnent cette édition.
- N’oublions pas non plus le Journal des Campagnes, très bonne publication hebdomadaire.
- Il nous reste un devoir à remplir et nous ne saurions y manquer. La deuxième et la troisième section comprenaient tous les industriels présentant des produits se rapportant à l’horticulture. — Un diplôme d’honneur a été décerné à M. Chassin pour son Rocher et l’ensemble de son exposition. Une médaille d’or à M. Dubos et une médaille de vermeil à M. Monier fils ; voici un nouveau venu qui présente des travaux très bien exécutés et se placé dès le but dans les premiers rangs. Les Treillages ont concouru cette fois, et nous voyons M. Simard remporter un diplôme d’honneur pour la magnifique installation intérieure de l’Exposition et üour'ses Kiosques rustiques et en treillage ; M. Groseil, médaille d’or; M. Dumand, grande médaille de vermeil,et M. Duydt, grande médaille d’argent pour son charmant kiosque en treillage. En plus de ces exposants il a été décerné plus de cinquante récompenses, médailles vermeil, argent •et bronze.
- Maintenant attendons-nous à des merveilles pour l’an 89; car chacun a promis de se rendre digne non seulement de la Société nationale d’horticulture, mais aussi de la France.
- A. Rame.
- ÉCHOS
- France
- Dans une circulaire qu’il vient d’adresser aux recteurs, le ministre de l’instruction publique considère qu’une des parties essentielles de notre exposition scolaire en 1889 sera la représentation de notre système d’inspection des écoles primaires .
- « En même temps que quelques spécimens des rapports d’inspection générale permettront d’apprécier la direction imprimée aux études, soit dans les écoles normales, soit dans les écoles primaires supérieures, je désire vivement, dit le ministre, que deux autres séries de documents pédagogiques fassent, en quelque sorte, saisir sur le vif et dans tout son détail l’action que peuvent exercer, jusque sur la plus modeste école élémentaire, MM. les inspecteurs d’académie, et, sous leur autorité, MM. les inspecteurs primaires. »
- Les inspecteurs d’Académie sont invités, en conséquence, à réunir les principaux rapports et les principales circulaires d’intérêt général dans lesquelles ils ont résumé leurs instructions relatives à l’organisation pédagogique, à l’application des programmes et à la marche des études.
- Les inspecteurs primaires auront à montrer par des exemples précis comment se fait une inspection d’école. On connaît peu ou on connaît mal notre système actuel d’inspection.
- Une réunion de documents de ce genre offrira donc un grand intérêt, et le ministre estime avec raison qu’elle formera « un des titres les plus sérieux de notre administration à l’attention des éducateurs français et étrangers ».
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- Par décision en date du 22 mai courant, le
- (0 Dont nous nous empresserons de faire un compterendu, '"s ^uc nous aurons pu lire ce volume intéressant.
- sous-secrétaire d’Etat aux colonies a nommé membre de la commission consultative de l’exposition coloniale de 1889, M. Georges Messner, négociant exportateur.
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- N
- Lundi dernier, à une heure, a eu lieu au tribunal de commerce, par les soins du conseil de préfecture, l’adjudication en un lot des travaux de maçonneries en élévation à exécuter pour les galeries des expositions diverses dans le Champ-de-Mars.
- Ces travaux, évalués à 505,350 fr., ont été adjugés à M. Manoury, entrepreneur, avec un rabais de 12 fr. pour 100 fr.
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- Par arrêté en date du 24 mai 1888, le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a nommé membre de la section XIII (agriculture), des comités des congrès et conférences, M. Toucher de Gareil, sénateur, en remplacement de M. Man-gon (Hervé), décédé.
- ETRANGER
- Le comité franco-brésilien pour l’Ekposition universelle de 1889, nous adresse la communication suivante :
- Le secrétaire général du comité franco-brésilien a l’honneur de vous faire la recommandation suivante :
- M. le sénateur Diego Velho Cavalcanti d’Albu-querque a, par dépêche télégraphique, prié le comité franco-brésilien de dresser les plans, des3 sins et devis pour la construction du pavillon de la section brésilienne au Champ-de-Mars.
- Le bureau du comité s’est immédiatement réuni en s’adjoignant les membres de la commission qui avait été primitivement chargée de faire un rapport sur la dépense approximative que nécessiterait la participation du Brésil à l’Exposition.
- Dans cette séance, il a été nommé une commission de construction. Cette commission est composée de :
- MM. Eduardo Prado, président; baron d’Albu-querque, baron d’Estrella, Ed. Ferreira Cardoso, Ad. Klingelhoefer, conseiller R. de SouzaDantao, Teixeira, Amédée Prince, membres.
- Ce dernier remplissant les fonctions de secrétaire.
- Il a été décidé qu’un concours serait ouvert, et que des primes seraient accordées aux trois meilleurs projets qui seraient présentés.
- Le jury d’examen sera composé des membres du bureau du comité, des membres de la commission de construction et de toutes personnes compétentes qu’il décidera de s’adjoindre.
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- Un député, M. Kronawetter, a présenté à la Chambre des députés de Vienne une pétition dans laquelle les industriels de Vienne, désireux de participer à l’Exposition de 1889, prient le gouvernement de mettre à la disposition des- syndicats le matériel et les objets de l’Etat, 'exposés actuellement au Prater, afin d’être utilisés à Paris ; d’admettre franches de port et de droit de douane les marchandises destinées à l’Exposition ; d’accorder enfin à chaque école industrielle cent florins, dans le but d’envoyer un délégué à Paris.
- Les considérations de cette pétition disent que depuis dix ans les relations industrielles entre l’Autriche et la France ont assez augmenté pour que les commerçants et industriels de la monarchie se croient dans la nécessité de prendre part à l’Exposition. Leur défaut de participation donnerait lieu à des manifestations regrettables. Cette participation d’ailleurs aurait un caractère purement commercial et exempt de toute politique.
- La commission chargée d’étudier cette pétition
- ne pourra pas présenter son rapport durant la sessioa actuelle.
- Le gouvernement de Costa-Riea, qui avait de. puis longtemps décidé de participer à l’Exposition universelle de 1889, vient de nommer un commissaire général qui, assisté d’un comité de cinq membres, doit réunir et répartir en différentes classes les produits destinés à figurer à l’Exposition de 1889.
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- M. le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition de 1889, vient de recevoir la confirmation officielle que le Stor-thing vient de voter, sur la proposition du gouvernement, la subvention de 100,000 couronnes (140,000 fr.) pour le comité chargé d’organiser la participation delà Norvège à l’Exposition de 1889.
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- Le Cercle français d’industriels hongrois de Budapest a adopté, dans sa séance du 31 mai, la résolution suivante :
- Nous considérons comme un devoir de protester énergiquement contre les paroles inqualifiables prononcées par le chef du gouvernement hongrois à l’égard de la France, et qui ne reflètent absolument qu’une opinion personnelle. Quiconque connaît le véritable esprit qui existe en Hongrie sait que partout, chez nous, à quelque classe qu’on appartienne, on respecte et on vénère la France, son gouvernement et ses institutions.
- Quant à nous, animés d’une profonde sympathie envers ce noble pays, nous lui adressons l’expression de nos vœux les plus sincères pour le succès de la grande œuvre pacifique à laquelle il consacre ses efforts en ce moment, et lui donnons l’assurance que ce sera pour nous une bien grande joie de voir la France triompher, cette fois encore, de ses ennemis sur ce nouveau champ de bataille, digne de la plus grande nation civilisée du monde,
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- Les journaux viennois publient la dépêche suivante de Saint-Pétersbourg :
- Malgré l’entente des cabinets monarchiques pour s’abstenir de toute participation à l’Exposition, et ne soutenir en aucune façon la participation privée des industriels, l’ambassadeur de France à Saint-Pétersbourg est parvenu à établir un accord avec le ministre des finances, M. Wysch-negradski. On dit que le ministre lui-même aurait engagé le conseiller intime Andrejew à former un comité pour l’Exposition, mais on n’est pas fixé sur le genre des relations de ce comité avec le gouvernement russe. De nombreuses demandes d’informations ont été adressées à ce sujet au gouverneur de la ville, le général Gresser. Celui-ci, jusqu’à nouvel ordre, a défendu au comité de se présenter avec une apparence officielle et a adressé un rapport au tsar.
- Sur ces entrefaites, quelques cabinets ont demandé à être renseignés sur l’origine de ce comité et le degré de protection que lui accorde le gouvernement. Aucune réponse positive n’a été donnée. Quelques personnes attribuent la conduite de la Russie aux attaques violentes de la presse allemande et autrichienne. On attend avec une certaine impatience de nouveaux renseignements.
- Nous ferons observer, de notre côté, que, depuis plusieurs mois, le Journal de Saint-Pétersbourg, organe du ministère des affaires étrangères, publie tous les jours un avis aux exposants russes du comité « établi avec l’autorisation du ministère de l’intérieur » pour organiser la participation de l’industrie russe à l’Exposition universelle de 1889. Dans cet avis, il est dit que le gouvernement ne prend aucune part officielle à cette Exposition.
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- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 10 Juin 1888
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- M. Pierre Legrand, ministre du commerce, vient d’être informé de la constitution d un syndicat industriel finlandais pour la représentation de la Finlande à l’Exposition de 1889.
- Le gouvernement impérial russe, auprès duquel les démarches nécessaires ont été faites, a répondu qu’il autorisait la Finlande à prendre part à titre privé, à l’Exposition de 1889.
- M. Hjalmor Louden, ingénieur civil, sera reconnu par le ministre du commerce comme représentant le syndicat industriel finlandais à Paris.
- XX...
- EXPOSITIONS
- Grand Concours des Sciences et de l’Industrie à Bruxelles
- Les locaux delà section belge et de la Halle aux machines sont entièrement prêts depuis plusieurs jours et à la disposition des exposants.
- La direction de la section belge compte sur la bonne volonté des exposants pour que leurs installations soient promptement terminées.
- Leurs Majestés comptent visiter l’exposition dans les premiers jours du mois de juin.
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- Samedi a été inauguré le compartiment anglais qui occupe le côté gauche des jardins et qui, en petit, rappelle le Crystal-Palace de Londres.
- L’exposition anglaise est très intéressante et très variée, elle a comme annexe un village japonais et un théâtre dont la scène représente des vues des environs de Yokohama.
- L’exposition internationale d’hygiène et de sauvetage à Ostende
- Cette Exposition, qui comprend en outre une section de Beaux-Arts et une autre d’Art Industriel, s’ouvrira définitivement le 3o juin.
- Tout fait prévoir une pleine réussite, et le nombre des adhérents augmente dans des proportions telles que le Comité a dû mettre en adjudication une nouvelle galerie de 5oo mètres carrés : les adhésions ne sont reçues que jusqu’au 3i mai.
- La gratuité d’admission est accordée aux Sociétés Philanthropiques et Humanitaires, aux Sociétés Coopératives, aux sociétés de Sauvetage et de Gymnastique, aux Sociétés d’Ambulance, aux corps de Sapeurs-Pompiers, ainsi qu’aux publications relatives à l’hygiène.
- Une des grandes attractions de l'Exposition sera la fabrique de glace artificielle de M. de Nayer, de Willebroeck, que tout , le monde sera admis à visiter ; en outre, le Comité se propose d’organiser des fêtes de tout genre pendant la durée de l’Exposition.
- On parle déjà d’unefête fédérale de gymnastique, d’un grand festival pour harmonies et fanfares, de courses pour vélocipèdes, d’une grande exposition de bébés, etc., etc.
- Le soir, les jardins seront éclairés à la lumière électrique et on y donnera des concerts et des fêtes de nuit; enfin rien ne sera négligé pour donner à notre charmante ville de bains un attrait de plus.
- L’EXPOSITION D’HYGIÈNE
- A PARIS 1888
- Nous avons déjà annoncé qu’une Exposition d’hygiène devait avoir lieu à Paris, au Palais
- de l’Industrie, et qu’elle ouvrirait ses portes le 20 juillet prochain.
- L’importance que prend cette exposition nous engage à rappeler à tous les intéressés qu’elle a reçu l’approbation du gouvernement et que son Comité d’organisation a pour vice-président M. Georges Berger, l’infatigable directeur général de l’Exposition de 1889, qui a déclaré récemment dans la réunion plénière,tenue le 7 mai, que cette sorte de répétition générale de tout ce qui touche à l’hygiène était de la plus grande utilité à la veille de l’Exposition de 1889, et qu’il est fort heureux de pouvoir encourager les efforts delà Direction de 1888.
- Parmi les membres éminents qui ont bien voulu apporter leur précieux concours à cette œuvre et qui composent la Commission d’organisation, nous devons citer notamment MM. Berthelot et baron Larrey, de l’Institut; Drs Dujardin-Beau-metz et Ed. Bourgoin, de l’Académie de médecine; Dr Hanriot, professeur à la Faculté de médecine ; D1’de Saint-Germain, chirurgien de l’hôpital des Enfants malade?; Capgrand-Mothes, P* de la Chambre syndicale des pharmaciens , Dr Ri-chelot, Dr de Y Union médicale ; Dr Monin, Sre de la Société française d’hygiène; Desnoix, P* de la Société de pharmacie ; Ferrand, D1- de Y Union pharmaceutique; Chevrier et Portes, pharmaciens; etc.
- 4 C’est notre confrère, M. Louis Bourne, directeur du journal le Travail et de la Revue de thérapeutique, dont la compétence en ces matières est fort connue, qui a été nommé commissaire général, chargé de cette installation, et c’est dans ses bureaux, 2, rue de Provence, à Paris, que nos lecteurs, qu’une Exposition d’hygiène peut intéresser, trouveront tous les plans et les conditions d’admission.
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- SALON DE 1888
- (Suite)
- VI
- M. Protais est un de nos bons peintres militaires. Or en France, on aime le soldat et c’est pour cette raison que les tableaux qui retracent des scènes militaires sont fort regardés par le public au salon. Cette année, M. Protais a exposé deux tableaux, Halte et la Fin de l’Averse, qui se recommandent par les qualités que l’on retrouve dans presque toutes les œuvres de cet artiste ; vérité du dessin, justesse et sincérité d’exécution. C’est le peintre intime du troupier français ; il excelle à le représenter tel qu’il est, plein de bonne humeur et d’entrain, d’un caractère généreux et chevaleresque.
- M. Rapin expose deux paysages, le Soir à Druillat (Ain) et la Neige à P ont-d'Ain (Ain). Ce sont deux effets de nature fort bien rendus. L’un représente le calme triste de l’hiver avec ses frimas; l’autre au contraire, la nature chaude, plein’de vie et de lumière des jours d’été. Le premier de ces tableaux nous semble préférable au deuxième à tous les points de vue.
- L. e Grand canal à Venise et Souvenir de Vérone — effet du matin, de M. Wyld, sont aussi deux paysages pleins de charme, surtout le premier où l’on voit circuler les gondoles aux milles couleurs sur une mer d’un bleu d’azur.
- Le Quai des Grands-Augustins, de M. Trayer, mérite nos éloges. Nous citerons également deux paysages de M. Pelouse, le Matin sous bois en Franche-Comté et Novembre.
- M. Jules Worms a exposé une Reine du bal, d’un bon effet. Ce tableau représente une de ces scènes espagnoles où l’éclat du coloris et la variété et le pittoresque des costumes attirent sûrement les regards des visiteurs.
- A gauche en batterie. M. Paul Tavernier nous montre des artilleurs qui exécutent une manœuvre. Un officier commande le mouvement, tandis
- que .plus loin une batterie est déjà au travail. Tout est rendu avec beaucoup de naturel.
- Voici un autre tableau militaire; il représente une Charge d'infanterie à Babilles — 3i août 1870, 0117e heures du matin. « La brigade Martin des Pallières aborde, sous un feu meurtrier, le village de Bazeilles et l’enlève aux chasseurs bavarois de Von der Than, après un combat acharné.» M. Sergent a dépensé beaucoup de talent et d’habileté dans cette toile, et cependant l’effet en est médiocre.
- Un coin d'atelier de ciseleurs, de M. Vollet, renferme d’excellents détails et des effets de lumière judicieusement distribués.
- M. Eugène Thirion expose un tableau intitulé: Origine des établissements hospitaliers, à Berck. sur-Mer. « Une femme du pays, la veuve Duhamel, se dévoue à soigner les enfants malades, roulant chaque jour dans sa brouette ceux qui n’avaient pas la force de marcher, les ramenant tous de nouveau le soir après son travail. » Le ton général de cette toile manque de vigueur.
- Un banc d’attente à la clinique, de M. Perrau-deau, inspire un sentiment de compassion et de pitié. Des femmes, sur les figures desquelles est peinte la souffrance, attendent leur tour pour la visite du médecin. C’est une œuvre étudiée et exécutée avec soin et intelligence.
- Le Brise-lames, de M. Priou, ne manque pas non plus d’intérêt. Le marin adossé contre les poutres du brise-lame, a l’air inquiet, il semble attendre un événement extraordinaire. C’est un excellent tableau.
- Latoile de M Truphème En retenue, ne manque pas de fraîcheur. Des fillettes récitent leur leçon, mais l’une d’elles ne l’a pas sue et elle est punie. La donnée est simple et cependant le peintre a su en tirer d’excellents effets. Peut-être le dessin est il un peu négligé.
- Un deuil, de M. Schryver, est une œuvre sentimentale qui n’est pas sans mérite.
- Les Vendanges à Capri, de M. Rosset-Granger, ont le défaut que l’on retrouve dans presque tous les tableaux qui représentent les paysages d’Afrique ou d’Italie ; le coloris bleu y est poussé jusqu’à l’exagération.
- Mme Schneider nous donne une Petite convalescente, fort bien peinte. Nous n’en dirons pas autant du Soir d’été, de M. Léon, qui semble aspirer à marcher sur les traces de M. Puvis de Cha-vannes, dont le genre anémié hâterait l’heure delà décadence de l’art parmi nous, si nos jeunes peintres se laissaient entraîner dans cette voie.
- Le 14 Juillet en province, de M. Renard, est une toile pleine de vie et de mouvement; elle atteste un vigoureux talent.
- M. Pelez, le peintre des misères et des misérables, expose Grimaces et misères. La toile représente une baraque de saltimbanques. Clowns, pierrots et danseuses font la parade, mais le public est récalcitrant, la pratique ne vient pas ; aussi le sourire qui erre sur les lèvres du pître est un sourire forcé ; la récolte sera maigre, il faudra se serrer le ventre. Quant aux musiciens, qui ne sont pas chargés d’amuser le public autrement que par leurs instruments, leurs visages sont empreints d’un sentiment inénarrable de tristesse. On peut critiquer cette toile; il est un fait qu’on ne saurait nier, c’est qu’elle produit un grand effet.
- Les Vaches de Bas-Saint-Remy — vallée del’Epte, de M. Pezant, sont une œuvre excellente. Citons également les Coteaux d’Epône, à Rangiport, de M. Péraire et la Sarthe, — environs à’Alençon, de M. Sain.
- Le Guy sacré, de M. Pattein, mérite aussi qu’on s’y arrête ; il y a dans cette œuvre des qualités réelles d’exécution.
- M. Bouguereau expose deux tableaux fort remarquables. Premier deuil et une Baigneuse, qui sont comme une protestation contre le dessin lâché et le coloris d’un naturel plus que douteux d’une certaine école, qui trouve qu’il est plus facile d’éluder les difficultés de l’art que de les résoudre. Le premier tableau représente un groupe de trois personnages; le plus jeune, l’enfant, cadavre exsangue que la mort vient d’enlever à l’affection des siens, est couché sur les genoux du père. La
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- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889,;
- mère pleure ce premier deuil. Cette scène est rendue avec une perfection de détails qui fait le plus grand honneur au talent magistral de cet artiste. Quant à sa baigneuse, elle atteste une habileté de touche, une ampleur de dessin qui feront longtemps encore le désespoir de notre école moderniste.
- Certains critiques font de grands éloges du tableau de M. Raphaël Collin, Fin d'été; ils en admirent « l’harmonie vaporeuse et bleutée ». Tous les goûts sont dans la nature, dit le proverbe. Eh bien ! moi, je trouve que ce tableau manque d’énergie, que ses personnages anémiés ne vivent pas, que la teinte en est trop uniforme. Le sujet est bien conçu et l’artiste aurait pu en tirer des effets plus saisissants.
- Bords de l'isole et étangs de Quimerc’h, de M. Bernier, sont deux bons paysages pleins de fraîcheur. A citer aussi le Fossé de la ferme Loysel, de M. Paul Colin.
- La Journée faite, de M. Cazin, est aussi un beau tableau vigoureusement peint.
- M. Bergeret expose des Fleurs et des Fruits, d’un aspect charmant.
- Une répétition de Gluck chez la baronne T..., de M. Collias, a soulevé des critiques qu’elle ne mérite pas. Il y a là un essaim de jeunes femmes aux toilettes élégantes et aux physionomies éveillées qui attestent une grande habilité de princeau.
- VEtoile du soir, de M. Chaigneau, est une oeuvre pleine d’une douce poésie.
- Pâle e'toile du soir, messagère lointaine
- Dont le front sort brillant des voiles du couchant,
- De ton palais d’azur, au sein du firmament,
- Que regardes-tu dans la plaine?..
- Le berger ramène son troupeau au bercail. Le tableau de M. Chaigneau mérite tous les éloges.
- / Avant la soupe, — Auvergne, de M. Nicolas Berthon, est une oeuvre pleine de finesse et d’observation. L’effet des lumières est bien rendu. Ce tableau a obtenu une 2e médaille; il la méritait incontestablement.
- M. Dardoize expose un Sous bois à Mortain (Manche), qui n’est pas sans qualité et nous le préférons à son autre toile, Cimetière arabe à Blidah.
- L’Hiver en Flandre, de M. Demont, est un excellent paysage ; l’effet de neige est bien rendu; les Œillettes, du même artiste, méritent également nos félicitations.
- M. Boyé nous donne une Nymphe de Diane, fort bien peinte.
- La Faneuse, de Mrae Comerre-Paton, manque de naturel et le dessin en est trop négligé; cette artiste a exposé autrefois de meilleurs tableaux.
- M. Léon Couturier est un peintre militaire qui a fait ses preuves, le Premier youave à l'assaut de Malakoff, qu’il nous donne cette année, révèle un talent énergique; mais ce tableau est un peu confus.
- L’Epouse roumaine, de M. Durangel, est une œuvre remarquable comme coloris et comme dessin ; nous en dirons autant de son autre tableau : Pour mon pays.
- Dans son Déjeuner des terrassiers, M. Binet a fait preuve d’un grand talent d’observation; il y a là des physionomies d’un naturel surprenant; bon dessin, bonne exécution.
- L’Amour aux champs, de M.Brouillet, est d’une tonalité trop uniforme. Cet artiste a prouvé qu'il peut faire mieux.
- M. Dupré, dans son Heure de la traite, nous représente des vaches d’une exécution fort remarquable.
- Quant à la Femme à sa toilette, de M. Carrière, on se demande pourquoi cet artiste a enveloppé son personnage d’une sorte de brouillard qui cache aux regards de l’observateur les contours du dessin et produit le plus détestable effet. M. Carrière est hors concours, ce n’est pas à coup sûr pour avoir produit des œuvres dans le genre de celle qu’il expose cette année qu’il a obtenu cette haute récompense, car il faudrait douter du goût du jury ou de son impartialité.
- Le Rêve, de M. Détaillé, d’une composition originale, ne produit pas tout l’effet que l’artiste aurait pu tirer de cette idée, parce que le coloris
- de son tableau est un peu terne. Dans une vaste plaine, des soldats sont couchés et dorment sous la clarté diffuse de l’aube qui commence à poindre. A côté se déroule sur une longue file les baïonnettes des fusils formés en faisceaux, et dans le ciel, leur rêve voit passer les fantômes glorieux des armées victorieuses du passé. On dirait que la vieille gloire de la France plane sur nos jeunes soldats endormis. L’idée est ingénieuse, poétique, mais nous le répétons, avec un pareil sujet, l’artiste aurait pu produire un plus grand effet. Néanmoins, son tableau est une des meilleures toiles du salon.
- M. Georges Coen, expose une Criée aux poissons, aux Halles, un peu confuse, mais pleine de détails excellents.
- La Rebecca, de M. Destrem, genre Pu^is, manque de tonalité et d’énergie. Que M. Destrem prenne donc une autre voie, qu’il abandonne ce genre sans souffle et sans vie, qui ne saurait convenir tout au plus qu’aux œuvres- décoratives, il peut faire beaucoup mieux, il l’a prouvé.
- Citons encore un bon paysage de M. Guétal, la Vallée de la Pilatte, à la Berarde-en-Oiron (Isère), et les Moutons, —- soir d’automne, de M. Charpin.
- Crinon.
- VILIÆ DE REIMS
- SOCIÉTÉ DES.AMIS DES ARTS
- Monsieur,
- Nous avons l’honneur de vous informer que la Société des Amis des Arts de Reims a obtenu de M. le ministre de l’Instruction publique, des Beaux-Arts et des Cultes le patronage et le concours de l’Etat pour l’Exposition qu’elle prépare.
- M. Giudicelli, commissaire des Expositions à l’administration des Beaux-Arts, a été désigné par M. le ministre pour organiser, avec la Commission administrative de notre Société, l’Exposition de Reims.
- L’ouverture de notre Exposition aura lieu le û octobre prochain et la clôture le 12 novembre.
- Nous sommes heureux de vous donner avis que le commissariat général des expositions des Beaux-Arts (Palais des Champs-Elysées, porte I), recevra les œuvres que vous voudrez bien nous confier pour cette Exposition.
- Vous trouverez ci-contre le règlement ainsi qu’un bulletin que nous vous prions de vouloir bien remplir et de nous faire parvenir le plus tôt possible.
- Agréez, Monsieur, l’assurance de nos sentiments distingués.
- Le Président de la Commission administrative,
- Maillet-Valser.
- Le Secrétaire Gênerai,
- A. Paroissien.
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- RÈGLEMENT
- Article ier. — L’Exposition sera ouverte du 6 octobre au 12 novembre 1888. Elle comprendra des tableaux, dessins, gravures, sculptures, etc.
- Art. 2. — Les exposants invités par la Commission n’auront à supporter aucun frais de transport, aller et retour. Les œuvres des artistes de Paris devront être déposées avant le 10 septembre au commissariat général des expositions, Palais des Champs-Elysées, porte I. Paris, où l’on pourra également s’adresser pour tous renseignements.
- Art. 3. — Chaque artiste ne pourra envoyer plus de deux ouvrages du même genre.
- Art. 4. — Les tableaux ne doivent pas mesurer plus de deux mètres, cadre compris, sur leur grand côté. — Ceux de forme ovale ou ronde, ou à pans coupés, devront être encastrés dans des cadres de forme rectangulaire.
- Dimanche 10 Juin 1888. — io65.
- En sculpture, la Commission recevra des bustes, statues, groupes, dont le poids ne devra pas dépasser i5o kilogrammes maximum.
- Art. 5. — Les tableaux, dessins, etc., déposés à Paris, au Palais des Champs-Elysées, doivent être garnis de fascines ou tampons aux coins des bordures et les verres couverts de bandes de papier.
- Art. 6. — Pour la province, l’emballage sera aux frais des artistes. Leurs œuvres devront être adressées dans des caisses fermant à vis et expédiées de manière à arriver à Reims avant le 16 sep* tembre, terme de rigueur, à l’adresse du secrétaire de la Société des Amis des Arts de Reims.
- Art. 7. — L’administration des Beaux-Arts et la Commission de la Société ne sont pas responsables des avaries que les objets pourraient subir dans le transport. — Toutefois les plus grands soins seront apportés au déballage ainsi qu’à la réexpédition des ouvrages.
- Art. 8. — Indépendamment des achats faits pour la loterie de l’exposition, la Commission facilitera par tous les moyens la vente des ouvrages que des amateurs voudraient acquérir. La Commission prélèvera 5 op sur le montant des œuvres vendues.
- Art. 9. — Aucun tableau ne pourra être retiré de l’exposition avant la clôture.
- Art. 10. — Deux bulletins d’envoi sont joints à cette invitation, les artistes sont priés d’envoyer directement l’un au secrétariat de la Commission, à Reims, et de joindre l’autre aux œuvres qu’ils déposeront au Palais des Champs-Elysées.
- Art. 11.— La commission se réserve le droit d’admission sur les ouvrages envoyés.
- Nota. — Toutes les lettres doivent être adressées à M. le Secrétaire de la Société des Amis des Arts.
- L’EXPOSITION DE MUNICH
- La cérémonie de l’inauguration de la troisième exposition internationale des beaux-arts de Munich a eu lieu vendredi 1e1’ juin sous la présidence du prince-régent, en présence de tous les princes et princesses, des hauts dignitaires'du royaume, des membres du corps diplomatique, des hauts fonctionnaires, des membres de l’Académie des Beaux-Arts, de l’Université et de l’Institut polytechnique, et d’un grand nombre d’artistes et d’invités.
- Le palais de cristal, somptueusement décoré pour la circonstance, est tout rempli de nombreuses œuvres d’art exposées par les artistes de diverses nationalités mais surtout par les différents groupes de l’école allemande qui occupe à elle seule plus de la moitié des salles du Palais. L’exposition de Vienne a retenu jusqu’ici certaines œuvres d’art de l’école autrichienne, que sa récente fermeture rendra libres de venir figurer à l’Exposition de Munich.
- Il en est de même pour l’Ecole française, qui très restreinte en nombre, jusqu’ici sera plus largement représentée après la fermeture du Salon de Paris dont plusieurs toiles nous sont annoncées.
- Bornons-nous donc, quant à présent, à citer en hâte les premiers installés dans les sections étrangères. ^ ’
- Les premières salles du côté droit du Palais de cristal aprartiennent à la Hollande et à la Belgique; le placement des ouvrages a été dirigé par le délégué de ces sections, M. de Haas, le savant peintre animalier qui participe aussi comme exposant avec deux superbes toiles.
- Outre les deux toiles de M. de Haas nous trouvons dans le groupe des Hollandais : une belle page de M. Josef Israëls, représentant une pauvre vieille assise à son foyer et se chauffant les mains; deux charmants petits portraits de femme par M. A.-H. Bakkerkorst ; un autre joli petit tableau, Clair de lune, par M. G.-W. Odewelt ; une peinture d’une grande vérité, Barques de pêcheurs, par
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- 'io66. — Quatrième Année. — N° 180.
- M. H.-W Mesdag; de M. Maris, des tableaux de genres variés : Cuisine flamande, Port de mer et le portra t de deux enfants ; de M. Anton Mauve, mort récemment, Brebis au bois et Vaches au bord d’un ruisseau-, une esquisse de bonne couleur, Société en plein air, par M. W.-B. Tholen; puis les Moments pénibles, de M. A. Neuhuys ; Au restaurant, de M. David Oyens, et des paysages de M. Du Chattel.
- L'art belge compte parmi ses représentants : M. Franz Courtens, auteur de marines, d’un imposant effet, l'Escaut devant Anvers et Remorqueur sur l'Escaut-, diverses compositions de MM. Al-brecht de Vriendt, Franz Verhas et Alfred Ste-vens ; un Troupeau traversant la rivière, par M. X. de Cock ; des Gardeurs de vaches assis dans une vaste plaine, par M. Emile Claus : une Jeune femme jouant avec un singe, placée dans un élégant boudoir, par M. Cari Nys, l’un des lauréats du Salon de Paris ; le Retour des ouvriers, de M. van Lemputten; une Réunion d'artistes, par M. Henri Luyten ; Forêt de bouleaux, de J. van Luppen, et Dans la bruyère, par Th. Verstraete.
- L’Angleterre figure à notre exposition, par des œuvres de ses artistes éminents : les Orphelins, de sir John Millais ; Jeune esclave au bain, de M. Alma Tadema, qui expose en outre des portraits qui captivent l’attention, Ma fille cadette et Mon docteur-, Où le silence règne, par l’Ecossais John Smart ; les Vierges sages et les Vierges folles, par W.-B. Richmond; le Retour du berger, de J.-A. Waterlow; et des figures par P.-R. Morris. Les portraits sont nombreux: M. Hubert Herko-mer n’en compte pas moins de cinq; M. Franck Holl expose le portrait du Prince de Galles ; M. Leighton, un portrait de femme; M. Wistler, des portraits et des paysages au pastel; MM. H.-W. Barlett. D. Murray, Hages, John Reid et Mlle Clara Montalba ont envoyé des paysages maritimes.
- La section italienne, non terminée encore, promet d’être assez riche; on y remarque déjà les toiles de MM Luigi Mion, B. Giuliano, V. Cava-lieri, Ruggero Panerai, Alberti Mordiano, An-dreotti, Vinea, Rafaël Sorb'i, Emilio Borsa, Maxe Bianchi, L. Rossi, B. Bezzi, Ad. Tomassi.
- L’Espagne sera richement représentée, bien qu’on n’en puisse encore juger parfaitement en détail, mais tout porte à croire qu’elle soutiendra la réputation qu’elle s’était acquise ici il y a cinq ans.
- L’exposition des Etats Scandinaves est plus importante cette année qu’elle ne l’avait été chez nous jusqu’ici. Les tableaux suivants sont remarqués dès le premier abord : Nordensciold debout sur la glace de la mer polaire, par le comte Rosen, directeur de l’Académie des Arts de Stockholm ; Avril, par Gronwold; les Couturières, de Alb. Edelfelt ; Une Forêt de bouleaux, par L. Munthe ; Un effet de soleil couchant, par W. Gegerfeld; Soir d’hiver en Norvège, de Smith-Hald;trois tableaux de différents genres : une Vue de Venise, le Modèle et le Portrait en pied, d’une jeune dame, tous trois fort réussis, par Oscar Bjorck; une peinture d’un faire impressionniste, Enfants dans une barque et cueillant des nénuphars, par Ekanaës; des aquarelles habilement composées par Cari Darsson ; des paysages étoffés d’animaux, d’un faire moderne, par Chr. Skredwig; une Marine de Jean Larssen, des Pêcheurs en danger, d’Oscar Wergeland et La veuve du marin, de G. Cederstrom.
- La section américaine promet aussi beaucoup d’intérêt avec les toiles de Mv Toby Rosenthal, Mlle Klumpke, MM. Gari Melchers, F.-A. Harri-son, R. Kohler, Walter Gay, Bridhman, Ridway Knight, Henry Mosler, Frank Millet, Currier, Pearce.
- Cet aperçu, quoique fort incomplet, peut cependant donner une idée du grand intérêt qu’offre déjà notre exposition, intérêt qui sera fort augmenté par l’adjonction des œuvres attendues et que le voisinage de l’Exposition nationale allemande des Arts Industriels vient encore rehausser par une réunion de travaux d’art importants dans un genre différent.
- R. M.
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- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889 Dimanche 10 Juin 1888.
- LES LIVRES
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- Mémoires d’aujourd’hui par Robert de Bonnières, troisième série, i vol in-18, tParis, Paul Ollendorff, éditeur
- M. Robert de Bonnières est un écrivain des plus distingués, dont le talent dans le roman n’a pas encore peut-être entièrement dégagé son originalité, quoique ses Monach et Jeanne Avril aient eu auprès des raffinés et des délicats un légitime succès, mais quia dû sa première réputation, sa première fleur de notoriété aux notes nouvelles de vive ressemblance, d’observation hardie et de malicieuse finesse qu’il a su tirer d’un genre un peu démodé, qu’il a ranimé : le portrait politique et littéraire.
- . Les Alémoires d’aujourd’hui, dont la troisième série vient de paraître, ne sont pas autre chose qu’un troisième choix dans cette galerie de portrait d’après nature, pris sur le vif, c’est le cas de le dire, et parfois à faire crier l’original, dont l’allure preste, la piquante et maligne ressemblance ont frappé les connaisseurs, à leur apparition dans le Figaro. L’auteur les publie de nouveau aveciun soin de mise au point, un zèle aux re touches inévitables qui attestent sa probité d’art, mais sans ces corrections et repentirs qui témoigneraient de concessions ou de complaisances incompatibles avec la sincérité, sans laquelle il n’y a pas d’artiste. Cette sincérité de parti pris, cette sincérité quand même respire dans cette œuvre de bonne foi à toutes les pages. On y reconnaît et on y salue le désir d’être juste, et plus encore d’être exact, auquel l’auteur a tout sacrifié excepté l’esprit, car on peut être juste avec esprit, et la grâce, car on peut être exact avec grâce.
- M. de Bonnières n’est pas un amateur, c’est un véritable artiste, un écrivain de race, ambitieux et capable d’atteindre au style. Il peint solidement, sobrement, et procède comme le font les maîtres sûrs de leur sujet, qui tiennent leur homme, par larges synthèses, relevées çà et là du trait, du sel d’un détail piquant d’analyse. Il cherche le jour le plus favorable à l’effet permanent, le détail caractéristique, la touche typique.
- Il a une grande dextérité de main, une grande virtuosité d’exécution. Quelques-unes de ses définitions, quelques-uns de ses sobriquets ont fait fortune. De plus, comme c’est en même temps qu’un romancier et qu’un critique, un poète, il est rare qu’il ne trouve pas, au cours d’un de ses articles, une phrase dont la forme et l’envolée attestent qu’il n’a pas renoncé à la Muse, que le poète n’est pas mort en lui, qu’il n’a pas lu en vain l’Anthologie, qu’il sait l’art d’user du miel attique et du vinaigre corinthien, l’art de cette épigramme légère qui met le parfum de la rose sur la piqûre de la rose.
- Il y a dans ce volume d’abord trente-six portraits ou articles. Nous n’aimons pas beaucoup, parce que la charge y paraît trop et que la charge écrase la vignette, le croquis au pointillé d’une révolution vue par le petit bout de la lorgnette intitulé : les Trois Glorieuses. Les articles sur les Curieux littéraires et sur l'Humour ou sur les Diplomates de la Révolution sont aussi des articles à coté, où certes l’esprit ne manque pas, mais qui ont les inconvénients de l’esquisse, du profil. G e sont des profils encore, mais plus vivants, plus fins, plus malins que ceux intitulés : Trois ambassadeurs. De ces trois ambassadeurs croqués avec le don d’intimité humouristique d’un Denon ou d’un Isabey, gravés d’une pointe fine et sèche comme celle' des bons visages en médaillon de Duplessis-Bertaut ou de Fisinger, deux sont morts, M. Charles Tissot et M. de Saint-Vallier ; l’autre est vivant mais ne l’est guère, c’est-à-dire s’est retiré, a disparu de la scène : c’est M. de Gourcel. M. de Bonnières excelle dans cesfigures de diplomates. Ces personnages à secret, plein de ressorts et replis' cachés n’ont pas fde secret pour lui. Il a trouvé moyen de rendre vivant et parlant tel portrait d’ambassadeur actuel qui n’est
- pas de ceux dont on peut dire qu’ils pèchent par excès d’activité ou de zèle, et qui préfèrent le si-lence de Conrart à cette habileté de parole dont M. de Talleyrand se servait pour dissimuler sa pensée.
- Parmi les chefs-d’œuvre — il y en a — de cette galerie de portraits à l’emporte-pièce dontl’auteur aiguise encore une fois les pointes et distille les j olis poisons qu’il mêle à ses couleurs dans des notes de confirmation ou de rectification où il fait ses raccords de mise au point du jour et n’oublie, pour ranimer l’éloge ou l’épigramme ni amis, ni ennemis, parmi les chefs-d’œuvres de cette galerie où l’historien futur trouvera dans de la monnaie de chronique de la vraiemonnaie d’histoire, il faut citer le portrait de M. About, homme politique, celui de M. Laboulaye, de M. John Lemoinne, de M. Sigismond Lacroix, de M. Camille Pelletante M. Elisée Reclus, de M. Ernest Bersot, (ici, devant des qualités et des énergies morales qui ennoblissent toute erreur, l’impitoyable railleur a attendri son sourire d’une émotion d’autant plus touchante qu’elle est rare chez lui). Parmi nos débaters parlementaires, il est impossible de ne pas trouver ressemblant le portrait que M. de Bonnières trace de MM. Edouard Bocher et Buffet. S’il s’agit de personnages littéraires, MM. Octave Feuillet et Alfred de Vigny sont peints avec des traits qui gravent et qui durent. Charles Baudelaire est croqué au vrai autant que pouvait l’être un homme qui avait la fanfaronnade du faux, et qui à force de mystifier tout le monde a fini par se mystifier lui-même. Mme Henri Gré-ville n’a pas à se louer du peintre. Il a eu avec elle le pinceau un peu brutal. En général, M. de Bonnières n’est pas tendre pour la femme de lettres. Ces esprits sans sexe le déconcertent et l’irritent. Lui qui sait si bien son Orient n’a pas été galant pour Mme Greville, et ne l’a pas frappée qu’avec des fleurs. Mais il y a des raisons à donner à la décharge de cet exemple de sévérité.
- Les articles sur Darwin,. Schopenhauer, Wagner et Louis II ne sont que des esquisses, mais d’un trait aussi sûr que léger, et la dernière d’une in-' tensité, d’une mélancolie, d’un humour shakespearien comme son sujet.
- Quand il voyage à l’étranger, M. de Bonnières garde son dédaigneux parti pris de désintéressement, de détachement, de désabusement de tout hors la vérité, et sa finesseet sa malice pénétrantes d’observation. L’étude sur la société romaine en 1883, prise sur des notes de voyage de 1881, n’a pas vieilli depuis le temps.
- Les Notes sur l’Inde, où l’on trouve un si curieux portrait d’Arabi-pacha, de si intéressants détails sur le grand bonze, le grand prêtre, le Pape de l’Eglise du Sud par opposition à l’Eglise du Nord qui règne spirituellement sur la moitié des adeptes de cette religion bouddhique, qu’on évalue à cinq cents million, chiffre dont on peut dire qu’il est plein de choses et qu’il donne à penser ; où l’on peut savourer un si intéressant chapitre sur les mœurs des bayadères de Madura et un si -étonnant portrait du fantastique docteur polyglotte Leitner, témoignent de la bonne santé de ce talent d’observation, de cette virtuosité de reproduction vraiment remarquables qui ont su trouver des touches originales dans l’art de peindre un portrait et procurer au spectateur de ces tours de force de rendu et parfois de sous-entendu des voluptés d’esprit et de goût encore inconnues aux dilettantes.
- Nous attendrons la quatrième et dernière série des Mémoires d’aujourd’hui pour énoncer une opinion plus motivée, nous n’osons dire à propos d’aucun de nos modestes jugements le gros mot de définitif, à propos de cette série originale de portraits et de croquis, qui est une œuvre, et dont l’auteur est un homme dans le sens noble et amer du mot, c’est-à-dire quelqu’un avec lequel la critique et le public ont à compter,
- M. de Lescure.
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- Quatrième Année. — N4 180.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- Dimanche 10 Juin 1888.
- ANNONCES
- BANQUE FRANCO-ÉGYPTIENNE
- Assemblée générale du 14 avril 1888
- Extrait du Rapport du Conseil d’Administration
- L’assemblée générale annuelle des actionnaires a eu lieu le 14 avril 1888, sous la présidence de M. Albert Rostand, président du Conseil d’administration.
- Le rapport du Conseil d’administration expose que, quoique l’année 1887 ait vu se produire une certaine. amélioration au point de vue des affaires : elle n’a pas été affranchie de l’influence fâcheuse des incertitudes politiques. Les résultats obtenus par la banque n’ont pourtant pas été sensiblement affectés par cette situation, ce qui doit être attribué non seulement à la modération de ses engagements, mais encore à la liquidation favorable de plusieurs opérations entamées dans les exercices précédents. Conformément à la règle ui a toujours été suivie, le chiffre des valeurs isponibles en caisse, en reports et en portefeuille d’effets a été maintenu aune somme relativement élevée: 12,476,225 fr. 30, au 31 décembre dernier, soit 207,704 fr. 83, de plus qu’au dernier inventaire.
- Le chapitre des Fonds publics, Actions et Obligations, se montant à 6,030,806 fr. 05, est également en augmentation sur le chiffre du 31 décembre 1886 ; dans cette augmentation est comprise la plus value acquise par certaines valeurs dans le courant du dernier exercice.
- Les Participations Financières rep4 ésentant une somme totale de 9,069,386 fr. 75, sont en légère diminution. Ce compte est appelé à décroître prochainement par la rentrée d’une avance imp 0 r-tante faite au Gouvernement mexicain, rentrée dont le remboursement est assuré par le succès
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- d’un emprunt extérieur contracté récemment par le Mexique et destiné en partie à l’extinction de la dette flottante. La réussite de cet emprunt aura d’autres conséquences favorables pour la banque, un intérêt lui ayant été attribué dans cette opération.
- Le rapport annonce que le procès poursuivi depuis nombre d’années,. aux Etats-Unis, contre les Frustees des obligations du chemin de fer New-York, Boston et Montreal, vient d’avoir une issue défavorable en première instance ; une détermination sera prise incessamment, d’accord avec les autres cointéressés, sur l’appel de ce jugement.
- Le rapport explique la diminution temporaire du compte de la Succursale d'Alexandrie, signale l’extinction graduelle de celui de la Succursale de Port-Louis, dont la liquidation est en voie d’achèvement et constate les bonnes conditions dans lesquelles a été construit l’immeuble social dont les locations d’appartement déjà faites représentent un revenu important.
- Passant au compte de Produits et Pertes dont le solde s’élève à 2,054,997, fr. 81, le rapport indique les raisons pour lesquelles le conseil, afin de pouvoir donner plus de fixité aux dividendes futurs, a été unanime à proposer le versement à un compte spécial d’une somme de 600,000 fr. à prélever sur les bénéfices.
- Enfin, il soumet aux votes des actionnaires les propositions suivantes qui ont été approuvées après lecture des rapports du comité de censure et des commissaires des comptes.
- L’Assemblée :
- 1° Approuve les comptes de l’exercice 1887 ;
- 2° Fixe à 32 fr. 50, par action le dividende de l’exercice 1887. Un a compte de 15 fr., ayant été payé le 2janvier dernier, le solde, soit 17 fr. 50, sera payable à partir du 1er juillet prochain, sous déduction des impôts résultant des lois de finances ;
- 3° Approuve le report à nouveau du solde des bénéfices de l’exercice 1887, s’élevant 219,608, fr. 21 ;
- 4° Réélit M J. Grieninger, administrateur sortant ;
- 5° Réélit M. Morel Kahn, censeur sortant;
- 6° Nomme MM. Durand et Ducourau commissaires chargés de faire un rapport à l’Assemblée générale de 1889 sur les comptes de l’exercice 1888, avec autorisation d’agir isolément en cas d’empêchement de l’un d’eux.
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- QUATRIEME ANNÉE. Dimanche 17 Juin 1888. NUMÉRO 181.
- SOMMAIRE :
- q, L’Exposition de 1889 et la Révolution française; 2. Parti-’cipation de l’Espagne à l’Exposition universelle de 1889; 3. Les Auditions musicales; 4. Adjudications; 5. Echos; 6. Concours et Expositions de 1889 ; 7. L’exposition universelle de Barcelone; 8. L’Exposition de Bruxelles: manifestation franco-belge; 9. Avis commerciaux; 10. Lettre de M. Ferdinand de Lesseps; 11. Notre gravure; 12. Les Livres.
- A dater du 17 juin, le MONITEUR DEL’EXPOSITION DE 1889 est réorganisé sur des bases nouvelles ; ses bureaux sont transférés Cité de l’Alma, n°l 1 (Avenue Bosquet, avenue Rapp), à proximité de l’Exposition.
- Toutes les communications relatives à la Rédaction et à l’Administration du journal devront, en conséquence, être adressées dorénavant à M. H. PENDRIÉ, propriétaire-gérant du MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- L’EXPOSITION DE 1889
- ET LA RÉVOLUTION FRANÇAISE
- L’émotion causée par les haineuses insinuations de M. Tisza à l’endroit de la France s’est calmée, grâce à la digne et fîère attitude de M. Goblet. Le ministre des affaires étrangères a repoussé, dans un mâle et noble langage, les injustifiables calomnies du ministre-président de la Hongrie, qui a fini par déclarer, qu’il n’a_ vait jamais eu, n’aura jamais l’intention d’offenser la France. Aussi ne sommes-nous pas surpris de voir toute la presse indépendante de l’Europe faire ressortir la différence de langage et de procédés entre la prétendue ligue de la paix et le gouvernement de la République. Peut-on, comme l’a fait si bien remarquer M. Goblet, songer à la guerre quand on convie chez soi le monde civilisé aux fêtes de la paix ?
- A notre époque où Tartufe en bottes fortes tient le haut du pavé, il est des gens qui blâment la République d’avoir eu la pensée d’inviter les Etats monarchiques à participer à une Exposition destinée à célébrer le centenaire de la Révolution française. On peut dire cependant, sans chercher à les humilier, que ces contempteurs du plus généreux mouvement dont parle l’histoire seraient probablement encore, sans elle, des serfs attachés à la glèbe, ou feraient partie d’une populace courbée sous un joug quelconque, taillable et corvéable à merci.
- Les souverains, que le seul souvenir de 1789 épouvante, n’ont jamais pactisé avec la révolution ! Les rois d’Italie n’ont conspiré ni contre le rois de Naples, ni contre les ducs de Parme,
- de Toscane et de Modène, ni contre le Pape. Tous ces princes ne sont-ils pas encore sur leur trône ? Les empereurs d’Allemagne n’ont spolié de leurs Etats ni le roi de Hanovre ni le roi de Danemark ; ils n’ont pas davantage conspiré avec les révolutionnaires hongrois contre François-Joseph ; les Czars n’ont jamais fomenté d’insurrections contre les Sultans ; M. Tisza lui-même n’a jamais fait partie d’aucune société secrète ; enfin, les princes d’Orléans ont toujours été des partisans déclarés de la légitimité. Ils n’ont pas aidé à guillotiner Louis XVI ; ils n’ont pas conspiré contre Charles X ; ils n’ont pas déshonoré la pauvre duchesse de Berry.
- La date de 1789, que les malveillants et les niais confondent à dessein avec 1792, est glorieuse entre toutes. C’est la radieuse aurore de l’émancipation humaine. Elle n’a pas seulement détruit les bastilles, dont les lourds donjons pesaient sur la conscience universelle ; elle a encore, en proclamant les droits de l’homme et du citoyen, empêché à jamais leur reconstruction. Et c’est cette date que la réaction, au souffle enfiellé, espère rendre odieuse à l’humanité? Elle perd son temps. Toujours, du fond de la conscience s’élèvera une voix pour protester contre les détracteurs de la Révolution française. Et cette voix que jamais l’on ne parviendra à étouffer, suffira à venger la France, à la faire aimer par les peuples auxquels elle a dit si souvent dans leur profonde détresse : « Tenez. Voici ma chair et mon sang. »
- PARTICIPATION DE L’ESPAGNE
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1889
- La plupart des journaux ont annoncé ces jours derniers, que le gouvernement espagnol venait de décider que l’Espagne ne. pourrait prendre part, en raison de l’état de ses finances, à l’Exposition de 1889.
- C’est, en effet, à la séance du Sénat du de ce mois que M. Moret, ministre d Etat, répondant au nom de son collègue absent, M. Navarro Rodrigo, à la question que lui posait un sénateur ami de la France, M. Botella, déclara que s’appuyant sur l'ordonnance royale (real orden) du 26 décembre dernier, il croyait pouvoir affirmer de nouveau, au nom du gouvernement, que 1 Espagne, vu. l’état actuel de ses finances, ne pourrait participer officiellement à l’Exposition universelle de 1889.
- Mais M. Botella ayant protesté contre la déclaration ministérielle injurieuse pour l’Espagne, et un autre sénateur, le marquis de Arlanza, ayan^ parlé dans le même sens, M.JVLoret ajouta que les Cortès, si elles le jugeaient à propos, pourraient toujours voter une proposition de loi en faveur de la participation officielle de l’Espagne à 1 Exposition de 1889, bien que, dit-il, « par ce temps
- d’économies à réaliser qui court, la chose me paraisse difficile. »
- Cette dernière partie de la déclaration de M. Moret, quoique laissant une porte ouverte à une solution favorable, n’a cependant pas eu le don d’empêcher que des protestations se soient produites aussitôt sur tous les points de l’Espagne contre le refus qu’implique, en somme, le discours de M. Moret.
- A Madrid, ce même jour, ce fut une exclamation générale contre la déclaration du ministre. A-Saragosse, la Chambre de Commerce vota, dès qu’elle connut la nouvelle, une résolution invitant le gouvernement à revenir sur sa malencontreuse détermination. A Malaga, une pétition, inspirée par le même sentiment, se couvre de signatures. A Barcelone, où l’on a présenté la mémoire les fêtes splendides auxquelles a donné lieu l’inauguration de l’Exposition qui a lieu actuellement, dans cette ville, la réprobation contre la déclaration ministérielle y a atteint son apogée. ;
- « La résolution du gouvernement, s’écrie le Diario mercantile un des journaux les plus importants de la ciudad condal, est l’acte le plus inconséquent, le plus stupide, le plus inconvenant (des cortès) et le plus impolitique de la politique régnante.
- «... Contre toutes considérations, contre toutes les protestations, le fait s’impose : l’Espagne n’assistera pas officiellement à l’Exposition universelle que la France prépare.
- « La raison donnée par nos gouvernants est absurde : notre abstention a pour cause notre pauvreté 11
- « Si cela n’était une mauvaise farce, ce serait risible.
- « Nos hommes d’Etat n’ont même pas le mérité de la franchise. L’Allemagne, l’Autriche, l’Italie ont dit sans ambages le motif de leur abstention : elles ne veulent pas assister à la célébration d’un anniversaire contraire à leurs sentiments. Ici, les Sagasta, les Moret et autres ministres ne se hasardent même pas à parler ainsi ; ils inventent f argument de notre pauvreté. Comme on va rire en France de la raison alléguée par notre gouver-ment !
- «... L’Espagne ne concourra pas officiellement à l’Exposition universelle de Paris ? Eh bien ! qu’importe ? L’Espagne n’est pas le gouvernement qui, à cette heure malheureuse, le représente.
- « Contre toutes les affirmations du gouvernement, l’Espagne assistera à l’Exposition française de 1889.
- « L’Espagne ne peut pas être complice, par son indifférence, d’un acte que réprouve notre courtoisie, notre idéal et notre histoire. »
- Comme on en peut juger par cette citation et par les manifestations qui se sont produites déjà sur d’autres points de la Péninsule, 1 esprit public est vivement surexcité au delà des Pyrénées, et il y a lieu d’espérer que le gouvernement, mieux éclairé sur les véritables sentiments du pays à notre égard, reviendra bientôt sur sa fâcheuse détermination.
- Au moment où nous prenons possession de ce journal, nous sommes heureux de constater,
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- Dimanche 17 Juin 1888.
- chez nos voisins, ce courant d’opinion en faveur de la grande œuvre de paix et de civilisation que la France se prépare à célébrer l’année prochaine.
- Nous adressons, d’ores et déjà, à la grande famille espagnole et, en particulier, à nos nombreux amis d’Espagne, nos plus chaleureux remerciements, nuestro mas sincero agradecimiento.
- H. Pendrié.
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- Le Président de la République française,
- Vu le décret du 8 novembre 1884 ;
- Vu la convention intervenue, à la date du 29 mars 1886, entre le ministre du commerce et de l’industrie, représentant l’Etat, le préfet de la Seine, représentant la ville de Paris, et le gouverneur du Crédit foncier de France, agissant pour le compte de l’association de garantie constituée en vue de l’Exposition universelle de 1889;
- Vu spécialement l’article 7 de cette convention, portant : « Il sera institué auprès du ministre du commerce et de l’industrie une commission de contrôle et de finances composée de membres représentant l’Etat, la ville de Paris et l’association de garantie, dans la proportion des contributions respectives des trois parties contractantes. Les membres de cette commission seront nommés par décrets du Président de la République, insérés au Journal officiel. Elle sera présidée par le ministre » ;
- Vu la loi du 6 juillet 1886', et spécialement l’article. Ier, approuvant la convention susvisée ;
- Vu le décret du 28 juillet 1886 ;
- Vu l’arrêté ministériel du 26 août 1886, portant règlement général de l’Exposition universelle de 1889, et l’arrêté du 9 octobre, modifiant l’article 6 dudit règlement ;
- Vu le décret du 4 juin 1887;
- Sur la proposition du ministre du commerce et de l’industrie :
- De l’avis du conseil des ministres,
- Décrète :
- Article premier. — Est nommé membre de la commission consultative de contrôle et de finances de l’Exposition universelle de 1889, pour représenter l’Etat, en remplacement de M. Edouard Lockroy, nommé ministre de l’instruction publique et des beaux-arts, M. Tirard, sénateur, ancien
- jnistre des finances, ancien membre de cette commission.
- Art. 2. — Le ministre du commerce et de l’industrie est chargé de l’exécution du présent décret qui sera publié au Journal officiel de la République française.
- Fait à Paris, le 9 juin 1888.
- Carnot.
- Par le Président de la République •
- Le ministre du commerce et de l’industrie,
- Pierre Legrand.
- Par arrêté en date du 8-juin 1888, le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a nommé membres du comité d’organisation du congrès international d’agriculture :
- MM. Méline, président de la Chambre des députés.
- Gomot, ancien ministre de l’agriculture.
- Dehérain, membre de l’Institut, professeur au Muséum.
- Bazille (Gaston), ancien-sénateur.
- Chapon, publiciste.
- Chauveau, membre de lTnstitut.
- Develle, ancien ministre de l’agriculture.
- Girard (Aimé), professeur au Conservatoire des arts et métiers.
- Risler, directeur de l’Institut agronomique.
- Tisserand, directeur de l’agriculture au ministère de l’agriculture.
- Grandeau, doyen de la faculté des sciences de Nancy.
- Foucher de Careil, sénateur. ’
- Duchartre, membre de l’Institut.
- MM. Lecouteux, membre de la Société nationale J d’agriculture.
- Passy (Louis), député, secrétaire perpétuel de la Société nationale d’agriculture.
- Dampierre (de), président de la Société des agriculteurs de France.
- Bénard (Jules), agriculteur.
- Gorsse (delà), secrétaire de la Société d’encouragement à l’agriculture.
- Teisonière, agriculteur.
- Beaudrillart, membre de l’Institut.
- Sagnier, directeur du Journal de l'agriculture,
- Cazauvieilh, député, président du groupe viticole à la Chambre.
- Nouette-Delorme, membre de la Société nationale d’agriculture.
- Albaret, constructeur de machines agricoles .
- Gougeirol, député, sériciculteur.
- Balbiani, professeur au Collège de France.
- Lalande, député.
- Mornay (de), président de la Société hippique.
- Porion, distillateur (Nord).
- Teillier (René), président honoraire de la Société des agriculteurs du Nord.
- Par arrêté en date du 9 juin 1888, le ministre clu commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a décidé que le comité d’installation de la classe 3y comprendrait cinq membres, au lieu de quatre, pris parmi les exposants admis de la classe et élus par ces derniers.
- LES AUDITIONS MUSICALES
- La première section de la Commission des auditions musicales à l’Exposition de 1889, réunie au Conservatoire sous la présidence de M. Ambroise Thomas, vient d’adopter, sur le rapport de M. Léo Delibes, au nom d’une sous-commission, le projet de l’Exposition musicale, qui devra, comme l’Exposition de peinture, représenter le mouvement artistique de ces dix dernières années.
- Si l’administration supérieure adopte le projet, il sera donné dans la salie du Trocadéro, pendant le cours de l’Exposition, huit grands concerts par les cinq grands orchestres de Paris, Société des concerts, Opéra, Opéra-Comique, concert Lamoureux et concert Colonne. Chaque exécution comptera deux cénts instrumentistes et des chœurs. Le programme sera composé uniquement d’œuvres déjà exécutées de compositeurs français, vivants ou morts.
- La Commission estime que la. somme de cent mille francs sera nécessaire, à raison de dix mille francs pour chacun des huit concerts, vingt mille francs demeurant réservés à la disposition de l’administration supérieure pour les orchestres étrangers s’il s’en présente.
- ADJUDICATIONS
- Le lundi 2 5 juin, au nom de la direction générale des travaux de l’Exposition de 1889, il sera procédé publiquement, à une heure de l’après-midi, dans une des salles du Conseil de Préfecture (Palais du Tribunal de Commerce), par les soins du préfet de \a Seine ou son délégué, aux adjudications suivantes :
- i° En un lot, de l’entreprise des travaux de construction, en location, des pavillons d’entrée à établir aux diverses portes de l’Exposition.
- Les travaux sont évalués à ii5,36o francs.
- Le cautionnement est fixé à 3,000 francs.
- 20 En un lot, des travaux de terrassements et de maçonnerie à exécuter, à forfait, pour les pavillons destinés à l’Exposition d’hygiène, à l’Esplanade des Invalides.
- Les travaux sont estimés à i6,5oo francs.
- Le cautionnement est fixé à 700 francs.
- 3° En un lot, à forfait, des travaux de charpente, menuiserie, couverture, planchers, quincaillerie et vitrerie, à exécuter, en location, pour les pa-j villons destinés à l’Exposition d’hygiène, à l’Es-! planade des Invalides.
- Les travaux sont estimés à 78,500 francs.
- Le cautionnement est fixé à 3,000 francs.
- 40 En un lot, des travaux de peinture à exécu-i ter, à forfait, pour les pavillons destinés à l’Expo-: sition d’hygiène, à l’Esplanade des Invalides.
- | Ces adjudications auront lieu, comme d’usage, j au rabais et sur soumissions cachetées qui devront S être déposées au bureau d’adjudication, dans la salle du Conseil de Préfecture, au Tribunal de Commerce, le lundi 25 juin, de midi à une heure.
- Le paquet renfermant la soumission devra contenir également les pièces suivantes qui auront dû être, au préalable, adressées, huit jours au moins avant l’adjudication, à la direction générale des Travaux, dans les bâtiments du Champ-de-Mars, à l’extrémité de l’avenue Rapp :
- i° Une demande d’admission à l’adjudication sur papier timbré, faisant connaître les noms, prénoms, domicile, lieu et date de naissance du soumissionnaire ; •
- 20 Un extrait de son casier judiciaire ayant moins d’une année de date;
- 3° Les pièces demandées par le cahier des charges générales, telles que certificats de capacité, etc.
- ÉCHOS
- Comités d’installation.
- Par arrêté en date du 26 mai 1888, le ministre-dû commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a nommé membre des comités d’installation :
- Classe 39. —Objets de voyage et de campement
- M. Camus, président de la chambre syndicale-des transports, membre des comités d’admission,
- M. Dupuy, président de la chambre syndicale des emballeurs, membre des comités d’admission.
- Auditions musicales.
- Par arrêté en date du 24 mai 1888, le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire-général de l’Exposition universelle de 1889, a nommé membre de la commission d’organisation des auditions musicales, section II (orphéons et sociétés chorales). M. J.-B. Arban, professeur au Conservatoire national de musique, en remplace" ment de M. Th. Semet, décédé.
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- L’exposition irlandaise installée à Kensington dans les bâtiments de l’Olympia, a été solennellement inaugurée par le lord-maire de Dublin. Rien n’est encore terminé dans cette exposition qui doit montrer les divers produits industriels et artis. tiques de l’Irlande ; on y voit cependant d’intéressantes reproductions en toile peinte, de monuments du passé : tour historique, château, rue de village avec ses maisons couvertes en chaume et habitées par des Irlandaises filant la laine et faisant de la dentelle. L’exposition se complète activement et restera ouverte jusqu’au 27 octobre.
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- Les sections XIV et XV de la commission d’organisation des congrès et conférences à l’Exposi-! tion de 1889 se sont réunies aujourd’hui à la chambre de commerce sous la présidence de M. Gustave Roy.
- Après une discussion à laquelle ont pris part MM. Poirrier, Bessand, Hayem, Amédée Marteau, de Laussedat, Louis Donzel, il a été décidé
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- Quatrième Année. — N° 181.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889]
- Dimanche 17 Juin 1888. — 1069.
- que le congrès commercial, qui aura lieu à la demande des chambres de commerce pendant l’Exposition, se divisera en trois sections ou plutôt se composera de trois congrès : le premier relatif au régime économique ; le deuxième, à la législation internationale comparée ; le troisième à l’enseignement technique.
- Sont nommés membres de la commission d’organisation ;
- 1° Pour le régime économique : MM. Poirrier, président de la chambre de commerce de Paris, le colonel de Bange, Masson, Natalis, Roudot, Levasseur, Noblemaire, Hiélard , Mignon, les présidents des chambres de commerce de Lyon, Bordeaux, Marseille, Rouen, le Havre;
- 2° Pour la législation commerciale comparée : MM. Bessand, Martial, Bernard, Chesson, Louis Donzel, avocat, Letrange, Michau, président du tribunal de commerce de la Seine, Piault, les présidents des tribunaux de commerce de Rouen et de Lille :
- 3° Pour l’enseignement technique : MM. Grellet, Hayem, de Laussedat, Amédée Marteau, Gustave Roy, ancien président de la chambre de commerce, Siegfried, député.
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- La commission de contrôle et de finances de l’Exposition de 1889 s’est réunie hier matin, sous la présidence de M. Pierre Legrand, ministre du commerce.
- Elle a approuvé diverses concessions, notamment aux aquarellistes, aux pastellistes, à la Corn, pagnie Transatlantique, aux organisateurs du panorama le Tout-Paris, d’un globe terrestre au millionième, de balances automatiques, etc.
- Des établissements d’électrisation et de photographie instantanée seront aussi installés dans le jardin de l’Exposition.
- La concession d’un terrain de 2,000 mètres a été également consentie pour l’établissement d’un Palais de l’Enfance, où seront réunis tous les jeux et tous les moyens d’attraction.
- L’adjudication ouverte pour la construction de chemins de fer à l’intérieur de l’Exposition n’a donné aucun résultat.
- Enfin la commission s’est occupée de l’autorisation spéciale qui pourra être accordée aux représentants de certains pays de l’extrême Orient de vendre leurs produits.
- Cette dérogation à la règle générale a été approuvée en principe, sous cette réserve que l’administ-ration se sera assurée que les produits ainsi mis en vente présentent toutes les garanties d’authenticité et sont des produits originaux .
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- CONCOURS ET EXPOSITIONS
- EN 1888
- ANVERS. — Exposition, du 1 5 juillet au i5 octobre 1888. Réception des ouvr. jusqu’au 20 juin.
- GAND. — Concours entre architectes belges. Dépôts des projets jusqu’au 3o juin.
- BARCELONE. — Exposition du 20 mai au 8 octobre 1888.
- BARCELONE. — Concours d’archéologie. Dépôt des ouvrages jusqu’au 25 octobre I891.
- BRUXELLES. —Grand concours international de 1888.
- BRUXELLES.— Exposition rétrospective d’art industriel.
- BUENOS-AYRES et MONTEVIDEO —Expositions successives en 1888.
- CHATEAUROUX. — Exposition d’art ancien et moderne.
- COPENHAGUE. —Exposition, du 15 mai' au 3o septembre.
- DOUAI. — Exposition, du 8 juillet au 5 août 1888. Dépôt des ouvrages à Paris, chez Dupuy-Vildieu, 5 et 8, rue de l’Echiquier, du 25 juin au 5 juillet.
- DRESDE. — Exposition, du ier mai au i5 juin 1888.
- EP1NAL. — Exposition régionale, du 9 juin au 15 juillet 1888.
- EVREUX. — Exposition, du ier juillet au 3o septembre 1888. Envois à Evreux avant le i5 juin.
- GLASCOW. — Exposition d’art ancien et moderne, de mai à octobre.
- LANGRES. — Exposition, du iôaoût au 6 septembre. Envois à Langres, du 10 au 20 juillet. Dépôt à Paris, chez Dangleterre, 16, rue Labié, du ier au 5 juillet.
- LIEGE. — Exposition, du 29 avril au 17 juin.
- LOUVAIN. — Concours pour dessin d’illustration. Envois avant le 3o juin.
- LYON, 21, rue Centrale : Exposition permanente d’objets d’art ancien.
- MELBOURNE. — Exposition internationale, du Ier août 1888 au 3i janvier 1889.
- MUNICH. — Exposition internationale, du 1e1' juin au 3i octobre 1888. Les oeuvres figurant au Salon de Paris seront admises de droit à l’exposition de Munich.
- NEW-YORK. — Concours pour monument Grant. Envoi des projets avant le ier novembre.
- PARIS. —Salon de 1888, du Ier mai au 3o juin. Entrée : tous les jours de 8 h. à 5 h. ; les lundi, de midi à 5 h. seulement. Prix d’entrée : 2 fr. de 8 h. à midi; 1 fr. de midi à 5 h. ; les vendredis : 5 fr. ; les dimanches : 1 fr. de 8 h. à midi ; entrée gratuite, de midi à 5 h. .
- PARIS. —Hôtel de Chimay, i5, quaiMalaquais: Exposition de l’Art français sous Louis XIV et Louis XV.
- PARIS. — 11, rue Le Peletier. Du 25 mai au 25 juin, exposition de tableaux de neuf artistes.
- PARIS. — 8, rue de Sèze. Du 25 mai au25 juin, expos. Bretonne-Angevine.
- PARIS. —1 Exposition Universelle de 1889, du 5 mai au 3i octobre. Dépôt des ouvrages du 5 au 20 janvier 1889. Les artistes étrangers adresseront leurs ouvrages, du 5 au 3o décembre 1888.
- PARIS. — Exposition Universelle de 1889, du 5 mai au 3i octobre. Dépôt des ouvrages du 5 au 20 janvier 1889 Les artistes étrangers adresseront leurs ouvrages, du 5 au 3o décembre 1888.
- PARIS. — Exposition de Blanc et Noir, au Pavillon delà Ville, du ier octobre au i5 novembre 1888. Envois, du Ier au 5 septembre.
- PARIS. — Concours pour construction d’hospice Debrousse. Dépôt des projets à l’Hôtel-de-Ville jusqu’au i5 juin.
- REIMS. —Exposition du 6 octobre au 12 novembre 1888. Dépôt au Palais des Champs-Elysées avant le 10 septembre.
- ROTTERDAM, — Exposition triennale, du 27 mai au 8 juillet.
- ROUBAIX. —Exposition d’objets d’art anciens.
- ROUEN. — Exposition, du ier octobre au 3o novembre. Envois à Rouen avant le 20 août. Dépôts à Paris, chez Guinchard et Fourniret, 11, rue Lepic, du 10 au 20 août.
- SAINT-QUENTIN. — Exposition, du 26 juin au 29 juillet.
- SPA. — Exposition, du ier juillet à fin septembre. Envois à Spa, jusqu’au24 juin.
- SUISSE. — Exposition circulante, du t5 avril au 16 septembre.
- VERSAILLES. — Exposition du ier juillet au 3o septembre 18S8. Envois à Versailles, du 11 au iôjuin.
- L'EXPOSITION UNIVERSELLE DE BARCELONE
- Dans sa séance du lundi 11 juin, le Conseil municipal de la ville de Paris a entendu le rapport fait, au nom de la délégation qu’il avait envoyée aux fêtes d’inauguration de l’Exposition de Barcelone, par M. de Bouteiller, vice-président du Conseil. Nous ne croyons mieux faire que de publier ce rapport in-extenso, tel
- que nous le trouvons dans le Bulletin municipal officiel de la ville de Paris :
- Adresse de remerciements et de félicitations du
- Conseil municipal de Paris à la municipalité de Barcelone.
- M. de Bouteiller, au nom da Bureau. — Messieurs, la municipalité de Barcelone nous avait fait l’honneur de nous inviter à l’inauguration de l’Exposition universelle ouverte dans cette ville.
- Votre Bureau a répondu à son appel en désignant quatre de ses membres : MM. de Bouteiller, vice -président ; Boll et Maury, secrétaires ; Mayer, syndic, pour le représenter à cette solennité.
- C’est en leur nom, Messieurs, que je viens rendre compte au Conseil de la mission qui nous a été confiée.
- Nous avons reçu de la municipalité de Barcelone l’accueil le plus empressé et le plus cordial.
- Il nous serait impossible d’énumérer ici toutes les attentions, tous les témoignages d’estime et de sympathie dont nous avons été l’objet comme Français et comme membres de la municipalité parisienne, durant notre séjour dans cette belle et hospitalière cité.
- Nous devons nous borner à en exprimer notre reconnaissance à la population barcelonaise et à ses dignes représentants.
- Messieurs, c’est avec un véritable plaisir que nous avons assisté à cette importante manifestation de l’art et de l’industrie espagnole et que nous avons applaudi à son succès.
- A ce sentiment se mêlait aussi une satisfaction toute particulière : celle de pouvoir constater, près de notre frontière, les magnifiques résultats obtenus par l’initiative d’un corps municipal agissant dans la plénitude de ses libertés et de sa responsabilité.
- Car, Messieurs, l’Exposition de Barcelone est l’oeuvre exclusive de 1 'ayuntamiento.
- C’est lui qui a eu la peine ; c’est à lui seul qu’en appartient l’honneur.
- C’est à lui que revient aussi le mérite de ce dé veloppement extraordinaire, de cet agrandissement si bien conçu de l’antique capitale de la Catalogne.
- Il y a là, Messieurs, un exemple à méditer et à retenir et il n’en sera que plus précieux pour nous, puisqu’il nous vient d’un peuple ami et étroitement lié à la France par une communauté d’origine, d’aspirations et d’intérêts.
- Mais, Messieurs, je ne dois pas oublier les motifs qui m’ont amené à cette trih.une, C’est avant tout un devoir de gratitude et de reconnaissance que nous avons à remplir vis-à-vis la municipalité de Barcelone.
- Le Conseil, nous en sommes persuadés, voudra bien s’y associer en votant l’adresse suivante, qu’au nom du Bureau j’ai l’honneur de lui proposer :
- « Le Conseil municipal de Paris, profondément touché de l’accueil fait aux membres de son Bureau, envoie à Y ayuntamiento de Barcelone ses remerciements, ainsi que l’expression de ses vives sympathies pour la nation espagnole, etle félicite du succès obtenu par l’exposition universelle de 1888.» (Très bien! Très bien! sur un grand nombre de bancs.)
- Cette adresse est votée par acclamation et à l’unanimité.
- L’EXPOSITION DE BRUXELLES
- MANIFESTATION FfiANCO-BELGE
- Un banquet offert par M. Muzet, commissaire général de la République française au grand Concours, a fêté l’inauguration de la section française. Environ 180 convives, dont la plupart des membres de la Chambre de commerce française , s’étaient réunis à Y Hôtel Mengelle, sous la présidence de M. Bourée, ministre de France.
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- 1070. — Quatrième Année. — N° 181.
- Banquet charmant et remarquablement bien ordonné. Un menu fort artistique avait été dessiné par M. Cassiers et photographié par M. Emile Aubry.
- Parmi ceux qui faisaient le plus d’honneur aux mets défendus par l’Eglise, on a remarqué M. Beernaert.
- Au dessert, M. Bourée, en portant le toast au roi, a prononcé un excellent discours:
- Nous sommes, a dit le ministre de France, un peuple de travailleurs, et nous voulons travailler, développer nos échanges, activer notre production, nous pouvons le proclamer bien haut, sans que personne puisse en prendre ombrage. (Applaudissements.)
- Pour cela, il nous faut l’ordre au dedans, pour nous-mêmes et pour ceux qui viennent s’asseoir à notre foyer (applaudissements), la paix qui, comme l’a dit M. Goblet, doit reposer sur le respect réciproque des droits de chaque nation, sans rien coûter à la dignité d’aucune d’elles.
- L’ordre nous l’avons, et le gouvernement de la République est en situation et en droit d’en répondre au regard de tous. (Applaudissements prolongés).
- La paix, il ne dépendra pas de nos seuls efforts qu’elle soit mise à l’abri de toute atteinte. Nous la désirons fermement, sincèrement, et la sagesse, la modération, le sang-froid dont le gouvernemen
- lia nation ont donné de significatifs témoignages nous permettent d’en espérer le maintien. Rien ne peut mieux contribuer à l’affermir que des journées comme celle d’hier. La Belgique nous a devancé dans la voie où nous nous engagions nous-mêmes; nous lui rendrons, en 1889, la cordiale hospitalité qu’elle offre à nos exposants. (Applaudissements.)
- . M. Beernaert a répondu en buvant au président de la République et à la grande nation à laquelle tant de liens et de souvenirs nous rattachent.
- La Belgique, dit-il, sait ce qu’elle doit à la France et elle a la mémoire du cœur. (Applaudissements prolongés.)
- La caractéristique du siècle actuel se trouve dans l’extension des relations nationales. Malgré toutes les barrières factices que la politique veut élever entre les peuples, on voit chaque jour s’étendre et se répandre ces relations qui doivent être l’avenir du monde. (Longs bravos.)
- Les expositions internationales sont le grand élément de ce développement des relations internationales. Non seulement elles activent le développement des affaires, mais elles fournissent aux nations une occasion d’apprendre à se connaître, à s’estimer, à s’aimer. Et, à ce point de vue, nous ne saurions trop applaudir à l’idée qui a donné naissance au Grand concours, dont nous célébrons aujourd’hui une des plus brillantes manifestations.
- Je ne doute pas, messieurs, que l’année prochaine nos industries à nous ne répondent à leur tour avec éclat à l’invitation que vous] leur avez adressée (Bravos).
- Les allusions fort transparentes de ces deux discours ont été soulignées par de chaleureux applaudissements. M. Muzet a bu à tous ceux qui ont facilité la tâche du commissariat français,-et M. Carlier, commissaire général élu par les exposants belges à Paris, en 1889, a prononcé un discours fort énergique, où après avoir relevé le caractère démocratique dont le comité et lui ont été investis par l’élection de leurs pairs, il a envoyé ce nouveau pavé dans le jardin de M. Tisza et des réactionnaires.
- Nous irons à Paris, en toute confiance, et nous ne craindrons nous, ni pour nos personnes, ni pour nos biens, ni pour notre drapeau, trop heureux d’associer nos couleurs belges à ces couleurs tricolores françaises qu’on a appelées si justement 1’ « arc-en-ciel du progrès et de la liberté. »
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1
- Dimanche 17 Juin 1888.
- Un toast à la presse a été porté en excellents termes par M. Ch. Rolland et la fête s’est terminée au milieu de cette animation et de cette cordialité qui sont l’un des plus précieux apanages de la nation française.
- AVIS COMMERCIAUX
- TURQUIE
- HUILES DE COTON ET SAVONS FABRIQUÉS AVEC LES HUILES DE COTON
- A la suite de démarches faites par l’Ambassadeur de la République à Constantinople, il a été décidé que les savons fabriqués avec les huiles de coton, dont l’importation avait été récemment prohibée, seront librement importés en Turquie.
- En ce qui concerne les huiles de coton, prohibées à l’importation, d’après les informations publiées par la presse turque, le Gouvernement aurait accordé aux détenteurs de ces produits, pour leur permettre de se débarrasser des stocks en magasin, un nouveau délai qui expire le iei’/i3 juillet prochain et passé lequel toutes les huiles de coton trouvées en la possession des commerçants feraient confisquées.
- CHAMBRES DE COMMERCE FRANÇAISES A L’ÉTRANGER
- CHARLEROI
- COMPTE RENDU DES TRAVAUX PENDANT L’ANNÉE 1887
- M. le Ministre du Commerce et de l’Industrie vient de recevoir le compte rendu des travaux de cette Compagnie pendant l’année dernière.
- Ce document est à la disposition des industriels et négociant français, 80, rue de Varenne (Direction du Commerce extérieur. — Bureau des Renseignements commerciaux).,
- BARCELONE
- MODIFICATION DANS LA COMPOSITION DU BUREAU
- Par suite de la démission de M. Pujo des fonctions [de secrétaire, le bureau de la Chambre de Commerce française de Barcelone vient d’être modifié de la manière suivante : M. Magnac, précédemment trésorier, a été nommé secrétaire et M. Joseph Mattes, trésorier.
- ALEXANDRIE
- COMPOSITION DU CONSEIL DE LA CHAMBRE POUR l’exercice 1888
- MM. Frauger exportateur, président-, Toussaint Suzzarini, fabricant d’allumettes chimiques, vice-président; Ricard, agent delà Compagnie des Messageries maritimes, trésorier; Dol, agent d’assurances, secrétaire ; Jules Breton, Frœlich, Der-vieu, Diab et Facier, membres.
- ------ —raer» o » — --------- -
- LETTRE DE M. FERDINAND DE LESSEPS
- Aux fondateursj actionnaires, obligataires et correspondants de la Compagnie Universelle du Canal intèrocanique de Panama.
- Paris, le 9 juin 1888.
- Messieurs,
- La Chambre des députés, dans sa séance du 28 avril, et le Sénat dans^sa séance du 5 juin, ont voté la loi, promulguée au Journal officiel le 9 juin, par laquelle je suis autorisé à émettre des obligations à lots.
- Je vous transmets le prospectus énonçant les conditions de l’emprunt en obligations à lots dont l’émission publique aura lieu le 26 juin.
- Dans la demande que j’avais adressée au gouvernement pour obtenir cette autorisation je m’étais appliqué à dégager toutes les responsabilités, en prenant d’avance l’engagement de garantir complètement, et quoi qu’il pût arriver, le remboursement intégral de toutes les obligations et le payement régulier de tous les lots.
- Ce remboursement et ce payement seront donc garantis par un dépôt de rentes françaises ou de titres garantis par le gouvernement français.
- Une société civile, spéciale, indépendante de la compagnie du canal de Panama, gérera ce dépôt.
- Cet emprunt est destiné, — comme le fut jadis l’emprunt en obligations à lots autorisé par le Parlement pour l’achèvement du Canal de Suez,— à assurer l’ouverture du Canal de Panama à la grande navigation.
- J’ai la satisfaction de vous faire connaître que l’ensemble du travail exécuté par les entrepreneurs dépasse les prévisions formulées dans le programme actuel pour l’ouverture du Canal.
- J’écrivais le 18 mai dernier à M. le Président de la commission du Sénat:
- « Les trois premiers mois de l’année courante « nous avaient donné un cube d’extraction supé-« rieur de 262,500 mètres au cube moyen mensuel « nécessaire pour arriver à l’ouverture du canal « dans les délais fixés.
- « Le cube extrait en avril, encore supérieur à la « moyenne des trois premiers mois, vient de « porter l’avance à 449,500 mètres cubes ».
- Ainsi, pendant la période longue et difficile que nous venons de traverser, malgré toutes les attaques, toutes les menaces, toutes les manœuvres de ceux qui convoitaient notre magnifique entreprise, le zèle de nos travailleurs ne s’est pas ralenti un instant.
- Ces Français énergiques et dévoués savaient qu’ils pouvaient compter sur leurs compatriotes ; ils étaient soutenus par leur patriotisme, encouragés par l’exemple de leurs devanciers qui ont fait le canal de Suez, — si attaqué jadis et qui a déjà rapporté à la France près de 2 milliards! — et ils ont poursuivi quand même, à Panama, l’exécution de l’oeuvre dont l’achèvement prochain sera pour notre nation un nouveau titre de gloire en même temps qu’une nouvelle source de richesse.
- Et il est juste d’associer aux travailleurs de l’Isthme marchant à cette conquête pacifique, ceux qui, par leurs capitaux, en assurent le succès définitif.
- Le président-directeur,
- Ferdinand de Lesseps.
- La Compagnie d’Orléans, en vue de faciliter au Public la connaissance de ses tarifs, a mis en vente à des prix très modérés, dans toutes ses gares et stations, dans ses bureaux de ville à Paris et à son administration Centrale, place Valhubert, à Paris, tous les documents relatifs aux tableaux de distances des stations entre elles èt aux tarifs de petite vitesse en vigueur sur son réseau.
- En outre, les personnes désireuses d’être tenues régulièrement au courant de toutes les modifications apportées à ces tarifs, pourront recevoir, moyennant un abonnement annuel de3fr., des suppléments publiés à intervalles fréquents et destinés à porter ces modifications à la connaissance du Public.
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- Quatrième Année. — N° 1S1.
- NOTRE GRAVURE
- A peine le Moniteur de l’Exposition était-il installé dans le nouveau local où ont été transférés ses bureaux, à la porte même du Palais des machines, que nous avons reçu la visite de trois architectes chinois, MM. Tha-lé-Kong, Li-Mhos-Bak et Hang-Shel-Fou, venus à l’Exposition pour y construire un de ces magnifiques jardins dessinés sur le modèle des Yuen-Ming-Yuen, c’est-à-dire des jardins qui entourent les résidences affectées à l’empereur et à sa cour.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Rien de gracieux et d’élégant comme ces habitations princières communiquant entre elles par des chemins étroits et tortueux ou par des ruisseaux aux contours sans fin et dont les rives se relient par des ponts de marbre blanc jetés de distance en distance. Vers le centre de ces splendides jardins, des bassins ayant la forme d’un ^parallélogramme, recevront le trop plein des cours d’eau serpentant dans toutes les directions, et feront ainsi de l’œuvre des architectes chinois de véritables labyrinthes aquatiques.
- Sur la droite du jardin, un palais de mandarin se distinguera par sa grandeur et les couleurs éclatantes de ses façades. 11 sera décoré
- Dimanche 17 Juin 1S8S. — 1071.
- de figures de lions, de dragons et d’autres animaux symboliques et précédé, comme ceux des principaux personnages du Céleste Empire, de mâts vénitiens auxquels flotteront des banderoles à fond jaune, emblème de la puissance impériale.
- Le toit de ce palais, composé de tuiles d’un beau jaune, brillera comme une nappe d’or aux rayons du soleil ; il sera relevé par des arabesques représentant une foule d’animaux fabuleux et garnies de tous côtés d’une véritable dentelle en marbre blanc, dont les dessins inconnus à tout autre pays qu’à la Chine, sont dignes d’exciter la plus vive admiration chez tout véritable artiste.
- LE JARDIN CHINOIS A L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1889
- Les murailles intérieures seront revêtues de briques ou tuiles blanches vernies, offrant en relief des effigies de Bouddha richement dorées.
- A l’entrée du jardin sera dressé une immense porte d’honneur, espèce d’arc de triomphe érigé à la mémoire des empereurs, des princes ou des lettrés ayant rendu des services à la Chine. Cette porte sera embellie par des sculptures qui réuniront la munificence à la grandeur.
- Le jardin sera peuplé des plantes les plus rares, des arbrisseaux les plus curieux, taillés en formes fantastiques, en imitation de vases, d’animaux même et surtout de cerfs.
- Çà et là, des rochers artificiels, des grottes, des souterrains, des lacs en miniature, des ruisseaux et des ponts, étonnerontle promeneur par la variété deleurs constructions pittoresques et gracieuses.
- Tel est le projet que nous ont soumis nos honorables visiteurs, projet que nous mettons sous les yeux de nos lecteurs, bien qu’il ne puisse donner qu’une idée imparfaite des merveilles qu’offrira le jardin chinois.
- En quittant les bureaux du Moniteur de ^Exposition de 188g, Tha-lé-Kong, qui parle français comme un Parisien, nous a informé de son intention de faire des conférences sur l’archi-
- tecture et l’art chinois dans le palais annexé au jardin. Il va sans dire que nous donnerons à nos lecteurs la primeur de tout ce qui se réalisera dans cet ordre d’idées.
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- 1072. — Quatrième Année. — N° 181.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 17 Juin 1888.
- LES LIVRES
- CLXI
- Une tache d'encre, par René Bazin, i vol. in-18, Calmann-Lévy, éditeur.
- Il y a quelque temps nous eûmes l’occasion de lire dans le Correspondant un roman d’un inconnu, nouveau venu dans les lettres, intitulé : Ma tante Giron. Ce roman nous frappa beaucoup par des qualités rares chez les débutants : une grande finesse et une grande gaieté d’observation, un style vif et clair, un humour sans amertume et sans nuage, et sans pédantesque ironie, très différent par conséquent de celui de Swift, mais où il entrait certainement, avec ce grain de sel français qui lui donne une saveur plus piquante, de l’humour sentimental de Sterne, de l’humour attendri de Goldsmith, de l’humour bon enfant de Dickens. Pour lui trouver, sans trop savoir s'il y a eu là en effet des influences et des prédilections décisives sur ce jeune talent, des analogies plus françaises, nous songions à Xavier de Maistre, à Toppfer, et nous dirions même un peu à Stendhal, si nous n’avions affaire ici à un observateur moins désabusé et surtout à un philosophe qui n’a rien de cynique, ni de pyrrhonien, mais qui est en toute franchise, avec un sourire respectueux de tout ce qui est respectable, un moraliste chrétien.
- Cette observation malicieuse et gaie, cette langue vive et claire, se colorant sans excès au passage, comme le ruisseau, des rayons de soleil que traverse son cours, ou des reflets de verdures qui se balancent sur ses bords, cet art encore instinctif (tout art est d’abord un don) de peindre un caractère en quelques traits ou de tracer un paysage en quelques touches, cette gravité légère, ce bon sens de bonne humeur, ce mépris des outrances d’impression et des brutalités d’expression du naturalisme à la mode, cette recherche de l’effet non dans l’exagération de sentiments faux, mais dams la sincérité de sentiments naturels, humains : tout cela n’était pas du premier venu. C’est rare bonne fortune pour la critique que d’avoir à se mettre sous la dent pareil régal de nouveauté et de surprise : un talent vraiment pur, jeune et frais, un art précoce de ce triomphe du roman : amuser sans corrompre, et procurer au lecteur le plaisir d’une émotion dont le rire ou les larmes sont également salutaires. Le jeune débutant de 1886 a continué son chemin. Il a publié une ' Stephanetle que nous ne connaissons pas, et il a donné au Journal des Débats, en feuilleton, un roman publié en volume sous le titre de : La Tache d’encre que nous venons de lire avec, un plaisir extrême, dont nous recommandons au lecteur de se donner comme nous le rafraîchissement.
- La Tache d’encre. Il y en a une, d’une célébrité légendaire. Il y en a même deux, dues l’une et l’autre à la distraction et à la maladresse d’un homme qui n’était pourtant pas un maladroit la plume à la main. Il s’agit de Paul-Louis Courier, non du pamphlétaire, mais de l’helléniste raffiné, de la première tache d’encrier renversé dont il se rendit coupable en 1801 sur Y Athénée de la bibliothèque de Strasbourg, et ce sans trop d’esclandre; et de la seconde tache d’encre, toujours due à la même distraction maladroite, dont il macula, aux cris de paon du bibliothécaire indigné, le signor Del Furia (qui n’avait pas volé son nom) et au grand scandale du monde savant le manuscrit du Daphnis et Chloé de Longus appartenant à la bibliothèque de Florence. Un certificat d’une ingénuité un peu ironique, signé de la main de Courier lui-même, atteste le fait et son peu de repentir. Il est daté du 10 novembre 1809. On trouve aussi des détails curieux sur la fameuse querelle qui naquit de l’incident dans la Lettre à M. Renouard de février 1810.
- M. René Bazin a-t-il songé à la mésaventure de P.-L. Courier quand il a esquissé les préliminaires de son roman? Je ne sais. Toujours est-il que c’est par une bévue de ce genre que son héros Fabien Mouillard, licencié en droit, licencié ès-
- lettres, aspirant au doctorat en droit, signale sa première rencontre avec le respectable et irascible M. Charnot, membre de l’Institut. Il souille le livre précieux que lisait, à la Bibliothèque Nationale, son voisin, d’une tache d’encre, qui pour être involontaire et excusée de son mieux, ne l’expose pas moins aux ressentiments d’une âme de savant, et le fiel des savants vaut celui des dévots. Ressentiment d’autant plus fâcheux, vendetta d’autant plus déplorable que le malheureux candidat docteur se trouve aussi bientôt, par une ironique faveur de la fortune, le prétendant, sûr d’être éconduit sans les honneurs de la guerre, à la main de la charmante Jeanne Charnot. C’est la propre fille du savant, et il se trouve encore, pour comble de male chance, que le pauvre Fabien Mouillard, qui s’appelle aussi Jean-Jacques, et qui a toutes les timidités des fiers et toutes les fiertés des timides, mal reçu dans ses explications et ses excuses, commet la double-faute de se retirer en tirant la fameuse flèche du Parthe et d’ajouter ainsi en les blessant tous deux la disgrâce de la fille à celle du père.
- Comment cet amour né d’une sorte de défi à la fortune adverse triomphera-t-il des obstacles? Comment Fabien parviendra-t-il à redresser l’impression fâcheuse qu’il a donnée de lui, et à se ménager par le plus étonnant des revirements le pardon du père et celui plus doux de la fille? Conqment se tirera-t-il triomphalement du plat où il a mis malencontreusement les pieds ? C’est le secret des vicissitudes du roman, dont l’auteur ne s’est pas proposé sans quelque pointe de défi la solution de ce problème : rendre intéressant l’amour et possible le succès d’un maladroit, plein de bonnes intentions, dont l’honnêteté et la sincérité désarment la critique, qui a débuté par souiller d’un pâté d’encre le livre que lisait le père, qui s’est excusé de cette maladresse assez maladroitement pour blesser du même coup le père et la fille, qui finira cependant par triompher de la colère de l’un et du dédain de l’autre. Et cela parce qu’il est beaucoup pardonné à ceux qui aiment sincèrement, qui ont pour excuser lesfautes de leur esprit, l’honnêteté ingénue de leur cœur, qui rencontrent sur leur passage des amis dévoués comme Sylvestre Lampron, des obligés reconnaissants comme Antoine et Marie Plumet, des maîtres comme le professeur Chambaran et des oncles comme Brutus Mouillard, l’avoué de Bourges, qui n’a qu’un tort à nos yeux, et ce tort M. Bazin en 'partage la faute et doit en partager la peine. Pourquoi cette invraisemblance du nom de Brutus ?
- Il a pu y avoir, il y a eu certainement des Brutus dans la bazoche et des Mutius Scevola dans la garde nationale au temps où David était le grand ordonnateur des fêtes de la République, où Mme Roland, après avoir lu jeune fille Plutarque à la messe, s’efforcait de retrouver au ministère et dans l’Assemblée des hommes taillés sur ses patrons, ne cachait pas assez son dépit d’en trouver, et ne parvenait qu’à se procurer à elle, meme une mort à la romaine. Mais nous sommes en 1884, c’est l’époque où se passe le roman. L’oncle Mouillard, avoué-licencié, a tout au plus la soixantaine. Fût-il septuagénaire que son nom de Brutus serait invraisemblable. On ne s’appelait pas Brutus sous le premier Empire.
- Puisque nous en sommes aux chicanes et aux vétilles, prions M. Bazin de renoncer à cette expression qu’il emploie assez fréquemment et qui détonne sur la correction élégante de son style.
- € Il atteignit son portefeuille; il atteignit ses lunettes, » pouf : c il prit son portefeuille,ou il saisit ses lunettes. » Atteindre au direct pour prendre meme ce qui n’exige pas un effort de bas en haut est un idiotisme, un archaïsme qui jure avec le style de M. Bazin, où l’on respire une saine modernité.
- De ce style qui s’égaie parfois à de jolis tableaux de nature, nous pourrions citer des échantillons charmants dans la visite au marché aux fleurs, de Saint-Sulpice (p. 71), la promenade à l’étang du Merle, dans la forêt de Saint-Germain (p. 81 et suiv.), le voyage d’Italie (p. 160^ et suiv.), la visite au Musée Dannegianti (p. 262 et suiv.,) la partie
- de pêche sur les bords de la Bièvre et le dîner à Robinson (p. 232).
- M. Bazin a le sentiment très juste du pittoresque et il décrit ce qu’il voit avec toutes les finesses d’un naturalisme qui a gardé le tact et le goût. Il a bien étudié ses détails et s’il a besoin de nous initier aux recherches de son apprenti docteur, en vue de sa thèse, il nous fait entrer avec une érudition qui n’est pas d’emprunt dans tous les mystères de la question des Latins Juniens,et il le fait de façon à nous amuser, sans pédanterie et sans excès. De même, quand il s’agit de peindre les voluptés spéciales de M. Charnot, savourant dans les vitrines du Musée Dannegianti les primeurs de médailles inédites, M. Bazin est maître de son sujet. Il le traite avec une aisance qui se joue de la difficulté et de petites coquetteries de virtuosité fort agréables.
- Mais ce par quoi il triomphe à nos yeux, c’est précisément ce par quoi son héros triomphe aux yeux d’abord prévenus deM. Charnot et de sa fille. Ce héros triomphe parce qu’il n’a rien d’héroïque. Il n’a pas les roueries des personnages de roman. On croit l’avoir rencontré dans la vie. Il est naïf, il est ingénu, il est humain. Il nous intéresse précisément par là. Il ne pose pas, il ne déclame pas; il n’a nulle fanfaronnade, nulle impertinence d’infaillibilité. Il passe son temps à faire des bévues, mais si naturelles,si humaines, qu’elles intéressent à lui, et réussissent comme les plus machiavéliques habiletés. Enfin, c’est un homme, un homme comme les autres, et son histoire racontée par lui-même, sans qu’il ait jamais le mot ennuyeux, le moi haïssable, a porté bonheur à son confident, M. René Bazin, qui devra un succès d’élite au courage et à l’esprit qu’il a eus en osant mettre dans un roman des tableaux empruntés à la vie et des sentiments empruntés au cœur de tout le monde.
- M. de Lescure.
- CHEMIN DE FER D’ORLÉANS
- Saison thermale de 1888
- Pendant la saison thermale, du 15 juin au 30 septembre, la Compagnie d’Orléans délivrera, à toutes les gares de son réseau : 1° pour la station de Laqueuille desservant les stations thermales du Mont-Dore et de La Bourboule ; 2° pour la station de Royat, des billets aller et retour réduits de 25 OjO sur les prix calculés au tarif général par l’itinéraire effectivement suivi.
- Tout billet délivré à une gare située à 300 kilomètres au moins des dites stations, donne droit, au porteur, à un arrêt en cours de route à l’aller et au retour.
- La durée de validité de ces billets est de 10 jours, non compris les jours de départ et d’arrivée. Cette durée peut être prolongée de 5 jours moyennant paiement d’un supplément de 10 ü[0 du prix du billet. La demande de prolongation peut être faite soit à la gare de départ, soit à la gare d’arrêt, lorsqu’il y a lieu, soit à la gare destinataire, mais avant l’expiration de la durée de validité primitive du billet.
- Les voyageurs munis de ces billets peuvent faire usage des places de luxe à la condition de payer intégralement le supplément afférent aux dites places.
- Le Propriétaire-Gérant : H. Pendrié.
- Tours. «— lmp. E. ARRAULT et Cie, rue de la Préfecture, 6
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- Quatrième Année. — N° 181.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- Dimanche 17 Juin 1888.
- ANNONCES
- banque franco-égyptienne
- Assemblée générale du 14 avril 1888
- Extrait du Rapport du Conseil d’Administration
- L’assemblée générale annuelle des actionnaires a eu lieu le 14 avril 1888, sous la présidence de M. Albert Rostand, président du Conseil d’administration.
- Le rapport du Conseil d’administration expose que, quoique l’année 1887 ait vu se produire une certaine amélioration au point de vue des affaires elle n’a pas été affranchie de l’influence fâcheuse des incertitudes politiques. Les résultats obtenus par la banque n’ont pourtant pas été sensiblement affectés par cette situation, ce qui doit être attribué non seulement à la modération de ses engagements, mais encore à la liquidation favorable de plusieurs opérations entamées dans les exercices précédents. Conformément à la règle qui a toujours été suivie, le chiffre des valeurs disponibles en caisse, en reports et en portefeuille d’enels a été maintenu à une somme relativèment élevée* 12,476,225 fr. 30, au 31 décembre dernier, soit 207,704 fr. 83, de plus qu’au dernier inventaire.
- Le chapitre des Fonds publics, Actions et Obligations, se montant à 6,030,806 fr.05, est également en augmentation sur le chiffre du 31 décembre 1886 ; dans cette augmentation est comprise la plus value acquise par certaines valeurs dans le courant du dernier exercice.
- Les Participations Financières rep ésentant une somme totale de 9,069,386 fr. 75, sont en légère diminution. Ce compte est appelé à décroître prochainement par la rentrée d’une avance imp 0 r-tante faite au Gouvernement mexicain, rentrée dont le remboursement est assuré par le succès
- d’un emprunt extérieur contracté récemment par le Mexique et destiné en partie à l’extinction de la dette flottante. La réussite de cet emprunt aura d’autres conséquences favorables pour la banque, un intérêt lui ayant été attribué dans cette opération.
- Le rapport annonce que le procès poursuivi depuis nombre d’années, aux Etats-Unis, contre les Trustées des obligations du chemin de fer New-York, Boston et Montreal, vient d’avoir une issue défavorable en première instance ; une détermination sera prise incessamment, d’accord avec les autres cointéressés, sur l’appel de ce jugement.
- Le rapport explique la diminution temporaire du compte de la Succursale d'Alexandrie, signale l’extinction graduelle de celui de la Succursale de Port-Louis, dont la liquidation est en voie d’achèvement et constate les bonnes conditions dans lesquelles a été construit l’immeuble social dont les locations d’appartement déjà faites représentent un revenu important.
- Passant au compte de Produits et Pertes dont le solde s’élève à 2,054,997, fr. 81, le rapport indique les raisons pour lesquelles le conseil, afin de pouvoir donner plus de fixité aux dividendes futurs, a été unanime à proposer le versement à un compte spécial d’une somme de 600,000 fr. à prélever sur les bénéfices.
- Enfin, il soumet aux votes des actionnaires les propositions suivantes qui ont été approuvées après lecture des rapports du comité de censure et des commissaires des comptes.
- L’Assemblée :
- 1° Approuve les comptes de l’exercice 1887 ;
- 2° Fixe à 32 fr. 50, par action le dividende de l’exercice 1887. Un a compte de 15 fr., ayant été payé le 2janvier dernier, le solde, soit 17 fr'. 50, sera payable à partir du 1er juillet prochain, sous déduction des impôts résultant des lois de ^nances ;
- 3° Approuve le report à nouveau du solde des bénéfices de l’exercice 1887, s’élevant 219,608, fr. 21 ;
- 4° Réélit M J. Grieninger, administrateur sortant ;
- 5° Réélit M. Morel Kahn, censeur sortant;
- 6° Nomme MM. Durand et Ducourau commis-, sairés chargés de faire un rapport à l’Assemblée générale de 1889 sur les comptes de l’exercice 1888, avec autorisation d’agir isolément en cas d’empêchement de l’un d’eux.
- CHEMINS DE FER D’ORLEANS
- Stations Hivernales des Pyrénées
- de Paris à Arcachon, Pau Biarritz, St-Jean-de-Luz, Salies-de-Béarn
- Pour permettre aux voyageurs d’effectuer ce trajet dans les meilleures conditions de rapidité, la Compagnie d’Orléans ajoute habituellement, au départ de Paris, à son train rapide du matin (8 h. 45) et à son train express du soir (8 h. 20), des wagons-lits-toilette dont le confortable est de plus en plus apprécié par le public. En outre, deux trains spéciaux composés exclusivement de voitures de luxe de la Société internationale des wagons-lits sont mis en marche les mercredi et samedi de chaque semaine : départ à 6 h. 40 du soir de la gare de Paris (Orléans) : Le train de luxe du mercredi soir, va à Pau et Irun (frontière espagnole) : il conduit à Pau en 13 heures. Le train de luxe partant de Paris le samedi soir, suit la ligne de Bordeaux à Irun et continue sur Madrid et Lisbonne.
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1889
- Installation et représentation des Exposants
- BUREAU TECHNIQUE
- H. DE BAECKER
- INGÉNIEUR E. G. P.
- PROJETS, ETUDES, TRAVAUX, CONSULTATIONS
- 4, Rue d’Hàuteville, 4, PARIS.
- A.ede VIGILANT
- Breveté S, 6. D. 6.
- Avertisseur de Sûreté à Détonation
- S’expédie par colis postal, contre 12 fr. simple, ou 16 fr. double détonation.
- RÉCOMPENSES GIB0DT' RENEADX * C“
- , 29, rue des Ecluses-St-Martin, PARIS
- a toutes _
- cture d’instruments de Musique en
- BIPLANS B’NONNSUR — EXPOSITION ONIVRR3KLLB - ANVBIIS 1880
- MAISON COURTOIS
- Prinlirt Séctmpeisi Fondée en 1803 Uidalllti'Or
- «EXPOSITION BOSTON 1883 -EXPOSITION LONDRES 1885
- ANTOINE COURTOIS ET MILLE
- MILLE
- SUCCESSEUR
- 88, ruue des Marais, 88.
- Paris.
- MÉDAILLES AUX EXPOSITIONS UNIVERSELLES
- Paris, médaille d’or et de bronze, 1878;
- Paris, grand diplôme d'honneur, 1872; Moscou, grande médaille d’or 1872; Paris, médaille d’argent 1855 et 1867;
- Londres, médaille d’honneur, 1851 et 1862.
- Fournisseur du Ministère des Beaai-Arts pour les Cossemtoires de Paris et dis Dlparteiioti
- DB l’opéra, DE L’OPÉRA-COMIQUE, DES CONCERTS POPULAIRES
- De la Musique de la Garde républicaine de Paris.
- I.ES EXPOSITIONS Voir le Moniteur de l’Exposition, du 26 décembre dernier
- Fournisseur des principaux Professeurs, Solistes et Artistes de France et de l’Etranger : MM. Arban, Delissv. Cerclier, Mohr, Divoire, Chavanne, Gallet, Wurms de Saint-Pétersbourg, Gérardy de Liège, Levy et Phasef d’Amérique, Reynolds d’Angleterre, etc., etc.
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- Pendant Lla seule année 1885, la MACHINES HORIZONTALES 1/2 FIXES
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- Quatrième Année. — N° i!
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- Dimanche 17 Juin 1888.
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- L'EXPOSITION DE 1889
- Rédaction et Administration : 11, cité de VAlma (Avenue Bosquet— Avenue Rapp).
- QUATRIEME ANNÉE.
- . SOMMAIRE :
- 1, L’état des travaux du Champ-de-Mars ; 2. Les Gobelins à l’Exposition de 1889; 3. Exposition rétrospective de la Bastille et de la rue St-Antoine ; 4. Le Métropolitain à tubes métalliques de M. Berlier; 5. Le Musée Guimet; 6. Echos; 7. Nos gravures; 8. François de Neufchâteau ; 9. Les Livres.
- Ainsi que nous l’avons annoncé dans le numéro du 17 juin, le MONITEUR DEL’EXPOSITION DE 1889 est réorganisé sur de nouvelles bases. Il publiera dorénavant une description détaillée de l’état des travaux de la prochaine Exposition, avec dessins, plans ou gravures suivant les cas, au fur et à mesure de leur avancement. Il donnera tous les renseignements de nature à intéresser, entre autres, le monde des exposants à la disposition desquels la nouvelle Administration se met d’ores et déjà.
- Le MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889 sera, en un mot, ce que l’obligent à être son titre et, surtout, la grandeur et l’importance de l’œuvre de civilisation que la France célébrera l’année prochaine.
- Toutes les communications relatives à la Rédaction et à l’Administration du journal doivent être adressées 11, Cité de l’Alma, à M. H. PENDRIÉ, propriétaire-gérant du MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- L’ETAT DES TRAVAUX
- DU CHAMP-DE-MARS
- Avant de publier en détail la description des différentes œuvres en construction au Champ-de-Mars, nous croyons devoir jeter un coup d’œil d’ensemble sur l’état actuel des travaux.
- Tout d’abord, le visiteur est attiré par la masse imposante que forme déjà ce monceau de ferrures, — traverses, montants et croisures métalliques —, qui constitue la partie principale de la tour Eiffel. Celle-ci, en effet, le jour où nous écrivons ces lignes, a dépassé ioo mètres de hauteur. On pose en ce moment les traverses qui forment la base de la deuxième plate-forme, entre ioo et io5 mètres.
- On peut estimer à trois fois au moins celle qui reste à poser, la masse de fers déjà établie ; aussi, les craintes que pouvaient avoir encore quelques esprits pessimistes au sujet de l’achèvement de l’œuvre colossale du hardi autant que savant ingénieur Eiffel, doivent-elles disparaître dès à présent.
- Dans quelques jours la maison Eiffel fera prendre une vue photographique de la tour, nous la publierons dans un de nos prochains numéros.
- Dimanche 24 Juin 1888.
- Si, de la tour, on se dirige dans la direction de l’Ecole militaire, on constate avec satisfaction que de tous les côtés, à droite comme à gauche, l’activité la plus grande règne dans les diverses parties de l’immense chantier.
- Au milieu ce sont les plantations de toutes sortes, arbres, bosquets, jardins, auxquelles de nouveaux Le Nôtre mettent la dernière main ; plantations que l’on croirait établies de longue date, tant elles paraissent prospères et vigoureuses. Assurément, en pleine Exposition, peu de visiteurs seront portés à croire que toutes ces plantations sont de création récente, tant les arbres sont de belle venue, malgré la grosseur qu’ils avaient lorsqu’ils ont été transplantés.
- Des deux côtés du jardin central, à la hauteur de l’avenue Rapp, s’élèvent rapidement les deux palais des Beaux-Arts (à gauche) et des Arts libéraux (à droite côté Ouest). Ce sont cependant les constructions les moins avancées ; mais la plupart des matériaux sont à pied-d’œuvre et leurs montage et assemblage sont l’affaire de quelques semaines.
- Tout à fait à gauche, en arrière du Palais des Beaux-Arts et en lisière du Champ-de-Mars et de l’avenue de la Bourdonnais, s’élève le double chalet de la Presse et des Postes et Télégraphes, à peu près terminé.
- Plus en avant dans l’axe même des palais des Beaux-Arts et des Arts libéraux, se trouvent les galeries longitudinales de l’Exposition des tissus et du mobilier ; et au delà, mais transversalement, les galeries des industries diverses ; les unes et les autres dans un état d’avancement aussi satisfaisant que possible. On travaille dans ce moment au nivellement du sol de ces diffeL rentes galeries, travail qui est, d’ailleurs, sur le point d’être achevé.
- Enfin, aussitôt après les galeries transversales des industries diverses, s’élève 'tranversalement aussi, la construction grandiose qui sera la galerie des machines, digne pendant, en tant qu’œuvre métallurgique, de la tour Eiffel. On ne sait vraiment, en effet, qu’admirer le plus, par instant, de la hardiesse de l’ingénieur qui ' ose braver le ciel par l’élévation d’un monument à des hauteurs inconnues jusqu’à ce jour,ou de la science de celui qui, par un miracle d’équilibre, a conçu la construction d’un édifice dont les proportions en tous sens sont d’une audace que le génie seul permet d’avoir.
- L’œil du connaisseur reste confondu devant la largeur et la hauteur de cette voûte (115 m. par 45 m.) que forment les neuf grandes fermes déjà posées, voûte se soutenant par le seul poids des matériaux et leur, épaulement respectif au sommet. C’est bien là, assurément, ce qu’on pourrait appeler un miracle d’équilibre, si miracle il y avait encore. Nous aurons à reparler en détail de cette construction colossale, car elle sera incontestablement, avec la tour Eiffel, le great attraction de la future Exposition. Nous
- NUMÉRO 182.
- donnerons à cet effet un plan détaillé de l’œuvre en elle-même et une vue d’ensemble de la galerie aussitôt que l’état des travaux le permettra.
- Les lecteurs du Moniteur savent que la construction et l’édification, la pose comme on dit en terme d’atelier, de la galerie des machines a été entreprise par les deux grands établisse-' ments de constructions métalliques et mécaniques : la Société de Fives-Lille et les anciens établissements Cail. Le travail est mené de front; cependant la Société des Fives-Lives va exécuter la pose de la sixième ferme sur les dix * dont elle a l’entreprise, tandis que les établissements, Cail travaillent encore à la pose delà cinquième des dix également qui lui ont été attribuées'.
- Mais cette différence dans l’avancement du travail est peu importante ; elle est d’ailleurs inévitable en raison de la complexité de ce travail extraordinaire et des efforts considérables qu’il nécessite. A quelques jours près, certainement, les deux grandes entreprises auront terminé leur œuvre immense et pourront recevoir, à parts égales, les félicitations bien sincères de tous, car elles les auront justement méritées (1).
- H. Pendrié.
- LES GOBELINS
- A L’EXPOSITION DE 1889
- Aux Gobelins, les artistes travaillent activement pour présenter à l’Exposition de 1889 des tapisseries destinées à l’ornementation des différents monuments publics. Un ouvrier ne pouvant faire au maximum qu’un mètre carré de tapisserie par an, on comprend le temps énorme qu’exige la confection d’une tenture de trente mètres carrés, par exemple, à laquelle quatre ou cinq artistes au plus peuvent donner tous leurs soins.
- C’est donc par une coïncidence des plus heureuses que des pièces, commencées depuis sept ou huit ans, seront précisément terminées pour l’Exposition de 1889.
- Parmi ces nombreuses pièces, nous citerons, comme devant attirer particulièrement l’attention des connaisseurs : les Lettres, les Sciences et les Arts (Ehrmann), i° dans l’antiquité; 20 dans le moyen âge; 3° dans la renaissance. Ces panneaux, au nombre de trois, résultent d’un concours qui eut lieu en 1880 entre les artistes
- (1) Nous aurions voulu, pour plus de clarté dans les explications ci-dessus, donner dès aujourd’hui le plan détaille'des installations du Champ-de-Mars tel que le Moniteur l’a publié déjà dans son numéro du 12 décembre 1886;nous ferons cette publication probablement dans un des numéros de juillet dans le but d’être agréable à nos nouveaux lecteurs. En attendant, nous tenons à la disposition de ceux-ci un certain nombre de numéros du 12 décembre 1886 qu’ils pourront recevoir franco sur leur demande accompagnée d'un mandat ou bon de poste de 1 fr.
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- 1074- — Quatrième Année. — N° 182.
- français. L’un de ces panneaux ne mesure pas moins trente-six mètres carrés : la Filleule des Fées (Mazerolle).
- Ces panneaux et quatre autres pièces isolées sont destinées à l’ornementation de la Bibliothèque nationale.
- Pour le Palais de l’Elysée : le Salon d’Apollon (Galland), une vingtaine de pièces, dessus de porte, panneaux, pilastres.
- Pour l’escalier d’honneur du Sénat : huit verdures des Gobelins, quatre fleurs de Beauvais, de nombreuses tentures (d’après Chardin, Jules Lefebvre, etc.), et quelques pièces en Savonnerie, sous forme de panneaux et de pilastres.
- EXPOSITION RÉTROSPECTIVE DE LA BASTILLE
- ET DE LA RUE SAINT-ANTOINE
- Le succès de cette magnifique restauration du souvenir historique le plus remarquable de la grande épopée révolutionnaire s’accroît chaque jour. Si jamais un exemple de la leçon de choses a captivé l’attention, c’est bien, certes, cette curieuse reproduction de l’antique forteresse et de la rue principale qui y conduisait.
- Qu’on ajouté à cela quelques divertissements d’ordre peut-être un peu trop modernes, comme mâts de cocagne ou ascensions de montgolfière, annoncés pour les dimanches 24 juin et 1e1' juillet et l’on comprendra que les Parisiens, curieux de voir tout ce qui est nouveau, se portent en foule à l’avenue de Sufîren.
- Nous aurons certainement l’occasion de publier quelques vues de cette exposition rétrospective afin que ceux de nos lecteurs qui sont éloignés de Paris.puissent, d’ores et déjà, s’en faire tout au moins une idée.
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- LE MÉTROPOLITAIN
- A TUBES MÉTALLIQUES de M. BERLIER
- M. Sauton, conseiller municipal de la ville de Paris, vient, au nom de la 3e commission du Conseil, de présenter un rapport des plus intéressants au sujet du projet déposé le ier septembre dernier par M. Berlier, ingénieur civil.
- Ce projet consiste dans l’établissemeut d’un chemin de fer souterrain tubulaire, mais véritablement métropolitain, c’est-à-dire municipal, ce qui permettrait une exécution prompte, tout au moins, de la partie qui nous intéresse au point de vue de l’Exposition. Cette partie, qui serait comprise entre la place de la Concorde et le Trocadéro, pourrait,d’après M. Berlier, être livrée à la. circulation le ier juillet 1889, s* concession lui en est accordée avant le Ier octobre.
- Nous ne pouvons aujourd’hui nous étendre davantage sur cet intéressant projet auquel le rapport de M. Sauton, disons-le tout de suite, est entièrement favorable. Nous nous réservons de l’étudier en détail, comme il le mérite d’ailleurs, dans notre prochain numéro.
- LE MDSÉE GUIMET
- Mercredi, à trois heures et demie, M. Guimet a livré à l’Etat et à la ville de Paris le musée organisé par ses soins et qui est destiné à porter son nom.
- Cette cérémonie était présidée par M. Lockroy, ministre de l’instruction publique et des beaux-Arts, entouré du haut personnel de son ministère. Une délégation du conseil municipal représentait officiellement la Ville de Paris.
- Tous les Parisiens connaissent cette construction, ,de forme irrégulière, qui a si longtemps piqué la curiosité des passants. Son entrée principale se trouve place d’Iéna, au milieu d’une rotonde de laquelle se détachent, en forme d’éventail, deux ailes composées d’un rez-de-chaussée et de deux étages formant six vastes galeries, dans lesquelles est installé le musée proprement dit.
- Ce musée renferme de nombreuses et très précieuses collections, se rapportant presque exclusivement aux religions et à l’Histoire des dieux chez les divers peuples. Les galeries du rez-de-
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 24 Juin 1888.
- chaussée et celles du premier étage sont exclusivement réservées : celles de droite, à la Chine, à l’Inde, à l’Annam, à la Cochinchine, au Tonkin (les objets se rapportant à la religion de Confucius occupent toute une salle) celles de gauche, au Japon.
- Au rez-de-chaussée, c’est la céramique : faïences; porcelaines, terres cuites. Au premier étage, on voit, très habilement présentées dans des vitrines, les collections les plus complètes qui aient jamais existé, à Paris, des dieux connus ou inconnus. Il y en a, c’est le cas de dire, dé toutes les formes et de toutes les dimensions. Les uns sont en bronze, d’autres en terre, un plus grand nombre en bois doré.
- Au deuxième étage se trouve, à gauche, la galerie égyptienne; à droite une galerie non encore installée et qui est réservée aux souvenirs de Grèce, de Perse, de Rome, etc.
- La décoration à peu près uniforme des salles et des galeries, d’un style sobre, a été empruntée aux souvenirs de Pompéï. Nous ne croyons pas qu’il y ait, à Paris, de musée mieux installé que le musée Guimet. Ce musée ne sera ouvert au public que vers le mois d’octobre prochain. A la même époque seront terminées, quant au gros œuv-re, deux nouvlles galeries actuellement en voie de : construction.
- Une fois terminé, (le musée Guimet aura coûté environ trois millions de francs, non compris la valeur du terrain, qui a été donné par la Ville.
- A cette heure, le musée dont (nous parlons . appartient encore à M. Guimet. A cinq heures, il sera la propriété de la Ville.
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- ÉCHOS
- M. Pierre Legrand, ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition de 1889, vient d’être informé d’une décision prise par le gouvernement portugais, au sujet de la réimportation des produits qui auront été exposés par les négociants et fabricants du Portugal.
- Cette réimportation ne sera soumise à aucun droit de douane, moyennant certaines formalités nécessaires pour établir l’identité des produits. .
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- Les Anglais, qui sont des gens pratiques, se préparent déjà à venir visiter notre exposition universelle. Les sociétés s’organisent ; les adhérents versent un shilling (1 fr. 25) par semaine.
- Une Compagnie s’est chargée d’amener les excursionnistes à Paris et de leur rendre le séjour aussi économiquement agréable que possible. _
- A cet effet, cette société va faire bâtir un immense hôtel devant contenir 1,000 à 1,100 chambres à un et à deux lits, il y aura un immense hall où 1,200 personnes pourront dîner à l’aise ; une immense salle de réunion et de lecture, des bars, des billards, en un mot tout le confortable souhaité.
- Les voyages se feront par fournées. Chaque fournée restera cinq jours à Paris.
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- Le comité néerlandais a décidé qu’une circulaire serait adressée aux sociétés agricoles pour leur donner un aperçu de ce qui a été fait jusqu’ici dans l’intérêt de la participation de la Hollande à l’Exposition de 1889 (section de l’agriculture) et pour inviter les membres de ces sociétés à seconder les futurs exposants.
- Le comité s’occupe également de constituer un fonds pour aider autant que possible à l’envoi des produits destinés à l’Exposition universelle.
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- Le ministère des beaux-arts vient de charger M. Charles Garnier, membre de l’Académie des beaux-arts, de la construction de 34 types d’habitations de tous les temps et de toutes les époques, pour constituer l’histoire de l’habitation humaine.
- Elles seront édifiées au Champ-de-Mars, sur le quai d’Orsay et aux deux extrémités du pont d’Iéna. Chacune de ces maisons, que l’on pourra admirer pendant l’Exposition universelle, sera entourée d’un petit jardin; l’intérieur comprendra les meubles et objets de l’époque.
- Des marchands en costumes du temps y exerceront divers métiers.
- NOS GRAVURES
- Il n’existe ni gravures ni plans se rattachant à l’exposition de 1798. On sait cependant que quelques jours avant l’ouverture de cette Expo-sition; de grandes-fêtes eurent lieu à Paris.-La gravure que nous donnons dans ce numéro reproduit fidèlement l’aspect du Champ-de-Mars qui avait été choisi comme point central des ré jouissances publiques. Les constructions que l’on remarque dans le fond sont l’entrée principale de l’Exposition. •'
- Les fêtes de la Liberté et Y Entrée triomphale, des monuments des Sciences et Beaux-Arts furent célébrées les 9 et 10 thermidor au VI de ; la République française..... ,..............
- Les écrivains de l’époque assurent qu’elles éclipsèrent, comme éclat, les fêtes de l’Elide et de la Laconie et même les pompes triomphales ; du Capitole.
- Ces fêtes furent pour ainsi dire le prologue de l’Exposition ; c’est à ce titre que nous en donnons la description.
- Le génie de la Révolution avait bien inspiré les organisateurs de cette admirable cérémonie. On va en juger.
- Le 9 thermidor, à 9 heures du matin, le cortège qui devait accompagner les monuments., antiques et autres objets conquis par nos armées-se trouva réuni, dans un ordre parfait, sur la rïvë gauche de la Seine, près le Muséum d’histoire naturelle.
- Les chars qui portaient ces richesses artistiques. ornés de trophées, de guirlandes et d’inscriptions se mirent en marche, précédés d’un -détachement de cavalerie et d’un corps de musique militaire.
- La cortège était divisé en trois parties distinctes.
- Il y avait vingt-sept chars.
- La première division était précédée d’une bannière sur laquelle on lisait: « Histoire naturelle, »
- Les professeurs, les administrateurs du Muséum, accompagnés des élèves et des amateurs, suivaient immédiatement. Voici l’ordre du défilé des chars :
- Celui des minéraux. On y lisait cette inscription : L’Art' y découvre des propriétés nouvelles.
- Celui des pétrifications de Vérone avec ces mots : Monuments de l’antiquité du globe.
- Celui des graines et des végétaux étrangers avec ces paroles : Elles multiplieront nos richesses et nos jouissances.
- Celui des végétaux étrangers, cocotiers, bananiers, palmiers.
- Le cinquième char contenait un lion d’Afrique ; le sixième, une lionne; le septième, un lion du Sahara ; le huitième, un ours de Berne. Deux chameaux et deux dromadaires suivaient.
- Le neuvième char contenait des outils, des instruments et des ustensiles d’agriculture en usage dans l’Italie. On y lisait cette inscription :
- « Cérès sourit à nos trophées. »
- Le dixième char portait deux immenses blocs de cristal, don fait par les habitants du Valais à la République française.
- Un détachement de troupes fermait le défilé de cette première division.
- La deuxième division était précédée d’une bannière sur laquelle on lisait : « Livres, manuscrits, MÉDAILLES, MUSIQUE, CARACTERES ü’iM-primeriede langues orientales. » — Les sciences et les arts soutiennent et embellissent U Liberté.
- Un chœur chantait des hymmes patriotiques. On voyait successivement les députations des
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- , Quatrième Année. —aN° 182.
- sociétés libres, les députations d’artistes des théâtres de Paris, des artistes typographes ; les conservateurs des bibliothèques publiques ; les professeurs de l’Ecole polytechnique ; les professeurs du collège de France. Ces derniers portaient le buste d’Homère posé sur un trépied antique sur laquelle on lisait : « Sept villes se disputèrent l’honneur de lui avoir donné naissance. -»
- La troisième division était celle des Beaux-Arts. On lisait sur la bannière : « Les Arts
- CHERCHENT LA TERRE OU CROISSENT LES LAURIEES.
- La Grèce les céda, Rome les a perdus*. Leur ,
- SORT CHANGEA DEUX FOIS, IL NE CHANGERA PLUS. »
- Un chœur de jeunes artistes exécutait une cantate.
- Venaient ensuite les lauréats des écoles spéciales de peinture, de sculpture et d’architecture, ou ceux des différents concours ouverts par le gouvernement ; le personnel de l’administration du Musée central des arts, du musée spécial de l’Ecole française, du musée des monuments français; les professeurs des Ecoles de peinture, de sculpture et d’architecture ; les élèves de ces écoles, rangés de chaque côté des chars.
- O11 remarquait les fameux chevaux' du Carrousel, autrefois de la place Saint-Marc à Venise, transportés de Corinthe à Rome, de Rome à Constantinople, de Constantinople à Venise et de Venise en France.
- On lisait sur le char : Ils sont enfin sur une terre libre.
- Les statues étaient innombrables : Apollon et Clio, Melpomène et Thalie, Erato et Terpsi-chore,Calliope et Euterpe, Uranie et Polymnie. Une vestale portait cette inscription : L’amour de la Patrie est le feu sacré des Français.
- L’Amour et Psyché, la Vénus du Capitole, le Mercure du Belvédère, Vénus et Adonis, l’An-tinoüs égyptien, l’Antinoüs du Belvédère, le Tireur d’épine, le Discobole, le Gladiateur mourant, le Méléagre, le Trajan, l’Hercule Commode.
- Marcus Brutus portait cette inscription : Il frappa les tyrans et non la tyrannie.
- On voyait encore Caton, Démosthène, Porcie, Posidiphe, Ménandre, l’Apollon du Belvédère, etc.-etc.
- Le cortège suivit les boulevards jusqu’au Champ-de-Mars.
- A l’arrivée, les chars se rangèrent sur trois grandes lignes et les assistants se groupèrent dans l’ordre qui leur avait été assigné.
- Les bustes de Brutus et d’Homère furent déposés sur deux cippes.
- Le ministre de l’intérieur, entouré des membres de l’Institut national des Sciences et des Arts, prononça un discours au pied de la statue de la Liberté, devant l’autel de la Patrie, décoré d’une façon magnifique.
- L’affluence était énorme.
- Le soir, les maisons du Champ-de-Mars et le Cirque furent illuminés. On dansa aux sons de l’orchestre placé près de la Seine.
- Le lendemain, 10 thermidor, les fêtes commencèrent à trois heures, et furent la répétition de celles de la veille.
- Un aérostat enguirlandé et portant les attributs de la liberté et des arts s’éleva dans les airs au moment où le Directoire levait la séance, pendant que les musiques jouaient et que le peuple chantait le Chant du départ.
- Louis LAUNAY.
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- FRVNÇOIS DE NEUFCHATEAU
- Le primidi onze fructidor an VI de la République (23 août 179S), le Moniteur universel insé-rait dans ses colonnes une circulaire de François de Neufchâteau, ministre de l’intérieur, adressée
- r LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- aux administrations centrales de département et aux commissaires du Directoire exécutif près ces administrations, au sujet de l’exposition industrielle qui devait avoir lieu au Champ-de-Mars, pendant les trois derniers jours complémentaires de l’an VI, c’est-à-dire les 19, 20 et 21 septembre 1798.
- Tous les esprits généreux et éclairés étaient alors animés d’un noble élan pour la reconstitution d’une Société que l’ancien régime avait laissée s’effondrer. Il s’agissait de donner une vie nouvelle à l’agriculture, au commerce et à l’industrie.
- « Les Français ont étonné l’Europe par la rapidité de leurs exploits guerriers, disait la circulaire de François de Neufchâteau, ils doivent s’élancer avec la même ardeur dans la carrière des arts et de la paix. «
- François était bien l’homme de la situation. L’ancien pensionnaire du collège des jésuites de Neufchâteau s’était épris des idées nouvelles ; à l’Assemblée législative, il avait voté toutes les mesures libérales. Poète, auteur dramatique, ami des arts et de l’agriculture, le bon François redoutait toutes les violences et toutes les tyrannies. C’était l’homme sage par excellence. Mais les excès sanguinaires ne l’avaient ni découragé ni jeté dans la réaction; malgré les aspérités de la route il avait confiance dans l’avenir. Les coups . de force de la Convention l’avaient effrayé, mais il avait salué avec enthousiasme la vive lumière que ce fanal gigantesque avait projetée sur le monde. Après la Terreur,le calme était revenu, et, sur les instances du Directoire, François de Neufchâteau s’était décidé à accepter les fonctions de ministre de l’intérieur. On sait que cette vaste administration comprenait alors dans ses attributions l’instruction publique,, les arts, l’agriculture, le commerce et l’industrie, attributions actuellement réparties entre cinq ministères.
- Louis-Nicolas-François de Neufchâteau naquit à Saffais, près Rosières-sur-Mouzon (Lorraine), le 17 avril 1750. Son père était un modeste maître d’école de village. Grâce à un recueil de poésies diverses imprimé à Neufchâteau: épîtres, fables, imitations d’Anacréon, d’Ovide, d’Horace et de Virgile, à l’âge de quatorze ans, François est déjà célèbre. L’écho de sa renommée parvient jusqu’au philosophe de Ferney, alors âgé de soixante-douze ans. Voltaire adopte comme secrétaire ce jeune poète déjà reçu membre des Académies de Dijon, de Lyon, de Marseille et de Nancy. Cependant, bientôt après, le bailli d’Alsace fait entrer François dans la magistrature et dans l’administration.
- Un arrêt du parlement de Lorraine venait alors de sanctionner la décision par laquelle la ville de Neufchâteau avait adopté François en lui donnant son nom. Il poursuivait avec ardeur une traduction de l’Arioste, lorsqu’en 1783, le maréchal de Castries, ministre de la marine, le fit nommer gouverneur général au Conseil supérieur de Saint-Domingue.
- Vers la fin de 1787, François de Neufchâteau revenait en France, pensant à la gloire que la traduction de Roland furieux allait faire rejaillir • sur lui ; tout à coup la frégate échoue sur les récifs de Mogane. A demi nu, le poète échappe à la mort, mais le navire disparaît, emportant dans l’abîme le précieux manuscrit; pendant sept jours entiers, sans sommeil, sans aliments, sans vêtements, le pauvre François lutte contre le désespoir avec ses compagnons d’infortune dont l’un expire sous ses yeux dans un tourbillon d’écume.
- Revenu enfin dans sa patrie, François de Neufchâteau se retire dans le petit domaine qu’il avait acheté à Vicherey, au pied des montagnes des Vosges, lorsque la commotion formidable de la Révolution inspire à notie conseiller en retraite le désir de rentrer dans la mêlée. Il apprend que les états généraux sont convoqués. Il rédige les cahiers du bailliage de Toul. Il se fait d’abord nommer député suppléant à l’Assemblée nationale, puis député à la première Assemblée législative, où il remplit les fonctions de secrétaire, ensuite de président.
- Elu membre de la Convention, François de Neufchâteau refuse d’y siéger. Nommé ministre de
- Dimanche 24 Juin iS8S. — 1070.
- l’intérieur par cette même Convention, il n’accepte pas davantage, préférant les humbles fonctions de juge de paix dans les Vosges.
- Il y goûtait les douceurs de la vie champêtre, quand il lui fallut un jour monter dans le coche de Paris. Il allait réclamer à l’administration centrales des subsistances pour son département.
- Les Vosgiens criaient famine. Aussi, avant de partir pour la capitale, avait-il eu soin de faire imprimer à Neufchâteau une lettre aux cultivateurs des Vosges pour leur proposer une manière plus facile et plus économique de semer et de recueillir les grains.
- A Paris, François de Neufchâteau se multiplie. Agronome, administrateur , ministre et philosophe, il déploie un labeur continuel. Il adresse mémoires sur mémoires à la Convention : les moyens de suppléer au défaut de bras pour les récoltes la nécessité d'assurer la subsistance du peuple par les greniers d’abondance, etc. Entre temps, pour se reposer de ses travaux agricoles et politiques, il fait jouer au Théâtre-Franais Paméla, puis le Valet de deux maîtres. Le ier août 1793, la première représentation de Paméla, comédie en cinq actes, en vers, obtient un succès d’enthousiasme. Le 29 août la salle est déjà comble. Le rideau se lève : arrive un ordre du comité de Salut public interdisant de jouer Paméla. L’auteur s’incline, remanie ses vers, modifie son dénouement. Par arrêté du 3o août , Robespierre et tous les membres du Comité lèvent l’interdiction. Le 2 septembre, la neuvième représentation reprend son cours, mais arrive une tirade se terminant par ces vers :
- Ah ! les persécuteurs sont les plus condamnables,
- Et les plus tolérants sont les plus raisonnables.
- C’en*est trop ! Voilà le théâtre fermé et le poète incarcéré à la Force. Il s’y console en gravant ce quatrain sur un mur:
- Bien loin de quereller les dieux,
- Je me résigne et sais me taire.
- Ma devise est qu’il vaut mieux,
- Souffrir le mal que de le faire.
- Rendu à la liberté après la Révolution de thermidor, il se dispose à retourner dans son petit domaine des Vosges; mais il est nommé membre du tribunal de cassation. Dès le lendemain, il porte à la Convention un nouveau mémoire : Dix épis de blé au lieu d'un, ou la pierre philosophale de la République française.
- Nous le retrouvons enfin dans son département, exerçant les fonctions de commissaire du Directoire, et se livrant en même temps à ses chères occupations agricoles. Le 16 juillet 1797, un courrie r du Directoire vient l’appeler au ministère de l’intérieur en remplacement de Bezenech. Il imprime immédiatement à cette vaste administration une activité merveilleuse. Mais, le 9 septembre, les deux conseils des Cinq-Cents et des Anciens le désignent pour remplacer Carnot au Directoire. Il exerce ces fonctions pendant huit mois, toujours actif, ne perdant de vue ni l’agriculture, ni la poésie, ni le perfectionnement des livres élémentaires. On le nomme membre de l’Institut national.
- Après avoir rempli une importante mission diplomatique en Autriche, il rentre à Paris ; le portefeuille des affaires étrangères lui est offert ; il le refuse, puis accepte de remplacer Letourneux à l’intérieur.
- C’est le 19 juillet 1798 qu’il entre en fonctions. La circulaire, citée plus haut, relative à la première exposition de l’industrie, est du 29 août. L’ouverture de ce concours devait avoir lieu un mois plus tard, délai trop court peut-être, car il aurait fallu le temps nécessaire pour faire comprendre aux industriels français la grande portée de cette innovation. Il ne se présenta que cent dix manufacturiers, dont soixante-dix appartenaient au département de la Seine. Quoi qu’il en soit* l’œuvre était fondée. Il ne restait aux hommes de l’avenir que le soin de la perfectionner, en la mettant le plus possible au niveau des progrès de l’art et de la science.
- A titre de créateur des expositions publiques de l’industrie, François de Neufchâteau ne sera pas oublié au concours de 1889. Il faut qu’au moins son buste y figure au premier rang.
- , Eugène Minot.
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- 1076. — Quatrième Année
- N° 182,
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- Dimanche 24 Juin 1888.
- FRANÇOIS DE NEUFCHATEAU
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- Quatrième Année. — N8 182
- y j, '
- ' fëriTÈÜR DE L'EXPOSITION DE 1889
- Dimanche 24 Juin 1888. — 1077.
- EXPOSITION DU CHAMP-DE-MARS EN 1798
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- 1078. —'Quatrième Année. — N° 182.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- ' Dimanche 2.4 Juin '1888.
- LES LIVRES
- CLXII
- A Bardoux. — Etudes sociales et littéraires. Madame de Custine
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- M. Bardoux poursuit les études pleines d’intérêt et de charme qu’il consacre aux femmes qui ont exercé, au commencement de ce siècle, une influence littéraire et sociale, et qui ..représentent le mieux ce côté de nos anciennes mœurs. Il a été effacé par les mœurs nouvelles qui n’ont plus guère laissé de place à cette influence des femmes par les salons, par la conversation, par l’empire du goût. On leur a laissé celui plus frivole de la mode. Mais il n’v a plus guère de.salons, ni politiques, ni littéraires. Le cercle a tué le salon. On ne cause plus dans le sens utile, agréable, fécond que ce mot avait autrefois. Les traditions élégantes et courtoises de l’ancienne politesse, de l’ancienne galanterie, de l’ancienne conversation ont disparu. Il n’y a plus de concentration littéraire et sociale dans quelques groupes choisis. L’individualisme règne en maître. L’opinion publique se fait dans les journaux et par eux. On ne pourrait pas citer depuis vingt ans un salon donnant le ton et influant sur les choses politiques et littéraires. Le temps des Égéries politiques, des femmes influant sur les choses de l’esprit, sur le mouvement de l’art est passé. Balzac est le dernier de nos écrivains autour duquel le biographe et le critique aient pu signaler l’influence de conseils ou de dévouements féminins. M. Thiers est le dernier de nos hommes d’État qui se soit plu à aiguiser son esprit dans la conversation des femmes éprises d’autre chose que de chiffons et qui ait causé de grandes affaires chez une Madame Guyet-Desfontaines, une Madame Molh ou une Madame Troubeskoï. Et on ne voit plus rien aujourd’hui qui ressemble à ce qu’était par exemple le salon d’Emile de Girardin du temps de la première Mraa de Girardin. Il y a peut-être encore une menue monnaie de ces influences féminines d’autrefois, politiques ou littéraires dans le salon de Mme Adam ou celui de Mme Aubernon, Mais ce qui a surtout disparu, c’est, à côté de chaque grand homme, de chaque grand acteur de la scène politique ou littéraire, l’influence inspiratrice ou pacificatrice d’une conseillère, d’une Muse comme la comtesse de Boigne pour le chancelier Pasquier, Mme de^astellane pour le comte Mole, la princesse de Lieven pour M. Guizot, Mme Swetchine pour M. de Falloux, la comtesse Hanska pour Balzac ou Mme Récamier pour Chateaubriand.
- Ces deux derniers noms nous ramènent à notre sujet, c’est-à-dire à celui que M- Bardoux a traité avec tant de pénétration, tant de délicate intimité et tant de charme.
- C’est Chateaubriand, en effet, qui fut l’astre romantique dans l’orbite dévorant duquel gravitèrent, pour y brûler leurs ailes de sylphide, tant de jolies âmes satellites, de tendres, de gracieuses, de mélancoliques destinées de femmes, héroïnes du triomphe d’un moment, expié par les ingratitudes et les infidélités de ce génie égoïste et inquiet.
- C’est ainsi que l’auteur de René, d’Atala, des Martyrs entraîna successivement comme des fleurs, dans le torrent de son génie et de sa gloire, la pâle, la tendre, la gracieuse Pauline de Beaumont, à la figure éclairée d’un ossianesque rayon de lune, et la vive, généreuse et sensible Delphine de Sabran, marquise de. Custine, et la piquante et superbe' duchesse de Mouchy, et la sentimentale et passionnée ' duchesse de Duras qui rappelait Mme de Staël par son visage plus que par son talent. De ï8o3 à 1824, ce sont là les plus belles conquêtes féminines de Chateaubriand. A partir de 1824, vieilli, désabusé, blasé, lassé, ayant touché au fond de lie amère de toutes les gloires humaines, de toutes les voluptés de l’ambition et de la passion, Chateaubriand retombe peu à peu sous le double joug de sa femme, la spirituelle, pieuse et charitable
- fondatrice de l’infirmerie Marie-Thérèse, dont la vertu assaisonnaitses résignations d’un selironique et malicieux, et de son amie, qui ne voulait plus être qu'une arnit’,. M;:U! Récamier, - se dédommageant parfois de la double contrainte et du double ennui par des visites d’école buissonnière chez Mme Hortense Allart qui a raconté dans un livre signé, Prudence de Saman, les dernières bonnes fortunes et les derniers enchantements et désenchantements de René.
- Après avoir raconté dans un premier ouvrage l’histoire: des relations de Chateaubriand avec Pauline de Beaumont, M. Bardoux, encouragé par un juste succès, nous raconte l’histoire de la liaison de Chateaubriand avec Mme de Custine. La fin de la première liaison coïncide avec le commencement de l’autre ; et Mm0 de Beaumont, condamnée par l’épuisement d’une nature délicate, presque aérienne, à une fin précoce, eut sans doute succombé du coup à la découverte, qui lui fut heureusement épargnée, de la rivalité qui n’avait pas attendu sa mort pour hériter de la passion et aussi de l’infidélité de René. Car le bonheur de ces nouvelles amours dura peu. Il date de i8o3 ses heures de miel, et dès 1806, l’auteur du Dernier des Abencerrages partait pour l’Espagne où la duchesse de Mouchy l’attendait sous les dentelles de qiarbre de l’Alhambra.
- Louise-Eléonore-Mélanie-Delphine de Sabran étârit née à Paris, le 18 mars 1770. Elle était la fille de cette comtesse de Sabran veuve à vingt ans d’un vieux mari dont le portrait par Mme Vigée Le Brun orne le recueil de sa correspondance avec le chevalier de Bou fflers, son amant devenu son mari pendant l’émigration. On se souvient encore du frémissement de surprise et d’émotion qui salua la révélation imprévue de ces lettres qui nous montraient le spirituel mais sceptique et un peu cynique poète parlant avec sincérité, avec éloquence lalangue du sentiment, et sa correspondante lui répondant en trouvant pour l’expression de l’amour, des notes nouvelles, d’une grâce charmante, d’une piquante originalité. C’est ainsi qu’en plein règne de Louis XVI et de Marie-Antoinette nous goûtions ce régal inattendu d’un rajeunissement, d’une revivification complète du vieux genre épistolaire par un favori de Voltaire, par une admiratrice de Rousseau,prêtant au langage de la passion sous l’influence d’un sentiment sincère, par une divination, une anticipation de vingt ans sur le romantisme, ce que le romantisme lui donnera de plus neuf, de plus libre, de plus hardi, de plus gracieux dans la joie, de plus éloquent dans la douleur.
- Delphine de Sabran tenait d’une telle mère et d’un tel tuteur, plus tard son beau-père, la vivacité et la grâce de l’esprit, en même temps que la générosité du cœur. Digne fille de sa mère sous le rapport de l’intelligence et du caractère, elle luj ressemblait aussi physiquement, mais avec une supériorité de finesse et de régularité des traits, de feu dans ses yeux noirs qui donnait à son visage aux heures du sentiment un éclat de beauté idéale. La mère semble n’avoir jamais été belle que de cette grâce, plus belle encore que la beauté. Elle a une physionomie charmante, mais un peu chiffonnée, et serait à peine agréable, sans la piquante originalité, le ragoût de fantaisie de ce déshabillé de taffetas rayé et de cette chevelure blonde demi, poudrée, parant la tête d’une sorte de nimbe. Chez Delphine cette chevelure cendrée se déploie en rayonnante auréole et l’éclat de ses grands yeux noirs, la finesse de ses lèvres roses sur lesquelles rit l’émail de ses belles dents, la prédestinent aux succès et aux aventures des héroïnes de roman. Le roman de Delphine fut triste. La Révolution en ensanglanta les premières pages. Elle avait épousé le 29 juillet 1787,3 un peu plus de seize ans,un jeune homme de vingt ans qui n’était autre que Philippe de Custine, fils du comte dont il devait, sous la Terreur, partager le sort tragique.
- Le 29 août 1793, le général Custine, au mépris de ses services et de ses succès, était puni de ses premiers revers par l’accusation de trahison et l'échafaud. Le 4 janvier 1794, Philippe de Custine, son fils, expiait sur l’échafaud le crime de son nom. Il mourait avec une fermeté stoïque, comme il
- avait vécu avec une gravité précoce. Delphine, sa femme, qui avait été pendant la détention et le jugement de son beau-père, pendant la détention et le jugement de son .mari un -modèle .de piété filiale, de dévouement conjugal,se trouvait à vingt-trois ans, «'veuve par le bourreau » ne se résignant à vivre qu’à cause de son fils et n’échappait elle-même à l’échafaud sans pouvoir échapper à la prison, que grâce à la réaction de Thermidor.
- Quelques jours après ce coup d’Etat de la peur et de la pitié, elle se trouvait seule, avec un enfant destiné parles secousses de son enfance à une santé précaireet à une vie inquiète,disputant elle-même à la maladieles restes de ses forces à jamais diminuées, et disputant à la spoliation nationale les débris d’une fortune de cinquante mille livres de rente, réduite au tiers. Elle trouvait heureusement, elle qui le méritait si' bien, des âmes énergiques et dévouées, comme ce Gérôme et ce Bertrand qui l’avaient arrachée à la Terreur, et dans de plus hautes sphères des protecteurs puissants comme Boissy d’Anglas et Fouché. Grâce à eux,elle rentrait non sans procès dans la possession des débris de sa fortune et pouvait provoquer la radiation et le retour de son beau-père et de sa mère devenue, pendant l’émigration, la marquise de Boufflers. Elle demeurait, par dévouement maternel plus encore qüe par regret conjugal, fidèle à son veuvage et marquise de Custine. Ce n’est pas qu’elle n’eut pas trouvé à se remarier. Mais elle était de celles qui ne donnent la main qu’avec le cœur. Et son cœur ne l’avait pas poussée à affronter de nouveau cet inconnu du mariage. La pre-.mière l’avait rendue justement méfiante. Elle se résignait à ce veuvage de cœur comme de fait et se consolait de l’absence de l’amour par l’amitié, lorsque à trente-trois ans, en i8o3, en plein épanouissement de la suprême fleur de sa beauté, elle rencontrait chez Mme de Rosambo, une de ses compagnes de captivité aux Carmes, l’auteur triomphant du Génie du Christianisme. Ce . fut le coup de foudre. Elle fut conquise à jamais. M. de Chateaubriand venait d’être nommé secrétaire d’ambassade à Rome, lorsqu’éclata cette grande passion dont quelques lettres, une douzaine à peine, constituent le maigre trophée. Maigre trophée pour la pauvre femme toujours éprise, bien-’ tôt 'abandonnée, qui dut vivre vingt-deux ans sur les restes, les cendres d’amitié d’un amour si vite épuisé et presque éteint, mais non maigres trophées pour nous, pour le biographe, pour le lecteur, à qui ces courts billets peignent trop au vif l’aridité de cœur, la sécheresse morale d’un homme en qui l’égoïsme avait tari de bonne heure la sourc’e des larmes.
- Ces lettres de Chateaubriand à Mm9 de Custine, avec une correspondance de Fouché, adressée à la. même,non moins curieuse, non moins caractéristique au point de vue politique que l’autre ne l’est au point de vue moral, sont une des grandes nouveautés, un de grands attraits et non les seules et les seuls de ce livre intéressant, touchant, charmant comme son sujet qui vaudra à son auteur,et fort justement une fois de plus, la conquête du public lettré.
- Mme de Custine, rongée par une de ces maladies de foie que n’ont pas les gens heureux, mourut prématurément à Bex, en Suisse, le 25 juillet 1826, à cinquante-six ans, toujours belle, toujours éprise de Chateaubriand, toujours fidèle au grand infidèle. M. Bardoux a réparé et vengé l’injustice, l’ingratitude des Mémoire d’Outre-tombe où les remords de Renés secondé par la jalousie de Mm® Récamier, n’ont permis à ses regrets que l’hommage de quelques lignes en consacrant à Mme de Custine et à sa mémoire un livre qui est un monument digne d’elle.
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- 'Quatrième Année; N° 182
- LE MONITEUR DE‘L;ËXPtÔStTlQN DE *889 Dmanche 24 Juin; 188,8.
- BANQUE FRANCO-EGYPTIENNE »
- Assemblée générale du 14 avril 1888
- Extrait du Rapport du Conseil d’Administration
- L’assemblée générale annuelle des actionnaires â eu lieu le 14 avril 1888, sous la présidence .de M. Albert Rostand, président du Conseil d’administration.
- Le rapport du Conseil d’administration expose que, quoique l’année 1887 ait vu se produire une certaine amélioration au point de vue des affaires-, elle n’a pas, été affranchie de l’influence fâcheuse des incertitudes politiques. Les résultats obtenus par la banque n’ont pourtant pas été sensiblement affectés par cette situation, ce qui doit être attribué non seulement à la modération de ses engagements, mais encore à la liquidation favorable de plusieurs opérations entamées dans les exercices précédents. Conformément à la règle qui a toujours été suivie, le chiffre des valeurs disponibles en caisse, en reports et en portefeuille d’effets a été maintenu aune somme relativement élevée* 12,476,225 fr. 30, au 31 décembre dernier, soit 207,704 fr. 83, de plus qu’au dernier inventaire.
- Le chapitre des Fonds publics, Actions et Obligations, se montant à 6,030,806 fr.05, est également en augmentation sur le, chiffre du 31 décembre 1886 ; dans cette augmentation est comprise laplus value acquise par certaines valeurs dans le courant du dernier exercice.
- Les Participations Financières rep ^ ésentant une somme totale de 9,069,386 fr. 75, sont eu légère diminution. Ce compte est appelé à décroître prochainement par la rentrée d’une avance importante faite au Gouvernement mexicain, rentre dont le remboursement est assuré par le succès
- •Zi '
- d’un emprunt extérieur contracté récemment par e Mexique et destiné: en partie à l’extinction de la dette flottante. La réussite de cet emprunt aura d’autres conséquences favorables pour la banque, un intérêt lui ayant été'attribué dans cette opération.
- Le rapport annonce que le procès poursuivi depuis nombre d’années, aux Etats-Unis, contre les Frustees des obligations du chemin de fer New-York, Boston et Montreal, vient d’avoir une issue défavorable en première instance ; une détermination sera prise incessamment, d’accord avec les autres cointéressés, sur l’appel de ce jugement.
- Le rapport explique la diminution temporaire du compte de la Succursale d'Alexandrie, signale l’extinction graduelle de celui de la Succursale de Port-Louis, dont la liquidation est en voie d’achèvement et constate les bonnes conditions dans lesquelles a été construit l’immeuble social dont les locations d’appartement déjà faites représentent un revenu important.
- Passant au compte de Produits et Pertes dont le solde s’élève à 2,054,997, fr. 81, le rapport indique les raisons pour lesquelles le conseil, afin de pouvoir donner plus de fixité aux dividendes futurs, a été unanime à proposer le versement à un compte spécial d’une somme de 600,000 fr. à prélever sur les bénéfices.
- Enfin, il soumet aux votes des actionnaires les propositions suivantes qui ont été approuvées après lecture des rapports du comité de censure et des commissaires des comptes.
- L’Assemblée :
- 1° xApprouve. les comptes de l’exercice 1887 ;
- 2° Fixe à 32 fr. 50, par action le dividende de l’exercice 1887. Un a compte de 15 fr., ayant été payé le 2janvier dernier, le solde, soit 17 fr. 50, .sera payable -à partir du 1er juillet prochain, sous déduction des impôts résultant des lois de finances ;
- 3° Approuve le report à nouyeau- du solde des bénéfices de l’exercice 1887, ' s’élevant 219,608, fr. 21 ;
- 4° Réélit M. J. Grieninger, administrateur sortant ; •
- 5° Réélit M. Morel Kahn, censeur sortant;
- 6° Nomme MM. Durand et Ducourau commissaires chargés de faire un rapport à l’Assemblée générale de 1889 sur leu-comptes de l’exercice 1888, avec autorisation d’agir isolément en cas d’empêchement de l’un d’eux.
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- QUATRIEME ANNÉE. Dimanche 1er Juillet 1888. NUMÉRO 183.
- SOMMAIRE :
- i. Les annexes du Champ-de-Mars ; 2. Adjudications; 3. Projets divers ; 4. Revue de l’Exposition ; 5. Chronique de l’Exposition de 1889: <5. Les étrangers àl*Exposition de 1889; 7. Le Métropolitain tubulaire de M. Berlier; 8. L’Exposition de 1823 ; 9. Avis commerciaux.
- Ainsi que nous l’avons annoncé dans le numéro du 17 juin, le MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889 est réorganisé sur de nouvelles bases. Il publiera, dorénavant une description détaillée de l’état des travaux de la prochaine Exposition, avec dessins, plans ou gravures suivant les cas, au fur et à mesure de leur avancement. Il donnera tous les renseignements de nature à intéresser, entre autres, le monde des exposants à la disposition desquels la nouvelle Administration se met d’ores et déjà.
- Le MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889 sera, en un mot, ce que l’obligent à être son titre et, surtout, la grandeur et l’importance de l’œuvre de civilisation que la France célébrera l’année prochaine.
- Toutes les communications relatives à la Rédaction et à l’Administration du journal doivent être adressées 11, Cité de l’Alma, à M. H. PENDRIÉ propriétaire-gérant du MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889,
- LES
- ANNEXES DU CHAMP-DE-MARS
- Dans notre numéro précédent, nous avons passé en revue l’état des travaux du Champ-de-Mars et avec le plus vif plaisir nous constatons aujourd’hui que l’activité la plus grande continue à régner sur tous les chantiers. Le palais des beaux-arts et celui des arts libéraux, les plus en retard des différentes oeuvres en construction au Champ-de-Mars, changent chaque jour d’aspect. Au reste, les matériaux étant, comme nous le disions il y a huit jours, en grande partie à pied-d’œuvre, leur mise en place s’exécute avec rapidité.
- Quant à la tour Eiffel, elle s’élève chaque jour de un à deux mètres et le sommet des montants posés dépasse actuellement i io mètres de hauteur. De son côté la galerie des machines a vu s’achever la pose de la onzième grande ferme et la douzième, côté Fives-Lille, est déjà disposée pour la mise en place.
- En dehors du Champ-de-Mars, nous voyons les annexes s’édifier ' rapidement aussi. Sur le quai d’Orsay, du pont d’Iéna aux ponts de l’Alma et des Invalides, les bâtiments destinés à l’exposition d’agriculture sont terminés en tant
- que construction métallique. Restent à faire les travaux de maçonnerie et de parquetage, ce qui est l’affaire de quelques semaines.
- Entre le pont de l’Alma et celui d’Iéna doit s’élever le palais spécial destiné à l’Exposition des produits alimentaires. Ce palais n’est pas encore commencé ; mais il y a lieu d’espérer que l’ouverture des travaux ne se fera pas attendre.
- Sur l’Esplanade de invalides sera installée une double Exposition, sur la plate forme de gauche (côté nord-est) sera placée celle de nos colonies : Algérie, Tunisie, pays de protectorat et colonies proprement dites. Les bâtiments de cette Exposition sont commencés, mais leur état d’avancement n’est pas tel qu’il y ait lieu d’en parler avec détail. Nous le ferons ultérieurement lorsque l’état des travaux permettra d’en juger l’ensemble, car si nous en croyons certaines informations, l’Exposition coloniale ne sera pas celle qui attirera le moins les visiteurs. Les richesses de toutes sortes que renferment le différents territoires soumis à notre domination faciliteront, d’ailleurs, la tâche des organi-teurs de cette Exposition.
- Sur la plate-forme de droite de l’Esplanade des invalides (côté sud-ouest) seront installées les Expositions respectives du ministère de la guerre, de l’hygiène et de l’économie sociale, non moins intéressantes que l’Exposition coloniale. Mais les bâtiments destinés à ces Expositions ne sont pas encore commencés. Il n’y a pas lieu, toutefois de s’en alarmer, car les dernières adjudications concernant l’expositiond’hy-giène travaux de charpente, menuiserie, vitre-rie, etc., ont été faites il y a quelques jours et leur exécution ne saurait tarder longtemp
- Quant à celle du ministère de la Guerre, elle va rentrer bientôt également dans la période d’exécution, le Sénat ayant enfin voté, dans sa séance du 19 juin, les crédits nécessaires en vue de la participation des divers ministères à l’Exposition universelle.
- Le ministère de la Marine qui n’a pas encore, non plus que celui de la Guerre et pour le même motif sans doute, commencé l’installation de son Exposition spéciale, va certainement se mettre à l’œuvre et, pour s’y prendre sur le tard, voudra néanmoins faire grand et beau. Nous n’attendons rien moins de la vieille réputation de savoir et de vaillance du corps émérite de nos officiers de mer. Il saura maintenir au rang qu’elle a toujours occupé notre belle marine en montrant aux regards de tous ses plus belles œuvres, ses plus savants travaux.
- Avant de terminer cette courte revue des annexes du Champ-de-Mars, nous devons signaler l’Exposition en projet de l’Administration des eaux et forêts qui sera installée sur une partie des plantations du Trocadéro.
- Malheureusement, là encore rien n’est fait, peut-être aussi par suite de l’absence de crédit.
- Mais aujourd’hui que ces crédits sont accordés, nous pensons que messieurs du ministère de l’Agriculture tiendront à honneur de ne pas rester en arrière de leurs collègues de la Guerre et de la Marine.
- EL Pendrié.
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- ADJUDICATIONS
- Les adjudications que nous avions annoncées dans notre numéro du 17 juin ont eu lieu, comme il était dit, le lundi suivant 25 du mois, au Tribunal de commerce et par les soins du conseil de préfecture. En voici les résultats :
- Les travaux de charpente, menuiserie,, couverture, planchers, quincaillerie et vitrerie, à exécuter, en location, pour les pavillons destinés à l’exposition d’hygiène, à l’esplanade des Invalides, évalués à 7«,5oo fr., ont été adjugés à M.. Pombla, entrepreneur, moyennant un rabais de 1 fr. 60 ,0/0.
- Les travaux de terrassement et de maçonnerie à. exécuter, à forfait, pour les mêmes pavillons, évalués à i6,5oo francs, ont été adjugés à M. Auguste Marc, entrepreneur, moyennant un rabais de 10 centimes %.
- Les travaux de peinture à exécuter, à forfait, pour les mêmes pavillons, évalués à i5,ooo francs, n’ont pas été adjugés, l’adjudication ayant été ajournée sur la demande de l’administration.
- Enfin, l’entreprise des travaux de construction en location, des pavillons d’entrée à établir aux diverses portes de l’Exposition, travaux évalués à 11 5,36o francs, a été adjugée à MM. Lecœur et G®, moyennant un rabais de 19 fr. 60 cent. %•
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- * *
- Le lundi 9 juillet prochain, à une heure de l’après-midi, il sera procédé publiquement, comme d’usage, dans une des salles du Conseil de Préfecture (Palais du Tribunal de commerce), a l’adjudication, au rabais, sur les prix de la série et par soumissions cachetées , de l’entreprise, en un lot, des travaux de couverture, plomberie et zincage à exécuter en location pour les Palais des Beaux-Arts et des Arts libéraux, les Galeries Rapp et Desaix, dans le Champ-de-Mars.
- Les travaux sont évalués à 176.469 fr. 78.
- Le cautionnement est fixé à 10.000 fr.
- Le devis, la série, les cahiers des charges et les plans sont déposés à la direction générale des travaux, dans les bâtiments du Champ-de-Mars, à l’extrémité de l’avenue Rapp,_oùl’on pourra en prendre connaissance, tous les jours non fériés, de une heure à quatre heures.
- Nul ne sera admis à concourir à l’adjudication s’il ne remplit les conditions imposées parle cahier des charges générales.
- *
- * *
- L’adjudication des supports en fonte demandés pour l’aménagement de la grande galerie des ma-chines au Palais de l’Exposition n’a pas donné de résultats. Il s’agit d’une fourniture relativement importante de pièces présentant quelque difficulté d’exécution et à livrer dans un assez court délai, ce qui explique la majoration demandée par les soumissionnaires, on ne sait pas. s’il sera procédé à une adjudication nouvelle ou si 1 administration traiterait de gré à gré. Ces supports ou colonnes sont de quatre types différents, savoir: 74 supports à. double colonne pour un seul palier, de 2 3oo kg l’un ;'56 supports des beffrois ou points d’attaque, pour un seul palier, pesant 3 400 kg l’un ; 18 supports courants à double colonne pour deux paliers à 3 670 kg l’un et 16 supports isolés (colonne elliptique) pour un seul palier de 1 640 kg l’un ; en tout, 164 pièces représentant environ 524 000 kg. Les trois premiers types ont une hauteur de 5 m.3o le quatrième 4 m. 555.
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- io8o. — Quatrième Année. — N° 183.
- Dimanche Ier Juillet 1888.
- PROJETS DIVERS
- La commission des travaux a définitiyemen * approuvé trois systèmes d’ascenseurs destinés au service des étages de la tour Eiffel.
- Le premier allant du sol à la plate-forme du ier étage, est à pistons articulés de MM. Roux, Combaluzier et Lepape.
- Le second, dii'rez-de-chausssée à la plate-forme du 2e étage, est un ascenseur système Hotties, avec piston hydraulique agissant sur des. poulies moufflées.
- Enfin le 3e est celui de M. Backman, allant du plancher du 2e étage au sommet de la tour : il est à mouvement hélicoïdal. La force motrice sera fournie par l'électricité.
- Le comité technique des machines vient d’adopter, sur le rapport de M. Bechman, ingénieur en chef du service des eaux de Paris, les projets déposés par MM. de Quillacq et Meunier, et Thomas Powell, pour l’installation des machines éleva-toires et la fourniture de l’eau de Seine destinée aux divers services de l’Exposition. Les travaux sont poussés activement et le battage des pieux en Seine est assez avancé.
- L’installation de MM. de Quillacq et Meunier, comprend une chaudière Collet et une machine Wheelock, actionnant directement une pompe Girard. E. Powell avec une chaudière Babcock et Wilcox alimente une de ses machines qui commandera une pompe Worthington.
- REVUE DE L’EXPOSITION
- Le palais des machines, situé en largeur à l’extrémité du Champ-de-Mars, du côté de l’Ecole Militaire et dont la construction a été confiée aux grands établissements de Fives-Lille et de Cail, est en excellente voie. Lors de la pose de la première ferme, nous avons donné des détails techniques sur cette prodigieuse construction. Rappelons que cette merveille incomparable de l’industrie métallurgique et du nouvel art architectural, qui fera le plus grand honneur à l’industrie française, se composera d’une galerie de q5o mètres de longueur, sur une largeur de- 110 mètres, et qu’elle âura une élévation de 45 mètres, sans une colonne. Elle sera accompagnée de deux galeries latérales de 1 5 mètres. La nef principale occupera une surface horizontale de 46,000 mètres sans aucun point d’appui intérieur. Elfe pourrait, comme une immense cloche, éouvrir aisément le palais de l’Industrie des Champs-Elysées, où a eu lieu l’Exposition de 1855. On voit les progrès accomplis depuis cette époque.
- De chaque côté du Champ-de-Mars s’élèveront en longueur deux palais d’aspect et de forme identiques, dont l’un sera attribué aux Beaux-Arts et l’autre aux Arts libéraux.
- Comme le palais des machines, ces constructions métalliques d’une rare élégance, seront accompagnées de galeries latérales et surmontées d’un dôme central du plus bel effet.
- Disons de suite, à ce sujet, que l’administration supérieure, désireuse de favoriser les artistes de tous pays, a pris à sa charge l’aménagement complet du palais des Beaux-Arts, et que les artistes étrangers, comme les Français, y seront traités sur le pied de la plus parfaite égalité. Ils n’auront à supporter d’autres frais que ceux du transport de leurs œuvres au Champ-de-Mars.
- * *
- Les Galeries de VAgriculture, qui serpentent gracieusement entre deux rangées d’aibres, le long du quai d’Orsay, sont à peu près terminées. Les travaux de fermeture sont déjà commencés. Elles pourront êtres livrées d’ici peu aux comités d’installation.
- Au milieu de ces galeries s’élèvera le Pavillon international des produits alimentaires, dans lequel on pourra déguster les produits gastronomiques du monde entier.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- La tour Eiffel atteint actuellement une hauteur de 114 mètres. Dans une quinzaine de jours, le second étage sera construit. On peut affirmer avec certitude que le plus difficile est fsit et que ce gigantesque travail, qui s’avance avec une régularité mathématique, sera achevé à la fin de cette année.
- * *
- Les jardins du parc de l’Exposition seront | une des choses les plus attrayantes de l’organisation générale. Cette partie, beaucoup plus étendue qu’en 1878 offrira, des surprises aux yeux étonnés.
- Dès aujourd’hui, on peut se rendre compte des tours de forces accomplis par M. Alphand, le maître des maîtres, dans l’art d’embellir la nature ; on voit déjà l’ensemble des merveilles qui seront accumulées par cet enchanteur au Champ-de-Mars. De nombreux arbres ont été transplantés, des jardins improvisés, des massifs de bosquets, des parterres tracés avec art, se dessinent déjà harmonieusement. Les visiteurs y seront à l’aise pour respirer à l’ombre des grands arbres en admirant les fleurs les plus belles et les plantes les plus rares.
- *
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- 4,
- En 1878 la section française comportait 2 5,ooo exposants. Ce chiffre est actuellement atteint et il sera certainement dépassé, car un grand nombre de retardataires arrivent toujours à la dernière heure.
- A l’exception de l’Allemagne, du Danemark, du Portugal, de la Suède, de la Roumanie et du Monténégro, tous les pays d’Europe seront représentés à l’Exposition. Les Etats-Unis, le Brésil et les Républiques du Centre et du Sud l’Amérique, ainsi que les pays d’Orient et d’Ex-trême Orient y prendront également part.
- La partie réservée à l’Orient et à l’Extrême Orient sera particulièrement curieuse. On parle de tout un quartier arabe transporté au Champ-de-Mars, avec ses habitants.
- * *
- La participation des étrangers à l’Exposition est de deux sortes : officielle ou privée. Certains Etats comme la Suisse, les Etats-Unis, la Grèce, la Norvège, la Serbie et les Républiques sud-américaines, sont représentés officiellement ; ïes autres ont nommé des comités nationaux privés ou des commissions d’organisation composées de notabilités des arts, de l’industrie et du commerce. Quelques puissances, sans pourtant avoir adhéré officiellement à l’Exposition, ont accordé des subventions aux comités privés, leur donnant ainsi, pour ainsi dire, un appui officieux.
- Les emplacements réservés aux sections étrangères s’élèvent à. environ 100,000 mètres carrés, sans compter dans ce chiffre, les concessions particulières dépares et jardins du Champ-de-Mars, du Trocadéro et de l’Esplanade des Invalides, non plus que celles qui leur seront attribuées dans le palais international des machines et dans le pavillon des produits alimentaires.
- Ces emplacements sont aujourd’hui entièrement attribués et seront prochainement livrés aux comités nationaux qui pourront procéder aux aménagements intérieurs.
- On voit par ce court aperçu que l’importante manifestation pacifique que prépare la République française à l’occasion du centenaire de 1789, sera digne des hôtes qui y participeront et fera honneur à notre pays.
- J. la Tour.
- CHRONIQUE DE L’EXPOSITION
- DE 1889
- La Russie et l’Exposition
- L’idée de la participation, privée de la Russie à l’Exposition de Paris gagne dû terrain; elle est appuyée par l’opinion publique, par les commerçants et industriels et — d’une laçon indirecte —> par le gouvernement.
- On sait, en effet, que malgré l’entente des cabinets monarchiques pour s’abstenir de toute participation à l’Exposition, et ne soutenir en aucune façon la participation privée des industriels, l’ambassadeur de France à St-Pétersbourg estparvenu à établir un accord avec le ministres des finances, M. Wischnégradski. Le ministre lui-même aurait engagé le conseiller intime à former un comité pour l’Exposition.
- D’autre part, le Journal de St-Pétersbourg, organe du ministère de affaires étrangères, publie tous les jours un avis aux exposants russes du comité « établi avec l’autorisation du ministère de l’intérieur » pour organiser la participation de l’industrie russe à l’Exposition de 1889.
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- * *
- Certains journaux ont annoncé que les exposants de 1889 auront à supporter des frais généraux d’installation qui pourraient atteindre 200 et Boofr. par mètre carré occupé.
- Ces bruits sont absolument dénués de fondement : l’administration a, au contraire, pris des dispositions qui permettront aux exposants de s’installer à moins de frais qu’en 1878. La dépense nécessaire atteindra à peine de 60 à 80 fr. par mètre carré.
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- Y Y
- Par décret en date du 9 juin, M. Tirard, sénateur, ancien ministre des finances, est nommé membre de la commission consultative de contrôle et des finances de l’Exposition universelle pour représenter l’Etat.
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- Statistique des expositions en France.
- A propos de la prochaine Exposition universelle, nous croyons être utiles à nos lecteurs en leur présentant un tableau chronologique des grandes expositions avec le nombre des exposants.
- Années. Exposants Années. Expos.
- Ira 1798. . . . .. IIO 59 1844... 4.616
- 2e 1801 .... 220 .6® 1855 . . . . 28.954
- 3e 1819.... I.662 7® 1867.... ,.. 5o.22Ô
- 4e 1834.... 2.447 8e 1878.... 53.000
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- L'algérie et VExposition. — On sait que la
- Chambre a voté une somme de Boo.ooo fr. destinée à l’organisation d’un pavillon algérien. Nous apprenons que M. Muller, conseiller de gouvernement, nommé commissaire général de l’Algérie, se rendra prochainement à Paris pour hâter les travaux de la section algérienne.
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- LES ÉTRANGERS A L’EXPOSITION
- DE 1889
- La Finlande
- M. Pierre Legrand, ministre du commerce, vient d’être informé de la constitution d’un syndicat industriel finlandais pour la représentation de la Finlande à l’Exposition de 1889.
- Le gouvernement impérial russe, auprès duquel les démarches nécessaires ont été faites, a répondu qu’il autorisait la Finlande à prendre part, à titre privé, à l’Exposition de 1889.
- M. Hjalmor Louden, ingénieur civil, sera reconnu par le ministre du Commerce comme représentant le syndicat industriel finlandais à Paris.
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- Quatrième Année. - N° i83. • LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 18S9 Dimanche i- Juillet 1888. - 1081
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- La Norvège
- M. le Ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition de 1889, vient de recevoir la confirmation officielle que le Storthing vient de voter, sur la proposition du gouvernement, la subvention de 100,000 couronnes (140,000 fr.) pour le Comité chargé d’organiser la participation de la Norvège à l’Exposition de 1889,
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- La Bulgarie
- Des dépêches reçues de Sofia annoncent que la Bulgarie a l’intention de se faire représenter à l’Exposition; elle demanderait cependant à ne pas figurer dans la section* turque, mais à •placer ses produits dans un pavillon spécial. Il se forme actuellement un comité qui sera chargé de concentrer tous les produits des exposants bulgares à Sofia, d’où ils seront expédiés directement à Paris.
- 41 *
- La République de Costa-Rica
- Le ^gouvernement de Costa-Rica, qui avait depuis longtemps décidé de participer à l’Exposition universelle de 1889, vient de nommer un commissaire général qui, assisté d’un comité de cinq membres, doit réunir et répartir en diffé_ rentes classes, les produits destinés à y figurer.
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- La Russie
- Le bureau des exposants russes, dont le siège est à Saint-Pétersbourg, vient d’être reconnu officiellement par M. le Ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général. Le bureau, composé de M. Andreff, Vargounine et Poz-nanski, est le seul intermédiaire agréé entre les exposants russes et l’administration de l’Exposition.
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- Le Grand-Duché de Luxembourg
- M. Ruppert, secrétaire général du gouvernement du Grand-Duché de Luxembourg, vient d’être délégué pour représenter le gouvernement grand-ducal auprès des exposants luxembourgeois.
- M. Tony-Dutreux, ancien commissaire général à l’Exposition de 1878, a été désigné pour remplir les mêmes fonctions à l’Exposition de 1889.
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- La République Sud-Africaine
- Le consul de France à Prétoria, vient d’informer le gouvernement qu’une somme de 75,oop fr. a été votée par l’Assemblée législative de la République Sud-Africaine pour faciliter la participation de cet État à l’Exposition de 1889.
- La Commission de contrôle et de finances de l’Exposition de 1889, réunie le i-i juin, sous la présidence de ivi. Pierre Legrand, ministre du Commerce, a examiné de nouveau et approuvé les détails du projet de l’histoire de l’habitation de M. Charles Garnier. On se rappelle que ce projet consiste en diverses reproductions, des habitations humaines, depuis la grotte et les constructions les plus primitives jusqu’au douzième siècle, à travers tous les âges et tous les pays. M. Alphand, directeur général des travaux, a donné quelques détails sur l’état d’avancement général des travaux; toutes les adjudications pourront être terminées dans quelques jours et ont été faites dans des conditions très satisfaisantes.
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- La commission exécutive du comité national qui s’est formée l’année dernière, à Rome, pour organiser le concours des Italiens à l’Exposition universelle de 1889, vient de publier dans les journaux l’appel suivant :
- Le comité national a décidé de continuer son œuvre.
- On ne saurait nier que les peuples puisent leur vie dans une émulation honnête et féconde.
- Au Champ-de-Mars, où sont convoqués les arts et les industries de toutes les nations, on a réservé une place à l’Italie, et celle-ci ne peut laisser cette place déserte, elle ne peut abandonner sa bannière. Elle doit se présenter au concours dans toute sa vigueur et de manière à prouver qu’elle est non seulement ressuscitée à la vie politique d’un grand Etat, mais qu’elle est aussi revenue à' son ancienne grandeur industrielle et artistique.
- Nous invitons donc nos producteurs et nos artistes qui aiment leur pays, à ne 'pas hésiter à renoncer à une abstention que l’on pourrait considérer comme de la pusillanimité et à seconder notre œuvre. Celle-ci n’a d’autre but que de resserrrer les liens qui existent entre les deux peuples auxquels l’avenir réserve encore de nobles couronnes et de fraternelles coopérations.
- Les chambres de commerae, les institutions académiques, tous les comités et associations qui ont été prodigues en promesses de concours, sont priés de reprendre l’œuvre patriotique qui recevra de notre part une impulsion d’autant plus vive qu’elle est réclamée par l’urgence de l’affaire et par les intérêts du pays.
- LE MÉTROPOLITAIN TUBULAIRE
- DE M. BERLIER
- Dans notre dernier numéro, nous avons annoncé le dépôt du rapport de M. Sauton sur le bureau du Conseil municipal de Paris au sujet de la proposition faite par M. l’ingénieur Berlier d’établir un chemin de fer métropolitain souterrain à tubes métalliques et à traction électrique. Nous avons dit également que le rapport de M. Sauton était entièrement favorable au projet Berlier en raison, surtout, de l’engagement que prenait cet ingénieur d’ouvrir à la circulation, le Ier juillet 1889,1a partie comprise entre la place de la Concorde et le Tro-cadéro de la ligne qui forme la demande en concession.
- Voici, à titre d’information, le texte de l’article icr du projet de résolution soumis à l’approbation du Conseil municipal et dont la discussion a commencé dans la séance du 2 5 juin :
- « Article premier. — L’administration est invitée à dresser à bref délai et à soumettre d’urgence au Conseil municipal un projet du cahier des charges en vue de la concession éventuelle d’une ligne de tramway tubulaire à traction électrique, allant du bois de Vincennes au bois de Boulogne par le cours de Vincennes, le boulevard Diderot, les rues de Lyon, Saint-Antoine et de Rivoli, la place de la Concorde, les avenues des Champs-Elysées, Victor-Hugo et Bu-geaud. »
- Et dans l’article 2, la Commission invite l’administration « à spécifier dans le cahier des charges à établir que la section de cette ligne, de la place de la Concorde au bois de Boulogne, devra être livrée à l’exploitation le i61'juillet 1889 si l’autorisation est délivrée le ier octobre 1888 et que l’exécution de la deuxième section, de la place de la Concorde au bois de Vincennes, sera subordonnée à la réussite de l’exploitation de la première section provisoirement concédée à titre d’essai. »
- Evidemment la Commission du Conseil, en agissant ainsi a eu surtout pour but d’améliorer les conditions de transport dans Paris en vue de l’Exposition. Il est certain que les échecs successifs des différents projets de chemins de fer métropolitains déjà proposés, échecs qui ne peuvent être imputés au Conseil, devaient stimuler encore son désir d’aboutir à une solution quelconque. C'est pourquoi dans l’espèce la. Commission avait placé son projet de résolution sous l’égide de la loi du 11 juin 1880 qui autorise les communes et les départements à accor-
- der, sur leur domaine, des concessions de tramways ou de chemins de fer d’intérêt local.
- Présentée dans ces conditions, la proposition soumise au Conseil paraissait donc avoir toutes chances d’être agréée, mais il n’en a pas été ainsi malheureusement, car dans la séance du 27 juin, la seconde de cette discussion, le Conseil a repoussé le projet de résolution de la Commission en renvoyant à l’administration « le projet de création de tramways-tubulaires», le directeur des travaux ayant déclaré, en séance, qu’il était impossible, même la concession étant accordée avant le 1e1' octobre prochain, que M. Berlier puisse ouvrir à la circulation le ier juillet 1889, la section de la place de la Concorde au Trocadéro.
- Cependant, rien ne pouvait faire prévoir pareille solution, si l’on en juge par les éléments de la cause, comme on dit au palais ; et nos lecteurs pourront s’en rendre compte en lisant les extraits suivants de l’intéressant rapport de M. Sauton et de la discussion qui a eu lieu au Conseil à son sujet dans les séances des 2 5 et 27 juin.
- EXPOSÉ SOMMAIRE Messieurs,
- Par une lettre en date du ier septembre 1887, M. Berlier, ingénieur civil, propose d’établir à Paris un réseau de tramways tubulaires souterrains à traction électrique.
- L’établissement du tunnel se ferait en sous-œuvre, sans ouvrir la voie publique si ce n’est aux emplacements des stations pour l’extraction des déblais et par suite sans interrompre la circulation des voitures.
- Le tunnel, à parois métalliques, aurait 5 m. 60 c. de diamètre et serait éclairé sur tout son parcours à l’électricité.
- Ce projet est-il pratique ?
- Au point de vue de la construction du tunnel en sous-œuvre, M. Berlier se proposant d’employer le système qui, à l’heure actuelle, fonctionne très régulièrement à Londres pour l’établissement d’un nouveau tunnel sous la Tamise, il semble que cette partie du projet soit réalisable sans sérieuse difficulté.
- Quant à la traction électrique, ce n’est une nouveauté que pour Pans, ainsi que le démontre la nomenclature des tramways électriques que nous Insérons en annexe.
- La conception de M. Berlier avait paru intéressante à votre 3e Commission et, sur sa proposition, vous avez renvoyé le1 projet pour étude à l’Administration le 2 5 novembre 1887.
- Proposition de M. Berlier. — M. Berlier construirait à ses frais, risques et périls, sans subvention ni garantie d’intérêt et sans monopole d’aucune sorte, en s’engageant à n’employer que du matériel de provenance française, une ligne de tramways tubulaires souterrains à traction électrique reliant le bois de Boulogne au bois de Vincennes en effectuant la traversée de Paris par le cours de Vincennes, le boulevard Diderot, la rue de Lyon, les rues Saint-Antoine et de Rivoli, la place de la Concorde, les avenues des Champs-Elysées, Victor-Hugo et Bugeaud.
- Eventuellement, il serait disposé à construire, dans les mêmes conditions, une ligne allant de la place de la Concorde à la Bastille par les grands boulevards et correspondant avec la première aux deux points terminus.
- M. Berlier demande cette concession pour une durée de quatre-vingts années, au bout desquelles l’ensemble des travaux, les installations, le matériel, etc., seraient remis en bon état et sans indemnité à la ville de Paris.
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- Dimanche ier Juillet 1888.
- 1082 et 1082. — Quatrième Année. — M iS3.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889,
- L’EXPOSITION DE 1823
- L’Exposition de 1823, dont le Moniteur de l'Exposition insère aujourd’hui une vue reproduite d’après une gravure du temps, était ordonnée par un décret du roi, en date du 20 février et s ouvrit au Louvre, le 25 août de la môme année.
- Quatre ans seulement la séparaient de l’Exposition de 18 ig, et on doutait si ce laps de temps très court était Suffisant pour qu’un perfectionnement sensible eût été apporté aux manufactures et aux produits de l’industrie nationale. C’était avec une sorte de défiance qu’on voyait procéder à l’installation des galeries qui devaient contenir les découvertes récentes, et la malveillance exploitait contre l’entreprise commencée les difficultés politiques du moment.
- La guerre d’Espagne, en effet, préoccupait tous les esprits, et les présages les plus pessimistes circulaient. On • représentait les ateliers comme abandonnés, les usines dans l'inaction. Le découragement et le dégoût avait, dit-on, gagné toutes les classes de fabricants, si bien que, la panique se répandant, beaucoup en étaient arrivés à croire que le gouvernement se verrait refuser le concours de la plupart des grands industriels dont l’Exposition de 1819 avait mis en lumière et les tentatives et les progrès.
- Qui est-ce qui parlait d’insuccès? Qui est-ce qui parlait de ralentissement probable dans la curiosité publique ? Dans le Louvre ouvert à l’empressement des curieux, à l’examen des servants, à l’émulation des industriels et des artistes, la foule fut considérable, et même il semble que.cette exposition, dédaignée à l’avance, excita dès qu’elle fut organisée, un enthousiasme plus vif que ses devancières.
- C’est ainsi que par une nouveauté qu’il faut signaler, car elle est caractéristique, le théâtre de la Gaieté, le 3o septembre 1823, joue les Visites au Louvre, à propos en un acte, mêlé de couplets et dont les auteurs sont MM. Philadelphie et Ludwig. La scène se passe sous la grande porte du Louvre, du côté de Saint-Germain-l’Auxerrois. Tour à tour, paraissent un capitaliste désappointé, un jeune mécanicien passionné pour les arts, un amateur enthousiaste de nos manufactures, un homme possédé de la fureur de tout perfectionner, un fat qui ne tolère que les fabriques étrangères, et tout ce monde-là, dans une intrigue un peu dépourvue d’intérêt, chante des couplets et célèbre la supériorité du génie français. Médiocre production dramatique si l’on veut ; n’empêche que ces Visites au Louvre ont un grand intérêt historique. Cette petite brochure est la première pièce de circonstance faite à propos d’une exposition; ensuite elle indique très nettement l’étaUdes.esprits du moment tous préoccupés de la lutte commerciale avec l’Angle-Verre., tous tvcAvar v\és îv créer en Vvancc des pro<JLviit.s"cîXparles <./<.- ittttcrf /<><.-<_- **1 ii^iî U'nutres c<3té
- de la Manche.
- Et ce n’est pas seulement dans les Visites du Louvre, c’est encore dans le journal la Pandore que l’on trouve la preuve de cette joie jd’une" nation devant ^son industrie triomphante. La Pandore, en rendant compte de l’Exposition, établit un dialogue entre un Erançais et un Anglais. L’Anglais se défend, ne trouve rien de bien, affecte de tout dédaigner et finalement, quoiqu’il se soit d’abord déclaré « inconvaincable ». avoue son admiration, et- quel magnifique spectacle présente cette exposition de 1823, où tout le monde afflue, exposants et visiteurs.
- C’est par les soins du ministre de l'intérieur Corbière, aidé de M. le vicomte de Castelbajac, directeur du commerce, des arts et des manufactures,que l’Exposition était organisée.
- Elle occupait le premier étage du Louvre, le rez-de-chaussée de la colonnade et emplissait cinquante-quatre salles. Malgré la dimension de l’emplacementqui, pour l’époque, est considéré comme très vaste, une quantité d’objets n’avaient pu être rangés dans des salles particulières, et une note spéciale du catalogue fait savoir qu’on rencontrera les papiers peints, les tapis et les lithographies « avec divers produits, dans plusieurs salles où on les trouvera facilement ».
- L’encombrement était tel que plusieurs négociants, mécontents de l'étroit espace qui leur était attribué, se retiraient en protestant, et c’est ce que constate la Pandore quand elle insère en son n° 34 la conversation suivante : .?
- « Les dents de MM. Désirabode et Audibran devraient-elles figurer ailleurs qu’à la porte de leurs laboratoires? Que pourra nous apprendre l’inspection de pareils produits qui ont leur petit mérite,sans doute, mais qui occupent un espace que devraient remplirjdes beaux tissus de M. Ternaux ou les^bellesThoffes de M. Depouilly. — Oui, mais la place qu’on a donnée à ces manufacturiers célèbres n’est point en rapport avec l’importance de leur I travaux; aussi jaloux de prouver qu’ils n’ont point dégénéré de leur renommée, ils ont ouvert chez eux ' une exposition particulière. Chez M. Ternaux nous pourrons être admis tous les jours depuis deux heures jusqu’à six heures du soir, chez M. Depouilly, nous le serons aux mêmes heures; ce manufacturier se fera un plaisir de nous adresser des cartes d’entrée et de nous inviter à voir son bel établissement de la rue de Paradis-Poissonnière, n° 3o.
- Ainsi, avec scs 1,048 exposants, l’Exposition déborde, le Louvre est mal à l’aise, et, curiosité inconnue
- jusqu’alors, voilà que des expositions particulières, s’organisent appellent le public, et le public s’empresse au rendez-vous.
- Du reste, l’Exposition de 1823 semble sortir des spécialités absolument pratiques où s’étaient maintenues les précédentes expositions. Elle donne plus de rôle à l’élégance, plus de liberté à la fantaisie, et c’est le
- reproche que lui fait l’Anglais auquel la Pandore prête la parole.
- A son sens, « les mœurs élégantes accordent trop aux colifichets, les petits maîtres font encore trop peu de cas de ce que les bons esprits estiment avant tout, l’industrie au profit des dernières classes de la société. Voyez plutôt quelles boutiques attirent le plus curieux ? Sont-ce ces expositions si intéressantes des lamineurs de cuivre et de zinc, les étalages de manufacturiers de tissus laineux , de draps communs, de toiles solides et à bon marché , les corbeilles de vos préparateurs de vivres incorruptibles ?
- Non, mon ami, la masse des visiteurs se porte vers ses brillantes futilités que l’économie politique ne dédaigne pas, mais qu’elle place sagement avec les produits favorables aux premiers besoins.
- « Ce qu’ils admirent, vos spectateurs émerveillés, ce sont les blondes de MM. Moreau frères, ce sont les strass, bijoux inventés pour la satisfaction du luxe indigent ; ce sont les points de Chantilly, les cristaux, les bronzes,les pièces d’or et d’argent ciselées à grand frais ! Ce n’est pas qu’en faisant cette critique des affections de la plupart de nos compatriotes, je veuille déprécier les produits : tous me paraissent remarquables, mais je voudrais qu’on ne les fît pas préva~ loir sur les choses d’utilité populaire.
- C’est l’exposition en raccourci que nous donne cette satire. Et tandis que l’Anglais se plaint de trop de futilité, voici dans les Visites au Louvre, le fat Saint-Elme lequel réclame, parce que, dit-il, « il n’y a pas une seule découverte pour les élégants ». Il espérait y trouver « au moins des éperons harmoniques, une édition de poche de Y Encyclopédie, une cravache balsamique en pâte du sérail, un cabriolet éclairé par le gaz. Pour un amateur de billard il n’y a même pas une queue à procédé ». Quand il regarde, il ne trouve qu’un spectacle de cinq minutes et tout ce qui lui apparaît comme d’unè nécessité absolue, ce sont « les bagues en fer qui guérissent les palpitations, les échelles de ficelle très agréables pour les amants, et les corsets élastiques de M"10 Mayer, qui donnent à nos belles une taille imperceptible ». Ce qui lui apparaît le plus remarquable « c’est un ameublement complet en fer blanc, ou plutôt en moire métallique, qui se
- démonte â volonté., découverte précieuse pour les personnes sujettes à déménager incognito ™ . Mais Y\ abcad r\rc,Mau\ti,
- son contradicteur enthousiaste le convertit, et l’exposition glorifiée passe dans sa réplique : « N’admirez-vous pas ces meubles qui nous mettent dans la possibilité de nous passer des bois étrangers! et ces tableaux sur tous les métaux! et ces planches de cuivre laminé dont la dimension prodigieuse permettra à nos peintres célèbres d’y placer leurs ouvrages immortels ! Et les décors d’architecture ! les travaux de l’imprimerie, les tissus dans lesquels nous utiliserons la dépouille de tous les animaux, notre bijouterie d’acier, la mosaïque et
- les peintures sur velours ! » Et quand la toile tombe, Saint-Elme oublie son scepticisme et salue d’un couplet la vapeur, dont les applications commencent à faire bonne figure dans le monde.
- La vapeur fait mordre un moulin, Par elle un bateau file ;
- Je crois qu’en France dès demain Le vent est inutile.
- Le 24 octobre, le roi qui, à plusieurs reprises avait visité la galerie du Louvre, le samedi, jour privilégié réservé à la famille royale, aux princes, aux ambassadeurs, et interdits surtout aux rédacteurs de journaux ainsi que le relate la Pandore, le roi recevait en audience solennelle les exposants que le rapport du jury désignait comme méritant des récompenses et des encouragements. La distribution des médailles avait lieu le même jour, aux Tuileries, dans la salle du Trône. Ces récompenses étaient au nombre de cinq cents. Leur chiffre se décompose ainsi : Rappels de médailles d’or, 42 médailles d’or, 70 Rappels de médailles d’argent, 60. Médailles d’argent, 162. Rappels de médailles de bronze, 22. Médailles de bronze, 244.
- La liste des principaux industriels honorés de distinctions n’est pas beaucoup différente de la liste de 1819. Il faut seulement remarquer que les maisons Ternaux et Depouilly, lesquelles avaient organisé des expositions particulières, n’étaient cependant point exclues du concours. Elles figurent au contraire au premier rang, parmi les rappels de médailles d’or. L’Exposition de 1823 clôturait le 25 octobre, deux mois après son ouverture. La durée déterminée par ordonnance royale primitivement, ne devait pas dépasser un mois ; mais l’intérêt qu’elle excitait et l’affluence des visiteurs qu’elle attirait avaient décidé à une prolongation qui démontre bien quelle importance cette exposition avait prise dans l’esprit du public et dans les conseils du gouvernement. Le journal la Pandore lui avait consacré six articles,et le Moniteur s’en était occupé dans vingt et un comptes rendus, Henri Céard-
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- 1084. — Quatrième Année..— N° i83.
- LE MONITEUR DE. L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche ier Juillet 1888.
- En vue de faciliter l’accès de l’Exposition, M. Berlier s’engage à livrer au public, pour le Ier juillet 1889, un premier tronçon allant de la place de la Concorde au bois de Boulogne en passant à proximité du Trocadéro auquel il erait relié par un embranchement spécial.
- Toutefois cet engagement ne subsisterait qu’à la condition que l’autorisation serait accordée avant le ior octobre 1888.
- Conclusions de VAdministration. — Le projet de M. Berlier a été l’objet d’une étude approfondie de l’Administration que les membres du Conseil municipal trouveront aux annexes du présent rapport. Nous n’en donnons ici que les conclusions.
- La première partie de ce travail a été établie par M. l’ingénieur des ponts et chaussées de Tavernier, aujourd’hui ingénieur en chef de la Voie publique, qui termine comme suit :
- Le projet présenté est, sous réserve de modifications légères, satisfaisant au double point de a ue des dispositions techniques, de l’intérêt du public et de l’intérêt de la Ville: il n’entraîne aucun trouble grave ni à la surface, ni dans le sous-sol de la voie publique, peut être réalisé dans un délai relativement court sans aucune subvention municipale etlaisse d’ailleurs le champ libre pour l’établissement ultérieur du chemin de fer métropolitain. Il nous semble donc que l’Administration ne peut qu’accueillir favorablement une telle proposition et nous sommes d’avis, en conséquence, qu’il y a lieu d’accorder à M. Berlier la concession qu’il sollicite. Si l’Administration veut bien nous en charger, nous dresserons immédiatement un projet de cahier des charges en vue de cette concession en prenant pour base le type préparé par M. le ministre des travaux publics p'our les concessions de tramways.
- LeregrettéM. André,alors ingénieur en chef de la Voie publique, concluait en ces termes :
- Sous le bénéfice des observations] qui précèdent nous pensons que ce projet, avec quelques modifications de détail qû’une etude technique plus approfondie indiquera, peut être réduit à une dépense de 40 millions ; que son exécution ne présente pas de difficultés reelles, notammenten ce quitouche leréseau des égouts ; que le tracé est bien étudié et que le réseau de ces trois lignes souterraines convenablement exploité peut rendre à la population parisienne d’inestimables services.
- Ces conclusions ont été adoptées par M. Allard, directeur de la Voie publique, dans les termes suivants :
- Vu et adopté. Le soussigné estime que de l’étude très complète qui a été faite par MM. de Tavernier et André des propositions de M. Berlier, il importe surtout de retenir, quant à présent, cette conclusion très nette que l’exécution de ce projet ne présente pas d’impossibilités et ne soulève même aucune objection grave.
- Evidemment des réserves sont à faire sur bien des. questions que les études définitives permettront seules de trancher. Le tracé lui-même, au moins dans les parties extremes, n est pas à l’abri de toute critique ; on peut se demander si, en raison des difficultés que présente le passage par la rue Bugeaud, il ne serait pas préférable de suivre jusqu’au bout l’avenue Victor-LIqgo pour aboutir à la porte de la Muette, ce qui obligerait, il est vrai, à faire plonger le tube métallique assez bas pour passer sous le chemin de fer de Ceinture. On peut aussi se demander s’il ne serait pas préférable, à l’autre, extrémité, d’aboutir à l’une des portes du bois de Vincennes, de manière qu’il fût possible ultérieurement, sans sortir du terraiumuni-cipal, de plonger souterrainement la ligne à tra-
- vers les bois de Boulogne et de Vincennes. d’une part jusqu’au pont de Suresnes en desservant les champs de coursesd’Auteuil et de Longchamp, d’autre part jusqu’à Joinville-le-Pont en desservant le champ de courses de Vincennes.
- Quoi qu’il en soit,il faut avant tout résoudre cette question préliminaire : la ville de Paris doit-elle demander et peut-elle obtenir l’autorisation de concéder le chemin dont il s’agit à titre de chemin d’intérêt local ? Il appartient au Conseil municipal de décider si la demande doit être faite, et aux pouvoirs publics de décider si l’autorisation peut être accordée.
- Les rapports ci-dessus et les dossiers an_ nexés contiennent tous les éléments d’appréciation que peut fournir le service technique après une étude attentive de l’avant-projet fourni par M. Berlier.
- Pouvait-on exiger rapports plus concluants que ceux qu’on vient de lire ? Comment donc expliquer la confusion qui s’est produite dans la discussion qui a eu lieu au Conseil ? Nous disons bien confusion, car les opinions les plus diverses, en même temps que les plus hétéroclites y ont été soutenues par des orateurs desquels on pouvait espérer plus de logique au moins de partjp ris.
- C’est en vain que M. Georges Berry a défendu la véritable raison d’être du projet en discussion , savoir : le développement des moyens de transport en vue de l’Exposition.
- Messieurs, a-t-il dit, je viens soutenir les conclusions de la Commission. En effet, vous le saviez tous, la population de Paris n’est pas suffisamment desservie par les omnibus, tramways et autres systèmes de locomotion. Elle demande à bref délai de nouveaux moyens de transport. On fait bien quelques propositions dans le but de créer ces nouveaux moyens, mais aucune d’elles n’est encore acceptée, et n’a jamais abouti.
- Dans cette situation, vous restez en présence d’une seule solution : le Métropolitain. Celui-ci, vous l’avez étudié, vous avez voté un projet sérieux, vous avez fait tous les sacrifices acceptables pour le voir admettre, toutes les modifications que le ministre des Travaux publics a exigées de vous.
- Malheureusement, ce Métropolitain est aujourd’hui, par la grâce d’Etat, d’intérêt général, et ne dépend plus de nous.
- Malheureusement, ce projet de Métropolitain est soumis à la Chambre et nul ne sait quand et comment il sera mis à exécution.
- Et, cependant, nous approchons de l’Exposition de 1889; en prévision de cette grande manifestation industrielle et artistique, nous devons obtenir et faire quelque chose.
- Si, en ce moment les moyens de transport à Paris sont insuffisants, ce sera bien pis pendant l’Exposition, alors que des foules nombreuses viendront à Paris.
- Dans ces conditions, il se trouve un ingénieur^ M. Berlier, qui vient vous dire :
- Je propose d’établir un chemin de fer tubulaire.
- Ce chemin de fer, vous le connaissez, Messieurs, vous l’avez vu ; il ne constitue pas une innovation;— déjà il a fonctionné en Amérique et en Angleterre, et il y a été étudié par vos ingénieurs MM. André et Bienv enüe. Et ces ingénieurs sont d’accord pour le considérer comme une bonne chose — sous bénéfice de l’acceptation par M. Berlier, acceptation qui ne fait pas doute, de certaines modifications.
- Que vous demand-t-on, en somme, aujourd’hui ? Est-ce une chose dangereuse ? Non. Le vote d’une proposition ferme ? Pas davantage.
- On vous demande seulement le vote d’un
- principe : on vous demande de ne pas nous renvoyer de commission en commission, comme des gens qui n’osent pas aboutir et qui perdent en lenteurs tous les avantages qu’on leur propose.
- Repousserez-vous le vote d'un principe qui ne vous engage pas ?
- C’est en vain qu’après M. Georges Berry, s; bien inspiré, le rapporteur M. Sauton est revenu à la charge, défendant pied à pied les conclusions de son rapport. C’est inutilement qu’il a rappelé au Conseil les affirmations du rapport de l’ingénieur ordinaire tendant à réfuter l’objection produite par un membre du Conseil que le projet Berlier devait se confondre avec celui du Métropolitain soumis aux délibérations de la Chambre.
- Le projet de M. Berlier, disait le rapport de cet ingénieur, et c’est un point essentiel à noter, laisse d’ailleurs complètement à l’écart la question du métropolitain proprement dit ; il ne s’agit, en effet, ni de mettre en relation les diverses gares des grandes lignes de Paris; ni de permettre les échanges de matériel et de trains, ni de satisfaire, par conséquent, en aucune mesure à des besoins d’intérêt général : les trois lignes ci-dessus désignées resteraient renfermées dans Paris et desserviraient un mouvement exclusivement local.
- Mais après ces nouvelles explications, M. le Directeur des Travaux, que l’on aurait pu croire complètement édifié par le rapport de ses ingénieurs en sous-ordre ou de ses collègues, ayant déclaré que l’Administration renonçait à se prononcer, soit au point de vue technique, soit au point de vue financier, l’opinion delà majorité déjà hésitante, se laissa entraîner sur cette pente fatale où glissent si facilement ceux dont l’opinion n’est pas faite sur une question, et le renvoi du projet Berlier à l’administration pour complément d’étude, fut prononcé.
- C’est ainsi qu’en l’an de grâce 1889, après i5 années d’études, de discussions savantes autant que prolongées. Paris, la capitale du monde civilisé, sera privé de ce moyen de locomotion perfectionné que possèdent, depuis des années déjà, la plupart des grandes capitales : Londres, New-York, Berlin et Vienne.
- Puissent les faits ne pas causer trop de remords aux auteurs de si lamentables avortements ! H. P.
- AVIS COMMERCIAUX
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- droits des planches de bois tendre
- Il résulte d’une communication du Ministre de la- République à Pékin que l’administration des douanes maritimes chinoises avait modifié la tarification des planches de bois tendre et leur avait imposé une taxe de 5 0/0 ad. valorem, au lieu du droit spécifique conventionnel de o tael 7 maces par 1,000 pieds sur une épaisseur de 1 pouce anglais, par le traité anglo-chinois de 1858.
- Le gouvernement chinois, à la suite des démarches du corps diplomatique accrédité à Pékin, vient de décider le retour au tarif primitif, soit 7 maces par 1,000 pieds.
- TUNISIE
- SUPPRESSION DES DROITS D’iMPORTATION SUR LES
- CHEVAUX, ANES, ETC., LES HUILES FIXES, LE GIBIER,
- LES VOLAILLES.
- Le résident général de la République française à Tunis a promulgué le décret suivant, à la date du i3 ramadam i3o5 (17 mai 1888).
- « Article premier. — Seront supprimés, à partir du i3 octobre 1888, les droits d’importation qui frappent à leur entrée dans la Régence les produits désignés ci-après :
- « Les animaux de race chevaline, asine, mulas-sière, bovine, ovine, caprine et porcine ; les huiles fixes pures d’olive ; le gibier mort ou vivant et les volailles mortes ou vivantes. .»
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- Quatrième Année. — N° i83
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE'iS89
- Dimanche ier Juillet 1888.
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- QUATRIEME ANNÉE. Dimanche 8 Juillet 1888. NUMÉRO 184.
- SOMMAIRE :
- I. Les Expositions et le commerce d’exportation ; 2. La parti- cipation de l’Espagne à l’Exposition de 1889; 3. Demandes d’emplacements pour l’Exposition de 1889; 4. La Belgique 4 l’Exposition universelle de Paris en 1889; '5.. Chronique de l’Exposition de 1889; 6. Les étrangers à l'Exposition de 1889; 7. Expositions diverses; 8. Echos; 9. Notre gravure; 10. Or-. ganisation de l’Exposition.de 1889. .
- Ainsi que nous l’avons annoncé dans le numéro du 17 juin, le MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889 est réorganisé sur de nouvelles bases. Il publiera dorénavant une description détaillée de l’état des travaux de la prochaine Exposition, avec dessins, plans ou gravures suivant les cas, au fur et à mesure de leur avancement. Il donnera tous les renseignements de nature à intéresser , entre autres, le monde des exposants à la disposition desquels la nouvelle Administration se met d’ores et déjà.
- Le MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889 sera, en un mot, ce que l’obligent à être son titre et, surtout, la grandeur et l’importance de l’œuvre de civilisation que la France célébrera l’année prochaine.
- Toutes les communications relatives à la Rédaction et à l’Administration du journal doivent être adressées 11, Cité de l’Alma, à M. H. PENDRIÉ propriétaire-gérant du MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- LES EXPOSITIONS
- ET LE COMMERCE D’EXPORTATION
- Le but qu’ont visé les organisateurs des premières expositions a été certainement de faire connaître aux pays voisins, aux consommateurs étrangers, les produits industriels ou agricoles de telle ou telle région. Ce but a-t-il été atteint? Telle est la question que beaucoup, sans doute, se sont déjà posée.
- Incontestablement, pour nombre de produits le fait de leur exposition a dû, en les faisant connaître, en faciliter la vente, l’écoulement au dehors. Cette opinion est confirmée par les dépenses répétées que n’ont pas craint de s’imposer à chaque exposition, les fabricants de ces produits. Mais pour certains autres on voit moins quel bénéfice immédiat a pu retirer le producteur des frais que lui occasionnait son exposition, et l’on est porté naturellement à se demander si ce n’est pas pour une satisfaction vaniteuse, pour' l’obtention d’une récompense honorifique'seulement, que ce producteur s’est imposé des sacrifices, parfois assez grands.
- Nous croyons que ce dernier cas est une exception et que la grande majorité desindustriels
- bu agriculteurs exposants est poussée par un sentiment d’ordre pratique, par une nécessité même, effet de la concurrence active que se font chaque jour davantage les producteurs de tous les pays civilisés.. Nous trouvons, dans un. fait récent la preuve palpable de l’opinion que' nous venons de formuler. ....
- . Il y a deux ans à peine, quelques hommes, de valeur de la République Argentine.eurent l’idée d’organiser, à Buenos-Ayres .unp .exposition permanente de tous les produits du pays, . ....
- , Cette heureuse inspiration fut- bientôt réalisée grâce à l’énergie de ses .promoteurs et l'exposition projetée, installée dans la salle du commerce du palais- du On^e-Septembre. Là .furent réunis et classés des échantillons.. de laines, peaux, cuirs, graines de céréales ou plantes oléagineuses, de tous produits, en un mot, provenant du territoire argentin et susceptibles d’êtré vendus au dehors.
- Cette exposition permanente a pris le, nom de gran muestario (grande- collection d’échantillons; et, pour.lui donne? un but. pratique véritablement d’intérêt'national, des: extraits de ces échantillons ont été remis au ministre des affaires étrangères chaque fois qu’une exposition internationale a eu lieu depuis, en , Europe notamment.
- C’est ainsi qu’à la dernière exposition du Havre, les collections de la République Argentine ont. obtenu une double médaille . d’or .et d’argent, à celle de Nevers, une. médaillé d’argent, à celle de Saint-Cloud., le grand diplôme d’honneur. A Berlin, où des échantillons ont été envoyés également, la presse de toutes les nuances a félicité hautement l’initiative de la jeune République.
- Aussi, la situation économique de cette con-tréese ressent-elle chaque jour avantageusement de la propagande économique qu’elle fait dans les principaux centres industriels au profit de ses produits naturels.
- Cet exemple est topique. Mais sans sortir de la vieille Europe, est-ce que la magnifique exposition de vins qu’avait organisée l’Espagne au Champ-de-Mars en 1878, n’a pas pu contribuer puissamment au développement considérable qu’a pris, depuis cette époque, la production vinicole de ce pays ?
- L’Italie, assez mal cotée, en Europe,, au point de vue industriel avant 1878, n’aurait-elle pas dû une partie du succès remporté depuis par diverses de ses industries, sur les principaux marchés, à l’intelligente et savante exhibition de quelques-unes d’entre elles lors de notre dernière grande Exposition, ou ultérieurement de celles d’Anvers et d’Amsterdam ?
- O11 voit par ces quelques exemples, par celui de la République argentine notamment, combien était juste l’idée qui a présidé à l’organisation de nos premières expositions. Mais pour que notre industrie et notre agriculture retirent de la future
- exposition tout le profit dont les sacrifices que Iç pays s’impose pour son organisation exigent qu’elles bénéficient, il faut que nos industriels et nos agriculteurs se pénètrentbien de ce fait, qu’au-jourd’hui, plus qu’il y a dix ans, la concurrence est active entre tous les pays de production et. que c’est par une amélioration profonde, radicale, des procédés ou des machines en usage encore chez nombre d’entre eux malheureusement, qu’ils obtiendront le succès désiré ; car rien ne leur servirait d’obtenir un produit relativement beau, si son prix de revient, à qualité égale, en était supérieur à celui de leurs concurrents.
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- PARTICIPATION DE L'ESPAGNE
- A. L’EXPOSITION DE 1889
- L’Espagne ne concourra définitivement pas officiellement à l’Exposition universelle de 1889; mais,par contre, le gouvernement favorisera dé tout son.pouyoirles industriels et agriculteurs de la Péninsule qui voudront y prendre part. Ainsi en a décidé le Congreso (Chambre des députés) dans sa séance de nuit du 22 juin.
- C’est à l’occasion de la discussion du budget du- ministère des Travaux publics qu’un député; M. Montilla, déposa un amendement demandant l’ouverture d’un crédit spécial de un million de pesetas pour permettre à l’Espagne dç participer officiellement à l’Exposition universelle de Paris en 1889. Mais le ministre, M. Ca-. nalejas, repoussa cette demande sous prétexte de hautes raisons d’Etat, bien que, dit-il, il soit en conformité de vues avec M. Montilla sur les raisons d’équité et de convenances'qui portent les industriels espagnols à vouloir participer a cette Exposition.
- Après lui, M. Pidal, le .fougueux carliste, combattit la demande de crédit pour la sempiternelle autant que mauvaise raison que l’Exposition de 1889 devait être une glorification de la Révolution française et que l’Espagne, dont le roi est un Bourbon et la régente une parente de Marie-Antoinette, ne pouvait décemment y prendre part.
- Puis M. Gamazo, ministre dans le précédent cabinet Sagasta, appuya au contraire la demande de M. Montilla, à la suite d’une observation faite par le président, M. Martos, à M. Pidal sur le caractère que celui-ci voulait imprimer au débat, caractère injurieux pour la France et pour l’histoire de la civilisation.
- Enfin, M. Moret, ministre de .l’Intérieur, expliqua que son vote ne signifierait pas une censure pour l’histoire de la Révolution française et n’était pas, non plus, une manifestation
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- ioS6. — Quatrième Année. — N° 184.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 8 Juillet 1888.
- hostile pour la France. Que d’ailleurs, le gouvernement français avait accepté les explications ^ue lui avait données le gouvernement espagnol en décembre dernier et que les manifestations sympathiques qui venaient d’être échangées récemment, à Barcelone, entre la France et l’Espagne, prouvaient surabondamment la bonne harmonie qui existe entre les deux gouvernements et les deux pays.
- Malgré les déclarations ministérielles, ce ne fut cependant qu’à deux voix de majorité (123 contre 121) que l’amendement de M. Mon-tilla fut rejeté. Et, pour bien marquer ses sentiments d’amitié envers la France, le Congreso s’empressa de voter ensuite, à une grande majorité, un autre amendement accepté par le Gouvernement, amendement par lequel une subvention de 5oo.ooo pesetas est mise à la disposition des industriels désignés par les Chambres de commerce et qui voudront prendre part à l’Exposition de 1889.
- Tout est bien qui finit bien, dit un vieux proverbe, et nous n’attendions rien moins des représentants de la vaillante Espagne, fidèles exécuteurs, en cette circonstance, des sentiments manifestés dans toute la Péninsule depuis quelque temps. H, P.
- DEMANDES D’EMPLACEMENTS
- POUR L’EXPOSITION DE 1889
- De différents côtés nous recevons des plaintes d’industriels qui ayant demandé au ministre du commerce ou â*u Directeur général de l’Exposition qu’ils veuillent bien leur indiquer les emplacements dont ils peuvent d’ores et déjà disposer, n’ont, jusqu’à ce jour, reçu aucune réponse ou des réponses évasives. Il est cependant très important pour certains industriels de connaître longtemps h l’avance l’étendue de l’emplacement qui peut eur être concédé, les dimensions de cette étendue étant indispensable à savoir pour la mise en travail des objets qu’ils ont l’intention d’exposer et dont la fabrication nécessite parfois de longs mois.
- Nous appelons sur cette intéressante question toute la bienveillance de l’Administration.
- LA BELGIQUE
- A L'EXPOSITION UNIVERSELLE DE PARIS EN 1889
- Le Comité exécutif de la Commission belge vient de nous adresser la circulaire suivante :
- Le gouvernement français convie les artistes ‘et les producteurs du monde entier à une nouvelle Exposition universelle, qui aura lieu à Paris, en 1889.
- Comme en i855, en 1867, en 1878, la Belgique se doit de répondre avec empressement à cet appel d’une nation amie.
- Tout l’y invite. La situation exceptionnelle du marché de Paris, l’attraction que ce marché exerce sur les hommes d’affaires de tous les pays du globe, les brillants succès remportés aux Expositions précédentes, les résultats considérables retirés de leur participation à ces Expositions, les progrès énormes accomplis par eux depuis lors dans toutes les branches de l’activité humaine, sont autant de raisons puissantes qui détermineront nos compatriotes à concourir à l’exhibition prochaine.
- Leurs sentiments à cet égard ne semblent, du reste, pas douteux. Ils se sont affirmés dans des réunions tenues sur toute la surface du pays et dans les élections dont est issue la Commission organisatrice belge.
- Aussitôt constitué, le Comité exécutif de cette Commission était donc assuré de répondre à des vœux unanimes, en s’efforçant d’obtenir à
- la fois les subsides les plus larges du Gouvernement belge et, du Gouvernement français, les espaces les plus étendus dans les palais de l’Exposition,
- Le Gouvernement belge a promis aux exposants « son appui moral, matériel et financier » et fixé lechiffre de son intervention à 600,000 fr. en nous allouant selon l’usage, la gratuité pour le transport sur son réseau, à l’aller et au retour, des objets exposés.
- Quant au gouvernement français, il nous a accordé des emplacements admirablement situés, où les produits belges seront mis en pleine lumière.
- Le Comité exécutif prendra donc à sa charge, dans les limites du crédit voté par la Législature, les frais d’administration centrale, de décoration d’ensemble et de surveillance générale, la confection du catalogue, le transport à l’aller et au retour, ainsi que la manutention des objets exposés et des dépenses afférentes au jury.
- Les frais d’emballage et de déballage des produits, l’ornementation et la surveillance spéciale des compartiments, l’installation, les transmissions de force motrice et toutes les autres dé-penses-quelconque, devront être supportées par les exposants.
- Üne taxe de 10 fr. par mètre carré concédé sur sol ou contre cloison dans les palais des arts libéraux et industriels et à l’étage du palais des machines, et de 5 fr. par mètre carré dans tous les autres locaux devra être versée par les exposants sauf par ceux des beaux-arts, pour couvrir certains frais, notamment l’établissement des planchers, qui n’est point fourni par l’administration française.
- Ces points étant acquis aujourd’hui, nous venons demander à nos artistes et à nos industriels de nous faire connaître, au plus tard avant le Tr août, leur intention de prendre part à l’Exposition, et nous joignons à la présente circulaire tous les renseignements nécessaires à éclairer leurs résolutions.
- Nous comptons sur eux pour fournir à tous ceux que l’Exposition rassemblera à Paris, et spécialement aux habitants des pays d’outre-mer qui s’y rendront en très grand nombre, la preuve éclatante de la situation que la Belgique artistique et industrielle a su conquérir et conserver avec tant d’énergique intelligence au premier rang des peuples producteurs.
- Veuillez agréer, Monsieur, l’expression de nos sentiments distingués.
- Le Comité exécutif de la Commission organisatrice belge :
- Le Président,
- Victor Lynen.
- Le Secrétaire général, Le Commissaire général, J. Gody. Jules Carlier.
- Les Vice-Présidents,
- Comte de Ribaucourt, E. Slingeneyer,
- L. de Naeyer.
- Les Membres,
- G. de Savoye, E. Eloy, A. Goemaere, Lucien Guinotte, J. Linden, G. Sabatier, O. Systermans.
- CHRONIQUE DE L’EXPOSITION
- DE 1889
- L’Exposition nautique et le panorama de la Compagnie transatlantique
- Les passants qui traversent le pont d’Iéna s’arrêtent volontiers depuis quelques jours sur les quais pour considérer les travaux qu’on exécute actuellement sur la rive gauche de la Seine.
- Des pieux sont battus, des dragages opérés, une
- jetée est construite en même temps que le niveau du quai est exhaussé, grâce à un remblai dont les matériaux sont constitués par la terre et les pierres dont on débarrasse le fond du fleuve.
- Ces travaux sont effectués dans plusieurs buts. A gauche du pont, du côté de Paris, ils sont destinés à l’établissement d’un bas port depuis longtemps réclamé par la navigation et que la ville et l’Exposition construisent à frais communs. Ce bas port, en effet, a un caractère définitif et sera conservé après 1889. A droite du pont, du côté de Grenelle, ils sont destinés à l’installation de la classe 45 (exposition nautique). Enfin, le panorama de la Compagnie transatlantique aura aussi sa place sur cette berge, dans l’axe de l’avenue Labourdonnais.
- *
- * *
- L’Exposition rétrospective du travail et des sciences anthropologiques
- Le ministre du commerce vient de décider qu’il pourrait être nommé, dans chaque, section de l’exposition rétrospective du travail et des sciences anthropologiques, des membres adjoints dont le nombre ne pourra excéder la moitié des membres titulaires.
- Conformément à cet arrêté, ont été nommés membres adjoints dans les sections suivantes :
- section Ire. —Anthropologie. —Ethnographie
- MM. Pottier, attaché à la conservation des antiquités orientales et de la céramique antique, professeur suppléant à l’Ecole du Louvre.
- Collignon (Maxime), professeur à la Faculté des lettres.
- section il. — Arts libéraux
- MM. Grimaux, professeur de chimie à l’Ecole polytechnique.
- Delezinier, mécanicien.
- section ni. — Arts et Métiers
- MM. le marquis de Cherville, publiciste.
- Plessis, ingénieur mécanicien.
- Loebnitz, céramiste.
- Sabatier, chef des travaux à l’Institut agronomique.
- Lindet, docteur ès-sciences, chef de laboratoire du cours de chimie industrielle au Conservatoire des arts et métiers.
- Bourdon ("Edouard), ingénieur-constructeur.
- * *
- L’Exposition ouvrière en 1889
- Une délégation des députés de la Seine, composée de MM. Achard, Basly, Brialou, Camélinat,. Gaulier, Mesureur, Michelin et Frédéric Passy, a présenté les délégués de l’Exposition ouvrière de 1889 à M. Floquet, assisté de MM. Legrand et Lockroy.
- Le but de cette visite était de demander a l’Etat son concours moral et financier pour faciliter la collaboration des syndicats et groupes corporatifs ouvriers français à l’Exposition de 1889.
- Les délégués, appuyés par MM. Achard, Camélinat et Mesureur, ont indiqué les motifs qui militaient en faveur d’une exposition ouvrière. M. Legrand, qui n’était pas exactement renseigné sur l’utilité d’une section ouvrière spéciale, aparu satisfait des explications fournies.
- MM. Floquet et Lockroy se.sont spontanément montrés favorables à cette œuvre.
- L’accueil le plus bienveillant a été fait à la délégation.
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- * *
- Beaux-arts
- Le règlement de l’Exposition de 1889 fut élabore on s’en souvient, au commencement de cette année par une commission spéciale nommée par la direction des Beaux-Arts. Deux articles de ce règlement ne furent adoptés qu’après une très vive opposition de la part de quelques membres de la commission, etprincipalement de M. Meissonier. Ces deux articles limitaient à dix le nombre des ouvrages exposés par chaque artiste et plaçaient hors concours les membres du jury.
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- Dimanche 8 Juillet 1888. — 1087.
- Quatrième Année. — N° 184.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION:DE 1889.
- Lorsque M. Larroumet fut, il y a deux semaines, -nommé directeur des Beaux-Arts, M. Meissonier 'crut le moment venu de se relever de sa défaite et demanda au chef de la nouvelle administration que les articles combattus par lui naguère sans succès fussent supprimés. M. Larroumet consentit à ce qu’on remît en discussion le règlement précédemment arreté.
- Tous les jurys d’admission ont, à ce sujet, été -convoqués mardi dernier. Par un double vote, ils ont décidé que rien ne serait changé au règlement paru à YOfficiel alpus l’administration de M. Cas-tagnary. L’incident, soulevé par M- Meissonier, est donc définitivement clo»s, et cette fois encore l’honorable membre de -l’Institut demeure battu. *
- * *
- Xe diplôme des récompenses à l’Exposition de 1889
- Mardi, à la réunion plénière des jurys d’admission . de l’Exposition universelle, M. Antonin Proust, tant en son nom qu’au nom dé MM. De-labo rde et Henri Béraldi, a demandé à l’assemblée d’émettre le vœu que le Diplôme des récompenses de 1889 fût non pas une photogravure, mais bien une œuvre gravée, et que l’attention de l’Administration fût appelée sur la nécessité de s’occuper dès à présent de ce travail, pour lequel il n’y a plus juste que le temps nécessaire.
- Ce vœu a été adopté à l’unanimité des membres présents.
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- LES ÉTRANGERSÂ L’EXPOSITION
- DE 1889 Le Portugal
- M. Pierre Legrand, ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général.de l’Exposition, vient d’être officiellement informé d’une mesure adoptée par le gouvernement portugais au sujet de la réimportation des produits qui auront été exposés par les négociants et fabricants du Portugal. Cette réimportation ne sera point soumise aux droits de douane. Il suffira aux exposants portugais de justifier de l’identité de leurs produits pour qu’ils puissent les faire rentrer en Portugal, sans frais de douane, après l’Exposition universelle.
- Même franchise de retour sera probablement accordée aux autres exposants étrangers par leurs gouvernements respectifs.
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- La Russie
- Le bureau central .constitué à Saint-Pétersbourg, pour la participation des industriels russes à l’Exposition de 1889, n’est pas parvenu à une entente avec les administrateurs des chemins de fer allemands en vue d’obtenir une réduction des tarifs de transport des produits à exposer.
- Des démarches ont été faites, dans le même but, sous l’inspiration du consulat général russe, auprès du représentant de la compagnie du chemin de fer de l’Est, à Vienne. Ces démarches ont heureusement abouti : malgré l’augmentation du trajet que les produits à exposer auront à effectuer, il a été possible d’obtenir, pour le transit par l’Autriche et la Suisse, des conditions moins onéreuses que celles des tarifs allemands, ainsi qu’une économie de temps. Les expéditions par cette.voie, pour l’Exposition, parviendront à Paris vingt-quatre heures avant celles qui auraient été faites par Berlin.
- *
- * *
- La Norvège
- Un comité vient de se former à Paris pour la participation de la Norvège à l’Exposition de 1889.
- M. le professeur Ojbroch a été nommé prési-
- dent dç ce comité ; M. Fbaztmann, commissaire général, et MM. Johan et Fouguer, commissaires-adjoints.
- * *
- La Hollande
- Le comité néerlandais a décidé qu’une circulaire serait adressée aux Sociétés agricoles pour les mettre au courant de [ce qui a été fait jusqu’ici dans l’intérêt de la participation, aussi large que possible, de la Hollande à l’Exposition de 1889, notamment en ce qui concerne la section de l’agriculture. Les membres de ces sociétés seront invités à seconder les futurs exposants.
- Le comité néerlandais s’occupe en même temps de constituer un fonds suffisant pour aider encore à l’envoi des produits destinés à l’Exposition universelle.
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- * ¥
- La commission néerlandaise pour l’Exposition de 1889, vient de constituer une section coloniale qui se compose de M. Van den Bonche, ancien membre du conseil des Indes, président; MM. Euschede, avocat, Kolle, Hymans, de Lange, Schroder, Winer, de Sypesteyn, ancien gouverneur de la Guyane hollandaise, Severyn et Zillesen, commis-greffier de la Chambre; ce dernier remplira les fonctions de secrétaire. La commission a choisi M. Bischoffeim, ancien membre de la Chambre des députés hollandaise, comme son délégué à Paris.
- La constitution d’une section coloniale, après la formation -du bureau général et des sections industrielles, artistiques et agricoles, complète très heureusement l’organisation destinée à assurer la participation des Pays-Bas à l’Exposition universelle de 1880.
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- Le Duché de Luxembourg
- M. Tony Dutreux, ingénieur civil et ancien député à Luxembourg, est chargé de représenter, en qualité de délégué, les exposants luxembourgeois à l’Exposition de 1889. M. Charles Bivort, directeur du Bulletin des Halles à Paris, lui est adjoint pour l’assister et, au besoin, le suppléer, dans sa mission auprès du commissariat général de l’Exposition.
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- La République Sud-Africaine
- Le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition, a reçu communication d’une dépêche du consul de France à Prétoria annonçant que l’Assemblée législative de la République sud-africaine a voté une somme de 75,000 francs pour subvenir aux Irais de la participation de cet Etat à l’Exposition de 1889. Une commission officielle prend les dispositions nécessaires pour centralL ser les produits à envoyer. Ces produits composeront une exposition intéressante pour le public et le commerce.
- J. D.
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- EXPOSITIONS DIVERSES
- Sous le titre: Exposition dans le Nord, le Phare de Dunkerque du 29 juin publie la nouvelle intéressante suivante :
- Nous avons déjà annoncé à nos lecteurs qu’à l’occasion du centenaire de 1789, une exposition spéciale au Nord serait organisée à Lille. Une commission officielle a été, dans ce but, instituée par arrêté préfectoral, et un crédit de 0,000 francs a été voté en principe par le Conseil général.
- La commission, qui fonctionne régulièrement,
- a déjà fixé son programme d’une manière générale"; elle l’arrêtera définitivement dans sa prochaine séance qui aura lieu dans le: courant du mois prochain.
- On peut considérer dès à présent comme certain que ce programme comprendra:
- i° Une exposition historique des œuvres d’art, curiosités, documents, objets quelconques se rapportant à la Révolution ou aux événements dont le Nord a été le théâtre de-1789 à l’an VIII.
- . 20 Une publication de documents officiels ou pri-
- vés qui seront reconnus les plus curieux, relatifs aux événements militaires qui se sont produits dans la région pendant la même période. Cette publication, qui formera 'un fort volume, sera, croyons-nous, mise en librairie; ceux qu’elle intéresse pourront ainsi se la procurer facilement.
- L’exposition et la publication seront extrêmement curieuses, sinos compatriotes veulent bien y apporter le concours généreux qu’ils ne refusent jamais aux entreprises qui ont un but d’intérêt local. Nous faisons avec confiance appel à tous les collectionneurs, si nombreux dans notre pays, et à toutes les familles qui posséderaient quelque objet ou document relatifs à cette époque grande et terrible, au bombardement de Lille, aux sièges de Valenciennes ou de Maubeuge, aux batailles ou combats qui se sont livrés autour de nos villes et dans nos campagnes, aux faits de mer, aux hardis corsaires qui ont été la gloire de Dunkerque. S’ils veulent bien nous en informer, nous nous ferons volontiers leur intermédiaire auprès du secrétaire de la commission, M. Finot, archiviste du Nord.
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- ACADÉMIE ROYALE DES BEAUX-ARTS A MILAN
- Exposition annuelle des Beaux-Arts au Palais de Brera
- L’Exposition publique des Beaux-Arts du Palais de Brera, ouvrira cette année le 27 août prochain et fermera le 3o septembre suivant.
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- Exposition de Saintes
- Listes des acquisitions. Acquis pour le Musée.
- Auguin : Dans les dunes de Labenne,
- Claude : Prunes.
- Moreau deTours : La Cigale.
- Par des particuliers et parla tombola : '
- Amaudry (Mlle Marie) : Chrysanthèmes.
- Artigue : Fantaisie japonaise ; aqua.
- Auguin : Les bords de VAntenne.
- Baudit : Sur la plage d'Arès.
- Béthune : Venise, lagune. — Japonaise.
- Brillouin: Truands à la porte d’un couvent.—. Adieux au château natal, fusains.
- Darey : Intérieur d’écurie.
- Furcy de Lavault : Fleurs d’avril. — Chrysanthèmes.
- Hildebrand : Effet de neige.
- Molliet (Mme) : Roses.
- Petillion : Bords de l’Orb.
- Exposition internationale d’ustensiles et ingrédients pour laiteries à Aoste en 1888.
- Une exposition internationale d’ustensiles et ingrédients pour laiteries doit s’ouvrir à Aoste (Italie) du i5 au 24 septembre prochain.
- On peut prendre connaissance du règlement général au Ministère du Commerce et de l’Industrie (Direction du Personnel et de l’Enseignement technique. — Bureau du Personnel et du Secrétariat), 80, rue de Varenne.
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- Exposition de Nîmes. — Liste des récompenses
- PEINTURE
- Diplôme d’honneur : M. G. Brillouin.
- Médaille de vermeil : MM. A. Grison ; J. B Brunei. — Rappel de la même médaille : Mmes. Berthe Delorme : Baroncelli-Javon.
- Médaille d’agent : MM. Ed. Menta ; Gumery ; Luneau ; Labor. — Rappel de la même médaille MM. N. Cabane; Grivolas; Huguet; Molines ;
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- io88. — Quatrième Année. — N° 184.
- Toussaint-Roussy ; Vergez ? Mme Puyroche-Wagner.
- Médaille de bronze : MM. Alfred Boisson ; Gari-puy; Ruinard ; E. Lefebvre; Coulange-Lautrec ; •Marsal: Pétillion ; Guindon; G. Mascart; Renaud; Timmermans; Mme Finiels-Vasselon; M. Dupuy. — Rappel de la meme médaille : Mme Thérèse Guérin; MM. Rastoux; Ch. Boyer; Mme Isabelle Chaloupin.
- Mentions honorables : Mme Lefebvre ; Mlles Ron-gier ; Le Saulnier: Huillard ; MM. Pauzat; Ch. V irmin ; Dollet : Graux; Gillet; Perret; L. Gaultier; Antony Serres; Alexis Forel.
- Des gravures offertes par l’Etat ont été décernées à MM. Cerveau ; Brémond ; Reybaud ; . Mlle Dhours ; Mmes Lambert ; Chaloupin ; Mlle Mager.
- SCULPTURE
- Médaille de vermeil : M. Bourgeot.
- Médaille d’argent : M. Savine. — Rappel de la même médaille : M. Wuipf.
- Médaille de bronze: M. Férigoule : Mlle Itasse.
- Mention honorable : Mlle Berthe Imer, Mme Klenlo ; MM. Villeneuve ; Malacan.
- ARCHITECTURE
- Médaille d’argent : M. Raphel.
- Médaille de bronze : M. Glaize.
- Mention honorable : M. Garnier.
- Une gravure est décernée à M. Lahaure.
- EMAUX
- Médaille de bronze : M. Le Grand-Roy.
- Mention honorable : Mlle Louvet.
- Une gravure à Mme Picheral-Dardier.
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- Ville de Londres 1888 (Exposition des Lauréats de France).
- Avis important à MM. les artistes-français ou étrangers ayant obtenu au Salon de Paris ou dans une Exposition ou Concours quelconque une récompense quel qu’en soit le degré.
- Le Ier septembre prochain s’ouvrira dans le magnifique Hall de St. Stephen’s, faisant partie des dépendances du Royal Aquarium, une Exposition des portraits des plus beaux types des deux sexes du monde entier; elle comprendra tous les arts sans exception, peintures, pastels et aquarelles , „ photographies , gravures et eaux-fortes, etc.
- Cette Exposition aura une durée de 4 mois, sauf prolongation.
- Les envois devront être faits par petite vitesse et adressés directement au siège de l’Exposition; le transport aller et retour sera à la charge de la direction.
- Des récompenses consistant en médailles, diplômes et insignes seront décernées aux artistes lâuréats ; les modèles seront également récompensés.
- La Direction prélèvera 10 0/0 sur la vente des tableaux.
- Aucun tableau ne sera reçu après le 2 5 août.
- L’Exposition spécialement réservée aux portraits, des plus belles femmes du monde aura pour titre Concours de beauté.
- Nous vous engageons très vivement à no.us envoyer vos oeuvres et dans l’attente de recevoir votre adhésion, nous vous prions d’agréer l’assurance de notre considération très distinguée.
- Le Directeur Général, Hervé du-Lorin.
- Le Secrétaire Général,
- Chevalier F. de Yrigoyts.
- Le Secrétaire, Octave Leconte.
- Nota. — Les artistes qui, pour l’envoi de leurs œuvres, voudraient se servir de l’intermédiaire de M. Dangleterre, doreur-encadreur, 46, rue Brun-nel et 16, rue Labié, à Paris, agent agréé de l’Exposition, pourront le faire jusqu’au 2 5 août inclus dernier délai.
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- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889 Dimanche 8 Juillet 1888.
- ÉCHOS
- Paris
- LE DÉJEUNER DE LA PRESSE SUR LA TOUR EIFFEL
- Mercredi deraier à midi a eu lieu le fameux déjeuner offert par M. Eiffel aux représentants de la Presse, sur la première plate-forme de la tour, à 60 mètres au-dessus du commun des mortels. Plus de 150 convives, au milieu desquels le Moniteur a regretté- de n’être pas représenté, ont pris part à cette agape fraternelle qui a été précédée d’une ascension par quelques-uns d’entre eux au deuxième étage de la tour situé à 110 mètres.
- Le menu servi par la maison Chevet, les toasts portés par M. Eiffel d’abord et, ensuite, par M. Hébrard (du Temps) au nom de la presse, et M. Georges Berger, directeur général de l’Exposition, ont été appréciés les uns et les autres, à leur juste valeur, par l’unanimité des membres présents.
- A quand le déjeuner à 110 mètres de hauteur ?
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- LE BANQUET DU 14 JUILLET AU CHAMP-DE-MARS
- Le comité de l’Exposition universelle nous communique la note suivante :
- Un banquet sera offert, le 14 juillet, aux maires des chefs-lieux de département, d’arrondissement et de canton, dans les galeries des expositions diverses, au Champ-de-Mars (partie située le long de l’avenue de la Bourdonnais, derrière le papillon Rapp). Cet emplacement a été choisi, tant à raison de son étendue considérable que parce que les travaux de couverture et de vitrerie de ces galeries étant achevés, il n’y aura lieu à aucun aménagement spécial. Quant aux parois de la salle du banquet, elles seront formées de tapisseries du Garde-Meuble ; l’ornementation de la salle aura lieu au moyen de fleurs empruntées aux serres municipales.
- Outre les maires, assisteront au banquet :
- Le président de la République, accompagné de toute sa maison civile et militaire ; les ministres et les sous-secrétaires d’Etat; les sénateurs,, les députés ; le conseil municipal de Paris ; le vice-pré-, sident et les présidents de sections du conseil d’Etat; le préfet de la Seine; le préfet de police, les premiers présidents de la cour de cassation,; de la cour des comptes, de la cour d’appel de Paris et les procureurs généraux près des cours; le procureur de la République près le tribunal de première instance de la Seine‘et le président de ce tribunal: les présidents du tribunal de com7 merce de la Seine et de la Chambre de commerce de Paris ; le gouverneur de Paris et le général commandant la place ; les chefs d’état-major généraux du ministère de la guerre et de la marine ; les généraux qui auront été pourvus d’un commandement à la revue ; les directeurs généraux et le personnel supérieur des trois directions de l’Exposition.
- Le banquet devant avoir lieu à sept heures,: une promenade aura lieu sur les chantiers de six à sept heures, sous la conduite de M. le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général.
- Enfin, dans la soirée un feu d’artifice sera allumé sur le deuxième étage de la tour de 300 métrés ; mais afin d’écarter tout danger, ce feu d’artifice ne comportera ni grandes pièces mobiles, ni fusées, ni projectiles d’aucune sorte ; il consistera essentiellement en feux de Bengale, illuminations de la tour, projections lumineuses, etc.
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- ETRANGER
- l’incident DE l’exposition DE BARCELONE
- Toute la presse a parlé de difficultés survenues il y a quelques jours, dans la section française de l’Exposition de Barcelone.
- C’est dans la soirée du mercredi 27 juin que s’est produit le fait dont s’agit. Un exposant d’horlogerie français qui avait été signalé pour vendre, à l’encontre du règlement, les objets, bijoux ou montres, faisant partie de son exposition, fut pris en flagrant délit de vente par un garde spécial du Palais. Celui-ci voulut faire rompre le marché séance tenante ou, à défaut, confisquerl’objet vendu. Mais l’exposant s’y refusa formellement, contre tout droit. Le.garde insistant pour faire son devoir jusqu’au bout, il s’ensuivit une dispute d’abord et une bagarre ensuite à laquelle prirent part, paraît-il, d’autres exposants français et d’où le garde sortit enfin secouru par ses collègues, mais ayant ses vêtements déchirés.
- Cette scène peu flatteuse pour le bon renom français, et qui menaçait de prendre de plus graves proportions, se termina fort heureusement par l’intervention du Directeur général de l’Exposition et du consul de France qui se trouvaient, par hasard, dans la section française.
- Le Diario mercantil, de Barcelone, qui nous
- apporte ces détails fpeu édifiants pour nous, fait remarquer combien il est contraire à toutes les règles de l’équité que des exposants abusent du privilège qui leur a été accordé de faire passer en franchise de douane les objets destinés à l’Exposition, pour faire une concurrence déloyale au commerce local.
- ORGANISATION DE ^EXPOSITION DE 1889
- A la demande de plusieurs de nos abonnés nous" publions ci-après la liçt.e du personnel attaché» à l’Exposition universelle de 1889. Ainsi que la classification des groupes :
- Commissaire général: M. Pierre Legrand, ministre du commerce et de l’industrie.
- M. Alphand, directeur général des travaux.
- M. Georges Berger, directeur général de l’Exploitation.
- M. Grison, directeur général des finances.
- Ce conseil se réunit tous les vendredis, sous la présidence du Ministre du commerce et de l’indus— trie, quai d’Orsay, 35.
- Direction générale des travaux
- M. Alphand, inspecteur général des ponts et chaussées, directeur des travaux de Paris, directeur général des travaux de l’Exposition universelle de 1889.
- M. Garnier (Charles), Membre de l’Institut, architecte conseil ;
- M. de Mallevoue, secrétaire de la direction générale, chef de service; M. Saillard, sous-chef.
- SERVICE TECHNIQUE
- MM. Délions, secrétaire du service technique, chef de service; Rosier, chef du bureau technique^ Kieffer, chef de la comptabilité; Benoit, comptable-régisseur ; Villevert, conducteur de travaux; Violet, inspecteur principal ; Montel, reviseur.
- CONTROLE DES CONSTRUCTIONS METALLIQUES
- MM. Contamin, ingénieur en chef, chef de service;, Gharton, ingénieur en chef, adjoint; Pierron, ingénieur ; M. Escande, conducteur , Thuasne, contrôleur principal.
- SERVICE D’ARCHITECTURE
- Palais des Expositions diverses
- M. Bouvard, architecte, chef de service.
- Premier Inspecteur : M. Ulysse Gravigny.
- Deuxième Inspecteur : M. Bergon.
- Vérificateur : M. Lesueur. -
- PALAIS DES MACHINES
- M. Dutert, architecte, chef de service.
- Premier Inspecteur : M. Blavette.
- Deuxième Inspecteur : M. Deglane.
- Vérificateur: M. Ponsin.
- PALAIS DES ARTS
- M. Formigé, architecte, chef de service.
- Premier Inspecteur : M. Gaston Henard.
- Deuxième Inspecteur : M. Devienne.
- Vérificateur: M. Morisset.
- SERVICE MÉDICAL DE L’EXPOSITION
- MM. Moizard, médecin en chef des chantiers;. Dandieu, médecin adj oint des chantiers ; Helme, médecin adjoint des chantiers; Poupon, attaché; Veyrières, pharmacien des chantiers.
- SERVICE DES JARDINS, SERVICE DES CHEMINS DE FER,.
- ÉGOUTS ET PLANTATIONS
- M. Lion, ingénieur, chef de service.
- M. Laforcade, jardinier en chef, chef de service.
- SERVICE DES EAUX
- M. Bechmann, ingénieur en chef.
- SERVICE DE POLICE
- M.Montpellier, officier de paix du VIIe arrond.
- Direction générale des Finances
- M. Grison, Directeur général.
- MM. Savoye, secrétaire de la Direction générale des finances ;. Chabbert, chef de la comptabilité et caissier central; Renard, chef du matériel.
- ( Voir la suite page iogo)
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- Quatrième Année. — N® 184.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- Dimanche 8 Juillet 1888. — 1089.
- NOTRE GRAVURE
- A la veille de la fête nationale du 14 juillet, nous ne croyons mieux faire que de donner une vue de l’Exposition rétrospective de la Bastille et de la
- vieille rue Saint-Antoine si fidèlement reproduites, grâce au talent, à l’ingéniosité, à la science de M. Colibert.
- M. Colibert est un architecte de talent, ancien élève de Viollet-le-Duc, et auteur déjà de plusieurs travaux remarquables, la restauration, notamment, de la tour Ouest de la cathédrale d’Amiens.
- Lancé dans la voie de la restauration des monuments historiques, grâce sans doute à l’influence éducatrice de son illustre maître, M. Colibert eut bientôt l’idée d’une entreprise grandiose, la reconstitution du vieux quartier de la porte St-Antoine. ' L’idée était hardie autant que profonde ; car, par . ce temps des leçons de choses, celle-ci en était une
- des plus magistrales. Que de réflexions allait suggérer aux uns,que d’explosions allait provoquer chez les autres, la vue de la redoutable forteresse, effroi, chez nos pères,du justecommedu méchant?
- Incontestablement l’entreprise était audacieuse; aussi fallut-il au savant architecte plusieurs années d’études et de recherches patientes pour terminer ce projet et le rendre exécutable. Il fallait, en effet, non seulement trouver l’emplacement nécessaire, niais, encore, obtenir les autorisations, souvent
- pénibles à avoir, et, enfin, se procurer les capitaux assez importants qu’exigeait cette reconstruction.
- M. Colibert fut, heureusement pour lui et pour la science historique, vaillamment aidé dans cette partie de son œuvre par un grand industriel de Saône-et-Loire, M. Perrusson, bien connu dans le monde de la céramique et, grâce à cette collaboration, la réédification de la vieille Bastille et du quartier qui l’entourait put être accomplie dans les meilleures conditions.
- Nous reviendrons sur cette intéressante annexe de l’Exposition du Centenaire de la Révolution. Elle vaut qu’on s’y arrête. Telle est. sûrement, l’opinion de tous ceux qui ont eu déjà la curiosité, et la satisfaction à la fois, de parcourir, de visiter en détail les vieilles rues, les échoppes, boutiques, cabarets et l’antique forteresse dont la restauration nous reporte, comme jadis la Belle au bois dormant., à un siècle en deçà.
- ‘ H. P.
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- 1090. — Quatrième Année. — N° 184.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 5 Juillet 1888.
- COMMISSION DE CONTROLE ET DES FINANCES
- La Commission de contrôle et des finances se réunit tous les vendredis au Ministère du Commerce et de l’Industrie, sous la présidence du Ministre, commissaire général, ou des directeurs.
- COMMISSION DE L'EXPLOITATION
- Président : M. Tirard.
- Commissaires : MM. J. Roche, Dietz-Monnin» Marinoni, Cernesson, Albert Grévy, Jobbé-Duval, Ed. Lockroy, Prévôt, Germain, Hébrard, Lyon-Alemand, Cambier, Mallet.
- Secrétaire : M. David Dautresme.
- Direction générale de l’exploitation
- M. Georges Berger, directeur général.
- M. Thurneyssen, secrétaire de la Direction générale.
- MM. Ossude, attaché principal; Melchior, commis archiviste.
- SECTION FRANÇAISE
- MM. Monthiers, chef du service ; Giroud, chef adjoint; Vincent, attaché principal; Maindron, chef du service du catalogue ; Lenoir, chef du bureau des expéditionnaires ; Legrand Advenant? attachés ; De Moulignon, rédacteur.
- COMMISSION DES FINANCES
- Président : M. Christophe.
- Commissaires : MM. Jacques, Waddington? Sienkiewiz, Félix Faure, Millaud, Dreyfus, Wilson, Cahen d’Anvers, Hart, Heutsch, Voisin, Gay, Chabrières-Arlès.
- Secrétaires : M. J. Rouché.
- SECTIONS ÉTRANGÈRES
- MM. Amaury de Lacretelle, Marc Millas, secrétaire; Caze, Frédéric Moreau, attachés.
- SERVICE MÉCANIQUE ET ÉLECTRIQUE
- MM. Vigreux, chef du service; Gollignon, inspecteur principal; Cantagrel, De Soubeyran, attachés; Doumerc, chef du 6e groupe; Ringuier, dessinateur.
- COMITÉ TECHNIQUE DES MACHINES
- Président : M. Philipps.
- Vice-présidents : MM. Laurens, Haton de la Goupillière, Duval.
- Secrétaires : MM. Edmond Halphen, René Déplions »
- COMITÉ TECHNIQUE D’ÉLECTRICITÉ
- Président : M. Maseart.
- Vice-présidents : MM. Becquerel, Maurice Lévy. Gaël, P. Lemonnier.
- Secrétaires : MM. de Nansouty, Seligmann-Lui.
- Le Conseil des travaux se réunit tous les jeudis au pavillon Rapp, Champ-de-Mars.
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- CLASSIFICATION PAR CLASSE DE L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1889
- GROUPE I
- Classe i. — Peinture à l’huile.
- Classe 2. — Peintures diverses et dessins.
- Classe 3. — Sculpture ef gravure en médailles.
- Classe 4. — Dessins et modèles d’architecture.
- Classe 5. — Gravures et lithographies.
- GROUPE II
- Classe 6. — Education de l’enfant. — Enseignement primaire. — Enseignement des adultes.
- Classe 7. — Organisation et matériel de l’enseignement secondaire.
- Classe 8. — Organisation, méthodes et matériel de l’enseignement supérieur.
- Classe 9. — Imprimerie et librairie.
- Classe 10. — Papeterie, reliure, matériel des arts, de la peinture et du dessin.
- Classe ii. —Application usuelle des arts, du dessin et de la plastique.
- Classe 12. — Epreuves et appareils de photographie.
- Classe i3. — Instruments de musique.
- Classe 14. — Médecine et chirurgie. — Médecine vétérinaire et comparée.
- Classe i5. — Instruments de précision.
- Classe 16. — Cartes et appareils de géographie
- et de cosmographie. — Topographie. — Modèle. — Plans et dessins du Génie civil et des travaux publics.
- GROUPE III
- Classe 17. — Meubles à bon marché et meubles de luxe.
- Classe 18. — Ouvrages du tapissier et du décorateur.
- Classe 19. — Cristaux ; verreries et vitraux. Classe 20. — Céramique.
- Classe 2j. — Tapis, tapisserie et autre tissus d’ameublement.
- Classe 22. — Papiers peints.
- Classe 23. — Coutellerie.
- Classe 24. — Orfèvrerie.
- Classe 25. — Bronzes d’art, fontes d’art diverses, métaux repoussés.
- Classe 26. — Horlogerie.
- Classe 27. — Appareils et procédés de chauffage. — Appareils et procédés d’éclairage non électrique. Classe 28. — Parfumerie.
- Classe 29. — Maroquinerie, tabletterie, vannerie et brosserie.
- GROUPE IV
- Classe 3o. — Fils et tissus de coton.
- Classe 3i. — Fils et tissus de lin, chanvre, etc. Classe 32. — Fils et tissus de laine peignée. — F4IS et tissus de laine cardée.
- Classe 33. — Soies et tissus de soies.
- Classe 34. — Dentelles, tulles, broderies et passementeries.
- Classe 35. — Articles de bonneterie et de linge" rie. —Objets accessoires de vêtement.
- Classe 36. — Habillement des deux sexes. Classe 37. — Joaillerie et bijouterie.
- Classe 38. — Armes portatives. — Chasse. Classe 39. —• Objets de voyage et de campement.
- Classe 40. — Bimbeloterie.
- GROUPE V
- Classe 41. — Produit de l’exploitation des mines et de la métallurgie.
- Classe 42. — Produit des exploitations et des industries forestières.
- Classe 43.— Produits de la chasse.— Produits, engins et instruments de la pêche et des cueillettes.
- Classe 44. — Produits agricoles non alimen-taireé.
- • Chasse 45. — Produits chimiques et pharmaceu. tiques.
- Classe 46. — Procédés chimiques de blanchiment de teinture, d’impression et d’apprêt.
- Classe 47. — Cuirs et peaux.
- GROUPE VI
- Classe 48.— Matériel de l’exploitation des mines et de la métallurgie.
- Classe 49. — Matériel et procédés des exploitations rurales et forestières.
- Classe 5o. — Matériel et procédés des usines agricoles et des industries alimentaires.
- Classe 5i. — Matériel des arts chimiques, de la pharmacie et de la tannerie.
- Classe 52 . — Machines et appareils de la méca_ nique générale.
- Classe 53. — Machines. — Outils.
- Classe 54. — Matériel et procédés du filage de la corderie.
- Classe 55. — Matériel et procédés du tissage. * Classe 56. — Matériel et procédés de la couture et de la confection des vêtements.
- Classe 57. — Matériel et procédés de la confection des objets de mobilier et d’habitation.
- Classe 58. — Matériel et procédés de la papeterie, des teintures et des impressions.
- Classe 5q. — Machines, instruments et procédés usités dans divers travaux.
- Classe 60. — Carrosserie et charronnage. — Bourrellerie et sellerie.
- Classe 61. — Matériel des chemins de fer. Classe 62. — Electricité.
- Classe 63. — Matériel et procédés du génie civil des travaux publics et de l’architecture.
- Classe 64. — Hygiène et assistance publique. Classe 65. -- Matériel de la navigation et du sauvetage.
- Classe 66, — Matériel et procédés de l’art militaire.
- GROUPE VII
- Classe 67. :— Céréales, produits farineux avec leurs dérivés.
- Classe 68. — Produits de la boulangerie et de la pâtisserie.
- Classe 69. —Corps gras alimentaires, laitages et oeufs.
- Classe 70. — Viandes et poissons.
- Classe 71, —- Légumes et fruits.
- Classe 72. — Condiments et stimulants ; sucres et produits de la confiserie.
- Classe 73. —Boissons fermentées.
- GROUPE VIII
- Classe 74. — Spécimens d’exploitations rurales et d’usines agricoles.
- Classe 75. — Viticulture.
- Classe 76. — Insectes utiles et insectes nuisibles.
- Classe 77. — Poissons, crustacés et mollusques.
- GROUPE IX
- Classe 78. — Serres et matériel de l’horticulture.
- Classe 79. — Fleurs et plantes d’ornements.
- Classe 80. — Plantes potagères.
- Classe 81. — Fruits et arbres fruitiers.
- Classe 82. — Graines et plantes d’essences forestières.
- Classe 83. — Plantes de serre.
- Classe 84. — Agronomie, statistique agricole,
- Classe 85. —Organisation, méthode et matériel de l’enseignement agricole.
- CHEMINS DE FER D’ORLÉANS
- BAINS DE 1ER DE L’OCÉAN
- Billets d’aller et retour à prix réduit, valables pendant 33 jours.
- Pendant la saison des Bains de mer, du 1er mai au 31 octobre, il est délivré des billets aller et retour de toutes classes, par toutes les gares du réseau, pour les stations balnéaires ci-après :
- Saint-André-des-Eaux, Pornichet, Escoublac-la-Bôle, le Pouliguen, Battz, Le Croisic, Gué-rande, Vannes (Port-Navalo, Saint-Gildas-de-Ruiz), PlouhaTnei-Carnac, Saint-Pierre-Quibe-ron, Quiberon, Lorient (Port-Louis, Samor), Concarneau, Quimper (Benodet, Fouesnant, Beg-Meil), Douarnenez, Châteaulin (Pentrey, Crozon-Morgat).
- 1° Les billets pris à toute gare du réseau située dans un rayon d’au moins 250 kilomètres des stations balnéaires ci-dessus comportent une réduction de 40 u/0 sur les prix des Tarifs généraux.
- La durée de validité de ces billets (33 jours) peut être prolongée d’une, deux ou trois périodes successives de 10 jours, moyennant le payement, pour chaque période, d’un supplément égal à 10 0/0 du prix du billet. La demande de prolongation'devra être faite et le supplément payé avant l’expiration de la durée de validité primitive ou prolongée. Ces formalités pourront être remplies, soit à la gare de départ, soit à la gare destinataire.
- Exceptionnellement, le voyageur porteur d’un billet délivré pour les stations au delà d’Auray, vers Landerneau, Quiberon, Concarneau et Douarnenez, aura la faculté de s’arrêter à celles des stations suivantes qui seront comprises dans le parcours de son billet : Auray, Hennebont, Lorient, Quimperlé, Rosporden et Quimper.
- 2° Les billets pris à toute gare située dans un rayon inférieur à 250 kilomètres desdites stations balnéaires comportent une réduction de 20 0/0 sur les prix des tarifs généraux, sans toutefois que les prix à percevoir puissent excéder le prix applicable à un parcours de 250 kilomètres, ni être inférieurs au prix applicable à un parcours de 125 kilomètres.
- Délivrance des billets à la gare du chemin de fer d’Orléans, quai d’Austeiditz, au bureau, 8, rue de Londres, ainsi qu’à tous les autres bureaux, succursales, gares et stations de la Compagnie d’Orléans.
- En province, les billets doivent être demandés au chef de gare quatre jours avant celui du départ.
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- Quatrième Année. — N° 1S4
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- Dimanche 8 Juillet 1888.
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- Cette publication, qui se divise en sept séries, comprendra environ 50 cartes ; elle a été l’objet de nombreuses souscriptions de la part des ministères : du Commerce, des Affaires étrangères, de l’Instruction publique, de la Guerre, de la Marine, des Travaux publics, de l’Agriculture, du Sous-secrétaire d’Etat des Colonies et de plusieurs Chambres de commerce, pour les écoles et les Bibliothèques. Il paraît une carte tous les deux mois. Sont parues : Macédoine, — Albanie et Epire, — Thrace (Constarîtinople), — Serbie,— Tonkin, — Uruguay, — Brésil (Amazonie), —
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- L'EXPOSITION DE 1889
- Rédaction et Administration : 11, cité de T Alma (Avenue Bosquet— Avenue Rapp).
- QUATRIEME ANNÉE. Dimanche 15 Juillet 1888. NUMÉRO i85.
- SOMMAIRE :
- 1. Chronique des .Travaux ; 2. Adjudications ; 3. Le Banquet du 14 juillet; 4, Le Mexique à l’Exposition universelle de • 1889 ; 5. Chronique de l’Exposition de 1889; 6. Notre
- gravure ; 7. Les Etrangers à l’Fxposition de 1889 ; 8. Deuxième et troisième Expositions ; 9. Echos; 10. Chronique étrangère.
- Ainsi que nous l’avons annoncé dans le numéro du 17 juin, le MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889 est réorganisé sur de nouvelles bases. Il publiera, dorénavant une description détaillée de l’état des travaux de la prochaine Exposition, avec dessins, plans ou gravures suivant les cas, au fur et à mesure de leur avancement. Il donnera tous les renseignements de nature à intéresser, entre autres, le monde des exposants à la disposition desquels la nouvelle Administration se met d’ores et déjà.
- Le MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889 sera, en un mot, ce que l’obligent à être son titre et, surtout, la grandeur et l’importance de l’œuvre de civilisation que la France célébrera l’année prochaine.
- Toutes les communications relatives à la Rédaction et à l’Administration du journal doivent être adressées 11, Cité de l’Alma, à M. H PENDRIÉ propriétaire-gérant du MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889,
- CHRONIQUE DES TRAVAUX
- L’abondance des matières nous oblige, à notre grand regret, à renvoyer au numéro suivant la revue de Tétât des travaux de l'Exposition. Qu’il nous suffise de dire aujourd’hui que l’activité que nous constations il y a quelques semaines sur tous les chantiers ne s’est pas ralentie un seul instant. Malgré le mauvais temps, il y a de toutes parts, au Champ-de-Mars et dans les annexes, un mouvement de bon augure pour le prompt achèvement de tout le gros œuvre des grandes installations : galerie des machines et galeries diverses, palais des Beaux-Arts et des Arts libéraux, tour Eiffel, etc.
- Nos lecteurs en jugeront par le compte-rendu détaillé que nous ferons dans le prochain numéro de l’ensemble des travaux.
- H. P.
- ADJUDICATIONS
- Le lundi 2 juillet courant, à une heure, il a été procédé, au pâlais du Tribunal de commerce, ainsi que nous l’avions annoncé, à deux adjudications qui ont donné les résultats suivants :
- Les travaux de terrassement, de charpente et de maçonnerie à exécuter pour : i° la construction des galeries souterraines destinées à recevoir les tuyaux de conduite d’eau et de vapeur nécessaires au service de la force motrice, dans le palais des machines; 2°la construction des massifs de fondation devant recevoir les supports de la transmission de mouvement principale dans ledit palais, travaux évalués à 136,883, fr. 37 ont été adjugés à MM. Appay, Huguet et Versifié, moyennant un rabais de 34 p. c.
- Les travaux de charpente en bois et grosse menuiserie des combles et des parquets à exécuter, en location, pour les palais des Beaux-Arts et des Arts libéraux, les galeries Rapp et Desaix, dans le Champ-de-Mars, travaux évalués à 182,-199 fr-ont été adjugés à MM. Lecœur et Çie, moyennant un rabais de 8,70 p. c.
- *
- * * «
- Les colonnes devant servir à supporter la transmission de mouvement à la galerie des machines du Palais de l’Exposition ont été définitivement données à deux fonderies de l’Est : la Société des hauts fournaux et fonderies de Brousseval en Haute-Marne,, et - celle de . Michevill-Villerupt (Meurthe-et-Moselle) exploitée par MM. Ferry, Curicque et Cio, chacune ayant 2lots. Le prix de base fixé par l’administration était de 25 fr. pour les grosses pièces et de 26 fr. pour les petites. Les adjudicataires ont aussi à fournir les boulons de fondation et de scellement estimés à 40 fr. les 100 kilog. L’administration a admis sur le tout une majoration de 12 p. c. Le montage des colonnes devra commencer du ier au i5 septembre et être terminé le 3i octobre.
- *
- * ¥
- Le lundi 3o juillet, à une heure de l'après-midi^ il sera procédé publiquement, comme d'usage, dans une des salles du Conseil de Préfecture (Palais du Tribunal de commerce), oar le Préfet de la Seine ou son délégué, assisté de deux membres du Conseil de Préfecture, du Directeur général des travaux ou de son délégué, à l’adjudication, au rabais, sur le prix de 65.000 francs et par soumissions cachetées, de l’entreprise, en un lot, à forfait, des travaux de construction des bâtiments de l’Economie sociale comprenant :
- i0 L’exécntion d'un Cercle ouvrier;
- 20 L’exécution, en location, d’une galerie d’exposition sur l’Esplanade des Invalides.
- Le cautionnement est fixé à 3.000 francs.
- Le devis,le cahier des charges et les plans sont déposés à la Direction générale des travaux,dans les bâtiments du Champ-de-Mars, à l’extrémité de l’avenue Rapp, où l’on pourra en prendre connaissance tous les jours non fériés, de une heure à quatre heures.
- Nul ne sera admis à concourir à l’adjudication s’il ne remplit les conditions imposées par le cahier des charges générales.
- LE BANQUET DU 14 JUILLET
- Nons croyons devoir insérer les quelques détails qui suivent, bien que déjà publiés par la presqu’unanimité de la presse, sur le fameux banquet de 4,000 couverts qui doit avoir lieu au Champ-de-Mars en l’honneur des maires de tous les chefs-lieux de canton de France.
- C’est la maison Potel et Chabot qui a assumé la lourde responsabilité de la bonne exécution de cette entreprise monstre.
- Voici le menu qu’elle a proposé et qui a été ado'pté par la commission organisatrice :
- Potage Saint-Germain Hors d’œuvre
- Truite à la gelée sauce française Filet de bœuf parisienne Galantine de poulardes truffées Dindonneaux nouveaux rôtis Pâté de gibier Salade
- Petits pois à la fermière Bombe glacée Gâteaux variés Baba au rhum Dessert
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- Le menu sera imprimé sur un petit livret de quatre feuilles en parchemin. La couverture en sera ornée d’un écusson dessiné par M. Bouvard* architecte de la Ville, et dans la composition duquel sera rappelée la date du 14 juillet avec le mot « Banquet», et, au milieu, les deux lettres moulées: R. F.
- Nous pouvons ajouter qu'au point de vue du prix, la commission a obtenu des conditions exceptionnellement avantageuses.
- Le banquet devra être servi à sept heures et demie au plus tard.
- Il ne devrapas durer plus d’une heure et demie. C’est dire avec quelle activité devra se faire le service.
- La table d’honneur, c’est-à-dire celle du Président de la République, des ministres, etc., ne sera pas servie autrement que les autres.
- Même menu et même personnel de service fourni par l’entrepreneur du banquet.
- Indépendamment de la table d’honneur, il y aura soixante-quinze autres tables de quarante couverts chacune, soit en tout 800 mètres de table.
- Les tables seront séparées, les bouts ne seront pas occupés pour faciliter le service.
- Ce service sera fait par 3oo maîtres d’hôtel et 80 cuisiniers. Il y aura un maître d’hôtel pour chaque 9 personnes.
- En somme, il faudra un personnel de 55o individus pour assurer tous les services. A chaque service, 180 plats partiront à la fois des cuisines.
- Les cuisines installées au Champ-de-Mars seront au nombre de 8. Quant au matériel, il se composera de 27,000 assiettes, i5,ooo verres, et le reste à l’avenant.
- Chaque convive aura 5 verres devant lui. Le tout calculé sur 3,000 invités présents.
- Puisque nous parlons des invités, disons qu'il faut déjà en rabattre, et de beaucoup, du nombre de 4,58o primitivement indiqué.
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- 1092. — Quatrième Année. — N° 185-
- Dimanche i5 Juillet 1888.
- D’après les renseignements parvenus ces jours derniers et un pointage fait avec soin, on croit aujourd’hui que ce nombre pourra être ramené à 2,600, 2,800, 3,ooo au plus.
- MM. Alphand et Bouvard, qui surveillent tous les détails du banquet annoncé, tiennent séance, tous les matins, au Champ-de-Mars.
- Ajoutons, en terminant, que tous frais compris, installation, personnel, repas, etc., le banquet ne coûtera pas plus de cinquante mille francs.
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- A l’occasion du banquet des maires au Champ-de-Mars, l’honorable M. Anatole de la Forge vient d’adresser la lettre suivante, que nous croyons devoir reproduire, aux membres du Comité central de la Fédération du Centenaire de 1789:
- Chers concitoyens,
- Je vous remercie du grand honneur que vous m’avez fait en m’élisant, à l’unanimité, président de votre nouveau comité. Cet honneur, je le dois non pas à ma modeste personne qui disparaît dans l’œuvre patriotique de notre société égalitaire et républicaine, mais à ma fidélité aux principes que nous avons toujours défendus ensemble.
- Pour bien affirmer ces principes, vous aviez eu la pensée délicate de m’inviter, avec la même unanimité, à adresser un salut fraternel à MM. les maires de tous les chefs-lieux de canton de France et à leur souhaiter ici la bienvenue.
- Ce ne peut être que le rôle respecté du chef de l’Etat, et c’est à M. Carnot, président de la République, qu’il appartient seul de le remplir.
- Il fera entendre, le 14 juillet, au banquet du Champ-de-Mars, sa loyale parole.
- Elle sera digne du nom qu’il porte et du noble pays qu’il représente.
- La présence des maires de tous les chefs-lieux de canton au milieu de la grande cité parisienne, est un témoignage éclatant de la solidarité qui unit Paris aux départements.
- Elle justifie la vieille devise chevaleresque : « Un pour tous, tous pour un. »
- Ne sommes-nous pas les fils dévoués d’une même patrie ; les héritiers respectueux de la tradition révolutionnaire ?
- Cette tradition jusqu’ici plus calomniée que connue, montre à son origine la première fête de de la Fédération au Champ-de-Mars.
- Elle fut une magnifique explosion de sentiments affectueux et patriotique entre tous.
- Ce jour-là, les représentants de la municipalité parisienne, s’adressant à leurs frères de la province, dirent : «Paris.n’est point la cité de quelques-uns, c’est la seconde patrie de tous les citoyens français, y
- Belles et cordiales paroles, bonnes à rappeler devant les envoyés des départements qui, à un siècle de distance, viennent apporter à la population parisienne, dans ce même Champ-de-Mars, des sentiments semblables à ceux de nos pères de la Révolution.
- Alors comme aujourd’hui, il s’agissait de s’unir et de fortifier la liberté naissante. Alors comme aujourd’hui, il s’agissait de faire de la France une nation instruite, heureuse et indépendante.
- La liberté! Nous la devons à la Révolution de 1789. Que d’efforts il a fallu pour la conquérir! Combien sont morts pour nous la léguer. L’héroïsme de nos martyrs doit nous la rendre plus chère et plus sacrée encore !
- Nous serions des renégats envers ses morts illustres si, ayant grâce à eux la liberté et la République qui en est la conséquence, nous ne savions pas les défendre et les préserver de toute atteinte.
- En même temps qu’elle assurait au pays la liberté, la Révolution lui donnait la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, ce code admirable de la démocratie française.
- Qu’est-ce à dire? sinon qu’elle indiquait nettement pour but au gouvernement la pratique de la Fraternité. Elle voulait un peuple formant une grande famille unie jusqu’à la mort contre les agressions étrangères, prête à tous les sacrifices, à tous les dévouements pour assurer l’indépendance de notre pays.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- Voilà, mes chers concitoyens, ce que voulaient nos ancêtres de la Révolution. Comme eux, nous le voulons aussi, n’est-ce pas ?
- Après avoir assisté au banquet du Champ-de-Mars le 14 juillet, les représentants de nos municipalités, de retour dans leurs foyers , diront également qu’ils n’ont trouvé à Paris que des patriotes ayant toutes leurs aspirations, toutes leurs espérances ; ils diront également qu’ils n’y ont rencontré que des républicains animés du désir de concilier la dignité nationale avec la paix européenne. Ils ajouteront enfin que le peuple français ne demande qu’à marcher résolument à la conquête pacifique des réformes politiques et sociales nécessaires à la grandeur et à la prospérité de la patrie et delà République.
- A. de La Forge.
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- Derniers détails
- Au moment où nous écrivons ces lignes, les derniers préparatifs de l’immense salle du banquet sont sur le point d’être terminés.
- Tentures et tapisseries sont en place, les tables sans fin sont posées avec la rapidité qui caractérise nos habiles ouvriers parisiens. Les appareils de lumière électrique sont installés ; le premier estai d’éclairage aura lieu ce soir jeudi et, si le fonctionnement en est bon, on pourra l’utiliser aussitôt pour hâter la mise en place de ce qui reste encore à installer, les cuisines notamment.
- Assurément,toutseraprêt etbienprêtau jour dit. Le Directeur des Travaux de l’Exposition, l’honorable M. Alphand, aussi bien que la maison Potel etChabot, auront accompli leur tâche respective à la satisfaction de tous., Les nombreux con-viv e du banquet du 14 juillet leur rendront justice.
- LE MEXIQUE
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1889
- On sait que la République mexicaine prend officiellement parta l’Exposition de 1889. Le Mexique a résolu de ne rien épargner pour être bien représenté en toutes les branches de son commerce intérieur, de ses industries et surtout en ses futurs produits d’exportation.
- M. Antonio Penafiel, le très savant directeur du Bureau de Statistique, a été chargé de la partie archéologique de l’édifice réservé à l’Exposition et qui sera un chef-d’œuvre d’architecture purement mexicaine ou aztèque.
- M. Penafiel a adressé à M. le ministre des travaux publics un rapport sur l’édifice réservé à l’exposition mexicaine à l’Exposition de Paris de 1889, dont nous détachons les paragraphes suivants :
- L’édifice mesure 70 mètres de longueur sur 5o de largeur ; il a 14 mètres 5o de hauteur jusqu’aux créneaux. Il se compose d’un salon central de 40 mètres de longueur sur 24 de largeur et sur les côtés duquel s’appuient deux pavillons de même forme, de 2 3 mètres 80 sur 12 mètres 40.
- Un escalier à double rampe, placé au centre du grand salon, donne accès aux galeries supérieures. Par cette disposition, nous avons voulu satisfaire aux besoins qu’exige un édifice de cette nature, destiné à contenir des collections d’objets d’art et de produits naturels et industriels. On peut le considérer comme un musée formé de grandes salles, où l’on peut embrasser d’un même point l’ensemble des objets contenus dans l’édifice. Pour cela, il doit avoir une grande étendue de muraille, pouvant faciliter le placement des objets à exposer, et être éclairé d’une manière uniforme, sans qu’il se produise d’ombres, ni de reflets capables de nuire à la vue
- de ces objets. Nous obtenons ce dernier point par la lumière perpendiculaire, qui pénétrera par les vitrages.
- L’édifice sera construit en fer dans sa plus grande partie, attendu qu’on veut le démonter ensuite et le transporter à Mexico, où le Gouvernement pourra l’utiliser, s’il le juge convenable, en y établissant un musée archéologique.
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- La forme de l’édifice a été empruntée à celle des anciens teocallis aztèques, et l’ornementation que nous avons employée, d’origine purement mexicaine, a été prise des dessins de l’ouvrage
- onumentos del arts mexicano antiguo exécutés par MM. Domingo Carrai, José N. Roviroza et Julio Penafiel.
- De très intéressantes données nous ont été fournies, en ce qui concerne la forme de l’édifice, par l’étude du monument de Xochicalco, monument que je considère, eu égard à ses signes chronographiques, comme la plus belle page de l’ancienne civilisation régionale mexicaine du peuple tlalhuica.
- Comme les temples ont été, à une époque reculée, le véritable résumé de l’art antique, c’est d’eux qu’on devait tirer les modèles, non seulement pour se représenter l’ancienne religion, mais aussi l’ancienne histoire nationale, deux sujets qui ont fourni en tous temps l’image photographique des peuples.
- Nous pouvons assurer que, dans le projet que nous avons l’honneur de vous soumettre, il n’existe aucun ornement, symbole ou figure allégorique qui n’ait été tiré authentiquement de l’archéologie mexicaine, et cela dans le seul but de faire revivre la civilisation nationale dans toute sa pureté.
- Nous n’avons pas voulu dépasser les limites de l’archéologie mexicaine ; celle plus riche et plus abondante d’Uxmal et de Palenqué, aurait pu fournir de meilleurs matériaux; mais si aujourd’hui Yucatan et Chiapas figurent sur la carte du Mexique, il n’en fut pas ainsi de leur civilisation primitive, qui s’étendait depuis Ta-basco, Chiapas et Yucatan jusqu’aux confins de l’Amérique centrale, et peut-être sans avoir eu de contact avec les races d’origine aztèque.
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- L’édifice se compose d’une partie centrale et de deux pavillons latéraux ; la partie du milieu, compendium du culte mexicain, résume la religion du Soleil et du Feu : un grand soubassement porte à sa partie inférieure les signes de ce culte, età sa partie supérieure les «braseros» symboliques de ses fêtes périodiques.
- . Une succession de gradins, caractère principal des anciens temples, conduisent au portique où se trouvent deux cariatides, dont la forme a été empruntée à une étude archéologique faite récemment à Tula de Hidalgo, dans le but de trouver un support ou colonne pouvant s’appliquer à l’architecture mexicaine.
- La portique a pour couronnement le symbole du Soleil, T (matin h présidant à la création de Cipactli, représentant la force fertilisante de la terre qui alimente le genfe humain.
- Afin de les faire cadrer avec le but de l’Exposition internationale, nous avons placé des groupes mythologiques dans les pavillons situés à droite et à gauche de l’édifice. Dans le premier, la déesse Centeolt, protectrice de l’agriculteur, ayant à sa droite Tlaloc, dieu des pluies, et à sa gauche Chalchiuhtlicue, déesse de l’eau : trois divinités qui, suivant les anciennes croyances aztèques, donnaient la vie à l’humanité et la fertilité aux champs.
- Dans le pavillon gauche, et symétriquement, seront représentés Xochiqueüalv divinité des
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- Quatrième Année. — N° 185.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889 . Dimanche i5 Juillet 1888. ~ 1093.
- arts, Camaxtliy. dieu de la chasse, et Yacatcuh-tli. dieu du commerce. " ~ ^
- On a placé sur les portes les signes de la date commémorative de la réforme du calendrier, qui se relie aux fêtes du Feu.
- Enfin, pour personnifier avec ses événements fondamentaux, l’ancienne histoire mexicaine, on a placé deux groupes. Dans l’un, le roi I^coatl, véritable fondateur de la nationalité et de la monarchie, l’habile conquérant, le sage politique qui tira sa tribu de l’esclavage pour la rendre forte et puissante ; à ses côtés ses contemporains, Negahualcoyolt, le roi poète, et To-tequihuatgin, représentant la triple alliance de Mexico, Texcoco et Tacuba, qui eut une si grande influence sur les conquêtes des rois mexicains.
- L’autre groupe représente la fin aussi héroïque que tragique de la monarchie aztèque , Cacama, Cuitlahuac et Cuauhtemoc. Le premier, le roi de Texcoco, vaillant martyr de la défense de Mexico ; le second, le héros populaire de la Noche Triste, le vainqueur de Cortès, dans sa retraite à Popotla, et enfin, la plus grande figure antique de l’héroïsme national, Cuauhtemoc, le dernier empereur de Mexico.
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- Nous pouvons dire, en terminant, que la partie centrale de l’édifice représente les idées capitales de la religion ; les pavillons extrêmes, l’agriculture et les arts, éléments principaux du progrès ; et les figures intermédiaires, le commencement et la fin de l’ancienne civilisation mexicaine.
- Si la commission a rempli sa tâche, si elle est parvenue à restaurer dans le projet qu’elle présente, les reliques les plus importantes de l’art ancien mexicain, elle aura rempli un devoir de véritable patriotisme.
- CHRONIQUE DE L’EXPOSITION
- DE 1889
- La sphère terrestre monumentale
- Une des plus ardues difficultés qu’aient à vaincre ceux qui enseignent la géographie et ceux qui l’apprennent, c’est de retrouver sur une étendue plane, comme les mappemondes, la forme réelle delà Terre, qui est une sphère; n’étudions-nous qu’une étendue partielle du globe, la France, par •exemple, les cartes les mieux faites ne nous en offrent quand même qu’une représentation déformée; sa convexité n’est pas rendue suffisamment sensible par le tracé des parallèles.
- — Mais, dites-nous, il y a des sphères géographiques.
- — Oui, mais leur volume excessivement réduit ne permet qu’une nQtion tout élémentaire du rap. port des continents et des mers.
- Et l’on ne s’en sert que pour les démonstrations les plus générales. Dès que nous voulons considérer avec un peu plus de précision une région quelconque, il nous faut recourir à la carte plan.
- Or, que l’on prenne l’atlas que l’on voudra, l’on y trouvera presque autant d’échelles différentes qu’il comptera de cartes. Comment l’enfant — et même les grandes personnes ! —- ne prendrait-il pas des idées fausses même dans le meilleur atlas ? Combien est-il de personnes qui, examinant une carte, s’inquiètent de l’échelle mise en bas ? Si du reste un esprit attentif en tient compte, la variété de ces échelles l’embarrasse ; pour retrouver la relation d’une étendue figurée avec une autre il est obligé à un calcul de proportion qui le plus souvent le rebute. Combien de plus, et je dis parmi les instruits, auraient de la peine à dire laquelle des deux îles est la plus vaste, Bornéo ou la Grande-Bretagne!
- Sur un globe on trouve les vrais rapports d’étendue entre les différentes régions ; d’un [coup
- d’œil on mesure les distances d’un point à un autre dans toutes les directions.
- Mais à une condition : c’est que le globe soit de grande dimension. Plus grand il sera, plus il sera facile d’y marquer fidèlementaussi bien les distrM butions.naturelles de la Terre que les divisions conventionnelles établies par. ses habitantsMais les globes de grande dimension sont rares : à Paris, une sphère de 4 mètres de circonférence, construite sous la Restauration, se trouve au Musée de la marine. On avait percé le plafond d’une salle de la Bibliothèque nationale pour placer une autre sphère, plus considérable, qui datait du règne de Louis XIV. Lors de la reconstruction de la Bibliothèque elle a été transportée à l’Observatoire.
- Mais ces deux sphères sont encore bien modestes eu égard au volume de la planète qu’elles représentent.
- Ces considérations ont suggéré à deux membres fort distingués de l’enseignement public, M. François Filon, l’excellent directeur de l’Ecole supérieure municipale Lavoisier, membre de la Société de géographie commerciale, et M. Al. Cordeau, ingénieur des arts et manufactures, professeur à la même école, l’idée de construire une sphère monumentale , et d’ajouter aux attractions de l’Exposition universelle de 1889 cette œuvre utile et grandiose, qui serait unique au monde.
- Le globe dont ils ont conçu et tracé le projet mesurerait 3o mètres de circonférence, à l’échelle de 1/1,000,000.
- Voici le programme de ces messieurs :
- Une tour en fonte de trois mètres de haut sert de*base à cette sphère, qui est mobile ; un mouvement d’horlogerie, actionné par une machine électrique, la fait tourner sur elle-même dans l’espace de vingt-quatre heures. Par ce mouvement de rotation, elle donne avec la régularité d’un chronomètre, l’heure, la minute et même la seconde. Les divisions du temps sont marquées, de manière à être vues de loin, sur la ligne équinoxiale, tracée sur une circonférence de 40 mètres.
- La sonnerie des heures, demie et quart, est déterminée par la rencontre de points fixés sur la ligne équinoxiale.
- A la tombée de la nuit un foyer électrique, convenablement placé, éclaire l’un des hémisphères, tandis que l’autre reste dans l’ombre. L’hémisphère non éclairé pourra néanmoins être observé le soir, grâce à des points lumineux marquant la place des phares et des vitres.
- Comme spectacle, ce sera déjà fort curieux, fort intéressant. Ce sera le vrai voyage autour du monde, on pourra se supposer emporté en ballon et planant au-dessus des océans et des continents.
- A cinq mètres du globe régnent, en effet, deux étages de galeries circulaires qui permettront d’observer la carte à des hauteurs différentes. Le premier étage est à neuf mètres du sol, le second est à dix-huit mètres. De cette galerie supérieure on plonge sur la sphère dont le pôle nord est à quinze mètres du sol.
- Sur les balcons des galeries seront placées de distance en distance des planchettes contenant les légendes nécessaires pour l’intelligence de la por-? tion de la carte qui passera sous les yeux de l’observateur.
- Tout est prévu, afin que la visite soit aussi profitable qu’intéressante'.
- Un tel globe serait d’une utilité incontestable, non seulement au savant qui se plairait à faire l’histoire de la géographie, à marquer les grands voyages des explorateurs anciens, modernes et contemporains, mais aussi à l’industriel qui a besoin de savoir d’où il doit tirer les matières premières de son industrie, au négociant qui verrait passer sous ses yeux tous les points du globe avec lesquels il peut correspondre par télégraphes, paquebots ou chemins de fer.
- Il s’agit donc, comme le dit avec raison M. Fr. Filon, dans l’exposé de son projet, d’une question d’intérêt général, que doit préoccuper non seulement le corps enseignant et les sociétés savantes, mais le public tout entier, le monde des affaires,
- les grandes Compagnies de transport par terre et par eau.
- Nous savons du reste que ces compagnies l’ont tout de suite compris et qu’elles s’intéressent à Têxécutibn du projet. . 1 1 :• ov , uuo.I
- D’autre part on nous assure que la ville de Paris, toujours favorable aux innovations intelligentes, ' est décidée à concéder un emplacement pour cette sphère monumentale. ,j
- Quant à la dépense, elle est relativement minime. D’après l’avant-projet de MM. Pilon et Cordeau, elle ne dépassera pas 25o,ooo francs.
- Une Société anonyme est en voie de formation pour la construction et l’exploitation de cette sphère et de son monument.
- Nous pouvons donc considérer la chose comme réalisée et lui prédire un succès égal à ses dimensions inusitées.
- Pz.
- NOTRE GRAVURE
- ; A l’occasion de la fête nationale, nous donnons, à titre rétrospectif, une vue de la cour du Louvre lors de l’Exposition de l’an IX et celle de l’an X qui furent les deuxième et troisième Expositions industrielles organisées en France.
- ; Depuis cette époque, que de chemin parcouru ! et combien nous paraissent mesquines, infimes même, ces premières Expositions, quand ?on les compare à celles de nos jours! Mais ce regard jeté en arrière sur une période encore «bien rapprochée de nous parles immenses souvenirs de tous ordres qu’elle nous a laissés, nous porte à faire de bien profondes réflexions. Il nous suggère le sentiment de la puissance intellectuelle de l’homme et nous fait entrevoir ce qu’il pourra produire encore si, surtout, les bienfaits de la paix lui sont longtemps conservés.
- H. P.
- LES ÉTRANGERS A L’EXPOSITION
- DE 1889
- Espagne
- Sur tous les points de la Péninsule, on annonce un mouvement général d’organisation en vue de la participation de l’Espagne à la grande Exposition de 1889. De tous les côtés, sur l’initiative des Chambre de commerce principalement, se forment des comités dans ce but. L’enthousiasme est général.
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- États-Unis
- Malgré les lenteurs apportées dans les votes du Congrès et du Sénat des Etats-Unis de l’Amérique du Nord, la participation officielle de ce pays à l’Exposition de 1889 sera aussi importante que brillante.
- En attendant l’arrivée à Paris du général William B. Francklin, commissaire général et de Somerville P. Tuck, commissaire adjoint, M.le colonel A. Bailly-Blanchard, aide de camp du gouverneur de la Louisiane et secrétaire du commissariat général des Etats-Unis, est en relations journalières avec M. Georges Berger, directeur général de l’Exposition.
- Les bureaux de la section des Etats-Unis d’Amérique sont établis à New-York et à Paris, 59, rue de Galilée, au siège même de la légation.
- (Voir la suite page ioq6)
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- Le territoire de la République était alors divisé en cent huit départements. Dès le 28 germinal an IX, Chaptal, ministre de l’mtérieur, adressait à tous les préfets une
- décorés de manière à former autant que possible, un ensemble harmonieux avec le vieil édifice royal. Quarante-deux département répondirent seulement, à l’appel qui leur était fait. Le dépar-: tement de la Seine comptait à lui seul 106 exposants sur un total de 235. La Seine-Inférieure avait 20 exposants; le département de l’Eure et de la Somme, chacun 10 ; Seine-et-Oise, 9, les trente-sept autres départements en avaient donc ensemble 80. Chaptal avait espéré réunir un plus grand nombre d’exposants et offrir dans chaque portique la physionomie industrielle de chaque département distinct. Mais tous les manufacturiers ne comprenaient pas clairement l’avantage qu’ils pouvaient tirer d’une semblable exhibition , et les communications étaient alors si difficiles, si peu sûres, que les industriels des départements éloignés n’expédiaient pas sans appréhensions leurs-produits vers la grande ville. Quoi qu’il en soit, il. il y avait un progrès réel tur l’exposition de l’an VI, puisque ce premier concours national n’avait: réuni que 110 exposants.
- Le jury d’examen était ainsi composé :
- Bardel, membre du bureau consultatif des-Arts et Manufactures.
- Bertholi.et, membre de l’Institut.
- Berthoud (Ferdinand), membre de l’Institut..
- Bonjour, commissaire des Salines.
- Bosc, membre du Tribunat.
- Costaz, membre du Tribunat.
- Guyon Morveau, membre de l’Institut.
- . Mérimé, peintre, professeur de dessin à l'école? polytechnique.
- Molard, démonstrateur au Conservatoire dès-Arts et Métiers.
- Montgolfier, démonstrateur au Conservatoire-des Arts et Métiers.
- Perrier, membre de l’Institut.
- Perrier (Scipion), membre du bureau consuls— tatif des Arts et Manufactures.
- Prony, membre de l’Institut.
- Raymond, membre de l’Institut, architecte dm palais des Sciences et Arts.
- Vincent, membre de l’Institut.
- En l’an VI, aucune médaille n’avait été décernée,.
- Le jury d’examen s’était borné à signaler les exposants les plus notables, et à mentionner dans le procès-verbal « qu’ils avaient bien mérité de la. patrie ». Pour l’Exposition de l’an IX, il fut accordé douze médailles d’or, vingt médailles d’argent et. trente médailles de bronze.
- Des douze fabricants qui avaient obtenu, en-, l’an'VI la première mention honorable, sept s’étaient présentés à l’Exposition de l’an IX; mais le Jury décida qu’ils resteraient hors concours.
- C’étaient Didot frères ,imprimeurs ; Lenoir, fabricant d’instruments de mathématiques; Hernan-fondeur de caractères ; Conté, ingénieur-mécanicien; DESARNODjingénieur-caminologiste; Deharme. et Dubaux, négociants en tôle vernie ; et Denys dm Luat (Seine-et-Oise), filateur de coton à la mécanique.
- Les douze médailles d’or furent décernées aux; citoyens :
- Sollages et Bossut, ingénieurs hydrauliciens..
- Sollier, Guentz, Goury et Cie, de Djlling (Moselle), fabricants d’objets de quincaillerie;
- Utzschneider et Ci0, de Sarreguemines, et Merlin, Hall, de Montereau, fabricants de po-.terie (ex-œquo).
- Fauler, Kempff et Muntzer, fabricants de ma^-roquins à Choisy-le-Roy.
- Decretot, de Louviers, fabricant de draps.
- Ternaux frères, drapiers à Sedan, à Reims, à Louviers et à Einsival ;
- Delaitre, Noël et Cie, à l’Epine, près Arpajon, filateurs de coton ;
- Rauwens, de Gand, filateur de coton.
- Godet et Délépine, de Rouen, fabricants de velours ;
- Morgan et Delahàye, d’Amiens, fabricants de velours de coton ;
- Lignereux, fabricant de meubles à Paris;
- Jacob, fabricant de meubles à Paris ;
- Les meubles de Lignereux se distinguaient par la richesse et l’élégance; les meubles de.Jacob, sculptés avec soin, étaient d’un.style caractéristique.
- Chaptal fit lui-même la remise des médailles aux titulaires. Ceux qui avaient obtenu la .médaille d’or eurent, par surcroît, l’honneur de dîner à la
- table du premier Consul. , „ . . , , . . . . , lieu trois
- Dès le commencement de floréal Chaptal adressait aux préfets de la République une circulaire en vue de 1 organisation de la troisième exposition qui devait avoir mois plus tard pendant les jours complémentaires, et, comme la précédente, dans la cour du Louvre.
- Peu de temps après la clôture de l’Exposition de l’an IX, Chaptal institua une Société d’encouragement pour l’industrie nationale. En l’an X, cette société se composait de cinq cents membres titulaires et de huit cents adhérents. Elle s’était subdivisée en plusieurs commissions permanentes, et tenait des séances générales bi-annue utiles 'un local prêté par le ministre de l’intérieur. Répandre l’enseignement technique à tous les degrés et dans toutes les branches, favoriser les inventions et les découveL>aCtjvité, -aux arts, diriger des essais, des expériences, distribuer des encouragements de toutes sortes, secourir les artistes malheureux, rapprocher dans un foyer commun rc^gteau tous ceux qui pouvaient concourir au développement de la prospérité générale, tel était le but de cette société. Elle complétait l’idée initiale de François de Ne et était destinée à rendre les plus éminents services à la France industrielle et commerciale. , . . . • dont nous
- Nous reproduisons les passages les plus notables de cette longue et imposante circulaire. Ils livrent les appréciations de Chaptal au sujet des deux expositions nous occupons ici : , , . . . • j ns quelques
- « Nous avons vu réunies dans la cour du Louvre, plus de quatre cents espèces de produits différents; nous avons constate avec un légitimé orgueil que si, u 1 exqUis
- fabrications, nous étions encore bien faibles, il restait bien peu de chose à désirer dans toutes les parties qui supposent des connaissances étendues et un g
- m les fabricants. Le premier Consul a décerné des médailles aux artistes distingués par le jury; parmi ceux-ci il s’en trouve un certain nombre qui, grâce à ces récom-^ses, ont déjà vu, depuis cette époque leurs affaires prendre un notable accroissement, et leur maison acquérir une juste renommée. Le vœu du premier Consul est de ^nir, chaque année, à Paris, dans une grande foire nationale, tous les produits de l’industrie française et de les offrir à l’admiration de l’Europe. C’est au ^merce qu’il appartient d’accomplir ce désir. En instituant une exposition annuelle, le gouvernement entend réunir sous ses yeux l’ensemble de toutes
- les productions des fabriques ; ses intentions ne
- Planche dernière du Louvre ff ^nt pas remplies si toutes les étoffes, depuis
- la plus commune jusqu a la plus riche, n étaient pas offertes aux regards du public, si la même enceinte ne trouvait pas rassemblés tous les produits des métaux, depuis la fonte jusqu’aux pièces d’orfèvrerie les plus magnifiques. Par ce rapprochement de tous les arts, de tous les travaux, on arrivera enfin à connaître les ressources , les moyens, l’état de toutes les branches et à dresser la carte industrielle de la France. Ce concours périodique permettra de constater les progrès de l’industrie, d’établir une utile comparaison avec celle des autres nations ; il indiquera les améliorations et les perfectionnements nécessaires. Un tel but atteint doit amener les résultats les plus heureux, éveiller l’émulation des fabricants, et présenter aux savants le tableau de la marche progressive de l’industrie française. »
- Le jury d’examen de l’an X était composé comme en l’an IX de quinze membres. Berthollet et Bonjour avaient été remplacés sur la liste par Alard, membre du Conseil d’agriculture, arts et commerce, et par Conte, démonstrateur au Conservatoire des arts et métiers.
- Le nombre des exposants s’était notablement accru. On en comptait 5qo. Quarante-trois départements prenaient part pour la première fois au concours. L’Aveyron, la Loire et le Loiret figuraient dans ces départements, chacun avec dix exposants. Il y avait en réalité quatre-vingt-quatre départements, dont.quarante et un avaient participé au précédent concours, et qui, cette fois, avait réuni 418 manufacturiers. Le goût des expositions se propageait donc visiblement.
- Le deuxième jour de vendémiaire de l’an XI, les citoyens composant le jury chargé d’examiner les productions de l’industrie française, exposées au Palais national des sciences et des arts pendant les jours complémentaires de l’an X, et lesfabricants et artistes auxquels le jury avait décerné des distinctions (264 récompenses avaient été accordées), furent introduits à deux heures devant le premier Consul.
- Le citoyen Costaz, président du jury, était chargé de porter la parole ; il dit :
- « Citoyen premier Consul,
- « L’exposition des produits de l’industrie est extrêmement remarquable cette année ; le génie inventif et fécond des artistes français y brille d’un vif éclat. Les fabricants de lainage ont apporté des étoffes fabriquées sur de nouvelles combinaisons, ou des étoffes déjà connues, exécutées avec une perfection qui ne laisse plus à craindre la concurrence étrangère. On y a vu des soieries de la plus grande magnificence fabriquées à Lyon. Les filatures de coton et manufactures de cotonnades, qui croissent chaque année en nombre, croissent aussi en perfection.
- « La comparaison des produits de cette année avec ceux de l’année dernière ne laisse à cet égard, aucun doute.
- « Les mécaniciens se sont fait distinguer par plusieurs inventions importantes. On a exposé des machines propres à mesurer le temps avec la plus grande exactitude, machines extrêmement utiles aux navigateurs. Un artiste a construit des instruments astronomiques combinés d’une manière ingénieuse, et donnant une précision supérieure à celle des instruments connus.
- « Toutes les parties de l’art monétaire, les machines dont il fait usage, ont été revisées, modifiées et perfectionnées avec un succès auquel on refuserait de croire, si l’on nravait pas les faits sous les yeux.
- « Un métier a été imaginé qui fabrique le tricot parle simple mouvement d’une manivelle; invention d’une importance majeure, et digne d’une attention sérieuse de la part du gouvernement.
- « Une nouvelle machine à élever l’eau a été construite sur des principes tout à fait originaux.
- « Des chimistes se sont proposé de mettre nos ateliers en possession de nouvelles forces capables de décomposer les substances et de les recomposer pour les approprier à nos goûts et à nos besoins.
- « De nouvelles poteries ont été inventées; celles qui étaient déjà connues ont reçu des perfectionnement considérables.
- 'Les meubles, l’orfèvrerie et toutes les parties qui dépendent du dessin, sont remarquables par un goût plus pur. Nous avons été souvent embarrassés pour choisir entre .Qtde mérites distingués ; nous y avons porté tout le soin dont nous sommes capables. Les choses précieuses se sont trouvées en si grand nombre qu’il nous a été impossible ^nous renfermer dans la limite des médailles annoncées: nous n’aurior.s pu le faire sans assigner des différences de mérite qui n’existent pas, c’est-à-dire sans être injustes.
- ?üs avons pensé que le gouvernement voudrait bien entrer dans nos vues. »
- ^ prOCCS Vôrbcll ^ ^ ° AnDrotinnc A n 1 n r-ir nortanf lo llcto rlôc- rû/'nmr\ûnc<ic'
- ,f’Vu le procès-v____„ ....
- ’nsuls du 13 ventôse an IX, aux préfets des
- 'J. a, décerné des médailles ou des mentions honorables. •> Le Moniteur officiel de l’époque contient des notices détaillées sur les productions de chaque département, •îa ees avec Ie concours des préfets d’après les instructions de Chaptal. Ces notices instructives se vendaient sous forme de brochures aux abords de l’Exposition, principa-C*t aux deux portes d’entrée, dont l’une, la principale, était celle de la colonnade du Louvre, vis-à-vis Saint-Germain-l’Auxerois ; l’autre celle du musée des tableaux U ^roidmanteau. L’affluence des visiteurs fut considérable. Il y avait là en effet autre chose qu’un spectacle stérile : il s’agissait d’étudier la situation de l’industrie °nale. En vue d’en favoriser les progrès, Chaptai méditait alors déjà la reconstitution des chambres de commerce dans les grands centres.
- E. M.
- al des opérations du jury portant la liste des récompenses fut signé le 3 vendémiaire an XI, et visé par Chaptal le surlendemain dans les termes suivants : -verbal ci-dessus, le ministre de l’intérieur ordonne qu’il sera imprimé à l’imprimerie de la République, et envoyé conformément à l’article 8 de l’arrêté des ’ 2S départements. Ordonne de plus qu’il en sera adressé un exemplaire à chacun des artistes et fabricants auxquels le jury des tions honorables. •> Le Moniteur officiel de l’époque contient des notices détaillées
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- i096. - QuatrièmeIAnnée. - N° i85. LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche i5 Juillet 1888.
- Italie
- A Milan, on s’occupe activement d’assurer la participation de l’Italie à l’Exposition universelle de Paris. La chambre de commerce va envoyer des circulaires à tous les industriels.
- Le Secolo invite les Italiens à prendre part à l’Exposition pour montrer les progrès réalisés par l’Italie non seulement dans les arts, mais aussi dans les industries des produits mécaniques, textiles et agricoles.
- Le Secolo conseille de constituer dans toutes les villes des comités spéciaux;il dit que l’Italie nouvelle doit être représentée à l’Exposition de Paris pour montrer au monde qu’elle est digne d’occuper une place honorable dans la civilisation.
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- Mexique
- Le gouvernement mexicain a informé le Commissariat général qu’il a envoyé à tous les Etats de la fédération une circulaire pour les inviter à participer à l’Exposition de 188g. Un grand nombre de réponses sont déjà parvenues, qui manifestent l’intention de se faire représenter dignement à Paris. Ces réponses sont insérées au Diaro Official et les municipalités s’occupent d’assurer la représentation de chaque district à l’Exposition de Paris de 1889.
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- Pays-Bas
- La commission néerlandaise à l’Exposition de 1889 est définitivement constituée et composée des membres suivants :
- Mr. Van der Vliet, président et commissaire général pour les Pays-Bas ;
- G. E. V. L. Van Zuylen, vice-président;
- Th. Stuart, Ier secrétaire ;
- B. J. A. Sterck, 2e secrétaire ;
- Gérard A. Heineken, ier trésorier ;
- W. J. M. Westerwoudt, 2e trésorier ;
- H. A. Van Beuningen ;
- J. F. R. S. Van den Bossche, président de la section coloniale ;
- H. F. Bultman, président de la section de l’agriculture ;
- A. J. Euschedé;
- J. C. Greive jeune, représentant de la section des beaux-arts ;
- J. W. Hofman;
- Emile Kœchlin ;
- J. H. Krelage, président de la section de l’horticulture ;
- Dr D. de Loos, président de la section de l’enseignement ;
- J. M. Van der Made, président de la section de l’industrie ;
- C. N. J. Moltzer, J. Ezn ;
- C. B. Posthumus Meyjes ;
- J. W. F. Scheffer, jeune,;
- A. C. Wertheim, président de la sub-com-mission des finances ;
- H. Zillesen.
- Membres délégués à Paris :
- R. Bischofsheim; J. J. Boas; W. Corde-wener ; Dr E. H, M. Thijssen ; Ch. Viehoff-Ed. Wunderly ; Willy Martens, représentant de la commission des beaux-arts; E. J. Niermans, représentant de la section de l’architecture.
- La délégation parisienne des Pays-Bas, composée de MM. R.-L. Bischoffsheim, W.-J.-E. Cordewener, E. Wunderly, J.-J. Boas, Ch.-J. Wiehoff, Dr Thijssen, a tenu mercredi une importe séance, dans le cabinet de M. Georges Berger, pour régler différentes questions relatives â l’organisation de la section néerlandaise.
- iin b tm 9 —» -
- ÉCHOS
- l’exposition des chambres de commerce maritimes
- Les Chambres de commerce des ports maritimes sont invitées par le directeur général de l’exploitation de l’Exposition de 1889, à se concerter en vue d’une exposition commune et spéciale dé leurs installations et des objets de leur trafic.
- Une surface de 500 mètres est mise àleur disposition si elles veulent y édifier un pavillon à leurs frais.
- * *
- l’exposition ouvrière en 1889
- Une réunion composée des syndics des corporations, commission de contrôle, conseils d’administration de Sociétés corporatives et coopératives ouvrières a eu lieu, mercredi 11 juillet, à la Bourse du travail.
- Le but jle la réunion était de décider les mesures à prendre pour l’organisation de l’exposition
- ouvrière internationale de 89.
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- LE COMMISSAIRE DES BEAUX-ARTS A L’EXPOSITION UNIVERSELLE
- Le Conseil a approuvé la nomination de M. An-tonin Proust, proposée par M. le ministre de l’instruction publique et des’ beaux-arts, comme commissaire spécial des beaux-arts à l’Exposition universelle.
- Le décret portant cette nomination paraîtra demain à l’Officiel.
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- ¥ *
- EXPOSITION COLLECTIVE DES MUSÉES CANTONAUX
- Cette exposition, organisée sur l’intelligente initiative de M. Edmond Groult (de Lisieux), le fondateur des musées cantonaux, sera des plus intéressantes :
- On y trouvera, à côté du souvenir de nos soldats morts pendant la funeste guerre de 1870, divers objets rapportés de nos expéditions coloniales. On y verra des spécimens de vieux costumes, d’armes et d’outils anciens, de vieilles monnaies ; des objets à l’occasion desquels on a pu donner d’utiles conseils pour l’hygiène, l’agriculture et l’industrie locales ; des collections de géologie et d’histoire naturelle ; _ des vues des monuments et des sites les plus pittoresques des régions où sont établis les musées cantonaux. Le tout sera accompagné de notices explicatives.
- Assurément, entre toutes, cette exposition ne sera pas la moins curieuse ni la moins instructive.
- * Jf
- NOMINATION DU COMMISSAIRE SPÉCIAL DES EXPOSITIONS DES BEAUX-ARTS DE 1889.
- Le Journal officiel a publié cette semaine (n° du 11 juillet) un décret aux termes duquel M. Antonin Proust, député, est nommé commissaire spécial des Expositions des Beaux-Arts de l’Exposition universelle de 1889.
- CHRONIQUE ÉTRANGÈRE
- L’EXPOSITION D’OSTENDE
- Exposition des Beaux-Arts sous les Auspices de VAdministration communale
- JUIN-SEPTEMBRE 1888
- Une Exposition d’hygiène et de sauvetage a lieu cette année à Ostende, pendant la saison balnéaire, de juin à septembre. Cette Exposition, placée sous le patronage de l’Administration communale, compte déjà un grand nombre d’adhérents et ne peut manquer de réussir, eu égard à la situation tout exceptionnelle de la ville où elle a lieu.
- Afin de donner à l’Exposition un attrait de plus, la commission organisatrice a décidé d’y annexer une galerie des Beaux-Arts : Sculpture, Peinture, Architecture, Gravure, Aquarelles et Dessins.
- *
- * *
- CONDITIONS D’ADMISSION
- I. — Le droit d’emplacement est de i5 fr. par mètre carré, avec un minimum de i5 fr. La commission se réserve le droit de refuser les tableaux dont les dimensions lui paraîtraient trop grandes.
- II. — Il sera loisible aux artistes dejremplacer par d’autres de mêmes dimensions les œuvres d’art exposées; par contre la commission pourra faire enlever celles qui auront été vendues et non remplacées.
- III. — Comme dans les conditions prévues par le paragraphe précédent, il ne sera pas possible de faire un catalogue, les exposants sont tenus de munir leurs œuvres d’un cartouche, indiquant le sujet de celles-ci et le nom de l’auteur.
- IV. — La hauteur de la galerie sera telle qu’il n’y aura pas de tableaux sacrifiés et que tous seront en pleine lumière.
- V. —- Une médaille commémorative en bronze doré sera remise à exposant.
- VI. — Il sera prélevé io °/0 sur le produit de la vente des œuvres chaque exposées.
- VII. — Le port aller et retour est à la charge des exposants, mais l’administration des chemins de fer de l'Etat accorde une réduction de 5o °/0.
- VIIL — Tous les cas non prévus par le présent règlement seront jugés par le Comité d’organisation.
- N.-B. — On est prié d’envoyer le bulletin dûment rempli, à l’adresse de M. Louis de Vriese, secrétaire du Comité d’organisation de l’Exposition, rue des Régnesses, 3, à Gand (Belgique) et d’y joindre en un mandat-poste le montant des droits d’emplacement.
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- * *
- L’EXPOSITION ARTISTIQUE FRANÇAISE A COPENHAGUE
- L’exposition artistique française de Copenhague est, de l’avis général, fort réussie, et donne une excellente impression de l’état de l’art français et des différentes « écoles » qui font sa réputation européenne.
- Elle occupe un corps de bâtiment spécial, construit par M. Klein en face de l’Exposition universelle. Les salles sont habilement disposées : le jour y est réparti d’une façon égale et certaines toiles ont beaucoup gagné à être exposées ainsi, sous une lumière meilleure que celle du salon parisien.
- Une nomenclature détaillée de ces œuvres serait inutile : les Parisiens les connaissent déjà. L’Etat a prêté un certain nombre de nos musées, des amateurs ont ouvert leurs collections à MM. Georges Petit, Klein et Kroyer, qui étaient les membres les plus actifs du comité d’organisation à Paris. C’est ainsi que nous pouvons revoir le Bûcheron et la Mort, de Millet ; le Sardanapale, de Delacroix ; le portrait de M. Antonin Proust,, par Manet ; le portrait de Mme R. Jourdain, par M. Albert Besnard; Alexandre Dumas fils et Pasteur, par Bonnat; le Christ au tombeau, de Caro-lus Duran; la Brasserie de femmes, la Sortie de l’Opéra, de Jean Béraud ; la Femme au masque, le Jury de peinture, de Gervex ; la Judith, de Cazin; le beau portrait de Damoye, la Femme à la chaise, de Roll ; des paysages de Daubigny et de Duez ; le Toro colante, d’Aimé Morot,etc.,etc. Il n’y a pas moins de cinq ou six cents toiles exposées.
- Dans la section de sculpture, on voit des statues de Paul Dubois, de Delaplanche, de Frémiet, de Saint-Marceaux ; un plâtre de la Diane de Fal-guière et... le Général Boulanger de Croisy.
- Les visiteurs sont fort nombreux dans cette exposition. Où se porte la faveur publique ? C’est chose difficile à dire : j’ai cru remarquer cependant que les bons Danois se détournaient volontiers du a nu ». Userait peut-être bon de garder pour nous ces études de chair de femme vivante et palpitante.
- Le Propriétaire-Gérant : H. Pendrié.
- Tours. — lmp. E. ARRAULT et ie, rue de la Préfecture, 6
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- Quatrième Année. — N° i85. LE MONITEUR DE "L'EXPOSITION DE 1889 Dimanche i 5 Juillet 1888.
- ANNONCES
- Avis aux Voyageurs se rendant à l’Étranger
- Le Livret-Ghaix continental (partie étrangère) renferme tous les renseignements nécessaires pour les voyages sur le continent : services des chemins de fer étrangers ; trains-français desservant les frontières ; services franco-internationaux ; billets directs ; itinéraires tout faits ; carte coloriée de l’Europe ; guide-sommaire indiquant les curiosités à voir dans les principales villes, etc., etc. Pour se rendre à l’étranger, des divers points de la France, le voyageur n’a pas besoin de recourir au volume contenant les services français.
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- NOUVEAUX TRAINS DE LUXE
- Nous sommes informés qu’à partir du 2 juillet le Pyrénées-Express, train de luxe organisé par les Compagnies d’Orléans, du Midi et des Wagons-Lits, a repris sa marche, deux fois par semaine, entre Paris et les principales stations pyrénéennes.
- Les départs de Paris ont lieu les lundis et jeudis à 6 h. 40 du soir (gare d’Orléans), et les retours, les mardis et vendredis, à 10 h. 15 du
- matin de Pierrefitte et desservant directemen Lourdes, Pau, Dax, etc., et avec correspondances de Cauterets, Lux, Saint-Sauveur, Barèges.
- D’autre part, les nombreux voyageurs qui font journellement le trajet de Paris à Bruxelles ont à leur disposition, depuis le 1er juillet, un nouveau train très rapide, quittant Paris (Nord) à 8 h. 15 du matin, pour arriver à Bruxelles à 1 h. 55 et auquel est attaché un Dining-Car, de la Compagnie internationale des Wagons-Lits.
- Le service des voitures restaurant et salon est donc désormais assuré entre Paris et la Belgique par deux trains quotidiens dans chaque sens, aux heures les plus favorables pour le public (8 h. 15 du matin et 6 h. 20 du soir).
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- Pendant la semaine du 21 au 28 juin 1888, la Société Générale des Téléphones a inscrit 14 nou. veaux abonnés à Paris et 6 dans les départements. Paris compte actuellement 5,724 abonnés et les départements 2,406, soit, en tout, 8,190 abonnés.
- Les demandes d’abonnements doivent être adressées 41, rue Caumartin, à la Société Générale des Téléphones, qui se charge également de toute installation de téléphones domestiques dans: bureaux, administrations, usines, hôtels, appartements, etc., etc.
- Le Dictionnaire Gazier, tout récemment publié par la librairie A. Colin et Cie, a déjà remplacé dans les classes, comme sur les tables de travail, les dictionnaires jusqu’ici en faveur L’auteur, M. A. Gazier, maître de conférences, à la Faculté des lettres de Paris, n’y donne pas seulement un vocabulaire très correct des mots usuels de notre langue, avec prononciation et étymologie (lorsqu’il y a lieu de les indiquer), définition précise, synonymes et contraires, exemples; on y trouve en outre un millier d’articles encyclopédiques se rattachant à l’agriculture, aux sciences, à l’histoire, à la géographie, à l’hygiène, à l’industrie, à la législation, à la vie pratique. Les objets peu connus sontfigurés en des vignettes très finement exécutées avec légendes; les termes techniques, groupés méthodiquement, sont expliqués par des Figures d'ensemble. On y compte en tout 700 gravures et 19 cartes. Le Dictionnaire Gazier forme un volume in-12 de 800 pages, portatif, d’une impression très soignée, sous une reliure en toile élégante et solide, tranches rouges (Prix: 3 fr. 30.)
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- QUATRIEME ANNÉE.
- Dimanche 22 Juillet 1888.
- NUMÉRO 186.
- SOMMAIRE-:
- I, Le banquet des Maires de France; 2; Règlement spécial „• relatif aux produits admis-à être-exposés ; 3; Exposition rétrospective de 1889; 4. Expositions diverses; 5. L’Allemagne et l’Exposition ; 6. 'Les -Etrangers à l’Exposition de 1889; 7. Exportation; 8. Avis commerciaux ; 9. Variété : Les.Hotten-f tots au Jardin d’acclimatation ; Gravure: Exposition rétrospective de la Bastille et de la rue Saint-Antoine.
- Ainsi que nous l’avons annoncé dans le numéro du 17 juin, le MONITEUR DEL’EXPOSITION DE 1889 est réorganisé sur de nouvelles bases. Il publiera dorénavant une description détaillée de l’état des travaux de la prochaine Exposition, avec dessins, plans ou gravures suivant les cas, au fur et à mesure de leur avancement. Il donnera tous les renseignements de nature à intéresser , entre autres, le monde des exposants à la disposition desquels la nouvelle Administration se met d’ores et déjà.
- Le MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889 sera, en un mot, ce que l’obligent à être son titre et, surtout, la grandeur et l’importance de l’oeuvre de civilisation que la France célébrera l’année prochaine.
- Toutes les communications relatives à la Rédaction et à l’Administration du journal doivent être adressées 11, Cité de l’Alma, à M. H. PENDRIÉ propriétaire-gérant du MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- LE BANQUET DES MAIRES
- DE FRANCE
- Réunir le 14 juillet les maires de tous les chefs-lieux de cantons à Paris dans le même local, à la même table, voilà une idée grandiose et à la fois patriotique.
- Le 14 juillet, des hommes, des magistrats municipaux, venus de tous les points du territoire, se sont trouvés réunis et ont échangé leurs impressions, leurs idées. Cette réunion a été comme l’affirmation solennelle de l’unité nationale et de la fraternité démocratique.
- Fraternité ! quel consolante image ce mot éveille à l’esprit. N’oublions pas qu’il fait partie de la vieille devise que la République a inscrite sur tous nos monuments publics afin de rappeler leurs devoirs à ceux qui seraient tentés de les oublier.
- Resserrer les liens qui unissent tous les citoyens, leur apprendre à se connaître, à s’estimer, à s’entendre, tel est le but de la fraternité.
- • A ce point de vue, la présence des maires à Paris a eu certainement un résultat heureux. On sait que les ennemis de la République se
- sont toujours efforcés de créer entre les villes et les campagnes une sorte de ligne de démarcation,, en éveillant des susceptibilités et au besoin des rancunes.
- * Le rural -—c’était autrefois leur mot favori: pour désigner l’électeur des campagnes, celui que la noblesse et le clergé ‘ traitaient jadis de manant et de vilain — le rural, aux yeux de nos bons réactionnaires, représentait ce qu’ils appellent* la force aveugle du- nombre »,. c’est-à-dire le suffrage universel lui-même quqdepuis dix-huit , années, n’a cessé d’acclamer la République et de condamner les menées des représentants des vieux régimes.
- - Le rural ! ils l’ont pris en grippe, parce que, instruit par l’expérience, éclairé par les rudes épreuves qu’ils a traversées, il s’est rallié franchement, loyalement aux institutions républicaines devenues l’espérance suprême de la patrie humiliée et éprouvée par des désastres sans précédents dans notre histoire. •
- Aussi, il n’était pas .douteux que les réactionnaires critiqueraient l’initiative; que vient de prendre le gouvernement, et qu’ils le feraient,
- ^ avec d’autarit plps de violence qpe cette solen-| nité républicaine s’est produite Quelques jours après la distribution des prospectus de Philippe YII. •:
- 1 Le prétendant orléaniste a voulu, lui aussi, s’adresser aux maires. Sa lettre saugrenue n’a eu qu’un succès d’hilarité — le seul qu’elle méritait sans conteste — car il n’est pas permis, quand on ambitionne le pouvoir, d’afficher dans un manifeste, un manque aussi absolu de sens politique et une ignorance aussi» profonde des besoins et des aspirations du pays.
- En dépit des efforts de la minorité monarchiste et bonapartiste, l’union s’est faite dans la nation. Depuis dix-huit années, les habitants des campagnes et ceux des villes ont marché en, quelque sorte la main dans la main, dans la voie du développement progressif des institutions démocratiques. Rien n’a pu ébranler leur confiance, leur foi en la République.
- Le banquet des maires a été une nouvelle preuve de cette foi ardente, mais raisonnée. Cette solennité a conservé son caractère propre, celui d’une manifestation républicaine, cfune affirmation des principes de 1789 qui sont devenus la base de la société moderne.
- Aucun incident politique, aucune note discordante n’est venue troubler l’harmonie de cette imposante réunion qui apparaîtra au monde entier comme une attestation éloquente de la' force morale des institutions républicaines et de la puissante vitalité de la nation fermement unie dans la fraternité des mêmes pensées politiques- et des mêmes espérances.
- D. P.
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1889
- DIRECTION GÉNÉRALE DE L’EXPLOITATION
- RÈGLEMENT SPÉCIAL i
- Relatif à !expédition, au transport, à* la réception et à la réexpédition des produits admis à être exposés. 1.. '
- EXPÉDITION ET RÉCEPTION :
- Article premier. — Chaque producteur français admis à exposer recevra, en temps utile, un. certificat de son ,admissionj portant un numéro, d’ordre, et indiquant les dimensions de l’emplace-. ment mis à sa disposition ; il recevra, en même temps, les étiquettes imprimées nécessaires pour l'expédition, le transport et la manutention des. colis contenant ses produits.
- Art. 2. '—Les exposants étrangers dont le pays ne sera représenté, ni par un commissaire général ni par un Comité national, seront assimilés aux exposants français, en ce qui concerne l’article'ci-dessus.
- Art. 3. — Tous les envois à rExposition.seront adressés au nom des exposants; ils seront reçus par ces derniers, ou à leur défaut par. les délégués qu’ils auront accrédités pour donner quittance au, moment de la livraison.
- Les étiquettes fournies aux exposants expéditeurs conformément aux articles I et II seront de deux espèces différentes : ; '
- f Des étiquettes tricolores servant d’adresse imprimée que l’exposant remplira par l’inscription de son nom ; -
- 20 Des étiquettes imprimées sur papier de couleurs différentes, suivant le groupe auquel appartiendront les produits expédiés.
- Ces dernières étiquettes porteront imprimés en caractères très lisibles :
- i° L’indication de l’enceinte ;
- 20' Le numéro du groupe ;
- '3° Le numéro de la classe.
- Les couleurs conventionnelles adoptées sonf les* suivantes :
- Groupe II (Education, Enseignement, Matériel des arts libéraux) : Blanc.
- Groupe III (Mobilier et accessoires) : Bleu.
- Groupe IV (Tissus, vêtements et accessoires)
- Jaune d’or.
- Groupe V (Industries extractives, produits bruts et ouvrés): Brun.
- Groupe VI (Outillage et procédés des industries mécaniques): Rouge.
- Groupe VII (Produits alimentaires) : Violet.
- Groupe VIII (Agriculture, Viticulture et Pisciculture) : Vert foncé.
- Groupe /AT(Horticulture) : Vert clair.
- L’exposant devra coller en double, et séparément, une étiquette de chacune des espèces ci-dessus désignées sur chacun de ses colis.
- . Art. 4. — Les colis d’origine française, ou provenant d’exposants étrangers dont le pays ne sera pas représenté. par un commissaire général, ou par un comité national, renfermant des produit*
- p.1097 - vue 210/471
-
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-
- 1098. — Quatrième Année. — N° 186.
- Dimanche 22 Juillet 1888.
- destinés à l’Exposition, devront porter, en outre, comme marque distinctive, et tracée au pinceau les lettres E. U., entourées d’un cercle.
- Ils porteront aussi, tracé au pinceau, le numéro d’ordre inscrit sur le certificat d’admission.
- La lettre de voiture, accompagnant le colis* répétera le numéro d’ordre inscrit sur celui-ci’ avec le nom de l’exposant.
- Art. 5. — Chaque exposant français ou étranger d’un pays qui ne sera représenté, ni par un commissaire général, ni par un Comité national, devra, en expédiant son colis, déclarer si celui-ci doit être livré en gare d’arrivée à Paris, ou transporté par les soins des Compagnies de chemins de fer, de la gare d’arrivée à l’Exposition, conformément aux dispositions de l’article du présent règlement.
- Il devra pourvoir, soit par lui-même, soit par son représentant à l’Exposition, àl’expédition, au transport et à la réception de ses colis, ainsi qu’à la reconnaissance de leur contenu.
- Art. 6. — 'Les colis de provenance de pays étrangers représentés par des commissaires généraux ou par des comités nationaux, renfermant des produits destinés à l’Exposition, devront porter comme marque distinctive, tracée au pinceau, les lettres E. U., entourées d’un cercle.
- Ils seront adressés, au Champ-de-Mars,. au délégué de la nationalité dont relève l’exposant.
- Les colis de provenance des pays représentés devront tous porter l’indication, fiien lisible, de leur provenance, à savoir : les couleurs et emblèmes cle leur pavillon national.
- MM. les Commissaires étrangers sont expressément invités à notifier, en temps utile, au Directeur général de l’Exploitation, les modèles des adresse^ et les signes de reconnaissance adoptés par chacun d’eux.
- A.RT 7. — Si l’Exposant ou son représentant n’est pas présent pour recevoir les colis à leur irrivée dans l’enceinte de l’Exposition, les dits colis seront immédiatement remportés pour être emmagasinés, soit dans les gares soit dans un magasin public, les frais de transport et de magasinage seront à la charge du destinataire.
- Art. 8. — L’Administration supérieure s’abs-ient dç toute intervention entre les entrepreneurs
- es transports et les exposants.
- Art. 9. — Les espaces réservés en dehors des installations de produits étant strictement calculés pour les besoins de la circulation, il sera interdit d’y laisser stationner les colis ou les caisses vides. En conséquence, les colis devront être déballés au fur et à mesure de leur réception, et les caisses, aussitôt le déballage opéré, devront être emportées par les exposants ou leurs représentants.
- Si les exposants négligent d’opérer, comme il vient d’être dit, le déballage des produits et l’enlèvement des caisses, il y sera pourvu par les soins de l’Administration, sans que celle-ci puisse en aucune façon, encourir une responsabilité quelconque pour ces exécutions d’office.
- Art. 10. — Ainsi qu’il résulte de l’article précédent, l’Administration n’a réservé aucun emplacement pour le magasinage et la conservation des caisses vides.
- Art. 11. — Il est expressément entendu que tous les frais d’emballage, de transport, de manutention, de déballage, d’installation et de réexpédition, restent à la charge des exposants.
- Art. 12. — Les produits, tant français qu’étrangers, seront admis dans les enceintes de l’Exposition à partir du i°'-' janvier 1889, jusque et y compris le 3i mars suivant. L’Administration se réserve le droit d’autoriser à devancer la première de ces dates, si l’état des travaux de construction le permet, ou si les conditions de transport des colis de provenance étrangère le rendentnéces-saire.
- La seconde de ces dates pourra de même être différée par disposition spéciale.
- Art. i3. —Ainsi qu’il a été dit dans l’article 20 du règlement général, les enceintes de l’Exposition seront constituées en entrepôt réel de douane et d’octroi ; les produits destinés à l’Exposition sont admis à ce titre par tous les bureaux ouverts
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- au transit ordinaire ou international, sous les conditions indiquées au décret du 25 août 1886.
- TRANSPORTS
- Art. 14. — Les transports sur les chemins de fer et les transports dans Paris auront lieu conformément aux dispositions suivantes de l’arrêté pris en date du 6 janvier 1888, par M. le Mi' nistre des Travaux publics.
- Transports sur les Chemins de fer
- Produits de toute nature.— (Animaux, Objet d’art et valeurs exceptés).
- Les produits de toute nature (animaux, objets d’art et valeurs exceptés) les voitures et le matériel roulant pouvant circuler sur les voies des chemins de fer français à destination de l’Exposition universelle de 1889 à Paris, seront transportés par les Compagnies à moitié prix des tarifs généraux et spéciaux autres que ceux des expéditions et concours ordinaires.
- Le prix réduit ne devra, dans aucun cas, descendre au-dessous de la base de quatre centimes par tonne et par kilomètre ; mais il est bien entendu que ce prix de quatre centimes ne sera pas appliqué d’office et que la perception aura lieu d’après les tarifs ordinaires (généraux et spéciaux), toutes les fois que les taxes de ces tarifs seront plus avantageuses pour l’expéditeur.
- Les conditions des tarifs généraux et spéciaux serdnt applicables aux transports à destination de l’Exposition universelle. Ces transports seront passibles des frais accessoires dont la perception est autorisée par l’Administration ainsi que du droit ordinaire d’enregistrement et du prix du timbre dû au Trésor.
- Il ne sera pas admis de voyageurs dans les voitures transportées aux conditions du présent tarif.
- Animaux
- Les animaux destinés à l’Exposition universelle seront transportés aux prix pleins des tarifs généraux à l’aller, et ramenés gratuitement au point de départ.
- Le transport aura lieu, quant à la responsabilité, aux conditions des tarifs spéciaux.
- Pour jouir de la gratuité au retour, les expéditeurs devront présenter :
- i° Le récépissé constatant qu’ils ont payé à l’aller le tarif plein :
- 20 Le bulletin d’admission à l’Exposition, des animaux à réexpédier.
- L’expéditeur aura toujours, d’ailleurs, la faculté de demander l’application de tous autres tarifs qui lui paraîtraient plus avantageux.
- Objets d’art, valeurs et masses indivisibles.
- Le transport des objets d’art et valeurs et celui des masses indivisibles (autres que wagons, machines et tenders roulants sur la voie), pesant plus de 10,000 kilogrammes, ainsi que les objets dont la dimension excède celles du matériel seront effectués aux prix et conditions des tarifs ordinaires en vigueur sur chaque réseau.
- Il en sera de même des locomotives, tenders et wagons ne pouvant circuler sur la voie des chemins de fer français.
- TRANSPORTS DANS PARIS
- Le transport dans Paris des objets destinés à l’Exposition universelle pourra être fait, soit par les exposants ou leurs agents, soit par les Compagnies de chemins de fer.
- Dans les premiers cas, les colis seront adressés ou dirigés sur les gares des diverses lignes dans Paris et enlevés par les destinataires désignés par les exposants.
- Dans le second cas, le transport sera fait par les Compagnies, aux prix et conditions suivants, qui comprendront les frais de chargement et de déchargement, avec emploi de la grue, s’il y a lieu.
- Les colis pesant isolément moins de 1.200 kilogrammes seront conduits par camions.
- Les colis pesant isolément 1.200 kilogrammes
- et au-dessus, seront conduits par les chemins de fer de ceinture, rive droite et rive gauche de la Seine.
- Les parties d’un même tout, telles que les pièces d’une machine, lorsqu’elles pèseront les unes plus, les autres moins de 1.200 kilogrammes, seront réunies dans une même expédition et conduites à l’Exposition par les chemins de fer.
- Les wagons complets en provenance de l’étranger et plombés en douane pourront être amenés par les chemins de ceinture, et seront remis sur les voies de l’Exposition aux destinataires ou à leurs délégués, lesquels auront à pourvoir au déchargement et à la distribution du contenu de ces wagons.
- Le prix du transport dans Paris, lorsqu’il aura été effectué par les Compagnies, 9era de 10 francs-par tonne.
- La perception aura lieu par fraction indivisible de 10 kilogrammes, avec un minimun de percep* tion de un franc.
- Les colis transportés par camions seront déchargés sur les voies macadamisées de l’Exposition, aussi près que possible du local affecté à chaque exposant, qui en prendra livraison en ce point; le surplus des déplacements auxquels les colis pourront être soumis demeurera à la charge des exposants.
- Lorsque l’emploi des grues sera nécéssaire, le déchargement et la livraison auront lieu à la grue la plus rapprochée du lieu de la destination définitive du colis.
- Les wagons non plombés, amenés par les chemins de ceinture et l’embranchement du Champ-de-Mars, seront conduits par les voies spéciales de l’Exposition jusqu’au point le plus rapproché de leur destination, puis déchargés au moyen de-grues roulantes dont l’Administration de l’Exposition pourra disposer ; à défaut de grues roulantes disponibles, le déchargement sera fait à la grue fixe la plus voisine.
- CONDITIONS d’application
- Pour jouir des tarifs indiqués ci-dessus, chaque exposant devra présenter à la gare du départ, les pièces justificatives constatant l’admission de ses produits à i’Exposition univers selle (1).
- Les Compagnies ne répondront pas des avaries de route provenant de défaut d’emballage ou de. mauvais conditionnement des colis.
- Tous les transports auront lieu en port payé aui départ, y compris, si la marchandise est adressée-à l’Exposition, le prix du camionnage ; au retour» les transports auront lieu en port dû. Toutefois en ce qui concerne les expéditions en provenance de l’Algérie et de la Tunisie, les Compagnies, exploitant les réseaux de ces deux pays, pourront à leur gré, livrer ces expéditions en port dû ou en, port payé, aux entreprises maritimes chargées, d’en continuer le transport, et sans que, dans le-cas de livraison en port dû, il en résulte pour elles, aucune responsabilité pour les au-delà....
- Après la clôture de l’Exposition, la réexpédition, de tous les objets exposés aura lieu aux conditions du présent tarif, pourvu, toutefois, que cette réexpédition soit effectuée dans un délai de six mois,, à partir du jour de la fermeture de VExposition.
- Il est bien entendu, d’ailleurs, que les exposants, auront ;le droit de faire, par eux-mêmes ou par leurs agents, le transport, à Paris, des objets exposés.
- TRANSPORTS MARITIMES
- Art. i5. — En ce qui concerne les transports maritimes, la Compagnie générale transatlantique accorde une réduction de 5o p. 100 sur le taux commercial de ses transports, aux envois français et étrangers destinés à l’Exposition universelle de
- (1) Ces pièces justificatives consistent pour les exposants français et étrangers, visés parles articles i et 2 du présent règlement, dans le certificat indiqué à l’article io. En ce qui concerne les colis de provenance étrangère, visés par l'article 6, des dispositions spéciales seront prises d'atcord avec la Direction générale de l’Exploitation, les Compagnies de transports et les commissaires délégués étrangers.
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- Quatrième-Année. — N° 186*
- jggc). Eln outre, les produits expédiés par les associations coopératives françaises bénéficieront d’un rabais supplémentaire de io p. ioo.
- La Compagnie des Messageries maritimes accorde les mêmes réductions, sur le taux commercial de ses transports, aux envois destinés à l’Exposition universelle de 1889, qui proviendront des colonies françaises. En ce qui concerne les envois provenant des ports étrangers desservis par les paquebots de cette compagnie, ils ne jouiront, à l’aller et au retour, que d’une réduction de 80 p. 100.
- Les exposants auront à présenter, au départ pour jouir de ces réductions de tarifs : les français, leurs certificats d’admission; les étrangers, ,1a pièce qui en tiendra lieu.
- RÉEXPÉDITION
- Art. 16. — Aussitôt après la clôture de l’Exposition, les exposants devront procéder à l’enlèvement de leurs produits et installations. Cette opération devra être terminée avant le i5 décembre 1889.
- Passe ce terme, les produits et les colis qui n’auraient pas été retirés par les exposants ou leurs agents, seront enlevés d’office et consignés dans un magasin public, aux frais et risques des exposants.
- Les objets qui, au 3o juin 1890, n’auraient pas été retirés des ces magasins, seront vendus publiquement, et le produit net de la vente sera versé dans les caisses de l’Assistance publique.
- Vu et présenté :
- Le Directeur général de VExploitation, Signé : G. Berger.
- Vu et approuvé :
- Paris, le 21 avril 1888.
- Le ministre du commerce et de l’industrie, Commissaire général,
- Signé : Pierre Legrand.
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- L’EXPOSITION RÉTROSPECTIVE
- DE 1889
- Sous ce titre, on lit dans le Journal des Arts du i3 juillet:
- Où en est-on?
- Oui, où en est-on de l’Exposition rétrospective de 1889? Nous parlons, bien entendu, de l’Exposition des Beaux-Arts.
- On a pu le voir d’après un de nos précédents articles, un moment il en a été fortement question ; puis le silence s’est fait sur cette affaire, et personne n’en a plus rien dit. Si on se tait, au moins agit-on ?
- Voilà ce qu’il faudrait savoir.
- Nous demandons la permission d’attirer sur ce point l’attention de qui de droit et de poser deux ou trois questions.
- Selon nous, à propos de cette exposition rétrospective, on est en train de se bercer d’illusions.
- Il y a trois semaines, à la réunion plénière des jurys d’admission, dont nous nous sommes occupé, l’honorable M. Guillaume, statuaire, a démontré en termes qui ont été unanimement approuvés qu’il fallait que l’Exposition rétros, pective de 1889 fût non pas décennale, mais séculaire.
- On a applaudi à cette démonstration, et c’était justice ; puis on s’est séparé chacun concluant à part soi, tant la chose semble naturelle, que 1 Exposition rétrospective était une affaire faite et qu’il n’y avait plus à s’en inquiéter.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889 Dimanche 22.“ Juillet 1888. — 1099.
- C'est une erreur : de pareilles entreprises ne s’accomplissent que si chacun s’en préoccupe ; que si on ne s’endort pas avec confiance en comptant sur l’initiative de ceux qui en paraissent chargés. Autrement, et pour peu que les choses continuent à marcher comme elles nous semblent aller en ce moment, nous n’hésitons pas à le prédire: Y Exposition rétrospective naura pas lieu.
- Examinons. Que faut-il pour organiser une semblable expostion ? Il faut :
- i° Des fonds;
- 20 Un local ;
- 3° Des objets d’art à exposer.
- Eh bien, nous demandons quel est jusqu’à présent le chiffre des fonds votés ou alloués en vue de l’Exposition rétrospective ?
- Nous demandons en second lieu où en est la question si décisive du local ?
- Presque à la veille de sa mort, M. Castagnary, qui attachait une si grande importance à l’Exposition rétrospective, avait annoncé à la Commission des beaux-arts de l’Exposition de 1889 que l’Exposition rétrospective ne pouvait se tenir dans le même bâtiment que l’Exposition des artistes vivants ; et que, dès lors, on obtiendrait — que du moins on espérait obtenir — la construction d’un bâtiment annexe parallèle au Palais des Beaux-Arts avec lequel ce bâtiment serait relié au moyen d’une passerelle, et que dans cette construction nouvelle et indépendante, on installerait l’Exposition rétrospective.
- Où en est ce bâtiment parallèle ? Est-il, non pas terminé, mais au moins commencé? Pas que nous sachions jusqu’ici; et on nous permettra de douter qu’aucun travail ait été encore mis en train pour sa construction.
- En ce qui concerne les objets d’art à exposer, M. Castagnary se proposait de nommer au- plus tôt les comités chargés de recueillir les adhésions et de réunir les oeuvres.
- Quels comités ont été nommés? quelles personnes ont reçu mission de cette besogne à la fois importante, longue et délicate ? En un mot, quel chemin a-t-on fait, quelles résolutions a-t-on prises ?
- Si nous insistons, si nous questionnons ainsi, c’est que, à nos yeux, il ne suffit pas, pour que l’Exposition rétrospective se fasse, que tout le monde la désire; c’est qu’il nous semble urgent que ceux qui en doivent prendre la direction ne tardent pas plus longtemps à s’y mettre activement. Il y a plus loin qu’on ne s’imagine du projet d’une telle tentative à sa réalisation ; il peut toujours survenir à la traverse des difficultés imprévues qu’il faut avoir le temps de résoudre.
- Pour nous — nous désirons nous tromper —• mais nous croyons que cette grosse affaire est aussi peu avancée que possible, et qu’à la façon dont on la mène, elle est plus près d’avorter que d’aboutir.
- C’est pourquoi nous jetons aujourd’hui un cri d’alarme, fût-il prématuré! et pourquoi nous disons à M. Guillaume, ainsi qu’à tous ceux qui, comme lui, sont soucieux de la gloire de notre pays et disposent de l’influence nécessaire pour être écoutés : les journées passent, le temps presse, les différentes constructions du Champ-de-Mars s’achèvent, et celle qui doit abriter l’Exposition rétrospective n’est pas même encore commencée! bientôt il ne sera plus temps de l’élever; si vous ne vous en mêlez pas, si vous n’insistez point, nous le répétons, TExposition
- RÉTROSPECTIVE n’AURA PAS LIEU !
- Aug. Dalligny.
- EXPOSITIONS DIVERSES
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- Exposition de l’Art français sous Louis XIV et Louis XV
- L’œuvre de l’Hospitalité de nuit a ouvert, à l’hôtel de Chimay, une exposition des plus intéressantes : c’est l’histoire de VArt français sous Louis XIV et sous Louis XV, qui s’étend de 1643 à 1774, embrassant toute la période comprise entre l'avènement de Louis XIV et l’avènement de Louis XVI.
- Pour organiser une semblable exposition, la difficulté eût été grande si tout d’abord le comité n’avait rencontré auprès de l’administration la plus grande bonne volonté. C’est ainsi que la direction des Beaux-Arts a mis à la disposition de l’exposition le local de l’ancien hôtel de Chimay et lui a prêté de nombreux objets appartenant au mobilier national. De même, le ministre de la Marine. En outre, de nombreux amateurs ont envoyé là les raretés de leurs collections particulières.
- De l’aveu des amateurs les plus délicats, on n’a point vu tant de merveilles assemblées depuis l'exposition des Alsaciens-Lorrains. C’est que les hôtels du faubourg, qui ne s’ouvrent point volontiers devant les organisateurs d’expositions, ont cette fois consenti à se dépouiller.
- Ajoutons que le comité, désireux de donner aux ouvriers français la possibilité d’étudier les œuvres de leurs devanciers, a remis des cartes d’entrée gratuite à la disposition des chambres syndicales des industries d’art.
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- Exposition de Sauvetage et d’Hygiéne Paris 1888
- Les travaux d’installation de l’Exposition de Sauvetage et d’Hygiéne se poursuivent, au Palais de l’Industrie, avec la plus grande activité. L’inauguration solennelle aura lieu le mercredi 2 5 juillet La cérémonie sera, sans doute, terminée à quatre heures. Quant au banquet d’inauguration^ il aura lieu à sept heures. Les exposants sont invités à procéder sans retard à leur installation. Des cartes sont à leur disposition, au Palais de l’Industrie, porte n° 4, au Secrétariat de l’Exposition.
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- DÉPARTEMENTS: PAS-DE-CALAIS Exposition scolaire départementale de 1889.
- M. le Préfet du Pas-de-Calais vient de prendre un arrêté nommant les dix-huit jurys chargés de l’examen des travaux qui composeront l’Exposition scolaire départementale de 1889.
- Voici quelles sont les attributions de ces différentes commissions :
- Ier jury. — Ecoles publiques. — Partie obligatoire (saufles travaux à l’aiguille).
- 2e jury. — Ecoles publiques de filles et écoles mixtes. — Partie obligatoire (travaux à l’aiguille).
- 3e jury.— Ecoles publiques. — Partie facultative.
- 4e jury.— Ecoles privées.
- 5e jury. — Monographies communales.
- 6e jury. — Tableaux et cartes pour l’enseignement des différentes matières, musées scolaires, collections diverses.
- 7e jury. — Plans d’étude, emplois du temps, projets d’organisation pédagogique, etc.
- 8® jury. —Enseignement agricole: cours, collections d’insectes et graines, herbiers.
- jury. — Cours d’adultes, bibliothèques scolaires, caisses d’épargne scolaires, sociétés protectrices des animaux.
- 10e jury. — Enseignement du dessin ; organisation des cours, reliefs, plans de maisons d’école.
- 11e jury. — Enseignement du chant : méthodes, programmes, recueils de chant scolaires, orphéons, gymnastique et exercices militaires.
- 12e jury., — Plans d’écoles et de groupes scolaires.
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- noo. — Quatrième Année. — N° 186.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION^DE 1889.
- Dimanche 22 Juillet 1888.
- i3e jury. — Mobilier: tables, bancs pour écoles et préaux, mobilier spécial des classes de dessin, appareils de chauffage et de ventilation.
- 14® jury. — Matériel d'encouragement: mé-thodes de lecture et d'écriture, tableaux noirs, etc. 15e jury. — Modèles de dessins ; plâtres.
- 16e jury. — Appareils de gymnastique et fusils scolaires.
- 17e jury. —• Librairie, livres classiques, cahiers et tous objets se rapportant à l’enseignement primaire.
- iS® jury. — Inspection académique: sociétés de secours mutuels.
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- Exposition agricole
- Le Comice agricole de Bergues organisera, courant d’octobre prochain, une exposition de tous les produits du sol, pour l’arrondissement de Dunkerque. Ces produits seront ensuite centralisés à Lille où aura lieu, à la fin du même mois, l’exposition générale par arrondissement.
- Ces mêmes produits seront enfin envoyés à Pâtis pour l’exposition universelle de 1889, le tout sans frais pour les exposants.
- Nous engageons vivement tous les cultivateurs à s’y préparer dès à présent.
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- AUTRICHE
- Du 29 septembre au 7 octobre prochain aura lieu à Vienne une grande Exposition des fruits de l’Empire en l’honneur du jubilé de l’Empereur.
- L’exposition aura lieu au cœur de la ville de Vienne, en communication directe avec la'gare centrale.
- Les sections I, fruits et II, produits de l’industrie fruitière, ainsi que la section IV, pépinière, ne sont réservées qu’aux exposants autrichiens.
- La section III, concours des appareils à sécher les fruits et la section V, machines et instruments pour la culture des arbres fruitiers et l’art défaire valoir les fruits, sont internationales.
- Les règlements des sections concernant seulement les Autrichiens sont contenus dans le programme principal. Voici les dispositions des sections internationales : . ;
- SECTION III
- Concours des appareils à sécher les fruits
- DISPOSITIONS GÉNÉRALES
- On n’admet à l’exposition que les appareils capables de fonctionner pendant l’exposition.
- Tout exposant monte ses appareils à ses frais et à ses risques et périls et se charge lui-même de leur service.
- Tout exposant déclarera dans son annonce :
- 1. Le but particulier et principal de ses appareils ;
- 2. Leur force productrice exprimée par quantité de pommes (matière brute) en quintaux métriques, et en quelle durée de temps, savoir : en 12 ou 24 heures ;
- 3. Le prix de fabrique de ses appareils ;
- 4. S’il a besoin d’un appareil auxiliaire et lequel.
- L’annonce relative à l’espace nécessaire, dont on aura soin d’indiquer la longueur, la largeur et la hauteur en mètres précis, se fera franco, au plus tard le i5 juillet, au Comité central de l’Exposition des fruits, à l’adresse du président de la Société i. r. des pomologues, Monsieur le comte Henri Attems, Leechwald, Graz,(Styrie,Autriche.)
- Tout appareil exige une annonce à part et doit être accompagné d’un dessin détaillé, ou du moins du dessin de la vue extérieure avec la description.
- Après un examen sérieux des annonces, l’expo-ant reçoit aussitôt une carte d'admission.
- Vu le peu d’étendue de la place de l’exposition, premiers annoncés jouissent du privilège des laces. On est donc prié de n^pporteV aucun retard.
- Toutes les nations se rencontreront au concours
- international, le premier de cette extension qu’on ait vu en Europe.
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- BELGIQUE
- Grand concours des sciences et de l’industrie et Exposition internationale de Bruxelles en 1888.
- A l’occasion de l’Exposition de Bruxelles, de grands concours internationaux ont été organisés.
- Les concours pour instruments aratoires seront ouverts du ierau 20 août, pour les moissonneuses et les batteuses ; du i5 au 3o septembre, pour les charrues et semoirs ; du ier au i5 septembre pour la maréchalerie, et du i5 au 3o septembre, pour les appareils de laiterie.
- Enfin un concours national de culture pratique et de champ d’expérience sera ouvert pendant les mois de juillet, août, septembre et octobre, dans le but de faire connaître ceux qui produisent dans les conditions lee meilleures et les plus économiques les plantes dominantes de leur région.
- Il sera nommé un jury spécial pour chaque région ou subdivision de région, et,afin de donner aux concurrents toute sécurité sur la compétence et l’impartialité de ce jury, les membres en seront choisis parmi les cultivateurs et les propriétaires de chaque région d’accord avec le commissariat général du gouvernement.
- Toute liberté sera laissée au jury dans le choix des moyens dont il croira devoir se servir pour obtenir approximativement le prix de revient de la récolte, point essentiel de tout progrès, agricole.
- Le jury aura en outre le droit de signaler tous les progrès réalisés, tant dans la construction ou aménagement des bâtiments' que dans l’amélioration des terres, soit que ces progrès constituent l’œuvre du cultivateur, soit qu’il faille les imputer au propriétaire ; en un mot tous les faits de quelque utilité, ou réalisant un progrès, seront signalés.
- Pour pouvoir participer au concours, il suffit d’en faire la demande et de s’adresser au commissariat général du gouvernement, direction de la section belge, place du Louvain, n,à Bruxelles, ou au président, 52, boulevard.Bischoffsheim.,
- Les plantes admises à concourir sont celles qui j d’après le recensement agricole de 1880, publié • par les soins du gouvernement, dominent dans les différentes régions agricoles de la Belgique.
- Le public ne doit pas, cependant, perdre de vue que le Grand Concours de 1888, à Bruxelles, indépendamment de la plus large part faite aux nationaux belges, offre un caractère entièrement international.
- Il nous a semblé intéressant de mettre en parallèle les énumérations des nations étrangères qui participèrent à l’exposition internationale d’Anvers et de celles qui adhèrent à l’Exposition-Con-cours actuel de Bruxelles.
- Etaient représentés à Anvers : l’Egypte, l’Espagne et ses colonies, le Danemark, la Suède et la Norvège, Monaco, le Grand-Duché de Luxembourg, les Pays-Bas, la Suisse, la Russie, le Portugal et ses colonies, le Paraguay, la Grèce, le Canada, la République d’Haïti, l’empire ottoman, la Serbie, le Brésil, l’empire d’Allemagne, la France et ses colonies, l’Italie, l’Autriche-Hongrie, l’Angleterre et ses colonies, sans compter, naturellement, la Belgique. Toutes ces nations participent,
- — et les plus grandes très brillamment, aux Concours de 1888, à l’exception de Monaco, de la Grèce, de l’empire Ottoman, de la Serbie et du Brésil. D’autre part, il faut ajouter à l’Italie plusieurs compartiments Siciliens; au Danemark, les Antilles Danoises; à la France et ses colonies, la Martinique.
- En plus, ont des expositions particulières : la république du Chili, le royaume de Siam, la république de Liberia : et, enfin, en collectivité, les républiques de Bolivie, de Costa-Rica, de l’Equateur, de Colombie, de Honduras, du Pérou, Dominicaine, de San-Salvador, de l’Uruguay, du Véné-zuela et du Nicaragua.
- En résumé, Anvers réunissait les participations
- de vingt-quatre pays étrangers. Bruxelles en compte trente-deux, offrant le tableau des produits les plus opposés de l’industrie humaine universelle.
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- Exposition internationale de Barcelone
- Le Secrétaire de la Commission des fêtes de l’Exposition internationale de Barcelone donne avis qu’un grand concours de musiques militaires et civiles aura lieu le i5 octobre prochain dans le salon des fêtes du Palais de l’Exposition.
- A ce concours pourront prendre part toutes les sociétés musicales espagnoles ou étrangères qui en feront la demande avant le i5 août.
- Des prix de 10.000, 7.500, 5.000, 3.000 et 2.000 pesetas avec médailles de bronze et diplômes seront accordés aux vainqueurs de ce concours, dans les mêmes conditions que des médailles et des diplômes seront donnés en récompense aux exposants désignés par le jury spécial de l’Exposition industrielle.
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- ACADÉMIE ROYALE* DES BEAUX-ARTS A MILAN
- Exposition annuelle des Beaux-Arts au Palais de Brera
- L’Exposition publique dés Beaux-Arts du Palais de Brera, ouvrira cette année le 27 août prochain et fermera le 3o septembre suivant.
- Exposition de sauvetage
- L’inauguration de l’Exposition de sauvetage aura lieu, le 25 juillet, sous la présidence de M. Carnot. Voici, en effet, la lettre que le colonel Lichtenstein a envoyée au président de cette exposition, M. Paul Nicole:
- Monsieur le président,
- J’ai l’honneur de vous faire connaître que M. le président de la République doit rentrer de son voyage le 23 au soir.
- Son intention est de témoigner de l’intérêt qu’il porte à l'Exposition de sauvetage en assistant lui-même, si les circonstances le lui permettent, à l’inauguration du 2 5 juillet.
- Veuillez agréer, etc.
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- L’organisation de l’Exposition de sauvetage se poursuit très activement au Palais de l’Industrie. On ne saurait trop engager MM. les exposants à se hâter. Il y a urgence pour eux à procéder sans retard à leur installation particulière, car la Direction sera absolument prête, et l’inauguration aura lieu le mercredi 25 courant, à 4 heures. Le soir, banquet des exposants et invités.
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- L’ALLEMAGNE & L’EXPOSITION
- La Revue Commerciale et Industrielle, dans son dernier numéro, traite la question de savoir si l’Allemagne doit, oui ou non, participer à l’Exposition de 1889.
- La Post du 17 juillet s’étonne qu’un organe allemand ait pu soulever une question de cette nature.
- Elle déclare que tout sujet allemand qui’ n’est pas dans la nécessité absolue de prendre part à l’Exposition française a le devoir rigoureux de s’en abstenir.
- Rien de plus naturel,ajoutons-nous; car, l’état d’hostilité économique, aussi bien que militaire, dans lequel se place l’Allemagne depuis tantôt dix-huit ans vis-à-vis de notre pays, lui fait même une obligation de ne pas fouler, en amie, le sol français.
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- Quatrième Année,
- N° 186
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE iSSq.
- Dimanche 22 Juillet iSSS
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- NOTRE GRAVURE
- Dans notre numéro du 8 juillet nous avons publié une vue de l’exposition rétrospective de la Bastille et de la rue Saint-Antoine prise lors de la fête d’inauguration de cette intéressante reconstitution qui eut lieu en mai dernier. Nous donnons aujourd’hui une seconde vue plus simple de la même exposition, qui permettra de se rendre mieux compte des détails de ce que nous avons appelé une magistrale leçon de choses.
- Car s’en est une, en effet, et des plus frappantes,des plus vives que ces vieilles maisons aux fenêtres antiques, aux portes, aux auvents
- d’un style aujourd’hui disparu, et ces boutiques remplies d’objets démodés qu’offrent aux amateurs, aux curieux de jeunes personnes vêtues, et coitfées comme au bon vieux temps ; ces cabarets, ces hôtelleries où l.e voyageur à pié ou à cheval est reçu et hébergé à la bonne franquette. Il n’est pas jusqu’à la charmante bouquetière, Mariette, devant laquelle on ne s’arrête quelques instants, l’œil et... le cœur satisfaits, malgré l’étroitesse de son étalage qui pourrait la faire passer inaperçue par certains indifférents ; et la pâtisserie de la Pomponette, la confiserie de la levrette, etc., etc.
- Puis plus loin, au tournant de la rue, en face de la vieille église Sainte-Marie, la Vacherie Trianon où l’on boit du vrai lait tiré à même. Plus loin encore, vis-à-vis la forteresse, Burnet,
- le liquoriste-distillateur qui à l’enseigne : Aux-Gardes Françoises, vend Y Elixir Latude ; et Nanon l’Apothicaire, et Robin, barbier perruquier, A la main légère ; puis Mercadier, l’imprimeur du Journal officiel de la. Bastille, et Godard, tailleur du Roy, Au pié du Quartier, et, à travers les curieux, visiteurs, allant et venant en costume du temps, des serviteurs, gardes françaises, gens de négoce ou autres vaquant à leurs affaires ou se rendant à leurs plaisirs.
- Enfin, dominant le tout de la hauteur de ses imposantes murailles, de ses tourelles et?de ses créneauxpmenaçants, la redoutable forteresse, la Bastille, dont l’aspect noirâtre évoque de si lugubres souvenirs. Eh ! tenez, quatre heures viennent de sonner au beffroi de l’église voi-
- EXPOSITION RETROSPECTIVE DE LA BASTILLE ET DE LA RUE SAINT-ANTOINE
- sine, de nombreuses personnes s’assemblent et causent, sur la place que forme la rue Saint-Antoine au-devant de la forteresse. Elles se questionnent mutuellement leurs yeux se fixent vers les fenêtres de la prison toutes garnies de solides barreaux de fer. Il semble, cependant, que l’une d’entre elles, située vers le haut de la muraille, ait été comme attaquée par une main intérieure ; l’un des barreaux semble brisé ; sans doute quelque prisonnier a tenté par là de s’évader. Bientôt, en effet, on aperçoit un mouvement de bras cherchant à ébranler une partie du ‘grillage : une tête , le buste d’un homme apparaît, c’èst Latude, le prisonnier historique de l’antique prison d’Etat.
- A force de courage, il est parvénu enfin à arracher les quelques barreaux sciés préalablement. Il donne des coups-d’œil investigateurs à droite et à gauche pour s’assurer qu’il n’est pas
- aperçu, il jette alors la corde préparée pour la descente. Le voilà suspendu dans l’espace, mais un coup de feu retentit, puis un deuxième et le pauvre Latude, blessé, tombe dans le vide ; un cri d’effroi s’échappe de la gorge de quelques âmes sensibles, égarées au milieu de la foule nombreuse des visiteurs attentifs. Bientôt, pourtant, le pauvre prisonnier reparaît, il marche sur la- toiture des baraques établies au pied de la muraille, espérant gagner ainsi la rue voisine, mais un garde le poursuit et, finalement, l’atteint. Le malheureux évadé, prisonnier à nouveau, disparaît cette fois aux yeux du public émotionné.
- Cette scène seule, retracée à grands traits, et dont la description demanderait une plume plus autorisée, est-elle assez vivante? a-t-elle assez le don de retenir l’attention ? Il est difficile d’en douter lorsqu’on y a assisté une seule
- fois, qu’on a vu les visages anxieux de la foule des visiteurs, des nombreux curieux qui chaque jour se pressent à l’Exposition rétrospective de la Bastille et de rue Saint-Antoine.
- Aussi, nous promettons-nous de revenir encore,pour en étudier d’autres détails, sur cette vivante exhibition, digne prélude de l’Expos-tion de 1889 dont elle sera, certainement, une des annexes les plus intéressantes.
- H. P.
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- LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE 1889.
- ‘ïi02. — Quatrième Année. — N° 186.
- LES ÉTRANGERS A L’EXPOSITION
- DE 1889
- Belgique
- La participation de la Belgique à l’Exposition de 1889 s’organise très activement.
- Le Moniteur du 21 juin a publié un arrêté royal accordant la gratuité du transport à l’aller et au retour pour les œuvres destinées à l’Expcr sition.
- Le comité de réception sera, dit-on, très sévère pour l’admission des marchandises, voulant à tout prix enlever à la section belge la caractère de bazar.
- M. Carlier, député de Mons, délégué de la Belgique à l’Exposition, préside tous les jours des réunions de groupes d’exposants qui se tiennent au palais des Académies.
- Le gouvernement seconde ces efforts de-fini» tiative privée. Il a déjà dû demander à Paris le double de l’emplacement qui avait été réservé dans l’origine à la Belgique, i;
- P *
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- Brésil
- Une dépêche adressée de Rio au syndicat franco-brésilien, par le vicomte de Cavalcanti, annonce que le Sénat de l’empire a voté le crédit de 750,000 francs, déjà adopté par la Chambre des députés, pour assurer la participation du Brésil à l’Exposition de 1889.
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- Italie
- M. Pierre Legrand, ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général, a reçu la la visite des membres de la délégation formée à Paris pour la participation de l’Italie à l’Exposition de 1889.
- Cette délégation, ayant à sa tête M. le comte de Camondo, président, MM. le général Turr, Vivante, Cavaglion, Pasini, Magagna et'Galante, vice-présidents, a été présentée par M. Villa, député, président du comité national de Rome, et par M. de Gentillî, qui reste secrétaire général du comité de Paris compte de celui de Rome, accompagnés de M. G. Berger, directeur général de l’exploitation.
- *
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- Maroc
- M. le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général, a reçu la visite de Sidi-Abd-el-Kerim Bircha et de Sil-Arbi-Araboubi, envoyés de Sa Majesté l’empereur du Maroc, accompagnés de M. Gabeau, commissaire délégué du Maroc, qui lui ont été présentés par M. G. Berger, directeur général de l’exploitation.
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- Russie
- Le bureau des représentants des exposants russes dont le siège est à Saint-Pétersbourg, 6, Grande-Rue-des-Ecuries, prie les personnes désireuses d’obtenir des renseignements sur l’organisation de la section, de s’adresser à son délégué, M. Adolphe §chloss, 53,-boulevard de Strasbourg.
- *
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- Transvaal
- Le Natal Advertiser annonce que le Volks-raad du Transvaal a voté une somme de 75,000 francs pour la représentation de cet Etat à l’Exposition universelle de 1889.
- EXPORTATION
- Lettre du ministre du commerce et de l’industrie aux Présidents des Chambres de commerce
- Monsieur le pre'sident,
- A l’occasion d’un détournement de fonds commis par un voyageur de commerce au préjudice d’une maison française, le consul de France à Bâle signale les conséquences que peut entraîner pour les commerçants l’article 429 du « Gode des obligations » Suisse, ainsi conçu :
- « Tout voyageur de commerce qui fait pour un établissement déterminé des affaires en dehors du lieu où il a son siège est réputé avoir les pouvoirs nécessaires pour toucher le prix des ventes conclues par lui au nom du chef de l’établissement, pour en donner quittance ou pour accorder des délais au débiteur. S’il a été apporté une restriction à ces pouvoirs, elle n’est pas opposable aux tiers qui n’en ont pas eu connaissance. ï>
- Il résulte de ces dispositions que des mandataires indélicats peuvent, à moins d’avis préalable donné à l’acheteur, encaisser, en Suisse, au nom de leurs patrons et même à l’insu, le prix de la marchandise livrée et en donner bonne et valable quittance, sans que ceux-ci puissent éiever devant les tribunaux helvétiques des réclamations contre leurs débiteurs, s’il arrive que l’intermédiaire détourne les fonds qu’il s’est ainsi procurés.
- Je crois devoir, Monsieur le président,vous transmettre ces renseignements. Ils me paraissent de nature à être signalés utilement à nos exportateurs.
- Recevez, M. le président, l’assurance de ma considération très distinguée.
- Le ministre du commerce et de l’industrie, Pierre Legrand.
- AVIS COMMERCIAUX
- CHAMBRES DE COMMERCE FRANÇAISES A L’ÉTRANGER
- PORT-LOUIS
- PU^niCATION d’un bulletin t&imestriel
- Le Comité consultatif commercial français de Port-Louis (Maurice) a décidé de publier un bulletin trimestriel qui sera adressé a toutes les Chambres de commerce françaises.
- Le premier numéro de ce bulletin vient de parvenir au Ministère du commerce et de l’industrie.
- On peut en prendre connaissance, 80, rue de Varenne (Direction du commerce extérieur. — Bureau des renseignements commerciaux),
- CHAMBRES DE COMMERCE ETRANGERES AUTRICHE-HONGRIE
- CRÉATION D’UNE CHAMBRE DE COMMERCE AUSTRO-HONGROISE A LONDRES
- Une réunion de membres influents de la colonie austro-hongroise a eu lieu, le 16 juin dernier, au Consulat général I. et R. à Londres, en vue d’étudier l’établissement d’une Chambre de commerce nationale dans cette ville.
- Il a été résolu, à l’unanimité, d’établir une Chambre de commerce, de constituer un comité de six membres pour l’élaboration des statuts, enfin, de prendre le projet préparé par le Consulat pour base du règlement de la Chambre.
- VARIÉTÉ
- Le Jardin Zoologique d’acclimatation de Paris, continuaut la série de ses exhibitions ethnographiques, présente actuellement à ses visiteurs, une caravane du plus haut intérêt, composée de quatorze Hottentots (7 hommes, 5 femmes et 2 enfants).
- Par ces exhibitions ethnographiques, dont le Jardin Zoologique d’acclimatation a comme le monopole, le public apprend à connaître les types les plus divers et les plus rares de l’espèce humaine.
- Dimanche 22 Juillet 1888.
- Après les Nubiens, nous avons successivement vu défiler, au Jardin d’acclimatation, lesEsquimaux
- du Pôle, les Fuégiens de la Terre de Feu, les Gauchos des Pampas, les Araucans de l’Amérique Occidentale, les Galibis des grands bois de la Guyane, les Kalmoucks des steppes Caspiennes les Peaux Rouges des Prairies du Missouri, les Lapons des régions glacées de l’Europe septentrionale, les Cynghalais de l’ile féerique de Ceylan, les Achantis de l’Afrique équatoriale.
- Les nouveaux venus sont originaires de l’Afrique australe.
- Le nom de Hottentots est donné à tous les indigènes de la partie méridionale de l’Afrique, située à l'Est et dans le Nord de la Cafrerie. Il vient, dit-on, d’un mot que les naturels prononcent souvent dans leur langue, mais ils se connaissent entre eux sous le nom de Quaiquœ.
- Le territoire occupé par la colonie anglaise du Cap, a été, pied à pied, enlevé aux Hottentots. Le nombre de ces naturels diminue de jour en jour, et les quelques familles qui ont su conserver encore leur indépendance, vivent réfugiées aux environs de Graaf-Reynet. Elles sont pauvres et misérables. Le sort des esclaves est encore préférable au leur, car leur vie n’est qu’une longue série de privations.
- Les Hottentots ont la coutume de ne jamais se marier en dehors de leurs Kraals, ou villages, de sorte que chaque famille forme comme une horde séparée. Avant longtemps, la misère aidant, les Hottentots libres auront complètement disparu.
- Le type des Hottentots est un des plus dégradés de l’espèce humaine. Les traits du visage sont très caractéristiques. La face est large en haut, presque pointue en bas, les pommettes très saillantes, les mâchoires étroites. Le nez est aplati, la bouche démesurément grande, la chevelure laineuse et courte. La couleur de la peau est d’un jaune caractéristique.
- Les hommes n’ont que peu de barbe ; leurs membres sont grêles, l’ensemble de leur structure n’annonce pas la force.
- Les femmes sont ordinairement petites et délicates, leurs seins,sont longs et pendants. L’ampleur particulière de leurs fesses est absolument remarquable. Le moulage existant dans les collections anthropologiques du Muséum d’histoire naturelle de Paris, et représentant la femme désignée communément sous le nom de Vénus hottentote, montre quelles singulières proportions peuvent prendre les parties charnues dans les femmes de cette race.
- Les hommes, vêtus d’un baudrier de peau, ont de plus une sorte de pagne attaché sur les reins ; ils ajoutent à ce costume rudimentaire des bracelets de cuivre ou degraines.
- Les femmes sont nues jusqu’à la ceinture , leur coquetterie est grande; leur cou et leur poitrine sont généralement couverts de colliers de verroterie. Elles portent un petit tablier, et sur les reins une peau qui descend jusqu’aux mollets.
- Les Hottentots se servent de l’arc. Leurs flèches sont généralement empoisonnées.
- Ces populations n’adorent point de Dieux ; elles ont une sorte de culte pour leurs saints, c’est-à-dire pour ceux d’entre eux qui se distinguent par leurs vertus.
- Comme tous les sauvages, ces indigènes n’ont pas la notion du temps et ne connaissent généra, lement pas leur âge.
- Les Hottentots camperont au Jardin zoologique d’acclimatation jusqu’au 3o septembre 1888. Ils ne peuvent manquer d’exciter au plus haut point la curiosité des Parisiens.
- Nous rappelons à ce propos que le jeudi et le dimanche, on entend au Jardin d’Acclimatation, comme les années précédentes d’ailleurs, l’excellent orchestre que dirige si habilement M. L. Ma-yeur, de l’Opéra. Ce n’en est pas un des moindres attraits.
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- Quatrième Année. — N* 1S6. LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- Dimanche 22 Juillet 1888.
- ANNONCES
- Lits, a repris sa marche, deux fois par semaine, entre Paris et les principales stations pyrénéennes.
- Les départs de Paris ont lieu les lundis et jeudis à 6 h. 40 du soir (gare d’Orléans), et_ les retours, les mardis et vendredis, à 10 h. 15 du matin de Pierrefitte et desservant directemen Lourdes, Pau, Dax, etc., et avec correspondances de Cauterets, Lux, Saint-Sauveur, Barèges..
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- QUATRIEME ANNÉE. Dimanche 29 Juillet 1888. NUMÉRO 187.
- SOMMAIRE :
- j. Les Travaux du Champ-de-Mars ; 2. Adjudication ; 3. Les installations dans les parcs du Champ-de-Mars; 4.. Echos; 5, >'os Gravures: Le Métropolitain tubu'aire de M. Berlier; C. Les transports à Paris pendant l’Exposition de 1889; 7. Exposition de Sauvetage et d’Hygiène au Palais de l’Industrie.
- Ainsi que nous l’avons annoncé dans le numéro du 17 juin, le MONITEUR DEL’EXPOSITION DE 1889 est réorganisé sur de nouvelles bases. Il publiera, dorénavant une description détaillée de l’état des travaux de la prochaine Exposition, avec dessins, plans ou gravures suivant les cas, au fur et à mesure de leur avancement. Il donnera tous les renseignements de nature à intéresser, entre autres, le monde des exposants à la disposition desquels la nouvelle Administration se met d’ores et déjà.
- Le MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889 sera, en un mot, ce que l’obligent à être son titre et, surtout, la grandeur et l’importance de l’oeuvre de civilisation que la France célébrera l’année prochaine.
- Toutes les communications relatives à la Rédaction et à l’Administration du journal doivent être adressées 11, Cité de l’Alma, à M. H. PENDRIÉ propriétaire-gérant du MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- LES
- TRAVAUX DU CHAMP-DE-MARS
- Dans la revue que nous avons faite il y a un mois (n° du 24 juin) de l’état des travaux du Champ-de-Mars, nous avons constaté avec satisfaction que de la tour Eiffel à la galerie des machines régnait la plus grande activité. Aussi est-ce avec plaisir que nous énumérerons aujourd’hui les progrès accomplis pendant cette période.
- La tour Eiffel, que nous avions laissée à 100 m. a atteint, bientôt après, la hauteur de io5 m., c est-à-dire la base de la seconde plate-forme ; mais depuis ce moment, il y a tantôt 20 jours, c est à peine si elle s’est élevée de quelques mè-Res et si les montants, déjà posés, amorces de fa continuation des quatre immenses colonnes, dépassent 110 mètres de hauteur. C’est que cette seconde plate-forme, bien que moins importante que la première, a nécessité un travail considérais d’établissement. Et il est facile de se rendre compte du fait si l’on songe que cette plateforme aura à soutenir une hauteur de colonne 175 mètres, soit une charge évaluée à 2 mil-f°ns de kilogrammes.
- On conçoit donc-quelle somme de travail de P°se, d’assemblage, a pu exiger semblable opération et qu’il n’est pas trop de quinze ou vingt
- jours pour la mener à bien. Mais dès aujourd’hui, que la seconde plate-forme semble à peu près achevée, l’audacieux monument va s’élancer de nouveau vers les régions éthérées et prouver mieux encore qu’il a pu déjà le faire, aux quelques incrédules ou aux méchants esprits qui s’obstinent à nier l’achèvement de cette grande oeuvre, ce que peuvent l’esprit de persévérance et la science d’un ingénieur.
- En avant de la tour Eiffel, à droite et à gauche du parc central,s’élèvent respectivement, disions-nous, il y a un mois, les deux palais des Arts libéraux et des Beaux-Arts et nous ajoutions :
- « Ce sont cependant les constructions les moins avancées ; mais la plupart des matériaux sont à pied-d’œuvre et leurs montage et assemblage sont l’affaire de quelques semaines. »
- Ce que nous disions s’est réalisé. La construction des différentes parties de ces deux Palais a marché, on peut le dire, à pas de géant.
- Les dômes, dont est chargée la Société des Ponts et Travaux en fer, ont atteint depuis plusieurs jours déjà le couronnement qui relie l’ensemble des colonnes et montants formant à la fois la base et la partie principale de chacun de ces monuments.
- Les galeries, à droite et à gauche de chacun des dômes, sont aussi dans un état d’avancement des plus satisfaisants. Ces galeries sont constituées chacune, du moins celles du centre qui sont dans l’axe des dômes, par quatre fermes de 5o mètres en tous points analogues, sauf leurs dimensions, à celles de la galerie des machines. Mais, en raison de leur moindre étendue, leur pose marche avec beaucoup plus de rapidité que celle des fermes de la grande galerie.
- C’est ainsi qu’au Palais des Beaux-Arts (côté de l’avenue de Suffren), de la construction duquel sont chargés MM. Munier frères, de Frouard, trois fermes articulées sont en place dans la partie sud du Palais, faisant suite à celle sur piliers carrés qui forme la façade sud. Du côté nord, au delà du dôme, on prépare seulement le montage de ces fermes, mais une partie de la galerie latérale est posée ainsi que celle, d’ailleurs, du côté sud.
- Au palais des arts libéraux que construisent MM. Hachette fils et Driout. de Saint-Dizier, la partie qui paraît la plus avancée est, contrairement au palais des beaux-arts, celle la plus rapprochée de la Seine. Celle-ci est à peu près entièrement terminée en tant que galerie latérale. Par contre, en tant que fermes de 5o m., celles qui doivent former la galerie centrale, une seule est en place, tandis que dans la partie sud les quatre fermes articulées qui constitueront la galerie centrale de ce côté du palais, sont déjà posées. Quant aux galeries latérales de cette partie, l’établissement en étant bien moins difficile que celle de la galerie centrale, leur construction suivra de près celle de cette
- galerie. Aucun retard n’est donc à craindre de ce fait.
- Disons, avant de quitter ces deux importantes constructions, les palais des Beaux-Arts et des Arts libéraux, qu’ils seront les dignes pendants de la majestueuse tour Eiffel. Car sans lui être comparables, au point de vue de l’audace de la conception de celle-ci, ils n’en ont pas moins le mérite grand d’une œuvre de génie en tant que construction métallurgique. Leurs dômes, notamment, sont d’une hardiesse de plan et en même temps d’une originalité de dessin qui retiendront les hommes de métier aussi bien que ; les simples curieux. Au reste, il ne fallait rien moins qu’un chef-d’œuvre d’art pour • abriter ceux nombreux, sans doute, que ces palais sont destinés à recevoir.
- A quelques mètres au delà de ces deux palais, s’élèvent, comme nous l’avons dit dans notre précédente revue, les galeries latérales où seront installées les expositions des tissus de l’ameublement. On sait que dans l’une de ces galeries (côté est), a eu lieu le jour de la fête nationale le banquet désormais fameux des mairesdeFrance. Mais tout y a été remis dans son état normal, sauf toutefois le plancher de bois posé à l’occasion du banquet et qui restera sans doute. A part cela, rien de particulier à signaler dans ces deux galeries, elles sont dans le même état qu’il y a un mois, ainsi que les galeries transversales des industries diverses où l’on procède à la pose des vitraux de la toiture sur plusieurs points.
- Nous devons, avant de parler de la galerie des machines, signaler l’état de la construction de la tour centrale qui précède les galeries des industries diverses.
- Cette tour, peu importante relativement, n’a encore de posé qu’une partie des piliers qui doivent soutenir la coupole, que dessinent déjà les charpentes de l’échafaudage ; mais ces piliers dépassent à peine i5 mètres de hauteur, c’est-à-dire qu’ils n’atteignent pas encore le couronnement de la partie verticale de l’édifice et nous nous réservons cfen parler plus en détail dans quelques semaines, quand sera achevée la partie principale de cette construction.
- Enfin, nous arrivons à la fameuse galerie, déjà célèbre, la galerie des machines. Il y a un mois, la Société de Fives-Lille exécutait la pose de la sixième ferme, les anciens établissements Cail., celle delà cinquième, des dix qui leur sont respectivement attribuées. Aujourd’hui, Fives-Lille prépare la pose de sa neuvième ferme, les établissements Cail. celle de leur septième. Le deux seront en place à peu près en même temps, dans le courant de la semaine prochaine. Soit, en tout, seize fermes sur vingt que comporte cette construction.
- ’ Aussi, peut-on juger déjà du splendide effet que produira cette œuvre colossale, cette voûte immense sans aucun soutien, sans piliers et qui paraît au premier abord vouloir braver les lois
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- de la'stabilité. Nous l’avons dit et nous le répétons, la galerie des machines et la tour Eiffel seront vraiment les great attraction de l’Exposition de 1889.
- Honneur donc aux hardis autant que savants ingénieurs qui ont su, non seulement concevoir, mais mener à bien l’édification de ces œuvres gigantesques, car elles seront l’honneur de notre chère France, lors de la grande lutte pacifique que se livreront dans un an, au Champ-de-Mars, les peuples civilisés.
- H. Pendrié.
- MINISTÈRE DE LA GUERRE
- EXPOSITION MILITAIRE DE 1889
- Construction de Bâtiments pour l'Exposition Militaire à l’Esplanade des Invalides
- ADJUDICATION EN UN LOT
- Des travaux de terrassements et maçonneries, à exécuter à forfait pour les bâtiments de l’Exposition militaire de i88g,à l’Esplanade des Invalides. ^
- I. — Le public est prévenu que le jeudi 2 août 1888, à une heure de l’après-midi, il sera procédé publiquement, dans une des salles de l’hôtel de l’Intendance militaire, rue Saint-Dominique, n° 18, par M. le Préfet de la Seine, ou son délégué, assisté de M. le général Gervais, président de la Commission de l’Exposition militaire, M. Simon, sous-intendant militaire, M. Boulanger, capitaine du génie, et de Walvien, architecte, chargé des travaux , à l’adjudication, au rabais, sur le prix de cent sept mille cinq cents francs, et sur soumissions cachetées, de l’entreprise en un lot, à forfait, des travaux de terrassements et de maçonneries à exécuter pour les constructions destinées à l’Exposition militaire. .
- Le cautionnement défitinif est fixé à quatre mille fr et le cautionnement provisoire à deux mille francs.
- II. — Le devis, le cahier des charges, les plans, coupes et élévations, sont déposés dans la salle des adjudications de l’hôtel de l’Intendance militaire, 18, rue Saint-Dominique, où l’on pourra en prendre connaissance tous les jours non fériés, de une heure à cinq heures.
- III. — Toute personne désirant prendre part à * l’adjudication devra adresser à M. le général, président de la commission de l’Exposition militaire, au ministère de la guerre, avant le 22 juillet, au soir :
- i° Une demande d’admission à l’adjudication, sur papier timbré, faisant connaître ses nom, prénoms et domicile ;
- 20 Une pièce constatant sa qualité de Français ;
- 3° Un extrait de son casier judiciaire ayant moins d’une année de date ;
- 40 Un certificat du greffier du tribunal de commerce, constatant qu’il n’a jamais été déclaré en faillite, ou qu’il a du moins obtenu sa réhabilitation. Ce certificat doit avoir moins de six mois de date ;
- 5° Un état indiquant les entreprises pour les services publics dont le signataire aurait été antérieurement adjudicataire, soit seul, soit en société ;
- 6° Sa patente d’entrepreneur de travaux publics ;
- 70 Un certificat de capacité délivré par les hommes de l’art, dans les trois années qui ont précédé l’adjudication;
- 8° La déclaration écrite de la personne s’engageant avec l’entrepreneur pour l’exécution du service à entreprendre. — Cette déclaration doit être accompagnée des pièces mentionnées aux paragraphes 2 et 3 ci-dessus.
- IV. — Chaque candidat admis par la commission de l’adjudication à prendre part au concours, devra préparer, pour le jour de l’adjudication,
- deux plis cachetés et numérotés portant son nom sur l’enveloppe et qu’il devra déposer personnellement à la séance ou faire déposer par un fondé de pouvoirs muni d’une procuration dûment légalisée et enregistrée.
- Le pli n° 1 contiendra:
- i° La lettre d’admission qui lui sera adressée par M. le général Gervais, président de la commission militaire de l’Exposition ;
- 20 Le récépissé du versement du cautionnement provisoire. — La production de ce récépissé est de rigueur et il ne peut y être suppléé par aucune remise de valeurs sur le bureau ;
- 3° Le cas échéant, les pouvoirs du mandataire.
- Le pli n° 2 renfermera seulement la soumission du modèle ci-dessous, laquelle doit être faite sur papier timbré ;
- Le rabais portant sur le prix à forfait sera exprimé par unité ou 1 /1 oe d’unité pour 100, sans ratures ni surcharges non approuvées.
- Les rabais portant fraction de décime seront comptés au décime plein inférieur à la fraction exprimée.
- Le frais d’enregistrement et de timbre auxquels donne lieu le marché seront à la charge de l’adjudicataire.
- A Paris, le i3 juillet 1888.
- Le Général de brigade, président de la commission de l’Exposition militaire de 188g,
- A. Gervais.
- *
- ; •¥• *
- MODÈLE DE DEMANDE D’ADMISSION (Sur papier timbré)
- Je soussigné (nom, prénoms, qualité etdomicile), déclare être dans l’intention de soumissionner les travaux de terrassements et de maçonnerie à exécuter pour la construction des bâtiments affectés à l’Exposition militaire de 1889.
- A , le 1888,
- (Signature).
- . *
- ¥ *
- MODÈLE DE SOUMISSION (Sur papier timbré)
- Je soussigné (nom, prénons, qualité) entrepreneur de , demeurant à
- après avoir pris connaissance des clauses et con_ ditions générales imposées aux entrepreneurs de l’Exposition militaire de 1889, du cahier des charges spéciales des travaux de terrassements et de maçonnerie, ainsi que des dessins et des condi. tions particulières se rapportant directement à l’exécution des terrassements et des maçonneries pour les bâtiments de l’Exposition militaire à l’Esplanade des Invalides ;
- M’engage à exécuter à forfait invariable les travaux dont il s’agit, évalués à la somme de cent sept mille cinq cents francs, moyennant un rabais de (en toutes lettres) , par
- cent francs.
- Je me soumets, en outre, à supporter tous les frais de timbre, d’enregistrement, à droit fixe ou autres, auxquels la présente soumission pourra donner lieu si elle est acceptée.
- Paris, le mil huit cent quatre-vingt-huit.
- (Signature).
- LES INSTALLATIONS
- DANS LES PARCS DU CHAMP-DE-MARS
- Depuis quelque temps déjà, toutes les installations qui doivent être édifiées à l’intérieur du Champ-de-Mars, dans les parcs, ont été adjugées et les emplacements de chacune d’elles définitivement fixés. Mais il semble, paraît-il, que messieurs les adjudicataires oublient absolument le mandat dont ils ont accepté la charge et ne s’empressent point de s’exécuter. Cependant l’été, les beaux jours, si l’on peut appeler ainsi ceux que nous venons de traverser, auront bientôt pris fin, l’au-
- tomne et l’hiver arriveront et aucuns travaux ne seront, peut-être, commencés. Il y a donc urgence à exécuter au plus tôt, le gros œuvre tout au moins, des installations dont nous parlons, sauf à finir au début du printemps prochain les travaux accessoires, aménagements intérieurs ou exté-rieurs des pavillons ou chalets, décorations, etc afin que le tout soit complètement terminé dans les derniers jours de mars ou les premiers jours d’avril.
- Nous savons de bonne source que l’administra-tion des travaux est vivement émue de l’insou. ciance qu’ont montrée jusqu’à ce jour les adjudi. cataires dont s’agit et nous ne pouvons que les engager à se mettre bientôt en mesure d’exécuter leur contrat.
- ÉCHOS
- EXPOSITION COLONIALE FRANÇAISE
- La sous-commission d’organisation de l’Exposition coloniale française de 1889 s’est réunie 18 13 juillet au siège du commissariat, 16, rue Boissy-d’Anglas.
- M. Henrique, commissaire, a rendu compte de l’adjudication des travaux de construction du palais central des colonies sur l’esplanade des Invalides, qui a eu lieu le 30 juin.
- MM. Mourichon et Lemoüe, entrepreneurs, ont été déclarés adjudicataires, moyennant un rabais de 25 60 % sur la série de la ville de Paris, 1882. Dix concurrents avaient pris part à l’adjudication.
- Les travaux que le commissariat avait dû interrompre jusqu’au vote des crédits par les Chambres, ont été repris le 4 juillet et sont poussés avec vigueur.
- M. Enrique a en outre informé la commission que les sqrres coloniales et le jardin d’hiver, en construction dans la rue de l’Université, seraient achevés vers le 20 juillet.
- La Commission a pris ensuite connaissance des instructions envoyées aux colonies.
- La séance a été levée après le vote d’une proposition tendant à charger le commissariat de rendre compte à la commission consultative des travaux de la sous-commission.
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- EXPOSITION DE SAUVETAGE
- L’Exposition de sauvetage dont l’ouverture a eu lieu le 25 courant, s’annonce comme un très gros succès. Ce sera, en effet, un attrait tout nouveau pour les visiteurs du palais de l’Industrie que la transformation de la vaste nef en un immense bassin sur lequel évolueront chaloupes de guerre, bateaux de plaisance, canots à vapeur pyros-caphes, gondoles, périssoires et surtout la canonnière Farcy qui vient de revenir de Lyon à Paris, en franchissant plus de cent écluses; la canonnière a été construite par souscription privée et offerte à l’Etat; elle entrera toute montée par la porte d’honneur du palais, sur un chariot construit spécialement.
- L’Exposition, en dehors des mille, attractions que présenteront les vitrines et expositions particulières, attirera certainement de nombreux visiteurs par la reproduction d’un Drame en mer, par ses postes de sauvetage, avec chaloupe et personnel, tels que la Société centrale de sauvetage des Naufragés en a établi sur tout le littoral de la France.
- Une partie des recettes est, du reste, affectee aux œuvres si intéressantes de sauvetage, et la charité, jointe aux attraits sans nombre de TIN" position, lui assurent un immense succès.
- EXPOSITION RÉTROSPECTIVE DE l’eSCRIME
- Le général Gervais, directeur de l’Exposition de 1889 au ministère de la guerre, organise dans la section des arts militaires une Exposition rétrospective de l’histoire de l’escrime et, dans ce but, fait appel aux collectionneurs d’arffle!5> tableaux, livres intéressant l’escrime.
- LE DIPLOME DE L’EXPOSITION DE 1889
- Nous apprenons que la question du diplôna® gravé de l'Exposition de 1889, dont nous avons parlé dans un de nos précédents numéros, est. sur le point d’ètre tranchée dans un sens favorable- f M. Lockroy, nous dit-on, a partagé l’avis érnr> sur ce point par les jurys d’admission dans leu[ assemblée plénière; il se rallie complètement l’idée d’un diplôme gravé devant être par 1U1‘ même une véritable œuvre d’art. ,
- Mais comme ce diplôme des récompenses doi
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- semblable pour toutes les classes d’expo-^ t« il est nécessaire que la question soit égale-sa/1T’s0umise au ministre du commerce et. que è1? i_ci donne son assentiment avant que le ce. -jjgtre des beaux-arts n’effectue la commande. ^Kous ne doutons pas que M. Pierre Legrand, tuellement ministre du commerce, ne com-âC nne toute l’importance de cette question qui ^ téresse le bon renom artistique de notre pays 111 point de vue de la gravure, et 11’associe ses al!es à celles de son collègue, M. Lockroy, afin ' e ]e diplôme des récompenses de 1889 soit, en $fet, une œuvre d’art.
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- LES TRAMWAYS DU QUAI D ORSAY
- On sait que, pour les services de l’Exposition, 1 quai d’Orsay va se trouver barré dans toute la artie comprise entre l’avenue de Suffren et l’es-
- 'K Aag Tnva.liHASL Pf\.v snif.A. J] vn. fn.Unir* rnn-
- Vanade des Invalides. Par suite, il va falloir rectifier la ligne du double tramway qui fait le service entre la place de l’Alma et la gare de Lyon, et entre le pont de l’Alma et la place de la Bas-
- 1 Le travail pour rectifier ces deux lignes vient d’être commencé.
- p’après le projet adopté, le tramway de la place de l’Alma à la gare de Lyon suivra le quai de la Conférence, puis le quai des Tuileries jusqu’au pont de Solferino, qu’il traversera, pour longer ensuite la rue du même nom et aller regagner la lio-ne du boulevard Saint-Germain, en face du pavillon d’angle du ministère de la guerre. Quant au tramway du pont de l’Alma à la Bastille, il s’arrêtera à l’entrée de l’esplanade des Invalides, au coin du ministère des affaires étrangères, où sera établie une plaque tournante.
- Depuis hier, une nombreuse équipe d’ouvriers terrassiers est occupée à pratiquer les fouilles pour établir la voie de rails sur le pont de Solferino.
- LES PONTS ROULANTS DE LA GALERIE DES MACHINES.
- — EXPOSITION DE LA MARINE CIVILE. — LE CATALOGUE ILLUSTRÉ DES BEAUX-ARTS.
- La commission de contrôle et de finances pour l’Exposition universelle de 1889 s’est réunie hier matin, sous la présidence de M. Pierre Legrand, ministre du commerce, commissaire général de l’Exposition.
- Elle a adopté, sur le rapport de M. Prevet, un projet relatif à l’installation et au fonctionnement dê deux ponts roulants dans le palais des machines. Ces deux ponts roulants, qui constituent une innovation, reculeront à environ 8 mètres au-dessus des machines en mouvement.
- Le public y prendra place moyennant une légère redevance qui ne pourra pas excéder 50 centimes.
- La commission a également adopté un projet concernant la construction d’un bâtiment spécial pour l’Exposition de la marine civile.
- Enfin, elle a accepté, sur la demande de l’administration, que le traité passé avec'M. Danel pour l’édition du catalogue illustré des beaux-arts soit augmenté d’une disposition portant que M. Danel sera seul autorisé à éditer ce catalogue moyennant une redevance supplémentaire.
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- EXPOSITION DE BARCELONE
- A l’occasion des fêtes de l’Exposition universelle de Barcelone', la Compagnie Marseillaise de navigation à vapeur Fraissinet et Cie a organisé un service spécial entre Marseille et Barcelone pour le transport des .voyageurs.
- Ç'est le paquebot de 3,000 tonnes VAmérique 1U1 a été affecté à ce service.
- Le voyage s’effectue en quinze heures.
- Les départs ont lieu de Marseille chaque dimanche à dix heures du matin.
- Des billets d’aller et retour valables pendant un uiois sont délivrés aux prix exceptionnels de :
- 100 francs. Cabines de luxe sur le pont, nour-rilllre et vin compris.
- ,0 Varies. Première classe, nourriture et vin compris.
- 30 francs. Troisième classe, ç., es billets doivent être retenus à Marseille au -mge de la Compagnie ou à Paris à l’agence, 9, rue Rougemont.
- LE MÉTROPOLITAIN TUBULAIRE
- DE M. BERLIER
- otre article du ier juillet dernier nous ayant lre un certain nombre de demandes de ren-seignements sur les Tramways tubulaires sou-
- terrains de M. Berlier, nous avons pensé être “agréables â~nbs lecteurs en leur fournissant aujourd’hui les données principales de ce remar-ble projet dont le renvoi à l’Administration pour études complémentaires, réclamé et obtenu par M. Alphand, a vivement surpris les personnes qui av aient lu les rapports si étudiés «et si complets de MM. de Tavernier, André et Allard, ingénieurs des services municipaux, et qui n’é-‘ tant pas initiées aux mystères de la coulisse ne peuvent deviner que l’opposition d’un « cher camarade » étranger au débat peut cependant faire abonder dans son sens un corps élu qui lui serait en principe plutôt hostile. N’est-ce pas Monsieur Lax?
- Quoi qu’il en soit et pour mettre le public à même de juger en connaissance de cause, nous publions ci-après les documents essentiels qui caractérisent le projet de M. Berlier.
- Tracé du réseau. — Le réseau se compose de trois lignes qui sont indépendantes mais, cependant, reliées l’une à l’autre :
- i° La ligne delà place de la Concorde au Bois de Boulogne. Sa longueur est de 3.5oo mètres environ ;
- 20 La ligne de la place de la Bastille à la place delà Concorde, par les grands boulevards, dont la longueur est de près de 5.100 mètres ;
- 3° La ligne de la porte deVincennes à la place de la Concorde, par la Rue de Rivoli. Sa longueur atteint 7.600 mètres environ. La lon_ gueur totale du réseau serait donc de plus de 16 kilomètres.
- L’examen seul du tracé adopté montre qu’il suit les artères les plus fréquentées et où le mouvement est le plus considérable. Les bateaux-omnibus ont un mouvement annuel de 18 millions de voyageurs et la ligne « Bastille-Madeleine », de 12 à 14 millions. C’est donc bien sur ces directions qu’il est nécessaire d’accélérer les transports et il y a urgence d’agir.
- Description du système. — Tube. — Le réseau et souterrain, mais le tunnel qui le constitue n’est pas en maçonnerie. Il est formé d’un tube en fonte, à section circulaire de 5nfl6oo de diamètre (fig. 1 et 2)..
- Ce tube repose sur un massif de béton, avec mortier de ciment de Vassy, dont l’épaisseur variera suivant la nature du terrain.
- La section du tube est obtenue par l’assemblage de dix plaques en fonte; de 2 5 millimètres d’épaisseur et de 1 mètre de longueur, avec un collet régnant sur tout le pourtour. Le poids de chaque plaque est de 570 kilogr. Elles sont toutes assemblées entre elles, intérieurement, par des boulons serrés sur des feuilles de plomb pour assurer l’étanchéité du joint.
- On pourrait donc attaquer la construction sur un grand nombre de points à la fois.
- Voie. — Dans l’intérieur de ce tube court une double voie, de im,io d’écartement intérieur des rails. Les rails à patins, de 25 kilogr., au mètre courant, reposent, par l’intermédiaire de semelles isolantes en caoutchouc, sur des poutres transversales, en chêne paraffiné, perpendiculaires à l’axe du tube et espacées de im,5o d’axe en axe. Ces poutrelles elles-mêmes reposent sur des consoles venues de fonte avec les plaques du tube et sont, de plus, supportées en leur milieu par un petit massif en briques.
- Stations. — Une construction légère, élevée sur le trottoir de la rue ou du boulevard, indiquera et recouvrira l’entrée de l’escalier par lequel le public descendra jusque sur le quai, à la station proprement dite, qui sera toujours souterraine. Cette station (fig. 4) sera constituée par de larges quais, de 5ra,3o environ. Son plafond, destiné à supporter la chaussée supé-
- rieure, reposera sur les murs des parois et sur des colonnes creuses en fonte, de 5 mètres de hauteur, ayant om,3o de diamètre extérieur, omi 5 de diamètre intérieur, pesant 2,200 kilogr. et espacées de 7m,5o.
- Ce plafond est formé de poutres en fer de 8 mètres de longueur, composées d’une tôle verticale de 12 millimètres d’épaisseur et 40 centimètres de hauteur assemblée en forme de fer à double T avec des semelles de 3o millimètres d’épaisseur sur 3o centimètres de largeur. Tous les deux mètres, l’entretoisement est assuré par des fers à double T, et les intervalles sont remplis par des voûtes en briques de om,22 d’épaisseur.
- Lorsque la circulation supérieure, au-dessus d’une station, sera difficile en raison de l’encombrement, un passage souterrain partant de cette station mettra en communication, autant que possible, les deux côtés de la rue ou du boulevard (fig. 4).
- Croisements. — S’il se présentait ultérieurement des croisements avec le chemin de fer métropolitain projeté, le tube serait remplacé par un tunnel à section rectangulaire d’une hauteur strictement nécessaire au passage d’une voiture, soit 3 mètres.
- Ce tracé rencontre un certain nombre d’égouts. Pour les égouts ordinaires, on les fait passer en siphon, en établissant un réservoir de chasse pour faciliter le nettoiement. Quant au passage des collecteurs de Sébastopol et d’Asnières, il se ferait sur des ponts métalliques tubulaires, laissant inférieurement l’espace nécessaire pour le service des égouts (fig. 5).
- A la place de la Bastille, la troisième ligne devra franchir le bassin de l’Arsenal (canal Saint-Martin). Cette traversée se fera sur un pont métallique soutenu par deux piles et laissant au-dessus du niveau de l’eau la hauteur réglementaire de 5m2 5.
- Traction — Le service se ferait par voitures automobiles isolées, larges et confortables. Selon qu’on adopterait un tarif unique ou deux classes, chaque voiture aurait une entrée centrale ou une entrée à chaque extrémité.
- La traction s’effectuerait au moyen de l’électricité, transmise à une machine réceptrice placée, en double, sous chaque voiture. Il n’y aurait ainsi, dans l’intérieur du tube, aucun dégagement de fumée ou de vapeur, incommode ou nuisible pour les voyageurs.
- Eclairage et ventilation. — L’éclairage se ferait entièrement à la lumière électrique, aussi bien pour les voitures que pour le tunnel et les stations.
- La ventilation serait assurée par les stations, qui sont assez rapprochées, et par des puits d’aération établit sous les 100 mètres environ et débouchant à l’extérieur par de petits kiosques ajourés (fig. 3).
- M. Berlier estime qu’une température constante, de 11 à 17 degrés, pourrait' être maintenue pendant toute l’année.
- Frais de premier établissement. — Voici quel serait, d’après les évaluations de l’auteur du projet, le montant des frais de premier établissement d’un réseau de tramways souterrains de ce genre :
- Première Ligne
- Tunnel et voie . . . 7.740.410 J
- Stations et divers. . 1.249.168 > 10.282.578
- Usine et matériel. . 1.245.000 j
- Deuxième Ligne
- Tunnel et voie .... 9.529.800 j
- Stations et divers. . 4.487.847 > 15.916.647
- Usine et matértel. . 1.900.000 ]
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- FIG. I. — COUPE LONGITUDINALE DU TRAMWAY TUBULAIRE SOUS LES GRANDS BOULEVARDS
- A;
- SECTION TRANSVERSALE ü’UN TRAMWAY TUBULAIRE
- roMEa
- FIG. 3
- EVENT D AERATION
- FIG
- 4-
- STATION
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- .Quatrième Annee. — N° 187.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889s
- Dimanche 29 Juillet 1888. — 1107.
- FIG. 5. — RENCONTRE AVEC LE COLLECTEUR D’ASNIÈRES SOUS LA PLACE DE LA MADELEINE
- Troisième Ligne
- Tunnel et voie . . . 1 5.066.001 1
- Stations et divers. . 4.960.388 > 21.926.389
- Usines et mate'riel . 1.900.000 )
- Frais d’études et divers.......... 1.000.000
- Imprévus (déplacement de conduites de gaz, frais généraux, intérêts et amortissement pendant la construction et l’organisation de l'exploi-
- tation (10 °/0 environ.....Fr. 4.923.386
- Total. . . 54.000.000
- Ce qui ferait ressortir le prix de revient kilométrique à
- 54.000.000
- -----------— 3.260.000 fr. environ.
- 16 kil. 16
- Traction. —Trafic probable. —Recettes. —
- En admettant que sur les 96 voitures qui seraient en service à la fois, 3o soient au démarrage, absorbant 7 chevaux de force. 3o en rampe, dépensant 5 chevaux, 3o en palier, absorbant 3 chevaux, et 6 en station, la force nécessaire serait de 450 chevaux pour les machines réceptrices et de i.2 5o chevaux pour les machines motrices en comptant un rendement de 36 0/0.
- En réduisant le travail de moitié pendant le tiers de la journée, 6 heures sur 18. il faudrait donner environ 20.000 chevaux-heure par jour, ce qui. à 0 fr. 06 le cheval-heure et avec une augmentation de 10 0/0, donnerait comme dépense annuelle de traction 5oo.ooo francs.
- En employant 2 hommes par voiture pour la conduite, 4 à 5 employés par station et 3o hommes d’équipe par garage, la dépense du personnel de l’exploitation ressortirait à 642.500 fr.
- Le total des frais généraux d’exploitation serait, dans ces conditions, d’environ 2.400.000 francs.
- La vitesse moyenne, sur les trois lignes, serait de 20 kilomètres à l’heure. Les départs auraient lieu toutes les deux minutes en moyenne sur la première ligne, toutes les minutes sur la seconde. Quant à la troisième ligne, il y aurait des départs toutes les deux minutes de la place de la Concorde à la gare de Lyon, et toutes les cinq minutes de la gare de Lvon à la porte de | Vincennes.
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- rio8.— Quatrième Année.N° 187.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- Dimanche 29 Juillet 1888.
- M. Berlier a calculé les recettes en comptant sur un transport annuel de 3o millions de voyageurs sur les trois lignes. En admettant ij3 de voyageurs de ir0 classe à o fr, 30 et 2]3 de voyageurs de 2e classe à o fr. i5, il évalue le montant des recettes à 6 millions de francs. Si l’on en défalque 2.400.000 francs d’exploitation^ il resterait un excédent de 3.600.000 francs.
- Telles sont les données principales du projet conçu et présenté par M. Berlier. Dans la pensée de l’auteur, la première ligne devait être construite tout d’abord et pouvait être achevée pour 1889. Elle aurait desservi l’Exposition par un tramway funiculaire allant de la place Victor-Hugo au Trocadéro, et aurait été en même temps une des curiosttés de la grande fête internationale.
- Il est à remarquer que M. Berlier offrait de créer cette exploitation à ses risques et périls, sans monopole, sans subvention ni garantie d’intérêts.
- Ces données résument trop succinctement un énorme dossier dans lequel tous les devis sont soigneusement établis dans leurs plus petits détails.
- Il y a tout lieu de croire que la lecture de ce volumineux travail et celle des rapports des ingénieurs qui formaient un manuscrit d’une 4 soixantaine de pages ont effrayé nos conseillers municipaux, car de la discussion confuse qui a abouti au renvoi il n’est jailli qu’un seul point lumineux c’est que la plupart d’entre eux n’avaient pas lu le premier mot du projet qui leur était soumis.
- Il est regrettable que dans ces conditions M. Alphand ait cru pouvoir profiter de la situation pour désavouer ses ingénieurs et venir soutenir la thèse monstrueuse que l’électricité ne paraît pas pouvoir être appliquée à la Traction ( alors que le rapport de la troisième Commission lui fournissait une liste de plus de 200 kilomètre de tramways exploités électriquement. Tout cela pour être agréable au. Directeur des chemins de fer au ministère des travaux: publics qui a juré que l’on ferait son métropolitain ou que l’on n’en ferait pas et, peut être aussi, à la Compagnie des Omnibus qui sort victorieuse de ce débat, car la réalisation du projet Berlier et ; d’autres similaires l’eût autrement affectée que la déchéance platonique votée par le Conseil dont elle a l’air de se moquer comme de ses premières voitures.
- Toutefois, si un concours de circonstances malheureuses et, particulièrement, le mauvais vouloir de quelques-uns n’a pas permis de doter Paris pour la grande Exposition du centenaire même d’une seule ligne de chemin de fer métropolitain, le projet Berlier n’en reste pas moins comme le plus pratique de ceux qui ont été présentés jusqu’à ce jour et il sera, sans doute, celui sur lequel se porteront les vues du Conseil municipal au lendemain de l’Exposition.
- H. P.
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- LES TRANSPORTS A PARIS
- ' PENDANT L’EXPOSITION DE 1889
- Dans une de ses dernières séances, le Conseil municipal de Paris, justement ému des plaintes nombreuses qui s’élèvent depuis longtemps déjà contre la Compagnie'générale des omnibus et du refus obstiné de celle-ci de se conformer aux prescriptions de son cahier des charges, vient de prendre contre cette compagnie une décision grave, mais qui n’est que la conséquence des nécessités que va créer le mouvement extraordi-
- naire de transports dans Paris au moment de l’Exposition.
- Cette décision, que le Conseil n’a voté qu’à la suite d’une longue délibération qui a duré deux séances en comité secret, prouve qu’il a parfaitement compris le devoir qui lui incombait d’assurer et d’ores déjà la parfaite organisation des transports pendant la duree de l’Exposition. Puisque tous les projets d’établissement de chemins de fer métropolitains ont malheureusement échoué, au moins faut-il que les services de transports des voyageurs par voitures ordinaires soit le mieux organisé possible à un moment où l’affluence des visiteurs sera, sans doute, plus grande encore qu’en 1878.
- Nous croyons devoir reproduire ici le texte même du vote par lequel le Conseil municipal de Paris dans sa séance du 11 courant a prononcé la déchéance du privilège de la Compagnie générale des omnibus.
- Le voici intégralement:
- « Le Conseil,
- Vu les art. 5, 6, 7, 8 et 9 du traité passé le 18 juin 1860 entre la Ville de Paris et la Compagnie des omnibus ;
- Vu l’art. 3 du traité de rétrocession de certaines lignes des tramways par la Ville à la même Compagnie ;
- Vu la délibération du conseil municipal du 11 juin 1883 ordonnant la création de douze nouvelles lignes d’omnibus dans Paris;
- Considérant que la Compagnie des omnibus n’exécute plus les prescriptions du traité de 1860 et ne donne plus satisfaction aux besoins publics’ Délibère :
- Article premier. — M.Te préfet de la Seine est invité à faire sommation à la Compagnie des omnibus d’avoi'r à se conformer à toutes les.prescriptions du traité de 1860, notamment, en ce qui touche le nombre des voitures à mettre en circulation et les intervalles de départ et d’arrivée réglementaires, et d’avoir à procéder à la création des douze lignes d’omnibus votées par le conseil muni, cipal dans sa séance du 11 juin 1883, le tout dans le délai d’un mois et sous peine de la déchéance et du retrait de la concession des omnibus et de celle des tramways qu’elle exploite.
- Art. 2. — A l’expiration du délai d’un mois, l’administration prendra possession provisoire de tout le matériel d’exploitation des omnibus et tramways et pourvoira aux deux services en vertu des articles précités.
- Art. 3. — M. le préfet est invité en outre à présenter, dans le plus bref délai, au conseil, un mémoire sur le rachat éventuel du matériel d’exploitation, en totalité ou en partie, et sur les voies et moyens financiers et administratifs permettant l’organisation complète et définitive des transports en commun dans Paris.
- Art. 4. — L’administration préparera et soumettra au conseil une étude d’ensemble portant sur les lignes à créer, les modifications à apporter à celles existantes, et généralement sur toutes les améliorations réclamées par l’opinion publique et les besoins de la population parisienne »
- Souhaitons que le conseil municipal, à la suite de cette décision énergique, soit assez heureux pour trouver une combinaison qui satisfassse les desiderata de tous afin que les nombreux étrangers qui honoreront de leur présence notre belle capitale pendant le cours de l’année prochaine, n’emportent pas à leur départ une mauvaise opinion des capacités administratives de ses édiles.
- H. P.
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- EXPOSITION DE SAUVETAGE ET D'HYGIÈNE
- AU PALAIS DE L’INDUSTRIE
- Mercredi 25 juillet a eu lieu l’inauguration de l’Exposition de sauvetage et d’hygiène organisée au Palais de l’Industrie par la Société française de sauvetage.
- Au centre du Palais un immense bassin garni de canots et de tous les engins de sauvetage; tout autour de la nef, les vitrines garnies de riches objets, des salons admirablement aménagés, des appareils de sauvetage, des machines, des outils et ustensiles de marine, un phare fixe, une bouée-phare, des canons porte-amarres, etc., etc.
- Le public circule autour du bassin à flot et se répand dans les salons du premier étage, le long de la galerie intérieure, d’où le coup d’œil est fort intéressant.
- Le président de la République avait accepté d’honorer de sa présence l’ouverture de l’exposition ; c’est une marque de sympathie et d’intérêt qu’il a tenu à donner aux braves sauveteurs.
- A quatre heures moins cinq, M. Floquet, président du conseil, est arrivé avec Mme Floquet, qui s’est rendue dans un salon du premier étage. M. Floquet s’est entretenu quelques instants avec M. Nicole, président de la commission d’organisation, en attendant M. Carnot. Le président est arrivé à quatre heures précises, accompagné du général Brugère et du commandant Cha-moin. Il a été accueilli par des cris de : « Vive Carnot ! vive la République ! »
- Le président s’est rendu immédiatement devant le bassin à flot, à l’entrée de la galerie d’honneur, où a eu lieu la réception officielle avec les discours d’usage.
- M, Turquet, président de la Société française de sauvetage, a, remercié le président de la République de sa sollicitude pour les sauveteurs.
- M. Nicole, président de la commission, a souhaité la bienvenue à M. Carnot au nom de la commission des exposants et de ses collaborateurs. Il a rendu hommage à M. Thomas, architecte du palais, qui a dirigé les travaux du bassin à flot en véritable ingénieur.
- Le président de la République a exprimé son admiration et sa sincère satisfaction.
- Ces expositions, a dit le président, sont excellentes ; on ne se rend peut-être pas suffisamment compte de leur utilité, et des enseignements qu’elles donnent au public.
- Une scène de sauvetage a été simulée sous les yeux du président avec emploi de tous les appareils.
- Après quoi, M. Carnot a parcouru l’exposition, s’arrêtant devant les points les plus remarquables. Au premier étage, après avoir visité la reproduction du laboratoire ancien de l’alchimiste, dû à notre confrère Louis Bourne, il s’est rendu au diorama en cours d’exécution, mais assez avancé déjà pour donner une idée saisissante d’une scène de sauvetage à l’entrée du port du Havre.
- Et enfin dans le grand salon (dit salon officiel) transformé en jardin, une merveille de plus Semiramis a passé par là !... Grâce à l’activité et à l’habileté de M. Dybowski, les exposants sont arrivés les premiers, et les corbeilles de fleurs, les massifs de plantes vertes, admirablement combinés sur un magnifique fond de treillage, et des vitraux artistiques sont d’un effet saisissant. En vérité des doigts de fée ont dû s’occuper de ce ravissant Eden.
- Jusqu’à ces incomparables pêches de Montreuil que tout le monde croquait des yeux seulement.
- En somme, l’exposition de sauvetage et d’hygiène sera prête dans une huitaine de jours au plus; son succès est certain, en raison de son originalité et de l’œuvre qu’elle poursuit.
- Le soir un banquet de trois cents convives avait lieu au palais de l’Industrie ; le président de la République s’était fait représenter par le sympathique commandant Chamoin.
- A. Ramé.
- Le Propriétaire-Gérant : H, Pendrié.
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- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- Quatrième Année. — N» 1S7
- Dimanche 29 Juillet 1888.
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- Le Recueil-Ghaix, ou Recueil général des Tarifs des chemins de fer pour les transports à grande et à petite vitesse sur tous les réseaux, parait tous les trois mois. Le dernier numéro contient les tarifs applicables sur les lignes récemment ouvertes à l’exploitation et les modifications et additions survenues pendant le trimestre.
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- Exposition universelle de Barcelone
- A l’occasion de l’Exposition universelle de Barcelone, la Compagnie d’Orléans, d’accord avec les Compagnies de Lyon, du Midi et l’Administration des Chemins de fer de l’Etat, fait délivrer, à toutes les gares de son réseau, depuis le 15 avril 1888, et délivrera pendant toute la durée de ladite Exposition des billets d'aller et retour de toutes classes pour Barcelone, ayant une durée de validité de 30 jours.
- Les prix de ces billets comporteront les réductions suivantes sur les prix des tarifs généraux, savoir :
- Au départ des stations distantes de Barcelone
- De moins de 501) kilomètres, 30 0/0.
- De 500 à 1,000 kilomètres, 35 0/0.
- De plus de 1,000 kilomètres, 40 0/0.
- Ces billets doivent être demandés à la gare de départ quatre jours au moins à l’avance.
- Les billets d’aller et retour sont délivrés par l’itinéraire le plus court. Toutefois, les voyageurs peuvent, à leur gré, choisir soit pour l’aller, soit pour le retour, un autre itinéraire abrégeant la durée du voyage. Dans ce cas, les prix des billets sont établis d’après les parcours choisis, et le voyageur est tenu de suivre cet itinéraire.
- Au départ de Paris, les prix de ces billets sont par Limoges, Toulouse et Narbonne de :
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- QUATRIEME ANNÉE.
- SOMMAIRE :
- i. La galerie des Expositions diverses; 2. Adjudications; 3. Nominations; 4. Installations diverses; 3. Les Colonies françaises à l’Exposition de 1889; 6. Les Etrangers à l’Exposition de 1889; 7. Exposition de Bruxelles; 8. Les bois précieux du Mexique à l’Exposition de 1889; 9. Echos ; 10. Subventions du Conseil municipal de Paris aux délégations ouvrières; ti. Les demandes d'installation à l’Exposition de 1,889; I2- L’Exposition d’économie sociale; i3. Avis commerciaux; 14. Les poteaux indicateurs de M. Edm. Cambier ; i5. Gravure (en supplément); La galerie des Expositions diverses.
- Ainsi que nous l’avons annoncé dans le numéro du 17 juin, le MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889 est réorganisé sur de nouvelles bases. Il publiera, dorénavant une description détaillée de l’état des travaux de la prochaine Exposition, avec dessins, plans ou gravures suivant les cas, au fur et à mesure de leur avancement. Il donnera tous les renseignements de nature à intéresser, entre autres, le monde des exposants à la disposition desquels la nouvelle Administration se met d’ores et déjà.
- Le MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889 sera, en un mot, ce que l’obligent à être son titre et, surtout, la grandeur et l’importance de l’œuvre de civilisation que la France célébrera l’année prochaine..
- Toutes les communications relatives à la Rédaction et à l’Administration du journal doivent être adressées 11, Cité de l’Alma, à M. H. PENDRIÉ propriétaire-gérant du MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- LA GALERIE DES EXPOSITIONS
- DIVERSES
- Nous donnons en supplément dans ce numéro le plan de l’importante galerie des Expositions diverses.
- Ainsi qu’on en pourra juger par l’examen de ce plan, cette galerie, ou plutôt les différentes travées qui la composent ont la forme générale d’un U ouvert du côté de la Seine. Du côté opposé, la galerie des Expositions diverses confine à la grande galerie des machines teintée en gris au sommet du plan.
- Cette dernière galerie communiquera avec celles des Expositions diverses par la grande marquise qui est figurée au plan en gris, et la série de carrés entretravées qui s’étendent jusqu’au dôme central actuellement en construction et dans lequel sont placées les expositions des manufactures nationales de Sèvres, des Gobelins et de Beauvais. Ces carrés entretravées formeront eux-mêmes une galerie transversale de communication.
- Dans les travées parallèles à la galerie des machines seront installées les expositions des différents produits industriels français ; celles qui leur sont perpendiculaires seront spéciale-
- r Dimanche 5 Août 1888.
- ment affectées aux expositions des produits étrangers. Toutefois, contrairement aux indications portées sur le plan, il se pourrait que de légères modifications soient apportées aux désignations déjà faites, suivant le nombre de demandes d’emplacement qui pourront être adressées ultérieurement à l’administration; mais ces modifications seront toutes de détail et n’influeront que très peu sur la disposition générale adoptée par la direction des travaux.
- A droite des galeries transversales, consacrées exclusivement, comme nous l’avons dit plus haut, à l’exposition des produits français, seront néanmoins installées les expositions spéciales de la Roumanie, de l’Egypte, du Marocetdu Japon, qui n’ont pu trouver place dans les travées des nations étrangères. Le côté opposé, vers l’avenue de la Bourdonnais, sera réservé à la carrosserie qui a besoin d’une surface assez grande, comme bien on pense.
- Quant aux travées réservées aux pays étran-gres, à droite (côté de l’avenue de Suffren) seront installés lTtalie, la Suisse, les Etats-Unis, l’Espagne, le Portugal, la Serbie, le Luxembourg, la Norvège, la Grèce, le royaume de Siam et une partie du Japon.
- A gauche (côtéde l’avenue delà Bourdonnais) prendront place la Grande-Bretagne, les Colonies anglaises, la Belgique et les Pays-Bas.
- Les installations seront ainsi faites qu’aucune ne sera séparée de sa voisine par des - colonnes d’appui. De plus, desgaleriesde circulation de 5 et 7 mètres, au nombre dequatre dans le sens de l’axe du Champ-de-Mars (nord-sud), permettront de parcourir dans tous les sens les différentes travées. De distance en distance seront établis, en carrés ou en hexagones, des salons de repos qu’on peut voir indiqués dans le plan.
- Sur le plan sont également indiquées les surfaces qu’occuperont respectivement les différentes sections de chaque classe ou nationalité.
- Dans l’ensemble, les travées qui forment la galerie des Expositions diverses, recouvrent une superficie de 75,000 mètres carrés (7 1/2 hectares) . Etant donné que la tour Eiffel sera le don de l’Exposition de 1889, on peut dire que cette galerie en sera la partie substantielle, de même que les deux palais des Beaux-Arts et des Arts libéraux et la galerie des machines en formeront le principal ornement, le décor.
- La galerie des Expositions diverses sera reliée par ses deux ailes nord aux palais des Beaux-Arts et des Arts libéraux, et c’est dans l’immense espace qu’encadreront ces trois importantes parties de la grande Exposition que sera établi le parc central dont nous avons déjà eu l’occasion de parler.
- Disons en terminant que la galerie dont nous publions aujourd’hui le plan comprendra les expositions des groupes III. IV, V et VI des sections industrielles françaises et .étrangères.
- H. Pendrié.
- NUMÉRO 188.
- ADJUDICATIONS
- L’adjudication, annoncée pour le 3o juillet, des travaux de construction des bâtiments de l’Economie sociale,n’a pas donné de résultats, aucun soumissionnaire n’ayant offert de rabais sur la mise à prix.
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- Le lundi i3 août 1888, à une heure de l’après-midi, il sera procédé publiquement, dans une des salles du Conseil de Préfecture (Palais du Tribunal de Commerce), par le Préfet de la Seine ou son délégué, à l’adjudication, au rabais, sur le prix de 9,000 francs et par soumissions cachetées, de 1 entreprise, en un lot, des travaux de peinture à exécuter, à forfait, pour les pavillons destinés à l’Exposition d’hygiène.
- Le cautionnement est fixé à 600 francs.
- Le devis, le cahier des charges et les plans sont déposés a la Direction générale des Travaux, dans les batiments du Champ-de-Mars, à l’extrémité de l’avenue Rapp, où l’on pourra en prendre connaissance, tous les jours non fériés, de une heure à quatre heures.
- Nul ne sera admis à concourir à l'adjudication s’il ne remplit les conditions imposées par le cahier des charges générales.
- Le lundi 10 août 1888, à une heure de l’après-midi, il sera procédé publiquement, dans une des salles du Conseil de Préfecture (Palais du Tribunal de Commerce), par le Préfet de la Seine ou son délégué, assisté de deux membres du Conseil de Préfecture et du Directeur général des Travaux ou de son délégué, à l’adjudicajion, au rabais, sur le prix de 122,000 francs et par soumissions cachetées, de l’entreprise, en un lot, à forfait, des .travaux de construction des bâtiments destinés à l’Exposition delà classe 65 à exécuter, en location au quai d’Orsay, près du pontd’Iéna.
- Le cautionnement est fixé à 6,000 francs.
- Le devis, le cahier des charges et les plans sont déposés à la Direction générale des Travaux, dans les bâtiments du Champ-de-Mars, à l’extrémité de l’avenue Rapp, où l’on pourra en prendre connaissance, tous les jours non fériés, de une à quatre heures.
- Nul ne sera admis à concourir à l’adjudication s’il ne remplit les conditions imposées par le cahier des charges générales.
- NOMINATIONS DIVERSES
- Exposition théâtrale.
- Le Ministre de l’Instruction publique et des Beaux-Arts.
- Sur la proposition du Directeur des Beaux-Arts,
- Arrête :
- Art. ior. — Il est institué une commission chargée d’organiser l’Exposition théâtrale à l’Exposition universelle de 1889.
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- I I 10.
- Quatrième Année. — N° i SS.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- Dimanche 5 Août 1888.
- Art. 2. — Cette commission est composée de la manière suivante :
- MM. Ed. Lockroy, Ministre de l’Instruction publique et des Beaux-Arts, président. Gustave Larroumet, Directeur des Beaux-Arts, vice-président;
- Ch. Garnier, membre de l’Institut; Lenepveu, membre de l’Institut ;
- Heusey, membre de l’Institut;
- Claretie, membre de l’Académie française, administrateur général de la Comédie-Française;
- Petit de Julleville, professeur à la faculté des lettres de Paris ;
- Auguste Vitu, critique dramatique;
- Philippe Gille, auteur dramatique ;
- Des Chapelles, chef du bureau des théâtres, à la Direction des Beaux-Arts ;
- Ritt, directeur de l’Académie nationale de musique ;
- Nuitter, archiviste de l’Opéra, secrétaire rapporteur ;
- Monval, archiviste de la Comédie-Française, secrétaire adjoint ;
- Rubé, peintre décorateur.
- Lavastre, peintre décorateur;
- Art. 3. — Le Directeur des Beaux-Arts est chargé de l’exécution du présent arrêté.
- Paris, le 2 juillet 1888.
- E. Lockroy.
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- Exposition des Beaux-Arts
- Par arrêté du Ministre de l’Instruction publique et des Beaux-arts, en date du 10 juillet 1888, M. Georges Hecq, chef du secrétariat des services des beaux-Arts, des bâtiments civils et palais nationaux au cabinet du ministre, est chargé de remplir les fonctions de commissaire spécial adjoint des beaux-arts à l’exposition universelle de 1889.
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- NOMINATIONS
- des Membres des comités d'organisation des Congrès internationaux de VExposition de 188g
- Par arrêtés en date du 16 juillet, le ministre du commerce et de l’industrie a nommé :
- Membres du comité d'organisation du congrès international des architectes :
- MM. Alphand, Bailly, Bardoux, Bartaumieuc, Bceswilwald, Cernesson, Chipier, Comte, Daly, Daumet, Gariel, Garnier, Gonse, Guillaume, Her-mant, de Joly, Kaempfen, Larroumet, Lucas, Mon-nier, Müntz, Normand, Rolland, Sédille, Tolain, Wallon.
- Membres du comité d’organisation du congrès international de dermatologie et de syphiligraphie :
- MM. les docteurs Besniet, Feulard, Fournier, Gallopeau, Quinquant, Tenneson, Vidal.
- Membres du comité d’organisation du congrès international des électriciens :
- MM. d’Arsonval, Berger, Boudet de Paris, Builhet, Bourdin, Carpentier, Cornu, Delahaye, Fontaine, Gariel, Hillairet, Hospitalier, Joubert^ Lemonnier, Lippmann, Mascart, Napoli, de Ner-ville, Pellat, Picout, Postel-Vinay, Potier, Raymond, Renard, Sartiaux, Sebert, Séligman-Lui, Touanne, Violle, Vivarez.
- Membres du comité d’organisation du. congrès international de Venseignement secondaire et supérieur :
- MM. Audiffred, Beaussire, Berthelot, Bossert, Boutmy, Bréal , Bufnoir, Combes, Compayré, Croiset, Darboux, Dreyfus-Brisac, Gaufïrès, Girard, Godard, Gréard, Lapparent, Lavisse, Le Fort, Liard, Manuel, Morel, Mercadier, Merlet, Perrier, Perrot, Pigeonneau, Camille Sée, Jules Simon, Ventejoul.
- Membres du comité d’organisation du congrès inter-national de l’enseignement technique commercial et industriel :
- MM. Buhan, Buisson, Jules Calvé, Cauvet, Cha-
- brier, Compayré, Darlot, Paul Ducos, Gréard, Grelley, Hayem, de Heredia, Jacqmart, Jourdan, Langonet, Laussedat, Manès, Mesureur, Ollen-dorff, Olry, Pasquier, Piault, Poirrier, Rodanet, Roy, Saignat, Salicis, Siegfried, Tolain, Turnet.
- Membres du comité d’organisation du congrès international d’horticulture :
- MM. Bergmann, Bleu, Duchartre, Dybowski, Forgeot, Hardy, Huard, Leroy,Truffaut, Verdier, Vilmorin.
- Membres du comité d’organisation du congrès international d’hydrologie et de climatologie :
- MM. Caulet, Danjoy, Fines, Japhet, Lemoine5 Leudet, Piche, Poincarré, de Ranse, Rénou, Schlemmer, Tillot.
- Membres du comité d’organisation du congrès international d’hygiène :
- MM. Bergeron, Bourneville, Brouardel, Chau-temps, Champeaux, Colin, Corail, Dubrisay, Du-jardin-Beaumetz, Gariel, Gavarret, Grancher, Jacquot, Levraud, Martin, Mayer, Monod, Napias, Nicolas, Peyron, Pouchet, Proust, Siegfried, Strauss, Rochard, E. Trélat, U. Trélat, Thévenot, Vallin, Vaudremer.
- Membres du comité d’organisation du congrès international pour la protection des œuvres d’art et des monuments :
- MM. Auge de Lassus, Bailly, Bœswilwald, Champeaux, Corroyer, Courajod, de Courcelle-Seneuil, Darcel, Daumet, Garnier, Gonse, Guillon, de Lasteyrie, Laurière, Lenoir, Lucas, Magne, Mareuse, Mario, de Marsy, de Ménorval, de Mon-taiglon, Müntz, Normand, Palustre, Rhoné, Sédille, Tranchant, Vitu, Yriarte.
- Membres du comité d’organisation du congrès international de photographie :
- MM. Bardy,Bordet, Becquerel, Chardon, Cornu, Davanne, Gobert, Gauthier-Villars, Guillemiuot, Hainque de Saint-Senoch, Paul Henry, Prosper Henry, Janssen, Lévy, Marey, Martin, Péligot, Perrot de Chaumeux, Pector, Roger, Sebert, Vidal, de Tilecholles, Wolff.
- Membres du comité d’organisation du congrès international de physiologie :
- MM. Arloing, d’Arsonval, Balbiani, Beaunis, Berthelot, Bouchard, Brown-Séquard, Charrin, Chauveau, Corail, Dastre, Duclaux, Dumontpal-lier., Dupuy, Duval, François-Franck, Gley, Gri-maux, Guignard, Jollyet, Lépine, Marey, Ollier. Pasteur, Ranvier, Regnard, Retters, Richet, Rouget, Strauss.
- Membres du comité d’organisation du congrès in~ iernational des sciences géographiques :
- MM. de Bizemont, Gauthiot, Maunoir.
- Membres du comité d’organisation du concours international de thérapeutique :
- MMl Bardet, Blondel, Boymond, Bucquey, Créquy, Delpech, Dujardin-Beaumetz, Féréol, Fernet, Guéneau de Mussy, Labbé, Mayet, Moutard-Martin, Constantin Paul, Petit, Vidal, Vi-gier.
- Membres du comité d'organisation du congrès international de qoologie :
- MM, Balbiani, Barrais, Emile Blanchard, Raphaël Blanchard, Certes, Chapes, Chatin, Cot-teau, Delage, Deniker, Filhol, Fisher, Giard, de Guerne, Jullien, Kunckel d'Hercuiais, de Lacaze, Duthiers, Lortet, Marion, Méguin, Milne-Edwards, Oustalet, Perrier, Pouchet, de Quatrefages, Han-vier, Sabatier, Schlümberger, Eugène Simon, Vaillant.
- Par arrêté en date du 20 juillet 1888, le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a nommé membres du comité d’organisation du congrès international du commerce et de l’industrie :
- MM. Bernard (Martial), membre de la chambre de commerce; Cheysson, ingérieur en chef des ponts et chaussées, ancien directeur du Creu-
- zot ; Donzel, avocat^à la cour d’appel; Grelley, directeur de l'Ecole supérieure du commerce; Laussedat, directeur du Conservatoire des arts et métiers ; Leroy-Beaulieu, membre de l’Institut ; Létrange, industriel, président du comité central des chambres syndicales ; Levasseur, membre de l’Institut, professeur au Collège de France et au Conservatoire des arts et métiers; Marteau, publiciste ; Masson, libraire-éditeur, membre de la chambre de commerce ; Michau, président du tribunal de commerce; Mignon, industriel, constructeur-mécanicien ; Muzet, président de l’Union nationale des chambres syndicales de Paris; Noblemaire, directeur de la Compagnie des chemins de fer Paris-Lyon-Méditerranée; Piault, président du conseil d’administration de l’Ecole supérieure de commerce ; Poirrier, président de la chambre de commerce ; Prevet, député ; Rondot (Natalis), membre de la commission pour la fixation des valeurs en douanes ; Roy, ancien président de la chambre de commerce ; Scheurer-Kestner, sénateur ; Seigfried (Jacques), membre du conseil supérieur de l’enseignement technique.
- M. le président du tribunal de commerce de Lille.
- M. le président de la chambre de commerce de Bordeaux.
- M. le président de la chambre de commerce du Havre.
- M. le président de la chambre de commerce de Lyon.
- M. le président de la chambre de commerce de Marseille.
- M. le président de la chambre de commerce de Rouen.
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- NOMINATION
- D’un membre du comité d’admission d’installation de la classe XVI
- Par arrêté, en date du 16 juillet 1888, du ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, M. le colonel Derrecagaix, directeur du service géographique de l’armée, a été nommé membre des comités d’admission et d’installation de la classe 16 (cartes et appareils de géographie et de cosmographie, topographie, modèles, plans et dessins du génie civil et des travaux publics), en remplacement de M. le général Perrier, décédé.
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- NOMINATION
- de M. Alfred Picard à la présidence du Groupe VI
- Nous apprenons avec satisfaction qu’un nouvel, hommage vient d’être rendu à l’industrie des chemins de fer. M. Alfred Picard, ancien directeur-général des chemins de fer au Ministère des Travaux publics et président de la classe 61 (chemins de fer), à l’Exposition universelle de 18S9, a élu il y a quelques jours, à l’unanimité des voix de ses collègues, président du groupe VI (classe. 48 à 66 inclusivement), en remplacement de.-M. Hervé Mangon, décédé.
- C’est la un choix auquel applaudissent de tout cœur ceux qui ont pu apprécier les idées élevées et la haute compétence de l’éminent président de la section des Travaux publics au Conseil d’Etat.
- INSTALLATIONS DIVERSES
- Sous ce titre, nous insérerons dorénavant. tous les renseignements qui nous parviendront concernant les différentes expositions projetées et dont l’installation aura lieu soit dans le Champ-de-Mars, soit dans les annexes.
- La musique à l’Exposition rétrospective du travail
- La Commission chargée d’organiser l’Exposition rétrospective du travail en ce qui concerne les instruments de musique se propose de mon-
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- Quatrième Année. — N° 188. LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889. Dimanche 5 Août 188S. — un.
- trer les procédés et les transformations de la facture instrumentale depuis ses origines jusqu’aux temps modernes, au moyen des instruments eux-mêmes ou de leurs organes les plus importants, et aussi les outils spéciaux servant à les fabriquer. MM. les collectionneurs, amateurs ou facteurs d’instruments qui voudront bien apporter leur concours à cette exposition à la fois artistique et technique sont priés d’adresser les renseignements sur les objets qu’ils possèdent et qu’ils croiront pouvoir y figurer, à M. Léon Pillaut, conservateur du musée des instruments au Conservatoire national de musique et membre du comité d’organisation de l’Exposition rétrospective du travail, section 2, arts libéraux.
- Ministère de la marine
- L’Exposition particulière du ministère de la marine à l’Exposition universelle de .1889 sera installée à l’Esplanade des Invalides, à côté de celle du ministère de la guerre, sur un terrain compris entre le quai et la rue de l’Université, du côté de la rue Faber.
- M. Vegos, ingénieur, a été chargé de la construction du pavillon et des annexes réservées à cette exposition qui comprendra le matériel de combat en usage depuis 1878, les engins et les appareils de l’Etat, des plans photographiés et des réductions de nos différents navires de guerre, etc.
- Une sphère gigantesque
- Il paraît que la tour Eiffel ne suffit pas à nos ingénieurs qui veulent, à toute force, faire grand.
- Deux géographes, MM. Filon et Cardeau se proposent de construire dans le parc de l’Exposition universelle une gigantesque sphère terrestre qui mesurerait quarante mètres de circonférence.
- Ce « monument », qui pourrait tourner sur lui-même, serait recouvert extérieurement d’une carte très détaillée de la terre, contenant les dernières '! découvertes faites par les géographes, (carte physique, politique, industrielle, commerciale, agricole, etc.)
- Des galeries permettraient au public de faire, sous différentes latitudes, le tour du monde en quelques minutes.
- Qu’est-ce qu’on pourrait bien encore construire de très grand ?
- Un « train continu » au Ghamp-de-Mars
- Parmi les attractions que l’Exposition de 1889 offrira à la curiosité de ses visiteurs, il y aura, parait-il, un « chemin qui marche » ou c train continu » permettant de faire le tour complet du Champ-de-Mars sans se fatiguer.
- Ce « train continu » consistera en un chapelet de quatre cents wagons plats, analogues à ceux qui transportent les . marchandises, roulant sur une voie circulaire et formant un cercle fermé, de façon que le wagon de tête sera accroché au wagon de queue.
- Sur ces wagons sera placé un plancher en bois de trois mètres de largeur, sur lequel il suffira de monter pour se trouver transporté à volonté d’un point à un autre.
- Ce plancher sera au ras du sol, car le « train continu », roulera au fond d’une petite tranchée en maçonnerie de 1 m. 5o de profondeur environ sur 2 m. de large, dont il remplira à peu près exactement le pourtour.
- En un mot, le « chemin qui marche », sera un long ruban sans fin, mouvant, à fleur de terre, sur lequel on pourra circuler, qu’on pourra prendre ou quitter à volonté.
- Afin que la montée ou la descente se fasse sans aucune difficulté, la vitesse sera assez faible pour que toute personne valide puisse à tout moment y avoir accès; en outre, toutes les minutes il y aura un arrêt de i5 secondes, indiqué par des signaux, permettant de laisser monter, descendre ou traverser, les femmes, les enfants, les vieillards.
- Ce train sera mis en mouvement par l’électricité
- La musique italienne à l’Exposition de 1889
- L’éditeur Sonzogno, de Milan, a l’intention de participer à l’Exposition de 1889, non seulement
- comme exposant de ses éditions, mais encore, ce qui sera bien plus intéressant, comme exposant, en quelque sorte, du mouvement musical italien depuis 1878.
- A cet effet, il vient d’adresser tout un projet aux directeurs de l’Exposition. Il s’agirait d’une série de six grands concerts qui seraient donnés au Trocadéro, avec l’orchestre et les chœurs du Cos- ; tanzi, de Rome. j
- Dans ces six grands concerts de musique vocale j et instrumentale, on passerait en revue, avec l’aide i des meilleurs artistes d’Italie, les compositions et fragments d’opéra qui pourraient donner la meilleure idée du progrès musical réalisé, dans la péninsule, pendant ces dix dernières années. Il y aurait aussi un concert purement historique, qui commencerait à Palestrina pour finir à Verdi.
- En même temps, M. Edouard Sonzogno ferait une saison d’opéra italien de deux mois dans un grand théâtre de Paris, qui sera probablement la Gaîté, avec tous les artistes du genre les plus éclatants, à commencer par la Patti, si on peut l’avoir.
- L’histoire de la Révolution
- Indépendamment des expositions qui auront leur place au Champ-de-Mars en 1889, il en est de très intéressantes aussi sur d’autres points. Nous signalerons notamment celle qui doit réunir les plus curieux souvenirs, comme objets d’art et documents divers se rattachant à l’histoire de la Révolution.
- La Société de l’Histoire de la Révolution française, dont le président d’honneur est M. Carnot, a obtenu de M. le ministre de l’instruction publique, la salle des Etats du Louvre pour y organiser son exposition. Cette salle sera divisée en trois sections correspondant, la première à la Constituante, la seconde à la Legislative et à la Convention, et la troisième au Directoire.
- Dans chacune de ces sections seront exposés, selon l’ordre chronologique, les tableaux, portraits,estampes, documents, manuscrits, journaux, affiches, monnaies, médailles, faïences et meubles de l’époque révolutionnaire. La Société de l’histoire de la Révolution fait, dans ce but, appel à tousles amateurs et collectionneurs qui voudraient contribuer à cette exposition qui s’ouvrira probablement en mars 1889.
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- LES COLONIES FRANÇAISES
- A L’EXPOSITION DE 1889
- Sous ce titre nous publierons à l’avenir toutes les nouvelles et faits concernant la participation de nos colonies à la prochaine Exposition :
- Exposition coloniale
- Voici quelques renseignements sur l’organisation de l’exposition coloniale.
- Les constructions coloniales qui s’élèveront sur l’Esplanade des Invalides donneront à la vaste place un aspect animé et varié. Ici, l’Exposition tunisienne avec ses souks, ses marchands aux costumes éclatants, ses cafés, ses restaurants et ses concerts, d’un caractère si original et coloré; là, un village sénégalais au-dessus duquel se dressera la tour de Saldé et un blockhaus; là, des villages Pahouin (Gabon), Alfourou (Congo), Tahitien, des cases canaques entourant la case d’un chef et formant village à côté de la maison d’un colon concessionnaire. L’Inde y sera représentée par une pagode hindoue et par celle d’Angkor, avec l’allée du Sphinx; les Antilles, par une maison créole à un étage avec sa vérandah et ses comptoirs de dégustation ; PIndo-Chine, par un palais cochin-chinois et un palais cambodgien.
- On y verra aussi un théâtre annamite ; un village tonkinois, avec une pagode, des tombeaux et des miradors ; des lacs artificiels initieront les visiteurs à la navigation et à la pêche
- de ces contrées. Et au milieu de ces installations exotiques, se verront des uniformes de tirailleurs algériens, tonkinois ou sénégalais, des cipayes et des spahis.
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- Exposition de ITndo-Clüne
- Les dernières nouvelles que nous avons reçues de PIndo-Chine nous apprennent que les Comités d’organisation de la Cochinchine, du Tonkin, de l’Annam et du Cambodge s’occupent activement de réunir tous les objets qui doivent figurer à l’Exposition de 1889.
- De leur côté les architectes coloniaux,M. Fou-Ihoux, architecte en chef des bâtiments civils de la Cochinchine, et M. Fabre, architecte et directeur des travaux publics au Cambodge, fon faire sur place, par des ouvriers spécialistes, les charpentes et les sculptures qui doivent donner à chacun des trois pavillons de PIndo-Chine un caractère annamite, tonkinois ou cambodgien.
- C’est dans les premiers jours du mois d’octobre qu’arriveront en France les architectes de PIndo-Chine; ils apporteront avec eux les charpentes et toutes les parties des pavillons qui sont exécutées par les ouvriers indigènes.
- Ces pavillons pourront être construits pendant l’hiver, et ne craindront pas la pluie ni les frimas, car on compte se servir du procédé employé en Cochinchine et qui consiste à protéger l’emplacement où l’on élève des constructions, pendant la saison pluvieuse, au moyen de charpentes en bambous recouverts de payottes dont la légèreté jointe à l’extrême rigidité, fera l’admiration de nos architectes parisiens.
- Nous ajouterons que cette Exposition est faite entièrement par PIndo-Chine qui fournit les fonds nécessaires et les fonctionnaires char-• gés de son organisation.
- Le commissaire général de l’Exposition indochinoise, M. Moquin Tandon, qui a rempli les mêmes fonctions à l’Exposition internationale de Calcutta, est déjà arrivé en France, en congé de convalescence, il sera sous peu à même de s’occuper de l’organisation de sa section.
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- Le Tonkin
- On lit dans Y Avenir du Tonkin du 2 juin :
- Notre confrère du Courrier d’Haïphong manifeste des craintes bien exagérées pour la participation du Tonkin à l’Exposition de 1889.
- Nous sommes en mesure de pouvoir affirmer, dès maintenant, que le Tonkin figurera dignement dans la section coloniale; il est même à craindre que la place réservée à notre colonie ne soit trop petite pour contenir les nombreux produits de toute espèce qui y seront envoyés,
- La dépêche reçue dernièrement ne dit pas que les crédits sont refusés ; le chiffre demandé n’est d’ailleurs pas aussi gros que le dit notre confrère.
- D’après le Courrier d’Haïphong, la Commission serait responsable si le Tonkin était mal représenté, parce qu’elle aurait fixé un chiffre trop élevé.
- Notre confrère oublie que, depuis la séance à laquelle il fait allusion, les temps sont bien changés. A cette époque, on voulait faire grand, on déclarait que des crédits étaient assurés, mais qu’il en faudrait d’autres ; l’exposition du Tonkin devait être une manifestation éclatante; il n’était pas question de parcimonie et d’économies de bouts de chapdelle; il suffit, à ce propos, de reproduire le passage suivant de la réponse que faisait M. Constans, à la Chambre de commerce, à son arrivée à Hanoï.
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- 1112. — Quatrième Année. — N° 188.
- « Comme vous' le demandez, je ferai tout mon possible, pour que le Tonkin, avec ses riches produits naturels, figure dignement et largement à l’Exposition de 1889.
- « Je me suis entendu avec le département à Paris, à ce sujet, et, d’autre part, je puis vous promettre que des fonds sur le budget de l’Indo-Chine seront réservés pour cet objet. »
- Il est facile de se rendre compte que la Commission n’a pas agi sous sa propre inspiration en obéissant à un regrettable emballement spontané.
- Sans se laisser inquiéter outre mesure, la Commission poursuit sa tâche avec dévouement : les travaux préparatoires du Comité exécutif sont terminés, les envois des sous-comités des provinces commencent déjà à parvenir à Hanoï, où ilssont classés.
- Si l’on en juge par l’encombrement du local préparé à cet effet, il est à présumer que les produits tonkinois ne manqueront pas.
- En -présence d’un tel amoncellement de richesses naturelles qui attireront forcément l’attention des industriels et négociants français, on sera bien forcé de rendre justice à notre colonie.
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- LES ÉTRANGERS A L’EXPOSITION
- DE 1889
- Angleterre
- Londres, 22 juillet.
- Hier dans la soirée, un banquet offert par le lord-maire aux membres du comité anglais à l’Exposition de 1889, a eu lieu à Mansion-House.
- MM. Berger et Waddington y assistaient.
- Plusieurs discours ont été prononcés et ont permis de voir que l’Exposition anglaise promet d’être très brillante.
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- Brésil
- Le concours ouvert par le Comité franco-brésilien, pour la construction du Palais brésilien à l’Exposition universelle de 1889, a été jugé le 17 juillet, comme suit : i'er prix, M. Louis Dauvergne ; 2° prix, M. Lequeux ; 3° prix, M. Esquié, architectes à Paris.
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- Espagne
- La chambre de commerce espagnole établie à Paris vient d’envoyer au ministre des affaires étrangères d’Espagne, par l’intermédiaire de-M. Léon y Castillo, ambassadeur, une proposL tion concernant l’Exposition universelle.
- Le bureau de la chambre de commerce propose une liste de personnalités notables de la colonie espagnole qui pourraient se constituer extra-officiellement en comité de direction pour encourager la participation privée. Cela éviterait la nomination d’une délégation espagnole.
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- Mexique
- Le 14 juillet a eu lieu à Mexico, au palais municipal, le concours musical et littéraire des œuvres à envoyer à l’Exposition universelle de i889-
- Il a été présenté 40 compositions musicales et 20 poésies.
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- Italie
- Le Comité national pour le concours des Italiens à l’Exposition universelle de Pans en 1889
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- (section de Paris) a adressé aux Italiens l’appel suivant :
- Appelés à l’honneur de former la section parisienne du Comité national pour la participation des Italiens à l’Exposition de 1889, nous avons accepté la mission de préparer la section italienne au Champ-de-Mars.
- Nous avons accepté sans hésitation, dans la certitude de coopérer à une entreprise noble, à une œuvre patriotique.
- Nous montrer dignes du nom que nous portons, donner un témoignage de sympathie au pays dont nous sommes les hôtes, voilà les deux buts qui nous animent au travail. .
- Les millions d’étrangers qui viendront de tous pays et qui ont entendu retentir le nom glorieux de l’Italie, doivent voir flotter notre drapeau au congrès pacifique des nations civilisées.
- Nous devons leur prouver que nous sommes revenus non seulement à la grandeur politique, mais encore que désormais dans les industries et dans les arts nous occupons dignement notre place.
- Nous pouvons apprécier, mieux que tout autre, les bénéfices qui résulteront de notre présence à l’Exposition de Paris, car nous vivons dans ce pays qui a toujours accueilli avec bienveillance les exilés italiens.
- Les amitiés se basent sur la connaissance et l’estime réciproques; notre œuvre servira à nous révéler tels que nous sommes et contribuera à resserrer les sympathies qui sont dans le cœur de tous.
- En 1889, le Champ-de-Mars sera le grand marché industriel qu’aucun rempart ne pourra restreindre. Que nos industriels le sachent ! Et que.nos artistes n’oublient pas que Paris a toujours fêté l’art italien !
- Aux uns et aux autres, nous répétons l’invitation chaleureuse du Comité central de Rome.
- Nous comptons sur la coopération de toutes les bonnes volontés et sur le concours promis par le gouvernement à l’initiative privée, qui désire rendre un service au pays et aux causes désormais inséparables de la paix et de la liberté.
- Paris, 18 juillet 1888.
- Pour le comité :
- Le président : Camondo.
- Les vice-présidents : Cavaglion, Magagna, Pasini, Vivante.
- Les vice-présidents honoraires : Galante,
- Turr.
- Le président de la commission de la presse :
- Caponi.
- Le secrétaire général : Gentili.
- A Milan, entre autres, l’activité est grande en faveur de la participation de l’Italie à l’Exposition de 1889.
- Voici, en effet, ce qu’annonce une dépêche récente datée de cette ville :
- Ici on s’occupe activement de la participation de l’Italie à l’Exposition universelle de Paris. La chambre de commerce va envoyer des circulaires à tous les industriels.
- Le Secolo invite les Italiens à prendre part à l’Exposition pour montrer les progrès réalisés par l’Italie, non seulement dans les arts, mais aussi dans les industries des produits mécaniques, textiles et agricoles.
- Le Secolo conseille de constituer dans toutes les villes des comités spéciaux ; il dit que l’Italie nouvelle doit être représentée à l’Exposition de Paris, pour montrer au monde qu’elle est digne d’occuper une place honorable dans la civilisation.
- Dimanche 5 Août 1SS8
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- Portugal
- Le ministre des affaires étrangères vient d'informer le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition de 1889, que le gouvernement portugais a autorisé la réimportation en franchise, pendant un délai de neut mois, de tous les produits qui auront été envoyés à l’Exposition.
- Cette mesure témoigne des bonnes dispositions du gouvernement portugais à l’égard de ceux de ses nationaux qui voudront prendre part à l’Exposition de 1889.
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- Canada
- Le ministre du commerce et de l’industrie vient de recevoir une communication au sujet de la participation des Canadiens à l’Exposition. Un comité s’est formé à Québec; il demande qu’on assure une place importante au Canada.
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- Colonie du Cap
- Un télégramme du consul de France au Cap vient d’informer le commissariat général de l’Exposition que la participation des industriels du pays était considérée comme assurée. Le gouvernement de la colonie va proposer aux Chambres un crédit pour faciliter aux exposants l’expédition de leurs produits.
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- Japon
- Le ministre du commerce et de l’industrie vient d’être informé par le gouvernement japonais que M. Yanagaya, secrétaire au département de l’agriculture et du commerce, est adjoint à MM. Tanakuck et Okoski en qualité de délégué du Japon à l’Exposition universelle de 1889.
- M. Yanagaya est spécialement chargé de l’organisation de la participation japonaise.
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- Australie.
- Une dépêche de Melbourne annonce que le cabinet vient de décider qu’une subvention de 10,000 liv. st. sera demandée à la Chambre pour les participants australiens à l’Exposition de Paris.
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- Russie
- On vient d’ouvrir, à Saint-Pétersbourg, une souscription dont le montant est destiné à la construction d’une réduction de la cathédrale de Saint-Isaac. Cette réduction serait élevée dans le parc de l’Exposition de 1889 et serait donnée, à la fermeture de l’Exposition, à la Ville de Paris.
- EXPOSITION DE BRUXELLES
- Le Gouvernement belge vient d’organiser à Bruxelles, à l’occasion du Grand Concours des Sciences et de l’Industrie et de l’Exposition universelle, ouverts à l’ancienne Plaine des Manœuvres, une double exposition d’Art qui semble appelée* à un éclatant succès. La première est une Exposition ancienne d’Art industriel. Les indus tries d’art cdu passé, mobilier civil et religieux, tapisseries, céramique, émaux, bronze, orfèvrerie, y sont représentées par une réunion de chefs-d’œuvre de tout genre et de toute provenance. Le comité a mis une année à rassembler cette collection sans rival, pour laquelle les trésors des églises et les cabinets les plus célèbres de l’Europe,
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- EXPOSITION UNI#SELLE DE 1889
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- Palais du Champ de Mars. Galerie des Expositions diverses.
- à 5 Août 1888.
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- Quatrième. Année. — N° i88.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1SS9,
- Dimanche 5 Août 18SS. — in3.
- ont été mis à contribution, et dont aucun Musée peut-être ne pourrait offrir l’équivalent. A côté de cette exhibition merveilleuse, et dans le même bâtiment, s’ouvre une exposition d’Art monumental dans laquelle sont représentés, soit par des ceuvres originales empruntées aux édifices eux-mêmes, soit par des esquisses, études, photographies, les travaux de peinture ou de sculpture qui ont été exécutés depuis le commencement du siècle dans les principaux monuments publics de l’Europe, églises, palais, hôtels de ville, palais de justice, écoles, théâtres, etc. Le magnifique musée d’Art monumental et industriel de Bruxelles fait une introduction grandiose à ces deux expositions, et les trois collections réunies forment un ensemble vraiment unique pour les artistes et les connaisseurs.
- Le jury international des récompenses de l’Exposition universelle de Bruxelles doit commencer ses opérations dans les premiers jours d’août. On termine, au commissariat général de la section française, le travail des propositions pour les jurés français dont la nomination sera sanctionnée par arrêté royal.
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- LE BOIS PRÉCIEUX DU MEXIQUE
- A L’EXPOSITION DE 1889
- Le ministre des travaux publics du Mexique vient d’adresser aux propriétaires, constructeurs, manufacturiers, ébénistes, etc., une circulaire fort intéressante au sujet des bois précieux que le Mexique se propose d’envoyer à la prochaine Exposition de Paris.
- Ce produit du pays, l’un des plus riches du sol mexicain, sera présenté sous une forme qui fera ressortir aussi bien sa grande variété que ses qualités supérieures.
- Il a été décidé, en effet, par la Commission chargée de cette section, que toute la charpente nécessaire à l’édification du Pavillon mexicain à l’Exposition de Paris, ainsi que le mobilier et les accessoires, seront construits exclusivement, et dans la mesure du possible, en bois précieux du Mexique. De cette manière, les bois mexicains attireront mieux l’attention, leur demande sur les marchés étrangers sera plus considérable et leur prix plus élevé.
- La circulaire termine en invitant les industriels qui s’occupent de cette partie, à préparer leurs produits pour le mois d’août prochain, afin que le ministère puisse les recueillir et les faire transporter pour son compte à Paris.
- ÉCHOS
- crédits accordés aux ministères pour l’exposition de 1889.
- La Chambre des députés et le Sénat — ainsi que nous l’avons annoncé — ont voté les crédits demandés par les différents départements ministérielles, en vue de leur participation à l’Exposition universelle de 1889. Voici comment la dépense se répartit entre les divers ministères :
- F ranc s
- Instruction publique...................... 400.000
- Beaux-Arts.............................. 1,159,000
- Travaux publics................... . . . 185,000
- Guerre.................................... 800,000
- Marine.................................... 344,012
- Colonies.................................. 585,000
- Intérieur 160,000
- Algérie................................... 300.000
- Affaires étang-ères........................ 50,000
- Agriculture............................. 1,685,000
- Commerce................................... 45,000
- Justice ................................... 47,000
- Finances.................................. 200,000
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- l’exposition des ports maritimes
- Les chambres de commerce des ports maritimes sont invitées par le directeur général de l’exploi-tation. à se concerter en vue d’une exposition commune et spéciale de leurs installations et les °bjets de leur trafic.
- Une surface de 500 mètres est mise à leur disposition, si elles veulent y édifier un pavillon à leurs frais.
- projet décoratif de la porte b’entrée de la
- S ECTION DES MANUFACTURES NATIONALES
- L’Etat vient de faire la commande suivante :
- MM. Luc-Olivier Merson, peintre, et Sédille, architecte, ont été chargés de l'ornementation et de la décoration de la porte qui donnera accès oans la section des manufactures nationales des Gobelins, de Sèvres et de Beauvais à l’Exposition universelle. Cette porte sera exécutée en mosaï--que. M. Gerspach, Directeur des Gobelins et de l’Ecole de mosaïque, s’est entendu hier avec les deux éminents artistes, en vue de l’adoption du projet définitif. Ce projet, très sobre, comporte deux personnes, sur chacun des côtés, symbolisant l’art de la tapisserie et l’art de la mosaïque.
- * *
- LE CHANTIER DE LA TOUR EIFFEL INONDÉ
- Mercredi matin, à cinq heures et demie, au moment où les ouvriers employés au chantier de l’Exposition se mettaient au travail, le béton de la chaussée du quai d’Orsay se souleva tout à coup près du pont d’Iéna.
- Une immense gerbe d’eau jaillit par une large fissure.
- En moins d’une demi-heure, grâce à la déclivité du terrain vers la tour Eiffel, l'emplacement compris entre les quatre piles de la base fut inondé.
- Le sol était recouvert d’une nappe d’eau profonde d’au moins 60 centimètres.
- Les deux petits lacs creusés de chaque côté de la tour débordèrent bientôt. La tour se reflétant sur la surface liquide, semblait tout à coup parvenue à la hauteur qu’elle doit atteindre. En effet, on voyait distinctement son image reproduite dans l’eau et l’agrandissant par conséquent de 110 mètres en profondeur. Le spectacle était des plus curieux.On eut ditles deuxailesgigantesques d’un moulin rayonnant de' l’énorme disque formé » par le demi-arc de la tour et par sou reflet.
- A six heures, les employés de la Compagnie des Eaux, qu’on était allé prévenir, arrivaient sur le lieu de l’accident. /
- Les robinets voisins furent immédiatement fermés, et l’on put alors se rendre compte du dommage.
- Une conduite en fonte, établie depuis deux ans à peine, était crevée sur une longueur d’environ deux mètres.
- L’accident n’a pas eu d’autre suite et les travaux n’ont pas été interrompus un seul instant. Les eaux, en effet, défonçant quelque peu le terrain, mais sans y séjourner, sont allées se jeter dans les deux petits lacs de la tour et se sont ensuite écoulées lentement.
- SUBVENTIONS DD CONSEIL MUNICIPAL
- AUX DÉLÉGATIONS OUVRIÈRES
- Dans sa séance du 20 juillet dernier, le Conseil municipal de Uaris a voté différentes subventions demandées par plusieurs délégations ouvrières, par l’entremise de leurs chambres syndicales, en vue de leur faciliter la visite des expositions de Copenhague, Barcelone, Glascow et Melbourne.
- Le montant de la somme votée, qui s’élève à 35,000 francs, sera versée entre les mains de M. Augé, secrétaire des chambres syndicales de la Bourse du travail, pour être réparti de la façon suivante :
- 14,000 francs aux vingt délégués de l’exposition de Copenhague ;
- 10,500 francs aux quinze délégués de l’exposition de Barcelone ;
- 10,500 francs aux quinze délégués de l’exposi-tian de Glascow..
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- LES DEMANDES D’INST ABLATION
- A L’EXPOSITION DE 1889
- Notre excellent confrère, le Travail, a publié dans son numéro du 22 juillet les lignes suivantes que nous croyons devoir reproduire, car nous nous rallions complètement à sa manière de voir :
- Aux termes des arrêtés ministériels, les Comités d’admission de l’Exposition universelle de
- 1889 devaient terminer leurs travaux et être immédiatement remplacés par les Comités d’installation, à la date du iermars 1888.
- En réalité, les Comités d’admission continuent à fonctionner depuis cette époque, et fonctionneront peut-être encore pendant de longs mois pour examiner les demandes des retardataires intéressants.
- Cette tolérance s’explique et ne peut qu’être louée, si la mesure conserve un caractère général et si elle s’applique sans distinction à tous les industriels méritoires qui sollicitent l’autorisation d’exposer depuis la clôture officielle de la réception des demandes.
- Parallèlement aux Comités d’admission, fonctionnent les Comités d’installation. Les uns et les autres ont pour chaque classe le même bureau, et quelques membres (quatre au moins) communs. Actuellement, si les instructions de M. le Directeur général Berger ont été suivies, tous les Comités d’installation doivent avoir choisi leur architecte et écrit aux exposants pour leur indiquer l’espace qui leur est accordé et le prix de revient de leur installation.
- Cependant quelques industriels (ayant adressé leur demande bien avant le ier mars) n’ont encore reçu aucune communication.
- Serait-ce que les Comités des classes dont dépendent ces industriels n’ont pas encore suivi les instructions de M. Berger ?
- Non certes, car d’autres industriels exposant dans les mêmes classes ont déjà été avertis ; ils savent qu’ils sont admis et peuvent d’ores et déjà commencer à fabriquer les articles qu’ils destinent à l’Exposition.
- La vérité est que, pour une raison ou pour une autre, certains industriels n’ont pas été admis par les Comités. Mais peut-être les raisons qui ont fait prononcer ces exclusions ne sont-elles pas très bonnes. 11 en résulte que les Comités se gardent bien d’informer les intéressés de leur décision. Ils craindraient sans doute que les industriels exclus ne fissent appel, comme c’est leur droit, devant le Comité supérieur de révision.
- De telle sorte que les exclus ne connaissent point leur sort, et ne le connaîtront officiellement jamais; ils s’apercevront bien au moment où on commencera à expédier les marchandises qu’ils ne sont pas admis à expédier les leurs ; mais ils ignoreront pour quelles raisons on les a éliminés. Même ils pourront croire simplement à une erreur matérielle, et que leur demande n’est pas parvenue à l’administration, car on n’a pas accusé réception des demandes.
- Une semblable situation est intolérable, et il appartient à M. G. Berger d’y porter remède.
- Le devoir strict des Comités est d’indiquer aux industriels, à tous les industriels qui ont sollicité l’honneur d’exposer leurs produits, quel sort a été réservé à leur demande, s’ils sont admis ou refusés.
- En même temps que les certificats d’admission, l’administration doit expédier des lettres d’avis informant les exclus de leur élimination. Ceux-ci pourront alors se pourvoir immédiatement devant le conseil supérieur de révision, et si l’errenr ou la malveillance se sont glissées dans les décisions , des jurys, le Comité supérieur saura faire bonne justice.
- En agissant ainsi, les Comités ont tout à gagner, rien à perdre. On n’a pas à craindre, en effet, que le Comité supérieur laisse, par une tolérance trop large, pénétrer dans l’Exposition universelle des exposants qui n’y devraient pas figurer, et, d'autre part, la cour d’appel ayant prononcé, la loyauté des Comités d’admission ne pourra plus être mise en cause.
- Argus.
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- ii 14- — Quatrième Année. — N° 188.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 5 Août 1888.
- L'EXPOSITION D'ÉCONOMIE SOCIALE
- Un journal qui s’occupe de questions économiques et sociales, la Lanterne, public dans son numéro du 2 5 juillet les renseignements intéressants qui suivent, au sujet de cette Exposition :
- On sait qu’à l’Exposition de 1889 prendra place une exposition d’économie sociale.
- Elle se compose actuellement de i5 sections:
- i° Rémunération du travail ; 20 participation aux bénéfices î associations coopératives de pro. duction ; 3° syndicats professionnels ; 40 apprentissages ; 5° sociétés de secours mutuels ; 6° caisses de retraite et rentes viagères ; 70 assurances contre les accidents et sur la vie; 8° épargne; 90 associations coopératives de consommation ; io° associations coopératives de crédit; ii° habitations ouvrières ; 120 cercles d’ouvriers ; récréations et jeux ; 13°hygiène sociale ; 140 institutions diverses créées par les chefs d’exploitation en faveur de leur personnel; i5° grande et petite industrie, grande et petite culture.
- Hier, MM. Léon Donnât et Yves Guyot ont été entendus par la commission supérieure, présidée par M. Siegfried, pour exposer les motifs qui leur ont fait demander avec MM. Burdeau, Fernand Faure, députés; Saint-Martin, conseiller municipal; Beurdeley, maire du VIIIe arrondissement, la création d’une nouvelle section.
- Voici la thèse qu’ils ont développée :
- Certains politiques n’hésitent pas à déclarer que les pouvoirs publics ont le devoir d’intervenir dans le but d’atténuer ou de faire disparaître par les lois, par les règlements et à l’aide des ressources fiscales, les inégalités qui existent entre les citoyens ; ils espèrent qu’on arrivera par des arrangements d’autorité à améliorer rapidement les conditions sociales, surtout le sort des ouvriers. Il y a même des doctrines qui, rejetant la libre concurrence comme un principe dangereux, fondent, sur un ensemble de services dirigés par l’Etat ou par la commune, l’organisation industrielle et agricole du pays.
- A quelque point de vue qu’on se place, il est indispensable de connaître les faits, il importe d’examiner s’ils donnent tort ou raison aux partisans absolus des services collectifs, aux détracteurs systématiques de toute liberté dans le régime du travail.
- Ce qu’il convient également de mettre en lumière, c’est si les procédés que l’on recommande comme une innovation propre ànotre temps n’ont pas leur équivalent à des époques anciennes, de telle sorte que l’on puisse déduire, des résultats constatés dans le passé, de sûres indications pour l’avenir.
- Pour ce motif, il semble utile de créer dans l’exposition d’économie sociale un 160 groupe ayant pour titre :
- JJintervention économique des pouvoirs publics
- Les exposants ne seraient plus ici des établissements particuliers, mais les divers Etats ou les différentes régions d’un même Etat.
- Chacun d’eux montrerait par des textes imprimés, par des documents manuscrits, par des tableaux de statistique, par des graphiques, les lois et règlements édictés par les pouvoirs publics, les institutions créées ou subventionnées par eux dans le but de compléter l’initiative privée, de la régler, de se substituer à elle ou même de la combattre, ainsi que les résultats obtenus à l’aide de ces institutions ou de ces lois.
- Un comité spécial serait chargé d’examiner, d’analyser, de résumer les documents produits dans ce seizième groupe.
- Détails du programme
- Voici l’énumération, non limitative, des faits que ces documents auraient à mettre en relief.
- Intervention des pouvoirs publics dans le contrat d’échange et dans le contrat du travail.
- Réglementation de la durée et du mode de travail par l’Etat ou par les municipalités.
- Fixation d’un salaire minimumpourles ouvriers: série de prix pour les travaux des villes.
- Tarification du prix de certaines marchandises.
- Taxe du pain, taxe de la viande.
- Minoteries, boulangeries et boucheries municipales ; restaurants populaires et municipaux ; pharmacies municipales, bains publics, bazars municipaux.
- Magasins municipaux pour les matières pre- ' mières et pour les outils des associations ouvrières.
- Travaux publics considérés comme annexes de l’assistance publique.
- Entreprises municipales pour le transport en commun des voyageurs, pour l’éclairage des villes, par le gaz ou l’électricité.
- Construction et exploitation par l’Etat des chemins de fer et des canaux.
- Bureaux de placement avec ou sans monopole. Bourse du travail.
- Monts-de-Piété.
- Banques de crédit nationales ou municipales pour les ouvriers ou les associations ouvrières.
- Avances ou subventions consenties par les villes ou par l’Etat aux Sociétés coopératives de production.
- Responsabilité légale des patrons en cas d’accidents ; assurances facultatives ou obligatoires contre ces accidents.
- A Constructions d’habitations ouvrières faites par les municipalités ou avec leur intervention.
- Influence des lois qui règlent la transmission de la propriété ; loi dite de homestead pour la protec. tion du foyer domestique.
- Hygiène publique officielle ; laboratoires municipaux.
- Régime fiscal ou légab des boissons dans ses rapports avec la liberté du travail.
- Intervention des pouvoirs publics dans les conflits entre les patrons etles ouvriers; subventions accordées aux grévistes par les villes.
- Intervention des pouvoirs publics pour favoriser ou restreindre l’émigration ou l’immigration ; taxe de séjour prélevée sur les ouvriers étrangers ; naturalisation .
- Concurrence commerciale faite aux marchands sédentaires par les marchands des quatre-saisons et les marchands forains.
- Un tel inventaire ne constituerait pas seulement des cahiers nationaux, il s’appliquerait à l’ensemble des pays exposants .et donnerait pour chacun d’eux le bilan des procédés employés avec succès par les pouvoirs publics pour satisfaire aux conditions modernes du travail agricole et industriel.
- MM. Léon Donnât et Yves Guyot ont répondu à diverses questions qui leur ont été posées. La commission supérieure doit statuer, dans un bref délai, sur l’adoption de ce projet de' section. On voit quel intérêt il présenterait.
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- AVIS COMMERCIAUX
- ESPAGNE
- PROJETS D’AMÉLIORATION DU PORT DE MALAGA
- Les pressantes réclamations du commerce ma-laguègne contre l’état dans lequel se trouve actuellement le port de cette ville ont fait reconnaître la nécessité de transformer et de réorganiser ce centre important du trafic maritime sur les côtes méditerranéennes.
- Le Conseil des Ministres vient d’approuver et se dispose à faire voter par les Cortès un projet de travaux qui lui a été soumis par « la Junta de Puerto » de Malaga.
- Ce projet consiste à reprendre les constructions des jetées de l’est et de l’ouest du port actuel, en vue d’élargir son en ceinte dans des proportions considérables.
- La première de ces jetées s’étendrait sur une ligne droite de 3q5 m. 5o, et se terminerait par une courbe do 3oo mètres de rayon et deq38 m. 48 de circonférence.
- La jetée de l’ouest, d’une longueur rectiligne de 335 mètres, se raccorderait avec une courbe d’un rayon de 243 mètres et d’une circonférence de 357 mètres.
- L’étendue du port serait de 668,686 mètres carrés.
- L’ensemble des travaux s’élèverait à la somme de 12 millions de francs.
- Le Consul de France à Malaga, à qui sont dues les informations qui précèdent, se réserve de revenir sur ce sujet qui intéresse notre commerce extérieur.
- MEXIQUE
- EXPORTATION DES PRODUITS AGRICOLES
- Le Président de la République mexicaine vient de rendre un décret aux termes duquel les produits de l’industrie agricole ne seront plus sujets à l’impôt du timbre, à leur exportation du pays.
- Les exportateurs présenteront aux administrateurs de douanes maritimes et frontières la facture de leurs marchandises, pour que les employés s’assurent de la quantité des objets compris dans ladite facture et certifient au bas du document la constatation opérée, ainsi que la sortie des marchandises du territoire de la République.
- Sur le vu de ce certificat, l’administrateur du timbre remboursera aux intéressés la valeur des timbres apposés sur la facture, et celle-ci restera dans les bureaux de cette administration comme pièce à l’appui.
- LES POTEAUX INDICATEURS
- DE M. Edm. CAMBIER
- Un de nos plus sympathiques confrères, M. E. Cambier vient d’adresser au Conseil municipal de Paris une demande dont l’objet, en raison de la future exposition, est des plus intéressants. Il s’agit de l’installation, sur de nombreux points de la capitale, de poteaux indicateurs portant chacun, ainsi qu’on va en juger, une foule de renseignements qui seront des plus utiles, non seulement aux Parisiens, mais surtout aux nombreux visiteurs, français ou étrangers, qui viendront à Paris en 1889.
- Sur chacun de ces poteaux, en effet, seraient inscrites les indications suivantes ;
- i° Tout ce qui regarde les locations de la rue.
- 20 La liste des rues du quartier.
- 3° Noms et adresses du Maire, des Adjoints, des Conseillers municipaux de l’arrondissement.
- 4° Noms et adresses des Médecins, Sages-femmes, Pharmaciens et Vétérinaires.
- 5° Bouches d’eau à incendie et avertisseurs.
- 6° Bibliothèques Municipales.
- 70 Bureaux de Bienfaisance.
- 8° Mairie.
- 90 Mont de Piété.
- io° Commissariat de police.
- 11° Bureaux de chemin de fer du quartier.
- i2° Postes de police.
- i3° Postes de Sapeurs-Pompiers.
- 14° Stations de voitures.
- 15° Bureaux des Postes et Télégraphes, etc., etc.
- On conçoit l’importance, et en même temps l’utilité, d’une semblable innovation et point n’est besoin de se livrer à une démonstration en règle pour établir que son application pourra rendre de nombreux services, surtout au moment de l’Exposition. Déjà, en temps ordinaire, les Parisien eux-mêmes, hors de leur quartier.habituel, ne sont-ils pas souvent à la recherche d’un bureau de poste ou de police, d’une rue, d’une station de voitures, de la mairie la plus voisine, ou encore d’un médecin, d’un pharmacien, ou bien, ce qui est le cas de chaque jour, d’un logement?
- Mais c’est principalement au moment de l’Exposition que les poteaux .indicateurs rendront de véritables services. Aussi, ne doutons-nous pas un seul instant que le Conseil municipal de Paris accueille le projet de M. E. Cambier et lui accorde bientôt les autorisations nécessaires, soucieux qu’il est des intérêts de la grande ville et désireux, surtout, de faciliter par tous les moyens le succès de la grande fête internationale de 1S89.
- H. P.
- Le Propriétaire-Gérant : H. Pendrié.
- Tours. — lmp. E. ARRAULT et Cie, rue de la Préfecture, 6
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- Quatrième Année. — N® 188. LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- Dimanche 5 Août 1888.
- ANNONCES
- Nouvelle Carte des Environs de Paris, à
- l’échelle de 15(j-0QQ, s'étendant au Midi jusqu à Melun, au Nord jusqu’à Beaumont, àl’Ouestjusqu’à Mantes, à l’Est au-delà de Meaux, et indiquant toutes les localités, les routes, les rivières, les che_ xnins de fer, les forêts, etc., imprimée en quatre couleurs. — Prix: 1 fr. 25 c. — En vente à la Librairie Chaix, rue Bergère, 20, Paris, dans les bureaux d’omnibus, librairies, etc.
- JARDIN ZOOLOGIQUE
- D'ACCLIMATATION Au Bols de Boulogne
- Tous les jours, jusqu’au 30 septembre, Exhibition de quatorze Hottentots (7 hommes, 5 femmes et 2 enfants.
- I es jeudis et les dimanches, de 3 à 5 h., Concert sous la direction de M. L. Mayeur, de l’Opéra.
- PRIX D’ENTRÉE : La Semaine, 1 fr.
- — Le Dimanche, 50 cent.
- Les Enfants entrent gratuitement
- COMPAGNIE D’ORLÉANS
- Exposition universelle de Barcelone
- A l’occasion de l’Exposition universelle de Barcelone, la Compagnie d’Orléans, d’accord avec les Compagnies de Lyon, du Midi et l’Administration des Chemins de fer de l’Etat, fait délivrer, à toutes les gares de son réseau, depuis le 15 avril 1888, et délivrera pendant toute la durée de ladite Exposition des billets d’aller et retour de toutes classes pour Barcelone, ayant une durée de validité de 30 jours.
- Les prix de ces billets comporteront les réductions suivantes sur les prix des tarifs généraux, savoir :
- Au départ des stations distantes de Barcelone
- De moins de 500 kilomètres, 30 0/0.
- De 500 à 1,000 kilomètres, 35 0/0-
- De plus de 1,000 kilomètres, 40 0/0.
- Ces billets doivent être demandés à la gare de départ quatre jours au moins à l’avance.
- Les billets d’aller et retour sont délivrés par l’itinéraire le plus court . Toutefois, les voyageurs peuvent, à leur gré, choisir soit pour l’aller, soit pour le retour, un autre itinéraire abrégeant la durée du voyage. Dans ce cas, les prix des billets sont établis d’après les parcours, choisis, et le voyageur est tenu de suivre cet itinéraire.
- Au départ de Paris, les prix de ces billets sont par Limoges, Toulouse et Narbonne de :
- lre classe, 169 fr. 30 ; 2e classe, 127 fr. 45; 3e classe, 90 fr. 75.
- Départ de Paris, gare d’Orléans, 7 h. 45 matin ; arrivée à Barcelone le lendemain à 10 h. 20 matin.
- Durée du trajet : 26 h. 25.
- LE
- MONITEUR DES (MOMES
- Et des Pays de Protectorat
- ORGANE SPÉCIAL DU COMMERCE D’EXPORTATION
- Paraissant le Samedi, à PARIS
- Publie chaque semaine ;
- Les actes officiels, les mouvements de personnels des administrations des Colonies et de la Marine ; — Divers articles spéciaux sur le commerce d’exportation et le commerce colonial ; — Les nouvelles des Colonies et pays de protectorat; — Une chronique commerciale; — Un courrier d’Ortre-Mer et des informations complètes.
- Le Moniteur des Colonies et des pays de protectorat, qui contient 8 pages de texte et 8 pages d’annexes, publie, en outre, des renseignements commerciaux et maritimes ; les départs des paquebots français pour toutes les destinations ; les prix de passages et de fret pour les Colonies, le tarif des Douanes coloniales, etc., etc.
- Le Moniteur des Colonies et des pays de protectorat est le seul journal républicain indépendant colonial qui se publie à Paris.
- Administration et Direction agricole
- DE GRANDES PROPRIÉTÉS EN FRANGE ET EN ALGÉRIE
- Références de 1er ordre. S’adresser au directeur du Journal
- LOCATION DE CHEVAUX ET VOITURES DE LUXE
- En tons genres
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- L’EXPOSITION DE 1889
- Rédaction et Administration : 11, cité de l'Alma (Avenue Bosquet— Avenue Rapp).
- QUATRIEME ANNÉE. Dimanche 12 Août 1888. NUMÉRO 189.
- SOMMAIRE :
- x. Les travaux à l’Esplanade des Invalides ; 2. Adjudications i 3. Exposition de sauvetage et d’hygiène; 4. La Tour Eiffel! 5. Les Etrangers à l’Exposition; 6. Installations diverses; 7-L’Enseignement primaire à l’Exposition de 1889; 8. Echos! .g. Revue technique des travaux de l’Exposition; 10. Les charpentiers au Champ-de-Mars ; 11. Les fabricants de Nottingham et l’Exposition du Centenaire; 12. Avis commerciaux.
- Ainsi que nous l’avons annoncé dans le numéro du 17 juin, le MONITEUR DEL’EXPOSITION DE 1889 est réorganisé sur de nouvelles bases. Il publiera, dorénavant une description détaillée de l’état des travaux de la prochaine Exposition, avec dessins, plans ou gravures suivant les cas, au fur et à mesure de leur avancement. U donnera tous les renseignements de nature à intéresser, entre autres, le monde des exposants à la disposition desquels la nouvelle Administration se met d’ores et déjà.
- Le MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889 sera, en un mot, ce que l’obligent à être son titre et, surtout, la grandeur et l’importance de l’œuvre de civilisation que la France célébrera l’année prochaine.
- Toutes les communications relatives à la Rédaction et à l’Administration du journal doivent être adressées 11, Cité de l’Alma, à M. H. PENDRIÉ propriétaire-gérant du MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- LES TRAVAUX
- A L’ESPLANADE DES INVALIDES
- Il y a quelques semaines, dans notre revue des Annexes du Ch amp-de-Mar s, nous constations que l’Esplanade des Invalides où doivent être établies diverses parties, et non des moins intéressantes, de la grande Exposition', était à peu près vierge de travaux. Les bâtiments destinés à l’Algérie, à la Tunisie et à nos autres colonies sont, disions-nous, à peine commencés.
- Mais, depuis cette époque, que de travail accompli I Le palais algérien, sur toute son étendue (55 m. en longueur et 5o en profondeur), atteint la hauteur d’un premier étage. Toutefois, dans la partie réservée à la Tunisie, qui lui fait suite sur une longueur de 5om84, toujours du même côté de l’Esplanade, c’est-à-dire à gauche de l’allée centrale quand on se dirige de la Seine vers les Invalides, presque rien n’est fait, si ce n’est un petit pavillon, très gracieux, très artistique, placé dans le voisinage des allées d’arbres, à 5o ou 6o m. en arrière de l’allée principale.
- Par contre, dans la section des Colonies et des Pays de protectorat qui occupe une lon-
- gueur de 2 5o mètres, soit la partie 1 nade comprise entre le débouch. • • •
- l’Université et de Saint-Dominique, i. • - /m! tâtons avec plaisir que la serre destinée à abrLcr les plantes et arbres exotiques de nos possessions coloniales est à peu près terminée ; le vitrage est entièrement posé. Cette serre est placée dans l’axe et sur l’emplacement même de la rue de l’Université, en bordure de larued’Iéna. Le palais proprement dit, qui aura 8o ou ioo mètres de longueur, atteint déjà, du moins ses murs principaux, 4 ou 5 mètres de hauteur; dans quelques jours, avant la fin du mois certainement, le faîtage sera posé.
- Ce palais se trouve à quelque 3o mètres en arrière de l’allée centrale ; l’emplacement intermédiaire entre sa façade et cette allée sera occupé par une partie du parc, des jardins, et par quelques petites installations spéciales : cafés, kiosques, etc. Sous peu, commenceront les travaux d’aménagement des jardins ; la terre nécessaire pour cette installation est en place et c’était là justement la partie du travail la plus importante ; aussi croyons-nous que cet aménagement sera fait parallèlement à la construc- -tion du palais.
- Au delà de l’exposition coloniale seront établis, sur urne longneur d’environ 125 mètres, un village javanais et le panorama Castellani qui confinera à la rue de Grenelle, c’est-à-dire au haut de l’Esplanade. Sur ces deux points, quelques travaux de terrassement sont commencés et une partie des matériaux métalliques destinés aux deux constructions sont à pied-d’œuvre. C’est dire que, là encore, nous pourrons sous peu constater un avancement sérieux des travaux.
- Si, de ce point, nous traversons l’allée centrale et que nous poursuivions notre examen en revenant vers la Seine, nous nous trouvons tout d’abord en face d’un espace encore vide, de 140 mètres environ de longueur, dont 80 qui seront occupés par des installations non encore déterminées et 6im 20 désignés pour l’exposition d’économie sociale. On sait que l’adjudication des travaux de cette exposition, qui a eu lieu le 3o juillet, n’a pas donné de résultat; rien encore, conséquemment, n’a pu être fait sur ce point.
- Après le bâtiment projeté de l’exposition d’économie sociale, vient celui de l’exposition d’hygiène, sur une étendue de 97“ 40. Celui-ci est presque entièrement édifié en tant que charpente ; il est formé de trois nefs principales assez élevées, 12 à 14 m., et de deux petites ga_ leries latérales dont le couvert est à demi hau_ teur de celles du centre. Très élégant paraît devoir être ce pavillon.
- Au delà, sera installée l’exposition du ministère de la guerre qui s’étendra sur 200 mètres de longueur. JVlais la aucuns, travaux ne sont encore commencés, et pour cause, 1 adjudication ne devant en avoir lieu que le 3o courant.
- .C: '-‘fférentes installations dont nous venons : 4‘• ~*e la rue de Grenelle à la Seine,
- • '-de-Mars, ne s’étendront pas,
- fondu/.- '"làde35 mètres, c’est-à-dire, jusqu’à un pour., n a "mt de la partie de l’Esplanade couverte dGrbi : d’une dizaine de mètres.
- A partir de ce point, où ser . abli un passage longitudinal du quai d’Or / .. A rue de
- Grenelle, la partie de l’Esplanai .. • -int des
- arbres aussi bien que celle qui e : ''.ouverte sera occupée par les -annexes de . o p vition d’agriculture dont la partie principale me on le sait, sera installée sur le quai d'ü.- ,a\
- Il y aura là une foule de petites erp- . ,i.s d’ordre spécial en tant qu’agricoles.
- En résumé, on peut dire que l’ensemble de l’Esplanade des Invalides est, actuellement, un vaste chantier ouvert: travaux en cours sur plusieurs points, ébauchés seulement sur d’autres, il est vrai, mais en fait, encours d’exécution.
- Disons, en terminant, que ce qui contribue à donner à ce chantier un aspect des plus animés, c’est que, de toutes parts, il est à peu près complètement ^çjos^latraversée de l’Esplanade au*, débouchés* des rues de hUniversité et de Saint-Dominique est interdite aux voitures; seul, un passage pour les piétons a été ménagé en face cette dernière rue comme au Champ-de-Mars.
- L’Esplanade des Invalides étant la limite extrême, de ce côté, des annexes du Champ-de-Mars, une gare terminus du chemin de fer spécial de l’Exposition y sera établie. Elle occupera un emplacement en arrière du palais de l’Algérie, entre celui-ci et la chaussée du quai d’Orsay. On se rappelle, peut-être, que ce chemin de fer suivra le quai d’Orsay jusqu’au Champ-de-Mars .
- , H. Pendrié.
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- ADJUDICATIONS
- MINISTÈRE DE LA GUERRE
- Le jeudi, i3 août 1888, à une heure de l’après-midi, il sera procédé publiquement, dans une des salles de l’hotel de l’intendance militaire, rue Saint-Dominique, n° 18, par M. le préfet de la Seine, ou son délégué, assisté de M. le général Gervais, président de la commission de l’Exposition militaire, M. Simon, sous-inter, dant militaire, M. Boulanger, capitaine du génie et M. Walvein, architecte, chargé des travaux, à l’adjudication, au rabais, sur le prix de 17,600 francs, et sur soumissions cachetés, de l’entreprise, en un lot, à forfait, des travaux de couverture et plomberie à exécuter pour les constructions destinées à l’Exposition militaire de 1889, sur l’esplanade des Invalides.
- Le cautionnement définitif est fixé à 700 francs et le cautionnement provisoire à 35o francs.
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- 1116. — Quatrième Année. — N° 189.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 12 Août 1888
- EXPOSITION DE SAUVETAGE ET D'HYGIÈNE
- Nous croyons devoir publier le texte du-décre^ ci-après qui intéresse un grand nombre de personnes.
- Le Président de la République française,
- Vu les articles 4 et 34 de la loi du i7 décembre 1814 ;
- Vu l’article 4 de la loi du 5 juillet i836 ;
- Sur le rapport du ministre du commerce et de l’industrie, et d’après l’avis conforme du ministre des finances.
- Décrète :
- Art. Ier. — Les salles du Palais de l’Industrie, à Paris, affectées à l’Exposition de sauvetage et d’hygiène, sont constituées en entrepôt réel des douanes.
- Art. 2. — Les objets étrangers destinés à l’Exposition de sauvetage et d’hygiène seront expédiés directement sur les locaux affectés à l’exposition, sous le régime du transit international ou du transit ordinaire, par tous les bureaux ouverts à ces transits.
- Les expéditions auront lieu sans visite à la frontière.
- Art. 3. — Le ministre du commerce et de l’industrie et le ministre des finances sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l’exécution du présent décret, qui sera inséré au Bulletin des lois et publié au ‘Journal officiel.
- Fait à Paris, le i5 juillet 1888.
- Carnot.
- Par le Président de la République:
- Le ministre du commerce et de l'industrie,
- Pierre Legrand.
- ' Le ministre des finances, P. Peytral.
- LA TOUR EIFFEL
- Nous devions publier cette semaine une très belle gravure de la tour Eiffel telle qu’elle était le 14 juillet dernier. Un accident imprévu nous en a empêché. Elle paraîtra dans notre prochain numéro.
- -----------üîiTïT» .r-rnr.—-;----
- LES ÉTRANGERS A L’EXPOSITION
- DE 1889 Angleterre
- Le lord-maire de Londres a reçu de M. Pierre Legrand une lettre dans laquelle le ministre du commerce et de l’industrie dit que M. Georges Berger, directeur général de l’Exposition, lui a rendu compte de sa récente visite à Londres.
- La section anglaise à l’Exposition sera des plus importantes, aussi bien par le nombre des exposants que par la valeur des objets exposés.
- La participation des exposants anglais est maintenant définitivement assurée, et il faut constater que cet heureux résultat est dû surtout à l’initiative du lord-maire que M. Pierre Legrand remercie au nom du gouvernement de la République française et en son propre nom.
- Le'ministre charge,jen outre,M. de Keyser de transmettre ses remerciements aux membres du comité exécutif pour leur coopération active à l’œuvre de l’Exposition, et ajoute que tous les efforts seront faits pour procurer aux exposants anglais toutes les facilités qu’ils peuvent désirer.
- *
- * *
- Belgique
- On s’occupe activement de la participation belge à l’Exposition de 1889, à Paris. Les adhésions arrivent nombreuses au Comité exé-
- cutif et dès à présent, on peut affirmer que la Belgique se distinguera d’une manière absolument remarquable.
- Mercredi ier août,a eu lien au local de l’Union syndicale, au palais de la Bourse, à Bruxelles, une réunion à laquelle étaient invités tous les producteurs de matériaux de construction du pays.
- * *
- Chili
- Le jugement du concours institué pour le choix d’un projet de pavillon à construire pour l’exposition de ce pays, a été rendu le samedi 21 juillet. Le jury était composé de la commission chilienne, présidée par M. le ministre du Chili, assisté de M. A. Hardy, architecte, et de M. H.Jéquier, ingénieur consultant de la légation du Chili.
- Le jury a scrupuleusement examiné les devis. Le projet Baudet, Donon et Cie a été mis hors concours pour devis dépassant les prévisions. Les quatre autres projets ont été classés dans l’ordre suivant :
- N° 1. MM. Moisant, Laurent, Savey et Cie ; architecte M. H. Picq.
- N° 2. M. Michelin ; architecte, M. Michelin.
- N° 3. MM. Charpentier et Brousse ; architecte, M. Barberot.
- N° 4. MM. Moreau frères ; architecte, M. Geyler.
- L’exécution est confiée aux auteurs du n° 1. Le n° 2 reçoit une prime de 2,000 francs. Le n° 3 une prime de 1,000 francs.
- * *
- Espagne
- Le Conseil des ministres espagnol a’ chargé les ministres de l’intérieur, des travaux publics et des affaires étrangères de déterminer le mode d’emploi des crédits votés par les Chambres pour l’Exposition de Paris.
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- Italie
- La chambre de commerce de Milan vient de voter 5,ooo francs pour marquer son adhésion à l’Exposition universelle de Paris. Elle engage, en outre, les industriels et les artistes milanais à y prendre part.
- *
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- Serbie
- Tous les objets destinés à être envoyés à l’Exposition universelle de Paris seront, avant leur expédition, exposés dans un pavillon spécial à Belgrade.
- La section de commerce du comité d’exposition distribuera à ce propos des prix aux exposants.
- INSTALLATIONS DIVERSES
- Ministère de la marine
- Le ministère de la marine s’occupe activement de l’organisation de son exposition particulière en vue de 1889, sous la direction du capitaine de vaisseau Thierry. M. Vegos, inge'nieur, a été chargé du service de la construction du pavillon et annexes qui seront établis à l’esplanade des Invalides, sur le terrain compris entre le quai et la rue de l’Université, du côté de la rue F abert Cette exposition, très intéressante, comprendra le matériel de combat en usage depuis 1878, les engins et les appareils de manœuvre utilisés par la marine de l'Etat, des plans photographiques et réductions miniature de nos différents navires de guerre, les instruments de précision en usage dans la marine française, etc.
- Exposition rétrospective du travail et des sciences anthropologiques.
- L’exposition rétrospective du travail et des sciences anthropologiques, qui est projetée pour 1889, a pour but d’initier le public à l’histoire des procédés du travail manuel et du travail mécanique qui, à travers les siècles, ont abouti à l’outillage industriel moderne des arts et métiers.
- Cette exposition a surtout un caractère historique et technique ; elle est loin d’exclure les objets d’art.
- Les musées d’Etat, les collections municipales, les magasins de nos grandes usines renferment un nombre considérable d’appareils complets ou d’organes d’appareils intéressants, dont la remise en état serait peu coûteuse et qui seraient les éléments fondamentaux de l’Exposition qui se prépare.
- A côté de l’outil, à côté de la machine, pourront être exposés des objets d’aspect décoratif, à la fabrication desquels ces outils et ces machines auront concouru, pourvu toutefois que ces objets aient une valeur d’art ou une importance historique.
- Plusieurs comités départementaux, celui de l’Ain entre autres, ont fait appel déjà à toutes les bonnes volontés. L’exposition ne recevra pas seulement les objets réels, mais encore leurs reproductions, images, gravures, etc...
- La sphère terrestre monumentale
- Nous trouvons dans Y Indépendance belge quelques détails intéressants sur cet intelligent projet et nous nous faisons un plaisir de les reproduire :
- On construit en ce moment un globe terrestre * monumental, qui sera une des curiosités de l’Exposition de 1889. Il représentera la terre « au millionième », et aura quarante mètres de diamètre.
- L’initiative de cette œuvre est due à M. Filon, directeur de l’école municipale Lavoisier, et à M. Cordeau, ingénieur.
- Elle comportera une représentation exacte, dans leur configuration, de certains espaces qui ne figurent d’ordinaire que par un petit cercle ou par un point.
- Paris, par exemple, aura sur ce globe plus de douze millimètres de diamètre.
- Une tour en fonte de cinq mètres de hauteur servira de pied à la sphère, qui tournera sur elle-même en vingt-quatre heures. La charpente de ce globe sera formée par des méridiens et des parallèles en fer.
- Un escalier, pratiqué dans la base, donnera accès à une salle en gradins, pouvant contenir environ trois cents personnes, et devant servir à des conférences.
- Des galeries, placées à cinq mètres de la sphère, permettront d’observer la carte à des hauteurs différentes. Le pôle Nord sera à quarante-cinq mètres du sol.
- L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1889
- M. le Ministre de l’Instruction publique et des Beaux-Arts vient d’adresser aux préfets la circulaire suivante relative au classement des exposants de l’enseignement primaire public à l’Exposition Universelle de 1889:
- « L’instruction générale du 3i juillet 1887 concernant l’Exposition de l’enseignement primaire définit ainsi les différentes catégories d’exposants :
- « Sont considérés comme exposants de l’enseignement primaire public :
- I. — Le Ministère de l’Instruction publique;
- IL — Les exposants qui demanderont à se placer sous les auspices du Ministère, mais en conservant leur inscription au catalogue et leurs droits éventuels aux récompenses du jury, savoir :
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- Quatrième Année. — N° 189.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- Dimanche 12 Août 1888. — 1117.
- 1° Les e'coles publiques de tous degrés se rattachant à l’enseignement primaire (écoles maternelles, primaires, élémentaires, supérieures, normales, normales supérieures, etc.);
- 20 Les communes ;
- 3° Les départements ;
- 40 Les membres du corps enseignant, Je l’inspection primaire et de l’inspection académique. »
- L’instruction générale indique ensuite dans son titre II les dispositions spéciales aux divers exposants.
- La direction générale de l’exploitation, à l’Exposition universelle, vient de nous fairej connaître, d’une façon générale, les emplacements dont le Ministère de l’Instruction publique pourra disposer. Il importe donc que je sache quelles sont les personnes et quelles sont les collectivités qui se proposent de prendre part à l’exposition de mon Ministère, sous quelle forme et dans quelles proportions chacun entend exposer les produits.
- Déjà, un certain nombre de départements, de communes et d’autres exposants ont adressé des demandes au comité d’admission de la classe VI et en même temps ont sollicité pour les mêmes produits l’admission dans l’exposition collective du Ministère de l’Instruction publique. Dans ces conditions, il m’est difficile de savoir quelle est l’intention réelle de ces exposants. Je dois craindre également soit de les inscrire contre leur gré dans l’exposition scolaire officielle de mon département, soit de les en écarter à leur insu et par suite d’une simple erreur dans la direction donnée à leur demande. Pour dissiper tout malentendu, et pour me permettre de dresser la liste définitive des exposants qui désirent se placer sous les auspices du ministère de l’Instruction publique, dans les conditions spécifiées par l’Instruction générale, je vous envoie, Monsieur le Préfet, le relevé des demandes provenant de votre département sur lesquelles j’ai besoin d’éclaircissement.
- Je vous prierai de me faire savoir pour chacune d’elles, dans laquelle des deux catégories l’exposant désire être placé.
- Je ne doute pas qu’à cette occasion vous n’usiez de nouveau, vous et M. l’Inspecteur d’Académie, de tous les moyens d’action dont vous disposez pour encourager le mouvement qui s’est produit dans votre département en faveur de l’Exposition de l’Enseignement. Je compte aussi que vous voudrez bien, s’il en est besoin, vous adresser aux chefs des municipalités, aux représentants des sociétés d’éducation ou autres personnes appartenant à l’enseignement primaire public, afin qu’informé en temps utile je puisse leur réserver, s’il y a lieu, une place dans la section de l’Instruction publique.
- Recevez, Monsieur le Préfet, l’assurance de ma considération très distinguée.
- Le Ministre de l'Instruction publique et des Beaux-Arts,
- E. Lockroy.
- ÉCHOS
- LES ASCENSEURS DE LA TOUR EIFFEL
- La commission des travaux a définitivement approuvé trois systèmes d’ascenseurs destinés à être employés pour le service des étages de la tour Eiffel.
- Le premier qui conduit du sol à la plate-forme du 1er étage, est du type à pistons articulés présenté par MM. Roux, Combalusier et Lepape.
- Le second mettra en communication le rez-de-chaussée et la plate-forme du 2e étage ; c’est un ascenseur du système américain Hotties, constitué par un piston hydraulique agissant sur des poulies moufflées, comme dans les grues Armstrong.
- Enfin, le troisième type d’ascenseur approuvé est celui de M. Backman, qui doit relier le plancher du 2e étage au sommet de la tour: il fonctionne par un mouvement hélicoïdien. La force motrice sera fournie par l’électricité.
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- EXPOSITION rétrospective de la bastille et de
- LA RUE SAINT-ANTOINE
- Une bonne nouvelle pour nos braves soldats.
- MM. les directeurs propriétaires de cette intéressante exposition ont tenu à la mettre à la portée de toutes les troupes comprises dans le gouvernement militaire de Paris, en réduisant de moitié le prix d’entrée, tous les jours, les mercredis et vendredis exceptés.
- Par décision du 31 juillet, portée par la voie d’ordre de la place à la connaissance des troupes de toutes armes dans toute l’étendue de son gouvernement, M. le général Saussier remercie chaleureusement MM. Perrusson père et fils de leur gracieuse initiative, et informe les sous-officiers et soldats, qui se présenteront en tenue, qu’ils sont admis, à partir de cè jour, à visiter librement l’Exposition rétrospective de la Bastille, moyennant le prix de 50 centimes au lieu de 1 fr.
- Nous joignons nos remerciements à ceux de M. le Gouverneur militaire de Paris pour cette généreuse mesure.
- LES BATEAUX-OMNIBUS. — NOUVELLE ENTREPRISE
- Depuis 1886, par suite de la fusion des bateaux-express avec les bateaux-mouches, une seule compagnie, sous le nom de Compagnie générale des bateaux parisiens, avait l’entreprise du transport des voyageurs sur la Seine.
- Mais, voici qu’on annonce la formation d’une nouvelle compagnie qui, celle-ci, ne fusionnera pas. Car le traité préliminaire passé entre elle et la ville le lui interdit, formellement. Ce nouveau service rétablira le prix de 10 centimes pour toute la traversée de Paris. Il comprendra, en outre, des stations à Charenton et à Suresnes et s’étendra de manière à desservir, par la Seine, jusqu’à, Choisy-le-Roi et par la Marne, jusqu’à Champigny, dès que l’on aura fait les travaux de viabilité nécessaires pour cette dernière rivière.
- Les nouveaux bateaux contiendront chacun trois cent soixante-quinze voyageurs. Ils seront éclairés par des lampes électriques à incandescences, auront un salon pour dames seules et deux water-closets.
- Les pontons, au nombre de cinquante, seront tous établis sur la rive droite, hormis deux : au Champ-de-Mars et au pont de l’Alma pendant la durée de l’Exposition.
- Les dépenses sont évaluées à quatre millions.
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- LA GRÈVE DES TERRASSIERS
- Cette grève qui n’a pas été sans avoir une influence fâcheuse sur les travaux en cours^ à l’Exposition, paraît devoir• .prendre fin bientôt. Déjà, dans un certain nombre de chantiers, le travail a été repris, et il est à désirer que, grâce à des concessions réciproques, l’accord entre patrons et ouvriers, à l’heure où paraîtront ces lignes, soit un fait accompli.
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- REVUE TECHNIQUE
- DES TRAVAUX DE L’EXPOSITION
- Avec l’article ci-après, nous commençons la publication d’une série d’études dues à la plume d’un ingénienr des plus compétents et qui, nous l’espérons, seront appréciées de nos lecteurs.
- Les charpentiers au Champ-de-Mars
- Les grandioses constructions en fer dont l’œil peut, chaque jour, au Champ-de-Mars, constater la rapide édification, absorbent complètement l’attention du public curieux qui observe, avec un patriotique intérêt, les progrès de ces travaux, d’aspect gigantesque.
- Toute l’admiration se concentre sur ces masses de métal dont les tronçons divers, quoique façonnés dans des usines différentes, ne s’en assemblent pas moins avec une correction et une régularité qui provoquent l’étonnement.
- A l’époque actuelle, il est vrai, aidés par les maîtres de forges, producteurs de métaux, les ingénieurs s’occupant de travaux métalliques, en sont arrivés à ce point de ne croire à l’impossibilité d’aucune conception humaine.
- Toutes les audaces peuvent éclore de leurs imaginations hardies.
- En ce moment, nous le demandons : Est-ce que la tour Eiffel, pour la majorité des humains qui ont pu en apprécier les dimensions et les
- lignes, ne semble pas plus qu’une hardiesse? Pour la plupart n’est-elle pas une témérité ?
- En province, à Paris même, beaucoup de gens doutent encore de la voir s’élever à la hauteur indiquée.
- On admire donc, nous le répétons, ces créations immenses, toutes de fer et d’acier. Elles éblouissent, en effet, et masquent par leur éclat, d’autres édifications qui, pourtant, méritent autant qu’elles les suffrages des appréciateurs de travail.
- Ces édifications sont, il esr vrai, les accessoires, les engins puissants destinés à concourir à l’achèvement de la construction principale^ mais nous trouvons que c’est justice de ramener les regards de leur côté. Il est de toute équité que le superbe puisse être apprécié, même quand il est en contact avec le merveilleux.
- C/est de l’œuvre générale de la charpente en T ’ . f nxposi ion, que nous voulons parler.
- L' envisage attentivement cette œuvre, soit e !~ : MU sch nu palais des machines
- et ; iüenrs, o- v-"ç fin...;: de sa haute importance t de son d.scu -n valeur. L’illusion même, îonsqi-’o;. :,o:pe h : avail dans son ensemble, i m: porte U udn*:.iti. nue la splendide travée C-: palais / a été
- enfantée par Péno. ’ : pe-nom. des
- flancs de laquelle élu. semble srv .r
- Nous tenons, mainte, >.nt, fi fin... n . '-n valeur individuelle et coL :tî/ o-v -coopérateurs à la création d’étfific-méLon/m'. tels que ceux qui nous occupent en - :e n ••• '.
- Le labeur scientifique et inteff 1 -vt, quant à ce-qui concerne les construcoo . - v
- talliques, l’apanage entier de l’ingénieur du spécialiste qui fait le projet. En dehors celui-ci et du chef de chantier chargé de l’éree tion du monument ou de l’appareil, en dehors de ce chef à qui sont confiés l’assemblage, la mise en place, le montage en un mot, les ouvriers employés n’ont besoin d’être doués que d’une intelligence ordinaire et leurs fonctions exigent peu de connaissances spéciales. La plus grande partie de ces travailleurs, et cela ne nuit en rien au résultat final, comporte des manœuvres robustes, hardis, généralement infatigables. Ils ne sont ni chaudronniers en fer, ni forgerons. Ils sont riveurs et frappeurs, ils sont ouvriers de ponts et de charpente en fer.
- Pour les travaux de charpente en bois, la part de science, de technicité, d’intelligence qui revient aux travailleurs manuels est sans comparaison plus importante.
- Dans la corporation des charpentiers, il est rare qu’à l’âge de trente ans un compagnon n’ait les connaissances d’un maître. A cet âge il est arrivé à posséder l’étoffe voulue pour être lui-même entrepreneur.
- Notre charpentier français, qui, pour le dire en passant, n’a de rival dans aucun pays, possède donc et a besoin de posséder des notions scientifiques qui seraient inutiles aux autres ouvriers, dans la majeure partie des professions. Il est géomètre. Il sait tracer les bois qu’il débite, suivant des formes déterminées et d’après des conditions rigoureusement mathématiques. U sait soulever et remuer les fardeaux, sans contre-temps et avec une habileté qui étonne. L’enlevage des pièces, quelque lourdes qu’elles soient, s’opère par ses soins d’une façon correcte et sûre. L’emploi des cordages, l’érection des chèvres, des treuils, de ces engins sans lesquels, en construction, il serait interdit de faire grand, tout cela est familier à cet artiste, entre les mains duquel on aime à voir le levier, la bisaiguë, la hache, tous ces instruments qu’il manie avec la prestesse la plus élégante, ainsi qu’avec la plus grande sûreté de coup d’œil.
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- 1118. — Quatrième Année. — N° 189.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- Dimanche 12 Août 1888.
- Ces qualités multiples que possède le compagnon charpentier, ont eu pour effet de maintenir au premier rang sa réputation solide, malgré la prédominance qu’a pris depuis quarante ans la construction en fer. Il n’a. rien perdu de sa haute importance technique et pratique, dans son art, puisque cet art est resté* en possession d’applications qui ne peuvent lui être ravies, mais ses nombreuses aptitudes lui ont permis d’apporter au service de la construction métallique un concours que nous considérons comme infiniment précieux.
- Dans le maniement des poutres, des tronçons en fer, comme dans celui des organes en bois, il est démeuré l’agent indispensable et incontesté de toutes les grandes opérations.
- Il est le metteur en place, le monteur inné, le remueur des lourdes masses, l’ouvrier qui sait prendre une mesure, qui sait s’outiller, celui par qui un échafaudage, un étaiement, un appareil provisoire, sont compris et conçus è’te une rapidité dont les ingénieurs les plus savants sont souvent surpris.
- Il est le premier, il est IVffmirable artisan du travail dans les grands espaces.
- Aussi, pour toutes ces raisons, avons-nous cru à propos d’appéler sur ces vaillants et ha-^ biles ouvriers l’attention publique trop oublieuse peut-être de leur véritable mérite.
- Harty.
- LES FABRICANTS DE NOÎTlNGHiM
- ET L’EXPOSITION DU CENTENAIRE
- Un fait vient de se passer en Angleterre qui mérite d’être porté à la connaissance de nos lecteurs. Nous voulons parler du refus des fabricants de Nottingham d’exposer collectivement à l’Exposition internationale de 1889. On sait que le Lord Maire de Londres avait prié le Maire de Nottingham, M. Turney, d’user de tout son crédit auprès des fabricants de cette grande cité industrielle pour arriver à l’organisation d’une section collective.
- Un meeting a eu lieu il y a déjà plusieurs semaines, et ce meeting n’a été, paraît-il, qu’un véritable concert d’invectives à l’adresse de la Révolution et, partant, de la République. Ces invectives ont tenu lieu de raisons pour motiver le refus qui a été signifié au Lord-Maire de Londres. ,
- On a lu une lettre d’un fabricant archi-million-naire, M. John Jardine, qui a « trop le mépris de « la Révolution pour aller exposer dans une f( Exposition chargée d’en célébrer le centenaire »; d’ailleurs son commerce « n’augmenterait pas « d’un penny ». Un Monsieur Weinberg, autre personnage richissime — mais mâtiné allemand — a déclaré que les « honnêtes gens » devaient s’abstenir de participer à une Exposition célébrant le centenaire de la Révolution « qui a coûté tant de « sang et d’argent aux honnêtes gens », etc. Bref, les gros ont pesé sur les petits et le refus a été voté par acclamations 1
- Le Maire de Nottingham a été si écœuré lui-même qu’il a dit, en levant la séance, qu’il ferait connaître ce /efus au Lord-Maire, mais qu’il s’abstiendrait de lui faire un rapport des discours prononcés.
- Un résumé de ces discours ayant paru dans les journaux du pays, des membres de la colonie française, qui est assez nombreuse à Nottingham, se sont réunis et, justement indignés, ont résolu de répondre — à défaut du vice-consul de France qui est Anglais (?) — aux arguments dont on s’est servi pour provoquer le rejet de la proposition du Lord-Maire.
- Leur lettre, que sa longueur nous empêche de reproduire à notre grand regret, est une protestation aussi ferme que digne contre les déclamations plus que déplacées de messieurs de Nottin-
- gham. Se sont-ils imaginés, par hasard, ces Loriquetd’un nouveau genre, dénaturer parleurs assertions l’importance historique du grand acte de 1789? Pauvres d’esprit !
- AVIS COMMERCIAUX
- MAROC
- RELATIONS COMMERCIALES AVEC L’EUROPE. — CONSEILS AUX IMPORTATEURS.
- De l’utilité des voyageurs de commerce . — Je persiste à croire que le seul moyen d’ouvrir à notrè commerce les débouchés importants qui se trouvent dans ce pays, écrit le Consul de Belgique à Tanger, serait d’y envoyer des voyageurs. Ceux-ci devraient agir avec le plus grand tact envers les marchands indigènes, consulter plus qu’on ne l’a fait jusqu’ici les besoins et les goûts des naturels. Dans ce but, il faudrait étudier le genre de produit qui satisfait le mieux aux nécessités locales et aux usages établis. Les voyageurs de commerce représenteraient nos fabricants, offriraient des échantillons pour faire apprécier la supériorité de nos produits sur certains articles étrangers ; ils pourraient mieux répandre leurs marchandises en mettant les acheteurs à même d’examiner les échantillons, de les palper, de les goûter et apprendre par 'leurs observations le genre de produits qui convient spécialement à ce pays. Que les tissus, par exemple, que l’on apporte, soient ceux auxquels les habitants sont habitués, que les outils que l’on veut vendre soient semblables, au moins comme forme, à ceux que l’on emploie ici, sauf plus tard à introduire petit à petit des perfectionnements dont l’expérience même des acquéreurs fera voir l’utilité. Tous ces résultats ne peuvent s’obtenir que par l’envoi de représentants intelligents et actifs, bien à même de saisir et d’observer ce qui peut trouver un bon débit, car les prospectus et les albums dont on inonde les pays étrangers ne peuvent remplacer ce moyen pratique, qui est à mon avis, un des seuls qui soient appelés à étendre sérieusement nos relations avec ces contrées. Pourquoi quelques-uns de nos industriels et exportateurs ne s’associent-ils pas pour envoyer à frais communs des agents commerciaux capables d’étudier la situation et d’offrir leurs marchandises, ainsi que le font les Anglais, les Français, et surtout les Allemands qui, grâce à ce système, ont réussi sur tous les marchés du monde à augmenter considérablement le chiffre de leurs affaires et à lutter victorieusement contre la concurrence anglaise, qui était souvent seule maîtresse de certains débouchés dans lesquels ils ont parfois réussi à les supplanter? Un musée commercial répondra partiellement à ce besoin et pourra faire apprécier nos produits, mais il est loin d’offrir les mêmes avantages que les voyageurs, car il suppose que les commerçants de la place aillent le visiter, tandis qu’il est plus sûr d’aller les trouver à domicile.
- Recommandations aux industriels. — Je ne saurais assez insister non plus sur certaines recommandations déjà faites à diverses reprises, à savoir : sur la nécessiter de soigner les emballages et surtout de veiller à ce que les commandes exécutées soient parfaitement conformes aux échantillons. Cette dernière condition, trop souvent négligée, amène des mécomptes qu’il serait bien facile d’éviter.
- Il serait essentiel aussi de se montrer plus coulant à l’endroit des payements, d’accorder un crédit de trois, six et même neuf mois, quand les acheteurs jouissent d’une bonne solvabilité, ainsi que d’une réputation commerciale irréprochable.
- SERBIE
- COMMERCE DES VILLES SERBES DE LA RÉGION DU DANUBE.— IMPORTATION.— EXPORTATION.— INDUSTRIE A CRÉER OU A EXPLOITER. — LISTE DES
- PRINCIPAUX NÉGOCIANTS DE LA RÉGION.
- Le Moniteur officiel du Commerce, du 21 juin, publie un nouveau rapport adressé par le Ministre de France à Belgrade sur le commerce des villes serbes de la région du Danube. L’ouverture du chemin de fer de Sàlonique à la capitale de la Serbie donne à ces renseignements un intérêt d’actualité particulier. L’auteur du rapport caractérise, d’ailleurs, de la façon suivante, les chances de succès que rencontreraient nos exportateurs sur les marchés de la région :
- « Si l’ouverture de la nouvelle ligne doit donner une impulsion générale au commerce de ce pays, nos négociants, désormais familiarisés avec le marché serbe, ne sauraient négliger la région danubienne, où j’ai rencontré les dispositions les plus favorables. Les principaux négociants que j’ai eu l’occasion de voir et auprès desquels l’initiative prise par la légation m'a valu l’accueil le plus empressé, subissent avec regret le monopole de la fabrication autrichienne, et ils seraient heureux d’entrer en rapports directs avec l’industrie fran-
- çaise. Ils se plaignent de ce que nos grandes maisons négligent de leur faire connaître leurs produits autrement que par des prix courants et n’envoient pas d’échantillons. L’exportation des produits serbes de la côte du Danube ne paraît pas offrir de moindres chances de bénéfices. Enfin,, diverses industries pourraient y être créées ou développées avec succès. >
- PORTUGAL
- MUSÉE COMMERCIAL DE PORTO
- Le musée commercial de Porto a été ouvert le-21 mars de l’année dernière. Il contient de très-nombreux échantillons de la petite industrie do mestique du Portugal. Depuis janvier jusqu’à avril de l’année courante, il a reçu 8,251 visiteurs. La plupart des objets exposés sont nationaux. Très peu d’industriels étrangers ont répondu à l’invitation d’envoyer leurs produits.
- ANGLETERRE
- SURTAXE SUR LES VINS MOUSSEUX.
- On lit dans le Times :
- La loi adoptée par le Parlement anglais pour établir le régime douanier des vins dispose que le droit sur les vins mousseux est de 2 sh. 6 par gallon (68 fr. 77 par hectolitre), soit 52 centimes par bouteille. Ces droits s’ajoutent à ceux qui sont perçus en raison de la teneur alcoolique des vins. Toutefqis, s’il est prouvé à la satisfaction des commissaires des douanes que le prix du vin ne dépasse pas i5 shillings par gallon (412 fr._68 par hectolitre), le droit sera réduit à 1 shilling par gallon (27 fr. 5i par hectolitre), soit 21 centimes par bouteille, valant 3 fr. 125. Pour les vins importés après le vote du projet de loi, la demande de réduction devra être présentée au moment de l’importation et établie d’après leur valeur marchande ; et, pour les vins en entrepôt, la demande devra être introduite dans le délai d’un mois et établie d’après leur valeur marchande au moment de la déclaration.
- Pour les vins mis en entrepôt, soit avant, soit-après le vote du projet de loi, le droit à la réduction une fois prouvé sera établi dans les formes requises par les commissaires. La preuve sera constatée par des certificats ou des douanes, ou par des borderaux ou pièces de commerce, ou par telles déclarations légales ou autres que les commissaires pourront exiger.
- En vue d’empêcher les fausses déclarations, les commisaires, au cas où ils ne seraient pas convaincus que la valeur du vin ne dépasse pas i5 shillings le gallon, et si l’importateur n’accepte pas leur décision, auront le droit d’acheter le vin pour la couronne au prix de i5 shillings le gallon. Les fausses déclarations tendant à obtenir une réduction illégitime du droit sont passibles des peines prévues par les lois et de la confiscation des vins.
- L’expression « valeur marchande », quand elle s'applique au vin importé par le consommateur, signifie le prix qu’il a réellement payé pour le vin en bouteilles dites quarts de six au gallon (1) ou, quand il est dans d’autres bouteilles, le prix qu’il aurait payé si ce vin avait été dans des bouteilles dites quarts. Le droit, dans les deux cas, vient s’ajouter au droit des douanes.
- Pour les vins importés dans d’autres contenants, la valeur marchande s’établira d’après le prix que le vin réaliserait s’il était vendu en entrepôt dans le port d’importation, à raison de six bouteilles dites quarts au gallon.
- Les vins médicinaux ou médicamenteux ne sont pas passibles du droit additionnel.
- Les commissaires des douanes sont placés sous le contrôle de la Trésorerie en ce qui concerne l’application du projet de loi.
- ÉGYPTE
- IMPORTATION DES TABACS ÉTRANGERS
- La Direction générale des douanes d’Egypte informe les négociants intéressés qu’à partir du ier juillet tous les tabacs américains, anglais, hollandais, grecs, italiens, portugais et suédois doivent, à l’entrée en Egypte, être accompagnés de certificats d’origine délivrés par les autorités locales de leur production, contresignés par les autorités douanières des ports d’embarquement.
- Faute de l’accomplissement de cette formalité, ces tabacs seront frappés des droits établis par le décret du 7 juin 1888, pour les tabacs turps non accompagnés de raffith de la Régie co-intéressée des tabacs de l’Empire ottoman.
- COTE OCCIDENTALE D’AFRIQUE
- BLOCUS DU PORT DE QUISSEMBO
- D’après une communication du Ministre de Portugal à Paris, le port de Quissembo, au nord d’Ambriz, sur la côte occidentale d’Afrique, a
- (1) Six bouteilles au gallon ou —50.4.?.... — 0^57 par bouteille;
- mais, d’après un rapport du Consul Général de France, par quart on entend les bouteilles de France, qu’elles soient de Bordeaux ou de Champagne.
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- Quatrième Année. — N° 189.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE iSSq.
- Dimanche 12 Août 1S8S. — 1119.
- été déclaré en état de Blocus à partir du 12 juin 1888.
- CANADA
- FRANCHISE DE DROITS DE PORT a TROIS-RIVIÈRES
- Il résulte d’une communication du Consul Général de France à Québec que la Commission du havre à Trois-Rivieres a décidé que les navires français continueront à jouir, comme l’année précédente, de la franchise des droits de port dans la ville précitée.
- INFORMATIONS ET RENSEIGNEMENTS
- CHILI
- CONSTRUCTION PROJETEE DE CHEMINS DE FER
- Le Gouvernement du Chili se prépare à faire construire onze lignes de chemins de fer d’une longueur totale de 1,175 kilomètres. Les entrepreneurs européens sont admis à déposer dès à présent des soumissions pour l’exécution de ces lignes. Les soumissions doivent parvenir à Santiago avant le 3o juillet. Des exemplaires des plans, cahiers des charges, etc., sont déposés à la légation, à Paris.
- RÉPUBLIQUE ARGENTINE
- TRAVAUX D’ACHÈVEMENT DU PORT DE' ROSARIO
- On nous écrit de Buenos-Aires que dans le message qu’il a adressé aux Chambres, à l’ouverture de la session actuelle, le Président de la Confédération a annoncé l’intention où était le Gouvernement argentin de confier à l’industrie privée, après de nouvelles études et sur de nouveaux plans, l’achèvement du port de Rosario, les travaux de cette entreprise actuellement exécutés par l’Etat étant trop onéreux pour les finances publiques.
- TURQUIE
- DÉVELOPPEMENT DES RELATIONS COMMERCIALES AVEC l’autriche-hongrie
- On nous écrit de Salonique qu’un groupe de négociants de Buda-Pestha envoyé, dans cette ville, un représentant chargé d’étudier la situation commerciale de cette place et les débouchés qu’elle serait susceptible d’offrir aux articles hongrois.
- Notre correspondant ajoute que, depuis l’ouverture de la nouvelle ligne ferrée d’Uskup-Nranja, un grand nombre de commis-voyageurs d’Autriche et de Hongrie est arrivé à Salonique.
- EXPOSITIONS
- ALLEMAGNE
- EXPOSITION DE ROUES ET DE PIÈCES ACCESSOIRES A LEIPZIG
- Cette exposition aura lieu au mois de février de l’année prochaine. Les demandes d’admission seront reçues jusqu’au 3o septembre prochain chez M. Th/Weber, à Leipzig, et les intéressés devront faire parvenir, au plus tard jusqu’au 20 février 1889, au local de l’Exposition, les produits qu’ils se proposent d’y faire figurer. Le prix de l’emplacement est fixé à 6 marks par mètre carré de surface horizontale ou de paroi. verticale, jusqu’à concurrence de 20 mètres ; il sera réduit à 4 marks pour chaque mètre carré supplémentaire.
- SERBIE
- COMMERCE DES TISSUS. — [CONSEILS AUX IMPORTATEURS.
- Le Ministre de la République à Belgrade fait observer que la France a été jusqu’à ce jour la moins favorisée pour l’importation en Serbie de ses articles de tout genre, et particulièrement pour les tissus, La cause principale de cette infériorité relative réside certainement dans les nombreuses difficultés que notre commerce rencontre journellement en matière de transports. En effet, la voie principale ouverte jusqu’à présent, ce sont les chemins de fer si coûteux de l’Europe centrale.
- Il a fallu subir les tarifs particulièrement élevés de l’Autriche-Hongrie et s’astreindre aux exigences des réexpéditeurs de Vienne.
- La seconde voie, de beaucoup préférable et déjà plus fréquentée, comme on peut s’en rendre compte par les statistiques de douanes, c’est la voie par mer jusqu’à Fiume et Trieste, par chemin de fer jusqu’à Sisseck ; de là, nouveau transbordement sur sclileps et descente du cours de la Save jusqu’à Belgrade. Malgré ces trois transbordements et les ennuis qu’ils occasionnent aux expéditeurs, tel est cependant l’avantage et le bon marché de la voie maritime et fluviale qu’on la préfère à l’expédition directe par chemin de fer. Par exemple, contre 881,525 kilog. de coton expédiés via Vienne et Pesth, il y en a 912,145 k. expédiés par la Save. De même. on relève, pour le premier parcours, 119,645 kilog, de laine, et pour la voie Fiume ou Trieste-Sisseck-Belgrade, 147,978 kilog., et ainsi de suite.
- A plus forte raison, après l’achèvement des j jonctions, les produits français devront-ils préférer la voie beaucoup plus simple et très probablement moins coûteuse de Salonique, qui leur offrira l’avantage de desservir, non seulement le marché restreint de Belgrade, mais toute la péninsule des Balkans. Si notre commerce déploie
- un peu d’activité, il verra son exportation s’accroître non seulement dans la Serbie, qui n’offre peut-être pas une étendue et une consommation suffisante pour traiter de grandes affaires, mais encore en Macédoine et en Bulgarie. En envisageant l’avenir à ce point de vue, nos fabricants de tissus peuvent trouver là un champ assez vaste d’opérations.
- Seulement, si le commerce français veut profiter de cette route nouvelle, il devra se hâter d’installer à Salonique même des agences centrales chargées de faire connaître nos tissus bon marché, de battre le pays dans tous les sens, et suffisamment outillées pour entretenir des correspondants à Nisch, à Sofia et à Belgrade. C’est la seule manière de prendre pied dans le pays et de prévenir la concurrence des autres nations.
- TURQUIE D’ASIE
- RELATIONS COMMERCIALES DE LA PROVINCE d’ErZE-
- ROUM AVEC LA FRANCE. — CONSEILS AUX IMPORTATEURS.
- Dans cette province, écrit le Gérant du Vice-Consulat de France à Erzeroum, une dizaine de maisons à peine entretiennent des relations directes avec l’Europe, et encore ce n’est que pour les articles qui comportent des commandes importantes, tels que les cotonnades, les draps et les produits coloniaux . Pour tous les autres articles, dont les qualités et les quantités demandées subissent des variations journalières , les négociants d’Erzeroum préfèrent s’adresser à leurs correspondants à Constantinople, où la clientèle de ces derniers semble être accaparée presque exclusivement par les représentants des fabriques et des grandes maisons anglaises, allemandes et suisses, en raison des facilités et des concessions qu’ils leur accordent. Ceci est prouvé par le fait que le marché d’Erzeroum est envahi de plus en plus par les marchandises provenant de ces pays, au détriment des produits français, qui y deviennent tous les jours plus rares.
- Dans cet état, il est évident que les commerçants arméniens ne se décideront pas de leur propre initiative à entrer en rapports avec les fabriques ou les maisons françaises, en abandonnant les intermédiaires dont ils se sont servis jusqu’à ce jour. Une autre raison non moins sérieuse qui concentre les opérations du commerce de cette ville sur le marché de Constantinople, c’est le fait que, parmi tous les négociants indigènes, à peine deux ou trois ont voyagé en Europe et visité la France ; tous les autres ne connaissent que la capitale de l’Empire ottoman. En outre, un grand nombre de ces négociants, les vieux surtout, ignorent la langue française ; aussi préfèrent-ils continuer les affaires par l’entremise de leurs commissionnaires habituels de Constantinople, avec lesquels ils tiennent la correspondance en leurs propres langues : en arménien ou en turc.
- Pouf arriver à introduire les produits français dans ce pays et à donner plus de développement à ses rapports avec la France, il faudrait, d’après l’opinion des personnes bien au courant de la situation, établir ici des représentants spéciaux de l’industrie et du commerce français, connaissant la langue du pays. Les négociants d’Erzeroum trouveraient alors leur avantage à passer sur place la commande, pour la quantité et la qualité de marchandises qu’ils désireraient avoir, par l’entremise de ces représentants, avec lesquels ils pourraient établir les conditions des prix et des qualités, et convenir du mode de payement. Ainsi ces représentants serviraient de trait d’union entre les principaux centres de production français et les commerçants de ce pays et réussiraient sans peine à faire valoir aux maisons d’Erzeroum l’avantage qu’il y aurait pour elles d’effectuer leurs achats en France de première main.
- Sans l’adoption de ce système, les relations commerciales entre la France et ce pays risquent de continuer Rendant longtemps encore à être sans importance. Les négociants d’ici persisteront comme aujourd’hui à se méfier d’envoyer des fonds en France, à des correspondants inconnus, avec une commande de marchandises ; de même que les maisons de commerce et les industriels français trouveront, avec raison, imprudent de faire des expéditions à des négociants de cette ville sans avoir reçu au préalable le montant de leur facture.
- TRANSVAAL
- RELATIONS COMMERCIALES AVEC LA FRANCE. — CONSEILS AUX IMPORTATEURS
- La France ne participe que dans une faible mesure aux approvisionnements de la République Sud-Africaine. Autant que j’ai pu le constater, rapporte le Vice-Consul de France à Prétoria, les seuls articles fournis par notre industrie sont les vins, les cognacs, les sardines, les jouets, la bijouterie et quelques articles de fantaisie. Et encore presque tous ces objets ont été commissionnés en Angleterre ou en Hollande et ont donc passé par plusieurs intermédiaires, ce qui en a naturellement augmenté le prix.
- L’Angleterre et, dans une certaine mesure aussi, les Pays-Bas et l’Allemagne écoulent, au contraire, dans le pays tous les objets imaginables.
- Pourquoi la France ne fait-elle doncpas de même? Pourquoi sa part de trafic est-elle confinée à d’e-troites spécialités ? Les produits français sont-ils donc moins solides, moins attrayants, moins vendables ?
- Non, nullement. Au contraire, dans nombre de cas ils sont supérieurs comme élégance, comme goût, comme forme, sans pour cela être d’un prix plus élevé que les produits similaires étrangers. Ils devraient donc, croirait-on, être préférés à ces derniers.
- La raison majeure qui empêche la création de débouchés nouveaux pour nos produits est, en réalité, l’absence au Transvaal de Français disposant de capitaux suffisants pour établir des maisons de commerce capables de rivaliser avec les entreprises anglaises, hollandaises et allemandes.
- Les articles de ménage et d’ameublement, les étoffes, la quincaillerie, la mercerie, les articles pour fumeurs, la parfumerie, les faïences, la bijouterie, la maroquinerie, les articles de mode, les gravures, les jouets, les bonbons, les conserves, les articles de Paris pourraient certainement être i écoulés avec profit au Transvaal.
- Le seul moyen d’obtenir des résultats appréciables serait qu’il s’établît dans le pays une maison française sérieuse, pourvue de capitaux, ou bien h 'défaut d’entreprise individuelle, l’agent 1 ci."ompagnùj fi,.mçaise fondée spécialement i no. dévelop-.'-.cme-.-t de nos relations avec l’A-
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- banque hollandais' . -1. 0 s.um.e =: °rétoria
- avec un capital de i 5 GGo -s I fr-.v;. parle
- également d’une société ru,Dru tcc- mitai
- de 25o,000 francs, en fcrn- :u ; y - _ our
- opérer en Afrique.
- Ce sont là de bons exemples . • • .
- CANAL DE PANü.
- Assemblée du 1er Août 188B
- Le Rapport in extenso est envoyé à toute personne qui le demande à La Compagnie, rue Çaumartin, 46, à Paris.
- EXTRAIT DU RAPPORT
- DE
- M. Ferdinand de LESSEPS
- Comme en 1867, deux ans avant l’ouverture du Canal de Suez, les adversaires de votre entreprise ont essayé de s’en emparer, et vous savez par quels moyens ?
- « Pour apprécier la situation, a ditl’ho-« norable M. Thévenet, à la Chambre des « députés, il faut remonter à 1867, il fau « lire les journaux du temps, il faut lire les « débats parlementaires, et il faut se de-« mander ce qu’on disait à ce moment con-« tre la Compagnie de Suez. Elle avait, elle « aussi, des adversaires puissants, déter-« minés, très opiniâtres, qui disaient contre « elle précisément ce qu’on dit aujourd’hui. « Des ingénieurs très compétents, des sora-« mités, au point de vue technique, préten-« daient que jamais le Canal de Suez ne « pourrait être fait ».
- Le député du Rhône ajoutait :
- « Pour le moment, je constate que toute « cette dépense, qui a abouti à des instal-« lations, à des travaux, à des résultat « certains, toute cette dépense peut être « reprise par des spéculateurs du lende-« main, par des spéculateurs qui attendent « peut-être le résultat de votre décision « pour édifier sur ces ruines que vous au-« riez accumulées une véritable fortune due « tout entière, non pas à l’initiative d’un « homme, non pas à une grande idée, mais « aune misérable spéculation financière ».
- Voilà la vérité, Messieurs.
- Il eût été plus simple, en effet, comme on nous le conseillait froidement, de reculer devant notre devoir — car on a osé écrire ceci dans des journaux français ! — de pro-
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- 1120. — Quatrième Année. — N° 189.
- LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 12 Août 1888.
- céder à une liquidation : c’est-à-dire de donner à de nouvelles et faciles fortunes l’occasion de s’élever sur la ruine de ceux qui nous ont suivis et qui nous ont soutenus.
- J’ai eu l’occasion dernièrement, à un Banquet offert au Président de la République de l’Equateur, d'expliquer et de justifier mon attitude :
- « En 1879, ai-je dit, au Congrès interna-« tional, réuni à Paris, les représentants de « toutes les nations me demandèrent de « prendre la direction de l’œuvre dont ils « réclamaient l'exécution au nom des inté-« rets universels.
- « J’acceptai, malgré les hésitations de mes « meilleurs amis, en disant qu’un général « qui a gagné une bataille n’a pas le droit « de se refuser à' un deuxième combat.
- « Mes amis avaient raison, parce qu’ils « prévoyaient le renouvellement des luttes « de Suez ; et je n’avais pas tort, parce que « j’envisageais la grandeur de l’entreprise, « la gloire de mon pays, la fortune de mes « compatriotes, le service immense à ren-« dre à l’humanité, et qu’en conséquence « une fois décidé rien ne me ferait reculer,.»
- C’est à cette réunion mémorable de, 1879 qu’assistait Gambetta et que sa parole ardente, en m’encourageant par un- titre que le peuple a accepté, justifia ma décision, me dicta le devoir impérieux, -patriotique, de marcher en avant; je ne m’arrêterai pas.
- Ai-je le droit de rri''arrêter, quand j’ai derrière moi une armée de fidèles associés, qui sont prêts à tous les sacrifices pour assurer Pachè-vement du Canal, et quand la moindre défaillance compromettait leur fortune ?
- Ai-je le droit de m’arrêter, quand j’ai la conviction profonde que les obstacles que je-rencontre ne résultent pas de la nature de l’entreprise, mais sont suscités par la mauvaise humeur de quelques ambitieux déçus ou par la convoitise de capitalistes toujours prêts à semer la tempête pour s’enrichir avec les épaves des naufragés?
- A.' i le droit de m’arrêter, quand la passion et l’acharnement avec lesquels on cherche a s’emparer de votre œuvre sont la meilleure démonstration de la valeur que lui reconnaissent nos ennemis ?
- Notre éminent ministre de la guerre, M. de Freycinet, disait récemment :
- « Il y a des conjonctures, dans la vie des « peuples comme dans celle des individus, « où la vraie sagesse consiste à mépriser « tout calcul et à n’écouter que son cou-•< rage et son honneur. L’estime du monde, « la confiance en soi, l’accroissement des « forces morales, prélude et condition des « lendemains réparateurs, sont le prix de « ces grandes témérités que la froide rai-« son semblait condamner. »
- Ces conjonctures se rencontrent aussi ..dans la vie des grandes entreprises; mais une fois engagé dans la lutte, le devoir n’est-il pas de marcher en avant, loyalement et honnêtement? U faut alors « n’écouter que son courage », et mépriser les . « calculs » de l’égoïsme.
- Si le percement de l’isthme de Suez fut une « de ces grandes témérités », les actionnaires de Suez ont vu le lendemain « réparateur » ; votre persévérante énergie assurera le. succès d’une seconde témérité: le percement de l’isthme, de. Panama.
- Le Parlement a voté ,et_le gouvernement de la République a promulgué la loi nous autorisant à émettre des ' Obligations'à lois.
- La même loi nous. oblige à déposer en « Rentes françaises ou titres garantis par le gouvernement français », les'sommes suffisantes pour assurer le paiement des lots et le remboursement'à 400 francs des obligations souscrites ou placées.
- Il a été'décidé que le dépôt serait effectué dans les caisses du Crédit foncier de France.
- ’ ' Sur; ma demande et la proposition de l’honorable' gouverneur du Crédit foncier, M. Christophle, le Conseil d’administration du Crédit foncier de France a accepté ce dépôt.
- Vous me dispenserez de rappeler les écœurantes , machinations , les calomnies perfides, les coups de Bourse, les envois de fausses dépêches, les manœuvres coupables,
- en un mot, dont on s’est servi pour vous empêcher d’exécuter votre entreprise.
- Vous êtes, pour la plupart, d’anciens et solides actionnaires du canal de Suez, et vous n’avez pas oublié nos batailles.
- Les procédés qu'emploient les adversaires du Canal de Panama sont donc exactement les mêmes que ceux qu’employaient les adversaires du Canal de Suez. Vous opposez aux spéculateurs éhontés, comme aux esprits faux qui méconnaissent la grandeur de l'entreprise, le même calme, le même dédain qui ont fait la force des actionnaires du Canal de Suez.
- Votre attitude conservera à notre Patrie la gloire et les bénéfices de l’exécution du second Canal maritime universel.
- Nous avons démontré, d’une part, que le Canal provisoire à écluses donnera facilement passage au trafic de 7 millions 1/2 de tonnes prévu par le Congrès international (trafic dont la seule taxe de transit donnera une recette de 112 millions 1/2 de francs) et d’autre part, nous sommes convaincns qu’il faudra poursuivre l’exécution du Canal à niveau, par la suppression successive des écluses, au fur et à mesure du développement du trafic, c’est-à-dire de l’augmentation des recettes, et cela au moyen d’un prélèvement sur le surplus des bénéfices, ainsi que nous le pratiquons à Suez pour l’élargissement et l’approfondissement du Canal maritime.
- L’exposé de la situation des travaux ^montre des parties importantes du Canal maritime achevées, d’autres en achèvement, toutes en voie d’exécution pratique.
- A ces faits, nous n’ajouterons qu’un témoignage, celui du Représentant officiel de la République de Colombie, du général Ale-jandro Posada, qui, le 19 juin dernier, dans un discours éloquent, s’est exprimé ainsi au sujet des travaux du Canal de Panama :
- « Je suis en mesure de rassurer ceux qui « pourraient eu avoir besoin, parce que je « connais parfaitement bien le pays théâtre « des travaux, parce que j’ai été Gouver-« neur du département de Panama pendant « ces deux dernières années ; et parce que « je mens de visiter avec la plus soigneuse « attention, et dans tous leurs détails, les « chantiers des travaux, où j’ai pu me ren-« dre compte de la lutte héroïque qu’ont eu v à soutenir les ingénieurs de l’entreprise,
- « lutte dans laquelle ils ont vaincu les plus « redoutables des difficultés inhérentes à « cette œuvre colossale.
- « Eh bien, moi, je n’ai pas le moindre « doute sur le couronnement complet de « cette œuvre; et la Colombie, où les tra-« vaux s’exécutent, a octroyé à la Compa-« gnie du Canal une étendue de territoire « plus considérable que quelques-uns des « royaumes de l’Europe. C’est vous dire, « Messieurs, la foi qu’elle a dans la com-« plète réussite de l’entreprise.
- Que pourrions-nous ajouter à une pareille déclaration ?
- L’ensemble de tous les chantiers donne, fin juin, un total de cubes effectués supérieur d’environ 500.000 mètres aux engagements contractés; mais notre prévoyance est devenue extrêmement susceptible et nous ne permettrons, sur aucun point de l’Isthme, aucune éventualité de retard, possible.
- En même temps que nous poursuivions l’exécution du Canal maritime, nous ne négligions pas la constitution de votre Domaine dont la valeur doit être un jour considérable.
- Vous savez qu’aux termes de notre Acte de concession, le Gouvernement de la République de Colombie doit nous donner « gra-« tuitement et avec toutes les mines qu’ils « pourront contenir », 500,000 hectares de terrains à prendre sur le territoire de la République.
- Vous savez également que ces terrains doivent nous être délivrés au fur et à mesure de l’avancement des travaux, et que le Gouvernement Colombien évaluant, dès lb87, l’effort accompli pour l’exécution du Canal comme égalant la moitié de l’effort total nécessaire, avait mis à notre disposition 250,000 hectares.
- Le 22 mars, nous avons reçu un télégramme nous annonçant que le solde des
- 250,000 hectares adjugés avait été choisi.
- Ces faits étaient intéressants à produire au moment où nos adversaires viennent de parler de liquidation ! Ils savaient nos richesses, ces adversaires, quand ils jetaien sciemment ce cri d’alarme, auquel vous avez su rester, comme votre Président, imperturbablement sourds. Ils savaient bien qu’en proposant de vous ruiner, ils s’enrichiraient !
- Nous avons donc obtenu du Parlement et du Gouvernement français, l’autorisation d’émettre des Obligations à lots.
- Nous ne retiendrons, si vous le permettez, des longs débats du Parlement, que cette déclaration officielle, qui a été comme la haute justification de l’autorisation donnée :
- « La Compagnie de Panama, par le nom « et le passé des hommes qui la dirigent, « par les collaborateurs éminents dont elle « s’entoure, par le caractère grandiose et en « quelque sorte humanitaire de l’œuvre « qu’elle poursuit, par les efforts sérieux « qu’elle fait encore pour mener cette œuvre « à bien, mérite la bienveillance des pouvoirs « publics. »
- Cette « bienveillance » nous a permis d’émettre 2 millions d'Obligations à lots, au prix de 360 fr. rapportant 4 °{0 l’an, toutes remboursables à 400 fr. et participant à des tirages qui auront lieu tous les deux mois, avec des lots de 500,000 fr., de 250,000 fr., de 100,000 fr., etc.
- Une clause spéciale de la loi nous oblige à déposer en « Rentes françaises ou titres garantis par le Gouvernement français », la somme suffisante pour garantir le paiement de tous les lots et le remboursement de toutes les obligations souscrites ou placées.
- C’est un placement exceptionnel, jouissant de garanties et d’avantages qu’aucunes autres obligations quelconques émises jusqu’ici ne pouvaient offrir.
- A nos 400.000 associés, plus de 250,000 nouveaux adhérents, souscripteurs aux Obligations à lots, sont venus s’adjoindre, prenant 800.000 titres, nous apportant ainsi 290millions de francs.
- Une grande partie de ces souscripteurs, en se libérant entièrement, ont accru nos ressources disponibles.
- Pour braver nos adversaires, pour défier définitivement leurs manœuvres, pour achever par la France et au bénéfice de la la France le Canal maritime de Panama, pour disputer cette œuvre nationale aux convoitises de nos pires ennemis, aux « misérables spéculateurs financiers », qu’a flétris l’honorable député du Rhône, il faut que nos Obligations ce lots soient placées.
- Votre Président, Messieurs, vous a donné sa vie tout entière ; ses collaborateurs, animés d’un dévouement absolu, n’ont reculé devant aucun labeur, devant aucune responsabilité, n’ayant en vue que la grandeur de l’œuvre entreprise, l’honneur national engagé et les bénéfices d’avenir, incalculables, à défendre.
- Mais ni votre président, ni vos administrateurs, ni les héroïques travailleurs qui luttent et qui succombent dans l’Isthme, ne peuvent rien, ou presque rien, devant cette nécessité financière qui se résout, en somme, en une souscription d'Obligations à lots, titres dont le capital apporté est absolument garanti jusqu’au dernier centime.
- La France entière, 011 peut le dire, s’est associée pour l’exécution du Canal maritime de Panama. Actuellement, plus de 600,000 de nos compatriotes sont directement intéressés au succès prochain de l’entreprise. Que chacun d’eux prenne ou fasse prendre deux Obligations à lots, et le Canal est fait.
- L’Assemblée a approuvé, à Vunanimité, tontes les résolutions présentées par le Conseil.
- Le Propriétaire-Gérant : H. Pendriè.
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- QUATRIEME ANNEE.
- Dimanche 19 Août 1888.
- NUMÉRO 190.
- SOMMAIRE :
- j. La tour Eiffel; 2. Adjudications; 3. Réunion de commissions, 4. Installations diverses; 5. Les Colonies à l’Exposition de 1889; 5. Les Etrangers à l’Exposition de 1889; 7. La Belgique à l’Exposition de 1889 ; 8. L’Exposition d’économie sociale ; . L’Enseignement primaire à l’Exposition de 1889; 10. 'Exposition rétrospective d’art industriel au grand Concours de Bruxelles ; 11. L’alimentation de Paris par les eaux du lac de Neuchâtel. — Gravure: La Tour Eiffel le 19 Juillet 1888.
- La nouvelle Administration du MONITEUR DE L’EXPOSITION a l’honneur d’informer ses abonnés que ses bureaux situés, Cité de l'Alman0 il, sont à proximité du Champ-de-Mars, du quai d’Orsay et de l'Esplanade des Invalides, c’est-â-dire au centre même de l’Exposition.
- Elle se met à leur disposition pour tous les renseignements dont ils pourraient avoir besoin concernant l’Exposition de 1889 : demandes d’emplacements, installations de vitrines, etc., etc.
- Pour ces renseignements et pour tout ce qui concerne la rédaction ou l’administration, s’adresser à M. H. PENDRIÉ, directeur et propriétaire-gérant du MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- LA TOUR EIFFEL
- Tout a été dit sur ce gigantesque monument dont nous publions aujourd’hui une gravure, et nous craindrions d’abuser de nos lecteurs en rééditant tous les détails techniques, en citant à nouveau tous les chiffres se rapportant à cette extraordinaire entreprise.
- Extraordinaire est bien le mot, car il est difficile de se persuader à soi-même, quand on a fait l’ascension de la partie de la tour déjà construite, telle que la représente notre gravure, à i io mètres de hauteur, que l’on puisse y superposer une quantité de matériaux s’élevant à plus d’une fois et demie la hauteur ac telle.
- Et, cependant, la science de l’ingénieur ne permet pas de douter un seul instant de l’achèvement de cette merveille de l’industrie métallurgique. Les objections, les négations de quelques jaloux ou de quelques fous ne valent même pas de les rappeler. La tour Eiffel se fera et sera une des gloires de la future exposition.
- Ceci dit,donnons quelques explications sur le dessin que nous publions dans ce numéro.
- La vue de la tour est telle que chacun a pu l’admirer dans la journée du 14 juillet dernier. Elle atteint la partie inférieure de la seconde plate-forme à 11 o mètres de hauteur au-dessus du sol. Depuis, une nouvelle croisure de 5 m. a été mise en place et c’est à ce point, 11 5 m., que sera établi le plancher de la seconde plateforme. Au moment du " 14 juillet, avait été posé
- un plancher provisoire, qui existe encore; mais ce plancher, qui sert d’échafaudage pour la construction de la partie supérieure, sera enlevé aussitôt que sera établi le plancher définitif à 5 mètres au-dessus.
- Sur la gravure on aperçoit distinctement les bras des trois de quatre chèvres qui servent au montage des pièces de fer de la première plate-forme au sommet actuel. Ces chèvres, établies solidement sur les armatures principales de chacune des colonnes, glissent sur celles-ci au moyen d’une disposition aussi simple qu’ingénieuse qui leur permet de s’élever au fur et à mesure du travail. De ces quatre chèvres, deux seulement vont continuer leur ascension au-dessus de la seconde plate-forme jusqu’à la rencontre définitive des quatre colonnes, à ij5 oui8o m., et à partir de cette hauteur, l’une d’elles à ion tour deviendra inutile en raison de la moindre largeur du monument.
- Avant de descendre de ce sommet déjà vertigineux, il est bon de donner une idée de la grandeur de la tour, en coupe horizontale, à cette hauteur de la seconde plate-forme. A ce point les quatre colonnes forment comme une réunion de neuf surfaces à peu près égales ; c’est-à-dire que chacune des colonnes ayant de 10 à 11 mètres de côté, l’intervalle qui les sépare est aussi de la même grandeur ainsi que l’espace carré que laissent entre elles, au milieu même de la tour, les quatre colonnes. De telle sorte que ces neuf carrés réunis forment une sur, face d’environ d’ensemble 1.000 m. carrés, soit 1 o ares ou un 1 /1 oe d’hectare. On voit que la base des 180 mètres qui restent à édifier de cette tour sans pareille présente des éléments d’appui de soutien qui peuvent inspirer confiance même aux incrédules. Car, ainsi, que nous avons eu l’occasion de le dire, la masse de fers déjà posée est de 5,ooo tonnes (5 millions de kilogrammes) tandis que celle restant à édifier n’est que d’environ 2.000 tonnes seulement. Cette proportion suffit à garantir la tour contre toute chance d’instabilité, étant donné surtout l’écartement considérable des piliers à la base.
- Si de la partie supérieure, on descend vers la première plate-forme par l’un des escaliers en spirale installé dans chacune des quatre colonnes, le coup d’œil est saisissant. Cet enchevêtrement de ferrures, d’armatures de toutes dimensions, ,de toutes formes frappe l’esprit d’une obsession incompréhensible. En vain, cherche-t-on un point de repère au loin, sur Paris ou les, coteaux environnants, l’œil est quand même attiré comme par une force irrésistible et, mal--gré soi, on s’arrête à contempler cette œuvre immense, fruit de la conception savante d’un homme, humble mortel.
- Disons, en passant, que l’on garnit dans ce moment d’une toile solide, le côté extérieur de chacun des escaliers en spirale qui conduisent de la première à la seconde plate-forme. Excel-
- lente précaution, qui cache à la vue le vide profond, cause de vertige même pour des personnes ayant l’habitude de cette ascension.
- Sur la première plate-forme, règne actuellement une activité de bon augure. On y exécute la pose de la galerie extérieure, ce qui n’est pas, entre parenthèses, un mince travail. Mais les intelligents coopérateurs de M. Eiffel en ont vu bien d’autres et ce travail, malgré les réelles difficultés qu’il présente, n’est pour eux que jeu d’enfant. Bientôt on pourra contempler l’aspect harmonieux de cette galerie.
- Il n’y a pas jusqu’à la partie inférieure de la tour où un travail considérable n’ait été accompli depuis le jour où a été prise la vue que nous reproduisons. Les grands arcs qui relient les quatre piliers ont été achevés, tandis qu’au moment du 14 juillet, un seul, celui, du sud (côté du Champ-de-Mars) était terminé. Les pylônes et les échafaudages qui ont servi soutenir les piliers de base quand ils étaieu encore en porte-à-faux, ont disparu. On procédé à l’établissement des puits de fondation des quatre ascenseurs, et l’on, cimente les murs de la grosse maçonnerie qui soutient les piliers. Bientôt on procédera sans doute au nivellement du terrain et à la pose des ascenseurs eux-mêmes. r
- En attendant, constatons une fois de plus avec quelle précision mathématique marche l’exécution de ce colossal travail qui sera le digne couronnement d’une série d’œuvres non moins intéressantes sinon moins grandioses, telles que les ponts du Douro et le viaduc de Garabit. ,
- Honneur donc encore à l’habile ingénieur qui a su élever à un si haut degré la gloire la métallurgie française.
- H. Pendrié.
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- ADJUDICATIONS
- Le i3 de ce mois a eu lieu, au tribunal de commerce, par les soins du conseil de préfecture, l’adjudication en un lot, à forfait, des travaux de construction des bâtiments destinés à l’exposition de la classe 65, à exécuter, en location, au quai d’Orsay, près du pont d’Iéna.
- La mise à prix était de 122,000 francs et le cautionnement fixé à 6,000 francs. Les travaux ont été adjugés à M. Albert Plomba, avec un rabais de 4 fr. 20-pour 100 fr. .
- A la même séance, a eu lieu l’adjudication, en un lot, des travaux de peinture à exécuter, à forfait, pour les .pavillons destinés à Y Exposition d’hygiène, à l’esplanade des Invalides.
- La mise à prix était de 9,000 francs et le cautionnement fixé à 600 fr.
- Les travaux ont été adjugés à M. Jean-Baptiste Ganguet, moyennant un rabais de 2 5 0/0.
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- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 19 Août 1888.
- 1122. — Quatrième Année. — N 0 190*
- Toutes les demandes de renseignements au sujet de:
- ' i° L’exposition re'trospective des oeuvres d’art du siècle ;
- 20 L’exposition décennale des œuvres d’art de 1878 à 1889 (France et étranger);
- 3° L’exposition des monuments historiques et des édifices diocésains ;
- 40 L’exposition des manufactures nationales ;
- 5° L’exposition de l’enseignement du dessin;
- Doivent être adressées au commissaire spécial,, porte n° 1, palais de l’Industrie.
- Quant à la correspondance officielle, elle devra, suivant l’usage, être adressée directement au Ministère de l’Instruction publique et des Beaux-Arts par les soins duquel elle sera transmise au Commissariat spécial»
- Commission consultative de contrôle et de finances
- Par arrêté, en date du 10 juillet 1888, du Ministre du Commerce et de l’Industrie, Commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, M. Laurenceau, secrétaire général delà préfecture de la Seine, a été nommé membre adjoint de la commission consultative de contrôle et de finances de l’Exposition universelle de 1889, pour représenter la préfecture de la Seine, en remplacement de M.. Bouffet, nommé directeur de l’administration départementale et communale au Ministère de l’Jntérieur..
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- infanterie, cavalerie, artillerie, génie et les divers services de l’armée (services administratifs, de santé et des poudres et salpêtres).
- A côté des modèles anciens, représentant le côté technique de cette exposition, figureront de nombreux et riches objets d’art, armes, armures, tableaux, sculptures, dessins, gravures, aquarelles, etc., permettant de reconstituer ITiistoire de l’armement, de l’équipement, du harnachement, etc., et l’histoire du costume militaire à toutes les époques, ainsi que celle de la fortification et delà cartographie militaire.
- On s’efforcera de reconstituer également l’histoire des différentes institutions ayant un caractère militaire, ordres de chevalerie, tournois, carrousels, drapeaux, étendards et escrime, musiques militaires, etc.
- Les musées de l’Etat, des départements et des villes et des collectionneurs particuliers ont déjà adressé de nombreux envois au général Gervais, au ministère delà guerre.
- Au point de vue spécial de l’escrime, nombre d’amateurs de l'Union artistique, dont la salle d’armes est placée sous la présidence du général,, ont tenu à concourir à l’éclat de l’exposition qu’il dirige.
- LES COLONIES A L’EXPOSITION
- DE 1889
- Le vendredi 31 août 1888, à 2 heures de l’après-midi, il sera procédé publiquement, dans une des salles de l’Hôtel de l’Intendance, rue St-Do-minique, 18, par M. le Préfet de la Seine ou son délégué, assisté de M. le général Gervais, président de la commission de l’exposition militaire, M. Simon, sous-intendant militaire, M. Boulanger, capitaine du génie et M. Walwein, architecte, chargé des travaux.
- A l’adjudication, au rabais, sur le prix de 20.900 francs.
- Et sur soumissions cachetées, de l’entreprise, en un lot, à forfait, des travaux de menuiserie à exécuter pour les constructions destinées à l’Exposition militaire.
- Le cautionnement définitif est fixé à 1 .ooofrancs, et le cautionnement provisoire à 5oo francs.
- Le même jour, à 3 heures de l’après-midi, il sera procédé dans la même salle et dans la même forme.
- A l’adjudication, au rabais, sur le prix de 24.250 francs, de l’entrepris! en un lot, à forfait, des travaux de peinture et vitrerie à exécuter pour les constructions destinées à la même exposition.
- Les devis, les cahiers des charges, les plans, coupes et élévations, sont déposés dans la salle des adjudications de l’Hôtel de l’Intendance militaire, 18,rue St-Dominique, où l’on pourra en prendre connaissance tous les jours non fériés, de une heure à cinq heures, ainsi que de toutes autres conditions : admissibilité ou dépôt de soumissions pour les adjudications ci-dessus.
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- RÉUNION DE COMMISSIONS
- La Grande Commission de l’Exposition de 1889
- La grande commission Je l’Exposition s’est réunie le 10 de ce mois au, ministère du commerce, sous la présidence de M. Pierre Legrand. Assistaient à la séance : MM. Teisserenc de Bort, Antonin Proust, Bixio, Guichard, Arsène Lopin, Berger, Alphand, etc., etc.
- On a discuté l’ordre du jour suivant :
- i° Projet relatif à la décoration des galeries de Vagriculture, quai d’Orsay.
- La dépense pour la décoration de ces galeries se monte à 112,000 francs.
- Il y aura lieu à adjudication : on fera prévenir par affiches.
- 20 Porte d’entrée monumentale
- Une porte d’entrée monumentale sera construite sur le quai, au coin de l’Esplanade des Invalides et de la rue de Constantine, cette porte aura l’aspect oriental pour cadrer avec les expositions de Turin, d’Orient et d’Afrique.
- La dépense sera d’environ 35,000 fr.
- 3° Etablissement de vélums sur l’Esplanade des Invalides
- L’ornementation de l’Esplanade des Invalides a été longuement discutée.
- On établira des jardins, des massifs et des plates-bandes avec des arbres et des plantes exotiques
- La constructisn des'jardins coûtera 40,000 fr. et les vélums 42,654 fr.
- 40 Jury des récompenses
- La question des récompenses a été décidée.
- Le ministère du commerce va mettre au concours le dessin pour les diplômes de récompenses. Une somme de 10,000 fr. sera accordée à l’artiste primé.
- On confiera l’exécution pour la gravure sur acier à un des maîtres français.
- Il y aura 5o,ooo diplômes à distribuer.
- Commissariat spécial de Y exposition des Beaux-Arts
- Les bureaux du Commissariat spécial des expositions des beaux-arts à l’Exposition universelle et internationale de 1889 sont installés à dater de ce jour au palais de l’Industrie (porte n® r).
- INSTALLATIONS • DIVERSES
- La sphère terrestre monumentale
- Voici de nouveaux détails au sujet de cette curieuse autant qu’instructive installation qui sera, sans doute, un des clous (en petit) de la future exposition :
- La base de cette sphère sera une petite tour en fonte qui s’élèvera à cinq mètres du sol. Non seulement ce globe marquera les heures, mais encore les minutes et les secondes. La division du temps sera indiquée sur la ligne équinoxiale qui aura,on le sait déjà, 40 mètres (soit la longueur de la circonférence). Une sonnerie intérieure fera connaître les heures, les demies et les quarts.
- Dans la tour de fonte sera placé un escalier qui donnera accès dans le globe terrestre. La charpente intérieure sera en fer et formera une salle de conférences où près de 3oo personnes pourront tenir et voir fonctionner les moteurs mécaniques. L’enveloppe du globe sera en carton pierre.
- Apiès l’Exposition, le tout sera de nouveau installé dans un jardin public.
- Le pànorama de la Compagnie générale transatlantique
- A l’Exposition universelle de 1889,pour donner au public une idée exacte de la grandeur imposante de ses nouveaux paquebots, la Société a décidé d’exposer au Champ de Mars, un panorama représentant en grandeur naturelle le futur paquebot La Touraine, de 160 mètres de long, en rade du Havre et entouré de tous les paquebots de la Compagnie. Le visiteur pourra ainsi, grâce à l’illusion d’optique, se figurer qu’il est réellement sur le navire et en étudier tous les détails d’intérieur au moyen des dioramas qui seront annexés au Panorama.
- Exposition rétrospective militaire
- C’est le général Gervais qui est chargé de diriger l’installation de cetteintéressante et savante exposition qui formera l’une des parties principales de celle qu’organise le ministère de la Guerre sur l’Esplanade des Invalides. Voici à son sujet quelques détails qui encourageront, nous l’espérons, les amateurs et collectionneurs à concourir .au succès de cette œuvre.
- L’Exposition rétrospective militaire embrasse dans son ensemble les objets et documents de toutes sortes se rapportant à l’histoire de l’art militaire en général et à l’histoire des armes r
- Section coloniale française
- Au moment où les travaux de l’Exposition coloniale entrent dans la période active, nous croyons utile de rappeler à nos lecteurs que le commissariat de la section coloniale française est composé de :
- M. L. Henrique. commissaire spécial, auquel doivent être adressées toutes les communications ;
- M. Des Tournelles, ingénieur civil, commissaire-adjoint ;
- M. Paul Révoil, chef de cabinet du sous-secrétaire d’État aux colonies, commissaire-adjoint ;
- M. Sauvestre, architecte.
- La commission consultative spéciale à l’exposition coloniale a pour président M. de La Porte, sous-secrétaire d’Etat aux colonies et pour vice-présidents MM. Ch„ Schœlcher, sénateur, et Félix Faure, député, ancien sous-secrétaire d’État.
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- Nouvelle- Calédonie
- Les dernières nouvelles parvenues delà Nouvelle-Calédonie nous apprennent que le Comité d’organisation de la colonie s’occupe activement de toutes les questions relatives à la préparation de son Exposition en 1889.
- On sait qu’un village canaque, comprenant plusieurs cases, sera construit, dans la section des colonies françaises, sur l’Esplanade des Invalides. Dix indigènes choisis à la fois parmi les plus civilisés et parmi les plus sauvages seront envoyés de Nouméa dès le mois d’avril de façon à arriver en France au commencement de la bonne saison. Ce groupe comprendra des femmes et des enfants, ce qui permettra aux métropolitains de se faire une idée exacte d’une famille néo-calédonienne.
- Au centre du village sera placée une case de chef et deux cases ordinaires qui seront montées par les indigènes eux-mêmes. Ceux-ci apporteront en outre de la peau de Niaouli avec laquelle ils construiront d’autres habitations plus simples.
- Un grand album qui contiendra plus de 3oo vues estdès maintenant en cours de préparation. Les paysages si nombreux et si pittoresques de la Nouvelle-Calédonie s’y trouveront reproduits et ne manqueront pas d’attirer l’attention
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- Quatrième Année. — N° 190.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE§i889.
- Dimanche 19 Août 1888. — ii23:
- des personnes qui s’intéressent à la colonisation libre dans le Pacifique.
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- La Guadeloupe
- Une grande quantité de plantes sont déjà arrivées de la Guadeloupe et ont été déposées dans la grande serre ou jardin d’hiver, qui ne sera certainement pas une des moindres attractions de la section des colonies françaises.
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- Indo-Chine
- U résulte des renseignements reçus ces jours derniers de Saigon que les Comités d’organisation institués dans les divers pays de l’Indo-Chine, en vue de l’Exposition coloniale de 1889, se préparent avec une grande activité ; aussi la section de l’Indo-Chine promet-elle d’être fort brillante.
- Un bâtiment d’une superficie de sept mille mètres environ renfermera les nombreux et curieux produits du pays.
- Un village annamite occupera, dans la section? un espace de seize cents mètres, et sera habité par 25 tirailleurs annamites, 36 miliciens et 26 civils, soit un personnel de 87 indigènes.
- Ainsi que nous l’avons annoncé, MM. Mo-quin-Tandon et deFonvielle, délégués de l’Indo-Chine, sont déjà à Paris. Ils ont pour mission de concourir à l’installation des produits de cette colonie, sous l’autorité immédiate du sous-secrétaire d’Etat et la direction de M. L. Henrique, commissaire spécial de l’Exposition coloniale de 1889.
- L’arrivée de l’architecte des Bâtiments annamites et tonkinois est annoncée pour le mois d’octobre. Il apportera avec lui les charpentes, les moulages, les sculptures, ainsi que toutes les parties de ces diverses constructions.
- LES ÉTRANGERS A L’EXPOSITION
- DE 1889 Danemark
- Une réunion, à laquelle assistaient quelques centaines d’industriels de Copenhague, a eu lieu le 5 dans cette ville. On s’y est occupé des questions relatives à la participation du Danemark à l’Exposition universelle de 1889. M. Ph. Schon, président de la réunion, a exposé que le Danemark ne prendrait pas officiellement part à l’Exposition, mais que le gouvernement procurerait aux industriels danois toutes les facilités désirables. L’orateur a exprimé ensuite l’opinion que l’industrie danoise devait s’efforcer de répondre le mieux possible à l’invitation de la France.
- M. C. Jacobsen a déclaré qu’il n’y avait pas de temps à perdre, si l’on voulait se préparer convenablement.
- La réunion a ensuite émis un vote par lequel elle s’est prononcée à une très grande majorité pour la participation du Danemark à l’Exposi-hon de 1889.
- M. Jacobsen, reprenant la parole, a exprimé l’opinion que le Danemark devait organiser à Paris, non pas une exposition considérable, niais une exposition de choix, comme celle de la section française à l’Exposition de Copenhague.
- Cette opinion a été appuyée par M. Bing, qui a dit que le Danemark devait prouver à Paris, par une bonne exposition, qu’il était un petit peuple plein de vitalité.
- M. Nielsen a déclaré ensuite que l’on devait
- établir une sorte de censure et n’admettre que les objets dignes de. figurer à l’Expo.ition universelle.
- M. Schon a exposé incidemment que les exposants danois avaient vendu à la dernière exposition de Paris, pour 216,000 couronnes (environ 298,000 francs) de marchandises, et que cette somme représentait le tiers de la valeur des objets exposés. Il a terminé en exhortant de nouveau les industriels danois à faire leurs efforts pour obtenir le plus grand succès possible à l’Exposition universelle de 1889.
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- Espagne
- On télégraphie de Barcelone en date du 9 courant :
- Les ministres des affaires étrangères, de l’intérieur et des travaux publics se sont réunis hier soir, pour discuter la question de la participation de l’Espagneà l’Exposition de Paris en 1889.
- Ils proposeront au conseil des ministres, d’accord avec les chambres de commerce de Madrid, de Paris et de plusieurs villes d’Espagne, de laisser la première prendre à sa charge les dépenses de cette participation, en disposant à son gré de la subvention de 5oo,ooo francs qui lui a été allouée.
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- Portugal
- Il ressort d’une note officieuse publiée par plusieurs journaux de Lisbonne que si le gouvernement du Portugal ne participe pas officiellement à l’Exposition de Paris pour des considérations d’ordre financier et d’ordre politique, ce gouvernement ne refusera pas de prêter son concours à l’initiative privée, du moment où elle se présentera dans les conditions voulues pour représenter dignement le pays.
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- Roumanie
- Un comité national, en vue de la participation de la Roumanie à l’Exposition de 1889, vient d’être' formé à Bucharest.
- Ce comité, formé sous la présidence du prince Georges Bibesco, comprend plusieurs anciens présidents du conseil des ministres ; il a adressé un appel aux Roumains pour les engager à prendre part à l’Exposition de Paris.
- LA BELGIQUE A L’EXPOSITION
- DE 1889
- L'indépendance belge consacre à la participation de la Belgique à l’Exposition de 1889 des détails intéressants que nous croyons devoir reproduire.
- Voici comment s’exprime notre excellent confrère après avoir fait remarquer que les emplacements mis à la disposition des exposants de la classe 17 (mobilier) seront certainement insuffisants :
- Ce n’est pas seulement les membres de la classe 17 qui se sont plaints de l’exiguïté des locaux mis à la disposition des industriels belges, mais les exposants de toutes les classes. A deux reprises déjà, notre commissariat général a prié la direction générale de l’Exposition de bien vouloir lui accorder de plus grands emplacements, prières auxquelles la direction générale s’est empressée du reste d’accéder. Mais le commissariat général vient encore d’être forcé, vu l’affluence toujours croissante des adhésions arrivées dans ces derniers temps, de demander pour la troisième fois une extension d’emplacement, et il espère encore obtenir une réponse favorable.
- -Mais donnons une vue d’ensemble de la section belge, telle qu’elle s’annonce d’après nos derniers• renseignements. Douze cents exposants environ sont déjà inscrits, et ce chiffre grossira certainement encore. On sait que le délai pour les adhek sions avait été fixé au ier août; mais ce que l’on ignore, c’est que ces douze cents inscriptions ont été réunies en moins d’un mois. Plusieurs présidents déclassé ont même dû solliciter une prolongation de délai jusqu’au i5 août, pour pouvoir régulariser les promesses d'adhésion reçues dans les derniers jours du mois de juillet.
- L’ensemble des locaux de la section belge a une superficie de plus d’un hectare. Onze compartiments composent cette section ; ceux des beaux-arts, des arts libéraux, des produits divers, — c’est-à-dire mobilier, tissus, industries extractives et carrosserie, — de l’électricité, de l’industrie mécanique, du matériel des chemins de fer, des produits alimentaires, de l’agriculture, de l’horticulture, et, finalement, les compartiments de l’exposition rétrospective du travail et de l'économie sociale. On peut constater, d’après cette nomenclature, que toutes les branches de l’activité seront représentées à la section belge.
- Les artistes et les industriels les plus connus ont adhéré, car ils comprenaient toute l’importance de la grande Exposition de Paris. Deux cent cinquante à [trois cents artistes, peintres et sculpteurs, sont déjà inscrits, et pas un de nos maîtres ne manque à l’appel.
- Dans les différents compartiments on remarquera principalement les importantes expositions de la Société Gockerill et des autres grands constructeurs de Belgique, de la [Vieille-Montagne, de nos céramistes et de nos principales verreries.
- Les armuriers de Liège, qui se sont constitués en collectivité, ne manqueront pas aussi d’avoir le plus grand succès. Tous les grands fabricants de tissus du pays, de Gand, Verviers, Courtrai, exposent également en collectivité; il en est de même des brasseurs belges, dont on connaît la puissance.
- Tous nos industriels et nos grands commerçants lutteront d’émulation, et il suffit de dire que MM. Le Nayer, Halot, Snoeck, Solvay et Cie, la Société des feutres et chapeaux, par exemple,, participent à l’Exposition pour indiquer les fortes qualités d’ensemble que présentera la section belge.
- La Société de Mariemont installera un grand pavillon, où un siège d’extraction sera reproduit dans tous ses détails. Et l’Union des Charbonnages exposera, de son côté, des détails frappants sur tous les grands centres d’extraction de notre pays.
- Un compartiment que l’on n’aura jamais vu dans aucune des précédentes expositions, est celui du travail rétrospectif et de l’économie sociale. Deux comités s’occupent activement de son organisation, et nous pouvons nous borner à en donner la composition pour convaincre tout le monde que l’œuvre sera menée à bien. L’un de ces comités (économie sociale) se compose de MM. Weiler, De Greef, Prins, Trasenster, Galesloot, Poelman, Adan, Mahillon, Henry, Brants, Meeus, Gilon, De Ridder, Van der Velde et Gartuyvels. L’autre (travail rétrospectif) comprend les noms de MM. le Dr Jacques, Vanderkindere, Reinsens, Folie, Ruelens, De Grooaters, Gevaert, Fétis, Dwelshau-vers, Briart, Cousin, Van Bastelaere, J. Vaudru-nen, De Backer, Morelle, Boulvin, Dubois, des généraux Sterckx et L’Olivier, des colonels Le Boulengé, Gevos et Brewer, du major Hubert, des capitaines Mahauden et Van Vinkeroy, et du docteur Celarier.
- Le grand portique monumental d’entrée de la section belge s’ouvre sur le vestibulè de i5 mètres de largeur qui séparera l’exposition française des expositions étrangères. Il comporte deux travées de 25 mètres chacune. Les plans en ont été confiés à M. Janlet, l'architecte de la façade belge de 1878, un des plus éclatants succès de l’avenue des Nations. Il sera construit tout entier en matériaux de notre pays, ainsi que le pavillon du commissariat général belge qui s’élèvra à proximité de la direction générale des travaux.
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- Mais il reste encore à procéder à une des opérations les plus importantes et les plus délicates, les opérations de l’admission des exposants. Les comités élus à cet effet fonctionneront à partir du 27 août.
- Il faudra placer les exposants les plus importants, et choisir entre tous, les producteurs directs seuls, qui représenteront avec le plus grand d’éclat nos industries nationales.
- Les comités d’admission devront donc, après ce triage des adhésions, écarter certaines inscriptions ou bien encore faire des réductions proportionnelles sur les demandes d’emplacement, de façon que les exposants de mérite y figurent tous, et proportionnellement à leur importance.
- . Disons pour terminer que la direction générale de l’Exposition de Paris a décidé d’une façon formelle que la vente en détail sera interdite dans les enceintes de l’Exposition. Seule, la dégustation sera permise dans la galerie des produits alimentaires. Cette décision sera certainement . approuvée.
- L'EXPOSITION D'ÉCONOMIE SOCIALE
- Nous avons publié dans notre numéro du 5 courant un chaleureux plaidoyer d’un de nos confrères en faveur de la création d’une seizième section dans l’exposition d’économie sociale.
- Nous sommes heureux d’annoncer que ses vœux ont été exaucés. Le ministre du commercé et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition, vient, en effet, par un arrêté en date du 10 courant, de décider la création de cette section qui prendra pour titre : Intervention des pouvoirs publics . Elle comprendra l’étude des questions suivantes:
- Œuvres, institutions et établissements d’Etat ayant pour objet l’amélioration physique, intellectuelle et morale des individus.
- Intervention des pouvoirs publics dans le contrat d’échange et dans le contrat de travail.
- Réglementation de la durée et du mode de travail par l’Etat ou par les municipalités.
- Fixation d’un salaire minimum pour les travaux 'des villes.
- Tarification du prix de certaines marchandises, taxe de la viande, minoteries, boulangeries et boucheries municipales, restaurants populaires et bazars municipaux, pharmacies municipales, bains publics.
- Magasins municipaux pour les matières premières et pour les outils des associations ouvrières. -
- Travaux publics considérés comme annexes de l’assistance publique.
- Entreprises municipales pour le transport en commun des voyageurs, pour l’éclairage des villes car le gaz ou l’électricité.
- > Construction et exploitation par l’Etat des chemins de fer et des canaux.
- • Bureaux de placement avec ou sans monopole, Bourse du travail.
- . Banque de Crédit nationales ou municipales pour les ouvriers ou les associations ouvrières.
- Avances ou subventions consenties par les villes ou par l'Etat aux sociétés coopératives ou corporatives de production.
- Responsabilité des patrons en cas d’accidents, assurances facultatives ou obligatoires contre ces accidents.
- Construction d’habitations économiques faites par les municipalités ou avec leur intervention.
- Influence des lois qui règlent la transmission de la propriété, loi dite homestead pour la protection du foyer domestique.
- Hygiène publique officielle, laboratoires municipaux, régime fiscal ou légal des boissons dans ses rapports avec la liberté du travail.
- Intervention des pouvoirs publics dans les conflits entre les patrons et les ouvriers, subventions accordées aux grévistes dans les villes.
- Intervention des pouvoirs publics pour favoriser ou restreindre l’émigration ou l’immigration, taxe de séjour prélevée sur les ouvriers étrangers, naturalisation.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889I Dimanche 19 Août 1888.
- Concurrence commerciale faite aux marchands sédentaires par les marchands des quatre-saisons et les marchands forains.
- Cette nouvelle section est composée comme suit: MM. Léon Donnât, membre du conseil municipal de Paris, président ; Yves Guyot, député de la Seine, vice-président.
- MM. Burdeau, député ; Fernand Faure, député; Saint-Martin, membre du conseil municipal de Paris; Paul Beurdeley, maire du VIIIe arrondissement de Paris, membres!
- M. François Deloncle, consul, secrétaire.
- L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1889
- . Dans une récente circulaire, M.- Lockroy avait prié les préfets de lui faire savoir, pour chacun des exposants désirant prendre part dans leur département à l’exposition scolaire de 1889, s’il veut être admis comme exposant libre ou s’il demande à se placer sous les auspices du ministère de l’instruction publique.
- M. Lockroy adresse aux préfets une nouvelle circulaire pour leur dire : qu’à la suite d’une réunion de la-commission préparatoire de l’exposition du ministère, il a paru. indispensable de < fixer un délai, passé lequel aucune demande, d’inscription ne serait plus examinée. Ce délai est fixé au ier octobre prochain. C’est donc avant cette date que le ministre devra recevoir toutes les. demandes d’exposants désireux de se placer sous les auspices du ministère tout en conservant leur inscription au catalogue et leurs droits éventuels aux récompenses du jury.
- Nous : rappelons- à. ce sujet que les demandes d’exposants doivent être adressées au ministère. Ces exposants se répartissent en quatre groupes :
- - t° Les écoles publiques de tous degrés se rattachant à l’enseignement primaire- (écoles maternelles, primaires élémentaires, supérieures, normales, normales supérieures, etc.);
- 2° Les communes;
- ' 3° Les départements ;
- . 40 Les membres du corps enseignant, de l’inspection primaire et de l’inspection académique.
- La commission, ne disposant que d’une surface fort restreinte, aura à statuer sur l’admission des objets proposés. Cette admission prononcée, elle fixera, au prorata des demandes, les espaces concédés à chacun, en indiquant ceux des objets'qui paraîtront devoir être exposés avec le plus d’avantage et de profit pour l’exposant lui-même. ' -
- AU GRAND CONCOURS DE RRÜXELLES
- Par lettre officielle, en date du 12 mai 1888, M. Berger, directeur de l’Exposition universelle de 1889, a informé MM. Sibillot frères, propriétaires de la France colombophile, que le comité de la classe 66, présidé par M. le général Gervàis, adoptait en principe le projet du lâcher de tous les pigeons des Sociétés françaises à Paris le 14 juillet 1889, projet émis par la France colombophile, seul organe français des sociétés colombophiles.
- Par lettre en date du 28 juillet 1880, M. le général Gervais informe M. Ch. Sibillot qu’il le recevra lors de son passage à Paris.
- Notre confrère de Limoges compte se rendre sous peu à Paris; à cette occasion, MM. les colombophiles de la Seine seront convoqués en assemblée générale. Ceux des départements qui pourront se rendre à Paris seront; les bienvenus et auront aussi voix délibérative. L’ordre du jour portera: Formation du comité organisateur du premier congrès national des colombophiles français et élaboration du règlement du lâcher-concours. Nous prions M. le Président de la fédération de la Seine et MM. les présidents des sociétés d’étudier d’ores et déjà la question.
- Le congrès de 1889 aura lui-même pour consé-' quence la formation de « La Fédération nationale des sociétés colombophiles françaises ».
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- L’ALIMENTATION DE PARIS
- PARLES EAUX DU LAC DE NEUCHATEL
- Le Projet de M. G. RITTER
- Les résistances que vient de rencontrer une commission de la Chambre des députés dans la vallée de EAvre, où la ville de Paris a acheté plusieurs sources, a remis une fois de plus sur le tapis cette question si importante de l’alimentation en eau pure et saine de la grande ville et de sa banlieue.
- Ainsi que nos lecteurs le savent déjà par les discussions soulevées à différentes reprises dans ces dernières années, les eaux de la Dhuys et de la Vanne ne fournissent en moyenne, à la ville de Paris, que 180,000 mètres cubes d’eau par vingt-quatre heures qui s’abaissent même à 140.000 en temps de sécheresse, l’époque justement où il s’en consomme davantage, soit une disponibilité de 60 litres environ par tête d’habitant et par jour, quantité que l’expérience a démontré être insuffisante eu égard aux nombreux usages domestiques et industriels pour lesquels l’eau de source est une nécessité.
- On a donc pensé à augmenter le volume disponible de cette eau et, à cet effet, la ville de Paris a acheté dans les départements de l’Eure et d’Eure-et-Loir plusieurs sources pouvant fournir 110,000 mètres cubes par vingt-quatre heures, soit un débit de 1,273 litres par seconde. Mais ce projet d’acquisition, soumis actuellement à l’approbation de la Chambre des députés, vient de soulever des tempêtes de colère, de menaçantes protestations dans la région où sont situées les sources dont s’agit : manufacturiers, ouvriers et cultivateurs ne forment plus qu’une seule mais puissante coalition aux fins .d’empê-cher'que le projet de captation des fontaines de la Vigne et de l’Avre, au profit de la ville de Paris, soit exécuté.
- Et, de fait, ces divers cours d’eau ne sont-ils pas la vie même-, la richesse des vallées qu’ils desservent? Usines et prairies ne leur doivent-elles pas, les premières, la force notrice nécessaire, les secondes, leur valeur exclusive? Qu’on leur enlève cette eau bienfaisante qui les fait vivre et c’en est fait de leur existence. Là où surabondaient la vie, le mouvement, le travail, s’installeront la solitude, la ruine, le désert.
- Aussi, cette situation qui n’est pas près, sans doute, de se dénouer à la satisfaction de tous, donne-t-elle une valeur plus grande à l’intelligent autant que hardi projet que l’ingénieur, M. G. Ritter, a exposé récemment devant la Société des Ingénieurs civils (séances des 18 mai et ior juin derniers). Ce projet, ainsi que l’indique le titre de cet article, consiste à amener à Paris les eaux ou, du moins, partie des eaux qui s’échappent du lac de Neuchâtel en Suisse.
- Le lac de Neuchâtel, dit M. Ritter, est, avec celui de Bienne-Morat, le grand récepteur des eaux de l’important bassin de l’Aar, l’un des plus grands bassins hydrographiques de la Suisse, dont la surface est de 8.331 kilomètres carrés.
- Ce bassin fournit en moyenne 240 mètres cubes d’eau par seconde (20.736.000 mètres cubes par jour) et un prélèvement de 3o mètres cubes (2.592.000 mètres cubes par 24 heures), soit le huitième du volume total, n’occasionnerait aucune perturbation dans le régime général
- (Voir la suite page 1126)
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- Quatrième Année. —- N° 190. LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE iSSçjr Dimanche 19 Août 1888, —1125.,
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- LA TOUR EIFFEL LE 19 JUILLET 1888
- (D’après line photographie de M. Durandelle)
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- ii2b. — Quatrième Année. — N° 190.
- des eaux de la contrée. Il serait accordé sans difficulté, pense M. Ritter, par les gouvernements intéressés.
- La quantité d’eau dont disposera la ville de Paris, même après l’adduction des nouvelles sources, sera encore insuffisante, ajoute M. Ritter, et la dépense d’acquisition et d’amenée de ces sources (70 ou 80 millions) n’est pas en rapport avec le service rendu. Après cette adduction Paris ne possédera, en effet, que 3,000 litres environ par seconde en eau de source. M. Ritter en offre 3o.ooo dont 10 ou 12,000 exclusivement consacrés aux usages domestiques ou autres services de la ville, 12 à i5,ooo devant servir à fournir 12,000 chevaux de force motrice naturelle et le surplus 5,000 litres environ, destinés à être utilisés sur le parcours du canal, à servir, par'exemple, à l’alimentation en temps de sécheresse des canaux de l’Est de la France,
- Or, si l’on considère que la population de Paris est en augmentation constante, qu’actuel-lement 25,000 maisons, soit le tiers, ne sont pas abonnées à l’eau de source, que les 60 communes des environs de Paris qui comprennent 600,000 habitants n’ont, pour la plupart, que de l’eau de Seine à leur disposition, on s’expliquera la valeur, l’importance économique et hygiénique du projet de M. Ritter. Qu’on ajoute à cela que comme temps d’exécution, il s’écoulera peu de mois pour que ce projetsoit un fait accompli au delà de celui que nécessitera l’adduction des sources de la Vigne et de l’Avre et l’on se demandera étant données, d’une part, les difficultés que rencontre la captation de ces sources et l'insuffisance reconnue déjà de leur débit et, d’autre part, l’ampleur du projet Ritter lequel permet, non seulement d’alimenter en eau de source Paris et sa banlieue, mais encore de lui fournir une force motrice considérable, on se demandera, disons-nous, s’il est permis d’hésiter entre ce projet grandiose et celui mesquin d’une insuffisance notoire et qui va avoir pour conséquence, s’il est jamais mis à exécution, de ruiner une des plus jolies vallées de l’une de nos plus belles provinces.
- Quant à l’exécution de son projet, M. Ritter en a établi les calculs d’une façon claire et précise dans l’exposition qu’il a faite devant la société des Ingénieurs civils.
- La dépense totale, basée sur les données connues en matière de travaux analogues, ne dépasserait pas 355 millions et le revenu probable, certain même, atteindrait 2 5 millions, soit un intérêt de 7 0/0 du capital engagé.
- Les travaux d’ensemble du grand aqueduc projeté par M. Ritter comporteraient :
- 118.500 mètres de ponts-aqueducs ;
- 29.500 — de siphons;
- 63,3oo — de tunnels aqueducs;
- 255,5oo — d’aqueducs en tranchée.
- Total 466,800 mètres, distance du lac de Neuchâtel à Paris.
- Le plus grand tunnel serait celui de la traversée du Jura. Il aurait 37 kilom. de longueur et 25 à 26 mètres carrés de section; mais, par suite de la configuration du terrain, il pourrait être sectionné en trois parties, soit six chantiers d’avancement et, grâce à' une force motrice naturelle considérable (12.800 chevaux) existant sur place, il pourrait être exécuté en quatre ou cinq années au plus.
- L’arrivée del’eau se ferait sur le plateau de Meu-don, à 120 mètres d’altitude au-dessus de Paris (i),ce qui donnerait sur tous les points delacapi-tale, à Montmartre même,une pression suffisante pour éviter toute machine élévatoire. De plus,
- (i) L’altitude à l’étiage du lac de Neuchâtel est de 428 m. 5o au-dessus du niveau de la mer.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 19 Août 1888
- comme nous l’avons dit plus haut, cette différence de niveau permettrait d’obtenir, avec une quantité d’eau (12 à i5 mètres cubes) spécialement affectée à ce service, une force motrice de 12.000 chevaux, suffisante pour éclairer à l’électricité toutes les rues et places de Paris et un grand nombre de magasins et monuments publics, force qui, disponible pendant le jour, pourrait être utilisée avec grande économie par la multitude des petites industries parisiennes.
- Or, ce côté spécial des avantages immenses que présente le projet Ritter, n’en est pas le moins intéressant, économiquement parlant. On ne paraît pas, en effet, se rendre compte en France du rôle que joue dans le prix de revient d’un produit industriel, la dépense de la force motrice, et cependant cette dépense a une importance capitale dans nombre de cas, car elle suffit souvent pour empêcher la vente au dehors du produit fabriqué.
- Ainsi nous connaissons tel grand industriel, fabricant de tissus decoton, qui dépenseannuel-lement de 100 à 120.000 fr. en force motrice à vapeur pour une valeur fabriquée de 2 millions de fr., soit 5 à 6 0/0 de cette valeur. Ce fabricant pourrait installer son usine sur un cours d’eau lui fournissant la force motrice nécessaire moyennant une dépense annuelle de 10.000 fr. compris l’amortissement des frais de premier établissement dés moteurs, soit une économie de 100.000 fr. environ par an, ou 5 0/0 du produit fabriqué. Eh bien, cette différence de 5 0/0 suffit pour fermer à ce fabricant, pour la vente de son tissu, les marchés étrangers. Combien d’autres industriels sont dans le même cas ?
- On voit donc par ce seul exemple combien, par ce temps de concurrence à outrance, rendrait service à l’industrie parisienne l’exécution d’un projet qui mettrait à sa disposition, à moitié prix de la dépense actuelle et peut-être moins, la force motrice qui lui est nécessaire. A raison de 400 fr. par an et par cheval-vapeur que coûte la force motrice à Paris,,, l’économie .. réalisée au bénéfice de l’industrie parisienne s’élèverait à 2.400.000 francs, chiffre auquel il faut encore ajouter, au profit de la Ville, l’économie que produirait l’éclairage électrique établi par le moyen de cette force hydraulique. Ajoutons que cette dernière considération aurait encore pour avantage certain d’obliger la Compagnie du gaz à abaisser son prix de vente.
- De toutes manières, le projet grandiose de M. G. Ritter est de ceux qui méritent non seulement de retenir l’attention, mais encore d’être pris en sérieuse considération et si, comme il semble que cela soit, les populations des vallées de l’Avre et de la Vigne accentuent encore leur opposition ( 1 ) et que leurs demandes d’indem-
- (1) Voici un exemple qui prouvera que l’opposition des populations des vallées de 1 Avre et de la Vigne n’est pas seulement superficielle. Le fait suivant dénote que ces populations ont parfaitement compris le préjudice irréparable que leur causerait la prise de possession de leurs sources par la ville de Paris :
- Le conseil d’arrondissement d’Evreux a entendu, dans sa séance du 23 juillet dernier, la lecture d’un rapport de M. Fer-ray sur la question des eaux de l’Avre. Le conseil en a adopté à l’unanimité les conclusions, qui formulent le vœu suivant :
- i» Qu’un crédit soit voté par le conseil général pour l’étude d’un projet d' étanchement des bétoires de l’Avre et de ses affluents ;
- 2’ Qu’un crédit de 60,000 francs soit inscrit dés maintenant au budget départemental pour l’exécution des travaux s’il y a lieu;
- 3° Qu’en raison de l’intérêt que présente l’exécution de ces travaux pour les départements de l’Orne et d’Eure-et-Loir, une participation financière leur soit demandée ;
- 4° Enfin qu’il soit nommé une commission interdépartementale dont les membres seront choisis dans les départements de l’Orne, d’Eure-et-Loir et de l’Eure, ^chargés de suivre l’affaire et de défendre les intérêts des trois départements. »
- D’autre part, voici ce qu’on a pu lire, il y a quelques jours, dans le Journal de Verneuil (vallée de l’Avre) :
- On annonce la prochaine visite de M. Alphand dans le pays ; il pourra,'du château princier (rive gauche) où il sera reçu, en montant dans les tours et en s’armant d’une longue-vue, embrasser toute l’étendue de la vallée et juger des richesses qu’elle comporte. Mais qu’il fixe bien les yeux sur la plaine de Mon-tigny? Il y apercevra un mât au haut duquel flotte un drapeau noir avec cette inscription :
- Les Enfants des Ecoles aux Défenseurs de. la Vallée de l’Avre
- Est-ce assez significatif ?
- • Dieu veuille qu’il comprenne ! ! 1
- nité dépassent les prévisions, ce qui est plus que probable, il n’y aura plus alors à hésiter. Entre deux projets dont l’un, celui de la Ville, est insuffisant et peut devenir une cause de difficultés sans nombre présentes et à venir (des menaces d’empoisonnement ou d’infection des sources ayant été faites), et celui de M. Ritter qui présente des avantages immenses à tous les points de vue et dont la réalisation est relativement facile, il faut choisir ce dernier qui a en plus, sur le premier, cette supériorité d’être un projet définitif tandis que celui actuellement à l’approbation du Parlement n’est, de l’aveu de tous les gens compétents, qu’un palliatif, un pis-aller. Et, serait-il même exécuté, que le projet Ritter n’en resterait pas moins une nécessité pour les raisons nombreuses exposées plus haut.
- « Il y a unejcoordination évidente, écrivait il y a quelques jours un de nos savants aussi modeste qu’émérite, M. Zaborowski (Justice du 26 juillet), entre le développement des villes et la quantité d’eau potable dont elles disposent. » Paris, dont l’accroissement est inévitable et dont l’importance industrielle ne saurait diminuer, a besoin doublement: i° d’eau potable en quantité suffisante, 20 de force motrice à bon marché.
- Seul, de tous les projets élaborés jusqu’à ce jour, celui de M. G. Ritter renferme les éléments qui permettent la réalisation de cette double nécessité pour la capitale du monde civilisé.
- H. Pendrié.
- Nota bene.-—.Comme complément à l’article ci-dessus, nous devons ajouter que M. G. Ritter, l’auteur du projet que nous venons d’exposer, est un ingénieur hydraulicien de réputation acquise et dont la grande expérience en la matière est fort appréciée chez nos voisins d’au delà la frontière jurassienne. Il n’en est pas en effet, pourrait-on dire, à son projet d’essai. C’est lui,; entre autres, qui a été le. promoteur des grands travaux hydrauliques de Genève,lesquels ont permis d’établir au cœur même delà ville, une force motrice naturelle qui dépasse 6.000 chevaux dont le prix de revient n’atteint pas 2o fr. par an et par cheval-vapeur.
- C’est M. Ritter également qui a éüé l’initiateur de travaux analogues à Fribourg. C’est lui encore qui est l’auteur des projets de conduite d’eaux d’alimentation à Neuchâtel et la Chaux-de-Fonds, ce dernier d’une hardiesse sans pareille, puisqu’il comprend une élévation d’un seul jet à 5oo mètres de hauteur.
- Comment douter de la valeur pratique d’un projet présenté par un tel homme ?
- D’ailleurs, pour faciliter, en ce qui concerne Paris, l’adoption de son projet, nous savons de bonne source que M. Ritter a proposé au Conseil municipal de lui fournir d’abord 5oo.000 m. cubes par 24 h. (au lieu de 2 1[2 millions) au prix de revient des eaux de source qu’il s’agit de dériver, avec faculté d’augmenter avec le temps le volume d’eau primitif. M. Ritter se chargerait, dans ce cas, d’organiser la nouvelle entreprise qui doterait d’eau, non seulement Paris, mais ncore 1.000 à i.5oo localités situées sur le parcours de l’aqueduc. De cette manière, la ville de Paris n’aurait pas à s’occuper du capital d’exécution des travaux.
- H. P.
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- Rédaction et Administration : //, cité de l'Alma (Avenue Bosquet— Avenue Rapft).
- QUATRIEME ANNÉE. Dimanche 26 Août 1888. NUMÉRO 191
- SOMMAIRE :
- 1. Revue technique des Travaux de l’Exposition : Le Palais des Machines; 2. Adjudications; 3. Nominations; 4. Le diplôme des récompenses de l’Exposition de 1889 ; 5. Installations diverses; 6. Les Colonies à l’Exposition de 1889; 7. Les Etrangers à l’Exposition de 188g ; 8. Echos; 9. Variétés sur l’Exposition de 1889; 10. Gravures: Le Palais des Machines, vue intérieure et plan d’ensemble.
- La nouvelle Administration du MONITEUR DE L’EXPOSITION a l’honneur d’informer ses abonnés que ses * bureaux situés, Cité de l'Alma n° 11, sont à proximité du Champ-de-Mars, du quai • d’Orsay et de l'Esplanade des Invalides, c’est-à-dire au centre même de l’Exposition.
- Elle se met à leur disposition pour tous les renseignements dont ils pourraient avoir besoin concernant l’Exposition de 1889 : demandes d’emplacements, installations de vitrines, etc., etc.
- Pour ces renseignements et pour tout ce qui concerne la rédaction ou l’administration, s’adresser à M. H. PENDRIÉ, directeur et propriétaire-gérant du MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- REVUE TECHNIQUE
- DES TRAVAUX DE L’EXPOSITION
- Le Palais des Machines
- Dans son numéro du 28 avril dernier, le jour_ nal Y Architecture, publiait sur le palais des machines, un article spécial signé de M. Eugène Ménard. Cet article se terminait comme suit :
- « C’est en se conformant aux indications approuvées par la commission du contrôle et des finances que M. Dutert dressa son projet définitif (1).
- « Ce projet se compose essentiellement d’une grande nef de 115 mètres de large sur 420 mètres de long, accompagnée de deux galeries latérales de 15 mètres.
- « Ces galeries ont un plancher de premier étage à 8 mètres de hauteur. Elles sont reliées à leurs extrémités par deux tribunes portées sur piliers métalliques. Ces tribunes passent à l’intérieur des verrières des pignons. Un grand vestibule central, surmonté d’une coupole, dans lequel monte un escalier à double révolution, relie le palais des machines aux galeries .des industries diverses dont il est sépâré dans toute sa longueur par un jardin de 3o mètres.- .
- « Trois autres escaliers desservent les tribunes et les bas côtés qui font face à l’École militaire.
- « La couverture, un tiers pleine, deux tiers
- (1) Voiries gravures des pages 4 et 5.
- vitrée, est supportée par 20 fermes à treillis, alternativement larges et étroits. Ces fermes sont espacées de 2im,5o, sauf pour la travée centrale et les travées extrêmes dont la cote est dif-• férente.
- « Chaque arc métallique a la forme d’une ogive surbaissée. Sa hauteur sous clef est de 43 mètres.
- « On peut essayer de se rendre compte de la dimension de cette salle, en remarquant que la colonne Vendôme pourrait tenir sous le faîtage et que la nef du palais des Champs-Elysées est moitié moins large et moitié moins longue. C’est en somme une surface de 4 hectares et demi, couverte sans aucun point d’appui. La tentative est singulièrement grandiose... »
- C’est parce que cette description sommaire nous a semblé frappante, c’est parce que, ave cune grande sobriété de mots et d’expressions, l’auteur a trouvé le moyen de présenter à l’intelligence de chacun, un tableau bien vivant de la conception de M. Dutert, que nous avons tenu à reproduire ces paragraphes intéressants.
- A la date où ces lignes étaienRécrites, on commençait seulement le montage des premières fermes de cette immense galerie dont la construction et l’édification ont été confiées aux deux usines françaises, Anciens Etablissements Cail et Fives-Lille, universellement reconnues pour leur incontestable compétence en ces sortes de travaux. •
- Rien, alors, n’avait encore pu sanctionner la réelle possibilité, non pas de la construction proprement dite, ce qui actuellement n’est rien, mais de l’érection monumentale devant résulter de la superposition et de l’assemblage des parties diverses, appelées à constituer cet ensemble imposant.
- A l’heure présente, le problème est résolu, la solution est complète, et l’œil ébloui et charmé peut comtempler cette immense ossature métallique, sans rivale dans le monde entier.
- . Pour compléter l’énoncé de M. Hénard nous venons dire à nos comtemporains : Vous pouvez maintenant admirer cette halle immense sous laquelle quatre nefs semblables à celle du Palais de l’Industrie, pourraient s’abriter à l’aise, On peut considérer l’œuvre comme terminée.
- Le géant est debout, bien ferme sur ses quarante pieds qu’on pourrait se figurer énormes si l’on envisage l’immensité du volume à supporter, mais qui, contrairement aux prévisions, semblent à distance tellement délicats, qu’ils paraissent se réduire à un point. En employant le langage aristocratique de la science, c’est-à-dire son langage élevé, on serait tenté de dire que le colosse a les attaches fines,. .
- Nous formulerons, plus loin, les raisons qui ont déterminé l’ingénieur à donner à chacune des fermes, une surface d’appui aussi restreinte.
- Ce qui précède étant établi, nous avons considéré comme un grand attrait défaire Ehistori-
- que de ce travail gigantesque, et nous nous avons décidé, comme désidératum à accomplir, de mettre sous les yeux de nos lecteurs, techniques ou non, versés ou non dans la science de la construction, un résumé descriptif aussi clair que possibledeur permettant de se faire une idée exacte de cette belle œuvre à qui la suprématie la plus haute est irrévocablement acquise dans la catégorie des travaux de grande envergure autant en raison dé sa conception superbe, que relativement à son exécution vaillante et hardie.
- Nous ne nous dissimulons pas la difficulté de cette tâche, et nous comprenons qu’entreprendre une semblable description sans fournir à l’appui aucun plan ni tracé géométrique, nous amènera, dans certains cas’ peut-êtrë,. à laisser dans les imaginations quelques doutes ou quelques obscurités, mais nous nous, attacherons à les réduire au plus petit nombre possible.
- Nous commençons.
- Si'l’on veut bien envisager que chacune de ces immenses fermes qui embrassent une distance de 110 mètres, d’a^eenaxede leurs pieds ou piliers, ne pèse pas moins de 180,000 kilogrammes, si l’on veut également compter que les armatures et pièces d’assemblage composant la travée, c’est-à-dire les poutres, pannes, chevrons, faîtage, couverture verre et zinc!,- etc., ne fournissent pas elle-mêmes, un poÿls inférieur à 100,000 kilog., on comprendra aisément que les massifs sur lesquels devaient s’appuyer les pieds du géant, exigeaient un bloc fondamental dont, la résistance pût faire face à la pression exercée. ' "
- A' cet effet, l’ingénieur détermina comme suit l'importance de chacune de ces assises :
- Sur- un nombre convenable de pieux, battus au fond d’une fouille rectangulaire à une profondeur de 6 mètres et occupant une surface de 8 mètres de long sur 5 mètres de large, soit 40 mètres carrés, un massif en béton de im,5o de hauteur fut établi.' Sur ce massif, on en superposa un autre, en maçonnerie meulière au mortier de ciment, qui comme dimension, donne en hauteur 4n\5o, en longueur dans le sens du plan des fermes 7 mètres et en largeur 4 mètres, soit environ comme cube 126 mètres
- Les boulons de fondation, boulons à scellement, destinés à fixer à cette base solide les crapaudines— supports des pieds de fermes — furent placés dans cette maçonnerie supérieure avec laquelle ils sont destinés à faire corps, et dans des conditions telles que pour faciliter le réglage devant déterminer la mise en place définitive, ils pussent se mouvoir suffisamment dans l’espace qui leur était réservé de façon en un mot. à ce qu’il fût possible de les amener à ' la place exacte, devant être définitivement occupée par eux. Mobiles encore, jusqu’au moment où cette place, affectée à la crapaudine-support, fût mathématiquement établie, ces
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- Dimanche 26 Août 1888.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION'DE 1889
- boulons furent ensuite rendus fixes par l’opération du scellement, et quand on put se convaincre que ) : ' ation était complète., qu’en un mot les scellements présentaient pour chacun des boulons toutes les garanties de secu" rité voulue, on procéda au serrage des écrous, c’est-à-dire à la fixation définitive de la crapau-dine-^upport.
- Quarante fondations semblables, soit deux pour chacune des fermes, lurent ainsi établies afin de servir de base aux quarante crapaudines-supports.
- (A suivre).
- Harty
- ADJUDICATIONS
- Façades des galeries de l’Agriculture
- Galeries élevées sur la chaussée entre le pont de l’Alma et le pont des Invalides, sur la chaussée et sur la contre-allée entre le pont des Invalides et VEsplanade.
- Le samedi 8 septembre 1888, à une heure de raprès-midi, il sera procédé publiquement, dans une des salles du Conseil de Préfecture (Palais du Tribunal de Commerce), par le Préfet de la Seine ou son délégué, assisté de deux membres du Conseil de Préfecture et du Directeur général des Travaux ou de son délégué, à l’adjudication, en un lot, au rabais, sur le prix à forfait et par soumissions cachetées, des travaux de construction, en location, des façades des galeries de l’Agriculture sur le quai d’Orsay, lesquels travaux sont évalués à 112,000 francs, somme à valoir pour imprévus comprise.
- Le cautionnement est fixé à 3,5oo francs.
- Le cahier des charges et les plans sont déposés à la Direction générale des Travaux, dans les bâtiments du Champ-de-Mars,'à l’extrémité de l’avenue Rapp, où l’on pourra en prendre connaissance tous les jours non fériés, de une heure à quatre heures.
- Nul ne sera admis à concourir à l’adjudication s’il ne remplit les conditions imposées par le cahier des charges générales.
- NOMINATIONS
- Par arrêté en date du 11 août 1888, le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a nommé membre du comité d’organisation de l’exposition rétrospective du travail et des sciences anthropologiques (Section III. — Arts et métiers), M. Ser-vois, garde général des archives nationales, en remplacement de M. Doniol, démissionnaire.
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- Par arrêté du ministre du commerce, commissaire général de l’Exposition, M. Gilbert Breton, membre du Comité d’admission de la classe 35, est nommé membre du Comité d’installation de la même classe (articles de bonneterie et de lingerie, objets accessoires dà vêtement), en remplacement d« M. Boussard,«décédé.
- AE DIPLOME DES RÉCOMPENSES
- DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général,
- Vu la loi du 6 juillet 1886 ;
- Vu les articles 3 et 5 du décret du 28 juillet 1886 ;
- Sur la proposition du directeur général de l’exploitation,
- Arrête :
- Art. icr. — Un concours est ouvert pour le dessin du diplôme des récompenses de l’Exposition universelle de 1889, à Paris.
- Art. 2. — Sont nommés membres du jury chargé de rédiger le programme de ce concours et de juger les œuvres présentées, sous la présidence du ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général.
- Vice-présidents : MM. Alphand, directeur général des travaux; Berger, directeur général de l’exploitation ;
- Membres : MM. Chaplam, graveur, membre de l’Institut ; Daumet, architecte, membre de l’Institut ; David Dautresme, chef du cabinet du ministre du commerce et de l’industrie et du commissaire général; le vicomte H. Del2-borde, conservateur honoraire de la Bibliothèque nationale, membre de l’Institut; Delaunay, membre de l’Institut ; Duplessis, conservateur delà Bibliothèque nationale ; Galland, peintre; Charles Garnier, architecte ; membre de l’Institut ; Guillaume, sculpteur, membre de l’Institut ; Larroumet, directeur des beaux-arts ; Proust (Antonin), député, commissaire général des beaux-arts; Roty, graveur membre de l’Ins-titqt ; Sédille, architecte du gouvernement, viee-président de la société centrale des architectes ;
- Secrétaires : MM. Jacques Rouché, sous-chef du commissariat général , Thurneyssen (E.) secrétaire de la direction générale de l’exploitation.
- Art. 3. — Un prix unique de dix mille francs (10,000 fr.) sera accordé à l’auteur du dessin du diplôme de récompense classé au premier rang.
- Paris, le 11 août 1888.
- Pierre Legrand
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- INSTALLATIONS DIVERSES
- Les ascenseurs de la Tour Eiffel
- M. A. Vernier, le chroniqueur scientifique du Temps, publie d^ns le numéro du 14 de ce mois de ce journal, les curieux renseignements qui suivent au sujet de ces ascenseurs :
- Une des curiosités de l’Exposition, après la tour Eiffel, qui en sera la grande curiosité, sera le système des ascenseurs hélicoïdaux conjugués, mus par l’électricité, appliqués à la tour. Ce système a été imaginé par M. Backmann; cet ingénieur avait déjà imaginé un ascenseur hélicoïdal dans lequel la puissance était transmise à l’appareil par l’intermédiaire d’un câble à grande vitesse actionné par des machines installées sur le sol. Il a, depuis, modifié son idée première tout en conservant le principe de l’élévation par un roulement sur des rails disposés en hélice.
- Imaginez deux wagons suspendus aux extrémités d’un câble, lequel passe sur une poulie; les deux wagons sont guidés dans leur mouvement ascendant et descendant par des glissières et des coulisses, et se meuvent dans deux cages, comme les wagons qui montent du fond d’une mine. Supposons le système en parfait équilibre, et les deux wagons se faisant contre-poids, pareils aux deux plateaux d’une balance ; puis faisons entrer dans les deux wagons des voyageurs, les uns en haut qui veulent descendre, les autres en bas qui veu. lent monter, car il faut dans cette explication théorique supposer l’un des wagons en haut près de la poulie. 11 est clair que, si nous chargeons nos wagons, nous pouvons déterminer le mouvement du système au moyen d’une force extérieure.
- A chaque voiture est suspendu un truck ; ce truck porte des essieux munis à leurs extrémités de galets disposés en hélice, qui peuvent rouler ou
- sur un rail hélicoïdal du même pas de vis fixé à la. paroi inférieure de la cage, ou sur un second rail parallèle au premier; le truck peut recevoir un mouvement de rotation d’une machine dynamoélectrique installée dans le wagon.
- Supposons que nous soyons dans le wagon supérieur : nous mettons la machine dynamo-électrique en mouvement. Immédiatement le truck? mobile autour d’un arbre vertical qui le traverse, tourne ; ses galets s’appliquant au rail hélicoïdal le suivent, et le wagon, lié au mouvement du truck, incapable de recevoir son mouvement de rotation mais capable de recevoir son. mouvement vertical, le suit et descend avec lui. En meme temps, le wagon inférieur, lié au mouvement du wagon supérieur, montera, guidé lui-même de la même façon que le wagon descendant.
- Voilà le principe de l’appareil : un mouvement rotatoire de descente, dont la composante verticale seule commande le mouvement d’une cage pleine des voyageurs descendants, cette cage descendante forçant elle-même l’ascension de la cage montante. Nous ne donnerons pas le détail de la cage, de la voie, mais nous dirons un mot des-précautions prises contre les accidents.
- Sur le fond de chaque wagon se boulonne une couronne dont le profil présente un double coin >' à la partie supérieure de chaque truck conducteur est une couronne de profil conjugué. Le truck est fou (prenez le mot dans le sens où l’on dit qu’une poulie est folle) sur l’axe de la voiture ; donc, si la. suspension se brise, le wagon qui tombera ira joindre tout de suite le truck, qui va un peu plus, lentement, à cause du guidon hélicoïdal ; immédiatement les couronnes s’emboîteront et elles, produiront un serrage énergique qui empêchera toute rotation du truck. Le wagon se trouvera complètement arrêté, arrêt, il faut l’avouer, qui n’aura rien d’agréable aux hauteurs où l’on pourra se trouver, mais qui n’aura rien de périlleux.
- LES COLONIES A L’EXPOSITION
- DE 1889
- Section coloniale française
- t M. Henrique, commissaire spécial de l’exposition coloniale française, vient de prendre un congé largement gagné ; après quinze mois de labeur assidu et incessant, le sympathique commissaire de la section coloniale a bien mérité un repos de quelques jours. Dès son retour, du reste, M. Henrique aura à s’occuper de la partie active de sa mission — les questions de transports, de manutention et d’installation doivent, en effet, être mises sans retard à l’ordre du jour de l’exposition coloniale, puisque les premiers arrivages sont annoncés pour le mois d’octobre, alors que pour les sections du Champ-de-Mars cette dernière période des travaux — non la moins importante — ne doit commencer qu’au mois de février ou de mars; à l’esplanade des Invalides, pour les colonies, cette période commencera dès le mois prochain, c’est dire qu’il n’y a pas de temps à perdre si l’on ne veut pas être en retard.
- Mais on peut être sans inquiétude à cet égard ; sous l’active et intelligente direction du commissaire spécial, si bien secondé par sonadjoint M. Des Tournelles et par tout le personnel du commissariat, l’organisation de la section-coloniale ne peut que bien marcher, quelles que soient les difficultés et les à-coups qui ont pu se produire dans les débuts.
- Nous avons indiqué la composition de la commission consultative de l’Exposition coloniale. — Nous devons ajouter que cette commission a délégué ses pouvoirs à une sous-commission présidée par M. Jacques Hébrard, sénateur de l’Inde.
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- Quatrième Année. — N° 191.
- Martinique
- M. Jules Fleury, ingénieur civil à Paris, chevalier de la Légion d’honneur, juré pour les colonies françaises à l’exposition d’Anvers en 1885, vient d’être nommé délégué de l’exposition collective de la Martinique pour l’expositton universelle de 1889.
- Il sera suppléé, en cas d’absence ou d’empêchement, par M. Réné Picard, ancien secrétaire particulier du gouverneur de la Martinique.
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- Indes françaises
- La commission de l’Inde française qui avait primitivement eu l’idée d’envoyer à l’Exposition la reproduction de la Pagode du Gange de Chandernagor, a heureusement modifié son projet — elle a décidé d’envoyer la Pagode de Villenour de Pondichéry. Ce qui vaut mieux. Cette construction donnera, mieux que l’autre, une idée de l’architecture sacrée Indoue.
- On annonce également une intéressante exposition due à l’initiative d’un commerçant indigène de Pondichéry. Il s’agit de l’envoi, aux frais de l’exposant, d’un pavillon indien dans lequel seraient fabriqués et vendus par des ouvriers du pays, des objets purement indigènes, tels que tissus, bijoux, instruments divers, etc.
- Ce ne sera pas la moindre attraction de l’exposition indienne qui promet d’être fort belle du reste dans son ensemble.
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- Le Tonkin
- Par arrêté en date du 2 mai dernier, le secrétaire général,Résident général par intérim de la République française en Annam et au Tonkin, afnommé M. Dumas, négociant, membre de la sous-commission de la province de Hanoï pour l’Exposition de 1889.
- Par un autre arrêté en date du i5 mai, MM. Vincent, négociant, et Paulhan, avocat, ont été nommés membres de la sous-commission de la province de Haï-phong.
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- LES ÉTRANGERS A L’EXPOSITION
- DE 1889
- Autriche-Hongrie. — Bohême
- A la suite du discours de M. Tisza, au sujet de la demande de participation de l’Autriche-Hongrie, à titre officiel, à l’Exposition de 1889,
- . des protestations s’élevèrent en différents points de l’Empire, et notamment dans les provinces slaves, contre les paroles de ce ministre, paroles, .on se le rappelle, peu courtoises pour notre pays. Voici en quels termes, entre autres protestations, le comité exécutif de la commission tchèque centrale pour l’envoi à l’Exposition de 1889 à Paris apprécie la situation faite aux industriels de la Bohême par la position qu’a prise le ministre austro-hongrois ; dans cette question de l’Exposition de 1889. La décision du comité tchèque a été votée à l’unanimité dans sa dernière séance de juillet:
- Considérant que le gouvernement autrichien a refusé de prendre part officiellement à l’Exposition internationale qui doit avoir lieu à Paris, en 188,9, et a abandonné aux artistes et industriels isolés le soin d’envoyer leurs œuvres et produits à cette Exposition ;
- Considérant que, par suite dç ce fait, ils 'est constitué, à Prague, une commission centrale fort nombreuse, où avaient pris place des représentants de toutes les classes de la société, et que cette commission nous a spécialement chargés d’organiser, de la façon aussi digne et aussi complète que possible, une exposition collective de l’industrie, de l’art et de l’agriculture bohèmes,
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- afin que le travail de notre peuple puisse être apprécié comme il convient et apparaisse aux yeux du monde entier;
- Considérant que, malgré l’indépendance laissée à nos exposants, il s'est constitué à Paris un comité privé, auquel personne n’avait donné mission delà part de notre pays, que ce comité a pris le nom de comité austro-hongrois, et prétend s’attribuer le droit exclusif de servir d’intermédiaire entre la direction de l’Exposition française et les exposants de notre pays ;
- Considérantenfin que le gouvernement français, au lieu de se montrer prévenant vis-à-vis de nos exposants, qui ne demandent qu’à entrer directement en rapport avec la direction française, les a renvoyés à l’intermédiaire du comité sans nom, qui ne connaît pas du tout notre situation spéciale et qui a pris sur lui de déclarer que notre exposition collective indépendante ne pouvait pas être autorisée ;
- Nous regrettons sincèrement cet ensemble de circonstances par suite desquelles le peuple slavo-tchèque se trouve moralement exclu de l’Exposition de l’année prochaine, en dépit des sympathies si ardentes et si sincères qu’il professe pour la France, sympathies dont il a déjà donné la preuve en 1870, lorsqu’il a pris part, sous la conduite de ses chefs éprouvés, à diverses manifestations en faveur de la France.
- Malgré le caractère définitif que paraît avoir cette décision, nous voulons croire encore que nous ne serons pas privés de voir figurer à notre future Exposition les produits si intéressants de nos amis de Bohême.
- Suisse
- Le nombre des exposants suisses qui se sont inscrits pour l’Exposition universelle de Paris était, au i5 juin, 901 avec 1,026 numéros. La répartition des exposants entre les diverses classes est la suivante:
- Œuvres d’art, 134 exposants ; Education et enseignement, 114 ; Mobilier et accessoires, 229 ; Tissus, vêtements et accessoires, 100 ; Industries extractives, produits bruts et ouvrés, peaux, cuirs, etc., 71 ; Industries mécaniques, 136 ; Produits'âlimëntàîres, 186 ; Agriculture, etc., 21 ; Horticulture, 5 ; Bétail, 3o. Total: 1,026 exposants, occupant 4,490 mètres carrés de plancher et 2,3 5o mètres carrés de paroi.
- D’après les cantons, les exposants se répartissent ainsi :
- Zurich, i3o exposants ; Neuchâtel, 126 ;
- Berne, 122 ; Genève, 117 ; Vaud, p3 ; Saint-
- Gall, 60; Argovie et Fribourg 26; Bâle-ville, 26;
- Lucerne, 2 3 ; Grisons, 17 ; Schwytz et Thur-
- govie, 14; Schaffhouse et Valais, i3; Tessin, 11;
- Glaris, 8 ; Unterwald-le-Bas, 7; Soleure, 6 ;
- Bâle-Campagne, 5 ; Uri, Appenzell et Zoug, 3 ;
- Obwald, 1 ; Etranger, 36.
- .
- * *
- Roumanie
- Le Comité national de l’Exposition roumaine dans notre grande Exposition universelle de 1889 vient d’être définitivement formé à Bucarest et a élu son président le prince Georges Bi-besco, qui sera, en même temps, son commissaire général à Paris.
- Nous relevons, parmi les membres du comité national, les noms des personnages les plus considérables du pays. Nous citerons notamment M. Démiter Bratiano et M. Protopo-pesco-Pake, maire de Bucarest.
- 11 nous paraît tout indiqué que le gouvernement roumain tiendra à honneur de soutenir ses nationaux dans cette œuvre patriotique et qu’il n’hésitera pas à lui allouer une subvention pour qu’il ait sa part brillante dans ce grand tournoi pacifique de la lutte pour le progrès.
- *
- * *
- Dimanche 26 Août 1888. — 1120,
- République Argentine
- Le directeur du musée de la salle de commerce, M. Carlos Lix Klett, rédacteur de plusieurs journaux, vient d’être nommé directeur de la section dee produits argentins à l’Exposition universelle de Paris.
- * *
- Colonie du Gap
- Une interpellation avait été adressée récemment au premier ministre de la colonie du Cap par un député, membre delà chambre de commerce, au sujet de la participation de ce pays à l’Exposition de 1889.
- D’après les déclarations de sir Gordon Sprigg à la Chambre des députés, le gouvernement colonial assurera toutes les'facilités désirables aux négociants et aux industriels qui auront l’intention d’exposer.
- Le gouvernement colonial est même disposé à inscrire sur les dépenses budgétaires, avec l’approbation du Parlement, un crédit destiné à aider les exposants dont la situation pécuniaire justifierait cet appui.
- De son côté, l’agent général de la colonie à Londres, sir C. Will, est disposé à seconder les exposants par tous les moyens en son pouvoir.
- D’autre part, le président de la chambre de commerce du Cap a entretenu cette chambre de l’utilité que présenterait la formation d’un comité qui enverrait un délégué à Paris.
- Ces ouvertures ont été accueillies favorablement.
- ÉCHOS
- LE GRAND CONCOURS DE BRUXELLES
- On lit dans Y Indépendance belge :
- On se souvient que les opérations du jury appelé à juger les différents concours de l’Exposition de Bruxelles, devaient commencer le 28 juillet dernier. Et. l’on comprend facilement que les retards apportés à l’exécution de cette promesse causent les plus graves préjudices à tous les- industriels et commerçants.
- Les différents compartiments étrangers avaient nommé, bien avant le 28 juillet, les délégués qui devaient faire partie du jury. Mais le gouvernement devait en outre compléter les jurys de récompenses en désignant ses délégués officiels. Or, le gouvernement se refuse à prendre cette décision, tant que le comité du grand concours n’aura pas versé la somme de 500,000 fr., somme globale nécessaire pour constituer les différentes primes promises aux exposants, dans les différents concours.
- Quand cette situation sera-t-elle tranchée? Plaignons, dans toute cette histoire, les malheureux exposants.
- ïl paraît du reste qu’il est très difficile de trouver des personnes compétentes et convenables qui consentent à se mêler à l’aventure de l’Exposition en acceptant les fonctions de jurés.
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- RABAIS DE 50 0/0 SUR LES CHEMINS DE FER AU PROFIT DES EXPOSANTS
- Dans sa séance du 1er août, la Chambre syndicale des constructeurs de machines et d’instrp-ments d’agriculture et d’horticulture de France, a adopte la proposition de M. Souchu-Pinet, relative à l’obtention d’un rabais de 50 0/q sur les voies ferrées, pour les exposants, pendant la durée de l’Exposition de 1889. Puis, discutant les moyens de mise en pratique de cette proposition, la Chambre se range à l’avis émis par MM. Bé-liard et Locket, consistant dans un carnet permettant aux compagnies d’établir un contrôle plus facile, attendu que les exposants sont connus des chefs de gare de leur localité.
- Une demande sera adressée, à cet effet, par les soins du président à M. le Ministre de l’agriculture.
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- L’EXPOSITION DES INSTRUMENTS D’AGRICULTURE
- Dans cette même séance du 1er août, la Chambre syndicale dont nous venons de parler a examiné
- {Voir la suite page 11S2)
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- — Quatrième Anneé. — N° 191.
- n3o et 1 i'3i.
- NOS GRAVURES
- Les deux gravures que nous publions dans ce numéro, explicatives de notre Revue technique des
- travaux , sont le prélude d’une série de .-plans; dessins ou gravures que nous nous proposons de donner de tous les palais ou constructions en cours au Champs-de.-Mars, à l’Esplanade des Invalides
- ou autres annexes. L’état d’avancement de la plupart de ces travaux nous fait un devoir d’en donner successivement des reproductions spéciales accompagnées de détails techniques ad hoc.
- Nous ne parlons- pas de la tour Eiffel qui est e œuvre à part et dont le Moniteur a déjà publié, différentes reprises, des vues ou dessins, afin de tenir constamment ses lecteurs au courant de l’état
- de construction de ce monument; mais, en 'dehors de cette œuvre, le Palais des Machines, les Palais des Beaux-Arts et des arts libéraux, la Tour centrale, sontI des travaux d’une conception parfois aussi
- savante sinon aussi hardie, et nous devons les étudier comme ils méritent de l’être. Nous ne faillirons pas à cette tâche.
- H. P.
- VUE INTÉRIEURE DU PALAIS DES MACHINES. - Galerie de 1 15 mètres. — Architecte: M. Dutert.
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- MillS »6et
- AV SS XA MOITî PICQUET
- PLAN D'ENSEMBLE' DU PALAIS DES MACHIN^1 ' Longueur : 420 mètres ; Largeur : i 45 mètres.
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- ii32. — Quatrième Année. — N° igi.
- plusieurs autres questions relatives à l’Exposition de 1889. Nous en publions le compte-rendu tel qu’il émane de la Chambre dont s’agit :
- Examen de quelques questions relatives à l’Exposition de 1889
- M. le Président informe la Chambre que la classe des instruments d’agriculture ne. pourra disposer que de 4,000 mètres ou à peu près, au lieu de 16,000 qui sont demandés, et que le prix du mètre sera de 20 francs à l’intérieur et de 3 francs à l’extérieur.
- M. Boulet prévient également le comité que pour la classe 52, la Commission a réduit le prix du mètre de 50 à 35 francs.
- M. Bajac demande s’il ne serait pas utile de demander un passage de 4 mètres au lieu de 3, la largeur de la galerie étant de 15 mètres. Il lui est répondu que, tout en reconnaissant l’utilité d’un large passage pour la circulation, il serait difficile, vu l’exiguïté de la place, d’en porter la largeur à 4 mètres.
- M. le Président demande l’avis de la Chambre relativement au passage. Doit-il être au milieu ou sur le côté?
- Après discussion, M. le Président met la question aux voix, et le passage au milieu est voté à l’unanimité moins une voix.
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- EXPOSITION DU CENTENAIRE DE LA DÉCOUVERTE DE L’AMÉRIQUE, A WASHINGTON
- Le ministre du commerce et de l’industrie vient de recevoir avis que le rapport concernant l’Exposition internationale projetée à Washington pour 1892, à l’occasion du quatrième centenaire de la découverte du nouveau monde a été déposé à la Chambre des représentants par le président du comité des affaires étrangères, M. Belmont.
- Il est à prévoir que la délibération portera eu même temps sur un autre projet, celui d’une exposition permanente, exposition industrielle et artistique avec une partie rétrospective pour servir à l’étude du passé, et une réunion des progrès réalisés de jour en jour dans les Etats-Unis.
- concours d’animaux en 1889
- Un concours universel d’animaux reproducteurs mâles et femelles, étrangers et français, des espèces bovine, ovine, porcine, et d’animaux de basse-cour s’ouvrira au Palais de l’Industrie et annexes, à Paris, du 11 au .22 juillet 1889.
- Les conditions du concours sont indiquées dans l’arrêté de M. le Ministre de l’agriculture en date du 28 février 1888, dont le public pourra prendre connaissance près de MM. les présidents des sous-comités d’arrondissement.
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- LE CONCOURS MUSICAL DE L’EXPOSITION DE BARCELONE
- Le Diario mercantile de Barcelone, annonce que ce concours qui doit avoir lieu en octobre prochain sera des plus brillants. Un certain nombre de sociétés musicales françaises ont déjà envoyé leur adhésion. Ajoutons que pour ceux de nos compatriotes'qui y prendront part, le voyage ne laissera pas que de leur faire la meilleure impression. La saison, d’abord, est des mieux choisies et puis, Barcelone est une ville intéressante ! Que ceux donc qui hésitent encore se décident vite et puissent-ils revenir couverts de lauriers !
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- PROROGATION DE L’EXPOSITION DE BARCELONE
- On sait que cette exposition qui, primitivement, devait être close le 31 octobre, sera fermée seulement dans les derniers jours de décembre, après les fêtes de Naoidad (Noël). Il est question maintenant de la proroger jusqu’au mois d’avril ; mais cette proposition faite sans doute par quelques commerçants intéressés, ne paraît pas devoir être bien accueillie dans les hautes sphères gouvernementales à cause de la proximité de l'Exposition de Paris.
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- LA GRÈVE DES TERRASSIERS
- Cette grève, malheureuse à tous les points de vue, est heureusement terminée. Sur tous les points le travail a repris avec plus d’activité que jamais ; il s’agit de rattraper le temps perdu et de profiter des beaux jours dont la nature, assez inclémente jusqu’à ce jour, nous gratifiera, espérons-le, avant le retour de l’hiver.
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- ACCIDENT AU CHAMP-DE-MARS
- Un accident s’est produit au Champ-de-Mars, mardi à quatre heures du soir, dans le chantier du palais des Beaux-Arts. Le mur qui doit fermer le dôme central du côté de l’avenue de La Bour-
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 26 Août 1888
- donnais et qui était monté à une hauteur de 7 à 8 mètres, s’est écroulé à la hauteur du premier étage, sur une longueur de 20 mètres environ. Il n’y a pas eu d’accident de personnes; le maître-maçon ayant vu que le mur menaçait de tomber, avait eu soin de faire descendre les ouvriers des échafaudages.
- Tout se borne donc à des dégâts matériels facilement réparables.
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- EXPOSITION DE SAUVETAGE ET D’HYGIÈNE
- Les mercredis seront dorénavant consacrés aux courses de périssoires et aux courses de natation, les unes et les autres avec ou sans obstacles.
- Ces courses qui ne sont pas un des moindres attraits de l’Exposition du Palais de l’Industrie, deviennent plus courues chaque semaine, et ce genre de sport (absolument inédit aux Champs-Elysées) amène de tous côtés des demandes nombreuses de membres des sociétés nautiques. Citons en passant, celles de Creil, Pontoise, Com-piègne, Amiens, Paris naturellement, etc., etc.
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- VARIÉTÉS
- SUR L’EXPOSITION DE 1889
- Un de nos spirituels confrères a publié les intéressantes lignes que nous reproduisons ci-après, sur les attraits de tous genres que présentera la future exposition:
- Les plaisirs
- L’exposition universelle de 1889 ne remplirait qu’une partie de sa mission si elle^ devait se borner à établir le bilan des connaissances industrielles du globe à la date du Ier mai prochain. Elle a aussi le devoir d’offrir à ses hôtes, durant leur séjour dans la capitale française, un ensemble de distractions et de plaisirs de nature à faire une agréable diversion à l’inévitable aridité d’une exhibition. C’est en outre, pour elle, une obligation de se mettre en état de supporter la concurrence que ne saurait manquer de lui faire la Ville elle-même réservant pour cette année 1889 les plus puissantes attractions de ses théâtres, de ses concerts ; bref, des mille endroits où la vie parisienne trouve à s’amuser.
- Les organisateurs de l’Exposition universelle n’ont pas failli à cette partie de_ leur tâche: Français et étrangers sont désormais assurés de goûter à l’Exposition des plaisirs nombreux, variés et d’y rencontrer, avec toutes fies recherches du confort, tout ce qui permet de parcourir sans lassitude et sans ennui une exposition aussi vaste et aussi complexe.
- La) disposition
- La disposition elle-même de l’Exposition est une première preuve du souci des organisateurs (en tête desquels il convient de citer MM. Alphand et Bouvart) d’éviter la monotonie. Ils ont placé, en effet, au centre tout ce qui est purement spécial et technique et tout autour une ceinture de constructions pittoresques, réjouissantes de forme et de couleur.
- Méthodiquement répartis sur les [parties hautes de l’enceinte, les cafés et les restaurants, intallés dans les locaux d’une allure élégante et neuve, développeront des terrasses d’où les consommateurs servis par un personnel de nationalités diverses, porteurs de costumes exotiques, embrasseront d’un coup d’œil la vue des jardins, des pelouses et massifs, et reposeront sur les fleurs et les cascades leurs regards fatigués, à la longue, de s’attacher sur des machines, des outils, ou des matières premières.
- L’éclairage
- Le soir, la lumière électrique jaillira en rayons étincelants de tous ces établissements et projettera des flots de lumière sur les façades des palais voisins. Des terrasses du palais des beaux-arts et du palais des arts libéraux, les promeneurs contempleront un décor littéralement féerique. Les cascades et les jets d’eau offriront à leurs yeux des combinaisons multiples de couleurs et de lumière obtenues au moyen de procédés nouveaux que la direction des travaux étudie actuellement.
- Du sommet de la tour Eiffel et des restaurants du premier étage, des projections lumineuses baigneront de clarté les constructions riches et pittoresques de l’Orient et des républiques américaines.
- Le Paris des soirées d’été tout piqué de ses millions de points lumineux : la reproduction de la rue du Caire, la silhouette de la tour de Nesles reconstituée, les façades chatoyantes des palais chinois, japonais et marocains, formeront un des décors les plus éblouissants et les plus prodi-
- gieux qu’il ait été donné à l’homme de composer avec l’aide des ressources de l’art et de la nature.
- Les Théâtres
- Les amateurs de spectacles couverts n’ont pas été oubliés. Deux théâtres ont été concédés qui ne tarderont pas à s’élever sur leurs emplacements respectifs. Le théâtre des Fantaisies-Parisiennes, confié à M. Daubray, qui fera défiler sous les yeux des spectateurs toute la série des comiques parisiens et le palais des Enfants.
- Ce palais couvrira une superficie totale de près de 2,000 mètres. La façade constituera à elle seule un spectacle amusant et instructif, grâce à ses reconstitutions de l’art du jouet et à ses modèles de poupées et de bonshommes de toute époque et de toute origine. A l’intérieur, sur une vaste scène complètement machinée, seront données des représentations ou équilibristes, gymnastes, illusionnistes se succéderont, alternant avec des exhibitions d’ombres françaises, de pantomimes,de tableaux vivants dont les sujets seront empruntés à la littérature enfantine.
- Dans la salle, le long d’un spacieux promenoir, seront accumulés les jeux les plus attrayants et les plus divers, des expositions d’objets d’instruction et de divertissement propres à l’enfance, des établissements d’alimentation, de rafraîchissement, des dioramas, etc., etc. Pour le soir, le programme sera modifié et comprendra des ballets, des excentricités exotiques, des étoiles du théâtre et du chant.
- La rue de l’habitation
- Sur le quai d’Orsay, le long de la façade antérieure de l’Exposition, la rue de lhabitation, construite par M. Charles Garnier, et où l’éminent architecte de l’Opéra reconstituera tout l’historique du logis humain, depuis la tanière des premiers hommes jusqu’aux plus élégantes et aux plus somptueuses demeures modernes, offrira à ses visiteurs une série de distractions savamment restituées d’après les époques, et installées dans les habitations mêmes.
- L’alimentation
- Au centre des galeries de l’exposition agricole, un palais renfermera tous les spécimens des produits d’alimentation et contiendra de nombreux comptoirs de dégustation. Dans l’exposition coloniale, si riche, si variée, avec ses souks tunisiens, son village sénégalais, ses cases canaques, la pagode hindoue d’Angka et l’Allée des Sphinx, on verra aussi un théâtre annamite.
- La musique
- Toutes les ressources nécessaires seront assurées pour que les orphéons, fanfares, harmonies civiles et militaires se fassent entendre erf nombre suffisant sur les différents points du Champ-de-Mars ; de plus, des retraites aux flambeaux, des marches en musique parcourront quotidiennement les avenues et les jardins. .
- Les panoramas
- Deux vastes panoramas seront construits l'un sur l’Esplanade des Invalides, l’autre devant la façade de l’Exposition, sur la Seine même.
- Le premier, dû au pinceau de M. Castellani, l’un des créateurs du genre, représentera Tout Paris et transportera le .visiteur sur le grand refuge de la place de l’Opéra.. Autour de lui, c’est-à-dire sur les trottoirs et la chaussée du boulevard des Capucines, de l’avenue de l’Opéra, de là rue' du Quatre-Septembre et de la rue de la Paix, seront figurées toutes les personnalités parisiennes de la politique, des lettres, des arts et des affaires, habilement groupées et confondues.
- Le second d’un ordre plus, spécial, [mais non moins original et divertissant, est appelé à un égal succès. Il représentera un des grands paquebots de la Compagnie transatlantique, la Champagne, l’avant et l’arrière étant figurés en trompe-l’œil et la vue panoramique reproduisant la rade du Havre.
- Le palais des machines
- Enfin le palais des machines lui-même fournira sa part dans le contingent des distractions offertes durant la soirée à tous les visiteurs. Un pont roulant établi au-dessus de.s supports des arbres de couche parcoura le palais dans sa longueur transportant les visiteurs qui passeront de la sorte en revue tous les appareils exposés et mis en activité, à une hauteur de huit mètres au-dessus du sol.
- Tels sont les principales attractions réservées aux visiteurs du grand tournoi international de 1889, et qui feront "de l’Exposition universelle un véritable palais enchanté et enchanteur.
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- LÉ rJ/ILLON DE HANOVRE situé au coin de là rue Louis le Grand et du Boulevard des Italiens est un des plus jolis spécimen de l’Architecture du siècle dernier.
- — Il fut bâti par le Maréchal de Richelieu en 1757 à son retour de la canipagne de Hanovre comme complément de son Hôtel de Ta*'rue d’Antin.
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- QUATRIEME ANNÉE. Dimanche 2 Septembre 1888. NUMÉRO 192.
- SOMMAIRE :
- 1. L’Exposition de 1889 et la civilisation; 2. Adjudications; 3. Installations diverses ; 4. Les Colonies à l’Exposition de 1889 ; 5. Les Etrangers à ,l’Exposition de 1889 ; 6. Echos; 7. Sport ; 8. Renseignements généraux pour les exposants ; 9. Nominations des membres des Congrès internationaux de l’Exposition de 1889; 10. L’alimentation de Paris par les Eaux du lac de, Neufchâtel ; ii. La médaille d’honneur (des Beaux-Arts) à l'Exposition universelle de 1889; 12. Avis commerciaux; i3. Gravures: Revue technique des Travaux: Le Palais des Machines.
- La nouvelle Administration du MONITEUR DE L’EXPOSITION a l’honneur d’informer ses abonnés que ses bureaux situés, Cité de l'Almscn0 11, sont à proximité du Champ-de-Mars, du quai d’Orsay et de l’Esplanade des Invalides, c’est-â-dire au centre même de l’Exposition.
- Elle se met à leur disposition pour tous les renseignements dont ils pourraient avoir besoin concernant l’Exposition de 1889: demandes d’emplacements, installations de vitrines, etc., etc.
- Pour ces renseignements et pour tout ce qui concerne la rédaction ou l’administration, s’adresser à M. H. PENDRIÉ, directeur et propriétaire-gérant du MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889,
- L’EXPOSITION DE 1889
- ET LA CIVILISATION
- La France en conviant, dès 1885, toutes les nations civilisées à prendre part au grand tournoi de l’année 1889, a eu pour but certainement, avant tout, de faire œuvre de paix. L’accuser de sacrifier d’ores et déjà des millions dans cette entreprise colossale avec une arrière-pensée de guerre est un non sens dont tous les esprits réfléchis auront fait justice assurément.
- La France, atteinte dans sa fortune et dans son prestige par les malheureux événements de 1870-71, ne peut vouloir que la paix pour se reconstituer. La gloire militaire, d’ailleurs, par ce temps de chemins de fer et d’électricité, n’a plus de raison d’être, on ne saurait trop le répéter, et le seul sentiment qui pourrait ramener de nouveau les cœurs français vers des idées d’un autre âge, serait celui, seulement, de la défense de son sol menacé d’une nouvelle invasion ou d’un nouveau démembrement.
- Le Moniteur de l’Exposition a eu maintes fois l’occasion de soutenir cette pensée, nos lecteurs nous rendront cette justice; aussi, sommes-nous heureux de pouvoir reproduire aujourd’hui l’article qu’on va lire et qu’a publié en tête de son numéro du il août dernier, Y Abeille de la Nouvelle-Orléans, car il fait ressortir mieux que nous n’aurions pu le faire nous-mêmes et, surtout, avec plus d’autorité, que le but pour-
- suivi par la France actuelle est, avant tout, une œuvre de civilisation :
- En nous occupant de l’Exposition de 1889, en France, nous n’avons nullement l’intention d’en donner une description complète; d’entrer dans des de'tails qu’on trouve un peu partout. Les renseignements abondent déjà ; bientôt, ils rempliront les colonnes des journaux de toutes les nuances d’opinion, dans la République, et de toutes les nationalités, amies et ennemies, dans les deux Mondes. On a beau haïr, dénigrer, calomnier, ce noble peuple, si troublé à l’intérieur, si faible dans les mesquines luttes de l’esprit de parti ? mais si uni au dehors, si puissant dans les grandes questions qui’ intéressent l’humanité ; qui a, depuis cent ans, tant de peine à consolider chez lui le véritable « self government », et, en moins de soixante ans, a trouvé le moyen d’émanciper une race proscrite, d’affranchir trois peuples, de constitutionnaliser l’Europe — toutes les fois qu’une idée chevaleresque, civilisatrice, lui hante l’esprit, il lui donne tant d’élévation, tant d’envergure, ilia poursuit avec tant de vigueur, d’entrain, de générosité, que lors même que les gouver-ments voudraient la combattre, leurs sujets l’adoptent avec enthousiasme et forcent la main à leurs chefs. Ce n’est pas lui qui s’est intitulé « la nation missionnaire »; qui a déclaré que la France est « la seconde patrie de tout le monde » ; que « ses trois couleurs sont l’arc-en-ciel du progrès » ce sont des étrangers.
- Ce qui se passe en ce moment est une nouvelle preuve de ce que nous avançons. A huit mois et demi de distance, cette Exposition de 1889, qui rappelle des événements si dignes de mépris et d’exécration pour les uns, d’admiration et de reconnaissance pour les autres— prend des proportions si colossales et si harmonieuses, un caractère si civilisateur et si humanitaire, que, en dépit de tous les gouvernements qui la répudient^ qui se croiraient déshonorés d’y prendre part, tous les peuples veulent y briller et en bénéficier.
- En bénéficier ! voilà le grand mot lâché. On est tellement habitué à voir la France travailler gratuitement et généreusement pour autrui — ce dont on devrait au moins lui savoir gré — que quand elle se lance dans une entreprise, chacun se demande instinctivement ce qu’il y pourra gagner — sauf, ensuite, à se moquer d’elle et à lui tourner le dos, quand il aura tiré son épingle du jeu. N’est-ce pas un peu ce qui arrive maintenant, pour la dixième ou vingtième fois, depuis [moins de cent [ans ? Mais passons; il est inutile d’insister sur un fait connu et qui peut être considéré comme un lieu commun.
- C’est d’un autre point de vue que nous voulons juger la prochaine Exposition ; du point de vue de la politique que poursuit la France, depuis plusieurs années ; du point de vue du courant de ses affaires intérieures, et surtout extérieures. Elle donne alors la raison d’une foule de faits qui paraissent, au premier coup d’œil, contradictoires, ou, tout au moins, difficiles à expliquer ; elle met à nu plus d’une vérité qu’il est précieux de constater. Au milieu de petites faiblesses qu’il serait puéril de nier, elle dévoile une pensée noble, paci. fique, civilisatrice ; enfin, et principalement, elle
- met à néant les accusations — aussi mensongères que préméditées — que M. de Bismarck ne cesse de reproduire à la face de l’Allemagne et de l’Europe, et à l’aide desquelles il a réussi à entretenir contre la République-sœur les haines des uns, les méfiances des autres. Il connaît la bêtise humaine, les sots entêtements du préjugé, et il les exploite avec une persistance qui réussit toujours. En cela, on aurait tort de vanter son génie inventif; il ne fait rien de nouveau. C’est une machine de guerre dont les républicains américains se sont servis avant lui, plus longtemps et avec au moins autant de succès que lui. La Revanche, c’est sa « chemise sanglante », et il faut avouer qu’il ne s’entend pas mal à l’agiter. Il n’en laisse jamais passer les occasions, et lorsqu’elles ne se présentent pas, il sait les faire naître avec une habileté perfide, à laquelle on est forcé de rendre hommage.
- Il n’est pas né d’hiér, lé projet d’Exposition ; il date de 1S83. Il est resté, plus de deux ans, l’objet d’études préliminaires. Ce n’est que durant l’exercice 1885-86 qu’il fut adopté, réglé, officiellement, qu’il prit le double caractère de centenaire et d’universalité. Nous avons beau chercher, nous ne trouvons, dans tout cela, aucun symptôme de desseins belliqueux. Nous ne connaissons rien de plus éminemment pacifique qü’une entreprise de ce genre, qu’un semblable appel aux autres nations du globe. Qu’on veuille bien le remarquer : on ne s’est pas, dès les débuts, borné en France à des déclarations platoniques, comme M. de Bismarck, qui, tout en ayant sans cesse le mot de paix à la, bouche, agit constamment en sens contraire et. dont presque tous les actes ne sont, au fond, que des provocations directes ou détournées àla guerre. On allait de l’avant, on travaillait, on votait et l’on dépensait des millions (48,000,ooode francs). Si jamais pays a donné des garanties de ses intentions pacifiques, c’est bien la République française, en cette occasion.
- Voici, du reste, les termes exprès de la définition que l’on faisait de l’entreprise : « Elle aura le caractère d’une Exposition centenale, résuman ce que la liberté du travail, inaugurée en 1789,, date économique en .même temps que date politique, a amené de progrès, au cours du siècle qui vient de s’écouler. »
- Il est impossible d’être plus net, plus clair, p lu explicite. Et, pour enlever l’ombre de tout doute même aux plus incrédules, aux plus malintentionnés, on ajoutait : « C’est à l’examen de la situation économique universelle que sont conviées toutes les nations.»
- Après cela, il faut, pour ne pas se montrer complètement satisfait, y mettre de la mauvaise foi, un parti pris dont on est décidé à ne pas démordre. Ajoutons que les travaux couvre nt tout le Champ-de-Mars, tout le Trocadéro, tout le pont d’Iéna, toute l’Esplanade des Invalides, et, en outre, toute la longueur du quai, depuis l’extrémité est de l’Esplanade des Invalides jusqu’à l’extrémité ouest du Champ-de-Mars.
- Que fit M. de Bismarck, quand on le pressentti pour savoir nettement à quoi s’en tenir sur son concours. A vrai dire, on n’y comptait pas beaucoup, mais il était nécessaire de connaître sa pensée, ou plutôt sa réponse — deux choses presque toujours différentes chez lui, souvent même tout
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- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
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- à fait opposées. 11 ne pouvait exciper du caractère révolutionnaire des événements que célébrait le centenaire, car la forme de gouvernement inaugurée par 89 est, précisément, celle sous laquelle vivent toutes les nations modernes, y compris la sienne (la Prusse et l’Allemagne). C’est même la seule concession à l’esprit libéral du siècle qu’U ait permis de faire à son impérial élève, dans le discours d’inauguration de ce dernier au Bundes-rath prussien.
- Encore moins lui était-il possible de tirer un prétexte des intentions hostiles qu’il attribuait au peuple français. La proposition qui lui était adressée était la réfutation éclatante du reproche. Il est sorti d’embarras avec son astuce ordinaire, et en restant sur le terrain économique. Selon lui, les expositions avaient fait leur temps ; les peuples n’y gagnaient pas en avantages la moitié de ce qu’ils perdaient en inconvénients et en dépenses. La seule raison valable, celle que, exactementpour cela, il n’a pas donnée, c’est que sur le' terrain d’une Exposition, la Prusse n’était pas capable de soutenir la lutte. Son industrie ne vit que de camelote et ne trouve de placement à ses produits qu’à force de bon marché.
- Qu’importe, du reste ? A défaut de l’Allemagne et de la participation officielle des gouvernements monarchiques de l’Europe, l’Exposition Française a le concours effectif de toutes les populations du vieux monde : — Angleterre, Belgique, Suisse, Espagne, Italie, Turquie, Pays-Bas, Grèce, Portugal, Autriche, Russie, Danemark , Roumanie, Norvège; à quoi il faut ajouter l’Asie et, surtout, l’Amérique, où, d’un bout à l’autre, l’élan a été spontané. Pas une objection, pas uue hésitation, pas l’ombre d’un acte delésinerie; enthousiasme sur toute la ligne ; — par conséquent, succès complet. Veut-on en savoir la raison ? C’est — et les nations l’ont compris mieux que leurs gouvernements — que l’idée inspiratrice et dirigeante est essentiellement utile, civilisatrice, disons le mot, humanitaire : comme, du reste, presque tout ce qu’entreprend la France. Le but poursuivi et qui est atteint, à l’heure qu’il est, c’est d’exposer l’histoire de toutes les industries, depuis leurs origines, et, en particulier, depuis 1789 jusqu’à notre époque ; à partir, par exemple, du télescope de Galilée jusqu’aux prodigieux instruments actuels; à partir de la première locomotive de Stephenson jusqu’à celles qui sortent maintenant des plus célèbres usines d’Europe et d’Amérique. Aux leçons des choses dont on peut se rendre compte de visu, viendront s’ajouter les leçons de auditu, au moyen de conférences dont se sont chargés des hommes qui sont les lumières de la science, sous le double rapport théorique et pratique — de sorte aue quiconque voudra s’en donner la peine, pourra sortir de cette étonnante exhibition, parfaitement au courant de tous les progrès accomplis par le génie et par la main de l’homme durant l’ère moderne, et, spécialement, de 1789 à 1889. C’est l’idée le plus pacifique, la plus utile, la plus civilisatrice, la plus humanitaire que l’on ait jamais conçue et mise en exécution.
- M. de Bismarck est. bien intelligent, bien habile, bien puissant; à la rigueur, il peut tout ce qu’il veut; ni les populations, ni les parlements, ni les ministres, ni l’Empereur ne lui font opposition ; il est leur maître à tous. Eh bien, nous le défions de tenter la moitié, le tiers, le quart de ce que fait la France, en ce moment, pour le monde moderne. Qu’il prenne le bien d’autrui, qu’il s’agrandisse aux dépens des autres; qu’il se pavane dans son égoïsme et donne les coudées franches à son ambition brutale, c’est son affaire; mais donner, se montrer utile, avoir même des velléités de générosité, faire œuvre humanitaire, cela lui est interdit. Il pourra rêver d’arrêter la marche de la civilisation, mais de la pousser en avant, jamais !
- Nous ne saurions rien ajouter aux franches déclarations de notre excellent confrère américain. Au surplus, on comprendra notre réserve en présence d’une opinion tout à l’honneur de notre pays, mais aussi impartialement manifestée. H- Pendrié.
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- ADJUDICATIONS
- MINISTÈRE DE LA GUERRE
- Le i3 août a eu lieu l’adjudication des bâtiments de l’Exposition militaire sur l’Esplanade des Invalides, dont le montant s’élevait à 8o,oop fr.
- M. P. Chalet, entrepreneur de travaux publics, 60, rue Dombasle à Paris, a été déclaré adjudicataire avec un rabais d 17, 10 %.
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- INSTALLATIONS DIVERSES
- L’Installation du gaz d’éclairage.
- Un marché a été passé entre M. Alphand, directeur général des travaux de l’Exposition de 1889, agissant au nom de l’État, et M. Camus, directeur de la Compagnie parisienne d’éclairage et de chauffage par le gaz, agissant au nom de cette compagnie, par lequel la Compagnie parisienne s’engage à faire pourle compte de l’administration de l’Exposition, à ses frais, risques et périls, les travaux de canalisation et de branchements dans l’enceinte de l’Exposition comprenant le Champ-d^-Mars, le Trocadéro, les quais d’Orsay et de Billy et le pont d’Iéna, ainsi que la tranchée du quai d’Orsay et l’esplanade des Invalides, tels qu’ils sont sommairement indiqués sur le plan annexé au présent traité;
- Les travaux d’installation des appareils d’éclairage;
- Tous les travaux de branchements qui seront demandés soit par l’Administration, soit par les particuliers;
- La fourniture du gaz, le service de l’entretien des appareils d’éclairage pendant le temps nécessaire aux besoins de l’Exposition ;
- La dépose et l’enlèvement des conduites qui sont destinées à disparaître à la fin de l’Exposition, ainsi que tous les déplacements de conduites et d’appareils nécessités par les remaniements du sol pendant la durée de l’entreprise;
- Tous les travaux nécessités par les appareils appartenant à la ville de Paris, qui existaient dans l’enceinte de l’Exposition avant les travaux de celle-ci, et dont le nombre sera relevé contradictoirement, que ces appareils soient maintenus en place ou qu’ils soient transportés dans un autre endroit de l’enceinte réservée, seront exécutés aux conditions adoptées par la ville de Paris.
- Ces appareils continueront à faire partie de l’éclairage municipal, et le gaz sera payé à raison de i5 centimes pour eux.
- La pose des conduites devra être achevée, au plus tard, le ier mars 1889, et la pose des appareils, au plus tard, le i5 mars.
- En cas de retard, la Compagnie consent à subir une retenue de cent francs par jour de retard.
- Le cautionnement est fixé à la somme de six mille francs.
- Le palais du Trocadéro.
- Il avait été question d’entreprendre tout de suite des travaux d’une grande importance au palais du Trocadéro, d’une part, pour terminer la façade qui donne sur la place et, d’autre part, pour achever la décoration intérieure de la salle des Fêtes. Ces divers travaux auraient occasionné une dépense d’environ 3oo,ooo fr.
- Les fonds n’étant pas votés et, d’autre part, le temps ayant paru trop restreint pour entreprendre ce double travail, le projet en question a été ajourné à une époque indéterminée.
- En attendant, tout le corps du bâtiment central qui a vue sur la place, vient d’être livré aux ouvriers peintres chargés d’en opérer le nettoyage et de remettre à neuf la marquise.
- Ces derniers travaux ne dureront qu’une quinzaine de jours. Ne quittons pas le palais du Trocadéro sans ajouter que, hier, on a commencé à dresser les premiers moulages dans la galerie de gauche, dont l’installation sera terminée avant l’ouverture de l’Exposition universelle.
- Le Chalet de l’Administration des forêts, au Trocadéro.
- Les divers produits des forêts qui, suivant le Catalogue de l’Exposition, devraient être répartis dans les classes 16, 42, 43, 49, 82, etc., seraient, d’après l’entente qui a été établie entre la Direction des forêts et le comité supérieur de l’Exposition, groupés dans un chalet pour la construction duquel un emplacement de 3,5oo mètres a été accordé, au Trocadéro, par M. le Ministre du commerce.
- Les frais de construction et d’installation de ce chalet sont évalués à 200,000 fr., savoir :
- Charpente et menuiserie brute...... 82.000
- Peinture et vitrerie................. 8.000
- Remblais et maçonnerie............... 4.000
- Menuiserie soignée.................. 12.000
- Couverture.......................... 10.000
- Serrurerie............................ 2.000
- 118.000
- Installation intérieure et divers.. 82.000
- Total............... 200.000
- Les bois destinés à la construction seraient pris parmi les arbres dépérissants des forêts domaniales des environs de Paris et vendus après l’Exposition. Les frais d’exploitation et de transport sont compris dans le chiffre de 118.000francs donné par l’architecte et par l’entrepreneur qui, après étude et projet, s’engagerait à faire le travail à ce prix.
- Société d’ethnographie La langue et l'écriture universelles
- M. de Rosny a donné lecture, à l’une des dernières séances, d’un rapport sur un projet tendant à réunir, à l’occasion de l’Exposition universelle . de 1889, un Congrès scientifique pour examiner et discuter les diverses questions qui se rattachent à la langue et à l’écriture universelles. Il ne croit pas, dit-il, devoir aborder dès à présent l’examen des tentatives faites jusqu’à ce jour à l’effet d’assurer aux nations civilisées un moyen linguistique de communications internationales. Les efforts tentés jusqu’à ce jour pour aboutir à un résultat dans cette direction sont sans doute partis d’une initiative généreuse et qu’on aurait tort de repousser avec dédain; mais il faut avouer qu’ils n’ont pas été heureux ou qu’ils ont presque toujours, manqué de base scientifique. Il y aurait cependant une utilité incontestable à rechercher les moyens de poser le proolèmesur des assises sérieuses; et, sans dissimuler son hésitation, il ne croit pas devoir s’opposer à ce que la question soit élaborée par la Société.
- Quant à l’écriture universelle, les difficultés à lever sont moins considérables; et déjà quelques savants éminents ont obtenu des résultats au point de vue de l’application d’un alphabet général aux travaux de linguistique.
- Après avoir exposé les principaux systèmes d’écriture universelle proposés jusqu’à ce jour pour les publications philologiques, et en particulier pour la reproduction des textes asiatiques, africains et océaniens en lettres latines plus ou moins modifiées, M. de Rosny propose à la section de nommer une Commission permanente pour se livrer à cette étude.
- Cette proposition est adoptée et la section procède à l’élection des membres de la Commission, qui sera composée ainsi qu’il suit : MM. René Al-lain, le docteur Legrand, Aug. Lesouëf, Léon de Rosny, Charles Cousin, Léon Cahun, Castaing^ Jules Oppert, de Villemereuil, E. Levasseur, Félix Elément, docteur Michalowski-, J. Vinson, Malte-Brun, Emile Legrand, Rémi Siméon, C. Prêt, C. Lagache, Jacqueline, Brouet, Lamas, Donatis,. docteur Verrier, Bœll, Jametel, Tugault, de Faria et Hégel.
- La section décide ensuite que le système de transcription des langues proposé par M. de Rosny sera publié par la section, dans le but de servir de point de départ aux investigations ultérieures.
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- Quatrième Année. — N° 192. , LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- LES COLONIES a L’EXPOSITION
- DE 1889
- RENSEIGNEMENTS GENERAUX
- Nous croyons utile de rappeler aux exposants des colonies les prescriptions principales du commissariat général à propos de l’expédition des envois.
- Classement des produits
- Les objets exposés devant être répartis en dix groupes généraux,, les comités doivent, d’accord avec les exposants, diviser les produits d’après la nature des objets conformément aux classes indiquées par le Règlement.
- Étiquetage
- Chaque objet devra porter une double étiquette indiquant : Le nom de la colonie, celui de l’exposant, la désignation sommaire du produit, le numéro de nomenclature.
- Nomenclature
- Les objets similaires devront être classés et emballés autant que possible dans l’ordre de la classification générale.
- Il devra être dressé une nomenclature en double expédition des objets contenus dans chaque caisse ; une des expéditions sera enfermée dans la caisse; l’autre adressée au commissariat.
- Inscriptions sur les colis
- Chaque colis devra porter extérieurement, outre les marques et numéros d’ordre, les indications suivantes inscrites en gros caractères très apparents ;
- i° Commissariat de l’exposition coloniale ; Esplanade des Invalides Paris.
- 2° Envoi delà colonie de...
- 3° Numéro de la nomenclature.
- En outre, chaque colis devra porter deux étiquettes tricolores du modèle officiel.
- Emballages
- L’emballage a une très grande importance. Les exposants ne doivent pas oublier que non seulement il convient de donner tous leurs soins au bon conditionnement des caisses et des emballages intérieurs, mais encore qu’il faut prévoir le retour, c’est-à-dire le'réemballage. O11 ne saurait trop appeler l’attention des comités et des exposants sur ce point. (Voir à ce sujet les prescriptions de la circulaire envoyée le 28 avril par le commissaire de l’exposition coloniale.)
- Expédition. Transport
- Il est rappelé que l’expédition peut être faite soit par les transports de l’État, soit par les navires affrétés, ou par les paquebots des compagnies de navigation desservant les colonies.
- Les transports effectués par les navires de l’Etat ou affrétés sont gratuits. Ceux qui seront faits par les compagnies des messageries maritimes transatlantiques jouiront d’une réduction de 5o ojo. Cette réduction est portée à 60 o|o pour les expéditions des associations coopératives.
- Tous les frais, depuis le port d’arrivage en France, sont à la charge de l’administration.
- Il sera donné ultérieurement, s’il y a lieu, des instructions pour l’envoi des connaissements. L’administration prend les mesures nécessaires pour que, dès leur arrivée, les envois soient reçus, déchargés et dirigés sur Paris.
- Date des envois
- Les colis pourront être reçus à Paris dès le mois de janvier. Chaque colonie doit donc aviser pour que les arrivages dans le port de débarquement s’effectuent à partir de fin décem-
- bre. Les arrivages en avance n’ont pas grand inconvénient, ceux en retard peuvent avoir de graves conséquences.
- * *
- Algérie
- On annonce l’arrivée à Paris pour la fin du mois, de M. Muller, commissaire de l’Exposition de l’Algérie.
- La section algérienne ne veut pas être en retard. Les travaux y sont conduits avec non moins d’activité que ceux de la section des colonies, MM. Ballue et Marquette, architectes, envoyés par le gouvernement général de l’Algérie, déploient tout leur talent à faire bien ; aussi tout porte à croire que le palais algérien de 1889 ne le cédera en rien à celui de l’exposition de 1878 qui, entouré de son village, fut on s’en souvient, le clou de ce concours universel, placé sous l’intelligente direction de M. de Dyannes, alors conservateur de l’Exposition de l’Algérie à Paris, aujourd’hui attaché au commissariat de celle des colonies.
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- LES ÉTRANGERS A L’EXPOSITION
- DE 1889
- Australie
- Le gouvernement anglais vient de décider que l’Australie ^prendra part officiellement à l’Exposition de 1889.
- * !
- * *
- Angleterre (Colonie du Cap)
- Une interpellation a été adressée récemment au premier ministre de la colonie du Cap, par un député, membre de la Chambre de Commerce, au sujet de la participation de ce pays à l’Exposition de 1889.
- D’après les déclarations de sir Gordon Sprigg à la Chambre des Députés, le gouvernement colonial assurera toutes les facilités désirables aux négociants et aux industriels qui auront l’intention d’exposer.
- Le gouvernement colonial est même disposé à inscrire sur les dépenses budgétaires, avec l’approbation du Parlement, un crédit destiné à aider les exposants dont la situation pécuniaire justifierait cet appui.
- De son côté, l’agent général de la colonie à Londres, sir C. Mill, est disposé à seconder les exposants par tous les moyens en son pouvoir.
- D’autre part, le président de la Chambre de Commerce du Cap a entretenu cette Chambre de l’utilité que présenterait la formation d’un Comité qui enverrait un délégué à Paris.
- *
- * *
- Japon
- Le nombre des Japonais qui se sont fait inscrire pour envoyer des objets à l’Exposition universelle de 1889 est déjà de 5q3, et le nombre des objets qu’ils exposeront est de 55.952.
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- République Argentine
- Le directeur du musée de la Salle de Commerce, M. Calos Lix Klett, rédacteur de plusieurs journaux, vient d’être nommé directeur de la section des produits argentins à l’Exposition universelle de Paris.
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- Uruguay
- Jugement du concours pour l’érection du pavillon de l’Uruguay, à l’Exposition
- La commission de l’Uruguay pour l’Exposition de 1889 vient de juger le concours qu’elle
- Dimanche 2 Septembre 1888. \ — 1135-
- avait ouvert pour la construction d’un pavillon destiné à la section uruguayenne.
- Elle a accordé le premier prix et l’exécution des travaux à M. Barré, architecte à Paris; le deuxième prix à M. Debry, architecte à Amiens; le troisième à M. Brien et le quatrième à M. Lair.
- On a écarté un plan des plus remarquables parce que l’auteur avait dépassé de beaucoup le prix fixé pour la construction du pavillon.
- ÉCHOS
- M. G. BERGER
- M. Georges Berger, directeur général de l’exploitation, vient de rentrer à Paris, après avoir pris quatre jours d’un repos bien gagné à la campagne.
- Il va présider aux travaux d’installation intérieure et leur donner une vive impulsion.
- Les. dispositions des exposants sont toujours excellentes en France et lçs adhésions définitives parviennent tous les jours plus nombreuses à la direction de l’exploitation. Quant aux pays étrangers, ils ont tous le nombre d’exposants nécessaire pour occuper en entier leurs compartiments.
- LES GALERIES DE L’AGRICULTURE
- Il paraît que les galeries de l’agriculture, au Champ-de-Mars, aujourd’hui presque achevées, seront utilisées avant l’ouverture de l’Exposition.
- Le ministre du commerce y a en effet autorisé une exposition anticipée de cidres, eaux minérales bières, etc. Cette exposition sera ouverte du 1er novembre au 15 décembre. Le commissaire général délégué est M. Chessé, l’ancien gouverneur de la, Guyane.
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- LA MANUTENTION DES MARCHANDISES DESTINÉES
- a l’exposition
- Par arrêté en date du 21 avrifl888, M. le Ministre du commerce et de l’industrie a approuvé le tarif de manutention applicables aux marchandises qui seront admises à l’Exposition universelle de 1889 et qui entreront dans les enceintes de celle-rci par wagons et par voitures.
- Ce tarif est déposé au secrétariat général de la Préfecture pour être communiqué aux intéressés.
- L’entrepreneur agréé pour la manutention ne jouit d’aucun monopole. M. Decauville aîné est simplement signalé par l’administration (art. 8 du règlement spécial) comme pouvant rendre de bons services aux exposants à des prix qu’il ne peut dépasser et que chacun a la faculté de débattre avec lui.
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- l’exposition DÈ MELBOURNE
- L’ouverture de l’exposition universelle de Melbourne a eu lieu avec grand succès au commencement du mois. La grande nef a une superficie de 6.00C mètres carrés, et les diverses annexes occupent une, surface de 80.000 mètres.
- La colonie de Victoria occupe dans la grande nef 1.500 mètres carrés ; la Grande-Bretagne un peu moins. La France arrive en troisième ligne avec 900 mètres ; l’Allemagne n’en occupe que 700.
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- l’exposition de maestriciit
- La Société d’horticulture et d’agriculture du duché de Limbourg, à Maestriciit, organise dans cette ville une exposition-internationale, de produits horticoles et agricoles qui sera ouverte les 9, 10 et 11 septembre prochain.
- Pour favoriser cette exposition qui promet d’être très intéressante, les chemins de fer belges et néerlandais transporteront gratuitement, au retour, les plantes et objets qui'y auront figuré.
- Les envois devront se faire à l’adresse de la Société organisatrice de l’Exposition en gare à Maestriciit.
- , La Société prend à sa charge les frais de camionnage à l’aller et au retour.
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- LES FRANÇAIS A L’EXPOSITION DE GLASCOW
- Londres, 28 août.
- La visite que la reine Victoria vient de faire à la belle Exposition, universelle de Glascow a été marquée par un fait assez simple en lui-même, ruais qui 11’est 'pas sans montrer l’importance de la section française à cette Exposition.
- Les membres du corps consulaire ont attendu
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- I i 36.— Quatrième Année. — N° 192.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- Dimanche 2 Septembre 1888.
- la reine au rond-point de l’Exposition et lui ont présenté une adresse. Après cette cérémonie, le consul de France, M. L. Brault, s’est rendu à la section française où Sa Majesté n’a pas. tardé d’arriver en chaise roulante.
- Là, elle est descendue de sa chaise, et notre consul lui a fait les honneurs de l’exposition des industriels français. Pendant tout le temps, la reine s’est exprimée en français, qu’elle connaît fort bien. Elle a fait un certain nombre d’acquisitions, et prié le consul de complimenter les exposants de la section française pour leur bon goût.
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- EXPOSITION DE SAUVETAGE ET D’HYGIÈNE
- L’école des mariniers-brancardiers a exécuté dimanche, avec un plein succès, sur le bassin à flot du palais de l’Industrie, la scène de sauvetage d’un noyé, son transport sur un brancard de l’école et les soins habituels. .
- Les expériences des mariniers-brancardiers seront renouvelées pendant le cours de l’Exposition.
- Mercredi, troisième journée des courses nautiques organisées par la Société de la Basse-Seine.
- A partir du 1er septembre _ commenceront des promenades conférences quotidiennes dans toute l’étendue de l’Exposition.
- Enfin nous pouvons annoncer que les délégués nommés par les exposants se réuniront prochainement, en vue de préparer les opérations ultérieures du jury.
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- CHEMINS DE FER DE L’OUEST
- Dimanche 2, lundi 3 et mardi 4 septembre 1888, fêtes des Loges, dans la forêt de Saint-Germain.
- Billets d’aller et retour.
- Trains supplémentaires et directs selon les besoins du service.
- Les trois jours de la fête, retour jusqu’à minuit.
- SPORT
- Courses à venir
- Dimanche 2septembre: Fontainebleau Lundi 3 septembre : Vincennes
- Mardi 4 septembre : Saint-Germain
- Mercredi 5 septembre : Enghien Jeudi 6 septembre : . Saint-Ouen Vendredi 7 septembre : Colombes Samedi 8 septembre : Saint-Ouen
- Courses à Fontainebleau à 1 h. 30 m.
- DIMANCHE 2 SEPTEMBRE
- Pronostics
- Premier critérium : Prix de Bois Roussel: Deuxième critérium : Troisième critérium ; Septième prix triennal : Prix d’Augas :
- Tantale
- Le Sancy
- Padmana
- Chopine
- Fontanas
- Maxico
- Robinson.
- ----- Tin 1 91?8 --
- RENSEIGNEMENTS GÉNÉRAUX
- POUR LES EXPOSANTS
- I
- L’exposition de 1889 sera universelle et internationale, c’est-à-dire qu’elle recevra les produits agricoles, industriels et artistiques de tous les pays.
- I. — GHAMP-DE-MARS
- 1° PALAIS DES BEAUX-ARTS (GALERIES DE L’AVENUE
- de la Bourdonnais)
- Groupe I. Œuvres d'art
- Dans ce palais, la répartition sera faite par salles ou par groupe de salles correspondants aux différentes expositions nationales.
- 2° PALAIS DES ARTS LIBERAUX (GALERIE DE L AVENUE
- de Suffren).
- Groupe II. — Éducation et enseignement. — Matériel et procédé des arts libéraux
- Dans ce palais, l’espace sera divisé en deux sections, réparties chacune par classes : l’une pour les roduits français et l’autre pour les produits étrangers.
- 3° Produits industriels (galeries transversales
- ET LATÉRALES DE l’aVENUE DE LA PORTE RaPP ET
- Desaix jusqu’à la galerie des machines).
- Groupe III. — Mobilier et accessoires
- Groupe IV. — Tissus, vêtements et accessoires
- Groupe V. — Industries extractives. — Produits bruts et ouvrés
- Ces galeries seront fractionnées en trois compartiments affectés chacun à l’un de ces trois groupes Chacun de ces compartiments sera subdivisé en deux parties, dont l’une, réservée à la France sera répartie par classes, et l’autre, consacrée aux pays étrangers, sera divisée par nationalités.
- 4" PALAIS des machines
- Groupe VI. — Outillage et procédés des industries mécaniques. — Electricité.
- Ce palais sera divisé en compartiments déclassés dans chacun desquels les produits des divers pays seront juxtaposés par nationalités.
- II. — QUAI D’ORSAY 1° palais des produits alimentaires
- Ce palais à étages comprendra internationalement et par classes les produits alimentaires.
- 2° GALERIES DE L’AGRICULTURE
- Groupe VII. — Agriculture, viticulture et
- pisciculture.
- À.
- Ces galeries seront divisées par compartiments nationaux.
- III. — ESPLANADE DES INVALIDES
- i° Espaces découverts plantés d’arbres réservés supplémentairement pour l’agriculture (Groupe VII).
- 20 Expositions diverses : colonies françaises et pays du protectorat. — Expositions particulières d,es Ministères français. — Economie sociale. — Hygiène, etc.
- IV. — TROCADERO
- Exposition internationale d’horticulture et d’arboriculture. .
- Groupe VIII. — Horticulture
- Les espaces affectables dès maintenant aux différents groupes pour les étrangers et les Français ont été calculés d’après les statistiques des précédentes expositions.
- II
- Gratuité des emplacements
- Les exposants étrangers et français n’auront aucun loyer à payer pour l’occupation de leurs emplacements d’Exposition.
- Charges des exposants
- L’Administration française fournit des locaux couverts pour les produits non exposables en plein air des groupes des Beaux-Arts, des Arts libéraux, industriels, mécaniques et agricoles. Les exposants ont à leur charge la totalité des frais d’installation et de décoration de ces locaux, comprenant:-la fourniture, la pose, la garniture et la décoration des cloisons séparatives, des vélums ou faux plafonds, des vitrines et meubles d’exposition. Ils ont aussi à payer les planchers des salles d’exposition, l’administration ne devant que ceux des chemins de circulation générale, conformément à l’article 16 du règlement général.
- Les exposants ont en outre à comprendre dans leurs frais d’installation, le salaire et l’habillement des gardiens chargés du nettoyage et de la surveillance particulière des salles de l’exposition.
- Section des machines
- Les constructeurs étrangers et français de chaudières- ou de machines seront admis à faire des propositions pour la fourniture de la force motrice que l’administration doit, suivant les termes de l’article 3q du règlement général, pour la mise en mouvement des appareils exposés.
- Exposition d’horticulture
- Un règlement spécial fera connaître comment seront organisées les expositions permanentes
- et temporaires du groupe de T’horticulture, et dans quelles conditions certains exposants pourront avoir la jouissance de serres chaudes ou tempérées.
- Exposition des animaux vivants
- Si une exposition d’animaux vivants a lieu, un règlement spécial sera publié à ce sujet.
- Transports etmanutention
- Des arrangements ont été pris avec les Compagnies de chemins de fer du réseau français pour que tous les produits, sauf les objets d’art et matières précieuses, à destination de l’Exposition, bénéficient d’un rabais de 5o p. 100 sur les tarifs ordinaires.
- Le même rabais de 5o 0/0 sur les tarifs ordinaires a été consenti, dans les mêmes conditions, pour les transports maritimes, par la Compagnie géné-raie transatlantique et la Compagnie des messageries maritimes.— Le même régime serait appliqué aux enceintes de l’Exposition, en ce qui concerne l’octroi de Paris.
- propriété industrielle
- L’Administration supérieure prend les mesures nécessaires pour assurer, dans les mêmes conditions que pour les Expositions précédentes, la protection de la propriété industrielle.
- Catalogue
- Il sera dressé en langue française un catalogue méthodique et complet des produits de toutes les nations, indiquant les places qu’ils occupent dans les palais, les parcs ou les jardins, ainsi que les noms des exposants.
- Chaque nation aura le droit de faire à ses frais, mais dans sa propre langue seulement, un cata-r logue spécial des produits exposés dans ses sections.
- NOMINATIONS
- des Membres des Congrès internationaux de P Exposition de i88q
- Nous avons donné dans notre numéro du 5 août dernier la liste des membres de ces divers congrès mais sans indication de leurs qualités. Nous croyons devoir donner à nouveau, pour répondre au désir manifesté par plusieurs de nos lecteurs, la liste intégrale de ces nominations :
- Congrès international des architectes.
- Par arrêté en date du 17 juillet 1888, le Ministre du Commerce et de l’Industrie, Commissaire général de l’Exposition de 1889, a nommé membres du comité d’organisation du congrès international des architectes :
- MM.
- Alphand, directeur général des travaux de l’Exposition de 1889, directeur d.es travaux de Paris, associélibre delasocie'té centrale des architectes.
- Bailly, membre de l’Institut, président de la Société centrale et de la caisse de défense mutuelle des architectes, président de la section des beaux-arts du comité des congrès de l’Exposition de 1889.
- Bardoux, sénateur, président d’honneur du congrès international des architectes de 1878, membre de la section des beaux-arts du comité des congrès de l’Exposition de 1878.
- Bartaumieux, architecte, membre du conseil de la société centrale et trésorier de la caisse de défense mutuelle des architectes.
- Boeswilwald (Emile), inspecteur général des monuments historiques, membre des comités d’admission de l’Exposition de 1889.
- Cernesson, architecte, député .de la Côte-d’Or, membre des comités d’admission de l’Exposition de 1889.
- Chipier (Charles), architecte du Gouvernement, inspecteur de l’enseignement du dessin.
- Comte (Jules), directeur des bâtiments civils et palais nationaux, membre des comités d’admission de l’Exposition de 1889.
- Daly (César), directeur de la Revue générale d’am chitecture et des travaux publics.
- Daumet, membre de l’Institut, censeur de la Société centrale des architectes, membre des comités d’admission de l’Exposition de 1889.
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- Quatrième Année...— N° 192.
- Gariel, membre de l’acade'mie de médecine, t ingénieur en chef des ponts etchaussées, rapporteur géne'ral du comité des congrès de l’Exposi-
- • tion de 1889. ............'
- •Garnier (Charles), membre de/l’Institut, inspecteur général des bâtiments civils, vice-président des comités d’admission de l’Expositioti de 1889. Gonse (Louis), rédacteur en chef de la Galette des - Beaux-Arts, secrétaire'.deda section des beaux-arts, du comité des congrès de l’exposition de : 1889:
- Guillaume. (Eugène),,-membre de l’Institut, président d’honneur dù congrès international des architeci.es, de 1878, vice-président de la section des beaux-arts du comité des congrès de l’Expo-: sition de 1889'-.
- Hermant (Achille), architecte du département de . là Seine, censeur de la société centrale et vice-président de la,caisse de défense mutuelle des ' architectes,' vice-président du congrès international , des, architectes de 1878,, membre des comités d’admission de l’Exposition de 1889. Joly (Edmond de), architecte de la. chambre des députés, censeur de la société centrale des architectes, vice-président du congrès international des architectes de 1878.
- Ivaempfen, directeur des musées nationaux, associé libre de la société centrale des architectes, membre des comités d’admission de l’Exposition de 1889.
- Larroumet, délégué dans les fonctions de directeur des beaux-arts, maître des conférences à la faculté des lettres de Paris.
- Lucas (Charles), architecte, membre du conseil de la société centrale et secrétaire de la caisse de défense mutuelle, secrétaire du congrès international des architectes de 1878, vice-président de la section d’apprentissage de l’exposition d’économie sociale de 1889.
- Monnier (Eugène), architecte, commissaire voyer de la ville de Paris, secrétaire principal de la société centrale des architectes.
- Müntz (Eugène), conservateur du musée et de la bibliothèque de l’école des beaux-arts, membre du comité des congrès de l’Exposition de 1889. (Normand (Alfred), inspecteur général des édifices pénitentiaires, vice:président de la société centrale des architectes, membre des comités d’admission de l’Exposition de 1889.
- Rolland, architecte, membre du conseil de la société centrale et membre honoraire de la société de défense mutuelle des architectes. Sédille (Paul), architecte de l’Exposition de 1889, vice-président de la société centrale des architectes.
- Tolain, sénateur, président de la section d’apprentissage de l’exposition d’économie sociale de 1889.
- Wallon (Paul), architecte du Gouvernement, membre du conseil de la société centrale des architectes.
- Congrès international de dermatologie et de syphiligraphie.
- Par arrêté en date du 16 juillet 1888, le Ministre du Commerce et de l’Industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a nommé membres du comité d’organisation du congrès international de dermatologie et de syphiligraphie:
- MM. les docteurs :
- Besnier, membre de l’Académie de médecine, médecin de l’hôpital Saint-Louis.
- Feulard, chef de clinique des maladies cutanées et syphilitiques.
- Fournier, membre de l’académie de médecine, professeur à l’académie de médecine, médecin de l’hôpital Saint-Louis.
- Hallopeau, agrégé de lafaculté de médecine, médecin de l'hôpital Saint-Louis.
- Quinquand, agrégé de la faculté de médecine, médecin de l’hôpital Saint-Louis.
- Tennesson, médecin de l’hôpital .Saint-Louis, j Vidal, membre de l’Académie de médecine, médecin de l’hôpital Saint-Louis. :
- Congrès international des électriciens
- Par arrêté en date du 16 juillet 1888, le Ministre du commerce et de l'industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a nommé membres du. comité d’organisation du congrès international des électriciens:
- MM.
- D’Assonval, membre de l’Académie de médecine •professeur suppléant au Collège de France. Berger (Georges), directeur général de l’exploitation à l’Exposition universelle de 1889» ancien président de la société internationale des électriciens.
- Boudet de Paris (docteur), membre du comité de la société internationale des électriciens. Bcmilhet, ingénieur manufacturier.
- Bourdin,, ingénieur.
- Carpentier, ingénieur constructeur, vice-président de la société internationale.des électriciens.
- , HE MONITEUR DE L’EXPOSITION DEJ1SS9.
- Cornu (A.), membre de l’Institut,, professeur à - l’école polytechnique. • : • < •
- Delahaye (Th.), ingénieur publiciste..
- Fontaine, ingénieur, administrateur de la société des machines magnéto-électriques Gramme. Gariel, professeur à la -faculté dé médecine, vice-. président de.la société internationale, des électriciens.
- Hillairet, ingénieur constructeur. ' ’ f
- Hospitalier, professeur à l’écolehnuniçipale de physique et de chimie. .
- Joubert, secrétaire , général de la société de physique.
- Lemonnier, ingénieur constructeur, président de la société internationale des électriciens.
- ' Lippmânn, membre de l’Institut.
- . Mascart, membre de l’Institut, professeur au Collège de- France.
- ÎNapoli, ingénieur, chef du laboratoire des essais aux chemins de fer de PEst.
- De Nérville, ingénieur des télégraphes, chef du j laboratoire central d’électricité.
- Pellat, maître de .conférences à la faculté des j sciences.
- . Picou, ingénieur.
- *Postel-Vinay, ingénieur constructeur, président de la chambre syndicale des industries électriques.
- Potier, ingénieur en chef des mines, professeur à l’école polytechnique.
- Raymond, directeur de l’école supérieure des télégraphes.
- Renard (commandant), directeur des ateliers du ministère de la guerre à Meudon.
- Sartiaux (E.), ingénieur, chef du service télégraphique aux chemins de fer du Nord.
- Sebert (colonel), vice-président de la société internationale des électriciens.
- Séligmann-Lui, ingénieur des télégraphes, secrétaire générai de la société internationale des électriciens.
- Touanne (de la), ingénieur des télégraphes.
- Viole, maître de conférences à l’école normale. Vivarez, ingénieur, secrétaire de la chambre syndicale des industries électriques.
- Congrès international de l'enseignement secondaire et supérieur.
- Par arrêté en date du 16 juillet 1888, le Ministre du Commerce et de l’Industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a nommé membres du comité d’organisation du congrès international de l’enseignement secondaire supérieur.
- MM.
- Audiffred, député.
- Beaussire, membre de l’Institut.
- Berthelot, membre de l’Institut, sénateur, président de la société de l’enseignement supérieur.
- Bossert, inspecteur général des langues vivantes. Boutmy, membre de l’Institut, directeur de l’école libre des sciences politiques.
- Bréal (Michel), membre de l’Institut, professeur au collège de France.
- Bufnoir, professeur à la faculté de droit.
- Combes.
- Compayré, député.
- Grôiset, professeur à la faculté des lettres, président de la société d@ l’enseignement secondaire.
- Darboux, membre de l’Institut, professeur à la faculté des sciences.
- Dreyfus-Brisac, rédacteur en chef de la Revue internationale de l’Enseignement.
- Gaufrés, conseiller municipal.
- Girard, proviseur du lycée Condorcet.
- Godart, membre du conseil supérieur de l’instruction publique, directeur de l’école Monge Gréard, membre de l’Institut, vice-recteur de l’Académie de Paris.
- Lapparent.
- Lavisse, professeur à la faculté des lettres .
- Le Fort (Léon), membre de l’Académie de médecine, professeur à la Faculté de médecine.
- Liard, directeur de l’enseignement supérieur au ministère de l’instruction publique.
- Manuel, inspecteur général de l’enseignement secondaire.
- Morel, directeur de l’enseignement secondaire au ministère de l’instruction publique.
- Mercadier, directeur des; études à l’école polytechnique.
- Merlet, professeur de rhétorique.
- Perrier, professeur au muséum. •
- Perrot (G.), membre de l’Institut, directeur de l’école normale.
- Pigeonneau, professeur suppléant à la Faculté des lettres.
- Sée-(Camille), conseiller d’Etat.
- Simon (Jules), membre de l’Institut, sénateur. Ventéjoul.
- Congrès international de l’enseignement technique commercial et industriel
- Par arrêté en date du 16 juillet 1888, le Ministre
- Dimanche 2 Septembre 188S..i 137.'
- i du Commerce, et de Tlndustjrie, commissaire géné-, ral de l’Exposition universelle de. 1889,, a nommé } membres du comité d’organisation du Congrès ; international de l’enseignement technique .com-; mercial et industriel :
- 1 MM, V ; .. •; • .; y
- Buhan, secrétaire général de la société philomathique de Bordeaux.
- , Buisson, directeur de l’enseignement primaire au ministère de l’instruction publique, f Calvé (Jules), président de la société philomathique; de Bordeaux.
- : Cauvet,-directeur de l’école centrale des arts et; manufactures.
- ; Chabrier, administrateur de la Compagnie gêné--' raie transatlantique.
- : Compayré, député. *
- i Darlot, conseiller municipal. ; ;
- j Ducos (Paul), ingénieur des arts et manufactures,.
- ’ * membre de la - commission d’organisation du j précédent congrès.
- | Gréard, membre ' de l’Institut, 1 vice-recteur de'
- 1 . l’Académie de Paris.
- i Grelley, directeur de l’école supérieure de commerce.
- Hayem (Julien),, industriel. ... . .....
- de Heredia, député.
- Jacquemart, inspecteur général de l’enseignement technique.
- Jourdan, directeur de l’école des hautes études commerciales.
- Langonet, directeur de l’école des arts et métiers de Châlons.
- Laussedat, directeur du conservatoire des arts et métiers.
- Manès, directeur de l’école supérieure de commerce et d’industrie de Bordeaux.
- Mesureur, député.
- Ollendorff, directeur de l’enseignement technique au ministère du commerce et de l’industrie.
- Olry, directeur de l’école des mineurs de Saint-Etienne.
- Pasquier, chef du bureau de l’enseignement technique au ministère du commerce et de l’industrie.
- Piault, président du conseil d’administration de l’é cole supérieure du commerce.
- Poirrier, président de la chambre de commerce. Rodanet, industriel.
- Roy, ancien président de la chambre de commerce.
- Saignat (Léo),- ancien président de la société philomathique de Bordeaux.
- Salicis, inspecteur général de l’instruction pu-’blique.
- Siegfried (Jacques), membre du conseil supérieur de l’enseignement technique.
- Tolain, sénateur.
- Turnet, industriel.
- Congrès international d’horticulture.
- Par arrêté en date du 16 juillet 1888, Je Ministre du commerce et de l’industrie, commissaire-général de l’Exposition universelle de 1889, a Eommé l membres du comité d’organisation du congrès international d’horticulture :
- MM.
- Bergman (Ernest), secrétaire de la société nationale d’horticulture de France, secrétaire des congrès horticoles de Paris en 1885-86-87 et 88. Bleu (A.), horticulteur, secrétaire général de la société nationale d’horticulture.
- Duchartre (P.), membre de l’Institut, secrétaire-’ rédacteur de la société nationale d’horticulture.
- Dvbowski (J.), maître de conférences à l’école de 'Grignon, mémbre de la société nationale d’horticulture.
- Forgeot (E.), marchand grainier, membre de la société nationale d’horticulture.,
- Hardy, directeur de l’école nationale d’horticulture de Versailles, vice-président de la société nationale d’horticulture , président des congrès horticoles de Paris en 1886, 1887 et 1888.
- Huard, trésorier de la société nationale d’horticulture.
- Lemy (Louis-Anatole), horticulteur pépiniériste, .
- membre de la société nationale d’horticulture. Truffaut (Albert), horticulteur, membre de la société nationale d’horticulture.
- Verdier (Charles), horticulteur, président de Tu-niop commerciale des horticulteurs et marchands grainiers, membre de la société nationale .d’horticulture. ' • ;
- Vilmorin (Henry de), marchand grainier, vice-président de la société nationale d’horticulture.
- Congrès international d’hydrologie
- Par arrêté en date du 16 juillet 1888, le Ministre ’ du Commerce et de l’Industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a nommé
- ( Voir la suite page 1140)
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- il38. — Quatrième Année.'— N° 192.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 2 Septembre 1888.
- REVUE TECHNIQUE
- DES TRAVAUX DE L’EXPOSITION
- Le Palais des Machines (1)
- (Suite)
- Etant maintenant comprise la grande importance de ce travail préparatoire, quant à ce qui concerne l’intensité de sa résistance, nous nous arrêterons quelques instants sür ce champ spacieux où la curiosité nous retient, pour examiner, avec le lecteur, l’ensemble des opérations du traçage, ayant pour but de déterminer et de fixer, d’une façon rigoureusement mathématique, les quarante points ou centres d’ap-
- pui, appelés à correspondre avec la ligne d’axe des pieds de fermes.
- Il ne faut pas oublier que nous opérons, non pas sur la surface restreinte d’un édifice ordinaire, mais bien sur un vaste champ rectangulaire de 422 mètres de long sur 115 de large.
- Le tracé à effectuer, simple par lui-même et d’exécution facile pour les cas où l’emplacement est de taible étendue, devient, dans l’actualité présente, et en raison des conditions rigoureuses que comporte la construction à élever, un problème dont la solution exige une délicatesse de précision inouïe. Et, en effet, si l’on songe aux exigences si diverses et si complexes aux-
- quelles la construction, proprement dite, qui livre ses tronçons parachevés en tous points, astreint le chef des travaux du montage, qui doit procéder à leur superposition ou à leur assemblage, un formidable étonnement vous envahit, un doute bien naturel plane dans votre esprit, quand on réfléchit à l’exécution définitive, et, tel qui ignore les ressources de la profession, est amené à conclure à l’impossibil ité, ou du moins à la nécessité de façonnements sur place, de retouches, de tâtonnements sans nombre, avant d’avoir atteint le but proposé.
- Il n’en est rien.
- Quand une oeuvre métallique quelconque est
- LA GALERIE DES MACHINES (vue du haut des échafaudages)
- confiée aux soins d’un constructeur, tous les tracés ou dessins d’ensemble et de détail sont, par le bureau des études, établis avec la plus rigoureuse exactitude, dans leurs moindres parties. Quelles que soient les conditions d’après lesquelles, par exemple, pour un tronçon quelconque, les pièces qui le composent doivent être unies entre elles, quels que soient les angles ou les courbures, quels que soient les enchevêtrements, les superpositions, les contournements, quel que soit le nombre des trous, ou la forme du raccordement avec le tronçon voisin, tout est figuré sur le plan d’exécution, rien n’est oublié, négligé ou laissé à l’imprévu, et quand l’étude complète de l’ensemble et de tous ses organes est terminée, quand, en un mot, le
- (1) Voir le numéro précédent ir 191.
- tracé géométrique est fixé sur le papier, on peut presque dire que l’œuvre de la construction est réalisée, car l’âme entière de la création est dans ce travail.
- C’est en vertu de cette haute précision mathématique que le constructeur principal peut dire à l’un de ses collègues, éloigné de lui de 200 kilomètres : « Veuillez me confectionner « telles ou telles parties de mon entreprise. Ci-« joint les dessins cotés. »
- Et le sous-traitant entreprend sans hésitation le façonnement des pièces représentées par les tracés, pièces qui, sans difficultés, s’adjoindront à telles autres commandées à une usine située, quelquefois dans une région diamétralement opposée. Mais, pour que toutes ces parties diverses puissent, afin de composer le tout, être réunies sans à-coups, sans obligation de travail
- de retouche, il faut qu’elles soient, en dehors de leur configuration strictement correcte, assurées de s’appuyer en des points bien définis dont la détermination exacte rend impossible l’erreur même de quelques millimètres sur la distance établie. Quelques millimètres sur une longueur totale de 422 mètres !
- Voilà, certes, qui semblera à bien des gens un idéalisme impossible à atteindre. Et cependant rien n’est plus vrai. Rien n’est même plus indispensable à l’établissement de l’édifice.
- C’est ce qui nous autorise à dire que la précision qu’on a l’habitude d’attribuer aux organes d’une montre, d’un chronomètre, par exemple, est, proportion gardée, absolument infime, si on la compare à celle qu’exigent les puissants organes qui composent cette vaste halle couvrant une superficie de près de 5 hectares.
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- Quatrième Année. — N° 192.
- Par ce qui précède, nous croyons avoir fourni les raisons et les arguments d’après lesquels la détermination rigoureuse des quarante points de centre des appuis, devait être effectuée, sous peine de ne pouvoir opérer, entre eux, les raccordements des organes, confectionnés eux-mêmes suivant une mesure précise et uniforme pour chaque ferme et chaque travée. Comme surcroît dedémonstration,prenons pour exemple une poutre entretoisant deux montants de ferme.
- Si l’on suppose que, pour cette poutre, la dis-
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- tance de centre en centre des trous qui doivent, pour le raccordement, correspondre avec ceux des montants des fermes, soit de 2om,oo5, par exemple, il est incontestable que ces montants devront être placés, de façon que pour eux aussi, les distances entre leurs trous de raccord, comportent également la mesure de 20m,oo5.
- Nous sommes convaincu que cet exemple permettra à chacun de saisir combien est importante la haute précision dont nous faisions ressortir précédemment l’absolue nécessité.
- Dimanche 2 Sepptembre 1888. — ni .
- Quant au tracé par lui-même, il est le fait d’une opération très simple se réduisant à ceci :
- Tracer sur une longueur de 422 mètres, deux lignes parallèles à l’écartement de iiom,5oo; élever sur ces deux lignes, 20 perpendiculaires communes, formant, naturellement, des parallèles entre elles, espacées, sauf les deux du centre et les deux de chaque extrémité dont la cote diffère, à 2im,5oo. On obtient de cette façon 40 intersections qui représentent les 40 points demandés.
- L’unique difficulté de ce travail résidait donc,
- LE MONTAGE. DES FERMES (mise au levage d'un des pieds d’une ferme)
- ainsi que nous l’avons dit déjà, dans la haute précision de l’opération.
- Cette précision a été atteinte, très heureusement, puisque, à l’heure actuelle, l’édifice est debout et sans que l’on ait eu à constater, dans le cours du travail, aucun cas majeur ayant fait naître une difficulté appréciable.
- Ainsi que nous l’avons dit précédemment, la confection et l’installation de cette immense charpente a été confiée aux deux grands établissement de Fives-Lille et anciens établissements Cail. Ces deux importantes usines ont partagé, on le sait, avec bon nombre d’usines françaises, le travail de construction proprement dit.
- Il leur eut été en effet impossible, malgré la puissance de leurs moyens de production, de créer seules ce géant dans la totalité de ses membres, car l’espace de temps que les nécessités leur assignaient était trop restreint.
- Mais, ces deux usines se sont exclusivement réservé le travail d’installation, le montage en un mot, et nous allons voir que chacune d’elles a adopté un procédé spécial et employé des moyens qui, pour arriver au même but, n’en diffèrent pas moins d’une manière essentielle.
- Ce n’est que dans le cas où ces deux Sociétés donneraient une communication officielle de leurs prix de revient définitifs qu’on pourrait
- juger de la supériorité de l’un ou de l’autre des procédés employés ; mais comme il est convenable de ne pas compter sur de tels renseignements, nous nous bornerons à expliquer de notre mieux la marche suivie par ces deux émules qui, avec M. Eiffel et les ateliers Gouin, tiennent aujourd’hui dans notre pays le plus haut rang dans la grande construction métallique et mécanique.
- Harty
- (A suivre).
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- LE MONITEUR DE .L'EXPOSITION -DE :8Sq.
- 1140. — Quatrième Année..1— N° UQ2,
- Dimanche 2. Septembre j888.
- membres du comité d’organisation du Congrès international d’hydrologie et de climatologie :
- ' MM.
- Caulet (docteur), ancien président de la société d’hydrologie médicale de Paris.
- Danjoy (docteur), président de là société d’hydro-: dogiê médicale de Pqris.
- Fines (do.cteur), directeur de l’observatoire des - Pyrénées Orientales.
- Japhef (docteur), vice-président de la société d’hydrologie médicale de Paris. ' "
- Lemoine (Georges), ingénieur en chef des ponts chaussées, président delà société météorologique ; de Fràuce. u ... . ;
- Leudet (docteur), secrétaire général de la société d’hydrologie médicale de Paris.
- Piche, président de la commission météorologique des Basses-Pyrénées.
- Poincarré,- inspecteur général des ponts et chaussées et de l’hydraulique agricole, vice-présider t de la société météorologique de France, de Ranse (docteur), correspondant de l’académie de médecine, membre de la société d’hydrologie médicale de Paris. _ . .
- Renou, directeur de l’observatoire météorologique du parc de Saint-Maur, vice-président de la société météorologique de France.
- Schlemmer (docteur), secrétaire de la société d’hydrologie médicale de Paris.
- Tillot (docteur), correspondant de l’académie de . médecine, ancien président de la société d’hydrologie médicale de Paris.
- Congrès international d'hygiène.
- Par arrêté en date du 16 juillet 1888, le Ministre du f Commerce et de l’Industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1880, a nommé membre du comité d’organisation du congrès international d’hygiène :
- MM.
- Betgeron, secrétaire perpétuel de l’académie de médecine.
- Bourneville (docteur), député.
- Brouardel (Paul), membre de l’académie de médecine, doyen de la faculté de médecine. Chautemps (docteur), conseiller municipal. Champeau, membre de l’Institut, inspecteur général des écoles vétérinaires.
- Colin (Léon), membre de l’académie de médecine, président de la société de médecine publique. Cornil, membre de l’academie de médecine, sénateur, professeur à la faculté de médecine. Dubrisay (docteur), membre du comité consultatif d’hygiène.
- Dujardin-Beaumetz, membre de l’académie de médecine, membre du conseil d’hygiene de la Seine.
- Gariel, membre de l’académie de médecine, ingénieur en chef des ponts et chaussées.,
- Gavarret, membre de l’académie de médecine, membre du comité consultatif d’hygiène. Grancher, professeur à la faculté de médecine, membre du comité consultatif d’hygiène. Jacquot, inspecteur général des mines en retraite, membre du comité consultatif d’hygiène.
- Leyraud (docteur), conseiller municipal.
- Martin (A.-J.), auditeur au.comité consultatif d’hygiène, secrétaire général adjoint de la société de médecine publique.
- Mayer, conseiller municipal,
- Monod (Ch.), directeur de l’assistance publique au ministère de l’intérieur.
- Napias (docteur), auditeur au comité consultatif d’hygiène, secrétaire général de la société de médecine publique.
- Nicolas, directeur du commerce intérieur au ministère du commerce et de l’industrie.
- Peyron, directeur général de l’assistance publique.
- Pouchet (Gabriel), agrégé de la faculté de médecine, auditeur au comité consultatif d’hygiène.
- Proust, membre de l’Académie de médecine, inspecteur général des services sanitaires. Siegfried, député. -
- Strauss, conseiller municipal. _
- Rochard, membre de l’académie de médecine, ancien directeur du service de santé de la marine. Trélat (E.), architecte, professeur au. Conservatoire des arts et métiers.-
- Trélat (U,), membre de l’académie. de médecine, professeur à la faculté de médecine.
- Thévenot, trésorier de la société de médecine publique.
- Vallin, directeur du service de santé, au gouvernement militaire de Lyon.
- Vandremer, architecte, membre de l’Institut.
- Congrès international pour la protection des œuvres d’art des monuments
- Pararrêté en date du 16 juillet 1888, le Ministre du Commerce et de l’Industrie, commissaire général del’Exposition universelle de 1889, a nommé membres du comité d’organisation du congrès in-
- ternational.pour la protection des œuvres d’art et des monuments :
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- Augé dé'Lassus, publiciste. : - ; '
- Bailly, architecte, membre de l’Institut. Bœswilwald, inspecteur des* monuments historiques. • . 1 - ’
- Champeaux (de), conservateur de la bibliothèque de.l’Union centrale des arts décoratifs.. , Corroyer, inspecteur général des édifices diocésains. '. . / . .
- Courajod, cons,er.vateur-adjo.int au musée - du
- Louvre. ' ............
- Courcelle-Seneuil (de). ...
- Darcel, directeur du musée de Cluny.
- Daumet, architecte, membre de l’Institnti... Garnier (Charles), architecte, membre de l’Insti-
- ' tUt. - ; ‘
- Gonse, membre du conseil supérieur des beaux-arts.
- Guillon (Adolphe), peintre.
- Lesteyrie (de), professeur à l’école des chartes. Laurière, archéologue.
- Lenoir (Albert), membre de l’Institut, président de la société des amis des monuments parisiens. Lucas (Charles), architecte de la ville de Paris. Magne (Lucien), architecte du Gouvernement. Mareuse, secrétaire de la commission des inscriptions parisiennes.
- Mario Proth, publiciste.
- Marsy (de), président de la société française d’archéologie.
- Ménorval (de), conseiller municipal.
- Mont,aiglon (de), professeur à l’école des chartes. Müntz, conservateur des collections de l’école des beaux-arts.
- Normand (Charles), architecte diplômé, secrétaire général de la société des amis des monuments parisiens. 1
- Pallustre (Léon), archéologue.
- Rhône (Arthur), correspondant de l’institut égyptien et du comité de conservation des monuments du Caire.
- Sédille (Paul), architecte du Gouvernement, vice-président delà société des amis des monuments parisiens.
- Tranchant, conseiller d’Etat.
- Vitu, publiciste, vice-président de la société des amis des monuments parisiens.
- Yriarte, inspecteur des beaux-arts.
- Congrès international de photographie.
- Par arrêté, en date du 16 juillet 1888, le Ministre du Commerce et de l’Industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a nommé membres du comité d’organisation du congrès international de photographie :
- MM.
- Andra, trésorier de la société de photographie. Bardy, directeur des laboratoires des contributions indirectes.
- Bordet, inspecteur des finances, chargé des conférences de photographie à l’école des ponts et chaussées.
- Becquerel (E.-D.), membre de l’Institut, professeur au Muséum d’histoire naturelle et au Conservatoire des arts et métiers.
- Chardon (Alfred), membre du conseil de la société de photographie.
- Cornu (Alfred), membre de l’Institut, professeur à l’école polytechnique.
- Davanne, vice-président de la société de photographie.
- Gobert, expert à la banque ds France. Gauthier-Villars, éditeur,, aucien élève de l’école polytechnique.
- Guilleminot, ancien vice-président de la chambre syndicale de la photographie.
- Hainque de Saint-Senoch, membre* du conseil de la société de photographie.
- Henry (Paul), astronome à l’Observatoire.
- Henry (Prosper), astronome à L’Observatoire. ' Janssen, membre de l’Institut, directeur de l’observatoire d’astronomie physique de Meu-don.
- Lévy,- ex-président de la chambre'syndicale des photographes.
- Marey, membre dè l’Institut, professeur au Collège de France.
- Martin (Adolphe), membre du conseil de la société de'photographie.
- . Péligot, membre de l’Institut, président de la société française dé photographie.
- Perrot de Chaumeux, avocat,.membre du conseil de la société de photographie.
- Pector, membre du conseil de la société de photographie.
- Roger, chef du service photographique de la commission d’artillerie.
- Sebert, colonel, directeur du laboratoire central de l’artillerie de .marine.
- Vidal (Léon), president de la chambre syndicale des photographes.
- Villecholles (de), membre de la société de photo-, graphie.
- Wolff, membre de l’Institut.
- Congrès international de physiologie> -
- , Par. arrêté, en da.te. du 16 juillet 1888, le .Minist tre du Commerce et de l'Industrie, commissaire général de, l’Exposition universelle de 1889/,a nommé membres du comité d’organisation du congrès international de physiologie :
- ; MM. .. , : : . r : r ,
- Arloing, professeur à la faculté de médecine de Lyon.
- Arsonval (d’),_ membre de l’académie de médecine-, professeur suppléant au Collège de France. Balbiani, professeur au Collège de France. -Beaunis, professeur à la faculté de médecine de ' Nancy. ;''
- Berthelot, membre de l’Institut, sénateur, profe ..
- seur au Collègé de France. ' s-1
- Bouchard, membre de l’Institut, professeur, à là faculté de médecine, vice-président de la société • de biologie. .
- Brown-Séquard, membre de l’Institut, professeur au Collège de France, président de la société de biologie.
- Charrin,. secrétaire de la société de biologie. Chauveau, membre de l’Institut, inspecteur général des écoles vétérinaires, vice-président de la société de biologie.
- Cornil, membre de l’académie de médecine, sénateur, professeur à la faculté de médecine.
- Dasfre, professeur à la faculté des sciences. Duclaux, professeur à la faculté des sciences et à l’institut agronomique.
- Dumontpallier, médecin des hôpitaux, secrétaire général de la société de biologie.
- Dupuy, secrétaire de la société de biologie.
- Duval (Mathias), membre de l’académie de médecine, professeur à la faculté de médecine. François Franck, membre de l’académie de médecine, professeur suppléant au Collège de France.
- Gley, directeur de laboratoire de clinique de l’Hôtel-Dieu.
- Grimaux, agrégé de la faculté de médecine, professeur à l’école polytechnique.
- Guignard, professeur à l’école de pharmacie. Jollyet, professeur à la faculté de médecine de Bordeaux.
- Lépin.e, professeur à la faculté de médecine de Lyon.
- Marey, membre de l’Institut, professeur au Collège de France.
- Ollier, correspondant de l’Institut, professeur à la faculté de médecine de Lyon.
- Pasteur, membre de l’Institut.
- Ranvier, membre de l’académie de médecine, professeur au Collège de France. '
- Regnard, professeur à l’institut agronomique. Retters, secrétaire de la société de biologie. Richet (Charles), professeur à la faculté de médecine.
- Rouget (Charles), professeur au muséum d’histoire naturelle.
- Straus, professeur à la faculté de médecine.
- Congrès internatioûal des sciences géographiques
- Par arrêté, en date du 16 juillet 1888, le Ministre du Commerce et de l’Industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1880, a nommé membres du comité d’organisation du congrès international des sciences géographiques.
- MM.
- de Bizemont (le comte),- capitaine de frégate en retraite.
- Gauthiot, secrétaire général de la société de géographie commerciale de Paris.
- Maunoir, secrétaire général de la société de géographie .
- Congrès international de thérapeutique
- Par arrêté, en date du 16 juillet 1888, le Mi-“nistre -du Commerce et de l’Industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a nommé membres du comité d’organisation du congrès international de thérapeutique :
- MM. ‘
- Bardet (docteur), secrétaire delasociété de thérapeutique.. . .
- Blondel, secrétaire de la société de thérapeutique. Boymond, pharmacien, membre de la société de thérapeutique.
- Bucquey (docteur), membre de l’académie de nié-:
- decine, médecin des hôpitaux.
- Créquy (docteur), membre de la société de théra-. peutique.
- Delpech, pharmacien, membre de la société de . thérapeutique. -
- Dujardin-Beaumetz (docteur), membre de l’académie de médecine.
- Féréol (docteur), membre de l’académie de méde- cine, médecin des hôpitaux.
- Fernet (docteur), agrégé de la faculté de médecine, médecin des hôpitaux.
- Guéneau de Mussy (docteur), membre de l’académie de médecine.
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- Quatrième Année. — N° 192.
- LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE 1889
- Dimanche 2 Septembre i8i>8. — 1141.
- Labbé (docteur), secrétaire de la société de thérapeutique.
- Mayet, pharmacien, membre de la société de thérapeutique.
- Moutars-Martin (docteury, membre de l’Académie de médecine, médecin des hôpûaux.
- Paul (Constantin) (docteur), membre de l'académie. de médecine, secrétaire général de la société de thérapeutique.
- Petit, pharmacien, membre de la socété de thérapeutique.
- Vidal (docteur), membre de l’académie de médecine, médecin des hôpitaux.
- Vigier, pharmacien, membre Je la société de thérapeutique.
- Congrès international de zoologie
- Par arrêté en date du 16 juillet 1888, le Ministre du Commerce et de l’Industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a nommé membres du comité d’organisation du congrès international de zoologie :
- MM.
- Baïbiani, professeur au Collège de France.
- Barrois (Jules), directeur du laboratoire de Ville-franche.
- Blanchard (Emile), membre de l’Institut. Blanchard (Raphaël), agrégé de la faculté de médecine, secrétaire général de la société zoologique. Certes, inspecteur général des finances.
- Chapes, ancien élève de l’école polytechnique. Chatin (Joannès), membre de l’académie de médecine, agrégé de l’école de pharmacie.
- Cotteau, correspondant de l’Institut.
- Delage, professeur à la faculté des sciences. Denikers, bibliothécaire au muséum d’histoire naturelle.
- Felhol, maître de conférences à la faculté des sciences.
- Fisher (P.), aide-naturaliste au muséum.
- Giard, maître de conférences à l'école normale. Guerne (de), vice-président de la société zoolo-gique.
- Jullien, président delà société zoologique. Künckel d’Herculais, aide-naturaliste au muséum d’histoire naturelle.
- Lacaze-Duthiers (de), membre de l’Institut, pro-feseur à la faculté des sciences.
- Lortet, doyen de la faculté de médecine de Lyon. Marion, professeur à la faculté des sciences de Marseille.
- Mégnin, ancien président de la société zoologique. Milne Edwards, membre de l’Institut, professeur au muséum d’histoire naturelle.
- Oustalet, aide-naturaliste au muséum d'histoire naturelle.
- Perrier (E.), professeur au muséum d’histoire na' turelle.
- Pouchet (Georges), professeur au muséum d’histoire naturelle.
- Quatrefages (de), membre de l’Institut, profes-fesseur au muséum d’histoire naturelle.
- Ranvier, membre de l’académie de médecine, professeur au Collège de France.
- Sabatier, professeur à la faculté des sciences de Montpellier.
- Schlumberger, président de la société géologique de France.
- Simon (Eugène), ancien président de la société zoologique.
- Vaillant (Léon), professeur au muséum d’histoire naturelle.
- Congrès international du commerce et de l'industrie
- Par arrêté en date du 21 juillet 1888, le Ministre du Commerce et de l’Industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a nommé membres du comité d’organisation du congrès international du commerce et de l’Industrie :
- MM.
- Bernard (Martial), membre de la chambre de commerce de Paris.
- Bessand, ancien président du tribunal de commerce,
- Cheysson, ingénieur en chef des ponts et chaussées, ancien directeur du Creuzot.
- Donzel, avocat à la cour d’appel.
- Grelley, directeur à l’éccfie supérieure du commerce.
- Hay em (J.), industriel.
- Hiélard, membre de la chambre de commerce. Laussedat, directeur du Conservatoire des arts et métiers.
- Le roy-Baulieu, membre de l’Institut.
- Létra’nge, industriel, président du comité central des chambres syndicales.
- Levasseur, membre de l’Institut, professeur au Collège de France et au Conservatoire des arts et métiers.
- Marteau publiciste.
- Masson, libraire-éditeur, membre de la chambre de commerce.
- Michau, président du tribunal de commerce. Mignon, industriel, constructeur-mécanicien.
- Muzet, président de l’Union nationale des chambres syndicales de Paris.
- Noblemaire, directeur de la compagnie des chemins de fer Paris-Lyon-Méditerranée.
- Piault, président du conseil d'administration de l’école supérieure de commerce.
- Poirrier, président de la chambre de commerce.
- Prevet, député.
- Rondot (Natalis, membre de la commission pour la fixation des valeurs en douanes.
- Roy, ancien président de la chambre de commerce.
- Scheurer-Kestner, sénateur.
- Siegfried (Jacques), membre du conseil supérieur de l’enseignement technique.
- le président du tribunal de commerce de Lille.
- le président de la chambre de commerce de Bordeaux.
- le président de la chambre de commerce du Havre.
- le président de la chambre de commerce de Lyon.
- le président de la chambre de commerce de Marseille.
- le président de la chambre de commerce de Rouen.
- L’ALIMENTATION DE PARIS
- PAR LES EAUX DU LAC DE NEUCHATEL
- Dans notre numéro du 19 août dernier, nous avons parlé longuement du projet deM. G. Rit-ter qui consiste à amener à Paris une quantité d’eau considérable prise dans le lac de Neuchâtel, en Suisse. Nous disions que l’opposition que faisaient les populations de la vallée de l’Avre à l’exécution du projet de la.ville de Paris, actuellement soumis à l’approbation du Parlement, donnait plus de valeur encore au projet Ritter. Voici, à l’appui de ce dire, une preuve nouvelle des difficultés que présente l’accomplissement du projet de la ville. C’est une décision du Conseil général de l’Eure qui confirme celle prise déjà par le Conseil d’arrondissement d’Evreux. Comme on le verra, les populations de la région paraissent absolument décidées à empêcher l’exécution du projet d’adduction au profitde la ville de Paris des sourees de la Vigne et de l’Avre.
- Nous publions m-extenso le document dont s’agit :
- Le Conseil général de l’Eure vient de voter la résolution suivante, sur la question des eaux de l’Avre :
- Le conseil général émet le vœu que le gouvernement retire le projet de loi tendant à déclarer d’utilité publique la captation des sources de la Vigne et de Verneuil, qu’il a déposé sur le bureau de la Chambre des députés.
- Le Conseil général invite M. le préfet à faire toute diligence pour que d’accord avec ses collègues de l’Orne et de l’Eure-et-Loir, il provoque une réunion de conseillers généraux des cantons intéressés dans les trois départements précités, pour que, si, contre toute attente, le projet de loi était voté et les travaux d’adduction étaient commencés, une commission interdépartementale soit chargée d’étudier les travaux à faire pour conserver les eaux de l’Avre et de ses affluents qui se perdent dans les bétoires qui existent sur les divers cours d’eau et vont réapparaître à Rueil-la-Gadelière, aux’sources du Nouvet, d’Erigny, du Foisy et des Graviers, ainsi que l’ont démontré les expériences de colonisation faites dans l’Eure par M. Ferray avec le concours et sous le contrôle des agents des ponts et chaussées, et faites dans l’Eure-et-Loir par notre collègue, M. Renard, également avec le concours et sous le contrôle des agents des ponts et chaussées de ce département, et pour que le crédit de 60,000 francs, inscrit au projet de budget rectificatif au sous-chapitre 17, paragraphe 1, article 07, soit, avec les crédits qui seront certainement votés par le conseil général d’Eure-et-Loir et presque certaine, ment aussi parle département de l’Orne, affecté à la conservation des eaux de l’Avre, travail qui présentera un véritable caractère d’utilité publique.
- LA MÉDAILLE D'HONNEUR
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1889
- Sous ce titre, le Journal des Arts publie dans son numéro du 29 juin dernier les renseignements qui suivent:
- Une commission spéciale nommée par la direction des Beaux-Arts dans le courant de 1887, a été chargée d’élaborer le règlement du groupe des Beaux-Arts à l’Exposition universelle.de 1889.
- Elle se mit à l’œuvre et le Règlement élaboré par elle fut approuvé par décret du 3 février 1888 (1).
- La confection de ce règlement marcha sans difficultés sauf sur deux points qui furent, à ce moment déjà, vivement controversés et qui devaient mettre plus tard le feu aux poudres.
- Ces deux points étaient les suivants :
- ART. III. g 3. — LE NOMBRE DES OUVRAGES QUE PEUT EXPOSER CHAQUE ARTISTES EST LIMITE A DIX.
- ART. XX. § 2. — LES ARTISTES QUI ACCEPTERONT DE
- faire partie de ce jury. — le jury international chargé de décerner les récompenses. — devront se considérer comme hqrs du concours.
- Ces dispositions avaient été votées à la presque unanimité par la Commission du Règlement; cependant, elles avaient soulevé des oppositions peu nombreuses, il est vrai, mais très ardentes.
- A quelque temps de là, le Directeur des Beaux-Arts, M. Castagnary, mourut; il fut remplacé par M. Larroumet. Les opposants profitèrent de ce changement pour soumettre leurs griefs au chef de la nouvelle administration qui consentit à ce que le règlement précédemment arrêté fut soumis à une nouvelle discussion de la part de chaque section du jury d’admission délibérant séparément, d’abord ; et ensuite, de la part du jury d’ad-mjssion siégeant en assemblée plénière.
- Aussitôt dit, aussitôt fait: les sections se réunirent, chacune de son côté, en séances préparatoires, le lundi 23 courant, et, contre l’attente des opposants, la majorité de ces sections fut d’avis de maintenir les deux dispositions attaquées.
- Le lendemain, mardi 26 juin, tous les jurys d’admission se réunirent au palais de l’Industrie en assemblée générale tenue sous la présidencè de M. Meissonier.
- Sur le premier point, un vote à une faible majorité a maintenu la limitation des œuvres que chaque artiste pourra exposer au maximum de dix.
- Sur le second point, après une vive discussion, une majorité écrasante a décidé également le maintien du paragraphe incriminé: tout artiste faisant partie du jury des récompenses devra se considérer comme hors concours.
- Donc, pas de récompenses pour les membres du jury; on n’a même pas fait de réserve en ce qui concerne la Médaille d’honneur.
- Cette décision radicalement exclusive n’a pas été sans froisser quelques ambitions, très justifiées, très légitimes d’ailleurs; et il ne serait pas impossible qu’elle eut jeté du mécontentement parmi certains artistes.
- Cependant ceux d’entre eux qui ayant des titres à la médaille d’honneur ne pourront pas y concourir, n’en resteront pas moins les représentants les plus éminents de l’art français à notre époque ; et le public saura bien le reconnaître.
- Voilà une première considération qui enlève au débat beaucoup de son importance.
- Il serait donc puéril à ces artistes de regretter une récompense qui n’ajouterait absolument rien à leur gloire ; de meme qu’il a été puéril, disons-le franchement, de la part de ceux qui ont voté l’article en question, de vouloir rendre, si telle a été leur intention, comme d’aucuns le supposent, l’obtention de la Médaille d’honneur impossible à Messieurs tels et tels.
- Quoi qu’il en soit de ce bruit, peut-être sans fondement, mais dont nous nous faisons l’écho parce qu’il est venu jusqu’à nous, sans la question de personnes, — qui certes n’a pas été ouvertement soulevée, mais, qui, invisible et présente, comme certaine héroïne de tragédie, — a pesé sur les débats, l’exclusion des récompenses pour tout membre du jury n’eût sans doute pas été maintenue, du moins en ce qui touche la Médaille d’honneur.
- C’est pour un tel résultat, le maintien pur et simple du Règlement, qu’on a remis, celui-ci en discussion et qu’on a dérangé une soixantaine de personnes qui sont toutes gens de mérite et fort occupés ; était-ce bien la peine î
- Il y a néanmoins dans tout ceci une chose qui n’est point une puérilité. On rend la Médaille d’honneur inaccessible à ceux de nos artistes de premier ordre qui naturellement feront partie du jury des récompenses, soit. Mais en agissant ainsi, ne risque-t-on pas, pour pouvoir attribuer cette médaille, d’être obligé de se rabattre sur des artistes de second rang ou sur des artistes étrangers ?
- (1) Voir la texte de ce règlement dans le numéro du 7 février dernier du Journal des Arts.
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- 1142- — Quatrième Année. — N° 192.
- Supposons, par exemple, que le futur jury des récompenses soit constitué, ce qui est à peu de -chose près, très possible, comme l’a été le jury d’admission organisé par l’arrêté ministériel du 11 mars 1887.
- Dans la Peinture, MM. Bonnat, Bjouguereau, Boulanger, Jules Breton, Cabanel, Cabat, Cormon, Elie Delaunay, Français, Gérôme, Harpignies, Hébert, Henner, J.-P. Laurens, Jules Lefebvre, Lenepveu, Meissonier, Gustave Moreau, Charles Muller, Puvis de Chavannes, Robert-Fleury, et nous en oublions peut-être, ne pourront pas concourir.
- Dans la Sculpture et la Gravure en médaille, vous excluerez MM. Barrias, Bonassieux, Cave-lier, Chaplain, Chapu, Adolphe David, Degeorge, Delaplanche, Paul Dubois, Falguière, Frémiet, Eugène Guillaume, Mercié, Millet et Jules Thomas.
- Il en sera de même dans les Dessins, l’Architecture, la Gravure et la Lithographie pour MM. André, Bailly, de Baudot, Daumet, Diet, Charles 'Garnier, Ginain, Edmond Guillaume, Vaudremer, François, Henriquel-Dupont, etc., etc.
- Tous ces artistes qui, vraisemblablement, à moins qu’ils ne s’y refusent, seront membres du jury des récompenses, ne pourront donc pas concourir à la médaille d’honneur ; c’est entendu.
- Mais qui l’aura alors P
- Voilà à quoi il serait bon de réfléchir.
- Accrocher la Médaille d’honneur là où elle doit être, c’est un point sérieux, comme de ne pas risquer de la mal placer. Mais il est un autre point important aussi, c’est de ne pas s’exposer à décapiter le jury des récompenses en mettant tous les artistes qui ont chance d’obtenir cette médaille dans l’obligation de s’exclure eux-mêmes de ce jury.
- Quant au public, ce qui lui importe avant tout, à lui, c’est que l’Exposition de l’année prochaine soit splendide, quel que soit le nombre des œuvres admises par chaque artiste, quels que soient les candidats à la Médaille d’honneur, et de quelque façon que celle-ci soit accordée.
- Outre les deux questions dont nous venons de parler, la réuniou des jurys d’admission a encore formulé les vœux suivants:
- Que le jury d’admission soit aussi chargé du placement des ouvrages ;
- Que l’on puisse envoyer à l’Exposition des œuvres ayant plus de dix ans de date:
- Que le dépôt des ouvrages comporte une seule et même date, aussi bien pour les artistes reçus sur notice que pour ceux reçus après examen de leurs œuvres, mais que cette date unique.puisse varier selon la convenance de chaque section, ce qui a lieu tous les ans pour le Salon ;
- Que pour les artistes déclarés hors concours la mention en soit mise sur leurs œuvres ;
- Qu’à l’expiration du Salon annuel de 1889, le jury dudit Salon puisse faire transporter à la section des Beaux-Arts de l’Exposition universelle les œuvres qui en seront jugées dignes.
- Sur toutes ces questions, les diverses sections -du jury d’admission n’ayant pu se prononcer qu’à titre consultatif, c’est à l’administration des Beaux-Arts qu’il appartient maintenant de décider en dernier ressort. Qu’elle cherche donc les solutions les meilleures et se hâte de les faire connaître, car sa décision, qui tient en suspens de nombreux intérêts, est attendue avec impatience par le monde des artistes.
- Aug. Dalligny.
- AVIS COMMERCIAUX
- ALLEMAGNE
- , . MUSÉE COMMERCIAL DE FRANCFORT
- Le rapport annuel de la Chambre de Commerce de Francfort examine la situation du musée commercial. 6,536 personnes l’ont visité en 1887. Grâce à la coopération des Consuls dans les pays d’outre-mer, les collections se sont augmentées, et, chaque jour, encore, des échantillons de toutes sortes parviennent à l’établissement. Ces envois sont toujours accompagnés de prix-courants, de catalogues et de données précises sur l’origine, les chiffres de production et de consommation des produits, sur les tarifs, de douane, sur les usages et les droits de ports, enfin sur les quantités exportées ou importées. Ces renseignements sont tous publiés dans un recueil spécial intitulé Revue de la Chambre de Commerce et du Musée commercial.
- Le dépôt des échantillons pour l’exportation est le complément du musée commercial, et le rapport se félicite de l’extension qu’il a prise pendant l’année écoulée et des heureux résultats qui lui sont dus. Ilest, toutefois, utile de faire remarquer que ceux des membres de l’association qui avaient eu. soin de garnir leurs vitrines ont vu seuls affluer les commandes. Ce que veulent, en effet, les visiteurs, ce n’est pas tant connaître le nom des fabricants que le genre, la spécialité et la qualité'
- ur y
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE i88q.
- Dimanche 2 Septembre 1888.
- de leurs produits. Aussi le raoport insiste-t-il sur la nécessité pour les membres de l’association de déposer des collections complètes accompagnées des renseignements les plus détaillés possibles.
- Les visiteurs dont le nom et les commandes figurent sur le livre de la société appartiennent à toutes les parties du monde ; mais Londres, New-York etParis sont les villes qui en ont fourni le plus.
- Le nombre des associés était, en 1887, de 295; mais un assez grand nombre d’adhésions sont prévues pour cette année. La situation financière ayant donné un reliquat élevé, le conseiL d'admi-nistratio^ compte l’employer en partie à des annonces et à des publications dans les journaux étrangers, à des envois de catalogues et, enfin, le cas échéant, à des expéditions de collections entières d’échantillons, le commerçant étranger qui en aura demandé communication n’ayant à supporter aucuns frais de retour.
- * *
- GALATZ
- CONVENTION COMMERCIALE ENTRE LA FRANCE ET LA ROUMANIE
- La Convention commerciale entre la France et la Roumanie a été prorogée pour six mois, jusqu’au 3i décembre 1888.
- LES REPRÉSENTANTS DE COMMERCE
- D’après le règlement sur le commerce ambulant, toute fabrique, maison de commerce, etc., qui voudra faire des affaires en Roumanie, devra envoyer à son représentant une procuration en règle à cet effet, ledit pouvoir devant être revêtu du visa de la légation de Roumanie à Paris.
- *
- X X
- POSSESSIONS ESPAGNOLES D’AMERIQUE. — CUBA
- RELATIONS COMMERCIALES AVEC LA FRANCE, — CONSEILS AUX IMPORTATEURS. — EXPLOITATION DE
- MINES D’OR.
- Il est venu tout dernièrement ici, écrit le Consul de France à Santiago de Cuba, le représentant d’une grande maison de draperie de Paris, afin de voir s’il y avait moyen d’entrer en relations d’affaires, avec les marchands de cette ville. L’étonnement de ce voyageur de commerce habitué aux coutumes de l’Amérique centrale, dont les habitants sont, pourtant, de même origine, a été considérable. Il s’attendait à trouver tout le monde ici vêtu d’habillement de drap, et son impression a été que la toilette comportait beaucoup de négligé à Cuba, du moins à Santiago.
- Comment les magasins dont les propriétaires ne sont jamais sortis de Paris seraient-ils en mesure de fournir aux Cubains de ce département les étoffes qui y sont en usage, si un voyageur dans ces régions n’arrive à être renseigné qu’en venant faire lui-même une tournée sur les lieux?
- Le succès de ce représentant n’a pas été aussi complet, bien certainement, que celui de son collègue venu il y a peu de temps de la Havane ; mais il est parvenu à faire connaître sa maison sur la place, à en indiquer les prix, les conditions de payement, et prochainement des achats suivront.
- C’est donc la seule marche à suivre pour notre commerce : expédier des commis voyageurs qui parcourent cinq ou six contrées les unes après les autres, enlevant la clientèle à leurs rivaux étrangers. Les frais répartis sur plusieurs villes ne sont pas plus élevés que ceux résultant des annonces publiées dans les journaux et qui n’indiquent rien de ce que désireraient savoir les négociants de l’étranger.
- Je crois utile, ajoute notre agent, de renouveler mes recommandations au sujet de certaines marchandises expédiées sans assez de soins dans l’emballage ou de choix dans la qualité.
- Il arrive trop fréquemment que des caisses parviennent à Santiago avariées, et leur contenu se vend, dans ces cas-là, pour rien, même si l’altération est de peu d’importance.
- Ces accidents se produisent principalement dans les envois de fromages et de saucissons, articles qui se détériorent facilement lorsqu’ils sont embarqués trop tôt et que la fermentation du bord causée par la chaleur exerce ses effets sur ceux qui y prêtent.
- Je reçois, à chaque changement de saison, des prospectus avec gravures de magasins de Paris, qui veulent donner ainsi une idée des nouvelles modes.
- En province ou dans les pays limitrophes de la France, ce procédé obtient des résultats excellents ; mais à 2,000 lieues, il se produit ce fait que, si quelques personnes tentées par les modèles entrevus envoient des commandes d’articles semblables, elles parviennent aux magasins si tardivement que, bien souvent, on ne peut répondre à leurs désirs. De là, mécontentement et suppression dans les demandes.
- De petites consignations d’articles, bien choisis suivant les goûts des habitants, éviteraient ces
- ennuis qui ont plus d’influence qu’on ne le croit sur les achats.
- Et autre observation : il serait tout à fait opportun de s’arranger de façon à ce que les expéditions fussent rendues à Santiago aux époques de réjouissances, telles que les fêtes du carnaval (qui ont lieu dans cette province de la fin de juin à la fin d’août), la saison d’hiver (décembre à avril), moment où passent les compagnies théâtrales et qui sont, par suite, l’occasion de dépenses extraordinaires entraînant la vente de tous les articles nouveaux.
- Mines. — On annonce qu’un ingénieur vient de découvrir une mine d’or près de Jiguany, à côté de la rivière qui baigne cette petite ville. Un habitant des rives de ce cours d’eau avait, à de nombreuses reprises, trouvé dans son cours des parcelles d’or sans y attacher d’importance.
- On a déjà commencé à extraire des échantillons de minerai qui ont été apportés à Santiago, et l’on assure qu’ils ne laissent rien à désirer au point de vue de la qualité et du rendement.
- Il paraît qu’une autre mine d’or se trouve aussi du même côté, et un ingénieur est allé la reconnaître immédiatement.
- L’année dernière, plusieurs mines avaient été ainsi signalées dans les alentours d’Holguin, mais l’exploitation n’en a pas été mise en train.
- *
- * *
- ESPAGNE
- DOUANES. — LOI DU 6 JUILLET 1888. — REGIME DE LA GLUCOSE.
- Art. ier. — La glucose importée sous une forme quelconque dans la Péninsule et les îles adjacentes acquittera les droits de l'article 249 du tarif en vigueur (25 fr. 25 les 100 kilogrammes pour les nations ayant des traités de commerce avec l’Es-pagne).
- Art. 2. — Ces droits seront exigibles trente jours après la promulgation de la présente loi.
- *
- * *
- CHAMBRES DE COMMERCE FRANÇAISES A L’ETRANGER
- LISBONNE
- COMPOSITION DU CONSEIL ET DU BUREAU DE LA
- CHAMBRE DE COMMERCE FRANÇAISE DE PORTUGAL
- pour l’exercice 1888-1889.
- A la suite des votes émis par les assemblées générales du 8 et du 22 avril, le conseil de la Chambre se trouve composé ainsi qu’il suit pour l’exercice 1888-1889:
- Président : M. F. Combemale ;
- Membres : MM. H. André, Ch. Antoine, L. Au-dic, J.-E. Bagués, R. Cabaret, E, Cachelièvre, P. Chancerelle, L.-J. Dejante, P. Dusaux, Ch. Gar-relon, Ghilliano, J. Jourdan. H. Latourette, M. Lugan, Edm. Plantier, A. Pomarède, Riom.
- Le bureau du conseil entré en fonctions le 22 avril, à la suite des divers votes émis par le conseil, est composé de la façon suivante :
- Vice-présidents: MM. Ch. Antoine, M. Lugan; Trésorier : M. Ch. Garrelon ; Secrétaire : M. L. Audic ; Secrétaire adjoint : M. Riom.,
- traduction du tarif des douanes portugaises
- La Chambre a commencé la publication dans les noS 5 et 4 de son « Bulletin mensuel » d’une traduction du tarif des douanes portugaises. Les numéros parus de ce bulletin sont à la disposition des intéressés au Ministère du Commerce et de l’Industrie, 80, rue de Varenne. (Direction du Commerce extérieur. — Bureau des Renseignements commerciaux.)
- * X
- MONTRÉAL
- COMPOSITION DU BUREAU POUR L’EXERCICE 188S
- La Chambre de Commerce française de Montréal (Canada) vient de procéder à" la nomination des membres de son bureau pour l’exercice 1888.
- Ont été réélus: Président, M. Schwob, agent consulaire de France; Vice-Président, M. A. Girard, notable négociant en blé; Trésorier, M. E. Galibert, propriétaire d’une importante tannerie; Secrétaire, M. Fréchon, négociant en produits de Terre-Neuve et en ornements d’église; Conseillers, MM. Beullac, négociant, et J. Holbronner, rédacteur en chef du Journal Le Prix Courant.
- Le Propriétaire-Gérant : H. Pendrié.
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- Ces cartes donnent droit à l’abonné de s’arrêter à toutes les stations comprises dans le parcours indiqué sur sa carte et de prendre tous les trains comportant des voitures de la classe pour laquelle 'abonnement a été souscrit.
- Les prix sont calculés d’après la distance kilométrique parcourue.
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- Bulletin politique — Nécrologie— Bibliographie
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- Tout billet délivré à une gare située à 300 kilomètres au moins des ditesstations donne droit au
- porteur à un arrêt en cours de route, à l’aller et au retour.
- Ladurée de validité de ces billets est de 10 jours, non compris les jours de départ et d’arrivée.. Cette durée peut être prolongée de 5 jours, moyennant paiement d’un supplément de 10'°/o du prix du billet. La demande de prolongation peut être faite soit à la gare de départ, soit à la gare d’arrivée1 lorsqu’il y a lieu, soit à la gare destinataire, mais avant l'expiration de la durée de validité du billet.
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- QUATRIEME ANNÉE. Dimanche 9 Septembre 1888. NUMÉRO ig3.
- SOMMAIRE :
- 1. M. Dreher et M. de Bismarck ; 2. Adjudications; 3. Liste des architectes et des ingénieurs désignés parles Comités pour l'installation des classes ; 4. Installations diverses; 5. Les Etrangers à l’Exposition de 1889; 6. L’Exposition chevaline; 7. Echos; 8. Sport; 9. Chronique; 10. Nos gravures; 11. Revue technique des travaux : Le Palais des machines (suite et fin); 12. Jury de l’Exposition universelle de Barcelone; i3. Avis commerciaux.
- La nouvelle Administration du MONITEUR DE L’EXPOSITION a l’honneur d’informer ses abonnés que ses bureaux situés, Cité de l'Alman011, sont à proximité du Champ-de-Mars, du quai d’Orsay et de l’Esplanade des Invalides, c’est-à-dire au centre même de l’Exposition.
- Elle se met à leur disposition pour tous les renseignements dont ils pourraient avoir besoin conceriiant l’Exposition de 1889 : demandes d’emplacements, installations de vitrines, etc., etc.
- Pour ces renseignements et pour tout ce qui concerne la rédaction ou l’administration, s’adresser à M. H. PENDRIÉ, directeur et propriétaire-gérant du MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- M. DREHER & M. DE BISMARCK
- En reproduisant à cette même place, il y a huit jours, un article de l’Abeille de la Nouvelle-Orléans sur le rôle, dans le monde civilisé, de la France et de M. de Bismarck, nous ne pensions pas avoir aussitôt l’occasion de dénoncer un nouvel acte d’arbitraire, et d’anti-civilisation à la fois, du chancelier allemand.
- M. de Bismarck en veut à notre Exposition, à cette grande fête pacifique que nous célébrerons l’année prochaine, chacun le sait. Mais on n’aurait peut-être pas supposé, jusqu’à ce moment, que sa haine pût affecter la forme qu’elle vient de revêtir dans ce qu’on pourrait appeler: le cas deM. Dreher.
- M. Dreher est ce grand industriel viennois, fabricant de bières renommées à juste titre, que tout le monde connaît. M. Dreher, en raison du rang qu’il occupe dans le monde industriel, devait être un des premiers, naturellement, à vouloir occuper une place importante dans notre future Exposition. A cet effet, il fit, il y a quelque temps, une demande pour obtenir un emplacement spécial dans un des parcs du Champ-de-Mars où il se proposait d’édifier un magnifique chalet. M. de Bismarck l’apprit. Et, aussitôt, d’intervenir pour empêcher que la renommée déjà grande des bières Dreher pût s’accroître encore au détriment... des bières allemandes.
- Ah ! c’est que M. de Bismarck, en sa qualité de ministre du commerce de l’Empire d’Allemagne, veille avec un soin jaloux aux intérêts de ses compatriotes.
- Jusque-là, il est vrai, rien que de très naturel. Mais comment expliquer la condescendance des ministres autrichiens en faveur des exigences du chancelier ? Serait-elle, par hasard, une des clauses de la fameuse triple alliance? Il faut avouer, dans ce cas, que ses conséquences économiques en sont encore plus avantageuses pour l’Allemagne que ses effets militaires. Conçoit-on cette obéissance de ministres, qui sont avant tout les défenseurs attitrés des intérêts de leurs compatriotes, aux ordres d’un homme dont le rôle est de les combattre? On s’explique mal cette aberration d’un nouveau genre.
- Quoi qu’il en soit, M. Dreher, malgré sa résistance aux premières réclamations de son gouvernement, dut s’incliner et renoncer personnellement à exposer au Champ-de-Mars. Il lui fallut biaiser, heureux encore que cette combinaison lui ait été possible, et demander au nom de son principal gérant à Paris, M. Kuhn, l’admission de ses produits au Champ-de-Mars. Cette combinaison ayant été agréée par la direction de l’Exposition, M. Dreher pourra figurer dans le .grand tournoi de 1889 et il y a lieu de croire que ses produits n’en seront que plus appréciés, ne serait-ce que par le bruit qui ne manquera pas de se faire autour de cet incident.
- Nous ne voulons pas nous étendre davantage sur ce fait qui, à lui seul, est un signe caractéristique du rôle que joue M. de Bismarck en Europe, rôle qu’a dénoncé si à propos dans l’article que nous avons cité, notre excellent confrère de la Nouvelle-Orléans. Au surplus, nous savons que ce fait n’est pas isolé et que des tentatives du même genre ont eu lieu à l’adresse de plusieurs des compatriotes de M. Dreher. Mais nous y répondrons en conseillant à tous de travailler avec plus de zèle encore à l’embellissement de la grande fête de 1889. Nous dirons avec notre sympathique confrère, M. Fernand Xau qui, dans le GU Blas, s’est occupé récemment de cette affaire :
- « Ne négligeons rien pour que l’Exposition et Paris lui-même présentent aux étrangers un attrait et un intérêt tout particuliers. Ce doit être une coquetterie, chez nous, de montrer aux étrangers ce qu’est la grande cité, en dépit des convoitises, des haines et des calomnies qu’elle a déchaînées. C’est le meilleur moyen de prouver notre force et de témoigner de notre amour de la paix. Il faut qu’on puisse dire qu’en 1889 Paris est resté la capitale du monde civilisé. C’est la plus éclatante réponse que nous puissions faire à M. de Bismarck et à ses agissements. »
- H. Pendrié.
- _________—n» Q ----------
- ADJUDICATIONS
- Ministère de la Guerre
- Le vendredi 3i août ont eu lieu à l’hôtel de l’Intendance militaire, 18, rue Saint-Dominique, les deux adjudications que nous avons annoncées dans notre numéro du 19 août.
- La première : Entreprise des travaux de menuiserie à exécuter pour les constructions de l’Exposition militaire, dont la mise à prix était de 20,000 fr., a été faite en faveur de M. Legrand, ôo, rue de Flandre, qui avait offert 16 fr. 20 o/ode rabais.
- La seconde : Entreprise des travaux de peinture et vitrerie pour la même, dont la mise à prix était de 10,000 fr., a été donnée à MM. Fontanet et Morel, 99, boulevard de Grenelle, avec un rabais de 14 fr. 5o 0/0.
- *
- Y Y
- Ministère du commerce et de l’industrie
- Adjudication en trois lots des travaux de dallages en bitume à exécuter pour les palais et les jardins de VExposition de J88g au Champ-de-Mars.
- Le samedi i3 octobre 1888, à une heure de l’après-midi, il sera procédé publiquement, dans une des salles du Conseil de Préfecture (Palais du Tribunal de Commerce), par le Préfet de la Seine ou son délégué, assisté de deux membres du Conseil de Préfecture et du Directeur général des Travaux ou de son délégué, à 1’adjudication, au rabais, sur les prix de la série et par soumissions cachetées, de l’entreprise, en trois lots, des travaux de dallages en bitume à exécuter pour les Palais et les Jardins de l’Exposition de 1889, lesquels travaux sont évalués à 85,561 fr. 21, somme à valoir pour imprévus et frais d’agence compris* Le cautionnement est fixé à 1,000 francs pour chacun des lots.
- Le devis, la série, les cahiers des charges et les plans, sont déposés à la Direction générale des Travaux, dans les bâtiments du Champ-de-Mars,. à l’extrémité de l’avenue Rapp, où l’on pourra en prendre connaissance tous les jours non fériés, de une heure à quatre heures.
- Nul ne sera admis à concourir à l’adjudication s’il ne remplit les conditions imposées par le cahier des charges générales.
- - ------—^ -------------- ------—--
- LISTE DES ARCHITECTES k DES INGÉNIEURS
- Désignés par les Comités POUR L’INSTALLATION DES CLASSES
- Groupe II.
- Classes.
- 6. Trélat (G.), 9, rue du Val-de-Grâce. •
- 7. Hardy, 32, rue du Bac.
- 8. Lambert (M.), 8, rue du Havre, g. Rossigneux, 23, quai d’Anjou.
- 10. Pucey, 76, rue Monceau.
- 11. Lorain, 24, rue d’Enghien.
- 12. Lorain, 24, rue d’Enghien.
- 13. Deslignières, i3, rue Demours.
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- H44* — Quatrième Année. — N° 193.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889,
- Dimanche 9 Septembre 1888.
- 14. Petit, i5, boulevard St-Germain.
- 15. Chabat, 172, boulevard Montparnasse.
- 16. Goquerel, 38, rue de Sévigné.
- *
- * *
- Groupe III.
- Classes.
- 17. Hermant, architecte, 10, rue Legendre.
- 18. Hermant, architecte, 10, rue Legendre.
- 19. Roussi, 49, boulevard Voltaire.
- 20. Deslignières, i3, rue Demours.
- 21. Courtois-Suffit, 82, rue d’Hauteville.
- 22. Crépinet, 19, rue Auber.
- 23. Gautier, 5, rue Cambon.
- 24. Lorain, 24, rue d’Enghien.
- 25. Guerinot, 20, avenue de Messine.
- 26. Abel Ghancel, 75, rue Blanche.
- 27. Blazy, rue de Sèvres, 45.
- 28. Jourdain (Frantz), 14, rue de Clichy.
- 29. Courtois-Suffit, 82, rue d’Hauteville.
- *
- ‘ * *
- Groupe IV.
- Classes.
- 30. Jourdain (Frantz), 14, rue de Clichy.
- 31. Vionnois (Félix), 98, faub. Poissonnière.
- 32. Courtois-Suffit, 82, rue d’Hauteville.
- 33. Pascalon, 14, rue du Garet, Lyon.
- 34. Lorain, 24, rue d’Enghien.
- 35. Ulmann, 33, rue de Trévise.
- 36. Bertrand (E.), 22, rue Legendre.
- 37. Rouyre, 3i, rue Tocqueville.
- 38. Couvreux, 58, faubourg Poissonnière.
- 39. Contier (A.), q3, rue St-Jacques.
- 40. Defol, 2, rue de la Bastille.
- *
- * +
- Groupe V.
- Classes.
- 41. Escande (P.), 6, avenue du Trocadéro.
- 42. Strauss, 3o, rue Condorcet.
- 43. Chardon, (Eug.), ingénieur, 14, rue de Trévise.
- 44. Déchard (P.), 122, rue de Rennes.
- 45. Déchard (P.), 122, rue de Rennes.
- 46. Chardon (Eug.), ingénieur, 14, rue de Tré_ vise.
- 47. Pray, 1x9, boulevard St-Germain.
- *
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- Groupe VI
- Classes.
- 48. Parent (G.), 23, rue du Château-d’Eau.
- 49. Debains (Alfred), n,rue St-Pétersbourg.
- 50. Berthot, ing., 77, rue de la Voie-Verte.
- 51. Berthot, ing., 77, rue delà Voie-Verte.
- 52. Moreau (Aug.),ing., 38, r. de Châteaudun.
- 53. Béliard (G.), ing., 18, rue Choron.
- 5q. Saladin, ing., 78, boulevard Arago.
- 15. Saladin, ing., 78, boulevard Arago.
- 56. Berthot, ing., 77, rue de la Voie-Verte.
- 57. Béliard (G.), ing., 18, rue Choron.
- 58. Picard (H.-J.), 74, rue de Rome.
- 5g. Béliard (G.), ing., 18, rue Choron.
- 60. Desplechin, 14, rue de St-Pétersbourg.
- 61. Poulet, ing., 12, rue de Tournon.
- 62. Dieudonné, ing., 95, rue Perronnet, Leval-lois-Perret.
- 63. Dezermaux, 9, rue Bourdaloue.
- 64. Treiat (G.), 9, rue du Val-de-Grâce,
- 65. Vergos, ing., au Ministère de la Marine.
- 66. Walwein, 53, rue Blanche.
- —— — - 'T -iFfiiiïiSîil--
- INSTALLATIONS DIVERSES
- Exposition ouvrière internationale de 1889
- On nous communique la note suivante :
- La commission exécutive, réunie le 22 août, a décidé :
- De reculer la date de réception des devis ; que ceux émanant de sociétés non au pair de leurs cotisations seraient rigoureusement refusés.
- L’adhésion est de 3 fr. ; la cotisation supplémentaire mensuelle, de 1 fr., partant du ier mars 1888 ; celle-ci ne s’applique qu’aux syndicats exposants.
- Etant donné l’insuffisance des ressources de la commission de propagande pour faire oeuvre utile avant la rentrée du Parlement, un emprunt minimum de 10 fr. par société adhérente a été voté à l’unanimité.
- Ont spontanément souscrit :
- Chambre syndicale des tapissiers, 5o fr. ; association des tapissiers, 5o fr. ; chambre syndicale des parqueteurs, 20 fr. : union syndicale des menuisiers, union syndicale des mouleurs en plâtre français, union des mécaniciens, chambre syndicale de la céramique, chacune 10 fr.
- Dans une réunion qui a eu lieu le mercredi 5 courant, il a été discuté l’ordre du jour suivant :
- Versement et obligation du prêt ;
- Moyens de propagande.
- Nomination d’une commission des devis et*de la commission de propagande, s’il y a lieu ;
- Questions diverses.
- Le moment de notre tirage ne nous permet pas, à regret, de rendre compte des résultats de la discussion.
- Section des forêts
- Un changement à l’Exposition :
- Tout ce qui concerne les forêts avait été réparti dans les classes 16, 42, 43, 94 et 82. Il a semblé qu’on pouvait obtenir une organisation meilleure et plus rationnelle. Après entente entre la direction des forêts et le comité supérieur de l’Exposition, il a été décidé que tout ce qui dépend de ce service serait installé au Trocadéro dans un chalet pour lequel le ministre du commerce a accordé un emplacement de 3,5oo mètres.
- Les bois destinés à la construction seront pris parmi les arbres des forêts domaniales de Paris.
- Les charbonnages français à l’Exposition de 1889.
- Ils y figureront avec éclat, nous apprend l’Echo du Nord :
- « A l’extrémité de cette galerie, une large excavation formant coude, sur une longueur d’environ 3o mètres, sera occupée par une reproduction exacte d’un tronçon des égouts de Paris et d’un de leurs branchements, avec leurs conduites d’eau et de gaz, câbles et fils télégraphiques et téléphoniques, tuyaux pneumatiques, etc., et un wagonnet conduisant sur rails les visiteurs à son extrémité, où l’on pourra parvenir également par un passage adjacent.
- C’est à la sortie de ce tronçon des égouts de Paris que sera établie la grande cage de l’ascenseur destiné à conduire les visiteurs à 3oo mètres de profondeur.
- La descente effective ne sera que de quelques mètres, à la suite desquels se lèvera un rideau occupant toute une des parois de la chambre, éclairée à giorno par l’électricité, et découvrant une toile peinte représentant exactement toutes les couches de la stratification terrestre ; cette toile se déroulera automatiquement en sens inverse delà prétendue descente, c’est-à-dire de bas en haut.
- Pendant ce temps, une trépidation continuelle de la chambre de l’ascenseur entretiendra dans l’esprit des spectateurs l’illusion complète de la descente.
- Après quelques minutes consacrées à ce spectacle, qui donnera aux visiteurs l’impression de la profondeur des couches ainsi fictivement traversées, une porte latérale leur donnera accès dans la seconde galerie, consacrée aux charbonnages et aux autres industries minières des grandes profondeurs.
- Cette galerie conduit jusqu’à la sortie des carrières par un circuit de plus de 5oo mètres. Enfin des dispositions seront prises pour installer une force motrice activant des treuils, perforatrices, etc.
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- LES ÉTRANGERS A L’EXPOSITION
- DE 1889
- Angleterre.
- Notre ambassadeur à Londres, M. Wadding-ton, a dit au banquet du conseil général que si le gouvernement anglais ne s’associe’ pas officiellement à notre Exposition universelle, le J peuple anglais, par contre, s’y associe avec entrain. Ce que M. Waddington a dit des Anglais est vrai des autres peuples. Et c’est un bonheur pour l’Europe, un gage pacifique ; car j plus les nations engageront d’intérêts dans notre * Exposition, plus elles s’éloigneront des aven-t tures de guerre qui peuvent compromettre ces intérêts.
- M. Georges Berger l’a excellemment constaté dans la note qu’il a communiquée à la presse.
- Assurément M. Berger, dans sa haute situation, ne peut faire montre de patriotisme bruyant. Mais, quoique sommaires, les déclarations de M. Berger ont une grande importance.
- L’abstention des gouvernements monarchiques est donc réduite à une question de forme. Ils ne veulent pas s’associer au Centenaire de 1889, en tant que gouvenements : mais leurs peuples ne s’abstiendront pas : et l’aspect général de l’Exposition n’aura pas à en souffrir.
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- Portugal
- I
- Le gouvernement portugais, bien que ne: prenant pas part officiellement à l’Exposition universelle de 1889, vient de mettre une somme de 187,000 francs à la disposition des organisateurs d’une section portugaise.
- On mande de Lisbonne que quelques groupes d’ouvriers et d’industriels portugais étudient en ce moment les moyens de prendre part à l’Exposition de 1889.
- Ils attendent, pour se prononcer définitivement, le délégué du comité des concessionnaires du terrain de la section portugaise.
- La chambre de commerce française de Lisbonne est disposée à aider les industriels portugais qui désirent participer à l’Exposition de. Paris.
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- Serbie
- La question de la participation de la Serbie à l’Exposition de Paris préoccupe l’opinion.
- Le Beogradski Glasnik, feuille indépendante,, désirerait qu’on affectât à la Serbie un emplacement avantageux.
- On paraît disposé, dans les cercles importants, à renoncer à utiliser les préparatifs déjà faits pour organiser, à Belgrade, une Exposition nationale.
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- La Pologne russe
- Nous avons fait connaître en son temps la participation du commerce et de l’industrie russes à l’Exposition universelle de l’an prochain. Voici maintenant des nouvelles de la participation de la Pologne, d’après une dépêche de Varsovie.
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- Quatrième Année. — N° 193.
- LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE 1889
- Dimanche 9 Septembre 188S. — 1193.
- Dans la Pologne seule i5o industriels ont déjà signé leur participation à l’Exposition de 1889.
- On va constituer à Varsovie un sous-comité qui recueillera les inscriptions des industriels.
- L’EXPOSITION CHEVALINE
- Notre excellent confrère,, Y Evénement^ a publié cette semaine, sous ce titre, d’intéressantes réflexions que nous nous faisons un plaisir de reproduire :
- En 1889, l’année de toutes les attractions, doit avoir lieu une Exposition chevaline qui promet d'être excessivement brillante. Cette exposition se tiendra naturellement au Palais de l’Industrie, et déjà le conseil supérieur des harras s’est occupé de composer le programme de cette exhibition qui promet d’être parfaite, et de dépasser de beaucoup celle que Paris a eu l’occasion de voir et d’admi. rer en 1878.
- Nous tenons de source certaine que nos principaux propriétaires, ceux dont les écuries de courses sont de véritables modèles d’élevage, tiendront à honneur de participer à cette exposition. A leurs yeux, le gouvernement n’a qu’un tort : celui de ne pas instituer des expositions chevalines périodiques, et qui reviendraient à des dates plus rapprochées les unes des autres.
- Un de nos grands éleveurs, dont les écuries de course sont renommées par leurs produits et dont les couleurs sont si souvent victorieuses sur le turf, me disait hier encore : « Pourquoi donc ne choisirait-on pas, annuellement, la période de juillet à octobre, pour organiser une exposition chevaline à Paris ? Ah ! certes, les premières années, les résultats seraient médiocres ; les « Parisiens n’admettant pas qu’après le Grand Prix et le concours hippique, on puisse rester à Paris, d’autant qu’il y a les déplacements forcés en Normandie.
- Mais c’est précisément à cause de ces déplacements que nous aurions de magnifiques exhibitions de produits à une exposition chevaline de juillet à septembre. Les produits de pur sang dressés sur obstacles, qui n’ont que faire dans les réunions de Normandie, viendraient se faire examiner de près par les amateurs et, peu à peu, une exposition ainsi comprise serait admise par le Tout-Paris et arriverait à faire recette.
- Nous avons trouvé que notre interlocuteur avait raison. Une exposition chevaline annuelle à Paris a toutes chances de réussir. Les gros propriétaires normands, en elïet, qui n’ont aucun embarras pour faire venir leurs chevaux prendre part aux courses de Vincennes où le prix le plus élevé est de 2,000 fr., seront bien plus aises de les amener au Palais de l’Industrie où ils seront tranquillement installés dans leurs boxes, et d’où ils auront l’espoir de gagner des prix de 5,000 fr., sans risquer Y aléa des courses, où un accident est toujours en perspective.
- Voilà les idées que nous renvoyons à l'appréciation du conseil supérieur des Harras, qui du reste a bien fait les choses pour l’année prochaine.
- Le programme élaboré est, en effet, de beaucoup plus complet et plus important que celui de la dernière exposition qui eut lieu en 1878.
- Lors de ce dernier concours (international, comme on sait, mais où les Anglais ne viennent jamais se mesurer avec nous) une somme de 152,000 fr. fut affectée aux différentes catégories de chevaux.
- Cette fois, le programme comprend les chevaux et les juments de pur-sang anglais, arabes, anglo-arabes, de demi-sang de trait, une catégories pour les races de trotteurs, pour les ânes eux-mêmes, ainsi que pour les étalons et juments mulassières : la somme affectée aux prix est de 210,000 francs, S01t 59,000 francs de plus qu’en 1878.
- Le premier prix pour les étalons de pur-sang est de 6,000 francs, et pour les trotteurs de 5,000 fr.
- Toutefois, ces derniers devront avoir couru en public et gagné au moins 3,000 francs de prix.
- Si l’on ajoute à cela de très beaux objets d’art, dont un offert par M. le président de la République, on verra que l’exposition hippique de 1889 ne laissera rien à désirer.
- Mais si le conseil supérieur des haras veut se donner la peine d’écouter et d’apprécier les observations qui précèdent, il trouvera un moyen d’ajouter une attraction de plus à celles dont Paris jouit déjà, et une attraction qui répond absolument aux goûts de la population parisienne, si friande de tout ce qui touche aux chevaux et à l’amélioration de la race chevaline.
- L. Batton.
- ÉCHOS
- LES OUVRIERS PARISIENS EN DANEMARK
- Copenhague, 25 août.
- « La délégation des ouvriers parisiens est arrivée ici hier soir. La population lui a fait un accueil enthousiaste. »
- Nous ne pouvons voir le peuple danois accueillir ainsi nos compatriotes, sans exprimer notre vive sympathie pour cette nation, dont la situation a quelque similitude avec la nôtre.
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- LES OUVRIERS FRANÇAIS A GLASC0W
- On écrit de Glascow, 30 août:
- « Un dîner a été donné hier soir en l’honneur des quinze délégués français qui visitent l’Exposition. Le maire présidait.
- « Les délégués ont refusé de boire à la santé de la reine à cause de leur qualité de socialistes.
- « Il n’y a eu aucun autre incident. »
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- LES OUVRIERS DU NORD A L’EXPOSITION DE 1889
- M. Saisset-Schneider, préfet du Nord, a présenté un rapport au conseil général contenant une demande de crédit de 10,000 francs pour faciliter le voyage des ouvriers du département à l’Exposition universelle.
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- LES EXPOSITIONS FLOTTANTES
- L’idée des expositions flottantes revient sur l’eau.
- Il a été question, il y a un an ou deux, de ces grands bazars flottants, puis on n’en a plus entendu parler.
- Une nouvelle tentative va être faite par l’Espagne. Le gouvernement espagnol se propose de donner son appui; mais il veut que les frais de cette entreprise soient supportés par les provinces du royaume auxquelles elle doit particulièrement profiter.
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- l’exposition de troyes
- Le Petit Républicain de l’Aube nous fournit des détails sur l’Exposition vinicole et industrielle de Troyes, qui obtient un très légitime succès.
- La lumière électrique fait merveille au milieu des vitrines.
- Le concert donné dimanche dernier a été très brillant.
- Les organisateurs de l’Exposition se proposent de réunir toutes les attractions pour satisfaire les nombreux visiteurs qui se pressent dans les galeries.
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- EXPOSITION DU CENTENAIRE DE LA DÉCOUVERTE DE L’AMÉRIQUE, A WASHINGTON
- Le ministre du commerce et de l’industrie vient de recevoir avis que le rapport concernant l’Exposition internationale projetée à Washington pour 1892, à l’occasion du quatrième centenaire de la découverte du nouveau monde a été déposé à la Chambre des représentants par le président du Comité des affaires étrangères, M. Belmont.
- Il est à prévoir que la délibération portera en même temps sur un autre projet, celui d’une exposition permanente, exposition industrielle et artistique, avec une partie rétrospective pour servir à l’étude du passé, et une réunion des progrès réalisés de jour en jour dans les Etats-Unis.
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- LES COURSES DE TAUREAUX A L’EXPOSITION DE 1889
- Un imprésario portugais se propose de cons-
- truire, à Paris, un cirque destiné à des courses de taureaux pendant l’Exposition de 1889.
- Le cirque contiendrait vingt à trente mille spectateurs.
- Les courses seront faites à la mode portugaise, c’est-à-dire que les taureaux auront la pointe des cornes renfermée dans des boules de cuir. L’impresario achètera ses taureaux chez les plus importants éleveurs de bétail et engagera les principaux artistes du genre.
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- CHAMBRE SYNDICALE DES CONSTRUCTEURS DE MACHINES
- ET INSTRUMENTS D’AGRICULTURE ET d’HORTICULTURE DE FRANCE.
- Dans sa séance du 5 de ce mois, cette Chambre a discuté l’intéressante question du rabais à accorder aux exposants sur les chemins de fer français, en 1889. Nous rendrons compte de cette discussion dans notre prochain numéro.
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- CONFÉRENCES AU GRAND CONCOURS DE BRUXELLES
- Voici le programme des premières conférences sur les falsifications des denrées alimentaires qui ont été ou vont être faites à l’Exposition de Bruxelles, sous les auspices du ministère de l’intérieur et de l’instruction publique (Service de santé et d’hygiène publique) :
- Samedi 1er septembre, à 2 heures : Nécessité de mesures à prendre pour assurer la répression des falsifications des denrées alimentaires, par M. Depaire, professeur à l’université de Bruxelles, président de l’Académie de médecine, membre du conseil supérieur d’hygiène.
- Mardi 4 septembre, à 4 heures : Considérations sur les méthodes à suivre pour la recherche des falsifications des denrées alimentaires, par M. Dubois, professeur à l’université de Gand.
- Vendredi, 7 septembre, à 4 heures : Le beurre et la margarine, par M. Jorissen, de runiversité de Liège.
- Mardi 11 septembre, à 4 heures : La bière, ses maladies et ses fabrications, par M. Paul Claes, directeur du Laboratoire agricole de l’Etat, à Louvain.
- Jeudi 13 septembre, à 4 heures : La saccharine, par M. Bruylants; professeur à l’université de Louvain.
- Sont inscrits pour une seconde série de conférences, dont le programme sera publié très prochainement : MM. Blas, D’Hont, Van den Ber-ghe, Kayser, Belval Augenot, Van de Vyvere, Zune, Vfarsage, Delaunoy, de Nobele et Vital André.
- Les autres spécialistes qui auraient l’intention de faire des conférences sur les falsifications des denrées alimentaires, sont priés de s’adresser le plus tôt possible au laboratoire du ministère de l’intérieur et de l’instruction publique à l’Exposition.
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- LES OUVRIERS A L’EXPOSITION DE 1889
- A l’une des dernières séances de la Chambre, un certain nombre de députés de la Seine ont adhéré à une proposition de loi déposée par l’un d’eux, M. Mesureur, tendant à l’ouverture d’un crédit de 1,200,000 fr. pour l’organisation d’une exposition ouvrière internationale en 1889.
- Il s’agit d’après l’exposé des motifs, de fournir aux ouvriers îe moyen d’exposer sans capital et sans patron. Si cette démonstration est concluante, c’est pour les ouvriers la confiance du public conquise et le moyen de créer l’association professionnelle largement ouverte à tous. Si le résultat est médiocre, la classe ouvrière se rendra compte des progrès qui lui restent à accomplir et comprendra que ceux qui organisent, inventent et dirigent sont des facteurs nécessaires.
- Le ministre du commerce serait chargé' de régler l’emploi de la somme au mieux des intérêts ouvriers. Nul caractère d’exclusivisme ne devrait marquer cette exposition.
- La proposition de M. Mesureur est signée par douze de ses collègues de la députation de la Seine.
- Rappelons à cette occasion que le Conseil municipal est saisi d’une demande de subvention de 500,000 francs, formée par une commission dite de l’Exposition ouvrière, composée de 102 candidats et associations ouvrières.
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- EXPOSITION A ALGER
- Une Exposition industrielle, commerciale et de viticulture, établie dans des constructions métalliques sur le vaste champ de manœuvres de Mustapha, aura lieu en décembre prochain et se clôturera en février ; un appel est adressé à tous les industriels, fabricants, et viticulteurs, pour qu’ils veuillent bien y participer.
- Pour les .renseignements, s’adresser ou écrire à M. le directeur de l’Exposition, à la mairie de Mustapha, Alger.
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- 1146. — Quatrième Année. — N° 190.
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- LE QUAI D’ORSAY
- Depuis quelques jours, la partie du quai d'Orsay située entre le pont des Invalides et celui de l’Alma est complètement barrée. La circulation est maintenue seulement sur la contre-allée située à gauche des galeries de l’agriculture. Le tramway qui aboutissait au pont de l’Alma s’arrête maintenant au ministère des affaires étrangères ; il porte le nom de Bastille-invalides.
- . Il I H1 I O P '
- SPORT
- COURSES A FONTAINEBLEAU
- Dimanche 2 septembre j888
- Fontainebleau n’avait à lutter cette année, ni contre la concurrence d’Auteuil ni contre l’ouverture de la chasse.
- Aussi la première des courses plates (la vraie première) favorisée par un temps délicieux, honorée de la présence du président de la République, a-t-elle obtenu un plein succès au double point de vue sportique et mondain.
- Cette réunion, réservée presque entièrement aux chevaux de deux ans, met en présence dans chaque critérium et dans le triennal des jeunes, ou ayant déjà cueilli des lauriers à Caen, Deau-ville et Dieppe, ou inspirant confiance à leurs écuries.
- A mon sens, il n’est pas possible de tirer une conclusion des résultats de la journée, résultats qui ne permettent pas d’espérer un nouveau Stuart.
- Aucun des vainqueurs n’a triomphé en grand cheval'aucun n’a affirmé une incontestable supériorité, et, pour se former un jugement, il faut attendre d’autres réunions, peut-être même l’année prochaine.
- Crinière, qui nous arrivait avec le prestige de l’entraînement d’outre-Manche, a gagné,il est vrai le triennal, mais elle n’abattu que Ventrebleu.
- Or, le poulain de M. Edmond Blanc n’a rien de brillant à son actif.
- Il convient même d’ajouter que Ventrebleu, à la distance, s’est désuni après avoir marqué un écart.
- Energiquement secoué par Laire, Ventrebleu est revenu avec beaucoup de courage sur la pouliche de M. de Rothschild qui ne l’a emporté que d’une encolure.
- Aussi serait-il téméraire de s’emballer sur cette victoire et de considérer la gagnante comme un animal de premier ordre.
- Nous verrons beaucoup mieux, j’en suis convaincu.
- Toutes les autres épreuves ont confirmé les résultats de la campagne normande.
- Tantale, second à Dieppe, derrière May-Pole, a facilement gagné le premier critérium.
- Dans le second critérium Chopine et Modestie se sont retrouvées en tête comme à Caen. Cette fois c’est Chopine qui a gagné d’une courte tète, grâce à son courage.
- Enfin Amazon, le vainqueur du prix de Villers à Deauville, s’est adjugé le troisième critérium dans lequel Nick, grand favori du ring, n’a pas figuré, trouvant sans doute la distance trop courte.
- Les honneurs delà journée ont été pour l’écurie de Rothschild deux fois victorieuse et qui ne s’arrêtera pas en si beau chemin.
- Ce serait du reste justice, car la casaque bleue, toque jaune, vient de traverser une période de déveine aussi longue qu’imméritée.
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- DÉTAÏI.S
- Premier Critérium. 4,ooofrancs.— 1,100 mètres.
- Tantale, au prince d’Aremberg (J. Bundy), 1.
- Diamant, à M. J. Robert Hennessy (Horan), 2.
- Prophète, à M. J. Prat (G. Bartholomen), 3.
- Gagné de trois longueurs.
- Pari mutuel : Unité, 10 francs. — 22 francs.
- Prix de Bois Roussel. 10.000 francs. — 2.200 mètres.
- Le Sancy, à M. de Schiclder (Hopkins), 1.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889 Dimanche 9 Septembre 1S88.
- Avril, à M. Lupin (Storr), 2.
- Maxico, à M. Hawes (Bridgeland), 3.
- Gagné de deux longueurs et demie.
- Pari mutuel : 12 fr. 5o c.
- Deuxième Critérium. 4,000 francs. — 1.100 mètres.
- Chopine, à M. J. Prat (G. Bartholomen), 1. Modestie, à M. Ephrussi (T. Lane), 2. Christiania, à M. Lupin (Storr), 3 Gagné d’une courte tête.
- Pari mutuel : 66 francs.
- Septième prix triennal. 20.000 francs. — 1.100 mètres.
- Crinière, à M. de Rothschild (F. Barrett), 1. Ventrebleu, à M. Edmond Blanc (T. Lane), 2.-Frisco, à M. Lefèvre (Kearney), 3.
- Gagné d’une encolure.
- Pari mutuel : 35 francs.
- Prix d’Augas. 2,5oo francs. 2,200 mètres. Caraîon à M. J. Robert Hermessy (Hopkins) 1. Champagne à M. Michel Ephrussi (Kearney) 2. Gagné d’une longueur.
- Pari mutuel : n fr. 5o.-
- Troisième critérium.. 4,000 francs. 1,100 mètres. Amazon à M. de Rothschild (F. Barrett), 1 Gevraise à M. Michel Ephrussi (Kearney), 2j Nick à M. de Soubeyran (Bridgeland), 3.
- COURSES AU BOIS DE BOULOGNE Dimanche g septembre 1888
- PRONOSTICS
- Prix de Passy : Patient..
- Prix Jouvence : Upas.
- Prix de Chantilly : Waverley.
- Prix de Villiers : Bec-Hellouin.
- Prix de Versailles : Polyeucte.
- Prix de Bellevue : Belinda.
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- COURSES A VENIR
- Dimanche 9 septembre: Longchamp s.
- Lundi 10 — Vincennes.
- Mardi 11 — Saini-Ouen.
- Jeudi i3 — Saint-Ouen,
- Vendredi 14 — Colombes.
- Samedi 1 5 — Saint-Germain.
- Robinson
- CHRONIQUE
- La destruction des oiseaux
- Le Courrier du Centre et, après lui, divers journaux de la même région ont publié récemment, sur cette question d’intérêt primordial, une étude curieuse autant que savante due à la plume d’un honorable négociant de Limoges. Nous avons pensé que les lecteurs du Moniteur la liraient avec plaisir, car cette étude renferme d’utiles enseignements :
- La chasse, a dit Nestor Roqueplan, est une succession de tueries.
- Ce sont de beaux faisans, atteints dans le déploiement de leurs brillantes ailes; des perdrix mutilées et roulant leurs jolis petits yeux mourants ; des lapins coupés en deux au milieu de leurs gamineries ; des lièvres foudroyés au moment où ils s’acculent et se tendent comme des arcs-boutants de cathédrale, des chevreuils percés au flanc et gémissant avec de jeunes voix humaines.
- Qui a pitié de toutes ces belles bêtes tuées en pleine vie ? Personne, peut-être. L’infortunée Marie-Antoinette écrivait de Gompiègne, le 26 août 1772, à sa sœur Marie-Christine : i> Monsieur le dauphin se porte très bien, il a chassé beaucoup, et j’ai assisté à des massacres affreux dans la cour du château, à la lueur des flambeaux. On me rirait au nez si je disais touthaut que ces plaisirs sont d’indignes cruautés. Les chiens acharnés m’ont fait penser àce morceau de Jésabel que vous déclamez si bien. »
- Quelle éloquente émotion dans cette page écrite par Lamartine sur l’agonie d’un chevreuil, sa dernière victime !
- « Je n’avais jamais réfléchi encore à ce brutal plaisir de l’homme, qui se fait de la mort un amusement et qui prive de la vie, sans nécessité, sans pitié et sans droit, des animaux qui auraient sur lui le même droit de chasse et de mort, s’ils étaient aussi insensibles, aussi armés et aussi féroces dans leurs plaisirs que lui...
- « Le coup partit : le chevreuil tomba, l’épaule cassée par la balle, bondissant en vain dans sa douleur sur l’herbe rougie de son sang.
- « Quand la fumée du coup fut dissipée, je m’approchai en pâlissant et en frémissant de mon crime.
- « Le pauvre animal n’était pas mort : il me regardait, la tête couchée sur l’herbe, avec des yeux où nageaient des larmes. Je ne l’oublierai jamais, ce regard, auquel l’étonnement, la douleur, la mort inattendue semblaient donner des profondeurs humaines de sentiment, aussi intelligibles que des paroles... Je le comprenais, et je m’accusais, comme s’il avait parlé avec la voix. Achève-moi, semblait-il me dire..., par la plainte de ses yeux et les inutiles frémissements de ses membres. J’aurais voulu le guérir à tout prix; mais je repris mon fusil, par pitié cette fois, et, en détournant la tête, je terminai son agonie du second coup.
- « Je rejetai alors mon fusil loin de moi, et cette fois, je l’avoue, je pleurai... je renonçai pour jamais à ce brutal plaisir de meurtre, à ce despotisme cruel du chasseur qui enlève, sans nécessité..., l’existence à des êtres auxquels il ne peut la rendre. »
- Aujourd’hui que la destruction des petits oiseaux a pris les proportions d’un immense désastre public, il est bon de rappeler l’histoire du grand Frédéric et des moineaux qui guignaient ses cerises; il les proscrivit. Mais, au bout de deux ans, il n’y eut plus de cerises, il n’y eut presque point d’autres fruits ; les chenilles avaient tout dévoré.
- Frédéric s’estima heureux de signer la paix en capitulant avec les exilés.
- Combien d’épidémies terribles et d’épizooties n’ont pas d’autres causes que la pullulation des insectes et des animalcules?
- Les dommages causés à nos cultures ne s’élèvent pas à moins de 3oo millions de francs, année moyenne ; ils augmentent dans une région à mesure que décroît le nombre des oiseaux insectivores.
- Et alors pourquoi dénicher les couvées, tourmenter, prendre ou tuer ces précieux serviteurs ? Pourquoi leur rendre le mal en retour du bien qu’ils nous font ?
- Les uns sont habiles à les saisir sur les feuilles et les fleurs; d’autres les extraient des sillons, de l’écorce ou perforent le bois pour les en retirer.
- Doués d’un grand appétit, ils absorbent des myriades de chenilles et de leurs œufs, de larves, de papillons, de mouches, de cousins, de pucerons, de sauterelles, de scarabées, de vers, d’escargots, etc. Leur digestion est si rapide qu’ils peuvent dévorer journellement une quantité d’insectes égale au poids de leur corps. Une seule mésange consomme plus de trois cent mille œufs de papillons dans le cours d’une année ; il ne lui faut pas moins de quarante-cinq mille insectespour élever une de ses couvées et elle en fait deux, souvent trois par an.
- D’autres oiseaux font la guerre aux souris, aux mulets, à la vipère ; d’autres font l’office d’épurateurs et font disparaître des corps morts, dont la putréfaction serait si funeste.
- Tous sont pour l’homme, à divers titres, de précieux auxiliaires, des alliés fidèles.
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- Ce serait donc une sage résolution que prendraient les conseils généraux, de s’adresser an Gouvernement pour obtenir qu’on mette un terme à la destruction insensée des oiseaux.
- Si la répression légale a pour effet de contenir les mauvaises natures et de contribuer à former l’opinion publique, l’éducation est un moyen pre-
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- Quatrième Année. — N° 193.
- ventif beaucoup plus puissant. Ce mode d’action est lent, mais ses effets sont infaillibles.
- C’est donc avec raison que nous avons toujours considéré les instituteurs comme nos meilleures auxiliaires. Si les doctrines protectrices ont pénétré dans nos campagnes, si elles y ont contribué à l’adoucissement des mœurs, c’est aux instituteurs .que nous en reportons tout l’honneur. On peut comparer l’enseignement de la protection, tel qu’il se donne dans nos écoles, à ces pluies douces qui tombent lentement, mais dont l’action continue fertilise mieux le sol que les pluies d’averse.
- Les idées de justice et de compassion dont les enfants sont ainsi pénétrés dès le jeune âge produiront une riche moisson Je bonnes pensées et de bonnes actions. La semence que vous aurez mise dans leur jesprit n’y germera qu’à la longue, mais enfin elle y germera et à son heure, parce que la religion du cœur prescrit de protéger tout ce qui .est sensible, de respecter tout être à qui Dieu a donné la vie.
- Le compatissant docteur Franklin dit un jour à une mouche énorme qui l’avait tourmenté cruellement tout le temps du dîner, et qu’après des tentatives infinies il avait attrapée au vol : « Je ne te ferai pas de mal. Je ne t’arracherai pas un cheveu de la tête. » Enfin, ouvrant la main pour la laisser échapper : « Va, dit-il, pauvre drôlesse, va-t’en; pourquoi te ferais-je du mal? Le monde -est, ma foi, bien assez grand pour nous contenir tous deux. »
- Dans tous les pays du Nord, Noël est la plus grande fête de l’année. — On pense à ceux qui souffrent. Les animaux domestiques sont appelés à prendre part à la réjouissance. Dans leurs étables, soigneusement appropriées et pourvues d’une fraîche litière, ils reçoivent une nourriture .chérie et plus abondante que de coutume.
- On n’oublie pas les petits oiseaux, privés d’asile, qui ont tant de peine à trouver leur nourriture sur le sol couvert de neige. — Le jour de Noël, les paysans suédois et norwégiens jettent sur le toit de leurs maisons quelques gerbes d’orge et d’avoine.
- Le pauvre journalier qui n’a pas de récoltes entassées dans une grange n’est pas moins hospitalier : il demande au maître qui l’occupe une gerbe non battue, et la suspend au dehors de sa cabane, afin que les petits oiseaux viennent y prendre leur repas, et y trouvent un abri contre Jes rigueurs de la saison.
- Chez ce peuple humain et doux, la charité du jour de Noël, qui est passée en coutume, devrait nous servir d’exemple.
- Quelques poignées de grains données aux protecteurs de nos moissons seraient un placement à gros intérêts.
- Le bon cœur, l’humanité et la justice font souvent partie essentiellement de la bonne économie politique.
- G. Sapin.
- NOS GRAVURES
- Nous donnons aujourd’hui, en même temps qu’une cinquième gravure concernant le palais des Machines, les portraits des principaux ingénieurs qui en ont conçu le plan ou surveillé l’exécution : MM. Dutert, Contamin, Charton et Pierron. Nous aurions voulu aussi publier les portraits des ingénieurs de la société de Fives-Lille ou des établissements Cail qui ont si savamment contribué à la bonne exécution de l’œuvre. Le manque de documents nous en a empêchés, à notre grand regret, mais ce n'est, sans doute, que partie remise.
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- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1S89.
- REVUE TECHNIQUE
- DES TRAVAUX DE L’EXPOSITION
- Le Palais des Machines (1).
- {Suite et fin.)
- Ainsi qu’il a été dit, précédemment, la surface d’assise des pieds de ferme est excessivement restreinte, mais ce qui à l’examen provoque le plus l’étonnement c’est que cette surface n’est pas plane. L’ingénieur a voulu que chacune des fermes, dont le poids unitaire est de I80.000 kilog. pût avoir la faculté d’osciller en trois points de son ensemble. Ces trois points sont assignés aux deux assises et à la partie extrême du faîtage où se raccordent les deux arbalétriers. Il a voulu, précaution qui peut paraître poussée à l’extrême, que ces longs assemblages, tout en métal, pussent à l’aise se mouvoir sous l’influence des dilatations causées par des températures différentes.
- A cet effet, il a été donné à la partie supérieure des crapaudines-supports, la forme d’un demi-tourillon cylindrique sur lequel la partie correspondante inférieure du pied de ferme, également cylindrique, mais concave, vient régulièrement s’emboîter. C’est un pivotement sur tourillon à axe horizontal.
- Les surfaces de portée des fermes étant maintenant correctement établies, nous allons essayer d’expliquer les procédés à l’aide desquels chacun des deux entrepreneurs a pratique la mise en place, le montage, en un mot, de cette colossale édification.
- Quoique les moyens employés par l’une et par l’autre administration soient essentiellement différents, nous devons dire que le problème a été résolu avec le même bonheur.
- Nous commencerons par le mode de faire adopté par les ateliers de Fives-Lille.
- M. Lantrac, ingénieur de cette société, à qui fut confiée l’étude des installations provisoires de charpente en bois, des appareils métalliques pour le levage et l’enlevage, de tout ce qui constitue, en un mot, l’outillage nécessaire à la mise en place, aux raccordements, à l’assemblage de toutes les parties de cette ossature, envisagea la question de la façon la plus large et la plus grandiose. Il décida de supprimer la multitude des manœuvrages partiels jusqu’alors, on avait eu recours dans les cas analogues pour amener séparément à leur place, et les y fixer, les nombreux éléments, de poids relativement faibles, composant l’ensemble. Il crut, avec raison, pouvoir supprimer la plus grande partie du travail dans l’espace, et réduisit l’opération au lavage des deux pieds de la ferme, et à l’en-lavage de ses deux arbalétriers. Ces deux pieds et ces deux arbalétriers furent donc parachevés complètement à pied d’œuvre, pour être, conformément aux dispositions du projet, réunis entre eux par les moyens ci-après indiqués.
- Il est aisé de comprendre que le manœuvrage de ces lourds éléments exige des échafaudages répondant à l’importance du travail. Aussi, ce volumineux amas de bois énormes joints entre eux, présente-t-il aux regards une masse véritablement imposante.
- Ces échafaudages sont au nombre de trois. Ils sont mobiles, et à cet effet, montés sur galets ou roues en fonte, àgencés de façon à permettre la translation sur un plan de rails solidement établis. Celui qui fonctionne à la partie centrale est un pylône dont l’extrémité supérieure atteint
- (1) Voir les numéros des 26 août et 2 septembre.
- Dimanche 9 Septembre 1888. 1147.
- le sommet de la ferme. Il n’a qu’un seul mouvement de translation dans le sens de l’axe longitudinal de l’édifice. Les deux autres sont établis le long de chacune des faces latérales. Ils n’occupent qu’une partie de la largeur du monument; mais ils possèdent la faculté de se mouvoir alternativement dans le sens de la longueur et dans le sens de la largeur du champ de travail.
- C’est sur ces trois gigantesques estacades que sont fixées les grues, moufles, etc., auxquelles est attribuée la grande tâche, c’est-à-dire la mise en place des quatre éléments préparés.
- ; Pour chacun des deux pieds de ferme, l’opération est un levage. Les cordages des treuils sont fixés à leur extrémité supérieure, et la traction d’amenage s’effectue, ainsi qu’on le comprendra facilement, pendant le quart de révolution nécessaire pour le pilier quittant la position horizontale, acquière la position verticale, c’est-à-dire celle qui, définitivement, lui est assignée. »
- En raison de cette particularité de la construction qui fait que les pieds des fermes s’amincissent notablement par le bas, on a dû adapter à l’angle où l’amincissement prend naissance un tourillon provisoire sur lequel s’opère une première rotation, jusqu’à ce que la partie concave qui doit emboîter la crapaudine support, soit mise en contact avec cette dernière. A cet instant, la fonction du tourillon provisoire cesse, et celle du tourillon de la crapaudine commence. C’est sur ce dernier que se produit l’achèvement de la rotation qui a lieu quand l’axe du pied de ferme atteint la position verticale. Notons en passant que l’opération du levage des deux pieds d’une même ferme est simultané. Retenus et fixés à leur place régulière entre les charpentes de l’échafaudage, ces pieds attendent que les arbalétriers leur soient superposés (1).
- L’opération pour ces arbalétriers n’est plus un levage, mais un enlevage, et de plus, chose remarquable, cet enlevage se fait aussi simultanément. Ainsi, les grues et moufles installées aux faîtes du pylône central et des estacades latérales, élèvent en même temps ces deux pièces qui, ensemble, représentent un poids de 90,000 kilogrammes.
- Pour en arriver à leur point de raccordement avec les pieds, ainsi qu’à leur jonction dans la ligne du faîtage, il faut admettre que la hauteur moyenne d’ascension est de 40 mètres. 90,000 kilogrammes élevés à la hauteur de 40 mètres ! Quelle hardie conception ! Quel sang-froid dans la mise en œuvre ! Quelle exécution audacieuse ! Quelle confiance, pleine et entière, dans la valeur des moyens préconçus ! Quel merveilleux résultat !
- Il est inutile de dire que quand ces deux éléments sont arrivés au niveau de leur placement, l’organisation des engins qui les ont enlevés et auxquels ils sont suspendus, est telle qu’on peut, à volonté, leur imprimer un mouvement quelconque, en avant, en arrière, latéralement ou suivant la verticale. On arrive ainsi facilement à faire correspondre les trous de raccordement avec les pieds, ainsi que l’unique emboîtement du tourillon de faîtage, ainsi que le montre notre gravure. Et quand cette incomparable manœuvre est terminée, on peut considérer la ferme comme édifiée.
- Pour ce qui est du travail d’accouplemenf des fermes entre elles, de la confection des travées, aucune partie de cette œuvre ne présente de particularité remarquable, si ce n’est la manipulation à de grandes hauteurs de pièces de grandes dimensions et formant, par conséquent, des masses relativement considérables.
- (1) Voir pour plus de clarté les gravures publiées dans'le n* précédent.
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- '.148* — Quatrième Année. — N° iç)3
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1SS9.
- Dimanche 9 Septembre i8S8-,
- Une panne de la toiture pèse environ 7.000 kilog: Nous donnons cela comme exemple.
- Le mode d’opération adopté par les établissement Cail ne constitue pas un fait en dehors de la pratique jusqu’alors -suivie en matière de travaux métalliques. Néanmoins, la haute importance de l’œuvre les a obligés de construire aussi des échafaudages d’un aspect majestueux.
- Sept pylônes reliés entre eux forment une seule masse roulante dont la partie supérieure supporte un plancher qui comme profil correspond à la forme de la toiture de l’édifice. C’est
- sur ce plancher qu’est le champ du travail de la ferme. On y assemble les éléments les uns après les autres, après avoir préalablement opéré de lamême façon pour les piliers. Aprèsl’achèvement d’une ferme et de sa travée cet énorme pont se déplace successivement pour la continuation du travail.
- En tenant compte des dates auxquelles chacun des deux émules a commencé la mise en œuvre, l’appréciateur, après avoir constaté qu’un résultat parfait a été également atteint, peut, à l’aide I d’une évaluation approximative, reconnaître
- que pour l’une ou l’autre des deux sociétés la: dépense a dû être sensiblement la même; mais, on doit faire remarquer qu’élever à la hauteur moyenne de 40 mètres des masses de 45,000 kilogrammes, est une tâche extraordinaire, grandiose, et que Fives-Lille l’a heureusement accomplie. C’est un coup d’audace dont cette usine peut avec raison revendiquer la gloire, car il constitue une action d’éclat dont nul n’avait encore été témoin.
- Nous rendons hommage à M. Lantrac qui l’a conçu, et à M. Balme le chef des travaux qui l’a
- LA GALERIE DES MACHINES (assemblage du sommet d’une ferme)
- exécuté.Nous rendons également hommage aux savants ingénieurs des établissements Cail, ainsi qu’à tout leur-personnel exécutant.
- Nous avons terminé la description sommaire ayant trait à la grande œuvre du palais des machines. Obligé de nous mouvoir avec difficulté, en raison des conditions peu favorables que nous nous étions imposées puisqu’aucun tracé ou figure géométrique ne nous a servi d’appui, (1) nous souhaitons vivement de n’avoir. laissé, dans l’esprit du lecteur que des lacunes sans
- (1) Ces gravures que nous avons publiées ne sont pas, en effet, des dessins de mesures. (N. D. L. R4
- importance. Pour celui qui, du reste, voudra approfondir la question dans ses détails plus intimes, les- revues scientifiques spéciales pourront lui donner ample satisfaction.
- A l’heure présente, pour tout le monde, le monument est achevé. Dans quelques mois, les appareils les plus ingénieux, les plus splendides machines, produits de l’industrie du monde entier, viendront s’abriter sous sa coupole et s’offrir à l’admiration des visiteurs. En attendant cette date vers laquelle aspirent tant d’esprits curieux, vers laquelle se portent tant d’imaginations ardentes, nous affirmons à l’a-
- vance que quelle que soit la splendeur de ces bijoux de la mécanique, quel que soit l’éclat resplendissant de ces créations du génie, il n’était pas possible de leur offrir un plus merveilleux écrin, _ Harty,
- Ingénieur civil.
- P. S. Nous éprouverons un réel plaisir, si de la part de quelques-uns de nos lecteurs nous obtenons l’assurance que les explications que nous avons données dans ce numéro et dans les précédents concernant le palais des machines, leur ont donné satisfaction. H.
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- Quatrième Année. - N° i93. LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE 1SS9. Dimanche 9 Septembre 18S8. , ,49
- M. CHARTON M. PI K R RO.N
- INGÉNIEUR EN CHEF ADJOINT DU CONTROLE DLS CONSTRUCTIONS MÉTALLIQUES INGÉNIEUR DU CONTROLE DES CONSTRUCTIONS MÉTALLIQUES
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- ii5o. — Quatrième Année. — N° ig3.
- LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE :8Sg.
- Dimanche 9 Septembre 1888.
- JURY
- DE L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE BARCELONE
- Le ministre du commerce et de l’industrie, Arrête :
- Sont nommés membres du jury des récompenses •de l’Exposition universelle de Barcelone :
- GROUPE I
- ♦
- jre ET 2e Sections
- M. le docteur Sauvage (Emile), directeur de la station nationale agricole et piscicole de Boulogne-sur-Mer. (Titulaire.)
- M. Pillois (Gaston), banquier, ancien juge au Tribunal de commerce de la Seine. (Suppléant.)
- GROUPE II ire Section
- M. Germain (Thomas), juge au Tribunal de •commerce de la Seine, président de là Chambre syndicale de l’épicerie en gros, secrétaire des Comités d’admission et d’installation de l’Exposition universelle de 1889. (Titulaire.)
- M. Pelletier (Auguste), directeur de la Compagnie française des chocolats et thés, à Paris, membre de la Chambre de commerce française de Londres. (Titulaire.)
- 2e Section
- M. Allcard, fabricant de conserves alimentaires à Paris (Titulaire).
- M. Pelpel (Eugène), distillateur, président honoraire de la Chambre syndicale des distillateurs, membres des comités d’admission, d’installation et du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878 et du jury des récompenses à l’Exposition d’Anvers en 1885, membre des Comités d’admission de l’Exposition de 1889 (Titulaire.
- M. Guy (Louis), distillateur, président de la chambre syndicale des distillateurs, membre des Comités d’admission de l’Exposition universelle de 1889 (Titulaire).
- M. Schouteeten (R.), distillateur à Lille (Titulaire).
- M. Allain (Alfred), négociant en vins, président honoraire de la Chambre syndicale du commerce en gros des vins et spiritueux du département de la Seine, membre des Comités d’admission et du jury des récompenses de l’Exposition de Paris en 1878 et du jury des récompenses à l’exposition d’Amsterdam en i883, secrétaire des comités d’admission et d’installation de l’Exposition universelle de 1889 (Titulaire).
- M. Guiraud, négociant en vins à Bordeaux, président de la Chambre syndicale du commerce en gros des vins et spiritueux de la Gironde, membre de la Commission extraparlementaire pour la libre circulation des liquides. (Titulaire).
- M. Velten, administrateur des brasseries de la Méditerranée, membre du jury des récompenses à l’Exposition d’Amsterdam en 1883, membre des Comités d’admission de l’Exposition universelle •de 1889. (Titulaire.)
- M. Ledoux (Charles), négociant en cafés, juge au Tribunal de commerce de la Seine, membre du jury des récompenses à l’Exposition d’Anvers en 1885, rapporteur des Comités d’admission de l’Exposition universelle de 1889. (Titulaire).
- M. Moricelly aîné (J.), minotier à Marseille, membre du jury des récompenses à l’Exposition d’Anvers en 1885. (Titulaire.)
- M. Chapu (A.), ancien négociant, membre des Comités d’admission, d’installation et du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878 et du jury des récompenses à l’Exposition d’Anvers •en 1885, membre des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889. (Titulaire.) _
- M. E. Cusenier, distillateur à Paris. (Titulaire).
- M. Coulon (Ch ), négociant, juge au Tribunal de commerce du Havre, membre de la Commission consultative de la section coloniale de l’Exposition universelle de 1889. (Suppléant).
- M. Durban (H.), distillateur à Toulouse. (Suppléant.)
- M. Brudenne, distillateur à Ivry-sur-Seine. (Suppléant.)
- M. Marnier-Lapostole, distillateur à Neauphle-le-Château (Seine-et-Oise). (Suppléant.)
- M. Premier fils, distillateur à Romans (Drôme), (Suppléant)
- M. Astier (Maxime) négociant à Paris, membre de la Chambre syndicale des vins. (Suppléant).
- M. Bignon (Louis, Bis), viticulteur.(Suppléant).
- M. Pécastaing (J.), négociant en vins à Saint-Vincent et à Madrid. (Suppléant).
- M. Chalut-Voiry, négociant à Tours. (Suppléant).
- M. Rolland, négociant à Paris, membre de la Chambre syndicale des vins. (Suppléant).
- M. Foucher (Paul, fabricant de fécules et glucoses, membre du Jury des récompenses à l’Exposition internationale de Liverpool, à Saint-Denis (Seine). (Suppléant).
- M. Coumes, fabricant de chicorée à Bayon (Meurthe-et-Moselle). (Suppléant).
- M. Foulon (Georges), fabricant de fruits confits à Paris'. (Suppléant).
- M. Boyer, fabricant de conserves alimentaires à Gignac (Hérault). (Suppléant.)
- M. Brusson jeune, fabricantde pâtes alimentaires à Villemur (Haute-Garonne). (Suppléant.)
- M. Goulas (Alexandre), meunier à May-en-Mul-tien, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Liverpool en 1886. (Suppléant.)
- GROUPE III
- Ire SECTION
- M. Gautreau (Ch.), constructeur de machines agricoles, président de la Chambre syndicale des instruments d’agriculture et d’horticulture, membre des Comités d’admission de l’Exposition universelle de 1889 (Titulaire).
- M. Boulet (J.), ingénieur-mécanicien, vice-président de la Chambre syndicale des mécaniciens, chaudronniers et fondeurs de Paris, membre des Comités d’admission de l’Exposition universelle de 1889 (Titulaire).
- M. Paupier, constructeur d’instruments de pesage, président de la Chambre syndicale des poids et mesures, membre de la Société des agriculteurs de France et de la Société des ingénieurs civils (Titulaire).
- M. Noël Bretagne, rédacteur au Journal officiel, membre des Comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889 (Suppléant).
- M. Delaire, publiciste, secrétaire général de la Société d’agriculture d’Orléans. (Suppléant.)
- < GROUPE IV
- 2e Section
- M. Domange-Scellos, fabricant de courroies de transmission, membre des Comités d’admission de l’Exposition universelle de 1889. (Titulaire.)
- M. Narcy (Philippe), ancien élève de l’Ecole polytechnique et de l’Ecole des mines. (Suppléant.)
- 3e Section
- M. Boutmy (Charles), ingénieur civil, maître de forges, membre du jury des récompenses à l’Exposition d’Amsterdam en iS83. (Titulaire.)
- M. Gautier (Alexandre), maître de forges à Persan (Seine-et-Oise), président de la Société des anciens élèves des écoles d’arts et métiers. (Titulaire.)
- lvi. Manhés (Pierre), ingénieur métallurgiste, à Lyon. (Titulaire.)
- M. Pierquin (Léon), directeur du Comptoir des Ardennes, à Charleville. (Suppléant.)
- M. Létang (Th.), mouliste-mécanicien, à Paris, membre du jury des récompenses à l’Exposition d’Amsterdam en 1883. (Suppléant.)
- GROUPE V ire et 2e Sections
- M. Ortolan, mécanicien en chef de la marine, en retraite, membre du jury des récompenses à l’Exposition d’Anvers en 1885. (Titulaire.)
- M. Leroy-Dupré, banquier à Paris. (Suppléant.)
- M. Durand, ingénieur, directeur de la raffinerie coloniale de Badalona. (Suppléant).
- GROUPE VI
- ire Section
- M. Robert (Auguste), manufacturier à Sedan, membre du jury à l’Exposition d’Amsterdam en 1883, membre du comité d’installation en 1878, secrétaire de la Chambre de commerce de Sedan. (Titulaire.)
- M. Blazy (Léon), président de la Chanbre syndicale du commerce des laines, membre du Comité d’admission et d’installation de l’Exposition universelle de 1889. (Titulaire.)
- M. Lemariey, négocianten tissus soieries à Paris. (Suppléant.)
- M. Legrand (Charles), manufacturier à Paris, de la maison Legrand frères. (Suppléant.)
- 2e Section
- M. Carmichaël (Robert), manufacturier, filateur et tisseur de sacs de toiles, membre des Comités d’admission de l’Exposition universelle de 1809. (Titulaire.)
- M. Le Coustellier (J.), manufacturier, membre de la Chambre de commerce d’Abbeville, membre du jury des récompenses de l’Exposition d’Anvers en 1885. (Titulaire.)
- M. Duboul (Alfred), manufacturier à Marseille. (Suppléant.)
- 3e Section
- M. Levallois, fabricant de lainages et de nouveautés, président de la Chambre syndicale des tissus et nouveautés, adjoint au maire du 2e arrondissement de Paris, membre des Comités d’admission de l’Exposition universelle de 1889. (Titulaire).
- M. Blondet (Louis), négociant, manufacturier à Paris, secrétaire de la Chambre syndicale des tissus et nouveautés (Suppléant).
- GROUPE VII
- Section unique
- M. Davoust, fabricant de toiles cirées, membre du Jury des récompensess aux expositions d’Amsterdam en 1883 et d’Anvers en 1885, président des Comités d’admission et d’installation à l’Exposition universelle de 1889. (Titulaire).
- M. Clavé-Bertrand, tanneur à Coulommiers (Seine-et-Marne), membre du Jury des récompenses aux expositions d’Amsterdam en 1883 et d’Anvers en 1885, membre du Comité d’Admission à l’Exposition universelle de 1889. (Titulaire).
- M. Samson (Charles), négociant à Paris, juge au Tribunal de commerce de la Seine, vice-président des Comités d’admission et d’installation de l’Exposition universelle de 1889. (Titulaire).
- M. Denant (Achille), négociant en cuir vernis, membre des Comités d’admission de l’Exposition universelle de 1889. (Suppléant).
- M. Solanet (Gustave), tanneur à Millau (Aveyron). (Suppléant).
- M. Bruel, négociant à Souillac (Lot). (Suppléant).
- M. Caen (Gaston), de la maison Masurel et Caen, manufacturiers à Croix. (Nord). Suppléant).
- GROUPE VIII
- Section unique
- M. Bessand, ancien président du Tribunal de commerce de la Seine, membre de la commission permanente des valeurs en douane, membre du Jury des récompenses à l’Exposition universelle de Paris en 1878 et de l’Exposition d’Anvers en 1885. (Titulaire).
- M. Dehesdin (Emile) , fabricant de lingerie, membre des Comités d’admission et d’installation de l’Exposition universelle de 1878 et de 1889. (Titulaire).
- M. Dupont (Emile), fabricant de brosserie fine, membre du Jury des récompenses à l’Exposition d’Anvers en 1885, président des Comités d’admission et d’installation de l’Exposition universelle de 1889. (Titulaire).
- M. Amson (Georges), fabricant d’articles de Paris, rapporteur des Comités d’admission et d’installation de l’Exposition universelle de 1889. (Titulaire).
- M. Vigneron, directeur de la Compagnie française de machines à coudre, à Paris. (Suppléant).
- M. Warée (A.), négociant, manufacturier à Paris. Médaille d’or àl’Exposition universelle de 1878. (Suppléant).
- M. Tharel (Albert), fabricant de cols-cravates à Paris. (Suppléant).
- M. Leloir (Albert), manufacturier à Paris, exper-près la Chambre de commerce de Paris, secrétaire de la Chambre syndicale de la brosserie. (Suppléant.)
- GROUPE IX ire Section
- M. Sudrot, entrepreneur de travaux publics, ant cien juge au Tribunal de commerce de la Seine, vice-président de la Chambre syndicale des entrepreneurs, membre du Jury des récompenses à l’Exposition d’Anvers en i885, membre des Comités d’installation de l’Exposition universelle de 1889. (Titulaire).
- M. E. Baudet, ingénieur-constructeur, président de la Chambre syndicale des constructeurs métallurgistes de France, membre des Comités d’admission et d’installation en 1878 et en 1889. (Titulaire).
- M. Famchon (Edmond), administrateur-directeur de la Société des Ciments français et des Portland de Boulogne-sur-Mer et de Desvres, membre des comités d’admission de l’Exposition universelle de 1889. (Titulaire.)
- M. Bon, architecte à Paris, membre de l’Union centrale des architectes de France. (Suppléant).
- M. Coignet (Edmond), ingénieur civil, expert près le Conseil de préfecture de la Seine, membre-descomités d’admission de l’Exposition universelle de 1880. (Suppléant).
- M. Dezermaux (Gaston), architecte de l’administration de l’assistance publique à Paris. (Suppléant).
- 2e et 3e Sections
- M. Ouachée (Ch.-E.), entrepreneur de traveaux publics, ancien président de section au tribunal de commerce de la Seine, président de la Chambre sydicale des marchands carriers, membre des comités d’administration à l’Exposition de Parisien 1878, et du jury des récompenses à l’Exposition d’Amsterdam en 1883, et d’Anvers 1885, membre des comités d’admission de l’Exposition universelle de 1889. (Titulaire).
- M. Dervillé, marbrier, juge au Tribunal de commerce de la Seine, membre des comités d’admission de l’Exposition universelle de 1889. (Titulaire).
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- Quatrième Année. — N° 193.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE >1889.
- GROUPE X ire Section
- M- Geneste (Eugène), ingénieur civil, constructeur, membre des comités d’admission à l’Exposition de Paris en 1878, et du jury des récompenses aux expositions d’Amsterdam en 188S, et d’Anvers en 185, vice-président des comités d’admission et d’installation de l’Exposition universelle de 1889. (Titulaire).
- M. Gœeizer (Achille), fabricant de bronzes d’éclairage à Paris. (Titulaire).
- M. Boileau (A.), manufacturier à Paris. Sup^ pléant'.
- 2e Section
- m. Leys, tapissier décorateur, vice-président des comités d’admission et d’installation de l’Exposition universelle de 1889. ( Titulaire.)
- M. Follot (Félix), fabricant de papiers peints, membre du jury des récompenses aux expositions d’Amsterdam en r883 et d’Anvers en 1885, rapporteur des comités d’admission et d’installation de l’Exposition universelle de 1889. (Titulaire.)
- M. Legriel, tapissier décorateur, secrétaire rapporteur des comités d’admission et d’installation de l’Exposition universelle de 1889. (Titulaire).
- M. Damon (A.), fabricant de meubles à Paris, ancienne maison Krieger. (Titulaire.)
- M. Verrebout (Auguste), fabricant d’ornements d’église, membre des comités d’admission et d’installation de l’Exposition universelle de 1889. (Suppléant) .
- M. Soubrier (Louis), fabricant de meubles, ancien juge au Tribunal de commerce, membre du jury des pécompenses aux expositions d’Amsterdam en 1883, et d’Anvers en i8S5, membre des comités d’admission de l’Exposition universelle de 1889. (Suppléant.).
- M. Hollande, négociant en bois à Paris. (Suppléant.)
- M. Quignon, fabricant d’ébénisterie à Paris. (Suppléant.)
- M. Poure (Georges), de la maison Blanzy-Poure etCie, fabricant de plumes métalliques à Boulogne-sur-Mer. (Suppléant.)
- GROUPE XI ire Section
- M. Hottot (Louis), éditeur de sculpture d’art, membre des comités d’admission de l’Exposition universelle de 1889. (Titulaire.)
- MvThiébaut (Iules), fabricant de bronzes d’art et d’ameublement à Paris, rapporteur des comités d’admission et d’installation de l’Exposition universelle de 1889 (Titulaire.)
- M. Bertrand (Achille), ancien fabricant de bronzes d’art à Paris, membre du jury des récompenses de l’Exposition internationale de Liverpool. (Suppléant.)
- M. Coutelier (Edmond), fabricant d’ornements en zinc estampé, membre des comités d’admission de l’Exposition universelle de 1889. (Suppléant.)
- 2e Section
- M Sandoz (Gustave), fabricant d’horlogerie et de bijouterie à Paris, président honoraire du Syndicat du Palais-Royal, secrétaire de la Chambre syndicale de l’Horlogerie, président du Comité français d’initiative de l’Exposition universelle de Barcelone (Titulaire).*
- M. Bouilhet (H.), ingénieur, vice-président de l’Union centrale des arts décoratifs, membre des comités d’admission et d’installation des Expositions universelles de 1878 et 1889 (Titulaire).
- M. Labié, bijoutier en doublé, membre des comités d’admission et d’installation de l’Exposition universelle de 1889 (Suj pléant).
- M. Hubert, ancien directeur des ateliers Froment-Meurice, médaille d’or à l’Exposition universelle de 1878 (Suppléant).
- M. Després, fabricant de bijouterie, membre du Comité d’installation de l’Exposition universelle de 1889 (Suppléant).
- M. Chenailler (Henri), membre du Comité d’admission à l’Exposition universelle de 1889 (Suppléant).
- 3e Section
- M. Thierry (Gustave), négociant en porcelaine, président de la Chambre syndicale de la céramique et de la verrerie, membre de la commission permanente des valeurs en douane, membre du Jury des récompenses aux expositions d’Amsterdam en 1883 et d’Anvers en 1885, membre du comité d’admission de l’Exposition universelle de 1889. (Titulaire.)
- M. Soyer (Paul), peintre émailleur, vice-président de la Chambre syndicale de la céramique, membre du Comité d’admission de l’Exposition universelle de 1889. (Suppléant.)
- M. Vidie (James), fabricant de verrerie à Pantin (Seine), (Suppléant.)
- GROUPE XII
- Section unique
- M. Rau (Louis), administrateur de la Compagnie continentale Edison (Titulaire.)
- M. Casalonga (Charles), ingénieur des arts et manufactures. (Suppléant.)
- GROUPE XIII irc Section.
- M. le docteur Hardy (Ernest), chef des travaux chimiques de l’Académie de médecine, membre du Jury des récompenses à l’Exposition d’Anvers en 1885, membre des comités d’admission de l’Exposition universelle de 1889. (Titulaire.)
- M. Boude (Paul), raftineur de soufres à Marseille, membre du Jury des récompenses à l’exposition d’Amsterdam en 1883. (Titulaire.)
- M. Perré (Auguste), manufacturier, président du Tribunal de commerce et membre delà Chambre de commerce d’Elbeuf. (Titulaire.)
- M. Asselin, ingénieur des arts et manufactures, fabricant de produits chimiques à Saint-Denis (Seine). (Suppléant.)
- M. de Bonnart (A. G.), ingénieur des arts et manufactures, directeur-gérant de la maison Coignet frères à Saint-Denis (Seine). (Suppléant.)
- M. Chalmel (Gustave), fabricant de vernis à Paris. (Suppléant.)
- M. Michaud (Ernest), manufacturier à Auber-villiers (Seine). (Suppléant.)
- GROUPE XIV ira Section
- M. le docteur Bremond (Félix), secrétaire général de la Société d’hygiène de l’enfance, médecin du ministère de l’agriculture. (Titulaire.)
- M. Féret (A.), manufacturier à Paris. (Suppléant.)
- 2e Section
- M. Julien, fabricant de tabletterie et jeux de cartonnage président de la Chambre syndicale.de la bimbeloterie, membre des Comités d’admission de l’Exposition universelle de 1889. (Titulaire).
- 3e Section
- M. Guerlain (Aimé), fabricant de parfumerie à Paris, ancien vice-président de la Chambre syndicale'des parfumeurs, membre des Comités d’admission, d’installation et du Jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878, et du Jury des récompenses à l’Exposition d’Anvers.en i8S5, président des Comités d’admission et d’installation de l’Exposition universelle de 1889 (Titulaire).
- M. Roure-Bertrand, négociant à Grasse (Alpes-Maritimes), matières premières pour la parfumerie) Suppléant).
- GROUPE XV ire Section
- M. Wickham (G.), président de la Chambre syndicale des instruments et appareils de l’art médical, membre du Comité d’admission de l’Exposition univrselle de 1889 (Titulaire).
- M. le docteur Monin (E.), membre des Comités d’admission de l’Exposition universelle de 1889 (Suppléant).
- 2e Section
- M. Denoix, pharmacien de ire classe, président de la Société de pharmacie, vice-président de l’association générale des pharmaciens de Franee, membre des comités d’admission de l’Exposition universelle de 1889 (Titulaire).
- M. Chassaing (Eugène), pharmacien de ira classe à Paris, membre du Jury des récompenses à l’Exposition de Liverpôol en 188t5. (Titulaire).
- M. le docteur Labarthe, à Paris. (Suppléant.)
- M. Portes, pharmacien en chef de l’hôpital de Lourcine, à Paris. (Suppléant.)
- GROUPE XVI
- Section unique.
- M. Gastinne-Renette, arquebusier, président de la Chambre syndicale de l’industrie et du commerce des armes, munitions et articles de chasse, membre des comités d’admission et d’installation àl’Exposition de Paris en 1878, membre des Comités d’admission et d’installation de l’Exposition universelle de 1889. (Titulaire.)
- M. Debertrand (Henri), delà maison Lochet et Debertrand, fabricant de colliers et articles de chasse, membre des comités d’admission et d’installation de l’Exposition universelle de 1889 (Titulaire.)
- M. Rieger (Henri), arquebusier, membre des Comité d’admission et d’installation de l’Exposition universelle de 1889. (Suppléant.)
- M. Dufossé (Max), publiciste à Paris. (Suppléant.)
- GROUPE XVII
- M. Morel-Thibaut, constructeur de voitures et
- Dimanche 9 Septembre 188S. — 11 51.
- wagons, juge au Tribunal de commerce de la Seine, membre du comité d’admission à l’Exposition universelle de 1889. (Titulaire.)
- M.Mühlbacher, carrossier à Paris, ancien vice-président de la Chambre syndicale de la carrosserie. (Titulaire.)
- M. Camille (Alph.), fabricant de sellerie à Paris, rap.porteur des Comités d’admission de l’Exposition universelle de 1889. (Titulaire.)
- M. Moussard, carrossier à Paris. (Suppléant.)
- GROUPE XVIII ire Section
- M. Wolff, ancien fabricant de papiers, membre du Jury des récompenses à l’Exposition d’Anvers en 1883, membre des comités d’admission de l’Exposition universelle de 1889. (Titulaire.) •
- M. Ducret, président de la Chambre syndicale des industries diverses, membre de la Commission consultative de la section coloniale de l’Exposition universelle de 1889. (Suppléant).
- M. Bardou (Joseph), manufacturier à Perpignan. (Suppléant.)
- 2e Section
- M. Pichot, imprimeur-éditeur, membre du jury des récompenses aux expositions d’Amsterdam en i883, et d’Anvers en iS85. (Titulaire)
- M. Lahure (Alexis), imprimeur-éditeur, membre des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889. (Suppléant).
- GROUPE XIX
- M. Aron (Henri), ancien banquier, adjoint au maire du 2e arrondissement, délégué par les écoles municipales de Paris et membre des jurys d’examen. (Titulaire).
- M. Sandoz (Roger), secrétaire du Comité français d’initiative de l'Exposition de Barcelone. (Suppléant).
- M. de Brévans, délégué de l’Ecole des hautes études commerciales. (Suppléant).
- GROUPE XX ire et 2e Sections
- M. Boivin (Arsène), ingénieur électricien, président de la Chambre syndicale des entrepreneurs et constructeurs électriciens. (Titulaire))
- M. Lévy (Georges), photographe, président de la Chambre syndicale delà photographie, membre du jury des récompenses à l’Exposition d’Anvers en 1885, vice-président des Comités d’admission et d’installation de l’Exposition universelle de 1889. (Suppléant).
- GROUPE XXIII . ire et 4e Sections
- M. Gand, luthier du Conservatoire national de musique et de déclamation et du théâtre national l’Opéra, membre des Comités d’admission et d’installation à l’Exposition de Paris en 1878, et du jury des récompenses aux expositions d’Amterdam en i883, et d’Anvers en 1885, vice-président des comités d’admission et d’installation de l’Exposition universelle de 1889. (Titulaire).
- M. Blondel, directeur de la maison Erard, facteur de pianos, secrétaire des comités d’admission de l’Exposition universelle de 1889'. (Titulaire).
- M. Gaveau, facteur de pianos, membre des comités d’installation à l’Exposition de Paris en 1878, membre des comités d’admission de l’Exposition universelle de 1889. (Suppléant).
- M. Casalonga (D.-A.), ingénieur civil, membre de la Société d’encouragement pour l’industrie nationale, de la Société des ingénieurs civils, de la Société internationale des électriciens. (Suppléant).
- 2e et 3e Sections (Beaux-Arts)
- M. W. Bouguereaa, artiste peintre, membre de l’Institut, président de l’Association des artistes peintres, sculpteurs, graveurs et architectes, vice-président de la Société des artistes français (H.C.) (Titulaire).
- M. Busson, artiste peintre, membre du Comité de la Société des artistes français ; vice-président du jury. (H. C.) (Titulaire).
- M. Georges de Dramàrd, artiste peintre, président de la Société française des amis des arts. (Titulaire).
- M. Jules Lefebvre, artiste peintre, membre du Comité de la Société des artistes français. (H. C.) (Titulaire).
- M. J.-L. Pascal, architecte en chef de la Bibliothèque nationale, professeur à l’Ecole des beaux-arts. (Titulaire).
- M. Laguillermie, artiste peintre et graveur, membre du Comité de la Société des artistes français. (H. C.) (Suppléant).
- M. Lenoir (Alfred), artiste sculpteur. (H. C.) (Suppléant).
- Fait à Paris, le 22 août 1888.
- Pierre Legrand.
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- ii52. — Quatrième Année. — N° ig3.
- LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 9 Septembre 1888.
- AVIS COMMERCIAUX
- INFORMATIONS ET RENSEIGNEMENTS
- POSSESSIONS ANGLAISES D’AFRIQUE. — SIERRA-LÉONE
- ENVOIS D’ÉCHANTILLONS DE TISSUS
- Le Vice-Consul de France à Sierra-Leone vient d’adresser une collection d’échantillons de tissus (cotonnades) qui sont d’une consommation courante dans la région de sa résidence.
- Ces échantillons, accompagnés des indications nécessaires de prix, mesures, etc., seront tenus jusqu’au i5 août à la disposition des industriels et négociants français, au Ministère du Commerce et de l’Industrie, 80, rue de Varenne (Direction du Commerce. — Bureau des Renseignements commerciaux.)
- Passé cette date, ils seront successivement communiqués aux Chambres de commerce, aux Chambres consultatives des Arts et Manufactures et aux Musées commerciaux qui demanderont à en prendre connaissance.
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- MUSÉES COMMERCIAUX
- PORTUGAL
- MUSÉE ROYAL, INDUSTRIEL ET COMMERCIAL DE PORTO
- Nous avons publié, dans les nos 262 du Moniteur officiel du Commerce et 221 des Avis commerciaux, une information empruntée au Recueil consulaire belge et relative au Musée commercial de Porto, ouvert, comme l’on sait, aux produits français.
- Nous recevons aujourd’hui, d’une source autorisée, les renseignements complémentaires sui-. vants : Le Musée royal, commercial et industriel de Porto a reçu un grand nombre de collections, principalement de Belgique, d’Allemagne et d’Autriche-Hongrie. Ce dernier pays a envoyé à Porto 11,000 tubes d’échantillons, en" 96 caisses.
- Le Musée de Porto reçoit une affluence moyenne de 4,000 visiteurs par mois.
- Les échantillons exposés sont décrits dans le catalogue du Musée; leur arrivée est annoncée dans les journaux de Porto.
- Les industriels français qui seraient disposés à exposer leurs produits n’auraient aucun frais d’emplacement, de douane ni de garde à supporter, et ils peuvent s’affranchir de toute formalité en dirigeant leurs envois à l’adresse de M. Paul Dreyfus, délégué officiel du Musée industriel et commercial de Porto, pour la France et ses colonies, 24, boulevard Poissonnière, à Paris, chargé de recevoir, de grouper et de faire parvenir les échantillons à destination, et de fournir tous renseignements à cet égard, également à titre gratuit.
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- ADJUDICATIONS
- BELGIQUE
- PORT D’ANVERS. — TRAVAUX D’EXHAUSSEMENT DU HANGAR « LA PLATA » (i).
- Il sera procédé, le vendredi 10 août prochain, à midi, en l’Hôtel de Ville, par soumissions cachetées, à l’adjudication publique des entreprises suivantes :
- i° Reconstruction du magasin de La Plata à l’entrepôt royal, évaluée à 68,950 francs ; cautionnement 3,5oo francs.
- 20 Construction de deux hangars, en fer, au quai Est du bassin Rattendijk, évaluée à 92,900 fr., cautionnement 4,5oo francs.
- (Communication du Consul général de France à Anvers).
- LÉGISLATION COMMERCIALE FRANÇAISE
- Le Moniteur officiel du commerce, du 9 août, contient la loi sur le régime des sucres et la prorogation de l’arrangement commercial entre la France et la Roumanie.
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- LÉGISLATION COMMERCIALE ÉTRANGÈRE
- ESPAGNE. — TURQUIE
- La même publication donne, dans le numéro indiqué ci-dessus, la loi du 26 juin 1888, relative au régime des alcools en Espagne, et un avis in-
- (1) On peut consulter le cahier des charges au Ministère du Commerce et de l’Industrie, 80, rue de Varenne. (Direction du commerce extérieur. — Bureau des renseignements commerciaux.)
- formant que le Gouvernement ottoman vient de lever l’interdiction qui frappait l’exportation des céréales des ports du vilayet de Brousse.
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- ¥ *
- INFORMATIONS ET RENSEIGNEMENTS
- SERBIE
- INDUSTRIE ET COMMERCE DES MÉTAUX
- Le Ministre de la République à Belgrade vient d’adresser au Ministre du Commerce et de l’Industrie un rapport sur l’industrie et le commerce des métaux en Serbie. ’
- Après avoir passé en revue les divers articles de cette branche industrielle, il termine son travail par les considérations générales suivantes :
- . Telle est, dans ses traits essentiels, l’importation des métaux et ouvrages métalliques en Serbie. On connaît suffisamment les causes qui nous rendent la lutte difficile pour les fers bruts et pour les articles à bas prix. Mais il n’en est pas de même pour les machines, armes et objets travaillés. Nous pourrons, à cet égard, faire aussi bien et.mieux que les autres. D’autre part, il est certain que l’importation des machines, et particulièrement des machines agricoles, est appelée à prendre, avec le temps, un grand essort Sans doute, il faut compter avec des préjugés séculaires. Il y a trois ans, des Français qui ont essayé de promener de village en village et d’exploiter une machine à battre ont complètement échoué. Mais, d’autre part, j’ai rencontré dans la partie la plus pauvre et la plus reculée de la Serbie des vases d’origine anglaise. Cela prouve que le paysan serbe est moins inaccessible qu’on ne croit à toute espèce de progrès. Il faut seulement les introduire peu à peu, en lui laissant le temps nécessaire pour les comprendre.
- Avant de faire accepter ici des locomobiles, nos industriels pourront y introduire des charrues, des herses et en général tout le matériel agricole.
- Enfin, la machine à coudre est bien entrée dans les mœurs, et partout le revolver à bon marché, qu’on trouve dans les bazars des plus petites villes, remplace l’ancien pistolet albanais à ciselure élégante.
- Ce sont là des transformations dont certainement le commerce français peut faire son profit.
- * *
- POSSESSIONS ESPAGNOLES D’AMÉRIQUE
- RELATIONS COMMERCIALES DE CUBA AVEC LA FRANCE.
- CONSEILS AUX IMPORTATEURS
- Le Consul de France à Santiago de Cuba donne à nos négociants les conseils suivants :
- Je finissais mon rapport sur l’année 1886 en conseillant à nos commerçants de remplacer les réclames prospectus par des procédés plus vivants, autrement dit par de bons représentants de leurs intérêts. Voici un exemple concluant à l’appui de cette assertion :
- Il y a deux ans, s’est installée à la Havane une maison de dépôt française qui se chargeait de placer les produits des magasins en gros, de notre pays. Aujourd’hui elle représente 47 négociants français, et elle est rapidement parvenue à vendre leurs articles non seulement dans la capitale de l'ile, mais dans les provinces avoisinantes.
- Son système est bien simple : un grand nombre d’échantillons lui sont confiés, vins, comestibles, drogueries, verreries, faïences, etc., par chaque négociant représenté.
- Les avantages en sont exposés par des commis qui emportent avec eux ces spécimens et catalogues chromo-lithogravures très soignés. Ils prennent les commandes qui sont envoyées en France par l’entremise de la maison.
- La remise accordée pour la commission au dépôt de la Havane est de 10 p. 0/0 sur chaque facture ; c’est donc une diminution de i5 p. 0/0 sur la prime de 25 p. 0/0 donnée aux commissionnaires ordinaires. Cette combinaison permet d’opérer une réduction de 15 p. 0/0 sur les prix exigés des acheteurs.
- Jusqu’ici les résultats obtenus ont été excellents dans le nord de l’île : aussi, tout dernièrement, un des employés de la maison est venu à Santiago avec des échantillons de toutes sortes. Malgré les circonstances pénibles que traverse cette ville, il a réussi à enlever un chiffre respectable de commandes; je citerai, entre autres, celle de 6,000 piastres delà cristallerie d’objets de Baccarat.
- Ces articles n’avaient, du reste, qu’à se montrer pour écraser par leur élégance les objets du même genre vendus à Santiago.
- Que. notre commerce suive cette voie, et je lui garantis en peu de temps l’introduction à Cuba d'une collection de ses produits, rendus plus abordables par cet expédient, à la place de tous les articles fort laids encore plus chers dont se débarrassent l’Allemagne, l’Angleterre, etc.
- Il étendra ainsi le cercle de ses opérations en
- communiquant un peu du goût français aux Cubains que les Américains et les Allemands maintiennent par trop dans l’amour de la camelote bigarrée. Puis, les risques sont presque nuis; car les renseignements pris par le dépôt sur le plus ou moins de solidité des magasins servent de bases pour les livraisons de marchandises.
- Je ne puis mieux terminer ce rapportqu’en conseillant à tous nos commerçants de suivre les traces des maisons françaises représentées par le dépôt de la Havane et, en particulier, de la Compagnie de Baccarat, qui a fabriqué une série de services convenant à cette exportation spéciale.
- Etudier les costumes dechaque peuple et approprier les expéditions à ses besoins, tel doit être le but des efforts constants de notre industrie et de notre commerce.
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- MAROC
- PRINCIPAUX ARTICLES D’IMPORTATION FRANÇAISE
- Le Consul de Belgique à Tanger signale la reprise des affaires du Maroc avec la France.
- Le commerce français s’est remis l’année dernière de l’échec qu’il avait eu, en 1885, par suite des quarantaines imposées aux provenances françaises lors de l’apparition du choléra dans le midi de la France. Nous constatons une majoration de 3,476,900 francs, soit 2,339,5oi francs à l’importation et 1,137,400 francs à l’exportation.
- Les articles sur lesquels les industriels français ont.repris leur prépondérance sont les suivants
- 1885 1886 augmen-
- tation
- Bougies stéariques ............ io5.o5o 3ii.o5o 206.000
- Drap ...... 110.750 282.100 171.350
- Faïence et porcelaine . ... 51.525 97.550 40.025
- Mousselines et tissus de coton ...... 372.450 571.800 199.350
- Soieries....... . 66.65o 357.5oo 292.850
- Sucre en pains. 2.594.650 3.641.775 1.047.125
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- ESPAGNE
- Travaux du port de Bilbao. — Le Consul de ( Belgique à Bilbao annonce que le Gouvernement espagnol a approuvé le projet des travaux pour l’amélioration du port de Bilbao.
- Ces travaux seront très considérables, il s’agit de rendre possibles, en tout temps, l’entrée et la sortie des vapeurs, qui doivent passer la barre située entre les deux points Las Arenas et Portu-galette, pour remonter le canal jusqu’à Bilbao. Ce passage est très rétréci et, par ce fait, très dangereux à franchir lorsque, par suite de la violence du ressac, la mer est un peu houleuse.
- Le coût des travaux est évalué de 2 5 à 3o millions de francs; ils devront être achevés dans un délai de dix années.
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- EXPOSITIONS
- EXPOSITION INTERNATIONALE DE L’iNDUSTRIE LAITIÈRE A AOSTE.
- Le dernier délai pour la présentation des demandes d’admission à l’Exposition internationale d’ustensiles, machines e t ingrédients propres à l’industrie laitière, qui doit avoir lieu à Aoste (Italie) au mois de septembre prochain, vient d’être prorogé jusqu’au i5 août courant.
- Contrairement aux dispositions de l’article 9 du règlement relatif à cette exposition, qui a été abrogé, les fabricants étrangers ne seront pas obligés de se faire représenter à ce concours par des maisons italiennes.
- Les intéressés .sont informés de nouveau qu’ils peuvent se procurer des formules de demandes d’admissions au Ministère du Commerce et de l’Industrie. (Direction du personnel et de l’enseignement technique. — Bureau du personnel et du secrétariat, rue de Varenne, n° 80.)
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- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 18S9
- Dimanche 9 Septembre ; 888-
- Quatrième Année. — N° 193.
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- La Compagnie de l’Ouest, d'accord avec celle d’Orléans et l’Administration des chemins de fer de l’Etat, délivrera jusqu’au 31 octobre prochain des billets d’excursion de lre, 2a et 3e classe, soit individuels, soit collectifs, avec itinéraire établi au gré des voyageurs et valables sur les lignes des trois réseaux.
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- La durée de validité des billets est fixée à 30 jours pour les parcours inférieurs à 1,500 kilomètres; 45 jours pour les parcours de 1,500 à 3,000 kilomètres, et 60 jours pour les parcours supérieurs à 3,000 kilomètres. Cette durée peut être prolongée d’une, deux ou trois périodes de 10 jours, moyennant payement, pour chaque période, d’un supplément égal à 10 0[0 du prix primitif des billets.
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- L’EXPOSITION DE 1889
- Rédaction et Administration : //, cité de VAlma (Avenue Bosquet— Avenue Rapp).
- QUATRIEME ANNÉE. Dimanche 16 Septembre 1888. NUMÉRO 194.
- SOMMAIRE :
- 1. Les travaux du Champ-de-Mars; 2. Adjudications ; 3. Installations diverses; 4. Les Colonies à l’Exposition de 1889 ; 5. Les Etrangers à l’Exposition de 1889; 6. Echos; 7. Sport; 8. Le Palais des Beaux-Aris ; 9. Jury du Grand Concours de Bruxelles; 10. Avis commerciaux; 11. L’Art ancien à l'Exposition de Bruxelles; 12. Le Bon Marché. — Gravure: Le Palais des Beaux-Arts, galerie de l'Est.
- La nouvelle Administration du MONITEUR DE L’EXPOSITION a l’honneur d’informer ses abonnés que ses bureaux situés, Cité de l’Alman0 11, sont à proximité du Champ-de-Mars, du quai d’Orsay et de l'Esplanade des Invalides, c’est-à-dire au centre même de l’Exposition.
- Elle se met à leur disposition pour tous les renseignements dont ils pourraient avoir besoin concernant l’Exposition de 1889 : demandes d’emplacements, installations de vitrines, etc., etc.
- Pour ces renseignements et pour tout ce qui concerne la rédaction ou l’administration, s’adresser à M. H. PENDRIÉ, directeur et propriétaire-gérant du MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- LES
- TRAVAUX DU CHAMP-DE-MARS
- Six semaines se sont écoulées déjà depuis notre dernière revue des travaux du Champ-de-Mars (i). Aussi, que de changements nous avons à constater !
- La tour Eiffel qui atteignait à peine à ce moment iio mètres de hauteur, projette aujourd’hui les armatures de ses quatre piliers jusqu’à 140 mètres. Pendant quelques semaines, il est vrai, on a pu croire à un ralentissement des travaux, nous le constations encore dans notre article spécial du 19 août; mais, ainsi que nous le faisions observer alors, c’est que le travail d’assemblage et de consolidation de la deuxième plate-forme a été considérable. Qu’on songe que de ce point la tour s’élance définitivement jusqu’à son sommet, 180 mètres au-dessus sans autre travail de renforcement que la réunion des quatre piliers entre eux à la hauteur de 175 mètres environ au-dessus du sol, 60 au-dessus de la deuxième plate-forme.
- Déjà, un montant sur quatre de chacun des piliers, celui intérieur, est supprimé, le rapprochement des quatre colonnes devant se faire rapidement. Pour la même raison, deux grues seulement sur les quatre qui ont fonctionné jusqu’à ce jour, vont continuer leur ascension. Mais les grues restantes au lieu d’élever les ma.
- (1) Voir notr; numéro du 29 juillel.
- tériaux nécessaires, de la première plate-forme au sommet, ‘ les prendront désormais sur la seconde plate-forme où elles seront amenées de la première au moyen d’un treuil à vapeur qu’on installe dans ce moment, pareil à celui existant au premier étage de la tour.
- Le briquetage du plancher de la seconde plate-forme, confié aux soins de M. Perrière aîné, va être exécuté rapidement. On pense qu’il sera terminé vers la fin du mois. Les privilégiés, amateurs d’ascension, pourront alors, de cette hauteur vertigineuse, contempler un 'magnifique panorama. Que l’atmosphère leur soit légère. -
- Si, de la tour Eiffel, nous nous dirigeons vers des rivages moins alpestres, nous voyons à droite et à gauche, à ses pieds même ou non loin de sa colossale membrure, des chalets et pavillons en construction ou dont on prépare les emplacements. A droite, au sud, dans la direction du Palais des Arts libéraux, s’élève déjà l’ossature principale d’un important pavillon. A, gauche c’est, d’abord, tout à côté , du pilier i de la tour, les. fondations qui émergent d’un bâtiment destiné à une exposition de l’industrie du gaz. Puis au-delà, en se rapprochant du quai, l’emplacement destiné à l’exposition de la brasserie Dreher (malgré M. de Bismarck) est -déjà fouillé à la profondeur voulue. Cet emplacement, d’une superficie de r,5oo mètres carrés environ, sera recouvert d’un magnifique chalet dont il nous a été donné de voir le dessin. On espère qu’il sera entièrement édifié avant le gros de l’hiver. Comme nous le disions il y a huit jours, la concession de ce-chalet a été faite au nom de M. Kuhn, principal gérant à Paris des établissements de M. Dreher.
- Tout près de l’avenue de La Bourdonnais, se trouve le théâtre des Lolies-Parisiennes concédé à MM. Scipion et C'\ dont le gros oeuvre est presque terminé. Plus loin, le Palais des Beaux-Arts dont la partie ouest que construit la Société nationale d’entreprise et de construction de travaux et de matériels d’Ivry, est la moins avancée des cinq lots que formaient les deux Palais des Beaux-Arts et des Arts libéraux. Nous ne disons rien de la partie est de ce premier Palais que construisent MM. les fils de Ch. Munier, nous en parlons d’une manière spéciale dans une autre partie du journal. Quant aux dômes qu’édifie la Société anonyme des ponts et travaux en fer., leur état d’avancement est satisfaisant, celui des Arts libéraux en particulier. Et, pour ce qui est des galeries de ce dernier Palais, les travaux en sont également très avancés, la partie sud notamment que construisent MM. Hachette fils et Drioux. Mais celle du côté opposé (côté Seine), adjugée à MM. J. de Schryver et Cie, n’est cependant pas en retard et bientôt ce Palais pourra être contemplé, entièrement achevé, dans touteson étendue.
- Entre les deux Palais des Beaux-Arts et des Arts libéraux,' d’une part, et les galeries des expoitions diverses de l’autre, existe un espace de 2 5 mètres de largeur qui formera les deux galeries transversales dénommées : galerie Rapp du côté de l’avenue de ce nom et galerie Desaix du côté de l’avenue de Suffren. Ces deux galeries sont, en construction et la' seconde même est bien près d’être achevée. Chacune d’elles se termine par des portes en pierre de taille et maçonnerie véritablement monumentales. Les travaux de ces deux galeries sont exécutés par MM. Duclos et.Cl0., ..
- Rien de particulier à signaler dans les différentes galeries ' des - expositions diverses, soit transversales, soit longitudinales. On'posé les vitrages ici, on'élève'ailleurs les''murailles de séparation, on commence même, dansquelques-unes, la pose des planchers.'
- En passant constatons les progrès accomplis dans la construction de la Tour centrale de MM. Moisant, Laurent, Savey. et Cie. Les fermes supérieures qui constituent le dôme de cette tour sont en partie posées et il est permis de prévoir le prompt achèvement de cet édifice dont le mode d’édification fera honneur à ses constructeurs. Nous aurons l’occasion, prochainement, d’en parler avec plus de détails.
- Enfin, nous arrivons à la galerie des machines de plus en plus majestueuse, de plus en plus imposante. Lors de notre dernière revue, quatorze fermes étaient en place, deux autres étaient sur le point de l’être. Aujourd’hui il ne reste plus à poser que la ferme-pignon de chacune des extrémités. Les anciens établissements^ Cail,- qui s’étaient laissé devancer par les ateliers de Lives-Lille, ont regagné le terrain perdu. Comme ceux-ci, il ne leur reste à mettre en place que leur dixième ferme. Ils tenaient à honneur, sans doute,, à ne pas être les derniers dans l’accomplissement de la part qui leur était échue de ce travail gigantesque. Et pendant ' qu’ils achèvent par pièces et morceaux la pose de leur ferme terminus, sur le chantier Lives-Lille on prépare l’enlèvement des deux immenses arbalétriers (les pieds droits sont déjà en place) qui, bien que pesant ensemble .100 tonnes, au lieu de 86 que pesaient ceux des fermes ordinaires, seront hissés au niveau qu’ils doivent occuper par le même procédé qui a été employé pour la pose des neuf fermes précédentes. Ce travail herculéen aura lieu, sauf imprévu, lundi prochain.
- Ainsi sera terminée cette étonnante construction qu’on ne peut se lasser d’admirer et qui, ainsi que nous l’avons déjà dit à différentes reprises, sera un sujet d’étonnement non pas seulement pour les simples curieux, mais surtout pour les hommes de l’art.
- H. Pendrié.
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- ii 54. — Quatrième Année. — N° 194.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- Dimanche 16 Septembre 1888-
- ADJUDICATIONS
- Ministère du Commerce et de l’Industrie
- Le samedi, 8 courant, a eu lieu au tribunal de commerce, par les soins du conseil de préfecture, l’adjudication en un lot, à forfait, de l’entreprise des travaux de construction en location des façades des galeries de l’agriculture sur le quai d’Orsay.
- Ces travaux sont évalués à 112,000 francs, somme à valoir pour imprévus comprise.
- Le cautionnement était fixé à 3,5oo francs.
- Les travaux dont il s’agit ont été adjugés à MM. Clément, Muriel et Clément fils, avec un rabais de 10 3o 0/0.
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- INSTALLATIONS DIVERSES
- Une ville bretonne au Trocadéro
- On jette en ce moment, en plein Paris, sur le flanc du Trocadéro, les fondements d’une ville bretonne, avec son enceinte moyen âge, qui renfermera les plus beaux spécimens de la Renaissance ogivale bretonne.
- A côté des façades de Josselin et de Kergristi, on bâtit en pierres et bois du pays un village entier, fait des plus curieuses maisons d’Armot, avec les halles de Lesneven, l’église de Lamballe, le moulin de Landerneau, une ferme de Cornouailles.
- On entrera parla porte de Guérande, on sortira par celle de Dinan.
- Les musées et les amateurs de Bretagne aideront à cette reconstitution par leurs collections de peinture d’art et d’archéologie. En outre, le village breton aura ses habitants, venus de la Bretagne même pour offrir les produits du pays aux visiteurs et pour donner, parleurs usages et leurs mœurs, toute l’illusion de la sincérité à cette exhibition lointaine.
- Exposition anthropologique
- En réponse à une demande qui lui avait été adressée par la Société, l’Ecole et le Laboratoire des hautes études d’anthropologie, M. Lockroy a décidé qu’un emplacement serait affecté, en 1889, dans l’exposition du ministère de l’instruction publique et des beaux-arts, à ces trois établissements scientifiques que Broca désignait sous le nom d’institut anthropologique.
- Exposition des ports
- L’administration des ports vient d’être informée par le ministre que les dépenses de matières premières et de la main-d’œuvre pour la confection des modèles et des objets qui doivent figurer à l’Exposition universelle seront, suivant les ordres donnés précédemment, imputés sur le chapitre 43 du budget de la marine.
- Toutefois, les dépenses de la main-d’œuvre seules feront l’objet d’une application directe au-chapitre 42 du budget extraordinaire.
- Le chemin de fer de l’Exposition et le port du Ghamp-de-Mars
- De tous les travaux en cours pour les services de l’Exposition universelle, il n’en est pas qui offrent actuellement plus d’intérêt que la création du petit chemin de fer destiné au transportées visiteurs dans l’enceinte même de l’Exposition et la construction du port du Champ-de-Mars.
- De l’esplanade des Invalides au pont de l’Alma, la voie ferrée sera établie à ciel ouvert. Arrivée à ce dernier endroit, la voie se continuera en tranchée, un pont devant être établi dans l’axe du pont de l’Alma pour livrer passage aux tramways de la gare Montparnasse à la place de l’Etoile.
- Un double travail est actuellement en voie d’exécution dans toute la largeur de la place qui existe à l’entrée des avenues Bosquet et Rapp. Tandis que d’un côté on creuse une tranchée ^ une profondeur de près de 3 mètres (ce qui néces-
- site le déplacement des conduites de l’eau et du gaz), sur la place même on fait un remblai de près de deux mètres d’épaisseur.
- Pareil travail devra être fait dans toute la largeur du Ghamp-de-Mars, où le chemin de fer passera également en tranchée, de façon que la circulation ne puisse être interrompue par le passage des trains. Là également la voie sera couverte.
- Quatre-vingts ouvriers terrassiers sont actuelle ment occupés à la fois dans ce chantier. Une animation encore plus grande règne sur la berge de la Seine, en amont et en aval du pont d’Iéna, où l’on construit, à titre définitif, un port qui aura près d’un demi-kilomètre de longueur.
- Terrassiers, maçons, charpentiers, cent cinquante ouvriers en tout, travaillent sans relâche pendant que trois machines à vapeur sont en mouvement, soit pour le fonctionnement des pompes5 soit pour enfoncer les pieux énormes, une partie du mur devant être construit sur pilotis.
- Le premier tronçon de ce nouveau port est déjà construit. Le port tout entier devant être livré à l’exploitation à la fin de l’année.
- Exposition de l’Institut
- Le Ministre de l’Instruction publique vient d’adresser aux cinq classes de l’Institut une lettre pour leur demander si, à l’occasion de l’Exposition universelle de 1889, il n’y aurait pas lieu de prendre des dispositions spéciales à l’effet de grouper, de la façon la plus convenable, l’ensemble des travaux dus à l’illustre compagnie, qui a si puissamment contribué au développement des lettres, des arts et des sciences.
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- LES COLONIES A L’EXPOSITION
- DE 1889
- Algérie
- Le Comité départemental d’Alger vient d’adresser le chaleureux appel suivant à ses concitoyens :
- L’année 1889 doit marquer dans les fastes de l’Algérie et témoigner de ses forces actives, tant vis-à-vis de la France que de l’Europe.
- L’Exposition universelle qui s’ouvrira à Paris, au mois de mai prochain, quoique n’étant pas officiellement acceptée par les gouvernements étrangers, n’en aura pas moins un grand retentissement dans le monde entier. Elle sera une déclaration éclatante, solennelle, des intentions pacifiques de la France, en même temps que de son génie et de ses merveilleuses ressources.
- L’Algérie doit montrer qu’elle est capable de réaliser toutes les espérances que l’on a fondées sur elle ; elle doit témoigner de ses ressources, de ses aptitudes, de ses capacités ; elle doit prouver qu’elle a désormais franchi la période des tâtonnements, des incertitudes, des appréhensions : que l’indigène réfractaire est pacifié, et qu’elle peut définitivement entrer dans le concert des nations civilisées.
- Jamais la colonisation n’a eu plus belle occasion de faire ses preuves, mettre un terme à toutes les préventions que des esprits chagrins, pusillanimes, incertains, ont osé soulever contre elle. Jamais il ne lui sera plus aisé de justifier ses droits, ses capacités à rénover ce pays et à lui donner une prospérité aussi profitable aux indigènes qu’à la France elle-même.
- Le Gouvernement n’a pas voulu que l’Exposition fût purement officielle. Il a décidé que chaque département préparerait lui-même son exhibition, qu’il aurait toute liberté d’action, toute initiative, afin que la marche progressive de chacun d’eux soit bien caractérisée.
- L’émulation trouvera ainsi prétexte à se ma-
- nifester. Oran ne voudra pas être inférieur à Constantine et Alger à aucun des autres départements. Ce désir à se surpasser, cette lutte pacifique, cette noble ambition à bien faire doivent avoir pour heureuse conséquence de réaliser une exposition des plus brillantes.
- En dehors des matières premières, communes aux trois provinces : blés, orges, avoines, bestiaux, laines, textiles, cires, gommes, résines, cuirs, etc , chaque département tiendra à accuser sa prédominance sur ses spécialités et nous verrons Oran se distinguer par ses alfas, textile précieux que la France a trop dédaigné jusqu’à ce jour, alors que l’Angleterre en tire un avantageux profit.Oran fera également montre de ses onyx, de ses richesses minières, de ses laines, de ses tapis, etc.
- Constantine primera par son corail, ses minerais de fer, ses marbres, ses huiles, ses salaisons, ses lièges, tandis qu’Alger, trouvant dans les primeurs, légumes et fruits, dans les plantes d’ornement, le crin végétal, les tabacs, les bois ouvrés et diverses industries, des éléments sérieux de trafic, s’attachera à accuser sa supériorité sur ces diverses productions.
- Noble, grande et sublime lutte que celle-là ! Elle mérite de faire vibrer tous les cœurs, d’exciter tous les cerveaux, parce qu’elle aura pour jésultat la grandeur, la richesse et la prospérité de ce pays.
- Mais, nous avons oublié de parler des vins. Un hall spécial leur est affecté.
- Il faut qu’ici le succès soit complet.
- Il faut triompher de toutes les préventions, de tout le discrédit que certains concurrents déloyaux ont voulu jeter sur nos produits.
- Il faut que l’Algerie se crée les débouchés qui lui manquent, qu’elle établisse qu’elle produit des vins de qualité, de bons vins de table, fins, résistants, des vins grand-bourgeois. Il faut aussi qu’elle fasse connaître ses eaux-de-vie.
- Il y va pour les viticulteurs et le commerce d’un trafic annuel de plus de deux cents millions de francs.
- Aujourd’hui c’est l’Espagne, c’est le Portugal, c’est l’Italie, qui bénéficient de ce trafic; il faut que désormais le courant change et que l’or français revienne à l’Algérie, c’est-à-dire à la France.
- N’oublions pas que l’Algérie a déjà un passé, que l’Exposition de 1889 sera la quatrième solennité nationale de ce genre où elle figurera, et que nous ne devons pas, nous ne pouvons pas nous montrer inférieurs à nos devanciers.
- Déjà quelques produits algériens avaient été exhibés en 1849 à Paris et en 18 51 au Palais de Cristal à Londres, et,^ par la supériorité de certains d’entre eux, avaient éveillé l’attention.
- Mais l’Exposition internationale de 1855 fut en réalité la première occasion que l’Algérie eut de se manifester ; six cents exposants européens ou indigènes envoyèrent aux Palais de l’Industrie les produits de leurs travaux .et de leurs recherches; 35o récompenses décernées témoignèrent du vif intérêt avec lequel le monde civilisé accueillait cette révélation des richesses d’un pays arraché de la veille à la barbarie et cette preuve des efforts déployés par quelques milliers d’émigrants nouvellement établis sur cette rive méditerranéenne.
- En 1867, la colonie réunit, dans la partie du Champ-de-Mars qui lui était réservée, une collection de produits fournie par i,o5o exposants et obtint près de 3oo récompenses.
- En 1878, un pavillon spécial de style mauresque fut édifié entre la Seine et le Trocadéro ; 2,000 exposants y apportèrent leurs produits; près de 3 millions de visiteurs vinrent les visiter ; 28,000 brochures explicatives furent dis-
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- Quatrième Année.
- N° 194.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 16 Septembre 188S. — 1155.
- tribuées gratuitement ; 482 récompenses turent obtenues.
- Quels immenses progrès n’a-t-on pas réalisés depuis? Quelles transformations n’a-t-on pas opérées ? La pioche et la charrue n’ont cessé de défricher, ameublir, assainir. Les routes et voies ferrées se sont multipliées. Le transit maritime, devenu quotidien et accéléré, nous met à proximité des grands marchés de France.
- Aussi le mouvement commercial s’est-il considérablement accru; les importations ont presque doublé ; les exportations, naturellement plus hésitantes, plus difficiles à établir, ont pourtant acquis une plus-value de 35 à 40 0/0.
- En 1878, on ne recensait que 6,945 propriétaires possédant 17,737 hectares. Aujourd’hui le vignoble algérien s’étend sur près de cent mille hectares; et ce ne doit être là que la première phase de l’évolution de la viticulture algérienne.
- A l’œuvre donc, chers concitoyens, préparez-vous à faire montre de vos richesses. N’oubliez pas que votre action doit s’étendre sur toutes les matières premières propres à l’industrie, sur tous les objets d’alimentation que la France reçoit de l’étranger.
- C’est un vaste champ d’exploitation puisqu’il se chiffre annuellement par la somme de trois milliards.
- Nous avons à débouter les Amériques, l’Inde, l’Australie, l’Espagne, l’Italie, l’Allemagne. Si nous voulons, nous le pourrons pour bon nombre de produits.
- Courage, pas d’hésitation. La réussite est à ce prix. Nous en tirerons honneur et profit.
- LE COMITÉ.
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- LES ÉTRANGERS A L’EXPOSITION
- DE 1889
- Belgique
- La Belgique se prépare très sérieusement à faire belle figure à l’Exposition de Paris, l’année prochaine. On se plaint, dès à présent, de l’exiguïté relative des emplacements que le commissariat français avait réservés aux exposants belges. Deux fois déjà on a demandé et obtenu une extension d’emplacement et on espère en obtenir encore. Douze cents exposants sont déjà inscrits et ce chiffre grossira probablement encore. Les listes d’adhésions devaient être clôturées le icr août, on a prorogé le délai jusqu’au Ier septembre.
- D’autre part, parmi la population ouvrière, des associations temporaires se sont créées pour mettre en commun leurs économies, en vue de faire le voyage de Paris pendant l’Exposition. On fait des cagnottes dans toutes les parties de jeux et on a imaginé une série d’amendes spéciales pour grossir les bourses de voyage. Du côté des spectateurs aussi bien que des exposants, la Belgique sera largement représentée.
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- Espagne
- La chambre de commerce de Madrid a envoyé une circulaire aux chambres de commerce des provinces, pour leur annoncer que le gouvernement avait mis cinq cent mille pesetas à la disposition des industriels espagnols qui prendront part à l’Exposition universelle.
- Elle propose que cette somme lui soit confiée avec les pouvoirs nécessaires pour établir la section espagnole à l’Exposition de Paris.
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- Portugal
- Les nouvelles que nous avons données de la participation du Portugal se trouvent confirmées et complétées par l’avis suivant qui vient d’être adressé au ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition de 1889 : '
- L’Association industrielle portugaise se charge d’organiser la section de ce pays à l’Exposition universelle.
- Son président, M. Melicio, doit se mettre en rapport avec le ministre pour obtenir un emplacement au moins égal à celui que le Portugal occupait en 1878.
- Le gouvernement de Lisbonne a mis à la disposition des organisateurs une somme de 137,000 francs.
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- Bussie
- La Galette russe signale l’activité dont fait preuve l’administration de l’Exposition française de 1889, pour organiser la section russe; elle invite les industriels et les commerçants russes à se préparer d’une manière digne d’un grand peuple à ce concours universel et engage les sociétés scientifiques particulières russes à participer à la section d’économie politique de l’Exposition.
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- Serbie "
- Contrairement à ce que prétendent plusieurs journaux, il n’existe aucun dissentiment entre la commission serbe et l’administration de F Exposition. La Direction générale de l’exploitation avait proposé d’apporter à la section serbe certaines modifications qui semblaient répondre aux désirs exprimés par la commission de Belgrade.
- La commission ayant préféré conserver l’emplacement primitivement attribué, la direction s’est empressée de lui donner satisfaction.
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- Italie
- Le comité national créé à Rome pour la participation des Italiens à l’Exposition universelle de Paris organisera aussi la participation des Italiens établis en Angleterre.
- ÉCHOS
- LA SOCIÉTÉ DES INGÉNIEURS CIVILS A BARCELONE
- La Société des ingénieurs civils a décidé de faire, sous la direction de son président, M.F. Reymond, sénateur, un voyagea Barcelone et à son exposition.
- La Société tiendra en Espagne, à cette occasion, un congrès auquel doivent prendre part les ingénieurs espagnols, et un grand nombre de ses membres doivent, en outre, visiter toute la région minière de Bilbao.
- Les ingénieurs français partiront de Paris le 6 octobre prochain.
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- LE JURY INTERNATIONAL DU GRAND CONCOURS DE BRUXELLES
- La séance d’installation du jury international des récompenses de l’Exposition de Bruxelles a eu lieu lundi, à 10 heures 1/2 du matin, sous la présidence du ministre de 1 agriculture, de 1 industrie et des travaux publics.
- Les jurys de concours, constitués dans cette séance plénière, ont fait, dans le courant de l’après-midi, une visite préalable dans les divers compartiments.
- Ils ont commencé leurs opérations dès le lendemain, mardi, mais leurs visites se poursuivront jusqu’au 25 de ce mois, époque à laquelle les
- jurys de concours devront avoir terminé leur mission.
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- Les ADJUDICATIONS
- Le ministre de l’intérieur vient d’adresser aux préfets une circulaire relative à l’application du décret du 4 juin dernier sur les conditions d’admission des sociétés d’ouvriers aux adjudications de l’r/tat.
- « Trois avantages, dit le ministre, sont offerts à ces sociétés :
- « 1° Dispense du cautionnement pour les travaux ou fournitures d’une valeur inférieure à 50,000 fr. (article 4) ;
- « 2° Droit de préférence, à égalité de rabais, sur une soumission d’entrepreneur ou de fournisseur (article 0) ;
- « 3° Droit à des acomptes payables par quinzaine (article 6). »
- Pour profiter de ces conditions avantageuse 4 _ les sociétés ouvrières doivent produire préalablement la liste nominative de leurs membres, leur acte de société et des certificats de capacité délivrés aux associés qui seront spécialement délégués pour diriger l’exécution de l’entreprise.
- Les préfets sont invités, en conséquence, à exiger l’exécution de ces prescriptions.
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- CANAL DES DEUX-MERS
- Le Conseil municipal de Bordeaux vient de prendre la délibération suivante, relative à cette Société :
- Article 1er. — Le Conseil municipal de Bordeaux, sans entrer dans les détails de construction du canal des Deux-Mers, s’en rapportant à ce sujet aux considérations techniques et affirmatives données par la Société d’études des travaux français,* qui a demandé la concession de ce canal maritime pour le construire à ses frais sans demander aucune garantie à l’Etat;
- Considérant que le trafic qui résultera de la navigation de ce canal ne peut être que favorable au commerce de la ville de Bordeaux; que l’approfondissement de la rivière et de l’entrée du port pour l’accès des plus forts navires dans la rade et dans le canal sera toujours maintenu en état par les soins de la Compagnie sans que la ville ait à s’en préoccuper, qu’il importe, qu’au point de vue d’autres considérations tout aussi importantes, qu’un tel ouvrage soit exécuté le plus promptement possible ;
- Emet le vœu que la concession pour la construction et l’ouverture du canal des Deux-Mers soit accordée aux demandeurs et que la mise aux enquêtes soit immédiatement ordonnée par le gouvernement.
- Art. 2. — La présente délibération sera soumise à M. le préfet et transmise ensuite à qui de droit par les soins de M. le maire.
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- LES SOURCES DE l’aYRE
- Les habitants voisins des sources de l’Avre tiennent bon. On se rappelle que le Conseil général de l’Eure a reçu et adopté leur pétition qui s’opposait énergiquement à la captation de ces sources au bénéfice de Paris. Ils ont profité du passage de M. Carnot à Evreux pour lui faire présenter un nouveau document dans le genre du premier, par les soins de M. Grosfilloy, conseiller général, et Marchand, conseiller d’arrondissement de Nonancourt.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE DE BARCELONE
- Le commissaire général français, M. Ch. Pre-vet, M. David Dautresme délégué du ministre du commerce et tous- les autres membres du jury français assisteront à la distribution des récompenses de l’Exposition de Barcelone qui aura lieu prochainement.
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- L’IMPORTATION DU BÉTAIL FRANÇAIS EN ANGLETERRE
- La Société des agriculteurs de France a adressé au gouvernement, par l’organe de son président, M. de Dompierre, une lettre pour signaler le dommage causé à notre industrie nationale par l’interdiction que l’Angleterre oppose à l’introduction chez elle de notre bétail.
- Le ministère des affaires étrangères a, depuis quelque temps déjà, engagé des négociations avec l’Angleterre en vue d’amener la cessation de cet état de choses. Ces négociations se poursuivent régulièrement à l’heure actuelle.
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- SPORT
- RÉSUMÉ DES COURSES PASSÉES
- La réunion de dimanche, à Longchamps, pas plus que celle de lundi à Vincennes du reste, n’a donné de résultats capables de former une opinion sur la valeur exacte de la jeune génération.
- Les héros delà campagne normande continuent à triompher, mais j’attribue leurs succès plutôt à la forme exceptionnelle dans laquelle ils se trouvent qu’à une réelle supériorité-. Encore une fois, aucun d’eux n’a gagné avec cette facilité qui fait dire : voilà un grand cheval. ' Peut-être, mais je ne m’avance que bien timidement, faut-il faire une exception en faveur de Clo-ver, un superbe produit de Wellingtonia, appartenant à M. Edmond Blanc.
- Ce jeune poulain a couru un peu vert et, par la maladresse de son jockey qui s’était laissé enfermer dans le peloton, venu trop tard, n’a pu prendre que la troisième place.
- Vendredi II, le vainqueur, porte les couleurs de l’écurie de Ténébreuse et est appelé, je crois, à fournir une brillante carrière, quoique généralement le gagnant du prix de Villiers ne soit pas un cheval d’avenir, mais il n’y a pas de règle sans exception, souhaitons-le à M. Aumont, un de nos éleveurs les plus sympathiques.
- Si le prix de Villiers ne nous a rien révélé de nouveau, le Critérium, couru à Vincennes lundi dernier, mettant en présence Tantale, Chopine et Nick, les trois concurrents que leurs performances plaçaient au-dessus de leurs adversaires, a donné lieu à une rencontre intéressante.
- Après une lutte acharnée Tantale a battu Chopine et Nick arrivés second et troisième à une courte distance les uns des autres.
- Une tête séparait les trois adversaires.
- Malheureusement une forte bousculade a faussé, suivant moi, le résultat et de la victoire serait certainement restée au représentant de l’écurie de Soubeyran, Nick, qui, serrée le long de la corde, n’a pu passer à temps.
- Une objection soulevée contre le vainqueur dès la rentrée au pesage a été repoussée par les commissaires après une trop longue délibération.
- Et ces messieurs ont eu gravement.tort de ne pas appliquer brutalement, carrément le règlement qui veut que tout cheval ayant poussé, dérangé, volontairement ou involontairement son concurrent soit distancé.
- En effet, rien ne ressemble à un jockey qui. pousse avec intention un concurrent comme un jockey qui le fait sans intention mauvaise, par suite des hasards de la course !
- Comment distinguer le bon grain de l’ivraie ?
- En appliquant des nuances au lieu du règlement on ouvre la porte à la fraude.
- Deux grosses questions préoccupent le monde du sport.
- L’omnium d’abord qui se court dimanche à Longchamps.
- Le grand handicap d’automne, quoique bien déchu par suite de la multiplicité des courses, a encore le don de passionner longtemps à l’avance le public et d’animer le marché.
- Indiquer le vainqueur probable avant la déclaration des derniers forfaits serait téméraire.
- Néanmoins je crois que Mlle Béjart, Améthyste, Hervine, Lionne et le représentant de l’écurie d’Aremberg se disputeront les premières places.
- Je les cite dans l’ordre de mes préférences.
- La seconde préoccupation de tous ceux qui s’intéressent aux courses et à notre élevage national auquel les courses ont déjà rendu tant de services (leur seule préoccupation,devrais-je dire) est la question des paris.
- Les boockmakers et le Pari Mutuel ont entamé une lutte dont nul ne peut prévoir l’issue et la question n’est pas encore vidée puisque le jeu est interdit en France,
- Je reviendrai, dans un prochain article, sur cette question, grosse de complications.
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- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- DÉTAILS
- COURSES AU BOIS DE BOULOGNE Dimanche g septembre 1888
- Prix de Passy. 3,ooofrancs. — 2,ioomètres. Place d’Armes à M. Delamarre (Rolfe), 1. Mandoline à M. Ephrussi (Lashmar), 2.
- Patient à M. Harves (Wytcherley), 3.
- Durée de la course : 2/23//3/5. Gagné de trois longueurs. Pari mutuel : Unité, 10 francs. — 3q fr. 5o.
- La gagnante a été achetée par M. Girard, pour 6,221 fr. 25.
- Prix Jouvence. 10,000 francs.—4,800 mètres. Carafon à M. Robert Hennessy (Kearney), 1. Upas au comte de Berteux (Rolfe), 2.
- Vanneau au même propriétaire (Storr), 3.
- Gagné de quatre longueurs. Durée delà course: 3'3f' 3/5. Pari mutuel : 52 fr. 5o.
- Prix de Chantilly. 10.000 francs.— 3,200 mètres. Sibérie à M. P. Aumont (Wytcherley), 1. Bocage à M. Lupin (Storr), 2.
- Rêve au comte Le Marois (Covey), 3.
- Gagné de deux longueurs et demie. Durée de la course : 3k}.2// 1 /5. Pari mutuel : 56 fr. Prix de Villiers. 4,000 francs. — 1,660 mètres. Vendredi II à M. P. Aumont (Wytcherley), 1. Lift à M. de Soubeyran (T. Lane), 2.
- Çlover à M. Edmond Blanc (Woodland), 3.
- ^ Durée de la course : J4.6" i/5. Gagné de trois quarts de longueur. Pari mutuel : 5o fr. r rix de Versailles. 5,000 francs. —3,000 mètres Bégonia à M. Ephrussi (Kearney), 1. Porte-Plume, à M. P. Donon (T. Lane) 2.
- Visière II, à H. Jennings (grickmere) 3.
- Durée delà course: 3'33". Gagné de quatre longueurs. Pari mutuel: 32 fr.
- Bégonia réclamé pour 2 5.152 francs par son propriétaire.
- Prix de Bellevue. 4.000 francs. 1,600 mètres.
- Le Çordouan, au baron Roger (Rolfe) 1. Intervention, au baron de Schickler (French) 2. Roquette, au baron de Soubeyran (Wkitkins) 3. Durée de la course: r 48//. Pari mutuel: 19 fr. o5 c.
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- COURSES A VINCENNES Lundi 10 septembre
- Prix de Gravelle. 2.000 francs, 800 mètres. Mosaïque II, à Ch. Pratt (J. Bundy) 1.
- Babette, à M. Coleman (Price) 2.
- Borée à Gibson (Horan) 3.
- Gagné de trois quarts de longueur. Pari mutuel: Unité 5 francs. 24,50.
- Mosaïque II réclamée par M. Lefort pour 3.750 francs.
- Prix dés Gobelins. 2.5oo francs. 2000 mètres. Fantine, à M. Michel Ephrussi (Kearney) 1.
- La Fronde, à M. H. Jennings (Crickmere) 2. Anochorète à M. Th. Hurst(Cook) 3.
- Gagné d’une longueur et demie, Pari Mutuel 12. Fantine réclamée pour 6.998 fr. 5o par M. Gon-zalo-Figuera.
- Prix National. 3.5oo francs. 4000 mètres. Sauterelle (Wytcherley) |à M, P. Aumont a couru seule.
- Critérium. 5ooo francs. 1000 mètres.
- Tantale au prince d’Aremberg (French) 1. Chopine, à M. J. Prat (Bartholomen) 2.
- Nick, au Baron de Soubeyran (T. Lane) 3. Gagné d’une encolure, le troisième à une tête. Pari Mutuel : 19 fr.
- Prix de Gros-Bois. 3.000 francs. 900 mètres. Fournaise, à M. Michel Ephrussi (Kearney) 1. The Masher, à M. Marsh (Storr) 2.
- Olympe, à M. Summers (Chesterman) 3.
- Gagné d’un nez après un dead-heat.Pari Mutuel : 76 fr. 5o.
- Prix de Reuilly. 3,000 francs, 2,000 mètres. Volubilis, au comte Le Marois (Madge) 1.
- Quick au Baron de Rothschild (Crickmere) 2 Bess, à M. Gourgaud (Childs) 3.
- Gagné de trois longueurs. Pari mutuel: iofr. 5o.
- Dimanche 16 Septembre 1888.
- COURSES A VENIR
- Dimanche 16 septembre : Longchamps.
- Lundi 17 — Vincennes.
- Mardi 18 — Saint-Ouen.
- Jeudi 20 — Saint-Ouen.
- Vendredi 21 — Maisons-Laffitte
- Samedi 22 — Saint-Germain.
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- COLRSES AU BOIS DE BOULOGNE Dimanche 16 septembre 1888
- PRONOSTICS
- Prix de la Prairie. — Fleur de Rose.
- Prix de Gratigny. — Carafon.
- Omnium. —Ecurie d’Arenberg.
- Prix Royal Vack. — Galaor.
- Prix de la Celle Saint-Cloud. — Amiral.
- Prix de Sablonville. — Soliman.
- Robinson
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- JURY
- DU GRAND CONCOURS DE BRUXELLES
- Concours i. —Enseignement professionnel.
- M. J. Mesureur, ancien président de l’Association des anciens élèves des Ecoles nationales des arts et métiers, membre des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- M. J. Vivier, membre,du Conseil des prud’hommes, directeur de l’Ecole professionnelle des apprentis tailleurs, président honoraire de la Chambre syndicale, membre du comité de l’Exposition universelle de 1889.
- Suppléant :
- M. Alfred Deutsch, ancien négociant, maire-adjoint du 7e arrondissement.
- Concours 2.-—Imprimerie, Lithographie, Gravure.
- M. Lahure, imprimeur-éditeur, membre des comités d’admission à l’Exposition unirerselle de 1889.
- Suppléant :
- M. Victor Rose, graveur, membre des comités d’admission à l’Exposition Universelle de 1889.
- Concours 3. — Journaux, Publications.
- M. Henry May (de la maison Quantin), imprimeur-libraire-éditeur, juge au Tribunal de commerce, membre du jury des récompenses aux Expositions d’Amsterdam en 188 3, et d’Anvers en 1885, membre des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Suppléant:
- M. Hoeylaerts, consul de Siam, directeur de la Revue diplomatique, à Bruxelles.
- Concours 4. — Librairie, etc.
- M. Jules Hetzel, libraire-éditeur d’ouvrages de littérature, d’éducation et de vulgarisation, membre du jury des récompenses aux Expositions d’Amsterdam en i883, et d’Anvers en 1885, secrétaire des comités d’admission à l’Exposition de 1889.
- M. Gauthier-Villars, libraire-éditeur, membre du Conseil d’administration du Cercle de la librairie.
- Suppléant :
- M. Engel père, relieur, membre des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Concours 5. — Papeterie, etc.
- Suppléant :
- M. Nodé-Langlois, papeterie, membre du Conseil de la Chambre de commerce française de Bruxelles.
- Concours 6. — Application des Aj~tsdu dessin.
- M. Léopold Morice, sculteur, statuaire, inspecteur de l’enseignement du dessin.
- Suppléant :
- M. Bertheux, sculpteur ornemaniste, vice-président de la Chambre de commerce française à Bruxelles.
- Concours 8. — Instruments de mesures et de précision, Horlogerie.
- M. A.-H. Rodanet, membre de la Chambre de commerce, directeur de l’Ecole d’horlogerie de Paris, président delà Chambre syndicale d’horlogerie, membre des Comités d’admission et d’installation à l’Exposition de Paris en 1878 et du jury des récompenses à l’Exposition d’Anvers en 1885, président des Comités d’admission à l'Exposition universelle de 1889.
- M. Paul Garnier, horlogerie et instruments de précision, vice-président de la Chambre syndicale
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- Quatrième Anses. — N° 194.
- LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE 1889
- Dimanche 16 Septembre 1888. —• 1Ô7.
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- d’horlogerie, membre des Comités d’admission et d’installation à l’Exposition de Paris en 1878, rapporteur des Comités d’admission à l’Exposition uuiverselle de 1889.
- Suppléant :
- " M. Ernest rAntoine, fabricant , d’horlogerie à Besançon (Doubs), membre du Comité d’installation à .l’Exposition universelle de 1889.
- M. Villon, fabricant d'instruments de précision, maire de Saint-Nicolas-d’Aliermont (Seine-Inférieure) .
- Concours 9. — Photographie et ses applications.
- ,M. ,A. Davanoe, président du Comité de la Société^ française de photographie, membre des Comités d’admission et du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878, président du Comité d’admission à l’Exposition de 1889.
- M.. G.. Lévy, ancien président de la Chambre syndicale de la photographie, membre du jury des récompenses à l’Exposition d’Anvers en 1885, vice-président des Comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Suppléants :
- M. Guilleminot, fabricant de produits et appareils de photographie, vice-président de la Chambre syndicale, membre des Comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Concours 10. — Musique
- M. Thibouvilie-Lamy, fabricant d’instruments de musique, vice-président de la Chambre syndicale des instruments de musique, membre des Comités d’admission, d’installatjon et du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878, membre des Comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- M. Gustave Lyon, ancien élève de l’Ecole polytechnique, directeur de la maison Pleyel, Wolff et Cie? facteurs de pianos, membre des Comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Supoléant :
- M. Boll, fabricant de caisses et tablages pour pianos, membre du Conseil municipal de Paris, membre des Comités d’admission à l’Exposition universelle de 1839.
- Concours ii. — Médecine, Chirurgie, Hygiène
- M. Martin (le docteur A.-J,), auditeur au Comité consultatif d’hygiène de France, membre du jury des récompenses à l’Exposition d’Anvers en 188?, rapporteur des Comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- M. Carue, fabricant d’appareils de gymnastique et d’hygiène.
- Concours 12. — Ameublement, etc.
- M. H. Lemoine, président de la Chambre syndicale de l’ameublement, membre de la Chambre de commerce, membre des Comités d'admission, d’installation et du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878, président des Comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- M. Chevrie, meubles d’art, ancien rapporteur du jury aux Expositions des arts décoratifs et des sciences et arts industriels de Paris, en 1886-87, membre du comité d’installation à l’Exposition universelle de 1889.
- M. Victor Legrand, fabricant de tissus imprimés pour ameublements, juge suppléant au tribunal de commerce, membre des Comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889..
- Suppléant :
- M. Leprince-Ringuet (maison Marcotte), bronze, meubles, tentures, membre du comité de l’Exposition de Copenhague.
- Concours i3. — Verrerie, Céramique.
- M. G. Maes, manufacturier, membre de la Chambre de commerce, président de la Chambre syndicale des fabricants de cristaux et verreries, membre de la Commission permanente des valeurs de douane, membre des Comités d’admission d’installation et du jurydes récompenses à l’Exposition de Paris en 1878, membre des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Suppléant :
- M. Soudanas, négociant en céramique et cristaux, vice-président de la Chambre de commerce française de Bruxelles.
- Concours 14. —Fonte, Métaux, Bronze d'art.
- dicale des négociants en diamants, juge suppléant au Tribunal de commerce, membre des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- M. A. Mascuraud, fabricant de bijouterie, trésorier du syndicat général et du congrès des Chambres syndicales de France, membre des comités d’adm'ission à l’Exposition universelle de 1889. ; .
- Concours 17. — Chauffage et ventilation
- M. Eugène Geneste, ingénieur civil, constructeur d’appareils de chauffage et ventilation, membre des comités d’admission à l’Exposition de Paris en 1878, et du jury des récompenses aux Exposi4 tion,, dAmsterdam en 1883, et d’Anvers en,i885‘) vice^président des comités d’admission à l’Exposition univepselle de 1S89. j
- Suppléant : j
- M. Beynet, président de la Chambre syndicale de l’éclairage et du chauffage par le gaz, membre des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889. :
- Concours 19. — Tissage, Fils et Cotons.
- M. Edouard Tresca, ancien fabricant de tissus, membre du jurydes récompenses à l’Exposition d’Anvers en 1885, vice-président des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Suppléant :
- M- Debiève, manufacture de tissus, à Valenciennes (Nord).
- Concours 20. — Vêtements, Moroquinerie
- M. Duvelleroy père, éventails, ancien membre et président dus jurys aux expositions de Paris en 1807, Vienne en 1873, Amsterdam, en 1883.
- M. Hippolyte Duchet, président de la Chambre syndicale des tailleurs sur mesure, membre des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- M. Henri Touzet, président de la Chambre syndicale des fabricants et négociants de chaussures en gros, membre du jury des récompenses aux Expositions d’Amsterdam en 1883, et d’Anvers en [ 885, membre des Comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Suppléants :
- M. Alfred Jumelle, vice-président honoraire de la Chambre syndicale de la passementerie, membre des comités d’admission et d’installation à l’Exposition de Paris en 1878, membre des comités d’admission à l’Exposition universelle de i88q. '
- M. Patay, président de la chambre syndicale des fleurs et plumés, membre des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- M. J. Cahen, vice-président de la Chambre syndicale de la brasserie, membre du Comité d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Concours 21 . — Exploitation, Mines et Carrières
- M- Dervillé, président de la Chambre syndicale de la marbrerie, juge au tribunal de commerce, membre des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- M. Ch.-Em. Ouachée, président de la Chambre syndicale des marchands carriers, juge au Tribunal de commerce, membre des Comités d’admission à l’Exposition de Paris en 18.-8 et du jury des récompenses à 1’Exposition.d’Anvers en 1885, membre des Comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Concours 22. — Métallurgie, articles de ménage
- M. E. Gignou, président de la Chambre syndicale des entrepreneurs de serrurerie, membre du Jury des récompenses aux Expositions d’Amsterdam en 1884 et d’Anvers en 1885, membre des Comités d’admission à l’Exposition de 1889,
- Suppléants :
- M. Mathelin (de la maison Mathelin et Garnier) ingénieur, vice-président de la Chambre syndicale de la métallurgie du Nord, membre du conseil des Prud’homme à Lille.
- M. Pérille, fabricant de coutellerie, membre des Comités d’admission à l’Exposition universelle de 1S89.
- M. Henry Prud’homme, ingénieur, secrétaire-adjoint de la Chambre de Commerce française à Bruxelles.
- Concours 23. —- Agriculture, Vins
- M. Henri Houdebine, fabricant de bronzes, membre des comités d’installation à l’Exposition de Paris en 1878, membre des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889'.
- Suppléant :
- M. Béliard, ingénieur, membre de Conseil de la Chambre de commerce française de Bruxelles.
- Concours . 15. — Joaillerie, Bijouterie.
- M. A. Falco, vice-président de la Chambre syn-
- M. A. Bignon père (exploitations agricoles), ancien membre du Jury aux Expositions internationales, membre du Conseil supérieur de l’agri-i culture.
- M. F. Jarlauld, membre de la Chambre de commerce, membre de la commission permanente des valeurs de douane, président honoraire du Syndicat des vins et spiritueux en gros de Paris, et du Syndicat général des chambres vinicoles de gros de France, membre du Jury des récompenses à l’Exposition d’Anvers en i885, président des Co-
- mités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- M. Léo Barbier, ancien secrétaire général de la Chambre syndicale des vins de la Gironde, membre du comité départemental de l’Exposition, de 1889, à Bordeaux.
- M. Albert Guichard (de la maison Guichard-Potheret), propriétaire de vignobles, grands vins fde Bourgogne, à Chalon-sur-Saône.
- M. Ch. Benoît, propriétaire-viticulteur, vins de champagne, ancien délégué de la Chambre de commerce de Reims.
- Suppléants :
- M. Bonvalet, membre de la Chambre syndicale des vins et spiritueux de Paris.
- M. Simon-Legrand,agriculteur à Auchy(Nord), membre des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- M. Demagnez, membre de la Chambre syndicale des négociants en vins et spiritueux de Paris.
- M. Galichon, membre de la Chambre syndicale des négociants en vins et spiritueux de Paris.
- M. Ph. Garnier, membre de la Chambre syndicale des négociants en vins et spiritueux de Paris, adjoint au maire du 12e arrondissement de Paris.
- M. Faure, négociant en vins., membre du Conseil de la chambre de commerce française de Bruxelles.
- ' Concours 26. — Brasserie, vinaigrerie
- M. Dumesnil, président honoraire de la Chambre syndicale des brasseurs, membre des comités d’admission, d’installation et du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878, et du jury des récompenses à l’Exposition d’Anvers en i885, v ice-président des Comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- M. Emile Richard, membre du Conseil municipal de Paris, membre des comités d’admission à lExposition universelle de 1889.
- Suppléants :
- M. Jean-Paul Roux, directeur de la Revue universelle de la brasserie et de la malterie, membre des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- IM. Robert-Charlie, publiciste, membre du Comité de l’Exposition des bières françaises.
- Concours 27. — Distillerie
- M. Elysée Cusenier, distillateur, membre des Comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- M. Jules Legrand, administrateur-délégué de la distillerie de Croisset (Rouen), courtier assermenté au tribunal de commerce de Paris.
- Suppléants :
- M. Cointreau fils, fabricant de liqueurs, juge au Tribunal de commerce d’Angers, secrétaire du Syndicat général des vins et spiritueux de France.
- M. Demay, fabricant de liqueurs, membre de la Chambre syndicale des vins et spiritueux de la Gironde, à Bordeaux.
- M. Fichet, fabricant d’eau-de-vie et liqueurs, membre du Conseil général de la Mayenne et du Comité départemental pour l’Exposition de 1889.
- M. Dubonnet, fabricant de liqueurs, membre du Comité de la Chambre syndicale de Paris.
- Concours 28. — Meunerie.
- M. Way, H. A., président de la Chambre syndicale des grains, farines et huiles, membre de la Chambre de commerce, membre de la Commission permanente des valeurs en douane, membre du jury des récompenses aux Expositions d’Amsterdam en 1883 et d’Anvers en 1885, rapporteur des Comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Suppléant :
- M. Regnault-Desroziers, moulin de la Double-1 Couronne, à Saint-Denis, membre du Conseil de la Chambre syndicale des grains, graines et farines.
- Concours 29. — Sucrerie, Confiserie.
- M. Gustave Foucher, président de la section au Tribunal de commerce, président honoraire de la Chambre syndicale des fécules, membre du jury des récompenses aux Expositions d’Amsterdam en i883, et d’Anvers en 1885, secrétaire des Comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Suppléant :
- M. Halot (ancienne maison Cail, Halot et Ciej, constructeurs de machines et appareils pour sucrerie.
- Concours 3o. — Tannerie, cuirs.
- M. Ad. Fortier-Beaulieu, ancien membre de la Chambre de commerce, président de la Chambre syndicale des cuirs et peaux, membre des Comités d’admissio_n, d’installation et du jury des
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- ï:?S et ii5g. — Quatrième Anneé. — N° 194.
- LE PALAIS DES BEAUX-ARTS (GALERIE DE L’EST)
- Le palais des beaux-arts, dont nous publions aujourd’hui une gravure représentant] la partie est de ce palais, est un des monuments marquants entre tous ceux édifiés au Champ-de-Mars.
- L’ensemble de sa construction se compose d’un dôme central de chaque côté duquel sont disposées des galeries semblables à celle que représente notre gravure. Celle-ci, située comme nous l’avons dit à l’est du palais, c’est-à-dire du côté opposé de la Seine, a formé le 5e lot des cinq auxquels a donné lieu l’adjudication des deux palais des beaux-arts et des arts libéraux.
- Ce lot a été adjugé à MM. les fils de Ch. Mu-nier, de Frouard, qui sont à la veille d’en terminer la construction.
- La galerie qui nous occupe a, dans sonfen-sembîe, un développement longitudinal de 88- à'
- 89 métrés, de la ferme pignon extérieure qui est en première vue sur la gravure jusqu’à son poinA: de jonction avec le dôme. En largeur, la nef j:
- r:
- centrale et les deux galeries réunies occupent \l
- une étendue qui dépasse 80 m. La nef centrale |
- H
- a 52m8o de largeur extérieure et chacune des ga- | leries latérales, i5ra5o. lj
- La grande nef est constituée, d’abord, par une jj première ferme pignon sur piliers de butée non |j articulés, puis par cinq fermes articulées en tout j) semblables, sauf les dimensions, à celles de la galerie des machines et quatre piliers droits intermédiaires.
- Les fermes articulées ont 5im3o de portée entre axes des tourillons et 49m8o entre l’intérieur des piliers. Leur hauteur totale au-dessus du sol est de 2 8m87 à l’axe du tourillon et de 28™2o en dessous de l’armature; soit, pour celle-ci, L'Cq de hauteur au sommet.
- Les travées entre fermes articulées ontchacune i8mio d’étendue, celle entre le pignon (devant de la gravure) et la première ferme articulée, 6™75 et la dernière, près du dôme, entre la cinquième grande ferme et celui-ci, 8m5o. Soit, au total,environ 88 m., comme nous l’avons dit plus haut.
- Une particularité à signaler : c’est que les pannes de la toiture, au lieu d’être placées à égale distance les unes des autres, comme à la galerie des machines, par exemple, sont accou-
- YUE DU PALAIS DES BEAUX-ARTS, Galerie de l’Est
- Construit par MM. les Fils de Ch. Mu,«ïeRî de fROuard (Meurthe-et-Mosell;
- (D-APRÈS ONE PHOTOB% DE
- *£ PETIT
- plées deux par deux ainsi qu’on peut le voir sur la gravure. Cette disposition, paraît-il, a nécessité un moindre emploi de matières et, par suite, a permis de donner plus de légèreté à l’ensemble fde l’édifice.
- Les galeries latérales, de la même longueur que la nef centrale, sont, naturellement, d’une largeur moindre.
- Intérieurement, leur largeur exacte est de H côté et 19 mètres de hauteur. Ils auront 20 m. avec la
- Elles sont formées chacune par neuf fermes ordinaires corniche qui sera placée ultérieurement à leur sommet
- appuyées : extérieurement,sur autant de piliers droits et qui n’est pas figurée sur notre dessin.
- et, intérieurement, cinq sur les fermes articulées et Contrairement à la galerie centrale qui ne formera
- quatre sur les piliers intermédiaires. qu’une seule nef, du niveau du sol au sommet des
- Les piliers extérieurs dits de façade, ont chacun 1 10 fermes, les galeries latérales seront partagées en hauteur
- une construction d’un aspect imposant. Mais si l’on considère^ le Palais dans son entier, soit : deux galeries semblables encadrant le
- par un plancher placé à 7 m., la partie supérieure ayant une élévation au-dessus 'de ce plancher, de 12 m. environ.
- Ainsi qu’on en peut juger par l’ensemble de ces dimensions, la partie du palais des Beaux-Arts qui nous occupe aujourd’hui forme déjà, par elle-même,
- dôme centralf dont |nous aurons prochainement l’occasion de parler, on pourra se rendre compte de l’importance de ce monument dont nous avons pu dire qu’avec celui des Arts libéraux qui lui fait face, il sera un des plus marquants de ceux édifiés au Champ-de-Mars,
- Disons en terminant que les galeries latérales seront séparées, dans le bas, de la nef centrale par un mur plein en maçonnerie. Quant à celle-ci, quoique loin de pouvoir être comparée à la nef immense du palais des machines, elle n’en forme pas moins un vaisseau majestueux. Son étendue en paraîtra, d’ailleurs, d’autant plus grande, que l'éclairage en sera plus brillant, A cet effet, la toiture de cette nef sera presque entièrement vitrée ; seul l’intervalle compris entre la sixième panne et le cheneau sera recouvert en zinc.
- Enfin, disons encore que chacune des fermes articulées^ du Palais des Beaux-Arts pèse, dans son entier, 54,000 kilogrammes et que le tonnage total employé dans le lot adjugé à MM. Munier, atteint 1,170,000 kilogrammes.3 On aura ainsi une idée plus exacte de l’importance de cette construction que ces Messieurs ont exécutée à leur honneur, car ils arrivent des premiers au terme de leurs travaux. Dans quatre ou cinq jours au plus, la partie est du Palais des Beaux-Arts sera'complètement achevée tandis que les autres chantiers de ce même Palais ou de celui des Arts libéraux ne termineront leurs travaux que dans plusieurs semaines.
- H. P.
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- ij6o. — Quatrième Année. — N® 194.
- récompenses à l’Exposition d’Anvers en 1885, président des Comités d’admission à l’Exposition universelle de 1878.
- Suppléant :
- M. H ammelrath (cuirs, maroquins).
- Concours 3i. — Huilerie. ^ V..
- M. A. Blouet, négociant en huiles, membre de la Chambre de commerce, membre du jury des récompenses à l’Exposition d’Anvers en 1885 , membres des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Suppléant : :
- M. Artus, huiles et produits chimiques, ancien! président du jury à l’Exposition internationale: des sciences et arts industriels en 1886.
- Concours 33. — Carrosserie, Sellerie.
- M. Planchenault, manufacture de sellerie et harnachement, membre des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Suppléant :
- M. Debertrand (de la maison Lochet et Deber-trand), fabricant de colliers et articles de chasse, membre des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Concours 34. — Produits chimiques
- M. Jules Kolb, docteur ès-sciences, ingénieur-administrateur délégué de la Société anonyme des manufactures des produits chimiques du Nord, membre du jury des récompenses à l’Exposition d’Amsterdam en 1883, membre des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- M. A. Chouet (de la maison du docteur Pierre), ancien juge au Tribunal de commerce, membre du jury des récompenses à l’Exposition d’Amsterdam en 1883, membres des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Suppléants :
- M. Fernand Blum, président de la Chambre syndicale des représentants de fabriques et de commerce, membre des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- M. Gachet, délégué du Conseil général de la Guyane , membre du Comité d’organisation de l’Exposition coloniale de 1889.
- Concours 35. — Pharmacie, etc.
- M. Gapgrand-Mothes, président de la Chambre syndicale des fabricants de produits pharmaceutiques de France, membre des Comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- M. Yvon, pharmacien, membre de la Société de médecine publique et d’hygiène professionnelle, chimiste-expert près des tribunaux.
- Concours 36. — Caoutchouc.
- M. Chapel, secrétaire de la Chambre syndicale du caoutchouc, membre des Comités d'admission à l’Exposition universelle de 1889.
- M. Bonvallet, secrétaire de la Chambre de commerce française de Bruxelles.
- Concours 3y. — Machine s, Outils.
- M. E. Ravasse, ingénieur-mécanicien, constructeur de presses, membre des Comités d’installation à l’Exposition de Paris en 1878, membre des Comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- M. de Quillacq, ingénieur-constructeur, directeur de la Société anonyme de construction d’An-jzin (Nord).
- Suppléant:
- M. Bauche, ingénieur, constructeur-mécanicien à Reims.
- Concours 38. — Machines, vapeur.
- M. Cornut, ingénieur, membre de la commission centrale des machines à vapeur, ingénieur en chef de l’Association des propriétaires d’appareils à vapeur du Nord.
- M. Maguin, ingénieur, constructeur de machines, à Charmes (Aisne).
- Suppléant :
- M. Bougarel, ingénieur civil, secrétaire de la chambre syndicale des mécaniciens-chaudronniers-fondeurs de Paris, rapporteur des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Concours 3g. —Matériel chemin de fer et traction
- M. Morel-Thibault, constructeur de voitures et wagons, juge suppléant au Tribunal de commerce membre des comités d’admission à l’Exposition; universelle de 1889.
- Suppléant :
- M. de Nansouty (Max), ingénieur, rédacteur en chef du Génie civil.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889. Dimanche 16 Septembre 1889.
- Concours 40. — Génie civil
- M. Bertrand (Frédéric), président du conseil des chambres syndicales du bâtiment, membre des comités d’admission à l’Exposition de Paris en ijSyS, membre des comités d’admission à l’Exposi-tiou universelle de 1889.
- M. Boulanger (Juliep), capitaine du génie, attaché à la section technique du génie, membre des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- M. Faure-Dujarric, architecte, inspecteur des services extérieurs au ministère du commerce et de l’industrie, membre du comité consultatif d’hygiène de France, membre des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Suppléants :
- M. Bon (Jules), membre de la Société centrale des architectes.
- M. Grosclaude, président de la Chambre syndicale, juge au tribunal de commerce.
- M. Haret (Emile), membre de la Chambre syndicale des entrepreneurs de menuiserie, ancien président du, conseil des prud’hommes..
- Concours 41. — Art militaire, Equipements
- M. Lebon (le commandant), breveté d’état-major, attaché militaire à la légation de France en Belgique et en Hollande.
- Concours 42. — Alimentation
- M. Marguery, président du comité de l’alimentation parisienne, membre des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- M Cahen (Jules), secrétaire de la Chambre syndicale des conserves alimentaires, secrétaire de la délégation dti congrès des chambres syndicales de France, membre des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- M. Dodé (Victor), président delà chambre syndicale des facteurs aux halles centrales, secrétaire des comités d’admission à l'Exposition universelle de ) 889.
- Suppléant :
- M. Dedron, négociant en fromages, membre dp la chambre syndicale des halles centrales.
- Concours 43. — Condiments, chocolats
- M. Germain-Thomas, président de la Chambre syndicale de l’Epicerie en gros, juge au tribunal de commerce, secrétaire des comités d’admission à l’Exposition de 1889.
- Suppléant :
- M. Arnould, membre du Conseil supérieur de l’Exposition permanente des colonies.
- Concours 44. — Navigation.
- M. Henrique (Louis\ commissaire de l’Exposition coloniale de 1889.
- Concours 45. —Sauvetage, incendie.
- M. le commandant Via, officier d’ordonnance du ministre de la guerre.
- Suppléant :
- M. le Vicomte de Gallwey, administrateur de Sociétés d’assurances.
- Concours 47. — Electricité.
- M. Fontaine (Hipp.), administrateur de la Société Gramme, président honoraire de la Chambre syndicale des industries électriques, président des Comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Suppléants :
- M. Hospitalier , ingénieur électricien, professeur à l’école municipale de physique et chimie industrielles, membre du comité technique de l’électricité à l’Exposition universelle de 1889.
- M. Josse, ingénieur électricien, secrétaire-adjoint de la chambre syndicale des industries électriques.
- Concours 49. — Associations
- M. Topart (E.), manufacturier, ancien juge au Tribunal de commerce, président de l’Association des industriels parisiens.
- Concours 5i.— Commerce, importation, exportation
- M. Piel (Alexandre), vice-président du syndicat général de l’Union nationale, membre du conseil des Prud’hommes, vice-président de comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- Suppléant:
- M. Poupinel, importateur , vice-président du syndicat général, membre des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- AVIS COMMERCIAUX
- LÉGISLATION COMMERCIALE ÉTRANGÈRE
- ITALIE. - TURQUIE
- Le Moniteur officiel du Commerce du 16 août publie le régime douanier appliqué en Italie aux mélasses et aux céréales importées pour la fabrication de l’alcool.
- Dans son numéro du 20 août, la même feuille donner le décret relatif au régime des huiles de coton pures, en Turquie» -,...
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- CHAMBRES DE COMMERCE FRANÇAISES A L’ÉTRANGER
- MONTEVIDEO
- La Chambre de commerce française de Montevideo fait précéder son exposé de la situation du 23 juin au 5 juillet des observations suivantes :
- La quinzaine écoulée a été absolument calme. A part les ventes de sucres de Paris, à livrer les affaires ont été de peu d’importance.
- Les envois pour la campagne sont toujours réduits à cause du mauvais temps et de la difficulté des copamunications. L’importation n’a pas été exagérée, mais, par suite de la stagnation des affaires, le stock en marchandises se trouve augmenté. La tendance du marché est à la baisse. Les détenteurs de sucres raffinés, désireux d’écouler leurs fortes existences, ont fait, ces jours derniers, de nouvelles concessions. La morte saison durera encore environ deux mois.
- En outre, il est bon d’observer que l’augmentation de la consommation ne porte pas seulement sur les articles importés. L’industrie locale prend chaque jour un plus grand développement, et certains de ses produits peuvent rivaliser, sous le rapport de la qualité et surtout du prix, avec les produits similaires de l’étranger.
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- INFORMATIONS ET RENSEIGNEMENTS
- SERBIE.
- Commerce des meubles.
- M. le Ministre de la République à Belgrade vient d’adresser un rapport sur l’importation des meubles en Serbie. Ce document, accompagné de deux catalogues de modèles et prix courants, a été communiqué à la chambre syndicale de l’ameublement, à Paris ; il est tenu, à partir d’aujourd’hui, à la disposition des industriels et négo-cants français intéressés à en prendre connaissance, au Ministère du Commerce et de l’Industrie, 80, rue de Varenne. (Direction du commerce extérieur. -— Bureau des renseignements commerciaux.)
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- TURQUIE D’ASIE.
- Récolte des cocons. — Conseils aux négociants
- FRANÇAIS.
- Le Vice-Consul de France à Tripoli de Syrie donne, pour conclusion à un rapport sur le commerce des soies et la récolté des cocons dans sa résidence, les conseils suivants à ceux de nos négociants qui sont en relations avec les pays du Levant :
- La situation du marché des soies en France et les grandes pertes éprouvées cette année par la filature rendent certains filateurs de la région de Tripoli très prudents, tandis que d’autres, spéculant sur une hausse possible durant la campagne, et espérant regagner leurs pertes, ne craignent pas de s’approvisionner pour toute l’année. La plupart d’entre eux ont encore, à Marseille, d’importantes parties de leurs soies de la dernière campagne invendues. L’on ne saurait trop recommander à nos compatriotes qui leur font des avances une extrême prudence.
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- SI AM
- Envois d’échantillons
- M. Pavie, vice-consul de France à Luang-Pra-band, vient d’adresser une nouvelle collection d’échantillons de tissus, de vêtements et chaussures en usage dans le Laos.
- Ces échantillons, qui porten t l’indication des prix de vente, resteront jusqu’au 10 septembre à. la disposition des industriels et négociants français, àu ministère du Commerce et de l’Industrie, 80,_rue de Varenne. (Direction du commerce extérieur. — Bureau des renseignements commerciaux v)
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- Quatrième Année. — N° iq_j.
- Ils seront ensuite conimunique's aux chambres de commerce, musées commerciaux, etc., qui exprimeront le décir de les recevoir.
- JAPON
- PROJETS DE DISTRIBUTION d’eAU
- Le chargé d’affaires de Belgique à Yokohama annonce ainsi un projet de distribution d’eau dans plusieurs villes du Japon, et indique les moyens par lesquels des entrepreneurs européens pourraient obtenir là concession de cës travaux :
- La ville de Yokohama a été, l’année dernière, dotée d’une distribution d’eau dont les plans et l’exécution avaient été confiés au général Palmer, ingénieur anglais, engagé à cet effet par le gouverneur.
- Cette œuvre, très bien menée, a été couronnée d’un plein succès, et, encouragées par l’exemple, les municipalités de plusieurs grandes villes du Japon étudient en ce moment les moyens d’exécuter des travaux similaires. Il paraîtrait qu’à Kobé, à Osaka et à Hakodaté les devis estimatifs préparatoires seraient déjà dressés.
- Dans la capitale également, à Tokio, le projet est à.l'étude. On discute la question de savoir si le gouvernement entreprendra lui-même l’établissement et l’exploitation d’une distribution d’eau ou s’il confiera ce soin à une compagnie. La grande difficulté du moment semble résider dans les moyens de réunir les fonds nécessaires.Il s’agit d’une somme de 6.millions' de yens, soit environ 24 millions de francs. Tokio compte actuellement une population de i,3oo,ooo âmes; d’après le projet, les travaux seraient exécutés en vue d’une population de 2 millions d’habitants.
- La nécessité de pourvoir les grandes villes de bonne eau potable s’impose au Japon, où les puits sont presque tous contaminés par le voisinage des rizières.
- On ne saurait trop engager les intéressés à prendre le plus tôt possible leurs dispositions pour avoir sur place un agent dont la compétence et l’autorité en ces matières soient indiscutables et puissent déterminer une décision de la part des autorités japonaises, [Fencore hésitantes. Sans un agent de l’espèce, muni de pouvoirs suffisants pour faire des propositions claires et définies, il serait fort difficile, pour ne pas dire impossible, d’enlever une affaire de pareille importance , aussi longtemps que le système des adjudications, le seul qui cependant semble offrir toutes les garanties désirables, n’aura pas été adopté parles administrations publiques du Japon.
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- BRÉSIL
- TRAVAUX D’PMÉLIORATION A L’ENTREE DU PORT' DE RIO-GRANDE DU SUD
- Le Ministère du Commerce et de l’Industrie vient de recevoir le texte du décret déterminant la mise au concours pour le contrat relatif aux travaux d’amélioration à faire à l’entrée du port ou barre de Rio-Grande du Sud.
- Ce document est à la disposition des intéressés, au Ministère du commerce et de l’industrie (Direction du commerce extérieur. — Bureau des renseignements commerciaux) , 80 , rue de
- Varenne.
- Le cahier des charges, accompagné des indications complémentaires, plans, etc., peut être consulté tous les jours de midi à heures,, à la légation du Brésil, 7, rue de Téhéran, à Paris.
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- MAROC
- EXPORTATION TEMPORAIRE DES OS. —j ACHATS SUR
- PLACE
- Le Moniteur officiel du commerce du 5 juillet dernier et les. Avis commerciaux du 9 du même mois ont fait connaître qu’un décret du Sultan du Maroc venait d’autoriser, dans tout l’empire, l’exportation des os pour la durée d’une année (du 12 juin 1888 au 3i mai 1889).
- Nous empruntons à une dépêche de M. le Consul de France à Modagor les informations complémentaires suivantes :
- En principe, la sortie des os est formellement interdite au Maroc ; toutefois, à la demande du commerce européen et par l’entremise des représentants des puissances à Tanger, le Sultan permet de temps en temps, et pour des périodes déterminées, l’exportation de cet article. C’est ainsi que vient d’être rendu le décret autorisant l’exportation des os, du 12 juin 1888 au 3i mai 1889.
- La dernière décision impériale de cette nature remonte au mois de février 1883 ; depuis lors, on a emmagasiné une quantité assez considérable de cette marchandise, dont 480 tonnes environ sont actuellement monopolisées entre les mains de quelques négociants, sans compter une moyenne de 200 autres tonnes, montant des achats divers qui seront prochainement faits dans les campa-
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1880.
- gnes, et qui porteront à ün chiffre total de 700 tonnes environ les os à exporter par le port de Mogador, dans le délai indiqué.
- La dernière exportation de cet article a été presque exclusivement dirigée sur Londres, en raison des prix avantageux auxquelles négociants du Maroc trouvaient à placer leur marchandise.
- Les maisons françaises pourraient prendre part surplace aux achats des os disponibles qui seront vendus à des prix assez raisonnables.
- Il existe, dans le pays, des négociants protégés français, qui seraient disposés à donner la préférence à nos compatriotes au cas où ceux-ci leur feraient des offres sérieuses.
- Les acheteurs français peuvent d’ailleurs s’adresser. pour obtenir de plus amples renseignements, à nos consuls, vice-consuls et agents consulaires au Maroc.
- L’ART ANCIEN
- A L’EXPOSITION DE BRUXELLES
- U Indépendance belge a publié il y a quelques jours sur cette question une étude intéressante que nous croyons devoir reproduire.
- L’Exposition rétrospective d’art industriel (titre officiel), organisée sous les auspices du gouvernement et installée dans l’enceinte du Grand Concours dont elle est absolument distincte, est une réussite complète. Ni en Belgique ni ailleurs on n’avait réuni un si grand nombre de ces objets appartenant à ce qu’on appelle la haute curiosité. Dans certaines expositions du même genre, celle de 1880 notamment, on semblait avoir plus visé à la quantité qu’à la qualité. On a, cette fois, la qualité avec le nombre. Disons seulement que pour cette belle et riche exhibition, l’enseigne est une fiction, un mensonge : Exposition rétrospective, très bien ; d'art industriel, en aucune façon. Il ne s’agit ici ni d’industrie, ni d’art industriel ; on n’a inventé ce titre mensonger que pour rattacher l’Exposition rétrospective à. celle du Grand Concours. Ils auraient été bien surpris, les admirables artistes qui faisaient les chefs-d’œuvre d’orfèvrerie, les émaux, les bronzes, les cuivres, les sculptures en bois et en ivoire, les miniatures, les médailles^ les tapisseries, les broderies qu’on admire àl’exhi-bition de la plaine des Manœuvres, si on leur avait dit qu’ils faisaient de l’art industriel. On veut tout rapporter àT’industrie aujourd’hui: c’est la chose utile. L’art est une superfluité, il ne vient qu’en seconde ligne. Nous le répétons, le mot industriel n’avait que faire ici ; c’est une fausse étiquette qui, contrairement à l’usage, donne de la chose à laquelle on l’applique une idée inférieure à ce qu’elle est réellement.
- On sait combien est importante la première impression, quand l’objectif est d’exciter la curiosité publique. Elle est excellente, cette impression, à l’Exposition rétrospective. A peine en a-t-on franchi le seuil, on est frappé du bel aspect qu’offre son ensemble, et l’on est impatient d’aborder l’examen détaillé des objets de choix qu’elle renferme. La forme semi-circulaire du local y est pour, quelque chose. Cette disposition tournante fait que la vue n’atteignant pas, dès l’entrée, l’extrémité de la galerie, l’imagination la prolonge et la peuple d’objets attrayants. Instinctivement on aime ce qui semble ne pas finir, ce qui ne fixe pas la limite des impressions. C’est en vertu de ce principe, conforme au jeu naturel des facultés humaines, que les peintres ont soin de ne pas montrer, dans leurs tableaux, toutes choses finies; qu’ils font plutôt pressentir que voir le dénouement de l’action, et qu’ils engagent dans le cadre une partie des figures ou des accessoires rapprochés des limites de la toile.
- Bien que se rapportant à une longue suite de siècles et pouvant donner lieu à plusieurs goupe-ments qui formeraient autant de périodes historiques, les objets admis à figurer dans cette riche exposition sont répartis en deux grandes divisions: i° celle du moyen âge, comprenant les époques antérieures; 20 celle des temps modernes, depuis la renaissance jusqu’à la fin du dix-huitième siècle. Dans chacune de ces divisions l’ordre chronologique a été observé, autant qu’on a pu concilier ce principe avec les considérations d’aspect pitto-
- Dimanche 16 Septembre 1888. — 116i.
- resque auxquelles on est obligé d’avoir égard dans un musée ou dans une exposition qui est un musée ou dans une exposition qui est un musée temporaire. Il fallait commencer par le commencement et donner une place aux objets qui ont marqué le premier effort de l’homme dans la conception des formes et des motifs décoratifs des objets d’un usage familier ; mais on doit avouer que l’intérêt est plus archéologique qu’artistique dans cette classe qui comprend les époques anté-romaine, gallo-romaine et franque ou mérovingienne. Ce qui s’y trouve est à signaler comme intérêt spécial, mais non à décrire dans le rapide aperçu que nous faisons.
- (A suivre.)
- LE BON MARCHÉ
- EXPOSITION DE TAPIS
- ET AMEUBLEMENTS
- Au retour des plages et de la campagne, les Parisiens, aussi bien que les nombreux étrangers qui affluent à Paris en cette saison, trouveront à contempler, durant quelques jours, un curieux spectacle, unique en France.
- Un palais oriental en plein Paris !
- Une véritable féerie des rives du Bosphore. Rien n’y manque pour que l’illusion soit complète, si ce n’est le silence des maisons d’Orient, le calme nonchalant et énervant de la vie turque. Ici, au contraire, c’est le mouvement, c’est la vie, l’expansion d’une force énorme de production et de commerce au milieu de tous les enchantements de l’art oriental.
- Celui qui sait s’isoler au milieu de la foule et rêver au milieu du bruit, n’a qu’à visiter l’Exposition de tapis et ameublement du Bon-Marché. Il se transportera, s’il le veut, dans les lointains palais de la Perse, au fond de la Karamanie, sur les rives du Gange, dans les mosquées d’Arabie. Les couleurs chatoyantes des étoffes venues de là-bas, les arabesques capricieuses, les dessins mille fois variés lui sembleront comme un reflet du soleil d’Asie.
- Ici, l’Orient avec ses merveilleux tapis au chaud coloris, aux riches dessins ; plus loin, les fantaisies chinoises ou japonaises, les porcelaines d’Imari, les costumes soyeux, les ivoires finement ciselés, les armures excentriques.
- Et comme rien ne manque à cette fête du bon goût et de l’art, on se trouve en pleine France du. xvne siècle, en face des tapis d’Aubusson et de la Savonnerie, des merveilles-aussi, dans un genre tout différent.
- D’un côté, les siècles écoulés. Plus loin le présent avec tous les produits du monde connu.
- . L’exposition de tapis et d’ameublements du Bon-Marché est en quelque sorte un résumé de l’histoire de l’ameublement et de l’art décoratif à. travers les siècles.
- Quelle différence d’un salon ou d’une habitation du siècle dernier, ou même au commencement de ce siècle avec un salon ou une habitation de nos jours! Le goût, cette faculté impérissable de l’esprit français, n’a pas changé en ce qui concerne le choix de ce qui est beau, de ce qui est artistique ou curieux, mais il a changé d’objets, s’est éparpillé sur des ornements nouveaux. On est allé chercher, pour meubler no? maisons, jusqu’aux confins de la terre, des objets qui, il y a un siècle, eussent coûté des sommes fabuleuses et qu’on a aujourd’hui presque pour rien. Et pourtant, ce sont les mêmes tissus, les mêmes meubles, les mêmes ivoires, car l’art est stationnaire dans tout l’Orient. Mais on voyage si vite à présent, les communications sont si faciles et l’activité commerciale est si dévorante !
- Ce goût prononcé de notre génération pour la décoration exotique, cette mode luxueuse de s’entourer d’objets venus de loin, de bibelots japonais ou chinois, de tapis de la Perse ou de l’Inde, sont dus à l’initiative des grands magasins du Bon-Marché. Plus que tous autres ils y ont contribué, en envoyant en Orient et jusqu’au Japon des acheteurs chargés d’en rapporter toutes les
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- LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 16 Septembre 1888.
- superbes curiosités qui font l’éclat et l’originalité de l’Exposition de septembre.
- Mais il est juste d’avouer que dans cette vaste exhibition qui est, pour ainsi parler, l’apogée delà force commerciale et qui ressemble à un voyage autour du monde, les produits français sont dignement représentés.
- La France peut rivaliser actuellement avec n’importe quelle contrée pour la fabrication de tapis. Elle atteint la perfection du genre comme dessins et comme fini d’exécution.
- On trouve à l’Exposition du Bon Marché toutes les variétés de tapis de fabrication française, tels que tapis veloutés, façon d'Orient, à points noués, à chenille, à points tubes, moquettes à la Jacquard et à chaînes imprimées.
- La moquette tient le milieu entre les tapis ras et les veloutés, façon d’Orient ou de la Savonnerie ; elle est d’un emploi facile, elle est moins sèche, plus chaude et plus moelleuse que les tapis ras et beaucoup moins chère que les tapis à points noués.
- Les grands magasins du Bon Marché, par le bon goût de leurs magnifiques Expositions, ont donné aux tapis d’Orient une vogue universelle. Affaire de mode peut-être; mais il faut bien avouer que rien n’est plus moelleux, plus beau, plus séduisant que ces étoffes aux si belles couleurs et aux dessins si variés.
- Le tapis est une industrie qui s’étend à toutes les contrées orientales, on le fabrique au Maroc en Algérie, dans le Caucase, aux Indes, en Tur_ quie. Mais les plus beaux modèles, les plus remarquables par leur finesse, la richesse du coloris et la pureté des dessins, viennent de la Perse. Les tapis de grande dimension se font dans la province de Ferrahan. Ceux de petite dimension, plus fins, plus souples, plus riches de couleurs et de dessins, que l’on emploie plus spécialement pour lés meubles de luxe, viennent de la province de Kurdistan.
- La Turquie produit également de magnifiques tapis : tout le monde connaît les tapis de Smyrne, qui se fabriquent à Ouchac, Yordès et Koulâ. Ce sont des tapis haute laine.
- Les tapis de l’Inde sont de même fabrication que ceux de Perse et de Turquie.
- Toutes les variétés de ces tapis se trouvent à l’exposition du Bon Marché. Mais cette année, on y trouvera une remarquable collection des plus splendides tapis de Smyrne, fond rouge, médaillon uni et semé, tapis très épais, points noués, pure laine à coloris très chauds. Ce sont les plus beaux produits d’Asie et la maison du Bon Marché a donné des ordres depuis plusieurs années à Ouchac afin de pouvoir offrir à ses visiteurs un choix aussi considérable que possible à des prix très avantageux. Une particularité remarquable du tapis de Smyrne, c’est que son teint, bien que très chaud a une finesse de nuances, qui permet de l’har-moniser avec tous les ameublements.
- On trouvera encore à l’Exposition le plus grand assortiment de tapis Tureomans haute laine, points noués, dont les dessins sont la copie des vieux tapis d’Asie, les tapis Mohair aux reflets de soie, d’une fabrication exceptionnelle qui est la propriété du Bon Marché. C’est un article tout nouveau pour salon de réception et ameublement de soie. On le fabrique avec le poil d’une chèvre qu’on ne trouve qu’en Asie Mineure.
- • Les relations constantes et toujours croissantes du Bon Marché avec la Perse lui ont permis de se procurer une très grande quantité de tapis persans achetés sur le marché de Téhéran ou dans les districts de Ferrahan, articles remarquables par la variété de leurs dessins et, malgré leur beauté, d’un prix exceptionnel de bon marché.
- Les fabriques qui travaillent exclusivement pour la maison à Cachemire et Armistom, dans les Indes, lui expédient depuis plusieurs mois les tapis cachemire aux dessins du Bengale, en laine soyeuse du Thibet, et, en outre, une variété absolument nouvelle, dit tapis de Mazulipatam et qui est merveilleuse de finesse.
- A noter encore les grands tapis du Népaul, très fins et veloutés, points de tapisserie, dessins copiés sur les temples de l’Hindoustan, tapis de
- très grande dimension, spéciaux pour palais et salles de fête.
- Les voyageurs du Bon Marché qui se trouvent sans cesse sur les marchés d’Asie et qui recherchent tout ce que l’Orient offre de plus beau en tapis anciens, ont pu réunir une splendide collection de tapis très rares du Daghestan, usités en Perse pour la lecture du Coran. Ce sont de vrais objets d’amateurs et dignes de figurer dans les collections de musée, ainsi que les tapis de l'Afghanistan, de Kaboul, de Soumaka, remarquables par leurs broderies.
- Outre les anciens tapis de prière, on trouvera à l’Exposition les tapis de mohair, reproduction nouvelle des tapis de mosquée, avec dessins artistiques, aux reflets d’argent, avec franges tresses de Bohême. Cet article est la propriété exclusive du Bon Marché.
- La maison a aussi la propriété des dessins des tapis moquette fabriqués à Tourcoing chez les premiers fabricants. Les métiers sont engagés par la maison pour un temps illimité.
- Les grands Magasins du Bon Marché possèdent en toute propriété une nouvelle collection de moquettes riches, qualité Savonnerie extra, dessins de vieilles soieries de l’époque, fabriqués dans les ateliers de la maison Croc père et fils et J or-rand, d’Aubusson. Ces moquettes sont tissées à l^a Jacquard, six couleurs, sur les nouveaux métiers double duite.
- Enfin, et pour finir cette longue nomenclature de tapis qui ne donne* pourtant qu’une idée très faible de la merveilleuse Exposition du Bon Marché, citons les assortiments de carpettes i Jacquard, les Daghestans imitation d’anciens tapis d’Orient, la collection des foyers assortis aux carpettes, la reproduction inédite d’une fabrication nouvelle en carré sac arabe, moquette Jacquard, tissage mécanique, type des Sakarans ou sacs de chancelier. Cette fabrication appartient entièrement au Bon Marché et le prix en est très avantageux.
- L’Exposition du 24 septembre n’est cependant pas uniquement consacrée aux tapis. Au comptoir spécial d’Ameublement on trouve des rideaux de tout genre et de prix, tout très artistement confectionnés, des tapisseries d’Aubusson, de magnifiques panneaux verdure pour salle à manger, des panneaux à personnages pour salon.
- A citer encore le très grand choix d’étoffes végétales pour sièges et rideaux, avec dessins et coloris des plus variés.
- On admire dans cette exposition d’étoffes pou^ ameublement un assortiment considérable de magnifiques portières orientales, de broderies et de tapis de tables. Les portières brodées de Dji-jin (Diarbékir) sont composées chacune de cinq bandes brodées à la main, coloris éteints s’alliant très bien à tous les ameublements. Les portières de Karamanie anciennes et modernes ne sont pas moins belles ni moins fines, avec leurs riches dispositions et leurs encadrements artistiques. Ces portières peuvent s’utiliser pour sièges, coussins, rideaux. Ce sont des pièces très rares et très recherchées pour bibliothèques, fumoirs et ateliers d’artistes.
- Parmi les broderies de Turquie, on remarque les serviettes turques brodées de charmants motifs aux deux extrémités. Beaucoup de ces serviettes sont anciennes; elles sont aujourd’hui fort recherchées pour les applications qu’on en fait sur soie, peluche, et sur du drap. Le Bon Marché met aussi en vente un grand choix de broderies turques sur toile fine et sur satin, pour tapis de table, dessus de pianos et de cheminées, et pour coussins.
- Les broderies anciennes et modernes de la Chine et du Japon sont aussi très remarquables. Elles se composent de grands rideaux en satin de très belle qualité, chargés de broderies chinoises faites à la main, d’une exécution parfaite, représentant des oiseaux, des fleurs et des personnages, sous les nuances les plus variées ; de couvre-lits chinois, doublés en soie, pièces très recherchées, ornées de franges tout soie, d’une hauteur de 20 centimètres. Ces broderies sont généralement employées comme draperies de pia-
- nos. On trouve encore dans cette collection des carrés de soie brodés pour écran, sièges et coussins.
- A remarquer enfin, au comptoir des étoffes pour ameublement, les broderies modernes sur peluche, drap ou satin pour tapis de table, dessus de pianos, coussins, et nous appelons l’attention des amateurs sur la collection de soieries anciennes très bien conservées, style Louis XIII, Louis XIV, Louis XV, etc., pouvant s’utiliser pour meubles, rideaux, tentures, écrans, paravents, coussins et ouvrages de dames.
- Enfin un grand assortiment de tapis table toutes dimensions, dessus de pianos et de cheminées,voiles de fauteuils et de canapés, tissus fond laine ou fond soie encadrés d’une frange bien assortie, dessins genre tapisserie Louis XIII, moyen âge,japonais, etc., coloris très variés pou vant aller avec tous les ameublements.
- Au comptoir d’ameublement, à côté de l’amoncellement des sièges les plus variés dans le genre oriental, on admire une série de meubles haute fantaisie, pièces inédites et du goût le plus recherché, les tissus qui recouvrent ces meubles sont des imitations de vieux brocards, lampas, satins brodés, mélangés avec des peluches de soie aux reflets chatoyants.
- Une série incomparable de sièges de style. Reproduction exacte pour la plupart de nos musées nationaux, ce choix a été fait avec le plus grand soin. Les styles Louis XV et Louis XVI y sont plus particulièrement marqués, les marquises, les bergères, les bouts de pieds, poufs, tabourets en bois apparent et sculpté,sont des merveilles artistiques. Le bois doré semble revenir à la mode et déjà il a reparu dans nos salons.
- Des meubles de salons complets en noyer et or, et garnis de tapisseries d’Aubusson à sujets (propriété de la maison).
- La décoration traitée avec les soins et le goût le plus recherché fera certainement l’admiration des visiteurs.
- Au milieu de tout cela et comme pour rehausser l’éclat de cette exposition, une infinité d’objets créés spécialement, tels que écrans, paravents, chevalets, petits meubles de tout genre et de tout les styles, beaucoup de vernis Martin.
- Enfin, et pour compléter cette exposition, le Bon. Marché offre à ses visiteurs une importante et très curieuse collection de bibelots artistiques d’objets anciens et modernes, se composant de vieilles armures, de bronze chinois et japonais, aux attitudes et aux formes les plus bizarres, idoles en bois sculpté et doré, robes japonaises en soie aux vives couleurs, meubles de bois de fet\ porcelaines anciennes de toutes provenances, groupes en ivoire, etc. A ajouter enfin à cette collection d’objets si goûtés aujourd'hui et devenus si à la mode, une très grande variété de cuivres et faïences de la Perse.
- Tous ces objets viennent directement de leur lieu d’origine, grâce aux représentants que le Bon Marché entretient dans le monde entier et qui recherchent continuellement avec le plus grand soin tout ce qui peut plaire à la clientèle de la maison. C’est ce qui permet d’offrir tant d’admirables choses de luxe ou de fantaisie à des prix aussi modiques.
- Chaque année le Bon Marché donne à cette importante Exposition une attraction nouvelle, des articles jusque-là inconnus, des occasions exceptionnelles que l’on ne saurait trouver nulle part ailleurs. Le Bon Marché est donc bien réellement le guide du bon goût et de l’élégance dans la décoration artistique comme dans tout ce que cette maison offre à ses visiteurs. C’est la perfection unie à tous les avantages de la qualité et du prix.
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- Le Propriétaire-Gérant : H. Pendrié.
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- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
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- La durée de validité des billets est fixée à 30 jours pour les parcours inférieurs à 1,500 kilomètres; 45 jours pour les parcours de 4,500 à 3,000 kilomètres, et 60 jours pour les parcours supérieurs à 3,000 kilomètres. Cette durée peut être prolongée d’une, deux ou trois périodes de 10 jours, moyennant payement, pour chaque pér-riode, d’un supplément égal à 10 0j0 du prix primitif des billets.
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- QUATRIEME ANNÉE.
- SOMMAIRE :
- i. Les annexes du Champ-de-Mars ; 2. Adjudications; 3.
- ' Commission decontrôle et de finances ; 4. Le diplôme des récompenses de l’Exposition de 1889; 5. Installations diverses; 6. Les Colonies à l’Exposition de 1889; 7. Les Etrangers à l’Exposition de 1889; 8. La Belgique à l’Exposition de 1889; 9. La grève des ouvriers de la Tour Eiffel ; 10. Le Congrès de la Paix de Neuchâtel: it. Expositions, diverses; 12 Ville de Paris: Concours relatif à l’installation de l’usine municipale d’électricité; :3- Echos; 14. Sport; i5. Le Catalogue général ; 16. Le Bon Marché. — Gravure: Une ferme dès Palais des Beaux-Arts et des Arts libéraux.
- La nouvelle Administration du MONITEUR DE L’EXPOSITION a l’honneur d’informer ses abonnés que ses bureaux Situés, Cité de l’Alman011, sont à proximité du Champ-de-Mars, du quai d’Orsay et de l'Esplanade des Invalides, c’est-à-dire au centre même de l’Exposition.
- Elle se met à leur disposition pour tous les renseignements dont ils pourraient avoir besoin concernant l’Exposition de 1889: demandes d’emplacements, installations de vitrines, etc., etc.
- Pour ces renseignements et pour tout ce qui concerne la rédaction ou l’administration, s’adresser à M. H. PENDRIÉ, directeur et propriétaire-gérant du MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- LES
- ANNEXES DU CHAMP-DE-MARS
- Avant d’entreprendre la revue de cette partie secondaire, mais non la mois attractive, de la future Exposition, nous devons réparer quelques oublis concernant notre dernière revue du Champ-de-Mars.
- La construction importante que nous avons signalée tout près de la pile 3 de la Tour Eiffel et dont le gros œuvre est presque terminé, est celle de l’exposition delà République bolivienne, non loin de laquelle s’élèvera celle de la République de San-Salvador dont les travaux vont commencer incessamment.
- Dans toute l’étendue du Champ-de-Mars l’installation des diverses canalisations, eau, gaz, etc., est en plein travail. Ces canalisations sont présentement poussées jusque dans l’intérieur delà galerie des Machines. Dans celle-ci, dont les travaux de couverture et de vitrerie sont très avancés, on procède même à l’essai des effets de décoration dont M. Jambon, l’habile spécialiste, est chargé. Un des panneaux représentant les armes de Mâcon est déjà en place et produit, ma foi, un très bel effet.
- Les galeries latérales de l’immense Palais sont en bonne voie d’établissement, la moitié du travail de pose est à peu près fait. Le porche monumental situé en lace de la Tour centrale et qui formera l’extrémité de la galerie dont celle-ci est la tête est presque terminé. Ce porche
- Dimanche 23 Septembre 1888.
- représente un travail considérable d’exécution bien en harmonie, d’ailleurs, avec l’immensité du Palais,
- Ajoutons que la dixième ferme du côté Fives-Lille que, dans notre dernier numéro, nous avions annoncé devoir être élevée lundi dernier seulement, l’a été dans la soirée du vendredi précédent et la matinée du samedi. A midi, cette manœuvre étonnante, cette mise en place de deux masses de fer pesant ensemble 106 tonnes, était un fait accompli. M. Balme, le chef du chantier, était à son poste et l’a dirigée du commencement à la fin avec son expérience et sa compétence habituelles.
- Du côté Cail, la même dixième ferme est sur le point d’être parachevée. On espère que la pose de la pièce principale, c’est-à-dire de la ferme entière, sera terminée lundi prochain.
- Si du Champ-de-Mars nous nous transportons à l’Esplanade des Invalides, nous trouvons là aussi de bien grands changements depuis notre dernière revue.
- A droite, c’est d’abord, le panorama Cas-tellani dont la charpente de fer est à peu près mise en place. Plus bas, du même côté, les bâti_ ments de l’exposition coloniale ont peu progressé, il est vrai, ni, non plus, ceux de l’exposition tunisienne, mais, par contre, ceux de l’Algérie sontdans le meilleur étatd'avancement. Non seulement le gros œuvre est terminé, mais le blanchiment des murailles le sera bientôt, toutes les parties basses sont déjà faites, il ne reste plus à achever que les coupoles et la tour qui termine les constructions du côté de la Seine.
- A gauche de l’Esplanade (côté du Champ-de-Mars), rien encore d’édifié jusqu’aux bâtiments de l’exposition d’hygiène qui sont dans un état d’avancement comparable à celui de l’exposition algérienne. Ce sera une des plus importantes installations de cette partie de la grande Exposition.
- Au delà des bâtiments de l’exposition d’hygiène,viennent ceux de l’exposition militaire lesquels, ainsi que nous le disions dans notre revue du 12 août dernier, occuperont une étendue de 200m de longueur. Ici, la plus grande activité règne ; les murailles de fondation et de soutien du bâtiment principal sont achevées sur toute leur étendue. On va commencer la pose de la charpente qui formera le gros œuvre de cette construction. En avant, et en bordure de l’allée centrale de l’Esplanade, sont déjà édifiés un bastion en maçonnerie et deux tours de même nature destinées à recevoir quelques pièces d’artillerie de siège. Cette miniature de forteresse est placée dans l’axe de la rue de l’Université.
- A la suite de l’exposition militaire, aucune installation, sur l’Esplanade, n’est encore com_ mencée, du moins du même côté.
- Nous arrivons au quai d’Orsay où nous ren-
- NUMÉRO igbm
- controns tout d’abord de nouvelles galeries édifiées ces jours derniers soit en amont, soit en aval du pont des Invalides. On sait que depuis une vingtaine de jours, ce quai est complètement fermé à la circulation, sauf dans la partie qui longe les maisons. C’est tout à côté de cette chaussée, au bord de l’allée principale que va être installé le petit chemin de fer de l’Exposition qui partant de l’Esplanade des Invalides aboutira, en suivant le quai d’Orsay, à la gare du Champ-de-Mars et au delà, jusqu’à la galerie des machines en suivant le'côté sud (avenue Suffren) du Champ-de-Mars.
- Les travaux de ce chemin de fer sont activement et intelligemment menés par MM. Gaillot etGallotti, concessionnaires. De l’Esplanade des Invalides au pont de, l’Alma, la ligne suit à niveau la chaussée de gauche du quai, puis elle s’abaisse pour traverser en souterrain la petite place qui est dans l’axe de ce pont, place don le sol sera surélevé de toute la masse des déblais pris dans la tranchée. Au-delà, la ligne reprend le niveau de la chaussée, puis s’abaisse de nouveau à l’extrémité des galeries de l’agriculture pour passer en souterrain vis-à-vis le pont d’Iéna et aboutir enfin en face et à niveau de la gare du Champ-de-Mars.
- Nous aurons l’occasion, dans un prochain numéro, de donner quelques détails techniques sur cet auxiliaire important de la future Exposition, c’est pourquoi nous nous contentons aujourd’hui d’en indiquer les lignes générales.
- Avant de parler des constructions qui, entre le Champ-de-Mars et le quai, s’élèvent comme par enchantement, il est bon de signaler que toutes les portes monumentales des galeries de l’agriculture en aval du pont de l’Alma sont terminées et qu’elles sont du plus bel effet. C’est dans la galerie de gauche de ces dernières que va s’ouvrir, le 2 5 courant, l’exposition internationale-concours de la ramie dont nous rendrons compte ultérieurement.
- Près du pont d’Iéna, disions-nous plus haut, des constructions nombreuses sortent de dessous terre. Ce sont les divers bâtiments de l’intéressante exposition de Y habitation humaine. Près de trente petits édifices de tous styles et de toutes natures sont sur le point d’être achevés. On y voit des modèles d’habitations depuis la préhistorique caverne delà période glaciaire qui commence la série, puis des huttes de divers genres, une habitation lacustre, jusqu’à la maison confortable que peuvent s’offrir de nos jours les gens fortunés, en passant par les divers types de construction que les nécessités ou les possibilités sociales ont amené l’espèce humaine à édifier dans la suite des temps. Cette curieuse exhibition sera certainement l’une des plus visitées, car elle sera une leçon d’histoire des plus instructives et des plus intéressantes.
- En terminant cette revue, mentionnons pour mémoire que les travaux d’établissement d’une
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- 1164. — Quatrième Année. — N° 195. LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- ville bretonne au Trocadéro sont commencés, mais ils sonc encore trop à l’état rudimentaire pour en parler avec plus de détails. Nous en aurons l’occasion, sans doute, dans notre prochaine revue.
- H. Pendrié.
- ADJUDICATIONS
- Cafés, Restaurants et Brasseries
- Les Cafés, Restaurants et Brasseries de l’Exposition universelle au Champ-de-Mars, au Troca-dércr et sur l’Esplanade des Invalides viennent d’être adjugés aux maisons suivantes :
- The India Ceylan Planten Association.
- Brasserie de Maxeville.
- Grüber.
- Heineken.
- Ducasse et Keller.
- Schwerer.
- Champion etVirey (La Lorraine).
- Maillé.
- Gaulon.
- Finatis.
- Yan Houten.
- Spiers et Pond.
- Lepault.
- Dumesnil.
- De Swarte et Chevet,
- Sapin.
- Rivière.
- Boucaux.
- Du val (3 établissements).
- Kuhn.
- Brasserie de Tantonville.
- Ansart.
- *
- * *
- Ministère du Commerce et de l’Industrie
- Adjudication en un lot de la fourniture, pose et
- entretien pendant la durée de l’Exposition, des
- parquets et lambourdes du re^-de-chaussée du
- Palais des Machines, au Champ-de-Mars.
- Le samedi i3 octobre 1888, à une heure de l’après-midi, il sera procédé publiquement, dans une des salles du Conseil de Préfecture (Palais du Tribunal de Commerce), par le Préfet de la Seine ou son délégué, assisté de deux membres du Conseil de Préfecture et du Directeur général des Travaux ou de son délégué, à l’adjudication, au rabais, sur les prix de la série, et par soumissions cachetées, de l’entreprise, en un lot, des parquets et lambourdes du rez-de-chaussée du Palais des machines au Champ-de-Mars, lesquels travaux sont évalués à 68,896 fr. 96, somme à valoir pour imprévus comprise.
- Le cautionnement est fixé à 3,000 francs.
- Le devis, la série de prix, le cahier des charges et les plans sont déposés à la Direction générale des Travaux, dans les bâtiments du Champ-de-Mars, à l’extrémité de l’avenue Rapp, où l’on pourra en prendre connaissance, tous les jours non fériés, de une heure à quatre heures.
- Nul ne sera admis à concourir à l’adjudication s’il ne remplit les conditions imposées par le cahier des charges générales.
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- COMMISSION DE CONTROLE
- ET DE FINANCES
- La Commission de Contrôle et de finances s’est réunie jeudi i3 courant, à trois heures, sous la présidence de M. Pierre Legrand, ministre d'u commerce et de l’industrie, commissaire général.
- Elle a adopté successivement tous les projets à l’ordre du jour, dont voici l’énumération : i° Concession des kiosques lumineux:
- 20 Exploitation du chalet du Champ-de-Mars pour la vente des fleurs ;
- 3° Indemnité à M. Sévérac ;
- 40 Musée géologique souterrain ;
- 5° Ventilation du crédit de 20,000,000 fr.
- La Commission a autorisé l’ouverture de crédits pour élever une statue devant le Palais de l’Hygiène et pour l'agrandissement du hall destiné à l’Exposition des chemins de fer. Cet agrandissement est nécessité par les demandes considérables faites par les exposants étrangers. Elle a repoussé un projet de musée géologique au-dessous du Trocadéro, qui avait été soumis à la direction générale.
- LE DIPLOME DES RÉCOMPENSES
- A L’EXPOSITION DE 1889
- La commission chargée de rédiger le programme du concours pour le dessin du diplôme des récompenses de l’Exposition de 1889, s’est réunie hier sous la présidence de M. Pierre Legrand, ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général. Il a été décidé que tous les artistes français seraient admis sans condition au concours qui sera ouvert très prochainement. Une sous-commission a été nommée pour rédiger le programme de ce concours.
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- INSTALLATIONS DIVERSES
- Il vient de se former à Londres un comité spécial dont l’objet est d’assurer une participation aussi large que possible de l’Angleterre à l’exposition rétrospective des moyens de transports qui sera une des attractions du Champ-de-Mars en 1889.
- Un journal spécial, 1 ’Engineering, donne au sujet de cette exposition d’intéressants détails. Elle devra réunir des spécimens de ce qui, dans tous les temps, a servi à la locomotion, sur l’eau et dans l’air, sur les routes et sur les voies ferrées.
- On comprend que, dans ces conditions, un appel aux musées et aux collectionneurs anglais soit absolument commandé.
- Un comité du même genre va se former en Amérique.
- LES COLONIES A L’EXPOSITION
- DE 1889
- Tonkin
- L’Avenir du Tonkin du 4 août nous apporte une nouvelle qui ne manquera pas d’intéresser les partisans de la politique coloniale. Nous reproduisons ci-après le texte de l’arrêté qu’a pris à ce sujet le gouverneur général par intérim.
- Le Gouverneur général de l’Indo-Chine p. officier de la Légion d’honneur et de l’Instruction publique.
- Arrête :
- Article premier. — M. Janet, ingénieur de la marine, est chargé de préparer, pour l’Exposition de 1889, un plan en relief d’une partie du Tonkin.
- Le travail terminé et livré, il lui sera payé une somme de 600 piastres commecompensation de ses frais; l’œuvre deviendra la propriété du Protectorat.
- Art. 2. — Le Résident général en Annam et au Tonkin est chargé de l’exécution du présent arrêté.
- Hanoi, le 2o juillet 1888.
- Richaud.
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- Dimanche 23 Septembre 1888.
- LES ÉTRANGERS A L’EXPOSITION
- DE 1889
- Brésil
- Le président des Alagôas a annoncé à la Commission centrale brésilienne qu’il s’était adressé à toutes les corporations industrielles, agricoles et commerciales pour assurer la participation de cette province à l’Exposition de 1889.
- La Commission centrale, à propos d’une demande de place réservée, de la Société d’immigration de Espirito Santo, a fait connaître qu’il ne saurait y avoir ni à Rio, ni à Paris, de section spéciale à chaque province. Tous les produits envoyés seront répartis en groupes et classés selon le règlement général. La Commission a déclaré que les compagnies maritimes subventionnées ont offert de transporter gratuitement en France les produits rassemblés à. Rio de Janeiro.
- *
- * 4.
- Espagne
- Le gouvernement espagnol serait, paraît-il,... sur le point de mettre à la disposition de la Chambre de commerce espagnole de Paris les . 5oo,ooo fr. (pesetas) votés par les Cortès pour venir en aide à la participation (non officielle) de l’Espagne à l’Exposition de 1889. Mais cette > décision est vivement combattue de l’autre côté des Pyrénées, car, ainsi que le fait observer très justement 1 eDiario mercantil, de Barcelone,, les chambres de commerce ne représentent pas:, exclusivement la production espagnole. Une partie importante de la richesse de notre pays, dit ce journal, consiste dans les produits de son « agriculture dont les intérêts ne sont pas représentés au sein des chambres de commerce. If est donc naturel que la somme affectée à la participation de l’Espagne à l’Exposition de Paris. , soit mise en même temps à la disposition des , agriculteurs et des industriels.
- Il y a lieu d’espérer qu’il sera fait droit à ces justes réclamations, d’autant plus justes que dans les pays d’Europe, l’Espagne est surtout connue par ses exportations de produits agricoles.
- * *
- Italie
- On lit dans le Secolo de Milan :
- Le Comité pour l’Exposition de Paris attend! que les Chambres lui transmettent, dans les.; premiers jours d’octobre, les demandes reçues directement.
- Les industriels qqi ont déjà envoyé leur demande, ont retenu la presque totalité de la superficie attribuée à l’Italie.
- Les plus nombreux d’entre eux sont les exposants de bijouterie, de céramique, de vitrerie,, d’argenterie, de fer ouvré, de matières textiles, de coraux, camées, mosaïques, terres cuites, matériel de chemins de fer, mobiliers, etc., etc.
- Pour satisfaire àtoutes les demandes le Comité se voit forcé de demander à la direction générale, de l’Exposition une augmentation de superficie pour la section italienne.
- La section du Comité de Paris s’occupe entre temps de pourvoir à la décoration du local réservé aux groupes industriels. Divers artistes italiens en élaborent les projets.
- M. Berger écrit qu’il ne reste aucune place disponible dans la galerie des machines et sauf pour le matériel de chemins de fer, il y a lieu de craindre que si le Comité n’obtient pas l’augmentation de place demandée, on ne puisse installer des machines déjà en construction.
- Il importe donc d’activer les instances faites ; car l’exposition italienne de matériel de chemins
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- Quatrième Asniée. — N° ig5.
- LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE 1889
- Dimanche 23 Septembre 1888. —• 1 x65
- . de fer sera remarquable. Outre les sociétés exploitantes de l’Adriatique et de la Méditerranée, la maison Miani et Silvestri de Milan doit exposer un train entier composé de la locomotive et de son tender, de sept voitures de voyageurs et divers wagons de marchandises.
- A Bologne, a eu lieu le 29 août dernier, une .réunion de la Commission du Congrès des sociétés coopératives afin de délibérer définitivement sur leur participation à l’Exposition de Paris.
- ~ Enfin, le même journal nous apporte également la liste de quelques souscriptions recueillies par le Comité de Paris en faveur de la participation de l’Italie à notre prochaine exposition. La voici : MM. de Camondo, 10,000 fr., Hakim, 6,000 fr., Berolatti, Devoto, Gandolfi, Rodacanachi, Ruspoli, Tassiza et Vivante, chacun 5,000 fr.
- * *
- Japon
- M. Pierre Legrand, ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition de 1889, a reçu de M. le ministre des •affaires étrangères la note suivante :
- M. le chargé d’affaires de la République fran-• çaise à Tokio l’informe que le « Journal officiel de l’empire du. Japon|» a récemment publié la nomenclature des objets que la commission d’organisation a admis jusqu’à ce jour à l’Exposition. De nouvelles demandes d’admission parviennent journellement au ministère de l’agriculture et du commerce. M. Yanagiya, délégué de la commission japonaise, s’occupe très activement et ne néglige absolument rien pour que la section japonaise retrouve, sous sa direction, le succès qu’elle a obtenu en 1878.
- Un industriel deTokio a sollicité l’autorisation d’installer à l’Exposition une Tcha-ÿa (maison de thé) japonaise avec toutes ses dépendances : jardins, arbres nains, pièces d’eau, lanternes en pierres ou en bronze, etc.
- M. le ministre du Japon à Paris a donné également avis que son gouvernement a nommé M. le comte Inouyé, ministre de l’agriculture et du commerce, président de la commission impériale à l’Exposition de 1889, en remplacement de M. le comte Kuroda.
- M. Hanabuska, vice-ministre du même département, et M. le vicomte Tanaka ont été désignés en qualité de vice-présidents.
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- Suisse
- Le département des affaires étrangères fait savoir que tous les bruits relatifs à des divergences qui se seraient produites au sujet de l’Exposition de 1889 à Paris sont dénués de fondement.
- LA BELGIQUE A L’EXPOSITION
- DE 1889
- Le Patriote, de Bruxelles, du 8 de ce mois, a publié l’article suivant, que nous croyons intéressant de reproduire à titre de document :
- « En vue d’organiser la participation de la Belgique à l’Exposition universelle de Paris l’an prochain, une assemblée générale a eu lieu de 19 octobre 1887, au palais des Académies de Bruxelles. A cette réunion ont été convoqués les principaux intéressés « les présidents des associations scien-« tifiques, industrielles et commerciales du pays, "'* ainsi que les personnes qui avaient représenté, dans les expositions universelles précédentes, les diverses branches de l’activité nationale. »
- K Conformément aux articles 4 et 6 du règle-
- ment général de la section belge (1), des notabilités se partageant, d’après leurs spécialités, en groupes suivant la division adoptée par le commissariat général français, ont désigné pour chaque groupe un délégué provisoire chargé de prendre connaissance de toutes les décisions arrêtées à Paris pour en aviser ultérieurement tous ceux que ces décisions peuvent concerner.
- « Il était bien entendu que ces nominations n’étaient que provisoires.
- « C’est ce que confirme notamment la lettre adressée le 17 novembre 1887 parle comte d’Oul-tremont aux associations commerciales et industrielles du pays, dans laquelle il dit que « la mis-« sion absolument temporaire de ces délégués « prendra fin prochainement » et que « des assem-« blées auront lieu à bref délai, auxquelles seront « convoqués, par groupes, les participants habi-« tuels aux expositions internationales et dans
- lesquelles on procédera à l’élection des bureaux « définitifs des groupes et à celle des délégués de « classe ».
- « Un communiqué émanant de source officielle nous apprend, d’autre part, que « la participation « belge est exclusivement organisée par les expo-« sants ét leurs élus... Les nominations des délé— « gués se feront par la voie de l’élection. »
- « Au mois de février de cette année, les différents groupes ont été convoqués séparément, afin de procéder à l’élection des présidents définitifs. Certains délégués provisoires ont été maintenus dans leurs fonctions ; la plupart ont été remplacés. Ces présidents devaient former le comité central belge.
- « Du 20 au 27 juin, les divers groupes se sont successivement réunis pour former les bureaux des classes et groupes, en vertu du règlement invoqué plus haut.
- « Fort bien.
- « Tous les groupes et classes qui ont procédé de cette façon sont régulièrement constitués ; mais ce n’est pas le cas pour le groupe chargé de l’organisation de la section des beaux-arts.
- « Et, en effet, le 13 octobre 1887, les artistes, ont, paraît-il, choisi pour délégué provisoire, M. Slingeneyer, artiste peintre. Admettons le fait comme réel. Un document-annexe émanant du Ministère du commerce et de l’industrie porte « Comité provisoire de la commission belge char-« gée d’organiser et de diriger la participation des « producteurs belges, M. Ernest Slingeneyer, « membre de la Chambre des représentants, délé-« gué du premier groupe : Œuvres d’art. »
- « Nul doute que M. Slingeneyer — dont tout le monde connaît la sollicitude pour les artistes — n'eût vu confirmer son mandat de délégué, si, en février 1888, il s'était soumis à la réélection en même temps que les autres délégués. Mais nous sommes en mesure d’affirmer que depuis l’assemblée générale d’octobre 1887, le corps artistique n’a plus jamais été convoqué à une seule assemblée, ni pour élire un président définitif à déléguer au comité central belge, ni pour former les bureaux des groupes et classes.
- « Il s’ensuit donc qu’à l’heure qu’il est, se trouve seul régulièrement désigné, M. Slingeneyer, et encore ne l’est~il qu’à titre purement provisoire.
- « Or, dans la liste officielle de la commission belge qui, vient de paraître, nous voyons notamment figurer à titre définitif :
- « ier groupe. — Œuvre d’art, président : M. Slingeneyer; vice-présidents, MM. Schadde et « Lambert de Rothschild (un peintre ?... un scul-« pteur ?... un architecte, peut-être !...) ; secré-« taire, M. de Savoya.
- « Délégués déclassé: MM. Slingeneyer, Wau-« fers, Werwée, de Groot, Dévigne, Bordlau, Jan-« let et Schadde. »
- « Cette liste est accompagnée de la note sui-« vante :
- « La présente liste indique le résultat des élec-
- (1) « Art. 4. — Les bureaux de classe, composés d’un Président délégné, de deux Vice-Présidents et d'un Secrétaire, sont élus par les participants de chacune des classes. Us ont pour mission....»
- « Art. 5. — Les Comités de groupes se composent des Présidents délégués des diverses classes d’un même groupe, lis élisent leur bureau, qui comprend un Président, plusieurs Vice-Présidents et plusieurs Secrétaires. Ils statuent... »
- « lions auxquelles il a été procédé dans les récente tes réunions des groupes et des classes. »
- « D’un autre côté, dans la circulaire n° 1, datée du ier juin 1888, le Comité belge de la commission belge parle des « élections dont est issue la « Commission organisatrice belge ».
- « C’est inexact. Ces messieurs ne sont pas élus, lisse sont nommés eux-mêmes. Nous défions qui que ce soit de produire une circulaire assignant une date à une assemblée générale des artistes et de nous citer seulement une dizaine d’artistes connus — en dehors des dix nommés plus haut — qui l’aient reçue.
- « Si une réunion a eu lieu, qu’on nous dise où et quand elle a été tenue. Qu’on nous fasse connaître, d’autre part, de quelles listes d’adresses on s’est servi pour convoquer les intéresés.
- « Comme il suffirait — pour sauver les apparences d’irrégularité — d’une circulaire communiquée à une dizaine de confrères pour pouvoir prétendre qu’une séance a eu lieu, nous prévenons cette objection en disant que l’un des artistes cités ci-dessus s’est vanté d’être « imposé » aux exposants sans avoir jamais été élu.
- « Il y a plus. La liste publiée dernièrement ne fait que croître et embellir. On vient d’y adjoindre le nom de M. Verlat, élu (!) — nous ne savons de quel droit — par M. Victor Lynen d’Anvers seul.
- « Il paraît également que M. Alfred Stevens serait aussi entré dans le groupe.
- « Du train dont on y va, en ajoutant un nom par jour, on finira, d’ici à 1889, par enrôler tous les artistes : ce serait le meilleur moyen de ne pas faire de mécontents.
- « Enfin on — cet « on » ne peut être qu’un szwanzeur — nous assure que l’on vient d’inscrire sur la liste le nom de M. Picard, sous prétexte de représenter les jeunes ! Ce n’est pas le moment de discuter les titres à cette prétention. A moins que ce ne soit comme avocat de la compagnie, chargé de plaider en cas de contestations.
- « Trêve de plaisanteries. Il est temps de cesser de berner ainsi les artistes. Les fumisteries d'atelier ne sont pas ici de mise. Nous nous faisons l’écho d’un très grand nombre d’artistes, qui insistent pour que nous demandions en leur nom le redressement de leurs griefs. „
- « Beaucoup d’intéressés — les artistes sont timides et modestes par nature (peut-être aussi craignent-ils des représailles) — recourent à notre intermédiaire pour réclamer comme cela s’est fait pour les autres groupes, la convocation de tous les adhérents à une assemblée générale qui nomme? rait le président définitif et formerait les bureaux des classes et groupes.
- « Un grand nombre d’entre eux sont résolus à s’abstenir de participer à l’Exposition universelle de 1889 s’il n’est pas donné satisfaction à leurs légitimes réclamations.
- « On nous assure que plusieurs autres listes sont en voie de formation. Il est de fait que s’il venait à surgir une nouvelle liste élue réellement celle-ci par un groupe d’artistes, elle serait au moins aussi régulière,, si pas plus, que la liste actuellement en présence. Il faudrait certes compter avec elle. De là naîtraient de regrettables conflits qu’on peut encore éviter en observant les formes légales. »
- Une des conséquences de l’état de choses actuel, lisons-nous dans le Journal des Artistes, c’est que la réunion tenue le 7 mars dernier, en vue de former le Bureau du Comité exécutif composé de tous les présidents (définitifs) de groupes, a élu vice-président, le considérant ainsi comme délégué définitif, un délégué de groupe qui, n’ayant pas vu confirmer ses fonctions, n’était encore que délégué provisoire.
- Il en résulte par conséquent que les act passés depuis par le Conseil exécutif sont entachés d’irrégularité, comme émanant de signataires siégeant indûment.
- Enfin, est incorrecte la notification de ces dernières nominations qui a été transmise à
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- Paris par voie officielle, au nom du Gouvernement belge.
- Il est temps que l’on mette ordre à tout cela et qu’on régularisé la situation, si l’on ne veut pas s’exposer à une foule d’ennuis.
- Tout cela inaugure un joli gâchis et nous prépare un beau désordre qui ne sera certes pas un effet de l’art.
- LA GRÈVE DES OUVRIERS
- DE LA TOUR EIFFEL
- Mardi dernier, les ouvriers qui travaillent à la Tour Eiffel, les charpentiers en tête, se sont mis en grève. A la rentrée de une heure aucun d’eux n’a repris le travail.
- Aussitôt des pourparlers ont été engagés entre les délégués des ouvriers et les représentants de M. Eiffel. Ceux-ci ont fait part aux délégués, dans la soirée, des conditions de M. Eiffel que nous ne pouvons mieux faire de donner qu’en reproduisant l’interwiew qui a eu lieu entre le grand ingénieur et un reporter du Petit Journal. Le voici in extenso :
- « Mes ouvriers, qui sont actuellement au nom-« bre de cent cinquante, dans le chantier de la « tour de 3oo mètres, ont brusquement déclaré « hier qu’il leur fallait une augmentation de 20 « centimes par heure de travail.
- « Cette prétention était inadmissible et j’ai na-« turellement dû refuser.
- « Dans les chantiers ordinaires, on paye, en gé-« néral, riveurs et monteurs à raison de 55 à 60 « centimes l’heure. Moi, je paie les riveurs yo-cen-« times et les monteurs 80 centimes. En outre,
- « lorsqu’on a terminé la première plate-forme de « la tour, j’ai supprimé la retenue de 2 0/0 qu’on « faisait aux ouvriers pour subvenir aux frais « d’assurances, de médecin, etc. J’ai pris tout cela « à ma charge.
- « Je faisais donc déjà largement mon devoir, « mais .je voulais faire mieux encore. Aussi, « avais-je l’intention de profiter de l'inauguration € de la cantine qu’on va installer sur la seconde « plate-forme pour réunir mes hommes dimanche « prochain et leur annoncer, tout en leur offrant « un goûter, que pour compenser la diminution « de travail qu’allait leur imposer la mauvaise sai-« son, je voulais augmenter une partie d’entre « eux de 5 centimes par heure.
- u En agissant ainsi, je voulais équilibrer leur « petit budget et éviter pour eux une diminution « de salaire trop sensible. Actuellement, ils tra-« vaillent douze heures par jour, mais dans quel-« que temps la journée de travail sera réduite à * dix. ï
- « L’augmentation de cinq centimes par heure « que j’allais offrir devait donc empêcher qu’il n’y « eût un trop grand écart.
- « Mais entre ce que je comptais donner et ce « que réclament les ouvriers, la différence est trop « grande et trop anormale pour que je puisse « céder, surtout en présence des nombreuses « demandes d’emploi qui me sont faites chaque « jour par des ouvriers sans travail.
- « Ce que je ne veux pas surtout, c’est qu’on « m’impose une augmentation générale. Je tiens « à pouvoir récompenser les meilleurs travailleurs, k ceux qui sont le plus exposés ou qui font les « missions les plus difficiles, sans être obligé pour « cela de faire partager à tous les memes avan-« tages.
- 0 Du reste, j’ai expliqué tout cela aux délégués « que j’ai vus ce matin et ils n’ont pas eu grand-« chose à m’objecter. Je leur ai dit également que « je multiplirais encore, s’ils le jugeaient à propos,
- « les mesures de précaution déjà si nombreuses « que j’ai prises en vue d’éviter les accidents.
- « Mes paroles ont paru les convaincre, mais ils « n’ont naturellement pu prendre de décision « avant d’avoir consulté leurs camarades.
- « Tous les ouvriers se sont réunis à midi et ont
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889. Dimanche 23 Septembre 1889.
- « résolu de m’adresser une pétition qui ne m’est « pas encore parvenue, mais que j’attends d’un « instant à l’autre.
- « Cette pétition, j’en connais à peu près lateneur « et elle n’est qu’un exposé des faits qui militent « en faveur de l’augmentation de 20 centimes.
- « Demain, probablement, j’y répondrai et de « la façon que je viens de vous expliquer, c’est-à-« dire par un refus motivé.
- « En présence de mes observations, que je crois « justes, les ouvriers, j’en ai la conviction,ne con-« tinueront pas leur résistance. Tous ceux que € j’emploie sont des travailleurs hors ligne, des « hommes absolument éprouvés, pour lesquels « j’ai la plus profonde estime.
- « C’est précisément pour cela que j’ai pleine « confiance dans leur bon sens qui les mettra à « l’abri des entraînements extérieurs et des mau-« vais conseils qui pourraient leur être donnés « par des gens intéressés à jeter le trouble parmi « eux. »
- Ces déclarations franches et loyales de M. Eiffel dénotaient clairement que les ouvriers de la Tour, gens sensés pour la plupart, car ils sont, comme on le pense bien, des meilleurs de ses ateliers, devaient amener ceux-ci à un prompt accord sur les bases proposées. Cependant, la journée de mercredi se passa encore en pourparlers sans aboutir, les ouvriers, du moins un certain nombre; tenant bon pour une augmentation plus forte que celle offerte par M. Eiffel.
- Enfin, le jeudi matin, les délégués reçus par M. Compagnon, chef du chantier de la Tour, acceptèrent les dernières conditions proposées par M. Eiffel et que nous reproduisons ci-après. Au moment où nous écrivons ces lignes, il est entendu que les ouvriers reprendront le travail le vendredi matin à l’heure habituelle.
- Voici les conditions dont s’agit, dûment revêtues du timbre de M. Eiffel, ainsi que de la signature de M. Compagnon, son représentant au Champ-de-Mars et de l’adhésion des délégués :
- M. Eiffel promet aux ouvriers qui rentreront demain matin (vendredi) une augmentation générale de 5 centimes de l’heure qui comptera à partir du ier septembre.
- Pour le mois prochain, il y aura une nouvelle augmentation de 5 centimes qui sera également générale pour tout le personnel présent sur les chantiers supérieurs.
- Quand la journée deviendra de 9 heures, il y aura une nouvelle augmentation de 5 centimes.
- Enfin, tous les ouvriers qui seront sur les chantiers supérieurs de la Tour au moment où on arrivera au niveau de la dernière plate-forme recevront une gratification de 100 ir.
- Paris, le 20 septembre 1888.
- Ajoutons que M. Alphand s’est engagé, au nom delà direction générale de l’Exposition, si la grève prenait fin, à faire inscrire sur un livre d’or spécial le nom de tous les ouvriers qui auront concouru aux dernières œuvres de la Tour.
- Allons, tout est bien qui finit bien. Félicitons-en la sagesse de M. Eiffel et, aussi, le bon sens de ses ouvriers. H. P,
- ------- ,,-r-TTiiB>lf>aaBrna—--
- LE CONGRÈS DE LA PAIX
- DE NEUFCHATEL
- Dimanche dernier, 9 de ce mois, a été discuté au Congrès de la paix qui se tient cette année à Neuchâtel, la gracieuse ville située au bord du lac de ce nom, le projet de réunion d’un Congrès universel à Paris, au cours de l’Exposition de 1889 • Après une discussion à laquelle ont pris part successivement, MM. Umilta et Renaud, Mademoiselle Bugge, le professeur Nippoi et autres
- membres de l’assemblée, celle-ci a approuvé à l’unanimité les résolutions suivantes :
- i° La Ligue exprime le vœu qu’un Congrè universel de la paix se tienne à Paris pendant l’Exposition de 1889.
- 20 La Ligue se déclare prête à s’associer à toutes les Sociétés de la paix qui voudront unir leurs efforts aux siens pour coopérer à l’ouverture de ce Congrès. Elle remercie le Gouvernement français et la Direction générale de l’Exposition universelle de l’hospitalité qu’ils veulent bien lui accorder. Elle décide d’envoyer copie de cette délibération aux sociétés sœurs de toutes les nations et en particulier au Gouvernement français et à la susdite Direction de l’Exposition de 1889.
- ------ m..m t.—-H <aifr-rsns-™—----
- EXPOSITIONS DIVERSES
- Le Congrès de la Meunerie
- L’association nationale de la Meunerie française a ouvert, hier, son Congrès annuel et l’Exposition industrielle qui en est l’annexe. Cette réunion, la seconde seulement depuis la fondation de l’association, présente un intérêt particulier parce que c’est en réalité la première qui ait pu recevoir une organisation complète. Le congrès tenu l’année dernière à la caserne Lobau succédait trop immédiatement à la constitution de l’Association elle-même pour pouvoir faire ressortir déjà des résultats.
- Cette année, congrès et exposition sont magnifiquement installés aux Champs-Elysées dans le pavillon de la Ville de Paris ; le nombre des adhérents à l’un, des exposants à l’autre, a beaucoup augmenté; aussi l’affluence des meuniers et de tous les industriels qui s’intéressent plus ou moins directement à la minoterie est-elle très considérable.
- Les blés, cette année, sont en générale peujbrih lants; cependant, la collection présentée par la maison Vilmorin-Andrieux et Cio offre des spécimens très.bien venus de ses différents blés.
- A ce congrès, M. le docteur Guermonprez, de la Faculté de médecine de Lille, a fait une conférence sur les accidents du travail au point de vue spécial de la meunerie et de la boulangerie, et a su captiver son auditoire par sa parole élégante.
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- Le Congrès pomologique de Bordeaux
- Le congrès pomologique de France a tenu lundi dernier sa première séance à l’exposition d’horticulture. Elle a été entièrement consacrée à la nomination du bureau et des membres des différentes commissions.
- Après un discours du président, M. Daurel, souhaitant la bienvenue aux membres du congrès, il est procédé aux différents votes; M. Ferdinand Jamin, de Paris, est nommé pésident effectif. Sont nommés vice-présidents : MM. Luizet, de Lyon Hotoles, de Montpellier, Chevalier, de Versailles,Bernède, de Bordeaux ; secrétaire: Cusin de Lyon secrétaires-adjoints: Manot, de Paris; Baltet, de Troyes ; Michelin, de Paris; Michel, de Bordeaux.
- L’assemblée s’est séparée après quelques observations intéressantes sur les plantations oommer-merciales faites par M. Levrier, de Niort.
- Mercredi dernier M. Manot, professeur à l’Institut agronomique de Paris, a fait à l’exposition une conférence sur la taille des arbres fruitiers. Jeudi les membres du congrès ont été au Médoc visiter différents vignobles.
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- Exposition nationale des Cidres et Poirés à Paris
- Cette Exposition, qui s’ouvrira à Paris le premier novembre prochain, sous le haut patronage de MM. les ministres de l’agriculture et du commerce et de l’industrie, la prenière de ce genre, obtiendra certainement le plus grand succès.
- En effet, elle est appelée à rendre d’importants services à l’économie domestique, à augmenter la consommation du cidre et à améliorer sa fabrication en vulgarisant de nouveaux procédés jusqu a-lors ignorés ou négligés.
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- Quatrième Année. — N° 195.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 20 Septembre 18S8. 1167.
- Les brasseurs et les agriculteurs de notre con* trée ont donc un intérêt réel à participer à cette Exposition. Elle comprendra tout ce qui se rapporte à l’industrie des cidres et poirés: Variétés de fruits, greffes, terrains, engrais, cidres, poirés, eaux-de-vie de cidres et de poirés, matériel, appareils de culture et de fabrication enseignement, etc.
- Des récompenses consistant en diplômes d’honneur, diplômes, médailles d’or, de vermeil^ d’argent, de bronze, et mentions honorables seront décernées à la fin de novembre, par un jury dans lequel seront représentés les exposants. Les demandes d’admission devront être adressées, sans retard, à M. le commissaire général de l’exposition des cidres, 38, rue delà Chaussée-d’An-tin, à.Paris.'
- Nous faisons donc un -appel pressant à nos populations, en même temps que nousleut communiquons cette bonne nouvelle. Nous ne doutons pas qu’elles tiennent à honneur d’affirmer, une fois de plus, la supériorité incontestable de leur boisson, on pourrait dire héréditaire, en offrant un concours véritablement intéressé aux organisateurs de cette exposition.
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- Italie
- Une exposition générale italienne aura lieu à Palerme en 1891 (automne) et 1892 (printemps). Elle est organisée par un conseil dont le syndic de Palerme est le président d’honneur et un comité exécutif présidé par le prince de Gamporeale. Le secrétaire général est M. Antonio Marinuzzi.
- VILLE DE PARIS
- Concours relatif à l’installation de l’usine municipale d’électricité.
- L’intérêt que présentent les questions d’électricité depuis les découvertes faites dans ces dernières années, tant au point de vue magnétique que dynamique, nous engage à publier intégralement, tel que la donné le Bulletin municipal officiel, le texte de l’annonce des concours ouverts par la Ville de Paris pour l’installation dans le quartier des Halles d’une usine municipale d’électricité :
- Conformément à la délibération en date du -27 juillet 1888 du Conseil municipal de Paris, relative à l’installation de l’usine d’électricité à établir aux Halles centrales, trois concours sont ouverts pour la construction et l’installation :
- i° Des machines et appareils électriques ;
- 20 Des moteurs ;
- 3° Des générateurs à vapeur.
- Les programmes, cahiers des charges et plans de ces trois entreprises sont déposés à l’Hôtel de Ville, (direction des Travaux, 2e division, 3e bureau) où il pourra en être pris connaissance tous les jours, de onze heures du matin à cinq heures du soir.
- Tout constructeur mécanicien ou électricien qui voudra concourir devra déposer, avant le jo octobre 1888, aux bureaux de M. le directeur «de la Voie publique et des Promenades, situés .avenue Victoria, n° 4, les certificats authentiques, constatant ses capacités et indiquant les travaux .du même geure qu’il aura précédemment exécutés ainsi que la façon dont il aura rempli ses engagements. .
- Deux commissions spéciales se réuniront à l’Hôtel de Ville pour recevoir les propositions des, concurrents et décider de leur admission, savoir :
- i° Le 2 5 octobre 1888, à deux heures de l’après-midi, pour les machines et appareils électriques;
- 20 Le 26 octobre 1888, à deux heures de l’après-midi, pour les moteurs et les générateurs à vapeur.
- Tout soumissionnaire devra déposer sur le bureau de la Commission spéciale compétente les pièces suivantes : ....
- Sous une première enveloppe :
- Un projet rédigé conformément aux programmes et j cahiers des charges adoptés par le Conseil municipal, avec devis, dessins et notes explicatives.
- Ces documents devront- êtres signés.
- Sous une seconde enveloppe :
- i° Une soumission sur papier timbré, conforme au modèle de l’affiche, et qui portera le prix auquel le soumissionnaire s’engage à faire la fourniture, le transport et l’installation des ouvrages, ainsi que les chiffres qu’il s’engage à garantir pour le rendement des appareils, ainsi qu’il est dit aux programmes ;
- 20 Un engagement de verser à la Caisse municipale, dans les trois jours qui suivront la notification de la décision favorable de l’administration, une somme de vingt-cinq mille francs pour . le premier lot, de quinze mille francs pour le second et de quinze mille francs pour le troisième, à titre de cautionnement.
- Les commissions spéciales et l’administration se détermineront dans leur choix par l’examen de la ' valeur technique des appareils, par; le prix d’acquisition, la comparaison des chiffres de garantie, et par toutes autres considérations dont elles apprécieront l’importance. Les concurrents évincés ne pourront exercer aucun recours contre la décision prise ni réclamer aucune indemnité à quelque titre que ce soit.
- Les adjudicataires acquitteront, dans les trois jours, les frais d’impression, de timbre, d’enregistrement, d’affiche, d’expédition, etc., et autres frais auxquels l’adjudication pourra donner lieu.
- ÉCHOS
- VOYAGE DU Touriste DE PARIS a ROUEN
- L’administration du Touriste a décidé de faire une excursion sur la Seine de Paris à Rouen.
- Le bateau partira du pont Royal le 2 octobre à huit heures et demie du matin, arrivera à Vernon à six heures et demie, repartira de Vernon le 3 à neuf heures, pour arriver à Rouen à trois heures.
- Le nombre des places étant limité, on est prié de prendre ses billets à l’âvance au ponton du Touriste, quai d’Orsay.
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- la statue de la Liberté éclairant le Monde
- On vient de commencer à la pointe de lfile des Cygnes, faisant face aux coteaux de Meudon et de Sèvres, les travaux de fondation destinés à placer le piédestal sur lequel s’élèvera la statue de la Liberté éclairant le Monde, statue offerte à la ville de Paris, par une souscription des Etats-Unis.
- La dépense d’installation sur-le môle de Grenelle de ce monument coûtera environ 78,000 francs, sur lesquels l’Etat participera pour 10,000 francs.
- On sait les proportions gigantesques de l’œuvre de Bartholdi qui a été élevée dans la rade de New-York. La réduction qui nous est offerte — et qui pourra probablement être inaugurée fin décembre — est elle-même de proportions très honorables. Elle atteindra douze mètres.
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- ..TRAVAIL FRANÇAIS A LISBONNE
- Un entrepreneur français, M. Verdier, vient de demander la concession d’un pont métallique, destiné à relier entre eux trois quartiers de la ville de Lisbonne, situés sur des collines élevées.
- Üne commission technique, chargée d’examiner ce projet, ayant émis un avis favorable, la Chambre municipale a accordé la concession demandée par M. Verdier, moyennant certaines conditions.
- Le viaduc dont il s’agit aurait une longueur de 1,3U0 m. et se composerait de deux tabliers superposés. Il franchirait, à une hauteur de 50 m., les quartiers de la ville basse et traverserait, par une seule arche de 150 m. de largeur, l’avenue de la Liberté, qui forme actuellement la principale
- artère de Lisbonne. Des ascenseurs à vapeur élèveraient jusqu’au niveau du tablier du pont les voitures et les piétons venant de la ville basse.
- Les dépenses sont évaluées à environ 10 millions de francs.
- Les concessionnaires ne recevront aucun subside, car, d’après les calculs basés sur la statistique du mouvement des voitures et des piétons, le produit des péages suffira pour assurer l’intérêt ainsi que l’amortissement du capital engagé.
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- l'eau a paris
- Nous avons parlé à différentes reprises de l’alimentation de Paris, par de nouvelles sources. Voici, à ce sujet, une délibération qui ne manque pas d’intérêt et que nous croyons devoir reproduire intégralement, j
- Le conseil général de',l’Yonne viens d’émettre le vœu suivant :
- Le conseil général,
- Considérant que les projets étudiés jusqu’à ce jour par les ingénieurs du service municipal de Paris pour l’adduction à Paris de nouvelles sources du département d’Eure-et-Loir et de Seine-et-Marne ont soulevé les plus vives protestations de la part des populations dépossédées.
- Considérant qu’il existe dans la vallée de l’Yonne, entre Sens et Gourion, une nappe souterraine, qui, surélevée par les travaux de canalisation de la rivière, noie le sous-sol et porte le plu-s grand préjudice à l’agriculture de toute la région ;
- Considérant que l’eau de cette nappe est pure et fraîche, que des analyses répétées ont démontré son excellente qualité et qu’elle rivalise avantageusement avec l’eau de la Vanne ;
- Considérant que cette nappe souterraine pourrait facilement fournir à la ville de Paris les 200,000 mètres cubes supplémentaires dont elle a besoin pour son alimentation journalière ;
- Considérant que la captation et l’adduction de ces eaux coûteraient au maximum 53 millions, chiffre inférieur aux prévisions du service municipal de Paris pour les travaux relatifs aux sources qu’il se propose d amener dans la capitale ;
- Considérant que lés populations de la vallée de l’Yonne, loin de repousser comme celles d’Eure-et-Loir et de Seine-et-Marne le projet de captatioh des eaux souterraines en question, regarderaient sa réalisation comme ;un bienfait.
- Emet le vœu que le projet de captation et d’adduction à Paris, des eaux souterraines de la'rive droite de l’Yonne, entre Sens, et Courlon, étucjié sur la demande de M. le ministre de l’agricultube, soit pris en sérieuse considération par les pouvoirs publics.
- Les journaux d’Eure-et-Loir et de Seine-et-Marne espèrent qu’en présence de cet acte, les conseils delà Ville de Paris vont se décider à laisser les eaux de l’Avre aux habitants de la vallée et prendre les eaux de l’Yonne qui sont mises à leur disposition.
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- LA LUTTE POUR LA VENTE
- Comme attraction nouvelle, un grand magasin de nouveautés vient d’imaginer d’offrir à ses clients et à ses clientes, pendant l’Exposition de 1889, le transport gratuit au Champ-de-Mars sur une flotille de quatre bateaux à vapeur.
- Ces steamers seront du type des « Hirondelles >5, mais beaucoup plus luxueux. A l’avant et à l’arrière, seront placées des figures mythologiques, des sirènes et des tritons semblables à ceux dont on décorait les anciens navires. Le pont sera abrité par un vélum blanc et rose qui s’étendra de l’avant à l’arrière.
- Cette prime d’un nouveau genre est déjà sur le chantier.
- Tout achat donnera droit à un ticket sur les vaisseaux-annonces.
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- LA COULEUR DE LA TOUR EIFFEL
- Après de nombreux essais faits sur des épreuves au centième, c’est-à-dire de 3 mètres de hauteur, on vient d’arrêter la couleur qui sera définitivement donnée à la tour Eiffel. On a choisi un rouge de rouille, sorte de sanguine au ton chaud, dont on attend le meilleur effet.
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- ii6S et 1169. — Quatrième Anneé. — N° 19b.
- LE MONITEUR DE ^POSITION DE i889-
- Dimanche 23 Septembre iSSS,
- UNE FERME DES PALAIS DES BEAUX-ARTS & DES ARTS LIBÉRAUX
- NOTRE GRAVURE
- Nous avons publie dans notre dernier numéro une vue de la Galerie de l’Est du Palais des Beaux-Arts
- t
- et nous publierons prochainement d’autres vues du même Palais ou de celui des Arts libéraux. Nous avons dit à ce sujet que les galeries principales de ces palais étaient constituées par des fermes articulées de 5o mètres. A cet effet, nous avons jugé à propos de donner à nouveau pour ceux de nos lecteurs qui n’étaient pas alors abon-. nés au « Moniteur » une vue d’une de ces ermes parue déjà dans notre numéro du 27 novembre dernier.
- L’intérêt qui s’attache à ce mode récent
- Coupe sur la Ferme.,
- Coupe sur î*e Longeron
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- la. Grande Nsf n'ex/sterajias dans le
- - KûTA- le Balcon en saillie
- le Balais des Beaux-Arts .
- de construction des grandes galeries nous a fait croire' , d’autre part, qu’une reproduction de ce dessin ne serait pas une vaine superfétation.
- Nous n’avons pas l’intention, cependant, de faire une nouvelle description détaillé?: , technique, de cette pièce importante des constructions métal -liques de nos jours ; notre collaborateur spécial, M. Harty, a eu l’occasion d’en parler récemment dans plusieurs articles sur le Palais des machines. D’ailleurs, la. vue seule du dessin avec ses cotes est la meilleure description qui s’en puisse faire. Nous n’insisterons donc pas davantage.
- H. P.
- SPORT
- RÉSUMÉ DES COURSÉS PASSÉES
- COURSES AU BOIS DE BOULOGNE Dimanche 16 septembre 1888
- Le re'sultat de l’Omnium gagné par Dauphin à la cote rémunératrice de 2,5/1 est bienfait pour dérouter tous les raisonnements et les calculs les mieux établis.
- En effet, le cheval de M. Maurice Ephrussi s’était laissé battre si honteusement par Pôrte-Plume à Deauville, il y a à peine un mois, qu’on ne pouvait prévoir une telle métamorphose, un changement de forme aussi rapide.
- Ce que c’est que le hasard pourtant,
- Si Dauphin, qui: avait fini assez bon cinquième dans lé prix de Jockey-Club n’était pas battu par Porte-Plume (cette défaite a soulevé à Deauville d’assez énergiques protestations), le poulain partait dans l’Omnium avec toutes les faveurs du public tandis que, le jour de la course, on lui refusait toute chance.
- En tous cas cette victoire fait honneur à l’habileté de l’entraîneur et à l’inébranlable confiance du propriétaire qui a dû réaliser un bénéfice assez coquet.
- Attendons-nous, par ces temps d’interversions successives de forme, aussi rapides que funestes à la bourse des infortunés parieurs, à une nouvelle déception dans le Grand Critérium de Dimanche prochain.
- DÉTAILS
- Prix de la Table. 3,000 francs, 3,000 mètres.
- Fleur de Rose, au comte le Marois (G. Neale), 1.
- Verrière, à M. R. Carter (Willis), 2.
- La Fronde, à M. H. Jennings (Murtault), 3.
- Gagné de six longueurs. Durée de la course : 3' M" 2/5. Pari mutuel : Unité 10 francs, 3i fr. 5o.
- Fleur de Rose réclamée par M. Ch. Pratt pour 5.855,95 c.
- r rix de Glatigny. 6,000 francs. 2,200 mètres.
- Empire, à M. Michel Ephrussi (Kearney), 1.
- Avril, à M. Lupin (Storr), 2.
- Carafon, à M. Robert Hennessy (F. Barrelt), 3.
- Gagné de quatre longueurs. Durée de la course : 2' 20" 3/5. Pari mutuel : 53 fr. 5o.
- Omnium Handicap. 10,000 francs. 2.400 mètres.
- Dauphin, à M. Maurice Ephrussi (Dodge), 1.
- Hervine, à M. P. Aumont (Wytcherley), 2.
- Indien III, à M,. J. Prat (Kearney) 3.
- Modiste, à M. de Rothschild (Maïden), 4.
- Ary, à M. de Soubeyran (Bridgeland), 5.
- Gagné d’une longueur,-le troisième à. trois lon-geurs.
- Non placés: Bazan, Mlle Béjart, Améthyste, La Jarretière, Boucanier, Nogaret, Roland, Bercy, Place d’Armes, Désirée, Lionne, Impure, Vigne-Vierge et Mauviette II.
- Durée de la course : 2'' 4i// 4]5. Pari mutuel : 196 fr. Montant du prix : 24,100 francs au premier;, 1,000 fr, au second.
- Prix Royal Oak. 40.000 francs. 3.000 mètres.
- Galaor, à M. Lupin (Storr)., 1.
- Sibérie, àM. Aumont (Wytclserley), 2.
- Murcie, à M. Lupin (Kolpe), 3.
- Gagné de trois quarts de longueur. Durée de la course : SGqA Pari mutuel : 1 5 fr. Montant du prix avec les entrées et les forfaits : 58,400 francs au premier; 2,000 au deuxième.
- Prix delà Celle-Saint-Cloud. 5,000francs. 2.400 mètres.
- Nanie, à M. Suchel (Flintj, 1.
- Franc, au prince d’Aremberg (Firench), 2.
- Amiral, au baron de Schickler (Hopkins), 3.
- Gagné d’une longueur. Durée de la Course : 2/44// 2/5. Pari mutuel : 111 francs.
- Prix de Sabloiiville. 3,000 francs. 1.600 mètres.
- La Brune, au baron de Schickler (Firench), 1.
- Ventrebleu, à M. Ed. Blanc (F. Barrett), 3.
- Kaschne, à M. Michel Ephrussi (Kearney), 3.
- Gagné d’une longueur et demie. Durée de la Course: V yf'•
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- COURSES A VINCENNES Lundi 77 septembre
- Le sport, favorisé à Vincennes par une température agréable, a été mouvementé, rempli d’inté-
- A
- ret.
- Presque toutes les épreuves ont eu des arrivées vivement disputées et, dans le prix de l’Equinoxe, après une lutte acharnée, Athos et Palatine ont fait dead-heat.
- L’hippodrome de Vincennes qui, depuis le début des courses, avait toujours été maltraité parle temps, méritait réellement cette juste mais tardive compensation.
- DÉTAILS
- Prix de Neuilly. 2,000 francs. 1,800 mètres. Serge, à M. de Rothschild (Crickmere), 1. Antiope, au comte Le Marois (Kearney), 2. Gagné de dix longueurs. Pari mutuel . Unité 5 fr., 10 fr.
- Prix de Noisj. 2,000 francs. 800 mètres. Belfort, au vicomte Ch. Le Grand (French), 1. Flandre, à Michel Ephrussi (Dodge), 2. Bonny-Lass, au baron de Soubeyran (Bridgeland), 3.
- Gagné de deux longueurs. Pari mutuel, 33 fr.
- Handicap des Poulains et Pouliches. 4,000 fr. 1,700 mètres.
- Jo au baron de Soubeyran (Bridgeland), 1.
- Murcie, à M. Lupin (Childs), 2.
- Urgence, au comte Le Marois (Kearney), 3.
- Gagné d’une co’urte encolure. Pari mutuel : 1 i5 fr. 5o.
- Prix de l’Equinoxe. 4,000 francs. 2,100 mètres. Palatine, à M. Summers (French), 1.
- Athos, à M. Michel Ephrussi (Dodge), 1.
- Visière II, à H. Jennings (Flint), 3.
- Dead-heat pour la première place, le troisième à trois longueurs des premiers.
- Pari mutuel : Athos 5 fr. ; Palatine, 5 fr. 5o.
- Les deux propriétaires ont partagé le prix.
- Prix de Nogent, 3,000 francs. 1,000 mètres. Olympe, à M. Summers (Rolfe), 1.
- Parmentier, à M. Jorel (Horan), 2.
- M. de Fly, à M. Maurice Ephrussi (Crickmere), 3. Gagné d’une tête. Pari mutuel : 16 fr. 5o.
- Prix de Normandie. 4,000 francs. 2,000 mètres. Nathalie, à M. Ledat (Childs), 1.
- Halbran, àM. Lupin (Storr), 2.
- Quick, à M. de Rothschild (Crickmere), 3%
- Gagné d’une encolure. Pari mutuel : 63 fr.
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- COURSES A VENIR
- Dimanche 25 septembre: Longchamps.
- Lundi 24 Mardi 2 5 Mercredi 26 Jeudi 27 Vendredi 28 Samedi 29
- Vincennes.
- Enghien
- Saint-Ouen.
- Le Vésinet.
- Maisons-Laffitte
- Saint-Ouen.
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- -PRONOSTICS
- COLRSES AU BOIS DE BOULOGNE Dimanche 2,3 septembre 1888
- Prix de la Lorie : Fandango Prix de Madrid Carafon.
- Grand Critérium : Korrigane May-Pole. Prix de Saint-Cloud : Rêve’
- Prix de Chtâilloh : Achéron.
- Prix de Villebon: Endymion.
- COURSES A VINCENNES •> : Lundi 24 septembre. -
- Prix de Montfermeil : Congo II.
- Prix de l’Ourcq : Cythare.
- Grand Handicap : Ghld.myà.e.
- Prix de l’automne : Athos.
- Prix de Saint-Michel : Blanchette.
- Prix de Seine-et-Oise : Quick.
- Robinson
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- ïi'/O. ‘— Quatrième Année. — N° ig5.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889 Dimanche 23 Septembre 1888-
- LE CATALOGUE GÉNÉRAL
- Bien que l’adjudication du catalogue général officiel ait eu lieu le 9 avril dernier et que la publication, actuellement, du cahier des charges de cette adjudication paraisse une superfétation, nous croyons devoir néanmoins la taire, parce que ce cahier des charges renferme des renseignements d’une haute utilité et que le Moniteur, par suite d’un oubli sans doute, n’en a pas fait mention à l’époque voulue. Au surplus, plusieurs de nos lecteurs nous ayant demandé des renseignements à ce sujet, cela seul suffirait à motiver cette publication.
- CAHIER DES CHARGES
- Article premier.— Publication d’un catalogue en langue française. — L’adjudication comprend le droit de publier, au lieu et place de l’Administration, dans les conditions où elle pourrair le publier elle-mêtae conformément à l’article i5 du règlement général de l’Exposition universelle de 1889, un catalogue officiel méthodique et complet en* langue française, des produits de toutes les nations, indiquant les places qu’ils occupent dans les palais, parcs, jardins, Trocadéro, quais ou esplanade, ainsi que les noms des exposants.
- Art. 2. — Les catalogues en langues étrangères sont exceptés de l’adjudication. — Sont formellement exceptés de l’adjudication les catalogues rédigés en langue nationale, que les commissariats étrangers' ou les exposants étrangers formés en syndicats nationaux auront le droit de faire imprimer et publier à leurs frais, risques et périls. L’Administration de l’Exposition réglementera les ventes de ces catalogues dans les enceintes de l’Exposition et percevra une redevance sur le montant de ces ventes. f
- Art. ,3. — Division des volumes. — Le catalogue de l’Exposition universelle de 1889 imprimé en langue française se composera essentiellement de huit volumes, divisés de la manière suivante :
- volume. Groupe I (Classes 1 à 5). — Œuvres
- d’art.
- 2e*volume. Groupe II (Classes 6 à 16). —Education et enseignement. Matériel et procédés des arts libéraux.
- 3e volume. Groupe III (Classes 17 à 29). — Mobilier et accessoires.
- 4e volume. Groupe IV (Classes 3o à 40). — Tissus, vêtements et accessoires.
- 5e volume. Groupe V (Classes 41 à 47). — Industries extractives. Produits bruts et ouvrés.
- 6e volume. Groupe VI (Classes 48 à 66 (1). —, Outillages et procédés des industries mécaniques. Electricité.
- 7e volume. Groupe VII (Classes 67 à 73). — Produits alimentaires.
- 8e Volume. Groupe VIII (Classes 73 bis à 77). — Agricultur e, viticulture et pisciculture, et Groupe IX (Classes 78 à 83). — Horticulture (Exposition permanente).
- Catalogue des Expositions spéciales. — Des volumes distincts, du même format que les précédents (voir l’article 5 du présent cahier des charges), pourront être consacrés aux Expositions spéciales organisées par l’Administration des Beaux-Arts, telles que : Exposition rétrospective de Y art français, Monuments historiques, Manufactures nationales, etc. ; à Y Exposition rétrospective du travail et des sciences anthrovologiqm s ; à Y Exposition d’économie sociale; aux" Concours temporaires d’animaux vivants ; aux Expositions temporaires du groupe VIII (Agriculture, Viticulture, Pisciculture et du groupe IX (Horticulture), etc.
- Art. 4. — Mode de classification. — Chaque volume contiendra, après son titre particulier, la nomenclature des titres et numéros des neuf groupes et des quatre-vingt-cinq classes du système de classification générale, avec indication du numéro des volumes se rapportant à chacun de ces groupes.
- Il contiendra ensuite, suivant le groupe de produits auquel il sera affecté :
- i° Pour la section française : le catalogue des produits par ordre numérique de classes et par ordre alphabétique des noms des exposants;
- 20 Pour les sections étrangères : le catalogue des produits par ordre alphabétique des noms _ des pays, et, pour chaque pays, par ordre numérique de classes et par ordre alphabétique des noms des exposants.
- Art. 5. — Format du catalogue. — Choix des caractères typographiques. — Les volumes formant le catalogue auront le format in-8° raisin. Ils seront imprimés : pour les noms d’exposants, en égyptienne compacte du corps g : pour les adresses, en caractères italiques du corps 7 ; et pour la nomenclature des produits en caractères
- (1) La classe 49 figurera au catalogue du groupe VIII, 8* volume.
- romains du corps 7. Les titres courants seront du type choisi par le Directeur général de l’exploitation, qui arrêtera avec le concessionnaire un tableau des., divers types, d’impression .
- Il en sera de même pour les numéros d’ordre, et pour les mots : palais, jardins, Trocadéro, quais ou Esplanade, qui doivent accompagner chaque inscription afin de faciliter les recherches en donnant les indications stipulées par l’article i5du Règlement génera-l-visé par-l’article 1er du présent cahier des charges.
- La composition sera faite en caractères n’ayant jamais servi.
- Corrections typographiques. — L’adjudicataire sera tenu de faire toutes les corrections jugées utiles par l’Administration.
- Tables générales. — Des tables générales des noms des exposants, dressées par groupes et imprimées en caractères romains du corps 7, seront placées à la fin de chacun des volumes. Elles ne porteront d’autre indication que la pagination.
- A ses risques et périls, l’adjudicataire est autorisé à publier une table générale des matières renfermées dans les huit volumes constituant le catalogue général.
- Errata. — Des errata, dont l’étendue reste nécessairement indéterminée, seront, s’il y a lieu, publiés aux frais de l’adjudicataire.
- Titre des volumes. — Les exemplaires mis en vente seront brochés ou cartonnés, et porteront, sur la couverture, un titre rédigé d’accord avec le Directeur général de l’Exploitation.
- Art. 6. — Choix cl’un papier d’origine française. — L’ouvrage sera imprimé sur papier raisin de 12 kilogrammes la rame, non satiné. Il devra offrir des conditions suffisantes de blancheur et de solia dité, et devra être accepté par le Directeur général de l'Exploitation, sur échantillon fourni par l’adjudicataire.
- Le papier devra être d’origine française.
- L’imprimeur doit être Français. — L’impression devra être exécutée en France, dans une imprimerie appartenant à un Français.
- Art. 7. — Fascicules de classes. — L’adjudicataire aura le droit de publier des fascicules de classes. Tous ces volumes et fascicules pourront être vendus ensemble ou séparément.
- Art. 8. — Catalogue illustré du Groupe I. — L’adjudicataire du Catalogue général aura la faculté de publier à part un catalogue illustré des œuvres d’art (groupe I, classes 1 à 5) en langue française, après s’être entendu avec l’Administration sur la redevance que celle-ci prélèvera sur la vente de ce catalogue spécial.
- II ne pourra toutefois reproduire dans ce catalogue illustré aucun ouvrage sans l’autorisation écrite de l’auteur.
- Vente de photographies. — La faculté de publier un catalogue illustré des œuvres d’art ne constitue pas, pour l’adjudicataire, le droit de s’opposer à la publication et à la vente de photographies et d’autres reproductions des œuvres d’art exposées, qui pourront être autorisées dans les enceintes de l’Exposition.
- Art. 9. — Lignes accordées aux exposants. — Chaque exposant, en ce qui concerne son inscription au catalogue, aura droit gratuitement à deux lignes pleines, ou à trois lignes pleines, si les deux premières ne suffisent pas, pour l’inscription de son. nom ou de sa raison sociale, de son adresse, de son numéro d’ordre d’exposant, et pour la dénomination des produits exposés par lui, avec indication de l’enceinte (palais, pares, jardins, Trocadéro, quais ou esplanade) où ces produits seront placés. Le même exposant aura droit aune inscription, avec le même nombre de lignes, dans chaque classe où il aura été admis à exposer.
- Conformément au paragraphe 5 de l’article suivant exception est faite pour ce qui regarde le nombre de lignes gratuites, en faveur des exposants du groupe I (Beaux-Arts, classes 1 à 5).
- Expositions collectives. — En ce qui concerne les expositions collectives, elles figureront au catalogue dans leurs classes respectives, avec un tableau indiquant les noms seuls de leurs participants. Ces noms, suivis de la nomenclature des produits exposés, ne prendront pas moins place à leur ordre alphabétique avec l’indication E. G. en lettres capitales.
- Art. 10. — Pages d’annonces sur papier de couleur. — Pages d’annonces sur la couverture des volumes, — L’adjudicataire aura le droit :
- i° De placer, à la fin de chaque volume ou fascicule du catalogue, des pages d’annonces sur papier de couleur; il aura à sa disposition la troisième et la quatrième page de la couverture ; l’Administration se réserve la première et la deuxième page de cette couverture.
- Le nombre de pages d’annonces de chaque volume ou fascicule ne pourra dépasser 200.
- Lignes supplémentaires. — 20 D’inscrire, aux frais des exposants, et à la suite des lignes auxquelles chacun a droit réglementairement, un certain nombre delignes supplémentaires, destinées à compléter la nomenclature des objets exposés et à relater, au besoin, sous la responsabilité de l’exposant inscrit, les récompenses obtenues par ce dernier dans les précédentes. Expositions univer-
- selles internationales. Ces lignes ne pourront servir, sous aucun prétexte, à donner une appréciation des mérites artistiques, industriels ou commerciaux de l’exposant, ou de la qualité de ses produits. Ces lignes supplémentaires seront imprimées en caractères romains du corps 6 et ne pourront dépasser le nombre de cinq pour chaque exposant.
- , Dans le cas où il ne serait pas fait emploi, par la totalité des exposants, des cinq lignes supplémentaires auxquelles chacun a droit, les lignes non employées pourront être réparties entre les demandeurs, jusqu’à concurrence de dix lignes, y compris les cinq lignes réglementaires.
- Prix des lignes supplémentaires. — Le prix de chaque ligne supplémentaire -est uniformément fixé à 10 francs.
- Lignes supplémentaires accordées aux administrations de Y Etat ou aux grandes villes de France.
- — Des lignes supplémentaires, dont le nombre pourra s’élever jusqu’à dix, seront dues gratuitement pour chaque inscription d’une exposition d’une administration de l’Etat français ou d’une grande ville de France.
- Lignes supplémentaires accordées aux exposants du groupe L.— Deux lignes ou trois lignes, si les deux premières né suffisent pas, sont dues gratuitement, par exception et selon l’usage, à chaque exposant du groupe I (classes 1 à 5) pour l’indication de ses nom et prénoms, de son lieu de naissance, des noms de ses maîtres et des récompenses qu’il a obtenues.
- Une autre ligne ou deux lignes, si la première ne suffit pas, lui sont dues en moyenne, pour l’indication et la description sommaire de chacun des ouvrages qu’il expose.
- Les annonces et insertions supplémentaires seront soumises au Directeur général. — Le texte des annonces et celui des insertions supplémentaires, seront soumis au Directeur général de l’exploitation, qui refusera ce qui lui paraîtra contraire aux convenances et aux prescriptions du présent cahier des charges.
- Art. 11. — Employés à fournir par l’adjudicataire. — Organisation de leur travail. — Tous les renseignements nécessaires à la rédaction officielle du Catalogue général seront fournis par le Directeur général de l’exploitation à l’adjudicataire, qui, pour la bonne façon et la célérité du travail, placera, dans les bureaux de la Direction générale, au moins deux employés payés par lui.
- Ces employés se conformeront, pour l’organisation de leur travail, aux indications de la Direction générale.
- Art. 12. — Remise des listes à l’adjudicataire. — Les listes des exposants français et étrangers, dressées par groupes et par classes comme il a été dit à l’article 4, avec les adresses et les indications des objets exposés, seront remises à l’adjudicataire avec le visa du Directeur général et celui du Président du Comité d’admission de la classe.
- Bon à tirer, — L’adjudicataire devra soumettre la dernière épreuve au visa du Directeur général de l’exploitation, qui y apposera la mention : Bon à tirer.
- Art. i3. — Remise des dernières listes le i5 mars 188g. — L’adjudicataire devra prendre toutes les dispositions qu’il jugera nécessaires pour que l’impression du Catalogue ne puisse subir aucun retard.
- De son côté, le Directeur général de l’exploitation remettra, avant le 1 5 mars 1889, les dernières listes manuscrites des exposants français et étrangers.
- Listes à fournir par les Comités d’admission. — Dans ce but, il notifiera aux présidents des Comités d’admission qu’ils devront lui avoir fourni, à une époque à déterminer, les renseignements complets nécessaires pour la rédaction de ces listes manuscrites ; il leur fera connaître également que, faute de se conformer à la date indiquée, l’inscription au Catalogue des exposants retardataires pourra ne pas avoir lieu.
- Liste dés exposants retardataires. —• L’Administration n’aura aucune responsabilité à supporter de ce chef, tant de la part des exposants que de la part de l’adjudicataire, qui sera cependant laissé libre de s’entendre avec les exposants retardataires, tout en conservant l’obligation d’être prêt huit jours avant l’ouverture de l’Exposition, dans les conditions énoncées à l’article suivant.
- Art. 14. — Date de la livraison du Catalogue. — Pénalité en cas de retard. — L’impression du Catalogue général et le brochage d’au moins mille exemplaires de chaque volume prêt à être vendus devront être terminés au plus tard huit jours avant l’ouverture de l’Exposition. Faute de se conformer à cette obligation, l’adjudicataire sera passible d'une amende de quinze cents francs par jour de retard.
- L’application de cette pénalité ne sera susceptible d’aucun recours.
- Art. i5. —Exemplaires à fournir gratuitement.
- — L’adjudicataire devra fournir gratuitement , pour le service de l’Exposition, deux cents exemplaires brochés du Catalogue général complet, sans annonces, et vingt fascicules brochés de chaque classe, également sans annonces.
- Ces fascicules, nécessaires aux opérations du Ju-
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- Quatrième Année. — N° 19$.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1SS9.
- Dimanche 23 Septembre 188S.
- — 117t.
- ry international des récompenses, devront être livrés dans les délais prévus à l’article 14; ils contiendront essentiellement les noms de tous les exposants français et étrangers de la classe.
- Art. 16.— Publicité intérieure. — L’Administration se réserve le droit d’autoriser, en dehors du Catalogue général, toute publicité intérieure, telle que:, affiches murales, stores et tableaux peints, kiosques à affiches, prospectus d’exposants , annonces insérées dans des publications admises à être vendues dans les enceintes de l’Exposition, etc.
- Catalogues étrangers . — Liste des expnsants récompensés. — Néanmoins la vente ou la distribution gratuite de toute liste complète ou partielle des noms des exposants, tirée à part ou insérée dans une publication quelconque, périodique ou non périodique, traitant uniquement de l’Exposition, donnant la description de celle-ci, ou destinée à servir de guide aux visiteurs, sera formellement interdite dans l’intérieur des enceintes de l’Exposition. Il ne sera fait exception à cette interdiction que pour les catalogues étrangers publiés en langues nationales et pour la liste officielle des exposants récompensés.
- Plan officiel. — L’administration se réserve également le droit de faire publier et vendre un plan officiel de l’Exposition, mais ce plan n’indiquera pas d’un façon générale les noms des exposants; il pourra seulement relater les noms de ceux qui seront autorisés à exposer hors classes, dans des pavillons spéciaux.
- Reproduction du plan. — L’adjudicataire du Catalogue sera libre de faire figurer une reproduction de ce plan en tête ou à la fin de chacun des volumes ou fascicule du catalogue.
- Art. 17. — Prix- des volumes. — Chaque volume du Catalogue général sera vendu à un prix qui sera réglé d’accord avec l’administration, mais qui ne pourra pas dépasser la somme de trois francs, quelle que soit l’importance du volume.
- Prix des fascicules. — Le prix de chaque fascicule ne pourra être supérieure à fin franc.
- Art. 18. — Personnel chargé de la vente du Catalogue. — Emplacement des kiosques. — La vente du Catalogue dans l’enceinte de l’Exposition sera faite au moyen 'd’un personnel agréé par l’Administration.
- Les emplacements des kiosques et des tables de ventes seront déterminés par le directeur général de l’exploitation dans les enceintes de l’Exposition.
- Art. 19. — Suspension de la vente. — Pénalité encourue par l'adjudicataire. — L’adjudicataire sera passible d’une amende de mille francs chaque fois qu’il aura été constaté que la vente du Catalogue aura été suspendue dans les enceintes de l’Exposition, faute d’approvisionnements suffisants.
- L’application de cette pénalité ne sera susceptible d’aucun recours.
- Art. 20. — Adjudication du Catalogue. — Redevance à forfait. —Mode de payement de cette redevance. — L’adjudication du Catalogue général a lieu moyennant une redevance à forfait dont le montant sera fixé comme il est indiqué à l’article 21 _ ci-après. Cette redevance sera acquittée par l’adjudicataire en quatre échéances égales de trois mois en trois mois ; le premier versement devra être effectué le i5 octobre 1888.
- Art. 21. —Mode d'adjudication. L’adjudication sera prononcée en séance publique, au profit du soumissionnaire qui aura offert pour l’impression et la publication du Catalogue, dans les conditions ci-dessus énoncées, la somme la plus forte, supérieure à une somme minima déterminée par le Ministre du Commerce et de l’Industrie, Commissaire général, et inscrite dans un pli cacheté. 5
- Art. 22. — L’Administration se réserve le droit de n’admettre à l’adjudication que les demandeurs 1 qui paraîtront offrir les garanties nécessaires à < tous les points de vue. !
- Déclaration et pièces à fournir par les concur- j rents. — Pour être admis à concourir à l’adjudi- j cation, il faudra déposer à la Direction générale 1 de l’Exploitation, 10, avenue de La Bourdonnais, une déclaration sur papier timbré, constatant qu’on a pris connaissance du cahier des charges et qu’on demande à participer à l’adjudication.
- Cette déclaration devra être déposée avant le samedi 17 mars 1888 et elle sera accompagnée des pièces suivantes :
- i° S’il s’agit d’une société, un exemplaire des statuts de celle-ci, certifié par la signature, dûment légalisée, du président de cette société, et ’ une pièce de nature à justifier que les statuts de I celle-ci ont été régulièrement établis, et que pour , toutes les modifications qu’ils ont subies, les for- j malités prescrites par la loi de 1867 ont été rem- j plies ; ;
- 20 Un certificat du greffe du Tribunal de com- j merce constatant que le demandeur ou la société j n’ont jamais été mis en faillite; i
- 3° Un extrait du casier judiciaire du demandeur j ayant moins d’une année de date ; j
- 4° Un extrait du registre de l’état civil, ou une I carte électorale, ou un certificat du maire de la j commune attestant la qualité de Français: |
- 5° Un échantillon du 'papier proposé. -j
- Art. 23. — Cautionnement provisoire. — Chaque concurrent à l’adjudication devra joindre à sa soumission un récépissé de versement à la Caisse des dépôts et consignations d’une somme de dix mille francs à titre de cautionnement provisoire.
- I Les cautionnements des non-adjudicataires seront rendus immédiatement après adjudication.
- Le cautionnement provisoire de l’adjudicataire viendra en déduction du cautionnement définitif fixé à l’article suivant.
- Art. 24. — Cautionnement définitif. — Un cautionnement de cinquante mille francs sera fait à la Caisse des dépôts et consignations, vingt-quatre heures après notification de l’approbation de l’adjudication par le ministre.
- Ce cautionnement sera en numéraire, en titre de rente, ou en valeur du Trésor, suivant les règles habituelles.
- L’intérêt à 3 0/0 des sommes déposées en numéraire et le produit des coupons seront attribués au déposant.
- Art. a5. —Frais d’enregistrement et frais divers. — L'adjudicataire aura à sa charge les frais d’enregistrement dans les délais imposés par la loi.
- Il sera tenu de verser dans les huit jours et suivant état remis par le Directeur général des finances de l’Exposition le montant des frais de timbre, d’impression, d’affichage et autres auxquels l’adjudication aura donné lieu.
- Art. 26. — Cession des droits de l'adjudicataire. — L’adjudicataire ne pourra sans consentement exprès et écrit de l’administration, et sous peine de déchéance, céder tout ou partie de son entreprise.
- Art. 27. —Décès de l'adjudicataire. — En cas de décès de l’adjudicataire, la concession pourra être résiliée ou maintenue au gré de l’administration.
- Cas de résiliation, — En cas de faillite, l’administration de l’Exposition sera libre soit de continuer le marché avec le syndic, soit de faire une nouvelle adjudication.
- Art. 28. — Contestations. — Recours au Conseil d'Etat. — Toutes les contestations relatives à l’exécution de la convention du Catalogue général seront jugés administrativement par le Ministre du commerce et de l’industrie, Commissaire général, sauf recours au Conseil d’Etat.
- Le présent cahier des charges délibéré par la Commission de contrôle et des finances.
- Vu et présenté :
- Paris, le 16 février 1888.
- Le Directeur général de /’Exploitation,
- G. Berger.
- Vu et approuvé :
- Paris, le 16 février 1888.
- Le Ministre du Commerce et de /’Industrie,
- Commissaire général,
- Lucien Dautresme.
- LE BON MARCHÉ
- EXPOSITION GÉNÉRALE DES NOUVEAUTÉS D'HIVER
- A chaque saison ses joies, ses plaisirs. Après les villégiat,ures de l’été, dans ies campagnes ombreuses, sur les plages battues du vent de mer, le soleil des jours de chaleur, on aime à revenir à Paris. Le mouvement reprend dans les rues, sur les boulevards, naguère presque abandonnés. Une agitation nouvelle se manifeste'partout, chacun rentre avec plaisir appelé par ses affaires, par ses goûts, par des distractions nouvelles. La campagne 11’offre plus d’agrément, les plages sont trop froides, les champs n’ont plus de fleurs. La vie se concentre à nouveau dans la capitale, les soirées s’animent, le mouvement mondain va reprendre son cours un instant interrompu.
- C’est alors que chacun pense à se pourvoir de mille choses utiles pour la saison qui va commencer. Que d’achats à faire pour tous dans une famille, à l’entrée de l’hiver ! N’est-ce pas là la pensée qui vient à chacun, dès que le soleil paraît moins chaud et les jours moins longs? Alors on songe à éviter les courses multipliées et fatigantes et on se dirige vers les grands magasins du Bon Marché où l’on sait que l’on trouvera les plus belles nouveautés de la saison, des occasions hors ligne en quantité considérable, dans les meilleures conditions de bon goût, d’élégance et de bon marché.
- L’exposition du 1er octobre et jours suivants sera cette année particulièrement attrayante en raison des affaires tout à fait remarquables qui y seront offertes au choix des visiteurs.
- En première ligne, vient le comptoir des soieries noires. On y trouve de splendides articles, d’un tissu merveilleux, les armures nouvelles, la faille nouvelle, étoffe chatoyante et remarquable de qualité et de fini qu’on ne saurait trop recom-
- mander, le pékin noir et les damas tout soie, le velours du Nord, qualité extra pour manteaux, d’une beauté sans égale.
- Dans les soieries de couleurs, on rencontrera également des affaires exceptionnelles telles que les armures françaises de toutes nuances, les damas et brocards, nuances pures, camaïeux et fantaisie, à des prix très bas, la peluche soie miroitante, les peluches et velours de soie unis, trame fantaisie, les velours tout soie aux couleurs les plus variées, sans compter une foule d’autres occasions qu’il serait trop long d’énumérer.
- Toutes ces soieries, noires ou de couleur, sont de qualité hors ligne et de fabrication française. Or, on sait à quel degré de perfection est arrivé notre fabrication nationale d’étoffes de soie.
- Les lainages comprennent deux comptoirs: les lainages noirs et les lainages couleurs unies.
- Parmi les nombreuses occasions qu’offrent, cette année, les lainages noirs, on remarquera l’étoffe dite damassé sur fond satin, d’un tissu très brillant pour costumes, les armures et granité, le matelassé et rayé mohair pure laine, la diagonale double.
- Les lainages couleurs unies offriront aux visiteurs un superbe cachemire d'Ecosse, pure laine, d’une qualité hors de pair, une ragure soie, haute nouveauté, nuances de la saison, un broché soie, dessin riche.
- On fait avec ces étoffes de charmants costumes de nuances les plus variées. La composition des costumes en lainages couleurs unies est d’autant plus facile et élégante avec les étoffes du Bon Marché que tous les tissus rayés et brochés ont les unis assortis.
- Outre les comptoirs pour les étoffes de soie et les lainages, il existe au Bon Marché un comptoir spécial d'étoffes nouvelles où tous les goûts peuvent aisément se satisfaire. On y trouvera des carreaux et écossais fantaisie, pour costumes et jupes drapées, sur metton croisé, tous les mélanges, sur drap fantaisie, pour costumes, genre tailleur, tissu pure laine, ainsi qu’une quantité d’autres étoffes de fantaisie, variées à 1 infini.
- Inutile de dire qu’en outre de ces étoffes si belles, pux reflets si chatoyants, aux couleurs si variées, qu’on achète pour les faire ensuite con fectionner, le Bon Marché met en vente de très jolies confections pour dames, de tout prix et de toute forme, mais toujours à la dernière mode et d’une exécution qui ne laisse jamais rien à désirer.
- Les confections pour enfants attireront certainement beaucoup de monde, ainsi que les confections pour hommes. Complets, pardessus, chapeaux, fourrures, rien ne manquera de ce qui compose le costume masculin.
- C’est, donc là une Exposition complète où l’on pourra se procurer tout ce que comporte un trousseau pour dames ou pour hommes. Et toujours, la qualité est parfaite, les prix exceptionnels.
- Mouchoirs, lingerie de toute espèce, corsets en toutes étoffes, chemises, camisoles, etc., les dames trouveront à la mise en vente d’octobre tout ce qui leur conviendra, dans les meilleures conditions.
- C’est là, pour ainsi dire, une Exposition générale de tout ce qui compose le vêtement et de ce qui peut être confortable, ou utile, ou simplement agréable après le retour des villégiatures et à la veille d’une saison maussade comme l’est l’hiver.
- Faites une visite au Bon Marché, le 1er octobre et les jours qui suivront. Vous en reviendrez content de vos achats et du prix auquel vous les avez faits. Vous aurez évité des courses multipliées, et, si quelque chose vous manquait auparavant, vous y aurez trouvé le choix le plus universel de ce qui pouvait vous satisfaire.
- Pour les tout petits êtres que l’on chérit et que l’on aime à bercer auprès du feu, dans les longues soirées d’hiver, vous aurez trouvé les layettes ainsi que des hochets qui les amusent. Les Dames auront pu faire acquisition de tous les objets qui concernent leur toilette, de tout ce qui peut leur plaire, jusqu’aux moindres articles de Paris, à la Parfumerie exquise, élégante, à la ganterie la plus solide et la moins chère. Les hommes et les enfants auront pu s’y habiller complètement, aux meilleures conditions.
- Une visite à l’exposition du Bon Marché est une course qui en épargne bien d’autres souvent inutiles. O11 en revient toujours émerveillé par la vue de mille belles choses et par le spectacle d’une force immense de concentration du travail, de l’industrie et du bon goût. C’est l’impression qui se dégage toujours d’une excursion dans cette vaste maison unique en France, par son organisation, les progrès qu’elle réalise sans relâche et la confiance qu’elle a su imposer à toute son immense clientèle.
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- La Compagnie de l’Ouest, d'accord avec celle d’Orléans et l’Administration des chemins de fer de l’Etat, délivrera jusqu’au 31 octobre prochain des billets d’excursion de lre, 2e et 3e classe, soit individuels, soit collectifs, avec itinéraire établi au gré des voyageurs et valables sur les lignes des trois réseaux.
- Lés itinéraires peuvent ne comprendre que des lignes d’un seul ou de deux desdits réseaux. Le minimum de parcours est de 300 kilomètres.
- Les billets individuels comportent une réduction, de 20 à 60 0[0. suivant la longueur du parcours ; les billets collectifs font ressortir, pour chaque voyageur s’adjoignant au premier, des réductions supplémentaires -et croissantes variant entre 5 et 25 0[0.
- La durée de validité des billets est fixée à •30 jours pour les parcours inférieurs à 1,500 kilomètres; 45 jours pour les parcours de 1,500 à 3,006 kilomètres, et 60 jours pour les parcours supérieurs à 3,000 kilomètres. Cette durée peut être prolongée d’une, deux ou trois périodes de 10 jours, moyennant payement, pour chaque période, d’un supplément égal à 10 0[0 du prix primitif des billets.
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- Pendant la saison thermale, du 15 juin au30 septembre, la Compagnie d’Orléans délivre à toutes les gares de son réseau : 1° pour la station de La-queuille desservant les stations thermales du Mont-Dore et de La Bourboule ; 2° pour la station de Royat, des billets aller, et retour réduits de 25 % sur les prix calculés au tarif général par l’iiinéra re effectivement suivi. ’•
- Tout billet délivré à uue gare située à 300 kilomètres au moins des ditesstations donne drpit au
- porteur à un arrêt en cours de route, à l’aller et au retour.
- Là durée de validité de ces billets est de 10 jours, non compris les jours de départ et'd’arrivée. Cette durée peut être prolongée de 5 jours, moyennant paiement d’un supplément de 10 % du prix du billet.. La demande de prolongation peut être faite' soit à la gare de départ, soit à la gare d’arrivée1 lors,qu’il y a lieu, soit à la gare destinataire, mais avant l'expiration de la durée de validité du billet.’
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- QUATRIEME ANNÉE.
- SOMMAIRE :
- i. L’Exposition de Barcelone ; 2. Adjudications; 3. Le Diplôme des récompenses de l'Exposition de 1889 ; 4. Congrès et Conférences; 5. Les Ouvriers à l’Exposition de 1889 ; 6. Les Etrangers à l’Exposition de 1889 ; 7, Installations diverses ; 8. Le Congrès de la Meunerie; 9. Exposition« diverses; 10. Les ouvriers étrangers au Champ-de-Mars ; 11. Echos; 12. Sport; i3. La paix par l’arbitrage ; 14. Fête de bienfaisance à l’Exposition rétrospective de-la Bastille; i5. Gravure: La Tour centrale du Champ-de-Mars.
- La nouvelle Administration du MONITEUR DE L’EXPOSITION a l’honneur d’informer ses abonnés que ses bureaux situés, Cité de l'Alman011, sont à proximité du Champ-de-Mars, du quai d’Orsay et de l’Esplanade des Invalides, c’est-à-dire au centre même de l’Exposition.
- Elle se met à leur disposition pour tous les renseignements dont ils pourraient avoir besoin concernant l’Exposition de 1889 : demandes d’emplacements, installations de vitrines, etc., etc.
- Pour ces renseignements et pour tout ce qui concerne la rédaction ou l’administration, s’adresser à M. H. PENDRIÉ, directeur et propriétaire-gérant du MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- L’EXPOSITION DE BARCELONE
- Nous avons peu parlé jusqu’à ce jour de l’Exposition de Barcelone qui, cependant, d’après ce que nous en savons, mérite à tous égards plus qu’une mention honorable. L’Espagne, en ouvrant sa première exposition universelle dans la magnifique capitale de l’antique royaume de Catalogne, la cité des comtes (cindad condal) a été vraiment bien inspirée.
- Disons pour être exact que c’est Barcelone qui eut, la première entre toutes les grandes villes d’Espagne, l’idée d’ouvrir une exposition universelle. C’était un projet hardi, mais qui, heureusement, a pu être mené à bonne fin malgré les péripéties qui ont marqué sa période de gestation, grâce à l’intelligente activité et à l’énergie du maire de la ville, l’illustrissime D. Francisco de P. Rius y Taulet. Certainement, c’est à lui que revient l’honneur d’avoir rappelé au monde civilisé que Barcelone est non seulement une ville magnifique, mais une grande et importante cité commerciale et industrielle.
- Barcelone est, en effet, la ville d’Espagne où se concentre la plus grande partie de l’industrie nationale. C’est à Barcelone et dans ses faubourgs que sont établies ces magnifiques et considérables fabriques de tissus de coton qui inondent la Péninsule deleurs produits. A quelque 3o kilomètres à l’ouest sont situées les deux villes manufacturières de Tarasa et de Sabadell où se sont concentrées plus particulièrement les
- Dimanche 30 Septembre 1888.
- industries lainières, draps, mérinos, etc., et, en même temps, diverses autres fabrications spéciales, tapis, tissus de tricot, teintureries. Dans d’autres localités moins connues, mais toujours dans le rayon de Barcelone, existent également des centres industriels nombreux ayant presque tous leurs maisons de vente dans la capitale.
- Aussi, Barcelone, à chaque saison, est-il envahi par des nuées d’acheteurs accourus de tous les points de la Péninsule, qui augmentent encore son animation habituelle. Ajoutons que cette ville est la principale en Espagne pour l’exportation aux colonies des produits nationaux. Cuba, Puerto-Rico, les Philippines s’approvisionnent en grande partie à Barcelone ; les éventails que Valence, sa voisine, fabrique en immense quantité pour la même destination, viennent, pour la plupart, s’embarquer à Barcelone.
- Madrid est loin d’être le centre d’un pareil mouvement d’affaires, et puis cette capitale est si éloignée dans l’intérieur et les chemins de fer espagnols vont si lentement! Tandis que Barcelone est à peine à 170 kilomètres de la frontière française ; par mer, elle communique directement, et en peu de temps, avec Cette, Marseille .et Gênes. Et quel climat! à l’automne et au printemps surtout. Et quelles promenades ! la Rambla. ce boulevard superbe qui de la mer s’élève insensiblement jusqu’à la place de Catalogne sur une longueur de 2 kilomètres, en traversant le cœur de la ville, suffirait à elle seule pour attirer l’étranger dans la belle cité catalane tant la vie, le mouvement y régnent à l’état permanent et offre au coup d’œil du visiteur, du touriste un spectacle toujours varié, toujours nouveau, toujours attrayant. Et le Jardin., dans les dépendances duquel est installée l’Exposition universelle, quelle merveille avec sa fontaine monumentale ! Et YEnsanche, la nouvelle ville, tout en avenues et en boulevards aux ombrages magnifiques, et bordés de maisons particulières, hôtels, palais, monuments publics qui se surpassent les uns'les autres en beauté, en confort, en grandiose.
- A tous les points de vue, assurément, Barcelone était digne de l’honneur d’offrir la première aux nations civilisées, entre toutes les capitales de l’Espagne, l’hospitalité d’un tournoi industriel universel.
- Ah ! ce n’a pas été sans difficultés. Un moment, on crut à un échec ; une opposition violente s’était manifestée dans certains cercles de la ville. Mais l’énergie de M. Rius y Taulet en vint à bout assez facilement et put triompher, en même temps, d’un autre ordre de diffi_ cultés, la question financière.
- L’Exposition souvrit à l’époque indiquée, le 8 avril., bien que les travaux d’installation ne fussent pas terminés, et le 20 du mois suivant, la sympathique reine d’Espagne, accompagnée de ses principaux ministres, en venait faire
- NUMÉRO 196.
- l’inauguration solennelle qui fut, en fait, la véritable date d’ouverture.
- On se rappelle les fêtes magnifiques qui furent données à cette occasion, la réunion à Barcelone d’escadres de toutes les principales nations d’Europe, la visite de nombreuses délégations dont une du conseil municipal de Paris.
- Il y eut alors pour la cindad condal quelques semaines de véritable allégresse. Puis vint l’accalmie; les chaleurs de juillet et d’août peu propices aux déplacements et peu favorables au séjour dans une ville aussi méridionale, firent que l’Exposition de Barcelone fut à ce moment un peu délaissée; le découragement même commençait à percer dans la population, à en croire les feuilles locales: Mais avec septembre et le retour d’une température plus clémente sont revenus les visiteurs. A l’heure où nous écrivons ces lignes, Barcelone déborde d’étrangers venus de tous les points de la Péninsule et des pays voisins, France et Italie notamment : les opérations du Jury commencées il y a quelques jours provoquent en plus l’arrivée d’un certain nombre de visiteurs. On sait, par exemple, que M. Ch. Prévet, représentant du gouvernement français, est parti récemment de Paris accompagné de i5o personnes. Dans quelques jours, la société des ingénieurs civils de France se rendra en corps à Barcelone pour visiter cette ville, son Exposition, les pricipaux centres industriels de la région.
- La fin de la période des bains de mer ne manquera pas non plus de provoquer de nombreux voyages d’excursions de la part des gens aisés qu’attirent constamment l’appât des choses nouvelles. Et certes, pour la plupart, Barcelone est vraiment une nouveauté. Mais cette fois, leur attente n’aura pas été trompée car, ainsi que nous le disions en commençant, Barcelone est une merveilleuse cité et dans le mois d’octobre et de novembre, le séjour y est absolument enchanteur.
- Par une décision récente (18 septembre), Yayuntamiento (conseil municipal) a décidé que la date de fermeture de l’Exposition serait reportée au 8 décembre, mais il y a lieu d’espérer que cette date sera encore reculée, sinon officiellement du moins officieusement, jusqu’au 25 du même mois, à cause des fêtes de Navidad (Noël) toujours très belles à Barcelone et qui durent plusieurs jours. Les amateurs de villégiature méridionale peuvent donc choisir leur moment et se rendre à Barcelone à l’époque qui leur sera le plus convenable.
- En ce moment même commencent une série de fêtes extraordinaires qui doivent durer du 2 5 septembre au 2 3 octobre, mais sûrement en novembre ou décembre au plus tard, sera donnée une seconde série de fêtes que nous annoncerons en temps utile à nos lecteurs.
- Avant de clore cette description de la belle cité espagnole et de son Exposition, n’oublions
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- ii74- — Quatrième Année.
- N° 196.
- LE MONITEURJDE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 3o Septembre 1889.
- pas de mentionner qu’un certain nombre de congrès ont eu lieu à Barcelone à l’occasion de cette Exposition. En août dernier, c’a été les congrès pédagogique et de jurisprudence; ce mois-ci, les congrès médical, de pharmacie et d’architecture. Chacun d’eux a donné lieu à d’intéressantes discussions et, comme corollaire, à des solutions ou ordres du jour qui ne peuvent qu’être profitables à l’amélioration morale et matérielle de ce beau pays d’Espagne.
- Nons souhaitons sincèrement que dans ces derniers mois d’ouverture de son exposition, Barcelone soit récompensée des efforts qu’elle a faits, des sacrifices qu’elle s’est imposés pour montrer au monde civilisé ce dont est capable un peuple 'libre, une ville, surtout, qui a pour devise : Honneur et travail.
- H. Pendrié.
- ADJUDICATIONS
- Ministère du Commerce et de l’Industrie
- Adjudication en un lot des travaux de construction, en location, de la Porte d'entrée monumentale à exécuter à l’esplanade des Invalides, près le Ministère des affaires étrangères.
- Le samedi i3 octobre 188S, à une heure de l’après-midi, il sera procédé publiquement, dans une des salles du Conseil de préfecture (palais du tribunal de Commerce), par le préfet de la Seine ou son délégué, assisté de deux membres du Conseil de préfecture et du directeur général des travaux ou de son délégué, à l’adjudication, au rabais sur le prix de la série et par soumissions cachetées, de l’entreprise, en un lot, des travaux de construction, en location, de la porte d’entrée monumentale à exécuter à l’esplanade des Invalides, près du Ministère des affaires étrangères, lesquels travaux sont évalués à i5,io2 fr. 16, somme à valoir pour imprévus et frais d’agence compris. Le cautionnement est fixé à 1,000 francs.
- Le devis, le cahier des charges et les plans sont déposés à la direction générale des travaux, dans les bâtiments du Champ-de-Mars, à l’extrémité de l’avenue Rapp, où l’on pourra en prendre connaissance, tous les jours non fériés, de une heure à quatre heures.
- Nul ne sera admis à concourir à l’adjudication s’il ne remplit les conditions imposées par le cahier des charges générales.
- LE DIPLOME DES RÉCOMPENSES
- DE L’EXPOSITION DE 1889
- Par arrêté en date du 22 septembre 1888, le j Ministre du commerce et de l’industrie, commis- I saire général de l’Exposition de 1889, a réglé comme suit les conditions du concours pour le dessin du diplôme des récompenses de l’Exposition universelle.
- Un concours à deux degrés, accessible à tous les artistes français, et ouvert pour le dessin du diplôme des récompenses del’Exposition de 1889.
- Le concours sera jugé parla Commission instituée par l’arrêté ministériel du 11 août 1888 faisant fonction de jury.
- Les artistes pourront recourir à la forme allégorique dans la composition du dessin qui comportera l’emploi de la figure et de l’ornement.
- Le dessin exécuté du diplôme aura comme dimensions om,55 sur om,44 ; il devra encadrer une réserve qui pourra affecter une forme régulière mais qui présentera une surface libre susceptible d’être inscrite dans un rectangle de om, 15 sur om, 3o.
- Le premier degré du concours consistera dans une esquisse de grandeur d’exécution qui devra être déposée à l’Hôtel de Ville de Paris avant le
- i5 novembre 1888, à midi. Chaque envoi devra être accompagné d’une enveloppe cachetée conte-nantie nom de l’auteur et portant à l’extérieur un signe ou une devise qui seront reproduits sur l’esquisse.
- Une exposition publique des esquisses envoyées aura lieu pendant trois jours à l’Hôtel de Ville.
- Le jugement sera rendu immédiatement après : Le jury désignera cinq esquisses dont les auteurs seront admis au concours du deuxième degré.
- Le concours du deuxième degré consistera dans l’exécution définitive des esquisses adoptées par le jury en vue de la reproduction par la gravure en taille douce. Les dessins devront être déposés dans les bureaux de la Direction Générale de l’Exploitation, 16, avenue de la Bourdonnais, avant le icr février 1889, à midi.
- Les dessins envoyés seront exposés pendant cinq jours et le jugement sera rendu immédiatement après.
- Un prix unique de dix mille francs est accordé à l’artiste classé premier à la suite de ce dernier concours, et son œuvre sera exécutée.
- Une indemnité de mille francs sera accordée à chacun des autres concurrents du concours du deuxième degré.
- L’artiste dont le dessin sera adopté devra s’entendre avec le graveur qui aura été désigné pour
- l’exécution.
- A
- * *
- Notre excellent confrère, le Journal des Arts, compétent en la matière, a publié à ce sujet, dans son numéro du 21 septembre, les réflexions suivantes :
- On a annoncé, il y a quelques jours, la nomination d’une commission chargée par le ministre du commerce et de l’industrie de rédiger le programme d’un concours entre tous les artistes français pour la gravure du diplôme des récompenses à l’Exposition universelle de 1889.
- On sait combien nous nous intéressons à ce diplôme pour lequel nous n’avons cessé de réclamer une véritable œuvre d’art.
- Voilà une commission nommée ; c’est bien, quoiqu’on y ait mis le temps ; maintenant où est le programme ? On ne le voit pas encore apparaître et cependant l’urgence se fait de plus en plus sentir ; les jours, les mois s’écoulent et nous approchons de l’heure décisive.
- Je sais bien que l’affaire ne dépend pas du ministre des beaux-arts seul, sans quoi elle serait probablement déjà déterminée, mais du ministre du commerce qui n’a peut-être pas, comme l’autre, les éléments voulus dans sa main. Même objec-tera-t-on que ceci est affaire de goût ; mais chez nous, tous les ministres ont du goût et des aptitudes à peu près égales ; la preuve c’est que le même homme, sans trop s’en étonner lui-même ni les autres non plus, administre successivement les finances aussi bien que l’intérieur ou le commerce, l’agriculture aussi bien que les beaux-arts ou les relations étrangères, sans qu’à vrai dire les choses en aillent ni mieux ni plus mal.
- Il n’y a donc pas pour le ministre du commerce à tâtonner longtemps, et rien ne l’empêche de presser la Commission à laquelle incombe la tâche de tracer le programme, du concours, de l’arrêter au plus vite et de le publier. Encore une fois l’heure presse. L’œuvre du graveur sera forcément lente, et on ne voudrait pas que, faute du temps nécessaire, le diplôme de la prochaine exposition universelle de Paris fut, comme exécution, inférieur à celui de l’exposition de Vienne qui fut gravé par un artiste de grand talent, Unger.
- CONGRES ET CONFÉRENCES
- Les Commissions des Congrès et Conférences de l’Exposition de 1889 reprendront leurs travaux au mois d’octobre. Comme il faut longtemps à l’avance prendre les dispositions
- matérielles assurant ce service complexe, les demandes de Congrès et de Conférences devront être adressées le plus tôt possible et, au plus tard le 31 octobre pour les Congrès, et le 3o novembre pour les Conférences. Passé ces dates, il ne sera pas possible d’assurer aux demandeurs les avantages résultant de l’acceptation des demandes faites en temps utile.
- Les demandes de Congrès et Conférences doivent être adressées à M. le Ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle ds 1889 (Direction générale de l’exploitation, Congrès et Conférences.)
- ------—------?HgH5HgKSS--------
- LES OUVRIERS A L’EXPOSITION
- DE 1889
- Sous ce titre, plusieurs de nos confrères ont publié les informations suivantes :
- A l’une des dernières séance de la Chambre, un certain nombre de députés de la Seine ont adhéré à une proposition de loi déposée par l’un d’eux,. M. Mesureur, tendant à l’ouverture d’un crédit de 1,200,000 francs pour l’organisation d’une exposition ouvrière internationale en 1889.
- Il s’agit, d’après l’exposé des motifs, de fournir aux ouvriers le moyen d’exposer sans capital et sans patron. Si cette démonstration est concluante c’est pour les ouvriers la confiance du public conquise et le moyen de créer l’association professionnelle largement ouverte à tous. Si le résultat est médiocre, la classe ouvrière se rendra compte des progrès qui lui restent à accomplir et comprendra que ceux qui organisent, inventent et dirigent sont des facteurs nécessaires.
- Le ministre du commerce serait chargé de régler l’emploi de la somme au mieux des intérêts ouvriers. Nul caractère d’exclusivisme ne devrait marquer cette exposition.
- La proposition de M. Mesureur est signée par douze de ses collègues de la députation de la la Seine.
- Rappelons à cette occasion que le Conseil municipal est saisi d’une demande de subvention de 5oo,ooo francs, formée par une commission dite de l’Exposition ouvrière, composée de 102 candidats et associations ouvrières.
- Cette commission exécutive composée de 102 syndicats et associations de Paris a tenu depuis une importante réunion à la Bourse du travail; il y a été décidé que la date extrême’pour la réception des devis était reculée au 3o septembré Passé ce délai, aucun devis ne sera accepté.
- La réunion a nommé une commission de trente membres chargés de pousser avec la plus grande activité à la réussite de l’exposition, car le temps est très limité. Cette commission va prochainement faire paraître un bulletin hebdomadaire de l’exposition ouvrière, elle organise également une série de conférences, dans les départements. Nous ne saurions trop engager à ce sujet les associations, syndicats et divers autres groupements ouvriers à bien vouloir se mettre immédiatement en correspondance avec la commission. Les frais de voyage et de séjour sont à la charge des syndicats parisiens;
- D’autre part, la commission d’organisation de l’exposition ouvrièree internationale de 1889 vient d’adresser la circulaire suivante aux syndicats, associations et autres groupements ouvriers des départements :
- Citoyens,
- La commission exécutive de l’Exposition ouvrière, composée de io5 syndicats et associations ouvrières parisiennes, est décidée à faire aboutir par tous les moyens l’œuvre commencée en 1886, car nous considérons que fous nos longs et pénibles efforts seraient perdus, si nous ne complé-
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- Quatrième Année. — N° 196.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1SS9.
- lions l’Exposition ouvrière de 1S86 par celle de 1889.
- Les municipalités de France, qui n’avaient pas cru à l’Exposition de 1886, seront moralement e matériellement obligées, sous votre impulsion, d’aider leurs administrés ouvriers, qui certainement se joindront à leurs frères de Paris si vous le tentez et le voulez.
- L’Etat lui-même, hostile au début à une Exposition spéciale aux producteurs, a enfin cédé et a donné un emplacement dans l’enceinte de l’Exposition universelle.
- Les syndicats des départements ne peuvent rester en arrière.
- Nous venons, citoyens, vous demander si, pour cette œuvre de travail et de fraternité internationale, vous pouvez provoquer et organiser une réunion privée ou publique des travailleurs syndiqués ou à grouper dans votre région, dans le plus bref délai. La commission vous enverrait un de ses membres chargé de développer les avantages qu’auraient les ouvriers à adhérer à l’Exposition strictement ouvrière, qui est sous la tutelle et la responsabilité entière des travailleurs français complètement indépendants dans notre organisation essentiellement professionnelle.
- Le voyage et la rétribution du camarade délégué par nous seraient à notre charge. Les frais de réunion seraient à la vôtre.
- Comptant sur un accueil favorable, recevez, citoyens, nos fraternelles salutations.
- Pour.la commission :
- Le secrétaire, Lavaud.
- 2, rue Vicq-d’Azir, Paris.
- Nota. — La commission d’organisation se réunit tous les jours. Si vous pouviez nous faire parvenir un mot dans le plus bref délai, vous activeriez notre tâche.
- Il y a lieu d’encourager cette initiative des groupes et syndicats ouvriers en vue d’une exposition spéciale en 188g, car elle ne peut qu’être profitable au développement de la puissance industrielle de notre pays. A ce point de vue seul, elle mériterait déjà l’appui moral et matériel de tous.
- ---------Bîiür» g <B» «t mr-——--
- LES ÉTRANGERS A L’EXPOSITION
- DE 1889
- Espagne
- Nous avons parlé à différentes reprises de l’intérêt que portaient à notre future Exposition nos sympathiques voisins d’au delà les Pyrénées, et de leurs efforts pour que leur participation soit aussi grandiose que possible. Cette participation sera remarquablement belle et curieuse.
- Non contente de nous envoyer ses produits, l’Espagne veut se présenter elle-même, c’est-à-dire nous donner une image complète de la vie espagnole. C’est une véritable ville qui surgira en plein Paris, avec maisons, théâtres, jardins, restaurants, hôtels, cafés, taurodromes, costumes et types du pays. On entendra de véritable musique et on exécutera des danses qui surprendront les Parisiens habitués à une Espagne d’Opéra-Comique, absolument conventionnelle.
- Un autre attrait de cette exposition consistera dans des courses de taureaux exécutées par les plus célèbres cuadrillas de la péninsule, avec des exhibitions de costumes et d’armes des différentes époques. Les plus sérieuses études ont été faites pour résoudre le problème de donner aux invités un spectacle émouvant sans effusion de sang.
- Mais voici qui est à noter tout particulièrement : Une partie des recettes sera abandonnée à la caisse des ouvriers sans travail à Paris.
- C’est une oeuvre philanthropique, en même temps qu’une manifestation politique en faveur de l’alliance des deux nations.
- Les promoteurs de ce magnifique complément de l’Exposition espagnole portent des noms très autorisés, tels que le duc de Veraguas, le comte de Patilla, le comte de Fuentenueva, le comte de Villars, Antonio Dias Valdès, etc.
- *
- *• *
- Italie
- Le secrétaire général du Comité pour la participation des Italiens à l’Exposition s’est rendu il y a quelques jours à Marseille pour y cons ti tuer un sous-comité.
- Le 2 3 septembre il devait être à Milan pour la convocation et l’installation du sous-comité de cette ville.
- Le 29, à Bologne, pour assister à la réunion de la Commission, des sciences sociales.
- Le 2 octobre, enfin, il sera à Paris où il prendra part aux séances de la Commission chargée d’étudier le mode de décoration à adop. ter pour les galeries de la section italienne.
- * *
- Roumanie
- L’initiative du prince Bibesco pour la forma* tion d’un comité national a eu déjà les meilleurs résultats.
- Le prince Bibesco a, en effet, réussi à grouper les représentants les plus autorisés de tous les partis politiques et de toutes les branches d’activité. Le comité national roumain compte jusqu’à ce jour plus de cent membres, chefs de parti, anciens ministres, etc. Le conseil municipal de Bucarest, avec le maire en tête, s’est associé aux travaux du comité. D’autres grandes villes du pays sont également représentées par leurs maires. Enfin, dans tous les districts se forment des comités locaux.
- A Bucarest, où il se trouve en ce moment, le prince Bibesco poursuit en ce moment, avec son zèle accoutumé et sa sympathie pour la France, l’accomplissement de la participation roumaine
- *
- * ¥•
- République Argentine
- M. Pierre Legrand, ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition de 1889, vient d’être informé que le Gouvernement de la République Argentine a présenté au Congrès un projet de loi déjà voté par le Sénat et qui va l’être par la Chambre des députés ; projet tendant à obtenir un crédit de deux millions cinq cent mille francs pour les frais de la section argentine à l’Exposition de 1889.
- L’année dernière déjà une somme de huit cent mille francs avait été consacrée à la même destination, ce qui porte à trois millions trois cent mille francs le crédit total.
- La Commission, chargée d’organiser la participation de ce pays, déploie une grande activité afin de présenter les progrès réalisés sous tous les rapports dans ces dernières années par la République Argentine.
- INSTALLATIONS DIVERSES
- Les Beaux-Arts
- Le commissariat spécial des expositions des beaux-arts, institué par décret du i3 juillet dernier, en vue de l’Exposition de 1889, a terminé son travail de préparation-
- Dans un rapport adressé à M. le ministre de l’instruction publique et des beaux-arts, M. An-
- Dimanche 3o Septembre 1888. — 1175.
- tonin Proust propose de diviser les beaux-arts en six sections :
- i° Exposition rétrospective de l’art français de 1789 à 1878 (Palais des Beaux-Arts);
- 20 Exposition décennale de 18784 1889, France et étranger (Palais des Beaux-Arts) ;
- 3° Exposition des monuments historiques, mou-lage, dessins, photographies, émaillerie, orfèvrerie, sculpture sur bois (Palais du Trocadéro);
- 40 Exposition de l’enseignement du dessin (Palais des Arts libéraux);
- 5° Exposition des manufactures nationales avec série rétrospective de 1789 à 1889 (Coupole centrale des Galeries de l’Industrie);
- 6° Exposition théâtrale : maquettes, costumes, machines, éclairage, modifications apportées dans la construction des théâtres (Palais des Arts libéraux).
- Exposition militaire
- Nous avons déjà parlé de l’exposition militaire qui sera l’une des principales attractions de l’Exposition universelle de 1889.
- On sait qu’elle est organisée sous la direction du général Gervais et qu’elle occupera l’esplanade des Invalides.
- Voici, sur certaines parties de cette vaste installation, des détails complémentaires.
- Disons d^abord que le général Gervais, à la suite d’un récent voyage en Belgique et de visites dans les principaux musées de France, a reçu un grand nombre d’adhésions nouvelles et peut compter sur de précieux envois pour les expositions rétrospective et moderne d’armes, [d’armures, d’insignes militaires, etc.
- M. Vermeesch, président de l’exposition rétrospective militaire de Bruxelles, a promis tout son concours pour celle de Paris.
- En France, beaucoup de collectionneurs consentent à se séparer provisoirement de leurs chères galeries. M. Ritz s’est chargé de remplir une salle à lui seul.
- Un bâtiment occupant environ 3,000 mètres carrés, et ayant un étage, ce qui double la place, sera affecté à ces expositions rétrospective et moderne.
- Le musée de Saint-Etienne enverra une magnifique collection de fusils.
- Les Gobelins, le Mobilier national garniron également de très belles salles.
- Le Panorama de la Compagnie transatlantique.
- Les travaux d’édification de ce panorama, dont nous avons déjà parlé, sont poussés avec activité, Situé au bord de la Seine, à l’extrémité sud des galeries de l’agriculture, il occupera une superficie d’environ 5oo mètres carrés complètement en dehors du quai, c’est-à-dire sur la berge même du fleuve. Nous nous réservons d’en parler plus longuement dans un prochain numéro et nous comptons meme en faire l’objet d’une gravure aussitôt que les travaux auront acquis leur entier développement.
- Le panorama du Saint-Gothard.
- M. Zing, directeur du chemin de fer du Gothard fait faire dans ce moment un plan en relief du fameux tunnel et de ses abords qui figurera à la prochaine Exposition. Encore une leçon de choses des plus intéressantes. Cette reproduction sera probablement installée dans l’intérieur du Champ-de-Mars.
- LE CONGRÈS DE LA MEUNERIE
- La deuxième journée du congrès de la meunerie a été, nous dit Y Evénement, plus importante encore que la première. Il faut dire, tout d’abord, que M. Floquet, président du conseil, avait tenu à assister aux travaux du congrès et, en particulier, à la conférence fort intéressante que M. Gran-deau, membre du conseil supérieur de l’agriculture, a faite sur la productiondu blé en France.
- Dans les réunions de commissions qui ont eu lieu dans la matinée on a touché à la question palpitante du jour: la taxe du pain.
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- U7&. — Quatrième Année. — N° 196.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- Dimanche 3o Septembre 1888.
- La section spéciale a émis très énergiquement le vœu que la taxe laissée à la discrétion du maire et qui maintient la seule industrie de la boulangerie en dehors de la liberté accordée à tous les autres fût supprimée. Les effets ordinaires de la taxe imposée pèsent uniquement sur le consommateur d’une part, puisque le boulanger se voit forcé d’employer des matières premières de qualité inférieure, et, d’autre part, sur la meunerie dont les beaux produits ne peuvent plus être vendus.
- Il faut laisser au boulanger comme à tout autre industriel la faculté de fabriquer un produit de la qualité qui convient à la clientèle qu’il fournit. Les prix seront toujours réglés par la concurrence et le rapport de l’offre avec la demande; si des coalitions se sont formées, elles ne l’ont été que contre des taxes injustifiées ou exagérées.
- M. Grandeau, dans sa conférence, a exprimé le même vœu, et M. le président du conseil a promis en quittant le Congrès de faire au conseil des ministres, qui se tient ce matin, tout ce qu’il pourrait en faveur de cette industrie qui est la première et la plus essentielle de la France.
- La troisième journée (mercredi 19 septembre) a été celle de la clôture de l’exposition. Il y a eu même foule que les jours précédents. La conférence a été faite par M. Grandvoinnet « sur les divers procédés d’écrasement du grain pour remplacer les meules ». M. Frédéric Passy, l’éminent économiste, y assistait.
- Le secrétaire général, M. Cornu, a lu un rapport sur les travaux accomplis pendant l’année par l’association. M. Dubray a été réélu président.
- Le seul fait important à constater et à retenir est l’adoption du vœu de la commission des douanes.
- Après une foule de considérants trop longs pour que nous puissions les citer même sommairement la commission a exprimé ce vœu que le congrès a ratifié :
- « Le congrès exprime le vœu que le gouvernement maintienne en vigueur la loi de 1887. »
- On sait que c’est cette loi de 1887 qui a élevé à 5 francs le droit d’entrée sur les blés.
- Et comme, en France, tout se termine par des chansons ou... par un dîner, le Congrès a clôturé la session par un banquet qui a eu lieu à l’Hôtel-Continental, sous la présidence de M. Dubray, président du syndicat des meuniers.
- Au milieu d’une assistance de près de trois cents personnes, étaient présents MM. Tisserand, directeur du ministère de l’agriculture; Frédéric Passy et Mérillon, députés ; Georges Berry, Saint-Martin, conseillers municipaux ; Vilgrain, Barre, Blanchet-Colson; vice-présidents du syndicat des meuniers ; Hervaux, trésorier ; L. Cornu, directeur de la meunerie française, secrétaire général; Buissot, directeur de la Société d’assurance mutuelle de la meunerie, etc., etc.
- Au dessert, M. Dubray, dans un court et élo-- quent discours, a remercié les assistants du concours qu’ils ont apporté au succès du congrès.
- M. Tisserand a pris ensuite la parole pour apporter à l’assemblée les regrets de M. le président du conseil des ministres et de M. le ministre de l’agriculture de n’avoir pu accepter l’invitation qui leur a été adressée d’assister au banquet, puis il fait l’éloge de la culture intensive et bu au succès de l’œuvre entreprise par le syndicat des meuniers de France.
- M. Georges Berry a porté ensuite, au nom de la Ville de Paris, un toast de sympathie à l’œuvre du congrès.
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- EXPOSITIONS DIVERSES
- Exposition internationale de la ramie
- Lundi dernier s’est ouverte à deux heures, dans une des annexes du quai d’Orsay qui seront affectées à l’agriculture pendant l’Exposition de 1889, une exposition de machines et de procédés servant à décortiquer et à dégommer la ramie verte ou sèche.
- Le jury nommé par le ministre de l’agriculture
- a fonctionné cette semaine et les prix seront proclamés la semaine prochaine.
- Sept procédés différents sont en présence : cinq français, un belge et un américain.
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- Exposition de Barcelone
- LETTRE DU MAIRE DE BARCELONE AU CONSEIL MUNICIPAL DE PARIS
- M: de Bouteiller, vice-président du Conseil municipal, a reçu de M. le maire de Barcelone la lettre suivante :
- « Mairie de Barcelone, le 3i août 1S88,
- « A M. J. de Bouteiller, vice-président du Conseil municipal de Paris
- « Cher monsieur,
- « J’ai reçu l’aimable lettre que vous avez bien voulu m’adresser à la date du 25 août et par laquelle vous m’annoncez l’envoi des documents relatifs à l’histoire de Paris, que la Municipalité de cette ville a bien voulu offrir à notre ayunta-miento en témoignage de sa sympathie pour notre pays et en particulier pour la ville de Barcelone.
- « Je me sens très honoré — et la corporation que je préside et à laquelle je ne manquerai pas de communiquer votre lettre à la session prochaine ne le sera pas moius — de ce présent, qui occupera la place d’honneur dans nos archives et rappellera à tous les Barcelonais les preuves éclatantes d’affectueuse considération que notre cité a reçues de ses frères d’au delà des Pyrénées lors de l’inauguration de la première Exposition universelle célébrée en Espagne.
- « C’est dans ces sentiments que je vous prie de recevoir et de transmettre à tous les membres du Conseil municipal de Paris l’expression de la profonde gratitude de la population barcelonaise, au nom de laquelle j’adresse à celle de Paris mon fraternel salut en vous renouvelant l’assurance de la vive estime avec laquelle je suis votre tout dévoué serviteur.
- « Francisco de P. Rius y Taulet. »
- FÊTES EXTRAORDINAIRES
- Le 24 de ce mois, nous apprennent les journaux de Barcelone, a commencé une série de fêtes qui se continueront jusqu’au 23 octobre. Tout d’abord, deux magnifiques courses de taureaux avec quatre des meilleures espadas de la Péninsule : Frascuelo, Cara-Ancha, Mazzantini et Espartero ; ensuite viendront des jeux plus innocents, tels que : batailles de fleurs, concours d’orphéons et de musiques militaires, régates internationales ; puis des courses de chevaux et de vélocipèdes, de nouvelles courses de taureaux, un concours d’élèves des écoles municipales, des courses à pied, jeux de pelote et bals de caractère des diverses régions de l’Espagne.
- Enfin, pour clore cette série de fêtes, seront donnés également une magnifique cavalcade en l’honneur de Christophe-Colomb dans laquelle les cinq parties du monde seront représentées, un superbe festival et une seconde cavalcade à l’occasion de l’inauguration de la statue élevée à la mémoire du poète-musicien catalan, D.-J. Anselme Clavé. En même temps aurcntlieu, d’abord, une fête maritime dans le port et plusieurs concerts, puis une distribution de prix aux élèves des écoles municipales et des fêtes scolaires auxquelles prendront part des étudiants de tous les centres officiels d’enseignement de la Péninsule.
- L’Ayuntamiento accordera un prix à la rue ou à l’établissement le mieux décoré et le mieux illuminé pendant toute la durée de ces fêtes.
- Avis donc aux amateurs d’excursions, ils ne sauraient faire un meilleur choix que d’aller passer quelques jours dans cette heureuse cité. Ils ne regretteront sûrement ni leur temps ni leur argent.
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- Exposition d’horticulture de Vitry-sur-Seine
- Décidément le goût en est pris, et ces charman-
- tes expositions des dons de Flore sont toujours bien accueillies. Toutes les communes des environs de Paris, à l’envi les unes des autres, tiennent à réunir ce que les horticulteurs fleuristes et maraîchers ont produit de plus parfait ou de nouveau, afin de montrer au public combien est grande leur supériorité.
- La Province ne le cède en rien et certaines villes qui possèdent des spécialistes ont l’habitude d’exhiber à certaines époques les produits les plus parfaits de leur localité.
- Voilà, certes, de bonnes idées, qui ne feront que grandir et s’étendre partout. Que tous les horticulteurs, cultivateurs ou industriels quelconque se groupent, se réunissent et guidés par une saine émulation exposent leurs produits aux regards du public, c’est un bon moyen de propagation et aussi le meilleur pour le développement du progrès, mais il est aussi excellent, ce moyen, pour apprendre à se connaître et de là à s’aimer il n’y a qu’un pas facile à franchir.
- Ces bonnes idées ont toutes été mises en pratique dans la société d’horticulture de Vitry-sur-Seine et sous l’habile direction de son sympathique président, M. Honoré Defresne, le grand pépiniériste bien connu.
- Non seulement une splendide exposition florale a été organisée, mais aussi outre lesfleurs, plantes, arbres, fruits, elle comprenait la culture potagère et tout le matériel horticole.
- Installée dans les immenses jardins de la mairie, dont le terrain surélevé se trouve un peu en amphithéâtre, sous une immense tente décorée avec le plus grand soin ; cette exhibition faisait penser aux jardins de Sémiramis.
- Nous ne nous arrêterons pas aussi longtemps que nous le voudrions bien à admirer ce délicieux éden et dirons sans plus tarder que les récompenses dont la désignation suit ont été hautement méritées.
- La distribution des récompenses a eu lieu dimanche dernier 23 septembre sous la présidence de M. Levêque, conseiller général de la Seine. M. Groult président d’honneur de la Société, le maire et les autorités municipales ; quantité de notabilités avaient tenu à honneur d’assister à cette charmante fête dont l’éclat était encore rehaussé par la présence de nombreuses dames patronnesses et de quantité de dames dont les délicieuses et fraîches toilettes éclipsaient le brillant-coloris des fleurs.
- Enfin le soir toute cette grande famille s’est réunie en un banquet qui n’a cessé d’être empreint de la plus grande cordialité.
- FLORICULTURE
- Grand prix d'honneur, objet d’art, offert par M. Groult. — MM. Levêque et fils, qui ont obtenu un prix des dames patronnesses, pour leurs splendides rosiers thés, francs de pied, et leurs œillets tiges de fer.
- Ier prix. Médaille d’or offerte par la Société. — MM. Forgeot et Cie, auxquels les dames patronnesses ont décerné leur deuxième prix pour fleurs annuelles et bisannuelles. Cette maison en progrès constants, avait la plus belle collection de plantes fleuries et fleurs coupées.
- Grande médaille de vermeil offerte par M. H. Defresne, président de la Société d’horticulture, décernée à M. Brechet, Auguste.
- Grande médaille de vermeil, offerte par la Société d’Horticulture. — M. Timardeau, pour pétunias, coleus et tantanas. 3e prix ex œquo décerné par les Dames patronnesses.
- Médaille d’argent. — M. Billiard, M. Barré ; pour Cyclamens de Perse.
- FLEURS COUPÉES
- Prix d’honneur des dames patronnesses.
- Premier prix, médaille d’or, offerte par la Société d’Horticulture. — M. Poirier, pour travail de fleurs coupées, montées artistement en motifs de décoration, couronnes, etc.
- Médaille offerte par la Fraternelle, avec félicitation du jury. — M. Picard, Lucien, collection de dahlias.
- Médaille offerte par M. Caillaut.— M. Grognet. Jules, collection de roses.
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- Quatrième Année, — N« 196,
- Dimamchh 3o Septembre 1888. «— 1177
- ARBORICULTURE
- Prix d’honneur, objet d'art, offert par M. Reu-los. — M. Grognet, Louis, pour arbres formés et fruits.
- ierprix, objet d’art, offertpar M. Renault, Léon, fruits et légumes.
- Grande médaille de vermeil, offerte par M. de Fadate de Saint-Georges. — M. Vincent père, l arbres formés et fruits.
- Grande médaille de vermeil, offerte par M. La-bitte. — M. Grognet Simon, arbres de pépinières.
- Médaille de vermeil, offerte par le Ministre de l’Agriculture. — M. Gambrelle Alfred, arbres de pépinières.
- Médaille offerte parM. Rousseau. — M. Mes-ny, pour collection de fruits.
- Médaille d'argent offerte par le Ministre de l’Agriculture.— M. Bachoux, Denis, pour arbres forcés.
- CULTURE MARAÎCHÈRE
- Prix d’honneur, objets d'art, offert par M. Fer-rout. — MM. Forgeot etCie pour leurs splendides colloctions de légumes et de graines.
- 1er Prix, objet d’art offert par le département de la Seine, décerné à M. Plique, pour légumes et culture de champignons.
- Médaille de vermeil,’ offerte par M. Charpentier, attribuée à M. Sevin Jean-Denis, collection de pommes de terre.
- Médaille de vermeil, offerte par M. Lévêque, conseiller général, décernée à M. Millien, pour un lot de légumes.
- ARBUSTES n’ORNEMENT
- Grand diplôme d’honneur, décerné à M. Honoré Defresne pour splendides installations d'arbres résineux.
- Prix d’honneur, avec félicitations du Jury. — M. Cordeau, chef de culture de la maison H. Ja-main, pour grenadiers et lauriers d’Apollon.
- Grande médaille de vermeil, offerte par la Société de Saint-Fiacre. —M. Bachoux, Denis, pour conifères et plantes à feuillage persistant.
- Médaille de vermeil, offerte par M. Ballu, décernée à M. Brunet pour arbustes à feuillage persistant.
- Enfin dans la section Arts et Industrie huit ré- . compenses principales ont été décernées :
- Prix d’honneur à M. Bouchereaux. — Couveuses.
- Grande médaille de vermeil à M. Brault fils. — Vases, statues.
- Grande médaille de vermeil à M. Boutard fils, — Nouveau mur.
- Médaille de vermeil à MM. Martre et fils. —Appareil de chauffage.
- Médaille d’argent à M. Besnard. — Appareil de chauffage.
- Médaille d’argent à La Ménagère. — Panoplies de jardin.
- Médaille d’argent à M. Simard fils. — Construction rustique.
- Médaille offerte par M. Nocmé, décernée à M. Vincent fils, pour plans de jardins exécutés.
- N’oublions pas M. Vincent père à qui la société a décerné une grande médaille d’argent pour l’exécution des travaux de l’Exposition.
- Récompenses pour longs et bons services.
- M. Lejeune Théodore, trente-trois ans de services chez M. H. Defresne.
- M. Martin Théophile, trente-quatre de services chez M. Coulombier.
- Nous ne pouvons résister au désir de dire combien nous approuvons cette partie des récompenses. Jamais on ne fera trop pour encourager l’exemple: les longs services, c’est déjà quelque chose, mais longs et bons services, voilà qui est mieux. Il est vrai que l’un ne va jamais sans l’autre. Aussi applaudissons-nous des deux mains à de telles récompenses qui souvent se font trop longtemps attendre. Il a fallu cette heureuse circonstance de la première exposition florale de Vitry, pour que la Société témoignât toute sa sympathique sollicitude à de vieux serviteurs. C’est le meilleur moyen de faire vivre cette maxime. Aimons-nous, aidons-nous.
- LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE 1889
- LES OUVRIERS ÉTRANGERS
- AU .CHAMP-DE-MARS
- M. Chauvière, conseiller municipal de Paris ayant adressé àM. Alphand une plainte au sujet de la proportion trop grande d’ouvriers étrangers qu’employait, selon lui, M. Reygeal, entrepreneur de la vitrerie des Palais des Beaux-Arts et des Arts libéraux, a reçu de l’honorable directeur des travaux la lettre suivante :
- EXPOSITION UNIVERSELLE Paris, Champ-de-Mars, I
- De 1889 le septembre 1888.
- DIRECTION GÉNÉRALE
- des travaux Monsieur le Conseiller,
- Vous m’avez écrit, à la date du 11 septembre courant, pour me signaler la présence, sur le chantier de M. Reygeal, adjudicataire de travaux de vitrerie à l’Exposition, d’un grand nombre d’ouvriers étrangers — et vous m’avez demandé de rappeler cet entrepreneur au respect des règlements.
- Le nombre d’étrangers que vous me signalez est certainement exagéré, mais, en admettant même qu’en réalité la proportion ordinaire de 10 pour 100 fût dépassée, il me serait très difficile d’intervenir en ce moment de la façon que vous le désirez. Je ne puis, en effet, à l’époque où nous sommes arrivés, prescrire des mesures capables de retarder l’exécution des travaux ; d’autre part, je ne saurais considérer l’entreprise dont il s’agit comme rentrant dans les conditions ordinaires. M. Reygeal met en place des verres qui sont et restent sa propriété ; il court de très grands risques et, à cause même de la responsabilité qu’il assume, a droit d’être laissé plus libre dans le choix de ses ouvriers que tel ou tel autre entrepreneur ; enfin, les règlements sur les chantiers de l’Etat ne sont plus les mêmes que ceux mis en vigueur sur les chantiers de la Ville, et M. le ministre s’est réservé la faculté, dont il use, de fixer suivant les circonstances la proportion d’étrangers à admettre à ces travaux.
- J’ajoute que le passé de M. Reygeal et ses constantes revendications en faveur de la classe ouvrière, lorsqu’il était membre du Conseil municipal de la ville de Paris, doivent vous donner toutes garanties, vous rassurer et vous convaincre qu’il n’emploie d’étrangers sur ses chantiers qu’à la dernière limite et lorsqu’il ne peut vraiment agir autrement.
- Veuillez agréer, monsieur le conseiller, l’expression de mes sentiments les plus distingués.
- Le Directeur général des travaux, Alphand.
- Nous avons eu l’occasion de voir M. Reygeal à la suite de la publication de la lettre ci-dessus par un journal socialiste et, d’après ses explications, nous ne pouvons que confirmer les dires deM. Alphand. « Dans la corporation d’ouvriers dont j’ai besoin à l’Exposition, nous a dit M. Reygeal, il y a à Paris, 80 o/o d’étrangers, il m’est donc impossible de ne pas dépasser le taux fixé par les cahiers des charges de la ville. » Nous savons, d’ailleurs, de longue date que M. Reygeal est un excellent patriote et qu’il n’agit ainsi qu’à son corps défendant.
- ÉCHOS
- l’exposition rétrospective de la bastille
- Le comité de secours aux incendiés de la Guyane française a décidé qu’une grande fête de charité aura lieu, le jeudi 4 octobre, sous son patronage à la nouvelle Bastille, au Champ-de-Mars.
- Le programme en sera publié ultérieurement.
- Disons tout de suite que cette fête réunira les attractions les plus curieuses et les plus variées : telle que ballet, bataille de fleurs en chaises à porteur, cour d'amour* tournoi, courses de lévriers, bal de jour pour enfants et bal Watteau, le soir,
- fête de nuit avec illuminations, feu d’artifice en ballon, etc , etc.
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- LE CONGRÈS INTERNATIONAL DE GÉOLOGIE
- Le congrès international géologique a clos ses séances hier à l’Université de Londres.
- La prochaine session aura lieu à Philadelphie en 1891, date à laquelle l’Université de Pensylva-nie célébrera son centième anniversaire.
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- LE JARDIN D’ACCLIMATATION
- Au moment où les Hottentots qui ont si vivement intéressé la population parisienne vont quitter le jardin d’acclimatation, on annonce que dix magnifiques autruches, quatre noires et six grises viennent d’arriver au jardin d’acclimatation. L’une d’elles est d’une taille extraordinaire. Elles proviennent d’une ferme des environs d’Oran, où elles ont été élevées, et ont été transportées en France parle paquebot le Caïd, en même temps que dix-liuit autres, dont le jardin zoologique d’Anvers va, dit-on, faire l’acquisition.
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- FÊTES AU GRAND CONCOURS DE BRUXELLES
- De grandes fêtes musicales ont lieu dans ce moment au grand concours de Bruxelles et se continueront pendant le mois d’octobre.
- Ces fêtes sont divisées en trois parties d’auditions : les Fanfares, les Orphéons, les Harmonies. Les auditions des fanfares seront d’une durée de quinzp jours consécutifs, du dimanche 16 septembre au dimanche 30 du même mois. Celles des harmonies, d’une durée de quinze jours, du lundi l*r octobre au dimanche 15 du même mois et celles desorphéons, d’une durée de quinze jours, du lundi 15 octobre au dimanche 27 du même mois.
- Des récompenses-primes en argent et médailles seront décernées aux sociétés participantes. Les primes en argent seront distribuées aux délégations qui arriveront avec leur drapeau ou cartel à la distribution des récompenses.
- Les trois grandes fêtes musicales auront lieu pour les fanfares, dimanche 30 septembre ; pour les harmonies, dimanche 14 octobre, pour les orphéons, dimanche 28 octobre.
- Des fêtes musicales internationales auront lieu, le dimanche 7 octobre, et pour la clôture de l’Exposition.
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- LA FÊTE FÉDÉRALE DE GYMNASTIQUE DE 1889
- Le comité d’organisation de la quinzième fête fédérale de gymnastique avait chargé M. R. du Clôt de l’étude de Remplacement où devra avoir lieu cette fête en 1889.
- M. du Clôt, dans un rapport très détaillé, très étudié, qui a été présenté au comité, conclut à l’adoption du polygone de Vincennes. Les gymnastes pourraient être logés au camp de Saint-Maur, presque constamment inhabité.
- On installerait des cantiniers dans les baraques qui existent déjà. Us seraient tenus de fournir, à des prix très bas, une nourriture saine et substantielle, mais sans luxe, comme l'ordinaire des sous-officiers, par exemple.
- Quant au couchage des gymnastes, il y a tout lieu de croire que l’administration des lits militaires qui possède une succursale à Vincennes, louerait, à des conditions acceptables, les demi-fournitures de campement. Cette combinaison permettrait de coucher gratuitement les gymnastes de province pendant cinq ou six jours.
- Vincennes offre encore d’autres avantages, nous dit M. du Clôt.
- Il se trouve dans le Fort-Neuf deux immenses manèges dans lesquels on pourrait, en cas de mauvais temps, installer à l’aise tous les appareils nécessaires pour assurer le concours.
- Le comité d’organisation de la quinzième fête fédérale qui vient d’adresser aux Sociétés françaises et étrangères des circulaires pour les inviter à participer à la grande fête de 1889, vient de faire un appel chaleureux aux patriotes désireux de s’associer à leur œuvre éminemment française.
- Nous espérons que les souscriptions seront nombreuses et que la manifestation de 1889 sera à la hauteur de l’idée qu’elle doit servir.
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- l’exposition DE PRODUITS INDUSTRIELS DE TOKÎO (JAPON)
- Le chargé d’affaires de France au Japon vient d’adresser sur ce musée les utiles indicationsqu’on va lire et dont l’importance n’échappera à personne :
- Le musée de Tokio, parfaitement aménagé* occupe un grand bâtiment à deux étages, de forme européenne, situé au centre du vaste parc d’Uyéno
- rur;. ( Voir la tuite à la page 1 rSo)
- A. Ramé.
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- 1178 et 1179. — Quatrième Année. — N° 195-
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche So Septembre 18S8.
- LA TOUR CENTRALE DU CHAMP-DE-MARS
- Cette tour ou Dôme, dont nous publions aujourd’hui une gravure, est, ainsi que nos lecteurs ont pu le voir dans les divers plans du Champ-de-Mars parus dans le Moniteur, située au centre même des galeries des expositions diverses. Placée à l’extrémité du parc, elle forme la tête de la galerie qui conduira au palais des machines.
- Sans avoir la hauteur majestueuse de la tour Eiffel qui lui fait face, la Tour centrale n’en sera pas moins un des édifices marquants de l’Exposition ; sa hauteur, qui atteindra 65 mètres au sommet du dôme, ses dimensions latérales qui dépassent 37 mètres dans le sens est-ouest, et 63 mètres dans celui du nord sud (exactement 3ym6o et 63my5) lui donnent un aspect imposant. Sa position même, au centre des galeries des expositions diverses, peu élevées, fait mieux ressortir encore, si on peut s’exprimer ainsi-, son mérite personnel.
- La tour centrale, dans sa partie principale, est un édifice circulaire constitué par huit piliers disposés par groupes de deux et s’élevant de la base au sommet, entre lesquels sont établis huit autres piliers intermédiaires qui partent seulement de la hauteur des arceaux qui surmontent les portes d’entrée du monument , arceaux sur lesquels ils s’appuient.
- Les colonnes piliers principalesont imXou‘8o de côté , les intermédiaires om75 X om5o.
- La Tour dans sa par-
- tie centrale . de diamètre
- -<) mclrc.v
- d'uxe en
- axe des colonnes. En dehors de cette partie centrale existent quatre porches monumentaux dont deux, ceux qui sont à droite et à gauche de la figure, soit du côté des avenues latérales du Champ-de-Mars, dépassent de 16 mètres la partie circulaire de la Tour, tandis que ceux placés dans l’axe du Champ-de-Mars, côté Seine et côté Ecole militaire, forment une saillie de 3 m. 5o seulement. Ces derniers serviront d’entrée principale, placées qu’ils sont dans l’axe même de la galerie qui aboutit au palais des machines après avoir traversé les bâtiments des expositions diverses. Quant à ceux latéraux, ils se rattachent à ces bâtiments avec lesquels la Tour
- LA TOUR CENTRALE DU CHAMP-DE-MARS
- CONSTRUITE PAR MM. MoiSANT, LAURENT, SaVEY ET ClE
- D’APRÈS UNE PHOTOGRAPHIE DE DURANDIL
- sera, par suite, en communication directe.
- Au moment où a été prise la vue que nous publions, la construction n’atteignait pas encore le couronnement qui termine, au sommet de la gravure, la partie verticale de la Tour. Mais, en l’état, il sera plus facile, de comprendre l’ingéniosité, la science qui ont présidé au travail d’édification de cette construction. Il y avait, en effet, une difficulté grande à pouvoir élever jusqu’à hauteur du sommet tous les matériaux nécessaires, sans édifier en même temps des échafaudages considérables en raison de la forme même du monument. C’est cette difficulté que MM. Moisant, Laurent, Savey et Cie, auxquels a été confiée directement la construction de la Tour centrale, ont su vaincre habilement.
- Au lieu d’établir des échafaudages enveloppant la Tour qui auraient été, comme nous l’avons dit considérables, ces Messieurs ont imaginé une disposition intérieure qui, en plus d’exiger une charpente
- moindre, c’est-à-dire aussi réduite que possible, a tté ainsi conçue que du sommet de l’échafaudage qui affecte la forme d’une plate-forme circulaire sur laquelle était placée la grue élévatrice, ont été élevés et mis en place toutes les pièces de la construction. La grue, placée sur un petit chemin de fer qui faisait le tour de la plate-forme, était amenée en un point quelconque de celle-ci suivant les besoins du service. Mais, ce qu’il y a de plus curieux et ce qui est le côté intéressant, savant, devrions-nous dire, de l’innovation de MM. Moisant, Laurant, Savey et Cie, c’est que la grue dont s’agit exécutait tous les mouvements et déplacements nécessaires par une commande faite du sol même ; aucun homme de manœuvre ne se trouvant à la partie supérieure.
- On comprend sans peine les avantages de cette disposition, ne serait-ce qu’au point de vue des accidents toujours possibles dans ce genre de travaux, mais, pour ce qui est du travail d’édification en lui-même, ces avantages en ont été plus importants encore, car cette grue seule a pu suffire à tout lé travail considérable de l’édification du monument. Les hommes du métier s’en rendront compte facilement, sans autre explication.
- C’est ainsi que pour la pose des pièces qui forment le dôme proprement dit , travail achevé au moment où paaîtront ces lignes, il a suffi d’une légère modification dans la position de cette grue pour qu’elle pût accomplir toutes les manœuvres nécessitées par la disposition et la forme spéciales de la partie supérieure de la Tour. Toutes les personnes
- c\uioxit v\-sic<i io < v» *
- de-AVars depuis quelques semaines ont pu remarquer le mode d’établissement particulier de l’engin dont nous venons de parler, mais sans se rendre un compte bien exact, peut-être, de son mécanisme particulier, c’est pourquoi nous avons cru intéressant de signaler avec quelques détails , l’intelligente innovation due aux habiles constructeurs du monument dont nous publions aujourd’hui la gravure.
- On sait que la Tour centrale est destinée à recevoir les produits des grandes manufactures de l’État et les collections spéciales de nos plus grandes richesses artistiques en matière industrielle auxquels il fallait une demeure digne de leur valeur. Nous pensons que la
- Tour centrale dont l’achèvement du gros œuvre n’est plus que l’affaire de quelques jours, sera un monument digne de la destination qui lui est assignée.
- Félicitons MM. Moisant, Laurent, Savey et Ci? d’avoir mené à bien, et aussi rapidement qu’intelligemment i’achèvcment de cet édifice.
- H. P.
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- c’est-à-dire au milieu même de la promenade favorite des habitants de Tokio. Il a un but plutôt instructif que commercial ; ce que l’on se propose, en effet, c’est de réunir des collections de produits de tous les pays et de toutes les époques, où les ouvriers et les industriels puissent puiser des idées applicables à l’art ou à l’industrie indigènes. C’est donc plutôt une exposition qu’un musée commercial proprement dit.
- Les articles qui figurent à cette exposition proviennent de trois sources : ce sont, soit dans les objets achetés par l’administration, soit des dons volontairement faits par des particuliers, soit enfin des pièces rares pi’êtées temporairement parleurs possesseurs. Pour les objets provenant de dons volontaires, l’administration autorise les donateurs à inscrire sur leurs produits toutes les indications qu’ils jugent convenables, prix, lieu de fabrication, adresse des fabricants ou des maisons de vente, etc. Cette inscription constitue un mode de publicité appréciable, car le musée, dont le prix d’entrée est fort modique, est extrêmement fréquenté durant toute l’année.
- L’administration assure-t-on, recevrait avec reconnaissance des dons d’échantillons,si nombreux qu’ils fussent, et se chargerait alors _ de la confection des vitrines et de tous les frais accessoires de classement, d’exposition et de surveillance. Les industriels désireux d’exposer des échantillons de leurs produits au musée commercial de Tokio, pourraient confier leurs intérêts à la maison Takata qui est l’une des plus importantes de cette place et qui, _ d’après les renseignements recueillis, paraît offrir de sûres garanties de solvabilité et d’honorabilité ; il est, toutefois, bien entendu que c’est sans responsabilité, que l’on suggère cette désignation. Au surplus, les négociants feraient bien, avant d’effectuer au musée un envoi quelconque, de s’aboucher avec la succursale européenne de la maison Takata, et de s’y renseigner sur la nature des objets qui offriraient au Japon l’écoulement leplus facile et le plus rapide. Cette succursale dont l’adresse est la suivante :
- « MM. Takata et C°, Basing-house 17 et 18, Basing-Hale, London E. C. », est dirigée par un Japonais, parent de M. Takata, fort au courant, paraît-il, des affaires de ce pays, et qui s’empressera de fournir toutes les informations dont les intéressés pourraient avoir besoin.
- * *
- BAZAINË
- Dimanche dernier à 11 heures du matin est mort, à Madrid, dans un état de dénûment presque absolu et abandonné de tous ses compatriotes, celui qui, par son ambition et la trahison qui en fut la conséquence, a été une des causes principales de nos désastres militaires de 1870-71.
- SPORT
- RÉSUMÉ DES COURSÉS PASSÉES
- COURSES AU BOIS DE BOULOGNE
- Le résultat du Grand Critérium a pleinement confirmé la confiance que May-Pole, après sa brillante et facile victoire à Dieppe, inspirait à son écurie et au public.
- La pouliche du baron de Soubeyran a ainsi effacé la mauvaise impression causée par sa défaite de Deauville qu’on peut considérer comme inexacte en même temps qu’elle réhabilitait son père Silvio, étalon importé d’outre-Manche dont on commençait à douter.
- May-Pole peut-être désormais placée au premier rang de sa génération et, si l’hiver lui est favorable, elle est appelée à fournir une carrière aussi honorable que lucrative.
- La seconde du Grand Critérium, Reine des Prés, fille de Saxifrage et de Reine de Saba : s’est mieux comportée que de coutume, ne dérobant pas, ne refusant pas de s’employer au moment décisif. Néanmoins aucune excuse ne peut être invoquée en sa faveur. La course a été régulière et elle est inférieure à la gagnante qui, au contraire, a failli être victime d’un accident, ayant été bousculée au tournant.
- Volcan, le troisième, est lui aussi, comme sa compagne d’écurie May-Pole, un produit de Silvio, propre frère de Viennois; ce poulain gagnera son avoine.
- Rien à dire des autres épreuves qui ont paru bien pâles, si ce n’est que le starter s’est signalé par de bien mauvais départs.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889. Dimanche 3o Septembre 1888,
- DÉTAILS
- Prix de la Lorie. 5.000 fr. 2.400 mètres. Chambourcy, à M. Sieber (Kearney), 1.
- La Fronde, à M. Jennings (Childs), 2.
- Fandango, au baron de Schickler (French), 3. Durée de la course 2/48'/. Gagné de trois quarts de longueur. Pari mutuel : Unité 10 fr. 3g.
- Prix de Madrid. 5.000 fr. 2.400 mètres.
- Le Cordouan, au baron Roger (Rolfe), 1. Boucanier, au comte de Juigné (French), 2. Durée de la course : 3'. Gagné d’une demi-longueur. Pari mutuel : i3 fr.
- Grand critérium. 10.000 fr. 1.600 mètres.
- May Pôle, au baron de Soubeyran (Bridge-land), 1.
- Reine des Prés, à M. Aumont (Wytcherley), 2. Volcan, au baron de Soubeyran (Madge), 3. Korrigane, à M. Donon(Lane), 4.
- Durée de la course : Vyj" 3/5. Gagné d’une longueur, le troisième d’une demi-longueur, le quatrième d’une tête.
- Non placés : Reine Blanche, Sans Peur, Frisco, Amateur, Ventrebleu, Grenadier, Serapis, Nabate, Milly-Ancy, Tantale, Tire-Larigot.— Pari mutuel :
- 29 fr. 5o.
- Prix de Saint-Cloud. 10.000 fr. 4.000 mètres. Vigne Vierge, à M. Delamarre (Childs), 1. Mandoline), à M. Maurice Ephrussi (Cook), 2. Rêve, au comte Le Marois (Wytcherley), 3. Sauterelle, à M. Aumont (Rolfe), 4.
- Durée de la course : 4.'3 6". Gagné d’une longueur.
- Prix de Châtillon. 5.ooofr. 2.400 mètres.
- Reine, à M. Baresse (Brigdeland), 1.
- Visière II, àM. Jennings (Childs), 2. Blanchelande, à M. D’Alboy (Ashman), 3.
- Durée de la course : F40" 3/5. Gagné d’une longueur. Pari mutuel : 104 fr. 5o.
- Prix de Villebon. 10.000 fr. 2,400 mètres. Sibérie, à M. Aumont (Wytcherley), 1.
- Gatharina, à M. J.-R. Hennessy (Storr), 2. Empire, à M. Michel Ephrussi (Kearney), 3. Durée de la course : . Gagné d’une lon-
- gueur. Pari mutuel : 17 fr. 5o.
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- COURSES A VINCENNES
- La journée de lundi sera inscrite en lettres d’or dans les annales des preneurs.
- Cinq favoris sur six ont décroché la timbale. C’est une fête à laquelle les parieurs ne sont guère habitués.
- DÉTAILS
- Prix de Montfermeil. i.5oo fr. 1.800 mètres. Congo II, à M. J.-R. Hennessy (French), 1. Verrière, à M. Carter (Patrick), 2.
- Gagné dans un canter. Pari mutuel : Unité,
- 5 fr. 14.
- Prix del’Ourcq. 2,000 francs. 2,000 mètres. Palatine, à M. Summers (Rolfe), 1.
- Girandole II, à M. Archdeacon (Childs), 2. Cythare, à M. Lupin (Storr), 3.
- Gagné de deux longueurs. Pari mutuel: 8 fr. Grand Handicap. 6,000 francs. 2.100 mètres. Indien III, àM. J. Prat (Bartholomew), 1. Chlamyde, à M. Delamarre (Childs), 2.
- Mo diste, à M. de Rothschild (Crickmere), 3. Gagné d’une longueur. Pari mutuel: 12 fr. 5o. Prix de P Automne. 5,ooofr. 2,000 mètres.
- Athos, àM. Michel Ephrussi (Bodge), 1.
- Halbran, à M. Lupin (Storr), 2.
- Gagné de trois quarts de longueur. Pari mutuel : 10 fr.
- Prix de Saint-Michel, 2,000 francs. 1,000 mètres. Olympe, à M. Summers (Rolfe), 1.
- Spring, à M. Colman (Price), 2.
- Ma Mie, au baron de Soubeyran (Bridgeland), 3. Gagné de deux longueurs et demie. Pari mutuel : 8 fr. 5o.
- r rix de Seine-et-Oise. 3,000 francs. 2.5oo mètres.
- Quick, au baron de Rothschild (Crickmere), 1. Kephyr, à M. Mitchell (Kearney), 2.
- Tarte, au comte de Juigné (French), 3.
- Gagné d'une longueur. Pari mutuel : 8 fr.
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- COURSES A VENIR
- Dimanche 3o septembre : Longchamps.
- Lundi ier octobre Vincennes.
- Mardi 2 — Saint-Ouen.
- Mercredi 3 — Colombes.
- Jeudi 4 — Saint-Ouen.
- Vendredi 5 — Maisons-Laffitte
- Samedi 6 — Saint-Ouen. *
- * * PRONOSTICS
- COURSES AU BOIS DE BOULOGNE
- Dimanche 3o septembre 1888
- Prix de Marines : Argyr.
- F rix de Martinvast : Sauterelle.
- Prix d’Octobre : Ecurie Ephrussi.
- Prix de îiexon : Kaschine.
- Prix de Cheffreville : Polyeucte.
- Prix de Mautry : Jeudi.
- COURSESA VINCENNES Lundi 1er octobre
- Prix du Viaduc: Flandre.
- Prix de la Varenne : Master Albert.
- Prix de Verneuil : Mandoline.
- Prix de Ville Evrard : Livie.
- Prix de Fontainebleau : Hotte.
- Handicap : Speranza.
- Robinson
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- LA PAIX PAR L’ARBITRAGE
- Sous le titre : le Moment psychologique, la Revue d’histoire contemporaine (1). a publié dans son numéro du 15 de ce mois, un article de l’honorable M. Frédéric Passy, que nous croyons devoir reproduire, car la thèse que défend le savant économiste a trop de relations avec le succès de notre future Exposition pour qu’elle n’intéresse pas nos lecteurs :
- C’est à l’Europe, c’est à la civilisation, dont elle a été jusqu’à ce jour la principale personnification, que nous pensons en écrivant ces lignes. L’Europe va-t-elle, comme beaucoup le croient ej comme quelques-uns malheureusement le souhaitent, s’engager demain dans la voie sanglante où se préparent à se rencontrer les rivalités, les ambitions, les ressentiments et les revendications qui la divisent ? Va-t-elle, comme d’autres le désirent et le réclament, sans toujours l’espérer beaucoup, entrer au contraire dans la voie bénie de la sagesse et de l’équité, et rendre peu à peu au travail, qui produit et rassure, les forces et les ressources trop longtemps absorbées par la guerre qui détruit et par les préparatifs de guerre qui inquiètent et stérilisent? L’ogre delà guerre qui, suivant l’expression de Bastiat, consomme autant pour ses digestions que pour ses repas, doit-il, avant la fin de ce siècle et pour l’anniversaire de 1789 peut-être, nous donner le spectacle du plus formidable déchaînement de ses appétits qu’ait jamais vu le monde? Ou doit-il enfin, comme ces forces redoutables que la science moderne a tournées en instruments dociles et bienfaisants, désarmer devant les progrès de la raison humaine et laisser à l’industrie laborieuse des villes et des campagnes, au percement des isthmes, à l’aménagement des eaux> au dessèchement des marais et à l’assainissement de ces foyers d’infection d’où s’échappent la fièvre et la peste, à la lutte contre les fléaux naturels, en un mot, les budgets immenses, les engins prodigieux et les trésors de courage, de dévouement et d’énergie morale employés depuis trop longtemps à étendre sur la surface de la terre le cercle infernal des maux artificiels ?
- Telle est la question qui depuis longtemps,-mais à cette heure plus que jamais, se pose devant nous et sur laquelle, sans avoir la prétention d’y donner une réponse formelle, nous croyons devoir
- (1) Revue hebdomadaire paraissant le samedi.
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- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 3o Septembre 188S. — 1181.
- appeler avec plus d’insistance que jamais l’attention de ceux qui ne font pas profession d’insouciance, d’aveuglement ou de fatalisme.
- Deux tendances, pour quiconque sait voir et réfléchir, deux courants, comme l’on dit, sont aux prises dans le monde contemporain. Deux ordres de faits, inégalement remarqués peut-être, parce que les uns frappent les yeux du corps, tan-disque les autres s’adressent surtout aux yeux de l’esprit, mais, également puissants et considérables, se partagent le domaine de la politique internationale. D’un côté, que voyons-nous ? Des armements tels que jamais l’histoire n’en avait montrés et l’imagination rêvés. Des populations entières appelées dans les camps et la majeure partie des nations employée à préparer le carnage et l’incendie. Des moyens de destruction capables de faire en un jour, en une heure, disparaître des millions d’hommes, sauter des villes entières et sombrer dans le néant le produit du labeur lentement accumulé de mille générations. Et, au milieu de cet amas de matières inflammables dont la moindre étincelle peut déterminer l’explosion, les sujets les plus graves d’irritation, de colères, de rancunes et des mains tantôt malfaisantes et tantôt généreuses, mais imprudentes, promenant au hasard des torches dont le moindre vent peut faire sortir la conflagration universelle. Voilà ce que nous voyons et ce qui nous fait dire que demain, à la place où la civilisation européenne s’enorgueillit de ses lumières et de sa grandeur, il ne restera plus peut-être, comme dans ces plaines désolées où le voyageur cherche les ruines de Babylone et de Ninive, que des débris informes de ce que fut l’Europe et des vestiges destinés à dire aux âges futurs à quels abîmes conduisent fatalement les emportements de la discorde et de la haine.
- Oui, nous voyons tout cela, mais nous voyons autre chose en même temps. Nous voyons d’abord que, malgré les plus sinistres et, il faut le dire, les plus plausibles prédictions, cette conflagration tant redoutée (parce qu’elle est justement redoutée précisément) n’éclate pas. Nous voyons que, tandis que d’une main, pour employer l’expression vulgaire, on sèche ses poudres, de l’autre on les mouille, et qu’à peine un conflit de nature à susciter le recours aux armes a-t-il surgi sur un point quelconque de l’horizon, aussitôt et de tous les points de l’horizon les influences les plus diverses s’emploient à l’empêcher de s’envenimer et de dégénérer en guerre déclarée. Tantôt c’est la Russie et l’Angleterre, qui, face à face dans l’Afghanistan, ont déjà vu les avant-postes se rencontrer et le sang couler; le monde s’émeut, des médiations amicales interviennent, et les armes sont remises au fourreau. Tantôt c’est l’Allemagne et l’Espagne qui ont l’une contre l’autre les griefs les plus sérieux et, en d’autres temps, les moins susceptibles d’arrangement. Ici, le drapeau national, emblème de la souveraineté, a été, malgré la présence d’un navire de guerre, l’objet d’une violence intentionnelle. Là, les immunités du personnel et du territoire diplomatique ont été outrageusement méconnues ; la pensée d’un arbitrage est suggérée, et l’arbitrage règle tout. Ailleurs, sans que le mot soit prononcé, la chose se réalise plus ou moins, et si le recours aux bons offices des puissances amies n’est pas ostensiblement réclamé ou offert, nul doute que ces bons offices n’interviennent dans l’ombre avec une efficacité d’autant plus réelle qu’elle est plus discrète.
- Pourquoi le conflit turco-grec a-t-il été apaisé au moment où il semblait le plus menaçant ? Parce que le temps est venu, suivant les paroles d’un de nos anciens ministres, de substituer à la voix brutale du canon, la voix de la raison, de la justice et de l’humanité. Pourquoi, depuis tant de mois, la question de la Bulgarie n’a-t-elle pas mis aux prises les grandes puissances et le feu allumé dans cette province, y a-t-il été circonscrit et jusqu’à un certain point étouffé sur place ? Parce que, dans l’appréhension trop justifiée du développement que pourrait prendre l’incendie, les puissances directement intéressées et les autres, se trouvent d’accord pour ne pas permettre
- que l’on réveille à cette occasion l’éternel cauchemar de la question d’Orient. Pourquoi dans le cours de cette année même, et malgré tant.de prophéties contraires, les douloureux incidents qui ont mis en péril à plusieurs reprises la paix de l’Europe Occidentale ont-ils pu, presque contre toute attente, être réglés sans effusion de sang et, il faut le dire pour être juste, de la façon la plus 1 honorable pour les deux parties ? Parce que, de part et d’autre sans doute, on souhaitait qu’il en fût ainsi. Parce que ni à Paris ni à Berlin, on n’oubliait que la victoire dans une guerre entre la France et l'Allemagne peut n’être, suivant l’expression de M. de Bismarck lui-même, qu’une question de hasard, et que ni à Paris ni à Berlin on né se souciait d’assumer la responsabilité de ce formidable appel au hasard ; mais aussi, on peut le dire avec certitude, sans avoir la prétention d’avoir été en rien dans le secret des gouvernements et des chancelleries, parce que, à Paris comme à Berlin, et à Berlin comme à Paris, la voix du reste de l’Europe a su se faire entendre et que de partout les mêmes conseils de modération, de prudence et de sagesse sont venus faire comprendre que l’opinion de l’Europe était unanime à réclamer une solution pacifique et à condamner celui des gouvernements en cause qui s’y refuserait. En tout, partout, toujours, n’est-ce pas sous une forme ou sous une autre, avouée ou tacite, ce procédé hier encore tant décrié de la médiation et de l’arbitrage qui s’impose et la discussion amiable qui prend le pas sur les dangereuses témérités de la force ?
- Ce n’est pas tout et d’autres faits, les uns tout récents, les autres en cours d’accomplissement, viennent à l’appui de ces constatations. Un différend, qui d’un moment à l’autre pouvait s’envenimer, existait depuis longtemps à propos de quelques îles lointaines entre la France et l’Angleterre. Au grand honneur de notre ministre des affaires étrangères, une convention amiable y mit fin et la question des Nouvelles-Hébrides a cessé d’être un sujet d’inquiétude. D’autres difficultés plus graves et plus* prochaines divisaient les deux mêmes puissances, d’un commun accord elles ont été résolues pour l’avantage de toutes comme pour le leur ; le libre usage du canal de Suez a été garanti au monde; la neutralité qui, avec le temps, deviendra la condition générale a conquis un territoire de plus, et pour la première fois la constitution d’une force internationale, comme garantie de cette neutralité, a été officiellement introduite dans le droit des gens. En même temps le Sénat et la Chambre des représentants des Etats-Unis sont saisis de propositions nombreuses tendant à l’institution pour tout l’ensemble des puissances des deux Amériques du Nord et du Sud d’une Haute-Cour internationale, qui serait pour elles dans tous leurs différends, ce qu’est déjà pour tous les Etats de la grande République de l’Amérique du Nord la Cour suprême dont les décisions s’imposent à tous. Et tandis que la Confédération helvétique négocie avec la Confédération américaine la conclusion d’un traité permanent d’arbitrage pour toutes les difficultés qui pourraient surgir entre elles, douze membres du Parlement britannique, porteurs d’une adresse signée de 233 de leurs collègues et accompagnée des vœux d’un million d’ouvriers anglais, se rendent à Washington pour demander au président, déjà saisi d’une proposition analogue par 200 membres du Congrès des Etats-Unis, de conclure avec le gouvernement de la Grande-Bretagne un traité du même genre. Acte à jamais mémorable qui en assurant l’union et le bon accord des deux branches de la grande famille Anglo-Saxonne, fera d’elles le premier et puissant noyau d’une ligue pacifique dans laquelle les autres nations, envieuses de leur bonheur, viendront tour à tour chercher pour leur développement la sécurité qui leur a jusqu’à présent fait défaut et ne connaîtront plus d’autre rivalité que l’émulation féconde de leur travail respectif et le bienfaisant échange de ses produits.
- Tel est en réalité pour qui sait voir, pour qui ne garde pas obstinément les yeux fixés sur un seul point de l’horizon et cherche à se rendre
- compte des forces diverses qui se disputent l’avenir, l’état actuel du monde. Tels sont les deux courants entre lesquels s’avance et va s’achever ce siècle. N’avions-nous pas raison de dire que nous sommes à une heure décisive, jà un moment véritablement psychologique ? Est-ce dans le sang et dans les larmes, est-ce dans la paix, dans la justice et dans la joie que nous verrons s’ouvrir les dernières années de ce siècle? Est-ce, comme nous le disions en commençant, par une conflagration universelle ou par une réconciliation générale, dans le triomphe définitif de la force sur le droit ou dans la consécration solennelle du droit qui prime la force, que sonnera la date mémorable du grand centenaire? Il dépend de nous, de nous tous et des plus humbles comme des plus considérables de trancher ce redoutable dilemme et d’ouvrir celle des deux portes, la porte d’airain ou la porte d’or par laquelle passera le prochain avenir. Ayons courage et, comme le disait un jour Gambetta lui-même : « Ayons confiance, la paix a des ressources que l’on ne soupçonne pas encore ! »
- Frédéric Passy.
- FÊTE DE BIENFAISANCE
- Pour les Incendiés de la Guyane Française
- A la Nouvelle BASTILLE ( Champ-de-Mars )
- LE JEUDI 4 OCTOBRE
- PROGRAMME DE LA FÊTE
- JOUR. — Promenade des gardes françaises. — Sans chagrin. — Vielles et Biniou. — Crieurs de rue. — Représentstion dans la Salle des Fêtes. — Ballet. — Entrée des chaises à porteurs. — Bataille de fleurs. — Cour d’amour sous Richelieu. — Tournoi. — Assaut d’armes : Épée à deux mains, dague et rapière. — Evasion.
- La rue Saint-Antoine, la Bastille et ses abords seront décorés et pavoisés. Un prix de 150 francs sera décerné à la maison la mieux décorée. Uu prix de 150 francs sera également décerné à la chaise à porteurs la mieux décorée.
- Ap rès un arrêt de deux heures la fête recommencera à 8 heures.
- SOIR. — Promenade de la musique militaire.*— Sans chagrin.— Vielles et Biniou, etc. — Illuminations. — Bombes. — Embrasement des Tours. — Feux de Bengale. — Evasion. — Ballon avec feu d’artifice. — Bal costumé dans la Salle des Fêtes.
- Pendant la durée de ce Bal il y aura également amusements dans la xue.
- Ballet sur l’Estrade à 10 heures, Vielles et Biniou, etc....
- Le Propriétaire-Gérant : H. Pendrié.
- Tours. — lmp. E. ARRAULT et^Cie, rue de la Préfecture,!»
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- Quatrième Année. — N* iq6
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- Dimanche 3o Septembre ï888.
- ANNONCES
- Le Recueil-Ghaix, ou Recueil général des Tarifs des chemins de fer pour les transports à grande et à petite vitesse sur tous les réseaux, paraît tous les trois mois. Le dernier numéro contient les tarifs applicables sur les lignes récemment ouvertes à l’exploitation et les modifications et additions survenues pendant le trimestre.
- Abonnement : Paris, 62 fr. ; départements, 74 fr.
- Un numéro séparé: Paris, 18 fr.; départ., 21 fr.
- Adresser les demandes à la Librairie Ghaix, rue Bergère, 20, Paris.
- JARDIN ZOOLOGEQUE
- D’ACCLIMATATION
- Au Bois de Boulogne
- Tous les jours, jusqu’au 30 septembre, Exhibition de quatorze Hottentots (7 hommes, 5 femmes et 2 enfants.
- I es jeudis et les dimanches, de 3 à 5 h., Concert sous la direction de M. L, Mayeur, de l’Opéra.
- PRIX D’ENTRÉE : La Semaine, 1 fr.
- — Le Dimanche, 50 cent.
- Les Enfants entrent gratuitement
- CHEMINS DE FER DE L’OUEST
- Abonnements sur tout le Réseau
- La Compagnie des chemins de fer de l’Ouest fait délivrer sur tout son réseau, des cartes d’abonnement nominatives et personnelles, en lre, 2e et 3e classes.
- Ces cartes donnent droit à l’abonné de s’arrêter à toutes les stations comprises dans le parcours indiqué sur sa carte et de prendre tous les trains comportant des voitures de la classe pour laquelle abonnement a été -souscrit.
- Les prix sont calculés d’après la distance kilo-' métrique parcourue.
- La durée de ces abonnements est de trois mois, six mois ou d’une année.
- Ces abonnements partent du ltr de chaque mois.
- CHEMINS DE FER DE L’OUEST
- VOYAGES D’EXCURSION
- Avec itinéraire établi au gré du Voyageur
- La Compagnie de l’Ouest, d'accord avec celle d’Orléans et l’Administration des chemins de fer de l’Etat, délivrera jusqu’au 31 octobre prochain des billets d’excursion de lre, 2e et 3e classe, soit individuels, soit collectifs, avec itinéraire établi au gré des voyageurs et valables sur les lignes des trois réseaux.
- Les itinéraires peuvent ne comprendre que des lignes d’un seul ou de deux desdits réseaux. Le minimum de parcours est de 300 kilomètres.
- Les billets individuels comportent une réduction de 20 à 60 0(0, suivant la longueur du parcours ; les billets collectifs font ressortir, pour chaque voyageur s’adjoignant au premier, des réductions supplémentaires et croissantes variant entre 5 et 25 0[0.
- La durée de validité des billets est fixée à 30 jours pour les parcours inférieurs à 1,500 kilomètres; 45 jours pour les parcours de 1,500 à 3,000 kilomètres, et 60 jours pour les parcours supérieurs à 3,000 kilomètres. Cette durée peut être prolongée d’une, deux ou trois périodes de |0 jours, moyennant payement, pour chaque période, d’un supplément égal à 10 0{0 du prix primitif des billets.
- Les billets doivent être demandés aux gares de départ 5 jours au moins à l’avance.
- COMPAGNIE D’ORLÉANS
- Exposition universelle de Barcelone
- A l’occasion de l’Exposition universelle de Barcelone, la Compagnie d’Orléans, d’accord avec les Compagnies de Lyon, du Midi et l’Administration des Chemins de fer de l’Etat, fait délivrer, à toutes les gares de son réseau, depuis le 15 avril 1888, et délivrera pendant toute la durée de ladite Exposition des billets d'aller et retour de toutes classes pour Barcelone, ayant une durée de validité de 30 jours.
- Les prix de ces billets comporteront les réductions suivantes sur les prix des tarifs généraux, savoir :
- Au départ des stations distantes de Barcelone
- De moins de 500 kilomètres, 30 0/0.
- De 500 à 1,000 kilomètres, 35 0/0.
- De plus de 1,000 kilomètres, 40 0/0.
- Ces billets doivent être demandés à la gare de départ quatre jours au moins à l’avance.
- Les billets d’aller et retour sont délivrés par l’itinéraire le plus court . Toutefois, les voyageurs peuvent, à leur gré, choisir soit pour l’aller, soit pour le retour, un autre itinéraire abrégeant la durée du voyage. Dans ce cas, les prix des billets sont établis d’après les parcours choisis, et le voyageur est tenu de suivre cet itinéraire.
- Au départ de Paris, les prix de ces billets sont par Limoges, Toulouse et Narbonne de :
- lre classe, 169 fr. 30 ; 2® classe, 127 fr. 45; 3e classe, 90 fr. 75.
- Départ de Paris, gare d’Orléans, 7 h. 45 matin ; arrivée à Barcelone le lendemain à 10 h. 20 matin.
- Durée du trajet : 26 h. 25.
- Administration et Direction agricole
- DE GRANDES PROPRIÉTÉS EN FRANCE ET EN ALGÉRIE
- Références de 1er ordre. S’adresser an directeur du Journal
- LE MONITEUR DES COLONIES
- Et des Pays de Protectorat
- ORGANE SPÉCIAL DU COMMERCE D’EXPORTATION
- Paraissant le Samedi, à PARIS
- Publie chaque semaine :
- Les actes officiels, les mouvements de personnels des administrations des Colonies et de la Marine ; — Divers articles spéciaux sur le commerce d’exportation et le commerce colonial ; — Les nouvelles des Colonies et pays de protectorat; —Une chronique commerciale ; — Un courrier d’Ortre-Mer et des informations complètes.
- Le Moniteur des Colonies et des pays de protectorat, qui contient 8 pages de texte- et 8 pages d’annexes, publie, en outre, des renseignements commerciaux et maritimes ; les départs_ des paquebots français pour toutes les destinations ; les prix de passages et de fret pour les Colonies, le tarif des Douanes coloniales, etc., etc.
- Le Moniteur des Go tonies et des pays de protectorat est le seul journal républicain indépendant colonial qui se publie à Paris.
- Pierre LEGRAND
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- QUATRIEME ANNÉE. Dimanche 7 Octobre 1888. NUMÉRO 197.
- SOMMAIRE :
- Les transports à Paris pendant l’Exposition. — Installations diverses. — Les Colonies à l’Exposition de 1889. — Les Etrangers à l’Exposition de 1889. — L’Exposition de Barcelone. — Echos. —Expositions diverses. — L’Exposition de 1889 jugée par le « Figaro ». — Le Congrès international de géologie à Londres. — Le jury de l'Exposition universelle de Barcelone. — L’Art ancien à l’Exposition de Bruxelles. — Le Canal de Panama. — Sport — Gravure : Fontaine destinée au jardin situé sous la Tour Eiffel.
- La nouvelle Administration du MONITEUR DE L’EXPOSITION a l’honneur d’informer ses abonnés que ses bureaux situés, Cité de l’Alma n° 11, sont à proximité du Champ-de-Mars, du quai d’Orsay et de l’Esplanade des Invalides, c’est-à-dire au centre même de l’Exposition.
- Elle se met à leur disposition pour tous les renseignements dont ils pourraient avoir besoin concernant l’Exposition de 1889 : demandes d’emplacements, installations de vitrines, etc., etc.
- Pour ces renseignements et pour tout ce qui concerne la rédaction ou l’administration, s’adresser à M. H. PENDRIÉ, directeur et propriétaire-gérant du MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889,
- LES TRANSPORTS A PARIS
- < PENDANT L’EXPOSITION
- Tous les journaux ont annoncé, il y a quelques jours, qu’une nouvelle entreprise de bateaux-omnibus venait d’être autorisée ‘ par le Ministre des Travaux publics à établir divers services de voyageurs sur la Seine, à l’intérieur de Paris d’abord et, aussi, en amont jusqu’à Choisy-le-Roy et en aval jusqu’à Suresnes. L’autorisation accordée rappelle expressément que la nouvelle société s’interdit de fusionner avec celles exploitantes actuellement et s’engage à maintenir les prix de transport qu’elle propose ; soit o fr. io (au lieu deofr. i5) pour la traversée de Paris du pont de Bercy au Points du jour.
- L’autorisation donnée à cette nouvelle société l’a été d’après avis conforme du Conseil municipal qui se préoccupe à juste titre des besoins extraordinaires qui se produiront en matière de transport pendant la durée de l’Exposition. Nous ne pouvons donc qu’adresser nos plus sincères félicitations aux édiles de la grande cité et, en même temps, à M. Deluns-Montaud, Ministre des Travaux publics, qui a bien voulu, contrairement aux habitudes de la haute administration, prendre rapidement, dans cette circonstance, une décision conrorme à l’intérêt public.
- Mais si, incontestablement, une nouvelle entreprise de bateaux-omnibus est appelée à ren-
- dre de nombreux services pendant l’Exposition, étant donnée la proximité de celle-ci et du fleuve, il n’en reste pas moins nécessaire d’améliorer sur d’autres points de la capitale le service des transports, défectueux à tous égards, qu’il s’agisse d’omnibus ou de chemin de fer.
- Ainsi, pour ce qui est de la Compagnie générale des omnibus, tout le monde sait que depuis quelques années l’organisation de ses services tant de voitures ordinaires que de tramways laisse on ne peut plus à désirer. Les voitures qui, réglementairement, devraient partir toutes les quatre minutes partent toutes les six ou sept minutes ; celles dont les départs sont fixés à huit ou dix minutes d’intervalle les prolongent à douze ou quinze minutes, et ainsi de suite. C’est ainsi que sur certaines lignes, celle d’Au-teuil-Madeleine par exemple, les départs n’ont lieu que toutes les vingt minutes. C’est une dérision.
- La chose, d’ailleurs, en est arrivée à un tel point d’irrégularité, de manquement au cahier des charges que l’Administration, sur invitation du Conseil municipal, a dû assigner la Compagnie en dommages-intérêts au profit de la Ville pour non exécution des clauses du cahier des charges. La Compagnie a perdu son procès en première instance ; mais, comme bien on pense, elle en a appelé, si bien que le procès menaçant de s’éterniser, le Conseil a dû prendre une décision énergique et, dans sa séance du 11 juillet dernier, il a voté un ordre du jour de déchéance dont nous avons publié le texte dans notre numéro du 29 du même mois.
- Cependant l’époque d’ouverture de l’Exposition s’approche à grands pas, le nouveau procès en déchéance peut ne pas avoir non plus de solution rapide, comme le précédent, du moins avant un certain temps, un an peut-être. Devrons-nous donc, nous Parisiens et, surtout, les nombreux étrangers qui visiteront la capitale l’année prochaine, supporter toutes les fantaisies, tous les caprices d’une Compagnie qui n’a qu’un but en perspective : distribuer de gros dividendes à ses actionnaires?
- N’est-ce pas une honte pour la capitale du monde civilisé que ce service d’omnibus et de tramways tramés pour la plupart par des chevaux fourbus, tombant d’excès de travail et d’insuffisance de nourriture? Nous ne parlerons que pour mémoire du surmenage du personnel dont le mérite a pu être apprécié par tout le monde. Il est exorbitant que des employés soient astreints à un travail aussi prolongé, quinze heures en moyenne par jour, et ce fait seul motiverait l’interventiou du Conseil municipal.
- Un grand service public comme celui dont nous parlons et qui, plus est, monopolisé, doit, avant tout, être organisé en vue de l’intérêt général et non dans le but d’enrichir quelques actionnaires. Aussi, désireux que nous sommes
- de voir notre grande Exposition faire l’admiration de tous, nous attaquerons, nous combattrons tout ce qui pourrait apporter quelque entrave à son succès- tant désiré.
- Si donc la Compagnie générale des omnibus paraît vouloir se maintenir dans son système actuel, il faut dès à présent prendre contre elle des mesures efficaces, c’est-à-dire pratiques.
- C’est dans ce but que M. Léon Donnât, dans la même séance du Conseil municipal oû fut votée la proposition de déchéance de la Compagnie des omnibus, proposa d’autoriser la circulation d’omnibus en concurrence avec ceux de la Compagnie générale, ce qui est facile, dit-il, puisque tout le privilège de celle-ci consiste dans un droit de stationnement sur la voie publique. Les nouveaux services stationneront dans des cours intérieures avant les départs et, quant à la voie publique, il leur sera toujours loisible de prendre et de laisser des voyageurs en route sous réserve de ne pas établir de bureaux d’arrêt, ce qui constituerait le stationnement réservé à la Compagnie générale.
- Voilà, croyons-nous, la véritable solution pour quant aux services de transport par terre et, puisqu’aucun projet de métropolitain n’a pu malheureusement aboutir, nous espérons fermement que le Conseil municipal, dès les premières séances de sa prochaine session, tranchera la question dans un sens favorable à l’intérêt général en adoptant la proposition de M. Léon Donnât.
- L’établissement de services de voitures omnibus en concurrence avec celles de la Compagnie générale en vue de l’Exposition est, en effet, personne ne le contestera, d’une absolue nécessité.
- Reste un troisième ordre de services de transport qui a joué déjà un rôle considérable pen-dantl’Exposition de 1878 et qui est appelé à un développement plus grand encore pendant l’Exposition de 1889. Nous voulons parler du chemin de fer de ceinture.
- C’est par millions que cette ligne a transporté, il y a dix ans, Parisiens, provinciaux et étrangers se rendant du centre de Paris au Champ-de-Mars et, sans conteste, leur nombre en sera bien plus considérable l’année prochaine. Aussi, nous adressons-nous dès à présent aux directeur et ingénieurs de la Compagnie de l’Ouest qui exploite, comme on le sait, le chemin de fer de ceinture, pour les engager à profiter de l’obligation dans laquelle ils vont être, sans doute, d’augmenter le matériel roulant de cette ligne, pour adopter enfin le grand wagon américain à bogies, aux lieu et place des voitures actuelles.
- Nous n’avons pas l’intention de faire ici une démonstration en règle de la supériorité des voitures du type américain sur celles du modèle européen ; cette démonstration, d’ailleurs, a été faite trop souvent déjà pour que nous abusions à ce point de la patience de nos lecteurs.
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- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- Dimanche y Octobre 1888.
- 1:54. — Quatrième Année. — Nû 197.
- Au reste, il n’est personne d'entre eux qui ait eu l’occasion de voyager dans des voitures américaines qui n ait constate la supei iorite a tous les points de vue : confortable, commodité, douceur de roulement que présentent ces voitures sur celles du type européen. Un seul inconvénient des voitures américaines a pu être signalé, c’est que le voyageur est moins chez lui, à cause du couloir central, que dans les voitures à coupes séparés. Mais ce defaut n est qu’apparent, accidentel, car, rien de plus simple que de fermer chacun des compartiments, à droite et à gauche du couloir, par une petite porte à coulisse analogue a celles de nos tram-wavs.
- La question, on peut le dire, est jugée. En France, une commission parlementaire, celle relative à la sécurité publique en chemin de fer, présidée par l’honorable M. Eugène Delattre, a admis il y a un an bientôt, sur la proposition de M. Wickersheimer, que Y adoption des wagons type américain soit rendue désormais obligatoire dans la construction du matériel neuf des trains de voyageurs. 11 ne manque plus à cette décision, pour avoir force de loi, qu’un vote de la Chambre invitant le ministre des travaux publics à obliger les compagnies à s’y conformer.
- Justement, l’accident récent de Velars a remis la question sur le tapis et il y a lieu de supposer., d’espérer, devrions-nous dire, qu un vote de la Chambre viendra bientôt sanctionner la proposition dont nous venons de parler. Plusieurs journaux, en effet, s’en sont occupés et il semble que l’opinion publique se rangera bientôt du côté du progrès et contre un système suranné qui n’est qu’une réminiscence de l’antique patache de nos pères.
- Quoi qu’il en soit, nous ne doutons pas que la compagnie de l’Ouest, à cause des obligations que va lui créer le mouvement extraordinaire de voyageurs qu’amènera sur ses lignes la prochaine Exposition, ne fasse, de son initiative, le pas en avant que nous réclamons d’elle, et qu’elle substitue, dès le printemps de 1889, au vieux matériel dont elle use depuis si longtemps, des voitures d’un système plus moderne et seul en conformité avec les progrès de la science mécanique et les besoins d’un public chaque jour plus exigeant.
- Ainsi seront améliorés les différents services de transport dans l’intérieur de Paris, sans lesquels notre future Exposition, malgré son importance et sa grandeur, risquerait de laisser dans l’esprit d’un grand nombre de visiteurs le souvenir d’une lacune dans son organisation indigne de la capitale de la France.
- H. Pendrié.
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- Les Expositions ouvrières en 1889 Publications et conférences
- Nous apprenous avec plaisir que la commission d’organisation de l’Exposition ouvrière met la plus grande activité à la réussite de l’œuvre réellement intéressante au point de vue corporatif entreprise par les syndicats parisiens.
- A la suite de la création d’un organe officiel hebdomadaire de l’Exposition, elle a entrepris une série de conférences dans les départements.
- Le délégué pour Blois, Tours, Châtellerault, Poitiers, Angoulême, Bordeaux, Toulouse, Limoges, Bourges, Orléans, est parti; sitôt que les tournées de l’est, du nord et de l’ouest seront organisées nous en préviendrons nos lecteurs.
- Nous ne doutons pas un seul instant que les travailleurs des départements fassent le plus bienveillant accueil aux délégués ouvriers des syndicats
- de Paris, groupés en cette occasion sur un terrain exclusivement professionnel.
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- * ¥•
- La Tour Eiffel
- Plusieurs de nos confrères ont publié les renseignements qui suivent et qu’il nous paraît intéressant de reproduire :
- Ainsi que nous l’avons déjà dit, la hauteur actuelle de la tour est de 140 mètres.
- Le poids total des fers employés sera d’environ 6,800 tonnes ou 6,800,000 kilogrammes.
- Le poids total des fers actuellement mis en place, depuis le sol jusqu’à 140 mètres de hauteur, est de 5,700,000 kilogrammes. Dans ce nombre ne figure pas le poids des pièces inférieures en fonte, sur lesquelles reposent les socles en maçonnerie, et qui pèsent 5,5oo kilogrammes chacune.
- On sait que les différentes pièces de fer qui constituent la charpente osseuse de la tour sont reliées entre elles par des rivets. Le poids de ces rivets est actuellement de 35o,ooo kilogrammes; il atteindra 450,000 kilogrammes. Le nombre total des rivets sera de 2 millions 5oo,ooo.
- En dehors des rivets posés à l’atelier, il y en a 800,000 posés à la main, sur le chantier même de la tour.
- Le nombre des pièces métalliques est de 12,000, ^ et chaque pièce nécessite un dessin spécial.
- La question de l’ascension de la tour n’a été résolue que tout récemment. L’ascenseur décidément adopté est à piston articulé. Le mouvement sera transmis par une machine à vapeur. La descente s’effectuera au frein, qui sera hydraulique.
- Au moyen de cet ascenseur, on se propose d’enlever cent personnes à la fois avec une \itesse de un mètre par seconde.
- La puissance de la machine sera au maximum de cent chevaux.
- Ce projet ne sera adopté que pour la partie inférieure de la tour seulement La traversée du deuxième au troisième étage sera assurée par un système de deux cages qui se feront contrepoids et seront actionnées par deux pistons hydrauliques.
- *
- * *
- La vieille ville armoricaine du Trocadéro
- En ce moment on travaille activement au Tro-cadéro à la construction d’une ancienne ville bretonne, munie de ses fortifications. Sous peu il sera permis d’admirer ces constructions armoricaines dans tout leur pittoresque.
- On entrera par la porte de Guérande, la porte desortie sera celle de Dinan.
- Pour donner encore plus de véracité à la chose, la vieille ville bretonne sera peuplée de vrais Bretons bretonnant en costume national. On les verra ave.c- leurs longs cheveux, coiffés de leurs chapeaux à larges bords, chaussés de leurs gros souliers ferrés et de solides guêtres; avec leurs larges braies et leur ceinture à vaste boucle de cuivre. Les femmes porteront ces splendides costumes de drap ornés de velours, elles seront coiffées de leurs coiffes toutes pailletées d’or et d’argent et elles auront ces guimpes si coquettes qui leur siéent si bien, comme on en rencontre encore aux environs de Quimper.
- On y entendra le doux son du bignou, et nous espérons que l’on y dansera quelques danses du pays qui ont bien leur charme quoi qu’on en dise.
- Mais espérons que ces Bretons ne descendront pas de Montmartre ou des Batignolles, car il est facile d’en faire venir d’authentiques, soit de Gué-mené, de Plougastel ou de Douarnenez.
- E. Basset.
- LES COLONIES A L’EXPOSITION
- DE 1880
- Tonkin
- Par décision en date du 20 juin dernier, le Résident général p. i. de la République fran-
- çaise en Annam et au Tonkin, vu la demande de M. le Président de la Commission de l’Exposition universelle de 1889, après l’arrêté suivant :
- Article premier. — Un crédit de la somme de deux cent cinquante piastres (2 5o) est ouvert à M. le Président de la Commission de l’Exposition universelle de 1889 pour achat de matériel et payement des dessinateurs, gardiens et coolies.
- Art. 2. — Cette dépense sera imputable au chapitre XIII, article 4, § 3 du budget de l’exercice courant.
- Hanoi, le 20 juin 1888.
- Raoul Berger
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- LES ÉTRANGERS A L’EXPOSITION
- DE 1889
- Belgique
- Composition de la Commission belge
- La Commission belge est composée des délégués des associations scientifiques, industrielles et commerciales du pays, ainsi que des participants habituels aux expositions internationales; elle se divise en 12 groupes et en 83 classes.
- Chaque classe élit son bureau. Les présidents, de classes composent la Commission administrative et élisent, à leur tour, les bureaux de groupes. Les présidents de groupes composent le Comité exécutif. Celui-ci est définitivement constitué comme suit:
- Président'. M. Victor Lynen, consul du Chili, ancien président du comité exécutif de l’Exposition universelle d’Anvers, président du 10e groupe (commerce et industrie en général), à Anvers.
- Premier vice-président: Agriculture. M. le comte de Ribaucourt, sénateur, à Perck, président du 8egroupe (Agriculture).
- Deuxième vice-président : — Œuvres d’art. M. E. Slingeneyer, membre de la Chambre des représentants, artiste peintre, président du ier groupe (Œuvres d’art).
- Troisième vice-président : Industrie. M. L. de Naeyer, industriel, à Willebroeck, président du 2e groupe (Enseignement et Arts libéraux).
- Commissaire général; M. Jules Carlier, membre de la Chambre des représentants, président du 1 Ie groupe (Congrès et conférences. — Economie sociale. •— Exposition rétrospective du travail), à Mons.
- Secrétaire général : M. J. Gody, ancien secrétaire général du gouvernement à l’Exposition universelle d’Anvers, à Bruxelles.
- Membres : M. G. de Savoye, ingénieur et industriel, à Bruxelles, président du 3e groupe (Mobilier et accessoires) ; — M. Emile Eloy, industriel, à Bruxelles, président du 4e groupe (Tissus, vêtements et accessoires) ; — M. G. Sabatier, membre de la Chambre des représen-tanit àCharleroi, président du 5e groupe (Industries extractives, produits bruts et ouvrés) ; — M. L. Guinotte, ingénieur, administrateur-directeur général des charbonnages de Bascoup et de Mariemont, à Morlanwelz, président du 6e groupe (Outillage et procédés des industries mécaniques, électricité) ; — M. O. Systermans, membre de la Chambre des représentants, à Bruxelles, président du 70 groupe (Produits alimentaires)?— M. J. Linden, vice-président de la société royale de la Flore et de la Fédération des sociétés d’horticulture de Belgique, à Bruxelles, président du 9e groupe (Horticulture) ; — M. Goemare, rédacteur en chef du Précurseur, à Anvers, président de l’Association des journalistes belges, président du 12e groupe (Presse).
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- Secrétaires du Commissaire général : M. Auguste Missoten, secrétaire de légation honoraire, docteur en droit et en science politiques et administratives, à Bruxelles ; — M. Paul de Puydt, ingénieur civil, à Paris.
- Conseil du Commissaire général : M. Sam. Wiener, conseiller provincial du Brabant, avocat à la cour d’appel de Bruxelles.
- Secrétaire-adjoint au secrétaire général : M. Ferdinand Beclard, secrétaire de la direction du Musée d’histoire naturelle à Bruxelles.
- Attaché: M. Jules de Bæcker, attaché au Ministère de l’agriculture, de l’industrie et des travaux publics à Bruxelles.
- A la tête des services spéciaux, se trouvent:
- Architecte chef de service de la section belge : M. Emile Janlet, architecte, à Bruxelles.
- Ingénieur chef de service de la section belge : M. Carez, Ernest, Ingénieur honoraire des ponts et chaussées, à Bruxelles.
- Ingénieur adjoint de la section belge: M. Félix Tassoen, Ingénieur civil, à Paris.
- Directeur des services des transports et de la , manutention des produits : M. Hamaïde, chef de division au ministère des chemins de fer, postes et télégraphes, à Bruxelles.
- Les groupes, au nombre de 12, comme nous l’avons déjà dit, comprennent :
- i° Les œuvres d’art. 20 L’éducation et l’enseignement. 3° Le mobilier et accessoires. 40 Les tissus, vêtements et accessoires. 5° Les industries extractives, produits bruts et ouvrés. 6° L’outillage, les procédés des industries électriques, l’électricité. 70 Les produits alimentaires. 8° L’agriculture et la pisciculture.
- 93 L’horticulture. io° Le commerce et l’industrie, en général. 11° Les congrès et conférences. 12° La Presse.
- Ce dernier groupe est composé de : Président : M. Goemare, rédacteur en chef du Précurseur, à Anvers, président de l’association des journalistes belges; Vice-présidents: MM. N... et de Lavelye, rédacteur en chef au Moniteur des Intérêts matériels, à Bruxelles ; Secrétaires : M. V. Hallaux, rédactéur en chef de la Chronique?, à Bruxelles, et M. G. Lemaire, rédacteur à Y Etoile belge, à Bruxelles.
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- Espagne
- Le 3 novembre prochain aura lieu à Madrid un congrès de viticulteurs dans le but d’organiser, en même temps qu’une association destinée à faciliter l’écoulement au dehors de la production vinicole de la Péninsule, un comité spécial chargé de la représentation à l’Exposition de 1889 des principaux intéressés de cette branche importante de la richesse agricole de l’Espagne.
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- Etats-Unis
- Grâce aux actives démarches deM. Mac Lane, ministre des Etats-Unis à Paris, les œuvres des artistes français possédées aux Etats-Unis pourront figurer à l’Exposition de 1889 sans avoir à payer des droits à la réexportation aux Etats-Unis.
- Le distingué ministre vient de recevoir la réponse du gouvernement américain à cet égard.
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- Russie
- Le journal les Nouvelles déclare que si les pays les mieux favorisés au point de vue des progrès industriels jugent utile de participer à l’Exposition de Paris, l’utilité est encore plus grande pour la Russie, dont l’industrie a encore
- LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE 1889
- beaucoup à apprendre pour son perfectionnement.
- 11 serait étrange que l’industrie russe repoussât actuellement la cordiale invitation de la nation française qui saisit chaque occasion de témoigner ses sympathies aux Russes et à la Russie,
- Les Nouvelles font l’éloge du bureau intermédiaire de Saint-Pétersbourg, qui a déjà réussi à obtenir l’adhésion à l’Exposition de nombreux industriels de toutes les branches et de toutes les régions de la Russie.
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- République Argentine
- M. Pierre Legrand, ministre de commerce et de l’industrie, Commissaire général de l’Exposition de 1889, vient d’être informé que le gouvernement de la République Argentine a présenté au Congrès un projet de loi voté par le Sénat, et qui va l’être par la Chambre des députés : projet tendant à obtenir un crédit de deux millions cinq cent mille francs pour les frais de la section Argentine l’Exposition de 1889.
- L’année dernière déjà une somme de huit cent mille francs avait été consacrée à la même* destination : ce qui porte à trois millions trois cent mille francs le crédit total.
- La Commission chargée d’organiser la participation de ce pays déploie une grande activité afin de présenter les progrès réalisés, sous tous les rapports, dans ces dernières années par la République Argentine.
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- L’EXPOSITION DE BARCELONE
- Dans notre précédent numéro, nous, avons parlé longuement de cette intéressante Exposition et de la ville plus intéressante encore qui l’a organisée. Nous avons loué, notamment, l’intelligente activité qu’a déployée pour atteindre ce but l’alcade de la ville, l’illustrissime D. Francisco de P. Rius y Taulet. Aussi sommes-nous henreux de pouvoir publier aujourd’hui l’adresse d’enthousiaste félicitation qui vient de lui être remise, au nom de tous les commissaires et jurés étrangers, par M, Ch. Prévet, commissaire général de la section française.
- C’est le 2 5 septembre, à 10 heures du soir, au palais de l’ayuntamiento, dans la salle dite des Cents, que M. Rius y Taulet, entouré des membres du Conseil municipal de la ville, a reçu les délégués étrangers et qu’en leur nom, M. Ch. Prévet a donné lecture, en français, de l’adresse dont s’agit et que nous reproduisons textuellement :
- A Monsieur le maire et à Messieurs les conseillers municipaux de la ville de Barcelone.
- Nous soussignés, réunis à Barcelone, afin de constituer le jury international de l’Exposition universelle ouverte dans cette ville si justement renommée.
- Avant de commencer nos fonctions de juges et de procéder à l’examen minutieux et attentif des produits présentés par chaque exposant, nous croyons accomplir un acte de justice en donnant notre opinion sur l’ensemble de cette grande entreprise, considérant en quelque sorte la muni-palité de Barcelone comme exposant elle-même.
- L’idée qui a présidé à la célébration de ce concours universel dans une ville qui n’est pas la capitale politique de l’Espagne, indique déjà une foi profonde dans les forces vives de la cité, dans ses œuvres, ainsi qu’un ardent et intelligent amour du progrès, une courageuse tendance vers le perfectionnement matériel et intellectuel de l’activité humaine dans toutes ses manifestations.
- Dimanche 7 Octobre 1888. — ii85
- Si considérables qu’aient été les sacrifices que la municipalité a dû s’imposer, si complexes et si nombreuses qu’aient pu être les difficultés qu’elle a rencontrées pour achever l’œuvre entreprise, le brillant succès qui a couronné ce concours international, dans son ensemble comme dans ses détails, donne à l’Exposition de Barcelone une place des plus importantes dans l’histoire des grands concours pacifiques qui se sont succédé depuis 1851.
- L’étendue de cette Exposition, ses brillantes constructions, les produits qu’elle renferme, sa magnifique situation au milieu d’un parc splendide, peuvent la faire considérer comme une des plus utiles et des plus belles manifestations de ce genre.
- Un avenir prochain réserve, nous en avons l’assurance, à votre noble cité de larges compensations aux sacrifices qu’elle s’est imposés.
- La ville de Barcelone, si grande dans son passé, paraît plus grande encore dans le présent : la hardiesse et l’esprit d’initiative que possèdent ses enfants, son heureux voisinage de la Méditerranée, cette route universelle des peuples et de la civilisation, son admirable climat et son sol si singulièrement fertile assurent à la capitale de la Catalogne une place chaque jour plus prépondérante dans les transactions du monde entier.
- Etrangers, impartiaux par la nature même des fonctions que nous venons exercer, nous sommes heureux de pouvoir consigner dans cette déclara-ration le témoignage d’admiration et de sympathie que nous portons à l’honneur de Barcelone et de l’Espagne.
- Barcelone, 19 septembre 1888.
- A la tête des signatures de toute nationalité, nous dit M. Michel Mortier de Y Evénement à qui nous laissons la parole, se trouvaient celles de MM. Prevet, commissaire général; Ponsignon, consul général; Dautresme, .chef de cabinet du ministre du commerce et délégué par lui.I
- Vous ne pouvez vous figureql’émotion du maire pendant la lecture de ce document, qu’il considère, a-t-il, dit dans sa réponse à M. Prevet, « comme le plus beau titre de noblesse que possède la ville de Barcelone ».
- Aussitôt cette lecture terminée, la place de la Constitution, où se trouve le palais municipal, s’éclaire de feux de Bengale, une foule compacte la remplit, les toits sont couverts de monde. Le coup d’œil est merveilleux.
- La musique municipalegentonne les airs nationaux, toutes les sociétés chorales des corporations ouvrières s’adjoignent à elle et chantent les airs populaires de Calvé, le poète-musicien populaire de la Catalogne, cet ouvrier tourneur, mort il y a quinze ans, et à qui Barcelone élève une statue que l’on inaugurera la semaine prochaine.
- Au Chant de guerre, un des plus beaux de Calvé, des bombes d’artifices sont tirées du balcon où nous nous trouvons; tous, nous crions : « Vive l’Espagne ! » auquel la foule tout entière, au moins dix mille personnes, d’un seul cri, répond :
- « Vive la France ! »
- Ce cri, à trois cents lieues de notre pays, spontanément jeté par toute une ville, nous a été droit au cœur, et, au nom de tous les Français présents je le salue par :
- « Vive l’Espagne! »
- « Vive Barcelone ! »
- Encore une bonne journée, ajouterons-nous, et qui ne fera qu’accroître les multiples raisons de sympathie que l’Espagne et la France professent de plus en plus l’une pour l’autre. Au grand tournoi de 1889, certainement, Paris saura fêter dignement les délégués que nous enverront nos chers voisins et, en particulier, ceux delà grande cité industrielle, Barcelone.
- H. P.
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- LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE 1889
- Dimanche 7 Octobre 1888.
- ÉCHOS
- LES BATEAUX ENTRE CHOISY-LE-ROI ET SURESNES
- M. le ministre des travaux publics a signé hier un arrêté par lequel il autorise une nouvelle compagnie ae bateaux à voyageurs à installer des services de transport dans l’intérieur de Paris et dans les banlieues entre Choisy-le-Roi et Suresnes.
- Cette autorisation n’a été donnée qu’à la condition de maintenir pendant toute la durée de l’exploitation un tarif notablement inférieur au tarif des services actuels.
- Le tarif entre deux stations situées à l’intérieur deParis sera de 0 fr. 10 pendant la semaine et de 0 fr. 20 le dimanche.
- Pour le transport entre la dernière station amont j de la traversée de Paris à Charenton, le tarif sera j de 0 fr. 10 pendant la semaine et de 0 15 le dimanche.
- Toutefois, dans le cas où le trajet aurait heu sans transbordement, d’un point quelconque de la traversée de Paris au pont de Charenton, la somme totale perçue les dimanches et fêtes ne pourra pas dépasser Ô fr. 25.
- Entre la tête de ligne du service de la banlieue aval et le barrage de Suresnes, on paiera 0 fr. 20 en semaine et 0 fr. 40 le dimanche.
- Enfin, entre le pont d’Ivry et Choisy-le-Roi, le tarif sera de Ofr. 20 les jours ordinaires et 0 fr. 30 les dimanches et fêtes.
- La Compagnie organisera dans la semaine, pendant une heure le matin et une heure le soir, des départs pour les ouvriers.
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- UNE LOCOMOTIVE GÉANTE
- Faire grand, telle est bien la tendance de l’époque, à preuve cette fameuse tour Eiffel, dont on ne précise guère l’utilité, mais qui réalisera sans doute l’idéal de la grandeur ou de la hauteur. A preuve encore, une autre curiosité de la future Exposition, la locomotive géante, dont la Production, de Paris, parle dans ces termes :
- « Les chemins de fer de l’Etat viennent d’exécuter les essais d’une locomotive géante, la Parisienne.
- « Cette énorme machine, aux roues de deux mètres cinquante centimètres de diamètre, avec son terider et son wagon, dont les roues' sont de mêmes dimensions, a répondu aux espérances de son inventeur, M. Estrade, ancien élève de l’école polytechnique, qui en a fait tous les frais avec une conviction inébranlable dans le but à atteindre.
- « Très stable dans sa construction, prenant admirablement les courbes, le nouveau matériel atteint les vitesses étonnantes et vertigineuses prévues par son inventeur.
- « Il peut évidemment rendre des services spéciaux très intéressants.
- « Après les épreuves officielles et définitives qui vont avoir lieu, la locomotive géante et son matériel vont être transportés à l’Exposition universelle de 1889, dont ils seront une des curiosités. »
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- l’eau a paris
- Nous avons parlé, à différentes reprises, de cette question de premier ordre pour l’hygiène publique et dont l’importance devient plus grande encore en raison de l’afïluence d’étrangers que Paris recevra l’année prochaine. Nous ne manquons donc pas une seule occasion de parler de ce sujet si intéressant et, à ce propos, nous donnons ci-après quelques réflexions de notre excellent confrère, Y Evènement, bien que nous ne soyons pas de son avis sur le fond :
- « Où en est le projet de dérivation de l’Avre qui doit donner de l’eau suffisante à la consommation de Paris? Il est à souhaiter que M. Gadaud, député de la Dordogne, chargé du rapport, en fasse vite la lecturea. la Chambre, car il y a quelques jours on a failli remettre l’eau de Seine dans quatre arrondissements de Paris.
- Mais si les Parisiens sont impatients d’avoir de l’eau potable, il 11’en estpas.de même des riverains de l’Avre dont la surexcitation est toujours grande. Qu’on en juge par cet avis placardé dans certaines communes et que voici textuellement :
- « Le bruit court, sur les bords de l’Avre, que depuis quelque temps des agents de la ville de Paris, déguisés en promeneurs ou en pêcheurs, viennent visiter nos rivières ; nous croyons donc donner un bon avis à ceux qui ne sont pas parfaitement connus dans le pays en leur disant de ne pas s’aventurer sur leurs bords, s’ils ne veulent s’exposer à prendre un bain forcé. »
- Enfin comme dernière fantaisie de la fameuse ligue des bords de l’Avre, sait-on ce qui se dit le long de cette paisible rivière ?
- C'est que « si le préfet Barrême a été assassiné, c’est qu’il venait de protester à Paris contre la captation des sources de l’Avre par le conseil municipal de la moderne Babylone et qu’il s’était fait ainsi des ennemis implacables. »
- Cela c’est le comble, et pour mettre une fin à toutes ces sornettes, M. Gadaud n’a qu’à hâter son rapport. Qu’il soit prêt pour le début de la session, que les travaux commencent et l’on verra bien de quel côté restera le bon droit. »
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- UN SCANDALE A L’EXPOSITION DE BRUXELLES
- Un fait de la plus haute gravité vient d’être porté à la connaissance du gouvernement belge par le prince de Bismarck.
- Des exposants allemands, au grand concours, auraient reçu des lettres de l’administration de l’Exposition leur promettant des médailles d’or moyennant une somme variant de cinq à cliæ mille francs.
- Ces industriels, froissés de ce procédé peu délicat, ont remis ces lettres au chancelier de l’empire, qui les a transmises directement à S. M. Léopold IL
- Une enquête a été ouverte aussitôt dans le but de découvrir et de poursuivre les coupables.
- Il paraît que, depuis l’avis du prince de Bismarck, la famille royale s’est abstenue de se rendre à l’Exposition.
- Voilà une administration qui entend singulièrement l’impartialité dans l’attribution des récompenses, — pour une fois!
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- EXPOSITIONS DIVERSES
- L’Exposition du quatrième centenaire de la découverte de l’Amérique
- ün sait qu’un projet de loi, déjà voté par le Sénat des Etats-Unis, est actuellement soumis à l’approbation du Congrès en vue de l’organisation à Washington, en 1892, d’une exposition internationale en l’honneur du 400e anniversaire de la découverte de l’Amérique et, ensuite, d’une exposition permanente qui réunirait principalement les objets de nature à faire de mieux en mieux connaître « l’histoire, les ressources, les arts et les industries des trois Amériques. » Déjà la plupart des chambres de commerce, des gouvernements des Etats ou territoires de l’Amérique centrale et de l’Amérique du Sud ont pris des résolutions dans un sens favorable à la réalisation de l’Exposition universelle et de l’Exposition permanente.
- Entre temps aura lieu, à Washington également, le 2 octobre 1889, un Congrès commercial préparatoire composé de délégués de la plupart des nations américaines.
- Nous avons cru intéressant, à ce sujet, de reproduire l'opinion de quelques journaux des Etats-Unis, car la question est capitale non seulement pour les intérêts américains, mais plus encore peut-être pour ceux des nations d’Europe. Voici donc, par ordre de date, des extraits de ces journaux.
- The Times. Chicago, 6 juillet 1888.
- LES TROIS AMÉRIQUES
- Dans les premiers jours de la session actuelle du Congrès, un bill, ayant en vue une exposition internationale à Washington, en 1892 et ensuite une exposition permanente des trois Amériques, en l’honneur du4ooe anniversaire de la découverte de l’Amérique par Christophe Colomb, a été présenté à la Chambre et renvoyé à la commission des affaires étrangères.
- La commission a fait récemment un rapport unanime recommandant le passage d’un bill substitut. Ce substitut diffère du bill original, principalement en ce qu’il a en vue seulement une exposition permanente, et qu’il ne dit rien sur l’exposition temporaire de 1892.
- Le bill autorise l’établissement d’une exposition permanente des trois Amériques à la capitale nationale, sous les auspices réunis des 46 états et territoires et des 16 nations indépendantes du continent Américain.
- Il autorise le président à nommer un conseil de 9 directeurs pour dresser un plan, plan qui devra comprendre la nomination d'un conseil adjoint de 62 membres, le gouverneur de chacun des 46 états et territoires et le chef du pouvoir exécutif des 16 nations indépendantes, devant nommer chacun un de ses membres.
- Le lieu de l’exposition sera choisi, sous la di-
- rection du président, parmi les terrains inoccupés appartenant à l’Etat, à Washington. Il devra comprendre l’espace nécessaire à la construction de deux bâtiments permanents, l’un pour les états et territoires de l’Union, et l’autre pour toutes les autres nations de l’hémisphère occidental.
- Les Etats et territoires et les autres nations étrangères et colonies devront fournir l’argent nécessaire pour la construction de leurs bâtiments respectifs.
- Le gouvernement choisira en outre un lieu convenable pour l’érection d'une statue à Christophe Colomb, et le bill établit que le gouvernement ne devra pas contribuer à l’érection de cette statue.
- Dans son rapport, la Commission dit que les diverses nations de cet hémisphère ont témoigné le désir de prendre une part convenable à la célébration du 400e anniversaire de la découverte de l’Amérique par Colomb.
- Elle ajoute qu’en 1883, le roi d’Espagne a dit que cet anniversaire « était un événement auquel devait s’intéresser le monde entier et pour la célébration duquel toutes les nations dirigeantes pouvaient s’entendre. »
- M. Castelar disait vers la même époque : « Je voudrais voir toutes les nations s’unir pour rendre cet anniversaire un des plus mémorables et des plus grands qui aient jamais eu lieu dans l’histoire du monde. »
- Il y a un an, le Ministre de l’intérieur d’Espagne informait notre ministre dans ce pays, que le conseil des ministres avait décidé que « l’Espagne prendrait l’initiative pour célébrer le plus solennellement possible le centenaire de la découverte de l’Amérique en 1492 » at que « l’Espagne était prête en même temps à prendre part à toute autre célébration ou solennité qui pourrait avoir lieu sur le continent américain, en commémoration de ce grand événement. »
- La Commission pousse le Congrès à agir sans retard, de peur que l’Espagne ne prenne l’initiative de cette affaire, et afin que les Etats et territoires et les nations et colonies américaines en dehors des Etats-Unis puissent avoir le temps nécessaire pour se préparer. Elle appelle l’attention sur ce fait que trente-trois de nos législateurs d’Etats et de territoires se réuniront dans sept mois, et la plupart d’entre eux en session biennale. De là, l’importance pour le Congrès d’agir promptement, afin que l’invitation puisse être faite en temps opportun.
- Il y a un appendice au rapport publié, comprenant un certain nombre de documents, parmi lesquels des adresses à la Commission, des lettres des gouverneurs des Etats et territoires, des ministres des nations américaines, et plusieurs autres, toutes montrant un profond intérêt pour la célébration et l’exposition proposée, et le désir d’y participer.
- Le secrétaire du Conseil national d’organisation de l’exposition, s’adressant à la Commission, a expliqué que le terme « exposition permanente » ne veut pas dire « exposition permanente de marchandises privées » avec droits pour l’admission, mais plutôt une exposition représentative des Etats, territoires et nations américaines, franches de droits, en un mot, une sorte de bazar ou de musée permanent, sous le contrôle du gouvernement. » On comprendra, d’ailleurs, qu’on projette une exposition temporaire pour l’été de 1892.
- Ce mouvement est un de ceux auquel tous les Américains peuvent prendre un vif intérêt, et il sera, certes, aussi utile qu’intéressant. Enfin, il servira à montrer à nos économistes, qui ne disent que des absurdités sur la « politique de l’hémisphère », quelle est la cause pour laquelle les nations de cet hémisphère achètent la plupart de leurs marchandises manufacturées en Europe, plutôt qu’aux Etats-Unis.
- The Press.
- New-York, 11 juillet 188S.
- LA GRANDE EXPOSITION DE l8q2.
- Le bill ayant en vue une exposition permanents des trois Amériques, à Washington, en l’honneur de l’anniversaire de la découverte de cet hémis
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- phère et qui est maintenant pendant au Congrès, devrait être discuté aussi rapidement que possible. Les quatre années qui doivent s’écouler avant l’ouverture de cette exposition ne sont pas trop longues, quand on considère les nombreux et importants travaux publics qui doivent être faits pour recevoir les produits de cette partie du monde.
- Tous s’uniront pour louer les choses que cherche à accomplir ce bill. Cette année 1892, sera le 4.00e anniversaire du plus grand événement de l’histoire du monde. Il est juste que les deux continents que Christophe Colomb a ajoutés au monde habitable s’unissent pour célébrer le quatrième siècle de leur existence et pour honorer la mémoire de l’homme dont la volonté de fer a tant fait pour le bien de l’espèce humaine.
- Il est juste aussi que cette célébration ait lieu dans la capitale des Etats-Unis. Des circonstances de climat, de population et de développement ont favorisé la croissance de la partie septentrionale du nouveau monde, et comme étant la plus riche et la plus peuplée elle doit être choisie pour la célébration de cet anniversaire.
- La manière dont cet événement sera fêté est ' d’ailleurs recommandable. Le commerce et les arts trouveront un nouveau stimulant dans la réunion et la comparaison des produits de cet hémisphère. De nouvelles et sensibles lois commerciales, profitables aux trois Amériques, résulteront aussi de la réunion des représentants de l’Amérique septentrionale, centrale et méridionale .
- Que l’année 1892 voie donc l’établissement d’une exposition permanente à Washington, en l’honneur de la découverte de l’Amérique.
- The Post Washington, 24 août.
- LE MONDE A WASHINGTON.
- Par suite des dispositifs de la loi passée récemment au congrès, décrétant un congrès commercial des trois Amériques, à Washington en 1889, le président Gleveland a fixé au 2 octobre la date de cette réunion et a officiellement invité à y participer les gouvernements du Mexique, du Brésil, de la République argentine, le Chili, le Pérou, la Bolivie, le Venezuela., les Etats-Unis de Colombie, l’Uruguay, le Paraguay, l’Equateur Guatemala, San Salvador, Costa-Rica, Nicaragua, Honduras, Haïti et Saint-Domingue.
- On croit que ce congrès durera de quatre à six semaines, peut-être davantage.
- Exposition des Beaux-Arts de Rouen
- C’est le 2 octobre, à une heure et demie qu’a eu lieu l’ouverture de la trente et unième exposition municipale des beaux-arts dans une des parties du Musée-Bibliothèque.
- L’ensemble est médiocre, mais cependant supérieur à la dernière exposition, en 1886.
- Sur les 1,011 numéros exposés, une centaine environ faisaient bonne figure au dernier Salon. Parmi ceux-ci, nous relèverons l’Enigme, d’A-gache, la Maternité, d’Humbert, mal en lumière ; un Félix Barrias, la Tentation, de Quinsac, un Tony-Robert-Fleury, un Flandrin, etc.
- Parmi les nouveautés, nous avons particulièrement remarqué : deux charmants tableaux d’Un-terberger représentant le Golfe de Salerne et Une vue de Venise, les deux noyés dans une lumière éblouissante ; une séduisante Rêveuse, d’Hode-bert, nue et couchée sur une draperie rouge : une Jeune femme lutinant un masque, de Mlle Louise Landré; la Mort de Condorcet, de Sanbès ; Sérénade, de Boislecomte ; le Portrait de Paul-Casimir Périer, de Diéterle; le Cabaret du Chat-Noir, de Dillon ; un des plus jolis tableaux de l’exposition, Pour mon Pays, de Durangel, représentant le Sergent de Paul Déroulède; le Forgeron de village, de Fouace, plein de vigueur et bien traité ; le Ruisseau du Val-Noir, d’Isembart ; une Victime de la mer, d’Edouard Krug; les deux tableaux de Rigolot, etc., etc.
- Nous en passons et des meilleurs.
- Si l’ensemble est médiocre, il y a du bon ; et nous regrettons une fois de plus la facilité avec
- laquelle le jury d’admission reçoit les affreux peinturlurages de quelques amateurs d’occasion apparentés avec les professeurs ou avec les coif-.feurs des gens en place.
- (La Lanterne du 4 octobre.)
- EXPOSITION NATIONALE DES CIDRES ET D’ALIMENTATION GÉNÉRALE
- Nous rappelons qu’un congrès très intéressant et probablement très instructif, en tout cas le premier du genre, aura lieu à Paris , pendant l’Exposition nationale des Cidres, qui ouvre le ier novembre au quai d’Orsay sous le haut patronage des ministres de l’agriculture et du commerce.
- Son programme comprend les trois sections suivantes :
- I. — Culture de la pomme. — Recherche des meilleures variétés. — Etude du sol.
- II. — Technologie du cidre. — Recherche des meilleures méthodes de fabrication. — Question de la diffusion. — Conservation. — Eau-de-vie de cidre.
- III. — Le cidre et l’hygiène.
- Plusieurs spécialistes, désireux de prendre part à ce congrès, se sont déjà fait inscrire, auprès de M. Chessé, commissaire général de l’Exposition, 38, rue de la Chaussée d’Antin.
- Exposition d’échantillons à Bruxelles
- On lit dans Y Indépendance belge du 27 septembre :
- Depuis environ deux mois est installée dans la grande salle du premier étage au Musée commercial de Bruxelles, une exposition -dont nous recommandons vivement la visite à nos commerçants et industriels.
- Cette exposition a été organisée par M. Patin, notre consul de Belgique à Madelin (Colombie); on y trouve intelligemment groupés des échantillons des principaux produits du pays, ainsi que des spécimens des objets de tous genres, dont la consommation offre en Colombie une certaine importance.
- Disons tout d’abord que la disposition de cette exposition est très réussie : d’un simple coup d’oeil le visiteur se rend compte de l’état et de la valeur des marchandises qui l’intéressent.
- Parmi les produits du pays dont les échantillons doivent être spécialement étudiés, nous citerons les pépites et poussières d’or, diverses espèces de bois de construction et d’ébénisterie, l’ivoire végétal, le dividivi, le quinquina, le lin végétal ; le cacao, la vanille, le caoutchouc, le café.
- En ce qui concerne les objets que les Etats-Unis de Colombie reçoivent d’autres contrées, notamment d’Europe, les intéressés trouveront à l’exposition même et dans les catalogues du Musée commercial, le prix de ces objets, avec l’indication des pays de provenance et des taxes douanières dont ces marchandises sont passibles.
- Nous félicitons vivement M. Patin de l’excellente initiative qu’il a prise en organisant cette exposition de la manière dont il l’a mise à exécution.
- Il en sera tiré profit, nous n’en doutons pas, et c’est le meilleur éloge que nous puissions en faire.
- Toutes les entreprises tentées en faveur de l’émigration de Belges intelligents et audacieux vers ces contrées américaines de ressources si nombreuses, méritent d’être encouragées.
- La Colombie est, on le sait, parmi tous les grands districts de l’Amérique centrale, l’un de ceux qui peut fournir le labeur le mieux rémunéré aux travailleurs européens. C’est cet immense territoire, d’environ i,33i,ooo kilom. carrés de superficie, situé au nord-ouest de l’Amérique australe, entre l’Atlantique, la République de Costa-Rica, l’Océan Pacifique, l’Equateur, le Pérou, le Brésil et le Vénézuela.
- Elle possède entre autres, les ports de Colon et de Panama, les deux points terminus du canal de Panama, et elle est, de toutes les contrées américaines, celle qui a le plus à espérer, au point de vue du développement de son commerce, de l’achèvement de cette œuvre colossale.
- Les Etats-Unis de Colombie sont extrêmement riches en bois de construction, de teinture et d’ébénisterie, de même qu’en plantes aromatiques et résineuses employées dans l’industrie et dans la médecine.
- Le règne minéral y offre à l’industrie de riches mines d’or, d’argent, de fer, de cuivre, de plomb, de marbre, de sel, de houille, de soufre, de chaux, de plâtre, etc. On évalue à 3,265,000,000 fr. la production totale de la Colombie en métaux précieux, depuis l’époque de la conquête (seizième siècle) jusqu’à nos jours. L’or et l’argent donnent annuellement une production de 14.775,000 fr.
- Notons — ce qui est très important — que les étrangers peuvent acquérir dans les Etats de Colombie des mines aux mêmes conditions que les nationaux.
- Les beaux échantillons que renferme la collection qui vient d’être installée au Musée commercial à Bruxelles feront mieux connaître que n’importe quelle description les produits colombiens.
- Cette exposition a déjà produit pour l’industrie belge d’excellents résultats, plusieurs grandes affaires ont été traitées déjà et nous croyons même savoir qu’un syndicat franco-belge s’est fait adjuger la construction des chemins de fer colombiens dont le réseau doit prendre rapidement une grande extension. La France s’est particulièrement intéressée à cette exposition, dont la Belgique, par les soins de son agent consulaire, avait eu la primeur.
- Nos commerçants et industriels, de leur côté, ne doivent pas négliger le marché colombien; ce pays, extrêmement riche, manque de voies de communication rapides et faciles ; les grandes routes y sont peu nombreuses, les bateaux à vapeur primitivement installés.
- Le gouvernement colombien, conformément au vœu de l’opinion publique, recherche les meilleurs moyens pour s’assurer le concours des capitaux et des constructeurs européens. C’est un état de choses que nous signalons à nos industriels qui pourraient trouver en Colombie un débouché important pour leurs fabrications.
- Actuellement notre industrie est peu connue dans ces contrées; nous pourrions cependant y placer, entre autres, les papiers d’imprimerie, le papier peint, les cartes à jouer, les bougies, les clous, le zinc, la tôle galvanisée, les armes à feu, le verre, les coutils, les machines industrielles, le coton, les toiles, le linge de table, le ciment, etc.
- Nous ne devons surtout pas perdre de vue que si nous voulons récolter quelques-uns des avantages qui découleront, pour la situation économique de la Colombie, de l’ouverture du canal de Panama, c’est dès à présent que nous devons semer.
- Avis aux industriels et commerçants français.
- Exposition de sauvetage et d’hygiéne
- De grandes Fêtes de bienfaisance, au profit delà Société centrale de Sauvetage des naufragés, de la Société des Sauveteurs de la Seine et de la Société française de Sauvetage, seront données au Palais de l’Industrie, les vendredi 12 et samedi i3 octobre prochain.
- Ces fêtes sont organisées par le Comité des Sociétés et de la Presse, qufaété reçu par M. Lock-roy, ministre de l’Instruction publique et des Beaux-Arts.
- Le ministre a gracieusement accordé au Comité l’autorisation d’organiser au Palais de l’Industrie des Fêtes de nuit, les 12 et i3 octobre, jours désignés pour ces grandes fêtes de bienfaisance.
- M. Lockroy a bien voulu, également, accepter la présidence d’honneur du Comité des fêtes.
- 11 y aura fêtes de jour et fêtes de nuit.
- Le Palais sera entièrement éclairé à la lumière électrique, et ce que nous savons déjà des dispositions prises pour cet éclairage nous permet de croire à des merveilles.
- Sur le bassin à flot, un grand ballet-pantomime en plusieurs tableaux, représentant la Vie du Marin et comprenant cent cinquante personnages, sera le clou de la fête. — Une attraction inédite et magnifique en même temps.
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- ii-88. — Quatrième Année.
- N° 197.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 7 Octobre 1888.
- Il n’est pas un de nos lecteurs qui ne voudra, tout en assistant à un spectacle inconnu jusqu’ici, apporter son obole à l’œuvre des Sociétés de sauvetage, dont le but humanitaire est connu de tous.
- L’EXPOSITION DE 1889
- JUGÉE PAR LE « FIGARO »
- La substructure et les aménagements extérieurs des différents palais de l’Exposition universelle poussent avec une prestigieuse rapidité. Tout sera couvert avant le premier froid. On emploiera l’hiver au travaux intérieurs et, comme je l’ai annoncé il y a un an, l’inauguration ne se fera pas comme en 1878, devant un chantier; elle sera célébrée dans un ensemble terminé et complet. Là-dessus, nous n’avons jamais eu d’inquiétude.
- Il n’en était pas tout à fait de meme pour la question des exposants. Tous, dans, l’industrie et le commerce, paraissaient désirer le succès de l’Exposition, mais personne n’y croyait sincèrement ; certains mêmes, tout en faisant des vœux, ne promettaient pas d’y figurer personnellement. Les éternels si, les affreux car, les désespérants toutefois, étaient à la fois abondants, logiques et menaçants .
- Certainement on a tort, si rapproché que l’on était de 1878, de faire une Exposition. On a été très inconséquent de la vouloir en 1889 et de chercher à transformer en fête internationale une fête intime que les bons républicains français auraient dû célébrer en famille. Mais enfin toutes ces niaiseries ayant été pompeusement et légèrement décidées, on ne devait pas, on ne pouvait pas y revenir.
- Le vin est tiré on le boira, et moins désagréablement qu’on ne l’a cru.
- La France possède une importance et un gros poids que la naïveté des républicains peut atténuer, mais ne saurait faire disparaître. Cette idée grotesque d’inviter les rois à trinquer au centenaire d’un gouvernement qui voulut détrôner leurs ancêtres n’a pas trop mal réussi. Il ne faudrait pas en conclure que c’est pourfaire pièce à leurs souverains respectifs que les étrangers viendront en nombre; mais l’absence de commissions et subventions gouvernementales dans les pays étrangers a produit une sélection utile. Au lieu de foules, nous aurons des élites. Et ce n’est pas une explication consolante que je donne ici. On comprendra que l’installation à l’Exposition coûtant gros et ne rapportant qu’indirectement et par contrecoup, les industriels étrangers qui s’offriront ce luxe représentent de gros trafic et de gros intérêts.
- L’Angleterre, les Etats-Unis, la Suisse et la Belgique sont placés en tête du mouvement. Deux républiques et deuxgouvernements monarchiques constitutionnels. Trois sont voisins de la France et le quatrième est, par les innombrables steamers qui sillonnent l’Atlantique, en communication permanente avec nous. C’était donc tout naturel.
- Après, viennent l’Autriche-Hongrie et la Russie. La première donne un démenti formel à des paroles imprudentes ; la seconde accentue ce cou rant de courtoisie que la France a si mal utilisé en 1870 et 1871. Puis il faut citer les républiques de l’Amérique du Sud, où l’exportation est largement ouverte à nos produits. J’ai entendu reprocher à M. Berger, directeur de l’exploitation à l’Exposition, d’avoir un peu trop favorisé ces Républiques. S’il l’a fait, nous l’en louons. Nous ne disposons pas de tant d’amis commerciaux dans le nouveau monde pour négliger ceux qui se vantent de l’être et le prouvent efficacement.
- Parmi tous les autres peuples favorables, le Japon, la Grèce, la Serbie méritent une bonne note, je la leur donne et j’arrive à l’Italie qui nous amènera à l’Allemagne du Nord,
- L’Italie nous berce de douces paroles, mais les effets ne se produisent pas. Elle tergiverse. Tergi-versera-t-elle encore ? Cela est à craindre, il faut nous attendre à la voir bouder : car l’amie de son cœur intéressé, l’Allemagne du Nord, est toujours irritée contre le centenaire qu’elle s’efforce de
- réunir à Y exposition, tandis que d’autres nations | plus sages et plus conciliantes s’efforcent de les séparer. Pour ces dernières, le centenaire est une cérémonie séparée, Y exposition en est une autre. Elles n’assisteront ni officiellement ni officieusement à la première, mais elles encouragent officieusement leurs citoyens à prendre part à la seconde.
- L’Allemagne a négocié activement avec toutes les puissances pour qu’elles s’opposassent, chacune chez elle, à l’éclosion de sympathies individuelles et à la formation des mouvements collectifs. Mais le temps et surtout les intérêts privés ont eu presque partout raison de M. de Bismarck. L’Italie seule persévère, sans aucune franchise d’ailleurs, mais de telle façon qu’il ne faut plus trop compter sur elle. Si elle ne vient pas, nous pourrons dire : « Tant pis pour elle ! »
- Comme il y a toujours un côté comique dans les plus graves questions, ce n’est ni dans les journaux allemands ni dans les journaux italiens que M. de Bismarck combat notre Exposition. Cela montrerait trop’sa mauvaise volonté persévérante mais dissimulée contre la France. Or, comme notre exposition prend bonne tournure, il ne faut point que le chancelier de fer ait l’air d’avoir eu contre elle quelque mauvaise humeur. Ce sont donc les journaux hollandais — mon Dieu, oui, les Galettes de Hollande !—qui ont reçu la mission ^e jeter la terreur dans l’univers sur les conséquences et résultats de l’année 1889.
- Les exposants hollandais n’en montrent pas pour cela moins d’empressement.
- Les comités étrangers ne donneront le chiffre exact des participants qu’au dernier moment, c’est-à-dire pour la confection du catalogue. Mais il sera très convenable. Non pas une victoire, simplement un chiffre très sympathique.
- Quant à celui des exposants français, il dépasse 20,000, sans les collectivités agricoles, sans les beaux-arts, sans l’économie sociale et sans l’histoire rétrospective du travail. Dans les deux dernières de ces quatre catégories se prélasseront ! bien des babioles, bien des futilités. Mais le public s’amusera plus à regarderies bonnes plaisanteries de l’histoire de l’habitation qu’à passer en revue ces interminables galeries où la même industrie expose mille fois le même produit avec la même conscience.
- Sauf la galerie des machines dont l’architecture hardie répond au défi que lui jette la tour Eiffel, l’Exposition de 1889, quoi qu’on ait tenté, ressemblera à ses sœurs aînées. Elle sera moins fastidieuse que celle de 1878, modèle du genre ennuyeux, et fera tout son possible pour être aussi amusante que celle de 1867.
- Il est bien entendu que toute description anticipée sur des projets à exécuter entièrement rentre dans le domaine de l’hypothèse ; mais je puis affirmer que la galerie des machines, par la réunion ; des objets exposés, leur nombre, la colossale im- | portance de quelques-uns, offrira aux yeux un j spectacle inattendu, surtout le soir, lorsque la lu- ! mière électrique éclairera son mouvement infernal., j
- L’eau et la lumière électrique diversement co- j lorée joueront d’ailleurs un rôle très curieux 1 dans la décoration des soirées de l’Exposition. I
- A chaque nouvelle grande manifestation indus- I trielle, l’administration se trouve en face d’exigences sur lesquelles elle n’avait pas compté. A ce sujet, nous ferons remarquer combien l’ingérence gouvernementale est dangereuse et gênante dans j ces sortes d’affaires. Si dans les Expositions faites par des entrepreneurs le commerce des récompenses ne prenait pas une trop large place, nous préférerions de beaucoup dans les Expositions universelle l’initiative privée à la protection gouvernementale.
- D’abord, il n’y aurait pas eu de question diplomatique. j
- Et puis il n’y aurait pas de règlement inflexi-i ble se courbant devant toutes les obligation^ politiques.
- La question diplomatique a failli s’envenimer. Quant au règlement, chacun s’y accroche pour empêcher les autres et fait tous ses efforts pour le violer à son profit.
- Le règlement n’admet pas d’exposant non producteur. Il faut que le transformateur, pour être admis, ait donné une seconde nature à la matière première ou à la matière fabriquée qu’il emploie. Bref, tout intermédiaire, débitant d’articles fabriqués ou transformés par d’autres, est écarté violemment. C’est juste.
- Les marchands de petits couteaux de 1878, les camelots et autres industriels, se sentant battus par les règlements d’admission, ont imaginé de rentrer par la porte du socialisme et des revendications ouvrières. Ils ont vu les ouvriers céramistes de Limoges entrer en groupe, ils ont conclu que le titre d’ouvrier leur garantissait leurs grandes entrées aux assises du travail. Alors ils s’est formé des associations singulières en vue d’escalader le règlement, de prendre place à l’Exposition et d’y faire du commerce.
- Naturellement les comités d’admission et d’administration se montrent — et ils ont encore bien raison — très favorables aux associations ouvrières sérieuses, productives, anciennes ; mais ils voudraient repousser toutes les fausses associations qui cachent surtout le désir de quelques spéculateurs d’écouler dans l’intérieur de l’Exposition des marchandises avariées.
- Hélas ! il ne faut pas oublier que le ministère se fait honneur et gloire d’être radical et de donner toujours raison aux ouvriers, même avant d’avoir examiné leurs demandes. A leur place, je demanderais la lune. M. Floquet la leur apporterait. Enfin, on veut que le ministère intervienne dicta-torialement.
- Cette question des fausses associations ouvrières demandant à cameloter, à commercer dans l’Exposition, tourmente beaucoup la direction de l’exploitation. En effet, tous les jours, les chambres syndicales du commerce de détail de Paris viennent rappeler à M. Berger que l’interdiction de vente — excepté pour les exposants orientaux — doit être sévèremment maintenue. L’intérêt de leurs commettants l’exige. Si le monde entier se mettait à vendre au détail à l’Exposition, le commerce de Paris, disent-elles, serait ruiné.
- Il me semble que de tous les côtés on exagère un peu l’importance de ces débats. Quoi qu’on fasse, il y aura toujours des exposants qui ne produisent pas, de faux fabricants de vins de Champagne, des bibélotiers de toutes sortes. On n’empêchera jamais non plus d’y faire du commerce; mais ce que l’on doit traquer et chasser, ce sont les gens qui s'établissent marchands pour mettre l’Exposition en coupe réglée.
- On m’a signalé aussi un Ba^ar de l’Enfance, qui n’a rien de social, mais qui, patronné par un sénateur, a la prétention de sous-louer des boutiques à des mercantis. Ces entreprises-là ôtent à l’Exposition son caractère respectable et il faut, ou les empêcher, ou bien laisser la liberté complète à chacun. _
- Alors pourquoi faire l’Exposition aux frais de l’Etat.
- Est-ce que l’Etat demande de l’argent aux contribuables pour commanditer certaines catégories de citoyens ?
- Enfin il faut peut-être se féliciter de tous ces abus ou tout au moins de cet appétit d’abus — car la direction de l’exploitation lutte avec un beau courage en faveur du règlement. Cet appétit d’abus rend toute nouvelle Exposition impossible. Celle de 1889 sera la dernière. Il n’en faut pas douter. "
- Ses finances, disons-le aussi, auront été scrupuleusement administrées par MM. Alphand et Berger. Non seulement les crédits qui leur ont été alloués ne seront pas dépassés (M. Krantz en 1878 avait dépensé le double), mais il restera toutes les dépenses assurées, de deux à trois millions disponibles.
- Quel plus bel éloge faire aujourd’hui d’une gestion?
- Les souscripteurs du capital de garantie peuvent donc dormir sur leurs oreilles sans faire de mauvais rêve. Leur cher argent leur sera rendu intégralement et sans doute, à moins de très mau-XVoir la suite, à la page 1 rgo)
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- Quatrième Année. — N° 197.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 7 Octobre 1888. — 118g.
- NOTRE GRAVURE
- La gravure que nous publions aujourd’hui a déjà paru dans notre numéro du 2 5 septembre 1887 ; nous la donnons à nouveau à l’intention de ceux de nos lecteurs qui n’étaient pas alors abonnés du Moniteur. Son caractère artistique,
- la valeur propre du style de son auteur, M. F. de Saint-Vidal, seraient une excuse, d’ailleurs suffisante, de cette répétition.
- Cette fontaine monumentale, ainsi que l’exigeait le colosse de fer sous lequel elle sera placée, représentera la France escortée, d’un côté parla Science et l’Industrie, de l’autre par l’Art et l’Agriculture, et voguant, suivant le cours de la
- Seine, sous la direction de son génie protecteur. Le monument sera à trois étages et formera deux cascades qui viendront se perdre dans le bassin inférieur. L’étage supérieur servira de base au groupe principal, c’est-à-dire à la France tenant une torche dans la main et debout au milieu d’un navire dont l’avant portera comme emblème une tête de bélier et l’arrière sera
- FONTAINE DESTINÉE AU JARDIN SITUÉ SOUS LA TOUR EIFFEL Sculpteur : M. F. de Saint-Vidal
- ("D’APRÈS une; photographie de M . GODET)
- occupé par une figure de femme tenant le gouvernail. Une autre femme tenant un aviron dans ses mains et sortant d’une touffe de roseaux représentera la Seine sur le devant, du bassin inférieur. Les divers symboles accessoires seront égalementpersonnifiéspar des figures féminines.
- L’eau sortira de cornes d’abondance tenues par de petits génies placés sur les bords. L’ensemble de cette fontaine, comme on en peut juger par la gravure et la description que nous venons de faire, sera d’un très bel effet.
- Nous devons dire, pour être juste, que la gravure ci-dessus représente l’œuvre de M. de Saint-Vidal telle qu’était la maquette-primitive. Dans l’exécution, les cinq figures principales seront placées à une plus grande distance du centre, mais elles n’en ressortiront que mieux et les détails ne se feront mutuellement aucun tort. L’œuvre, dans son ensemble, gagnera certainement en ampleur. Aussi, nous réservons-nous, au moment de sa mise en place, d’en publier une nouvelle vue agrémentée de tous les effets
- de perspective que produiront alors les piliers de la tour, d’abord, et ensuite toutes les constructions qui seront, à ce moment, édifiées dans les alentours.
- Ajoutons, en terminant, que la hauteur totale de cette fontaine sera de 9 mètres, son diamètre à la base des groupes, de 9 mètres également et que celui du socle aura 12 mètres.
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- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 7 Octobre 1888.
- vaises chances, avec un petit bénéfice. Ce sera la première fois que notre chère et trop chère République n’aura pas fait une mauvaise affaire.
- Telle est la situation réelle de l’Exposition. Il appartient aux comités d’installation de donner à sa partie industrielle le plus possible de pittoresque. Les longues et insipides lignes de galerie seront, assure-t-on, rompues par des massifs décoratifs; cela est nécessaire. En 1878, la galerie des tissus, longue de 3oo mètres, était si déserte que seuls les amoureux s’y aventuraient, sans crainte de fâcheuse rencontre. Ce qu’il s’y est fait de mariages!
- Quant à la foire du soir, elle sera aussi affriolante que possible. Mais les tendances magnifiques de MM. Alphand et Berger ont été réfrigérées un peu parles intérêts des industriels à qui ils s’adressaient. Payer en six mois une installation convenable, des frais quotidiens considérables et des redevances toujours lourdes, est un problème qui se résout souvent par une liquidation désastreuse. Cependant, les organisateurs de l’Exposition ont rencontré quelques audacieux que la fortune —souhaitons-le — favorisera peut-être... Mais, quant à présent, c’est le côté secondaire, il recouvrera son importance l’an prochain pendant les soirées chaudes.
- N’oublions pas de dire que la partie restaurants sera très soignée. On mangera dans toutes les langues.
- Jules Richard.
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- LE CONGRES INTERNATIONAL DE GÉOLOGIE
- A LONDRES
- On écrit de Londres, en date du 17 septembre, à Y Indépendance belge :
- Un congrès de géologues ! Pour ceux, qui, en Belgique, se sont tenus au courant des phases successives et des incidents qui, durant ces dernières années, ont marqué les étapes militantes de notre petit bataillon de géologues nationaux, l’annonce d’un tel congrès doit paraître comme le précurseur d’une grosse nuée d’orage international. Verra-t-on, nouveaux Titans, les géologues venus de toutes les parties du monde s’emparer tour à tour en des luttes homériques des montagnes et des fragments de l’écorce terrestre pour en écraser leurs adversaires et y planter victorieusement le drapeau de leurs théories ?
- Qu’on se rassure : les congrès précédents qui, de trois en trois ans, ont eu lieu à Paris (en 1878), puis à Bologne et à Berlin, ont montré, par leur allure et leurs résultats que les intérêts et les progrès de la science, ainsi qu’un grand esprit de confraternité, forment la note dominante de ces réunions internationales.
- La géologie est en réalité une science nouvelle et fort jeune, puisqu’elle date seulement du commencement du présent siècle. Par ses applications pratiques, si nombreuses et si variées, cette science acquiert de jour en jour une importance croissante et une portée économique des plus considérables. Les géologues étudient et font connaître les richesses minérales du monde entier, et la base rationnelle des services que de telles recherches sont appelées à rendre à l’humanité réside dans la connaissance approfondie des couches, des matériaux et des dépôts qu’ils soumettent à l’investigation scientifique.
- Le rôle des congrès, de ces grandes assises internationales où l’on cherche à se mettre d’accord sur les questions de classification, de nomenclature, de coordination, est donc tout indiqué ; l’obtention, grâce au concours et aux lumières de tous, d’un tel résultat est une condition essentielle du progrès scientifique.
- Au moment où les géologues, répondant à l’appel du comité anglais, se mettaient en route de tous les points du globe pour se rendre à Londres, paraissait le volumineux compte rendu du dernier congrès, tenu il y a trois ans à Berlin. C’est la langue française qui a été choisie pour les comptes rendus des travaux des congrès
- internationaux, comme pour les discussions des séances, et cette décision a rallié tous les suffrages.
- Le comité d’organisation du congrès géologique de Londres se compose des notabilités de la science géologique de ce pays. Le président d’honneur est le célèbre professeur Huxley. Les présidents de la session sont MM. le professeur J. Prestwich et A. Geckie, directeur général du Geological Surrey. Les secrétaires sont MM. Hulke et Topley, du service géologique anglais.
- Les réunions se tiendront dans le local de l’Université de Londres, Burlington Gardens. Le « sénat » de l’Université a eu la gracieuseté de mettre plusieurs salles à la disposition du congrès pour ses réunions, pour celles de son conseil et de ses divers comités, etc. Une exposition de cartes géologiques, de collections spéciales de roches, minéraux, fossiles rares ou nouveaux, sera ouverte pendant la durée de la session, dans la grande salle de la Bibliothèque de l’Université.
- Les séances du congrès auront lieu du lundi 17 novembre au samedi 22. La semaine suivante (du 24 au 29) sera consacrée à une série d’excursions qui auront simultanément lieu dans diverses parties de l’Angleterre : dans le nord du pays de Galles, à l’île de Wight, dans le Yorkshire, etc.
- D’après le nombre des adhésions arrivées jusqu’ici : environ 680, et qui doit s’augmenter encore, le succès du congrès est assuré ! Jamais, dans aucune des réunions précédentes, on n’a obtenu une telle affluence d'adhérents et, de même, la valeur scientifique des noms déjà connus est un gage certain de réussite. Dans une liste provisoire des adhérents étrangers, dressée il y a deux mois, nous relevons des représentants des Etats-Unis, au nombre de 21, du Canada, du Mexique, de la République argentine, des Indes occidentales et enfin de la Nouvelle Zélande, ce qui prouve que les antipodes mêmes ont donné !
- Dans cette première liste d’adhérents étrangers, la France et l’Allemagne tiennent la corde respectivement avec 34 et 35 géologues. Viennent ensuite la Belgique et l’Italie avec 26 et 25 adhérents, les Etats-Unis avec 21, la Russie avec 10, etc. Tous ces chiffres seront fortement majorés pour la liste définitive, actuellement sous presse.
- Gomme on le voit, la Belgique est remarquablement représentée. Capulets et Montaigus sont tous ici, et la « Carte géologique », cette Juliette si désirée des uns et des autres, a certainement vu fuir du sol belge le dernier de ses adorateurs, la dernière de ses victimes.
- Dans une prochaine lettre nous donnerons quelques détails sur l’ouverture du congrès qui doit avoir lieu lundi, ainsi que sur l’exposition; puis nous résumerons les principaux résultats des délibérations du congrès.
- JURY
- DE L'EXPOSITION UNIVERSELLE DE BARCELONE
- Liste supplémentaire
- Le Ministre du Commerce et de l’Industrie, Arrête ;
- Sont nommés membres du jury des récompenses de l’Exposition universelle de Barcelone :
- Groupe II 2 e section
- M. Hébrard (E.), secrétaire-général de la société d’agriculture de Toulouse. (Titulaire).
- M. Gros (Amédée), négociant, président honoraire de la chambre de commerce française de Barcelone (Suppléant).
- Groupe V 110 et 2e sections
- M. Richemond, président de section au tribunal de commerce de la Seine (Titulaire).
- M. Piaud, ingénieur des constructions navales, ingénieur en chef du bureau Veritas (Suppléant).
- Groupe X 2e section
- M. Soubrier (Louis), fabricant de meubles, ancien juge au tribunal de commerce, membre du jury des récompenses aux expositions d’Amsterdam en 1883 et d’Anvers en 1885, membre des comités d’admission de l’Exposition de 1889 (Titulaire).
- M. Marignac (Napoléon), négociant, secrétaire de la chambre de commerce française de Barcelone (Suppléant, en remplacement de M. Soubrier nommé titulaire).
- M. Biais, fabricant d’ornements d’église, vice-président de la chambre syndicale des dentelles, membre des comités d’admission de l’Exposition de 1889 (Suppléant).
- Groupe XVIII ire section
- M. Ducret, président de la chambre syndicale des industries diverses, membre de la commission consultative delà section coloniale de l’Exposition de 1889 (Titulaire).
- M. Hartmann (Georges), industriel, membre de la société de statistique et de la société d’économie politique, secrétaire de la i5e section à l’exposition d’économie sociale en 1889 (Suppléant, en remplacement de M. Ducret, nommé titulaire).
- M. Lanier (A.), imprimeur à Paris (Suppléant).
- Groupe XIX
- M. Raynal (Théodore), ancien préfet, ancien président de la chambre de commerce française de Barcelone (Suppléant).
- M. Carteret (Alexandre), avocat, docteur en droit (Suppléant).
- Fait à Paris, le i3 septembre 1888.
- Pierre Legrand.
- L’ART ANCIEN
- A L’EXPOSITION DE BRUXELLES
- (Suite.)
- (Voir le numéro du 16 septembre.)
- Vient ensuite dans l’ordre de classement, l’orfèvrerie et l’émaillerie religieuses. C’est une des divisions les plus riches et les plus intéressantes de l’Exposition, à cause de la bonne volonté qu’ont mise les églises à l’enrichir des objets précieux qu’elles possèdent encore, malgré les pertes qu’elles ont faites à la révolution de la fin du siècle passé. Bien peu avaient répondu en 1880 à l’appel qui leur avait été fait, le gouvernement d’alors n’ayant pas leurs sympathies ; mais leurs dispositions ont changé sous l’administration actuelle, et l’on a obtenu d’elles tout ce qu’on leur a demandé. Il y a, à l’Exposition, une superbe collection de châsses, parmi lesquelles on remarque : la châsse en argent de Saint-Adelin, de l’église de Visé, datant du xi0 sièclè et dont les figures d’un puissant relief, ont un remarquable caractère ; la châsse de Saint-Maur, du xin* siècle, en cuivre doré et émaillé, décorée de plaques émaillées et de filigranes du plus beau travail, provenant de l’abbaye de Florennes et appartenant au duc de Beauffort ; une curieuse châsse du xnia siècle, à l’église Notre-Dame de Huy, ornée de belles figures des apôtres et tout à fait exempte de restauration, ce qui n’est pas le cas pour plusieurs pieux monuments du même genre sur lesquels s’est exercé l’art de restauration peu scrupuleux comme celui qui, avant à réparer les châsses de Saint-Domitien et de Saint Mengald, également à l’église de Huy, trouva bon de transporter des parties de l’une sur l’autre, de manière que toutes deux, ayant des côtés très intéressants et très remarquables, présentent un ensemble incohérent. D’autres châsses encore belles ou curieuses, attirent l’attention des connaisseurs.
- ' Citons de nombreuses séries de calices, d’ostensoirs, de croix d’autel et de processions variées
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- Quatrième Année. — N° 197.
- d’époque, de style et de travail. Bornons-nous à recommander ces riches collections à la curiosité des amateurs d’archéologie religieuse, car, pour citer séparément les objets que distingue quelque particularité intéressante, il n’y faut pas songer. Faisons toutefois une exception pour le bel ensemble de pièces d’orfévrerie appartenant au couvent des sœurs de Notre-Dame de Namur et qui offrent, outre leur mérite supérieur de goût et de travail,cet intérêt particulier qu’elles sont l’œuvre d’un même artiste et que cet artiste les a signées, chose rare en ces temps reculés qui ne nous ont guère laissé que des productions anonymes.
- L’auteur des chefs-d’œuvre dont il est question était un moine du prieuré d’Oignies-sur-Sambre et vivait au commencement du xm° siècle. Le morceau capital de la précieuse collection que tous les musées de l’Europe envieraient aux sœurs de Notre-Dame de Namur, est une couverture d’évangéliaire ornée de nielles, d’estampages cise. lés et d’applications de rinceaux d’un travai admirable. Contrairement aux traditions de modestie qu’observaient généralement les maîtres du moyen âge, excellents dans tous les arts, le moine d’Oignies-sur-Sambre s’est fait connaître en signant son œuvre : Frater Hugo-orate pro me ; en y inscrivant sa devise : Alii Christum ore ca-nunt ; ego cano ante fabrili mea 1228 ; en y mettant, enfin, son portrait dans un nielle où on le voit à genoux, offrant son évangéliaire au Sauveur et à saint Nicolas, patron de son monastère. N’est-elle pas charmante, cette devise : « D’autres chantent le Christ avec la voix, moi je le chante avec mon art ? » La collection des œuvres du moine-orfèvre, si remarquable à tous égards, fait l’admiration des érudits belges et étrangers qui iitent l’Exposition rétrospective.
- On a classé dans la division de l’orfèvrerie religieuse, comme renfermant une relique, un petit monument du plus haut intérêt et qui, d’aspect, semblerait plutôt appartenir à l’orfèvrerie civile, car on y voit deux chevaliers du moyen âge (l’un d’eux canonisé, il est vrai), et l’événement auquel il se rapporte est d’un ordre purement civil. C’est un groupe en or de deux figures qui sont Charles le Téméraire et saint Georges. Le duc de Bourgogne, en armure, est agenouillé, tenant des deux mains un reliquaire qu’il porte en avant comme pour en faire offrande ; derrière lui est saint Georges revêtu d’une riche armure, posant une main sur l’épaule du duc en signe de protection et soulevant son casque de l’autre main. Sur la base est inscrite, deux fois répétée, la devise bien connue du fils de Philippe le Bon : « Je Vay em-prins ». Ce groupe est une offrande expiatoire, faite par Charles le Téméraire à l’église de Liège en réparation des maux causés à cette ville par le sac de 1468. Il eût été plus simple de ne pas mettre la cité liégeoise à feu et à sang; mais sans les excès de la soldatesque et sans le repentir du duc, nous n’aurions pas ce très curieux et très précieux monument. Malheureusement, il y a quelques années, on l’a non pas redoré, puisqu’il est en or, mais repoli, lui donnant par là l’éclat d’un objet neuf, agréable peut-être pour les yeux profanes, mais affligeant pour les connaisseurs.
- Dans la section de 1’ orfèvrerie civile on remarque des aiguières, des plateaux, des coupes, des hanaps, des pièces d’argenterie de table en grand nombre, offrant d’intéressants spécimens de l’habileté des anciens orfèvres dans le travail artistique des métaux précieux ; mais ce qui existe dans cette catégorie d’objets pâlit, s’efface devant un joyau d’un prix inestimable qui vient de faire son apparition dans les vitrines de l’Exposition et n’est pas au catalogue. C’est la reliure en or d’an volume de la dimension d’un in-32. L’intérieur du livre, on ne le voit pas sous la glace qui le protège, et l’on n’a pas besoin de le voir ; l’intérêt n’est pas dans ce qu’il renferme. On voit les plats et le dos de la reliure, ce qui suffit pour occuper les yeux et l’esprit: d’un côté la Trinité, de l’autre le Christ triomphant de la mort, et pour encadrer ces motifs admirablement traités, de ravissantes figures, en relief comme celles du centre, d’une merveilleuse finesse de dessin et de modelé, reliées par des ornements d’un goût
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- exquis, chefs-d’œuvre de ciselure, et au milieu de tout cela un semis de pierres précieuses à la valeur desquelles on ne songe pas, mais qu’on admire pour les effets qu’elles produisent comme valeurs de coloration. Cet incomparable objet a une histoire ou plutôt une traduction, et cette traduction, est double. Il serait l’œuvre de Benvenuto Cellini et aurait été envoyé au roi d’Angleterre Henri Vill par le pape Léon X.
- (A suivre.)
- LE CANAL DE PANAMA
- Conférence de MM. de Lesseps
- L’illustre M. Ferdinand de Lesseps et son fils,j M. Charles de Lesseps, directeur de la Compagnie du Canal interocéanique de Panama, font dans ce moment une série de conférences dans le midi de la France, d’abord à Périgueux, puis à Bergerac et, en dernier lieu, à Bordeaux.
- Dans la soirée du 28 septembre MM. Ferdinand et Charles de Lesseps se trouvaient à Bergerac et voici en quels termes les journaux de la région ont rendu compte de l’intéressante conférence faite par le fils en vue de défendre l’œuvre glorieuse à.laquelle son père a attaché un nom désormais impérissable :
- Hier soir, à huit heures, a eu lieu au théâtre, en présence d’une affluence énorme, la conférence de M. Charles de Lesseps. M. Ferdinand de Lesseps présidait.
- Après un petit discours du grand Français, un autre discours du président de la section de géographie commerciale et un compliment en vers fort bien tourné par un poète du cru, M. Charles de Lesseps a développé, non moins nettement que la veille à Périgueux, l’historique du travail gigantesque qui a été accompli dans l’isthme de Panama depuis le commencement de l’année 1881.
- Plusieurs points principaux ont paru frapper plus spécialement l’auditoire etproduire une excel-1 te impression.
- D’abord, la comparaison entre le travail fait pendant les sept premières années d’exécution et les quatre derniers mois; comparaison rendue plus claire et plus précise encore parla vue d’une carte représentant graphiquement les sommes de travail exécutées pendant les deux périodes, la seconde ressortant aussi dans une proportion égale à la moitié de la première et justifiant ce qui a été dit depuis le commencement de l’année relativement à l’avancement rapide du percement de l’isthme et annonçant définitivement l’achèvement des travaux pour le milieu de l’année 1890.
- Un autre partie de la conférence a porté sur la question du versement effectué engarantie deslots et de la reconstitution des capitaux. M. Charles de Lesseps, abordant très franchement ce point spécial, n’a pas voulu laisser subsister le moindre doute dans l’esprit des intéressés.
- Il a exposé ainsi qu’il eût fallu constituer un capital de garantie de 120 millions, si toutes les obligations à lots avaient été placées, mais que la somme nécessaire au complet fonctionnement de la combinaison se trouvait réduite à io3 milions, correspondant au chiffre des obligations actuellement placées sur cette somme. 83 milions, donnant un revenu de 3 milions 200,000 francs, sont versés dans la caisse de la société civile, restent par conséquent 18 milions à verser, en prélevant un sixième sur les versements successifs des obligations à lots souscrites.
- Plusieurs autres explications intéressantes ont été données, notamment celle relative à la transformation des entrepreneurs, à la suite de la décision prise de substituer le canal à écluses au canal à niveau. Cette transformation s’est opérée sans indemnité et sans difficulté d’aucune sorte.
- Enfin, faisant allusion aux attaques dont la Compagnie était l’objet, il n'a pas eu de peine à mettre à jour les procédés des spéculateurs dont il a fort spirituellement tourné l’attitude en déri-
- Dimanche 7 Octobre 1888. — 1191,
- sion, en disant qu’il se refusait à croire que des gens fussent disposés à prendre ainsi la défense des capitalistes dans un but désintéressé et jouer aussi bénévolement le rôle de saint Vincent de Paul financier. Cette boutade a soulevé l'hilarité générale, et la conférence s’est terminée par une ovation dans laquelle le public a mêlé les noms du grand Français et de son collaborateur.
- Après la conférence, le président de la Société commerciale de géographie a reçu les voyageurs à l’hôtel de la sous-préfecture, et la soire's s’est terminée ainsi, au milieu d’une fête charmante où toute la ville de Bergerac était représentée.
- La conclusion que nous tirerons de ce qu’on vient de lire, est celle-ci : Quoi qu’en ait dit et qu’en disent chaque jour les détracteurs du grand Français, pour l’honneur de la France et pour la gloire de celui qui l’a conçue, l’œuvre du Canal de Panama s’achèvera. Honte à jamais aux ennemis de la France et de Ferdinand de Lesseps qui osent encore la combattre!
- SPORT
- RÉSUMÉ DES COURSÉS PASSÉES
- COURSES AU BOIS DE BOULOGNE
- Dimanche 3o Septembre
- Prix de Marines. — 3,000 fr. pour chevaux de 3 ans et au-dessus. Distance, 2,200 (mètres.
- Vert Dragon, pn., b. 3 a., par Prologue et Verte Allure, 55 k. (égalité). M. H. Delamarre (Childs) 1.
- Dix-Huit, ex-valseur, pn b., 3 a., 55 k. (8/1) Th. Carter (Jones) 2.
- Argyr, pn b., 3 a., 55 k. (5/4). Bn de Soubeyran (Bridgeland) 3.
- Durée de la course, %' Zf.
- Pari mutuel, unité 10 fr., 24 fr.
- Pari mutuel, tribunes, unité 10 fr., 21 fr. 5o. Gagné de six longueurs; le troisième à deux longueurs du deuxième.
- Montant du prix, 3,175 fr. ; 200 fr. au deuxième. Atlantide réclamée, avant la course, par Th. Carter.
- Vert Dragon réclamé, pour 8,600 fr., par M. E. Deschamps.
- Prix de Martinvast. — 10,000 fr. pour chevaux de 3 ans et au-dessus. Distance, 3,200 mètres.
- Ary, pn b., 4 a., par Silvio et Andrella, 60 k. (5/2). Baron de Soubeyran (Bridgeland) 1.
- Sauterelle, jt al., 5 a., 5g 1/a (4/6). M. P. Aumont (T. Lane) 2.
- Coccinelle, jt b., 5 a., 5g 1/2 (5/1 ). ±M. P Aumont (Wycherley) 3.
- Durée de la course, 3/57//.
- Pari mutuel, unité 10 fr., 36 fr.
- Pari mutuel, tribunes, unité 10 fr., 5o fr. 5o. Gagné d’une encolure ; mauvais troisième. Montant du prix, 10,000 fr. ; 600 fr. au deuxième..
- Prix dZOctobre. — 20,000 fr. pour chevaux de 3 ans et au-dessus. Distance 2,5oo mètres.
- Galaor, pn bb., 3 a., par Isonomy et Fideline, 55 kd/2 (4/5). M. A. Lupin (Storr) 1.
- Sibérie, p0 al., 3 a., 5i k. (6/1). M. Aumont (Wycherley) 2.
- Catharina, pche al., 3 a., Aÿ k.4/e (14/1). M. J. Robert Hennessy (Horan) 3.
- Dauphin, pn b., 3 a., 33 k.1/2 (8/1). M. Ephrussi. (French) 4.
- Bavarde, pchebb., 4 a., 60 k. (6/1). G. Cunning-ton (Dodge) o.
- Emmre, pn b., 3 a., 5i k. (20/1). G. Cunnington (Kearney) o.
- Endymion, pn b., 3 a., 5i k. (20/1). M. A. Lupin (Bridgeland) o.
- Durée de la course, Fa/]".
- Pari mutuel, unité 10 fr., 19 fr„
- Pari mutuel, chevaux placés, unité 10 fr., Galaor, 14 fr. ; Sibérie, 23 fr.
- Pari mutuel, tribunes, unité 10 fr., i5 fr.
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- 1192. — Quatrième Année. — N° 197.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 7 Octobre 1888.
- Pari mutuel, tribunes, chevaux placés, unité 10 fr., Galaor, i3 fr. 5o ; Sibérie, 21 fr. 5o.
- Gagné d’une courte tête; le troisième à deux longueurs du deuxième; le quatrième à une tête du troisième.
- Montant du prix, 2i,5oo fr. ; 1,000 fr. au
- deuxième.
- Prix de Nexon. — 3,000 fr. pour chevaux de
- 2 ans. Poids : 54 kil. Distance, 1,600 mètres. Frédéric, pn b., par Zut et Consolation (4/1).
- M. H. Hawes (Bridgeland) 1.
- Vent en Panne, pn al. (5/i). M. Ed. Blanc (Wy-cherley) 2.
- Confiance, pche b. (5/4). G. Cunnington (Kear-ney), 3.
- Ernest, pn b. (8/1). M. L. Baresse (Storr) o. Cascade, pche al. (4/1). M. Pierre Donon (French) o.
- Durée de la course : 1' 49//.
- Pari mutuel, unité 10 fr., 60 fr.
- Pari mutuel, chevaux placés, unité iofr., Frédéric, 34 fr. 5o; Vent en Panne, 33 fr.
- Pari mutuel, tribunes, unité 10 fr., 56 fr. 5o. Pari mutuel, tribunes, chevaux placés, unité 10 fr., Frédéric, 34 fr, ; Vent en Panne, 26 fr. 5o.
- Gagné de deux longueurs ; le troisième à une longueur du deuxième.
- Montant du prix, 3,55o. fr.
- Frédéric réclamé, pour 16,000 fr.,par le duc de Feltre.
- Prix de Cheffreville. — 4,000 fr. pour chevaux de 3 ans et au-dessus. Distance, 2,400 mètres.
- Bocage, pn bb., 3 a, par Dollar et Printanière, 56 k. (1/2). M. A. Lupin (Storr) 1.
- Polyeucte, ch. n., 5 a., 56 k. (4/1). G. Cunnington (Dodge) 2.
- Chérif, pn al., 3 a., 56 k. (6/1). Baron de Soubeyran (Bridgeland) 3.
- VisièreII, pche bb., 3 a.,^41/2 (16/1). H. Jennings. (Flint) o.
- Durée delà course, 2/5 3'"/ 3/5.
- Pari mutuel, unité 10 fr., 17 fr. 5o.
- Pari mutuel, tribunes, unité 10 fr., 18 fr. 5o. Gagné d’une longueur; le troisième à six longueurs du deuxième.
- Montant du prix, 4,225 fr., 325 fr. au deuxième.
- Prix de Meautry. — 4,000 fr. pour chevaux de
- 3 ans et au-dessus. Distance, 2.200 mètres. Intervention, pche bb., 3 a.,'par Perplexefet Tyro,
- 52 k. l/2 (9/4)- Baron A. de Schickler (Hopkins) 1 Firmin, pn al., 4 a., 5g k. (1/2). M. H. Delamarre (Childsj) 2.
- Chambourcy, pn al., 3 a., 54 k. (12/j). M. F. Sieber (Kearney).
- Durée de la course : 2/38//.
- Pari mutuel, unité 10 fr., 33 fr.
- Pari mutuel,.tribunes, unité iofr., 34D.
- Gagné de quatre longueurs ; mauvais troisième. Montant du prix, 4,362 fr. 5o; 462 fr. 5o au deuxième,
- *
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- COURSES A VINCENNES Lundi leT octobre
- Prix du Viaduc. — 2,000 fr. pour chevaux de 2 et 3 ans. Distance, 800 mètres.
- Perce-Neige, pche b., 3 a., par San Stefano et Peroration II, 58 k. ij2 (8/1). Comte G. de Juigné (Hartley) 1.
- Mousse, pche bv 2 a., 5i 1/2 (12/1). Cte Le Ma-rois (French) 2.
- Frontière, pche b., 2 a., 5i1/2(4/i). M. A. Jorel. (Horan) 3.
- Ma Mis, pche bb., 2 a., 5i 1/2(4/i), M. Coleman (Bridgeland) o.
- Adisias, pche b., 2 a., 5i */2.(6/1). jM. Aumont )Wycherlev) o.
- Borée, pn al., 2 a., 53 k. (3/i). H. Gibson (F. Gooch) o.
- Fontaine, pche b., 3 a,, 58 ij2 (20/1). M. T. Dugas (W. Pettet) 0.
- Narcis II, pn b., 2 a., 53 k. (8/1). Baron Demarçay (Woodland) 0.
- Pari mutuel, unité 5 fr., oj fr.
- Pari mutuel, chevaux placés, unité 5 fr., Perce-Neige, 21 fr. ; Mousse, 46 fr.
- Pari Mutuel, tribunes, unité 5 fr., 47 fr.
- Pari mutuel,tribunes, chevaux placés, unité 5 fr., Perce-Neige, 19 fr. ; Mousse, 33 fr.
- Gagné d'une tête ; le troisième à une encolure du deuxième ; le quatrième à une tête du troisième.
- Montant du prix, 2,800 fr.
- Perce-Neige réclamée, pour 6,707 fr., par M. Bauchau.
- Mousse réclamée, pour 2,010 fr., plus le montant du prix, par Summers.
- Prix de la Varenne. — 2,5oo fr. pour chevaux de 2 ans et au-dessus. Distance, 900 mètres.
- Master Albert, ch. b., 7 a., par Plutus et Apol-lonia, 64 k. (égalité). M. Robert Astier (G. Bar-thelomew) 1.
- Kiel (5,000), pche b., 4 a., 58 lj2 (4/5). M. F. Robinson (Storr) 2.
- Pari mutuel, unité 5 fr., 9 fr. 5o.
- Pari mutuel, tribunes, unité 5 fr., 16 fr.
- Gagné facilement de deux longueurs.
- Montant du prix, 2,85o fr.
- Master Albert réclamé, pour 7,544 fr. 44, par &on propriétaire.
- Prix de Verneuil. — 3.000 fr. pour chevaux de 2 ans et au-dessus. Distance, 2,100 mètres.
- Saint Martin, pn al., 3 a., par Montargis et Bijou, 56 k. (1/2). M. Edmond Blanc (Rolfe) 1.
- Sergent Major, pn bb., 3 a., 53 k. (2/1). M. Jorel (Horan) 2.
- Fanfaron, pn b., 4 a., 59 k. (16/1). Mq. de Mac-Mahon (Aston) 3.
- Pari mutuel, unité 5 fr., 7 fr. 5o.
- Pari mutuel, tribunes, unité 5 fr., 7 fr.
- Gagné facilement de six longueurs ; le troisième à dix longueurs du deuxième.
- Montant du prix, 3,175 fr. ; i5ofr. au deuxième.
- Frixde Ville-Evrard. — 2,500 fr. pour chevaux de deux ans. Poids: 56 kil. Distance, 1,000 mètres.
- Livie, pche b., par Silvio et Lent Lily (2/1). Baron de Soubeyran (Bridgeland) 1.
- Aglaé, pche b (6/1). Baron Roger (Rolfe) 2.
- Sympathie, pche bb. (4/1). M. E. Veil-Picard (Dodge) 3.
- Neuville, pn al, (7/1), M. P. Aumont (Wycher-lev) o.
- Vendetta II, pche al. (8/1). M. Ephrussi (Horan) o.
- Jatte, pche b. (10/1). M. L. Delâtre. (Carratt) 0.
- Casanova, pn r. (12/1). Comte Le Marois. (Madge) o.
- Mousse II, pche a;. (12/1). Cte de Juigné. (J. Bun-dy) o.
- Pari mutuel, unité 5 fr., 18 fr. 5o.
- Pari mutuel, chevaux placés, unité 5 fr., Livie, 12 fr. ; Aglaé, 1 7 fr.
- Pari mutuel, tribunes, unité 5 fr., 29 fr.
- Pari mutuel, tribunes, chevaux placés, unité 5 fr., Livie, 16 fr. ; Aglaé 22 fr.
- Gagné de deux longueurs ; le troisième à quatre longueurs du deuxième.
- Montant du prix, 3,3oo fr.
- Livie réclamé, pour 7,777 fr. 99, par M. Mitchell.
- Prix de Fontainebleau. — 4,000 fr. pour chevaux de 3 ans et au-dessus. Distance, 2,400 mètres.
- Bégonia, pn b., 3 a., par Plutus et Bélle Etoile, 54 k. (2(1). M. Ephrussi (Horan) 1.
- Achérox, pn b., 4 a., 61 k. l;2 (4/7). M. A. Lupin. (Storr) 2-
- Bandmaster, pn b., 4 a., 61 l/2 (7/1). M. E. Fould. (Grev) 3.
- Pari mutuel, unité 5 fr., 16 fr.
- Pari mutuel, tribunes, unité 5 fr., 18.
- Gagné d’une encolure ; le troisième à une longueur et demie du deuxième.
- Montant du prix. 4,o5o fr. ; 5oo fr. au deuxième.
- Handicap de consolation. — 4,000 fr. pour chevaux de 3 ans et au-dessus. Distance, 1.600 mètres.
- Boucanier, pn al., 3 a., par Montargis et Bouvines, 58 k. (5/i). Comte G. de Guigné. (French) 1.
- La Jarretière, pche b., 4 a., 62 k. (3/1 ). Baron A. de Schickler. (Hopkins) 2.
- Firmin, pn al., 4 a., 60 k. (7/2). M. Delamarre. (Rolfe) 3.
- Clarinette II, pe b., 4 a., 52 k. (6/1). J. Mitchell (Kearney) o.
- Modena, pche b., 3 a.- 5o k. (7/2). M. Lupin. (Bridgeland) 0.
- Pari mutuel, unité 5 fr., 29 fr. 5o.
- Pari mutuel, chevaux placés, unité 5 fr., Boucanier, 18 tr.; La Jarretière, 12 fr. 5o.
- Pari mutuel, tribunes, chevaux placés, unité 5 fr., Boucaniet, 12 fr. 5o.
- La Jarretière, 11 fr.
- Gagné d’un tête; le troisième à deux longueurs du deuxième.
- Montant du prix, 4.000 fr. 700 fr. au deuxième. *
- * *
- COURSES A VENIR
- Dimanche 7 octobre : Lundi 8 octobre Mardi 9 —
- Mercredi 10 —
- Jeudi 11 —
- Vendredi 12 —
- Samedi i3 —
- Paris.
- Vincennes.
- Sa int-Germain. Saint-Ouen.
- Le Vésinet. Saint-Ouen. Enghien.
- PRONOSTICS
- COURSES AU BOIS DE BOULOGNE Dimanche 7 octobre \ 1888
- Prix de la Cascade : Electrisante.
- Prix de Villeron : Le Cordouan.
- Prix des Chênes : Hélyette.
- Prix du Prince d’G: ange : Galaor.
- Prix du Rond-Point : Halbran.
- Prix des Fortifications : Palatine.
- *
- * *
- COURSES A NEWMARKE1 Cesarewitch Mardi g octobre 1888.
- î2,5oo fr. pour chevaux de 3 ans et au-dessus. Entrée: 625 fr. Forfait, 25o fr. et 125 fr. seulemen s’il a été déclaré. Le gagnant d’un handicap de, 7,5oo fr., après la publication des poids, portera 10 livres de surcharge ; d’un handicap d’une somme moindre, 5 livres. Le second recevra 5,000 fr. et le troisième 2,5oo fr. sur les entrées. Distance: 3,600 mètres environ.
- PARTANTS PROBABLES ET .LEURS JOCKEYS
- 4. Ténébreuse, 56 kil., T. Cannon. —4. Phil, 56 kil., Rickaby. — 3. Acme, 56 kil., F. Webb. — 4. Rêve d’Or, 55 kil., X. — 4. Tissophernes, 55 kil., Liddiard. — 5. The Cob, 54 kil. l]2, X. — 5. Oliver Twist, 54 kil. ij2, J. Watts. — 5. Button Park, 24 kil. l/2, X. —4. Savile, 52 kil., T. Cannon Junior.
- — 3. Cotillon, 5i kil., F. Barrett. — 3. Trayles, 5o kil., Robinson. —4. Ruddigore, 49 kil., S. Loates. — 4. Tonans, 48 kil. ij2, X. — 4. Matin Bell, 47 kil., Chandley. — 4. Benburb, 47 kil., X.
- — 3. Clan Chattan, 46 kil. l/2, X. — 3. Admirai Benbow, 46 kil. i/2, T. Loates. — 4. Governor Waller, 46 kil., X. —• S.White Flag, 45 kil. V2> J. Woodburn. — 3. Mosspaul, 45 kil., X. — 3. Polydor, 45 kil., Wall.— 3. Kenilworth 45 kil, Luke.— 3. Astrologer, 44kl!. V^X.—4. Rhythm, 44 kil. ij2, X. — 5. Mill Stream, 43 kil. i/2, X.
- — 3. Frank, 43 kil. i[2, X. — 6. Bellona, 43kil., X. — 3. Queen’s Counsel, 42 kil., X. — 3. East Indian, 42 kil., G. Chaloner.
- Mes favoris : Ténébreuse. East Indian.
- Robinson.
- Le Propriétaire-Gérant : H. Pendrié.
- Tours. — lmp. E. ARRAULT et Cie, rue de la Préfecture,0
- p.1192 - vue 326/471
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- Quatrième Année. — N° 197.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- Dimanche 7 Octobre 1888.
- ANNONCES
- Le Recueil-Ghaix, ou Recueil général des Tarifs des cliemins de fer pour les transports à grande et à petite vitesse sur tous les réseaux, paraît tous les trois mois. Le dernier numéro contient les tarifs applicables sur les lignes récemment ouvertes à l’exploitation et les modifications et additions survenues pendant le trimestre.
- Abonnement : Paris, 62 fr. ; départements, 74fr.
- Un numéro séparé : Paris, 18 fr.; départ., 21 fr.
- Adresser les demandes à la Librairie Ghaix, rue Bergère, 20, Paris.
- RÉPUBLIQUE ARGENTINE
- GOUVERNE MENT DE CAMARCA
- EMPRUNT DE 6 0/0 DE 15.000.000 DE FRANCS
- (Loi du 20 Août 1888)
- 30.000 Obligations de fr. 500 ou 120
- Rapportant 30 fr. par an ou 1 L 4 s. st.
- Payables semestriellement à Paris, Bruxelles et Londres (Avril et Octobre)
- Le Gouvernement de la Province prend à sa charge tous les impôts Argentins créés ou à créer. GARANTIES
- Le service des intérêts et de l’amortissement et du présent Emprunt est garanti par tous les revenus de la Province, et spécialement et par privilège.
- 1° Par la totalité des Actions de la Banque de la Province de Catamarca, à souscrire par le Gouvernement avec l’entier produit du présent emprunt ; .
- 2° Par les coupons de la Rente nationale 4 1/2 0/0 or de la République argentine qui sera achetée par la Banque provinciale par emploi de tout son capital social ;
- 3° Par les- bénéfices de ladite Banque provinciale;
- 4° Par le produit des patentes et contributions directes,-5° Par une première hypothèque sur environ 3.210.000 hectares de terres Domaniales de la Province.
- Prix d’émission: 473 fr. 75 (jouissance Ier octobre 1888), ramené, si on se libère à la répartition, à 472 fr. 50.
- IEn souscrivant................. 50 »»
- A la répartition du 15 au 20 O et. . 100 »»
- Du 5 au 10 Novembre 1888....... 150 «»
- Du 1er au 5 Décembre 1888...... P73 75
- Total.....fr. 473 75
- Le placement ressort ainsi à 6. 53 0/0 avec la prime de remboursement.
- On souscrit-. Samedi 6 Octobre 1888.
- A PARIS, à la Banque Parisienne, 7, rue Chauchat et 12, rue Le Peletier ;
- A BORDEAUX, à la Société Bordelaise de Crédit Industriel et Commercial de Dépôts;
- A LILLE, au Crédit du Nord ;
- A MARSEILLE, à la Société Marseillaise de Crédit Industriel et Commercial et de Dépôts ;
- ------------------.inj —-------------.
- A NANCY, à la Société Nancéienne de Crédit Industriel et commercial de Dépôts.
- A BRUXELLES, chez MM. Franc-Model et Cie ;
- A ANVERS, à la Banque Centrale Anversoise ;
- A BERNE, ZURICH, BALE, GENÈVE, à la Banque Fédérale ;
- A METZ, à la Banque de Metz.
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- A l’occasion de l’Exposition universelle de Barcelone, la Compagnie d’Orléans, d’accord avec les Compagnies de Lyon, du Midi et l'Administration des Chemins de fer de l’Etat, fait délivrer, à toutes les gares de son réseau, depuis le 15 avril 1888, et délivrera pendant toute la durée de ladite Exposition des billets dé aller et retour de toutes classes pour Barcelone, ayant une durée de validité de 30 jours.
- . Les prix de ces billets comporteront les réductions suivantes sur les prix des tarifs généraux, savoir :
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- Ces billets doivent être demandés à la gare de départ quatre jours au moins à l’avance.
- Les billets d’aller et retour sont délivrés par l’itinéraire le plus court. Toutefois, les voyageurs peuvent, à leur gré, choisir soit pour l’aller, soit pour le retour, un autre itinéraire abrégeant la durée du voyage. Dans ce cas, les prix des billets sont établis d’après les parcours choisis, et le voyageur est tenu de suivre cet itinéraire.
- Au départ de Paris, les prix de ces billets sont par Limoges, Toulouse et Narbonne de :
- lre classe, 169 fr. 30 ; 2e classe, 127 fr. 45; 3e classe, 90 fr. 75.
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- QUATRIEME ANNÉE.
- Dimanche 14 Octobre 1888.
- NUMERO i<
- SOMMAIRE :
- Le Canal de Panama à l'Exposition de sauvetage et d'hygiène.'— Installations diverses. — L’Exposition de Barcelone. — Les Colonies à l’Exposition de 1889. — LesEtrangers à l’Exposition de 1889. — Le Congrès de sauvetage.— Demande du rabais sur les voies ferrées'pour les exposants. — Les transports à Paris pendant l’Exposition. — Echos. — Les Concours horticoles au Palais de l’industrie. — Expositions diverses. — Le Congrès international de géologie à Londres. — Avis commerciaux. — Sport. — Le Bon Marché. — Gravure : La façade principale du Champ-de-Mars en 1878.
- La nouvelle Administration du MONITEUR DE L’EXPOSITION a l’honneur d’informer ses abonnés que ses bureaux situés, Cité de VAlman011, sont à proximité du Ghamp-de-Mars, du quai d’Orsay et de l’Esplanade des Invalides, c’est-à-dire au centre même de l’Exposition.
- Elle se met à leur disposition pour tous les renseignements dont ils pourraient avoir besoin concernant l’Exposition de 1889 : demandes d’emplacements, installations de vitrines, etc., etc.
- Pour ces renseignements et pour tout ce qui concerne la rédaction ou l’administration, s’adresser à M. H. PENDRIÉ, directeur et propriétaire-gérant du MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- LE CANAL DE PANAMA
- A; L’EXPOSITION DE SAUVETAGE ET D’HYGIÈNE
- C’est une œuvre démesurément grande que celle du canal interocéanique de Panama. Son universelle utilité, demandait, en raison du travail véritablement colossal, qu’elle comporte, le concours de toutes les grandes nations.
- La France, cependant, par l’élan de son initiative et par l’abandon d’une portion énorme de son épargne, a montré qu’elle pouvait seule supporter le fardeau de cette lourde tâche.
- L’heure de l’accomplissement avait sonné, et, particularité marquant bien l’essence généreuse et nous dirons même chevaleresque qui caractérise la famille gauloise, aucun membre de cette famille n’eût même l’idée que ce glorieux travail dût etre confié à l’étranger, ni même partage avec lui ! Et la question en étant arrivée à son point de maturité, chaque Français pensa qu’un don aussi superbe ne pouvait être offert au genre humain, que par la France.
- Le noble cri: « Fais ce que dois, advienne que pourra, » fut lancé vers le nouveau-monde et le difficile et dur labeur commença.
- Il fut, en effet, bien difficile et bien dur, ce labeur. Il fut cruellement ingrat!
- Au nombre des vies humaines sacrifiées, au nombre d'appréhensions, de soucis, de douleurs morales, de continuels tourments, nés de 1 apparition d’obstacles presque insurmontables et de difficultés surhumaines, les promoteurs de cette grande création n’ont-ils pas vu s’ajouter d’autres tortures? N’ont-ils pas vu se déchaîner contre eux la critique acerbe, le dénigrement obstiné, la
- violente haine, la haine impitoyable, ne cachant même pas son désir d’assister à l’effondrement et à la ruine d’une œuvre cimentée par le sang et par l’or de notre patrie?
- Ce qui, surtout, a contribué à diminuer l’intensité de la foi chez les coopérateurs de la grandiose entreprise, ce qui a amoindri leur confiance, auparavant inébranlable, c’est, lancée parles adversaires fougueux, l’affirmation de la complète impossibilité d’atteindre le but projeté.
- Oui, ces opposants, ces irréconciliables, ces intransigeants ont conclu à l’impossibilité du canal interocéanique, à l’impossibilité même de ce canal exécuté suivant les modifications que comporte le dernier projet.
- Quoi de plus navrant et de plus douloureux à entendre que cette affirmation, pour des cœurs où le désintéressement et le patriotisme dominent !
- Qui n’a pas frissonné à l’idée du désastre audacieusement prédit et ardemment souhaité.
- Les coups portés ont été rudes et l’ébranlement considérable, mais on peut constater actuellement que la sérénité reparaît, que la raison, la saine raison, reprend possession de toutes les intelligences, que la foi rentre dans les cœurs.
- Nous croyous que l’heureuse idée que la Compagnie de Panama a eue, • d’organiser, dans une salle spéciale, au Palais de l’Industrie, l’exposition des tracés de son outillage mécanique, des photographies nombreuses prises sur tous les points du champ de travail, etsurtout du spécimen d’écluses, système Eiffel, ne contribuera pas peu à ranimer, dans l’âme de nos concitoyens, le feu sacré qui donne le triomphe.
- Il est à noire avis une particularité qui, après tant d’autres, n’est pas celle qui fait le moins d’honneur à la perspicacité et au discernement de M. de Lesseps.
- Avoir jeté les yeux sur M. Eiffel, et l’avoir décidé à se charger de la totalité du travail, terrassements, ouvrages d’art, constructions métalliques, constitue à nos yeux un acte de haute politique, une mesure éminemment propice aux grands intérêts de l’entreprise.
- Cette remarquable sûreté de vue mérite d’être caractérisée, car M. Eiffel, c’est la science, c’est le savoir, c’est la compétence innée consacrée par les plus admirables installations.
- M. Eiffel c’est le salut ! Et le public sensé acclame un tel choix, car il se dit que là où échouera ce champion intrépide, nul ne peut espérer réussir ; et ce même public se dit en outre : Si l’auteur de tant d’œuvres prodigieuses a accepté de résoudre ce nouveau problème, si ardu et si complexe, c'est qu’il a l’intime conviction de s’en tirer avec honneur.
- N'est-ce pas là le raisonnement correct, inspiré par le bon sens général ?
- La confiance s’impose donc à l’heure actuelle et ne peut que grandir et se fortifier. Que nos concitoyens, jaloux de la vraie gloire qui s'attache aux conquêtes pacifiques, jaloux de voir s’accroître encore l’influence morale, émanant .de l’âme de notre grande patrie, que nos concitoyens, ardemment désireux d’apprécier toutes les phases de la gigantesque opération se rendent au Palais de l’Industri Us en sortiront rassérénés,
- pleins d’espoir et surtout fiers de penser que, quoi qu’il arrive, il est maintenant impossible d’admettre que par un revers de l’infidèle fortune, ce grand labeur puisse être abandonné à une autre direction et à d’autres mains que les nôtres.
- L’examen attentif des dessins et des modèles exposés parla Compagnie de Panama, nous a personnellement intéressé au plus haut point. Successivement, nous nous sommes rendu compte de la valeur de ces engins puissants, à l’aide desquels le sol est fouillé, et les éléments désagrégés transportés mécaniquement loin du lieu de leur extraction. On peut dire que c’est d’hier qu’ils sont nés? ces terrassiers à vapeur, ces excavateurs, ces transporteurs, etc. Ils sont les enfants de la Minerve industrielle moderne, des flancs de laquelle ils sont sortis, puissamment armes pour le grand combat.
- Toutes les notabilités de la construction française, dans ce genre d’appareils, ont fourni un type spécial de ces remueurs de terre. En les contemplant, on peut se rendre compte de ce qu’une conception comme celle du canal interocéanique peut exiger et obtenir de la hardiesse des constructeurs et du génie des mécaniciens.
- Les nombreuses photographies où sont représentés, à l’état de fonctionnement, ces engins de toutes sortes, offrent aux yeux le spectacle le plus intéressant et le plus varié. Excavateurs, perforatrices, grues, dragues, locomotives et wagons semblent se mouvoir, à l’envi, dans cette fourmilière. Les hommes de l’ancien et du nouveau monde, président à leurs opérations et dirigent leurs forces. Le sol offre en ce moment, ici, l’aspect d’un champ bouleversé, là, d’une carrière où la dynamite a produit ses terribles effets, et plus loin, celui d’un amoncellement de terres déplacées. C’est le chaos avant l'ordre.
- Toutes ces vues photographiques sont, en tous points, réellement curieuses à examiner, mais ce qui a le plus fixé notre admiration, c’est le spécimen représentant le type nouveau d’écluse dû à l’imagination de M. Eiffel. Tout ce que la science pouvait fournir de rationnel, de correct, de simplement ingénieux a été apporté à la confection de cette remarquable nouveauté. On peut dire qu’en ce genre c’est le dernier mot de la perfection.
- Nous ne croyons pas inutile de reproduire ici la légende sommaire indiquant les dimensions principales de cette superbe installation, ainsique l’aperçu des forces mises en mouvement par suite du déplacement des masses :
- Ecluse à vantail roulant àvec suspension supérieure et déplacement transversal. (Svtème
- Eiffel.)
- Longueur totale de l’ouvrage : 240 mètres.
- Longueur utile du sas : 197 mètres.
- Largeur de l’écluse: 18 mètres.
- Hauteur de la porte d’aval : 21 mètres.
- Hauteur de la porte d’amont: 11 mètres.
- Volume d’une éclusée: 48.000 mètres cubes.
- Diamètre des deux acqueducs : 2m8o.
- Durée du remplissage de la vidange. i5 minutes
- Durée totale d’un éclusage: 1 heure.
- Le vantail, ou porte d’écluse, est suspendu à sa partie supérieure et porté par une série de galets
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- ii94- — Quatrième Année. — N° 198.
- LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE 1889
- Dimanche 14 Octobre 1888.
- appelés à évoluer sur les rails d'un pont tournant Quand le vantail doit fonctionner, le pont vient se placer dans l’axe de celui-ci et offrir sa voie de fer aux galets ou roues.
- C’est dans le bajoyer de droite, transversalement prolongé à la longueur nécessaire, que le vantail vient se loger, lorsqu’il ouvre la communication. Qu’on se figure, en un mot, une énorme porte roulante, pouvant rentrer complètement dans le flanc du sas, et l’on aura une idée de la manœuvre d’ouverture et de fermeture de l’écluse. Une disposition spéciale permet,en outre, quand le vantail est dans sa position de fermeture, de le rapprocher le lorg des faces des bajoyers, afin d’assurer l’étanchéité.
- L'eau arrive dans les sas par des orifices correspondant à deux aqueducs établis dans sa partie inférieure. Les navires, en raison de cette agencement, ont l’avantage de n’etre soumis à aucun déplacement latéral ni longitudinal pendant la période d’abaissement de l’eau ou celle de son élévation.
- Toutes les manœuvres activées par une force hydraulique tirée de la puissance même de la chute d'eau de 1 im, se font à la partie supérieure de l’écluse. Elles nécessitent un nombre d’agents relativement restreint. Qu’on en juge ? Le grand vantail d'aval dont le poids est de 800.000 kilog., peut-être manœuvré par un seul homme.
- Quelque sommaires que soient les renseignements qui précèdent, ils donnent néanmoins une idée de la prodigieuse importance de ces constructions.
- Quant à nous, quoique étant d’une manière générale initié à l’ensemble des travaux de Panama, nous n’en avons pas moins été émerveillé par cette exhibition de documents complets.
- Et c’est en présence d’un travail représentant une agglomération presqueinimaginable des forces vives de l’homme, de son intelligence et de son génie, c’est quand celui qui a mérité à juste titre d’être appelé le grand Français a su, par un trait de son rare esprit de conception, s’adjoindre la haute personnalité industrielle qui seule peut-être, pouvait lui venir en aide d’une manière efficace, c’est quand M. Eiffel, enfin, après avoir étudié la question posée, s’est jugé assez compétent pour la résoudre, assez fort pour accepter qu’un tel fardeau lui soit mis sur les épaules, c’est quand cet homme a dit « je ferai » que nous nous laisserions envahir par l’hésitation ou la crainte ? Ah! jamais! Notre amour-propre, notre orgueil même autant que notre ardent patriotisme, se révoltent à l’idée d’une telle faiblesse.
- La France achèvera le canal de Panama.
- Harty.
- N
- INSTALLATIONS DIVERSES
- La tour Eiffel
- M. Contamin, ingénieur en chef des travaux métalliques de l’Exposition, vient de publier un . rapport sur la tour Eiffel.
- En voici les extraits principaux :
- Les essais faits sur les fers ont démontré que la qualité des matières continuait à être satisfaisante et en rapport avec les efforts moléculaires qui se développent dans les différentes parties de la construction.
- La surveillance exercée sur le travail n’a fait que confirmer la bonne impression que nous avons été heureux de transmettre à la commission dans notre dernier rapport.
- Les assemblages sont parfaits, la rivure est excellente, le travail, en un mot, est conduit dans des conditions qui font le plus grand honneur à M. Eiffel et nous inspirent la plus grande confiance dans le succès final de l'œuvre.
- Exposition vinicole
- La chambre de commerce de Bordeaux a voté un crédit de 8,000 francs pour sa participation à l’exposition collective des vins de la Gironde à l’Exposition universelle de 1889.
- Cafés et restaurants
- La concession d’un pavillon, où seront installés des cafés, brasseries, bars et autres établissements de consommation, sur l’Esplanade des Invalides, vient d’être adjugée à M. L. Sainte-Colombe. La construction de ce pavillon est confiée à M. Edmond Baume, architecte. Il s’élèvera de deux étages au-devant du ministère de la guerre, entre les Palais de l’Algérie et de la Tunisie, à l’entrée des Galeries de l’Agriculture et en façade sur le quai d’Orsay. Ce pavillon portera le nom de « Pavillon Gastronomique ».
- Le Pavillon de la Presse
- Le pavillon de la presse est terminé.
- C’est la première construction achevée au Champ-de-Mars.
- Son architecte estM. Vaudoyer. La décoration céramique est due à la collaboration de M. Léo-nel Royer et de M. Martreux. Les deux panneaux du porche n’ont pas moins de 2 mètres 40 sur 1 mètre 40. L’un représente la Critique, l’autre la pensée.
- Ces panneaux sont traités en émaux transparents grand feu, ainsi que la bordure qui a été conçue en tons sobres, afin de laisser toute sa valeur au personnage qui se détache sur un fond en or mat.
- Au bas des panneaux, deux immenses jardinières, rappelant le motif de la bordure, complètent avec leurs plantes vertes la décoration du porche.
- Les foyers de cheminées sont traités en émaux opaques. La gigantesque cheminée de la salle de correspondance est exécutée en émaux reliefs cloisonnés.
- Celle de la salle du comité est tout à fait originale. Les ornements et bouquets en camaïeu ont été peints à l’aide d’oxvdes puissants sur un fond émail stannifère teinté bleuâtre ; l’ensemble est d’un aspect harmonieux, jetant une note douce au milieu des splendides peintures au coloris éclatant qui décorent les murailles.
- Les faïences des autres cheminées sont traitées en ors fondus sur émaux bruns et bleus intenses. C’est un genre qui, jusqu’ici, n’avait jamais été employé pour le revêtement 5 il est d’un très bel effet décoratif.
- Deux des cheminées placées dans la salle des réceptions et celle des téléphones sont conçues en style Renaissance. Au milieu de chacune d’elles se détache un écusson aux initiales de la presse.
- Deux autres, représentant des groupes de fleurs et de fruits, sont placées dans la salle du premier étage. Elles sont traitées supérieurement en divers tons d’or.
- Citons parmi les peintres collaborateurs de M. Martreux : MM. Lang, Palin, Zilinski, Cauvrès et Ch. Royer.
- ------------ -> ------
- L’EXPOSITION DE BARCELONE
- L’adresse des membres des jurys étrangers au maire et aux conseillers municipaux de Barcelone que nous avons publiée dans notre dernier numéro était signée par 190 jurés de France, Belgique, Paraguay, Etats-Unis, Uruguay, Russie, Allemagne, Angleterre, Suède et Norvège, Autriche-Hongrie, Japon, Chili, etc. Ainsi que nous l’avons dit, la cérémonie de la remise de cette adresse, le 2 5 septembre, a été imposante et laissera] incontestablement le meilleur souvenir^ dans l’esprit de toutes les personnes qui y ont assisté.
- C’est par des fêtes de ce genre, souvent répétées, que les peuples se tendront un jour la main, rapprochés qu’ils seront de plus en plus par ces cordiales relations et, en même temps, par des liens d’intérêts chaque jour plus étroits.
- Pour donner une idée de l’importance de l’Exposition de Barcelone, il suffit de citer le nombre des participants de chaque nation. En voici l’énumération :
- Allemagne, 242; Angleterre, 148; Autriche,. 252 ; Belgique, 242; Bolivie, 2; République Argentine, 5 ; Colombie, 1 ; Colonie Hollandaise de Curaçao, 3o ; Colonies américaines du Nord, 2 ; Chili, 8 ; Chine, 17; Danemark, 6;. Equateur, 3i ; Etats-Unis, 89: France, i.iii; Hongrie, 56; Hollande, 14; Honduras, 1; Italie, 148; Jamaïque, 1; Japon, 160; Mexique, 1; Norvège, 32; Paraguay, 35; Portugal, 18; Russie, 66; Suède, 32; Suisse, 32 ; Turquie, 65 : Uruguay, 227; Espagne, 2,704.
- Total, 10.478. — Ce chiffre en dit plus que; tous les commentaires ; car ce nombre d’exposants est un véritable succès pour une première exposition.
- Nous avons ditdans unarticle antérieur qu’un certain nombre de Congrès avaient été tenus, déjà en août et septembre, à Barcelone, à l’occasion de son exposition. Dans ce moment a lieu un Congrès économique dont la séance d’ouverture avait été fixée au Ier de ce mois. Par ce que nous en rapportent les journaux de Barcelone, le Diario mercantil entre autres, ce Congrès paraît avoir une réelle importance. Ce fait, d’ailleurs, n’a rien que de naturel. La Catalogne dans son ensemble et Barcelone en particulier sont le centre principal de l’activité industrielle de l’Espagne; rien donc d’étonnant à ce qu’un Congrès économique attire dans, cette capitale un nombre relativement considérable de participants actifs et d’auditeurs. Aussi, les discussions y sont-elles vives et passionnées.
- Nous ne manquerons pas de publier les résolutions qui seront votées par ce Congrès, car elles intéressent la France presqu’autant que l’Espagne, en raison des liens commerciaux de tous ordres qui unissent les deux pays.
- C’est le 8 de ce mois qu’a eu lieu la cavalcade annoncée en l’honneur de Christophe Colomb. Elle se composait, comme nous l’avons dit, de chars allégoriques représentant les cinq parties, du monde, tous d’un aspect aussi flatteur, aussi historique que possible ; malheureusement, nous dit le Diario mercantil, quelque désordre s’est produit dans le défilé qui a duré de neuf heures à minuit et demi. Malgré cela, la fête s’est brillamment terminée par le salut à Christophe Colomb, dont la statue a été récemment inaugurée sur la magnifique promenade qui s’étend tout au long du port.
- Tout est bien qui finit bien. Les fêtes scolaires dont nous avons parlé dans un précédent numéro, sont fixées définitivément aux 25, 26, 27 et 28 novembre. Elles seront des plus brillantes, car des élèves et des étudiants de toutes les provinces de l’Espagne y prendront part, et ce ne sera pas un spectacle ordinaire que ce défilé de délégations dont la plupart porteront l’antique costume national, si élégant, si cabal-lero.
- La presse, de son côté, ne veut pas rester en arrière de ces brillantes manifestations occasionnées par cette première Exposition universelle de l’Espagne.
- A cet effet, les représentants de la presse de Barcelone ont pris l’initiative d’organiser la composition d’une œuvre monumentale dans laquelle seront consignés les observations et les faits relevés par [tous les délégués de la presse espagnole ou étrangère venus à Barcelone pendant l’Exposition. Cette œuvre, cette publLaç tion Originale sera comme le vade mecum de l’Exposition et, en même temps, le témoin éminent de l’activité et du travail dont les commerçants et industriels de la province de Catalogne ont fait preuve en cette occasion.
- Heureuse idée est celle de nos sympathiques confrères d’au delà les Pyrénées et, pour ce qui
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- Quatrième Année. — N° 198.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889. Dimanche 14 Octobre 1888. — 1195.
- nous concerne, nous y applaudissons de tout cœur.
- En terminant, mentionnons un fait qui a passé inaperçu pour la presse française et qui, -cependant, a bien son importance. Dans sa séance du 27 septembre dernier le Conseil municipal de Barcelone a décidé d’envoyer au Président de la République française, le télégramme suivant qui a été expédié le lendemain 28 :
- « L’alcade constitutionnel à l’ambassadeur d’Espagne à Paris.
- « La ville de Barcelone remercie profondément le Président de République française du haut honneur qu’il lui a fait en lui offrant un magnifique vase de Sèvres. La ville de Barcelone l’accepte comme une preuve de la sympathie que veut bien lui témoigner l’illustre représentant d’une nation sœur, sympathie à laquelle correspond cette cité du plus profond du cœur de ses enfants.
- « En décidant ce que dessus, le Conseil que je préside m’a également chargé de prier Votre Excellence de bien vouloir être son interprète auprès du Président de la République française pour lui exprimer ses sentiments de profond respect et de sincère reconnaissance. »
- Encore une marque de sympathie de nos chers voisins d’Espagne dont nous conserverons le meilleur souvenir et que nous espérons bien, 'd’ailleurs, avoir l’occasion de leur rendre au courant de 1889.
- H. Pendrié.
- ........-----»-# »t rîgi—m.----
- LES COLONIES A L’EXPOSITION
- DE i88q
- In do-Chine
- On nous annonce la prochaine arrivée de M. Foulhoux, architecte, nommé Commissaire spécial de l’Indo-Chine à l’exposition.
- M. Foulhoux remplace M. Moquin-Tandon qui avait précédemment été désigné au même titre.
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- Tunisie
- INSTALLATIONS
- MM. les exposants, commerçants ou industriels tunisiens qui désirent obtenir une ou plusieurs boutiques au Palais de l’Exposition tunisienne à Paris, et quelle que soit leur nationalité, doivent en faire la demande avant le premier janvier 1889.
- Les demandes doivent être adressées à M. le président du Comité de l’Exposition tunisienne.
- ADJUDICATIONS
- L’adjudication aux enchères publiques pour la location d’un café concert et restaurant Tunisiens à l’Exposition de Paris, en 1889, aura lieu à Dar-el-Bey de Tunis, le mardi 6 novembre 1888, à 10 heures du matin.
- L’adjudication aux enchères publiques pour la location d’un emplacement pour un atelier de photographie au Palais de l’Exposition Tunisienne à Paris aura lieu à Dar-el-Bey de Tunis, le mardi 6 novembre 1888 à 10 heures 1/2 du matin.
- Pour tous renseignements s’adresser au secrétariat du Comité de l’Exposition Tunisienne, rue de Portugal, à Tunis, où les cahiers des charges sont déposés.
- -------- -Il e-fr-^i—n» —
- LES ÉTRANGERS A L’EXPOSITION
- DE 1889
- Belgique
- On nous annonce qu’il va se constituer à Bruxelles une société belge du centenaire de 1789, qui comprendra les principaux membres du parti radical et des libéraux. Cette société se donnera pour tâche d’organiser la représentation de la nation belge à Paris l’an prochain et de propager, en attendant, les idées de la Révolution.
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- Espagne
- La presse de Barcelone se plaint grandement depuis quelque jours de la lenteur déployée pour l’obtention, en faveur des exposants espagnols, d’une étendue suffisante pour satisfaire à toutes les demandes. L’un des journaux les plus acrédités de cette ville va même jusqu’à dire qu’il est scandaleux que le comité de Paris n’ait pu obtenir que 300 mètres de superficie pour l’ensemble de l’exposition espagnole. C’est une erreur.
- Nous pouvons rassurer notre confrère et lui dire, de source autorisée, que les commissaires espagnols ont fait le possible pour que leurs nationaux soient des mieux partagés. C’est ainsi qu’ils ont obtenu, pour les groupes III, IV et V seulement, 1.041™,66 dans les galeries des expositions diverses et que, dans ces galeries, une des meilleures places est réservée à l’Espagne. D’autre part, pour la classe des produits alimentaires, si importante pour l’Espagne, il lui sera attribué 3oo mètres au moins, c’est-à-dire plus]qu’elle n’avait en 1878.
- Ajoutons que les commissaires espagnols ont rencontré auprès de la direction de l’Exposition de 1889, le meilleur. accueil et le plus grand désir de leur être agréable.
- Voici encore un dernier renseignement, d’après *une dépêche récente de Madrid :
- La chambre de commerce de Madrid a décidé aujourd’hui de charger la chambre de commerce de Paris de tout ce qui est relatif à l’installation de l’Espagne à l’Exposition de 1889 et de demander aux compagnies des chemins de fer espagnols une réduction de tarifs pour les produits envoyés à l’Exposition.
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- Danemark
- Le Dagblad de Copenhague annonce qu’une réunion des industriels danois qui désirent prendre part à l’Exposition universelle de 1889 a eu lieu vendredi dernier.
- M. Jacobsen, qui a rendu compte des travaux du comité d’organisation, a exposé que le Danemark devait s’efforcer d’être bien] représenté à l’Exposition de 1889, vu surtout que la France avait montré cette année le plus grand empressement à prendre part à l’Exposition Scandinave organisée à Copenhague.
- L’orateur a ajouté qu’il fallait conserver les sympathies de la France et qu’il s’agissait, par conséquent, d’une œuvre patriotique.
- M. Jacobsen a ensuite constaté que les exposants pouvaient compter sur une subvention du gouvernement danois, bien que ce dernier eût résolu de ne pas se faire représenter officiellement à l’Exposition universelle.
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- Italie
- A la suite de la demande de l’association des sociétés coopératives de production, réunies en congrès à Bologne, ainsi que sur le désir expri-
- mé par quelques chambres de commerce, le comité national pour la participation des Italiens à l’Exposition de 1889 a décidé de proroger jusqu’au 15 novembre le'délai pour l’acceptation des demandes d’admission.
- D’autre part, on lit dans 1 eSecolo du 6-7 courant, sous le titre: Milan à l’Exposition de Paris.
- Milan y sera représenté d’une façon remarquable.
- MM. Miani et Silvestri exposeront un magnifique train de chemin de fer qui déjà est acheté par la Société de la Méditerranée avec l’approbation du ministre des Travaux publics.
- Ceci est un fait qui démontre la fausseté desallégations de ceux qui ont prétendu que le gouvernement manquerait à sa parole de venir en aide à l’initiative privée pour sa participation à l’Exposition de Paris. Le ministère n’inter-tervient pas d’une façon officielle, mais il a promis de venir en aide aux industriels qui prendraient part à ce concours universel, et il tient ses engagements.
- Le Comité a obtenu que les substances alimentaires qui devaient primitivement être placées dans un palais spécial payant une taxe extraordinaire de 275 fr. le mètre carré, fussent admises dans la section agricole, sans autre dépense à faire que celle inhérente à l’installation des produits eux-mêmes.
- Il reste admis que les produits alimentaires ainsi que les vins pourront être dégustés dans des bars spéciaux aux compte et bénéfice des exposants.
- Le jnombre des industries qui seront représentées à l’Exposition de Paris est d’environ 700.
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- N ou velle-Zélande
- Le gouvernement colonial de la Nouvelle-Zélande, qui avait d’abord hésité à prendre part à l’Exposition universelle de Paris, vient de décider qu’il y participera.
- Il a désigné, pour le représenter officiellement trois commissaires : sir Francis Dillon Bell, agent général de la colonie à Londres ; M. Morgan Stanislas Grâce, docteur en médecine, membre [du. conseil législatif; M. William Montgomery, ancien membre de la Chambre des représentants.
- L’initiative privée se montre disposée à se joindre au gouvernement et déjà la chambre de commerce de Wellington s’est prononcée favorablement.
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- Perse
- M. le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition de 1889, vient d’être informé par le ministre de la République française à Téhéran qu’un de nos compatriotes, M. Doisy, vient d’être chargé d’organiser la section persane à l’Exposition de 1889, sous la direction de M. le général Nagare-Aga, ministre de Perse à Paris.
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- Roumanie
- Le comité national formé par le prince Georges Bibesco pour organiser la participation de la Roumanie à l’Exposition de 1889, est en pleine activité. Le prince a adressé à la presse un appel de souscription, afin de réunir les fonds nécessaires pour une belle installation de la section roumaine. La première liste, composée des membres du comité, a réuni iS.ooo francs. Des fêtes, une loterie, des représentations théâtrales grossiront la souscription.
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- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- Dimanche 14 Octobre i888 -
- La Concordia, société qui a pour but le progrès de l’industrie roumaine, va ouvrir à Bucarest une exposition de produits de l’industrie de l’ameublement et du vêtement. Les pièces connues les plus belles seront ensuite envoyées a la section roumaine de l’Exposition de Paris.
- CONGRÈS DE SAUVETAGE
- Notre excédent confrère, le Travail, rend compte dans les termes suivants delà première séance de ce Congrès qui a eu lieu le Ier courant :
- ' Le troisième Congrès de sauvetage a été ouvert, lundi dernier, au Palais de l’Industrie, salle des Fêtes (porte n° 1), par M. Nicole, vice-président de la Société française de Sauvetage. Dans un discours plein d’humour, l’honorable Président des chambres syndicales donna les raisons qui firent naître l’idée d’un Congrès, savoir : étudier sur place, à l’aide des objets exposés dans le Palais de l’industrie, toutes les questions qui se rattachent au sauvetage ; puis il proposa de nommer président du Congrès M. E. Cacheux, qui s’était chargé de son organisation ; l’Assemblée ayant accepté cette proposition, on nomma assesseurs : M. Bricogne, ingénieur, inspecteur principal du matériel au chemin de fer du Nord ; M. le baron Thomas de Saint-Georges Armstrong, membre du Conseil de la Société des Amis de la Paix, délégué de la Société des Sauveteurs de l’Aude ;
- Et secrétaires : M. G. Hamon, directeur du journal Y Assurance Moderne ; M. N. Hamon, bibliothécaire de la Société française d’hygiène.
- Le bureau constitué, M. Cacheux remercia, au om de l’Assemblée, M. Nicole d’avoir bien voulu mettre à la disposition des membres du Congrès le Palais de l’Industrie, puis il constata que beaucoup de notabilités avaient répondu à l’appel du Comité d’organisation et que plusieurs Sociétés s’étaient fait représenter par des délégués à l’ouverture du Congrès. Parmi les personnes présentes, nous citerons : MM. Périssé, délégué de la Société des Ingénieurs civils ; Guichard, délégué du Conseil municipal de Paris Kœchlin-Schwartz, président de la Société de crémation ; Toussaint-Loua, délégué de la Société de statistique ; Villard, président de la Société du Travail professionnel 5 G. Anthoni, délégué de l’Association polytechnique ; Guillaume de Portugal, président d’honneur de la Société des Sauveteurs de la Nièvre ; Remaury, délégué de l’Association amicale de l’Ecole supérieure des mines ; Wilfrid de Forvielle, G. Morin.
- M. Cacheux fit ensuite le compte rendu des nombreux documents qui ont été envoyés au comité d’organisation. Il constata qu’en France, la question du sauvetage n’était pas aussi bien étudiée qu’à l’étranger, qu’en Angleterre notamment, une Société, patronnée par les plus grandes personnalités du pays, s’efforcait, par la création de musées de sauvetage, par l’organisation de congrès dans toutes les villes du royaume, par de nombreuses expériences sur les engins de sauvetage, et enfin, par la propagasion de livres, brochures, dessins, de diminuer le nombre des accidents suivis de mort qui s’élèvent à i5,ooo par an dans le Royaume-Uni.
- De même en Allemagne, une exposition de tous les appareils qui peuvent préserver la vie humaine est en ce moment en formation. Les objets qui seront exposés sont recueillis par vingt Comités qui comptent dans leur sein les hommes les plus considérables en Allemagne. En parcourant la liste des Comités d’admission, on remarque avec étonnement le grand nombre de présidents de Sociétés de travail industriel, et l’on comprend le cri d’alarme poussé par M. Salicis, chargé d’une mission officielle, d’étudier .en Allemagne l’enseignement professionnel : que, si on ne fait pas d’énergiques efforts en France pour lutter contre l’industrie allemande, nos travailleurs seront écrasés par les soldats industriels allemands, comme nos troupes l’ont été en 1870.
- Il résulte de tous les documents qui ont été envoyés, qu’on peut diviser la question des accidents en dix sections qui comprennent :
- i° Les accidents provenant des causes naturelles ;
- 20 Les accidents dérivant des épidémies ;
- 3° Les secours en cas d’incendie ;
- 40 Les secours aux naufragés ;
- 5° Les accours aux blessés militaires ;
- 6° Les accidents du travail industriel ;
- 70 Les accidents du transport ;
- 8° Les accidents qui arrivent sur la voie publi-que ;
- 90 Les accidents qui surgissent dans la vie privée ;
- io° Les secours à donner aux victimes d’accidents, ainsi qu’à leurs familles.
- Ces différentes questions seront traitées par des hommes compétents, qui chercheront à atteindre les résultats qu’on peut résumer de la façon suivante :
- i° Développement des crèches, non comme institutions de bienfaisance, mais comme écoles de la première enfance, où les mères apprendront à élever convenablement leurs enfants ;
- 20 Part réservée dans l’instruction donnée dans les éeoles à l’étude des exercices du- corps, de façon à ce que les élèves apprennent à remédier au& effets des accidents et à sauver les personnes en danger ;
- 3° Exercices de sauvetage dans tous les établissements où un sinistre peut se produire, de façon qu’il n’y ait pas d’affolement à l’heure du danger .
- 40 Formation de Sociétés de sauveteurs dont les membres soient assez exercés pour imposer leurs services aux municipalités ;
- 5° Encouragements donnés aux fabricants d’engins de sauvetage, de façon à développer de nouvelles sources d’industrie en -France ;
- 6° Installation dans toutes les usines des appareils les plus perfectionnés pour diminuer les accidents ;
- 70 Transformation graduelle des œuvres charitables, créées pour venir en aide aux travailleurs, en institutions de prévoyance, c’est-à-dire remplacement de l’aumône, qui dégrade, par le droit au secours qui s’obtient moyennant le payement de cotisations ;
- 8° Intervention des autorités compétentes partout où les mesures prises pour la préservation de la vie humaine ne sont pas en rapport avec les progrès de la civilisation ;
- 90 Recours aux sociétés savantes dans tous les cas où la solution des problèmes qui intéressent le sauvetage ne dépend pas du courage et de la force physique;
- io° Organisation de congrès, de musées, d’expositions se rapportant au sauvetage, et propagation dans le public de livres, brochures, gravures, dessins destinés à faire connaître les causes des accidents et les moyens de les éviter.
- Plusieurs conférenciers ayant demandé à faire leurs conférences dans la première quinzaine d’octobre, et les membres étrangers n’y voyant aucun inconvénient, l’assemblée décide de reporter la deuxième séance du Congrès au jeudi 11 octobre prochain, à 2 heures du soir. La séance sera présidée parM. Gotard, membre du Comité supérieur de l’agriculture, et M. Max de Nansouty, rédacteur en chef du journal le Génie civil, traitera la question des inondations, les moyens de diminuer leurs effets et les résultats obtenus par les ingénieurs.
- Par suite des fêtes de bienfaisance qui auront lieu au Palais de l’Industrie les 12 et i3 octobre, ja troisième séance du Congrès a été reportée au mardi 16 octobre. A partir de cette date, les communications .se succéderont dans l’ordre établi par le programme.
- • Les communications relatives au Congrès pourront être adressées, 2 5, quai Saint-Michel.
- La troisième séance du Congrès sera inaugurée parle compte rendu des documents écrits envoyés
- Par : '
- i° L’Institut de sauvetage de Marseille ;
- 20 M. le professeur H. Dunant, de Genève ;
- 3° M. Dobroslavine, professeur d’hygiène à l’A-
- cadémie impériale de médecine militaire, à Saint-Pétersbourg ;
- 40 Le lieutenant général Maréchal, président de la Société des sauveteurs belges.
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- DEMANDE DE RABAIS SDR LES VOIES FERRÉES
- POUR LES EXPOSANTS
- Dans sa séance du 5 septembre dernier, la Chambre syndicale des constructeurs de machines et d’instruments d’agriculture et d’horticulture de France a entendu la lecture de la lettre suivante que son président, M. Th. Gautreau, vient d’adresser à ce sujet au ministre du commerce et de l’industrie. M. Gautreau s’est engagé en même temps à donner communication à la Chambre, aussitôt reçue, delà réponse du Ministre.
- Voici le texte de la lettre dont s’agit que nous nous faisons un devoir de reproduire, car elle intéresse tous les exposants en général.
- A Monsieur le Ministre du commerce et de V industrie.
- Monsieur le Ministre,
- J’ai l’honneur de vous informer qu’à la dernière séance de notre Chambre syndicale, il a été émis, au sujet d’un adoucissement à apporter aux frais considérables qui incombent aux constructeurs français concourant à l’Exposition universelle de 1889, un vœu que j’ai été chargé, comme président, de soumettre à votre haute appréciation. Veuillez donc me permettre, Monsieur le Ministre, de revenir solliciter de votre bienveillance, en faveur de la réalisation de ce vœu, une démarche auprès de votre collègue M. le ministre des travaux publics, pour appeler son attention sur les considérations suivantes :
- Les constructeurs français, ayant à cœur de lutter contre la concurrence étrangère, de faire ressortir les mérites de l’industrie nationale et de coopérer de toutes leurs forces au succès de l’Exposition universelle, s’imposent de grands sacrifices, sacrifices peut-être disproportionnés avec les résultats qui les attendent et dont il serait juste d’alléger le fardeau.
- Ces sacrifices se rapportent :
- A la préparation des machines ;
- Aux frais de transport de ces machines ;
- A l’immobilisation, pendant huit mois, d’un matériel d’une grande valeur;
- Aux frais d’installation et d’entretien, nécessairement très élevés, à cause du grand espace que demande ce matériel pour être présenté dans des conditions satisfaisantes.
- La plupart d’entre nous ayant besoin d’être souvent à leur usine et souvent à l’exposition seront entraînés à des frais de voyage dont la répétition leur deviendra très onéreuse ; nous pensons donc, Monsieur le Ministre, et nous serions heureux de vous voir partager cet avis, qu’il serait juste d’accorder à tous les chefs de maison concourant à l’Exposition universelle, ou à leurs fondés de pouvoir, une réduction de 5o 0/0 sur le trajet de chez eux à Paris, pendant tout l’année 1889, leurs besoins à l’exposition les appelant bien avant l’ouverture et après la clôture.
- Il est à remarquer que les cartes d’abonnement ordinairement délivrées par les Compagnies pourraient donner satisfaction à ceux qui iront à Paris plusieurs fois par semaine; mais il ne saurait en être ainsi pour ceux qui n’y viendront qu’une seule fois par semaine ou deux ou trois fois par mois.
- Permettez-nous de compter sur votre précieuse intervention pour adoucir nos charges par l’adoption de cette mesure; et veuillez agréer, Monsieur le Ministre, avec nos remerciements anticipés, l’assurance de nos sentiments les plus respectueux et les plus dévoués.
- Pour la Chambre Syndicale :
- Le Président,
- Th. Gautreau.
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- Quatrième Année. N° 198.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- Dimanche 14 Octobre 1888. — 1197
- LES TRANSPORTS A PARIS
- PENDANT L’EXPOSITION
- Un de nos confrères quotidiens, la Lanterne, a publié cette semaine la lettre suivante qui confirme en tous points ce que nous disions il y a huit jours à ce sujet. Nous n’y ajouterons rien ; tout commentaire serait inutile. Voici cette lettre :
- Monsieur le directeur,
- Permettez-moi de signaler par la voie de votre journal la désinvolture avec laquelle la compagnie des omnibus traite ses voyageurs sur la ligne de tramways Saint-Ouen-Bastille.
- Je ne parlerai pas du début de l’organisation, époque à laquelle le service était fait par de bons chevaux et les relais bien équilibrés.-
- Mais depuis deux ans surtout, la situation devient intolérable, ainsi que vous allez en juger.
- Le tramway part de la Bastille et vient jusqu’au faubourg Saint-Martin avec deux chevaux seulement là ; on ajoute un pauvre animal étique qui, clopin dopant, aide les deux autres à monter au pas jusqu’au milieu delà rue de Strasbourg, puis cet animal revient à son point de’départ et le véhicule, qui est toujours très chargé à la gare de l’Est, gravit péniblement le boulevard Magenta jusqu’à Lariboisière où l’on ajoute alors deux .autres chevaux — quand ils y sont, ce qui est assez rare — pour [remonter encore jusqu’à la place du Château-Rouge.
- De tout cela, résultent des retards préjudiciables :aux voyageurs, car il est à supposer que si l’on prend une voiture, c’est pour arriver plus vite qu’à pied ; or ce résultat est absolument négatif sur la ligne dont nous parlons, attendu qu’un voyageur qui partirait de la gare de l’Est arriverait .avant lai au boulevard de Rochechouart, voire même au boulevard Ornano.
- Comment veut-on du reste que cette malheureuse cavalerie, nourrie au maïs en guise d’avoine, puisse rendre des services? Cela est impossible et c’est pour cela qu’à chaque instant les voitures s’arrêtent pour relever les pauvres chevaux qui .s’abattent, et qu’on est forcé de faire venir du renfort pour combler les retards.
- Je ne parle que de ce qui se passe en ce moment, car en hiver, on peut sans crainte faire son testament avant de partir, n’étant pas sûr d’arriver à destination, et encore faut-il descendre à tout bout de champ pour pousser aux roues et aider les chevaux qui n’en peuvent mais.
- Il y aurait un moyen efficace de parer à tous ces désagréments ? Ce serait que la ville nommât des inspecteurs spéciaux qui dépendraient, d’elle et qui seraient chargés de la surveillance de la ligne et de la stricte exécution des règlements, comme cela se fait pour les commissaires de surveillance que l’Etat a institués pour les Compagnies de chemins de fer.
- Victimes de ce monopole, nous demandons justice à qui de droit.
- Un voyageur.
- ÉCHOS
- FÊTE AUX ANCIENS ÉTABLISSEMENTS CAIL
- Dimanche dernier, 7. de ce mois, était placé le dernier rivet de la partie du Palais des machines construite par les soins de l’usine Cail. A cette occasion, le colonel de Bange, pour bien montrer l’importance du travail accompli, a voulu récompenser dignement tous ceux qui avaient collaboré à cette grande œuvre. Ingénieurs, chefs de chantier, ouvriers, manœuvres, tous ont reçu une gratification proportionnée à leur position dans l’usine, ou plutôt à leur mérite personnel. ’
- On nous assure même que des ouvriers ayant quitté le chantier depuis plusieurs semaines, mais qui y avaient travaillé un temps suffisant, ont eu leur part dans cette fête de famille.
- Honneurs soient rendus à l’intelligent directeur des Anciens établissements Cail. C’est par des actes de ce genre que l’on cimente l’union entre patrons et ouvriers.
- Dans notre prochain numéro, nous traiterons
- d’une manière spéciale de l’ensemble des travaux du Palais des machines, au point de vue comparatif entre les deux procédés de montage qu’ont emplovés les ateliers Cail et ceux de Fives-Lille. “
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- EXPOSITION RÉTROSPECTIVE DE LA BASTILLE
- Les fêtes données samedi dernier à la Bastille, ont clôturé la saison d’été.
- A partir de ce jour, cette exposition conservant son caractère rétrospectif, ne sera plus ouverte au public que de dix heures du matin à cinq heures du soir jusqu’au 1er mars prochain.
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- SOCIÉTÉ DE SAUVETAGE
- La Société nationale de sauvetage donnera, le dimanche 14 octobre, à deux heures précises, au grand amphithéâtre de la Sorbonne, sa fête annuelle et distribuera ses récompenses aux sauveteurs qui se sont signalés par des actes de courage et de dévouement dans le cours de l’année 1887-88.
- Un banquet aura lieu le même jour, à six heures du soir.
- Des places spéciales sont réservées pour la presse.
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- X X
- CLOTURE PROCHAINE DE L’HIPPODROME
- A l’Hippodrôme, la clôture de la saison est fixée au 4 novembre. v
- Dimanche soir, 14? octobre, 165® et dernière représentation de Skobeleff., dont le succès est loin d’être épuisé et que" M. Houcke se voit à. regret obligé de retirer de l’affiche, en raison du départ de ses contingents russes.
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- ¥ X
- LE TRAIN SPÉCIAL DE L’EMPEREUR DE CHINE
- Dans quelques jours, on embarquera à Marseille un train de chemin de fer, construit en France, pour l’empereur de la Chine.
- Ce train consiste en six wagons, dont trois sont pour l’usage particulier de l’Empereur; ils sont des plus somptueusement décorés et meublés ; les portières et les panneaux en sont ornés de grands dragons en bronze. Dans chacun de ces salons impériaux se trouve une petite table pour fumer l’opium.
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- * X
- LA SOCIÉTÉ DES INGÉNIEURS CIVILS A BARÇELONE
- Quarante ingénieurs français, membres de la Société des ingénieurs civils, viennent de passer à Cerbère se rendant à Barcelone pour en visiter l’Exposition et de là se rendre à Bilbao.
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- X X
- LA MAISON DE VICTOR HUGO
- Le nom du grand poète est connu du monde entier.
- _ Des statues vont lui être dressées; mais il y a lieu de compléter cette œuvre de reconnaissance nationale en reconstituant la demeure où le grand génie a terminé ses jours.
- Un comité s’en est assuré la propriété par un bail avec promesse de vente. Son intention est d’en faire don à la France. L’intérieur, dans tous ses détails, sera reconstitué tel qu’il était lors des derniers moments du maître.
- Toutes les personnes qui auraient des communications à faire peuvent s’adresser tous les jours, de dix heures à midi, 124, avenue Victor-Hugo.
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- X X
- l’agriculture a l’exposition de 1839
- Lundi dernier, à Arras, a eu lieu à la préfecture la réunion de la commission chargée, en vue de l’Exposition prochaine, de rechercher la situation de l’agriculture avant 1789, comparée à la situation actuelle.
- M. le préfet du Pas-de-Calais et M. Sagebien, secrétaire général, assistaient à cette réunion.
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- LE CANAL DE PANAMA
- Conférence de M. de Lesseps
- MM. Ferdinand et Charles de Lesseps continuent leur série de conférences en faveur de l’achèvement de l’œuvre du Canal.de Panama.
- Nous rendions compte, il y a huit jours, de la réunion qui a eu lieu à Bergerac le 28 septembre. Le 6 de ce mois, une réception enthousiaste était faite, à Blois, au grand Français et à son fils. Le comité de l’arrondissement composé de magistrats, de notables commerçants et de propriétaires de Blois, tous porteurs d’actions et d’obligations
- du Canal de Panama, attendait MM. de Lesseps à la gare. La salle du théâtre où a eu lieu la conférence était littéralement bondée ; aux alentours du théâtre la foule était compacte.
- M. Charles de Lesseps a. fourni à l’assistance les renseignements les plus complets sur l’état des travaux du canal et s’est fait chaleureusement applaudir en déclarant que le canal serait terminé dans les délais indiqués.
- Sur la proposition du baron Hamelin, qui présidait, la réunion a décidé à l’unanimité qu'elle continuerait, grâce aune active propagande, à faciliter le placement des titres du dernier emprunt des obligations à lots. A la sortie de la conférence, nombre de personnes ont fait remettre à MM. de Lesseps des listes comprenant d’importantes souscriptions.
- Un banquet de quarante couverts a eu lieu chez MM. Blanchon, l’un des principaux banquiers de Blois. Plusieurs toasts ont été portés à M. Ferdinand de Lesseps, et au vice-président de la Compagnie, M. Charles de Lesseps.
- La réception qui a suivi a été fort brillante.
- Le lendemain, MM. Ferdinand et Charles de Lesseps donnaient une nouvelle conférence à Tours où, comme partout, l’accueil le plus chaleureux leur a été fait !
- NOTRE GRAVURE
- La grande façade du Palais du Champ-de-Mars, à l’Exposition de 1878, avait un aspect vraiment féerique qui surprenait et étonnait le visiteur. Le grand perron, élevé d’une quinzaine de marches, formait un magnifique sou-! bassement au palais et permettait d’embrasser facilement le panorama lointain et grandiose du Trocadéro et de ses ailes.
- Voici le grand tapis que bordaient de chaque côté deux larges allées, incessamment parcourues par les piétons, les agents, voire même les camions, mais surtout par les petits fauteuils roulants. Le long de ces allées s’échelonnaient les petits bâtiments d’expositions particulières, aux portes desquels serpentait et ondoyait la queue des curieux impatients de tout voir, et qui, à peine arrivés, s’égaraient et se perdaient dans les détails; les statues, les groupes, les fontaines, les massifs floraux, avaient leurs admirateurs; la célèbre tête de la Liberté éclairant le monde suscitait des réflexions et des comparaisons; autour des cafés et des restaurants grouillait tout un peuple de buveurs et de fumeurs.
- Vu de la grande terrasse, tout ce monde entraîné dans un mouvement incessant, ces toilettes que colorait le soleil, ces nuances mêlées et chatoyantes qui se fondaient,, tout cela for-un kaléidoscope vivant, que l’on se surprenait à regarder durant de longues heures et qui n’était certes pas le côté le moins curieux de l’Exposition.
- En 1889, ce point de vue si pittoresque n’existera pas. Cette place si animée que nous venons de décrire sera remplacée par l’immense monument dû au génie de M. Eiffel. Mais, par contre, on jouira d’un autre coup d’œil qui, dans son genre, ne sera pas moins intéressant: la perspective formée par, à droite et à gauche les deux palais des beaux-arts et des arts libéraux, au milieu, le parc, en face, la tour au sommet perdu dans les nuages, puis, dans le fond, l’élégaut et pittoresque palais du Trocadéro.
- Nous en publierons alors une vue analogue à celle que nous donnons aujourd’hui. Nos lecteurs pourront ainsi faire eux-mêmes une intéressante comparaison.
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- LES CONCOURS HORTICOLES
- AU PALAIS DE L’INDUSTRIE
- Déprimé abord il paraît étrange devoir figurer dans l’Exposition de sauvetage des concours hor-
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- Dimanche 14 Octobre 1888.
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- LE MONITEURJDE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 14 Octobre 1888.
- ticoles, mais si l’on considère que la seconde partie de cette exhibition concerne l’hygiène, on comprendra aisément Futilité de ces concours aussi bien dans l’habitation en général que dans l’appartement en particulier.
- Sans entrer dans la question hygiénique, qui est pourtant d’une grande importance, nous examinerons les différents concours qui se sont succédé jusqu’à ce jour.
- Installés dans le grand salon carré, dit Salon d’honneur, ces concours de quinzaine ont été très suivis. Sous l’habile direction de M. J. Dybowski, le sympathique maître de conférence à l’école de Grignon, chargé du commissariat de cette partie intéressante, la grande salle est devenue un magnifique jardin, une serre tempérée, pour mieux dire.
- La travée du fond, percée de trois baies à jour, laisse voir à travers une immense glace sans tain le décor féerique de la nef, de splendides vitraux complètent ce panneau, enfin les murs disparaissent sous des garnitures de treillages artistiques.
- Des pelouses vallonnées font disparaître le parquet et l’illusion serait parfaite si au milieu de la grande pelouse on pouvait admirer quelques spécimens de la flore aquatique dont le feuillage serait agrémenté non pas des pleurs de l’aurore, mais de perles scintillantes échappées d’une cascade ou retombant d’une gerbe quelconque.
- Trois exposants se sont partagé la décoration en treillage: M. Simard, médaille d’or; M. Groseille et M. Duydt médaille de vermeil.
- Certains horticulteurs ont pris part à plusieurs concours; c’est ainsi que l’infatigable M. Torcy-Vannier, de Melun, a remporté deux médailles d’or, deux de vermeil et plusieurs d’argent. Nous citerons: une importante corbeille de Caladiums, très belles plantes au feuillage multicolore, de magnifiques dahlias présentés en fleurs coup'ées, une grande variété de glaïeuls parmi lesquels nous citerons : lactea, William Thomas, la Perfection, Hespéride, etc-., puis une belle série de glaïeuls de semis non encore dénommés, il y a là de grands progrès réalisés et nous ne pouvons qu’applaudir à des récompenses aussi justement décernées.
- La Maison Forgeot et Cie, qui n’en est plus à compter ses succès a remporté de nombreuses médailles.
- Le jury a présenté à M. Forgeot (qui était membre du jury au premier concours) ses plus vives félicitations pour la supériorité de ses Roses Tré-mires, fleurs d’une très belle forme et de très brillant coloris ; ce lot d’Alcea Rosea était tout à fait remarquable. Le public a pu admirer ensuite plusieurs collections de Dalhias de toutes sortes, des Reines-Marguerites, des Œillets et enfin de magnifiques Chrysanthènes.
- Nous pouvons dire qu’à chaque nouvelle exposition cette maison trouve moyen de prouver sa supériorité.
- Les amateurs qui ont pu voir les plantes de serres exposées par M. Lange, pourront facilement faire un choix pour garnir leurs appartements : cet exposant qui a remporté, pour son premier envoi, une médaille d’or a, d’autre part, exposé de très beaux Dracœnas panachés : médaille de vermeil.
- Les Géraniums présentés par M. Poirier, deux corbeilles composées des principales variétés doubles et simples, choisies parmi les meilleures, montrent combien sont grands lès progrès accomplis par cet habile horticulteur. Nous ne saurions omettre de citer les nouveaux semis,Mmn Cornuau et Alfred Marne. Ce sont évidemment des fleurs d’avenir. Les inflorescences de ce dernier sont fortes, . bien érigées, les fleurs larges et d’une belle couleur rose vif.
- D’autre part, nous avons remarqué les Œillets et Roses Trémières (fleurs coupées) présentées par M. Brot Delahaie ainsi que les Glaïeuls et Zinnias de M. Pernel.
- M. Mézard avait envoyé au quatrième concours plusieurs variétés de Dalhias obtenus de semis et au sixième concours une magnifique collection de Dalhias doubles, simples et Lilliput qui a été récompensée d’un diplôme d’honneur.
- Parmi les fleurs coupées, nous citerons encore
- les Dalhias présentés par M. Falaise de Nanterre (médaille d’or),M. Dubois, d’Argenteuil, M. Caron, également d’Argenteuil (médaille de vermeil), et les semis obtenus par M. Gagné, variétés naines.
- M. Robert, de Sarcelles, a dans trois concours successifs présenté diverses variétés de Bégonias, toutes plus belles les unes que les autres, les dernières obtenues de semis; cet exposant a vu ses efforts couronnés par deux médailles d’or et une de vermeil.
- Une splendide corbeille de Bégonias également obtenus de semis par M. Clément Vallerand a obtenu un diplôme d’honneur; cette nouvelle variété que l’on pourrait appeler tige de fer, n’a pas fléchi pendant la quinzaine, la pureté et la dimension des fleurs sont tout à fait remarquables.
- Les plantes de serre et les garnitures d’appartement si bien présentées par M. Lzlieux méritent d’être citées disposées ; avec un goût toutparticuiier, elles attiraient la sympathique attention des visiteurs.
- Une médaille d’or a été attribuée à la corbeille d’Araucaria excelsa, variété Cookii envoyée par M. Paillet de Chatenay, qui avait précédemment exposé une collection de dahlias et présentait au dernier concours un grand massif de Cratxgus Lalandi (buisson ardent).
- Enfin M. Chatenay, de Vitry, a installé sur la pelouse un4grand massif d’Eulaha Japonica et Zebrina ainsi qu’une superbe Ginerium argenteum qui sont du meilleur effet; médaille de vermeil.
- On peut aller admirer en ce moment une grande corbeille de magnifiques œillets très remontants, race dite tige de ter (x5o variétés), pour lesquels le jury a décerné un diplôme d’honneur à MM. Levêque et FILS.
- Une médaille de vermeil a été attribuée à un très beau lot de Chrysanthèmes japonaises et chinoises à fleurs précoces (3o variétés) présenté par les mêmes exposants qui, nous en sommes convaincus, nous réservent des surprises pour les concours de la Société d’horticulture et pour l’Exposition universelle.
- A. Ramé.
- EXPOSITIONS DIVERSES
- Exposition d’Athènes
- On lit dans le Messager d'Athènes du 29 septembre dernier :
- L’ouverture de l’Exposition nationale aura lieu pendant les fêtes du jubilé royal. On peut, dès à présent, prédire à cette exposition plus de succès qu’aux précédentes aussi bien pour le nombre des exposants que pour le nombre et l’importance des objets qui seront exposés.
- On sait que les meilleurs de ces objets devront figurer à l’Exposition universelle de Paris à laquelle la Grèce a adhéré d’une manière officielle.
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- Fêtes du Grand Concours de Bruxelles
- C’est la partie musicale qui sera la plus soignée pendant le mois d’octobre, au Grand Concours de Bruxelles. Les travaux du Jury terminés, les familles bruxelloises rentrées de leur campagne et des villes d’eaux, se feront un plaisir d’assister aux splendides exécutions musicales qui se préparent en ce moment. C’est à MM. Van Perck, Van Remoortel et Bauwens, les directeurs d’harmonies, de fanfares et d’orphéons bien connus, que ces fêtes ont été confiées. Il y aura quatre grands concerts, les dimanche, 7, 14, 21 et 28 courant. Plus de 3,ooo exécutants seront réunis. Un abonnement spécial sera émis pour ces concerts grandioses ; le prix a été fixé au chiffre modeste de 10 francs.
- Les demandes doivent être adressées à l’Administration du Grand Concours, 217, rue Royale, à Bruxelles.
- La Société chorale Liederkan7, de Cologne, une des premières Sociétés musicales de l’Allemagne, a donné un splendide concert dimanche
- 7 octobre à 4 heures de relevée, dans la grande salle des fêtes de l’Exposition. Le concert se composait d’une partie d’orchestre. M. Hollaender, un violoniste de grand mérite, premier prix au Conservatoire de Cologne, a exécuté deux solos.
- L’ensemble du concert a constitué une réelle solennité artistique.
- Le chemin de fer de l’Etat Prussien avait accordé une réduction considérable à la Société Lieder-kranz, qui a fait son entrée à Bruxelles, ledit jour à la gare du Nord, à onze heures du matin. Elle y a été reçue par une délégation du Commissariat de l’Empire d’Allemagne à l’Exposition, par l’orchestre du Grand concours et par la Société chorale allemande à laquelle se sont joint les autres Sociétés allemandes de Bruxelles.
- Cette fête a obtenu un grand succès.
- C’est M. Van Perck qui dirigera la fête musicale du 14, M. Van Remoortel celle du 21, fixées l’une et l’autre à 4 heures de relevée dans la grande Salle des fêtes.
- La première partie se composera de morceaux exécutés par chaque société participante ; toutes les sociétés réunies exécuteront un ensemble de chœurs pour la seconde partie.
- Les places réservées ne peuvent plus être garanties après le 10 octobre.
- La Société Royale « l’Orphéon » de Bruxelles, donnera sa fête musicale, le dimanche 28 octobre, à 3 heures de relevée, dans la Grande Salle des Fêtes de l’Exposition.
- De nombreuses places sont déjà retenues; le nombre de places réservées a du être limité.
- LE CONGRÈS INTERNATIONAL DE GEOLOGIE
- A LONDRES
- Correspondance particulière de l'Indépendance belge
- Londres, 19 septembre.
- Notre dernière lettre annonçait la prochaine ouverture du Congrès géologique international, ainsi que celle de l’exposition spéciale ouverte à cette occasion dans la bibliothèque de l’Université.
- Pendant les journées de samedi et de lundi, l’immense salle destinée à cette exhibition offrait un curieux spectacle. A première vue, le local semblait envahi par une légion de menuisiers, de tapissiers, etc., sciant des montants et des planches, clouant des lattes, fixant des cadres, des vitrines et des cartes; tous travaillant avec un zèle et une activité remarquablés. Mais à chaque apparition dans la salie de quelque grave professeur tout de noir habillé, on voyait, spectacle étrange, certains des travailleurs fraterniser avec l’arrivant et deviser gaiement d’égal à égal. C’est qu’en effet les géologues exposants, n’ayant trouvé qu’un personnel insuffisant pour les aider, s’étaient bravement mis eux-mêmes à la besogne et sciaient, martelaient et clouaient comme s’ils n’avaient jamais fait autre chose de leur vie.
- Il est résulté de cette ardeur que l’Exposition a pu, chose rare entre toutes, être prête pour le jour et l’heure de l’ouverture.
- Nous ne pouvons entrer ici dans le détail des objets exposés, lesquels, nombreux et intéressants, se composent surtout de cartes, de roches et de fossiles.
- Parmi ceux-ci, on remarque principalement les êtres si étranges des premiers âges du monde animé, dont le sol anglais a fourni dans ces dernières années de nombreux et vénérables échantillons. Les curieux crustacés des genres Obonel-lus et Paradoxides du cambrien attiraient particulièrement l’attention.
- Gomme roches, on doit citer des séries de marbres, porphyres, serpentines, etc., en plaques polies de grandes dimensions et d’une beauté rare.
- Le Dr Heim, de Zurich, expose une série de roches plissées, contournées, étirées de la plus curieuse manière et dont certaines contiennent des fossiles déformés au delà de toute idée. M. Oldham, de Calcutta, nous montre des grès flexibles, provenant des Indes , et pouvant riva-
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- Quatrième Année.
- N° 198.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 14 Octobre 1888. — 1201.
- liser avec les substances les plus élastiques. Les superbes silex préhistoriques de M. John Evans, provenant de 38 localités différentes d’Angleterre et de 15 localités de France, d’Espagne, etc., excitent l’admiration et voisinent avec nos silex taillés de Spiennes, apportés par M. A. Houzeau, le président de la Société belge de géologie.
- Quant aux cartes, il y en a de tous pays, de toutes teintes, de toutes dimensions.
- Une mention spéciale du catalogue, relative aux cartes géologiques du service officiel belge, a étonné un certain nombre de visiteurs. Ces cartes ont été exposées non par ceux de nos compatriotes qui en sont les auteurs, mais par le service géologique anglais.
- Renseignement obtenu, l’on a appris — avec la stupéfaction que l’on pense — que nos géologues n’ont pas été autorisés à soumettre à l’appréciation de leurs confrères étrangers, leur œuvre scientifique. C’est pour protester contre cette interdiction que le service géologique anglais a exposé quelques spécimens de la carte belge, que beaucoup d’entre les géologues présents au congrès proclament hautement l’une des œuvres les plus parfaites soumises à leur appréciation.
- Tous les adhérents étrangers du congrès sont arrivés. On en compte 139 sur 33g souscripteurs étrangers. Le nombre total des adhérents au congrès dépasse 800. Sur 67 adhérents, l’Allemagne en a envoyé 27 ; sur 67 les Etats-Unis en ont envoyé 17; sur 47 inscrits la France en a fourni 17 ; sur 3b l’Italie en a envoyé 11 ; sur 18 la Russie est représentée par 13, et la petite Belgique, sur 34, est représentée par 14, dont la plupart sont membres bruxellois de la Société belge de géologie, de paléontologie et d’hydrologie.
- La séance inaugurale du congrès a eu lieu dans le grand amphithéâtre de l'Université. M. Hun-ley, président d’honneur, ayant dû s’excuser pour motif de santé, c’est M. le professeur Beyrich, l’ancien président du congrès de Berlin, qui a ouvert la séance.
- Sir Douglas Galton, au nom du comité organisateur, a remercié les savants étrangers qui ont fait à l’Angleterre l’honneur d’assister au congrès. M. le professeur Gapellini, de Bologne, qui est en quelque sorte le fondateur des congrès géologiques, a remercié un nom des étrangers.
- Après l’élection du bureau et du conseil, où figurent à des titres divers M. le professeur Dewalque de Liège, MM. A, Renard, Ed. Dupont etE. Van den Broeck, de Bruxelles, la présidence de l’assemblée est prise par M. le professeur Prestwick, le Nestor de la géologie anglaise, qui donne lecture d’une adresse résumant les travaux des congrès antérieurs et indiquant les principaux points restant à élucider.
- Après des remerciements au président, proposés par MM. Sterry Hunt et von Zittel et chaleureusement appuyés par l’assemblée, la séance d’inauguration a été levée et l’auditoire, composé d’environ 5oo personnes, dont plus d’une quarantaine de dames, s’est dispersé pour reprendre le travail d’entente, d’unification et de coordination qui constitue le principal but du congrès, et que nous essayerons de caractériser, lorsqu’il sera terminé.
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- AVIS COMMERCIAUX
- EGISLATION COMMERCIALE ÉTRANGÈRE
- ITALIE. - TURQUIE
- Le Moniteur officiel du Commerce, du 6 septembre, publie :
- i° Un décret du 26 juillet 1888 portant modifications au tarif des douanes italiennes ;
- 20 Trois '.règlements édictés par le gouvernement ottoman et relatifs, l’un aux dépôts de pétrole et d’alcool, le second à l’impôt et à la faxe douanière des vins exportés, le dernier à l’impôt des spiritueux.
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- MUSÉES COMMERCIAUX JAPON
- musée de tokio
- Le chargé d’affaires de France au Japon vient
- d’adresser les indications suivantes sur le musée établi à Tokio :
- Le musée de Tokio, parfaitement aménagé, occupe un grand bâtiment à deux étages, de forme européenne, situé au centre du vaste parc d’Uyéno c’est-à-dire au milieu même de la promenade favorite des habitants de Tokio. Il a un but plutôt instructif que commercial ; ce que l’on se propose en effet, c’est de réunir des collections de produits de tous les pays et de toutes les époques, où les ouvriers et les industriels puissent puiser des idées applicables à l’art ou à l’industrie indigènes. C’est donc plutôt une exposition qu’un musée commercial proprement dit.
- Les articles qui figurent à cette exposition proviennent de trois sources : ce sont soit des objets achetés par l’Administration, soit des dons volontairement faits par des particuliers, soit enfin des pièces rares prêtées temporairement par leurs possesseurs. Pour les objets provenant de dons volontaires, l’Administration autorise les donateurs à inscrire sur leurs produits toutes et quan-tes indications qu’ils jugent convenables, prix, lieu de fabrication, adresse des fabricants ou des maisons de vente, etc. Cette inscription constitue un mode de publicité appréciable, car le musée, dont le prix d’entrée est fort modique, est extrêmement fréquenté durant toute l’année.
- SPORT
- La cinquième réunion du Bois de Boulogne n’offrait que peu ou pas d’intérêt par suite du retrait de Galaor dans le prix du Prince d’Orange que Sibérie devait gagner au petit galop en l’absence du crack de M. Lupin.
- Eh bien, Sibérie n’a pu finir que troisième, derrière Athos et Catharina 1
- Cette défaite, si peu attendue qu’elle fût, n’a pas ému outre mesure le ring.
- On se referait avec la pouliche de M. Aumont, Ténébreuse, qui gagnerait le Césarewitch en Angleterre.
- On ne parlait qu® des chances de la gagnante du grand prix de Paris, en 1887 et sa future victoire était fort escomptée.
- Elle suivrait les traces glorieuses des Gladiateur et des Plaisanterie, justifiant la confiance de ces nombreux partisans !
- La course a eu lieu mardi dernier. Ténébreuse, montée par le premier jockey d’Angleterre T. Can-non, a battu sans peine sés vingt-deux concurrents, infligeant aux Anglais, qui la donnaient jusqu’à la dernière minute à 10/1, une défaite dont leurs portefeuilles garderont longtemps le souvenir.
- Des sommes considérables étaient engagées sur la pouliche.
- Wilde a gagné huit mille louis et c’est par millions qu’il faut compter les pertes subies par les donneurs d’outre-Manche.
- Ténébreuse doit, si pendant son voyage elle n’est victime d’aucun accident, courir et gagner le prix Gladiateur dimanche prochain au Bois.
- Ce nouveau fleuron ajouté à sa couronne, elle retournera en Angleterre disputer le Cambridges-hire qu’elle enlèvera malgré la surcharge de 14 livres.
- Rien de saillant à noter pour les courses à venir.
- Longchamps ferme ses portes dimanche prochain.
- Les réunions d’Auteuil vont commencer si l’hiver, avec son triste cortège de neiges et de pluies, ne les interrompt pas .
- Ah! j’oubliais les cinq réunions à Chantilly mais elles sont peu suivies et n’ont pas le succès de celles du printemps.
- Revenir des courses lorsqu’il fait nuit noire, c’est trop triste !
- * *
- COURSES AU BOIS DE BOULOGNE Dimanche 7 octobre
- prix de la cascade. — 3,ccofr. pour chevaux de 3 ans et au-dessus. Distance, 3,000 mètres.
- Louvette, pche al., 3 a., par Saint Léger et Lucette II, 52. kil. (5/1). M . Camille Blanc (French), 1, Farandole, pche b., 3 a., 52 k (5/1 ). M. Delâtre. (Carratt), 2.
- Vin Doux, pn bb., 3 a., 60 k. (8/1). M. A. Dupont. (Storr), 3.
- Raguse, pche n., 3 a., 52 k. (5/1 ). Vicomte S. de Dampierre (Crickmere), o.
- Alligator, pn b., 4 a., 60 k. (5/4). M. F. Sieber. (Kearney), o.
- Durée de la course, if 47" 2/5.
- Pari mutuel, unité 10 fr., 71 fr. 5o.
- Pari mutuel, chevaux placés, unité 10 fr., Louvette, 24 fr.; Farandole,24 fr.
- Pari mutuel, tribunes, unité iofr.. 66 fr.
- Pari mutuel, tribunes, chevaux placés, unité 10 fr., Louvette, 25 fr. ; Éarandole, 25 fr. 5o.
- Gagné d’une longueur; le troisième à deux longueurs du deuxième.
- Montant du prix, 4,300 fr.
- Louvette réclamée, pour 3,277 ^r* * 7É Par son propriétaire.
- Prix de Villeron. — 3,000 fr. pour chevaux de 3 ans. Distance. 3,000 mètres.
- Endymion, pn b., par Salvator et Isménie, 58 k. 1/2. M. A. Lupin (Storr) w.o.
- Durée de la course, 4' 42".
- Montant du prix, 4,000 fr. ; 225 fr. au fonds de course.
- Prix du prince d’Orange. — 12,000 fr. pour chevaux de 3 ans et au-dessus. Distance, 2,400 mètres .
- Athos, pn al., 3 a., par Zut et Athalie, 5o k.
- (6/1). G. Cunnington (Kearney) 1.
- Catharina, pche al., 3 a., 47 k. (7/2), M. J. Robert Hennessy (French) 2.
- Sibérie, pe a.. 3 a., 5i k. (égalité). M. Aumont (Wycherley) 3.
- Le Cordouan, pn ah, 3 a., 48 k. 1/2 (3/i). Baron Roger (Bridgeland) o.
- Durée de la course : i' bo".
- Pari mutuel, unité 10 fr., 74 fr.
- Pari mutuel, tribunes, unité 10 fr., 86 fr.
- Gagné d’une longueur et demie, le troisième à trois longueurs du deuxièmet
- ^Montant du prix, 12,47a fr. ; 1,000 fr. au deuxième.
- Prix du Rond-Point. — 4,000 fr. pour chevaux de 3 ans et au-dessus. Distance, 2,200 mètres.
- Halbran, pn b., 3 a., par Galopin et Mavis, 55 k. iU (4/G). M. A. Lupin (Storr) 1.
- Melbourne, pnal., b., 3 a., 55 k. 1/2 (5/1 ) M. Aumont (Hartley) 2.
- Bercy, pn b., 3 a., 55 k. 1/2 (4/1). Duc de Gra-mont (Rolfe) 3.
- Bandmaster, pn b., 4 a., 62 k. (8/1). M. E. Fould (T. Lane) o.
- Durée de la course i' of.
- Pari mutuel, unité 10 fr., 16 fr. 5o.
- - Pari mutuel, tribunes, unité 10 fr., iq fr.
- Gagné de trois quarts de longueur; le troisième à quatre longueurs du deuxième.
- Montant du prix, 4,12.5 fr. ; 175 fr. au deuxième.
- Prix des Fortifications. — 4,000 fr. pour chevaux de 3 ans et au-dessus. Distance, 2.200 mètres.
- Cat, pche b., 4 a., par Hermit et Gat’s Paw, 62 k. (2/1). Baron de Soubeyran (Bridgeland) 1.
- Palatine, pche al., 3 a., 55 k. i/2 (4/5). Summers (Rolfe) 2.
- Lionne, pche al., 4 a., 62 k. (9/2). M. Pierre Do-non (T. Lane) 3.
- Durée de la course : 2' 40" 2/5.
- Pari mutuel, unité 10 fr., 22 fr.
- Pari mutuel, tribunes, unité 10 fr., 3i fr.
- Gagné d’une longueur et demie ; mauvais troisième.
- Montant du prix, 4,112 fr. 5o; 162 fr. 5o au deuxième.
- Prix des Chênes. — 3,000 l'r. pour chevaux de 2 ans. Distance, 1.000 mètres.
- Tire Larigot, pn b., par Plutus et N - de Tirelire, 5i k. (5/1). Baron de Rothschild. (Crickmere) 1.
- Hélyette, pche b., 5i k. (14/1). M. Jean Joubert. (Horan) 2.
- Prophète, pn n., 53 k. (3/i). M. J. Prat. (G. Bar-tholomew) 3.
- Valet de Cœur, pn al., 5i k. (8/1). M. Ephrussi (Ghilds) 4.
- Caillette, pche bb., 49 1/2 (3o/i). M. G‘ Cham-bry (Wycherley) 0.
- Mademoiselle de Capeyron, pche al., 5i k. 1/2 (12/1). M. Dr Guestier (A Mills) o.
- Carmaux, pn b., 5i k. (20/1). Bn de Soubeyran (Bridgeland) o.
- Hautbois, pn b., 53 k. (12/1). Duc de Gramont (Rolfe) o.
- Germaine II, pe al., 49 1/2 ( 16/1 ). M. le Par-gueux (Chant) o.
- Flatteur, pu al., 5i k. (10/1) H. Gibson (Gooch) o.
- Aventurier, pn b., 53 k. (25/1) Summers (Car-lyle) o.
- Pourtant, pnal., 5i k. (10/1) G. Cunnington (Hartley) o.
- Grisolet, pn al., 5i k. (25/1). Comte Le Marois (French) o.
- Livie, pche b., k. 1/2 (25 1). M. H. Ridgway (Clout) o.
- Durée de la course : 1' 48//.
- Pari mutuel, unité 10 fr., 67 fr.
- Pari mutuel, chevaux placés, unités ïo fr., Tire Larigot, 22 fr. 5o ; Hélyette, 3y fr. ; Prophète, 26 fr.
- Bari mutuel, tribunes, unité 10 fr., 77 fr.
- Pari mutuel, tribunes, chevaux placés, unité 10 fr.. Tiré Larigot. 14 fr. ; Hélyette, 10 fr. ; Prophète. 20 fr.
- Gagné d’une longueur ; le troisième à une longueur et demie du deuxième ; le quatrième à une longueur et demie du troisième,
- Montant du prix, 4,075 fr.
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- 1202. — Quatrième Année. — N° 198.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- '.Dimanche 14 Octobre 1888.
- COURSES A NEWMARKET Mardi 4 octobre
- cesarewitch (i2,5oo fr., 3,600 mètres)
- Ténébreuse (.10/1). — M. P. Aumont (T. Can-non), r.
- Mill Stream(4o/i). —M.G. Lambert (Dibben), 2. Trayles (9/2). — Captain Machell (Robinson), 3. Phil. — M. H. T. Fenwick (Rickaby), o.
- Acme. — Lord Lurgan (F. Webb), o.
- Rêve d’Or. — Duc de Beaufort (Martin), o. Oliver Twist. Sir W. Throckmorton (J. Watts),©. ButtonPark. — Duc de Beaufort (G. Barrett),o. Savile. — Duc de Westminster (T. Cannon junior), o.
- Cotillon.— M. L. de Rothschild (F. Barett), o. Ruddigore. — General Pearson (S. Loates), o. ITonans. — M. R. S. Evans (Warne), o.
- Matin Bel. — M. C. Berkins (Chandley), o. Admirai Benbow. —M. E. Jones (T. Loates),o. Governor Waller. General O. Williams(Calder, o. Fealty. — Duc de Beaufort (Cleminson), o. White Flag. — M. Naylor (J. Woodburn), o. Sorrento.— M, Fairie (Wall), o.
- Polydor. — Lord Cholmondeley (G. Chaloner), o. Kenilworth. — M. W. l’Anson (Luke), o. Rhythm. — M C. Jousiffe (White), o.
- Frank. — M. Naylor (Bâtes), 0.
- East Indian. — Lord Lascelles (Mullen), o. Gagné facilement de trois quarts de longueur; mauvais troisième.
- Au signal, Polydor, Governor, Waller, White Flug, Franck et Kenilworth se sont élancés en tête. Aux Bushes, Mill Stream prenait le commandement. A Abingdon Dip, Kenilworth était en difficulté. A ce moment, Ténébreuse se détachait du lot avec Trayles et Mill Stream. Dans la montée Trayles était battu et Ténébreuse prenaitnettement l’avantage pour gagner aisément de trois quarts de longueurs. Trayles était mauvais troisième.
- Au départ on faisait : place, Ténébreuse à 5/2 ; Mill Stream, à 100/14, et Trayles, à 7/4.
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- COURSES A VENIR
- Dimanche 14 octobre: Lundi i5 octobre Mardi 16 —
- Mercredi 17 —
- Jeudi 18 —
- Vendredi 19 —
- Samedi 20 —
- Longchamps
- Vincenrtes.
- Saint-Ouen.
- Saint-Germain.
- Chantilly.
- Colombes.
- Saint-Germain
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- PRONOSTICS
- COURSES AU BOIS DE BOULOGNE Dimanche 14 octobre 1888
- Prix du Moulin: Coccinelle.
- Prix de Saint-Cyr : Melbourne.
- Handicap Libre: Ecurie Lupin.
- Prix Gladiateur : Ténébreuse.
- Premier prix d’Automne: Ecurie Soubeyran. Deuxième prix d'Automne : Sagittaria .
- Robinson.
- LE BON MARCHÉ
- EXPOSITION DES TOILETTES D’HIVER
- Les savants nous annoncent un hiver rigoureux. Quelques jours de piquante froidure ont déjà fait frissonner les Parisiennes. On les a vues sur les boulevards se presser à la porte des.théâtres, emmitouflées dans des toilettes trop légères pour la rigueur d’une saison prématurée. Elles sont revenues de la campagne et de la mer depuis quelques jours à peine, après y avoir goûté les charmes d’un été tardif et, sans transition, sans que les feuilles des bois aient eu le temps de jaunir, voici venir l’hiver. Saison curieuse, à Paris surtout, saison où tout s’anime dans la capitale, où toute la nuit les lumières brillent aux fenêtres pour des réceptions, des bals ou des fêtes. Paris est aux Parisiens revenus, surtout aux Parisiennes.
- Une exposition des toilettes d’hiver va s’ouvrir au Bon Marché le lundi 22 octobre et jours suivants. Elle comprendra tout ce qui compose le vêtement d’hiver pour dames, hommes et enfants. On y trouvera les manteaux qui garantissent contre les frimas et la bise glacée, les chauds costumes, des jupes, peignoirs, fourrures, ehapeaux, chaussures, pelisses et douillettes. Tous ces objets soit confectionnés, soit en étoffes pour robes et manteaux, seront de la dernière nouveauté.
- Les soieries, peluches, velours et lainages, tant unis que de fantaisie, seront autant d’occasions tout à fait remarquables. Et, pour que l’Exposition soit complète, on y trouvera en outre tout ce qui concerne la draperie, les étoffes nouvelles, la bonneterie, les parapluies, enfin la collection la plus complète de ce qu’il faut en hiver.
- Le Bon Marché, fidèle à ses traditions, sera tou-jour un guide sûr et élégant de ce que la mode offre de plus beau tant en costumes de soirées qu’en vêtements de ville.
- L’Exposition de cette année offrira des modèles exquis de nouveauté et defini comme robes de soirée en nouvelle étoffe soierie dite Royale, de toutes nuances et de différents styles. Nous appelons d’une façon toute spéciale l’attention des visiteurs sur cette nouvelle étoffe d’une grande richesse.
- Les vieux styles sont revenus à la mode. Le Bon Marché a créé des modèles de ces styles qui paraissent devoir être fort goûtés.
- Outre les types en étoffe Royale, il en existe en , broché soie, étoffe également très riche et qui ten-1 tera bien des visiteuses.
- ' Comme toilettes de ville, des confections en
- 1 t
- ' drap, toujours haute nouveauté, agrémentées de 1 passementerie avec plusieurs collets superposés.
- Tous ces modèles ont été créés par la maison avec un souci remarquable de la perfection élégante adaptée aux besoins et aux habitudes de notre époque. C’est d’un goût irréprochable. Impossible d’atteindre à une pareille richesse, à une aussi" parfaite élégance, dans des prix aussi relativement exceptionnels.
- Au comptoir des confections pour dames, on trouvera des manteaux très riches, en peluche soie de la plus belle qualité, aux nuances variées à l’infini, manteaux doublés soie, garnis de passementerie tout à fait nouvelle.
- Une Pelisse également forme nouvelle, en matelassé soie qualité extra, doublée surah, garnie en peluche aux nuances variées, avec agrafes de métal représentant différents motifs, passementerie mate. Les manches de cette pelisse descendent jusqu’au bas, ce qui donne au vêtement un cachet de suprême élégance et de grande nouveauté.
- On remarquera aussi un manteau long en ehe-viotte noire doublé soie et ouaté, garni d’un riche galon en passementerie mate. Ce manteau est une merveille de bon goût, du dernier bon ton et surtout d’un bon marché qui n’a jamais été atteint.
- A noter encore la Rotonde visite en cachemire fin ou vigogne de l’Inde, doublée ventre de gris ou dos de gris, avec col en fourrure, article magnifique et très bon marché.
- Une mante très élégante en peluche noire et couleur, doublée soie et ouatée, garnie plume avec motif passementerie sur le pouf.
- Un article absolument exceptionnel, comme prix, comme confeclion et effet d’ensemble, c’est une redingote de voyage, de forme la plus nouvelle, en tissu limousine, avec dispositions variées et collets superposés.
- Nous citerons encore et sans crainte de fatiguer nos lecteurs, car ils 11e se fatigueront pas eux-mêmes de visiter cette magnifique Exposition. Nous citerons Vélégante jacquette, façon tailleur, très soignée, en drap de toutes nuances, doublée soie, garnie moire assortie, avec un collet rabattn qui est d’un très bel effet et du dessin le plus coquet.
- Enfin , une jaquette en véritable loutre du Ca nada, doublée satin soie assorti et ouatée.
- En outre, un très joli choix des plus riches sorties cle bal forme visite, manches japonaises, en cachemire blanc ou couleur, doublées soie et ouatées, garnies lièvre ou cygne. C’est très beau et en même temps d’une modicité de prix qu’on ne saurait dépasser.
- Rien de plus joli que ces nouveautés si variées, ces teintes chatoyantes, ces tissus moelleux, ces formes de vêtements de tout genre adaptées aux mille circonstances de la vie. Mais ce n’est là qu’un côté de l’Exposition; elle est longue à parcourir, puisqu’elle offre aux visiteurs tous les objets nécessaires ou utiles pour la saison d’hiver.
- Il va des comptoirs spéciaux pour les matinées, les peignoirs, les douillettes en flanelle ou en vigogne foulée. Les modèles sont des plus variés. On trouve là les articles les plus riches comme les plus simples, mais toujours de forme nouvelle et d’un grand confortable.
- Plus loin sont les jupes drapées, modèle nouveau, qui seront très remarquées et qui atteignent à la perfection du genre. Les assortiments de ces jupes tant drapées que d’autres formes sont diversifiées à profusion et tous les modèles sont du meilleur goût.
- En un mot, depuis les robes les plus riches, les soieries les plus belles, jusqu aux étoffes simples et très chaudespour l’hiver, aux vêtements de ville,, aux sorties de bal, aux jupes et jupons de dessous en flanelle pure laine, en drap soutaché, en satin, le vêtement féminin est complet à l’Exposition du Bon Marché.
- Les fourrures sont devenues tellementà lahnode et on se les procure aujourd’hui à des prix si avantageux que tout le monde, suivant ses moyens, tient à en porter. La maison Boucicault a réalisé des prodiges pour contenter sa clientèle sous ce rapport, comme du reste en tout ce qu’elle offre à ses visiteurs.
- Nous recommanderons tout spécialement les boas de longueur démesurée qui, cette année seront et sont déjà très à la mode, les pèlerines en castor loutre, les pelisses garnies de véritable loutre du Canada, les bandes en fourrure, les tapis et couvertures de fourrures, etc.
- Citons encore les châles légers bien que très chauds, aux dessins multiples.
- Le comptoir des modes offrira cette année des nouveautés absolument exceptionnelles :
- Comme chapeaux de matin des toques garnies de rubans et d’un oiseau naturel ; les grands chapeaux posés en avant, avec garniture de plume d’autruche, chapeaux très à la mode et fort jolis pour la ville qui se portent avec de longues écharpes bordées de larges dentelles, en guise de voilette.
- A remarquer les petites capotes claires avec brides nouées sur le côté, coiffures ravissantes et en même temps très pratiques et commodes pour le théâtre. Enfin, pour les fillettes, la petite toque en drap et castor, pour la promenade, pour aller au cours, et, comme chapeau de toilette, le grand feutre avee belle amazone d’autruche revenant sous la passe.
- Au reste, tout ce qui. concerne le costume de l’enfant et de la fillette est traité par le Bon Marché avec un soin on pourrait même dire une sollicitude toute particulière. Aussi, les charmants bébés roses le savent bien. Et, commes ils entraînent leurs mamans vers les comptoirs où s’étalent tous les jolis objets qui les tentent ! Les mamans se laissent conduire et admirent, car elles se souviennent d’en avoir fait autant et elles savent bien que le Bon Marché est un paradis pour les enfants.
- Enfin, un comptoir spécial de vêtements pour hommes, jeunes gens et garçonnets, de pelisses fourrées, de fourrures, dérobés de chambre, attirera plus que jamais un grand nombre de visiteurs, ainsi que le comptoir des chapeaux et celui des chaussures. La qualité de tous ces articles et leur bon marché trèn réel les font toujours apprécier par ceux qui aiment à être bien habillés.
- Dire que l’élégance, le bon goût, la qualité exceptionnelle de tout ce qui se vend à la maison Boucicaut et s’y expose est un des traits caractéristiques de cette'maison modèle, ce serait répéter ce que tout le monde sait. Il est des traits de perfection qui ne sauraient être dépassés et devant lesquels tout éloge reste incomplet, car les expressions finissent par manquer à l’admiration qu’inspire la force du travail, l’organisation prodigieuse, la supériorité incontestée en tous les genres qui se révèlent à chaque pas dans une visite au Bon Marché.
- Baille.
- Le Propriétaire-Gérant : H. Pendrié.
- Tours. — lmp. E. ARRAULT etj3ie, rue de la Préfecture,&
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- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1SS9
- Dimanche 14 Octobre 1888.
- Quatrième Année. — N° iq8.
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- Les prix sont calculés d’après la distance kilométrique parcourue.
- La durée de ces abonnements est de trois mois, six mois ou d’une année.
- Ces abonnements partent du ltr de chaque mois.
- COMPAGNIE D’ORLÉANS
- Exposition universelle de Barcelone
- A l’occasion de l’Exposition universelle de Barcelone, la Compagnie d’Orléans, d’accord avec les Compagnies de Lyon, du Midi et l’Administration des Chemins de fer de l’Etat, fait délivrer, à toutes les gares de son réseau, depuis le 15 avril 1888, et délivrera pendant toute la durée de ladite Exposition des billets d'aller et retour de toutes classes pour Barcelone, ayant une durée de validité de 30 jours.
- Les prix de cës billets comporteront les réductions suivantes sur les prix des tarifs généraux, savoir :
- Au départ des stations distantes de Barcelone
- De moins de 500 kilomètres, 30 0/0.
- De 500 à 1,000 kilomètres, 35 0/0.
- De plus de 1,000 kilomètres, 40 0/0.
- Ces billets doivent être demandés à la gare de départ quatre jours au moins à l’avance.
- Les billets d’aller et retour sont délivrés par l’itinéraire le plus court. Toutefois, les voyageurs peuvent, à leur gré, choisir soit pour l’aller, soit pour le retour, un autre itinéraire abrégeant la durée du voyage. Dans ce cas, les prix des billets sont établis d’après les parcours choisis, et le voyageur est tenu de suivre cet itinéraire.
- Au départ de Paris, les prix de ces billets sont par Limoges, Toulouse et Narbonne de :
- lre classe, 169 fr. 30 ; 29 classe, 127 fr. 45; 3e classe, 90 fr. 75.
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- — Il fut bâti par le Maréchal de Richelieu en 1757 à son retour de la campagne de Hanovre comme complément de son Hôtel de la rue d’Antin.
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- Sous le Directoire le PAVILLON et ses magnifiques jardins furent transformés en un lieu de plaisir rendez-vous des Incroyables et des Merveilleuses de l’époque.
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- QUATRIEME ANNÉE. Dimanche 21 Octobre 1888. NUMÉRO 199.
- SOMMAIRE :
- Les Travaux du Champ-de-Mars. — Résultats d'adjudications. — Installations diverses. — Revue technique des Travaux : L’ascenseur de la partie supérieure de la Tour Eiffel. — La Cochinchine à l’Exposition de 1889. — Les Colonies à l'Exposition de 18S9. — Les Etrangers à l’Exposition de 1889. Echos. — Expositions d’Horticulture et de Fruits — Nos gravures. — L’Art ancien à l’Exposffion de Bruxelles. — Sport. — Gravures : Portraits d’ingénieurs du Palais des Machines. — Supplément: Plan de l’ascenseur supérieur de la Tour Eiffel.
- La nouvelle Administration du MONITEUR DE L’EXPOSITION a l’honneur d’informer ses abonnés que ses bureaux situés, Cité de l'Alma n° H, sont à proximité du Champ-de-Mars, du quai d’Orsay et de l'Esplanade des Invalides, c’est-à-dire au centre même de l’Exposition.
- Elle se met à leur disposition pour tous les renseignements dont ils pourraient avoir besoin concernant l’Exposition de 1889: demandes d’emplacements, installations de vitrines, etc., etc.
- Pour ces renseignements et pour tout ce qui concerne la rédaction ou l’administration, s’adresser à M. H. PENDRIÉ, directeur et propriétaire-gérant du MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- LES
- TRAVAUX DU CHAMP-DE-MARS
- Depuis notre dernière revue (i), toujours même activité du pont d’Iéna à l’Ecole militaire.
- En avant du Champ-de-Mars proprement dit sur le quai d’Orsay, les constructions variées de l’Exposition de Y habitation humaine prennent chaque jour meilleure figure. Le gros œuvre de cette curieuse leçon de choses sera bientôt terminé.
- La tour Eiffel atteint actuellement i5o mètres, mais elle les dépassera quand paraîtront ces lignés. On a, en effet, aujourd’hui (jeudi 18) achevé le relèvement des grues, et demain, le montage de la quatrième entre-croisure, au-dessus de la seconde plate-forme, sera en pleine activité, ce qui portera, lundi ou mardi au plus tard, la hauteur totale de la tour à 160 mètres.
- A partir de la seconde plate-forme un changement notable a été opéré dans le mode d’établissement de la charpente de la Tour. Les colonnes de chaque pilier ne sont plus qu’au nombre de trois. En outre, au lieu de former chacune un carré plein, elles ne sont plus constituées que par un simple fer en V dont le sommet est dirigé vers la face extérieure du monument.
- De plus, les montants inclinés établis dans
- (D Voir dans notre numéro du 16 septembre.
- chacun des piliers de la Tour, côté intérieur, qui ont servi au montage successif des grues et sur lesquels , ultérieurement, glisseront les ascenseurs, ont été arrêtés à 7 mètres environ au-dessus du plancher de la seconde plateforme. Ils sont remplacés dorénavant par une sorte d’armature double se rattachant aux extré_ mités des susdits montants et fixée sur des piliers droits solidement établis au milieu de la plate-forme. C’est cette armature qui porte les deux grues restantes, et qui, à l’instar des montants inclinés inférieurs dont nous parlions plus haut, servira de point d’appui à l’ascenseur supérieur.
- Notre collaborateur, M. Harty, traitant spécialement, dans une autre partie du journal, la question de cet ascenseur, nous n’insisterons pas.
- Ne quittons pas la Tour Eiffel cependant sans signaler que la pose des ornements de la première plate-forme se continue régulièrement. Au second étage, ces mêmes ornements en arceaux qu’on a pu voir figurer sur les plans publiés jusqu’à ce jour, ne seront pas établis. On l’entourera simplement d’une balustrade à hauteur d’appui telle qu’elle est figurée sur la planche jointe à ce numéro. L’effet n’en sera pas moins heureux, au contraire.
- Tout autour du géant de fer, se multiplient chaque jour les installations diverses. A gauche, c’est-à-dire du côté de Paris, ce sont : le pavillon de l’exposition du gaz, au pied du pilier 1, déjà à hauteur d’un étage, puis, celui des téléphones dont on prépare les fondations; plus loin, le bâtiment Dreher dans un état d’avancement qui émoustillerait sûrement les nerfs du grand chancelier s’il lui était donné de l’entrevoir, ne serait-ce que dans un rêve. Près de l’avenue de la Bourdonnais le théâtre des Folies-Parisiennes, dont la salle en charpente de bois est à peu près terminée; on procède en ce moment à l’établissement, celle-là en maçonnerie, de la partie du théâtre où seront installées la scène, les loges des acteurs et, sans doute, l’administration.
- Du côté opposé, côté Grenelle, de la Tour, c’est une révolution complète depuis notre dernière revue. Tout proche du pilier 4 c’est l’importante installation du Brésil qui déjà sort de terre. En arrière du quai, un immense terrain.est préparé pour recevoir celle, peut-être plus importante encore, de la République Argentine. Puis, à côte de l’emplacement destiné au Brésil, c’est le bâtiment de l’exposition de bières Tourtel, en maçonnerie, qui atteint un mètre au-dessus du sol. Au delà, le pavillon pittoresque,en bois, delà République bolivienne, presque achevé en tant que gros œuvre. Plus à droite, dans la direction de la gare du Champ-de-Mars, s’élève dans un état d’avancement marqué, le pavillon du Vénézuela ; et, en se rapprochant du Palais des Arts libéraux, d’abord
- lui faisant face, les constructions, commencées depuis quelques jours, destinées aux expositions du Chili, des Républiques de San-Salvador et de Nicaragua, et, tout au long du Palais, en bordure de l’avenue de Suffren, mais simplement indiquées par des poteaux, les emplacements préparés pour les installations de l’Uruguay, du Paraguay, d’Haïti et de l’Inde.
- Dans quelques jours sûrement, si le temps veut bien continuer à être favorable, toutes ces constructions sortiront de dessous terre, les unes, où s’achèveront bientôt celles par exemple dont l’édification est déjà en cours d’excution.
- Nous devons mentionner, avant de poursuivre plus loin cette visite du Champ-de-Mars, un petit chalet, gracieux et coquet, déjà à peu près terminé, installé à quelques mètres seulement du pavillon de la Républipue de Bolivie. Ce chalet a été édifié par un - spécialiste dans ce genre de constructions, M. Simard fils, de Bel- -levue.
- Revenons maintenant aux grandes constructions métalliques que nous avons laissées il y a un mois en bon état d’achèvement, du gros œuvre tout au moins. '
- Les deux Palais des Beaux-Arts et des Arts libéraux sont à peu près terminés en tant que grosse charpente. Les dômes ont bientôt reçu le complément de leur couverture. Déjà, on a placé sur les façades qui regardent le parc une partie des ornements en céramique qui leur sont destinés et qui sont, ma foi, du plus bel effet. Mais il y a encore bien des compléments de travaux serondaires à exécuter dans ces deux Palais. Il est vrai qu’ils peuvent être faits en patience, à présent que tout le travail principal du corps des deux édifices est presque achevé; il n’y a pourtant pas de temps à perdre.
- A la suite des Palais des Beaux-Arts et des Arts libéraux, les galeries transversales Desaix et Rapp qui doivent les relier à celles longitudinales des expositions diverses, sont poussées avec activité. Les quatre portes monumentales aussi bien que la partie métallique de ces galeries sont dans un état d’avancement très satisfaisant, étant donnée l’époque tardive du commencement des travaux. MM. Duclos et Cie, qui en ont l’entreprise, déploient, incontestablement. tout le zèle nécessaire ; nous devons leur rendre cette justice.
- Au delà des galeries longitudinales des expositions diverses, les petites galeries qui leur servent de jonction avec celles transversales, dans l’axe de la Tour centrale, sont en bonne voie d’exécution. Moins avancée, par contre, est celle qui doit relier la Tour centrale au Palais des machines, que construisent M. J. Roussel et la Société des Forges de la Franche-Comté. Quelques efforts de plus sur ce point ne seraient pas à dédaigner.
- Enfin, à la galerie des machines, ainsi que nous le disons dans une autre partie du jour-
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- nal, la pose des vingt grandes fermes est terminée depuis tantôt quinze jours. Le travail est maintenant en grande partie concentré sur la construction des galeries latérales confiée à quatre sociétés différentes et dont il ne reste plus à mettre en place que quelques arceaux. Sur plusieurs points mêmes de ces galeries, les vitraux latéraux sont en partie posés.
- Quant à la grande nef, dont le vitrage sera bientôt entièrement exécuté, c’est son sol à présent qui est le siège d’une activité nouvelle. De tous côtés, on travaille, soit à l’installation des socles sur lesquels sont fixés les piliers qui supporteront les arbres de transmission de la force motrice, soit à l’établissement des canalisations de l’eau et du gaz.
- MM. Baudet, Donon et Cie qui ont l’entreprise avec trois autres sociétés de construction de la pose des galeries latérales, sont aussi chargés de l’installation des piliers de transmission. Ce sont eux également qui procèdent à la mise en place des portails de chacune des extrémités de la grande nef, travail commencé depuis quelques jours, et eux aussi qui fourniront les grands tabliers métalliques destinés à la clôture de ces extrémités. C’est cette même société qui doit exécuter les ponts roulants de l’immense galerie ; mais de ces divers travaux, nous ne parlons aujourd’hui que pour mémoire ; ils seront l’objet d’une revue ultérieure et, mieux, encore, d’une étude spéciale que nous publierons en temps opportun.
- En terminant, disons qu’une grande partie des échafaudages monstres qui ont servi au montage des fermes est encore debout. Ils ne tarderont pas, cependant, à être démolis et enlevés pour rendre possibles les travaux intérieurs dont l’exécution est déjà commencée.
- H, Pendrié.
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- RÉSULTATS D’ADJUDICATIONS
- Ministère du commerce et de l’industrie
- TRIBUNAL DE COMMERCE. — SAMEDI l3 OCTOBRE
- Adjudication, en trois lots, des travaux de dal-
- ges en bitume à exécuter pour les palais et les
- rdins de l’Exposition de 188g, au Champ-de-
- ars.
- Evaluation, 85,561 fr. 21.
- Adjudicataires : Ier lot : M. Roux, 5g, rue de Javel, a été déclaré adjudicataire avec 3 % de rabais. — 2e lot : M. Roux, déjà nommé, avec 10,5o % de rabais. — 3e lot : Le même, avec 4 % de rabais.
- Le meme jour : adjudication, en un lot, de la fourniture, pose et entretien pendant la durée de l’exposition des parquets et lambourdes du req-de-chaussée du palais des machines, au Champ-de-Mars.
- Travaux évalués à 68,896 fr. 96.
- Adjudicataires : MM. Charles Jeanselme et Cie, 7, rue des Arquebusiers, avec i5 % de rabais.
- Le même jour : adjudication, en un lot, des travaux de construction, en location, de la porte d’entrée monumentale à exécuter à Vesplanade des Invalides, près le ministère des affaires étrangères.
- Travaux évalués à i5.i02 fr. 19.
- Adjudicataire : M. Bernard, cours de Vincennes, avec 6 % de rabais.
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- INSTALLATIONS DIVERSES
- L’Exposition d’économie sociale
- Le'comité départemental du Rhône pour l’Exposition universelle de 1889, informe les intéressés que la commission d’organisation de l’exposition d’économie sociale, a décidé que le dernier délai
- pour la réception des demandes d’admission relatives à cette exposition est irrévocablement fixé au 21 octobre.
- Dans l’intérêt des exposants, le comité les engage à ne point attendre cette époque pour former leurs demandes, la désignation des emplacements devant commencer dans les premiers jours du mois prochain.
- Des renseignements supplémentaires pourront être fournis aux intéressés, ainsi que des formules de demandes, au secrétariat du comité départemental, palais du Commerce, de neuf heures à cinq heures du soir.
- Machine à vapeur miniature
- Une des curiosités de l’Exposition sera une machine à vapeur fabriquée par un horloger, qui est en même temps un mécanicien et un artiste. C’est certainement la plus petite machine qui existe au monde. Elle pèse trois grammes et a un centimètre et demi de hauteur. Elle se compose de 180 pièces métalliques; voilà deux ans que le constructeur y travaille. Ajoutons qu’elle fonctionne très bien et que, avec quelques gouttes d’eau, on peut mettre en mouvement ce moteur lilliputien.
- REVUE TECHNIQUE
- DES TRAVAUX
- L’ASCENSEUR DE LA PARTIE SUPÉRIEURE
- DE LA TOUR EIFFEL
- Ce qui, dans le cas qui nous occupe, constitue la partie supérieure de la tour Eiffel, comporte l’espace compris entre la plate-forme du second étage et le sommet de la tour.
- C’est à franchir cet espace, qui est de 160 mètres, que doit servir l’ascenseur imaginé par M. Edoux.
- M. Edoux est un ingénieur très expert dans ce genre de construction, mais il a dû, ainsi qu’on le verra plus loin, en raison d’exigences spéciales, élargir les données qui règlent ses installations habituelles. Il adû entrer dans une voie nouvelle, et nous devons constater qu’il l’a fait avec un rare bonheur de conception.
- Toutes les descriptions que nous avons lues, et qui avaient pour but S’expliquer la construction et le fonctionnement de cet ascenseur, nous ont paru manquer de clarté, et quand nous employons cette expression, nous voulons dire qu’elles nous ont semblé insuffisantes pour être comprises par la majorité des lecteurs qui, généralement, ne possédant pas la clef du langage technique, ont besoin, pour s’approprier les particularités d’un sujet, d’avoir sous les yeux un exposé dont toutes les parties soient accessibles à la moyenne des connaissances usuelles.
- C’est sur cette base que nous nous sommes appuyé, quand, précédemment, nous avons entrepris, dans la description du palais des machines de faire saisir, à tout lecteur, la marche des opérations diverses, ayant trait à ce travail si remarquable.
- Nous allons, pour l’ascenseur de la partie supérieure de la tour, procéder, autant que possible, d’une manière analogue, et nous espérons aboutir au même résultat satisfaisant.
- Pour commencer, nous établirons d’abord que, comme condition essentielle,il a été prescrit qu’aucun des organes de l’ascenseur ne devra se trouver en contrebas de la plate-forme du second étage. — (Voir la planche annexe.) (1) j
- Or, la hauteur à franchir, c’est-à-dire la distance qui sépare la plate-forme du second étage du sommet de la tour, étant de 160 mètres, M. Edoux a posé comme suit l’énoncé du problème qu’il a résolu d’une façon si supérieure
- (1) Cette planche a été publiée dans le Génie Civil, du i01' septembre dernier.
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- et si simple: « Parcourir la distance verticale « de 160 mètres à l’aide d’un ascenseur à pistons. « dont la course maximum n’est que de 80 « mètres. »
- La solution de ce problème exige d’abord qu’à la moitié de la hauteur à parcourir, il soit établi un plancher intermédiaire qui pourra être considéré comme celui du troisième étage de la tour.
- Au lieu d’un unique piston, comme dans les cas ordinaires, l’ascenseur Edoux en comporte deux qui sont conjugués, c’est-à-dire sur lesquels-la force hydraulique agit en même temps. Ils sont réunis à leur partie supérieure par un palonnier sur le milieu duquel s’appuie le centre de la cabine contenant le personnel à transporter au sommet.
- Cette substitution de deux tiges conjuguées au piston central unique employé jusqu’ici est une innovation très heureuse destinée à soustraire ces organes, en permettant de les protéger par des enveloppes fixes, aux effets des vents violents qui, à partir de cent kilos par mètre-carré, par exemple, eussent pu donner lieu à des ruptures ou à des déformations dangereuses.
- Supposons donc l’installation terminée. La cabine devant être élevée est fixée à la partie supérieure des pistons, et ceux-ci, en vertu de la force hydraulique qui doit les solliciter, sont prêts à commencer leur mouvement ascensionnel. Il est visible que, dans cet état de repos, puisque les pistons ont une hauteur de 80 mètres, le plancher de la cabine qu’ils supportent devra correspondre avec le plancher intermédiaire de ce que nous appelons le troisième: étage.
- Cette cabine que nous nommons A est donc, en vertu de la combinaison de M. Edoux, destinée, puisque les pistons qui la supportent ne peuvent descendre plus bas, à ne se mouvoir que du plancher du troisième étage au sommet de la tour. Elle parcourra 80 mètres à la montée, et 80 mètres à la descente, comme les pistons avec lesquels elle fait corps.
- Mais comme le point de départ des ascensionnistes est la plate-forme du deuxième étage, comment fera-t-on parcourir à ces derniers les; 80 mètres qui les séparent de la cabine A ?
- Pour obtenir ce résultat, M. Edoux a relié par quatre câbles que supportent des poulies fixées, au sommet de la tour, les deux pistons et la cabine A, à une autre cabine B qui, elle-même, quand l’appareil est au repos, a son plancher au niveau de celui du troisième étage. Dans ce cas, les cabines se trouvent sur le même plan et l’on peut correspondre de l’une à l’autre.
- Ainsi donc, quand l’ascenseur est en mouvement, la cabine A et la cabine B se meuvent parallèlement suivant la verticale, mais en sens opposé. Quand A monte, B descend, et réciproquement.
- Disons, en passant, ce que chacun du reste comprendra, que ces cabines évoluent dans des poutres-caissons qui leur servent de guide, et que ces poutres elles-mêmes sont reliées solidement à la construction principale delà tour.
- Supposons une mise en mouvement ascensionnelle. Au point de départ, les cabines A et B sont sur le même pian horizontal. Si l’on fait fonctionner les pistons, la cabine A s’élève au sommet de la tour et la cabine B descend au plancher du deuxième étage.
- C’est alors seulement, après cette première manœuvre, que les ascensionnistes peuvent entrer dans la cabine B.
- On fait ensuite, par l’opération de l’écoulement de l’eau qui soutient les pistons, redescendre ceux-ci au point primitif, et la cabine B, avec ses voyageurs, se trouve en commu nica-
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- tion avec la cabine A qui prend ces derniers pour les élever au sommet de la tour, par une manœuvre analogue à celle qui vient d’être décrite.
- Telle est la façon ingénieuse, correcte et simple, au moyen de laquelle M. Edoux a résolu le problème de l’ascension à la partie supérieure de la tour.
- Tout, dans ce remarquable ensemble, a été prévu. Tout a été calculé pour que la plus entière sécurité soit assurée. L’influence du vent même, sur les organes de l’ascenseur est, par des précautions spéciales, complètement annulée.
- Le travail maximum auquel seront soumis les câbles de suspension 11e sera que de 6 kilog. par millimètre carré de section, soit environ le huitième de ce qu’ils pourraient réellement .supporter.
- On s’est imposé la tâche de pouvoir élever au sommet de la tour sept cent cinquante personnes à l’heure, et comme la superficie des cabines est de 14 mètres carrés, soixante-trois ascensionnistes environ pourront y prendre place. Chaque voyage, aller et retour, n’aura que cinq minutes de durée, c’est-à-dire, en un mot, que pour la montée et la descente, l’ascenseur ne fonctionnera que pendant ce laps de temps.
- Pour jouir des beautés qui s’offriront aux regards à cette altitude de 3oo mètres, personne n’hésitera à entreprendre le voyage, car, ainsi que nous l’avons dit et comme résultat de la haute prévoyance des ingénieurs, l’accident même le plus léger est dès à présent reconnu impossible.
- Harty.
- Là cochinchine
- A L’EXPOSITION DE 1889
- Sous ce titre, on lit dans le Saïgon républicain du 6 septembre dernier :
- Malgré la sévérité des consignes interdisant au public l’accès des chantiers installés dans les immenses paillottes du boulevard Charner, malgré la fidélité avec laquelle elles sont exécutées, le chroniqueur, dont le devoir est de se faufiler partout, a demandé et obtenu l’autorisation de les parcourir. C’est au nom de la curiosité qu’excitent partout les préparatifs de l’Exposition de 1889 et des vœux, bien légitimes formés pour sa complète réussite que cette visite lui semblait obligatoire. L’émulation, qui à notre époque est le grand moteur de la concurrence commerciale, industrielle et artistique entre les nations, se complique en ce moment chez nous de l’étude de la question coloniale, naguère reléguée au second plan, et qui semble vouloir se dégager peu à peu des entraves et des mauvais vouloirs du passé!
- A des critiques, à des accusations passionnées, injustes et souvent intéressées, nous voudrions pouvoir répondre par des faits, par des preuves matérielles, dire aux plus aveugles , aux plus incrédules : Jugez !
- Gommes ces mamans heureuses et fières de voir leurs enfants bien parés, qui se disent intérieurement: « Ce sont les plus beaux! » nous souhaiterions que notre exhibition cochinchinoise fut la plus belle entre les belles ! C’est pourquoi tout ce qui la concerne ne peut nous laisser indifférent, c’est pourquoi nous vous invitons, Mesdames et Messieurs,ànous accompagner un instant dans nos pérégrinations.
- * *
- En commençant notre journée, nous trouvons faisant face aux bâtiments des Travaux publics une première paillotte dont la superficie est de neuf cents mètres carrés.
- C’est sous cet abri formé de bambous et de palmiers, que se prépare la partie centrale du
- pavillon de la Cochinchine, destinée à orner l’esplanade des Invalides à gauche de celui des colonies. Le spectacle y est vraiment fort curieux: plus de cent charpentiers chinois sont là, taillant, creusant, fouillant le bois, travaillant avec une activité sans égale, et que nous pourrions qualifier de dévorante, à cette œuvre architecturale, si nous ne professions pas une sainte horreur pour les clichés. Oui, c’est un pittoresque tableau que celui de ces ouvriers au torse nu, à la peau aux reflets métalliques, à la natte entortillée autour du crâne rasé, se livrant à leur industrie avec une rapidité de composition et d’exécution que, malgré notre chauvinisme, nous souhaiterions èf nos ouvriers métropolitains.
- Le bois destiné à cette partie du pavillon est fourni par M. Bonnet, entrepreneur, qui met une promptitude exceptionnelle à livrer ces matériaux. Ils sont reçus en grume et examinés avec soin par M. Thil, sous-inspecteur des Travaux publics. Croyez que cette réception et ce classement ne sont pas une mince besogne ! Puis ces bois sont équarris, tracés et sculptés.
- On a bien voulu dresser à notre attention ce qu’en argot de métier on nomme une ferme. Savez-vous ce que c’est qu’une ferme? C’est l’assemblage de pièces placées de distance en dislance et destinées à porter la couverture d’un bâtiment.
- Une fois la ferme dressée, nous pouvons admirer tout à notre aise les sculptures des entraits, des consoles, des corbeaux, des arbalétriers, etc. Oserons-nous les comparer à des dentelles, suivant une coutume banale et démodée.
- Non, car nous estimons que le bois aussi bien fouillé, soit-il bon ou mauvais, ne se prête que difficilement à une comparaison aussi exagérée. Nous avouons cependant qu’elles forment un fouillis, un méli-mélo, un assemblage fantastique inattendu de fleurs, fruits, animaux aux yeux sortant de leurs orbites, enchevêtrés, entrelacés dans les positions les plus incroyables et les plus instables. Tout ce que l’imagination d’un chinois saturé d’opium a pu produire, tout ce que les rêves apportés par les vapeurs bleuâtres de la liqueur enchanteresse ont pu laisser dans son cerveau et ses idées, se retrouve dans ce merveilleux travail. La matière semble avoir été animée non seulement par l’outil, mais encore par les souvenirs d’un songe, à la manière d’Edgard Poe.
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- Dans une seconde paillotte d’un millier de mètres environ et installée rue Rigault-de-Genouilly, se construisent les ailes du pavillon central dont nous venons de parler. Elles sont d’un caractère purement annamite. Annamite l’exécution, annamites les ouvriers ! Le Go-Viap et Cholon ont fourni pour ce chantier une soixantaine de charpentiers et cinquante sculpteurs, dont le plus grand nombre sont d’une habileté professionnelle absolument remarquable. Leur travail se distingue de celui des artistes chinois par une finesse si rare, une perfection poussée à un degré si étonnant, que le caractère décoratif spécial à ces derniers semble leur manquer légèrement.
- S’il était possible d’établir une similitude quelconque avec l’industrie parisienne, nous dirions que ce genre de travail appartient plutôt à celui du meuble, qui a fait la réputation de notre faubourg Saint-Antoine !
- Il paraît regrettable que de si jolies choses disparaissent dans l’ensemble d’un bâtiment aussi important, et que certains détails traités de main de maître ne puissent pas être appréciés de très près par nos sculpteurs sur bois de la Métropole.
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- Le pavillon central et ses côtés formeront un monument d’un aspect original et fort élégant. A l’intérieur une grande salle principale et deux galeries annexes ; au milieu une cour avec vasque et jet d’eau, ornés de porcelaines chinoises aux couleurs vives et variées ! Cette cour est précédée d’une remarquable galerie en gradins qui produira à cause de son ornementation, un effet aussi gracieux que saisissant !
- A l’extérieur et en avant seront disposés des mâts de pagode, des oriflammes, des spécimens de tombeaux annamites dont la vue, on le sait, n’a rien de sinistre, des miradors, des vases sur leur support, des dragons, des animaux fantastiques, etc.
- Si nous avions une critique à adresser à toutes ces belles choses, nous dirions que la fantaisie v a peut-etre une trop large part et qu’elle règne certainement trop en maîtresse dans la disposition générale; mais il était impossible, nous a-t-on fait remarquer, de prendre dans la contrée un monument quelconque et de le copier exactement, surtout pour le faire servir à des salles d’exhibition. La maison d’un riche annamite, par exemple, se distingue généralement par son obscurité. Empressons-nous d ajouter que tous les détails de ce pavillon nous semblent avoir été relevés avec une exactitude scrupuleuse, une entente parfaite “de l’art extrême-oriental !
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- * *
- Le couronnement de l’édifice mérite une mention spéciale et une description particulière. Nous sommes en pleine couleur locale. Il se compose d’une crête de vingt mètres de long sur trois de hauteur, en terre cuite émaillée. Elle se moule, s émaillé et se cuit en ce moment dans la fabrique de Caï-maï, près de Cholon. Dans toute sa longueur se déroule la plus étonnante procession de personnages, bonshommes, bonnes femmes et enfants que l’on puisse rêver : on y voit des gens saluant du premier étage de la main et de la tête leurs amis qui déambulent dans la rue, d’autres qui se pavanent, des dames jouant de l’éventail, des marchands, des cavaliers, des badauds ; en un mot, ce sont de véritables scènes du trottoir et de la chaussée. Ce chef-d’œuvre nous a rappelé celui si connu en France sous le nom de danse macabre et que l’on peut admirer dans l’église de la Chaise-Dieu, près du Puy, mais avec u*ie mise en scène plus calme etmoins abracadabrante.Deux immenses dragons, semblables à celui du récit de Théra-mène :
- Indomptable taureau, dragon impétueux,
- Sa croupe se retourne en replis tortueux,
- se dressent au faîte du bâtiment et dardent sur un globe d’azur auréolé de flammes, des yeux furibonds que l’écartement d’un fil de laiton habilement dissimulé envoie à quinze pas, comme ceux d’un simple pioupiou!
- Enfin, le pavillon de la Cochinchine sera peint en rouge, bleu, vert et or, mais avec les teintes spéciales que nous admirons sur les pagodes chinoises, ce qui contribuera à lui donner un aspect d’une originalité remarquable.
- M. Foulhoux, notre chef du service des Bâtiments civils, est l’auteur de ce monument dont nous avons essayé de donner une idée à nos lecteurs.
- * *
- PourM. Foulhoux et ses collaborateurs dans le service qu’il dirige avec tant d’autorité et de compétence, nous sommes fiers de constater que l’exécution du pavillon de l’Annam et du Tonkin lui a été confiée. Afin de mener à bien cette entreprise, M. Vildieu, architecte adjoint au chef de service, accompagné de M. Raffegeaud, artiste bien connu à Saïgon, a été chargé d’aller à Hué, afin d’examiner sur place les différentes constructions et rapporter les motifs de décoration et les éléments lui permettant de créer une œuvre aussi délicate que difficile.
- La difficulté à surmonter était de trouver un style différent de celui du pavillon de la Cochinchine, et cependant ayant avec lui un certain air de famille — si nous pouvons nous exprimer ainsi — et cela en vertu de la parenté qui dérive de l’Unité indo-chinoise et de la fraternité coûteuse des budgets. En un mot, il fallait imaginer autre chose !
- Tout ce qui concerne l’Exposition de l’Annam et du Tonkin, au point de vue de l’édifice, se fera donc à Saïgon.
- Dans une troisième paillotte de 800 mètres, les
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- travaux de ce second pavillon sont poussés avec une grande activité. M. Foulhoux a pris les mesures nécessaires pour que les ouvriers devenus disponibles par suite de la prochaine terminaison des travauxde la Cochinchine, soient employés à sa construction.
- Ce pavillon se compose de deux salles de 25 mètres chacune de longueur, sur 8 environ de largeur. Elles sont reliées entre elles par deux galeries. Au centre, dans une cour carrée, se trouve un autre pavillon isolé devant servir de temple à un gigantesque Bouddha, dont l’exécution est confiée à M. Raffegeaud.
- La porte principale de la façade est la reproduction exacte de celle de la pagode de Quan-Yeu, près d’Haiphong. De chaque côté, des ouvertures rectangulaires destinées à laisser pénétrer à flots la lumière à l'intérieur, serviront également à montrer l’emploi décoratif de faïences émaillées aux couleurs éclatantes.
- Les murs extérieurs, revêtus de peinture et d’une application d’une sorte de mosaïque composée de tessons de faïence, seront certainement très remarqués. Cette ornementation, d’un effet merveilleux à cause de sa richesse et de son bon goût, est très employée dans tout l’Annam.
- L’édifice est flanqué à droite et à gauche de terrasses sur lesquelles seront installées de distance en distance des spécimens de plantes décoratives que tout riche annamite croit de son devoir de posséder à profusion dans sa demeure. Leurs tiges sont surmontées de figures d’animaux en faïence, tels que dragons, tigres, cerfs, chevreuils, chiens du Japon, et même de têtes huitièmes ou soi-disant telles.
- Ces terrasses seront terminées du côté des quinconces de l’Esplanade des Invalides (côté gauche) par des paravents ajourés, reproductions fidèles de ceux trouvés en Annam par MM. Vil-dieu et Raffegeaud.
- On accédera à ce pavillon par un pont jeté sur un bassin. Les colonnes en bronze qui le décorent sont copiés sur celles que l’on admire à l’entrée de la pagode de Tien-Tri. En avant se trouvent des miradors du Tonkin, des tombeaux, des oriflammes et tous les bibelots en faïence en usage dans nos contrées.
- Enfin, à l’intérieur, les plafonds seront à compartiments. Le plafond en rotin très fin, tressé à la mode annamite, sera recouvert de peintures représentant des dragons, des oiseaux, des poissons fantastiques, d’une composition et d’un fini tout à fait exceptionnels.
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- L’aspect général de ce pavillon est excessivement curieux. Ses toits superposés aux extrémités relevées en pointes de sabots, ses couleurs multiples, ses ornements de faïence, sa couverture en tuiles rouge vif,aux bordures d’antéfixe de faïence verte, en feront certainement un des bijoux les plus coquets de l’Exposition de 1889. Il fait le plus grand honneur à M. Vildieu.
- * *
- Cette étude serait certainement incomplète, si nous ne parlions pas au moins pour mémoire d’un certain nombre de petites constructions annexées aux deux pavillons de l’Indo-Chine.
- Ayant à reproduire l’existence quotidienne des populations qui nous entourent, il était indiqué qu’il fallait les montrer dans leurs travaux et dans leurs plaisirs.
- Un minuscule village devant servir de logement à quelques miliciens et tirailleurs, ainsi qu’à un certain nombre d’ouvriers, a été prévu au projet. Il se compose de la maison communale, d un marché, d’un théâtre, et d’un restaurant où se débiteront le nuoc-mann aux suaves parfums et un choum-choum de choix, véritable caresse pour les palais européens.
- •¥• *
- Il est absolument regrettable que l’on n’ait pas cru devoir conserver le projet du Cambodge dressé par M. Fabre, chef du service des Travaux publics à Pnom-Penh. Nous avons eu sous les
- yeux le plan de cette magnifique construction, dans laquelle l’auteur avait su s’inspirer des plus beaux modèles de l’art khmer, et nous le répétons, il est fâcheux que, faute d’un peu d’argent, il manque ce joyau à l’ensemble de l’Exposition de notre belle colonie et de nos protectorats en extrême Orient.
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- Il reste à meubler dignement les pavillons de la Cochinchine, de l’Annam et du Tonkin. Nous faisons les vœux les plus sincères pour que les exposants et les industriels soient nombreux, que les artistes indigènes y soient représentés en grand nombre, que cette manifestation coloniale, en un mot, soit toute à la gloire de notre pays et de la cause que nous avons le devoir de défendre et de faire triompher.
- Georges MARX.
- LES COLONIES A L’EXPOSITION
- DE i88q
- Section coloniale française
- Nous apprenons que le commissaire général de la Section coloniale française, se propose de faire ^figurer, dans la partie décorative de la façade du palais principal de l’Exposition coloniale, les armoiries de nos colonies.
- L’idée est assurément bonne, mais l’exécution difficile car, d’une part, nos colonies récentes n’ont encore aucune espèce d’armoiries, — à notre connaissance — et. d’autre part, nos vieilles colonies, si elles en. ont, ont complètement oublié de les faire connaître.
- Le projet est original et, en tous cas, il est louable. Aussi croyons-nous que ce serait rendre service au commissariat que de lui communiquer tous renseignements propres à lui faciliter sa tâche. Nous faisons appel à nos lecteurs dans ce but.
- Toutes les communications relatives à l’Exposition coloniale doivent être adressées à M. Louis Henrique, commissaire général, 16, rue Boissy-d’Anglas.
- *
- * Y
- Indo-Chine
- Le gouverneur général de l’Indo-Chine a pris un arrêté en vertu duquel MM. Foulhoux et Aymonnier sont délégués en qualité de représentants de la colonie, et de Fontvielle chargé des rapports de la section indo-chinoise avec la presse.
- M. Foulhoux est plus particulièrement désigné pour la Cochinchine, et M. Aymonnier pour le Tonkin et l’Annam.
- M. Fabre, architecte à Phnom-Penh, délégué du Cambodge, doit s’embarquer pour la France vers fin octobre ; il est spécialement chargé de la construction du pavillon cambodgien qui figurera la reconstitution de la pagode d’Angkor qui sera, assurément, l’une des plus remarquables attractions de l’Exposition coloniale.
- M. Foulhoux, dont l’arrivée est annoncée pour les derniers jours du mois d’octobre, amène avec lui une escouade d’ouvriers annamites qui devront procéder à l’édification des constructions cochinchinoises.
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- a .¥•
- Martinique
- L’état d’anarchie administrative dans lequel se trouve cette colonie se manifeste même dans les questions qui se rattachent à l’exposition ; un de nos confrères, les Colonies de Saint-Pierre, publie la note suivante :
- « Le directeur du jardin des plantes se plaint que l’Administration supérieure ne vent point lui délivrer de réquisitions de passage pour l’expédition des plantes qui doivent représenter notre flore à l’exposition de 89.
- « Depuis plus d’un mois, grande quantité de plantes ont été préparées emballées avec soin, mais il est évident que si on les laisse trop longtemps dans les serres étroites où elles se trouvent, elles s’étioleront et s’abîmeront. » Nous voulons croire que l’administration centrale avisera, sans retard, aux moyens de faire cesser cet état de choses si déplorable. Messieurs les gouverneurs, administrateurs, titulaires ou intérimaires de cette colonie finiront par lasser tout le monde.
- LES ÉTRANGERS A L’EXPOSITION
- DE 1889
- Espagne
- M. Miguel Moya, délégué de la Chambre de commerce de Madrid, est arrivé à Paris et a pris possession avec M. Ibanez Vega, président de la Chambre de commerce espagnole de Madrid, des terrains réservés à l’Espagne pour l’Exposition de 1889. La participation de ce pays sera très brillante.
- Le Comité a été composé comme suit : Président : M. Prùdencio Ibanez Vega. — Vice-Président : le comte de Artola. — Commissaires : MM. Daniel de Ezpeleta, Mariano Urrabieta, Enrique Mélida, Alfredo, Biarez, Melquiades Calzado, Thomas Fombuena, Francisco Sanchez, José Pellegero. Secrétaire général : M. Rodriguez Morales.
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- République Argentine
- D’après une dépêche du ministre de France à Buenos-Ayres, le gouvernement argentin a présenté au Congrès un projet de loi, déjà voté par le Sénat, qui va porter à 840,000 piastres (3,3oo,ooo fr. environ) le crédit spécial affecté à l’Exposition de 1889.
- M. le docteur Eugène Cambacérès vient d’être chargé, à titre de délégué provisoire, de représenter, à Paris, auprès du gouvernement français, la commission argentine instituée, à Buenos-Ayres, pour organiser la participation du pays.
- * *
- Mexique
- LES CHAMBRES DE COMMERCE DU MEXIQUE ET L’EXPOSITION DE PARIS
- M. le Ministre des travaux publics vient d’adresser aux chambres de commerce de la République, une circulaire relative au concours qu’elles peuvent apporter pour le plus grand éclat de la participation du Mexique à la prochaine Exposition universelle de Paris.
- « Le producteur et le consommateur, fait remarquer la circulaire, ne sont pas les seuls intéressés au double mouvement de production et de consommation qui se développera lorsque le pays se sera mieux fait connaître à l’étranger, le commerce, intermédiaire nécessaire de tous les échanges, l’est à un même degré.
- « Le commerce doit donc faire connaître ses considérables éléments d’échange, ainsi que ses besoins, afin de multiplier ses relations et faciliter ses transactions. Un contingent de données et de renseignements, ainsi que de divers échantillons de ce qu’il peut offrir comme de ce dont il a besoin pour la consommation, consti-
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- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889, Dimanche 21 Octobre 1888, — 1207.
- tuerait une exhibition spéciale et précieuse pour les intérêts du commerce national. »
- Le ministre espère que les chambres du commerce ne négligeront rien dans ce sens, et s’efforceront d’obtenir, par le moyen indiqué, l’augmentation des relations commerciales du pays avec l’étranger.
- ÉCHOS
- LE SALON ANNUEL DE 1889
- L’Exposition décennale et celle des oeuvres du siècle à l’Exposition universelle n’empêcheront pas le Salon annuel d’avoir lieu en 1879, ainsi que cela s’est déjà produit en 1S55, 1867 et 1878.
- Comme d’ordinaire, le Salon de 1889 se tiendra au palais de l’Industrie, qui, contrairement à ce qu’on avait cru, n’est pas englobé dans les annexes de l’Exposition.
- * *
- M. LOCKROY ET M. BERGER
- On lit dans ïEvènement du i5 courant:
- L’incident Lockroy-Berger, que notre collaborateur J.-N. Gung'l ramenait hier à ses véritables et insignifiantes proportions, est clos aussitôt que suscité.
- Voici la lettre que M. Berger a adressée à M. Pierre Legrand, ministre du commerce et de l’industrie.
- Monsieur le ministre,
- Une note de l’Agence libre insinue que, dans une conversation avec le rédacteur d’un journal étranger, la Presse libre de Vienne, j’aurais prononcé contre M. Lockroy, ancien ministre du commerce, pour être publiées, des paroles outrageantes pour lui.
- Les appréciations qu’on me prête n’émanent | pas de moi et je n’ai rien fait ni dit qui puisse les autoriser.
- Agréez, etc.
- G. Berger.
- AU is well wat ends well.
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- Jf.
- PROGRÈS DES TRAVAUX DU CANAL DE PANAMA
- Panama, 26 septembre. — Un correspondant bien informé d>nne au Star and Herald des renseignements intéressants sur les travaux du canal de Panama et sur l’exécution des contrats. Plusieurs contrats sont périmés , attendu que les travaux sont achevés. Les travaux ont été livrés à la compagnie bien et dûment inspectés puis acceptés.Il n’y a rien à répondre à des faits et tous les faux bruits que l’on fait circuler tombent d’eux-mêmes!
- On dit que certains travaux cessent ; sans doute, i puisqu’ils sont achevés. Mais les ateliers ne j ferment que quand le contrat est exécuté, et cela , se fait le plus vite possible. Il y a d’autres sections I qui vont également cesser bientôt les travaux, et j ^plutôt qu’on ne le pense. On en sera encore à nier au loin, la possibilité de l’achèvement du canal, quand on apprendra, tout à coup, que les navirent le parcourent de part en part.
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- LA SOCIÉTÉ DE LA TOUR EIFFEL
- La Société anonyme créée en vue de la mise en exploitation de la tour Eiffel vient de se constituer définitivement au capital de 5,100,000 francs.
- Sur ce capital, 5 millions seront payés à M. Eiffel pour l’indemniser de ses frais de construction et les 100,000 fr. qui resteront disponibles seront consacrés aux frais d’exploitation.
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- LA STATUE DE LA LIBERTE SUR LA SEINE
- Gomme cela a été annoncé, on vient de com- j mencer, à l’extrémité de file des Cygnes (telle ; qu’elle est connue du public), les travaux pour j l’établissement du soubassement et du socle destinés à recevoir une réduction de la gigantesque (
- statue (la Liberté éclairant le monde) érigée, il y a deux ans, dans la baie de Bedhoé, à New-York.
- Ce n’est pas, à vrai dire, à l’extrémité de l’île que s’élèvera cette statue, mais bien en pleine Seine, juste au milieu de la troisième pile aval du pont de Grenelle. La statue dominera donc le fleuve de toute sa hauteur, qui doit être de 35 mètres.
- Voici en quoi consiste le travail en voie d’exécution : on a commencé par écorner la pointe de l’ouvrage en maçonnerie qui existait à l’endroit ci-dessus indiqué, puis on a pratiqué une large entaille dans la maçonnerie même, dont on n’a conservé que les côtés.
- Actuellement, on plante des pilotis sur lesquels sera construit le soubassement destiné à supporter le socle monumental de la statue. La pointe qui existait sera allongée d’environ 2 m. 20 au milieu du fleuve.
- La base u socle se trouvera à hauteur du dessus des arches du pont.
- Il avait été question, en effet, de placer la statue sur la terre-plein connu sous le nom d’ile des Cygnes; mais il a été reconnu que la dépense serait beaucoup plus considérable et le coup d’œil, d’ailleurs, moins imposant que celui de l’emplacement choisi, juste au milieu de la Seine.
- NOUVEAU PROCÉDÉ d’eXTRACTION DE L’ALUMINIUM
- Un important projet intéressantles départements de l’Isère et de la Savoie, consiste à capter les eaux du Guiers à Saint-Pierre d’Entremont pour les conduire à Saint-Christophe, où l’on obtiendra une chute de 200 mètres, représentant environ 4,000 chevaux de force. Des négociations sont actuellement engagées avec les propriétaires riverains, et tout fait espérer qu’elles aboutiront prochainement.
- Mais à quel usage cette force considérable sera-t-efle employée ?
- Suivant le Nouvelliste, de Lyon, il s’agirait d’une puissante Compagnie ayant à sa tête un des plus grands industriels de l’Alsace et qui se propose, au moyen d’un procédé nouveau dont l’électricité est l’agent principal, d’extraire dans de vastes proportions Y aluminium que contient l’ar-gile.
- Ce métal blanc qui a, comme on le sait, une grande analogie avec l’argent, a son emploi marqué dans des industries aussi nombreuses que variées; mais il est relativement peu usité par suite de son prix excessif de revient.
- Le nouveau procédé permettait de produire l’aluminium à des conditions de bon marché pouvant rivaliser avec les prix de nos métaux les moins précieux.
- Ce serait, comme on le voit, une véritable révolution dans l’industrie de la métallurgie et des nombreuses branches qui s’y rattachent.
- En résumé, le procédé de fabrication étant trouvé, il reste maintenant à posséder les forces motrices suffisantes pour pouvoir en assurer l’exploitation ; de là, les recherches auxquelles se livre la Compagnie.
- Ces recherches sont actuellement faites, non-seulement avec les Guiers, mais en divers points de la rive gauche de la vallée du Grésivaudan et sur les bords du Rhin. Souhaitons donc que les chutes de ce dernier fleuve ne tentent pas nos industriels, et, dans ce but, invitons nos compatriotes de l’Isère ou de la Savoie à ne pas montrer trop d’exigences dans les négociations actuellement engagées.
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- LA RÉCOLTE DES VINS
- Les nouvelles parvenues au ministère de l’agriculture sont excellentes: Le département du Gard produit six millions d’hectolitres, l'Hérault huit millions, la Gironde deux millions et demi ; la récolte totale approche de quarante millions d’hectolitres.
- Les essais de plants américains qui ont été tentés dans la Côte-d’Or ont donné des résultats excellents.
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- CANAL DE PANAMA
- Deuxième tirage des obligations à lots
- Le tirage des obligations à lots de la Compagnie a eu lieu lundi 15 octobre, à trois heures. Ainsi qu’on l’avait annoncé, tous les lots ont été attribués à des obligations placées.
- Aux termes du prospectus d’émission, le montant des lots est payable un mois après chaque tirage, mais, au début de l’opération, la Compagnie a fait connaître que, moyennant un escompte calculé sur le pied de 3 0/0 l’an, le paiement des lots serait fait à ses caisses ou chez ses correspondants à l’expiration du court délai nécessaire pour la vérification des titres.
- Voici la liste des principaux numéros sortis avec les lots qui leur sont attribués :
- i01- N° 262.478 S00.000 fr.
- 2e — 386.477 2 5o.ooo fr.
- 3e — 258.83o 100.000 fr.
- 4e — 724.201 100.000 fr.
- 5® — 181.062 10.000 fr.
- 6e _ 466.084 10.000 fr.-
- 7e ~ 190.356 ... 5.ooo fr.
- 8c _ 45.027 ... 5.ooo fr.
- 9° — 69.025 5.ooo fr.
- 10° — 123.528 .... 5.ooo fr.
- IIe — 453.387 ... 2.000 fr.
- 12® — 203.293 . ... 2.000 fr.
- 13® — 16.763 ... 2.000 fr.
- 14® — 626.752 ... 2.000 fr.
- i5e — 442.523 . .. 2.000 fr.
- 16e — 264.806 ... 2.000 fr.
- 17° — 501.545 .... 2.000 fr.
- Les quatre-vingts numéros suivants sont rem-
- boursables chacun à 1.000 francs:
- 6.327 — 2-5.238 — 29.083 — 32.771 — 53.652 — 64.323 — 116.585 — 138.898 — 141.056 — 142.875
- — 179.816 — 184.903— 189.145 — 191.555 —• 197.164 — 219.528 — 222.491 — 224.839 — 235.518
- — 285.916— 288.477 — 297.992 — 301.047 1— 309.593 — 323.35o — 332.585 — 336.278 — 358.281
- — 358.752 — 363.421 — 364.399 — 374.278 — 373.824 — 375.868 — 385.477 — 386.395 — 399.635
- — 409.237 — 415.554 — 826.122 — 418.082 — 421.903 — 424.409 — 464.873 — 468.926 — 512.820
- — 526.359 — 528.484 — 536.659 — 546.658 — 548.051 — 554.867—558.468 — 562.633— 566.002
- — 566.o63 — 587.648 — 594.474 — 594.802 — 676.067 —681.765 — 686.173 — 680.972 — 706.404
- — 710.900 — 723.646 — 731.965 — 734.048 — 7 51.806 — 752.856 — 760.801— 764.096 — 770.313
- — 786.757 — 798.910— 8o3.oi6 — 814.805 — 820.118 — 821.073 — 828.767.
- Le paiement des lots aura lieu sous déduction de la taxe mentionnée à l’article 5 de la loi du 23 juin 1875, et des versements restant à effectuer, si l’obligation remboursable par un lot n’est pas entièrement libérée.
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- CONFÉRENCES SUR LES BIÈRES FRANÇAISES A L’EXPO-SITION UNIVERSELLE DE 1889
- M. A.-E. Badaire, le sympathique directeur du Bulletin de la Meunerie française, a écrit à M. le Ministre du Commerce et de l’Industrie pour lui demander l’autorisation de faire, à l’Exposition de 18S9, des Conférences sur les les bières françaises, le Houblon de France et les Machines servant à la fabrication de la bière.
- EXPOSITIONS D'HORTICULTURE k DE FRUITS
- A cette époque de l’année, les jours diminuent, les doux zéphirs s’enfuient sous d’autres climats; néanmoins, si l’on a peu de temps à profiter des rayons de Phébus, il reste encore assez d’heures de jour pour aller admirer les produits présentés par les maîtres de l’horticulture : aussi avons-nous pensé qu’il était de notre devoir d’annoncer les différentes expositions des dons de Flore et de Po-mone qui vont avoir lieu ces jours-ci et desquelles
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- 1208. — Quatrième Année. — N 0 !99*
- LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE 1889
- Dimanche 21 Octobre 1888.
- nous aurons grand soin de citer les merveilles qui ne manqueront pas d’éblouir le public.
- Au Palais de l’industrie, un grand concours de Pomologie, fruits et légumes esyouvert depuis le 18 octobre. Sa durée est de quinze jours;les amateurs pourront admirer les collections hors de pair présentées par MM. Groux et fils de la vallée d’Aulnay et celles de MM. Baltet frères, de Troves; ainsi que celles de MM. Asset, Torcy-Vannier, Boucher. Hédiard, etc.
- Du 3o octobre au 4 novembre, la maison E. Forgeot et Ci8 présentera dans ses nouveaux magasins du quai de la Râpée, 26, à Paris, une exposition des produits horticoles et agricoles provenant de ses cultures.
- Il sera organisé, pendant la durée de cette exposition, une série de causeries ou leçons de choses se rattachant à l’horticulture.
- Ceux de nos lecteurs qui seraient désireux de visiter cette intéressante exhibition, trouveront dans nos bureaux, à titre . gracieux, des cartes Rentrée permanentes qui leur permettront d’aller voir, entendre et s’instruire.
- Du ier novembre au 10 décembre, une exposition nationale de cidres et poirés, avec section annexe d’alimentation générale, aura lieu à Paris, sous le patronage du ministre de l’agriculture et du ministre du commerce et de l’industrie. Elle aura lieu dans le grand pavillon central du quai d’Orsay (pont de l’Alma).
- Puis enfin à la Société d’agriculture, rue de Grenelle, n°84, aurontlieu: r° l’exposition annuelle et concours de chrysanthèmes; 20 des concours de fruits de table et de fruits à cidre, qui ont également lieu tous les ans, et faisaient partie, précédemment, de l’exposition d’automne qui n’a pas lieu cette année.
- Ces deux dernières expositions, qui réunissent toujours les plus belles productions de l’horticulture, auront lieu du 22 au 25 novembre : on y verra des merveilles, mais nous n’en parlerons que dans notre compte rendu.
- NOS GRAVURES
- INGÉNIEUBS DU PALAIS DES MACHINES
- L’immense palais, unique au monde, est complètement terminé. Les ingénieurs chargés de l’exécution de ce travail colossal s’en sont tirés à leur honneur. Aucun accident grave, aucun contre-temps sérieux n’ont attristé ou contrecarré l’exécution de cette. œuvre sans pareille, grâce à la vigilance qui y a présidé et aux sages précautions prises par les ingénieurs des deux sociétés qui en étaient chargées.
- Les Anciens établissements Cail et la Compagnie de Fives-Lille peuvent se glorifier, l’un et l’autre, de cet heureux résultat.
- Aussi, avons-nous cru être agréable à nos lecteurs en donnant aujourd’hui les portraits des principaux collaborateurs de l’extraordinaire conception de M. Dutert: MM. Lantrac, Barbey, Mauprime et Balme.
- M. Lantrac est un des plus anciens ingénieurs de la Compagnie de Fives-Lille. Depuis près de trente ans, il est attaché à cette société, soit comme ingénieur ordinaire, soit comme ingénieur chef des ponts et charpentes, poste qu’il occupe depuis près de vingt ans.
- La liste des travaux de tout ordre auxquels a collaboré M. Lantrac ou qu’il a dirigés serait longue à faire. Non seulement en France, mais sur tous les points de l’Europe, il a eu à utiliser ses hautes connaissances techniques et son espé-rience d’ingénieur.
- M Barbey, plus jeune, ne fait partie delà maison Cail que depuis dix ans seulement. Il y est entré avec le colonel de Bange lequel, comme on le sait, a été un des organisateurs de la société nouvelle formée sous la raison sociale :
- Anciens Etablissements Cail.M.Barbey aétédès l’abord et est encore son principal collaborateur; ainsi sel’est-il attaché depuis 1882 comme ingénieur en chef de l’usine.
- M. Balme est, comme M. Lantrac, un des plus anciens serviteurs de la Compagnie de Fives-Lille; il en est peut-être même le plus ancien, car il fait partie de cette maison depuis près de quarante ans. Lors de l’Exposition de 1867, il prenait part déjà aux travaux concédés à la Compagnie de Fives-Lille; en 1878, il fut appelé à diriger les ^travaux de la Société au Champ-de-Mars et, cette année, c’est lui qui a présidé à la pose de la moitié des grandes fermes du Palais des machines par les procédés de levage que le Moniteur a décrits à différentes reprises.
- Les longs services de M. Balme dans la même maison lui font honneur aussi bien qu’à la Société qui a su apprécier ses services.
- M. Mauprime. ingénieur des anciens établissements Cail, est le plus jeune d’entre ceux qui ont collaboré à l’édification du palais des machines! 11 n’en est pas moins méritant. Pour que le colonel de Bange l’ait distingué,d’ailleurs, il est évident qu’il a fallu qu’il lui reconnaisse des qualités sérieuses, une compétence dûment établie dans l’art de l’ingénieur.
- M. Mauprime ne fait partie de la maison Cail que depuis un an ; il était précédemment attaché aux travaux de Panama. Souhaitons-lui de rester longtemps auprès d’un chef d’aussi haute valeur que le colonel de Bange.
- Ce n’est pas ici le lieu de refaire une étude comparative des travaux respectifs d’édification du superbe monument, travaux exécutés par les deux sociétés déjànommées. Mais nous sommes à l’aise pour parler aujourd’hui du zèle qu’ont apporté de part et d’autre tous les collaborateurs de cette œuvre gigantesque. Les procédés différents de montage employés par chacune des sociétés ont été, justement,un heureux stimulant, et les hommes du métier ont pu en tirer d’utiles enseignements.
- Des deux côtés, tout ce que la science et l’expérience pratique ont permis d’utiliser a été mis à profit et l’on peut dire que le mérite a été égal des deux parts. Certainement, le système de montage employé par les ingénieurs de Fives-Lille a frappé davantage l’imagination ; mais, par contre, l’activité déployée par leurs concurrents de la maison Cail, la précision mathématique avec laquelle ceux-ci ont exécuté leur part de travail mérite tous les éloges.
- En fait, les deux ateliers, avec des alternatives d’avance ou de retard dan^ le travail, ont terminé ensemble leur tâche considérable. Honneur à eux ! L’an prochain, quand la foule des visiteurs se pressera dans l’immense galerie, sûrement, la plupart d’entre eux s’extasiera devant l’immensité de cette nef sans pareille et se demandera par quels tours de force incroyables de science et de génie elle a pu être conçue et mise en place. Bien peu, cependant, sauront apprécier ce qu’a coûté d’efforts son édification.
- N’oublions pas, en terminant ces lignes, de signaler un collaborateur, non des moins méritants, du monumental Palais, M. Delbo, chef de travaux des Anciens Etablissements Cail.
- M. Delbo, qui fait partie de cette maison depuis douze ans déjà, après avoir été attaché pendant une période égale aux ateliers de Fives-Lille, est l’homme qui, sous les ordres particuliers de M. Mauprime, a dirigé les nombreuses équipes de charpentiers, riveurs, monteurs ou manœuvres occupés sur les chantiers Cail, ouvriers qui ont atteint à certains moments le
- chiffre de 280. A son honneur aussi, M. Delbo s’est acquitté de son importante tâche et nous tenions à lui adresser ici nos compliments sincères.
- Depuis le 15 octobre, la partie centrale du Palais des Machines', c’est-à-dire la pose des vingt grandes fermes, est complètement terminée. Comme nous l’avons dit dans un numéro antérieur, le levage des deux arbalétriers de la dixième ferme de Fives-Lille a été opéré dans la matinée du i5 septembre; mais là ne s’arrêtait pas la fin du travail de ce côté et, bien que la mise en place de cette ferme colossale ait précédé de dix ou douze jours l’achèvement de celle du côté Cail, la fin des travaux, de part et d’autre, n’a été accomplie que vers le 7 octobre.
- Ainsi aura été exécuté à l’honneur de tous, en cinq mois et quelques jours, ce travail de Titans.
- H. P.
- . —-TT^ — - —
- L’ART ANCIEN
- A L'EXPOSITION DE BRUXELLES
- (Suite.)
- (Voir les numéros du 16 septembre et du 7 octobre.)
- La comparaison des dates ne permet guère de concilier ces deux traditions. Lorsqu’on pense à la circonstance qui a pu motiver l’envoi d’un présent pour le Pape au roi d’Angleterre, l’esprit se porte sur la ligue contre la France, connue sous le nom de ligue de Malines, dans laquelle Henri VIII entra avec l’empereur Maximilien, le roi d’Aragon et le pape Léon X, mais cette ligue fut conclue en 1513 : Benvenuto Cellini, né en i5oo, n’avait que i3 ans et venait seulement d’entrer en apprentissage dans l’atelier de l’orfèvre florentin Bandinelli. Il n’avait que 22 ans à la mort de Léon X et il ne cite dans ses Mémoires, comme ayant été faites par lui jusqu’alors, qu’une boucle de ceinture et une salière. C’est seulement en 023 qu’il alla à Rome, sous le pontificat de Clément VII qui avait succédé à Adrien VI, successeur de Léon X. Il est donc difficile d’admettre la double tradition de l’exécution du précieux joyau par Benvenuto Cellini et de son envoi par Léon X à Henri VIII. L’une des deux doit être abandonnée, ce qui n’ôte rien à la valeur de ce merveilleux petit livre appartenant à M. le baron Gustave de Rothschild, et qui suffirait seul pour attirer à l’Exposition rétrospective d’art non industriel les gens d’un goût délicat.
- La série de cuivre est d’une grande importance. On sait combien l’art de travailler ce métal auxtons doux et chauds a été pratiqué avec succès en Belgique. L’ignorât-on, l’Exposition serait là pour le prouver, montrant ses fonts baptismaux du quinzième et du seizième siècle, prêtés par les églises Notre-Dame de Tongres, Saint-Nicolas, Saint-Piat et Saint-Jacques de Tournai ; sa nombreuse famille de lutrins qui présente tous les types connus : le lutrin aigle très répandu, le lutrin pélican plus rare, et le lutrin griffon plus rare encore ; ses chandeliers pour le cierge pascal, qui ont égale, ment de très beaux spécimens remontant jusqu’au douzième siècle. Très remarquable aussi la collection des aiguières ou aquamaniles qui affectent des formes si originales généralement déterminées par l’imitation arbitraire d’animaux devenus presque chimériques à force de s'écarter du type de la race : lion, cheval, chat ou singe ; d’autres franchement fabuleux comme le dragon, le basilic; jusqu’à un centaure dont l’apparition au quatorzième siècle, c’est-à-dire cent cinquante ans avant le retour à l’antiquité, ne laisse pas d’être étrange. Il y a, dans tout cela, de quoi arrêter quiconque a la connaissance et le goût de l’art du moyen âge, et de quoi exciter la convoitise dès collectionneurs.
- {Voir la suite à la page 1210)
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- LE MONITEUR DE LEXPOSITION DE 18 89
- Supplément au Numéro du 21 0 cto or e 1888.
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- Quatrième Année.
- LE MONITEUR DE L'EXPOSITlON DE 1SS9
- Dimanch» 2i Octobre iS88
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- N° IQQ.
- M. LAN TRAC M. BARBEY
- Ingénieur chef de service des Ponts et charpentes de la Compagnie de Fives-Lille
- Ingénieur en chef des Anciens Etablissejnents Cail
- Ingénieur des Anciens Etablissements Cail
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- i2io. — (Quatrième Année.
- N° 19g.
- LE MONITEUR9DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 21 Octobre 1888.
- Dans la série des groupes, statuettes et bustes en bronze, la palme est incontestablement à la statuette équestre de Jeanne d’Arc appartenant à M. Odiot, le collectionneur parisien bien connu. Avant qu’elle ne fût entre les mains de son possesseur actuel, on a vu longtemps cette statuette chez l’antiquaire Charvet, à Paris, qui la considérait comme sa plus précieuse trouvaille et qui en voulait une somme folle. C’est une oeuvre française anonyme du seizième siècle portant l’inscription : La Pucelle d’Orléans ; la figure est plus robuste qu’élégante; son attitude est simple, naturelle ; elle ne pose pas comme la plupart des Jeanne d’Arc des artistes de notre temps, qui ont reproduit cette grande figure historique en peinture ou en sculpture. La monture de l’héroïne a des formes un peu massives qui répondent à l’idée qu’on se fait d’un cheval de bataille au moyen âge. La patine de ce bronza est admirable. A l’exposition rétrospective de Paris, en 1868, on a vu une autre statuette équestre de Jeanne d’Arc, appartenant à M. CarranJ, antérieur d’un siècle à celle-ci et qui portait cette inscription: La Pucelle d'Orléans, ciselée sur le terrain qui lui sert de base.
- . Ces deux statuettes seront sans doute, quelque jour, à Cluny. On assure que M Odiot a promis de léguer la sienne à ce musée, comme étant un monument national. Après avoir été un peu oubliée Jeanne d’Arc est devenue à la mode. On la célèbre en prose et en vers, ainsi que sous les formes picturales et plastiques possibles. Le Bulletin du Bibliophile français a donné une volumineuse bibliographie de Jeanne d’Arc tout récemment achevée. Après la bibliographie de Jeanne d’Arc il y aurait à faire une iconographie de Jeanne d’Arc; M. Wallon l’a seulement esquissée dans son beau livre sur l’héroïne de Domréry. Parmi les bronzes devant lesquels on s’arrête, citons encore . Hercule terrassant l’hydre de Lerne et un Persée tuant le dragon, attribués à Benvenuto Cellini et appartenant à M. Gustave de Rothschild; un Neptune à M. Alphonse de Rothschild; un Pâris d’une élégance rare à M. Manheim, de Paris; statuette de 26 centimètres de hauteur et dont le propriétaire a refusé vingt mille francs à un amateur belge de notre connaissance ; une charmante Femme drapée, à M. Ephrussi, historien, critique d’art et grand collectionneur parisien ; un Indien à cheval attaqué par un lion, groupe du dix-sep. tième siècle d’une patine superbe, à M. le baron Gericke de Herwynen, et quatre grands bustes de papes, bronzes du dix-septième siècle, beaux morceaux décoratifs, à M. Léon Lambert.
- L’art du fer est bien représenté. Il y a de beaux lustres provenant de plusieurs églises, entre autres celui de Saint-Pierre de Louvain qui a longtemps passé pour être l’œuvre de Quentin Metsys. Les savants, qui ne respectent rien, ont démontré, les barbares, que Quentin Metsys n’avait jamais exercé le métier de serrurier, encore moins celui de forgeron. Que devient la légende qui fait échanger au grand artiste le marteau contre : la palette, afin d’obtenir la main de la fille j d’un peintre? Et le puits d’Anvers, de qui est-il j donc, s’il n’est pas de Metsys ? Après les lustres, j les couronnes de lumière, les chenets et les lan-diers dont il y a de bons spécimens, citons une belle collection de serrures, de clefs, de verrous, de heurtoirs et de poignées de portes appartenant à M. Vermeersch.
- Les armes et armures o~t un salon spécial dont l’arrangement,très pittoresque, est dû à M. le capitaine Van Vinkeroi qui s’y connaît, comme il l’a prouvé à l’Exposition de 1880 et au Musée de la porte de liai. On trouve là beaucoup à voir et il y aurait beaucoup à citer, si l’espace ne nous était pas compté. Mentionnons cependant un superbe casque du seizième siècle, repoussé et ciselé sur fond doré, offrant d’un côté la représentation du dévouement de Curtius et de l'autre l’action de Mucius Scœvola se brûlant la main pour se punir d’avoir manqué son coup en voulant assassiner Porsenna, deux épisodes qui seront familiers aux écoliers, tant que fleurira le De viris illustri-bus Romœ. Cette pièce, absolument remarquable, appartient à M. Zschille de Grossenhain (Saxei, j quia envoyé, en outre, une riche collection de poignards à laquelle fait pendant une série d’ob-
- jets semblables et de valeur supérieure, appartenant à M. Thevalt, bourgmestre de Cologne. Les armes à rouet, arquebuses et pistolets, ont là de bons échantillons, ainsi que les épées, parmi lesquelles celles de M. Zschille (déjànommé) et celles de M. le comte de Beauffort, sans oublier la légendaire épée de Rubens à la place de laquelle, tout historique qu’elle soit, on aimerait mieux voir la palette du maître.
- Est ce à la classe des armes qu’il faut rattacher, par analogie ou par contraste, la richissime collection de couteaux, cuillères et fourchettes envoyée par M. Zschille ? Par analogie les couteaux pouvant devenir, on le voit tous les jours, des armes mortelles ; par contraste ces instruments de la gastronomie étant destinés, non à tuer, mais à faire vivre ? On n’imaginerait pas à quel nombre on peut arriver en formant une collection de ce genre dont les éléments semblent assez bornés au premier abord. Celle de M. Zschille se compose de 729 pièces de tous les temps, depuis l’âge de la pierre non polie, jusqu’aux temps modernes. Il en a de simples et de riches ; il y en a qui, par le travail, peuvent être considérées comme de vrais objets d’art.
- Dans la classe des ivoires, si l’on tient compte de l’ancienneté et de la curiosité archéologique, il faut citer en premier lieu un feuillet de diptyque du sixième siècle appartenant à l’église Notre-Dame de Tongres, et un diptyque du neuvième siècle à la cathédrale de Tournai ; mais s’il s’agit de la beauté non archéologique, de la beauté véritable, la pièce par excellence est une Vierge du seizième siècle, un chef-d’œuvre appartenant à M. le baron Albert von Oppenheim de Cologne, qui s’est montré d’une gracieuseté parfaite pour l’Exposition rétrospective, en lui en accordant la primeur, si bien la primeur qu’il n’a pas encore eu, à l’heure qu’ü est, la satisfaction de voir chez lui ce précieux objet, dont il est l’heureux possesseur. Voici comment cela est arrivé, car la chose vaut la peine d’être dite. M. Vermeersch, qui a tant contribué, ainsi que M. le chanoine Reusens, au succès de l’Exposition, se trouvait à Paris, en tournée de sollicitations près des grands collectionneurs, au moment où M. von Oppenheim faisait l’acquisition de la belle Vierge d’ivoire à un de ces prix fabuleux dont on n’avait pas l’idée jadis. Il osa demander qu’on la lui confiât, pour la faire figurer à l’Exposition qui allait s’ouvrir. Si téméraire qu’elle fût, cette sollicitation fut accueillie et M. Vermeersch rapporta le chef-d’œuvre à Bruxelles, avant que M. von Oppenheim se fût donné le plaisir de l’introduire dans sa splendide collection d’objets du moyen âge. Combien y a-t-il d’amateurs qui seraient capables d’une telle abnégation. La Vierge vraiment miraculeuse dont il s’agit, de 36 centimètres de haut, est assise, ce qui n’est pas commun, la plupart des madones sculptées, en ivoire, en cuivre, ou en bois de la même époque, étant représentées debout ; elle tient sur un de ses genoux l’enfant Jésus auquel elle présente un bouquet de fleurs. La tête est d’une beauté rare ; l’attitude est noble, d’une parfaite élégance. C’est, à tous égards, un morceau exquis, aussi admiré des artistes que des archélo-gues. Comme curiosité historique mentionnons encore, parmi les ivoires, des tablettes à écrire, les seules complètes que l’on connaisse. Les feuillets extérieurs en sont sculptés en bas-relief, sur l’un d’eux on voit représenté l’épisode du roman de Tristan le Leonnois où le galant chevalier et la belle Iseult ont un doux entretien trou-b é par un mari jaloux. On voudrait savoir à qui ont appartenu ces tablettes ayant pour ornement ce sujet romanesque, et si elles ont été maniées par des mains féminines ?
- Les bois sculptés sont nombreux et il y en a de tout premier ordre. La sculpture en bois a j été pratiquée un peu partout au moyen âge ; mais I c’est dans les Flandres et en Allemagne qu’elle a tout particulièrement fleuri. L’exposition nous offre plusieurs beaux spécimens de ces retables compliqués, véritables poèmes plastiques dans lesquels se signalèrent le génie inventif et l’habileté technique de nos anciens artistes. L’école bruxelloise a été un des principaux foyers de produc-
- tion pour la sculpture en bois, au quinzième siècle. C’est de cette école qu’est sortie l’admirable retable prêté à l’Exposition par l’église de Lom-beek-Notre-Dame. On se ferait difficilement une idée de la richesse et de la beauté de cette vaste composition réunissant dans une suite de compartiments des épisodes de la vie de la Vierge, depuis la naissance jusqu’à l’ensevelissement. Avec des personnages d’une dimension un peu moindre, ce retable rappelle, pour le caractère des figures et pour leur action mouvementée, celui de Jean Borman qui est une des grandes et belles curiosités du Musée de la porte de Hal. Les intérieurs où se passent les scènes mises en action par l’artiste nous initient à la vie des populations flamandes au seizième siècle par les ameublements où rien n’est oublié. Les figures ont une justesse d’expression très rare dans les productions de la sculpture en bois de cette époque où les personnages sont, en général, plus remarquables par le caractère que par le jeu de la physionomie. Citons particulièrement le profond sentiment de la figure de la Vierge dans l’épisode de sa mort, qui rappelle, dans une situation analogue, l’expression du visage de sainte Anne mourante dans le tryptique de Quentin Metsys au Musée de Bruxelles. Il y a plusieurs autres retables très intéressants prêtés par les églises du Béguinage de Tongres, d’Oplinter, de Deerlyk, de Léau ; un petit retable très fin et ayant son ancienne polychromie intacte à M. Vermeersch, et un autre à M. le comte Maurice Nahuys, intéressant par l’inscription Bruesel qui lui fait un certificat d’origine.
- Les groupes, les bas-reliefs et les statuettes en bois sont nombreux trop nombreux pour qu’on essaye d’en donner une nomenclature. Ce sont en général des figures de saints : on sait combien sont plus rares et plus recherchés les groupes et les statues de personnages civils.
- (A suivre.)
- SPORT
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- RÉSUMÉ DES COURSES PASSÉES
- Dimanche dernier, Longchamps clôturait là série de ses réunions et Vincennes, en attendant la réouverture d’Auteuil.nous donnait sa première réunion de courses et d’obstacles, le lendemain.
- La dernière réunion d’automne au Bois avait attiré un public nombreux.
- Favorisée par le temps, elle a obtenu un grand succès doublé par la présence de l’héroïne du Cesarewitch, Ténébreuse.
- La,vaillante pouliche, selon mes prévisions, a gagné le prix Gladiateur en se promenant devant ses adversaires qui n’ont jamais pu ni la faire galoper ni même l’approcher.
- Elle a été littéralement arrêtée par Rolfe, sur le poteau, et, tel a été l’enthousiasme de la foule que la piste a été envahie et que Ténébreuse a regagné le pesage escortée d’une garde d’admirateurs qui l’acclamaient.
- Il convient d’ajouter que la pouliche a eu le triomphe modeste, n’en portant pas plus haut la tête.
- Ce qu’il y a de plus remarquable, c’est qu’au bout de cette course de 6.200 mètres accomplie en 8 minutes, Ténébreuse était à peine mouillée.
- Outre le montant du prix, 20,000 francs espèces, M. Aumont a vu sa collection s’enrichir d’un objet d’art d’une valeur de 10.000 francs.
- Le lendemain après un échange de télégrammes avec T. Jennings, M. Aumont a fait repartir la jument pour l'Angleterre où elle va courir le Cambridgeshire, qu’elle gagnera si d’ici la fin du mois elle n’est victime d’aucun accident
- Sa présence a révolutionné le marché. On parle de sommes considérables déjà engagées et pendant les quelques jours qui précèdent cette importante épreuve c’est par milliers de louis que les paris vont marcher.
- La loi Craven, qui impose à nos chevaux des conditions très difficiles pour être qualifiés en Angleterre, n’aura pas préservé nos voisins contre la défaite.
- Partout et toujours les lois d’exception sont mauvaises.
- A Vincennes, lundi dernier les steeple-chasers
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- Quatrième Année. — N° 199.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 21 Octobre 1888; ^ — 1211.
- sont venus en assez grand nombre et la réunion n’a pas manqué d’intérêt, grâce à un très beau temps.
- Beaucoup de chutes mais pas d’accidents à déplorer.
- Rien à dire de la réunion de jeudi à Chantilly, puisque le journal paraît trop tard pour en parler utilement.
- Du reste, les prix de la Forêt et des Tribunes exceptés, les autres épreuves sont plus qu’embarrassantes. En désigner le gagnant probable constitue un véritable jeu de casse-tête chinois.
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- COURSES AU BOIS DE BOULOGNE Dimanche 14 octobre
- Prix du Moulin. — 4,000 fr. pour chevaux de 3 ans et au-dessus. Distance, 3.oco mètres.
- Bercy, pnb., 3 a., par Flageolet et Bête à Chagrins, 54 k. (8/1). Duc de Gramont (Rolfe) 1.
- Vert Dragon, pn b., 3 a., 54 k. (5/i). M." E. Ees-champs (Kewney) 2.
- César, pn al., 4 a., 60 k. iL(\2l\). Cte Le Ma-rois (Madge) 3.
- Coccinelle, jtb., 5 a., 60k. */2 (7/2). M. Aumont (Hartlev) o.
- Place d’Armes, pche al., 3 a., 5a k. */2 (20/1) M. J. Girard (Carlyle) 0.
- Mandoline, pcheal., 3a., 52 *440/1). M.Ephrussi (Clout) 0.
- Polyeucte, ch. n., 5 a., 62 k. (5/i). G. Cunington (Dodge) o.
- Marigny, pn b., 3 a., 54 k. ( 18/1). M. A. Lupin (Storr) o.
- Nanie, pche b., 4 a., 59 k. (5/i). M. G. Ledat (T. Lane) o.
- Durée de la course, V 4T'.
- Pari mutuel, unité 10 fr., 85 fr. 5o.
- Pari mutuel, chevaux placés, unité 10 fr., Bercy_, 38 francs; Vert Dragon, 28 fr. 5o.
- Pari mutuel, tribunes, unité 10 fr., 45 fr.
- Pari mutuel, tribunes, chevaux placés, unité 10 fr., Bercy, 24 fr. 5o ; Vert Dragon, 5g fr. 5o.
- Gagné d’une longueur et demie ; le troisième à cinq longueurs du deuxième.
- Montant du prix, 4,65o fr.; 200 fr. au deuxième.
- Be rcy réclamé, pour io,5oo fr. ,par H. Jennings.
- Prix de Saint-Cyr. — 4,000 fr. pour chevaux de 3 ans et au-dessus. Distance, 2,5oo mètres.
- Catharina, pche al., 3 a., par Balagny et Princesse Catherine, 5o k. 1/2 (2/5). M. J. Robert Hen-nessv (French) 1.
- Sergent-Major, pn bb., 3 a , 52 k. (16/1). M. Jorel (Horan)2.
- Achéron. pn b., 4 a., 64 k. (4/1). M. A. Lupin (Storr) 3.
- Sensitive, pche b., 3 a., 5o 1/2 (14/1). M. Coleman (Hartley) o.
- Durée de la course: 5' 4" 3/5.
- Pari mutuel, unité 10 fr., 14 fr.
- Pari mutuel, tribunes, unité 10 fr., 14 fr. 5o.
- Gagné de six longueurs ; le troisième à deux longueurs du deuxième.
- Montant du prix, 4,255 fr. ; 200 fr. au deuxième.
- Handicap libre. — 10,000 fr. pour chevaux de 3 ans et au-dessus. Distance, 3,000 mètres.
- Faust, pn al., 3 a., par Saxifrage et Finance, 58 k. 1/2 (5/1 ). M. Ed. Blanc (G. Bartholomew), 1.
- Athos, pn al., 3 a., 61 k. 1/2 (5/i). G. Cunington (Dodge), 2.
- Bocage, pn bb., 3 a., 61 k. */2 (8/1). M. A. Lupin (Storr), 3.
- Endymion, pn b., 3 a., 5y i/2 (12/). M. Lupin (Bridgeland), 4.
- Charvet, pn b., 4 a., 62 k. (10/1). M. A. Abeille (T. Lane), o.
- Le Cordouan, pn al., 3 a., .57 k. (14/1). Baron Roger (Rolfe), o.
- Bégonia, pn b., 3 a., 55 k. iji (6/1). M. Ephrussi (Madge), o.
- N — de Tunisie, pn b., 3 a., 54 k. ioj\). M. E. de La Charme (Ashman), o.
- Rêve, pn n., 3 a., 53 k. ij2 (12/1). Comte Le Marois (French), o.
- Frondeuse, p9 al., 3 a., 53 V2 (14/1). M. Lefèvre (Kearney), o.
- Vigne Vierge, pe al., 3 a., 52 k. ij2 40/1)- M. H. Delamarre (Childs), o.
- Roland, pn b., 3 a., 5i 1/2 (14/1). Cte G. de guigné (Hartley), o.
- Visière II, pe bb., 3 a., 5o *4 (3o/i). H. Jennings (Crickmere), o.
- Durée de la course, 5' 36" 2/5.
- Pari mutuel, unité 10 fr., 72 fr. _
- Pari mutuel,chevaux placés, unité 10 fr., Faust, 26 fr. 5o ; Athos, 28 fr. 5o ; Bocage, 56 fr. 5o.
- Pari mutuel, tribunes, unité iofr.,78fr.
- Pari mutuel, tribunes, chevaux placés, unité 10 fr., Faust, 3i fr.; Athos, 3y fr.; Bocage, 3o fr.
- Gagné d’une longueur; le troisième à une longueur du deuxième ; le quatrième à quatre longueurs du troisième.
- Montant du prix, i2,25o fr.; 3,25o fr. au deuxième; 5oo fr. au troisième.
- Prix Gladiateur. — 20,000 fr. et un objet d’art de la valeur de 10,000 fr. pour chevaux de 4 ans et au-dessus. Distance, 6,200 mètres.
- Ténébreuse, pche b., 4 a., par M ourle ou Saxifrage et New Star, 55 k. iL (1/4). M. P. Aumont (Rolfe), 1.
- Presta, jt b., 5 a., 58 k. V2 (5/0- M. A. Lupin (Storr), 2.
- Ary, pn b., 4 a., 5y k. (10/1). Bn de Soubeyran (Bridgeland), 3.
- Durée de la course, 8' C".
- Pari mutuel, unité 10 fr., i3fr.
- Pari mutuel, tribunes, unité 10 fr., i3 fr.
- Gagné de trois longueurs; mauvais troisième. A
- Montant ou prix. 21,2871'!'. 3o plus l’objet d’art; 1,787 fr. 5o au.deuxième.
- Ier Prix d’automne.. — 4,000 fr. pour chevaux de 2 ans et au-dessus. Distance, 1,600 mètres.
- Lift, pn b., 2 a., par Silvio et Linotte, 48 k. (5/1 ). Baron de Soubeyran (Bridgeland), 1.
- Modèle, pn. al., 2 a., 48 k. (5/1 ). Baron de Rothschild (Crickmem), 2.
- Château d’If, pn b., 2 a., 48 k. (7/1). Baron de Schk kler (French), 3.
- Eventail, pn al., 2 a., 48 k. (12/1). M. E. Fould (Ashman), o.
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- COURSES A VINCENNES Lundi 15 octobre
- Prix d’octobre. — Course de haies — A réclamer. — 2,000 fr. pour chevaux de 3 ans et au-dessus. Distance, 2,600 mètres.
- Croissant (5ooo), pn ah, 3a., par Thunderbolt et Crosspatch, 64 k. (5/4). M. Ed. Archdeacon (Vergniaud), 1.
- Plaisantin (2000), h. b., 3 a., 60 k. (10/1). M. E. Fould (Woodland), 2.
- Marionnette (4000), pe ah, 3 a., 62 k. (5/2.)M.Le-fort (Prigg), 3.
- Jeannot (2000), h. b., 3 a., 60 k. (12/1). M. Au-brun (Strugnell)-, o.
- Dalmatica (5ooo), pche b., 3 a., 64 k. (5/i). M. Ed. Gillois, (Booty), T.
- Pari mutuel, unité 5 fr., 11 fr. 5o.
- Pari mutuel, chevaux placés, unité 5 fr., Crois sant, 7 francs 5o ; Plaisantin, 21 fr. 5o.
- Pari mutuel, tribunes, unité 5 fr., 10.fr. 5o.
- Pari mutuel, tribunes, chevaux placés, unité 5 fr., Croissant, 9 fr. ; Plaisantin, i5 fr.
- Gagné d’une longueur ; mauvais troisième.
- Montant du prix, 2,400 fr. ; 200 fr. au fond de course.
- Plaisantin réclamé, pour 2.,5oo fr., plus le montant du prix, par M. Maurel.
- Prix Saint-Antoine. — Steeple-chase. — A réclamer. 2,000 fr. pour chevaux de 4 ans et au-dessus. Distance, 3,000 mètres.
- Koster (2000), h. b., 5 a., par Dutch Skater et Incense, 69 kil. (6/1). M. T. Wilde (Johnson), 1.
- Duchesse (2000), jt b., 6 a., 69 k. (7/1). H. Andrews (A. Johnson), 2.
- La Barbée (3ooo), jt bb., â., 67 k. (5/4). M. Gui-nebert (Ronan), 3.
- Aldebaran (3ooo), h. ah, 4 a. 64 k. */2 (6/1). M. H. Saffery (Newman), o.
- Cocaïne (3ooo), pe b., 4 a., 67 *4 (pji). M. Houze (Hanson), T.
- Pari mutuel, unité 5 fr , 27 fr.
- Pari mutuel, chevaux-places, unité 5 fr., Koster, 14 francs ; Duchesse, 10 fr. 5o.
- Pari mutuel, tribunes, unité 5 fr., 35 fr. 5o.
- Pari mutuel, tribunes, chevaux placés, unité 5 fr., Koster, i3 fr. ; Duche=sse, 11 fr..
- Gagné de quatre longueurs ; le troisième à une encolure du deuxième.
- Montant du prix, 2,325 fr.; 200 fr. au deuxième.
- Koster réclamé, pour 4,234 fr. 56, par le comte Lahens.
- Prix Nuage. — Course de haies. — 2,5oo fr. pour chevaux de 3 ans. Distance, 2,600 mètres.
- Intransigeant, pn bb., par Androclès et Inspiration, 64 k.(4/1). Prince J. Murat (Booty), 1.
- Chancelier, pn ah, 64 k. (9/4). Comte de Nicolay (R. Bundy), 2.
- Tracassin, pn b., 66 k. *4 (9/4)- M* G. Ledat (Morris), 3.
- Potentat, pn ah, 64 k. (12/1). M. A. Du Bos (Brockwell), o.
- Haras du Pin, pn ah, 64 k. (5,/i). M. C. Blanc (Newby), o.
- Content Tout de Même,pn b., 60 k. (16/1). M. Ba-resse (Keyte), o.
- Pari mutuel, unité 5 fr., 20 fr.
- Pari mutuel, chevaux placés, unité 5 fr., Intransigeant, 10 fr. 5o; Chancelier, 9 fr. 5o.
- Pari mutuel, tribunes, unité 5 fr., 29 fr.
- Pari mutuel, tribunes, chevaux placés, unité 5 fr., Intransigeant, 14 fr* 5o ; Chancelier, 10 fr. 5o.
- Gagné d’une longueur; mauvais troisième.
- Montant du prix, 2,55o fr.; 5oo fr.au deuxième; 200 fr. au troisième.
- Prix du Camp. — Steeple-chase. — 3,000 fr. pour chevaux de 3 ans. Distance, 3,000 mètres.
- Pantin, pn b., par Cimier et Belle Petite, 65 k. (4/1). Baron J. Finot(Long), 1.
- Blanche, pche b., 67 k. (5/i). J. Barker (Newman), 2.
- Gassion, pn b., 64.k. (5/i). M. E. Fould (Grey), 3.
- Rapin, pn ah, 67 k. (3/1 ). M. C. Blanc (Newby) 3.
- Pari mutuel, unité 5 fr., 22 fr.
- Pari mutuel, tribunes, unité 5 fr., 24 fr. 5o.
- Gagné de deux longueurs ; marn ais troisième.
- Montant du prix, 3,25o ; 200 fr. au deuxième.
- Prix d’Auteuil. — Steeple-chase.— Handicap. — 5,ooo fr. pour chevaux de 4 ans et au-dessus. Distance, 4,200 mètres.
- Arabella, jt b., 6 a., par Dollar et Anderida, 63 k. (3/1 ). M. J. Archdeacon (Johnson), 1.
- Rhodante, pche ah, 4 a., 62 (7/)). J. Barker
- (Newman), 2.
- Ajax, ch. ah, 5 a., 64 k. (6/1). Baron Finot (J. Bundy), 3.
- Dick, pn b., 4 a., 63 k. (7/2). Prince J. Murat (Booty), o.
- Cascadeur II, h. b., 4 a., 60 k. (5/1). M. Hély d’Oissel (Morris), o.
- Vulcain, h. b., a., 60 k. (7/2). M. A. Magnier (Newby), D.
- Pari mutuel, unité 5 fr., 18 fr.
- Pari mutuel, chevaux placés, unité 5 fr., Arabella, 9 fr. 5o ; Rhodante, 25 fr.
- Pari mutuel, tribunes, unité 5 fr., 23 fr. 5o.
- Pari mutuel, tribunes, chevaux placés, unité 5 fr., Arabella, 12 fr. 5o ; Rhodante, 3i fr.
- Gagné de six longueurs ; le troisième à six longueurs du deuxième.
- Montant du prix, 5,400 fr.; 800 fr. au deuxième ; 5oo fr. au troisième.
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- DERNIÈRES COTES
- CAMBRIDGESHiRE
- 9/2 Mamia 6/1 Ténébreuse 10/1 Bismarck 100/9 Gallinule 100/8 Sheen 100/7 Acme 100/6 Danbydale 20/1 Phil 20/1 Candlemas 20/1 Sandal
- 20/1 Trayles 2 5/1 Véracity 2 5/i Button Park 33/i Cactus 33/i Héloïse 33/i Rêve d’Or 33/i Thunderstone 40/1 Attila 40/1 Chelsea
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- COURSES A VENIR
- Dimanche 21 octobre: Lundi 22 — .
- Mardi 23 —
- Mercredi 24 Jeudi 2 5 Vendredi 26 Samedi 27
- Chantilly.
- Vincennes.
- Chantilly
- Saint-Ouen.
- Chantilly
- Colombes.
- Sainî-Ouen
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- PRONOSTICS
- COURSES A CHANTILLY Dimanche 2 1 octobre 1888
- Prix de Mortefontaine : Roquette.
- Prix d’Hallate : Fichtre.
- Prix de Senlis : Reine.
- Prix de la Salamandre : Volcan.
- Prix de Château Laffitte : La Jarretière. Prix de la Table : Catharina.
- Mardi 20 octobre 1888
- Prix du Boran : Damoclès.
- Prix de Liaison : Fercocq.
- Prix de la Massellière : La Gazza.
- Prix de Comme lies : Saladin.
- Prix d’Ermenonville : César.
- Jeudi 25 octobre 1 888
- Prix de Bou^e : Kiel.
- Prix de Condé : Ecurie Soubeyran. Prix d’Enghien : Ecurie Soubeyran.
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- COURSES A VINCENNES Lundi 22 octobre 1888
- Prix d’Irlande : Rivière.
- Prix de la Société : Reims.
- Prix Tally-Ho: Précieuse.
- Prix des Pins : Déesse.
- 3e Prix de la Société aes Steeple: Ecurie Finot.
- Robinson.
- Le Propriétaire-Gérant : H. Pendrié.
- Tours. — lmp. E. ARRAULT et^Cie, rue de la Préfecture, 6
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- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- Dimanche 21 Octobre 1888.
- Quatrième Année. — N4 199.
- ANNONCES
- Le Recueil-Ghaix, ou Recueil général des Tarifs des chemins de fer pour les transports à grande et à petite vitesse sur tous les réseaux, paraît tous les trois mois. Le dernier numéro contient les tarifs applicables sur les lignée récemment ouvertes à l’exploitation et les modifications et additions survenues pendant le trimestre.
- Abonnement : Paris, 62 fr. ; départements, 74fr.
- Un numéro séparé: Paris, 18 fr.; départ., 21 fr.
- Adresser les demandes à la Librairie Ghaix, rue Bergère, 20, Paris.
- CHEMINS DE FER DE L’OUEST
- Abonnements sur tout le Réseau
- La Compagnie des chemins de fer de l’Ouest fait délivrer sur tout son réseau, des cartes d’abonnement nominatives et personnelles, en lre, 2e et 3e classes.
- Ces cartes donnent droit à l’abonné de s’arrêter à toutes les stations comprises dans le parcours indiqué sur sa carte et de prendre tous les trains comportant des voitures de la classe pour laquelle abonnement a été souscrit.
- Les prix sont calculés d’après la distance kilométrique parcourue.
- La durée de ces abonnements est de trois mois, six mois ou d’une année.
- Ces abonnements partent du 1er de chaque mois.
- COMPAGNIE D’ORLÉANS
- Exposition universelle de Barcelone
- A l’occasion de l’Exposition universelle de Barcelone, la Compagnie d’Orléans, d’accord avec les Compagnies de Lyon, du Midi et l'Administration des Chemins de fer de l’Etat, fait délivrer, à toutes les gares de son réseau, depuis le 15 avril 1888, et délivrera pendant toute la durée de ladite Exposition des billets d'aller et retour de toutes classes pour Barcelone, ayant une durée de validité de 30 jours.
- Les prix de ces billets comporteront les réductions suivantes sur les prix des tarifs généraux, savoir :
- Au départ des stations distantes de Barcelone
- De moins de 500 kilomètres, 30 0/0.
- De 500 à 1,000 kilomètres, 35 0/0.
- De plus de'1,000 kilomètres, 40 0/0.
- Ces billets doivent être demandés à la gare de départ quatre jours au moins à l’avance.
- Les billets d’aller et retour sont délivrés par l’itinéraire le plus court. Toutefois, les voyageurs peuvent, à leur gré, choisir soit pour l’aller, soit pour le retour, un autre itinéraire abrégeant la durée du voyage. Dans ce cas, les prix des billets sont établis d’après les parcours choisis, et le voyageur est tenu de suivre cet itinéraire.
- Au départ de Paris, les prix de ces billets sont par Limoges, Toulouse et Narbonne de :
- lre classe, 169 fr. 30 ; 2® classe, 127 fr. 45; 3e classe, 90 fr. 75.
- Départ de Paris, gare d’Orléans, 7 h. 45 matin ; arrivée à Barcelone le lendemain à 10 h. 20 matin.
- Durée du trajet : 26 h. 25.
- Administration et Direction agricole
- DE GRANDES PROPRIÉTÉS
- EN FRANCE ET EN ALGÉRIE
- LE MONITEUR DES COLONIES
- Et des Pays de Protectorat
- ORGANE SPÉCIAL DU COMMERCE D’EXPORTATION
- Paraissant ie Samedi, à PARIS
- Publie chaque semaine :
- Les actes officiels, les mouvements de personnels des administrations des Colonies et de la Marine; —Divers articles spéciaux sur le commerce d’exportation et le commerce colonial ; — Les nouvelles des Colonies et pays de protectorat ; — Une chronique commerciale ; — Un courrier d’Ortre-Mer et des informations complètes.
- Le Moniteur des Colonies et des pays de protectorat, qui contient 8 pages de texte et 8 pages d’annexes, publie, en outre, des renseignements commerciaux et maritimes ; les départs des paquebots français pour toutes les destinations ; les prix de passages et de fret pour les Colonies, le tarif des Douanes coloniales, etc., etc.
- Références de 1er ordre. S’adresser au directeur du Journal
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- Le Moniteur des Colonies et des pays de protectorat est le seul journal républicain indépendant colonial qui se publie à Paris.
- CHEMINS DE FER DE L’OUEST ET DU LONDON BRIGHTON
- SERVICES
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- QUATRIEME ANNÉE. Dimanche 28 Octobre 1888. NUMÉRO 200.
- SOMMAIRE :
- Les galeries latérales du palais des machines. — Exposition universelle chevaline et asine en 1889. — L’Algérie et son Exposition. — Les Colonies à l'Exposition de 1889. — Les Etrangers à l’Exposition de 1889. - Les ingénieurs du Palais des Machines. — Installations diverses. — Les transports à Paris pendant l’Exposition. — Echos. — Les conférences de MM. de I.esseps. — Les travaux du canal de Panama. — Le congrès de sauvetage.— L’Exposition des lauréats de France à Londres. — L’Exposition de Bruxelles. — Expositions diverses. — La question des tramways devant le conseil général de la Seine. — Sport. — Gravures : La rue des Nations en 1878.
- La nouvelle Administration du MONITEUR DE L’EXPOSITION a l’honneur d’informer ses abonnés que ses bureaux situés, Cité de l'Alman011, sont à proximité du Champ-de-Mars, du quai d’Orsay et de l’Esplanade des Invalides, c’est-à-dire au centre même de l’Exposition.
- Elle se met à leur disposition pour tous les renseignements dont ils pourraient avoir besoin concernant l’Exposition de 1889 : demandes d’emplacements, installations de vitrines, etc., etc.
- Pour ces renseignements et pour tout ce qui concerne la rédaction ou l’administration, s’adresser à M. H. PENDRIÉ, directeur et propriétaire-gérant du MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- LES GALERIES LATÉRALES
- DU PALAIS DES MACHINES
- Jusqu’à ce jour, nous avons parlé à diverses reprises et parfois assez longuement de la partie principale de cet incroyable monument, mais nous nous sommes peu étendu sur les parties annexes de l’immense nef.
- Elles sont loin cependant de ne pas mériter une étude sérieuse. Bien que relativement de dimensions réduites en comparaison du corps principal de l’édifice, elles n’en constituent pas moins une œuvre de grande importance, un travail considérable.
- Qu’on songe que ces parties annexes s’étendent sur toute la longueur du monument, soit 420 mètres, et forment de chaque côté une galerie de i5 mètres de largeur couvrant ainsi, chacune, une superficie de 6,3oo mètres carrés. En hauteur, les arceaux qui dominent le plancher du premier étage atteignent, au sommet, plus de 2 3 mètres. Ces arceaux ou cintres correspondent exactement aux intervalles des grandes fermes qui sont eux-mêmes surmontés par un cintre analogue sur lequel s’appuient les travées qui forment la couverture, en voûte, de chacun de ces intervalles au-dessus de la galerie latérale.
- Ces galeries sont constituées par des séries de piliers droits qui s’élèvent à plusieurs mètres au-dessus du plancher supérieur, lequel est déjà
- à 8 mètres au-dessus du sol, et par les cintres ou arceaux de 20 ou 21 mètres d’ouverture dont nous parlions plus haut. Ces arceaux seront fermés extérieurement par des vitrages au travers desquels se projettera la lumière en abondance dans la partie supérieure de la galerie, mais du côté de la grande nef, l’intérieur de chacun de ces arceaux sera entièrement libre afin que les visiteurs puissent de là contempler sans encombre l’installation des machines et appareils de toutes sortes qui seront exposés dans la grande nef.
- Cinq ou six escaliers disposés aux quatre extrémités du monument et dans le milieu des galeries permettront de se rendre facilement au premier étage de chacune d’elles : et ce ne sera pas le spectacle le moins curieux de notre grande Exposition que cette activité, ce mouvement sans pareils de machines de tous systèmes et et aux formes les plus variées.
- On conçoit que l’importance du travail d’établissement des galeries latérales du Palais des machines ait nécessité sa division en plusieurs parties. Leur construction, en effet, a été répartie en quatre lots.
- Le premier de ces lots, situé dans la section Fives-Lille de la grande nef et du côté de l’école militaire, a été adjugé à la Société nationale d’Ivry. C’est le moins avancé de tous. Cependant huit cintres sur dix sont déjà posés et les travées de trois intervalles sont entièrement terminées ainsi que la toiture correspondante.
- Le second lot a été donné à MM. Robillard, Ducros et Cie. Ce lot fait vis-à-vis au précédent. Son état d’avancement est des plus satisfaisants; sept intervalles de grandes fermes sur neuf qu’il comporte sont entièrement terminés. On travaille dans ce moment à la pose du cintre du huitième intervalle et celle du neuvième et dernier, le plus rapproché de la ferme de tête, sera bientôt commencée. De ce côté une partie des vitrages est même déjà posée ainsi que le remplissage en briques de couleur, du plus bel effet, des parties de la paroi extérieure qui ne comportent pas de vitres.
- Le troisième lot des galeries latérales a eu pour adjudicataire la Société générale des forges et ateliers de Saint-Denis que dirigent si intelligemment MM. Bonnefond, directeur et Corradi, ingénieur en chef.
- Ce lot qui comporte neuf fermes, comme le précédent, est, à peu de chose près, dans le même état d’avancement. Commencéle 11 juillet dernier, alors que la moitié des grandes fermes étaient déjà en place, il est à la veille d’être complètement terminé. Un seul arceau est encore à mettre en place, celui qui confine'à la ferme de tête.
- Sur ce chantier, aucun accident ne s’est encore produit, grâce aux bonnes mesures prises et à la vigilance du conducteur des travaux, M. Meyer.
- Rappelons en passant que c’est cette même
- société des forges et ateliers de Saint-Déni qui a édifié au Champ-de-Mars, la première ferme métallique qui ait été posée. Ce travail, dont le Moniteur a rendu compte alors, eut lieu le 3 mai 1887. Que de chemin parcouru depuis cette époque déjà lointaine !
- Le quatrième lot des galeries qui nous occupent a été adjugé à MM. Moisant, Laurent Savey et Compagnie. Cette maison, dont nous avons eu l’occasion de parler il y a quelques semaines au sujet de la Tour centrale, s’est acquittée consciencieusement, comme la précédente, de la tâche qui lui incombait. Son travail marche de pair avec celui de la Société de Saint-Dénis dont elle fait le vis-à-vis. Dans quelques jours, le neuvième cintre de la partie de la galerie qui la concerne sera en place et les travaux accessoires, travées, toitures, vitrages, etc., suivront d'après l’exécution de la partie principale de l’œuvre.
- Il y a donc lieu d’espérer que si le temps se maintient au beau pendant quelques jours encore, les galeries latérales du Palais des machines seront complètement achevées dans la première quinzaine du mois prochain. Le terrain sera entièrement libre alors pour le travail d’établissement des installations intérieures dont nous nous occuperons dans un prochain numéro.
- Nous devons signaler en terminant cette revue que les travaux de couverture et de zinguerie del’immensePalais, adjugés à M. Robin fils, sont poussés avec toute l’activité désirable et qu’ils marchent de pair avec ceux de la construction métallique. De ce côté encore, aucun retard n’est à craindre.
- H. Pendrié.
- EXPOSITION UNIVERSELLE CHEVALINE & ASINE
- EN 1889
- ARRÊTÉ MINISTÉRIEL
- Le ministre de l'agriculture,
- Le Conseil supe'rieur des haras consulte,
- Arrête :
- Art. 1e1'. — Une exposition universelle chevaline et asine d’animaux reproducteurs aura lieu à Paris, en 1889, du 1e1’ au 10 septembre.
- Art. 2. — Les cate'gories d’animaux et les primes à décerner sont fixées conformément au tableau ci-après:
- ire catégorie. — Race de pur sang.
- 29 catégorie. — Race arabe.
- 3e catégorie. —Races trotteuses.
- 4e catégorie. — Races dites de demi-sang.
- 5a catégorie. — Races de trait.
- 6e catégorie. —Espèce asine.
- Les primes non décernées dans une catégorie pourront être reportées sur d’autres.
- Un objet d’art sera attribué, dans chaque catégorie, à l’éleveur français ou étranger qui aura
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- 12 14' — Quatrième Année.
- N° 200.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE i88q
- Dimanche 28 Octobre 1888-
- présenté le plus beau lot d’ensemble comprenant au moins cinq animaux.
- Art. 3. — Les propriétaires des animaux peuvent seuls exposer.
- Art. 4. — Ceux des chevaux exposésf par la France ou les nations étrangères, qui sont la pro-, priété des gouvernements, ne concourront pas pour les primes. Il pourra leur être accordé des médailles ou diplômes en dehors des médailles annoncées au présent programme.
- Art. 5. — L’âge des animaux se compte à partir du ier janvier de l’année de leur naissance.
- Art. 6. — La taille des animaux est mesurée à la potence.
- Art. 7. — L’origine des produits ou la saillie, en 1889, des femelles pour lesquelles cette condition est exigée, seront constatées au moyen de pièces officielles fournies par le propriétaire, lors de la réception des animaux à l’Exposition.
- Art. 8. — Les frais de conduite et de transport seront supportés par les exposants, d’après le tarif réduit consenti par les compagnies de chemins de fer, sur la présentation du certificat d’admission au concours qui leur sera délivré par le ministre, sans préjudice (des avantages analogues que les gouvernements étrangers assureraient à leurs nationaux sur leur propre territoire.
- Art. 9. — Les exposants choisiront eux-mêmes, en se conformant toutefois aux conditions du programme, les catégorie et section dans lesquelles devront figurer les animaux; ils ne pourront les faire concourir que dans une seule section.
- Art. 10. — Les animaux seront logés gratuitement dans le local de l’Exposition.
- Les exposants devront pourvoir à la nourriture de leurs animaux. Un fournisseur auquel ils pourront s’adresser facultativement sera installé près de l’Exposition; il vendra des denrées de première qualité à un prix arreté préalablement en vertu d’une adjudication.
- Les exposants devront se munir de palefrenier pour donner aux animaux tous les soins nécessaires.
- Aucun animal, une fois admis à l’Exposition, ne pourra en être retiré, à moins de maladie constatée. Les propriétaires pourront, toutefois, s’ils le désirent, être autorisés à faire passer la nuit à leurs animaux hors de l’enceinte de l’Exposition, en se conformant aux heures indiquées pour leur sortie et leur rentrée, Dans ce cas, ils auront à consigner une somme de cent francs, qui restera acquise à l’Exposition, si les animaux ne sont pas ramenés.
- Art. 11. — Une infirmerie sera établie pour les chevaux malades.
- Art. 12. — Un service médical sera organisé pour les hommes de service.
- Art. i3. — Il sera formé dans chaque département et dans chaque pays exposant un comité d’admission chargé de recevoir les demandes, d’examiner si les animaux sont sains et dignes de figurer à l’exposition et de les refuser au besoin.
- Les demandes d'admission devront être faites en double exemplaire et conformément au modèle annexé au premier règlement, sur des feuilles détachées qui seront distribuées gratuitement au ministère de l’agriculture, direction des haras, et dans toutes les préfectures et sous-préfectures. Il en sera mis à la disposition des commissaires des gouvernements étrangers. Ces feuilles, signées par les exposants, devront être adressées, pour la France et l’Algérie, au préfet de chaque département; pour l’étranger, aux commissaires représentant la nationalité à laquelle l’exposant appartient. Elles seront contrôlées respectivement par les présidents de comité ou les commissaires étrangers dans toutes les indications qu’elles contiennent. Elles devront être parvenues aux ministère de l’agriculture, direction des haras, avant le 1er juin 1889.
- Les exposants qui, après cette déclaration, ne pourraient amener les animaux engagés seront tenus d’en faire la déclaration au ministère de l’agriculture, direction des haras, avant le ier août.
- Art. 14. — Un comité central fonctionnera les 29, 3o et 3i août pour recevoir les animaux à leur
- arrivée à l’exposition et leur assigner la place qu’ils doivent occuper.
- Les animaux à exposer devront être arrivés le samedi 3o août au plus tard. Ceux qui seraient présentés après cette date seront rigoureusement refusés.
- Art. i5. — Le jury chargé de décerner les récompenses sera nommé moitié par le Ministre de l’agriculture, moitié par les exposants.
- En outre, chaque pays étranger exposant au moins 10 chevaux aura droit de choisir un juré.
- Art. 16. — Le directeur des haras est chargé de l’exécution du présent arrêté.
- Paris, le i5 octobre 1888.
- Le Ministre de VAgriculture,
- VlETTE.
- MINISTERE RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
- DE L’AGRICULTURE
- EXPOSITION
- Universelle Internationale de 1889, à Paris
- Espèces chevalines et asines.
- Tous ceux qui ont visité l’Exposition de 1878 se rappellent l’éclat et l’importance qu’eut alors l’exposition des produits de l’Algérie. En 188g, notre belle colonie africaine montrera une fois de plus à tous les regards, quelles richesses son sol est capable de produire et quels progrès depuis cette époque ont été faits pour les accroître encore.
- Persuadé que nous sommes qu’en matière de politique coloniale là est l’avenir, le but à atteindre ; que l’Algérie, par l’étendue de son territoire, par l’excellence de son sol, par la douceur de son climat, peut devenir pour la France un grenier d’abondance ; que sa proximité de la métropole et des divers pays de l’Europe, en même temps que de cette contrée immense, 1 e Soudan, vers laquelle tous les regards sont tournés peut en faire, un jour, un pays de transit, un centre commercial d’une importance ex-
- (1) Nom du propriétaire.
- (2) Domicile, en indiquant le département.
- (3) Indiquer si c'est un étalon ou une jument, un baudet ou une ânesse.
- (4) Si l'animal a un nom, l’indiquer.
- (5) Taille, robe, marques particulières.
- (6) Nom et race du pere de l’animal exposé.
- (7) Nom et race (s’il est possible), espèce de la mère.
- (8) Localité où l’animal à exposer est né.
- (9) Année de naissance.
- (10) Indiquer le numé’’o de la catégorie, de la division et de la section.
- (11) Pour l’étranger, la personne chargée des mêmes fonctions.
- traordinaire ; persuadé, disons-nous, qu’un avenir immense est réservé à cette superbe colonie, nous nous efforcerons, à l’occasion de l’Exposition de 1889, d’attirer sur elle l’attention de tous, hommes politiques, économistes, commerçants, industriels et agriculteurs.
- A cet effet, nous commencerons très prochainement la publication d’une série d’articles sur l’Algérie dus à la plume d’un enfant de son sol, M. Léon Sazie. Jeune encore, mais d’un esprit observateur, M. Léon Sazie saura, nous en avons la confiance, intéresser vivement les lecteurs du Moniteur et répandre davantage cette opinion qu’il est d’une sage politique, d’un intérêt national pour la France de porter désormais tous nos efforts vers le développement économique de notre colonie algérienne.
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- LES ÉTRANGERS A L’EXPOSITION
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- Sir Frédéric Leighton, président de la Royal Academy, vient d’adresser au lord-maire de Londres une longue lettre dans laquelle il déplore que, ni du côté de la France, ni du côté de l’Angleterre, il n’y ait à attendre de subvention pour les dépenses qu’entraînerait la création d’une section britannique des beaux-arts à l’Exposition universelle de 1889.
- Sir Frédéric Leighton ne peut cependant admettre que l’art anglais, qui a fait de si considérables progrès depuis quelques années, ne soit pas représenté à Paris, et il prie le lord-maire d’organiser une souscription à cet effet. Lui-même joint à sa lettre un chèque de 100 livres sterling.
- Le lord-maire vient de faire, dans une circulaire, l’appel suggéré par sir Frédéric Leighton.
- On désire réunir une somme de 3,000 livres sterling.
- *
- X X
- Modèle de demande d'admission.
- ^ Je soussigné (ij demeurant
- à (2) déclare
- présenter à l’Exposition internationale de 1889, à Paris, un (3) nommé (4)
- et dont le signalement est le suivant: taille (5) issu de
- l’étalon (6) et de la
- jument (7) né à (8)
- en 18 (9)
- Je déclare, en outre, désigner l’animal ci-dessus signalé pour concourir dans (10) catégorie division
- section...
- (Signature)
- Vu et contrôlé,
- A le 188.
- Le Président du Comité d’admission du département d (11)
- (Signature)
- ----------- —aiii P-Æ 0 — ---------
- L’ALGÉRIE & SON EXPOSITION
- Algérie
- Sous le titre : Une nomination scand aleuse un de nos confrères a publié cette semaine les lignes suivantes que nous reproduisons sous toutes réserves :
- M. Richard vient d’être nommé secrétaire général de l’Exposition algérienne.
- Le bruit court que le passé de ce personnage aurait dû empêcher le gouvernement de l’accepter pour cette fonction.
- Tous les comités radicaux du département de Constantine ont cru devoir protester télégraphiquement contre cette nomination, auprès de M. Floquet. Ils trouvent que cette nomination est une honte pour l’Algérie, et ils annoncent au président du conseil l’envoi et la publication d’un dossier écrasant pour M. Richard. Nous avons ce télégramme entre les mains. Plusieurs conseillers généraux ont télégraphié, de leur côté, des protestations énergiques.
- Des faits de la plus haute gravité seraient en effet relevés contre M. Richard, qui, comme ancien rédacteur du journal Y Algérie, fît une campagne acharnée en faveur de M. Le sueur, sénateur de notre grande colonie africaine.
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- Quatrième Année. — N° 200.
- Belgique
- Un premier pavillon de l’exposition belge est en construction au Champ-de-Mars. C’est celui destiné à l’installation des produits de MM. Sol-vay et Cic, de Bruxelles, fabricants de produits chimiques.
- Ce pavillon, qui occupera une surface de 100 mètres carrés, est établi en bordure de l’avenue de la Bourdonnais non loin du pavillon des travaux. Son architecture en sera simple et gracieuse en même temps. La façade en est faite exclusivement avec des matériaux belges : granit et briques de fabrication spéciale.
- Le plan est de M. Jules Brunlaut, architecte, et l’exécution en est confiée à MM. J. et P. Carsoel, entrepreneurs belges.
- Espagne
- Mercredi soir, le bureau de la Chambre de commerce de Madrid a nommé le comité de propagande pour l’Exposition de Paris. Ce comité est composé de notables industriels, de commerçants, de publicistes de tous les partis. La réunion a décidé que les présidents des chambres de commerce feront partie du comité directeur.
- Italie
- Dans sa dernière réunion, la chambre de commerce de Milan a annoncé qu’elle a transmis au comité central de Rome les demandes de places parvenues dans le courant du mois de septembre. Elles se montent au chiffre de 95 et l’espace demandé est de 1,729 mètres carrés.
- D’autre part, dit le Secolo, le Comité de Paris avertit les exposants que la date définitive pour présenter les demandes a été prorogée jusqu’au 15 novembre. Les produits à exposer devront être prêts à consigner le 31 janvier au plus tard.
- Le même Comité a obtenu le rabais de 5o % demandé aux compagnies de chemins de fer sur les prix de transport, en France, de tous les objets destinés à l’Exposition et il espère obtenir la même concession sur les lignes italiennes.
- D’accord avec les chambres de commerce, le Comité prendra à sa charge la dépense du transport et les frais de mise en place des objets d’art.
- Les denrées alimentaires qui seront placées dans la-section agricole seront exemptes de toute taxe extraordinaire.
- En outre, le Comité, par l’intermédiaire de ses agents, se chargera, à titre gratuit, de la vente et de la reproduction des objets exposés.
- A Barcelone, la colonie italienne a formé un comité spécial pour favoriser le concours des Italiens à l’Exposition de Paris.
- A Bordeaux, le sous-comité, qui a déjà réuni une importante souscription, vient de fusionner avec le Comité national, section de Paris.
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- Russie
- Saint-Pétersbourg, 17 octobre.
- Le Novosti continue à encourager les industriels russes à participer à l’Exposition de 1889.
- Il conteste l’authenticité d’une lettre écrite en allemand par une main inconnue dans le but de dénoncer une prétendue coalition des membres de l’industrie française, qui essaieraient d’empêcher le succès des produits étrangers à l’Exposition universelle.
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- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE
- LES INGÉNIEURS
- DU PALAIS DES MACHINES
- Nous devons relever une erreur qui s’est glissée dans notre article sur les Ingénieurs du Palais des machines de notre dernier numéro.
- Nous avons dit que M. Delbo, conducteur de travaux des Anciens établissements Cail, avait été attaché pendant douze ans aux ateliers de Fives-Lille avant d’entrer dans la maison Cail. C’est des ateliers Gouin que nous avons voulu parler. Ceci ne change rien, d’ailleurs, aux appréciations que nous avons formulées à l’égard de M. Delbo.
- H. P.
- INSTALLATIONS DIVERSES
- Exposition ouvrière
- Dans le conseil des ministres tenu mardi dernier à l’Elysée, M. Pierre Legrand, ministre du commerce, a entretenu le Conseil de demandes d’emplacements et de subventions formées par un certain nombre de corporations ouvrières. Il a rappelé à cette occasion la décision prise par la commission des quarante-trois, aux termes de laquelle les expositions ouvrières ne devront pas être distinctes de celles des sections auxquelles elles appartiennent.
- Le conseil n’en étudiera pas moins ces demandes, mais en tenant compte de la volonté de la commission, elle n’accordera de privilège d’aucune sorte.
- Les vins de la Gironde
- La Chambre de commerce de Bordeaux a voté dans sa séance du 5 octobre, pour sa participation à l’exposition collective des vins de la Gironde, organisée parle Comité départemental, à l’Exposition universelle de 1889, un crédit de 8,000 francs.
- Exposition des négociants en diamants, pierres précieuses et lapidaires
- Extrait du procès - verbal de la séance du rer octobre de la Chambre syndicale
- M. le Président. — A la suite du vote que vous avez adopté : « que notre Chambre ne pouvait accepter les restrictions, au sujet des objets montés, imposées à notre admission à l’Exposition par le comité de-la classe 37 »:, j’ai rédigé une lettre en mon nom et au nom de nos exposants collectifs qui y ont immédiatement tous adhéré et l’ont signée également, pour retirer nos demandes de participation et d’emplacement : je l’ai adressée à M. G. Berger, directeur général de l’Exposition, qui m’a fait la réponse suivante :
- MINISTÈRE DU COMMERCE ET DE iflNDUSTRIK
- Paris, le 11 juin 1888.
- Monsieur le Président,
- j’ai l’honneur de vous accuser réception de votre communication du 11 courant, contenant une lettre de refus de participation à l’Exposition de 1889, signée par vos honorables collègues de la Chambre syndicale des négociants en diamants, pierres précieuses et lapidaires.
- Permettez-moi de relever la phrase par laquelle vous signalez le danger de laisser aux commissions une faculté, sans contrôle et sans appel, d’admettre ou de refuser les demandes les plus légitimes.
- VousTgnorez ou vous oubliez les termes de l’arrêté ministériel du 11 mars 1887, instituant les Comités d’admission. Cet arrêté institue les Comités de groupes et le Comité supérieur de révision, chargés de juger toutes les contestations qui peuvent s’élever au sein d’un Comité de classe, entre Comités de classes et Comités de groupes.
- Je regrette que vous ne m’ayez pas saisi de la question, avant de prendre le parti radical que m’annonce votre lettre.
- J’aurais usé du droit personnel de contrôle que peuvent me donner mes fonctions, et nous aurions soumis, soit au Comité du groupe IV, soit au Comité supérieur de révision, votre réclamation.
- Nous eussions tout arrangé, je l’espère, sans porter atteinte aux droits que le règlement donne aux Comités d'admission de statuer en dernier ressort.
- Agréez, Monsieur le Président, l’expression de mes sentiments les plus distingués •
- Le Directeur général,
- G. Berger.
- Dimanche 28 Octobre 1888. — 121b.
- M. Achard observe que la phrase 'de la lettre de M. Berger disant que le dernier mot appartient toujours aux Comités d’admission, a pesé sur le maintien de la détermination que nos exposants avaient prise de retirer leurs demandes de participation.
- LES TRANSPORTS A PARIS
- PENDANT L’EXPOSITION
- A l’appui de ce que nous disions dans notre numéro du 7 de ce mois au sujet de cette question si importante des transports à Paris pendant l’Exposition et, en particulier, de la défectuosité des services de la Compagnie générale des omnibus, nous sommes heureux de reproduire les lignes suivantes de notre excellent confrère, M. Henry Vidal, de la Nation.
- Sous le titre : Les moyens de locomotion à Paris et dans la banlieue, voici comment s'exprime notre confrère (Nation du 2 3 octobre) :
- Ce n’est pas assez que la plus brillante capitale du monde n’ait pas encore, même en perspective, de métropolitain ; elle est, au point de vue des transports en commun, une des plus mal desservies du monde entier. On a cependant sous les yeux, par l’exemple des petites voitures, ce que peut faire la concurrence à défaut de la complète liberté. Au moins a-t-on maintenant, quand il pleut, quelque chance de trouver un fiacre, et quand il fait beau, ce sont les cochers qui courent après les voyageurs. Mais dès qu’il s’agit d’un omnibus ou d’un tramway, il faut se battre les jours de pluie ou de congé, pour parvenir à y entrer.
- A Londres, il y a dix omnibus pour un même parcours, certains sont bons, d’autres sont moins confortables : c’est à vous de choisir et de vous reconnaître, et vous avez les oreilles assourdies parv le cri des conducteurs qui sollicitent le client. A New-York, il court des trqmways en haut et en bas des rues, emportant, dans un seul train, autant de monde que les chemins de fer.
- A Paris, certains jours, et, toute l’année à certaines heures, le voyageur a l’air de demander l’aumône quand il veut monter en omnibus. C’est un spectacle lamentable que. celui de ces files innombrables de braves gens qui assiègent les bureaux et sollicitent un regard bienveillant de l’impassible contrôleur ! Ainsi l’a voulu le décret d’une légalité plus que contestable qui, en 1860, sous le régime de M. Haussmann, a conféré le monopole des transports en commun à la Compagnie des omnibus.
- Ce- monopole, on ne sait ni s’en débarrasser ni s’en servir : il s’élève comme un mur d’airain contre toute extension, contre tout progrès. Non seulement, il n’y a qu’une ligne d’omnibus ou de tramway par destination, mais parfois cette ligne aboutit à une sorte d’impasse et vous laisse pour ainsi dire au milieu d’un désert. Si vous prenez le tramway à Saint-Denis, par exemple, pour pénétrer au cœur de Paris, vous croyez qu’il va vous déposer à un point central : la Madeleine, l’Opéra, la gare Saint-Lazare, le boulevard au moins? Non, il vous laisse aimablement le long du mur qui clôture la propriété du baron de Rothschild.
- La plupart des lignes d’omnibus s’arrêtent ainsi ti un point isolé sans issue. Les tramways ont leur terminus à une distance encore fort appréciable de tous les endroits où presque tout le monde a besoin de se rendre : le Palais de Justice, les Halles, le Boulevard, l’Opéra. Quand on se demande pourquoi tous ces tronçons de ligne ne se rejoignent pas ou aboutissent à des impasses, pourquoi on ne complète pas les réseaux, on vous répond : Impossible d’aller plus loin la Compagnie des omnibus s’y oppose. On comprend à toute rigueur que la Compagnie des omnibus, se basant strictement sur son monopole, refuse les lignes qu’elle considère comme improductives ; que même elle voie d’un œil jaloux l’interposition dans ses réseaux de moyens de transports nouveaux.
- Mais que le gouvernement, que la ville de Pa-
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- LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE :88g
- Dimanche 28 Octobre 1888.
- ris, que le département de la Seine se prêtent à lui laisser répéter ainsi sans cesse la fable du chien et du jardinier, voilà ce qui a lieu de surprendre. Nous autres contribuables, nous n’avons nul souci de ces querelles de ménage» Nous demandons et j nous voulons qu’on aboutisse à quelque chose ; que les moyens de transport en commun ne restent pas dans l’enfance de l’art, à l’état embryonnaire pourrions-nous dire, qu’on voie enfin, dans la métropole intellectuelle du monde, l’application de quelques-uns des perfectionnements apportés par l’industrie moderne à la traction des voitures ; en un mot, que les étrangers qui viendront ici dans six mois, ne retrouvent pas les mêmes voitures et qui sait, peut-être, les mêmes chevaux qui les ont péniblement traînés à l’Exposition de 1878.
- On ne nous persuadera jamais que pour obtenir ces modifications qui' nous mettent à peine au niveau des autres capitales, il ne se trouve pas des Sociétés et des capitaux disponibles à défaut de la ville de Paris ou du département de la Seine. Voilà bien longtemps que nos patientes populations attendent et qu’on les leurre d’un espoir toujours déçu. Faites ou laissez faire, telle doit être la consigne donnée par les électeurs à leurs représentants ; mais ne préférez pas les mots aux choses, les projets gigantesques au progrès que vous tenez sous la main, un avenir nuageux à un présent qui peut être insupportable.
- Les grands principes sont une belle chose : les réformes pratiques sont meilleures encore. Il serait vraiment trop honteux pour Paris que les habitants arrivant dans la ville des merveilles, pour l’Exposition de 1889, puissent dire, en rentrant chez eux : c’est égal, Paris est beau, si on veut ; mais il lui manque quelque chose qu’on trouve à Nantes, à Carcassonne, etc. : des tramways à vapeur et à air comprimé.
- Nous sommes du même avis que notre confrère et nous demandons, une fois de plus, qu’à l’instar de ce qui existe déjà pour les petites voitures, des services d’omnibus ou de tramways, en concurrence avec ceux de la Compagnie générale, soient autorisés dans les termes de la proposition de M. Léon Donnât.
- Hors la concurrence pas de salut ! La France est depuis trop longtemps la proie des monopoles : chemins de fer, gaz, omnibus ou tramways, pour qu’il ne soit pas à propos, à l’occasion du centenaire de la grande Révolution, de demander la suppression ou la réduction, tout au moins, de ceux qui n’ont pas pour raison d’être une absolue nécessité.
- Il appartient à Paris, la ville des lumières, la capitale du monde civilisé, de donner l’exemple de cette marche en avant dans la voie du progrès.
- H. P.
- ÉCHOS
- LE PRINCE DE GALLES AU CHAMP-DE-MARS
- Le prince de Galles a visité il y a huit jours les travaux du Champ-de-Mars ; il ne s’était pas fait annoncer et s’est rendu au cabinet de M. Georges Berger qui l’a accompagné dans sa promenade avec le général Ellis, le marquis du Lau et M. Turneyssen.
- Le prince de Galles, qui est parti pour Londres le lendemain dimanche seulement et non dans la soirée du même jour, comme quelques journaux l’avaient annoncé par erreur, a été très satisfait paraît-il, de sa visite aux travaux de la future Exposition.
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- LES MOSAÏQUES DE LA PORTE DES MANUFACTURES NATIONALES A L’EXPOSITION
- M. Luc-Olivier Merson, qui avait été récemment chargé de peindre deux panneaux destinés à servir de modèle pour les mosaïques de la porte des manufactures nationales à l’Exposition uni-
- verselle, a dû livrer son œuvre cette semaine, c’est-à-dire huit jours au moins avant le délai fixé. Le comité le félicitera, sans doute, de cet excès d’exactitude, qui n’est pas encore entré dans les mœurs artistiques.
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- LE JARDIN ZOOLOGIQUE D’ACCLIMATATION
- Le temps exceptionnellement beau dont nous jouissons actuellement, attire la foule au Bois de Boulogne et particulièrement au Jardin Zoologique d’Acclimatation.
- Dimanche dernier, cette promenade chère aux Parisiens a reçu plus de vingt mille visiteurs.
- « Sans », l’éléphant lilliputien offert au Jardin d’Acclimatation par M. Constans, sort maintenant régulièrement et accompagne aux promenades la grosse Juliette si connue des bébés.
- Ajoutons que l’école nouvelle d’équitation (petit manège avec chevaux de toutes tailles pour grandes personnes) a repris toute son activité. Les mérites de la cavalerie employée aux leçons et aux promenades sont appréciés des véritables amateurs soucieux de monter de bons chevaux.
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- UN NOUVEAU JOURNAL VIENNOIS FRANCOPHILE
- Le premier numéro du journal antiprussien Sclfwar^-Gelb fondé à Vienne (Autriche), par un groupe de patriotes autrichiens sympathiques à la France, paraîtra le ier novembre prochain. Cette publication mérite d’être encouragée par le public français. Les industriels qui ont intérêt à faire de la publicité dans les journaux de Vienne donneront certainement la préférence au Schwar^-Gelb, plutôt que d’envoyer leur argent à des feuilles prussophiles, dont les lecteurs ne font, d’ailleurs, aucune commande en France, par haine de tout ce .qui est français.
- Les bureaux du nouveau journal viennois sont situés Herrengasse, 12, Waehring, Vienne (Autriche).
- Le Schwar^-Gelb est représenté à Paris par M. A.-E. Badaire, le sympathique directeur du Bulletin officiel de la Brasserie française; ses bureaux sont situés, 4, rue Tourlaque.
- Bon accueil nous faisons à notre nouveau con. frère. Puisse-t-il aider à augmenter les sentiments de sympathie que professent déjà l’une pour l’autre, l’Autriche et la France.
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- LES VINS EN ALGÉRIE
- Nous croyons devoir placer sous les yeux de nos lecteurs le tableau suivant représentant le mouvement de l’importation, de l’exportation et de la production de l’Algérie, en hectolitres, de 1879 à 1886 :
- Production Importation Exportation
- 1879... 351.525 275.840 6. i 8 I
- 1880... 432.58o 257-652 24.042
- 1881... 228.549 18 3,63o 16.736
- 1882... 6 51.3 3 5 3o3.394 I 5.735
- 188 3... OO uO CO 215.507 I17.805
- CO OO 890.899 154-583 145.648
- 188 5... 967.924 265.935 33o.336
- 1886... 1.665.996 230.267 461.608
- Les chiffres de la production et de l’importation pour l’année 1887 ne sont pas encore connus officiellement. Mais on peut dire aujourd’hui que l’exportation a été, l’année dernière, de 794.596 hectolitres.
- Tout commentaire serait superflu. L’éloquence des chiffres suffit.
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- M. Auguste Bouvard .
- Nous apprenons le mariage de M. Auguste Bouvard, directeur de la Revue d'Histoire contemporaine, avec MUe Marguerite Rostand.
- Nous adressons nos plus sincères félicitations à notre estimé confrère.
- l’exposition DE BARCELONE
- M. Goblet a reçu ce matin M. Prevet, député de Seine-et-Marne, qui venait, en sa qualité de président du Comité français de l’Exposition universelle de Barcelone, lui parler des excellents résultats obtenus au point de vue français et lui confirmer la cordialité des relations entretenues entre les autorités espagnoles et la firance au cours de l’Exposition.
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- LES BREVETS D’iNVENTION
- Le Sénat a adopté cette semaine le projet portant dérogation à la loi sur les brevets d’invention et les marques de fabrique pour les produits admis à l’Exposition de 1889.
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- TRAIN DE LUXE DE LONDRES ET DE PARIS A PAU
- Les nombreux touristes que, chaque hiver, l’ai-trait d’un climat exceptionnel ou le soin de leur santé attirent vers la jolie station balnéaire des Basses-Pyrénées, auront, cette année, comme précédemment, à leur disposition, le moyen de locomotion le plus confortable entre Londres, Paris et Pau.
- Nous apprenons, en effet, qu’à dater du 7 novembre prochain, le train spécial de la Compagnie internationale des wagons-lits, connu sous le nom de « Calais-Paris-Pau-Express » et composé exclusivement du matériel de luxe de cette Compagnie, reprendra sa marche tous les mercredis.
- Le départ de Londres est fixé à 9 h. 40 du matin (Charing-Cross) ou 10 heures (Victoria-Station) Traversée de Douvres à Calais par les nouveaux bateaux les plus rapides. Départ de Paris (gare d’Orléans) à 6 h. 58 du soir est arrivée à Pau'le jeudi à 7 h. 35 du matin.
- Provisoirement le retour de cette ville vers Paris et Londres ne se ferait point avec un train spécial complet, mais au moyen d’un sleeping-car à 20 places, quittant Pau les jeudis à midi 55 et arrivant à Paris le vendredi de grand matin, en correspondance avec les premiers trains pour l’Angleterre.
- Cette organisation ne pourra que déterminer les étrangers en plus grand nombre à faire le voyage, si rapide et si commode, que les trains de luxe lui assurent jusqu’à cette délicieuse station hivernale.
- Annonçons en même temps à nos lecteurs que très prochainement aussi, aura lieu la reprise du service des trains de luxe « Méditerranée-Express ». L’un des départs de ce train sera, chaque semaine, en correspondance avec le nouveau bateau de la Compagnie générale transatlantique « Eugène Péreire » et fournira ainsi aux touristes d’Angleterre, comme à ceux de Paris, etc., etc., un itinéraire d’une rapidité et d’un confortable jusqu’à présent inusités, pour se rendre en Algérie. (Trajet de Paris à Alger en 42 heures).
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- LE PONT D’iÉNA
- Depuis lundi i5 octobre, le service des bateaux-omnibus a supprimé l’escale du pont d’Iéna, en raison des travaux du Champ-de-Mars. Le pont d’Iéna est depuis le même jour interdit à la circulation des voitures et des piétons.
- LES CONFÉRENCES DE MM, DE LESSEPS
- MM. Ferdinand et Charles de Lesseps poursuivent courageusement leur tournée de conférences, encouragés qu’ils sont par les sentiments de sympathie qui leur sont exprimés de toutes parts.
- Samedi dernier ils étaient à Dijon où ils ont été reçus par le comité dijonnais de l’Union des porteurs de Panama, présidé par M. Petitjean, adjoint au maire, et par la Société bourguignonne d’histoire et de géographie.
- A trois heures, conférence de M. Charles de Lesseps, sous la présidence de M. Gaulin-Dunover,
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- Quatrième Année. — N° 200.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 2S Octobre 1888. — 1217.
- •président de la chambre de commerce. On remarquait à cette réunion JVJM. Marchand, maire de Dijon, toute la municipalité, le président de la cour, le procureur général, les ingénieurs du département qui donnaient le signal des applaudissements.
- Au banquet qui a eu lieu à cinq heures, le président de la chambre de commerce a porté la santé de M. Ferdinand de Lesseps et il a terminé .en disant qu’il faut que cette superbe entreprise qui doit procurer au commerce et à l’industrie de si grands avantages, œuvre de génie d’un Français, créée par les capitaux; français, soit terminée par un Français et qu’il ne faut pas qu’elle passe .dans des mains étrangères. M. Charles de Lesseps a porté uu toast à Eiffel, un Dijonnais qui apporte un des principaux concours à l’exécution de l’œuvre et dont le nom doit être associé à celui de Ferdinand de Lesseps.
- Dimanche, les illustres voyageurs ont reçu à 'Lyon un accueil enthousiaste. A deux heures, M. Charles de Lesseps, se rendant au désir de la .Société de géographie, a fait au théâtre Bellecour une grande conférence, qui était présidée par M. Ferdinand de Lesseps, assisté du général Davout, gouverneur de Lyon, et de M. Desgrand, président de la Société de géographie.
- M. Desgrand a dit que l’œuvre de Panama, conséquence des progrès de la civilisation, est nécessaire aux intérêts français, et il prie M. Ferdinand de Lesseps, au nom de la Société de géographie -de Lyon, d’envoyer des félicitations, des remerciements et des encouragements aux travailleurs du Canal.
- A huit heures du soir a eu lieu une seconde .conférence, organisée par le comité du canal de Panama dans le Palais de la Eourse. Salle comble, composée exclusivement d’actionnaires et d’obligataires
- L’entrée de M. Ferdinand de Lesseps a été •saluée par des acclamations prolongées. La conférence a été d’autant plus intéressante qu’elle •s’adressait à un public spécial et que M. Charles -de Lesseps a surtout traité la question financière. E’orateur a obtenu un grand et légitime succès. .Le colonel Cremion, président du comité de Pa-;nama, a vivement remercié, au nom de tous les •assistants, MM. Ferdinand et Charles de Lesseps .des renseignements concluants qui venaient de leur être donnés, et il a terminé en déclarant que le Canal de Panama, œuvre française, . doit être terminée par des capitaux français, et que les Lyonnais entendaient bien concourir encore, dans une large mesure, au succès de cette grandiose ..entreprise.
- — --- .....- ............................—
- LF.S TRAVAUX DD CANAL DE PANAMA
- Voici les renseignements officiels sur l’état des travaux du 2 5 août, communiqués par la Compagnie :
- PREMIÈRE DIVISION
- Du kilomètre 0 au kilomètre 2 2,514
- Les travaux de cette division ne tarderont pas à être terminés.
- Il restait à faire, au ier janvier 1888, un volume total de déblais de 8,626,000 m., et l’on a enlevé, dans les sept premiers mois de cette année, 4,35o,ooo m., c’est-à-dire à peu près la moitié du cube restant à faire; il est donc certain que la première division sera terminée dans les premiers .mois de l’année 1889.
- Dès maintenant, le canal est creusé au-dessous du niveau de la mer, avec des profondeurs variant de 3 m. 5o à 4 m. 25 du kilomètre o au kilomètre 18; sa largeur au plan d’eau est de 40 m. et de 22 m. au plafond; du kilomètre 18 au kilomètre 22, les dragages ont déjà atteint le niveau de la mer. Dans quelques mois, la profondeur de 8 m. 5o sera réalisée sur toute l’étendue de la première division.
- Les dérivations du Chagres sont exécutées avec une largeur au plafond de 35 m. sur une profondeur de 4 m., sauf sur un kilomètre de longueur environ.
- Les ouvrages les plus essentiels du port de Colon sont terminés ; le chenal, où l’on trouve sur une grande longueur 8 et 9 m. de tirant d’eaui et partout ailleurs pas moins de 7 m. 5o, pourra donner accès aux plus grands navires au moyen de quelques dragages complémentaires.
- DEUXIÈME DIVISION
- Du kilomètre 22,614 au kilomètre 44
- Les travaux de la 2e division ont été organisés de la manière suivante :
- On a fait d’abord des décapements à sec pour abaisser partout le terrain jusqu’au niveau du Chagres, c’est-à-dire à 10 m. environ au-dessus du niveau de la mer, 1,100 wagons, 12 locomotives,
- 6 excavateurs et 5o kilom. de voies.
- En même temps on montait sur les bords du canal, un matériel de dragage et de nombreux appareils de transport de déblais par tuyaux, parmi lesquels nous citerons 4 appareils Vassetet un appareil Figée.
- Au moment des pluies, les chantiers suffisamment dérasés ont été recouverts par les eaux du Chagres, et les dragues ont pu y fonctionner.
- La production, dans la deuxièmedivision, n’a pas dépassé jusqu’à ce jour 200,000 mètres en moyenne par mois. Mais très prochainement, à l’aide des dragues ainsi mises en position de travail, et avec le concours d’une partie des dragues à longs couloirs de la première division, le cube mensuel doit dépasser notablement ce chiffre.
- Au 1e1' janvier 1888, il restaità faire dans la deuxième division 6,952,000 m. de déblais, et on en a fait, jusqu’au 23 août dernier. 1,499,000 m. Ace jour, il reste à enlever 5,453,000 m.
- La nature même du travail, dans lequel les dragages représentent la plus grande part, ne laisse aucun doute sur sa terminaison dans les délais voulus.
- TROISIÈME DIVISION /
- Du kilomètre44 au kilomètre 53,600
- Les déblais sont terminés du kilomètre 44 au kilomètre 48.
- Il reste deux tranchées à ouvrir pour achever les travaux de cette division.
- La première, qui s’étend du kilomètre 48 au kilomètre 5o,5oo, a une profondeur moyenne de 14 m. 5o, e„t la seconde, qui va du kilomètre 5o,5oo au kilomètre 53,600, a une profondeur de 1 5 m.
- Le cube total qui restait à faire au ier janvier iï>88 était de 4,000,000 m. et les entrepreneurs ont enlevé depuis cette époque 710,800 m. c. .
- Grâce au développement successif des chantiers et au matériel énorme dont disposent les entrepreneurs, les travaux pourront être terminés à la date prévue.
- QUATRIÈME DIVISION
- Du kilomètre 53,600 au kilomètre 63,200
- Le cube restant à faire dans cette partie du canal était, au ier janvier 1-888, de 5,133,000 m. et les entrepreneurs ont fait, depuis cette époque jusqu’au 25 août, 810,000 m. de déblais.
- lusqu’à ce jour, ils n’ont fait que des déblais à sec, mais ils viennent de s’organiser de manière à faire également les travaux de dragages, en formant, des deux côtés de la Culebra, des lacs artificiels avec les eaux de l’Obispo et du Rio Grande.
- CINQUIÈME DIVISION
- Du kilomètre 62,000 au kilomètre 74,500
- Il restait à faire au ier janvier 5,447,000 m. c. et les entrepreneurs ont fait, jusqu’au 25 août, 2,028,000 m. A ce compte, ils termineraient facilement leurs travaux dans les délais voulus.
- Le chenal en mur est achevé sur une longueur de 6 kil. 5o m. à 40 m. de largeur et sur une profondeur de 11 m. au-dessous du niveau moyen de la
- mer.
- Le canal à la suite est ouvert sur une longueur de 2 kilom. et sur 9 m. en profondeur au-dessous du niveau moyen de la mer.
- ÉCLUSES
- La construction des écluses, qui est confiée à M. Eiffel comprend :
- i° L’exécution de tous les déblais nécessaires pour l’établissement des sas et des têtes, ainsi que pour les fouilles des fondations des bajovers métalliques ;
- 20 La fourniture et la mise en place des ba-joyers, des portes et de tous les appareils de manœuvre ;
- 3° La fourniture et la mise en place du béton pour radiers, revêtement et remplissage des coffrages métalliques.
- Le tableau ci-après indique le volume total des déblais de chaque écluse, e t le cube total des terres enlevées depuis l’origine des travaux jusqu’au 25 août dernier :
- Cube total Cube
- Désignation à enlever enlevé
- des d’après au 25 août Reste
- écluses. les prévisions 1888 à faire
- Ecluse n° 1.... 124 000 5o 000 74 000
- — 2... 127000 60 000 67 OOO
- — 3... 126 000 60 OOO 66 000
- — 4... 119 000 5o 000 69 OOO
- — 5... 121 000 20 OOO IOI OOO
- — 6... 0 0 0 00 ri 40 OOO 88 000
- — 7... 116000 5o 000 66 000
- - 8... 0 0 0 60 OOO 57 OOO
- — 9... 137000 60 OOO 77 OOO
- — 10... I32 OOO 3o 000 102 OOO
- Totaux 1 247 OOO 480 OOO 767 OOO
- En résumé, on a fait, en six mois, m algré toutes
- les difficultés de la première installation, plus du
- tiers du cube total, et il parait certain qu’on pourra terminer tous les déblais des écluses vers le milieu de l’année prochaine.
- Pendant qu’on prépare à Panama les fouilles des écluses, on construit en France toutes les partiés métalliques de ces ouvrages qui ont été étudiées de manière que leur montage dans l'isthme soit aussi simplifié que possible.
- L’importance des marchés passés, pour les fers et fontes entrant dans les écluses, est, à ce jour, de 37 000 tonnes.
- Les commandes définitives, faites sur lesdits marchés, dépassent 26 060 tonnes, non compris les mécanismes des portes.
- Les marchés pour les ciments sont passés pour une quantité de 25 000 tonnes.
- Plus de 2 600 tonnes de fonte et fer ouvrés sont arrivés à Golon et plus de 2 800 tonnes sont en chargement à Anvers.
- Le cube de pierre cassée approvisionnée dans l’isthme est de 24000 m. environ.
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- LE CONGRÈS DE SAUVETAGE
- Le congrès de sauvetage, dont les travaux viennent de se terminer, a démontré en France que l’initiative privée n’est pas encore réduite à néant et que les ingénieurs comptent dans leurs rangs des orateurs capables de captiver un auditoire. Malgré l’aridité du sujet, des dames en grand nombre ont assisté aux séances.
- Citons parmi les conférences les plus applaudies, celles de MM. Max de Nansouty, sur les précautions à prendre pour se mettre à l’abri des inondations ; Mamy, sur les accidents dans le travail industriel ; G. Hamon, sur les compagnies d’assurances considérées comme Sociétés de prévoyance et de sauvetage ; Châlon et de Backer, sur les accidents dans les rues et sur les routes ; Labrousse, sur les aérostats rendus insubmersibles; Guibillon, sur les nouveaux appareils extincteurs des incendies ; docteur Monin, sur les secours à donner aux blessés, etc., etc. Dans le nombre des personnes qui ont pris le plus souvent, part aux discussions, citons MM. H. Remany Cheysson, Lisbonne, Gotard, etc.
- ( Voir la suite à la page 1220)
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- Ï2i8. — Quatrième Année.
- N° 200.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 28 Octobre 1888.
- LA RUE DES NATIONS, EN 1878
- FAÇADE CHINOISE
- NOS GRAVURES
- Une des idées les plus heureuses qu’aient eu les organisateurs de l’Exposition de 1878 a été sans contredit celle de la construction de la rue des Nations.
- Nous avons pensé qu’il serait agréable à nos nouveaux lecteurs (1) de retrouver ici une série de gravures leur rappelant les façades des divers pays qui donnaient à cette rue un aspect si original et si pittoresque.
- Nous publierons donc successivement les diverses gravures représentant cette rue célèbre telles qu’elles ont paru déjà dans le Moniteur.
- FAÇADE CHINOISE
- Cette façade s’élevait entre celle du Japon et le bâtiment mauresque de l’Espagne. C’était un grand bâtiment carré, noir quadrillé de blanc, surmonté d’un couronnement en bois découpé à double toiture relevée sur ses angles. La porte massive était parsemée de petits cylindres en forte saillie et constellée de sapèques ou monnaies chinoises percées d’un trou carré. Tandis
- (1) Ces gravures ont été publiées dans le Moniteur du i 8 avril 1886.
- que la porte était peinte en vermillon vif, les sapèques étaient dorées, ce qui donnait à l’ensemble un aspect tout à fait caractéristique. Au-dessus de cette porte brillait en caractères chinois dorés les mots signifiant Empire du Milieu et de chaq ue côté sur des socles-appliques, on remarquait deux groupes en bois sculpté et peint, représentant des guerriers chinois, armés de lances et d’arcs semblant aller à la rencontre l’un de l’autre ou peut-être figurant, tout simplement, les sentinelles chargées de défendre et de garder l’entrée du palais.
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- FAÇADE JAPONAISE
- La façade du Japon était très simple d’aspect, mais absolument caractéristique. Elle représentait l’entrée d’une demeure à demi fortifiée par une porte épaisse que soutenait un bâti en forts madriers. Cette entrée franchie, on passait sous un porche dans le vide duquel était suspendu un tableau avec cadre en bois ouvragé, sur lequel était inscrit le nom du Japon. A droite et à gauche, sur la muraille, on voyait la carte du Japon et le plan de Tokio. Cette carte et plan ont été établis par des Japonais, mais découlent de plans européens établis, paraît-il, parles pro-
- fesseurs et les marins que la France, l’Angleterre et l’Allemagne ont envoyé au Japon vers 1875. Mais ce qui caractérisait surtout l’entrée de l’Exposition japonaise, c’étaient deux charmantes fontaines.
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- ¥• *
- FAÇADE DES ÉTATS-UNIS D'AMÉRIQUE
- La façade de la section des Etats-Unis d’Amérique était des plus simples et telle qu’elle nous: était montrée, faisait plutôt' penser à une gare de chemin de fer ou à un restaurant qu’à une habitation privée. Sa composition n’avait pas exigé, de la part de l’architecte, une conception trop artistique ou un rappel de souvenirs antiques trop laborieux. C’était un bâtiment formé de trois plans," un très allongé formant rez-de-chaussée, un autre un peu moins étendu constituant le premier étage, et un troisième cubique servant de terrasse (On peut reproduire ce pavillon avec neuf dés à jouer, cinq pour la base, trois pour l’étage, un pour la terrasse !)
- Comme décoration, la façade des Etats-Unis-arborait le pavillon blanc, rayé de rouge et étoilé abritant sous ses plis larges et ondoyants, les écussons de chacun des Etats de l’Union américaine.
- À
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- Quatrième Année
- N° 200
- LE MONITEUR DE L'EXPOSITlON DE 1889
- Dimanche 28 Octobre 188S
- — I2IQ-
- FAÇADE JAPONAISE
- FAÇADE DES ETATS-UNIS D’AMERIQUE
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- ! 220. — Quatrième Année. — N° 200.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 28 Octobre i8i“£.
- Les séances ont été tour à tour présidées par de- j hommes spéciaux comme MM. Lotard, Bricigne, j Lisbonne, Thomas de Saint-Georges Armstrong, ] Marié-Davv et Charles Benoit. A une des plus im- { portantes du Congrès, le ministre de la marine, j ainsi que le conseil municipal de Paris et la So- j cie'tc des ingénieurs civils, s’étaient l’ait représenter.
- Parmi les personnes qui ont le plus assidûment suivi les séances citons : MM. A. Deiane, secrétaire général de la Société d’économie sociale ; le docteur Bouchut,* Koechlin-Schwartz, S. Périne, amiral Mac-Donald, etc., etc.
- Le succès obtenu a engagé les membres du congrès à nommer une commission chargée de préparer le congrès de l’an prochain qui aura lieu sous le patronage du gouvernement. Parmi les membres de cette commission, nous remarquons MM. Lisbonne, directeur des constructions navales en retraite, Labrousse, ancien lieutenant de vaisseau, H. Rémany, vice-président du génie civil, baron Armstrong, délégué des sauveteurs de l’Aude, J. Delanie, vice-président de la Société de sauvetage.
- Les commissions et adhésions seront reçues par M. E. Cacheux, 23, quai Saint-Michel.
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- L’EXPOSITION DES LAURÉATS
- DE FRANCE A LONDRES
- Notre excellent confrère, \z Journal des Arts, a publié il y a quelques semaines une revue intéressante de cette exposition due à la plume d’un de nos collaborateurs (dont nous respecterons le pseudonyme) et que nous croyons devoir reproduire.
- L’idée première de l’Exposition des lauréats de France à Londres appartient à M. Hervé du Lo-rin, homme d’initiative, que l’Exposition tentée par lui, l’an passé, au Casino de Boulogne, a déjà mis en rapport avec les artistes.
- Ouverte le 1e1' mai, cette exhibition d’œuvres françaises en Angleterre, a été, dès le premier jour, très confortablement installée dans les vastes dépendances du Royal Aquarium.
- Deux tableaux importants de M. Armand Du-maresq, ont été placés en évidence dans le salon principal : La garde moulante à Saint-James Palace et The Horse Guards Morning Parade, sujets de nature à captiver l’attention et l’amour-propre anglais. On doit au même artiste un portrait très vivant de l’organisateur de l’exposition ci-dessus nommé.
- Mais voici qui pour nous offre plus d’intérêt, ce sont trois paysages de M. Paul-Emile Berton : Un soir d’automne dans la Forêt de Fontainebleau; Bords de ta Seine à Bois-le-Roi et Matinée d’octo* bre ; peintures justes, solides et traitées avec un très réel et poétique sentiment de la nature.
- Nous allons au hasard sans nous préoccuper de grouper les sujets qui appartiennent à un même genre.
- Par M. Geoffroy, Un malheureux, un vrai malheureux en effet, peint dans des tons gris fins et harmonieux : la chétive physionomie de l’enfant qui l’accompagne avec son expression craintive, produit une sincère émotion.
- EclaFeurs fuyants, par M. Gaston Guinard, contient un effet de neige rendu avec une certaine hardiesse.
- M. le Sénéchal de Kerdréoret n’a envoyé qu'une seule et très bonne toile : Rentrée au port, datant de 1886, œuvre hors de pair.
- M. Serendat de Belzim présente trois peintures un fusain : Parisienne, type bien saisi de jeune femme gracieuse et coquette ; Touché, figure d’escrimeuse qui ne manque pas de crânerie ; Rêverie, qui donne une note plus féminine et M’aime-t-iP fusain d’une bonne facture et plein de sentiment.
- Lœs natures mortes exposées par M. Edouard Charton, fruits et gibiers, sont traitées avec soin et une entente complète du sujet.
- M. Monginot est comme toujours très brillant
- dans ses panneaux décoratifs; M. Perroudon a mis à la fois un peu de dureté et beaucoup de conscience dans son Nettoyage de cuivres.
- Le Saint Jerome de M. Edouard Krug, morceau très étudié, est magistralement peint.
- Pleins de mouvement et de courage les Acharnés, de M. Beauquesne, groupe de soldats français et prussiens luttant corps à corps.
- De M. Zuber-Buhle r trois toiles d’un vif intérêt: En vacances, les Cerises de la voisine et Coquetterie, qui renferment tous les trois de ces charmantes et fraiches figures comme le maître sait si bien les peindre et. qui attirent là-bas l’attention des misses et des ladies.
- Soirée d'automne à Concarneau, par M. Maurice Courant, est un des meilleurs tableaux de cet artiste consciencieux. — Les deux toiles de M. Monchablon: Madeleine rencon'rant le Christ pour la première fois et Madeleine repentante sont remarquables.
- D’un effet de lur.e tout à fait grandiose Le pont du Rialto, dans la nuit du 7 septembre 1 SB5, par Ziem, ce maître qui s’est créé un genre si bien à lui et qu’on pourrait appeler genre vénitien.
- Comme éludes d’animaux, le Cheval blanc, les Chiens et la Poulinière de M. Parquet , sont savamment traités.
- Jahel et Sisera par M. Surand ; ce sombre épisode des temps bibliques a été rendu avec un très juste et très dramatique sentiment de la vengeance chez l’héroïne. — Très ensoleillé le Marchand de pastèques à Venise par le même artiste.
- Dans Zorab par Mme Samaran, on constate une grande finesse d’exécution, les chairs et les étoffes sont bien rendues; il y a cependant un peu de raideur dans le mouvement de la tête.
- D’un dessin très correct, page pleine d’harmonie, VAutomne dans la forêt de Fontainebleau par M. Allongé. — Sortie de taureaux par la porte du peuple à Rome, l’envoi de M. Layraud, quoique manquant un peu de lumière, est bien composé et d’un bon dessin. — Par M. Alfred Magne: Oiseaux de proie se disputant un lièvre, composition très habile ; un peu plus de solidité dans les rochers et ce serait parfait; puis Chevreuil aux écoutes ; quel regard craintif; quel est donc le bruit qui l’inquiète ce pauvre et effaré chevreuil ? Avec cela, beaucoup de finesse dans un paysage charmant.
- Au bord de l'eau par M. Pinel de Grandchamp, jeune femme entourée de grands arbres se mirant dans l’eau; figure délicate et gentiment peinte dans un milieu attrayant.
- La Tamise près Londres, morceau d’une étonnante tonalité grise, par M. Auguste Flameng, l’effet de la houle est reproduit avec une heureuse justesse ; sous son ciel martelé, le Quai à Honfleur est aussi une excellente et agréable marine.
- Dans la Plage d’Hasting par M. Rossi, les types sont franchement peints et d’une grande exactitude de ton et d’allure; en outre, le ciel et la jetée sont parfaitement ensoleillés.
- M. G. Delhumeau a envoyé quatre toiles : deux charmants portraits de jeunes filles très réussis; un .Mendiant vendéen, figure très caractérisée, et au Printemps, jolie petite tête ornée de fleurs.
- Le Duo vénitien de M. Fouis Priou est une grande composition artistiquement dessine'e, d’une exécution, brillante et harmonieuse devant laquelle nombre de visiteurs stationnent continuellement.
- M. Georges Brillouin, dont le genre fin et toujours bien observé est connu, n’a envoyé qu’une seule toile fort appréciée du reste : Cinq-Mars et Grandchamp attendant audience du cardinal de Richelieu, belle page historiqne aux costumes très étudiés et peints avec beaucoup de savoir et de conscience.
- Par M. Emmanuel de Dieudonné, un Chef persan, figure en pied se dessinant dans son brillant» costume national sur un fond de tapisserie ; sa jeune file Kurde est également une figure peinte avec éclat.
- Fille de Sion et Rêveuse, par Mlle Berthe Delorme, d’un bon dessin et bien peintes, manquent néanmoins de fermeté.
- IJEtoile de Berger, par M. Maillart, jolie et diaphane figure apparaissant sur un nuage dans un
- ciel crépusculaire. — De M. Fegros, paysan travaillant la terre, genre Millet. — Souvenir du Poitou, tête de première communiante habilement faite par M. Brunet. — Mlle Bilinska, dont la palette est bien chargée en couleur et qui a une incontestable vigueur de touche, expose deux têtes curieuses, Négresse et Iris, plus un portrait.
- Naples le matin, par Mme Hélène Baron, est un véritable panorama bien compris et très attrayant; les Alyscamps à Arles, par la même artiste, sont tout imprégnées d’une douce poésie.
- La Baie du héron, Le Matin dans la vallée d'En-gelberg, Torrent de Rothenacker, En automne, etc., par M. Paul Robinet; toutes ces petites toiles peintes avec une extrême finesse de touche et une consciencieuse exactitude nous donnent une image agréable et variée de la Suisse.
- Lu ferme de la Cluse, près Boulogne, par M. Albert Declercq, est un bon et grand paysage bien compris et d’une couleur qui plaît à l’œil.
- Notons : Pivoines, fleurs des Champs, Bouquet de ma fiancée, d’un aspect séduisant, par M. Poirier; Au cellier, de M. Griveau, chez lequel on rencontre souvent une certaine force de coloris.
- Notons encore: Pécheurs au bord de la mer, de M. Gaston Gérard ; Idylle en Suisse et le Rhône à Charney, de M. Barriot ; Environs de Cannes, par M. Bonnefoy ; les Pêcheurs de l’Adriatique, de M. Marzo; la Garidone, de M. de Chaillé ; la Tour de Jules César à Provins, de M. Bergeron.
- Avant de quitter le Grand Salon, on s’arrête volontiers devant quelques bons morceaux de sculpture comme Souviens-toi! Roméo et Juliette, deux beaux bronzes, de M Allouard ; une terre cuite assez drôle, Bamboula, de Mme Goûtant ; l’Amour vainqueur, par M. Michel: le Départ et le Dernier effort, par M. le vicomte de Reuillé.
- Pénétrons maintenant dans les autres salons où nous attendent diverses peintures vraiment dignes d’examen à côté des simples études qu’on expose trop facilement eu qui ne devraient jamais sortir de l’atelier.
- Aussi de l’envoi de M. Chsron, malgré d’incontestables mérites ne retiendrons-nous, que le Port de la Rochelle qui est un bon petit tableau. Automne à Fontainebleau est pour M. Pigolot un bon sous-bois ; son Grand canal de Venise est d’un ton juste et chaud. — Bonne couleur locale dans Place près San-Remo de M. Bocion. — L’Offrande à la Madone, par M. Paulin Hébert,est une œuvre importante ; la jeune Italienne attachant son chapelet au pied de la statue de la Vierge a un mouvement tout à fait gracieux, le dessin est serré, la couleur agréable.
- Gomme toujours les Fleurs de Mme Louise de Goussaincourt sont habilement arrangées et brossées avec autant de légèreté que de justesse, de naturel que de goût.
- Un café à Tunis de M. Paul Bouchard/- brillant de coloration, dénote une étude attentive et familière à l’auteur des types et des mœurs de l’Orient; les détails y sont bien observés et bien rendus. M. Bouchard a envoyé en outre des Vues de Gênes et de Dieppe, très exactes qui n’auraient besoin que d’être un peu plus poussées pour devenir des tableaux.
- Avril en Berry, par M. Armand Beauvais, est un paysage très fait, peint avec des gris que plus d’une palette voudrait posséder ; l’arbre du premier plan est supérieurement posé et dessiné en relief.
- Comme il y a de l’air et de l’espace dans la belle toile de M. Charles Royer, Au bord de la mer ; charmantes sont aussi les Pivoines qui viennent d’être cueillies et qui ont conservé leur fraîcheur, on serait tenté d’ajouter leur parfum ; son Lièvre est une nature-morte très forte d’exécution.
- La Rue en Hollande, de M. Tholen, a bien la physionomie, le mouvement et la couleur locale du pays.
- Mlle Jeanne de Sarrebourse a peint avec délicatesse trois belles figures d’un bon dessin et d’une jolie coloration dans Une nymphe, Madeleine repentante et le Patricien de Venise.
- La mort du premier né, par M. Douillard, est rendue avec une expression de douleur vraie.
- Mlle Marie Robiquet a traité un grand sujet dans une petite toile, le Départ des hirondelles, jeune
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- Dimanche 28 Octobre 188S. — 1221.
- femme assise sur un mur et regardant s’envoler le nuage que font les charmantes messagères du printemps en partant pour les pays lointains ; la tête est très expressive.
- En continuant notre course à travers les diverses salles de cette expoiition, nous remarquons au passage : VAscension, par M. Lazerges ; le Parapluie rouge, de M. Grenet, dans une bonne gamme de couleur détonnant sur le ton gris d’un paysage ; le Puits fleuri, les Fleurs et Fruits, de Mlle Hélène de Lajallet ; les Chrysanthèmes, de M. Pape ; le Soir à Laghouat, de M. Dinet ; les deux toiles de M. Gailliard-Sansonnetti ; le Poisson de mer, de M. Gilhault et Nature morte, de M. Hubert: des Lilas et Roses d’un dessin très serré, par M. Kreyder, un maître peintre de fleurs.
- La Récolte des pommes de terre en octobre, par M. Léopold Gaubussau, est un de ces sujets qui prêtent à l’expression des types campagnards toujours si caractérisés, se mouvant dans un beau paysage, et que l’artiste a merveilleusement rendus.
- M. Ernest Marinier après nous avoir montré un frais paysage, Y Etang de Breteuil, nous mène en pleine Algérie, à Oran, à Tlemcen, dont il peint les tonalités chaleureuses avec succès, et, après nous avoir ainsi ébloui l’œil, nous ramène tranquillement au Pont de Triel.
- Les Vieux, par M. Gaston Le Mains, présentent des types intéressants, et bien traités par l’auteur.
- Un orphelin, par M. Lucien Schmidt, est un morceau très réussi et intéressant comme facture.
- On doit à M. Jules Dehaussy une figure d’un dessin très pittoresque et d’une jolie couleur, c’est une Grande dame du temps de Louis XIII, une de ces fières héroïnes auxquelles le philosophe Cousin a naguère consacré des pages si émues.
- Dans l’étang de Saint-Jean- du-Bois, par M. de Petiville, nous trouvons un effet de printemps bien étudié, bien rendu et d’une couleur très harmonieuse.
- Le Berger gardant son troupeau, de M. L. J. Charpentier, est par la note juste qu'il fournit un des bons paysages avec figures et animaux de ce salon.
- Très bon et intéressant paysage aussi la Bruyère, par M. Théodore Verstraete.
- M. Monteverde nous présente d’excellentes natures mortes, un sujet spirituel, le Ministre en herbe et des paysages attrayants : Batteuse de blé, Maison des misérables, etc.
- M. Aldophe Piot réussit très bien la peinture des Bibelots.
- Mentionnons aussi avec éloges Cynthia, par Mlle Marguerite Turner à qui on doit également d’élégants pastels.
- La Plage de Mers-les-Bains , par M. Achille Ramé, est une marine bien menée ; on y sent du mouvement et de la perspective ; tous les petits personnages qui y figurent vont et viennent avec une très grande aisance d’allures ; il y a de l’air dans cette toile. M. Ramé se distingue aussi dans la section des aquarelles et des eaux-fortes, notamment avec son Avenue du Bois de Boulogne et Alsace-Lorraine.
- Outre les quelques œuvres dont nous avons parlé chemin faisant dans cette section des aquarelles, dessins, porcelaines et miniatures, nous trouvons encore: un gracieux portrait de Sarah Ber-nhart, par Mlle Marie.Besson ; le Quai des Escla-vons à Venise et les Jardins d’Aquarolo à Gênes, par M. Gaston Béthune; les superbes eaux-fortes représentant F Hôtel-Dieu de Paris, par M. Bru-net-Debaisnes, aux morsures savamment combinées, au rendu fin et délicat qui dénote une pointe des plus habiles ; l’Entrée de village et la Ferme de Bu^es, par Mlle Hélène Dehaussy ; Tête de femme, par Mme Adèle Dehaussy ; Bouquet de chrysanthèmes, par Mlle Jeanne Gerderès ; Lisette travestie, piquante miniature, par Mlle Girardier ; Bouquet de fleurs, par M. Monteverde, et Bords de la Seine à Poissy, par M. Marinier, déjà nommé.
- Nous voudrions, pour être complet autant qu’il est possible en pareille matière, écrire encore quelques noms et citer quelques œuvres : Soleil couchant au Tréport et Marée basse à Menival, par M. Plivart ; Plage de Guétary, par M. Rodri-gues; Ma nourrice, de Mme Réaldel Sarte ; Ecurie et chevaux, par M. Boursin; Vues de Suède et
- Basse Seine, par M. L.-G. Declercq; En prière, intérieur d’église, par M. Brouillet; Un paravent, par Mlle Taeonnet; Fleurs, par Mlle Verelst; les quatre toiles de M. Umbricht : Vieux charron, Rêverie, Madeleine, et Souvenir à la patrie! deux ou trois porcelaines dues au pinceau délicat de Mlle de Beaufort; les émaux d’une si large exécution, par Mme la comtesse du Chaffault ; les grisailles de M. Sieffert, etc., etc.
- Finissons par quelques sculptures : le Nid, et la Jeune fille à la grappe, œuvres de beaucoup de talent, par M. Croisv; bustes et médaillons divers, par M. Savine ; Victor Hugo, bronze de M. Rozet; Abandonnée, charmante statuette, par M. Bastet ; Ballerine, cire perdue, par M. Cordier; la Toilette du baby, par M. Faivre; Chagrin et Sourire, têtes gentilles et gracieuses, par M. Frère ; Cupidon, statuette malicieuse, par M. Mathieu Meusnier • esquisse d’une médaille, par M. F. Benriet; Avant l’assaut, Après l’assaut, statuettes en bronze, par M. Voyez, qui font la joie de tous les amateurs d’escrime.
- Enfin nous dirons en terminant que tous ces salons ont été installés avec le soin minutieux que tout le monde lui connaît par M. Dangleterre fils qui sait si bien observer les règles de l’harmonie. Aussi ne trouve-t-on pas un tableau qui ne soit placé de façon à ne pas nuire à son voisin et au contraire de manière à se faire valoir les uns les autres.
- Ch. Lameirale.
- P. S. Cette importante exposition artistique ne fermera ses portes que le 3o novembre.
- L’EXPOSTION DE BRUXELLES
- On lit dans le Travail du 14 octobre :
- Les opérations du jury sont terminées. Le 26 de ce mois a lieu la distribution solennelle des récompenses, et le 3 novembre, le Grand Concours de Bruxelles fermera ses portes.
- Le moment me paraît donc venu de faire le bilan de cette entreprise, qui a souffert avant, pendant, et souffrira peut-être même après son exécution des tiraillements des partis politiques de la Belgique.
- Je n’entrerai dans aucun détail à ce fsujet, qui ne nous touche qu’indirectement, quoique commercialement parlant, nous ayons payé, malgré nous, une partie des frais de la guerre. Ce qui nous importe, c’est le résultat acquis pour nous en tant qu’exposants français, et là encore, je ne veux retenir que deux questions de principe qui s’imposent à notre attention. La première, c’est la tendance fâcheuse de nos nationaux à réduire leurs frais d’exposition à la plus simple exprès-, sion sans aucun souci du côté décoratif de leurs installations. Il y a trop de ces installations dites : Cartes de visite. Si la section françaises a pu, malgré la parcimonie des exposants, faire bonne figure, nous le devons surtout au Gouvernement français qui a mis à la disposition de M. Muzet, notre Commissaire général, les produits de nos manufactures nationales des Gobelins, de Sèvres ; nous le devons aussi à la Ville de Paris, avec son installation de l’enseignement professionnel.
- Je prévois toutes les objections que l’on ne manquera pas de soulever ; — aussi, n’en réfuterai-je pas une seule.
- Je ne fais que signaler le fait ou, si l’on aime mieux, le danger réel, indéniable, — surtout à l’Etranger, — de voir favoriser, au point de vue des récompenses, les produits similaires des sections de nationalités diverses qui, par la richesse, par la disposition heureuse de leurs installations, ont contribué au succès d’ensemble de l’Exposition.
- Tous les membres du jury à Bruxelles, rarement d’accord cependant, ont déclaré à l’unanimité qu’il y avait certainement de fort bonnes et'belles choses dans la section française, mais, à peu d’exceptions près, présentées avec une telle parcimonie et dans une enveloppe tellement mesquine, qu’elles portaient préjudice au contenu, tandis que dans
- les autres compartiments, des produits médiocres, insignifiants même, se trouvaient dans un cadre faisant à merveille ressortir, au moins, à défaut d’autres qualités, l’intention de plaire.
- Comment ne pas être indulgent pour tant d’efforts, tant de bonne volonté. Il est évident que l’on ne peut invoquer cet argument pour six bouteilles vides disposées avec art sur 23 centimètres carrés.
- La seconde question, de beaucoup plus importante et plus délicate, est celle qui touche au jury.
- Dans une Exposition à l’Etranger,, le rôle d’un membre du jury n’est plus le même que lorsqu’il s’agit d’une fête industrielle chez nous, soit à Paris, soit en province. L’exposant fait valoir son produit et le jury juge comme il l’entend, et voilà tout.
- A l’étranger, ce n’est plus la mime chose. Chaque membre du jury devient, pour ainsi dire, ou mieux, devrait être, Yavocat d'office de ses nationaux.
- Il est de son devoir non seulement de plaider leur cause individuellement, mais encore de veiller à ce que les bases mêmes de l’examen ne soient pas établies dans un sens préjudiciable à ses compatriotes. Les collègues internationaux du jury ne se feront pas défaut de soulever des difficultés, — si tel est leur intérêt, — et de signaler les faiblesses des objets soumis à leur examen.
- Car, en somme, ces tournois industriels, pacifiques et tout courtois, n’en sont pas moins des combats, des combats marquants qui se livrent dans le Struggle for life des nations. Il y a vainqueurs et vaincus : s’il n’y a pas mort d’hommes, les blessés ne manquent pas.
- Eh bien, il est arrivé, à Bruxelles, le cas fâcheux que les membres du jury français, trop sévères ou trop indifférents pour leurs compatriotes, n’ont, pas su prendre la défense de leurs intérêts auprès des jurés étrangers. Il a fallu, à la dernière heure, toute l’autorité dont jouit là-bas notre Commissaire général M. Muzet, il a fallu toute son opiniâtreté, afin à’atténuer au moins les effets déplorables de l’erreur commise au début.
- Grâce à lui, le résultat d’ensemble des récompenses décernées à la section française sera même 1 brillant, surtout lorsqu’on connaîtra les difficultés qu’il a fallu vaincre. N...
- EXPOSITIONS DIVERSES
- Exposition des cidres et poirés
- L’inauguration de l’exposition nationale des cidres aura lieu irrévocablement le Ier novembre prochain.
- Cette exposition se tiendra dans les pavillons annexe de l’Exposition de 1889, quai d’Orsay (pont de l’Alma).
- Un banquet, qui aura lieu le 3o'octobre, préludera à l’inauguration et aux fêtes de l’exposition.
- Il est ouvert un concours de poésie sur le sujet suivant : l’Eloge du cidre, du poiré ou de l’hydromel (Les bardes bretons sont invités à concourir dans leur dialecte natal.)
- Prière d’adresser les poésies à M. Quellien, secrétaire du comité littéraire, avant le 20 novembre, au siège de la commission de l’exposition des cidres, 38, Chaussée d’Antin.
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- Exposition de Sauvetage et d’Hygiène
- Le juryde l’Exposition de sauvetage et d’hygiène au palais de l’Industrie est en plein fonctionnement. C’est plaisir de voir les groupes de jurés stationnant çà et là dans la nef, dans les salons du premier étage, dans la galerie des Machines, examinant et délibérant.
- Le plus bruyant est certainement le jury des liquides. On a beau être sobre, il faut absorber avant de juger. Parfois, ce jury s’anime beaucoup; mais on affirme qu’il n’en juge pas moins bien les liquides et les liqueurs soumis à ces palais savants.
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- 1222. — Quatrième Année.
- N° 200.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 28 Octobre 1888.
- Le bassin à flot sollicite de nouveau notre attention, car nous apprenons qu’on va y exécuter chaque jour, à trois heures, un carrousel nautique. Ces manœuvres légères, faites par des marins habiles, obtiendront l’assentiment des nombreux amateurs de sport nautique.
- Autre curiosité qui fera la joie du public : trois cents carpes, tirées des lacs et des étangs des environs de Versailles, seront lancées demain dans le bassin à flot. Ces carpes sont superbes, et l’on assure qu’on pourra les pêcher.
- L’Exposition s’enrichit chaque jour de produits et d’appareils nouveaux, car les exposants, malgré la saison avancée, sollicitent l’autorisation de se faire inscrire.
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- Exposition du Blanc et Noir
- L’Exposition du Blanc et Noir est, cette année’ de toutes les couleurs. Elle n’est plus bornée aux gravures, fusains, dessins à la plume, lavis et sépias et comprend, en outre, par une innovation qui n’est pas à regretter, des aquarelles et des pastels. Il en résulte une certaine gaieté, et un intérêt de plus. On a aussi été heureusement inspiré en réservant des compartiments spéciaux aux journaux illustrés, et ce n’est pas un des moindres attraits du Pavillon de la Ville de Paris que la réunion des planches originales de la Vie Parisienne, du Courrier Français, du Pierrot,de la Revue Illustrée, du Monde Illustré, du Japon artistique, etc.; où se retrouvent les spirituelles improvisations d’artistes tels que Willette, Forain, Legrand, Heindbrinck, Vierge, Caran d’Ache, Raffaelli, Re-nouard, Crafty. L’art grave est représenté par Y Art et la Garette des Beaux-Arts, qui ont envoyé les meilleurs morceaux de leurs meilleurs collaborateurs. Malheureusement, il est quelques omissions à constater, et plusieurs sont absents qui devraient être là.
- A côté de ces collections très diverses, on remarquera encore la suite des compositions si variées de l’édition nationale de Victor Hugo, que publie l’éditeur Emile Testard, et des études, des portraits, des fantaisies de valeur, signés Lher-mitte, F. Gaillard — dont l’œuvre — terminée hélas ! — est admirable — Besnard, Jeanniot, John-Lewis Brown, Allongé, Régamey, Luques, Seigno-ret, un nouveau, très personnel, Le Petit, Axen-feld... Ce qu’il y a de talent dépensé et rassemblé dans ce salon particulier, c’est inimaginable. Mais pourquoi s’être avisé d’y joindre des clowneries, des jongleries et des escamotages ? Ce n’est pas la place de ces exhibitions qui jurent en un pareil milieu, et qui ne s’adressent pas du tout au public amateur d’estampes.
- Malgré cela, la journée de dimanche a consacré le succès éclatant de l’Exposition du Blanc et Noir. Près de trois mille entrées payantes.
- Annonçons dès à présent que l’Administration du Blanc et Noir prépare ses concerts du jeudi, qui seront ce jour-là plus particulièrement remplis. M. Bernard s’est assuré le concours d’excellents artistes.
- Ces concerts, ajoutés à l’intérêt que présente l’Exposition par elle-même, ne manqueront pas d’amener au Blanc et Noir l’élite de la population parisienne artistique.
- Dans notre prochain numéro, nous publierons une revue critique plus étendue de cette intéressante exposition.
- LA QUESTION DES TRAMWAYS
- DEVANT LE CONSEIL GÉNÉRAL DE LA SEINE
- Nous approchons à grands pas de l’ouverture de l’Exposition universelle et de la célébration du Centenaire de la Révolution de 1789.
- Allons-nous être à ce moment la risée du monde entier, par l’insuffisance et le mauvais état de nos organes de transports à bon marché ?
- Fera-t-on au contraire d’ici là d’importantes améliorations à ces services et procurera-t-on par là du travail à tant d’ouvriers qui chôment ?
- Telle est la question principale qu’a à résoudre dans sa session prochaine le Conseil général de la Seinè qui sera réuni à cet effet le 3o octobre courant.
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- L’insuffisance des moyens de circulation
- Paris et sa banlieue sont desservis, au point de vue des transports en commun :
- i° Par les lignes d’omnibus et tramways de la Compagnie générale des Omnibus à laquelle le traité du 18 juin 1860 a donné jusqu’au 3i mai 1910 le monopole absolu de l’exploitation des voitures-omnibus; on sait comment cette Compagnie se moque du public.
- Il n’y a rien de sérieux à espérer de ce côté, sinon quelques voitures-tramways et omnibus de plus sur les lignes qui se dirigent vers l’Exposition, car cette Compagnie a toujours mis un mauvais vouloir absolu à effectuer des améliorations à ses services.
- De plus, le vote récent par lequel le Conseil municipal a mis le Préfet en demeure de poursuivre la déchéance de cette Compagnie empêcherait toutes réformes, si, par extraordinaire, elle décidait d’en faire.
- 20 Par les bateaux Hirondelles et Express fusionnés depuis près de deux ans en une seule Compagnie, ce qui nous a valu une augmentation de 5 c. par place et un raccourcissement des parcours effectués.
- Un nouveau concessionnaire propose de rétablir un service concurrent aux anciennes conditions de prix et de parcours, et est, paraît-il, agréé par le Ministre des travaux publics. Espérons donc que nous obtiendrons des améliorations à ces services (1).
- 3° Parles réseaux de tramways Nord et Sud qui sont exploités, après faillite des anciennes compagnies, par des sociétés d’exploitation agissant au nom des syndics.
- Ce sont les seuls moyens de transport en commun qu’on peut renforcer et améliorer sérieusement avant l’Exposition.
- § II. — Les Tramways Nord et Sud. Les traités léonins. La Concurrence.
- En ce qui concerne les Tramways, il n’y a pas de monopole, bien que la Compagnie des Omnibus conteste, en vertu de son traité du 22 juillet 1872, le droit à d’autres qu’elle d’établir des Tramways circulant entièrement dans Paris et qu’elle ait suscité à ce sujet d’interminables procès à la Ville, au département et aux sociétés concessionnaires.
- Il a pourtant été formellement établi qu’elle n’a aucun droit d’interdire au département de la Seine de prolonger plus au Centre de Paris et même aussi loin que l’autorisent les conseils et le ministre des travaux publics les lignes suburbaines actuelles ni d’en créer de nouvelles venant de Vextérieur et traversant tout Paris. Il faut donc profiter de cela pour organiser une concurrence au monopole et faire capituler la monopoleuse.
- X X
- Il faut pourtant reconnaître qu’il y a à ces pénétrations des lignes de tramways dans Paris des conditions fort onéreuses imposées par les articles 22 et 2,3 des cahiers des charges, lesquels obligent les exploitants à payer à la monopoleuse Compagnie , d’une part une indemnité pour privation de trafic et abandon partiel des droits de la Compagnie concédés par la ville de Paris... Elle ne pourra être inférieure à 3,0 0 0 fr., ni supérieure à rj,ooofr. par kilomètre; et d’autre part que, sur les correspondances échangées entre ces réseaux et la Compagnie des omnibus, celles-ci reçoit 20 c. et n’en donne que 10 c. aux tramways et vice-ver sa.
- Voilà les beaux fruits des monopoles !
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- (i) Nous apprenons que les Compagnies fusionnées, voyant venir la concurrence, viennent de rétablir les anciens prix.
- Néanmoins et, malgré ces clauses léonines, comme le maintien et le développement des réseaux de tramways indépendants est le seul moyen de lutter contre le monopole absolu et de donner aux populations de la Seine les moyens de transport à bon marctié suffisants pour répondre aux besoins des travailleurs, il faut, et au plutôt, développer le plus possible ces réseaux ; les mettre en concurrence directe avec les lignes monopolisées. en améliorer le fonctionnement ; les prolonger plus au centre ; enfin faire correspondre entre elles les lignes actuelles et celles à créer de façon à éviter la duperie du partage inégal du prix des correspondances.
- (A suivre.) Jules Pinaud.
- SPORT
- RÉSUMÉ DES COURSÉS PASSÉES
- Les courses de Chantilly, malgré leur réel intérêt et leur réussite parfaite, n’avaient pas le don d’émouvoir le public spécial.
- On ne s’occupait, on ne parlait que du Cam-bridgeshire de Newmarket et que de la victoire, fortement escomptée, que Ténébreuse devait remporter. Ce triomphe ne faisait doute pour personne.
- Ténébreuse n’avait-elle pas gagné, sans le moindre effort, le Césarewitch en Angleterre trois semaines avant, ne venait-elle pas de gagner le prix Gladiateur à Paris, et dans quel style !
- Son poids de 56 kilos n’avait en somme rien d’excessif pour une pouliche de 4 ans et elle avait l’appoint de la première cravache d’Angleterre, T. Cannon.
- Des bruits’ fâcheux avaient bien été répandus dans le public, la veille de la course.
- T. Cannon aurait refusé de monter, se récusant vingt-quatre heures avant cette grande épreuve?
- M. Aumont, averti de la décision du plus correct des jockeys, avait envoyéïRolfe en Angleterre pour suppléer Cannon.
- Et les commentaires d’aller leur train.
- Rolfe était bien parti mais T. Cannon piloterait la pouliche.
- Voilà le public rassuré.
- La course a lieu et Ténébreuse finit dans les derniers rangs, à la profonde stupéfaction de tous les Français arrivés à Newmarket pour voir gagner Ténébreuse, et ils étaient nombeux..
- Il convient d’ajouter que les Anglais n’étaient pas moins étonnés de cette. piteuse, inexplicable exhibition.
- Pour se prononcer sur une pareille défaite, il faut attendre que des éclaircissements nous arrivent d’Outre-Manche, et nous ne pouvons imiter les gens nerveux ou malveillants (il y en a partout, même aux courses) qui disent que Ténébreuse portait trop de millions pour gagner.
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- V *
- COURSES a venir
- Dimanche 28 octobre : Chantilly.
- Lundi 29 — Auteuil.
- Mardi 3o — Auteuil.
- Mercredi 3i — Saint-Ouen.
- Jeudi ier novembre Auteuil.
- Vendredi 2 — Vincennes.
- Samedi 3 — Saint-Germain.
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- X X
- PRONOSTICS
- COURSES A CHANTILLY Dimanche 28 octobre
- Prix des Aigles : Ecurie Cunnington.
- Prix de Caye : Avril.
- Prix de Saint-Firmin : Aèrolithe.
- Prix de la Faisanderie : Pororoca.
- Prix du Pin : Presta.
- Prix de Consolation : Plaisanterie.
- COURSES A AUTEUIL Lundi 2g octobre
- Prix Rouble : Rivière.
- Prix de la Banquette : Ecurie Arcdeacon.
- Prix Congress : Doria-Intransigeant.
- Prix clés Champs-Elysées : Ecurie Finot.
- Prix Boissy : Ecurie G. Blanc.
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- Le Propriétaire-Gérant : H. Pendrié.
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- Quatrième Année. — N° 200,
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- Dimanche 28 Octobre 1888.
- ANNONCES
- Le Recueil-Ghaix, ou Recueil général des Tarifs des chemins de fer pour les transports à grande et à petite vitesse sur tous les réseaux, paraît tous les trois mois. Le dernier numéro contient les tarifs applicables sur les lignée récemment ouvertes à l’exploitation et les modifications et additions survenues pendant le trimestre.
- Abonnement : Paris, 62 fr. ; départements, 74fr.
- Un numéro séparé: Paris, 18 fr.; départ., 21 fr.
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- CHEMINS DE FER DE L’OUEST
- Abonnements sur tout le Réseau
- La Compagnie des chemins de fer de l’Ouest fait délivrer sur tout son réseau, des cartes d’abonnement nominatives et personnelles, en lre, 2e et 3e classes.
- Ces cartes donnent droit à l’abonné de s’arrêter à toutes les stations comprises dans le parcours indiqué sur sa carte et de prendre tous les trains comportant des voitures de la classe pour laquelle abonnement a été souscrit.
- Les prix sont calculés d’après la distance kilométrique parcourue.
- La durée de ces abonnements est de trois mois, six mois ou d’une année.
- Ces abonnements partent du 1er de chaque mois.
- COMPAGNIE D’ORLÉANS
- Exposition universelle de Barcelone
- A l’occasion de l’Exposition universelle de Barcelone, la Compagnie d’Orléans, d’accord avec les Compagnies de Lyon, du Midi et TAdmi-nistration des Chemins de fer de l’Etat, fait délivrer, à toutes les gares de son réseau, depuis le 15 avril 1888, et délivrera pendant toute la durée de ladite Exposition des billets d'aller et retour de toutes classes pour Barcelone, ayant une durée de validité de 30 jours.
- Les prix de ces billets comporteront les réductions suivantes sur les prix des tarifs généraux, savoir :
- Au départ des stations distantes de Barcelone
- De moins de 500 kilomètres, 30 0/0.
- De 500 à 1,000 kilomètres, 35 0/0.
- De plus de 1,000 kilomètres, 40 0/0.
- Ces billets doivent être demandés à la gare de départ quatre jours au moins à l’avance.
- Les billets d’aller et retour sont délivrés par l’itinéraire le plus court. Toutefois, les voyageurs peuvent, à leur gré, choisir soit pour^l’aller, soit pour le retour, un autre itinéraire abrégeant la durée du voyage. Dans ce cas, les prix des billets sont établis d’après les parcours choisis, et le voyageur est tenu de suivre cet itinéraire.
- Au départ de Paris, les prix de ces billets sont par Limoges, Toulouse et Narbonne de :
- lre classe, 169 fr. 30 ; 2e classe, 127 fr. 45; 3e classe, 90 fr. 75.
- Départ de Paris, gare d’Orléans,' 7 h. 45 matin ; arrivée à Barcelone le lendemain à 10 h. 20 matin. Durée du trajet : 26 h. 25.
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- Le Numéro : SS Centimes
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- comte, député. . . La Convention Franco-Chinoise de 1887. — Avenir du Commerce français dans l’Extrême-Orient (suite et fin.)
- B. Du Casse.......Vie politique, militaire et
- anecdotique de S. A. le prince Napoléon (Jérôme.)
- Pierre Tourzel. . . Promenade manquée (Nouvelle.) l
- Henri du Basty . . M. Henri Eseoffier (Thomas Grimm.)
- Frédéric Froustey Revue dramatique.
- Bulletin politique — Nécrologie— Bibliographie
- Bulletin, financier.
- Ce numéro contient ïe portrait et la biographie de M. Henri Eseoffier (Thomas Grimm) directeur du Petit Journal
- ABONNEMENTS : Un an, 12 fr. ; Six mois, 7 fr. Etranger, 15 francs.
- Références de 1er ordre. S’adresser au directeur du Journal
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- Les actes officiels, les mouvements de person nel des administrations des Colonies et de la Marine ; — Divers articles spéciaux sur le commerce d’exportation et le commerce colonial ; — Les nouvelles des Colonies et pays de protectorat ; — Une chronique commerciale ; — Un courrier d’Outre-Mer et des informations complètes.
- Le Moniteur des Colonies et des pays de protectorat, qui contient 8 pages de texte et 8 pages d’annexes, publie, en outre, des renseignements commerciaux et maritimes ; les départs des paquebots français pour toutes les destinations; les prix de passages et de fret pour les Colonies, le tarif des Douanes coloniales, etc., etc.
- Le Moniteur des Colonies et des pays de protectorat est le seul journal républicain indépendant colonial qui se publie à Paris.
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- Sous le Directoire le PAVILLON et ses magnifiques jardins furent transformés en un lieu de plaisir rendez-vous des Incroyables et des Merveil-lenses de l’époque.
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- QUATRIEME ANNÉE. Dimanche 4 Novembre 1888. NUMÉRO 201.
- SOMMAIRE :
- Les travaux à l’Esplanade des Invalides. — Communications officielles et diverses. — Installations diverses. — Les Colonies à l'Exposition de 1889. — Les Etrangers à Exposition de 1889. — L’Algérie en [878. — L’art anglais à l’Exposition de 1889.' — Les ouvriers parisiens à l'Exposition de Copenhague. — Echos. — Exposition militaire. — Exposition de Blanc et Noir. — Exposition des cidres et poirés. —Expositions diverses. — Le Canal de Panama. — L’art ancien à l’Exposition de Bruxelles. — Conservatoire national des Arts et Métiers. — Avis commerciaux. — Les Livres : L’Evolution des mondes et des sociétés. — Sport. — Gravures : La rue des Nations en 1878. —
- La nouvelle Administration du MONITEUR DE L’EXPOSITION a l’honneur d’informer ses abonnés que ses bureaux situés, Cité de VAlmscn011, sont à proximité du Champ-de-Mars, du quai d’Orsay et de l’Esplanade des Invalides, c’est-â-dire au centre même de l’Exposition.
- Elle se met à leur disposition pour tous les renseignements dont ils pourraient avoir besoin concernant l’Exposition de 1889: demandes d’emplacements, installations de vitrines, etc., etc.
- Pour ces renseignements et pour tout ce qui concerne la rédaction ou l’administration, s’adresser à, M. H. PENDRIÉ, directeur et propriétaire-gérant du MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889..
- LES TRAVAUX
- A L’ESPLANADE DES INVALIDES
- Depuis notre dernière revue des Annexes du Champ-de-Mars (voir le numéro du 21 septembre), un grand effort a été fait sur cette partie, l’Esplanade des Invalides, de notre future Exposition, grâce au beau temps exceptionnel dont nous avons été gratifiés pendant le mois qui vient de s’écouler.
- Les bâtiments de l’Algérie sont bientôt terminés. Le blanchiment des murs, des coupoles, de la "tour carrée, façon Giralda moins la hauteur, est chose faite. L’ensemble de la construction, d’une composition originale, aux formes variées, donne bien, quoique les parties en soient très rapprochées, une idée vraie du style arabe. Il y manque seulement le beau ciel d’Afrique et aussi les habitants du lieu. Mais nous en aurons l’an prochain et alors l’illusion sera aussi complète que possible.
- Moins avancées sont les constructions de l’exposition tunisienne qui confine à la précédente, comme on le sait. Seul un petit bâtiment situé un peu en arrière du corps principal est achevé depuis quelques semaines déjà. Cependant, il reste peu à faire pour terminer la partie la plus importante de cette construction. A la fin de novembre au plus tard elle sera au niveau de sa voisine.
- Au delà de ces deux installations, en s’éloi-
- gnant de la Seine, se trouvent les bâtiments de l’exposition coloniale qui occupent, ainsi que nous l’avons dit dans une précédente revue, une longueur de 2 5o mètres. Le palais principal de cette exposition est aujourd’hui à peu près achevé en tant que charpente, y compris la toiture.
- Aussi peut-on, dès à présent, en admirer l’originale architecture qui produit assurément un très heureux effet. Surélevé qu’il est au-dessus du niveau de l’Espanade, son aspect en est encore plus imposant.
- En arrière et à gauche de ce palais est située la serre destinée à recevoir les plantes et arbres exotiques qu’enverront nos colonies. D’ores et déjà cette serre est en état d’abriter tous les produits qui doivent y être installés, elle est complètement achevée.
- A la suite des bâtiments de l’exposition coloniale sera édifié un village javanais dont les constructions sortent de terre au moment où nous écrirons ces lignes. Ce village occupera une longueur de i2Ô mètres sur une largeur de 60 ou 80.
- . Après lui et en dernier, de ce côté de l’Esplanade, est installé le panorama Castellani complètement achevé depuis quelques jours en tant que gros oeuvre. Les aménagements intérieurs peuvent désormais s’exécuter tout à l’aise malgré le mauvais temps. Sur ce point aucun retard n’est à craindre.
- Si des Invalides nous revenons vers la Seine, nous rencontrons tout d’abord, à quelques 100 mètres de la chaussée, un petit corps de bâtiment à hauteur de premier étage, en construction, dont la destination n’a pu nous être indiquée.
- Puis, après un nouvel espace vide de 6im20, destiné à l’exposition d’économie sociale, s’élèvent les différentes nefs du palais de l’hygiène, celles-ci dans le meilleur état d’avancement. M. Pombla, l’entrepreneur adjudicataire de ces travaux, les a conduits habilement et activement. De la base au sommet et dans toutes les parties de cette importante installation, le travail a marché de pair et l’on peut déjà se faire une 'idée exacte de l’aspect imposant de ces bâtiments qui occupent, en façade, une longueur de 97m40 et s’élèvent, en hauteur, à 14 ou 15 mètres.
- On sait que le palais de l’exposition d’hygiène se compose de trois nefs principales surmontées de coupoles d’un très gracieux effet. Sur le côté gauche s’élève une nef accessoire moins élevée qui sera attribuée, paraît-il, aux expositions étrangères du même ordre. Sur le côté droit, sans doute, sera édifiée de même une nef accessoire aux lieu et place du passage réservé actuellement à la circulation des piétons.
- Au delà du palais de l’hygiène, se trouve l’immense construction de l’exposition mili-
- taire. Quoique dans un état d’avancement moindre que le précédent, les deux corps de bâtiment qui composent le palais proprement dit de cette exposition sont cependant en grande partie édifiés en tant que gros œuvre, l’aile gauche notamment dont il ne reste à établir que la toiture. Le pavillon central, il est vrai, est à peine commencé, mais les efforts des travailleurs s’étant portés principalement jusqu’à ce jour, sur les deux corps de bâtiment de droite et de gauche, il est certain que ceux-ci achevés, l’établissement de la partie centrale du palais sera l’affaire de peu de temps.
- Quant au château fort qui sera établi en avant du palais principal et en bordure de la chaussée centrale de l’Esplanade, rien n’y a été fait depuis notre dernière revue ; mais de ce côté encore, il n’y a pas à craindre de retard. :
- Au premier jour, le travail sera repris et mené activement. On se rappelle que les bâtiments de l’exposition militaire s’étendent sur une longueur de 200 mètres entre la rue Saint-Dominique et la rue de l’Université, et qu’ils sont situés en face de ceux de l’exposition coloniale. Ils formeront avec ces derniers et ceux de ! l’exposition d’hygiène les trois principales installations de l’Esplanade des Invalides.
- A la suite de l’exposition militaire et en bor- . dure du quai d’Orsay, vis-à-vis les bâtiments de l’Algérie, sont commencés les travaux d’édification d’une série de petites installations : catés, restaurants, bars, etc., réunis sous la désignation de pavillon gastronomique. Les murs de ces installations sont à peine à deux -pieds au-dessus du sol, aussi nous réservons-nous d’en parler plus longuement dans une prochaine revue.
- Disons en terminant que rien n’est encore fait sur la partie de l’Esplanade réservée à l’exposition d’agriculture. Cette partie est celle située en afTière des terrains sur lesquels s’édifient le pavillon gastronomique et les bâtiments de l’exposition militaire, tout au long de la rue Fabert; mais il n’y a pas péril en la demeure, car les installations agricoles qui doivent s’élever sur ce point seront de petites expositions particulières: dont l’organisation demande relativement peu de temps.
- H. Pendrié.
- COMMUNICATIONS OFFICIELLES
- ET DIVERSES
- Nomination
- * M. Darlot, président du conseil municipal de Paris, est nommé membre de la commission consultative de contrôle et de finances de l’Exposition universelle, pour représenter^ ville de Paris, en remplacement de M. Cernesson, élu député.
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- LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE :88g
- Dimanche 4 Novembre 1888.
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- Circulaires
- La direction de l’Exposition de 1889 vient d’adresser à tous les producteurs de vins et d’eaux-de-vie la circulaire suivante :
- Monsieur,
- Les résultats, très généralement satisfaisants, de la vendange de 1888, semblent de nature à encourager les producteurs de vins et d’eaux-de-vie à participer d’une façon plus importante et brillante que jamais à l'Exposition de 1889.
- L'Exposition de la classe 75 (Viticulture), dans laquelle des échantillons des vins de l’année seront reçus accessoirement, attestera les soins pris et les succès remportés dans la reconstitution, l’entretien et l’amélioration des vignobles français.
- Il est essentiel, d’autre part, que l’Exposition de la classe 73 (Boissons fermentées) démontre, d'une façon claire et magistrale, que nos produits de la vigne, tout en continuant à être abondants comme la vendange dernière vient de le prouver, n'ont pas cessé de posséder le privilège des qualités qui les ont toujours distingués.
- Il sera patriotique qu’ une démonstration imposante de la supériorité de nos vins et de nos eaux-de-vie de toutes les provenances et de toutes les marques, viennent couper court au bruit répandu que notre production diminue, et que nous devenons, de plus en plus, tributaires des étrangers pour suppléer aux besoins de notre consommation et de notre commerce.
- Le palais du quai d’Orsay, dont la plus grande partie sera réservée à l’Exposition des boissons, sera achevé avant la fin de l’année. Chacun s’accorde à reconnaître que par sa situation, son architecture, et ses dispositions intérieures, cet édifice se prête merveilleusement à l’étalage pittoresque des produits alimentaires et à l’organisation des bars organisés pour leur dégustation.
- Les prix demandés sont inférieurs à ceux de 1878, et des groupements collectifs, organisés dans chaque région vinicole, peuvent permettre de n'imposer à chaque exposant que des charges proportionnées à ses ressources personnelles.
- La direction générale de l’exploitation et les membres du comité du groupe VII font un nouvel et pressant appel aux producteurs et aux négociants en vins et eaux-de-vie, afin que leurs efforts réunis aboutissent à une exposition d’ensemble digne de la France.
- Agréez, etc.
- Le directeur général de Vexploitation,
- G. Berger.
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- Lettre-circulaire de la direction générale des douanes
- Exposition universelle de 188g. — Dispositions relatives aux produits étrangers
- Paris, le i5 octobre 1888.
- L’article 2 du décret du 25 août 1886, notifié au service par la circulaire imprimée du 3o du même mois, n° 1798, stipule que les produits étrangers destinés à l'Exposition universelle de 1889 pourront être expédiés, au choix des intéressés, sous les conditions du transit international ou du transit ordinaire.
- Le service devra, en conséquence, dans le premier cas, affranchir les colis de toute visite à la frontière, la douane de Paris étant seule chargée d’en régulariser l’arrivée à l’Exposition. Dans le second cas, les expéditions ne donneront lieu qu'à une visite sommaire, c’est-à-dire qu’on se bornera à une reconnaissance purement extérieure des colis et à la constatation du poids brut ; il n’en devrait être autrement qu’en présence de soupçons d’abus.
- Qu’il s’agisse d’ailleurs, de l’un ou de l’autre régime, les acquits-à-caution qui seront délivrés pour les produits envoyés à l’Exposition ne devront comprendre aucun colis ayant une autre destination et devront porter en caractères apparents la mention : Marchandises destinées à VExposition universelle. Ainsi que l’indique l’article 2 du décret du 23 août 1886, l'exemption du droit de statistique etla gratuité du plombage sont
- acquises aux expéditions de l’espèce. Les expéditions en transit ordinaire devront être faites à destination de l’Exposition. Les produits expédiés en wagons plombés devront être dirigés sur les bureaux des gares de Paris, d’où ils seront envoyés par le chemin de fer de ceinture sur les locaux de l’Exposition.
- D’après l’article 20 du Règlement général, les matières détonantes, fulminantes et, en général, toute matière jugée dangereuse, sont exclues de l’Exposition. Les esprits ou alcools, les huiles et les essences, les matières corrosives et, généralement, les corps qui peuvent altérer les autres produits exposés ou incommoder le public, ne seront reçus que dans des vases solides, appropriés et de dimension restreinte. Enfin, les amorces, les pièces d’artifice, les allumettes chimiques et autres objets analogues ne pourront être admis à l’Exposition qu’à l’état d’imitation et sans aucune addition de matière inflammable. Mais c’est surtout au service particulier de l’Exposition qu’il appartient d’assurer l’effet de ces mesures de prudence.
- * *
- Commission de contrôle et de finances
- Dans sa dernière réunion, sous la présidence de M. Pierre Legrand, ministre du commerce et de l’industrie, la commission de contrôle et de finances a été saisie de divers projets concernant l’organisation du service de la manutention et, en particulier, de l’établissement d’une voie ferrée allant directement de la gare du Champ-de-Mars à la galerie des machines. Ces projets ont été adoptés.
- La commission a adopté également un projet de construction d’un pavillon destiné à l’exposition des chambres de commerce des ports maritimes. Ce pavillon, dont M. Girault est l'architecte, et qui coûte 51,000 francs, sera établi devant le quai sur pilotis.
- La commission a voté seulement un crédit de 25o,ooo francs pour l’établissement de fontaines lumineuses dans le parc du Champ-de-Mars. Ces fontaines, à l’imitation de ce qui a été fait à l’Exposition coloniale de Londres de 1886, et depuis aux expositions de Manchester, Glascow et Barcelone, seront, comme on l’a dit, un véritable feu d’artifice permanent, sans fumée, sans feu et sans danger. L’administration de l’Exposition a été autorisée à traiter pour l’installation de ces fontaines avec l’inventeur : la maison Gallowrey.
- Le ministre a soumis ensuite à la commission deux projets concernant la répartition [du crédit de 220.000 francs pour les congrès et conférences; l’ouverture d’un crédit de 40,000 francs pour l’amélioration du pavillon nord-est au Trocade'ro.
- Ces projets ont été adoptés ainsique l’établissement de divers ascenseurs dans la galerie des machines, les uns de système hydraulique permettent de monter à la galerie du premier étage, élevée de huit mètres au-dessus du sol et au faîte de la galerie des machines; les autres, mus par l’électricité, permettant au public de monter sur le toit de la galerie des machines, la redevance payée à l’exposition a été fixée à 10 % de la recette.
- La commission des 43 a également approuvé, moyennant le paiement de recettes variables, l’établissement au Champ-de-Mars de cafés turcs, marocain, indien et roumain et sur l’esplanade des Invalides d’une laiterie anglaise, d’une beurrerie suédoise, d’une boulangerie hollandaise, d’un café javanais avec orchestre, d’un restaurant franco-annamite, d’un théâtre annamite et enfin d’un jeu d’échecs humain joué par des hommes, cavaliers, etc., sous les arbres de l’esplanade.
- La commission a enfin autorisé le ministre à payer à la ville de Paris pour la location d’un terrain d’entraînement à Bagatelle une somme de 80,000 fr. par semestre.
- Dans cette même séance, MM. Camille Dreyfus et Arsène Lopin ont demandé l’installation d’une passerelle permanente pendant l’Exposition, au-dessus de l’esplanade des Invalides et en face la rue Saint-Dominique pour relier les deux côtés de cette rue.
- M. Alphand n’était pas disposé à accueillir cette
- demande, mais la commission a décidé de renvoyer l’étude de la construction de la passerelle à la commission des travaux et à la commission des finances de l’Exposition.
- Nous espérons que les légitimes revendications présentées par MM. Dreyfus et Lopin aboutiront et à bref délai.
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- Sous-commission des travaux
- La sous-commission des travaux s’est réunie mercredi matin, au ministère du commerce, rue de Grenelle, sous la présidence de M. Teisserenc de Bort.
- MM. Dreyfus et Arsène Lopin avaient demandé à être entendus, pour exposer la nécessité d’un passage à travers l’Esplanade, face à la rue Saint-Dominique, pendant toute la durée de l’Exposition.
- On a examiné, discuté quatre projets.
- MM. Alphand, Berger, Ménard-Dorian, Guichard, Darlot et Bixio, ont pris tour à tour la parole sur les propositions faites par MM. Dreyfus et Lopin.
- Les projets de passerelle, de passage à niveau et de passage souterrain ont été repoussés.
- On a retenu un projet mixte assez économique qui sera étudié par M. le directeur des travaux et présenté à la commission de l’Exposition dans une prochaine séance.
- La sous-commission des travaux qui, dans le principe, s’opposait à l’établissement d'un passage à travers l’esplanade des Invalides, paraît revenir à de meilleurs sentiments, nous pensons qu’un accord se produira.
- INSTALLATIONS DIVERSES
- Les galeries de l’agriculture
- Le groupe VIII de l'Exposition universelle de 1889, qui se compose de différentes classes représentant tous les produits de l’Agriculture française,, vient dans sa dernière' réunion, présidée par M. Foucher de GareÜ, de prendre d’importantes décisions.
- Le groupe a définitivement arrêté l’emplacement et l’espace réservé à chacune de ses classes. Les futurs exposants, agriculteurs, industriels, fabricants des produits ou machines destinés à l’agriculture, nous sauront gré de leur donner quelques renseignements à ce sujet.
- On sait que l’exposition agricole sera installée, partie Sur l’Esplanade des Invalides, partie sur les quais, entre l’Esplanade et la tour Eiffel. Deux longues rangées de hangars élégants ont été construits à cet effet. L’un, le plus près des quais, a une largeur de i3m5o, l’autre à une largeur de i5 mètres.
- Le groupe VIII a décidé que la première rangée de hangars renfermerait tous les produits du sol, les expositions collectives ainsi que les expositions individuelles et tout ce qui se rattache à l’instruction et à la science agricole. Dans la seconde rangée de hangars (celle qui borde les maisons actuellement construites sur le quai), et qui est la plus large, on installera le matériel agricole, en un mot tout ce qui est utile et qui peut servir à faire produire.
- Là se trouveront toutes les machines agricoles, même celles qui devront être mises en mouvement. Ce mouvement serait donné par transmission électrique venant d’un moteur initial installé près de l’Ecole militaire, à l’extrémité opposée du Champ-de-Mars.
- Si pareil résultat peut être obtenu, il deviendra l’origine d’une quantité d’applications immédiates, spéciales à l’agriculture. La disposition générale de l’Exposition agricole sera donc : dans une rangée des bâtiments, les produits ; dans l’autre, les outils.
- Le visiteur venant de la tour Eiffel dans la rangée des produits trouvera d’abord l’Exposition des classes y3, 73 bis et 73 ter réunies. C’est là que sera exposé tout ce qui touche à la science et a
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- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
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- l’éducation agricoles, ainsi que l’exposition spéciale du ministère de l’agriculture. Cette salle aura une superficie de 1.600 mètres environ.
- Viendra immédiatement à la suite la classe 75, qui renfermera les produits de la viticulture. Cette classe terminera la première série de travées, de hangars, allant du Champ-de-Mars au Palais des Produits alimentaires, qui est en construction sur les quais bordant la Seine.
- Si le visiteur continue la galerie des produits il arrivera à la classe 74 qui renferme les produits de l’agriculture, céréales, fourrages, etc., ainsi que les expositions collectives de toutes sortes. Cette classe très considérable, occupera la plus grande longueur de la galerie que nous suivons et ira rejoindre l’exposition étrangère agricole, dont elle ne sera séparée que par une partie de la classe 76 et par la classe 74 qui nous montreront ce qui a rapport aux insectes et aux poissons.
- Dans l’autre série de galeries destinées aux outils de l’agriculture, depuis le Champ-de-Mars jusqu’à l’exposition étrangère, on trouvera la classe 49 (machines agricoles), puis la classe 75 (outils de viticulture) et partie de la classe 74 (outils agricoles).
- Les machines seront disposées de façon à être rapprochées le plus possible des produits pour l’usage desquels elles sont destinées. Dans toutes ces dispositions, le groupe VIII de l’Exposition universelle a voulu placer logiquement et méthodiquement cette exposition si considérable et si intéressante des produits de l’agriculture. Il a voulu aussi que le visiteur puisse facilement se rendre compte des résultats obtenus et faire des comparaisons toujours si utiles et si recherchées, le plus rapidement et le plus utilement possible.
- Enfin l’Esplanade des Invalidessera divisée entre bon nombre d’exposants qui désirent construire des pavillons spéciaux er isolés, mais renfermant des produits agricoles.
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- LES COLONIES A L’EXPOSITION
- DE 1889
- Annam et Tonkin
- Ouverture d’un crédit de 225,000 francs pour participation de F Annam et du Tonkin à VExposition universelle de 188g.
- M. Parreau, Résident général par intérim de la République française en Annam et au Ton» kin, officier de la Légion d’honneur,
- Vu l’arrêté du 24 juillet arrêtant le budget de T Annam et du Tonkin ;
- Vu la dépêche en date du 5 mai du ministère de la marine et des colonies prescrivant de réduire les dépenses pour la participation du Protectorat de P Annam et du Tonkin à l’Exposition universelle de 1889 ;
- Vu l’arrêté de M. le sous-secrétaire d’Etat, en date du 3o mai relatif au personnel des colonies délégué à l’Exposition universelle de 1889;
- Vu la nécessité d’assurer le règlement des dépenses occasionnées par la participation de l’Annam et du Tonkin à l’Exposition universelle de 1889.
- arrête :
- Article premier. — Un crédit de la somme de deux cent vingt cinq mille francs (225,000 fr.) est ouvert pour le règlement des dépenses occasionnées par la participation de l’Annam et du Tonkin à l’Exposition universelle de 1889. Il
- sera réparti ainsi qu’il suit :
- Construction d’un pavillon tonkinois. .............................. 15o.ooo
- Achat de collections................. 5o.ooo
- Frais de transport et entretien de délégués ou du personnel indigène de l’Exposition.......................... 25.000
- Total............. 225.000
- Art. 2. — Çe crédit est imputable au chapitre XIII, article 4, § 3 (dépenses imprévues) du budget de l’exercice courant.
- Hanoï, le 2 5 juillet 1888.
- E. Parreau.
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- LES ÉTRANGERS A L’EXPOSITION
- DE 1889 Etats-Unis
- En réponse à une note de l’agence Havas, la légation des Etats-Unis a communiqué au Temps la note suivante :
- C’est par erreur qu’il a été annoncé que le gouvernement américain n’avait accordé la franchise de rentrée aux tableaux envoyés des Etats-Unis à l’Exposition de 1889, que-pour les tableaux peints depuis 1878. Aucune restriction de ce genre n’a été faite. C’est le règlement de l’Exposition qui n’admet aucun tableau exécuté avant le Ier mai 1878. »
- Il y a dans la dernière phrase de cette note une erreur qu’il est utile de relever. Le règlement auquel elle fait allusion est le règlement de l’exposition décennale, qui n’est qu’une section de l’exposition des beaux-arts de 1889.
- Il y a trois mois, M. Antonin Proust a demandé par une lettre officielle l’exemption des droits de rentrée pour les tableaux de maîtres français actuellement en Amérique que leurs propriétaires voudraient bien nous prêter, « en vue de l’Exposition rétrospective de 1789 à 1878 ». A cette demande très explicite une réponse favorable a été officiellement transmise.
- Donc, grâce à l’obligeance du gouvernement des Etats-Unis — qui est chose acquise — et à l’intervention très active du ministre des Etats-Unis à Paris, nous sommes, dès-à présent assurés d’admirer l’année prochaine, plusieurs des chefs-d’œuvre de Delacroix, de Rousseau, de Millet, de Côrot, etc.
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- Portugal
- Le conseil municipal de Porto, réuni au complet, a résolu de nommer une commission de neuf édiles, chargée d’exciter l’émulation parmi les industriels portugais en vue de les engager à prendre part à l’Exposition de 1889, à Paris.
- L’ALGÉRIE DEPUIS 1878
- On se souvient du succès obtenu par le pavillon de l’Algérie à l’Exposition de 1878, et de l’étonnement soulevé par les richesses qu’il contenait.
- Le pavillon algérien sera aussi merveilleux à la prochaine exposition, car les produits de notre colonie sont surprenants, mais il faudrait pouvoir montrer aux visiteurs les progrès réalisés depuis la dernière exposition, et ne pas seulement leur faire voir le résultat acquis, mais aussi la progression qu’a suivie la colonie depuis l’époque où elle étonnait déjà.
- Il ne suffit pas de dire : voilà le vin de l’Algérie, mais il faut faire savoir que si en 1878 on obtenait du vin à peu près égal à celui-ci, et que mille hectares en pouvaient fournir, depuis cette époque vingt mille hectares sont vendangés et donnent un vin qui n’a rien à envier à tous ceux de France.
- En un mot, il faut montrer la marche rapide du progrès, et la transformation presque an-
- nuelle du sol algérien, et les immenses conquêtes faites chaque jour par les colons.
- Pour cela il faudrait établir une série de tableaux, qui au moyen de couleurs variées donneraient, de façon très distinctes, les agrandissements des centres de colonisation, les nouvelles terres livrées aux céréales et surtout les contrées incultes, il n’y a pas bien longtemps, et couvertes aujourd’hui de vignobles les plus riches.
- Il serait facile d’un coup d’œil devoir que la culture de la vigne qui progressait il y a vingt ans de un tiers à peine sur les plantations déjà cultivées a marché d’abord sur le double, et depuis va en triplant et en quadruplant.
- C’est-à-dire, pour être plus explicite, que dans les régions où autrefois on ne plantait que cinq hectares, on en a planté dix, douze, quinze par an et depuis 1878 on en plante quinze et vingt fois plus, sur les mêmes proportions. C’est tout bonnement grandiose.
- Car il ne s’agit pas de montrer uniquement du bon vin aux visiteurs, mais de leur dire : vous n’en aurez pas une ou deux bouteilles de la sorte mais mille tonneaux, l’an prochain deux mille et dans trois ans vingt mille.
- Les cartes de colonisation sont faciles à établir et c’est là le seul et vrai moyen de bien montrer les progrès réalisés ; les statistiques sont moins puissantes et surtout moins pratiques, on regarde plus aisément une carte qu’on ne parcourt une fastidieuse colonne de chiffres.
- C’est une idée que nous donnons à ceux qui ont intérêt à faire valoir notre colonie, et nous pouvons informer les personnes qui auraient dessein de la mettre à exécution que le Monf teur de l’Exposition leur est tout dévoué.
- Dans de prochains articles nous donnerons des explications plus complètes, des détails plus précis sur le développement progressif de la richesse économique de l’Algérie et, dans cet ordre d’idées, nous accueillerons toutes les communications qui nous seront faites à ce sujet, désireux que nous sommes de jeter le plus de lumière possible sur cette question encore peu connue en France : la colonisation algérienne.
- Léon Sazie.
- L'ART ANGLAIS A L'EXPOSITION DE 1889
- On s’occupe très sérieusement en Angleterre d’organiser sur une vaste échelle la représentation de l’art anglais contemporain à l’Exposition de 1889. Voici à ce sujet quelques informations qui nous sontfournies par une correspondance adressée de Londres aux Débats :
- Sir Frederick Leighton, le président de l’Académie royale, vient d’adresser une lettre très intéressante au lord-maire de Londres, relativement à l’Exposition de 1889. Sir Frederick Leighton constate que les artistes anglais n’ayant à attendre aucune subvention du gouvernement anglais ni du gouvernement français vont se trouver dans l’impossibilité de prendre part à l’Exposition de Paris, si l’industrie privée ne leur vient en aide. Cela paraît d’autant plus regrettable à sir Frederick que, précisément, à l’heure actuelle, les qualités, si remarquables de l’école anglaise moderne, sont maintenant appréciées à leur juste valeur par les artistes et les amateurs étrangers. Dans ces conditions, l’absence des chefs-d’œuvre des grands artistes anglais serait humiliante pour eux et le président de l’Académie conclut en demandant au lord-maire de vouloir bien venir en aide aux artistes en prenant les mesures nécessaires pour recueillir des fonds suffisants pour assurer la représentation convenable de l’art anglais à l’Exposition de Paris. Joignant l’exemple au précepte, sir Frederick Leighton a glissé dans sa lettre un chèque de 100 liv. st. Le lord-maire, M. de Keyser, a a!us-
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- Dimanche 4 Novembre 1888.
- sitôt envoyé aux journaux une copie de la lettre de sir Frederick Leighton, et a, en même temps, fait un pressant appel au public. Il a reçu la promesse d’une somme de 5oo liv. st. ; il en faut, en tout, 3.000 ; c’est donc 2,400 liv. st. qu’il faut encore trouver. Il faut espérer que les amateurs et le public anglais répondront à l’appel du lord-maire et, étant donné la générosité britannique, le résultat ne paraît pas douteux. Mais ne pourrait-on, en France, faire quelque chose pour faciliter la représentation de l’art anglais à l’Exposition ? Les artistes français ne pourraient-ils, eux aussi, ouvrir une souscription et faire des démarches auprès du gouvernement français et des Compagnies de chemins de fer pour obtenir tous les avantages possibles aux artistes exposants ? L’art anglais moderne a fait tant de progrès, il occupe dans le monde artistique une si belle et si large place, et son influeuce augmente dans de si rapides et si larges proportions que, s’il n’est amplement et dignement représenté au Champ-de- Aars en 1889, on ne pourra dire que l’Exposition soit complète. C’est ce qu’il faut à tout prix éviter, et il suffira, je l’espère, de signaler les lettres de sir Frederick Leighton et du lord-maire aux artistes français pour qu’ils donnent leur concours et emploient leur influence à la réalisation du projet désir Frederick Leighton, qui est de donner à la section artistique de l’Exposition un éclat qui lui manquerait certainement si l’art anglais n’y occupait la place à laquelle il a droit.
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- LES OUVRIERS PARISIENS
- A L’EXPOSITION DE COPENHAGUE
- Dans sa séance du 22 octobre dernier, le Conseil municipal de Paris a entendu la lecture de la lettre suivante à lui adressée par les membres de la délégation ouvrière à l’Exposition de Copenhague :
- Messieurs,
- Les membres de la délégation des ouvriers français à l’Exposition de Copenhague me chargent de vous adresser leurs plus sincères remerciements pour la tâche que vous leur avez permis d’accomplir au nom des travailleurs parisiens et de la ville de Paris.
- Ce n’est pas sans une certaine émotion qu’à cet effet je viens, messieurs, éveiller les souvenirs de cette mission, souvenirs qui resteront éternellement gravés dans l’esprit et le cœur de ceux qui auront eu l’honneur de la remplir, et au nom desquels je vous transmets le salut fraternel et la vive reconnaissance de la population de la ville de Copenhague aux représentants de la municipalité républicaine de la ville de Paris ainsi que les liens de Paternité qui unissent à jamais le peuple danois au peuple français.
- Le rapport qui est en voie d’élaboration, et qui vous sera prochainement remis, vous démontrera que, malgré les distances qui nous séparent, le Danemark est, par les sentiments et la volonté de son peuple, nation sœur de la France, et comme l’a si bien résumé le docteur Brand à la réception de la délégation par les étudiants libéraux de Copenhague, par ces sublimes paroles : « Tout bon Danois a deux patries: la France et le Danemark. »
- En attendant ce travail, la délégation, s’inspirant que les chaleureuses ovations, que les acclamations et les vivats enthousiastes dont elle a été l’objet pendant son séjour et à son départ de Copenhague, étaient autant de touchantes démonstrations adressées à la France, à Paris et à la République en la personne de ces délégués et auxquels le devoir incombait de les remettre à qui de droit, au représentant direct de la ville de Paris : le Conseil municipal.
- Vive la République ! Vive l’union des peuples !
- Agréez, Messieurs, mes sincères salutations.
- Pour la délégation et par ordre :
- Le secrétaire correspondant, Signé : H. Couthier.
- ÉCHOS
- PEINTURES égyptiennes
- Un savant égyptologue viennois, M. Grau, a trouvé dans les tombeaux égyptiens toute une collection de portraits funéraires, tous peints à l’encaustique ou à la détrempe. Rien n’est plus intéressant. Il y a à peu près 70 portraits d’hommes et de femmes gréco-égyptiens, les uns sur bois, les autres sur toile, tous d’une fraîcheur surprenante, bien qu’âgés de deux mille ans. On dirait des peintures à l’huile presque modernes. C’est une véritable révélation, un étonnement qui, bon gré, mal gré, fait songer à une habile contrefaçon. Cependant, les savants les plus compétents, parmi lesquels l’égyptologue Ebers et le peintre berlinois Menzel se sont déjà prononcés pour l’authenticité absolue. Ce sont bien là des portraits de gens morts i5o ans avant Jésus-Christ, et c’est la tombe qui en a conservé l’éclat et la première jeunesse.
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- Y *
- UN CONGRÈS FÉMININ
- Plusieurs journaux français et anglais ont publié, des écrits anonymes annonçant l’organisation d’un congrès féminin qui serait tenu à Paris, en 1889, à l’occasion de l’anniversaire de la Révolution et do^t les hommes seraient systématiquement exclus
- On est allé jusqu’à parler d’une subvention de i5o,ooo fr. qui aurait été votée par les dames américaines pour faire face aux dépenses de ce congrès. Nous avons lieu de croire que ces diverses informations sont de tout point inexactes.
- La vérité est que M. Léon Richer, promoteur et organisateur du congrès international et mixtefcom-posé d’hommes et de femmes), de 1878, prépare un congrès pour 1889 ; qu’il a pris, comme en 1878, la direction des travaux préparatoires, et qu’une circulaire, signée de son nom et un appel rédigé par lui seront prochainement publiés.
- Les partisans français et étrangers du droit des femmes sont invités à ne tenir aucun compte des communications fantaisistes qui ne porteraient pas sa signature.
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- AU GRAND CONCOURS DE BRUXELLES
- Les exposants de la section française et leur comité ont fait récemment une manifestation en l’honneur de M. Charles Rolland, délégué de la commission et président de la chambre de commerce française.
- Us ont offert à M. Rolland une adresse de sympathie signée par six cent quarante-cinq exposants.
- Pour son dévouement aux intérêts de ses compatriotes, pour sa courtoisie, M. Rolland méritait cet hommage. Nul mieux que lui n’a défendu les intérêts des exposants français à l’Exposition de 1888.
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- LES OUVRIERS ARMURIERS'DE SAINT-ÉTIENNE A l’exposition de 1889
- La chambre de commerce de Saint-Etienne invite messieurs les ouvriers qui désireraient envoyer leurs produits à l’Exposition universelle de 1889 de vouloir bien faire leur demande au plus tôt.
- Une place leur est spécialement attribuée dans la salle de l’armurerie et la municipalité a mis en réserve une somme de deux mille francs pour subvenir aux frais que cette exposition pourrait leur occasionner.
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- a l’exposition de sauvetage
- Le carrousel nautique continue à attirer vivement l’attention du public ; à partir de deux heures et demie, les galeries du premiar étage se garnissent de nombreux spectateurs avisés qui peuvent dès lors assister à tous les exercices, aujourd’hui très bien réglés et parfaitement exécutés; les cercles excentriques, les huit, les croisements, etc., rappellent absolument, mais sur une piste immense, les quadrilles équestres du cirque.
- Ce carrousel sera donné tous les jours, à trois heures, jusqu’au 12 novembre.
- A compter du 2 novembre, Charles de Sivry, lé chef d’orchestre si sympathique et si original, établira son orchestre sur le pont et la dunette de la Belle-Amélie, qui remplacera le radeau actuel. Il y aura concert chaque jour. J
- Tous les vendredis, il donnera un festival avec soli, orchestre et chœurs, qui portera comme sous* titre : Concert pittoresque. Les airs populaires de France y trouveront leur place tour à tour, intercalés qu’ils seront dans les principales œuvres des maîtres.
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- UN CHEMIN DE FER AÉRIEN
- Sous ce titre : Un voyage dans les airs, le Figaro donne des détails sur la prétendue découverte d’un nouveau système de locomotion permettant au voyageur d’aller en deux heures de Paris à Marseille.
- L’inventeur est M. Jules Imbs, président du syndicat des inventeurs.
- Ce système comprend : i° un bateau aérien affectant la forme d’un fuseau entièrement couvert et porté sur un nombre considérable de roues verticales posées sur un rail plat ; 20 une voie spéciale aérienne; 3° un moteur fixe permettant de réaliser des vitesses incomparables au moyen d’enroulement ou de déroulement de câbles rompus sur des bobines tournant très vite.
- M. Jules Imbs, qui paraît convaincu de la réalité de sa découverte, compte sur l’appui du gouvernement.
- Des expériences, auxquelles la presse sera convoquée avec des ingénieurs, auront lieu prochain nernent aux environs de Paris.
- L’EXPOSITION MILITAIRE
- Les préparatifs de cette Exposition se poursuivent avec la plus grande rapidité. Les membres du comité et de la commission travaillent sans relâche.
- Ces jours derniers, le comité d’admission de la classe 66 tenait séance. Après avoir admis ou rejeté un certain nombre de demandes formées par des retardataires, il a été décidé que dorénavant tout exposant sera refusé dans cette classe, à moins que les appareils ou objets présentés par lui ne soient d’un ordre tout à fait exceptionnel. La justification de cette mesure est le grand nombre des exposants admis; de telle sorte que le comité d’installation de la classe 66 ne peut déjà que très difficilement réserver à chacun la place répondant à ses besoins dans les bâtiments de l’Exposition militaire. Avant de se séparer, le comité a fixé les bases de la répartition des dépenses collectives de la classe, entre tous les exposants. Bien entendu il a été tenu compte de la place occupée et de la nature des objets exposés.
- De son côté, le comité d’organisation de l’exposition rétrospective s’est occupé la semaine dernière de la participation des musées et des collectionneurs à cette Exposition en ce qui concerne la section des arts militaires.
- Pendant que les organisateurs se réunissent et traitent successivement toutes les questions relatives à l’organisation et à l’installation de l’exposition du matériel et des procédés de l’art militaire, l’architecte ne veut pas se laisser rendre des points par ces messieurs. Le bâtiment s’élève et les fermes s’assemblent, les maçons et les charpentiers rivalisent d’ardeur pour terminer l’aile droite de la grande construction édifiée sur l’Esplanade des Invalides. L’aile gauche est à peu près achevée et, bientôt, on pourra procéder à l’installation des aménagements intérieurs. Nous en parlerons avec détail dans un prochain article.
- E. Basset.
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- LE MONITEUR DE L'EXPOSITlON DE 1S89
- Quatrième Année. — N“ 201.
- Dimanche 4 Novembre 1888. — 1227.
- EXPOSITION DE BLANC & NOIR
- GRAVURES, DESSINS. AQUARELLES, PASTELS. CARTONS, VITRAUX, ETC.
- Au Pavillon de la Ville de Paris
- (CHAMPS-ELYSÉES)
- Le 14 octobre dernier, c’était le jour du vernissage!... En entendant prononcer ce néologisme moderne on aurait pu se demander si le salon du Blanc et Noir avait encore agrandi son cadre!... L’administration a donné, il est vrai, plus d’extension à son exposition, mais sans toutefois dépasser des limites qu’elles s’était tracées. On pourra le constater dans ce compte rendu que nous ne développerons pas à notre grand regret autant qu’il mous eut été agréable de le faire.
- A part les Boum-Boum et les déhanchements plus ou moins acrobatiques des clowns musiciens •qui ne charment pas toujours l’oreille des admirateurs de l’art, nous devons dire que cette exhibition, la troisième du genre, est très sérieusement installée et fait honneur au bon goût des administrateurs.
- Avant d’entrer dans le détail, constatons le nombre des envois, car il mérite bien une mention spéciale, eu égard à la valeur des œuvres exposées :
- 640 dessins et cartons ;
- 175 gravures, eau-forte, taille douce, etc ;
- €75 aquarelles et pastels ;
- .40 numéros de dessins d’art décoratif ;
- 26 numéros de dessin industriel et d'enseignement ;
- 15 salons représentant les reproductions publiées par les organes de la Presse illustrée ;
- Et enfin, comprenant plusieurs salons, 67 numéros consacrés à l’art japonais.
- Nous devons ajouter que dans la précipitation d’une installation aussi difficile (vu le court espace de temps) plusieurs envois ont été omis au catalogue et figureront probablement à la seconde édition, ce qui portera le nombre à dix-sept cents numéros, en ne comptant chaque publication que pour un numéro, alors que chaque salon en contient quelquefois plus de cinquante ; ce qui représente près de deux mille œuvres intéressantes à examiner.
- Le catalogue illustré contient en premières pages un grand nombre de reproductions choisies parmi les œuvres les plus réussies de cette intéressante manifestation artistique.
- On conçoit aisément l’idée qui a présidé à l’établissement des deux premiers panneaux.
- C’est évidemment un devoir que de rendre hommage à des artistes de talent ayant mis leur expérience au service de l’administration et qui depuis fi866 sont disparus des luttes du monde ne laissant, après eux, que d’unanimes regrets.
- J’ai nommé le peintre Gustave Boulanger et le graveur Ferdinand Gaillard. Pourquoi faut-il déjà ajouter à cette liste funèbre le nom d’un autre artiste de talent ? — Le jour même de l’ouverture on apprenait le décès de Feyen-Perrin, un artiste d’une rare probité artistique et d’un talent particulièrement original et personnel.
- A la suite de ces deux premiers panneaux on -trouve (sur la droite) les quatre premières travées garnies de dessins de toutes sortes et de croquis tracés avec beaucoup de hardiesse, sur la gauche se trouvent les dessins, fusains et gravures ; puis ..en suivant ce sont les publications illustrées. — Le Courrier de Paris présente une série de dessins pleins de verve et d’esprit, peut-être un peu trop d’esprit ; n’y aurait-il pas moyen de voiler un peu plus, non par le sujet, mais la traduction qu’il laisse comprendre ?
- En suivant se trouvent des dessins, gravures etc., du Monde Illustré, de bien belles épreuves envoyées par Y Illustration ; la Vie Parisienne a installé de brillants croquis et dessins tout à fait mondains, Y Univers Illustré vient après et le journal l’Art présente des pages tout à fait artistiques ; on remarque à la suite des dessins très humoristiques du Chat Noir ; enfin le Japon artis. tique occupe non seulement le dernier salon, mais encore celui qui est en face et aussi le premier du
- côté gauche. — En suivant ce dernier côté on rencontre les envois de la Société de VEstampe originale, de Paris Croquis, de bien jolis Menus parisiens et les splendides épreuves de la Galette des Beaux-Arts. Paris Illustré vient ensuite ; le Pierrot occupe le quatrième salon décoré d’une façon tout à fait locale, puis la maison Testard a installé dans le salon suivant les admirables gravures servant à l’illustration des œuvres de Victor Hugo. La Vie Moderne et la Revue Illustrée terminent cette série d’expositions spéciales.
- En suivant, se trouvent de chaque côté deux autres salons composés d’aquarelles, pastels, etc.
- Puis au fond une grande salle dont tout le pourtour est des mieux garni sert de Café-Concert !...
- Le pourtour est copieusement garni des deux côtés par les dessins, fusains, aquarelles et pastels. Les miniatures, porcelaines etc., couvrent les deux côtés de la sortie.
- Quant aux dessins industriels et d’enseignement, ils sont installés dans un des bas-côtés du côté du Cours-la-Reine et ce n’est certes pas la partie la moins intéressante.
- Au centre du pavillon, sur une longue table sont disposées de nombreuses publications destinées à être consultées par les visiteurs.
- Lorsque nous avons dit que le Président de la République témoignant de sa sympathique sollicitude pour tout ce qui concerne les arts, a envoyé une magnifique coupe de Sèvres, je crois que nous aurons suffisamment démontré l’utilité de semblables manifestations qui comblant les lacunes du Salon annuel où tout ce qui n’est ni peinture ni sculpture est à peu près délaissé, on comprendra facilement que les Expositions de Blanc et Noir s’imposaient et que pour l’avenir leur place est acquise, leur utilité démontrée.
- Les écoles de dessin se multiplient et si trop longtemps on a laissé de côté cet art utile, il ne faut pas oublier qu’au xvm9 siècle on avait déjà tenté de faire entrer dans l’esprit public cet enseignement indispensable au développement du génie industriel, ainsi que le démontrent les lettres patentes du 29 octobre 1767, par lesquelles une écoles royale gratuite de dessin fut établie à Paris.
- (A suivre.)
- A. Ramé.
- L'EXPOSITION DES CIDRES k POIRÉS
- Au moment où va s’ouvrir, dans les galeries du quai d’Orsay, l’exposition des cidres et poirés, nous croyons intéressant de publier les renseignements qui suivent, communiqués au Petit Journal par M. Edmond Henry, ancien député du Calvados, et reproduits par le Journal de Caen, dont M. Henry est un des colla borateurs.
- Une des productions agricoles les plus utiles et les plus intéressantes, c’est assurément le cidre, dont la consommation tend à se développer de plus en plus. Toutefois, son usage, localisé pendant longtemps, rencontre encore, pour se généraliser certaines difficultés et certains préjugés qui ne sont plus justifiés aujourd’hui.
- Les difficultés venaient du peu de facilité des voies de communication, du prix élevé du transport, de l’inégalité de la production entre les différentes années, ce qui donnait pour une consommation populaire des écarts de prix considérables, d’une année sur l’autre, et enfin de la difficulté que le consommateur a rencontrée à conserver certains cidres dont la fabrication était défectueuse, par suite de la routine et de l’ignorance dès producteurs.
- Les préjugés consistaient à croire, sauf dans les pays de production, que le cidre, qui présente un goût fort agréable quand il est doux, et dont certaines espèces peuvent se conserver longtemps ainsi, quand il est soigné convenablement, perdait toutes ses qualités de goût et d’hygiène, aussitôt que la saveur sucrée disparaissait.
- Bien qu’aujourd’hui les consommateurs, mieux au courant des différentes phases et transformations du cidre, sachent, beaucoup mieux qu’autre-fois, que le cidre n’en est pas moins une boisson agréable et saine, parce qu’il a perdu son sucre en vieillissant, parce qu’il est paré, comme on dit dans les pays producteurs, il n’en faut pas moins réagir sans relâche contre cette croyance qui empêche encore un grand nombre de personnes de l’accepter comme boisson.
- C’est une tâche qui incombe aux hommes dévoués qui ont fondé les deux grandes associations destinées à améliorer la culture des pommiers, la fabrication et la conservation du cidre, et à en vulgariser la consommation. Nous voulons parler de notre grande Association pomologique de l’Ouest, qui date déjà de huit ans, et de l’association du Syndicat de défense des producteurs de cidre, qui s’est fondé l’année dernière.
- La première, qui a à sa tête un savant éminent, M. Lechartier, professeur à la faculté des sciences de Rennes et secrétaire directeur de la station agronomique d’Ille-et-Vilaine, s’occupe, plus spécialement, du côté scientifique et cultural de la question. Aussi, quand nous disions plus haut que certaines difficultés, rencontrées par le développement de la consommation du cidre, étaient déjà résolues, nous faisions allusion aux intéressants travaux du président de Y Association pomologique de l'Ouest, sur la conservation des cidres, au moyen d’un chauffage ou d’une congélation destinés à tuer le ferment.
- Nous rappelons également que Y Association po-mologigue de l’Ouest avait pris l’initiative de l’abaissement des droits de transport, obtenu l’année dernière à la suite d’une entente intervenue entre M. le ministre des travaux publics et les grandes compagnies de chemins de fer. Nous n’avons pas à nous étendre ici sur les importants travaux de cette société, qui se réunissait au Havre l’année dernière, et se réunit chaque année dans une ville différente des pays producteurs de pommes.
- Cette année, le congrès s’est tenu à Saint-Brieuc, du 22 au 27 octobre. Les procès-verbaux de ces séances constituent un intéressant document à consulter.
- La deuxième association est celle du Syndicat de défense des producteurs de cidre, dont font partie MM. Gévelot, Foucher de Careil, Riotteau, etc. Pour avoir un rôle un peu plus modeste, plus spécialement agricole et commercial, elle n’en est pas moins appelée à rendre de sérieux services.
- En effet, Y Association pomologique de l'Ouest ne peut se réunir qu’ue fois par an, tandis que la société sœur, qui compte de nombreux membres à Paris, députés, sénateurs, propriétaires, agriculteurs, peut souvent, au besoin, être convoquée instantanément, chaque fois qu’il se présente une question demandant une solution prompte et immédiate comme la question des prix de transport, des droits de circulation, d’entrée et de débit.
- Un des facteurs principaux pour les pays producteurs de cidres, et pour le développement de la consommation et du commerce du cidre, consiste dans une Exposition sérieusement organisée, se tenant annuellement à Paris.
- Le ministère de l’agriculture ne pouvait guère se charger, chaque année, d’organiser cette exposition ; c’est donc à l’initiative privée et aux grandes associations intéressées de' s’en charger.
- Ces solennités, préparées avec toutes les garanties désirables, sont d’autant plus assurées d’une réussite sérieuse et utile que le ministère de l’agriculture, soucieux des intérêts qui lui sont confiés, accordera toujours son concours le plus dévoué.
- Du reste, M. le ministre de l’agriculture avait annoncé, dans son remarquable discours du concours régional agricole d’Alençon, qu’il était à la veille d’accorder son haut patronage à une Exposition de cidres tenue à Paris, ce qui s’est réalisé.
- M. le ministre du commerce, voulant aussi favoriser une des branches de l’agriculture française, a bien voulu prêter un des bâtiments de l’Exposition de 1S89, au quai d’Orsay, pour organiser (Voir la suite à la page 1228)
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- 1228. — Quatrième Année. — N° 201. LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889. Dimanche 4 Novembre 18S8.
- LA RUE DES NATTONS, EN 1878
- FAÇADE AUTRICHIENNE
- NOS GRAVURES
- FAÇADE AUTRICHIENNE
- La façade de F Autriche-Hongrie était simple d’aspect, mais elle ne manquait ni de grandeur ni de majesté. Son architecte avait eu en vue non pas l’architecture autrichienne ou hongroise, mais le vestibule d’un palais des beaux-arts. C’est en effet aux arts qu’était consacré cet ensemble de deux pavillons carrés, unis par une colonnade. Ces deux pavillons, celui du Nord renfermant les bureaux de la commission hongroise, celui du Sud contenant ceux de la commission autrichienne, étaient en pierres, percés de trois fenêtres très simples au rez-de-chaussée et à l’unique étage. Ils n’avaient pas de toiture apparente, mais étaient couronnés par une balustrade en pierre. La colonnade qui les réunissait formait un portique de neuf arcades dont chaque retombée de voûte venait s’appuyer sur un entablement que supportaient deux colonnes accouplées.
- L’ornementation de cette construction consistait en rinceaux, festons et figures allégoriques, peints en grisaille sur fond blanc.
- Au-dessus de cette attique, que couronne une frise également ornementée noir sur blanc, se
- cette Exposition de cidres, due à l’initiative de M. Chessé, vice-président de la section d’agriculture coloniale, au ministère de l’agriculture.
- Cette Exposition doit s’ouvrir le iCr novembre et durer jusqu’au 10 décembre.
- Toutefois, nous croyons, étant donnée l’importance de cette Exposition, au point de vue agricole et commercial et au point de vue du consommateur, qu’il sera nécessaire de prolonger la concession accordée, étant données également les époques de la fabrication du cidre, qui, variant suivant les climats et les différents sols, ne permettent pas aux pays producteurs de cidre d’envoyer leurs produits nouveaux au même moment.
- Les quantités de cidres livrées à la consommation sont, en moyenne, de 12 millions d’hectolitres, suivant le relevé des contributions indirectes.
- Voici, maintenant, la moyenne de production
- dressaient des statues allégoriques des arts, de la science, de l’histoire, etc.
- Enfin, du côté autrichien, s’élevait un grand mât jaune et noir, au sommet duquel flottait le pavillon autrichien. A l’extrémité opposée un mât semblable portait le drapeau hongrois. Comme on le voit la dualité austro-hongroise était nettement indiquée. La monarchie ne possédait qu’un seul bâtiment, mais chaque nation y jouissait d’un local spécial et les deux expositions ne se confondaient nullement. La colonnade soutenait un portique formant en quelque sorte le vestibule de l’exposition austro-hongroise. Dans ce. vestibule étaient exposés quelques statues : Michel-Ange, Beethoven, Albert Durer, etc. En outre étaient exposés des plans et des aquarelles de monuments existant ou projetés en Autriche et en Hongrie, parmi lesquels une vue d’opéra, alors projeté et aujourd’hui construit à Buda-est, et la restauration du château du célèbre ongrois Jean Hunyade, le légendaire héros.
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- 4 FAÇADE DES PAYS-BAS
- La façade hippique des Pays-Bas n’était pas fantaisiste; c’était là reproduction diminuée de l’hôtel de ville de La Haye, édifice Renaissance qui remonte à 1581. L’édifice était bâti en brique et en pierre blanche. Il comprenait un
- des dix dernières années dans les principaux départements producteurs du cidre:
- Ille-et-Vilaine 2.015.000 hectolitres
- Manche _
- Seine-Inférieure ... 1.081.000
- Côtes-du-Nord 782.000 —
- Mayenne 565.ooo —
- Calvados 1.413.000 —
- Orne 1.283.000 —
- Morbihan 843.000 —
- Eure ... 753.000 * —
- Oise ... ... 467.000 —•
- Aucun autre département n’atteint une production de 400.000 hectolitres; mais viennent ensuite les départements de la Somme, de la Sarthe et de l’Aisne.
- La fabrication du [cidre se fait maintenant en
- rez-de-chaussée monté sur soubassement de pierre grise. La porte principale était au centre du corps de logis, encadrée par deux colonnes à base sculptée et surmontée d’un fronton. Les deux ^fenêtres étaient en voûte allongée et surbaissée, en anse de panier, construite en brique alternant avec la pierre blanche ; elles étaient à croisée de pierres et garnies de petites vitres. Le premier étage était séparé du rez-de-chaussée par une moulure de très forte saillie, considérée par tous les connaisseurs comme un beau travail d’ornemantiste.
- En retrait de ce corps de logis dans lequel se trouvaient la salle des anciens échevins et les bureaux de la municipalité de la ville, se trouvait le beffroi, sorte de grande tour carrée surmontée d’une plate-forme et d’un campanile à double étage. Cette construction était remarquable non seulement par l’originalité de son architecture, mais par cette union des plus heureuses de la pierre avec la brique, mais aussi par le fini et la variété des sculptures qui se distribuaient à la base, et le long des colonnes, encadrant les fenêtres, décorant les clefs de voûtes, agrémentant les corniches, et étaient si bien distribuées que malgré leur abondance, il n’en résultait ni surcharge, ni lourdeur dans l’aspect de l’édifice.
- Amérique, en Allemagne et en Angleterre. L’Allemagne nous envoie déjà des quantités énormes de pommes à cidre et des cidres fabriqués.
- Producteurs de cidre, veillez et tenez vous au courant des progrès accomplis par la science.
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- Le banquet offert à la Presse par le comité d’organisation de l’exposition des cidres et poirés a eu lieu mardi soir chez Lemardelay, rue Richelieu.
- A la table d’honneur on remarquait : MM. Chessé, ancien gouverneur général de la Guyane ; Poubelle, préfet de la Seine; Leroux, fondateur du dîner de la Pomme; Dr Barrés, Robin, secrétaire-général de l’Exposition ; Me'nier ; Paupier, ingénieur agricole ; Dr Brémont, Roy, Querrier, Séné—
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- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889,
- Dimanche 4 Novembre 1888
- Quatrième Année. — N° 201
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- FAÇADE DES PAYS-BAS
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- Quatrième Année. — N® 201.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 4 Novembre j888.
- chai, Nègre, organisateur du banquet ; Pasquier, chef de bureau au ministère du commerce ; Pasquier frère,sous-chef au ministère des travaux publics ; Maliat, Bossilant, archivistes à la Bibliothèque nationale; Jules Ulrich, notre sympathique confrère, chargé du service delà Presse; Bardoche, ancien secrétaire dw Courrier français \ de Vermo-rel.
- M. Ghessé a ouvert la série des toasts. Il remercie tous les assistants du concours empressé et sympathique que l’exposition du cidre a rencontré.
- M. Poubelle, en quelques paroles très applaudies, boit ensuite au succès de cette exposition.
- Puis une excellente partie de concert, dans laquelle ont été entendus MM. Amédée Durand, Querrien, Barrot, du Conservatoire, Emile Durand, a terminé cette fête.
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- EXPOSITIONS DIVERSES
- L’Exposition des cidres
- Les travaux de l’Exposition des cidres et poirés sont poussés très activement. Les exposants ont rivalisé d’ardeur et l’ouverture doit avoir lieu incessamment.
- Rappelons à nos lecteurs que cette exposition, dont le commissariat est 38, rue de la Chaussée-d’Antin, se tiendra dans les galeries, annexe de l’Exposition de 1889 (pont de l’Alma).
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- L’Exposition du Jubilé à Athènes
- On déploie la plus grande activité aux préparatifs des fêtes du jubilé royal, qui seront, comme on sait, rehaussées par la présence de plusieurs princes et d’un grand nombre de personnages de distinction attendus de diverses capitales européennes. Tout sera prêt au jour fixé. On est même certain que l’Exposition nationale, une des grandes attractions des fêtes du jubilé, sera ouverte dans de bonnes conditions. Les avenues sont presque terminées. Les essais d’éclairage électrique ont donné de bons résultats et les vitrines des principaux exposants commencent à se garnir.
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- Exposition italienne de Londres
- L’exposition de vins et autres produits alimentaires qu’un comité italien avait ouverte à Londres il y a six mois, a été close le 3i octobre.
- Deux millions et demi de visiteurs ont, paraît-il, visité cette exhibition, aussi ce succès relatif engage-t-il, à ce que l’on croit, ses organisateurs à en ouvrir une seconde l’année prochaine.
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- LE CANAL DE PANAMA
- On lit dans Y Abeille de la Nouvelle-Orléans, du 3 octobre dernier, sous le titre ci-dessus, les considérations qui suivent dont la valeur et l’importance n’échapperont à aucun des compatriotes, sans parti pris, du grand Français :
- Nous avons, il y a une semaine à peu près, publié une dépêche qui nous venait de la région des Isthmes, du Star and Herald, édité à Panama. Il y était question du fameux canal qui se creuse, grâce à l’initiative et sous la direction de M. de Lesseps. On y relevait les bruits de toutes sortes, plus faux les uns que les autres, et presque toujours inventés par la jalousie, propagés par la malveillance, sur le sort de cette gigantesque entreprise. De ce que certains travaux avaient été arrêtés, certains ateliers dissous, on concluait que l’affaire périclitait, qu’elle allait être abandonnée. Nous ne serions pas étonnés que quelques flibustiers de la spéculation ne s’apprêtassent déjà à la ramasser, une fois tombée, pour la relever en leur nom, à leur propre compte ; pour tirer assez peu délicatement et à un prix ridiculement bas, profit des immenses travaux accomplis, de tous
- les millions versés par les autres. Partout, en Europe plus encore qu’en Amérique, il y a dans la haute comme dans la basse industrie, des bandes d'exploiteurs qui, incapables de rien inventer, de rien produire par eux-mêmes, passent leur temps à dénigrer tout ce qui se fait autour d’eux, à semer des obstacles sur la route de chaque nouvelle entreprise, et quand ils sont parvenus à la faire verser ou dérailler, ils se jettent avec avidité sur les débris et parviennent à s’en emparer avant qu’on soit revenu de la première alerte.
- Ma’heureusement pour eux, la situation est tout autre qu’ils la dépeignent et voudraient qu’elle fût; ils en seront pour leurs frais d’inventions et d’insinuations mensongères. Oui, il y a des travaux qui ont cessé par la très bonne raison qu’ils sont achevés, et si certains chantiers sont fermés, c’est qu’il n’y a rien à y faire, les conditions du contrat ayant été remplies, les travaux livrés à la compagnie, examinés par ses ingénieurs et acceptés par eux. Que n’a-t-on pas dit sur l’impossibilité de faire disparaître l’énorme obstruction de la Cule-bra, de se rendre maître du cours de la rivière de Chagres ? La première œuvre esta moitié faite, et la seconde une affaire réglée. Les deux principaux obstacles sont, par conséquent écartés. Les hommes de bonne foi ne doutent plus aujourd’hui de l’achèvement du canal. Inutile de chercher à convainc^ ceux qui sont de mauvaise foi, ils ne se rendront que quand il s’agira de tirer profit de l’entreprise, alors ils ne seront pas les derniers à vanter l’œuvre ni à l’exploiter. Nous ne serions pas surpris de les entendre revendiquer pour eux l’honneur de l’entreprise, pour pouvoir en accaparer les bénéfices. !
- Nous ne sommes pas les seuls que les dépêchés publiées, dernièrement par nous, aient frappés: elles ont produit le même effet sur un de nos excellents confrères d’outre-Canal — le Picayune— qui admet le bien-fondé des protestations dont elles sont l’écho, et fait, en très bons termes, ressortir la sottise, l’injustice, des fausses rumeurs qui courent sur le canal de Lesseps, des dénigrement dont l’œuvre est l’objet.
- « Les Etats-Unis, dit-il devraient construire et exploiter, pour leur propre compte, un canal interocéanique à travers la région des isthmes de l’Amérique. Si notre nation ne vejat pas accomplir cette œuvre importante entre toutes, qu’au moins elle ne fasse pas obstacle à ces travaux que le peuple français fait pour nous ».
- Pour nous, est bien le mot. A qui persuadera-t-on qu’en se mettant à la tête de l’entreprise du creusement du canal de Panama, M. de Lesseps se soit imaginé ne travailler que pour son pays ? Ce serait le transformer en idiot, en un homme qui n’a pas la moindre notion de l’égoïsme de ses semblables ; qui ne tient aucun compte des leçons, quelquefois cruelles, de l’expérience. Tout ce qu’on sait de lui prouve le contraire. Il a, sous les yeux, le précédent du canal de Suez, qui est on ne peut plus instructif. Il n’est pas d’enfant qui ignore que le canal n’a pas plus profité à la France qu’aux autres nations; qu’il a, au contraire, été pour elle une occasion de troubles, d’embarras, et que les gens qui ont, aujourd’hui, la prétention de l’accaparer, sont, précisément, ceux qui ont fait le plus d’opposition à sa construction.
- Il n’y a qu’à jeter les yeux sur la carte pour voir, clairement, à quel peuple doit le plus profiter le nouveau travail. Certes, les Anglais jettent déjà sur lui des regards brûlants de convoitise. Que ne jalousent-ils pas? Le monde ne doit-il pas leur appartenir, et toute possession, par une autre nation, d’un coin de terre, si éloigné, si dérobé, qu’il soit; d’un passage d’un océan, d’une mer ou d’un bras de mer à l’autre — n’est-il pas un vol commis à leur préjudice ? Ne les aperçoit-on pas déjà prenant leurs précautions et leurs mesures d’avance ? Les Américains doivent se tenir pour avertis. Le canal de Panama, une fois livré au trafic, s’ils y rencontrent des concurrents incommodes, ce ne seront, assurément, pas les Français, mais leurs chers cousins, leurs ennemis acharnés d’outre-Atlantique.
- Après les Anglais, au point de vue de la convoitise du bien commun, viennent, en droite ligne,
- les Allemands, jetés dans le moule prussien et retouchés par la main de fer de Bismarck. Il faut leur rendre cette justice, qu’ils ne regardent pas plus à l’honnêteté des moyens que les enfants d’Albion, et s’ils ne sont pas aussi habiles dans l’art des surprises, ils sont passés maîtres dans l’emploi de la force brutale.
- Ce ne sont pourtant pas ces deux nations qui semblent le plus appelées à bénéficier du canal de Panama, mais bien les Américains. On dirait, en vérité, que cette nouvelle voie de communication est créee pour eux, comme le canal de Suez pour les Anglais. Les Etats-Unis ont leurs Indes, eux aussi ; ce sont les Républiques de l’Amérique Centrale, et, surtout, de l’Amérique du Sud. C’est de ce côté-là que doit se développer leur commerce d’exportation, qui n’attend qu’une marine marchande nationale pour prendre un essor prodigieux. Le canal de Panama vient jouer, pour eux, exactement le même rôle que celui de Suez pour les Anglais.
- Nous ne prétendons pas soutenir qu’une voie de communication à travers le Tehuantepec ou le Guatemala ne vaudrait pas mieux; ni l’un ni l’autre ne seraient superflus. Au point de vue de trafic, il n’y a jamais trop de routes par terre ou par eau, mais puisqu’ils ne veulent pas les construire, puisque les visées de leurs spéculateurs ne sont pas dirigées de ce côté — comme le dit justement le Picayune — qu’ils n’entravent pas une entreprise que l’on dirait inventée à leur intention et qui devrait avoir été inspirée par eux.
- Dans les commencements, au bruit des clameurs qui se faisaient entendre de toutes parts au nom des intérêts américains lésés — comment ? On ne l’a jamais dit — au nom de la doctrine Monroë, tout étonnée de se voir mêlée à l’événement — certains hommes sensés, certains patriotes, ont cru que la spéculation allait enfin sortir de la sphère étroite où elle s’agite depuis longtemps, à l’intérieur, pour sortir du territoire et se jeter dans quelque grande entreprise extérieure. Elle a, en effet, beaucoup parlé ; elle a mis plus d’un projet en avant, mais elle n’a rien tenté, rien commencé! Elle n’en est encore qu’au terre-à-terre des combinaisons qui n’ont pour but final que les gros dividendes du lendemain et le million du surlendemain. Il lui faudra encore quelque temps; pour pouvoir s’élever aux vastes conceptions, d’une portée humanitaire, qui illustrent un homme et glorifient un peuple. Ces progrès, elle les fera rapidement.
- Le Picayune a raison quand il dit que, par les grands travaux qu’ils accomplissent au profit du monde civilisé, les Français méritent la reconnaissance universelle ; quand il flétrit l’esprit de dénigrement qui poursuit leurs plus nobles entreprises, S’il s’y découvre un peu de gloriole, il n’y en a pas de mieux placée ; s’il s’y glisse*un peu d’ambition, il n’y en a plus de plus légitime ; si l’on y surprend un peu de Don Quichottisme, au lieu de s’en moquer, on ferait mieux de chercher à l’imiter que d’aller flatter bassement les égoïmes heureux, que de se mettre à la remorque des succès qui n’ont d’autre principe que la force brutale et d’autre résultat que l’asservissement général de l’humanité.
- On ne saurait mieux dire.
- L’ART ANCIEN
- A L’EXPOSITION DE BRUXELLES (Suite.)
- (Voir les numéros des 16 septembre, 7 et 21 octobre.)
- Les principaux exposants, pour cette catégorie d’objets, sont MM. Desmottes, de Paris, Van Herk, le capitaine Lambert, Vanden Corput, de Bruxelles, et Mertens, de Tervueren. A ne pas oublier un curieux haut-relief représentant un seigneur accompagné de saint Michel, son patron, figures de grandeur naturelle, ayant assez l’aspect d’une pierre tombale, appartenant à M. Léon Cardon.
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- Quatrième Année. — N° 201.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 4 Novembre 1888. - i23i.
- Pour les sculptures en buis, qui forment une catégorie à part, les morceaux d’exception sont un petit miroir du seizième siècle d’un travail précieux, à M. Edmond de Rothschild déjà vu à l’Exposition de 1880, si nous ne nous trompons; plusieurs beaux médaillons à M. Gustave de Rothschild, qui a également exposé un très intéressant bas-relief en pierre de Helheim représentant Charles-Quint à cheval sous un portique, dans un paysage.
- Riche collection de coffrets en argent, en cuivre et émail, en fer, en ivoire, en écaille, en bois, en cuir. Le nombre et la variété n’ont rien d’éton-nant, puisqu’on sait que le coffret joue un grand rôle dans les collections d’objets d’art du moyen âge et de la Renaissance. Ceux qui, dans le nombre, méritent une mention spéciale sont: un beau Coffret en argent doré à M. von Oppenheim ; un autre du même métal et d’une ornementation très compliquée à M. Oscar Van der Heyden ; un superbe coffret en ivoire, travail byzantin, à Mgr de Belhune, à Bruges; un coffret en cuir repoussé décoré de figures pleines de caractère et à l’intérieur d’un Saint Georges à cheval d’une grande allure, à M. Dansette. Et bien d’autres encore que tout collectionneur voudrait posséder.
- La série des meubles : dressoirs crédences, bahuts, buffets, sièges, tablés, renferme de très bons types mêlés à d’autres d’une valeur secondaire et qui paraissent n’être là que pour faire nombre. Parmi les meubles en chêne sculpté on remarque un bahut du dix-septième siècle à M. Emile Wauters, un autre de la même époque à M. Raymond de Keyser d’Anvers, et, comme originalité, un petit meuble daté de 1618, venant des hospices de Bruges, orné de deux bas-reliefs représentant l’intérieur même de la pharmacie où il était, où il est encore, placé depuis deux siècles et demi, et la salle des malades garnie de lits où gisent des patients. Tous ces meubles sont décorés de sculptures robustes; on n’en voit pas de ce travail délicat qui caractérisait le mobilier français de l’époque de la Renaissance. Entre les scribans ou cabinets d’une richesse pompeuse on en remarque une de petite dimension, en ébène, décoré de plaques d'argent incrustées d’or et couvertes de fines damasquinures comme celles qui décorent les anciennes armes de luxe. Ce joli meuble appartient à M. Stettiner, de Paris. Un souvenir historique se rattache au cabinet en marqueterie appartenant au prince Charles de Ligne et qui passe pour avoir été fait pour Philippe de France, duc d’Orléans, frère de Louis XIV. En parlant des meubles, n’oublions pas les nombreux buffets-dressoirs qui représentent surabondamment le style liégeois aujourd’hui fort à la mode.
- (A suivre.)
- CONSERVATOIRE NATIONAL
- DES ARTS-ET-MÉTIERS
- COURS PUBLICS ET GRATUITS
- DE SCIENCES APPLIQUÉES AUX ARES
- Année i888-i88g
- Géométrie appliquée aux arts
- Les lundis et jeudis, à neuf heures du soir
- M. A. Laussedat. professeur. — Le cours ouvrira le lundi 5 novembre.
- Géométrie de la sphère. — Globe .céleste et planisphères. — Étude des phénomènes astronomiques. — Instruments d’observation. — Mesure du temps. — Cadrans solaires, horloges et chronomètres. — Calendrier. — Photographie et spectros-copie célestes. — Application de l’astronomie à la géographie et à la navigation.
- Géométrie descriptive
- Les lundis et jeudis, à sept heures trois quarts du soir
- M. E. Rouché, professeur. — Le cours ouvrira le lundi 5 novembre.
- Coupe des pierres. — L’ancien trait: analyse et
- commentaire de l’ouvrage de Frégier. — Les divers appareils relatifs aux ponts biais.
- Mécanique appliquée aux arts
- Les lundis et jeudis, à sept heures trois quarts du soir
- M. J. Hirsch, professeur. — Le cours ouvrira le lundi 5 novembre.
- Applications de la puissance motrice de la chaleur. — Locomotives. — Machines de navigation. — Machines thermiques diverses.
- Constructions civiles
- Les mercredis et samedis, à sept heures trois quarts du soir
- M. Emile Trélat, professeur. — Le cours ouvrira le mercredi 7 novembre.
- En cas d’empêchement, M. Tréi.at sera remplacé par M. J. Pillet.
- Fonctions mécaniques des organes de construction et détermination de leurs dimensions en conséquence de ces fonctions. — Piles ; murs, planchers, voûtes, combles, etc.
- Physique appliquée aux arts
- Les mercredis et samedis, à neuf heures du soir
- M. E. Becquerel, professeur: M. H. Becquerel, suppléant. Le cours ouvrira le mercredi 7 novembre.
- Propriétés générales de l’électricité. — Applications de l’électricité aux arts : piles voltaïques ; accumulateurs; appareils d’induction; machines dynamo-électriques ; transport de la force ; éclairage électrique; galvanoplastie, dorure, argenture, etc. ; télégraphie ; téléphonie; horlogerie électrique.— Actions chimiques produites par la lumière: photographie.
- Chimie générale dans ses rapports avec l’industrie
- Les lundis et jeudis, à neuf heures du soir
- M. E. Peligot, professeur. — Le cours ouvrira le lundi 5 novembre.
- En cas d’empêchement, M. Peligot sera remplacé par M. L’Hôte.
- Propriétés générales des métaux, des oxydes, des sulfures, des chlorures, etc. — Sels métalliques. — Histoire sommaire et extraction des métaux et des. alliages employés dans l’industrie.
- Chimie industrielle
- Les mardis et vendredis, à neuf heures du soir
- M. Aimé Girard, professeur; M. E. Jung-fleisch, suppléant. — Le cours ouvrira le mardi 20 novembre.
- Fabrication des produits chimiques. — Pyrites. __ Sel. — Acide sulfurique. — Acide chlorhydrique. — Fabrication de la soude par le procédé Leblanc, par le procédé à l’ammoniaque. — Chlorures décolorants. — Produits ammoniacaux. — Nitrates, acide nitrique. — Potasses. — Engrais chimiques, etc.
- Chimie appliquée aux industries de la teinture, de la céramique et de la verrerie
- Les lundis et jeudis, à sept heures trois quarts du soir
- M. V. de Luynes, professeur. — Le cours ouvrira le lundi b novembre.
- Etude chimique des fibres. — Opérations préliminaires à la teinture et à l’impression. — Blanchiment. — Mordançage. — Matières colorantes naturelles et artificielles. — Teinture. — Impression. — Papiers peints.
- Chimie agricole et analyse chimique
- Les mercredis et samedis, à g heures du soir.
- M. Th. Schlœsing, professeur. — Le cours ouvrira le mercredi 7 novembre.
- Nutrition des plantes. — Engrais. — Analyse minérale appliquée aux matières agricoles.
- Agriculture
- Les mardis et vendredis, à sept heures trois quarts du soir.
- M. E. Lecouteux, professeur. — Le cours ouvrira le vendredi 9 novembre.
- La haute culture intensive. — Ses récoltes maxima. —Améliorations préparatoires. — Bâtiments nécessaires. — Ses procédés. — Ses instruments, fumures, bestiaux, assolements. — Ses* capitaux et résultats financiers.
- Travaux agricoles et génie rural
- Les mercredis et samedis, à sept trois quarts du soir.
- M. Ch. de Comberousse, professeur. — Le cours ouvrira le mercredi 7 novembre.
- Applications de l’hydrologie agricole.— Drainage (suite et fin). — Curage. — Dessèchements. — Grands travaux de défense et de reconstitution des terres. — Théorie et pratique des irrigations. — Pisciculture.
- Voirie s de grandes villes. — Exposé général de la question, examen des solutions proposées.
- Filature et tissage
- Les lundis et jeudis, à neuf heures du soir.
- M. J. Imbs, professeur. — Le cours ouvrira le lundi 5 novembre.
- Filaments textiles, et filés, définitions et principes. — Titrages des fils. — Origines, propriétés distinctives et aptitudes spéciales des principaux textiles. — Préparations préliminaires. — Préparations de filature.
- Economie politique et législation industrielle
- Les mardis et vendredis, à sept heures trois quarts du soir
- M. E. Levasseur, professeur. — Le cours ouvrira le mardi 6 novembre.
- Répartition de la richesse. — Le salaire de l’ouvrier. — Les coalitions et les grèves. — L’intérêt du capital. — Le profit du patron. — Les rapports du capital et du travail dans les temps passés et dans le présent. — La concurrence commerciale.
- — Les systèmes socialistes de répartition de la richesse.
- Economie industrielle et statistique
- Les mardis et vendredis, à neuf heures du soir M. A. de Foville, professeur. — Le cours ouvrira le mardi 6 novembre.
- Les expositions universelles. — Comparaisons internationales. — L’homme : statistique démographique. — L’agriculture, l’industrie, l’art et le commerce. — Leurs progrès et leur situation actuelle. — Géographie et statistique commerciale.
- Droit commercial
- Les mercredis et samedis, à sept heures trois quarts du soir
- M. F. Malapert, professeur. — Le cours ouvrira le mercredi 7 novembre.
- Des lois dans leurs rapports avec le commerce.
- — Création du fonds de commerce. — Des commerçants et de leurs auxiliaires. — Des sociétés.
- — Des choses dans leurs rapports avec le commerce. — Des monopoles : dessins et modèles ; brevets d’invention; marques de fabrique. —; Des marchés publics et des bourses de commerce. — Des commissionnaires.
- Le directeur du Conservatoire national • des arts et métiers,
- A. Laussedat.
- Approuvé :
- Le Ministre du commerce et de l’industrie,
- Pierre Legrand.
- LES LIVRES
- L’Evolution des Mondes et des Sociétés, par Camille Dreyfus. — Un volume in-8° de la Bibliothèque scientifique internationale, chez Alcan ( ancienne librairie Germer-Baillière).
- Le grand historien Edgar Quinet, exilé de France par le deuxième empire, alla se réfugier en Suisse, au pied des Alpes. La contemplation continue de ces géants éveilla en lui avec l’horreur sacrée qu’inspire les grandes choses, la curiosité de les étudier et d’écrire leur histoire. Ces pics dentelés, ces colosses de pierre couronnés de neige, lui
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- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- Dimanche 4 Novembre 1888.
- parlent une langue qu’il veut débrouiller et interpréter: que fait-il ? Il ouvre les livres scientifiques qui décrivent ces montagnes, mais ces livres 1 entretiennent d’une époque lointaine, de périodes géologiques dont il n’avait jamais entendu parler. Ces aperçus le séduisent, les mots nouveaux l’entraînent, et voilà cet historien lancé dans les ouvrages des Pictet, des de Candolle, des Lyell, des Lartet, des Darwin, de tous ces grands analystes de la matière, des intrépides observateurs de la nature’dont notre xix® siècle, le siècle de la science, a produit une si belle floraison. Dix ans il a vécu de la société de ces grands hommes, de ces esprits immortels qui ont trouvé ou seulement entrevu un rayon de vérité nouvelle ! La lecture passionnée de ces œuvres est pour l’auteur du Génie des religions une révélation merveilleuse : voilà que de nouvelles perspectives s’ouvrent devant la curiosité humaine ; les limites dè l’histoire se reculent, et par la logique pressante des choses, elle est poussée jusqu’à cette nébuleuse primitive imaginée par Laplace, immense foyer de mouvement, de chaleur et de force d’où sont sortis, dans une succession nécessaire, notre monde solaire, notre terre avec ses plantes, ses animaux et les êtres humains.
- Alors d’un seul coup d’œil le philosophe embrasse cette genèse nouvelle ; il remonte la suite des âges géologiques tout émerveillé de ce voyage préhistorique, il vient vous en raconter les étonnantes péripéties : voilà son livre de la Création. Il ne se borne pas à reproduire et coordonner tout ce qu’il a lu dans les livres des savants ; il traduit, dans son stylejinimitable, toutes les émotions, les surprises, les étonnements par où il est passé à mesure qu’il s’initiait à la vérité nouvelle. Il nous communique ses joies et, son imagination s’échauffant, il vivifie, sans toutefois rien enlever à leur précision, les austères enseignements de la science ainsique son vieux Chiron, le Dieu Centaure,raconte à son élève Achille les révolutions terrestres auxquelles il a assisté dans la suite des siècles. Quinet nous expose en un magique tableau tout ce qu’il a vu dans les livres. Son style anime les scènes fantastiques des époques disparues qu’aucun œil n’a jamais pu voir. Elles renaissent sous nos yeux en une sorte de peintures colorées, mourantes et vivantes comme de saisissantes évocations. Un tel livre n’est pas seulement la philosophie de la nature, il est aussi l’épopée de la science.
- Le dix-neuvième siècle a vu paraître de ces œuvres à large vue qui essaient de faire la synthèse des choses. Nulle époque, en effet, n’a plus aspiré que le nôtre à connaître l’univers. Les analyses minutieuses des chimistes, des géologues, des physiciens, des naturalistes, les calculs des astronomes devaient amener des généralisations hardies semblables à ces hypothèses auxquelles s’essayaient sans études préalables les premiers philosophes grecs. Mais la synthèse moderne s’appuie sur des faits certains : chaque science fournit sa donnée, chaque savant apporte sa pierre à l’édifice, jusqu’à ce qu’un espritsupérieur, coordonnant ces vérités partielles, les expliquant l’une par l’autre, construise l’édifice cosmogonique ; il ne s’agit que de trouver, la pensée directrice.
- Aujourd’hui la théorie de l’évolution, le vaste cadre où entrent tous les faits connus à quelque ordre qu’ils appartiennent, depuis la transformation delà matière cosmique primordiale jusqu’aux manifestations les plus complexes des sociétés humaines, cette théorie,dessinée par Diderot, pressentie par Buffon, enrichie de toutes les découvertes de Lamarck, de Darwin, de Geoffroy Saint-Hilaire, est devenue entre les mains de Herbert Spencer comme un principe supérieur qui explique tout, et qui est la cause, la source de tout ce qui est arrivé, arrive et arrivera dans le monde; ceprincipe est pour lui comme le mot de l’univers, le secret même de la nature, et il le développe avec une étonnante logique, et un savoir inépuisable. On comprend que certaines affirmations soient un peu risquées; il faut, coûte que coûte, faire entrer tous les faits dans le système pour que celui-ci ne donne aucune prise à la critique.. Le monument de M. Spencer est le plus prodigieux
- amas de faits coordonnés qui ait été entassé par l’homme. C’est la plus complète et la plus séduisante synthèse qui jusqu’à présent ait été tentée.
- En même temps que Spencer, un philosophe français a essayé de faire un tableau des connaissances humaines dans son petit opuscule: La Science an point de vue philosophique. Littré, en une série d’articles logiquement distribués, expose à vol d’oiseau toutes les hypothèses modernes sur les cosmogonies stellaire, solaire et terrestre, les hypothèses sur la succession des êtres vivants et sur l’évolution des sociétés. Il dit « hypothèse» car pour lui positiviste, il n’y a pas de vérité absolue ; il n’y a qu’un groupe de causes amenant tel ou tel fait. Expliquer, coordonner, synthétiser, c’est entrer dans le domaine de la métaphysique où le disciple de Comte n’a garde de s’égarer.
- Entre un doctrinaire comme Spencer ou Littré et un poète comme était Lucrèce et comme est Quinet, il y a| place pour un homme qui, choisissant un rôle plus modeste,se bornerait à exposer, dans l’ordre chronologique, les faits dont se compose l’histoire du monde, à montrer leur liaison, à mettre en relief par des exemples frappants les lois générales qui sont comme les corollaires de la théorie évolutionniste; en un mot, mettre à la portée de tous les explications dernières de la science moderne sur l’origine et le développement des choses.
- C’^ést cette place honorable qu’a voulu prendre M. Camille Dreyfus dans son récent ouvrage : L’Evolution des mondes et des Sociétés. M. Dreyfus n’est ni un poète, ni un philosophe, ni un savant. 11 est député de Paris et directeur d’un grand journal politique. Législateur et polémiste, il a fait un moment trêve aux soucis de la politique militante ; il s’est recueilli et a, dans les lectures etles méditations, essayé de se faire une idée raisonnée sur ces problèmes redoutables qui s’imposent à la curiosité humaine.
- « Qu’est notre monde ? d’où vient-il ? que sont la nature et l’homme ? » Une fois en possession de ces vérités qui satisfont son. impatience de la cause, il a voulu, en vrai secrétaire de .la Grande Encyclopédie, propager le résultat de ses études. De là son beau livre plein de faits intéressants bien choisis et bien reliés exposés en un style très agréable et d’une clarté qui les rend accessibles à tous les lecteurs un peu cultivés.
- A. S.,
- Professeur agrégé de l’Université.
- (A suivre.)
- SPORT
- RÉSUMÉ DES COURSES PASSÉES
- Une température exceptionnelle pour la saison, délicieuse, a favorisé la dernière réunion de Chantilly et c’était un contraste frappant de voir l’allée splendide qui mène au champ de courses illuminée par les rayons d’un vrai soleil d'août et jonchée de feuilles mortes.
- Trois épreuves seulement méritent l’attention, le prix de Saint-Firmin réservé aux chevaux de deux ans, le prix de la Faisanderie, handicap pour chevaux de trois ans et au-dessus et le prix du Pin dont l’allocation est de i5,ooo francs.
- La première de ces épreuves, disputée par quatorze concurrents, a été gagnée par Anita,au baron de Soubeyran, assez jolie pouliche par Silvio et Andrella.
- C’est un nouveau succès pour la production de Silvio.
- La seconde de cette course, Jeanne d’Albret, est une fille de Coq du Village, ex-héros des réunions suburbaines, que l’Etat a acheté comme étalon et qui rendra, je crois, d’utiles services.
- Il n’y a aucune déduction à tirer de la victoire d’Anita, car tous les vainqueurs du prix de Saint-Firmin ont peu brillé par la suite.
- En effet jamais les champs composant ce prix n’ont valu ceux du prix de la Salamandre et de Condé où se rencontrent des animaux d’un tout autre ordre.
- En l’absence de Catharina et de Carafon le handicap n’offrait un réel intérêt que par la présence de Widgeon, une revenante, qui, si elle avait voulu s’employer, aurait pu battre Folie. Malheureusement la pouliche du comte de Berteux, après un très mauvais départ, a fait preuve pendant tout le parcours d’un exécrable caractère, et Folie l’a emporté sans peine.
- Bavarde, qui, cette année n’avait couru que sur des petites distances et hors de forme, n’a rencontré aucune résistance de ses concurrents, dans le prix du Pin (3,000 mètres).
- Upas seul, avec son courage et sa persistance ordinaire, l’a empêchée de gagner arrêtée sur le poteau.
- Quant à Presta, soit qu’elle se ressentît de sa course sévère dans le prix Gladiateur, soit que M. Abington l’ait mal montée, elle a fait une exhibition pitoyable.
- Je penche pour cette dernière hypothèse et la jument de M. Lupin, laissée à son cavalier habituel, Storr, aurait figuré tout autrement.
- Auteuil rouvrait ses portes lundi dernier devant un public nombreux, et la recette a largement bénéficié des charmes de la saison toute printanière dont nous jouissons.
- La réunion a été meurtrière, pour les jockeys, pour les chevaux et pour les parieurs.
- Dans le prix Congress, steeple-chase de 15,ooo francs pour débutants, âgés de 3 ans, Turner a eu l’épaule luxée, Wewby le poignet démis et Basden la jambe contusionnée.
- Deux chevaux se sont cassé la jambe en tombant, Fra-Angelo au brook, Pâques-Fleuries à la dernière haie.
- Ils ont été abattus avec la maladresse et la len* teur habituelles.
- Quand donc la Société trouvera-t-elle le moyen d’abréger les souffrances des animaux tombés dans la lutte ?
- Ce n’est pourtant pas l’argent qui lui manque pour avoir sous la main, à chaque réunion, un homme rompu à ces tristes besognes.
- Quant aux parieurs, il me suffira pour peindre leur désastre, d’énumérer le rapport de chaque gagnant au pari mutuel.
- Un seul favori a gagné, lavigne, pour laquelle on payait deux.
- Le prix Rouble a été pour l’Etourdi qui a rapporté 77 francs pour 10 francs.
- Saint-Léonard , vainqueur du prix de la Banquette, donnait 200 francs, toujours pour 10 francs.
- Le Torpilleur rapportait, comme premier dans le prix Congress, 255 francs, enfin Rataplan s’est adjugé le prix Boissy à la cote de i5/i mais n’a donné que 116 francs au mutuel.
- Que de favoris devront franchir,le poteau pour panser, ces blessures faites à la bourse des preneurs qui, au retour, faisaient grise mine,
- *
- * *
- COURSES A VENIR
- Dimanche 4 novembre : Dimanche 4 —
- Lundi 5 —
- Mardi 6 —
- Mercredi 7 —
- Jeudi 8 —
- Vendredi 9 —
- Compiègne.
- Auteuil.
- Vincennes Saint-Ouen. Maisons—Laffitte. Auteuil.
- Colombes.
- *
- * ¥•
- PRONOSTICS
- COURSES A COMPÏÈGNE
- à 2 heures.
- Prix de la Société d’Encouragement : Police. Prix de Pierrefonds : Fifre.
- Prix de Royal Lieu : Mandoline.
- Prix de la Croix de St-Ouen: Fichtre.
- Prix Jeanne d’Arc : Belinda.
- Robinson.
- Le Propriétaire-Gérant : H. Pendrik.
- Tours. — lmp. E. ARRAULT et Cie, rue de la Préfecture, d
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- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1SS9
- Dimanche 4 Novembre :888.
- ANNONCES
- Le Recueil-Ghaix, ou Recueil général des Tarifs des chemins de fer pour les transports à grande et à petite vitesse sur tous les réseaux, paraît tous les trois mois. Le dernier numéro contient les tarifs applicables sur les lignée récemment ouvertes à l’exploitation et les modifications et additions survenues pendant le trimestre.
- Abonnement : Paris, 62 fr. ; départements, 74fr.
- Un numéro séparé: Paris, 18 fr.; départ., 21 fr.
- Adresser les demandes à la Librairie Chaix, rue Bergère, 20, Paris.
- CHEMINS DE FER DE L’OUEST
- Abonnements sur tout le Réseau
- La Compagnie des chemins de fer de l’Ouest fait délivrer sur tout son réseau, des cartes d’abonnement nominatives et personnelles, en lre, 2e et 3e classes.
- Ces cartes donnent droit à l’abonné de s’arrêter à toutes les stations comprises dans le parcours indiqué sur sa carte et de prendre tous les trains comportant des voitures de la classe pour laquelle abonnement a été souscrit.
- Les prix sont calculés d’après la distance kilométrique parcourue.
- La durée de ces abonnements est de trois mois, six mois ou d’une année.
- Ces abonnements partent du 1er de chaque mois.
- COMPAGNIE D’ORLÉANS
- Exposition universelle de Barcelone
- A l’occasion de l’Exposition universelle de Barcelone, la Compagnie d’Orléans, d’accord avec les Compagnies de Lyon, du Midi et l’Administration des Chemins de fer de l’Etat, fait délivrer, à toutes les gares de son réseau, depuis le 15 avril 1888, et délivrera pendant toute la durée de ladite Exposition des billets d'aller et retour de toutes classes pour Barcelone, ayant une durée de validité,de 30 jours....
- Les prix de ces billets comporteront les réductions suivantes sur les prix des tarifs généraux, savoir :
- Au départ des stations distantes de Barcelone
- De moins de 500 kilomètres, 30 0/0.
- De 500 à 1,000 kilomètres, 35 0/0.
- De plus de 4,000 kilomètres, 40 0/0.
- Ces billets doivent être demandés à la gare de départ quatre jours au moins à l’avance.
- Les billets d’aller et retour sont délivrés par l’itinéraire le plus court. Toutefois, les voyageurs peuvent, à leur gré, choisir soit pour l’aller, soit pour le retour, un autre itinéraire abrégeant la durée du voyage. Dans ce cas, les prix des billets sont établis d’après les parcours choisis, et le voyageur est tenu de suivre cet itinéraire.
- Au départ de Paris, les prix de ces billets sont par Limoges, Toulouse et Narbonne de :
- lre classe, 169 fr. 30 ; 2e classe, 127 fr. 45; 3e classe, 90 fr. 75.
- Départ de Paris, gare d’Orléans, 7 h. 45 matin ; arrivée à Barcelone le lendemain à 10 h. 20 matin. Durée du trajet : 26 h. 25.
- DIRECTEURS: A. BOUVARD et R. BERTHAULT 6, Boulevard IVEoiitmartre, Paris
- Le Numéro : 2 3 Centimes
- SOMMAIRE DU NUMÉRO DU Tl OCTOBRE
- Gëpville-Réache. . Formation d'une réserve d’of.
- fieiers de marine.
- B. Du Casse. .... Vie politique, militaire et anecdotique de S. A. le prince Napoléon (Jérôme) (suite).
- Pierre Tourzel. . . Promenade manquée (Nouvelle) (suite.)
- Henri du Basty . . M. Adrien Hébrard.
- Frédéric(,Froustey Reçue dramatique.
- Bulletin politique—'Nécrologie— Bibliographie
- Bulletin financier.
- Ce numéro contient le portrait et la biographie de M. Adrien Hébrard, sénateur de la Haute-Garonne, [directeur du Temps.
- ABONNEMENTS : Un an, 12 fr. ; Six mois, 7 fr. Etranger, 15 francs.
- Administration et Direction agricole
- DE GRANDES PROPRIÉTÉS
- EN FRANCE ET EN ALGÉRIE
- Références de lor ordre. S’adresser au directeur du Journal
- LE MONITEUR DES COLONIES
- Et des Pays de Protectorat
- ORGANE SPÉCIAL DU COMMERCE D’EXPORTATION
- Paraissant le Samedi, à PARIS
- Publie chaque semaine :
- Les actes officiels, les mouvements de per son nel des administrations des Colonies et de la Marine; —Divers articles spéciaux sur le commerce d’exportation et le commerce colonial ; — Les nouvelles des Colonies et pays de protectorat ;. — Une chronique commerciale ; — Un courrier d’Outre-Mer et des informations complètes.
- Le Moniteur des Colonies et des pays de protec torat, qui contient 8 pages de texte et 8 page-d’annexes, publie, en outre, des renseignements commerciaux et maritimes ; les départs des paquebots français pour toutes les destinations: les prix de passages et de fret pour les Colonies» le tarif des Douanes coloniales, etc., etc.
- Le Moniteur des Golonies et des pays de protectorat est le seul journal républicain indépendant colonial qui se publie à Paris.
- CHEMINS DE FER DE L’OUEST ET DU LONDON BRIGHTON
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- Par trains de marée rapides à. heures variables
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- Voyage simple : Aller et
- lre Classe 2e Classe lre Classe
- 4 2 fr. 50 3 1 fr. 25 7 1 fr. 25
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- QUATRIÈME ANNÉE.
- Dimanche 11 Novembre 1888.
- NUMÉRO 202.
- SOMMAIRE
- L’exposition militaire en 1889. — Communications officielles et diverses. — Installations diverses. — La province d’Oran à l’Exposition de 1889. — Les colonies à l’Exposition de 1889. — Les étrangers à l’Exposition de 1889. — Échos. — L’exposition des cidres et poirés. — L’exposition du Blanc et Noir. — Les livres : L'évolution des mondes et des sociétés (suite et lin).— Sport. — Bibliographie. —Gravures : Exposition militaire de 1889.
- La nouvelle Administration du MONITEUR DE L’EXPOSITION a l’honneur d’informer ses abonnés que ses bureaux, situés Cité de l’Alma, n° 11, sont à proximité du Champ de Mars, du quai d’Orsay et de l’esplanade des Invalides , c’est-à-dire au centre même de l’Exposition.
- Elle se met à leur disposition pour tous les renseignements dont ils pourraient avoir besoin concernant l’Exposition de 1889 : demandes d’emplacements, installations de vitrines, etc., etc.
- Pour ces renseignements et pour tout ce qui concerne la Rédaction ou l’Administration, s’adresser à M. H. PENDRIÉ, directeur et propriétaire-gérant du MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- L’EXPOSITÏON MILITAIRE
- EN 1889
- Chaque jour les travaux de l’Exposition universelle font un pas en avant. Ces jours derniers on terminait la grande charpente en fer de l’immense nef du Palais des Machines,véritable chef-d’œuvre de hardiesse et qui sera le digne pendant de la tour Eiffel.
- Sur d’autres points du Champ de Mars et dans les annexes du Trocadéro, au quai d’Orsay, à l’Esplanade des Invalides, partout des palais, des constructions de toutes sortes s’édifient ou sont sur le point de l’être.
- Parmi tous ces édifices, nous devons signaler comme l’un des plus importants, et non des moins intéressants, les bâtiments de l’Exposition militaire, en construction sur l’Esplanade des Invalides, comme le savent déjà les lecteurs du Moniteur, bâtiments dont nous publions dans ce numéro une vue générale. C’est de l’Exposition spéciale qui doit y être installée que nous nous occuperons aujourd’hui, car il n’est pas trop tôt pour parler avec quelque détail de cette installation qui promet d’être plus intéressante, plus curieuse, plus instructive qu’aucune de ses devancières.
- Déjà la Revue du Cercle M ilitaire, dans
- son numéro du 30 septembre dernier, a publié des détails des plus complets sur l’organisation de cette partie du grand tournoi international où toutes les puissances seront conviées l’an prochain. Et nos très estimés confrères ne nous en voudrons pas, si nous nous aidons quelque peu de leur travail dans les explications qui vont suivre.
- L’emplacement réservé à l'exposition militaire se trouve à cheval sur la rue de l’Université ; il occupe environ le sixième de l’esplanade des Invalides, soit 200 mètres de longueur sur 80 mètres de largeur.
- Le bâtiment principal consacré à l’Exposition militaire est long de 150 mètres et large de 2 2 mètres et comporte un étage ; sa façade principale est parallèle à la grande voie qui traverse l’esplanade par son milieu, de la Seine à l'hôtel des Invalides. Il est situé entre l’Exposition d’hygiène et celle des Postes etTélégra-phes, et fait face à l’Exposition des Colonies françaises.
- Pour couvrir les dépenses de cette construction grandiose qui fera honneur à notre armée, on a eu recours aux fonds du budget spécial (800,000 francs) votés à cet effet par le Sénat et la Chambre des Députés.
- En tant que construction, 1 a partie la plus intéressante de l’Exposition militaire sera certainement la porte d’entrée avec ses tourelles, ses herses, son pont-levis et ses fossés. Cette porte donnera accès sur le terrain spécial de l’exposition militaire.
- Le bâtiment principal aura pour annexes : un pavillon des poudres et salpêtres, un colombier militaire, un certain nombre de tentes employées par les services administratifs et le service de santé, et des hangars où sera exposé le matériel roulant.
- L’exposition militaire comprend : i° L’exposition moderne (classe 66) — Matériel et procédés de VArt militaire.
- Elle se composera des modèles (uniformes, armes, engins, etc., etc.) actuellement en usage dans l’armée, qu’il n’v a pas intérêt à tenir secrets au point de vue de la défense du pays.
- L’industrie métallurgique occupe, dans cette Exposition, une place notable ; elle sera représentée par d’importants établissements, tels que : la Société des forges et chantiers de la Méditerranée, la Compagnie de Fives-Lille, la maison Holtzer, la Compagnie des Forges de Châtillon-Commentry, la Société des anciens établissements Hotchkiss, etc. Mentionnons aussi, dans la classe 66, l'exposition de la So-
- ciété d’industrie nationale de la fourniture militaire, celle de la maison Sautter et Lemonnier (application de l’électrité et spécialement fabrication des appareils du colonel Mangin), l’exposition des moyens de transport à l’usage de l'armée et celle des biscuiteries et boulangeries de campagne.
- 20 La section V (Arts Militaires) de l’Exposition rétrospective du travail
- ET DES SCIENCES ANTHROPOLOGIQUES.
- La Section V de l’exposition rétrospective du travail et des sciences militaires « a pour objet de reconstituer l’histoire des modèles et procédés (bouches à feu, armes d’attaque et de défense, effets d’habillements et d’équipement, de harnachement, etc.), adoptés par les gens de guerre aux différentes époques de notre histoire nationale, et de mettre en évidence d’une manière succincte l’historique des corps de troupe. »
- Cette section embrasse dans son programme les objets et documents de toute sorte se rapportant à l'art militaire en général ; au commandement des armées, à la bibliographie militaire, à l’historique des corps de troupes, à la cartographie militaire, à la castramétation, aux insignes honorifiques, à l’histoire, aux écoles, aux uniformes, aux drapeaux, à l’équipement, à l’armement, etc., de toutes les armes et de tous les services. Elle comprend aussi les tableaux, gravures, estampes, tapisseries, bustes, statues, etc. (datant d’avant 1878, époque de la dernière Exposition universelle), reproduisant des scènes de la vie et de l’histoire militaire de notre pays, les portraits d’hommes de guerre illustres, les armes antiques grecques, romaines, gauloises, franques, mérovingiennes, du moyen âge, de la Renaissance et modernes (armures, cottes, boucliers, arquebuses, pistolets, masses, épées, sabres, etc.), les machines de guerre depuis l’antiquité, les bouches à feu, pièces, projectiles, affûts et voitures depuis l’invention du canon, les anciens systèmes de ponts militaires, les machines et les instruments pour la fabrication des armes à feu, des bouches à feu et des projectiles, les places, reliefs, tableaux, outils, etc., relatifs à l’attaque et à la défense des places ; les modèles de ballons et anciens signaux ; les modèles des anciennes voitures - de l’administration et du matériel d’ambulance, des brancards, trousses, etc. ; enfin, les anciens appareils servant à la fabrication et à l’épreuve des poudres.
- L’exposition rétropective militaire a un caractère international ;\g s objets dont elle
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- 1234- — QUATRIÈME ANNÉE.— N° 202.
- se composera seront installés clans les bâtiments de l’exposition militaire, à quelque nationalité qu’ils appartiennent.
- C’est là qu’on pourra juger des progrès accomplis par chaque puissance dans ces derniers temps. Progrès onéreux, coûtant peut-être plus cher que la guerre elle-même, mais progrès qu’on est obligé de poursuivre dans cette situation funeste de paix armée obligatoire pour toute l’Europe depuis, surtout, que notre chère France a été mutilée par l’Allemagne.
- Le ministre de la guerre prend part à l’Expo-sitioiyde 1889, dans la classe 66, et dans la section Y ; son exposition sera installée dans des locaux distincts.
- Le ministre de la marine expose dans les salles de l’Exposition du ministère de la guerre (classe 66, exposition moderne), les objets a3rant trait à l’armement, à l’équipement et aux uniformes des troupes de la marine (infanterie et artillerie).
- L’exposition rétrospective du travail et des sciences anthropologiques, instituée par arrêté du 12 octobre 1887 de M. le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l'Exposition universelle, « a pour but d’initier le public à l’histoire des procédés du travail manuel et du travail mécanique qui, à travers les siècles, ont abouti à l’outillage industriel moderne des arts et métiers. Cette exposition a surtout un caractère historique et technique ». (Lettre de M. Jules Simon, sénateur, membre de PAcadémie fançaise, président de la commission supérieure de l’Exposition rétrospective.)
- Dans cette partie de l’exposition 011 verra figurer l’historique des corps de troupe sous forme de tableaux richement encadrés ou dans des albums admirablement décorés. Le travail en sera probablement confié dans chaque régiment aux divers artistes sous les drapeaux, sous la direction des officiers désignés spécialement à cet effet.
- Chacun de ces tableaux comprendra : i° la filiation complète de ces corps depuis leur formation; 20 la mention des campagnes, batailles, combats et sièges principaux auxquels ils ont pris part; 30 les noms des chefs de corps qui les ont commandés, ainsi que ceux des héros qui se seront distingués devant l'ennemi.
- Dans la lettre collective par laquelle le ministre de la guerre a invité les gouverneurs militaires de Paris et de Lyon et les généraux commandants de corps d’armée à s’assurer le concours des autorités militaires sous leurs ordres en ce qui concerne l’Exposition rétrospective militaire, il est fait appel, à la collaboration personnelle des officiers qui posséderaient des objets tels que, armures anciennes, tableaux, gravures, œuvres artistiques de tous genres, les frais de transport, aller et retour, frais de gardiennage, d’installation, etc. devant être payés sur le budget spécial de l’Exposition du ministère delà guerre en 1889.
- Nous 11e doutons pas que cet appel sera entendu de MM. les Officiers, car bon nombre d’entre eux possèdent de véritables petits musées rappelant quelquefois, il est vrai, des moments douloureux, surtout ceux se rattachant à Xannée terrible ; mais, par contre^ nombre d'entre eux possèdent à n’en pas douter, se rapportant à une époque antérieure, des trophées de nos victoires non ou-
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889. DIMANCHE II NOVEMBRE 1888.
- bliées qu’il nous sera agréable d’aller contempler à cette exposition si véritablement patriotique.
- En dehors de l’armée, le concours des musées départementaux et communaux, des artistes et des collectionneurs particuliers, a été sollicité par une circulaire de M. le général Gervais, président de la commission de l’Exposition du ministère de la guerre en 1889 et vice-président de l’Exposition rétrospective militaire, adressée aux présidents des comités départementaux, aux préfets, aux maires, aux directeurs et conservateurs de musées, enfin aux propriétaires de musées ou de collections particulières.
- C’est à M. le général Gervais, au ministère de la guerre que doivent être adressées toutes les demandes ou propositions concernant l’Exposition rétrospective militaire.
- Quatre commissions sont instituées pour assurer la bonne organisation de l’Exposition militaire :
- i° Çomité dé admission de la classe 66 : M. le général Gervais, président ; M. le capitaine de vaisseau Thierry, vice-président; M .Jeanson, chef du bureau de la correspondance générale au cabinet du ministre, secrétaire.
- Ce comité est composé des deux éléments civils et militaires.
- 20 Comité dé installation de la classe 66. Même bureau ;
- 30 Commission de l'Exposition du Ministère de la guerre. Même bureau.
- 40 Commission de VExposition rétrospective du travail et des sciences anthropologiques : M. le vice-amiral Cloué, président ; M. le général Gervais, vice-président ; M. le lieutenant-colonel Babin de Grandmai-son, rapporteur ; M. Germain Bapst, secrétaire.
- En terminant cette première étude, nous sommes heureux de pouvoir annoncer aux sympathiques lecteurs du Moniteur que nous les tiendrons régulièrement au courant de tout ce qui touche à cette intéressante et patriotique Exposition.
- Le Moniteur a bien voulu nous ouvrir ses cplonnes, nous nous efforcerons de ne pas démériter et de correspondre autant que nos moyens nous le permettront à la bienveillante hospitalité qu'il nous a offerte.
- E. Basset.
- ET DIVERSES
- Nominations
- Le Président de la République française,
- Yu le décret du 8 novembre 1884 ;
- Vu la convention intervenue, à la date du 26 mars 1886, entre le ministre du commerce et de l’industrie, représentant l’Etat, le préfet de la Seine, représentant la ville de Paris, et le gouverneur du Crédit foncier de France, agissant pour le compte de l’association de garantie constituée en vue de l’Exposition universelle de 1889.
- Vu spécialementl’article7 de cette convention, portant: « Il sera institué, auprès du ministre du commerce et de l’industrie, une commission de contrôle et de finances, composée de membres représentant l’Etat, la ville de Paris et l’association de garantie dans la proportion des con-
- tributions respectives des trois parties contractantes. Les membres de cette commission seront nommés par décrets du Président de la République, insérés au Journal Officiel. Elle sera présidée par le ministre.
- Yu la loi du 6 juillet 1886, et spécialement l’article ler, approuvant la convention susvisée;
- Yu le décret du 28 juillet 1886 ;
- Yu l’arrêté ministériel du 26 août 1886, portant règlement général de l’Exposition universelle de 1889 ;
- Yu les décrets des 14 octobre 1886 et 28 juin 1887;
- Sur la proposition du ministre du commerce et de l’industrie ;
- De l’avis du conseil des ministres,
- Décrète :
- Article 1er. _ Est nommé membre de la commission consultative de contrôle et de finances de l’Exposition universelle de 1889, pour représenter la ville de Paris, M. Darlot, président du Conseil municipal de Paris, en remplacement de M. Cernesson, élu député.
- Art. 2. — Le ministre du commerce et de l’industrie est chargé de l’exécution du présent décret, qui sera publié au Journal Officiel de la République française.
- Fait à Paris, le 26 octobre 1888.
- Carnot.
- Par le Président de la République :
- Le ministre du commerce et de Vindustrie
- Pierre Legrand.
- Par arrêté en date du 30 octobre 1888, le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a nommé membres des comités d’admission et d’installation de la classe77 (poissons, crustacés et mollusques) :
- MM. Bouchon-Brandely, secrétaire du Collège de France, membre des Comités d’admission à l’Exposition universelle de 1878 ; Ger-ville-Réache, député ; Roussin, commissaire de la marine, secrétaire du Conseil de l’amirauté.
- Par décision du sous-secrétaire d’Etat aux colonies, en date du 19 octobre dernier, M. Vas-sel, sous-chef de bureau à l’administration des colonies, a été nommé membre de la commission consultative de l’Exposition coloniale de 1889.
- Par décision du sous-secrétaire d’Etat aux colonies, en date du 22 octobre dernier, M. le docteur Hardy, chef des travaux chimiques à l’Académie de médecine, a été nommé membre de la commission consultative de l’Exposition coloniale de 1889.
- Loi portant dérogation à la loi du 5 juillet 1844 sur les brevets d’invention et à la loi du 23 juin 1857 sur les marques de fabrique pour les produits admis à l’Exposition universelle de 1889.
- Le Sénat et la Chambre des députés ont adopté,
- Le Président de la République promulgue la loi dont la teneur suit :
- Article premier. — Toute personne brevetée en France, ou ses ayants-droit pourra, sans encourir de déchéance, y introduire les objets fabriqués à l’étranger et semblables à ceux garantis par son brevet qu’elle aura été admise à faire figurer à l’Exposition universelle de 1889.
- Art. 2. — La déchéance sera encourue si ces objets ne sont pas réexportés dans le délai de trois mois, à partir du jour de la clôture officielle de l’Exposition.
- Art. 3. — Toute personne brevetée en France qui aura fait figurer à l’Exposition universelle de 1889 un objet semblable à celui qui est garanti par son brevet sera considérée comme ayant exploité sa découverte ou son invention en France, depuis la date de l’ouverture officielle de cette exposition.
- La déchéance prévue à l’article 32, para-
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- QUATRIÈME ANNÉE. — N° 202. LE
- graphe 2 de la loi du 5 juillet 1884, sera interrompue; le délai de déchéance courra à nouveau à partir de la clôture officielle de l'Exposition.
- Art. 4. — Les objets figurant à l'Exposition universelle de 1889 et pour lesquels il aura été pris, en France, un brevet d’invention ou •effectué un dépôt de dessin ou de modèle de fabrique, conformément à la loi du 18 mars 1806, ou sur lesquels sera apposée une marque de fabrique ou de commerce déposée en France, en vertu de la loi du 23 juin 1857, et qui seront argués de contrefaçon, ne pourront être saisis que par description dans l’intérieur de l’Exposition.
- Les objets exposés par des étrangers ne pourront être saisis ni à l’intérieur ni à l’extérieur de l’Exposition, si le saisissant n’est pas protégé dans le pays auquel appartient le saisi.
- Toutefois, ces objets ne pourront être vendus en France, et ils devront être réexpédiés dans le délai fixé par l’article 2.
- La présente loi, délibérée et adoptée par le Sénat et par la Chambre des députés, sera exécutée comme loi de l’Etat.
- Fait à Paris, le 30 octobre 1888.
- CARNOT.
- Par le Président de la République ;
- Le ministre du commerce et de Vindustrie,
- PIERRE LEGRAND.
- M. G. Berger à l’hôtel Continental.
- Au moment de mettre sous presse, nous apprenons que mercredi prochain, 14 courant, aura lieu à l’hôtel Continental un banquet offert par un groupe d’exposants à M. G. Berger, directeur de l’Exposition. Ce banquet sera présidé par M. Pierre Legrand, ministre du commerce et de l’industrie.
- Réunion de la Commission de Congrès et Conférences.
- La Commission de Congrès et Conférences s’est réunie, le 8 courant au matin, sous la présidence de M. Pierre Legrand, ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition de 1889.
- Elle a adopté la formation de 30 congrès, parmi lesquels :
- Le congrès de la propriété industrielle ;
- Le congrès de la statistique.
- Sociétés par actions ;
- Sociétés monétaires.
- Etude de la transmission ;
- Etude de la propiûété foncière ;
- Etude de l’aéronautique.
- Météorologie, pathologie interne ;
- Ostéologie et laryngologie;
- Anthropologie et archéologie préhistorique. Propriété artistique ;
- Enseignement primaire.
- Propagation des exercices physiques.
- Sociétés coopératives de consommation ; Assistance publique ;
- Fédération des sapeurs-pompiers ;
- Sociétés littéraires ;
- Sociétés d’horlogerie ;
- Unification de l’heure.
- Traditions populaires;
- Travaux maritimes.
- Mécanique appliquée.
- Combustion.
- Exposition rétrospective des Beaux-Arts
- La commission de l’exposition rétrospective •des beaux-arts est définitivement constituée de la manière suivante :
- Peinture :
- MM. Kæmpfen, directeur des musées nationaux ; Etienne Arago, Gosselin, Georges Lafe-nestre, Saglio, Courajod, Guillaume, Paul Mantz, Jean Gigoux, Marquiset.
- MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dessin : MM. Kæmpfen, Etienne Arago, Gosselin, de Chennevières, Georges Lafenestre, Bonnat, Paul Mantz et Eugène Muntz.
- Cette commission va faire appel aux principaux amateurs français et étrangers, parmi lesquels on choisira les soixante plus importants pour former le comité d’organisation auquel seront adjoints les principaux experts en tableaux.
- On peut compter sur un succès considérable, malgré des difficultés nombreuses ; on aura à vaincre la répugnance de beaucoup d’amateurs à prêter leurs tableaux; ensuite certaines toiles, qui reviendront de l’étranger et qui sont estimées à des prix extraordinairement élevés, coûteront fort cher d’assurance ; pour ne citer qu’un exemple, si l’on parvient à faire revenir le tableau Friedland, 1807, de Meissonnier, qui a ôté payé 335,000 francs à la vente Stewart, le 25 mars 1887, les frais d’assurance, pour cette seule toile, reviendront à plus de 4,000 francs.
- Chambre syndicale de la chaussure en gros
- Extrait du procès-verbal de la séance du 2 octobre 1888.
- M. le Président rend compte du voyage de la délégation de la Chambre, qui a assisté à l’assemblée générale et au banquet de la Chambre syndicale des Fabricants de chaussures des Bords de la Loire.
- Il communique l’extrait suivant du procès-verbal de l’assemblée générale.
- M. Touzet, président de la Chambre syndicale de Paris, MM. Henriet et Cornevot qui l'accompagnent comme délégués,^ont introduits dans la salle des délibérations.
- M. Crochard souhaite la bienvenue à ces Messieurs et prie M. Touzet de bien vouloir communiquer à l’assemblée les renseignements concernant l’Exposition universelle de 1889.
- M. Touzet, qui s’est occupé très activement de l’organisation du groupe de l’habillement des deux sexes, donne à l’Assemblée des détails très intéressants sur la formation des Comités d’admission et d’installation. Après de nombreuses démarches, il est parvenu à faire représenter largement l’industrie de la chaussure dans ces Comités. Il a reçu de M. le Directeur général de 1’exploitat.ion de l’Exposition l’assurance que, vu la quantité d’exposants des fabricants de chaussures, notre industrie aura une très belle part dans la formation du jury des récompenses.
- M. Touzet donne lecture de,la liste des fabricants de ehaussures français qui prendront part à l’Exposition de 1889. Il y a 175 demandes, dont 88 fabricants de Paris et 87 de la province.
- L’assemblée exprime à M. Touzet toute la satisfaction qu’elle éprouve à ce que l’industrie de la chaussure soit dignement représentée à l’Exposition de 1889, et lui vote des remerciements pour la part qui lui revient dans ce résultat satisfaisant.
- INSTALLATIONS DIVERSES
- Hauteur actuelle de la tour Eiffel.
- La plupart de nos confrères ont annoncé, il y a huit jours déjà, c’est-à-dire vers le 2 ou 3 de ce mois, que la partie achevée de la tour Eiffel atteignait 178 mètres. C’était aller un peu vite.
- Ainsi, le 8 courant on pouvait considérer comme achevé le cinquième panneau au-dessus de la seconde plate-forme, le seizième depuis la base, dont la partie supérieure est exactement à 169 m. 10. Il y a huit jours, la tour était entre 158 et 159 mètres.
- Au moment où paraîtront ces lignes, les grues auront été relevées d’une dizaine de mètres, encore, et, vers le 13 ou le 14 du mois, le sommet des armatures posées atteindra 180 mètres. A ce moment, les quatre piliers n’en formeront plus qu’un seul qui aura environ 17 mètres de côté,
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- soit une surface de 289 mètres carrés ; de quoi installer un service de plus de 300 couverts.
- A bientôt le déjeuner (ou l'absinthe) sur la troisième plate-forme, à 200 mètres. Avis aux amateurs !
- Les Pavillons de la ville de Paris
- Il est inexact, comme l'ont annoncé quelques journaux, que le comité des travaux de l’Exposition ait décidé la démolition des deux pavillons destinés à la ville de Paris.
- Si ces deux constructions ne paraissent pas actuellement jouer un rôle suffisant dans la vue d’ensemble, cela vient de ce qu’elles sont encore dépourvues de l’importante partie décorative qui doit les compléter.
- La tour du Temple au Trocadéro
- Notre excellent confrère, Y Evènement, a publié, dans son numéro du 7 courant, une étude excessivement intéressante au sujet de la reconstitution de ce monument historique d’un souvenir si plein de faits des plus importants de notre histoire. Aussi, ne saurions-nous mieux faire que de le reproduire intégralement :
- Un des caractères distinctifs de notre époque est son goût pour les choses du passé; elle y apporte une curiosité ardente, un intérêt passionné. Les érudits et les artistes trouvent dans ce penchant un stimulant à leurs recherches studieuses et à leurs œuvres délicates. De là tant de souvenirs exhumés et remis chaudement en lumière, tant de figures révélées ou rendues au public et placées dans un cadre qui les éclaire comme d’un reflet de leur vie éteinte ; tant de pages d’histoire qu’on rend palpitantes en relevant les édifices, en ranimant les héros dont elles gardaient, dans le sanctuaire des bibliothèques et des musées, des images souvent délaissées et des noms sans écho.
- On connaît le succès des expositions rétrospectives, l’engouement de la foule pour ces collections précieuses où des portraits, des meubles, des étoffes, des bijoux la mettent en rapport immédiat avec les physionomies, les mœurs et les habitudes d’autrefois. En offrant ainsi ses hommages à des évocations dont une civilisation moins parfaite ne saurait apprécier la valeur, elle prouve le degré d’éducation intellectuelle où elle est parvenue.
- La date mémorable que nous allons célébrer l’année prochaine servira certainement d’occasion à des exhibitions très curieuses et à des reconstitutions savantes, le public n’en goûtera sans doute pas de plus originale et de plus captivante que celle dont nous avons la bonne fortune de lui annoncer la primeur.
- Il s’agit de lui offrir la reproduction de la tour du Temple.
- Aucun monument n’était de nature à causer une sensation aussi profonde et par le type de son architecture et par l’intérêt de ses souvenirs.
- Il y a cent ans, il passait pour un des édifices les « plus solides du royaume ». II était resté debout à travers les transformations de la capitale et racontait toujours la sombre histoire des Templiers. Cinq siècles s’étaient écoulés depuis que frère Hubert, trésorier de l’ordre, avait fait sortir de terre cette masse gigantesque destinée à servir de témoignage à la puissance formidable des chevaliers et pas une des vieilles pierres ne s’était descellée. On parlait encore des trésors qui avaient excité les convoitises de Philippe le Bel, lorsqu’en un jour d'émeute il avait trouvé un refuge dans l'imprenable forteresse ; le procès fameux qui s’était terminé par la suppression de l’institution et la fin effroyable de ses membres était encore dans toutes les mémoires. En vain, l’administration bienveillante et aimables des chevaliers de Malte, à qui l’enclos privilégié du Temple était depuis échu, les fêtes données à l’hôtel du Grand-Prieuré, où les beaux esprits se pressaient autourde femmes
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- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
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- illustres et charmantes, avaient-elles jeté des Heurs sur ce drame déjà si vieux. On ne l’avait point oublié.
- Mais quelle autre tragédie allait en effacer le souvenir? N’était-ce point là que la royauté captive et avilie allait traîner son agonie?
- La tour du Temple sera reconstituée telle qu'elle était lorsqu’elle servit de prison à Louis XYI et à sa famille.
- D'abord, une enceinte, celle que le comité du Salut Public avait fait.élever à l’intérieur du système de défense fermant l’enclos et qui lui paraisssait insuffisant. Un gros mur, percé d'une porte charretière bardée de fer, maintenue par d’énormes verrous et d’une seconde plus étroite mais tout aussi cadenassée, servant de guichet. Les geôliers, avec leurs trousseaux de clefs, les municipaux avec leurs armes se tiendront là. Le seuil franchi, on sera au pied de l’immense donjon flanqué de ses quatre tourelles; les faisceaux de fusils et de piques, les pièces de canon, Je va-et-vient des sentinelles, le renouvellement des gardes montantes indiqueront l’étroitesse et l’horreur de cette geôle. Mais qui ne voudra y pénétrer ?
- A quelque opinion qu'on appartienne, on ne peut se défendre d’une grande commisération pour les infortunés qui ont supporté là des souffrances que l’imagination des poètes n'eût pu inventer, fussent-ils Sophocle ou Shakespeare. Louis XVI et Marie-Antoinette, accablés sous le poids de fautes séculaires, dont ils ont subi le châtiment, sans défaillance, ont revêtu l’auréole du malheur. Lorsque leurs figures ont été mises sur la scène de l’Ambigu, il y a quelques années, on n’a eu pour eux que de l’attendrissement et de la pitié.
- On ira donc voir la prison royale et on y sera certainement frappé de la façon fidèle, minutieuse, dont elle se présentera aux visiteurs.
- Voici l'escalier unique dans la tourelle de gauche. Il conduit au premier étage, converti en immense corps de garde; on passe, on a hâte d’arriver aux lieux habités par les captifs, pour les plaindre; car, La Brujûre l'a dit :
- « L’infortune des princes nous touche plus que celle des autres hommes. »
- Au second étage, l'appartement du roi, la chambre qu’à l’origine il occupait avec le dauphin, celle du fidèle Cléry ; la salle à manger où les repas avaient lieu sous les regards méfiants des gardes placés dans l’antichambre voisine et qui pouvaient épier à leur aise par le vitrage de la porte ; dans la tourelle de droite l’oratoire.
- Au second, l’appartement des femmes, comme disait le langage révolutionnaire de l’époque, et quelles femmes ! Des femmes qui avaient dans leurs veines le sang de toutes les maisons souveraines de l’Europe, tenant par la parenté la plus proche aux empereurs et aux rois et qui devaient gémir entre des murs nus, sans pain, sans linge, sans vêtements, avec des tortures morales mille fois plus déchirantes que ces privations î
- La chambre de Marie-Antoinette, celle de Mme Pvoyale, celle de Mme Elisabeth auront, comme celle du roi, le mobilier qui les garnissait: humbles lits, humbles chaises, humbles tables, toute la pauvreté des mansardes au sortir des splendeurs de Versailles !
- Mais rien ne sera plus touchant que le cachot du petit dauphin, cette fleur desséchée dans l’épûuvante de sa solitude et de ses appels désespérés auxquels la tendresse de sa mère ne pouvait plus répondre.
- Toutes les scènes du drame royal seront, du reste, représentées par des personnages de cire qui seront exécutés d’après les portraits et les bustes, de nos musées; les adieux du roi à sa famille seront, dit-on, particulièrement saisissants.
- Nous prédisons à cette œuvre un très grand succès. Sans doute, il faudra plusieurs mois pour qu’elle soit achevée ; mais les travaux sont exécutés par un homme distingué qui a fait ses preuves. M. Claude Perret est bien connu du j
- public qui s’intéresse aux grands travaux de Paris. Il a eu l’entreprise des rues de Saint-Philippe-du-Roule et d’Alençon, dont il s’est acquitté de la façon la plus intelligente. En 1883, son cottage parisien, construction philanthropique destiné à provoquer l’amélioration des logis d’ouvriers, lui a valu la médaille d’or à l’Exposition du Travail. Enfin, un jardin d’hiver, qu'il a été chargé, par le roi des Belges, d'annexer au château de Laeken, est un des enchantements de cette belle résidence.
- Achevée, la tour du Temple se recommandera d'elle-même à l'attention.
- Placée sur les hauteurs du Trocadéro, à l'angle du boulevard Delessert et de la rue Chardin, en bordure de la rue Le Nôtre, elle dominera de ses soixante mètres les pelouses qui descendent vers la Seine et on la verra de tout Paris.
- D’en bas, elle se détachera sur le ciel comme une sorte de calvaire, le calvaire de la royauté.
- Et ceux qui, des hauteurs de sa plate-forme, regarderont au loin, n'auront certes pas; comme Louis XVI et les siens, à contempler l'horrible visisn des têtes coupées, des piques sanglantes ; ils n'entendront point l'atroce clameur de la populace en délire, mais ils auront devant eux le spectacle d'une ville immense, occupée à la glorification du travail, ville aimée entre toutes, parce que ses erreurs, ses emportements, ses colères ne prennent ordinairement leur source que dans des aspirations généreuses, l'amour de la justice et l'amour de la liberté.
- Septfontaines.
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- LÂ PROVINCE D’ORAN
- A L’EXPOSITION DE 1889
- L’Algérie tient à cœur de se montrer belle et grande,komme elle est, à la prochaine Exposition.
- De toutes parts les colons s’apprêtent à se faire représenter et à offrir des échantillons de leurs produits. Le succès qui n’est pas douteux pour eux sera la juste et méritée récompense de tant de travaux accomplis, de tant de peines endurées pour arriver à présenter des résultats qui étonneront et rempliront d'admiration les visiteurs.
- La partie industrielle sans doute ne sera pas considérable dans cette exposition algérienne, les moyens industriels, en effet, les usines, les hauts fourneaux, etc., ne sont pas encore possibles, mais c qui sera merveilleux, ce sont les richesses du sol tant superficielles que tirées du sein de la terre. Les minerais de toutes natures, voir d’or et d’argent auront une galerie remarquable. Les marbres également, car l’Algérie possède des marbres blancs, roses, translucides, qui seuls peuvent être opposés, non sans avantage, aux plus célèbres marbres de l’antiquité.
- On sait en effet que l’on vient de retrouver dans la province d’Oran les anciens chantiers d’où les romains extrayaient les marbres roses qui aujourd’hui font l’admiration des visiteurs qui parcourent les ruines des anciennes villes du Laticum
- Les trois départements prendront part à l'exposition, chacun séparément. Le pavillon algérien sera divisé et Alger, Constantine, Oran, auront leur salle strictement réservée.
- Plus de cinq cents producteurs des provinces d'Alger et de Constantine ont promis de participer à l’exposition.
- A Oran, nous dit le Petit Fanal, le journal le plus répandu de la province, mille vingt-neuf adhérents ont donné leur nom au comité départemental pour l’Exposition.
- Ce nombre donne une idée de la diversité produits qui seront exposés dans la sa'-département d’Oran, ce sera sans co celle la plus riche et la pluscurieuse.
- La province d'Oran est à juste titre re
- comme la plus belle et celle donnant les plus grandes espérances.
- La France y a rétabli l’ancien grenier de Rome et fondé le cellier de la France.
- Son port est le troisième des ports deFrance, et pour donner un aperçu de son exportation en céréales seulement ; on n’a qu’à consulter le relevé des transports de 1888 ; on verra que du mois de mars à fin août le chemin de fer P.-L.-M. y a déposé tous les jours plus de 10.000 tonnes de céréales aussitôt embarquées.
- Nous aurons occasion de parler plus amplement de cette province et, à propos de l’importance de son commerce, de dire combien elle est mal desservie par les diverses compagnies maritimes, lesquelles, loin de l'aider, semblent vouloir mettre toutes sortes d'entraves à l'extension de ses affaires
- Léon S.YZIE.
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- LES COLONIES
- A l’exposition de 1889
- INDO-CHINE
- Le transport Annamite arrivé jeudi à Toulon a apporté le premier lot de matériaux destinés à l’exposition indo-chinoise.
- Cette première expédition qui ne comprend qu’une faible partie des matériaux spéciaux dont se composera le pavillon de la Cochinchine est de 106 colis divers comprenant, outre les principales pièces de la charpente, de superbes consoles sculptées, des moulages indigènes, des faïences chinoises décoratives, etc., etc.
- Le commissaire général de l’exposition coloniale a pris les dispositions nécessaires pour que cet envoi soit réexpédié d’urgence sur Paris où il est attendu avec impatience.
- La suite des expéditions qui, pour les quatre pavillons de la Cochinchine, du Cambodge, de l’Annam et du Tonkin, atteindra 7 à 8110 tonnes, est attendue par le steamer le Colombo devant arriver vers fin novembre.
- Société des études coloniales et maritimes
- En exécution de la décision du Conseil de la Société, ratifiant la proposition de la Commission coloniale en date du 31 mai dernier, le questionnaire ci-dessous vient d’être établi par une commission constituée au sein de la Société, et adressé dans toutes les colonies françaises.
- Les réponses à ce questionnaire devront être adressées avant le 1er mai 1889, à M. l’amiral Thomasset, président de la Société des Etudes coloniales et maritimes.
- Congrès colonial de 1889
- CAHIER DES INTÉRÊTS COLONIAUX
- QUESTIONNAIRE
- TITRE PREMIER
- Questions législatives
- De quelle autorité doit procéder la loi coloniale?
- Y a-t-il lieu de substituer le régime de la loi au régime des décrets?
- Dans quelle mesure ?
- La loi générale en France doit-elle être appliquée aux colonies,?
- Dans quelle mesure?
- Ne convient-il pas plutôt que les colonies soient régies par des lois spéciales ?
- Dans h cas où le régime des décrets semblerait être maintenu en tout ou en partie,
- çL . garanties jugerait-on nécessaire de
- 2
- T-il lieu d’accorder aux conseils géné-e part dans les pouvoirs législatifs; elle mesure ?
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- QUATRIÈME ANNÉE. — N° 202.
- LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE 1889.
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- NOS GRAVURES
- Nous donnons aujourd’hui la vue de face des deux constructions principales de l’exposition militaire établies, comme on le sait, sur l’esplanade des Invalides.
- Disons, tout d’abord, que c'est grâce à la bienveillance de M. le général Gervais, président de la commission militaire, et à l'amabilité de M. le commandant Rochas, qui vient de succéder à M. le colonel Bourelly comme directeur de la Revue du cercle militaire, que nous devons de pouvoir publier les gravures ci-dessus. Nous leur adressons à nouveau nos plus sincères remerciements. (La Revue du cercle a publié ces mêmes gravures dans son numéro du 30 septembre dernier).
- Ainsi qu’on le voit, les deux constructions de l’exposition militaire sont complètement dissemblables : l’une, qui est placée en bordure de l'allée centrale de l’esplanade, est une s orte de château fort ou mieux une porte d’entrée de forteresse, l’autre est un grand bâtiment allongé, d'aspect pacifique.
- La première est, relativement, de dimensions restreintes. Elle s’étend sur une longueur de 43 mètres en façade et 8 mètres en profondeur dans la plus grande largeur des tours.
- La seconde, située à 30 mètres environ en arrière de la précédente, a une longueur totale de 149 mètres et 22 mètres de largeur. Un escalier monumental, placé au devant du portail du milieu, forme une saillie de 6 m. 50 en dehors de l’alignement de la façade ; la hauteur du monument dépasse 10 mètres. Aussi l’ensemble en paraît-il imposant et fera-t-il le meilleur effet, placé qu’il est, fort à propos, vis-à-vis le palais des Colonies.
- Nous ne nous étendrons pas davantage aujourd’hui sur la description des deux monuments dont s'agit. En temps et heure, et d'ores et déjà dans ce même numéro, notre collaborateur spécial en publiera tous les détails nécessaires avec de nouvelles planches ou de nouveaux dessins à l’appui, si besoin.
- H. P.
- LES ÉTRANGERS A L’EXPOSITION
- DE 1889
- BELGIQUE
- On lit dans le Journal des Artistes du 4 courant :
- Nous avons déjà reproduit deux extraits du Patriote de Bruxelles relatifs à la participation de la Belgique à l’Exposition universelle de Paris en 1889.
- Nous croyons intéressant de donner encore, à titre de document, l’article suivant extrait du même journal :
- « A l’exemple du bulletin météorologique de l’observatoire qui enregistre quotidiennement les variations atmosphériques, nous avons périodiquement fait connaître la composition de la Commission chargée d’organiser la participation des artistes belges au salon de 1889. La liste, qui à l’origine ne comprenait que onze noms, en comporte déjà actuellement vingt-deux, soit deux de plus que les vingt de joyeuse mémoire. Comme nous le constations avec raison, la série ne fait que croître, sinon embellir. Au reste, voici la carte du jour :
- « Peinture : MM. Slingeneyer, A. Stevens, Van Beers, Verlat, Verwée et Emile Wauters.
- « Sculpture : MM. De Groot, De Vigne, Fraikin et Vinçotte.
- « Architecture : MM. Bayaert,Bordiau, Janlet et Schadde.
- « Gravure : MM. Biot, Danse, Dumanez et Pannemaker.
- DIMANCHE II NOVEMBRE IS8S
- « Amateurs : MM. Crabbe, De Savoye, Lambert de Rothschild et Picard.
- « Décidément cette mauvaise plaisanterie va-t-elle se prolonger longtemps? Il y a belle lurette que tous les autres groupes et Comités sont régulièrement constitués et fonctionnent. Seuls, les artistes piétinent sur place, pataugent, s’embourbent, Il n’y a cependant plus de temps à perdre, si l’on veut faire revenir sur leur décision les nombreux artistes qui, voyant où on les menait, ont résolu de s’abstenir.
- « 11 paraîtrait en outre que non seulement nos usurpateurs sont imposés à leurs collègues, mais il en est de même parmi les membres de la Commission qui disent qu’on les a imposés « malgré eux. »
- « On nous assure d’autre part que, mue par un reste de pudeur, la Commission des XXII, conformément à la circulaire du 15 juillet, ferait procéder sous peu à l’élection de neuf délégués supplémentaires. Fort bien, mais cela ne suffit pas. Ce serait une première satisfaction donnée au corps artistique, mais la liste ci-dessus n'en sera pas moins absolument irrégulière.
- « Nous ne trouvons qu’un moyen de mettre fin à ce gâchis. C’est d’imiter les autres groupes et de procéder — et à bref délai — à des élections générales pour nommer la Commission organisatrice entière. Le salut est là. Nous aimons à croire que M. Slingeneyer ne faillira pas à son devoir, et qu’en sa qualité de législateur et de représentant de tous les artistes belgas, il saura donner l’exemple du respect de la légalité. Il y va du reste de sa propre popularité. »
- Pour notre part, nous ne pouvons que regretter ce conflit et émettre l’espoir que tout s’arrange à l’entière satisfaction de tous, afin que la Belgique puisse occuper à notre prochain Salon, une place digne de sa haute réputation.
- AUTRICHE-HONGRIE
- On écrit de Paris, en date du Ier novembre, à notre excellent confrère, le Stéphanois, de Saint-Etienne :
- La commission austro-hongroise de l’Exposition de 1889, sous la présidence de M. Burger, a été reçu par M. Berger, commissaire général, à qui elle a présenté le fondé de pouvoirs de la maison Schmidt, de Buda-Pesth, qui a remporté naguère à Bruxelles la. plus haute récompense; Cette maison doit envoyer une fort importante exposition de bois de chêne et d’ébénis-terie, provenant en grande partie des forêts de l’évêque Slavophile Strossmayer, de Dakovar, à qui l’empereur François-Joseph adressait naguère une remontrance qui a fait beaucoup de bruit.
- Détail à noter, le chef de la maison Schmidt est un Alsacien qui, ayant opté pour la France depuis la guerre, a été bannie dAlsace. J’ajouterai que les nombreuses équipes d’ouvriers qu’il occupe sont dirigées exclusivement par des ingénieurs et par des employés franco-alsaciens, entre autres par M. Léon Zopff,ingénieur des arts et manufactures, son gendre, et fils de l’ancien maire-adjoint de Strasbourg en 1870, et par M. Mandel, son neveu, dont le père a été tué à l’ennemi pendant le siège de Strasbourg. 11 n’est donc pas étonnant que la maison dirigée par M. Schmidt tienne à honneur de protester contre la campagne ouverte à l’étranger par ceux qui voudraient faire avorter notre grande Exposition internationale, mais qui, en dépit de tous les pronostics malveillants, n’y réussiront pas. Ce témoignage de sj^mpathie doit nous être d’autant plus précieux qu’il nous arrive d’un pays qui est officiellement l’allié de la Prusse.
- ANGLETERRE
- Londres, 2 novembre. — Hier, à la réunion de la cour du Common Council, le lord-maire a donné lecture d’une lettre du Comité d’économie sociale, par laquelle la section britannique de l’Exposition de 1889 sollicite la coopération de la cour.
- La requête a été renvoyée à la commissiorL^ générale comme très importante. j /
- DANEMARK
- A#
- Un comité vient de se constituer à Copenhague pour représenter l’industrie danoise à Paris. Parmi les membres de ce comité, on peut citer : M. Jacobsen, M. Klein, membre de l’Académie des beaux-arts, M. Bing, fabricant de porcelaine. Ce comité s’adjoindra par la suite des représentants de l’agriculture et des industries diverses.
- ETATS-UNIS
- M- Pierre Legrand, ministre du commerce et de l'industrie, commissaire général de l’Exposition de 1889, vient d’être informé que M. le lieutenant de vaisseau Buckingham, attaché naval à la légation des Etats-Unis, vient d’être adjoint à la commission américaine pour l’Exposition de 1889,
- ESPAGNE
- Dans une lettre qu’ils adressent aux journaux, les membres de la Chambre de commerce de Madrid déclarent que les bruits qui ont été répandus au sujet d’un désaccord avec la Chambre de commerce espagnole de Paris sont faux en partie.
- La Chambre de Paris a été seulement autorisée à acheter, au nom de la Chambre de Madrid, des terrains destinés aux exposants espagnols.
- La lettre dit en outre que le gouvernement espagnol a accordé aux exposants 500,000 francs et que de cette somme rien n’a encore été dépensé.
- Enfin la Chambre de commerce de Madrid, ne voulant pas monopoliser la direction de l’affaire, préfère nommer un comité où seront représentés le commerce, l’industrie, les arts et la presse. La Chambre de commerce de Paris ayant également des représentants autorisés, l’entente ne peut manquer d'être parfaite.
- PERSE
- La participation officielle et effective de la Perse à l’Exposition universelle de Paris est assurée.
- M. Doisy, négociant français, ancien officier, chevalier de la Légion d’honneur, est définitivement chargé de l’organisation et de l’installation de la section persane à cette exposition, sous la haute direction du général Nazare-Aga, ministre de Perse à Paris.
- RUSSIE
- On lit dans XIntransigeant du 8 courant :
- M. Andréiew, président du bureau des représentants des exposants russes à l’Exposition de 1889, est arrivé à Paris.
- Aux questions qui lui ont été adressées par un de nos collaborateurs, M. Andréiew a bien voulu faire la réponse suivante:
- « A son départ de Saint-Pétersbourg, le nombre des adhérents russes était de 250.
- « Ce chiffre, à lui tout seul, constitue un véritable succès; car, à l’exposition d’Anvers, il n’était que de 186. Mais il faut prendre en considération que la date définitive d’admission est fixé au 15 octobre (vieux style), c'est ce qui fait que le chiffre sus-mentionné sera à coup sûr bien plus considérable, étant données les adhésions de la dernière heure. »
- M. Andréiew estime que le nombre définitif des exposants ne sera pas moindre de 500.
- Les industries qui seront les mieux représentées sont les suivantes :
- « L’industrie houillère, le papier, l'industrie textile, les draperies, la porcelaine, le sucre, les vins du Caucase, l’alcool, les cuirs, la pelleterie. Les deux capitales enverront, en outre, les bronzes, l’orfèvrerie, l’argenterie, la typographie, la photographie, la confiserie, lesden-
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- EXPOSITION MILITAIRE DE 1889
- A L’ESPLANADE DES INVALIDES
- FAÇADE DU P(RCHE D’ENTREE
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- DIMANCHE II NOVEMBRE 1888.
- telles et broderies. I.a ville de Varsovie participera avec les pianos, ses équipages et ses chaussures.
- « Le pavillon de la Russie sera placé entre ceux de la Suisse, des Etats-Unis, de la Norvège et du Japon.
- « Quant à la Finlande, qui a un comité particulier, dont M. Andréiew n’a pu donner les projets, elle aura son pavillon distinct. Mais, en général, l’industrie du grand-duché, peut se résumer dans la filature, le papier et l'industrie des machines. Le chiffre des exposants finlandais ne sera pas moindre de 100.
- « L’agriculture russe aura sa section dans le département agricole. »
- D’autre part, on annonce que M. F. Lutun, de Moscou, vient d’être chargé au nom des exposants russes de construire, dans le parc du Champ de Mars, tout auprès de la tour Eiffel, une isba.
- L'isba est la maison rustique des moujicks; ce sera la reproduction exacte et très intéressante d’un intérieur de paysans russes.
- Cetic isba sera habitée par une famille des environs de Moscou, qui, en costume national, sculptera, sous les yeux du public, des bois du pays.
- Ce travail du bois sculpté, qui forme une des industries les plus actives et les plus pittoresques de la province, ne manquera pas d’intéresser vivement les visiteurs.
- RÉPUBLIQUE ARGENTINE
- Dans notre numéro du 26 août dernier, nous avons annoncé que M. Carlos Lix Klett, directeur du musée de la Salle de commerce (Salle du 11 septembre) et rédacteur de plusieurs journaux à Buenos-Ayres, avait été nommé directeur de la section des produits argentins à l’Exposition universelle de 1889.
- C’était une erreur. Le véritable délégué officiel du gouvernement de la République argentine à l’Exposition de Paris est M. Antonio Cambacérès, qui fait lui-même partie de la Commission organisée depuis plus d’un an, à Buenos-Ayres, en vue de favoriser la représentation de la République à notre future Exposition.
- Comment avons-nous pu et, avant ou après nous, la plupart de nos confrères, être induits ainsi en erreur? C’est ce que nous ne nous chargerons pas d’expliquer à notre bienveillant confrère de la République argentine, El Pais, qui nous signale cette equivocacion, ce qu’il appelle, même, un bombo periodistico. Cette nouvelle, erronée, a dû sûrement avoir son origine sur les rives de la Plata et, en effet, El Pais lui-même constate que deux journaux, El Im-parcial, de Montevideo, et le Sud America, de Buenos-Ayres, Lavaient publiée, et sans aucun doute avant nous.
- Nous ne faisons donc aucune difficulté pour rectifier notre erreur involontaire et nous l’eussions fait plus tôt, d’ailleurs, si, comme le suppose notre confrère El Pais, M. Eugenio Cambacérès, délégué intérimaire de la Commission argentine à l’Exposition de Paris, nous en avait avisé le lendemain de sa publication.
- Nous ajouterons, pour éviter tout malentendu, que l’honorabilité de M. Lix Klett n’est pas en cause dans cette affaire, et qu’au surplus il a des chances pour être chargé de représenter à l’Exposition de 1889 l’administration de la Salle de commerce dite du 11 septembre. (Cette salle renferme des échantillons de tous les produits naturels de la République argentine.)
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- EXPOSITION DE CIDRES ET POIRÉS
- Ainsi que nous l’avons annoncé dans un précédent numéro, l’ouverture de cette exposition a eu lieu le 1er du mois, dans les galeries du quai d’Orsay situées en aval du pont de l’Alma.
- Les installations ne sont pas terminées, il est vrai, mais comme le même fait se reproduit
- à chaque exposition, il n’y a pas lieu de s’en formaliser davantage.
- Telle quelle l’exposition des cidres présente cependant d’intéressantes choses à voir : de belles collections de pommes, des échantillons de cidre champanisé, de marques déjà réputées, ou de cidre ordinaire, le cidre démocratique, quelques machines, les unes aratoires, les autres plus spécialement destinées à la fabrication du cidre, etc., etc. Nous avons même remarqué une installation de la maison Decau-ville.
- Tous les jours, à 2 heures, un excellent orchestre dirigé par M. Pister se fait entendre jusqu’à 4 heures, ce qui ajoute encore à l’attrait que présente déjà par elle-même cette intéressante exhibition sur laquelle nous ne nous étendrons pas davantage aujourd’hui.
- D’ailleurs, un de nos collaborateurs, expert en la matière, rendra compte en temps utile, d’une façon détaillée, de toutes les installations notables de cette exposition.
- LJ. P.
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- ECHOS
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- L’Association philotechnique à la tour Eiffel
- Dimanche dernier, 300 membres de la grande Association philotechnique ont visité, dans l’après-midi, les travaux de la tour Eiffel.
- Conduite par M. Alp. Bourdon, ingénieur attaché au bureau du Champ de Mars de la maison Eiffel, ils ont paru prendre le plus vif intérêt aux explications de tous ordres qu’il leur donnait.
- Si nous ne craignions de blesser sa susceptibilité, nous dirions que M. Bourdon se multipliait pour satisfaire la curiosité de tous, ce qui n’était pas chose facile vu le grand nombre de visiteurs.
- En dernier lieu, M. Bourdon a donné à ces Messieurs quelques renseignements au sujet d'un travail des plus intéressants dû, croyons-nous, à son imagination et qui permettra, du sommet de la tour et même de la seconde plateforme, de se rendre compte à première vue de la position et de la distance de toutes les localités ou points remarquables visibles de ces altitudes.
- Nous aurons l’occasion de parler en détail de ce remarquable travail.
- *
- Le Gagnant d’un gros lot
- Paris est décidément favorisé par le sort. C’est en effet un tailleur de notre ville qui, il y a quelques jours, gagnait le lot de 500,000 fr. des obligations de Panama, et aujourd’ui c’est encore un de nos concitoyens qui vient d’être l’heureux gagnant du lot de 100,000 francs du dernier tirage des obligations de la Ville de Paris.
- C’est un sous-officier du service intérieur de la Chambre des députés, M. Labrevoit, à qui le sort, fort bien inspiré cette fois, a fait échoir le gros lot. M. Labrevoit, qui est un ancien soldat décoré de la médaille militaire compte vingt années de service au Palais-Bourbon.
- Nous avons vu hier ce brave garçon et lui avons demandé ce qu’il comptait faire maintenant qu’il était à la tête d’une petite fortune.
- — Ce que je compte faire, nous a-t-il répondu, je compte continuer mon service au Palais-Bourbon.
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- Eclairage électrique de la ville d’Espalion
- Dimanche dernier, 4 courant, a été inauguré l’éclairage électrique de la petite ville d’Espalion dans le département de Lot-et-Garonne.
- Cet éclairage a pu être donné économiquement dans cette ville, peu connu jusqu’alors, grâce au bas prix de revient de la force motrice nécessaire qui est obtenue hydrauliquement comme à Mende, Bourganeuf, Chùteauiin, la
- Roche-sur-Foron et autres localités où depuis quelques temps, quelques années même, fonctionne l’éclairage électrique.
- La force motrice à bon marché, voilà le secret du trio tnphe de l’électricité.
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- Exposition de sauvetage et d’hygiène
- La distribution solennelle des récompenses de cette exposition, aura lieu le 21 courant à 2 heures, au palais de l’Industrie, sous la présidence de M. Pierre Legrand, ministre du commerce et de l’industrie, assisté deM. G. Berger, directeur général de l’exploitation de l’Exposition universelle de 1889 et président du jury supérieur de l’exposition de sauvetage et d’hygiène.
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- Le tramway de l’Exposition
- Les personnes chaque jour plus nombreuses qui se rendent au Champ de Mars et auxquelles les modifications apportées depuis quelques semaines aux services de bateaux ou de tramways rendaient son accès difficile vont avoir enfin un commencement de satisfaction.
- On établit en effet, en ce moment, un prolongement de la ligne de tramways Bastille qui traversera le pont de l’Alma et aboutira ainsi à l’extrémité de l’avenue Rapp, presqu’en face le pavillon des Travaux, à l’angle de l’avenue de la Bourdonnais.
- D’autres améliorations doivent encore avoir lieu prochainement. Espérons qu’elles ne se feront pas longtemps attendre.
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- Découverte de sources de pétrole auVenézula
- A peine les Etats-Unis d’Amérique sont-ils rassurés au sujet de la concurrence que la Russie pouvait leur faire comme productrice de pétrole, qu’un concurrent plus sérieux, par suite de sa proximité, vient de surgir, pour exploiter les sources de pétrole, près du lac Maracaïbo ^ dans le Venezuela.
- Depuis longtemps, ces sources sont cotées par suite de leur richesse et de leur abondance en pétrole ; en outre, le bruit circule que la maison Rothschild est disposée à s’assurer le monopole de cette entreprise. Le lac Maracaïbo est situé au nord de Venezuela et, par le golfe de Venezuela , est en communication avec la mer. Toute la contrée environnant ce lac (plusieurs centaines de lieues carrées) est saturée de pétrole et d’asphalte, qui forment des rivières et coulent à travers des forêts épaisses en dégageant des gaz inflammables. De temps en temps ces gaz s’allument et l’on voit alors des gerbes de flammes s’élancer à des hauteurs prodigieuses; on assiste ainsi au même spectacle que depuis des milliers d’années offrent les bords delà mer Caspienne. A cause du gaz de pétrole, près de Bakou, qui s’enflamme continuellement, le pays environnant porte le nom de « contrée du feu éternel », et au Venezuela, ce même phénomène du gaz enflammé, qu’on peut voir sur la barre et le long des côtes de Maracaïbo, est, depuis La découverte par les Espagnols, désigné sous le nom de « feu de l’enfer ».
- On a culculé la rapidité d’écoulement d'un de ces courants de pétrole et on atrouvé que celui-ci produisait plus de 27,000 litres par jour, qui s’infiltraient et se perdaient dans le sol sablonneux du pays. Le pétrole du Venezuela tient le milieu entre le pétrole russe et le pétrole américain ; il contient 50 0/0 de kérosine ou huile de première qualité. Ces sources présentent un avantage essentiel sur les sources de pétrole américaines et russes, en ce sens que les premières sont situées sur les bords du lac, par conséquent, sur les bords de la mer ; les sources de Bakou sont à plus de 800 lieues de Batoum, et le pétrole américain a également une distance de 700 à 800 lieues à franchir des sources à la côte. 11 n’y a pas d’obstacles techniques à surmonter, et le pétrole du Venezuela viendra
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- QUATRIÈME ANNÉE. — N° 202.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- DIMANCHE II NOVEMBRE 1888. —
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- bientôt faire la concurrence au pétrole américain. Dans l’intérêt du développement de cette entreprise, le gouvernement vénézuélien a frappé le pétrole étranger d’un droit d’entrée de 15 l\2 d. les 4 1]2 litres ce qui représente à peu près trois fois le prix en gros du pétrole russe et américain.
- BEAUX-ARTS
- EXPOSITION DE BLANC ET NOIR
- Au Pavillon de la Ville de Paris
- (CHAMPS-ELYSÉES) (1).
- (SuiteJ
- Lorsque M. H. Carnot, sénateur, ancien ministre de l'Instruction publique, écrivait : Je lis avec regret ces mots ec sans profession » à la suite de presque tous les noms de femmes qui figurent dans les actes civils... Si j’étais femme, je mettrais mon orgueil à effacer ce stigmate... il supposait bien que la parole qu’il semait ainsi porterait de bons fruits.
- Déjà l’Association des Femmes Peintres et Sculpteurs paraît avoir entendu ce cri d’alarme contre l’oisiveté, et heureusement, il faut le reconnaître, leur nombre augmente tous les jours.
- Aussi constatons-nous avec plaisir la présence de cent-vingt-sept noms parmi les artistes présentant des dessins et cartons, et cent-cinquante-et-un pour les aquarelles et pastels; dans les autres sections on en compte onze pour la gravure, quatre pour l’art décoratif et quatre pour le dessin d’enseignement ; ce qui représente plus du tiers des noms inscrits au catalogue.
- Les fleurs semblent être plus particulièrement des sujets attractifs qui plaisent à la femme. N’y a-t-il pas d’ailleurs plus d’un point de rapprochement entre elles ? Les aquarelles sont en grand nombre, malheureusement quelques-unes sont si haut placées qu’il est tout à fait impossible de les apprécier... et c’est dommage!...
- Parmi les dessins et cartons se trouvent les fusains ; examinons d’abord cette première section :
- En forêt, fusain par Allongé, toujours la grande nature, de l’air, de l’espace, on croirait que le chevreuil aux écoutes va s'enhardir dans cette clairière; puisque nous parlons de ce maître, disons que sa grande aquarelle est hardiment traitée, mais que l’on n’y rencontre pas l’air ambiant qui donne à ses fusains un cachet tout particulier.
- Peut-être croyez-vous, cher lecteur, que le Blanc et Noir ne comprend que les aquarelles et les pastels, en plus du dessin, de la lithographie et de la gravure des divers genres? Eh bien, non!... On y voit maintenant de la peinture à l’huile, et mais, pourquoi pas, direz-vous!... — La peinture à l’huile, grisaille ou camaïeux, est tout à fait l’équivalent du dessin noir rehaussé de blanc; comme exemple, nous sommes heureux d'avoir à citer les œuvres remarquables de M. F. Junker : l’Ilot, sanguine à l’huile, c’est-à-dire de la peinture avec une seule couleur, sur toile (comme à l’ordinaire). — Le dessin est traité de main de maître, d’une manière spéciale avec des effets qui tiennent tout à fait du fusain et dénotent une grande habileté ; les Isolés l’Inquiétude et le Lac sont de la même facture’
- Treize grisailles réunies dans un cadre et présentées par M. P. Blanchard, sont destinées à l’illustration de Daphnis et Chloé. 11 est facile d’affirmer que pas un visiteur n’a pu rester indifférent devant une exécution aussi parfaite, en effet, ces grisailles dessinées avec une grande pureté de trait, sont peintes d’une façon tout à fait supérieure; et pour ceux qui, par hasard, auraient omis de s’arrêter devant une telle œuvre, nous leur recommanderons surtout le groupe du milieu, Chloé, au bord de l’eau; d’une finesse de lumière extraordinaire.
- Mais nous voyons un peu plus loin une grande Cour de ferme, dessin au suif!... vous lisez bien; dessin au suif!... le dessin paraît ferme et bien rendu, mais cette œuvre présentée par M. Liénard, est si haut perchée, qu’il nous est absolument impossible d'en rien apprécier.
- M. Ch. Junker a envoyé deux ravissants dessins à la plume, destinés à encadrer la poésie paternelle : ces nerbes champêtres tracées d’une main hardie sont dessinées avec art et sincérité, et bientôt le Séneçon trouvera sa place dans la sculpture tout aussi bien que le Chardon :
- Et lorsque le chardon, mon frère,
- Sculpté dans le marbre avec art,
- Ecoute au loin les ânes braire.
- Moi délaissé, mis à l’écart,
- Nul 11e me fait la politesse D’un coup de plume ou de pinceau Pour fixer ma délicatesse Dans les caprices d’un rinceau !
- F. Junker, 1888.
- Les Bords de l’Aix et les Bords du Furens, deux fusains traités avec une grande fermeté par M. Ducaruge, peuvent compter parmi les meilleurs.
- Portrait de Victor Hugo est un dessin d’une exécution si finie et si pure que certainement tout le monde appréciera cette œuvre supérieure de Pannemaker. — Les cinq planches pleines d’imagination de M. Atalaya sont destinées à illustrer l’œuvre de Don Quichotte, on ne saurait interpréter un tel sujet avec plus de finesse et d'habileté, l’intérieur d’église est surtout remarquable.
- Quant à M. Lhermitte, on ne peut supposer, en bonne conscience que c’est dans la Grande Maison d’à côté que l’on a emprunté des engins de sauvetage pour le repêcher ; tout le monde l’eût admis sans conteste, n’est-ce pas ?... Eh bien ! mais alors pourquoi cette absence du catalogue ; pas de numéro ? (et il y en a d’autres ainsi). Quantité de dessins font grand plaisir à voir, car ce sont des œuvres remarquables : surtout le portrait orné de la dédicace à mon ami Drouet et la Femme du pêcheur raccommodant ses filets.
- La Glorification de Chevreul est certainement une belle page, mais M. Desportes parait avoir été gêné dans cette composition qui ne laisse pas que d’être un peu lourde ; nous lui préférons son autre envoi la Vigne, tous ces petits amours sont coquettement groupés dans les ceps, les uns boivent à la coupe l’enivrante liqueur tandis que les autres semblent lancer dans les airs les notes gracieuses de Gala-thée...
- (A suivre.) A. Ramé.
- LES LIVRES
- L’Evolutoin des Mondes et des Sociétés (1), par Camille Dreyfus, 1 vol. in-8° de la Bibliothèque scientifique internationale, chez Alcan, ancienne librairie Gfenner-Baillière (suite).
- Dans un premier article, j’ai essayé d’indiquer le caractère de l’ouvrage de M. C. Dreyfus. C’est une œuvre de vulgarisation, qui met à la portée de tous les découvertes des sciences modernes, et qui permet à chacun de se faire une opinion « sur les problèmes toujours posés et jamais résolus qui sont l’honneur de l’esprit humain. * Je ne sais s’il y aura à l’exposition de 1889 un pavillon préhistorique ; il me semble avoir lu dans le Moniteur qu’on va présenter au public, classés et catalogués, les documents qui permettront de se re ndre compte de l’évolution des animaux et des hommes sur la terre.
- Le livre de M. Dreyfus serait un excellent guide pour celui qui visiterait ce musée des fossiles ; il aurait là sous les yeux des preuves authentiques à l’appui du système exposé magistralement par le secrétaire général de la Grande Encyclopédie.
- Nous ne pouvons ici résumer en détail un livre qui n’est lui-même qu’un résumé, une récapitulation générale des faits., établis jusqu’à ce jour par la science, Nous allons seulement jeter un coup d’œil d’ensemble sur ces chapitres bien enchaînés, bien reliés les uns aux autres, et dont chacun est comme un tableau grandiose et saisissant des époques successives disparues.
- M. C. Dreyfus commence par décrire l’oiigine des mondes et la formation du système solaire. Il adopte la conception de Laplace ayant imaginé une vaste nébuleuse, remplissant l’espace occupé par le monde solaire actuel, et contenant en puissance notre terre et toutes les planètes ; il accumule toutes les preuves à l’appui de cette fameuse hypothèse et montre que toutes les découvertes scientifiques récentes n’ont fait que la confirmer, et qu’elle explique toutes les particularités observées. C’est plaisir à voir avec quelle aisance cet homme politique se joue avec les chiffres fantastiques, familiers aux astronomes, et avec quelle clarté séduisante il décrit la naissance des mondes stellaires dont il n’arrive à notre œil émerveillé qu’une faible lumière scintillante. Il a, pour faire mieux comprendre ces formidables explications, des comparaisons familières qui frappent l’esprit : « en s'éloignant de la terre aux distances que la lumière a successivement franchies depuis les grands fûts historiques, on les reverrait tous, on assisterait à la bataille de Sedan, à la révolution du 4 septembre, aux grands jours de la Révolution, aux guerres de César ou à celles d’Alexandre. »
- Ce chapitre fourmille de ces aperçus saisissants qui jettent l’esprit dans la stupéfaction. Ces mondes nés ainsi l’un de l’autre, d’après des lois fixes, périront un jour par suite de causes à l’avance connues et dont l’exposé frappant nous plonge dans une sainte terreur. Mais ayant d’arriver à ce cataclysme final, nous avons bien le temps de transformer notre terre, de l’adapter à nos besoins, et de compléter l’’œuvre de la nature. M. Dreyfus, après nous avoir fait voyager dans les espaces infinis nous fait assister à la formation lente de la terre après de longues périodes successives.Avec une précision remarquable,il assigne à chacune de ces époques géologiques les êtres vivants, végétaux ou animaux qu’elles ont comportés. Enfin, après avoir accumulé les faits prodigieux sur lesquels s’appuie la théorie de l’évolution, après avoir, avec le scrupule d’un esprit amoureux de la vérité, essayé d’aplanir les difficultés que fait naître la question des transitions, des passages d’un règne, d’un ordre ou d’une espèce à un autre, il arrive à cette question passionnante et délicate de l’apparition de l’homme sur la terre ; poussé par la logique de son système, il affirme, carrément que l’homme est un animal supérieur « un descendant des vertébrés inferieurs et particulièrement des mammifères simiens, »
- (A suivre) A. S.
- Professeur agrégé de V Université
- RÉSUMÉ DES COURSES PASSÉES
- Nous avions, dimanche dernier, et réunion de courses d'obstacles à Auteuil et courses plates à Compiègne. Trop pour un seul jour ! A Com-piègne, c'était une première et la pièce aura plus de cent représentations.
- L’hippodrome du Putois, en effet, avec sa piste en ligne droite de plus de 900 mètres, très favorable aux épreuves réservées aux deux ans, a son avenir assuré.
- Par suite de la proximité de plusieurs grands centres d’entraînement, les concurrents sont mujours en grand nombre et les sportmen n’ont guère, pour venir de Paris à Compiègne, plus de chemin que pour aller à Chantilly.
- Enfin, le succès a été complet et l’agencement de ce nouveau-né fait le plus grand honneur aux commissaires, MM. le comte de l’Aigle, de Cour-teul de Caumont, comte Fay et au secrétaire, M. Madelaine.
- Les courses d’Auteuil ont eu un peu à souffrir de la concurrence de Compiègne et, si le sport a été intéressant, le côté mondain n’était pas aussi brillant que de coutume, par suite des nombreux vides constatés au pesage.
- Le lendemain, nous avions six courses à ^Vin-cennes avec 25,000 francs d’allocations.
- Aussi, le succès a-t-il été complet au double point de vue technique et mondain.
- La place me fait défaut pour parler et des courses de Saint-Ouen et de Maisons-Laffitte. Un journal spécial seul peut y arriver. Il me suffira de dire que, partout, les recettes sont plantureuses, ce qui prouve surabondamment que le goût du sport est entré dans nos mœurs.
- Pour rendre un hommage complet à la vérité, il convient d’ajouter que la tolérance dès paris sur tous les hippodromes contribue pour une très large part à ces succès.
- DÉTAILS
- COURSES A AUTEUIL Dimanche 4 novembre 1888
- Prix des Cascades. — Steeple-chase. — A réclamer. — 3,000 fr. pour chevaux de 3 ans' et au-dessus. Distance, 3,000 mètres.
- (1) Voir le numéro du 4 novembre. ‘
- (1) Voir le Moniteur du 4 novembre.
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- 1242. — QUATRIÈME ANNÉE.— N° 202.
- LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE 1889.
- DIMANCHE II NOVEMBRE 1888.
- Altesse (5000), pche al., 4 a., par Milan et Isolina, 68 k. (8/1). Vicomte de Jumilhac (Bas-den), 1
- Chérubin (10000), ch. al., â., 74 k. (4/1), M. C. Blanc (Newby), 2.
- Lord Ladour (5000), h. b., 3 a., 62k (10/1). M. Paricbe (Boon), 3.
- Satinette (10000), jt b., â., 74 k. (14/1). M. C-Ilouze (Hansoni, 0.
- Frémecourt (5000), h. al., â., 70 k. (10/1). M. Deschamps (Benson), 0.
- Hirondelle (7000), jt b., 6 ans, 72 k. (5/1). W. Bartholomew (Tunley), 0.
- Entraîneur (5000), ch. al.) â., 70 k. (7/1). M. W. Botten (Booty). 0.
- Ribaude (5000), pche b., 4 a., 68 k. (3/1). M. Robinson (J. Bundy), T.
- Pari mutuel, unité 10 fr., 143 fr.
- Pari mutuel, chevaux placés, unité 10 fr., Altesse, 52 fr.,- Chérubin, 42 fr. 50.
- Paris muxuei, tribunes, unité5 lr., 52 fr.
- Paris mutuel, tribune^, chevaux placés, unité 5 fr., Altesse, 18 fr. 50 ; Chérubin, 22 fr.
- Gagn de deux longueurs ; le troisième à deux ongueurs du deuxième.
- Montant du prix, 3,775 fr.; 500 fr. au deuxième.
- Altesse réclamée, pour 6,850 fr. 50, par son propriétaire.
- Prix Firino. — Sieeple-Chase. — 10,000 fr. pour chevaux de 4 ans et au-dessus. Distance, 4,200 mètres.
- Montgeroult, pn al., par Patriarche et La Hauteviile, 70 k. (4/5). M. Bareysse (Grey), 1.
- Fétiche, ch. b., 5 a., 72 k. (7/4). M. Ephrussi (B. Bundy), 2.
- Précieuse, jt al., â., 72 k. (8/1). Baron Finot. (Long), 3.
- Pari mutuel, unité 10 fr., 18 fr. 50.
- Pari mutuel, tribunes, unités 5 fr., 8 fr. 50.
- Gagné d’une longueur; mauvais troisième.
- Montant du prix, 9,750 fr ; 700 fr. au deuxième ; 175 fr. au troisième.
- Prix Borély.— Course de haies, — Handicap. —4,5G0fr. pour chevaux de 4 ans et au-dessus.Distance, 3,200 mètres.
- Minuit, pche al., 4 a., par Saxifrage et Musette, 72 k. 1/2 (4/1. M. A. Jorel (A Johnson). 1.
- Newmarket, h. b., â., 76 k.1/2 14/1). M. A. Du Bos (Mitchell), 2.
- Chevalier Iï, ch. b., 5 a., 73 k. (3/1). M. Ballei-dier (Newling). 0.
- Bandmaster, pn b., 4 a., 69 k. (5/1). M. E. Fould (Tunley), 0.
- G-ournay, pn b., 4 a., 65 k. (16/1). Cte de Nicolay (R. Bundy), 0.
- Blanchelande, pche b., 3 a., 60 k. (25/1). M. D. Dalboy (Heather), 0.
- Gravier, ch. bb., â., 64 1/2 (7/1). M. F. Sieber (Whelan), distancé.
- Pari mutuel, unité 10fr.,53 fr. 50.
- Pari mutuel, chevaux placés, unité 10 fr., Minuit, 24 fr.; Newmarket, 31 fr.
- Pari mutuel, tribunes, unité 5 fr., 29 fr.
- Pari mutuel, tribunes, chevaux placés, unité 5fr., Minuit, 44 fr. 50; Newmarket, 15 fr.
- Gagné facilement. -•
- Montant du prix, 4,500 fr.; 1,000 fr. au deuxième ; 300 fr. au fonds de course.
- Gravier, arrivé deuxième, a été distancé.
- Prix de Mont fort.— Courses de haies. — A vendre aux enchères publiques. — 2,500 fr. poux-chevaux de 4 ans et au-dessus. Distance, 3,000 mètres.
- Anarchiste (8000), h. bb, 6 a., par Atlantic et Anarchie, 68 k. (7/4). M. Robinson (Bishop). 1.
- Tic-Tac (10000), ch. b., 5 a., 70 k. (5/1). M. Sieber (Whelan), 2.
- Héron (8000), ch. b., 6 a., 68 k. (10/1). M. G. Goût (Wade), 3.
- Le Hérisson(8000), ch. n., â., 68 k. (20/1). M.L. Durosoir (A. Johnson), 0.
- Ermengarde(6000), jt b., â., 65 k. (8/1), Bn Finot. (Mann), 0.
- The Joker (4000), ch. al., 6 a., 62 k. (10/1). M. W. K. Thorn (J. Bundy), 0.
- Prodigue II (6000), pn bb., 4 a., 65 k. (20/1). M. E. Fould (Grey), 0.
- Berryer (2000),ch.al..5a.,60k, (33/4). M.deBac-que ncourt (Basden), 0,
- Extra, (4000), h. al., 6 a., 62 k. (8/1). M. Le Ber-thon (Benson), 0.
- Content (4000), h. b., 6 a., 62 k. (8/1). M. Saffery (Newman), 0.
- Don Gigadas (10000), ch. b., â., 70 k. (20/1). M. Morice Joannes (Le propriétaire), reste au poteau.
- Pari mutuel, unité 10 fr., 34 fr.
- Pari mutuel, chevaux placés, unité 40fr., Anarchiste, 17 fr. 50; Tic-Tac, 18 fr. 50; Héron, 32 fr. 50.
- Pari mutuel, tribunes, unité 5 fr., 19 fr.
- Pari mutuel, tribunes, chevaux placée*, unité 5 fr., Anarchiste, 9fr.; Tic-Tac, 9 fr. 50; Héron 21 fr.
- Gagné de trois quarts de longueur ; le troisième à trois longueurs du deuxième.
- Montant du prix, 3,975 fr.; 33fr. 35au deuxième; 46 fr. 65 au troisième; 50 fr. au fonds de course.
- Anarchiste acheté, pour 8,400 fr., par M. de Boisgelin.
- Prix de Diane. •— Prix Spécial. — Steeple-Chase. — 3,000 fr. pour chevaux de 3 ans. Distance, 3,400 mètres.
- L’Etourdi, pn al., par Eusèbe et La Cigale, 65 k. (8/1). M.G. Ledat (Mousset), 1.
- Haras du Pin, pn al., 65 k. (3/1). M. C. Blanc (Newby), 2.
- Colchique, pche al., 65 k. (5/2). M. C. Blanc (Johnson), -J- 3.
- Homard, pn b., 62 k. (8/4). Cte de Nicolay (R. Bundy),-f- 3.
- Roger Bontemps, pn bb., 65 k. (6/1). Baron Finot (Long), 0.
- Bésigue, pn al., 65 k. (5/1). M. G. Ledat (Morris), 0.
- Dix Huit, pn b., 62k. (33/1). M. G. Ledat (Ma-gee), 0.
- Parx mutuel, unité 10 fr., 142fr.50.
- Pari mutuel, chevaux placés, unité 40 fr., L’Etourdi, 37 fr.; Haras du Pin, 23 fr. 50.
- Pari mutuel, tribunes, unité 5 fr., 46 fr. 50,
- Pari mutuel, tribunes, chevaux placés, unité 5 fr., L’Etourdi, 14 fr.; Hai'as du Pin, 14 fr.
- Gagné d’une longueur et demie; le troisième à deux longueurs du deuxième.
- Montant du prix, 3,575 fr.; 200 fr. au deuxième. *
- COURSES A COMPÏEGNE Dimanche 4 novembre 1888
- Pxix de la Société d’Encouragement. — 3e série. — 3,000 ir. pour chevaux de 3 ans et au-dessus. Distance, 2,000 mètres.
- Sergent-Major, pn bb., 3 a., par Castillon et Sensitive, 55 k. 1/2 (5/4). M. A. J rel (Horan), 1.
- Chlamyde, pche al., 8 a., 54 k. (5/1). M. Dela-marre, (Rolfe), 2.
- Murcie, pche b., 3 a., 54 k, 5/1. M. A. Lupin (Storr), 3.
- Police, pche al., 3 a., 54 k (3/1). G. Cunnington (Kearney), 0.
- Nathalie, pch al., 3 a., 54 k. (5/1), M. G. Ledat (Ashman), 0.
- Cassonade, pche al., 3 a., 54 k. (12/4). Comte G. de Juigné (Hartley), 0.
- Pari mutuel, unité 10 fr., 23 fr. 50.
- Pai-i mutuel, chevaux placés, unité 40 fr., Sergent Major, 21.; Chlamyde, 27 fr. 50.
- Gagné de trois quarts de longueur; le troisième à une demi-longueur du deuxième.
- Montant du prix, 3,200 fr.; 250 fr. au deuxième.
- Prix de Pierrefond.— 3,000 fr. pour chevaux de 3 ans et au-dessus. Distance, 2,300 mètres.
- Bourbonne, pch b., 4 a., par Le Petit Caporal et Bourbonnaise. 54 k 1/2 (6/1). Comte G. de Juigné (Hartley), 1.
- Vert Dragon, pn b., 3 a., 56 k. (4/1). M. E. Deschamps (Kearney), 2.
- Niniche, pche al., 4 a., 54 1/2 (2/1). M. J. Pi'at (G. Bartolomew), 3.
- Fifre, pn b., 4 a., 56 k. (6/5). M. A. Lupin (Storr), 0.
- Pari mutuel, unité, 10 fr., 154 fr. 50.
- Gagné d’une courte tête.
- Montant du prix, 3,400 fr.
- Prix de Royal-Lieu. — Gentlemen-riders. — 2000 fr, pour chevaux de 3 ans et au-dessus. Distance, 2,700 mètres.
- Mandoline, pche al., 3 a., par Salvator et Musette 11,68k. 1/2 (apor .é651/2)(6/4), M. Ephrussi (M. de Breteuil), 1.
- Bannière, pche bb., 3 a., 68 k. 1/2 (4/1). Comte R. de Clermont-Tonnerre (M. H. de Neuville), 2.
- Witchery, pche bb,3 a., 68 k.1/2 (2/1).Th. Carter (M. de Contades), 3.
- Gaffe, pche bb.. 4 a., 75k. 1/2 (a porté 71 k. 1/2) (4/1). M. P. Lorin (Baron Fleury), 0.
- Pari mutuel, unité 10 fr., 19 fr.
- Gagné de trois longueurs ; le troisième à trois longueurs du deuxième.
- Montant du prix, 2,150 fr.; 200 fr. au deuxième.
- Nanie réclamée, avant la course, par le comte R. de Clermont-Tonnerre.
- Mandoline réclamée, pour 6,375 fr. par M. A. Jorel.
- Prix de la Croix-Saint-Ouen.—3,500fr. pour chevaux de 2 ans. Distance, 900 mètres.
- Achille, pn b., par Tristan et Aurore, 56 k. (a porté 56 1/2 (5/1). Duc de Feltre (F. Webb),l.
- Fichtre (5000), pn al., 50 k. (6/4). M. J. Prat (Clout), 2.
- Fercocq, pn al., 56 k (8/1). Duc de Feltre. Crickmere), 3.
- Triboulet (5000), pn b., 50 k (15/1). M. G. Chambry (Maiden), 0.
- Souplesse (5000), pche b., 48 k. 1/2 (a porté 49 k.) (8/1). Marquis Maison (Kitchener), 0.
- Mademoiselle Patapouf (5000), pche bb., 48 k. 1/2 (a porté 49 k. (15/1). Comte De Marois (Ashman), 0.
- Pilote, pn al., 56 k. (15/1). M. A. Jorel (Horan), 0.
- La Foudre, pche b., 54 k. 1/2 (8/1). M. Ed. Blanc (Kearney),,0.
- Christiania, pchebb., 54 k. 1/2 (7/4). M. A. Lupin (Storr), 0.
- Pari mutuel, unité 40 fr., 61 fr. 50.
- Pari mutuel, chevaux placés, unité 10 fr. Achille,30 fr.; Fichtre, 28fr. 50; Fercocq, 46 fr. 50.
- Gagné de deux longueurs ; le troisième à une longueur du deuxième.
- Montant du prix, 4,975 ; 600 fr. au deuxième.
- Prix Jeanne-d’ Arc. — Handicap. — 4,000 fr. pour chevaux de 3 ans et au-dessus. Distance, 4,600 mètres.
- Saint-Martin, pn al., 3 a., par Montargis et Bijou, 50 k. (6/1). M. Ed. Blanc. (W. Gooch), 1.
- Fougère, pche b., 3 a., 52 k. 1/2 (7/4). M. Ephrussi (Horan), 2.
- Phocéen, pn b., 3 a., 52 4/2 (5/1). M. J. Prat (G. Bartholomew), 3.
- Lindor, pn b., 3 a., 47 k. 1/2 (a porté 49 k.) T. Carter (Clout), 4.
- Parbleu, pn b., 4 a., 62 k. (8/1). Ch. Pratt (Rolte), 0.
- Halbran, pn b., 3 a., 54 k. 4/2 (6/4). M. A. Lupin (Storr). 0.
- Plume auVent, pn b. 3 a., 56 k, 1/2 (10/4). Duc de Feltre (Childs), 0.
- Blue Silk, pche bb, 3 a., 45 k. (8/1). Baron de Rothschild (F. Gooch), 0.
- Clara Soleil, pche bb., 3 a., 43 k. 1/2 (a porté 41 k) (10/1). Comte Lafond (Cooke), 0.
- Kyrielle, pche b., 3a, 42 k. 1/2 (a porté 3 k. 1/2) (12/1) M. Herbinière (Maiden), 0.
- Grand Seigneur, pn al., 3 a., 40 k. (a porté 43 k. (12/1). M. A. Lepargneux (Chant), 0.
- Pari mutuel, unité 10 fr., 437 fr.
- Pari mutuel, chevaux placés, unité 10 fr., Saint-Martin, 42fr.; Fougère, 58 fr. ; Phocéen, 19 fr.
- Gagné d’une demi-longueur; le troisième à une demi-longueur du deuxième ; le quatrième à deux longueurs du troisième.
- Montant du prix, 5,100 fr. ; 1,200 fr. au
- COURSES A VINCENNES
- Lundi 5 Novembre 1888
- Prix d’Auteuil. — Steeple-Chase.— 10,000 fr. pour chevaux de 3 ans. Distance, 3,000 mètres.
- Doria, pn b., par Le Petit Caporal et Dosia, 66 k. 1 /2 (2/1). M. E. Fould (Grey), 1.
- Pantin, pn b., 68k. (8/1). Baron Finot (Long)
- 2.
- Intransigeant, pn bb. 63 k. (6/1). Prince J. Murat ^Booty), 3.
- Goliath, pn b., 63 k. (8/4). Prince J. Murat (Lightfoot), 0.
- Vide Gousset, pn al., 63 k. (6/1). M. Schmolk (Basden), 0.
- Fonflon, pn b. 63 k. (4/1). M. Camille Blanc (Newby), 0.
- Grossmann, pn b., 66 k. 1/2 (25/1). Cte J. La-hens (Lawrence), 0.
- Of, pn bb., 60 k. (20/4). M. G. Ledat (Mousset),
- Tracassin, pn b., 66 k. 1/2 (40/1). M. G. Ledat (Morris), T.
- Pari mutuel, unité 5 fr., 17 fr.
- Pari mutuel, chevaux placés, unité 5 fr., Doria, 8fr.; Pantin, 13fr.; Intransigeant, 10fr.
- Pari mutuel, tribunes, unité 5fr., 47 fr.
- Pari mutuel, tribunes, chevaux placés, unité 5 fr., Doria, 8 fr. 50 ; Pantin, 15 fr. 50; Intransigeant, 12 fr. 50.
- Gagné d une encolure; le troisième à huit longueurs du deuxième.
- Montant du prix,9,800fr.; 1,500fr.audeuxième; 450 fr. au troisième.
- #
- * *
- COURSES A VENIR
- Dimanche 11 novembre ; Auteuil.
- Lundi 12 — Vincennes.
- Mardi 13 — Saint-Germa i n.
- Mercredi 14 — Saint-Ouen.
- Jeudi 15 — Auteuil.
- Vendredi 46 — Colombes.
- Samedi 47 — Saint-Ouen.
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- PttONGSUCS
- COURSES A AUTEUIL Dimanche 11 novembre 1888
- Prix des Bastions : Entraîneur.
- Prix Regalia : Le Torpilleur.
- Prix de Montretout : Rabastens.
- Prix de Vincennes: Montgeroult. Prix Lord-Sting : Pantin.
- COURSES A VINCENNES Lundi 12 novembre
- Prix de la Butte : Etoile du soir. Prix de la Tourelle : Diamant.
- Prix de Brunoy : L’Effaré.
- Prix de Consolation : Lumière. Handicap de Clôture: Sergent-Major. Prix du Donjon : Fercocq.
- G. Robinson.
- Le propriétaire-gérant : II. Pexdrié. Imprimerie d’Argenteuil. Ferdinand Le Nindre
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- QUATRIÈME ANNÉE. — N° 202.
- LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE 1889.
- DIMANCHE II NOVEMBRE 1888.—• 1243.
- ANNONCES
- BIBLIOGRAPHIE
- Primordialité de l’Ecriture dans la genèse du langage humain, par Louis Alotte. — Paris, librairie F. Vieweg (E. Bouillon et E. Vieweg, successeurs), 67, rue de Richelieu. — Prix : * francs.
- Dans une étude très condensée sur l'origine du langage, M. Louis Alotte prodigue les arguments les plus sérieux et des preuves indéniables en faveur de sa théorie de la substitution sensorielle. Avec lui, la question jusqu’alors si controversée du langage primordial humain se présente sous un aspect imprévu, et l’on ne peut se dispenser de convenir qu’il sera désormais bien difficile de ne pas admettre que l’écriture a précédé la parole.
- Mais quelles que soient d’ailleurs les objections plus ou moins fondées qui pourront être faites aux idées émises par M. LouisAlotte, il est certain que les pages qu’il a écrites sur un sujet des plus intéressants n’ont rien de banal et méritent grandement d’attirer l’attention du public d’élite à qui elles s’adressent.
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- Le Moniteur des Colonies et des pays de protectorat, qui contient 8 pages de texte et 8 pages d’annexes, publie, en outre, des renseignements commerciaux et maritimes ; les départs des paquebots français pour toutes les destinations; les prix de passages et de fret pour les Colonies le tarif des Douanes coloniales, etc., etc.
- Le Moniteur des Colonies et des pays de pro-ectorat est le seul journal républicain indépendant colonial qui se publie à Paris.
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- A l’occasion de l’Exposition universelle de Barcelone, la Compagnie d’Orléans, d’accord avec les Compagnies de Lyon, du Midi et l’Administration des Chemins de fer de l’Etat, fait délivrer, à toutes les gares de son réseau, depuis le 15 avril 1888, et délivrera pendant toute la durée de ladite Exposition des billets d'aller et retour de toutes classes pour Barcelone, ayant une durée de validité de 30 jours.
- Les prix de ces billets comporteront les réductions suivantes sur les prix des tarifs généraux, savoir ;
- Au départ des stations distantes de Barcelone.
- De moins de 500 kilomètres, 30 0/0.
- De 500 à 1,000 kilomètres, 35 0/0.
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- Ces billets doivent être demandés à la gare de départ quatre jours au moins à l’avance.
- Les billets d’aller et retour sont délivrés par l’i1 inéraire le plus court.Toutefois, les voyageurs peuvent, à leur gré, choisir soit pour l’aller, soit pour le retour, un autre itinéraire abrégeant la durée du voyage. Dans ce cas, les prix des billets sont établis d’après les parcours choisis, et le voyageur est tenu de suivre cet itinéraire.
- An départ de Paris, les prix de ces billets sont par Limoges, Toulouse et Narbonne de :
- lre classe, 169 fr. 30 ; 2e classe, 127 fr. 45 ; 3e classe, 90 fr. 75.
- Départ de Paris, gare d’Orléans, 7h. 45 matin ; arrivée à Barcelone le lendemain à 10h.20matin.
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- CHEMINS DE FER DE L’OUEST
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- La Compagnie des chemins de fer de l’Ouest fait délivrer sur tout son réseau, des cartes d’abonnement nominatives et personnelles, en lre> 2e et 3* classes.
- Ces cartes donnent droit à l’abonné de s’arrêter à toutes les stations comprises dans le parcours indiqué sur sa carte et de prendre tous les trains comportant des voitures de la classe pour laquelle l’abonnement a été souscrit.
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- QUATRIÈME ANNÉE.
- Dimanche 18 Novembre 1888.
- NUMÉRO 203.
- SOMMAIRE
- Les Travaux au Trocadéro et au quai d’Orsay. — Communications officielles et diverses. — Installations diverses. — Les. colonies à l’Exposition de 1889.
- — Les étrangers à’ l’Exposition de 1889. — Échos.
- — L’exposition nationale des cidres et poirés. — L’exposition du Blanc et Noir. — La santé rétablie par l’hydrothérapie et l’aérothérapie. — Le Bon Marché. — Les livres : L'évolution des mondes et des sociétés (suite et fin). — Sport. — Gravures : Le Palais des Arts libéraux (Galeries de l’Ouest).
- La nouvelle Administration du MONITEUR DE L’EXPOSITION a l’honneur d’informer ses abonnés que ses bureaux, situés Cité de l’Alma, n° il, sont à proximité du Champ de Mars, du quai d’Orsay et de l’esplanade des Invalides, c’est-à-dire au centre même de l’Exposition.
- Elle se met à leur disposition pour tous les renseignements dont ils pourraient avoir besoin concernant l’Exposition de 1889 , demandes d’emplacements, installations de vitrines, etc., etc.
- Pour ces renseignements et pour tout ce qui concerne la Rédaction ou l’Administration, s’adresser à M. H. PENDRIÉ, directeur et propriétaire-gérant du MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- LES TRAVAUX
- AU TROCADÉRO ET AU QUAI D’ORSAY
- Depuis quelques jours, les travailleurs ont attaqué sur divers points l'œuvre d’édification des différentes installations qui doivent être établies sur les pentes du Trocadéro et sur le quai même, aux abords du pont d'Iéna.
- A droite du corps principal du palais, c’est d’abord l’établissement du restaurant launaux, un peu au-dessus de l’aquarium, dont les fondations sont en voie de préparation. On procède au nivellement du terrain.
- Plus bas, entre l’avenue d’Iéna et la chaussée du quai, les différentes parties de ce qui consti-tituera l’exposition du ministère des travaux publics sont en bonne voie d’édification. Une partie des murailles est construite et l'on peut déjà se faire une idée de l’importance de cette exposition qui ne manquera pas de retenir l’attention.
- A gauche, et vis-à-vis des constructions précédentes, sera installée la curieuse exposition de l’administration des forêts qui occupera une surface même plus grande que sa voisine. On procède dans ce moment aux nivellements nécessaires et incessamment sera commencé
- l’établissement des fondations des différents bâtiments.
- Plus haut, au-dessus de la chaussée centrale, sera établi le pavillon du secrétariat de l’exposition d’horticulture que doit construire la maison Tricotel, pavillon qui sera lui-même un objet d’exposition. Il sera commencé incessamment.
- Au-dessus, et en face du restaurant Jaunaux, rien encore en construction, ni même en projet. Plusieurs propositions, il est vrai, ont été faites à l’administration : l’une d’elles même est sur le point d’être acceptée, mais rien n’est conclu. Nous nous abstiendrons donc, pour cette raison, de citer aucun nom pour des motifs que l’on comprendra.
- Sur le quai même, en bordure de la chaussée que suivent les tramways de Versailles et de Saint-Cloud, doivent être installées des serres, à droite et à gauche de l’allée centrale montante. De ces constructions, on a commencé déjà à planter quelques pilotis, et il y a lieu d’espérer qu’au premier jour les travaux seront poussés avec activité. D’ailleurs, il n’y a pas péril en la demeure.
- Au bord de la Seine, en contrebas du quai, en amont et en aval du pont d’Iéna, seront placées les expositions du génie civil et des travaux publics dont les travaux d’installation sont commencés. A cet effet, une partie des parapets du quai et du pont ont été enlevés de chaque côté de celui-ci pour permettre la construction des deux passerelles qui, passant au-dessus de la chaussée des tramways, serviront de moyens de communication entre le Champ de Mars et le Trocadéro. Car, en 1889, la chaussée dont s’agit ne sera pas, comme en 1878, interdite au public; on a reconnu, alors, les inconvénients nombreux de cette interdiction et il a été décidé que l’année prochaine pareil fait ne se renouvellerait pas.
- Quant aux expositions dont nous venons de parler, les travaux, ainsi qu’il est dit plus haut, en sont déjà à la période d’exécution. On travaille, sur toute l’étendue du quai inférieur qu’elles devront occuper, à l’aménagement du terrain.
- A plusieurs reprises on a parlé, et ici même, d’installations diverses à établir au Trocadéro : ville bretonne, tour du Temple, etc. Nous devons dire, pour rendre hommage à la vérité, que ces installations n’ont même pas encore existé à l’état de projet véritable, mais seulement à l’état de propositions imaginaires qui font honneur à l’intuition de leurs auteurs; seu-
- lement elles auraient besoin, pour qu’il en soit question davantage, d’être traduites en formules précises et en plans tangibles.
- Ne quittons pas le Trocadéro sans dire que de chaque côté de l’allée montante qui fait face au pont d’Iéna seront établis des vélums à l’abri desquels seront installées une foule de petites expositions particulières relevant, comme de juste, de l’exposition générale d’horticulture dont le siège est au Trocadéro. Ces vélums occuperont toute la hauteur de l’allée et jusqu’au sommet des bassins et chutes d’eau qui sont en contre-bas du palais.
- Si du Trocadéro nous passons au quai d'Orsay, nous constatons . tout d’abord le bon état d’avancement des travaux du port de la rive gauche que l’on construit de la- hauteur de l’avenue de La Bourdonnais jusqu’à l'alignement de l’avenue Suffren, soit sur une longueur d’environ 500 mètres. C’est sur ce port que- sera installée l’exposition maritime et fluviale.
- Sur le pont même, qui est fermé comme l’on sait, à la circulation, depuis le 15 octobre dernier, des travaux de modification aux conduites d’eau et de gaz sont en voie d’exécution en raison de la consommation plus grande qui se fera au Champ de Mars de ces produits de première nécessité. :
- A l’extrémité du pont et en face de la tour Eiffel, la couverture de la tranchée du chemin de fer spécial de l’Exposition s’exécute rapidement.
- Sur le quai, en avant du Champ de Mars, les constructions si intéressantes de l’exposition de XHabitation humaine prennent de plus en plus bonne tournure. Tout le gros œuvre de ces curieuses constructions sera entièrement terminé avant le mois de décembre. On pourra procéder alors tout à l’aise à leur aménagement intérieur.
- A l’extrémité de l’avenue de la Bourdonnais, sur le port, est installé, avons-nous dit dans une précédente revue, le panorama de la Compagnie générale transatlantique, aujourd’hui complètement édifié en tant que charpente et couverture. Nous ne nous attarderons pas à en faire une description qui ressemblerait à celle de nombre d’autres panoramas connus. L’intérêt de cette installation résidera, surtout, dans le genre spécial de reproductions, absolument nouveau croyons-nous, qui y seront établies.
- Au delà de l’avenue de la Bourdonnais, en remontant le quai d’Orsay dans la direction des Invalides, rien de nouveau à signaler dans
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- 1246. — QUATRIÈME ANNÉE.— N° 203.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- DIMANCHE 18 NOVEMBRE 1888.
- les galeries de l’agriculture, si ce n’est la bonne marche des travaux d’édification de la partie annexe de ces galeries située en dehors du quai au-dessus du bas port. Ces travaux ont été poussés activement depuis quelques semaines, et dans quelques jours la charpente entière et la couverture en seront achevées.
- Signalons, en terminant cette revue, la prise de possession par la circulation,depuis le 14 courant, de la partie de la place de l’Alma (rive gauche) qui a déjà été exhaussée pour donner passage en dessous au chemin de fer de l’Exposition. La partie restée basse de la place est livrée, depuis cette même date, aux entrepreneurs chargés de la construction de ce chemin de fer, MM. Gaillot et Gallotti, et, certainement, dans peu de temps le nivellement général de cette place sera un fait accompli, à la grande joie, ajouterons-nous, de tous les habitants du quartier et de toutes les personnes, chaque jour plus nombreuses, qui se rendent au Champ de Mars par l’avenue Rapp ou à l’Ecole militaire par l’avenue Bosquet.
- H. Pendrié.
- et diverses
- Circulaire
- i) M. le Président du Comité de la Section III de_ VExposition rétrospective du Travail et des Sciences anthropologiques
- Monsieur,
- L’objet de l’Exposition rétrospective du Travail et des Sciences anthropologiques a été indiqué avec trop de précision et d’autorité dans la lettre de Monsieur le Président de la Commission supérieure , pour qu’il soit utile que j’insiste, à mon tour, sur le point de vue général de cette grande entreprise.
- Il m a paru néanmoins nécessaire, en vous adressant le programme de la Section III, qui concerne l’histoire des arts et métiers, d’appeler votre attention sur l’intérêt particulier qui s attache à notre œuvre, en vous priant de nous y aider par tous les moyens qui sont en votre pouvoir.
- Cette Exposition, remarquez-le bien, est absolument nouvelle et, pour la mener à bien, notre Comité doit pouvoir compter sur le concours d’auxiliaires dévoués et compétents, en France comme à l’étranger.
- Les expositions rétrospectives faitesjusqu'à ce jour ont, en effet, plutôt mis en évidence les produits intéressants ou remarquables de l’industrie des différentes époques de l’histoire de la civilisation, aussi les autres sections de l’histoire rétrospective du travail et des sciences trouveront-elles, pour la plupart, un grand nombre d’éléments déjà préparés par ces expositions, faciliteront singulièrement leur tâche.
- Nous avons, nous, Comité de la Section III, à rechercher surtout les matériaux, les outils, les piocédés de fabrication mis en œuvre pour obtenir tous les produits dont il vient d’être question et d'autres encore.
- Nous savons sans doute qu’il existe un certain nombre de musées industriels dans lesquels sont conservés religieusement des outils et deo métiers qui ont ete employés avant ceux que nous voyons dans les ateliers modem s. C’est sur ce s musées que nous comptons le plus, mais nous ne nous dissimulons pas que, même avec leur concours, il restera encore bien des lacunes à combler, et nous supposons que nombre de sociétés industrielles ou techniques, d’architectes, d’ingénieurs, d’agriculteurs, de constructeurs, de fabricants, d’érudits et en général de collectionneurs, attirés par leurs études ou Lurs tendances personnelles vers telle ou telle branche de l’industrie humaine
- ont en leur possession d’intéressants objets et des documents dont le rapprochement serait tout à la fois attrayant et instructif.
- Dans bien des cas, d’ailleurs, et notre règlement général l’a admis explicitement, les produits des arts industriels trouveraient également leur place dans notre exposition à côté des métiers qui ont servi à les obtenir. Enfin, il existe certainement des recueils, des collections de gravures ou de dessins qui répondraient à certaines parties de notre programme et qui, souvent même, suffiraient, à défaut de modèles, pour combler des lacunes que nous devons prévoir, comme je viens de le dire un peu plus haut.
- Mon devoir, en m’adressant à vous, Monsieur, au nom du Comité de la Section III, était de vous fournir ces explications que je compléterai en vous informant que le transport des objets qui nous seraient confiés pourra, dans certains cas et dans la mesure du possible, rester à la charge de l’Exposition universelle de 1889, et vous n’aurez pas à supporter les dépenses occasionnées par leur gardiennage. J’ajoute enfin que le local destiné à les recevoir, et dont le projet nous a été remis par les soins de M. le Directeur de l’exploitation et de M. l’architecte Sédille, chargé des installations, ne laissera rien à désirer sous le double rapport de la commodité et de la décoration.
- J’espère que vous voudrez bien porter les divers renseignements que nous vous adressons à la connaissance de toutes les personnes que vous savez en état de concourir à l’œuvre éminemment utile que nous poursuivons.
- Je vous serais particulièrement reconnaissant, en m’accusant réception de cet envoi, de vouloir bien me désigner nominativement ces personnes et, autant que possible, de m’indiquer la nature des objets qui sont en leur possession et quelles seraient disposées à confier au Comité de la Section III.
- Le Président du Comité de la Section III de VExposition rétrospective du Travail et des Sciences anthropologiques,
- A. Laussedat,
- Directeur du Conservatoire national des Arts-et-Métiers.
- Réunion du Comité de la Presse Le comité de la Presse s’est réuni le mercredi 7 courant au Pavillon de la Presse, sous la présidence de M. Hébrard; il a voté une résolution par laquelle le bureau devra préparer une réglementation pour les entrées du pavillon, et a décidé que le restaurateur-concessionnaire devrait fournir un déjeuner à prix fixe. M. le président a annoncé que la maison Damon et Kriéger avait bien voulu se charger gracieusement de l’ameublement du pavillon, et que M. Raingo ornerait le pavillon avec les magnifiques bronzes de sa maison.
- Congrès
- Le comité d’organisation du congrès national de la Mutualité, qui doit se tenir à Paris en 1889, s’est réuni à son siège social, 61, boulevard de Strasbourg, sous la présidence de M. le sénateur Maze.
- M. Arboux, secrétaire général, a énuméré les nombreuses adhésions déjà réunies à Paris et dans toutes les régions de la France ; il a présenté un résumé des travaux qui ont eu lieu pendant les vacances.
- M. Maze a fait connaître que, dans son récent voyage à Saint-Etienne et à Lyon, il avait constaté une grande ardeur pour l’étude des questions de mutualité et qu’un nombre considérable de présidents de sociétés de prévo}rance lui avaient annoncé l’intention ferme de participer au congrès.
- MM. Dugas, président de l’Union du Havre, et Dreux, président du syndicat de Tours, ont été nommés correspondants du comité; M. Da-vriîlé des Essards, président de la Société mutuelle du 16e arrondissement de Paris, a été élu secrétaire en remplacement de M. Copoix démissionnaire.
- INSTALLATIONS DIVERSES
- Exposition rétrospective du travail La section III de l’exposition rétrospective du travail fait appel aux chefs d’industries, aux collectionneurs, aux amateurs d'objets d’art, et à toutes personnes qui seraient disposées à lui prêter leur bienveillant concours en lui envoyant les objets et les documents de toute nature relatifs à l’histoire des arts et métiers. Cette section est chargée de recevoir, dans le palais des Arts libéraux, les matériaux, les outils, les métiers, les machines, et de mettre en évidence les procédés de fabrication et les produits obtenus aux différentes époques, à partir du moyen âge jusqu’à l’année 1878 et même à titre d’exception, au delà ; en un mot de donner l’idée la plus complète possible des progrès successifs de l’industrie humaine. Les communications devront être adressées à M. le colonel Laussedat, président de la section, directeur du Conservatoire national des arts et métiers, 292, rue Saint-Martin, Paris.
- Montage des vitrines
- Le 1er janvier commencera, pour être terminé le 15 février, le montage des vitrines qui devront figurer à l’Exposition universelle. Par une circulaire adressée hier aux présidents des comités d’installation, M. Berger les informait de cette décision. Dans trois mois donc, les objets d’exposition commenceront à être introduits dans l’enceinte. La même circulaire engage les comités des puissances étrangères à suivre l’exemple de l’Angleterre dont les travaux d’installation sont assez avancés pour que le montage des machines puisse commencer dès le 1er janvier prochain.
- D’autre part, M. Berger s’occupe actuellement de l’organisation et du fonctionnement du service de la manutention intérieure.
- Exposition anthropologique L’anthropologie n’avait pas jusqu’ici de place à part dans les expositions ; sur la demande qui lui a été adressée par la société, l’école et le laboratoire des hautes études anthropologiques, le ministre de l’instruction publique et des beaux-arts a décidé qu'un emplacement spécial serait affecté en 1889 à ces trois établissements scientifiques que Broca désignait sous le nom d’institut anthropologique.
- LES COLONIES
- A l’exposition de 1889
- MADAGASCAR
- La résidence générale de Madagascar s’occupe activement de l’envoi de produits du pays pour l’Exposition. Une des curiosités de l’exposition malgache sera un plan de la ville de Tana-narive que M. Le Myre de Villers fait dresser par les officiers de l’escorte et le lieutenant Martini e, attaché militaire. C’est un travail considérable et qui a présenté les plus grandes difficultés, mais dont le succès récompensera, largement nos officiers.
- TONKIN
- On lit dans l’Avenir du Tonkin du 22 septembre dernier :
- Nous sommes heureux d’apprendre que la participation de l’Annam et du Tonkin à l’Exposition de 1889 préoccupe très vivement les esprits dans les sphères gouvernementales à Paris.
- Une lettre, adressée le 28 juillet dernier par M. le sous-secrétaire d’Etat au ministère de la marine et des colonies à M. le gouverneur général de l’Indo-Chine, demande de faire connaître, d’urgence, par télégramme, d’assez longs
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- QUATRIÈME ANNÉE.— N° 203. LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- détails sur les travaux préparatoires des comités locaux, les crédits définitivement arrêtés, la superficie des bâtiments à construire, l’importance des collections qui seront envoyées, etc.
- En outre des produits du sol et des objets de fabrication , M. le sous-secrétaire d’Etat est d’avis qu’il convient de faire figurer, à TExpo -sition coloniale, certaines industries, de reproduire, dans la limite du possible, des scènes de la vie indigène, de façon à mettre sous les 3reux de nos compatriotes un tableau aussi exact qu il se peut de notre pays.
- Afin d’arriver à ce but, il est nécessaire, dit-il, que des travailleurs viennent exercer leurs métiers sous les yeux du public : une galerie du travail, comme celle qui fut installée à l’Exposition de Hanoï, en 1887, outre qu’elle offrira un spectacle pittoresque, mettra bien en valeur l’intelligence des populations.
- « Nous devons faire, dit M. le sous-secrétaire d’Etat, tous nos efforts pour que cette exhibition révèle llndo-Chine sous son véritable jour, et la venue dJun certain nombre dTndigènes contribuera pour beaucoup à gagner, en France, la cause de ces colonies nouvelles. »
- Voilà certes de bonnes et encourageantes paroles; aussi le comité de l’Exposition a-t-il mis un redoublement d’ardeur et d’activité dans l’accomplissement de la tâche qu’il a commencée.
- Parmi les dispositions déjà prises par le comité exécutif fonctionnant à Hanoï, nous pouvons parler des suivantes, en dehors de celles que nous avons publiées précédemment.
- Un village annamite sera créé à l’Exposition. S. E. le Kinh-luoc veut bien se charger de désigner lui-même un certain nombre de familles prises dans le groupe ouvrier le plus intéressant de Hanoï, tels que : fondeurs, laqueurs-boîtiers, doreurs, brodeurs, incrusteurs, forgerons-armuriers, menuisiers-ébénistes, sculpteurs, dessinateurs, bijoutiers, etc., ainsi que quelques musiciens, danseuses et chanteuses annamites. Le village sera construit par les intéressés qui auront pris avec eux, à bord du transport, tous les matériaux nécessaires : bambous, nattes, paillottes, etc. Une pagode s’élèvera au milieu de ce village.
- L’armée indigène sera représentée par des tirailleurs tonkinois, des spahis et des gardes civils.
- Les gardes indigènes habiteront un casernement à l’entrée du village, les tirailleurs tonkinois occuperont un fortin construit absolument comme ici, casernements, fortifications, mirador, etc., par les soldats eux-mêmes.
- S. E. le Kinh-luoc, qui doit se rendre à Paris, aura comme escorte un certain nombre de spahis montés sur des chevaux annamites.
- Des pourparlers sont engagés avec des Chinois qui désirent se charger d’installer à Paris le théâtre chinois et un service de pousse-pousse.
- La troupe sera, croyons-nous, composée de 120 exécutants; le local pourra contenir 600 spectateurs.
- Des jeux d’échecs avec personnages et des petits spectacles seront donnés par les indigènes indépendamment des représentations théâtiales.
- Le Grand-Bouddha sera moulé et figurera dans la partie réservée aux collections concernant le culte.
- Indépendamment des dispositions prises par le comité, il est venu certaines propositions émanant des colons.
- M. Voisin propose d’installer à Paris un café franco-tonkinois.
- M. Schneider désire monter un atelier d’imprimerie à la française, mais composé exclusivement d’Annamites.
- M. Viterbo demande un local pour y envoyer des ouvriers menuisiers-ébénistes, charpentiers, sculpteurs, afin de bien faire ressortir la production dans cette branche avant notre arrivée au Tonkin, et ce que les Annamites peuvent faire aujourd’hui, sous sa direction, soit poulie meuble annamite, soit pour le meuble français.
- Le journal VAvenir du Tonkin demande un emplacement pour y installer un bureau.
- 11 fera paraître, pendant toute la durée de l’Exposition, une feuille hebdomadaire illustrée {Tonkin-Expo sition) renseignant le public sur tout ce qui aura trait à l’exposition indo-chinoise.
- Enfin, le transport partant vers le milieu d’octobre emportera un premier convoi de collections diverses dont l’emballage vient d’être commencé.
- M. Ch. Lemire n’acceptant pas le mandat qui lui a été confié, M. Aymonnier, actuellement en congé à Paris, a été proposé à M. le gouverneur général pour remplir les fonctions de commissaire à l’Exposition pourl’Annam et le Tonkin.
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- LES ÉTRANGERS A L’EXPOSITION
- DE 1889
- ANGLETERRE
- On mande de Londres, en date du 2 de ce mois :
- Le comité de la section indienne à l’Exposition de Paris s’est réuni hier, à la Société des arts, sous la présidence de sir G. Birdwood.
- lia étéconstatéque les demandesdes exposants dépassaient déjà le nombre des places dont le comité dispose à l’Exposition.
- D’autre part, nous apprenons qu’à la dernière réunion de la cour du Common Council, le lord-maire a donné lecture d'une lettre du comité d’économie sociale, par laquelle la section britannique de l’Exposition de 1889 sollicite la coopération de la cour.
- La requête a été renvoyée à la commission générale comme très importante.
- DANEMARK
- Le ministère de l’intérieur de Danemark a fait savoir au comité de participation des Danois à l’Exposition universelle de Paris que le gouvernement ne serait pas représenté officiel}, lement et que l’Institut danois n’y participerait pas non plus. -Le gouvernement est d’ailleurs prêt à seconder au point de vue pécuniaire les entreprises privées à l’Exposition, et l’on espère qu’il se chargera de fournir la moitié des 180,000 couronnes (248,400 fr.) qui sont nécessaires.
- La question de la participation des artistes danois a été traitée le 25 dans une réunion qui a abouti à la nomination d’un comité formé de 6 peintres,de 3 sculpteurs et de 3 architectes. On fera appel à tous les artistes. Chacun d’entre eux ne pourra exposer que quatre œuvres
- ESPAGNE
- La chambre de commerce de Madrid vient de nommer un comité exécutif pour l’Exposition de Paris. L’architecte, M. Mélina, qui était allé à Paris dresser le plan de l’emplacement réservé à l’Espagne, a présenté son travail et a déclaré que cet emplacement était bien restreint pour contenir les produits qui y étaient destinés.
- Le comité exécutif de l’Exposition de Paris va adresser une circulaire importante aux chambres de commerce espagnoles, pour les engager vivement à prendre part à l'Exposition.
- ITALIE
- Le bruit court que, dès l’ouverture des Chambres, un grand nombre de députés présenteront un projet de loi demandant que le gouvernement concoure, par une somme de 500,000 francs, à l’Exposition nouvelle de Paris, en raison du nombre considérable d’artistes, d’industriels et de producteurs qui se sont déjà fait inscrire pour prendre part à cette Exposition.
- L'Italie, journal officieux du gouvernement italien, confirme cette nouvelle et dit que si l’Italie n’a pas cru devoir prendre part à l’Exposition de Paris, son gouvernement n’en est pas moins décidé à favoriser et à soutenir de tout
- DIMANCHE 18 NOVEMBRE 1888 — 1247.
- son pouvoir ceux de ses nationaux qui désirent y prendre part.
- Elle ajoute les réflexions suivantes, caractéristiques, croyons-nous :
- « Les craintes qu’on a éprouvées que la tranquillité et la sécurité de nos concitoyens pussent être troublées à Paris pendant l’Exposition sont dénuées de tout fondement. De même, il n’est pas exact de dire que le fait d’être présenté par un comité au lieu de l’être par le gouvernement puisse valoir moins de considération aux exposants dans le premier cas que dans 1 autie. »
- « La date de l’Exposition, dit en terminant Yltalie rappelle un grand événement, mais elle est surtout une glorification du progrès dans les arts, dans l’industrie et dans le commerce.
- « La France invitant tous les peuples, quelle que soit la forme de leur gouvernement, à célébrer le glorieux centenaire, a voulu donner à l’Exposition un caractère essentiellement pacifique, celui d’une fête de la civilisation.
- « Pour cela,nous conseillons à tous nos concitoyens de prendre, à l’Exposition de 1889, une part digne de nos progrès et de notre pays.»
- Le Secolo, qui reproduit les lignes ci-dessus, en les commentant, ajoute qu’en dehors des bonnes intentions que manifeste, quoique tardivement, son confrère de Rome, il est un point sur lequel il exprime des craintes qui ne sont pas fondées. LItalie, en effet, dans l’article que nous avons cité, donnait à penser que le nombre des exposants italiens disposés à prendre pxrt à l'Exposition de Paris n’était pas important.
- « Eh bien, répond le Secolo, les demandes faites jusqu’à ce jour dépassent le quintuple de l'espace disponible accordé à l’Italie pour les industries diverses seulement. De ce chef, dit-il, nous avons droit à 2,000 mètres cubes, les demandes sont déjà de 2,800 mètres pour les mobiliers artistiques, de 4,000 mètres pour la vitrerie et la cristallerie, de 1,200 pour la céramique, de 500 pour les bronzes et ferrures artistiques, de 500 pour les objets de fantaisie, de 750 pour la bijouterie.
- Pour les machines,toutl’espaeeest occupé et il faudra espacer en dehors des galeries les échelles de sauvetage, les nombreuses constructions des sociétés de chemins de fer de l’Adriatique et celle du même genre de la maison Miani et Silvestri, de Milan.
- « Pour les arts libéraux, les demandes sont demandes sont immenses. Tout l’espace destiné aux produits alimentaires, aux vins, fruits et légumes, est retenu. Entre autres, dans cette section, figurera un tonneau, sans pareil à ce jour,de la contenance de 70,000 litres, envoyé par les négociants de BarL sous 1 égide de la chambre de commerce, d accord, à cet effet, avec le comité.
- « Les exposants donc ne manquent pas, dit le Secolo en terme de conclusion, il ne manque plus à présent que l’appui et le concours promis par le gouvernement. »
- Ainsi, disons-nous nous-même. Seulement, dans ce cas, il sera curieux de constater la contradiction nouvelle dans laquelle tombera l on Crispi qui prêche la guerre d’une part, et qui, à l’appel du monde travailleur de son pays, est obligé de s’incliner devant cette force désormais irrésistible : la civilisation.
- ECHOS
- Le banquet de l’hôtel Continental
- Discours de AI. le ministre du commerce
- Mercredi soir, à l’hôtel Continental, a eu lieu le banquet que nous avons annoncé dans notre dernier numéro, sous la présidence de M. Pierre Legrand, ministre du commerce et de l’industrie, offert au haut personnel de l’Exposition de 1889, par les comités d’installation.
- On remarquait à la table d’honneur, à la droite du ministre : MM. Méline, président
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- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- DIMANCHE 18 NOVEMBRE ï888.
- delà Chambre des députés ; Alphand, directeur général des travaux ; Grison, directeur des finances ; Poirrier, président de la Chambre de commerce de Paris ; Ambroise Thomas, Dutert et Bouvard, architectes de l’Exposition ; David Dautresme, chef du cabinet du ministre du commerce ; et à la gauche du ministre : MM. Teisse-renc de Bort, sénateur ; Berger , directeur de l’exploitation ; Macau, président du tribunal de commerce ; Charles Prevet, député; Darlot, président du Conseil municipal ; Formige, architecte de l’Exposition ; Eiffel, Félix Faure, député, etc.
- Au dessert, M. Mézières, député, membre de l’Institut, a porté la santé du président de la République, du ministre du commerce et du personnel de l’Exposition.
- M. Pierre Legrand lui a répondit. 11 Ta remercié du toast porté à M. le président de la République et s’est associé aux éloges décernés aux directeurs généraux :
- « Vous me permettrez, a-t-il ajouté, d'associer dans ce toast cette pléiade d'ingénieurs, d’architectes, d'artistes occupant tous un rang dans les sciences et dans les arts, et qui, modestement et patriotiquement, nous donnent un concours si précieux.
- « En nous réunissant tous aujourd'hui, vous avez voulu marquer une nouvelle étape dans la marche en avant.
- « C’est un spectacle réconfortant, Messieurs, que de voir réunis autour de nous des représentants de tous les partis, des hommes oubliant les querelles de la politique et travaillant ensemble à une œuvre qui doit assurer la grandeur de la patrie.
- « Vous nous avez déjà beaucoup aidés, Messieurs, et au nom du gouvernement de la République je vous en remercie; mais, permettez-moi de vous le dire, vous pouvez faire plus encore.
- « Allez porter dans vos départements les sentiments de paix et de concorde qui vous animent et continuez à faire une vigoureuse et saine propagande en faveur de l’œuvre à laquelle vous coopérez avec nous.
- « Et qui sait, après les succès obtenus, après la victoire remportée dans cette bataille pacifique, après avoir appris sur le terrain du travail à mieux nous connaître et à nous estimer davantage, qui sait si nous ne serons pas parvenus à apaiser bien des haines, à faire cesser bien des malentendus I
- « Dans tous les cas, Messieurs, nous aurons bien travaillé pour la France et nous pourrons nous féliciter d’avoir agi en bons et dévoués citoyens. »
- *
- * é
- Concerts de l’exposition de Blanc et Noir
- Dimanche soir,salle comble au Blanc et Noir. Soirée très réussie et succès des plus mérités pour Mlle J. Duet et M. Lopez qui ont chanté avec goût et entrain plusieurs fantaisies espagnoles.
- Le nombre des sièges étant insuffisant, on a dû se livrer au pillage des chaises des Champs-Elysées.
- L’éclairage du Blanc et Noir est une heureuse innovation. Les œuvres exposées n’y perdent rien, au contraire, et au moins le public a le temps de les voir.
- Le monde élégant a décidément adopté le Pavillon de la ville de Paris comme lieu de rendez-vous aux concerts quotidiens de 3 à 6 heures, ainsique pour les concerts des jeudis et dimanches soir.
- * *
- L’exposition annuelle de l’Union des femmes sculpteurs et peintres
- Cette exposition annuelle, la huitième, aura lieu, comme les précédentes, au palais des Champs-Elysées, dans le courant de lévrier 1889.
- Les sociétaires seront convoquées en assemblée générale en décembre prochain. Les nou-
- velles inscriptions sont reçues au siège de la société, 147, avenue de Villiers.
- *
- Un nouveau tissu
- On fabriquait jusqu’à ce jour de la bière avec du houblon. Cela va changer, paraît-il, on en fera désormais de la toile, ce qui ne se ressemble guère, avouez-le.
- Un industriel vient, en effet, de tenter une expérience qui a parfaitement réussi. Il a retiré des tiges de houblon une matière textile analogue à celle du chanvre, qui, tissée, a donné de la bonne et belle toile de couleur jaune foncé, que l’on peut parfaitement faire blanchir.
- * *
- Le tulle à l’Exposition internationale de 1889
- Sous ce titre, on lit dans le Patriote du Calaisis, du 11 de ce mois :
- Nos lecteurs n’ont pas oublié la lettre que nous avons publiée il y a quelques .mois relativement au refus des fabricants de Nottingham de participer collectivement à notre Exposition prochaine, sous le faux prétexte qu’elle était faite pour célébrer le centenaire de la Révolution.
- On se rappelle aussi que ce refus avait été signifié au Lord-Maire de Londres, lequel avait prié le maire de Nottingham d’user de tout son crédit pour engager les fabricants de cette cité industrielle à former une section particulière à Paris.
- A ce sujet, notre correspondant anglais nous apprend que des fabricants, qui ne se sont pas laissés influencer par les opinions outrées de MM. John Jardine et Weinberg et qui ont compris que le commerce n’avait pas à s’occuper de politique, ont décidé de se faire représenter à l’Exposition de 1889.
- Parmi eux, nous pouvons, dès maintenant, citer MM. T. Oliver et fils, dont la maison est aujourd’hui l’une des premières en Angleterre pour la fabrication des riches dentelles en coton.
- M. Oliver fils, qui est à la tête des affaires, est un homme jeune encore, plein d’énergie et qui sait se rendre compte que, pour être aimé en France, pour avoir large ouverte la porte de nos marchés, il ne faut pas essayer de rompre, comme d’autres l’ont essayé, les relations amicales que la République veut entretenir avec l’Angleterre.
- Au mérite de sa fabrication, M. Oliver joint le mérite du parfait gentleman qui, laissant de côté les questions irritantes de la politique, sait se rappeler que Français et Anglais ont souvent marché ensemble sur les mêmes champs de bataille, et sait comprendre qu’il doit en être de même sur le terrain économique où l’Allemagne menace de tout accaparer.
- On ne donne jamais trop de publicité aux actes méritoires ; c’est pourquoi l’initiative de M. Oliver, initiative qui produira des fruits, ne pouvait passer sans recevoir des éloges que nous ne marchandons jamais aux bonnes actions, fussent-elles le partage de nos plus redoutables concurrents.
- Le Concours de musiques de l’Exposition de Barcelone
- Le 15 de ce mois, a eu lieu le grand concours international de musiques que nous avons annoncé. Y ontpris part, entre autres sociétés musicales françaises, celles dont les noms suivent: l’Harmonie lyonnaise, de Lyon ; le Cercle or-phéonique du commerce, de Limoges ; l’Union philharmonique, d’Agen ;la Clémence Isaure, de Toulouse ; le Cercle musical de Bergerac.
- Le 5 décembre prochain aura lieu le concours des sociétés chorales pour lequel sont inscrits : L’Ecole nationale de musique de Cette ; l’Orphéon narbonnais, de Narbonne ; les Enfants de Muret ; l’Orphéon de Céret ; l’Orphéon de Rivesaltes ; l’Union philharmonique, d’Agen ; les Enfants villeneuvois, de Yilleneuve-sur-Lot ; la Société chorale d’Avignon ; la Lyre, de l’Isle-
- en-Jourdain ; la Société chorale de Toulouse ; l’Orphéon de Carbonne ; la Société chorale de Sainte-Foy-la-Grande.
- * *
- Le voyage de MM. de Lesseps
- MM. Ferdinand et Charles de Lesseps poursuivent leur vigoureuse campagne en faveur de l’achèvement de l’œuvre de Panama. Partout en France, comme nous l’avons constaté déjà, le plus chaleureux accueil a été fait au Grand Français et à son fils.
- En dernier lieu, à Nantes, où ils étaient le 12 courant, la conférence qu’ils y ont faite a été pour eux l’objet d’une enthousiaste ovation. Voici, en effet, en quels termes une correspondance de Nantes, rend compte de cette excellente soirée :
- Nantes, 12 novembre.
- M. Ferdinand de Lesseps et M. Charles de Lesseps, venant de Lorient, sont arrivés à Nantes hier matin, à 10 h. 1/2.
- A la gare les attendaient : l’adjoint au maire, remplaçant le maire, actuellement à Paris, plusieurs conseillers municipaux, le président delà chambre de commerce et plusieurs de ses membres, une délégation de la Société de géographie, le comité des actionnaires de Panama.
- Après un discours de bienvenue, les voyageurs se sont rendus à l’hôtel de France, où ils ont reçu, dans l’après-midi, un grand nombre de visiteurs, parmi lesquels : M. le général Forge-mol, le président du tribunal de commerce, les membres de la chambre de commerce avec leur président, la société des ingénieurs civils, la compagnie des agents de change de Nantes, les membres delà Société nantaise de géographie, le comité des actionnaires de Panama, et un très grand nombre de personnalités civiles, militaires et ecclésiastiques.
- Après un dîner intime chez M. Laennec, correspondant de la Compagnie de Panama, MM. de Lesseps se rendent au Grand-Théâtre, précédés par la Société philharmonique qui joue ses morceaux les plus alertes aux lueurs des torches, traînant après la voiture du grand Français, une foule compacte qu’on peut évaluer à dix mille personnes. A 8 heures a lieu la conférence. Le théâtre est tellement envahi qu’on redoute des accidents ; en effet, près de quatre mille personnes se sontent assées dans une salle quine contient que quinze cents places numérotées ; mais tout le monde est debout, la scène regorge de monde, comme la salle, et la loge du préfet comme les autres est bondée au point que le préfet, M. Glaize, et son secrétaire général sont refoulés et pressés sur le devant de leur loge.
- Depuis le commencement des tournées de MM. de Lesseps, jamais enthousiasme n’a été aussi grand. La conférence de M. Charles de Lesseps, bien qu’elle dure deux heures, a un succès énorme et les acclamations accueillent ses dernières paroles.
- A la sortie du théâtre, la place Groslin est entièrement recouverte d’une foule compacte qui réclame la présence de M. Ferdinand de Lesseps au balcon de Thôtel de France; le grand Français paraît et, en agitant son chapeau, répond aux acclamations de la foule par un vixrat à l’adresse des Nantais.
- Aujourd’hui, la matinée a été employée à la visite des Chantiers de la Loire, où se construisent une partie des écluses pour le compte |de M. Eiffel. Trois écluses d’amont sont déjà terminées ; une est entièrement montée et se dresse au milieu du chantier ; deux autres sont démontées et prêtes à être expédiées. Chaque écluse ne forme qu’une seule porte immense en tôle et cornières assemblées, mesurant 24 mètres de longueur, 3 mètres d’épaisseur et 10 mètres de hauteur, elle pèse 230 tonnes, se démonte en 110 morceaux et déplace 750 mètres cubes.
- Il reste à construire cinq autres écluses qui seront terminées dans cinq mois.
- Voilà des détails qui sont de nature à rassurer complètement les actionnaires et obliga-
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- QUATRIÈME ANNÉE. — N° 203. LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE 1889.
- taires sur l’achèvement prochain des travaux dn canal.
- A 7 heures, un banquet de soixante-dix couverts & été offert à MM. de Lesseps. Plusieurs toast ont été portés à la santé des voyageurs et à la réussite de leur oeuvre, notamment par M. le président du tribunal de commerce ; par M. Liguières, adjoint au maire et président de la Société de géographie ; par M. le président du comité des actionnaires ; par M. Schwob, directeur du Phare de la Loire, au nom de la presse locale ; par M. Fouquier, délégué de l’Union des actionnaires de Paris qui, il y a quelques mois n’était qu’un actionnaire hésitant, et qui, depuis un voyage récent à Panama, est un actionnaire convaincu et enthousiaste.
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- La statue de la Liberté éclairant le monde
- A l’île des Cygnes, viennent de commencer les travaux destinés à l’installation du socle qui doit recevoir une réduction de la gigantesque statue de la « Liberté éclairant le monde », inaugurée il y a deux ans à New-York. Cette statue sera placée juste au milieu de la Seine, en aval de la troisième pile du pont de Grenelle. Elle sera reliée à 171e des Cygnes par une jetée donnant accès aux visiteurs, et dominera le fleuve de toute sa hauteur, qui doit être de 35 mètres. Ce ne sera pas le moindre attrait de l’Exposition de 1889.
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- Les effets du régime protectionniste
- Du 1er janvier au 30 septembre 1888, les recettes des douanes du royaume d’Italie ont été inférieures de 27.091.707 francs sur celles de la période correspondante de 1887. Naturellement, ce fait se rapporte à la rupture des relations commerciales entre la France et l’Italie depuis le 1er mars dernier.
- La contrebande est à l’époque de l’âge d’or, dit le Bulletin de la Chambre de commerce française de Milan qui nous apporte ce renseignement.
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- Clôture du grand concours de Bruxelles
- La clôture de cette exposition et la distribution des récompenses ont eu lieu le 31 octobre dernier, sans autre incident.
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- Exposition du jubilé d’Athènes
- La série des fêtes organisées dans la capitale de la Grèce en l’honneur du vingt-cinquième anniversaire de l’avènement du roi Georges a été inaugurée le mercredi 31 octobre par un temps splendide. Nous aurons l’occasion de donner quelques détails sur l’exposition qui a été ouverte à cette occasion et qui, paraît-il, est des plus brillantes.
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- EXPOSITION NATIONALE
- DES CIDRES & POIRÉS
- Les installations de cette intéressante exposition se poursuivent et se complètent chaque jour.
- Le jury des fruits vient d’être nommé. Il se •compose des membres dont les noms suivent :
- MM. Cornu, professeur au Muséum, président.
- Nanot, maître de conférences à l’Institut national agronomique, secrétaire-rapporteur.
- Ernest Baltet, pépiniériste à Troyes, membre.
- Nous croyons à propos, au sujet de cette exposition, de reproduire ici quelques extraits
- d’une curieuse notice sur la consommation du cidre â Paris, qu’un Normand de distinction, M. le comte de Contades, a récemment publiée dans le Bulletin de la Société scientifique d’Argentan. Ces détails historiques sont certainement aussi instructifs que peu connus :
- « La consommation du cidre, dit M. de Contades, augmente à Paris chaque année, et ce n’est pas sans une véritable vanité provinciale que nous lisons à la devanture de tous les cabaretiers : bon cidre de Normandie.
- (( Voilà du reste deux cents ans au moins que notre cidre de Normandie est apprécié et bu à Paris. Nous trouvons en effet dans la première feuille d’annonces parisiennes, le Journal des Avis et des Affaires de Paris, contenant tout cecqui s’y passe tous les jours de plus considérable pour le bien public, l’avertissement suivant, à la date du 7 septembre 1676 :
- Boisson Normande
- « DuLundy7 septembre. Tout le monde n’est « pas né pour le vin : les uns ayment la « bière, les autres chérissent le cidre comme « un remède mesme salutaire pour le corps cc humain : ceux qui auront donc inclination « pour ce dernier, on en sçait de bon au milieu a de la Ville, et qui vient des meilleurs endroits « de Normandie, sans aller chercher si loin « vers la porte Saint-Denis. On sçaura le lieu « dans le bureau d’adresse, et le nom de la rüe, cc quand on en aura besoin (lj. »
- « Nous aimons à voir que, dès ce temps-là, notre boisson habituelle était considérée comme salutaire pour le corps humain ; regrettant toutefois que, dans l’annonce, elle soit même élogieusement qualifiée de remède. Voilà vraiment, surtout à cette époque, qui rappelle trop le fameux ensuit a pur g are de Molière !
- « Mais, hygiène ou gourmandise, où ceux qui chérissaient le cidre pouvaient-ils en trouver en 1676 ? On le sçavoit bien au bureau d’adresse estably chez le sieur Colletet rüe du Meurier, proche S aint-Nicolas-du-Char donner et ,-mais le sieur Colletet s’était imposé la profitable règle de ne jamais donner, dans son bulletin, d’adresses au complet. Il fallait donc, avant de parvenir à la boutique, dont l’annonce alléchait forcément, passer au bureau de la gazette (2). )>
- L’auteur nous rappelle que notre grand Mé-zeray était amateur de bon cidre et qu’il allait en boire chez maître Le Faucheur, cabaretier de La Chapelle. Trente ans plus tôt, le Rouen-nais Saint-Amant qui C( savait par cœur tous les vignobles de France et leurs divers degrés de bonté, après avoir déclaré dans une épître à M. de Pomtménard, que le jus de la vigne était divin, avait avoué, dans un caprice, au comte de Brionne, que celui des pommes valait assurément mieux. »
- Dans un prochain numéro nous donnerons des détails sur l’exposition même du quai d’Orsay dont, nous le constatons avec plaisir, le nombre des visiteurs augmente chaque jour.
- (1) Voy. le Journal cle Colletet, premier petit journal parisien (1676), avec une notice sur Colletet, gazetier, par Arthur Heullard. Paris, le Moniteur du Bibliophile, 1878, in-4°, p. 118.
- (2) Colletet gardait, en annonçant du vin de Champagne, la même discrétion intéressée : « Un bourgeois de Paris vend en détail d’excellent vin de Reims en Champagne, et le donne à 12 sous la bouteille ; il en a aussi à 10 et à 8 sous la pinte. Le dit vin est de son propre crû, et Von enseignera au bureau sa demeure, » Le bureau d’adresse fut, en novembre 1676, transféré « sur le grand quai de l’Horloge du Palais, qui regarde celui de la Mégisserie, et qui aboutit d’un bout au Cheval de bronze, et de l’autre à la rue du Harlay. »
- DIMANCHE 18 NOVEMBRE 1888. — 1242.
- BEAUX-ARTS
- EXPOSITION DE BLANC ET NOIR
- Au Pavillon de la Ville de Paris
- (CHAJIPS—ÉLYSÉES) (1).
- (Suite.)
- J’avais ouï dire que l’on ne devait envoyer que deux œuvres dans chaque genre ; évidemment voilà qui importe peu, mais n’eùt-il pas mieux valu, malgré la valeur incontestable de certaines œuvres, appliquer strictement le réglement que de reléguer des œuvres intéressantes à trois mètres de hauteur et plus ?...
- Certainement on reconnaît dans les œuvres de M. Darnois le soin et la sincérité de son maître ; ces vues de Metz, du Château d’O, de La Chevalerie, du Château de Lassay, le Vieux puits de Bannalec, et la Grande rue de Montmerrey qui nous a plus particulièrement frappé sont empreintes d’un charme auquel se joint l’exactitude. — Voici encore un artiste qui présente six numéros, M. Sjiith a certainement un beau bagage et ses études variées d’effets sont toutes pleines de coloris, nous citerons surtout: Le Soir au village, Vieux et la Femme au rouet. M. Jacquin n’a qu’un seul cadre de cinq croquis, tous traités avec cette précision qui lui est habituelle.
- Une des bonnes pages à remarquer est certainement ce cadre de huit têtes si différentes les unes des autres, dont la physionomie est si parlante et les types si précis que l’on ne peut méconnaître le talent deM. Archaimbault devant les Lauréats du Conservatoire de 1888.
- Plusieurs fusains de M. Acker rappellent la bonne manière de Lalanne et on peut voir dans ses six numéros qu’il a bien profité des leçons du maître : Le Moulin, Hiver et l’Etang son pleins de coloris.
- Deux cadres de dessins et deux cadres contenant plusieurs fusains par Eug. Bellangé montrent combien cet artiste consciencieux est imbu des principes de son regretté père ; ce dessin serré et correct sent l’étude approfondie de la nature prise sur le vif Le N° 54 Souvenir du Siège de Paris, petits croquis intimes nous font trop souvenir de ces «jours néfastes pour que nous les oublions jamais.
- Les deux cadres Dessins pour la Loire présentés par M. Chapon sont d’une sincérité et d’une pureté telle que nous sommes assurés d’avance de voir cet artiste parmi les lauréats.
- Le Portrait de M. A. par Mme Pauline Cœf-fier est d’une expression rare, dans ce crayon on reconnaît l’habileté de Léon Cogniet. Notons aussi le portrait deM, Ch. Grandmougin par Mlle Marie Grandmougin, les beaux portraits et Têtes de fillettes par Mme Cl. Paulier et les Impressions de Voyage par Mlle Doris Hitz ainsi qu’une porcelaine, Fileuse, par Mlle L. Dobigny.
- M. DELAUNAYnous montre treize Vues de Par is qui sont sans doute une publication du vieux Paris, car nous y retrouvons, d’une exécution parfaite, l’ancien pont Notre-Dame avec la pompe qui servait autrefois à l’élévation des eaux et qui depuis bien longtemps a disparu.
- Les deux fusains de M. Dien sont très doux de tons, mais quoique bien rendus, manquent de fermeté. — Par contre les têtes expressives exposées par M. Douillard sont pleines d’expression et d’un dessin solide, il en est de même de celles envoyées par Mlle Hatton. Marché à Guérande par M. Grigny est un fusain bien croqué dessiné avec beaucoup de précision qui serait tout à fait parfait avec un peu plus de fermeté aux premiers plans.
- Parmi tous les cadres de croquis, il en est beaucoup devant lesquels le public passe indifférent, mais on s’arrête volontiers devant les dessins de M. Grillet, voilà de bons croquis. Les fusains de M. Karl (Robert)sont d’une fac-
- (1) Voir les numéros des 4 et 11 novembre.
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- 12 50 — QUATRIÈME ANNÉE. — N° 203
- LE MONITEUR DE L’eXPq^ ^9
- Le palais des Arts libéraux, dont nous donnons aujourd’hui la vue d’une des nefs principales, est la reproduction à peu près exacte du palais des Beaux-Arts, dont nous avons parlé et publié une gravure dans notre numéro du 16 septembre dernier.
- Comme celui-ci, le palais des Arts libéraux se compose d’un dôme central flanqué de deux grandes nefs construites avec des fermes articulées et aux côtés desquelles sont disposées deux galeries moins élevées et de moindre largeur chacune.
- Mais si dans leur ensemble et aussi dans leurs dimensions générales les deux palais des Beaux-Arts et des Arts libéraux sont en tout semblables, il n’en est pas de même de certaines parties de leur construction. C’est ainsi que le nombre et la disposition des fermes articulées qui constituent la charpente principale des grandes galeries diffèrent d’un palais à l’autre, comme nous le verrons plus loin.
- Disons, tout d’abord, que la partie du palais des Arts libéraux qui nous occupe est celle située du côté ouest du dôme (côté Seine), et qu’elle a formé le 4e lot des cinq auxquels a donné lieu l’adjudication des deux palais. Ce lot a été adjugé à MM. J. de Schryver et Cie, d’Hautmont, une des plus importantes usines de la région nord de la France.
- La vue que nous donnons aujourd’hui est prise de l’angle du dôme situé du côté du pôle central du Champ de Mars et embrasse tout l’intérieur de la grande nef, contrairement à la gravure que nous avons publié le 16 septembre du lot de MM. Mu-nier frères, du palais des Beaux-Arts, qui ne laissait voir que l’extrémité extérieure de cette nef et une partie des galeries latérales.
- Sur la gravure ci-jointe, il est plus facile de se rendre compte de la contexture des grandes nefs qui sont, avec les dômes, les parties essentielles des palais des Beaux-Arts et des Arts libéraux. Mais, ainsi que nous l’avons donné a entendre plus haut, cette contexture n’est pas absolument pareille dans les deux palais. C’est ainsi que dans celui des Arts libéraux les grandes fermes articulées ne sont plus qu’au nombre de quatre dans chaque nef au lieu de cinq dans les nefs du palais des Beaux-Arts.
- Par suite, leur disposition varie également et, tandis que dans ce dernier les fermes articulées sont respectivement éloignées de 6m,75 et 8m,50 de la ferme pignon extérieure et de celle qui confine au dôme, au palais des Arts libéraux ces distances sont de 15m,80 et 17”,55. C’est-à-dire qu’ici il y a interversion des piliers droits intermédiaires et des fermes articulées, celles-ci prenant la place des premières et réciproquement. Mais, par contre, l’écartement entre elles des grandes fermes reste le même dans les deux palais, 18”, 10, et comme entre ces fermes sont intercalés des piliers intermédiaires, les uns et les autres se trouvent ainsi placés à 9”,05 de distance. Seuls les piliers droits extrêmes ne sont plus qu’à 6m,75 et 8”,50 de la ferme-pignon extérieure et de celle qui eonfine au dôme, c’est-à-dire exactement à la même place qu’occupent, au palais des Beaux-Arts, la première et la cinquième fermes articulées.
- LE PALAIS DES
- (GALERIES
- I
- RTS LIBERAUX
- OUEST)
- DIMANCHE l8 NOVEMBRE 1888. — 1251,
- CHl
- Comme on le voit, sans l'interversion des piliers droits et des grandes fermes, la disposition générale de la galerie principale serait la môme.
- Comme conséquence de cette différence d’établissement- des fermes articulées, les pannes de la toiture 11'ont pas, non plus, la même longueur à chacune des extrémités de la nef dans l'un et dans l’autre pa-
- VUE DES GALERIES DE L'OUÏT Construites par MM. J. DE ‘
- (D’après une photographie de F
- "ïf
- lais. Au palais des Beaux-Arts, elles ont elllt’d
- au palais des Arts libéraux, elles ont rGSÉ®^llelll(4 15”,80 et 17”,55, celles intermédiaires ayant na uie la môme longueur que l’écartement des granucs
- A part les différences que nous venons de v r
- toutes les autres dimensions du lot de MM. de -j. s sont semblables à celles que nous avons reUA t le lot de MM. Munier frères. C est ainsi que la p
- Valais des arts libéraux
- T Ce,]- d’Hautmont (Nord). r°phe, SI, rue des Fleurs, Paris.
- adiculées est dans l’un comme l’autre de 51m,30 Y a^e des tourillons d’appui, de 52”,80 en dehors en dedans du corps de la ferme. La hauteur ^Us du sol est également, à l’axe du tourillon )llr> de 28”,875, et de 28”,20 en dessous et 29”,15 j'L de l'armature, soit pour la hauteur de celle-
- ’l>°s de CGS fermes, donnons un détail que nous llls en parlant du palais des Beaux-Arts. Le petit
- axe de l’ellipse dont fait partie chaque arbalétrier des grandes fermes mesure 32”,50, le grand axe 105 mètres, soit pour celui-ci un peu plus que le double ue l’écartement des piliers. Il n'est pas de notre ressort d’expliquer les raisons techniques qui ont fait adopter ces courbures et l’écartement des points d’appui correspondants, nous n’y insisterons donc pas.
- Qu’iLnous suffise dejconstater une fo is de plus quelle ingéniosité, quelle science ont présidé à l’adoption de ce nouveau système de ferme.
- Comme au palais des Beaux-Arts, avons-nous dit, de chaque côté de la grande nef sont établies, dans celui des Arts libéra ux, aeux galeries latérales dont les dimensions principales sont les suivantes : largeur entre piliers, 14”,19, entre axes des piliers, llm,55; hauteur du plancher au-dessus du sol, 7 mètres ; hauteur totale au sommet delà toiture, 20 mètres. Ces galeries sont appuyées extérieurement sur neuf piliers droits de 20 mètres de haut et correspondant exactement aux quatre fermes articulées et aux cinq piliers intermédiaires de la grande nef. Les ext rémités reposent, d’une part sur des colonnes à soubassement en pierre de taille, à l’extérieur, et, à l’intérieur, sur les fermes-pignon établies, l’une vers le dôme, l’autre du côté opposé.
- La longueur totale de la partie qui nous occupe du palais des Arts libéraux est de 88 mètres à l’intérieur. Mais, tandis qu’au palais des Beaux-Arts la nef et les galeries dont nous avons parlé font seule partie du lot adjugé à MM. Munier frères. MM. J. de Schryver et Cie ont eu à construire en plus une galerie transversale, dite galerie de la Seine, qui est placée à l’extrémité de la grande nef et fait ainsi le pendant de la galerie Rapp qui relie le Palais des Beaux-Arts aux galeries des expositions diverses. Cette petite galerie dont la vue est cachée sur la gravure par les échafaudages,a 13m,90de largeur intérieure et 15 mètres entre axes des piliers. Elle repose extérieurement et intérieurement sur quatre piliers droits espacés de 9”,20 et placés en dedans des piliers de ferme et, à chaque angle, sur des piliers à base de maçonnerie qui font partie de deux pavillons d’angle qui termineront les galeries latérales longitudinales et celle dont , nous venons de parler.
- En tant que charpente, contexture et hauteur, la galerie de la Seine est semblable aux galeries latérales. Comme celles-ci, notamment, elle aura son plancher intermédiaire disposé à la même hauteur.
- Sous l’intelligente direction du représentant de MM. de Schryver, dont nous regrettons de ne pouvoir donner le nom, les importants travaux dont nous venons de faire la description ont été accomplis, car ils touchent à leur terme, avec toute l’activité et la régularité désirables. Pour donner une idée de cette importance, il suffît de dire que le tonnage total des fers employés dans cette partie du palais des Arts libéraux est d’environ 2 millions de kilogrammes.
- Comme au palais des Beaux-Arts, chacune des fermes articulées pèse 54,000 kilogrammes, ce qui explique l’imposante construction d’échafaudages que l’on voit sur la gravure.
- Actuellement, ces échafaudages n’existe plus, la grande nef peut être admirée dans son ensemble, la couverture déjà, posée permet de juger de l’effet que produira ce magnifique vaisseau qui, sans avoir l’immensité de celui de la galerie des machines, unique en son genre, n’en présente pas moins une œuvre de mérite réel.
- Aussi, prenons-nous la liberté de féliciter sincèrement MM. J. de Schryver et Cie d’avoir mené à bien cet important travail.
- II. P.
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- 12^2.— QUATRIÈME ANNÉE.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- DIMANCHE 18 NOVEMBRE T888.
- N° 20 q.
- ture particulière et d’une sûreté de main remarquable: Les sept leçons d’après nature dénotent une grande habileté et une connaissance approfondie des harmonies de la nature- Notons un beau Portrait au fusain par Mlle Koch et arrêtons-nous devant les dessins de M. Krieger, dix-sept Vues de Rouen, d’une hardiesse étonnante et d’une grande justesse d’exécution; et n’oublions pas, dans la galerie latérale, la série douze dessins, Animaux d’après nature et fantastiques, qui sont d'une composition habile
- M. Eug. Lejeune que nous ne trouvons pas au livret a envoyé Une Mendiante à Falgoat, A la Fontaine et Jeune Bergère, trois œuvres crayon noir habilement traitéts.
- Croquis de voyage par M. Maglin sont bien soignés ainsi que l’envoi de M. Parquet, Illus-ration pour la Gazette des Chasseurs. Dessins divers, titre sans prétention, par M. O’Colla-ghan, sont traités avec un sentiment élevé qui dénote une grande admiration de la nature.
- La Main chaude, d’après Roybet, est un dessin à la plume exécuté avec beaucoup de finesse par M. Pecrée.— Placer une œuvre remarquable à une hauteur extraordinaire sous un faisceau de drapeaux est peut-être une faveur, mais nous ne la goûtons pas, et aimerions mieux apprécier toutes les qualités que nous connaissons à M. Serrandat de Belzim qu'il a si bien réunies dans son grand fusain Première séparation. Ses autres envois sont heureusement moins mal placés.
- M. Simon a été plus heureux et ses quatre beaux fusains sont en situation d’être admirés comme ils le méritent. Joie et tristesse, crayon par M. Vientejol, est une page saisissante de la vie réelle que l’on retrouve à chaque pas ; — effet de lumière très bien étudié. Les Croquis parisiens de M. Vauthier sont pleins de mouvement et d'une bonne exécution ainsi que le Port de Nantes dont la perspective est bien comprise.
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- LA SANTÉ RÉTABLIE
- PAR L’HYDROTHÉRAPIE ET L’AÉROTHÉRAPIE Avec les Appareils WALTER-LÉCUYER
- Après avoir été en faveur chez certains peuples de l’antiquité, l’emploi médical de l’eau fut complètement délaissé par les médecins du moyen âge, qui ne parurent même pas soupçonner les effets curatifs de ce traitement. Ce n’est guère qu’au cours des deux derniers siècles que l’on rencontre quelques rares praticiens le préconisant dans certains cas spéciaux.
- Aujourd’hui les médecins les plus éminents sont tous d’accord pour vanter les bienfaits de l’hydrothérapie en hygiène et en thérapeutique. L’action de l’eau froide sur le corps est reconnue comme constituant le plus puissant modificateur de l’organisme.
- Il fallait pour mettre l’hydrothérapie à la portée de tous, imaginer un appareil vraiment pratique qui permit de prendre la douche chez soi, sans dérangement et sans aide.. Il fallait encore que cet appareil donnât le moyen d’obtenir sur place, avec une puissance de pression égale à celle des eaux de la Ville, toutes les variétés de douches que l’on a à sa disposition dans les établissements spéciaux.
- Tout cela existe dans le système de M. Walter-Lécuyer, et c’est ce qui explique son immense succès.
- Ce grand industriel est parvenu à condenser dans un seul appareil les principaux jets usités dans les établissements : douches en pluie, en cercles, en éventail, en lames, en gros et petits jets, douches brisées, douches écossaises, etc. La puissance de projection atteint trois atmosphères. Ce système est d’une extrême solidité, ne se dérange jamais, se démonte et se remonte sans ouvrier : une
- femme peut même en faire le service. On peut le disposer partout, et l’eau de la douche s’écoule dans un réservoir intérieur sans mouiller le plancher.
- A l’hydrothérapie, il faut ajouter l’aérothé-rapie, qui, bien que moins connue n’en est pas moins sortie de la période de tâtonnements et d’essais dans laquelle elle est restée jusqu’à ce jour, pour arriver à un état de développement qui va être très fécond en résultats bienfaisants pour certaines maladies, malheureusement aussi graves que nombreuses !
- Il serait trop long de faire l’historique de la question et de décrire les différents appareils imaginés pour arriver à redonner aux poumons leur fonctionnement normal, ce qui est le but principal de l’aérothérapie. Tout le monde connaît ces appareils à air comprimé, dans lesquels le malade est enfermé une heure ou deux, qui rendent des services marqués.
- Nous devons faire remarquer que, seul, M. Walter-Lécuyer a su trouver un système répondant aux différents desiderata de l’aéro-thérapie. Ses appareils remplacent l’action des diverses stations d’altitude où l’on envoie les malades, en produisant à volonté un air plus ou moins chargé d’oxygène.
- Çarmi les maladies traitées avec le plus de succès par l’aérothérapie, figurent les affections des voies respiratoires, les affections de poitrine et la phtisie. Elle n’est pas moins t efficace pour combattre l’anémie. Diverses ' autres affections sont encore combattues avec succès par cette nouvelle médication et le corps médical a l’impérieux devoir de ne pas négliger ce moyen curatif aussi commode qu’il est énergique.
- Tous ces appareils d’hydrothérapie, d’aérothérapie pour inhalations d’air comprimé, d’acide fluorhydrique, de gaz oxygène, etc., sont exposés au Palais de l’industrie, au premier étage, près le salon oriental, et pour en apprécier le maniement facile, on peut les voir fonctionner tous les jours dans les magasins de M. Walter-Lécuyer, 138, rue Montmartre, en face la rue Joquelet.
- Les plus hautes récompenses ont été décernées à ces appareils dans toutes les Expositions et nous sommes heureux de constater ici '^ue le diplôme d’honneur qu’il vient d’obtenir à l’Exposition de sauvetage et d’hygiène a été décerné par un Jury dont la haute compétence médicale est indiscutable.
- Le mérite de M. Walter-Lécuyer ainsi reconnu démontre surabondamment que ses appareils sont appelés à rendre tous les jours de grands services qui, du reste, sont démontrés par ceux que la thérapeutique en reçoit constamment.
- A. R.
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- LE BON MARCHÉ
- Solde et occasions en nouveautés d’hiver
- Chaque année, avant que les grandes froidures se soient fait sentir, avant qu’on ait eu le temps de songer à la fin de cette année qui se marque pour tous par des joies ou des douleurs, qui recommence par des espoirs et qui donne lieu à tant de souhaits et à tant d’étrennes, tous les ans, à la même époque, le Bon Marché fait une grande exposition de soldes et occasions de nouveautés d’hiver.
- A cette exposition exceptionnelle, tant à cause des prix auxquels tout est vendu, qu'en en raison de la quantité et de la qualité des articles exposés, quelques heures passées dans les immenses magasins, admirablement aérés, vastes, élevés, très bien éclairés, laissent une impression qu’on ne saurait rencontrer nulle part ailleurs au même degré. On en revient émerveillé, délicieusement attiré. C’est l’impression qui toujours se dégage après la contemplation du
- beau artistique dans ses applications pratiques et usuelles.
- Le visiteur doit tout d'abord s’arrêter sur les soieries. La variété la plus grande s’oflre à tous ses regards; failles françaises attestant la supériorité et la suprême élégance de notre fabrication nationale, draps de soie, cachemire, peau de soie.surahet taffetas, sont tout simplement des merveilles. Solidité, élégance, bon marché tou}, vous attire, vous tente et vous convainc. Vous voyez se déroul er les plus magnifiques tissus de de ce genre ; les splendides satins noirs, les tissus dits bengaline, étincelle, sicilienne, la moire antique de plus en plus à la mode, à des prix exceptionnellement avantageux d'une qualité incomparable, attirent les visiteuses comme les plus gracieux mirages de la nature animée.
- Plus loin, les velours tramés, ou tout soie, C’est là une des gloires de la fabrication française. La peluche, touies nuances, miroite à la lu mière du jour comme auxfeux du soir,demille tons chatoyants et chauds, avec de doux reflets qui s’harmonisent avec tous les goûts et flattent tous les regards. Ce sont là de merveilleuses étoffes pour confectionner des manteaux d’hiver.
- Vous est-il advenu, parfois, dans le cours de votre vie, d’admirer les nuances des feuilles qui tremblent au bout des branches et dont la couleur varie suivant les saisons, ou bien encore les effets de la lumière du jour ou du soleil couchant sur les êtres, sur le ciel et sur les choses? En toute âme élevée il existe des aspirations vers le beau sous toutes ses formes, des admirateurs pour l’art humain quand il sait rendre et reproduire les merveilleuses tonalités de la nature. Eh bien ! en parcourant l’exposition du Bon Marché, vous sentirez renaître en vous ces admirations. Les couleurs appliquées aux étoffes s’harmonisent, se mélangent, se nuancent et se fondent dans un admirable ensemble. Soieries de couleur, failles pour jupes et garnitures, soieries bengaline et Victoria, veloutine, taffetas glacés, surah, moire française et antique ressemblent à un parterre émaillé de mille fleurs aux nuances innombrables et caressantes.
- On ne saurait trouver qu’au Bon Marché un semblable assortiment d’étoffes aussi fines, élégantes et de bon goût. C’est le choix le plus complet de velours et peluches unis de couleur, de peluche loutre pour manteaux, de peluche peau de loutre à fond glacé imitant la fourrure de loutre. Ajoutons à cette nomenclature la peluche ciselée loutre pour manteaux riches, les velours de fantaisie les plus variés, le pékin velours du nord, velours écossais, velours Cluny à motifs variés et du meilleur goût, le velours ciselé qui est la dernière expression de l’art mondain et de la richesse appliqués au vêtement féminin.
- Les soieries blanches composent un comptoir spécial. On trouve là tout ce qui s’est fait de mieux dans le genre : bengaline, satin, veloutine, peau de soie, surah, damas, brocarts, velours ciselé blanc pour toilettes de mariées ou de soirée qui miroitent délicieusement à la lumière des salons mondains.
- Une nomenclature de tous les articles exposés à cette mise en vente deviendrait fatigante en se prolongeant. Qu’il suffise de savoir qu’on y trouve tout ce qui concerne la toilette féminine tant en étoffes, soiries et lainages, qu’en costumes confectionnés ou mi-confectionnés, robes de chambre, jupes, jaquettes, le tout d’une qualité parfaite, à des prix les plus avantageux.
- Les costumes de voyage offrent aussi des occasions remarquables : petits effets de draperie à carreaux et rayures, cheviottes anglaises, rayures de tout genre soie ou laine, de la plus haute nouveauté.
- Le comptoir des lainages est admirablement assorti d’étoffes de haut goût : Orléans, mo-haires, moires et pachas anglais, mérinos et cachemire d’Écosse pour robes et châles de deuil, armures damassées, brochés, crêpes français pour confections et robes de grand deuifi
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- QUATRIÈME ANNÉE.— N° 203. LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- drap moscovite en grande largeur, popelines de Lyon rayées satin, etc.
- A noter encore pour costumes de soirée les gazes unies, les gazes rayées soie de qualité supérieure, les gazes brochées soie à dessins riches, les satins gaufrés à chaîne soie, d’un tissu très fin et de haute nouveauté.
- Enfin, au comptoir de draperie et flanelles, des coupons de toutes nuances et de tous prix offrent un grand choix aux visiteurs.
- Un rayon tout spécial et qui mérite une attention particulière demande qu’on s’y arrête, il s’agit des articles et vêtements pour hommes et enfants. C’est là qu’on aime à s'habiller parce que la qualité des étoffes est exceptionnelle, la confection parfaitement soignée et d’une solidité à toute épreuve.
- Signalons quelques articles absolument remarquables de ce rayon. Le pardessus à pèlerine pour jeune garçon, article en drap uni, toutes nuances,doublures satin de Chine extra; les costumes complets cadets, veston, gilet et pantalon, doublures satin de Chine; les costumes marin, veston croisé en cheviotte bleu marine ou noire; le pardessus pour homme en taupeline unie et marengo, doublure satin de Chine extra; les pelisses drap noir, entièrement fourrées, chat russe, col et parements castor d’Amérique ; le pantalon du Bon Marché, en drap fantaisie toutes nuances, d’une coupe irréprochable à 15fr.50; les ulsters à pèlerine mobile en diagonale fantaisie, carreaux, doublures tartan.
- Redingotes, habits de soirée, vestons d’appartement, robes de chambre, costumes de chasse, livrées, chapeaux, cravates, chemiserie et bonneterie, en un mot, tout ce qui concerne le vêtement d’homme se rencontre à ce rayon à des prix qu’on ne trouverait nulle part ailleurs. Il n’y a en cela rien d’étonnant, étant donnée l’immense extension d’affaires du Bon Marché, sa puissance de centralisation de tout ce qui se rattache à l’art et à la perfection dans la mode, le vêtement, la nouveauté, l’ornementation et le confortable dans l’habitation et les choses usuelles de la vie.
- Il faut, pour en arriver à ce point, une organisation exceptionnelle, parfaite en tous ses rouages les plus compliqués, telle qu’ont su la réaliser les inoubliables fondateurs du Bon Marché et que savent la continuer leurs infatigables successeurs.
- Baille.
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- LES LIVRES
- ITEvoIution des Mondes et des Sociétés (1), par Camille Dreyfus, 1 vol. in-8° de la Bibliothèque scientifique internationale, chez Alcan, ancienne librairie Germer-Baillière (suite).
- M. Dreyfus est de l’école des grands transformistes contemporains, des Darwin, des Zabo-rowski, des Hækel.
- Ils ne voient pas entre l’homme et l’animal de différences spécifiques, de solution de continuité; c’est là le point difficile à faire accepter ; aussi accumulent-ils pour l’établir les preuves les plus convaincantes : parallélismes entre l’embryogénie et la phylogénie qui consiste à montrer que les phases de la vie utérine reproduisent en quelques mois les formes par où sont passées les espèces à travers les siècles pour aboutir à l’homme ; comparaisons entre les hommes inférieurs et les animaux supérieurs qui consistent à établir que beaucoup d’hommes sont moins intelligents que quelques animaux. Ces arguments appuyés sur une abondance prodigieuse défaits, ne laisse pas que d’émouvoir notre sentiment; mais, pour satisfaire l’amour-propre piqué par une pareille assimilation, Hækel s’exprime ainsi, en terme piquants quoique allemands : « Il paraît plus flatteur pour nous de descendre d’un être supérieur et divin.... L’Église l’a compris, avec son esprit sophisti-
- (1) Voir le Moniteur des 4 et 11 novembre.
- que, elle qui a glorifié cet orgueil ridicule en l’appelant « humilité chrétienne » ; et ces mêmes hommes qui éloignent avec dédain cette idée d’être issus d’un animal et s’appellent «enfants de Dieu » aiment à se vanter de leur «humilité servile ». En général, dans la plupart des sermons qui touchent à la théorie de l’évolution, la vanité humaine et l’imagination jouent un rôle dominant, et quoique nous ayons hérité des singes cette faiblesse de caractère il faut tout de même avouer que nous la possédons plus développée qu’eux à ce point que nous en avons perdu tout bon sens. Nous rions de la sottise enfantine que la vanité des ancêtres des races nobles a transmis depuis les beaux jours du moyen âge aux descendants actuels, et il y a dans la plupart des hommes une forte dose de cet orgueil nobiliaire parfaitement illégitime. De même que l’on aime mieux dans un arbre généalogique se rattacher à un baron ou à un prince renommé qu’à un pauvre paysan, ainsi nous aimons mieux descendre d’un Adam déchu par sa faute, que d’un singe capable de développement et de progrès. Ceci est affaire de goût ; des inclinations généalogiques il ne faut pas discuter. Je dois cependant confesser que pour ma part, je suis aussi fier de mon grand père paternel qui n’est resté qu’un simple bûcheron silésien que de mon grand-père maternel qui, d’une petite magistrature rhénane, s’est élevé aux plus hautes fonctions de l’Etat... »
- Cette théorie entraîne de grandes conséquences. Qu’est l’intelligence humaine? Une fonction du cerveau. Comment expliquer les plus pures croyances religieuses, les manifestations les plus hautes de l’homme et des sociétés? Elles s’expliquent comme les phénomènes physiques, par les lois de l’évolution : elles ne sont que des résultats acquis naturellement et logiquement transmis par l’hérédité à travers les générations humaines.
- De même que la terre et la mer nous offrent des types d’animaux disparus, des espèces inférieures effacées par d’autres, de même la géographie et l’histoire nous présentent des types d’hommes et de sociétés considérablement dépassés par la civilisation actuelle.
- Où s’arrêtera ce progrès? Quelle direction va prendre l’évolution humaine dont les savants racontent les phases, depuis ses origines jusqu’à nos jours ? La loi de l’évolution, en tant que loi scientifique, devrait nous permettre de prévoir l’avenir, de nous faire une idée de la destinée réservée à l’humanité et à l’homme. Le problème n’a été que timidement attaqué par les évolutionnistes et M. C. Dreyfus ne le pose pas; il s’en tient scrupuleusement au programme qu’il s’est imposé : « Il se garde de la métaphysique! Il ne discute pas les causes, il ne fait que passer en revue et coordonner les faits établis : il ne se dissimule pas pourtant les lacunes du système, les fissures que présente l’édifice. Pour que le monisme évolutionniste fût inattaquable, il ne faudrait pas la moindre rupture, le moindre arrêt dans cette longue chaîne des choses et des êtres, il faudrait que la science éclairât toutes les transitions et expliquât pourquoi, à chaque degré de l’échelle, quelque chose de nouveau a apparu; sans doute la science ne désespère pas d’arriver à cette suprême et complète explication ; l’intrépidité des expérimentateurs, le courage des minutieux analystes de la vie permettront d’atteindre le but cherché ; notre siècle est le siècle des délicates monographies comme des audacieuses synthèses.
- En attendant que ce but soit atteint, la théorie de l’évolution ne peut être encore la loi universelle, l’explication définitive des choses, le secret même de la nature, mais seulement le cadre grandiose du savoir humain.
- A. S.
- Professeur agrégé de V Université
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- SPORT
- RÉSUMÉ DES COURSES PASSÉES
- Les courses plates ontvécu... jusqu’au mois de mars prochain uù elles feront leur réapparition avec un nouvel éclat.
- Vincennes et Saint-Ouen ont donné lundi et
- DIMANCHE 18 NOVEMBRE 1888. — 1253.
- mercredi les deux dernières représentations de ce sport, cher aux Parisiens.
- Plus de cent-vingt chevaux ont paru sur ces deux hippodromes, donc le succès a dépassé toutes les prévisions.
- Dire que dans ce lot considérable on rencontrait des animaux de premier ordre serait téméraire, et je ne crois pas que les premiers sujets de l’année y aient figuré.
- Ils sont au repos.
- Nous les verrons, au printemps prochain, dans les grandes poules.
- Jusqu’à cette époque nous n’aurons à nous occuper que des courses d’obstacles.
- C’est maigre.
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- COURSES A AUTEUIL Dimanche il novembre
- Prix des bastions. — Steeple-chase. — A vendre aux enchères publiques. — 3,000 fr. pour chevaux de 4 ans et au-dessus. Distance, 3,200 mètres.
- Please Yourself (10000), ch. b., 5 a., parPlu-tus et Teacher, 67 k. (3/1). J. Barker (T. Bar-ker, 1.
- Altesse (6000), pche al., 4 a., 67 k. (7/1). Vicomte de Jumilhac (Basden), 2.
- Luther (6000, h. al., â., 68 k. (10/1). M. C, Blanc (Newby), 3.
- Rameur (4n00), h. b., â., 68 k. (11/2). Cte A. de Contades (Benson), 0.
- Ribaude (4000), pe b., 4 a., 65 k. (3/1). M. Robinson (Booty), 0.
- Entraîneur (2000), ch. al., â., 64 k. (10/1). M. W. Botten (Brockwell), 0.
- Giselle (6000), jt. b., â,, 68 k. (10/1). Cte J. de Madré (J. Bundy), T.
- Extra (10,000), h. al., 6 a., 64 k. (12/1). M. Le Berthon (Skiles), T.
- La Pommerie (4000), pche b., 4 a., 63 k. (16/1). M. P. Dervillé (Gilpin), T.
- Pari mutuel, unité 10 fr., 36 fr. 50.
- Pari mutuel, chevaux placés, unité 10 fr., Please Yourself, 19 fr. ; Altesse, 24 fr. ; Luther, 28 fr. 50.
- Pari mutuel, tribunes, unité 5 fr., 28 fr. 50.
- Parinutuel, tribune, chevaux placés, unité 5 fr., Please Yourself, 10 fr. 50 ; Altesse, il fr. ; Luthier, 19 fr. 50.
- Gagné de deux longueurs ; le troisième à six longueurs du deuxième.
- Montant du prix, 4,800 fr. ; 113 fr. 50 au deuxième ; 37 fr. 50 au troisième ; 150 fr. au fonds de course.
- Please Yourself acheté, pour 10,300 fr., par M. Camille Blanc.
- Prix Régalia. — Steeple-chase. — 3,000 fr. pour chevaux de 3 ans et au-dessus. Distance, 3,000 mètres.
- Doria, pn bb., 3 a., par le Petit Caporal et Do-sia, 66 k. (égalité). M. E. Fould (Grey), 1 .
- Le Torpilleur, h. al., 3 a., 70 k. (2/1). M. G. Ledat (Morris), 2.
- Roger Bontemps, pn n., 3 a., 60 k. (15/1). Baron Finot (Long), 3.
- Paul’s Crey, pn gr., 4 a., 65 k. (20/1). H. Gib-son (Plummer), 0.
- Autrefois, pn al., 4 a., 65 k. (25/1). Marquis de Saint-Jean Lentillac (Ward), T.
- Homard, pn b., 3 a., 60 k. (12/1). Comte de Nicolay (R. Bund}/, T.
- Pari mutuel, unité 10 fr., 20 fr,
- Pari mutuel, chevaux placés, unité 10 fr. Doria, 14 fr. ; Le Torpilleur, 14 fr. 50.
- Pari mutuel, tribunes, unitéofrr., 9 fr. 50.
- Pari mutuel, tribunes, chevaux placés, unité 5fr., Doria, 7 fr. ; Le Torpilleur, 8 fr.
- Gagné d’une longueur ; le troisième à une longueur du deuxième.
- Montant du prix,3,375 fr.; 500 fr au deuxième; 150 fr. au troisième.
- Prix de Montretout. — Steeple-chase. — 2e série. — 6,000 fr. pour chevaux de 4 ans et au-dessus. Distance, 4,100 mètres.
- Rabastens, pn b., 4 a., par Commandant et Rosée, 69 k. 1/2 (5/4). M. F. Sieber (Whelan), 1.
- Dick, pn. b., 4 a., 69 k. 1/2 (10/1). Pce J. Murat (Lighttoot), 2.
- Framboisier, h. al., 4 a., 70 k. 1/2 (8/1). M. Ba-resse (Keytel), 3.
- Saplao II. jt n., 5 a., 70 k, (4/1). M. J. Planté (Mousset), 0.
- Arabella, jt b., 6 a., 71 k. 1/2 (7 2). M. J. Arch-deacon (Johnson), 0.
- Pari mutuel, unité 10 fr., 21 fr. 50.
- Pari mutuel, chevaux placés, unité 10 fr., Ru-bastens, 19 fr. 50; Dick, 41 fr.
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- 1254- — QUATRIÈME ANNÉE.— N° 203.
- LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE 1889.
- DIMANCHE 18 NOVEMBRE 1888.
- Pari mutuel, tribunes, unité 5 fr., 10 fr.
- Pari mutuel, tribunes, chevaux placés, unité 5 fr., Rabastens, 8 fr. 50; Dick, 17 fr.
- Gagné d’une longueur et demie; le troisième à un,' encolure du deuxième.
- Montant du prix. 6,250 f.; 1,000 f. au deuxième; 300 fr. au troisième.
- Prix de Vincennes. — Course de haies, — Handicap. — 10,000 fr. pour chevaux de 4 ans et au-dessus. Distance, 5,000 mètres.
- Ambassadeur, pn. b., 4 a., par Don Carlos et Chloé, 64 1/2 (12/4). M. H. Saffery (J. Barker), 1.
- Montgeroult, pn. al., 4 a., 67 k. 1/2 (6/1). M. Baresse (Grey), 2.
- Fifine, pche b., 4 a., 61 k. (8/1). M. Schmolk (Basden), 3.
- Newmarket, h. b., a., 75 k (2/1). M. A. Du Bos (Mitchell), 0.
- Trident, ch. al., 5 a., 68 k. (8/1). M. E. Adam (Lightfoot), 0.
- Tic Tac, ch. h., 5 a., 63 k. 1/2 (5/l)M. F. Sieber (Whelan), 0.
- Vanille, pche al., 4 a., 61 k. 1/2 (6,1). M. E. Adam (Johnson), 0.
- Gournay, pn. b., 4 a., 60 k. (12,1). Cte de Nicolay (R. Bundy), 0.
- Pari mutuel, unité 10 fr., 98 fr. 50.
- Pari mutuel, chevaux placés, unité 10 fr., Ambassadeur, 58 fr. ; Montgeroult, 67 fr. 50.
- Pari mutuel, tribunes, unité 5 fr., 50 fr.
- Pari mutuel, tribunes, chevaux placés, unité 5 fr., Ambassadeur, 29 fr. 50 ; Montgeroult, 22 fr. 50.
- Gagné d’une encolure ; le troisième à une encolure du deuxième.
- Montant du prix, 12,050 fr. ; 1,000 fr. au deuxième ; 4000 fr. au troisième.
- Prix Lord-Sting. — Prix spécial. — Steeple-chase. — 3,500 fr. pour chevaux de 3 ans. Distance, 3,000 mètres.
- L’Etourdi, pn al., par Eusèbe et La Cigale, 68 k. (2/1). M. G. Lebat (Morris), 1.
- Goliath, pn b., 67 k. (5/2). Prince J. Murat (Booty), 2.
- Blanche, pche b., 67 k. (5/2). J. Barker (T. Barker), 3.
- De La Tour, pn al., 65 k. (12/1). M. Baresse (Grey), 0.
- Chancelier, pn al., 65 k. (5/1). Cte de Nicolay (Benson), T.
- Pari mutuel, unité 10 fr., 32 fr.
- Pari mutuel chevaux placés, unité 10 fr., L’Etourdi, 17 fr. ; Goliath, 17 fr. 50.
- Pari mutuel, tribunes, unité 5 fr., 20 fr. 50.
- Pari mutuel, tribunes, chevaux placés, unité 5 fr., L’E ourdi, 9 fr. ; Goliath, 8 fr. 50.
- Gagné d’une longueur ; le troisième à cinq longueurs du deuxième.
- Montant du prix, 4,150 fr. ; 200fr.au deuxième
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- COURSES A VINCENNES Lundi 12 novembre
- Prix de la Butte. — 200 fr. pour chevaux de 2 ans. Poids : 56 k. Distance, 800 mètres.
- N—, pn b., par PauFs Cray ou Cimier et Mlle Mars (20/1), M.Camille Blanc (J. Seakins), 1.
- Janina, pche al., (25/1). G. Cunnington (Kearney, 2.
- Etoile du Soir, pche b., (10/1), M. Moreau-Chaslon (Skipp), 3.
- Mousse II. pche al., (16/1). Comte G.de Juigné (J. Bundy), 4.
- Tumber, pn bb., (20/). M.E. Robinson (Ash-man), 0.
- Merghilau, ex-Xiphium, pn bb.. (10/1)M. Rid-gway Erench), 0.
- Jatte, pch b., (30/1). M.L. Dellâtre (Carratt),0.
- Malgache, pn b., (-12/). Comte Le Mar ois (Madge), 0.
- Polenta, pche b., (8/1). Baron Roger (Bridge-land).
- Bonny Lass, pche al., (20/1). M. G. Colemann (Ciout).O.
- Pologne, pch b., (30/1). M. Edmond Blanc (Cooke), 0.
- Pomme d’Api, pch b., (30/1). M. Ed. Gillois (Mosen), 0.
- Domrémy, pch b., (8/1). M. Richard Carter (Stoir); 0.
- Cabotine, pche b., (9/2). A. E. Dodge (le propriétaire), 0.
- Narcisse II, pn b., (14/). Baron Demarçay (Crickmere), 0.
- Xavita II, pche b., (20/). M. de la Sauzay (W, Gooch), 0.
- Deliane, pche b., (14/1). E. Rolfe (le propriétaire), 0.
- Pari mutuel, unité tribune, 5 fr., 248 fr.
- Pari mutuel chevaux placés, unité 5 fr., N — de Mlle Mars, 57 fr. ; Janina, 45 fr. ; Etoile du Soir, 18 fr. 50.
- Pari mutuel unité 10 fr., 206 fr.
- Pari mutuel, tribunes, chevaux placés, unité 5 fr., N— de Mlle Mars, 62 fr. 50 ; Janina, 45 fr.; Etoile du Soir, 12 fr. 50.
- Gagné d’une longueur ; le troisième à une demi-longueur du deuxième ; le quatrième à une tête du troisième.
- Montant du prix, 3,510 fr.
- N. — de Mademoiselle Mars réclamée pour 8,975 fr. 25. par son propriétaire.
- Pxix de la Tourelle. — 2,000 fr. pour chevaux de 2 et 3 ans. Distance, 1,000 mètres Frédéric, pn b., 2 a., par Zut et Consolation, 54 k. 1,2 (12/1). Duc de Feltre (Storr), 1.
- Perle Rose, pche al., 2 a.,56 k. (8/1). Baron de Rothschild (Hartley), 2.
- Diamant, pn al., 2 a., 54 k. 1/2 (2/1). M. J. R. Hennessv (Dodge), 3.
- Boule-Dog, pn al., 2 a., 54 k. 1/2 (14/1). M. L. Tirard (Madge), 0.
- Istrie, pche al., 2 a., 53 k. (16/1). G. Cunnington (Kearney), 0.
- Aglaé, pche b., 2 a., 53 k. (7/1). Baron Roger (Rolfe), 0.
- Luron, pn b,, 2 a., 54 k. 1/2 (6/1). M. J. Prat (G. Bartholomew), 0.
- Ikonia, pche al., 2 a., 53 k. (10/1). M. F. Sieber (French), 0.
- Nogaret, pn b., 3 a., 53 k. (4/1). Comte de Juigné (J. Bundy), 0.
- Pari mutuel, unité 5fr., 54 fr. 50.
- Pari mutuel, chevaux placés, unité 5fr., Frédéric, 07 fr. 50; Perle Rose, 17 fr., Diamant, 9 fr. Pari mutuel, tribunes, unité 5 fr., 62 fr.
- Pari mutuel, tribunes, chevaux placés, unité 5 fr., Frédéric, 15 ; Perle Rose, 17 fr., Diamant, 9 fr. 50.
- Gagné d’une encolure; le troisième à une longueur et demie du deuxième.
- Montait du prix, 2,600 fr.; 300 fr. au deuxième
- Prix de Brunoy. — 3,000 fr. pour chevaux de 3 ans et au-dessus.
- Kyrielle (4000), pche b., 3 a., par Zut et Xenie, ex-Rovautè, 51 k. 1/2 (7/1). M. Herbinière (Kearney), 1.
- Sarabande (4000), pche b., 51 k. 1/2 (5/1). Baron de Soubeyran (Brigelaud), 2.
- Cythare (4000), pche bb., 3 a., 51 k. 1/2 (10/1). M. Lupin (Storr), 3.
- Gama (4000), pn b., 3 a., 53 k. (6/1). H. Gibson (Gooch), 0.
- Nanie (2500),. pche b., 4 a., 55 k. (6/4). M. Ephrussi (Dodge), 0.
- Bataclan (2500), pn al., 50k. (20/). M. Moreau-Chaslon (Skipp), 0.
- Al thé a (2500), jt b., 6 a., 56 k. (20/1). M. H. d’Aldin (Rolfe), 0.
- Via (2500), it b., 4 a., 55 k. (14/1). Ch. Cunningham (Clout), 0.
- Potentat (4000), pn al., 3 a., 53 k. (16/1). M. Du Bos (French), 0.
- Raguse (2500), pche n., 3 a., 48 k. (14/1). Vicomte S. de Dampierre (Crickmere), 0.
- Chambourcy (2500), pn al., 3 a., 50 k. (12/1). M. Sieber (Watkins), 0.
- Pari mutuel, unité 5 fr., 35 fr. 50.
- Pari mutuel, chevaux placés, unité 5 fr., Kyrielle 11 fr. 50 ; Sarabande, 11 fr. 50 ; Cythare, 22 fr.
- Pari mutuel, tribunes, unité 5 fr., 34 fr.
- Pari mutuel, tribunes, chevaux placés, unité,
- 5 fr., Kyrielle, 11 fr. 50; Sarabande, 13 fr. ; Cythare, 22 fr. 50.
- Gagné d’une longueur ; mauvais troisième. Montant du prix, 4,350 fr.
- Kyrielle réclamée, pour 9,066 fr. 95, par M. F. Robinson.
- Prix de Consolation. — 3,000 fr. pour chevaux de 2 ans et au-dessus. Distance, 900 mètres.
- Lugano, pn b., 2 a., par Mourle et Miss Her-vine, 55 k. (6/4). M. P. Aumont (Rolfe), 1.
- Confiance, pche b., 2 a., 5 k. 1/2 (14/1).G. Cunnington (Kearney) -J-2.
- Carmosine, pche al., 2 a., 50 k. 1/2 (12/1). M. Dmon (Ashman) + 2.
- Riscle, pe b., 2 a., 50k. 1/2(8/1).Baron de Soubeyran (Bridgeland), 4.
- Ere, ex-Estendelle, pche b., 50 k. 1/2 (14/1). Marquis de Mac-Mahon (Childs), 0.
- Target, pn bb., 2 a., 52 k. (20/1). Baron de Rothschild (Hartley), 0.
- Loto, ex-Loterie II, pn b., 2 a., 52 k. (20/1). Baron de Rothschild (Lock), 0.
- Régent, pn b., 2 a., 52 k. (16/1). Comte Le Marois (French), 0.
- Mélina, pche b , 3 a., 58 k. 1/2 (16/1). Th. Carter (Madge), 0.
- Nabab, pn al., 2 a., 55 k. (4/1). M. J. Prat (G. Bartholomew), 0.
- N—, de Belle de Petite, pn b., 2 a., 52 k. (16/1). Baron Finot (Watkins), 0.
- Lumière, pche b., 3 a., 60 k. (6/1). A. E. Dodge (Le propriétaire), 0.
- Pari mutuel, unité 5 fr., 13 fr. 50.
- Pari mutuel, chevaux placés, unité 5fr., Lugano, 8 fr.; Confiance, 20fr.; Carmosine,55fr.50. Pari mutuel, tribunes, unité 5fr., 11 fr.
- Pari mutuel, tribunes, chevaux placés, unité 5 fr., Lugano, 9 fr.; Confiance, 19 fr. 50; Carmosine, 39 fr.
- Gagné facilement de deux longueurs ; dead-heat pour la deuxième place ; le quatrième à une tête des deuxièmes.
- Montant du prix, 3,000 fr. ; 575 fr. à chacun des deuxièmes.
- Handicap de clôture. — 5,000 fr. pour chevaux de 3 ans et au-dessus. Distance, 2.100 mètres.
- Chlamyde, pche ah, 3 a., par Vigilant et Chlo-ris, 49 k. (12/1). M. H. Delamarre (Childs), 1.
- Electrisante, pche bb., 47 k. (16/1). M. L De-lâtre (W. Gooch), 2.
- Lindor, pn b., 3 a., 51 k. (12/1). Th. Carter (Skipp), 3
- Master Albert, ch. b. 7 a., 65 k. 1/2 (12T). M Astier (Lightfoot), 0.
- Indien IXI; pn. bb., 4 a., 60 k. (10/1). M. Prat (G. Bartholomew), 0.
- Boucanier, pn. al.,3 a., 59 k. 1/2 (12/1). Cte de Juigné (Hartley), 0.
- Firmin, pn. al., 1 a., 50 k. (14/1). M. H. Delamarre (Rolfe), 0.
- Wotan, pn. b., 3 a., 58 k. 1/2(10 1). G. Cunnington (Dodge), 0.
- Volubilis, pn b., 4 a., 57 k. 1/2 (8/1). Cte Le Marois (Madge), 0.
- Sergent-Major, pn bb., 3 a., 55 k. (10/0). M. Jorel (Hopkins), 0.
- Modiste, pche al., 3 a., 52 k. 1/2 (10/1). Baron de Rothschild (Crickmere), 0.
- Petite, pch b b., 3 a., 50 k. (5/1). Baron de Soubeyran (Bridgeland), 0.
- Plume au Vent, pn b.,3 a.,49 kl/2 (10/1). Duc de Feltre (Clout), 0.
- Murcie, pche b., 3 a.. 48 1/2 (16/1). M. A. Lupin (Watkins), 0.
- Police, pche al., 3 a.,47 k. 1/2 (10/T). G. Cunnington (French), 0.
- Rhadamès, pn n., 3 a., 46 k. (16/1). Duc de Grammont (F. Gooch), 0.
- Dica, pche al., 3 a., 35 k. (20/1'. Th. Hurst (Cooke), 0.
- Pari mutuel, unité 5 fr., 49 fr.
- Pari mutuel, chevaux placés, unité 3 fr.,Chlamyde, 16 fr. 50 ; Electrisante, 127 fr.,- Lindor, 36 fr.
- Pari mutuel, tribunes, unité 5 fr., 66 fr. 50.
- Pari mutuel, tribunes, chevaux placés, unité 5 fr., Chlamvde, 26 fr. 50; Electrisante, 100 f. 50; Lindor, 48 fx/ 50.
- Gagné de deux longueur; le troisième à une tête du deuxième.
- Montant du prix, 7,150 fr.; 500 fr. au deuxième; 250 fr. au troisième.
- Prix du Donjon. — 3,000 fr. pour chevaux de 2 ans et au-dessus. Distance, 1,000 mètres.
- Pilote, pn al., (10/1). M. A. Jorel (Dodge), 1.
- Jeanne d’Albret, pche b. (5/2). (Storr), 2.
- La Foudre, pche b. (10/1). M. Edmond Blanc (Cooke), 3.
- Pique, ex-Pierrefitte, pche b. (14/1). Marquis de Mac-Mahon (Childs), 0.
- Carmaux, pn b. (12/1). Baron de Soubeyran (Bridgeland), 0.
- Fercoq, pn al. (5/1). Duc de Feltre (Hopkins), 0.
- Souplesse, pche b. (14/1). Marquis Maison. (Skipp), 0.
- Lavinie, pche bb. (6/1). Baron de Rothschild. (Crickmere), 0.
- Valérien, pn. al. (12/1). Comte Le Marois (Madge), 0.
- Fichtre, pn. al. (10/1). M. J. Prat (G. Bartholomew), 0.
- Médyne, pche al. (12/1) Comte A. de Con-taut-Biron (French), 0.
- Anicet, pn b. (20/1). Th. Carter (J. Bundy), 1.
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- &
- COURSES A VENIR
- Dimanche 18 novembre ; Auteuil.
- Lundi 19 — Vincennes.
- Mardi 20 — Saint-Germain.
- Mercredi 21 — Saint-Ouen.
- Jeudi 22 — . Auteuil.
- Vendredi 23 — Colombes.
- Samedi 24 — Enghien.
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- PRONOSTICS
- COURSES A AUTEUIL Dimanche 18 novembre 1888
- Prix de Courbevoie : Merlin II.
- Prix de Chantilly : Rabastens.
- Prix du Trocadéro : Gipsy.
- Prix des Horizons : Ribaude.
- Prix de Meulan : La Bitarde.
- G. Robinson.
- Le propriétaire-gérant : II. Pexdrié.
- imprimerieDÂrgenteuIFEXAidNiRxxuElEDDL’.
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- QUATRIÈME ANNÉE. — N° 202.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
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- A l’occasion de l’Exposition universelle de Barcelone, la Compagnie d’Orléans, d’accord avec les Compagnies de Lyon, du Midi et l’Administration des Chemins de fer de l’Etat, fait
- délivrer, à toutes les gares de son réseau, depuis le 15 avril 1888, et délivrera pendant toute la durée de ladite Exposition des billets d'aller et retour de toutes classes pour Barcelone, ayant une durée de validité de 30 jours.
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- Les billets d’aller et retour sont délivrés par l’itinéraire le plus court.Toutetois, les voyageurs peuvent, à leur gré, choisir soit pour l’aller, soit pour le retour, un autre itinéraire abrégeant la durée du voyage. Dans ce cas, les prix des billets sont établis d’après les parcours choisis, et le voyageur est tenu de suivre cet itinéraire.
- An départ de Paris, les prix de ces billets sont par Limoges, Toulouse et Narbonne de ;
- Ire classe, 169 fr. 30; 2e classe, 127 fr. 45; 3e classe, 90 fr. 75.
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- La Compagnie des chemins de fer de l’Ouest fait délivrer sur tout son réseau, des cartes d’abonnement nominatives et personnelles, en Ire, 2e et 3e classes.
- Ces cartes donnent droit à l’abonné de s’arrêter à toutes les stations comprises dans le parcours indiqué sur sa carte et de prendre tous les trains comportant des voitures de la classe pour laquelle l’abonnement a été souscrit.
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- QUATRIÈME ANNÉE.
- Dimanche 25 Novembre 1888.
- NUMÉRO 204.
- SOMMAIRE
- L’exposition de Barcelone. — Communications officielles et diverses. — Les Colonies à l’Exposition de 1889-— Les Étrangers à l’Exposition de 1889.— Exposition ouvrière en 1889. — Echos. — Le Bon Marché. — Sport. — Gravures : La rue des Nations en 1878
- La nouvelle Administration du MONITEUR DE L’EXPOSITION a l’honneur d’informer ses abonnés que ses bureaux, situés Cité de l’Alma, n° il, sont à proximité du Champ de Mars, du quai d’Orsay et de l’esplanade des Invalides, c’est-à-dire au centre même de l’Exposition.
- Elle se met à leur disposition pour tous les renseignements dont ils pourraient avoir besoin concernant l’Exposition de 1889 : demandes d’emplacements, installations de vitrines, etc., etc.
- Pour ces renseignements et pour tout ce Jy-T qui concerne la Rédaction ou l’Administration, s’adresser à M. H. PENDRIE, directeur et propriétaire-gérant du MONITEUR DE L’EX-' POSITION DE 1889.
- Le nombre des visiteurs est toujours considérable dans la belle cité aspagnole, grâce aux fêtes de toutes sortes qui ont eu ou vont avoir lieu et, aussi, à la température qui est des plus agréables, sous cette latitude, à cette époque de l’année.
- Ainsi que nous l’avons dit dans un article antérieur, deux Congrès ont été tenus à Barcelone, presque simultanément, dans le courant du mois d’octobre : le Congrès national ÉCONOMIQUE ET LE CONGRÈS INTERNATIONAL des INGÉNIEURS. Le premier n’a été clos, en effet, qu’à la date du 15, tandis que le second avait inauguré ses séances dans la journée du 12 octobre.
- Nous ne connaissons pas encore l’ensemble des résolutions prises par le Congrès ' national économique, mais nous relevons dans le compte rendu de sa séance du 1 o octobre une proposition des plus intéressantes pour le développement de la richesse économique de l’Espagne. Elle a trait à l’organisation d’ensemble de ses chemins de fer, savoir :
- Achèvement ou rectification du réseau
- d’intérêt général, défectueux sur nombre de points ;
- Etablissement de lignes d’intérêt secondaire, celles du deuxième réseau qui n’existe pour ainsi dire pas ;
- Création de nombreuses lignes d’intérêt local.
- Le manque de voies de communication est, effectivement, le grand mal économique de l’Espagne. Avant les chemins de fer, la Péninsule ne possédait que des grandes routes reliant les principales villes ; les chemins départementaux et vicinaux y étaient et y sont encore à peu près inconnus, sauf dans quelques provinces dont l’indépendance politique ou un état de richesse plus grand ont facilité l’action de l’initiative privée et des communes.
- Quand vinrent les chemins de fer, on en construisit aussitôt, dans toutes les directions principales, pour relier les grandes villes entre elles et, surtout avec la capitale. Car le régime centraliste préconisé par Charles-Quint vit toujours au delà des Pyrénées, comme en France d’ailleurs, et les différents groupes politiques, exception faite du parti fédéraliste, luttent à qui mieux mieux en faveur de la centralisation à Madrid de tous les services publics. Aussi, les grandes artères ferrées une fois construites, les divers gouvernements qui se sont succédé au pouvoir depuis lors, sur cette belle terre d’Espagne, n’ont-ils eu cure du développement des voies secondaires, lesquelles en augmentant la richesss des provinces, auraient pu, en même temps, développer leur esprit fédéraliste ou autonomiste.
- La conséquence de cet état de choses a été qu’aujourd’hui, avec un territoire presque aussi grand que celui de la France, l’Espagne ne possède pas encore 10,000 kilomètres de chemins de fer et que les habitants de certaines provinces, manquant de cet élément indispensable au développement de la richesse, les moyens de transport, émigrent à qui mieux mieux vers des terres plus hospitalières, enlevant ainsi à leur pays une force morale et matérielle considérable.
- Quoi d’étonnant, dans ces conditions, que des hommes de cœur, aimant leur patrie et, ce qui est à noter, sans attache officielle se soient préoccupés, à l’occasion de la première Exposition universelle qui avait lieu dans leur pays, de cette partie si importante de la richesse publique : l’amélioration de ses voies de transport.
- La discussion, à ce sujet, a donc été assez •vive au sein du Congrès économique. Mais, tandis que le rapporteur de la commission spéciale concluait, ou à peu près, à la continuation du régime actuel, en tant que subventions aux compagnies concessionnaires et garanties d’intérêts, un membre du Congrès, délégué de la Chambre de commerce de Sara-gosse, a demandé, au contraire, qu’à l’avenir le régime de la liberté fût appliqué à la construction des voies ferrées, aussi bien d’intérêt général que d’intérêt secondaire et local.
- « Nous avons construit, dit-il, des lignes à voie large faisant des contours intentionnels dans le but avéré d’augmenter le chiffre de la subvention et, par contre, nous avons oublié les chemins de fer économiques et nous manquons de routes ordinaires, de chemins vicinaux et de canaux. Quelle est la raison de cette conduite ? Je ne crains pas de le dire : le manque de > confiance dans Te principe £t la pratique de la liberté de l’industrie,
- « Je n’arrive pas à comprendre comment nos savants collègues, chargés de rédiger le rapport sur cette question de premier ordre, des voies de communication, ont manqué à ce point de confiance dans le principe de la « concurrence », de noble et féconde émulation, source à peu près unique du progrès et des amélioraiions sociales, et je ne m’explique pas davantage les raisons qui les poussent à défendre un système de monopole qui ne peut qu’engendrer la routine et conduire ainsi à la ruine. »
- Sur la question de la garantie d’intérêts aux Compagnies exploitantes, le même délégué se prononçait avec la même énergie. Et c’est bien là, du reste, la véritable doctrine à soutenir. L’exemple de l’Angleterre et celui des Etats-Unis en sont des preuves suffisantes à l’appui. Et, par opposition, les exemples de la France et de l’Espagne dont les routes ferrées ont été livrées, dès l’origine, à la rapacité des manieurs d’argent, c’est-à-dire à toutes les conséquences désastreuses, financières ou autres, qu’engendrent le monopole et l’irresponsabilité, sont d’autres preuves au moins aussi péremptoires en faveur du principe de liberté et de concurrence appliqué à l’exploitation des chemins de fer d’un grand pays. Aussi souhaitons-nous à nos chers voisins, à la veille d’une renaissance économique incontestable, de ne pas faire fausse route et de voir appliquer dans leur pays des principes de l’ab-
- L’EXPOSITION DE BARCELONE
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- 1258. — QUATRIÈME ANNÉE.— N° 204.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- DIMANCHE 25 NOVEMBRE 1888.
- sence desquels ils ont souffert cruellement jusqu’à ce jour.
- Heureux seront-ils si les discussions, les travaux du « Congrès national économique » de Barcelone ont pour conséquence ce salutaire résultat !
- Du « Congrès international des ingénieurs », nous parlerons peu, car, d’un ordre plus technique, il s’est moins occupé de choses touchant à l’intérêt général. On y a plutôt discuté les moyens de développer telle ou telle branche de l’industrie nationale et, à ce point de vue, il a pris des résolutions qui ne peuvent qu’avoir une influence heureuse sur le développement et l’amélioration de cette industrie dont plusieurs branches sont encore à l’état naissant.
- L’Exposition de Barcelone touche à sa fin. Le 8 du prochain mois elle fermera définitivement ses portes. La ciudad condal retentit en ce moment du bruit des dernières fêtes données à l’occasion de ce premier grand tournoi industriel. Mais le succès incontesté de cette tentative portera ses fruits ; il sera comme le signal d’une nouvelle marche en avant de ce peuple valeureux, grand par le cœur, brillant par le génie dont il a fait preuve aux différentes époques de son histoire.
- Honneur donc à lui ! La France, plus que jamais, saura se montrer digne de l’accueil qui lui a été fait à Barcelone au nom de toute l’Espagne, et dans un an elle rendra eux enfants de cette nation sœur, qui viendront la visiter à leur tour, les marques de sympathie, de cordialité qui ont été prodigués aux siens au delà des Pyrénées.
- Et de même qu’à Barcelone de nombreux cris de : Vive la France ! ont retenti en toutes occasions au cours de cette année, en 1889 Paris, plus que jamais la capitale du monde civilisé, répondra de toutes ses poitrines par ceux mille fois répétés de : Viva Espana !
- H. Pendrié.
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- COMMUNICATIONS OFFICIELLE S
- ET DIVERSES
- Les entrées à l’Exposition de 1889 RAPPORT
- Aux Ministres des Finances, du Commerce et de L’Industrie
- Paris, le 5 novembre 1888.
- Messieurs les Ministres,
- Par une décision en date du 11 juillet 1888, sanctionnant les résolutions adoptées par la commission de contrôle et de finances, vous avez fixé les bases de la perception des droits d’entrée à l’Exposition de 1889.
- Préparé d’après ces bases, le règlement sur le service des entrées que nous avons l'honneur de soumettre aujourd’hui à votre approbation a pour objet, par les prescriptions et les dispositions qu’il renferme, d’assurer l’exactitude de la perception et de faciliter aux visiteurs l’accès de l’Exposition.
- Il se compose de six titrer :
- Le titre Ier, affecté aux dispositions générales (art. 1 à 3), rappelle, au début, l’interdiction de toute entrée de faveur édictée par la loi du6 juillet 188G, première annexe; il désigne, conformément à cette même loi, un comptable du Trésor (le caissier-payeur central du Trésor public), qui sera chargé de la perception des droits d’en-
- trée, et fixe le tarif des entrées et des abonnements.
- Le titre II dispose que la-perception du droit d’entrée aura lieu au moyen de tickets qui seront fabriqués par les soins de l'administration des finances; il règle les conditions de la vente de ces tickets aux intermédiaires auxquels une remise de 1 0/0 est accordée.
- Le titre III, qui est consacré aux abonnements (art. 7 à 11), détermine les conditions de la délivrance des cartes d’abonnement, ainsi que les droits et obligations des titulaires; le portrait photographique est exigé; le service des abonnements est centralisé à Paris, à la caisse centrale ; mais les habitants des départements auront la faculté d’adresser leurs demandes par l’intermédiaire des percepteurs et les étrangers pourront les adresser par la poste.
- Les titres IV et V (art. 12 à 17) tracent les règles à suivre pour la délivrance des cartes permanentes aux exposants et au personnel de l’Exposition; elles sont apposées, comme les cartes d’abonnement, sur le portrait photographique de l’ayant-droit.
- Les jetons de service qui sont distribués à un personnel sans fixité seront soumis à un contrôle très sévère.
- Enfin, le titre VI établit aux portes de l’Exposition un service de contrôle qui reçoit les tickets, les oblitère, contrôle les^cntrées par cartes d’abonnement et de service et établit le compte journalier des entrées diverses.
- Les dispositions que nous venons d’analyser brièvement seront complétées, au fur et à mesure des besoins, par des instructions concertées entre la direction générale de la comptabilité publique et la direction générale des finances de l’Exposition.
- Veuillez agréer, Messieurs les ministres, l’hommage de notre respectueux dévouement.
- Le directeur général de la Comptabilité publique.
- Lanjalley.
- Le directeur général des finances de VExposition.
- Grison.
- RÈGLEMENT TITRE 1er
- DISPOSITIONS GÉNÉRALES
- Article premier. — Aucune entrée gratuite ne sera délivrée en dehors des cartes, exclusivement personnelles, distribuées aux exposants et au personnel.
- La perception des droits d'entrée à l’Exposition universelle internationale de 1889 sera effectuée par le caissier-payeur central du Trésor public. Ce comptable versera au receveur central du département de laSeine la portion du produit des entrées qui devra entrer en ligne de compte dans le règlement à intervenir ultérieurement entre l'Etat, la ville de Paris et la Société de garantie.
- Le contrôle des entrées payantes et gratuites sera confié à des contrôleurs et sous-contrôleurs nommés par le ministre des Finances.
- Art, 2.— Un avis hebdomadaire inséré au Journal officiel par les soins de l’administration de l'Exposition et affiché partout ou besoin sera, fera connaître au public les heures d’ouverture et de fermeture des locaux affectés à l’Exposition.
- Le même avis indiquera les heures d’entrée qui seront spécialement affectées le matin aux études, en dehors des heures d’entrée générale.
- Art. 3. — Les droits d’entrée à l’Exposition sont fixés de la manière suivante :
- Entrées du jour :
- Un franc par personne, aux heures d’entrée générale ;
- Deux francs par personne, aux heures affectées aux études.
- Entrées du soir :
- Deux francs par personne, pendant la semaine ;
- Un franc par personne, le dimanche.
- Le droit à percevoir pour les fêtes du soir sera réglé par des décisions spéciales-Cartes d’abonnement :
- Cent francs par personne, pendant toute la durée de l'Exposition ;
- Vingt-six francs par personne, pour les cartes d’abonnement délivrées aux membres des commissions et comités de l’Exposition.
- Le produit des entrées du soir, ainsi qu’une somme de six francs par chaque carte d'abonnement, sera porté au compte spécial des entrées du soir, conformément à l'article 4 du traité passé le 15 février 1888 avec le Syndicat des électriciens.
- TITRE II
- ENTRÉES AVEC TICKETS
- Art. 4. — Le prix des entrées journalières sera perçu au moyen de tickets imprimés par les soins et sous la surveillance du ministre des Finances.
- La vente des tickets sera obligatoire à Paris :
- Dans les bureaux de tabac ;
- Dans les bureaux de poste ;
- Dans les bureaux télégraphiques.
- Pourront également vendre les tickets les personnes qui, sur leur demande, seront agréées par l'administration des Finances, et notamment :
- Les compagnies de chemins de fer ;
- Les entreprises de voiturejs publiques (omni-nibus, tramways, bateaux à vapeur et voitures de place) ;
- Les maîtres d’hôtel, cafetiers, etc., etc.
- Les intermédiaires officieux ci-dessus devront adresser au ministre des Finances une demande sur papier timbré; ils devront préalablement la soumettre au visa du commissaire de police de leur quartier.
- En outre, des kiosques spéciaux à la vente des tickets seront placés en nombre suffisant aux abords du Champ de Mars, du Trocadéro et de l’Esplanade des Invalides.
- Art. 5. —Les intermédiaires autorisés à vendre les tickets au public ne pourront se les procurer qu’auprès du cai-sier-payeur central du Trésor public. Il leur est interdit de les* vendre au-dessus ou au-dessous du prix de 1 lranc fixé par Tarticle 3, sous peine d'être poursuivis conformément à la loi.
- Ils seront d'ailleurs tenus d’afficher d’une manière apparente, dans le local affecté à la vente des tickets, l’autorisation qui leur aura été donnée par l’administration des Finances..
- La vente des tickets aura lieu au comptant, et la livraison se fera par feuilles entières de 25 tickets.
- Une remise de 1 0/0 sera allouée aux intermédiaires.
- Les tickets non vendus seront remboursés aux intermédiaires qui les auront achetés, au prix net d’achat, c’est-à-dire déduction faite de la remise de 1 0/0 ci-dessus. Toutefois, ces remboursements ne pourront être faits que pendant le mois qui suivra la clôture de l'Exposition.
- Art. 6. — Les visiteurs qui sortiront de l’une des enceintes de l’Exposition ne pourront y rentrer qu’en fournissant un nouveau ticket.
- TITRE III
- ENTRÉES AVEC CARTES D'ABONNEMENT
- Art. 7. — Toute personne qui demandera une carte d’abonnement devra présenter son portrait-carte photographié, en double exemplaire, à la caisse centrale du Trésor, qui conservera l’un des exemplaires et délivrera à l’abonné un reçu détaché d’un livre à souche et portant un numéro d’ordre, suivant le modèle approuve parle ministre des Finances. Ce reçu, qui sera collé sur D verso du portrait photographique et sur la moitié du recto, constituera la carte d’abonnement.
- Les cartes d’abonnement sont nominatives e^
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- QUATRIÈME ANNÉE.— N° 204. LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- personnelles ; elles seront signées par le titulaire, qui sera tenu de reproduire sa signature sur un registre spécial, à toute réclamation des agents du contrôle.
- Toute carte prêtée sera retirée.
- La personne qui prêtera sa carte et celle qui fera usage d’une carte ne lui appartenant pas seront poursuivis conformément à la loi.
- L’abonné qui ne présentera pas sa carte paiera le prix de son entrée au moyen d’un ticket, et ce prix sera irrévocablement acquis au Trésor.
- Art. 8.— Les cartes d’abonnment donnent le droit d’entrer tous les jours et par toutes les portes dans le palais et les parcs du Champ de Mars, du Trocadéro, du quai d’Orsay et de l’esplanade des Invalides, ainsi qu’à l’exposition spéciale des animaux (au palais de l’Industrie), aux heures d'admission générale du public, aux heures réservées pour les études : elles donnent également le droit d’entrer le soir.
- Art. 9. — Les principales obligations réciproques de l’abonné et du Trésor sont énoncées dans le reçu appliqué sur la carte. L’abqnné contracte rengagement de se soumettre aux dispositions qui y sont mentionnées, et, en général, à toutes celles du présent règlement et des règlements spéciaux de police qui peuvent le concerner.
- Art. 10. :—Le bureau des abonnements sera ouvert au ministère des Finances (place du Palais-Royal) dès le 1er mars 1889.
- Les habitants des départements autres que celui de la Seine pourront verser le prix de leur abonnement entre les mains du percepteur de leur résidence, qui leur en délivrera une quittance à souche. Ils devront lui déposer en même temps les deux exemplaires du portrait photographique dont il est question à l'article 7 ci-ilessus. Dans un délai aussi rapproché que possible, et en échange de la quittance à souche, le percepteur leur remettra la carte d’abonnement.
- Les personnes qui habitent l’étranger pourront adresser par lettre recommandée leur demande au ministre des Finances (caisse centrale du Trésor), en y joignant, en un mandat sur la poste, la somme nécessaire (100 francs ou 26 francs, suivant le cas), augmentée d’une somme de 0 fr. 50 pour timbre et affranchissement.
- Il leur sera renvoyé, par lettre affranchie, un accusé de réception, en échange duquel elles pourront retirer leur carte d’abonnement dès leur arrivée à Paris.
- Les membres des commissions et comités de l’Exposition qui demanderont la délivrance de cartes d’abonnement au tarif de 26 francs produiront, à l’appui de leur demande, un certificat du ministre, commissaire général de l’Exposition, énonçant leurs titres à l'obtention desdites cartes.
- Art. 11. — Le caissier-payeur central pourra faire droit, dans les conditions déterminées par l’article 7 ci-dessus aux demandes collectives d’abonnement qui lui seront adressées soit directement, soit par l’enti-emise des percepteurs, soit par la correspondance étrangère.
- TITRE IV
- ENTRÉES AVEC CARTES D’EXPOSANTS
- Art. 12. — Une seule carte d’entrée gratuite sera délivrée à chaque exposant ou, à son défaut, à son représentant dûment agréé par l’administration de l’Exposition.
- Les cartes d’exposants sont détachées d’un livre à souche spécial et signées par le directeur général des Finances; elles sont nominatives et personnelles et soumises aux diverses règles indiquées à l’article 7, notamment à l’obligation de fournir deux exemplaires du portrait photographique de l’exposant ou de son représentant.
- Art. 13. — Les cartes des exposants dont les expositions sont temporaires ne sont délivrées que pour la durée de ces expositions.
- La carte d’exposant ne sera délivrée qu’au titulaire lui-même. Celle de représentant ne sera accordée que sur la demande écrite de l’exposant, responsable des contraventions.
- Art. 14. — Si, par suite de l’étendue ou de la difficulté de surveillance de son exposition, un même exposant a besoin d’un ou de plusieurs gardiens, il devra en référer au directeur général de l’Exploitation, et, s’il y a lieu, la direction générale des Finances lui délivrera des jetons de service, dans les conditions indiquées à l’article 16 ci-après.
- TITRE V
- ENTRÉES AVEC CARTES ET JETONS DE SERVICE
- Art. 15. — Des cartes de circulation générale ou de circulation restreinte, valables pour toute la durée de l’Exposition, ou pour un temps limité, seront délivrées, suivant la nature des fonctions et les besoins du service, aux fonctionnaires et agents de l’administration de l’Exposition et aux membres des commissions étrangères que leur service appellera dans les enceintes de l’Exposition.
- Les cartes de service sont délivrées par le directeur général des Finances; elles sont détachées d’un livre à souche et appliquées sur le portrait photographique de l’ayant-droit, conformément aux règles tracées par les articles 7 et 12.
- Art. 16. — Il sera créé un jeton spécial pour assurer la circulation des ouvriers, gens de service et gardiens employés dans l’intérieur de l’Exposition. Ce jeton sera délivré directement par le directeur général des Finances à l’entrepreneur, patron ou exposant.
- Art. 17. — En dehors des catégories mentionnées aux deux articles précédents, il ne sera délivré de cartes de service que sur une autorisation spéciale de l’administration de l’Exposition.
- TITRE VI
- SERVICE DU CONTRÔLE
- Art. 18. — Il sera placé à chacune des portes de l’Exposition, et en nombre suffisant pour les besoins du service, des préposés au contrôle, qui seront chargés :
- lo De recevoir les tickets d’entrée et de les oblitérer pour empêcher qu’ils ne puissent servir deux fois ;
- 2° De vérifier les droits des porteurs de cartes d’abonnement, de cartes d’exposant et de cartes et jetons de service.
- Les tickets devront être oblitérés immédiatement, sous les yeux du public, et être déposés au même moment dans une boîte dont la clef restera entre les mains du chef contrôleur.
- Art. 19. — Le chef contrôleur sera assisté de sous-chefs contrôleurs.
- La mission de ces employés consistera à diriger et à surveiller les préposés placés aux portes d’entrée, à s’assurer que les tickets sont exactement oblitérés et déposés dans la boîte, et qu’il ne se commet aucune fraude ou irrégularité au préjudice du Trésor dans le service des entrées payantes ou gratuites. •
- Le chef contrôleur et les sous-chefs contrôleurs seront choisis parmi les employés de l’État.
- Ils recevront une indemnité en sus du traitement dont ils jouissent.
- Les préposés au contrôle seront nommés par le chef contrôleur, sous réserve de l’approbation du directeur général de la Comptabilité publique.
- Le montant de l’indemnité des contrôleurs et du salaire des préposés au contrôle sera fixé par le Ministre des finances et compris parmi les dépenses de l’Exposition. Le traitement des chefs et sous-chefs contrôleurs pendant la durée de leurs fonctions sera remboursé par le ministère du commerce et de l’industrie au ministère des finances, sur les crédits de l’Exposition.
- Art. 20. — Le directeur général de la Comptabilité publique et le directeur général des nfiances de l’Exposition sont chargés, chacun
- DIMANCHE 25 NOVEMBRE 1888 — 1259.
- en ce qui le concerne, de l’exécution du présent règlement.
- Fait à Paris, le lo novembre 1888.
- Le ministre des finances,
- P. Peytral.
- Le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général, Pierre Legrand.
- Par arrêté en date du 9 novembre 1888, le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a nommé membre du comité d’organisation du congrès international des architectes : M. de Dramard, président de la société des Amis des Arts, en remplacement de M. David Dautresme démissionnaire.
- Par arrêté en date du 9 novembre 1888, le ministre du commeree et de l’Industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a nommé membre du comité d’organisation du congrès international de zoologie : M. Caudry, membre de l’nstitut, en remplacement de M. de Quatrefages, démissionnaire.
- Par arrêté en date du 9 novembre 1888, le ministre du commerce et de l’industrie, com is-saire général de l’Exposition universelle de 1889, a nommé membre du comité d’organisation du congrès international de photographie : M. Londe, directeur du service photographique à la Salpétrière.
- Par arrêté en date du 9 novembre 1883, le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l'Exposition universelle de 1889, a nommé membres du comité d’organisation du congrès international de l’unification de l’heure :
- MM.
- Aucoc, membre de l’Institut.
- Baron, directeur de l’exploitation à la direction générale des postes et télégraphes. Bouquet de la Grye, membre del’Institut, ingénieur hydrographe en chef de la marine. Cavaignac, député, ingénieur des ponts et chaussées.
- Cloué (l’amiral), conseiller d’Etat, membre du bu eau des longitudes.
- Cuvinot, sénateur, inspecteur général des ponts et chaussées.
- Daubrée, membre de l’Institut.
- Faye, membre de l’Institut.
- Janssen, membre de l’Institut, directeur de l’observatoire d’astronomie physique de Meu-don.
- Laussedat, directeur du Conservatoire des arts et métiers.
- Marin, directeur de la compagnie des chemins de fer de l’Ouest.
- Mouchez (l’amiral), directeur de l’Observatoire. Sartiaux, ingénieur en chef des ponts et chaussées, chef de l’exploitation des chemins de fer du Nord.
- Wolf, membre de l’Institut.
- Le Directeur du commerce extérieur au ministère du commerce et de l’industrie.
- Le directeur des affaires départementales et communales au ministère de l’intérieur.
- Le Directeur des affaires commerciales etconsu-laires au ministère des affaires étrangères.
- Par arrêté en date du 9 novembre 1838, le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’exposition universelle de 1889, a nommé membres du comité d’organisation du congrès international de médecine vétérinaire :
- MM.
- Benjamin, président de la société centrale de médecine vétérinaire.
- Butel, président de la société de médecine vétérinaire pratique.
- Capon, vétérinaire principal de l’armée. Chauveau, membre de l’Institut et de l’académie de médecine.
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- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- DIMANCHE 25 NOVEMBRE 1888.
- Delamotte, vétérinaire en 1er.
- Houssin, vétérinaire à Paris.
- Leblanc, membre de l’académie de 'médecine, secrétaire général de la société centrale de médecine vétérinaire.
- Nocard, membre de l'académie de médecine, directeur de l’école vétérinaire d'Alfort.
- Renault, vétérinaire à Rueil.
- Rossignol, secrétaire général de la société de médecine vétérinaire pratique.
- Trasbot, membre de l’académie de médecine, professeur à l’école vétérinaire d’Alfort.
- Weber, vétérinaire à Paris.
- Par arrêté en date du 9 novembre 1888, le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a nommé membres du comité d'organisation du congrès international de bibliographie des sciences mathématiques :
- MM.
- Appel, professeur à la Sorbonne.
- Brisse, répétiteur à l’école polytechnique. Darboux, membre de l’Institut, professeur à la Sorbonne.
- Fouret, examinateur d’admission à l’école polytechnique.
- Gauthier-Villars, éditeur.
- Haton de la Goupillière, membre de l’Institut, inspecteur général des mines.
- Henry (Ch.), bibliothécaire à la Sorbonne. Humbert, ingénieur des mines, secrétaire de la société mathématique.
- de Jonquières (amiral), membre de l’Institut. Lalanne (Ludovic), sous-bibliothécaire de l’Institut.
- Lucas (Edouard), professeur de mathématiques spéciales au lycée Saint-Louis.
- Poincaré, membre de l'institut, professeur à la Sorbonne.
- Rafïy, maître de conférences à la Sorbonne. Rouché, professeur au Conservatoire des arts et métiers, examinateur des élèves à l’école polytechnique.
- Tannery, sous-directeur à l’école normale.
- Par arrêté en date du 9 novembre 1888, le ministre du commerce et de l'industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a nommé membres du comité d’organisation du congrès international de dermatologie et de syphiligraphie :
- MM.
- Balzer, médecin de l'hôpital de Lourcine. Ducastel, médecin de l’hôpital du Midi. Gailleton, professeur à la faculté de médecine de Lyon.
- Hardy, membre de l’académie de médecine, professeur honoraire de la faculté de médecine.
- Humbert, chirurgien de l’hôpital du Midi. Laillier, médecin honoraire de l’hôpital Saint-Louis.
- Leloir, professeur à la faculté de médecine de Lille.
- Mauriac, médecin de l’hôpital du Midi.
- Pozzi, chirurgien de l’hôpital de Lourcine. Ricord, membre de l’académie de médecine, chirurgien honoraire de l’hôpital du Midi.
- Par arrêté en date du 9 novembre 1888, le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a nommé membres adjoints du comité départemental de Constantine :
- Sous-comité de l’arrondissement de Batna.
- M. Mustapha Ben Berouich, cadi de Batna.
- Sous-comité de l’arrondissement de Bougie.
- M. Si Belkassem Ben Himan.
- Sous-comité de l’arrondissement de Guelma.
- M. Salah Ben Rabès, cheik du douar Taya.
- Sous-comité de l’arrondissement de Philippeville.
- M. Ali Bel Kassem Ben Aoudel, conseiller municipal de Philippeville.
- Sous-comité de l’arrondissement de Sétif.
- M. Saad Ben Debeche.
- Par arrêté en date du 9 novembre 1888, le ministre du commerce et de l’industrie , com -missaire général de l’Exposition universelle de 1889, a nommé membres du comité d’organisation du Congrès international d’otologie et de laryngologie :
- MM.
- Boucheron, membre de la Société d’otologie et de laryngologie.
- Calmette, membre de la Société d’otologie et de laryngologie.
- Duplay, membre de l’académie de médecine, chirurgien des hôpitaux.
- Garel, à Lyon.
- Gellé, membre de la Société d’otologie et de laryngologie.
- Gougenheim, médecin des hôpitaux.
- Joal, secrétaire de la Société d’otologie et de laryngologie.
- Lannois, agrégé de la Faculté de médecine de Lyon.
- LadreiL, de la Charrière, médecin en chef de l’institution des sourds-muets.
- Lowemberg, à Paris.
- Ménière, trésorier de la Société d’otologie et de laryngologie.
- Miot, à Paris.
- Moure, à Bordeaux.
- Noquet, à Lille.
- Ruault, médecin adjoint de l’institution des sourds-muets.
- Terrier, agrégé de la Faculté de médecine, chirurgien des hôpitaux.
- Tillaux, membre de l’académie de médecine, chirurgien des hôpitaux.
- Par arrêté en date du 12 novembre 1888, le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a nommé membres du comité d’organisation du Congrès international de l’Assistance publique :
- MM.
- D’Arenberg (le prince).
- Bourneville, député.
- Chautemps, membre du conseil municipal, secrétaire de la 3e section du conseil supérieur de l’assistance publique.
- Crisenoy (de), ancien directeur de l’administration départementale et communale. Dreyfus-Brissac, secrétaire de la 2e section du conseil supérieur.
- Drouineau, inspecteur général de l’assistance publique.
- Gaufrés, membre du conseil municipal. Gerville-Réache, député, secrétaire de la Ire section du conseil supérieur.
- Jeanson, inspecteur général de l’assistance publique.
- Le Fort, président du conseil des inspecteurs généraux de l’assistance publique.
- Le Roy (P.-A.), membre de la société de statistique.
- Martin (A.-J.), secrétaire général du conseil supérieur de l’assistance publique.
- Maze, sénateur, président de la 4e section du conseil supérieur.
- Monod, directeur de l’assistance publique de France.
- Muteau, attaché au secrétariat du conseil supérieur.
- Napias, inspecteur général de l’assistance publique.
- Peyron, directeur de l’assistance publique de Paris.
- Pichon, député.
- Regnard, inspecteur général de l'assistance publique
- Rochard, inspecteur général honoraire des services de santé de la marine, président de la 2e section du conseil supérieur.
- Rollet, avocat à la cour de Paris.
- Roussel (Th.), sénateur, vice-président du conseil supérieur de l’assistance publique.
- Rousselle, membre du conseil municipal,
- Siegfried député.
- Simon (Jules), sénateur, président de la lre section du conseil supérieur.
- Strauss (Paul), membre du conseil municipal secrétaire de la 4e section du conseil supérieur.
- Teissier du Cros, secrétaire adjoint du conseil supérieur.
- Thulié, ancien président du conseil municipal de Paris.
- Tolain, sénateur, président de la 3e section du conseil supérieur.
- Trélat (U.), vice-président de la 2e section du conseil supérieur.
- Par arrêté en date du 12 novembre 1888 le mi nistre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a nommé membre du comité d’organisation du congrès international de pathologie interne :
- MM.
- Ballet, agrégé de la faculté de médecine. Bergeron, secrétaire perpétuel de l’académie de médecine
- Bouchard, membre de l’Institut, professeur à la faculté de médecine.
- Bucquoy, membre de l'académie de médecine. Cadet de Gassicourt, médecin des hôpitaux. Chantemesse, médecin des hôpitaux.
- Charcot, membre de l'Institut, professeur à la faculté de médecine,
- Chauffard, agrégé de la faculté de médecine. Comby, médecin des hôpitaux.
- Damaschino,professeur àlafaculté de médecine. Debove, agrégé de la faculté de médecine. Desnos, médecin des hôpitaux.
- Du Cazal, profeseur à l’école d'application de médecine militaire.
- Féréol, membre de l’académie.
- Guyot, médecin des hôpitaux.
- Hérard, président de l'académie de médecine. Jaccoud, membre de l’académie de médecine, professeur à la faculté.
- Joffroy, agrégé de la faculté de médecine. Kelsch, professeur à l’école d’application de médecine militaire.
- Landouzy, agrégé de la faculté de médecine. Lerebouliet. directeur de la Gazette hebdomadaire.
- Letulle, médecin des hôpitaux.
- Milliard, médecin des hôpitaux. Moutard-Martin, membre de l’académie de médecine.
- Moutard-Martin (R.), médecin des hôpitaux. Peter, membre de l’académie de médecine, professeur à la faculté de médecine.
- Potain, membre de l’académie de médecine, professeur à la faculté de médecine.
- Rendu, agrégé de la faculté de médecine. Siredey, membre de l’académie de médecine. Villemin, membre de l’académie de médecine.
- Par arrêté en date du 12 novembre 1888, le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a nommé membres du comité d’organisation international d’anthropologie et d’archéologie préhistorique :
- MM.
- Acy (d’), archéologue, membre de la société d’anthropologie.
- Arbois de Jubainville (d’), membre de l’Institut, professeur au Collège de France.
- Baye (baron J. de), archéologue, membre de la société d’anthropologie.
- Berthelot, membre de l’Institut, professeur au Collège de France.
- Bertrand (Alex.), membre de l’Institut, conser-
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- valeur du musée de Saint-Germain-en-Laye.
- Boulle, docteur ès-sciences, préparateur au Muséum.
- Cartailhac, directeur des matériaux pour l’histoire de l’homme.
- Chantre, sous-directeur du Muséum de Lyon.
- Cotteau, correspondant de l’académie des sciences.
- Duval (Mathias), professeur à la faculté de médecine, membre de l’académie de médecine.
- Faidherbe (général), de l’Institut, grand chancelier de la Légion d’honneur.
- Gaudry, membre de l’Institut, professeur au Muséum.
- Girard de Rialle, directeur des archives au ministère des affaires étrangères.
- Hamy, conservateur du musée d’ethnographie.
- Hébert, membre de l’Institut, doyen de la faculté des sciences.
- Lagneau, membre de l’académie de médecine.
- Letourneau, secrétaire général de la société d’anthropologie.
- Maspéro, membre de l’Institut, professeur au collège de France.
- Maunoir, secrétaire général de la société de géographie.
- Maury, membre de l’Institut.
- Mortillet (G. de), député.
- Nadailhac (de), correspondant de l’académie des inscriptions.
- Oppert, membre de l’Institut, professeur au Collège de France.
- Pozzi (Dr), professeur agrégé de la faculté de médecine.
- Quatrefages (A. de), membre de l’Institut, professeur au Muséum.
- Reinach (L.), attaché au musée des antiquités nationales de Saint-Germain-en-Laye.
- Rhôné, archéologue, membre de la société des antiquaires de France.
- Topinard, professeur à l’école d’anthropologie.
- Par arrêté en date du 12 novembre 1888, le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a nommé membres du comité d’organisation du congrès international pour la propagation des exercices physiques dans l’éducation :
- MM.
- Berthelot, membre de l’Institut, sénateur. Blatin, député.
- Brouardel, doyen de la faculté de médecine. Buisson, directeur de l’enseignement primaire au ministère de l’ins'.ruction publique. Caillat, président de la société d'encouragement au sport nautique.
- Carnot (Adolphe), inspecteur des études à l’école des mines.
- Chaumeton, président de l’association des étudiants.
- Claude-Lafontaine, banquier.
- Coubertin (baron de).
- Féry d’Esclands, inspecteur général de la gymnastique, président de la société d’escrime. Godard, directeur de l’école Monge.
- Gréard, membre de l’Institut, recteur de l'académie de Paris.
- Javal, membre de l’académie de médecine. Kortez, proviseur au lycée Janson de Sailly. Lagrange (Dr), à Limoges.
- Lavisse, professeur à la faculté des lettres. Legouvé, membre de l’Institut,
- Marey, membre de l'Instituty professeur au Collège de France.
- Morel, directeur de l’enseignement secondaire au ministère de l’instruction, publique. Moutard, inspecteur général des mines.
- Picot, membre de l’Institut.
- Rabier, inspecteur d’académie,
- Rochard, membre de l’académie de médecine. Simon (Jules), membre de l’Institut, sénateur. Troisier, médecin des hôpitaux, agrégé de la faculté de médecine.
- Villeneuve (de), maître des requêtes au conseil d’Etat.
- Nous avons le plaisir d’apprendre que M. Balme, l’intelligent chef de travaux de la société de Fives-Lille qui a dirigé si habilement le montage des grandes fermes du Palais des machines (côté Fives-Lille), vient d’être nommé, sur la demande de M. G. Berger, directeur général de l’Exposition, inspecteur du service de la manutention des produits envoyés à l’Exposition. Cette nomination, à laquelle applaudiront tous ceux qui connaissent M. Balme, a été signée, le 14 de ce mois, par M. Pierre Legrand, ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition de 1889.
- Réunion de délégués
- Une réunion des délégués des Chambres de Commerce des ports maritimes, aura lieu le 20 novembre, dans ses bureaux, à Paris, à l’effet de se concerter sur la distribution intérieure du pavillon réservé à leurs expositions spéciales.
- Circulaires
- Les Présidents des Comités étrangers pour la participation à l’Exposition universelle viennent de recevoir de la Direction Générale de l’Exploitation la circulaire suivante :
- Monsieur,
- J'aurai l’honneur de vous faire parvenir prochainement les instructions destinées à assurer le fonctionnement prompt, régulier et uniforme du service des douanes en ce qui concerne la réception des produits, lorsque la période régulière des arrivages sera à la veille de commencer.
- En attendant, il s’agit de prendre des mesures provisoires, parce qu’il est arrivé déjà, à plusieurs reprises, que des colis ou marchandises destinés aux sections étrangères ont été reçus dans l’enceinte de l’Exposition en dehors de l’intervention du service des Douanes.
- Afin de prévenir le retour d’incidents de ce genre, qui sont de nature à engager fâcheusement la responsabilité des destinataires et à créer des difficultés lors de la réexportation des produits exposés, j’ai l’honneur de vous indiquer ci-après les principales formalités auxquelles donnera lieu, quant à présent, la réception des marchandises :
- Aussitôt que des colis seront introduits dans l'enceinte de l’Exposition, le service des Douanes, qui se tient en permanence au Champ de Mars, devra être mis à même de procéder, en présence du destinataire ou de son représentant, à la reconnaissance de l’état du plombage des colis. J’insiste tout particulièrement sur ce point que les plombs, constituant la garantie du transport sous le régime du transit international, doivent être représentés intacts aux agents des Douanes, et que l’oubli de cette recommandation pourrait exposer les destinataires aux pénalités prévues par la loi. Immédiatement après cette première constatation, les marchandises seront vérifiées et prises en charge, dans les conditions réglementaires, au vu de la déclaration de détail à laquelle se rapporte ma circulaire du 2 5 octobre dernier.
- Le servcice des Douanes est provisoirement installé, sous les ordres de M. Hobacq, au rez-de-chaussée des bâtiments de ma Direction générale, 16, avenue de La Bourdonnais.
- Agréez, Monsieur, l’assurance de ma haute considération.
- Le Directeur Général,
- G. Berger.
- M. le Directeur général de l'Exploitation vient d’envoyer à tous les Comités étrangers la circulaire suivante, à laquelle était joint un exemplaire du cahier des charges du Catalogue général officiel de l’Exposition, que nous avons déjà publié dans le numéro 195 du Moniteur (23 septembre 1888.)
- Monsieur,
- Le moment me semble venu d’appeler de nouveau toute votre attention sur la circu-
- dîmanche 25 novembre 1888.— 1261.
- laire que j’ai eu l’honneur de vous adresser le 28 mai dernier relativement au Catalogue général officiel.
- L’importance de cette circulaire ne vous aura sans doute pas échappé, mais il me semble nécessaire de vous en rappeler les termes et d’insister près de vous d’une manière pressante pour vous prier de lui donner, à bref délai, la suite qu’elle comporte.
- En même temps que cette circulaire, je vous faisais adresser un certain nombre de fiches sur papier blanc, que je vous priais de faire remplir, en langue française, par les exposants définitivement admis, en les accompagnant d’une liste, en langue française, de ces exposants, par groupes et par classes.
- J’ajoutais : « Si quelque retard devait se produire dans l’envoi des fiches que doit remplir chaque exposant et des listes que vous avez à me remettre, l’inscription au Catalogue des noms et notices qui me parviendraient après le 31 décembre 1888, pourrait ne pas avoir lieu. »
- Je saisis avec empressement, Monsieur, l’occasion qui m’est offerte de vous faire parvenir, sous ce pli, un exemplaire du Cahier des charges imposées au concessionnaire du Catalogue général officiel. La lecture de ce document vous fera connaître de manière plus explicite encore que ne l’avait pu faire ma circulaire du 28 mai, non seulement les conditions dans lesquelles doit s’effectuer l’impresssion du Catalogue général officiel, mais encore les droits réservés aux sections étrangères pour la rédaction et l’impression du Catalogue particulier que chaque section peut publier dans sa langue nationale.
- Dans peu de temps, pour ce qui concerne le Catalogue particulier de votre section, je serai en mesure de vous informer de son mode de vente dans les enceintes de l’Exposition et des moyens de fixation de la redevance à laquelle il pourra donner lieu conformément à l’article 2 du Cahier des Charges.
- Le taux de cette redevance ne pourra d’ailleurs être fixé qu’au moment où vous aurez bien voulu m'instruire du prix auquel votre Commissariat entend le livrer au public.
- Veuillez agréer, Monsieur, l’assurance de ma haute considération.
- Le Directeur Général,
- G. Berger.
- La circulaire suivante vient d’être adressée par le Directeur de l’Exploitation aux Présidents des Comités d’installation :
- Monsieur le Président,
- J’ai l’honneur de vous informer que, d’après les renseignements qui m’ont été fournis par mon collègue, M. le Directeur général des Travaux, la pose des planchers pourra être terminée le 31 décembre 1888, au rez-de-chaussée et au premier étage, dans les Galeries des Industries diverses (Groupes III, IV et V), dans le Palais des Arts Libéraux et dans le Palais des Machines.
- En conséquence, j’ai l'honneur de vous prier de bien vouloir donner les instructions nécessaires, afin que la pose et le montage des vitrines, et, en général, de tout le matériel d’installation soit entrepris à partir du Ier janvier 1889.
- Ce travail pourra être commencé avant cette date, dans les parties des Palais qui auront reçu leur plancher.
- Il est essentiel que toutes les vitrines, tous meubles d’exposition et le matériel d’installation soient complètement en place avant le 15 février, date à laquellle les objets d’exposition pourront être apportés.
- Le montage des machines commencera à partir du Ier janvier 1889 au plus tard.
- Agréez, Monsieur le Président, l’expression de mes sentiments les plus distingués.
- Le Directeur général,
- G. Berger.
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- 12Ô2. — QUATRIÈME ANNÉE — N° 204.
- LE MONITEUR DE i/EXPOSITION DE 1889.
- DIMANCHE 25 NOVEMBRE 1888.
- LA RUE DES NATIONS, EN 1878
- Ce groupe de nations était en quelque sorte ramassé sur une largeur qui n’excédait pas 10 mètres. La première de ces façades, que le lecteur en regardant notre
- gravure verra à sa gauche, est le produit de la collaboration des trois plus petits Etats de l’Europe : deux républiques, celles de Saint-Marin et du Val d’Andorre, et la
- principauté de Monaco. Le rez-de-chaussée de l’édifice, composé d’une porte à fronton soutenu par deux colonnes, appartenait à Monaco qui y avait placé son
- LES FAÇADES DES SECTIONS D’ANN AM, DE PERSE, DE SI AM, DE TUNIS, DE MONACO ET DE LA RÉPUBLIQUE DE SAINT-MARIN
- écusson avec la devise Deo jurante ; le premier étage, une grande fenêtre à verrière, est à Saint-Marin dont l’écusson porte la hère devise : Libertas / Enfin, sur les dés de pierre encadrant une balustrade terminale, le Val d’Andorre avait posé ses écussons.
- La régence de Tunis était représentée par un édifice à bandes alternativement rouges et blanches, à porte de forme mauresque, à fenêtre garnie d’un balcon enfermé dans une claire-voie de bois. Au-dessus, était une petite frise multicolore, un attique portant le nom de Tunis en caractères arabes et l’ensemble était couronné par une tourelle de minaret.
- Siam était non moins élégant. C’était une porte percée sous une espèce de vestibule en bois et fermée par des tapisseries. Au-dessus se trouvait l’écusson à Y Eléphant blanc, puis un étage, et le tout couronné par un triple toit étagé comme celui des constructions chinoises. Le pavillon persan, reconnaissable par le lion d’or de son écusson et le soleil de son drapeau, était également un bâtiment étroit, en forme de tour, percé au rez-de-chaussée d’une porte à voûte angulaire et au premier étage d’une fenêtre de 3 même coupe. Il était remarquable par les gracieuses arabesques multicolores qui
- encadraient le sommet de la porte et s’enroulaient autour d’une colonne angulaire à fond vert d’eau.
- Enfinl’Annam avait construit une grande porte de chêne, large, à voûte surbaissée, en anse de panier, dont les angles étaient garnis de dragons ailés. Cette porte était abritée sous une toiture vérandah, à la chinoise, formée de tuiles demi-cylindriques. Au-dessus de cette toiture était un couronnement rouge et or dans lequel s’implantait le drapeau.
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- QUATRIÈME ANNÉE — N° 204. LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889. DIMANCHE 25 NOVEMBRE 1888. — 1263.
- LA RUE DES NATIONS, EN 1878
- La Grèce avait comme bâtiment-façade type, à l’Exposition de 1878, une maison grecque, mi-antique, mi-moderne. C’était un petit édifice polychrome à fond blanc,
- nervures et frises bleues et rouges. Le rez-de-chaussée était en pierres blanches, à jointures apparentes rouges. Laporte d’entrée, large et basse, de forme rectangu- !
- laire, suivant le style grec, s’ouvrait à droite de l’édifice, tandis qu’à la base de gauche, entre deux fenêtres étroites, se trouvait un piédestal en forme de tombeau,
- FAÇADES DU DANEMARK ET DE LA GRECE
- supportant la statue de Minerve, la protectrice d’Athènes. Au premier étage était une loggia supportée sur deux superbes consoles. Les angles étaient terminés par des pilastres carrés et l’ouverture centrale encadrée par deux grandes colonnes ioniques. A droite et à gauche de la loggia se trouvaient deux pièces closes par des murailles et éclairées sur l’extérieur.
- Sous notre climat trop souvent brumeux,
- on pouvait trouver un peu froide la blanche façade grecque.
- Mais’ l’effet était bien différent quand la vivo lumière du soleil du mois d’août colorait ces murs de tons chauds et variés.
- La façade danoise était en brique et pierre blanche et offrait une réminiscence du bâtiment public. Elle se composait d’un rez-de-chaussée avec porte encadrée de chaque côté par des colonnes doriques à bases et chapiteaux indépendants.
- O11 pouvait voir au premier étage une large fenêtre à croisillon de pierres et vitraux ; au-dessus, un couronnement également en pierres blanches et briques.
- , Cette partie de la façade était à la fois légère et gracieuse. Des enroulements encadraient les armes danoises, à la base desquelles 011 voyait la couronne royale et le chiffre.du roi en or sur fond rouge. Une pyramide de pierre terminait le tout.
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- 1264.— QUATRIÈME ANNEE. — N° 204.
- LES COLONIES
- a l’exposition de 1889
- INDO-CHINE
- On annonce l’arrivée prochaine à Paris de M. Fabre, architecte à Prom-Peuh (Cambodge), chargé par le gouverneur général de l’Indo-Chine de la construction de la pagode d’Angkor, à l’exposition coloniale sur l’esplanade des Invalides. Cette exposition sera très considérable et très curieuse. Elle contiendra de nombreux objets d’art. Des architectes et des artistes de Saigon viennent d’être envoyés .à Hué pour relever et mouler quelques bas-reliefs ou sculptures destinés à figurer à l’Exposition universelle de Paris. Ces messieurs se sont installés dans la pagode de Thien-Tri, une des plus belles, et en ont reproduit la plupart des motifs sculpturaux. Ils ont aussi pris le dessin du grand portique de bronze qui se dresse devant l’allée conduisant à la salle des audiences solennelles (thaï-hoa). Pendant ce temps, le génie fait exécuter des réductions en bois de plusieurs monuments ou pagodes remarquables. Tout cela figurera aq Champ de Mars. Un sculpteur prend également sur place quelques types annamites, et fait d’après nature le buste de plusieurs hauts fonctionnaires, parmi lesquels celui du ministre de la justice.
- LES ÉTRANGERS A L’EXPOSITION
- DE 1889
- ANGLETERRE
- On écrit de Londres en date du 21 courant :
- La commission britannique chargée d’organiser, en ce qui concerne T Angleterre, l’exposi-sition rétrospective des moyens de transport, qui sera une des attractions du Champ de Mars, vient de constituer deux sous-commissions : l’une pour les transports par mer, l’autre pour les transports par voie de terre.
- On peut maintenant assurer qu’une très belle collection d’objets historiques sera mise à la disposition de la commission française.
- RUSSIE
- Une des curiosités de l’Exposition de 1889 sera la collection de tous les drapeaux et trophées des régiments suisses au service de la France, de 1560 à 1830.
- Le comité spécial formé en Suisse dans ce but a obtenu des autorités cantonales la permission de puiser dans leurs collections et leurs arsenaux.
- Il devra s’adresser aussi à l’administration militaire française, car certains de ces drapeaux figurent dans nos musées.
- D’autre part, la Novoïé Vremia du 18 novembre assure que beaucoup de fabricants d’objets métalliques de Toula se préparent à envoyer leurs produits à l’Exposition universelle de Paris en 1889. Le même journal ajoute qu’un des plus grands fabricants de prianiks (pain d’épice russe) de Toula viendra installer à Paris pendant l’Exposition un établissement où se confectionnera cette marchandise.
- EXPOSITION OUVRIÈRE DE 1889
- Dans sa séance du 16 courant, le Conseil municipal de Paris a reçu communication d’une lettre adressée à la première commission et à la commission du budget du Conseil, et dont voici le texte :
- Paris, le 16 novembre 1888.
- Messsieurs,
- La Commission d’organisation de l’exposition ouvrière de 1889 prie la Commission du budget
- LE MONITEUR DE if EXPOSITION DE 1889. DIMANCHE 25 NOVEMBRE 1888.
- de bien vouloir faire le possible pour hâter son rapport.
- Vous nous excuserez, Messieurs, de vous presser ainsi, mais le temps presse et avec la meilleure volonté du monde nous serions, malgré nous, obligés de nous désintéresser de l’œuvre qui, depuis bientôt cinq ans, coûte tant d’efforts aux syndicats ouvriers et associations.
- Nous savons que la somme demandée est lourde pour le budget que vous avez l’honneur de gérer, mais nous connaissons également le dévouement de la commune de Paris à l’égard des travailleurs.
- De notre côté, Messieurs, nous sommes prêts à tous les sacrifices. Nous travaillons actuellement à la réduction des devis, qui montent à près d’un million de francs.
- Les syndicats, disposés à faire beaucoup avec peu, baissent leurs demandes et le travail de la Commission des devis sera bientôt prêt.
- L’emplacement est accordé par l’Etat, la subvention va également bientôt l’être.
- Il nous reste à demander à la Ville ce qu’elle peut faire pour les 102 syndicats groupés en vue de cette œuvre essentiellement corporative.
- Nous avons donné certaines explications à M. Deville, votre collègue.
- Nous avons prévu (dans le fonctionnement de nos commissions) le contrôle de la comptabilité laissé à la Ville. De plus, nous ne donnerons l’argent qu’au fur et à mesure des besoins et sur le visa des pièces comptables de chaque syndicat. Bref, toutes les mesures sont prises pour éviter le moindre reproche.
- Nous comptons, Messieurs, que vous prendrez bonne note de nos pressantes sollicitations et attendons de vous un résultat favorable.
- Recevez, etc.
- Signé : Lavaux.
- Cette lettre a été renvoyée aux commissions compétentes, pour le rapport sur la question en être fait dans le plus bref délai possible, vu l’urgence.
- L’EXPOSITION NATIONALE DES CIDRES ET POIRÉS
- L’abondance des matières nous oblige, à notre grand regret, à renvoyer au prochain numéro la revue spéciale de notre collaborateur., M. E. Basset.
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- ECHOS
- Concerts de l’exposition de Blanc et Noir Les concerts Stracam à l’exposition de Blanc et Noir ont redoublé le succès de cette très intéressante exposition. Le pavillon de la Ville dè Paris, chauffé et éclairé, est actuellement le rendez-vous, de 3 à 6 heures, du Tout-Paris élégant et artistique.
- Les dimanches et jeudis soir, l’administration donnera, en outre des concerts de jour, des festivals, de 8 heures à 11 heures.
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- * Sic-
- Exposition de Barcelone M. Pierre Legrand, ministre du commerce et de l’industrie, a soumis au conseil un projet de loi tendant à obtenir l’autorisation d’accorder un certain nombre de croix de la Légion d’honneur à l’occasion des expositions de Barcelone de Melbourne et de Bruxelles.
- Ce projet sera déposé aujourd’hui sur le bureau de la Chambre.
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- Le tramway de l’Exposition Plusieurs journaux ont publié la note suivante :
- Le tramway de la gare de Lyon au pont de l’Alma, qui, bientôt aura son point terminus au coin de l’avenue Rapp et de la rue Saint-Dominique, donne maintenant les correspondances pour l’omnibus des Champs-Elysées à la Petite-Villette.
- Nous ferons remarquer i° : que dès le premier jour, soit le 15 septembre, de son changement d’itinéraire, le tramway dont il s’agit aurait dû donner des correspondances pour la ligne de la Villette aux Champs-Elysées; 20 que depuis plus d’un mois, l’amorce de l’avenue Rapp devrait être livrée à la circulation, car, depuis le 15 septembre, ce quartier se trouve absolument abandonné par la Compagnie générale des Omnibus.
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- L’accident du Champ de Mars
- Plusieurs journaux ont annoncé, par erreur, qu’un grave accident s’était produit mardi matin au palais des Arts libéraux. C’est effectivement dans une galerie latérale, la galerie Desaix, et non dans le palais lui-même que s’est produit l’accident dont il s’agit.
- Cette galerie est celle qui relie le palais des Arts libéraux aux galeries des expositions diverses et c’est le porche d’entrée placé du côté intérieur du Champ de Mars qui s’est écroulé mardi matin à 5 heures. Ce porche, ou plutôt cette porte monumentale était à peu près terminée, mais la hâte avec laquelle elle a été édifiée et, plus encore peut-être, la qualité des matériaux employés ont amené son effondrement. Heureusement que l’heure à laquelle l’accident s’est produit a évité un malheur inévitable, la mort certaine de plusieurs ouvriers. L’entrepreneur s’en tirera donc relativement à bon marché.
- Ainsi qu’on l’a dit, le porche qui fait face à celui écroulé, et qui est placé à l’extrémité de la galerie Rapp, à côté du palais des Beaux-Arts, n’est pas sans inspirer des craintes sur son état de solidité, mais des mesures de consolidation ont été prises aussitôt par l’entrepreneur, sur ordre supérieur, et il y a lieu d’espérer qu’aucun accident ne se produira de ce côté.
- L’accident que nous venons de relater, hâtons-nous de le dire, n’aura aucune influence sur la marche générale des travaux de l’Exposition. C’est un accident local qui ne saurait retarder d’un jour l’exécution de l’ensemble.
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- ... i,
- LE BON MARCHÉ
- Exposition des Étrennes
- Les étrennes sont la fête de toutes les familles la seule peut-être qui ait conservé le caractère familial des réjouissances du bon vieux temps, fête patriarcale qui reste dans nos mœurs avec son parfum d'antiques croyances et de vieilles coutumes. C’est la fête des jolis bébés qui applaudissent et rient à sa venue, la fête des mères et des épouses, c'est aussi jour de souvenir pour les vieillards, grands-pères et bonnes mamans qui, le sourire aux lèvres et le cœur en joie se rappellent le temps déjà loin où ils ne comptaient pas encore les années qui s’écoulent. Les étrennes sont un rayon de soleil sur les affections les plus pures, elles ramènent les absents au foyer, réunissent les membres épars de la famille, rappellent souvent les égarés au foyer paternel. Elles sont un sujet de joie pour tous, pour les tout petits, pour les faibles, pour les heureux comme pour les malheureux. Fête du souvenir, empreinte d'une haute portée sociale sous des apparences frivoles, car tout ce qui tient aux liens de la famille est la base de la Société.
- Tout ce qui se rapporte à cette époque bénie des enfants et des parents, préoccupe au plus haut point la direction des magasins du Bon Marché. Aussi, l’exposition des étrennes est-elle chaque année, dans cette maison modèle, une véritable merveille.
- L’exposition qui va s’ouvrir le 3 décembre prochain sera particulièrement intéressante. Le simple aperçu que nous en pouvons donner ne saurait être qu’un pâle reflet de cette féerie où le plaisir des yeux ne s’arrêtera que sur des perfections. C’est par les jouets qu'on commence toujours une visite à l’exposition.
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- QUATRIÈME ANNÉE.— N° 204. LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE 1889. DIMANCHE 25 NOVEMBRE 1888.— 1265.
- Tout d’abord, les bébés jumeaux si universellement connus, si perfectionnés, que leur réputation s’étend au monde entier. C’est un des chefs - d’œuvre de la fabrication française. Chaque année on apporte une modification nouvelle à ces merveilleux petits êtres qui parlent, qui se meuvent, grâce à un prodige d’articulation. Rien de plus gracieux que ces têtes blondes, aux cheveux flottants, dont le regard paraît animé et que revêtent de charmants costumes. Aussi, que de joyeuses exclamations de la part des fillettes à la vue de ces bébés dont elles font leur compagnon assidu, qu’elles caressent, qu’elles choyent et dont elles rêvent en le désirant avec les étrennes, auxquels elles sourient dans leur sommeil quand elles les possèdent ! En voilà pour des mois de bonheur. Et c’est si bon pour les parents, le bonheur des enfants I
- Mais le bébé tout seul lasserait peut-être l’enfant. Le Bon Marché a songé à cette éventualité. Il offre donc un mobilier complet de poupée qui servira à Bébé et formera son petit ménage, son appartement. Le petit mobilier de poupée, en noyer ciré, style Renaissance est une propriété exclusive de la maison. Il comprend tout : armoire à glace, table de nuit, chiffonnier, bibliothèque, toilette. Il y a aussi une cuisine complète avec ses fourneaux, sa batterie, paniers, Enfin des berceaux pour le joli bébé dormeur en maillot.
- Plus loin, les jouets de toute sorte, clowns, pierrots, chevaux, soldats; charrettes. Un bonhomme charmant, c’est le clown garde-française, en grand uniforme, incassable et articulé. Les panoplies d’officier, de chasseur, de trompette, de dragon, de cuirassier feront le bonheur de nos futurs guerriers.
- Il y a encore une boîte en bois qui, fermée, n’inspire aucune crainte, mais qui n’en est pas moins une formidable machine de guerre. Elle éveillera plus d’un instinct belliqueux. C’est un fort qui se démonte et se déroule; les soldats se mettent en place, les canons sont sur les créneaux. Pour faire pendant, une caserne complète avec ses soldats de plomb et une escouade de pompiers avec pompes et accessoires. Il y a là de quoi soutenir et faire un siège en règle.
- Enfin, des jouets variés à l’infini, tambours pour assourdir les bonnes mamans, loterie pour gagner à bon papa, chats savants, lapins, jeux de patience, boîtes de couleurs, petits ménages, etc.
- Les jouets mécaniques attireront tout spécialement l’attention. Ce sont de vrais prodiges d’exécution et de perfection automatique. On remarquera surtout dans le nombre une mauresque jojant de la harpe, un pierrot jouant de la guitare et regardant la lune avec des expressions de regard indéfinissables. Citons aussi les chemins de fer américains et français, à rails mobiles, avec une station, un train complet, un tunnel.
- Un appareil aussi instructif qu’amusant : la valise photographique avec tous les accessoires, objectif se tenant à la main, obturateur perfectionné. Sous son apparence minuscule, cet appareil fonctionne parfaitement. Il fera le bonheur de bien des jeunes amateurs.
- Dans toute exposition d'étrennes, les livres occupent une très grande place et rien n’est aussi joli que ces étagères, ces vastes comptoirs sur lesquels s’étalent les reliures les plus variées et les plus artistiques, les tranches d'or des volumes, les gravures multicolores et les illustrations de tout genre. Mais encore faut-il qu’un choix éclairé préside à la recherche d’une telle collection de volumes. Il s’agit d’unir l’utile à l’agréable, la science avec toutes ses vulgarisations à la littérature, tout en veillant à ce que les ouvrages mis en vente soient toujours d’une moralité parfaite. Le Bon Marché a réuni toutes ces conditions dans le choix de ses livres.
- Citons quelques éditions illustrées : Pans à travers les âges, par M. Hoffbauer ; Y Art étrusque, par M. Jules Martha; Y Expédition de Charles VIII en Italie, par M. Delaborde, le Pirate, de Walter Scott, magnifiquementillustré par de Lalauze, la Guerre de Crimée, de Gus-
- tave Marchai, la Retraite infernale, par Edouar d Deschaumes, la Télégraphie historique, par Alexis Belloc, ouvrage illustré de gravures qui sont autant de démonstrations pratiques, Sain t-Denis, par l’abbé Vidieu, tous volumes splendides édités par Firmin Didot.
- De la maison Hachette : Y Alsace, par Charles Grad,lacollection du Tour du monde, le Journal de la Jeunesse, la Géographie universelle, d’Elisée Reclus, Y Histoire de l’Art pendant la Renaissance, par Eugène Muntz, de nombreux volumes de voyages illustrés, aussi instructifs qu’amusants.
- Noustrouvons aussi parmi les livres d’étrennes édités par la maison Plon, le magnifique ouvrage de Bonvalot, Aux Indes par terre, les Types de Paris, par Rafïaelli, les Albums pour la Jeunesse, parmi lesquels les Fables choisies de La Fontaine, pour les enfants, la Civilité puérile et honnête. Il y a aussi des albums pour les grandes personnes, Aux Rives d’or, par Mars, splendide illustration des côtes méditerranéennes.
- Ce sont de belles étrennes à offrir que ces ouvrages de grand luxe donnés cependant à des prix très réduits par le Bon Marché. Mais l’agrément qu’on trouve à feuilleter ces belles éditions n’empêche pas de songer à mille cadeaux utiles dont on est parfois obligé de se pourvoir, suivant les conditions particulières de la vie.
- Yoici, par exemple, la bijouterie, l’orfèvrerie avec leurs mille applications diversifiées suivant les goûts, les convenances ou les âges. A noter, dans cet ordre d’idées, un choix exceptionnel de bijoux vieil or et vieil argent, très élégants et artistiques et en même temps très variés. 11 y a là de quoi faire bien des heureuses et exciter plus d'un gracieux sourire.
- En un mot, dans une promenade prolongée à travers l’exposition des étrennes ou durant une simple visite, on peut faire un choix complet de maints objets agréables ou de fantaisie et de quantité de choses utiles telles que cannes, parapluies, ombrelles, cravaches, porte-monnaie, étuis à cigares, élégants, d’une solidité parfaite, tous objets qu’on peut très bien offrir, dont l’application pratique est indéniable et qu’on accepte toujours avec plaisir.
- Plus loin, on se laisse tenter par les albums à photographies' ornés d’appliques, avec chiffres et fermoirs de différents styles en or, en argent ou en métal historié, avec fleurs ou autres motifs , des bronzes représentant une foule de sujets, des cristaux qui sont des merveilles artistiques, des jardinières, des faïences et porcelaines, en un mot, tous les bibelots charmants qui sont devenus un des goûts les plus caractérisés de notre époque.
- Tout le monde sait avec quel soin et quel souci de l’authenticité, le Bon Marché choisit les objets de la Chine et du Japon, en bronze, en porcelaine d’Imarie, en laque, en émail cloisonné. Aussi, nulle part ailleurs, ne trouve-t-on une aussi belle collection de ces articles aujourd’hui si à la mode. Voilà encore de beaux et gracieux cadeaux à faire à l’époque des étrennes.
- Enfin, pour offrir à une dame, des éventails merveilleux de bon goût, de fini et de cachet artistique.
- A l’époque du premier de l’an, les confiseurs sont rois. Le Bon Marché offre à ses visiteurs les sacs destinés à mettre les délicieux produits des artistes du bonbon : des sacs à bonbons en satin, très belle qualité, dessins variés, toutes couleurs claires ; la hotte bonbonnière, en peluche soie, ornée d’un sachet satin et de rubans assortis, articles très gracieux et qui restent quand les bonbons ont disparu, qu on garde comme un joli bibelot.
- Enfin, restent les cadeaux pour les intimes, pour la famille, étrennes utiles, telles que articles de lingerie, trousseaux complets, layettes, services de linge de table et de toilette, ameublements complets, de luxe ou de simple utilité, à des prix exceptionnellement avantageux.
- Nous devons une mention spéciale à des petits meubles incomparables : bureaux de style
- Louis XV et Louis XVI, petites tables, paravents, le tout en vernis Martin, genre Boucher et Watteau, écrans somptueusement historiés, dans le vrai et plus pur style du temps. Cadeaux de grand luxe et qui méritent que les véritables amateurs s’y arrêtent longuement.
- Si le retour des étrennes nous avertit toujours que nous avons vieilli de douze mois ; il nous reste aussi l’espoir et les promesses de 1 année qui commence. Cet espoir et ces promesses de joie et de bonheur sont communs à tous, aux plus déshérités comme aux plus riches, à tous ceux qui se coudoient dans les vastes galeries du Bon Marché, en quête de cadeaux à offrir suivant leurs moyens. Et, à la vue de toutes ces belles choses exposées aux regards, de tous ces objets qui attestent le mouvement incessant du progrès, on se dit : Je reviendrai l’an prochain. Je trouverai là, toujours, des choses nouvelles, plus perfectionnées que jamais. Et cet espoir de repasser dans cet endroit familier, où l’on revient toujours avec un si grand plaisir, semble une promesse de vie et de bonheur.
- L’exposition des étrennes est la dernière de l’année. Les jours passent, apportant leurs nouveautés, leurs faits, leurs progrès à venir. En 1889, Paris, la France et l’étranger verront l’Exposition universelle. La maison Boucicaut a songé dès longtemps à cette fête de l’industrie nationale. Elle a décidé de déployer à la veille de l’Exposition universelle le plus grand luxe et la plus grande variété d’étrennes, dans les immenses et somptueux quadrilatères, si splendidement éclairés, aérés, vastes et spacieux qui compose lit l’édifice du Bon Marché.
- Baille.
- SPORT
- RÉSUMÉ DES COURSES PASSÉES
- La réunion de dimanche dernier à Auteuil, fertile en incidents et en surprises, favorisée par un temps relativement très beau, a présenté un vif intérêt au double point de vue sportif et mondain.
- Le prix de Chantilly, le clou de la journée, a été pour Rabastens, qui se révèle comme un steeple-chaser d’avenir.
- Une surprise nous attendait dans le prix du Trocadéro, steeple-chase-handicap, dans lequel aucun des favoris n’a fini le parcours.
- La lutte s’est circonscrite à l’arrivée entre Fétiche et J’y-Suis, tous deux partis à la cote de 20/1 et la victoire est restée au cheval de M. Maurice Ephrussi.
- On aime assez, dans cette maison, les grosses cotes; je n’en veux pour preuve que la victoire de Dauphin dans l’Omnium, victoire aussi inattendue du ring que fortement escomptée par les initiés.
- Toutefois, il convient d’ajouter que de nombreux incidents et accidents de courses ont facilité la tâche de Fétiche.
- Rhodante et Sapho ont CHlbuté dès le début, Framboisier est tombé à la rivière des tribunes et Saint-Léonard, fidèle à ses habitudes d’antan, a dérobé, s’épargnant ainsi les fatigues de la lutte.
- Enfin, Mauléon, dans une forme remarquable, a littéralement semé ses adversaires dans la course de haies qui clôturait cette intéressante journée.
- C’est la cinquième victoire que ce cheval remporte sans une défaillance.
- Lundi, Vincennes donnait sa dernière réunion de courses au trop, ce sport si utile à notre élevage.
- Il serait oiseux de dire que tous les éleveurs et entraineurs normands étaient là, et que les champs, dans chaque épreuve, étaient nombreux.
- Soixante-seize chevaux ont pris part aux cinq courses.
- Ce chiffre me dispense de plus longs commentaires.
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- COURSES A VEXIR
- Dimanche 25 novembre : Auteuil.
- Lundi 26 — Saint-Ouen.
- Mardi 27 — Saint-Germain.
- Jeudi 29 — Auteuil.
- Vendredi 30 •— Saint-Ouen.
- G. Robinson.
- Le propriétaire-gérant : H. Pendrié. Imprimerie d’Argenteuil, Ferdinand Le Nindre.
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- 1266. — QUATRIÈME ANNÉE.
- N° 204.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- DIMANCHE 25 NOVEMBRE 1888
- ANNONCES
- CARTES COMMERCIALES UNIVERSELLES avec texte descriptif, publiées par la Librairie Chaix, 20, rue Bergère, sous la direct on de M. F. Bianconi, ingénieur-géographe.
- Vient de paraître • Carte commerciale des ÉTATS-UNIS de VENEZUELA, à grande échelle, tirage à quatre couleurs, indiquant : divisions administratives, routes, chemins de fer en exploiation et en construction, minas, produits dominants agricoles, etc., avec texte descriptif de 40 pages in-4° deux colonnes, donnant toutes sortes de renseignements concernant : commerce, industrie, produits à importer, statistiques financières et commerciales, etc.
- Cette carte commerciales est la quatorzième de la collection qui en comprendra cinquante-quatre. Prix : 4 francs et 3 francs pour les souscripteurs à une série.
- Les autres cartes commerciales parues sont les suivantes : Macédoine, Albanie et Epire, Thrace, Serbie, Bulgarie et Roumélie, Tonkin, Cochinchine et Cambodge, Argentine, Bolivie, Uruguay, Brésil nord, Colombie et Equateur, Egypte. Toutes ces cartes sont à la troisième ou quatrième édition et mises à jour.
- LE MONITEUR DES COLONIES
- Et des Pays de Protectorat
- ORGANE SPÉCIAL DU COMMERCE D’EXPORTATION
- Paraissant le Samedi, à PARIS Publie chaque semaine :
- Les actes officiels, les mouvements de personnel des administrations des Colonies et de la Marine; — Divers articles spéciaux sur le commerce d’exportation et le commerce colonial; — Les nouvelles des Colonies et pays de protectorat ; — Une chronique commerciale;—Un courrier d’Qutre-Mer et des informations complètes.
- Le Moniteur des Colonies et des pays de protectorat, qui contient 8 pages de texte et 8 pages d’annexes, publie, en outre, des renseignements .commerciaux et maritimes ; les départs d s paquebots français pour toutes les destinations; les prix de passages et de fret pour les Colonies le tarif des Douanes coloniales, etc., etc.
- Le Moniteur des Colonies et des pays de pro-ectorat est le seul journal républicain indépendant colonial qui se publie à Paris.
- COMPAGNIE D’ORLÉANS
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE BARCELONE
- A l'occasion de l’Exposition universelle de Barcelone, la Compagnie d'Orléans, d'accord avec les Compagnies de Lyon, du Midi et l'Administration des Chemins de fer de l’Etat, fait
- délivrer, à toutes les gares de son réseau, depuis le 15 avril 1888, et délivrera pendant toute la durée de ladite Éxposition des billets d'aller et retour de toutes classes pour Barcelone, ayant une durée de validité de 30 jours.
- Les prix de ces billets comporteront les réductions suivantes sur les prix des tarifs généraux, savoir :
- Au départ des stations distantes de Barcelone.
- De moins de 500 kilomètres, 30 0/0.
- De 500 à 1,000 kilomètres, 35 0/0.
- De plus de 1,000 kilomètres, 40 0/0.
- Ces billets doivent être demandés à la gare de départ quatre jours au moins à l’avance.
- Les billets d’aller et retour sont délivrés par l’iiinéraire le plus court.Toutetois, les voyageurs peuvent, à leur gré, choisir soit pour l’aller, soit pour le retour, un autre itinéraire abrégeant la durée du voyage. Dans ce cas, les prix des billets sont établis d’après les parcours choisis, et le voyageur est tenu de suivre cet itinéraire.
- An départ de Paris, les prix de ces billets sont par Limoges, Toulouse et Narbonne de :
- l^e classe, 169 fr. 30; 2e classe, 127 fr. 45; 3e classe, 90 fr. 75.
- Départ de Paris, gare d'Orléans, 7 h. 45 matin ; arrivée à Barcelone le lendemain à 10h.20matin.
- Dhrée du trajet : 26 h. 25.
- CHEMINS DE FER DE i/OUEST
- ABONNEMENTS SUR TOUT LE RËSEAU
- La Compagnie des chemins de fer de l’Ouest fait délivrer sur tout son réseau, des cartes d’abonnement nominatives et personnelles, en lre, 2e et 3e classes.
- Ces cartes donnent droit à l’abonné de s’arrêter à toutes les stations comprises dans le parcours indiqué sur sa carte et de prendre tous les trains comportant des voitures de la classe pour laquelle l’abonnement a été souscrit.
- Les prix sont calculés d’après la distance kilométrique parcourue.
- La durée de ces abonnements est de trois mois, six mois ou d’une année.
- Ces abonnements partent du 1er de chaque mois.
- Admiiiistration et direction agricole
- DE GRANDES PROPRIÉTÉS
- En FRANCE età PÉTRANGER
- Références de 1er ordre. S’adresser an Directeur du Journal
- CHEMIN DE FER DU NORD
- Les communications entre Paris et Londres sont assurées dans chaque sens, par quatre services rapides, savoir:
- Par Calais et Douvres
- Les départs de Paris ont lieu à 8 h. 22 et Il h. 15 du matin (pe et 2e classes), et à 7 h. 45 du soir (lre classe seulement), et les arrivées à Londres à 4 h. 50, 7 h. 15 du soir et 5 h. 45 du matin.
- Les départs de Londres sont fixés à 8 h. 20 et 11 h. du matin (De et 2e classes), et à 8 h. du soir (pe classe seulement) et les arrivées à Paris à 5 h. 40, 7 h. 25 du soir et 5 h. 50 du matin.
- Par Boulogne et Folkestone.
- Le départ de Paris a lieu à 9 h. 40 du matin 1 lre et 2e classes), et l’arrivéa à Londres à 5 h.40 du soir.
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- QUATRIÈME ANNEE.
- Dimanche 2 Décembre 1888.
- NUMERO 205.
- SOMMAIRE
- Les Travaux au Champ de Mars. — Communications officielles et diverses. — Le Concours pour le Diplôme eds récompenses. — Installations diverses. — Les Colonies à l’exposition de 1889. — Les Etrangers à l’Fx-position de 1889. — La tour Eiffel. — L’Exposition nationale des cidres et poirés. — Le palais des Arts libéraux. — Le tramway de l’Exposition. — Echos. — Beaux-Arts : Exposition de blanc et noir. — Sport.
- ----Gravures : Portes d’entrée de l’Exposition des
- cidres. — Tableaux de l’Exposition de Blanc et Noire.
- La nouvelle Administration du MONITEUR DE L’EXPOSITION a l’honneur d’informer ses abonnés que ses bureaux, situés Cité de l’Alma, n° il, sont à proximité du Champ de Mars, du quai d’Orsay et de l’esplanade des Invalides, c’est-à-dire au centre même de l’Exposition.
- Elle se met à leur disposition pour tous les renseignements dont Us pourraient avoir besoin concernant l’Exposition de 1889 : demandes d’emplacements, installations de vitrines, etc., etc.
- Pour ces renseignements et pour tout ce qui concerne la Rédaction ou l’Administration, s’adresser à M. H. PENDRIÉ, directeur et propriétaire-gérant du MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- LES TRAVAUX
- AU CHAMP DE MARS
- Ce devient une tâche bien complexe que de rendre compte en détail de tous les travaux qui s’exécutent actuellement au Champ de Mars.
- Les petites installations s’y multiplient chaque jour; elles semblent vraiment, pour nous servir d’une expression consacrée, sortir de dessous terre.
- Quant aux monuments principaux, aux galeries de tous ordres, le gros œuvre en étant bientôt terminé, c’est à présent des mille détails de leur aménagement intérieur qu’il faut parler, et nous avouons notre impuissance à les décrire tous ; un volume chaque semaine n’y suffirait peut-être pas.
- Nos lecteurs nous pardonneront donc l’écourté de ce compte rendu. D’ailleurs, à notre humble appréciation, il nous semble que pour les personnes qui ne peuvent se rendre compte de visu de la situation, et c’est le plus grand nombre, une revue â vol d’oiseau, rapide, leur permet plus facilement de suivre la marche des travaux de tous genres qu’on exécute en vue de la prochaine Exposition.
- Dans quelques semaines, nous espérons pouvoir publier un plan général analogue à celui paru dans le Moniteur du 12 décembre 1886 et, grâce à ce moyen d’information permanent, nos lecteurs pourront suivre alors tous les détails que nous donnerons successivement sur les installa-
- tions et constructions en cours au Champ de Mars.
- Ceci dit, nous abordons notre sujet sans autre préambule.
- La tour Eiffel, qui domine de plus en plus l’Exposition entière, nous oblige, par cela même, à parler d’elle tout d’abord.
- Au 8 novembre, elle était â 169 mètres, disions-nous dans le Moniteur du 11 du même mois. Le 25, elle atteignait 190 mètres et, le dernier jour de novembre, le dix-neuvième panneau, celui dans lequel sera installée la troisième plate-forme nécessitée par la pose de l’ascenseur Edoux (voir le Moniteur du 21 octobre), était déjà posé en partie ; la plupart des arbalétriers d’angle étaient en place ainsi que quelques-uns des intermédiaires, et le 2 décembre, jour où paraîtront ces lignes, le panneau sera terminé..
- A ce moment, la tour aura exactement 198 mètres de hauteur. Que les détracteurs du grand ingénieur, que les pessimistes de tous ordres qui ont nié la possibilité d’établissement de cette grande œuvre s’inclinent enfin devant la précision mathématique avec laquelle elle s’exécute.
- Tout autour du géant de fer, c’est un véritable fourmillement d’installations particulières.
- A gauche, en regardant le Champ de Mars, et aux côtés même de la tour, le pavillon du gaz, dont nous avons déjà parlé, qui est bientôt terminé ; puis, non encore commencés, deux chalets, norvégien et suédois ; au delà, le bâtiment de l’exposition des diamants du Cap dont la toiture va être posée ; ce bâtiment confine à celui du théâtre des Folies-Parisiennes qui a peu progressé depuis notre dernière revue. Plus en arrière, en se rapprochant de la Seine, le bâtiment Kuhn (brasserie Dreha) bientôt achevé et, en bordure de la barrière qui limite le Champ de Mars, un pavillon finlandais, les téléphones, les installations Eiffel et des tabacs, ces dernières placées presque vis-à-vis le pilier n° 1 de la tour. Les quatre installations que nous venons de citer, n’ont d’exécutées que leurs fondations (les téléphones) ouïe tracé de la place qu’elles doivent occuper (les trois autres).
- A droite de la tour et, d’abord, en face le pilier n° 4, est placée l’exposition spéciale des Compagnies de Suez et de Panama dont les travaux sont en préparation. Puis, un peu plus à droite, en bordure de la barrière côté Seine, l’important emplacement qu’occupera la République) argentine ; on y pose dans ce moment les premières pièces de fer de la charpente principale du bâtiment.
- En face, et près de la tour, le pavillon du Brésil, tout en fer et brique, est bientôt terminé.
- A l’angle sud-ouest du Champ de Mars, et confinant au terrain occupé par la République argentine, se trouve l’emplacement, presque aussi vaste que celui de sa voisine, destiné au Mexique.
- Ces deux nations seront dignement représentées à la future Exposition, à en juger par l’étendue des concessions
- qu’elles ont obtenues. C’est que leur affection pour notre pays, pour Paris, surtout, plus que jamais la capitale du monde civilisé, est incontestable, et elles ont tenu à nous le prouver.
- A la suite du terrain qu’occupera l’exposition mexicaine et en face de la tour, c’est-à-dire en s’éloignant de la Seine, se trouve toute une série de pavillons dont la plupart en voie d’achèvement : auprès du petit lac de l’ancien parc, le pavillon Tourtel (restaurant français), à ses côtés, celui du Vénézuéla, un peu plus en avant, ceux de la République bolivienne et du Chili; ce dernier à peine commencé ; puis, le chalet Simard et, vis-à-vis l’extrémité ouest du palais des Arts libéraux, les emplacements destinés au Nicaragua, à l’installation Cousino (du Chili) et à la République de San-Salvador. Le pavillon de ce dernier pays est bientôt achevé, mais les deux précédents ne sont pas encore-commencés.
- Tout à fait à droite, c’est-à-dire en bordure de l’avenue de Suffren et aux côtés des installations précitées, sont en préparation : celles du palais des Enfants et du Globe terrestre. Puis, dans le même alignement, entre le palais des Arts libéraux et l’avenue de Suffren, sont placés successivement les pavillons de l’Uruguay, de la République dominicaine, du Paraguay, de Guatemala, d’Haïti et de l’Inde ; les deuxième, troisième et quatrième en plein travail de construction.
- Comme on le voit, sur ce point du Champ de Mars, on est en pleine Amérique, et ce ne sera pas sûrement une des parties les moins curieuses à voir, les moins intéressantes à étudier.
- Au delà, nous entrons en plein dans une série de constructions connues déjà de nos lecteurs. Le palais des Arts libéraux, à peu près terminé en tant que charpente métallique, sauf la partie centrale, le dôme, la galerie Desaix, à l’extrémité de laquelle s’est produit l’éboulement dont nous avons parlé dans le dernier, numéro, et dont la partie métallique est achevée; enfin, les galeries longitudinales et transversales des expositions diverses. De toutes parts on pose les planchers et les murailles en boiseries, ainsi que les portes, en bois également mais ouvragé, qui sépareront les différentes sections.
- Au palais des Machines, peu de changement depuis notre dernière revue pour ce qui est des galeries latérales. Nous pensions alors ne pas avoir à dire de nouveau que leur charpente métallique serait inces-s animent terminée ; nous nous étions trompés.
- Nous espérons que cette fois, notre prévision sera réalisée.
- Par contre, à l’intérieur du palais, le travail d’établissement des supports de transmission est poussé avec activité. Ces supports formés de deux colonnes accouplées fondues d’une seule pièce sont d’un bel effet. Ils sont disposés sur quatre rangées à égale distance les unes des autres ; les deux tiers environ de ces supports sont en place.
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- 1270.—QUATRIÈME ANNÉE.— N° 205.
- Aux deux extrémités de rimmensc nef, on pose en ce moment les deux galeries transversales destinées à mettre en communication le premier étage des galeries latérales, travail exécuté par MM. Baudet, Donon et Ce, chargés également de la pose des rideaux de fermeture à chaque extrémité du palais.
- A l’intérieur, mais sous la voûte, on a commencé la peinture des fermes et la coloration des vitraux de la toiture. Après tâtonnements, on a finalement adopté un vert d’eau, nuance lac d’Annecy. Une partie seulement des vitraux sera ainsi coloriées, l’autre conservant sa teinte naturelle.
- Mais, par exemple, ce n’est pas là un travail facile à exécuter. Songez donc que les ouvriers sont perchés pour cela faire, à 40 mètres en moyenne au-dess?us du sol. Aussi, les deux entrepreneurs qui se sont chargés de ce travail, l’un pour le compte des anciens établissements Cail, l’autre pour la Société de Fives-Lille, ont-ils dû s’ingénier pour trouver un moyen pratique d’exécution. Le premier, M. Delfosse, ne paraît pas, jusqu’à ce jour avoir réalisé ce desideratum. Plus heureux, son concurrent, MM. Rondeau et Ce, ou plutôt M. Sciaifle, le directeur de cette maison, a imaginé un système d’échafaudages des plus simples et des plus ingénieux à la fois qui lui permettra d’accomplir rapidement la tâche qui lui incombe. Peut-être M. Delfosse sera-t-il obligé d’emprunter à M. Sciaifle le droit d’utiliser son invention s’il veut terminer son travail en temps utile.
- Sur divers points de la toiture, dans la partie située en dessous de celle vitrée, est commencée la pose des motifs allégoriques des villes de France qui doivent recouvrir cette partie des deux côtés de la grande nef. L’effet en est des plus heureux et s’harmonisera parfaitement, croyons-nous, avec la coloration à donner au vitrage supérieur.
- Dans la galerie latérale, côté Seine, on a déjà placé la plus grande partie des applications de moulures qui forment le dessous du plancher du premier étage. Ces moulures également sont d’un bel effet.
- En dehors du palais des Machines, et en revenant à droite vers notre point de départ, nous constatons d’abord que le porche d’entrée de ce palais est dans le môme état qu’il y a un mois. MM. Moreau frères qui le construisent ont cependant envoyé à pied d’œuvre, ces jours derniers, les pièces principales qui le composent, et il y a lieu d’espérer que ce travail, commencé il y a trois mois environ, sera terminé à la fin de l’année courante.
- La galerie de jonction qui réunit le palais des Machines à la tour centrale est à peu près achevée. Souhaitons, comme pour le porche dont nous venons de parler et qui en forme une des extrémités que cette galerie soit complètement terminée avant la fin de l’année.
- La tour centrale elle-même est en bonne voie d’achèvement, malgré le travail considérable de détails qu’elle comporte en plus de sa carcasse métallique. Ce sera une des pièces de construction les plus curieuses du Champ de Mars, et elle sera digne des hôtes illustres qui y seront représentés pendant l’Exposition.
- Nous ne citons qu’en passant les galeries des Expositions diverses de la partie nord-est du Champ de Mars (côté avenue de la Bourdonnais) ; elles sont dans le même état que celles situées du côté opposé, c’est-à-dire qu’on y travaille activement à la pose des planchers et des boiseries intérieures.
- Au delà, nous arrivons à la galerie transversale Rapp qui relie celles des Expositions diverses et le palais des Beaux-Arts. La partie métallique de cette galerie, comme celle de la galerie Desaix qui lui fait face, est terminée. On sait que ce travail a été exécuté par MM. Duclos et Ce
- Au palais des Beaux-Arts, rien de particulier à signaler. La partie qui confine à la galerie Rapp (lot Munier frères) est achevée depuis quelque temps déjà, mais il n’en est pas de même de la partie centrale,
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889. DIMANCHE 2 DÉCEMBRE 1888.
- le dôme, qu’exécute la Société des ponts et travaux en fer, ni de celle opposée que construit la société d’Ivry. Constatons cependant que sur ces deux points, le travail est poussé avec activité. Tout fait espérer qu’il sera terminé courant décembre.
- En parlant du palais des Beaux-Arts, nous devons signaler la pose des motifs en céramique qui, on le sait déjà, doivent orner ce palais et celui des Arts libéraux. Cette innovation est incontestablement une idée des plus heureuses et qui fait honneur à l’ingéniosité de M. Formigé, architecte des deux palais. Aussi nous réservons-nous d’en parler d’une façon spéciale.
- En finissant, nous devons signaler les quelques installations particulières déjà, en construction, ou seulement encore en projet, qui doivent être édifiées de ce côté du Champ de Mars, c’est-à dire en bordure de l’avenue de la Bourdonnais. Ce sont :
- En arrière des galeries des Expositions diverses, le pavillon Cail, des forges de l’Orne, contigus, et celui de MM. Solvay et C6, de Bruxelles, tous les trois assez avancés ;
- A côté du palais des Beaux-Arts : les pavillons de M. Dilemont (broderies anciennes), des forges du Nord et de la société Edison, à peine commencés ;
- Plus ‘Ùoin, au delà des pavillons des Postes et Télégraphes» et de la Presse, celui des Aquarellistes, presque achevé; et à ses côtés, dans le même alignement, Yisba russe et le chalet Toché, ce dernier en partie édifié.
- Enfin, à l’extrémité ouest du palais des Beaux-Arts; le pavillon des Pastellistes et celui de Monaco, tous deux en bonne voie d’achèvement, et, tout près du lac de l’ancien parc, des installations projetées, celles de MM. Perrusson père et fils (de la Bastille) et de M. Daval, constructeur d’échafaudages d’un modèle spécial.
- Nous ne terminerons pas cette revue, déjà longue cependant, sans parler de l’importante installation placée entre la tour Eiffel et la tour centrale, au milieu du parc, et à laquelle on travaille fiévreusement depuis quelques semaines, la Fontaine merveilleuse. On sait que le succès d’une fontaine de ce genre a été grand à l’Exposition de Barcelone. Aussi procède-t-on à son établissement avec tous les soins imaginables, car on espère qu’elle sera un des clous de la prochaine Exposition. Nous donnerons à son sujet plus de détails à la prochaine occasion.
- H. Pendrié.
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- Les Musées d’échantillons à l’étranger
- M. Pierre Legrand, ministre du commerce, vient d’adresser une circulaire spéciale aux Chambres de commerce de France et d'Algérie pour les aviser de l’intention de la Chambre française de Buenos-Ayres de créer dans cette ville un musée d’échantillons de produits français.
- D’autres pays, notamment l’Italie et l’Angleterre, ont déjà tiré un parti avantageux d’une semblable organisation et ils ont obtenu au préalable le concours pécuniaire de leurs Chambres de commerce.
- C’est ce concours que le ministre demande aux mêmes assemblées françaises, la réalisation du projet conçu devant considérablement favoriser nos exportations dans un pays où les transactions ont pris un grand développement.
- Pour plus ample informé voici, d’ailleurs, le texte même de la lettre ministérielle :
- Paris, le 31 octobre 1888.
- Monsieur le Président, la Chambre de Commerce française de Buenos-Ayres, établie en 1884, serait disposée à créer un musée commer-
- cial d’échantillons de produits français. Dans la pensée des membres de cette Compagnie, comme dans celle de M. le Ministre de la République à Buenos-Ayres, une institution de cette nature pourrait offrir aux intérêts de notre industrie les mêmes avantages que le musée organisé par la Chambre de Commerce italienne, de la même ville, apporte au développement des affaires entre l’Italie et la région de La Plata.
- Vous n’ignorez pas, Monsieur le Président, que d’autres pays encore ont également tiré un parti avantageux de l’organisation de musées commerciaux destinés à répandre la connaissance et le goût de leurs produits sur les places étrangères. Je vous signalerai, à cette occasion, un nouveau document qui révèle, une fois de plus, les préoccupations du commerce européen d’exportation à l’égard des moyens de propagande pratique. Vous pourrez lire dans le Moniteur officiel du Commerce du 18 octobre, la traduction d’une circulaire adressée à ses compatriotes par le Vice-Consul d’Angleterre à Hambourg pour les inviter à prendre part à l’organisation du musée de produits anglais qu’il se propose d’établir au siège de sa résidence.
- La Chambre de commerceitaliennede Buenos-Ayres n’a pas procédé autrement, elle s’est adressée aux Chambres de Co 1 merce de l’Italie qui ont jugé utile de lui assurer leur concours pécuniaire pour la création et le fonctionnement du musée actuel.
- La Chambre française de Buenos-Ayres aurait besoin de savoir si elle trouverait également en France, auprès des Chambres de Commerce, l’aide qui lui est indispensable pour réaliser la création d’un établissement analogue. Il y a lieu, en effet, pour nos compatriotes, de prévoir les dépenses de loyer, les frais d’installation et la rétribution du personnel chargé de classer les échantillons et de recevoir les visiteurs. Or, les ressources actuelles de la Chambre, qui se composent des cotisations de ses membres et de la modeste subvention que le crédit spécial inscrit au budget de mon département me permet de lui allouer, ne lui fournissent pas le moyen de réaliser seule le projet dont il s’agit.
- J’ai l’honneur, en conséquence, d’appeler l’attention particulière de votre Compagnie sur la présente communication, et je vous serai obligé de bien me faire connaître, aussitôt que possible, votre avis sur le projet conçu par la Chambre de Commerce française de Buenos-Ayres, et,, le cas échéant, sur le concours que vous seriez disposé à prêter à sa réalisation.
- Recevez, Monsieur le Président, l’assurance de ma considération distinguée.
- Le Ministre du Commerce et de VIndustrie,
- Pierre Legrand.
- CONGRÈS
- Le Congrès international agricole
- La commission du congrès international agricole s’est réunie hier matin à l’hôtel des Sociétés savantes, sous la présidence de M. Gomot, ancien ministre de l’agriculture, pour arrêter le programme des congrès et conférences de l’Exposition de 1889.
- Elle a décidé que les sujets à traiter seraient : 1° des institutions de prévoyance et d’assistance dans les campagnes ; 2° du cadastre et de la réunion des parcelles ; 3° des baux à ferme et des plus-values.
- Un questionnaire formulé dans ce sens sera envoyé à toutes les sociétés agricoles.
- Congrès général des Femmes en 1889
- Importantes adhésions
- Mme Maria Deraismes, présidente de la Société pour l’amélioration du sort de la femme et la revendication de ses droits, a déjà reçu, pour le congrès général des femmes de 1889, d’importantes adhésions.
- Ce sont celles de MM. Auguste Vacquerie, Ernest Lefèvre, Anatole de la Forge, Eugène Delattre, Montaut, Yves Guyot, Paul Barbe,
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- QUATRIÈME ANNÉE.— N° 205.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- DIMANCHE 2 DÉCEMBRE 1888.
- 1271.
- Eugène Mayer, Gustave Hubbard et de Mmes Ernest Lefèvre, de Hérédia, Yves Guyot, Beau-quier, Dusautoy, Eugène Mayer, Gatineau, Thibaut, etc.
- La même Société se concerte en ce moment avec le groupe du Droit des femmes, présidé par M. Léon Richer, afin de combiner leurs efforts et d’organiser, d’un commun accord, un seul et unique congrès féminin à l’occasion du Centenaire de 89. C’est le vœu de tous.
- Réunion des délégués des Chambres de commerce maritimes
- Ainsi que nous l’avons annoncé, les présidents, vice-présidents ou délégués des Chambres de commerce de Marseille, Rouen, Le Havre, Nantes, Bordeaux, Cherbourg, Dunkerque, La Rochelle, Dieppe, Calais et Boulogne-sur-Mer se sont réunis à Paris, dans le cabinet de M. G. Berger, le 21 novembre dernier.
- L’accord a été vite établi sur la répartition des espaces dans l’élégant pavillon qui sera affecté, sur la berge de la Seine, à l’exposition collective des Chambres de commerce des grands ports maritimes de France.
- Cette exposition, où figureront les plans en relief des travaux exécutés pendant ces dernières années dans nos ports de commerce, sera d’un intérêt tout particulier.
- Le congrès ouvrier de 1889
- Le Comité national ouvrier vient de lancer son appel aux ouvriers de France pour inviter toutes les Chambres syndicales à assister à un congrès ouvrier international qui se tiendra à Paris, en 1889, aux termes de la conférence internationale de 1886.
- Le même appel est adressé aux travailleurs du monde entier, qui sont priés de se faire représenter à ces assises du travail, qui promettent d’avoir une importance capitale.
- Les tabacs étrangers à l’Exposition
- M. Pierre Legrand a saisi le Conseil de la vente des tabacs étrangers dans l’intérieur de l’Exposition.
- Le Conseil a décidé, en principe, que cette vente pourrait avoir lieu, mais que toutes les mesures seraient prises pour empêcher la fraude.
- Fêtes patriotiques en 1889
- M. Floquet, président du conseil, ministre de l’intérieur, a reçu lundi dernier MM. Mérillon, député, président de l’Union des sociétés de tilde France ; Edmond Dollfus, président de l’Union des sociétés d’instruction militaire ; S an sb œuf, président de l’Union des sociétés de gymnastique, et A. Barrai, secrétaire général de l’Union des sociétés de tir et d’instruction militaire.
- Ces messieurs, présentés par M. Tony Ré-villon, député de la Seine, sont venus entretenir le président du conseil des Fêtes patriotiques de tir, de gymnastique et d’instruction militaire à donner en vue du centenaire et de l’Exposition de 1889.
- Le président du conseil leur a fait l’accueil le plus bienveillant et les a assurés de tout l'intérêt que le gouvernement porte à l'œuvre patriotique dont ils étaient venus lui parler.
- Concours et festivals des orphéons
- Les sociétés chorales appartenant aux divisions d’excellence, divisions supérieures, ainsi qu’à la première division, sont admises à ce concours, de même celles qui ont obtenu au moins un second prix dans la deuxième division, et celles qui ont obtenu un premier prix dans la seconde section de la troisième division.
- Les adhésions devront être envoyées à la direction générale de l’exploitation de 1 Exposi-
- tion universelle de 1889, avenue de La Bourdonnais, 16, avant le 10 janvier 1889, terme de rigueur.
- Concours et festivals des harmonies et des fanfares
- Les harmonies et fanfares appartenant aux divisions d’excellence, divisions supérieures et à la première division, qui ont le diapason normal, sont admises à ce concours.
- Les adhésious devront être envoyées à la direction générale de l’exploitation de l’Exposition universelle de 1889, avenue de La Bourdonnais, 16, avant le 20 janvier 1889, terme de rigueur.
- LE CONCOURS
- POUR LE DIPLÔME DES RÉCOMPENSES
- Notre très compétent confrère, le Journal des Arts, a publié dans son numéro du 20 de ce mois une juste critique de l’exposition qui a eu lieu à l’Hôtel de Ville, les 16, 17 et 18 courant, des esquisses de projets pour le diplôme de la prochaine Exposition. Nous ne saurions mieux faire que de lui laisser la parole en cette matière sur laquelle son collaborateur, M. Dalligny, a plein droit d’appréciation :
- Le concours ouvert pour le diplôme des récompenses à l’Exposition universelle de 1889, dit le Journal des Arts, est maintenant terminé ; le jury prononce son verdict à l’heure où nous écrivons.
- L’exposition des projets qui sollicitaient l’attention de ce jury a eu lieu dans la salle Saint-Jean, à l’Hôtel de Ville, vendredi, samedi et dimanche derniers. Il n’a pas été envoyé moins de 155 esquisses; ce qui prouve au moins que l’appel adressé aux artistes a été entendu.
- Est-ce à dire que ces 155 exquisses soient non seulement irréprochables, mais même suffisantes ? Non ; c’est la loi de tous' les concours ou à peu près. Cependant il serait injuste, comme on l’a fait trop facilement, croyons-nous, de condamner celui-ci d’une façon absolue dans son ensemble. Il y a là un effort réel qui, s’il n’a pas donné tout ce qu’on était peut-être en droit d’attendre, n’en est pas moins très sérieux, si on le considère sans parti pris ni prévention.
- Ne faut-il pas aussi un peu tenir compte en cette circonstance du peu de temps qui a été laissé aux artistes pour chercher une œuvre originale et nouvelle ?
- Car, on ne l’a pas oublié sans doute, ce n’est que tard, presque à la fin de cet été, qu’on s’est mis à songer au diplôme des récompenses et ce n’est que plus tard encore que l’on s’est enfin décidé à ouvrir le concours dont il s’agit.
- Quoi qu’il en soit, on s’est donc trouvé en présence de 155 modèles de diplômes. Au premier abord, dans ce nombre, ce sont les œuvres médiocres qui paraissent dominer ; et l’on est aussitôt tenté de douter complètement du résultat final. Mais avec un examen un peu plus attentif, et lorsque, se dégageant de la première impression générale, on reprend son sang-froid, on n’hésite pas à reconnaître qu’il y a dans cette quantité d’esquisses, au moins une dizaine de projets remarquables, méritant attention et possibles comme choix. Or, comme il ne faut en définitive qu’un seul modèle, nous ne serons donc pas embarrassés, et tel qu’il est le concours a rempli son but.................
- Un petit nombre, dix ou douze, ont vraiment compris le sens de la composition demandée et n’ont point perdu de vue qu’il s’agissait d’une exposition contemporaine, d’une exposition spéciale, celle de 1889, et non d’une exposition quelconque à qui toute espèce de
- diplôme pût convenir. C’est, en effet, le reproche qu’on peut adresser à presque tous les envois ; ils manquent de précision, glissent dans la banalité et ne constituent trop souvent que des passe-partout plus ou moins ingénieusement dessinés.
- Notre petite phalange a su éviter cet écueil : aussi a-t-elle produit en un dessin élégant et savant, sans trop de complications, une œuvre bien moderne de goût, de sentiment d’inspiration et de sujet.
- Par exemple le n° 15 qui porte pour devise Exelsior! où des personnages contemporains soutiennent et entourent une pancarte déroulée ; le n° 33, où, sous l’arcade d’un pont de fer, on aperçoit le Champ de Mars et une vue de Paris au loin ; les nos 61, 64, 69 et quelques autres encore; le n° 155, qui tient le milieu entre la conception toute moderne et le ressouvenir classique, a peut-être des chances très sérieuses d’adoption ; il n’y aurait pas lieu de s’en plaindre, car le motif qu’il a traité prêterait avantageusement à une belle et bonne gravure.
- Si de ce concours sort, comme il y a lieu de l’espérer, un diplôme satisfaisant au point de vue artistique, le Journal des Arts n’aura pas perdu sa peine, en rappelant il y a quelque temps l’attention du monde officiel de l’Exposition sur ce diplôme des récompenses auquel personne ne paraissait trop songer.
- Aug. Dalligny.
- Voici les résultats du concours: cinq concurrents ont été admis à l’épreuve du second degré dans l’ordre alphabétique suivant;
- MM. Louis Bonnier, architecte, n° 128; Henri Danger, n° 44 ; Daniel Dupuis et Georges Duval, n° 85; Victor Galand, n° 69; Michel Lançon, no 99.
- Les concurrents sont priés de retirer leurs projets.
- INSTALLATIONS DIVERSES
- Exposition collective
- Des « Musées cantonaux » à la section d’économie sociale de l’Expiosition universelle de 1889.
- M. E. Groult, le fondateur des « Musées cantonaux », l’organisateur de l’Exposition collective, a déjà reçu de nombreuses adhésions ; il adresse un nouvel appel à ses dévoués coopérateurs pour assurer le succès de cette importante section de 1 Exposition du Centenaire de 1889.
- LES COLONIES
- A l’exposition de 1889
- ANNAM ET TONKIN
- M. le Gouverneur général de l’Annam et du Tonkin a pris les arrêtés suivants :
- 3 septembre. — Ouverture d’un crédit de 56,250
- PIASTRES POUR LE RÈGLEMENT DES DÉPENSES DE LA PARTICIPATION de l’Annam et du Tonkin a l’Exposition universelle de 1889. — Un crédit de la somme de cinquante-six mille deux cent cinquante piastres (56,250 piastres) est ouvert pour le
- règlement des dépenses occasionnées par la participation de l’Annam et du Tonkin à l'Exposition universelle de 1889.
- Il sera réparti ainsi :
- Construction d’un pavillon tonkinois................... 37.500 piastres.
- Achat de collections...... 12.500 —
- Frais de transport et d’entretien des délégués et du personnel indigène à l’Exposition................ 6.250 —
- Total
- 56.250 piastres.
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- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- DIMANCHE 2 DÉCEMBRE 1888.
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- QUATRIÈME ANNÉE. — N° 205.
- 3 septembre. — Tarif des retenues a faire aux AGENTS DU PROTECTORAT DE L’ANNAM ET DU TONKIN POUR FRAIS DE TRAITEMENT DANS LES HÔPITAUX. — Est rapporté l’arrêté du 20 juillet 1886 fixant la quotité des frais de traitement dans les hôpitaux militaires pour les agents du Protectorat de l’Annam et du Tonkin.
- Ces agents seront soumis aux retenues portées au tableau no 52 annexé au décret du 1er juin 1875 sur la solde.
- 6 septembre. — M. Aymonnier, administrateur des affaires indigènes, délégué pour l'An-nam et le Tonkin, aura droit, pendant toute la durée de sa mission, à la moitié de sa solde coloniale.
- Il lui sera alloué, en outre, 15 francs par jour à titre de frais de vacation.
- Une commission composée de :
- M. le directeur des travaux publics ; deux lieutenants de vaisseau désignés par M. le capitaine de vaisseau, chef de division; un ingénieur désigné par M. le directeur des travaux publics, se réunira, à la date qui sera ultérieurement fixée, à l'effet d’étudier l’emplacement et les conditions de construction d’un phare à la pointe de Kéga.
- 9 septembre. — L’abonnement de 40,000 fr., pour envoi de dépêches, prévu au contrat passé avec l’agence Havas est réparti ainsi qu’il suit :
- Cochinchine........ 20,000 francs.
- Tonkin............. 15,000 —
- Cambogde........... 5,000 —
- 10 septembre. — MM. Foulhoux, Aymonnier et de Fonvieille, délégués de l'Indo-Chine à l’Exposition universelle de 1889, auront à s’occuper de la réception des objets à exposer, de leur classement, de leur aménagement dans les pavillons, de leur entretien.
- M. Foulhoux restera spécialement chargé de diriger les travaux de construction et d’aménagement des pavillons de l’Indo-Chine et M. de Fonvieille des rapports des délégués avec la presse métropolitaine.
- Les délégués auront la surveillance intérieure et seront responsables des objets; ils devront réunir les éléments des catalogues et se mettront en rapport avec les jurys d’examen auxquels ils fourniront tous les renseignements et documents qui pourront les éclairer et faire valoir les objets exposés.
- Chaque délégué devra, dans la section qui lui a été désignée par l’arrêté du 19 août 1888, présider au récolement des objets, à leur emballage et à leur réexpédition.
- 8 septembre. — Exonération des droits de sortie des dorts de l’Annam et du Tonkin pour les chaux et ciments provenant de leurs usines. — MM. Vezin et Ce sont autorisés à exporter en exemption de tous droits les chaux hydrauliques et ciments artificiels produits par leurs usines en Annam et au Tonkin.
- La présente disposition ne sera applicable que pendant la durée de deux années à compter de la date du présent arrêté.
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- On lit dansl’Avenir du Tonkin du 13 octobre dernier :
- Le Comité exécutif de l’Exposition de 1889 a désigné, à l’unanimité, M. Th. Chesnay comme délégué-adjoint pour FAnnam et le Tonkin.
- M. Th. Chesnay s’occupera spécialement de la partie commerciale et de l’installation du village annamite ; il s’embarquera au mois de mars et pourra assister au déballage et au classement de la plus grande partie des envois. Cette nomination a été accueillie avec d’autant plus de satisfaction par les représentants du commerce à Hanoï que M. Th. Chesnay ne fait pas partie de l’administration et pourra s’occuper de leurs intérêts; il sera, pour ainsi dire, leur délégué spécial.
- Dans la même séance, le Comité a chargé M. Balansa de réunir et d’envoyer des échantillons et spécimens de la flore du Tonkin.
- Le Comité a décidé, en outre, qu’une lettre officielle serait adressée à Mgr Puginier pour lui demander le précieux concours du R. P. Bon, le dévoué et savant botaniste.
- TUNISIE
- MM. les agriculteurs qui seront dans l’intention d’envoyer leurs produits à l’Exposition universelle de Paris en 1889 (section tunisienne) voudront bien faire connaître leur nom, ainsi que les produits à envoyer, au bureau du Secrétariat général de l’Exposition, rue de Portugal, à Tunis, où tous les renseignements leur seront donnés relativement à la gratuité des expéditions, à l’emplacement et à l’emmagasinage de leurs produits dans le pavillon tunisien à Paris.
- Les bureaux sont ouverts de 9 heures à 11 heures du matin, et de 2 heures à 5 heures du soir.
- LES ÉTRANGERS A L’EXPOSITI ON
- DE 1889
- ESPAGNE
- Le Liberal de Madrid, du 25 novembre, nous apporté le compte rendu de l’importante séance qu’a tenue, la veille de cette date, le comité exécutif espagnol pour l’Exposition de 1889. La séance était présidée par M. Angoloti.
- « Si l’espace dont nous disposons nous le permettait, écrit le Liberal, nous publierions les enthousiastes et patriotiques déclarations faites dans cette séance, certains que nous sommes qu’elles suffiraient pour encourager et décider tous les exposants espagnols à prendre part à la prochaine Exposition, et pour convaincre les esprits les plus prévenus de la splendeur avec laquelle l’Espagne y sera représentée. »
- Le président, M. Angoloti, a exprimé ce sentiment tout le premier.; il a annoncé la reconnaissance officielle par la direction de l’exposition du comité spécial constitué à Paris et constaté le chiffre considérable de demandes venues déjà de tous les points de l’Espagne. « Tous, a-t-il dit, nous devons prêter notre concours le plus actif en vue du succès de notre représentation nationale à la prochaine Exposition. »
- M. Pastor y Landero a demandé avec insistance au comité qu’il procède au plus tôt à la nomination de son délégué pour Paris, poste vacant par suite de la démission imprévue du comte de Galarza. Puis, la discussion a porté sur l’étendue des terrains attribués à l’Espagne au Champ de Mars et dans ses annexes, et sur l’acquisition probable d’un terrain de 1,200 mètres, situé entre la tour Eiffel et les galeries des Expositions diverses, et sur lequel serait édifié un pavillon spécial d’exposition des vins, un restaurant, etc. Enfin, après adoption du réglement du comité, la séance a été levée à minuit.
- En somme, excellente journée et dont nous ne tarderons pas à signaler les conséquences heureuses.
- D’autre part, on nous écrit de Madrid :
- « La chambre de commerce de cette capitale attend les plans définitifs que doit lui envoyer, de Paris, M. Mélida, délégué spécialement à cet effet par cette chambre, afin de dresser le projet d’installation de la section espagnole au Champ de Mars.
- « Aussitôt en sa possession, la chambre de commerce de Madrid examinera ces plans, en discutera les lignes générales et les approuvera, s’il y a lieu, afin de mettre en activité dans le plus bref délai possible les travaux d'organisation de l’exposition espagnole qu’elle désire établir de façon à faire honneur aux progrès réalisés dans la Péninsule depuis la dernière grande Exposition de Paris, en 1878. »
- ITALIE
- La Société générale de la navigation italienne vient d’accorder un rabais de 50 0/0 pour le transport des articles destinés à l’Exposition de Paris.
- RUSSIE
- M. F. Lutun, de Moscou, vient d’être chargé au nom des exposants russes, de construire dans le parc du Champ de Mars, tout auprès de la tour Eiffel, une izba.
- L'izba est la maison rustique des moujicks ; ce sera la reproduction exacte et trs intéressante d’un intérieur de paysans russes.
- Malgré l’abstention officielle du gouvernement russe, la section russe à l’Exposition paraît devoir être exceptionnellement brillante. Le bureau vient d’être ainsi constitué ’.
- M. Popoff, officier de la Légion d’honneur, président ;
- MM. de Choubersky et Schloss, vice-présidents.
- Les adhésions doivent être adressées, 118, boulevard Haussmann, siège de la Société.
- Les travaux sont activement poussés. La façade de l’Exposition est la reproduction du Kremlin.
- CHINE
- La Chine était, jusqu’à présent, un des rares Etats qui avaient refusé de participer à l’Exposition universelle.
- Le gouvernement du Céleste-Empire vient de changer d’avis, car M. Berger a été informé que le grand Etat asiatique se fera représenter au Champ de Mars, tout au moins officieusement.
- GOUVERNEMENT DU CAP
- M. Pierre Legrand, commissaire général vient d’être informé par une dépêche du consul de France au Cap que les directeurs des mines de diamants « Kimbery » viennent de se constituer en comité indépendant pour leur participation à l’Exposition de 1889.
- C'est un de nos compatriotes M. de Mommort, établi depuis longtemps dans le pays, qui va venir à Paris représenter ces exposants.
- La valeur des diamants destinés à l’Exposition est de 5,0000 livres sterling (somme équivalente à 1,250,000 francs non compris un diamant de 432 carats estimé à plus de 500,000 fr.)
- PÉROU
- M. Pierre Legrand, ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition, vient d’être informé que le gouvernement Péruvien a désigné en qualité de délégué à l’Exposition universelle de 1889, M. Alejandro de Idiaquez, Consul général du Pérou en France.
- RÉPUBLIQUE DE L’ÉQUATEUR
- M. Pierre Legrand vient d’être informé que l’Equateur prendra part à l’Exposition de 1889.
- M. Ballen, consul général à Paris, a été désigné par son gouvernement en qualité de commissaire.
- Une souscription publique, ouverte à Guaya-quil pour réunir les fonds nécessaires à cette exposition, a produit, en quelques jours, une somme de 50,000 francs.
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- LA TOUR EIFFEL
- Nous avons le plaisir d’annoncer à nos sympathiques lecteurs que nous publierons dans notre numéro du 9 décembre, une très belle gravure représentant la tour Eiffel à 200 mètres. Cette gravure sera faite d’après un dessin de M. Truchy, auteur de celui que nous reproduisons aujourd’hui même : les portes d’entrée des galeries du quai d’Orsay.
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- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
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- QUATRIÈME ANNÉE — N° 205.
- EXPOSITION NATIONALE DES CIDRES ET
- Comme nous l’avons déjà annoncé, le 1er novembre a été ouverte dans une partie des nouveaux bâtiments de l’Exposition universelle de 1889 (Galeries du quai d’Orsay, en aval dupont de l’Alma), l’Exposition nationale des cidres et des poirés.
- L’organisation de cette exposition, fort intéressante au point de vue de l’alimentation et de l’hygiène, est due à M. Chessé, ancien gouverneur de la Guyane française et de Taïti.
- Le jour même de son inauguration, le comité
- d’organisation offrait aux autorités du département de la Seine, et aux principaux exposants un grand banquet chez Lemardeley.
- A cette petite fête assistaient aussi M. Poubelle, préfet de la Seine, et M. Christophle, gouverneur du Crédit foncier, assis l’un à droite l’autre à gauche de M. Chessé.
- Sur un charmant éventail, agrémenté d’un gracieux dessin était le menu. Il comprenait plusieurs plats normands et bretons.
- On n’a pas oublié de faire le trou traditionnel,
- avant le gigot à la bretonne, avec de l’excellente eau-de-vie de ber.
- Pendant le repas ont été dégustés du cidre et des poirés de derrière les fagots. 11 y avait même un certain haut mousseux de 1887 qui pour nous, Normands, vaut tous les Johan-nisberg du monde.
- Au dessert M. Chessé a prononcé le discours suivant qui a été chaleureusement applaudi :
- « L’exposition organisée a pour but de faier
- PORTES D’ENTRÉE DES GALERIES DU QUAI D’ORSAY
- D’après un dessin de M. C.-F, Truchï.
- un peu de propagande en faveur du cidre : on connaît bien le cidre dans les pays normands et bretons, mais à Paris, on ne le connaît pas assez et ce qu’on connaît plutôt, ce sont ces falsifications plus ou moins extraordinaires qu’on lui fait subir. Eh bien! ceux qui aiment le cidre, qui voudraient voir entrer dans la consommation de vrai cidre, ont vu avec plaisir cette exposition que nous cherchons à mener à bien. Si nous étions assez heureux pour obtenir pour le cidre accès sur nos tables, sur la table du riche comme sur celle du pauvre, si nous étions assez heureux pour voir se réaliser le programme que nous nous sommes proposé, si surtout nous obtenions droit de cité dans la grande ville, la ville par excellence, il est certain que ce serait pour le cidre une réclame importante qui le rendrait l’égal du vin et de la bière. Et ce ne serait que justice, car, en somme, le cidre est encore une boisson plus française que le vin et la bière.
- « Faut-il, messieurs, vous faire l’éloge du cidre et de la pomme! Ce n’est pas quand j’ai autour de moi des sociétés comme celle de la Pomme, du dîner Celtique et du Maine, ce n’est pas quand j’ai auprès de moi l’éminent administrateur du département de la Seine qui est encore, je crois plus fin Normand, ce n’est pas, dis-je, au milieu de convives tels que vous que je devrais faire l’éloge du cidre de Normandie et de Bretagne. Je laisserai donc la parole à de plus autorisés.
- « Je vous demanderai simplement la permission de porter un toast à la Pomme. »
- « Bravo pour notre mère Eve », s’est alors écrié un journaliste que le gros ber avait mis en train.
- Cette sortie fait redoubler les applaudissements.
- M. Poubelle a ensuite levé son verre en l’honneur de l’exposition des Cidres :
- « Le cidre a déjà droit de cité à Paris. Pour ma part, comme Pommier, Normand et administrateur, à tous ces titres j'ai eu à m’adresser au cidre et j’ai même été assez heureux pour obtenir du Conseil municipal que cette boisson fût admise sur le pied d’égalité avec le vin à la faculté d’entrepôt à Paris-Bercy.
- « Par conséquent, vous avez droit de cité, vous êtes sur le pied de l’égalité parmi les Parisiens dont beaucoup sont Normands ou du moins de la Normandie et savent très bien en apprécier les produits. La villégiature elle-même, qui entraîne la population parisienne sur nos côtes normandes et bretonnes, pourra aussi contribuer à augmenter la consommation du cidre.
- « Les hôteliers n’y contribuent pas, je dois le déclarer. Tous tant que nous sommes, amateurs de bon cidre, nous leur gardons rancune de vouloir nous obliger à boire de mauvais vin en nous donnant le plus mauvais cidre. (Rires et applaudissements.)
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- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
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- DIMANCHE 2 DÉCEMBRE 1888.
- « Je. suis d’autant plus à mon aise pour vous dire cela que notre amphytrion nous a traités tout autrement et nous a permis de goûter cet excellent cidre avec lequel nous allons lever notre verre en l’honneur de l’exposition des cidres à Paris.» (Applaudissement.)
- Puis un Breton, M. Quellien, a raconté l’histoire de l’introduction du cidre en France par un nommé Théliot, au ve siècle, et tout le monde a vidé son verre en l’honneur du brave Théliot.
- Enfin, M. le docteur Brémond a, au nom de la presse, remercié M. Ghessé des aimables paroles qu’il avait prononcées. Il a, en outre, au nom du corps médical, réclamé des promoteurs de l’exposition, l’organisation d’un sévére contrôle scientifique sur la composition des produits exposés.
- Ce vœu sera exaucé, M. le commissaire général l’a solennellement promis.
- La petite fête ne pouvait se terminer sans un peu de musique.
- M. Durand, un. tout jeune baryton, doué d’une fort jolie voix, a chanté Mon Cidre, sonnet de M, Paul Nicole, musique de M. Durand lui-même, puis le Biniou.
- C’est au bruit des applaudissements soulevés par ces deux ravissants morceaux, qu’on s’est levé de table.
- Mais ce souvenir rétrospectif rappelé, revenons à l’exposition elle-même. M. Chessé devra certes être récompensé de ses efforts, car cette exposition sera des plus intéressantes le jour où les installations seront complètement achevées (1).
- Jusqu’à présent les exposants n’ont pas mis un grand empressement à répondre à l’appel patriotique qui leur était adressé. En effet, sur plus de 150 adhésions, une centaine de producteurs seulement ont mis leurs produits en place. Mais il paraît qu’il est de mode qu’à l'ouverture des expositions on ne soit jamais prêt. Espérons que pour notre grand tournoi international de 1889, pareil fait ne se produira pas.
- Autre critique. Pourquoi les produits d’un exposant — un certain champagne normand — sont-ils placés sur deux étagères différentes, l’une à droite, l’autre à gauche, dans la nef des fruits? Il y a là de quoi réellement indisposer le chroniqueur Je mieux intentionné.
- Nous ne donnerons un compte rendu détaillé de cette exposition, qui a pour but de faire connaître, apprécier et aimer aux Parisiens, la saine et excellente boisson très française qui fait la richesse de deux de nos principales provinces de l’Ouest, que lorsqu’elle sera complète, c’est-à-dire dans quelques jours.
- Constatons toutefois dès aujourd’hui que plusieurs propriétaires de nos départements où l’on produit du cidre, ont envoyé de fort belles collections de fruits.
- Deux exposants entre autres, que nous ne citerons pas avant de connaître la décision du jury, ont des collections vraiment remarquables. L’un présente à lui seul plus de 440 variétés de pommes; l’autre 60 sortes de poires et 80 espèces de pommes différentes.
- A côté des fruits nous voyons bon nombre de petits fûts, de bouteilles, de dames-jeanne dans lesquels pétille la bonne liqueur normande et bretonne. Nous avons aperçu un haut mousseux âgé de dix-huit ans ; ce doit être le Château-Yquern de la Normandie.
- Des étiquettes , quelques-unes splendides, d’autres fort simples, ornent les flacons; il y a des titres qui font venir —nous allions dire l’eau — le cidre à la bouche. Citons seulement le Champagne du Fruit défendu !
- Nous devons noter encore les apports des eaux-de-vie de cidre et de poiré, assez importants, eux aussi. Peu de Parisiens connaissent cet élixir normand; qu’ils en goûtent, et ils
- (1) Rappelons que cet article devait être public dans notre précédent numéro et que, par conséquent, il était écrit il y a une dizaine de .jours, ce qui explique les critiques de son auteur sur les installations.
- A. 1). L. H.
- avoueront sûrement que c’est délicieux, pourvu toutefois que cette eau-de-vie ne soit pas frelatée et qu’elle ait quelques années de fût.
- Il y a aussi une fort belle installation de machines diverses ayant rapport à la fabrication du cidre : pressoirs, alambics, machines à broyer les pommes,... etc.
- Dans la seconde nef, où toutes les après-midi se fait entendre l’excellent orchestre que dirige si habilement M. Pister, sont installés plusieurs bars où l’on peut déguster les diverses qualités du jus de la pomme, cette liqueur ambrée si appréciée de nos vaillantes populations de l’Ouest.
- En passant, une réflexion entendue par nous et faite par un « fin Normand » qui se promenait devant les bars dont nous parlons : « Pour-quoé qui n vendent point d’eafé, j’en érions pourtant ben pris pour un sou, d’avec un p’tit pot, d’là bonne. »
- Il n’avait peut-être pas tort notre pays. Avis aux industriels normands, il y a là matière à recette.
- Pour finir, relatons un fait dont on s’est déjà entretenu au Congrès Pomologique de l'Ouest qui avait lieu ces jours derniers à St-Brieuc.
- La Normandie, paraît-il, serait depuis quelque temps envahie par des pommes d’origine alleffiande, no ; chers voisins d’au delà le Rhin ayunt fait cette année une abondante récolte de ce produit. Mais, comme toujours, cette concurrence est déguisée; car les Allemands, n’osant présenter leur produit sous leur nom d’origine, ont soin de faire passer leurs pommes par la Suisse et elles arrivent ainsi en France, baptisées Suisses.
- C’est à Rouen ou ses environs que le fait s’est passé.
- Or, ce qu’il y a d’étrange en ceci n’est pas encore tant le fait en lui-même, mais c’est que nos grandes compagnies de chemins de fer, toujours patriotes à rebours quand il s’agit de remplir leur caisse, ont consenti une réduction considérable sur les prix des transports applicables à ces pommes soi-disant Suisses. Elles ne paient effectivement, de la frontière suisse à Rouen, que 200 francs par wagon ; et, comme elles sont un vrac, dans des wagons à hauts bords, chaque wagon transporte près de 10 000 kilos de pommes, soit 20 francs par 1000 kilos. Eh bien ! de Delle-frontière à Rouen, par le P.-L.-M., la petite Ceinture et l’Ouest, le tarif ordinaire est de 41 fr. 75 par tonne !
- N’est-il pas honteux de voir ainsi nos compagnies de chemins de fer faciliter à nos plus mortels ennemis la concurrence qu’ils font à nos propres produits et sur notre propre territoire ? Car, sans cet appui, sans cette différence du prix de transport, les agentsallemands n’auraient pu venir en Normandie offrir leurs pommes à 10 francs au-dessous du cours normal.
- Cette atteinte brutale aux intérêts de nos deux belles contrées, la Normandie et la Bretagne est un crime de lèse-nation que nous dénonçons à qui de droit.
- Et d’aucuns prétendent que les tarifs de pénétration ont disparu !
- Ce qu’il y a de plus grave en cette affaire c’est que nous craignons bien que le gouvernement, grâce aux fameuses conventions Iiaynal, soit complètement iié et ne puisse rien faire. Souhaitons toutefois que le vœu formé par le Congrès jiomologique, sur la proposition de M. de Coniac, d’appeler l’attention du ministre compétent sur cet état de choses, reçoive une prompte solution.
- Dans un prochain article, nous entrerons dans quelques détails sur les installations particulières. En attendant, constatons les efforts que fait chaque jour le comité d’organisation de l’exposition des cidres pour rendre plus attrayante la visite aux galeries du quai d’Orsay. Pour notre part, nous souhaitons que ses efforts soient récompensés.
- E. Basset.
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- PALAIS DES ARTS LIBÉRAUX
- Dans l’article spécial que nous avons consacré dans un précédent numéro (18 novembre) à la partie ouest du palais des Arts libéraux (côté Seine, lot de MM. J. de Schryver et Ce), nous avons oublié de mentionner un détail de construction qui, cependant, a bien son importance.
- Nous voulons parler du prolongement à l’intérieur de la grande nef du plancher à mi-liauteur des galeries latérales.
- Ainsi qu’on peut le voir sur la gravure que nous avons publiée en même temps, ces planchers s’avancent de plusieurs mètres en porte-à-faux (exactement 5 mètres), surplombant ainsi le niveau du sol inférieur d’une hauteur de 7 m. (6 m. 667 en dessous des poutrelles).
- Cette disposition est spéciale au palais des Arts libéraux, elle n’existe pas dans celui des Beaux-Arts. Elle formera le pendant d’une installation en bois placée au centre de la grande nef et dont la construction est déjà commencée ; installation qui sera couronnée à son sommet par une sorte de promenoir à la même hauteur que le plancher des galeries latérales. Nous croyons cette partie de l’oeuvre de M. Formigé destinée à produire le meilleur effet.
- Réparons encore une omission, commise dans l’article précité, celle-ci de peu d’importance relative. Il s’agit des caves ménagées sous les galeries latérales du palais des Arts libéraux, comme d’ailleurs dans celui des Beaux-Arts et la généralité des galeries des expositions diverses.
- On sait que ces caves sont destinées à recevoir les emballages des colis sans nombre qui seront envoyés au Champ de Mars et qui sont indispensables à leur réexpédition après la fermeture de l’Exposition. Au palais des Arts libéraux ces caves occupent la moitié, en largeur, du sous-sol des galeries latérales, aux côtés de la grande nef, soit exactement 7 m. 75 sur une profondeur de 5 mètres.
- Nous profitons de cet article rectificatif pour adresser nos remerciements à M. H. Beau-lieu, ingénieur, chargé de la direction de la construction du lot de MM. J. de Schryver et Ce (et aussi de celui voisin, le lot de MM. Hachette fils et Driout) et que nous n’avions pu nommer dans notre précédent article, pour cause. M. Beaulieu nous a donné à différentes reprises, et notamment dans cette circonstance, tous les renseignements nécessaires à la description que nous avons faite du palais des Arts libéraux et nous tenions à lui exprimer ici notre bien sincère gratitude pour son amabilité.
- H. P.
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- LE TRAMWAY DE L’EXPOSITION
- La Compagnie générale des Omnibus, une fois de plus, se moquerait-elle de son public, comme on dit vulgairement ? C’est à le croire.
- Il nous revient, en effet, que la voie de fer quelle fait placer dans ce moment, avenue Rapp, ne sera utilisée, en service public, qu’en avril ou mai prochain et qu’elle ne l’installe actuellement que pour le service de son dépôt placé entre la dite avenue et l’avenue Bosquet.
- Mais c’est une dérision, un comble ! Est-ce que par hasard, cette omnipotente compagnie, cette monopoleuse comme l’appelle un de nos collaborateurs (voir : La question des Tramways devant le Conseil général de la Seine) se figure de nous en imposer plus longtemps ?
- Tant va la cruche à l’eau..., dit le pro-
- verbe. Et la Compagnie des Omnibus nous paraît y être allé trop souvent déjà.
- Il 11’est que temps, à la veille de l’Exposition, ^ qu’une mesure radicale soit prise à son égard. Or, le Conseil municipal qui a voté, en juillet
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- QUATRIÈME ANNÉE.— N° 205. LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE 1889.
- dernier, la déchéance de ce monopole de plus en plus impossible, est appelé à délibérer de nouveau, ces jours-ci, sur cette même question. Qu’il n'hésite pas, qu’il casse les vitres s’il le faut ; car, il est inadmissible qu’un service aussi déplorable que celui de la Compagnie générale soit maintenu en 1889. Ce serait à nous faire tourner en dérision par l’univers entier.
- Il y a quelques jours, un honorable sénateur qui habite le quartier déshérité dont nous parlons, mais récemment de retour de son département, est venu nous faire part de ses doléances au sujet de la suppression des services de tramways qui remontaient le quai d’Orsay. Il nous a manifesté vivement son étonnement d’un abandon, par la Compagnie des Omnibus, de tout un quartier, juste au moment où la circulation y devient plus active. « Je ne comprends pas, nous dit-il, que la Ville autorise ou laisse faire chose semblable. »
- Nous sommes absolument de cet avis; et, pour ce qui nous concerne, nous demandons non seulement le prolongement immédiat jusqu’à l’extrémité de l’avenue Rapp de la ligne : Gare de Lyon-Pont de l’Alma, mais encore la création, à bref délai, d’une ligne nouvelle : Place de la République-Avenue Rapp, qui nous paraît, jusqu’à preuve contraire, le mieux répondre aux besoins de tous.
- Nous en appelons enfin au Conseil municipal et, en particulier, à M. Arsène Lopin, conseiller du quartier, pour obliger au plus tôt la Compagnie des Omnibus à ne pas abuser plus longtemps de la patience du public. Le moindre retard dans la solution de cette affaire cause, en effet, un préjudice chaque jour plus grand à tous les habitants du quartier. H. P.
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- ECHOS
- Le fusil Lebel
- L’Etat vient d’acheter, pour 1,300,000 francs, les ateliers de Saint-Etienne. Cette acquisition va permettre d’augmenter d’une façon très sensible, la fabrication du fusil Lebel.
- Actuellement huit mille cinq cents ouvriers sont occupés dans notre grand établissement national. Ce nombre va être augmenté et, d’ici à la fin de l’année, la livraison quotidienne de huit cent cinquante fusils sera portée à mille. *
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- La Porte de la galerie Desaix
- Voici quelques renseignements inédits et puisés aux meilleures sources sur les causes qui ont amené l’écroulement de la porte de la galerie Desaix, dont nous avons parlé dans le numéro précédent :
- Le couronnement des portiques d’accès aux vestibules des galeries Rapp ét Desaix devait, d’après les dispositions adoptées, être faite en terre cuite de même que les couronnements d’attique du palais des Beaux-Arts et des Arts libéraux. On avait, en vue de ce couronnement léger, établi des montants fort légers en briques creuses et friables.
- Craignant que les fabricants des terres cuites destinées aux voûtee ne pussent pas livrer en temps voulu, l’architecte, M. Formigé, crut pouvoir substituer à la terre cuite, pesant environ 500 kilos le mètre cube, de la pierre de taille pesant environ 2,500 kilos, et donna, vers le milieu d’octobre dernier, des ordres en conséquence.
- Or, chacun des portiques comportant 350 mètres de pierre de taille, cette surcharge représentait pour chacun d’eux 700,000 kilogrammes, elle devait fatalement amener l’effondrement complet qui s’est produit, fort heureusement sans accidents, pour la voûte Est du vestibule Desaix et se serait produit de même successivement pour les trois autres, dés qu’on les aurait décintrées.
- 11 faut espérer qu’on évitera de les >œcons-truire dans d’aussi mauvaises conditions.
- M. Carnot à l’exposition des Cidres
- Ainsi que nous l’avions annoncé, M. le président de la République a visité l’exposition des cidres et poirés installée dans les pavillons du quai d’Orsay.
- M. Chessé, commissaire général, entouré des membres du commissariat, a reçu M. Carnot et lui a souhaité la bienvenue.
- Ensuite, guidé par les commissaires des sections, le président de la République a visité l’exposition dans tous ses détails ; il s’est particulièrement intéressé au pressurage des pommes. Puis il s’est arrêté quelques instants da&s la salle des conférences pour faire honneur au lunch préparé à son intention.
- M. Blanchard, président du comité de garantie, a fait l’éloge de la pomme et a remercié le président de la République d’avoir bien voulu honorer l’exposition de sa présence.
- Après le lunch, la visite a continué. Le président s’est arrêté un instant devant l’orchestre où le laryngiloque Maureth a dit plusieurs morceaux de son intéressant répertoire.
- M. Carnot, enchanté de sa visite, est remonté en voiture à 4 h. Ij2 en félicitant vivement les organisateurs de l’exposition.
- Nous avons remarqué dans l’assistance le général Brugère, le colonel de Lichtenstein, MM. Lozé, Caubet, Lair, président de l’exposition ignifuge ; Lopin, conseiller municipal, etc.
- La musique du 101° de ligne prêtait son concours à cette fête qui avait comnencé par un banquet offert à la presse par M. Bonfils, propriétaire du buffet.
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- BEAUX-ARTS
- EXPOSITION DE BLANC ET NOIR
- Au Pavillon de la Ville de Paris
- (CHAMPS-ELYSÉES) (1).
- (Suite.)
- C’est avec plaisir que l’on se promène dans ce pays béarnais si bien représenté par les dix dessins à la plume, Vieilles rues de Salies de Béarn, qu’a envoyé M. Bance. Les deux fusains de M. de Bar, compositions poétiques, sont également bien traités.
- Nous ne saurions passer sous silence les deux belles pages de M. Lix, Gambetta à Tours et Chanzy à l’armée de la Loire, souvenirs patriotiques rendus avec la plus éclatante vérité et dessinés de main de maître. Tout le monde a vu et remarqué l’envoi Indiscret de M. Nac, il faut y ajouter les Vues de la Nièvre qui sont très remarquables.
- En fait d’études consciencieuses et d’une exécution très nette, malgré l’ingratitude dusujet,il faut remarquer n» 498, Etudes de champignons, par M. Rolet, ainsi que les feuilles, fleurs et fruits et tête d’homme, dessins très exacts par Mlle Duval, ce sont de très bonnes études. Les cinq envois de M. L. Vallet, exécution hors de pair, méritent d’être vus avec une attention soutenue.
- Parmi les Portraits, nous remarquons en première ligne ceux présentés par Mme Beaury-Sorel, finesse irréprochable en même temps qu’une grande énergie ; ceux par Mme Cahen, qui a aussi une consciencieuse Marchande d’ail; et la gentille Solange très habilement traitée par Mlle Cougny; les portraits envoyés par Mme Brodart-Brochon, Mlle Corneloup, Mlle Ducruet et Mile Moria ; le joli fusain de Mlle Durozier et ee gentil portrait de Roger par Mlle Semichon ; émail, par Mme de Bourgogne ; faïence, par Mlle Emon ; porcelaine, par Mlle Férent, voilà certes un beau bagage en faveur du sexe auquel nous devons le plaisir de pouvoir le dire, et ce n’est pas tout, nous n’avons cité que les meilleures parmi les œuvres dignes de remarque. Enfin, pour terminer cet article, nous citerons les envois de Mlle Arnoud de Kat, Mlle Barrande, Mlle P. Caspers, Mlle Gacoin, de Mme Chanton, le Jugement de Pierrot-, puis, sur la Terrasse,
- (1) Voir les numéros des 4, 11 et 18 novembre.
- DIMANCHE 2 DÉCEMBRE 1888. — 1275.
- fusain très harmonieux de Mlle Desjeux, ainsi que les dessins minutieux de Mlle Guyot, le fusain de Mlle d’Hautevillë, la Vue d’Auxerre, de Mme Jeandel, les croquis de Mlle Midy, et la charmante tête de chat, composition gracieuse de Mlle Olivier, intitulée Parlez au concierge.
- Avant de parler des aquarelles, passons à la deuxième section. — GRAVURE. Plusieurs des œuvres exposées ont déjà figuré au Salon de cette année ; peut-être certaines œuvres mieux placées seront-elles appréciées à leur réelle valeur.
- Evening Glow, d’après Heffner, est une gravure qui est bien placée et qui peut être admirée, M. T. Ciiauvel a traité son sujet en véritable coloriste, ce soleil couchant, harmonieux de lumière, est une œuvre de grand mérite, hardiment traitée. Les sept planches de M. Ardail sont très fines et bien soignées, de même que les eaux-fortes de M. Bouvenne , Tigres, Panthères, etc., d’après Eug. Delacroix.
- Nous retrouvons les sept gravures de M. Du-theil, les Chroniques de Charles IX, bois bien fouillés et dont nous avons parlé à l’époque du Salon. D’une pointe très serrée, Sous Forêt, par M. Fonce, est d’un réel mérite ainsi que Kew, épreuve très vigoureuse. Les deux eaux-fortes de M. Gauthier ont également figuré au Salon, de même que les gravures sur bois de M. Lëveillé, et les Fiançailles de M. Leterrier qui a aussi d’autres envois bien traités.
- Dans la Campagne, gardeuse de moutons, bonne eau-forte d’après Lerolle dénote une pointe bien conduite par M. Oudart. Le Caïn de M. Ruet est habilement rendu, le sujet était aride cependant, car :
- L’œil regardait toujours Caïn.
- M. Saefrey nous montre dans ses aqua-forte des souvenirs du temps passé, la Pompe du pont Notre-Dame est très exacte.
- Quant à M. Sevreïte, nous constatons qu’il a présenté une épreuve un peu plus claire que celle récompensée au Salon dernier; Marché aux chiffons, d’après l’rayer, est une œuvre qui, nous l’espérons bien, sera ici récompensée à son juste mérite. Le trait est fin, il y a de l’air dans cette grande page, beaucoup de mouvement bien rendu; les morsures savamment combinées démontrent que nous avons affaire à un artiste, non pas seulement consciencieux, mais méticuleux; sans cela pas de réussite!...
- Les lithographies de M. Vergne sont les mêmes que nous avons déjà admirées au mois de mai. Remarquable aussi \’Archevêque de Canter-bury, par M. William Wariivm, ainsi que le Christ, lithographie par M. Letoula, les eaux-fortes de MM. Nicole, Félix Oudaiid, etc.
- Citons aussi Nadille, portrait par M. Portier de Beaulieu et le Mounet-Sully de MtIe Poynot qui a également d’autres bons envois. Enfin, n’omettons pas les quatre eaux-fortes de M. de Bar, les belles lithographies de M. G. Bel-langer, de Mm° Bellanger et les épreuves de M. C. Bellanger.
- Nous en passons, c’est évident, mais nous y reviendrons afin de n’oublier aucun maître de cette si agréable partie de l’art.
- Beaucoup d’artistes se sont abstenu d’envoyer au Blanc et Noir, pourquoi? C’est là une question difficile à résoudre, car si des noms cotés ne sont pas représentés au pavillon de la Ville de Paris, beaucoup d’artistes ont préféré cette exhibition spéciale « au pays perdu des dessins et des aquarelles », ainsi que le désignait déjà Edmond About en 1865.
- Parmi les aquarelles et pastels nous avons remarqué beaucoup de fleurs, la plupart traitées avec beaucoup d’habileté par des dames; on ne peut que les féliciter et les encourager à continuer dans une aussi bonne voie.
- MUe Adrien Marie a envoyé une jardinière, Pivoines et Aubépmes, ainsi qu’une autre, Rhododendrons et faux ébénier, dans lesquelles on retrouve cette sûreté de main qui lui est habituelle, mais il faut convenir qu’elle s’est sur--passée dans son Panier de roses.
- M. Adelsward a de belles et bonnes éludes et
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- 1276.— QUATRIÈME ANNÉE. — N° 205
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- DIMANCHE 2 DÉCEMBRE 1888
- EXPOSITION de BLANC et NOIR
- G. Wertheimer. — La chasse infernale
- J. Voirin. — Dragons de la Garde de Napoléon Ier
- (Voir l’article ci-contre et les nos des 4, n et 18 novembre. ^
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- QUATRIÈME ANNÉE.— N° 205. LE
- aquarelles, mais seize, c’est trop; pourquoi ne pas choisir soi-même les deux meilleures? On respire, il y a de l’air et de l’espace dans cette Vue prise à Venieuil, par M. d’Argence. La Fontaine d’amour est un joli éventail gouache finement traité par M11® Barrande.
- Quant aux envois de M”>' Beaubry-Vaillant, la Sieste, sujet tout à fait exotique avec cadre de style approprié, a un caractère de sincérité et de couleur locale qui font plaisir à voir, 849 et 850 sont aussi charmants, mais parmi tous ses pastels nous ne comprenons pas bien le panneau décoratif.
- Deux Portraits au pastel par Mme Beaury-Sorel, sont habilement traités, mais quand on est maître, il faut au moins couvrir le fond de la toile et nous croyons qu’il est inutile de border les contours pour les faire enlever ; et c’est là ce que comprend très bien M. Eug. Bel-langé et qu’il a soin d’éviter dans ses deux envois un Turco et le Fantassin raccommodant sa capote; ce sont des études vues et rendues avec beaucoup de sincérité.
- L’Hôtel de Cluny paraît avoir inspiré plusieurs artistes, et si l’aquarelle de M. Bénard est soigneusement exacte, le même sujet traité par M. Grigny lui est bien supérieur ainsi que son Moulin breton qui est parfait. Les deux Portraits, pastels par M. Bengy sont largement esquissés. Têtes de volailles, par M. Bernier sont des études traitées avec une grande habileté; citons aussi parmi les meilleures, les aquarelles de MM. Besnard, Bigot, Bouvard, ainsi que les dix pastels de M. Cogniard.
- Nous voudrions parler de toutes les fleurs et force nous est d’en laisser parmi les bonnes, mais nous ne pouvons passer sous silence les envois de M. Calmels sans leur accorder une mention toute spéciale, si tout le jardin de l’artiste est aussi charmant qu’il le représente, c’est sûrement un ravissant Eden.
- Notons une vue du Tréport par M. Chateau-vert et les six numéros de M. Cluseret. Le pastel Portrait par Mme P. Coeffier est plein de coloris et d’une exécution parfaite, mais le chapeau est un complément inutile; ceux de Mme de Cool sont d’une expression vraie et d’un fini remarquable. Le pastel de Mlle Galbrund est traité avec beaucoup de finesse, on reconnaît l’habileté de son père ; c’est une œuvre bien dessinée et nous regretterions de l’omettre. Rade de Toulon et Golfe de Salerne, par M. de Curzon, sont de sa bonne manière. Chez VOrfèvre, par M. G. David, est une page habilement composée et savamment traitée; mais pourquoi l’orfèvre, chez lui, est-il vêtu d’une pelisse de fourrure?..
- Mme Andrea del Sarte a quatre beaux envois, de la précision et beaucoup d’expression dans Froufrou, Portrait de M. P... et Tête de Négresse. Malheureusement les fonds ne sont pas terminés : décidément le genre inachevé devient trop à la mode. Mascarille a cet avantage d’être fini : « Vivat « Mascarille» fourbum Imperator. » Assis sur une borne, il a bien l’air de se moquer de tout le monde!...
- Beaucoup d’esprit dans les aquarelles de M. Detouche. Quand on sait si bien traiter son sujet, pourquoi le laisser à l’état d’esquisse?
- Les Notes de voyage, par M. Fossey, sont habilement enlevées. Pont de Châtellerault, par Mlle Formstecher, est une aquarelle qui rappelle le talent que nous avons constaté dans ses eaux-fortes du Salon.
- Notons une bonne vue de Paris, l'Abside de Notre-Dame, par M. Glllois, et les aquarelles de MUe Gougelet (1076 et 1076 bis), compositions habiles, d’un bon coloris et d’un dessin correct. Nous constatons avec plaisir un talent tout à fait digne de remarque.
- Une grande page inspirée par V. Hugo, les Rayons et les Ombres : Voix du soir est traitée d’une façon tout à fait exceptionnelle par M. Gaston Gérard :
- Astre du ciel ou rose dans la haie,
- Toute chose innocente ainsi que toi bégaie.
- Quand tu peux en chemin, ô bel enfant chéri,
- Cueillir l’épine blanche et les clochettes bleues,
- MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889. DIMANCHE 2 DÉCEMBRE 1888.— 1277.
- Ton petit pas se joue avec les grandes lieues.
- Ne crains donc pas l’ennui et la fatigue... Viens
- Ecouter la nature aux vagues entretiens.
- M11® Guérard a envoyé une gouache, camaïeu, bien sentimentale et un éventail, la Nuit. Les papillons Attacus Cynthia sont bien dans l’espace, les deux premiers manquent d’observation dans le dessin, et pourquoi quatre femelles ensemble?... Personne ne se lasse d’admirer les pastels et les aquarelles de MUe Maximilienne Guyon, qui sont des chefs-d’œuvre. Signalons les deux charmantes études de M. A. Hamelin, traitées avec beaucoup d’exactitude ; le vieux moulin de Maisons-Laffitte est un souvenir qui disparaît.
- Tête de Vierge, par M,Ie Lapointe. est une œuvre céleste et l’on comprend qu’un aussi fin connaisseur queM. Claretie se réserve cet admirable pastel. Nous avons aussi remarqué la Plage, de M. Laborne; le Tréport (un dimanche), par M. Héneux; les aquarelles de M. Houbron, ainsi que celles de M. Jacquin, les pastels de M11® Klumpke et de Mlle Larible, et les charmants croquis de M. Leblanc.
- L’effet de nuit en Berry, de M. Nozal, est d'une touche très hardie. Les vues panoramiques de M. L. Ottin, sont d’une exactitude qui dénote une patience de bénédictin et d’une habileté qui ne le cède en rien au fini le plus soigné.
- Ce sont des doigts de fée qui ont peint les panneaux : Iris, Liserons, Roses trémières et Pavots, présentés par Mue Joiseau. Ces fleurs, parfaites dans leurs formes, sont d’un brillant coloris, de même que les deux belles aquarelles présentées par Mlle Dybowska, qui dénotent un talent à son aurore.
- Enfin, pour les fleurs, avant de terminer, nous citerons les six cadres d’études, plantes, fleurs, fruits, etc., présentés par M. Lista, d’une exécution tout à fait hors de pair.
- N’oublions pas un des côtés les plus intéressants : l’Enseignement du Dessin. Installés dans une galerie latérale, les envois des écoles municipales et les dessins industriels ainsi que les dessins et aquarelles destinés aux publications scientifiques de l’histoire naturelle méritent une attention très soutenue. Nous citerons tout particulièrement la méthode Ottin, qui mène tout simplement au relèvement de la composition dans laquelle parfois des enfants de onze à douze ans se révèlent déjà des artistes de l’avenir par l’observation judicieuse de la gamme chromatique. Il faut aussi remarquer les dessins présentés par les élèves des cours Henri Mayeux, ce maître de Y art décoratif qui expose lui-même une série d’aquarelles très brillantes et une pile de pont d’un dessin ferme et précis.
- De belles miniatures par Mlle de Beaufort et par Mm® Contai et les émaux de M. Louvet sont dignes de remarque. Les Dragons de la Garde, par Wertheimer, nous rappellent un passé glorieux ; ils sont peints avec une stricte exactitude. L’aquarelle de M. Blayot, Femme mauresque, est un type bien caractérisé ; mais arrêtons-nous à la liste des récompenses et à l’année prochaine.
- A- Ramé.
- Mêd. argent, 3e classe ; MM. Bahuet, Dutheil.
- Méd. bronze : M. Leterrier, MMll«s Boynot, Larivière.
- 3e SECTION.
- Méd. d’or : Mlle Maximilienne Guyon.
- Mêd. argent, Pe classe:MM. Léandre, Duhem.
- Méd. argent, 2e classe : MM. Paul, Lecomte, Wauters.
- Méd. argent, 3e classe : MiIe Faux,M. Rossert,
- Méd debronze: MM. Girardet(Léon),Lembach, M1!e Valentine.
- 4e et 5* SECTION.
- Méd. d’or : M. Hista.
- Méd. argent, P* classe : M. Royer (Lionel), Guérin, directeur de l’école normale de Dessin, École de Mme Thoret.
- Mêd. argent, 2e classe : M. Jourdain.
- Méd. de bronze : MM. Maglin, Lafon (Victor), Ecole municipale de Dessin, ville d’Auxerre.
- Mentions honorables ; MM. Graves, Bielmann, Boussenot, Wibaille, MUe de Laharpe, Mm® Renée Bonheur.
- SPORT
- RÉSUMÉ DES COURSES PASSÉES
- La réunion de dimanche dernier à Auteuil, la seule intéressante de la semaine, fournissait aux jeunes chevaux l’occasion de se mesurer, dans le prix de Maubourguet, avec leurs aînés.
- Cette rencontre a démontré la grande supériorité des débutants sur les vétérans.
- Le trois premières places dans ce steeple-chase de 10,000 francs ont été prises par Le Torpilleur, Doria et L’Étourdi, tandis que les vieux, qui n’étaient pas les premiers venus, après avoir réglé pendant tout le parcours, le train à leur guise, n’ont pu prendre part à la lutte finale.
- La victoire de Le Torpilleur battant Doria d’une longueur, confirme l’exactitude du prix Congress. Ce sont bien les deux meilleurs steeple-chasers de leur année et la supériorité de la jeune génération ne peut plus faire doute pour personne.
- Une des grandes attractions d’Auteuil consiste dans la course, réservée chaque journée, aux gentlemen.
- Dans le prix Artus Talon, nos cavaliers ont rivalisé d’entrain, d’audace et de correction sur les gros obstacles et à la fin nous avons assisté à une lutte émouvante entre M. de la Boutetière, montant Arabella, et M. de Yésian, le pilote de Chérubin.
- Aucun des deux n’a pu l’emporter et les juges ont prononcé le dead-heat.
- Ces épreuves publiques, réservées aux officiers en activité de service et aux gentlemen, ne peuvent que donner de très bons résultats en formant une pépinière d’excellents cavaliers.
- Lundi à Saint-Ouen, mardi à Saint-Germain > nous avons assisté à une série de victoires remportées par des chevaux délaissés par le public mais pontés par les initiés, victoires qui auront bientôt épuisé les bourses les mieux garnies et ce, sani profit pour le vrai sport.
- On parle de mesures sévères pour Tannée prochaine.
- Souhaitons qu’elles soient prises d’abord, exécutées vigoureusement ensuite, dans l’intérêe des courses si nécessaires à notre élevage national.
- COURSES A VENIR
- Prix d’honneur. Coupe en porcelaine de Sèvres.
- offerte par le président de la République :
- M. A. Léveillé, graveur.
- Ire section.
- Méd. d’or, M- Karl Robert.
- Méd. argent, Ire classe, Mlle Beaury-Sorel, Smith (Jacob), Yauthier (Pierre).
- Méd. argent, 2e classe : MM. David-Nillet, Henry.
- Méd. argent, 3e classe : MM. Nehlig, Gérardin, Mlle Carper.
- Méd. bronze : MM. Valette, Simanet, Calmette.
- 2e SECTION.
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- Méd argent, 2e.classe : Mlle Jacob, MM. Portier de Beaulieu, Ruet.
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- I2;8. — QUATRIÈME ANNÉE.
- N° 205.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
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- QUATRIÈME ANNÉE.
- Dimanche 9 Décembre 1888.
- NUMÉRO 206.
- SOMMAIRE
- La tour Eiffel à 200 mètres. — Communications officielles et diverses. — Les Etrangers à l’Exposition de 1889. — La Colonisation algérienne et les voies rapides. — Echos. — Exposition nationale des cidres et poirés. — Expositions à la Société nationale d’horticulture. — La question des tramways devant le Conseil général de la Seine. — L’art ancien à l’Exposition de Bruxelles (suite et fin). — Statistique médicale. — Les livres : Manuel historique et bibliographique de l’amateur de reliures. — Sport. — Gravure : La tour Eiffel à 200 mètres.
- La nouvelle Administration du MONITEUR DE L’EXPOSITION a l’honneur d’informer ses abonnés que ses bureaux, situés Cité de VAlma, n° 11, sont à proximité du Champ de Mars, du quai d’Orsay et de l’esplanade des Invalides, c’est-à-dire au centre même de l’Exposition.
- Elle se met à leur disposition pour tous les renseignements dont ils pourraient avoir besoin concernant l’Exposition de 1889 : demandes d’emplacements, installations de vitrines, etc., etc.
- Pour ces renseignements et pour tout ce qui concerne la Rédaction ou l’Administration, s’adresser à M. H. PENDRIÉ, directeur et propriétaire-gérant du MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- $
- LA TOUR EIFFEL
- A 200 MÈTRES
- Depuis le 2 décembre, le géant de fer qui constitue la tour Eiffel a atteint, en chiffres ronds, la hauteur de 200 mètres. Nous disons en chiffres ronds, car, ainsi qu’on le verra plus loin, si les entretoises supérieures- du dix-neuvième panneau, le dernier construit, n’atteignent pas encore 200 mètres, les arbalétriers déjà posés du panneau supérieur dépassent cette hauteur.
- L’homme et la science sont vainqueurs une fois de plus de la revêche nature. Qui, en effet, pourrait douter aujourd'hui de l’achèvement de cette œuvre étonnante, s’il a vu avec quelle précision mathématique, avec quelle sûreté son exécution s’accomplit.
- Aussi avons-nous cru le moment opportun de publier une vue de la tour, pour bien marquer cette étape importante de sa construction. C’est, effectivement, dans le dernier panneau construit que va être installée la troisième plate-forme, celle qui doit servir de plancher intermédiaire pour le fonctionnement des ascenseurs Edoux, dont nous avons parlé dans un précédent numéro (1) et sur lesquels nous
- (1) Voir le Moniteur du 21 octobre dernier.
- donnerons quelques nouveaux détails tout à l’heure.
- C'est aussi à quelques mètres plus bas — la hauteur de deux panneaux —• que les quatre piliers de la tour se sont enfin rejoints pour ne plus former qu’une seule colonne monumentale qui aura, à elle seule, 120 mètres de hauteur.
- On conçoit donc l’intérêt qu’il y a à bien connaître les conditions exactes d’établissement de la tour à ce moment. Nous parlerons d’abord de sa hauteur à propos de laquelle des erreurs sont commises journellement.
- Pour être fixé d’une façon précise sur l’altitude vraie ou la hauteur au-dessus du sol des différentes parties de la tour, il faut partir d’un point déterminé, indiqué une fois pour toutes. Ce point avait été primitivement choisi à la base de la partie métallique, le centre des consoles d’appui, dont le niveau est à 36 mètres au-dessus de celui de la mer ; mais M. Eiffel a pensé, plus tard, qu’il était plus rationnel de prendre pour base de la hauteur générale de l’édifice, le sol même de la tour qui correspond à un niveau inférieur aux massifs apparents de maçonnerie, inclinés, sur lesquels reposent directement les socles. A cet effet, il a été établi un point de repère au centre même du vaste quadrilatère que forment les quatre piliers de la tour repère qui est à 33m,50 au-dessus du niveau de la mer, soit à 2m,5o en dessous de la partie inférieure de la masse métallique.
- Partant de ce point, considéré comme définitif, les hauteurs respectives des différents étages de la tour sont les suivantes :
- Hauteur au-dessus Altitude.
- Première plate-forme.. du sol. 57^3 9UI3
- Deuxième plate-forme. II5>73 149,23
- Plancher intermédiaire
- des ascenseurs Edoux ou
- troisième plate-forme.. . 195,93 229,43
- Entretoises supérieures
- du dix-neuvième panneau 198,93 232;43
- Les arbalétriers déjà posés du vingtième panneau dépassant les entretoises de 5 mètres environ, on voit que la hauteur extrême de la tour atteint aujourd’hui, ou du moins depuis le 2 courant déjà, tout près de 204 mètres.
- Ceci dit, voyons maintenant quelles modifications importantes ont été apportées à la contexture de la charpente métallique de la tour au-dessus de la deuxième plate-forme.
- Jusque là les quatre piliers qui en forment la base avaient été absolument indépendants, réunis seulement qu’ils étaient, d’abord par la première plate-forme et, ensuite, par la deuxième. Les arbalétriers angulaires de chaque pilier étaient carrés, c’est-à-dire à quatre faces; enfin, une armature formée de deux immenses fers
- en double T, deux rails gigantesques, était établie dans chacun des piliers, du côté intérieur. Cette armature, qui a naturellement la même inclinaison que les piliers, a servi, tout d’abord, comme on le sait, à l’installation et au remontage progressif des grues et, ultérieurement, elle sera la voie de fer sur laquelle glisseront, ou rouleront, les ascenseurs des étages inférieurs.
- A partir de la deuxième plate-forme, ces dispositions générales sont profondément modifiées. L’armature dont nous venons de parler est supprimée; ses extrémités dépassent encore il est vrai, le plancher de cette plate-forme de 10 mètres environ ; mais elle est dorénavant remplacée par un poteau droit de om,6o par om,8o établi au "centre même de la plate-forme et sur lequel sont établis deux châssis de fer qui supportent les deux grues de service, châssis qu'on remonte successivement au fur et à mesure de l’avancement du travail.
- Les arbalétriers de chaque pilier, côté intérieur de la tour, sont supprimés également et,. pour remplacer la force de résistance qu’ils représentaient, les trois autres restant, soit douze pour les quatre piliers, sont reliés entre eux à la hauteur de chaque panneau par des entretoises horizontales. De plus, ces arbalétriers, au lieu de former chacun une pièce carrée ne sont plus composés que d'une ferrure en V, suffisante désormais en raison de la moindre résistance, du moindre effort qu’ils ont [à supporter.
- L’ensemble des quatre piliers forme donc ainsi comme une immense cage dont les parois vont se rapprochant de plus en plus. Et, en effet, les piliers qui, à la hauteur de la deuxième plate-forme avaient encore un écartement de iom,88 pour une largeur, chacun, de iom,4i2 se rejoignent à Ô3m,So plus haut, c’est-à-dire au sommet du dix-septième panneau, soit six panneaux au-dessus de la deuxième plate-forme dont la partie supérieure forme le onzième panneau.
- . A partir de ce point, le dix-huitième panneau, par suite de la jonction des piliers, quatre arbalétriers sont encore supprimée et, jusqu’au sommet, le pilier unique qui constitue dès lors la tour n’en comportera plus que huit. En même temps les dimensions diverses de chaque panneau diminuent également. A la base du dix-huitième panneau, la largeur totale de la tour était de i8m,50 ; au sommet du dix-neuvième, elle n’est plus que de i6m,46. Les dix-septième et dix-huitième panneaux avaient encore chacun 10 mètres de hauteur, le dix-neuvième n’a plus que 9m,6o. Ces dimensions iront toujours en diminuant, de sorte que le vingt-huitième panneau qui atteindra
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- Ij>82.— QUATRIÈME ANNÉE.— N° 20Ô. LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889. DIMANCHE 9 DÉCEMBRE 1888.
- 276“, 13 n'aura plus que 5m,83 de hauteur et 10 mètres de largeur totale, soit ioo mètres carrés de surface.
- La gravure que nous publions aujourd’hui représente la tour vue le 2 de ce mois, le dix-neuvième panneau étant achevé ; toutefois la première moitié des arbalétriers du vingtième panneau qui était cependant posée ainsi que tout Paris a pu le constater n’y est pas représentée. Cet oubli, que nous constatons, n’est que la conséquence d’une nécessité typographique que nos lecteurs excuseront certainement.
- Comme on a pu s’en rendre compte par nos revues antérieures, la construction de la partie de la tour que nous venons de décrire a été exécutée assez rapidement, mais la continuation du travail en hauteur va subir pendant quelques jours un temps d’arrêt en raison de la pose du plancher intermédiaire destiné au service de l’ascenseur Edoux, nous croyons à propos de dire quelques mots.
- Ainsi qu’on l’a vu sur la planche annexe parue dans le Moniteur du 21 octobre dernier, le plancher intermédiaire de l’ascenseur Edoux doit être placé à 80 mètres environ, exactement 8om,20, au-dessus de celui de la seconde plate-forme, soit dans la partie supérieure du dix-neuvième panneau, son niveau étant à 195“,93 au-dessus du sol, comme nous l’avons indiqué au début de cet article. Or, il est indispensable de construire au plus tôt ce plancher intermédiaire, cette troisième plateforme, car M. Edoux doit commencer la pose de son ascenseur en meme temps que la tour continuera à s’élever.
- Déjà, au-dessus de la deuxième plate-forme, sont posés, en vuë de cet ascenseur : 10 un poteau-caisson central dont nous avons parlé plus haut ; 20, à sa droite (côté sud), un second poteau de moindre dimension (om,6o par om,5o) distant du premier de sm, 15, d’axe en axe, et entre lesquels s’opérera le mouvement d’ascension ou de descente de la cage de l’ascenseur. Tout au long de ces poteaux vont être placées bientôt les colonnes-guides dans la ramure desquelles glisseront les pièces ad hoc fixées à la cage de l’ascenseur.
- C’est à la droite du poteau central (côté nord) qu’est placé l’escalier qui permettra de monter jusqu’à la troisième plate-forme. Plus haut, le poteau secondaire de droite passera à gauche, du côté occupé à l’étage inférieur par ledit escalier lequel, s’il est continué, sera reporté du côté opposé. Cette transposition est nécessitée par le jeu des cages de l’ascenseur qui est inverse à chaque étage puisque chacune, ainsi qu’il a été expliqué dans le Moniteur sus-indiqué, ne doit parcourir que la moitié de la hauteur totale, i6om,2o, que permettra de gravir le système d’ascenseur imaginé par M. Edoux.
- Rappelons, en passant que, comme conséquence de cette disposition, les cylindres et leurs pistons placés entre la deuxième et la troisième plate-forme n’auront qu’une longueur de 8om,2o plus la longueur nécessaire pour le jeu des cages im,9°> soit au total 82m,io. Ces cylindres auront om,40 de diamètre et les pistons om,32. Ils sont déjà en préparation dans les ateliers de M. Edoux et vont être mis en place aussitôt que le permettra l’achèvement de la troisième plate-forme, car leur pose s’exécutera de haut en bas ; les tronçons de 5m,40 chacun, étant vissées les uns aux autres par leurs extrémités, descendront au fur et à mesure de leur adaptation.
- On nous excusera d’avoir parlé un peu longuement, peut-être, de cette partie annexe de
- la tour, mais elle en est un complément si indispensable que nous avons cru devoir ne pas la traiter comme un accessoire ordinaire, et, en effet, sans l’heureuse solution que M. Edoux a su trouver de cette question difficile, la possibilité de pouvoir atteindre pratiquement le sommet de la tour serait, sans doute encore, un problème à résoudre.
- Nous devons, en terminant, dire quelques mots de l’ensemble du monument, car il ne faudrait pas que les hauteurs auxquelles nous nous sommes maintenus depuis le début de cet article, nous en fissent oublier les parties inférieures qui n'ont pas cessé d’être intéressantes.
- A la seconde plate-forme, peu de changements à signaler, si ce n'est l'achèvement du plancher en bri ques, système Perrière comme celui de la première.
- A la première plate-forme la pose des arceaux d’ornementation se poursuit et va être terminée dans quelques jours. Ces arceaux dont la partie supérieure, l’arc, est en tôle garnie de bois, intérieurement, sont au nombre de neuf sur chaque face de la Tour. Ils abriteront une galerie de pourtour, en contrebas du plancher principal de la plate-forme, qui servira de promenoir et d’où la vue s'étendra sur la plus grande partie de Paris et toutes les collines environnantes.
- La deuxième couche de peinture de la tour est à peu près terminée jusqu’à la seconde plate-forme ; les ouvriers ont même attaqué, depuis quelques jours, la partie supérieure. Cette couche, de nuance bronze, est d’un assez bel effet, aux reflets du soleil notamment. Les essais pour le choix de la nuance de la troisième couche ont été commencés cette semaine, mais, que nous sachions, aucune décision n’est encore prise au sujet de cette nuance.
- Tout au bas de la tour, nous avons à signaler la mise en place, aux piliers 1 et 4, des appliques en béton aggloméré qui en formeront les soubassements. Ces soubassements, qui atteignent une hauteur de 5 mètres et cachent ainsi, non seulement la base en maçonnerie, mais encore les socles d’appui des colonnes, ont un aspect des plus flatteurs. Ils reposent sur un treillage de fer disposé tout autour de chaque pilier. La mise en place de cette partie ornementale de la tour est menée activement et sera sans doute terminée avant la fin du mois.
- Un dernier détail, avant de clore cette revue que nous pourrions prolonger encore tant il y a de choses intéressantes à dire sur cette œuvre merveilleuse. De la hauteur actuelle de la tour, 200 mètres, la vue s’étend à 50 kilomètres vers les points situés sur le même horizon que le pied de la tour, et à 60, 80 et même 100 kilomètres sur les points plus élevés, suivant leur altitude.
- A 300 mètres, la vue s’étendra jusqu’à 60 kilomètres à l’horizon et jusqu’à 120 ou 130 pour les altitudes plus élevées. Mais n’anticipons pas. Bientôt, nous aurons l’occasion de parler plus en détail de ce côté intéressant du chef-d’œuvre de l’industrie métallurgique de cette fin de siècle.
- En finissant, nous n’oublierons pas de dire au vaillant collaborateur de M. Eiffel, M. Com-gagnon, chef des travaux de la tour, combien est appréciée par tous l’habileté avec laquelle il dirige l’immense travail dont il a la charge. A lui reviendra une partie de la gloire impérissable à laquelle restera attaché le nom de celui qui a conçu cette œuvre étonnante autant que grandiose.
- H. Pendrié.
- ET DIVERSES
- CONGRÈS INTERNATIONAUX Nomination des membres du comité d’organisation du congrès international de météorologie.
- Par arrêté en date du 16 novembre 1888, le Ministre du Commerce et de l’Industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a nommé membres du comité d’organisation du congrès international de météorologie :
- MM.
- D’Abbadie, membre de l’Institut et du Bureau des longitudes.
- Angot, météorologiste titulaire au bureau central météorologique.
- Becquerel, membre de l’Institut,
- Bouquet de la Grye, membre de l’Institut. Chatin, membre de Tlnstitut et de l’académie de médecine.
- Cloué (amiral), membre du bureau des longitudes, vice-président du conseil du bureau central météorologique.
- Cornu, membre de l’Institut.
- Crova, membre correspondant de l’Institut, professeur à la faculté des sciences de Montpellier.
- Daubrée, membre de l’Institut, président du conseil du bureau central météorologique. Descroix, chef du service météorologique à l’observatoire de Montsouris.
- Fines, directeur de l'observatoire météorologique de Perpignan.
- Frou, météorologiste titulaire au bureau central météorologique.
- Hauvel (du), ingénieur, secrétaire de la société de navigation aérienne.
- Jannssen, membre de l’Institut et du bureau des longitudes, directeur de l’observatoire d'astronomie physique de Meudon.
- Lasne, vice-secrétaire de la société météorologique, ingénieur civil.
- Lemoine (G.), ingénieur en chef des ponts et chaussées, président de la société météorologique.
- Marès (P.), â Mustapha supérieur, près Alger, membre du conseil de la société météorologique.
- Mascart, membre de l’Institut, directeur du bureau central météorologique.
- Maze (l’abbé), à Harfleur, membre du conseil de la société météorologique.
- Moureaux, secrétaire de la société météorologique, chef du service magnétique à l’observatoire du parc Saint-Maur.
- Mouchez (amiral), membre de l’Institut, directeur de l'Gbservatoire de Paris.
- Piche, président de la commission météorologique des Basses-Pyrénées, membre du conseil météorologique.
- Poincaré, inspecteur général des ponts et chaussées, vice-président de la société météorologique.
- Renou, directeur de l’observatoire du parc Saint-Maur, vice-président de la société météorologique.
- Ritter, ingénieur en chef des ponts et chaussées, membre du conseil de la société météorologique.
- Sartiaüx, directeur de l’exploitation au chemin de fer du Nord, membre du conseil de la société météorologique.
- Teisserenc ds Bort (Léon), secrétaire généial de la société météorologique, chef du service au bureau central météorologique.
- Thévenet, directeur du service météorologique à Alger.
- Vaussenat, directeur de l’observatoire du Pic du Midi.
- * *
- Nomination des membres du comité d’organisation du comité international de statistique.
- Par arrêté en date du 16 novembre 1888, le
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- QUATRIÈME ANNÉE — N° 20Ô, LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Ministre du Commerce et de l’Industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de
- 1889, a nommé membres du comité d’organisation du congrès international de statistique :
- MM.
- Bertillon (J.), chef de la statistique municipale.
- Cheysson, ingénieur en chef des ponts et chaussées.
- De Foville, professeur au Conservatoire des arts et métiers, chef du bureau de la statistique au ministère des finances.
- Levasseur, membre de l’Institut, professeur au Collège de France et au Conservatoire des arts et métiers.
- Vannacque, chef de division au ministère du commerce et de l’industrie.
- Yvernès, chef de division, chargé du service de la statistique au ministère des finances.
- Nomination des Membres du Comité d’organisation du Congrès international de chimie.
- Par arrêté en date du 17 novembre 1888, le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a nommé membres du comité d’organisation du Congrès international de chimie :
- MM.
- Baubigny, membre de la société chimique. Friedel, membre de l’Institut, professeur à la Sorbonne.
- Girard (Ch.), directeur du laboratoire municipal.
- Grimaux, professeur à l’école polytechnique. Hauriot, agrégé de la faculté de médecine. Joulie, pharmacien de la maison municipale de santé.
- Jungfleisch, membre de l’académie de médecine, professeur à l’école de pharmacie. Liadet, préparateur au Conservatoire des arts et métiers.
- Maquenne, préparateur au Muséum d’histoire naturelle,
- Millot, professeur à l’école de physique et de chimie industrielles.
- Le Congrès socialiste de 1889
- La Fédération des travailleurs socialistes de France envoie aux associations ouvrières de l’étranger la circulaire suivante :
- « Citoyens,
- « La conférence internationale de Paris de 1886, à laquelle étaient représentées l’Angleterre, l’Allemagne, la Belgique, l'Autriche, la Suède, l'Australie et la France, dans sa séance du 28 août, votait la résolution suivante : « En 1889, il sera tenu à Paris un congrès ouvrier international ; le Parti ouvrier socialiste français (Fédération des travailleurs socialistes de France) est chargé de son organisation.
- « Le congrès international corporatif de Londres, auquel assistaient des délégués d’Angleterre, de Belgique, de Hollande, du Danemark, d’Italie et de France, qui vient de se tenir, a, dans sa séance du 10 novembre, confirmé cette résolution par la décision suivante, prise à l’unanimité : « Le projet de réglementation internationale du travail devra être définitivement adopté au Congrès international qui se tiendra à Paris en 1889, aux termes de la décision de la conférence internationale de 1886.
- « Le comité national du parti ouvrier socialiste français (Fédération des travailleurs socialistes de France) a donc l’honneur de vous prévenir qu’il se met, dès aujourd’hui, à l’organisation de ce congrès, qui est appelé à avoir une importance considérable.
- « Conformément à la décision prise à Paris et confirmée à Londres, du congrès de 1889 devra sortir une organisation internationale dont le principe a été voté dans la séance du 9 novembre 1888.
- « Les travailleurs du monde- entier ne peuvent rester indifférents en présence de ce réveil
- socialiste qui se manifeste dans toutes les nations.
- « L’organisation qui sortira du congrès de 1889, groupant et unissant les forces socia -listes éparses aujourd'hui, augmentera considérablement la puissance des travailleurs organisés, et permettra d’envisager, dans un avenir prochain, le triomphe des revendications ouvrières et la suppression des frontières qui nous séparent matériellement mais non moralement.
- « Nous vous invitons donc à participer aux délibérations de ce congrès.
- « Des circulaires fixant l’organisation et l’ordre du jour seront ultérieurement envoyées.
- « Nous vous serons obligés de nous répondre si les groupements de votre organisation sont disposés à se faire représenter au congrès.
- (( En attendant le plaisir de vous lire, veuillez recevoir nos fraternelles salutations. »
- Suivent les signatures, parmi lesquelles figure celle de M. Joffrin, conseiller municipal de Paris.
- Commission consultative de contrôle et de finances
- Par arrêté en date du 27 novembre 1888, le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a nommé membre adjoint de la commission consultative de contrôle et de finances de l’Exposition universelle de 1889, pour représenter le ministère de l’instruction publique et des beaux-arts : M. Laroumet (Gustave), directeur des beaux-arts, en remplacement de M. Cas-tagnary, décédé.
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- Par arrêté en date du 28 novembre 1888, le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a nommé membre adjoint de la commission consultative de contrôle et de finances, pour représenter le ministère de l’intérieur : M. René Allain-Targé, directeur du personnel et du secrétariat au ministère de l’intérieur, en remplacement de M. Bourgeois, élu député.
- Exposition Internationale des Beaux-Arts
- Le ministre de l’instruction publique et des Beaux-Arts, a l’honneur de rappeler aux artistes étrangers, qui désirent prendre part à l’Exposition universelle, qu’ils doivent s’adresser pour l’admission de leurs œuvres aux commissariats généraux ou aux comités nationaux institués dans leurs pays.
- Les artistes dont le pays n’est pas représenté par un commissariat général ou par un comité national peuvent toujours adresser leurs demandes au commissariat spécial des Beaux-Arts (Palais des Champs-Elysées, porte I).
- Ils sont informés, en outre, qu’afin de leur faciliter la présentation des œuvres à l’examen du jury spécial, primitivement fixée du 5 au 20 décembre, est reportée du 5 au 20 janvier.
- Les ouvrages devront être remis franc de port, au Palais des Champs-Elysées, à l’époque indiquée.
- Chaque artiste devra déposer en même temps une notice contenant ses nom et prénoms, sa nationalité, le lieu de sa naissance, la mention de ses titres et celle des récompenses obtenues par lui aux expositions universelles, enfin le sujet et les dimensions de ses ouvrages (cadre compris).
- Des formules de ces notices seront adressées, par le commissariat spécial des Beaux-Arts, aux artistes qui en feront la demande.
- Composition du Catalogue général
- L’Administration de l’Exposition universelle de 1889 appelle delà manière la plus pressante l’attention des exposants sur la nécessité absolue de lui retourner, sans aucun retard, la formule imprimée que chacun d’eux reçoit en
- DIMANCHE 9 DÉCEMBRE 1888. — 1283.
- même temps que son certificat d’admission pour l’insertion de son nom au Catalogue général officiel.
- L’Administration fait remarquer aux exposants admis dans plusieurs classes, qu’il est nécessaire de ne pas attendre la réception de tous les certificats d’admission à ces classes, pour retourner les formules qui doivent constituer le catalogue. Il faut, au contraire, que ces formules parviennent à la Direction isolément et par envois successifs.
- Concours des marches militaires
- La Commission de l’Exposition chargée de préparer le concours des marches militaires a choisi hier le morceau imposé.
- Il n’y a pas eu de premier prix.
- Le second prix, à l'unanimité, a été accordé à M. Pierné, prix de Rome.
- Exposition de la classse 34
- M. Georges Berger, directeur général de l’exploitation, s’est rendu, dimanche dernier à Cau-dry (Nord), il était accompagné de M. Binot, secrétaire de la classe 34.
- Le directeur général désirait terminer sur plaee, l’organisation de l’importante exposition collective des fabricants de tuiles, de dentelles et de guipures de ce centre industriel.
- Dès aujourd’hui la direction générale de l’exploitation est en mesure de déclarer que toutes les classes de la section française ont leur nombre d’exposants totalement rempli et que l’organisation est entièrement prête.
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- LES ETRANGERS A L’EXPOSITION
- DE 1889
- ANGLETERRE
- On écrit de Londres, en date du ler de ce mois :
- « Le comité exécutif de la section anglaise à l’Exposition de Paris s’est réuni hier, dans l’après-midi, sous la présidence de sir Polynore de Keiser.
- «11 a été décidé que M. H. Trueman Wood serait nommé commissaire délégué de la section anglaise.
- « Ce choix est considéré comme excellent. Quant à M. de Keyser, il continuera à présider effectivement les travaux du comité dont le lord-maire actuel est le président d’honneur.
- « M. de Keyser a l’intention de passer quelques mois à Paris pour s’occuper exclusivement des envois des exposants anglais. Sa connaissance de la langue française sera d’un grand service dans cette occasion.
- « En attendant, toutes les demandes concernant l’exposition anglaise devront être adressées à M. J. Aylmer, secrétaire du comité de la section anglaise, au Champ de Mars, à Paris. »
- BELGIQUE
- U Indépendance belge a publié, dans son numéro du 18 novembre, au sujet de la participation de nos chers voisins, les Belges, à la future Exposition, des renseignements très complets que nous croyons devoir reproduire
- Avant la fin du mois, écrit notre estimé confrère, tous les emplacements des exposants belges à Paris seront « distribués, attribués et rétribués ». L'expression est du commissaire général, M. Jules Carlier, nous n’y avons pas contribué, et elle est trop bienvenue pour nous l’approprier.
- Dès à présent le nombre des exposants belges est de plus de 1,500; il sera d’environ 2,000 quand tous les groupes seront au complet.
- Il n'est pas une classe de l’Exposition où la Belgique ne soit représentée. Elle est, après la France, le seul pays qui se trouve dans ce cas. Il n’est pas jusqu’à la fabrication de la soie qui n’ait ses exposants belges à Paris.
- C’est également la Belgique, toujours après
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- 1284.— QUATRIÈME ANNÉE. — N° 20Ô. ¥------- ------- -----------------------~
- la France naturellement, qui occupera la superficie la plus considérable au palais du Champ de Mars.
- Le zèle de la commission belge y est pour beaucoup.
- Au moment où elle entrait en fonctions, elle disposait d'une superficie de 6,000 mètres carrés; elle a obtenu plus du double. Aux divers accroissements dont nous avons déjà donné le détail dans de précédents articles, il faut ajouter : 210 mètres cédés par les Pays-Bas et le Danemark dans le palais des industries diverses; 380 mètres pris sur un prolongement de l’auvent de la grosse céramique, pour les petites mécaniques et les produits pondéreux des mines, et 58 mètres carrés de plus dans la halle aux machines. Total, une superficie d’environ 13,000 mètres, dont 4,000 environ aux industries diverses comprises dans les groupes 3 à 5 : mobilier, tissus, vêtements et accessoires, armes, etc.
- Ce n’est pas tout d'avoir de la place, il importe de la ménager, de l’économiser pour y caser tout son monde. Sous l’empire de cette idée, et aussi pour assurer l’effet d’ensemble de l’exposition belge, la commission a adopté cette règle générale : Pas de cloison. Règle générale, disons-nous, ce qui laisse la porte ouverte aux exceptions nécessaires, indispensables. Mais la règle demeurera la règle et sera observée aussi rigoureusement que possible. De cette façon l’exposition belge formera un tout ayant forme et figure, un tout dont le regard embrassera l’unité, lavaiûété et l’harmonie.
- Autre règle adoptée par la commission : elle a cru devoir réagir contre la licence des vitrines et l’anarchie des étalages. L'expérience du grand concours a montré les inconvénients de ce système qui fait de l’exposition une espèce d’habit d’arlequin et donne au contenant plus d’importance qu'au contenu. Revenant aux traditions de 1878 à Paris et de 1880 à Bruxelles, traditions dont la pratique a fait ressortir la supériorité, la commission a arrêté un type uniforme de vitrines. Les vitrines seront louées aux exposants. Ce sera pour eux une facilité très appréciable. Ils échappent ainsi à l'embarras du choix, aux ennuis et aux frais du transport et de l’installation. La vitrine unique fera valoir les produits exposés. Moins distrait par la boîte, le public sera plus attiré et retenu par l’envoi.
- Les Pays-Bas et l’Angleterre, nos voisins à Paris, ont préféré la liberté de la vitrine, et ç’a été une raison de plus pour que la commission persévérât dans sa résolution, le contraste étant un élément de succès.
- Le compartiment des industries diverses sera la principale attraction de notre exposition industrielle à Paris, la plus variée, la plus intéressante pour la masse du public. Il y aura là près de 700 exposants.
- La façade donne sur un grand vestibule de 15 mètres de largeur qui traverse tout le palais. Elle a 50 mètres de développement et se divise en deux travées. Le portique dessiné par l’architecte Janlet, auteur de la bèlle façade de 1878, sera en quelque sorte la préface de notre exposition dont il caractérisera les divers éléments. Laporte opposée, donnant sur le compartiment anglais, sera un ensemble de trophées d'armes, une manière d’exposition collective de notre industrie armurière. L'arrangement intérieur est dès à présent conçu d’après un plan éminemment artistique, et il paraît notamment que l’aménagement de la verrerie sera d’une originalité très heureuse.
- En face de ce compartiment, trois pavillons : le commissariat général, façade en pierres d’Ecaussines, clocheton avec carillon flamand à cloches apparentes, décoration intérieure et mobilier fournis par les exposants qui y trouveront leur courrier classé dans des boîtes à leur nom ; le pavillon de Mariemont figurant un des sièges d’extraction de ce charbonnage, et le pavillon Solvay, style Renaissance flamande, avec des spécimens des installations de l’industrie de la soude dans les divers pays du monde.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE I
- Chacun des exposants des industries diverses recevra un numéro matricule qu’il retrouvera sur sa vitrine et sa boîte aux lettres. D’ici à quelques jours ils recevront un plan coté du compartiment, avec indication de leur emplacement.
- Même disposition pour le pavillon des Arts libéraux, situé près de la Seine, à droite de la tour Eiffel.
- Le pavillon des Produits alimentaires et de l’Agriculture est à gauche, dans un bâtiment spécial.
- Le Matériel des chemins de fer occupe un vaste emplacement, entre les industries diverses et le Hall aux machines. Ce sera également une des belles expositions de la Belgique, et l’une des plus remarquables de cette industrie dont notre pays fut l’initiateur sur le continent. Il y aura là 500 mètres de voie ferrée couverts de matériel. Le gouvernement, qui vient de faire des commandes spéciales en vue de l’Exposition, y participera avec le Giand Central et la Société nationale des chemins de fer vicinaux, et l’exposition formera une revue d’ensemble des divers types de locomotives et de wagons depuis l’origine de notre railway jusqu’aux perfectionnements les plus récents.
- Dans la galerie des Machines exposeront Coc-kerill, Couillet, Boussu, les industries vervié-toises, de Naeyer de Willebroeck, Carels de Gand, Halot, les Feutres et Chapeaux, etc., etc.
- L’exposition d’électricité, celle de l’économie sociale, et l’exposition rétrospective promettent également de faire honneur à la renommée de la Belgique.
- Restent les beaux-arts. Notre école a fait ses preuves et elle tiendra sans nul doute à honneur de se montrer d’elle-même. Le succès de son exposition dépend d’elle et aussi du jury d'admission. Il importe, ce nous semble, que cette exposition soit considérée par tous deux comme nstionale avant tout et que l’intérêt collectif prime les querelles de coterie et les prétentions individuelles. Nous ne doutons pas que ce point de vue ne domine toutes les préoccupations.
- Voilà où en sont les choses, après huit mois seulement de mise en train. La commission belge a bravement et efficacement travaillé, et cette préparation est du meilleur augure pour le succès d’une exposition qui aidera puissamment, nous en sommes convaincus, à l’expansion de nos forces productives dans les arts, le commerce, l’industrie, dans toutes les branches de l’activité humaine.
- ESPAGNE
- Le Diario mercantil, de Barcelone, un des journaux les plus accrédités de la Péninsule en matière commerciale et industrielle, publie dans son numéro du 29 novembre, les renseignements suivants :
- Le Comité espagnol pour l’Exposition de Paris que préside M. Angoloti, reçoit chaque jour, des Chambres de commerce de la Péninsule, des adhésions nouvelles, sans conditions, aux décisions déjà prises par le Comité et l’offre de leur enthousiaste concours.
- Sur la demande du Comité, le ministre de Fomento a donné l’ordre de mettre à la disposition de la délégation de Paris, une somme de 100,000 francs destinée àl’achat des emplacements et aux premiers frais de construction du Palais spécial destiné à l’exposition espagnole de substances alimentaires.
- Les demandes d’emplacement que reçoit le Comité sont chaque jour plus nombreuses, celles notamment qui ont trait à l’installation de cafés, restaurants, cabarets, horchaterias valencianas.
- Cette semaine a dû être envoyée la circulaire indiquant à chaque exposant les formalités à remplir pour les envois de paquets, les emballages, le paiement du transport, la garde des objets expédiés, leur mise en place, etc.
- Il sera probablement établi en Espagne trois Centres de réception des produits, Madrid, Bar-
- 889. DIMANCHE 9 DÉCEMBRE 1888.
- celone et Saint-Sébastien, pour être de là dirigés, en temps utile, sur le Champ de Mars.
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- LA COLONISATION ALGÉRIENNE
- ET LES VOIES RAPIDES
- Il est incontestable que la principale cause de l’extension du commerce d’un pays est le grand nombre de ses voies de communications et, surtout, leur bon état de viabilité.
- Si une région produit et que le manque de moyens de transport, ou leur défectuosité, l’oblige à consommer sur place ses productions, cette région est, dans un avenir très rapproché, fatalement destinée à la ruine.
- Au contraire, une région dont la production est pour le moment peu développée, la verra s’accroître rapidement le jour où des moyens de transport ‘ rapides seront à sa disposition.
- La facilité des communications et la rapidité des transports, tout est là pour le commerce.
- Les Américains, gens pratiques, l’ont si bien compris, que dans les vastes territoires encore inhabités qu’ils ont successivement occupés, ils commencèrent, tout d’abord, par établir des chemins de fer, certains que bientôt des colons viendraient s’établir tout au long de ces nouvelles routes.
- Et leurs prévisions n’ont jamais été déçues.
- En Algérie, au contraire, on a procédé d’une façon absolument différente.
- On a attendu que les centres de colonisation soient très riches, très prospères, pour transformer en route l’étroit sentier arabe qui les desservait. Puis, l’on s’en tient là, provisoirement, c’est-à-dire à jamais.
- La plus grande partie des transports de céréales, de vins, d’alfas, se fait en Algérie par les routes de terre, quand il y en a.
- De la sorte, les produits mettent des semaines pour arriver à leur lieu d’embarquement, alors qu’avec la voie ferrée elles ne mettraient que quelques heures.
- Ou comprend quelles pertes de tous genres résultent d’un semblable état de choses, car c’est surtout en matière commerciale que ce dicton est vrai ; « le temps c’est de l’argent ».
- Un exemple en fera mieux comprendre, dans l’espèce, toute l’importance.
- Tlemcen, l’ancienne capitale du royaume maure, est un point de l’Algérie exceptionnellement favorisé. .
- Tlemcen a le soleil d’Afrique et le climat de la France. Il y vient tous les fruits d’Europe, avec cette vigueur des plantes des pays tropicaux.
- Tlemcen pourrait fournir des primeurs, bien avant toute autre ville du sud de l’Europe, à la France entière.
- Cependant Tlemcen ne produit presque rien, du moins relativement à ce qu’on en pourrait tirer, parce que Tlemcen est comme un point isolé qui, malgré sa situation importante, 11’est relié à la côte que par des routes ordinaires.
- Allez donc transporter des primeurs quand il faut déjà trois ou quatre jours de transport par terre, de quatre à huit d’attente sur les quais du port le plus voisin et deux ou trois encore pour aller de là jusqu’à Paris !
- J’ai cité Tlemcen, non point parce que c’est un cas unique d’abandon, car il y a comme cela des quantités d’autres centres en Algérie qui dépérissent faute de moyens de communication.
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- QUATRIÈME ANNÉE.— N° 20Ô.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- DIMANCHE 9 DÉCEMBRE 1888.— 1285.
- Il n’y a pas à en douter, la vie d’une colonie, sa richesse, c’est la voie rapide. Nous aurons l’occasion de le démontrer plus longuement dans un prochain article.
- Léon Sazie.
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- ECHOS
- Grand concours musical de Barcelone
- Le samedi 24 novembre, à 8 heures du soir, sont arrivées à Barcelone, pour prendre part aux concours organisés dans cette ville, les deux musiques militaires des 50e et 57e régiments d’infanterie de ligne français ainsi que la Lyre Narbonnaise, de Narbonne, et la Toulousaine, de Toulouse.
- Inutile d’ajouter qu’une enthousiaste réception les attendait et qu’une foule compacte les a accompagnées jusqu’aux hôtels respectifs qui leur étaient destinés.
- Voici la liste des principales récompenses décernées à la suite de ce concours musical :
- Premier prix, obtenu par la Lyre Narbon-NAISE, d'une valeur de 10,000 francs.
- Deuxième prix, 7,500 francs., musique municipale de Barcelone.
- Troisième prix, 3,000 francs, musique du 57e de ligne de France.
- Quatrième prix, 2,000 francs, eœ œquo, musique la Sainte-Cécile, de Carcassonne, et musique du 50e de ligne de France.
- Médaille d’argent, musique d'harmonie la Toulousaine.
- Mention honorable, Lyre Saint-Paul, de Cler-mont-l’Hérault.
- Les musiques des 50e et 57e régiments de ligne ont quitté Barcelone dimanche dernier, à 1 heure, accompagnées à la gare par une foule aussi nombreuse que sympathique.
- Pendant leur séjour, elles ont donné plusieurs concerts et sérénades et partout le même accueil enthousiaste leur a été prodigué. Le capitaine général lui-même, général Blanco, qui commande les troupes de la province, a tenu à donner à nos braves soldats une preuve officielle de la sympathie qu’on professe dans toutes les sphères, en Espagne, pour la France et sa vaillante armée. Il a fort gracieusement offert un lunch à nos musiciens qui étaient allés sous les fenêtres du palais qu’il habite lui donner une sérénade.
- Le 5 de ce mois a lieu un autre concours musical, celui-ci de chorales, auquel prennent part huit sociétés du midi de la France.
- Les 3, 4, 5 et 6 courant ont lieu à Barcelone les fêtes scolaires que nous avons annoncées il y a quelques semaines.
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- L’Évangile à l’Exposition de Paris
- Un terrain vient d’être loué, sur l’avenue Rapp, aux abords immédiats de l’emplacement de la future Exposition, pour la construction d’une salle évangélique temporaire, destinée aux visiteurs de 1889. C’est l’infatigable M. Mac-Al qui s’est mis à la tête de l’entreprise et qui en couvrira en partie les frais. Mais plusieurs sociétés lui prêteront leur concours : l’Alliance évangélique de Londres et de Paris, la Société des Traités religieux de Londres et de Paris, la Société biblique britannique et étrangère, qui combineront leurs ressources et leurs travaux. Un comité général sera formé des représentants les plus éminents de ces œuvres et des Eglises parisiennes, pour s'occuper des détails d’organisation. La salle devra servir aussi pour des cultes en diverses langues et de toutes dénominations.
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- Expéditions de correspondances par le « Sud-Express »
- Les trains rapides dits « Sud-Express », circulant deux fois par semaine entre Paris et Lis-
- bonne, sont aujourd'hui utilisés pour les transports postaux.
- Au départ de Paris, le mercredi et le samedi, les trains dont il s’agit emportent des dépêches comprenant les correspondances pour les villes ' de Lisbonne et de Porto. Ces dépêches arrivent à Lisbonne le vendredi et le lundi, à 3 h. 15 du soir. En outre, on peut utilement expédier, le samedi, par la même voie, des correspondances pour les parages de l’Afrique australe qui sont embarquées, le lundi, à Lisbonne, sur les paquebots anglais allant au cap de Bonne-Espérance.
- Pour être acheminées par le « Sud-Express ». les correspondances doivent être mises à la poste, dans les différents bureaux de Paris, le mercredi et le samedi, eu temps utile pour être ; comprises, au plus tard, dans la 5e levée, elles peuvent encore être déposées avant 6 h. 15 soir les mêmes jours, à la boîte de la gare d’Orléans.
- Les trains du « Sud-Express », partant de Lisbonne le lundi et le vendredi, arrivent à Paris le mercredi et le dimanche dans la soirée.
- Les correspondances qu’ils apportent sont comprises le lendemain matin dans la première distribution.
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- Une nouvelle attraction
- pour la prochaine Exposition universelle
- Une restitution de la cité de Paris (quartier du Petit-Châtelet) sous Henri IV va s’élever avenue de Suffren, 80. Les travaux ont commencé hier, sous la direction de M. Colibert, l’habile architecte de la Bastille, au Champ de Mars, et de son collaborateur, M. Dutarque.
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- Les nouveaux billets de banque
- La Banque de France, après la fameuse émission des faux billets de 500 francs, avait tenu à apporter de grandes modifications à la fabrication de ses billets.
- Elle vient d'adopter un nouveau type qui semble défier toutes les imitations et toutes les contrefaçons.
- On tire depuis quelques jours déjà les nouveaux billets de 100 et de 50 francs, que l'on mettra en circulation dès que l’approvisionnement sera assez considérable, 25 alphabets environ. Les coupures de 1,000 et de 500 francs seront livrées au public avant la fin de l’année. Les nouveaux billets recevront deux impressions au verso et au recto : l’une en bleu pour la gravure et les indications telles qu’elles existent maintenant : l’autre, en rose, formera un fond de dessins représentant des têtes de femmes, des médaillons, des arabesques, etc. La juxtaposition de ces deux couleurs donne aux nouveaux billets un reflet violacé.
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- Paris port de mer
- M. Bouquet de La Grye, l’auteur du projet de Paris port de mer, a été entendu, jeudi 8 novembre, par le conseil général des ponts et chaussées.
- Le ministre des travaux publics avait tenu à présider lui-même cette séance ; la présence de M. Deluns-Montaud a été d’autant plus remarquée que, depuis M. de Forcade La Roquette, aucun ministre des travaux publics n’avait présidé le conseil des ponts et chaussées.
- Il paraît que les explications de M. Bouquet de La Grye ont été fort appréciées et goûtées par le conseil.
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- Découverte archéologique à Rouen
- On démolit à Rouen, rue Grand-Pont, une vieille maison de bois datant de la fin du XVe siècle ; un bas-relief en plâtre ayant autrefois servi d’enseigne, probablement à un marchand drapier, a été découvert sous un revêtement en planches. Cette enseigne, dit le Nouvelliste, est,, citée par M. de la Querrière dans sa Description historique des maisons de Rouen : « Au-
- dessous de l’appui des fenêtres du premier étage règne sur toute la longueur de la façade un curieux bas-relief peint, représentant un paysage. Des moutons paissent dans la prairie ; deux chiens enfermés dans de grandes couronnes formant médaillons, sont placés à droite et à gauche dans le bas-relief même, et au milieu, se voit debout une ridicule et très mauvaise figure d’homme, en costume XVIID siècle, mise après coup pour jouer probablement le rôle du berger. » Cette sculpture, d’un travail quelque peu naïf n’en constitue pas moins un rare et curieux spécimen de l’art décoratif de l’époque.
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- Epilogue du Grand Concours de Bruxelles
- Il y a quelques jours, M. Charles Rolland, délégué de la Commission française au Grand Concours, et Mme Charles Rolland avaient réuni dans un dîner, au Grand-Hôtel, tous ceux, Belges ou Français, qui avaient aidé le délégué français à défendre les intérêts de ses compatriotes à l’Exposition du Grand Concours : c’est dire que le dîner comptait de nombreux convives. Au dessert, ç’a été une distribution de compliments et de remerciements que M. Rolland a faite sans prétention, très cordialement, avec une bonhomie et une grâce parfaites. On s'est donné rendez-vous à l’Exposition de 1889.
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- Une lettre de M. de Lesseps
- Voici le texte de la lettre adressée par M. Ferdinand de Lesseps aux fondateurs, actionnaires, obligataires et correspondants de la Compagnie de Panama :
- « Paris, le 29 novembre 1888.
- <C Messieurs,
- a L’Union des actionnaires et obligataires de Panama vient de faire une vaillante campagne dont nous devons lui être reconnaissants. Si ses efforts généreux et spontanés n’ont pas obtenu tout le résultat espéré, ils nous ont donné une force nouvelle et précieuse.
- <C J’ai appris, dans les luttes qui ont rempli ma vie, que le succès définitif est certain, là où existent le courage, la confiance et la volonté inébranlable d’arriver au but.
- « A l’appel de l’Union, quatre cents comités se sont formés dans toute la France, affirmant l’énergie de ces sentiments.
- « J’en ai rencontré la vivante manifestation dans les témoignages de chaleureuse sympathie qu'on m’a prodigués ainsi qu’à mon fils, lorsqu’à la demande d’un grand nombre de villes nous sommes allés simplement, loyalement exposer la situation de l’entreprise.
- « Aujourd’hui, l'Union des actionnaires et obligataires de Panama possède une armée compacte, bien organisée, d’un demi-million de souscripteurs ayant placé leurs épargnes dans une entreprise à laquelle est attaché l’honneur de la France et qui sont résolut à aller jusqu’au bout.
- cc Cette armée m’a demandé de me mettre à sa tête : je n’ai jamais reculé devant mes devoirs.
- cc U en est un qui s’impose avant tous les autres : je n’hésite pas à le remplir.
- « Il y a un an, je vous ai donné l’assurance que, s’il existait jamais un danger pour l’entreprise, je serais le premier à le signaler.
- « Ce danger, vous l’avez compris ; il peut résulter d’un moment d’hésitation.
- « Des manœuvres, que vous connaissez, ont entravé le succès complet de l’émission des obligations à lots le 26 juin dernier.
- cc Fidèle à mon programme, usant de l’autorisation de convertir nos dettes antérieures, que j’ai sollicitée et obtenue du Parlement. Je fais étudier et je vous présenterai très prochainement des combinaisons destinées à diminuer les charges que des emprunts onéreux imposent à la Compagnie.
- d Cela ne suffit pas ; j’ai le devoir de m’assurer, sans tarder, les ressources dont j’ai besoin
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- pour continuer les travaux sans interruption et ouvrir le canal à la grande navigation.
- cc J'émets donc aujourd’hui le solde des obligations non souscrites.
- cc Si la souscription est complète, vous êtes désormais à l’abri de toute inquiétude sur la réalisation de votre œuvre.
- cc Mais si ce résultat complet n’est pas actuellement indispensable, la souscription doit en tout cas atteindre un chiffre qui assure le développement régulier des travaux ; aussi la souscription ne deviendra ferme qu’autant qu’un minimum de 400,000 obligations aura été placé.
- cc Des versements très échelonnés rendront plus légère votre participation à cette émission , ils faciliteront l’accès de vos rangs à de nouvelles recrues, à tous les Français patriotes qui ne veulent pas voir passer en des mains étrangères une œuvre entreprise par la France, dirigée par des ingénieurs français, avec des capitaux de la France et au grand profit de son industrie.
- « L’effort que je demande aujourd’hui n’est plus soumis aux risques ordinaires des entreprises industrielles, le remboursement des capitaux apportés et le paiement de tous les lots promis étant assurés par des dépôts de rentes françaises ou de valeurs garanties par l’Etat dans les caisses du Crédit foncier de France, cc Je fais appel à tous les Français, cc Je fais appel à tous mes associés menacés cc dans leur fortune.
- cc J’ai consacré ma vie à deux œuvres qu’on a « qualifiées d’impossibles : Suez et Panama.
- cc Suez est fait et a enrichi la France : vous cc voudrez terminer Panama.
- « Votre sort est entre vos mains.
- « Décidez.
- «Veuillez agréer, Messieurs, l’assurance de « mon dévouement.
- oc Le président directeur,
- cc Ferdinand de Lesseps. d
- EXPOSITION NATIONALE
- DES CIDRES & POIRÉS
- RÉCOMPENSES DES FRUITS
- Médaille d’or :
- M. Renard, instituteur à Saint-Martin-d’Aspre (Orne).
- Médailles d'argent, grand module :
- MM. Latour, à Surville (Calvados).
- Carlo, pépiniériste, à Lamballe (Côtes-du-Nord).
- Le Comice agricole de Quintin (Côtes-du-’ : Nord).
- Médailles d’argent :
- MM. De Lalande de Calan, à Saint-Glim (Côtes-du-Nord). 1
- Carré, à Saint-Aubin du Salon (Eure). Médailles de bronze:
- MM. Le Breton, à la Ménardais-Taden (Côtes-du-Nord).
- Pillu, à Boucé (Orne).
- Ragot, à Loudéac (Côtes-du-Nord).
- Rocher, à la Ferté-Macé (Orne);
- Vincent, à Vitry (Seine), pour sa palmette beurrée Diel ;
- Bacqua, à la Hay-Fouassière (Loire-Inférieure), fruits à couteau;
- Cavalié, à Castres, fruits à couteau.
- RÉCOMPENSES DES MACHINES
- Diplômes d’honneur :
- MM. Savalle, pour un appareil à distiller. Deray, — —
- Bajac, pour l’ensemble de son exposition. Decauville, — —
- Médailles d’or :
- MM. Simon, pour son broyeur.
- Savary, pour son pressoir.
- Piquet, — —
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889. DIMANCHE 9 DÉCEMBRE 1888.
- Médailles de vermeil :
- MM. Piquet, pour son casse-pommes.
- Garnier, pour son corset d’arbre en acier embouté.
- Médailles d’argent :
- MM. Benech, pour son casse-pommes.
- Garnier, — —
- Savary, — —
- Broquet, pour ses pompes à cidre à piston. Anceau et Kuntzel, — —
- Gaudon et Lovenbruck, pour l’ensemble de son exposition.
- Simon, pour son manège.
- Médailles de bronze :
- MM. Vasselin, pour son broyeur.
- Delépine, — appareil à distiller. Charlochet, — paillasson.
- Benech, — manège.
- ♦ +
- Dans le prochain numéro, nous publierons la liste des récompenses pour les cidres et les poirés, que le manque de place nous empêche d’insérer aujourd’hui, ainsi que la suite de la revue spéciale de notre collaborateur M. E. Basset.
- ‘.EXPOSITIONS
- A LA
- SOCIÉTÉ NATIONALE D’HORTICULTURE
- Depuis plusieurs années déjà, la Société nationale d’Horticulture de France a pris la louable habitude de convier le public à une fête d'automne. Je dis fête, pour deux raisons : la première, c’est la distribution des récompenses et le Président fait généralement un excellent discours, ce que M. Léon Say ne manque jamais; la seconde est une admirable exposition de merveilleuses fleurs : les Chrysanthèmes.
- Cette année il y avait une troisième attraction (l’Exposition d’automne n’ayant pas eu lieu), les fruits : raisins, poires, pommes, ananas, etc., et les pommes à cidre avaient été ajoutés.
- Pour les chrysanthèmes, il a été décerné dix-sept récompenses, et pour les fruits il n’en a pas été attribué moins de trente.
- Les fleurs ayant été exposées en premier lieu, il convient de leur accorder la priorité.
- Le succès de cette exposition était tout entier pour les splendides et incomparables variétés de chrysanthèmes présentées par MM. Levèque et fils. Ces spécialistes possèdent aujourd’hui la collection la plus complète, qui existe en France, de ces fleurs magnifiques dont bientôt nous célébrerons le centenaire.
- Sans vouloir faire un catalogue, il importe de citer parmi les espèces les plus remarquables :
- Japonais et Hybrides : Bend Or, très grande fleur jaune vif; Captivator ; Erecta superba; Lakmé, aurore saumoné, centre en spirale, revers vieil or; Royal Soleil, cramoisi sombre, pointé or; Souvenir de Harlem, violet, centre et revers or, etc.
- Chinois à grandes fleurs : Duchess of Manchester; Hermine blanc, pétales pointés rose tendre; La Vierge, blanc pur; Némésis, cramoisi pourpre; Soleil d’Austerlitz, très grande jaune d’or, etc.
- Japonais, type vrai : Bombardier, amarante à centre doré; Lucien Baltet, amarante pourpré, éclairé feu; Spectator, blanc carné, jaune lavé vert, etc.
- A fleurs de pivoine : Colonel Rey, jaune foncé pointé cramoisi, disque jaune; Samuel Morley, cramoisi foncé velouté, éclairé feu vif, etc.
- Japonais à floraison précoce : Bendemer, rose violet tendre, crème clair, boule or; Sainte-Cecilia, cramoisi violet, etc.
- A grande fleur de pivoine : Lord Mayor, carmin violet, teinté rose violet (fleurissant l’été), etc.
- Et parmi les variétés nouvelles de 1888.— Jap. Htb. Comte Foucher de Careil, violet pourpré granité blanc; Président Clos, rouge brique strié jaune et or; —Jap. Bergmann, rouge saumon nuancé rouge; John Laing (L.), rouge sang foncé strié jaune d’or; puis dans les autres variétés : Mlle Louise Leroy, blanc fond crème pointé de rose tendre; Olympe, rose aurore saumoné, glacé et éclairé de blanc pointé or; etc.
- On n’a véritablement que l’embarras du choix, tant il y a de belles variétés aussi bien pour le coloris que pour la forme; c’est au point que l’on se demande quels sont les doigts de fée qui ont si bien frisé ces pétales dorés dans lesquels se confondent avec le blanc le plus pur les mille couleurs dorées du soleil couchant.
- Pour les Plantes en pots, MM. Levêque et fils ont obtenu la première récompense : médaille d’or, et pour divers concours, trois autres médailles leur ont été décernées. La seconde récompense (médaille de vermeil) a été attribuée à M. Yvon.
- Fleurs coupées. — 6e concours. — M. Walter Crawhat a présenté une collection de fleurs énormes, de choix, il est vrai, mais obtenues par sélection ; quelques-unes mêmes sont déformées ; nous préférons celles de M. Phatzer, parfaitement formées et bien étiquetées. Citons aussi les semis de M. Simon Delaux, qui promettent beaucoup pour l’avenir.
- Dans le 7e concours, le premier rang est échu à la maison Forgeot et Ce, qui présentait des variétés tout à fait hors ligne, toutes fleurs de formes parfaites et de brillants coloris; nous pouvons dire qu’il n’y avait rien de mieux; du reste, le jury a donné raison à notre appréciation en attribuant à ces habiles horticulteurs la médaille de vermeil, la plus haute récompense décernée aux fleurs coupées.
- Nous citerons plus particulièrement : Cul-lingfordi, riche cramoisi amarante velouté, revers jaune bronzé ; Jonquille, jaune jonquille brillant; Commandant Dominé, rouge cramoisi foncé; Docteur Master, pétales longs étroits, rouges à l’extérieur, jaunes au centre; Gloire rayonnante, pétales tuyautés, satin rose ombré de lilas ; l’Or du Rhin, jaune d’or, flammé rouge ; l’Aube matinale, saumon rougeâtre, ombré or; Madame C. Audiguier, rose délicat ligné de blanc argenté; Roseum Pictum, rose blanc à revers argenté ; Triomphe de la rue des Châlets, et enfin la Source d’Or, jaune d’or nuancé orange, etc., etc.
- Nous devons signaler aussi les magnifiques collections de M. Hoïbian (Hors concours, membre du Jury), de M. Delaville, méd. Argent ; de M. Dubois, M. Lamarre, méd. Bronze ; etc.
- Et arrivons aux Fruits. — Nous avons revu avec un bien vif plaisir les magnifiques grappes présentées par M. Salomon, de Thomery. Placée sur une estrade, en amphithéâtre, disposée avec cette grâce que l’on lui connaît, son exposition semblait un couronnement nécessaire de l’ensemble. — Le Chasselas doré, le Fran-kental, le Black-Alicante, etc., plus de soixante variétés se disputaient mutuellement l’or du soleil avec le velouté le plus pur. Le Jury a décerné à ce viticulteur émérite, pour le 8e Concours, la première récompense, médaille d’Or : n’aurait-il pas pu monter d’un degré?...
- Pour le 9e Concours. — Une méd. Vermeil a été décernée au Chasselas présenté par M. Crapotte et une méd. Argent à M. Cousin.
- M. Jamin, de Bourg-la-Reine, présentait aussi de beaux spécimens de raisins : Black-Alicante, Gros-Colmar, etc. (membre du Jury, il était hors concours), d'autre part, nous avons remarqué sa belle collection de poires et pommes parmi lesquelles il faut citer: Poires: des Passe-Crassane extra, Notaire Lepin, René Sterckmans) très colorées, Belle-des-Abrès, etc. Pommes : de très belles Calville, Olivier de Serre, Yellow-Belle-Fleur etc.; tous ces fruits méritant des félicitations à tous égards.
- Mais pour ne rien omettre, nous prendrons par concours.
- 1er Concours. — La plus belle collection de
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- 1288. — QUATRIÈME ANNEE.— N° 206.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- DIMANCHE 9 DÉCEMBRE 1888.
- fruits de la saison : G. méd. Vermeil, M. H. Bruneau, pour ses raisins : Grosse Perle blanche, Rumonia Transylvanica ; Poires : Doyenné blanc, Beurré Clair g eau ; Pommes : Calville Saint-Sauveur, Rambourg d’été, etc.
- 2e Concours. — La plus belle collection ne dépassant pas cent variétés des meilleures poires : G. méd. Argent, M. Krasensky, splendides spécimens de Triomphe de Jodoigne, Duchesse d’Angoulême, etc.
- 3e Concours. — Cinquante variétés des meilleures poires : méd. Vermeil, M. Jamet ; G. méd. Argent, M. Têtard pour grosse Charles-Ernest, et Duchesse panachée ; méd. Argent, M. Bourgeois, Soldat Laboureur et Duchesse de Mouchy ; méd. Argent, M. Chomet, M. Isabeth.
- 4e Concours. — Vingt variétés des meilleures poires : G. méd. Argent, M. Mauvoisin; méd. Argent, M. Chevalier, très belle collection : M. Gauthier, M. Laplace, M. Le#ort; méd. Bronze, M. Battu, M. Duchemin, M. Collas, ce dernier présentant de remarquables Beurré Diel et Doyenné du Comice.
- 5e Concours. — Cinquante variétés des meilleures pommes : G. méd. Argent, M. Krasiensky.
- 6e Concours. — Vingt-cinq variétés des meilleures pommes : G. méd. Argent, M. LEFORT,méd. Argent, M. Battut, M. Isabeth; méd. Bronze, M. Berthomié.
- 7e Concours. — Dix variétés des meilleures pommes : G. méd. Argent, M. Chevalier, très belles Calville, M. Bourgeois; méd. Bronze, M. Duchemin, M. Crapotte.
- La plus belle Corbeille de Fruits, dans chaque genre: Médaille d’Or, M. Jamet, poires et pommes , Reinette du Canada d’une rare beauté, M. Victor Lepère, de très belles pommes ; G. méd. Vermeil, M. Berthault, splendide corbeille de Calville blanc que l'on pourrait surnommer merveilleuse dorée; méd. Vermeil, MM. Collas, Lepêre Alexis, Bourgeois, Mauvoisin, Duchemin, Arthus ; méd. Argent, MM. Krasensky, Berthomié; méd. Bronze, MM. Jourdain, Bruneau.
- Fruits à Cidre. — M. Ch. Baltet, méd. Vermeil, nombreuse collection de pommes à cidre soigneusement étiquetées; M. Pol-Fondeur, méd. Vermeil ; M. Maurice, méd. Argent.
- Enfin, Concours imprévu. — G. méd. Vermeil, attribuée à M. Crémont aîné pour ses superbes ananas qui semblaient placés sur les marches d’un trône comme de grands seigneurs saluant une majesté représentée par les Chasselas de Thomery.
- A, Ramé.
- POMOLOGIE. — Palais de l’Industrie
- Fruits de Normandie. — Méd. Or, M. Racaille ; méd. Argent, M. Digeon;/ méd. Bronze, M. le Baron de Fontenay.
- Fruits de Bretagne. — Méd. Or, le Syndicat Agricole et Horticole de La Guerche de Bretagne; méd. Vermeil, M. Bulourde, M. Gougeon de la Thébaudiêre ; méd, Argent, M. Tànquerey.
- Fruits de là Mayenne.—Méd. Argent, M. Lenor-mand. ,
- Autres Provenances. — Diplôme d'Honneur, M. Pol-Fondeur, pour 208 variétés de fruits de pressoir et 12 lots de semis.
- Section Etrangère. — Méd. Or, M. Weitch, Royal nusery, Exeter; méd. Vermeil, M. John Watkim, Hereford; méd. Argent, M. Jones Led-bury, Hereford; méd. Bronze, M, Ham, Exeter.
- . Semis. — Méd. Vermeil, M, Pol-Fondeur; méd. Argent, Syndicat de la Guerche ; méd. Bronze, M. Lacaille.
- Pommier porte-greffes . — Méd. Vermeil, M. Hinault, pépiniériste à Saint-Brieuc.
- Hors Concours, membre du Jury, le Frère Abel, directeur du Pensionnat de la Guerche.
- POMOLOGIE. — Quai d’Orsay
- Ce Concours était divisé en quatre sections.
- Re Section. — Fruits exposés par des Instituteurs.
- 2e Section. — Fruits de Normandie, exposés par des Agriculteurs.
- 3e Section. — Fruits de Bretagne, exposés par des Agriculteurs.
- 4e Section. — Fruits exposés par des Pépiniéristes.
- Médaille d’Or, M. Renard,Instituteur, à Saint-Martin-d’Aspre (Orne), a présenté un album de 50 variétés peintes à l’aquarelle, fleur, fruit entier, coupe verticale, coupe horizontale, avec indications de la densité, époque de maturité, rendement, etc. ; G. méd. Argent, M. Latour, à Surville (Calvados) , M. Carlo , pépiniériste à Lamballe (Côtes-du-Nord); Le Comice Agricole de Quintin (Côtes-du-Nord); méd. Argent, M. de La Lande de Calau, à Saint-Flern (Côtes-du-Nord) M. Cassé, à Saint-Aubin-du-Scellon (Eure); méd. Bronze, M. Le Breton, à la Ménardain-Taden (Côtes-du-Nord), M. Pillu , à Boucé (Orne), M. Ragot, à Loudéac (Côtes-du-Nord), M. Roché, à La Ferté-Macé (Orne), M. Vincent, à Vitry (Seine), palmette Beurré Diel, M. Bacqua, à La Haye-Fouanière (Loire-Inférieure), fruits à couteau, M. Cavalié, à Castres (Tarn), fruits à couteau.
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- LA QUESTION DES TRAMWAYS
- DEVANT LE CONSEIL GÉNÉRAL DE LA SEINE Suite (1)
- § 3. — Les Négociations. — Les Traités.
- Apsès une période de près de deux années d’exploitation des Réseaux Nord et Sud par la Compagnie des Omnibus, qui comptait bien les garder à titre définitif, il a été fait, en 1886, entre l’Administration départementale et les Syndics des traités en vertu desquels, moyennant paiement aux Syndics d'une somme fixée à forfait à 15 millions, tout l’actif et le droit aux concessions des Réseaux devaient revenir au Département.
- Ces traités devaient, à peine de nullité, être exécutés le ierjuin 1887 ; le mode d’exploitation des réseaux ayant été réservé.
- Mais les lenteurs administratives et le mauvais vouloir envers Paris du Conseil d'Etat et des pouvoirs publics empêchèrent le Département de contracter, avant la date fixée pour exécuter le traité, l'emprunt des 22 millions nécessaires pour l’achat, la remise en état et l’extension à donner à ces Réseaux. Lé traité fut donc périmé.
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- M. Beaugé, syndic du Réseau Nord, délié de ses engagements, traita alors de l'affermage pour seize années de ce réseau à une Société nouvelle. Il fit mettre en adjudication publique les immeubles de ce Réseau qui ont été acquis par la même Société, laquelle aurait versé, nous affirme-t-on, au Syndic environ la même somme de 7,400,000 fr. que devait payer le Département.
- M. Sauvalle de son côté traita à des conditions analogues, mais moins avantageuses, de la cession du droit d’exploiter le Réseau Sud à une autre Société dont le capital a été émis en Angleterre avec de grosses majorations et qui aurait paraît-il versé entre ses mains une somme presque égale à celle offerte par le Département.
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- Dès qu’elle a eu connaissance de ces traités la Compagnie des Omnibus a formé opposition judiciaire aux mains des cessionnaires contre leur droit d’exploiter qu’elle persiste à regarder comme sien.
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- Il s’est formé d’autre part, au sein du Conseil général un groupe important qui a également contesté le droit pour les Syndics de traiter et qui a décidé de mettre l'Administration en demeure de poursuivre la déchéance des concessions des Réseaux Nord et Sud en se basant sur ce que, les opérations des faillites ne peuvent s’éterniser et qu’une fois les faillites closes la déchéance des concessions serait de droit.
- (1) Voir le Moniteur du .28 octobre.
- M. Boué, rapporteur de la Commission mixte des Tramways a même en mai dernier conclu dans un rapport à la poursuite de cette déchéance.
- Néanmoins on nous a affirmé qu'aux dernières séances de la Commission mixte il s’est formé une majorité très importante contre la déchéance et en faveur de l'idée de traiter, aux meilleures conditions possibles avec les Syndics, représentant les nouveaux exploitants.
- Examinons donc les deux solutions en présence et leurs résultats au point de vue de la population parisienne et suburbaine.
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- § 4. — La déchéance des Concessions.
- Ses désastreux effets.
- En supposant, ce qui est, de l’avis des légistes, absolument improbable, qu’après un fort long procès et en dépit du fait indéniable que les exploitants actuels exécutent les articles 37, 38 et 39 des Cahiers des charges, qui seuls peuvent motiver la déchéance, le Département l’obtienne.
- Voici quelles en seraient les conséquences directes :
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- La Compagnie des omnibus armée de son traité de concession du 22 juillet 1872 reprendrait immédiatement possession des deux meilleures lignes du Réseau Sud, celles de Montparnasse à l’Etoile et à la Bastille qui forment le nœud de ce Réseau et produisent près du tiers de ses recettes et la moitié de son produit net, ce qui rendrait ce Réseau presqu'inexploitable.
- De plus, les concessions des lignes suburbaines ayant été faites, par le même traité, d’abord à la Compagnie des Omnibus le 22 juillet 1872, puis partie à la Compagnie des Tramways-Nord, le 9 octobre 1872 et partie à celle des Tramways-Sud, le 10 mars 1874 ; la monopoleuse né manquera pas d’arguer de la déchéance pour tâcher de s’emparer des parties intérieures des lignes des deux Réseaux et les obtiendra peut-être.
- Trouvera-t-on alors des concessionnaires pour- exploiter des lignes s’arrêtant aux fortifications ?
- Le Conseil général essaiera-t-il de faire exploiter ces tronçons de lignes en régie ?
- Ecartons même cette hypothèse pourtant fort probable.
- Ne faut-il pas prévoir alors que la Compagnie des omnibus s'emparerait du § 2 de l’article 18 des cahiers des charges pour intercaler, avec l’autorisation du Préfet de la Seine, de ses voitures-tramways sur toutes les parties intérieures des Réseaux-Nord et Sud et pour organiser ainsi sur leurs propres voies, une concurrence ruineuse contre leurs exploitants ?
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- La déchéance entraînerait donc le Département dans une voie pleine de chausses-trappes et de déceptions.
- Ses partisans ne veulent-ils pas recommencer à nos dépens une campagne aussi désastreuse que celle follement entreprise en 1883 contre la Compagnie du Gaz et nous faire payer les frais d’un procès perdu d’avance sans obtenir aucun avantage ?
- Croient-ils pouvoir berner encore une fois la population de la Seine avec des phrases ronflantes et nous payer du mot creux et mensonger de déchéance pour enterrer jusqu’en 1910 l’amélioration et l’augmentation de nos organes de transport à bon marché ?
- La monopoleuse Compagnie des Omnibus compterait-elle au Conseil général plus d’amis qu’on ne le pense ?
- Nous voulons bien espérer le contraire : Mais en ce temps de trouble moral dénoncé récemment encore par l’austère M. Numa Gilly nous avons cru devoir abattre les
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- QUATRIÈME ANNÉE. — N° 20Ô. LE
- masques et dire carrément aux Conseillers qui voteraient consciemment ou inconsciemment pour la déchéance, qu’en faisant cela ils feraient les affaires du monopole.
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- * *•
- Les améliorations empêchées par l’Administration.
- Nous apprenons que l’Administration, de son côté, semble vouloir empêcher d’améliorer nos Réseaux de Tramways et de réaliser les constructions de nouvelles lignes, dédoublements et prolongements que M. Oustry, alors Préfet de la Seine réclamait en Juin 1883.
- Au moment où la Commission mixte se préparait à nommer un nouveau rapporteur chargé de soumettre au Conseil les propositions du Syndic du Réseau-Nord, que M. Alexandre Lefèvre, Président de la Commission déclarait le 20 juin dernier être très sérieuses, M. le Préfet de la Seine et M. le Directeur des Travaux sont venus demander de surseoir à cette nomination attendu qu'ils devaient soumettre le lendemain à la Commission des propositions fort avantageuses de la part de la Compagnie des Omnibus.
- Le lendemain et les jours suivants sont passés et les fameuses propositions de la Monopoleuses ne viennent toujours pas.
- Il y a là de la part de l’Administration une grave responsabilité, car cet ajournement équivaut à l’enterrement des propositions dont parlait M. Lefèvre et à l’impossibilité de rien faire en fait de lignes nouvelles indépendantes du Monopole avant l’ouverture de l’Exposition.
- On connaît assez les manoeuvres de la Compagnie Générale pour ne pouvoir plus être dupes de pareille comédie et la Commission et le Conseil ont le devoir envers les populations de la Seine de passer outre et de décider l’exécution immédiate des lignes promises le 18 Juin 1883 par M. Oustry et qu’on peut construire de suite car les enquêtes sont closes depuis plus de deux ans.
- L’ART ANCIEN
- A L’EXPOSITION DE BRUXELLES
- Suite et fin (1)
- Trois belles collections de montres : la première provenant du legs fait au Musée de la porte deHai par le marquis A. de Rodes qui adonné là un bon exemple qu’on a peu d’espoir de voir suivre, les libéralités de ce genre si fréquentes en Angleterre et en France n’étant généralement pas dans nos mœurs ; la deuxième étant à M. Paul Garnier, de Paris, composée de montres, la plupart du xvi® siècle, charmantes de formes et riches d’ornements gravés, richesse artistique qui l’emporte sur celle de la matière; la troisième à M. Jules Fressart, de Liège, qui s’est fait une spécialité de montres Louis XIV, Louis XV et Louis XVI. Ces trois collections prouvent que si l’horlogerie a fait des progrès, ce n’est pas sous le rapport du goût. Parmi les horftages, il en a quatre fort curieuses du xvie siècle à M. Paul Garnier, du xvme siècle à M. Vormeersch ; une horloge en cuivre doré, ciselé et gravé, présent d’Albert et d’Isabelle au chef de l’imprimerie palatinienne ; une pendule en bronze doré d’une richesse massive (fin du xvme siècle) appartenant au prince de Ligne, portant cette inscription : L’amour fait triompher la beauté, qu’on pourrait retourner en disant avec plus de raison : La beauté fait triompher l’amour.
- Le verre ne pouvait pas être oublié ; sa place est marquée dans le domaine de la curiosité et il est d’an intérêt spécial pour la Belgique oùl’on fit jadis, à Liège et à Anvers notamment, de très beau verres à la façon de Venise. Les vitrines de l’Exposition renferment, outre des spécimens isolés, deux riches collections de ce genre, l’une à M. Baar, de Liège, l’autre à M. Deprez, directeur du Val-Saint-Lambert.
- Que la section desfaïences’soit richementpour-vue, cela est inutile à dire : on sait avec quelle ardeur les amateurs s’appliquent aujourd’hui à la recherche de toutes les curiosités céramiques. C’est ici que la profusion des objets exposés rend surtout les citations impossibles. Les
- (1) Voir le Moniteur des 16 septembre, 7 et 21 octobre et 4 novembre.
- MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889. DIMANCHE 9 DÉCEMBRE 1888. — 1289.
- faïences belges passent naturellement les premières ; il y en a de toutes les marques conues et même inconnues ; le vieux Bruxelles abonde. C’est une excellente occasion pour les collectionneurs débutants d’établir 1 origine et l’histoire de la céramique nationale. Viennent ensuite les faïences étrangères dont il y a plusieurs groupes importants, par exemple celui des faïences italiennes de M. Somzé renfermant des pièces de tout premier ordre, et celui des faïences de Delft à M. Evenepoel.
- Après les faïences, les porcelaines, dont le nombre ne permet encore que des citations restreintes. Les groupes principaux sont, cela va de soi, ceux de Sèvres et de Saxe. Pour le premier il y a une série de belles et curieuses pièces exposées par M. Stettiner, de Paris. On y voit une assiette au chiffre de la Dubarry, payée au de]à de 3,000 francs dans une vente récente, et une assiette au décor dit de Buffon, dont le service, détaillé à la vente Double, à Paris, n’a pas produit moins de 200,000 francs. Encore d’autres beaux spécimens de Sèvres, parmi lesquels une jardinière et deux seaux à fleurs à M. Léon Lambert. Pour les porcelaines de Saxe, qui viennent après celles de Sèvres, la collection la plus importante est celle de M. Eug. Parmentier,
- Les grès ont leur importance, une importance supérieure même à la valeur réelle, car les beaux exemplaires d’espèces rares se vendent aujourd’hui à des prix qu’on peut qualifier d’insensés quand on songe que pour la même somme, pour une somme moindre, on aurait un tableau de maître, d’un grand maître, dont tout le monde conviendra que le mérite artistique est autrement grand. Cette remarque ne doit pas nous empêcher de constater que l’Exposition est riche en grès de Raeren et de Freschen et que les deux collections capitales en.ce genre sont celles de MM. Vermeersch et Heim, tous deux Bruxellois.
- Viennent les tissus, à commencer par les tapisseries qui garnissent les murs du local de l’Exposition dans tout leur développement et leur font une riche décoration. Les Belges tiennent la tête, par droit d’ancienneté et d’intérêt archéologique : puis viennent lestapisseri.es françaises dont on a obtenu le prêt gracieux de l’administration du Mobilier national français. Parmi les tapisseries flamandes, il faut mentionner tout particulièrement un Baptême du Christ de toute beauté, et un Christ mis au tombeau, envoyés de Paris par M. le baron Erlanger. Le catalogue aurait pu dire que cette dernière tapisserie est la reproduction du tableau de Van Orley du musée de Bruxelles. A remarquer encore : un saint Luc peignant le portrait de la Vierge, petite tapisserie .du commencement du xvie siècle où apparaît, dans le lointain, la flèche de l’hôtel de ville de Bruxelles,.et une autre petite tapisserie: Y Adoration des Mages, d’une très belle qualité, à M. Somzé.
- Quelques spécimens seulement représentent les dentelles qu'on supposerait devoir, former une section importante dans une exposition, organisée à Bruxelles. On n’a pas oublié la riche collection d’objets de ce genre, qu’exposa en 1880 Mme Montefiore ; elle n’a pas reparu cette fois et son absence est remarquée.
- Belle série de vêtements sacerdotaux dont quelques-uns sont des œuvres d’art par ^ les broderies exécutées d’après les dessins qu’ont fournis d’excellents artistes, et qui offrent tout l’intérêt de belles peintures. Les plus riches ne sont cependant pas les plus belles de forme ; sous ce rapport on préférera, malgré leur extrême simplicité, la chasuble de saint Thomas de Cantorbery, que possède la cathédrale de Tournai, et celle de saint Bernard, qui est à l’église de Saint-Donat, à Bruges.
- Dans la section des costumes civils, les vêtements relativement modernes des époques de Louis XIV, de Louis XV et de Louis XVI, qui sont assez nombreux, n’intéressent que très .secondairement. Ce qui mérite de fixer l’attention, c’est la collection de vêtements anciens, véritablement anciens, du ive au vne siècle, provenant de fouilles faites à Aknim, localité de la Haute-Egypte, lesquelles ont jeté une vive lumière, par les nombreux, objets qu’elles ont mis au jour, sur la civilisation des Coptes aux premiers temps de l’ère chrétienne. Ces vénérables débris fournissent aux archéologues le plus intéressant sujet d’étude.
- Muette, la vitrine des instruments de musique nous laisse assez indifférent. Si elle pouvait s’animer, vibrer, retentir, ce serait autre chose. La basse de viole de Duiffoprugear dont le dos offre la représentation d’un plan de Paris au xvi® siècle, surmonté d’une image de saint Luc, est curieuse avoir; mais la plupart des autres instruments ne donnent que le regret de ne pas les entendre.
- La collection d’objets des gildes et corporations, qui forme une classe à part, est des plus intéressantes, il n’y a pas moins de quarante-sept de ces colliers de gildes dont quelques-uns sont des chefs-d’œuvre d’orfèvrerie et qu; f ous
- sont curieux. Ajoutez à cela les drapeaux, les bannières et les insignes de grades divers qui servaient aux corps de métiers dans leurs cérémonies.
- Indépendamment des séries d'objets similaires qui remplissent par groupes la grande galerie de l’Exposition, on a réuni dans six compartiments formant des chambres ou salons, des ensembles d’objets appartenant à une même époque, de manière à donner une idée de l’aspect que présentait l’intérieur des habitations de nos pères à différentes époques. Il y a une cuisine du moyen âge, laquelle est suivie de chambres consacrées au xve siècle, au xvT, au xvne au xviii6, plus un salon liégeois du siècle passé, avec des meubles caractéristiques de la localité et de l’époque. Dans chacun de ces salons on a rassemblé, en les disposant comme on suppose qu’ils devaient l’être, les meubles et les objets de décoration en usage à l’époque que ce compartiment est destiné à représenter. C’est assurément une heureuse idée. En voyant groupés dans une chambre tous objets du même temps ayant répondu aux idées, aux besoins de la même civilisation, on se représente mieux ce temps et cette civilillation que lorsqu’il faut se former, en imagination, un ensemble des objets qu’on a vus séparément. Le tableau est tout fait celui des habitudes, des mœurs, de la physionomie d’un peuple à un moment donné; l’esprit n’a point à le faire au moyen d’éléments épars. Nous ne critiquerons, dans l’arrangement si bien conçu d’ailleurs de ces chambres historiques, que la présence des vitrines qu’on y a placées et qui rappellent qu’on est dans une exposition, là où tout devrait tendre à le faire oublier.
- Il serait injuste de terminer cet aperçu de l’Exposition rétrospective sans rendre hommage au savoir et au dévouement de ceux qui l’ont organisée ; à M. le chan ine Reusens, si compétent dans tout ce qui touche à l’archéologie religieuse ; à M. Vermeersch, qui connaît à fond tout le vaste domaine de la curiosité et qui, collectionneur lui-même, en relation avec les amateurs les plus distingués des pays étrangers, a obtenu de ceux-ci la communication d’un grand nombre d’objets du plus haut intérêt.
- XX.
- STATISTIQUE MEDICALE
- AFFECTIONS HERNIAIRES
- Parmi toutes les chances d’accidents auxquels est sujette notre frêle humanité, l’un des plus communs, et des plus terribles à la fois, est, sans contredit, la maladie connue sous le nom de hernie. Aussi tous les travaux concourant à en faire connaître les causes, tous les efforts faits dans le but de nous en préserver ou d’en guérir ceux qui en sont atteints, méritent-ils de retenir l’attention.
- C’est ainsi que nous croyons utile de signaler une statistique dressée par l’un de nos plus habiles herniaires, M. Auguste Creusot (1). Cet honorable spécialiste a fait un relevé de tous les cas qui lui ont été soumis du Ier avril 1865 au ier avril 1886, soit 21 années, période pendant laquelle il a observé le chiffre considérable de 74,701 cas; et de l’examen spécial fait minutieusement de chacun d’eux, M. A. Creusot a pu dresser l’intéressant et instructif tableau que voici :
- HOMMES FEMMES
- Hernies inguinales simples. 41.382 1.245
- — — doubles. 14.229 943
- — crurales simples, 715 2.334
- — — doubles. 349 1.360
- — ombilicales....... 2.842 4,215
- Eventrations très dévelop... 126 715
- Hernies de toute sorte compliquées d’adhérences, d’engouement ou d’étranglements simples................ 2.345 1.253
- Hernies doubles.............. 560 88
- 62.548 12.153
- ^74.7 uT**^
- Le tableau ci-dessus indique clairement les proportions dans lesquelles on rencontre les différentes espèces de hernies chez les deux sexes. On voit que la hernie inguinale, par
- (1) 41, rue Lafayette, à Paris.
- p.1289 - vue 433/471
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- 1290.
- QUATRIÈME ANNÉE.
- N° 206.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- DIMANCHE 9 DÉCEMBRE 1888.
- exemple, très fréquente chez l’homme, ne se remarque que rarement chez la femme : par contre, la hernie crurale est pour ainsi dire propre à la femme ; c’est pour cette raison que nos ancêtres lui ont donné le surnom de hernie de femme.
- La grande disproportion entre les chiffres des hernies chez l’homme et les chiffres des hernies de même nature chez la femme est due -aux dispositions anatomiques du bassin essentiellement différentes chez les deux sexes. On voit aussi que les hernies ombilicales et les éventrations sont très fréquentes chez les femmes-mères ; elles sont dues aux grossesses réitérées, pénibles, et aux efforts durant la parturition. Insignifiantes au début comme toutes les hernies, elles peuvent donner lieu, ainsi que les inguinales et les crurales, aux plus graves accidents si on les né-glige.
- Quant à la différence considérable constatée par M. Creusot entre les nombres totaux de cas observés chez l’homme et chez la femme, 62,548 contre 12,153, Nie semble indiquer que l’homme,par la nature de ses occupations, est plus sujet à contracter l’affection herniaire que sa compagne qui est soumise, en général, à des travaux moins pénibles. C'est ce qui explique, sans doute, l’usage de la large ceinture que portent les travailleurs de. certains corps de métiers.
- Ainsi qu’on en peut juger par les chiffres ci-dessus, et comme nous le disions au début de cet article, la hernie est une affection, beaucoup plus commune qu’on pourrait le croire ; mais le choix d’un spécialiste capable n’est pas toujours chose facile et, pour notre compte, nous nous garderons bien de nous prononcer. C’est surtout en matière aussi délicate que le proverbe est vrai : Dans le doute, abstiens-toi.
- Cependant, le travail d’observation auquel s’est livré M. Auguste Creusot nous a paru cligné de remarque ; c’est pourquoi nous avons cru devoir le signaler. Nous savons d’ailleurs, que M. Creusot joint à un esprit d’observation très marqué, des connaissances spéciales qui lui ont assuré le succès dans un grand nombre de cas herniaires qu’il a traités. Par l’application, notamment, de son « bandage maîtri-seur », il a pu arrêter presque toujours la contention des hernies réductibles, et dans la plupart des cas, même des plus difficiles, il a obtenu, grâce à des appareils appropriés, une prompte et radicale guérison.
- Nous ne nous étendrons pas davantage aujourd’hui sur ce sujet duquel, cependant, il y a beaucoup à dire. Constatons seulement, en terminant, que chaque année des milliers de personnes atteintes de hernies périssent faute de soins ou par suite d’emploi de bandages imparfaits, mal conditionnés. On comprendra donc l’intérêt qu’ont ces malades à s’adressera des spécialistes compétents et d’une expérience consommée.
- D. G.
- LES OBLIGATIONS DE PANAMA
- Le Canal de Panama compte un grand nombre d’adversaires qui ne visent à rien moins qu’à entraver toujours la terminaison de cette œuvre grandiose, française par sa conception et par les capitaux qui y sont engagés. Mais il a aussi des partisans et des amis et doit trouver des défenseurs. Ceux-ci sont tout désignés, ce sont les souscripteurs mêmes, les actionnaires, les obligataires qui doivent défendre leur bien, leur chose, l’œuvre à laquelle ils se sont intéressés dès la première heure et dont ils sont les collaborateurs effectifs. Personne plus qu’eux n’a intérêt à voir se terminer le Canal de Panama et l’on peut dire sans aphorisme que le sort de cette affaire est entre leurs mains, autant et plus peut-être qu'au premier jour.
- Il leur appartient d’achever leur œuvre et de voir se réaliser leurs espérances, ils sont 400,000 environ, que chaque actionnaire, que chaque obligataire souscrive à une ou deux obligations mises en émission le 12 courant et voilà le capital réuni qui permettra la continuation des
- travaux. Que leur en coûtera-t-il de faire ce dernier effort ? Rien, puisque si les 400,000 titres offerts au public ne sont pas souscrits, l’émission sera annulée. Quel sacrifice d’argent leur impose cette dernière tentative? Presque nul, puisqu’il suffit de verser 30 francs par obligations, et si la souscription est complète, les capitaux antérieurement engagés dans l’affaire leprennent leur valeur primitive, en même temps que se clôt l’ère des incertitudes sur le sort du canal.
- Mais d’autres encore que les actionnaires et obligataires peuvent, en souscrivant actuellement, faire une excellente affaire, et tel qui, jusqu’à ce jour, a hésité, viendra maintenant souscrire s'il songe que moyenant un versement de 30 francs par obligation, il participera au tirage du 15 décembre. Enfin, s’il considère cette souscription nouvelle même en dehors de toute idée de placement, comme un simple billet de loterie, le souscripteur fera encore une spéculation acceptable. L’importance des lots mis en: regard du déboursé, est tout à fait concluante.
- Encore que les diverses combinaisons dont a parlé M de Lesseps doivent plus ou moins réussir, les obligations offertes au public ont des conditions spéciales. Nul n’a oublié qu’une société civile s’est constituée en dehors de toute ingérence du canal de Panama qui, par l’accumulation des intérêts d’un prélèvement effectué sur la souscription même (60 francs par obligation) reconstitue le capital et assure ainsi le titre contre les éventualités de l’avenir. Cette société civile place ses capitaux e;; rentes françaises, c’est-à-dire en la meilleurvaleur que l’on puisse trouver. Le remboursement de ces titres se trouve donc, assuré.
- LES LIVRES
- I
- ülanncl historique et bibliographique de l'ama-teur de reliures, par Léon GrudiïL. Un vol. in-4°, i mprimé par R. Engelmann, Paris (1).
- S’il est un livre qui puisse être surnommé la perle des livres, c’est à coup sûr le splendide vo lume dû à la plume d’un spécialiste comme on en rencontre rarement et que l’on peut, suivant une expression consacrée, qualifier « travail d’un érudit, œuvre d’un bénédictin».
- M. Léon Gruel a, depuis de longues années, consacré une partie de sa vie à des recherches minutieuses sur l’Art de la Reliure depuis les temps les plus reculés jusqu’au xixe siècle.
- Les bibliophiles consulteraient en vain tous les ouvrages sur la Reliure, aucun, jusqu’à ce jour, n'embrasse une plus longue carrière. Ecrit de main de maître, avec une connaissance approfondie du métier, ce volume est enrichi de 66 planches- de reliures inédites, dont 58 sont reproduites par l’héliogi~avure et 8 par la chromolithographie ; le texte est, en outre, accompagné de nombreux fac-simüe sur bois et en taille-douce.
- La collection des reliures moyen-âge, des plus intéressantes, est une époque de notre art digne de remarque et qui, jusqu’ici, n’avait été traitée par aucun bibliographe.
- Ce Manuel du monde des bibliophiles comble une lacune, car il embrasse tout ce qui, au point de vue archéologique, historique et bibliographique, intéi-esse l’art de la Reliure.
- Précédé d’une Étude sur Vorigine du format des livres, il comprend une Introduction générale, destinée à familiariser les amateurs avec la connaissance des différents styles, ainsi qu'un Manuel alphabétique, dans lequel se trouvent mentionnés les noms des relieurs célèbres qui ont exercé depuis le commencement du xive siècle jusqu’à la Révolution française, les principauxarrêts, statuts et règlements qui ont régi la corporation des relieurs-doreurs, etc., etc., le tout d'après des documents originaux et authentiques. Ce Manuel est terminé par une Bibliographie des ouvrages relatifs à la reliure des livres.
- Tout ce qui a été acquis dans le domaine de la reliure y est notarié par M. Léon Gruel avec un soin remarquable et une classification mé-
- (1) Gruel et Engelmann, éditeurs, 418, rue Saint-Honoré.
- thodique. L’histoire de la reliure, grâce à ces belles planches, devient lisible à l'œil et d'une interprétation agréable au lecteur, et nous pouvons affirmer que tout bibliophile voudra placer cet ouvrage dans sa bibliothèque, car il aura la certitude de ne pas faire double emploi avec d'autres dissertations bibliopégiques,
- A. Ramé.
- Avis a Messieurs les Editeurs. — Il sera rendu compte, sans aucun frais, de tous les ouvrages dont deux exemplaires auront été déposés dans nos bureaux, 11, cité de l’Alma.
- SPORT
- RÉSUMÉ DES COURSES PASSÉES
- La politique n’a pas nui à la réunion de dimanche à Àuteuil, à en juger par l’empressement du public. Pesage, tribunes et pelouse regorgeaient de spectateurs. Du reste, le programme, très alléchant, a tenu toutes ses promesses. Chutes, arrivées intéressantes, champs nombreux, tout, en un mot, a. concouru à augmenter l’intérêt de la réunion.
- Le prix de décembre, qui servait de lever de rideau, a été pour Extra, dont les deux uniques adversaires, North-Pole et Précieuse, avaient culbuté en route.
- Sept concurrents se sont présentés dans le prix de la Croix-de-Berny, la grande épreuve de la journée, tant pour l’importance de l’allocation — trente mille francs— que pour la sévérité et la longueur du parcours — 6,000 mètres.
- Rhodante seule est restée en route. Tous les autres ont franchi rivières, claies, murs et haies avec une sûreté et un ensemble qui ont provoqué l’admiration du public.
- Finalement, la victoire est restée à Montgeroult, battant de deux longueurs Trident, Rahastens troisième à une longueur et demie.
- Le résultat est des plus réguliers pour le premier et pour le troisième. Je fais des réserves pour Trident, qu’on ne s’attendait pas à trouver second entre deux vieux routiers comme Montgeroult et Rabastens, surtout après l’avoir vu si facilement battu par Le Torpilleur et par Doria, il y a quelques jours.
- Ou les jeunes chevaux sont de beaucoup supérieurs à leurs aînés (je le crois) ou Trident ne jouissait pas de la plénitude de ses moyens le jour de sa défaite, ou. son écurie l’avait fortement... ménagé dans l’espoir de lui voir enlever le prix de trente mille francs.
- Enfin, Trident a été battu et M. Adam a dû se contenter des 2,500 francs attribués au second.
- Après une lutte sévère, N... de Du Barry et Goliath ont fait dead-heat pour le prix Angers qu’ils ont partagé.
- Enfin, les deux dernières épreuves ont été pour Ritournelle et pour Minuit.
- La victoire de cette dernière, portant 74 kilos, est remarquable et doit vivement faire regretter à son propriétaire, M. Jorel, que le mauvais temps ait empêché la pouliche de traverser la Manche.
- Elle avait certainement une chance de tout premier ordre à Croydon..
- Les courses de lundi à Saint-Ouen et de mardi à Saint-Germain ont suivi leur fortune ordinaire, attirant beaucoup de joueurs, mais ne présentant qu’un intérêt secondaire au point de vue du vrai sport.
- COURSES A VENIR
- Dimanche 9 Lundi 10 Mardi II Mercredi 12 Jeudi 13 Vendredi 14 Samedi 13
- décembre : Auteuil.
- — Saint-Ouen.
- — Saint-Germain.
- — Colombes.
- — Auteuil.
- — Saint-Ouen.
- — Auteuil.
- PRONOSTICS
- AUTEUIL
- Dimanche 9 décembre i888
- Prix du Bosquet............. Candelaria.
- Prix Magne.................. Intransigeant.
- Prix Alger................... Chasselas.
- Prix des Poteaux............. Ribaude.
- Prix du Sport................ Grand Carlos.
- G. Robinson.
- Le propriétaire-gérant : II. Pendrié. Imprimerie d’Argenteuil, Ferdinand Le Nindre.
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- QUATRIÈME ANNÉE.
- N° 206.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- DIMANCHE 9 DÉCEMBRE 1888. — 1291.
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- LE MONITEUR DES COLONIES
- Et des Pays de Protectorat
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- Les actes officiels, les mouvements de personnel des administrations des Colonies et de la Marine ; — Divers articles spéciaux sur le commerce d’exportation et le commerce colonial; — Les nouvelles des Colonies et pays de protectorat ; — Une chronique commerciale;—Un courrier d’Outre-Mer et des informations complètes.
- Le Moniteur des Colonies et des pays de protectorat, qui contient 8 pages de texte et 8 pages d’annexes, publie, en outre, des renseignements Commerciaux et maritimes ; les départs des paquebots français pour toutes les destinations; les prix de passages et de fret pour les Colonies le tarif des Douanes coloniales, etc., etc.
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- Les départs de Londres sont fixés à 8 h. 20 et 11 h. du matin (lre et 2° classes), et à 8 h. du soir (he classe seulement) et les arrivées à Paris à 5 h. 40, 7 h. 25 du soir et 5 h. 50 du matin.
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- Le départ de Paris a lieu à 9 h. 40 du matin ihe et 2e classes), et l’arrivéo à Londres à 5 h.40 du soir.
- Le départ de Londres est fixé à 9 h. 40 du matin (ffe et 2e classes), et l’arrivée à Paris, à 5 h. 57 du soir.
- Les relations entre Paris et Bruxelles et retour sont assurées par quatre services d’express dans chaque sens :
- Les départs de Paris ont lieu à 7 h. 30 du matin, 3 h. 50, 6 h. 20 et 9 h. 45 du soir et les arrivées à Bruxelles à 1 h.40, 10 h.25, 11 h. 52 du soir et 5 h. 18 du matin.
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- REDACTION ET ADMINISTRATION : ii, cité de VzAlma (Avenue Bosquet— Avenue Rapp).
- QUATRIÈME ANNÉE.
- Dimanche 16 Décembre 1888.
- NUMÉRO 207.
- SOMMAIRE
- Nos Chemins de fer et l’Exposition. — Communications • officielles et diverses. — Installations diverses. — L’Exposition ouvrière de 1889. — L’Algérie à l’Exposition de 1889. —Les Colonies à l’Exposition de 1889. — Les Étrangers à l’Exposition de 1889. — Clôture de l’Exposition universelle de Barcelone. — La Compagnie générale des Omnibus. — Echos. — Sport.
- Gravure : La Rue des Nations en 1878.
- La nouvelle Administration du MONITEUR DE L’EXPOSITION (absolument indépendante de celle antérieure qui avait son siège rue Bergère, n° 18) a l’honneur d’informer ses abonnés que ses bureaux, situés Cité de l’Alma, n° il, sont à proximité du Champ de Mars, du quai d’Orsay et de l’esplanade des Invalides, c’est-à-dire au centre même de l’Exposition.
- Elle se met à leur disposition pour tous es renseignements dont ils pourraient avoir besoin concernant l’Exposition de 1889 : demandes d’emplacements, installations de vitrines, etc., etc.
- Pour ces renseignements et pour tout ce qui concerne la Rédaction ou l’Administration, s’adresser à M. H. PENDRIÉ, directeur et propriétaire-gérant du MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- NOS CHEMINS DE FER
- ET L’EXPOSITION
- Dans sa séance du 19 novembre dernier, la Chambre des Députés a entendu un discours aussi instructif qu’intéressant de M. Richard Waddington sur les améliorations à apporter au matériel roulant de nos grandes compagnies de chemins de fer et à leurs services de marche, en vue de la prochaine Exposition.
- L’honorable député a démontré, tout d’abord, que les insuffisances des recettes de nos grandes compagnies provenaient surtout de leur mauvais système d’exploitation en ce qui concerne les voyageurs. Elles font tout pour rechercher les voyageurs de ire et de 2* classes dont le nombre, malgré la réclame qu'elles font à cette fin, s’obstine à ne pas augmenter, et elles ne font rien pour attirer ceux de 3e classe qui représentent cependant le plus grand nombre.
- Or, l’exemple de l’Angleterre depuis quelques années établit d’une façon péremptoire que les compagnies de chemins de fer peuvent tirer un bénéfice considérable de l’augmentation du chiffre des voyageurs de 3e classe.
- Ainsi, en Angleterre, ce chiffre a presque triplé de 1870 à 1885. De 69 0/0, la proportion des voyageurs de 3e classe est passée à 87 0/0 (200 millions de voyageurs en 1870, 541 en 1885). De 44,5 0/0 en 1870, la proportion des recettes de même classe est montée à 69 0/0 en 1885 (155 millions en 1870, 380 en 1885); soit, un accroissement de 225 millions, environ 50 0/0.
- En France, dans le même temps, la proportion des recettes des voyageurs de 3 e classe de nos six grands réseaux n’a varié que de 50 à 53,2 0/0 de la masse totale (1), soit 60/0 d’augmentation seulement. En 1875, ces recettes s’élevaient à 125 millions pour 17,602 kilomètres exploités ; en 1885, elles n’avaient atteint que 165 millions pour une longueur de 27,315 kilomètres au lieu de 380 en Angleterre pour 21,902 kilomètres en exploitation la même année; soit une recette kilométrique de 6,043 francs pour les réseaux français et de 17^351 francs pour les chemins anglais.
- D’où vient donc semblable différence dans les résultats ? s'est demandé M. Waddington. Tout simplement parce qu’en Angleterre il y a des voitures de 3 e classe dans tous les trains express et rapides. Et ces trains ne sont pas seulement rapides à la façon des nôtres ; car, tandis que de Paris à Marseille, il n’y a pas de train (et ne contenant que des voitures de ir* classe') qui fasse 60 kilomètres à l’heure, et de Paris à Bordeaux 64 kilomètres (temps d’arrêt compris) ; en Angleterre, des trains renfermant des voitures de toutes classes marchent journellement à une vitesse commerciale (c’est-à-dire temps d’arrêt compris) de 70, 75. et même 80. kilomètres à l'heure (Londres à Edimbourg, 647 kilom. 4, en huit heures).
- La raison de cette différence ? C’est qu’en Angleterre les compagnies sont en concurrence les unes avec les autres, qu’il y a de toutes parts deux ou trois lignes ayant les mêmes aboutissants : de Londres à Liverpool ou à Manchester, trois ; de Londres à Édim-bourg, à Glascow, à Douvres, deux, ce qui les a excitées à accorder des facilités au public ; au lieu qu’en France, de Paris à Marseille, aussi bien que de Paris à Lille, au Havre, à Nancy ou à Toulouse, une seule compagnie est chargée de desservir ces importantes directions. Et ce qui prouve le bien fondé de cette thèse, c’est qu'en France les améliorations apportées à ses services par la compagnie d’Orléans (la seule qui ait fait des progrès réels dans ces dernières années), sont dues exclusivement à la concurrence que lui fait le réseau de l’Etat. De ce fait, il y a actuellement, sur le réseau d’Orléans, des trains composés de voitures de toutes classes qui marchent à la même vitesse que le rapide, connu de Paris à Bordeaux, qui n’a que des premières.
- Aussi, M. Richard Waddington recom-mande-t-il chaleureusement le mode de faire anglais et appelle-t-il vivement sur ce point l’attention du ministre des travaux publics et du directeur des chemins de fer.
- (1) En comprenant les recettes du réseau de l’Etat, la proportion des recettes voyageurs de 3e classe a été, en 1885, de 54 0/0; c’est le chiffre indiqué par M. Richard Waddington et porté à l'Officiel, Mais la proportion des recettes de 3e classe du réseau de l’Etat est considérable, 78 0/0 en 1885, et elle fait monter la moyenne générale de 0,8 0/0. En 1887, la proportion des recettes de 3e classe des. six grands réseaux a même été inférieure au chiffre, de 1885, 52,9 0/0 au lieu de 53,2. C’est le progrès à rebours.
- En 1878, a dit l’honorable député, un effort a été fait par nos compagnies, effort dont la conséquence a été une augmentation de quelques millions des voyageurs de 3e classe : 80 millions en 1875, 92 millions en 1878. Cette augmentation s’est continuée pendant les années suivantes, et en 1885, le nombre des voyageurs de 3e classe s’est élevé à 117 millions (pour les six grands réseaux, 125- en comprenant le réseau de l’Etat).
- Mais, dirons-nous, qu’est-ce qu’une augmentation semblable, si l’on tient compte surtout de l’accroissement considérable des lignes exploitées, en comparaison de celle qui s’est produite en Angleterre au lendemain de l'introduction des voitures de 3e classe dans les trains express ?
- C'est le ier avril 1872, que M. J. Allport, l’intelligent directeur du Midland, appliqua cette innovation sur son réseau. Aussitôt, par l’effet de la concurrence, toutes les principales compagnies du Royaume-Uni imitèrent son exemple, et dans l’espace de deux ans, les recettes voyageurs des chemins de fer de l’Angleterre et du pays de Galles (à ne considérer que ceux-là), augmentèrent de 100 millions; elles passèrent de 350 millions en 1870-71, avant la réforme, à 450 millions en 1874. Et, qu’on le remarque bien, cette augmentation a été produite, exclusivement, par le surcroît des voyageurs de 3e classe, dont le nombre qui était de 155 millions en 1870-71, s’est élevé à 265 en 1874. En recettes, cette augmentation a été de 29 0/0; 44,5 ojo, en 1870-71, contre 59 0/0 en 1870.
- Combien nous sommes loin des 6 0/0 d’augmentation de nos compagnies françaises !
- Et combien M. Waddington aurait-il pu être plus exigeant dans ses revendications?
- Car, enfin, pourquoi ce qui se fait en Angleterre ne se ferait-il pas en France? Notre pays est-il moins peuplé, moins riche? Le besoin, la nécessité de voyager existent-ils moins chez nous que chez nos voisins ?
- Au lendemain de l’innovation dont nous venons de parler, en 1875, le regretté M. de Franqueville qui a été si longtemps chargé de la direction des chemins de fer au ministère des travaux publics, frappé des avantages, des résultats merveilleux qu’elle avait produits au delà du détroit, se rendit lui-même en Angleterre pour faire une enquête sur l'introduction des troisièmes classes dans les trains express de ce pays. De cette enquête, M. de Franqueville publia un rapport très complet qui concluait à l’adoption, en France, du même système. Ce rapport, inséré à Y Officiel (n° du 18 décembre 1875) fut adressé à chacune des administrations des six grands réseaux qui furent invitées à se conformer à ses conclusions (1).
- Mais... quelle suite ont donné à cette invi-
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- . (1) Pour plus de détails sur cette intéressante, question; voir N os chemins'de, fer et leur réforme rcklicalé p. 78-95. — 'A. Ghio, éditeur, Paris. -
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- 1294- — QUATRIÈME ANNÉE. —N° 20J.
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- tation nos omnipentes compagnies ? Nous prenons la liberté de le demander à l'honorable M. Richard Waddington i
- Et croit-il qu'aujourd’hui, ces mêmes compagnies, dont les privilèges ont été renforcés depuis par les scélérates conventions Raynal, soient mieux disposées qu’alors à écouter la bonne parole ministérielle ?
- Nous en doutons fort pour notre compte.
- Aussi, désireux que nous sommes de voir affluer à la prochaine Exposition le plus de visiteurs possible, demanderons-nous, comme sanction aux promesses faites à la tribune de la Chambre par M. Gay, le sympathique directeur des chemins de fer, en réponse aux réclamations de M. Waddington, qu’une commission, spéciale extra parlementaire soit nommée à bref délai; commission chargée de commander toutes les mesures propres à faciliter les voyages rapides et à bon marché en vue de l’Exposition, et notamment :
- La création de trains rapides avec toutes classes, dans un rayon de 250 kilomètres autour de Paris, y arrivant vers 9 heures du matin et en repartant à 8 ou 9 heures le soir ; des billets spéciaux, à prix très réduits, étant délivrés pour l’usage de ces trains ;
- L’organisation de trains hebdomadaires ou bi-hebdomadaires, suivant l’époque et la distance, rapides également qui partiraient de tous les points extrêmes de chacun des réseaux, avec billets d’aller et retour comportant les mêmes réductions que les précédents, mais valables pour huit jours, quinze jours ou un mois, la réduction étant en raison inverse de la durée de validité ;
- Enfin, l’introduction de voitures de 3 e classe dans tous les trains express.
- Et qu’on ne vienne pas dire que les conventions de 1883 ayant fait l’État l’associé des compagnies, ce qui n’est vrai, d'ailleurs, qu’en apparence, le Trésor pourrait avoir à supporter une partie des charges qui incomberaient aux compagnies du fait des innovations que nous réclamons, l'achat de matériel neuf, par exemple, ou la plus grande vitesse de marche des trains.
- Les chiffres que nous avons publiés plus haut répondent surabondamment à cette objection, savoir :
- i° Que les facilités accordées au public par le plus bas prix des places et la plus grande vitesse du transport feront augmenter considérablement le nombre des voyageurs, à l’instar de ce qui s'est produit en Angleterre, et que l’augmentation des recettes qui en résultera peut être estimée, d'ores et déjà, à un chiffre minimum de 100 millions de francs ;
- 20 Que le matériel neuf nécessaire en vue de l'accroissement certain du nombre des voyageurs, ne coûtera pas cette somme ;
- 30 Que l’augmentation de dépense prove-venant de la plus grande vitesse des trains n'est pas exactement ce qu’a dit à la tribune l’honorable directeur des chemins de fer, car, matériellement, la dépense de force est la même pour transporter d’un point à un autre une masse déterminée et, de plus, il y a économie dans la déperdition de chaleur du moteur pour un moindre temps de parcours et économie également du personnel et du matériel nécessaires à la conduite et à la composition des trains ;
- 40 Que le matériel spécialement construit en vue de l’accroissement du nombre des voyageurs au cours de l’Exposition de 1889 ne sera pas superflu dans les années suivantes, attendu, ainsi que l’a fait ressortir M. Richard Waddington par l'exemple de 1878, que, certainement, cet accroissement du trafic voyageurs se maintiendra en 1890, 1891 et au delà, de même que celui produit par l’Exposition de 1878 s’est maintenu dans les années qui ont suivi ;
- Il n’y a donc pas de doute possible sur ce point. La construction de matériel neuf en vue de la prochaine Exposition s’impose et à bref délai.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889. DIMANCHE 16 DÉCEMBRE 1888.
- Reste maintenant à résoudre le point délicat du genre de matériel à adopter.
- Devra-t-on continuer à construire des voitures du type en usage jusqu’à ce jour en France/dit type européen? ou bien, rompant enfin avec une routine déjà légendaire, faudra-t-il adopter une fois pour toutes la voiture du type américain, le grand wagon à bogies (trucks articulés) ? qui est, celui-là, le véritable véhicule de chemin de fer, celui qui peut atteindre les plus grandes vitesses connues et présente, en même temps, le plus de stabilité et le plus de confort.
- Pour notre part, nous n’hésitons pas ; c’est la voiture américaine qui a toutes nos préférences. Une longue expérience du voyage nous a fixé à cet égard d'une façon irrévocable. Au surplus, ainsi qu’on va en juger, nous appuyons notre manière de voir sur une autorité devant laquelle peuvent s’incliner la plupart des ingénieurs de nos grandes compagnies. Voici, en effet, comment s’exprimait, il y a déjà deux ans, dans la Revue générale des chemins de Jer (n° du 5 novembre 1886), M. Bande-rali, ingénieur du matériel et de la traction à la Compagnie des chemins de fer du Nord :
- « Il n’est pas douteux pour moi, écrivait alors cet ingénieur compétent, qu’au point de vue dp confort général, le voyageur se trouve mieux dans un train américain complet, que dans un train européen..
- « L’expérience personnelle, que j'ai acquise dans un voyage récent à travers les Etats-Unis, n'a fait que me confirmer dans l’opinion favorable que j’ai déjà exprimée sur la valeur des voitures à trucks articulés ou bogies. »
- Et, à la suite d’explications qu’il serait trop long de reproduire ici, M. Banderali se résumait ainsi :
- « i° A l'heure où les Compagnies européennes atteignent la cinquantaine, et au moment ou l'on doit se préparer à l'Exposition de 1889, il me semble intéressant de se préoccuper d'étudier un matériel mieux approprier aux grandes communications entre les grands centres habités.
- « 20 Le système de voitures à trucks articulés et à grandes caisses me paraît se prêter à toutes les combinaisons permettant de concilier le minimum de perte de place, c’est-à-dire avec le moindre poids mort par place occupée et par conséquent avec la moindre dépense.
- « 40 II ne se présentera, dans la construction des voitures à bogies, aucune difficulté ; non plus que dans le remorquage des trains.
- « 50 Les objections tirées des facultés de manœuvre ou de composition des trains sont réelles, mais elle ne paraissent point insurmontables, puisqu'elles sont surmontées dans bien des cas déjà. La pratique se chargera, d'ailleurs, de les atténuer chaque jour davantage. »
- Nos lecteurs comprendront qu'après cette citation nous n’insistions pas davantage sur la supériorité du matériel américain. C’est tout ce que nous voulions démontrer. Aussi, dirons-nous en terminant avec M. Richard Waddington :
- « Il importe de profiter de l’Exposition qui provoquera une grande affluence d'étrangers à Paris, pour encourager, par tous les moyens possibles, les communications rapides avec les pays qui nous entourent. Vous aurez une masse de visiteurs d’Angleterre, de Belgique, d’Espagne, d’Italie, de Suisse et même d’Allemagne ; il faut que le voyage de ces visiteurs, quelle que soit leur position de fortune, soit facilité le plus possible. »
- Mais, peu confiant que nous sommes, et pour cause, dans le zèle progressiste des administrateurs de nos grandes compagnies, nous demandons, ainsi que nous l’avons exprimé plus haut, qu’une commission spéciale extra-
- parlementaire soit nommée à bref délai par le ministre compétent, aux fins de régler, et au plus tôt, l’organisation des nouveaux services en vue de l’Exposition de 1889.
- H. Pendrié.
- ET DIVERSES
- Congrès internationaux.
- Par arrêté en date du 4 décembre 1888, le ministre du commerce et de l'industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a nommé membres adjoints du comité d’organisation de l’exposition rétrospective du travail et des sciences anthropologiques:
- section il. — Arts libéraux.
- MM.
- Mannheim, expert.
- Chabat. architecte, préparateur du cours des constructions civiles au Conservatoire nationale des arts et métiers.
- section iv. — Moyens de transport. MM.
- Choisy, ingénieur en chef des ponts et chaussées, répétiteur à l’école polytecnique. Averous, directeur du Journal des transports.
- SECTION v. — Arts militaires.
- MM.
- Millot, collectionneur.
- Perrot, ancien contrôleur de la manufacture des Gobelins.
- Titeux, chef de bataillon du génie, professeur à l’école supérieure de guerre Givre, capitaine au 31e régiment d’artillerie. Alombert-Goget, capitaine au 121e d’infanterie. Chabbert, rédacteur au cabinet du ministre de la guerre.
- *
- * *
- Par arrêté en date du 4 décembre 1888, le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a nommé membres du comité d’organisation du congrès international dentaire :
- MM.
- Blocman, professeur suppléant à l’école dentaire de Paris.
- Brasseur, président delà société odontologique, directeur de l’école dentaire de France Chauvin, professeur suppléant à l’école de Paris.
- Crignier, ancien sous-directeur de l’école dentaire de France.
- Damain, sous-directeur de l'école dentaire de France.
- David (docteur), directeur de l'école dentaire de Paris.
- Dubois, professeur suppléant de l’école dentaire de Paris.
- Dubrac, ancien secrétaire général de la société odontologique.
- Ducourneau, membre de la société odontologique.
- Gaillard (docteur), vice-président de l’institut odontotechnique.
- Godon, secrétaire général de l'association générale des dentistes de France, sous-directeur de l’école dentaire de Paris.
- Kuhn, membre du conseil de l’école dentaire de Paris.
- Marchandé (docteur), secrétaire général de la société odontologique.
- Papot, chef de clinique à l’école dentaire de Paris.
- Poinsot, professeur à l’école dentaire de Paris
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- QUATRIÈME ANNÉE — N° 20J. LE . MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Pourchet, secrétaire de la société odontologique. Ronnet, professeur suppléant à l’école dentaire de Paris,
- Saussine, vice-président de la société odontotechnique.
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- * *
- Par arrêté en date du 5 décembre 1888, le ministre du commerce et de l'industrie, commissaire général de l'Exposition universelle de 1889, a nommé membre du comité d'organisation du congrès international monétaire:
- MM.
- André (Alfred), banquier, régent de la banque de France.
- Brelay (Ernest), ancien conseiller municipal. Cernuschi, publiciste.
- Christophle, député, gouverneur du Crédit foncier.
- Clamageran, sénateur.
- Clavery, directeur des affaires commerciales et co isulaires au ministère des affaires étrangères.
- Cochut, ancien directeur du Mont-de-Piété. Coste (Ad.), publiciste.
- Cousté, vice-président de la chambre de commerce de Paris.
- Delambre, publiciste.
- Faure (Fernand), député.
- Foville (de), chef de la statistique au ministère des finances.
- Fournier de Flaix, publiciste,
- Gay, ancien directeur du mouvement des fonds, directeur du Crédit industriel et commercial.
- Germain (Henri), ancien député, membre de l’Institut, président du conseil d’administration du Crédit lyonnais.
- Girod, ancien directeur du Comptoir d’escompte.
- Leroy-Beaulieu (H.), membre de l’Institut, professeur au Collège de France.
- Liron d’Airo.es (de), directeur du mouvement général des fonds.
- Magnin, sénateur, gouverneur de la Banque de France.
- Noël, trésorier de la Chambre de commerce de Paris.
- Ribot, député.
- Rothschild (Alphonse de), régent de la Banque, membre de l’Institut.
- Rouvier, député.
- Roy (Gustave), ancien président de la chambre de commerce de Paris.
- Ruau, directeur général de la Monnaie.
- Say (Léon), sénateur, membre de l’Institut.
- *
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- Par arrêté en date du 5 décembre 1888, le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a nommé membres du comité d’organisation du congrès international aéronautique:
- MM.
- Bertrand, capitaine du génie, attaché à la section technique du génie, à Paris.
- Cassé, vice-président de l’académie d’aérostation météorologique.
- Duté-Poitevin, aéronaute.
- Fonvielle (W. de), président de l'académie d'aérostation météorologique.
- Godard (Eug.), aréonaute.
- Hauvel, ingénieur des arts et manufactures, secrétaire général de la société française de navigation aérienne.
- Hervé, directeur de la Revue de Vaéronautique.
- Hureau de Villeneuve (Dr), vice-président de la société française de navigation aérienne. Janssen, membre de l’Institut, directeur de l’observatoire d’astronomie physique de Meudon. Julhes, aéronaute.
- Lachambre, aéronaute-constructeur.
- Laussedat (le colonel), directeur du Conservatoire des arts et métiers.
- Lhoste (Frédéric), aéronaute.
- Mangot (Louis), aéronaute.
- Marey, membre de l’Institut, professeur au Collège de France.
- Nadar (Paul), photographe.
- Napoli, chef du laboratoire des essais, au chemin de fer de l’Est.
- Renard, chef de bataillon du génie, directeur de l’établissement central d’aérostation militaire.
- Rigaut, député, président de la société française de navigation aérienne.
- Roosebecke (Van), président de la société des colombophiles.
- Teisserenc de Bort, secrétaire général de la société météorologique.
- Tissandier (Albert), architecte.
- Tissandier (G.), directeur de la Nature. Triboulet, vice-président de l'académie d'aérostation météorologique.
- Yon (Gabriel, aéronaute.
- *
- * *
- Par arrêté en date du 5 décembre 1888, le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a nommé membres du comité d'organisation du congrès international de la propriété artistique :
- MM.
- Bailly, membre de l’Institut, président de la société des artistes français.
- Barbedienne, fabricant de bronzes et d'objets d'art.
- Bardoux, sénateur.
- Bonnat, membre de l'Institut.
- Bouguereau, membre de l’Institut.
- Caïn, statuaire.
- Constant (Ch.), avocat à la cour d’appel. Guillaume, membre de l’Institut.
- Hermant, architecte.
- Hottot, président de la ligue pour la protection de la propriété artistique et littéraire aux Etats-Unis.
- Huard (Ad.), avocat à la cour d’appel. Larroumet, directeur des beaux-arts.
- Leduc, éditeur.
- Lefebvre (Jules), artiste peintre.
- Lyon-Caen (Ch.), professeur à la faculté de droit.
- Meissonier, membre de l’institut.
- Plon, éditeur.
- Pouillet, avocat à la cour d’appel.
- Puvis de Chavannes, artiste peintre. Robert-Fleury (Tony), artiste peintre.
- Thomas (Ambroise), membre de l'InstituL Thomas (Jules), membre de l'Institut.
- Uibach (Louis), conservateur-adjoint à la bibliothèque de l’Arsenal.
- Valadon, éditeur.
- Vibert, artiste peintre.
- Waîtner, graveur.
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- Par arrêté en date du 5 décembre 1888, le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a nommé membres du comité d’orga-n-sation du congrès international des sociétés par actions :
- MM.
- Bernard (Martial), membre de la chambre de commerce.
- Bozérian, sénateur.
- Dehaynin, membre de la chambre de commerce.
- Drumel, professeur à la faculté de droit à Lille.
- Du Buit, avocat.
- Durand, député.
- Durier, bâtonnier de l’ordre des avocats.
- Gonse, conseiller à la cour de cassation.
- Griolet, administrateur du chemin de fer du Nord.
- Larombière, président à la cour de cassation. Ledru, avocat à la cour de Paris.
- Levêque, député, sous-gouverneur du Crédit foncier.
- Lyon-Caen, professeur à la faculté de droit. Michau, président du tribunal de commerce. Michel (Georges), publiciste.
- Piault, membre de la chambre de commerce. Poirrier, président de la chambre de commerce.
- DIMANCHE 16 DÉCEMBRE 1888. — 1295.
- Renault (Louis), professeur .à la faculté de droit. Roche (Jules), député.
- Rousseau (Rodolphe), avocat.
- Rouvier, député.
- Sée (Camille), conseiller d’Etat.
- Vavasseur, avocat.
- Worms, avocat.
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- Par arrêté en date du 5 décembre 1888, le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a nommé membre du comité d’organisation du congrès international de la propriété industrielle.
- MM.
- Bourgeois, député.
- Bozérian, sénateur, président du congrès de la propriété industrielle de 1878.
- Chastenet, chef du contentieux à l’Exposition universelle de 1889.
- Christofle, industriel.
- Clunet, avocat.
- Develle, sénateur, ancien ministre. Dietz-Monnin, sénateur.
- Dumoustier de Frédilly, chef de bureau au ministère du commerce et de l’industrie.
- Dupont (E.), industriel, président de l’union des fabricants pour la protection internationale de la propriété industrielle.
- Hiélard, membre de la chambre de commerce. Huard, avocat.
- Imbs (Jules), président du syndicat des inventeurs.
- Lecœuvre, ingénieur, président de l’association des inventeurs.
- Levasseur, membre de l’Institut,
- Lyon-Caen (Çh.), professeur à la faculté de droit, vice-président de la société de législation comparée.
- Nicolas, conseiller d’Etat, directeur du commerce intérieur au ministère dn commerce et de l’industrie.
- Piault, membre de la chambre de commerce. Prevet, député, commissaire du gouvernement à l’exposition de Barcelone.
- Philipon, député.
- Poirrier, président de la chambre de commerce de Paris.
- Pouillet, avocat.
- Renault (L.), professeur à la faculté de droit de Paris.
- Rendu (A.), avocat.
- Ribot, député, président de la société de législation comparée.
- Seligman (L.), avocat.
- Teisserenc de Bort, sénateur, ancien ministre. Thirion, ingénieur, secrétaire du congrès de la propriété industrielle de 1878.
- Tranchant, vice-président du congrès de la propriété industrielle de 1878, vice-président de la société de législation comparée.
- *
- * *
- Par arrêté en date du 5 décembre 1888, le ministre du commerce et de l'industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a nommé membres du comité d’organisation du congrès international de la transmission de la propriété foncière :
- MM.
- Bétolaud, avocat.
- Bompard, conseiller municipal.
- Boulanger (E.), sénateur.
- Boutin, directeur général des contributions di-rectes.
- Bufnoir, professeur à la faculté de droit. Christophle, gouverneur du Crédit foncier.
- Dain, professeur à l’école de droit, à Alger. Deloncle, publiciste.
- Denormandie, sénateur.
- Donnât, conseiller municipal.
- Dreyfus (Ferdinand), ancien député.
- Duplan, président de la chambre des notaires. Duverger, professeur à la faculté de droit. Foville (de), chef de la statistique au ministère des finances.
- Gérardin, professeur à la faculté de droit.
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- I2ÇÔ.—QUATRIÈME ANNÉE.— N° 20j.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- DIMANCHE 16 DÉCEMBRE 1888.
- Gide, professeur à la faculté de droit de’Montpellier.
- Guyot (Yves), député.
- Léveillé, professeur à la faculté de droit. Martin-Feuillée, député.
- Méliodon, secrétaire général du Crédit foncier. Michel (Léon), agrégé à la faculté de droit. Millerand, député.
- Ribot, député.
- Sabatier, député.
- Tiphaigne, directeur général de l’enregistrement, des domaines et du timbre.
- *
- * *
- Par arrêté en date du 5 décembre 1888, le ministre du commerce et de l'industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a nommé membres du comité d’organisation du congrès international d'anthropologie criminelle :
- MM.
- Bail, membre de l’académie de médecine, professeur à la faculté de médecine.
- Bertillon (A.), chef du service d’identification à la préfecture de police.
- Blanche, membre de l’académie de médecine. Bordier, professeur à l’école d’anthropologie. Bournet, secrétaire de la rédaction des archives d’anthropologie criminelle de Lyon. Brouardel, membre de l’académie de médecine, doyen de la faculté de médecine.
- Collineau, vice-président de la société pour l’instruction élémentaire.
- Duval (Mathias), professeur à la faculté de médecine, vice-président de la société d’anthropologie.
- Fauvelle, secrétaire de la société d’anthropologie.
- Falret, médecin de la Salpêtrière.
- Féré, médecin de l’hospice de Bicêtre.
- Garand, professeur à la faculté de droit de Lyon.
- Hervé, secrétaire général adjoint de la société d’anthropologie.
- Laborde, membre de l’académie de médecine. Lacassagne, professeur à la faculté de médecine de Lyon.
- Letourneau, secrétaire général de la société d'anthropologie.
- Magitot, membre de l’académie de médecine. Magnan, médecin de l’asile Sainte-Anne. Manouvrier, professeur à l’école d’anthropologie.
- Mesnet, membre de l'académie de médecine. Motet, médecin-expert près les tribunaux de Paris.
- Pioix, Ingénieur-hydrographe en chef de la marine en retraite.
- Pozzi, agrégé de Ja faculté de médecine, président de la société d’anthropologie.
- Roussel, sénateur, membre de l’académie de médecine.
- Sélignan (L.), avocat à la cour d’appel.
- Tarde, juge d’instruction à Sarlat.
- Topinard, professeur à l’école d’anthropologie. Voisin (A.), médecin de la Salpêtrière.
- Concours d’animaux vivants en 1889.
- Par divers arrêtés en date du 26 octobre 1888,1e ministre de l’agriculture a apporté les modifications suivantes au règlement général du 30 juin 1888, réglant les dispositions du concours- d'animaux vivants en 1889 :
- Article 2. — Espèce bovine.
- Ire division, 9e categorie. — Race hollandaise :
- Animaux mâles de 1 à 2 ans. — 1er prix, 500 fr.; 2e, 400 francs; 3e, 300 francs.
- Animaux mâles de 2 à 4 ans. — ler prix, 600 francs ; 2e, 500 francs ; 3e, 400 francs.
- Animaux femelles de 2 à 3 ans. — l'r prix, 300 francs , 2e, 200 francs ; 3e, 150 francs.
- Animaux femelles de 3 ans et au-dessus. — 1er prix, 400 francs ; 2e, 300 francs ; 3e, 200francs.
- 2e division, lre catégorie. — Races normandes :
- 2e section. — Animaux mâles de 2 à 4 ans.
- Espèce ovine.
- Tous les animaux pourront être tondus depuis deux mois au plus ; ils devront porter une mèche de laine sur l’épaule gauche.
- Exposition chevaline en 1889.
- M. Viette, ministre de l’agriculture, vient d’adresser aux préfets une circulaire ayant pour objet l’organisation d’un concours international pour les espèces chevaline et asine à Paris en 1889, en même temps que l’Exposition universelle.
- Cette exibition spéciale sera ouverte le 1er septembre 1889 et close le 10 septembre au soir. Elle sera établie autour du palais de l’Industrie, c’est-à-dire dans le voisinage immédiat du Champ de Mars.
- Pour être admis à concourir, les propriétaires devront adresser aux comités départementaux de leurs circonscriptions respectives, une demande en double exemplaire ; ces comités conserveront l’un des deux exemplaires et adresseront l’autre au ministère de l’agriculture, direction des haras.
- Les demandes d’admission devront être transmises à Paris, par les soins des comités au fur et à mesure de leurs opérations et devront être toutes parvenues au ministère de l’agriculture au plus tard le 1er juin 1889.
- Conformément au mode adopté pour les concours précédents, les récompenses portées au programme consisteront en primes en argent auxquelles sont jointes des médailles d’or, d’argent et de bronze. Trois cent quarante-neuf primes sont prévues à ce programme.
- Exposition des Beaux-Arts de 1889
- Les ouvrages de peinture qui ont été admis d’office par le jury sur les notices envoyées par les artistes, devront être remis au dépôt du Champ de Mars, avec les notices les concernant, du 15 au 20 mars 1889.
- Une réunion du jury de peinture aura lieu avant l’examen des œuvres non admises sur notices, qui seront déposées en janvier au palais de l’Industrie. Dans cette réunion le jury aura la faculté de revenir sur les admissions faites sur notices ainsi qu’il était indiqué dans le post-scriptum joint aux lettres d’avis adressées aux artistes en juillet 1888.
- Les tableaux qui n’ont pas été admis sur notices et que les artistes désireraient soumettre au jury devront être présentés au dépôt du palais de l’Industrie du 5 au 20 janvier 1889, avec notices à l’appui.
- En ce qui concerne les artistes étrangers. — Les artistes des pays représentés par des commissariats généraux ou des comités nationaux devront s’adresser à ceux-ci pour tout ce qui concerne l’admission ou l’expédition de leurs œuvres. — Les artistes dont le pays ne sera pas représenté par un commissariat général ou un comité national devront adresser leurs demandes à M. le Directeur des beaux-arts, au commissariat des expositions, palais des Champs-Elysées, porte 1. —Un jury spécial prononcera sur l’admission de leurs œuvres. Les ouvrages que ce jury désirera examiner de visu devront être remis franco au palais des Champs-Elysées, du 5 au 20 janvier 1889, accompagnés d’une notice remplie et signée par l’artiste.
- On trouve des notices au palais de l’Industrie, eommissariat général des beaux-arts, porte n° 1, et au bureau du Journal des Arts, 47, rue Le Peletier, à Paris. Chaque notice doit être signée par l’artiste ou par son fondé de pouvoirs, dûment autorisé. Les ouvrages qui n’ont pas encore été présentés, ou ceux que le jury n'a pas admis d’office, devront être déposés, francs de port du 5 au 20 janvier 1889, au palais des Champs-Elysées, pour y être admis par le jury. Ils seront accompagnés d’une notice. Les ouvrages admis d’office devront être déposés, francs de port, au palais du Champ de Mars du 15 au 20 mars 1889. Ils seront égale-
- ment accompagnés d’une notice. Le nombre des ouvrages que peut exposer chaque artiste est limité à dix. Mentionner les ouvrages appartenant à l’État. L’exposant déclare adhérer au règlement général de l’exposition.
- Enfin l’administration va faire auprès des municipalités les démarches nécessaires pour que les ouvrages admis d’office qui sont actuellement dans les musées de province puissent figurer à l’Exposition universelle. C es musée seront invités à expédier ces ouvrages francs de port, au palais du Champ de Mars, du 15 au 20 mars prochain. Les fraits d’emballage et de transport, aller et retour, devront être supportés par les artistes, à qui les musées s’adresseront pour le remboursement. Les artistes prévenus par une circulaire seront priés d’accuser réception de la lettre d'avis ou de la retourner approuvée et signée.
- Divers journaux ont publié tout récemmeut une note assez détaillée indiquant l’organisation en plusieurs sections de l’exposition des beaux-arts de 1889, et ont donné en même temps les noms des personnes qui doivent composer les commissions. Cette note contenant plusieurs inexactitudes nous pensons qu’il y a lieu de s’en tenir quant à présent au règlement général de l’exposition.
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- INSTALLATIONS DIVERSES
- La tour Eiffel
- Ainsi que nous le faisions prévoir dans notre dernier numéro, la pose du vingtième panneau a été commencée cette semaine ; elle sera terminée au moment où paraîtront ces lignes.
- La tour atteindra alors 209 mètres.
- L’Exposition des monuments historiques
- Elle sera organisée au palais du Trocadéro et sera à coup sûr une des plus importantes. M. Antonin Proust se propose d’y réunir, d’accord avec l’administration des monuments diocésains, les reconstitutions d’une foule de monuments intéressants. Elle sera aménagée dans l’aile du palais qui se trouve du côté de Passy. Les moulages qui y sont actuellement seront déplacés, et, au centre des longues galeries, on mettra des vitrines qui renfermeront les chefs-d’œuvre de l’art décoratif en émaille-rie, orfèvrerie, céramique, sculpture en bois, etc., depuis le xme siècle jusqu’à nos jours.
- ; M. Antonin Proust aura à sa disposition 1,160,000 francs, destinés à couvrir entièrement les frais de l’exposition,
- Le globe terrèstre au millionième
- Notre savant confrère, M. Charles Bayle a publié récemment dans le premier numéro du journal hebdomadaire la Géographie, qu’il vient de fonder, une étude très curieuse sur cette intéressante installation ; étude que nous ne saurions mieux faire que de la reproduire textuellement.
- Figurez-vous, dit M. Charles Bayle, une sphère assez haute pour affleurer au balcon d'un quatrième étage, d’un diamètre à cacher une maison de largeur raisonnable, de 40 mètres de circonférence ; voilà le Globe terrestre au millionième, tel que MM. Th. Villard et Cotard, sur l’initiative de M. Filon, directeur de l’Ecole municipale Lavoisier et d’après le plan de M. Cordeau, ingénieur, professeur à la même Ecole, ont imaginé de le construire et de nous le présenter à l’occasion de l’Exposition universelle de 1889.
- Ce ne sera pas un spectacle sans originalité ni sans grandeur que de voir, sous la coupole énorme qui la contiendra, cette terre pivoter sur son axe en vingt-quatre heures, et chaque point de son équateur marcher à raison de un demi-
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- QUATRIÈME ANNÉE.— N° 207. LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- millimètre à la seconde ; l’un de ses émisphères, grâce à un éclairage spécial électrique plongera dans la nuit tandis que l’autre naîtra à la lumière du jour, rendant ainsi sensible aux yeux les phénomènes des saisons, des solstices, des équinoxes, etc.
- Mais ce qui parlera peut-être plus directement encore à l’imagination, c’est que cette sphère unique, par ses dimensions calculées avec soin, traduira toutes les grandeurs et les distances mesurables sur la Terre de la façon la plus saisissante :
- Notre unité métrique et le quarante-millionième du méridien ; ce globe aura quarante mètres de tour ; un kilomètre y sera représenté par un millimètre. Cette sphère, de près de treize mètres de diamètre, donnera, par son seul aspect, une impression de grandeur en même temps que le sentiment de sa petitesse par rapport à la Terre, de ce contraste naîtra une appréciation possible des dimensions réelles, parce que la notion du million est accessible à l’esprit, A cette échelle, les détails géographiques pourront être suffisamment indiqués et apparaîtront, pour la plupart, à leur véritable mesure. Pour la première fois, on verra sur un globe la place réellement occupée par certains espaces de dimensions connues, tels que ceux des plus grandes villes ; Paris y occupera à peu près un centimètre. De là, tout de suite, un rapport qui s’établira nettement entre ce centimètre qui est Paris et la surface de ce globe qui est la Terre ; et par ce rapport, une perception plus aisée des dimensions comparées des divers pays, des continents et des mers.
- Un tel globe présentera donc, sous ce rapport, un véritable intérêt géographique ; mais il n’aura pas moins d’utilité à beaucoup d’autres points de vue. On y verra figurer les chemins de fer, multipliant leurs lignes, dans les pays les plus prospères, et étendant leurs grandes voies intercontinentales à travers les contrées encore à peine acquises à la civilisation ; les parcours des grandes Compagnies de navigation reliant, presque avec la même vitesse, les continents à travers les mers, et, enfin, les lignes télégraphiques qui unissent les points les plus éloigés du globe par leurs communications instantanées.
- Cette vue d’ensemble donnera la mesure de l'immensê travail accompli pendant ce siècle, qu’illustrent les plus étonnantes conquêtes de la science, et montrera, en même temps, l’étendue des contrées qui attendent encore les bienfaits de la civilisation. Rien ne saurait, à un si haut degré, provoquer l'ardeur des découvertes nouvelles et des entreprises hardies.
- On comprend qu’il y ait eu, dans cette conception hardie, exposée d’une manière aussi séduisante, de quoi entraîner un certain nombre d’esprits d'élite. C’est ainsi que, répondant à l’appel de MM. Th. Yillard et Cotard, sont venus se ranger successivement dans le comité de patronage : MM. de Lesseps, d’Abbadie, Bouquet de la Grye, Cheysson, Derrécagaix, Faye, Grandidier, Janssen, de Lapparent, Laus-sedat, Levasseur, Mascart, Maunoir, Milne-Edward, l’amiral Paris, de Quatre-fages, G. Tis-sandjer, Nous irons dans un an admirer leur œuvre qui ne sera pas l’une des moins capables, parmi toutes celles de l’Exposition, de piquer la curiosité du public.
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- L’EXPOSITION OUVRIÈRE
- DE 1889
- Après une discussion qui a occupé plusieurs séances, le Conseil municipal de Paris vient enfin de voter, le 10 de ce mois, une résolution que nous reproduisons ci-après et que nous croyons devoir concilier les différents intérêts en présence.
- Cette résolution, en effet, par la création d’une Commission spéciale de contrôle, est I
- une sûre garantie contre tout excès que d’aucuns craignaient qui pussent être commis dans la répartition des fonds mis, par le Conseil municipal, à la disposition de l’Exposition ouvrière.
- Voici le texte de la résolution dont s!agit :
- « Un crédit de 500,000 francs est ouvert pour encouragement aux exposants ouvriers syndiqués ou non syndiqués.
- « La répartition de cette somme sera faite par une Commission spéciale du Conseil élue au scrutin de liste.
- « Ladite commission suivra l’emploi de la subvention.
- « Les demandes envoyées à la Commission devront être accompagnées de plans, états, devis et autres pièces justificatives.
- « Une part des sommes accordées à chaque groupe ou individu sera attribuable aux frais généraux; une part, s’il y a lieu, comme avances surprix des objets fabriqués,
- « Dans ce cas, les avances faites seront remboursables à la Ville après vente des ojets.
- « Cette somme de 500,000 francs sera distribuée comme il est dit ci-dessus par l'Administration, sur avis conforme de la Commission spéciale.
- « Un rapport d’ensemble sera présenté au Conseil par la Commission sur l'emploi des crédits distribués. »
- Il ue nous reste plus qu’à souhaiter le plus grand succès à l’oeuvre patriotique de nos intelligents concitoyens.
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- L’ALGÉRIE
- A L’EXPOSITION DE 1889
- COMITÉ DÉPARTEMENTAL D’ALGER
- Rapport présenté par M. Borély la Sapie,
- président 'du Comité, à VAssemblée générale
- du 24 novembre i888.
- Messieurs,
- Nous touchons au terme de la première phase de notre mission, celle qui avait pour but de faire appel au zèle et aufpatriotisme des producteurs agricoles et industriels, de les grouper, de les rassembler en nombre suffisant, capable de donner la mesure des ressources de notre département et du puissant essor qu’y a pris la colonisation.
- Avant de laisser clore la liste des adhésions, nous avons tenu à vous convoquer afin que nous puissions juger ensemble des résultats obtenus, voir s’ils sont satisfaisants, s’ils répondent bien à la situation exacte du pays, s’ils donnent une idée avantageuse des espérances que chacun a placées en lui.
- A l’heure présente nous comptons 766 adhérents. Ce nombre vous paraîtra bien restreint, bien inférieur à ce que devrait compter une Exposition aussi importante, aussi capitale que celle qui se prépare.
- Votre Bureau croit pourtant avoir fait tout ce qui était dans la mesure de ses moyens pour obtenir les meilleurs résultats.
- Dès le lendemain de son installation, les Commissions ont été organisées conformément aux instructions générales; ces Commissions ont nommé leur bureau et elles ont opéré en toute liberté d’action.
- En dehors d’elles, votre Bureau s’est réuni le jeudi de chaque semaine, sauf durant les mois d’août et de septembre où les séances ont été bimensuelles. 11 s’est tenu en rapport constant avec les Maires et les Administrateurs, leur transmettant les formules d’adhésions et toutes les indications susceptibles de les guider, de les intéresser à la grande œuvre. C’est ainsi que 528 lettres individuelles, 8,000 feuilles de
- DIMANCHE 16 DECEMBRE 1888.— 1297.
- renseignements et 5,000 formules d’admission ont été distribuées dans le département.
- En août dernier un numéro journal spécimen, donnant une vue d'ensemble du pavillon avec la description des salles où l’Algérie aura à faire figurer ses produits et comprenant tous les renseignements généraux et particuliers pouvant intéresser les exposants, a été tiré et répandu à profusion.
- Voici d’ailleurs un volumineux dossier qui établit que nous nous sommes bien pénétrés de la mission importante et délicate que vous nous avez confiée et que notre action ne s’est pas ralentie un seul jour durant les huit mois écoulés.
- Nous nous sommes adjoint M. Carbon, secrétaire-rédacteur du Conseil général, qui nous a prêté un concours précieux.
- Nous avons également été bien secondés dans notre tâche pour la Presse, et nous nous plaisons à lui rendre hommage, car non seulement elle nous a ouvert litéralement ses colonnes, mais elle s’est appliquée à faire ressortir les résultats importants que cette grande exhibition peut et doit avoir pour les destinées de l’Algérie.
- Pourtant, le nombre des adhérents est resté limité. Le chiffre de 766 ne donne assurément pas la mesure de nos capacités, si l’on songe surtout combien notre champ d’action est étendu et varié: céréales, grains, farines, fruits de table, vins, eau-de-vie, esprits et l.iqûeurs, huiles, primeurs, légumes verts et de conserves, peaux, pelleteries brutes et ouvrées, laines, crins, soies, lin, ramie, cire, résines, tabacs, bois de teinture, bois d’ébénisterie, écorces, racines, marbres, gypse, minerais, fer, plomb, tissus de laine, ouvrages en peau ou en cuir, sparterie, nattes, tresses et nombre d'autres marchandises.
- La France a elle seule nous offre des débouchés pour plus d’un milliard.
- En limitant même nos efforts à quelques-uns de ces produits: les blés durs, les vins, les huiles d’olive, les primeurs, les tabacs, les soies, les laines, le bétail, c’est plusieurs centaines de millions que nous pouvons attirer sur nos marchés.
- Vous le sayez, Messieurs, les relations commerciales sont aujourd’hui universelles ; grâce à l’électricité, les marchés se traitent de l’Orient à l’Occident, du Nord au Sud, d’un monde à l’autre, plus aisément qu’autrefois entre deux villes d’une même province.
- C’est pour faciliter et multiplier ces relations que le système des expositions a été innové et qu’il a pris rapidement tant d’extension; ainsi que vous avez dû le constater, il ne se passe pas une année sans qu’une exposition ait lieu sur un point quelconque du globe.
- Les grands industriels, les maîtres du haut commerce y viennent, voient, jugent, et si l’importance ou la valeur des produits leur paraît sérieuse, ils nouent des relations commerciales.
- Donc il importe que l’Algérie se montre, s’affirme, si elle veut voir son commerce prospérer et s’étendre.
- Il lui est permis aujourd’hui d’exporter ses produits sur tous les points du monde et, étant donné sa position géographique, au sud du bassin méditerranéen, le plus mouvementé et le mieux favorisé, elle peut défier ses concurrentes : les Amériques, l’Inde, l’Australie.
- Elle a l’écoulement de ses produits assuré. La France, cette mère-patrie toujours grande, toujours puissante, lui ouvre à discrétion ses ports : Marseille, Saint-Nazaire, le Havre.
- A l’Algérie, Messieurs, à se montrer 1
- Pour faire toucher du doigt combien nous sommes favorisés sous le rapport des débouchés, il nous suffit de relever les chiffres du commerce extérieur de la France.
- Le commerce des céréales, farines et grains étrangers, distrait annuellement de la fortune publique une somme de 3 à 400 millions. Cette année on n'estime pas à moins de 600 millions de francs les importations de blé d’amérique;
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- I29§.— QUATRIÈME ANNÉE.— N° 207.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- DIMANCHE 16 DÉCEMBRE r888.
- Malgré la reconstitution des vignobles méridionaux, on continue à importer pour plus de 200 millions de vin.
- Les eaux-de-vie, esprits et liqueurs, dépassent une moyenne de 20 millions.
- Les fruits de table oscillent entre 40 et 60 millions.
- Le bétail excède 100 millions, et les salaisons qu’emmagasine le port du Havre ont une valeur supérieure à 40 millions de francs.
- Les laines destinées à alimenter les ateliers de ces centres manufacturiers qui ont nom : Lille, Roubaix, Armentières, Reims, Roubaix, Rethel, Châlons, Suippes, Troyes, Sedan, Abbeville, Louviers, Elbeuf, Rouen, Châteauroux, Issoudun, Aubigny, Romorantin, Beauvais, Castres, Lavaur, Vienne, Aubusson, sont, pour près des deux tiers, de provenance étrangère, et la fourniture de ces deux tiers de lainages bruts ne donne pas moins de 250 millions à la Plata et à l'Australie.
- Les soies et les bourres de soie qui alimentent St-Etienne et tous les métiers de la Loire, de la Haute-Saône et du Rhône, laissent 180 à 200 millions â l’Italie et à la Chine.
- Mais excusez-nous de retenir votre attention encore quelques instants, pour examiner plus complètement chacune de ces sources de richesses et voir dans quelle mesure l’Algérie y peut prétendre.
- Si nous ouvrons le grand livre du commerce de Marseille, nous voyons que la fabrication des semoules et des pâtes alimentaires constitue une industrie d’une grande extension.
- Ainsi, actuellement plus de 2 millions d'hectolitres sont triturés pour la fabrication des semoules, et les pâtes alimentaires ont donné lieu à un trafic considérable, puisque, en dehors de la consommation locale, fort importante nous relevons les exportations ci-après :
- En 1880............ 1,143,990 k.
- En 1881.............. 676,224
- En 1882............ 4,103,990
- En 4883.............. 992,668
- En 1884.............. 937,078
- Semoules et pâtes alimentaires sont fabriquées avec les blés durs venant de la mer d’Azoff, des deux Siciles et d’Algérie.
- Ne pourrions nous pas profiter de notre voisinage et de nos relations journalières avec Marseille pour accaparer le monopole de ces fournitures ?
- Le commerce des vins offre encore des perspectives plus étendues.
- Le relevé des importations durant les neuf premiers mois de la présente année, établit que la France a importé pour 317,665,000 francs de vins de toutes sortes contre 312,444,000 francs en 1887.
- Les bestiaux ont donné lieu à un chiffre d’importation s’élevant à 66,572,000 francs, et, pour lès neuf premiers mois de l’année 1887, il n’avait été que de 61,178,000 francs.
- L’importation des huiles d’olive a été de 15,916,000 francs. L’Archipel et la Syrie, l’Espagne, l’Italie, la Corse, la Tunisie concourent avec nous à former cet appoint; malheureusement, il le faut reconnaître, notre apport est peu important alors qu’il pourrait être plus considérable.
- Pour vous faire saisir, Messieurs, quel avenir pourrait être réservé à cette production en Algérie si on le voulait bien, il nous suffit de relever l'état des importations du port de Marseille dans le cours des cinq années, de 1880 à 1884 inclusivement.
- Huiles d’olive comestible.
- Provenances 1880 1S81 1882 ' 1883 1884
- kil. kil. kil. kil. kil.
- lîai’i........... 3.000.000 3.800.000 3.500.000 3.000.000 1.275.000
- Toscane............ 100.000 120.000 100.000 100.000 120.000
- Algérie............ 100.000 100 000 150.000 100.000 180.000
- Tunisie......... » 1.500.000 190.000 4.000.000 200.000
- Sicile . ,...... » 50.000 » » 100.000
- Espagne ... . 500.000 » 600.000 800.000 2.000.000
- Turquie......... » » » » »
- Corse........... » 50.008 « 50.000 150.000
- Provence........ 1.500.000 500.000 800.000 100.000 »
- Toi aux. . 5.200.000 6.120.000 5.340.000 8-150.000 4.250.000
- En dehors de ces huiles, il y a encore les essences, les huiles de pulpes et de grignons, les huiles lampantes et à fabrique, dont le total est plus considérable encore; et l’Algérie, si intéressée à la culture de l’olivier, ne figure dans ces catégories que pour des valeurs fort minimes.
- L’importation des laines se chiffre par 280,099,000 francs ; et l’Algérie n’est représentée dans ce trafic que pour une somme extrêmement faible.
- Nous nous sommes à peu près désintéressés de l’élevage des vers à soie, et cependant il pourrait y avoir là pour nous une source de revenus.
- Pour les tabacs, la France a importé, durant les neuf premiers mois, pour 11,257,000 francs ; et la Régie fait des difficultés pour prendre le peu que nous produisons !
- Or, voici quelle était en 4854, l’appréciation de l’Inspecteur spécial, chef du service des tabacs en Algérie : « Ce sont les tabacs à fumer qui manquent dans le monde entier ; l’Algérie a l'inappréciable avantage de les produire spontanément; elle les produisait chez les Arabes avant que nous eussions fait aucune tentative de colonisation ou d’agriculture; elle les produit encore par nos soins, toutes les fois que nous ^dirigeons nos travaux vers ce but, et il faut faire violence à la nature du sol et du climat pour lui en faire produire d’autres.
- « Eh bien ! c’est un fait providentiel qui appelle l’Afrique française à devenir, si elle le veut, un des plus grands marchés de l’univers pour cette denrée, que la vogue et les moeurs de notre époque rendent si précieuse : et le moment ne saurait être loin où nos ports, rivaux de ceux de Richemond, de Baltimore, de New-Orléans, de Fiume, de Trieste ou de Rotterdam, verront leurs nombreux navires se remplir de nos tabacs pour les porter à tous les peuples de l'Europe qui vont aujourd’hui demander leurs similaires jusque dans les pays les plus reculés. »
- Voici, Messieurs, comment et dans quelles catégories se répartissent les 766 exposants actuellement inscrits :
- O
- » cA
- CATÉGORIES
- 1 1 Peintures à l’huile....................... 8
- 1 2 Aquarelles................................ 2
- 1 4 Modèles et dessins d’architecture. ........ 3
- 2 6 Education de l’enfant. Enseignement pri-
- maire, plans et modèles d’écoles.... 5
- 2 7 Organisation et matériel de l’enseignement
- secondaire............................. 4
- 2 8 Organisation et matériel de l’enseignement
- supérieur.............................. 8
- 2 9 Imprimerie et librairie................... 2
- 2 11 Monnaies et médailles..................... 1
- 2 12 Epreuves et appareils de photographie.... 6
- Photogravure............................. 2
- Héliographie............................. 1
- 2 15 Instruments de précision, machines à calculer............................................ 3
- 2 16 Cartes et appareils de géographie.......... 2
- 3 17 Meubles à bon marché et meubles de
- luxe.................................. 5
- 3 19 Verrerie................................. 1
- 3 20 Céramique............................... 1
- 3 21 Tapis, tapisserie et autres tissus d’ameublement .......................................... 5
- 3 25 Ferronnerie d’art......................... 1
- 3 26 Horlogerie............................... 1
- 3 27 Allumettes................................ 1
- 3 28 Matières premières de la parfumerie, essences ........................................... 9
- 3 29 Maroquinerie .............................. 3
- 4 34 Dentelles et broderies..................... 3
- 4 36 Vêtements et chaussures................... 2
- 4 38 Armes portatives.......................... 1
- 4 39 Objets de campement....................... 2
- 5 41 Produits de l’exploitation des mines et de la métallurgie. Collections et échantillons de roches, marbres, minéraux et minerais, argiles, sel gemme, combus-
- tibles..................................... 18
- 5 42 Produits des exploitations et des industries
- forestières................................ 12
- Lièges bruts et ouvrés...................... 8
- 5 43 Produits de la chasse et de la pêche. Col-
- . lections d’oiseaux, Plumes.................. 2
- O. m
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- Poils...................................
- 5 44 Produits non alimentaires. Fibres végétales. Textiles. Ramie............................
- Alfa....................................
- Crin végétal............................
- Cotons bruts............................
- Laines brutes, lavées et non lavées.....
- Cocons de vers à soie...................
- Graines oléagineuses....................
- Matières tannantes et tinctoriales......
- 5 44 Tabacs en feuilles ou fabriqué.............
- Fourrages conservés et matières spécialement destinées à la nourriture des
- bestiaux..............................
- 5 45 Produits chimiques et pharmaceutiques...
- Cires et corps gras.....................
- Savons..................................
- 5 46 Procédés chimiques de blanchiment, de teinture, d’impression et d’apprêt................
- 5 47 Cuirs et peaux. Matières premières em-
- ployées dans la préparation des peaux et des cuirs. Peaux vertes, peaux salées, cuirs tannés, corroyés, apprêtés ou bruts, cuirs vernis, maroquinés et basanés.....
- 6 48 Matériel et procédés de l’exploitation des
- mines et de la métallurgie..............
- 6 49 Matériel et procédés des exploitations rurales et forestières. Matières fertilisantes
- d’origine organique ou minérale.........
- 6 52 Machines et appareils de la mécanique
- générale................................
- 6 53 Machines et outils spéciaux à ^diverses
- industries..............................
- 6 60 Carrosserie et charronnage. Bourrellerie et sellerie : pièces détachées, de charronnage; articles de harnachement....................
- 6 63 Matériel et procédés du génie civil, des travaux publics et de l’architecture. Modèles, plans et dessins de travaux publics, barrages ............................................
- 6 64 Hygiène et assistance publique..............
- Eaux minérales et eaux gazeuses........
- 6 66 Matériel et procédés de l’art militaire.
- Equipement, habillement et campement.
- 7 67 Produits alimentaires : froment, orge,
- maïs et autres céréales, en grains et en
- farine..................................
- Pâtes dites d’Italie, semoules, vermicelles .................................
- 7 69 Huiles d’olive............................
- Fromages..............................
- 7 70 Poissons salés.............................
- Poissons conservés dans l’huile.........
- Beurre d’anchois........................
- 7 71 Légumes secs ou frais......................
- Fruits secs ou frais....................
- Oranges, mandarines et citrons..........
- 7 72 Condiments, stimulants, poivres, piments.
- Sel de table............................
- Vinaigre................................
- Sirops et liqueurs sucrées..............
- 7 73 Vins ordinaires, rouges ou blancs..........
- Boissons fermentées (bière).............
- Eaux-de-vie et alcools..................
- Boissons spiritueuses, rhum.............
- 8 73 bis Statistiques agricoles, études sur le sol,
- les eaux, les climats, tableaux, dessins,
- modèles, comices agricoles, etc............
- 8 73terOrganisation, méthodes et matériel de
- l’enseignement agricole................
- Herbiers...............................
- 8 74 Spécimens d’exploitations rurales et d’usines agricoles...................................
- 8 75 Bâtiments d’exploitation pourlavituculture Matériel des chais, cuves et cuviers.
- Pressoirs..............................
- Collections de cépages.................
- 8 76 Matériel et procédés pour la destruction
- des insectes nuisibles..................
- 9 79 Fleurs et plantes d’ornement...............
- 9 81 Fruits et arbres fruitiers.................
- 9 82 Graines et plantes d’essence forestière.... 9 83 Plantes de serre............................
- Plantes médicales.......................
- Cannes à sucre..........................
- Herboristerie...........................
- Armes, bijoux, tapis, tentes, instruments aratoires, coutellerie, vêtements, poterie, harnachement de fabrication indigène ...............................
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- Permettez-nous maintenant, Messieurs, de
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- LA RUE DES NATIONS EN 1878 (Suite
- LA FAÇADE SUISSE
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- 1300.— QUATRIÈME ANNÉE. — N° 207.
- vous signaler les points faibles de notre Exposition.
- Dans le premier groupe « œuvres d’art » il faut reconnaître que notre beau ciel a inspiré bon nombre d’artistes et que nous étions autorisés à attendre de leur talent plus de 8 peintures et plus de 2 aquarelles.
- Dans le troisième groupe « meubles à bon marché et meubles de luxe. Ouvrage du tapissier et du décorateur, verrerie, céramique, ameublements, parfumerie, maroquinerie, tabletterie, vannerie, brosserie, » l’Exposition se réduit presque à néant. Or, n’étions-nous pas en droit d’espérer qu’il se trouverait des industriels jaloux de montrer le parti avantageux qu’ils savent tirer des thuyas, des cèdres, des eucalyptus et des diverses essences forestières de ce pays.
- Quels jolis meubles ne confectionne-t-on pas aujourd’hui avec des bambous ? Et que ne peuU on obtenir avec les fils d’aloès, le crin végétal, la ramie? Ne pourrait-on pasconfectionnerune multitude de tapis, de tissus, de tentures, que recherche si vivement le luxe,
- Notre industrie est sans doute dans i’em fance ; mais elle existe, elle a sous la main tous les éléments nécessaires pour grandir et prospérer. C’est pour elle une faute grave de s’abstenir, et nous ne craignons pas d’insister pour qu’elle se hâte de nous adresser ses adhésions.
- Dans Je groupe quatre, les lins font complètement défaut, Ils peuvent cependant, nos agriculteurs ne l’ignorent point, constituer une sérieuse culture.
- L’alfa, dont nous ayons à tirer un si grand parti, que nos chemins de pénétration nous permettront d’apporter en masse sur le littoral, l’alfa n’est représenté que par deux exposants ! Est-ce possible ?
- Et les faines peignées ?
- La joaillerie et la bijouterie n’est pas mieux représentée. Est-ce que nos femmes renonceraient désormais à leurs parures?
- Les lièges sontau nombre de huit. C’est peu c’est pourtant quelque chose. Mais les matières tannantes, colorantes, odorantes efirésineuses, les écorces textiles, les bois, font défaut. N’y a-t-il pas là de regrettables lacunes ?
- Qui l’aurait cru ? Les cocons de vers à soie qui font vivre des milliers de familles en Italie et des peuplades entières en Extrême-Orient, les cocons de vers à soie, malgré les efforts et les dépenses du Comité, ne comptent que deux exposants.
- Reconnaissons, Messieurs, que nous sommes des indifférents, et qu’à l’heure actuelle, après les résultats si remarquables et si positifs obtenus par M- Pasteur, rien n’autorise une semblable négligence.
- Les laines brutes et non lavées devraient compter au moins cent exposants ; le nombre des inscrits se réduit à onze. En agissant ainsi nous ne serons jamais en état de lutter avec l'Australie et la Plata.
- Les cuirs et les peaux n’ont que huit exposants. La Tunisie, aussi bien que le Maroc, font pourtant un grand trafic de leurs maroquins, de leurs basanes, peaux mégissées, apprêtées ou teintes. Pourquoi nous désintéresser?
- Dans le sixième groupe, l’abstention est presque complète. C’est cependant dans ce groupe que figurent les plans, assolements et aménagements agricoles ; tout ce qui a trait à la culture et à l’amélioration du sol, Jes produits de la fabrication des pâtes à papierde bois, d’alfa, de pailles, dont l’Angleterre tire un si grand profit ; tout ce qui peut intéresser nos voies ferrées établies ou à établir, le forage des puits artésiens, ainsi que les travaux de barrages, etc., etc.
- Comme produits alimentaires, nous avons Je droit d’être satisfaits en ce qui concerne le blé et l’orge et nous espérons que les spécimens présentés établiront la supériorité des blés d'Algérie en vue de la fabrication des pâtes alimentaires et la qualité des orges pour les bières. Mais le maïs, le millet font défaut.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889. DIMANCHE 16 DÉCEMBRE 1888.
- De même les légumes farineux secs : haricots, lentilles ; les légumes épices : oignons, ails. Ce sont là des omissions regrettables.
- Oranges, mandarines et citrons mériteraient également d’être plus largement représentés. Les condiments ou stimulants font presque complètement défaut. Le climat algérien ne leur convienf-il pas mieux que celui d’Angleterre ?
- Absence totale des produits divers de la confiserie. Les confitures et gelées pourraient pour-tant être d’un bon profit.
- Nous comptons 420 adhérents pour les vins ordinaires rouges et blancs. C’est bien, et ce n’est point trop,- car il faut être en grand nombre, avec des échantillons de choix, de grand choix même, pour bien montrer que l’Algérie est un pays viticole par excellence.
- Les eaux-de-vie et alcools seront représentés par 97 échantillons ; nous faisons des vœux, Messieurs, pour qu’il ne s'en trouve pas un seul de médiocre,
- Disons-Je hautement : ce ne sont pas les mentions et récompenses que nous devons rechercher, mais bien établir solidement et définitivement notre réputation de pays agricole et viticole de grand avenir, afin d’assurer notre commerce et attirer sur cefte terre vraiment française nos concitoyens de la métropole, les décider A venir grossir nos rangs.
- Quelques jours encore nous appartiennent avant l’expiration du dernier délai. Employons-les, Messieurs, à recruter de nouvelles adhésions, et nous aurons, je crois, bien mérité de l’Algérie et de la France,
- he Président du Comité départemental,
- BORÉLY IV jSAPJfl,
- LES COLONIES
- A Uexpqmtiqn DE 1889
- annam et tonkin
- Scms le titre : Une Rectification* on lit cjfifis l'Avenir 4u Tonkin du octobre dernier :
- Nous avons dit, dans notre numéro du 28 septembre, à propos de l’Exposition de 1880, que M. Ch. Lemire n’acceptant pas le mandat qui lui avait été confié, M- Aymonnier avait été proposé pour remplir les fonctions de commissaire à ^Exposition pour l’Annam et le Tonkin.
- Il résulte d'explications qui nous sont fournies que M. Ch. Lemire n’a jamais refusé de sa rendre à Paris. S’il est survenu dans sa situation un changement qui s’est fait d’ailleurs à son insu et qu’il n’a appris que par le journal* c’est afin d’obéir aux instructions ministérielles prescrivant de réaliser la plus grande économie sur le personnel.
- On en aura la preuve par l’arrêté pris à cef égard par M. le Gouverneur général.
- M. Ch. Lemire avait été désigné au choix de M- le Gouverneur général par le vœu unanime et formel de la commission.
- Il ne saurait être accusé, pour quelque motif que ce soit, de s’être dérobé ou d’avoir manqué de dévouement ou d’égards pour la commission qui lui avait accordé ses suffrages et auxquels nous savons qu’il attachait un grand prix.
- INDO-CHINE
- L'important envoi de matériaux attendus par le commissaire spécial de l’Exposition coloniale française a été chargé sur le vapeur Colombo dont l’arrivée en France est annoncée pour le 10 de ce mois. Cet envoi comprend la presque totalité des matériaux qui doivent servir à la construction du pavillon spécial de la Cochinchine. Dès que ces matériaux seront arrivés à Paris, c’est-à-dire dans quelques jours, les travaux seront poussés avec la plus grande activité. Il est temps, du reste, l’exposition de l’Indo-Chine est loin d’être en avance.
- les Etrangers a l’exposition
- DE 1889
- ANGLETERRE
- Le comité exécutif de l'Exposition de 1889 s’est réuni hier à Mansion-House, sous la présidence de l'ex-lord -mayor, sir P. de Keyser,
- M. Trueman Wood, secrétaire, a lu son rapport d’où il appert que Pespace accordé au Royaume-Uni est archi-rempli. Différentes colonies anglaises, malgré des appels pressants et réitérés au gouvernement français, n’ont pu obtenir le moindre emplacement. Néanmoins la section britannique s’est arrangée de façon à céder aux colonies de Victoria, de la Nouvelle-Zélande et du Cap de Bonne-Espérance quelques galeries du quai d’Orsay. Sir Frédéric Leighton, président de l’Académie de peinture, espère que les beaux-arts seront représentés aussi dignement qu’ils l’ont été en 1878. 11 faudrait pouf cela 75,000 francs.
- Le comité vote 5Q,QQÛ francs pour la section des beaux-arts,
- L'ex-lord-mayor est nommé président définitif ef M. Wood, commissaire délégué. Les directeurs des Compagnies de Chatbam and Dover, du Eouth-Eastern, du South-Western et du London-Brighton sont élus membres du Comité exécutif,
- AUTRICHE-HONGRIE
- Le comité général austro-hongrois de l’Exposition de 1889 avait chargé M. de Munkacsy de former un comité ayant pour hut d’inviter les artistes de FAutriche-Hongrie à participer à l’Exposition universelle. Ce comité s’était adressé dans oe but aux associations artistiques existant à Vienne, b Buda-Pesth, à Prague et à Cra-covie, Toutes ces associations, ayant un caractère officiel et l’Autriche-Hongrie ne prenant pas part officiellement à l’Exposition, ont été obligées fie faire une réponse négative. M. de Munkacsy considérant alors sa tâche comme terminée, a donné sa démission, Le comité général austro-hongrois, à son tonr a déclaré que dans ces conditions il était forcé de laisser aux artistes austro-hongrois eux-mêmes le soin de se mettre en rapport avec M. Antonin Proust, commissaire général à l’Exposition de 1889,
- Derniers renseignements
- On télégraphie cle Buda-Pesth, en date du 12 de ce mois ;
- Le correspondant parisien du Pesti Naplo constate que le nombre des industriels hongrois qui participeront à l’Exposition s’élève déjà à plusieurs centaines.
- Seulement on a pris tontes les précautions possibles pour tenir la liste secrète, car M. de Tisza et le ministre du commerce Széchenyi (connu pour son affaire de faux en écritures), sont décidés à soulever des difficultés à tout industriel qui participera à l’Exposition.
- JAPON
- M- Pierre Legrand, ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition de 1889, vient d'être informé que le gouvernement du Japon a nommé commissaire honoraire de la section japonaise à l’Exposition de 1889, M- Jofiannis Raynaud, l’un des principaux négociants français de Tokio.
- MEXIQUE
- M« le ministre a été informé en outre que grâce aux efforts de la commission chargée d’organiser la participation du Mexique à l’Exposition de 1889, cette participation sera des plus brillantes. Les comités locaux, toutes les sociétés scientifiques, artistiques, industrielles, commerciales et agricoles, ont lépondu à l’appel du comité.
- Après concours, MM. les ingénieurs Antonio, M. Anza et le docteur Antonio Penafiel, ont été chargés de la construction du Pavillon spécial qui figurera au Champ de Mars. Les boiseries et les meubles de ce pavillon, seront exécutés
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- LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE 1889.
- QUATRIÈME ANNÉE. — N° 207.
- DIMANCHE l6 DÉCEMBRE 1888. — 1301.
- avec les bois du pays ; de nombreuses pièces très remarquables d’acajou et de cèdre, sont embarquées à Yera-Cruz destinées à ce pavillon ; des collections de plantes vivantes des diverses zones mexicaines ont été expédiées d’avance de façon à les acclimater et les présenter dans toute leur vigueur au mois de mai prochain. On s'occupe de concentrer dans chaque capitale des états mexicains les objets et produits qui doivent être exhibés; il se fait dans chacune de ces villes des expositions préparatoires des plus intéressantes. L’Etat de Jalisco a pris l’initiative de cette mesure et a déjà terminé son exposition. Actuellement Monclos et Nuevo-Leon ont ouvert les leurs..
- Parmi les produits qui doivent être présentés à Paris l’an prochain, au premier rang figureront des collections de minerais, de bois précieux, de textiles, de plantes ornementales et médicinales.
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- CLOTURE
- DE L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE BARCELONE
- Ainsi que nous l’avons annoncé déjà, la clôture de la première Exposition universelle qui ait été organisée en Espagne, a été faite solennellement dimanche dernier, 9 de ce mois.
- Dans le courant de la semaine avaient eu lieu un dernier concours musical, celui des socétés chorales, et les fêtes des écoles et universités dont nous avons parlé dans un numéro antérieur.
- Aussi pendant ces derniers jours, comme, d’ailleurs, durant les mois de septembre, octobre et novembre, l’affluence des visiteurs a-t-elle été des plus grandes. Barcelone regorgeait littéralement de monde.
- Les fêtes de clôture ont duré deux jours, les samedi 8 et dimanche 9. Le samedi a eu lieu, dans un restaurant de l’exposition, un grand banquet que présidait le délégué de la cour. Le dimanche, une procession civique partie du palais de XAyuntamiento s’est dirigée, en suivant les rues principales de la ville, vers le palais de l’exposition où ont été prononcés divers discours, entre autres par l’honorable alcade de Barcelone, Sr D. Francisco de P. Rius y Taulet.
- Cette imposante cérémonie laissera assurément, dans l’esprit de toutes les personnes qui y ont assisté, le souvenir du merveilleux effort que viennent de faire nos chers voisins pour montrer au monde civilisé ce que peuvent le travail et la volonté excités par l’esprit de persévérance et le patriotisme.
- H. P.
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- La Compagnie générale des Omnibus
- Cette omnipotente Compagnie dont nous avons, à différentes reprises, dénoncé les abus, vient enfin de donner signe de vie. Elle a remis à M. le préfet de la Seine un mémoire contenant des propositions destinées, à son dire, à mettre fin au conflit existant entre elle et la Ville. Ce mémoire a été déposé le 10 courant sur le bureau du Conseil municipal.
- « Mais, écrit M. Emile Richard, membre de cette honorable Assemblée, ces propositions sont absolument inacceptables.
- « On ne peut, en effet, se moquer des élus
- du département et de la ville avec plus de désinvolture.
- « En proposant de racheter les tramways du département et de construire les lignes indiquées dans le mémoire préfectoral de 1884, sauf à les céder dix ans plus tard à la ville et au département, la Compagnie cherche simplement à rester seule maîtresse du transport en commun des voyageurs.
- « Si on cédait à ses exigences, ce serait créer un monopole encore plus exorbitant que celui actuellement existant...
- « Aussi, dit en terminant M. Emile Richard, le Conseil municipal et le Conseil général feront-ils bonne et prompte justice de ces prétentions. »
- C’est notre desideratum le plus vif et nous comptons bien sur l’énergie connue de nos édiles pour voter au plus tôt un programme de réorganisation radicale des services d’omnibu s et de tramways dans Paris, afin qu’au jour prochain de l’ouverture de l’Exposition, nous ne soyons pas la risée des nombreux visiteurs qui vont affluer dans la capitale.
- Et, tout d’abord, l’exécution immédiate du vote de déchéance (du 13 juillet dernier) du monopole de la Compagnie des omnibus ?
- ECHOS
- Un Centenaire
- La société nationale d’horticulture va fêter, en 1889, la fédération des jardiniers, à l’occasion du centenaire des chrysanthèmes, car c’est un jardinier de Marseille, M. Blanchard, qui, en 1789, introduisit de Chine en France cette belle fleur.
- *
- Les Voyageurs de commerce
- La soc-iété de protection mutuelle des voyageurs de commerce tiendra son assemblée générale le 29 décembre, à 8 heures 1/2 du soir, hôtel des chambres syndicales, 10, rue de Lancry.
- MM. les négociants et industriels, à la recherche des voyageurs, sont priés de s’adresser au siège social, 61, boulevard de Strasbourg, Paris.
- *
- * *
- L’emprunt Russe
- Le conseil des ministres, dans sa réunion de mardi dernier, a reçu communication d’une lettre par laquelle la Banque de Paris et des Pays-Bas informe le gouvernement du résultat de l’emprunt russe.
- Les souscriptions françaises atteignent \ milliard 163 millions de francs, soit 2,327,000 obligations souscrites.
- Le chiffre des sommes souscrites représente près de deux fois et demie le chiffre total de l’emprunt simultanément émis à Paris, à Londres, à Amsterdam et à Berlin.
- * *
- Visite de M. Pierre Legrand aux travaux de l’esplanade des Invalides
- Lundi matin, M. Pierre Legrand, ministre du commerce, accompagné de son chef de cabinet. M. Dautresme a visité sur l'esplanade des Invalides les chantiers de l’exposition tunisienne.
- Il a été reçu par M. Sanson, commissaire générale du gouvernement tunisien, et M. Henri Saladin, architecte du palais tunisien.
- M. le ministre a examiné avec le plus grand intérêt le palais central, les annexes, les souks (bazars) et a félicité vivement les organisateurs de cette section qui, par son pittoresque, l’exac-
- titude avec laquelle les types, l’architecture tunisienne ont été reproduits et le caractère tout particulier des constructions, sera certainement un des grands attraits de l'exposition coloniale et du protectorat.
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- SPORT
- RÉSUMÉ DES COURSES PASSÉES
- Le mauvais temps a contrarié la réunion de dimanche dernier à Auteuil.
- Pondant les trois heures que la réunion a duré, la pluie n’a pas cessé ; aussi pelouse, pesage et pistes ressemblaient-ils à un vaste océan de boue, dans lequel bêtes et gens enfonçaient à qui mieux mieux.
- Malgré tous ces inconvénients, le public était nombreux et peu de vides même se constataient parmi les habitués,
- Décidément, l’amour du sport et du... jeu fait accomplir des prodiges.
- Le terrain détrempé était devenu lourd, glissant et plusieurs accidents se sont produits.
- Ambassadeur a culbuté au mur dans le prix Alger, gagné par J’y-Suis ; Locchbuy est tombé à la rivière du huit et Trident, toujours dans la même épreuve, s’est grièvement blessé au genou.
- Nouvelle hécatombe de coursiers dans le prix des Poteaux, où trois concurrents sur six restent en route. M. P. et Harlay tombent au brook, Violente à la rivière. Ribaude, débarrassée de ses plus dangereux adversaires, bat sans peine La Barbée et Altesse.
- Le résultat du prix Magne a causé autant de surprises que de déceptions. Colchique, en effet, n’avait jamais gagné que des steeples-chases/mais on aurait dû tenir compte que son écurie aime assez les prix de 10,000 francs et les grosses cotes.
- La pouliche n’est pas dénuée de qualités et il est évident, maintenant, qu’elle avait été réservée pour avaler ce gros morceau.
- Un propriétaire moins heureux que M. Camille Blanc, c’est Gibson qui, dans ce prix, a vu tomber son cheval Moreau, dont la chance n’était pas à dédaigner.
- Dans sa chute le poulain s’est cassé la jambe et a dû être abattu.
- C’est le seul accident grave de la journée.
- Cavaliers et chevaux se sont retirés avec quelques contusions de tous les autres accidents.
- Le 1 ndemain lundi, à Saint-Ouen, les favoris se se sont aussi mal comportés que de coutume, et à Saint-Germain, le 11, les preneurs ont encore été plus malheureux.
- En effet, tous les chevaux pour lesquels on payait se sont fait battre avec un ensemble trop remarquable.
- Colombes a donné, avec un grand suecès, sa représentation d’adieu mercredi.
- Enfin les courses finissent ; partout, le 15, nous allons donc pouvoir nous reposer s’écriaient les gens de sport.
- Eh bien pas du tout !
- Un nouveau sport nous est né! le besoin s’en faisait-il vivement sentir?
- Je n’envisagerai pas celte question et je me contenterai d’annoncer à mes lecteurs que le Cour-sing Club de Paris, donnera sa première réunion dimanche prochain, 16 décembre, à Enghien, à 1 heure.
- Je lui souhaite bonne chance et recettes fructueuses;
- Ah ! j’allais oublier de dire que ce genre de sport consiste à faire attraper des lièvres par des lévriers.
- Le chien qui, après plusieurs épreuves, a successivement battu ses concurrents, en tuant le plus proprement son lièvre, est proclamé vainqueur et le propriétaire gagne souvent d’assez fortes sommes en pariant.
- Les Anglais raffolent de ces courses, si en honneur chez eux qu’une nichée de six jeunes chiens âgés de neuf mois, vient d’être vendue 7,500 francs.
- Joli chiffre !
- COURSES A VENIR
- Samedi 15 décembre : Auteuil. Dimanche 16 — Enghien.
- PRONOSTICS
- AUTEUIL
- Samedi 45 décembre 4888
- Prix des Gradins............ Luther.
- Prix Lehon.................. Vide-Gousset.
- Prix d’Adieu............... Landrecies.
- Prix de Clôture............ Ritournelle.
- Prix du Départ.............. Contre-Danse.
- G. Robinson.
- Le propriétaire-gérant : H. Pendrié.
- Imprimerie d’Argenteuil, Ferdinand Le Nindre.
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- 1302.
- QUATRIÈME ANNÉE.
- N° 207.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- DIMANCHE 16 DÉCEMBRE 1888.
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- LE MONITEUR DES COLONIES
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- Lire dans la Revue d'Histoire contemporaine du 1er décembre, une curieuse étude sur le Prince Napoléon, signée B. du Casse ; l’intéressante Revue dramatique de Frédéric Froustey ; et la biographie de M. Henrxj Fouquier, le brillant chroniqueur de YEcho de Paris, dont ce numéro contient un portrait superbement gravé.
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- QUATRIÈME ANNÉE.
- Dimanche 23 Décembre 1888.
- NUMÉRO 208.
- SOMMAIRE
- Les Travaux à l’esplanade des Invalides. — Communications ofcfiielles et diverses — Installations diverses. — Grève de la tour Eiffel. — Les Beaux-Arts à l’Exposition de 1889. — Les Etrangers à l’Exposition de 1889. — La Belgique à l’Exposition de 1889. — Exposition de Barcelone. — Exposition de Sauvetage et dH’ygiène. — Exposition Forgeot et Cie. —Echos. — Le Tramway de l’avenue Rapp. — Paris port de mer. — La plus haute chute d’eau du monde. — Les livres. — Gravure : La Rue des Nations en 1878 {suite).
- La nouvelle Administration du MONITEUR DE L’EXPOSITION (absolument indépendante de celle antérieure qui avait son siège rue Bergère, n° 18) a l’honneur d’informer ses abonnés que ses bureaux, situés Cité de l’Alma, n° 11, sont à proximité du Champ de Mars, du quai d’Orsay et de l’esplanade des Invalides, c’est-à-dire au centre même de l’Exposition.
- Elle se met à leur disposition pour tous les renseignements dont ils pourraient avoir besoin concernant l’Exposition de 1889: demandes d’emplacements, installations de vitrines, etc., etc.
- Pour ces renseignements et pour tout ce qui concerne la Rédaction ou l’Administration, s’adresser à M. H. PENDRIÉ, directeur et propriétaire-gérant du MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Par erreur, l’indication: Ce numéro contient un supplément, a été portée sur la couverture du journal dans les numéros parus depuis le 11 novembre dernier. Depuis cette date nous n’avons, cependant, publié aucun supplément. Nos lecteurs voudront bien excuser cette inadvertance.
- LES TRAVAUX
- A L'ESPLANADE DES INVALIDES
- Ainsi que nous l’avons constaté à différentes reprises déjà, l’esplanade des Invalides est, depuis le mois de juin dernier, le centre d’une activité qui ne s’est pas encore ralentie. De belles journées ont, d’ailleurs, favorisé dans ces derniers mois les travaux de tous genres entrepris sur ce point des chantiers de la future Exposition.
- Depuis notre dernière revue (numéro du i i novembre) nous avons cependant peu de constructions nouvelles à signaler ; mais, par contre, nous devons constater l’état d’avancement des travaux alors en cours.
- A droite (côté Paris), les pavillons algérien et tunisien, le premier surtout, sont presque achevés ; il reste seulement à faire la décoration intérieure et extérieure, et, même, une
- partie de celle-ci, en céramique de style arabe, est déjà commencée.
- Un peu plus haut, après un intervalle de 40 mètres, s’élèvent jusqu’au premier étage, les pavillons de l'Annam et du Tonkin ; puis, le palais des Colonies, l’édifice principal de l’exposition des colonies et des pays de protectorat, celui-ci bientôt terminé en tant que gros œuvre. Ce palais, qui fait face à celui de l’exposition militaire est, comme ce dernier, d’un aspect imposant; moins sévère cependant, comme il convient à sa destination. Les bois de charpente rouge brique entremêlés à la maçonnerie lui donnent un curieux aspect exotique, un caractère, un cachet tout à fait appropriés et qui font honneur à l'architecte qui en a conçu le plan. Ce sera incontestablement une des constructions remarquables de l’Exposition et nous nous promettons d’en donner une. vue aussitôt que le permettra l’état des travaux.
- Au delà du palais des Colonies, on vient de commencer-l’édification du bâtiment spécial destiné aux produits de la Cochinchine qui aura environ 60 mètres de façade, et, aussitôt après, celui du Cambodge un peu moins étendu. Les constructions de ce dernier bâtiment sont encore à niveau du sol, mais le personnel ouvrier y est nombreux et, sous peu, elles atteindront certainement la hauteur de ses voisines.
- Toujours du même côté de l’esplanade, à quelques mètres du Cambodge et en bordure de l’allée centrale, a été édifié, dans ces dernières semaines, un petit bâtiment d’une douzaine de mètres de façade destiné à l’école type de Versailles. A la suite, vient le panorama Castellani, le Tout-Paris, dont les maçonneries sont à présent chose faite.
- En face du panorama Castellani, à droite de l’esplanade (côté Champ de Mars), a été réservé, tout d'abord, un espace d'une cinquantaine de mètres qui sera occupé par l’exposition du campement (classe 39), annexe de l’exposition militaire. Et aussitôt après s’élèvent plusieurs petits bâtiments mis en construction depuis notre dernière revue des travaux de l’esplanade.
- En bordure de l’allée' centrale, celui destiné à l’exposition de la société en participation Leclerc ; plus bas, après un espace libre d'une vingtaine de mètres, le pavillon de la société d’assurances l’Urbaine ; et, 50 mètres en arrière, à l’extrémité de l’espace qui sépare les deux constructions précédentes, le bâti-
- ment destiné au cercle ouvrier dont la carcasse en fer est en place.
- Puis, tout à côté de celui-ci, s’élève le bâtiment de l’hygiène dont les deux galeries, en grande partie édifiées, s’étendent jusqu’à l’allée centrale, soit une profondeur de 60 mètres environ.
- C’est à la suite du bâtiment de l’hygiène, et en face de l’emplacement réservé à la Cochinchine, qu’est placée l’importante construction destinée à l’exposition d'économie sociale dont nous avons déjà parlé différentes fois. Les travaux de cette construction, sans avoir été menés à la vapeur, sont cependant en bonne voie d’achèvement. Les murs en plâtre qui garnissent les intervalles des pièces de charpente, base de l’édifice, sont entièrement terminés. On pose les vitrages et les planchers. Bientôt, le gros œuvre de ce bâtiment étant achevé, la décoration intérieure en pourra être commencée. On sait que l’exposition de l’économie sociale doit être des plus importantes. Elle sera pour tous, hommes de science et de travail, une des great attraction de l’Exposition de 1889.
- Tout à côté du bâtiment dont nous venons de parler, s’élève un petit pavillon modeste, bientôt à hauteur de toiture, où sera installée l’exposition des eaux minérales. Ce bâtiment est en bordure de l’allée centrale.
- C’est tout à côté que se trouve le palais de l’Exposition militaire, dont le gros œuvre a progressé rapidement depuis quelques semaines. Bientôt, le blanchiment des murailles en sera terminé et, débarrassé des échafaudages qui le masquent encore, il apparaîtra aux yeux de tous, imposant et majestueux. Comme le palais des Colonies, celui de l’Exposition militaire sera un des -monuments remarquables de l’Exposition de 1889, nos lecteurs ont pu, d’ailleurs, en juger par la gravure que nous avons publiée de ce palais dans le numéro du Moniteur du 4 novembre dernier. Le château-fort placé en bordure de l’allée centrale a progressé également. La charpente des deux tourelles qui en forment la partie principale est posée et, dans peu de jours, le travail de blanchiment deshnurailles sera fait.
- Enfin, il nous reste à signaler de ce côté de l’esplanade une construction nouvelle, celle du pavillon de l’Administration des postes et des télégraphes placé en bordure de l’allée centrale et au plus près de la Seine. Ce pavillon ne sera pas sans importance, car son emplacement recouvre une surface de plus de
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- 1306.— QUATRIÈME ANNÉE. — N° 208.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- DIMANCHE 23 DÉCEMBRE 1888.
- 500 mètres carrés. L’édifice, bien que dépassant déjà la hauteur d'un étage, n'est cependant pas assez avancé pour que nous puissions en faire une description ; nous la donnerons dans une prochaine revue.
- C’est en arrière du bâtiment ci-dessus que se trouve l’emplacement réservé au pavillon gastronomique ; mais, bien que commencés il y a plus d’un mois, les travaux de cette construction n’ont pas encore dépassé le niveau du sol. Seules les caves, chose importante en l’espèce, il est vrai, sont terminées. Souhaitons que la partie supérieure de ce pavillon soit promptement exécutée, caries consommateurs proprement dits ne seront pas les derniers à visiter la future Exposition.
- En somme, de notre revue des travaux de l’esplanade, nous croyons pouvoir conclure que, sur ce point, comme au Champ de Mars, tout sera prêt en temps utile.
- H. Pendrié.
- COMMUNICATIONS OFFICIELLES
- ET DIVERSES
- CONGRÈS INTERNATIONAUX Congrès de la propriété industrielle
- Dans Tarrêté du 5 décembre 1888, constituant le comité d’organisation du Congrès international de la propriété industrielle, que nous avons publié dans notre numéro du 16 courant, il y a lieu de faire la rectification suivante :
- Au lieu de :
- M. Develle, sénateur, ancien ministre,
- Lire :
- M. Develle, sénateur.
- m
- * #
- Congrès de l’enseignement primaire
- Par arrêté en date du Tl décembre 1888, le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a nommé membre du comité d’organisation du congrès international de l’enseignement primaire :
- MM
- Bersier, pasteur.
- Bertrand, inspecteur général de l’enseignement primaire.
- Beurier, directeur du musée pédagogique. Buisson, directeur de l’enseignement primaire au ministère de l’instruction publique. Burdeau, député.
- Carré, inspecteur général de l’enseignement primaire.
- Carriot, membre du conseil supérieur de l’instruction publique.
- Compayré, député.
- Couturier, inspecteur d’académie. Dreyfus-Brisac, directeur de la Revue internationale de l’enseignement.
- Mme
- Friedberg (de), directrice de l’école normale supérieure d’institutrices.
- MM.
- Grèard, membre de l’Institut, vice-recteur de l’académie de Paris.
- Hérédia (de), député, ancien président de l’association philotechnique.
- Jacoulet, inspecteur général de l’enseignement primaire.
- Jacquemard, inspecteur de l’enseignement technique.
- Joseph (le frère), supérieur général des frères de la doctrine chrétienne.
- Jost, inspecteur général de l’enseignement primaire.
- Kahn (Zadok), grand rabbin du consistoire israélite.
- Mme
- Kergomard (de), membre du conseil supérieur de l’instruction publique.
- MM.
- Lenient, membre du conseil supérieur de l'instruction publique.
- Leyssenne, inspecteur général de l’enseignement primaire.
- Macé (Jean), sénateur, fondateur de la ligue de 1’enseignement.
- Martel, ancien directeur du collège Chaptal. Néel, membre du conseil supérieur de l’instruction publique.
- Ollendorff, directeur de l’enseignement technique au ministère du commerce et de l’industrie.
- Pécaut, inspecteur général de l’enseignement primaire.
- Salicis, inspecteur général.
- Yessiot, inspecteur général de l’enseignement primaire.
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- * *
- Congrès de la propriété artistique
- Par arrêté en date du 11 décembre 1888, le ministre du commerce et de l’industrie, com-missaite général de l’Exposition universelle de 1889, a nommé membre du comité d’organisation du congrès international de la propriété artistique, M. Martin (Albert), avocat à la cour d’appel.
- *
- * *•
- Congrès des sociétés par actions
- Par arrêté en date du 12 décembre 1888, le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a nommé membre du comité d’organisation du congrès international des sociétés par actions, M. Courcelle-Seneuil, membre de l'Institut, en remplacement de M. Camille Sée, démissionnaire.
- Concours d’animaux vivants en 1889
- Par divers arrêtés, en date des 30 novembre et 4 décembre 1888, le ministre de l’agriculture a apporté les modifications suivantes à l’arrêté du 30 juin 1888, portant règlement général du concours d’animaux vivants : espèces bovine, ovine, porcine et animaux de basse-cour, de l’Exposition universelle de 1889 :
- lo La date du le1'janvier 1889, précédemment fixée comme limite pour l’envoi des déclarations des animaux à exposer, est reportée au 1er avril 1889;
- 2° Toute race non dénommée, qui sera représentée par plus de quinze animaux, aura droit à la création d’une catégorie spéciale. Le nombre et la valeur des prix seront déterminés par arrêté ;
- 3o Les races bernoise, fribourgeoise et sim-menthal, qui formaient une seule classe, auront droit chacune aux prix suivants :
- Ire division, animaux mâles de un à quatre ans :
- 1er prix, 600 francs ; 2e prix, 500 francs ; 3e prix, 400 francs.
- Animaux femelles de deùx ans et au-dessus :
- 1er prix, 400 francs : 2e prix, 300 francs ; 3e prix, 200 francs; 4e prix, 100 francs.
- Loi relative aux récompenses à décerner à l’occasion des expositions internationales qui ont eu lieu, en 1888, à Barcelone, Melbourne et Bruxelles.
- Le Sénat et la Chambre des députés ont adopté,
- Le Président de la République promulgue la loi dont la teneur suit :
- Article unique. — A l’occasion des expositions internationales de Barcelone, de Melbourne et de Bruxelles, qui ont eu lieu en 1888, le gouvernement est autorisé à faire dans l’ordre
- national de la Légion d’honneur, en dehors des dispositions restrictives de la loi du 25 juillet 1873, des nominations et promotions dont le nombre ne pourra pas dépasser :
- Huit croix d’officier;
- Quarante-cinq croix de chevalier.
- La présente loi, délibérée et adoptée par le Sénat et par la Chambre des députés, sera exécutée comme loi d’Etat.
- Fait à Paris, le 12 décembre 1888.
- Carnot.
- Par le Président de là République :
- Le ministre du commerce et de l’industrie, Pierre Legrand.
- INSTALLATIONS DIVERSES
- Le pavillon de l’Algérie
- On lit dans le Moniteur de l’Algérie du 13 courant :
- « A propos de l'Exposition universelle de 1889, nous apprenons que M. le gouverneur général vient de charger M. l’administrateur de Fort-National de faire construire au pavillon algérien une maison kabyle identiquement du même modèle que celles qui existent dans les villages de la Kabylie, avec tous ses accessoires.
- « Dans cette habitation, seront installées plusieurs familles, voir même des bourricots, afin que les visiteurs puissent se faire une idée exacte de la vie et des mœurs de nos berbères.
- « Ajoutons que tous les journaux de Paris sont unanimes à dire que le pavillon algérien sera le succès de l’Exposition. »
- Horlogerie
- On lit dans le Petit Comtois, de Besançon :
- « Les membres du comité rappellent à MM. les fabricants qui n’ont pas assisté à la réunion de lundi dernier qu’une exposition collective des fabricants de Besançon, dont la ville couvre tous les frais, aura lieu, indépendamment des expositions individuelles, à l’Exposition de 1889. Toutes les parties représentatives de la montre, décorations, boîtes, cadrans, aiguilles, ressorts, etc. etc, auront droit d’y participer. Les producteurs bisontins de tout ordre sont instamment priés d’envoyer leurs adhésions sous huitaine, soit à M. Julien Félix, soit à M. Ern. Antoine. Ce délai est de rigueur en raison de la nécessité de faire procéder sans retard à la confection du meuble ou pavillon spécial destiné à la collectivité.
- « L’importance du principe de collectivité eu matière d’exposition n’échappe plus à personne; l’horlogerie suisse se disposé à l’applique-; non seulement à ses fabriques, mais même à ses écoles; les fabricants de la place, dégagés de toute charge d’installation, voudraient-ils encourir la responsabilité d’une désertion en masse ? Leurs intérêts personnels bien entendus, ainsi que les intérêts de toute une industrie et par dessus tout le souci de leur propre dignité le leur interdisent. »
- Le Palais de l’Alhambra
- On lit dans l'Évènement du 14 courant :
- Le palais de l’Alhambra, tel qu’il existe à Grenade, va être construit à Paris, 88, avenue Kléber, sur un magnifique terrain boisé de 7,000 mètres de superficie.
- Le Jardin d’Hiver et Mabille, le Château des Fleurs et Valentmo vont, en quelque sorte, ressusciter dans ce palais merveilleux qui, par lui-même, au double point de vue de l’art mauresque et de l'architecture orientale, sera l’une des plus grandes attractions de l’Exposition de 1889.
- L’idée de cette splendide opération appartient à M. Bachelin-Deflorenne qui, au lieu d’éditer un livre d’ornementaiion arabe, édite le monument lui-même, que tant d’écrivains célèbres
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- ont justement célébré. Un groupe de capitalistes, sous l’impulsion de M. Jacques Doria, 25, boulevard Haussmann, s’est formé en vue de cette reconstruction du plus éblouissant palais des Maures qui, certainement, laissera bien loin de lui les pastiches de la Bastille, du Châtelet et de la Tour du Temple. Le palais de l’Alhambra sera donc, à la fois, une curiosité artistique, un théâtre oriental, une salle de bal, un jardin féerique et un bazar du Levant dans lequel passeront toutes les marchandises de luxe fabriquées en Asie et en Afrique. On peut prédire un immense succès à cette affaire unique en son genre à Paris et en Europe.
- Nous devons faire remarquer, pour être exact, que cette installation bien que faite tout près du Trocadéro, n’est pas comprise dans l’enceinte de l’Exposition. C’est une entreprise d’ordre absolument particulier comme celle de l’exposition rétrospective de la Bastille, ainsi que le dit, d’ailleurs, notre confrère Y Évènement.
- GRÈVE A LA TOUR EIFFEL
- Jeudi dernier, une nouvelle grève s’est déclarée sur les chantiers supérieurs de la tour Eiffel. Dans la journée les ouvriers, au nombre de 140, se sont réunis sur la deuxième plate-forme de la tour, à 115 mètres, et ont décidé de réclamer à M. Eiffel une augmentation de paye de 0 fr. 50 par heure de travail effectif.
- Cette demande d’augmentation, qui est peut-être excessive, est motivée, au dire des ouvriers, par le moindre nombre d’heures de travail réel, conséquence du peu de durée du j our dans ces mois d’hiver, et, aussi, par le danger de plus en plus grand résultant de la hauteur de l’édifice.
- Les nécessités de notre tirage nous empêchent, à notre grand regret, de faire connaître cette semaine la suite qui sera donnée à ce nouveau conflit ; mais nous avons la confiance que M. Eiffel saura faire à ses ouvriers les concessions nécessaires et que ceux-ci, de leur côté, ne persisteront pas à soutenir des prétentions qui, si elles se maintenaient trop élevées, rendraient tout accord impossible.
- L’heureuse solution qui a mis fin à la grève du mois de septembre nous est un garant que de part et d’autre, on fera tout pour arriver à un accord sincère et définitif.
- LES BEAUX-ARTS
- A l’exposition universelle de 1889
- M. Antonin Proust, commissaire spécial des beaux-arts à l’Exposition universelle de 1889, vient de régler définitivement l’organisation de cette importante section.
- L’exposition des beaux-arts sera divisée en six parties distinctes :
- 1° L’exposition de l’art français de 1789 à 1878 (peinture, sculpture, gravure, etc.):500ou600 tableaux, pas davantage, choisis parmi les meilleurs de l’école française. Chacune des salles recevra une décoration différente, rappelant le style particulier à chaque époque dont elle contiendra les œuvres. Il y aura une salle Louis XVI, une salle Empire, etc. C’est M. Formigé, l’architecte bien connu, qui est chargé de cette reconstitution.
- 2° L’exposiiion décennale de 1878 à 1889, qui comprendra les œuvres d’art de la France et de l’étranger, en établissmt une distinction entre les nations étrangères qui ont adhéré officiellement à l’Exposition universelle et ceft.es qui ne s’y feront représenter que par des syndicats. Les artistes qui auront envoyé individuellement leurs œuvres sans se rattacher par aucun lien officiel à leurs pays, auront un salon à part qu’on appellera le salon international.
- MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Détail intéressant : les cimaises seront des cimaises anglaises avec balustrades pour s’appuyer. La cimaise anglaise est, comme on le sait, très basse; et, comme d’autre part, les tableaux ne seront accrochés guère plus haut que le niveau de l’œil des visiteurs, il en résulte qu’il n’y aura point d’œuvres mal placées. De cette façon on utilisera en bas la surface qu’au salon des Champs-Elysées, par exemple, on utilise dans les frises, au grand ennui du public et des artistes dont les toiles restent inaccessibles aux regards.
- 3° L’exposition des arts et manufactures nationales (Beauvais, Gobelins, Sèvres).
- 4° L’exposition de l’enseignement dirigée par M. Guillaume, l’éminent statuaire, inspecteur général de l’enseignement du dessin.
- 6° L’exposition des monuments historiques. Elle sera organisée au palais du Trocadéro, et sera à coup sûr une des plus importantes. M. Antonin Proust se propose d’y réunir, d’accord avec l’administration des monuments diocésains, les reconstitutions d’une foule de monuments intéressants. Elle sera aménagée dans l’aile du palais qui se trouve du côté de Passy. Les moulages qui y sont actuellement seront déplacés, et, au centre des longues galeries, on mettra des vitrines qui renfermeront les chefs-d’œuvre de l’art décoratif en émaillerie, orfèvrerie, céramique, sculpture en bois, etc., depuis le xme siècle jusqu’à nos jours.
- Pour terminer par des chiffres, nous dirons que M. Antonin Proust a un crédit de 1,160,000 francs destiné à couvrir immédiatement les frais de la vaste entreprise qui lui est confiée. C’est bien peu, étant donné que cette somme doit suffire aussi bien à l’aménagement des galeries et des salles de toute la section des beaux-arts qu'aux frais de transport et d'assurance des objets, tableaux p; rlutusseec qui seront envoyés de tous les points du globe. Aussi, le commissaire spécial de la section des beaux-arts, qui ne prélève pour lui aucun traitement, s’est-il entouré, pour ménager ses subsides, de collaborateurs appartenant presque tous déjà à l'administration.
- A la tête de chacune des six sections, il a appelé un ou deux inspecteurs des beaux-arts ; pour l’exposition rétrospective de la peinture et de la sculpture, MM. Gruyer, Véron et Yriarte; pour les dessins, MM. Roger Marx et Dayot; pour l’exposition décennale, MM. Henry Havard et Roger Ballu; pour les manufactures nationales, M. Ph. Burty.
- LES ÉTRANGERS A L’EXPOSITION
- DE 1889
- ANGLETERRE
- On mande de Londres, en date du 19 courant :
- « Hier, un dîner a été offert à la commission chargée d’organiser l’Exposition rétrospective des moyens de transport qui constituera l’année prochaine à Paris une des attractions du Champ de Mars.
- « M. Sutherland, de la « Peninsular Oriental Co », présidait. M. Waddington, obligé d’assister à un dîner politique, n’avait pu venir ; il était remplacé par M. Blanchard de Forges, consul général de France, qui a particulièrement signalé MM. Polydore de Keyser, Trueman Wood et James Dredge comme étant les personnages à l’initiative et à l’activité desquels sera dû, pour une grande part, le succès de l’entreprise.
- « Plusieurs autres discours ont été prononcés.
- « Il résulte des communications faites que la commission est d'ores et déjà assurée de tous les concours qui lui étaient nécessaires pour réaliser son œuvre dans les conditions les plus brillantes. »
- AUTRICHE-HONGRIE
- Nous détachons d’une correspondance parisienne du journal hongrois Pesti Naplo, le passage suivant :
- DIMANCHE 23 DÉCEMBRE 1888.—I307.
- « Les deux pavillons de l’Autriche-Hongrie se distingueront aussi bien par le bon goût de leur extérieur et de leur installation, que par la valeur des objets qui y seront exposés, malgré la mauvaise volonté et parfois la petitesse ridicule qui s’est manifestée à chaque pas dans les cercles compétents — voir même l’opposition de notre gouvernement.
- « Les deux pavillons seront construits d’après les plans de M. Duray, l’ingénieur bien connu et seront, sans doute, après les constructions françaises, les plus beaux bâtiments du Champ de Mars. Les frais de la construction du pavillon pour l’industrie, y compris les travaux décoratifs, montent à 180,000 francs, ceux du pavillon de l’agriculture s’évaluent à 60,000 francs environ. La surface occupée par la section austro-hongroise, est à peu près de 3,000 mètres carrés, mais snr cette surface, la moitié est destinée aux chemins, allées, etc.
- Parmi les 392 exposants qui représenteront la nation austro-hongroise, il y aura 334 industriels (322 Autrichiens, 12 Hongrois), 58 cultivateurs (13 Autrichiens et 45 Hongrois) et 8 éleveurs (3 Autrichiens et 5 Hongrois).
- Il faut, en outre, remarquer que le terrain entier mis à la disposition de l'Autriche-Hongrie est déjà occupé actuellement et que, par conséquent, le comité de l’Exposition ne peut plus tenir compte, à partir du commencement du mois courant, des nouvelles demandes d’admission.
- J’aurais voulu,, pour être plus explicite, pouvoir donner la liste nominative des exposants hongrois; mais c’est impossible, parce que la plupart des exposants qui ne se sont pas inscrits sans appréhension, ont posé la condition directe que leurs noms ne seront pas publiés avant Vouverture de l’Exposition.
- Cette condition donne à elle seule une idée bien triste de la situation en Autriche-Hongrie. Mais est-ce notre faute si le prophète Szechengs exécute à la lettre le Coran de son Allah ?
- BELGIQUE
- M. le directeur général de l’exploitation à l’Exposition universelle de 1889 vient d’avoir, à Bruxelles, un entretien avec M. Caraman-Chi-may, ministre des affaires étrangères, et avec M. de Brueyn, ministre de l’industrie et des travaux publics. Ces Messieurs lui ont confirmé les bonnes dispositions du gouvernement belge pour faciliter le mouvement d’initiative privée en faveur de l’Exposition de 1889.
- M. le directeur général a, en outre, reçu de ces Messieurs l’assurance qu’une grande activité va être apportée de la part des exposants belges en vue des installations prochaines.
- ESPAGNE
- Les journaux espagnols annoncent l’arrivée à Madrid de M. Mélida, chargé de construire le palais de la section espagnole au Champ de Mars.
- M. Mélida, qui a fait à Paris les études préliminaires sur le terrain, va établir à Madrid les plans définitifs du palais et retournera ensuite à son poste pour présider à sa construction.
- La Commission exécutive de la Chambre de commerce de Madrid qui a la charge de Tout ce qui se rapporte à la prochaine Exposition universelle s’est réunie, il y a quelques jours, au cercle de Y Union mercantil pour traiter de diverses questions se référant à l’Exposition dont la plus importante a été celle du transport des produits destinés au Champ de Mars.
- Il a été décidé en principe que les frais de transport de ces produits seraient à la charge des exposants, car le crédit de 500,000 francs voté par les Cortès sera largement absorbé par les autres dépenses qu’entraînera l’organisation de la section espagnole.
- RUSSIE
- La Gazette de Saint-Pétersbourg publie un article du général Tatistchef.
- Après avoir constaté que la Russie doit hautement apprécier l’amitié de la France , qui
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- LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE 1889.
- DIMANCHE 23 DÉCEMBRE 1888.
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- garantit la paix européenne et empêche la Russie de demeurer isolée devant la coalition des forces ennemies de l’Occident, le général Tatistchef conclut à l’opportunité, non seulement industrielle, commerciale et artistique, mais encore politique, de participer sans la moindre hésitation à l’Exposition de 1889.
- Le général estime que l’abstention de la Russie serait étrange dans ce moment où la Russie reçoit de si sincères témoignages de sympathie de la part du peuple français, alors que la Russie a participé à TExposition de 1867, organisée par la France bonapartiste, quatre ans après la campagne diplomatique anti-russe et à l’exposition de 1878, à l’époque où les représentants de la jeune République, non éclairés encore par l’expérience, faisaient, au Congrès de Berlin, chorus avec les autres puissances hostiles au peuple russe.
- Le comité des exposants russes vient d’être constitué, 118, boulevard Haussmann; il est composé comme suit :
- Président d’honneur : M. Andreef, conseiller privé de l’empereur de Russie;
- Président ; M. Poproff;
- Vice - présidents : MM. de Choubersky et Schloss ;
- Membres : MM. Yarango, Florand, Chopin, Jablochkoff, Rohmann, Makowsky et Gruns-waldt.
- Adjoints : M. Bastien, secrétaire, et M. Mok-chissy, attaché pour la section d’agriculture.
- MM. Rohmann et Makowsky, peintres bien connus des Parisiens, sont chargés de la section des beaux-arts.
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- U BELGIQUE i L'EXPOSITION
- DE 1889
- Réunion à Bruxelles du Comité exécutif belge
- U Indépendance belge (numéro du 20 décembre) nous apporte le compte rendu de l’importante réunion qui vient d’avoir lieu à Bruxelles, cette semaine, du comité exécutif de la section belge, réunion à laquelle assistait M. G. Berger, directeur de l’exploitation de l’Exposition universelle.
- Nous ne saurions mieux faire que de publier in extenso le compte rendu de notre confrère. Le voici intégralement :
- Le comité exécutif de la section belge à l’Exposition de 1889, avait convoqué, mercredi matin, à 11 heures, dans la grande salle du palais des Académies, une réunion plénière des membres des commissions de tous les groupes d’exposants.
- C’est M. Victor Lynen qui prend la présidence, M. Jules Carlier, commissaire général, étant empêché par suite d’indisposition. A la droite du président, nous remarquons M. Bou-rée, ministre de France, et à sa gauche M. Berger, directeur générai de l’Exposition, et M. de Lacretelle, secrétaire général des sections étrangères, qui sont arrivés de Paris mardi dans la nuit, pour assister à cette importante assemblée. Prennent également place au bureau MM. Slingeneyer, de Nayer, comte de Ri-beaucourt, Linden, Guinotte, de Savoye, Eloy, présidents ou vice-présidents des différents groupes; M. Gody, secrétaire général ; M. Ha-maide, directeur des transports; M. Janlet, architecte; et MM. Missoten, Janssen, Béclard et de Puydt, secrétaires du commissariat général de la section belge.
- M. le président ouvre la séance en souhaitant la bienvenue à M. le ministre de France et à MM. Berger et de Lacretelle. Il les remercie d’avoir bien voulu honorer la réunion de leur présence, et les assure des efforts que tente la Belgique pour être dignement représentée à la grande Exposition de Paris. Puis M. Lynen accorde la parole à M. Missoten qui lit le rapport élaboré par M. Jules Carlier, commissaire
- général. Voici ce rapport ; vu son importance, nous le reproduisons in extenso :
- « Messieurs,
- « Lorsque, pour la première fois, nous eûmes l’honneur de vous réunir, le 9 mai dernier, la participation belge à l’Exposition universelle de Paris était pour ainsi dire à son aurore.
- « Aurore pleine de promesses, d’ailleurs, dont l’accroissement des subsides accordés par le gouvernement et l’extension des espaces mis à notre disposition à Paris, comme l’entrain qui se manifestait dans les rangs de nos producteurs, faisaient, on pouvait y compter, l’avant-coureur d’une brillante journée.
- « Neuf mois se sont écoulés depuis, et les promesses d’alors sont devenues des réalités.
- « 1,657 demandes d’admission sont parvenues à la commission. Avec les inscriptions qui nous viendront pour les groupes spéciaux et les concours temporaires, le nombre des inscrits au catalogue ne sera guère inférieur à 2,000. Il était, en 1878, de 1,670.
- « Ce résultat magnifique est dû, avant tout, à la collaboration intelligente et active des bureaux de classe. Leur propagande, leurs efforts de tous les jours nous ont amené le chiffre sans précédent d’adhésions que nous venons d’indiquer. On peut dire, sans exagération, qu’ils ont bi^n mérité du commerce et de l’industrie belges ; au nom du comité exécutif, je leur adresse les plus chaleureux remerciements.
- « Mais plus les heureux effets de cet incessant recrutement se faisaient sentir, plus aussi on constatait l’insuffisance des emplacements.
- « Après avoir épuisé les trésors de bienveillance que nous ouvrait généreusement la direction générale de Paris, et obtenu de ce côté 3,975 mètres carrés d’extension, force nous a été de recourir à d’énergiques mesures pour loger dans nos étroits espaces la foule de nos exposants.
- « Encore une fois, l’intelligence et l’expérience des bureaux de classe nous ont été précieuses à cet égard. Grâce à elles, il a été possible d’opérer sans trop de résistance des réductions parfois douloureuses, puisqu’elles ont atteint, dans certains cas, 60 et même 80 0/0 des emplacements demandés.
- « Chacun a compris la nécessité du sacrifice et s’est résigné dans l’intérêt de tous à n’obtenir point l'entière satisfaction de son intérêt particulier.
- « On a compris aussi l’avantage considérable qui résulterait de l’adoption de types uniformes de vitrine, au double point de vue de l’utilisation meilleure des compartiments et de l’effet général de l’exposition belge.
- « N’était-ce pas aussi, au demeurant, une combinaison bien profitable aux exposants ? N’avoir ni les frais ni les ennuis des transports et du remontage sur place ; trouver ses installations prêtes à jour et à point nommés, de l’aveu de tous les vétérans d’exposition, c’est presque l’idéal.
- « Nous nous sommes efforcés d’atteindre à cet idéal, sans qu’il en coûtât trop aux exposants pour en jouir.
- « Les taxes de vitrines sont en e ffet calculées de telle sorte qu’elles forment la compensation des frais que s’impose le comité exécutif. Et quant aux taxes d’emplacement, nous pourrions nous borner à dire qu’elles sont les plus minimes de toutes celles que l’on compte dans les compartiments étrangers et que leur modération a parfois provoqué des sourires incrédules de la part des commissaires généraux, mes collègues.
- « Pourtant, nous nous sommes attachés à les rendre plus modérées encore en les basant sur l’espace réellement utilisé par les étalages des exposants.
- « C’est là un mode nouveau de tarificatioki. Mais il est tellement logique et rationnel que son adoption semble vouloir s’imposer désormais.
- « Au total, — et ce chiffre concourra singulièrement à la démonstration que nous voulons
- faire, — nous n’estimons pas à plus de 60,000 francs le produit des redevances d’emplacement, soit 10 0,0 à peine des subsides du gouvernement.
- « Une stricte économie doit donc présider à toutes les décisions du comité exécutif, et nous devons vous prier d’apporter autant de parcimonie dans vos demandes que vous dans les nôtres.
- « 11 a été d’autant plus aisé de calculer nos ressources que, vous le savez, la plupart des emplacements sont aujourd’hui attribués aux exposants.
- « A quelques classes près, ce travail est entièrement terminé pour les groupes II à VIII, Il le sera sous peu pour les autres groupes, et c’est ce qui nous permet de considérer comme terminée la première phase de nos travaux, celle qui devait s'effectuer en Belgique.
- « Je sais bien qu’on eût désiré voir ces travaux plus promptement achevés et je comprends la légitime impatience manifestée par un certain nombre d’exposants.
- « La cause du retard, si retard il y a, réside tout entière dans le nombre même des adhésions et dans leur importance.
- « 11 a fallu, pour y satisfaire, obtenir à Paris les extensions dont j’ai parlé plus haut et qui n’ont point toujours été faciles à enlever, car elles entraînaient des réductions pour d’autres sections.
- « Il nous sera peut-être mêm« permis de constater que peu d’expositions se sont trouvées aussi avancées dans leur organisation à pareille époque et après un laps de temps relativement si court.
- « Un point a pu être encore tranché, grâce à nos efforts, dont la solution devait influer sur la répartition des emplacements. La dégustation des produits alimentaires liquides et celle des tabacs seront permises, par dérogation aux premières décisions et à des conditions très favorables.
- « Nous attachions un grand prix à cette autorisation et nous sommes particulièrement heureux de vous en faire part.
- « Quoi qu’il en soit, nous comptons bien peu de retraites et j’oserais presque dire que nous en avons accueilli l’annonce avec satisfaction, tant il reste encore d’adhésions réservées prêtes à combler les vides éventuels.
- « L’essentiel était qu’aucune firme importante ne renonçât à son concours. Sous ce rapport, il n’y aucune crainte à éprouver.
- « Toutes nos principales maisons se sont fait un point d’honneur de répondre à notre appel ; toutes seront présentes au rendez-vous.
- « Et il en sera ainsi dans chaque classe. Nulle part on ne pourra remarquer l’abstention de la Belgique, pas même dans la viticulture, où nos vignobles de la Meuse iront, eux aussi, montrer l’universalité du travail national.
- « Il y a donc eu, de la part de tous nos producteurs, sans exception, un effort gigantesque et magnifique, dont la résultante formera, de l’aveu de tous, Tune des plus remarquables des sections étrangères.
- « Pourquoi ne pas constater qu’il y a dans cet élan sans précédent encore, autre chose qu’une fière affirmation de la puissance de notre commerce et de notre industrie ? Pourquoi ne pas y voir aussi un gage de sympathie pour le grand pays qui nous invite et auquel nous rattachent tant de liens et tant d’affinités.
- « Mais s’il y a eu des efforts merveilleux de tous nos producteurs pour figurer dignement à Paris, il y a eu de la part du comité exécutif et de ses lieutenants dévoués des efforts non moins constants pour que les installations fussent à la hauteur des produits qu’elles doivent contenir.
- « Les plans de M. l’architecte Janlet, les dispositions deM. l’ingénieur Carez sont tels qu’on pouvait les attendre de ces collaborateurs d’élite. Ils ont rencontré une approbation et une admiration d’autant plus vives qu’elles émanaient d’hommes plus compétents.
- « Comme en 1878, ils peuvent affronter sans
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- crainte l’épreuve décisive de l’exécution et de la concurrence,
- « Nous n’avons pas laissé non plus d’arrêter pour la manutention des colis et pour le remisage des caisses, des mesures nécessaires et pratiques qui pareront à des inconvénients éprouvés en d’autres circonstances.
- « A côté des groupes industriels proprement dits, nous aurons cette fois des groupes de non moindre importance.
- « Le commerce d'exportation aura, ainsi qu’à Anvers et à Bruxelles, son exposition spéciale placée à côtéd’un de ses bureaux de renseignements si utiles pour nos producteurs, si appréciés par eux.
- « L’économie sociale, le travail au point de vue rétrospectif ne seront pas moins brillamment représentés, et il ne dépendra pas des hommes de rare talent qui président à l’organisation de ces compartiments de puissant intérêt que l’on reconnaisse enfin au dehors les œuvres admirables réalisées dans notre pays par la philanthropie réfléchie du gouvernement et des chefs d’industrie.
- « J’ai gardé pour la fin ce groupe privilégié, qui sera le couronnement de tous les autres et montrera qu^le eulte du beau n’a point perdu chez nous son antique splendeur.
- « Des nuages passagers ont pu faire craindre un instant que la discorde ne se glissât dans l’organisation de notre compartiment des beaux-arts. On a lancé contre sa commission je ne sais quels reproches, auxquels il vaut mieux ne point s’arrêter.
- « De loyales explications ont dissipé tout malentendu parmi les nombreux artistes dont l’esprit est droit et le cœur généreux. On s’est mis à l’œuvre énergiquement là aussi, avec un seul but comme une seule pensée : le maintien haut et ferme du glorieux drapeau de notre écule, la conquête des triomphes artistiques^ qui jamais n’ont fait défaut à notre pays.
- «On le sait, un jury spécial fonctionnera pour la distribution de ses récompenses. Nous ne connaissons pas encore les bases de sa composition ni de son fonctionnement. Nous sommes également dans l’ignoranee des mêmes données quant au jury international de l’Exposition proprement dite.
- « Il ne nous est donc pas possible, pour le moment, de déterminer, en ce qui nous concerne, le mode de nomination et le nombre de jurés belges.
- « Le comité exécutif vous fera part ultérieurement de ses décisions à cet égard. Comme toujours, il s’inspirera sur ce point des intérêts bien entendus et des désirs légitimes des exposants.
- « Pour arriver, Messieurs, au résultat dont je viens de vous tracer l’esquisse à grands traits, il a fallu, je vous l’ai dit déjà, le concours dévoué de tous.
- « Jusqu’ici, ce concours, nous l’avons sans cesse rencontré complet, généreux, prodigue presque.
- « Nous l’avons trouvé chez vous; nous l’avons aussi trouvé autour de nous, et je manquerais à tous les devoirs de la gratitude si je n’exprimais publiquement nos remerciements les plus vifs à M. le secrétaire général, dont l'expérience consommée, connue de vous tous, m’a été si souvent utile; à mes secrétaires, dont vous avez pu voir se déployer sous vos yeux le zèle et les aptitudes.
- « Conservons, en les développant, ces éléments indispensables du succès définitif; ils ne nous seront pas moins nécessaires dans l’avenir que dans le présent, et d’eux dépend surtout la réussite absolue de la participation belge.
- « A coup sûr, dans l’accomplissement d’un labeur toujours rude et parfois ingrat, il se peut que des dissentiments se soient élevés entre certains d’entre nous. Moi-même je me défends avec soin de la prétention d’avoir toujours satisfait tout le monde, d’avoir toujours résolu comme elles devaient l’être les épineuses ou
- délicates questions dont j’étais le juge bien neuf et bien incompétent.
- « Ce que j’ose affirmer pourtant, en votre nom comme au mien, c’est qu'en toute circonstance nous n’avons été guidés que par un unique objectif : l’universalité, l'éclat, la grandeur de la participation belge.
- « On doit beaucoup pardonner à ceux qui ont beaucoup aimé.
- « Donnons-nous donc tous aujourd’hui le baiser de paix et d’amitié devant les premiers résultats acquis ; ils témoignent hautement de l’amour passionné que nous a inspiré à tous notre patrie, du désir intense que nous avons jusqu’au dernier, de voir notre chère Belgique revenir de Paris chargée de ces pacifiques lauriers qui font d’un petit territoire un grand pays et une grande nation. »
- Après les applaudissements qui couvrent les dernières paroles de l’honorable secrétaire, M. Bourée, ministre de France, se fait l'interprète de l’assemblée en félicitant vivement M. Carlier de son dévouement et de son zèle.
- La participation de la Belgique, dit encore M. Bourée, aurait pu être combinée autrement. Les circonstances ne l’ont pas permis. Mais en tout cas, elle ne pouvait être plus cordiale. Et il ma paru de mon devoir, comme représentant de la République française, de venir vous remercier tous, Messieurs, en cette occasion, et vous dire aussi combien à Paris on se réjouit de voir le zèle que vous apportez à l’organisation de votre section. Aussi votre exposition sera-t-elle digne de votre pays et de l’amitié qui l’unit à la France.
- M. Berger prend ensuite la parole. L’honorable directeur général de l’Exposition de Paris se déclare heureux d’avoir pu accorder à la section belge l’extension de 3,900 mètres carrés qu’elle demandait au delà de l’ensemble de la superficie déjà accoi'dée.
- On a également concédé à la Belgique un surcroît de force motrice pour l’établissement de son compartiment mécanique. Sur 40,000 kilogrammes de vapeur disponibles, la Belgique en réclamait 15,000. Pour satisfaire à cette demande, on a dû porter la force motrice de 40,000 à 50,000 et même à 60,000 kilogrammes, C’est une augmentation de plus de 100,000francs de frais, mais on n’a pas hésité.
- M. Berger fait aussi connaître les dispositions spéciales qui sont projetées pour la classe des produits alimentaires et la dégustation de ceux-ci. Chaque section aura un barde dégustation.
- L'éminent directeur général engage les exposants belges à se grouper et à exposer en collectivités, ce qui suppléera au manque d’espace dont on se plaint encore, en dépit des extensions, et ^permettre d’admettre de nouveaux exposants, s’il s’en présente.
- Quand toutes les listes d’exposants seront connues, on s’occupera de la constitution du jur}\ 11 y aura, pour la France, un juré par trente exposants ; et on ne prendra comme jurés que des exposants antérieurement récompensés à une exposition.
- Les installations peuvent être commencées déjà. Les planchers sont prêts.
- M. Berger engage instamment les organisa-sateurs de la section belge à presser les exposants belges. Les listes des adhérents doivent être remises avant le 1er janvier 1889, p0ur que l’on puisse composer tout de suite les catalogues.
- En terminant, M. Berger proteste de son désir personnel de faire tout ce qui pourra être utile ou agréable aux exposants belges.
- Avant la levée de la séance, M. le président remercie encore MM. Bourée, Berger et de Lacretelle dont la présence est la marque la plus évidente de la sympathie et de l’intérêt que la France porte à la Belgique.
- DIMANCHE 23 DÉCEMBRE 1888. — 1309.
- EXPOSITION DE BARCELONE
- RÉCOMPENSES
- Voici, d’après la liste officielle, comment se répartissent les récompenses pour les exposants français ;
- PREMIER GROUPE
- Chasse, Pêche, Pisciculture, Animaux utiles et de basse-cour
- MÉDAILLE D’OR
- Altazin-Gorrée, Boulogne-sur-Mer.
- MÉDAILLE I)E BRONZE
- Marty (Henri), Villefranche (Aveyron).
- DEUXIÈME GROUPE (lro section) Alimentation, Machines et Procédés
- MÉDAILLES D’OR
- Boulet et Ce, 31, rue Boinod, Paris.
- Egrot, 23, rue Mathis, Paris.
- Fauqueux (Alexandre) et Ce, Petit (Edouard), successeur, la Ferté-sous-Jouarre.
- Faffeur frères, à Carcassonne.
- Lecornu, 114, rue Oberkampf, Paris, Lamoureux (Sylvain), 7, quai d’Anjou, Paris. Mabille frères, Amboise (Indre-et-Loire). Mondollot (Auguste-Adrien), 72, rue du Château-d’Eau, Paris.
- Vve Mareschal (Jules), 185, rue d’Allemagne, Paris.
- MÉDAILLES 1)’aRGENT Bourdil (Louis), Narbonne.
- Deroy fils aîné, 75, rue du Théâtre, Paris Grenelle.
- Durafort et fils, boulevard Voltaire, 162, Paris Gilles (Louis), 74, rue Amelot, Paris.
- Herlin (Alexandre), 36, rue Réaumur, Paris. Hervé et Moulin, 205, rue Ste-Catherine, Bordeaux.
- Marmonnier, Lyon.
- Masson (Eugène), 49, rue Franklin, Lyon. Noël, 104, avenue Parmentier, Paris.
- Palayer et Pouchon, rue Saint-Anastase, Paris.
- Simoneton et fils (A.), 41, rue d’Alsace, Paris. Thibaudet (C.), Paris.
- Texier et ses fils, Vitré (Ille-et-Vilaine). Vermorel (V.), Villefranche (Rhône).
- MÉDAILLES DE BRONZE
- Delperier et fils, Saint-Aubin-d’Issigeac (Dordogne).
- Joya (J.), Grenoble.
- Piaubert-Lescure (S.), Langon, près Bordeaux.
- Pissavy père et fils, 35, rue Greneta, Lyon. Rouhette, 30, quai de la Râpée, Paris.
- MENTIONS HONORABLES
- Nogués (Jean), Aureilhan-Tarbes (Hautes-Pyrénées).
- Richard (A.), Chambéry.
- TROISIEME GROUPE
- Agriculture
- MÉDAILLES D'OR
- Beaume (Léon), 66, avenue de la Reine, Bou-logne-sur-Seine.
- Bajac (A.), Liancourt (Oise).
- Burnet (Edouard), 17, rue de Cléry, Paris. Brouhot et C°, Vierzon.
- Chambre syndicale des constructeurs de machines et instruments agricoles.
- Enfer et ses fils, 10, rue de Rambouillet, Paris. Egrot, 23, me Mathis, Paris.
- Forné (Michel), Céret (Pyrénées-Orientales. Marot (J.) et fils, Niort.
- Mabille frères, Amboise.
- Noël, 104, avenue Parmentier, Paris (Pompes). Senet (Adrien-Bruno), 10, rue Fontaine-au-Roi, Paris.
- Faffeur frères, Carcassonne. Vilmorin-Andrieux et Ce, 4, quai de la Mégisserie, Paris.
- MÉDAILLES D’ARGENT
- Amouroux frères, Chalabre (Aude),
- Bourdil (N.), Narbonne.
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- 1310.—QUATRIÈME ANNÉE. •—- N° 208.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- DIMANCHE 23 DÉCEMBRE 1888.
- Balset (Charles'.
- Chandora (Léon), Moissy-Cramayel (Seine-ct-Marne).
- Cabal (César), Nissan (Hérault).
- Clert (A.), Niort.
- Deroy fils aîné, 75, rue du Théâtre, Paris-Grenelle.
- Durozoi (Marcel), 13, rue Riblette, Paris.
- Faffeur frères, Carcassonne.
- Lambert (E.), Bar-sur-Aube.
- Masson (Eugène), 49, rue Franklin, Lyon.
- Neut (L.) et Ce, rue Claude-Vellefaux, Paris-
- Noël, 104, avenue Parmentier, Paris (Pulvérisation).
- Rouhette, 30, quai de la Râpée, Paris.
- Simoneton (A.) et fils, rue d’Alsace, Paris.
- Souchu-Pinet, Langeais (Indre-et-Loire).
- Texier et ses fils, Vitré (Ille-et-Vilaine).
- Vcrmorel, Villefranche (Rhône).
- Vernetfe (Etienne), avenue d’Agde, Béziers.
- MÉDAILLES DE BRONZE
- Ateliers méridionaux, Montpellier.
- Amiot-Lemaire, Bresles (Oise).
- Albrand (G.), 87, rue de la République, Marseille.
- Breton-Grelier (Onésime), Meung-sur-Loire ( Loire).
- Batifoulier, Besançon.
- Blaquière, Bédarieux.
- Grandin (François-Maurice), Cocherel (Maine-et-Loire).
- Joya (J.), Grenoble.
- LeBreton (Louis-Lucy), 27, quai Neuf, Orléans.
- Marmonier, Lyon.
- Mercier (S.-Charles), 16, quai du Louvre, Paris.
- MENTIONS HONORABLES
- Castelbon (Sylvain), Corneilla-del-Vercol (Pyrénées-Orientales).
- Grandin (Théophile), Cocherel (Seine-el-Marne).
- Kuhn et Hoffmann, Jarville (Meurthe-et-Moselle).
- Nôgués (Jean), Aureilhan-Tarbes (Hautes-Pyrénées).
- QUATRIÈME GROUPE
- Sylviculture, Mines, Carrières, Industrie
- métallurgiques .
- MÉDAILLES DOII
- Bousquet (Hyppolyte), 16, rue Grenier-Saint-Lazare, Paris. .
- Bauçhe (G.etl-I.), rue Boulart, Reims.
- Bouchacourt, Magnard et Ce, Fourchambault (Nièvre).
- Compagnie anonyme des Quatre Mines Réunies de Graissessac.
- Chaudun (Henri), 131, boulevard de Sébastopol, Paris,
- Depoilly (J.) et Fleury, Escaxbotin (Somme).
- Diétrich (de) et Ce, 37, boulevard Magenta, Paris.
- Grange jeune, 18, rue Michel-Lecomte, Paris.
- Hardy Capitaine et Ce, Nouzon (Ardennes).
- Joanis (Léon de). Fonderie de Brousseval, près Vassy (Haute-Marne).
- Mongenot (L.), 34, rue de Charonne, Paris.
- Société anonyme des Carrières de porphyres de Saint-Raphaël, 205, boulevard Saint-Germain, Paris.
- Société anonyme des Aciéries et forges de Firminy.
- Société anonyme des Hauts Fourneaux de Maubeuge (Nord).
- Société anonyme des Forges et aciéries du Nord et de l’Est, Valenciennes.
- Société anonyme des Produits réfractaires.
- Turbot (E.), Anzin (Nord).
- .MÉDAILLES D’ARGENT
- Benoît (Ernest), Paris.
- Capgrand-Mothes, 20, cité Trévise, Paris.
- Enfer jeune (A.), 26, rue du Buisson-Saint-Louis, Paris.
- Grandry fils, Nouzon (Ardennes).
- Javon et Rivière, 10, rue Popincourt, Paris.
- Krieg (Edmond), 19, rue Basfroi, Paris.
- Millerot (Adolphe), Fontenoy-le-Château (Vosges).
- Manufacture ardennaise de Braux (Ardennes).
- Vaillant (H.), et Fontaine-Quintart, 131, rue Saint-Honoré, Paris.
- Weité (les filles de Ch.), Pont-de-Roide (Doubs).
- MÉDAILLES DE BRONZE
- Baholtzer (Nicolas), 210, rue Saint-Maur, Paris.
- Bourguet (Martial), 104, rue Oberkampf, Paris.
- Crave (Victor), 99, faubourg du Temple, Paris.
- Crosnier (Louis-Alphonse), 12, chemin des Carrières, Paris.
- Cauvet (Charles) et Ce, 5, boulevard du Musée, Marseille.
- Delmas (Léon), 45, faubourg Saint-Antoine, Paris.
- Delarue, 127, boulevard de Sébastopol, Paris.
- Denis Doyen, Lille.
- Mandart (Louis), 48, rue Lessart, Rouen.
- Martin (Charles) et Ce, 7, rue Bleue, Paris.
- Petit (Emile), 104, route du Landy, Saint-Denis (Seine).
- Plet (Ernest), 97, rue Saint-M&.ur. Paris.
- Teissier (Charles) et Delmas (Adolphe), 8, rue du Châlet, Paris.
- MENTIONS HONORABLES
- Humbert (Edmond), 60, rue de la Chaussée-d’Antin, Paris.
- Lafores’é'(Ernest), 16, rue Meslay, Paris.
- Pirel (Bernard), 206, faubourg Saint-Martin, Paris.
- Scola et Ruggieri, 172, rue Championnet, Paris.
- CINQUIÈME GROUPE Moteurs et Machines-outils
- MÉDAILLES D’OR
- Boulet et Ce, 31, rue Boinod, Paris.
- Dumont (L.), 55, rue Sedaine, Paris,
- Godard (Louis), 3, rue Vintimille, Paris.
- Le Génie civil, 6, rue de la Chaussée-d'Antin, Paris.
- Megy Echeverria et Bazan, 72, boulevard Haussmann, Paris.
- Rayasse (E.), 203, rue Lafayette, Paris.
- Voiriri (Jules), 15, rue Mayet, Paris.
- MÉDAILLES D’ARGENT
- Brouhot et C°, Vierzon.
- Batifoulier, Besançon.
- Chouanard (J.) et fils, 3, rue Saint-Denis, Paris.
- Champigny (Armand), 11, rue de Berne, Paris.
- Ducomet (Joseph), 20, rue des Petits-Hôtels, Paris.
- Durozoi (Marcel), 13, rue Riblette, Paris.
- Eucher Lauréoux, 84, rue d’Angoulême, Paris.
- Guyenet, 83, boulevard Magenta, Paris.
- Guichard (S.), Ant. Bisson et Ce, 8, rue de Rocroy, Paris..
- Gautreau (Théophile), Dourdan (Seine-et-Oise).
- Mallet, successeur de Bidault, 91, rue Oberkampf, Paris.
- Thirion (Henri), 51, rue de la Roquette, Paris.
- MÉDAILLES DE BRONZE
- David, (A.), Charleville.
- Lévy (J,) jeune, 47, avenue Parmentier, Paris.
- Lampsin-Grellet, 23, rue Gambetta, Rouen.
- Moutelon (Julien), Vienne (Isère).
- Mettavent (Albert), 11, rue Morand, Paris.
- Puel père et fils, Béziers.
- MENTIONS HONORABLES
- Blaquière (Eugène), Bédarieux.
- Beaux (L.), Pernes (Vaucluse).
- Duval et fils, 52, rue de Dunkerque, Paris.
- Letellier et Langlois, 52, boulevard Montparnasse, Paris.
- Vanner et Ce.
- SIXIÈME GROUPE Industries textiles
- MÉDAILLES D’OR
- Coget (C.) et Lacour, 2, quai National, Puteaux (Seine).
- Collectivité des Manufactures de draps de Sedan.
- Cail (A.) et Cornille frères, 5, rue d’Aboukir, Paris.
- Cauvin Ivose (E.), 55, rue de Lyon, Paris.
- Couturat et Ce, 118, rue de Rivoli, Paris.
- Deneux frères et C% Amiens.
- Descoutures Appert et Ce.
- Grosselin père et fils, Sedan.
- Hussenot frères et S. Caen, 16, rue du Mail, Paris.
- La Ramie Française, 14, rue Saint-Fiacre, Paris.
- Neveu (Etienne), 13, rue d’Uzès, Paris.
- Poiret frères et neveu, 40, rue Saint-Denis, Paris.
- Simonnot Godard, 33, rue du Sentier, Paris.
- Simoneton aîné et fils. 41, rue d’Alsace, Paris.
- MÉDAILLES D'ARGENT
- Bernheim frères, 196, boulevard Voltaire, Paris.
- Carue (Ph.), 269, rue Saint-Denis, Paris.
- Dye (Louis), Issoirs (Puy-de-Dôme).
- Forest (J.) et Ce, 4, rue Mi-Carême, Saint-Etienne (Loire).
- Godet (J,), 9, rue Palestro, Paris.
- Goujon (A.), 20, rue du faubourg Saint-Antoine, Paris.
- Gavelle Brierre, 40, rue de Valenciennes, Lille.
- Moutelon (Jullien), Vienne (Isère).
- Maret et Urban, Saint-Ouen.
- Reynaud (J.-B.), 25, rue de la Paix, Paris.
- Schmidt (MIQe Louise), née Bertin, 11, rue Beauregard, Paris.
- MÉDAILLES DE BRONZE
- Régnier (E.) et A. Pellevoisin, Le Fond (Charente).
- SEPTIÈME GROUPE
- Industrie de la tannerie, de la pelleterie, de
- la boyauderie, du caoutchouc et de la gUttaper cha.
- MÉDAILLES D’oïl
- Arthus (Frédéric), 23, rue Richer, Paris.
- Bure (François), 75, rue Pascal, Paris.
- Combe (A.) et Oriol (A.), 18, rue Claude-Vellefaux, Paris.
- Lutz (Georges), 3, rue Dieu, Paris.
- Roux fils et Ce, Romans (Drôme).
- Sueur (T.) fils, 4, rue du faubourg Montmartre, Paris.
- MÉDAILLES D’ARGENT
- Braille (Jules), 4, rue du Cygne, Pans.
- Chambre syndicale des patrons mégissiers, Graulhet (Tarn).
- Desfeux (Pierre), rue Meslay, Paris.
- Guillou (Marius) et fils,241, rue Saint-Martin, Paris.
- Jumelle (Henri), 35, rue de Trévise, Paris.
- Rouillon et Herftler, 188, rue du faubourg Saint-Denis, Paris.
- Romain (A.), Pont-Audemer (Eure).
- Rochier (A.), 7, rue Sébastopol, à la Vil-lette, Lyon.
- Rixaux (G. et M.) frères, 197, rue de Vendôme, Lyon.
- Salasc (Benjamin), Bédarieux (Hérault).
- MÉDAILLES DE BRONZE
- Cheseaud (Jean-Baptiste), 221, rue Lafayetîe, Paris.
- Gély aîné, 16, rue des Cordelières, Paris.
- Laperche et Viet, 18, rue des Quatre-Fils, Paris.
- Molinier (Charles), Buzet-sur-Tarn (Haute-Garonne).
- Seguin (Antoine), rue de l’Hay, Gentilly (Seine).
- MENTIONS HONORABLES
- Boissière (Maurice), 15, rue de l’Entrepôt Paris.
- Macherel (Louis), 0, rue Mandar, Paris.
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- LA RUE DES NATIONS EN 1878 (Suite
- LA FAÇADE RUSSI
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- 1312. — QUATRIÈME ANNÉE. —N° 2o8.
- EXPOSITION
- DE SAUVETAGE ET D'HYGIÈNE
- Concours d’Horticulture
- (Suite)
- CONCOURS DE FRUITS ET LÉGUMES, BEURRES, FROMAGES, MIELS
- Toujours très suivis, les concours d’horticulture au Palais de l’Industrie se sont succédés avec éclat. Pour le septième concours (18 octobre), il a été décerné : Médaille d’or à M. Drouet pour une belle corbeille de Pensées, médaille de vermeil à M. Mézard pour un massif de Chrysanthèmes, médaille d’argent grand module à M. Jacob pour une très belle corbeille de Rosiers Thés, tiges, demi-tiges et francs de pied, et fleurs coupées. Nous estimons que, eu égard à la date très avancée, une récompense supérieure aurait dû être accordée à cet horticulteur émérite.
- Le même jour avait lieu dans une salle voisine un magnifique concours de fruits et légumes. Un grand diplôme d’honneur a été décernée à des pépiniéristes qui, depuis longtemps déjà, ont marqué leur place au premier rang. MM. Croux et fils cultivent de très vastes pépinières dans la vallée d’Aulnay, et les résultats acquis, tout à fait supérieurs, sont en rapport avec les efforts constants de ces habiles horticulteurs. Nous voudrions citer tous les noms des magnifiques spécimens présentés ; la place qui nous est réservée ici ne nous permettant pas une longue nomenclature, nous indiquerons quelques-unes des variétés les plus remarquables. Pour les poires : Beurrée Hardy, Fondante des bois, Louise-Bonne d’Avranche, Triomphe de Jodoigne, Directeur Alphand, Passe-Crassane, Nec plus meuris, La France, Doyenné d’Alençon, Olivier de Serre, etc. Notons aussi comme poires d’ornement : Belle Angevine et Van Marum. Parmi les pommes : Grand Alexandre, Belle Joséphine, plusieurs belles espèces de Calville, Royale d’Angleterre, Beauté de Kent, Reine des Reinettes, Reinettes du Canada et les excellentes Reinettes de Caux et Reinette grise, qui ont le grand avantage de se conserver jusqu’au mois de mai.
- Puis de magnifiques grappes : Chasselas doré, Black-Alicante, Frankenthal, Muscat d’Alexandrie, Rumonoya de Transylvanie, Frankenthal du Président, etc., etc. Voilà certes une collection superbe, et quand on pense qu’il y en avait ainsi cinq grandes tables copieusement garnies, on juge que cette récompense ne pouvait être mieux placée.
- Des médailles d’or ont été décernées à M. Boucher, M. Mauvoisin, M. Courtois. Enfin, une médaille d’or petit module a été décernée aux soixante-quatre variétés de pommes et poires présentées par M. Asset. Cet horticulteur soigneux présentait les spécimens d’une récolte faite sur des arbres de trois ans, et le succès qu’il a remporté lui en prépare d’autres sans aucun doute ; nous devons citer dans cette collection. Poires : Colmar d’Aremberg, Duchesse d’Angoulême, Beurré Diel, Doyenné d’hiver, Passe-Colmar, Saint-Germain-Vauquelin, etc. Des pommes : Reinette du Canada, Belle Joséphine, etc., puis des pêches sanguines, des nèfles, des coings, etc., etc.
- M. Torcy-Vannier, que l’on rencontre toujours avec des produits hors ligne, a obtenu une médaille d’or pour sa collection de légumes, plus de mille espèces, et cent variétés de pommes de terre, et tout cela présenté d’une fraîcheur extraordinaire en spécimens qui démontrent les soins minutieux de cet horticulteur émérite.
- MM. H. Rigault et J. Rigaultont, suivant leur habitude, remporté chacun une médaille d’or pour leurs pommes de terre. M. J. Rigault avait en outre présenté des choux-fleurs d’une taille colossale et d’une forme tout à fait parfaite. Enfin, M. Hédiard a obtenu une médaille de
- LE MONITEUR DÉ L’EXPOSITION DE 1889. DIMANCHE 23 DÉCEMBRE 1888.
- vermeil pour ses fruits et légumes de provenance exotique.
- Pour le concours horticole du Ier novembre, un diplôme d’honneur a été attribué aux deux magnifiques groupes de Chrysanthèmes en 1 collection présentés par M. h lézard ; deux corbeilles de Cyclamens ont mérité une médaille de vermeil à M. Robert et une médaille d’argent à M Drouet qui, d’autre part, a obtenu une médaille de vermeil par un beau lot de Bouvardias en collection.
- Les concours de beurres, fromages, miels n’ont pas rencontré un aussi grand nombre d’exposants qu’au concours général, mais c’est cependant devant une salle comble que le jury a eu à fonctionner.
- BEURRES. — Médaille d’or : M. Biron (Fermiers réunis), laiterie de Meulan, fournissant dix mille litres de lait par jour; beurre centrifuge se conservant frais pendant huit jours. Médaille vermeil : M. Godefroy. Médaille argent : M. Letertre, directeur de l’école pratique d’agriculture et de laiterie de la Manche. Cette école est destinée à former des chefs de culture, à donner une bonne instruction professionnelle et, tout particulièrement, à l’enseignement et à l’étude de tout ce qui se rattache à l’industrie agricole, et très utile aux fils de-cultivateurs, propriétaires et fermiers, et en général aux jeunes gens qui se destinent à la carrière agricole. Médaille de bronze : M. Lejard-Manoury, M. Baron, M. Hérault, MM. Chapuis et Ce.
- FROMAGES. — Cette catégorie a été divisée en deux parties :
- i° Producteurs — Médaille vermeil : M. Abaye, pour ses Pont-l’Evêque. Médaille argent : M. Pellerin, pour ses fromages de Troyes. Médaille de bronze : MM. Baron, Chevalier, Haran.
- 20 Marchands. — Diplôme d’honneur : M. Tournadre, belle collection de fromages d’Auvergne. Médaille d’or : M. Paucellier. Médaille vermeil : M. A. Bouchet. Médaille argent : M. Lecocq. Médaille bronze : M. Fallet, M. E. Bouchet.
- MIELS en pots et en rayons. —
- Médaille d’or : M. Asset, apiculteur à Sèvres, pour ses miels coulés et conservés, reconnus d’une qualité tout à fait supérieure ; le jury a regretté l’absence des rayons artistiques de cet exposant. Médaille de vermeil : M. Leroux, miels coulés et en petits rayons. Médaille d’argent : M. Robert, miel coulé, miel en calotte et rayons, et M. Kirsh, miels coulés et en rayons.
- A. RAMÉ.
- EXPOSITION FORGEOT & CiE (1)
- La maison Forgeot et Cie a tenté une épreuve qui, d’une hardiesse sans précédent, a obtenu les meilleurs résultats. Du mardi 30 octobre au dimanche 4 novembre, leurs magasins du quai de la Râpée ont été visités par une foule considérable de cultivateurs, horticulteurs, amateurs, venus pour admirer les collections sans précédent, des produits du sol, depuis le blé et l’avoine jusqu’aux plantes rares, telles que les Orchidées.
- Disposée en jardin français, la grande salle du fond présentait un coup d’œil féerique ; toute la flore automnale y était réunie ; d’abord une belle collection d’Œillets, tige de fer, remontants, depuis le blanc le plus pur jusqu’aux variétés multicolores ; un joli lot de Fougères, des Cyclamens de Perse à très grandes fleurs variées ; une collection de Bruyères, des Bégonias rex et tubéreux hybrides à grande fleur érigée ; des Coleus de semis, variés ; des Primevères de Chine, des
- (1) Nous avons annoncé en temps utile "cette intéressante exposition ; l’abondance des matières nous a forcé, à notre grand regret, de retarder ce compte rendu.
- N. D. L. R.
- Reines-Marguerites, des Pensées anglaises à grande fleur, un beau lot de plantes annuelles, et comme encadrement, des Dracænas, des Cratægus pyrachanta Lalandii (buisson ardent), des Conifères choisis parmi les plus belles variétés ; enfin des arbres fruitiers et à côté leurs remarquables produits. N’oublions pas les choux décoratifs, non plis que les variétés alimentaires, des céleris, des salades, etc., etc., ainsi qu’une grande variété de cucurbitacés. Quand nous aurons dit que chaque jour une conférence-promenade était faite aux visiteurs par les professeurs les plus en renom, nous pourrons ajouter que cette exposition, faite spécialement pour instruire le public, n’a eu pour récompense que le succès d’une œuvre qui, paraissant téméraire, a réussi au delà de toute espérance.
- A. Ramé.
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- ECHOS
- Le Mont-Saint-Michel
- La commission des monuments historiques, réunie sous la présidence de M. Larroumet, directeur des Beaux-Arts, a désigné M. Petit-grand, architecte attaché à la commission, pour continuer les travaux de restauration du Mont-Saint-Michel, en remplacement de M. Corroyer. M. Edouard Lockroy, ministre de l’instruction publique et des beaux-arts, a ratifié cette présentation.
- *
- * *
- Un sénateur espagnol à la Société d’économie politique
- A la dernière réunion de la Société d’économie politique, qui a été tenue sous la présidence de M. Léon Say, on remarquait la présence d’un sénateur espagnol, M. Arthur de Marcoartu, qui, après la guerre de 1870, fonda un prix de 7,500 fr., destiné au meilleur ouvrage sur la constitution d’une assemblée internationale et sur les bases d’un nouveau code de droit des gens.
- M. Léon Say l’ayant invité à prendre la parole, M. de Marcoartu a fait un discours énergique contre les dépenses militaires de l’Europe.
- M. de Marcoartu a terminé par l’offre d’un prix de 3,000 francs au meilleur ouvrage sur l’influence que les dépenses militaires exercent sur les prix de revient de la production. L’honorable sénateur espagnol a été très applaudi et a reçu les félicitations du président, au nom de la Société d’économie politique.
- Le prix de 3,000 francs, annoncé par M. de Marcoartu, sera décerné, l’année prochaine, à l’époque des congrès qui seront tenus à Paris pendant l’Exposition.
- # *
- Les Mines de Hone-gaye
- CONCESSION B AV I E 11 — CH AU F F O U H
- Sous ce titre, on lit dans Y Avenir du Tonkin du 27 octobre dernier :
- « Nous apprenons de source certaine que l’exploitation des mines de charbon de Hone-gaye n’a plus que très peu de mineurs ; notre correspondant nous affirme que, contrairement à ce qui avait été annoncé, il n’y a jamais eu 300 coolies, mais seulement 80 ; en ce moment, il en reste 45 et 15 à peine travaillant à l’extraction.
- « Depuis que cette concession est donnée, pas une tonne de charbon n’a été livrée au commerce ; le yacht de la Compagnie est même alimenté avec du charbon d’Australie.
- « Le Çonseil d’administration se soucie peu, paraît-il, de l’ouverture plus ou moins prochaine des charbonnages.
- « Cela peut faire l’affaire de la Compagnie mais non celle du Tonkin.
- « On dira peut-être : « Charbonnier est maître chez lui »; c’est possible, mais non lorsqu’il s’agit d’un concessionnaire privilégié et tenu à
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- QUATRIÈME ANNÉE. — N° 208.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- DIMANCHE 23 DÉCREMBE 1888. — 1313.
- des engagements au moins moraux, si on n’a pas eu la prévoyance de les stipuler dans le contrat.
- « Les échantillons de charbon d’Hone-gaye, envoyés à l'Exposition de Hanoï, ont été conservés précieusement et seront expédiés à Paris pour figurer à l’Exposition de 1889. »
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- * *
- Le percement du Simplon
- Rome, 12 décembre.
- On mande de Berne à l’agence Stéfani :
- « L’Italie n’est pas éloignée d’accorder une subvention de près de 15 millions pour le tunnel du Simplon; les provinces italiennes directement intéressées en accorderaient une autre, et l’Italie prendrait, en outre, la construction des lignes d’accès à sa charge.
- « Le paiement de la subvention aurait lieu en plusieurs années, correspondant à la durée de la construction.
- « L’exécution complète du travail en répondrait, et, en cas d’inachèvement, cette subvention serait remboursée.
- « Le tunnel déboucherait sur le territoire italien. Quant aux tarifs, l'Italie serait traitée comme la nation la plus favorisée. »
- Nous faisons des vœux pour que cette œuvre importante entre bientôt dans le domaine de l’exécution. Car le tunnel du Simplon qui est la voie la plus courte et la plus favorable comm e tracé de Calais à Milan et à Brindisi, ramènera forcément sur notre territoire une partie du trafic qui traverse actuellement la Belgique, l’Allemagne et le tunnel de Saint-Gothard.
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- Paris Port de Mer
- On a distribué à la Chambre le rapport que M. Gomot a rédigé au nom de la commission chargée par la Chambre de l’examen de la question de Paris port de mer, rapport que nous publions plus loin.
- Ce n’est pas d’aujourd’hui, paraît-il, que cette question préoccupe ceux qui sont le plus directement intéressés à la prospérité commerciale de la capitale.
- On lit, en effet, dans le tome II des Élections, et Cahiers de Paris en 1789, par M. Ch.-L Ghassin, qui vient de paraître, à la fin de « Réclamations pour les boulangers au roi » :
- « Paris n’a aucun débouché pour les grandes et avantageuses spéculations du négoce.
- « Le fleuve qui féconde cette capitale, maintenant d’une faible utilité du côté de l’Océan, à cause de ses longues et inutiles sinuosités, serait un fleuve d’or, le gage de la puissance future de la France, si la nation en corps réalisait ce projet, aujourd’hui possible et indispensable, de faire aborder les vaisseaux des extrémités de la terre au milieu de cette cité populeuse et superbe.
- « Les plans, les devis des ingénieurs ont été présentés au gouvernement. On évalue communément la dépense totale, pour cette entreprise, à 50 millions. Le canal de la Seine rendu navigable, doit opérer à lui seul une grande et mémorable révolution dans le commerce de toute la France. »
- Ainsi donc, il y a cent ans que la question de Paris port de mer a été soulevée, — et elle attend encore sa solution.
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- Les recettes de l’Exposition de Barcelone
- Les prévisions avaient fait estimer à 1 million de francs le montant des entrées de l’Exposition universelle à Barcelone. Mais ce chiffre, contrairement à ce qui arrive souvent en pareil cas, a été dépassé. Le total des entrées dans le palais de l’Exposition ou ses annexes a atteint, en effet, la somme de 1,220,333 pesetas (francs).
- C’est un résultat dont nous félicitons nos sympathiques voisins.
- LE TRAMWAY DE L’AVENUE RAPP
- Nous avons, à différentes reprises, parlé de l’urgence qu’il y avait à établir une ligne de tramway aboutissant au Champ de Mars, par le pont de l’Alma et l’avenue Rapp.
- On sait, en effet, que depuis la fermeture du quai d’Orsay à la circulation (en septembre dernier), les moyens de se rendre au Champ de Mars, par voiture ou par bateau, sont devenus à peu près nuis. Et cependant, chaque jour la circulation va grandissant sur ce point de la capitale. Il s’agirait donc de savoir, une fois pour toutes, si la Compagnie des Omnibus a l’intention de se moquer plus longtemps non seulement du public, mais encore de l’administration de l’Exposition elle-même.
- M. Arsène Lopin, l’honorable conseiller du quartier, a bien voulu nous faire part que la Compagnie des Omnibus s’était engagée à prolonger jusqu’à l’extrémité de l’avenue Rapp la ligne de tramway du pont de l’Alma à la gare de Lyon, aussitôt terminée la pose de la voie, ce qui ne peut tarder à présent. Mais, édifié que nous sommes sur la valeur des promesses de cette trop intéressée Compagnie, nous nous prenons encore à douter.
- C’est pourquoi nous avons conclu dans notre dernier numéro à la mise en déchéance de cette Compagnie, car nous prévoyons les déboires que nous aurons à subir au cours de l’Exposition si elle est encore en possession du monopole dont elle n’a que trop abusé jusqu’à ce jour.
- Nous persistons plus que jamais dans notre manière de voir à son égard.
- H. P.
- PARIS PORT DE MER
- Au cours du voyage qu’il a fait dernièrement dans l’Ouest, le Président de la République, en passant à Evreux, a reçu une copie des vœux émis par les corps élus : Conseils généraux, Conseils d’arrondissements et Conseils municipaux des départements de la Seine, de Seine-et-Oise, de l’Oise et de l’Eure en faveur de la prompte réalisation du projet de Paris Port de Mer, présenté par le savant ingénieur en chef hydrographe, M. Bouquet de La Grye.
- Ce projet est peut-être à la veille d’entrer dans la période de réalisation, car la Chambre saisie depuis quelque temps déjà d’une proposition dans ce sens va discuter très prochainement le rapport de la Commission nommée à cet effet, rapport dû à M.Gomot et que l’importance économique de la question nous engage à reproduire. Le voici intégralement :
- Messieurs,
- Quarante-cinq de nos collègues ont déposé sur le bureau de la Chambre une proposition de résolution invitant le gouvernement à mettre à l’enquête le projet du canal de Paris à Rouen présenté par la Société d’études de Paris port de mer.
- La création à Paris d’un vaste port permettant aux navires à grand tirant d’eau de pénétrer presque au centre de la France pour porter directement à la grande capitale les richesses du monde, a été longtemps considérée comme un rêve Les progrès de la science permettent aujourd’hui d’en faire une réalité. Divers projets ont vu le jour et tous ont éclairé la question, mais les uns présentaient des difficultés difficiles à vaincre au point de vue des travaux d'art, les autres nécessitaient des dépenses devant lesquelles l’épargne française aurait pu reculer.
- Le projet de M. Bouquet de la Grye, membre de l’Institut, qui a reçu la haute approbation des vice-amiraux Jauréguiberry et Thomasset mérite toute votre attention pour la sagesse de ses vues et la netteté de ses conclusions.
- Après un mûr examen votre commission estime qu’il serait fécond en résultats pour le pays ; elle le considère comme aisément réalisable.
- Tous les peuples aspirent à faire de leur
- capitale un centre d’activité commerciale et industrielle. Paris remplit merveilleusement ce rôle, mais quelle source de prospérité nouvelle s’il était mis en relation directe avec la mer par un large canal qui serait comme le prolongement de la mer elle-même ! La France entière y gagnerait, car elle profite de ce qui augmente la grandeur de sa capitale. Les transbordements disparaîtraient avec leur cortège obligé d’entrepositaires, de commissionnaires, d’entrepreneurs, d’intermédiaire-; de toute nature. Par là aussi, se trouverait en partie résolu le problème si grave, dans un centre aussi populeux, des rapports du producteur et du consommateur. Les navires arriveraient à Paris sans rompre charge et les marchandises transportées trouveraient comme moyen d’écoulement les têtes de ligne de tous les chemins de fer français. Le fret d’aller se constituerait des objets d importation qui nous viennent par la Manche ou les mers du Nord, le fret de retour comprendrait ce que l’est et le centre de la France exportent de produits agricoles ou industrie s. Grâce à ce canal maritime, Paris aurait ses appontements, ses entrepôts et ses docks comme Londres a les siens dans la Tamise.
- II
- Paris port de mer n’est pas seulement utile pour développer à l’intérieur le commerce français ; lui seul peut lutter contre la concurrence, contre les progrès incessants du port d’Anvers.
- Longtemps la vallée de la Seine a été le chemin direct reliant les Vosges et la Suisse à l’Océan. Les marchandises amenées par le roulage et par la batellerie étaient embarquées à Rouen ou au Havre. 11 y a cinquante ans, le commerce de transit qui se' fait entre l’Allemagne et les deux Amériques prenait encore la voiedubassin parisien; les dérivations du côtéde Rotterdam et d’Anvers étaient faibles, presque nulles, et les villes étaient loin de prospérer. Aujourd’hui, ce mouvement de transit n’existe plus ; les provinces rhénanes, l’Alsace ot la Lorraine, les Ardennes, la Franche-Comté, la Champagne deviennent insensiblement les tributaires du port d’Anvers : ce rival redoutable grandit chaque jour à notre préjudice.
- Les mêmes symptômes alarmants se de*-sinent entre Marseille et Gênes ; nous pourrions les observer sur d’autres points encore. Ils sont la conséquence de cette guerre économique entamée contre nous depuis vingt ans et poursuivie avec un esprit de suite, une méthode qu'on ne saurait nier. Mais, en ce qui concerne le port d’Anvers, le mal est plus sensible qu’ail-leurs, la lutte plus périlleuse, et les tentatives faites jusqu’ici pour enlever à cette ville la suprématie qu’elle tend à s’arroger n’ont pas été couronnées de succès, malgré les efforts et les sacrifices de l’Et t. Quand on approfondit la question on arrive à se convaincre qu’un seul concurrent peut lutter avec avantage : Paris ! Il suffit, en effet, de regarder une carte d’Europe pour être fixé. Et, sur ce point, l’évidence est Dlle que les Belges eux-mêm s la proclament : dans les travaux de leur chambre de commerce, dans leur publication d’ordre économique, nos voisins considèrent la création de Paris port de mer comme le plus grand danger que puisse courir la prospérité d’Anvers.
- III
- Le canal de Paris à la mer ne serait pas seulement une voie commerciale ; il jouerait, si jamais il en était besoin, un rôle utile dans la défense du pays. Un des points délicats de cette défense paraît être l’agglomération parisienne. En effet, le jour où les voies ferrées sont livrées à l’autorité militaire,le jour d’une mobilisation, les trains de marchandises se trouvent supprimés; et si, par une suite de désastres contre lesquels une administration vigilante doit toujours se prémunir, Paris était une seconde fois investi, on pressent la difficulté de l’alimentation de cet immense camp retranché. Paris serait alors ravitaillé par son canal maritime, car un navire contient le chargement de six trains de chemins de fer. Le canal, sillonné par des monitors, commandé par des forts à l’entrée de Paris, serait un ouvrage de défense formidable. Je citais plus haut l’opinion des Belges sur l’importance commerciale de Paris port de mer, il me sera permis de citer celle des Allemands, exprimée dans plusieurs de leurs publications. Dans l’hypothèse d’une guerre, ils s’ingénient à trouver le moyen d’affamer Paris en désorganisant ses approvisionnements. Mais quand ils étudient les moyens de défense de notre capitale, ils déclarent qu’on la rendrait imprenable en en faisant un port maritime.
- IV
- Le canal projeté irait de Paris à Rouen en suivant les méandres de la Seine sur un parcours de 180 kilomètres. 11 aurait au plafond une fois et demie la largeur de celui du Suez ; sa profondeur serait de 6 m. 20, mais les ou-
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- vrages d'art seraient établis pour une profondeur de 7 mètres. Par un détournement de la voie ferrée, près de la ville de Pont-de-l'Arche, le chemin de fer de l'Ouest conserverait sa voie libre, de Paris au Havre.
- Des travaux de statistique ont été faits pour déterminer quel serait le tonnage probable du canal. Etant donné que celui des entrepôts d Londres est de quinze millions de tonnes, il ne semble pas déraisonnable d'espérer que, dès les premières années, Paris arriverait à un tonnage de quatre à cinq millions. C’est le chiffre auquel généralement on s’arrête, mais les auteurs du projet affirment que deux millions de tonnes suffiraient pour payer les frais de l'entreprise.
- Le principal travail serait le creusement du port entre Saint-Denis et Clichy, en amont de Saint-Denis, et la coupure de deux des boucles de la Seine. Cinq ports secondaires seraient créés aux Andelys, à Vernon, à Mantes, à Poissy-Achères et à Argenteuil.
- Les déblais provenant de ces différents travaux seraient avantageusement employés. Le domaine de l’Etat comprend des îlots dont la société demande la jouissance dans l'intention de les surélever et de les soustraire ainsi aux crues. La plaine de Gennevilliers et celle d’A-chères gagneraient aussi à être surélevées de quelques mètres. Enfin, une banquette pourrait être construite sous la direction de l’autorité militaire, tout le long de la rive gauche de la Seine, dans le but de couvrir cette rive et de doubler la protection donnée par le canal.
- D’autres travaux d’utilité générale ont été déjà indiqués par le Conseil municipal de Paris. Ces surélévation amèneraient un abaissement du plan d’eau des crues et rendraient moins intenses les effets des inondations.
- y
- L’étude de Paris port de mer semble avoir été faite dans un sentiment d’économie dont nos ingénieurs devraient plus souvent s’inspirer. Nous n’avons pas à nous expliquer sur le chiffre de la dépense, les éléments nous font défaut pour l’apprécier. Les auteurs du projet estiment qu'une somme de cent dix-huit millions sera suffisante, et leurs calculs sont appuyés sur des devis approuvés par des hommes compétents. La somme paraît minime si l’on considère l’importance de l’œuvre, surtout si l’on prend pour point de comparaison d’autres entreprises dont la France a eu la généreuse initiative, mais qui sont moins directement utiles à la grandeur de notre pays. Cent dix-huit millions représentent à peine le prix du percement d'une rue de Paris... Nous n’avons pas d’ailleurs à trop insister sur la partie financière du projet, car la société ne demande à l'Etat ni subvention ni garantie d’intérêt. La décision du Parlement n’engagera donc en rien nos finances, et c'est un point capital.
- 11 appartiendrait au ministre des travaux publics de fixer à quelles conditions la concession du canal maritime pourrait être donnée, mais actuellement il n’est question que d’une enquête, c’est-à-dire d’une instruction préalable, d’un moyen d’éclairer sa religion et celle du Parlement. Les intérêts de Rouen et du Havre que la commission n’avait pas compétence pour examiner, devront être étudiés dans cette enquête.
- VI
- Dans ces conditions, la commission est unanime à appuyer la demande de mise à l’enquête dont le gouvernement est saisi. Sur tous les points de l’Europe on entreprend de grands travaux : on creuse des canaux, on perce des montagnes, on se préoccupe d’abréger les distances, de faire affluer dans les centres populeux les objets de consommation, les produits industriels. Le canal de -Saint-Pétersbourg est fini, le canal de la mer du Nord est commencé, celui de Manchester va l’être. Des projets sont à l’étude pour faire de Rome et de Bruxelles des ports de mer. La France ne saurait rester inerte quand il se fait autour d’elle un tel mouvement. La question qui nous occupe est mûre, elle a l'appui de l’opinion publique, car tout le monde comprend l’avantage d’un grand marché maritime placé près du plus grand centre de production et de consommation du pays. La réalisation du projet est réclamée par le conseil municipal et la Chambre de commerce de Paris. Des vœux dans ce sens ont été émis parles conseils généraux de quatorze départements, par les conseils municipaux des communes riveraines de la Seine entre Paris et Rouen, par le congrès des Chambres syndicales de commerce, par les congrès des sociétés de géographie, etc.
- 11 faut tenir compte de ce mouvement d’opinion ; il est basé sur des études sérieuses faites par des hommes dont le mobile est l’intérêt du pays.
- En conséquence, votre commission est d’avis qu’il y a lieu pour la Chambre d’adopter la proposition de résolution qui lui est soumise et qui est ainsi formulée :
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889. DIMANCHE 23 DÉCEMBRE 1888.
- PROPOSITION DE RÉSOLUTION Article unique.
- La Chambre invite le gouvernement à mettre à l’enquête prescrite par le titre 1er de la Ici du 31 mai 1841 le projet du canal maritime de Paris à Rouen, présenté par la Société d'études de Paris port de mer.
- La question de Paris port de mer peut désormais, on le voit, recevoir une solution. Dans tous les cas, après ce rapport, elle ne saurait être plus nettement ni mieux exposée.
- LA PLUS HAUTE CHUTE D’EAU MOTRICE
- DU MONDE
- Le Bulletin international de l’Electricité a publié, il y a quelques semaines, des renseignements, reproduits depuis par le Moniteur Industriel, au sujet de l’installation en Amérique, dans les minesde Nevada, d’une transmission de force électrique à distance par Eutilisation de grandes chutes d’eau.
- La force génératrice sera obtenue, ditleBw^e-tin international de l'Electricité au moyen de six roues Pelton, de 1 mètre de diamètre, produisant chacune 125 chevaux. L’eau arrivera sur elles par un ouverture d’un diamètre inférieur à lm,25, mais avec une pression de 390 mètres.
- C’est la première fois, ajoute le Bulletin, que l'on cherche à faire marcher des roues hydrauliques sous une pression aussi considérable, et les Américains attendent les résultats de l’expérience avec une impatience extrême.
- N’en déplaise à notre estimé confrère, cette chute de 390 mètres ne sera pas l’installation hydraulique établie sous la plus haute pression connue. Il y a douze ou quinze ans déjà, en effet, qu’une turbine avec chute de 500 mètres fonctionne en France même, dans la vallée du Grési-vaudan, près de Grenoble.
- C’est à M. Aristide Bergès, industriel aux idées larges et hardies, bien connu dans le Dauphiné qu’est due cette étonnante installation. Déjà, en 1869, M. Bergès avait fait un premier essai d'installation de turbine à grande chute d’eau. Il fit alors établir une turbine de 500 chevaux sous une pression de 164 mètres dans son usine de Lancey (à 16 kilomètres au nord de Grenoble).
- Encouragé par les excellents résultats que lui avait donnés cette première installation, M. Bergès n’hésita pas à capter une nouvelle source sur le flanc de la même montagne, mais à 2 kilomètres plus au nord dans la vallée, à Brignoud. C’est cette deuxième chute, dont la hauteur utilisée est de 500 mètres. Le débit de la source est de 300 litres environ à la seconde, le diamètre de la turbine, de 3 mètres, et la force obtenue de 1500 chevaux. Cette turbine fonctionne depuis 1874 ou 1875.
- On raconte que M. Bergès, lors de cette installation, demanda à la maison Bréguet un manomètre de cinquante atmosphères. Çes messieurs, fort étonnés d’une demande aussi extraordinaire, crurent à une erreur. Mais M. Bergès se contenta de dire froidement : C’est pour une chute d’eau. — Une chute, lui répondit-on, mais vous avez dû vous tromper ; vous voulez dire cinq atmosphères, sans doute. — Point du tout, répliqua M. Bergès, ma chute est de 500 mètres !
- Tout s'expliqua ; mais on reconnaîtra que l’étonnement des ingénieurs de la maison Bréguet était bien naturel. Jamais, jusqu’à ce jour, on n’avait entendu parler de forces motrices hydrauliques établies sous une pareille pression. Le fait que signale le Bulletin international de l’Electricité et que nous relevons, en est la preuve.
- Il prouve, en même temps, que les Américains, si hardis en toutes choses, sont cependant dépassés quelquefois. En l’espèce, c’est un Français qui est leur maître.
- H. P.
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- II
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- QUATRIÈME ANNÉE. — N° 2o8.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
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- L’EXPOSITION DE 1889
- REDACTION ET ADMINISTRATION : n, cité de VcAlma (Avenue Bosquet — Avenue Rapp).
- QUATRIÈME ANNÉE.
- Dimanche 30 Décembre 1888.
- NUMÉRO 209.
- SOMMAIRE
- L’Exposition et le Centenaire de la Révolution. — A nos lecteurs. — Le règlement général de l’Exposition de 1889. — Communications officielles et diverses. — Installations diverses. — Les Etrangers à l’Exposition. — Echos. — Exposition nationale des cidres et poirés. — La Rue des Nations à l’Exposition de 1878. — Expositions à la galerie Georges Petit. — Exposition des faïences de E. Lachenal. — Les ministres du commerce et de l’agriculture à Lille. — Les livres. — (Gravure s La Rue des Nations en 1878 {fin).
- La nouvelle Administration du MONITEUR DE L’EXPOSITION (absolument indépendante de celle antérieure qui avait son siège rue Bergère, n° 18) a l’honneur d’informer ses abonnés que ses bureaux, situés Cité de l’Alma, n0 11, sont à proximité du Champ de Mars, du quai d’Orsay et de l’esplanade des Invalides, c’est-à-dire au centre même de l’Exposition.
- Elle se met à leur disposition pour tous les renseignements dont ils pourraient avoir besoin concernant l’Exposition de 1889 : demandes d’emplacements, installations de vitrines, etc., etc.
- Pour ces renseignements et pour tout ce qui concerne la Rédaction ou l’Administration, s’adresser à M. H. PENDRIÉ, directeur et propriétaire-gérant du MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Par erreur, l'indication: Ce numéro contient un supplément, a été portée sur la couverture du journal dans les numéros parus depuis le 11 novembre dernier. Depuis cette date nous n’avons, cependant, publié aucun supplément. Nos lecteurs voudront bien excuser cette inadvertance.
- L’EXPOSITION
- ET LE
- CENTENAIRE DE LA RÉVOLUTION
- A la veille du jour où nous allons entrer dans cette année nouvelle qui verra s’accomplir notre grande fête internationale de la paix et de la civilisation, il est bon, croyons-nous, de préciser une fois de plus le sens qu’on doit attacher à cette expression : L’Exposition du Centenaire.
- Car, quoi que l’on fasse ou que l’on dise pour ménager la susceptibilité de certains gouvernements étrangers, la coïncidence des dates est trop frappante pour que l’on cherche à en éluder les conséquences.
- Eh bien ! qu’a donc de si révolutionnaire cette expression que d’aucuns incriminent ? Qu’a donc été, en fait, la Révolution ?
- Il est oiseux vraiment de répondre à semblable question. Tout le monde sait, en effet, que la Révolution a été le triomphe du droit de ïhomme sur le droit divin. Mais dix-huit siècles auparavant, l’initiateur du christianisme n’avait-il pas enseigné ce même principe ? Et les chefs de l’Eglise chrétienne, ses successeurs, ne font-ils pas prêché et appliqué pendant plusieurs siècles ?
- Il n’a fallu rien moins que l’invasion des Barbares, au Ve et au VIe siècles, pour implanter de nouveau en Europe le principe contraire, celui de la force primant le droit ; ce principe qui règne encore en maître chez les peuples inférieurs de l’Afrique ou de l’Océanie. Mais l’Europe qui avait vu déjà une brillante période de civilisation, ne pouvait s’incliner longtemps devant l’arbitraire de monarques despotes. De petites révolutions successives avaient préparé le terrain et au XVIIIe siècle, une pléiade de savants et de philosophes à jamais illustres rénovèrent l’esprit public et formèrent cette élite d’hommes devant la fermeté desquels la vieille monarchie autocratique dût s’incliner d’abord et succomber enfin.
- Les armées françaises portèrent de toutes parts le sentiment d’un ordre de choses nouveau et ce sentiment fut tellement irrésistible, il était tellement dans l’ordre des choses naturelles, que tous les peuples de l’Europe s’en imprégnèrent et l'adoptèrent comme règle de gouvernement. Seule la Russie, plus asiatique qu’européenne, résista tout d’abord à cette influence bienfaisante ; mais un demi-siècle s’était à peine écoulé, qu’entraîné par le mouvement, un de ses czars abolissait enfin le servage dans toute l’étendue de son Empire.
- La Russie, il est vrai, n’a pas encore, à l’instar de toutes les autres nations de l’Europe, de Parlement national, mais elle a ses conseils provinciaux, dans lesquels la voix de l’opinion publique peut se manifester librement.
- Comment donc ces principes de la Révolution française, les droits du peuple, appliqués partout aujourd’hui en Europe, pourraient-ils être une cause de trouble moral au sujet de la prochaine Exposition ? Poser la question c’est la résoudre, nous semble-t-il.
- Les bienfaits de l’ordre de choses nouveau ne sont-ils pas manifestes? N’est-ce pas grâce à lui que la science, dans toutes ses branches, a pu prendre un si rapide essor ? Et cette science qui, par les découvertes et applications
- sans nombre de la vapeur et dé l’électricité notamment, a rapproché les peuples en rapprochant les distances et les a fait se mieux connaître, n’a-t-elle pas eu pour conséquence un accroissement de la fortune publique, du bien-être, dans tous les pays et dans toutes les classes de la société ?
- Qui donc songerait à s’en plaindre ?
- Le choix de l’anniversaire de la prise de la Bastille comme date d’un grand concours international de tout ce qu’ont produit jusqu’à ce jour le savoir et le génie humain, ne peut donc que signifier : Paix, travail, civilisation.
- Un point noir cependant apparaît dans cet horizon que rien ne devrait troubler, semble-t-il, au déclin du XIXe siècle. De l’ancienne Germanie, du sombre pays des Teutons s’élève un cri de mort contre cette tendance à la pacification générale. Et ce qu’il y a de.particulier, de bizarre, c’est que ce cri a un. écho au cœur même de l’antique cité romaine. Un dernier descendant des Huns se rencontrerait-il encore dans cette ville de la science et des arts jadis ? Et Crispi, en tendant la main à Bismarck pour cette œuvre néfaste, donnerait-il à supposer que quelqu’un des barbares qui anéantirent l’empire romain est sorti de son tombeau ?
- Arrière, hommes d'une époque à jamais disparue. Vos efforts pour entraver la marche de la civilisation seront vains. Les peuples que vous gouvernez, du reste, sauront bientôt se dégager de votre étreinte et donneront la main au peuple français et à tous ceux qui se grouperont à ses côtés, en 1889, au Champ de Mars devenu le Champ de la Paix.
- H. Pendrié.
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- A NOS LECTEURS
- A partir du prochain numéro, le premier de l’année 1889, le papier du journal sera amélioré ainsi que nous l’avons annoncé, dans un avis spécial, il y a quelques semaines.
- Le journal sera imprimé désormais en deux parties, dont l’une, celle en papier fort, sera consacrée exclusivement aux questions se rapportant à l'Exposition. L’autre partie, sous forme de supplément en papier bulle, contiendra les avis et renseignements commerciaux, les revues judiciaires, financières, etc. et les annonces industrielles et diverses.
- Nous avons pensé, en agissant ainsi, faci-
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- I3l8. — QUATRIÈME ANNÉE — N° 209.
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- liter la mise en collection de la partie intéressante du journal, celle ayant trait à l’Exposition, sans quelle soit déparée par aucun élément étranger.
- Le Règlement général de l’Exposition de 1889
- Ce Règlement, d’une importance capitale pour toutes les personnes qui s’intéressent à l’Exposition, a été publié dans le Moniteur du 29 août 1886 ; mais ce numéro étant épuisé et des demandes nous en ayant été faites, nous publierons à nouveau ce document dans un prochain numéro. Nous en ferons même un tirage spécial supplémentaire à l’intention des personnes qui pourraient nous en demander des exemplaires spéciaux.
- ET DIVERSES
- Commission de contrôle et de finances
- La commission de contrôle et de finances s’est réunie, samedi 22 courant, sous la présidence de M. Pierre Legrand, ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général.
- Un crédit de 2,000 francs par mois a été alloué au service de la presse à l’Exposition pour les frais du personnel et les dépenses d’entretien du pavillon construit au Champ de Mars.
- La commission a ensuite voté un crédit de 25,000 francs comme indemnité aux employés des douanes chargés du service de l’entrepôt.
- Elle a approuvé un crédit de 20,000 francs pour l'installation de l’éclairage électrique dans le palais des produits alimentaires.
- Elle a autorisé le ministre à percevoir une redevance de 10 0/0 sur les recettes des concerts 'donnés au Trocadéro par les orchestres étrangers.
- Congrès littéraire international de 1889
- On sait qu’un grand congrès littéraire international se tiendra à Paris en 1889.
- Une entente confraternelle s’est établie à ce sujet entre la Société des gens de lettres et l’Association littéraire internationale qui a délégué, pour faire partie du comité d’organisation avec les présidents MM. Louis Ulbach et Louis Ratisbonne, quatre autres de ses membres, MM. Jules Lermina, Eugène Pouillet, Victor Souchon et Alphonse Pagès.
- Organisation de la police de l’Exposition
- M. Lépine, secrétaire général de la préfecture de police, a convoqué une commission composée de dix commissaires de police, qui sera chargée d’organiser le service de la police, à l’Exposition universelle.
- M. le général Servais, commandeur de la Légion d’honneur
- Le général de brigade Gervais, président de la commission de l’exposition militaire de 1889, vient d’être nommé commandeur de la Légion d’honneur.
- Les beaux-arts à l’Exposition
- Dans un des derniers conseils des ministres, M. Lockroy, ministre de l’instruction publique, a entretenu ses collègues de l’exposition des beaux-arts en 1889. Outre l’exposition rétrospective et décennale, elle doit comprendre l’exposition de l’enseignement du dessin qui a été organisé en France d’après les méthodes nouvelles et dont les résultats ont été très satisfaisants.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889. DIMANCHE 30 DÉCEMBRE 1888.
- INSTALLATIONS DIVERSES
- Le chemin de fer de l’Exposition
- Le chemin de fer qui doit servir à transporter les visiteurs d’une extrémité à l’autre de l’Exposition universelle de 1889 a été inauguré vendredi 21 décembre.
- Cette ligne, dont l’exploitation a été concédée à la Société Decauville aîné, est à double voie, de 0 m. 60 du type Decauville, avec rails d’acier rivés sur traverses en acier, qui a été adopté par le ministère de la guerre pour l’armement des forts.
- La gare principale est à l’angle de l’esplanade des Invalides, en face du ministère des affaires étrangères. La ligne traverse l’esplanade, suit le quai d’Orsay entre les deux rangées d’arbres les plus éloignées de la Seine, avec deux haltes en face de la rue Jean-Nicot et du palais de l’Alimentation, passe devant la tour Eiffel, où il y a une gare, et arrive, en longeant l’avenue Suffren, à la gare terminus, entre la galerie des Machines et la Bastille de 1789.
- 11 y a deux tunnels, l’un de 20 mètres, sous le carrefour du pont de l’Alma, l’autre de 106 mètres, sous le terre-plein devant le pont d’iéna.
- Le service sera assuré par 15 locomotives à vapeur, à air comprimé, électriques, et 100 voitures de différents modèles.
- Le prix sera uniformément de 25 centimes pour tout ou partie du parcours ; il y aura des trains toutes les dix minutes, depuis 9 heures du matin jusqu’à minuit. Le public aura donc à sa disposition 180 trains par jour dans les deux sens.
- Il ne faut pas confondre le chemin de fer de l’Exposition avec ce que nous avons improprement appelé, il y a quelques semaines, 1 q tramway de l’Exposition. Le premier a été établi, ainsi que nous avons eu l’occasion de le dire, par MM. Galliot et Gallotti ; le second est une ligne de tramway ordinaire, qui desservira l’avenue Rapp et dépend de la Compagnie des Omnibus.
- Les écoles à l’Exposition
- La commission instituée en vue de préparer l’exposition scolaire a pris une décision excellente.
- Les travaux d’élèves isolés, les cah iers choisis, les devoirs triés, les spécimens d’apparat seront écartés.
- Les travaux d’élèves ne seront admis qu’à l'état de collections formant une série complète de documents pour servir, les uns à l’histoire de l’élève les autres à l'histoire de l’école.
- Le théâtre de l’Exposition
- Ce théâtre s'appellera décidément :
- Théâtre des Folies-Parisiennes.
- Il comportera, outre une troupe permanente et variée de clowns, d’acrobates, de gymnasiar-qves, de phénomènes et d'excentricités de toutes sortes, un orchestre de 50 musiciens, dirigés par M. Fox, le chef d’orchestre actuel du théâtre de l’Eden, ; 40 danseuses, sous la conduite de M. Justament, maître de ballet. Les décors sont dus au peintre-décorateur Poisson, à qui l’on doit aussi toute la décoration de la salle qui simule une vaste tente indienne.
- Le directeur général est M. Scipion, l'artiste de la Gaité.
- Le régisseur général directeur de la scène est M. Georges Richard, l’ex-comédien de l'Odéon et toujours auteur dramatique; deuxième régisseur, M. Daubray fils.
- Les spectacles seront composés comme suit ; fo une pantomime; 2° un ballet; 3° une opérette à spectacle.
- La salle est complètement couverte et parquetée; dans quelques jours la scène sera prête. Un grand, très grand métallurgiste du Nord a
- é imaginé une constructio absolument ininflammable, tout en tôle d’acier, excepté pour le plancher de la scène qui exige i’é.asticité indispensable aux évolutions des danseuses.
- Ces constructions ont été faites à Haumont, pièce par pièce, chez M. Schryver, lequel a été gaiement chargé de la construction du palais des Arts industriels à l’Exposition. La salle du théâtre des Folies-Parisiennes pourra contenir douze mille personnes. Comme places, elle n’en comportera que de deux sortes : une seule galerie et un immense parquet; les directeurs comptent faire 8,000 francs de recette en semaine et 10,000 francs les dimanches et jours de fêtes. On payera un franc seulement à toutes les places et en consommant. Aux petites bourses, cela semblera moins dispendieux qu’une soirée aux Ambassadeurs ou à l’Alcazar des Champs-Elysées, où la moindre place coûte 3 fr. 50.
- Daubray est allé cet été à Londres pour y chercher des numéros à sensation, et il paraît qu’il a eu la main heureuse en signant plusieurs engagements importants d'avance. Le théâtre des Folies-Parisiennes se trouve au bout de la rue de l’Université, dans le parc de l’Exposition, à quelques 20 mètres de la tour Eiffel.
- Un détail assez curieux... de progéniture. Les trois directeurs et l’architecte ont à eux quatre vingt-deux enfants ; Daubray en a sept, Scipion quatre, Richard quatre, et l’architecte sept.
- Il faut espérer que ces messieurs ne s’en tiendront pas là. Ils auront encore de la besogne avec une salle qui réclame douze mille spectateurs.
- Et dans quatre mois le cri traditionnel !
- Au rideau !
- L’Alhambra de Grenade à Paris
- Nous avons parlé dans notre dernier numéro, d'après notre confrère l'Evénement, du projet d’installation à Paris de cette merveille d-e l'art arabe. Nous empruntons encore à notre même confrère les lignes suivantes qu’il publie sur c.t intéressant sujet :
- « L’idée d'élever dans Paris une reproduction exacte de l’Alhambra de Grenade n'est pas seulement une idée de spéculation des plus heureuses, c’est une bonne fortune pour l’art et une occasion d’enseignement pour les artistes. C’est à ce point de vue surtout qu’il nous convient de l’envisager.
- « L’art arabe est à peu près inconnu en France. En Angleterre, Owen Jones, qui a passé trois ans à dessiner sur place tout ce qui reste de l’Alhambra et qui a produit ses dessins dans un livre rare et cher, a construit en réduction deux des salles les plus importantes dans le Crystal Palace. Cette reproduction incomplète est un des bijoux du palais de .Sydenham.
- « Il s’agit ici d’une restitution complète dans les dimensions et suivant les plans de l’original. Le gouvernement espagnol a dépensé de grosses sommes et sept années de travail pour rendre à ce monument fameux des rois maures tout son éclat primitif ; mais il n’est permis de l’aller voir qu’à ceux de nos artistes et de nos gens de goût qui peuvent dépenser un millier de francs. Ici, avec un ou deux francs, on pourra le voir de fond en comble et l’admirer tout à l’aise.
- « Elle est admirable, en effet, cette architecture décorative des Maures aux xme et xive siècles. Suivant les traditions asiatiques de l’Islam, cet art n’a rien d’extérieur qu’un haut caractère de force et de solidité défensive ; ma:s à l’intérieur rien n’est ménagé pour l’éclat radieux et le grand plaisir des yeux.
- « L’ornementation s'y étale avec une profusion d’enlacements géométriques et de couleurs variées. Les émaux bleus, rouges et verts se rehaussent d’ors mats et brunis. Les inscriptions arabes s’y multiplient dans des entrelacs ingénieux qui portent un nom particuliar, arabesques. Des colonnes de marbre et de jaspe soutiennent des voûtes légères, toutes peintes et dorées, qui sont formées de petits claveaux
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- QUATRIÈME ANNÉE.— N° 20-Ç. LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- en stuc et qui ressemblent à des alvéoles d'abeilles. On les a nommées assez improprement « voûtes en stalactites » : les stalactites sont des pendants irréguliers ; ici, au contraire, tout est régulier et symétrique; il suffit de sept types de claveaux pour reproduire toutes les combinaisons. Rien n’a jamais été imaginé de plus ingénieux. L'effet en est saisissant, et qui n’a vu l'Alhambra de Grenade ne peut se figurer à quel haut degré de perfection les Maures d’Espagne ont porté l’art aimable et charmant de la décoration intérieure. Ce sera une merveille pour Paris, une sorte de révélation qui attirera la foule cosmopolite conviée à l’Exposition, une mine féconde où l’artiste ira puiser.
- « L’idée, dont il faut faire honneur à M. Ba-chelin-Deflorenne, ne s’en tient pas là. Il en découle des conséquences qu’il est déjà permis d’entrevoir. Il n’est guère d’histoire moins connue et plus remplie de drames, émouvants que celles des émirs d’Espagne. Aux mœurs jalouses de l’Asie il se mêlait des coutumes courtoises et chevaleresques qui leur ont donné un caractère particulier.
- « Cette civilisation mauresque fut poussée très loin dans les sciences et dans les lettres. Faire revivre un coin de cette vie si originale sera une action toute naturelle quand le cadre où cette vie florissait sera reconstitué dans ses formes brillantes. Des scènes à peine entrevues dans les historiens et chez quelques-uns de nos écrivains, sortiront pour ainsi dire d’elles-mêmes quand nous aurons la salle du Jugement, la salle des Deux-Sœurs, la tour de Comarès, la cour des Lions. Les noms des Zégris et des Abencerrages, de Gonzalve de Cordoue, de Boab-dil,d’Isabelle de Castille,viendront s’inscrire sur les programmes. Les tableaux du vieux harem seront vivants sous nos yeux. Là aussi les danses mauresques, les tziganes de Grenade qui occupent encore un quartier de la ville, et, en poussant plus loin, les aimées d'Égypte, les bayadères de l’Inde, tout ce qui s’accorde avec le palais oriental, surgira au milieu des myrtes, des grenadiers et des lauriers roses. Il semble bien qu’à côté des mille et un jours, on retrouvera là les mille et une nuits.
- « Tout est près, paraît-il, pour la construction; les décorateurs moulent leurs plâtres et les pe ntres ajustent leurs couleurs aux tons exacts du modèle. C’est dans l’avenue Kléber, proche du Trocadéro, que s’élèvera le palais des Émirs et que les belles filles d’Orient viendront percer nos brumes des traits lumineux de leurs longs yeux.
- « Max Berthaud. »
- LES ÉTRANGERS A L’EXPOSITION
- BELGIQUE
- M. le directeur général de l’exploitation à l’Exposition universelle de 1889, durant son sé-j our à Bruxelles, a eu un entretien avec M. de Caraman-Chimay, ministre des affaires étrangères, et avec M. de Brueyn, ministre de l’industrie et des travaux publics; ces messieurs lui ont confirmé les bonnes dispositions du gouvernement belge pour faciliter le mouvement d’initiative privée en faveur de l’Exposition de 1889.
- ÉTATS-UNIS
- La commission financière de la Chambre des représentants des Etats-Unis a fixé à 300,000 dollars les frais de représentation des Etats-Unis à l’Exposition universelle de 1889.
- Il est égalementdécidé qu'une belle collection^ tirée du National Muséum, sera envoyée à Paris.
- ITALIE
- On mande de Rome, en date du 19 décembre :
- Le comité national italien pour la participa-
- tion à l’Exposition de 1889, s’est réuni hier soir.
- Quarante membres avaient répondu à l’appel du président, M. Villa.
- Ce dernier a lu un rapport d'où il résulte que 1,600 demandes ont été faites par 1,200 exposants. Le terrain qu’ils réclament est six fois plus grand que celui réservé à la section italienne.
- Le comité dispose de 200,000 francs ; 100,000 francs lui sont encore nécessaires.
- Le comité a ensuite chargé les membres de la présidence de se concerter avec une commission de dix membres qui doit étudier les mesures financières à prendre.
- D’autre part, on écrit que la commission nommée récemment par le comité pour le concours des Italiens à l’Ëxposition de Paris et chargée de trouver le moyen de se procurer la somme qui lui manque encore, a décidé d’interpeller avant tout le gouvernement, la commission verra ce qu’elle a à faire tout en persistant dans son idée de faire concourir les Italiens à l’Exposition.
- M. Baccanni présentera et développera demain à la Chambre l’ordre du jour suivant :
- « La Chambre, comptant que le gouvernement veut et peut, en faisant une œuvre et favorable à la paix, rendre désormais superflues des dépenses hors de proportion avec les forces économiques de la nation, passe à la discussion des articles. »
- ROUMANIE
- A la séance du 22 décembre de la Chambre roumaine, le vice-président, M. Blaremberg, a lu, aux applaudissements de l’assemblée, une motion tendant à accorder la somme de 200,000 fr. à la section roumaine de l’Exposition de 1889.
- Cette motion, signée par quatre-vingt-dix-huit députés, a été renvoyée aux bureaux.
- Le vote paraît certain, vu le nombre des signataires de la motion, parmi lesquels figure M. Catargi, président de la Chambre.
- RUSSIE
- La censure russe vient d’interdire, par avis secret communiqué aux journaux russes, tout commentaire, soit favorable, soit défavorable, 3u sujet de‘la participation de la Russie à l’Exposition.
- Cette défense n’a pas pour but d'entraver le mouvement très actif en faveur de cette participation, mais simplement d’empêcher que des polémiques de presse viennent donner un caractère politique à une question qui doit rester exclusivement commerciale et industrielle.
- SUÈDE
- Le comité des artistes suédois, pour l’Exposition de 1889, présidée par M. Hugo Salmson et dont font partie MM. Hagborg, Forsberg, Hasselberg, Borjeson, etc., a obtenu de l’administration française un emplacement de 80 mètres de cimaise au palais des Beaux-Arts au Champ de Mars. Deux riches particuliers de Gosemberg, MM. Furstenberg et Roehss, ont mis des fonds à la disposition du comité ; on espère, en outre, que M. Furstenberg, propriétaire d’une belle galerie, prêtera quelques-unes de ses meilleures toiles et contribuera ainsi à rendre aussi complète que possible l’exposition des artistes suédois. Le gouvernement suédois a promis une subvention au comité.
- PORTUGAL
- Le gouvernement royal portugais vient de donner une subvention de 500,000 francs pour la construction de l’édifice qui sera élevé sur la berge de la Seine (entre le pont de l'Alma et le pont des Invalides), en vue d’assurer la participation du Portugal à l’Exposition universelle de 1889 à Paris. L’organisation de la section portugaise est confiée à M. le vicomte de Melico, président de l’Association industrielle.
- ESPAGNE
- Les frais de construction du pavillon et des
- DIMANCHE 30 DÉCEMBRE 1888. — 1319.
- différentes installations de ce pays coûteront environ 200.500 pesetas. Le surplus de la subvention accordée par les Cortès, soit une somme égale de 250,000 francs, sera employé à couvrir une partie des frais de transport des produits destinés à l'Exposition et à payer le personnel chargé de leur installation et Je leur garde.
- La compagnie des chemins de fer du Nord d’Espagne a accédé à la demande du Comité de réduire de 50 0/0 les prix de transport de tous les objets destinés à l’Exposition. Le Comité concédera à chaque exposant, à la fin de l’Exposition, une part proportionnelle des frais de transport qu’il aura payés.
- En date du 18 décembre, le président du comité de Madrid, Sr Angoloti, a adressé à toutes les chambres de commerce de la Péninsule une circulaire destinée à les édifier sur les conditions d’admission, de répartition des terrains, prix des emplacements, etc., auxquelles seront soumis les exposants espagnols. Cette même circulaire, que nous publierons prochainement son texte originel, fixe la date du 15 janvier comme dernière limite du dépôt des demandes d’admission.
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- ECHOS
- M. G. Berger interwiévé
- M. Berger, directeur général de l’exploitation de l’Exposition universelle, a donné à un de nos confrères les renseignements suivants :
- — Nous voudrions savoir, avons-nous dit à M. Berger, où en est l’Exposition ?
- — L’Exposition, nous répond M. Berger, est très avancée, nous y travaillons toujours avec la plus grande activité et nous pouvons assurer qu’au jour dit elle ouvrira ses portes non pas devant des caisses à peine déballées, mais devant des galeries complètement installées.
- — Combien comptez-vous d’exposants français et étrangers et quels sont les pays qui ont surtout répondu à votre appel ? avons-nous ensuite demandé à M. Berger.
- — Les exposants français sont au nombre de 28,000, les exposants étrangers au nombre de 15,000 ce qui fait 43,000 exposants pour l’Exposition de 1889.
- Les exposants français sont moins nombreux en 1889 qu’en 1878, mais la raison en est que tout le monde n’a pu être admis. Les comités d’admission ont opéré une sélection parmi toutes les demandes qui nous ont été adressées, et toute personne qui ne pouvait justifier de sa réelle qualité de fabricant à été évincée. De cette façon, l’Exposition présentera un ensemble agréable à l’œil et aura un caractère académique qu’il avait toujours été si difficile d’obtenir dans les précédentes expositions.
- Parmi les 15,000 exposants étrangers, nous en comptons : 1,600 pour la Belgique ; 800 pour l’Angleterre ; 1,000 pour l’Italie ; la Russie et l'Autriche-Hongrie sont également très bien représentées ; leurs sections sont entièrement occupées. Les Pays-Bas, l’Espagne, le Portugal, la Grèce, la Norvège, la Serbie, le Luxembourg, le Japon, l'Egypte, le royaume de Siarn, la Perse, le Maroc, le Danemark, etc., se partagent les autres exposants. Il faut y ajouter quelques exposants allemands, mais seulement dans les industries mécaniques.
- La plupart des pays prenant part à l’Exposition y sont représentés officiellement, et quand à ceux qui ne le sont point, ils ont été subventionnés par leurs gouvernements respectifs pour leur participation à l’Exposition de 1889. C’est ainsi que la Belgique a voté 600,000 francs pour faciliter à ses nationaux les moyens de répondre à notre appel, — l’Espagne a voté 500,000 francs; — la Norvège 100,000, — le Portugal 150,000 ; enfin le Danemark et le Japon ont également accordé une somme importante à leurs nationaux.
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- 1320.— QUATRIÈME ANNÉE.— N° 20Ç.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- DIMANCHE 30 DECEMBRE 1888,
- Viennent officiellement à l’Exposition de 1889 : la Grèce, la Norvège, la Serbie, le Japon, le royaume de Siam, le Maroc, la principauté de Monaco, la République de Saint-Marin, les Etats-Unis, Brésil, Mexique, République argentine, Chili, Bolivie, Vénézuéla, Guatémala, Equateur, Haïti, etc., etc.
- Nous avons donc tout lieu d'être satisfaits et l’Exposition de 1889 ne le cédera en rien par son importance et sa magnificence à l’Exposition de 1878.
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- Exposition algérienne de Mustapha-Alger
- Le directeur a l’honneur d’informer le public que toutes les personnes intéressées à l’Exposition de Mustapha Alger, qui ouvrira le 6 janvier prochain, pourront venir de Paris et villes intermédiaires du réseau Paris-Lyon jusqu'à Alger, avec une réduction de 40 0/0 sur les tarifs, ainsi que sur les lignes de bateaux à vapeur.
- Les billets délivrés seront valables pendant six semaines ; le directeur de l’Exposition délivrera les certificats aux intéressés.
- MM. les exposants sont priés de venir procéder le plus tôt possible à leurs installations.
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- Découverte de sépultures mérovingiennes
- Plusieurs membres de la Commission des antiquités et des arts de Seine-et-Oise se sont transportés, sur les indications de M. Récoppé, inspecteur des forêts, au lieudit la Garenne, dans la partie de la forêt de Saint-Germain voisine des terrains désignés par le Conseil municipal de Paris pour recevoir les eaux d’égouts. Ils y ont constaté la découverte d’un assez grand nombre de sépultures dans des cercueils en pierre et en plâtre, avec dessins en relief sur les parois extérieurs des cercueils.
- Jusqu’ici, on a trouvé trois vases de l’époque mérovingienne, une épée en fer et plusieurs pierres sculptées en creux représentant divers dessins.
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- Décoration espagnole accordée à un industriel français
- L'Écho français, de Barcelone, annonce que M. Henri Gauthier-Villars fils vient d’être nommé commandeur d’Isabelle la Catholique.
- Cette maison de premier ordre, à qui sont confiés les travaux d’imprimerie et de librairie de l’école polytechnique et du bureau des longitudes, etc., était dignement représentée à l’Exposition de Barcelone.
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- Les Cosaques et les Circassiens du Jardin zoologique d’acclimatation
- Le Jardin zoologique d’acclimatation donne, depuis hier, l’hospitalité à un détachement de Cosaques et de Circassiens venus du Caucase.
- La petite troupe a quitté le gouvernement de Koubin dans le courant du mois d’octobre, a traversé la mer Noire, est arrivée à Odessa où hommes et chevaux ont pris le chemin de fer. Après avoir traversé toute l’Autriche et la Suisse, la caravane a mis pied à terre à Paris, but du voyage.
- Le chef de ce détachement, riche propriétaire du Caucase, avait depuis longtemps le désir de voir la France. Il a eu l’idée très originale de se faire accompagner par une troupe de cavaliers irréguliers, armés, montés sur des chevaux des steppes et vêtus de leur pittoresque costume national, de façon à présenter aux occidentaux les jeux militaires des Cosaques, qui passionnent à un si haut degré toutes les classes de la société russe, qui dans les réjouissances impériales ont leur place marquée et dont la presse a tant parlé lors des dernières fêtes de Saint-Pétersbourg.
- Hommes et chevaux sont campés au Jardin Zoologique d’acclimatation. Ils se livrent tous les jours aux exercices vraiment extraordinaires qui leur ont valu la réputation de premiers cavaliers du monde. Ils y séjourneront peu de temps, car l’établissement attend une troupe de Lapons norvégiens qui est actuellement en route.
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- La traverse métallique
- La société des Ingénieurs civils de Paris vient de discuter les avantages de la traverse métallique, sur laquelle l’accident de Yelars vient de ramener l’attention du monde industriel.
- M. Regnard, parlant du matage, du jeu, des usures, et par suite des bâillements qui se produisent dans la voie, les attribue surtout au matage même du bois des traverses.
- M. Sévérac ajoute : Depuis dix-huit mois des traverses métalliques sont placées sur une des lignes principales du Nord belge; les trains rapides de Cologne y circulent tous les jours, soixante-quatre trains passent dans chaque sens et les traverses n’ont jamais donné lieu à aucune observation.
- M. Hersent, qui présidait, ajoute : il est certain que la traverse métallique est la traverse de l’avenir.
- Assurément une traverse métallique coûtera plus cher qu’une traverse en bois ; mais il y a dépense et dépense. Il faut distinguer entre celle qui est appelée à se renouveler souvent et celle qui, une fois faite, est faite pour longtemps.
- Celle-ci est souvent plus économique et n’est-ce peut-être pas le cas ? La traverse métallique paraît devoir durer trois fois comme la traverse en bois et elle ne coûte que le double. Conséquence : une économie de un tiers environ.
- EXPOSITION NATIONALE
- DES CIDRES & POIRÉS
- L’année qui va finir aura vu deux expositions fort remarquables et les deux premières qui aient été tentées dans ce genre à Paris. L’une, déjà close, a eu lieu au palais de l’Industrie et nos lecteurs en ont eu le compte rendu ; l’autre doit encore durer quelques jours, car elle restera ouverte jusqu’au 2 janvier.
- Le but avoué de cette dernière exposition était surtout de faire connaître aux Parisiens le bon cidre et ses dérivés et de provoquer une utile émulation entre les producteurs.
- Depuis que le phylloxéra a envahi nos principaux centres viticoles, l’importance des cidres a pris de grandes proportions. Beaucoup de personnes, en effet, hésitent maintenant à acheter les drogues plus ou moins rouges, plus ou moins agréables au goût, qui sont vendues par les fabricants de Bercy, de Cette ou d’ailleurs.
- Dans notre premier article sur l’Exposition des cidres du quai d’Orsay, nous avions adressé quelques critiques aux organisateurs ; nous devons reconnaître que la faute n’en était pas tout à fait à eux, mais à la date de l'ouverture (1er novembre), date un peu prématurée, les cidres de l’année n’étant qu’à peine commencés. A la Toussaint, en effet, la récolte des pommes est à peine achevée.
- Dans notre numéro du 2 décembre, nous n avons guère parlé que des pommes et poires et des cidres et poirés ; pour que notre revue soit complète, nous devons aussi parler de l’exposition, à notre avis trop peu importante dans ce cadre, du matériel employé dans l’industrie cidrière. Nous eussions préféré voir moins de bars et plus de machines. Mais l’absence d’un grand nombre de nos principaux industriels à ce concours est certainement motivé parce qu’ils se réservent pour le grand tournoi international, F Exposition universelle de 4889.
- Gomme nous l’avons déjà dit dans notre article précédent, l’exposition, si bien organisée par son commissaire général, M. Ghessé, occupe deux grandes galeries consacrées, l’une à la section des cidres et poirés, l’autre à la section de l’alimentation générale.
- En entrant dans la première galerie, on traverse d’abord une cour normande fort bien installée, avec ses arbres fruitiers, ses étables et ses poulaillers.
- Puis on arrive à la partie la plus intéressante de l’exposition, celle qui comprend les diverses variétés de pommes et de poires, de cidres, de poirés, d’eaux-de-vie de cidre. La Normandie et la Bretagne ont envoyé là leurs plus beaux échantillons. Un certain nombre de brochures, étalées sur des tablettes, donnent au public tous les renseignements qu’il peut désirer sur la production, la fabrication et la consommation du cidre, ainsi que sur les maladies des pommiers à cidre.
- Plus loin est exposé tout le matériel employé dans l'industrie cidrière : pressoirs à mouvement vertical, pressoirs à mouvement horizontal, broyeurs, manèges, pompes, diffuseurs, concasseurs, cuves, fûts, etc.
- Un moteur à vapeur met en mouvement plusieurs de ces appareils, et permet ainsi de se rendre compte des opérations de transformations de la pomme en cidre.
- Nous avons même remarqué, non sans intérêt, une belle exposition de la maison Decau-ville pour ses chemins de fer portatifs. Les chemins de fer Decauville, d’ailleurs, sont connus du monde entier et figurent dans toutes les expositions ce qui est un des meilleurs moyens de vulgarisation.
- Trois portes latérales permettent de passer de la première galerie dans la seconde, réservée à la section d’alimentation générale. Cette section accessoire comprend les produits les plus divers, mais surtout ceux qui proviennent des pays où on se livre à la culture du pommier. On y trouve les beurres, œufs, laits,fromages, fruits de table qui constituent une des richesses de nos départements du nord-ouest,
- Quatre jurys étaient chargés de l’examen des produits : celui des . fruits à cidre (dont nous avons publié le résultat des opérations dans notre numéro du 9 courant), celui du cidre, celui des machines et celui de l’alimentation générale.
- Plus loin, nos lecteurs trouveront la liste des récompenses détaillées del’expositiondes cidres, poirés et eaux-de-vie.
- Nous disions précédemment que, fiers de leurs succès, MM. les organisateurs de cette intéressante exposition avaient su la rendre attrayante pour le public. En effet, tous les jours il y a concert vocal ou instrumental, tantôt sousN l'habile direction du chef d’orchestre, M. Biter, avec le concours, pour la partie vocale, de Mmes Achard et Tylda et de MM. Raymond et Delamare; tantôt avec le gracieux orchestre des Tziganes. N’oublions pas de citer aussi le ventriloque Maureth.
- Une salle de concert, disposée à cet effet à l’extrémité d'une des galeries, reçoit tous les jeudis et dimanches un nombreux public, heureux de se reposer là quelques instants après avoir parcouru J es diverses parties de l’exposition.
- Nous ne saurions trop le répéter, cette exposition est un grand succès à l’actif de l’infatigable commissaire général, M. Chessé, et elle nous fait bien augurer pour l’exposition prochaine du centenaire.
- Avant de terminer, un mot sur le diplôme des récompenses dû à la plume de M. Girard. Ce diplôme est très gracieux, très original, cette phrase en exergue est fort bien à sa place : La pomme perdit la femme, mais fit le Normand.
- Toutes les phases de la transformation de la pomme en cidre y sont représentées avec beaucoup de goût, la cueillette, le broyage, le pressoir. Mais où diable M. R. Girard a-t-il vu une coiffure du genre de celle dont il a affublé son paysan normand même quand il ferait les hon-
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- QUATRIÈME ANNÉE.
- N° 209.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- DIMANCHE 30 DÉCEMBRE 1888.— 1321.
- neurs de son pressoir à une gracieuse Parisienne ?
- Voici la liste des récompenses accordées aux exposants concernant la section des cidres et poirés.
- Propriétaires
- CIDRES DE NORMANDIE
- Médaille d’or : M. Pillu, à Boucé (Orne). Cidre de 1888.
- Médaille d'argent GM : M. Lhomme, à La Bes-liére (Manche). Cidre de 1886.
- Médaille d'argent GM : M. Guérin, à Qui bon (Manche). Cidre de 1885.
- Médaille d'argent GM : M. Delanos, à Saint-Romain (Seine-Inférieure). Cidre de 1887.
- Médaille d’argent GM : M. Duchemin, à Avran-ches (Manche). Cidre de 1886-87.
- Médaille d’argent : M. Haussey, à Moyaux (Calvados). Cidre de 1887.
- Médaille de bronze : M. Quesnel, à Bonneville. Cidre de 1887.
- CIDRES DE BRETAGNE ET DU MAINE
- Médaille d’or ; M. Beauché, à Montfort (Ille-et-Vilaine). Cidre de 1887.
- Médaille d’or : M. Boisseau, à Teillé (Sarthe). Cidre de 1887.
- Médaille de vermeil : M. Le Breton, à Taden, prèsDjnan (Côtes-du-Nord). Cidre de 1887.
- Médaille d’argent GM : M. Le Gai, Comice agricole de Quintin (Côtes-du-Nord). Cidre de 1887.
- Médaille d'argent GM : M. Quéréel, au Fouet .(Gôte-du-Nord). Cidre de 1887.
- Médaille d’argent: M. Hamon Leclinche, à Benodet (Finistère). Cidre de 1887.
- Médaille d’argent : M. Toqué, à la Compotière (Mayenne). Cidre de 1887.
- Médaille d’argent : M. Le Breton, à Taden (Côtes-du-Nord), Cidre de 1886-87.
- Médaille d'argent : M. Bouteville, à Neuilly-le-Vendin (Mayenne). Cidre de 1887.
- CIDRES DIVERS
- Diplôme d'honneur avec la Médaille d'or offerte par M. Caubert.
- Diplôme d’honneur: M. Daniel, à Breuil-le-Vert (Oise).
- Diplôme d'honneur: M. de Segonzac, château de Sorel (Oise).
- Médaille d'or : M. Montané, à Orthez (Basses-Py rénées.
- Médaille d’or : M. Duflot, à Fontaine-les-Ver-nus (Aisne). Cidre de 1870.
- Médaille de vermeil : M. Deledique, à la Bouteille (Aisne).
- Médaille d’argent : GM : M. Piquet, à Sartrou-ville (Seine-et-Oise). Cidre de 1887.
- Médaille d’argent GM : M. Dauriac, à Lagrange (Dordogne). Cidr: de 1886.
- Médaille d’argent : M. Dauriac, précité.
- Mention honorable : M. Cavalié, à Ca très (Tarn).
- CIDRES EN FUTS
- Brasseurs et Propriétaires
- Diplôme d’honneur : MM Bodel et Rigault pour leur exposition et leurs plans de cidrerie industrielle à Colombes (Seine).
- Médaille d’or : M. Rocher, à la Ferté-Macé (Orne).
- Médaille d'argent : M. Boisseau, précité.
- — — M. Duchemin, précité.
- — de bronze : M. de Fontenay, château de Saint-Hilaire-sur-Ville (Orne).
- Médaille de bronze : M. Piquet, précité.
- — — M. Pongny, à Aumale
- (Seine-Inférieure).
- CIDRES EN BOUTEILLES
- Médaille de vermeil : M. Rotrou, 21, rue de Bourgogne, à Paris.
- Médaille d’argent : M. Sanson, à Dieppe (Seine-Inférieure).
- Médaille de bronze : M. Dannet, à Saint-Etienne-l’Allier (Eure).
- Mention honorable : M. Briet-Lefèvre, à Crécy-sur-Serre (Aisne).
- Mention honorable : M. Anfhore, a Bolbec (Seine-Inférieure).
- Mention honorable : M. Vigneron, à Foucar-moni (Seine-Inférieure).
- Mention honorable : M. Rotrou, précité.
- POIRÉS EN FUTS
- Brasseurs et propriétaires
- Médaille d’or : MM. Bodel et Rigault, pré ci té.
- — de bi'onze : M. Dukesne, à Royon
- (Oise).
- Mention honorable : M. Boisseau, précité.
- — M. Rocher, précité.
- POIRÉS EN BOUTEILLES
- Propriétaires et brasseurs
- Médaille de bronze : M. Rotrou, précité.
- — M. Pillu, précité.
- — M. Dannet, précité.
- EAUX-DE-VIE DE CIDRE
- Distillateurs
- Eaux-de-vie nouvelles, médaille d’or : MM. Bodel et Rigault, précités.
- Eaux-de-vie nouvelles, médaille d’or : M. Delanoë, à Nantes (Loire-Inférieure).
- Eaux-de-vie nouvelles, médaille d’argent : M. Quesnel, précité.
- Eaux-de-vie anciennes, médaille d'or : M. Rezé à Gréz-en-Bouère (Mayenne).
- Eaux-de-vie anciennes, médailles de vermeil, M. Duchemin, précité.
- Eaux-de-vie anciennes, médaille d’argent : M. Quesnel, précité.
- Bouilleurs de cru et propriétaires
- Eaux-de-vie nouvelles et rassises, médaille d'or : M. Foulon, à la Ferté-Macé (Orne).
- E mx-de-vie nouvelles et rassises, médaille de vermeil : M. Cassé, à Saint-Aubin de Scel-lon (Eure).
- Eaux-de-vie nouvelles et rassises, médaille de vermeil : M. Métairie, au Bois-Foucher (Mayenne)
- Eaux-de-vie nouvelles et rassises, médaille d’argent : M. Olivier, à Vimoutiers, (Orne).
- Eaux-de-vie nouvelles et rassises, médaille d’argent: M. Haussey, précité.
- Eaux-de-vie nouvelles et rassises, médaille d'argent : M. Boudeville, précité.
- Eaux-de-vie nouvelles et rassises, médaille de bronze : M. Chatel, à Saint-Georges-des-Groseilliers (Orne).
- Eaux-de-vie nouvelles et rassises, médaille de bronze : M. Onfray, à Saint-Pierre-d’Entre-mont (Orne).
- Eaux-de-vie nouvelles et rassisses, médaille de bronze : M. Pillu, précité.
- Eaux-de-vie anciennes, diplôme d'honneur : M. Olivier, précité.
- Eaux-de-vie anciennes,médaille d’or: MM.Leblanc et Morin, aux Landelles (Orne).
- Eaux-de-vie anciennes, médaille de vermeil : MM. Rotrou frères, précités.
- Eaux-de-vie anciennes, médaille de vermeil : M. Haussey, précité.
- Eaux-de-vie anciennes, médaille d’argent : M. Dannet, précité.
- Eaux-de-vie anciennes, médaille d'argent : M. Cassé, précité.
- Eaux-de-vie anciennes, médaille de bronze : M. Pillu, précité.
- Eaux-de-vie anciennes, médaille de bronze : M . Hébert, à Hacqueville (Eure).
- Eaux-de-vie anciennes, mention honorable : M. Eudeline, à Epaignes (Eure).
- Eaux-de-vie anciennes, mention honorable : M. Seig.e, à Mosles (Calvados).
- EAUX-DF-VIE I)E POIRE
- Distillateurs et propriétaires
- Médaille d'or : M. Chatel, précité.
- — vermeil : M. Foulon, précité.
- — argent :M. Quesnel, précité.
- — — M. Onfray, précité.
- — bronze : M. Pillu, précité.
- Mention honorable ; MM. Leblanc et Morin, précités.
- Mention honorable : M. Eudeline, précité.
- — M, Cassé, précité.
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- La distribution officielle des récompenses décernées par les divers jurys de l’exposition nationale des cidres et d’alimentation générale a eu lieu le vendredi 28 courant. Il nous est impossible aujourd’hui de rendre compte de cette cérémonie ; nous le ferons dans notre prochain numéro.
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- LA RUE DES NATIONS
- A L’EXPOSITION DE 1878
- LA FAÇADE BELGE
- Nous terminons aujourd’hui par la façade de la section belge, la série des bâtiments de la rue des Nations en 1878.
- Le bâtiment belge se composait d’une série de tours, de corps de logis et de galeries différents de dessin et de style, mais formant par leur réunion un ensemble harmonieux qui faisait véritablement honneur à l’architecte, M. Emile Janlet. En se promenant de gauche à droite, le regard rencontrait d’abord une tour en pierres bleues, de nature granitique, qua-drangulaire, à pans coupés, surmontée d’une terrasse sur laquelle se dressait une tourelle octogonale, à toiture couronnée par un beffroi en charpentes, ardoises et fer forgé.
- Sur la façade de la tourelle était une horloge de ville. A la suite de la tour, venait le pavillon central eu principal dans lequel s’ouvrait la grande entrée. Ge pavillon à assises différentes de grain et de couleur, était composé de deux avant-corps en saillie sur la porte et remarquables par quatre cariatides dues au sculpteur Fraikin, de Bruxelles ; puis par leur couronnement un peu tourmenté, un peu chargé peut-être, mais tout à fait flamand. Autour de l’arc de la porte, sur les pierres à forte saillie,| étaient les armes de la Belgique et de ses principales cités. Le corps de logis surmontant la haute arcade de l’entrée était également d’une grande richesse, et son dôme oblong était caché par un couronnement formé d’enroulements, de volutes, de frontons et de pyramides. Le pavillon principal se reliait au moyen d’une galerie à un autre corps de logis également important. Cette galerie, formée au rez-de-chaussée par des vitraux, restait ouverte au premier étage pour servir de passage couvert et de terrasse. Ses colonnes, comme ses balustrades, étaient des spécimens des principaux marbres belges. Le corps de logis suivant, construit comme tous les autres en diverses natures de matériaux, principalement en pierres brunes, noires et blanches, se faisait surtout remarquer par son couronnement, véritable édifice dont le reste du bâtiment semblait former la base, et par un très beau balcon, s’appuyant sur des consoles et recouvert d’une massive véranda s’appuyant sur des piliers de bois sculpté et entourée d’une balustrade également en bois tourné et sculpté. Le dernier pavillon n’offrait rien de particulier.
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- LA FAÇADE BELGE
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- 1324-— QUATRIÈME ANNÉE. — N° 209.
- LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE 1889.
- DIMANCHE 30 DÉCEMBRE 1888.
- EXPOSITIONS
- A LA GALERIE DE GEORGES PETIT
- Les trente—six tableaüx, épisodes du Siège de Paris, exposés tout récemment à la galerie Georges Petit, n’ont pas trouvé acquéreur malgré leur valeur artistique et la notoriété des artistes justement appréciés qui ont signé ces toiles.
- Cette exposition avait cependant attiré beaucoup de monde. Il est fâcheux que ces souvenirs néfastes qui sont en même temps de sérieuses leçons pour l’avenir n’aient pas trouvé place dans l’un de nos musées, et plus fâcheux encore que les œuvres de tels maîtres, dont plusieurs sont, hélas ! disparus, soient vouées à l'oubli : Sic transit gloria mundil...
- EXPOSITION DES FAÏENCES de E. La-chenal. — Plus de trois cents numéros de toutes formes et plus coquettes les unes que les autres sont présentées au public.
- Parmi tant d’œuvres charmantes, nous citerons : un grand cachepot, ciel turquoise avec têtes d’éléphants, puis des vases ogives, des coupes Renaissance, beaucoup de jardinières, des lampes, des potiches, des aiguières, de charmantes bonbonnières et même des pots à tabac.
- On remarquait plusieurs numéros d'un service destiné à Sarah Bernhardt, puis des pendules, fontaines, bougeoirs, etc. Notons aussi de charmants dauphins, pouvant servir aussi bien comme saucière que comme jardinière, enfin quantité de grands plats et assiettes représentant de jolis oiseaux et de charmants papillons bien naturels, de même que beaucoup de belles fleurs parmi lesquelles les roses et les beaux chrysanthèmes sont d’une exécution remarquable.
- N’oublions pas de dire qu’il y a des portraits et des têtes de fantaisie très finement traités.
- Cette exposition (la troisième de ce genre), s’est terminée le jeudi 20 décembre, à 8 heures du soir par une vente intime dans laquelle M. Jouet, de la Comédie-Française, remplissait le rôle de commissaire-priseur.
- Ch. Laméiralk
- LES MINISTRES
- DU
- COMMERCE ET DE L’AGRICULTURE
- A. LILLE
- Séance solennelle de la Société des agriculteurs du Nord
- N ous empruntons à notre excellent confrère, Y Echo du Nord, les détails qui suivent sur la réception qui a été faite dimanche dernier, 23 courant, à Lille, aux ministres du commerce et de l’agriculture, MM. Pierre Legrand et Viette :
- Au Palais-Ramaau
- La cérémonie du Palais-Rameau a été magnifique. Les ministres, arrivés à 3 heures au Palais, ont été reçus à la porte par le bureau de la Société des agriculteurs, pendant que la musique des Canonniers, placée sur une estrade habilement dissimulée sous les fleurs et les arbustes jouait la Marseillaise et qu’au dehors les chasseurs forestiers de Valenciennes et de Le Quesnoy portaient les armes.
- A l’entrée des ministres dans le Palais, où le service d’ordre avait été assuré par la gendarmerie et la police, un immense cri de : « Vive la République ! » se fait entendre. M. Viette se dirige de suite vers les chasseurs forestiers, qu’il félicite de leur bonne tenue, et annonce
- les nominations suivantes,qui sont très applaudies : VI. Michaud, inspecteur de 3e classe, est nommé à la seconde; M. Paintiaux, inspecteur adjoint, est nommé à la seconde classe ; , M. Tramecourt, sergent, est nommé à la 2e classe ; VIVE Matoret, Reuts, Choquet et Leclercq, forestiers, sont élevés à la ire classe.
- VI VL Viette et Pierre Legrand, accompagnés des autorités et conduits par MM.Telliez, président d’honneur de la Société des agriculteurs du Nord ; Claeys, président, les vice-présidents et les commissaires du concours, ont alors visité l’exposition et ont vivement félicité les exposants. L’exposition scolaire et le fonction-nementdes bouilleurs de cru ont parti culière-ment intéressé les ministres, à qui des explications techniques sur chacun des objets exposés et sur la culture de certains produits du sol, ont été fournies tant par les membres de la société que par les exposants eux-mêmes.
- De superbes gerbes de blé et de magnifiques betteraves ont été ensuite montrées aux représentants du gouvernement, qui ont eu un mot aimable pour tous les cultivateurs et les ont assurés de leur vive sympathie.
- A 4 heures, la visite des ministres était terminée : ^
- La distribution des prix
- Dès 3 heures 1/2, la salle des fêtes de l’hôtel du Maisniel était absolument bondée et s’est trouvée insuffisante. A 4 heures, la musique des sapeurs-pompiers salue par une brillante exécution de la Marseillaise l’arrivée des ministres'.
- M. Claeys prend place au fauteuil de la présidence, ayant à ses côtés MM. Viette, Pierre Legrand, Saisset-Schneider, Géry Legrand, le général Jamont, commandant en chef le premier corps d’armée ; Maurion, procureur général ; René Telliez, président honoraire de la Société des agriculteurs ; G. Dubar, Fl. Desprez, vice-présidents de la Société des agriculteurs; Jacquemart, secrétaire général; V. Roger, secrétaire-archiviste ; J.-B. Bonduel, secrétaire-adjoint ; Delporte-Bayart, trésorier.
- Sur l’estrade, au milieu d’un grand nombre de notabilités, nous remarquons MM. Cirier, sénateur; Maxime Lecomte, Tellier de Pon-cheville et Lefèvre-Portalis, députés; Tisserand, directeur de l’agriculture au ministère ; Vassilière, inspecteur général de l’agriculture ; Gavelle, Faucher et Basquin, adjoints au maire de Lille; MM. les doyens des quatre Facultés; le général Maurand ; MM. Seydoux, vice-président du Conseil général; Picard, trésorier général ; les sous-préfets et les conseillers de préfecture ; Narcisse Petit, conseiller général; Griollet, Vallon, Edouard Agache, administrateurs du chemin de fer du Nord; Gruson, ingénieur en chef des ponts et chaussées ; Cornut, ingénieur en chef de l’Association des propriétaires d’appareils à vapeur du nord de la France ; Soubeiran, ingénieur des mines, directeur de l’Institut industriel du Nord ; Julien Le Blan, membre du Comité consultatif des arts et manufactures ; Crépy, président de la Société de Géographie de Lille ; Bigo-Danel, vice-président de la Société industrielle du Nrod ; un grand nombre de conseillers généraux et d’arrondissement.
- Après avoir ouvert la séance, M. le sénateur Claeys donne la parole a M. le ministre de l’agriculture, qui prononce le discours suivant :
- Ce grand département se prépare à célébrer d'une manière digne de lui, digne de la République, digne de la France, le centenaire de 1889, en offrant à la Patrie les prémices des moissons et en présentant les produits de sa puissante agriculture.
- Nous venons, en quelque sorte, d’assister à une répétition générale et vous êtes prêts à démontrer au monde que l’agriculture du Nord a suivi les évolutions du progrès, préparant ainsi les féconds résultats que nous admirons aujourd’hui.
- Si nous envisageons la culture du blé, les rendements sont de beaucoup supérieurs à ceux obtenus dans les régions réputées les plus fertiles; quant aux cultures industrielles, qui couvrent dans votre beau département plus de 60,000 hectares, elles sont à la hauteur de vos cultures de blé.
- Vous êtes les premiers pour le blé, vous êtes les premiers aussi pour les cultures industrielles, vous êtes les premiers encore pour le rapport de la quantité de bétail à la superficie. Vous avez suivi le progrès et établi une culture scientifique quia pour ainsi dire doublé la superficie de votre département.
- Vous devez reconnaître cependant que vous avez été bien secondés par le gouvernement de la République; l’établissement de droits de douanes sur les blés et les bestiaux étrangers vous a été d’un précieux concours. Il n’est pas jusqu’aux lois intérieures qui ne soient venues elles-mêmes à votre aide : c’est ainsi qu’il arrive à la vigne ensoleillée du Midi de se réclamer aux produits du Nord brumeux et de demander du sucre à la betterave. Nous avons autorisé le sucrage des vins, accomplissant ainsi l'union des produits des deux extrémités de la France.
- La loi sur la police sanitaire a produit aussi les meilleurs résultats : de 700 animaux morts en 1882, le nombre s’est abaissé cette année à 300, diminuant ainsi de plus de moitié, grâce au concours de tous les agriculteurs et aussi au dévouement des vétérinaires.
- Les secours de l’Etat, disons-nous, ne vous ont pas fait défaut : à côté de la station agronomique de Lille, nous venons de créer celle de (Appelle ; nous espérons pouvoir vous donner bientôt un professeur départemental d’agriculture, digne d’occuper l’une des plus belles chai 1 es de France.
- Les résultats que nous avons admirés au Palais-Rameau ne sont pas dus uniquement à la grande propriété: ils sont dus aussi à l’énergie du petit cultivateur. C’est l’honneur de la petite culture qu’une exposition comme la vôtre.
- Ce sera l’honneur de la République d’avoir compris que l’agriculture est une véritable grande industrie et qu’elle devait enfin sortir de la routine; que ses méthodes devaient être basées et fondées sur la science. N’est-il pas plus patriotique de donner aux agriculteurs de sages et scientifiques conseils que de les abandonner à eux-mêmes, en les laissant s’apitoyer sur les misères du temps. Il faut leur indiquer les meilleures méthodes à suivre : la science marche, à nous de la suivre.
- M. Claeys, président de la Société des agriculteurs du Nord, souhaite ensuite la bienvenue aux ministres de l’agriculture et du commerce et les remercie de l’empressement avec lequel ils ont accepté l’invitation que leur avait faite la société. M. le président exprime le regret que le Parlement ait rejeté le droit sur les maïs et modifié d’une façon défavorable à l’agriculture la loi de 1884 sur les sucres ; mais en même temps il émet le vœu que la proposition de MM. Trystram et Maxime Lecomte, qui a pour but l’établissement d’un droit sur les mélasses étrangères, soit adoptée.
- Mais, Messieurs, ajoute M. le président, si nous demandons des taxes douanières lorsque nous pensons que l’intérêt de l’agriculture française l’exige impérieusement, nous n’attendons pas de ces taxes seules son complet relèvement. Ces taxes ne sont, à nos 3reux, que des barrières qu’il faut momentanément élever sur nos frontières pour permettre à nos produc-
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- teurs nationaux, qui, sans elles, seraient inévitablement écrasés par la concurrence étrangère, de se préparer, dans une sécurité relative, à lutter un jour efficacement contre cette même concurrence étrangère.
- Aussi a-t-on toujours pu voir la Société des agriculteurs du Nord rechercher avec le plus grand soin et préconiser même tous les moyens qui, en dehors de toute protection douanière, paraissent susceptibles d'être utiles à notre production.
- Et M. Claeys énumère les objets sur lesquels s’est particulièrement portée l’attention de la société : l’enseignement agricole d’abord, dont l’Association s’est particulièrement préoccupée. Après avoir rappelé que le département du Nord, en dépit de son importance, était peu favorisé à cet égard, M. le président constate pourtant qu’une première satisfaction a été accordée à ce sujet à la société, par la création, à Cappelle, d’une station agricole départementale, qui, « sous l’habile direction de M. Desprez, ne peut manquer de rendre de grands services aux cultivateurs de notre département ».
- En terminant, M. le président rappelle que la Société des agriculteurs du Nord continue à étudier avec le plus grand soin les propositions de loi intéressant l’agriculture qui sont soumises aux délibérations du parlement ; il cite notamment le remarquable rapport présenté par M. Bonduel, agriculteur à Sainghin-en-Mélantois, sur la proposition de MM. Trys-tram, Maxime Lecomte et Pierre Legrand, tendant à assurer aux fermiers, à l’expiration de leurs baux, une indemnité représentant la plus-value réelle que les terres qu’ils ont louées ont acquise pendant leur bail. Puis il cède la parole à M. Jacqmart, secrétaire général, qui donne lecture d’un très intéressant rapport sur l’exposition du Palais-Rameau.
- M. Victor Roger, en sa qualité de secrétaire-archiviste de la société, rend compte, d’une façon sommaire, des . travaux de la société pendant l’année 1888. L’analyse de cet excellent travail serait trop longue : nous citerons seulement la péroraison du rapport, qui a été vivement et légitimement applaudie. Après avoir affirmé aux ministres présents que les agriculteurs du Nord ne sont pas « des gens apathiques, des empiriques indifférents », après avoir attesté que les cultivateurs de notre région travaillent avec intelligence et persévérance, M. Roger conclut :
- Nous le savons bien nous tous, propriétaires, agronomes, producteurs de semences et d’engrais, économistes spéciaux, vétérinaires et tant d’autres qui vivons à côté d’eux, témoins de leurs recherches, de leurs efforts, de leurs luttes quotidiennes avec les intempéries et les maladies du bétail, de leurs passagères défaillances, mais aussi de leur inébranlable courage.
- Puis, M. Viettese lève et remet, aux applaudissements de l’assistance, la croix de la Légion d’honneur à M. A. Bernard, d’Aubencheul-au-Bac ; la rosette d’officier du Mérite agricole à M. Vittu, et la croix de chevalier du même ordre à MM. V. Roger, vétérinaire à Roubaix ; Dupont, agriculteur à Thiant, et Pécheux, maire de Baives.
- M. J.-B. Bonduel donne alors lecture du palmarès, que nous croyons inutile de reproduire dans le Moniteur.
- Et, à son tour, M. Pierre Legrand se lève et déclare, tout en s’en excusant auprès des agriculteurs du Nord, qu’il n’a pas voulu venir dans un centre industriel comme Lille sans remettre des récompenses aux vieux serviteurs
- de l’industrie. Cette déclaration est couverte d’applaudissements, et M. Legrand remet des médailles d’argent à MM. Dumez, employé chez M. Lepez, négociant en huiles à Lille ; Désiré Duvocelle, relieur dans la maison Danel ; Cyr Fruchart, ouvrier à la Compagnie continentale du gaz; Charles Fruchart, maçon dans la maison Arnaudon, à Lille ; et des médailles de bronze à MM. Adolphe Anachart, Léonard Bécousse, Paul Prévost, employé à l’usine de Fives; Henri Caron, tisserand dans la maison Duhem-Deren, à Armentières, et Masquelier, au service de M. Mathieu, à Armentières.
- A 6 heures, la séance était terminée.
- Le Banquet
- Dans la soirée, un banquet réunissait à l’hôtel du Maisniel les membres de la Société des agriculteurs du Nord et toutes les notabilités que nous avons citées plus haut.
- Au dessert, M. le préfet prend le premier la parole et propose la santé de M. le président de la République.
- Après M. le préfet, M. Claeys se lève et remercie MM. les ministres de l’agriculture et du commerce d’avoir honoré de leur présence la distribution des prix de la Société des agriculteurs du Nord. L’orateur est certain d’être l’interprète de tous en buvant à leur santé,. et, en terminant, il exprime l’espoir que la Société des agriculteurs du Nord saura brillamment tenir sa place à l’Exposition de 1889. De vifs applaudissements accueillent ces paroles.
- M. Yiette se lève ensuite et remercie M. Claeys des paroles cordiales qu’il vient de prononcer : il remercie la Société des agriculteurs du Nord tout entière « de l’avoir convié à cette fête, la plus belle de toutes celles auxquelles il lui a été donné d’assister ».
- Appelé par mes convictions, poursuit le ministre, et aussi par mes fonctions, à préconiser les bienfaits de l’instruction, j’ai voulu prêcher par l’exemple et m'instruire moi-même. J’ai visité la plupart des régions de notre pays : j’ai eu, cetfe année, la bonne fortune de faire une cour assidue à la vigne et de m’incliner devant son thyrse souverain. Aujourd hui je saisis avec joie l’occasion qui m’est offerte de présenter mes hommages empressés et l’expression de mon dévouement à la betterave. Oui, c’est avec une grande joie que je suis venu dans ce grand département, qui est presque aussi grand qu’une nation et qui a poussé si loin les progrès et la science agricoles.
- Aussi, dans une réunion où je vois tant d’hommes compétents, me garderais-je bien de vanter des méthodes ou de vous donner des leçons. Je me bornerai seulement à jeter un coup d’œil sur le chemin parcouru.
- « On a coutume, dit M. Viette, de dire : la République n’a rien fait. Eh bien ! si, elle a fait quelque chose, elle a fait beaucoup ; elle a pris en mains la cause de l’agriculture, l’enseignement agricole. » Et l'orateur de rappeler les sacrifices qu'a faits la République pour répandre le goût et perfectionner les méthodes de l'agriculture.
- Passant à un autre ordre d’idées, et touchant un point indiqué au cours de la séance par M. Claeys, l’orateur demande : « La France a-t-elle intérêt à cultiver le blé ? » Et il répond : « Oui, évidemment: car le jour où elle cesserait de produire du blé, le jour où elle cesserait d’être protégée, où le grain ne serait plus cultivé en France, on verrait un monopole terrible s’établir chez nous ; nous serions véritablement à la merci des étrangers. » Et M. Viette poursuit au milieu des applaudissements de l’assistance : « Il faut avoir recours à la protection pour permettre à nos indus-
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- tries naissantes de se former, de grandir et de se fortifier. »
- Dans une chaleureuse péroraison, M. le ministre de l'agriculture trace un tableau plein de verve et frappant d’exactitude « de la crise que nous subissons, et qui a eu un retentissement jusque dans la politique régionale ». Et il s’écrie :
- Les populations les plus froides, et en apparence les plus réfléchies, ne sont pas toujours exemptes de ces fiévreux entraînements dont il n’est pas besoin d’aller bien loin pour trouver des exemples.
- Notre pays s'est trouvé pendant un temps le carrefour de tous œs fléaux.
- Le phylloxéra, les sauterelles, la maladie des pommes de terre, le sylphe opaque, le hanneton, surtout le hanneton, à qui la terre de France est si propice, et je ne sais quelle épidémie de servitude et de dictature. Ces fléaux sont venus de compagnie, ils s’en iront de même. Quant à nous, nous avons la ferme volonté et la force de les combattre et de les vaincre.
- Aux fléaux de l’agriculture, les paysans, les durs fendeurs de terre, ont répondu par le travail obstiné. Devant les fléaux de la politique le; hommes qui aiment leur pays n’ont pas perdu courage. En face d’une question dégagée de toute équivoque : «liberté ou servitude », ils ont pensé que la liberté ne pouvait sombrer dans un nouveau naufrage.
- La liberté! l’exilerons-nous encore de notre foyer? Mais elle est l’incarnation du génie national, elle est la patrie elle-même! La liberté, c’est la France !
- La liberté! nos écrivains l’ont célébrée, nos poètes l’ont chantée, nos tribuns l’ont défendue. Il n’est point, en Europe, un coin de terre où notre nation n’ait répandu son sang pour elle; son nom est le premier mot que nos enfants apprennent à bégayer, elle vit, respire et agit dans une des plus belles strophes de la Marseillaise! Je bois à la liberté !
- Citoyen des frontières comme vous, je porte un toast, dans cette grande ville, à ce grand et beau département, à la France, à la République, à la liberté : Vive la République?
- Les chaleureuses paroles de M. Viette ont véritablement fait passer un frisson dans l’assistance, qui a répété avec M. le ministre, et avec enthousiasme, le cri de : « Vive la République ! »
- Succédant à M. Viette, M. René Telliez, président d’honneur de la Société des agriculteurs du Nord, s’est levé et a avoué, dans un toast fort spirituel, qu’il ne restait plus rien à dire après le discours de M. le ministre de l’agriculture... si ce n’est à le remercier. A ses remerciements, M. Telliez tient à associer M. Pierre Legrand, ministre du commerce, dans la personne de qui il salue un des avocats qui ont le plus honoré le barreau de Lille, — M. Telliez, qualifié à cet égard, tient à en apporter le témoignage personnel, — un des avocats qui ont apporté le plus d’intégrité, de loyauté dans l’exercice d’une profession où ces qualités sont en honneur. En terminant, M. Telliez boit aux deux grandes sociétés d’agriculture qui ont apporté leur concours à la Société des agriculteurs du Nord; à la Compagnie du Nord; à M. le maire de Lille, pour la double hospitalité qu’il a accordée à la société ; à tous ceux, enfin, qui, de près ou de loin, contribuent à la prospérité de la Société des agriculteurs du Nord.
- C’est M. Pierre Legrand, ministre du commerce, qui prend le dernier la parole. Dans un toast éloquent et à diverses reprises interrompu par de vifs applaudissements, il s’associe aux éloges décernés par M. Viette à la Société des agriculteurs du Nord et au département. Et il ajoute : « Nous serons deux
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- désormais à vous défendre au sein du gouvernement ; nous serons deux à lui dire ce qu’il doit attendre de vous, si un misérable essayait ou continuait d’essayer de semer la discorde parmi nous. » M. Pierre Legrand poursuit : « Nous sommes prêts à défendre nos libertés, que nous avons eu tant de peine à conquérir ; aussi les défendrons-nous par tous les moyens.» Et, en terminant, M. Pierre Legrand fait un chaleureux et éloquent appel à la conciliation, à l’apaisement des vieilles querelles : il boit enfin à l’armée, « aux généraux, esclaves du devoir et de la discipline, qui sont prêts à sacrifier leur vie pour la défense de nos libertés et du sol national. » Ces paroles soulèvent un indescriptible enthousiasme ; on fait une véritable ovation à l’orateur qui les a prononcées et à M. le général Jamont, auquel elles s’adressent mieux qu'à tout autre.
- Il est 9 heures ; la série des toasts est close; les nombreux convives — 300 au moins — qui assistaient au banquet se retirent, commentant les incidents de la journée, constatant la cordialité qui n’a cessé d’y régner et se disant que ce n’est point un spectacle banal que celui d’une société qui peut obtenir par l’union, la concorde, des résultats aussi précieux que ceux mis en évidence par la journée d’hier, qui, par ses efforts et son initiative, par l’énergie avec laquelle elle poursuit son but, a su grouper tant d’éléments divers qui, tous, concourent à la défense de l’agriculture, dans notre région, à ses progrès; qui, tous, concourent à placer l’agriculture au premier rang de nos industries.
- LES LIVRES
- III
- Histoire de la Société française pendant la Révolution, par Edmond et Jules dëGongourt.— Un vol. in-4° raisin, avec de nombreuses reproductions en noir et en couleur. Paris, maison Quantin, 7, rue Saint-Benoît.
- Alors que tous les esprits sont occupés par la célébration du grand anniversaire, il est hors de doute qu'un ouvrage rappelant les faits poli -tiques et militaires de la Révolution française était absolument nécessaire pour mettre la génération présente à même d’apprécier les us et coutumes de nos grands-pères pendant cette période qui a inauguré l’ère de l’émancipation.
- 11 était réservé à MM. de Goncourt d’écrire cette histoire en entier et d’en faire un monument impérissable. Tout un monde pittoresque, vivant, remuant, si complexe et si varié dans ses idées, ses habitudes, ses préjugés est merveilleusement décrit dans ce livre au coloris vif, au style éloquent. Le lecteur y retrouve les salons, les cafés, les théâtres ; la physionomie de Paris. Tout ce qui transporte comme par enchantement dans cette curieuse époque qui va de 1789 à 1794, y est tracé de main de maître et a l’attrait d’un roman. Dans une suite de chapitres tour à tour légers ou sérieux, les auteurs ont étudié la société, les modes, l'instruction, la religion, la femme et l’amour de ces temps iroublés.
- Un ouvrage d’une allure aussi piquante nécessitait une illustration soignée ; la reproduction de gravures du temps, les fac-similés des modes, des intérieurs, des divers corps d'état et en particulier des scènes de la rue, si nombreuses et si variées a cette époque agitée, offrent un véritable panorama sans cesse en mouvement.
- Les éditeurs on tenu à prouver que l’Imprimerie française savait tenir sa place, et les épreuves en chromotypographie qui concourent à l'illustration de ce livre sont dignes de remarque ; nous signalerons tout particulièrement la magnifique planche, Promenade publique, d’après Debucourt.
- Histoire de l’École Navale et des Institutions qui l’ont précédée, par un ancien officier, avec lettre-préface du vice-amiral Jurien de la Gravière, de l’Académie Française.— Ouvrage illustré de quarante compositions hors texte. Même librairie.
- Tout ce qui touche à la marine a le don d'exciter le puissant intérêt du pays tout entier, c’est une oeuvre saine et patriotique que de rappeler ce que fut YÉcole Navale, cette héroïque pépinière d’amiraux, qui, depuis plus d’un demi-siècle, a produit tant d’illustres hommes de mer.
- Faire l’histoire des Institutions qui l’ont précédée, depuis les brillants et batailleurs gardes de la marine jusqu’aux jeunes élèves du collège d’Angoulême, suivre pas à pas, à travers les événements, la vie intime de chacune de ces institutions, tel a été le but de l’auteur qui a essayé d'exposer avec impartialité, dans la partie consacrée spécialement à l’École navale actuelle, ce quelle a été autrefois et ce qu'elle est aujourd’hui.
- « C’est une pensée heureuse, comme le dit excellemment le vice-amiral Jurien de la Gra-vière dans la lettre de félicitation qu’il adresse à l’auteur. C'est une pensée heureuse que d’avoir entrepris l’histoire des institutions qui, depuis le temps de Richelieu et de Colbert, ont assuré le recrutement du corps d’officiers destiné à former la base de ce qui nous avait manqué jusqu’alors : une marine permanente.»
- La première partie retrace, d’après les documents les plus authentiques, l’histoire des Gardes de l’Amiral de France, du Grand-Maître de la navigation, des Gardes de la marine, du Pavillon amiral et de l’Etendard Réal des galères, celle de l’Ecole royale de marine du Havre, des collèges maritimes de Vannes et d’AIais, des élèves et des aspirants de la marine, du collège d’Angoulême, et se termine par l’histoire de l’Ecole navale actuelle, etc. — La seconde partie traite uniquement du Borda. Mœurs, organisation intérieure, cadres, cours, traditions, vie à bord, méthodes d'enseignement, tout, jusqu'à a langue spéciale de l’Ecole y est passé en revue.
- I/Italie du Nord, par G. de Léris. — Un vol. grand in-8° illustré de nombreux dessins exécutés d’après nature (1).
- L’Italie du Nord comprend l’étude pittoresque anecdotique de toute la partie de la péninsule située entre les Alpes et Rome, c’est-à-dire depuis le Frioul italien, dont la description n’a jamais été faite, jusqu’à Sienne en passant par Turin et le Piémont, Gênes et la rivière du Levant, Milan et la Lombardie, Vérone, Venise et la Vénitie, Florence et la Toscane.
- Comme ledit M. Léris dans sa préface, il n’est pas aisé d'écrire un ouvrage sur l’Italie tant il existe d’études sur ce merveilleux pays cheraux touristes de toutes les nations ; mais la plupart des auteurs précédents n’ont traité qu’une question spéciale, n'envisageant l’Italie qu’en voyageur désireux de noter ses impressions générales, ou en critique pour qui les merveilles d’art renfermées à Venise, Florence, Milan, etc., sont la préoccupation principale. Il était bon de noter ainsi « l’Italie moderne », de noter ce qui
- (1) Quantin et O, Editeurs, 7, rue Saint-Benoît.
- devait être le moins connu sur l’histoire, sur l’art, sur l’administration, sur les établissements publics et privés, sur la presse, le théâtre, la société, en un mot sur la vie générale du pays.
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- Ce nouveau volume fait partie de la collection le Monde pittoresque et monumental, qui tous les ans s'augmente d’un nouvel ouvrage.
- Conte* Juif*, par Sacher Masoch. — Un vol. in-4° carré de 300 pages, illustré de nombreuses compositions dans le texte et hors texte. (1)
- En écrivant les Contes Juifs, l'auteur a composé une série très variée de petits poèmes en prose, pleins d’imagination, d’entrain, de verve, de contrastes piquants, de dialogues animés, tantôt plaisants et comiques, tantôt graves et sévères, toujours d’une vérité rigoureuse.
- L’ethnographe, le philosophe, l’historien et même l’artiste trouveront un grand intérêt à pénétrer dans l’intimité de cette ancienne « Vie juive » ; c’est du reste ce qu’a pensé avec raison Sacher Masoch, le collaborateur bien connu de la Revue des Deux-Mondes, de la Revue politique et littéraire, etc.
- Quant aux Ouvrages pour la jeunesse, la maison Quantin, qui depuis quelques années a pris à tâche d’offrir à la jeune génération les modèles les plus exquis du genre, a groupé cette année, sous des titres divers, un certain nombre de volumes dignes de leurs aînés, tous parfaitement illustrés. — La 18a-liylone électrique, par A. Bleunard, à travers les péripéties de la gigantesque entreprise (reconstruction de Babylone), l’auteur a su placer un chaste roman d’amour que tous pourront lire et qui, tout en prêtant à l’œuvre l’attrait d’une intrigue romanesque, lui laisse toutes les qualités d’un livre écrit pour la jeunesse. François-François, par Edgard Monteil ; cette histoire intéressante, ti'ès mouvementée, est agrémentée de nombreux et charmants dessins.
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- (1) Quantin et O, éditeurs, 7, rue Saint-Benoît.
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