Descriptions des arts et métiers
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- DU TAILLEUR,
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- LE TAILLEUR D’HABITS D’HOMMES}
- les Culottes de Peau { le Tailleur de Corps de Femmes & Enfants : la Couturière ; & la Marchande de Modes.
- Par M. DE GARSAULT.
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- RESERVE
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- DU TAILLEUR.
- CONTENANT
- LE TAILLEUR D'HABITS D'HOMMES t
- les Culottes de Peau ; le Tailleur de Corps de Femmes & Enfants : la Couturière ,• & la Marchande de Modes.
- A VA N T-P RO P OS’
- T /art de fe vêtir , dont l'origine efl: de toute antiquité, efl certainement un des plus effentiels au genre humain ; aulîi en eft-on pleinement convaincu : c efl: pourquoi en efïàyant de le décrire ici, il feroit foperflu de commencer par s'étendre fur fon utilité & fes avantages ; on dira feulement que le but des. Nations a d'abord été de dérober à la vue l'entiere nudité, Sc en même temps de garantir le corps des attaques de l'air ; & que de la néceffité de fe couvrir, on efl: parvenu à la grâce des vêtements fous des formes différentes, à la diftinélion des Peuples, & parmi chacun, à celle des différents états & conditions, ce qui a donné lieu à la parure & à la magnificence, principalement chez les Nations policées.
- Comme ce Traité efl: entrepris par un François, fous les aulpices de l'Académie des Sciences de Paris, il croit devoir donner ici par préférence l'idée des habillements de là Nation, tant anciens que modernes : notre, goût naturel for cet article efl: reconnu dans tout le continent; & fl l'Art du Tailleur François, ainfi que ceux qu'on y a joints, font bien conduits, on ofe fe flatter que leur defcription acquerra le mérite que lui aura donné la Nation meme*
- Dans les commencements de la Monarchie, les Ouvriers qui faifoient l'habillement fe nommoient Tailleurs de Robes , attendu qu'à l'exemple des Romains, nos vetemens étoient des robes plus ou moins longues. Ces Ouvriers furent érigés en corps de Communauté fous ce titre par Philippe ÎV. dit le Bel, qui leur donna des Statuts en 1293. Dans l'intervalle de ce temps, jufqu'au régné de Charles IV , foccéderent infenfiblement aux robes plufîeurs efpeces de Tailleur. A
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- 2 ART DU TAILLEUR, &c.
- Veftes, par-defîus lefquelles on mettoit des manteaux plus ou moins longs : ces veftes fe font appellées des Pourpoints. En conféquence, fous ce dernier Roi, les ci-devant Tailleurs de Robes reçurent des Lettres Patentes & de nouveaux Statuts en 1323. fous le titre de Maîtres Tailleurs Pourpointiers.
- On voit dans les Statuts des Cordonniers, la permiffion à eux accordée de faire les collets des Pourpoints : apparemment qu’au tems de cette permiffion, ces collets étoient de cuir.
- Les Maîtres^ Pourpointiers ne vêtifîbient que le corps proprement dit ; il y avoit d’autres Ouvriers qui conftruifoient l’habillement de la ceinture en bas , comme haut & bas de chauffes, caleçons, &c. Ces derniers furent érigés. en corps de Maîtrife en 1346 par Philippe VI, dit de Valois, fous le titre de Maîtres Chaufjetiers : ils fobfiftent encore en partie fous celui de Bourjîers Culottiers ; mais ceux-ci ne travaillent qu’en peaux chamoifées.
- Enfin ces différents Métiers furent heureufoment réunis en un foui corps par Henri III en 1588, fous la dénomination de Maîtres Tailleurs d! Habits , avec pouvoir de faire tous vêtements d’homme & de femme, fans aucune exception. Ceux-ci fo font volontairement partagés en deux branches, dont l’une s’adon-noit entièrement aux habits d’homme & de femme., l’autre à ne faire que les corps & corfets des femmes & enfans , avec quelques vêtemens qui s’y joignent. Cette fécondé branche n’a fobi aucun changement ; mais Louis XIV. dit le Grand, ayant jugé à propos d’Ôter à la première la faculté de faire les habits de femmes , créa en 1675 un corps de Maîtrife féminin fous le titre de Maîtrejfes Couturières, auxquelles il donna pouvoir de conftruire tous les vêtements de leur foxe.
- L’ouvrier qui dans l’Art du Bourfîer s’eft reftraint à conftruire des culottes de peau, bas & gants, a tant d’affinité avec celui qui les fait de toutes autres ef-peces d’étoffes , qu’il ne doit pas paroître déplacé d’en expliquer la manufacture à la foi te de celle du Tailleur d’habits pour homme ; d’autant plus encore, que celui-ci concourt avec le premier , étant permis à tous les deux de faire bourfos à cheveux & calottes.
- Depuis plufieurs années quelques femmes de Marchands Merciers fo font don* né le titre de Marchandes de Modes ; non feulement comme Mercieres elles vendent les rubans, gazes, rezeaux, & autres enjolivements qui fervent à décorer les habits de femmes, mais elles deviennent les Ouvrières de leurs mar~ chandifes , les attachent & ajuftent ; de plus elles font certains vêtements que les femmes mettent par-deffos l’habit ordinaire, raifon de les citer à la fuite de l’Art de la Couturière, pour expliquer la façon dont elles conftrui-fent ces derniers vêtements.
- En conféquence de tout ce qui vient d’être dit, on commencera par une explication fuccinte, mais foffifante, des habillements François depuis Clovis jufi qu’à notre tems : cette explication fera éclairée par plufieurs. Figures, Enfoite
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- ART DU TAILLEUR> &c. 3
- viendra fArt du Tailleur d’habits d’homme , terminé par la façon dé la Culotte de peau ; puis le Tailleur de Corps de femme & enfants ; enfuite l’Art de la Couturière, & la Marchande de Modes pour la partie des vêtements qu’elle conftruit.
- On verra que non-feulement à caufe de l’intime liaifon que ces Arts ont naturellement enfemble en qualité de vêtemens, mais encore par le peu d’étendue de la plupart, dont la partie plus confidérable eft celle du Tailleur, il éonvenoit mieux de les raffembler en un feul ouvrage, que d’en faire autant de petits Traités féparés.
- Pour parvenir à connoître mieux ce qui concerne les anciens habillements François , on a eu recours à M. Jolly , Bibliothécaire du Roi , Garde des Defleins de fa Bibliothèque de Paris , qui a eu la bonté d’en communiquer nombre de très-précieux fiir cette matière. Pour tout le relie on a conlùlté des Artilles verfés & confommés dans leurs Arts. Le lieur Bertrand, Tailleur pour homme, rue Comtefle d’Artois ; le lieur Carlier , Bourlier-Culottier , rue des Cordeliers, près la Fontaine ; le lieur Vacquert, Tailleur de Corps pour femmes & enfans , rue S. Honoré, vis-à-vis l’Opéra, chez un Chandelier, à côté de la tête noire ; Madame Luc, ci-devant Couturière de Madame la Princefîe de Ca-rignan , rue Calfette, vis-à-vis la rue Carpentier; Mademoifelle du Buquoy Marchande de Modes dans l’Abbaye S. Germaîn-des-Prés.
- On a peu profité d’ailleurs de quelques ouvrages qu’on a découverts, dont un imprimé en 1671 qui a pour titre : le Tailleur jîncere, par Benoit Boulay, Maître Tailleur, au fauxbourg S. Germain, dédié à la Communauté. Ce livre efl compofé d’un avis très-court qui renvoyé le Leéteur à 5*0 planches en taille-douce qui contiennent 108 coupes d’habits pour tous états & conditions, jufqu’à un habit de pauvre, celui du Pape, du grand Turc, Scc, le tout fans aucune explication. Les habits de fon tems ne reffembloient pas à ceux du nôtre ; ainfi on ne peut tirer grand profit de ce livre ; on citera feulement dans l’article de la Coupe une remarque extraite de Ion avis qu’on a cru mériter quelque confidération.
- En 1720 un particulier nommé de Cay, préfenta à l’Académie des Sciences de Paris, une nouvelle maniéré de tailler un juftaucorps qu’il avoit imaginé ; fon juftaucorps n’étoit compofé que de 6 pièces, au lieu de 22 dont il dit que les habits étoient compofés de fon tems. Cette invention a des inconvénients qui font caufè qu’elle n’a eu aucune fuite : elle eft inférée avec eftampe dans le quatrième tome des Machines de l’Académie.
- En 1734 parut un petit Livre fous le titre de Tarif des Marchands F rippiers-Tailleurs-TapiJJiers, &c. propre à déterminer la quantité d’étoffenéceftàire pour en doubler ou en couvrir d’autres, par M, Rollin, Expert-Ecrivain-Juré. C’eft une lifte difpofee en colonnes comme le Livre des Comptes faits de Barrême , avant laquelle on voit une Table qui peut fervir à mefiirer la largeur des étoffes avec le pied de Roi, dans le cas où on n’auroit point d’aunç ; comme cette • Table eft courte, on la trouvera tranfcrite à l’article des Etoffes,
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- CHAPITRE PREMIER.
- De l’Habit François.
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- C^e Chapitre eft deftiné à donner une explication abrégée des habits tant d’hommes que de femmes depuis Clovis jufqu’à préfent, relative à 3. Planches qui re-préfontent leurs variétés focceffives en 39 Figures ; mais il efl: bon d’avertir que les 4 premières Figures de la première Planche font tout ce qu'on a pu trouver à cet égard pendant les 5? premiers fiecles de la Monarchie, c’eft-à-dire, depuis l’année 480, tems ou Clovis commença, de régner, jufqu’à 1200 fous Philippe-Augufte. Peut-être n’y a-t-il point eu de variétés de mode dans ces tems éloignés parmi un peuple fàuvage qui ne fongeoit qu’à étendre ou à maintenir fes conquêtes , fans fo piquer de tranfmettre à la poftérité les effigies des hommes remarquables parmi eux, & conféquemment leurs vêtements. Il n’ efl pas même sûr que la Figure A de la première Planche , prife for le tombeau de Clovis , n’ait pas été faite après coup.
- La Figure B paroît moins équivoque, parce que fon habillement approche beaucoup de celui du peuple Romain. La Figure Cqui efl celle d’un foldat, paroît encore hazardée ; il efl à préfomer que l’habit des foldats Francs tenoit beaucoup de celui des troupes Romaines. La Figure D efl de 1204: fon vêtement, quoique ce foit celui d’une femme , approche fi fort de celui de Clovis, que l’on feroit tenté de croire que les femmes n’avoient pas changé de mode depuis fon régné jufqu’à celui de Philippe-Augufte.
- . Quoi qu’il en foit, on va procéder à l’explication de toutes les Figures des trois premières planches.
- Parmi les nombreux Recueils qu’on a parcourus, on n’a exprimé que les variétés qui s’éloignent affez l’une de l’autre pour faire appercevoir des différences dignes d’être remarquées,
- PLANCHE PREMIERE.
- Premier ^4, Clovis vêtu d’une longue Robe a , Toga, ferrée par une ceinture b,
- R a n g. Zona, de laquelle pend une bourfo ou efoarcelle c, CrumenaJcorteay par-deffos
- la robe un manteau d, Lucerna, ouvert & attaché à chaque épaule avec un bouton ou une rofette. Les fouliers ouverts for le coudepied.
- Fig. B, Habillement de la Nation imitant ceux des Romains. On apperçoit la tunique a, Tunica , par-deflus laquelle on voit le manteau à la Romaine appel-lé Chlamydes b b , dont le derrière & le devant fe joignent for l’épaule droite c, & laiilent le bras droit libre ; d efpece de brodequins.
- Fig. Ç7 un Soldat; cette figure efl tirée de la Milice Françoife du Pere Daniel,
- Auteur*
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- ART DU TAILLEUR, &c $
- Auteur de PHiftoire de France ; elle eft faétice étant compofée parties par parties de plufieurs Auteurs anciens qu'il cite. • -
- Fig. D, une femme en 1204 ; a Tunique \b Robe ; c Manteau imitant deluî de Clovis; d efpece dé Coëffe ou Voile.
- Fig. E y un homme en 1285* ; a â Robe à manches pleines ; b Efcarcelle J ce Chaperon ou Cappe ; d Bonnet.
- Fig. FP Soldat en 1346 y vers le tems de la derniere Croifade ; a Cafque ; bb Cotte de mailles ; c la Croix for la poitrine ; d Arme finguliere : elle a échappé aux recherches du Pere Daniel. %
- Nota. Que pour tout le relie des Figures, on n indiquera plus que les fiecles dans lefquels les changements font arrivés.
- Fig. G, une femme ; a Tunique ; bb Robe ; c Bonnet haut & pointu ; Voile de gaze prenant de la pointe du bonnet & tombant jufqffaux talons ; ^Gaze accompagnant les côtés du vilàgt ; ff Mitaines. Cet habillement pris à la fuite des Croifades paroît avoir été fait à l’imitation de celui des femmes Turques*
- Fig. H 3 un homme; ^Tunique à larges manches ; b Efcarcelle ; c c Manipu-, les doubles ; dd Chaperon à longue' queue. 1
- Fig. I y une femme ; a Robe ; b b Surcotte ; cc Manipules fimples en dehors.
- Fig. K y un homme; a a Pourpoint pliffé; b Fichu; c Toque ; ^Pantalon ; e petits Brodequins terminés par des Souliers pointus qu on nommoit Souliers à la poulaine.
- Fig. L y un homme ; a a Pourpoint avec un collet & plilfé ; b b Manches pendantes du Pourpoint ouvertes au milieu pour palier les bras ; c le Poignard pem dant à la ceinture par-deVarit ; d Bonnet plat; ee Sabots pointus à la poulaine.
- Fig. My un homme ; a a . Pourpoint long non plilfé ayant un collet & à manches ordinaires ; b Efcarcelle pliffée ; c Toque ; d Bande venant de la Toque relevée for l’épaule ; e Brodequins.
- Fig. N y un homme; a Bonnet orné d’une plume par devant; b Pourpoint par-delfus une Velte lacée ; c un Manteau long & traînant, à manches pendantes & ouvertes par-devant pour y palier les bras ; d un Pantalon ou chaulîes ; c des Bottes molles ou brodequins.
- Fig. O y un homme ; aa Pourpoint à courtes bafques ; b b petit Manteau ; c c Manches tailladées ; dd haut-de-Chaulles ; ee Souliers tailladés ; y’Toque avec une plume ; g petite Fraifé.
- Second
- Rang*
- Siecle
- IjOOi.
- Siècle
- I^OOs
- S i Ë c JL Ë iyoo*
- P L ATS C H E IL
- Fig. P y François I. Roi de France ; a a Pourpoint ; b b Manteau ; c c Man-’ chés tailladées ; dd Chauffes ; e e Jarretières \ff Souliers de chambre tailladés ; g Toque avec plumet*
- Tailleur,
- B
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- ART DU TAILLE U R9 &c.
- SIECLE
- i(5oo
- SIECLE
- I70C.
- Fig. Q, un homme ;a Pourpoint boutonné; h h petites Bafques; c Collet fraifé ; d d petit Manteau ; e e Gregues ; ffïïas-de~chauflès ; g Toque à plumet ; h h Souliers découpés.
- Fig. R, un homme ; a a Pourpoint à petites bafques ; b b Manteau ; cc Manches tailladées ; dd Chauffes; e Fraife ; f Toque à forme élevée ornée de plumes.
- Fig. S, une femme en corps de Robe; a Fraife; b b Panier ; cc Jupe; dd Parements ; ee Manchettes ;y’Toque.
- Fig. T y Henri IV, Roi 4e France ; a a Pourpoint à petites bafques rbb Troufe fes ; c c Fraife ; d d Souliers à grandes pièces ; e Toque.
- Fig. Vy un homme ; a a Pourpoint à grandes bafques & à manches ouvertes; b b Culotte ; c c grand Rabat qui couvre les épaules ; d Bonnet à forme élevée ; e e Rofettes aux fouliers.
- Fig. X, une femme; a a Corps de robe; bb Manches ouvertes; cc Vertu-gadin ; d d Collet monté; c Bonnet ou Cornette à pointe rabattue ;^/’Manchettes trouffées.
- Fig. Y y Louis XIV, Roi de France; a a Pourpoint; b b Rabat de dentelle à glands ; c c Chemife ; d Baudrier ; cc Gregues ; ff Perruque ; g Chapeau orné de plumes ; h h Souliers quarrés à talons hauts & à grandes rofettes.
- Fig. Z . une femme ; a Corps de robe ; b b Bas de robbe ; c Jupe ; d Coëf fure en cheveux terminée par des rangs de Rubans ; e e Collerette de dentelle.' Cette mode excepté la coëfïure, fubfifte encore chez le Roi comme habit de cérémonie, fous le nom de Robe de Cour ou grand Habit : il eft: détaillé ci-après dans l’article du Tailleur de Corps.
- Fig. A A y une femme ; a Manteau troufTé ; b Jupon ; c Coëflfure haute à barbes ; dd Falbala.
- Fig. B B y une femme; a Coëflfure haute à trois rangs ; b b Parements de la robe 1 cc robe traînante ; d Jupon ; c Falbala.
- PLANCHE III.
- Outre les Figures entières de femmes répandues dans ces trois Planches, on en a trouvé, en parcourant les Siècles, plufieurs autres qui méritent d’être remarquées , & pour ne pas multiplier les Figures entières, on en a formé un rang de Buftes dont le haut de cette planche eft décoré : celui qui eft marqué d’une croix eft d’une femme du fiecle 1300 ; toutes celles marquées d’un gros point font de 1400 ; & les deux étoilées de 1 j’oo.
- Nota. On verra la Coëflfure aéluelle des femmes dans l’Art du Perruquier, dont l’impreffion eft précédente à celui-ci.
- Fig. C C y un homme en Juftaucorps , vefte & culotte ; a Echarpe ; b Cra-vatte paflee dans la boutonnière ; c c Perruque ; d d Chapeau orné d’un plumet ;
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- ee Bas roulés avec la culotte ; ff Souliers quarrés par le bout & à talons hauts* Fig. D D, une femme en Manteau trouffé & avec une coëffe & une écharpe; a Coëffe ; b b b Echarpe ; c c Jupe garnie de falbalas ; d Éventail.
- Fig. EE > une femme ; a a Coëffure en papillon ; b b Panier.
- Fig. FF9 un homme enveloppé dans un Manteau.
- Nota. Que le dernier rang de cette Planche eft relatif au Tailleur de Corps $ & à la Couturière ci-après.
- CHAPITRE II.
- L'Art du Tailleur d Habits d’Homme.
- Idée générale de cet Art.
- L’Ouvrier qui exerce cet Art, lequel confifte particuliérement à préferver lé corps des injures de Pair, Sc par acceJîoire à le décorer fuivant les degrés d’aifàn-ce, de dignité où d’opulence : cet Ouvrier, dis-je, ne doit s’appliquer qu’à envelopper fbn modèle animé, de façon qu’il puiiîe fë mouvoir dans fon enveloppe fans gêne& fans contrainte ; & de plus que fbn ouvrage foit accompagné de toute la grâce dont il eft fùfceptible, enfin qu’il en réfùlte un tout enfemble agréable aux yeux, & le plus avantageux qu’il eft poflible à celui pour lequel il eft fait.
- Ce n eft nullement les vêtements que cet Art a exécutés, & peut conftruiré par la fuite dans le monde habillé, qui font la fcience du Tailleur ; mais on doit être afturé que celui à qui les principes fondamentaux font familiers, & qui de plus a le coup d’œil jufte & gracieux , poftede fans difficulté le moyen sûr de réuffir ; il devient même un homme rare, fi on y ajoute la probité. Àinfi que le vêtement foit plus ou moins ferré, ample, pliffé, &c. s’il connoît la bonne & vraie maniéré de tailler , afîembler, coudre & monter toutes les pièces d’un vêtement quelconque, il ne s’agit plus pour lui que de lui donner toute l’élégance dont il eft fùfceptible en perdant préalablement le moins d’étoffe qu’il fera poffible ; c’eft dans cette derniere circonftance que gît le talent fupérîeur. Le Tailleur donc qui fçait exécuter avec précifion, grâce & épargne l’habit complet François, & on peut dire Européen, qui eft le Jüftaucorps, la vefte & la culotte, comme étant le vêtement le plus compliqué, parviendra fans peine à conftruiré toutes autres efpecès d’habillements.
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- CHAPITRE III.
- Des Etoffes.
- Il fe trouve tant d’étoffes de largeurs différentes dont on peut faire des habits ; que ce feroit perdre l'objet de vue fi on entreprenoit d'en faire ici la recherche & le détail ; il faut fe reftraindre à défigner les plus ufitées Sc leurs différents aunages.
- Pour les dessus.
- Etoffes de Laine.
- Îd'une aune) de 5 quarts i de large, de 4 tiers 1
- Les Draps de Siléfie, la Calmande, le Camelot , le Baracan, font de deux tiers de large.
- Etoffes de Soie , or & argent.
- Les Velours, les Moires, plufieurs Taffetas & autres étoffes de Soie, d’or & d'argent, *ont près de demi-aune de large.
- Pour les doublures.
- Etoffes de Laine.
- Les Toiles de Coton ont une demi-aune ou environ de large.
- Le Raz-de-Caftor, le Voile, la Serge ont une demi-aune de large.
- Etoffes de Soie. *
- Les Taffetas pour doublure, ont deux tiers de large:
- Les Serges de foie, le Raz-de-Saint-Cir, ont une demi-aune de large.
- TABLE DES AUNAGES
- Réduits en pieds & en parties de pieds & pouces, tirés du tarif du Tailleur ,
- Par M. Rollin.
- de 4 tiers fait j*8 pouces ou 4 pieds 10 pouces
- de 5 quarts fait 54 pouces ou 4 pieds 6 pouces Ti*
- de 4 quarts fait 43 pouces ou 3 pieds 7 pouces -j~.
- de 3 quarts fait 32 pouces ou 2 pieds 8 pouces
- de ^ huitièmes fait 27 pouces ou 2 pieds 3 pouces
- de demi-aune fait 21 pouces on 1 pied 9 pouces 4-.
- de ^ douzièmes fait 18 pouces ou 1 pied 6 pouces T**
- de 7 feiziemes fait 19 pouces ou I pied 7 pouces
- CHAPITRE
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- ART DU TAILLEUR, &c<
- CHAPITRE IV.
- Les Vêtements François compris dans ce Traité.
- Le Juftaucorps, la Vefte & la'Culotte compofent ce qu'on nomme Vhabit complet : on les voit détaillés Planche $ & 7, & en place, Planche 4 , Fig, E.
- Le Surtout qui eft une elpece de Juftaucorps.
- Le Volant, autre elpece deftiné à mettre par-deflus le Juftaucorps ordinaire ou par-deftùs le Surtout.
- La Fraque, elpece de Juftaucorps leger, nouvellement en ulàge.
- Le Vefton , elpece de Vefte moderne à bafques courtes.
- La Redingotte , elpece de manteau pris des Anglois , qui le nomment Ridin-chood, qui lignifie habit pour monter à cheval, dont nous avons fait le mot Re^ dingotte : on le voit détaillé PL 8 ,fig. FF ; Ôc en place PL ^fig* D.
- Le Manteau : il fè met par-deflus l'habit; on le voit détaillé PL 10 9fig. /; Sc en place PL i,. fig. FF.
- La Roquelaure, elpece’ de Manteau, PL 8 , fig. /.
- La Soutanelle, qui eft le Juftaucorps des Eccléfiaftiques.
- Le Manteau court, elpece de petit Manteau Eccléfiaftique que les Abbés met^ tent par-deflus la Soutanelle; on le voit détaillé PL 10, fig. //; & en place FL fig. H. ^
- La Soutanne, elpece de robe longue & traînante dés Eccléfiaftiques ; on la voit détaillée PL 8 9fig. III; & en place PL 4,fig. I,
- Le Manteau long, elpece de manteau Eccléfiaftique à queue traînante ; on le voit détaillé PL 1 r.
- La Robe de Palais , robe longue & traînante qui fe met par-deflus le Juftaucorps de tous les gens de Juftice lors de leurs fonétions; on la voit détaillée PL 9, fig. I ; & en place PL ^,fig. G.
- La Robe-de-Chambre, robe longue qu'on met en fe levant & après s'être deshabillé ; on en voit de deux fortes détaillées PL 9 >fig. II & III.
- La Camifole eft , pour ainfi dire, une Vefte de deflous qu'on met louvent immédiatement far la peau : il s'en fait à manches & fans manches ; cette derniere le nomme un gilet.
- Tailleur.
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- CHAPITRE V.
- Injlruments du Tailleur.
- C^omme toute la manufaélure du Tailleur ne confifte quà tracer, couper & coudre, il n auroit beloin que de craye, de cizeaux D, d’un dés à coudre , d’aiguilles, de fil & de loye, fi ce n étoit qu’en failànt ces opérations, il ne peut s’empêcher de corrompre & chiffonner un peu les endroits qu’il travaille ; c eft pourquoi afin de les remettre à l’uni, d’applatir fes coutures, & de remettre l’étoffe dans fon premier luftre, il eft obligé de faire une elpece derepaiïàgeau moyen du petit nombre des inftrumens fiiivants.
- Planche 6. A Le Carreau. C’eft pour ainfi dire le feul infiniment néceflaire ; les autres ne font qu’auxiliaires : il eft entièrement de fer , plus grand & du double plus épais qu’un fer à repaffer ; il eft quarré par un bout, & terminé en pointe par l’autre ; il a une poignée qui n’eft point fermée pardevant.
- Le Carreau s’employe toujours chaud ; on ne doit le chauffer que fiir de la braile, prenant bien garde qu’il ne s’y trouve point de fumerons ; il ne faut pas le trop chauffer; on eflàye fon dégré de chaleur en l’approchant de la joue, ou bien en le paffant fur un morceau d’étoffe qu’il ne doit pas rouffir lorfqu’il eft au dégré convenable.
- Comme tous les Inftruments fùivants au nombre de quatre, font deftinés à aider le travail du carreau, leurs ufages conjointement avec le fien va fuivre leurs delcriptions.
- La Craquette B eft un infiniment totalement de fer ; celui qui eft repréfenté ici eft quarré ; au milieu de chaque face eft une rainure : on fait des craquettes en triangle; à celles-là les rainures coulent le long de chaque angle :1a craquette s’employe toujours chaude, mais moins que le carreau.
- Le Billot Ceft un infiniment de bois plein, de 4 pouces d'épaiflèur, de 6 pouces de haut, & de 5? à 10 pouces de long.
- Le Paffe-carreau n’eft différent du billot, que parce qu’il eft du double plus long. .
- Le Patira EE eft de laine ; c eft le Tailleur même qui le confirait en coulant l’un à l’autre de grofles lifieres de drap, dont il forme un morceau quarré d’un pied & demi ou environ; on peut en faire un fiir le champ d’un morceau d’étoffe ; mais le meilleur eft de lifieres. '
- Ufage des Injlruments.
- i°. Le grand ulàgede la Craquette eft pour les boutonnières; on les pôle fiir fes rainures, & preflànt la pointe du carreau à l envers de la boutonnière le long de,fon milieu, fes côtés s'unifient & fe releyent. 2°. Le BÜlot fert à applatir les
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- ART DU T AlLLEUR.&c. n
- coutures tournantes, & le Pafle-carreau à applatir pareillement les coutures droites Sc longues. On les pofe fur ces inftruments, & on les preflè à l'envers avec le carreau ; il fert encore de la même façon à unir toutes les coutures des rabattements de la doublure avec le deflus. 3 V Le Patira fert à unir les galons après qu’ils font coufos ; on met deflus l’étoffe galonnée, le galon en deflous, du papier entre le galon & le patira, & on prefle le carreau à l’envers ; mais aux galons de livrée veloutés, on ne met point de papier , de peur de glacer le velours.
- Nota. Qu’aux draps fouis, afin de conforver leur luftre aux endroits des coutures, il faut, aufli-tôt qu’on a levé le carreau, appuyer fon bras à plat for la couture , & l’y laiffer jufqu’à ce quelle foit refroidie, parce que la chaleur du carreau pompe une humidité en ermée dans l’apprêt du drap qu’on empêche par cet expédient de s’évaporer.
- Le Bureaux les Tailleurs nomment ainfi la table quelconque for laquelle ils tracent Sc taillent leurs étoffes. ^
- L Etabli eft la table for laquelle ils coufont Sc travaillent aflis à plat, les jambes croifées. *
- 3
- CHAPITRE VL
- Des Points de Couture.
- Comme la connoiflànce des différents points de couture eft eflentielle aux Tailleurs , on va tâcher de les détailler ici le plus intelligiblement qu'il fora poffi-ble, en les accompagnant de figures qui puiflènt aider à les faire comprendre.
- La figure de chacun eft deffinée for trois faces, au bas de la PL 5. l’une repréfente l’épaifleur des étoffes vues de face& un peu éloignées l’une de l’autre, pour faire appercevoirle chemin que le point parcourt; l’autre fait voir l’apparence des points ferrés du côté où l’on coud ; la troifiéme montre le même point vu par-deflbus*
- Points simples Planche j.
- i-
- Le point devant.
- Piquez les deux étoffes du haut en bas Sc du bas en haut toujours également fans vous arrêter, a deflus, b deflous.
- 2.
- de côté.
- Le point
- Apres avoir piqué les deux étoffes de bas en haut, ramenez par dehors le fil en deflous ; continuez toujours de même ; quand le deflous dépaffe, on pique au travers, c deflus, ddeflous.
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- art du tailleur, &c.
- 3-
- jU arriere-p oint ou point-arriere.
- Les deux étoffes piquées de bas en haut, repiquez de haut en bas , au milieu du point en arriéré, & toujours ainfi d’un feul coup de main fans changer l'aiguille de fituation & fans vous arrêter, e deflus, f deffous.
- 4-
- Le point lacé.
- Il fe travaille comme le point-arriere, excepté quil fe fait en deux temps ; quand vous êtes revenu en haut, vous ferrez le point ; puis retournant l’aiguille la pointe en bas vous repiquez en arriéré comme au précédent ; celui-ci eft le plus folide des points fimples, g deflus, h deffous.
- Points a rabattre et de rentraituee.
- On appelle points à rabattre & de rentraiture, ceux dont on fe fort quand après avoit joint deux étoffes enfemblepar leurs bords à l’envers avec un> point lîmpie, & les avoir retournés à l’endroit tout le long de ladite couture, on s’en fert pour ferrer les deux retours l’un contre l’autre ; ce qui rend la jonétion des pièces extrêmement folide.
- $•
- Le point à rabattre fur la main.
- Piquez de haut en bas, puis de bas en haut, toujours en avant, les points près à près, 3c à égale diftance, i deflus, m deffous.
- 6.
- Le point a rabattre fous la main.
- Il fe fait comme le précédent, excepté qu’ayant percé l’étoffe fopérieure, vous allez par dehors piquer l’étoffe inférieure au travers ; puis vous les percez toutes deux en remontant : on fe fert de ce point pour coudre la doublure au-deflus quand il la dépaffe : k deflus, n deffous.
- * 7-
- Le point à rentraire.
- Ce point s’exécute comme le point à rabattre for la main ; mais il fe fait en deux temps comme le point lacé en retournant l’aiguille ; avant d’employer celui-ci on coud, comme il eft dit ci-defliis, les deux envers avec quelqu’un des points fimples ; puis on retourne la pièce à l’endroit, & tirant de chaque main pour découvrir où eft la couture , on ferre avec ce point les deux retours l’un près de l’autre : les points doivent être très-courts & prendre très-peu d’étoffe pour s’y confondre, de façon qu’à peine puiffe-t-on les appercevoir; l deflus , o deffous. Le
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- art DU TAILLEUR,&c.
- Le point perdu.
- Suivez le même procédé qu’on vient de donner pour rentraire ; vous ferez ici le point arriéré , qu’à peine doit-on appercevoir; c’efl ce qu on nomme dans ce cas le point perdu.
- Nota. Que le point de rentraiture efl: celui quon fait aux draps, à la ratine & autres étoffes qui ont de la confiftance ; & qu’aux étoffes de foie légères, comme la luflrine, le camelot de foie, &c. on le fert du point perdu.
- Le numéro 8 efl: relatif à la Couturière ; on y renverra quand on traitera fon Art ci-après.
- Les points qui forment les boutonnières.
- Toute boutonnière n’efl: pas conftruite par le Tailleur : il s’en fait de diverfes façons, foit en galon, en broderie, &c. qu’il ne fait qu’eîpacer & coudre ; mais quand il les forme lui-même il fe fert de trois fortes de points : d’abord il trace la boutonnière avec deux points longs Sc parallèles r , qu’il nomme points coulés J ces deux points defïlnent, pour ainfi dire, la boutonnière, & c’efl: leur difpofition qu’il appelle lapaffe : il enferme la pafîe d’un bout à l’autre dans ce qu’il nomme le point de boutonnière, & finit par faire les deux brides, une à chaque bout, par trois petits points coulés près-à-près qu’il enferme enliiite daus une rangée de points noués.
- Le point de boutonnière t, fe pique de deflus en deflous, le long de la paffe, fe releve enliiite un peu en arriéré & d’équerre à la pafîe; l’aiguille ayant repercé en deflus, on la fait entrer, avant de ferrer, dans l’elpece d’anneau que la première piqûure a formé le long de la pafîe, ce qui fait un nœud qui prend la pafîe en fe ferrant ; on continue ainfi jufqu’à ce que toute une pafîe foit couverte de nœuds ; on les travaille ainfi toutes deux ; il ne s’agit plus que de faire une bride à chaque bout.
- Pour faire la bride, on commence par trois petits points coulés près-à-près du fens des points de boutonnière ; puis on les enveloppe avec le point de bride qui efl une elpece de point noué tel qu’on peut le comprendre par la figure S ; ce point n'entre pas dans l’étoffe, il ne prend que les trois points coulés.
- <¥>
- (
- Tailleur.
- D
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- 'art DU TAILLEUR, &c.
- CHAPITRE VII.
- Prendre la Mefnre.
- Ici commence le travail du Tailleur.
- L'habit complet confiftant, comme on a déjà dit, en juftaucorps, vefte & culotte , il eft néceflàire què ces trois parties foient proportionées à celles du corps quelles doivent couvrir : il faut donc prendre les mefores de chacune fur la perfonne pour laquelle elles doivent être faites ; c'eft la première opération du Tailleur ; elle s'exécute avec des bandes de papier larges d'un pouce & coufoes bout à bout jufqu'à la longueur foffifànte , ce qui s'appelle une me fur e.
- On porte focceffivement cette me fore depuis le bout qu'on a déterminé être celui d'enhaut par une hoche qu’on a faite à fon extrémité, aux endroits dont on doit connoître les dimenfions , fcit en longueur , loit en largeur ; on marque chacune for la mefore par un ou deux petits coups de cizeau. Le Tailleur doit reconnoître par la foite toutes ces hoches & entailles ; un peu d'habitude y parvient aifément.
- Dans le tems que le Tailleur prend la mefore, il doit encore obferver ce qu'il ne peut marquer for le papier ; c'eft la ftruéture du corps, comme les épaules hautes ou avalées, la rondeur & la tournure du ventre, la poitrine plate ou élevée, &c. afin de tailler en conféquence ; à l'égard des défauts de conformation , fon Art eft de les pallier par des garnitures, foit de toile, de laine, de coton, &c. pour les plus confidérables, on taille au prorata une houette gommée, on l'ouvre en deux , & on la garnit de crin à matelas.
- Mefures en papier. P/. 7, Fig. VL
- a, Grofleur du t)ras.
- b, Quarrure du derrière.
- c, Quarrure du devant.
- d, Longueur jufqu'au coude.
- e, Longueur du bras.
- f, Grofleur du milieu du corps. g ? Grofleur du haut.
- h, Grofteur du bas.
- i, Longueur de la taille.
- m, Hauteur de la poche de l'habit. a, Longueur de la vefte.
- 0, Longueur du derrière de l'habit. p 5 Longueur du devant de l'habit.
- q, Grolfeur de la culotte au genou.
- r, Grofleur au milieu de la cuifle.
- s, Grofleur au haut de la cuifle.
- t, Grofleur de la ceinture.
- u, Longueur de la culotte.
- /, Hauteur de la poche de la vefte.
- Nota. Que quoique toutes ces mefores fe marquent toujours for la même bande de papier, celles de la culotte feulement ont été mifes dans la Planche for une fécondé bande pour éviter la confufion.
- U a paru convenable pour éclairer davantage cette opération, de la tranfpor-
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- art du TAILLEUR, &c<
- teï fur le fujet même ; c eft pourquoi on a deffiné les trois Figures AB Cy P/. 4, fur lefquelles les mefiires font marquées aux endroits où le Tailleur les prend.
- RL 4, Fig- A, pour le jufiaucorps. a, Quarrure de derrière. bb y Quarrure de devant. ce , Grofleur du haut du corps. gy Grofleur du milieu du corps paflànt fous les bras.
- h, Grofleur du bas du corps. dy Grofleur du bras.
- ffy Longueur de tout le bras. m m y Longueur de la taille. i i y Longueur jufqu’ à la poche du jufiaucorps.
- I y Longueur du devant du jufiaucorps. p y Longueur du derrière du juftau-corps.
- Fig, B y pour la vejle.
- eey Longueur du bras jufqu’au coude.
- Les mefures le prennent comme pour le jufiaucorps, mais un peu plus jufles pour la vefle dans toutes fes proportions, ceft-à-dire qu’au jullaucorps on ne porte la mefure que jufqu’au bout des boutonnières en devant, & que les mêmes mefures doivent aller jufqu’au bord de la vefle ; il ne refie plus qu’à prendre fa longueur jufqu à la poche.
- o y Longueur de la vefle. n y Longueur jufqu’à la poche. Fig. C y pour la culotte♦ q y Le tour de la ceinture.
- r y Le haut de la cuiflè, s, Le milieu de la cuiflè. r, La grofleur au genou.
- Uy La longueur de la culotte.
- — '«m»1!»
- CHAPITRE VIII.
- Tracerfur le Bureau.
- .Avant de décrire la maniéré de tracer à la craie & de tailler tout vêtement, il eft bon d’obferver préalablement que parmi les étoffes qui fervent à l’habillement , plusieurs étant de largeurs différentes, on pourroit être embarrafle de lavoir la quantité d’aunes que l’on doit employer, fl on n avoit pas une réglé générale de proportion de laquelle on puiffe partir pour connoître ce qu’il faut d’étoffe de plus ou de moins fur la longueur, relativement à fa largeur. Cette réglé eft tirée du Livre de Benoît Boulay , dont il efl parle dans l’Avant-propos. Il dit que » s’il manque deux doigts ou environ , c’efl-à-dire , un pouce & » demi fur une aune de large, ce fera une diminution d’un demi quart fur trois » aunes ; qu’ainfi fl on a befoin de trois aunes de long fur une aune de large, & » que l’étoffe ait un pouce & demi moins de l’aune fur fa largeur, on fera obli-» gé de rapporter ce pouce & demi fur la longueur, & de prendre trois aunes
- « demi quart de long ; enfin il faut ajouter en longueur ce qui manque en lar-» geur.
- Le Tailleur étant muni de fà mefure & de l’étoffe qu’il va employer, il com-*
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- 16 . ART DU TAILLEUR,
- mencera , fi c eft du drap, par en arracher les lifieres ; enfùite il l’étend fur le bureau, & le plie bien exactement en deux fur fa longueur ; fi c eft une étoffe étroite, il la plie en deux moitiés fur fa largeur; ainfi il a toujours l’étoffe double; il trace fur celle de deffus, 8c coupe toutes les deux du même coup de cizeau.
- ïl eft bon qu’il ait plufîeurs modèles en papier de differentes tailles & grofi* feurs, jufqu’à la hauteur de la patte feulement, ce qui l’aide beaucoup pour tracer le cofps de l’habit : quand il en a choifi un qui aille à peu-près à fa mefure, il l’applique fur l’étoffe où il le trace légèrement avec de la craie ; puis portant fa mefure à plat de place en place, & faifànt une marque de craie à l’extrémité de chaque mefure, il deflîne enfuite entièrement le corps, en paflànt fa craie par toutes les marques qu’il vient de faire : il aura auffi des modèles pour les manches , les parements & les devants de culotte ; mais il doit avant de faire cette opération , avoir combiné les places pour toutes les pièces de l’habit, de, façon qu’après qu’il les aura coupées, il fe trouve le moins de déchet que faire fe pourra : chacun a fa routine ; mais ceux qui demandent plus d’étoffe qu’il n’en faut à d’autres, ne font pas les plus habiles à la taille ; ou bien, &c.
- R. E M A R QUE S.
- Aux étoffes qui ont du poil, le fens de l’étoffe eft du côté où le poil defcend, il n’y a qu’aux velours où il doit être en haut ; comme auffi à toutes étoffes à figures il ne faut pas que le deflein fbit renverfé.
- Celles qu’on a choifies ici pour fèrvir à la defcription des vêtements qui vont fuivre, font en étoffes larges, le drap de quatre tiers de largeur, & en étroites le velours de demi-aune ou environ. '
- Le Tailleur auquel on s’eft adrelfé, a difpofé fes traces comme elles font re-préfentées, Planches 7. 8. p. 10. & 11.
- L3 Habit complet en drap de quatre tiers de large, tracé dans trois aunes , & demi de long, Planche 7, Figure L
- Justaucorps.
- AA, Les deux devants*
- B B, Les deux derrières.
- C C 9 Les quatre quartiers de manches. DD y Les quatre quartiers de pare-
- (*) Co’mme les termes de chanteau ôc de cran ne font gueres connus que par les Tailleurs, on faura qu’ils appellent chanteau un morceau pris quelque part , éomme en F, pour l’ajouter à une piece, qui, à caufe de fa longueur ou largeur, n’a pu être prife toute entière dans l’étoffe. Par exemple , comme l’étoffe qui doit faire les plis des devants A À, a ceffé néceffairement au bord du
- ments.
- E y Les deux pattest.
- F y Les chanteaux des deux devants (*). Gy Les deux crans (**).
- drap en 0 0, fans avoir toute fon étendue, on a tracé les chanteaux F, qui fe couferontpar la fuite le long de 00, & termineront la piece.
- ( ** ) Le cran eft un petit morceau quarré qu’on ajoute au haut du pli de derrière du Juftaucorps ; mais comme cette manœuvre demande un détail particulier, on la trouvera à l’endroitq ui a pour titre les plis.
- Veste
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- ART DU TAILLEUR, <5^ Veste*
- aa9 Les deux devants* bb9 Les deux derrières»
- cc y Les quatre quartiers de manches» d y Les deux pattes»
- i y Les deux devants* 13, Les deux pièces de la ceinture*
- 2, Les deux derrières. 14, La petite patte de devant.
- On ajoute un bord de col de quatre à cinq lignes de large quand il eft redoù* blé autour du haut du juftaucorps & de la vefte y pour les border & fortifier ; on ajoute auflî à la culotte une petite fous-patte pour border la poche en travers*» Ces morceaux font fi peu de chofe, quon ne les met pas ici en ligne de compte ; on les trouvera par-tout dans le déchet*
- Quand la culotte eft à pont, c’eft-à-dire, fermée par devant, on y ajoute trois pièces, pour l’intelligence defquelles voyez la defcription à la fin du Cha-* pitre neuvième, celle de la culotte de peau, 8c la PL 4, Fig, F\
- Nota. Pour que la culotte n’ait ni trop, ni trop peu de fond, on prend un des devants taillés, on le pofo fur les derrières ; on prend un fil ou une ficelle y dont on met un bout à l’entre-jambe, comme centre; on porte l’autre bout, ayant de la craye à la main, au côté où fera la poche en long ; alors la ficelle tendue , on trace avec la craie lùr le derrière, une portion de cercle qui marquera la jufte proportion du fond.
- L’Habit complet en Velours, ou autres étoffes étroites, d'une demi-aune de large y tracé dans neuf aunes de long y FL 7, Fig, IL Ô deuxieme IL
- Ces deux Figures repréfontent une piece d’étoffe étroite de demi-aune de large & de neuf aunes de long ; on l’a féparée fur là longueur, ce qui ne doit pas être; mais on y a été contraint, parce quelle n’auroit pas pu tenir dans la Planche en un feul morceau : foppofànt donc quelle eft de toute là longueur pliée en deux.
- Justaucorps.
- a a y Les deux devants* bby Les deux derrières. c Cy Les quatre quartiers de manches. d dy Les quatre quartiers de parements.
- e y Les deux pattes. . fy Les deux chanteaux de devant. f y Les deux chanteaux de derrière» g y Les deux crans»
- Veste.
- hhy Les deux devants. i y Les deux pattes. ly Les deux balques de derrière. Tailleur.
- mm y Les quatre bouts de manches#f% amadis.
- E
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- iS
- ART DU T A IL LE U R, &c.
- Culotte.
- n, Les deux devants. | o> Les deux derrières;
- On ne voit point ici à la vefte ni derrières ni manches, parce quon ne fait prefque jamais ces parties de la même étoffe du defliis, non-feulement au velours, mais aux étoffes d’or ou d’argent, & très-rarement à celles de foie. Au velours, parce qu’il feroit perpétuellement remonter l’habit ; aux étoffes d’or, d’argent & de foie, pour en épargner le prix, & attendu qu’il eft inutile de les employer où elles ne fe voyent point ; on met au dos & aux manches de toutes ces veftes quelque autre étoffe de moindre valeur, comme toile, futaine , ba-zin, &c. Ces veftes ont alors ce que les Tailleurs appellent les défauts ; on ajoute feulement des bouts de manches en amadis de l’étoffe du defliis , & les bafq ues de derrière, parce que ces parties font vifibles.
- U Habit complet fêparê. Planche J, Figures III, IV & V\
- Ces trois figures repréfentent en étoffes larges, les traces d’un juftaucorps feul, d’une vefte feule, Sc d’une culotte feule, en drap de quatre tiers ; le juftaucorps eft fait en deux aunes, la vefte en une aune, la culotte en une demi aune.
- Y
- Le justaucorps feul, Fig. III.
- AAy Les deux devants. N B B, Les deux derrières.
- CCy Les quatre quartiers de manches. DD y Les quatre quartiers de parements.
- E y Les deux pattes.
- F y Les deux chanteaux de derrière. G y Les deux chanteaux de devant. H y Les deux crans.
- La veste feule, Fig. IV.
- a y Les deux devants. b y Les deux derrières.
- c y Les quatre quartiers de manches. dy Les deux pattes.
- La Culotte feule, Fig. V.
- x, Les deux devants. 3, Les deux pièces de la ceinture,
- a, Les deux derrières.
- En velours ou étoffe étroite, pour le juftaucorps, fix aunes ; pour la vefte, une aune, à caufe des défauts. Voyelle titre Vefe & culotte y ci-après. Pour la culotte, une aune Sc demie.
- Dans la PL 4, Fig. E eft repréfenté un François en habit complet.
- Le Surtout et le Volant.
- Le Surtout eft proprement un juftaucorps de campagne, qui cependant eft
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- ART DU TAILLEUR, &c. ïp
- devenu très-commun à la ville ; on le met par-deflus la vefte, comme le véritable juftaucorps, la feule différence entre eux, eft que le juftaucorps a des boutons & des boutonnières du haut en bas, le long des devants, au lieu que celui-ci n en a que jufqu'au niveau des pattes, & trois boutonnières de chaque côté à l'ouverture de derrière ; on lui ajoute quelquefois un collet.
- Le Volant eft de même une efpece de juftaucorps; mais les différences en font plus grandes qu'au précédent : i° il n'a ni boutons ni boutonnières aux manches; 2°. point de pattes ni poches ; 30, il croife par derrière; 40, on lui met un colet avec un bouton & une boutonnière : il fo met communément par-defliis le juftaucorps.
- La Fraque et le Veston.
- La Fraque eft auffi une elpece de juftaucorps imaginé depuis peu ; il a peu de plis, & n’a point de pattes.
- Le Vefton eft une elpece de vefte de nouvelle datte; il eft à bafques très-courtes, & il a de petites pattes , au haut delquelles eft communément l'ouverture de la poche ; on s’en fort volontiers par-defïous la redingotte ci-après.
- La Redino otte.
- La FL 8. Fig. IL repréfonte la trace des pièces de la Redingotte, vêtement qui n’eft pas bien ancien en France ; il tire fon origine d'Angleterre ; nous l'avons adopté, & il eft maintenant très-commun parmi nous: l'expreffion Angloifo que nous avons francifée, eft Ridinchood, qui lignifie habit ou manteau pour monter à cheval, dont nous avons formé le mot Redingotte. Cet habit eft une elpece de manteau à manches , garni de boutons & boutonnières jufqu'à la ceinture.
- On la confirait de drap ou autre étoffe forte & de réfiftance ; on l’a tracée ici dans deux aunes 8c demie de drap de quatre tiers de large.
- fif, Le parementage (*).
- n, Le colet.
- m, La rotonne (**).
- a, Les deux devants.
- b, Les deux derrières. cc, Les quatre quartiers de manches. d d, Les quatre quartiers de parements.
- Le droitfil exprimé dans la note ci-deflous, dont il fera fouvent queftion par la fuite, eft une bande de grolfo toile qu'on place en certains endroits, entre 1’étoffe & la doublure, pour leur donner de la fermeté.
- Dans la PL 4. Fig. D, eft repréfenté un François en redingotte.
- (*) Parementer, Le parementage eft un morceau de l’étoffe du deffus, que l’on coud au lieu de doublure , un droit fil entre deux dans certains endroits , pour les fortifier, quand le refte n’eft point doublé : il fert ici à border le bas de la redingotte I
- qu’on ne double pas.
- ( ** ) La Rotonne eft une efpece de colet large tombant fur les épaules au deffous du véritable colet.
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- ART DU TAILLEURy &a La Roquelaure.
- La Fig-* i repréferite la trace des pièces de la Roquelaure, efpece de manteau imaginé luivant l’apparence par quelqu’un de la mailbn. C’eft un vêtement très-commode pour voyager à cheval ; on y met quelques boutons & boutonnières vers le haut : elle fe fait ordinairement de drap ; elle eft ici de même largeur Sc aunage que la précédente.
- A , Les deux devants.
- B, Les deux derrières.
- C, Les deux chanteaux de devant.
- D, Les deux chanteaux de derrière.
- E, Les deux pièces du colet.
- La Soutanellè.
- La Soutanelle eft proprement le juftaucorps des Eccléfiaftiques; ellefe diftingue du juftaucorps laïque, en ce quelle n’eft pas dégagée du bas, c’eft-à-dire, qu’elle n’ouvre pas par devant en bas ni par derrière, quelle n’a aux côtés que quatre plis, point de demi-pli, quelle ne croife point & n’a point de pli par derrière, 8c qu’elle n’a que dix-huit ou vingt boutons plus petits que des boutons de vefte.
- La Soutanne.
- La Fig. III9 repréfente la trace des pièces de la Soutanne; c eft la robe Ec-ctéfiaftiquè : elle prend la taille comme un juftaucorps ; mais enfiiite elle s’élargit , defcend jufqu’aux pieds & touche à terre : elle fe fait toujours de drap noir ; elle eft prife ici en trois aunes de long d’un drap de quatre tiers de large.
- AAy Les deux devants.
- B B, Les deux derrières.
- CCy Les quatre quartiers de manches. QD, Les quatre quartiers de pare-
- ments.
- E y Les deux chanteaux de devant.
- F y Les deux chanteaux de derrière.
- G y bandes pour border le tour du bas.
- • La Fig. 1 y de la PL 4, reprélènte un Prêtre en foutanne.
- La Robe de Palais,
- La Fig. I. de la PL 9, repréfènte la.trace des pièces de la robe de palais : cette Robe eft particulière aux gens de Juftice, & ne leur fert que dans le tems de leurs fondions ; elle doit traîner à terre par derrière ; il faut quatorze aunes d’étoffe étroite de demi-aune de large, pliée en double fur là largeur ; n’ayant pu mettre la piece en entier dans la Planche, on l’y trouvera en deux parties.
- A1 Les deux devants. B y Les deux derrières.
- C, Les deux chanteaux de devant.
- D y Les deux chanteaux de derrière.
- E y Les deux quartiers du deflbus des manches. ^ Ces fix quartiers font les F G, Les quatre quartiers du deftus des manches, f deux manches entières. HH y Les quatre bandes des plis des manches.
- On
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- ART DU TAILLEUR, &c.
- On trouvera dans le déchet de quoi faire le bord de col.
- La Fig. G de la PL 4, repréfente un homme de Juftice en robe de Palais*
- La Robe de chambre.
- Elle fe pei^ conftruire de deux maniérés, ou à manches rapportées ou en chemife : on le$ a tracées ici toutes deux ; Tune & l’autre fe fait en fix aunes d’étoffe étroite.
- La Fig. 11, repréfente la trace des pièces de la Robe de chambre â manches
- rapportées. /
- a , Les deux devants. b y Les deux derrières. c c y Les quatre quartiers de manches. ddy Les quatre quartiers de parements.
- La Fig. III. repréfente la trace des mile.
- A A y Les deux devants.
- B B y Les deux derrières.
- Cy Les deux chanteaux de devant.
- D y Les deux chanteaux de derrière.
- E y Les deux moitiés de ceinture.
- Le Ma
- e y Les deux chanteaux de derrière. fy Les deux chanteaux de devant. g y Le collet.
- pièces de la Robe de chambre en che-
- F y Les deux manches: la ligne ponc-tuée marque l’èndroit où on les plie. Gy Le collet.
- H y Les gouflèts.
- T E A Ü* . '
- La Fig. îy Planche 10 , repréfente la trace des pièces du Manteau François : Planché t<* il eft affez ancien parmi nous ; c’eft peut-être la raifon pour laquelle il a paiîe de mode, Sc en même temps celle qui l’y fera revenir ; car il eft très-bon pour garantir du froid à pied & à cheval.
- Il fe fait toujours, pour une taille ordinaire, daris quatre aunes de drap, èom-* munément de drap écarlate ; il dépaflera le juftaucorps de trois à quatre pouces*
- Pour le tracer, on ne redouble point le drap y on l’étend de toute là largeur J puis on prend deux centres a a y l’un d’un côté dans la fecondje aune , l’autre de l’autre côté dans la troifieme aune ; de chaque centre tracez un demi-cercle, ces deux demi-cercles dont le diamètre fera d’environ une aune un quart, doivent fe rencontrer au milieu de l’étoffe en d ; coupez autour de chaque centre un petit demi-cercle d’un grand quart de diamètre pour l’ouverture du col; hk feront les deux moitiés du collet ou rotonne : on prendra dans le déchet deu% morceaux fùffifànts pour doubler par devant un elpace vers le haut.
- Le déchet, il eft vrai, eft confidérable dans un drap de quatre tiers ; mak dans un drap d’une aune on ne pourroit éviter les coutures, attendu qu’il fau-* droit prendre des chanteaux pour terminer les demi-cercles,
- La Fig. PP y pi 3 repréfente un François enveloppé dans fon manteau.
- Tailleur.
- F.
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- ART DU T AILLEUR,&c.
- Le Manteau court d’Abbé.
- Le Manteau court eft une des marques diftinélives des Abbés ; il fe fait toujours en étoffe legere Sc étroite, d’environ une demi-aune , comme voile , étamine , Scc. Il en Faut quatre aunes & demie ; il doit dépafïèr la fontanelle d’environ deux pouces.
- La Fig. II repréfente la trace des pièces du manteau court.
- Commencez par prendre un centre A, duquel vous tracerez un demi-cercle avec la craie, dont le diamètre foit une aune plus ou moins, fuivant les tailles ; pofez votre étoffe à un bout du demi-cercle, Sc l’étendez tout le long du diamètre ; coupez-la en^z&en^; portez ce qui vous reliera d’étoffe AA en CC ; accoliez ce reliant au premier lez a b, le dernier bout x dépaffera les deux portions de cercle de la fécondé coupe dd, fuffilàmment pour y trouver le chanteau e Sc le contre-chanteauy", qui doivent remplir le relie du demi-cercle marqué par une ligne ponéluée ; vous y trouverez auffi le collet g Sc là doublure h ; tracez Sc coupez le petit demi-cercle d’un quart de diamètre pour l’ouverture du col A*
- La Fig. H de la Planche 4, repréfente un Abbé en manteau court.
- Le Manteau long Ecclésiastique.
- Ce Manteau, qui, comme le précédent, n occupe que le dos, eft affeélé aux feuls Eccléfiaftiques dans les Ordres ; il eft très-long Sc traîne à terre ; il le fait toujours en étoffe étroite Sc légère, de demi-aune de large ; il en faut neuf aunes.
- Le bureau du Tailleur eft rarement aflèz grand pour pouvoir y tracer Sc tailler ce Manteau. On commencera à le tracer à la craie fur un plancher balayé Sc bien propre. La Planche 11, repréfente la trace du Manteau long.
- Prenez un centre comme à tous les manteaux ci-deflus, Sc faites un demi-cercle avec de la craie, dont le diamètre a a foit de trois aunes ( la circonférence de ce demi-cercle eft: ponéluée dans la figure ) ; enfiiite au-delà, en dehors , vis-à-vis de fon centre, avancez une ligne droite qui ait un tiers d’aune de long, (cette ligne eft auffi ponéluée en o) ; vous partirez'de fon extrémité pour tracer la courbe bbb, qui doit venir joindre en mourant les deux bouts du diamètre a a; cet allongement formera la queue traînante; tracez le petit demi-cercle pour l’ouverture du col : cela fait, prenez vos neuf aunes d’étoffe , pofez-en un bout à une extrémité du diamètre a a, Sc l’étendez tout le long paflànt par le centre ; coupez votre étoffe en fiiiyant les deux premières courbures ; prenez le lurplus A de l’étoffe, portez-le en A 2 ; couchez ce fécond lez le long du premier ; coupez celui-ci en B ; portez cette fécondé coupe en B 2 ; coupez en C; portez en C 2 le refie de l’étoffe, il en dépaffera une portion M, où vous prendrez aifément de quoi faire un collet pareil au précédent.
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- 4 RT DU TAILLEUR, &c.
- La Camisoles Gilet,
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- La camifble, autrement gilet, fe met ou fur la peau ou par defîùs la che-ïnifè : peau, elle ne fb fait qu’en flanelle ; fi elle fe met fur la chemife, on
- la fait en toutes étoffes chaudes & légères. Elle fe cônftruit avec ou fans manches, Sc fe taille à-peu-près comme une yefte de laquelle on auroit fùpprimé les bafques ; on taille le dos prefque tout droit; on ne la double point, on ajoute aux devants Amplement deux bandes de la même étoffe, à caufe des boutons Sc boutonnières qui vont du haut en bas : on ne doit y mettre que des petits boutons plats.
- CHAPITRE IX.
- Tailler, traiter ôC monter U Habit complet.
- Justaucorps.
- Apkès avoir enfèigné & démontré par Figures les traces des pièces de Thabit complet, fuivies de celles des autres vêtements François compris dans ce Traité, on revient ici à fon entière conftrüétion, qui fera fume de quelques circonf-tances particulières attachées à celle des fùfdits habillements.
- Tailler un vêtement quelconque, c’eft en couper toutes les pièces après les avoir tracées fur l’étoffe ; enfuite de quoi il s’agit de les traiter à l’aiguille.
- Traiter, lignifie coudre à tout yêtement ce qui doit néceflàirement y être ajouté.
- Monter Uhabit, eft coudre en place les devants aux derrières, les manches, la pliflùre : cette derniere façon eft la plus difficile à bien exécuter ; c’eft pourquoi lorfque le Maître n’y fçauroit vaquer, il en charge le plus habile de fes Garçons.
- Il a été déjà dit au Chapitre fécond, qui traite de l’idée générale de l’Art du Tailleur, que l’habit complet, qui eft juftaucorps, vefte & culotte, eft le vêtement le plus compliqué, c’eft-à-dire, que tous les principes y font renfermés ; c’eft pourquoi on le prend ici pour exemple, afin de détailler ces réglés, & de les expliquer le mieux qu’il fera poflible.
- Après que toutes les pièces du juftaucorps, ainfi que celles de la vefte & de la culotte, ont été tracées, commencez à tailler d’abord les derrières, puis les devants, les manches, les chanteaux ; le fùrplus fera pour la ceinture de culotte, les pattes, &c.
- Les pièces étant taillées, la première chofe que vous devez faire eft de fortifier par des droit-fils (*) le haut des plis de côté, tant des devants que des
- ( * ) Ce qu’on nomme un droit-fil, eft une bande | tache à l’envers de l’étoffe aux endroits qu’on veut ne toile forte, large d’un à deux pouces, qu’on at-1 fortifier.
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- Planche y Le cran.
- Les Boutonnières.
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- derrières , pour éviter qu'en travaillant enfüite l'habit, ces endroits, déjà entaillés par le cifeau, ne viennent à être déchirés ; vous y ajouterez donc, & y couferez à chacun un droit-fil que vous tournerez en fer à cheval renverfé ; vous engagerez la partie du droit-fil qui s'attache au premier pli des devants dans la couture des pattes, quand on les attache pour couvrir l'ouverture des poches ci-après ; à l'é-gard du pli du derrière , vous le formerez tout de fuite, Sc y ajouterez le cran.
- • Le Cran CC, PL y, eft un petit morceau quarré pris dans les recoupes de l'é-
- toffe du deflus ( Uoye^ les traces du Jujlaucorps ci-devant) , dont la deftination eft de remplir un vuide qui fe fait naturellement entre le pli de derrière Sc fon ouverture, lorfqu'on forme ce pli ; c’eft afin de pouvoir le former, qu'on a donné en taillant le derrière un coup de cifeau D en travers de l'étoffe ; lorfqu'on la replie en deilous de E enf, ligne ponéluée Fig. B , on amene néceffàirement le furplus de l'étoffe E, qu’on a lailfée exprès pour remplir un intervalle G > entre le pli Sc l'ouverture de derrière , d'environ 4 pouces de large, parallèlement au dos apparent dudit pli H jufqu'en bas, Sc afin d'efpacer jufte ces deux parallèles, c'eft-à-dire , celle du dos du pli avec la fente du derrière, on prend la bande de papier qui a fervi de mefiire ; on la tend du haut en bas , depuis m , paflant près de l Sc finiflànt en k, toujours en ligne droite ; alors on enfonce fon pli parallèle à ladite bande, le long de laquelle on coupe enfùite le bord de la fente du derrière : c’eft entre ces deux diftances, que l'on fera de chaque côté les boutonnières de derrière> qui ne fervent que d'accompagnement à lai dite ouverture.
- En faifant cette opération, ceft-à-dire, en pouffant en deffous le pli, le haut de l'étoffe s'eft incliné, ce qui a formé un vuide entre le coup de cifeau fiifdit & le haut de l'étoffe. Pour remplir l'intervalle entre le pli & la fente de derrière, il s'agit de boucher ce vuide avec une piece ; car il feroit mal qu'on apperçut en cet endroit apparent une couture en biais : pour y remédier on augmente le vuide, Sc on le rend quarré par un coup de cifeau parallèle au premier, obfervant de couper l'étoffe à la diftance qu'on donnera par la fuite d'une boutonnière à l'autre; car chaque côté de l'ouverture du derrière doit avoir plufieurs boutonnières : on ferme enfuite ce quarré vuide avec le cran C, & lorfqu’on fait les boutonnières, on travaille la première autrement la plus haute fur la couture qui joint le cran avec le premier coup de cifeau, Sc la fécondé fur celle qu'on a faite au-deffbus : de cette façon les deux coutures font cachées par les boutonnières ; mais fi l'habit eft bordé, le Tailleur n'ayant point de boutonnières à y conftruire , il doit faire en forte qu'il n'y ait point de vuide quand il forme fon pli ; c’eft une adreffè de fa part, au moyen de laquelle, en employant un peu plus d'étoffe , il fup-prime le cran, & n'a qu'une couture à faire qui eft indifpenfàtffe.
- Lorfque le cran fera pofé, prenez celui des devants qui doit porter les boutonnières, coupez un morceau de bougran (*) quipuiffe aller du haut en bas;
- (* ) Le Bougran eft fait de vieux draps de lit ou de vieille toile à voile gommés.
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- de ce devant, depuis l'épaulette, où vous lui donnerez quatre doigts de large, tail-lez-le en élargiflànt de façon quil le trouve paffer à deux doigts de l'emmen-chure, depuis laquelle vous l'étrecirez en douceur jufques vers le lieu de la fept ou huitième boutonnière, d'où il doit continuer jufquau bas un peu plus large que ne fera la longueur des boutonnières que vous devez faire ; bâtiflez-le en entier à l'envers de l'étoffe.
- Efpacez 8c marquez les boutonnières. Pour cette opération, prenez une carte à jouer ( elles ont communément deux pouces de large ) ; pofoz-la fur fa largeur à un travers de doigt du bord 8c à deux doigts du haut du devant ; marquez fur l'étoffe un point de craie au bout de fes deu?: carnes ; ôtez la carte ; blanchiflèz un fil, en le frottant de craie, vous l'appuierez fiir l'un des points blancs, 8c par une fecoufîe que vous lui donnerez après l'avoir tendu, il marquera fur l'étoffe un trait blanc dont vous fixerez la longueur à l'autre bout par un coup de craie. Cette longueur qui défignera celle de la boutonnière, eft communément entre deux pouces & deux pouces 8c demi pour le juftaucorps, 8c un pouce 8c demi pour la -vefte ; continuez cette manœuvre, tranfportant toujours la carte en def-Cendant jufqu'à environ deux doigts du bss.
- Kota. Qu'il fe fait des boutonnières plus pre/fées que celles dont on vient de donner la mefiire ; mais celle-ci eft la plus ufitée pour l'habit complet.
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- Quand toutes les boutonnières feront ainfi marquées , vous les travaillerez en faifant d'abord deux points coulés, un de chaque côté de la trace de craie ; vous fendrez enfuite celles que vous deftinez à être boutonnées en devant aux deux tiers de leur longueur : le relie de la conftruélion eft expliqué Chap. 6, 8c defiiné au bas de la Planche 5.
- Nota. Que les boutonnières de fil d'or & d'argent ne fe fendent qu'après qu'elles font achevées.
- Une boutonnière, pour être bien faite 3 doit être un peu relevée, pillante & égale par-tout. Pour la rendre telle, vous commencerez par repoufïer avec l'ongle les endroits que l'aiguille en coulant aura trop applatis ; vous la releverez encore, s'il le faut, en la prelîânt entre vos dents ; mais alors on doit leur interpoler un petit morceau de quelque étoffe de foie, de peur que les dents feules y fat-lent trop d'imprefîîon ; enfi*ite vous ferez chauffer modérément le carreau 8c la craquette, & polànt la boutonnière à l'endroit le long d'une de fes rainures, vous ferez couler la pointe du carreau à l'envers le long de cette rainure. Cette derniere façon relevera les petites infleélions, 8c corrigera les défauts des points qui fe feroient dérangés. Enfin, & pour mettre la derniere main à cette opération, etendez le patira, pofez defïûs le devant, que vous venez de garnir de boutonnières , l'envers de votre côté ; vous y pafferez légèrement le carreau ; c'eft une efpece de repaflâge qui déchiffonnera votre étoffe fans applatir les boutonnières»
- Quand tçut ceci fera terminé, vous taillerez un fécond morceau de bougran pareil au haut du premier ; car celui-ci ne doit defcendre qu'à la fept ou huitie-
- Tailleur. ’ G
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- Boutons.
- Les Pattes.
- Les Poches.
- Affemblerîes
- derrières.
- La Doublure.
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- me boutonnière ; vous ie couferez au premier ; vous ajouterez un droit-fil qui aille du haut en bas ; coufez le tout à fiirjet, prenant toujours le droit-fil tout le long des bords du bougran, obfervant de froncer le bord antérieur à l’endroit de la poitrine, pour faire prendre à l’habit le contour & arrondiflèment qu’il doit avoir en cet endroit.
- Prenez votre autre devant, qui eft le côté droit, auquel les boutons doivent être attachés ; placez les bougrans & le droit-fil comme à celui des boutonnières ci^ deflus ; puis joignez par un bâtis les deux devants enfemble, obfervant que chaque point du bâtis perce le devant du côté des boutons vis-à-vis de chaque boutonnière , afin que quand vous le couperez enliiite.de place en place, il relie des bouts de fil qui vous indiquent le lieu des boutons.
- Fendez l’ouverture des poches, dont vous avez ci-devant marqué la place avec de la craie füivant votre melùre ; marquez au-deflous de cette ouverture une ligne courbe B B , PL 5 , Fig. Apuis doublez les pattes, c’eft-à-dire , coulez leur doublure : on liippole que vous y avez fait les boutonnières au nom-» bre de cinq à chacune E, PL 5 ; attachez-les le long de leur ouverture, les y coulant d’abord à l’envers avec du fil à point devant, puis par l’endroit avec le point de rentraiture ; pofez la couture fur le paflè-carréau , & preflêz au carreau à l’envers. Ancife£, c’eft le terme de l’art, c’eft-à-dire, tailladez l’étoffe du deflus en petites lanières parallèles, que vous arrêterez toutes à la ligne courbe dont on vient de parler, & ne la paflànt point ; pliez toutes ces lanières en dedans lur l’envers.
- Prenez la poche ; elle le fait d’un morceau de toile forte coupée en quarré long, qui redoublé & coufu par les deux côtés devient un petit làc quarré ; prenez donc la toile qui doit faire la poche ; tailladez un de fes bouts en lanières, pareilles à celles que vous venez de faire à l'étoffe du deflus en portion de cercle ; prenez enliiite un morceau de doublure que vous couferez à l’autre bout de la poche d’une part, 8c d’autre part à la couture même de la patte , avec le point à rabattre. Les Tailleurs nomment ce morceau de doublure le parement de poche ; il ne s’agit plus que de coudre les deux côtés de votre poche pour la fermer ; enfuite vous ferez une bride aux deux côtés de chaque patte vers le haut. *
- Après que les boutonnières ont été preflees au carreau, & l’ouverture des derrières ayant eu fes plis, aflèmblez les deux derrières , d’abord à l’envers avec du fil, à arriere-point, puis à l’endroit par-deflus l’arriere point avec le point de rentraiture, c’eft ce qui fait la* couture du dos. On la commence par le bas b c’eft-à-dire, au haut de l’ouverture de derrière , & on met un droit-fil en travers pour fortifier.
- Il s’agit maintenant de la doublure qui a dû être taillée piece à piece ; elle doit toujours être un peu plus ample que l’étoffe du deflus ; mettez-la en place, 8c la bâtiffez à grands points ; mais avant de doubler les devants, attachez au bou-
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- gran vis-à-vis le haut de la poitrine & vers les clavicules, un petit plaftron d’ouate. Il fe trouve prefque toujours un enfoncement en cet endroit, ce plaftron eft deftiné à le remplir : on fe fert auffi de cet expédient aux endroits où les défauts de conformation l’exigent ; c’eft ce que les Tailleurs nomment la garniture ; on y ajoute quelquefois du crin, Voy* le Chap. 7. On ne travaille à pofer la doublure que lorique les poches ont été attachées & les derrières affem-blés ; vous la replirez en dedans de deux doigts le long de l’ouverture de derrière ; faites un pareil repli au devant qui porte les boutonnières, depuis la patte jufqu’en bas, & à celui des boutons du haut en bas ; vous ferez à tous ces replis un fécond bâti qui prenne le bougran & la doublure ; après quoi vous renverferez la doublure pour coudre, & la rabattrez fur le bord de l’étoffe avec de la foie.
- Nota. Qu’on a mis pendant quelque tems de la toile de crin entre la doublure & la bafque du juftaucorps, pour la maintenir bien tendue, ce qu’on nommoit un panier : quelques-uns veulent encore un demi-panier qui ne defcend que jufqu’à la moitié de la bafque. Comme la doublure aux manches & parements ne s’y met que quand ils font prêts à la recevoir * on l’expliquera ci-deflbus en parlant de ces pièces.
- Avant de coudre les derrières aux devants , commencez par les attacher l’un Monter* à l’autre avec trois épingles que vous placerez aux endroits où vous avez pris ci-devant la mefure ; puis préfentant votre mefure au droit de chaque épingle, vous examinerez fi elle s’y trouve jufte, pour replier le deftùs de l’étoffe en cas de befoin ; car il eft à fuppofèr que vous en avez plutôt laiffé de furplus que de l’avoir taillé trop jufte. Toutes ces précautions prifes, coufez depuis l’aiffelle, autrement l’emmanchure, jufqu’à l’endroit où commencent les plis de côté; coulez enfuite l’épaulete, puis le bord de col : ces coutures fe travaillent comme * celles du dos ; preftez-les au carreau.
- On a déjà dit que le bord de^col eft une bande étroite d’un pouce ou environ , Le bord de que l’on prend dans les recoupes de l’étoffe; il faut la tailler aflèz longue pour quelle faffe le tour, du haut du juftaucorps, & en diminuant un peu par les deux bouts ; coufez un côté de ce bord de col au juftaucorps avec lepoint lacé ; ployez-le enfuite par la moitié fur fà longueur, pour y renfermer un droit-fil ; coufez le tout avec le point-devant. '
- Formez tous vos plis de côté, tant des* devants A9 que des derrières Z?, PL y, quatre plis devant, deux plis & demi-pli derrière ; pour le devant, pliez d’abord 1, relevez 2 , pliez 3 , relevez 4 ; pour le derrière , pliez 1, relevez 2 * pliez 3 , ce derniér fe trouvera recouvert 'par le 4 du devant ; arrêtez enfem-ble lesdos des plis en haut & en bas, en bas avec un ou deux points, en haut avec plufieurs points d’un gros fil en double.
- Formez vos manches, en joignant enfemble les deux quartiers de chacune Les manches par differents points de couture, la couture de devant à arriere-point, par-defîiis ^ piments
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- lequel fera fait le point de rentraiture, & celle de deflous le bras à point lacé ; coufez de la même maniéré les deux quartiers de parement ; joignez le parement à la manche par un furjet ; preflez les coutures au carreau à l’envers fur le pafle-carreau que vous ferez entrer dans la manche.
- Pour mettre la doublure aux manches après l’avoir coufue à part , elle a la figure d’un long fàc ouvert par les deux bouts, la manche & le parement, comme il vient d’être dit, font à l’envers ; on pofè la doublure à plat fur la manche aux coutures de laquelle on la fauxfile, ce qui forme alors comme deux tuyaux l’un fur l’autre ; alors paflànt fa main les doigts étendus dans le conduit de la doublure , on les fort à l’autre bout; & en iaififlànt le deflus de la manche & le tirant à foi dans le même temps qu’on le pouffe de l’autre main , il s’étend par-defliis la doublure Sc la renferme.
- Faites les boutonnières au parement au nombre de cinq ; attachez y autant de boutons ; bâtiflez enfidte à grands points fa doublure à l’étoffe du deflus ; coufez chaque manche à fon emmanchure à arriere-point, & par-deflus le point de rentraiture ; preflez au carreau toutes ces coutures.
- Il faut quatre douzaines de boutons pour un Juftaucorps.
- Veste et Culotte.
- La Vefte. Pour la Vefte , on fuit entièrement le procédé qui vient d’être expliqué pour le Juftaucorps, avec cette différence qu’on ne met point aux devants de double bougran, que le feul qu’on met ne monte pas jufqu’à l’épaulette , & quil ne le fait pas de renflement fur la poitrine ; d’ailleurs on a de moins les parements & Comment les plis , & en étoffe étroite les manches & le dos, qu’on nomme les défauts ,
- Défauts6 & ffu,°n remplit par une étoffe de moindre valeur. Voy. Chap. 8 9 au titre de
- comment on [Habit complet en velours , &c. Ces défauts fe taillent & s’achèvent comme
- les finit. T n
- au Jultaucorps.
- La Culotte. Pour faire la Culotte, commencez par parementer, ( Voy. Art. de la Redingot-tey ci-devant y') les ouvertures d’en-bas, côté des boutonnières u, c’eft-à-dire , du côté des genoux , ainfi que le haut des poches en travers x , Fl. y, Fig. d9 dont l’ouverture doit couler tout le long de la ceinture ; faites tout de fuite les boutonnières .%•, au nombre de cinq.
- Aflemblez & coufez les deux devants aux deux derrières, tant'en dedans, ceft-à-dire, entre les cuifles, qu’en dehors aux côtés : la couture des côtés commencera au deflus de l’ouverture du bas des cuifles, & ceflera pour celle de la poche en long y , qui doit avoir fept pouces. La couture fe fait, fi c’eft du drap, à point lacé ; mais aux étoffes de. foie , vous ferez d’abord à l’envers un arriere-point, que vous rabattrez en dehors à point perdu. Faites de même la couture de l’entre-jambe, qui joint les deux derrières , elle doit aufli laifler en haut par derrière une ouverture de trois pouces, à laquelle les deux bouts de la ceinture doivent fè terminer, & une autre par devant, dont on parlera
- ci-deflous,
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- fcî-delTous, attendu quon ne la réforve pas toujours.
- Ajoutez un droit fil à chaque portion de la ceinture , par-deflus lequel vous en remploierez le bord fopérieur; coufoz la ceinture à la culotte à point lacé & à rabattre par-deflus, & à mefore que vous en coudrez chaque moitié, vous ferez faire quelques plis au haut de la culotte, qui feront rabattus fur la ceinture ; û elle eft de drap, vous preflerez les coutures au carreau ; mais aux étoffes de foie, vous rabattrez la couture for la ceinture à point devant, 8c vous n y paflerez pas le carreau»
- L’ouverture du devant dfonê culotte a deux maniérés de fo fermer, Tune par une petite patte qu’on ajoute à gauche de l’ouverture, on lui fait deux bouton- A pattes
- nieres, 8c elle fe ferme par deux boutons ; l’autre maniéré qui fo nomme un pont ou une bavaroife, tient lieu de fermeture fans y ajouter de patte. La voici.
- En taillant la culotte, vous donnerez à chaque devant un Coup de cifoau for A pont* le devant de la cuilfe dü haut en bas, pour fendre cet endroit d’environ quatre pouces de long, 8c éloigné de trois pouces du milieu de la culotte , autrement de l’entre-jambe ; montez votre culotte à l’ordinaire ; mais en faifànt la couture qui aflemble les deux derrières paflant entre les cuifles , ne ménagez point d’ouverture par-devant, 8c coufoz jufqu en haut, ce qui vous donnera une piece de 1
- fix pouGes de large terminée par les deux coups de cifoau fofdits, ayant la couture dont on vient de parler, à fon milieu : cette piece tient toujours à la culotte par le bas des incilions,& c’eft elle quifo nomme le pont : l’efpace quelle abandonne forme un vuide qu’il faudra remplir par deux morceaux de votre étoffe, qui laifferont entre-eux une ouverture comme à la culotte ordinaire, à laquelle cependant vous n’ajouterez point de patte; vous couforez ces deux morceaux à arriere-point, au côté de chaque devant que la piece du pont vient de quitter ; coufoz à l’envers à chaque côté de cette piece du pont, depuis l’endroit où elle tient à la culotte jufqu’au haut, une petite patte pour fortifier ces côtés, 8c une petite ceinture en haut qui aille d’une patte à l’autre : on la nomme la trolfieme ceinture ; cette troifîeme ceinture doit avoir une boutonnière en biais à chaque bout, & un bouton attaché à la vraie ceinture de part 8c d’autre pour fermer le pont.
- Attachez la vraie ceinture, à la culotte comme cî-deflus, &c*
- Les poches d’une culotte font au nombre de quatre , & deux autres petites , qu’on nomme gouffets. On peut faire ces poches 8c gouffets de telle étoffe qu’on voudra ; mais elles fo font plus communément de peau blanche de mouton ; alors c’efl: les Peaüfiiers qui les vendent aux Tailleurs, en morceaux tous > taillés fans être coufos 8c formés en poches»
- Les poches s’attachent avant les boutons & la doublure»
- On double les culottes de peau de mouton chamoifee , de futaîne, de toile ,
- &c. On taille la doublure piece à piece, & on la traite comme toutes les autres Tailleur, jj
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- 3o ART DU TAILLEUR, &e.
- doublures ci-deffiis , c’eft-à-dire , qu’on fuit le même procédé qu’à celle de
- l’habit.
- Attachez les jarretières & boucles au bas de la culotte enZ, attachez auffi un bout de jarretière d’une part & une boucle de l’autre, par derrière , aux deux moitiés de ceinture, pour ferrer plus ou moins la culotte.
- La culotte ordinaire a feize boutonnières & autant de boutons; lavoir, deux boutons de juftaucorps & deux boutonnières à la ceinture par-devant, dix petits boutons de vefte, cinq à chaque bas de culotte, deux à la patte de devant, deux aux poches en travers, un à chacune ; la culotte à pont a deux boutons & boutonnières de plus, les boutonnières font à la troifieme ceinture & les boutons à la vraie ceinture.
- Quand les culottes font taillées, on les donne communément à coudre & à achever à des femmes, que pour cette railbn on appelle Ouvrières en culotte ou Culottieres. (
- Il faut quatre douzaines de boutons de vefte, pour vefte & culotte : ces boutons font ordinairement de moitié plus petits que ceux du juftaucorps.
- CHAPITRE X.
- Des ornements SC modes de VHabit complet François.
- On eft auffi bien couvert & préfervé de l’air avec un habit fimple & uni, qu’avec celui qui fera chamarré d’or & d’argent ; cependant plus ou moins d’ornement n’y font pas inutiles lorfqu ils fervent à diftinguer les états & conditions. Le galon d’or & d’argent eft celui qu’on employé le plus communément ; on le diftribue de diverfes maniérés ; les plus ordinaires font un fimple bordé, ou bien un bordé 8c un galon, ce qu’on appelle à la Bourgogne.
- « Pour galonner un juftaucorps , taille ordinaire , d’un fimple bord plus ou moins large, mettant deux galons aux parements, il entre neuf aunes de galon ; pour la vefte, cinq aunes : on ne met pas de galon à la culotte.
- Pour galonner un juftaucorps à la Bourgogne, c’eft-à-dire, avec bordé & galon , il faut fix aunes & demie de bordé & onze aunes de grand galon ; pour la yefte, trois aunes & demie de bordé & quatre aunes de grand galon ; & fi on vouloir du galon fiir toutes les coutures ou tailles du juftaucorps, il faudra quatre aunes & demie de grand galon de plus. On met alors trois galons aux plis, lavoir un le long du dos du dernier pli du devant, un au dernier pli du derrière ; c’eft ce qui s’appelle les quilles ; le troifieme eft toujours un morceau du bordé qui fe met au milieu le long du demi-pli, auquel on donne la forme d’une patte chantournée en long.
- On ne parlera point ici de l’aunage des galons de livrée ; il n’y a aucune régie
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- art du TAILLEUR, &C. 3t
- à cet égard , il fe trouve des livrées toutes chargées de galon, d’autres qui n’ont qu’un finiple borde , &c.
- Les autres ornements inférieurs à ces premiers, font les boutons d’argent , d’or, feuls ou avec les boutonnières de même, du galon en boutonnières, bran-debourgs, boutonnières de trelfe avec ou fans franges, boutons en olive , gan-fes, Scc.
- Les beaux habits font les habits brodés, d’étoffe de foie, à fleurs d’or, d’argent , d’étoffe d’or, Scc.
- Il y a déjà long-temps quon n’a rien changé à l’effentiel de l’habit complet François ; les modes s’exercent feulement for les accefloires, comme for les boutons , les parements, les pattes\ la taille, les plis, Scc. Les boutons gros, petits, plats, élevés ; les parements ouverts, fermés, en bottes, en amadis, hauts, bas, amples, étroits ; les pattes en long, en travers, en biais, droites, contournées ; la taille haute, baffe ; les balques longues, courtes, plus ou moins de plis , Scc. Scc. La mode d’attacher des jarretières à la culotte pour la ferrer fous le genou , n’eft pas ancienne, précédemment on rouloit les bas avec la culotte for le genou.
- CHAPITRE XI.
- Quelques détails dans la monture des Vêtemens , décrits ^ au Chapitre huitième.
- Ce dernier Chapitre eft deftiné à donner quelques particularités qui fe rencontrent dans la monture des vêtements, dont on a donné la coupe ci-devant au Chapitre huitième , à la foite de celle de l’habit complet, attendu qu’il s’y rencontre diverfes pratiques qui peuvent devenir utiles pour l’éclairciffement de cet Art, dans les cas où l’on en auroit befoin.
- On n’a rien de particulier à obferver à l’égard du Surtout, du Volant, de la Soutanelle, de la Fraque Sc du Vefton ; ce font des efpeces de Juftaucorps.
- La Redingotte a un collet comme le Surtout ; on plifle tout le derrière au bas de ce collet, en commençant les..plis à un pouce du haut de l’épaulette de chaque côté ; & pour cacher ces plis , on coud par-deflus une rotonne, elpece de collet large qui tombe for le dos.
- Les manches fe font toujours en botte, chacune garnie de trois boutons & boutonnières ; on les double de toile. Les devants, julqu’à la ceinture, fe doublent avec une bande de la même étoffe ou autre plus ou moins large.
- On ouvre des pattes en long aux côtés, prifes dans les devants, avec trois boutons; on y ajoute quelquefois des poches.
- L ouverture de derrière ne doit monter qu’à la moitié de celle du juftaucorps.
- Le Manteau fe monte en coulant les deux moitiés d’un côté feulement ;
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- cette couture fera celle du dos ; on la celle pour laiïïer par derrière une ouverture pareille à celle du précédent.
- On plifle le tour dû col, & par-deflus on met comme à la Redingotte le collet ou rotonne : on ne met point de doublure au manteau ; mais on ajoute en .dedans, tout le long du devant, une bande de la même étoffe.
- On n’y met point de boutons, mais feulemerl t une grolîè agraffe pour le fermer en haut.
- La Roquelaure. Elle le monte comme le manteau ; mais on y met quelques boutons en haut.
- Le Manteau court d'Abbé. On le coud à l’envers à fon collet (ans le pliiîèr , jufqu’à ce qu’on foit arrivé à l’échancrure dudit collet ; alors on le pliffe autour de cette échancrure ; on borde les deux côtés par-dehors avec un large ruban de foie noire qu’on retourne d’équerre par le bas, jufqu’à la plifliire fans aller plus loin.
- On ne double point ce manteau.
- Pour le faire tenir dans là place , on coud tout le long de l’échancrure du collet en deflbus, une jarretière qu’on boucle par-devant ; ou bien on coupe deux jarretières pour fe fervir de la boutonnière de chacune ; on en coud les bouts coupés à l’échancrure de part & d’autre ; on place un bouton fur le haut de chaque épaulettè de l’habit auquel on boutonne les demi-jarretîeres.
- Ce manteau & le lùivant ne couvrent que le dos.
- Le Manteau long dé Ecclêfiajlique fe monte en tout comme le manteau court.1
- La Soutanne fe monte comme le juftaucorps, excepté qu’aux endroits où on met du bougran au juftaucorps, on ne fe fert que de treillis noir d’Allemagne , ou de toile noire.
- On iaifle en coulant les derrières aux 4ëvants une ouverture de chaque côté, vers les hanches, de fix-pouces de long, au-deflus de laquelle on attache une ganle dont le bout lùpérieur s’arrête fous le bras vers l’aiflelle ; cette ganle eft deftinée à loutenir un ruban de foie noire, large de quatre doigts, qui fert de ceinture, & dont les deux bouts tombent de côté julqu’au bas de la Soutanne. t On la boutonne du haut en bas avec fix douzaines de très-petits boutons.
- La Robe de Palais fe monte en commençant par joindre les devants aux derrières , & afin qu’à l’épaulette le derrière fe trouve égal au devant, on le plilîè jufqu’à ce qu’il foit devenu de même largeur ; on attache enluite une laniere de l’étoffe à l’envers du devant; on retourne cette bande fous les plis coulus auxquels on la coud, & on la rabat ; on pourfuit enluite la jonélion julqu’en bas , laiflànt en chemin une ouverture vers la hanche pour paffer la main ; on rabat cette couture.
- La manche fe traite à part ; elle eft formée par trois largeurs de lez coulus enlemble ; on plifle les deux qui font le dehors ; le troifieme qui eft le deflous , ne fe pliffe pas. Pour faire cette elpece de pliffure dont les plis doivent être
- égaux ,
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- ART DU T AI L LEUR, &c. 33
- égaux, proprement arrangés côte à côte, & profonds de deux lignes, on commence par coudre à l'envers, tout le long de ce qui fera plifle , une bande de gros drap noir ou des lanières de rétoffe même ; puis prenant trois fortes aiguilles , chacune enfilée d'un gros fii noir, on les enfoncera à diftance égale lune de l'autre au travers des plis à mefiire qu'on les forme, failànt de tems en tems un nœud à chaque aiguillée ; on pourfiiit de cette maniéré jufqu’au dernier pli, le accolant toujours Ÿun contre l’autre, ce qui fait une elpece d'ornement à l'épaule ; on coud enfùite par l'envers cette manche à l'emmenchure ; puis on la rabat, on attache le bord de col.
- Au bas de la robe, on fait un rempli en dedans, que l’on bâtit à point tiré ; puis on rabat cette bordure par-deflus ; on ôte le bâtis.
- On coud dans la quarrure du derrière deux lifieres en travers, à quatre pouces l’une de l’autre; chaque bout de celle d'en-haut s’attache fur la couture des manches près de celle des épaulettes ; & celle de deflous où les plis des manches finirent.
- # Il faut à la robe de Palais fix douzaines de boutons très-petits comme à la Sou-tanne ci-defïus.
- La Robe de chambre, celle qui eft à manches rapportées, fe traite Sc fe monte comme la foutanne ; on lui met un colet avec un bouton & une boutonnière & lorfqu’on met des boutons par-devant, ils ne vont que jufqu'à la ceinture on ajoute aux manches un petit parement.
- \ Celle qui eft en chemife fè monte comme la précédente : quant aux manches , on y ajoute ce qu'il faut d'étoffe pour terminer leurs longueurs ; on la coud à point arriéré ; on place les goufïèts.
- Tailleur.
- I
- «A
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- ART DU TAILLEUR, &c.
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- LES CULOTTES DE PEAU
- Figure
- On a dit dans l'Avant-Propos les raifons qui ont déterminé à ajouter ici la façon des Culottes de peau ; on y renvoyé le Leéleur,
- Le Tailleur des culottes de peau ( qui eft du corps des Bourfiers ) , s’y prend \ peu-près de la même maniéré pour la taille , que celui d’habits d’homme. Les différences fe trouvent i°. for la matière qu’il employé; car il ne travaille que fur des peaux chamoifées de bouc, de chamois, de daim, d’ânon, de mouton, de cerf, d’élan, de renne, &c ; 2°. à l’égard des coutures, dont il fait plufieurs à la façon du Cordonnier, avec la foie de fimglier, l’alêne & le tirepied : tous fos in£ truments, outre ceux qu’on vient de nommer, confiftent en fil, aiguilles, dé à coudre, une buiffe A, un petit maillet, & un lifloir B , PL 12.
- Il prend la mefore comme le Tailleur ci-deflus.
- Quand la peau eft allez grande, il fait la culotte d’une foule peau, & de deux quand elles font trop petites : on a pris ici pour exemple une peau entière ; les meilleures font de daim.
- Prenez une peau entière; pliez-la du fons de là longeur , non par la moitié , mais au tiers de fà largeur , la fleur en dehors ; pliez-la encore en deux de l’autre fons, c’eft-à-dire, for fà largeur, pour vous en indiquer le milieu ; dépliez ce fécond pli for la ligne duquel vous fendrez le deflus jufqu’au premier pli en-long , ce qui vous donnera une coupure d’environ fix pouces ; prenez les deux bouts de toute la peau, & les amenez de votre côté, jufqu’à ce que le commencement de la fente fofdite fo foit ouvert de trois pouces, ce qui formera un vui-de à angle aigu.
- Taillez foivant votre mefore une des cuilfos par dehors /, c’eft-à-dire, du côté où la peau eft fëparée en deux, obforvant de laifler au bas de ladite cuiifo une avance ou fauffe patte //, longue de fix pouces, pour l’ufage qui fera expliqué ci-après ; on ne coupe rien au côté rendoublé III qui fait le dedans des cuif-fes : vous plierez enfoite une feconde fois par le milieu , rapportant la cuifle taillée for l’autre, afin de les couper égales; remettez votre peau toute étendue ; enfui te pour fixer la hauteur du fond de la culotte, vous prendrez votre mefore en papier , for laquelle ayant trouvé celle qui marque la ceinture , vous plierez le papier en deux depuis cette marque , & vous le porterez ainfi plié, d’une part, à la pointe de la fente du milieu, & de l’autre, for la peau qui doit faire votre fond de culotte , où vous ferez une marque, par laquelle vous pafferez en taillant & arrondiiïànt ledit fond.
- Cela fait, mettez-vous à couper toutes les pièces dans ce qui vous refte de peau, favoir, la ceinture de la culotte en deux morceaux bb ; les deux pattes des poches en travers de devant dd ; les deux petites pattes et defdites poches ; les
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- ART VU TAILLE UR, &c. deux pattes des poches en long des côtés ff, 8c le foufflet a, comme auffi la patte de la fente du devant.
- Les pièces qu’on vient de nommer font celles qui entrent dans une culotte Amplement ouverte du devant, qui fe fermera avec une patte à deux ou trois boutonnières, comme la plupart des culottes ordinaires ; mais comme le grand mérite de celle-ci eft de fervir principalement aux perfonnes qui montent à cheval, à quoi elles font très-commodes, il s’en fait beaucoup à pont ou à la Bavaroife , ce qui en augmente encore la commodité 8c même l’utilité.
- Cette efpece de culotte exige quelques pièces de plus que la précédente t il s’agit de celles qui doivent faire le pont mm ; il fe taille à la peau même de là culotte en devant, & y refte attaché. Pour cet effet, faites avec les cizeaux deux coupures defoendantes, en fendant la peau par-devant, depuis le haut de cha-* que cuifle jufqu à trois pouces de long, chaque fente éloignée du milieu de trois pouces ou environ, ce qui fera un morceau pendant en dehors de fix à fope pouces de large, qui découvre un vuide qu’il faudra remplir par la foite. Les autres pièces qui doivent accompagner ce morceau font, une ceinture p , deux pattes nn au bout des fentes. Le triangle /, qu’on nomme le cœur du pont , qui remplit au-deflous du pont la première fente de la culotte qu’on a faite en la taillant ; les deux pièces hh qui remplirent le vuide que le pont a laifle, qui fe nomment les pièces du pont : ainfi pour une culotte de peau à pont, il faut tailler feize pièces.
- Toutes ces pièces étant coupées, il s’agit à’apiécer 9 c’efoà-dire , décoller avec de l’empois blanc des droit-fils, ( Voye^ le Tailleur Chap. IX. ) , fous le lieu des boutons & boutonnières des cuifïès, 8c fous les ceintures de la culotte & du pont ; comme auffi de coller de la même façon des morceaux de peau aux endroits foibles & minces, pour les raffermir, le tout en dedans : ces peaux feront coufues par la fuite.
- Faites les boutonnières ; enfoite vous pouvez enjoliver fi vous voulez, c’eft-à-* dire, fi on vous le demande. Enjoliver n’eft qu’un ornement de mode , qu’on ajoutoit ci-devant à ces culottes, plus qu’on ne fait à préfent : voici ce que ceft; on marque principalement fur ies côtés extérieurs des cuifles, vers le bas* quelques deffeins de fleurs ou autres ornements, dont enfiiite on remplit les traces par des rangées de points plats en fil blanc, coufues à fleur de peau.
- U ne vous refte plus qua monter, c’eft-à-dire, à affembler toutes les pièces avec des coutures tant Amples que piquées : les Coutures Amples font le point plat & l’arriere-point qui fe font à l’aiguille avec le fil de Bretagne; les coutures piquées font doubles, & s’exécutent à la façon du Cordonnier, avec l’alêne & foie de fanglier attachés aux deux bouts de chaque aiguillée, qui eft de fil de Cologne , ciré avec cire blanche ; elles fe travaillent for la buifle A, arrêtée for la cuifle gauche de l’ouvrier avec le tire-pied : la différence entre cette façon de coudre & celle du Cordonnier , eft qu’à celle-ci, après que le trou de l’a-
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- lêrie eft fait,onpaflè la foie droite la première, la gauche enfiiite en-delà, Sc
- on tire droit fans obferver aucun détour.
- Voyez pour un plus grand éclaircifletnent l’Art du Cordonnier, ou ces coutures font décrites Sc très-détaillées : vous y connoîtrez aifément les différences de celles-ci aux fîennes.
- La Buffle A y eft un morceau de bois d’ün pied de long , d’un pouce de haut par un bout, & de deux pouces par l’autre , arrondi d’un bout à l’autre fur la face fiipérieure. L’Ouvrier la place le long de là cuiffe gauche, le bout le plus bas de fon côté , Sc l’arrête en place avec fon tire-pied, ainfi que la peau qu’il veut coudre deflus.
- Quand il a fait quelques coutures Amples, la buifle lui fert à les applatir deflus à coups de fon petit maillet.
- Les coutures piquées forment un petit rebord relevé des deux peaux qu’elles joignent enfemble ; pour unir ce rebord & le rendre bien égal par-tout, faites couler à plomb par-deflus le lifîoir B, petit infiniment de bois dur de quatre à cinq pouces de long, dans l’épaiflèur d’un bout duquel eft une petite fente ou rainure qui ferre Sc égalife le haut du rebord.
- Il y a des endroits dans la culotte où la couture piquée ne fe fait qu’à fleur de peau ; entourez de coutures à point plat, en effleurant le cuir, tous les morceaux que vous avez ci-devant collés en dedans de la culotte ; joignez les côtés de cuifle par dehors, avec une couture piquée, prenant avec la couture le bas de la patte des poches en long ; doublez avec de la peau toutes les ceintures Sc pattes ; montez la ceinture de la culotte avec une couture piquée en dehors , pliflànt en même tems le haut du derrière de la culotte, Sc prenant dans la même couture le bas de la patte des poches en travers ; même couture piquée pour la ceinture du pont : ces deux pattes Sc le cœur du pont /. Les deux pièces du pont tz/2, font les feules dont la couture piquée , qui les joint à la culotte par leurs côtés, fe fait en dedans.
- Les coutures piquées à fleur de peau, font celles qui bordent le contour des pattes ; c eft une efpece d’ornement.
- Les pièces du pont hh, s’arrêtent en bas, au pont même en dedans, par une couture fimple à fleur de peau : mêmes coutures pour les doublures Sc les droit-fils.
- La fauffe patte //, que vous avez réfervée au bas des cuiffes en taillant la culotte, fera garnie de cinq boutons ; vous en arrêterez le haut en dedans avec une fimple couture, & vous borderez de peau le côté des boutonnières.
- Les boutons de ces culottes font de bois recouverts de peau. Attachez tous les boutons, poches & gouflêts, lavoir, deux gros boutons au-devant delà ceinture; deux autres moindres plus reculés, l’un à droite , l’autre à gauche , pour boutonner le pont ; cinq à chaque bas de cuiffe ; deux aux poches en long, deux aux poches en quarré, Sc deux gouffets, le tout de peau ; faites
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- ART DU TAILLEUR, &c> 3y
- quatre oeillets à la ceinture par derrière, pour y pafler une bande de peau , afin de ferrer plus ou moins la culotte.
- Aux peaux foibles, on ne pique que les côtés des cuiffès; & fi la culotte eft faite de deux peaux, on ne pique pareillement que la couture du fond qui joint les deux derrières enfemble ; toutes les autres fe font fimples par dedans à point arriéré.
- Le Chamoifeur fournit les peaux en jaune de chamois ; lorfqu’on veut qu elles ayent d’autres couleurs, c’eft au Peauffier à qui il faut s’adreffer. La couleur actuellement la plus ufitée, principalement pour les culottes bourgeoifes, c’eft-à-dire pour imiter les culottes de drap , eft le noir ; cette couleur fe fait avec une dijfolution de bois d'Inde, & parade fus de f eau de rouille de fer. Comme ces culottes, quand elles font neuves, copient parfaitement le drap, on ne leur fait aucune couture piquée, de peur quelles ne paroiffent être de peau.
- En général, la culotte de peau eft d’un excellent ufer, & quand la peau eft bien choifie 8c bien conditionnée , on n*en voit, pour ainfi dire, pas la fin ; mais aucune n’eft exempte, lorfqu’elle a été portée quelque tems, de s’engraiffer 8c devenir glacée & luifante , ce qui lui donne un œil mal-propre, qui n’eft pas fùpportable ; il s’agiroit de trouver le moyen de remédier à cet inconvénient * ce feroitun fervice à rendre au Public, 8c peut-être à foi-même.
- Tailleur.
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- ART DU TA1LLEUR,&c.
- LE TAILLEUR DE CORPS DE FEMMES
- ET ENFANTS.
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- O n nomme Corps, un vêtement qui fe pofe immédiatement par-deflus la chemife , & qui embraffe feulement le tronc, depuis les épaules julqu'aux hanches ; c'eft, pour ainfi dire , une cuirafle civile; car il ne doit pas plier, mais cependant avoir allez de liant pour fo prêter aux mouvements du corps qu'il renferme , fans altérer fa forme, & en même tems le foutenir & l'empêcher de contracter de mauvaifes {Situations, principalement dans l'enfance, âge foible & délicat , dans lequel les reilorts ne font pas encore parvenus au dégré de force qu'ils auront par la foite : il s’applique encore à un objet aufli intéreflànt, celui de conferver la beauté de la taille des femmes, agrément qu'il joint à tous ceux quelles ont en partage.
- Le Maître Tailleur, qui a choifi cette branche de fon Art, fo nomme Tailleur de Corps de robe & Corfets ; & quoique là fcience foit moins étendue pour le travail, que celle du Tailleur pour homme , il a cependant plus d'inftru-ments, & une manutention plus détaillée & plus favante, attendu que cet Art exige beaucoup de précaution, d'adreife & de précifion.
- Matériaux.
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- Baleine : ce qui fe nomme ainfi, prenant le tout pour la partie, provient du plus énorme de tous les poifions connus, appellé la grande Baleine ; ce poiilon fo tient dans les mers du Nord, où on va le pêcher: les parties dont on fe fort ici font des lames dures, & cependant flexibles, attachées par des pellicules, l'une à côté de l'autre , le long des côtés de la mâchoire fopérieure, qui pendent vers l’inférieure lorfque la baleine ouvre là bouche, & qui fe replient comme un éventail dans un canal creufé vers les bords de la mâchoire inférieure lorfqu’elle ' la ferme.
- B ougran ou Treillis : toile de chanvre gommée & calendrée. On prend communément, pour faire le bougran, de vieille toile de draps ou voiles ; quelquefois on en emploie de neuve ; c'eft pourquoi il n'a aucune largeur déterminée, & il eft plus gros ou plus fin liiivant les toiles dont on s'eft fervî.
- Canevas, eft une toile forte, écrue de trois quarts de large.
- Toile jaune de Choiet en Anjou : elle eft de lin & de deux tiers de large.
- Toile de Lyon blanche : elle fe fabrique à Laval dans le Maine ; elle a trois quarts de large.
- Lacet de treffe de Soie.
- Lacet à la Duchejje : elpece de galon fil & foie d'un demi-pouce de large.
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- ART DU TAILLEUR, &c.
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- Poufloir^ Planche <5*.
- Marquoir e.
- Carreau de Tailleur „
- Le couteau à baleine eft deftiné à fendre la baleine, & à la réduire à la longueur & épaiflèur néceflàire.
- Le poinçon perce les trous pour les œillets.
- La réglé de bois fert à conduire le marquoir pour tirer les lignes droites qui indiquent les coutures.
- Le poufloir fert à faire entrer la baleine entre deux coutures.
- Nota. Que le poufloir & le marquoir font fou vent pris dans le même corps d’outil ; il ne s’agit que de fendre le haut du marquoir en deux pointes pour en faire un poufloir.
- Des differents Ouvrages du Tailleur de Corps.
- *
- Indépendamment de toutes les efpeces de corps & corfots, dont on va faire l’énumération, le Tailleur de corps fait aufliplufieurs vêtements qui y ont rapport; il conftruit donc tous corps couverts, pleins & à demi-baleine , corps & corfets de toile ou de bazin fans baleine, des camifoles de nuit, des bas de robe de cour 3 de faufles robes pour les filles, des jaquettes pour les garçons, enfin tous les habillements d’enfants de fantaifie, comme habit de Huflàrd, de Matelot,
- & c.
- Du Corps en général.
- Il paroît par les anciens vitraux & autres figures, que l’on n a commencé à porter des corps en France, que vers le quatorzième fiécle, ce qui pourroit bien être l’époque de leur invention.
- On faifoit ci-devant les corps de dix pièces, en comptant les épaulettes pour deux pièces ; mais maintenant toute efpece de corps ne le compofe que de fix pièces, en comptant de même les épaulettes ; ces fix pièces font deux devants AA , N°. 4 , deux derrières B B , & les deux épaulettes CC, & h, N°. r, où Planche 12. on voit leurs coupes de h en e.
- Il faut pour un corps, taille ordinaire , une aune de canevas, trois quarts de toile jaune, demi-aune de bougran, autant de doublure qui eft toile de Lyon ou futaine, demi-livre de baleine, une aune & demie de petit lacet, & neuf à dix aunes de lacet à la Duchefle, quand le corps eft ouvert. Un corps eft donc com-pofé de canevas ou de toile jaune, qui font le deflus, du bougran deflbus, de la baleine entre deux, & enfin de la toile de Lyon ou futaine : on recouvre le deflus de telle étoffe qu’on veut ; il s’en fait auxquels la toile jaune, dont on fe fort alors, ne fo recouvre point.
- In s trümenîs.
- Cifeaux de Tailleur. Dé à coudre. Aiguilles.
- Couteau à baleine g. Poinçon h.
- Réglé de bois.
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- 4o ART DU TAILLEUR> &c.
- Il fe fait de deux efpeces de corps, le corps fermé Sc le corps ouvert : le corps fermé eft celui dont les deux devants tiennent enfemble ; aux corps ouverts, ils font féparés: aux corps fermés, on ne met qu’un bufo en dedans ; on met aux corps ouverts, deux bufos, un à chaque devant.
- Le corps couvert, c’eft-à-dire, celui qu’on recouvre de quelque étoffe, peut être fermé ou ouvert, plein ou à demi-baleine ; il en eft de même du corps piqué, qui eft celui quon ne recouvre d’aucune étoffe , & dont la toile jaune fait le deffos ; alors toutes les piquures ou coutures qui enferment les baleines,font apparentes, au lieu quelles font cachées au corps couvert.
- Les bafques d’un corps font de grandes entailles que l’on fait aux bas des derrières , pour la liberté des hanches.
- N°. 29eee, les différentes directions des baleines qui s’obfervent dans un corps.
- Le N°. 3 , eft un corps à demi-baleine, autrement, corfet baleiné.
- Le NJ. 4, eft un corps vu en entier par l’envers.
- La defoription qu’on va donner d’un corps couvert & enfoite d’un corps piqué , convient à tous les autres, de quelque efpece qu’ils foient, quoique de formes différentes.
- Le Travail.
- Prendre la Mefure.
- La mefure fe prend avec une bande de papier à laquelle on fait des hoches, comme il eft dit du Tailleur d’habits ci-devant : on a marqué ici chaque mefore par des lignes doubles, PL J 2, N°. i.
- a a, Mefore depuis le milieu du dos jufqu’au coin de l’emmanchure.
- b, La quarrure du devant, depuis le haut du corps par-devant jufques contre le bras.
- cc, La largeur depuis le milieu du haut du devant, jufquau milieu du haut du dos.
- ddy La largeur du bas de la taille.
- ee9 La longueur de la taille, depuis le haut du dos jufques for la hanche. ff9 La longueur du devant.
- Le Corps couvert.
- 'Le Tailleur doit avoir nombre de modèles ou patrons de papier , pris for différentes groffeurs & grandeurs , pour le guider dans fon travail.
- , Choifîfïez dans vos patrons celui qui approche le plus de votre mefore ; prenez foffifamment de bougran pour les pièces que vous allez conftruire ; mouil-lez-le légèrement en fecouant deffos vos doigts, que vous aurez trempés dans l’eau ; pliez-le en double ; paffez-y le carreau chaud, dont l’effet fera d’unir & de coller les doubles enfemble ; pofez votre patron deffos ; paffez encore légè-
- rement
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- art du tailleur, &c> 4t
- renient le carreau, & le papier fe colera de même fur le bougran ; portez votre mefiire fur le tout, comme fi vous la preniez une fécondé fois ; & tracez en la fùivant par-tout avec de la craie.
- Vous taillerez enluite le corps, obfervant de le couper de deux doigts plus étroit par en bas que la mefiire , parce que vous mettrez par la fuite un goufiet c, N0-. 2 ) ou élargifiure aux hanches, afin de leur donner du jeu, & empêcher que le corps ne blefle en cet endroit : cette élargifiure regagnera ce que vous avez retranché fur la mefiire , & elle eft d’autant plus nécefiàire * que les hanches des femmes font prefque toujours plus grofies que celles des hommes.
- Toutes les pièces de votre corps préparées, comme il vient d’être dit, déco-lez-les, ce qui fe fait facilement, 8c fauxfilez chacune fur fon canevas ; après quoi vous prendrez votre réglé & le marquoir pour tracer à toutes les pièces fur le bougran, des lignes en long, diftantes l’une de l’autre 9 pour un corps plein de baleines, d’environ un quart de pouce, fuivant les différentes directions que vous voyez, aa, N°. 3 , & ec N°. 2.
- Il s agit maintenant de piquer toutes ces pièces , c’eft-à-dire, de faire une couture, traverfànt aflèz dru le long de chaque trace; c eft ordinairement l’ouvrage des femmes, qui les coufent à arriere-point : par cette maniéré tous les intervalles, entre chaque deux coutures, deviennent les gaînes des baleines, dont on garnira le corps.
- Ces baleines doivent être travaillées, ajuftées 8c prêtes à embaleîner le corps : pour cet effet, prenez le couteau à baleines, avec lequel vous les taillerez en long & en large, 8c les amincirez plus ou moins, félon qu’il conviendra pour les places que vous leur deftinez, obfervant quelles foient bien égales de force dans les pièces correfpondantes, foit du devant ou du derrière , dé peur que le corps ne le* laifle aller de travers ; que vos baleines foient beaucoup plus fortes 8c épaifles fur les reins que fur les côtés , comme auffi plus fortes au milieu du devant, en aminciflânt dans le haut devant & derrière.
- Toutes vos baleines préparées, vous embaleînerez votre corps, faifant entrer chacune entre deux rangs de piquage, la pouflànt d’abord avec votre main tant qu’il vous fera poflible, & enluite vous fervant du pouflbir, pour achever de 1 enfoncer jufqu’au bout; vous commencerez par les fortes 8c épaifles, enluite les minces & foibles , infenfiblemerit vous parviendrez à remplir chaque pièce.
- Lorfque toutes les pièces du corps feront embaleinées, vous remployerez à chacune le canevas fur le bougran, 8c vous f y coulerez bien ferme, glifiant pour cet effet, votre aiguille entre le bougran 8c les baleines ; après quoi vous coulerez les deux devants enfemble ; vous les retournerez tout de fuite à l’en-* vers N°. 4, pour placer 8c coudre en haut une baleine en travers, plus forte au Tailleur, L
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- 42 ART DU T AILLE U R, &c.
- bout qu’au milieu, a N°. 5 , & N°. 4 a a, depuis le devant d’un bras jufqu’au
- devant de l’autre.
- Polez la bande d’œillets à chaque derrière B N°. 2 , ( cette bande d œillets eft une baleine plus forte que les autres ) obfervant de laifler entre cette baleine & les autres, un elpace luffifànt pour y percer les œillets g avec le poinçon.
- Aftemblez le corps en joignant les derrières B aux devants A N°. 2 ; attachez les épaulettes ay & les gouffets c ; percez les œillets g,
- Répaffez par l’envers j avec le carreau chaud, tout le corps , tant pour le rendre uni, que pour parvenir, les baleines étant chaudes, à lui donner la forme & la rondeur qu’il doit avoir.
- Ejjaier le Corps.
- Le Corps étant dans l’état où on vient de le laifler, le Tailleur doit 1 eflayer fur la perfonne pour laquelle il le conftruit ; car de cet eflài dépend la réuffi-te de l’ouvrage : en conféquence il le met en place ; alors il doit examiner avec une attention fcrupuleufe toutes les parties de fon corps , & voir l’elfet qu elles font, pour fe mettre en éfcat de remédier aux défauts dont il s’appercevrà ; il doit de plus interroger , & demander fi on ne fe fent pas gênée, faire bien expliquer en quel endroit, marquer avec de la craie où il y a quelque chofe à faire, marquer auffi le lieu des palerons ou épaules , fe trouvant des perlonnes qui les ont placés plus haut que d’autres :*il fait cette obfervation de la hauteur des épaules , pour pouvoir après l’eiîài y remédier, c’eft-à-dire, renforcer cet endroit s’il le juge néceflaire ; il doit encore obferver, fiir-tout, fi fon corps eft aflèz large, & enfin s’il a toute la grâce qu’il peut avoir.
- j Ajujler le Corps.
- Lorfque le corps eft. eflàyé , marquez les épaulettes , avant de les détacher du devant, pour pouvoir, lorfqu’il fera fini , les rattacher aux mêmes places.
- Défàffèmblez le corps par les côtés, pour vous mettre tout de fiiite à corriger les défauts que vous avez remarqués.
- Comme les gouflets c N°. 2, n’avoient point de baleines lors de l’eflai, vous Planche 12. Y en mettrez; fi le deflous des bras b eft trop haut, vous le rognerez; vous en ferez autant, s’il le faut, par-devant ou par-derriere. Cette opération eft ce que les Tailleurs appellent donner le coup de ciseau. Coupez un peu de la longueur des baleines par en haut, pour pouvoir les arrêter, afin qu’elles ne percent pas; vous mettrez auffi des bouts de baleines dans toutes les bafques, f & N°. 3
- b.
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- ART DU T A I L LEU R, &c.
- JD refer le Corps*
- Drefïçz le corps N°. 4 par fenvers , c’efl-à-dire, coulez à demeure, à point croifé ( ce point efl expliqué dans l’Art de la Couturière ci-après ) la baleine que vous avez attachée avant l’eflài ;^mettez-en une féconde a N°. 5 5 au même endroit, li vous le jugez à propos, mettez-en encore une ou deux bb, qui aillent jufques fous les bras, & au-deflous une ou deux c, qui foient courtes , pour fou* tenir le milieu ; on les voit toutes en entier N°. 4 ; mettez des droits-fils aux endroits qui fatiguent davantage, comme en d, N°. y, afin que le corps ne fe déforme pas ; bordez le haut du devant avec une petite bande de bougran fin.
- Coupez en biais une bande de toile eee, N°. ÿ, que vous couferez tout autour des hanches, au-defîus des balques marquées hy pour marquer ce qui s’appelle le défaut du Corps , & le fortifier. Cette toile doit être taillée de façon que ion. fil ne loit en biais que fur le haut des hanches , à fendroit ou le trouve chaque goufîet c N°. 2, afin de pouvoir prêter, & leur laifler du jeu ; mais fur le devant, elle doit être à droit-fil, pour empêcher que le corps ne fe lâche en cette partie.
- Rempliffez de papier l’efpace en long, où les oeillets étoient percés lors de l’efîai^ pour la rendre ferme ; vous percerez enluite les œillets au travers du papier; coufez une ou deux baleines de travers-ff, N°. j1, qui aillent de l’épaulette aux palerons ; vous les placerez de maniéré qu elles puiffent fervir à les contenir & les applatir le plus qu’il fera poffible; égalifez les creux entre toutes les baleines de travers, dont on a parlé, avec du papier, ou pour plus de fblidi-té, avec du bougran, obfervant de le bien étager, afin que l’épaifleur fe perde infenfiblement ; garniffez de même un efpace gggg , N°. y le long de la bande d’œillets, & vous couvriez cette garniture d’un morceau de bougran que vous couferez bien ferme, paflânt dans toutes les lignes entre les baleines ; pat fez enluite des points de fil autour du haut des derrières, pour en ferrer & affermir tous les bords.
- Mouillez l’envers de vos pièces, pour les repafîer avec le carreau bien chaud, afin de bien égalifer tout l’ouvrage, prenant garde de brûler la baleine. Cette manœuvre, fi elle efl bien conduite, donnera à chaque piece la forme & la tournure quelle doit avoir.
- AJfemhler <£r terminer le Corps.
- 1 aillez 1 étoffe qui doit faire la couverture du corps , loit toile ou autre étoffé ; afïemblez & coufez à demeure toutes les pièces ; achevez les œillets du derrière ; coufez à l’envers au milieu du devant une bande de toile du haut en bas, pour y placer le bufc; elle fe nomme la poche du bujc; & par la même couture, vous pincerez le bas du corps pour lui donner de la grâce : quand vous
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- couferez les devants aux derrières, prenez les bouts des droit-fils des hanches dans la couture ; pofez 8c coufez la couverture du deflus ; coupez & mettez la doublure ; attachez les épaulettes.
- Mettez deux agraffes par-devant, 8c autant par-derriere, qui ferviront à buf-quer les jupons, c’eft-à~dire, à les tenir plus bas par-devant 8c par-derriere, que fur les côtés, afin de bien marquer la taille ; mettez auflî des aiguillettes ou cordons for les côtés, pour y attacher le jupon; pofez le bufc en fa place, & le corps eft achevé.
- Le Corps ouvert.
- La defeription qu’on vient de donner, eft celle d’un corps fermé par-devant, foit plein, foit à demi-baleine. Le corps ouvert par le devant fe conftruit de la même maniéré , excepté qu’au lieu de coudre les deux devants enfemble, on met à chacun la bande d’œillets N0. 3 , un rang d’œillets 8c un bufe : les deux rangs d’œillets fervent à lacer les deux devants enfemble, avec une ganfe ou avec un lacet à la Ducheffe , PL 14 ,aa N°. 12.
- Le Corps piqué.
- Le corps piqué plein, N°. 2, ou à demi-baleine, N°. 3 , comme tous les autres ci-deflus, fe travaille à peu-près comme le corps couvert. Ces deux fortes de corps fe piquent, il eft vrai, de la même façon; mais au corps couvert les piquures ne font pas vifibles, attendu que le canevas les couvre en premier, & l’étoffe de la couverture enfoite ; au lieu qu’au corps piqué, la piquure n’eft pas recouverte, ce qui exige quelque différence dans la façon ; car à la place du canevas , qui au corps couvert fort de première couverture, on ne taille à celui-ci que la toile jaune qui doit feule le couvrir, 8c on la bâtit fur le bougran, obfer-vant de mettre un fort papier blanc entre deux, pour empêcher que la baleine , qui eft noire , ne paroiffe 8c ne fe diftingue au traders de l’étoffe du deflùs, for laquelle après avoir marqué les lignes' des coutures, on les pique à point-arriere , comme à l’ordinaire, mais cependant le plus proprement 8c également qu’on peut. U faut auffi, avant d’embaleiner, ratifier les baleines plus rondes, afin que leurs carnes ne coupent pas le deffus, & en même temps que tout l’ouvrage paroiffe plus propre 8c plus fini.
- On borde avec un ruban de foie tout le haut 8c le bas du corps ; à l’égard du # procédé , on foit exactement pour le refte , celui qui eft détaillé ci-deflus pour le corps couvert, on l’eflàye, on l’ajufte, 8cc.
- Les differents Corps en ufage.
- Après avoir expliqué ci-deflus la fabrique des Corps & Corfets , ou à demi-baleines , il ne refte plus, à cet égard , qu’à expofer toutes les efpeces qui font actuellement ufitées.La fimple infpection, jointe à l’explication des petites diffé-
- rences
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- ART DU TAILLEUR, &t. 4S
- rentes qui s’y trouvent, foffira pour les connoître ; c eft pourquoi on renvoyé le Leéleur à la Planche 13 ; tous les corps qui y font tracés, font vus de profil * ceft-à-dire, par le côté.
- N°. VI, eft un corps ouvert par les côtés , pour les femmes"enceinte$ : ce corps n’a de différence, quen ce que le devant n eft joint au derrière que par un lacet qui paffe dans deux rangs d’œillets ai; la femme peut, par ce moyens lâcher ion corps par les côtés lorlqu elle s’y trouve trop forrée : on ne coud quun petit efpace cfous faiffelle, de peur que le corps ne fe dérange & ne fo mette de travers.
- N°. VII, eft un corps pour les Dames qui montent à cheval, foit pour chafo for ou autrement : il différé des autres en ce que le bas du devant eft fans grandes bafques, & arrondi depuis les petites bafques jufqu’à la pointe en A , de peur que le bas du corps ne les gêne, attendu quelles font naturellement pliées en avant for leur folle, ; de plus, le devant eft ordinairement lacé B jufques vers le tiers C: on le fait très-mince de baleines.
- N°. VIII, eft un corps de Cour ou de grand habit, qui ne fort qu’aux Dames de la Cour iorfqu elles vont chez le Roi, chez la Reine, &c. On y remarquera que f épaulette eft couchée & dirigée en avant, parce que ce corps découvre les épaules; il eft toujours accompagné d’un bas de robe particulier, dont il fora fait mention ci-deflbus. Cet habillement qui eft allez ancien , s’eft toujours con* forvé à la Cour. On voit PL 2, Fig. Z, une Dame vêtue avec cet habit.
- N°* IX , eft un corps de fille : il eft pointu & fans grandes bafques par-devant» X, eft un corps de garçon ; il eft arrondi par le bas du devant, & n’a point de bafques de côté*
- N°» XI, eft un corps de garçon à fa première culotte : il fo lace par-devant^ L’épaulette eft au devant, au contraire de toutes les autres ; il y a à la hanche une petite bafque a, avec une boutonnière qui va rendre à un bouton , attaché à la ceinture de la culotte pour la foutenir.
- Dans la PL 3 , Fig. A, eft repréfontée une femme vue par-devant, avec un corps lacé d’un lacet à laDucheffo; & Fig. B, une femme vue par-derriere* ayant fon corps lacé du lacet ordinaire.
- Le Corps à l’Angloifo eft fermé du bas à cinq pouces ; puis ouvert jufqu’en
- haut, & lacé d’un petit lacet ou cordon infonfiblement jufqu’à un pouce d’ou~<
- verture en haut, arrêté par une mince baleine en travers, recouverte derrière > -
- la fin du petit lacet.
- Autres parties et Habillements
- On a dit au commencement, en parlant des divers ôuvrages du Tailleur de Corps, qu’il lui étoit attribué de faire encore quelques pièces de vêtements qu on a nommées dans la Lifte qu’on en a donnée : on va les détailler ici, avec les éclairciffements néceffaires à leurs conftruélions ; ils font repréfontés PL 14*
- Tailleurs M
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- 4<J ART DU TAILLEUR, &ci
- Planche 14. N°. *7 > bas de robe de Cour-
- Elle fe fait en étoffe étroite ; fa longueur, taille ordinaire ; eft de deux aunes
- & demie, & fa largeur de fix lez, dune étoffe de fept flxiemes : on commence par coudre tous les lez enfemble ; on plie enfoite le tout en deux for fa longueur j & on coupe en biais, comme on voit depuis 1 jufqu’à 3.
- On ne double point le bas de robe, à moins quil ne foit en étoffe brochée } parce qu’alors on eft obligé de cacher l’envers.
- On plifîè tout le haut depuis 1 jufqu’à 2 : tous ces plis raiïèmblés forment une portion de cercle; for chaque moitié, on borde tous les plis, & on y coud quatre ou cinq agraffès de diftance en diftance de chaque côté, ce qui fait une dixaine d’agraffes, qui doivent s’accrocher à de la gance , qu’on aura coufoe au bas du corps; on place deux boutons au fécond lez de chaque côté à quelque diftance l’un de l’autre , Sc une gance derrière chacun , à l’envers de l’étoffe ; on accompagne le bout de cette gance d’un gland, & lorfqu on la boutonne , elle releve la portion d’étoffe qu elle embrafle : la queue eft traînante* Voye^ Planche 2 , Fig. Z.
- N°. 13, Corfet blanc fans baleine, Sc à deux bufos;
- Il fe fait communément de bazin ou de toile ; on le double toujours : M, les devants ; iV, les derrières ; 09 les manches.
- Pour le faire, après avoir coupé un modèle en papier, jufte aux mefores prifès fur la perfonne, coupez la toile ou futaine qui doit fervir de doublure , appliquez votre modèle defliis, Sc l’y bâtiflez, & remployez exactement ladite doublure jufte à votre modèle ; bâtiflez aufli les remplis, de peur qu’ils ne le défafo fent ; enfuite vous aflemblerez toutes les pièces de votre corfet, Sc vous irez l’eflàyer fur la perfonne, comme on fait pour les corps, afin de rectifier enfuite les défauts, s’il y en a : cela fait, coupez des bandes de toile à droit-fil, que vous bâtirez for la doublure en travers, après quoi vous les couferez très-drus ; ces droits-fils empêchent que le corfet ne fe déforme : enfoite, taillez le bazin ou la toile qui doit faire le defliis ; vous la bâtirez, le plus uniment qu’il fera poflible, for la doublure ; vous en remployerez les bords exactement à l’égal de la doublure ; vous les couferez enfemble ; puis vous paflerez un fécond point tout au* tour, pour affermir l’ouvrage.
- Il fe fait des corfets fermés par derrière ; à d’autres on y fait des oeillets, Sc par devant on y fait des boutonnières ou des œillets, ou bien, on y coud des rubans; quant aux manches, ou on les coud, ou bien on y fait des œillets, tant aux manches, qu’à l’épaulette ; tous ces œillets, tant du devant que du derrière, font marqués aaaaa : on paflèfor les côtés une aiguillette c, qui fert à attacher les jupons, & en b une agraife de chaque côté pour le même ufàge; on met un bufc a chaque devant ; pour cet effet, on coud au bord des devants du corfet en dedans un ruban de fil par ces deux bords; c’eft ce qu’on nomme la poche du bufc, au bas de laquelle on laifîè une petite ouverture, par laquelle on le fait èntrer.
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- A R T DU TAILLEUR, &c.
- N®. 14» Camifole.
- Elle fe fait des mêmes étoffes que le corfet ci-defliis, & fe double de même : P9 les devants ; (}, les derrières ; R, les manches.
- Les Camifoles fe font comme les corfets ; toute la différence confifte en ce que ne fervant ordinairement que pour la nuit , elles doivent être plus larges Sc plus aifées ; on les ferme communément par-derriere, Sc elles fe nouent par devant avec des rubans de fil ou de foie.
- Pour un Corfet ou une Camifole, taille moyenne, il faut une aune Sc demie <de bazin étroit, ou la moitié de bazin d’Orléans, c’eft-à-dire trois quarts ? les manches compri fesj
- N°. i y, fauffe Robe pour les filles:
- Elle fe fait dans la largeur de fept lez, étoffe étroite; ôn la fend par le mi* üeu du derrière, au haut jufqu’en <2, Sc par le côté pour fouiller dans les poches jufqu’en b; on la plifle comme le bas de robe de Cour, N°. 17 , Sc on la coud autour du bas du corps.
- N°. 16, Jaquette ou Fourreau pour les garçons*
- Il faut dix lez d’étoffe étroite pour faire une jaquette ou fourreau d’enfant ; on les aflemble à part, deux pour chaque devant, Sc trois pour chaque derrière ; chacune de ces pièces fe taille comme on voit dans les Fig. dudit N°. a efl un devant ; b un derrière ; les lignes ponéluées font les lez. Il ne s’agit plus que de plifler '& monter la jaquette fer le corps exprimé PL 12, N°. 10; pour cet effet, coufez le premier pli du devant, qui doit occuper en haut toute la largeur du haut de la gorge , Sc être conduit en biais jufqu’à un pouce Sc demi de la pointe du corps ; continuez à coudre trois autres plis égaux Sc parallèles entre-eux: vous ceflerez de coudre tous ces plis où le bas du corps cefle,' Sc vous les laiflèrez vagues de-là au bas de la jaquette ; vous arrêterez enfemble ferla hanche deux plis, que vous laiflerez également vagues jufqu’en bas; vous ferez de même un large pli au derrière, fa plus grande largeur fera à l’épaulette J vous ceflerez de le coudre au haut de la bafque de derrière ; puis vous ferez trois autres plis fer le corps, pareils aux précédents, obfervant les mêmes cir* confiances ; plus deux plis vagues de la hanche en bas ; le large pli de derrière couvrira par fon bord poftérieur les œillets du corps du haut en bas.
- Vous couvrirez l’épaulette d’un morceau d’étoffe ; vous coulerez les derrières aux devants de chaque côté, laiflantaux hanches une ouverture pour la poche, entre les quatre;plis d’en-bas; vous couferez aufîi le bas des deux dei> fieres enfemble.
- Ifour ornement on galonné le grand pli du devant du haut en bas, tant fer le pli même que fer tout le devant, à compartiments de galons ; on borde le grand pli du dos tout autour jufqu’en bas ; on galonné de même les coutures des côtés, tout le bas de la jaquette, Sc tout le tour de la gorge; on coud les manches c aux épaulettes.
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- Planche
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- HART DE LA COUTURIERE.
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- A V ant Tannée 1675* >comme ^ a été dit dans T Avant-Propos, les Tailleurs faiioient généralement tous habits d’hommes & de femmes ; mais dans cette année Louis XIV jugea à propos de donner à des femmes, le droit d’habiller leur fexe; 8c depuis ce temps, les Tailleurs ne s’en mêlent plus. Il créa donc un Corps de Maîtrifè, fous le titre de Maîtrejjes Couturières ; il leur donna des Statuts , qui font en petit nombre : par ces Statuts, elles peuvent faire Robes-de-chambres (de femmes), Jupes, Juflaucorps, ( c’eftce qu’on nomme à préfènc Jufie'), Hongrelines, (on n’en fait plus), Camifoles, Corps de jupes & autres ouvrages pour femmes, filles & enfants de l’un & de l'autre fexe, jüfqu’à l’âge de huit ans: & ne pourront faire aucun habit d’homme, ni bas de robe & corps de robe.
- Nota. Les Tailleurs de Corps, ci-devant, ont fouis le droit de faire les Corps & bas de robe, & ils partagent avec les Couturières celui d’habiller les enfants jufqu’à huit ans.
- La Couturière n a aucun infiniment particulier. Un dez , des aiguilles, du fil* de la foie, des cizeaux, & un fer à repafler , leur fuffifent pour opérer*
- La Mefure;
- La Mefiire fe prend avec des bandes de papier, comme par les Tailleurs, en y faifànt des hoches ; la fiiivante eft celle de la robe & du jupon, qui eft fefièntiel :• delà Couturière, comme l’habit complet i’eftdu Tailleur d’habits*
- a, Largeur d’une agraflfe à l’autre, b9 Colet. cy Plis.
- dy Remonture Sc entournure (*), €y Devant.
- /, Taille.
- gy Compere (fi on en veut un ); h, Manche.
- iy Dos.
- iy Grofleur du bas;
- m, Devant du jupon*
- ri y Derrière du jupon.
- o y Côté du jupon.
- p y Biais de la robe (** ).
- q y Derrière fins la queue (*** );
- ry Devant jufqu’à terre.
- ( * ) Par la Remonture & Entournure, on entend que les devants doivent être de quelques pouces plus longs que le derrière, afin que la remonture c'eft*à-dire, ce que les Tailleurs appellent Vépaulette , puiffe en enveloppant le deflus de l'épaule , fe joindre à l'emmanchure ; ce qui fe nom,ne zlozs T entournure laquelle étant en place, c’eft-
- à-dire, jointe aux deux bouts du colet, le maîn^ tient au bas de la nuque du col.
- ( ** ) Le biais de la robe}eR l'endroit où on place les pointes.
- (***) Sans la queue. A l’égard de la queue, ou la fait plus longue ou plus courte, fuivant la vo-: ionté.
- Aunage
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- ART DU TA ILLE-U R, &c,
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- 'Aunage de la Robe & Jupon taille ordinaire.
- « La Couturière n’emploie ordinairement que de TétofFe étroite , ceft-à-dr re, de demi-aune ou environ,
- P ourla Robe*
- longueur, une aune un tiers.
- largeur du derrière, deux aunes ou quatre lez aflemblés;
- largeur des deux devants, une aune ou deux lez.
- Largeur des deux pointes, un quart, qui effdemi-quart pour chacune*
- Pour chacune des deux manches, un tiers en quarré.
- Pour les deux rangs de chaque manchette, trois quarts d’étoffe fut fa longueur*
- Pour le Jupon»
- longueur, deux tiers.
- largeur, deux aunes Sc demie, en cinq lez àfïemblés*
- Le travail de la Couturière*
- Comme la Robe & le Jupon, dont on vient de donner la mefofe & faunà^ ge, font les principaux objets du Travail de la Couturière , on eftime que cet Art fera foffifàmment éclairci par le détail de leurs conftruélions, & en y ajoutant encore celles du Manteau-de-lit, Sc du Julie, à fulàge des femmes de la campagne*
- La Robe»
- Coupez de longueur, foivant votre mefure, tous les lez qui doivent cômpd^ fer votre robe, favoir, les quatre lez AA du derrière, Fig. i, & les deux lez, Pknthê if* Un pour chaque devant, B Fig. 2 ; ceux-ci doivent être coupés un peu plus longs de quelques pouces : pour la remonture & entournure,'expliqués ci-deflus: taillez les manches 0, Fig. 5 , Sc les manchettes pp9 Jrg, y ; taillez de même toute la doublure.
- Affemblez les lez du derrière, en les coulant l’un à fautrè ; tout le derrière AA étant affemblé, pliez-le par la moitié for là largeur , Sc le dépliez tout de foite ; il reliera fut fétoffe une légère impreffion de ce pli, qui vous indiquera où vous devez commencer à couper les pointes,ci, qui fe prennent à chaque dernier lez ; vous taillerez ces pointes en montant & en biais, afin qu elles ayeüt au bout i, un demi-quart de large.
- Les pointes étant levées, vous taillerez les emmanchures è , & les tailles/, jufquaux hanches en foivant votre mëfore ; vous laiflèrez le forplus g, en fort
- entier, pour les plis Sc le tour de la robe ; vous taillerez de même les deux dê-*,f vants B. t
- Tailleur» î^f
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- jà k R T D-Ü TAILLE UR,&c.
- On vient de voir que les pointes n’ont en longueur , que la moitié de celle de la robe ; il faut ajouter , que l’on n’entend parler ici que d’une robe ronde & fans panier : car fi c’en étoit une deftinée à être mile par-deiîùs un panier , "ces pointes ne fe trouveroient pas affez longues , pour aller jufqu’aux hanches ; ceft pourquoi il faudroit les tailler à part dans un lez de furplus.
- Glacez la doublure au-deflus. Glacer, eft faire un bâtis général à points longs , qui foient environ à deux pouces les uns des autres, pour attacher bien uni-ment la doublure au-deflus; ce bâtis eft à demeure.
- Faites un rang de bâtis, par l’endroit, au haut & au bas du derrière de la "robe, pour les fixer; vous ôterez ce bâtis, quand le collet & le bas*feront achevés.
- Formez les fix plis du dos, elpacés comme il eft marqué Fig. 3 , c eft-à-dire, un large au milieu de deux étroits : on voit en h, la moitié de la pliflure du dos; coufez les pointes cdcd, le long du dernier des plis dp côté jufqu’en bas ; formez enluite ces plis, au nombre de trois ou quatre, & les arrêtez aux hanches en mm, avec quelques points croifés. Voy. cette elpece de point, PL ÿ. N°. 8.
- Formez le pli de chaque devant qq, Fig. 4, jufqu’au haut de la remonture , Sc les plis de côté nn, jig. 3, au nombre de deux ou trois que vous arrêterez comme les précédents ; coufez le collet x, Fig. 3 , qui doit avoir en dehors un doigt de large : il fe fait toujours de l’étoffe du deflus ; redoublez-le & le coufez à l’envers.
- Faites un arrêté, Fig. 3 , ligne ponétuée, au travers des plis du dos, pour les maintenir en leurs places ; car on ne coud jamais ces plis l’un à l’autre : cet arrêté fe fait à l’envers , à points croifés, à la diftance d’un douze audeflous du collet.
- Placez l’entournure, c’eft-à-dire, coulez la remonture 3, Fig. 4, à l’emmen-chure /, fig. 3. joignant le colet par-derriere.
- Attachez la quarrure, qui eft un morceau de toile ou de taffetas quarré long que l’on coud à l’envers, par-deflus la doublure : cette quarrure occupe tout i’elpace des plis du dos, depuis le collet jufqu’à la taille ; on la fend enfuite , fi l’on veut, par le milieu, depuis le bas vers le haut, & on y attache des rubans de fil ou des cordons, qui fe nouent lorfqu’on veut fe ferrer.
- Montez la robe, c’eft-à-dire, coufez les deux devants au derrière, depuis l’emmenehure /, Fig. 3, jufqu’aux hanches mm, à point-arriere & devant, ce qui s’appelle coudre les tailles ; laiffez une ouverture de huit pouces, entre les plis de côté rai, pour la poche ; puis vous reprendrez la couture , pour coudre les pointes au biais, c’eft-à-dire , aux devants jufqu’en bas.
- Nota. Que les plis de côté des robes rondes doivent être réunis au bas de l’ouverture de la poche, où commence la pointe en c ; au contraire des plis du juftaucorps d’homme , qui vont jufqu’au bas ; mais qu’aux robes faites pour être fur un panier, il ne fe fait point de plis de côté ; les pointes doivent mon-
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- ARf DU TÀÎ LlÈUR,&c. ^
- ter jufquaux hanches, & l'ouverture de la poche, eft formée par le côté de la pointe Sc du devant.
- Doublez les manches oo, Fig. 6 ; fofmez-les& lès pliflez à point-devant, pour les coudre enluite à l'emmenchure, & à l'entournure, à arriere-point ; coufez les manchettes pp, Fig. , la plus étroite en deflus ; faites un rempli autour du bas de la robe , aînfi qu'à chaque côté de l'ouverture des poches ; coufez ces remplis ; bordez tout le bas d'un padou de la couleur du deflus.
- Nota. Que la plus grande difficulté qui fe rencontre , quand on a des étoffes à fleurs ou à compartiments, eft de les bien appareiller Sc aflortir régulièrement * en ménageant fur l'étoffe le plus qu'il eft poflible; c'eft une affaire de génie Sc de talent.
- Comme on porte à préfent les robes ouvertes par-devant, on couvre la poitrine par une piece ou échelle de rubans, ou par un Compere : le compere eft du diftriél de la Couturière ; la piece de rubans étant regardée comme garniture Sc ornement, eft de celui de la Marchande de modes.
- Le compere, PL 15 , eft compofé de deux devants, coupés l'un fur F autre LeCômpërê dans unquarré d étoffé d'environ un tiers en tous fens, dont on taille un côté en biais ; on le double ; on fait le long du biais gauche un rang de boutonnières,
- Sc un rang de petits boutons, à la piece droite ; on coud chaque devant du compere fous chacun des devants de la robe, de façon que les côtés biais puiff fent fe boutonner fur la poitrine , depuis la gorge jufqu'à la taille.
- On appelle Pet-en-l’air* le haut d'une robe ordinaire , dont la longueur né ^ e ,
- 5 Jr cUSo
- Sefcend qu'à un pied plus ou moins au-deflous de là taille , devant Sc derrière*
- Le Jupon.
- Après avoir coupé quarrément Sc de longueur lès cinq lez du jupon, les avoir afïemblés, doublés, Sc glacé la doublure ; vous pliflèrez tout le haut, & vous le fermerez du haut en bas : il y a des jupons auxquels on ne laiffe que l'ouverture des poches de chaque côté ; à d’autres, on en laiffe une troifieme par-derriere : aux premiers , on attache des bouts de cordons ou de rubans de fil à une des ouvertures de côté, pour ferrer le jupon ; aux derniers, on met communément les cordons à la fente de derrière : toutes ces ouvertures fe bordent ; on bordé aufîi tout le haut & le bas du jupon, avec un padou de la couleur de l'étoffe*
- Le Manteau-de-litè
- Pour un manteau-de-lit taille ordinaire >
- Longueur, une demi-aune*
- Largueur, fuivant la melure*
- Longueur de la manche depuis le gouflet, ùn tiers.
- Largeur de la manche, un quart, venant à un pouce & demi de plus, en elargiftànt depuis le coude*
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- ART DU TAILLÉ U R> ^
- ' Le Manteau-de-lit fe taille en un feul lez d’étoffe, quand elle eft afiez large * linon, on le fait en deux lez : il eft compofé de deux devants rr ^ Fig. 7, & d'un derrière mtmtjig. (lignes ponéluées ) ; on le décrit ici d'un feul lez. Il fe fait ordinairement en chemife, c’eft-à-dire, avec le commencement des man-; -ches, qu’on termine enfeite par deux pièces qui s’y ajoutent^
- Etendez votre étoffe, & tout de fuite, pliez-la en deux fer fa largeur, non ^pas exactement, mais qu’un des doubles dépafle l’autre, de trois pouces ou environ; fendez en deux par le milieu rr> le double le plus long, en montant juf-qu’au pli, où étant arrivé, vous fendrez ledit pli, à droite 8c à gauche, de qua* tre à cinq pouces ; puis retournant les cifeaux d’équerre, vous en donnerez un coup aa, dans l’étoffe de cette plus longue moitié, fans entamer l’autre ; celle-ci àinfi Fendue,vous donnera la-remonture des deux devants, comme il va être expliqué.
- Faites un autre pli parallèle au premier, qui égalife de longueur vos deux doubles d’étoffe; alors les parties que vous venez d'entailler au double qui étoit le plus long, formeront deux petits quarrés aa faillants, qui auront trois pouces de haut fer quatre à cinq pouces de large ; ce fera les entournures des épaules, & ce fecond pli qui a détruit le premier, deviendra le deftùs des manches. Foye^ la Fig. 10 qui repréfente un des devants, avec là remonture.
- Formez à chaque devant, à l’endroit, un pli a, Fig. 11, qui le borde du haut en bas ; dégagez la gorge, par un pli en dedans c ; faites Une fente au bas de l’origine des manches, pour y placer le gouflet m; taillez les côtés aa, Fig. 9,* ftiivant lamefere ; laifiez le relie d> Fig. 10 , pour le pli A/z, Fig. 8 & p; on -coupe en évalant jufqu’en bas, quand on ne veut pas de pli ; faites aulîî un pii gy Fig. 8 à l’envers, au milieu du derrière, que vous ne couferez qu e jufqu’au bas de la taille ; la couture doit en être au milieu du dos : on voit Fig. p l’effet que ce pli rentrant fait par dehors.
- Taillez la doublure ; pofez-la, 8c la glacez à l’étoffe*' \
- Coufez tous les plis, lavoir ceux qui vont de la taille jufquen bas ; coufez les deux devants aü derrière, les gouftets, le deflbus des manches, le collet, les entournures aux deux bouts du collet; ajoutez 8c coufez les deux pièces qui terminent la longueur des manches ; fi elles fe font en pagode aa y Fig. 12, ces deux pièces auront plus de longueur : les plis de la pagode doivent être dilpo-iés de maniéré qu’ils loient plus étroits deftùs le bras, ce qui leur donne la tournure que l’on voit dans la Fig. 12, qui repréfente le manteau-de-lit entièrement terminé.
- On finit par border le tour du bas, & on attache en haut, des rubans pour le fermer*
- Le
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- ART DU TAILLEUR, (?a
- 53
- té Jufte eft proprement l'habit dés femmes dé la cafhpagne • àuflî eft-il le plus fimple de tous*
- U faut deux aunes d'une étoffe de deux tiers de large, pour un Jufte.
- Il fe taille à peu-prês comme une verte d'homme. Les Fig. 13, qui montrent les deux devants, 3c 14 les deux derrières, le démontrent lùffifàmment. Le Jufte n’a aucun pli; fes bafques ne s'afîembient point ; on ne coud les derrières & les côtés que jufqu aux tailles : les bafques tant par-devant que par-derriere > finif-fent en pointe plus allongée par les côtés.
- On afïemble, on pofe la doublure, on la glace, &c. comme à tous les autres vêtements dont on vient de faire la defcription ; on borde tout le tour du Jufte haut Sc bas, Sc toutes lès bafques, d'un ruban de foie, Sc on attache des cordons ou des rubans de fil pâr-devant pour le nouer*
- On coud les manches au Jufte : il s'en fait de deux fortes ; celles qui font marquées x font toutes fimples , Sc vont jufqu’au coude ; les autres marquées y font plus courtes, mais on y ajoute un parement plifle £.
- On voit PL 3 , trois figures qui regardent la Couturière : la Fig, C, reprèfente une femme en robe & en jupon , vue par-devant ; la Fig. D, la même, vue par-derriere; & la Fig. £, une fervante en Jufte, vue par le côté; fes bafques font toutes égales, pouf faire voir que cette façon s'exécute auffi bien que celle ds terminer le Jufte comme un Manteau-de-lit, principalement dans les Villes*
- Tailleur.
- O
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- ART DU TA ILLEUR, &c.
- DE LA MARCHANDE DE MODES.
- On ne placerait pas ici parmi les Arts qui travaillent aux vêtements, la Marchande de Modes, fi ces femmes ne s’étoient mifies en pofleflion d’en conf-truire quelques-uns, qui auroient dû naturellement être du diftriét.de la Couturière : elles ne font d’aucun corps de Métier, & ne travaillent qu’à l'ombre -de leurs maris, qui, pour leur donner cette faculté, doivent être du corps des Marchands Merciers : elles appellent elles-mêmes ce quelles font un talent , Sc Ce talent confifte principalement à monter & garnir les coëffùres, les robes, les jupons, &c. c’efi-à-dire, à y coudre & arranger lùivant la mode journalière les agréments que les Dames & elles imaginent perpétuellement, dont la plupart confiftenten gazes, rubans, rézeaux, étoffes découpées, fourrures, &c. Mais elles conftruifent encore de véritables vêtements, comme le Mantelet, la Plifle, la> Mantille de Cour. Ces pièces ont tant d’affinité avec l’Art de la Couturière, qu’on n’a pas cru devoir en omettre la delcription à là fuite.
- Le Mantelet & foti Coqueluchon.
- te Mantelet eft un petit manteau de femmes , qu elles mettent par-deffùs la tobe, principalement quand elles vont dehors : on y ajoute toujours un coquelu-chon ; ce coqueluchon fe taille à part, & s’attache enfuite au mantelet ; le tout fe fait de taffetas qui a deux tiers de large, ou de latin qui a une demi-aune ; on double de la même étoffe.
- Planche i6e II faut pour un mantelet ordinaire avec fon coqueluchon, pour le corps dil mantelet, une aune & demie, qui étant rendoublée fera trois quarts de long pour chaque côté, depuis le haut du col b9 Fig. //, julqu’au bas de chaque pan c; Sc pour le capuchon Fig. /, Un tiers redoublé, ce qui fait deux tiers , & en tout deux aunes un tiers d’étoffe.
- On commence par couper les deux tiers pour le coqueluchon Fig. /, qu’on plie en deux fur la largeur de l’étoffe : on plie de même en deux le refte pour le mantelet Fig. //; on taille le Collet du mantelet comme on voit en/5/z, & enfuite l’échancrure des bras m, c’eft-à-dire, ce qui doit palier en devant par-deffùs les bras, qu’on nomme les pans duMantelet : quant au coqueluchon Fig.I9 qu’on aura plié de même en deux lùr fa largeur , on en échancre un coin g h du 1 côté du rendoublement, de quatre à cinq pouces en mourant ; le bout pointu
- h de cette fente fera le centre des plis en rond i, qu’on fera au lùrplus dudit rendoublement; après quoi on la fermera par une couture, ce centre pliffe fe trouve placé au milieu du derrière de la tête.
- Pour joindre le coqueluchon au mantelet, on commence par plifler le milieu
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- ART DU TAILLEUR, &e. 5y
- 3u Collet du mantelet oo9 Fig. //, pour le réduire à la proportion du côté du coqueluchon au bout duquel on a fait Téchancrure ; enluite on coud ce côté à la pliflure du collet oo; 8c continuant à coudre les deux derrières, celui du mantelet Sc celui du coqueluchon , l’un à l’autre, on fronce à mefure celui du mantelet ; Sc afin que Ton puifle ferrer plus ou moins ces deux pièces fur le col, on coud par f envers tout autour une coulifle qui eft un ruban qui forme un conduit, dans lequel on palîè un cordon pour ferrer plus ou moins le col du mantelet.
- On borde le tout d'une dentelle noire;
- Il fe fait des mantelets en moufleline; mais c’eftl’affaire de laLiagere*
- La Plijfe & fin coqueluchon.
- La Plifle eft une autre efpece de manteau, beaucoup plus ample que le mah* telet ; elle fè fait aufti en taffetas ou en latin.
- Il faut pour une pliflè trois aunes 8c demie, diftribuées en quatre lez égaux* m no p Fig. III9 chacun de trois quarts de long : on commence par coudre mn enfemble fur leurs longueurs, ce qui joint les deux derrières ; puis on les plie l’un lur l’autre pour lever à leurs extrémités deux pointes d’un coup de cifeau , comme à la Couturière pour la robe ; on en fait autant des devants pofés l’un lur l’autre ; les quatre pointes levées, on les coud enfemble deux à deux : enfui-te joignant par une couture les devants aux derrières, il fe trouve néceflaire* ment le long de la coupe des pointes un vuide en triangle qu’on remplit de chaque côté par les pointes qq ci-devant affemblées deux à deux, en les y coulant : ces opérations font faire au tout enfemble un arrondiffement plus étroit en haut, plus étendu en bas ; on les unit tous les deux avec les cifeaux, donnant en même temps au haut de chaque devant la courbure rr\ on fendra vers le milieu des devants une ouverture ss de fix à lèpt pouces, pour y paffèr les bras : on double la pliffe de la même étoffe, ou d’une fourrure pour l’hiver.
- Le coqueluchon fe fabrique à part, lur un tiers en tout fens , taillé double Comme le précédent; 8c pour le joindre à la pliffe, on la pliffera en haut à un feize près des extrémités des devants, continuant jufqu’à un feize de la couture des derrières, ce qui la rétrécira à la mefure du bas du coqueluchon que l’on doit enlùite y coudre : le refte comme au mantelet.
- La Mantille de Cour ou de grand habit%
- Le grand habit de Cour confifte en un corps fermé, plein de baleines, 8c un bas de robe : le corps le couvre d’étoffe ; le bas de robe fe fait des mêmes étoffes , ainfi que le jupon: le Tailleur de corps conftruit le corps & le bas de robe ; la Couturière, le jupon ; & la Marchande de modes ajoute à tout l’habillement les pompons & agréments.
- Le jour qu une Dame eft préfentée au Roi, à la Reine, &c. le corps, le bas
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- 56 ART DU TAILLEUR, &c.
- de robe & ie jupon, doivent être noirs ; mais tous les agréments font en dentelle, en rezeau, &c. tout l’avant-bras, excepté le haut vers la pointe de l’épaule, ou le noir de la manche du corps paraît, eft entouré de deux manchettes de dentelle blanche, l’une au-defliis de l’autre jufquau coude. Voye^ Planche 2 fig. Z 9f g. Plus, au-deffous de la manchette d’en-bas, on place un bracelet noir, formé de pompons h : plus, tout le tour du haut du corps fe borde d’un tour de gorge de dentelle blanche ee, & par-deflus une palatine (*) noire, étroite,’ ornée de pompons, qui defcend du col & accompagne le devant du corps jufqu’à la ceinture : le jupon & le corps s’ornent de pompons; tous les pompons font de rézeau , de dentelle , &c. d’or*
- Le jour de la préfentation palTé, tout ce qui étoit noir le change en étoffes de couleurs ou d’or. Cet habit eft ancien, & n’a pas changé jufqu’à préfent pour les cérémonies de la Cour.
- Si la Dame qui doit être préfentée le trouve hors d'état d’endurer le corps plein, alors il lui eft permis de mettre un corfet, & par-deflùs une mantille, le bas de robe & le jupon ; & comme la mantille couvre l’avant-bras, on fupprime la manchette d’en haut f, qui ne ferait pas vffible.
- C’eft de cette mantille dont on va parler, attendu quelle eft l’ôuvrage de la Marchande de Modes. Ce vêtement eft proprement une efpece de mantelet, mais moins large, plus court parle dos, les pans un peu plus longs, 8c auquel on ne met jamais de coqueluchon : il s’en fait de toutes fortes d’étoffes légères, comme gazes, rézeaux, dentelles, 8cc. il faut de ces étoffes une aune & demie. La coupe en eft repréfentée en lignes ponctuées dans celle du mantelet, PL 16, Fig. II; a, le dos ; d, le collet ; e, quelques plis vers l’épaule \ l’échancrure ; g, le bas : on attache aü bas du dos dans le milieu en h, un ruban qui fe noue par-devant.
- La quatrième Fig. de la Planche 16 n’eft faite que pour indiquer Comment les bonnets piqués s’arrêtent fermement fur la tète A, pour conftruire dellus l'édifice journalier de la coëffure, ce qui fe fait par deux rubans quelconques, attachés avec une épingle à chaque oreille1 du bonnet; on les fait croifer fous le menton de la tête en a, & on les noue derrière fon col : la coëffure qui éft repréfentée fe nomme en papillon.
- Comme la mantille n’eft actuellement en ufkge que dans les cérémonies dë la Cour, les Dames ont préféré quelques Marchandes de Modes adroites & intelligentes, parmi lefquelles Mademoifelle Alexandre, rue de la Monnoie, une des plus employées dans fon talent, a bien voulu m’en expliquer toutes les circonf tances que je viens de décrire*
- ( * ) Elle n’eft pas dans la figure ; elle a été ajoutée depuis ce temps.
- EXPLICATION
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- EXPLICATION DES FIGURES-
- O N ne parlera point des deux premières Planches 9 parce que le premier - Chapitre en contient l'explication telle qu'on pourroit la mettre ici ; & comme ce feroit une répétition foperflue, on commencera cette explication par la rangée du bas de la troifieme Planche, attendu quelle n'eft pas comprife dans ledit Chapitre.
- PLANCHE III.
- A, Une femme en corps, vue par-devant.
- B , Une femme en corps, vue par-derriere.
- E , Une femme en jufte.
- C 9 Une femme en robe, vue par-devant.
- D 3 Une femme en robe vue par-derriere.
- PLANCHE I K
- A y Un homme for lequel la mefore du juftaucorps eft tracée en lignes ponétuées; cette Figure & les deux foivantes font relatives au Chapitre VU de l’Art du Tailleur pour homme.
- B , La mefore de la vefte.
- C, La mefore de la culotte;
- Dy Un homme en redingotte;
- E , Un homme en habit complet.
- F, Un homme en culotte à pont* ou à la bavaroifo y relatif à l'article du Culottier.
- G y Un homme en robe de Palais.
- H y Un Abbé en manteau court.
- I y Un Eccléfiaftique en foutane.
- PLANCHE K
- A y Profil d'un devant de juftaucorps,
- C y Manche.
- D y Parement;
- P 9 Patte.
- P 9 Profil d'un derrière de juftaucorps;
- CCy Le cran.
- a * Profil d'un devant de vefte. b 9 Profil d un derrière de vefte., c > Manche de vefte»
- Tailleur^
- P
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- 58 ART D U TAILLEUR, &c.
- d y Profil du dehors d’une culotte, i, Le point devant,
- 2 y Le point de côté,
- 3 7 L’arriere-point.
- 4, Le point lacé.
- 5, Le point à rabattre fur la main.
- 6 y Le point à rabattre fous la main,
- 7, Le point à rentrais.
- 8, Le point croifé. j
- r y Le point coulé. ;
- /
- t y Le point de boutonnière. f \ Le point de bride.
- PLANCHE VL
- La Vignette repréfente un Tailleur d’habits qui prend la mefïire, un autre qui coupe un habit fur le bureau, quatre garçons qui coufènt fur l’établi ; & un Bourfier-Culottier qui frappe avec fon maillet fur les coutures dune culotte de peau pofée fur fa buiife,
- A y Le carreau;
- /
- B y La craquette^
- C y Le billot.
- EE y Lepatira; e y Le marquoirJ
- g y Le couteau à baleine; '
- h y Le poiriçon. fy Le pouflfoir.
- PLANCHE VIL
- Fig. I. Juftaucorps y vefte & culotte tracés fur le drap.
- Fig. IL 8c 2eme IL Habit , vefte 8c culotte fur le velours^
- Fig. III. Juftaucorps feul fur le drap,
- Fig. IV. Vefte feule, idem.
- Fig. V. Culotte feule, idem:
- Fig. VI. La mefure de l’habit complets
- PLANCHE VI IL
- Fig. I. Traces de la roquelaure fur le drap;
- Fig. II. Traces de la redingotte, idem.
- Fig. III, Traces de la foutane, idem.
- \
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- PLANCHE IX.
- Fig. I. Traces de la robbe de Palais fur étoffe étroite.
- Fig. IL Traces de la robe de chambre à manches rapportées, idemi Fig. III. Traces de la robe de chambre en chemife, idem*
- FLANCHE X.
- Fig. I. Traces du manteau laïque fiir le drap.
- Fig. II. Traces du manteau court d’Abbé fur étoffe étroite^
- FLANCHE XI.
- Traces du manteau long Eccléfiaffique fur étoffe étroite;
- FLANCHE XIL
- Inftrumens du Culottier : A , buiffe : B , lilîbir.
- C, Culotte de peau*
- Np. i. La mefure prifè par le Tailleur de corps, marquée par des lignes double!
- lur un corps vu de profil.
- Nq. 2. Profil d’un corps plein de baleines.
- Np. 3. Profil d’un corps à demi-baleine, ou corfet baleiné.
- Np. 4. Corps vu de face en-dedans pour montrer la difpofition des baleines dé drefiage.
- Np. 5. Profil d un corps, vu en-dedans, pour voir la difpofîtlon des garnitures;
- PLANCHE XI il
- La Vignette repréfente un Tailleur de corps qui prend la melure, un autre qui taille un corps de robbe ; une Couturière qui déployé une étoffe, des filles qui affemblent & coufent diverfes pièces.
- N°. VI. Profil d un corps ouvert par les côtés, pour les femmes enceintes;
- Np. VII. Profil d’un corps pour les Dames qui montent à cheval*
- Np. VIII. Profil d’un corps de Cour, ou de grand habit*
- Np. IX. Profil d’un corps de fille.
- Np. X. Profil d’un corps de garçon.
- Np* XI. Profil d’un corps de garçon, à là première culotte;
- PLANCHE XIV*
- Np. X2. Corps vu de face, ouvert par-devant, lacé d’un lacet à la DucHeflè*
- Np. 13. Corfet fans baleine, à deux bulcs par-devant;
- Np. 14. Camifollede nuit , fans bulc.
- Np. ij. Jaquette ou fourreau pour les garçons.
- Np. 16. Faufle-robe pour les filles.
- N9.17. Bas de robe de Cour ou de grandhabit*
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- Cq' art DU TAILLEUR, &c.
- PLANCHE XV,
- *
- Fig; X. Derrière de robe de femme* coupé.
- Fig. 2. Devant de robe de femme coupé.
- Fig. 3, Derrière plifle.
- Fig. 4. Devant plifle.
- Fig. J. Manchettes d’étoffe à deux rangs;
- Fig. 6. Manches.
- Compere*
- Fig. 7. Manteau de lit coupé.
- ' jF/g. 8. Manteau de lit, vu par-dehors;
- Fig.y. Manteau de lit, vu par-dedans.
- Fig. 10. Manchedun derrière de manteau de lit avec là remonture.
- Fig. 11. Un devant de manteau de lit avec les plis.
- Fig. 12. Manteau de lit monté ayec les manches en pagode,
- Mejiire.
- Fig. 13. Devant d’un juffe.
- Fig. 14. Derrière d’un jufte;
- PLANCHE XVI.
- La Vignette repréfente la boutique de la Marchande de Modes, la maîtrefle a Ion comptoir ; plufieurs filles travaillent à divers ouvrages de modes,
- Fig. I. Coqueiuchon du niante! et coupé.
- Fig JL Mantelet coupé. Dans cette même figure eff la coupe de la mantille de' Cour en lignes ponéluées,
- Fig. III. Pellifle coupée.
- Fig. IV, Çoëiffure en papillon fur une tête de cartons
- TABLE
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- TABLE
- DES CHAPITRES ET ARTICLES
- DE L’ART DU TAILLEUR.
- Avant-Propos. Page r CHAPITRE PREMIER. De l'Habit Fran~
- fois. 4
- CHAP. IL L'Art du Tailleur d*Habits
- d’Homme. 7
- Idée générale de cet Art. Ibid.
- CHAP. HL Des Etoffes. 8
- Table des aunages , réduits en pieds Ôc en parties de pieds & ponces, tirés du Tarif du Tailleur, par M. Rollin. Ibid. CHAP. IV. Les Vêtements Franfois compris '
- dans ce Traité. p
- CHAP. V. Injlruments du Tailleur• 10
- Ufage des Instruments. Ibid.
- CHAP. VI. Des Points de Couture•' i il
- CHAP. VII. Prendre la Mefure. 1%
- Mefures en papier. Ibid.
- CHAP. VIII. Tracer fur le Bureau. 1 f
- L’Habit complet en drap de quatre tiers de large, tracé dans trois aunes ôc demie de long. 1S
- L’Habit complet en velours, ou autres étoffes étroites d’une demi-aune de large,
- tracé dans neuf aunes de long. 17
- L’Habit complet féparé. 18
- Le Jultaucorps feul. Ibid.
- La Velle feule.L Ibid.
- La Culotte feule. Ibid.
- Le Surtout & le Volant; Ibid.
- La Fraque ôc le Velton. ip
- La Redingotte. Ibid.
- La Roquelaure. 20
- La Soutanelle. Ibid.
- La Soutane. Ibid.
- La Robe de Palais. Ibid.
- La Robe de chambre. 21
- Le Manteau. Ibid.
- Le Manteau court d’Abbé. ^ 22
- Le Manteau long Eccléfiaftique; Ibid.
- La Camifole ou Gilet. 25
- CHAP. IX. Tailler r traiter & monter VHabit complet. 2 5
- Juftaucorps* Ibid.
- Vefte ôc Culotte. 28
- CHAP. X. Des ornements & modes de P Habit complet Franpois. 30
- CHAP. XI. Quelques détails dans la monture des Vête meus} décrits au Chapitre huitième. 31
- Les Culottes de Peau. 34
- Le Tailleur de Corps de Femme et Enfants. 38
- Matériaux.
- Inftruments.
- Des différents Ouvrages du Corps.
- Du1 Corps en général.
- Prendre la mefure.
- Le Corps couvert ouvert. Effayer le Corps.
- Ajufter le Corps.
- Dreffer le Corps.
- Affembîer Ôc terminer le Corps; Le Corps ouvert,
- Le Corps piqué.
- Les différents Corps en ufage.1 Autres parties d’Habillement.
- Ibid.
- 39
- Tailleur de Ibid. Ibid.
- 40 Ibid. . 42 Ibib.
- 43.
- Ibid.
- 44 Ibid. Ibid.
- 45
- L’Art de la Couturière. 48
- La Mefure. Ibid.
- Aunage de la Robe ôc Jupon, taille ordi-
- naire. 49
- Le travail de la Couturière. Ibid.
- La Robe. Ibid.
- Le Jupon. 5*.
- Le Manteau de Lit. Ibid.
- Le Jufte. Si
- La Marchande de Modes. 54
- Le Mantelet Ôc fon Coqueluchon. Ibid. La Pelliffe ôc fon Coqueluchon. 55*
- La Mantille de Cour ou de grand habit. Ibid. Explication des Figures4 ^ 7
- Fin de la Table des Chapitres.
- DE L’IMPRIMERIE DE L. F. DELATOUR.
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- Tailleur*
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