Descriptions des arts et métiers
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- ART DES FORGES
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- FOURNEAUX a FER >
- Par M. le Marquis de C ou rti vr on;
- Et par M. Bouchu , Correfpondant de VAcadémie Royale des
- Sciences.
- SECONDE SECTION.
- Du Feu appliqué au travail du Fer.
- Le Feu fera toujours pour nous un objet d’admiration, de crainte & de fpéculations. Emblème de la Divinité; admirable dans la lumière ; bien-faifant dans le développement des fiibftances ; terrible dans les embraie-ments, dans les tonnerres , les volcans , les exhalaifons fouterreines Sc l’éleélricité ; fenlîble & impénétrable dans mille effets ; pere & deftruc-teur ; eft-il lurprenant que dans l’Antiquité, la crainte plus que la recon-noiflànce , lui ait élevé des autels ? Devons - nous nous étonner que quelques Phyficiens Payent pris pour un efprit, plutôt que pour un corps ; ou que d’autres frappés de ce que le feu n’a pas de tendance de haut en bas, en ayent fait une claffe d’être mitoyen entre l’efprit & la matière ? Et cela parce qu’ils ont confondu l’élément du feu mis en aétion , avec le même élément tranquille & enchaîné dans les matières combuftibles. L’expérience nous a montré que le feu eft une fubftance matérielle ; & quoique nous ne puiffions former que des conjeétures fur la nature de cette fubftance ; quoiqu’elle produife une infinité d’effets que nous ne pouvons expliquer , nous n’en fournies pas moins convaincus que cette fubftance a toutes les propriétés de la matière, l’étendue, la folidité, la mobilité, la pefanteur, comme on le peut voir dans Boy le , MuJJ'chenbroek, Sc Boerhaave. Son étendue eft démontrée par l’augmentation des corps dans lefquels le feu entre fenfiblement, Sc dont le volume diminue quand il en eft forti. Sa folidité fe raanifefte par celle-même de certains corps ^ F E U. A
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- qu'il pénétré ,~ & qui en deviennent plus durs. Sa mobilité Te manifefte par l’état de divifion où il tient les parties de quelques corps qui ne reprennent leur état que par fon abfence. Enfin fa pefànteur fe prouve par l’augmenta^ îion du poids dans les corps, ou l’on peut parvenir à le fixer.
- On s’accorde alfez à diftinguer le feu, en feu élémentaire 8c en* phlo-gif ique. Par le premier on peut entendre cet élément fimple, pur, corn-pofé de particules feches, fubtiles, impénétrables & répandues par-tout. Le nom de l’autre indique que c’eft l’aliment du feu, d’ou nous croyons devoir inférer que le phlogiftique n’eft autre chofe que des parties élémentaires du feu, contenues 8c enveloppées dans des fubftances qui les recèlent par un méchanifme au-deffus de nos lumières.
- L'expérience nous a appris que la qualité caraétériftique du feu étoit de donner de la chaleur, 8c celle de la chaleur de raréfier les corps. Il n’y 3 point de chaleur fans mouvement ; mais le feu eft-il une matière particulière, ou neft-ce que la matière des corps mife en mouvement? Sur cette queftion les Philofophes font partagés. Lorlque nous excitons du mouvement dans l’air, par exemple, on conçoit que nous écartons les parties groflîeres de l’air interpofées entre les particules élémentaires du feu, dont elles empêchoient le rapprochement ; & l’on conçoit auffi que ces dernières , comme plus fluides, fe ramaflent 8c fe meuvent dans l’elpace que nous leur avons dégagé , 8c où la chaleur fera d’autant plus grande qu’il y en aura une plus grande quantité de raflfemblée ; que l’elpace qu’elles occuperont, fera plus dégagé des corps étrangers ; que ces particules ignées recevront des corps environnants une preflion plus forte, 8c un mouvement qui occafionnera des frottements plus vifs & plus redoublés , effet du mouvement décrit liiivant certaines circonftances : à quoi nous devons ajouter que , s’il y avoit un moyen de retenir ces particules élémentaires du feu dans une égale quantité 8c un mouvement égal, on auroit toujours un égal degré de chaleur.
- Ce moyen de fe procurer de la chaleur, n’étant pour nous, en quelque façon, que momentané, lorfque nous voulons foutenir un tel degré de feu, nous femmes obligés de recourir à des fubftances qui, dilatées 8c entamées par un premier feu , nous rendent, par le déchirement de leurs enveloppes 8c le dépériflement de leurs fubftances , les particules de feu qu’elles retenoient cachées dans leur intérieur. On perpétuera le degré de feu, pourvu que l’on continue d’employer un aliment convenable, qu’on entretienne le même mouvement, & que la diflipation ne foit pas plus confidérable en un temps qu’en un autre ; ou bien pourvu qu’on remédie jufqu’à un certain point, &les unes par les autres, au dérangement de ces conditions ; c’eft-à-dire , que dans le befoin on employé ou plus d’aliment, ou un aliment plus fort, fi la diflipation eft trop confidérable • ou des corps
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- environnants plus compaéls, pour mieux retenir la chaleur ; ou une forme plus convenable dans ces corps environnants, pour mieux profiter de la chaleur réunie. C’eft dans cette combinaifon, que confifte l’Art du Feu \ 8c c’eft au feu ainfi alimenté , que Stalh a donné le nom grec oxoyiçov, qui fignifie combuftible, inflammable, 8c que l’on a traduit en François par celui de phlogiftique.
- Quelques-uns l’ayant regardé comme un feu terreftre 8c groflier , en comparaifon du feu élémentaire , lui ont donné les noms de foufre , principe Julfureux , foufre principe , principe huileux , principe inflammable , terre inflammable & colorante.
- Quoique l’élément du feu dfoit univerfellement répandu, 8c qu’il n’y ait aucune lubftance qui n’en contienne plus ou moins , il ne faut pas pour cela, penler que toutes les matières foient également capables de fervir d’aliment au feu. La clafle des inflammables doit être reftrainte à celles connues fous le nom de combuftibles, dont il y a bien des efpeces dans les trois régnés de la Nature , 8c que l’on peut employer fuivant les opérations qu’on le propofe. Il faut nous fouvenir, qu’outre cette nourriture, pour ainfi dire , terreftre, dont le feu a befoin , il eft néceflàire qu’il ait le contaél libre de l’air ; que les parties groflieres de l’aliment qu’or* lui donne, comme les fumées , s’en éloignent, ce qui revient à priver cet aliment de Ion humidité ; enfin qu’il foit retenu dans un foyer qui ne donne qu’une évaporation convenable , & qui d’ailleurs ait la forme la plus capable d’appliquer le feu, 8c de le faire agir fur les matières qui lui font expofées. Toutes ces conditions font au fond les mêmes que celles dont nous avons déjà fait mention.
- Comme nous ne nous propofons de traiter l’Art du Feu que relative ^ ment au travail du fer, nous avons paffé une multitude d’effets qui ont mérité l’attention 8c l’examen des Philosophes, & qu’on peut voir dans leurs Ouvrages.
- Puifque les effets du feu font dus à fà propriété de raréfier , nous devons faire tous nos efforts pour nous former une idée précife de la raréfâélion. Nous remarquerons en paffant, que la fluidité des liquides , ou des fubfiances que nous connoiflbns fous cette dénomination, ne leur eft point eflen-tiellement attachée ; elles ne la doivent qu’à la quantité des molécules de feu qui les pénètrent ; ce qui nous prouve qu’il n’y a aucun corps qui ne puifle être rendu fluide, 8c qu’à cet égard toutes les fubftances ne different entre elles que par le plus ou le moins de feu qu’elles exigent pour fe mettre en fufion, & conferver cet état de fluidité.
- Raréfier un corps, c’eft augmenter fon volume. Tout corps chauffé eft raréfié, c’eft-à-dire , qu’il a augmenté de volume jufqu’à un certain point, 8c proportionnellement à la quantité de chaleur qu’il a reçue. On peut
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- voir rétendue de la raréfaétion des métaux dans les Eflàis de Muffchenbroek* Un corps raréfié,, en fe refroidiflant, diminue de grofleur & de grandeur , & reprend Ton premier volume. Prenez un anneau Sc une baguette de fer, l’un & l’autre difpofés de façon que la baguette entre exaéiement dans Panneau. Si l’on fait chauffer un des bouts de la baguette , ce bout chauffé n’entrera plus dans l’anneau ; mais il y rentrera d’abord que la baguette fera refroidie.
- Ne pourroit-on pas dire que cette augmentation de volume a été produite par les particules du feu, qui font entrées dans le bout de la baguette chauffée, & qui en font forties enfuite? N’eft-il pas aifé de concevoir que, fi par quelque moyen on avoit pu retenir cette matière fluide , dans le bout de la baguette qu’elle avoit pénétrée ,. il s’en feroit fuivi, malgré fon refroidiflement , l’augmentation permanente de fon volume. Ceux qui .veulent fabriquer de l’acier par la voie de la cémentation , pour retenir les particules du feu qu’ils ont introduites dans le morceau de fer à convertir en acier, n’ont d’autre expédient que le prompt refroidiflement, mieux connu fous le nom de trempe, qui durciflant & reflerrant les parties extérieures , empêche le feu qui occupe encore les parties intérieures, d’en fortir; mais aufli lorfqu’on fait chauffer de l’acier de cette efpece , ou pour mieux faire entendre ce que nous voulons dire, lorfqu’on préfente au feu cette croûte durcie, elle fe dilate & fe raréfie : pour lors les particules de feu qui avoient d’abord été retenues dans l’intérieur, en fortent comme elles y étoient entrées Sc tel Ouvrier qui a cru faire un outil d’acier, n’a réellement fait Sc dû faire qu’un outil revenu à fon premier état de fer. Ce détail convenable d’ailleurs à notre fujet, nous difpofe à comprendre que, pour préparer deff acier plus durable , il faut joindre au durciflement, ou plutôt, avant le durciflement , il faut faire quelques opérations capables d’arrêter le phlogiflique d’une maniéré plus fixe & plus permanente.
- Si après avoir confidéré ce premier degré de raréfaétion J nous augmentons le feu, le réfultat doit être que la raréfaétion fera plus grande , c’efl-à-dire, que le fer recevant une plus grande quantité de matière ignée , doit augmenter de volume plus que la première fois ; mais fi on poufle Toujours le feu , n’arrivera-t-il-pas un point ou lès particules du feu feront û fort dilatées qu elles n’auront plus de cohéfion ? Alors il doit leur arriver ce qui arrive à différentes parties de matière jettées dans un liquide : elles doivent fle précipiter. Mais fie précipitant dans un fluide, ces parties de matière plus groflîere doivent occuper des efpaces différents , & s’y mouvoir relativement à leur maffe. Le fer en cet état de divifion, eft ce qu’on appelle en fufion. Comme c’efl: une fubftance compofée d’autres fubftançes d’inégale pefànteur , & devenues fluides par l’aétion d’un autre fluide, il ne faut pas être étonné de voir que la matière fondue forme des
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- couches diftinéles. L'une plus pelante occupe le fond du vaifleau, dans lequel fe fait la fufion : c’eft la partie métallique. L’autre plus légère , Sc qui fumage la première, eft ce qu’on appelle les Scories.Cette féparation relative à la gravité & à l’aélion du feu, eft un effet trop journalier pour nous y arrêter davantage. ,
- Pendant que c es fcories furnagent, fi l’on continue de pouffer le feu , la matière du fond fera moins fluide. Cet effet fîngulier dans le cas où il y auroit excès, tient de trop près à notre travail , pour ne pas chercher à l’éclaircir. Ne pouvons-nous pas dire que le fer, en cet état, fe trouve, en quelque façon , réduit à fes parties élémentaires par fit trop grande divifion, Sc par la fublimation des matières qui contribuoient à là liaifon ? N’eft-il pas croyable que le feu ne peut plus avoir d’aétion fur ce fer trop divifé , parce qu’il n’oppofè plus de réfiftance. Les parties du feu plus aélives que celles du fer & plus légères, doivent furnager, & faire tous leurs efforts contre cette elpece de couverture fluide , mais un peu tenace , que les fcories ont formée, Sc qui, par leur contiguïté, empêchent la diflipation des particules métalliques, fi fort atténuées que, pour fe volatilifer & s’évaporer, elles n’attendent qu’un courant de feu qui foit libre (a).
- Si l’on prend la matière du fer en cet état, on ne peut en faire une mafle compaéle Sc folide : refroidi, il eft caftant, parce qu’il n’a point de liaifon ; Sc on ne peut lui donner du corps qu’en lui rendant la partie terreftre né-ceffaire à là liaifon, le tout néanmoins jufqu’à un certain degré ; car comme il ne faut point une trop grande abondance de ces parties terreftres, il ne faut pas non plus d’excès dans les particules de feu qui y feront unies. C’eft ce qu’il eftaifé de prouver par l’acier qui, lorfqu’il en eft trop pénétré, quand il a été refroidi trop fubitement, tombe en pouflîere au fond de l’eau. D’après ces éclairciffements, je crois pouvoir rappeller ici que le fer ejl un métal compofé de fin élément particulier , de fils & de phlogfiique combinés & retenus dans une jujle proportion par une bafe vitrifiée.
- Pendant que le fer eft en fufion, comme nous venons de le dire , fi Pon enleve totalement les fcories, Sc qu’il n’y ait plus que quelques particules du fer, qui en foient pénétrées, il pétillera jufqu’à un certain degré de re-froidiffement. Si dans cet état on fait frapper fa fuperficie nue par une flamme vive, cette fuperficie fe convertira en une poudre d’autant plus légère Sc rouge que le feu fera plus fort Sc continué plus long-temps ; ce qui nous montre que, pour obtenir du fer, il faut que fa mine , lorfqu’on veut la fondre , foit mêlée à travers les charbons , & qu’elle ne foit pas ainfi frappée par une flamme qui détruit au lieu de combiner. Qu’eft-ce que cette poudre que l’on a nommée Safran de Marsl C’eft du fer privé de fa liaifon par l’aéHon du feu mal dirigée, qui lui enleve le phlogiftique. La raifon eft que la flamme ne faifànt que frapper vivement la fuperficie par une efpece de courant, elle atténué & divife, au lieu de pénétrer & de fe combiner ; conditions néceftTaires,
- (a) Voyez Cramer, tom* I, P. 178..
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- pour obtenir du fer. Nous pouvons donc en conclure qu’il ne fiiffit pas d’avoir les matières néceflàires pour faire du fer, mais qu’il y a beaucoup d’art à les combiner , à les diriger, à les faire travailler par le feu ; par conféquent, il eft de la derniere importance, après avoir connu & difpofé les mines à la fufion, d’employer les moyens propres à produire un très-grand degré de feuainfi que l’art de l’appliquer utilement & convenablement fur le fer qui, de tous les métaux, eft le plus difficile à fondre. Ces moyens fe réduifent à quatre:
- I o, A la qualité de l’aliment du feu. Comme jufqu’à préfent, malgré les tentatives qui ont été faites, nous n’avon$ puréulîir à employer utilement que des charbons de bois, il eft eflentiel d’examiner fcrupuleufement cette partie*
- 2% Au courant d’air employé pour exciter le feu & l’animer.
- 30, A la quantité de l’aliment.
- 4°, Enfin à la maniéré de placer les fubftances à traiter, dans un lieu tellement difpofé qu’on puiffe y diriger la chaleur du corps brûlant, fans la laiffer diflîper par une communication trop libre avec l’atmofphere. La machine employée à cet effet, eft connue fous le nom de Fourneau.
- Nous allons entrer dans le détail des trois premiers moyens : le quatrième fera la matière de la Section fiiivante. La première partie de celle-ci traitera des bois & de la maniéré d’en faire du charbon ; la fécondé, de la maniéré de donner un courant d’air aux foyers deftinés à fondre la mine du fer ; dans la troifieme, nous examinerons la quantité de l’aliment du feu , c’eft-à-dire, du charbon néceflài-re à la fufion de la mine.
- PREMIERE PARTIE,
- Des Bois , ôC delà manière de les convertir en charbons.
- Vo ICI une des parties des plus effentielles des Manufactures du fer. Le détail des fourneaux & des forges fera voir l’immenfité de la confommation de charbon.
- La première chofe eft de fçavoir ce que nous devons entendre par charbon. Le charbon de bois eft un corps noir, friable , affez léger , provenu de la combuftion du bois , ménagée de façon que fes progrès ne puilTent pas s’étendre jufqu’à la deftruction du bois une fois allumé. Des lavants ont dit qu’en général le charbon eft formé par la combinaifon d’une terre 8c du principe inflammable, ou du feu. Le compofé qui réfulte de cette union, eft mêlé dans la plupart des charbons avec des parties falines, foit alkalines, foit neutres, qu’il enveloppe, ou qu’il mafque d’une façon finguliere.
- Ne pourrions-nous pas dire que le bois eft un compofé de terre, de lels, d’eau & de phlogiftique, le tout combiné fous la forme & fous la texture
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- qui font la diftinétion des différentes efpeces de bois ? Qu’eft-ce que le charbon l c’eft la terre -, le fel, le phlogiftique qui étoient dans un tel bois, réduits par le feu , ou pour mieux dire, par l'évaporation, en une fubftance très-privée d'eau, fubflance connue fous le nom de Charbon ; ou bien c’eft une éponge privée d'humidité & remplie de phlogiftique, ainfi que d'une partie de fel. De cette définition , tirons les conféquences fuivantes.
- ,1°, Que le phlogiftique d'un tel charbon, toutes chofes d’ailleurs dans l'ordre, fera toujours dans une raifon exaéte avec le phlogiftique du bois qui l’a fourni.
- 2°, Qu'on ne connoît d’agent propre à donner ce réfultat, que le feu lui-même qui fait évaporer la plus grande portion de l'humidité, 8c les parties qui donnoient de la fermeté & de la folidité au bois, fuppofé qu'elles foient différentes.
- 30, On a l’expérience , qu’en mettant fur un foyer allumé, du bois imprégné d'eau, il s'élève une grande fumée quil eft poffible d’allumer d'autant plus aifément, que la fumée fera plus preffée de fortir en grande abondance , de de paffer par une ouverture plus étroite : d’où l'on conclud que l'humidité chaffée promptement du bois verd, entraîne avec elle une portion confi-dérable du phlogiftique que l'on peut allumer ftiivant quelques procédés*
- 4°, On a encore l'expérience que le bois enflammé , laiffé à l’air libre, fe conlume & fe détruit entièrement : donc pour avoir du charbon avec un tas de bois deftiné à cet ufàge, il faut lui ôter autant que cela eft poffible > le cantaét de l'air, fans cependant que le feu puiffe s'éteindre, faute d'être animé.
- y0, Concevons que tout ce qui tend à la deftruélion du bois, tend auflt à la deftruétion du phlogiftique qu'il contenoit. Un bois pourri, un bois paffé, un bois trop vieux, laiffés trop long-temps à l'air, font autant de dé-* grés qui annoncent le plus ou le moins de phlogiftique.
- 6Ô, On lait enfin que dans un même arbre, toutes les parties qui le com-pofent, le cœur, l'aubier , l'écorce, le bas, le haut, les branches groffes ou menues , ont des degrés différents de pefànteur. D’ailleurs , les mêmes efpeces de bois à âges égaux, font dans le même cas, & le tout encore relativement aux différents terreins , ainfi qu'aux différentes expofitiOns.
- Difons encore que le bois vif, dur & pelant, donne le charbon le plus yif, ou le plus rempli de phlogiftique, & fe connoît à là pefànteur. Les autres charbons font toujours en raifon de la pefànteur du bois dont ils font formés. Il eft donc extrêmement effentiei de connoître les divers poids des différents bois ; & comme on eft obligé de recourir à l'aélion du feu, pour leur converfion en charbon , il faut être inftruit de la maniéré de ménager & conduire ce feu d’une façon utile & convenable ; ce qui dépend de ydeux chofes j parce que fans air on ne peut obtenir de feu, & avec un trop fore
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- courant d’air J on ne peut avoir du charbon. D'ailleurs les parties humides du bois preflees de fortir trop promptement, entraînent avec elles une quantité de phlogiftique.il faut donc chercher des moyens doux & lents, de le débarraffer de ces parties humides, en le confervant le plus qu'il eft pof-fible. Il en eft un facile ; c’eft de laiffer le bois à l'air libre : mais d'un autre côté, l'air feul étant capable à la longue de détruire le bois, il y a un point qu'il faut faifir pour le convertir en charbons.
- Mais fur tous ces objets, il faut confulter l'Art du Charbonnier qui ne laifte rien à defirer.
- Nous ajouterons feulement pour l'objet particulier des Manufactures de fer, par quelles raifons , i°, les charbons venus de différents bois, abftrac-tion faite delà quantité de phlogiftique , ne font pas tous le même effet dans les foyers à fondre la mine ou dans ceux à affiner le fer ; 2°, d'où vient la même chofe fe% remarque dans des charbons provenus de la même efpece de bois,mais qui fera crû dans différents terreins.
- Si l'on avoit des raifons pour croire que la terre qui entre dans la compoûdon du bois, eft la même pour tous les bois, on ne découvriroit pas pourquoi les charbons peuvent communiquer au fer différentes qualités, bonnes ou mauvaifes* Nous fommes toujours bien embarraffés, lorfqu'il faut parler de la combinai-fon myftérieufe qui fait croître un végétal' auffi facilement quelle donne une forme confiante, de l'aélion & du mouvement à un animal. Mais ne pourroit-on pas hafarder pour réponfe à la première queftion , qu'il y a des bois qui } par leur nature , leur difpofition, leur ftruélure , tirent de la terre différentes fubftanc es, par exemple, de l'huile d'une telle efpece, de laréfine, Scc, ainfl que différents fels , qu'après l'incinération, nous ne connoiflbns que pour des alkalis ou des fels neutres ; tandis que d’autres bois qui ne font pas de la même elpece , n'ont pas de difpofition par leur texture à pomper les mêmes huiles, les mêmes fels l Ou bien peut-on avancer que les différentes fubftanc es qui conftituent l'effence des différents bois , cachent & enveloppent diverfement le phlogiftique qui, au fond eft toujours le même dans toutes les efpeces, mais qui s'infinue dans les corps qui lui font ex-pofés , avec ces enveloppes différentes ? Ces deux poffibilités expliquent la diftinétion que nous éprouvons parmi les charbons qui font tantôt aigres > tantôt doux, &c.
- Quant à la fécondé queftion, la réponfe qu'on y pourroit faire, feroit que la terre qui entre dans la ftruélure des bois de même efpece, doit être de la même qualité que celle de la terre qui les a nourris. Or, nous avons des terres de différentes efpeces, mêlées & combinées de cent façons différentes ; par conféquentle même bois crû dans deux terreins différents , peut ctre*phargé d'une terre toute différente l'une de l'autre. Donc il n’eft pas étonnant qu'il ne produife pas toujours le même effet*. Cela me paroît
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- d’autant plus probable que les parties terreflres, foit de la mine, foit du charbon , fondant avec la partie métallique, elles lui communiquent leur qualité. En effet, ayez à traiter une mine de fer dont la bafe qui retient l'élément du fer, foit une terre vitrifiable, &pour cela ayez un charbon nourri dans une terre auffi vitrifiable ; cette portion de terre du charbon n’en rendra la mine que plus difficile à fondre, puifqu’il faudra lui donner un fondant calcaire dans la proportion des parties terreflres de la mine 8c du charbon ; au lieu que fi vous aviez eu à traiter la même mine avec un charbon à bafe calcaire , ce charbon auroit porté avec lui le fondant, & la fufion de la mine auroit été plus facile.
- U ne faut pas dire que les fels des cendres étant tous des alkalis, ils doivent fervir de fondants. Cette proposition devient très-équivoque, &pour mieux nous entendre, il faut diftinguer les temps. Nous conviendrons que dans les cendres tous les fels font alkalis ou neutres ; mais on a lieu de croire qu’ils ne font pas de même dans le charbon (a). Les fels dans les charbons ne font pas deftruélibles, ni ne peuvent en être tirés que par l’incinératioii du charbon même ; au lieu que dans les cendres , la moindre humidité les diffbut ; & nous avons vu qu’il falloit que la mine du fer, pour fondre , ait te contaél du charbon. La partie myftérieufe du charbon, fon incorruptibilité par tout autre agent que le feu, eft un phénomène fingulier. Puifqu’en général les acides agiffent for le fel alkali, comment les acides que l’air charrie en grande abondance, n’agiffent-ils pas fur le fel alkali enfermé dans le charbon mis en poudre, pendant qu’une fimple vapeur humide agit for celui qui eft dans les cendres l II faut conclure que le fel du charbon ne s’alkalife que par le brûlement , & que nous connoiffons peu la nature du mixte qui eft dans le charbon. C’eft cette différence dans les parties terreflres 8c fàlines des charbons , qui fait que ceux qui proviennent de différents bois, ou du même bois cru en différents terreins , ne font pas également propres à toutes fortes d’u-fages. Dans les Manufactures du fer, employez les charbons les plus vifs au fourneau, & mêlangez-les à la forge, fur-tout ceux qui viennent de ter-reins inégaux en bonté , afin que leurs cendres fe fervent réciproquement de fondants.
- D’après ces premières notions, il faut encore confidérer les bois, eû égard à leurs différentes efpeces. Comme il n’eft ici queftion que de leur produit en charbon ; diftinguons-les en bois pelants, bois moyens 8c bois légers ; 8c remarquons encore que la même elpece de bois, fuivant le local, participe à ces trois degrés: le Chêne, par exemple, dans un bon fonds où il croît promptement,eft bois dur ; fur le fommet d’une montagne , à fonds calcaire, il eft bois moyen ; 8c expofé au midi, for un coteau, il eft bois tendre. Indépendamment des degrés différents de bonté qui fe rencontrent néceffàirement
- Ç) Voyez Geikrt, tom. i, p. i6p%
- Feu.
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- «fans la même efpece , il y en a de très - confidérables encore entre une -efpece de bois & une autre, entre un Chêne & un Hêtre, un Hêtre êc un Tilleul, &c. Il y a auffi des efpeces qui demandent un certain fond, une certaine humidité, & qui ne viennentjamais que lorfqu’ils trouvent dans le fol certaines modifications qui leur font néceffaires. Nous jetterons encore un coup d'œil fur les caufes qui préjudicient à la quantité ou à la qualité du charbon»
- Ces caufes font, tout ce qui s’oppofe à la cuilfon, ou tout ce qui occa-lionne le brûlement du bois. Les unes viennent du local, les autres ou du cravail ou des chofes extérieures.
- Celles du local, font la nature du fol qui forme Faire; le terrein plus ou moins compacte, folide, en pente , garni de racines, d’eftoes, de pierres 9 de crevaifes, expofé à l’humidité.
- Celles du travail viennent de l’inégalité de longueur des morceaux de bois; du mélange indiferetdes tendres avec les durs ; de leur arrangement mal-entendu, trop ou pas affez couchés, ferrés, penchants fur les côtés. Le gros bois occupant un côté ou Fèxtérieur ; le menu, un autre côté ou le cœur ; du bois verd d’une part, du fèc de l’autre ; des débris de bois dé" périfïànts avec du bois vif ; des b ois longs avec des courts ; trop de terre ou pas affez ; le manque de feuilles ou d’herbes, qui laiiïànt entrer la terre ou les frazins dans l’intérieur des fourneaux, peut y occafionner un grandi dérangement.
- A cette occafion, nous dirons que nous avons vu des fourneaux qui , ayant été feuillés avec peu d’attention , avoient été couverts d’une épailfeur très-confidérable de terre minérale , provenant de mine de fer, qu’on avoit tirée dans le bois même : à la longue cette terre entra dans le bois, de façon que quand le Charbonnier, qu’on difoit habile, voulut mettre fes fourneaux en feu, le bois étant découvert par-tout, il prit le parti de mettre de nouvelle terre & du frazin. Le feu d’abord eut bien de la peine à prendre ; mais enfin ayant commencé à travailler, on ne voyoit qu’évents ' & foufflûres de toutes parts : on entendit un bruit continuel, & les premiers fourneaux tournèrent au grand dommage du Maître & au défelpoir du Charbonnier , qui, étonné & fatigué d’un travail continuel & inutile , perfuadé d'ailleurs que fes fourneaux étoient maléficiés, abandonna le tout à la voracité du feu»
- Les chofes étoient dans ce fâcheux état, lorfque nous fûmes invités de les aller voir. La terre qui avoit fervi de chemife à ces fourneaux, étoit noirâtre , bourfouffiée , un peu coagulée , fonore, reflemblante à des feories très-mauvaifes : d’où il étoit aifé de conclure que cette terre qui étoit ferrugi-neufe, avoit efïiiyé un très-grand degré de chaleur , parce qu’elle étoit entrée dans l’intérieur du fourneau, & parce que fon épaiilèur trop confi-dérable , & fà ténacité avoient concentré le feu ; ce qui avoit' occafionné
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- les bruits & les évents continuels. Cela combiné avec le feu qui avoit été abandonné à lui-même, on ne dut pas être étonné de trouver un commencement de fulîon : on elpéroit même trouver une réduction dans le cœur du fourneau, attendu que cette terre ferrugineufe ayoit eu le contaél immédiat du phlogiftique, & que des parties de terre végétales, dont elleétoic mêlée , avoient pu lui fervir de fondant.
- On penfoit qu'il falloit débâtir les fourneaux , nettoyer les places & les redrelfer, feuiller & couvrir de nouveau frazin ; mais comme on étoit dans une faifon peu convenable, au milieu de l'hiver, & que le Maître de for* ge avoit compté fur ces fourneaux pour fuiyre fon trayaii fans interruption > il ne refloit de reflource que d'ôter , le plus qu'on pourroit, de terre dans le deflus & le bas des fourneaux, & de les laifler ainfi jufqu'à ce qu'ils fuflent bien enflammés, le Charbonnier ayant feulement foin de bour cher les évents les plus confidérables, 8c de remplir les entonnoirs qui le formoient. Le Maître efl: convenu avoir eu un quart moins de charbon t d'ailleurs moins bon que celui qu'il devoir naturellement efpérer.
- -Il ne faut pas oublier de mettre en compte l’abfence ou l'ignorance du Char^ bonnier, pour donner ou ôter l'air à propos , fermer les évents qui donnent lieu à la combuftion d'une partie du bois ; ce qui va fi loin, que nous avons vu un Charbonnier qui tomba & manqua d'être brûlé dans un vuide dq cette elpece que le feu avoit formé... C'eft ce 'qu'ohr appelle un Entonnoir. - Les caufes extérieures font les grands vents. Pouf s'en garantir, les Char^ bonniers doivent être munis de claies ; ils doivent être vigilants à les drefi 1er fuivant les differentes directions du vent. Ayant befoin que les fourneaux foient couverts d'une croûte légère de feuilles, terre 8ç frazin ; les gran* des pluies qui entaflent, battent & entraînent ; les gelées qui foulevent ; les grandes chaleurs qui dilatent, font autant de caufes préjudiciables à la quantité ou à la qualité des charbons. Un temps calme une légère humidité
- font ce qu’on peut defirer de plus favorable*,: ' -,
- Lorfqu'on a bien confidéré la maniéré de convertir le bois-en charbon, n'a-t-on pas raifon de penfer qu’il faudroit qu'un Charbonnier fût très-inf-truit, très-aélif & très-vigilant. Expofé à toutes les rigueurs de l'air* dans les faifons les plus rigoureufes , les nuits les plus-ôbfc ares , les variations continuelles du vent, il a à gouverner un élément fougueux & vorace, 4u^ quel un Maître de forge voit dépendre journellement fà fortune,
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- DU FEU APPLIQUÉ
- SECONDE PARTIE,
- Manière d'obtenir un courant d!air pour les foyers dejlinés
- au travail du Fer.
- Ïl n’est paspoflîble cTavôîf du feu fans un courant d’air ; fon aélion eft même proportionnée à ce courant : c’eft ce qui donne le mouvement aux particules élémentaires du feu, Sc nous avons vu que fans mouvement il n’y a plus de chaleur. Une once de charbon de bois , enfermé dans un creu-fet bien luté, y reftera, fans déchet, pendant 14 ou 1 y jours à la chaleur d'un fourneau toujours enfeu, tandis que la millième partie du feu qu'on y a con? fumé, l'auroit mis en cendres dans un air libre. Vanhelmont ajoute que pendant tout ce temps-là, le charbon ne perd pas même fà couleur noire ; mais que s'il s'y introduit un peu d'air, il tombe auflî-tôt en cendres blanches. Il faut dire la même chofe de toutes lesfubftances animales & végétales* qu'on ne fauroit calciner qu'à feu ouvert, & qui, dans des vaifleaux fermés , ne peuvent être réduites qu’en charbons noirs. N’avons-nous pas nous* même l'expérience qu'un fourneau à fondre la mine du fer, que l’on bouche plein de charbons enflammés, fe trouve, au bout de 1 y à 20 jours, auflt plein que quand on IVferméj pourvu que l’air n’ait pu y pénétrer, fans quoi, en peu de temps, on ne trouve au fond que de la cendre. Il faut remarquer 3 d'un autre côté, qiie fi l’on donne un grand courant à un petit feu, le feu au lieu d'en être animé, fera difîîpé ; & fi ce feu étoit foufflé par un courant d'air trop humide, il-feroit éteint. Dans la nature, tout a des bornes, Sc fes effets font tous aflujettis à de certaines conditions.
- Puifqu'il n’y a point de feu fans air, & que l'on a befoin dans les foyers des forges, & fur-tout des fourneaux, d’un feu de la derniere violence , il faut donc joindre aux matières inflammables & à l'arrangement néceffaire,; un grand courant d'air : Sc comme dans certains cas, on a befoin d'un feu plus ou moins grand, & que d'ailleurs il faut que le phlogiftique foit immédiatement appliqué au fer pour fe combiner avec lui, au lieu de le détruire, il eft: eflentiel qu'on puifîe diriger, diminuer, augmenter ce courant , fuivant que le travail le demande. Pour remplir ces vues, on ne pouvoir rien imaginer de mieux que les moyens qu'on a employés. L'invention de certaines machines démontre bien l'étendue de l’elprit humain. Qui le feroit attendu de voir l'eau & le feu lui-même fervir à procurer ce courant d'air , comme on le voit par le ventilateur & par les trompes ï On peut, pour cet ulàge, fe fervir de tout ce qui eft capable de raffembler une certaine quantité d'air, & de le pouffer avec un certain degré de vitefle. Voici les deux moyens aujourd'hui en ufage, & nous nous y bornons quant à
- préfent,
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- c
- AU TRAVAIL DU FER. l3
- préfent, puifque^ comme nous l'avons annoncé, il n'eft queftion que du travail aéluel. L'hiftoire des trompes 8c des foufflets eft entièrement tirée des Mémoires de M. de Réaumur.
- A T *
- Article I.
- Des Trompes ou Soufflets à chûte d'eau, appellés aufji Artifices
- en Dauphiné.
- » L'eau feule, en tombant dans des tuyaux verticaux, pouffe continuelle*
- » ment autant d'air, & avec autant de vîteffe, que les foufflets que nous » décrivons. L'aétion de cet air, immédiatement chafle par l'eau, eft de même » affez forte pour fondre les mines du fer 8c des autres métaux. On appelle * » ces foufflets flnguliers des Trompes. On s'en fert dans quelques Provinces/ »» du Royaume , 8c fur^tout dans le Dauphiné 8c dans le pays de Foix, foit » pour fondre la mine de fer, foit pour affiner la fonte 8c la convertir en « fer ou en acier. On n'a prefque jamais recours à d'autres foufflets dans le » pays de Foix : nous ne parlerons pourtant de ceux-ci, qu'après avoir décrit
- les trompes du Dauphiné. Les mefures que nous allons déterminer doivent *> toutes fe rapporter à ces dernieres.
- $. i.
- Trompes dans le Dauphiné.
- ( Voyë£ la. Flanche V des Fourneaux, & fon explication ).
- s) Tout ruiffeau d'eau n'eft pas propre à faire une trompe : fa fituation •t doit au moins être telle qu'on puifle lui donner une chûte affez confidé-« rable. Cette eau efl amenée à la trompe par un canal prefque horizontal*
- » ou qui n'a d'inelinaifon qu'environ un demi-pouce par toifè. Le corps de » la trompe eft un tuyau vertical, qui a environ 27 pieds de hauteur , & un v pied 4 pouces de diamètre. Ces mefures , quoique les plus ordinaires , peu-a> vent être variées ; mais nous nous y arrêterons pour fixer celles que nous » avons à donner dans la fuite. Le tuyau H H ( PL V) eft ordinairement « compofé de deux pièces de lapin creufées, liées enfêmble par autant de » frettes de fer qu'il eft néceilaire pour rendre leur affemblage folide.
- » La façon dont ce tuyau eft creufé , eft ce qui contribue le plus à l'effet » de la trompe. Son ouverture fupérieure C, celle où le canal prefque hori-» zontal verfe de l'eau, a 13 pouces de diamètre ; de-là , en defcendant, la « cavité du tuyau fe rétrécit infenfibiement jufqu'à trois pieds de diftance >» de F ouverture fupérieure ; dans cet endroit qu'on appelle YEtranguilIon9 » le creux du tuyau n'a que 4 pouces de.diamètre : mais immédiatement au-« deffous de l'étranguillon, la cavité s’élargit ; elle a neuf pouces, 8c elle Fe u, D
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- *4 DU FEU APPLIQUÉ
- m les conferve dans tout le refie de la longueur. Ainfi la cavité fiipérieure du v tuyau eft une efpece d’entonnoir qui finit à l’étranguillon.
- « Au-deffous de l’étranguillon , il y a io trous, ou foupiraux G, G, qui »> donnent entrée à Pair dans la trompe. Six de ces foupiraux font à même «hauteur, & quatre font au-deffous de ceux-ci, & en font également éloi-w gnés. Ces foupiraux ou trous, tant lupérieurs qu’inférieurs , font cylin-» driques, mais taillés obliquement dans l’épaiffeur des parois, de telle forte » que l’ouverture intérieure des foupiraux fopérieurs , eft plus de 8 pouces w au-deflbus de l’étranguillon, & que leur ouverture extérieure n’eft qu’à
- • y pouces plus bas que l’étranguillon. Les quatre foupiraux inférieurs font *> taillés avec la même obliquité que les fopérieurs ; & n’en font diftans que » de quatre pouces. Ils font tous cylindriques , & ont tous deux pouces «• de diamètre*
- « Le corps de la trompe eft foutenu par un chevalet, c’eft-à-dire, par une » pièce de bois D D coupée quarrément, & percée au milieu pour laifler •> paffer la trompe : cette piece de bois eft portée par quatre pieds enfoncés en » terre. La piece de bois percée au milieu ne touche /pourtant pas immé-» diatement la trompe : il y a d’efpace en efpace divers crampons de fer
- • attachés à l’une & à l’autre de ces pièces.
- »> Le bout inférieur 1 du corps de la trompe eft logé dans une cuve
- MM, qui a environ 6 pieds de hauteur, & qui, dans quelques fourneaux, » aprefque autant de diamètre. Il y defcend jufqu’à environ 18 pouces de » fon bord fupérieur, c’eft-à-dire, qu’il eft éloigné du fond de cette cuve, »> d’environ 4 pieds & demi. La cuve eft fortement liée par des cerceaux de fer. » Il y a dedans une efpece de table ronde L d’un pied quatre pouces de *» diamètre, qui eft tantôt de pierre 8c tantôt de fonte de fer. Saforface fo-» périeure eft environ à la moitié de la hauteur de cette cuve. Elle eft fou-» tenue par une efpece de croix de bois, dont les quatre bras font égaux, » & appuyés chacun par un pied qui porte for le fond de la cuve. Le de£ » fos de la cuve eft recouvert ; mais outre l’ouverture qui donne entrée au » corps de la trompe, il y en a une fécondé dans laquelle eft un tuyau qui
- conduit au foyer l’air qui eft pouffé par l’eau ; quelquefois ce fécond » trou eft percé dans le corps de la cuve.
- w Avant de connoître les autres parties de la trompe, nous' pouvons déjà « voir comment elle fait les fondions d’un violent foufflet. Suivons dans fit « route l’eau qui vient s’y rendre : la partie qui eft faite en entonnoir » eft toujours pleine d’eau jufqu’à quelque hauteur au-defliis de l’étranguil-» Ion ; de forte que l’eau fort à gueule-bée par cet étranguillon ; mais elle •> n’eft pas plutôt fortie, que trouvant une ouverture plus large, elle fe di£ *> perfe. Les gouttes d’eau, pour ainfi dire, s’éparpillent : il arrive ici ce qui « arrive à Veau qui fort de tous les ajutages. Après la fortie, elle n’eft plus
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- » renfermée, comme elle l'étoit par une furface cylindrique ; elle ne prend » même aucune figure confiante. Le jet efl comme compofé de différents fi-» lets d'eau, qui changent continuellement d'arrangement, les uns par rap-» port aux autres. Or les intervalles qui font entre différents filets & ces dif* », férentes gouttes d'eau, font occupés par l'air qui efl dans la cavité de la >» trompe. Si , entre deux filets féparés par l'air , un nouveau filet vient à def » cendre, il pouffera cet air en bas , avec toute fà vîteffe ; il le conduira » avec foi dans la cuve. L'arrangement irrégulier que prennent les filets, foie », à leur fortie de i'étranguillon, foit en continuant leur chute, efl fans dou^ » te caufe qu'il y a peu de gouttes d'eau qui ne foit en état de conduire de », l’air dans la cuve, pourvu que cet air trouve place pour y entrer ; & il la », trouve, parce que l'air qui y efl conduit, a une ifîue pour échapper , & » qu'il efl même pouffé par l'eau à prendre cette route. L'eau, à mefure qu’elle w fort de la trompe, agit contre l'air qui efl dans la cuve, avec toute fà pe-« fànteur & toute fà vîtefle acquifo pour le faire fortir : & cet air trouve une
- * ouverture ou rien ne lui réfifle, ou lui réfifle peu , & par conféquent il » s’échappe.
- » L'eau fait plus encore : arrivée dans la cuve, elle tombe avec impétuo^ »• fité fur la table, d'où rejailliflànt de tous côtés , elle pouffe en haut le 3» même air qu'elle a conduit en bas : elle donne moyen de fe dégager à » celui qui, s'étant trouvé renfermé entre différents filets, avoit été comme » conduit dans un tuyau d'eau. Enfin les jets d'eau, en s'élevant, pouffent
- * tout l'air qu'ils rencontrent ; & il ne peut céder qu'en enfilant l'ouverture t> qui aboutit au tuyau qui fe rend au fourneau ; l'eau & l'air qui defoendenf »> pàr la trompe, ne lui permettent pas de prendre une autre route. L'air l'en-» file encore d'autant plus naturellement quand le feu efl au fourneau , qu'il » trouve de ce côté-là un air raréfié qui cede continuellementi
- » A mefure que l'air fort de la cuve, il en entre de nouveau dans la trom-», pe , & cela par la loi du plein. De nouvel air fouffle, pour ainfi dire, con-» tinuellement par les dix foupiraux : il en entre par eux tous enfemble, au-» tant qu’il en fort par le tuyau du foufflet. Le nouvel air, à mefure qu'il » arrive , fe trouve expofe aux percuffions des filets d'eau qui le conduifent « dans la cuve, & l'en chaffent enfuite pour le renvoyer au foufflet. Cette », circulation d'air ne dureroit pas long-temps, fi l'eau ne trouvoit pas une if-»» lue; elle rempliroit bientôt la cuve. Il ne faut pas^on plus que l'ouverture y 9> pour la fuite de l'eau, donne pafîàge à l'air , & elle ne le donne pas tant que »» le niveau de l'air fe trouve au-deflus du trou P qui laide échapper l'eau. Pour » entretenir l'eau dans ce niveau , & pour fàvoir fi elle le confèrve , il y a au-
- près de la cuve , une efpece de petite éclufe Q R S , (fi l'on peut pourtant », donner ce nom à une efpece de caiffe fans fond , qui a environ 2 pieds de *» hauteur ). Le bas de cet affemblage de planches efl de niveau avec le bord
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- I<T DU FEU APPLIQUÉ
- « fupérieur de l'ouverture de la cuve qui donne l'écoulement à l'eau ; & le » canal P qui conduit l'eau dehors de la caiffe, eft auffî au-deffous de cet affem-« blage de planches. Au milieu de cette caiffe, deux tringles forment de chaque côté une coulilfe , où eft une planche qui s'élève au-dehors de la „ caifle, & qui peut s'élever ou s'abaiffer davantage : elle eft , à proprement w parler, la patte de notre petite éclufe. On voit que la largeur de cette plan-8> che eft parallèle à l'ouverture de la cuve. Dès qu'on a abaiffé cette efpece « de patte, onétrecitle canal qui laiffe écouler l'eau; on l'élargit, fi on » l'éleve : & par conféquent il eft aifé d'en faire refter dans la cuve jufqu'à » quel point on veut; ce qui ne doit jamais aller au plus que jufqu'au tiers de fa hauteur. Enfin on connoît quelle hauteur l'eau occupe dans la cuve ; «, en regardant dans la petite éclufe, puifque par les loix de l'équilibre des la liqueurs, elle eft la même dans l'une & dans l'autre.
- Une trompe pareille à celle que nous venons de décrire, fuffit fouvent pour »j un foyer à forger ou à affiner ; mais pour un fourneau à fondre la mine , on «s en emploie tantôt deux , tantôt trois (Jîg9 y ). Une feule pourroit faire au-» tant d'effet que les trois enfemble, fi l'on avoit l'eau à difcrétion ; mais lorf-» qu'on n'a qu'une certaine quantité d'eau, celle qui, de trois trompes, fait f» un fouffle affez fort, en feroit un trop foible, fi elle tomboit dans une » feule. Quoiqu'on donnât à chacune des parties du corps de cette trompe, « autant de capacité qu'en ont enfemble «dans les trois corps des parties fem-« blables , on ne rendroit pas fi>n effet égal ; l'eau ne fe dilperferoit pas autant M Portant de l’étranguillon de’ celle-ci, qu'elle fe difperfè enfemble dans les trois autres ; & l'on voit que ce n'eft qu'autant que l'eau fe difperfe, qu'elle peut pouffer l'air dans la cuve. Si, en tombant, elle formoit une colonne .*> qui eût pour bafe l’étranguillon, elle ne produiroit aucun effet.
- » Quand on a plus d'une trompe, elles ont chacune un petit tuyau par->9 ticulier appellé Caiffble par les Ouvriers : ces petits tuyaux aboutiffent à un « plus gros porte-vent qui leur eft commun. La longueur du corps de la >» trompe n'eft pas arbitraire non plus , quand on n'a qu'une certaine quantité >5 d'eau. Plus le corps de la trompe eft long, plus il contient d'air ; plus « long-temps l'eau agit contre cet air & plus fortement ; la même quantité *î d'eau en chaffe certainement plus d'air , & il en rentre toujours à peu près autant qu'il y en a de chafte.
- » Mais quand on a allez d’eau , de plus groffes trompes ou plus courtes •»> peuvent faire le même effet que de plus petites & plus longues. Peut-être » augmenteroit-on l'effet des trompes, fi l’on employoit des moyens pour a> obliger l’eau à fe difperfer davantage à la fortie de l'étranguillon : fi, par ^ exemple , elle rencontroit à fa fortie des fils de fer diverfement inclinés, *3 qui traverferoient le corps de la trompe. Il eft vrai qu'on perdroit quel"* que chofe de la vîteffe que l'eau a acquife ; mais peut-être gagneroit-on
- « davantage
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- » davantage par l’augmentation de la quantité de l’eau qui feroit én état M d’agir contre l’air.
- « Le porte-vent a environ un pied de diamètre dans lès trompes d’un; petit fourneau ; il fait un ou plufieurs coudes ; il eft plus ou moins incliné » félon la pofition des trompes par rapport à celle du fourneau. U fe ter*?-aï mine par une canne de fer , femblable aux bufes des foufflets, & qui ^ entre de même dans le fourneau. Tout ce que nous avons à y remarquer , « c’eft qu auprès du fourneau il y a une ouverture d’environ 8 pouces en * quarré , quon bouche par le moyen d’un clapet ou elpece de petite porte j, de pareille grandeur, & qui s’ouvre avec une charnière. On l’ouvre tou-» tes les fois qu’on veut arrêter ou diminuer le vent du foufflet. En dedans i» de cette ouverture, il y a un morceau de cuir^ qu’on baiffe ; ce cuir eft 9» une foupape que le vent tient abaiffée pendant qu’il fouffle ; 8c trouvant alors pour iifue l’ouvertue en queftion , il fort , & n’arrive point jufqu’au « fourneau. Au refte, le tuyau du porte-vent eft pour l’ordinaire de fer-*> blanc jufqu’à la tuyere.
- 99Le fouffle du porte-vent feroit inégal, fi l’on ne régloitl’eau qui entre dans la trompe. Plus il y auroit d’eau , plus il y auroit de vent ; auffi à 9> la tête du canal qui la conduit, on a foin de conftruire une petite éclufe, » ou de mettre une patte que l’on éleve ou baiflè, fuivant la quantité d’eau que l’on laiffe couler dans la trompe. Nous avons dit qu’on ne donne à ce j» canal qu’environ un demi-pouce de pente par toife ; ce n’eft pas que l’effet 3> de l’eau ne foit d’autant plus grand qu’elle a plus de chute, mais une eau 33 qui arriveroit trop rapidement, pourroit déranger le tuyau de la trompe 3> de fon à plomb, ce qui en diminueroit beaucoup l’effeti D’ailleurs elle *3 uferoit plus vite la partie de la trompe faite en entonnoir ; elle perdroit même une grande partie de là vîteffe ; en tombant contre les parois , elle 3» rejailliroit en partie. Il vaut mieux que l’eau ait moins de chûte en arrivant » à la trompe, 8c que le corps de la trompe foit plus haut. L’eau peut de même acquérir autant de vîteffe, fans caulèr de dérangement.
- 3> Les Forgerons prétendent avoir remarqué que les trompes foufflent S5 plus fortement en hiver.qu’en été, & le raifonnement paroît d’accord avec leur obfervation. L’eau a certainement moins de volume en hiver qu’en été; » & par conféquent elle eft alors plus pelante, & en état d’agir plus effica-3> cernent contre l’air : cette remarque s’accorde avec celle des Forgerons qui 3> fe fervent de foufflets mus par l’eau.
- « La trompe ou tuyau doit être bien aflujettie par les crampons de fer qui » la portent ; autrement elle s’enfonceroit dans la cuve. Les crampons la tièn-« nent ifolée de façon qu’elle ne touche point les parois du trou du che-valet, & cela afin qu’extérieurement elle foit plus feche, qu’elle fe pom> « riffe moins vite. Quand elle s’entr’ouvre quelque part, on bouche les troul Feu. E
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- * avec de la filaffe, ou de quelqu autre maniéré équivalente. Dans les endroits » où Ton peut placer les cuves fur un terrein pierreux , on ne leur donne sr pas de *fond ; dans d’autres endroits, on leur donne un corroi de glaife ; « Sc quand on leur fait un fond de bois * ce fond porte par-tout fur le terrein* » Elles ont environ un pouce de diamètre de moins par en haut que par en « bas.
- » On met deux petites planches où le vent fort de la cuve, quand ce » trou eft percé dans la hauteur de la cuve ; elles fervent à arrêter en partie » les particules d’eau qui fer oient emportées par l’air dans le porte-vent. » L’une de ces petites planches eft attachée au fond fïipérieur,& l’autre contre » les côtés. Le bout de l’une defcend plus bas que le bout de l’autre, fans ce-«pendant fe toucher. Le vuide qui eft entr’elles deux , eft le chemin » qu’enfile l’air, & où il eft plus difficile à l’eau d’arriver.
- $. Il-
- Trompes dans le Pays de Foix.
- ( Koye£ la Planche PII des Fourneaux & leur explication ).
- » Il y a quelque différence entre la conftruétion des trompes du Dau-53 phiné , & celle des trompes du pays de Foix. La plus remarquable eft que » ces dernieres n’ont point, comme les autres, de foupiraux placés au-deff 33 fous de l’étranguilloîi ; elles tirent l’air de plus haut : il vient d’au-deffiis » de la fùrface de l’eau qui entre dans la trompe.Le réfèrvoir d’eau fournit en « même temps deux corps de trompes, deux tuyaux verticaux parfaitement 33 femblables ; ainfi il fuffit de connoître la ftructure d’un de ces tuyaux.
- 33 Depuis la caiffe où ce tuyau conduit l’eau Sc l’air jufqu’à une certaine 33 hauteur au-deffiis, il a un diamètre égal. Arrivé à cette hauteur, il commence « à s’évafer, Sc continue de même en entrant dans le réfèrvoir, d’où il re-» çoit l’eau ; arrive à ce réfèrvoir, il fe divife en trois parties ou en trois « tuyaux, fi pourtant on peut appeller la partie du milieu qui eft ouverte « des deux côtés, un tuyau. Les deux tuyaux des bouts font faits en coins ; « on les nomme les Trompilles. Ils s’élèvent chacun jufqu’à peu de diftance « des bords fupérieurs du réfèrvoir. Leur pofition eft telle que l’efpace qui 3> refte entr’eux, Sc que nous avons appellé le Tuyau du milieu, a suffi la « figure d’un coin, Sc il en porte le nom. Cet efpace eft ouvert de deux 33 côtés depuis le fond du réfèrvoir jufqu’en haut.
- 33 C’eft par ces ouvertures que l’eau entre dans le corps de la trompe. Les » deux tuyaux qui font à côté, les deux trompilles fourniffent l’air : l’eau 33 n’y entre jamais, parce qu’on ne permet pas qu’elle s’élève dans le réfèrvoir 33 à la hauteur de leurs bords fupérieurs depuis le fond du réfèrvoir jufqu’un « peu au-deffous ; le corps de la trompe eft donc divife réellement en trois
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- » tuyaux, qui font les deux trompilles & l’elpace qui eft entr’elies, ôu le »» coin ; car alors cet elpace eft renfermé de tous côtés. Les ouvertures in-« férieures de ces trois tuyaux aboutiffent enfemble à un canal commun, dans un endroit où le diamètre du corps de la trompe n eft pas aufll rétréci 5Î qu il l’eft un peu plus bas.
- » De cette dilpofition il foit un effet pareil à celui que produit la dilpo^
- » fition des autres trompes. L’eau du réforvoir entre dans la partie du milieu „ ou dans le coin ; à,la fortie de ce coin, elle rencontre un canal plus large;
- » elle s’éparpille ; elle chaffe l’air quelle trouve devant foi ; elle le conduit «vers le bas du tuyau. La nouvelle eau qui arrive, trouve de même denou-» vel air à pouffer : il eft continuellement fourni par les deux trompilles.
- * Nous avons dit que ces trompes font compofées de deux tuyaux verti-55 eaux ; ils aboutiffent à une caiffe commune ; car ici on ne donne pas la » figure de la cuve à la capacité où l’eau & l’air font conduits. Cette caiffe 5i eft d’une grandeur confidérable ; elle a près de i6 pieds de longueur fur >5 prefque 6 de largeur, & 3 de hauteur intérieurement dans l’endroit où 55 elle en a le moins. Les deux tuyaux de la trompe font à un des bouts de » la caiffe , qui eft de quelque chofe plus large que l’autre ; mais en récom-55 penfe, cet autre bout eft beaucoup plus élevé: il a près de 4 pieds de 55 hauteur au-deffus de la partie dans laquelle entrent les tuyaux. Aux deux » tiers de la longueur de la caiffe, les pièces de bois du deffus font mifes » dans l’inclinaifon néceflàire pour arriver à cette hauteur.
- » Le conduit par où l’air s’échappe, part du bout le plus élevé. L’endroit 55 où il commence n’eft pourtant qu’à la hauteur de la forface horizontale 55 du deffus de la trompe ; delà , en allant vers le fourneau , le tuyau s’in-5> cline en en bas. La partie de la cuve plus élevée eft apparemment faite 55 pour augmenter la capacité de cette cuve, pour réfléchir l’air, &c.
- «Nous n’ajouterons point ici que l’eau qui tombe dans la caiffe, y tom-« be fur des eipeces de tables, pareilles à celles que nous avons vues dans « les cuves des autres trompes. Nous n’entrerons point non plus dans le ,55 détail des mefures des tuyaux des réfervoirs Sc des autres parties de la « trompe : il y a bien de l’arbitraire en tout cela 55.
- On peut encore voir dans Swedenborg, une defoription de trompe, Sc la réflexion qu’il fait à ce fujet.
- Article II.
- Des Soufflets«
- St nous avions mis par ordre d’ancienneté les moyens de donner un courant d’air aux foyers du travail du fer, il eft probable qu’il auroit fallu commencer par les foufflets. D’abord on les a faits de cuir, Sc on les faifoit
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- ÛO
- DU FEU APPLIQUÉ
- mouvoir à force de bras : enfuite on les a faits beaucoup plus grands ; 11$ étoient mus par l'eau, & relevés par des contre-poids. Comme ces foufflets font extrêmement communs, nous ne nous y arrêterons pas.
- Depuis peu on *a trouvé une maniéré fujette à moins d’entretien, en les faifant de bois. On s’en fert depuis 1620, dans les fonderies du Haut-Hart^ On en attribue l’invention à un Evêque dè Bamberg. On dit dans le Berry 8c le Nivernois, qu’ils y ont été apportés par un Allemand; 8c dans le Dauphiné, on dit qu’un Suiffe y a conftruit les premiers. En Franche-Comté , c’eft un Allemand qui en a montré la eonftruélion aux nom-* més Gaucher et y habiles en cette partie. Ce qu’il y a de certain, c’eft que du temps d’Agricola, ils étoient inconnus. Jufqu’à cette ingénieufe découverte , on fe fervoit de foufflets de cuir ; & il eft très-probable que nous la devons à rAilemagne, ainfi que bien d’autres chofes concernant le travail du fer, conime nous aurons fouvent occafion de le remarquer. Voici la defcription des foufflets de bois , telle quelle fe trouve dans un Me* moire de M. de Rédumur.
- » On ne s’en fert pas feulement pour les fourneaux, on s’en fert auflî « pour les forges où nous verrons convertir la fonte en fer. Ceux des four-neaux font les plus grands; on leur donne depuis 14 jufqu’à 15 pieds de longueur, fans y comprendre la bufe des foufflets, qui a ordinaire-5î ment trois à quatre pieds au-dehors du foufflet. Pour ceux des forges, on » en fait depuis 7 pieds jufqu’à 10 : la Planche VIII repréfonte un de ces « petits' foufflets. La grandeur 8c le nombre des parties croiffont proportion-» nellement dans les grands, Ici nous ne nous arrêterons qu’aux mefures des * grands.
- « Les foufflets ( Planche 7) font compofés de deux caiffes de bois, l’une », immobile ; c’eft l’inférieure B : la fupérieure A eft mobile ; nous lanomme-„ rons avec les Ouvriers le Volant. Le volant s’élève & s’abaiffe alternative-» ment fur la caiffe inférieure , à peu près comme on éleve 8c abaiffe le M deffus d’une tabatière à charnière, quand on l'ouvre & quand on la fer-„ me ; mais ici les bords du deffus defcendent bien au-deflous du fond de « la boîte qu’il recouvre, & dans le temps même qu’on releve le plus le a» deffus , une partie de ces bords eft au-deflous de la caiffe inférieure ; jamais 33 le derrière D de ces fortes de foufflets, c’efbà-dire, le bout le plus éloigné » de la bufe F, ne doit être en ligne droite. Il doit faire la portion d’un cer-» cle qui auroit pour centre la cheville ouvrière K ; tous les autres côtés, & même celui-là dans la caiffe inférieure, &les autres dans le volant, font en ligne droite. Le fond de la caiffe inférieure a douze pieds & quelques 3ï pouces de longueur, jufqu’à la têtiere S, c’eft-à-dire, jufqu’à l’endroit où 3> la caiffe inférieure eft recouverte par quelques petites planches immobiles S qui forment une partie de la caiffe, a T eft une partie du tuyau ou canal,'
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- » qui conduit le vent dans la bufe b b ; une partie de la bu Ce b T eÜ enga-„ gée dans ce tuyau où commence la têtiere S ; le fond de la caifle n’a gue-» res qu’environ 14,pouces en dedans:près du bout du foufflet, elle a 4 pieds » 8c demi en dedans ; 8c où cette caifle eft plus large , elle a moins de pro-» fondeur, qui n’eft gueres que de cinq pouces près du derrière, pendant » qu elle en a près de neuf près de la têtiere. Le deflus du volant a une figure femblable à celle du fond de la caifle , confidéré feulement jufqu’où coin-5) mence la têtiere. Il eft de quelque chofe plus grand en tous fens ; mais le » volant ne forme point une cailfe ; ou fi Ton veut le confidérer comme une » cailfe j c’en eft une ouverte par un des bouts A, & inégalement profonde en » différents endroits des côtés. Cette cailfe imparfaite a trois pieds de pro-» fondeur au bout le plus large B D ; de-là fa profondeur va en diminuant » également jufqu’au bout A le plus proche de la têtiere , où il n’a qu’un » pied de profondeur.
- » On imagine alfez comment ce volant fe pofe fur la cailfe inférieure, 8c » que c’eft afin qu’il s’applique mieux deflus > qu’il n’a aucun rebord à fon » petit bout. Nous ferons feulement remarquer qu’il eft retenu en place par » un boulon P P qui traverfè de part en part la têtiere. On imagine en-» core aifément qu’il tourne fur ce boulon , comme le deflus d’une tabatière » fur fa charnière ; 8c qu’à meftire qu’on l’éleve , la cavité comprife entre la » cailfe inférieure 8c le volant, augmente , ou ,- ce qui eft la même chofe * » qu’elle contient plus d’air. Quoique nous m’ayons pas encore dit où eft » l’ouverture qui donne entrée à l’air entre ces deux cailfes , les autres fouf-» flets donnent alfez d’idée de la maniéré dont on peut placer les foupapes » nécelfaires. Toute la difficulté gît à ne faire fortir l’air introduit, que par » la bufe ; 8c cette difficulté a dû paroître confidérable à celui qui a cherché le » premier à conftruire de pareils foufflets.On ne peut pas fe promettre d’ajufter » l’une fur l’autre, deux cailfes fi grandes, alfez exactement pour ne lailfer en-» tr’elles aucun paflàge à l’air. Si dans une certaine pofition, elles fe touchent » bien , elles fe toucheront inégalement dans une autre. D’ailleurs les chan-» gements qui arrivent au bois, foit par fécherelfe , foit par humidité , ouvri-» roient bientôt des paflàges à l’air, entre les cailfes qui auroient été le plus » parfaitement emboîtées l’une fur l’autre. Un emboîtement même trop par-» fait produiroit de rudes frottements, 8c demanderoit une augmentation de » force dans le moteur des foufflets. Un expédient ingénieux, 8c d’autant plus » eftimable qu’il eft très fimple, remédie à tous ces inconvénients : pourvu « que les côtés de la cailfe foient des furfaces à peu près planes , & qui ne » foient pas éloignées de ceux de la cailfe inférieure de plus de deux pouces, » on bouche à merveille tout le vuide qui relie entr’elles : en voici tout le » myftere. - ' ' * ‘ .
- » Sur les bords de la cailfe inférieure, il y a des liteaux ou tringles de bois
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- „ Il, qui n’y font point attachés. Selon quils font pouffes, ils peuvent avan-» cer vers le dehors de la caiffe , & aller de ce côté-là par de-là fes bords : ils » peuvent de même revenir fur leurs pas ; mais jamais le bord du liteau nex-» cede le bord de la caiffe vers le dedans , & jamais ils ne peuvent s’élever ; » des mentonnets Y, Z, & i, 2, les arrêtent dans ces deux fens. Le manche, » la racine de chaque mentonnet eft attaché verticalement contre les parois » de la caiffe, & le mentonnet porté par ce manche eft horizontal. Les men-» tonnets forment enfemble une efpece de couliffe à jour, dans laquelle le » liteau peut aller & venir fans pouvoir s’élever. En quelques endroits on fait » ces mentonnets de bois, ce qui eft ordinaire > & le meilleur ; dans d’autres » ils font de fer.
- » Ce font les liteaux qui bouchent tout paffage au vent : ils font continuel-» lement preffés par des reftorts qui les obligent de s’appliquer contre les » parois intérieures du volant. Ces reftorts font des lames d’acier qui ten-» dent à fe fermer jufqu’à un certain point. Entre deux mentonnets £ ç, » eft attachée une petite piece de bois , aflez femblable à la racine du men-» tonnet, & placée femblablement. Elle eft , & on l’appelle le Porte-» rejjorn le milieu dureffort eft attaché contre cette piece ; & les deux bouts » du même reffort touchent le liteau : quand ces reftorts font autant fermés » qu’ils le peuvent «être, il n’y a de largeur du liteau fur le bord de la caifle, » qu’autant qu’il en faut pçur y être foutenu. Le refte du liteau eft en » dehors de cette caifle. Chaque liteau des côtés eft compofé de plu-» fleurs tringles qui s’emboîtent par les bouts les unes dans les autres , ce » que montrent ir & 14. Un liteau eft large de deux pouces & demi fur 18 » lignes & quelquefois 12 lignes d’épaifleur. Sept reftorts preflent un côté » dans un grand foufflet. Concevons à préfent la caifle inférieure emboîtée » dans le volant, & qu’elle a été d’abord tellement conftruite que fes parois p touchaient, à quelque chofe près, celles du volant : l’air pour cela ne trouve » pas entrée entre les deux caiffes, parce que les reftorts contraignent les » liteaux à s’appliquer contre les parois du volant. Si les changements de » température d’air étendent le volant ; s’ils font que ces parois s’éloignent » davantage, il ne refte pas plus de vuide ; à mefure que les parois s’éloi-?> gnent, les liteaux, les fuivent ; de même fi, en élevant le volant, il fe trou-» ve en certains endroits des vuides plus grands que dans d’autres , les liteaux » en approchent davantage & les bouchent ; fi au contraire d’autres change-» ments d’air retréciffent ce volant, 8c fi, en s’abaiftànt, il forme des vuides » plus petits, alors le volant repoufle les liteaux, il les fait rentrer dans la » caifle inférieure. Dès-lors que les côtés du volant feront bien plans, l’en-» trée fera donc bouchée à l’air.
- » Tout ce jeu eft aifé à imaginer : il n’y a aucun endroit où il foit plus » nécçlïàire que vers le derrière du volant. Il le feroit encore davantage fl
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- » l’affembiage dont le derrière du volant efl formé, étoit perpendiculaire » au-deflus du même volant : car il efl sûr que plus le volant s’éléveroit, plus » il refteroit de vuide entre ce dernier & celui de la caiffe ; & cela par la » raifon que dans les triangles reélangles qui ont un côté commun, celui » qui a l’autre côté plus grand , a une plus grande diagonale. Par cette raifon, » dis-je, la ligne tirée du boulon par lennilieu d’un des refforts jufqu’à la parois » du volant, feroit d’autant plus longue ; ou ce qui efl; la même chofè, » la diftance de la furface intérieure des parois du volant, à la furface exté-» rieure des parois de la caiffe, feroit d’autant plus grande que le volant feroit » plus élevé. Pour diminuer ce vuide qui pourroit être tel qu’il feroit diffi-» cile de le boucher avec le liteau , on donne à la parois du derrière du » volant, une direétion inclinée vers la caiffe inférieure. On donne même » à ce dernier une courbure , comme on la voit en B D y mais comme il efl: » difficile de mefiirer exactement la courbure , & de donner la courbure » mefurée, le mouvement du liteau fiipplée à ce qui manque ; il s’appli-» que toujours aifément contre les parois.
- » Dans les plus petits foufflets, & même quelquefois dans les grands, ôn » fe contente de plus grands liteaux & des refforts dont nous venons de » parler, & on ne laiffe pas que de faire de bons foufflets : car, après tout, » il ne s’agit pas de vaiffeaux qui foient bouchés hermétiquement ; cepen-» dant ils font d’autant plus parfaits que l’air y trouve moins d’iffues. Il efl » encore une précaution qu’il efl mieux de prendre pour les grands fouf-» flets , & que l’on prend dans les endroits où on les fait avec le plus d’exac-» titude. Avant que de dire en quoi elle confifte, faifons connoître le dé-» faut auquel elle remédie. Les liteaux appuyés fur les côtés de la caiffe ; » n’ont précifément que la longueur du côté fur lequel ils font appuyés. » Suppofdns que fur le derrière il n’y a qu’un liteau, qui n’a qu’une longueur » égale à celle du bout qui le porte. Cela étant, ces trois parties du volant » qui font vis-à-vis des liteaux , font plus longues que le liteau. Il reliera » donc un vuide qui ne fera point occupé par des liteaux, quoiqu’ils tou-» chent, autant qu’il leur efl poffibie , le volant : ce vuide formera deux pe-» tits cubes ou deux petits parallélipipedes reétangles aux deux bouts du » liteau de derrière ; & ces deux vuides feront d’autant plus grands, que la » caiffe fiipérieure furpaffera plus la caiffe inférieure.
- » Ces deux vuides , comme tous les autres, fe bouchent par le moyen des » refforts, mais qui agiffent dans un fens différent, comme on peut le voir » aux figures 8,12 8c 14. Pour entendre l’effet de ces refforts, au lieu d’un » liteau, on en concevra trois derrière le foufflet, & ils y font effectivement. * Us font tous trois pôles fur une même ligne ; les deux bouts de celui du » milieu font deux tenons, deux elpeces de languettes qui entrent chacune » dans une mortaife , dans une couliffe taillée dans le bout d’un des autres.
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- » Ces trois liteaux étant engagés l'un dans l'autre, autant qu iis le peuvent » être , n ont enfemble que la longueur du derrière de la caiffe ; mais ils peu-» vent occuper une plus grande longueur. Quand ceux des bouts s écartent de » celui du milieu, ( & ils s'en écartent aifément ), les coulifles fe meu-» vent facilement fur leurs languettes : deux relforts leur font faire ce mou-» vement; au lieu que les autres relforts tendent à fe fermer , ceux-ci ten-» dent à s'ouvrir. Ils font tous pofés au-deffus des liteaux , & couchés ho-» rizontalement comme les autres. Dans le delfus des liteaux, les relforts » font attachés par leurs extrémités , par le moyen d’un clou, ou bien il y .» a des entailles qui donnent prife à leur bout, Sc qui fuffifent même pour » empêcher les relforts de tomber. Un de ces relforts prelfe contre un des liteaux *> du bout Sc contre celui du milieu; de même l’autre relfort prelfe contre le ^ liteau de l'autre bout, & contre celui du milieu : ainli le relfort du milieu » relie toujours en même place ; mais ceux des côtés s’éloignent autant que les • » parois des côtés de la calife fupérieure le permettent : cela n'empêché pas que » les relforts ordinaires, ceux dont nous avons'parlé ci-devant, Rapprochent y> en même temps les mêmes liteaux contre le derrière du volant, Sc qu'ils ne » bouchent tout le vuide. On pourroit fe contenter derrière de deux relîorts » placés femblablement à ceux des côtés, qui tendroient à s'ouvrir comme le » dernier dont nous avons parlé , & dont les deux bouts feroient arrêtés dans » des entailles ou par un clou ; pourvu qu'ils eulfent une certaine grandeur , » ils fourniroient aux deux mouvements différents des liteaux ; quand ils » auroient autant écarté les liteaux les uns des autres qu'ils le peuvent être , » le relie de leur effort ferviroit à les rapprocher du volant.
- » Il y a des foufflets où l'on met encore un liteau , ou, fi l'on veut, deux » liteaux alfemblés comme ceux de derrière auprès de la têtiere : ces li-» teaux poulfés par des relforts ordinaires, s'approchent de la partie de la » têtiere dont le volant s’éloigne en s'élevant ; & le volant, en s'abailîànt, » les ramene en leur première place. Enfin quelques Ouvriers mettent deux, » trois liteaux fur chaque côté , dilpofés comme ceux de derrière, & pouf » fés de même par des relforts ajoutés en deffiis : les foufflets en valent en-» core mieux.
- » Les ouvertures qui donnent entrée à l'air dans le foufflet pendant que x> le volant s'élève, font taillées dans le fond de la cailfe inférieure, comme » on les voit en AA. Les Ouvriers les appellent Ventaux ou Eventaux, » nom qu'ils donnent auffi aux foupapes qui les bouchent. En quelques Pro-» vinces il y a deux pareilles ouvertures dans un grand foufflet. Elles font » coupées quarrément, & ont chacune environ cinq pouces de large & dix » de long. Elles ne font diftantes que de deux ou trois pouces l’une de l'au-a> tre , & elles le font de cinq à fix du derrière du foufflet. Chacun de ces » ventaux a fa foupape de grandeur proportionnée, & qui tourne fur deux
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- » charnières, fi Ton peut donner ce nom à deux bandes de cuir, attachées par » un bout au venteau, 8c par l'autre au fond de la caifle. Autour des ven-» teaux , le fond du foufflet eft garni de peau de mouton, couverte de » là laine. Il y a auflî des morceaux de peau couverte de laine , attachés » contre les bords des venteaux ; de forte que quand les venteaux s a-» baiffent, la laine dont ils font revêtus , tombe fur celle du fond de là » caillé ; ce qui ferme alfez bien.
- » Comme l'air entre avec une grande vîtefle dans le foufflet quand ori » éleve le volant, il pourroit quelquefois relever les foupapes à un tel » point qu'elles tomberoient enliiite du côté oppofé à celui de l'ouver-* » ture, 8c alors l'air fortiroit par où il eft entré. C'eft à quoi remédie une » corde attachée contre le fond de la caille. Elle pafle à travers le milieu des » deux foupapes. Comme elle eft lâche, elle les laiife élever jufqu'à un cer-» tain point, & les arrête, avant qu’elles foient montées trop haut» En d'au-» très pays, on eft dans l'ufage de ne laifler qu’un venteau au foufflet, qui » feul a la grandeur des deux précédents. Sa foupape a de même pour char-» niere deux morceaux de cuir. Une bande de cuir empêche cette charnière » de s’élever trop. Cette pratique a une commodité qui la rend préférable ; » elle lailfe au-delfous du foufflet une porte alfez grande, pour qu'un ou-» vrier y puilfe entrer, quand il y arrive .quelque dérangement, fans être » obligé de le démonter. Pour cela on ne fait que lâcher la bande de cuir , « qui arrête la foupape.
- » Depuis la têtiere jufqu’à environ trois pieds par-delà, le fond de la « cailfe eft recouvert de feuilles de fer : on appréhende les étincelles qui peu-» vent venir par la bufe. Comme ces étincelles pourroient même aller beaucoup » plus loin, on met quelquefois une traverfe B C ou finilfent les feuilles de » fer» Cette traverfe eft elle-même recouverte de feuilles de fer, du côté qui » regarde la bufe.
- » Il ne nous refte qu'à faire quelques remarques fur la maniéré dont les » pièces d'un foufflet font afîemblées. On les fait prefque par-tout de plan-» ch es de lapin, des plus épaifles 8c des plus dures. Les planches qui font » pofées les unes à côté des autres, ainfi que celles qui compofent le defliis » du volant, le fond de la caifle, 8cc. ont des rainures de deux côtés. On » aflemble deux pareilles planches par le moyen d’une tringle, qui a des lan-» guettes de chaque côté. Les planches qui forment les parois du volant & » de la caifle, s'affemblent à queue d'aronde ; toutes les chevilles quon » employé font de bois. • .
- » On remarquera que les liteaux ne doivent point avoir de nœuds. Le » liteau 8c le volant s'ufent par le frottement mutuel. Comme les nœuds » font plus durs que le refte, ils feroient çaufe quelles liteaux & les parois » du volant, s’uferoient inégalement en differents endroits ; ce qui pourroit Feu. G
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- » donner des entrées à Pair. Quoiqu’on fafle tous les alfemblages le plus » exaélement qu’il efl: poffible, on craint, avec raifon , que les jointures ne » donnent entrée à Pair : dans quelques endroits, on colle fur ces jointures » du papier avec de la colle de farine de feigle. Ailleurs on cherche à faire » quelque chofe de plus durable ; on fe fert de colle forte , & au lieu de papier » on employ e des bandes de peau. Enfin, avant de fe fervir de foufflets » neufs , ou de ceux qu’on a raccommodés, on frotte avec de l’huile tou-» tes les parties mobiles. Outre que les mouvements en font plus doux, » tout palfage en efl: encore mieux bouché à l’air ».
- Nous ajouterons à ce Mémoire, que lorfque les foufflets ne font plus leur travail ordinaire, par la perte du vent, on peut les raccommoder ; ce qu’on appelle les relever. Cela s’exécute en déferrant la cheville ouvrière, & en ôtant la caiife ou le volant ; en vifitant Sc nettoyant les joints & les liteaux, les mentonnets, les relforts ; enfin en collant des bandes de bafàne fur les endroits que l’on entrevoit donner palfage à l’air. Le devant de la tête expofé au feu, Sc conféquemment facile à fe gercer, fe garnit de coins de bois avec colle forte , Sc s’enduit de bourre mêlée avec colle de farine de feigle. L’extrémité du fond des foufflets porte fur deux chevalets qui y font attachés ; & la tête efl: appuyée par en bas fur un banc de pierre qui efl placé devant, mais plus bas que la tuyere. On a encore foin de faire porter le milieu des grands foufflets fur un fécond chevalet, ou for des pièces > de bois , que l’on place où l’on juge à propos. Les foufflets font arrêtés par des coins de bois , chalfés à force entre la tête Sc la marâtre de la tuyere ; Sc les chevalets font cloués au chaffis traînant, qui efl placé delfous, afin de rendre le fond immobile.
- La caiife des foufflets efl garnie au-delfos de deux anneaux de fer ( Plan-che II) dans lefquels palfe un crochet double, plié dans le deffiis , Sc répondant à un autre crochet mobile , enclavé dans le bout des balfecules ou contrepoids , au moyen d’une cheville de fer. La balfecule efl un lévier de bois, dont le point d’appui efl environ aux deux cinquièmes de fa longueur. Un bout répond aux crochets des foufflets, & l’autre efl chargé à volonté, pour faire le contrepoids auffi fort qu’il efl nécelîàire. Il y a plufieurs autres maniérés de faire relever les foufflets : on les trouvera gravés for les differentes planches des fourneaux Sc des forges.
- Le delfus de la caiife efl: auffi garni d’une boîte de fer, dans laquelle pafîe Sc efl arrêtée une lame épailfe de fer, laquelle déborde le deffiis de la caille de 4 à y pouces. Cette lame efl uri peu courbée en x, Sc s’appelle Baffe-contre , ou Balifcorne. Pour donner le mouvement nécelîàire aux foufflets de forges ou de fourneaux, il y a un coürfier qui communique à l’em-pallement de travail, ou une huche avec rouet Sc lanterne, comme on le voit dans la Planche IL L’eau du cousfier fait tourner une roue, dont les
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- AU TRAVAIL DU FER. ^
- bras traverfent un gros cylindre de bois , qui tourne devant les baffe-contres.
- Cet arbre eft armé de fix cammes à tiers-point, trois pour chaque foufflet* Une catnme eft un morceau de bois, enclavé & ferré dans des mortoifes , pratiquées dans l'arbre. La camme doit être bien évuidée du talon, 8c arrondie comme la baffe-contre, afin que quand elle travaille, elle tende à abaifler la caiffe , & non à la pouffer. Lorfqu'une camme , par la rencontre fur la baffe-contre , a fait baiffer un fouffiet, 8c élever le contrepoids dans le bout qui efl: au-delà du point d'appui, fi-tôt que la camme efl échappée de deffus la baffe-contre, le contrepoids dégagé de cette force étrangère, 8c fupérieure à fon propre poids, retombe, & en defoendant fait relever le volant qui, comme nous l'avons dit, répond par des crochets au bout de la baffecule ou contrepoids qui efl en-deçà du point d'appui, & qui fe releve néceflàirement quand l'autre bout baiffe; comme il baiffe,par la preff fion de la camme, quand l'autre s'élève ; les cammes font difpofées de façon que toujours quand un des volants s'élève , l'autre s'abaiffe ; enforte que pour avoir un vent qui fouffle fins difoontinuité, il faut avoir deux foufflets. Lorfque chacune des cailles fupérieures des foufflets s’élève , le venteau s'ouvre par l'infpiration, & laiffe entrer l'air. L'inlpiration ceffée, le venteau fe ferme par fon propre poids , & l'air enfermé, preffé par le volant que la camme abaiffe, n'a plus pour fortir d’autre iffue que les bufes des foufflets.
- Les foufflets de forge étant d'une moindre étendue que ceux de fourneau , demandent moins de force pour être abaiffés & relevés : aufîî ne fe fert-on point de baffecules pour cela. Le jeu des uns 8c des autres efl le même, à cela près que les anneaux qui font de côté & d'autre de la baffe-contre , & qui font attachés au volant, retiennent un crochet double, plié dans le deffus, 8c qui répond à un autre crochet enclavé dans un levier de fer ou de bois , lequel efl attaché par le milieu à une perche flexible. Le même levier fort pour les deux foufflets ; 8c comme c'eft à chacun des bouts de ce levier que répond l'enchaînement d'anneaux & de crochets, qui doivent élever chaque foufflet, on conçoit que lorfqu'une camme preffe là baffe-contre d'un foufflet, elle fait baiffer le" volant, & en même-temps les crochets qui y tiennent, ainfi que le bout du* levier qui les retient ; mais pendant que ce bout du levier cédant à une force étrangère, s'abaiffe, il faut néceffairement que l'autre bout s'élève , 8c qu'en s'élevant, il éleve auflt le volant de l'autre foufflet, dont la réfiftance efl inférieure à la force de la camme qui preffe. Ce fécond foufflet efl abaiffé à fon tour par la camme qui approche ; & en s'abailîànt avec le bout du levier qui y correlpond, il fait relever néceflàirement le premier foufflet par le moyen du levier qui remonte. En un mot, un foufflet ne peut monter que l'autre ne s'abaiffe j
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- & la perche , par fon élafticité , fe prête à ces differents mouvements.
- Nous voici déjà à portée de voir à peu-près ce qu'il faut d'air pour faire un feu qui puiffe'fondre une certaine quantité de mine de fer. M. de Réaumur a calculé qu'un foufflet de forge , de fept pieds & demi de longueur jufqu'à la tête > & de 42 pouces de largeur , finiflànt à 14 fur l'élévation de la caiffe de 14 pouces, à là plus grande portion du cercle, donnera 201JI f pouces - cubes pour le volume d'air pouffé par chaque coup de foufflet. Un pareil foufflet, en ùn quart-d'heure, donne 206 coups , les deux enfem-ble4i2 : un foufflet de fourneau fournira , fans être de la plus grande di-menfion, 98280 pouces-cubes par chaque coup , & il donnera en un quart-d’heure 120 coups , les deux enfemble 240.
- Pour voir ce que nous pouvons conclure delà, fuppofons qu’un foufflet de fourneau fût rempli d’eau, au lieu d'air. Contenir 98280 pouces-cubes, c’eft contenir bien près de 57 pieds-cubes , qui à raifon de foixante livres , poids de chaque pied-cube d'eau, peferoient 3420 livres ; mais on fait que la pefànteur de l'air eft à celle de l'eau comme un eft à mille. Donc à chaque coup de foufflet de fourneau, qui ne fera pas même de la plus grande di-menfion, nous aurons bien près* de trois livres & demi pelant d'air. Ce calcul revient à peu-près à celui de M. l'Abbé Nôllet, qui eftime que la pe-iànteur abfolue d'un pied-cube d’air , eft de près d'une once & deux gros. Wolf. Elem. a'èrom. l'eftitne d'une once vingt-fept grains. Suppofons encore que deux foufflets de fourneau donnent chacun huit coups par minute , comme il eft- affez ordinaire ; nous aurons donc par minute près de cinquante-lix livres d'air qui entrent dans le fourneau , ce qui revient à 3 3 60 livres par heure. Par ce calcul ne pourrions-nous pas approcher de la quantité d'air néceffaire pour une telle quantité de phlogiftique, appliquée à une telle quantité de mine de fer ? Ou, ce qui eft la même chofe , la mine connue par là quantité , ne pourroit-on pas déterminer la quantité de phlogiftique & d'air , néceffaire pour la mettre en fulîon ? Ou bien, la quantité du phlogiftique connue , feroit-il fi difficile d'indiquer la quantité d'air & de mine , relative à celle du phlogiftique pour faire fondre cette quantité de mine? Toutes ces queftions fuppofent que la machine qui les contient, (c’eft le nom que Boheraave a donné aux fourneaux ) , fût de la forme la plus convenable , pour appliquer le plus utilement l'aélion de l'air Sc du phlogiftique ; mais avant, nous devons voir ce que, dans le travail aétuel, on dépenfe de phlogiftique pour une quantité de mine déterminée ; ou , ce qui eft la même chofe, nous devons trouver combien on employé d'aliment, ce qui eft le troifieme moyen de l'art du feu , & l'objet de notre troifieme Seélion.
- Avant que d'y paffer, nous devons faire remarquer que l'air qui, ainfî que l’eau, ne doit peut-être fa fluidité qu'aux particules du feu , eft G
- néceflàire
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- nêceflàire pour avoir du feu , qu’on pourroit dire que cet élément né tiré là forcé que dù mouvement qui naît de fon mélange avec l’air. Ne pourroit-ôn pas dire que l’air n’anime pas le feu feulement par fes parties propres ' mais qu’il augmente encore Ion aliment par les corps qu’il y porte ? L’air d’ailleurs efl dilaté par la chaleur ; & fon élafticité, qui ne vient peut-être en grande partie, • que des particules d’eau dont il efl chargé, en*efl augmentée proportionnellement. Gellert nous apprend, qu’au degré de l’eau bouillante, l’air efl dilaté d’un tiers de fon volume, & que pour lors fon élafticité efl à la pelanteur de l’atmofphere comme io efl à 33. Amontons l’avoit trouvé de même. Quelques-uns ont eftimé qu’il pouvoit occuper un elpace quatre mille fois plus grand. Boy le va jufqu’à 13979. Mais comment évaluer là dilatation dans un fourneau de fulîon \ Introduit avec force par le bas, paflànt au travers d’une très - grande quantité de matières enflammées de differents volumes, repoulfé par les corps intérieurs & les environnants „ quelle aétion doit en réftilter dans un vuide ! Quelle rapidité dans un courant rétréci par la dilpofition des matières ! Comment ofer lui fermer toute iffue ? N’y auroit-il pas des effets terribles à en craindre * comme nous l’éprouvons dans ces exploitions épouvantables qui font jetter quelquefois au loin toutes les matières qu’un fourneau contenoit ? On ne peut attribuer cet accident qu’à la grande raréfaétion de l’eau que l’air entraîne avec lui, lorfque quelques matières attachées dans un fourneau, lui ferment tout paflàge. La machine de Papin & les pompes à feu nous montrent de quoi efl capable cette raréfaétion. Loin donc d’empêcher l’air de fortir, ne doit-on pas plutôt lui ménager une iflue ? Mais quelles en doivent être les proportions ? Jut qu’à prefent nous n’avons d’autre réglé que ce que la canftruéUon ordinaire des fourneaux a pu nous enfeigner.
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- DU FEUAPPLIQUÉ
- EXPLICATION
- DES PLANCHES DES SOUFFLETS. PLANCHE 1.
- pi gu RE r. AB CD repréfente un foufflet de bois tout monté, & à peu-près autant ouvert qu'il le peut être.
- A A A, defliis du volant ou de la caifle fopérieure. •
- A B, hauteur du volant vers le derrière : on voit que la ligne A D B eft une portion d'ellipfe.
- C y le boulon autour duquel tourne le volant quand il s5éleve ou s'abaifle.
- D C y ligne ponétuée qui marque jufqu’où va dans le foufflet là caifle inférieure.
- E y têtiere du foufflet. F y la bufo.
- Gy H y deux pièces de bois for lefquelles pofe le relie de la charpente qui porte le foufflet.
- /, K y deux affemblages de charpente for lefquels pofe le foufflet.
- L L y grofles pierres ou billots qui portent la têtiere.
- M N y piece que les bras de l'arbre preflênt en Af pour fermer le foufflet*
- Fig. 2. O O P P y plan du deffiis du volant.
- P P y le boulon autour duquel il tourne. Q , la têtiere.
- R , S Fig. 13 montrent comment les pièces des angles font aflfemblées ; ce que l'on voit encore en A D B.
- Fig. 3. T VYy coupe de la caifle inférieure ;* T T, fond de la caiife ; F", derrière de la caifle ; X X ? liteau ou plufieurs liteaux mis bout à; bout for le bord de la caifle ; Y Y y mentonnets qui empêchent les liteaux de s'élever ; Z Z, porte-reflorts ; a 9 .têtiere ; b b y la bufo.
- c c y Fig. 7, un des liteaux des côtés 5 entaillé en c c y afin qu?on puifle mettre chaque bout for un liteau entaillé de la même façon y mais ren-verfé ; d y porte-reflort ; e ey reflort qui tend à fe fermer ^ & qui poufle le lir teau c c ify l'endroit où le reflort eft attaché au porte-reflort.
- Des deux Figures 4 Sç 6 y h iklmnop y l'une eft le plan de la caifle inférieure y & l'autre la même caifle en perlpeétive. On a marqué les mêmes parties avec les mêmes lettres ; h h, les mentonnets ; ii y porte-reflorts des côtés y k k y porte-reflorts de derrière y dont les reflorts , comme ceux des côtés, tendent à fe fermer ; Il y reflorts de derrière qui tendent à s’ouvrir; m m y les deux foupapes ; n n y bandes de cuir qui fervent de charnière aux foupapes y 0 y bandes de cuir qui empêchent les foupapes de s'ouvrir trop ; p y traverfe revêtue de fer blanc qui arrête les étincelles; q y -endroit
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- ou le fond du foufflet eft revêtu de fer blanc ; r y endroit où quelques-uns mettent des liteaux ; f > la têtiere.
- Fig. y. tt y profil delà caiffe inférieure, vu par-dehors.
- Fig. 8. ux x y vers le haut de la planche y eft un porte-reflort avec fort reffort, un de ceux qui tendent à fe fermer.
- • jFig. 9. y y le même porte-reffort retourné.
- Fig. 10. £ y un mentonnet ; 1 y 2 y lesffleux pièces dont le mentonnet eft compofé.
- Fig. ir. 3 y 4 > vers le bas de la Planche, fait voir la difpofîtion des entailles des liteaux des bouts 53,4, font deux portions de ces liteaux; y } le bord du foufflet fur lequel ils pofont.
- 6 y 6 y porte-refforts ordinaires qui pouffent ces liteaux vers le bout du foufflet.
- J y J, refforts qui tendent à s’ôuvrir 3 8c qui pouffent les liteaux vers les côtés y dans les angles des foufflets. On a repréfenté les liteaux plus écartés qu’ils ne le font dans le foufflet^ pour faire voir comment ils font entaillés.
- , Fig. 12. j, iOj ir, U, 13 j eft encore une portion des deux liteaux pré* cédents;vus hors de deffus le bord du foufflet. 14, jonétiondeces deux liteaux.
- planche'il
- Haut de la Planche.
- A y eft partie de la tuyere d’un fourneau ; B 7 B y les foufflets 5 C> C, chaînes qui fervent à .élever les foufflets ; D, D y pièces de fer auxquelles font attachées les deux chaînes d’un même foufflet ; E, balancier qui éleve alternativement un foufflet ; F y l’arbre auquel le balancier eft fufpendu ; G G , arbre des roues ; H y H y rouet dont la circonférence eft garnie d’un double rang de dents ; /, bras de l’arbre qui abaiffe un des foufflets ; K y canal qui conduit l’eau dans l’elpece de réfervoir ; Z, le réfervoir; M> roue de bois fur laquelle tombe l’eau du réfervoir L ; N’y l’arbre de cette roue ; O , lanterne portée par le même arbre. C’eft cette lanterne qui fait tourner le rouet HH.
- Bas de la Planche.
- acta y partie du toit qui recouvre le double harnois ; b b y arbre qui eft chargé du balancier c ; dd y charpente qui porte l’arbre b b ; e e y canal qui conduit l’eau dans une efpece de réfervoir^; g y canal qui conduit l’eau for la roue qui produit tout le mouvement \ii9 cette roue ; k, fon arbre ; /, lanterne portée par le même arbre ; nu , rouet mû par la lanterne précédente ; 00 y arbre de la lanterne ; p q y dents de l’arbre du rouet qui abaiffent al-? ternativement un foufflet.
- Fin vz la II Section*
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