Descriptions des arts et métiers
-
-
- %
- 1
- f
- Y
- i
- t
- c
- v
- i
- t, ,
- <t
- p.n.n. - vue 1/68
-
-
-
- Page de titre n.n. - vue 2/68
-
-
-
- '•4'
- 4
- %
- 4
- *
- i
- 4 ''
- X - ' ! '
- >
- •*4
- *
- p.n.n. - vue 3/68
-
-
-
- L’ART
- DE LA UNGERE
- : 4 *. .. - ,
- Par M. de G\a au lt.
- . ~ ’• " /
- — —! M .- .» -nui !... ,! .. ,
- INTRODUCTION.
- Les Lingeres font un Corps de Communauté des plus néceflàires, attendu quelles ont non-feulement le droit de vendre toutes efpeces de Linge, toiles de lin, de chanvre , de coton & dentelles, mais encore celui de tailler, coudre & achever tous les vêtements de Lingerie qui s’exécutent tant pour la néceflité que pour la propreté, & même pour le luxe. C’eft la Lingere qui couvre l’homme dès l’inftant de û naiflance , pendant fà vie Sc même après ; c’eft elle qui garnit les tables, les lits, les autels, &c.
- U n’eft pas douteux que ce Corps de Maîtrife ne foit très-ancien & qu’il n ait été confirmé fuccefîivement par plusieurs de nos Rois ; mais comme on n’a trouvé à leur Bureau que leurs derniers Statuts, il fùffira de dire qu’elles y font énoncées par les titres de Maîtrefles Toilieres , Lingeres, Canevaflieres en fil ; qu’ils font datés du 3 Mai 1645 > f°us le régné de Louis X3V, & qu’ils contiennent, outre les Réglements de Police de la Communauté, ce qui vient d’être dit ci-deflus en générai.
- Comme il eft impofïible que les feules Maîtrefles Lingeres puiflent travailler tout le Linge qui s’emploie, ni raflèmbler chez elles la quantité d’Ouvrieres qu’il feroit néceflàire d’entretenir pour la fourniture du Public, elles ont nombre de femmes qu’elles autorifent à ce travail ; on les nomme Ouvrières en Linge : mais ces femmes ne {auraient en fournir pour leur compte, ni en vendre , fans rifquer d’être failles par la Communauté des Lingeres.
- On doit entièrement la connoiflance de cet Art, à Mademoifolle Merlu , ci-devant ancienne première fille de boutique de Madame du Liège une des plus célébrés Lingeres de Paris, & à préfent Maîtrefle Lingere rue'Taranne. Le zele avec lequel cette Demoifelle a pris à cet égard l’intérêt du Public, mérite quelle en foit connue , & que fon nom paroifle à la tête de fon Ouvrage.
- ^ La matière de cet Ouvrage , outre les Chapitres qui le divifont, eft encore partagé en quatre grands Objets, lefquels donnent tous les ouvrages des Lingeres* Lingere. A
- p.1 - vue 4/68
-
-
-
- 2 L'ART
- Ils font intitulés : Première, Seconde, Troijieme & Quatrième Partie des Ouvrages de la Lingere.
- La première eft la defcription des pièces d'un Troufléau , Chap. IV. Entre la première & la féconde Divifion, on trouve deux Chapitres, le Ve 3c le VIe. le cinquième contient les termes de l'Art, employés dans l'ouvrage, & leur explication ; le fixieme traite des Points de coutures , de la Marque, &c.
- La féconde grande Divifion, Chap. VII, efl la defcription des pièces d’une
- La troifieme efl: la defcription de plufieurs pièces de Lingerie qui n’entrent ni dans le TroufTeau ni dans la Layette, Chap. VIII.
- La quatrième eft la defcription du Linge d'Eglife, Chap. IX.
- On croit qu'il n’y a guere de Linge en ufage qui ait échappé à nos recherches, fi ce n eft les différences des coeffures & la variation des modes, qui changent parmi les femmes de jour en jour ; encore en trouvera-t-on la bafe dans les Coeffures & Bonnets décrits dans ce Traité.
- A l'égard des coutures, les unes fe fervent d'une efpece, quand d’autres en emploient une différente ; ainfi ce qu’on en dit ici dans le détail des divers ouvrages qu’on y explique, ne fàuroit être un principe abfolu.
- CHAPITRE PREMIER.
- L’Aune ÔC fes fractions réduites en pieds, pouces SC lignes.
- L'aune , les Cifeaux, l’Aiguille & le Dez, font les feuls inftruments de la Lingere. L'Aune eft la mefùre dont elle fe fert uniquement pour fixer la quantité du Linge qu’on lui demande , ou qu’elle juge nécelîaire pour tel ou tel vêtement qui entre dans fon diftriét ; elle ne s’exprime donc que par aune ou par parties de l'aune (*) : langage myftérieux pour quantité de perfonnes ; au lieu que le pied de Roi contenant 12 pouces , lui & fes divifîons en pouces & lignes, auxquels toute mefure peut être réduite, font familiers à prefque tout le monde ; c’eft pourquoi afin d’interpréter le langage obfcur de l'aune, on la partage ici en pieds, pouces & lignes, & même en parties de la ligne.
- L aune de Paris eft fixée à 3 pieds 7 pouces 8 lignes ; elle s’exprime communément par une régie de bois large d’un pouce, épaiife d’un demi-pouce : elle eft divifée fur les deux côtés de fa largeur, d’un côté en 4 quarts, le dernier quart en 2 huitièmes, le dernier huitième en deux feiziemes ; du côte oppofé elle eft. divifée en 3 tiers, le dernier tiers en 2 fixiemes, le dernier fixieme en 2 douzièmes.
- (*) On fe fert ici de l’Aune de Paris,
- p.2 - vue 5/68
-
-
-
- DE LA LINGERE. 3
- On marque ordinairement chaque divifion par des clous dorés y & on garnit les deux bouts de fer ou de cuivre, afin qu'elle conferve toujours la même longueur.
- L'Aulne de Paris en pouces pêur pied.
- Divifion en quarts, j' j j j----j--------j---------1
- Divifion en tiers. j" | j “ j j-—----------
- La réglé d’en-haut efl: divifée en quarts ; celle de de (Tous en tiers ; celle de deflus finit par le feizieme ; celle de deflous par le douzième.
- Divifion de 1 Aune en pieds, pouces & lignes.
- L'Aune...............
- La demi-Aune ....
- Le tiers.............
- Les deux tiers.......
- Le quart........
- Les trois quarts ......
- Les cinq quarts. . . . < Le Jîxieme .......
- Les trois fixiemes. . . Les cinq fixiemes. . . Les fept fixiemes . . .
- Le huitième ........
- Les trois huitièmes. . Les cinq huitièmes. Les fept huitièmes. Les neuf huitièmes.
- Le douzième.........
- Les cinq douzièmes. Les fept douzièmes. . Les onze douzièmes.
- Le feizieme.........
- Les trois feiziemes. « Les cinq feiziemes. . Les fept feiziemes. . Les neuf feiziemes. . Les quinze feiziemes
- Le vingtième........
- Le trente-deuxieme .
- pieds.
- • 3 •
- . I . . I. . 2 .
- 2
- I
- S
- *
- 1
- 2
- 3
- 4
- 1
- 2
- 3
- . 1.
- 1.
- 2.
- 3-
- pouces. lignes.
- •7.......8 • • •
- . p....... 1o
- .2........6...f
- .f........ I...£
- I O ....... 1 I
- p.3 - vue 6/68
-
-
-
- 4
- HART
- CHAPITRE SECOND.
- Toiles de Lin , Chanvre , Coton, 3C Dentelles.
- T j e Linge en général étant le meuble principal des Nations , fes Manufactures fe font multipliées à proportion des befoins & même du luxe ; le tableau qu’on en va donner contient les Toiles & autre Linge qui fe débitent en France 9 leur largeur, & les Pays & Provinces où ils fe fabriquent.
- TOILES.
- Hollande.
- Les Frifes ou toiles de Hollande font de lin, blanches : elles ont ordinairement de large trois quarts & deux doigts.
- Siléjie.
- Les Hollandilles fe font en Siléfie ; elles font de lin, blanches : elles ont de large trois quarts.
- Flandres.
- Les toiles de Gand & de Courtray, qu’on nomme auffi toiles de Hollande ÿ font de lin, blanches 8c fines : elles ont de large trois quarts.
- Les Rolletes de Flandre fe font à Gand, Bruges, Courtray , Ypres ; elles font de lin : elles ont de large trois quarts.
- Picardie.
- Les Truffe tes demi-Hollande de Beauvais: elles ont de large une demi-aune demi-quart 9 ou une demi-aune un douze : elles font de lin.
- Les toiles d’Ortie de Saint-Quentin font de lin & grilatres : elles ont de large deux tiers.
- Les demi-Hollandes de Beauvais, Compiegne, Bulles, font de lin, blan--ches & fines : elles ont de large trois quarts.
- Les Cambraifines ou Cambrai de Péronne, font de lin,, blanches, fines & claires : elles ont de large deux tiers.
- Hainaut9 Artois & Cambre fi s.
- Les Ratifies font de lin, très-blanches & très-fines ; les plus fortes fo difoflt Hollandées : elles ont toutes de large deux tiers.
- Les
- p.4 - vue 7/68
-
-
-
- DÉ LA L1NGERE. ;
- Les Linons font de lin, blancs, très-fins 8c clairs ; il y en a dunis, de rayés gc de mouchetés : les uns ont de large depuis deux tiers jufqu’àtrois quarts ; les rayés 8c mouchetés ont de large trois quarts.
- /
- Anjou,
- Les toiles de Beaufort font de chanvre ; il y en a de fines, de moyennes, de grofies : elles ont de large une aune.
- Les toiles de Cholet font de lin, écrues ; il y en a de fines, de moyennes, de grofies : elles ont de large deux tiers.
- Les toiles de Château-Gontier font de lin, écrites; il y en a de fines, de
- moyennes, de grofies : elles ont de large ou une demi - aune, ou deux tiers ou
- trois quarts. . ' *
- Bretagne,
- Les toiles de Clifion font de lin, blanches : elles ont de large ou fept huitièmes ou une demi-aune demi-quart.
- Les toiles de Quintin font de lin, blanches ; il y en a de fines , de moyennes, de grofies : elles ont de large ou trois quarts ou cinq huitièmes.
- Les toiles de Pontivi font de lin, blanches ; il y en a de fines, de moyennes , de grofies : elles ont de large ou une demi-aune ou deux tiers ou trois quarts > le tout mefure de Bretagne , ou Faune a un fixieme de plus que celle de Paris*
- Les toiles de Morlaix & environs font de lin, blanches : il y en a de quatre fortes principales , qui fe nomment Crés,
- Les Crés larges fines : elles ont de large deux tiers.
- Les Crés communes : elles ont de large une demi-aune.
- Les Crés rofoonnes fines : elles ont de large une demi-aune.
- Les Crés gratiennes grofies : elles ont de large une demi-aune.
- Autres toiles de Morlaix blanches ; il y en a de fines, de moyennes, de grofies : elles ont de large ou une demi-aune, ou deux tiers, ou trois quarts, ou une aune, ou cinq quarts.
- Normandie,
- Les toiles d’Alençon font de chanvre ; il y en a de fines, de moyennes, de grofies ; celles qu’on nomme Boulvardées , font mi-blanches : elles ont de large ou une demi-aune 8c demi-quart, ou trois quarts, ou trois quarts & demi-quart, ou une aune, ou cinq quarts, ou une aune un tiers, ou une aune 8c demie.
- Celles qu’on nomme jaunes font écrues : elles ont de large ou une aune, ou une aune 8c demi-quart, ou trois quarts , ou trois quarts 8c demi-quart, ou deux tiers , ou deux tiers demi-tiers. Celles qu’on nomme lejjivées écrues, ont de large trois quarts 8c demi-quart, ou une demi-aune demi-quart.
- Les toiles de Louviers nommées Guibert, font de lin, blanches; il y en a de fines, de moyennes » de grades : elles ont de large ou trois quarts ou deux tiers. Lingere. B
- p.5 - vue 8/68
-
-
-
- 4 L’ A RT
- Les toiles de coffre à Louviers 8c à Evreux font de lin, blanches, fines : elles ont de large trois quarts demi-quart.
- Les toiles Brionnes - Bernay font de lin , blanches ; il y en a de fines, de moyennes , de grofles : elles ont de large trois quarts & demi-quart, ou deux tiers.
- Les toiles de Lifïeux nommées Cretonnes , font de lin , blanches; elles ont la chaîne de lin du pays, & la trame de lin de Flandre ; il y en a de fines, de moyennes & de grofles : elles ont de large depuis deux tiers, trois quarts, fept huitièmes, une aune , neuf huitièmes, cinq quarts, une aune 8c demie juf, qu'à deux aunes.
- Les toiles nommées Royales fe font à Laval, fe bianchiflent à Beauvais, à Troyes & à Senlis : elles ont en écru trois quarts , & un peu moins quand elles font blanches.
- A l'égard des Cretonnes filées à Vimoutier, la chaîne 8c la trame font de lin de Flandre ; il y en a de fines, de moyennes & de grofles : elles ont de large ou deux tiers, ou trois quarts & demi-quart, ou,cinq quarts, ou une aune & demie.
- Les Blancards, vers Lifieux, Bernay, &c , font de lin, blancs : ils ont de large trois quarts 8c demi-quart.
- Les toiles de Saint-Georges font de lin, blanches, grofles : elles ont de large trois quarts & demi-quart.
- Les toiles de Tillers boùlvardées, font de chanvre, mi-blanches : elles ont de large trois quarts 8c demi-quart.
- Les toiles de Mamers font de chanvre, écrues ; il y en a de fines, de moyennes, de grofles : elles ont de large ou demi-aune demi-quart, ou trois quarts, ou trois quarts 8c demi-quart, ou une aune.
- Les toiles de Laigle font de chanvre, mi-blanches : on les nomme quelquefois boùlvardées : elles ont de large trois quarts 8c demi-quart.
- Les Polizeaux ont de large ou une demi-aune un douzième, ou deux tiers,
- ou deux tiers & demi-tiers, ou trois quarts.
- /
- Perche.
- Les toiles de Mortagne font de chanvre, écrues : elles ont de large ou trois quarts, ou trois quarts 8c demhquart, ou une aune.
- Maine.
- Les toiles de Laval font de lin, écrues ; elles ont de large trois quarts : on les blanchit à Troye en Champage : elles fe nomment alors toiles de Troye ; il y en a de fines ? de moyennes & de grofles.
- p.6 - vue 9/68
-
-
-
- 7
- F"
- k
- DELA L I N G E R E.
- Champagne.
- Les toiles Regni font de chanvre : elles ont de large une demi-aune.
- Les toiles Saint-Jean font de chanvre : elles ont de large ou cinq huitièmes i ou trois quarts , ou fept huitièmes.
- Les Auiïones jaunes , mêmes largeurs.
- Les toiles de Tarare & rouleaux de Beaujeu , ont de large fèpt douzièmes.
- Toiles a Serviettes.
- La toile à Serviettes fe vend en pièces, dans lefquelles chaque ferviette eft marquée de deux liteaux bleus, c’eft-à-dire, de deux rayes de fil bleu d’une ligne de large, travaillées avec la toile. On coupe les ferviettes entre les deux liteaux les plus proches l’un de l’autre, ce qui fait environ la longueur d’un demi-quart entre le liteau & le bout de chacune.
- Aux ferviettes de Caen, la ferviette a trois quarts de large fur une aune de long : elles font de lin, blanches.
- Aux ferviettes d’Alençon , la ferviette a ou trois quarts de large fur une aune de long, ou une demi-aune un feizieme de large , fur trois quarts & demi de long : elles font de lin, mi-blanches.
- Aux ferviettes de Mamers, la ferviette a une demi-aune un douzième de large , fur trois quarts de long : elles font écrues.
- Aux ferviettes de Mortagne & de Belefme, la ferviette a ou deux tiers de large , fur trois quarts à trois quarts & demi de long, ou une demi-aune un * feizieme de large, fur trois quarts de long.
- Toiles a Torchons, ou Canevas.
- A Alençon & à Mortagne , elles ont une* demi-aune un douzième de large.
- A Vimoutier, elles ont une aune moins un douze de large.
- Au Perche , on on* les nomme Canevas du Perche : elles ont déux tiers 8c demi de large.
- Toiles a Matelas.
- De Montbelliart : elles ont de large un quart ou deux tiers.
- De Flandre : elles ont de large trois quarts ou une aune.
- De Rouen : elles auront de large , fuivant le Réglement de 1701, deux tiers ou trois quarts.
- Treillis.
- Les Treillis font de grolfes toiles de chanvre, écrues ; il s’en fabrique en Normandie , au Perche, au Maine , en Forez , en Bourbonnois : leurs largeurs les plus ordinaires font ou de trois quarts ou de deux tiers Ôc demi.
- p.7 - vue 10/68
-
-
-
- g
- L’A R T
- Linge ouvré.
- Les Linges ouvrés font de lin ou de chanvre ; on les emploie uniquement en linge de table y nappes & ferviettes. Les endroits où il s’en fait le plus, font Flandre Françoifo & Efpagnole, la Picardie, la baffe-Normandie & le Beau-jolois.
- TOILES DE COTON.
- Futaine.
- La Futaine eft de fil de coton en entier ; il s’en fait de large, d’étroite y de fine , de moyenne, de grofle à grain d’orge, à poil ou fans poil.
- La plus grande quantité fe fabrique à Troyes ; il s’en fait auffi à Vimoutiers ; dans le Beaujollois, & à Saint-Syphorien , dans le Lyonnois. ,
- La large à poil a une demi-aune un trente-deuxieme de large.
- L’étroite à poil a cinq douzièmes de large.
- Celle à grain d’orge a deux tiers de large.
- B afin*
- Le Bafin doit être de fil de coton en entier ; il s’en fait en France, & il en vient des Pays étrangers : il y en a de large , d’étroit, de fin * de moyen, de gros, d’uni à poil d’un côté, fans poil à petites & grandes raies, à raies imper^ ceptibles. Le meilleur de France fo fait à Troyes en Champagne.
- Le large a une demi-aune & un pouce.
- L’étroit uni ou à petites raies , autrement à vingt-cinq barres , a de large une demi-aune ; à trente-fix barres de trois raies chacune, il a de large une demi-aune moins un pouce.
- Il s’en fait encore en d’autres endroits, dont les uns ont une demi-aune & un pouce de large , les autres une demi-aune & un vingtième.
- Les Bafins étrangers nous viennent de Hollande, de Bruges, des Indes orientales ; ceux de Hollande rayés ont de large cinq huitièmes ; ceux de Bruges unis 8c à poil ont de large cinq douzièmes ; les rayés ou barrés ont près d’un pouce de moins ; ceux des Indes orientales faits à Pondichéry, à Bengale, à Bellafor, ont trois , quatre , cinq , fix quarts.
- MouJJeline.
- Toutes les MouiTelines nous viennent des Indes orientales, fur-tout de Pondichéry , Bengale, Surate. '
- Betille un peu groffiere, a de large cinq quarts.
- ' B etiile organdi très-fine, a de large ou trois quarts ou cinq fîxiemes.
- Betille tarnatane fort claire, a de large fopt huitièmes.
- Tarnatane ehavonis très-claire, a de large trois quarts.
- MaU'emoU
- t
- p.8 - vue 11/68
-
-
-
- DE LA LINGERE. 9
- Mallemole claire & très-fine , a de large quinze feiziemes.
- Mallemole Tavnatane, idem.
- Mamotbani fine & rayée, a de large de trois quarts à cinq fixiemes.
- Hamedis claire & fine , idem.
- Douhlefais très-claire & très-fine , a de large trois quarts.
- Cafje très-fine , a de large fept huitièmes.
- Abrohani fine & claire, a de large cinq huitièmes.
- Chabnan ou rofée très-claire & très-fine : elle a de large deux tiers ou trois
- Doreas ; il y en a de grofle & de fine, rayée & à carreaux : elle a de large fept huitièmes.
- Tangebs double un peu claire : les unes ont fept huitièmes de large ; les brodées ont trois quarts. •'
- Térindanne fine , a de large trois quarts ou fept huitièmes.
- Toques fine, a de large fept feiziemes ou une demi-aune.
- Garas , toile de coton grofle , a de large fept huitièmes.
- Bajtas grofle, a de large trois quarts.
- Haquenaux fine, moyenne, grofle, a de large de neuf huitièmes à cinq quarts.
- Guinée , toile de coton , a de large fept huitièmes ou cinq fixiemes.
- Daka très-fine, rayée & à carreaux, a de large quinze feiziemes.
- Man^ouque fine, moyenne , grofle, unie, rayée , à carreaux , a de large de onze douzièmes à quinze feiziemes.
- Jaquenotte unie & rayée , a de large trois quarts ou cinq fixiemes.
- Jaquenotte cachiora grandi, rayée, idem.
- Gondetour, bafin uni, fergé à œil de perdrix, a de large deux tiers, ou trois quarts, ou fept huitièmes ; celui de trois quarts efl: le plus parfait.
- Ter cales & Sorcroton, toiles de coton propres pour chemifes d’homme, ont de large trois quarts.
- Dentelles & Points.
- Les Dentelles fe font avec des fufeaux, & les points fe travaillent à faiguille. On fabrique des Dentelles ou paflements d’or , d’argent, de foie, dentelles & points de fil de lin blanc : les Lingeres ne font commerce que de ces dernieres.
- Les hauteurs ordinaires des dentelles de lin , vont depuis quatre lignes julqu à quatre pouces, & les pièces font longues depuis trois aunes & demie jufqu’à huit aunes ; il s’en fait encore pour les toilettes depuis un quart de haut ju£ qu’à deux tiers.
- Les plus belles Dentelles fe font dans;la Flandre Efpagnole , à Anvers, Bruxelles , Malines, &c ; viennent enfuite celles de la Flandre Françoife, Valenciennes ,Tille, Sec; puis celles de la Normandie, Dieppe, le Havre, Honfleur : on en fabrique en bien d’autres lieux, mais inférieures Sc communes. Parmi Lin g ere. G
- i
- p.9 - vue 12/68
-
-
-
- 10 L’ART
- les Points, celui d’Angleterre, & en France celui d’Alençon, paflènt pour les plus parfaits.
- CHAPITRE TROISIEME.
- î
- De la Mefure.
- 4
- I l n’eft pas queftion dans cet Art de prendre la mefure exactement, attendu que les pièces qui s’y conftruifènt doivent être extrêmement aifées & allez amples pour ne gêner en aucune façon les mouvements du corps ; & comme on ne peut guere fe difpenfer de mouiller les toiles avant de les employer, afin que par ce moyen, qui les reflerre d’abord, on puifle être aflïiré quelles relieront dans l’état où cette précaution les a mifes, il eft néceftaire de les prendre à bonne mefure. Ainfi lorfqu’onva lever de la toile pour quelque vêtement que ce foit, la feule chofe que la Lingere ait à faire, eft de. voir ou de s’informer fi la perfbnne eft grafle ou maigre*, grande ou petite ; cette enquête lui eft fuffifànte pour décider de la quantité qu’il faut pour faire le nombre des vêtements qu’on lui demande; car il eft très-rare qu’on n’en prenne qu’un de la même efpece à la fois , attendu qu’indépendamment du déchet qui feroit plus grand à la coupe, le linge appliqué fur la peau fe falit promptement, ce qui fait qu’on eft obligé d’en changer ; ainfi il eft plus ordinaire de parler ici par paires, demi-douzaines & douzaines, que par un.
- CHAPITRE QUATRIEME,
- V
- Première Partie des Ouvrages de la Lingere.
- Le TrouJJeau.
- D eux grands événements dans la vie exercent l’Art de la Lingere plus qu’aucun autre, le mariage & la naiftance ; il n’eft pas douteux que le mariage ne précédé la naiftance légitime. Quand le mariage eft arrêté, les peres 8c meres, un proche parent, &c, préparent ordinairement le Troufjeau de la Mariée : ce terme fignifie tout ce qui lui eft nécelîaire en entrant en ménage, excepté les draps de lit & le linge de table,, que le Mari doit fournir. Les Riches & les Grands le compofent de ce qu’il y a de plus beau & de plus recherché ; on le prend ici pour exemple, parce que là defcription fera con-noître en même temps la plus grande, partie des pièces qui font à l’ufage des femmes. On va donc commencer par l’état d’un Troufleau des plus opulents : on détaillera enfuite l’aunage des pièces, ainfi que leur coupe, & la façon de celles qui en ont befoin ; on fera de même pour une Layette d’enfant, qui fera fui vie
- p.10 - vue 13/68
-
-
-
- DE LA LINGERE. ir
- par plufieurs pièces de .Lingerie qui n’entrent ni dans le TroulTeau ni dans la Layette, & on finira par le Linge d’Eglife.
- Quoique dans ce$ états il y ait quelques pièces qui dépendent de la Couturière , on ne laiflèra pas'de les nommer , parce que la Lingere fo charge ordinairement de la fourniture entière, commandant aux Couturières ce qui eft de leur reflort ; ces pièces font marquées d’une étoilé.
- ÉTAT D’UN TROUSSEAU.
- Pour la Tête. .
- Une Toilette de ville en moufleline ou en dentelle.
- Une Toilette de campagne en moufleline.
- Six Trouves ou Etuis à peigne , de beau bafin de Troyes.
- Six deffus de Pelotes > idem.
- Quarante-huit Serviettes de Toilette.
- Vingt-quatre Tabliers de Toilette.
- Six Peignoirs > dont quatre garnis en belle moufleline & deux en dentelle. Trente-fix Frottoirs pour ôter le rouge, en bafin à poil.
- Trente-fix Frottoirs pour ôter la poudre , en moufleline double.
- Une Coiffure , le Tour de gorge 8c le Fichu plifle , de point d’Alençon.
- Une Coiffure, lé Tour de gorge 8c le Fichu plifle, de point d’Angleterre; Une Coiffure, le Tour de gorge 8c le Fichu plifle , de vraie Valencienne.
- Une Coiffure dite Battant-Üœil de Maline brodée, pour le négligé. ^ Six Fichus fimples en moufleline mille-fleurs garnis de dentelle, pour le négligé.
- Douze Fichus de moufleline.
- Douze grands Bonnets piqués garnis d’une petite dentelle , pour la nuit. Douze grands Bonnets a deux rangs en moufleline & dentelle , pour la nuit. Douze grands Bonnets a deux rangs plus beaux pour le jour, en cas d’indif
- •
- Douze Serre-tête ou Bandeau^ garnis d’une petite dentelle , pour la nuit. Douze grandes Coiffes en moufleline, pour la nuit.
- Six grandes Coiffes en entoilage, pour le jour. . '
- Douze Taies d oreillers, dont dix garnies en moufleline, 8c deux en dentelle.; Six Bonnets piqués d’une moyenne grandeur.
- Pour le Corpsi
- Soixante-douze Chemijes.
- Soixante-douze Mouchoirs en demi-Hollande.
- , Quarante-huit Mouchoirs en Batifte.
- Soixante-douze paires de Chauffons.
- p.11 - vue 14/68
-
-
-
- LA R T
- Toilette de ville.
- Toilette de campagne.
- X2
- * Six Corfecs en beau bafîn.
- Douze Pièces d’ejlomach garnies en haut d’une petite dentelle.
- *Six Camifoles à cordons, en belle toile de coton ou en beau bafîn des Indes, doublées de bafîn à poil, pour la nuit.
- * Six Jupons piqués en moufTeline.
- * Six Jupons de defTous pour l’été de belle toile de coton ou de bafîn des Indes.
- * Six Manteaux-de-iit 1 en belle moufleline brodée, garnis de même, ce
- * Six Jupons J qui s’appelle un beau Déshabillé\
- Six Garnitures de Cor [et T
- Six Tours de gorge v en moufTeline feftonnée.
- Douze paires de Manchettes J
- Six Garnitures de Corjet \
- Douze Tours de gorge > en dentelle entoilée de moufTeline brodée.
- Douze paires de Manchettes j
- Six paires de Manches de toile pour laver les mains.
- Quarante-huit Linges de toile à laver les bras.
- Soixante-douze Linges de toile pour la Garderobe.
- Aunage y Coupe ÔG Façon des Pièces à9un Troujjeau.
- Les Toilettes.
- La Toilette de ville efl compofée de deux parties , le defîus & les volants, qui, pris enfemble, en font le tour.
- ïl faut pour le corps de deffus, une toile de trois quarts de large fur une ferme de long ; celui de defTous même toile & aunage, ce qui fait deux aunes. Les volants au nombre de deux, fe font en moufleline ou dentelle ; le grand volant qui s’attache au corps de defïous aura deux tiers de haut.
- Si la moufTeline n’a que trois quarts de large, il en faudra fept lez pour le grand volant, & fix pour le petit ; ce qui fait en tout cinq aunes trois quarts ; fi elle a quinze feiziemes de large , il n’en faudra que cinq aunes.
- La Toiletté de campagne ne fe fait qu’à un corps Sc un volant ; il faut pour le corps fept huitièmes d’une toile de trois quarts de large ; le volant aura une demi-aune de haut ; fi la moufleline n’a que trois quarts, il en faudra fix lez ; fi elle a quinze feiziemes, cinq lez fuffiront.
- Pour monter la Toilette, on commence par arrondir les quatre coins du corps ; on coud en pliflànt à points devant le grand volant autour du corps de defïous : on attache de même le petit volant au corps de defîus, & on lui laiffè une petite tête pliffée & applatie. Voyez Garniture ci-deflbus.
- Les Toilettes de dentelle fe trouvent toutes prêtes à monter: elles ont cinq aunes de tour,
- Troujje y
- i
- p.12 - vue 15/68
-
-
-
- DE LA L 1 N G E R E.
- Trouve, ou Etui à Peigne.
- 13
- /
- On fait deux Trouffes dans la largeur dp bafin de Troyes ; il en faut pour les Jeux une demi-aune un vingt-quatrieme. Chaque Trouffe aura deux compartiments , chacun d’un feizieme & demi de haut, qu’on coud au corps de la Troulïe à points de côté ou à fiirjet. Quand le fécond compartiment eft pofé, il faut échancrer le haut de la TrouiTe en pointe, & y faire un ourlet ou un point noué : au milieu du haut de cette pointe, on fait une boutonnière, & à la TrouiTe un bouton pour la fermer ; on la garnit tout autour d’un grand pouce de haut en mouffeline feftonnée des deux côtés & froncée , qui s’y coud par le milieu à point devant. Il en entre une aune & un quart de bande.
- Dejjlis de Pelote.
- Il fe fait en toile ou bafin, fur un huitième de large en quarré : on le garnit en moufleline feftonnée d’un demi-pouce de haut, ou en dentelle ; comme il eft plié en double , on le ferme de trois côtés à lurjet ; on laifle le quatrième ouvert pour laifler entrer la Pelote: on ourle*cette ouverture, & on la bâtit quand la Pelote eft dedans.
- Serviettes àe Toilette*
- Elles fe font en une toile de deux tiers ou de trois quarts de large ; elles auront une aune de long : on les ourle par les deux bouts.
- Tabliers de Toilette.
- On les fait en toile ou en mouffeline.
- En toile d’une aune de large , il en faut un let de fept huitièmes de long ; ainfi en mouffeline brodée , de quinze feiziemes de large, il en faut pareille longueur.
- Comme pour la largeur de ces Tabliers, il faut ordinairement plus d’un lez, mais que deux feroient trop, il faut en' couper le furplus néceflaire dans un autre lez ; alors comme les lifieres terminent les côtés du premier lez, les côtés coupés du fécond fe joindront aux deux lifieres, & s’y affembleront d’abord avec le point arriéré, & enfuite on rabattra la lifiére par-deffus. On ourle tout le bas : on pliffe tout le haut à grands plis d’un pouce ou environ, qu’on enjambe de moitié l’un fur l’autre, & qu’on affemble à mefure avec le point de fur jet un peu éloigné. On pofe un ruban de fil, large d’un pouce ou environ, au Tommet des plis, où on le coud en dehors en arriere-point, & à l’enyers en couture rabattue à point de côté.
- r
- Ltngere.
- D
- p.13 - vue 16/68
-
-
-
- i4
- LA RT
- Peignoirs.
- A manches rapportées.
- Il fe fait de deux fortes de Peignoirs, Peignoir à manches rapportées , 8c pe;w gnoir en pagode.
- Pour le premier, on prendra une toile de trois quarts de large , on en fera trois lez chacun de trois quarts de long ; on coupera du haut en bas en deux le lez deftiné à faire le devant du Peignoir qui doit être ouvert. Il faudra une aune de long pour les deux manches, à côté defquelles on lèvera le col : en tout trois aunes & un quart par Peignoir.
- Pour la façon , on coud toutes les lifieres enfemble avec un furjet ; on ourle tout le bas & le devant des deux demi-lez ; on pliffe tout le haut à point devant, puis on monte un col de la même toile à point de côté , faifant un point à chaque pli par dehors ; puis le pliant en deux fur là longueur, on coud ce redoublement de même en dedans pli à pli, ou bien de deux en deux plis. ( Voye^ à P Article des Poignets d’une Chemife d’homme, ci-après ). Si on vouloir une coulifle, on ourlera les bords des extrémités du col pour pafièr un ruban au travers, ( voye^ le Mantelet ) finon on les furjettera pour coudre enluite à chacune un ruban de fil.
- A l’égard des manches , on les affemble aux ouvertures des épaules qu’on a laiflees au corps du Peignoir; on les afîemble donc, fi c’eftlifierecontre lifiere, Amplement à furjet ; s’il n’y a point de lifiere, on ourle, puis on fùrjette ; s’il y a lifiere d’un côté & point de l’autre, on fait la couture rabattue : on plifle la manche à mefiire qu’on la coud à l’ouverture ; chaque pli d’environ un doigt de large, enjambé fur celui d’enfuite d’un demi-doigt. ( Voye£ la Chemife d’homme, ci-après).
- En pagode. Pour le Peignoir en pagode , on fuit le même procédé & aunage du précé-, dent, excepté qu’on n’y ajoute point de manches à part. Ainfi pour former la manche de chaque côté, commencez par aflembler le bas, coulant le demi-lez du devant avec le lez entier du derrière ; arrêtez cette couture à un tiers de long ou environ en montant, ce qui va ordinairement au niveau du coude ; ayant enluite laifie environ un tiers làns coudre, reprenez la couture ; mais à celle - ci, au lieu de coudre le lez entier fur fa longueur avec le demi-lez, rapportez 8c aflemblez une portion du haut de la largeur dudit lez entier, avec ce qui doit relier de la longueur du demi-lez, l’ouverture de la manche épargnée. Vous concevez que i°, le lez entier & le demi-lez pris en bas tous deux fur leurs longueurs , 8c que 2°, la couture d’en-haut prenant une portion du lez entier fur fa largeur avec le haut de la longueur du demi-lez , cette manœuvre, doit occafionner néceflairement une poche ou portion lâche de la toile du lez entier, à l’endroit du tiers non coufu, ce qui formera la pagode, autrement l’efpece de manche au travers de laquelle paflera le bras tout habillé ; on finira par plifîer Planche 2. Ie C°1 > &c ? comme au précédent. La Figure i, PI. 2, aidera à comprendre
- p.14 - vue 17/68
-
-
-
- DE LA LINGERE. 15
- cette façon qui eft un peu compliquée. A, les deux lez de derrière; B , les deux demi-lez de devant ; E, ouverture de la manche.
- Si on garnit les Peignoirs en entier, il faudra une demi-aune en moufleline de trois quarts de large , qu on partagera en huit bandes , ou bien fix aunes de dentelle ; mais fi on ne garnit pas le bas, il ne faudra que cinq* fixiemes de moufleline, ou de la dentelle à proportion.
- Pour garnir, on commence fi on veut une petite tête, par prendre la bande telle quelle foit, froncer à furjet, entre la grande.& la petite tête ; ou fi on ne veut qu une fimple garniture, on la froncera de même au bord de la moufleline. Ces deux elpeces fe montent à la toile à furjet ; la petite tête, s’il y en a une, fe couche fur la toile, Sc s’y arrête près de (on ourlet ou fefton à point devant. Quant à la dentelle , fi on s’en fert pour garniture, on la fronce à furjet par le pied de la dentelle, & on la monte à la toile avec le même point.
- Frottoirs pour ôter le rouge.
- Ik fe feront de bafin à poil d’une demi-aune de large ; on en prendra deux dans la largeur fur un quart de long: ils s’ourlent tout autour, excepté tels lifieres, ou bien on leur fait le point de boutonnière.
- Frottoirs pour ôter la poudre.
- *
- On en fera deux dans la largeur d’une moufleline double de trois quarts dè large, fur trois huitièmes de long : coutures comme le précédent.
- Coiffures de dentelle , & Tour de gorge.
- Il fe fait en général des Coëffures de deux façons, ou à un rang, où de deux pièces, c’eft-à-dire, avec un bavolet par-deflùs.
- Si on fait la Coëffure de dentelle fans bavolet, il faut pour le fond une aune un quart de grand entoilage ; un tiers de moufleline pour la bande ou papillon ; cinq huitièmes de dentelle de long, Sc une aune de moyen entoilage pour y coudre la dentelle ; Sc pour les barbes une demi-aune de dentelle de long: en, tout deux aunes cinq huitièmes de dentelle. Si on met un bavolet, il faudra toujours même longueur de dentelle aux barbes, trois quarts pour le papillon , & trois quarts pour le bavolet ou piece de deflùs. Il faudra une aune & demie de moyen entoilage pour coudre la dentelle du papillon & du bavolet, Sc une aune d’engrêlure pour mettre autour du fond : en tout trois aunes Sc demie de dentelle.
- Toute Coëffure fe monte fur un bonnet piqué F, PL 2. (il eft décrit ci-deflous) pofé fur une tête de carton & arrêté en place par un ruban qu’on paflè fous le"
- Garniture.
- A un rang
- Bavolet.
- Monture.
- p.15 - vue 18/68
-
-
-
- L’ART
- menton de la tête; & quon attache aux côtés du bonnet avec une épingle à chacun ; on allure les plis de la bande ou du papillon, autour du devant du bonnet, par plufieurs camions ; les plis de cette piece fe tiennent en leur place & bien tendus avec la carcalîe. Cette carcafïe eft faite de fil de fer très-fin, recuit, entouré Sc couvert entièrement de foie blanche, plate ; chaque pli eft foutenu tout du long par une branche de ladite carcaffe ; & pour la joindre intimement avec le papillon , on l’y coud le long de tout lon tour antérieur ; on pofe Sc attache enfuite le bavoiet par-deiTus, fi on en met un, mais fans carcalfe : on attache le fond avec des épingles par-defîus le bonnet piqué , qu’il doit recou^ vrir en entier , ainfi que les épingles qui attachent les deux rangs fufdits.
- Les coutures qu’on emploie aux Coëffures de dentelle, de moulfelme , & toutes autres, font le fhrget pour monter le fond, l’ourlet pour coudre la dentelle aux paflès, Sc le point de côté pour la couiifîe au bas du fond, dans laquelle on croife les deux rubans de fil, le droit fortant à gauche, & le gauche à droite.
- La Figure D repréfente une Coëffure de dentelle toute montée ; a9 le fond orné Sc bouillonné d’entoilage Sc même de dentelle ; b, le papillon ; c, rubans qui accompagnent le fond Sc le papillon.
- Les Figures E repréfentent les pièces d’une coëffure féparées ; le fond c ; a eft la palfe ; dh barbe; b eft la pafïe Sc la dentelle du bavoiet.
- Le Tour de gorge en dentelle fe fait en trois quarts de long , Sc même en une aune , plus ou moins, félon les quarrures ; il s’attache aux échancrures de la chemife tout autour ; pour cet effet on le monte fiir un ruban de fil à furiet ? qu’on coud enfuite auxdites échancrures à point de fiirjet, ou que l’on y bâtit à point devant. '
- Coeffure dite Battant-l’œil, en dentelle.
- Cette Coëffure fe fait à deux pièces ; il faut, en grande dentelle 9 pour la piece de deflous avec la barbe , une aune trois quarts, Sc pour la piece de defîùs trois quarts, ce qui fait pour les deux pièces deux aunes & demie ; on aj oute au derrière des barbes une aune de petit pied, c’efbà-dire, de dentelle étroite pour les élargir : elles doivent fe terminer quarrément par en-bas, Sc avoir trois pouces de large, y compris le petit pied. Le fond fera en entoilage : coutures ci-deffus.
- Fichu plijp en entoilage & dentelle.
- Ce Fichu ne fe fait ordinairement qu’à un rang:? il faut une aune de grand entoilage pour chacun, une aune & demie de grande dentelle, Sc une aune Sc demie de petite dentelle pour faire la tête ; on le pliffe & on le bouillonne de diftance en diftance. Le tout à furjet.
- Ficha
- p.16 - vue 19/68
-
-
-
- DE LA LINGE RE.
- Fichu doublé.
- Il fè fait dans une moufîèline de trois quarts de large ; on le taille quarré-ment : on le garnit de dentelle tout autour, ou bien on le porte fins garniture quand on le fait en batifte. Il en faut quatre aunes pour fix Fichus à ourlet.
- Bonnets piqués.
- Le Bonnet piqué eft la bafe de toutes les pièces qui s attachent fur la tête. Il eft compofe de trois morceaux, le milieu & les deux côtés ÿ le defîiis eft de toile , la doublure de futaine, & du coton entre deux ; on pique le tout à point devant: pour que le coton ne fe dérange pas, on le borde d’un petit ruban de fil à point de côté. Il s’en fait de grands, de moyens & de petits ; la Figure F , PL 2, où il eft plié en double, en démontre allez la ftruélure.
- Bonnets a deux rangs.
- Il faut pour fond & pafle de deux Bonnets, un tiers de moufîèline double, de trois quarts de large ; un quart de moufîèline claire pour les deux bandes ou rangs, & trois aunes unfixieme de dentelle. On monte les bonnets tout différemment des Coëffures ci-devant : toutes les pièces tiennent enfembte par des coutures à fur jet ; le fond fè plifîè fur la paffè à fùr jet, & on coud les deux rangs a la paffe par-devant à furjet : on fèrre le fond en bas par une coulifïè* ( la Coëffure de dentelle ci-devant ).
- Serres-tête ou Bandeaux.
- On les fait ordinairement en Royale ou en demi-Hollande ; on les garnit d’une petite dentelle qu’on coud à fiirjet : on leur donne des formes & des dimenfions > différentes, fuivant l’idée , de façon qu’on ne peut pas déterminer ici le plus ou moins de toile & de dentelle. '
- Le Serre-tête fe met pour contenir les cheveux avant de fe coëffèr de nuit.
- Grande Coiffe en mouffeline.
- Si on prend la mouffeline de quinze feiziemes de large, il en faudra un tiers de long par Coëffe ; fi on la prend de trois quarts de large, il en faut trois huitièmes de long.
- .... Ayant plié la mouffeline en deux du fens de fi largeur, on fait une échancrure comme on la voit en a, PL 2, Fig. G ; les morceaux échancrés d9 fe retournent & fe coufent en b à furjet ; on en coupe la pointe: on plifîè à coulifïè depuis le pli du redoublement de la mouffeline, jufqu’où commence l’échancrure , ce qui fait le derrière de la tête.
- Lingere.
- E
- p.17 - vue 20/68
-
-
-
- Grande Coiffe en entoilage & dentelle.
- Il fauc trois aunes 8c demie de grand entoilage, & deux aunes 8c demie de petite dentelle : même façon de la précédente ; couture à lurjet. La petite dentelle fert à garnir devant & derrière.
- Taies d’oreiller.
- On prend de la demi-Hollande de neuf feiziemes de large ; il en faut une aune trois feiziemes de long ; & pour la garniture en mouffeline, il faut une r mouffeline de cinq fixiemes de large 8c de trois huitièmes de long qu'on partagera en quatre bandes : le tout fe coud à furjet. Si on garnit en dentelle, il faut trois aunes de grande dentelle 8c trois aunes de petite dentelle ; on fronce fe dentelle à point devant pour y faire une tête ; on coud à demeure à furjet trois A côtés, le quatrième refte ouvert pour y faire entrer l'oreiller ; après quoi on le bâtit.
- Tablier de Femme de chambre.
- Il faut prendre dans une toile de trois quarts de large , deux lez de fept huitièmes de long, plus, un quart pour la bavette 8c la poche.-On coud à furjet ou à couture rabattue les deux lez enfemble fur la longueur ; on plifïe tout le haut fur un ruban de fil aflèz long pour faire le tour de la ceinturé 8c revenir le noues par-devant. On attache la bavette à liirjet au milieu du haut du tablier; cette bavette eft quarrée , plus haute que large , elle doit fe relever fur la poitrine & s'y attacher avec des épingles ; la poche, dont la fente fera ourlée , le coud vers le côté droit du tablier.
- Chemifes de femme.
- Il s’en confirait de trois façons, l'une dite a la Françoife , les deux autres dites a l3 Angloife.
- A la Françoife , Fig. B.
- Il faut une toile d’une aune de large.
- On fera deux corps dans la largeur ; on prendra deux aunes un fixieme de long pour deux corps, & cinq fixiemes pour deux paires de pointes; on pliera chaque corps en deux du haut en bas , c'eft-à-dire, du fens de la largeur, ce qui fera neuf aunes pour fix chemifes.
- Les pointes doivent monter en étroit à un quart de diftance du haut du corps,& fe coudre à coutures rabattues, ainfi que toutes les coutures du corps 8c épaules. Si les manches doivent être plilfées, on prendra pour les faire une toile de fept huitièmes de large, 8c on donnera à chacune un quart de long : on les plilîèra comme aux chemifes des hommes, 8c on y ajoutera un petit poignet làns piquure ni boutonnières. Si on les veut plates 8c longues, on prendra une toile de deux
- p.18 - vue 21/68
-
-
-
- \_
- DE LA LIN GERE. 19
- tiers de large, & on leur donnera cinq douzièmes de long ; on les ourlera par le bas : fi elles font plates & garnies , la garniture fe coudra à furjet. On prendra le même aunage qu’aux plifiees ci-deflus. <
- Les Chemifes de femme , telles qu’elles foient, ont toutes une échancrure au haut du devant de la chemife plus ou moins profonde ; l’ordinaire eft de fix pouces de profondeur , for un pied à treize pouces de longueur d’une épaule à 1 autre , comme on voit PI. 2 * * *. Il y a des Nourrices qui font fendre le milieu de féchancrure comme le jabot des hommes, de fix pouces plus ou moins.
- Première Chemife a UAngloife , Fig. A.
- Il faut une toile de deux tiers ou de trois quarts de large.
- On prendra pour lé corps deux aunes Un fixiertie de longueur de toile, qu’on pliera enfuite en deux du haut en bas, c’eft-à-dire en largeur , ce qui réduira le corps de la chemife à une aune un douzième de long ; on leve en-haut deux petites pointes pour les mettre en bas , obfervant que le haut de la chemife ait toujours une demi-aune de large : ce fera le forplus de cette demi-aune qui fera de chaque côté la largeur des pointes. -,
- Pour les manches, on fe fert de la même toile ; fi elles font plifiees, il en faudra deux aunes pour fix paires, en prenant dans la largeur de la toile une manche & demie : en tout quinze aunes pour fix chemifes , dont 13 aunes pour les fix corps*
- Deuxieme Chemife a /’ Angloife , Fig. C.
- Cette façon ne convient qu’aux perfonnes menues ; on fe fert des mêmes toiles que pour la précédente , même longueur au corps , même largeur en haut ; mais il ne àut lever qu’une pointe d’un fixieme de large ; pour cet effet on coupera d’un côté la longueur d’un quart, ce qui fera pour l’entournure de l’épaule ; puis partant de ce quart coupé^ on coupera tout de fuite la pointe l’étroit en bas, pour la rapporter l’étroit en haut de l’autre côté où l’on n’a rien coupé.
- Il entre, comme à celles ci-deflus, treize aunes pour fix corps ; il ne faut plus qu’une aune pour trois paires de manches, les trois autres fe faifimt du quart levé au haut des fix chemifes, avant de lever la pointe de chacune , comme il vient d’être dit. Cette façon épargne une aune for fix chemifes ; car il ne faut en tout que quatorze aunes.
- Moyen économique d'allonger de fix pouces, une Chemife de femme
- fans quil y parafe.
- I l peut arriver que les Chemifes d’une Adolefeente qui a pris la moitié de fe croiflance, ne foient pas ufées & ne puiflent cependant plus lui fervir ni à~ d’autres, parce qu elles leur feroient trop courtes : voici un moyen économique de les allonger de fix pouces fans qu’il y paroiflè, avec un feul morceau
- r
- p.19 - vue 22/68
-
-
-
- ao L A RT
- de toile de fix pouces de haut, & de la largeur du haut du devant de la chemife,
- Découfez les manches , coupez les épaulettes en travers au rez de Téchan-. crure du devant ; elles ne tiendront plus qu’au derrière.
- Taillez un morceau de toile pareille à celle de la chemife, qui ait fix pouces de haut du fens de fa longueur, & de la largeur du haut du devant de la che-mife à l’endroit coupé /le long duquel vous le coulerez.
- Coufez la coupure des épaulettes audit morceau ou alonge, au milieu de laquelle vous ferez la petite échancrure du derrière entre les deux épaulettes.
- Le réfultat de cette opération efl:, que la chemife fera alongée de lîx pouces 8c que ce qui failoit le derrière fera maintenant le devant ; il y aura une couture à chaque épaulette & une au dos ; le commencement des pointes fe trouvera de lîx pouces plus bas : vous recoufèrez les manches.
- ' •')
- Mouchoirs.
- En Royale ou demi-Hollande, il faut quatre aunes & demie pour fix, ourlés tout autour ; en Courtray, quatre aunes trois quarts ; en Batifte , quatre aunes.
- Chauffons•
- Il faut une toile de fept huitièmes de large , & pour douze paires une aune neuf feiziemes de long : on en fait deux paires dans la largeur.
- Partagez la longueur de la toile en fix morceaux égaux coupés chacun en deux du fens de la largeur ; pliez chacun de ces douze morceaux en quatre , puis coupez deux par deux la lifiere danjs la longueur du Chauflbn.
- Pour tailler le Chauiîon, prenez un des morceaux doubles, taillez-le en demi-rond pour le bout du pied; dépliez4e, échancrez-en un des doubles, comme vous voyez en a, PL 3. Fig. F F y ce qui fera le defliis du coudepied ; taillez l’autre double b pour le talon: repliez les doubles comme ci-devant, bordez l’échancrure du coudepied. Le tout fe coud à point de boutonnière, chaque fimple à part, qu’on joint enluite en laçant à furjet ; ou bien on remploie les deux pièces à joindre, les deux remplis en dehors ; on aflemble à furjet, puis on arrête chaque rempli à point de côté ; joignez enfemble par une couture, les deux côtés de l’échancrure du talon : fermez le bout du pied.
- Pièces d’ejlomach pour femme.
- c
- Elles fe font en toile, doublées de bafin à poil, ou bien de deux mouflelines entre lelquelles on met du coton, & on les pique. Elles auront un quart & un pouce.de haut, & autant de large par le haut, réduit à un feizieme de large par le bas ; on garnit ordinairement le haut d’une petite dentelle.
- La Piece d’eftomach fe coud tout autour à point de côté, après avoir piqué le coton à petits carreaux à point devant ; & la garniture de dentelle, foit pliflee ou non, s’aflemble à furjet. :
- Mantekt
- p.20 - vue 23/68
-
-
-
- /
- DE LA LINGERE. ar
- Mantelet de mouffeline.
- Il faut une aune & demie de mouffeline par Mantelet, fi la mouffeline a quinze feiziemes de large ; & en cas qu’elle n ait que trois quarts de large , il en faudra une aune trois quarts.
- Pliez la largeur de la mouffeline, & taillez le Mantelet comme vous voyez pig. L, PL 2. Le coqueluchon M9 taillé en double comme le Mantelet, doit avoir cinq feiziemes de profondeur de tête, & cinq huitièmes de hauteur.
- Les bandes en mouffeline qui garniront tout le tour du Mantelet & le devant du coqueluchon, auront un bon feizieme de large & fix aunes de long. Ces bandes froncées avec une petite tête, fe coulent à point devant.
- Avant de joindre le coqueluchon au Mantelet, il faut commencer par abattre, ceft-à-dire, couper au bas du derrière du coqueluchon la hauteur d’un feizieme flg. M, en mourant. La petite échancrure a du coqueluchon, fe coud à couture rabattue en dedans ; au haut de cette couture en b 9 on pliffe à point devant en rond, c’eft-à-dire, tous les plis fe rendant à un même centre, au haut de la petite échancrure, les plis égaux, & d’un pouce de profondeur ; puis on les arrête à plufieurs points de furjet. On ourle le colet c Codu coqueluchon ; le coqueluchon étant prêt, pliffez à plis couchés lé colet du Mantelet, c’eft-à-dire , laifîez fans plifler deux pouces par derrière , puis iaiffez encore deux pouces fans plifler à chaque devant, ce qui fe fait à arriere-point ou à point devant.
- Pliez la couliffe en deux du fens de fa longueur ; coufez l’un des doubles au colet du mantelet à arriere-point, Sc fautre double au même colet à point de côté , ce qui l’attachera au colet ; puis vous plifîèrez à furjet le coqueluchon à la couliffe, obfervant les efpaces non-pliffés du colet.
- On paffe un ruban dans la couliffe, qu’on y arrête au milieu: il fert à nouer le Mantelet par devant.
- Poches de bajin.
- Il faut pour chaque paire trois quarts de bafin de Troyes;
- Garniture de Corfet.
- Les Corfets font du diftriét de la Couturière ; mais ce font les Lingeres qui les garniflent. Ainfi la garniture de Corfet en moufîeline, fe fait d’une aune trois quarts de long fur un douzième de haut ; il faut échancrer la bande pliée en deux au quart de fa largeur : le bas de la garniture aura un feizieme de haut, & le colet un vingt-quatrieme.
- Les garnitures en dentelle fè font de même longueur, fur un feizieme de haut : on ne les échancre point. Levtout fe fronce & fe coud à furjet.
- *
- Lingere.
- £
- p.21 - vue 24/68
-
-
-
- 22
- L’A R T
- i
- Tour de gorge en mouffeline feftonnée.
- Il fe fait d’une -aune de long fur un feizieme. de large. Pour la monture voyez ci-devant page iy , la Coëffure de dentelle.
- Manchettes de mouffeline a trois rangs, fejlonées en dentelle.
- Il faut une aune de mouffeline de fept huitièmes de large par paires, & fept aunes de dentelle d’un demi'pouce de haut ou environ : fi la moufleline çft brodée , il en faut prendre pour deux paires à la fois, & les entrecouper; par ce moyen il n’y a point de perte. Voye£ la façon des fùiyantes.
- Manchettes de dentelle à trois rangs, avec un entoilage:-
- Il faut huit aunes de grand entoilage, & cinq aunes un quart de dentelle par paire ; & fi la dentelle eft d une grande hauteur, il ne faudra que fept aunes d entoilage : on fronce chaque rang en le roulant, & on monte les manchettes fimples ou celles à trois rangs fur un ruban de fil, le grand rang de ces dernieres à un des bords, le moyen au milieu , le petit à l’autre bord. Voye£ la Fig. K, FL 2. Ils s’étagent ainli l’un fur l’autre: on coud ou on bâtit le ruban-à la manche.
- Manches de toile à laver les mains.
- On aura une toile de trois quarts de large; il en faut une demi-aune pour deux paires ; & comme elles vont en élargiflant, on les entretailie : on fronce le bas comme un poignet, & on y joint quelquefois une petite dentelle ; on alTemble les côtés par une couture à fur jet, jufqu’à trois ou quatre pouces de haut, ou r on fait un faux ourlet, auquel on attache des cordons. Pour s’en fervir , on retrouffe fes manchettes, puis on fait entrer cette manche le long du bras, Sc on noue les cordons du haut.
- Linges à laver le dejffous des bras»
- On prend une demi - Hollande, on fait deux linges dans là largeur ; chacun aura trois huitièmes de long , ourlé tout autour.
- Linges de garde-robe.
- On prend une Royale, on en fait deux linges dans la largeur ; la longueur fera comme les précédents : on les ourle de même. v
- Comme on fuit ici la lifte des pièces du Troufleau, en ce qui concerne la Lingere feulement,que parmi ces pièces plufieurs autres font du diftriét de la Couturière, comme Corfets, Camijoles , Jupons , Manteaux-de-lit, on renvoie le Leéleur à fon Art, qui eft imprimé avec celui du Tailleur.
- p.22 - vue 25/68
-
-
-
- DE LA L I N G E R E.
- 23
- CHAPITRE CINQUIEME.
- Explication des Termes de l’Art, répandus dans VArticle précédent
- ÔC dans les fuivants.
- On a penfé qu’il feroit plus convenable & plus commode au Leéteur de trouver ici l’explication des termes de l’Art, employés dans les articles précédent & fuivants, que de les aller chercher à la fin.
- Le terme de Rang s’applique non-feulement aux bandes d’un Bonnet, mais encore aux Manchettes, quand il y a plufieurs étages de toile ou de dentelle l’une au-deflus de l’autre ; c’eft pourquoi l’on dit Bonnet a deux rangs, Manchettes a trois rangs, &c.
- Le terme de BandeM’applique non-feulement aux Coëffures & Bonnets ^ mais encore à toutes longueurs de toile , mouffelines, &ç, de peu de largeur, dont on borde plufieurs pièces de Lingerie.
- La Garniture confifte en bandes que l’on met le long des bords de certaines pièces de Lingerie.
- La lifiere en bas 9Jur le devant, &c, expreffions de la Lingere, qui lignifient que comme les lifieres d’une toile font toujours des deux côtés de fa longueur , il faut couper la piece, de maniéré que la lifiere ou le fens de la toile terminé par la lifiere, fe trouve fur le devant, en bas, car il rveft pas néceflàire que la lifiere même s’y rencontre.
- L’Entoilage eft une dentelle qui fe borde toujours par une dentelle plus fine. Le grand entoilage eft ordinairement de quatre pouces de large , & le moyen de deux pouces ou environ.
- Une Levée eft une portion de toile quon retranche en taillant une piççe où elle feroit fuperflue ; quelquefois cette levée trouve fa place ailleurs.
- Une Echancrure eft un retranchement de toile aux endroits où il eft néceflàire de donner une forme à la piece.
- Une Coulijje eft une efpece de conduit formé d’un ruban que l’on coud par fes deux bords à la piece , & aux deux bouts duquel on attache un cordon : on fait pafler enfuite les deux cordons fous le ruban pour reffortir du çôté oppofo à leur attache : ils fervent à ferrer la couliffe lorfqu’on les tire.
- Un petit Pied eft une dentelle étroite dont on borde un entoilage.
- Une Engrêlure eft une très^petite dentelle, ou plutôt un petit bordé dç dentelle.
- Une Tête eft une dentelle étroite, quand elle borde une grande dentelle.
- En Pagode ne fo dit que des manches, quand on les prend à la toile même qui fait le corps fans les rapporter.
- p.23 - vue 26/68
-
-
-
- 24 L’A RT
- Les Fournitures font toutes les petites pièces quon ajoute aux Chemifes d’homme quand on les monte, comme les gouflets, le col, les pièces d’épaule 5 &c. ( Voye^ la Chemife d’homme ).
- En étroit, fo dit de la façon de couper la toile en biais , finiflànt en pointe.
- Tête à pointe y expreffion qui lignifie que lorfqu’on taille dans une toile plufieurs pièces pour le même ulàge, on les retourne le haut de l’une contre le haut de l’autre. ( Voye^ la Fig. H y PL 3 ).
- Entrecouper ou Emretailler , expreffion qui lignifie qu’aux pièces taillées convexes. & concaves y on profite de la convexité de l’une pour former la concavité de l’autre.
- Fefionner y c eft tailler le bord d’une piece en ondes, c eft-à-dire en portions de cercle fucceffivement convexes & concaves.
- Bouillonner y c’eft rafïembler de diftance en diftance, par des nœuds ou en coufant 5 plufieurs pliflures le long d’une piece.
- Bâtir deux pièces l’une à l’autre, fe fait de peur qu elles ne fo dérangent quand on viendra enfuite à les coudre à demeure. Le bâtis fe fait à grands points devant, ou foivant le cas, à grands points de forjet ; on bâtit auffi avec des épingles : quand les coutures font faites, on ôte les bâtis.
- Glacer y fe dit quand on double deux toiles pour les afîurer en place; on glace en plufieurs rangées à grands points devant avant de les coudre ; le glace refte & ne s’ôte point.
- Pli (fer fe fait de deux maniérés; lavoir, en plis debout & de même hauteur entr’eux côte à côte, tels font les plis des poignets, & c, & en plis couchés & applatis for la toile à plus ou moins de diftance , ou enjambés l’un for l’autre.
- Froncer eft une efpece de pliffore, qui fe fait en pafïànt à mefore le fil au travers de petits plis qu’on fait les plus égaux qu’on peut, pour enfoite les ferrer en les tirant avec ledit fil pour les rapprocher plus ou moins.
- Rouler fe fait en mettant le bord d’une toile entre le premier doigt & le pouce qu’on avance en ferrant un peu, ce qui occafionne un petit bord imitant un petit ourlet ; fieffentiei eft de faire ce roulement petit & bien égal d’un bout à l’autre.
- Piquer y c’eft faire au travers de deux toiles, qui renferment du coton , des coutures à point devant, en foivant des deffins qui font communément de petits carreaux, ce qui fe fait pour contenir le coton de peur qu’il ne fe dérange.
- Faux Ourlet fe dit quand on redouble une feule fois le bord d’une toile for elle-même, pour le coudre enfuite ; au lieu que le vrai ourlet ne fe coud que quand il a été redoublé deux fois, comme on verra ci-après, en parlant des points de couture.
- CHAPITRE
- p.24 - vue 27/68
-
-
-
- DE LA LINGERE.
- CHAPITRE SIXIEME.
- Des Points de couture en ufage dans la Lingerie ; de la Marque du Linge 9ôCdela Couture des Dentelles.
- Les Lingeres non-feulement vendent & coupent les Toiles, Dentelles , &c J mais comme on les charge le plus fouvent de rendre les pièces achevées & prêtes àfervir, elles les envoient pour les coudre, aflembler, monter & marquer à leurs Ouvrières en Linge. Quelquefois aufli il fe rencontre dans les ménages des femmes ou filles de fervice qui ont quelque fcience à cet égard, ou même des Dames économes qui en font leur amufement; c’eft pourquoi on va expliquer le plus clairement qu’il fera pofîible les Points de coutures qui fervent à la Lingerie, ainfi que la façon de tracer fur le Linge les marques différentes deftinées à faire reconnoître par les Blanchiflèufes, ou dans toute autre leffive, à qui il appartient.
- !Le Surjet y qui aflèmble les toiles par les bords.
- Le Point de côté, qui fixe les remplis des bords.
- U arrierc-Point, qui aflèmble les toiles à plat.
- Le Point-devant, idem à plac.
- La Couture rabattue aflèmble & fixe les bords.
- Le Point noué ou de boutonnière, empêche les bords de s’effiler.
- Le Point de chaînette , efpece de broderie.
- A 9 Le Surjet eft un Point qui fert à aflembler deux morceaux de toile, de dentelle, &c. Voici comme il fe fait.
- Après avoir fait un nœud au bout de l’aiguillée pour l’arrêter à la toile , comme ceft l’ordinaire, on commence par faire un rempli à chacune des deux pièces qu’on veut joindre enfemble; ces remplis fe font pour les empêcher de s’effiler en defliis, ce qui n’arrive point aux lifieres ; aufli n’eft-il pas néceflàire d’y prendre cette précaution en les furjettant.
- Les remplis faits , quand il en eft queftion, comme on vient de dire, on paflè l’aiguille au travers des deux jufqu’au nœud qui l’arrête ( les remplis en dedans ) ; le fil étant forti, on le paflè par-defliis lefdits remplis ; on le fait rentrer à côté du nœud, & reflbrtir à l’oppofite. On fait ainfi tous les autres Points, le tout fur la même ligne à chaque envers & près-à-près, approchant du haut des bords le plus que l’on peut. Comme les bouts de ces remplis pourroient s’effiler à l’envers, on les rabat ordinairement. ( Voye£ ci-deflous la Couture rabattue ).
- Figure A, de a, premier Point ? paflànt par-dejliis les bords d d, reflort en b ; de b y idem, reflort en c 9 &C#
- Lingere. G
- Planche
- p.25 - vue 28/68
-
-
-
- atf L’ART
- C. Le Point de côtéfert ordinairement à coudre les ourlets qui fe font au bord des pièces , comme auffi à tenir fon rang dans les Coutures rabattues ci-delîbus
- Pour former un Ourlet, on pliile deux fois fun for l’autre le bord de la toile • & afin que ce double pli ne fe rouvre pas, on le pliile, ou plutôt on le corrompt fur fa largeur en plis volants, ce qui fapplatifïànt , l’empêche de s’ouvrir , ce qui donne plus de facilité pour le coudre.
- Pour coudre l’Ourlet on fe fert du Point de côté, après avoir arrêté le fi[ & lord immédiatement au - de (Tous de l’Ourlet, on le fait rentrer en avant traveriant les trois toiles , & reffiortir un peu au-defîbus du bord inférieur dudit Ourlet, d’où on repart pour recommencer la même manœuvre ju(qu’au bout.
- Figure C. a a ci eft ce qui paroît de la Couture à l’endroit, quand on a paffé le fil fous l’Ourlet pour le point d’enfui te.
- F. L’arriere-Point dont on fe fert comme d’une Couture très-folide, fe fait ainfi: Après avoir arrêté le nœud & piqué l’aiguille entre deux fils, on la fait rentrer en arriéré au-delà du nœud, pour refîortir en avant à la pareille diftance dudit nœud au premier point; de-là on la repique en arriéré fur ou près du nœud, & on la reiîbrt toujours en avant, à la diftance de chaque point précédent. Tous les points qui paroiffent à l’endroit de cette couture, dont les premiers font cotés <£, u, c, font ceux qu’on a faits en reculant, ce qui lui a donné le nom de Point-arriere ou d' arriere-P oint.
- Na. Qu’à cette Couture il faut toujours foivre le même fil de la toile ; & pour la rendre régulière 8c agréable à la vue , on doit compter la même quantité de fils à chaque point. <
- Figure F. a eft la première fortie du fil ; b la rentrée du fil, ce qui fait le premier point ; c la fécondé fortie du fil, 8c le fécond arriere-Point de c en a, ainfi de tous les autres.
- D. Le P oint-devant eft tout fimple ; on fait tous les points en avant for la même ligne à diftance égale l’un de l’autre , en plongeant & relevant l’aiguille de deflous en defliis. Ce Point fert à froncer 8c à bâtir ; c’eft ce qu’on appelle Couture légère.
- Figure D. abcy Points-devant paroiifant en dehors.
- G MPI. La Couture rabattue fe fait de plu fi eu rs maniérés ; il s’en fait à forjet, d’autres à points-devant mêlés d’arriere-points , le tout pour joindre deux pièces dont l’une & l’autre font fins lifiere ; ou bien quand il n’y a qu’une lifiere à l’une des deux pièces : car deux lifieres fe joignent l’une à l’autre fans avoir befoin de couture rabattue à l’envers, qui ne fert qu’à empêcher les toiles de s’effiler : en voici la manœuvre. Remployez le bord de chaque toile, mais l’une plus que l’autre ; approchez-les de leurs remplis, de façon que le rempli de l’une dépalfè celui de l’autre de quelques lignes ; furjettez-les près du haut de chaque rempli ; puis retournant les pièces à l’envers & déployant les deux toiles, vous retrouverez l’extrémité de chaque ploiement ; vous verferez le plus long fur l’autre, 8c
- p.26 - vue 29/68
-
-
-
- DE LA LINGERE. 27
- les applatiflant fur la toile, vous les y arrêterez à point de côté; ou bien approchez Yun de l'autre les bords de chaque piece pliés comme ci-deflus, mais de façon que , Fig. I G y le bord a dépafle de quelques lignes le bord b b de l'autre ; puis le long dudit bord b b, le plus bas, faites une couture à points-devant & arriere-points d\ par exemple, fucceffivement deux points-devant & deux arriere-points. Vous rabattrez enfiiite , Fig. AI, le bord dépaflànt aay Fig. IG, de fautre morceau par-deflus cette couture, & vous farrêterez à points de côté.
- Les Figures G AI A7, font voir une couture rabattue à points-devant mêlés d'arriere-points au lieu de iur jet.
- La Figure //, montre les deux pièces ouvertes l'envers en deflous : la couture paroit à peine en dd; car fi le tout eft bien exécuté, à peine doit-on voir la couture à fendroit.
- B. Le F oint noué ou de boutonnière, eft celui qui fe fait autour de toute boutonnière , de crainte que leurs bords ne viennent à s'effiler. On s’en fert encore en d’autres occafions qui feront exprimées à leur place ; ce n’eft pour ainli dire qu'un fur jet, dont, avant de ferrer chaque point, on pafle le fil au travers de l'anneau qu’il forme naturellement en s'approchant pour terminer les points.
- La boutonnière étant entourée de cette elpece de points, on ajoute à un ou à fes deux bouts, une bride deftinée à l’empêcher de s'agrandir ; cette bride fe commence par trois ou quatre points longs qui fe nomment points coulés, en travers, au bout de la boutonnière, & près-à-près à côté l’un de l’autre, on les fortifie en les prenant enfemble avec le même point noué ci-deflus près-à-près fans percer dans la toile.
- Figure B 9 le point de boutonnière ; a , repréfente l’efpece d’anneau que fait le fil du point précédent quand il eft près d'être ferré ; b, le fil pour le point feivant, pafîànt au travers dudit anneau. Figure K , repréfente une boutonnière achevée; aay le point de boutonnière qui l’entoure; b, la bride. Fig. AT, le commencement de la bride ; a a, les trois points longs ; b, le point noué. ;
- E, Le Point de chaînette. Ce point ne fe pratique guere par les Lingeres : il eft regardé en Lingerie comme Point de broderie, attendu qu’il fert le plus fouvent à cet Art ; cependant comme il peut être employé ici, quoique rarement , on va, par furabondance, en faire la defcription.
- Après avoir arrêté le fil à la toile, couchez-y une longueur dudit fil, laquelle. vous fixerez avec le bout du pouce de l'autre main ; cette longueur ainfi arrêtée fera la longueur qu’on voudra donner aux petites mailles que cette couture aura; alors repaflez le fil en arriéré & en deflous près du nœud , 3c reffortez-le tout de fuite près du bout du pouce, c'eft-à-dire, près de la longueur du premier fil, déterminée par le pouce ; puis rentrez-le à côté ou un peu derrière cette ferrie, & faites-le reparoître en avant au prorata de la longueur du premier ; repiquez l’aiguille, &c.
- Figure H\a> lieu du nœud arrêté en deflous; dy lieu du bout du pouce;
- p.27 - vue 30/68
-
-
-
- *8 L A RT
- a d9 le fil rentrant en b, reflortant en o, rentrant en p, reflortant en q y rentrant en s y reflortant en t ; la ligne ponctuée indique le chemin qu’il fait par deflous la maille qui va être faite, & qu’on a repréfentée dans la Figure à moitié fermée.
- / De la Marque du Linge.
- Les lettres ou les chiffres qui fe coufent fur le Linge, & qu’on nomme 'Marques, pour les raifons qu on a dites au commencement de ce Chapitre, ne fe font qu’au moyen d’une feule efpece de Point, nommé le Point croifé ; & Ia feule réglé pour faire chaque point régulier, eft de compter les fils ; or , comme la toile eft compofée de fils qui fe croifent quarrément, on doit compter pour chaque point deux fils d’un fens & autant de l’autre, c’eft-à-dire, deux fils de droite à gauche, & deux de haut en bas ; alors après avoir arrêté le nœud on mene l’aiguille en diagonale traverfànt les quatre fils de haut en bas ; on remonte fous les deux fils du bas en haut, & on croife la fécondé diagonale par-deflus la première, ce qui forme une croix de Saint André, qu on appelle le Point croi/é. Exemple, Figure K, fuppofànt le nœud en a par-defîbus, on va de a en d; puis paffant en deflous de d en b, on va en deflus de b en c, Scc.
- Les Figures qui rempliflent la moitié inférieure de la Planche 4, font voir toutes les différentes difpofitions des points de Marque, pour former les lettres & chiffres qui y font exprimés.
- < Nota. Que dans les quarrés qui repréfentent la toile dans l’eftampe, on ne l’a exprimée avec, tous fes fils qu’au premier qui forme une croix, afin d’éviter la confufion, & de mieux diftinguer chaque marque ; c’eft pourquoi il eft à propos d’avertir que chaque petit quarré en vaut deux en tous fens.
- Couture des Dentelles.
- Les Dentelles fe coufent, foit enfemble, foît aux entoilages ou aux toiles, prefque toujours à point de furjet ; mais il faut fàvoir où on pique l’aiguille à la Dentelle.
- Toutes Dentelles & Points font terminés dans le fens de leur longueur, par deux efpeces de petites lifieres, l’une qui eft celle dont onfe fert pour aflèmbler, fe nomme le pied de la Dentelle ; l’autre s’appelle la tête : elle eft bordée par un rang de petits ronds qui fe nomme le picot. On ne coud jamais la Dentelle par la tête ; le pied de la Dentelle qui eft à l’oppofite de la tête, eft terminé par une petite lifiere fimple, fous laquelle font rangés de petits picots ou ronds ; fous ces ronds , du côté du corps de la Dentelle, eft une autre petite lifiere plus épaifle que la première. Ces trois parties compofent ce qu’on nomme le piedy quand on veut joindre deux Dentelles , comme pour élargir des barbes de Coëf-fure , on les approche par les deux pieds, paflànc le point d’un pied à l’autre ,1 obfervant dans ce cas, comme dans tous les autres, de faire entrer l’aiguille au travers des petits fonds qui font entre les deux petites lifieres.
- La Figure M repréfente un morceau de Dentelle ; c c c, le pied de la Dentelle ; b b b y la Dentelle ; a a a , la tête & le picot. CHAPITRE
- p.28 - vue 31/68
-
-
-
- w
- DE LA LIN G ER E.
- y~
- 29
- CHAPITRE SEPTI EM E.
- Seconde Partie des Ouvrages de la Lingere.
- La Layette.
- AL a fuite du Mariage, qui, dans la première Partie, a exigé le travail de la Lingere pour faire & fournir un Troufleau convenable ; maintenant que la Mariée eft enceinte, il faut encore y avoir recours : elle doit longer quelle va devenir mere, & que par conféquent il eft temps de préparer la Layette d’elle 8c de l’enfant qu’elle doit mettre au monde.
- Ce terme , la Layette, qui fignifioit dans fon origine une caflettê, fe prend aujourd’hui, dans le cas préfènt, pour l’aftemblage de tous les vêtements 8c uftenfiles néceflaires , tant à l’enfant qui vient de naître, qu’à là mere, pendant le temps de fes couches. A l’égard du nouveau-né, loit qu’il foit garçon ou fille, on ne diftingue point alors Ion fexe par des habits différents, jufqu’à l’âge où il ceflera d’être enfant. La Layette peut être magnifique comme le Trouilèau , 8c par les mêmes raifons c’en eft une de cette elpece qu’on va décrire : pour ne rien omettre de ce qui peut la compofer : on y ajoutera fa diftribution fur l’enfant , 8c ce qu’on appelle le Maillot : cet épifode approche trop du fujet de la Piece, pour ne la pas accompagner.
- ÉTAT D’UNE LAYETTE.
- Pour la Mere.
- Six Linges de fein.
- Douze Goufets^om le lait.
- Deux Chemijes de couche?
- Six paires de Manches en amadis, dont quatre en mouflèline, & deux en dentelle.
- Douze Alaifes plates.
- Douze Alaifes pliflees*
- Six Bandes de ventre.
- Deux Déshabillés de moufleline.
- Soixante-douze Chauffoirs.
- * Six Camifoles en amadis, avec ou làns coqueluchon.
- * Un grand Couvre-pied pour le lit.
- * Un plus petit pour la Chaife longue.
- Lingere. H
- V
- p.29 - vue 32/68
-
-
-
- 3°
- LA R T
- Pour P Enfant*
- Tête: ~ -
- Quarante-huit Béguins.
- Deux Têtieres.
- Vingt-quatre Tours de Bonnets de laine , de trois longueurs.
- Vingt-quatre Cornettes pour la nuit, de trois âges.
- Vingt-quatre Bonnets ronds, de trois âges , en mouflèline ou en dentelle; Vingt-quatre Mouchoirs de col en batifte, garnis en mouflHine,
- Six Serviettes de col garnies en moulîeline.
- * Six Bonnets de laine.
- Corps.
- Soixante-douze Couches.
- Douze Bandes de maillot ou couche.
- Dix-huit Langes de futaine.
- Six Serviettes unies pour mettre la nuit autour des Langes de laine;
- Deux Langes piqués en moulîeline.
- Deux Tours de Langes, pour les Langes piqués en moulîeline.
- Un beau Tour de Lange, pour le Lange piqué en latin blanc ci-deflous,1 Vingt-quatre Chemifes de brajjiere , de trois âges.
- Douze Bavoirs de deux âges, garnis ou en moulîeline ou en dentelle.1 Trente-fix Mouchoirs à elïuyer l’enfant.
- * Six Langes de drap de Dreux ; ( gros draps blancs dont on fait les chaufles pour paffer les ratafias ).
- * Quatre Langes d’elpagnolette.
- * Un Lange piqué en fatin blanc.
- * Six BraJJieres d’elpagnolette.
- Deux Béguins;
- Deux Bonnets ronds.
- Quatre Bavoirs.
- Deux grandes Coëffès.
- Deux Biais.
- * Six paires de Mitaines de fl.
- Deux Parures, confiftant en
- Pour le Berceau.
- * Un Berceau.
- * Un DeJJ'us de Berceau d’étoffe.
- Un Dedans de Berceau, autrement Deffiis d! Archet 9 en toile.
- * Un Matelas.
- * Deux PaillaJJes de Berceau,
- * Six Paillaffons,
- }
- remplis de paille d’avoine.
- p.30 - vue 33/68
-
-
-
- 31
- DE LA L IN G E R E.
- Six paires de Draps de Berceau.
- * Deux Couvertures de laine.
- * Deux Oreillers de plume ; {avoir, un quarré pour le Berceau, & un long j que la Nourrice met fur fes genoux quand elle emmaillotte l’enfant.
- Douze Taies dtoreiller ; fa voir , fix pour l’oreiller quarré, & fix pour l’oreiller
- long. . ...
- Le Maillot, ou la Difiribution de la Layette fur T Enfant.
- L e terme de Maillot fignifie la difiribution des pièces de la Layette dont on vient de donner l’état, & leur arrangement fur l’Enfant jufqu’à l’âge de trois ans, qu’on les lui ôte entièrement, mettant les filles en chemîfe & en jaquette, 8c les garçons en fourreau jufqu’à quatre ou cinq ans, qu’on leur donne leur première culotte ; pour les filles , elles confervent la jaquette jufqu’à cinq ans.
- On a cru, à la fuite de la Layette, éclaircir fon objet par le détail du Maillot dont l’utilité principale fera de fervir de guide aux Meres qui nourrirent elles-mêmes leurs Enfants.
- On met le jour de la Naifiance, On ôte
- Le Béguin............... ...............à trois ans.
- Le Bonnet de laine avec fon tour........à trois ans.
- Le Bonnet rond le jour................à trois ans ) ** c’eÇ un® Fille; à fix
- J \ mois fi c’eii un Garçon9
- La Cornette la nuit.....................à trois ans ) & on lui met un Toqufec.
- La Têtiere..........................à quinze jours.
- La Couche...............................à trois ans.
- Le Lange piqué ou le Lange de futaine ... à trois ans.
- Le Lange de drap de Dreux *, avec fon tour
- de toile garni en moufleline.........à trois ans.
- La Bande de Maillât...................... à fix mois.
- Une fécondé Bande de Maillot............à fix mois.
- Le Lange ;de deflus d’efpagnolette......à trois ans.
- Le Lange de fàtin piqué ....
- Le Tour de Lange, ou Tavaïolle
- La Couverture de laine pour la nuit .... à fix mois.
- Les Serviettes de col garnies en moufleline,
- pour la nuit.................................à trois ans.
- Au bout de quinze jours.
- La Chemife de Brafliere............... ;.........à fix mois.
- La Brafliere de laine.........................à fix mois.
- }
- pour le jour, à fix mok.
- * Ce Lange fe nomme Lange £entre-deux.
- Les Fichus de col en batifte . . .........à trois ans
- Au bout de fix femaines.
- Les Manches de parure, ou petits bras ... à fix mois. Au bout de trois mois.
- Le Bavoir............................i . . à deux ans.
- aux Garçons ; les Filles les portent toujours.
- p.31 - vue 34/68
-
-
-
- Planche I.
- 33 L’A R T
- Au bout de fix mois , les pièces ci-deflous ne fe mettent point dans la Layette.
- La Jaquette. /i ote
- La Chemife du premier âge , ... à deux ans.
- Les premières Chauflettes........ . . .à trois ans.
- Au bout d’un an.
- Le Bourrelet . . . à trois ans.
- Les ChaulTettes du deuxieme âge .... . . . à trois ans.
- Remarques fur la Tetiere.
- La Tetiere eft deftinée à tenir la tête de l’Enfant ferme & droite dans Ion temps de foibleffe depuis le jour de la naiflance , jufqu’à ce qu’il ait acquis aflèz de fermeté pour loutenir la tête droite, ce qui va au plus tard à quinze jours ; pour cet effet après avoir mis la Têtiere, on attache le bas de l’elpece de barbe qui la termine avec deux épingles de chaque côté fur les épaules, l’une devant, fautre derrière.
- Sur les Mouchoirs & le Maillot.
- La Nourrice porte de petits mouchoirs dont elle fe fert pour moucher l’Enfant jufqu’à fix mois , qu’on le met, comme il vient d’être dit, en chemife & en jaquette , mais feulement pendant le jour ; car la-nuit on lui remet le Maillot ; & ce procédé continue julqu’à trois ans, qu’on l’en débarrafle entièrement; Au bout de fix mois on attache à là jaquette d’autres mouchoirs d’un quart de long fur un tiers de large, froncés 8c à couliffe, qu’il peut prendre lui-même pour fe moucher.
- Aunage 9 Coupe ôC Façon des Pièces de la Layette.
- Four la Mer e.
- Linges de fein.
- O n prend une toile de Courtray de trois quarts de large ; il en faut quatre aunes & demie de long pour fix linges. On prend les bandes en long dans une levée de trois feiziemes de large qu’on fait fur ladite toile. Cela fait, pliez la toile en fix du fens de fa largeur, 8c vous couperez 8c échancrerez, comme on le voit dans la Figure /, toutes les fix enfemble ; vous coulerez à chaque bout une des quatre bandes aaaa9 dans la direction repréfentée par la même Figure.
- On pofe le linge fur la poitrine , les échancrures des deux bouts paflent lous les aiffelles ; les bandes du haut font faites pour couler en croix de Saint André le long du dos, d’où elles viennent le joindre aux bandes d’en-bas où elles s’attachent.
- Les Linges de fein font deflinés à le foutenir pendant le temps du lait.
- . Goujfets
- y
- p.32 - vue 35/68
-
-
-
- 33
- DE LA LINGERE.
- Goujjets pour le lait.
- Ils fe font en une batifte de deux tiers de large ; on les taille quarrément, deux dans la largeur : on les coud de trois côtés, on laiflè le quatrième ouvert pour y faire entrer du coton, après quoi on le bâtit. Voye[ le titre Oreillers.
- Ils fervent à'la Mere pour étancher le lait à mefiire qu'il s'épanche.
- Chemife de couche.
- On prend une toile de trois quarts de large ; il en faut pour un corps une aune un quart de long, que l'on pliera en double du fens de fa longueur. On prend une paire de manches en amadis dans la largeur, Sc un quart pour toutes les fournitures qui s y ajoutent, comme à une chemife d'homme, voy. ci-après • en tout trois aunes cinq huitièmes pour deux Chemifes complettes.
- Cette elpece de Chemife efl; ouverte par devant comme un Peignoir, ( Voye£ Peignoir, page 14, Sc pliifée en haut comme une Chemife d'homme : on la garnit de dentelle.
- Ces Chemifes fervent à la Mere neuf jours ou environ. >
- Manches en amadis pour Femme, & leurs Manchettes.
- Les Manches en amadis pour Femme le font de toile de Courtray de trois quarts de large fur un tiers de long pour une paire. On les taille comme on voit PL 3 , Fig. CCby où on voit en dedans de la coupe pour homme , celle des femmes plus courte & moins ample ; la levée qu’on fait en les taillant lèrt à les doubler en dedans depuis le poignet jufqu'à fix pouces ou environ : on coud cette doublure à la manche à point de côté.
- Il faut pour chaque paire de Manchettes à deux rangs, qui s’ajoutent au ba$ des amadis ci-deflus, un quart de moulfeline de fept huitièmes de large ; on met au premier rang un peu moins d'un huitième, qu'on partage en deux fur fa largeur, ce qui fait un feizieme fort jufte, attendu qu'il faut pour le deffiis des bras un fort huitième, qu’on partage en deux fur fa largeur ; on fefton-nera les côtés qui forment les fécondés fourchettes.
- Si on fait ces Manchettes en entoilage avec une petite dentelle, il faudra une aune & demie d’entoilage d'un pouce de haut ; & fi on garnit par-deflus le bas de la manche , il y faudra trois quarts d’entoilage par paire, large de quatre bons doigts, & trois aunes de dentelle tant pour le haut que pour le bas.
- Alaifes plates.
- On prend de la toile d'une aune ; il en faut trois aunes pour chacune, ce qui fait une piece quarrée ; on en ourle les bouts : elles fervent à garnir le lit de l’Accouchée.
- Lin g ere. I
- p.33 - vue 36/68
-
-
-
- 34
- LA R T
- *?SS
- . ' «3
- Alaijes plijjées.
- On prend une Cretonne de trois quarts de large ; il en faut deux 1 ez, chacun d'une aune un quart de haut ; on les coud enfemble & on les monte en fronçant fur une ceinture d'un douzième de haut & de trois quarts de large, On laide ces Alaifes ouvertes par-devant, & on y coud des rubans pour nouer de diftance en diftance.
- Elles fervent à envelopper la Mere depuis la ceinture.
- Bandes de ventre.
- i
- Il faut une Cretonne de fept huitièmes de large ; on en fait deux d’une aune de long dans la largeur, la lifiere en bas. Les bandes de ventre font quarré* long, avec quelques plis par le haut.
- #
- Déshabillé de mouffeline.
- Le Déshabillé confifte en un Manteau-de-lit, Coqueluchon, Jupon, Âmadis Sc Manchettes ; il n'y a que les Amadis & Manchettes décrites ci-defîus qui regardent la Lingere ; le refte eft du reffort de la Couturière,
- Chauffoirs.
- Ils fe font en Royale ? fur trois quarts de long ; il en faut neut aunes pour douze Chauffoirs, On expliquera la maniéré de s'en fervir à la fin fous le titre de renvoi.
- Pour la teste de l’Enfant.
- Comme le Béguin eft la première coëffure de l'Enfant, & qu’on ne le lui ôte qu’à trois ans, il faut, à mefure que la tête groffit, lui faire des Béguins plus amples : on les a proportionnés ici en quatre âges.
- Pour les Béguins en général, il faut de la demi-Hollande ou de la Royale de trois quarts de large.
- Béguins du premier âge.
- On en prend cinq dans la largeur, & on en fait dix dans la longueur de neuf feiziemes ; on garnit chacun d'une bande de mouffeline de neuf feiziemes de long & d'un pouce de large. On taille tous les dix enfemble l'un fur l'autre ; pour cet effet on plie la largeur en cinq & la longueur en quatre ; on coupe en ^ rond ce qui doit faire le haut du derrière de la tête, de maniéré que la lifiere Planche L fe trouve toujours furie devant du Béguin. Voye^ la Fig, Il, PL ire. ou le Béguin eft déployé pour faire voir la double échancrure du haut de la tête.
- Pour le monter, on fait autour du devant en dedans un repli ou faux ourlet;
- p.34 - vue 37/68
-
-
-
- )
- DE LA LINGERE.
- 0n fait un feul pli de chaque côté vers les joues, & on garnit tout le devant avec la mouffcline (voye^ la Fig. Il/, qui montre un Béguin achevé ) ; on attache eIi bas d’un côté, une petite bande de toile qu’on fait paffer fous le menton de l’enfant, & qu’on arrête de l’autre côté avec une épingle, ce qui s’appelle une bride b , faite pour affurer le Béguin en là place.
- Deuxieme âge.
- On en prend quatre dans la largeur, on en fait douze dans la longueur de quinze feiziemes & demi ; il relie une levée qui pourra faire de petits tours pour les Bonnets de laine ci-après : les bandes auront cinq huitièmes de tour , 8c toujours un pouce de large.
- Troijleme âge•
- On en prend quatre dans la largeur ; on en fait douze dans la longueur d’une aune un trente-deuxieme ; il relie une petite levée pour les brides : les bandes auront deux tiers de tour, & un pouce de large.
- Quatrième âge:
- On en fait quatre tout julle dans la largeur , & douze dans la longueur d’une aune un huitième : les bandes auront trois quarts de tour, & un pouce de large comme aux précédents. ^
- Tours de Bonnets de laine.
- On prend de la Batille ; trois huitièmes de long pour le premier âge, fept feiziemes pour le fécond 5 deux tiers pour le troifieme ; le tout fur un douze de haut. Ils fervent à border le devant des Bonnets de laine, afin que la laine, ne frotte pas contre le vifage ; on les garnit d’une petite dentelle, Fig. IV.
- Têtieres.
- On prend la toile des Têtieres fur une levée de trois feiziemes ou environ, qui fe fait au tour de Lange ci-après. La Figure V en fait voir la coupe,
- Cornettes pour la nuit.
- On fe fert de toile pareille à celle des Béguins ci-deflus, ou d’une moufTeline de trois quarts de large ; on fait quatre fonds dans la largeur : les fonds auront de haut 8c de large trois feiziemes. On prendra trois barbes, autrement une Cornette & demie dans la même largeur ; il faut que la Cornette ait for le deflus de la tête trois pouces de large ; ledit deffos & les deux barbes qui ne font qu’un, auront une demi-aune de long : en tout une aune cinq fixiemes pour douze Cornettes, Fig, VL
- 1
- p.35 - vue 38/68
-
-
-
- 'l
- 3<î L’A R T
- Si la garniture eft en moufleline, il en faudra trois quarts de long par chaque Cornette ; pour le devant & le derrière des deux barbes, un tiers de long, Sc d un pouce de haut, le fefton pris fur la hauteur ; fi elle eft en dentelle, il la faudra d'un pouce de haut & le même aunage.
- Il n eft pas néceflàire de faire de ces Cornettes pour tous les âges, cela n’eft plus en ufàge ; mais comme il fe peut trouver des perlonnes qui en voudront de plus grandes, on peut faire le même aunage en une toile de quinze feiziemes de large pour douze Cornettes : on les fait aufli en demi-Hollande.
- En tout une aune cinq fixiemes de long pour douze Cornettes.
- Bonnets ronds ou à deux rangs.
- On prendra dans une toile ou dans une moufleline double de quinze feizie^ mes juftes de large ^ cinq fixiemes de long pour douze Bonnets ; on fera quatre ' fonds dans la largeur, même proportion de ceux de la Cornette ci-deflus ; & pour fonds & pafies cîefdits douze Bonnets, une aune un douzième de long : les pafies auront de haut deux pouces un quart, & de long cinq huitièmes. On fera une bande & demie dans la même largeur, d’une moufleline claire ; les bandes de deflous auront trois pouces de large & cinq feziemes de long ; celles de deftus deux pouces de large , & un pied demi-pouce de long.
- Si on vouloir des Bonnets ronds plus grands que les précédents, on peut faire de même quatre fonds dans la largeur d’une moufteline double pareille à la précédente ; pour fonds & pafies de douze Bonnets, une aune & un huitième. & pour les bandes une aune un quart, en une moufleline claire, de trois quarts de large. ( Voyez pour la forme la Fig. VII ).
- Nd. A l’égard des Béguins, Têtieres, Cornettes, Bonnets ronds, voyez pour les coutures, &c, le Titre Coejfures de dentelle & Tour de gorge, page iy.
- Mouchoirs de col, & Fichus d!Enfant.
- Ils fe font en Royale ou en demi-Hollande , ou bien en Batifte.
- En Royale, il en faut pour douze, deux aunes & un quart de long, & pour la garniture un douze partagé en deux bandes pour chacun ; en moufleline de trois quarts de large, il en faudra une aune ; ou fi la moufleline n’étoit que de quinze feiziemes, il n’en faudroit que onze douzièmes.
- Si on les fait en Batifte , on en fait deux dans la largeur de la Batifte, c’eft-à-dire, chacun d’un tiers en quarré, & la garniture à proportion.
- Quand les Enfants font plus grands, & qu’on veut qu’ils portent des Fichus en moufleline, ce qui ne fe fait guere, on en prend deux dans la largeur d’une moufleline de quinze feiziemes de large : il en faut pour douze, deux aunes cinq fixiemes : on n’y ajoute point de garniture.
- Serviettes
- i
- p.36 - vue 39/68
-
-
-
- DE LA LINGERE.
- Serviettes de col d’Enfant.
- 37
- On prend de la Royale de trois quarts ; on donnera à chacune une aune de long ; on les garnit en mouffeline de trois quarts de large ; on donne à la garniture un fixieme de haut & deux aunes un quart de tour ; on garnit tout le bas : on pliffe les deux coins du bas & les côtés jufqu a un quart près du haut.
- L ufage de ces Serviettes eft de les mettre au col de l’Enfant quand on le levé;
- Pour le Corps de l’Enfant.
- Couches.
- i
- Il faut une toile de trois quarts de large ; chaque Couche aura trois quarts de long, ce qui fait un quarré parfait : il en faudra neuf aunes pour 12 Couches.
- B andes de Maillot.
- Il faut une Cretonne : elles auront trois aunes de long fur un huitième de haut ; on leur fait faire plufîeurs tours autour du Maillot pour le contenir. Il vaudrait mieux ne s’en pas fervir.
- Langes piqués en mouffeline.
- \
- Il faut une moufieline de quinze leiziemes de large & d’une aune de long pour chacun ; on le doublera d’un beau Garas de même largeur, ou avec une greffe mouffeline : on mettra entre deux du coton, & on le piquera. ( Fover pour la forme la Fig. VIII ).
- Langes en futaine.
- Ceux-ci ne fe piquent point : prenez une aune & demie de futaine d’une demi-aune de large ; vous la couperez en deux fur fa longueur ; appliquez chaque moitié l’une fur l’autre, obfervant que le pluché foit en dehors ; iaiffez un feiziemefans être doublé de chacun des côtés du Lange, pour pouvoir attacher les épingles.
- C’eft en tout dix-huit aunes de long pour douze Langes.
- Serviettes unies.
- Il faut une toile de Laval ou une demi-Hollande de trois quarts de large • chaque Serviette aura une aune de long. Ces Serviettes fe mettent' la nuit autour des Langes de laine, afin que la laine ne touche point à l’Enfant.
- Lingere.
- K
- V
- p.37 - vue 40/68
-
-
-
- 3»
- L’ART
- Mouchoirs à ejjiiyer VEnfant.
- On en fait deux dans un tiers de Batifte ; ils fervent à nétoyer le vifage de l'Enfant : ils font quarrés.
- Biais , ejpece de Fichu.
- On taille une bande de toile de deux pouces huit lignes de large, Sc dune demi - aune moins un douze de long ; on la plie en deux, Sc on la coupe fur g largeur; on fait un gouflet d'un feizieme en quarré, auquel on coud les bandes dans la fituation d'un compas à demi-ouvert : on garnit Sc on couvre ces deux portions de bandes Sc le gouflet, avec trois quarts de moufleline ou de grande dentelle , Sc une aune un tiers de moufleline ou de petite dentelle d'un petit doigt de haut : celle-ci fert à garnir tout le tour. On plifle la moufleline ou la grande dentelle feulement autour du col. Cette elpece de Fichu’fert à parer l'Enfant.
- Grande Coeffe.
- Quand on veut parer l'Enfant, il fuffit de lui mettre une CoëfFe ordinaire de Femme en moufleline ; car on n’en fait point de particulières pour lui.
- Petits Bras.
- Les petits Bras {ont encore une parure de l’Enfant ; ils ie prennent dans une levée qu’on fait à la toile du Tour de Lange. ( Voye£ ci-deflous, ) Ils fe mettent par-deflus les manches de la Brafliere. On les garnit en plein avec de la moufleline pliflee Sc feftonnée: ils s'attachent en haut avec des épingles, Sc au milieu de leur longueur avec un ruban couleur de rofe ou d’autres couleurs, qui entoure le bras. ( Voye% la Eig. 12. )
- Chemifes de Brafjîere.
- Elles fe font en Royale ou demi-Hollande ; le corps aura un bon quart de long ; on ne fait qu’un corps & une manche à côté dans la largeur, la iifiere par derrière : il entre trois aunes fept huitièmes pour douze. La garniture pour douze fè fait en deux tiers de moufleline de trois quarts de large.
- Si on vouloir ces Chemifes plus grandes de deux doigts, & plus larges d’autant , on prendroit une toile de Courtrai, qui a trois quarts de large ; il en faut quatre aunes & demie pour douze, Sc la même quantité de moufleline que ci-deflus pour garniture, dans une moufleline de cinq fixiemes de large.
- La Figure X repréfente une Chemife de Brafliere, a, L’échancrure au bas de laquelle on laifle le morceau coupé : on retrouflè les manches. La Figure XI repréfente la coupe de la Chemife vue par le côté, a, La fente pour y coudre la manche ; b, la fente en biais de l'échancrure du devant. Cette efpece de Che-
- p.38 - vue 41/68
-
-
-
- DELA L I N G E R E. 39
- rnife doit être ouverte en entier par derrière, comme on voit en c, Fig. X. on la ferme fur l'Enfant en redoublant un côté fur l'autre avec des épingles.
- Tour de Lange , ou Tavaïolle.
- On prend une toile de Courtrai ; il en faut une aune de long. Il faut pour la garniture, en moufTeline de trois quarts , ou fept huitièmes, ou quinze feizie-mes de large, couper deux lez à deux tiers de long, ce qui fait une aune un tiers ; il reliera un tiers que vous couperez en deux fur là hauteur pour faire le volant de deflus.
- On fera fur la largeur de la toile une levée de trois feiziemes ou environ, de laquelle on fera la Têtiere & les petits Bras ci-devant.
- La Figure XII repréfente la difpofîtion de la garniture a a a fur le Tour de Lange.
- Bavoirsm
- Ils le font en demi-Hollande d'une demi-aune de large ; on en fait trois dans la largeur. Ceux du premier âge auront trois feiziemes de long; les autres, d'âge en âge, feront plus longs d'un pouce : on les plie l'un fur l'autre , & on les taille tous enfemble, leur donnant la forme qui fe voit Fig. X1IL La garniture fera d'un pouce de haut, le fefton pris fur la hauteur; fi on prend de la moufTeline de trois quarts de large, il en faut un tiers de long pourdouze ; & en moufTeline de quinze feiziemes, il n’en faudra qu’un quart»
- Pour le Berceau.
- Dedans de Berceau nommé Defïus d'Archet.
- Ce qui fe nomme Y Archet du Berceau, confifte en trois demi cercles de bois qui s'élèvent à la tête du Berceau & lui fervent d’impériale : on couvre cet Archet de toile.
- Il faut une toile de trois quarts de large & d’une aune 8c demie de long pour le deflus defdits cercles, cette longueur pliée en deux ; & pour le fond qui ferme l'archet par derrière , & fe coud au double deflus, il faut une demi-aune de large fur un tiers de haut.
- Pour ajufter ce dedans de Berceau fur l’Archet, taillez en arrondiflànt le haut du fond que vous coudrez enfiiite au deffus qui doit dépafler ledit fond d'un quart en bas de chaque côté ; vous couperez le pli du rendoublement jufqu'ou le fond s'y termine , ce qui fera deux parties, dont l'intérieur entrera dans le Berceau , & l’extérieur s'attachera en dehors.
- Vous coudrez de diftance en diftance plufieurs rubans le long du fond, planche $ & autant à la partie du deflus qui y tient, & vous nouerez ces rubans aux bois du Berceau.
- La Figure AA , FL III. repréfente un deflus d’Archet aflèmblé.
- p.39 - vue 42/68
-
-
-
- 4®
- L A RT
- Draps de Berceau.
- Ils fe font en un lez d’une Cretonne d’une aune de large : chaque Drap aura deux aunes de long.
- Taies d! Oreiller.
- Voyez le même Titre dans les pièces du Troufîeau.
- N°. Que toutes les pièces qui font de laine ou d’étoffe dans la Layette, comme Bonnets de laine, Langes de drap de Dreux, d’efpagnolette, Brafftere d’efpagnolette , Mitaines de fil, Langes piqués en fatin blanc , Couvre-pieds Defîus de Berceau, Matelas, PaillafTes, Paillalfons, Couvertures de laine, Oreillers , ne font point de l’Art de la Lingere, raifcn pour laquelle elles ne font que nommées Sc point décrites ici ; on les trouve marquées toutes d’une étoile dans l’état ci-deflus.
- CHAPITRE HUITIEME.
- Tr oisieme Partie des Ouvrages de la Lingere, tant pour Homme que pour Femme, qui n entrent ni dans la Layette ni dans le TrouJJeau.
- ÉTAT POUR HOMME.
- Chaussettes d’Enfant.
- Chemijes d’âge en âge jufqu’à quatorze ans*,
- Chemife d’Homme.
- Manchettes & Jabou Le Fer à cheval*
- Cols.
- Coëffes de Bonnet;
- Peignoir d’Homme.
- Tablier de Valet-de-Chambre*
- Manchettes de Bottes*
- POUR FEMME.
- Petite Coeffure nommée Baigneufe ou Bafiienne*
- Coiffure de deuil.
- Petite Co'èffure à la Reine. f
- Fichu à deux rangs*
- Manchettes de Femme à un & à deux rangs.
- Manchettes de deuil*
- Draps de Lit.
- Les
- p.40 - vue 43/68
-
-
-
- DE LA LINGERE. 4r
- Les Pièces fuivantes, jufqu’ au titre de la Chemife d’homme ne regardent que les enfants ; mais comme elles n’entrent point dans celles de la Layette ? on n’a pu les ajouter à fon article.
- Chauffettes cT Enfant ; premier âge.
- Elles fe font en Royale.
- Il faut une aune cinq fixiemes de long pour douze paires; on en fait deux paires dans la largeur ; pliez la longueur en fix ; coupez enfuite aux plis : à chaque coupe pliez la largeur en huit ; taillez comme on voit Fig. XlE, vous aurez deux paires ; continuez jufqu au bout, ce qui vous donnera vos douze paires ; chaque paire aura fix pouces & demi de long : on coud à couture rabattue.
- A ces Chauflettes du premier âge, on fait une petite fente , telle qu’on la voit dans ladite Figure , qu’on ourle ou à laquelle on fait le point noué , afin de donner plus d’aifance aux pieds de l’Enfant, ce qui ne fe fait point aux fuivantes.
- Second âge*
- Il faut deux aunes un feizieme de long pour douze paires. Ces Chauffettes auront quatorze pouces de long pour les plus longues.
- Na. Afin que les Chauffettes en général faffent bien, il faut les couper un peu en biais fur leur longueur ; il n’ÿ faut pas plus de toile que fi elles étoient coupées droites , parce que ce qui relie du biais fe rapporte.
- Chemifes d'âge en âge, depuis Venfance jufqiià quatorze ans pour les Filles ,
- & jufqu cl cinq ans pour les Garçons , & depuis jufqu à quatorze ans.
- Ce quon appelle Ages, lignifie croiffànce. Quand les Chemifes deviennent trop courtes & étroites à l’Enfant, il lui en faut de plus amples, & toujours ainfi à mefure qu’il croît, ce qui arrive plutôt ou plus tard , fuivant la force de fon tempérament ; c’ell pourquoi on ne fauroit déterminer précifément les âges ; mais pour donner un à peu-près, on les fixe ici comme il fuit.
- Premier âge jufqu h dix-huit mois.
- \
- On prend une toile de trois quarts de large ; on fait trois corps dans la largeur , chacun aura une demi-aune de long. On fait trois paires de pointes dans la même largeur : elles auront un tiers de long, & doivent monter en étroit jufqu’au gouffet : on fait trois manches dans la largeur. Il faudra un quart de long pour trois paires de manches.
- En tout trois aunes deux tiers pour fix Chemifes. La Figure XV repréfente une Chemife du premier âge.
- Na. Qu’aux Chemifes du premier âge feulement, on fend le haut du derrière Lingere L
- p.41 - vue 44/68
-
-
-
- 42 LA RT
- de la Chemife, d’un demi-quart par le milieu ; a eft la fente de derrière.
- Second âge a trois ans.
- Il faut une toile de deux tiers juftes de large ; on fera deux corps dans la largeur , 8c trois paires de pointes dans la même largeur ; chaque corps aura cinq huitièmes de long : les pointes ne doivent monter qu’à un huitième du gouflèt. Les manches feront pliiïees, & auront un quart pour deux paires.
- En tout cinq aunes pour fix Chemifes.
- Troljïeme âge à cinq ans*
- i .
- Il faut une toile de deux tiers de large; on fera deux corps dans la largeur & deux paires de pointes dans la même largeur. Les corps auront deux tiers aifés de long, & les pointes une demie-aune. Les manches pliffées un tiers pour deux paires.
- En tout lix aunes 8c demie pour fix Chemifes.
- Na. Que jufqu’ici on ne diftingue point les Filles des Garçons, mais quà cet âge de cinq ans on donne aux Garçons leur première culotte, 8c on fait leurs chemifes comme celles d’homme. A l’égard des Filles, on continue la même façon des précédentes. C’eft celles-ci quon va pourfiuvre ; celles des Garçons pour les mêmes âges , viendront après.
- Quatrième âge de fept à Jiuit ans , pour les Filles.
- Même toile, de deux tiers de large ; on fera deux corps dans la largeur , & deux paires de pointes dans la même largeur. Les corps auront trois quarts de long, & les pointes neuf feiziemes ; les manches pliiïees trois huitièmes pour deux paires.
- En tout fept aunes un tiers pour fix Chemifes.
- Cinquième âge de huit à dix ans.
- Il faut une toile de trois quarts de large; on fera deux corps dans la largeur, 8c deux paires de pointes dans la même largeur. Les corps auront fèpt huitièmes de long, 8c les pointes cinq huitièmes forts : les manches pliifées, cinq douzièmes pour deux paires.
- En tout huit aunes un quart pour fix Chemifes.
- Sixième âge de dix à dou^e ans.
- Il faudra une toile de fept huitièmes de large ; on fera deux corps dans la largeur, 8c deux paires de pointes dans la même largeur. Les corps auront une aune de long, & les pointes deux tiers ; les manches pliflees, une aune fort jufte pour deux paires.
- En tout neuf aunes 8c demie pour fix Chemifes.
- p.42 - vue 45/68
-
-
-
- 43
- DE LA L 1 N G E R E.
- Septième âge de dou^e a quatorze ans.
- Même toile que deflus : on fera deux corps dans la largeur , & une paire de manches dans la même largeur. Les corps auront une aune un douzième de long , St les pointes cinq ilxiemes ; les manches pliflees, une aune St demie pour deux paires.
- En tout dix aunes & demie pour fîx Chemifes.
- Troifieme âge à cinq ans 9 pour les Garçons.
- ♦
- Il faut une toile de trois quarts de large : on fera deux corps dans la largeur , St une paire de manches dans la même largeur; les fournitures fe prendront à côté de la manche. (Voyez pour les fournitures la chemife d’homme ci-après). Comme la moitié de la longueur du corps fait la longueur de la manche, ainfi le corps ayant ici neuf fèiziemes de long, les manches auront un quart un trente-deuxieme de long.
- En tout cinq aunes juftes pour fîx Chemifes.
- Quatrième âge, même date des Filles.
- Même toile : on fera deux corps dans la largeur, St une paire de manches dans ladite largeur. Les corps auront deux tiers de long 9 St les manches une demi-aune ; les fournitures fe prennent à côté de la manche.
- En tout fîx aunes St demie pour fîx Chemifes.
- Cinquième âge.
- Il faut une toile de fept huitièmes de large : on fera deux corps dans la largeur, St une paire de manche dans ladite largeur. Les corps auront trois quarts de long , & les manches la moitié ; les fournitures fe prennent à côté de la manche.
- En tout fîx aunes trois quarts pour fîx Chemifes.
- Sixième âge.
- Même toile : on fera deux corps dans la largeur, St une paire de manches dans la même largeur. Les corps auront fîx fixiemes de long, St les manches la moitié : les fournitures fe prennent à côté de la manche.
- En tout fept aunes St demie pour fîx Chemifes.
- Na. Qu à mefure que les Enfants épailMent , on prend une toile plus large , comme de neuf huitièmes ou de cinq quarts ; mais il faut toujours la même longueur, ceft-à-dire , que fept aunes & demie ou huit aunes font des Che-; mifes aflez grandes pour feize à dix-fept ans, après lequel âge on prendra une toile de deux tiers de large : il en faudra feize aunes St demie pour fîx Chemifes , les diftribuant, comme il eft dit ci-deffus, aux autres âges.
- p.43 - vue 46/68
-
-
-
- 44
- LA R T
- Chemife d Homme , Fig.' S B.
- Planche 3.
- )
- Les Fournitures.
- Fournitures à côté de la manche.
- Fournitures à part.
- , Il faut pour une taille ordinaire, une toile de deux tiers , Sc pour un plus gros homme une toile qui aura trois quarts de large ; d'ailleurs, l'aunage, la coupe & la façon , feront la même choie pour les deux.
- Les manches de la Chemîfe d'homme le fixent communément à une demi-aune , & pour la largeur à celle de la toile ; les corps à ce qui en relie , après les manches levées, ce qui va à environ une aune de long, la toile pliée en double du fens de là largeur.
- Les Fournitures : lavoir , le col , deux pièces d'épaule a a, Sc leurs goulfets 9 deux goufiets d’aifîelle b b, deux goufiets d'en-bas c c 9 & le cœur du jabot d , fe prennent fiir la toile en deux maniérés , comme il va être expliqué.
- Pour fix Chemifes, il faudra dix-fept ou dix-huit aunes ; dix-fept fi on prend les fournitures à côté de la manche, dix-huit fi elles fe prennent à part.
- Prendre les fournitures à côté de la manche, fe fait ainfi r Ayant pris vos dix-fept aunes de toile , commencez par en couper fix aunes de long pour vos fix paires de manches ; puis le long des fix aunes coupées, & à cinq pouces de la lifiere d'un côté feulement, levez jufqu'au bout une bande de cinq pouces de large , ce qui liiffira pour les fournitures des fix Chemiles ; le relie de la toile partagé en fix parties 9 fera les fix corps.
- Pour prendre les fournitures a part lur dix-huit aunes 9 commencez par enlever une aune de long à un bout ; cette aune mile à part fera pour les fournitures. Le relie de la diflribution fe fera comme à la précédente.
- La feule différence entre ces deux coupes 9 ell que les manches de la première ont cinq pouces de large de moins par manche que celles de la fécondé , auxquelles on note rien.
- Façon.
- Pour faire une Chemife, on commence par préparer les manches de façon qu'il n y ait plus qu a les attacher en leur place ; & pour cçla on fait d'abord la couture de delfous qui affemble les deux côtés : elle fe fait à furjet & couture rabattue en dedans ; on épargne fans coudre deux pouces à un bout & trois pouces à l'autre : les deux pouces auront le gouffet dtaiffelle, & les trois pouces relieront ouverts pour la Fourchette e e. Il s'agit maintenant de'polèr le gouflèt d'aiffelle ; on le préfente en lolànge , & on le coud de carne en carne aux côtés de T ouverture , l'autre moitié du lofange fera coufu au corps quand on y montera la manche.
- La Fourchette qui ell terminée par le poignet, & relie ouverte , s'ourlera des üeux bords.
- Le goujfei d’aiffelle b b, dont on vient de parler, efl un petit carré de deux
- p.44 - vue 47/68
-
-
-
- DE LA LINGERE. 4j
- « *
- pouces de toile, qu’ on remploie tout autour 9 Sc qu on coud en dedans à furjet.
- Les pièces d! épaule a a y fe taillent ordinairement de fix pouces de long , Sc
- Je deux pouces de large ; on fend la piece d’épaule à un bout par le milieu de
- trois pouces y pour remplir cette fente avec un gouffet quarré de même longueur, qu’on y coud dans la même fituation & de la même façon que le gouflet d’aif-felle ; il en relie aulïï la moitié , qui fera par la fuite coufue à la Chemife.
- Ayant pris le milieu du corps par la marque d’un pli ou autrement, fendez le long du pli en delcendant, la longueur de dix pouces : cette ouverture fe nomme la fente du Jabotf9 & tout de fuite vous fendrez à droite & à gauche le long du redoublement de la toile, partant de la fente du haut du jabot, jufqu’à fix pouces des deux bouts , efpace fur lequel fe placent les pièces d’épaules a a , que vous y coudrez ( après leur avoir fait un petit rempli tout autour ) à points-arriere, très-près-à-près.
- Le petit cœur de la fente du jabot d9 efl: un petit morceau quarré de deux pouces, qu’on découpe en forme de cœur ; on lui fait un petit rempli tout autour , on le place en dedans précifément au bas de la fente du jabot, le rempli du côté de la toile à laquelle on le bâtit, puis on le coud tout autour à points de
- A A
- cote.
- Revenant aux manches, vous y monterez les poignets.
- On ne peut donner de réglé précife pour la quantité de toile qu’il faut pour le tour des poignets qui terminent les manches des Chemifes ni pour leur largeur , les uns les demandant plus larges que les autres ; cependant l’ordinaire ' efl: d’un demi-doigt ; à l’égard du tour, on dit que mefurant le tour du cou , & pliant enfuite la mefure en trois, le tiers en efl: communément la longueur du poignet ; mais le mieux efl de prendre réellement la mefure. La première chofe qu’on fait alors efl de plier la toile par la moitié du fens de fa longueur , & fur la moitié qu’on deftine à faire le deifus, y tracer Sc coudre ou broder tel deffin qu’on voudra ; alors les poignets font prêts à être montés aux manches de la Chemife ; pour cet effet le bout des manches ayant été précédemment pliffé à petits plis avec le point devant, on en fait entrer l’extrémité entre le redoublement de la toile du poignet, où on les coud à l’endroit à point de côté 9 paflânt l’aiguille à chaque point dans un* pli de la manche ; on monte enfuite la toile du redoublement du poignet prenant dans les mêmes plis ; il fuffira ici de pafler un pli, c’eft-à-dire, de fauter de deux en deux plis : enfin on fait à chaque bout une boutonnière.
- Na. Que les deflins qui fe font fur les poignets ne font point limités ; ils s’exécutent avec l’arriere-point très-prelTé, le point de chaînette, &c. La Planche 4, Figure L y a des rangs d’arriere-point près des bords, & un deffin courant à point de chaînette à fon milieu.
- La façon des boutonnières efl expliquée ci-devant % Chap. VI y Sc deffinée
- PL 4.
- Lxngere. M
- Poignets.
- p.45 - vue 48/68
-
-
-
- 46 LA R T
- Le col de la Chemife eft un morceau de toile qui aura aux environs de qua^ torze pouces de long fur cinq pouces de large ; on le plie en deux du fens de fà longueur , cela lui donne deux pouces & demi de haut. On le monte au haut de la Chemife , comme il eft dit chdefîus du poignet.
- Na. On tient les Chemifes d’homme en bas d’un feizieme plus courtes par devant que par derrière.
- Les manches étant achevées, on partage le corps de la Chemife en le pliant en trois du fens de fa largeur ; on coud les deux côtés du tiers du milieu à for-. jet ; le tiers du haut recevra les manches, & le tiers du bas reftera ouvert ; c eft au haut de ce dernier qu’on pofera les petits goujjets d* en-bas 9c c. Chacun eft fait d’un petit morceau de toile de deux pouces en quarré. Après avoir ourlé tout le bas du corps & lefdites ouvertures d’en-bas, on préfènte le petit gouflèt remployé, ou plutôt la moitié en lofànge, le rempli en dedans, & on la coud au haut de la fente, comme il eft dit aux gouflèts de la piece d’épaule ci-deflus ; puis pliant l’autre moitié en la relevant derrière la première coufiie, comme on plie les mouchoirs, on la coud à point de côté aux mêmes endroits : ainfl ces petits gouflèts font doubles.
- Il ne s’agit plus maintenant que de monter les manches au corps de la Chemife , ce qui fe fait en plifîànt à plis plats le tour du haut de la manche , le coulant en même temps à l’ouverture, autrement l’entournure du corps de la Chemife , à points de furjet, prenant en chemin faifànt ce qui dépafîè aux manches du gouflèt de la piece d’épaule & de celui de Taiftèlle.
- Des Manchettes S homme du Jabot.
- Les Manchettes d’homme fe font en mouffeline ou en dentelle ; elles ont ordinairement de quinze feiziemes à une aune de longueur, fur un fèizieme de hauteur. (
- Le Jabot fera un peu moins haut, de façon que, fùivant le goût, il entrera pour Manchettes & Jabot d’un fèizieme à trois fèiziemes de mouflèline par paires : on peut fè régler fiir cette mefiire pour la dentelle.
- Les Manchettes & leurs fourchettes fè montent aux poignets de la Chemife de deux maniérés, ou elles s’y coufent à demeure ; dans ce cas elles vont au blanchifïàge avec la Chemifè, ou bien on ne fait que les y bâtir. Dans le premier cas on commence par rouler le bas de la Manchette, puis on la plifîè à point deflùs, qui eft une efpece de furjet plus alongé, & on la monte enfuite à point de furjet, en prenant les plis comme on les a pris de la manche. A l’é* gard de la fourchette, qui eft une fuite de la Manchette, deftinée à garnir la fente du deflous de la manche de la Chemifè , on ne la plifîè en la coulant qu© de quelques plis au tournant de ladite fente. Dans le fécond cas, c eft-à-dire à l’égard des Manchettes de prix, comme points ou dentelles, qu’on ne veut
- p.46 - vue 49/68
-
-
-
- D E LA L IN G E R E. 47
- pas livrer au blanchilîâge, on les coud à part fur un ruban de fil qu’on bâtit au poignet à point devant.
- Quant au Jabot, il fè coud à l’ouverture de devant à fùrjet ; on le fronce en roulant aux trois extrémités ; lavoir, d’un pouce & demi au commencement de la fente, & de deux pouces au bas.
- Manches d'homme en amadis, Pl. 3 , Fig. CC a.
- Les Manches en amadis fè forment de toile de Courtray de trois quarts de large, fur un tiers de long pour une paire. Lés Manches pour homme feront d’une demi-aune de long ; la levée qu’on en fait en les taillant fert à les dou-bler en dedans depuis le poignet jufqu’à fix pouces ou environ ; on coud cette doublure à la manche à point de côté ; on laifïe au bas une ouverture de fix pouces ou environ, qu’on garnit de boutons & de boutonnières.
- ~ Voici une coupe pour les Manches en amadis, qui influe fur la Chemifè aflez économiquement pour mériter d’être expliquée ici. Coupez un patron de vos Manches ; prenez quatre aunes de toile, pliez-la en deux du fens de fà largeur ; partagez ces quatre aunes en trois coupes ; appliquez le patron fur votre toile : coupez tête à pointe ; par ce moyen les Manches feront d’une demi-aune de long & d’autant de large, comme à l’ordinaire ; mais dans les fix paires il y en aura trois paires , au bout defquelles il faudra faire une couture vers le poignet ; on ne verra pas ces coutures fi on garnit le tour du bas des manches avec un douzième de moufleline de haut, qui fùffira pour les cacher ; par ce moyen il reliera des morceaux qui feront toutes les fournitures ; de cette façon il n’entrera pour fix Chemifes que feize aunes au lieu de dix-huit ou de dix-fèpt. Les corps auront une aune de long ; les manches une demi-aune, ce qui pourra fèrvir aux plus grands hommes.
- Le Fer-a-cheval, efpece de fourniture.
- I l ne faut pas compter parmi les fournitures ordinaires de la Chemife, ce que les Lingeres nomment le Fer~a-cheval : rarement y en a-t-il de refte pour le faire ; c eft pourquoi alors on prend un morceau de toile pareille à celle de la Chemife : ce fer-à-cheval ne fe met guere qu’aux épaules des Chemifes d’Ouvriers, Gens de peine, Écoliers, &c, où cette partie a beaucoup à fbuffrir , afin de la fortifier contre les travaux, la lueur, &c. Pour donc ajouter à la Chemife les fers-à-cheval, ainfi nommés à caufe de leur coupe, il faut commencer par fàvoir qu’il s’en fait un à chaque épaule, ou féparés ou joints par derrière. Le morceau de toile fera large de trois bons pouces ; à l’égard de fà longueur, vous allez en juger. ^
- Pour les faire féparés, coupez en demi-rond un des bouts de votre toile ; fendez en deux à l’autre bout jufqu’à un pouce ou davantage du demi-rond ;
- !
- I
- Coupe
- économique
- p.47 - vue 50/68
-
-
-
- 4s L’ART
- pofèz à Tenvers de la Chemife la fia de cette fente au bout de la fente du col* faites couler la moitié de devant du fer-à-chevai le long de ladite fente du col, jufqu’à l’endroit que vous jugerez à propos de couper , avant d’arriver à la fente du Jabot ; coupez à la même hauteur la moitié qui doit aller par derrière * alors bêtifiez en place votre fer-à-cheval, que vous coudrez enfinte à point de côté ; puis rerournant la Chemife à l’endroit, vous coudrez les fournitures comme à l’ordinaire : mettez-en un pareil à l’autre épaule, les voilà féparés. Mais fi vous voulez qu’ils fe joignent par derrière, la toile doit être plus longue ; vous ne couperez que les devants, & vous coudrez tout le derrière , ce qui fera la continuité de l’un à l’autre fer-à-cheval, que vous aurez taillé comme il vient d’être dit.
- Cols.
- Si on prend une mouffeline claire, de trois quarts de large , on fait deux Cols dans la largeur ; ou trois Cols dans la largeur, fi on prend une moufîeline double de quinze feîziemes de large. Les Cols ordinaires auront un quart de long : on les plifie par les deux bouts.
- Pour faire les bouts de Col, prenez une bande de toile d’un pouce & demi de haut & d’un quart de long ; pliez-la en deux du fèns de fà hauteur ; coupez à un bout un morceau quarré d’un pouce ; vous aurez deux bouts de Col ; cou-fez chaque double pour les joindre, excepté les cotés de la largeur, dans lesquels vous ferez entrer les pliflures du Col pour les y coudre ; vous ferez une boutonnière au bout le plus court pour y palier une boucle à plufieurs ardillons, dans laquelle l’autre bout fe bouclera. Voye^ Fig. D D.
- Les côtés fe coufent à furjet, & les bouts à la plifiure, comme au poignet ci-deflus.
- Coiffes de Bonnet.
- Il y a des toiles propres à cet ufàge, qui ont neuf feiziemes de large ; on fait une Coëffe dans la largeur ; on lui donne ordinairement fept feiziemes de long : il faut deux aunes cinq huitièmes pour fix Coëffes.
- Pliez votre toile en huit du fèns de la lifiere ; taillez chaque Coëffe comme il eft exprimé Fig. HH; mais comme à cette façon les échancrures font en pure perte, en voici une autre, avec laquelle non-feulement il n’y a pas plus de coutures qu’à la précédente, mais on épargne fiir l’aunage, attendu qu’il ne faudra que deux aunes trois huitièmes pour les fix Coëffes en employant les échancrures : cette façon eft de prendre ( comme aux manches d’homme en amadis ) un patron d’une Coëffe bien faite, de plier toujours chaque Coëfïè en huit, & de couper les Coëffes tête à pointe. Voyez pour cette façon ladite Fig. HH.
- Toutes les coutures fè font à furjet & couture rabattue en dedans ; la couliflè du haut fe coud à point de côté en dedans. Les deux bouts s’ourlent pour paflër le ruban qu’on arrête au milieu. Peignoir
- p.48 - vue 51/68
-
-
-
- DE LA L I N G E R E.
- Peignoir cTHomme.
- 49
- Il faut une toile de fept huitièmes de large : il fe fait en deux lez d'une aune de long ; il faut une aune pour la paire de manches ; on y ajoute un col, autour duquel on le pliflè : il eft entièrement ouvert par devant. Voye£ U Peignoir de Femme.
- Tablier de Valet-de~Chambre, Fig. GG,
- On en coupe ordinairement deux enfèmble.
- On prendra une toile d'une aune de large ; les deux Tabliers pour un grandi homme feront pris en deux aunes un quart de long : il ne faudra pour une taille ordinaire que deux aunes.
- Suppofànt qu’on ne prenne qu'une aune en longueur pour chaque Tablier * pliez la toile en deux fur fà longueur, puis en deux fur fà largeur ; la toile pliée ainfi préfèntera une furface d’une aune en longueur, fur une demi-aune en largeur; alors faites fur la largeur', à un fixieme du redoublement, une levée d’abord d’un fixieme a, après lequel continuez de couper en étroit juf-qu’au bout de la largeur : cette levée fervira à faire la poche b, qui doit avoir un quart de profondeur ; ce quart coupé, il reliera une pointe qui fervira à doubler à point de côté celle que vous avez faite c au Tablier , en coupant la levée ci-deflus. Cette doublure fortifiera une boutonnière d, qu’on fait au haut de ladite pointe ou bavette, dans laquelle le Valet-de-chambre fait entrer un de fes boutons. On coud la poche au Tablier par devant, vers le miüeu de fà longueur en ourlant le haut ; le relie s’attache à point de côté : on ourle tout le haut Sc le bas du Tablier.
- Tablier de Cuijînier.
- U faut une toile de fept huitièmes de large ; on en mefure douze aunes de l°ng pour douze Tabliers, y compris une aune qu’on leve fiir le tout pour la poche des douze Tabliers. Ces Tabliers n’ont point de bavette ; on les pliffe fur un ruban de fil qui fe noue enliiite autour de la ceinture : ils font ouverts par derrière ; on met la poche vers le milieu du devant.
- Manchettes de Bottes*
- Dans une toile de trois quarts de large, on prend une aune un quart pour fix paires. * ^
- Pliez la longueur en quatre & la largeur en ftx, coupez l’un fur l’autre de la forme que vous voyez Fig, E E ; on ourle tout le tour haut & bas & les côtés ; on fait à un côté fix boutonnières , & on met autant de boutons au côté oppofé. Lin g ere, N
- \
- Manche 3;
- r
- p.49 - vue 52/68
-
-
-
- 50 L'ART
- Ces Manchettes fervent, lorfqu’on met des Bottes, à entourer le genou, de peur que le cuir de la Botte ne graillé la culotte en cet endroit.
- Petite Coiffure nommée Baigneufe ou Baftienne.
- Il faut une moulfeline double de trois quarts de large, pour fond & palfe de deux ; un tiers de long pour les bandes & les barbes. Si on ne met' pas de dentelle autour, il faudra fept feiziemes d’une moulîèline claire de trois quarts de large ; mais fi on met de la dentelle, il ne faudra que trois huitièmes de mouf-feline, & deux aunes un quart de dentelle.
- Voye£ le titre de la Coeffure de dentelle, pour la façon.
- Coiffure de deuil en Batijle ou Linon.
- On prendra pour fond, palfe & barbes de deux, une aune & demie de long de Batifte ou Linon ; fi on n’en vouloit qu’une , il n’en faudroit que cinq fixie-mes. Voye^ la Coëffure de dentelle , pour la façon.
- i
- Petite Coiffe à la Reine.
- Il faut une toile de fept huitièmes de large & de fept douzièmes de long pour trois ; pour les garnir on prend une petite dentelle dont il faut trois quarts par Coëffe ; fi on les garnit en moulîèline , il en faut un îèizieme de plus, qu’on partagera en trois.
- Pliez la longueur de la moulîèline en trois, puis la largeur en deux ; en-fuite vous poferez votre patron pour couper comme on voit PL II, Fig. H; il s’en trouvera une des trois à laquelle il faudra une couture fur la tête. Quant à la façon, on fait un faux ourlet le long du côté échancré, & on plilîè la pointe au-delîus ; on garnit le long du faux-ourlet d’une petite dentelle : le devant fe roule.
- Fichu à deux rangs plijjé, efpece de Palatine.
- Pour faire ce Fichu, il faut avoir un ruban d’un pouce de large & d’une aune de long ; on prend la longueur d’un quart de moulîèline de trois quarts de large ; on le partage du fens de fa largeur en quatre lez égaux : on en coud deux l’un au bout de l’autre ; ainfi les quatre lez feront les deux rangs ; on les monte fiir le ruban en les pliflant ; on lailfe dépaflèr une petite tête : on les feftonne fi on veut.
- Manchettes de Femme a un ô à deux rangs.
- Pour un feul rang, il faut un tiers de long d’une mouflèline de trois quarts de large par paire, & à deux rangs, il en faut deux tiers. Voye£ pour la coupe
- p.50 - vue 53/68
-
-
-
- DE LA LINGERE. 5t
- Sc façon , le Chapitre IV, au Titre Manchettes de dentelle à trois rangs avec un entoilage.
- Manchettes de deuil»
- Les Manchettes de deuil d’homme fè font en Batifte : il en faut trois huitièmes de long par paire. Voye^ les Manchettes d’homme, page 46*
- Chemijes de Bain.
- Il faut une toile de fept huitièmes de large ; on en prendra deux aunes un tiers, qu’on pliera en deux du fens de fa largeur, ce qui réduira la longueur à une aune un fixieme ; les manches auront une demi-aune de long : on fait une paire de manches dans la largeur. Pour fa façon, on fend le haut de la Chemile d’une demi-aune en travers ; le long du pli 3 on y coud quatre rubans de laine , deux de chaque côté, pour nouer furies épaules: cette Chemifè n’eft pliflee nulle part.
- Il fe fait encore une autre efpece de Chemifès de Bain, imitant le Peignoir, pliifées tout autour d’un col, à manches plates, ouvertes en entier par devant, fermées au col avec des rubans de fil.
- Draps de Lit de Maure»
- Pour un Lit de fix pieds de large, il faut une toile de cinq quarts de large : feize aunes par paire» Pour un Lit de quatre pieds & demi de large , il faut une toile d’une aune un huitième : feize aunes par paires. Pour un lit de quatre pieds de large, il faut une toile d’une aune : quatorze aunes par paires. Pour un Lit de trois pieds & demi & de trois pieds, il faut une toile de fept huitièmes de large : quatorze aunes par paire.
- D* Officiers,
- r II feut une toile de fept huitièmes de large : douze aunes par paire.
- De Livrée.
- Il faut une toile de trois quarts de large : onze aunes par paire.
- Pour faire une paire de Draps, on coupe la longueur de la toile en quatre parties égales qu’on aflemble deux à deux du fens des lifieres.
- p.51 - vue 54/68
-
-
-
- S2
- LA R T
- CHAPITRE NEUVIEME.
- Quatrième Partie des Ouvrages de la Lingere.
- Du Linge cTEglife.
- L e Linge d’Egiife eft de peu d’étendue ; il confiftc dans les pièces foivantes ;
- Pour l'Autel.
- Les trois Nappes £ Autel.
- Les deux Nappes de Crédence. La toile de la Pale.
- Le CorporaL
- U EJJui-doigts ou Lavabo.
- Le Purificatoire.
- La Nappe de Communion.
- Pour CEccléfiafiiquc.
- Le Rabat.
- U Aube.
- U Ami cl.
- Le Surplis.
- Le Tour d'E tôle.
- Le Rocket,
- Les Manchettes de Soutane.
- Les Nappes d*Autel.
- Les Nappes d’Autel fervent à couvrir entièrement toute la table ou de/lus d’Autel : elles fe font de toile depuis la Royale jufqu’à la Cretonne : elles font au nombre de trois, deux grandes & une petite. La plus grande a ordinairement de trois aunes à trois aunes & demie de long, fur deux tiers de large. Voici comme on les difpofe quarrément for l’Autel. La petite, qu’on place la première , couvre la pierre bénite ; la plus grande, qui fe met par-deflus, couvre toute la table ; elle doit déborder par-devant & pendre par les côtés ; la troifieme fe met fur la grande, & occupe tout le deflus d’Autel fons déborder : toutes n’ont befoin que d’être ourlées.
- Les Nappes de Crédence.
- Elles font au nombre de deux : elles font deftinées à couvrir les deux Crédences , petites tables ou confoles pofées à chaque côté de l’Autel ; elles fe font en Royale : elles auront cinq quarts de large, fur une demi-aune un demi-quart de large. Il n’y a d’autre façon que l’ourlet.
- L’EJJui-doigts ou Lavabo.
- Il fert à efliiyer les doigts du Prêtre après le Lavabo de la Mefle ; il fort auflî plié en long, à couvrir les deux Burettes : il fe fait en Royale ; il aura un demi-tiers de large & une demi-aune de long. Il n’y a dautre façon que l’ourlet.
- Le
- i
- r
- /
- p.52 - vue 55/68
-
-
-
- DE LA L I N G E R E.
- Le CorporaL
- L e Corporal eft un linge qui s’étend à plat fur le milieu de l’Autel pour pofer le Calice defliis : il fe fait en batifte. Il aura une demi-aune en quarré*
- La Pâlie.
- La Pâlie eft en total un carton quatre recouvert & renfermé dans de la toile;
- La Pâlie fert à couvrir la Patene quand elle eft fur le Calice : elle fe fait en batifte d’un tiers de long, fur un demi-tiers de large ; on la coud en double, ce qui fait un demi-tiers en quarré : on en laifle tout un côté ouvert pour y faire entrer le carton.
- Le Purijicatoirè,
- Le Purificatoire eft précifément la même chofe que le Lavabo ci-defïus : mais fon ufàge eft différent ; caf il fert, plié en long, à nétoyer le dedans du Calice*
- Nappes de Communion*
- Ces Nappes fe font pour les Ëglifes où l’Autel de la Communion eft entouré d’une baluftrade , parce qu’on les y accroche avec des rubans de fil qui fe coufent pour cet effet de diftance en diftance dans l’étendue de la Nappe : on les fait plus ou moins longues, d’une toile de demi-aune de large, telle que celle dont on fait les Coëffes de Bonnet de nuit. Il n’y a d’autre façon que de les ourler aux deux bouts , 8c d’y attacher & coudre les rubans de fil. Il s’en fait auffi {ans attaches : ce font des Enfants de chœur ou des Clercs qui les foutiennent aux deux bouts. Quand il n’y a rien pour accrocher la Nappe , on fe fert d’une petite ferviette ordinaire * d’un mouchoir blanc ou du voile de calice, que chaque Communiant fe donne de l’un à l’autre.
- Pour l Ë cclIsiasï iQtii* ,,v
- IJ Aube*
- L’Aube eft une efpece de Chemife qui fe met immédiatement fur la Soutane du Prêtre : elle fe fait en quatre lez de batifte ou linon ; elle a pour l’ordinaire cinq quarts de long ; les manches fe font toujours en amadis de demi-aune de long ; le, haut des deux lez de devant doit s’échancrer julqu’à l’épaulette de deux doigts en mourant : on la pliffe autour du col comme une Che-mife, on couvre les plis avec un collet large d’un demi-pouce, & on fait un grand ourlet en bas. Le Prêtre la met toujours la première en s’habillant pour la Melle.
- Lingerê,
- O
- p.53 - vue 56/68
-
-
-
- 5 4
- L’A R T
- Le Surplis.
- Les Chanoines, dans leur origine, portoient une Soutane de peau , quiU nommoient Pelliceum ; & lorfqu ils mettoient par-deflùs le vêtement de toile qu'on va décrire, ils l'appelloient Superpelliceum, d'où eft venu en François Surpelis ou Surplis.
- Le Surplis fe met donc immédiatement par-delius la Soutane dans plufieurs cérémonies de l’Eglife. Le corps du Surplis fe fait en quatre lez de batifte ou linon de trois quarts & demi de long; chaque manche aura un lez en largeur, 8c une aune un quart de long, ce qui fait en tout fix lez. Il doit être échancré far le haut du devant, comme l'Aube ci-deftus ; il faut aufli , avant d’attacher les manches, les plier du fens de leur longueur, non pas précifément en deux, mais qu'une des moitiés dépafle l'autre d'un pouce : celle-ci fera le dedans de la manche improprement dite, puîfque les deux doubles doivent refter ouverts du haut en bas. Les manches étant pliées comme il vient d'être dit, on les échancré de quatre doigts par le haut en mourant, & de deux doigts par le bas ; les deux lez du devant 8c du derrière de chaque côté, doivent refter ouverts depuis le deflous des bras jufqu'aux deux tiers du refte de leur longueur, pour pouvoir y paflèr les bras : c'eft ce qui s'appelle la poche, L'ouverture de cette poche ne commencera qu'à huit pouces au-deflous de l'épaulette. En pliilànt les lez de devant 8c de derrière pour faire le tour du col, il doit refter cinq ou fix pouces de chacun fans être plifîes : on joindra ce refte en y coulant une épaulette de la même longueur; les huit pouces ci-defîîis laiftes au haut des côtés de devant & de derrière, ferviront à y plilfer & attacher les deux doubles de la manche, le plus étroit devant, le plus large derrière ; on couvrira tous ces plis & ceux du coi, d'une toile façonnée en poignet d'un demi-pouce de large : on fera un grand ourlet d'un bon pouce de large autour du bas du corps du Surplis 8c des manches.
- Le Rocket.
- Le Rochet appartient principalement aux Evêques : il le fait en batifte ou linon. C eft un corps de Surplis qui n’a point de manches : le Rochet à la Romaine a des manches en amadis comme l'Aube ci-deiîus.
- LAmict.
- V Amiét eft une efpece de mouchoir quarré que le Prêtre met fur fon col en s’habillant pour la Melfe, 8c dont il fe couvre la tête en hiver. Il fe fait en Royale : il doit avoir deux tiers en quarré ; on attache aux deux coins d'un des côtés, deux cordons que le Prêtre croife fur fa poitrine, 8c noue enfuite fur &s reins.
- p.54 - vue 57/68
-
-
-
- DE LA LINGERE.
- Le Tour d’Etole.
- 55
- Le Tour d’Etole eft un linge qu’on bâtit à l’endroit où TËtole tourne autour 'du col. Il fe fait en Royale : il aura un douzième de large & une demi-aune de long.
- Le Rabat.
- Le Rabat eccléfiaftique qu’on nomme aufli le petit Colet, eft une marque diftinétive de tout Abbé, non-feulement à l’Eglife, mais il ne doit mettre aucune autre elpece de col, fur-tout dans les Villes. On l’appelle petit Colet, pour le diftinguer du grand Rabat que les Magiftrats ne doivent porter qu’avec leurs robbes de Palais.
- Le petit Rabat fe fait de gaze noire ; les deux devants avec leurs ourlets ont '
- communément deux pouces & demi de large ; les deux tours du Rabat font
- bordés en dedans d’un pouce de toile qu’on replie for le porte-Colet, ( fourni
- par le Bourfier ) & qu’on y attache avec cinq épingles, une devant & deux de
- chaque côté. Tous les ourlets blancs font rapportés & coufos à la gaze : ils ont
- une ligne & demie de large ; fi on faifoit le Rabat en toile, on prendroit les
- ourlets fur la toile, ce qu’on fait aux Rabats de Palais , parce qu’ils fo font en
- . . . 1 f Palais.
- batifte ou linon : ceux-ci ont un demi-pied de long lur trois pouces de large.
- On peut faire dans une aune de gaze quatre à cinq douzaines de petits Rabats : on fera vingt à vingt-deux grands Rabats de Palais dans une aune de linon ou batifte.
- Manchettes de Soutane.
- Ces petites Manchettes fe mettent par-deflus le bout des manches de la Soutane : elles fe font en batifte ; on en fait deux paires dans la largeur de la batifte, & on leur donne un demi-tiers de haut : elles fe taillent comme de petits amadis ; on fait un grand ourlet au haut Sc un au bas ; on les faufile à la manche : elles n’ont aucun pli.
- Renvoi à la page 34.
- Comme le Chauffoir eft quarré parfait, pour s’enfervir, on commence parle plier comme une enveloppe de lettre, c’eft-à-dire, par les deux carnes oppofées , dont les pointes s'enjamberont l’une fur l’autre ; on redoublera un fécond pli du même fens à chaque côté ; le premier de ces féconds plis qu’on fera vis - à - vis l’un de l’autre, n’ira pas au-delà defdites pointes ; le fécond, fait au côté oppofé , paffera par-deflus ledit premier, & s’achèvera fur fon bord extérieur fans le déborder ; on faufilera ces deux bords l’un fiir l’autre enfemble avec quelques points devant.
- Le Chauffoir en cet état, on formera à un
- bout une efpece de coulifle de quatre à cinq pouces de large, ce qui s’exécutera en pliant d’autant la largeur de ce bout fur fa toile, & l’y fixant par quelques points devant qui prendront tous les doubles en travers; alors onpaffe un ruban dans cette coulifle , on la place pac derrière ; on fait faire au ruban le tour de la ceinture, où on l’arrête de deux noeuds; puis prenant le bout du Chauffoir oppofé à la cou« liffe, on le rapporte par-devant à ladite ceinture , autour de laquelle on Je paffe plufieurs fois.
- M. Aftruc, fameux Médecin , donne la préférence à ceux-ci fur les Chauffoirs piqués, qu’il eftime très-mal fains, & fur tous autres.
- Fin de l'Art de la Lingere.
- p.55 - vue 58/68
-
-
-
- S6
- EXPLICATION DES PLANCHES.
- PLANCHE PREMIERE.
- L a Vignette repréfente la Boutique d’une Lingere ; la Maltrefle apporte fous fon bras un rouleau de toile pour le faire voir à une Dame, devant laquelle deux Filles de Boutique aunent une piece de toile ; plufieurs autres Filles font
- occupées au fervice de la Boutique.
- I. Linge de fein,
- IL Coupe du Béguin.
- III. Béguin monté.
- IV. Tour de Bonnet de laine.
- V. Têtiere.
- VI. Cornette pour la nuit.
- VIL Bonnet rond.
- VIII. Lange piqué.
- IX. Petits bras.
- P LA N (
- A, Chemife de Femme à l’Angloife.
- B, Chemife de Femme à la Frao. çoife.
- Cy Autre Chemife de Femme à l’Angloifè.
- D y Coëffure de dentelle.
- E y Coëffure à deux rangs ou à Ba*-volet.
- P L AN L
- X. Chemife de Braflîere;
- XL Coupe de la Chemife de Braf-fiere.
- XII. Tour de Lange;
- XIII. Bavoir.
- XIV. Chauflettes du premier âge;
- XV. Chemife du premier âge.
- XVI. Biais.
- H E IL
- F y Bonnet piqué..
- G y Grande Coëffe en moufleline; H 9 Petite Coëffe à la Reine.
- , 1 y Peignoir en pagode.
- K y Manchettes à trois rangs;
- L y Mantelet en moufleline. , My Coqueluchon du Mantelet;
- HE III.
- AAy Dedans de Berceau, autrement deflus d’Archet.
- B B y Chemife d’Homme.
- CCy Manches en amadis.
- DD y Col d’Homme.
- P L AN C
- v A y Le Surjet.
- B, Le Point noué ou de boutonnière;
- C, Le Point de côté.
- D y Le Point devant.
- EE 9 Manchettes de Botte;
- FF y Chauffons.
- GG y Tablier de Valet-de-Chambre; HH y Coëffes de Bonnet.
- HE IV.
- E y Le Point de chaînette;
- F y L’arriere-Point.
- G MH y Trois Figures pour la Couture rabattue,
- ÆABLE
- »
- p.56 - vue 59/68
-
-
-
- 57
- TABLE
- DES CHAPITRES ET TITRES
- CONTENUS DANS L’ART
- DE LA LINGERE.
- ntroduction, page I
- CHAPITRE PREMIER.
- LJ Aune & fes fractions réduite en pieds , pouces SC lignes. o
- L’Aune de Paris en pouces pour pied. 3 Divifion de l’Aune en pieds, pouces ôc lignes. ibid.
- CHAPITRE IL
- Toiles de Lin , Chanvre, Coton , SC JDtn
- telles. 4
- Toiles à Serviettes. 7
- Toiles à Torchons, ou Canevas. ibid.
- Toiles à Matelas. ihid.
- Treillis. ibid»
- Linge ouvré. B
- Toiles de coton ; Futaine. ibid.
- Bafins. ibid.
- Mouffelines. ibid.
- Dentelles ôc Points. ^ 9
- CHAPITRE III.
- De la Mefure. 10
- CHAPITRE IV.
- Première Partie des Ouvrages de la Lingere.
- Le Troujjeau. ibid.
- Etat d’un Trouffeau. 11
- Aunage, Coupe ôc Façon des Pièces d’un Trouffeau. 12
- Les Toilettes. ibid.
- Trouffe, ou Etui à Peignes. 13
- Deffus de Pelote. ibid.
- Serviettes de Toilette. ibid.
- Tabliers de Toilette. ibid.
- Peignoirs. 14
- Frottoirs pour ôter le rouge. 1 $
- Frottoirs pour ôter la poudre. ibid.
- Coëffures de dentelle, ôc Tour dégorgé.
- ibid.
- Coëffure dite Battant toeil, en dentelle. 16 Fichu pliffé en entoilage Ôc dentelle.. ibid. Fichu double. # *7
- Bonnets piqués. ibid.
- Bonnets à deux rangs. , ibid.
- Lingere.
- Serres-tête ou Bandeaux. Page 17
- Grande Coëffe en mouffeline. ibid.
- Grande Coëffe en entoilage ôc dentelle. 18
- Taies d’oreiller.
- Tablier de Femme de chambre. Chemifes de Femme.
- —»------ à la Françoife.
- -------- Première à l’Angloife.
- Deuxieme à l’Angloife.
- ibid. ibid. ibid. ibidm 19 ibid.
- ibid.
- 0.0 ibid« ibid.
- 01
- ibid.
- ibid.
- Moyen économique d’allonger de fix pouces une Chemife de Femme fans qu’il y pa-roiffe.
- Mouchoirs.
- Chauffons.
- Pièces d’eftomach pour Femme.
- Mantelet en mouffeline.
- Poches de bafin.
- Garniture de Corfet.
- Tour de gorge en mouffeline feftonnée 20
- Manchettes de mouffeline à trois rangs, fef-tonnées en dentelle. ibid•
- Manchettes de dentelle à trois rangs avec un entoilage. ibid.
- Manches de toile à laver les mains. ibid.
- Linges à laver le deffous des bras. ibid.
- Linges de garde-robe. ibid.
- CHAPITRE V.
- Explication des Termes de t Art répandus dans cet Ouvrage. 2-3
- CHAPITRE VI.
- Des Points de couture en ufage dans la Lui-gerie ; de la Marque du Linge, SC de la Couture des Dentelles. 25 SC fuiv.
- CHAPITRE VII.
- Seconde Partie des Ouvrages de la Lingere.
- La Layette. 29
- Etat d’une Layette. ' ibid.
- Le Maillot, ou la diftribution de la Layette fur l’Enfant. 31
- Aunage, Coupe ôc Façon des Pièces de la Layette. 32
- Linges de fein. ibid.
- Gouffets pour le lait. 3 3
- Chemifes de couche. ibid.
- p.57 - vue 60/68
-
-
-
- 58 TABLE DES
- Manches en amadis & Manchettes pour
- Femme. Page31*
- Alaifes plates. ibid.
- Alaifes pliffées. ^ 34
- Bandes de ventre. ibid.
- Déshabillé de mouffeline. ibid.
- ChaufFoirs. ibid.
- Béguins du premier âge* ibid,
- —...- Deuxieme âge. 3 $
- » Troifieme âge. ibid.
- —- Quatrième âge. ibid.
- Tours de Bonnets de laine. ibid.
- Têtieres. ^id.
- Cornettes pour la nuit. ibid.
- Bonnets ronds ou à deux rangs. $6
- Mouchoirs de col, & Fichus d’Enfant. ibid. Serviettes de col d’Enfant. 37
- Couches. ibid.
- Bandes de Maillot. ibid.
- Langes piqués en mouffeline. ibid.
- Langes en futaine. ibid.
- Serviettes unies. ibid.
- Mouchoirs à effuyer l’Enfant. 3 S
- Biais , efpece de Fichu. ibid.
- Grande Coëffe. ibid.
- Petits Bras. ibid.
- Chemifes de Brafïiere. ibid.
- Tour de Lange, ou Tavaïolle; 39
- Bavoirs. ibid.
- Dedans de Berceau nommé DeJJus et Archet.
- ibid.
- Draps de Berceau. 40
- Taies d’Oreiller. - ibid.
- CHAPITRE VIII.
- Troifieme Partie des Ouvrages de laLingere. tant pour Homme que pour Femtne, qui nentrent ni dans la Layette ni dans le Trou [Te au.
- 40
- Chauffettes d’Enfant du premier âge. 41
- • Du fécond âge. ibid.
- Chemifes d’âge en âge, depuis l’enfance juf-
- CHAPITRES Scc.
- quà quatorze ans pour les Filles, & jufqu’à cinq ans pour les Garçons , & enfuite juf-qu’à quatorze ans. 4 1
- Chemifes d’Homme. 44
- Manchettes & Jabots d’Homme. 46 éCfuiv.
- Cols. 48
- Coëffes de Bonnet. ibid.
- Peignoir d’Homme. 49
- Tablier de Valet-de-Chambre. ibid.
- Tablier de Cuifinier. ibid.
- Manchettes de Bottes. ibid.
- Petite Coëffure nommée Baigneufe ou Bajl tienne. yo
- Coëffure de deuil en batifte ou linon; ibid. Petite Coëffe à la Reine. ibid.
- Fichu à deux rangs pliffé, efpece de Palatine.
- ibid.
- Manchettes de Femme à un & à deux rangs.
- ibid.
- Manchettes de deuil. m 51
- Chemifes de Bain. ibid;
- Draps de Lit. ibid.
- CHAPITRE IX.
- Quatrième Partie des Ouvrages de laLingereî
- Du Linge dtEglife.
- Les Nappes d’Autel. ibid;
- Les Nappes de Crédence; ibid;
- L’Effui-doigts ou Lavabo. ibid.
- Le Corporal,
- La Pâlie. ibid;
- Le Purificatoire. ibid;
- Nappes de Communion» ibid;
- L’Aube. ibid.
- Le Surplis. 54
- Le Rochet. ibid;
- L’Amiâ:. ibid.
- Le T our d’Etole; SSï
- Le Rabat. ibid;
- Les Manchettes de Soutane, ibid;
- Explication dès Planches s*
- Fin de la Table.
- DE L’IMPRIMERIE DE L. F. DELATOUR. 1771.
- BIB CNAM
- ^RESERVE.
- p.58 - vue 61/68
-
-
-
- PLI.
- ! 4
- j?ar LD a Prca\rault.
- pl.1 - vue 62/68
-
-
-
- p.n.n. - vue 63/68
-
-
-
- pl.2 - vue 64/68
-
-
-
- p.n.n. - vue 65/68
-
-
-
- &rave j>ar JV* Rarufontiette ,
- !
- pl.3 - vue 66/68
-
-
-
- 'y
- >;v >;
- <
- •; '- **
- / . ' .-A:’ J.
- • . ( . ;
- :.i
- * *'
- p.n.n. - vue 67/68
-
-
-
- pl.4 - vue 68/68
-
-