Descriptions des arts et métiers
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- L A R T
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- DU
- FABRIQUANT
- *
- détoffes de soie
- TROISIEME ET QUATRIEME SECTIONS,
- Contenant
- L’Art du Plieur de Chaînes & Poils pour les Étoffes de Soie unies, rayées & façonnées ; & celui de faire les Canettes pour les Étoffes de Soie, & les Efpolins pour brocher.
- Par M. P a U LE T
- Deffinateur SC Fabriquant en Étoffes de Soie de la Fille de Ncmcs.
- m
- JM. DOC. LXXIII.
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- EXTRAIT DES REGISTRES
- DE L'ACADÉMIE ROYALE DES SCIENCES-
- Du 2 Septembre 1772.
- Non s avons examiné, par ordre de l’Académie, les deuxieme, troifîeme Ôc quatrième Parties de Y Art de fabriquer les Etoffes en foie, par M. Paulet.
- La fécondé Partie eft un Traité de YOurdiffage. L’Auteur entre dans un grand détail fur les principales Machines employées à cette opération dans les différentes Villes de Manufaêtures, ôc il difcute foigneufement leurs avantages ôc leurs inconvénients. Ces Machines font les Ourdiffoirs ôc les Cantres, La Cantre eft la piece fur laquelle font arrangés tous les Rockets ou bobines fur lefquelles on a commencé par devider la foie 5 & 1 Ourdiifoir eft l’inftnimpnt fur leauel on la dévidé de nouveau dans un ordre qui eft proprement la fcience de YQurdiJJage.
- M. Paulet décrit POurdiffoir long & YOurdiffoir rond, les droites & couchées,
- les Jets, qui font des efpeces de Cantres, ôte j 6c il donne les différentes maniérés d’employer toutes ces Machines.
- L’ordre félon lequel il faut arranger les Hochets chargés de foie de différentes couleurs fur les Cantres, pour ourdir les Chaînes ou les Poils d une Rayure déterminée, étant un point effentiel de cette partie, de l’Art , l’Auteur en fait un Chapitre fort étendu, dans lequel il préféré , avec raifon, les exemples aux préceptes. Il tranferit plufieurs Ordonnances d’Encantrage ôc déOurdiJJage , telles que les Fabriquants les donnent aux Ouvriers ; ôt il fe borne à les accompagner d’une explication , ôc à y joindre les remarques néceffaires.
- Cette Partie eft terminée par un Chapitre fur la Méthode d’ourdir les Chaînes ou les Poils en or ôc en argent.
- La troifîeme Partie contient l’Art du Pliage , ou l’Art de distribuer convenablement fur un Enfuple, ou fur le rouleau qui eft à l’extrémité du Métier, les Chaînes telles qu’elles fortent de l’opération de l’Ourdiffage, On y emploie différentes Machines ou Uftenfiles, comme un Chevalet, une Lanterne ou Tambour, un Rateau , &r chaque Ville a fes ufages à cet égard. M. Paulet décrit les principales d’entre ces différentes Machines, ôc analyfe les différentes méthodes. Cette Partie a beaucoup moins d’étendue que la précédente, parce que les opérations 'qu’on y traite font beaucoup moins comn pliquées.
- La quatrième Partie, qui eft encore moins étendue, eft l’Art de faire les Canettes pour la trame, ôc les Efpolins pour brocher. Ce font des efpeces de bobines faites pour être inférées dans les Navettes : on a un uftenfile nommé Doubloir, pour fupporter les Rochets d’où l’on dévidé la foie fur ces Canettes ou Efpolins ; Ôc l’on a auffi des Rouets d’une conftru&ion particulière adaptée à ce travail. L’Auteur en donne la defeription ôc en expofe l’ufage.
- Ces trois Parties de l’Art de fabriquer les Etoffes en foie, font deftinées, par l’Auteur , à fervir de fuite à Y Art du Devidage, qu’il va publier inceffamment avec l’Approbation de l’Académie. M. Paulet nous paroît avoir beaucoup d’expérience dans l’Art
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- qu’il a entrepris de traiter ; & c’eft une qualité fi eftentielle pour le bien décrire ; qu’elle peut compenfer ce qui lui manque des qualités de l’Homme de Lettres. Son Ouvrage fera intéreflant pour les Gens du Métier , & rplus que fuffifant pour en inftruire les autres ; c’eft pourquoi nous penfons que l’Académie peut lui permettre de faire imprimer cette fuite fous fon Privilège, & comme faifant partie de la Defcription des Arts qu elle a entrepris de publier. Signé, Vandermonde & de Vaucanson.
- Je certifie P Extrait ci-dejfus conforme à fon original & au jugement de P Académie, A Paris 9 le 3 Septembre 1772.
- GRANDJEAN DE FOUCHY,
- Secrétaire perpétuel de l’Académie Royale des Sciences;
- L'ART
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- L ART
- DU FABRIQUANT
- D ÉTOFFES DE SOIE.
- Par M. P A u l et, DeJJinateur SC Fabriquant en Étoffes de Soie
- de la Ville de Nîmes.
- -i -4^-Jk-
- TROISIEME PARTIE.
- Art du Plieur de Chaînes SC Poils, pour les Etoffes de Soie unies»
- rayées SC façonnées.
- INTRODUCTION.
- L’ô pération qui, dans la Fabrique des Étoffes de foie, fuit immédiatement l’Ourdiiïàge, efl le Pliage des Chaînes qu’on vient d’ourdir.
- On a vu, dans le Traité de l’Ourdiiïàge , qu’on compte la valeur des Chaînes* par portées & par mufettes ; on doit fe rappeller auffi qu’une portée Vaut deux mufettes, & que cette portée, qnï **™j*™** fixe à l’égard du Fabriquant, ne l’eft jamais à l’égard de l’Ourdiffeur qui la détermine par le nombre de rochets avec lequel il veut, peut ou doit ourdir.
- Pour plier les Chaînes & les Poils, il faut néceflairement en divifer par ordre foit les portées , foit les mufettes ; & c’efl toujours le nombre de celles qui ont été déterminées dans l’Ourdiiïàge qu’il faut fuivre, fans avoir égard au nombre de fils dont chacune efl: compofée.
- Dans la divifion de ces portées ou mufettes, on a foin de les placer les unes à côté des autres fur un rouleau de bois, qu’en terme de Manufaélure on nomme ’Enfuple ou Enjouple. On aura occafion de voir par la fuite que cet infiniment efl: un des principaux uftenfiles qui fervent à la fabrication des Étoffes de foie* Etoffes de soie. III. Part. Non
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- x3i L’ART DES ÉTOFFES DE SOIE,
- Quoiqu’il femble que chaque Ville de Manufaéture ait une méthode particulière pour plier les Chaînes, cependant cette différence ne confifte que dans les diverfès machines qu’on emploie à cet ufage.
- Parmi toutes ces machines, on ne fauroit nier qu’il n y en ait de préférables, tant pour leur perfection, que pour la célérité quelles procurent.
- Je me crois obligé de donner une idée de chaque méthode , & de rapporter l’ufàge de toutes les machines qu’on emploie pour chacune ; je me permettrai quelquefois d’en faire obferver les défauts, mais je ne manquerai pas d’en faire fentir les avantages : c’eft au Leéteur à donner la préférence à celle qu’il croira la mériter.
- Comme depuis plufieurs années je me fuis occupé du projet dont j’ofè entreprendre aujourd’hui l’exécution, j’ai parcouru les différentes Villes de Manufactures , tant pour connoître à fond l’objet dont je m’occupois dès-lors, que pour pouvoir comparer les connoiflànces que j’ai prifes dans la Ville à laquelle je dois ma naiflànce, avec les procédés qu’on emploie dans toutes les autres, Sc offrir au Public une critique judicieufè Sc impartiale viïie davan-
- tages & de défauts
- CHAPITRE PREMIER.
- Defcription du Pliage des Chaînes ; des Machines qu’on y emploie 9 tant à Paris que dans les autres Villes de Manufactures, ÔC de la maniéré de s’en fervir : raifon de cette différence d’ufages.
- Section Premiers.
- Defcription du Pliage.
- Le Pliage eftl’Art de diftribuer fur un Enfuple les portées ou mufèttes dont les chaînes ont ete compufet^ moven de l’ourdiflàge. O n a vu que chaque portée ou mufette fe couchant fur l’ourdiffoir, forme un enfemble dans lequel les rayures qui le compofent ( quand c’eft une chaîne rayée ) n’ont aucune dif-tinélion. L’opération que je vais décrire fert à placer fur la longueur de l’Enfuple chaque mufette, Sc par conféquent chaque rayure à la place qu’elle doit occuper dans l’étoffe ; de maniéré que toutes étant ftir l’Enfuple, n’occupent pas en largeur plus de 2 pouces ou environ, de plus que l’étoffe ne doit elle-même avoir de largeur.
- Il eft aifé de fentir qu’on ne peut donner d’ordre à toutes ces mufettes Sc rayures, qu’au moyen de machines propres à faciliter cette opération ; ainfi il eft à propos de les détailler à mefure que je décrirai chaque proçédé particulier.
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- Troisième Partie. Du Pliage des Chaînes, @c. Chap. I. 13 j Comme la méthode de Paris eft différente des autres, j’ai préfenté à part, dans les trois premières Planches , tout ce qui la concerne ; &' c eft par-là que je commencerai ma defcription.
- L’ordre dans lequel je vais donner les noms de chaque uftenfile, & que je, fuivrai dans l’explication , eft celui que chacun tient dans l’opération,
- La Lanterne fur fon Chevalet, le Compafteur , les Porte-rateaux, le Rateau , les Cabres fur lefquels on place les Enfuples ; enfin les Enfuples fur lefquels on roule les chaînes au moyen d’un levier ou cheville de bois, ainfi qu on va le voir*
- Section Seconde.
- Du Chevalet & de la Lanternes
- L a Figure 1, PL I, repréfente le Chevalet tout monté, avec fa lanterne ; as —^ toutes les pièces féparées font partie dans cette Planche & partie dans la fécondé, ^
- La Figure 4, PL I, repréfente un fort bâtis de bois de chêne, formé par deux pièces A , /i > antiui/iecs ruiiacm^.^ 011 moyen de quatre traverfos B , B B, B. Sur l’épaifïèur de ces deux jumelles A> A > Rmi JL •via» nfltO rfaïfeç à cha* cune, qui reçoivent deux forts montants C, C, retenus contre l’effort de devant & de derrière par les deux arc-boutants D , D ; l’écartement de ces deux mon* tants eft auiü retenu par la traverfo E> qui s’y aflemble folidement , de maniéré que toute cette machine puiffe réfifter aux efforts multipliés qu’on lui fait éprouver. Au haut des deux montants C, C, eft une entaille arrondie dans là partie inférieure, pour l’ufàge quon va expliquer.
- La Lanterne qu’on voit fur le Chevalet, eft repréfentée à part 9fig. I, PL II j ' avec les pièces qui la compofent.
- Sur le plat de deux poulies G, G, d’un diamètre à volonté, on perce 6 trous à égaie diftance du centre, & dans un même écartement refpeétif : chacun de ces trous reçoit le tenon d’un des 6 fufoaux pareils à celui H, au moyen de quoi, quand ils font en place, on a une efpece de cylindre à claire-voie fig. 1 ; mais avant de mettre la foconde poulie , on fixe au centre de chacun, qu’on a équarri, les tenons quarrés a % b % de l’arhre A „ Anne le corps, qui eft de la longueur exaéte des 6 fufeaux fins leurs tenons, peut être indifféremment rond , quarré ou à pans. Aux deux bouts de cette Lanterne, font les deux collets c, d, de l’arbre, qu’on a eu foin de faire fur le tour, & par où elle repofe dans le fond des entailles des montants du Chevalet ; il faut aufîi avoir foin de réfèrver à un des bouts de l’arbre une partie méplatte e9 qui reçoit la mortaife^, de la manivelle /. Telle eft la Lanterne qu’on voit fur le Chevalet ; & comme on a befoin d’en diminuer la vîtefîè quand elle tourne , ce qu’on ne peut opérer que par un dur frottement, on pratique for l’épaiffeur de chaque poulie une rainure circulaire , comme on voit en K9 qui repréfente cette poulie de profil. On y paftè une corde qui y fait prefque deux tours ,jîg. 1 & 2, PL I, dont un bout eft: fixé à
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- Planche
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- 134 VAUT DES ÉTOFFES DE SOIE.
- un fort piton à vis fur la bafe du Chevalet, & fautre eft garni d’un crochet de fer auquel on fufpend un contre-poids plus ou moins lourd , félon le befbin.
- Il y a des Ouvriers qui préfèrent la Lanterne quon voit jig. 2 , FL II : voici comment elle eft faite.
- On forme fur le tour un cylindre L , aux deux bouts duquel, coupés à angles droits, & même un peu en rentrant, on réferve un tenon quarré g g, qui entre dans le trou des poulies, & dont la longueur eft égale à leur épaifleur ; enfuite eft un collet pareil & au même ufàge qu’à l’autre Lanterne : enfin à l’un des bouts eft un tenon méplat, pour placer la manivelle. On fixe les poulies contre le corps du cylindre , on le place fur le Chevalet, & on s’en fert de même que de la précédente Lanterne.
- On a repréfenté y jig. 2 , PL I, la figure que décrit la corde quand elle eft fur la poulie de la Lanterne ; à un de fes bouts eft un contre-poids C, & l’autre eft fixé à un piton D.
- Quoique ces deux Lanternes fbient deftinées au même ufàge , il eft certain que celle à claire-voie eft préférable à J^nuera plus bas les
- raifons. Chacune a au mib^*** de 1 axe, foit du cylindre, un crochet de fer auquel on attache le bout de la chaîne qu’on veut plier ; & pour ménager davantage la foie, on a foin de polir, autant qu’on le peut, toutes les pièces qui compofent l’une & l’autre.
- Quand on veut fe fervir du Chevalet, on place fon côté X contre un mur , & on l’y arrête foit avec des cordes , foit avec des crochets fcellés dans la muraille , foit enfin en mettant fur le devant de la bafe Y, des pattes de fer dans le plancher, ou en la chargeant de pierres, pour réfifter à l’effort de la chaîne qui attirerait en devant toute la machine.
- Section Triosieme.
- Defcripdon des Cabres.
- O N nomme càï,** „ ^ux efpeces de tréteaux fiir lefquels repofe l’Enfùpl© lorfqu on roule la chaîne delîus, ainfi qu’on le verra dans la fuite.
- On fe fert de deux Cabres pareilles à celle qu’on voit^g. 1, PL III, dont nous allons donner la defcription.
- Sur une piece de bois A, fervant de bafe, s’élève un montant B, aflemblé au milieu à tenon & mortaife, Sç retenu par les deux arc-boutants C, C, ce qui forme le pied de la Cabre.
- Au haut de ce montant eft un grand tenon d’environ 10 pouces de long, qui entre dans une mortaife pratiquée vers un des bouts d’une longue piece de bois qu’on y voit placée.
- Cette piece de bois D, eft l’arc-boutant, d’environ 6 pieds de long, ayant,
- vers
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- Troisième Partie. Du Pliage des Chaînes, &c. Ciîaê. ï. 13 f firers un de fes bouts, une mortaife plus longue qu’il ne faut, pour recevoir le tenon du montant B, & dont on va faire connoître l’ulàge ; l’autre bout de l’arc-boutant eft coupé parallèlement au plancher fur lequel il pofe, 8c où on l’arrête au moyen d’un clou qu’on y enfonce folidement : c’eft dans l’angle extérieur formé par le montant du pied de la cabre 8c l’arc-boutant, qu’on place l’enluple* Voyons maintenant à quoi fert le furplus de la grande mortaife.
- Au bout inférieur de deux montants, comme E * E, eft pratiquée une en*: taille qui forme un tenon capable de remplir la mortaife 8c de tenir folidement: à l’autre extrémité eft une entaille telle qu’on la voit, 8c dans laquelle on place les rateaux. Telles font les machines qu’on nomme Cabres, dont nous détaillerons l’ufàge , 8c que quelques Ouvriers fixent par terre au bout E, par le moyen dune traverfè de bois G, qu’ils attachent fur le plancher.
- Section Quatrième. Defcription de VEnfuple ou szuJ'z~ri*<
- O N appelle Enfuple ou Enfiouple, un rouleau de bois qui, quelquefois, a des tenons à fes extrémités, 8c fouvent auffi n’en a pas, fur lequel on roule une Planckb chaîne , 8c dont la forme varie confidérablement. **
- La Figure 3 , PL II, repréfente un Enfuple tout uni à tenons de bois ; h Figure 4 en repréfente un autre pareil, à tenons de fer, qu’on fait entrer à force au centre à chaque bout. La Figure 5 eft encore un autre Enfuple à tenons de bois, pareil au premier, mais à l’un des bouts duquel on a réfervé un tenon quarré avec le collet qu’on y voit : c’eft fur ce tenon qu’on place la poulie L, dont le centre eft équarri 8c y entre jufte ; 8c même pour plus de folidité, on l’attache à l’Enfuple au moyen de deux chevilles ou clous, de maniéré cependant qu’on puifle les retirer pour ôter la poulie quand il le faut.
- . La Figure 6, même Planche * eft une autre elpece d’Enfuple * «^ant auftî des tenons de bois , 8c vers les evfrémît©* /Unt deux elpeces de poulies $
- qui n’excedent le corps de ce rouleau que d’un pouce ou environ*
- Tous les Enfuples dont je viens de parler, ont vers leurs extrémités, & fur le corps même , plufieurs trous fur une même ligne circulaire ; c’eft dans l’un de ces trous qu’on fait entrer un piton, fig. 9, dans l’anneau duquel palfe la boucle d’une corde fixée folidement au milieu d’un bâton ou levier a, même figure, au moyen duquel on fait tourner l’Enfuple fur les Cabres, après avoir procuré à la chaîne une tenfion convenable.
- Comme on change fouvent ces leviers de plade, il eft à propos d’arrondir 8c de polir un peu le corps du piton qui, fans cela, agrandiroit trop vîte les trous#
- & hâteroit la deftruétion de l’Enfuple.
- Etoffes de soie. III. Part,
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- 136 L'ART DES ÉTOFFES DE SOIE:
- La Figure 7 repréfente un Enfuple fans tenons, auquel on voit auffi des trou$ pour le faire tourner avec le levier dont il vient d’être parlé.
- Enfin la Figure 8 en repréfente un autre fans tenons auffi ; & au lieu de trous pour placer le piton, ce font deux trous quarrés qui percent l’Enfople d’outre eiï outre, & fe rencontrent au centre, dans lefquels on place le levier 10 ^ jufqu'au milieu de là longueur , pour faire tourner l’Enfople , comme on s’eri fert pour toutes fortes de Treuils.
- On n’a, jufqu’ici, confidéré ces Enfoples, que comme des rouleaux; relativement à la maniéré de les faire mouvoir, je vais y faire remarquer une autre propriété.
- On voit for la longueur de chacun d’eux , une rainure a, b9 qui prend de* puis un de fes bouts julqu’à l’autre, dont la profondeur eft d’un pouce, & danÿ laquelle on place une verge ou baguette, qu’on nomme Compajleur.
- Le Compafteur eft une baguette de bois fort unie, de y à 6 lignes de dia^
- métré, & de toute la longueur de la rainure de l’Enfople dans laeiielle on le place : à l’un de fos bouts eft j^ut cordon de loie dont on verra plus bas lu&ge. il faut bienie garder de le confondre avec une autre verge auffi de boisj qui ne fert qu’à retenir le Compafteur au fond de la rainure de l’Enfople ; au lien que la deftinationde celui-ci eft de conferver l’ouverture que la derniere des che-5 villes errantes de l’Ourdiflbir a formée au bout de la chaîne , & le cordon de foie qui y eft attaché palfe dans l’ouverture que l’autre cheville errante a auflï formée , ce qui conferve l’envergeure des mufottes. On entrera dans de plus grands détails lors de l’opération du Pliage. La Figure 4, FL III, repréfonte la coupe d’un Enfuple, dans la rainure duquel on voit au fond le Compafteur a ; en c, la place qu’occupe le cordon de foie dans la féparation des envergeures j en b, la verge qui retient le Compafteur en fo place ; & en d9 une partie de l’extrémité de la chaîne.
- Par l’inlpe&ion de la Figure, il eft naturel de craindre que toutes ces baguettes ne foient emportées hors de leur place par la moindre tenfion de la chaîne ; mais au-p^vant de la tendre, on lui fait faire un tour entier for l’En-fople , & par ce moyen les bague ucs /Ont i«tenues en leur place.
- Les Figures y ÔC 6, PL VIII, repréfentent, d’une maniéré plus fonfible, la pofition de toutes ces pièces dans la rainure de l’Enfople ; Z?, eft une coupe de l’Enfople, dont on ne voit que la rainure ; a, eft le Compafteur qui, dans la figure y, occupe au bout de la chaîne d9 la place de la derniere cheville errante J c, eft le cordon de foie qui conferve l’envergeure ; & b, eft la verge qui retient le Compafteur.
- Quelques Plieurs penfent que la maniéré de placer le Compafteur dans là rainure repréfentée par la figure 6, meme Planche, eft moins fojette à laiffes échapper la chaîne. Voici en quoi elle confifte.
- Au lieu de metrre le Compafteur en place de la derniere cheville errante ^
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- Troisième Partie. Du Pliage des Chaînes, C H A p. ï. Ï37 s’eft la verge b qu'ils y placent ; puis paflànt le cordon de foie c, dans la place de la première, ils mettent le Compafteur a par-defïus la chaîne, de maniéré que quand elle eft dans la rainure , il le trouve enveloppé par la chaîne Sç glacé au fond de cette rainure.
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- Section Cinquième.-Dejcription du Rateau.
- L e Rateau eft une elpece de peigne, entre les dents duquel on place toutes les portées ou les mufettes d'une chaîne, pour les divifer fuivant la largeur d’une Etoffe. Celui que repréfonte la figure 9 , PL II, n’eft que le bois d’un Ra-»; teau dépourvu de lès dents ; mais on voit la rangée de trous dans lefquels on les place. Aux deux extrémités a, a, font affomblées deux palettes ou clefs à angles droits, qui y tiennent folidement. Suppofbns pour un inftant que ce Rateau loit garni de touiw ^ \0 chaîne y eft rangée comme il convient ,
- on ferme le Rateau au moyen de la traverfe ,/ig. . ,„x extrémités de laquelle;
- font deux mortaifes qui reçoivent les palettes a, a. La vis qu’on voit jig. y, milieu de là longueur, & dont la tête eft par-deflous, entre dans un trou prati-* qué auffi au milieu de la traverfe fîg. 10, & toutes les dents entrent dans autant de trous de trois lignes de profondeur, faits fur cette traverfe & qui-leur corref* pondent. La Figure r, PL IV, repréfente un Rateau garni de 120 dents, nom-*: bre ordinaire ; de fes deux palettes a, a, & de la vis du milieu b ; plus bas eft I4 traverfe qui fert à le fermer: on y voit les mortaifes c9 c, qui reçoivent les palettes, les fiches de fer ou de bois d9d9 qui les retiennent, 8c enfin l’éçrou qui l’arrête par le milieu. v
- Les dents de ces Rateaux font ordinairement de fer , de laiton, d’os, ou de bois bien dur, & doivent être très-polies: elles ont environ trois pouces de long ; on a foin de les conferver toujours très-droites, pour rencontrer aifément les trous auxquels elles appartiennent dans la traverfe ; & pour plus de facilité , les bouts en font terminés en pointe émouffée. Le q^on voit ici, eft
- dans les proportions de 32 pouces entré les deux palettes. U eft à propos d’avertir que la vis ne doit pas être plus groffe que les autres dents, parce quelle fait elle-? même l’office d’une de ces dents.
- Section Sixième.
- N
- Maniéré de plier les Chaînes , & de Je Jervir des UJlenJiles dont on vient de parler.
- O n place le chevalet, PLI, fig. i, garni de fa lanterne, près de quelque mur, & on l’attache le plus folidement qu’il eft poffible, aînfi qu’on l’a vu ; on place enfuite les dejux cabres ,fig. i, PL III, à l’oppofite ; de maniéré que les
- Planchs
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- *3S rART DES ÉTOFFES DE SOIE.
- bouts des deux aroboutants qui pofent à terre foient tournés du côté dtf
- chevalet.
- Il faut, pour l’avantage de cette opération , mettre autant de diftance entra les cabres & le chevalet, que la grandeur de l’endroit où Ton travaille le per-, met, pourvu cependant que la chaîne ne fe courbe pas par une trop longue étendue. On peut porter cette diftance jufqu’à 36 pieds fans rien craindre.
- La grandeur des machines dont nous avons à parler, no permet pas toujours de leur faire tenir l’ordre des Planches ; ainfi, par exemple , on a été obligé de repréfenter, par la/zg. 2, PL VIII, la maniéré don ton place les deux cabres pour porter l’enfuple : il faut que le milieu de l’écartement des deux cabres, réponde au milieu de la longueur de la lanterne, & que l’Enfople lui foit bien parallèle J & pour placer toutes ces pièces plus exactement, on tire une diagonale de l’angle intérieur formé par la rencontre de chaque arc-boutant, avec le pied qui le porte, & à égale longueur on place les deux bouts du pied du chevalet ; par ce moyen on s’afïùre du parallélifme que je viens de recommander^
- Quand cet arrangement eft ^AX ULC ae aeiius la cheville a relever , le bout de la y aVoit arrêté en la relevant, on l’attachç au crochet du
- milieu de l’axe de la lanterne ; enfuite le Plieur prend la cheville dans fes deux mains, recule , en la déroulant , auffi loin que la diftance du chevalet aux cabres peut le lui permettre, & tient la Chaîne très-tendue ; alors un Ouvrier , placé à côté du chevalet, tourne la lanterne au moyen de la manivelle, & ern .yeloppe la Chaîne defliis à rnefùre que le Plieur revient fur fes pas vers le che-i yalet, en confervant toujours la même tenfion. Lorfqu’il eft arrivé contre le chevalet, celui qui tient la manivelle continue de la tenir très-ferme , pendant que le Plieur retourne encore en arriéré pour dérouler de deffus la cheville une nouvelle longueur à rouler fur la lanterne, & répété ainfi la même 'opération jufqu’au bout de la Chaîne.
- Pour ne pas multiplier les Planches, ayant à décrire la même opération avec des machines différentes, qui font repréfontées dans la Planche X, je prie mes Le&eurs d’y aller voir, Fig. 1, la maniéré dont ces deux Ouvriers font occupés à relever une Chaîne lur i*t, lieu d’une lanterne.
- Quand le Plieur eft à la derniere longueur de la Chaîne, celui qui tourne la manivelle arrête pour un inftant, & place fur les deux poulies de la lanterne , Pl. I > les cordes F, F> ainfi qu’on l’a dit ( ( car pendant les opérations
- elles font reliées par terre de chaque côté ), & enfin flifpend au crochet, qui eft; à l’un de leurs bouts, un contre-pcids affez lourd pour empêcher la Chaîne de fe dérouler.
- On doit fe fouyenir que les arcs-boutants reçoivent chacun, dans les mortaifos qu’on pratique à une de leurs extrémités, outre les tenons des cabres, un des por-te-rateaux E,E9fig. 4, PL VIII ; c’eft dans cet inftant que le Plieur les y place, & î8et dans l'entaille qui eft au haut, un rateau, fig. 1, convenable, parle nombre
- de
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- Troisième Partie. Du Pliage des Chaînes 9 &c. C h a p. I. 5:39 <3e fes dents, à la Chaîne ou au poil qu’il va plier: il ôte le deffiîS e9 c9 qu’il pofe fur le bout des arcs - boutants, pour pouvoir diftribuer les portées de la Chaîne dans les dents du rateau.
- Quand le rateau eft ainfi mis à fà place 9 le Plieur otè le bout de la Chaîne de delîùs la cheville à relever ; il pafle là main dans la derniere féparation- de l’en*» vergeure des mufettes, puis y place le compajleur9 il enpaffe le cordon dans la première féparation de la même envergeure, & en arrête le bout à l’autre extrémité du compafteur, de maniéré qu’il ne puiffe s’échapper. Dans cet état le Plieur fe place vis-à-vis de la lanterne, ayant le rateau devant lui 9 & tenant le compafteur auflî horizontalement qu’il lui eft poffible de la main gauche, dont en même temps il tient toute la Chaîne : il en divife toutes les mufettes, ainfi que les portées, avec la main droite, par le fecours des envergeures, & les place par ordre dans les dents du rateau. Cette opération eft repréfèntée dans la Planche XI, où, quoique le rateau & le chevalet foient différents , on
- voit le Plieur affis devant le rateau, tenant le compafteur de la main gauche, & arrangeant les portées avec la main droite.
- Quand la répartition des mufettes dans le rateau eit taité, le Plient met la traverfe par-deflus, puis lesi chevilles aux deux palettes & la vis au milieu, pour qu’il ne puiffe s’ouvrir ; & tenant toujours le compafteur, il fait placer fur les cabres un enfuple fans en ôter le rateau, 8c range les mufettes fur le compafteur comme elles le font dans le rateau ; enfuite il place une verge H, PL III, fous le compafteur, & les met l’une 8c l’autre dans la rainure de l’enfuple, de la maniéré qui eft repréfèntée dans Ja figure 4 , même Planche, qui eft la coupe d’un enfuple, & où a, eft le compafteur ; c, eft le cordon qui l’y tient ; & h * eft la verge dont on vient de parler : d’autres la placent comme nous avons dit qu’on pouvoit le faire, en expliquant la figure 6, PL VIIL
- On a foin, pour empêcher le bout de la Chaîne de fortir dé la raihure, de faire faire tout de fuite environ un tour & demi à cette Chaîne fur l’enfuple, & alors la tenfion qu’elle éprouve, retient toutes ces pièces en leur place ; après cela 1© Plieur ôte le rateau de deffus les porte-rateaux, qu’il retire de leur place : par ce moyen 1 enfuple demeure libre fur les cabres. Pendant ce temps-là un autre Ouvrier met une cheville à l’enfuple, d’une des maniérés qu’on a vues, & tient la Chaîne tendue ; alors le Plieur abandonne le rateau qui eft porté par la Chaîne , pour aller régler les contrepoids qu’on avoit mis aux deux cordes fur les poulies de la lanterne.
- Cette opération de régler les contre-poids, confifte à en mettre dont la lotir* deur puiflè tenir la Chaîne tendue, en lui permettant cependant de fe dérouler à mefure qu’on tourne l’enfuple.
- On ne fàuroit déterminer une quantité de poids qui convienne à toutes le$ Chaînes ou Poils, parce que le nombre de fils dont les unes & les autres font compofés, varient infiniment, & que ces mêmes fils ne font ni d’une même Etoffes de soie• /11% Paru ^PP
- Planche 11.
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- ï40 VA R T DES ÉTOFFES DE SOIE.
- groffeur ni d’un même apprêt ; d’ailleurs les cordes qui paflTent fur les poulies de la lanterne , peuvent être plus ou moins grofles & plus ou moins neuves, & par conféquent produire plus ou moins de frottement : c’eft à l’intelligence du Plieur à le guider là-deflus.
- Il eft aifé de fentir que les contre-poids pour opérer une réfiftance fuffifànte, ne doivent pas être bien lourds, fi l’on fait attention que les cordes font attachées par un bout fur la bafe, & que la lanterne fe déroule à contre-fens ; ainfi on trouvera qu’avec un contre-poids d’environ une livre , on peut empêcher la lanterne de tourner abfolument.
- Quand les contre-poids font ainfi réglés, un des Ouvriers tourne l’enfuple , & pendant ce temps le Plieur tient le rateau de maniéré à donner aux portées la largeur que doit avoir l’étoffe à peu-près, en l’agitant tantôt obliquement & tantôt droit, pour dégager lès tenues & les accrochements qui fe font aux brins de foie, afin que les tiraillements que produit cette opération, ne puiflent faire caflèr aucuns brins. La- Planche XII, repréfente deux Ouvriers occupés à plier une Chaîne, dont fun A9 tient le rate0** ** > un Peu obliquement, tandis que 1 autre B, à l’aide de la cheville, tait tourner l’enfuple C, fur lequel s’enveloppe la Chaîne E. On peut voir dans cette figure la maniéré dont les grands arc-boutants font arrêtés fur le plancher par des fiches a, a.
- Le Plieur doit avoir grand foin de renouer les fils qu’il cafle ou qui fe trouvent caffés, & de les placer dans la mufette à laquelle ils appartiennent.
- Quoique la quantité des dents du rateau, foit la véritable largeur de l’étoffe üont on plie la Chaîne, il eft cependant néceffaire de lui faire occuper fur l’en-fuple environ 3 pouces de plus que cette largeur dans les premiers tours , & à mefure qu’on avance on diminue cette largeur jufqu’à ce qu’enfin elle n’ait plus que fà largeur naturelle : il eft aifé de fentir que les deux bords de cette Chaîne forment fur l’enfuple un talus dont l’effet eft d’empêcher la foie de s’ébouler. On peut voit 9fig: 10 & 11, PL XI, deux enfuples fur lefquels eft une Chaîne ainfi pliée, & dont les bouts font arrêtés.
- La maniéré qu’emploie le Plieur pour écarter ainfi la Chaîne fur l’enfuple plus que le rateau ne le permet, eft de balancer à droite & à gauche le rateau à mefure que l’autre Ouvrier tourne l’enfuple ; & même il eft à propos de mettre dans les deux dents des extrémités plus de foie que dans les autres : ainfi s’il a mis une mufette dans toutes les dents du rateau, il mettra dans celles-ci une portée ; par ce moyen ce talus forme en même temps un bourrelet qui retient le refte de la foie, parce que cette partie fe roule avec plus de force fur l’enfuple;
- Il n’eft prefque pas poffible d’éviter qu’il y ait dans une Chaîne des portées plus longues que les autres, parce que le diamètre de l’ourdiflbir augmente toujours un peu vers la fin de la Chaîne, malgré le remede qu’y apporte la crémaillère , &c : de-là réfulte nécefîàirement une inégalité de tenfion lors du pliage ; mais on la corrige en mettant fous les parties plus lâches des feuilles ou demi-
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- Troisième Partie. Ï)u Vliage des Chaînes, &c. Chàe. I; feuilles de papier, plus ou moins, à faide defquelles on groffit à volonté lô diamètre de l’enfuple en l’enveloppant plus ou moins y félon le befoin ; & même il eft rare qu’on ne foît pas obligé d’avoir recours à cet expédient*
- Lorfque la Chaîne eft pliée, à la derniere longueur près, le crochet de h lanterne auquel on en a attaché le premier bout, avertit qu’on ne peut pas aile! plus loin ; alors le Plieur décroche cette Chaîne, & l’accroche au crochet C, qui eft au milieu d’un bâton h, fig. 3, PL III, aux extrémités duquel font deux trous qui reçoivent les bouts d’une allez longue corde , où ils font fixés par un nœud : le milieu a 9 de cette corde eft noué, ainfi qu’on le voit, 8c forme une boucle qu’on attache au crochet où étoit la Chaîne ; on roule cette corde fur la lanterne, comme étoit la Chaîne , en commençant par le milieu, & s’écartant vers les extrémités, de façon que le bâton fe trouve parallèle à cette lanterne i il eft aifé de voir que par ce moyen on procure à la Chaîne une nouvelle Ion-* gueur qui lui permet de venir , avec une égale tenfion, fe rouler fur l’enfuple julqu’à unt annp près ou environ; alors on ouvre le rateau, dont on fait fortîc toute cette Chaîne ; puis en ayant décroché le . on pa{pe la main dans l’ouverture qui y eft, on approche de l’enluple à rnefure qu’il tourne ; 8c quand il ns refte plus guere qu’un tour & demi, on met la main fous le dernier , pour, en la retirant enfuite, procurer palfage au bout qu’on tire fortement pour l’arrête! fur l’enfople, ainfi qu’on peut le voir fig. 1 o & 11, PL XL
- Section Septième.
- Ohfervation fur la différence des Machines qu on emploie pour plier les Chaînés dans les Villes de Manufactures, avec celles dont on fe fert à Paris*
- '\
- L’u sage des Machines qu’on vient de voir, n’a lieu qu’à Paris & dans quelques Villes de Manufactures qui en ont pris les méthodes. Celles dont on fo fort à Nîmes, à Avignon , à Tours, & dans prefque toutes les autres Manufactures, & dont je vais donner la defoription, font bien plus parfaites que les premières y dont les Fabriquants de Paris continuent de fe fervir, quoiqu'ils conviennent de leur infériorité ; mais quelques-uns ne les connoiffent pas, & les autres font atta* chés aux principes qu’on leur a donnés dans l’enfance ; d’autres enfin font effrayés de la dépenfo qu’il faudroit faire pour fe procurer des Machines bien plus volu^ mineufes, & de l’emplacement quelles exigent.
- Prefque tous les Fabriquants d’Etoffes de foie à Paris, plient leurs Chaînes eux-mêmes ; au lieu que dans les autres Villes de Manufactures, le Pliage eft exercé par des gens qui en font leur unique occupation, 8c par cette raifon cette partie eft mieux traitée.
- C’eft donc la difficulté de placer ces Machines , qui leur en fait préférer de moins parfaites. On verra par la fuite combien le Tambour eft au-deffus de la lan~; terne, quoiqu’au même ulàge, & que celle-ci n’a pas affoz de circonférence
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- Planches
- *42 L’ART DÈS ÉTOFFES DE SOIE. pour permettre à chaque brin de foie une égale tenfion, défaut auquel j’ai donné ci-deflùs la maniéré de remédier ; enfin avec la lanterne on ne peut fe fervir de la corde qu’à la fin du Pliage , parce que fi on la routait deflùs dès le commencement , la foie qu’on y rouleroit enfoite en foroit accrochée & déchirée, attendu qu’elle n’auroit d’autre place que fur la corde.
- CHAPITRE SECOND.
- Méthode dont onfefert à Tours , Nîmes , Avignon, pour plier les Chaînes des Étoffes de Soie; avec les Machines qu’on y emploie.
- L a maniéré de plier les Chaînes, eft la même dans toutes les Villes de Manu-i Taétures; mais les machines dont on fe fert font entièrement différentes dans celles de Nîmes, Tours & Avignon ; vom nous dilpenfer
- d’en donner la deforiprio«-
- Les cabres font abfolument les mêmes que celles quon a décrites dans la troi-; Berne Seélion du Chapitre précédent ; c’eft pourquoi nous n’en dirons rien.
- Au lieu de la lanterne, on fe fort d’un Tambour, dont la grandeur, ainfi que le chevalet qui le porte, varient quelquefois ; mais nous allons décrire ceux qui font le plus en ufàge.
- Section Première.
- "r * DeJcription d'un premier Tambour.
- L a Figure 2, PL IV9 repréfonte un Tambour vu en face for fon chevalet, Sc dont la Planche V, contient le développement.
- A, repréfente l’arbre du Tambour ; c’eft une piece de bois à huit pans, aux deux extrémités de laquelle font, contre le corps de cet arbre, deux parties cylindriques a, a, d’un moindre diamètre que lui, pour diminuer le frottement contre le chevalet ; enfoite font deux collets b, b , d’un moindre diamètre encore : à un des deux bouts feulement eft réfervé un renflement cylindrique, qui fort tanta retenir l’arbre en fa place dans les entailles du chevalet, qu’à appuyer la manivelle qu on place dans la partie quarréed9 pour le faire tourner. Il eft bon,1 pour plus de régularité, de faire for le tour toutes les parties cylindriques qu’on .voit à cet arbre.
- Aux deux extrémités de chacun des 8 pans, eft une mortaife dont la longueur eft par-tout la même, ainfi que la largeur, excepté fur une face où elles font longues d’environ 2 pouces de plus que les autres, pour pouvoir aflèmbler au centre, à mi-bois ? deux trayerfos, ainfi quon le verra* Çes deux mortaifes font
- rencontrées
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- Troisième PàRïië. Du Pliage des Chàîrïës , êc. Chàï>. II. 145 Rencontrées au centre de l'arbre , à angles droits, par deux autres ; mais celles des quatre autres pans de l'arbre ne font profondes que d'un pouce 8c demi.
- Deux traverfes comme celle qu'on voit à part en C, & qui s'affemblent au milieu <èn croix à mi-bois, font placées aux deux extrémités de l'arbre de la maniéré fui-Vante : dans la plus petite des mortaifes qui paffe d'outre en outre , ôn fait entrer un peu jufte, une de ces deux traverfes, jufqu'à ce que l'entaille foit dans l'ali-1 gnement de l'autre mortaifo à angles droits; alors on place la fécondé, qu'on pouffe jufqu'à ce que les entailles fe rencontrent ; 8c avec une clef qu'on fait entrer dans la plus longue mortaife, on les force de s’afîembler l'une avec l'autre d'une maniéré très-folide ; 8c prenant la longueur d'un côté de ces traverfes, à laquelle on ajoute un pouce & demi qui doit entrer dans la mortaife, oïl en fait quatre pareilles à Celle F, à chaque bout, ce qui en tout donne huit rayons de chaque côté*
- Il faut j avant de mettre en place toutes ces traverfes 9 avoir foin de faire à un de leurs bouta un t-Annn r^^trr»îr huit autres traverfes comme celle D, & former les huit ailes de ce tambour , auquel, dctiij «o*- q ne rnanque plus que huit arc-boutants de chaque côté, comme E -, pour entretenir l'écartement de ces ailes. On trouvera fur la Figure 2, PL IV, toutes ces pièces fous les mêmes lettres, excepté les arc-boutants E, E9 E, &c. qu'on a ôtés pour fitn-a plifîer la figure 3c la tendre plus intelligible*
- Ce Tamb<j|ir ainfî confirait, forme un cylindre à claire-voie 9 tel à peu-près qu’un Ourdifîoir rond qui feroit couché, mais dont les ailes font beaucoup moins longues ; fbn diamètre efl d'environ 3 pieds 10 pouces : le diamètre de l'arbre eft de 6 à J pouces, & fa longueur de 3 pieds 3c demi tout compris, car celle des ailes n'efl que de deux pieds & demi. r
- Sur un des pans de l'arbre, s'il eft à pans, ou dans une même ligne, s'il eft rond, fig, 1, PL VI, font plantés deux pitons e, e 9 auxquels on attache les bouts y", f9 des cordes C, C, fig. 4, dont on doit fe rappeller l'ufàge. Voyez fig 19 FL IX, la maniéré dont ces cordes font attachées à l'arbre en gy g, 3c enfuite comment elles entourent le Tambour à 3 ou 4 pouces des deux extrémités , fig, 2 & 3 , même Planche , en laiflant entr'elles un écartement fuffifant pour pouvoir y placer la chaîne , dont le bout eft attaché au crochet A, fixé au milieu du bâton i?, qui tient aux deux cordes a 9 a. Il nous refte à parier du chevalet qui porte ce Tambour.
- Section Seconde.
- Deficription du Chevalet dont il ejl parlé dans la Section précédente y
- O N appelle , en terme de Plieur de Chaînes, Chevalet, tout ce qui fert de fupport, foit à la lanterne foit au tambour. J'ai déjà décrit le premier ; voyons maintenant ce que c'eft que celui-ci.
- Etoffes de soie. II/, Part, Qqq
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- Planche
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- 144 VART DES ÉTOFFES DE SOIE.
- La Figure 3 9 PL V 9 repréfente un Chevalet tout monté : c’eft un bâtis de bois de chêne très-fort & trèsffolide, à caufe de la réfiftance qu’il doit oppofcï aux efforts du Pliage.
- La Figure 4 repréfente la bafe du Chevalet ; c’eft un quarré compofé de deux pièces de bois A , A, affemblées folidement au moyen des trois traverfes B, B* B; aux quatre angles de cette bafe , font deux mortaifes a9a9a9a9 &c, propres à recevoir les tenons des quatre montants C, C, C, C, fig. 3 ; enfuite en eft une longue b, b > b, b, qui reçoit ceux des deux croix D E, D E , entaillées à mi-bois, & affemblées non pas à angles droits, mais en croix de Saint-André. Chaque côté eft auffi affemblé au moyen d’une des traverfes G, G, le£ quelles le font à leur tour, par un bout feulement, par une troifieme traverfe Hi
- Sur le devant de ce Chevalet, ( & c eft le côté où on ne voit point de tra-: verfe en-haut) on fait deux entailles capables de recevoir à l’aife, mais fans balotter, les collets b9b9 de l’arbre A, même Planche, Dans cet état le tambour eft prêt à travailler, & n’a plus befcin nue de la manivelle L y dont la moi-taifc e, reçoit le tenon u'* larbre.
- Sur la traverfo du milieu de la bafe du Chevalet, fig. 4, font deux forts pitons de fer, mis à vis près des bouts de cette traverfe : c’eft là qu on attache l’un des bouts des deux fangles E, E, PL IV, lefquelles font garnies de cro-f chets de fer b, b, & qui, après avoir fait un tour prefqu’entier fur la circonférence du tambour , viennent s’accrocher par l’autre bout, auquel eft auffi un crochet de fer, à d’autres crochets d9 d9 qui font folidement attachés aux deux bouts d’un fort bâton C, au milieu duquel eft un autre crochet de fer,e9 fcmbla-ble au palonnier d’un train de carroffe : l’effet de ces deux fangles eft, ainli que celui des cordes qui paffent fur les poulies de la lanterne, d’oppofer une réfiftance convenable au déroulement de la Chaîne, afin de la tenir tendue fuffifam* ment pour la plier comme il convient.
- La Figure 5 , PL VI, repréfente une bafcule compofée d’une traverfe > dont la longueur, fans les tenons , eft égale à l’écartement des deux côtés du Chevalet ; les deux tourillons/;/, entrent dans des trous a9 a9 pratiqués au bas des montants C9C9 de derrière des côtés du Chevalet. Au milieu de cette traverfo eft affemblé à tenon & mortaife un montant B 9 de la longueur de la bafe , Sc retenu de chaque côté par deux arc-boutants C, C, qui y font folidement affem-blés. Au bout du montant B9 eft un crochet de fer rivé par defîous , auquel on attache le crochet qui eft au milieu du bâton, où font les fangles E, E. Dans cet état, fuppofons que le Tambour eft fur fon chevalet, on attache le bout des fangles aux pitons qui font for la traverfo du milieu de la bafe ; puis leur ayant fait faire un tour for le Tambour, on attache le crochet du bâton à la bafo cule, qu’on charge avec une pierre ou autre chofe qu’on avance à volonté, pour en augmenter ou diminuer la pefonteur ; la feule attention qu’on doive avpir en cela, eft de faire en forte que la bafcule foit élevée par le bout de 4 à y pouces
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- Troisième Partie. Du Pliage des Chaînes, ère* Chaf. II. au-delfus de la bafe, & que le côté des tourillons en foit à environ tin pouce , fins quoi elle fe trouverait arrêtée dans fon mouvement.
- Les Figures i & 2, PL IX, repréfentent ces bafcules vues par devant Sc par derrière le Chevalet, qui eft différent de celui dont je viens de parler, & dont? on verra bientôt les dimenfions ; il fùffit d’avertir qu'à la figure I de cette Plan* che, les fingles ne font point fur le Tambour, mais ce font des cordes quon met feulement fur l'arbre , ainfi qu'on le verra en fon lieu.
- !
- Section Troisième. , Defçripdon d'un autre Chevalet.
- L a Figure r, PL VII, repr éfènte un des côtés d'un autre Chevalet , propre à porter un Tambour pareil à celui qu'on a vu, & la Figure 2 en eft la bafei elle eft compofée de deux pièces de bois A, A, qui reçoivent les traverfes B * £. Sur cetcc bafe mrtn^nrs C, C, dans les mortaifes a, a , & deux
- autres D, D, dans celles b yb\ au haut de chaque cU montants, eft une
- traverfe E, E, au milieu de laquelle eft une entaille circulaire prefque fermée,’ qui reçoit les collets de l'arbre. Au haut des deux montants C, C, eft une mor* taife qui reçoit le tenon des arcs-boutants Fy Fdont l'autre bout eft coupé parallèlement au plancher fur lequel on les fixe au moyen d’un gros clou ou d'une tringle de bois qu'on attache par terre, & contre laquelle ils appuient ; leur écartement eft entretenu par une traverfe G qui y eft aflèmblée, vers le milieu, à tenons & mortaifes. Sur les côtés de la bafe font deux pitons C, C, dans lef* quels paffent les cordes H, H, Sc où elles font retenues au moyen d'un nœud* Il eft inutile de répéter ici quel eft l'ufige de ces cordes ; on le connoît affez pat ce que j'en ai dit précédemment.
- On fe fert auffi, avec ce Chevalet, d'une bafcule comme avec les précédents, êc pour cela on fait deux trous d, d9 vers les bouts des traverfes A, A de la bafe , dans lefquels entrent les tourillons qu'on y réfèrve.
- Il y a encore une autre efpece de Chevalet, dont la iïmplicité Sc la folidité font les qualités principales : le voici.
- On fcelle dans un mur, à la hauteur des autres Chevalets, deux pièces de bois G, G y à l’un des bouts defquelles eft une entaille FI H, propre à recevoir l'arbre du Tambour ; à l'autre bout eft un trou d, dans lequel entre une cheville de fer / /, qui fert à rendre le fcellement plus fblide. Au bout extérieur de ces deux pièces de bois, on attache une étaie K, dont la hauteur eft telle, que l'entaille qu'on y voit roidiffe un peu par deilous, tandis que par devant on l'attache avec une vis à tête f9 qui ne fait que l'entretenir en fa place ; Sc pour empêcher ces deux étayes de s’écarter par le bas, on les affèmble avec une pièce de bois L, à tenons & mortaifè. Enfin on fcelle auffi au bas du mur deux forts pitons de fer dans lefquels on place une bafcule pareille à la précédente.
- Planche
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- Planche
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- *4$ rART DES ÉTOFFES DE SOIE.
- Quelques Plieurs fe fervent des cabres pour Chevalet, & mettent le Tambour à la place de l’Enfuple ; d’autres font à cet endroit une entaille pour retenir plus folidement le Tambour; mais toutes ces méthodes font défeétueufes à caufe du manque de folidité.
- Section Quatrième.
- Defiription d'un autre Tambour.
- L e Tambour que repréfonte la Figure 3, PL IX, n a de différent de ceux quon a vus précédemment, que l’arbre qui le rend plus commode, ainfi qu’on le va voir.
- Cét arbre, au lieu de collets pris immédiatement après la longueur qui en fait le corps, a de chaque côté une partie cylindrique d’un moindre diamètre que lui, & terminée vers les extrémités par un rebord auffi élevé que l’arbre même ; enfuite font les collets, puis d’un cof^ rauic^ucui^ cjui reçoit la manivelle ; ainfi la différence u* suinte que dans les parties cylindriques dont on va faire connoître l’ufoge.
- On fe fou vient, fans doute, qu’aux autres Tambours on pâlie fur leur circonférence deux fangles qui, au moyen d’un frottement qu’on augmente ou diminue à volonté, s’oppofent à un trop prompt déroulement de la Chaîne; à celui-ci on obtient le même effet par un moyen différent : on enveloppe les cylindres faits au bout de l’arbre, d’une corde chacun , voye^ Fig. 1, attachée par un bout fur la bafo, par l’autre à un palonnier C, & celui-ci l’eft à fon tour à la bafoule K, qu’on charge d’une pierre plus ou moins lourde • mais comme on fait que la réfiftance opérée par les frottements eft en raifon des furfaces, il eft évident qu’ici la réfiftance ne doit pas être la même en enveloppant l’arbre que quand on enveloppe le Tambour, & que d’ailleurs l’inégalité des leviers y contribue encore ; c’eft pourquoi on fait faire deux tours à ces cordes , & l’expérience du Cabeftan nous apprend combien eft grande la réfiftance qui en réfulte , au point qu’en chargeant un peu plus la bafcule , on réduiroit le Tambour à ne pouvoir plus tourner du tout.
- Au furplus les ailes de ce Tambour & là conftruétion entière , font abfolu* ment les mêmes qu’à ceux qu’on a vus plus haut ; il leur eft même préférable , tant à caufe de fa folidité , que parce que n’y ayant fur fà circonférence qu’un tour de cordes ôc non pas deux, la Chaîne trouve plus d’efpace à occuper.
- Section
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- Troisième Partie. Du 'Pliage des Chaînes, $r. G h a p. ï, r hpf
- Section Cinquième*.
- 1Description et un troifieme Chevalet;
- Ce s t pour ne pas multiplier inutilement les Planches, que fai expliqué lès Tambours qu’ on voit dans la neuvième Planche ; & c’eft pour donner de Tordre aux defcriptions, qu en parlant de ces Tambours, je n’ai pas parlé des Chevalets qui les portent.
- Les deux Chevalets qu’on voit fig. I & 2, PL IX, font abfolument fem- ésrs=s=st blables : tous deux font vus en perfpeétive, Tun 2, par devant, & Tautre , Planche fig. 1, par derrière. ^
- Sur une bafe formée de deux pièces de bois /, I, auxquelles font aflemblées
- deux traverfes F, Fy à tenons & mortaifos, s’élèvent deux montants M, M, qui, par le haut, rum. atta^nca au retemis par devant au moyen des
- arc-boutants N, N, qui Vont s’appuyer précifément ocuiww lC5 oreillons G, H, parce que c’eft-là que fe fait le plus grand effort quand on plie la Chaîne. Ces deux oreillons reçoivent les collets de Tarbre du Tambour, & font placés fur les montants MyM, à une hauteur convenable pour qu’un homme puifle corn-, modément tourner la manivelle L ; au bout de la bafe oppofé à celui ou font les arc-boutants N9 N, font deux autres oreillons dans lefquels tournent les tou-* rillons de la bafcule K ; fur la traverfe du milieu font deux pitons auxquels on attache un bout des fàngles 9fig. % , ou des cordes 9fig. 1, dont l’autre tient au palonnier. Ce Chevalet eft, fans contredit, préférable à tous ceux que nous avons vus jufqu’ici ; mais j’ai dû rapporter les différentes méthodes ufitées dans les Villes de Manufactures. \
- Section Sixième*
- Manière de Je Jervir dâs Tambours <S" des Chevalets pour le Pliage des ChaîneSé
- Quelle que foit, de toutes les Machines que je viens de décrire, celle qu’on adopte , la maniéré de s’en fervir eft abfolument la même : la voici.
- Je fuppofe qu’on choiflfle celles contenues dans la Planche IX, on attache le bout de la Chaîne au crochet A9 du bâton B ; l’un des deux Ouvriers tourne la Planches
- . Q-.
- manivelle & rouie les cordes fur le Tambour, voy. PL X,Jîg. 1, jufqu’au bâton ; ^ 1
- alors il s’arrête, 8c celui qui tient la cheville recule en déroulant la Chaîne à une certaine longueur ; enfuite Tautre tourne le Tambour pour y mettre cette partie : après quoi le Plieur recule en en déroulant une nouvelle longueur, que Tautre met enfuite for le Tambour, & ainfl de fuite jufqu’au bout de la Chaîne; alors Etoffes de soie. IIP Paru R r r
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- Planche x x.
- Planche
- .12'
- s48 vart des étoffes de soîë.
- on met la Chaîne au rateau, comme on la vu au Pliage à la Parifienne; avtù cette différence, qu'au lieu de placer le rateau fiir les cabres, on le fert d'un banc, fig. 3, Tl. VI, fur lequel s'élèvent deux montants F, F, au haut defquels eft une entaille dans laquelle on place les rateaux, de quelque longueur quils foient.
- Ce banc eft porté fur quatre pieds A, A, A, A, affemblés par les traverfes By B, for la longueur, & par celles C, C, fur la largeur, qui le rendent affez folide pour l'ufàge auquel on l'emploie. Voyez fig. 2, PL X, un pareil banc , fur lequel eft placé un rateau comme quand on s'en fert. a La Figure 1, TL XI , repréfente un Plieur Ay qui met une Chaîne au rateau ; cette Chaîne C, s'étend depuis le rateau jufqu'au Tambour D, qui ne peut pas permettre à la Chaîne de fe dérouler, à caufe du poids dont eft chargée la ba£ cule, & des fàngles qui l'entourent.
- Le Plieur eft affis en face du rateau, ayant le dos tourné aux cabres fur lef-quelles eft TEnfuple; quand toute 1° crt m11^ au race^u , il le ferme ou
- couvre, ( ce font deu* expreffions fynonymes, pour lignifier qu'on met la tra-verfe de deffus) puis conduit le compafteur & fbn cordon , qui confervent l'en-vergeure des mufèttes, jufqu'à l'Enfuple, dans l'entaille duquel il les place, 'ainfi que la fécondé verge, & fait fur le champ faire un tour à la Chaîne delîus pour les empêcher de for tir, ainfi qu'on l’a dit ailleurs.
- Si le Tambour a des fangles, le Plieur les place deffus & charge la bafcule ; fi ce font des cordes, il en fait faire deux tours fur l'arbre , & faifànt tourner ? l'Enfuple'C, TL XII, il l'enveloppe de la Chaîne , pendant qu’il agite en tous fens le rateau, ainfi que cette figure le repréfènte.
- Section Septième.
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- Defcription de la maniéré dont on Je Jert a Nîmes & à Avignon , pour plier les
- Chaînes rayées, ourdies a plufieurs parties.
- J'ai dit, en quelqu’endroit du Traité de l'Ourdiflàge, que les Chaînes ourdies à plufieurs parties, exigeoient au Pliage une précaution différente des autres ; en effet, la maniéré de les mettre au rateau, doit néceflàirement s’accor_ der avec celle dont on les a ourdies. Ce procédé, que j'ai rapporté alors, eft celui dont on fe fert à Nîmes & à Avignon, où les Plieurs doivent s'accorder avec les Ourdiffeurs ,'pour conduire une rayure à fa perfeélion.
- On a vu dans l'endroit cité, qu'un Ourdiflèur commence toujours à ourdir une rayure par la partie qui touche à la lifiere : c'eft aufîî par où le Plieur doit commencer quand il la met au rateau ; ainfi il doit placer vers les extrémités des rateaux les parties qui ont été ourdies d’abord, puis de proche en proche les parles fuivantes, de maniéré que la totalité de'la Chaîne étant au rateau, offre
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- Troisième Partie. Du Pliage des Chaînes, êc. Citap. î. âux yeux la rayure de l'étoffe comme fi elle étoit déjà fabriquée. Il eft vrai que les parties de fond peuvent donner quelqu'irrégularité dans la répartition ^ui en eft faite entre les baguettes ; mais comme le Plieur a toujours un échantillon ou une efquifîe qui porte la rayûre qiie doit avoir la Chaîne qu'il va plier, il doit eonnoître, par le calcul du nombre de portées qui eompofent le fond, à combien d'endroits il doit en placer, & le nombre de portées ou de mufettes que chacun doit contenir.
- . - *.
- La Figure i, PL XIII, repréfente un Plieur qu’on foppofe occupé à mettre au rateau la Chaîne d'un petit taffetas , dont la rayûre eft rapportée dans la fe- Planche conde Seétion du Chapitre XV , de FOurdiffage. On y a vu qu'il n'étoit pas ^ poflible, à caufo de la difpofition de la rayûre, d'ourdir cette Chaîne à moins de huit parties : ainfi le Plieur eft forcé dé foivre l'ordre qu'on a fait tenir à ces parties, afin de donner au rateau l'ordre que cette rayûre doit avoir dans l'étoffe,
- & c'eft de-là que dépend entièrement la beauté de Ion exécution,
- Pour fuivre cette operation avec quelle exige * le Plieur place à
- Fa droite un porte+parties A, à côté du banc. Cet inaiu^ent autre chofe * qu'un montant de bois planté fur une baie, & fur la longueur duquel font deux rangées de chevilles oppofées l'une à l'aiitre, à peu-près comme le bâton d'un perroquet ; là hauteur eft de 4 pieds ou environ : c'eft fur ces chevilles que le Plieur place les parties dont la Chaîne eft compofée., après les avoir féparées les unes des autres dans l'ordre quelles doivent tenir. Des huit parties qui compo-fent la Chaîne dont il eft queftion, on n’en voit que fix for le porte-parties, le Plieur eft cenfé en avoir déjà mis une au rateau & être occupé à la fécondé ; il les place d'abord fur un Compafteur l'une après l'autre, à mefore qu'il les met aü rateau, comme fi chacune étoit une Chaîne entière.
- J'ai dit encore, dans le Traité de l'Ôurdiflage, que fOurdiflèur mettoitun petit cordon noué à chaque partie pour forvir de guide au Plieur ; c'eft à l'aide de ces nœuds que ce dernier reconnoît l'ordre des parties de cette Chaîne, fans cette précaution il feroit obligé de compter les portées, les mufettes, Sc même les fils bien fouvent.
- Pour mieux comprendre l'opération que je vais décrire, il eft à propos d'avoir fous les yeux l'échantillon 17, PL XXVI, de l'Ourdiffage : c'eft celui de la Chaîne, que je foppofe le Plieur occupé à mettre au rateau. Cette Chaîne , à l'endroit où j’en ai parlé, eft cenfée ourdie à*>45 portées, & la rayûre en eft dif* pofée pour trois répétitions ; de forte que chaque portée de chaque partie de la rayûre doit fournir à une des répétitions les 4ÿ portées, qui font 90 mufettes J ainfi le rateau doit avoir 90 dents , dont chacune contiendra une mufette.
- Pour la première partie.
- On placera une,mufette dans la première dent à droite; & venant vers la gauche, on mettra la féconde mufette dans la 30e. dent, la troifieme dans la 3 Ie, la quatrième dans la 6o2, la cinquième dans la 6Ie 9 & la fixieme dans la 90e*
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- L’ART DÉS ÉTOFFES DE SOIE.
- Four la fcconie partiel
- G n mettra la première mufette de cette partie dans la 2e. dent, la fécondé dans la 29e, la troifieme dans la 32% la quatrième dans la £9% la cinquième dans la 62% & la fixieme dans la 89e.
- Pour la troifieme partie.
- O N mettra la première mufette dans la 3e. dent, la fécondé dans la 28e, la ' troifieme dans la 33% la quatrième dans la 58e, la cinquième dans la 63e, & la fixieme dans la 88\
- our la quatrième partie.
- ' La première mufette dans la iye. der»<* 1* C*nr\t\At* A™ * U xfr y la troifieme dans la qj*e ? la quatrietv'^ la 4^e 9 la cinquième dans la 7jf% ^ la fixieme dans la 7(5e* Jcuu
- Pu&r la cinquième partie*
- La première mufette dans la 14e. dent, la féconde dans la 17e, la troifieme dans la 44e, la quatrième dans la 47e, la cinquième dans la 74e, & la fixieme dans la 77e. dent*
- Pour la fixieme partie.
- O n placera la première mufette dans la 13e. dent, la fécondé dans la 18e, la troifieme dans la 43e, la quatrième dans la 48e, la cinquième dans la 73e, & la dixième dans la 78e. dent.
- Pour la feptieme partie.
- On placera la première mufette dans la 12e. dent * la fécondé dans la 19e, la troifieme dans la 42e, la quatrième dans la 49e, la cinquième dans la 72e, & la fixieme dans la 75e. dent.
- Pour la huitième partie.
- L a huitième partie compofe le fond de la Chaîne ; elle efi de 24 portées ^ qui produifent 48 mufettes. Par Tordre que je viens d’établir, & l’arrangement des 90 mufettes que je fais placer dans les 90 dents du rateau, il n’y en a encore que 42 d’occupées, relient encore 48 à remplir. Ces 48 mufettes doivent donc remplir ce qui ne l’eft pas ; on les divifera en fix parties égales, qui feront de huit pour chacune
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- Troisième Partie. Du Pliage des Chaînes, '&c. Cuaf. IL ïft
- Ën faifànt attention à la maniéré dont j’ai diftribué les mufettes dans le rateau, “on verra qu’elles laiflènt entr’elles fix efpaces vuides qui font de huit dents chacun ; ceft précilément ce nombre répété de 8 dents, qui recevra les mufettes dont eft compofée chaque divifion du fond, & elles y feront placées dans l’ordre qu’on va voir.
- On placera les 8 mufettes de la première divifion, dans les 4e. ÿe. 6e. 7e. 8eï 9e. 10e. & 11e. dents.
- Celles de la fécondé feront placées dans les 20e. 21e. 22e. 23e. 24e. 2ye. 26eJ Sc 27e. dents.
- Celles de la troifieme feront mifes dans les 34e. 3ye. 3 6e. 37e. 38^ 39e. 40^ & 41e. dents.
- Celles de la quatrième dans les 50% yIe. 52e. j^6. y 4e. yye. y 6e. & y7e* dents.
- Celles de la cinquième dans les 64e. 6ye. 66e. 67e. 68ê# 69e* 70e. 8c 71e*'
- Hents.
- Celles de la fixieme enfin > ferorft placée* x.n<; jes g0^ gie# g2e# g^e^ g^ 8ye. 86e. & 87e. dents.
- Par cette diftribution les 90 dents du rateau fe trouvent remplies, aînfi qu’on peut le voir par l’exemple figuré qu’on a placé ci-après.
- Le Tableau qui fuit repréfente le rateau dans lequel on met la Chaîne ; les zéros, au nombre de 91, en font les 91 dents néceflàires pour contenir les 90 mufettes ; les accolades fupérieures font les dents qu’occupent les rayures, & celles de deffous font les parties de fond. Les fept parties qu’on a vues d’abord ci-deflus, y font défignées par les 7 premiers chiffres ; de forte que le chiffre 3 , par exemple, fignifie une mufette de la troifieme partie , en quelqu’endroit qu’il foit répété, & ainfi des autres ; & les chiffres de deffous 8,8, &c. défi-gnent le fond divifé en fix parties.
- Cet exemple peut s’appliquer à toute efpece de rayures ourdies à plufieurs parties ; on y a même, pour plus de facilité , repréfenté les mufettes des trois premières parties par une double accolade en deffus.
- Les deux moitiés qu’on voit aux extrémités ne doivent pas furprendre, fi l’on fe rappelle ce qu’on a dit dans l’Ourdiffage du partage des rayures contre les lifieres
- r*-) HS
- 123 76544567 311113 76544567 311123 76544567
- ooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooqoooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooo
- 88388888 . 88888888 88888888 88888888 88888888 88888888
- J’ai dit ci-deflus que le Plieur devoit avoir mis un compafteur dans Tenver-geure de la première partie, il doit en faire autant à toutes les autres, ainfi qu’ôn
- peut le voir par la Figure 2 de la XIIIe. Planche, qui repréfènte un Tambour. .....
- la Chaîne, un rateau & les verges vus géométralement, ainfi qu on va le Pi.anche détailler. ,15.
- Etoffes de soie. III. Part,
- Sss
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- Planche
- n*
- 152 VA RT DES ÉTOFFES DE SOIE;
- A, repréfente le rateau; i?,efl: un compafteur dans lequel font enfilées, fins ordre, toutes les parties de fond; C, eft un compafteur qui tient la premiers partie de rayure ; D, eft celui qui tient la fécondé ; E, eft celui qui tient la Troifieme ; Ftient la quatrième * G, tient la cinquième ; H, tient la fixieme ; & /, tient la feptieme partie 5 après quoi il ne refte plus qu’à placer les parties de fond dans le rateau. Il faut donc en tout pour cette Chaîne, 8 compafteurs différents, par où il eft facile de déterminer ce qu’en exigeroit une autre Chaîne;
- Lorfque le Plieur a fini de mettre toute la Chaîne au rateau , il le ferme & retire tous les compafteurs qu’il a employés ; puis paflant un doigt entre chaque mufette, il prend l’anneau que chacune forme au bout de la portée, & pafle dans toutes ces ouvertures un feul compafteur, qui retient, par ce moyen, tou* tes les portées dont la Chaîne eft compofée. Il faut obferver que lorfque le Plieur a retiré les compafteurs particuliers, il abandonne entièrement cette
- envergeure des mufettes dont on n’a plus befoin.
- Si, par le trop d’écartement des mufettes, occafionné par la diftance des dents du rateau , les portées fe trouxr^"* «voir line inégalité de teniion, au lieu de les prendre par les ouvertures qui font au bout, il les coupe toutes également, & prenant les mufettes 4 par 4, il les noue enfemble, après les avoir égalifées les unes aux les autres, ayant foin de faire ces nœuds de façon qu’ils fè trouvent fur une même ligne ; enfuite il prend la féparation du milieu de chaque quatre mufettes, y place un compafteur, & en fixe le cordon à l’autre bout pour retenir toutes les portées. Enfuite il porte le rateau jufques fur l’Enfuple , dans la rai-: nure duquel il place le compafteur, puis.la fécondé verge, & continue fon Pliage comme celui d’un Chaîne à une feule couleur.
- O
- Il peut arriver que le mélange des parties qui compofent une rayure, occa-* lionne quelqu’entrelacement ou quelques tenues entre les brins de foie, il faut y dans ce cas, employer toutes les précautions poflibles pour éviter de cafter aucun fil ; 8c pour cela on place derrière le rateau deux ou trois verges, pour féparer les parties de la foie dans l’ordre de l’Ourdiflage : on la fait tenir à quelqu’un pendant tout le temps du Pliage, pour dégager la foie & féparer les brins les uns des autres. La Planche XIV repréfente cette opération : on y voit trois Ouvriers , dont le premier A, tient le rateau, qui, pour plus de commodité y eft fùfpendu à une perche flexible attachée au plancher ; par ce moyen on peut faire mouvoir ce rateau dans tous les fens, de devant en arriéré, de droite à gauche , & de haut en bas ; le fécond B> tourne l’enfuple D, au moyen du levier b, tandis que le troifieme C, promene tout le long de la Chaîne à mefùre qu’on la roule for l’enfuple, les verges d>d,d9 d9 dont nous venons de parler;
- Il eft certain que les Chaînes ourdies à plufieurs parties, donnent plus de difficultés au Pliage ; mais cet inconvénient ne balance pas l’avantage de les ourdir
- ainfi.
- Lorfque la Chaîne eft for l’enfuple à 4 ou y pieds près des envergeures, fo
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- Troisième Partie. Du Pliage des Chaînes, êc. Chap. IL ry j Tourneur arrête; alors le Plieur abandonne fon rateau qui fe trouve fufpendu en lair au bout de la perche F, il le fait tenir contre l'enfuple où on l'arrête, afii^que la foie qui eft deflus ne puiffè fe dérouler ; enfuite le Tourneur prend
- la fourche fig. 2, PL XV, for laquelle il pl ace les envergeures de toutes les .....
- parties , pour n en former qu'une feule. Cette opération fe fait en prenant au Planche rateau les portées l'une après l'autre, ou mufètte par mufette , foi vaut l'ordre *** qu'on a foivi en mettant au rateau par portées ou par mufottes ; & on met dans une des branches a, de la fourche, une des deux ouvertures, & l'autre b, dans l'autre, ainfi que la figure 4, meme Planche , le repréfonte.
- La Planche XV, repréfente toutes les opérations de ce nouvel envergeage % on voit en A, fig. 1, le Plieur qui prend à la Chaîne F9 quelques mufettes, les place fur la fourche d, que l'Ouvrier qui a quitté l'enfuple, tient de la main gauche, tandis qu'avec la droite il les empêche de fortir de cette fourche. La Figure 3 de cette même Planche, repréfente le bout d'une Chaîne qu’on a fini de plier : on y voit tous les cordons que l’Ourdiffeur avoit placés dans les envers geures de chaque partie , de qu on ne reçue quand ces mêmes envergeures font mifes fur la fourche, comme le repréfente la figure 5, en A ; &on ne retire cette fourche qu’après avoir paffé le cordon de foie, fig. 5, en place des deux branches de cette fourche. Pour conferver les envergeures , on noue les deux bouts de ce cordon afin qu'il ne puiffe pas s'échapper , & on ôte tous les cordons particuliers ; enfin on forme à cet endroit un paquet du bout de la Chaîne avec ce cordon, pour la contenir jufqu'à ce qu'elle foie for le métier où l'étoffe doit fo fabriquer.
- Après toutes ces opérations on ouvre le rateau, d'où on retire la Chaîne ; on la roule entièrement for l'enfuple , en paiîant le bout fous le dernier tour , ainfi qu'on l'a déjà dit, & qu'on le voit figé 10 6 il, PL XL
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- Section H'üitieme.
- Obfirvations fiur le Pliage des Chaînes rayées, ourdies à plufieurs partiesâ
- Les réglés que je viens d'établir pour le Pliage de la Chaîne quon vient de voir, doivent être obforvées à toutes celles qu'on a ourdies à plufieurs parties,;
- Le Plieur doit toujours commencer par compter les parties, & les prenant les unes après les autres, il les place fur les chevilles du porte-parties ; enfoite il les met au rateau dans le même ordre, mais auparavant il a foin de compter les portées dont chacune eft compofée, afin de prendre un rateau convenable à la largeur de la Chaîne qu'il va plier ; & par le nombre de portées, il connoît celui des dents que doit avoir le rateau ; après cela il prend l’échantillon de la rayure pareille à la Chaîne, & met les parties au rateau fuivant cet échantillon.
- Les couleurs de la Chaîne quon doit plier, ne font pas ordinairement les
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- Planche
- Y y 4 VART DES ÉTOFFES DE SOÏË.
- mêmes que celles de l'échantillon, mais la difpofition en eft femblable; ainu par Tordre de la rayure, ou , pour mieux dire 3 par celui que l'Ourdiffeufe doit avoir donné à fà Chaîne, le Plieur doit voir que telle couleur de Téchantillon répond à telle couleur de la Chaîne, & par-là il ne fauroit manquer de tomber d'accord avec cette Chaîne ourdie.
- Lorfque j'ai dit que le Plieur choifiifoit un rateau convenable, je n’ai pas voulu faire entendre qu’il dût toujours être jufte, pour le nombre de dents, avec les portées dont la Chaîne eft compofée 5 jamais un rateau n’a trop de dents, c eft-à-dire, que quoiqu’il femble n’èn devoir avoir qu’un nombre déterminé9 s’il eft plus grand , on peut très-bien s’en fervir, fur-tout quand on a foin d’ourdir à un petit nombre de rochets, par la raifbn que le rateau divife les mufettes dans une largeur fixe ; 8c mieux elles font placées fur l’enfuple, plus il en réfulte d'avantage pour la beauté de l'étoffe*
- Pour ne pas interrompre le fil de ma defcription, lorfque j’ai détaillé les opérations par lefqu elles on remédie aux tenues de la foie en pliant, éil expliquant la quatorzième Planche 9 j’ai fuppof^ ^ mateau luipendu à une perche attachée an plancher ; mais je rfîiJL vu exécuter cette méthode en aucun endroit : c'eft une idée que je propofe & dont on peut tirer avantage. Je crois que ce que j’en ai dit, joint à Tinfpeétion de la figure, fuffit pour faire entendre cette opération ; en effet, il n’eft pas poffibie que le Plieur tienne long-temps ce rateau à bras tendu fans fe fatiguer confidérablement , ayant fur-tout fouvent befoin de fe fervir de fà main droite. Pour fe convaincre de la fupériorité de cette méthode, on n’a qu’à jetter les yeux fur les Planches XII 8c XIV, où la même opération eft repré* fentée de ces deux maniérés.
- Section Neuvième.
- De la maniéré de plier les Chaînes levées h chaînette de dejjus VQurdijJoir.
- L e Pliage des Ghaînes levées à chaînette , ne différé de celui des autres que par la maniéré de les mettre fur le Tambour. Voici comment on s’y prend.
- On met la Chaîne entière dans un tamis ou boiffeau, ou dans une corbeille garnie de papier, pour que rien ne puiffe accrocher la foie. Voje[ fig. 2 , PL X. Le Plieur lâche le bout par où il doit commencer: (c’eft par celui que l’Our-diffeufe a fini de lever fà Chaîne de* deffiis l’Ourdifloir, que le Plieur doit défaire fa chaînette, car il ne pourroit fe.défiler par l’autre ) : il attache ce bout au crochet du bâton, auquel tiennent les cordes qui font attachées par l’autre bout fur l'arbre ; puis tenant cette corbeille ou tamis d'une main , il recule au* tant que la diftance, qui fe trouve entre le Tambour 8c les cabres, le permet * & fait couler la Chaîne dans fà main droite le plus délicatement qu'il lui eft poffi* ble ; 8c quand il eft parvenu à une diftance convenable, il fait un tour de cette
- f Chaîne
- ?
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- Troisième Partie. Du Pliage des Chaînes , &c. Cîïap. Il, xjjj Chaîne fur la main, & ordonne à celui qui tient la manivelle de tourner: à mefure que la Chaîne s’enveloppe fur le Tambour, il avance en la tenant tou^, jours tendue, puis reprend en reculant une nouvelle longueur, qu’il roule de même fur le Tambour, & continue jufqu’à la fin, à quelques pieds près, qui! conferve pour l’ailànce de mettre au rateau*
- Pour mieux faire fentir combien cette opération eft fèmblable à celte qu’on Û déjà vue, quand la Chaîne eft relevée fui: une cheville^ on les a miles toutes deux dans une même Planche : cefl la dixième, où, au boifleau près, tout ell entièrement femblable.
- Quelques Plieurs, après avoir accroché le bout de leur Chaîne aii bâton, fè placent à une certaine diftance du Tambour, & fans fortir de leur place ils laif* fent couler la Chaîne dans leurs mains à melure que le Tambour l’attire à lui ; <Se alors il leur luffit d’avoir la corbeille à leurs pieds, comme la figure a, PL X, le xepréfente : on voit le Plieur occupé à défaire avec là main droite les chaînons,’
- tandis qu’il retient la Chaîne avec la main gauche, pour lui conferver une égale, tenfion.
- ïl eft certain que comme la Chaîne glilîe toute ^«fîere entre les ihaîns dut Plieur , Ion luftre ne peut quen être altéré ainfi cette méthode ne vaut pas la précédente ; d’ailleurs, il n’eft pas pollible de procurer par ce moyen à la Chaîne une égale tenfion, comme quand on ne roule que par parties.
- La tenfion que je recommande fi fort, en pliant une Chaîne, fert à dégager les tenues qui ne s’y rencontrent que trop louvent ; du moins eft-îl, par ce moyen, plus facile de les dégager, Sc l’opération en eft accélérée : d’ailleurs, le$ brins de foie deviennent également tendus.
- Section Dixième
- Objèrvation fur la différence qu'il y à entre Vufagt des Lanternes
- & celui des Tambours.
- L a Lanterne cylindrique dont j’ai donné la delcrîptîon au Commencement de ce Traité, en rapportant la méthode de Paris pour plier les Chaînes, eft infé-> rieure au Tambour 9 en ce que la foie polànt defliis dans tous les points de là circonférence, & étant couverte par les tours fuivants, il n’eft pas poffible que tous les brins qui compofent une Chaîne, prennent cette égalité de tenfion fi eflentielle.
- La Lanterne à claire-voie paroît, par cette raifon, préférable à la première J mais fa circonférence n’eft pas affez confidérable pour que l’élafticité dé la fçi® puifle, dans un auffi petit efpace, avoir tout Ion jeu, à caulè du peu de diftance entre les fuleaux. C’eft donc la néceflité reconnue de donner un libre cours à 1 élafticité de la loie, qui a fait penfer que plus la machine fur laquelle on la Etoffes de soie, III9 Paru T t c
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- VART DES ÉTOFFES DE SOIE;
- .roule auroït de circonférence, mieux la foie s’en trou vernit : auflï a-t-on confi truit des Tambours qui ont jufqu’à trois aunes & demie & même quatre aunes de circonférence, &on eft parvenu à procurer à la foie une parfaite égalité de tenfion dans toutes fes parties.
- De quelque grandeur que foient les Tambours quon emploiera, ils n’ont tous que huit aîies , & font , en cela, femblables à un Ourdifloir couché ; & la difo tance des aîies, qui eft d’environ 20 pouces, permet à la foie de s’étendre convenablement. On a même remarqué que cette différence influoit jufques for la? beauté de l’étoffe.
- Mais, dira-t-on, d’où peut venir une inégalité de longueur entre ces brins de foie qui font raflemblés à l’Ourdiflàge par des procédés qui fomblent ne le pas permettre ! Pour répondre à cette objeélion, il foffit de fe rappeller l’obforya** tion que j’ai faite dans un endroit du Traité de l’Ourdiflàge ; j’y ai fait remar-j quer que malgré les différentes précautions dont on ufe à cet égard, & notamment l’ulàge de la crémaillère, on ne peut éviter que le diamètre de l’Ourdif foir ne foit fonfiblement augmenté id nn ae cctcc operation ; ainfi en com-" parant les première® portées ourdies avec les dernieres, on y trouvera une différence affez confidérable : c’eft pour y remédier qu’on a introduit l’ufage des Tambours ; d’ailleurs, il n eft pas même poflible, en ourdiflànt, que les brins foient également tendus, parce qu’un rochet plein étant plus lourd, fe déroulé moins vite, & le brin eft plus tendu, au lieu que celui qui tire à fa fin tourne avec plus de rapidité , puifque tous deux font tirés par une force égale, & que leur réfiftance ne l’eft pas.
- L’élafticité qu’on remarque dans les foies, vient du tors quelles ont reçu au moulinage ; malgré l’attention qu’on y apporte , elles n’ont pas le même degré d’apprêt : c’eft donc pour compenfer ce plus & moins, qu’on les tend autant qu’il eft poflible dans toutes les opérations qu’on leur fait fobir.
- X
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- Troisième Partie. Du ‘Pliage des Chaînes, èc. C s A p. III. \<’j
- s»
- CHAPITRE TROISIEME.
- Maniéré dont on fe fert à Tours ôC dans quelques autres Villes, qui tiennent des anciennes méthodes, pour plier les Chaînes relevées , ainjique pour les plier en fartant de dejfus l’Ourdijfoir.
- Section Première.
- Méthode de Tours & de quelques autres Villes.
- A Tours, & dans quelques Villes voifines, on ne fe fert, pour plier Ici Chaînes, ni de Lanterne ni de Tambour, ni même d’aucune autre machine quî en tienne lieu ; femblables à celles que nous avons
- décrites, avec des portes-rateaux, ou bien avec ua deftiné à cet ufage. On y plie ordinairement les Chaînes dans un endroit découvert, comme cour ou jardin, qui doivent être aiïez longs pour y étendre la Chaîne toute entière } quelle qu’en foit la longueur ; on en déroule de defïus la cheville d’abord une certaine longueur, qu’on met au rateau, puis fur l’Enfuple qui eft fur les cabres, comme on l’a vu PL VIII >fîg. 2 ; enfuite on l’étend dans toute fa Ion*, gueur ; on pafle dans l’ouverture qui eft au bout, une cheville un peu forte, a laquelle tiennent plufieurs {angles ou cordes dont Chacune eft retenue par un homme qu’elle enveloppe. L’un de ces hommes tient un bout de la cheville dans chaque main, & les autres font placés derrière en file, ou deux à deux , ou à côté les uns des autres : ils font tous leurs efforts pour donner à la Chaîne une tenfion fuffilànte, & avancent, à mefure qu’on l’enveloppe fur l’Enfuple, fans lâcher mal-à-propos.
- Pendant ce temps-là le Plieur conduit fon rateau de la maniéré qu’on a VU
- PL XII.
- Il eft facile de fentir toute la défeéluofité d’une pareille méthode, tant parce qu’il n'eft pas poffible que ces hommes procurent à la Chaîne cette égalité de ten* lion qui lui eft fi néceflaire, que parce qu’une Chaîne dont la longueur eft quelquefois de cent aunes, ne làuroit manquer de plier vers le milieu, & de décrire une courbe dont la recherche a fait l’objet des calculs des Savants. Tous les brins ne font pas même également tendus ; quelques-uns devenus le jouet def air, s’embrouillent avec les autres, & augmentent encore le délordre.
- Il eft vrai que pour obvier à ces inconvénients, quelques Plieurs placbnt des chevalets de diftance en diftance, comme on voit les Cordiers le pratiquer en travaillant. Cette précaution prévient fans doute une partie des défauts; mais
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- L9ART DÈS ÉTOFFES DE SOIE, malgré cela cette méthode n’eft pas comparable à celles des autres Villes de JManufaétures.
- Au furplus, la quantité de perfonnes que ce Pliage occupe, eft un inconvénient capable de faire rejetter cet ufàge. On a vu que félon les méthodes que nous avons décrites, il ne faut être que deux, & quelquefois trois ; celui qui tourne l’Enfuple, celui qui tient le rateau, & celui qui dégage les tenues * quand ceft une Chaîne rayée, ourdie à plufieurs parties; au lieu que par cette méthode, indépendamment du Tourneur & du Plieur, il faut abfolument au moins quatre hommes pour tendre la Chaîne.
- Le procédé qu’emploient les Cordiers quand ils câblent un cordage, eft le feul moyen à 1’aide duquel on puiflTe tolérer l’ufege de Tours. Voici en quoi il ‘confifte.
- Ils ont un bâti de bois quils nomment quatre, Sc qu’ils chargent plus ou moins de pierres félon la groflêur de la corde; ils y en attachent le bout: cette corde en fe cablant raccourcit, & attire ce fardeau qui traîne avec peine par terre. Tel eft le moyen dont peuvent ufer ceux auî, à un auffi dé-
- feétueux ufàge, ne s’en veid^rtlr j^oint départir ; mais encore une fois, la necefîité de faire ce travail au grand air, où la pluie & le foleil peuvent faire tort à la foie p font capables de le profcrïre , ainfî que les ordures qui voltigent fans ceffe*
- Section Secondé»
- Maniéré de plier les Chaînes immédiateîhent en les levant de dejjhs VOurdijjoin
- Anciennement ôîi ne eonnoiftoit pas l’ufage de lever les Chaînes de delfus i’Ourdifloir, pour enfuite les plier comme on fait aujourd’hui ; il y a même quelques Villes de Manufactures qui le pratiquent ainfi ; c eft pourquoi je me crois obligé d’en rapporter les procédés.
- Auffi-tôt qu’on a fini d’ourdir une Chaîne , on ôte la cantre de fà place ; on met à quelque diftance du montant du plot, deux cabres en face, auffi loin que l’endroit peut le permettre ; enfuite on fait defeendre le plot à la hauteur des chevilles errantes , en place defquelles on met un cordon de foie , pour confer-i ver les envergeures : on en retire le bout de la Chaîne, & on le pafle for Iq plot entre les deux poulies droites, 8c entre deux tringles, où, pendant l’Our-; diflage, a pafle la braflè, fans cependant obferver la féparation que la tringle dut milieu y confervoit alors.
- Le Plieur conduit le bout de la Chaîne jufqu’aux cabres, ou il la met au rateau ; & quand cette opération eft finie, i 1 place le compafteur, & plie la Chaîne*for l’Enfople de la maniéré qu’on a vue dans les Seétions précédentes.
- On fent aifément qu’il faut une perfonne pour empêcher I’Ourdifloir de tourner trop vite, afin que la Chaîne ne fe déroule qu’à mefore qu’on tourne l’En-fuple, & pour lui conferver une tenlion fuffifànteu Cette
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- Troisième Partie. Du Pliage des Chaînes, ëc. Ghap . îlî. i 0
- Cetce maniéré de plier ne lauroit avoir lieu que pour les Chaînes ourdies fur 1 Qurdilïoir rond , mais quand on peut ufer de la mechode reçue généralement , on ne doit pas hefiter a la preferer. En effet , quoiqu au premier alpeél cette méthode paroiflèplus fimple & plus expéditive, il eft certain que le déroulement de l’Our-diffoir ne {aurait etre continu y Sc par confisquent la foie n’eft pas également tendue ; d’ailleurs, quelque folide que foit cet Ourdiffoir, il n’eft pas poffible qu’il réiîfte long-temps aux efforts multipliés qu’il éprouve par la tenfion de la foie; On ne doit donc lever ainfi les Chaînes, que dans un cas de néceflité; car il faut d’abord un endroit qui, outre la place qu’occupe l’Ourdiffoir, permette d’en écarter l’Enfuple au moins de trois aunes; encore Cette diftanCe eft - elle trop petite pour qu’on puiffè opérer comme il faut.
- De plus, il faut que 1 Ouvrier, au metier duquel on deftine cette Chaîne j ait fini celle qu’il avoit fur ce métier, pour que fon Ënfuple puiffè en recevoir une nouvelle : il eft vrai qu’on pourrait avoir plufieurs Enfuples pour un mêmè métier, ou que la Chaîne reftât quelque temps fur l’Ourdiffoir ; mais dans une Fabrique où toutes les Machines font coûteulès, à moins d’un calcul très-économique pour les dépenfes, on ne fauroit vendra „ne Étoffé au prix Courant, fi on n’a pas pris garde à tout ce qui peut en augmenter la valeur ; quint à laiiTer une Chaîne fur l’Ourdiffoir, elle peuc s’y gâter, & l’Ourdiffeur, pendant ce temps, refte à ne rien faire, à moins qu’on n’eût auffi plufieurs Ourdiffoirs.
- Il y a des Fabriquants qui ourdiffent eux-mêmes, ou font ourdir chez eux toutes les Chaînes de leurs Fabriques ; on les y plie auffi, & c’eft prefque le feul cas où la méthode dont nous venons de parler, puiffè être admife ; fans cela il faudroit plufieurs Lanternes ou Tambours, encore eft-il rare de trouver des emplacements capables de contenir ces diverfes Machines, très-volumineufes par elles-mêmes ; ainfi le plus sûr eft de s’en tenir à l’ulàge.
- Dans les Villes de Manufactures un peu confidérables, chaque opération de Fabrique occupe un certain nombre de gens qui travaillent de cette partie pour le Public ; ainfi on donne une Chaîne à ourdir à umOuvrier qui travaille pour vingt ou trente Fabriquants; quand elle eft levée, on la porte chez un Plieur, auquel on fournit un Enfuple, & ainfi du refte ; & chaque opération faite par gens dont c’eft l’unique talent, eft mieux traitée & avec plus de promptitude.
- /J
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- Etoffes de soie, III, Part,
- Vvv.
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- L’ART DES ETOFFES DE S OI Ë„
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- CHAPITRE QUATRIEME.
- Explication des Planches concernant le Pliage des Chaînes pour les
- Étoffes de Soie.
- PLANCHE PREMIERE.
- La Figure i repréfente le Chevalet dont on fe fert à Paris pour plier les Chaî^ nés & les Poils pour les Etoffes de foie : il eft garni de là Lanterne F, faite a claire-voie.
- La Figure 1 eft une des deux Cordes K9 K, qu’on voit fur la figure r , atta-* chées par un de leurs bouts à la bafe du chevalet, & placées dans la rainure des poulies Gy Gy de la lanterne F4 O» « icpréfcnte cette corde féparément, afin qu’on pût juger de b manière avec laquelle elle peut occafionner les frottements néceflàires pour tenir une Chaîne tendue autant & fi peu qu’on le defire : on Voit en A, l’efpace qu’occupe la poulie dans les rainures de laquelle elle pafle ;
- & en C y on voit le contre-poids qui la fait roidir, pour donner à une Chaîne la tenfion dont on a befoin pour la perfeélion du Pliage.
- La Figure 3 repréfente un des deux côtés du Chevalet 1, vu en face:
- La Figure 4 eft la bafe de ce Chevalet y vue auffi en face : on voit en b, b * ^ fur cette figure 9 les deux cordes qui fervent à roidir la lanterne lorfqu on plie une Chaîne, &c.
- A y une des grandes traverfes de la bafe du Chevalet.
- B y B y font deux des quatre traverfes qui affemblent les deux grandes travers fes A y A y de cette même bafe.
- C y un des grands montants du Chevalet, dans les entailles defquels tourne la lanterne F.
- Dy Dy font deux arc-boutants qui retiennent les grands montants C9 C, de* vant & derrière, afin que les efforts du Pliage ne les ébranlent pas.
- E y la traverfe qui tient les deux montants C 9C9 dans un écartement égal a celui qu’ils ont fur la bafe du Chevalet, & à celui qu’ils ont pour recevoir la lanterne F.
- PLANCHE II.
- L a Figure I repréfente une Lanterne femblable à celle F, de la Planche I £ vue en face & hors du chevalet : elle eft faite à claire-voie, & garnie de fà ma-< nivelle L
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- Troisième Partie. Explication des Planches. Ctf ap. ÎV. ïët Développement de cette Figure.
- A, eft l’arbre ou l’axe de cette Lanterne : il eft garni de fon crochet de fer a.
- G9 K, en font lés deux poulies, dont une vue de profil, & l’autre vue en perfpeétive.
- Hy efl: un des fix Tufeaux qui, placés autour de l’axe de la Lanterne, en aflemblent les deux poulies avec lefquelles ils forment un corps cylindrique à claire-voie y comme onl’apperçoit fur la Figure.
- /, eft la manivelle de la Lanterne, au moyen de laquelle on la tourne lorf qu’on roule une Chaîne deflus.
- La Figure 2, eft encore une Lanterne dont le corps eft un cylindre plein 1 elle eft au même ujtàge que celle fig* 1,
- femme J* cette Figure*
- a y en eft l’arbre ou l’axe ; là groffeur, qui eft un cylindre, tient en même temps lieu des fix fufeaux qui forment le corps de la Lanterne y fig. 1 ; les deux poulies qu’on aflcmble à cet arbre, font faites de même que celles GyKf excepté quelles n’ont chacune que le trou par lequel on les place fur l’arbre ai
- C y eft la manivelle propre à cette Lanterne.
- La Figure 3 eft un Enfuple tout uni, fait avec des tenons de bois qui lui fervent d’axe*
- La Figure 4 eft auffi un Enfuple tout uni ; les tenons qui lui forvent d’axe font de fer.
- La Figure y eft encore un Enfuple uni, dont les tenons font de bois : il a un de fes bouts propre à recevoir une poulie faite à cet ufàge.
- La Figure 6 eft un Enfople dont les tenons font encore de bois ; chacun de fes deux bouts forme une efpece de large poulie, par deux rebords a , æ, d’un côté , 8c par ceux b, b, de l’autre ; c’eft dans ces poulies qu’on place les cordes pour tendre la Chaîne lorfqu’on fabrique une Etoffe.
- La Figure 7 eft un Enfuple tout uni {ans tenons.
- La Figure 8 eft encore un Enfuple tout uni & fans tenons ; il eft percé à un de fes bouts de deux grands trous C, C: ces trous font quarrés, 8c c’eft par leur moyen qu’on fait tourner l’Enfuple lorfqu’on plie une Chaîne deflus ; c’eft auflï au moyen de ces mêmes trous, qu’on parvient à tenir une Chaîne tendue quand on fabrique une Etoffe.
- La Figure 9 eft une cheville qu’on emploie pour tourner les Enfuples lorf* qu’on veut plier une Chaîne, en la plaçant comme celle qu’on voit en M% jig. 6.
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- itfi VART DES ÉTOFFES DE SOIEt
- La Figure 10 eft une autre efpece de cheville : elle eft faite pour le mêmg ufiige que la précédente, de laquelle on ne fe fert cependant que pour tourner les Enfuples, comme celuifig. 8, parce qu’on la place dans les trous Cy C.
- ‘La Figure i r eft le bas d’un Rateau repréfenté fans aucunes dents.
- La Figure 12 eft la couverture de ce même Rateau.
- *l Q, l’écrou qui fert à le fermer.
- PLANCHE IIL
- L a Figure 1 eft une Cabre toute montée comme quand on veut plier uné Chaîne.
- La Figure 2 eft le pied de la Cabre vu en face par devant, & féparé de {bn grand arc-boutant.
- Développement de la Cabre.
- A, eft le grand montant du pied, qui s’emmanche par fon tenon a> avec la
- mortaife b, du grand arc~koucant D. 1
- B, une traverfe qui afîemble par le bas chacun des arc-boutants C, C> ainfl
- que le grand montant A.
- C> C, font les deux arc-boutants qui retiennent le grand montant A, par les côtés, afin de le rendre folide fur la traverfe B.
- D y le grand arc-boutant de la Cabre.
- La Figure 3 eft la corde qu’on roule lur une Lanterne, lorfqu’une Chaîne ; qu’on plie, eft à là fin. Cette corde fert à faire plier plus facilement la dernière longueur d’une Chaîne.
- F, un Compafteur garni de fon cordon de foie a, par lequel on tient libre la fécondé ouverture de l’envergeure des mufettes, produite par la première des deux chevilles errantes d’un Ourdifloir, tandis que le compafteur eft placé dans la première ouverture.
- H9 eft la verge qui fert à retenir le compafteur dans la rainure d’un Enlùple; lorfqu’on commence à plier une Chaîne.
- La Figure 4 eft la coupe d’un Enfuple vue en face 9 pour faire appercevoir l’ordre qu’on fait tenir au bout d’une Chaîne qu’on place dans la rainure d’un
- Enfuple.
- E y Ey font les deux porte-Rateaux qu’on place derrière les grands montants des cabres, lorfqu’on veut mettre une Chaîne au rateau.
- G y une grande tringle de bois qu’on cloue fur le plancher , afin d’arrêter lo bout du grand arc-boutant de chacune des cabres qu’on emploie pour plier les Chaînes.
- »4#
- PLANCHE
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- Troisième Partie. Explication des Planches» Chap. IV. 163
- PLANCHE IV.
- I
- L a Figure r eft un Rateau ouvert 9 garni de toutes fes dents.
- P, la couverture du Rateau.
- ff9 font deux chevilles qui fervent à retenir la couverture P, par fes deux bouts, lorfque le Rateau eft fermé.
- Q, un écrou qui fert à retenir la même couverture du Rateau for fon milieu quand il eft fermé.
- La Figure 2 repréfente un Tambour placé for un chevalet : l’un Sc l’autre font Vus en face.
- La Figure 3 eft un palonnier qu’on joint aux fàngles ou aux cordes pour roidir le Tambour.
- E ,E 9 font deux làngles qu’on place for le bord des ailes du Tambour, afînfc de donner à une Chaîne qu’on plie, toute la tenfion qui lui eft néceflàire.
- F, une e/îe de fer qui fe lie avec le crochet b, du palonnier 9fig. 3^, 3c avec celui d’une bafcule >fig. y , PU vl.
- PLANCHE - V.
- »
- L a Figure 1 eft l’arbre d’un Tambour.
- La Figure 2 eft un Tambour vu en plan.
- Développement de cette Figure.
- G, eft une des quatre grandes traverfes du Tambour, au, bout defquelles ori place les ailes.
- D y une des huit ailes.
- E, un des feize arc-boutants qui retiennent les ailes, afin qu’elles ne puif-font pas être rapprochées par les efforts qu’on fait lorfqu’on met une Chaîne foi: le Tambour.
- F, une des huit petites traverfes qui portent les ailes par un de leurs bouts.
- L 9 la manivelle au moyen de laquelle on tourne le Tambour pour rouler
- une Chaîne deflîis. .
- La Figure 3 repréfente un Chevalet vu en face par devant.
- La Figure 4 repréfonte la bafe du Chevalet yfig. 3 , vue par deffos.
- PLANCHE VI.
- L a Figure 1 repréfettfe encore l’arbre d’un Tambour : il eft différemmenc conftruit que celui qu’on a vu dans la Planche précédente.
- L y la manivelle de cet arbre.
- Etoffes de soie. IIL Part.
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- L’ART DES ÉTOFFES DE SOIE.
- La Figure 2 eft un des deux côtés du Chevalet qu’on a vu Jzg. 3 , P/. V*
- La Figure 3 eft un banc qu’on appelle Porte-rateau.
- La Figure 4 eft un palonnier tenant à deux cordes , defquelles on attache les bouts fyfy aux pitons e, e, de l’arbre du Tambourfig. 1, de cette Planche y afin de conduire le bout de la Chaîne qu’on plie, jufques fur l’Enfople, ou à telle diftance qu’on juge néceflàire.
- La Figure 5 eft une bafcule, au moyen de laquelle on tend une Chaînq autant qu’il le faut pour la plier comme il convient.
- PLANCHE VIL
- L a Figure 1 eft un des deux côtés d’un Chevalet propre à porter un Tambouf pour le pliage des Chaînes.
- Développement de cette Figure.
- La Figure 2 en eft la bafe.
- C, eft un des grands montants. c '
- E, eft la traverfè fof «*icure.
- Fy F y font les deux arc-boutants qui rendent folide le Chevalet, & qu’oni oppofe aux efforts du Pliage.
- L y une tringle de bois qu’on fixe for le plancher pour retenir les bouts des! arc-boutants, afin que le Chevalet ne puifle pas avancer lorfqu’on plie une Chaîne.
- H y H y font les deux cordes au moyen defquelles on roidit le Tambour pour qu’une Chaîne foit tendue autant qu’il le faut pour la perfeélion du Pliage.
- Les Figures 3 & 4 font deux pièces de bois qui forment le haut d’un Chevalet , au moyen de ce qu’on les plante dans la muraille, où elles font retenues par deux chevilles , & fopportées fur le devant chacune par un montant.
- 1 y 1 y font les deux chevilles qui retiennent dans le mur les deux pièces de bois qu’on vient de défigner.
- F y un dos montants qui fervent de fopport aux deux pièces G y Gy afin que? le poids du Tambour, qu’elles portent, ne les fafle pas baifler for le devant.
- fy une vis de fer qui fert à affembler le montant K y avec une des figures ÿ 8c 4.
- My une traverfe qui fert à tenir les montants K, par le bas, dans un écarte-5 ment convenable à celui du Tambour qu’on place fur l’efpece de ChevaleÇ qu’ils forment.
- PLANCHE VIII.
- L a Figure 1 repréfente le Rateau porté par les deux porte-Rateaux qu’on à placés fur les deux cahres 5 cet arrangement eft vu en face par derrière les çabres*
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- Troisième Partie. "Explication des Planches. Chap. ÎV. iôy
- La Figure 2 repréfente les deux Cabres ayee un Enfuple dellus , placé comme quand on veut plier.
- La Figure 3 eft une Cabre vue en face par le côté, avec l’Enfuple dèfliis.
- La Figure 4 eft encore une Cabre vue de même , mais avec Un porte-rateau feulement.
- La Figure y repréfente le bout d’une Chaîné placée dans la rainure d’un En-fople, dans laquelle la verge qui y retient le compafteur , eft placée for lui feulement.
- La Figure 6 repréfente encore le bout d’une Chaîne placée dans la rainure d’un Enfopie, ou la verge, qui y retient le compafteur, eft enveloppée par un tour de cette Chaîne. Elle eft placée au fond de la rainure de maniéré que It compafteur fe trouve au-deffus.
- PLANCHE IX,
- La Figure 1 eft un Chevalet dont les montants, deftinés â porter le Tarcy bour, font arrêtés ordinairement aux folives du plancher, ou à quelques tra-yerfes mifes exprès, ou à quelque poutre qui fait la même fon&ion ; de forte que là hauteur eft ordinairement du haut en-bas de l’atteiier où il eft placé. Ce Chevalet eft garni d’un Tambour dont l’arbre eft roidi par des Cordes qui l’entourent : il eft vu par derrière en perlpeétive.
- La Figure 2 eft le même Chevalet vu par devant, garni aufïï d’un Tambour qui eft entouré de deux làngles, qui fervent à le roidir lorfqu’on plie une Chaîne, afin qu’elle foit bien tendue*
- La Figure 3 eft un Tambour vu en perfpeéiive hors du chevalet : il eft garni de deux cordes, qui, avec le palonnier B, conduifent le bout de la Chaîne , qui eft ordinairement placé dans le crochet A
- G, un orillon, dans le trou duquel on place un des bouts de l’arbre du Tambour ; c’eft le bout du Tambour qui eft oppofé à celui qui tient la manivelle.
- H, un autre orillon, dans l’entaille duquel on met le bout de l’arbre du Tambour, dû côté de fe manivelle.
- PLANCHE X.
- La Eigure 1 repréfente la maniéré dé rouler fur lé Tambour une Chaîné relevée for une cheville.
- A , le Plieur qui tient dans fes mains avec force, par fes deux bouts, la cheville fur laquelle eft roulée la Chaîne E,
- B, le Tourneur.
- C, le Chevalet.
- D, le Tambour,
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- î 68 VA RT DES ÉTOFFES DE SOIE.
- La Figure 2 repréfente la maniéré de rouler fur un Tambour une Chaîné relevée à chaînette.
- F, le Plieur. On le voit tenant avec û main gauche, à poignée, la Chaîne qu’on roulé fur le Tambour ; & avec la main droite faire couler les chaînons * afin qu’ils ne puilTent pas s’embrouiller.
- G, le Tourneur.
- H, le Chevalet.
- I, le Tambour.
- K j la Chaîne.
- L, une elpece deboiffeau dans lequel on met ordinairement la Chaîne; tout! en paquet, afin que lorfqu’on plie, les chaînons & replis ne s’entrelacent point les uns dans les autres.
- Les Figures 3 & 4 font des bancs qui portent le Rateau, pour faire la diftribu-? tion des portées & mufettes d’une Chaîne, lorfqu’on les prépare pour être pliééS;
- M, M, font deux tabourets, fur lefquels le Plieur s’affied lorfqu’il met une Chaîne au rateau.
- PLANCHE XI.
- L a Figure 1 eft un Plieur qui met une Chaîne au rateau.
- a, une petite verge qui fert à retenir le compafteur dans la rainure de f Enfople.
- b, le Compafteur que le Plieur tient à la main pour diftribuer les portées d$ la Chaîne dans les dents du rateau.
- c, le Rateau.
- La Figure 2 eft le banc porte-Rateau, dont le Plieur fe fert actuellement.
- La Figure 3 eft le bout des Cabres fur lefquelles on place les Enfuples pour plier les Chaînes.
- La Figure 4 eft le Chevalet garni de fon tambour, for lequel eft roulée Chaîne C, que le Plieur met au rateau.
- La Figure J eft la perfonne qui tourne le Tambour Sc l’Enfuple pour plier les Chaînes. Elle eft ici vue portant un Enfople, pour le placer for les cabres.
- La Figure 6 eft la cheville fur laquelle la Chaîne, qu’on doit plier, étoif relevée.
- La Figure 7 eft un Porte-parties.
- La Figure 8 eft un banc porte-Rateau, avec un rateau deflus.
- La Figure 9 eft un Enfople à double rebord, n’ayant rien deftus.
- La Figure 10 eft un Enfople pareil au précédent, for lequel on voit unë Chaîne toute pliée.
- La Figure n eft encore un Enfople different des deux autres, for lequel eft auffi une Chaîne tpute pliée,*
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- Troisième Partie. Explication des Planches* CtfAp* ÏV. Ki£j
- F9 G 9 H9 Iy font quatre differents Rateaux dont on Te fort pour plier les Chaînes y fuivant la diftribution qu'on doit faire des portées & mufettes*
- x FLANC H.E XI I.
- Cette Planche repréfonte la maniéré de plier une Chaîne.:
- A y eftle Plieur qui tient le Rateau a, avec fos deux mains ; il le conduit de maniéré à diriger la foie fur l’Enfuple y afin que les portées y foient diftribuéeS le mieux poffible.
- B y eft TOuvrier qui tourne l’Enfuple C 9 au moyen de la cheville D, de laquelle il fait paffèn alternativement les bouts d'une main à l’autre.
- Cy l?Enfoplé?fur lequel on plie la Chaîne. •
- Dy la cheville avec laquelle on tourne l'Enfùple lorfqu’on roule delTus un© Chaîne.
- E y la Chaîne qufon plie.
- F y Fy font les deiiv Cabres*
- Gy le Tambour fur lequel la Chaîne qu'on pii© roulée.
- H y le Chevalet qui porte le Tambour.
- I y le Banc porte-Rateau.
- K, une Cheville 9 de laquelle on fo fert pour tourner un Enfople lorfqu’il n a point de trous, comme. celufC.
- ^ ^ eft le Rateau que le Plieur tient.
- b y c y dy font trois differents Rateaux dont on fe fort pour dîvifer les portées des Chaînes qu'on veut plier : ils different les uns des autres par le plus ou le moins de dents, & par leur grandeur. 1
- e y font des Cordons de foie qu’on retire des envergeures ; on a foin de les accrocher à la cheville^, pour s'en fervir dans le befoin.
- PLANCHE XIII.
- L a Figure ï repréfente la maniéré de mettre au Rateau une Chaîne rayée f ourdie à plufieurs parties , foivant la méthode de Nîmes, d'Avignon, & c.
- A y eft le Porte-parties, auquel font accrochées les parties de la Chaîne qu on n a pas encore placées dans le Rateau.
- B y eft le Plieur qui eft occupé à mettre au Rateau la fécondé partie de la Chaîne qu’on doit plier.
- a y eft le Compafteur que le Plieur tient à la main, fur lequel eft le bout de la partie qu'il range dans le Rateau. * ’ • "
- h y le Rateau. / ;
- c, le Compafteur de la première partie qu on a déjà placée dans le Rateau. Etoffes de soie. IIL Part. Yyy
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- 168 HART DES ÉTOFFES DE SOIE.
- C, le Banc porte-Rateau.
- D, le bout des Cabres.
- E 9 la Chaîne qu’on doit plier.
- F9 le Chevalet.
- G, le Tambour fur lequel on roule la Chaîne pour la plier.
- H y la Cheville fur laquelle la Chaîne quon va plier y a été relevée.1
- J y l’Enfuple fur lequel on doit plier la Chaîne.
- K y la Cheville qui fert à tourner l’Enfuple
- La Figure 2 repréfente une Chaîne ourdie en huit parties mifes au Rateau f excepté la partie du fond.
- A y le Rateau.
- B, un Compafteur fur lequel efl: placée la partie de fond quon n a pas encore mife au Rateau.
- CyDyEyFyGyHyly les fept Compafteurs qui tiennent chacun une des fept parties qui font mifes au Rateau.
- K y le Tambour fur lequel la Chaîna ©A îuulcc.
- Ly la Chaîne toute étexxdue & diftribuée dans les dents du Rateau.
- PLANCHE XIV.
- Cette Planche repréfente la maniéré avec laquelle on plie ordinairement une Chaîne ourdie à plufieurs parties, & un nouveau moyen de conduire le Rateau avec beaucoup plus de facilité qu’en le tenant & le fùpportant avec les mains.
- A y le Püeur, qui, avec une feule main, conduit le Rateau, & avec l’autre dégage les tenues que les brins de foie forment de temps en temps.
- B y celui qui tourne l’Enfuple fur lequel la Chaîne fe roule.
- C, Un Aide qui a foin de féparer les parties de la foie avec les baguettes qui y font entrelacées : il a attention de les prendre alternativement les unes & les autres, & de les reculer en dégageant les tenues que les brins de foie forment très-fouvent.
- D y l’Enfuple fur lequel on place la Chaîne.
- E y E y les Cabres qui portent l’Enfuple.
- F y une perche fixée au plancher de la même maniéré que les Tourneurs placent celle dont ils fe fervent pour attacher la corde qui, avec leur marche,’ donne le mouvement aux pièces qu’on tourne.
- G y la Chaîne qu’on plie.
- H y le Tambour fur lequel on a roulé la Chaîne pour la plier.
- I, le Chevalet qui porte le Tambour.
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- Troisième Partie. Explication des Planches. Chaê. IV* l6p
- , le Rateau que le Plieur conduit, afin de bien placer la Chaîne fur l’En-fuple.
- b, la Cheville avec laquelle on tourne l’Enfuple.
- c9 c, les deux Cordes qui font attachées par un bout à la perche F* & par f autre tiennent le Rateau.
- d9d9d9d9 les quatre Baguettes, au moyen defquelles on fépare les parties de foie de la Chaîne : elles fervent auffi à dégager les tenues qui fe forment entre les brins de foie*
- PLANCHE XV.
- L a Figure I repréfente la maniéré de réunir les envergeures qui font au& differentes parties d’une Chaîne en une feule, lorfqu’elle eft finie de plier.
- A, repréfente le Plieur qui prend portée par portée, ou mufette par mufètte les unes après les autres, en fuivant dent par dent au Rateau ; il place l’enver^ geure de chacune fur la fourche, afin de n’en faire de toutes qu’une feule.
- 2?, celui qui tient la Fourche b, avec fa iuai« gauche; tandis qu’avec la main droite il retient les portées quon a placées deilus, afin quelles ne puiflent pas échapper.
- C9 eft l’Enfiiple fur lequel on a plié la Chaîne.
- D, le Rateau.
- E9 E9 les deux Cabres.
- F9 le bout de la Chaîne qu’on a pliée.
- G 9 le Palonnier auquel le bout de la Chaîne eft accroché.
- a 9 le crochet du Palonnier.
- c y c 9 les deux cordes qui tiennent le Palonnier, & au moyen defquelles on conduit le bout de la Chaîne jufques fur l’Enfuple.
- La Figure 2 eft la Fourche fur laquelle on place les envergeures des parties d’une Chaîne rayée , pour n en faire qu’une feule lorfqu’elle eft finie de plier.
- La Figure 3 repréfente le bout d’une Chaîne rayée qui a été ourdie à huit parties, & qu’on vient de plier; ceft dans cet état qu’on la voit ayant qu’on falfe l’opération qu’on vient de voir ci-deflus, jig. r.
- A, eft le Rateau.
- B9 le Palonnier.
- a9a9a9a9 a9a9a9a9 font les huit Cordons de foie qui tiennent chacun l’envergeure d’une des huit parties dont la Chaîne eft compofée par fon our-diflàge.
- La Figure 4 repréfente le même bout de Chaîne, après qu’on a réuni toutes les envergeures à une feule fur la fourche, & qu’on en a retiré le cordon de foie qui tenoit l’envergeure de chaque partie.
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- I70 . L’ART DES ÉTOFFES DE SOIE, z
- A, efl: la Fourche furlaquelle toutes les enyergeures des différentes^àrties de la Chaîne-font réunies. v
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- La Figure J eftun Cordon de foie quon place à fenvergéure de la Chaîne, ayant que’d'en ôter la fourche,
- Fin de la Troijieme Partie de V Art des Etoffes de S oie
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- L'ART
- DU FABRIQUANT
- D’ÉTOFFES DE SOIE.
- Par M, P;* v i * x, Deffînateur SC Fabriquant en Étoffes de Soie
- de la Pille de JSîmes.
- QUATRIEME PARTIE.
- L’Art de faire les Canettes pour les Étoffes de Soie,
- SC les Efpolins pour brocher.
- INTRO D U CTI O N.
- o N ne {àuroit fabriquer aucune5 Etoffés de 5oîe làus avoir des Canettes, nî brocher fans Efpolins.
- La façon des Canettes & des Efpolins, confifte dans un nouveau devidage des trames qu’on avoir d’abord mifes fur des rochets ou fur des bobines, pour les tranfporter fur de petits tuyaux de rofeau ou de buis ; on met ces tuyaux dans les Navettes, fig. 28, PL VIII, après les avoir garnis de trame pour faire le tilfu des Etoffes. Ces Canettes ou tuyaux font longs de 3 pouces ou environ, & ont à peu-près 3 lignes de diamètre.
- Les Efpolins font auffi de petits tuyaux faits ordinairement de buis, d’un pouce & demi de longueur, & d’une ligne & demie de diamètre ; on les place dans des efpeces de petites navettes, jig. 30, même "Planche, qu’on appelle Boîtes y avec lefquelles on broche les Etoffes.
- On nomme, en terme de Manufacture , faire des Canettes ou des Efpolins , non pas l’opération de fabriquer ces petits tuyaux de rofeau ou de buis , mais celle de les emplir de foie, comme on a empli les rochets au moyen du deyidage.
- Etoffes de soie. IV*,Paru Zzz
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- Planche
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- 172 L'ART DES ÉTOFFES DE SOIE.
- On emploie à cet ufàge des Rouets faits exprès pour cela. Je dis des Rouets > car il y en a de plufieurs fortes, non pas pour différentes opérations, mais parce que quelle que foit leur différente conftruélion, ils rempliffent lé même objet, avec plus ou moins de perfeétion & de promptitude, à la vérité ; mais fi c’eft le propre du génie des hommes de tendre toujours à cette perfeétion par la recherche , il en eft auffi à qui rattachement aux anciens ufàges , ne permet pas d’en adopter de nouveaux ; & c’eft-là la raifon pour laquelle les méthodes les plus défeélueufos trouvent fouvent les plus zélés partifans.
- Je donnerai la defcription de quatre de ces Rouets qui m’ont paru les plus parfaits, ainfi que des Cantres ou Doubloirs ; car il eft bon de lavoir qu’il faut, pour faire les Canettes, un Rouet & un Doubloir ou Cantre.
- On ne regarde pas dans la fabrique des Étoffes, la façon des Canettes & Efpo„ lins comme étant d’une grande conféquence ; c’eft pou** qu’on dnnno cet ouvrage à des cnf-*nt*c Tl /pmblo wiïL.c v^mc pVft fi peu de choie, qu on auroit regret d’y occuper une perfonne raifonnable ; mais ce petit ouvrage exige cependant quelqu’attention : car, de ce qu’il-eft bien ou mal fait, dépend, à un certain point, la perfeétion d’une Etoffe , ainfi que fon avancement. On fe convaincra de ce que j’avance ici, quand, par le détail des procédés, on fera en état d’en juger. Je me bornerai donc à donner la defoription de quatre Rouets . & de cinq Cantres ou Doubloirs.
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- CHAPITRE PREMIER.
- Des Rouets à Caucues dont on Je Jert à Paris 9 SC dans quelques autres Villes de Fabrique.
- Section Première.
- Defcription d'un premier Rouet.
- a Figure i, PL I, repréfente un Rouet à Canettes, dont on fe fert à Paris & dans quelques autres Villes de Fabrique.
- Sur une efpece de banc, formé d’une planche D, portée fur quatre pieds A, A, A, A, & affemblés par les traverfes B, B ,8cC> s’élèvent deux montants E, E, dont les tenons paffent au travers de la planche D, & font clavetés par deffous ; au haut de ces montants eft une entaille arrondie au fond, dans laquelle eft placé l’arbre de la roue.
- Cette roue eft compofée d’un cerceau plat & large d’environ 3 pouces , à chaque côté duquel eft un petit rebord formé par deux petits cerceaux pareils
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- Quatrième Partie. U Art de faire les Canettes, ât. Chap. I. 173 au grand , Sc qu’on y attache avec des clous d’épingle , 'de maniéré qu'ils forment entr’eux une rainure circulaire dans laquelle on place la lifiere fàns fin G , qui fait tourner la broche H y fur laquelle on met les tuyaux pour faire les Canettès. r
- L’arbre a, qu’on a aufli repréfenté à part dans la même Planche, ainfi que toutes les pièces qui compofont ce Rouet, eft quarré vers le milieu de fà longueur , Sc arrondi enfuite des deux côtés. Il entre à force dans le moyeu b, dont les bouts font terminés en hémifpheres, pour diminuer le frottement entre les montants E, E ; fur ce moyeu font plantés à égale diftance huit rayons e >e 9e ye9 &c. dont la longueur doit être parfaitement égale entr’eux, pour recevoir jufte le cerceau qu’on y attache , & qui forment la roue telle qu’on la voit.
- Quant à la manivelle, on peut, en forgeant l’arbre, la former au même morceau par un double recourbement ; finon on réferve au bout de cet arbre un petit tenon, auquel on attache la maniyv^llc ou riyatif prr^prpmcnt Ce teilOH pat deffus. On peut encore faire ce petit tenon en vis, Sc tarauder le trou de la manivelle qu’on ôte Sc met en place quand on veut, comme celle d’une fermette.
- A l’autre bout du banc , eft un montant 7, ( voyez la piece détachée ) , au bas duquel eft auffi un tenon qui pafle au travers du banc, Sc ou on le fixe avec une clavette. Au haut de ce montant font deux mortaifos quarrées, dont l’écartement eft à peu-près égal à la longueur de la poulie f ; on place dans ces mor-taifes deux petites pièces de nerf de bœuf^, g, retenues par derrière au moyen d’une tringle h : c eft entre ces deux pièces de nerf qu’on place la broche de fer H, garnie de fà poulie, Sc qui pafle dans deux trous qu’on y a pratiqués ; enfin te on met une corde ou lifiere fans fin G, for la roue & fur cette poulie, & qui la fait tourner ; enfin on met une Canette fur cette broche , & on la couvre de foie , ainfi qu’on le verra. ,
- Les quatre traver/èa /z,/2,/z,/z, qu on voit fur le banc de ce Rouet, y font attachées, & forment un quarré dans lequel on met les Canettes à mefure qu’on les fait, ainfi que les tuyaux dont on fe fert pour cela.
- Ôn ne doit pas être furpris de ce qu’on préféré, pour tenir la broche, de§ morceaux de nerf de bœuf ; en y mettant un peu d’huile, le frottement en eft très-doux, & les filaments dont ils font compofés fo prêtent mieux aux efforts de la broche. La hauteur de la bafo du Rouet eft de 18 pouces, fà longueur eft de 27 ; la hauteur des montants eft d’un pied , & celle du montant I,
- eft de 9 pouces : le diamètre de la roue en a 20.
- ' La Figure I de la Planche X, repréfente ce Rouet vu géométralement.
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- VAUT DES ÉTOFFES DE SOIE.
- Section Seconde.
- Dejcription d’un fécond Rouet dont on fe fert aujjt à Paris, &c.
- ..L a Figure i, PL II, repréfente un autre Rouet tout monté, dont on fe
- Planche fert encore à Paris.
- 2t La planche A, qui en forme le banc , eft portée fur quatre pieds B9B,B9 B9
- dont l’écartement, par le bas, donne plus d’affiette à la machine ; ces quatre pieds font aflemblés au moyen de quatre traverfes C, C, D, D. Sur ce banc s’élèvent deux montants E, E, dont on ne voit que l’un , l’autre étant caché par la roue F ; ces deux montants ont chacun un tenon qui paffo au travers de la planche A, fous laquelle ils font clavetés. Au haut de ces montants eft une entaille arrondie au fond, & qui reçoit l’axe de la ro«« > cn forte qu’elle fo trouve portée A& la moulut qu'on le voity^. 2 , qui repréfonte cette partie du Rouet vue de profil.
- Cette roue F9 dont le diamètre eft d’environ 18 pouces, eft formée d’une ou de deux planches alfemblées à languette & rainure. Au centre eft un trou quarré /, qui reçoit le petit moyeu m, dont les extrémités font arrondies. Ce moyeu reçoit lui-même l’axe de la roue b, auquel tient la manivelle : on voit fur cet arbre une partie quarrée pour le moyeu ; enfoite font deux collets ronds qui tournent dans les entailles.
- A l’autre bout du banc, s’élèvent deux autres montants 1,1, dont la figure 3, en en montrant le profil, fait voir l’écartement. Ils font attachés fous le banc comme - les deux premiers , par une clavette ; & au lieu d’entailles > ils n’ont, par le haut, qu’un trou chacun, dans lequel entre le bout d’une broche de fer, qui fcrc d’axe à une longue puulit,, ou # pour mieux dire, à plufieurs poulies de différents diamètres , prifes fur le même morceau, ce qui lui donne une forme conique : vers l’un des bouts de ces poulies eft réforvée une partie quarrée a 9fig. 4, fur laquelle eft fixée la fécondé roue H.
- Sur le devant du Rouet * ( & j’appelle le devant, le côté ou eft la manivelle), font attachés, à peu-près au milieu de fa longueur, deux coulifleaux i9 z, entre lefquels glifïè le montant L , affemblé à angles droits avec la piecé de bois h , dont il eft à propos de donner d’abord l’explication. Cette piece de bois A, eft égale en largeur à l’écartement des coulifleaux ; & fur fa longueur eft une entaille , entre laquelle pafie une vis de bois n, dont la tête, plus large que cette entaille, preffo cette piece de bois contre le banc, quand on fcrre cette vis, & l’arrête à l’endroit où on veut la fixer. On conçoit aifément que par ce moyen le montant Z, a la faculté d’avancer & reculer comme on le juge à propos. Au haut de ce montant font deux pièces de nerff9f9 deftinées l’une & l’autre au même ufàge , fomblables à celles dont il eft parlé dans la Seétion précédente , & retenues de même par une broche de fer^. Ces deux morceaux de
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- Quatrième Partie. L’Art de faire les Canettes, 6 t. Chap. I. Ï75 nerf portent une broche de fer e 9 Sc fa poulie d, qui tourne au moyen dune corde fans fin qui embrafle la petite roue , & de-là vient paflèr fur la poulie d, de la broche ; & quand elle eft trop lâche ou trop tendue, on a la faculté de l'avancer Sc reculer comme on le defire. Quant à la corde de la grande roue , pour la tendre ou lâcher, il foffit de la mettre fur une poulie d'un plus grand ou d'un moindre diamètre.
- Tel efl: le Rouet dont on fe fert allez communément à Paris, & dont l'objet efl de procurer une plus grande rotation aux Canettes par ce renvoi de mouvement ; car fi on foppofe que la circonférence de la poulie, qui tient à la petite roue j efl contenue trente fois dans celle de la grande roue, quand celle-ci aura fait un tour, la poulie, & la roue qui tourne avec elle, en aura fait trente ; & fi la circonférence de la poulie de la broche, efl contenue vingt fois dans celle de la petite roue, chaque tour que celle-ci fera, la broche en aura fait vingt ; & pour reprendre tout ce calcul, quand la grande roue aura fait un tour, la broche en aura fait 600. Qu'on juge par-là de la viteiïe de cette rotation.
- La Figure 2 de la dixième Planche, repréfonte ce Rouet vu par-deflus.
- ' Section Troisième.
- Dejcription des Doubloirs ou Cantres. 1
- L a Figure 1, FL III, repréfente un Doubioir affoz en ufage à Paris Sc dans quelques autres endroits.
- A, efl une planche qui lui fert de bafo : elle efl portée fur quatre pieds B> Z?, J?, Z?, Sc autour font clouées quatre tringles de bois C, C, C, C, de 2 ou 3 pouces de large, qui forment de c^tte bafe une efpece de tiroir.
- Vers les extrémités de la bafo , & au milieu de la largeur , s'élèvent deux montants ronds D, D, affomblés par le bas au moyen de tenons, & retenus par le haut par la traverfe E, qui , en les tenant dans un égal écartement, contribue encore à la folidité de la machine. Sur la hauteur des montants, font percés plufieurs trous qui fe répondent horizontalement, & dans lelquels on met une tringle de fer comme F, for laquelle paflent les bouts de foie venant des bobines, ainfi qu’on peut le voir fg. 1, FL IX.
- Sur la même bafe, & dans l'alignement des montants, font de petites chevilles plantées debout dans la planche ; c eft-là qu'on met les bobines auflî debout par leur tête lorlqu'il s'agit de faire les Canettes, & par ce moyen la foie fe déroule de deifos ces bobines, & va pafler for les tringles F> pour fe réunir for la Canette.
- * La longueur de la bafe efl de 22 pouces, fa largeur de 8, & la hauteur des montants D, D, efl de 3 pieds & demi. Tel efl l'ufage des Doubloirs, dont la forme ne varie que pour offrir plus de commodité.
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- Planche
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- ï76 L’ART DES ETOFFES DE SOIE.
- Autre Doubloir.
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- L a Figure % repréfente un troifieme Doubloir parfaitement femblable au premier qu’on a vu, à cela près qu’il eft monté fur quatre pieds aflez élevés, & qui vont en s’écartant par le bas pour lui donner plus de folidité, & que la traverfe E , du haut , reçoit les tenons des montants D, D.
- Autre Doubloir.
- La Figure 3 , même Planche ,,eft un autre Doubloir monté auffi fur quatre pieds A9A9A9A9 affemblés à tenons & mortaifes aux traverfes C, C, D, D. A l’armoire près7 il **e/î©ml>l© a/îc/^ a colui iv^puffente la figure 2 ^ mais fous fa bafe font deux tiroirs, dont l’ufage eft le même que celui de l’armoire, quoique moins commode. Au furplus, je ge m’arrêterai pas à des defcriptions fatiguantes pour le Leéleur le moins intelligent, à qui l’inlpeétion de la figure fuffit pour la faire entendre.
- CHAPITRE SECOND.
- Defcription du Rouet à Canettes dont on fe fert à Nîmes, à Avignon, SC dans quelques autres Villes Ae Manufactures.
- Section Première.
- L a Figure i, PL IV, repréfente un Rouet à Canettes dont on fè fert à Nîmes , Avignon , & autres endroits.
- La bafe eft compofée de deux forts morceaux de bois A9 A, à l’extrémité de chacun defquels eft une des pommelles D 9 D, D, D9 faites au tour, qui fervent de pied à la machine. Ces deux pièces de bois font aflèmblées par le milieu à tenons & mortaifes par la traverfe Z?, dont la fiirface fupérieure affleure celle des morceaux de bois A 9 A. Telle eft la bafe de cette machine, qui, par elle-même, préfente beaucoup de folidité & d’afïïette. Vers un des bouts de la traverfe B, font plantés deux montants E9 E, clavetés par deflous, au haut defquels eft une entaille arrondie au fond pour recevoir l’axe de la roue F, fur le plat de laquelle le Tourneur qui la fait, a coutume de former des moulures pour l’ornement de la machine. Le centre de cette roue F, repréfentée féparément en face, eft percé d’un trou quarré, dans lequel entre une piece de bois auffi quarrée b y
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- Quatrième Partie. U Art de faire les Canettes, 6tc. Ciiap. IL 177 arrondie par les deux bouts ; mais à caufe des deux roues contenues entre l'écartement des montants E , E, il eft néceflàire que Tune foit plus vers la droite , &r autre vers la gauche, pour que tournant parallèlement, elles ne fe touchent pas ; ceft pourquoi la partie quarrée qu'on voit fur ce noyau, eft plus vers un bout que vers l'autre, ce qui fera pratiqué de même au noyau de la fécondé roue dont je vais parler. Il eft inutile, je crois, d'obforver que ces noyaux ou moyeux doivent êtreaiTez longs pour rouler fàns frottement ni balottement entre les deux’ montants ; celui de la roue F9 eft percé au centre, & reçoit la partie quarrée de l'arbre dy auquel eft jointe fà manivelle.
- Sur l'épaifteur des montants 8c en dehors de la machine , à une hauteur convenable , font attachés deux orillons de bois n , n, qui reçoivent Taxe de la roue H, qui doit être un peu plus grande que la première ; ainfi la hauteur à laquelle on place cea orillnns mi gouflets • dépend du diamètre de la roue quon emploie. On a repréfenté à part en m, Taxe de cette féconde roue 9 8c à côté on le voit en O, garni d'un moyeu où on réferve une partie quarrée 9 & le refte eft rempli de rainures, formant autant de poulies pour placer la corde fans fin de la première roue.
- A l'autre extrémité de la bafe, eft aflembié debout un montant L 9 très-folidement dans la piece de bois d; à un demi-pouce de diftance ou environ , eft une fécondé mortaifo qui reçoit le tenon du montant K ; mais celui-ci y entre librement 9 pour pouvoir fe prêter aux mouvements qu’il doit éprouver. Au haut du montant L 9 eft une vis M, à tête, qui pafte dans un trou qu'on y pratique, fans que les pas 9 dont elle eft formée, y prennent ; & même près de fà tête eft une partie qu’on ne taraude point : ( voyez la piece féparée fous la même lettre) ; mais elle entre très-jufte dans le montant K ; 8c l’on conçoit qu’en tournant un peu cette vis, on amie le montant ou on le repoullè a Volonté pour tendre la corde fans fin 1, de la roue d'en-bas.
- Au haut de ce montant K, font deux pièces de nerf de bœuf h9 h , comme à ceux qu'on a déjà vus, retenus derrière par la tringle g9 8c percés par l'autre bout pour recevoir la broche y", garnie de fà poulie e ; dans cet état la machine eft toute montée, & n’a plus befoin, pour être parfaitement entendue, que d'être confidérée en travail.
- Quand on tourne la manivelle d9 la roue F3 qu'elle mene, fait tourner, au moyen de la corde fans fin G, qui pafte dans la rainure a, la poulie n, qu'on ne fàuroit voir fur la figure. Cette poulie mene à fon tour la roue H, qui, par fà corde fàns fin /, mene la brochey"; & fi cette corde n'eft pas fuffifamment tendue > on tourne un peu la vis M9 qui attire le montant K9 8c la tend autant qu'il eft néceftàire.
- Pour rendre plus, commode cette Machine, on y a ajouté une tablette N, propre à recevoir les tuyaux, les canettes & autreschofes. Voyons comment on l’y adapte.
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- ï7S VA R T DES ÉTOFFES DE SD IE.
- La figure 3, même Planche, repréfente cette tablette toute montée ; N, eft L tablette ; t, t, t, t, font de petites tringles qu’on attache tout autour fur fes bords pour lui fervir de rebord ; Oy eft un montant qu’on affemble dans la planche N, à queue d’aronde, & au bas duquel eft un tenon qui entre dans la mor-taife i, fur la baie de la Machine. Sur un des bords de la planche N, en q , eft un tenon pris fur fà largeur, qui entre dans une autre mortaife K , qu’on voit fur l’épaiflèur du montant de devant E ; par ce moyen cette tablette eft rendue Jolide, & va jufqu’auprès de l’orillon n, en pofànt jufte contre le montant.
- P, repréfente un tiroir qu’on place fous la tablette N, au moyen de deux cou-. lifleS' à languettes qui entrent dans les côtés du tiroir, au haut defquels on pratique une rainure. On a repréfenté dans ce tiroir plufieurs divifions formées par. de petites planches, pour lui donner plus de commodité.
- La Figure 2 , même Planche, repréfente la Machina vue en perlpeélive entre les deux montants E>Ef qu’on a ôtés de defïus la bafe ; on a eu deffein de faire fentir le jeu des cordes fans fin fur les roues & fur les poulies, ainfi que leur, pofition refpeétive.
- On a eu foin auffî, dans la même Planche, de repréfenter les pièces détachées fous les mêmes lettres qui les indiquent fur la Machine montée, pour mieux les faire comprendre.
- La Figure 1, PL XII, repréfente le plan géométral de ce Rouet.
- Section Seconde.
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- - Defiription du Doubloir dont on fi fiert ordinairement avec le Rouet précèdent;
- 1 —« C e Doubluii, icpiéfeuté pai lu 4f n’arien de différent,pour l’ufàge,
- Planche de celui que reprefente la figure 3 > °n a feulement imaginé, pour mettre à $• j profit la place, que les quatre pieds de celle-cî rendent inutile , de pratiquer au bas de celui dont je parle, une armoire quon peut fermer à clef, pour y mettre tout ce qu’on juge à propos ; ainfi je ne m’arrêterai pas à en donner de deferip5-tion qui, après ce quon a dit, ne manqueroit pas de paroître rebutante.
- /
- i
- CHAPITRE
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- QuatriemePartiE. L’Art de faire les Canettes, &c. Chap. III. 175)
- CHAPITRE TROISIEME.
- Defcription d’un autre Rouet à Canettes, en ufage dans beaucoup de Manufactures, ôC de fon Doubloir,
- Section Première.
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- Defcription du Rouet a Canettes*
- L e Rouet que nous allons décrire , & qui eft reprélenté par la figure I, TL V, reffemble à tant d’égards au précédent , qu après avoir bien entendu le premier, la fimple expofition de celui-ci le rendra très-facile à faifir.
- Je crois ne devoir rien dire de la baie, des montants E > E, Sc des montants de devant, qui font abfolument les mêmes ; mais la différence confifte en une affez fimple mécanique renfermée entre les montants E,E, & dont je vais donner la defcription avec quelque détail.
- Sur'la lùrface intérieure des deux montants Ë, E , & dans toute leurlon^ gueur , ( voyez ces deux montants , PL VI, où on a été obligé de placer les pièces féparées de ce Rouet ), eft pratiquée une rainure a, profonde dun pouce ou environ, Sc large d’un pouce & demi , dans laquelle gliflè le chaffis C, C,fg. 2., PL V. Au bas de ce chaffis, eft placé l’arbre de la roue H, fur lequel elle eft lolidement fixée. Le moyeu ou noyau qui eft à fon centre, tient tout l’écartement des deux tringle C, C, qui, lui-même, eft égal à celui des montants E y E, pris au tond des rainures a y a y 3c eft termine en rond par les bouts & fur fa longueur ; depuis le quarré où on place la roue à l’une de fes extrémités, jufqu’à l’autre extrémité, font pratiquées plufieurs rainures circulaires en forme de poulies, afin qu’on puifle choifir celle qui répondra perpendiculairement à la roue fupérieure. Au milieu de la traverlè G, qui aflemble par le haut les deux tringles C, C, eft un trou dans lequel entre le collet d’une vis en bois L, dont on va expliquer l’ufage.
- Au haut des montants, eft une planche F, qui y eft fixée au moyen de quatre vis de fer b, h, b, b : au milieu de cette planche eft un trou qui répond perpendiculairement à celui du milieu de la traverfe G , Sc qui eft taraudé pour recevoir la vis Z. Il ne refte plus , pour achever de faire fentir le mécanifine de ce Rouet, qu’à le confidérer en mouvement.
- Si l’on fait tourner la manivelle/’,.la roue K, dont l’axe repolè dans les oril-lons dydy tournera auffi ; & au moyen de la corde fans fin I, qui paffe dans là rainure & dans celle des poulies pratiquées fur le moyeu de la roue ZT, qui lui Etoffes de soie. IIL Part. Bbbb
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- iSo U A RT DTS ETOFFES DE SOIE.
- eft perpendiculaire, elle mene cette même roue H, qui fait tourner enfin la broche h, par le fecours de la corde fans fin Af, qui paffe fur la poulie iy 8c dans la rainure de cette roue H»
- Toutes les pièces qui compofent cette Machine {ont, comme on Ta dit," repréfentées. dans la Planche VI, à part; je renvoie le Leéteur à l’explication des Planches pour celles qui n’auront pas, dans la defcription totale, mérité d’être traitées en particulier.
- La Figure 2 , PL V, repréfente le chaflîs qui porte la roue inférieure vue en perlpeélive : on y a fupprimé la roue K, dont on n’a laide que des traces pat une ligne ponéluée, pour rendre la figure plus aifée à comprendre.
- La Figure 3 , meme Planche, repréfente les deux roues vues de profil entre les deux montants, pour rendre fenfible la pofition des cordes fans fin, 8c leur pofition réciproque.
- La Figure 4 repréfente la tablette qu’on adapte au devant du Rouet : elle eft femblable à celle que nous avons décrite en parlant du Rouet précédent ; toute fa différence confifte dans le pied iî, qui la fupporte, au lieu du montant qu’on voit à l’autre.
- On ne fàuroit nier que ce Rouet n’ait, fur ceux qu’on a vus jufqu’ici, beaucoup de fùpériorité ; en effet, la qualité qu’on y remarque eft de pouvoir tendre les cordes fans fin à un point convenable : elles fe lâchent ou fe tendent fans ceffe félon la température de l’air, ainfi que celle de l’endroit ou l’on travaille ; les montants retenus par le haut en font plus folides.
- En accordant à ce Rouet- la fepériorité fur les autres, me faura-t-on gré de dire que Ion Auteur eft un Avignonnois ? c’eft une juftice que je rendrai toujours aux talents, en attribuant, avec autant de zele que d’impartialité, à chaque Auteur les inventions dont ils nous ont enrichis, quand ils fe feront fait corn noître.
- On a imaginé encore un autre Rouet à peu-près pareil à celui-ci, mais auquel le chaffis, au lieu de foutenir la roue d’en-bas, porte celle d’en-haut ; il eft certain qu’il n’eft pas aufîî parfait que le premier , en ce que dans l’un la vis Z, ne porte rien du tout : elle ne fert tout au plus qu’à empêcher le chaffis de remonter, puifque le poids de la roue le précipite vers le bas ; au lieu que dans ce nouveau, la vis attirant à elle 8c la roue 8c le chaffis, fatigue beaucoup 8c dépérit promptement. Ce Rouet eft repréfenté^. 2, PL XII, à vue d’oifeau.
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- Quatrième Partie. U An de faire les Canettes, ôc, Chap. III. ï8x
- Section Seconde.
- Defcription d’un Doubloir dont on fe fert communément avec
- U Rouet précédent*
- y'
- L e Doubloir qu’on voit dans la Planche’VII, eft à quatre faces, & rend pat ; conféquetit le fervice de quatre de ceux quon a vus.
- Sur une bafè quarrée A, entourée de tringles B9 B , B, B9 pour en former une efpece de boîte, & élevée fur quatre pieds C, C9 C9 C9 dont le quatrième ne peut fe voir , eft planté au milieu, en tout fens, un pivot ou arbre D , au moyen d’un tenon par le bas a, enfuite duquel eft réfervée une partie quarrée b9 d’environ y pouces de long. Le corps de cet arbre eft rond, 8c a par le haut un collet c , furmonté, fi Ton vent * d’une pommelle d9 ou autre ornement fait fur le tour. Tel eft le pivot fur lequel roule le Doubloir dont on va donner la defcription.
- À chacun des quatre coins de deux planches quarrées £, G, moins grandes que la bafe, eft un trou rond où s’affemblent les quatre montants F9 F9 F9 F$ haut & bas , ce qui forme la cage qu’on voit dans cette Planche. Au milieu, en tout fens, de la planche d’en-bas G, eft un trou rond propre à recevoir l’arbre D ; 8c au milieu de celle d’en-haut en eft un autre moins grand & fait pour en recevoir le collet, au moyen de quoi toute cette cage repofe fur le haut de l’arbre, & peut tourner aifementde tous côtés. Sur la planche d’en-bas G, 8c dans l’alignement des quatre montants, eft une rangée de chevilles e 9 e , e , e9 &C. à chaque face ,'dont on fe rappelle fans doute l’ufàge. Vers le milieu de la hauteur de chaque montant, font des trous dans lefquels on place les petites tringles de fer /,/,/, /, fur lefquelies gfitfê la foie venant des bobines en-bas, ou des rochets qu’on met deflus, quand on fè fèrt de rochets.
- Quelques Ouvriers font auffi mettre quatre traverfes H, H 9 H9 H 9 au haut de ce Doubloir, pour fervir de boîte , & où ils mettent des tuyaux vuides.
- On conftruit des Doubloirs à cinq & même à fix faces ; il feroit même facile d’en multiplier le nombre; mais celui-ci a paru fuffifant, & ils n’en ont plus communément que quatre. Je vais donner la maniéré de fe fervir des Machines que je viens de décrire.
- Planche
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- VART DES ÉTOFFES DE SOIS»
- I&2
- CHAPITRE QUATRIEME.
- Defcription des Tuyaux qui fervent à faire les Canettes
- ÔC lès Efpolins.
- Les Tuyaux qu’on emploie pour faire les Canettes, & les Efpolins que l’on prépare pour former le tiflu des Etoffes de foie, & pour faire des fleurs en or , en argent ou en foie fur une partie de ces Etoffes,. font faits de rofeau, d’os ou de buis.
- Les Tuyaux de rofeau qu’on deftine pour les Canettes, font ordinairement de 2 pouces & demi de longueur ou environ, & depuis 3 jufqu a 4 lignes de diamètre $ Sc ceux qui font choifis pour faire les Efpolins, font d’environ 1 y à K6 lignes de longueur, & de 2 lignes de diamètre au plus.
- La Figure 1, PL VIII, repréfente un Tuyau dé rofeau dans la grandeur qu’on vient de dire pour ceux dont on fe fert pour faire les Canettes ; & la Figure 2 , même Planche, en repréfente un dans la grandeur qu’on vient d’expliquer pour ceux qui fervent à faire les Efpolins.
- Sans doute que le terme de Canette vient de ce que les Tuyaux qu’on emploie pour les faite, font tirés, en grande [partie, d’une efpece de cannes > plantes qui croiflent au hafàrd fur les bords de quelques rivières, & de celles qu’on a foin de cultiver dans plufieurs Provinces., .
- Les cannes font de grandes tiges droites produites au nombre de 12 ou r y par une même racine. La hauteur de ces tiges varie de même que leur grofleur ; de maniéré que luu en trouve qui nont que 10 pieds, tandis que d’autres, qui partent de la même racine, en ont 20 & 30. Chaque tige eft enveloppée, depuis le bas jufqu’au haut , de feuilles qui la couvrent fi exactement , qu’il eft impoflible de l’appercevoir par aucun endroit , à moins d'arracher quelqu’une de ces feuilles.
- Toutes les cannes de l’efpece de celles dont il eft ici queftion, font creufes & vuides dans leur longueur ; en forte que fi ce vuide n’étoit pas divife fur la longueur par des nœuds, qui font le principe de chacune des feuilles qui coin vrent une canne , toute la tige ne formeroit qu’un feul tuyau : il eft facile d’imaginer que ces tiges vont en diminuant de groffeur depuis la racine jufqu’à leur extrémité. Les nœuds qui font formés par les feuilles fur la longueur d’une de ces cannes, ne font pas à une égale diftance, ils font plus rapprochés à mefure que la tige diminue de grofleur ; de façon que l’intervalle qu’on apperçoit du premier nœud au fécond, eft plus grand que celui qui fe trouve entre le fécond & le troifleme &c. En général, plus une canne eft grofle, & plus les nœuds font
- éloignés ,
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- y . ...
- Quatrième Partie. U Art dejaire les Canettes , &c. Chap. IV. 183 éloignés, ce qui doit faire fuppofor qu'une greffe tige eft ordinairement plus élevée qu’une petite, parce qu'à l’extrémité des unes & des autres, quelque grofleur qu'elles aient par le bas, on trouve les mêmes proportions dans la difo tance des nœuds & dans la grofleur*
- Une canne produit autant de tuyaux qu’elle a de nœuds fur fà longueur : il y en a depuis 1 y pouces de longueur jufqu'à un pouce, & même au-deflous. On rencontre de ces grands tuyaux au pied d'une canne qui ont quelquefois 2 pouces de diamètre, tandis que ceux de fon extrémité ont à peine une ligne & demie : c’eft précifement dans cette derniere partie qu'on choilit les tuyaux qu'on defo tine pour les Canettes & pour les Efpolins, parce que du côté de la racine la canne fe trouve trop grofle pour l’employer à cet ufage.
- Nous avons encore une efpece de rofeaux qui croiflent dans les petites rivières bourbeufes, & dans les maraîc , fur les tiges defquels on prend beaucoup de tuyaux pour les Canettes & pour les Efpolins. Ces tiges font bien moins grandes & moins greffes que les cannes dont je viens de parler; mais elles font, comme les autres, couvertes de feuilles divifées par des nœuds, & ereufes en dedans* On trouve dans leur longueur des tuyaux qui conviennent beaucoup mieux aux canettes, parce que leur forme n'eft pas fi conique que celle de ceux qu’on choifit parmi les tuyaux des Cannes : ils font même plus légers ; mais ils ne font pas généralement fi polis ni fi folides que les premiers ; cependant avec les précautions qu’on indiquera, on pourra les rendre auflï durables les uns que les autres, & auffi propres à la fabrication*
- j’ai cru devoir parler ici de l’une & de l'autre, parce qu’on né trouve pas dans toutes les parties du Royaume, deux efpeces de rofeaux ou cannes. Cette raifon engage à fo fervir des uns au défaut des autres. Du refte , je n’ai pas cru qu'on dût me fàvoir mauvais gré d'hoir donne une idee de cette forte de planteÿ de laquelle je ferai obligé de parler plus amplement dans la fuite, parce que dans la fabrication des étoffes, on l’emploie à faire des uftenfiles encore pi us eflentiels.
- Dans les pays où l’on trouve communément ces deux efpeces de rofeaux, on peut choifir celle qui convient le mieux à l'emploi qu’on veut en faire ; car il eft vrai que pour fabriquer certaines étoffes , les tuyaux des rofeaux font plus convenables que ceux des cannes, comme il eft vrai auffi que ceux des cannes font plus néceffaires à la fabrication de certaines autres étoffes , à caufe dû plus ou du moins de légéreté. Par exemple, lorfque dans une Etoffe de foie, quelle qu elle foit, on emploie de là lame or ou argent, on a foin de choifir les tuyaux les plus légers, & néanmoins d'une longueur & d'une grofleur ordinaires ; au lieu que pour le filé , le frijê, le- fiurbet 8c le cordonnet, on fe fort dé tuyaux un peu plus pelants, pour les raifons qu'on verra ailleurs*
- Il y a quelques Fabriquants qui, pour les Canettes & les Efpolins, fe forvent de tuyaux de rofeaux, tels que ceux fig. 1 & 2, de cette Planche, qui n’onÉ Etoffes de soie. IV. Paru Cccg
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- aucune préparation pour être conforvés & pour retenir la foie qu’on place defîus ; cette méthode devient très-fcuvent pernicieufo à la fabrication de l’étoffe & a la foie elle-même ; parce qu’à mefore qu’elle fo déroule de la Canette pour s eten-dre dans la largeur de l’étoffe, fi les brins font inégalement tendus, il en pafle fur les pointifelles, fig. 29 & 31, ( qui, dans la navette fig. 29 , ou dans la boîte ,fig. 30, fervent d’axe à la Canette ) , for laquelle il s’entoure quelque brin ; de forte que la Canette ne peut plus tourner , & fouvent il faut en caffor les brins, parce que la navette fe trouve retenue dans fà courfe entre les deux pas de la chaîne, dans la largeur de l’étoffe ; il faut alors , avec les doigts, la prendre à travers, en écartant les brins de la chaîne , après avoir eu la précau-tion de caffer ceux de la trame : il arrive même qu’en retirant la navette à travers la chaîne de la maniéré que je viens de le dire, la foie de la Canette s e-Loule davantage ; en forte qu’il en lt© -un© perte de temps , un degat de foie, & une imperfection pour l’étoffe, foit par le rapprochement ou £ étrangle-, ment des lifieres, foit par des épanijjures, ou par un crépillonnement à l’étoffe, occafionné par le trop de tenfion que la trame aura effuyée, ou encore d’autres accidents qu’il feroit trop long de détailler ici.
- Pour prévenir tous ces inconvénients, la plus grande partie des Fabriquants ufent d’une précaution qui, en confervant les tuyaux, conforve aufïï la foie de maniéré qu’aucun brin ne paffe fur la pointifelle, & qu’on n’éprouve, dans la fabrication de l’étoffe, aucun dérangement provenant des Canettes ; c’eft en garnifîânt les deux bouts de chaque tuyau avec du fil ou de la foie, comme celui fig. 3 , par fes deux rebords a, a , & par ceux b, b, fig. 4 , qu’on parvient à travailler fans difficulté, en fe fervant cependant des tuyaux de rofoau.
- On a plufleurs maniérés pour placer le fil ou la foie fur les tuyaux, afin d’y former les rebords néceffaires pour retenir U foie avec laquelle on fait les Canettes ; les uns entourent Amplement un fil à chaque extrémité du tuyau , ils le ferrent avec autant de force qu’il en eft befoin : ils en arrêtent les deux bouts en les nouant enfemble ; d’autres en font de même avec une certaine quantité de brins de foie raffemblés : quelquefois, afin que le fil ou la foie tiennent mieux fur le tuyau, on le couvre de cire. Certaines perfonnes forment un Ligneul de fil ou de foie, & le placent encore de la même maniéré qu’il vient d’être dit. Tous ces foins font bons jufqu’à un certain point, mais aucun ne vaut la méthode que je vais rapporter, & dont j’ai reconnu la bonté par plufieurs expériences ; tellement que j’ai lieu de douter que l’on trouve un autre moyen qui fût auffi folide & aufïï commode pour préparer les tuyaux dont on a befoin.
- Voici quelle doit en être l’exécution.
- - On raflèmble plufieurs brins de foie pour n’en faire qu’un foui, qu’on enduit de cire , pour en faire une efpece de ligneul qu’on pelotonne fur une cheville de bois, fig. J ; enfùite avec un petit couteau à foie 9fig. 6 9 on fait de petites entailles à chaque bout d’un tuyau , comme on l’apperçoic en cf c ,fig. 7, & en
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- Quatrième Partie, üArt de faire les Canettes , Chap. IV. 185 d, d9fig. 8, fur chacun delquels on en a pratiqué plufieurs, qui tiennent à peu-près l’efpace que le ligneul peut occuper à chaque rebord qu’on Veut Former* La forface du rofoau eft extrêmement unie & polie, 8c elle reflemble à un beaü vernis : elle ell fi lifle, que rien ne s’y peut coller deflus qu’avec une peiné extraordinaire , & avec un foin particulier ; c’eft à caufe de cela qu’on pratique deflus les petites entailles dont je viens de parler , afin que les différents con~ tours du ligneul, qu’on place fur chaque bout du tuyau, ne puiflent pas gliflet lorlqu’ils y font une fois arrêtés.
- Dans ce qu’on va voir fur la maniéré de garnir les tuyaux, on remarquera qu’on arrête le ligneul fur chaque bord, d’une maniéré très-fimple , & fans être obligé de faire aucun nœud : c’eft pour les éviter qu’on a imaginé cette méthode * parce qu’on a reconnu par l’expérience, que la groffeur d’un nœud excede dut double la hauteur du rebord qu’on a formé, & que cette groffeur eft fi dange-reufe, qu’on ne peut pas travailler long-temps une étoffe fans que ce nœud s’accroche aux fils de la chaînequ’il n’en arrache quelques-uns , & qu’il ne pro-duife d’autres petits accidents.
- Voici la maniéré d’arrêter folidement 8c proprement les bouts du ligneul fans nœud & fans qu’il y paroifle même la moindre groffeur.
- On coupe d’abord une longueur de ligneul , telle qu’il la faut pour fournir à la quantité de tours qu’on doit mettre pour former une des deux têtes du tuyau ; enfuite on en fait une elpece de boucle qu’on retient entre le doigt index & le pouce 9fig. 9 ; on place cette boucle A, contre le tuyau 9fig. 10 : on prend le grand bout B du ligneul, même figure , on l’entoure for le tuyau 9fig. 11, autant qu’il en eft befoin ; on pafle le bout C dans la boucle D, qui eft placée for le tuyau, même figure : on étend ce bout de ligneul comme on le remarque en E % fig. 12 9 de maniéré qu’il tienne ferrés tous les tours qu’on en a mis fur le tuyau, afin qu’en tirant le bouc F, qui forme la boucle G, on puiffe faire pafler fous ces même tours du ligneul, une partie du bout E , & le rendre comme il eft en H$ fig. 13 , où l’on apperçoit qu’avec le bout G, on a exécuté ce que je viens d’expliquer.
- Il eft aifé de comprendre, en confidérant toutes les figures 9 qui repréfontent les différentes opérations qu’on fait pour garnir les tuyaux de rofoau , que les deux bouts du ligneul qui forment une des têtes d’un de ces tuyaux , font retenus fous les contours par le ligneul lui-même, & qu’ils y tiennent l’un par l’autre, comme le repréfonte la figure 14, ou l’on a pris foin de couper les contours du ligneul qui couvrent fos deux bouts. On apperçoit un enlacement formé par deux mêmes bouts , qui eft produit par la boucle qui a attiré le bouc
- on y a pafle, laquelle on a pris foin de ferrer, & de ne point la faire pafler plus avant que la moitié de l’efpace que la quantité des contours du ligneul occupe*
- Apres qu on a fait tout ce qui vient d’être dit, Sc qu’on a tt*is les deux bouté
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- du'ligneui dans l’état qu’on vient de voir par la figure 13 , on coupe les deux bouts près du rebord, en forte qu’ils ne paroiflent pas du tout.
- Il y a des Ouvriers qui ne font qu’un rebord à chaque tuyau ; en cela iis ne leur donnent pas beaucoup plus de perfeélion que s’il n’en avoit pas du tout. Là bonne méthode eft de leur en former deux comme celui fig. 3 ; & lorfqu’on les y a faits , on rouie le tuyau fur une planche bien unie , pour polir les rebords afin qu’en travaillant les étoffes auxquelles on les emploie , ils ne puiflènt point arracher les fils de la Chaîne.
- En rangeant les tuyaux de la maniéré que je viens de décrire, non-feulement on prévient les accidents qui arriveroient à la foie & à l’étoffe ; mais on a l’avantage auffi de s’en fervir long-temps , parce qu’on ne rifque plus de les refendre en les plaçant fur la broche du Rouet à Canettes ; au lieu que ceux qui ne font point garnis, au moindre effort qu’on leur fait éprouve^, ne peuvent plus fervir: cen’eflpasàcaufo du prix qu'ils coûtent qu’on prend cette précaution, puifqu’ils lie valent que deux fols le cent ; mais c’eft qu’il arrive très-fouvent qu’étant fendus , ils s’écrafent entre les mains lorfqu’ils font pleins de foie , alors on perd les tuyaux & la foie qui les couvroît, lefquels ceflent d’être propres à aucun ufàge.
- Les tuyaux de rofoaux font ordinairement employés pour faire les Canettes pour la fabrication des étoffes unies; quelquefois on s’en fert pour les étoffes façonnées. Ceux avec lefquels on fait les Efpolins, font employés pour les étoffes brochées ; mais comme pour les grofîes étoffes on met enfemble une grande quantité de brins, pour former la groffeur des duites de la trame, on s’eft apperçu que ces tuyaux étoient trop légers, c’eft ce qui a donné l’idée d’en faire d’autres avec de l’os, du buis, ou quelques autres bois durs; on leur donne à peu-près la même grandeur qu’à ceux de rofèau, & on les fait fur le tour, en pratiquant a ckacun dt, leurc kontç un rebord arrondi. Voyez celui jffg-.
- , mime Planche, dont les rebords font élevés d'environ une ligne au-deffus du corps du tuyau ; mais il fo perd infonfiblement for fà longueur.
- La Figure 16 eft un tuyau de buis ou d’os, fait aufîi fur le tour, pour fervir à faire les Efpolins ; les rebords qu’on y a ménagés font différemment construits que ceux des tuyaux pour les Canettes : ils font coupés quarrément en dedans , du côté du corps du tuyau, & arrondis en dehors , comme on peut le remarquer fig. 17, qui repréfente un des tuyaux vu en face.
- Comme ces tuyaux font faits for le tour, on a grand foin de les polir, afin qu’ils ne puiffent pas accrocher la foie qu’on place deffos, ni celle de la chaîne dans laquelle la navette >fig. 29 , les fait palier.
- Plufieurs Tourneurs ont l’habitude de percer ces tuyaux avec un inftrument qui^eft fait de maniéré que le trou eft plus grand d’un côté que de l’autre. Cette façon de les percer devient quelquefois pernicieufo à la fabrication de l’étoffe : auffi ceux qui en connoiflent le défaut les font contre-percer ; c’eft-à-dire , qu après les avoir percés par un côté, on repaffe l’outil, avec lequel on [a
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- QuàtRiemePartie. U Art de faire les Canettes , &c. Chap. IV. 187 Fait le trou, par l’autre côté; avec cette précaution on rend égal le trou dans toute la longueur du tuyau.
- L’ufage des tuyaux de buis, &c, eft très-avantageux pour fabriquer les groffes Etoffes de foie , auffi eft-il adopté dans toutes les Villes de Manufaéfures les plus connues. Peut-être que fi dans quelques - unes des Villes où Ton fabrique des Etoffes de foie, on n’a pas cet ufàge, c’eft parce qu’on n en connoît pas fîiffifàmment futilité, & qu’on imagine que c’eft une forte dépenfe à faire ; il eft vrai que dans plufieurs Provinces fai vu que les Tourneurs ont voulu faire payer ces tuyaux à raifbn de cinq livres le cent, même dans des pays où le buis eft très-commun ; que dans d’autres où il eft plus rare , ils exigent jufqu’à 8 livres du cent, tandis qu’il ne coûte que huit fols le cent, pour les Canettes, à Saint - Claude en Franche-Comté , & cinq fols pour les tuyaux qui fervent aux Efpolins. Je pcnfe donc qu’à ce prix chacun pourroit facilement s’en procurer.
- CHAPITRE CINQUIEME.
- Manière de faire les Canettes.
- Section Première.
- Q uel que foit, des Rouets qu’on a vus ci-deflus, celui qu’on préféré, il faut ssss néceffairement y joindre un Doubloir, lorfqu’on veut l’employer à faire des ^LA^CHES Canettes.
- On le place en face du montant du Rouet, où eft la broche de fer fur laquelle on met un tuyau. Voyez fg. 1 & 2 , PL IX , 8c fig. 1 & 2 , PI, XI.
- Si la trame eft devidée lur des bobines , comme on devroit le faire par-tout , on les place debout en faifant entrer une des chevilles qui font au bas du Doubloir , dans le trou qui y eft, & la tête en bas. Quant à la quantité de bobines qu’on peut employer à la fois , elle n’eft aucunement déterminée; cela dépend de la groffeur de trame qu’exige telle ou telle étoffe, 8c peut varier depuis une jufqu’à vingt, ce qui s’appelle faire les Canettes à2,8, 10, &c. bouts.
- Si la trame eft lur des rochets , on les paffe dans une des tringles qui font au milieu des Doubloirs ; on peut même mettre fur une même tringle plufieurs rochets ; mais il faut avoir attention qu’ils fe déroulent tous du même fens ; 8c G le nombre des tringles n’eft pas fiiflifant, on en ajoute autant qu’il eft nécef-faire.
- Il n’y a guere qu’à Paris, & dans quelques autres Villes de Fabrique, qu’on dévidé la trame lur des rochets ; cet ufàge eft défeétueux, en ce que la main qui conduit ces brins fiir les tuyaux , n’eft pas maîtrelîe de s’oppofer aux fàccades Etoffes de soie. III. Part. Dddd
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- xS8 VART DES ÉTOFFES DE SOIÈ.
- qu’une auffi rapide rotation leur fait éprouver ; au lieu que fortant de deffiis les bobines fans effort, le mouvement eft bien plus égal.
- Le Doubloir étant en la place que je viens de dire, l'Ouvrier aifemble les brins qui doivent compofer la trame, les applique fur le tuyau de rofeau ou de buis , qu il a mis fur la broche, & les faifant paffer entre le fécond & le troi-fieme doigts, il les tient entre le doigt index & le pouce , pour les mieux conduire. (Voyezfign 3 , PLX, une main qui tient ces brins de (oie comme il eft nécefiàire) ; après quoi ils vont fe rouler fur une Cannette placée fur une broche hors d’un Rouet, pour rendre l’explication plus facile : il faut ferrer entre les doigts la foie , pour faire la Canette bien dure.
- Ce n’eft cependant pas feulement pour faire la Canette dure , quil faut ferrer ainfi la foie, mais la perfeéHon de l’étoffe en dépend encore ; car il eft aifé de fentir que tous les brins qui fervent à compofer un fil de crame, doivent etre également tendus * fànc la , clic-même, de 1 etofïe, n eft pas unie ,
- 8c par conféquent n’eft pas auffi brillante qu’elle doit l’être.
- Il faut auffi avoir attention d’entretenir le même nombre de bobines qui doit compofer le brin de foie, fans quoi on verroit des inégalités dans la groffeur des duites, ce qui rend encore l’étoffe défeétueufe. Si cependant la grofleur de la foie venoit à varier, celui qui fait les Canettes doit en ôter ou en ajouter, & c’eft à quoi il doit veiller fans ceffe. J’ofe même avancer que les trois quarts des défauts qui fe trouvent dans les étoffes, viennent du peu d’attention qu’on apporte à cette opération.
- Dans les Fabriques où on fe pique de donner aux étoffes toute la perfection qu’elles exigent, on ne confie le travail des Canettes qu’à des perfonnes raifbn-nables, qui puiffent le traiter également, tant pour la groffeur des duites f que pour la tenfion des brins : avantage qu’on ne trouve pas dans le travail des enfants , qui n’y apportent aucune attention, & qui ne travaillant fouvent que parce qu’ils y font forcés par leurs parents, rempliffent bien ou mal la tâche qu’on leur a impofée ; d’ailleurs cette occupation exige beaucoup de propreté, dont les enfants ne font pas fouvent fufceptibles : de-là vient l’inégalité des mêmes fleurs dans une étoffe, où tous les inftruments qui ont contribué à fà fabrication * fembleroient affurer l’égalité & la fymétrie de deffein.
- Je vais donner les moyens les plus convenables pour faire les Canettes & le s Efpolins, tant pour ce qui concerne la foie, que pour ce qui regarde la dorure f le cordonnet, la chenille , 8cc. *
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- QUATRIEME Partie. L’Art de faire les Canettes, &c, Chap. V. 18p
- Section Second e.
- Des Canettes & des Efpolins de foie.
- Pour faire les Canettes de foie, on place les bobines dans le Doubloir dont on veut fe forvir, comme il eft repréfenté par celles qui font dans les Doubloirs quon a mis avec les Rouets, fig. i & 3 de la Planche IX, & par celles qui font dans les Doubloirs des Rouets, fig. 1 6 2, de la Planche XI. Celui qui fait les Canettes, prend tous les brins de la foie qui doivent former la groffeur de la duite qu’on a déterminée , il les aflemble proprement, les place entre le fécond 8c le tromeme doigt de la main gauche, Comme on le voit fig. 3 , PL X; il les entour® par leur bout for le tuyau qu’il a placé for la broche du Rouet 3 il les tient tous reunis entre le üui^l index Sc le pouepi9 r*nmme on peut le remarquer meme figure : il tourne enfoite le Rouet pour faire rouler la foie for le tuyau, 8c pour en placer deflus la quantité néceflàire afin de donner à la Canette qu’on fait, la groffeur qu’il convient qu’elle ait. Voici la maniéré de conduire cette opération.
- Lorfqu’on a placé dans la main les brins de foie, de la maniéré dont je viens de l’indiquer, on remue la main gauche avec une vivacité propre àdifpoferlafoie for le tuyau, à mefure qu’avec la main droite on tourne le Rouet, en obfervant de l’emplir entre les deux bords. Quand le tùyau eft couvert de cette foie , on en conduit les brins de telle forte, que l’on en forme deux rebords à chaque Canette, comme on le remarque en ee yfig. 18, PL VIII, qui repréfente un tuyau où font déjà formés les deux rebords, 8c enff fig. 19, même Planche, qui eft celle d’un tuyau de buis , for lequel font aufîi formés les deux rebords avec la foie. Ces deux figures font représentées pour donner une idee de la conduite qu’on doit tenir pour faire régulièrement les Canettes.
- On doit prendre les mêmes précautions pour faire les Efpolins ; les rebords g 9 g, de la figure 20 , & ceux h, h, de la figure 21, font aux Elpolins , ce que les autres rebords font aux Canettes : on obferve de former des rebords, tant aux uns qu’aux autres, parce que c’eft un sûr moyen de contenir for les tuyaux la foie qu’on y met.
- Pour finir les Canettes & les Efpolins, on met autant de foie for les tuyaux qu’il en faut pour leur donner la forme & la grofieur des figures 22,23,24 & 2y de la même Planche, qui repréfentent deux Canettes & deux Efpolins finis, un tuyau de chacun defquels eft en buis , & le fécond en rofeau.
- On peut remarquer par ces figures, que la foie qui forme ces Canettes 8c ces Efpolins, eft placée de façon que les uns & les autres font plus élevés for leur milieu, que for leurs bords ; c’eft parce qu’il le faut ainfi pour leur perfection , qu’on doit avoir foin de conduire la foie de la maniéré que je viens de
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- xpo L'ART DÈS ÉTOFFES DE SOIE.
- l’expliquer: car lorfqu’on le pratique autrement, il arrive qu’en travaillant l’étoffe , la foie s’éboule fur la pointifelle, ou que la Canette ne peut pas tourner dans la navette, ce qui empêche la foie de fe dérouler, Sc par ce manque de foin on tombe dans les mêmes inconvénients que ceux qui font occalionnés par les tuyaux de rofeau qu’on emploie fans être garnis. Il faut remarquer encore dans le détail que je viens de donner , que les Canettes Sc les Efpolins doivent être commencés fur les deux bords de leurs tuyaux , & finis fur leur milieu. Par cette précaution, lorfqu’unEfpolin eft placé dans une boîte, & qu’une Canette eft mife dans une navette, la foie fe déroule facilement, parce que tant qu’ils relient d’une certaine grolfeur, ils fe vuident en fe déroulant prefque du même point de la pointifelle, en forte qu’ils ne vacillent que lorfque la moitié de la foie qui les forme, eft employée dans l’étoffe ; alors à quelque point que la Canette fe trouve fur la pointifelle, en déroulant {à foie . elle üc fait éprouver aucune difficulté.
- Section Troisième.
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- De la maniéré de reprendre les brins de foie quon cajfe en faifant les Canettes de foie & les Efpolins.
- C o m M e on fait ordinairement les Canettes avec plufieurs brins de foie, il arrive fort fouvent qu’il s’en caffe quelques-uns, Sc que le bout qui s’eft caffé pâlie fur la Canette avant qu’on l’ait pu remarquer; & quand même il arriverait qu’on s’en apperçût dans l’inftant même qu’il s’en cafte quelques-uns, la trop grande rapidité avec laquelle la broche tourne, ne permet pas qu’on fufpende l’aélion avec allez de précilion pour que ce bout n’ait déjà pafte fur la Canette , Sc qu’il ne foit couvert quelquefois de plue de cent tours de la foie des autres brins, qu’on eft obligé de dérouler pour chercher le bout de celui qui eft cafte. Plufieurs perfonnes ont l’habitude de lâcher la Canette de deflus la broche , Sc de tirer la foie qui couvre le bout du brin calfé, en la faifant tomber par terre * aufft arrive-t-il que la foie fe tache * quelle entraîne avec elle de lapouffiere, quelle s’accroche au Rouet Sc au Doubloir; Sc enfin il arrive quelquefois que toute la foie qu’on a déroulée fe trouve perdue, parce que les brins s’entremêlent en s’accrochant, de façon qu’on eft obligé de les cafïèr & de les mettre en bourre. Pour prévenir ces inconvénients, lorfqu’on fait les Canettes à deux brins feulement, & qu’on voit qu’il y en a un de caffé , on tire la Canette de la broche, on la place fur un bout de fil de fer d’environ 4 pouces de longueur 9 qu’on a foin de planter fur le grand montant de la broche , comme on le voit fg. 3, PL XII ; lorfque la Canette eft enfilée par ce fil de fer , on prend la bobine ou le rochet duquel le brin n eft pas cafte, Sc on roule deftus la foie qu’on retire de la Canette, jufqu’à ce qu’on foit arrêté par le bout qu’on cherche ; alors
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- QuatriemePartie. U Art de faire les Canettes, &c. Chap. V. rpr on met la bobine ou le rochet à fà place ; on prend la Canette , on cherche le bout du brin qui eft cafle ; on le déroule jufqu’au point où il puifle fe trouver d une même longueur que celui qui lui eft joint, en obfervant qu’il ne refte pas un tour de plus ou de moins à l’un qu’à l’autre. On trouve plufieurs petites difficultés qui laiflent de l’incertitude fur l’égalité des tours que les deux brins peuvent avoir fùr la Canette ; mais pour écarter ces difficultés, on mouille légèrement avec de la falive, au-deflùs de la Canette, un efpace de deux lignes tout au plus , & dans un endroit feulement qui réponde à celui des tours de foie qu’on veut dérouler ; mais pour trouver l’égalité des brins, on les détourne en les fai-fànt traîner, à demi-tendus, fùr la Canette, par ce moyen on découvre tout de fuite celui qui, fur la Canette, fe trouve avoir quelques tours de plus que l’autre ; alors on déroule ce brin de la quantité de tours qu’il eftnéceflaire pour le mettre à l’égalité de 1 autre ; ou noue 9 avec fon pareil, celui qui eft cafte, & Ton continue de faire la Canette.
- Si les Canettes que l’on fait, font à un nombre de brins plus confidérable que celui qui vient d’être établi, & qu’il vienne à s’en cafter un ou plufieurs, on ne pourroit pas alors rouler fur les bobines ni fur les rochets , la foie qu’on eft obligé de dérouler de la Canette , pour découvrir les bouts des brins qu’on veut chercher , parce qu’il faut les dérouler tous à la fois 5 mais on fe fert d’un moyen qui prévient plufieurs des inconvénients qui arrivent, lorfqu’en pareille circonftance, en tirant la foie de la Canette, on la laifle tomber par terre ; pour y obvier, on a foin de placer entre le Rouet & le Doubloîr, le petit chandelierfig. 4, P/ XI, avec la bobine, fig. y, deflùs ; on le met entre le Doubloir & le Rouet, comme il eft en C, fig. 1, Fl. XII; alors on place la Canette comme on le voit en C, fig. 3 , même Planche : on prend avec la main droite B, même figure, la bobine D, laquelle on enveloppe des brîn.c A* fi*îp R, qu’on conduit avec la main gauche A, afin qu’ils fe placent à propos fur la bobine , & de cette maniéré on place deflùs toute la foie qu’il faut tirer de la Canette pour découvrir le bout du brin que l’on cherche ; & quand on y eft parvenu, on met ce bout égal aux autres brins , par fès contours fur la Canette ; on place la bobine fur le bout du chandelier, comme on le remarque fig. 4, même Planche, & on noue ce brin avec le bout de celui F , qui eft le pareil de celui qu’on vient de trouver ; enfuite on remet la Canette E, fur la broche P, du Rouet : on conduit les brins avec la main gauche A, même figure, qu’on tient au-deflùs de la bobine C,' que l’on a placée fùr le chandelier de façon à en faire dérouler facilement la foie qui l’entoure deflùs, afin de la remettre proprement fùr la Canette, que l’on finit avec tout le foin poflîble.
- Il eft indifpenfable de fe fervir des moyens que l’on vient d’indiquer , fi l’on veut atteindre à cette perfeélion que les Etoffes d’une matière aufli précieufe que la foie, peuvent exiger; & j’ofe dire même que fans cette précaution, il eft Etoffes de soie. IV. Fart. Eeee
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- *$2 L’ART DES ÉTOFFES DE SOIE. moralementimpoflibie que ces Etoffes n’aient quelques défauts occafionnés par celui de la Canette.
- En faifànt les Efpolins, on doit prendre les mêmes attentions que celles que je viens de détailler pour les Canettes, afin de procurer aux fleurs brochées qui font fur les Etoffes , ce luftre éclatant qui en fait la principale beauté.
- Section Quatrième.
- Des Canettes & des Efpolins qu on fait avec la lame or, argent & clinquant.
- O n deyide ordinairement la lame or 8c la lame argent fur de petits Roque-tins d’environ iy lignes de longueur, qui ont deux reboi-ds de io lignes de diamètre ; & U Lm« clinquant ( a ') en auili devidée fur des Roquetins, mais qui font de 2 pouces de longueur , & dont les rebords ont iy lignes de diamètre.
- La lame or & celle argent, font ordinairement plus minces & moins larges que la lame clinquant, aufll apporte-t-on plus de foin en faifànt les Canettes & les Efpolins de la lame fine , qu’en faifant ceux de la lame faufle.
- Je dois obferver ici que tant dans les lames or & argent, que dans celles clin-quant, il y en a de différentes groffeurs, qu’on diftingue par une forte de numéros , & que plus elles font fines , & plus elles font fufceptibles d’attention , foit qu’on les mette en Canettes & en Efpolins, foit qu’on les emploie dans les Etoffes.
- Pour faire les Canettes de lames, on doit toujours fe fervir de tuyaux de rofeau , garnis à chaque bout ; on met dans le Doubloir le Roquetin fur lequel cft placée la lame dont on veut faire des Canettc-s • on fenfile avec une broche , comme le font les rochets dans le Doubloir du Rouet, fig. 1, PL IX. On mec enfuite un tuyau fur la broche du Rouet, comme, on le pratique pour faire une Canette de foie ; on entoure le bout de la lame fur le milieu du tuyau, afin de l'y affujettir ; après quoi on tourne le Rouet, & l’on conduit la lame de telle forte qu elle ne couvre pas tout le tuyau, & l’on fait la Canette de la groffeur & de la forme de celles fig. 26 & 27, qui repréfentent deux Canettes de lames, avec les dimenflons quelles doivent avoir. Pour bien conduire le brin de la lame for le tuyau, il faut faire en forte qu’elle s’y place comme elle eft for le Roquetin, c’eft-à-dire, qu’il eft nécefîàire qu'elle foit for fon plat, & qu’elle ne foit jamais tordue, s’il eft poffible: pour parvenir à ce point, on a un petit morceau de drap ou de peau , on le plie en deux ; on paffe la lame entre les deux doubles , qu’on tient ferrés avec le doigt index 8c le pouce, de maniéré que le brin
- ( f ) On entend par Clinquant, pluGeurs fortes de lames faites avec des métaux, pour imiter celles îd’or & d’argent.
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- Quatrième Partie. LArt de faire les Canettes, &c. Chap. V. Tp3 . foie tendu autant qu’ il en eft befoin, afin que la lame ne s’entorde pas, 8c que la Canette fè trouve fuffifàmment duré. . .
- Quand la lame fè caflè en faifànt une Canette, on noue les deux bouts enfemble, ou on les tord l’un contre l’autre.
- Lorfqu’on a fini la Canette , on caflè le bout de la lame, on l'arrête fur le bord du tuyau, où on le fait tenir avec un peu de cire. Il ne faut pas pratiquer ce que font plufieurs Ouvriers , qui arrêtent le bout de la lame en la nouant fur le tuyau , & en tordant le nœud, parce que non-feulement l’élafticité de cette lame ne fouffre pas une fi longue tenfion, mais on en perd une certaine longueur a chaque Canette, lorfqu’on veut l’employer ; ce qui n’arrive pas quand on en arrête le bout avec de la cire, puifqu’il ne s’agit que de l’ôter , & qu’aiors le bout de la lame fè trouve libre & en état d’être employé.
- * Section Cinquième.
- Des Canettes & des Efpolins de lames d'or & d'argent frifés.
- L a lame frifée efl: un brin de dorure préparé par les Guimpiers. Le procédé qu’ils emploient pour cette préparation, efl le même que celui avec lequel on fait le filé , qu’on verra dans la Seétion fuivante ; cependant il y a une grande différence entre l’un & l’autre des brins qu’il produit : cette différence vient de ce qu’ici la lame efl montée fur un brin de cordonnet de foie , & qu’au filé la lame enveloppe un brin de foie tout uni. Il efl aifé de concevoir que la lame qui couvre ce cordonnet, rend des effets différents & plus variés , que celle qui efl placée fur un brin de foie tout uni, parce que ce cordonnet efl une efpece de Canetille fur laquelle fe place irréguliér^morxt I« $ d’ailleurs on en rapproche tellement les tours les uns des autres fur le cordonnet, qu ils s y chevauchent ; en forte que dans aucune partie de la longueur d un brin, telle qu elle foit, on ne fauroit appercevoir la foie qui la foutient, tandis que la lame du filé laiflè toujours à découvert quelques petits intervalles entre les tours qu’on lui fait faire pour couvrir le brin de foie fur lequel elle efl montée.
- La beauté du brin de la lame frifée, confifte , en partie, dans le rapprochement des contours quelle fait fur le cordonnet quelle enveloppe ; mais l’effet que l’irrégularité de la groffeur de ce même cordonnet lui fait rendre par les différentes pofitions qu’il fait prendre à la lame, efl ce qui fait diftinguer & préférer cette dorure à toutes celles qu’on emploie pour enrichir une grande quantité d’Etoffes de foie, tant dans la fabrication de ces mêmes Etoffes, que dans les broderies différentes qu’on travaille deffus.
- Lorfqu’on fait des Canettes de lame d’or ou d’argent frifé, on place le Roque-tin de la même maniéré que pour les lames ordinaires d or & d argent ; mais on prend foin d’en faire paffer le brin entre le doigt index & le pouce, le plus
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- î94 L'ART DES ETOFFES DE SOIE.
- légèrement poffible, afin de ne pas trop étendre les replis que la lame forme ^ & qui la font diftinguer de la lame fimple. On ne fait pas la Canette plus grofle que celles fig. 16 & 27, PL VIII, ni d'une différente forme ; on arrête le bout fur le bord du tuyau avec de la cire, & non autrement : on doit prendre même un grand foin pour que ce bout ne puiffe pas s’échapper, parce qu’on rifqueroit de perdre toute la Canette.
- Section Sixième.
- Des Canettes quon fait avec le filé or ou argent 9 Ù* de celles qiion fait
- avec le furbec.
- JL es Roquetins fur 1 «fouets ^ ceux qui fervent au furbec ,
- font plus grands de la moitié au moins, que ceux qui fervent aux lames ; on les place cependant dans le Doubloir dans la même fituation : on en fait les Canettes & les Efpolins de la même grofïeur que celles de foie ; on en conduit les brins dans la même direction, & on les arrête fur le bord de même que ceux de la lame , c’eft-à-dire, avec de la cire.
- On fait bien fouvent des Canettes de filé à deux brins, quelquefois à trois ; alors on fe fert d’un morceau de drap pour les ferrer en faifànt les Canettes, afin de les rendre également tendus, & de rendre dures les Canettes, pour que la dorure ne puifle faire ébouler les contours qui la forment.
- On appelle filé, une forte de dorure que les Guimpiers fabriquent; c’eft une lame d’or ou d’argent, montée fur un brin de foie qu’elle couvre tout au long. Cette lame entoure le brin de foie de maniéré qu’il ne paroifle pas : car s’il fe montre par quelqu’cndroic fui. Ik longueur, c eft un défaut qui eft d’autant plus grand , que la foie eft moins couverte.
- Il faut que le brin de foie avec lequel on fait le filé argent, foit blanc, afin que cette couleur s’accorde avec celle de l’argent; par ce moyen on n’apperçoit pas fi facilement les petits intervalles que la lame laifïe à découvert fur le brin de foie ; & par la même raifon, lorfqu’on fait du filé avec une lame en or, on a foin que le brin de foie quelle couvre, foit couleur d’or lui-même.
- Le furbec eft une efpece de filé or ou argent, qu’on traite de la même maniéré qu’on vient de l’expliquer, avec la différence que les tours de la lame qui couvre la foie, ne font pas beaucoup rapprochés ; de forte qu’ils laiflent paroître les trois quarts de la foie , & quelquefois davantage. On fait du furbec fur de la foie de toutes couleurs, ceft-à-dire, qu’on monte une lame d’argent for un ou deux brins de foie rofe , lilas, verte, bleue , &c; on en ufe de même à l’égard du forbec fait avec la lame en or.
- Cette forte de dorure s’emploie dans les Etoffes de foie pour féconder certaines nuances qui y forment des fleurs, quelquefois encore elle forme des
- , fleurs
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- Quatrième Partie. U Art de faire les Canettes, &c. Chap. V. T 9 $ fleurs elle-même ; fouvent elle fait une partie du fonds de l’Etoffe , & quelquefois elle en fait le fonds en entier.
- L’effet que cette dorure produit, efl: fort beau : il donne beaucoup d’éclat aux couleurs qui l’accompagnent, parce que l’or ou l’argent font épars & fans ordre > en forte qu’ils ne peuvent pas troubler l’arrangement de la foie ; & pour mieux expliquer cet effet, lorfqu’on voit une fleur brochée ou lancée en furbec, il fem-ble quon a jetté au hazard des paillettes d’or ou d’argent fur cette fleur : aufll l’emploie-t-on avantageufement dans plufieurs fortes de broderies.
- Section Septième.
- Des Canettes & des Efpolins qu on fait avec de la Chenille ;
- O N appelle Chenille, un brin de foie peluché tout au long} ou plutôt un brin de velours dont on fe fert pour faire, fur les Etoffes de foie, des fleurs veloutées qu’on voit communément fur des latins brochés. On emploie aufîî la Chenille pour faire des fonds d’étoffes de différents goûts. On s’en fert encore dans certains genres de gaze , dans les agréments pour les robes de femme, & en grande quantité dans les blondes d’hiver. Ce brin efl: fait par les Rubaniers.
- On forme le velouté de la Chenille, en découpant en plufieurs parties un ruban fur fa longueur. Ce ruban efl; fait exprès, afin que l’on puiffe le découper.
- J’efp ere qu’on ne me (aura pas mauvais gré de dire ici quelque chofo de la maniéré avec laquelle on parvient à faire le brin de Chenille, pour rendre folide, dans là longueur, la partie veloutée qui le couvre.
- « Les métiers for lefqueis les Rubaniers fabriquent le ruban dont on tire la Chenille, font difpofés à peu-près comme ceux qui leur lervenr à faire les rubans de 3 à 4 pouces de largeur ; on y place de meme une chaîne de foie : on y en ajoute une féconde ourdie avec du fil de lin monte a trois bouts très-fins ; du refte on fabrique ces rubans comme le ruban ordinaire : la différence confifte dans la maniéré de diftribuer les fils de la chaîne lorfqu’on les pafle dans le peigne, parce qu’on ne leur fait pas tenir, dans cette opération, le même ordre qu’on donne à ceux des autres rubans.
- Voici la maniéré dont on dilpolè une chaîne pour faire le ruban de Chenille.
- Après qu’on a paffé les fils des chaînes qui forment le ruban dont on tire la Chenille , on pafle à la fois trois brins de la chaîne de foie dans une feule dent, & l’on met dans la dent foi vante un fil de la chaîne de lin ; après cela on laiffe deux dents au peigne, fans y pafler aucun fil, ce qu’on appelle laijfer deux dents vuides ; enfoite on pafle dans la dent qui fuit les deux dents vuides, un fécond fil de lin, & l’on recommence par trois fils de la chaîne de foie, qu’on fait fuivre par deux fils de lin placés comme je viens de le dire, en obforvant toujours de laiflèr Etoffes de soie. IV. Part. F fff
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- x96 L'ART DES ÉTOFFES DE SOIE.
- entr’eux les deux dents vuides, dont on verra bientôt la néceffité, & Ton continue cet arrangement jufqu’à ce que les deux chaînes foient entièrement paffées ; & lorfque tout eft ainfi difpofé, on travaille le ruban comme il a été déjà dit.
- Fort fouvent, au lieu de lailTer deux dents vuides au peigne, entre les deux brins de fil de lin quon y paffe, on fait faire des peignes qui, de quatre en quatre dents, laiffent un petit intervalle qui équivaut à l’efpace des deux dents vuides qu’on eft obligé de lailTer dans les peignes pleins dont je viens de parler ; on eft contraint de donner ces intervalles à ces rubans, parce que lorfqu’ils font fabriqués, on les coupe dans leur longueur en autant de parties qu’on a laifle de divifions dans leur largeur.
- Pour faire les rubans à Chenille , on n’emploie pas toujours une chaîne de foie & une chaîne de fil de lin, quelquefois elles font toutes les deux de cette derniere matière, avec cette différence, quérant diitribuees dans le peigne, comme on a déjà vu, les fils de la chaîne, qu’on pafte trois par trois dans les dents qu’ils doivent y occuper, font teints de la couleur de la trame qu’on doit employer pour faire le ruban, laquelle forme le velouté qui fait la richeffe de ce brin : du refte c’eft toujours le même travail que celui des autres rubans ; mais la Chenille qu’on en retire eft beaucoup inférieure à celle dont la chaîne, qu’on pafte par trois brins dans une feule dent, eft de foie. Il eft vrai qu’on ne fo fort jamais de cette forte de Chenille pour les Etoffes de foie ; c’eft celle qu’on emploie ordinairement dans les différents agréments qu’on fait pour les ajufte-ments des femmes. J’ai cru cependant devoir parler de cette forte de Chenille pour éviter qu’on ne la confonde avec l’autre.
- Quand on a fabriqué ce ruban de la maniéré qu’on vient de voir, on le découpe pour en tirer la Chenille qu’il doit produire. Les longueurs de ces rubans font ordinairement dopvila vingt jnfqu’à trente aunes; mais quelle que foit leur longueur, on les découpe toujours de la maniéré dont je vais l’expliquer.
- La Découpeufo fixe le bout d’une certaine longueur du ruban à quelque chofo de fiable , de forte qu’il ne puiffe être déplacé qu’autant qu’il le faut pour l’avancement & la perfeélion de l’ouvrage; elle prend l’autre bout du ruban avec la main gauche: elle le tient tendu autant qu’il eft riéceflaire pour faciliter le découpage ; elle tient dans fa main droite une paire de forces ou de cifoaux, avec lelquels elle découpe le ruban dans toute là longueur, entre les deux fils de lin qui marquent un des intervalles qu’on a ménagés en paflànt la chaîne dans le peigne. Elle pourfoit cette opération en faifont de même à toutes les divifions qu’on a obfervées fur la largeur du ruban. Lorfqu’elle a découpé une pièce de ruban en autant de parties qu’elle en étoit fufoepdble, elle a foin de féparer de la Chenille chacun de ces fils de lin qui lui frayoient la route que dévoient tenir les cifoaux ; après cela elle forme autant d’écheveaux que le ruban lui a fourni de brins de Chenille ; enfuite elle met tous ces écheveaux enfomble : elle en fait un mateau ou majfe ; & c’eft dans cet état quelle rend la Chenille qu’on lui a confiée.-
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- Quatrième Partie. U Art défaire les Canettes, 6 e* Chap. V. 197 Lorfqu’on veuc faire des Canettes ou des Efpolins de Chenille , on met fur un Guindre comme celuifig. 6, P/. I, du Devidage des Soies teintes, un écheveau de Chenille; on enfile ce Guindre par une des tringles H, B, même Flanche, ou fur celle fi g, y , pour lui fervir d axe ; on place cette tringle devant le montant de la broche du Rouet à Canette, à l’endroit où Ton met ordinairement le Dou~ bloir dont on le fert pour faire les autres Canettes ; on place un tuyau de buis liirla broche du Rouet, que Ton fait tourner , & on fait les Canettes de la grofleur ordinaire de celles de foie. On doit obforver, en faifant ces fortes de Canettes, de ne ferrer le brin de Chenille qu’autant quil le faut pour le conduire fur le tuyau, afin qu’il y foit proprement rangé ; parce que fi on le prefloit trop fort entre les doigts , les brins de la trame qui forment le velours de la Chenille* s’étendroient au long de ceux de la chaîne qui les retient, ou ces memes brins fo dérangé mi pnr 1 de forte cfue dans la longueur d un brin de Chenille contenu fur une Canette, il fe trouverait des endroits ou les brins de velours feraient trop rapprochés, tandis que dans d’autres il n’y paraîtrait que les brins de la chaîne. Lorfque la Canette eft finie, on arrête le bout de la Chenille fur le bord du tuyau le plus fûrement qu’il eft poffible, afin qu’il ne puilïè pas fe dérouler. 4
- Section Huitième.
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- De la maniéré de faire les Canettes avec le Cordonnet de foie*
- Le Cordonnet eft une elpece de canetille de foie dont on fait divers agréments pour les ajuftements des femmes. On s’en fort beaucoup cjans les différentes broderies, & on l’emploie communément pour brocher des fleurs fur les Etoffes de foie : çn procure même divers fonds a ces Etoffes,,en pafïant du Cordonnet dedans & tout à travers, par des Dattes placées de diftance en diftance , & fuffifamment combinées pour procurer aux fonds des Etoffes tout l’effet qu on fe propofe d’y faire rendre. * '
- Ce font ordinairement les Boutonniers qui fabriquent le Cordonnet ; il eft peu de perfonnes qui ne l’ayent vu fabriquer, parce que c’eft dans les rues qu’on le fait communément, à caufe de l’étendue de terrein que cette opération exige. r On fait le Cordonnet longueur par longueur, & même plufieurs longueurs à la fois, parce que les Rouets dont on fe fert pour cela, font difpofés de telle forte , qu’on en peut faire jufqu’à dix. -
- On fabrique plufieurs fortes de Cordonnets ; on en fait en laine, en poil de chevre & en foie ; mais l’opération eft toujours la même. Ainfi par la petite def cription qu on va voir de la maniéré dont on s’y prend pour faire le Cordonnet de foie , on jugera facilement de celle des autres.
- On affemble une quantité de brins de foie, à proportion de la groffour qu’or*
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- X9S L’ART DES ÉTOFFES DE SOIE. veut donner au Cordonnet ; on tord tous ces brins enfemble fur eux-mêmes , autant qu’on voit qu’il en eft befoin ; enfoite on met trois à quatre brins de foie enfemble, qu’on tend de maniéré que ceux qu’on vient de tordre s’entortillent for ces derniers, en formant tout au long une ligne Ipirale, en forte que toute la force du Cordonnet confifte dans les derniers brins qu’on a affemblés, puif-que c’efl: for eux que ceux qui font tordus font placés.
- Quand on a fini le Cordonnet, on en forme des écheveaux comme ceux qu’on fait ordinairement pour la foie.
- Les Guimpiers, avec leur moulin, font auffi du Cordonnet ; c’efl: pour eux la même opération que celle de faire le filé or Sc argent, moyennant une préparation préliminaire, qui eft de tordre féparément les brins de foie qui font deftinés à couvrir ceux qui ne doivent pas être tordus. Il feroit trop long de donner ici leur maniéré d’opérer dans mm- nvli de ce travail , parce
- qu’il faudroit néceflàirement faire la defcription de leur moulin , qui eft une machine très-compliquée, Sc qu’on ne fauroit expliquer fans le fecours de quelques Planches de gravure.
- Je me bornerai à dire qu’ils font en état, par leur machine, de rendre le Cordonnet beaucoup plus égal, fins être bornés aux longueurs, ce qui fait qu’on rencontre moins de nœuds dans les écheveaux qu’ils en font, que dans ceux qui font travaillés par les Boutonniers, ce qui eft une perfection de plus pour cet ouvrage.
- Pour faire les Canettes de Cordonnet , il faut pratiquer la même méthode que pour celles qu’on fait avec de la Chenille , c’eft-à-dire, qu’on en met un écheveau for un Guindre, qu’on range devant le montant de la broche du Rouet, à l’endroit où eft ordinairement le Doubloîr.
- On place uu lu y au Tua la bruche dvi Rouet; on conduit le bout du Cordonnet fur ce tuyau, de maniéré que le Cordonnet s*y diftribuc dans le même ordre qu’on fait tenir à la foie lorfqu’on en fait des Canettes ; on obferve auffi de tenir ferré le bout du Cordonnet, afin que la Canette foit ferme.
- Quelquefois les Guimpiers Sc les Boutonniers, au lieu de mettre le Cordon-; net en écheveaux, le dévident for des Rochets ; alors pour en faire les Canettes , on place un de ces Rochets dans le Doubloir du Rouet à Canette, comme il a été dit pour les Roquetins de filé or Sc argent, &c.
- On doit appercevoir, par le détail de tout ce qui concerne les Canettes, que ce n eft pas un ouvrage qui mérite d’être totalement abandonné à la conduite des enfants ; Sc j’ofe dire même qu’il y a des perfonnes qui, quoique d’un âge raifonnable, ne parviennent à conduire ces différentes opérations, qu’avec bien de la peine, parce qu’elles fe trouvent arrêtées par plufieurs difficultés qu’on y rencontre ; on ne fauroit même, avec la théorie la mieux entendue , prévenir tous les obftacles qu’on rencontre dans les différentes opérations : il n’y a qu’une grande & longue expérience qui puiffe apprendre à les furmonter.
- On
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- QuatriemePartie. Explication des Planches. Chap. VI: Tp<j On verra dans la maniéré de fabriquer les Etoffes de foie, combien il efl: avantageux pour la perfeétion de ces mêmes Etoffes, que les Canettes & les Efpolins foient bien exécutés , de quelque matière quils puiffènt être faits.
- CHAPITRE SIXIEME.
- Explication des Planches concernant VArt de faire les Canettes ôC les Efpolins pour les Etoffes de Soie.
- PLANCHE PREMIERE.
- T j a Figure i de cette Planche, repréfente le premier Rouet à Canette, donc on a fait la defcription dans la première Seélion du premier Chapitre de cette Partie. Il efl: vu du côté où fe place celui qui fait la Canette : il efl: dans les proportions de féchelle qui eft au bas de la Planche,
- Développement du Rouet.
- La Figure a repréfente deux des quatre pieds A 9 A, A, A, du Rouet, féparés du banc qui en forme la bafè ; ils font aflèmblés par une des traverfes B9 B. Cet affemblage efl: vu en perfpeétive.
- La Figure 3 repréfente les deux autres pieds A 9 A, du Rouet, alfemblés de même que les deux précédents, avec une des traverfes B9 B ; mais ils font vus en face.
- C9 efl: la traverfe qui, par fon affemblage avec celles B9Bf tient les pieds
- A 9 A9 &c. du Rouet, dans un écartement conforme à la longueur du banc.
- * •
- D, efl: la grande planche qui forme le banc qui fert de bafe au Rouet.
- La Figure 4 repréfente les deux montants E, E, affemblés par la clavette K : ils font vus en perfpeélive hors du Rouet, & dans le même arrangement qu on les voit deflus, avec la roue F9 qu'ils portent.
- E, E, font les deux mêmes montants vus en face.
- F, F9 la roue vue en face & de profil.
- //, la broche de fer fur laquelle on place les tuyaux lorfqu'on veut faire les Canettes. Elle efl: vue hors de fà poulie.
- 19 le montant qui porte la broche qu'on vient de voir.
- L , U clavette qui tient le montant I, folide, par deflous le banc.
- La Figure 5 repréfente le moyeu de la roue, garni de fà manivelle. a9 la manivelle vue hors du moyeu,
- Etoffes de soïep IV. Part.
- Gggg
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- aoo VA RT DES ÉTOFFES DE SOIE, b9 b, le moyeu vu en face & de profil.
- e , un des huit rayons qui portent le grand cerceau de la roue F. j9f9 la petite poulie fur laquelle paffe la corde G : elle eft vue en face, hors de fa broche, & en perfpeétive fur la broche.
- g y g9 les deux nerfs , dans les trous defquels la broche H y tourne. h y la petite broche de fer qui retient les deux nerfs g > g > par derrière le montant I.
- PLANCHE IL
- La Figure i repréfente le Rouet qu’on a décrit dans la fécondé Seélion du même Chapitre : il eft vu par devant ; fos proportions font celles de l’échelle qui eft placée dans la même Planche.
- Développement de ce
- La Figure a repréfente la roue F du Rouet, placée for les deux montants E9 E y vue de profil.
- La Figure 3 repréfente la roue H, portée par les deux montants I, /, vue auffi de profil.
- La Figure 4 eft le moyeu de la roue H y garni de fon axe de fer.
- A y eft la grande planche qui fort de bafe au Rouet.
- C9 C y font les deux traverfes qui tiennent les pieds B9 B, B y B, du Rouet, écartés fur fo longueur.
- Dy Dy font les petites traverfos qui écartent les mêmes pieds fur la largeur du Rouet.
- E y eft un des deux montants qui portent la roue F.
- Fy la grande roue.
- //,1a petit© jrouc.
- I y un des deux montants qui portent la petite roue H. *
- Z, le montant qui porte les deux nerfs dans iefquels tourne la broche e.
- La Figure 5 repréfonte la manivelle de la grande roue F9 hors de la roue Sc du moyeu.
- û y eft Taxe. b y eft la poignée.
- c y eft la clavette qui tient les montants E 9 E, fous la planche A. dy la petite poulie fur laquelle pofe la corde K9 pour faire tourner la broche e. e y la broche de fer fur laquelle or. place les tuyaux pour faire les Canettes. f9 fy les deux nerfs dans lefquels tourne la broche*. g y la petite broche quon place derrière le montant L, pour y retenir les nerfsfy fy quelle enfile.
- h y la petite planche à laquelle eft aflemblé le montant L, laquelle on arrête au point qu’on veut au moyen de la vis n.
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- Quatrième Partie. Explication des Flanches. Chap. VI. 2ox
- iy i9 les deux coulifleaux qui fervent de guides à la petite planche h.
- m, le moyeu de la grande roue F y dépourvu de fon axe & de fà manivelle.
- /Z, la vis qui ferre la petite planche h.
- o 9 la clavette qui retient en defïiis de la planche A, les deux montants I, /,
- P y Taxe qu’on place dans le moyeu yfg. 4, & qui fert à la roue //,
- PLANCHE III. ,
- * *
- La Figure 1 efl: la Cantre ou Doubloir qu’on emploie avec le premier Rouet qu’on a décrit.
- La Figure 2 efl: encore une Cantre dont on fè fort aufîi avec le même Rouet,
- La Figure 3 efl: un Doubloir duquel on fe fert pour faire les Canettes avec le fécond Rouet qu’on a décrit.
- La Figure 4 efl: le Doubloir qui eft prupic au uuiiîcme Rouet. Ces quatre Doubloirs font ceux dont il efl: parlé dans la troifieme Seétion du même Chapitre,
- PLANCHE IV.
- L a Figure 1 repréfente le Rouet à Canette dont il efl: fait mention dans la première Seélion du Chapitre fécond de cette Partie. Il efl: vu en perfpeétive du côté où fe place celui qui fait les Canettes.
- Développement de cette Figure.
- La Figure 2 repréfente les deux montants E, E, aflemblés par le bas au moyen de la clavette /: ils font vus par derrière; de forte qu’entre ces deux montants les deux roues Fy H y font placées dans le même ordre qu’elles tiennent for le Rouet, & elles y font vues de profil.
- A y A y font les deux grandes pièces de bois qui, alfemblées avec la planche B y forment la bafè du Rouet,
- Dy Dy Dy Dy font quatre pommelles qui fervent de pieds à cette bafè,
- Ey efl: un des deux montants qui portent les roues Fy H.
- F, F y la roue fupérieure vue en face, dépourvue de fon moyeu, & vue de profil avec fon axe & fà manivelle.
- H y H y la roue inférieure vue de profil, garnie de fon moyeu & de fon axe , & vue en face dépourvue de tout.
- K, le montant fur lequel on place les nerfs h, A, qui portent la broche/.
- L y le montant qui arrête la vis M.
- M y la vis au moyen de laquelle on fait avancer & reculer le montant K.
- La Figure 3 repréfènte la tablette qu’on aflembie au montant F, du devant du Rouet, & for laquelle on pofe les Canettes lorfqu’elles font faites, & les tuyaux.
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- ïo2 L'ART DLS ETOFFES DE SOIE.
- La Figure 4 eft la manivelle de la roue fupérieure, alfemblée à Taxe, dépourvue de Ton moyeu.
- b y le moyeu féparé de Ion axe.
- e.9 la petite poulie fur laquelle pafle la corde /, pour faire tourner la broche f , fur laquelle on place les tuyaux pour faire les Canettes.
- fy la petite broche qu’on fait tourner dans les trous des nerfs h, h, & de laquelle on vient de parler.
- g 9 la petite broche qui, placée derrière le montant K, y retient les deux nerfs h y h.
- h y h y les deux nerfs dont il vient d’être fait mention.
- m y l’axe de la roue H, vu hors du moyeu.
- tl y n y les deux orillons, dans le trou defquels pofent les deux bouts de l’axe de la roue H.
- 0y le moyeu de la même roue vu hors de place, garni de fon axe.
- s P L A N C H E V.
- L a Figure 1 eft le Rouet à Canette duquel on a parlé dans la Seétion première du quatrième Chapitre. Il eft repréfenté vu du côté où on fe place pour le faire travailler. >
- 'Développement de ce Rouet.
- La Figure 2 repréfente le chaffis qui glifle dans les rainures des montants E y E y 8c qui porte la roue inférieure ; c’eft pour faire remarquer à quel endroit des tringles C, C, pofe l’axe de cette roue , qu’on a placé cette figure hors du Rouet, crainte que la vue en perfpeétive de cette figure, ne donnât pas afle& de clarté. Pour la rendre plus intelligible, on peut voir la figure y , qui eft ce même chaffis vu en face, ou la roue eft vue de profil : par cette derniere figure on apperçoit le moyeu dans toute fon étendue, en forte qu’il tient les deux montants C, C, dans un écartement égal à celui que lui donne la traverfe G.
- La Figure 3 repréfente les roues H, K, l’une & l’autre vues de profil dans la même pofîtion qu’on leur fait tenir entre les montants Ê , E. Ces deux roues font garnies de leurs moyeu, axe 8c manivelle.
- La Figure 4 eft la tablette qu’on place fur le devant du Rouet, pour la commodité de celui qui fait les Canettes, parce qu’elle lui fert d’entrepôt pour les tuyaux 8c pour les Canettes. Le tiroir qu’on apperçoit deflous cette table, eft fait afin de rendre cette partie du Rouet encore plus utile 8c plus commode , parce qu’on y met les Canettes lorfqu’elles font faites, 8c que par ce moyen on évite de les expofer à la pouffiere.
- Hi eft la roue inférieure vue en face, dépourvue de Ton moyeu 8c de fon axe.
- K y eft la roue fupérieure vue de même du côté de la manivelle, comme on apperçoit.
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- Quatrième Partie. 'Explication des Planches« Chap. VI. 103 a , eft la planche de la tablette vue en face.
- fy la manivelle de la roue K , affembiée à l’axe dépourvu de fon moyeu;
- g y le moyeu de la même roue.
- i, l’axe de la roue H, vu hors du moyeu.
- l> le moyeu de cette même roue , dépourvu de fon axe.
- PLANCHE VI.
- Tout ce qui eft repréfenté dans cette Planche, concerne la fuite du développement du Rouet qu’on a vu dans la Planche précédente.
- La Figure 1 efl l’aflemblage des montants EyEy formé avec la planche F> la clavette a, la traverfe b, les montants c, c, qui font placés dans les rainures de ceux £*,£,& de la vis L. Cet aflemblage efl vu en face hors du Rouet, du côté des orillons d
- La Figure 2 repréfente les montants N :9 U , vus de côté , aiïemblés for la piece de bois B, qui fait partie de la bafe du Rouet.
- A , efl une des pièces de bois qui forment la bafe du Rouet.
- By efl encore une piece de bois au même ufage que la précédente : elle lui efl même pareille en forme & grofleur.
- C y efl une grande & forte planche qui s’affemble avec les deux pièces de bois qu’on vient de voir , pour former la bafe du Rouet telle qu’il la faut, & telle qu’on peut la remarquer for la figure 1 de la Planche précédente.
- DyDyDyDy font quatre pommelles qui fervent de pieds à cette bafe.
- E y E, les deux grands montants du Rouet. f5
- F y la planche qui aflemble les montants E , E, par le haut.
- G y la traverfe qui aflemble par le haut les montants C, C, qui portent la roue H y & qui forment le chaflis qu’on voit fig. 2, de la Planche V.
- L y la vis au moyen de laquelle on tend la corde /.
- JV y le montant où font placés les deux nerfs m, m} qui portent la broche h y for laquelle on met les tuyaux pour faire les Canettes.
- O y le montant qui efl placé derrière celui qu’on vient de voir, lequel reçoit la vis qui le fait reculer & avancer félon le befoin.
- P y la vis qui fert à tendre ou à lâcher la corde M.
- R y le montant qui foutient par un bout la tablette^. 4, de la Planche précédente , tandis que l’autre bout efl foutenu par le tenon q de la tablette, lequel on place dans la mortaife f9 qu’on a pratiquée exprès dans l’épaifleur d’un des montants E, E , du Rouet, fig. 1, de la même Planche.
- a y la clavette qui retient les montants E, JE, par-deflous la bafo du Rouet; hybybyby les quatre vis qui aflemblent la planche F9 avec les montants E, E.
- C y C y les deux montants qui, avec la traverfo G, forment le chaflis qui porte Etoffes de soie, IV, Part. Hhhh
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- 204 VA RT DES ÉTOFFES DE SO IF.
- la roue H, entre les deux montants E, E, lefquels glifient dans les rainures de
- ces montants.
- dy d, les deux orillons qui reçoivent Taxe de la roue K.
- h y la broche fur laquelle on met les tuyaux pour faire les Canettes: elle eft-dépourvue de fà poulie.
- i, la petite poulie quon place fur la broche h9 dans les rainures de laquelle pa(Te la corde {ans fin M, pour la faire tourner.
- m, 772, les deux nerfs qui portent la broche h, & quon place dans les trous qui font pratiqués au haut du montant N.
- n y la petite broche de fer qui, enfilée dans un des trous de chacun des nerfs m>my les retient par derrière le montant N.
- PLANCHE VIL
- L a Figure i repréfente un Doubloir conflruit différemment que tous ceux qu’on a vus précédemment, & duquel on fe fert ordinairement avec le Rouet repréfenté fig. i, PL V. C’efi; de ce Doubloir qu’on a parlé dans la fécondé Seélion du Chapitre troifieme.
- Développement de ce Doubloir.
- Toutes les pièces repréfentées lur la même Planche, fervent à la conftruéUon de cette figure.
- A , efl: la planche qui fert de bafe au Doubloir.
- B y B y B y B y font quatre petites planches qui entourent la planche A, pour former une efpece de caifîe, de laquelle on fe fert pour mettre les bobines qu’on a vuidées en fai/ànt les Can.erf<*s.
- C,C,C,C, quatre pommelles alongées qui fervent de pieds à la bafe du Doubloir.
- D y l’arbre ou axe fur lequel tourne la machine.
- * E, la planche qui forme le couronnement du Doubloir.
- F y F y F y F y les quatre montants.
- Gy la planche qui eft au-deffus de la bafe A, laquelle afiemble celle E, au moyen des montants F y F y F y F.
- H y H y H y H y les quatre petites planches qui entourent la planche E, fur laquelle elles forment un rebord d’une hauteur convenable pour retenir des bobines pleines de foie, & de petites corbeilles pleines de Canettes, quon entrepofe fouvent deflùs.
- Iyly deux des quatre tringles de fer qui traverfent d un des montants F\ F3 &c. à l’autre, & fur lefquelles on fait paffer les bouts de la foie qui forcent des bobines en faifimt les Canettes.
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- Quatrième Partie. Explication des Flanches. Chap. VI. 20 5
- e , une des vingt petites chevilles qui font rangées cinq par cinq fur le bord de chaque face de la planche G.
- f> la clavette quon place dans le trou a, de l’arbre D , afin de le tenir folide lorfqu’on Ta placé dans la planche A.
- PLANCHE VIII.
- Toutes les figures repréfentées dans cette Planche, font de moitié de la grandeur qu’on doit leur donner, excepté la figure 6, qui eft jfans aucune proportion.1
- La Figure r repréfente un tuyau de rofeau tel que ceux dont on fe fort pour faire les Canettes : il eft vu dans l’état qu’on le fait en le coupant de là tige.
- La Figure 2 eft encore un tuyau de rofeau tel que ceux qu’on emploie pour faire les Elpolins. Il eft auffi repréfonté dans les mêmes proportions que ceux qu’on tire d’une tige de rofeau, ou de celle d'une canne.
- La Figure 3 eft un tuyau de rofoau propre à faire les Canettes ; on l’a garni avec un ligneul for chacun de fes bouts, afin de retenir la foie qu’on place deflus , & afin de conforver le tuyau lui-même.
- La Figure 4 eft un petit tuyau de rofeau pour faire les Elpolins, auquel on a pris foin de former, avec un ligneul, un rebord à chacun de fes bouts , pour les mêmes raifons que ceux de la figure précédente.
- La Figure y eft une efpece de cheville à deux têtes, for laquelle on roule le ligneul de foie qu’on fait pour garnir les bouts des tuyaux de rofoau , afin qu’ils ne fe fendent pas lorfqu’on les place for la broche du Rouet à Canette, & afin auflî que la foie qu’on met deflus ne puifle pas gliffer, quand on l’emploie au tiflu d’une Etoffe , ou qu’on en broche une fleur. >
- La Figure 6 eft un petit couteau foie, avec lequel on fait de petites encoches ou entailles for les bouts des tuyaux de roieau, afin de retenir le ligneul dont on les entoure pour former les rebords qui leur font néceflàires.
- La Figure 7 eft un tuyau de rofoau entaillé fur fes deux bouts, & préparé , par ce moyen, à recevoir le ligneul qui doit former fes rebords. Ce tuyau eft conforme à ceux qu’on emploie pour les Canettes,
- La Figure 8 eft un petit tuyau de rofeau, préparé de même que celui de la figure précédente, & aux mêmes fins. Ce petit tuyau eft pour les Efpolins.
- La Figure 9 repréfonte une main gauche qui tient, entre le doigt index & le pouce, une boucle formée avec un ligneul deftiné à faire un rebord à un tuyau, Sc telle qu’il la faut pour la placer contre ce tuyau lorfqu’on veut le garnir.
- La Figure 10 eft un tuyau, contre un des bouts duquel on a placé la boucle qu’on a vu former par la figure 9.
- La Figure 11 eft un tuyau dont on a entouré un des bouts de ligneul pour former un rebord, où l’on apperçoit qu’on a placé un des bouts de ce ligneul dans la boucle qu’on avoit formée avec l’autre bout,
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- I
- 206 L’ART DES ÉTOFFES DE SOIE.
- La Figure 12 eft un petic tuyau où Ton a tendu le bout du ligneul qu’on a pafle dans la boucle.
- La Figure 13 efl; un tuyau où Ton a tiré le bout du ligneul qui formoit la boucle , afin d’attirer fous le rebord qu’on y a fait, l’autre bout de ce même ligneul, pour qu’ils y tiennent l’un par l’autre.
- La Figure 14 repréfente un tuyau fur lequel on a coupé une partie du rebord qu’on y avoit formé, afin de faire remarquer la pofition dans laquelle les deux bouts du ligneul font arrêtés fous les contours qu’on lui a fait faire.
- La Figure iy repréfente un grand tuyau de buis, fait au tour, conforme à ceux dont on fe fert pour faire les Canettes.
- La Figure 16 efl un petit tuyau de buis ou d’os, tel qu’on s’en fert pour les Efpolins.
- La Figure 17 efl un tuyau femblable au précédent, vu de profil.
- La Figure 18 efl une Canette de loie prelqu’à demi-faite fur un tuyau de
- rofeau.
- La Figure 19 efl une autre Canette demi-faite fur un tuyau de buis.
- La Figure 20 efl un Efpolin demi-fait fur un petit tuyau de rofeau.
- La Figure 21 efl un Efpolin encore demi-fait fur un tuyau de buis ou d’os.
- La Figure 22 efl une Canette de foie vue dans la grolfeur & dans la forme qu’on doit ordinairement lui dbnner fur un tuyau de rofeau.
- La Figure 23 efl une Canette de foie finie, dans la forme 8c dans la grofleur qu’on lui donne fur un tuyau de buis.
- La Figure 24 efl un Efpolin de foie, fait fur un tuyau de rofeau, vu dans la grofleur qu’on leur donne à tous ordinairement.
- La Figure 2 y efl un Efpolin de foie, fur un tuyau de buis, dans la grofleur qu’il doit avoir.
- La Figure 26 efl une Canette de lames d'or ou d’argent, repréfentée dans la grofleur & dans la forme qu’on leur fait prendre fur un tuyau de buis.
- La Figure 27 efl une Canette de lames en or ou en argent, faite fur un tuyau de rofeau, dans la grofleur & dans l’ordre qui conviennent à toutes.
- La Figure 28 efl une navette propre à former le tiflii des Etoffes de foie : elle efl repréfentée ici fans proportions de la grofleur & des dimenfions qu’on donne ordinairement à toutes celles dont on fe fert, parce que les Canettes auxquelles elle doit fervir, & qui font telles que celles repréfentées dans cette même Planche, y font vues dans des proportions différentes.
- La Figure 29 efl la pointifelle propre à la navette qu’on vient de voir ; c’eft elle qui fert d’axe aux Canettes, lorfqu’on lance la navette pour tifler les Etoffes.-
- La Figure 30 efl une petite navette qu’on appelle Boîte d’Efpolins : elle efl aufli repréfentée dans la grandeur qu’on donne à toutes celles dont on fe fert; c’eft dans fà rainure qu’on place les Efpolins pour brocher les fleurs en foie, or ou argent, qu’on forme fur une quantité d’Etoffes de foie.
- La
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- . Quatrième Partie. Explication des Planches. Chap. VL 207
- La Figure 31 eft une petite pointifelle qu’on place dans la petite navette , pour lervir d’axe aux Efpolins.
- La Figure 32 eft une plume qui fert de pointifelle à la petite navette : on fé fert fouvent de plume par préférence à toute autre chofe. On recherche pour cela les plumes des ailes de pigeons.
- PLANCHE IX.
- L a Figure r repréfente un petit Garçon qui fait des Canettes avec le premier Rouet qu’on a décrit, & avec le premier Doubloir.
- La Figure 2 eft un bas-d’armoire dans lequel on enferme les rochets & les bobines pleine Jo tlA© dont on fait les Canettes : on apperçoit deflus en A , Une efpece de boîte , dans laquelle on met les Canettes luifqu’eiles loue faites.1
- La Figure 3 repréfente un autre petit Garçon qui fait des Canettes s en fe v fèrvant du fécond Rouet qu’on a décrit, & de la féconde Cantre ou Doubloir.
- La Figure 4 eft une tablette pofée contre un mur, avec un rebord de petites planches tout autour, foutenue - par deux tafleaux, fur laquelle on place des rochets pleins de foie & des rochets vuides.
- La Figure $ eft une corbeille d’ofier, dans laquelle on entrepofe les rochets & les bobines vuides.
- PLANCHE X.
- r
- La Figure 1 repréfente le premier Rouet dont on a parlé, vu géométrale«-ment dans la pofition où il doit être lorfqu’on l’emploie pour les Canettes. '
- A , eft le Rouet lui-même.
- By le Doubloir placé tel qu’il le faut pour travailler.
- Cy la chaife mifeoù il faut quelle fbit lorfqu'onfait lés Canettes.
- La Figure 2 eft le fécond Rouet, vu aufli géométralement de la maniéré qu on le place pour travailler.
- A y le Rouet.
- B y le JDoubloir*
- C y la chaifè.
- La Figure 3 repréfente la pofition qu*on fait tenir à la main qui conduit les brins de foie fur le tuyau pour faire une Canette.
- A y eft le bras.
- B y le montant qui porte les deux nerfs dans lefquels tourne la broche fur laquelle on place les tuyaux.
- C y la broche.
- D y le tuyau.
- Etoffes de soie. IV. Part. liii
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- *o 8 VA RT DES ÉTOFFES DE SOIE.
- £, quatre brins de foie qui fe réunifient entre les deux doigts du milieu de la main, & qui paflent enfuite entre le bout du doigt index & le bout du pouce , qui les tiennent ferrés pour rendre dure une Canette.
- PLANCHE XL
- L a Figure r eft un petit Garçon qui fait des Canettes ; il emploie le troî-Cerne Rouet qu’on a vu ci-devant, avec le troifieme Doubloir.
- La Figure 2 eft un chandelier fur lequel on pofe une bobine qui fert à contenir les brins de foie, lorfqu’un de ceux qui compofent le nombre dont on fait les Canettes eft cafte.
- La Figure 3 eft une jeune Fille faifànt des avec le quatrième Rouet
- dont on a parlé, ëc avec le uoubloir qu’on lui donne ordinairement.
- La Figure 4 eft encore un petit chandelier au même ufàge que celui^g. 2;
- La Figure 5 eft une bobine dont on fe fert avec le chandelier, lorfqu’on veut chercher un brin de foie qu on a cafte en faifànt les Canettes.
- PLANCHE XIL
- t
- La Figure r eft le troifieme Rouet dont on a déjà parlé, vu géométraîement, placé comme il doit l’être lorfqu’on l’emploie pour faire les Canettes : on voit aufli le troifieme Doubloir vu de même que le Rouet, & à là place*
- A, eft le Rouet.
- B, le Doubloir.
- C, le petit Chandelier:
- D, la chailè du Canettier mife à là place.
- La Figure 2 repréfente le quatrième Rouet vu par-deflus, 8c fon Doubloir de même : ils font placés l’un & l’autre dans la dilpofition du travail.
- A, eft le Rouet.
- B, le Doubloir.
- C, la Chaife. f'
- La Figure 3 repréfente l’aélion qu on fait lorfqu’on a caftS un des brins de la foie dont on fait les Canettes.
- A, eft la main gauche qui conduit les brins.
- By eft la main droite qui les roule for une bobine:
- C, eft la Canette d’où l’on déroule la foie.
- D, eft la bobine for laquelle on l’entoure.
- E, font les brins de foie qui tiennent aux bobines du Doubloir:
- F y eft celui qui eft cafte, & duquel on cherche le pareil.
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- QuatriemePartie. Explication des Planches. Chap. VI. "tioÿ v La Figure 4 repréfènte l’aétion de remettre fur une Canette les brins de foie qu’on en a ôtés pour chercher celui qui étoit cafle.
- A , eft la main gauche qui conduit les brins fur la Canette.
- B, le petit Chandelier.
- C, la Bobine qui eft placée deflus le chandelier , Sc fur laquelle on a roulé les brins de foie pour chercher celui qui manquoit.
- D y le montant qui porte les deux nerfs de la broche»
- E y la Canette fur laquelle on remet la foie.
- F y la broche fur laquelle on place les Canettes.
- Gy le Doubloir où font placées les bobines lorfqu’on fait les Canettes.
- Fut de [Explication des Planches» <
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- TABLE
- DES CHAPITRES ET TITRES
- D E L’ A R T
- DU FABRIQUANT D’ÉTOFFES DE SOIE*
- TROISIÈME P 'A R T r F .
- 1 NTro ï>vcti on, Page 131
- CHAPITRE PREMIER. Defcription du Pliage des Chaînes ; des Machines quon y emploie 9 tant à Paris que dans les autres [ Villes de Manufactures 9 & de la maniéré de s en fervir, Raifon de cette différence,
- i?2
- Section première. Defcription du Pliage, ibid, Sect. II. Du Chevalet & de la Lanterne. 133 Sect. III. Defcription des Cabres. 134
- Sect. IV. Defcription de l’Enfuple ou Enfouie; . I3J*
- Sect. V. Defcription du Rateau. 137
- Sect. VI. Maniéré de fe fervir des Uftenfiles dont on vient de parler. ibid. SèCT. VII- Ôbfcrvation fur la différence des Machines qu’on emploie pour plier les Chaînes dans les Villes de Manufactures, avec celles dont on fe fert à Paris. 23.1
- CHAPITRE 11. Méthode dont on fe fert à Jours, Nîmes i Avignon, pour plier les Chaînes des Etoffes de foie ; avec les Machines quon y emploie-, 142
- Sect. I. Defcription du premier Tambour.
- ibid.
- Sect. IL Defcription du Chevalet dont il eft parlé dans là Se&ion précédente.
- 143
- Sect. III. Defcription d’un autre Chevalet.
- HS
- Sect. IV. Defcription d’ua autre Tambour.
- 146
- Sect. V. Defcription d’un troifîcme Chevalet.
- J47
- Sect. VI. Maniéré de fe fervir des Tambours & des Chevalets pour le Pliage des Chaînes. ibid.
- SECT* VII. Defcription de la maniéré dont on fe fert à Nîmes, & à Avignon, pour
- plieî les Chaînes râyées, ourdies! à plüfieurs parties. Page 148 Sect. VIII. Obfervation fur le Pliage des Chaînes ourdies à plüfieurs parties.
- IS3
- Sect* IX. De la maniéré de plier les Chaîne!
- levées à chaînette de deffus TOur-diffoir. ij-4
- Sect. X. Obfervation fur la différence qu’il y a entre l’ufage des Lanternes 6c celui des Tambours.
- CH APITRE III. Maniéré dont on fe fert à Tours, Ù1 dans quelques autres Villes de Ma« KcfaCfures qui tiennent des anciennes mètho* des y pour plier les Chaînes relevées, ainfi que pour les plier en fartant de COurdiffoir. 157 Sect* I, Méthode de Tours & de quelques autres Villes. ibid*
- Sect. II, Maniéré de plier les Chaînes immédiatement en les levant de deffus l’Ourdiffoir. i?8
- CHAPITRE IV. Explication des Planches concernant le Pliage des Chaînes pour les Etoffes de foie.
- Planche I.
- Planche II.
- Développement des Figures de la Planche II Planche III.
- Planche IV.
- Planche V.
- Développement des Figures de la Planche V.
- Planche VI.
- Planche VIL
- Développement des Figures de la Planche VIL Planche VIII.
- Planche IX.
- Planché X.
- Planche XI.
- Planche XII.
- Planche XIII*
- Planche XIV.
- Planche XV*
- 160 ibid, ibid« 16% 16Z ISÎ( ibid, ibid. ibid, 164 ibid. ibid, 16$ ibid, 166 i<>7, ibid, 168
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- QUATRIEME
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- QUATRIEME PARTIE.
- Il A R T de faire les Canettes pour les Etoffes de Soie %
- & les Efpolins pour brocher
- n T ro du c t i o n. Page 171
- CHAPITRE PREMIÈR. Des Rouets à Canettes dont on Je fert à Paris & dans quelques autres Killes de Fabrique. 172
- Section première. Defcription d’üii premier Rouet. ibid.
- Sect* II. Defcription d’un fécond Rouet dont on fè fert auiïi à Paris, &c. 174.
- Sect. III. Defcription des Doubloirs oü Can-tres. 17$
- CHAPITRE II. Defcription du Rouet à Canettes dont on Je fert à Nîmes, à Avignon, & dans quelques autres Killes de Manufac-turesi . 17 6
- Sect. I. ibid.
- Sect. IL Defcription du Doubloir dont on fe
- fert ordinairement avec le Rouet
- précèdent. 178
- CHAPITRE III. Defcription ctun autre Rouet à Canettes, en ufage dans beaucoup de-Manufactures, & dejon Doubloin 179
- Sect. L Defcription du Rouet. ibid.
- Sect. II. Defcription du Doubloin 181
- CHAPITRE IV. Defcription des Tuyaux qui fervent à faire les Canettes & les Efpolins.
- 182
- CHAPITRE V. Maniéré de fuite ta Canettes.
- 187
- Sect. I. ibid.
- Sect. II. Des Canettes Sc des Efpolins. 189
- Sect. III. De la maniéré de reprendre les brins
- de foie qu’on caffe en faifant lès Canettes de foie Sc les Efpolins.
- Page 19Ô
- Sect. IV. Des Canettes Sc des Efpolins qu’oii fait avec la lame ot , argent & clinquant. ipi
- Sect. V. Des Canettes Sc des Efpoîins d’or Sc d’argent frilés. , 195
- Sect. VL Des Canettes qu’on fait avec le filé or ou argent, 8c de celles qu’on fait avec le furbec. 19^
- Sect. Vît. Des Canettes Sc des Efpolins qu’on fait avec de la Chenille. 193 Sect. VIII. De la maniéré de faire les Canettes avec le Cordonnet de foie. 197 CHAPITRE VI. Explication des Planches concernant J An de faire les Canettes & les Efpolins pour les Etoffes de-Joie•
- Planche I.
- Développement du Rouet.
- Planche IL
- Développement de ce Rouets Planche III.
- Planche IV.
- Développement de cette Figure:
- Planche V.
- Développement de Ce Rouet*
- Planche VI.'
- Planche VIL
- Développement de ce Do^Uoin rianche VU1.
- Planche IXé Planche X.
- Planche XI.
- Planche XIL
- 199 ibid; ibid.
- 200 Ibid;
- 201 ibid; ibid.
- 202 ibid;
- 203
- 204 ibid; 203 207 ibid* 208, ibidi
- Fin de VExplication des Flanches des Troifeme & Quatrième Parties.
- Faute effentielle à corriger dans la Troifeme & la Quatrième Parties<
- O n s’eft trompé d’une centaine dans le folio des pages de ces deux Parties j ainli au lieu de 131 que porte la première page de la Troifieme Partie,
- £31 ? > a33 > & de y jufqu à la fin de la quatrième*
- Fautes moins ejjentiellesi
- Paûe 134 , Priosieme Section: lifez Troisième Section.
- Page 183, ligne \6, couvertes de feuilles divifées par des nœuds : lifez couvertes de feuilles, divifées, 8cc*
- Page zoo y ligne 16, aüfli de profil: lifez profil;
- DE L’IMPRIMERIE DE L. F. Et O FEES DE SOIE. IF. Part<
- DELATOUR. 1773.
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